Page 1Regina KVAŠYTĖ
Université de Šiauliai
LES ANGLICISMES DANS LA TERMINOLOGIE ÉCONOMIQUE DES LANGUES LITUANIENNE ET LETTONE
1. Remarques préliminaires
La terminologie d’une langue contemporaine, en tant que partie du lexique de la langue nationale reflétant les changements de la vie sociale, est d’origine diverse: à côté des mots de la langue elle-même, on emploie un nombre considérable de termes empruntés à différentes périodes, que l’on répartit généralement, selon leur degré d’assimilation, en emprunts anciens proprement dits, mots internationaux et mots étrangers, ou barbarismes (Gaivenis 2002: 58). En lituanien et dans la langue apparentée qu’est le letton, la plupart des termes internationaux sont d’origine grecque ou latine. Cependant, de nombreux mots d’autres langues, notamment de l’anglais, sont également devenus internationaux (Jakaitienė 1980: 60; LK I 1995: 36; Laua 1981: 116). Le linguiste Juris Baldunčiks, qui a étudié en détail les emprunts à l’anglais en letton, reconnaît que les anglicismes sont souvent perçus comme du lexique international; c’est pourquoi on ne s’oppose guère à leur entrée tant dans la langue commune en général que dans le lexique professionnel. Leur appartenance au lexique international — répandu dans de nombreuses langues — constitue précisément l’un des principaux motifs d’emprunt. Cela vaut particulièrement pour les langues qui ne font pas partie des langues dites majeures: le letton, le lituanien, le tchèque, le finnois, etc. La présence de ces mots dans nos langues est également favorisée par le fait qu’ils se rencontrent dans les grandes langues (russe, allemand) (A 1989: 11). Les terminologues lituaniens expliquent de façon similaire la diffusion des anglicismes: « ils arrivent avec de nouvelles notions
1 Les linguistes lettons ne s’accordent pas sur le terme lui-même: les formes anglicisms (A 1989) et anglisms (Skujiņa 1993) sont en concurrence. « La séquence de lettres (le suffixe) du terme anglicisms n’a pas de charge sémantique; par conséquent, conformément aux exigences imposées aux termes et en rejetant l’influence injustifiée d’autres langues, la préférence est accordée à la forme plus courte anglicisms » (NA 2002: 113). Dans la terminologie linguistique lituanienne, les termes anglicizmas, anglizmas sont employés comme synonymes (KTŽ 1990), tout comme anglybė (Drotvinas 1988: 50).
31
Page 2ir kai kurios esti labai panašios į tarptautinius žodžius“ (Gaivenis 2002: 58). Pastaruoju metu rinkos ekonomikos sąlygomis ir plėtojant verslą anglų kalba anglybės vis labiau skverbiasi į nacionalines kalbas.
Les anglicismes — mots internationaux en lituanien et en letton, et, dans les usages non normatifs, mots étrangers d’origine anglaise — sont entrés à des époques différentes et pour des raisons différentes; leur évaluation dans la terminologie de l’économie et des domaines connexes2 ne saurait donc être uniforme. La terminologue lettone Valentīna Skujiņa souligne qu’en raison de leur spécificité nationale, les emprunts à l’anglais (en particulier les termes d’origine anglaise) relèvent en letton non pas de la catégorie des internationalismes3, mais de celle des mots empruntés à une autre langue nationale particulière, comme les emprunts au russe, à l’allemand ou à toute autre langue nationale. En letton, ces mots sont le plus souvent traduits, sauf s’il existe des raisons particulières supplémentaires de les emprunter (Skujiņa 1997: 241). On observe que, dans le système linguistique, s’implantent le mieux les mots internationaux d’origine anglaise dont la prononciation est la plus proche de l’orthographe; en revanche, les anglicismes dont la prononciation diffère fortement de l’écriture ne remplissent que de façon conditionnelle les fonctions de mots internationaux. Ces considérations valent non seulement pour le lexique de la langue commune, mais aussi pour la terminologie. La diffusion des anglicismes dans la terminologie économique du lituanien comme du letton a commencé il y a longtemps et se poursuit encore aujourd’hui à un rythme assez rapide; cela vaut en particulier pour l’emploi des emprunts à l’oral.
2. Termes internationaux transmis par l’anglais
Il arrive que l’anglais ait servi d’intermédiaire dans le processus d’emprunt de termes; on trouve de tels exemples également dans la terminologie économique. Parmi les termes empruntés à l’anglais depuis longtemps, entièrement assimilés et devenus internationaux, dans les langues lituanienne et lettone
2 Ci-après, désigné de manière générale par l’expression terminologie économique.
3 En linguistique lettone, le terme internacionalisms est largement employé, tandis qu’en lituanien les termes internacionalizmas et internacionalybė sont synonymes du terme lituanien tarptautinis žodis (KTŽ 1990). On affirme d’ailleurs qu’en lituanien, le terme internacionalizmai « avait déjà commencé à évincer le terme habituel tarptautiniai žodžiai » (Klimavičius 2001: 16).
32
Page 3Relèvent avant tout de cette catégorie les termes économiques d’origine latine ou grecque introduits par l’intermédiaire de l’anglais (certes, certaines sources les considèrent comme empruntés directement aux langues classiques): lituanien kapitalas (anglais capital < latin capitalis « principal ») TŽŽ 2001 – « apport à la production par l’investissement dans le capital matériel (p. ex., entreprises, établissements, équipements, outils) et le capital intellectuel (p. ex., enseignement général, formation professionnelle) <...> » AĮVTŽ 2000 [dans les dictionnaires de mots internationaux plus anciens, par exemple SNŽŽ 1907, STŽŽ 1923, il est indiqué que le mot est d’origine latine; par ailleurs, le terme en question était souvent expliqué par son équivalent lituanien turtas (L 1915; LL 1922)] – letton kapitāls (allemand Kapital, anglais capital < latin capitale « propriété »), tandis que son homonyme est l’adjectif kapitāls, du latin capitalis « principal » (SV 1999); lituanien eksportas (anglais export < latin exporto « j’exporte ») TŽŽ 2001 – « vente de biens, de services et de capital fixe à des pays étrangers <...> » AĮVTŽ 2000. Ce mot figure dans divers dictionnaires lituaniens du début du XXe siècle, mais certaines sources lexicographiques lui substituent les dérivés lituaniens išgabenimas (L 1915) ou išvežimas (SNŽŽ 1907). Pranas Skardžius a proposé de renoncer à cet emprunt international et d’employer des tournures descriptives prekių išvežimas į užsienį; į užsienį išvežamosios prekės ou le dérivé suffixal išvaža (LTŽA 1973). Le dictionnaire des anglicismes lettons (SV 1999) précise que le terme letton eksports est apparu pour la première fois dans un fascicule de dictionnaire encyclopédique publié en 18914, mais, comme le montrent les exemples illustratifs, il était employé bien auparavant (A 1989); lituanien importas (anglais import < latin importo « j’importe ») TŽŽ 2001 – « achat de biens, de services et de capital fixe auprès de pays étrangers <...> » AĮVTŽ 2000. Ce mot international, lui aussi considéré comme étant directement d’origine latine, a été introduit en lituanien dès le glossaire de mots internationaux de 1907 (SNŽŽ 1907), ainsi que dans d’autres dictionnaires publiés par la suite (STŽŽ 1923; TŽŽ 1936). Pourtant, dans l’ouvrage publié en 1938
⁴ Le dictionnaire encyclopédique Konversācijas vārdnīca a été publié en fascicules. Le premier éditeur était J. Dravnieks. De 1891 à 1898, 27 fascicules ont paru à Jelgava; à partir de 1904, le dictionnaire est publié à Riga: Konversācijas vārdnīca 1–99, 1904–1921; Latviešu konversācijas vārdnīca 1–21, 1921–1940.
