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Institut de langue lituanienne
LA TRADUCTION DES ABRÉVIATIONS DANS LES ACTES JURIDIQUES DE L’UNION EUROPÉENNE: LA QUESTION DU CRITÈRE
MOTS-CLÉS: abréviation alphabétique, abréviation syllabique, nom propre, nom commun, nom symbolique.
RÉSUMÉ
Dans les ouvrages qui énoncent ou présentent les normes linguistiques, les abréviations sont généralement abordées comme un objet relevant de l’orthographe. Cependant, leur brève présentation dans les chapitres consacrés à l’orthographe montre que ces formes abrégées de noms ne relèvent pas uniquement de ce domaine. Elles ne sont toutefois pas examinées plus en détail sous d’autres aspects, ni dans les chapitres sur l’orthographe, ni, à plus forte raison, dans les ouvrages couvrant d’autres niveaux de la langue. Les abréviations étant de plus en plus nombreuses ces derniers temps, y compris les abréviations étrangères dont les caractéristiques de formation, de flexion et d’écriture ne coïncident que partiellement avec celles décrites dans les chapitres consacrés à l’orthographe du lituanien, leur emploi suscite diverses incertitudes. Le présent article, s’appuyant sur les traductions en lituanien des actes juridiques de l’Union européenne, examine l’une d’entre elles: la traduction des abréviations étrangères.
INTRODUCTION
Les ouvrages qui énoncent les normes du lituanien standard, ainsi que ceux dans lesquels ces normes sont davantage présentées qu’énoncées (manuels, ouvrages de référence, etc.), montrent que les abréviations sont considérées comme un objet relevant de l’orthographe: tant dans Lietuvių kalbos rašyboje ir skyryboje (ci-après LKRS),
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ainsi que dans les travaux portant sur d’autres niveaux de la langue, elles sont mentionnées dans les chapitres consacrés à l’orthographe. Pourtant, le bref examen des abréviations présenté dans ces chapitres montre qu’elles ne relèvent pas uniquement du niveau orthographique.
Ainsi, la section de LKRS intitulée Abréviations formées à partir des lettres des noms, ou sigles (LKRS 1992: 73–74) montre que les abréviations peuvent se décliner. Après avoir énuméré celles qui sont formées à partir des premières lettres des mots d’un nom, il est indiqué que certaines d’entre elles se déclinent lorsque cela est nécessaire, les désinences étant écrites après un trait d’union ou une apostrophe (TASS-o ou TASS’o pranešimas), tandis qu’à propos des abréviations formées de plusieurs premières lettres ou syllabes (Elfa et Kuzbasas), il est précisé qu’elles se déclinent souvent. La structure des abréviations est ainsi également évoquée: certaines sont formées à partir des premières lettres, d’autres de plusieurs premières lettres ou des premières syllabes. Il est recommandé d’écrire ces dernières différemment des sigles, avec une seule majuscule initiale, donc comme des noms propres, et ailleurs comme des noms symboliques: « Euratomas », « Eurostatas », « Unikodas », etc. (Kazlauskienė 2008: 73). La question du rapport entre les abréviations et les noms ou les noms symboliques est donc également pertinente. Certains chapitres consacrés à l’orthographe mentionnent les abréviations empruntées ou internationales (Linkevičienė 2013: 29), ce qui montre que les abréviations peuvent être d’origines diverses.
Ainsi, même les brefs chapitres consacrés à l’orthographe abordent divers aspects, sans toutefois examiner les abréviations de manière approfondie. Cela se comprend: ce n’est pas la vocation de ces chapitres. Cependant, les ouvrages normatifs portant sur d’autres niveaux de la langue ne traitent pas du tout des abréviations; ces aspects restent donc sans examen approfondi1. Une analyse plus approfondie ne serait peut-être pas trop
1 Des réponses concernant l’emploi de certaines abréviations sont fournies dans la banque de consultations de la Commission d’État de la langue lituanienne: http://www.vlkk.lt/konsultacijos.
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nécessaire si les abréviations n’étaient pas si nombreuses et si diverses, leur nombre ne cessant d’augmenter du fait de l’évolution radicale des conditions d’existence de la langue lituanienne: en anglais, du moins dans les textes de style administratif et scientifique, elles sont très fréquemment employées, et les particularités de leur formation, de leur écriture et de leur déclinaison dans cette langue diffèrent de celles décrites dans les chapitres consacrés à l’orthographe lituanienne. Cela engendre de grandes incertitudes dans l’usage.
Ces incertitudes ont été relevées. Ainsi, Gintautas Grigas a examiné dans deux publications les difficultés posées par les abréviations anglaises qui se répandent dans la terminologie informatique (Grigas 2006, 2011), et l’autrice du présent article, celles que soulèvent les abréviations non lituaniennes employées dans les textes économiques (Vaskelaitė 2011). Une étude consacrée aux noms symboliques a mis en évidence la question du rapport entre abréviations et noms symboliques (Vaskelaitė 2019: 10–15, 40–45), tandis que Ruta Marcinkevičienė, considérant les abréviations comme des acronymes, a soulevé dans un article de 2003 la question problématique du rapport entre l’abréviation et le mot. À la fin de cet article, elle affirmait qu’« il y a beaucoup de questions liées aux acronymes, et il faut y répondre rapidement » (Marcinkevičienė 2003: 92), mais cinq ans plus tard, dans un article publié par une autre autrice, la conclusion était encore qu’« il est indispensable d’examiner ces questions au plus vite et de formuler des recommandations » (Kazlauskienė 2008: 74).
La traduction des acronymes est citée parmi les questions qu’il faut examiner: « Les autorités chargées de la normalisation linguistique devraient réfléchir aux acronymes qu’il convient de traduire et à ceux qu’il faut laisser sans traduction » (Marcinkevičienė 2003: 92).
A. Kazlauskienė a évoqué la question de la lituanisation, mais l’a également précisée comme étant celle de savoir « quelles abréviations doivent être traduites et lesquelles ne le doivent pas » (Kazlauskienė 2008: 74). Cette question est toutefois seulement soulevée, sans être étudiée du point de vue des normes linguistiques. Sous cet angle, elle n’est abordée que dans deux publications de G. Grigas (2006, 2011), qui se concentrent cependant sur des abréviations spécifiques — les termes informatiques — et ne mentionnent la traduction des abréviations que comme l’une des façons de présenter les abréviations non lituaniennes dans un texte lituanien. Les abréviations sont d’autant plus souvent évoquées dans le contexte des méthodes de traduction dans les travaux de théorie et de pratique de la traduction, comme dans l’ouvrage approfondi de Lionginas Pažūsis Kalba ir vertimas — où elles
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minimos aptariant eksplicacinio pobūdžio pakeitimus ar pridėjimus (Pažūsis 2014: 550–553; 557–558).
Dans cet article, publié dans une revue consacrée aux normes linguistiques et aux études sur l’usage, la traduction des abréviations sera bien sûr abordée non du point de vue de la théorie de la traduction, mais en tant qu’objet relevant des normes et de l’usage du lituanien standard. Dans cette perspective, la question du critère est particulièrement importante. Les ouvrages qui établissent ou exposent les normes linguistiques reconnaissent que des abréviations non lituaniennes peuvent également être utilisées dans les textes lituaniens, mais ne formulent souvent pas de critère permettant de déterminer quand employer une abréviation lituanienne et quand en employer une qui ne l’est pas. Un certain critère est formulé dans une décision de la VLKK ayant force normative, mais il est assez général, ne concerne que les abréviations alphabétiques et n’est pas conçu pour les textes à traduire. Dans les textes traduits, ce critère est difficile à appliquer et, face aux difficultés d’usage, d’autres critères sont recherchés. C’est à ces critères que sera consacrée la présente analyse.
Le corpus retenu pour l’analyse est constitué de traductions en lituanien d’actes juridiques de l’Union européenne (ci-après, l’UE). Cela ne signifie toutefois pas que l’analyse portera sur des abréviations propres à un domaine spécialisé, car les actes juridiques de l’UE en contiennent beaucoup qui sont répandues, ou tendent plutôt à se répandre, dans d’autres domaines de l’usage de la langue administrative, ainsi que dans les textes scientifiques et journalistiques et, plus généralement, dans l’usage courant. Et même si certaines sont plus spécifiques, elles sont malgré tout formées selon l’un des procédés de formation mentionnés dans les chapitres consacrés à l’orthographe ou mis en évidence dans des articles. Néanmoins, même si les abréviations examinées ne sont pas spécialisées, leur domaine d’utilisation présente certaines particularités susceptibles d’influer sur les tendances de leur emploi. L’objectif de l’article ne portera donc pas sur la traduction des abréviations en général, mais sur leur traduction dans les actes juridiques de l’UE.
L’objectif de l’article est de déterminer quel critère, ou quels critères, régit ou régissent l’emploi d’abréviations lituaniennes ou non lituaniennes dans les traductions des actes juridiques de l’UE. Les tâches consistent à sélectionner, dans le corpus choisi,
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toutes les abréviations alphabétiques et syllabiques et, en comparant les formes lituaniennes et non lituaniennes sous différents angles linguistiques (longueur, type de dénomination abrégée, objet désigné, procédé de formation de l’abréviation, etc.), à déterminer quel facteur ou quels facteurs influent sur le choix d’une abréviation lituanienne ou non lituanienne. L’examen des abréviations selon chaque aspect dans un chapitre distinct devrait faire ressortir le principal critère ou les principaux critères; ceux-ci seront synthétisés dans les conclusions. Une telle analyse est pertinente du point de vue de la normalisation linguistique, mais elle devrait aussi être utile aux rédacteurs, aux réviseurs et aux traducteurs, et plus généralement à tous les créateurs et utilisateurs d’abréviations.
Bien que le critère normatif soit formulé en termes de traduction des dénominations et de formation d’une abréviation à partir d’une dénomination traduite, et que d’autres textes parlent de l’emploi des abréviations, il serait non seulement peu commode, mais aussi inexact, d’utiliser de tels termes dans cet article, car ils supposent un autre objet d’étude. Pour ces raisons, nous n’éviterons pas le terme traduction des abréviations, d’autant plus qu’il a déjà été utilisé dans des articles de R. Marcinkevičienė, A. Kazlauskienė et G. Grigas; les termes critères de traduction des abréviations, abréviations traduites (en traduction) et abréviations non traduites (non traduites) seront employés en conséquence. Bien entendu, le terme traduction des abréviations ne couvrira pas toutes les façons possibles de rendre dans le texte traduit les abréviations utilisées dans le texte original, mais seulement le remplacement ou le maintien d’une abréviation non lituanienne par une abréviation lituanienne. Ce terme se distinguera ainsi de celui utilisé dans les travaux de théorie de la traduction, où la traduction s’entend comme le remplacement d’un texte dans une langue par un texte dans une autre langue, tout en conservant le même sens ou presque, et où sont également envisagés d’autres modes de restitution des abréviations: omission, substitution, ajout, etc. (Pažūsis 2014: 550–553; 557–558). De tels procédés se rencontrent aussi dans l’usage étudié, mais ils ne feront pas l’objet de cet article. L’autre terme central de cet article, abréviations, dont l’usage n’est pas non plus uniforme, sera employé comme dans les articles antérieurs de l’auteure (Vaskelaitė 2011, 2020), c’est-à-dire
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qu’il désignera les abréviations de dénominations, et non les formes abrégées de mots (doc., pirm., apyl., vlš.), ni les symboles (km, h, kW, Eur, EUR, €)2.
1. PARTICULARITÉS DE L’USAGE
Il va de soi que les actes juridiques ne sont pas des œuvres d’auteur, mais des textes élaborés par des institutions; leur rédaction devrait donc être réglementée et coordonnée. En témoignent également les nombreuses ressources consacrées à la rédaction ou à la traduction de textes, publiées sur les sites Internet des institutions de l’UE. Toutefois, les actes juridiques de l’UE sont élaborés non pas par une seule institution, mais par plusieurs (le Parlement européen, le Conseil, la Commission européenne, etc.); la coordination est donc à la fois institutionnelle et interinstitutionnelle.
L’une des sources témoignant de la coordination interinstitutionnelle est le Guide de rédaction des publications institutionnelles (ci-après, le LV), qui s’adresse aussi bien aux rédacteurs du Journal officiel3, où sont publiés les actes juridiques de l’UE, qu’à ceux des autres publications éditées par les institutions de l’UE. Le Journal officiel publie également les traductions lituaniennes des actes juridiques; il va donc de soi que les dispositions énoncées dans le LV doivent être respectées non seulement par les rédacteurs, mais aussi par les traducteurs. Ces dispositions couvrent aussi bien les exigences relatives à la structure d’un acte juridique (première partie) ou à la préparation d’une publication (deuxième partie) que les questions d’orthographe et de ponctuation. Ainsi, la troisième partie présente des règles communes à toutes les langues officielles de l’UE, portant sur des questions orthographiques telles que l’indication des notes de bas de page et l’écriture des adresses ou des numéros de téléphone, mais aussi sur d’autres aspects linguistiques, par exemple l’indication selon laquelle, dans les documents juridiques, la forme au nominatif du nom de la monnaie commune de l’UE doit s’écrire euro (un euro). Dans la quatrième partie de ce document, qui couvre les 24 langues officielles,
2 Par ailleurs, l’un des articles publiés précédemment présente également un aperçu détaillé de l’emploi du terme (Vaskelaitė 2011: 61–66).
3 Titre complet: Journal officiel de l’Union européenne.
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Dans la partie du guide publiée figurent déjà les règles propres à la langue nationale — dans la version lituanienne, les règles d’orthographe et de ponctuation du lituanien. Les parties introductives du LV laissent entendre qu’il est non seulement un instrument de coordination, mais aussi un texte réglementaire: « Les règles générales établies dans le Guide prévalent en principe sur les règles fixées ailleurs ou appliquées antérieurement; elles doivent être appliquées à toutes les étapes de la procédure écrite. »
La description de la base terminologique IATE, utilisée par les traducteurs de l’UE, ferait davantage ressortir une visée de coordination que de réglementation. Il en ressort que les traducteurs eux-mêmes (ainsi que les terminologues) inscrivent les notions dans cette base et peuvent le faire librement — celles « qui, selon eux, leur sont utiles dans leur travail » (FAQ 2020). Il est également recommandé d’utiliser cette base avec une relative liberté, en tenant compte du niveau de fiabilité indiqué pour chaque terme: « il importe que vous évaluiez chaque décision en fonction de ses mérites. Si le niveau de fiabilité du terme est faible et qu’aucune information supplémentaire n’est fournie à son sujet, il vaut probablement mieux ne pas s’y fier aveuglément. En revanche, si une définition du terme, des références fiables et d’autres informations sont fournies, vous pouvez vraisemblablement vous y fier. Pour évaluer la fiabilité des termes, fiez-vous à votre jugement et aux critères mentionnés » (FAQ 2020).
