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ACTA LINGUISTICA LITHUANICA

L (2004), 11 – 24

Noms populaires des plantes associés à leurs propriétés médicinales

AURELIJA GENELYTĖ

Lietuvių kalbos institutas, Vilnius

Cet article porte sur les phytonymes lituaniens (noms de plantes) fondés sur les propriétés curatives attribuées aux plantes concernées. Les matériaux proviennent à la fois de sources écrites et des dialectes vivants. Les noms de plantes examinés dans cet article comprennent (a) des noms d’organes et de fluides du corps humain, (b) des noms de maladies que les plantes en question sont censées guérir et (c) des mots renvoyant aux symptômes de ces maladies. Les noms de plantes de ce type sont encore largement employés dans les dialectes lituaniens modernes, mais leur aire d’emploi est généralement restreinte.

1. REMARQUES INTRODUCTIVES

Depuis les temps les plus anciens, les gens soignent les maladies et les maux à l’aide de diverses plantes médicinales. En Lituanie, les traditions de médecine populaire et d’herboristerie sont très anciennes. Selon les botanistes, plus de 2 000 plantes médicinales poussent dans notre pays (Puidokas 2002: 4); il est donc tout à fait compréhensible qu’au XIXᵉ et au XXᵉ siècle, de nombreux habitants des campagnes lituaniennes aient eu quelques connaissances en matière de remèdes à base de plantes: cela faisait partie de leur quotidien. Presque chaque petite herbe était considérée comme un remède: Visos žolės vaistai, tik reikia žinot, kas nuo ko DJ (LKŽk). Tik smilga ne vaistas, o tei[p] visos žolės gydo PnMŽ (LKŽXVII 947). Selon R. Trimakas, les méthodes de guérison populaires prédominaient dans les campagnes lituaniennes à la fin du XIXᵉ siècle. On recourait rarement aux services médicaux officiels; en cas de maladie, on préférait faire appel aux herboristes (et parfois aux guérisseurs), qui jouissaient d’une autorité considérable dans la communauté villageoise. Selon l’auteur, il existait même une sorte de répartition des rôles entre les sexes: la chirurgie populaire et la médecine vétérinaire étaient considérées comme des activités masculines, tandis que l’herboristerie était une activité féminine (Trimakas 2001: 19). Dans la littérature scientifique, l’abondant matériau relatif à la médecine populaire et à la médecine vétérinaire est souvent étudié sous divers angles, car il peut constituer un objet de recherche pour plusieurs disciplines: l’anthropologie, la biologie, l’ethnologie, le folklore, la médecine, la pharmacie et même la linguistique. Aujourd’hui encore, les femmes âgées des campagnes connaissent un très grand nombre de plantes médicinales et les désignent par leurs propres noms dialectaux, que l’on ne trouve ni dans les manuels de botanique ni dans les descriptions scientifiques des plantes. Les phytonymes populaires (cf. gr. φυτóν « plante »), parfaitement compréhensibles pour les habitants locaux et transmis de génération en génération, se sont maintenus jusqu’à nos jours, car les connaissances accumulées par les herboristes n’étaient pas tenues secrètes (contrairement à celles des guérisseurs), et étaient reprises par ceux qui s’y intéressaient davantage ou avaient un penchant pour la cueillette des herbes (Trimakas 2001: 19). Des milliers de noms populaires imagés de plantes sont employés dans la langue vivante (par exemple, plus de 800 racines différentes de phytonymes populaires ont été relevées dans les seuls parlers du nord de Panevėžys). Il arrive souvent qu’une même plante porte un nom différent non seulement d’un parler à l’autre, mais aussi d’un village à l’autre, car

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les locuteurs prêtent attention à différents traits distinctifs de la plante; autrement dit, l’aspect du profil (l’angle de vue) varie au cours du processus de connaissance et devient important dans une situation donnée lorsqu’on identifie un objet ou un phénomène. Le profilage joue un rôle particulièrement important dans le processus de dénomination: il s’agit d’une perception particulière de l’objet, fondée sur l’une ou l’autre de ses propriétés, caractéristiques, fonctions, etc., et donc d’une catégorisation de l’objet, qui consiste à le rattacher à telle ou telle catégorie (Gudavičius 2000: 50). Dans la langue vivante, les noms qui indiquent les propriétés curatives des plantes sont relativement peu nombreux. La majeure partie des phytonymes employés dans les parlers désigne les plantes d’après leurs caractéristiques extérieures (noms décrivant la forme ou la couleur des fleurs, des feuilles ou des fruits, leur ressemblance avec un attribut existant dans la réalité, etc.). Puisque les êtres humains ont tendance à percevoir le monde entier au moyen d’images, les noms fondés sur des caractéristiques visuelles dominent également dans le système de dénomination des plantes. En outre, la vieille génération rurale du début du XXᵉ siècle, qui connaissait quantité de plantes médicinales, savait quelle herbe soignait telle maladie et avait nommé de nombreuses plantes en fonction de leurs propriétés curatives, est en train de disparaître. Cependant, lors de la collecte de matériaux ethnologiques sur la médecine populaire et de la consignation des noms populaires de plantes dans les dialectes lituaniens, plusieurs dizaines de phytonymes ont également été relevés (il s’agit le plus souvent de noms de plantes médicinales) qui décrivent les propriétés curatives précises de la plante. Les matériaux recueillis dans les dialectes par l’auteure, ainsi que les données du LKŽ et du LKŽₖ, montrent que les phytonymes populaires associés aux propriétés curatives des plantes se répartissent en plusieurs groupes sémantiques.