33
Page 4Ce terme ne figure pas dans le dictionnaire de correspondance commerciale; il y est remplacé par le terme lituanien įvežimas (PKŽ 1938). Selon P. Skardžius, il pourrait également être rendu par les expressions lituaniennes prekių įvežimas iš kitų kraštų, įvežamosios prekės ou le dérivé suffixal įvaža (LTŽA 1973). Le letton imports (SV 1999), tout comme le terme de sens antonymique eksports, figure dans le dictionnaire de 1891 (A 1989). Ces mots internationaux d’origine latine introduits par l’intermédiaire de l’anglais ont des équivalents propres au letton: eksports – izvedums « exportation », imports – ievedums « importation ». Les dictionnaires terminologiques de la dernière décennie montrent que les équivalents lettons sont utilisés comme termes ou comme éléments de termes composés: ievedums; ievedmuita « droit d’importation », izvedums; izvedmuita « droit d’exportation » (ELDO 1995; ESV 2000). De nouveaux termes composés se répandent également dans la terminologie économique lettone: ieveduma ierobežošana « restriction des importations », ieveduma kvota « quota d’importation », ieveduma pievienotās vērtības nodoklis « taxe sur la valeur ajoutée à l’importation », izvedsubsīdija « subvention à l’exportation », izveduma kvota « quota d’exportation », izveduma un ieveduma cenu attiecība « rapport entre les prix à l’exportation et à l’importation » (ESV 2000). Le plus récent dictionnaire explicatif letton des termes économiques relève même une tendance à délaisser les termes d’origine étrangère: eksports žr. izvedums ir imports žr. ievedums (ESV 2000). Des phénomènes semblables se produisent dans la terminologie lituanienne: à côté des termes eksportas, grynasis eksportas, importas (RETŽ 1994; BBBTŽŽ 1994; MTŽ 2002), importo muitas (ETŽ 1994), eksporto / importo kvota, eksporto / importo licencija AĮVTŽ 2000, on emploie, quoique beaucoup plus rarement, les équivalents lituaniens įvežimas, išvežimas (BBBTŽŽ 1994). Les termes d’origine lituanienne įvežimas ir išvežimas ou les formes des verbes correspondants įvežti, išvežti apparaissent également dans l’explication de certains termes juridiques (IVSŽ 2000).5
L’anglais joue également un rôle de langue intermédiaire lorsque certains termes issus des langues classiques sont remis en usage, par exemple le lituanien auditas (latin auditus « audition ») TŽŽ 2001 – « examen officiel de la comptabilité et des états financiers d’une entreprise par un organisme indépendant »
5 Les traductions littérales des termes lettons sont indiquées entre guillemets simples.
34
Page 5et la présentation des conclusions. L’objectif principal de l’audit est d’évaluer si les états financiers reflètent la situation réelle de l’activité de l’entreprise et s’ils ont été établis conformément aux textes réglementaires en vigueur en matière de comptabilité. L’audit est réalisé en vertu d’un contrat conclu entre le cabinet d’audit et l’entité économique (le client). Les résultats de l’audit sont consignés dans un rapport d’audit, qui comprend également une conclusion sur la sincérité des états financiers » AĮVTŽ 2000, auditorius « personne possédant la qualification et l’autorisation d’auditeur, habilitée à effectuer un audit et travaillant dans un cabinet d’audit inscrit au registre des entreprises de la République de Lituanie » AĮVTŽ 2000. Au début du XXe siècle, ces mots présentaient une certaine diversité d’équivalents lituaniens: audit – peržiūrėjimas, perkratymas rokundų, auditor – revizorius, peržiūrėtojas rokundų L. 1915; auditoras 1. « jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, enquêteur et procureur dans les tribunaux militaires de Lituanie »; 2. « dans les anciennes écoles, élève de classe supérieure »; 3. « en droit canonique, juge instructeur qui mène l’enquête dans une procédure sans rendre lui-même le jugement » TŽŽ 1936. Dans la langue actuelle, audit comptab. – patikrinimas, revizija, auditas DALKŽ 2000; dans les dictionnaires terminologiques, audit – revizija ETŽ 1994, auditas (t. p. apskaitos patikrinimas / kontrolė / revizija) (BBBTŽŽ 1994). Les spécialistes lettons de l’économie ne s’accordent pas sur la nécessité d’emprunter ce terme: certains sont favorables à l’introduction de l’anglicisme dans leur langue, tandis que d’autres proposent d’employer uniquement le terme d’origine également latine, connu depuis longtemps, revizija, arguant qu’il désigne le même phénomène: audits sk. revīzija; auditors sk. revidents; auditorfirma sk. revidentfirma ESV 2000. Dans le dictionnaire anglais-letton, les équivalents de ce mot sont (norēķinu, pārskatu) pārbaude; revīzija « vérification (des comptes, des rapports); révision » AĮLV 1997. La Commission de terminologie de l’Académie des sciences de Lettonie a fourni une explication officielle des différences entre ces termes: elle indique que les termes revīzija ir revidents sont employés en letton dans leur sens traditionnel, tandis que les termes audits ir auditors, empruntés à l’anglais dans les années 1990, désignent des processus et un acteur distincts, quoique partiellement apparentés, à revizija et revizors: auditas – c’est « un processus engagé par une institution, une entreprise ou une personne physique, qui invite un spécialiste compétent (un auditeur) à déterminer la situation de l’activité économique de l’institution, de l’entreprise ou de la personne physique, à relever les éventuelles lacunes, etc., et à obtenir des conseils pour améliorer la situation; l’audit est effectué en écoutant les informations nécessaires ou en les recueillant dans des documents, etc.; l’objectif de l’audit
35
Page 6— empêcher un établissement, une entreprise ou une personne physique de faire faillite, éviter le recul de l’activité économique, etc., et éliminer à temps les obstacles possibles » (TJ 3, 21–22), tandis que l’auditeur est « une personne invitée, en raison de sa grande compétence, à contrôler l’activité d’un établissement ou d’un fonctionnaire donné afin d’établir la situation ou de préciser le programme d’activité à court terme » (Kirite 1995). Raita Karnīte, directrice de l’Institut d’économie et présidente de la sous-commission de terminologie économique de la Commission de terminologie de Lettonie, estime que l’emprunt à l’anglais est inutile et équivaut au terme revīzija: « il n’y a aucune raison de traduire et d’interpréter différemment ces termes; revīzija et audits sont des synonymes, également aptes à décrire un seul et même processus <...>. En conséquence, auditor se traduit par revidents jeb6 auditors, c’est-à-dire une personne ayant le droit d’effectuer une révision ou un audit » (TJ 8, 20). Il convient de noter qu’en russe, ce terme a été consigné pour la première fois dans un dictionnaire explicatif de la lexicographie de la fin du XXe siècle, avec le sens d’« expertise indépendante des états financiers d’une entreprise, effectuée par des spécialistes qualifiés (auditeurs) »; le terme désignant l’agent, auditeur, figurait déjà dans d’autres dictionnaires russes de la décennie précédente (ТСРЯ 2000).