Une autre mesure ou ressource à caractère coordinateur4 s’adresse directement aux traducteurs. Il s’agit du Guide de traduction en lituanien des institutions de l’UE (ci-après « VV »), qui est non seulement publié sous forme électronique, mais aussi paru en volume séparé5. Comme la quatrième partie du LV, l’ouvrage publié porte principalement sur l’orthographe et la ponctuation du lituanien; toutefois, comme l’indique son introduction, il s’agit d’un document évolutif qui sera étoffé (VV 2014: 6).
4 La préface révèle la volonté de coordination interinstitutionnelle: « les services ou départements de traduction en lituanien de nombreuses institutions de l’UE ont élaboré des guides, des lignes directrices ou des instructions de traduction, plus ou moins détaillés. Afin de partager l’expérience acquise, d’harmoniser les positions de toutes les institutions et de présenter ce qui est véritablement utile aux traducteurs, il a été décidé d’élaborer un Guide de traduction en lituanien des institutions de l’UE commun » (VV 2014: 6).
5 Guide de traduction en lituanien des institutions de l’UE, Luxembourg, 2014.
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Ainsi, au niveau interinstitutionnel, la rédaction des textes et les questions linguistiques font l’objet d’une coordination et d’une réglementation; il apparaît toutefois également que les règles ne sont pas établies à l’insu des traducteurs. Le VV, par exemple, comme l’indique sa préface (VV 2014: 5), a été harmonisé entre les traducteurs (et les réviseurs et juristes-linguistes) de toutes les institutions de l’UE. Le LV est décrit comme le « résultat unique de l’harmonisation des rédactions linguistiques »; il est précisé que le comité de pilotage interinstitutionnel constitué pour son élaboration a nommé des représentants de chaque institution et de chaque langue, lesquels travaillent sous la direction du groupe de coordination du bureau des publications. Pourtant, bien que seuls les représentants soient mentionnés, tout le monde est invité à soumettre des propositions (auteurs, réviseurs, juristes-linguistes, terminologues, correcteurs), y compris les traducteurs. Tous les utilisateurs du LV sont invités à donner leur avis, à envoyer des informations utiles et à signaler toute erreur ou omission.
Sans la participation du personnel des institutions de l’UE, il serait plus difficile d’évaluer dans quelle mesure les spécialistes du lituanien peuvent influer sur l’élaboration de l’ensemble de ces documents. L’introduction du VV indique qu’il a été élaboré par le département de langue lituanienne de la direction générale de la traduction de la Commission européenne, puis examiné par une sous-commission spéciale de la VLKK (VV 2014: 6); cette publication a donc été à la fois rédigée et examinée par des spécialistes du lituanien. Cette introduction précise également que la quatrième partie du LV, qui comprend elle aussi les règles d’orthographe et de ponctuation du lituanien, a été élaborée en étroite collaboration avec le département de langue lituanienne. On ne sait toutefois pas dans quelle mesure les spécialistes du lituanien peuvent influer sur les autres parties du LV. L’introduction du LV indique que les exigences propres aux différentes langues ont été harmonisées pour ces guides élaborés dans les 24 langues officielles de l’UE, une tâche qualifiée de difficile: « Harmoniser les exigences linguistiques applicables à un si grand nombre de langues semblait relever de l’utopie. Malgré cela, cette tâche difficile a été menée à bien et son résultat — le Guide de rédaction des publications des institutions — est disponible en ligne dans les 24 langues officielles. » Il apparaît également que l’élaboration du guide a suivi « le principe du multilinguisme des institutions, selon lequel les textes rédigés dans toutes les langues officielles doivent non seulement respecter les particularités de chaque langue, mais aussi
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être comparables. » Ce principe du multilinguisme, ainsi que la nécessité d’harmoniser les exigences propres aux différentes langues, constitue sans doute la principale particularité de l’usage étudié, qui le distingue des actes juridiques ou autres textes lituaniens élaborés en Lituanie, pour lesquels il n’est pas nécessaire de respecter de tels principes.
Tous les documents mentionnés abordent les questions liées à l’emploi des abréviations. Le LV comporte ainsi une rubrique intitulée Abréviations et formes abrégées, dans laquelle les abréviations sont classées en acronymes (ou abréviations alphabétiques) et abréviations syllabiques. Des abréviations figurent également dans d’autres sections, par exemple dans les listes des dénominations officielles des institutions et organes de l’UE; les annexes du LV contiennent aussi une liste des principaux acronymes et abréviations (annexe 2). Le VV, qui est axé sur la traduction, énonce des règles d’écriture des abréviations syllabiques. La base IATE contient elle aussi des abréviations; les dénominations non abrégées données à côté montrent que certaines sont lituaniennes, tandis que d’autres sont formées à partir de dénominations étrangères. Tout récemment, un autre outil a également été publié, consacré directement à la traduction des abréviations: Pratiques et recommandations relatives à l’emploi des abréviations dans les documents de l’UE traduits en lituanien (ci-après « SVPR »). Il répertorie les différentes façons d’employer les abréviations dans les documents de l’UE et formule même des critères pour choisir entre une abréviation lituanienne et une abréviation étrangère. Ces recommandations ne constituent toutefois pas un ouvrage normatif, mais un outil de travail destiné aux traducteurs; les critères énoncés sont donc plutôt des orientations et des indications présentées de manière pratique pour les traducteurs et, du point de vue linguistique, ils semblent se recouper et ne sont pas tous de nature linguistique. La date figurant dans le titre — 2020 04 08 — montre que l’outil a été publié récemment; toutefois, le titre — pratiques et recommandations — laisse entendre qu’il pourrait aussi synthétiser des pratiques déjà en vigueur auparavant.
Comme on le voit, il existe plusieurs outils régissant l’emploi des abréviations dans les institutions de l’UE; en l’absence des traducteurs ou des rédacteurs des institutions de l’UE, il serait donc difficile de déterminer selon quelles modalités elles
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utilisée, à laquelle la priorité est accordée, etc. En outre, les instruments eux-mêmes sont plus nombreux que ceux qui ont été énumérés, par exemple, Guide pratique commun du Parlement européen, du Conseil et de la Commission à l’intention des personnes qui contribuent à la rédaction des actes législatifs de l’Union européenne6, Règles communes pour la présentation et la rédaction des actes adoptés selon la procédure législative ordinaire7, bases de données, glossaires terminologiques8. Ainsi, les tendances à l’emploi d’abréviations dans les textes traduits par les institutions de l’UE résultent vraisemblablement de l’application combinée ou hiérarchisée de divers instruments et critères. Il est donc préférable, pour l’analyse, de se fonder sur l’usage réel, c’est-à-dire sur les actes législatifs traduits en lituanien.
Ces documents sont disponibles dans la base des actes législatifs de l’UE EUR-lex9. Cent des actes législatifs de plus grande ampleur — règlements et directives — en sont sélectionnés pour la présente étude, en s’orientant peut-être davantage vers les domaines de l’économie et des finances. L’échantillon comprend des règlements et des directives de 2000 à 2020, en s’efforçant d’inclure des documents de chaque année afin de déterminer s’il y a eu une évolution dans l’emploi des abréviations. Toutes les abréviations alphabétiques et syllabiques de cet échantillon sont relevées et analysées sous différents angles linguistiques, en comparant leur emploi avec celui que l’on trouve dans les actes législatifs correspondants en anglais (eux aussi publiés dans la base EUR-lex). Tous les documents n’ont pas nécessairement été traduits à partir de l’anglais, mais les textes anglais révèlent l’origine de presque toutes les abréviations employées; aussi, par convention peut-être, l’anglais sera-t-il appelé dans le texte langue originale. L’origine de quelques abréviations seulement n’a pu être déterminée à partir de ces textes; elle a donc également été recherchée dans les actes législatifs correspondants en français (eux aussi publiés dans la base EUR-lex). Par ailleurs, cet article ne porte que sur les abréviations formées à partir des premières lettres et des syllabes, car on considère que
6 https://eur-lex.europa.eu/content/techleg/KB0213228LTN.pdf
7 https://www.consilium.europa.eu/media/21451/joint-handbook-lt-may-2016_2017_04_26_def.pdf
8 https://ec.europa.eu/info/resources-partners/translation-and-drafting-resources
9 https://eur-lex.europa.eu/homepage.html?locale=lt
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Les questions relatives à la traduction d’autres types de sigles (formés en intégrant d’autres sigles, des mots, des chiffres, des symboles, etc.), ainsi qu’à leur classification, devraient faire l’objet d’un article distinct.
2. CRITÈRE DE DIFFUSION
Le critère normatif est formulé dans la décision de la VLKK Dėl lietuvių kalbos rašybos ir skyrybos (VLKK 1997), dans la section Dėl raidinių santrumpų. Cette section porte toutefois principalement sur la question de la translittération, ou transcription, des sigles: son premier sous-point dispose que « [L]es sigles non lituaniens (internationaux) constitués de lettres latines s’écrivent dans les textes lituaniens comme dans leur langue d’origine », et le deuxième que « [L]es sigles des langues utilisant des caractères non latins sont transcrits en caractères lituaniens ». Un troisième sous-point est toutefois également présenté, qui précise: « Si les noms d’autres langues sont largement utilisés dans leur traduction en lituanien, les sigles alphabétiques sont formés à partir de leur version lituanienne. » Le critère est donc fondé sur la diffusion du nom: si celui-ci est largement utilisé en traduction lituanienne, le sigle lituanien doit être employé; dans les autres cas, il peut conserver sa forme originale. Le titre de la section indique toutefois que cette formulation ne concerne que les sigles alphabétiques, comme le confirment les exemples fournis. En 2000, une décision distincte est également adoptée sur la question des sigles; elle se contente toutefois d’énumérer six sigles désignant des noms des Communautés européennes et des domaines de coopération des États membres de l’Union européenne, et précise qu’ils doivent être employés en lituanien dans les documents et autres textes rédigés dans cette langue (VLKK 2000).
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Le critère fondé sur la diffusion est assez général. En effet, il est impossible de déterminer si une dénomination est répandue, et à plus forte raison si elle l’est largement. Ainsi, comme l’autrice l’a déjà souligné dans un article de vulgarisation scientifique, on ne peut éviter une part de subjectivité lorsqu’on en juge d’après l’usage (Vaskelaitė 2002: 4). La formulation « largement utilisés, traduits en lituanien » se prête elle aussi à l’interprétation. Elle semble indiquer qu’il s’agit non pas de l’usage répandu de la dénomination, mais de celui de la dénomination traduite en lituanien; pourtant, en principe, toutes les dénominations à sens littéral devraient être traduites en lituanien, sauf s’il s’agit de noms de personnes ou de lieux. D’un autre côté, c’est aussi du traducteur que dépend la diffusion d’une dénomination traduite en lituanien (et, pour les traducteurs des actes juridiques de l’UE, dépend également d’eux la forme sous laquelle se diffusera l’abréviation de cette dénomination, puisque les règlements de l’UE traduits doivent être appliqués par la Lituanie, et les directives, transposées en droit national10). Ainsi, cette brève formulation ne semble probablement pas viser les textes traduits, et encore moins ceux qui sont traduits au sein des institutions européennes. Il existe, au demeurant, une autre interprétation possible, même si la formulation ne l’indique pas: seules seraient à traduire les abréviations qui ne s’emploient pas sans les dénominations; si seule l’abréviation est répandue et que la dénomination complète ne l’est pas, l’abréviation pourrait être donnée dans la langue originale.
Les traductions des actes juridiques de l’UE montrent que presque toutes les dénominations sont traduites, qu’elles soient propres ou communes, à l’exception des dénominations symboliques. Dans la plupart des cas, le texte original donne d’abord la dénomination complète, suivie de l’abréviation entre parenthèses, puis emploie l’abréviation au lieu de la dénomination complète, par exemple: The harmonised index of consumer prices (HICP) is designed to measure inflation in a harmonised manner across Member States. The Commission and the European Central Bank (ECB) use the HICP in their assessment of price stability in the Member States under Article 140 of the Treaty on the Functioning of the European Union (TFEU). Le texte lituanien suit la même logique:
10 https://ec.europa.eu/info/law/law-making-process/applying-eu-law
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L’indice harmonisé des prix à la consommation (ci-après « IHPC ») est destiné à mesurer l’inflation de manière harmonisée dans tous les États membres. La Commission et la Banque centrale européenne (ci-après « BCE ») utilisent l’IHPC pour évaluer la stabilité des prix dans les États membres conformément à l’article 140 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (ci-après « TFUE »), paragraphe 140. Dans les rares cas où le texte original donne d’abord l’abréviation, puis la dénomination complète entre parenthèses, comme dans The Commission report on the second phase of the SLIM exercise (Simpler Legislation for the Single Market) recommended that a study be carried out to determine,, cet ordre est également conservé dans la traduction: Dans le rapport de la Commission sur la deuxième phase de l’exercice SLIM (simplification de la législation relative au marché unique), il est recommandé de réaliser une étude. Plusieurs abréviations, à savoir EU, EC, IT, OJ, JHA, EEC, ISO, SMS, sont employées dans les textes anglais sans que la dénomination soit indiquée; elles le sont également dans les textes lituaniens correspondants, mais certaines (ES, EB, IT, OL, TVR et EEB) sont données sous leur forme traduite. Ainsi, l’original est respecté. Il est vrai que l’abréviation utilisée dans l’original peut être omise dans la traduction ou développée par l’ajout d’un mot11, mais si elle ne figure pas dans l’original, aucune abréviation n’est introduite dans le texte lituanien. Autrement dit, le traducteur n’est pas entièrement libre d’introduire, de créer et d’employer des abréviations, contrairement à l’auteur. C’est d’ailleurs une autre raison pour laquelle cet article traite de la traduction des abréviations, et non de leur création à partir de dénominations traduites ou non.