2. P H Y T O N Y M E S F O R M É S À P A R T I R D E N O M S D E P A R T I E S D U C O R P S H U M A I N

On peut distinguer deux groupes de noms de ce type.

2. 1. Phytonymes dont le mot de base indique la partie du corps qui est soignée:

2.1.1. œil: akėlė (Šlu – ²LKŽ₁ 52)¹, akisopai (LBŽ 139 [PN]), akišvietė (LBŽ 139), akišvita (LBŽ 139 [P]), akšvita (P – ²LKŽ₁ 87), akutė (LBŽ 139) « akišvietė » (Euphrasia) — en médecine populaire, la décoction de cette herbe est utilisée depuis longtemps pour soigner les maladies des yeux (LBŽ 139; VA 1973: 31);

2.1.2. oreille: ausgyda (P, LBŽ 45 – ²LKŽ₁ 500), ausiagydė (LBŽ 45, RŠ – ²LKŽ₁ 500), ausigydė (LBŽ 45, BŽ 40 – ²LKŽ₁ 500) « akenis » (Ballota) — plante médicinale dont la décoction soigne les maladies des oreilles (LBŽ 45; LVAS 1941: 16);

2.1.3. rate: blužniažolė (J, K, LBŽ 88 – ²LKŽ₁ 957), blužniažolė (LL 228 – ²LKŽ₁ 957), blužnies žolė (D.Pošk – LKŽₓₓ 959) « blužnutė » (Chrysosplenium) — la décoction est utilisée contre les maladies de la rate (LBŽ 88); blužnpapartis (P, LBŽ 35 – ²LKŽ₁ 957) « kalnarūtė » (Asplenium) — cette herbe était autrefois utilisée pour soigner les maladies de la rate (LBŽ 35); le nom de la plante est également motivé dans les langues classiques, cf. gr. σπλήν « rate »;

2.1.4. dent: dantgalba (LBŽ 237 [P]) « skėstukas » (Odontites) — l’infusion est utilisée comme remède contre les douleurs dentaires (LBŽ 237); dantvyra (LBŽ 178 [P]) « debesylas » (Inula) — la décoction de ses racines fortifie les gencives (VA 1973: 79);

1 L’article accentue les phytonymes qui sont présentés avec leur accentuation dans le LKŽ, le LKŽₖ ou d’autres sources.

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2.1.5. rein: inkstaglobė (P, LBŽ 247 – LKŽᵥ 171) « herbe pariétaire » (Parietaria) – plante médicinale utilisée pour traiter les maladies rénales (LBŽ 247; LVAS 1941: 62);

2.1.6. gorge: kaklažolė (LBŽ 57 [Brž, Pn], RTN – LKŽᵥ 92), kaklinėlis (LBŽ 57 [Pn] – LKŽᵥ 93), kaklinyčia (LBŽ 57 [Brž] – LKŽᵥ 93), kaklinykas (Lš – LKŽᵥ 94) « brunelle commune » (Prunella vulgaris) – en médecine populaire, la gorge est rincée avec une décoction de l’herbe (LBŽ 58; VA 1973: 128; Jankevičienė 1987: 154): Quand la gorge est irritée, il faut boire une tisane de kaklinykai Lš (LKŽᵥ 94);

2.1.7. os: gyvakaulė (Mt – LKŽₘₘₘ 361), gyvakaulis (LBŽ 338), kaulažolė (J, LBŽ 338, Kp, Pc – LKŽᵥ 431; Pnm – LKŽₖ), kaulažolė (Varn, Šd – LKŽᵥ 431; Gdr – LKŽₖ), kaulažolynis (J, LBŽ 338 [Rk], NdŽ, Švnč, Ds – LKŽᵥ 431), kaūžolis (LBŽ 338 [P], Ak, NJ, Ds – LKŽᵥ 431; Pnm – LKŽₖ), kaūliašaknis (Pnm – LKŽₖ), kaūliažolė (Pnm – LKŽₖ), kaūliažolynis (Gmž, Ktk, Trgn – LKŽᵥ 432), kaūliažolis (Ds – LKŽᵥ 432; Pnm – LKŽₖ), kaūliažolis (Gdr – LKŽₖ) « consoude officinale » (Symphytum officinale) – les racines broyées de la plante sont utilisées pour soigner les fractures (LBŽ 338; VA 1973: 359; VAK 1976: 688): Quand un os était cassé, les femmes soignaient avec de la consoude Ds (LKŽᵥ 431). On met de la consoude quand une personne tombe malade des os, quand elle a des maladies osseuses Ds (LKŽᵥ 431). La racine de kaūliašaknis fleurit en blanc. On la déterre: elle a une racine, ici ce ne sont que ses fleurs. Il faut la déterrer, la râper et l’attacher. Voilà, quand on a mal, quand quelqu’un a un os cassé, on le panse avec, et ça guérit plus vite Pnm (LKŽₖ). La motivation des noms de plantes est analogue dans d’autres langues: le latin Symphytum est formé à partir du grec συμφυῶ « faire croître ensemble »; cf. l’allemand Beinwell, l’anglais boneset, le polonais żywokost;