Par l’intermédiaire de l’anglais, des termes d’origine linguistique classique sont apparus dans la terminologie économique tant du lituanien que du letton: certains sont déjà établis et ne suscitent aucun doute, tandis que l’usage d’autres continue d’être précisé.
3. Termes internationaux d’origine anglaise
Une partie des termes économiques largement connus et employés, reconnus comme internationaux, sont directement empruntés à l’anglais et adaptés au lituanien ou au letton, c’est-à-dire conformes aux normes de ces langues: lituanien boikotas (anglais boycott) TŽŽ 2001 — « cessation totale ou partielle des relations économiques avec un partenaire (État, entreprise, organisation, personne), refus d’acheter certains produits et de travailler avec son/sa
6 En letton, jeb relie toujours uniquement des mots équivalents, c’est-à-dire des synonymes absolus.
36
Page 7production, participer à des événements, communiquer » AĮVTŽ 2000 (attesté dans SNŽŽ 1907; STŽŽ 1923; SNŽŽ 1924; TŽŽ 1936) — letton boikots SV 1999, attesté dans le dictionnaire encyclopédique letton de 1904, tandis que les dérivés de ce mot apparaissent dans les textes dès la fin du XIXe siècle (A 1989); lituanien čekis (anglais cheque, check) TŽŽ 2001 — « document monétaire en vertu duquel une banque doit verser de l’argent prélevé sur le compte courant d’une personne, et reçu attestant que le client l’a reçu; document de circulation et de versements, de crédit ainsi que de règlements sans espèces, permettant la compensation et la liquidation réciproques des demandes de paiement par chèque <...> » AĮVTŽ 2000 (cf. 1. « ordre écrit, établi selon la forme prescrite par la loi, donné à une banque de verser ou de transférer sur un autre compte une certaine somme d’argent prélevée sur le compte courant de la personne qui a signé le chèque »; 2. « ticket de caisse indiquant la somme reçue pour des marchandises ou versée à la caisse » TŽŽ 2001). Dans des sources plus anciennes, la forme de ce mot était čekas, « billet délivré par une banque grâce auquel une personne peut retirer, dans une autre banque, l’argent déposé dans la première banque », SNŽŽ 1907, ou čekas SNŽŽ 1924; la forme čekis apparaît dans L 1915, TŽŽ 1936, PKŽ 1938 — letton čeks (SV 1999). J. Baldunčiks a constaté que la première signification de ce terme figure déjà dans le dictionnaire letton des mots internationaux de 1886, tandis que la seconde y est attestée en 1934 (A 1989); lituanien dempingas (anglais dumping, « fait de jeter ») TŽŽ 2001 — « dans le commerce international, afin d’obtenir de meilleures chances sur les marchés d’autres pays, les marchandises vendues à l’étranger sont proposées à un prix inférieur à celui pratiqué dans le pays, bien qu’une telle politique de prix soit interdite » AĮVTŽ 2000. Le lituanien dempingas s’emploie également au sens de « vente de devises ou de titres à un cours inférieur au cours du marché, généralement dans le but de faire baisser les prix » TŽŽ 2001 — le letton dempings, lui, ne désigne que la vente de marchandises (SV 1999; A 1989). Certains emprunts anciens appartiennent à des catégories grammaticales différentes en lituanien et en letton, par exemple leur genre diffère: lituanien banknotas (anglais bank-note) TŽŽ 2001 — « signes monétaires de crédit émis par la banque nationale (centrale) d’émission d’un pays, qui remplacent la monnaie métallique comme moyen de circulation et de paiement » AĮVTŽ 2000 — letton banknote (anglais bank note) SV 1999. En lituanien, ce terme figure dans des dictionnaires du début du XXe siècle — STŽŽ 1923, TŽŽ 1936 — mais il existait aussi sous la forme féminine banknota L 1915, LL 1922. Dans le dictionnaire letton des mots internationaux, ce mot figurait déjà depuis 1878; il est attesté pour la première fois en 1850 (A 1989).
37
Page 8Dans la terminologie économique tant du lituanien que du letton, on trouve des noms de réalités directement empruntés à l’anglais, depuis longtemps intégrés au lexique: il s’agit de termes internationaux adaptés au lituanien ou au letton et largement employés, qui n’ont pas d’équivalents dans la langue propre.
4. Emprunts d’origine anglaise et emprunts arrivés par l’intermédiaire de l’anglais
Les mots d’origine anglaise dans la terminologie économique lituanienne et lettone, en particulier les dénominations de phénomènes et de réalités nouveaux, se multiplient ces derniers temps. Les emprunts à l’anglais qui désignent de nouveaux concepts, lorsqu’il ne s’agit pas de mots internationaux, sont accueillis avec prudence dans les terminologies lituanienne et lettone. Lorsque ces nouvelles dénominations sont considérées comme des emprunts indésirables (l’attitude à leur égard ne diffère pas fondamentalement dans les deux langues), on leur cherche des équivalents appropriés — d’abord dans le lexique propre à la langue, car la chose désignée par un nouvel emprunt n’est pas toujours véritablement nouvelle: parfois, il n’est pas nécessaire de créer un mot pour la nommer. « Au cours de la décennie qui a suivi le rétablissement de l’indépendance, la Commission nationale de la langue lituanienne a quelque peu freiné l’emploi des nouveaux mots internationaux — authentiques, le plus souvent prononcés — par sa résolution no 42, “Sur la liste des nouveaux emprunts indésirables”, incorporée par la suite à la liste générale des grandes fautes de langue (LKKN 1998: 130–132); il convient de signaler un travail spécialisé, VKNS 1998, ainsi qu’une vaste production terminographique et de nombreux articles » (Klimavičius 2001: 16). Certains phénomènes liés aux conséquences des contacts linguistiques dans ces deux langues apparentées avaient déjà été étudiés (Kvašytė 1996).
Nombre d’emprunts à l’anglais auxquels on propose des équivalents lituaniens ou lettons désignent des personnes exerçant une activité. Toutefois, ils ne peuvent pas tous être évalués uniformément de façon négative. Ainsi, le lituanien brokeris (anglais broker) TŽŽ 2001 — « personne qui ne possède pas les droits du propriétaire de la marchandise. Sa fonction principale consiste à mettre en relation l’acheteur et le vendeur et à les aider à parvenir à un accord » AIVTŽ 2000; cf. « intermédiaire (agent) de bourse intervenant entre l’acheteur et le vendeur, l’assuré (le souscripteur) et l’assureur, le propriétaire du navire et l’affré-
7 Pour faciliter le repérage dans les exemples lituaniens et lettons, les emprunts à l’anglais sont présentés en premier; leurs équivalents et variantes d’usage sont examinés dans le texte.