Ainsi, les dénominations sont traduites, mais certaines abréviations le sont également, tandis que d’autres sont conservées telles qu’elles figurent dans l’original, cf.: Le système européen de surveillance financière (ci-après « SESF ») devrait permettre de remédier à ces lacunes; il est institué un système de management environnemental et d’audit de l’Union (ci-après « EMAS »); le programme « Copernicus » devrait être considéré comme la contribution de l’Europe à la création
11 Le SVPR mentionne également cette possibilité: il indique, par exemple, que si l’abréviation n’apparaît qu’une ou quelques fois dans le document original, il est préférable d’utiliser dans le document traduit en lituanien le groupe de mots en toutes lettres, ou encore qu’un mot de sens plus général peut être ajouté à l’abréviation (code SWIFT, nomenclature NACE), etc. (SVPR 2020: 8).
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Le Système mondial des systèmes d’observation de la Terre (ci-après « GEOSS »), élaboré par le Groupe sur l’observation de la Terre (ci-après « GEO)12. En comparant ces exemples, il serait facile de conclure qu’un critère normatif est appliqué: l’abréviation d’une dénomination répandue est donnée en lituanien (SESF), celle d’une dénomination peu répandue (comme le montre le contexte: le système de management environnemental et d’audit de l’Union vient tout juste d’être institué) est conservée telle qu’elle figure dans le texte anglais (EMAS), tandis que les abréviations étrangères sont également conservées lorsque leur degré de diffusion est incertain (GEOSS, GEO). Cependant, les seuls intitulés des actes juridiques, qui désignent des entités nouvellement créées, suffisent à réfuter cette hypothèse. Les dénominations de ces entités sont toutes aussi peu répandues, mais les abréviations étrangères ne sont mentionnées que pour certaines d’entre elles, par exemple: Règlement (UE) 2018/1971 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 établissant l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (BEREC) et l’BERECOffice (BEREC); règlement (UE) 2018/1240 du Parlement européen et du Conseil du 12 septembre 2018 portant création d’un système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS); règlement (UE) 2019/1238 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 relatif à un produit paneuropéen d’épargne-retraite (PEPP)13. D’autres abréviations sont d’emblée données en lituanien, avant même que la dénomination ait eu le temps de se diffuser, par exemple: Règlement (CE) no 1211/2009 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2009 instituant l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (EERRI) et créant l’Office; règlement (UE) 2017/1601 du Parlement européen et du Conseil du 26 septembre 2017 instituant le Fonds européen pour le développement durable (EDVF), garantie du EDVF et Fonds de garantie du EDVF; règlement (UE) 2017/2226 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2017 portant création d’un système d’entrée/de sortie (AIS).
12 Ici et dans la suite, seule sera citée la partie cohérente de la phrase pertinente du point de vue de l’emploi de l’abréviation: les débuts ou fins de phrase omis ne sont pas signalés par des points de suspension. Comme la source précise de l’abréviation n’est pas pertinente pour cette étude, elle n’est pas indiquée après l’exemple; la liste de toutes les sources utilisées figure à la fin de l’article.
13 Les intitulés, comme les phrases citées, sont eux aussi présentés sous une forme abrégée.
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Cependant, l’usage répandu d’une abréviation dans une dénomination ne change pas. Pour cette étude, nous avons retenu des documents couvrant une période de 20 ans, au cours de laquelle les dénominations des entités créées auraient dû se diffuser; certaines sont largement utilisées dans d’autres actes juridiques des institutions de l’UE, mais, du moins dans cet échantillon, on n’observe pas de passage d’abréviations non lituaniennes à des abréviations lituaniennes. On n’y relève que trois exceptions, qui semblent plutôt révéler une tendance inverse. Dans les règlements plus anciens du Parlement européen et du Conseil, par exemple le règlement no 575/2009 adopté en 2013, l’abréviation lituanienne EDPPI (Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles) était utilisée, tandis que, dans des règlements plus récents, comme le règlement 2019/1238 adopté en 2019 ou le règlement 2020/1503 de 2020, c’est déjà l’abréviation d’origine anglaise EIOPA qui est utilisée. Dans le règlement no 604/2013 de 2013, le nom du Bureau européen d’appui en matière d’asile était abrégé en EPPB, tandis que le règlement de 2019 emploie déjà EASO. L’usage d’une autre abréviation témoignerait d’une fluctuation: la directive 2011/61/UE de 2011, le règlement no 806/2014 de 2014 et le règlement 2019/1156 de 2019 emploient EVPRI (Autorité européenne des marchés financiers), mais des documents de différentes années contiennent aussi ESMA (règlement no 909/2014 de 2014, directive 2020/1504 de 2020). Il est vrai que les actes juridiques les plus récents (règlement 2020/1503 du 7 octobre 2020, règlement 2020/873 du 24 juin 2020) emploient ESMA; dans ce cas également, on passe donc à une abréviation d’origine anglaise. Il va sans dire que l’échantillon analysé ne représente pas l’ensemble de la base des actes juridiques de l’UE, mais il met suffisamment en évidence une tendance à rechercher la cohérence dans l’emploi des abréviations dans les actes juridiques. Les outils de travail déjà évoqués témoignent également de cette recherche d’uniformité: ils contiennent des listes d’abréviations communes aux institutions de l’UE, des abréviations uniformes et des règles uniformes. Nous avons aussi vérifié séparément 20 règlements et directives adoptés après la publication du SVPR (après le 08/04/2020); aucune évolution de l’usage des abréviations n’y a été relevée non plus. Il faudrait toutefois, bien sûr, davantage de recul pour que de telles évolutions apparaissent (et que davantage de directives et de règlements soient adoptés).
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Bien entendu, les actes juridiques de l’UE emploient aussi des abréviations autres que celles des dénominations d’entités créées; le critère de diffusion pourrait donc, semble-t-il, influer sur les choix d’abréviation. Le SVPR semble également indiquer qu’un tel critère peut avoir une certaine influence: il énumère 7 critères de choix des abréviations (la source, la tradition, la reconnaissabilité, la valeur symbolique, la diffusion, la concision et la structure phonique, l’objet désigné), et la tradition y est mentionnée en deuxième position. Ce critère n’est toutefois pas expliqué; seuls sont donnés deux exemples d’abréviations lituaniennes et non lituaniennes (ESBO – Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, PSO – Organisation mondiale de la santé et NATO, UNESCO), et il est difficile de déterminer s’il s’agit de la tradition d’usage des abréviations en général ou de leur tradition dans les actes juridiques de l’UE. Quoi qu’il en soit, la source est citée en premier parmi les critères; sa précision montre que, pour traduire les abréviations, il faut avant tout tenir compte des actes constitutifs, des autres actes juridiques, des indications des entités compétentes ou de leurs déclarations officielles. Ce point est également souligné dans la remarque suivante: « Les abréviations des noms des agences et organes de l’Union européenne sont utilisées telles qu’elles figurent dans les actes constitutifs. Comme les actes constitutifs ne précisent pas les abréviations des noms de toutes les agences et de tous les organes, il est recommandé de les vérifier dans la base de données IATE, qui contient les informations les plus récentes ainsi que les indications des entités compétentes ou leurs déclarations officielles » (SVPR 2020: 12). L’importance du facteur métalinguistique apparaît ainsi clairement: les abréviations doivent être utilisées sous la forme indiquée par les entités compétentes et employée dans les documents. Cela ne signifie certes pas qu’elles doivent être uniquement non lituaniennes. Ainsi, dans la LV, que les traducteurs sont également invités à consulter (SVPR 2020: 12), certaines abréviations de noms sont non lituaniennes (EASO – Bureau européen d’appui en matière d’asile, EUIPO – Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle), tandis que d’autres sont d’origine lituanienne (EIB – Banque européenne d’investissement, EAA – Agence européenne pour l’environnement, EIVT – Service européen pour l’action extérieure).
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Par ailleurs, le critère de diffusion est lui aussi mentionné dans le SVPR (en cinquième position), mais il porte non pas sur la diffusion du nom, mais sur celle de l’abréviation, et non sur sa diffusion en lituanien, mais dans d’autres langues: « Une abréviation empruntée peut être choisie si elle est largement utilisée dans d’autres langues (selon les données d’IATE) » (SVPR 2020: 13). Les ouvrages de normalisation de la langue lituanienne ne formulent pas un tel critère, mais le contexte de formulation du critère normatif déjà évoqué permet certaines interprétations. Le premier point de la section mentionnée Dėl raidinių santrumpų indique que les abréviations non lituaniennes (internationales) formées de lettres latines doivent s’écrire comme dans la langue originale; si l’on ne met pas ce point en relation avec le troisième, on peut en conclure que toutes les abréviations non lituaniennes (internationales) peuvent s’écrire ainsi. Même si, dans ce cas, les parenthèses n’indiquent pas l’identité des notions, mais une précision (parmi les abréviations « non lituaniennes », seules celles qui sont « internationales » sont concernées), le terme tarptautinė santrumpa n’est expliqué ni dans cette résolution ni ailleurs. En l’absence d’explication, il ouvre la voie à diverses interprétations, notamment à l’assimilation d’une abréviation internationale à un mot international, notion qui connaît aujourd’hui déjà plusieurs acceptions. Ainsi, le terme tarptautiniai žodžiai est défini dans l’Encyclopédie de la langue lituanienne comme « des emprunts admis dans la langue générale (et non considérés comme des barbarismes), dont l’origine étrangère est clairement attestée par au moins une partie des principales langues de communication internationale (ou des langues classiques) et qui ne présentent aucune trace incontestable d’un emprunt à une langue voisine » (LKE 2008: 547)14. Appliquer une telle analogie aux abréviations conduirait effectivement à considérer que quelques langues dans lesquelles une abréviation anglaise est employée suffisent pour qu’il ne soit plus nécessaire de la traduire, alors que, par exemple, le LKRS ne cite comme abréviations internationales que PS ou P.S. (lat. post scriptum), NN ou N.N. (lat. nomen
14 En pratique, cette conception a déjà été appliquée dans le dictionnaire des mots internationaux le plus récent (TŽŽ 2013). P. Zemlevičiūtė (2018: 153–154) présente un examen détaillé des différentes conceptions du mot international avant d’aborder les termes internationaux de l’informatique et des technologies de l’information.
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nescio), MDS ou M.D.S. (lat. misce, da, signa ou misceatur, detur, signetur), c’est-à-dire des abréviations formées à partir d’expressions ou de mots latins (LKRS 1992: 74). Pour établir dans quelle mesure l’analogie entre abréviation internationale et mot international est pertinente, il faudrait étudier la relation entre l’abréviation et le mot, mais cette question, si l’on se réfère à l’article de R. Marcinkevičienė, n’a pas encore été étudiée et a seulement été évoquée.
Dans l’énumération des sources par le SVPR, ce n’est qu’après la mention du document fondateur, d’un autre acte juridique, d’une indication émanant d’une entité compétente ou d’une déclaration officielle que figure la source normative, représentée ici par IATE, la Banque des termes de la République de Lituanie, une encyclopédie, un dictionnaire, un manuel, etc. (SVPR 2020: 12). Cela montre donc à lui seul que les critères de traduction des abréviations appliqués dans les institutions de l’UE ne coïncident pas avec le critère normatif établi par la résolution de la VLKK. Comme on le voit, un facteur non linguistique, ou métalinguistique, devrait fortement régir l’usage étudié, mais celui-ci laisse-t-il aussi apparaître des régularités de nature linguistique? C’est ce que nous allons examiner dans la suite.
3. ÉTENDUE
Dans 100 actes juridiques, on a relevé 214 abréviations alphabétiques, c’est-à-dire formées à partir des premières lettres des mots d’une dénomination (seules les abréviations non répétées ont été comptabilisées). Il est difficile d’évaluer trois d’entre elles du point de vue de la traduction, car les premières lettres des mots de la dénomination lituanienne et de la dénomination anglaise coïncident: VIS (système d’information sur les visas et Visa Information System), ESI (fonds structurels et d’investissement européens et European Structural and Investment) et ETSI (Institut européen des normes de télécommunication et European Telecommunications Standards Institute). Étant donné que, comme on l’a déjà indiqué, les abréviations figurent dans les textes après la dénomination, qui est de toute façon traduite, il est impossible de déterminer,
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sur la base de quelle dénomination ces trois abréviations ont été formées. Ainsi, 211 abréviations seront évaluées ci-après du point de vue de la traduction.
Le groupe des abréviations à deux lettres ne révèle aucune tendance manifeste. Seules deux abréviations non lituaniennes ont été relevées, à savoir CV (Curriculum Vitae) et SE (sociétés européennes), mais seules 6 abréviations lituaniennes ont également été relevées: JT (Nations unies), ES (Union européenne), IT (technologies de l’information), EB (Communauté européenne), OL (Journal officiel) et MA (volume de paiement), cité dans un seul acte juridique. Toutes les abréviations lituaniennes à deux lettres, à l’exception de la dernière, sont utilisées sans que la dénomination soit indiquée; EB figure généralement dans les titres des actes juridiques cités, par exemple: ils sont conformes aux règles et procédures actuelles du secteur bancaire et de la directive 2004/39/EB. L’abréviation OL (Journal officiel) est employée dans les notes de bas de page pour mentionner la source de publication des actes juridiques cités, par exemple: JO L 25, 2009, 1, 29, p. 28. À en juger par le SVPR, ce faible nombre d’abréviations à deux lettres pourrait résulter d’une volonté de les éviter: les traducteurs sont invités à ne pas employer d’abréviation dans les documents lituaniens lorsque le groupe de mots ne comporte que deux éléments ou peut être réduit à deux éléments (SVPR 2020: 10).
Les abréviations alphabétiques longues ne sont elles aussi présentes qu’en petit nombre. Parmi celles de six lettres, on a relevé, pour les abréviations non lituaniennes, CEIOPS (Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnelles) et, pour les abréviations lituaniennes, EŽUOGF (Fonds européen d’orientation et de garantie agricole), EŽŪFKP (Fonds européen agricole pour le développement rural) et KIPVPS (organismes de placement collectif en valeurs mobilières). La seule abréviation de sept lettres est EDPPPIK (Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnelles).
