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NOMENCLATURE VERSUS TERMINOLOGIE (trois approches pour délimiter les dénominations nomenclaturales)

SERGEI CHELOV

Institut des langues et des cultures Léon-Tolstoï

L’une des caractéristiques de notre époque est la croissance rapide des échanges d’informations économiques, administratives et commerciales sur les biens et les services fournis aux niveaux international et national. À cet égard, mérite une attention particulière la partie des désignations employées dans les documents correspondants qui nomme les objets du monde des biens et des services, ainsi que les réalités locales et nationales. Ces désignations sont souvent interprétées comme des dénominations nomenclaturales, mais leur statut dans les publications scientifiques et les études terminologiques est loin d’être clairement établi. C’est pourquoi le présent travail vise à esquisser les principaux points de vue linguistiques, les plus répandus, sur la notion de « dénominations nomenclaturales » et de « nomenclature », et à déterminer ce qu’ils ont en commun et ce qui les distingue.

Premièrement, nous tenterons de présenter un aperçu extrêmement succinct des principaux points de vue historiquement établis sur cette question. Deuxièmement, nous proposerons notre propre solution à la question de la composition des dénominations nomenclaturales, solution qui nous semble particulièrement actuelle pour la linguistique.

Cette solution s’applique à des centaines de milliers, voire à des millions, d’unités nomenclaturales très diverses (notamment des nomenclatures biologiques et techniques). En outre, elle permet de préserver la cohérence interne de la nomenclature en tant que notion théorique et, sur cette base, de déterminer la place de la nomenclature dans le système du lexique scientifique et technique spécialisé, ainsi que de proposer des critères linguistiques généraux permettant de délimiter la « nomenclature » comme classe particulière de dénominations spécialisées (ces critères étant identiques pour les disciplines scientifiques et les domaines thématiques les plus divers). Enfin, elle maintient des liens avec certaines approches traditionnelles des dénominations nomenclaturales.

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Употребление слова номенклатура известно задолго до К. Линнея (1707–1778) и А. Лавуазье (1743–1794), просуществовало несколько веков и в этом значении дошло до наших дней (по свидетельству А. Д. Хаотина, слово номенклатура появляется в европейских языках уже в XVI–XVII вв. [Хаотин 1972: 6–7]), но английский философ и историк науки У. Уэвель (1794–1866), по-видимому, был первым, кто попытался теоретически осознать этот класс научной лексики в его противопоставлении терминологии. У. Уэвель, известный своими работами в области методологии и истории естественных наук (в первую очередь – биологии, химии, минералогии), неоднократно касается некоторых проблем языка науки и, в частности, терминологии. Содержание наиболее часто цитируемого трактата “Философия индуктивных наук, основанная на их истории” позволяет с достаточной достоверностью утверждать, что в номенклатуру химических и биологических наук У. Уэвель включает названия систематики (разумеется, современной ему, У. Уэвелю) растительного и животного мира. Уместно в этой связи привести некоторые высказывания автора. “Номенклатура классификационной науки – это собрание имен Видов, Родов и других подразделений” [Whewell 1967: 462] (выделено нами – С. Ш.). “Напомним, что терминология – это язык для описания объектов, номенклатура – собрание имен самих объектов” [Whewell 1967: 535]. К номенклатуре У. Уэвель относит не только имена видов, но и многие другие названия представителей растительного и животного мира.

Dans cette approche, la nomenclature chimique comprend les diverses dénominations de substances et de composés (indépendamment, là encore, de leur position dans la taxonomie). De ce point de vue, en chimie, le sodium, le fluor, le chlore, le diazométhane, les acétates, l’acide stéarique, l’acide oléique, le diméthylglyoxime sont des nomenes, tandis que, par exemple, le numéro atomique, les isotopes stables, la fluctuation, etc., sont des termes.

En revanche, dans l’opposition « terminologie – nomenclature », la position de W. Whewell est ambivalente, voire parfois contradictoire.

