À PROPOS DES GROS MOTS RUSSES DANS UN MANUEL DE LETTON
La presse lettone (Latvijas avīze, no 29 (3955), 29/01/2010, www.la.lv) a publié un article d’Artis Drēziņš consacré aux gros mots russes dans un manuel scolaire de letton – Krievu lamuvārdi latviešu valodas mācību grāmatā. Il intéressera peut-être aussi les linguistes lituaniens et le grand public, et les incitera à débattre et à partager leurs réflexions sur des questions actuelles concernant l’usage public de la langue.
L’auteur de l’article affirme que la première partie du manuel de letton pour les écoles secondaires, écrite par Iluta Dalbina et Inese Lāčauniece et publiée par la maison d’édition « RaKa », est devenue le manuel le plus remarqué de la semaine. Ce succès, la livre ne l’a nullement acquis dans les écoles, mais auprès des journalistes: la chaîne de télévision TV5 l’a repérée en premier, puis les portails Internet et les journaux russes. Qu’a donc de si particulier ce livre? À la page 87 sont imprimés les plus grossiers des gros mots russes. Les auteures se sont appuyées sur la communication de la linguiste Inta Urbanoviča, « Le lexique de bas registre sur Internet », présentée lors de la conférence « La langue maternelle dans l’espace public ». Il est demandé aux élèves de lire un extrait du texte de la linguiste et d’en débattre en classe.
Le manuel explique les vulgarismes, les mots familiers et les barbarismes, et porte également un regard critique sur leur emploi. Citation: « Sur Internet, les vulgarismes d’autres langues sont fréquents; ils fonctionnent comme des mots expressifs: bl*n, bl*g, pi***ts, h**ną, po**i, etc. » (La rédaction du journal précise que, dans le livre, ces mots sont imprimés en toutes lettres, sans les astérisques utilisés dans ce genre de cas. Au passage, l’article est illustré par une page du manuel en question; en la regardant comme à travers une loupe, les gros mots mentionnés ressortent dans toute leur « splendeur ».)
A. Drēziņš poursuit: « Ce qui convenait à nos parents ne nous convient déjà plus »: les auteures ont choisi cette citation d’Oscar Wilde comme devise du chapitre « Parlons-nous letton? ». Je m’adresse à l’une des auteures, à qui, semble-t-il, ne convient donc plus la langue parlée par nos pères et nos mères… L’enseignante Iluta Dalbina, du lycée de Pļavnieki à Riga, m’invite, au cours de notre conversation,
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KALBOS KULTŪRA | 82