Les ensembles d’abréviations à trois et à quatre lettres se distinguent par leur abondance (voir le tableau 1). Ce dernier ne fait apparaître aucune régularité manifeste: on a relevé 40 abréviations alphabétiques lituaniennes (AIFV, BEPS, BIAS, FPKG, ECBS, EDVF, EIFT, ESĮ, ETPB, EŽKA, PINO, SESV, SVKI, ŽOFI, entre autres),
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parmi celles qui ne sont pas lituaniennes – 35 (ACER, BBAN, CISE, EEPR, EPER, EIPA, EMAS, EMSA, EPPO, ETSC, EURI, FADO, GATT, GMES, etc.)15, y compris les sigles formés à partir de noms français, OLAF et CIFE, qui sont d’ailleurs les seuls sigles de l’échantillon considéré à ne pas être formés à partir de l’anglais16. Cependant, la série des sigles à trois lettres met en évidence la nette prédominance des sigles lituaniens: on a relevé 19 sigles à trois lettres non lituaniens (BIC, CPA, CPC, GEO, EMA, ISO, SMS, DNR, WAL, WAM, etc.), contre plus de quatre fois plus de sigles lituaniens: 79 (AIF, AIS, BKI, BPM, DPS, EEB, EEE, EBI, EIB, EPF, GMO, IRT, MPT, MVI, NCB, OPS, UŽT, etc.), ce qui en fait le groupe le plus important de sigles lituaniens.
TABLEAU 1. Sigles selon leur composition
Lituaniens | Non lituaniens | Total À deux lettres | 6 | 2 | 8 À trois lettres | 79 | 19 | 98 À quatre lettres | 40 | 35 | 75 À cinq lettres | 11 | 14 | 25 À six lettres | 3 | 1 | 4 À sept lettres | 1 | – | 1 Total | 140 | 71 | 211
15Les trois exceptions mentionnées, à savoir les sigles EPPB et EASO, EVPRI et ESMA, EDPPI et EIOPA, sont comptabilisés à la fois parmi les sigles lituaniens et parmi les sigles non lituaniens. 16Dans les outils destinés aux rédacteurs et aux traducteurs des textes de l’UE, on trouve également quelques sigles d’origine française, par exemple: SA (société anonyme), TGV (train à grande vitesse), ASBL (association sans but lucratif).
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Les sigles composés de cinq lettres sont beaucoup moins nombreux, et cet échantillon au moins laisse penser que les sigles non lituaniens sont plus fréquents. On en a relevé 14: BEREC, CSIRT, GEOSS, ECMWF, ECRIS, EONIA, EIOPA, ETIAS, ICSMS, IOSCO, LIBOR, NARIC, TDAWN, SIENA. Les sigles lituaniens sont au nombre de 11: BDANP, BKKMN, EDAPP, EFPIS, EJŘŽF, EKSSG, ENADS, EOEVT, EŽŪGF, EDPPI et EVPRI. Cependant, pour EDPPI, comme cela a déjà été indiqué, on tend à passer à EIOPA, et d’EVPRI à ESMA; ainsi, si l’on écarte ces sigles, le groupe des sigles lituaniens à cinq lettres serait encore réduit. Il convient toutefois de préciser que ces calculs ne portent que sur les sigles formés strictement à partir des lettres, c’est-à-dire ceux qui sont composés des premières lettres de tous les mots d’une dénomination, y compris quelques cas généralement mentionnés à part lors de l’étude des sigles. Ainsi, les Conseils de langue administrative indiquent que le début d’un mot peut parfois être représenté par deux lettres et donnent les exemples LST (Lietuvos standartas), VšĮ (viešoji įstaiga) (KancKP 1998: 277). Deux sigles de ce type ont été trouvés dans les sources analysées: NVO (nevyriausybinės organizacijos) et BPeM (bendras pertvarkymo mechanizmas). Toutefois, les ouvrages consacrés à l’orthographe ne mentionnent, ni parmi les sigles ni parmi les acronymes syllabiques, les formes obtenues en omettant certains mots d’une dénomination; or, le corpus étudié en contient beaucoup, principalement des formes non lituaniennes: EASA – European Union Aviation Safety Agency, EQAR – European Quality Assurance Register for Higher Education, ECVET – European Credit System for Vocational Education and Training, EQAVET – European Quality Assurance Reference Framework for Vocational Education and Training, LETS – European Law Enforcement Training Scheme, MREL – minimum requirement for own funds and eligible liabilities, TRIPS – Trade-Related Aspects of Intellectual Property, etc. Parmi les sigles lituaniens formés de cette manière, seuls trois ont été relevés: ESS (Europos integruotų ekonominių sąskaitų sistema), BLS (Bendrijos bendrųjų tarifų lengvatų sistema) et CASS (centrinė ataskaitų ir statistinių duomenų saugykla). Les premières
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deux ont été créées en suivant l’original: les sigles y sont également formés de trois lettres, en omettant certains mots de la dénomination. Le troisième témoignerait lui aussi du respect de l’original: il comporte le même nombre de lettres, mais la traduction de la dénomination nécessite davantage de mots (cf. CASS – centrinė ataskaitų ir statistinių duomenų saugykla et CRRS – central repository for reporting and statistics). Cela soulèverait la question du caractère lituanien ou non des procédés de formation des sigles. L’absence de réponse claire à cette question contribue peut-être également au faible nombre de sigles lituaniens de ce type dans le corpus étudié. À l’exception des trois cas déjà mentionnés, les autres sont reproduits tels qu’ils apparaissent dans l’original, par exemple: Le Secrétariat général du Conseil a également publié les documents authentiques dans le registre public en ligne des documents authentiques de voyage et d’identité, connu sous le nom de PRADO.
Si l’on incluait également de tels sigles dans les calculs, les séries des sigles non lituaniens les plus longs augmenteraient et dépasseraient celles des sigles lituaniens. Ils seront toutefois examinés plus loin. L’étude des sigles formés selon le procédé alphabétique typique montre que la longueur, à elle seule, ne permet pas de tracer la frontière entre les sigles traduits et ceux qui ne le sont pas: dans tous les groupes de longueur, à l’exception des sigles à sept lettres, on trouve des sigles d’origine lituanienne et non lituanienne, même si les premiers sont globalement deux fois plus nombreux que les seconds, soit respectivement 140 et 71. La prédominance manifeste des sigles lituaniens à trois lettres (79 contre 19) indique néanmoins qu’ils sont le plus souvent traduits, ce qui invite à examiner les sigles sous d’autres aspects linguistiques.
4. TYPE DE DÉNOMINATION
Dans les chapitres consacrés à l’orthographe, la présentation des sigles s’accompagne principalement d’exemples de dénominations propres abrégées, tels que JT (Nations unies), LDK (Grand-Duché de Lituanie
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Principauté) ou KAD (Département de la défense nationale), mais parmi elles figurent aussi des sigles formés à partir de noms communs, par exemple: UAB – société anonyme à responsabilité limitée, PVM – taxe sur la valeur ajoutée (LKŽin 1998). Il est même explicitement indiqué que les noms communs aussi bien que les noms propres peuvent être abrégés: « Les dénominations composées, qu’elles soient des noms propres ou des noms communs, sont abrégées en représentant chaque mot autonome par sa première lettre majuscule » (LKRS 1992: 73).
L’examen du groupe de sigles alphabétiques le plus souvent traduits dans les actes juridiques de l’UE — les sigles de trois lettres — montre que ceux formés à partir de noms communs prédominent. Sur les 79 formes lituaniennes, 48 sont de ce type: AIF – fonds d’investissement alternatifs, AKM – méthode ouverte de coordination, DFP – programmation financière pluriannuelle, DPS – systèmes multilatéraux de négociation, DTD – détecteur d’identités multiples, IUS – systèmes institutionnels de garantie, MKR – exigence de capital de solvabilité, MPV – banques centrales nationales de paiement, OPS – systèmes organisés de négociation, PSO – gestionnaires de systèmes de transport, PSŠ – contreparties centrales, SUB – logements occupés par leur propriétaire, UŠT – pays et territoires d’outre-mer, BPeM – mécanisme de résolution unique, etc. Un sigle traduit, EKS, est formé en intégrant des noms propres — Èltetò-Köves-Szulc paritetai — mais la dénomination complète est un nom commun.
On trouve également un nombre assez important de sigles lituaniens formés à partir de noms communs parmi les sigles de quatre lettres: sur les 36 formes lituaniennes, 17 sont de ce type: AIFV (gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs), BEPS (régime d’asile européen commun), BIAS (système commun d’information sur l’environnement), BŽŪP (politique agricole commune), CVPD (dépositaires centraux de titres), GPPB (entreprises de transport de fonds), KIJT (fournisseurs de flux de données consolidés), ŽOFI (instrument financier d’orientation de la pêche), etc. Parmi les 11 sigles de cinq lettres, seuls deux ont été trouvés: BDANP (service de vérification de la conformité des données biométriques) et BKKMN (crédit commun
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annuel global). Cela ne signifie toutefois pas que les sigles de quatre ou cinq lettres formés à partir de noms communs ne sont pas traduits. On en trouve également très peu parmi les sigles étrangers. Ainsi, parmi les 14 sigles de cinq lettres, seuls CSIRT (équipes de réponse aux incidents de sécurité informatique), ELTIF (fonds européens d’investissement à long terme) et NARIC (centres nationaux d’information sur la reconnaissance académique) sont de ce type. Parmi les 35 sigles de quatre lettres, seuls BBAN (numéro de compte bancaire de base), IBAN (numéro de compte bancaire international), PEPP (produit paneuropéen d’épargne-retraite individuelle) et, si l’on applique le principe de traduction des dénominations, CISE (environnement commun de partage de l’information), FADO (système en ligne de documents faux et authentiques), GMES (système mondial de surveillance de l’environnement et de la sécurité) sont de ce type. Ainsi, les sigles de quatre et de cinq lettres formés à partir de noms communs sont moins utilisés et moins souvent traduits.
Le nombre plus faible ressort également de l’ensemble de l’échantillon: sur 211 sigles alphabétiques, 89 sont formés à partir de noms communs et 120 à partir de noms propres (la base de formation des sigles DNS et BGP, employés sans que leur dénomination complète soit donnée, n’a pas pu être déterminée). Cependant, parmi les sigles formés à partir de noms communs, les formes lituaniennes l’emportent nettement: sur 89, 71 sont lituaniennes (voir tableau 2). Les formes étrangères ne sont que 18 (CV, SE, SCE, BIC, CSIRT, ELTIF, NARIC, PEPP, BBAN, IBAN, etc.), y compris les sigles de plusieurs noms de systèmes écrits avec une minuscule (FADO, CISE et GMES).
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TABLEAU 2. Sigles alphabétiques selon le type de dénomination
Lituaniens
Étrangers
Total
Formés à partir d’un nom commun
71
18
89
Formés à partir d’un nom propre
61
59
120
Total
132
77
209
Toutefois, la répartition entre les abréviations lituaniennes et non lituaniennes formées à partir d’un nom propre est à peu près équilibrée. Trois abréviations de ce groupe, à savoir EPPB, EVPRI et EDPPI, sont employées sous des formes lituaniennes et non lituaniennes (EASO, ESMA et EIOPA); parmi les 117 autres, 61 sont d’origine lituanienne: EGA – Agence européenne de défense, EMT – Conseil européen des paiements, EPP – Portail européen de recherche, JPKG – Groupe mixte de contrôle parlementaire, EIVT – Service européen pour l’action extérieure, SESV – Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, EŽŪFKP – Fonds européen agricole pour le développement rural, etc. Les 59 autres sont d’origine non lituanienne, par exemple: GEO – Groupe sur l’observation de la Terre, ISO – Organisation internationale de normalisation, SIS – Système d’information Schengen, EIPA – Institut européen d’administration publique, EMSA – Agence européenne pour la sécurité maritime, GATT – Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, ACER – Agence de coopération des régulateurs de l’énergie, BEREC – Organe des régulateurs européens des communications électroniques.
Il apparaît ainsi que l’on tend surtout à traduire les abréviations courtes formées à partir de noms communs; toutefois, on ne comprend pas pourquoi les abréviations alphabétiques formées à partir de noms propres sont réparties de manière à peu près égale du point de vue de la traduction. Une analyse plus approfondie s’impose donc.
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5. OBJET DÉSIGNÉ
Bien que le critère de normalisation porte sur la diffusion du nom, une autre résolution de la VLKK a néanmoins été adoptée en 2000. Elle énumère 6 abréviations désignant les Communautés européennes et les domaines de coopération entre les États membres de l’Union européenne, à savoir EB (Communauté européenne), EEB (Communauté économique européenne), EAPB (Communauté européenne du charbon et de l’acier), BUSP (politique étrangère et de sécurité commune), TVR (justice et affaires intérieures), Euratomas (Communauté européenne de l’énergie atomique). La résolution précise que ces formes lituaniennes doivent être utilisées dans les documents et autres textes rédigés en lituanien (VLKK 2000). Ce groupe thématique est d’ailleurs mentionné ailleurs (Kazlauskienė 2008: 73; Linkevičienė 2013: 28), probablement afin de transmettre la position normative; sont également citées les abréviations de documents essentiels, telles que EŽTK – Convention européenne des droits de l’homme (Linkevičienė 2013: 28). Cela peut laisser penser que l’objet désigné joue un rôle dans le choix d’une abréviation lituanienne ou non lituanienne.
En examinant selon ce critère les groupes d’abréviations alphabétiques employées dans les traductions des actes juridiques de l’UE, on constate que les abréviations lituaniennes formées à partir de noms communs sont principalement des termes répandus dans les actes juridiques de l’UE ou utilisés dans un acte juridique donné. On en compte 68: IRT (technologies de l’information et de la communication), GTV (valeur nette des actifs), GMO (organismes génétiquement modifiés), PMT (taux d’imposition fixes), MVĮ (petites et moyennes entreprises), AKM (méthode ouverte de coordination), DTM (commissions interbancaires multilatérales), MKR (exigence de capital de solvabilité), MPT (prestataires de services de paiement), PPI (institutions de retraite professionnelle), AIFV (gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs), CVPD (dépositaires centraux de titres
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), KIPVPS (organismes de placement collectif en valeurs mobilières), etc. À celles-ci s’ajoutent trois noms de systèmes employés comme noms communs: AIS (système d’entrée et de sortie), BEPS (système européen commun d’asile) et BIAS (système commun d’information sur l’environnement). Parmi les 18 abréviations non traduites, certaines désignent divers objets, mais le groupe des noms de codes et d’indicateurs se distingue quelque peu: BBAN, IBAN, BIC, WAL, WAM, LIBOR, EONIA.