En effet, d’une part, ses travaux comportent apparemment des déclarations explicites selon lesquelles la nomenclature se limite aux noms des espèces. D’autre part, lorsqu’il examine sur le plan logico-sémantique l’opposition « terminologie – nomenclature », W. Whewell revient le plus souvent à une interprétation de la nomenclature selon laquelle

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Elle comprend également les noms d’autres taxons biologiques — genres, familles, ordres, etc. Cette interprétation est liée à la distinction entre la langue de description de l’objet (W. Whewell lui-même emploie parfois le terme descriptive language, langue descriptive) et la langue que l’on pourrait appeler la langue de dénomination de l’objet. La première constitue la terminologie de la science, la seconde, sa nomenclature. « Les tiges, les feuilles, les fleurs et les fruits des plantes, ainsi que les parties qui s’y rapportent, peuvent être si divers que le langage courant est tout à fait insuffisant pour exprimer ce qu’ils ont de commun et de différent, écrit W. Whewell. La botanique a donc besoin non seulement d’un système défini de noms de plantes, mais aussi d’expressions (phrases) pour décrire leurs parties: non seulement d’une nomenclature, mais aussi d’une terminologie (souligné par l’auteur — p. III.) » [Whewell 1869: 495].

À cet égard, lorsqu’il parle de nomenclature, W. Whewell souligne à plusieurs reprises son rapport plus direct à la réalité, la présence immédiate de la signification des nomènes dans la connaissance. En conséquence, les nomènes et les termes sont introduits différemment dans l’usage scientifique. Selon W. Whewell, la signification des nomènes est moins fixée par une définition qui en établit les limites qu’illustrée par un représentant typique. Elle est moins délimitée de l’extérieur que présentée à partir de son point central; elle est décrite non par ce qui en est nécessairement exclu, mais par ce qui y est invariablement inclus. À l’inverse, la terminologie est davantage orientée vers la définition et la convention.

Ainsi, d’un côté, la nomenclature désigne l’ensemble des noms de la systématique du monde végétal et animal, tous les noms des organismes naturels, des individus et de leurs ensembles; de l’autre, elle désigne les « noms dont la signification est immédiatement donnée dans la connaissance ». Notons que ces deux approches sont intérieurement peu compatibles, dans le cadre d’une même conception théorique du langage scientifique en général, et des sciences naturelles et de la biologie en particulier. Il est intéressant de constater que cette position double de W. Whewell a entraîné par la suite diverses conceptions de la nomenclature.

Ainsi, une étape véritablement nouvelle dans la formation des noms biologiques scientifiques est liée aux travaux de C. Linné. On considère que son ouvrage classique « Species Plantarum » (1753) a posé les fondements de la nomenclature dite binaire (ou binomiale, binomi-

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nale) — la désignation des espèces végétales (soulignons: des espèces seulement) par un nom générique et un certain type de caractérisation spécifique. Il semble incontestable que, dans la nomenclature botanique et zoologique moderne, fondée sur les travaux de C. Linné, les noms d’espèces constituent généralement un type particulier de dénomination. Le nom scientifique du genre est exprimé par un seul mot latin, tandis que le nom de la principale catégorie systématique qui lui est subordonnée — l’espèce — est précisé par un deuxième mot, syntaxiquement lié au premier: par exemple, le peuplier blanc (Populus alba), le fusain verruqueux (Euonymus verrucosa), l’érable du Japon (Acer negundo), le cyprès du Cachemire (Cupressus corneyana), la bernache du Canada (Branta canadensis), la salamandre arboricole (Aneides lugubris), le cacatoès noir (Probosciger aterrimus), l’aigrette à bec jaune (Egretta eulophotes), etc. (en zoologie, les noms de trois mots — trinominaux — sont également courants; le dernier des trois désigne la sous-espèce: par exemple, le cerf élaphe de Crimée (Cervus elaphus brauneri)). Le second élément du nom d’espèce est généralement appelé son épithète spécifique. Or, même lorsqu’elle est exprimée par un terme, l’épithète spécifique n’épuise nullement les différences propres à l’espèce végétale; au mieux, elle n’en transmet qu’un seul parmi de nombreux caractères, laissant entièrement dans l’ombre tous les autres. Il n’est donc pas étonnant que Carex pauciflora ne s’oppose pas nécessairement à Carex pluriflora, mais plutôt à Carex hakkodensis; Carex pluriflora, à son tour, peut s’opposer à Carex limosa, etc. Dans certains cas, l’épithète spécifique est dérivée de noms de personnes ou de noms géographiques: cf. Carex gmelini ou Koenigia islandica (selon certaines estimations, ces cas représentent jusqu’à 20% des épithètes spécifiques en botanique). Ainsi, dans le nom d’espèce, l’épithète spécifique n’est pas en rapport avec l’essence biologique de celle-ci; elle est largement conventionnelle à cet égard, et son nom nomenclatural ne peut servir à caractériser les particularités de l’espèce végétale ou animale: seule peut remplir cette fonction une description spéciale, appelée aujourd’hui son diagnostic. C’est cette description qui fixe la signification correspondante du nom spécifique. Ainsi, en biologie, la dénomination des « espèces naturelles » a suivi la voie d’un accroissement du syncrétisme du nom au détriment de son caractère analytique,