2.1.8. foie: kepingelbė (P, LBŽ 22 – LKŽᵥ 581), kepenių žolelė (LBŽ 22) « hépatique à trois lobes » (Hepatica nobilis). C’est un emprunt au grec, cf. gr. ἧπαρ, ἥπατος « foie » – les feuilles trilobées de la plante rappellent par leur forme le foie². La même motivation du nom se retrouve dans de nombreuses autres langues: all. Leberblümchen, angl. liverwort, russe печеночница;

2.1.9. sang: kraujo žolė (D.Pošk, P, Sd – LKŽₓₓ 960), kraujanosė (LBŽ 5 [Brž]), kraujanošis (LBŽ 5 [Pn], DŽ, Dkk, Šmn – LKŽᵥᵢ 461), kraujiēs (LBŽ 5 [Švnč] – LKŽᵥᵢ 463), kraujińinkas (kraujinykas) (BŽ 107, Mr, LBŽ 5 – LKŽᵥᵢ 463), kraujūtis (J, LBŽ 5, Al, Auk, Slv – LKŽᵥᵢ 466), kraužolė (NdŽ – LKŽᵥᵢ 485) « achillée millefeuille » (Achillea) – les préparations de fleurs, de feuilles et d’herbe sont utilisées pour arrêter divers saignements et accroître la coagulation du sang (LBŽ 6; VA 1973: 163; VAK 1976: 16; VAA 1983: 58; Jankevičienė 1987: 140): Bouchez-vous le nez avec des kraujanosiai, et le sang s’arrêtera Dkk (LKŽᵥᵢ 461). Donne-moi donc du kraujanosio – le sang coule terriblement Ut (LKŽᵥᵢ 461). Pour arrêter le sang, on met des kraujučiai sur la plaie Auk (LKŽᵥᵢ 466). Mets du kraujučio, et le saignement s’arrêtera Slv (LKŽᵥᵢ 466); kraujo duobelė (LBŽ 310 – LKŽᵥᵢ 462), kraujašaknė (TRGN – LKŽᵥᵢ 462), krau jelis (TRGN – LKŽᵥᵢ 463), krauji nis (TRGN – LKŽᵥᵢ 463), kraujotenis (LBŽ 310 [I]), kraujótraukis (IM 1862, 31, LBŽ 310 [I] – LKŽᵥᵢ 465), kraujūtis (BŽ 218, LBŽ 310, NdŽ – LKŽᵥᵢ 466), kraustaba (P, LBŽ 310 – LKŽᵥᵢ 472), krau žolė (J, Kair – LKŽᵥᵢ 485) « sanguisorbe » (Sanguisorba) – la décoction de l’herbe est utilisée dans la médecine populaire pour soigner les plaies

2Selon Lévi-Strauss, les espèces végétales présentant un trait mémorable, une forme, une couleur ou une odeur particulière, autorisent l’observateur à penser et à affirmer que ces traits indiquent certaines propriétés végétales, elles aussi mémorables mais cachées. Ainsi, les gens prêtent, même temporairement, attention au lien sensoriel entre deux choses: par exemple, les sucs jaunes des plantes soignent les maladies de la rate, les fleurs jaunes ou rouges conviennent au traitement des organes internes de cette couleur, les feuilles ressemblant au foie soignent les maladies du foie, etc. (Lévi-Strauss 1997: 28).

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soigner les plaies; l’infusion est bue contre la diarrhée sanglante (LBŽ 311; Jankevičienė 1987: 172; MVAE 2002: 353): On donne de la kraużolė aux animaux quand ils urinent du sang KAIR (LKŽᵥᵢ 485). Cf. les noms de cette plante dans d’autres langues: le latin Sanguisorba est formé à partir de sanguis « sang » et de sorbere « absorber » – le rhizome contient beaucoup de tanins et arrête les saignements. Cf. également le russe кровохлёбка, le polonais krwiściąg, l’anglais blood-root; kraujatraukė (VRN – LKŽᵥᵢ 462), kraujazolė (VRN – LKŽᵥᵢ 462) « potentille des marais » (Comarum palustre) – la décoction de l’herbe est utilisée en médecine populaire contre l’hypertension et divers saignements (VA 1973: 361): Quand on applique des kraujatraukės, le sang s’arrête aussitôt VRN (LKŽᵥᵢ 462);