L’examen, sous cet angle, du groupe des abréviations alphabétiques lituaniennes formées à partir de noms propres révèle que la plupart désignent des institutions et des organisations, y compris des communautés (désignées ci-après collectivement comme « organisations »). Sur les 61 abréviations lituaniennes, 47 appartiennent à ce groupe thématique: ES – Union européenne, EB – Communauté européenne, EEB – Communauté économique européenne, EIB – Banque européenne d’investissement, EKA – Agence spatiale européenne, EPF – Fonds européen de développement, ESF – Fonds social européen, ESRV – Comité européen du risque systémique, EIVT – Service européen pour l’action extérieure, EŽŪFKP – Fonds européen agricole pour le développement rural, EŽŪOGF – Fonds européen d’orientation et de garantie agricole, etc.
Parmi les abréviations non lituaniennes formées à partir de noms propres, on relève celles qui désignent divers systèmes: sur les 51 abréviations de noms propres non traduites, 9 appartiennent à ce groupe: SIS – système d’information Schengen, ECTC – système européen de transfert de crédits, GEOSS – Système mondial des systèmes d’observation de la Terre, ECRIS – système européen d’information sur les casiers judiciaires, SLTD – base de données d’Interpol sur les documents de voyage volés et perdus, ETIAS – système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages, EMAS – système communautaire de management environnemental et d’audit, SIENA – application de réseau sécurisé d’échange d’informations, EPER – registre européen des émissions. Toutefois, certains noms de systèmes (système en ligne de documents faux et authentiques, système mondial de l’environnement et
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système de surveillance de la sécurité, système européen commun d’asile, système d’information et de communication pour la surveillance du marché, environnement commun de partage de l’information) sont écrits en minuscules dans les actes juridiques; leurs sigles sont donc classés, conformément au principe orthographique, parmi les sigles de noms communs (respectivement FADO, GMES, BEPS, ICSMS et CISE). Si on les classait dans ce groupe, celui-ci serait plus important encore, et il s’accroîtrait particulièrement si l’on y ajoutait les sigles formés par omission de certains mots: ECVET (système européen de crédits d’apprentissage pour l’enseignement et la formation professionnels), EQAVET (cadre européen de référence pour l’assurance de la qualité dans l’enseignement et la formation professionnels), TDAWN (base de données d’Interpol sur les documents de voyage associés à des notices), PRADO (Registre public en ligne des documents authentiques d’identité et de voyage), EQAR (Registre européen pour l’assurance qualité dans l’enseignement supérieur), etc.
Toutefois, le groupe des sigles non traduits comprend encore davantage de sigles de noms d’organisations — 25 au total: ETF – Fonds européen pour la formation, ISO – Organisation internationale de normalisation, CEN – Comité européen de normalisation, ACER – Agence de coopération des régulateurs de l’énergie, CMFB – Comité des statistiques monétaires, financières et de balance des paiements, CPSS – Comité sur les systèmes de paiement et de règlement, OLAF – Office européen de lutte antifraude, CIFE – Centre international de formation européenne, EASA – Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne, EIPA – Institut européen d’administration publique, EPPO – Parquet européen, ECMWF – Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, IOSCO – Organisation internationale des commissions de valeurs, CEIOPS – Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnelles, etc. En dehors de ce groupe thématique, on trouve un peu plus de sigles de noms de documents, de programmes et d’instruments, par exemple: GATT – Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, GATS – Accord général sur le commerce des services, TLAC – document sur les exigences minimales de fonds propres et d’engagements éligibles, EEPR – Programme énergétique européen pour la relance, SIENA – application de réseau sécurisé d’échange d’informations.
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Il ressort ainsi que la nature de l’objet nommé peut jouer un rôle dans la traduction des sigles: les sigles de termes sont majoritairement traduits, tandis que ceux qui désignent des systèmes ou des structures tendent à être conservés tels qu’ils apparaissent dans la langue originale. Ce facteur ne permet toutefois pas d’expliquer les sigles de noms d’organisations, qui sont nombreux aussi bien parmi les sigles lituaniens que parmi les sigles étrangers. Certains, dans le corpus constitué de 100 actes juridiques, ne sont employés qu’une seule fois, par exemple ETF, EMA, FATF, ECMWF, ce qui semblerait indiquer que le critère de fréquence peut tracer une frontière entre eux: les noms rarement rencontrés ou les sigles peu employés sont conservés dans leur forme originale. Pourtant, EIPA, EMSA, BEREC, CEIOPS, OLAF sont fréquemment employés dans les actes juridiques; les noms comme les sigles sont donc répandus, mais ces sigles ne sont pas pour autant remplacés par des formes lituaniennes.
Il se peut donc que d’autres facteurs tracent la frontière entre les sigles de ce groupe thématique.
Cette frontière est d’ailleurs également tracée dans les outils de travail des traducteurs évoqués plus haut. Ainsi, dans l’annexe du LV, qui présente une liste des principaux sigles, les sigles BPV (Conseil de résolution unique), EAA (Agence européenne pour l’environnement), EPSA (Centre de stratégie politique européenne), ESTT (Cour de justice de l’Union européenne), BLES (Union économique belgo-luxembourgeoise), CAVO (Organisation des États d’Amérique centrale), EESRK (Comité économique et social européen), etc., sont présentés sous leur forme lituanienne, tandis que les sigles ETC (Fonds européen pour la formation), JRC (Centre commun de recherche), FRA (Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne), EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), EUSA (École européenne d’administration), EIGE (Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes), EASME (Agence exécutive pour les petites et moyennes entreprises), PARBA (Association sud-asiatique pour la coopération régionale), etc., sont étrangers.
La liste VV destinée aux traducteurs ne les répertorie pas, mais certains sigles sont mentionnés dans les annexes qui présentent des listes de noms d’organisations; on pourrait en déduire que la frontière repose sur une subdivision plus fine des organisations: les sigles des organisations internationales et de leurs organes suprêmes
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sont ici donnés sous leur forme lituanienne, par exemple JT (Nations unies), JTO (Organisation des Nations unies), ŠMT (Conseil des ministres des pays nordiques); les sigles des institutions de l’UE sont également donnés sous leur forme lituanienne, par exemple EP (Parlement européen), ET (Conseil de l’Europe)17, tandis que les noms des unités structurelles, telles que les groupes politiques et les commissions du Parlement européen, sont accompagnés de sigles étrangers: ECR (Groupe des Conservateurs et Réformistes européens), IMCO (Commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs), etc. (VV 2014: 64–67). Une telle frontière semblerait correspondre au critère normatif selon lequel les sigles de noms moins répandus en lituanien peuvent ne pas être traduits.
Une subdivision encore plus détaillée des institutions et des organisations est proposée dans le SVPR, où le critère du type d’objet désigné figure en sixième position (SVPR 2020: 14–24). Contrairement au VV, il est proposé ici d’employer les sigles empruntés pour les noms d’organisations internationales (ASEAN, NAFO, etc.). Certaines exceptions sont toutefois prévues pour les sigles de ce groupe: les sigles des noms des organes des Nations unies et de certaines organisations liées aux Nations unies (GA, TDO, DIGA, etc.) sont mentionnés comme formes lituaniennes, de même que les sigles des noms des juridictions internationales (TTT, TBTBJ, etc.) et ceux des organisations de la région de la mer Baltique et des pays nordiques (BJVT, BJVSBT, etc.). Enfin, d’autres organisations sont mentionnées, ce qui montre que l’exception s’applique aussi à celles-ci, alors que les sigles des organisations internationales avaient été présentés comme des formes empruntées. Ainsi, bien que l’on tente de tracer une frontière entre les sigles des organisations internationales en subdivisant plus finement ces organisations, il est impossible d’établir une distinction nette. L’examen des sigles des noms d’unités structurelles le montre également: contrairement au VV, les sigles des noms des directions générales et des services de la Commission européenne (JRC, FPI, OLAF, ECFIN, etc.) et ceux des formations du Conseil (EPSCO, EYCS, etc.) sont ici mentionnés comme
17 Les noms peuvent aussi être abrégés en un seul mot (Parlement européen – Parlement, Commission européenne – Commission, Conseil des ministres de l’Union européenne – Conseil, etc.) ou ne pas être abrégés du tout (VV 2014: 64).
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empruntées. Toutefois, les sigles des organes préparatoires du Conseil sont proposés sous une forme lituanienne (PPK, EPK, SAK, etc.), et même, parmi ces derniers, ceux qui sont mentionnés comme empruntés (SCIFA, CATS, COSI, etc.). Si l’on prévoit un sous-groupe pour les organismes, agences et entreprises communes décentralisés de l’UE, il faut également constater que leurs sigles peuvent être lituaniens (EEA, EGA, etc.) ou empruntés (EIGE, EASO, etc.). Ainsi, en tentant de classer le groupe des organisations selon l’objet désigné, on constate pour presque chaque sous-groupe que les sigles peuvent être lituaniens ou non lituaniens.
Comme un facteur de nature non linguistique est mentionné à plusieurs reprises dans la classification de ce groupe (par exemple, il est indiqué que les sigles des comités et des groupes politiques doivent être employés tels qu’ils ont été approuvés sur instruction de l’autorité compétente), on pourrait penser qu’il faut faire une exception en raison de ce facteur. Cependant, ce facteur n’est pas mentionné lorsqu’on distingue d’autres groupes d’objets désignés, et il apparaît malgré tout que les sigles peuvent être lituaniens ou empruntés. C’est ainsi que cela est indiqué pour chacun des deux sous-groupes de titres de documents: les sigles des titres de conventions et d’accords internationaux, ainsi que ceux des programmes, plans, orientations et instruments, peuvent être lituaniens (VTK, SPG, DFP, BTL, BSP, etc.) ou empruntés (UNCLOS, CITES, ABCP, MASE, etc.). Les sigles des recueils d’actes juridiques de l’UE semblent être lituaniens (KRD, BDAR, etc.), mais des exceptions sont également prévues (règlement REACH, règlement CLP, etc.). Seuls les groupes des noms de systèmes et de termes sont moins diversifiés: pour les noms de systèmes, qui sont répartis en deux sous-groupes (Systèmes d’information, bases de données et registres et Méthodes, classifications et indicateurs), il est dit que leurs sigles sont généralement empruntés (CARE, GEANT, TRACES, etc.), tandis que, pour les sigles de termes, la préférence va aux formes lituaniennes (DUK, PDB, IPTR, etc.). Cela pourrait expliquer pourquoi, dans l’usage réel, les sigles de termes sont traduits, alors que beaucoup de sigles de noms de systèmes ne le sont pas.
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Cependant, dans la plupart des autres groupes distingués dans le SVPR selon l’objet désigné, on trouve à la fois des sigles lituaniens et des sigles empruntés. Cette publication destinée aux traducteurs met en évidence l’importance du facteur métalinguistique, mais, semble-t-il, celui-ci est déterminant surtout pour les sigles de noms d’organisations; pourtant, les sigles varient dans presque tous les groupes que l’on tente de distinguer. En essayant de classer les sigles selon l’objet désigné, on finit par constater que presque chaque groupe peut comprendre aussi bien des sigles lituaniens que des sigles empruntés. Cela peut indiquer que d’autres facteurs sont à l’œuvre dans l’usage même et qu’ils tracent entre les sigles une démarcation fondée sur un autre critère.
6. MODE DE FORMATION
Le mode de formation du sigle n’est nullement mentionné parmi les critères du SVPR. Pour chaque critère, des exemples de sigles alphabétiques et syllabiques sont présentés sans distinction, ce qui montre que le mode de formation du sigle n’est pas considéré comme important. Par exemple, selon le critère de l’objet désigné, lorsqu’on distingue le sous-groupe des noms des commissions du Comité des régions et du Comité économique et social européen, un exemple est donné aussi bien pour un sigle alphabétique CCML que pour un sigle syllabique COTER (SVPR 2020: 17–18). De même, parmi les sigles de noms de systèmes, on trouve non seulement SITC, formé uniquement à partir de lettres, et PRADO, formé à partir des lettres en omettant certains mots, mais aussi TRACES (Trade Control and Expert System), sigle formé en incluant une syllabe (ESRV 2020: 21).
Il est vrai que le facteur du mode de formation n’est pas non plus mentionné dans la formulation du critère normatif. Celui-ci est illustré uniquement par des exemples de sigles alphabétiques (TO – Organisation des Nations unies, NVS – Communauté des États indépendants, ES – Union européenne), et la formulation de la résolution est également
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skyrelyje Dėl raidinių santrumpų (VLKK 1997). Nutarimas Dėl raidinių santrumpų buvo priimtas jau 1989 m. (KK 1989), tik vėliau perkeltas (kiek papildžius) į rašybos ir skyrybos taisyklių visumą apimantį 1997 m. nutarimą, o tai rodytų, kad formuluojama nuostata greičiausiai yra radusis iš būtinybės pateikti pačias bendriausias nelietuviškų santrumpų rašymo taisykles, kai lietuvių kalboje rusiškas santrumpas ėmė keisti angliškos santrumpos. Trumpame skyrelyje visi santrumpų vartojimo aspektai negalėjo būti aprėpti, o ir išsamiai santrumpų klasifikacijai nutarime ne vieta. Tačiau rašybos darbuose klasifikacija pagal sudarymo būdą populiari ir reikšminga – ji brėžia ribą tarp santrumpų rašymo ir linksniavimo. Tiesa, rašybos darbuose santrumpos vertimo požiūriu neaptariamos, taigi neaišku, ar ši riba svarbi ir vertimui.
L’ébauche d’une classification des sigles selon leur mode de formation dans la linguistique lituanienne remonte probablement à un article publié en 1964 dans Kalbos kultūroje, où l’on tente de proposer une classification de toutes les formes abrégées employées dans la langue. L’article se concentre principalement sur l’abrègement de groupes de mots utilisés comme noms et en distingue quatre procédés, correspondant à quatre résultats qu’il est proposé d’appeler des sigles. Deux types sont mentionnés: le sigle alphabétique (TSKP, LTSR, VLKJS) et le sigle phonétique (à la prononciation, les sons se fondent en un seul mot: VRES, HES, TASS, nepas [nouvelle politique économique], FIBA); il est proposé de les appeler ensemble sigles initiaux. Les deux autres résultats relèvent de la réduction d’un nom composé à un seul mot: l’un consiste à abréger en prenant le début d’un mot et un autre mot (agitpunktas – de agitacinis punktas, profsąjunga – profesinė sąjunga), procédé appelé mots composés contractés. L’autre procédé et résultat recouvrent différents cas qui ne respectent pas les règles de formation des mots, où l’on combine les débuts de deux mots (krikdemas – krikščionis demokratas, partorgas – partinis organizatorius), en prenant pour l’un des mots un élément de deux syllabes (Kominternas – Komunistų Internacionalas, Proletkultas – Proletarinė kultūros-švietimo organizacija), ou un élément comprenant le radical
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(gruporgas – grupės organizatorius, vietkomas – vietos komitetas). Il est proposé d’appeler tous ces cas qui ne respectent pas les règles de formation des mots des sigles syllabiques; le schéma de classification général proposé ici consiste donc à distinguer les mots composés contractés et les sigles, puis à répartir ces derniers en sigles syllabiques et initiaux, avec la possibilité de subdiviser les sigles initiaux en sigles alphabétiques et phonétiques. Ainsi, un seul schéma tente de couvrir deux aspects: la structure sonore et le mode de formation du sigle.