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car le nom scientifique abrégé de l’espèce n’en reflète pas les différences, et des moyens spécifiques sont nécessaires pour les établir. Par la suite, la notion d’espèce — en tant qu’unité fondamentale du système des organismes vivants et étape qualitative de leur évolution, ainsi que catégorie taxonomique fondamentale de la systématique biologique — a occupé une place centrale dans toute la taxonomie biologique; les noms d’espèces ont, quant à eux, constitué la majeure partie, et de loin, des noms des représentants du monde animal et végétal en biologie. Cela permet de supposer qu’après Linné, le terme nomenclature, sans perdre son sens antérieur, en acquiert un autre. Il commence à s’employer principalement, voire exclusivement, pour désigner les noms d’espèces qui constituent la nomenclature binaire. Cette hypothèse peut être partiellement confirmée par les conceptions de J. S. Mill (1806–1873), contemporain et compatriote de W. Whewell. Connaissant W. Whewell et s’y référant à plusieurs reprises, J. S. Mill examine certaines de ses propositions dans son « Système de logique déductive et inductive ». Abordant notamment la question de la nomenclature, il écrit: « Les mots nomenclature et terminologie sont employés par la plupart des auteurs presque indifféremment, et le Dr Whewell est le premier, à ma connaissance, à avoir attribué des significations différentes à ces deux termes. Puisque la distinction qu’il a établie entre ces mots a une portée réelle et importante, nous devons suivre son exemple » [Mill 1899: 565]. Il poursuit toutefois: « On peut définir la nomenclature comme l’ensemble des noms de toutes les classes naturelles dont traite telle ou telle branche du savoir, ou, mieux encore, de toutes les classes naturelles inférieures (souligné par nous — C. Sh.) — ces “espèces inférieures” qui peuvent certes être subdivisées, mais non plus en classes naturelles, et qui correspondent en général à ce que les sciences naturelles appellent simplement des “espèces” [Mill 1899: 565]. Ainsi, les noms des classes naturelles inférieures relèvent de la nomenclature, tandis que les noms de tous les taxons supérieurs au rang d’espèce (noms de genre, de famille, d’ordre, de classe, etc.), selon cette approche, ne relèvent pas de la nomenclature et font donc probablement partie de la terminologie biologique, cf. mammifères — carnivores — félidés — chats (Mammalia — Carnivora — Felidae — Felis), mammifères — primates — cébidés — atèles (Mammalia — Primates — Cebidae — Alouatta), dicotylédones — Sapindales — Aceraceae — érables (Dicotyledones — Sapindales — Aceraceae — Acer), etc.

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Il est intéressant de noter que le développement de la nomenclature chimique a suivi une voie fondamentalement différente, pratiquement opposée. Dans les années soixante du XVIIIe siècle, les efforts de G. de Morveau, A. Lavoisier et d’autres ont conduit à une réforme de la nomenclature chimique, fondée sur le principe selon lequel le nom d’une substance doit indiquer sans ambiguïté sa composition. Les noms des substances et composés chimiques, autrement dit la nomenclature chimique, contiennent généralement, aujourd’hui encore, le maximum d’informations sur la substance que renferme sa formule chimique; cf. sulfure de calcium, monoxyde de carbone, pentoxyde de diazote, tétraphénylborate de sodium, tétrahalogénométhane, etc. En chimie, la dénomination des substances et composés déjà connus, ainsi que de ceux découverts ou synthétisés pour la première fois (qui pourrait être l’équivalent des noms des « espèces naturelles » en biologie!), a donc suivi une voie tout à fait différente, plutôt opposée: celle d’une réduction du syncrétisme de la dénomination au profit de son caractère analytique, la dénomination scientifique, longue par le nombre de ses éléments terminologiques, reflétant dans une large mesure la formule structurale de la substance.

De même, semble-t-il, les désignations anatomiques du type des noms muscle pectiné, muscle long adducteur, muscle biceps brachial, veine basale, veine segmentaire lingulaire inférieure, veine jugulaire profonde, bourse bicipitoradiale ne relèvent pas de la nomenclature (au sens où nous l’entendons ici!).