2.1.10. glandes: liauktrama (P, LBŽ 317 – LKŽᵥᵢᵢ 393), liaukų žolė (LBŽ 317, AK – LKŽᵥᵢᵢ 392), liaukžolė (J, LBŽ 317 – LKŽᵥᵢᵢ 393) « scrofulaire » (Scrophularia) – l’infusion de l’herbe est utilisée en médecine populaire contre le gonflement des glandes (LBŽ 317; LVAS 1941: 81); liaukų žolė (GRG – LKŽᵥᵢᵢ 392), liaukažolė (LBŽ 156, GRG – LKŽᵥᵢᵢ 392), liaukažolynis (J.JABL – LKŽᵥᵢᵢ 392) « lierre terrestre » (Glechoma hederacea): On fait bouillir ces liaukažolės (liaukų žolės) et on les donne aux porcs lorsqu’ils souffrent des glandes GRG (LKŽᵥᵢᵢ 392);

2.1.11. utérus (pol. macica « utérus »): māčicos žolė (LBŽ 278, GRG – LKŽᵥᵢᵢ 722) « potentille argentée » (Potentilla argentea) – la décoction de l’herbe est utilisée en cas de règles douloureuses (VA 1973: 302; MVAE 2002: 346);

2.1.12. nez: sraujanōsė, sraujanōsė (LBŽ 6, NdŽ, LKA₁ 264 [DBK, AN] – LKŽₓᵢᵢᵢ 568), sraujanōsis, sraujanōsis (Š, LBŽ 6 [PN, RK, UT, ZR], NDŽ, K.BŪG [DS], LKA₁ 264 [RK], LEL, KP, ADM, SKP, ON, VB, AND, DKK, UT – LKŽₓᵢᵢᵢ 568), sravanōsė, sravanōsė (L 461, LBŽ 6 [BRŽ], NDŽ, LKA₁ 168 [SLČ, SKRB, KRČ], JNŠK – LKŽₓᵢᵢᵢ 570), sravanōsis, sravanōsis (L 813, LBŽ 6 [PN, RK], Š, NDŽ, LKA₁ 168 [VB], AR, SV, VŠK, RM – LKŽₓᵢᵢᵢ 570), srevanōsė (LKA₁ 168 [SK] – LKŽₓᵢᵢᵢ 577), srevanōsis, srevanōsis (LBŽ 6 [BRŽ, KLP], NDŽ, PS, GRŽ – LKŽₓᵢᵢᵢ 577), srevenōsė (LKA₁ 168 [PS] – LKŽₓᵢᵢᵢ 577), srevenōsis (LKA₁ 168 [KVT], JNŠK – LKŽₓᵢᵢᵢ 577), sriaunanōsis (LBŽ 6 [KDN, PN], NDŽ – LKŽₓᵢᵢᵢ 579), sriavanōsis (NDŽ – LKŽₓᵢᵢᵢ 580), sruvanōsis (LBŽ 6 [RK], SV – LKŽₓᵢᵢᵢ 601), straujanōsis (KRSN, ANTZ – LKŽₓᵢᵢᵢ 940), stravanōsė (LKA₁ 168 [SLČ, SKRB] – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), stravanōsis (LKA₁ 168 [VB] – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), strevanōsis (LKA₁ 168 [SLČ, KRČ], PS – LKŽₓᵢᵢᵢ 953) « achillée millefeuille » (Achillea millefolium) – en médecine populaire, l’herbe broyée est largement utilisée pour arrêter les saignements de nez (LBŽ 6; VA 1973: 163; VAA 1983: 55; Jankevičienė 1987: 140; MVAE 2002: 202): Dès qu’on se bouche le nez avec des sraujanōsis, le sang cesse aussitôt de couler UT (LKŽₓᵢᵢᵢ 568). Il faut cueillir des sravanōsis: c’est très bon pour arrêter le sang AR (LKŽₓᵢᵢᵢ 570). Le straujanōsis est un remède pour arrêter le sang ANTZ (LKŽₓᵢᵢᵢ 940);

2.1.13. ventre: pilvýtė (P, LBŽ 220, NDŽ – LKŽᵢₓ 1029), pilvýtis (MT, BŽ 29, NDŽ – LKŽᵢₓ 1029) « trèfle d’eau » (Menyanthes trifoliata) – la tisane de feuilles stimule l’appétit et facilite la digestion (LBŽ 220; VA 1973: 237; MVAE 2002: 294);

2.1.14. poumons: plaučninkas (LBŽ 287, NDŽ – LKŽₓ 89) « pulmonaire » (Pulmonaria) – la tisane d’herbe soigne la bronchite et d’autres maladies pulmonaires (LBŽ 287; VA 1973: 234); plaučiažolė 1) « arum des marais » (Calla palustris) (LBŽ 62 [BRŽ]), 2) « gentiane pneumonanthe » (Gentiana pneumonanthe) (LBŽ 153) – la tisane de fleurs et de feuilles de ces plantes soigne les maladies pulmonaires (LBŽ 62, 153);