38
Page 9tuotojo“ TŽŽ 2001. Neretai kaip anglybės atitikmuo minimas skolinys iš vokiečių kalbos makleris (vok. Makler) ŠETĖŽ 1991, „biržos tarnautojas – biržos sandorių tarpininkas“ MTŽ 2002. Žodį brokeris greičiau būtų galima laikyti suaktualintu, o ne nauju skoliniu, nes jis fiksuotas daug senesniuose šaltiniuose, bet aiškinamas kaip tarpininkas, makleris TŽŽ 1936. Kai kuriuose šaltiniuose brokeris gretinamas su žodžiu agentas, o apibrėžtyse sakoma, kad tai „prekių biržos dalyvis, tarpininkaujantis užmezgant kontaktą tarp pardavėjo ir pirkėjo. Skirtingai nuo agento, brokeris nedalyvauja ilgalaikiuose prekybiniuose santykiuose su pirkėjais bei pardavėjais ir dirba pagal įsipareigojimus“ RETŽ 1994. Taip trumpai aiškinama ir dabartinės lietuvių kalbos žodyne: brokeris „biržos tarnautojas – pirkėjo ir pardavėjo tarpininkas“, makleris – „biržos sandorių tarpininkas“ DŽ 2000. Vis dėlto įvairiuose terminografijos šaltiniuose kalbamų veikėjų pavadinimų vartojimas nepasižymi nuoseklumu: brokeris – „biržos agentas“, o vertybinių popierių / fondų / kapitalų biržos brokeris žr. finansinis makleris; makleris – broker (biržos) JAV; dealer; šnek. jobber; biržos makleris – stock jobber (ppr. atliekantis operacijas savo rizika); finansinis makleris – stock(-)broker; salės makleris – floor trader BBBTŽŽ 1994. Ir kituose žodynuose termino makleris atitikmuo ne visada būna broker, o, pavyzdžiui, jobber ETŽ 1994. Pastebėtina, kad jau 1915 m. žodyne kaip broker atitikmenys minėti mekleris; faktorius, o jobber – mekleris; perpirklis L 1915. Latv. brokers pirmas žodžio paminėjimo pavyzdys – iš 1908 m. šaltinio, o ekonomikos terminų žodyne jis fiksuotas 1975 m. (A 1989). Pagal įstatymuose vartojamo termino apibrėžtį, tai – „licencijuotas fizinis asmuo, kuris vertybinių popierių rinkoje atlieka tarpininkavimo sandorius“ LTV 1999. Tačiau latvių kalboje taip pat žinomas terminas mākleris SV 1999. Forma mākleris latvių kalboje fiksuota jau Georgo Mancelio 1789 m. žodyne, 1935 m. prekybos terminų žodyne vokiečių kalbos termino Broker atitikmuo yra mākler(s), o Makler – mākler(s), starpnieks ‘tarpininkas’ VLTT 1935. Žodis mākler(s) su pažyma kap. (t. y. „susijęs su kapitalistine santvarka, kapitalistine visuomene“) pateikiamas ir bendrinės latvių kalbos žodyne reikšme „prekybos ir biržos sandorių tarpininkas“ LieLkŽ 1995. Naujausiuose žodynuose aptikta nemažai sudėtinių terminų, kurių pagrindinis dėmuo yra minėta anglybė: apdrošināša-
39
Page 10nas brokers; muitas brokers; biržas brokers LTV 1999, biržas māklers NL 1993. Latvių dokumentų kalbą reglamentuojančiame leidinyje siūlomi net trys kalbamos anglybės atitikmenys, diferencijuojama jų reikšmė: broker – starpnieks ‘tarpininkas’; mākleris (pvz., biržoje); agents (pvz., draudime) (NA 2002 112). Tai, kad minėtoji anglybė neprilygsta tikriesiems tarptautiniams terminams, patvirtina kitų kalbų atitikmenys, plg. angl. broker, vok. Makler, pranc. courtier; agent, rus. брокер ESV 2000. Naujausiame žodyne ir anglų, ir vokiečių kalbos skoliniui siūlomas latviškas pakaitas starpnieks ‘tarpininkas’ ESV 2000. Latvių anglybių žodyne fiksuotas ir panašios semantikos dūrinys billbrokers (variantas billbrokers) (angl. bill-broker) „vekselių makleris“ A 1989, enciklopediniame žodyne 1928–1929 m. ir 1975 m. ekonomikos terminų žodyne billbrokers (vekselu mākleri) ET 1975. Latvių kalboje nemažai rūpesčių dėl paties termino formos pasirinkimo: brokers ALV 1997, PV 1995, NL 1993 ar brokeris. Terminologijos komisijos nutarimas reikalauja normine pripažinti formą brokeris ETVU 1997, ELDO 1995. Varijuoja ir forma: māklēnis PV 1995, BTV 1999, ETVU 1997, JTVU 1997 ar māklers ET 1975. Šių terminų pagrindu latvių kalboje atsiranda naujų darinių, pavyzdžiui, māklerāts „biržos maklerių grupė (skyrius), kuris veikia kaip biržos struktūrinis vienetas“ LTV 1999.
Dans les dictionnaires de termes économiques, le lituanien dileris (anglais dealer) est fréquent au sens de « membre d’une bourse de fonds (personne physique ou société), banque qui achète et vend des titres, des devises et des métaux précieux » AĮVTŽ 2000, dileris BBBTŽŽ 1994, prekybos agentas / dileris ŠETEŽ 1991. Toutefois, dans le dictionnaire le plus récent des mots internationaux en lituanien, ce mot est signalé comme impropre à l’usage: écon. impropre « intermédiaire commercial, agent commercial; représentant d’une entreprise » TŽŽ 2001. Dans le dictionnaire de 1915, l’anglais dealer correspond à dalytojas; pirklys, vertelga L 1915. Les prescripteurs linguistiques actuels proposent comme équivalents de cet anglicisme tarpininkas, prekybos agentas, parfois firmos atstovas VKNS 1998. Selon le dictionnaire anglais-lituanien, le mot a plusieurs sens: 1. « commerçant, marchand », 2. « revendeur (de drogues) », 3. « intermédiaire, agent commercial », 4. « donneur de cartes » DALKŽ 2000. Dans les dictionnaires russes de la dernière décennie figure le mot дилер, dont la définition est très proche de celle de брокер: il s’agit d’« une personne ou une société qui sert d’intermédiaire à la bourse ou dans le commerce entre acheteur et vendeur lors de l’achat ou de la vente de marchandises, de titres-
40
Page 11binius popierius ir pan. “ TCPЯ 2000. Latv. dīlers pirmą kartą paminėtas 1975 m. ekonomikos terminų žodyne (A 1989). Terminu dīlers vadinamas „biržos tarnautojas, kuris yra fondų biržos narys ir atlieka operacijas su vertybiniais popieriais pats savo rizika, skirtingai nei brokeriai, kurie yra sandorių tarpininkai ir atlieka operacijas biržos vardu. Dileriai neturi teisės sudaryti tiesioginių sandorių su klientais, kaip tai daro brokeriai. Dilerių pelnas susidaro iš akcijų pirkimo ir pardavimo kursų skirtumo“ NL 1993. Nesutariama dėl termino formos – konkuruoja baigmenys -ers ir -eris: dīlers A 1989, NL 1993 ar dīleris BTV 1999, SV 1999.