L’article « Nomenclature » de la troisième édition de la Grande Encyclopédie soviétique donne deux acceptions de ce mot:

« Nomenclature (du lat. nomenclatura — liste, répertoire de noms), 1) système (ensemble) de noms, de termes employés dans un domaine des sciences ou des techniques; 2) système de symboles abstraits et conventionnels destiné à fournir le moyen, le plus commode du point de vue pratique, de désigner des objets. »

Ce qui précède permet de distinguer au moins trois conceptions différentes de la nomenclature: 1) la nomenclature comme ensemble des noms scientifiques de tous les groupes de représentants du monde végétal et animal; 2) la nomenclature comme ensemble des désignations des seuls « rangs naturels inférieurs » (en biologie, par exemple, ce sont les noms binominaux des espèces d’organismes vivants); 3) la nomenclature comme ensemble de désignations dont une partie consiste en désignations assez conventionnelles

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des concepts que désignent dans leur ensemble les désignations correspondantes.

Ainsi, dans le domaine technique, on compte parmi la nomenclature des produits techniques, par exemple, les noms de mécanismes et de machines, de leurs pièces, d’appareils, de dispositifs techniques et de leurs composants, utilisés dans l’industrie et le commerce, etc., et dont la seconde partie est constituée d’« étiquettes linguistiques » assez conventionnelles; cf. fusée MTZ 80, roulement 80301, pompe MSh 3A, accessoires Kärcher 310, compresseur VP2–10/9, générateur d’acétylène BAKS-1, automobile KamAZ-43114, avion « Boeing 747 », etc. « On peut inclure dans la nomenclature (et on y inclut généralement) les listes de noms de produits d’une entreprise donnée (par exemple, tous les modèles de tracteurs d’une même usine “ChTZ”), de marchandises d’un magasin donné, ainsi que de variétés, c’est-à-dire de formes de plantes artificiellement sélectionnées (par exemple, des fruits) », écrit V. M. Leychik [Лейчик 1974: 19]. On peut supposer que les désignations conventionnelles MTZ 80, 80301, MSh 3A, Kärcher 310, VP2–10/9, BAKS-1, KamAZ-43114, « Boeing 747 » dans les exemples ci-dessus sont précisément ces « symboles abstraits et conventionnels destinés à fournir le moyen, le plus commode du point de vue pratique, de désigner des objets » mentionnés dans la définition de la nomenclature donnée par la Grande Encyclopédie soviétique.

В дальнейшем изложении мы будем говорить о номенклатуре1, номенклатуре2 и номенклатуре3, соответственно, а упомянутую выше достаточно условную часть номенклатурного обозначения3 будем называть номенклатурным показателем (или номенклатурным маркером). При этом выявленные исторически сложившиеся различные трактовки, при всей их несовместимости, все же имеют целый ряд общих моментов, из-за которых их часто контаминируют, но мы не будем на этом останавливаться, а более подробно рассмотрим очерченное выше понятие номенклатуры3.

Les critères permettant de distinguer la nomenclature3 de l’ensemble de la lexique spécialisée de nature scientifique et technique relèvent également du domaine linguistique. Ces critères concernent non seulement la question « qu’est-ce qui est désigné? » (à laquelle on peut répondre provisoirement: des concepts particuliers de ce domaine du savoir, formant des séries dénominatives rattachées à un concept plus général), mais aussi la question « comment est-ce désigné? » (à laquelle on peut répondre provisoirement: de manière binaire,

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où le premier composant désigne une notion générique spécialisée, commune à toute la série dénominative, tandis que le second constitue une désignation assez conventionnelle d’un caractère extérieur propre au domaine thématique concerné). C’est apparemment le caractère conventionnel du choix de ce trait que G. O. Vinokur avait à l’esprit lorsqu’il faisait remarquer: « Pourquoi cet objet est nommé ainsi et non autrement importe plus ou moins peu pour les désignations nomenclaturales, alors que c’est une question très importante pour le terme qui aspire à posséder une forme interne porteuse de sens. C’est à cela qu’est souvent liée la tendance à remplacer les nomenclatures par différents systèmes de codes » [Винокур 1939: 8].

Les points de vue examinés et le matériau linguistique permettent de formuler l’interprétation suivante de la dénomination nomenclaturale, qui peut être retenue, du moins, comme l’une des positions possibles et cohérentes en elle-même, permettant de délimiter un vaste ensemble d’unités linguistiques spécialisées à caractère scientifique et technique.