Comme le montrent les exemples donnés dans cet article, la plupart sont des sigles russes alors d’actualité. Leur caractère étranger est toutefois nommé explicitement: à propos des sigles syllabiques, il est indiqué qu’il s’agit de « mots formés le plus souvent dans d’autres langues et adaptés à la structure grammaticale du lituanien » (Klimavičius 1964: 40); et à propos des sigles phonétiques (TASS, VRES, FIBA), qu’ils sont « simplement empruntés à d’autres langues ou traduits. En lituanien, on n’aime guère fondre les sons initiaux en un mot; ainsi, JAV ne se prononce pas jav. En effet, en lituanien, une combinaison naturelle, indépendamment de la disposition des voyelles et des consonnes propice à la prononciation, ne peut exister qu’avec une terminaison. C’est pourquoi l’on tend à prononcer, en leur ajoutant des terminaisons lituaniennes, des sigles tels que hesas, Tasas, šecas, vrecas, zillas » (Klimavičius 1964: 41). Il semblerait ainsi que seuls les sigles alphabétiques soient considérés comme caractéristiques du lituanien, tandis que ceux qui ressemblent à des mots (phonétiques et syllabiques) sont jugés majoritairement issus d’autres langues. Il apparaît également que le schéma de classification vise à englober aussi bien les sigles lituaniens que ceux qui ne sont pas caractéristiques du lituanien, représentés, dans les conditions qui prévalaient alors pour la langue lituanienne, par les sigles russes.
Plus tard, les sigles syllabiques sont effectivement distingués. La section correspondante de LKRS traite principalement des sigles alphabétiques; après les avoir examinés, elle mentionne toutefois qu’il en existe qui « sont constitués des deux ou trois premières lettres, ou des premières syllabes, de chaque mot du nom » et ajoute qu’il serait plus exact de les appeler syllabiques (LKRS 1992: 74). Bien que cette présentation
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ce qui semblerait indiquer que les abréviations syllabiques sont entièrement distinguées des abréviations alphabétiques, mais il est précisé qu’elles s’écrivent le plus souvent avec une majuscule initiale et se déclinent souvent (Elfa et Kuzbasas); la frontière entre graphie et déclinaison est donc tracée essentiellement sur la base du mode de formation. Les abréviations alphabétiques dont il est question ici s’écrivent en majuscules, et l’ajout d’une terminaison est proposé uniquement pour certaines d’entre elles, à savoir celles qui se prononcent en lisant les sons représentés par les lettres (TASS-o pranešimas ou TASS’o pranešimas), donc celles considérées dans l’article de 1964 mentionné plus haut comme des abréviations phonétiques. Certes, le terme abréviations phonétiques n’est pas employé dans LKRS; toutes les abréviations composées de lettres sont qualifiées d’alphabétiques. La classification principale qui se dégage de LKRS serait donc celle des abréviations selon leur mode de formation. Dans les travaux ultérieurs, les abréviations syllabiques sont clairement distinguées des abréviations alphabétiques, et le fondement de cette distinction semble être le mode de formation de l’abréviation, ainsi qu’une graphie et une déclinaison différentes: « Les abréviations syllabiques sont formées à partir des deux ou trois premières lettres des mots ou de leurs premières syllabes. Souvent, elles ne sont pas formées à partir de tous les mots de la dénomination. Seule leur première lettre prend une majuscule; elles ont souvent des terminaisons et se déclinent, par exemple: “Euratomas” (Communauté européenne de l’énergie atomique), “Eurostatas” (Office statistique de l’Union européenne), “Europolas” (Police européenne), “Unikodas” (anglais Unicode) » (Kazlauskienė 2008: 73).
Cependant, contrairement à LKRS, ces travaux préconisent aussi de mettre les abréviations syllabiques entre guillemets, ce qui les éloigne des abréviations alphabétiques. A. Kazlauskienė semble avoir été la première à avancer cette idée dans un article: « Je pense que l’on pourrait recommander de mettre de telles abréviations entre guillemets, puisqu’elles fonctionnent dans la langue comme des dénominations symboliques » (Kazlauskienė 2008: 73). Dans d’autres travaux, l’emploi des guillemets est désormais formulé comme une règle: « Seule la première lettre de ces abréviations prend une majuscule et l’abréviation elle-même s’écrit entre guillemets » (Linkevičienė 2013: 29). D’ailleurs, cette règle est également formulée ainsi dans le VV destiné aux traducteurs: « Les abréviations syllabiques sont mises entre guillemets
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(elles sont assimilées à des dénominations symboliques artificielles et s’écrivent avec une majuscule initiale) » (VV 2014: 20). Certes, quelques abréviations (Europolas, Interpolas, Eur atomas, Eurojustas et Eurostatas) font exception: par tradition, il est recommandé de les écrire avec une majuscule initiale et de les décliner.
Dans l’ensemble, on constate que, bien que les abréviations syllabiques soient considérées comme un type d’abréviation, leur graphie tend plutôt à les faire traiter comme un type de dénomination: les dénominations symboliques.
Les ouvrages consacrés à l’orthographe font ainsi apparaître une double conception des abréviations syllabiques: dans la graphie mentionnée dans LKRS, elles sont davantage considérées comme des dénominations à sens propre, tandis que leur mise entre guillemets les rapproche plutôt des dénominations à valeur symbolique. Selon la conception adoptée pour trancher la question de leur traduction, le résultat devrait différer. Les dénominations à sens propre sont généralement traduites, tandis que les dénominations symboliques sont transcrites dans leur graphie originale. Certes, certaines dénominations à sens propre — précisément les noms de personnes et les noms de lieux — peuvent elles aussi s’écrire dans leur graphie originale (VLKK 1997, 2016), mais il n’est dit nulle part que les abréviations syllabiques soient assimilables à des noms de lieux ou de personnes. Les deux exemples d’abréviations syllabiques donnés dans LKRS, Elfa (usine électrique, usine électrotechnique à Vilnius) et Kuzbasas (bassin houiller de Kouznetsk), n’apportent pas de réponse à cette question et n’expliquent pas non plus si les abréviations syllabiques doivent être traduites, puisque le premier exemple est une abréviation d’origine lituanienne, tandis que le second repose sur le même mode de formation en lituanien et en russe (Kuznecko akmens anglies baseinas et Кузнецкий угольный бассейн). D’ailleurs, l’examen des abréviations syllabiques fondé sur des abréviations d’origine anglaise est lui aussi illustré par des exemples qui coïncident dans les deux langues. Ainsi, le décret de 2000 de la VLKK inclut parmi les abréviations alphabétiques l’abréviation syllabique Euratomas (Europos atominės energijos bendrija ir European Atomic Energy Community), ou encore l’Eurostatas habituellement mentionné (Europos Sąjungos statistikos tarnyba ir European Statistics), ou l’Europolas (Europos policija ir European Police Office). Ces exemples ne répondent pas non plus à la question de l’adaptation phonétique. Certes, tant ces exemples que les règles formulées
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indiquent que les abréviations syllabiques devraient être adaptées morphologiquement, c’est-à-dire écrites avec des terminaisons lituaniennes.
Les dénominations symboliques non lituaniennes ne sont pas adaptées phonétiquement: elles s’écrivent dans leur graphie originale (VLKK 1997). Comme l’indiquerait le décret de 1997 de la VLKK, elles ne devraient pas non plus être adaptées morphologiquement, c’est-à-dire qu’elles peuvent s’écrire sans terminaison18; toutefois, dans le décret adopté en 2007, seules les dénominations symboliques placées après un terme générique sont désormais données sans terminaison (Bendrovės „Sonex“ teikiamos paslaugos), tandis que l’on recommande de décliner celles qui le précèdent, si elles peuvent être rattachées à l’une des classes de déclinaison du lituanien (VLKK 2007). D’ailleurs, cela est parfois indiqué précisément à propos des abréviations syllabiques: « Ces abréviations ont généralement des terminaisons et se déclinent (par exemple, “Sodra”, “Sodros”, “Sodrai”); lorsqu’elles sont empruntées à d’autres langues, on leur ajoute également les terminaisons casuelles requises en lituanien, par exemple: “Euratomas” – Communauté européenne de l’énergie atomique; données d’“Eurostato” (Office statistique de l’Union européenne); transmis à “Europoliui” (Police européenne); “Unikodas” – norme définissant le codage informatique des alphabets de presque toutes les langues ainsi que des symboles supplémentaires, etc. » (Linkevičienė 2014: 29). Quoi qu’il en soit, même si la possibilité d’écrire les abréviations syllabiques comme des dénominations symboliques est prévue, la question de leur adaptation morphologique n’est pas claire.
Dans l’usage étudié, les abréviations syllabiques ne sont adaptées ni phonétiquement ni morphologiquement, à l’exception de Europolas, Interpolas, Eur atomas, Eurojustas et Eurostatas: celles-ci, comme l’indique également VV, s’écrivent avec une majuscule initiale et une terminaison, par exemple: Europolas, Eurojustas ir Europos sienų ir pakrančių apsaugos agentūra gali skirti po vieną atstovą į SIS II patariamąją grupę;
18 « Les dénominations symboliques officielles employées pour les périodiques, les organisations, les collectifs sportifs, artistiques et autres, les entreprises, les produits de marque et autres objets, dans les langues utilisant l’alphabet latin mais qui ne sont pas lituaniennes (souvent accompagnées de numéros ou d’autres références particulières), s’écrivent dans leur graphie originale, sans terminaisons lituaniennes » (VLKK 1997).
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Lorsque des données à caractère personnel opérationnelles sont transférées d’Eurojust à Interpol et aux États qui ont désigné des membres d’Interpol, le présent règlement devrait s’appliquer, en particulier ses dispositions relatives aux transferts internationaux de données. D’autres sigles s’écrivent en majuscules, par exemple: La Commission conclut un accord de délégation avec EUMETSAT; Il convient donc de définir clairement la nature des activités de CEDEFOP; SOLVIT est un mécanisme extrajudiciaire efficace de résolution des problèmes; ECOICOP devrait également être aligné sur la COICOP des Nations unies, norme internationale de classification des dépenses de consommation individuelle par fonction; par conséquent, ECOICOP devrait être adaptée afin de l’aligner sur les révisions de la COICOP de l’ONU. Les sigles EUROFOUND, EUROSUR et EURODAC s’écrivent eux aussi ainsi, bien qu’ils soient formés comme Europol, Eurostat ou Eurojust, c’est-à-dire à partir de l’élément Euro- et du début d’un autre mot; par exemple: depuis sa création en 1975, EUROFOUNDjoue un rôle important en contribuant à améliorer les conditions de vie et de travail dans toute l’Union; L’Agence devrait apporter le soutien nécessaire à la mise en place et à l’utilisation d’EUROSUR, notamment en matière d’interopérabilité des systèmes. Il semblerait donc que ces formes abrégées soient considérées davantage comme des sigles que comme des dénominations à valeur directe ou symbolique.
Toutefois, les dénominations symboliques peuvent s’écrire en capitales, comme l’indique également la quatrième partie du LV destinée aux rédacteurs des actes juridiques de l’UE. Ainsi, l’écriture en majuscules peut indiquer que, dans les traductions des actes juridiques de l’UE, les sigles syllabiques sont assimilés à des dénominations symboliques. Néanmoins, les véritables dénominations symboliques sont ici placées entre guillemets, cf.: Pour mettre en œuvre la composante de services du programme « Copernicus », la Commission peut confier cette tâche à des entités compétentes, telles que l’Agence européenne pour l’environnement (EEA), l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne (FRONTEX), l’Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA) et le Centre satellitaire de l’Union européenne (SATCEN); à cette fin, l’institution devrait coopérer avec les acteurs et les réseaux d’autres initiatives pertinentes de l’Union, notamment avec le réseau européen
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des services publics de l’emploi, le réseau Entreprise Europe, le « Border Focal Point », SOLVIT et le comité des hauts responsables de l’inspection du travail. On ne trouve que quelques cas de sigles syllabiques entre guillemets, par exemple: Europol peut également désigner un représentant auprès du VIS, des groupes consultatifs « Eurodac » et AIS-ETIAS.
Les raisons pour lesquelles les sigles syllabiques ne sont guère écrits comme des dénominations symboliques peuvent être diverses. Comme indiqué, il existe des incertitudes normatives. En outre, dans les textes de style administratif officiel, où l’on cherche à restituer aussi précisément que possible les dénominations officielles, l’adaptation pourrait être perçue comme une déformation de la dénomination officielle (Vaskelaitė 2011: 72). Certains cas laissent penser que le contexte, c’est-à-dire les sigles alphabétiques environnants, exerce une influence, par exemple: Le présent règlement, conjointement avec le règlement (UE) 2019/818 du Parlement européen et du Conseil (34), établit un cadre garantissant l’interopérabilité du système d’entrée/de sortie (ci-après le « AIS »), du système d’information sur les visas (ci-après le « VIS »), du système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ci-après le « ETIAS »), EURODAC, du système d’information Schengen (ci-après le « SIS ») et du système européen d’information sur les casiers judiciaires pour les ressortissants de pays tiers (ci-après le « ECRIS-TCN »). Comme les textes sont des traductions, l’original exerce probablement aussi une influence: dans les actes juridiques en anglais, ces formes abrégées s’écrivent elles aussi souvent en majuscules, par exemple: EUROSUR is necessary; En outre, la Commission devrait également s’appuyer sur l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT) pour l’exploitation de missions spécifiques conformément à son expertise et à son mandat. Et même lorsqu’ils ne sont pas écrits en majuscules, ils ne sont pas mis entre guillemets, par exemple: Eurofound devrait également tenir compte, dans ce contexte, des perspectives à moyen et à long terme; Le système ESP devrait également être établi pour soutenir les objectifs de l’EES, du VIS, de l’ETIAS, d’Eurodac, du SIS, de l’ECRIS-TCN et des données d’Europol. De plus, dans le texte, les formes abrégées, qu’elles soient écrites en majuscules ou non, sont employées comme des sigles: le nom complet est suivi de l’abréviation entre parenthèses, par exemple: The HICP and the harmonised index of consumer prices at constant
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tax rates (HICP-CT) should be broken down into categories of the European classification of individual consumption according to purpose (ECOICOP). Ils sont ensuite employés comme sigles alphabétiques, c’est-à-dire qu’ils remplacent la dénomination complète: The ECOICOP should also be consistent with the UN COICOP, which is the international standard classifying individual consumption according to purpose, therefore the ECOICOP should be adapted to align it with changes to the UN COICOP.