Le nom de l’acteur en lituanien sponsorius (du latin sponsor, « celui qui fournit ») est accompagné de la marque ntk. et de la définition mécène, soutien financier TŽŽ 2001. Dans d’autres sources lituaniennes, il est considéré comme un emprunt à l’anglais (angl. sponsor) et remplacé par les équivalents lituaniens déjà mentionnés. L’anglais sponsor a eu pour équivalents lituaniens, avec un autre sens, assistant, auxiliaire L 1915. De son côté, le dérivé formé au moyen du suffixe -yst- [« les dérivés se fondent sur des noms (généralement des désignations de personnes) <...> désignent très souvent l’état, l’occupation, l’activité ou le domaine d’activité de ces personnes » (Keinys 1999: 45)] sponsoriavimas ou le nom d’action formé au moyen du suffixe -im- sponsoriavimas sont proposés au remplacement par les termes aide, soutien, mécénat VKNS 1998. Ce mot figure aussi dans la liste récente des emprunts à éviter (DKKS 1998). Le letton sponsors est considéré comme un emprunt récent à l’anglais — le dictionnaire des anglicismes en donne des exemples d’usage datant des années 1980 (A 1989). Il est également attesté dans le dictionnaire du letton standard (LLVV VII(2) 1991) et dans les dictionnaires terminologiques. Les équivalents lettons proposés, soutien, bienfaiteur « celui qui apporte son soutien, bienfaiteur » ELDO 1995, voir soutien financier « soutien financier » ESV 2000. Toutefois, l’usage letton montre que les locuteurs choisissent plus souvent un dérivé de formation similaire, de même racine mais doté d’un autre préfixe: soutien « celui qui apporte son soutien ». Il convient de noter que cet anglicisme est également attesté dans les dictionnaires russes de la dernière décennie (TCPЯ 2000).
L’anglicisme lituanien menedžeris (anglais manager) est très répandu dans la terminologie économique BBBTŽŽ 1994. Pour remplacer ce terme, on a choisi l’équivalent formé par dérivation suffixale vadybininkas, fondé sur le terme vadyba (voir plus loin menedžmentas). On a également proposé de désigner cette personne par vadovu, valdytoju, direktoriumi VKNS 1998. C’est
41
Page 12taip pat nėra naujų atitikmenys – angl. manager – ir valdytojas L 1915. Latv. menedžeris savo ruožtu keičiamas terminais vadītājs ‘vadovas’, pārvaldnieks ‘valdytojas’ ELDO 1995. Pastaruoju metu plinta nauji sudėtiniai terminai, kuriems reikia rasti priimtinus ir tikslius atitikmenis, pavyzdžiui, angl. marketing manager latvių kalboje siūloma keisti dūriniu komercdirektors ‘komercijos direktorius’ (NA 2002 112). Apskritai dūrinių darymas yra labai dažnas, latvių kalbai ypač būdingas atitikmenų kūrimo būdas.
Les emprunts d’origine anglaise sont également nombreux parmi les termes économiques, que l’on pourrait regrouper, par convention, dans la catégorie des processus et des notions abstraites. Certains sont liés aux appellations des acteurs déjà examinées, par exemple, en lituanien gestion (anglais management), forme déconseillée gestion: « organisation et gestion d’une entreprise; ensemble de ses principes, méthodes, moyens et formes » TŽŽ 2001. La forme lituanienne gestion est attestée dans PKŽ 1938. Aujourd’hui, le terme gestion est expliqué comme suit: « science de la gestion et de la direction. Elle englobe la gestion des organisations et des systèmes sociaux; l’ensemble des méthodes et traditions pratiques de gestion d’un pays au cours d’une période donnée; il s’agit de l’activité de coordination du processus de production visant à optimiser l’utilisation des ressources économiques » AĮVTŽ 2000. Dans certains cas, l’anglais management est rendu dans les termes composés par le terme lituanien gestion, par exemple: comptabilité de gestion – management accounting; rachat par les dirigeants – management buy-out ETŽ 1994. En letton, menedžments est remplacé par des créations propres à la langue pārvaldība, vadībzinība « gestion, science de la gestion » (ELDO 1995; NA 2002 112), bien qu’elles fassent souvent défaut dans l’usage. À la place de l’emprunt en lituanien marketing BBBTŽŽ 1994, marqué « déconseillé » dans le dictionnaire des mots internationaux déconseillé., le mot composé marketing est proposé (TŽŽ 2001; également VKNS 1998). Selon le terminologue Jonas Klimavičius, dès BBBTŽŽ 1994, « le marketing mix – marketing mix (comprend: la présentation des produits, le prix, la place, la formation du marché). Faut-il expliquer que, sans ce dernier élément, il n’y aurait rien? Faut-il expliquer que la formation du marché, c’est le marketing? » (Klimavičius 1996: 8). Le terme étude de marché a une signification tout autre; c’est d’ailleurs un néologisme très clairement motivé. Les spécialistes de la gestion ne parviennent pas toujours à définir avec clarté et précision les notions économiques, par exemple, marketing: « système de moyens d’étude du marché et stratégie et tactique des activités de production et commerciales de l’entreprise et de ses intermédiaires, destinées à des groupes distincts de consommateurs-
42
Page 13de groupes particuliers; collecte, accumulation et traitement systématiques des données relatives aux problèmes du marketing » AĮVTŽ 2000. L’emprunt autrefois employé marketingas désignait le « processus de gestion des besoins d’un marché donné, c’est-à-dire l’identification des besoins réels ou suscités du consommateur et la satisfaction de cette demande au moyen des fonctions connexes de production, de distribution, de fixation des prix et de promotion » ETŽ 1994. En letton, mārketings ETVU 1997 est également utilisé dans la pratique, surtout à l’oral, et souvent dans les annonces et la publicité. Il est toutefois plus souvent remplacé par les mots lettons tirgus « marché », zinība (de zināt « savoir »), vedība (de vest « conduire »), et par les composés tirgzinība, tirgvedība « marketing » ELDO 1995, ESV 2000; des sources récentes proposent aussi le néologisme de structure similaire tirgdarbība « activité de marché » (NA 2002 112).
Le terme lituanien lizingas (anglais leasing) « désigne une forme de location dans laquelle des machines, des équipements, des locaux de production, etc., sont loués pour une durée supérieure à six mois. Les équivalents lituaniens de ce terme seraient location de longue durée et location avec option d’achat » (Gaivenytė 1993: 44). Les dictionnaires terminologiques le confirment: lizingas, voir location de longue durée, « location de longue durée d’équipements (généralement de six mois à plusieurs années) » AĮVTŽ 2000. Ailleurs, il est proposé de le remplacer simplement par location ETŽ 1994. L’anglicisme était aussi employé autrefois BBBTŽŽ 1994. En letton, līzings a pour équivalent izpirkuma noma « location avec option d’achat », indiqué dans de nombreux dictionnaires terminologiques (ELDO 1995, ESV 2000 — composé izpirkumnoma); plus rarement līzings ETVU 1997, où figure, à côté de l’anglicisme, le terme letton ilglaicīga noma « location de longue durée » LieLaKŽ 1995, équivalent de la forme répandue dans la terminologie économique lituanienne.
Dans les deux langues, l’anglicisme lituanien barteris (anglais barter) ŠETĖŽ 1991, RETŽ 1994 est remplacé par un terme composé formé à partir des ressources propres de la langue: déconseillé, échange de marchandises en nature TŽŽ 2001 (VKNS 1998 — le constituant « marchandises » est facultatif; voir aussi DKKS 1998), ou voir échanges en nature BBBTŽŽ 1994; plus rarement, l’anglicisme accompagné de l’explication « échanges en nature » MTŽ 2002. L’équivalent mainai [et mainų prekyba – barter (trade)] figure déjà dans PKŽ 1938, et encore plus tôt mainai; mainykavimas; perkmainavimas L 1915. En letton, barters correspond à (prec)mainas darījums « opération d’échange de marchandises » ELDO 1995, NA 2002 112–113; dans le dictionnaire explicatif récent, on trouve désormais le terme composé d’un seul mot prečmaiņa « échange de marchandises » ESV 2000.