Une dénomination nomenclaturale (un nomen) est la désignation terminologique d’une notion spécialisée particulière relevant d’un domaine de connaissance, d’une discipline ou d’un domaine thématique. Elle se compose de deux éléments lexico-syntaxiques, dont le principal sur le plan syntaxique est un terme, un mot ou une expression de la langue générale qui désigne une notion générique spécialisée propre à ce domaine, tandis que l’élément syntaxiquement subordonné est un signe conventionnel et extérieur (pour ce domaine de connaissance et pour la désignation de la notion correspondante) — une marque, une « étiquette » — qui sert à distinguer de la notion générique précisément cette notion particulière, consignée dans des descriptions, des interprétations, des définitions, etc. spécialisées.

Le signe-composant syntaxiquement subordonné de la dénomination nomenclaturale (mot ou expression de la langue générale employé métaphoriquement, anthroponyme ou toponyme, abréviation ou notation alphanumérique spécialisée) constitue son indicateur nomenclatural (marqueur).

Le contenu conceptuel du composant syntaxiquement principal de la dénomination nomenclaturale peut lui aussi résulter de changements métaphoriques du lexique de la langue générale.

Les dénominations nomenclaturales qui désignent, au moyen de noms propres — anthroponymes (éponymes) ou toponymes

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— des dispositions, assertions, hypothèses, conceptions, etc. particulières du domaine de connaissance concerné constituent ses dénominations métanomenclaturales de type anthroponymique ou toponymique.

L’ensemble de toutes les dénominations nomenclaturales (nomen) d’un domaine donné constitue sa nomenclature.

L’un des résultats inattendus auxquels nous aboutissons est donc que, si au début du présent travail nous sommes partis du principe que la terminologie et la nomenclature s’opposaient l’une à l’autre, nous constatons avec surprise, à la fin, que la nomenclature (selon l’une de ses interprétations possibles!) ne s’oppose pas à la terminologie, mais en constitue une partie intégrante, dont la particularité réside dans la spécificité des moyens linguistiques permettant de restreindre une notion spécialisée à une notion encore plus spécialisée et particulière. Remarquons que cette solution apparemment « inattendue » de la question du rapport entre terminologie et nomenclature s’explique dans une large mesure par des raisons purement terminologiques. Ainsi, si l’on considère que seuls relèvent des nomens les éléments que nous appelons plus haut des indicateurs nomenclaturaux, le résultat s’avère plus « habituel »: les nomens (dans cette acception!) ne seront jamais des termes, et les termes, comme on le supposait, ne seront jamais des nomens.

La conclusion obtenue ne doit donc pas décourager. Ce qui distingue fondamentalement la nomenclature au sein de la terminologie, c’est son mode « extérieur », conventionnel, non motivé ou presque pas motivé par les traits conceptuels propres à la discipline, de distinction des notions particulières de sous-espèces (« types », « variétés ») à partir de notions génériques déjà désignées par des termes, autrement dit, sa sémantique conceptuelle et l’emploi d’un indicateur nomenclatural. La communauté fonctionnelle entre le terme et la dénomination nomenclaturale dans son ensemble, comprise de cette manière, demeure toutefois: tous deux expriment une notion spécialisée. Se maintient aussi, et se renforce même, la nécessité d’expliciter spécialement cette notion au moyen de procédés conçus à cette fin — description, définition, illustration, caractérisation ou autres procédés variés apparentés à la définition [Горский 1974; Гетманова 1986; Свищов 1987; Самбурова 2000]. Il est caractéristique que, dans plusieurs dictionnaires terminologiques normatifs, soient présentés

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sur des bases générales également les dénominations nomenclaturales, qui ont exactement la même entrée lexicographique qu’un terme ordinaire; à titre d’exemples, citons la présentation lexicographique de quelques seuls nomen anthroponymiques et de leurs définitions, tirées du recueil de termes recommandés en hydromécanique élaboré par le Comité de terminologie scientifique dans le domaine des sciences fondamentales (КНТ РАН) [Гидромеханика 1990]:

Force d’Archimède. Résultante des forces normales de pression d’un liquide pesant sur la surface mouillée d’un corps, entièrement ou partiellement immergé dans le liquide. Liquide newtonien. Liquide visqueux dont le tenseur des contraintes est une fonction linéaire du tenseur des vitesses de déformation. Coefficient de Coriolis. Rapport entre l’énergie cinétique du liquide s’écoulant en une unité de temps à travers une section normale et l’énergie cinétique du liquide calculée à partir de la vitesse locale moyenne: (formule à suivre).