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2.1.15. vessie: pūslėlė (LBŽ 322, LF₃₀₈ – LKŽᵥ 1044; DGP, GDR, Klt, KZT, AKM, YL – LKŽₖ), pūslėlytė (Klt – LKŽₖ), pūslės žolėlė (AKM – LKŽₓₓ 60), pūslikė (SMLN, ŠKT – LKŽₖ), pūslýtė (GDR, Ut – LKŽₖ), pūsliukas (JSV – LKŽₖ) « silène » (Silene) — la décoction de la plante se boit contre l’inflammation de la vessie: Pūslytės nuo pūslės gert GDR (LKŽₖ). Pūslėlytės tokios, anos nuo pūslės gert Klt (LKŽₖ). Pūslikės šlapimą sulaiko ŠKT (LKŽₖ); pūslėlė (DGP – LKŽₖ), pūsliukas (ALZ – LKŽₖ) « saponaire officinale » (Saponaria officinalis) — en médecine populaire, les maladies de la vessie sont soignées par une décoction des racines de la saponaire (VA 1973: 248; MVAE 2002: 297): Arkliai suserga, šlapinas per daug, tada pūsliukų virdavo ALZ (LKŽₖ);

2.1.16. nuque: sprandadarė (LBŽ 64), sprandadora (LBŽ 64 [P]), sprandininkė (LBŽ 65 [P]) « campanule à feuilles d’ortie » (Campanula trachelium) — emprunt au grec, cf. gr. τράχηλος « cou »; la décoction de la plante est utilisée comme remède contre les maladies du cou (LBŽ 65);

2.1.17. reins: strėnų žolės (Mtₙ 141, LBŽ 269, LFₙ 544 – LKŽₓₓ 960), strėnažolė (KŽ, Mt – LKŽₓₓₓ 951) « sceau-de-Salomon odorant » (Polygonatum odoratum) — en médecine populaire, le sceau-de-Salomon est utilisé contre les rhumatismes; son infusion est frictionnée sur les articulations douloureuses et les lombes, et ses baies aident à prévenir une grossesse (LBŽ 269; VA 1973: 59; MVAE 2002: 63);

2.1.18. cœur: širdžolė (Mt, BŽ 41 – LKŽₓᵢᵥ 846) « gentiane » (Gentiana) — la décoction de racines de gentiane fortifie le cœur (MVAE 2002: 136); širdžolė (L, L 445, Rtr, Trgn – LKŽₓᵢᵥ 846), širdgloba (LBŽ 195 [P], NdŽ – LKŽₓᵢᵥ 848), širdininkas (F, LBŽ 195, NdŽ – LKŽₓᵢᵥ 849) « agripaume » (Leonurus) — en médecine populaire, la décoction de feuilles d’agripaume soigne la névrose cardiovasculaire et la cardiosclérose; la décoction des racines ralentit le rythme cardiaque et augmente la force des contractions cardiaques (LBŽ 195; VA 1973: 319; Šimkūnaitė 1994: 34; MVAE 2002: 356); širdies žolės (I, P, KlvK 82, LBŽ 78 – LKŽₓₓ 960), širdžiažolė, širdžiažolė (Brš, Alk, Nč – LKŽₓᵢᵥ 900), širdžiažolynis, širdžiažolynis (Kzt, Klt – LKŽₓᵢᵥ 900), širdžolė (F, LTR [KLTN] – LKŽₓᵢᵥ 900) « petite-centaurée » (Centaurium) — dans la médecine populaire, la décoction de cette plante est utilisée pour soigner les maladies cardiaques (LBŽ 78; VA 1973: 341; MVAE 2002: 373); širdžolė (MŽ, N, [K], F, BzBkₙᵢᵢ 18, NdŽ, KŽ, LTR [KLTN] – LKŽₓᵢᵥ 900) « grande camomille » (Tanacetum parthenium) — autrefois, la tisane de cette plante était utilisée pour soigner les maladies cardiaques; širdėlė, širdytė (GDR – LKŽₖ) « parnassie des marais » (Parnasia palustris) — la décoction des feuilles et des racines soigne la névrose cardiaque et régule l’activité cardiovasculaire (VA 1973: 183; MVAE 2002: 232); širdūkai (Trgn – LKŽₓᵢᵥ 899), širdžiukai (LTR [Trgn] – LKŽₓᵢᵥ 900), širdžolė (NdŽ, KŽ, Trak – LKŽₓᵢᵥ 900) « hélianthème à feuilles rondes » (Helianthemum nummularium) — dans la médecine populaire, les préparations d’hélianthème étaient utilisées pour soigner les maladies cardiaques; širdies žolės (P – LKŽₓₓ 960) « gentianelle amère » (Gentianella amarella) — la décoction des racines apaise les nerfs et fortifie le cœur (VA 1973:109);