43
Page 14Le terme économique lituanien overdraftas (angl. overdraft) TŽŽ 2001 – voir sumos perviršis BBBTŽŽ 1994. En lituanien, il existe également d’autres substituts, sous la forme de termes composés: kredito viršijimas ou banko paskola (angl. bank loan) ETŽ 1994. D’autres sources conservent l’équivalent kredito viršijimas: « Les Anglais désignent par ce mot le montant obtenu par chèque au-delà du solde du compte courant, ou le dépassement du crédit accordé par la banque. Ainsi, l’équivalent lituanien de ce terme est kredito viršijimas. Dans le cas contraire, on pourrait employer le néologisme viršsumė » (Gaivenytė 1993: 44). Dans un dictionnaire du début du XXe siècle, overdraw est expliqué ainsi: « tirer une lettre de change pour un montant dépassant le crédit (à la banque); dépasser » L 1915. Le letton overdrafts (angl. overdraw « dépasser ») NL 1993 est remplacé par un terme semblable à celui du lituanien, kredīta pārsniegšana « dépassement de crédit » ELDO 1995. Toutefois, d’autres sources proposent davantage de variantes, dont un anglicisme: overdrafts; kredīta pārsniegšana bankā « dépassement de crédit à la banque »; parāds bankai « dette envers la banque » BTV 1999.
Ne mažiau aktuali ekonomikos terminijoje anglybė yra liet. holdingas ŠETŽ 1991, taip pat holdingo kompanija RETŽ 1994, „akcinė korporacija, superkanti kontrolinius vienos ar keleto kitų bendrovių akcijų paketus, kad galėtų jas valdyti ar kontroliuoti“ AĮVTŽ 2000 – „akcinė bendrovė, turinti kitų bendrovių akcijų kontrolinius paketus. Siūloma tokią kompaniją vadinti kontroliuojančiąja bendrove“ (Gaivenytė 1993: 43; taip daroma ir BBBTŽŽ 1994); plg. angl. holding – laikymas; valdymas; valdyba L 1915. Latv. holdings (angl. holding < hold „laikyti“ NL 1993) – kontrolakciju turēšana ‘kontrolinių akcijų laikymas’ ELDO 1995, o holding company – kontrolakciju sabiedrība ‘kontrolinių akcijų bendrovė’ NA 2002 112, sudėtinis terminas holdingsabiedrība, taip pat kontrolakciju sabiedrība ESV 2000. Tai dar kartą patvirtinama Terminologijos komisijos kas ketvirtį leidžiamame informaciniame biuletenyje, kur pateikti kai kurių aktualių angliškų terminų latviškieji atitikmenys (TJ 2, 25).
Une notion nouvelle est également désignée par le terme économique lituanien faktoringas (angl. factoring) TŽŽ 2001 – « la prise en charge (le recouvrement) des engagements d’une entreprise et la gestion de ces engagements par une société d’affacturage. La société d’affacturage achète, au prix convenu, les engagements du partenaire » AĮVTŽ 2000 (cf. écon. « système de règlement éliminant le risque de paiement: vente du droit de recouvrer des créances, des opérations commerciales
44
Page 15operacijų vykdymas pagal įgaliojimus ir t. t.“ TŽŽ 2001). Ši anglybė fiksuota daugelyje terminų žodynų (ŠETEŽ 1991; BBBTŽŽ 1994), nors sunormintoje lietuvių ekonomikos terminijoje ją siūloma keisti sudėtiniu terminu faktorijos operacijos ETŽ 1994. Laty. faktoringas keičia darinys faktūrkreditēšana ‘faktūrinis kreditavimas’ ESV 2000, dabar dar ir faktūrdarījums ‘faktūrinis sandoris’ NA 2002 112. Terminologijos komisijos biuletenyje pateikti trys kalbamos anglybės atitikmenys: fakturēšana ‘faktūravimas’; faktūrdarījums; faktūrkreditēšana (TJ 2, 25).
Pour le nouvel emprunt à l’anglais bid, qui n’est pas encore très répandu ni en lituanien ni en letton, on propose actuellement des substituts: en lituanien, il s’agit du terme de trois mots siūlomoji pirkėjo kaina, c’est-à-dire 1. « offre d’une entreprise à une autre d’acheter toutes ses actions et d’en prendre le contrôle en devenant l’actionnaire majoritaire »; 2. « volonté d’acheter un bien donné au prix courant. Il peut s’agir d’une vente aux enchères où plusieurs acheteurs proposent des prix pour le bien mis en vente, et où celui-ci revient à l’acheteur qui offre le prix le plus élevé, sauf si le prix maximal a été fixé à l’avance et que cet acheteur ne le propose pas » ETŽ 1994. En letton, les substituts de bid mentionnés sont konkursizsole; izsole « adjudication par appel d’offres, enchères » NA 2002 112; seul konkursizsole TJ 2, 24. L’anglais bidding est remplacé par [iz]solīšana « mise aux enchères » NA 2002 112; voir aussi TJ 2, 24. Il faut néanmoins noter qu’il ne s’agit pas de notions entièrement nouvelles: bid – offre; proposition, et bidding – proposition; invitation; convocation; demande de prix; injonction; ordre L 1915.
Le terme économique lituanien emprunté à l’anglais onkolis (angl. on call « à vue ») signifie: 1. « compte courant bancaire ouvert dans le cadre d’échanges de marchandises, de valeurs mobilières ou d’autres valeurs »; 2. « crédit bancaire à court terme et à durée indéterminée que l’emprunteur doit rembourser dès que le créancier le demande » TŽŽ 2001. Les dictionnaires terminologiques recensent des termes composés comportant cet élément: onkolinis sandoris voir įkaitinis sandoris ir onkolinė paskola voir paskola iki pareikalavimo BBBTŽŽ 1994. En letton, onkolkredīts NL 1993 est remplacé dans les dictionnaires économiques les plus récents par des équivalents lettons, sous forme de composé ou de terme composé de deux mots: pieprasījumkredīts, pieprasījuma kredīts; pieprasījumkonts, pieprasījuma konts « crédit / compte à vue »
45
Page 16« à vue » ESV 2000; cf. pieprasījuma konts « compte à vue (bancaire) » ELDO 1995. Les données du dictionnaire letton des anglicismes confirment qu’il ne s’agit pas d’un mot nouveau: onkolkonts « compte onkol (bancaire) », onkolrēķins « facture onkol (document) » figurent déjà dans le dictionnaire des mots internationaux de 1911 (A 1989), ainsi que dans des dictionnaires de termes économiques et d’autres ouvrages de référence (ET 1975; PV 1995; SV 1999).
L’attitude à l’égard des emprunts à l’anglais qui se répandent dans le domaine économique est similaire en lituanien et en letton: on cherche à leur trouver des équivalents déjà établis dans la langue ou à créer des néologismes au moyen des procédés de formation propres à la langue. Ce processus est permanent. D’ailleurs, certaines propositions sont remplacées avec le temps par de meilleures, lorsqu’il en apparaît.