Le traitement commun du matériau terminologique et nomenclatural proprement dit est ici tout à fait évident.

Comme conséquence de la compréhension linguistique de la nomenclature, on peut également trouver des cas où un même objet ou concept est désigné par une appellation purement nomenclaturale ou par une appellation terminologique qui désignent le même objet ou concept (ce qui semble absolument impossible dans le cadre de l’opposition « terminologie VS nomenclature »). En effet, sel de Glauber et sulfate de sodium désignent en chimie une seule et même substance, Na2SO4·10H2O, mais sel de Glauber est, comme l’exposé qui précède le montre, un nom nomenclatural anthroponymique (patronymique) typique, tandis que sulfate de sodium est un terme chimique; de même, le déterminant de Wronski est également un nom nomenclatural anthroponymique (patronymique), tandis que le wronskien est un terme mathématique parfaitement synonyme. Iou. V. Slojenikina donne d’autres exemples intéressants d’égalité dénotative entre des noms nomenclaturaux anthroponymiques et des termes médicaux (que l’autrice qualifie dans son ouvrage de termes éponymiques): maladie de Bright – néphrite, syndrome d’Alport – néphrite héréditaire, capsule de Glisson – capsule fibreuse périarticulaire, ongle de Haller – ergot d’oiseau, foramen de Morgagni – foramen cæcum de la langue, trompe d’Eustache – trompe auditive, etc. [Сложеникина 2005: 183–184].

L’approche linguistique proposée pour les dénominations nomenclaturales semble permettre de les traiter de manière uniforme

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non seulement au sein des unités linguistiques des secteurs technique et industriel, mais aussi dans les domaines les plus divers du savoir et des disciplines — dans le cadre des sciences exactes et naturelles, des sciences humaines et des connaissances de production. Ce dernier point est d’une importance capitale, tant du point de vue théorique que pratique, pour la terminologie en tant que science du terme comme pour la lexicologie dans son ensemble. En particulier, s’ouvre la perspective d’une typologie des formations nomenclaturales des sciences, disciplines et domaines thématiques les plus divers, selon des principes linguistiques communs. La conception de la nomenclature qui est avancée, comme on peut le voir, n’exclut pas sa grande diversité thématique, mais la suppose: noms de marques de produits techniques, noms biologiques d’espèces végétales et animales, ainsi que de variétés de plantes cultivées et de races d’animaux domestiques, noms patronymiques d’objets spécialisés et d’énoncés les concernant, etc. Cette approche permet également d’étudier les différents types fonctionnels de nomenclatures au sein d’un même domaine du savoir (telles sont les différences entre les appellations automobile VAZ-2101, automobile « Jigouli », automobile « Lada », c’est-à-dire les noms d’automobiles). Une telle conception de la nomenclature laisse un vaste champ de recherche sur l’influence de l’objet d’une science et de sa structure sur les modes de dénomination qu’elle adopte. Par exemple, dans les sciences techniques, la nomenclature des pièces, appareils, machines, etc., qui emprunte les noms propres de leurs créateurs et inventeurs, est très développée (voir plus haut à propos de la nomenclature anthroponymique3). En revanche, en linguistique, qui étudie d’une manière ou d’une autre les phénomènes sociaux, ce mode de désignation des objets linguistiques est peu probable, car les linguistes ne créent ni syllabes, ni morphèmes, ni mots, ni conjugaisons, ni affixes, ni constructions syntaxiques, etc. La nomenclature anthroponymique (éponymique) se limite ici, en règle générale, aux dénominations métanomenclaturales du type loi de Brugmann, loi de Wackernagel, hypothèse de Sapir-Whorf, règle de Meinhof, etc.