Lorsque le nom complet est indiqué, il n’est donc pas nécessaire de les expliciter davantage; aucun mot explicatif, généralement requis lorsqu’on emploie de tels sigles dans des textes non traduits (Vaskelaitė 2011), n’est utilisé non plus, ce qui empêche également ces sigles de se distinguer comme dénominations symboliques. En outre, une telle présentation rend généralement visible le lien entre le sigle et son nom complet, qui a un sens direct, par exemple: CEDEFOP (en français Centre européen pour le développement de la formation professionnelle), ECOFIN (Economic and Financial Affairs), EUMETSAT (European Organisation for the Exploitation of Meteorological Satellites).Certes, il existe aussi des formes abrégées dont un seul syllabe fait le lien avec leur dénomination, comme SOLVIT (Market Problem Solving Network) ou RAPEX (Rapid Alert System for dangerous non-food products), mais la forte tendance, dans l’original, à donner le nom complet rend également visible leur lien avec celui-ci. Ainsi, ces formations ne sont pas non plus écrites comme des dénominations symboliques, même si le lien avec leur dénomination plus longue est plutôt symbolique; cette symbolique, comme on peut le déduire du SVPR, est bien perçue. La valeur symbolique est en effet mentionnée comme quatrième critère dans le SVPR: « Un sigle emprunté est choisi si, dans la langue d’origine, il a été délibérément formé afin de lui conférer une valeur symbolique, valeur qu’il perdrait s’il était traduit » (SVPR 2020: 13). Toutefois, le SVPR ne propose pas non plus de mettre entre guillemets ces sigles, qui n’ont que peu de points communs avec leur dénomination plus longue. Compte tenu du mode de formation, il convient de tracer une distinction entre les sigles formés de manières différentes; dans les ouvrages consacrés à l’orthographe, l’écriture des sigles syllabiques est d’ailleurs définie comme commune à tous les sigles syllabiques.
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Toutes les abréviations syllabiques, à l’exception de quelques exceptions déjà mentionnées, s’écrivent de la même manière dans le corpus étudié, sauf que l’on choisit de les écrire en majuscules plutôt qu’entre guillemets, ce qui tend à montrer qu’elles sont davantage considérées comme des abréviations que comme des dénominations symboliques. Conformément à la règle d’écriture des abréviations syllabiques prévue par le LKRS, on ne tend pas non plus à écrire ces formations ainsi, bien que l’orthographe originale puisse en quelque sorte y inciter dans certains cas. Outre celles déjà mentionnées, les raisons pourraient tenir aux incertitudes normatives liées à l’adaptation phonétique. De plus, le LKRS indique que les abréviations syllabiques s’écrivent le plus souvent avec une majuscule initiale et ne se déclinent le plus souvent qu’au cas. Cet ouvrage étant davantage destiné à l’usage général, la possibilité de traduire les abréviations par des noms propres, qui ressort aussi de l’écriture Elfa, Kuzbasas, peut y être formulée en visant davantage les textes d’usage général que les textes spécialisés. En outre, dans l’original également, qui peut exercer une influence directe ou indirecte sur les textes traduits, les dénominations formées par ce procédé d’abrègement ne prennent une majuscule initiale que dans certains cas; dans les autres cas, elles s’écrivent en majuscules et sont donc traitées comme des abréviations. Pourtant, même dans ces autres cas, les textes lituaniens emploient les majuscules, cf.: Inspire devrait reposer sur les infrastructures d’information géographique et INSPIRE devrait reposer sur les infrastructures d’information géographique créées par les États membres; étant donné que les trois agences tripartites, à savoir Eurofound, l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU OSHA) et le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop), traitent des questions <...> et qu’une étroite coordination entre elles est nécessaire) et étant donné que les trois agences tripartites, à savoir EUROFOUND, l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (ci-après « ES-OSHA ») et le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (ci-après « CEDEFOP), traitent des questions <...>, il faut qu’elles coordonnent étroitement leurs activités. Cela peut, bien sûr, indiquer la graphie de telle ou telle abréviation
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La recherche de l’uniformité, mais aussi la tendance à adopter le mode d’écriture des sigles, sembleraient indiquer une propension à ne pas distinguer les sigles syllabiques des sigles alphabétiques.
Mais il serait difficile de les distinguer en se fondant sur les sigles anglais. Il en existe en effet beaucoup qui ne reprennent qu’une seule syllabe ou quelques premières lettres, mais qui sont par ailleurs composés de lettres, comme ECOICOP (European classification of individual consumption according to purpose), ESSPROS (European system of integrated social protection statistics), COSME (Competitiveness of Enterprises and small and medium-sized enterprises), EURES (European network of employment services), CEPOL (Collège Européen de Police), et donc ces sigles ne correspondent pas à la définition des sigles syllabiques donnée dans les ouvrages de référence sur l’orthographe lituanienne — des formations composées uniquement de quelques lettres ou syllabes initiales. Il existe des sigles formés en ajoutant simplement une lettre supplémentaire, comme ENISA (European Union Agency for Network and Information Security). Comme cela a déjà été montré lors de l’examen des sigles alphabétiques, on emploie également de nombreux sigles composés uniquement de lettres, qui ne sont toutefois pas formés selon la méthode mentionnée dans les ouvrages de référence sur l’orthographe lituanienne — à partir des premières lettres de chaque mot —, par exemple PRADO (Public Register of Authentic Travel and Identity Documents Online). En outre, comme indiqué dans cette section, certains sigles sont formés en ne prenant qu’une seule syllabe d’un mot du nom. Il serait donc difficile de tracer, entre les sigles anglais, la distinction que les ouvrages de référence sur l’orthographe lituanienne établissent selon le mode de formation.
Dans l’usage étudié, cette distinction n’est d’ailleurs pas faite, ni du point de vue de l’orthographe ni de celui de la traduction. Tous ces sigles sont écrits de la même manière et ne sont pas traduits, y compris ceux qui sont formés à partir des premières lettres, en omettant des mots du nom. Le corpus étudié fait ressortir un sigle qui semble être le seul NAFTAP (services d’intermédiation financière indirectement mesurés), qui n’a pas été retranscrit de
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de l’original, mais formée à partir d’une appellation lituanienne, peut-être toutefois en suivant l’original19. Le traitement uniforme d’abréviations formées de manière différente dans les traductions des actes juridiques de l’UE montrerait que, si la notion d’abréviation syllabique est effectivement appliquée, on entend plutôt par abréviation syllabique une abréviation que l’on peut segmenter en syllabes ou prononcer comme une syllabe, et non une abréviation composée de syllabes.
Dans un article consacré aux acronymes, R. Marcinkevičienė évoque une autre nature des abréviations anglaises:
lorsqu’on les forme, les combinaisons de lettres sont choisies de manière à être faciles à prononcer; on ne respecte donc souvent pas la règle antérieure consistant à ne retenir que les mots autonomes, leurs premières lettres et leur ordre naturel (ADLA – Danish Association for Applied Linguistics)20; en outre, pour obtenir une combinaison de lettres facile à lire, on tente parfois de concevoir l’appellation elle-même de façon à ce que son abréviation donne un mot déjà existant dans la langue et porteur de sens, par exemple Speech and Language Technology – SALT (Marcinkevičienė 2003: 92). Il semblerait donc que, pour les abréviations anglaises, le critère pertinent ne soit pas le mode de formation de l’abréviation, mais sa structure phonique, expliquée dans cet article comme la recherche d’une ressemblance avec un mot. Toutefois, ce critère tracerait entre les abréviations une frontière différente de celle que tend à établir la distinction entre abréviations alphabétiques et syllabiques mise en avant dans les ouvrages consacrés à l’orthographe lituanienne. La suite examinera si ce critère importe dans la traduction des abréviations des actes juridiques de l’UE.
19 Il est difficile de déterminer le véritable mode de formation, car l’abréviation FISIM peut être formée soit à partir des premières lettres (financial intermediation services indirectly measured), soit en prenant les deux premières lettres d’un des mots (financial intermediation services indirectly measured).
20 Selon ce critère, l’auteure distingue les anciens, ou stricts, et les nouveaux, ou libres, acronymes (Marcinkevičienė 2003: 92).
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7. STRUCTURE PHONIQUE
On pourrait penser que, lors de la traduction d’abréviations de trois lettres, le critère de la structure phonique n’est pas important.
Ainsi, parmi le grand nombre d’abréviations lituaniennes, on trouve aussi bien des abréviations prononçables comme une syllabe ou un mot court (EGA, EKA, EPI, EBI, EIF, EKS, NAC, SUB, TAB, TAS, AIF, AIS), que des abréviations qui ne forment pas une syllabe ou une combinaison de syllabes (AGS, AKM, BKI, EEB, EAA, ECB, EPF, EPP, EŽF, IIP, MVI, NKI, NRI, NVO, PPI, PPO, SVA, TDO, UŠT, UPF) ou qui sont composées uniquement de consonnes (BNP, BPM, BVP, DFP, DPS, DTD, DTM, FST, KRS, GTV, MKR, MPT, NCB, PGP, PGS, PRF, PSŠ, PVB, TDS, TVF, TVR). On en trouve également parmi les abréviations d’origine étrangère, cf. CEN, GEO, IPA, SIS, WAL, WAM, ISO et CPC, DNS, BGP, SMS, SPC, DNR, DFI, ETF.
Cependant, dans le groupe des abréviations de quatre lettres, ce sont manifestement celles qui peuvent se lire comme un mot qui prédominent. Elles sont pour la plupart d’origine étrangère: EIPA, EASA, EIPA, EMSA, ESMA, SEPA, EMAS, EURI, FADO, NACE, NATO, CIFE, CISE, NATO, EPPO, EASO, EURI, OLAF, ACER, EPER, IFAC, ITER, IBAN. D’autres se prononcent comme des mots monosyllabiques: GATS, GATT, LETS, GMES, FATF, TLAC, PEPP, SLIM. C’est également le cas de la plupart des abréviations de cinq lettres: BEREC, GEOSS, ECRIS, EONIA, LIBOR, ELTIF, ETIAS, IOSCO, NARIC, SIENA, EIOPA. Il en va de même pour l’abréviation de six lettres CEIOPS.
Cependant, on trouve également parmi les abréviations à traduire des formes prononçables comme une syllabe ou une combinaison de syllabes. Les abréviations de quatre lettres de ce type sont BEPS, BIAS, AIFV, EBPO, ESBO, EIVT, EŽKA, ELPA ESIL, ŽOFI, PINO, EFPIS, NMAC, TAST, PATM, SESV. En les comparant aux abréviations données dans l’original, on constate que, lorsqu’une combinaison plus facile à prononcer ou similaire à cet égard se forme en lituanien, on tend à traduire l’abréviation, par exemple: BEPS (cf. CEAS), BIAS (cf. SEIS), AIFV (cf.
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AIFM, EŽKA (cf. EFKA), ELPA (cf. EFTA), ESIL (cf. ESIS), ŽOFI (cf. FIG), PINO (cf. WIPO, EFPIS (cf. ESFS), NMAC (cf. CNACs), TAST (cf. IASB). Les abréviations de cinq lettres sont-elles…
Les abréviations lituaniennes de cinq lettres formées selon la méthode alphabétique habituelle sont peu nombreuses, mais ENADS, ESAPP, EFPIS, EŽŪGF, EOEVT peuvent également se prononcer comme un mot.
Ces données montrent que le critère de la structure phonique est important. L’outil EVPR destiné aux traducteurs de l’UE le confirme également: il mentionne la structure phonique comme critère de choix d’une abréviation et précise qu’une abréviation empruntée peut être retenue si l’abréviation lituanienne est longue, complexe et difficile à prononcer (SVPR 2020: 13). Certes, ce critère n’est cité qu’en sixième position, mais la classification des abréviations selon le référent qu’il désigne, présentée dans la même publication, montre que les abréviations empruntées sont généralement prononçables comme une syllabe ou une combinaison de syllabes, tandis que les abréviations lituaniennes ne le sont pas et sont souvent constituées de consonnes. Ainsi, dans le sous-groupe des noms d’organisations internationales, les formes empruntées citées sont PIF, ASEAN, NAFO, ICES; dans celui des formations du Conseil, COMPET, EPSCO, EYCS, ECOFIN; dans celui des organes fonctionnels du Conseil, EUMS, CATS, SCIFA, COSI; dans celui des groupes de travail du Conseil, DROIPEN, COASI, COMET; dans celui des organismes décentralisés de l’UE, EIGE, EASO, SATCEN, BEREC; et dans le groupe des noms de systèmes, CARE, GEANT, TRACES, PRADO, SITC, les classifications NACE, EURIX, etc. (EVPR 2020: 13–24). Parmi les formes lituaniennes sont citées TTT, TGS, PPK, EPK, EFK, PSK, TBTR, BJVT, DPPK, BJVSBT, EESRK, EJ RŽF, etc. Les abréviations anglaises indiquées à côté (respectivement ICJ, GSC, TPC, EPC, EFC, PSC, ICTY, CBSS, BSSSC, KLDR, EESC, ESKK, EMFF) montrent qu’elles ne forment pas une combinaison de sons facile à prononcer. Il semblerait donc que l’on tende à traduire les abréviations qui, dans l’original, ne forment pas une combinaison de sons commode à prononcer, tandis que, si une telle combinaison existe, on ne tend pas à la défaire. À noter qu’un autre critère de la SVPR (le troisième) le prévoit également: celui de la reconnaissabilité: « Une abréviation empruntée peut être
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pasirenkama, jei ją išvertus į lietuvių kalbą gali pasunkėti komunikacija“ (SVPR 2020: 12). Tiesa, ji suformulavus užsienama apie tam tikras specializuotas sritis, logotipus, prekių ženklus, ir tai rodytų, kad veikiausiai turimos omenyje būtent tų sričių santrumpos.