5. Différences sémantiques et stylistiques des anglicismes
Les termes sont généralement stylistiquement neutres, et les mots internationaux ne présentent pas non plus, en règle générale, de nuances stylistiques. Pourtant, certains anglicismes employés dans le domaine économique et aspirant au statut de termes internationaux comportent des éléments expressifs supplémentaires. Ainsi, le mot bizness a une connotation familière [il est également accompagné de la mention correspondante dans le dictionnaire letton: sar. (langue familière)] (Laua 1981: 118). De telles différences entraînent également un emploi insuffisamment précis de tel ou tel anglicisme. Comme le souligne la terminologue lettone V. Skujiņa, « les différences de sens des internationalismes d’une langue à l’autre peuvent désorienter dans la traduction des textes; malheureusement, ce phénomène est assez répandu. Par exemple, l’anglais business signifie: 1) activité, profession; 2) affaire; 3) commerce, activité commerciale, business; 4) entreprise commerciale, société; 5) devoir, droit, etc. En revanche, en letton, le mot bizness signifie « transaction lucrative » (LLVV 2), c’est-à-dire une transaction où le profit est recherché par tous les moyens. En conséquence, la discordance entre les sens des mots anglais et letton (business – bizness) déforme le contenu de la traduction si le mot anglais business est rendu en letton par bizness, qui recouvre alors les sens d’« activité », de « transaction », de « société » et d’autres encore. C’est précisément pour ces raisons qu’il faut réfléchir sérieusement aux motivations qui sous-tendent l’emprunt d’un terme anglais, notamment sous l’angle sémantique, afin que l’emploi d’un anglicisme n’altère pas le contenu » (Skujiņa 1997: 241–242). Le point de vue de la lexicologue lituanienne Evalda Jakaitienė sur le caractère relatif des mots internationaux va dans le même sens
46
Page 17džių semantikos bendrumo (Jakaitienė 1980: 60). Terminas biznis keičiamas savos kalbos dariniu verslas, o biznesmenas – verslininkas ETŽ 1994. Jų apibrėžtys atitinka tik vieną iš anglų žodžio reikšmių: „veikla, susieta su prekių gamyba, prekyba ir paslaugų teikimu, siekiant gauti pelno“, o veikėją pavadinančiu terminu įvardijamas „asmuo, organizuojantis verslo įmonę (gaminančią produkciją ar teikiančią paslaugas) savo lėšomis ir siekiantis gauti pelno“ AĮVTŽ 2000. Šis skolinys įtrauktas ir į DKKS 1998, nors DŽ 2000 be jo įkūnų papildomų komentarų fiksuoti abu žodžiai: biznis „duodanti pelno veikla, verslas“ ir biznierius „kas biznį daro, verteiva“. Reikia manyti, DŽ 2000 jie suprantami ne kaip terminai, o paprastieji žodžiai, be to, platesnio negu šiandiena vartosenos laiko. Bandymų aiškinti arba keisti šį angliškos kilmės žodį būta jau žymiai anksčiau, pvz.: business – užsiėmimas; darbas; amatas; vertelgystė; dalykas L 1915; biznis „gudrus vertimasis kuo nors, pelningas užsiėmimas“ SNŽŽ 1924, prekyba, verslas TŽŽ 1936. Latv. bizness ir biznesmenis taip pat keičiami panašios reikšmės dariniais – būdiniu uzņēmējdarbība ‘verslininkystė’ ir vediniu uzņēmējs ‘verslininkas’ ESV 2000, nors latvių terminų žodynuose fiksuotos ir formos bizness, biznesmenis BTV 1999, ETVU 1997. Pažymėtina, kad informaciniame biuletenyje pateikta daugiau atitikmenų, vartotinų vietoj angliškos svetimybės: business – komercdarbība ‘komercinė veikla’; uzņēmējdarbība ‘verslininkystė’; darījumdarbība ‘sandorių veikla’; darījumi ‘sandoriai’, o businessman – komersants TJ 2, 24. Naujausiame rusų bendrinės kalbos žodyne žodis бизнесмен pažymėtas kaip grįžtantis į aktyvią vartoseną, turintis dvi reikšmes, antroji jų – būtent šnekamosios kalbos „apie sukčių“, o pirmoji neutralios reikšmės „verslo organizatorius; verslininkas, komersantas“ ТСПЯ 2000. Kai kuriais atvejais tarp anglų kalbos ir iš jos pasiskolinusių kalbų žodžių galima pastebėti tam tikrų semantinių ir (ar) stilistinių skirtumų – tai papildomas veiksnys, lemiantis savos ar svetimos kilmės žodžių (taip pat ir norminių terminų) pasirinkimą.
6. Conclusions générales
L’article passe en revue une partie importante des anglicismes dans la terminologie économique lituanienne et lettone: leur diffusion, l’évolution de leurs formes, ainsi que le point de vue des lexicologues et des ter-
47
Page 18minologues sur les anglicismes. On constate qu’ils sont particulièrement nombreux dans les deux langues, surtout ces derniers temps, et que les points de vue sur les anglicismes en lituanien et en letton ne diffèrent pratiquement pas sur le fond. Par l’intermédiaire de l’anglais, des termes d’origine classique ont également fait leur apparition dans la terminologie économique. Certains sont désormais bien établis et ne suscitent aucun doute, tandis que l’usage d’autres termes continue d’être précisé, par exemple le terme letton auditis. Dans les deux langues, on trouve également des dénominations de notions empruntées directement à l’anglais. De même, des termes internationaux adaptés au lituanien ou au letton et largement employés, sans équivalents d’origine locale, sont depuis longtemps devenus partie intégrante de la langue (boikotas, čekis, banknotas).
Pour les emprunts à l’anglais, tant en lituanien qu’en letton, on s’efforce de trouver des substituts déjà établis dans la langue ou de créer de nouveaux termes au moyen des procédés de formation propres à celle-ci. Il peut s’agir de véritables néologismes dérivationnels (dérivés, composés — termes en un seul mot), et souvent de syntagmes (termes composés). Ce processus est continu: certaines propositions sont remplacées par de meilleures, lorsqu’il en apparaît.
Dans certains cas, on peut observer des différences sémantiques et (ou) stylistiques entre l’anglais et les langues qui lui ont emprunté, par exemple l’usage de l’anglais business / du lituanien biznis / du letton bizness, en particulier dans la langue parlée.
ŠALTINIAI
A 1989 - Baldučíkš J. Anglicismi latviešu valodā, Rīga.
AJVTŽ 2000 - Martinkus B., Neverskas B., Sakalas A., Venskus R., Žilinskas V. Aiškinamasis įmonės vadybos terminų žodynas, Kaunas.
ALV 1997 - Angļu–latviešu vārdnīca, Rīga.
BBBTŽŽ 1994 - Buračas A., Svecevičius B. Lietuvių–anglų–lietuvių biznio, bankų, biržos terminų žodynas-žinynas, Vilnius.
BTV 1999 - Agamdžanova V., Laurenoviča E., Keviša I., Kraže S., Pavlovska A. Angļu–latviešu–krievu biznesa terminu vārdnīca, Rīga.
DALKŽ 2000 - Piesarskas B. Didysis anglų–lietuvių kalbų žodynas, Vilnius.