L’interprétation proposée de la nomenclature permet de comprendre les limites de l’« aire d’existence » des dénominations nomenclaturales et leur statut. Sans se limiter au domaine technique ni à la sémantique concrète, « matérielle », des dénominations des « objets techniques concrets, procédés technologiques, matériaux de composition déterminée, machines d’une marque déterminée, etc. » (Краткое методическое пособие 1979: 11), les nomen rappellent effectivement les « noms propres

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de différents mondes de la connaissance », présents dans les langues des diverses sciences, domaines du savoir et disciplines. En ce sens, nous pouvons souscrire à l’opinion de V. M. Leïtchik, qui souligne à plusieurs reprises la similitude entre la nomenclature et les noms propres [Лейчик 1974: 22], sous réserve toutefois que le niveau et le degré nécessaires d’individualisation des objets étudiés peuvent varier considérablement selon les domaines du savoir. Dans certains cas, cette individualisation atteint l’unicité des noms propres (par exemple en géographie ou en astronomie et, en règle générale, dans les sciences humaines et sociales); dans d’autres, elle se limite à un niveau où le « nom propre » correspondant désigne des dizaines, des centaines de milliers, voire des millions d’exemplaires d’objets similaires — au niveau d’abstraction retenu (tels sont, par exemple, les nomen techniques désignant des milliers de pièces d’une même marque ou d’un même modèle, ou encore les représentants d’une même espèce d’insectes en biologie).

Pour parler métaphoriquement, un nom nomenclatural (nomen) est un terme qui constitue un « nom propre » appréhendé conceptuellement (dans les termes et concepts de la discipline scientifique, du domaine du savoir ou du champ thématique concerné), et qui inclut comme composante lexico-syntaxique une sorte d’« étiquette distinctive » — un indicateur (marqueur) nomenclatural — désignant des traits externes qui ne sont pas intégrés au réseau conceptuel analytique de la discipline, ou qui consiste en une notation alphanumérique entièrement conventionnelle codant tout un ensemble de traits spécifiques.

CONCLUSIONS

On peut formuler au moins trois conceptions distinctes de la nomenclature: 1) la nomenclature comme ensemble des noms scientifiques de tous les groupes de représentants du monde végétal et animal; 2) la nomenclature comme ensemble des désignations des seuls « rangs naturels inférieurs »; 3) la nomenclature comme ensemble de désignations conventionnelles de notions et d’objets spécialisés.

Une dénomination nomenclaturale (nomen) est une désignation terminologique d’une notion particulière spécialisée relevant d’un domaine de connaissance, d’une discipline ou d’un domaine thématique. Elle se compose de deux éléments lexico-syntaxiques, dont celui qui est syntaxiquement principal est un terme, un mot ou une locution de la langue générale

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et désigne une notion générique spécialisée de ce domaine, tandis que l’élément syntaxiquement subordonné est un signe conventionnel, extérieur (à ce domaine de connaissance et à la désignation de la notion correspondante) (marque, « étiquette »), qui sert à distinguer de la notion générique précisément cette notion particulière, consignée dans des descriptions spécialisées, des interprétations, des définitions, etc. Le contenu notionnel de l’élément syntaxiquement principal de la dénomination nomenclaturale peut également résulter de changements métaphoriques du lexique de la langue générale.

Le signe-élément syntaxiquement subordonné d’une dénomination nomenclaturale (mot ou locution de la langue générale employé métaphoriquement, anthroponyme ou toponyme, abréviation ou notation alphanumérique spécialisée) constitue son indicateur nomenclatural (marqueur).

La nomenclature (selon l’une de ses interprétations possibles!) ne s’oppose pas à la terminologie, mais en constitue une partie intégrante. L’interprétation de la nomenclature proposée permet de comprendre les limites de l’« aire d’existence » des dénominations nomenclaturales et leur statut.

Grâce à cette structure, les dénominations nomenclaturales, bien qu’elles soient moins transparentes que les termes dans leur structure sémantique et logique, leur motivation et leur caractère analytique, gagnent considérablement en brièveté et en synthéticité, en permettant de désigner de manière concise une combinaison complexe de caractéristiques d’une notion ou d’un objet.

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Хаотин А. Д. 1972: Термин, терминология, номенклатура. Учебное пособие, Самарканд: Самаркандский ГУ им. А. Навои.

Whewell W. 1967: The Philosophy of the Inductive Sciences Founded upon their History, vol. II. London.

NOMENKLATŪRA VERSUS TERMINIJA (trys požiūriai į nomenklatūrinius pavadinimus)

Bendrojoje vartosenoje nomenklatūra dažnai yra terminijos sinonimas, tačiau mokslinėje tradicijoje žodis nomenklatūra, rodos, vartojamas specialesne reikšme ir čia galima įžvelgti nomenklatūros ir terminijos priešpriešą.

Straipsnyje nesiekiama išsamiai atsakyti į šį klausimą, bandoma tik apžvelgti labiausiai paplitusias nomenklatūros apibrėžtis priešinant ją terminijai, nes terminija ir nomenklatūra laikomos pagrindine specialiosios kalbos žodyno dalimi.