2.1.19. bile: tulžiažolė « sisymbre sagesse » (Sisymbrium sophia) (LBŽ 324 [Brž], NdŽ, LFₙ 491 – LKŽₓᵥᵢᵢ 13) — en médecine vétérinaire populaire, la décoction de cette plante est utilisée pour soigner les maladies biliaires du bétail (LBŽ 324); tulžiažolė « potentille argentée » (Potentilla argentea) (LBŽ 278 [Brž], NdŽ – LKŽₓᵥᵢᵢ 13); tulžiažolynis (Aps, Kzt – LKŽₓᵥᵢᵢ 13), tulžies žolės « scorsonère des prés » (Scorzonera humilis) (LBŽ 324) — la motivation de ces trois derniers noms semble doublement fondée: ces plantes sont non seulement médicinales et soignent les maladies biliaires, mais leurs fleurs sont toutes jaunes, c’est-à-dire de la couleur de la bile;

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2.1.20. žyvatas³: žyvatrama « gnaphale » (Gnaphalium) (P, LBŽ 158, NdŽ – LKŽₓₓ 825) — la décoction d’herbe et de racines du gnaphale augmente le péristaltisme intestinal (VA 1973: 235).

2. 2. Tous les phytonymes dont le mot de base est le nom d’un organe du corps humain ne renvoient pas aux propriétés médicinales de la plante. Parfois, ces noms indiquent seulement qu’une partie de la plante ressemble extérieurement à cet organe. Les phytonymes suivants indiquent la forme de l’inflorescence de la plante: širdėlė (BZF 182, LBŽ 120, KŽ, Plšk – LKŽₓᵢᵥ 846), širdelės (Š, LBŽ 120, LFₘ 470, NdŽ, Vaižg, Nč, Brž, Ds – LKŽₓᵢᵥ 846), širdikės (LTR [Lš], DSN – LKŽₓᵢᵥ 899) « cœur-de-Marie » (Dicentra); širdelės (Š, LBŽ 56, LFₘ 470, NdŽ, LMD [Brž], Vaižg, Brž, Ds – LKŽₓᵢᵥ 846) « amourette commune » (Briza media).

Les noms suivants désignent la forme des feuilles ou des fruits: dvidantis (LBŽ 49) « bident » (Bidens) — les fruits de cette plante sont cunéiformes, avec au sommet 2 à 4 arêtes semblables à de petites dents (LFᵥᵢ 65); pūslaziedis (LBŽ 109) « cucubale » (Cucubalus): la plante est ainsi nommée en raison de ses fruits ronds (LFₘ 326); širdlapėliai (LBŽ 210 [Brž], NdŽ, LFᵢᵢ 543 – LKŽₓᵢᵥ 899) « maïanthème à deux feuilles » (Majanthemum bifolium) — les feuilles sont cordiformes-ovales (LFᵢᵢ 543); širdlapis (Mt, KŽ – LKŽₓᵢᵥ 899) « aunée » (Inula) — les feuilles supérieures de la plante, à la base cordiforme, embrassent la tige (LFᵥᵢ 57).

Ces noms désignent également les caractéristiques extérieures de la plante, et non ses propriétés médicinales: dantžolė (Dentaria) (cf. lat. dens, dentis « dent », all. Zahnwurz, angl. toothwort, russe зубянка, letton zuobainītes) — le rhizome de la plante est couvert d’écailles en forme de dents (LBŽ 117); dvily-pdantė (Ditrichum) — les extrémités des cils du péristome sont doubles (BVŽ 1998: 115); dvy-nadantė (Dicranum) — les dents du péristome sont fendues en deux branches (BVŽ 1998: 111); krei-vadantė (Anomodon) (cf. gr. ἄνομος « irrégulier », ὀδούς, ὀδόντος « dent ») — les dents du péristome sont de forme irrégulière (BVŽ 1998: 35); gyslalapė (Ps – LKŽₘᵢᵢ 354), gyslalapis (LBŽ 264 [Brž, Pn], Pn, Jnšk, Brž, Pl, Er – LKŽₘᵢᵢ 354; Krč, Rgv, Sur, Ps, Pl, Slm – LKŽₖ), gyslalapis (Ln, Vlk – LKŽₖ), gyslalapis (Pbr, Pmp, Pšš, Mžš – LKŽₖ), gyslapis (Kᵢᵢ 341, M, Ldvn – LKŽₘᵢᵢ 354; Skp, Ppl, Sur, Sdb – LKŽₖ), gyslažolė (LBŽ 264 [Pn]; Sd – LKŽₖ), gyslapis (Krč – LKŽₖ), gyslonis (Ob – LKŽₖ), gysliuotis (Kč, Kpč – LKŽₖ), gysločius (Pnm, Tvr, Bd – LKŽₘᵢᵢ 355; Pns, Dv, Sb – LKŽₖ), gyslūnas (Kvr, Dbk, Lkm, Slk, Vj, Dglš, Ssk, Ds, Trgn, Ml, Švnč – LKŽₘᵢᵢ 356; Ktk, Slk, Dgl, Pg, Sld, Ig, Dglš, Vdž, Kzt, Trgn, Psn, Aln, Mlt – LKŽₖ), gyslonė (Lkm – LKŽₖ), gyslūnis (Ds – LKŽₘᵢᵢ 356), gyslūnalapis (Mšg – LKŽₘᵢᵢ 356), gysliuonis (Ant – LKŽₘᵢᵢ 356; Dgp – LKŽₖ), gysluotis (Mrk, Jnš, Pkr, Grv, Nmn, Mš – LKŽₘᵢᵢ 356; Bsg, Kpč – LKŽₖ) « plantain » (Plantago) — les larges feuilles ovales de la plante sont parcourues de nervures arquées et denses, et le pétiole est également nervuré (LFᵥ 505); pirštūkas (F, LBŽ 121 – LKŽₓ 33), pirštūnas (P, LBŽ 121 – LKŽₓ 33), pirštūnė (Mt – LKŽₓ 33) « digitaire » (Digitaria) (cf. lat. digitus « doigt », all. Fingergras, Fingerhirse, angl. fingergrass) — l’inflorescence composée est formée de plusieurs épis disposés en doigts au sommet de la tige (LFᵢᵢ 128); plaukalapė (Blepharostoma) — l’ouverture du périanthe est couverte de poils (BVŽ 1998: 53); plaukunis « bourrache » (Borrago) (LBŽ 52 [I]) — les tiges et les feuilles de la plante sont rugueuses et poilues (LFᵥ 248); plaukželda « asplénium chevelu » (Asplenium trichomanes) (LBŽ 35 [P]) — la tige de la plante est couverte de petites écailles ciliées (LFᵢ 44);