Toutefois, l’analyse de l’usage réel a révélé que les sigles délibérément conçus pour ressembler à des mots ne sont pas non plus traduits: EASA, ESCO, EQAR, EMAS, ECVET, EQAVET, PRADO, TEMPO, SIENA, INSPIRE, CEPOL, SATCEN, SOLVIT, INTCEN, COSME, ESSPROS, RAPEX, etc. On peut d’autant plus les prononcer comme des mots ou des syllabes que cette ressemblance est recherchée délibérément. Il apparaît ainsi que, du point de vue de la traduction des sigles, la frontière ne dépend pas de leur mode de formation, mais de leur structure phonique. Et, à en juger par les 100 actes juridiques étudiés, ce critère est sans doute le plus déterminant. Les exceptions à cette tendance sont peu nombreuses. Ainsi, cinq sigles anglais de quatre lettres composés de consonnes n’ont pas été traduits: CMFB (Comité des statistiques monétaires, financières et de balance des paiements), CPSS (Comité sur les systèmes de paiement et de règlement), ECTC (Système européen de transfert de crédits), SLTD (base de données d’Interpol sur les documents de voyage volés et perdus) et IPPC (prévention et contrôle intégrés de la pollution). Parmi les sigles de cinq lettres, seuls ICSMS (système d’information et de communication pour la surveillance du marché) et ECMWF (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) ont été conservés dans leur langue d’origine. Ces exceptions peuvent s’expliquer par d’autres facteurs, tels que le critère de la source ou celui de la diffusion; ce dernier prévoit, dans le SVPR, qu’un sigle non lituanien peut être utilisé dans plusieurs langues.
Le critère de l’objet désigné peut également jouer un rôle: on cherche à traiter de manière uniforme, du point de vue de la traduction, les sigles désignant un même objet. En revanche, le critère qui se dégage spontanément de l’usage et qui porte sur la composition phonique pourrait expliquer pourquoi la tentative de prévoir des sigles uniformes pour des groupes d’objets désignés ne donne pas de bons résultats. En effet, l’usage réel des sigles montre lui aussi que, pour ressembler à des mots, les dénominations d’objets très divers peuvent être abrégées
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en sigles, qu’il s’agisse d’organisations (EIPA – Institut européen d’administration publique, BEREC – Organe des régulateurs européens des communications électroniques), de systèmes ou de réseaux (GEOSS – Système mondial des systèmes d’observation de la Terre, ECRIS – Système européen d’information sur les casiers judiciaires), de documents, de programmes ou d’outils (GATS – Accord général sur le commerce des services, SIENA – Application de réseau sécurisé pour l’échange d’informations, EURI – Instrument de relance de l’Union européenne), de numéros, de codes ou d’indicateurs (IBAN – numéro international de compte bancaire, EURIBOR – taux interbancaire offert en euros), etc. Et inversement, les sigles désignant tous ces objets peuvent aussi être formés sans chercher à ressembler à une syllabe ou à un mot, par exemple: CPSS – Comité sur les systèmes de paiement et de règlement, ECTS – Système européen de transfert et d’accumulation de crédits, SLTD – base de données d’Interpol sur les documents de voyage volés et perdus, EFSDF – document relatif aux conditions de capacité globale d’absorption des pertes. Il est vrai que, pour nommer des systèmes, il est courant de créer artificiellement des noms ressemblant à des mots, ce qui expliquerait pourquoi les dénominations de systèmes sont nombreuses parmi les sigles non lituaniens plus longs ou formés à partir de lettres qui ne sont pas les initiales du nom. En revanche, dans la formation des termes abrégés, même l’anglais ne cherche pas à produire des formes ressemblant à des mots, ce qui expliquerait pourquoi les sigles terminologiques constituent la majeure partie des sigles lituaniens.
Comme l’a montré l’examen de la classification des sigles, l’aspect phonique est également pris en compte dans les ouvrages consacrés à l’orthographe lituanienne. Le LKRS ne classe pas les sigles selon ce critère: il distingue seulement les sigles alphabétiques et syllabiques; toutefois, dans son examen des sigles alphabétiques, il prévoit différentes possibilités de prononciation: certains se lisent en prononçant chaque lettre séparément, d’autres en fusionnant les sons, donc comme une syllabe ou un mot (TASS, FIAT, NATO, ELTA). Les possibilités de déclinaison diffèrent également: ceux qui se prononcent en fusionnant les sons peuvent être déclinés (TASS-o ou TASS’o pranešimas); pour ceux qui ont une terminaison féminine, il est même recommandé d’écrire une majuscule initiale (Elta), donc comme
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pavadinimą (LKRS 1992: 74). Tai rodytų šių santrumpų artimumą skiemeninėms santrumpoms21, o kartu rodytų, kad garsinės sandaros kriterijus tarp santrumpų brėžia kitą ribą, nei ji čia pat brėžiama pagal sudarymo būdą: panašumo į žodį neturinčios santrumpos (skaitomos raid iškai) ir labiau žodinės santrumpos, apimančios skaitomas suliejant garsus raidines santrumpas ir skiemenines santrumpas. O vienas klasifikacijos ištakas paaiškinantis straipsnis, rašytas anuometinėmis lietuvių kalbos gyvavimo aplinkybėmis, rodytų, kad pastaruosius du pogrupius sieja dar ir nelietuviška kilmė, arba nebūdingumas lietuvių kalbai.
L’examen des sigles dans les circonstances actuelles de la vie de la langue (Marcinkevičienė 2003; Kazlauskienė 2008; Vaskelaitė 2011, 2020) montre que les sigles alphabétiques pouvant être lus en fusionnant les sons, tels que SEPA, OPEC, EONIA, sont déjà passés dans l’usage courant; quant aux sigles syllabiques illustrés par des exemples russes et considérés comme atypiques en lituanien, ils restent d’actualité malgré l’évolution des conditions de vie de la langue, et sont peut-être même devenus plus pertinents (comparer l’unique exemple emprunté donné dans le LKRS, Kuzbasas, aux exemples généralement cités dans les travaux du XXIe siècle: Eurostatas, Europolas, Unikodas, Euratomas, ECOFIN, TARGET, BUCOM, etc.). À mesure que ces sigles se répandent, comme on peut le déduire de l’article de R. Marcinkevičienė publié en 2003, lequel, s’appuyant principalement sur des sigles non lituaniens et sur une conception non lituanienne de ceux-ci, avançait l’idée de traiter uniformément tous les sigles susceptibles d’être prononcés comme des mots, l’aspect phonique devrait prendre le pas sur le mode de formation. L’usage étudié, directement lié aux sigles non lituaniens, montre que cet aspect devient effectivement pertinent — bien que la formulation
21 Dans les travaux ultérieurs, on tend à supprimer cette exception: dans son article, A. Kazlauskienė propose d’écrire les sigles alphabétiques formés de cette manière comme les autres sigles alphabétiques, par exemple BAFTA-os (Kazlauskienė 2008: 73), tandis qu’un autre ouvrage présente cette graphie comme la règle principale (Linkevičienė 2013: 29).
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malgré les divers critères qui régissent cet usage, la frontière entre les sigles est néanmoins tracée, du point de vue de la traduction, principalement sur la base de leur structure phonique.
Bien entendu, l’usage étudié relève de la langue écrite; la question pertinente n’est donc pas la facilité de prononciation du sigle, mais le fait que, ressemblant à des mots, ces sigles remplissent, comme les noms propres, une fonction de dénomination et d’individualisation (comparer Jakaitienė 2010: 264): ils permettent de distinguer les objets de même type les uns des autres.
CONCLUSIONS
Bien que les ouvrages récents consacrés à l’orthographe du lituanien tentent principalement de tracer la frontière entre les abréviations en fonction de leur structure, l’étude des tendances en matière de traduction montre que cette frontière est probablement tracée en fonction de la structure phonique, qui détermine la ressemblance ou non de l’abréviation avec un mot.
L’usage étudié est directement lié aux abréviations anglaises, pour lesquelles cet aspect est particulièrement pertinent, mais il reflète aussi, quoique indirectement, le traitement des abréviations présenté dans les chapitres consacrés à l’orthographe du lituanien: bien que, selon leur structure (et leur orthographe, ainsi que leurs possibilités de déclinaison), on distingue les abréviations alphabétiques et syllabiques, des possibilités communes d’écriture et de déclinaison sont prévues pour les abréviations prononçables par fusion des sons, donc semblables à des mots, et pour les abréviations syllabiques. Il ressort également d’un article rédigé à une époque antérieure que ces dernières abréviations sont, pour la plupart, d’origine étrangère. Il apparaît aussi que la classification des abréviations présentée dans les chapitres consacrés à l’orthographe du lituanien a probablement été déterminée par la volonté d’inclure à la fois les abréviations lituaniennes et celles d’origine étrangère employées en lituanien.
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Toutefois, les abréviations ne sont ni classées ni examinées dans les chapitres consacrés à l’orthographe selon leur origine; aucun critère de traduction des abréviations étrangères n’y est donc formulé. Le critère formulé dans une décision de la VLKK ayant force normative, fondé sur la diffusion de la dénomination abrégée, ne concerne que les abréviations alphabétiques, ne vise pas les textes à traduire et est suffisamment clair. Faute de clarté, et compte tenu de l’extension considérable de l’emploi des abréviations, l’usage se forge ses propres critères.
Dans l’usage examiné, le critère normatif formulé est difficile à appliquer également en raison de ses particularités: il s’agit d’actes juridiques dont l’élaboration est réglementée et coordonnée, et cette réglementation s’exerce non pas à l’échelle de la Lituanie, mais dans un environnement multilingue. L’usage fonctionnant dans ces conditions montre que l’emploi des abréviations est régi non seulement par des facteurs linguistiques, mais aussi par des facteurs institutionnels. Cependant, comme le montre l’ouvrage qui synthétise les pratiques d’emploi des abréviations au sein des institutions de l’UE et formule des recommandations à l’intention des traducteurs, des critères linguistiques sont également recherchés et l’on tente de les concilier.
Néanmoins, dans l’usage même, c’est-à-dire dans les traductions des actes juridiques en lituanien, le critère qui ressort le plus nettement est celui de la structure phonique de l’abréviation, qui détermine sa ressemblance ou non avec un mot: du point de vue de la traduction, les abréviations prononçables comme un mot monosyllabique ou comme un mot de plusieurs syllabes tendent à être traitées de la même manière et distinguées de celles qui ne se prêtent pas à une telle prononciation. Ce critère est pertinent pour l’anglais, où l’on tend à former les « acronymes » en recherchant une combinaison de sons prononçable, dénuée de sens ou constituant un mot véritable. Pour la langue écrite, les abréviations ainsi formées sont pertinentes parce que, ressemblant à des mots, elles remplissent, comme les noms propres, une fonction dénominative et individualisante: elles permettent de distinguer des objets de même type.
Mais elles ont aussi des formes développées, c’est-à-dire qu’elles sont utilisées comme abréviations de dénominations plus longues. Puisque ces formes développées figurent toujours dans le texte original à traduire, et qu’elles permettent de voir
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le lien entre la dénomination abrégée et son abréviation, dans les traductions des actes juridiques de l’UE, les abréviations qui, même associées à leur forme développée, présentent peu de liens tendent à ne pas être distinguées des abréviations alphabétiques sur le plan orthographique. Autrement dit, du point de vue de l’orthographe, toutes les abréviations sont traitées de la même manière. Cette tendance peut être influencée par cette particularité du texte original, ainsi que par des incertitudes normatives ou d’autres facteurs; toutefois, une raison importante pourrait également être le critère mis en évidence par la traduction: dès lors que le critère de la structure phonique (caractère de mot) ressort comme le plus important, la frontière que l’on tend à tracer entre les abréviations dans les ouvrages consacrés à l’orthographe du lituanien, en se fondant sur le mode de formation, devient inadéquate.
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22 Les titres des actes juridiques de l’UE sont présentés sous forme abrégée. La date d’adoption de l’acte juridique est indiquée par l’année inscrite avant ou après la barre oblique.
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TRANSLATION OF ABBREVIATIONS IN EU LEGISLATION:
CRITERION ISSUE
Summary
Abbreviations in the normative linguistic work are considered as an orthography level object, therefore they are discussed in orthography sections. However, this discussion alone makes it clear that it is difficult to restrict it to the level of an orthography – the structure of abbreviations, origin, relationship with names and other issues are dealt with as well. The purpose of the orthography sections in their turn is to provide orthographic rules, so these questions are just touched instead of being analyzed in a more detailed manner. Moreover, they are not dealt with in the works focused on other linguistic levels. The recent use of abbreviations is extremely abundant, including non–Lithuanian abbreviations, the peculiarities of which in their formation, declension and orthography coincide with the mentioned sections of the Lithuanian language orthography only partially, leads to various uncertainties in use.
The article analyzes one of the uncertainties: the issue of translation of abbreviations and acronyms. As the texts of administrative style, namely translations of EU legal acts (directives and regulations) were selected for the analysis, attention is focused on the translation criteria, i.e. seeks to find out what leads in a translation to the selection of a Lithuanian or non–Lithuanian abbreviation. In this respect, two types of abbreviations are considered in the works of the Lithuanian language orthography: Abbreviations (acronyms) formed from the first letters of the words of the name (EU, ECB, OECD) and abbreviations formed by several first letters or syllables of a name (Eurostat, Eurodac, Interpol). It becomes clear that various factors may influence
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whether the abbreviations are to be translated, but the criterion of a similarity to a word or a name plays a significant role, i.e. the abbreviations with such similarity, even if they are composed solely of letters, are tend to be left in the same way as they were used in the original language. Thus, from the point of view of translation, the boundary drawn between the abbreviations does not coincide with the boundary that is drawn between them in the Lithuanian language orthography works based on their structure.
There is also a lack of conformity with the other limits provided in orthography works, such as based on orthography, inflection, relation to symbolic names. The article pays less of attention to such aspects while giving focus on the translation criteria, but they arise as problematic and unsolved issues in a normative attitude.
KEYWORDS: acronym, syllabic abbreviation, proper names, generic names, symbolic names.
RAMUNĖ VASKELAITĖ
Lietuvių kalbos institutas
Petro Vileišio g. 5, LT-10308 Vilnius
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