DKKS 1998 - Dėl didžiųjų kalbos klaidų sąrašo. – Lietuvių kalbos komisijos nutarimai 1977–1998, Vilnius, 124–176.
DŽ 2000 - Dabartinės lietuvių kalbos žodynas. Vyr. red. S. Keinys, Vilnius.
48
Page 19ELDO 1995 – Ekonomikas lietvedības un darba organizācijas termini (latviešu, krievu, angļu un vācu valodā). Sast. V. Skujiņa (aut. kol. vadītāja), Rīga.
ESV 2000 – Ekonomikas skaidrojošā vārdnīca latviski, angliski, vāciski, franciski, krieviski. Aut. kol. vad. R. Grēviņa, Rīga.
ET 1975 – Ekonomikas termini, Rīga.
ETVU 1997 – Ekonomisko terminu vārdnīca uzņēmējdarbībai (latviešu–angļu). Sast. darba gr. vad. N. Grostiņa un A. Pudula, Rīga.
ETŽ 1994 – Pasas K., Louzas B., Deivis L. Ekonomikos terminų žodynas. Vilnius.
ĮVŠŽ 2000 – Mockevičius R. Lietuvos Respublikos įstatymuose vartojamų sąvokų žodynas. Vilnius.
JTVU 1997 – Juridisko terminu vārdnīca uzņēmējdarbībai. Sast. V. Skuja, Rīga.
L 1915 – Lietuviškos ir angliškos kalbų žodynas. Sutaisė A. Lalis, Chicago.
LicLaKŽ 1995 – Balkevičius J., Baluodė L., Bojatė A., Subatniekas V. Lietuvių–latvių kalbų žodynas, Rīga.
LL 1922 – Lenkų ir lietuvių kalbos žodynas. Surengė A. Lalis, Vilnius.
LLVV 1972–1996 – Latviešu literārās valodas vārdnīca 1–8, Rīga.
LTV 1999 – Likumu terminu vārdnīca, Rīga.
LTŽA 1973 – Skardžius P. Lietuviški tarptautinių žodžių atitikmenys, Chicago.
MTŽ 2002 – Tamulėvičius J. Muitinės terminų žinynas, Vilnius.
NA 2002 – Krūmiņa V., Skujiņa V. Normatīvo aktu izstrādes rokasgrāmata, Rīga.
NL 1993 – Vēriņš Ē. Naujas lietas. Skaidrojošā vārdnīca, Rīga.
PKŽ 1938 – Salys A., Dargis L. Prekybinės korespondencijos žodynėlis. – Salys A. Raštai 1. Roma, 1979, 455–484.
PV 1995 – Latviešu valodas pareizrakstības un pareizrunas vārdnīca. Rīga.
RETŽ 1994 – Rinkos ekonomikos terminų žodynėlis. Parengė A. Norkuvienė, Šiauliai.
SNŽŽ 1907 – Svetimų ir nesuprantamų žodžių žodynėlis. Skaitytojams palengvinimas. Sudare J. Šlapelis, Tilžė.
SNŽŽ 1924 – Norkus J. Svetimų ir nesuprantamų žodžių žodynėlis, Kaunas.
STŽŽ 1923 – M. ir S. Svetimų ir tarptautiškų žodžių žodynėlis, Šiauliai.
SV 1999 – Svešvārdu vārdnīca. J. Baldunčika red., Rīga.
ŠETĖŽ 1991 – Auštrevičius P., Pupkevičius D., Treigienė D. Šiuolaikinių ekonomikos terminų enciklopedinis žodynas lietuvių–anglų–vokiečių–rusų kalbomis, Vilnius.
TŽŽ 1936 – Tarptautinių žodžių žodynas. Sud. K. Boruta, Pr. Čepėnas, A. Sirutytė-Čepienė, Kaunas.
TŽŽ 2001 – Tarptautinių žodžių žodynas. Ats. red. A. Kinderys, Vilnius.
49
Page 20VKNS 1998 – Rudaitienė V., Vitkauskas V. Vakarų kalbų naujieji skoliniai, Vilnius.
VLTT 1935 – Dravnieks E. Vācu–latviešu tirdznieciskā terminoloģija, Rīga.
ТСРЯ 2000 – Толковый словарь русского языка конца XX века. Языковые изменения, Санкт-Петербург.
LITERATŪRA
Drotvinas V. 1988: Dėl skolintinės leksikos sąvokų ir terminų. – Kalbos kultūra 54, 48–56.
Gaivenis K. 2002: Lietuvių terminologija: teorijos ir tvarkybos metmenys, Vilnius.
Gaivenytė J. 1993: Keletas mūsų ekonomikos terminijai nereikalingų angliškų skolinių. – Kalbos kultūra 65, 43–44.
Jakaitienė E. 1980: Lietuvių kalbos leksikologija, Vilnius.
Keinys S. 1999: Bendrinės lietuvių kalbos žodžių daryba, Šiauliai.
Kīrite M. 1995: Jaunākais terminoloģijā. – Labrīt. 07. 02. 1995.
Klimavičius J. 1996: Kuo prasikalto „mūsų kalbininkai“ ir rinkodara? – Gimtoji kalba 8, 5–8.
Klimavičius J. 2001: Ką Jablonskis padarė geografijai ir kas su tuo daroma. – Terminologija 8, 7–27.
KTŽ 1990: Gaivenis K., Keinys S. Kalbotyros terminų žodynas, Kaunas.
Kvašytė R. 1996: Svetimybės latvių ir lietuvių dalykinėje kalboje. – Kalbos kultūra 68, 66–70.
Laua A. 1981: Latviešu leksikoloģija, Rīga.
LK I 1995: Barauskaitė J., Čepaitienė G., Mikulėnienė D., Pabrėžą J., Petkevičienė R. Lietuvių kalba 1, Vilnius.
Skujiņa V. 1993: Latviešu terminoloģijas izstrādes principi, Rīga.
Skujiņa V. 1997: Terminu veidošanas principi tulkošanas aspektā. – Linguistica Lettica 1, 236–245.
TJ – Terminologijos Jaunumi 1–9, 2002–2004.
ANGLICISMS IN LITHUANIAN AND LATVIAN ECONOMIC TERMINOLOGY
Summary
As business increasingly integrates into the world economy, in Lithuanian and Latvian terminology the English language gains supremacy, therefore the majority of economic terms are borrowed from English. In this article, economic terms of both the cognate languages – Lithuanian and Latvian – are compared as to their origin, form and meanings. Terms borrowed from the English language earlier, i. e. fully assimilated terms whose origin of borrowing is Latin or Greek and the source of
50
Page 21borrowing is English such as kapitalas, eksportas, importas are analysed as well as terms borrowed from English directly, e. g. boikotas, dempingas, banknotas. Alongside with established and recognized terms in the contemporary Lithuanian and Latvian economic terminology many foreign words are being used. In standard terminology it has been proposed to replace them by analogues already known earlier, e.g. brokeris – makleris as well as neologisms (marketingas – rinkodara). Nevertheless in the practical usage of the Lithuanian and Latvian languages anglicisms are quite often perceived as international lexis and therefore they are acceptable.
Regina KVAŠYTĖ Šiaulių universitetas P. Višinskio g. 38, LT-76352 Šiauliai E. paštas [email protected]
Gauta 2004-10-25
51