Žinomos mažiausiai trys skirtingos nomenklatūros sąvokos: 1) nomenklatūra kaip augalijos ir gyvūnijos mokslinių ir populiariųjų pavadinimų rinkinys (nomenklatūra 1); 2) nomenklatūra kaip „žemesniųjų vienetų“ žyminių rinkinys (nomenklatūra 2); 3) nomenklatūra kaip sutartinių ženklų, žyminių specialias sąvokas ir objektus, rinkinys (nomenklatūra 3).

Skirtingos nomenklatūros interpretacijos būdingos skirtingoms mokslinėms tradicijoms. Nomenklatūra 1 siekia K. Linnėjaus laikus – jo sukurtą dvinarę biologinių rūšių nomenklatūrą ir neginčytiną jo sėkmę taikant šią nomenklatūrą gamtos objektams įvardyti. Nomenklatūra 2 rodosi iš mokslo praktikos pripažįstant šį faktą ir jį filosofiškai apmąstant. W. Whewellas ir J. S. Millis yra labiausiai minėtini dėl bendrosios diskusijos apie nomenklatūros ir terminijos priešpriešą ir jos teorinį pagrindimą. Nors ir nevisiškai nuosekli, ši priešprieša buvo apibendrinta taip, kad nomenklatūra galėtų apimti ir daugumą cheminių elementų pavadinimų. Tuo remiantis numatyta perspektyva atskirti empirinius ir teorinius mokslinius pavadinimus. Nomenklatūra 3 daugiausia nagrinėja kalbininkai. Jai būdingos abėcėlinės, skaitmeninių ir raidinių skaitmeninių simbolių sistemos. Sudarant šią nomenklatūrą taip pat vartojami tikriniai vardai. Įdomu tai, kaip šios notacijos sukuriamos ir tampa atpažįstamos tai pačiai profesinei bendruomenei.

Skirtingos nomenklatūros interpretacijos nėra visiškai nesusijusios ir nepriklausomos. Jas vienija tai, kaip jos yra apibūdinamos literatūroje. Vis dėlto atskirti jas vieną nuo kitos gana sudėtinga, dar ir dabar galima pastebėti skirtingas jų istorines šaknis.

NOMENCLATURE VERSUS TERMINOLOGY (three approaches to nomenclature)

In common usage, nomenclature is often a synonym of terminology. In scientific tradition, however, the word ‘nomenclature’ seems to be used in a more specific sense, and contraposition of nomenclature and terminology can be found.

This article does not claim to cover the subject completely but attempts to review the most common definitions of nomenclature as opposed to terminology, since terminology and nomenclature are considered to be the major part of the LSP vocabulary.

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Сергей Шелов | Номенклатура versus терминология...

At least three different concepts of nomenclature are detected: nomenclature as a set of scientific and popular names for members of the plant and animal kingdom (nomenclature 1); nomenclature as a set of designations of ‘lower natural subdivision’ (nomenclature 2); nomenclature as a set of conventional notations to denote specific concepts and objects (nomenclature 3).

Different interpretations of nomenclature represent different scientific traditions. Nomenclature 1 goes back to the times of K. Linneus and his invention of binary nomenclature for biological species and his indisputable success in attempts of setting it up in denoting natural subjects. The concept of nomenclature 2 was given birth in scientific practice by philosophical recognition of this fact and meditations over it. W. Whewell and J. S. Mill are the most worth mentioning among others for general discussion of the ‘nomenclature VS terminology’ controversy and its theoretical foundation. Though not completely consistent, this controversy was generalised to cover the majority of the names for chemical elements and some far reaching perspectives on this basis were outlined in distinguishing between empirical and theoretical names of science. Nomenclature 3 is usually under consideration of linguists. The use of alphabetic, digital, alphanumeric systems of symbols is a typical feature in the creation of nomenclature 3. Proper names are also used to make up nomenclature 3. It is the most intriguing how these notations come into being and get familiar within the same professional community.

Different interpretations of nomenclature are not totally unrelated and independent. In fact they have much in common on the ways they are described in the literature. Though separating them from one another is rather difficult, different historic roots can be traced up to nowadays.

Gauta 2006-11-27

Сергей Дмитриевич Шелов Институт языков и культур имени Льва Толстого ул. Хабаровская, д.18а, Москва, Россия Эл. почта: [email protected] [email protected]

Terminologija | 2006 | 13

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