3 LKŽₓₓ 824 indique que žyvatas peut désigner, dans la langue parlée et dans les écrits anciens, le « ventre, les intestins »; le mot désigne également deux maladies liées aux intestins: la « diarrhée et la dysenterie ».

Liaudiški augalų pavadinimai

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à dents fendues (Fissidens) (cf. lat. fissus « fendu », dens « dent ») – les dents du péristome sont fendues en deux branches (BVŽ 1998: 132).

3. PHYTONYMES DONT LA RACINE EST LE NOM D’UNE MALADIE

Les phytonymes de ce groupe motivationnel indiquent que la plante désignée par un mot ayant cette racine convient généralement au traitement d’une maladie donnée.

paludisme: drugenis (LBŽ 318 [I]), herbe contre le paludisme, herbe contre le paludisme (Mt, Ak, I, ALV, Kp – ²LKŽII 751), herbe contre le paludisme (KŽT – LKŽK), herbe du paludisme (Q 183, P, D.Pošk – LKŽXX 959), herbe antipaludique (MŽ, K, J – ²LKŽII 752) « orpin » (Sedum) (LBŽ 318 [I]); herbe antipaludique 1) « chimaphile à ombelles » (Chimaphila umbelata) (LBŽ 85), 2) « petite centaurée à ombelles » (Centaurium erythraea) (LBŽ 78); trèfle contre le paludisme (LBŽ 220) « trèfle d’eau » (Menyanthes trifoliata); herbe contre le paludisme (LBŽ 280 [I]) « amandier » (Amygdalus) – selon les croyances populaires, ces plantes conviennent au traitement du paludisme (LBŽ 318; VA 1973: 339), cf. la phrase illustrative de ²LKŽII 752: L’herbe antipaludique pousse dans le marais, elle guérit du paludisme J;

carie, manger: herbe contre la carie, herbe contre la carie (LBŽ 151 [Brž]) « gaillet gratteron » (Galium aparine) – les gens utilisent cette herbe contre la carie dentaire (LBŽ 151);

frayeur: herbe de la frayeur (Š, I – ²LKŽII 151)⁴ « herbe contre la peur »;

grosseur: herbe contre les grosseurs (D.Pošk, LBŽ 341 – LKŽXX 959) « tanaisie commune » (Tanacetum vulgare); herbe contre les grosseurs 1) « sarriette officinale » (Satureja calamintha) (LBŽ 313); 2) « gentiane amère » (Gentiana amarella) (LBŽ 152 [PN]); 3) « œillet couché » (Dianthus deltoides) (LBŽ 119 [PN]); 4) « pyrole uniflore » (Pyrola uniflora) (LBŽ 263); 5) « mélisse officinale » (Melissa officinalis) (RDM – LKŽK); 6) « géranium des marais » (Geranium palustre) (LBŽ 154); 7) « petite centaurée à ombelles » (Centaurium erythraea) (LBŽ 78); menthe contre les grosseurs (LBŽ 129 [KLP]) « elsholtzia ciliée » (Elsholtzia ciliata) – toutes les plantes citées ici sont considérées comme médicinales dans la médecine populaire et servent à soigner diverses maladies. Il est souvent même difficile de déterminer quelle maladie précise elles sont destinées à traiter, car dans la langue vivante grosseur peut désigner plusieurs maladies. Cf. les sens de grosseur indiqués dans LKŽIII 723: 1) « excroissance, gonflement, bosse (sur le corps d’une personne ou d’un animal); ulcère, furoncle », 2) « diarrhée ou autre douleur intestinale; forte douleur abdominale », 3) « maladie de l’utérus », 4) « hernie », 5) « peste ». Par exemple, l’elsholtzia ciliée ressemble beaucoup à la menthe poivrée, dont les préparations sont employées dans la médecine populaire contre les maladies de l’estomac et des intestins ainsi que l’érosion du col de l’utérus (VA 1973: 230; MVAE 2002: 282); les infusions de petite centaurée à ombelles servent à traiter les maladies de l’estomac et des intestins, la colite et la dysenterie (VA 1973: 341; MVAE 2002: 374); les préparations de mélisse soignent le catarrhe gastrique (VA 1973: 192): Contre les grosseurs, on faisait cuire des morceaux de lard très ancien avec des herbes contre les grosseurs pilées RDM (LKŽK); la tisane de gentiane est utilisée en cas de troubles de la digestion ou de l’appétit, et contre les ballonnements (VA 1973: 109; MVAE 2002: 136), etc.;

maladie sanguine: herbes contre la maladie sanguine (AKM – LKŽXX 960) « benoîte des ruisseaux » (Geum rivale): Les herbes contre la maladie sanguine servent à soigner la maladie sanguine des vaches AKM (LKŽXX 960)⁵;

4 Frayeur – « effroi, peur » (LKŽIII 151).

5 Kraūligė, kraūligė désigne dans la langue vivante et dans les écrits plusieurs maladies: 1) « maladie du bétail caractérisée par une miction sanglante (haemoglobinuria) », 2) « maladie du sang », 3) « la sanglante » (LKŽVI 468).

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AURELIJA GENELYTĖ

māras: maražolė (Petrorhagia) (LBŽ 357) – autrefois, cette herbe était utilisée comme remède contre la peste (LBŽ 357);

niūomaras: nuomaražolė (LBŽ 318 [Brž], LTR [An] – LKŽVIII 941) « orpin âcre » (Sedum acre) – le peuple utilise l’orpin pour soigner l’épilepsie (LBŽ 318): On soigne l’épilepsie avec des nuomaražolės LTR [An] (LKŽVIII 941);

priemėtis: priemėčio, priemėtžolė – ces noms désignent plusieurs plantes médicinales: « scutellaire à casque » (Scutellaria galericulata) (LBŽ 318 [Pn]); 2) « cardamine amère » (Cardamine amara) (LBŽ 68); 3) « gesse des bois » (Lathyrus silvester) (LBŽ 191); 4) « cresson alénois » (Lepidium sativum) (LBŽ 196); 5) « polygale » (Polygala) (LBŽ 268 [Brž, Pn]); 6) « potentille tormentille » (Potentilla erecta) (LBŽ 278 [Brž]): Quand l’épilepsie a commencé à agiter le corps, seule l’herbe priemėčžolė peut l’arrêter T R G N (LKŽX 659); 7) « stellaire » (Stellaria) (Mt, LBŽ 334, LFIII 274 – LKŽX 660). Certaines de ces plantes (par exemple, la potentille tormentille) sont encore aujourd’hui utilisées comme remèdes contre l’épilepsie⁶, tandis que les vertus médicinales des autres sont quelque peu tombées dans l’oubli;

priepuolis: priepuolžolė (LBŽ 143, NdŽ, LTR [Kltn], Vl – LKŽX 670), priepžolė (LTR [Lp] – LKŽX 670) « reine-des-prés » (Filipendula ulmaria) – l’infusion de cette herbe soigne diverses crises: douleurs rénales, cardiaques et céphalées, diarrhée, frayeur (LBŽ 143; VA 1973: 393; MVAE 2002: 427): Tisane de priepuolžolės contre la frayeur LTR [Kltn] (LKŽX 670). Les priepuolės sont utilisées contre la frayeur LTR [Lp] (LKŽX 670);

prietvaras: prietvaro žolė ([K], LBŽ 57 – LKŽX 725), prietvaraus žolė (CI 402, KI 264, P, AK – LKŽX 725) « brunelle commune » (Prunella vulgaris) – le peuple utilise la décoction de cette herbe contre les maladies intestinales (LBŽ 58; VA: 1973, 128); prietvaržolė (J – LKŽX 725) « une herbe qui pousse dans les montagnes, fleurit en bleu et sert contre le prietvaras⁷ »;

[pa]siutimas, siūstas, siūtas: pasiutžolė (Mt – LKŽIX 477), siūstažolė (LBŽ 209, NdŽ – LKŽXIII 620), siūtažolė (NdŽ, Jž, siutāžolė RŽ, LBŽ 209 [Pn], MTt 5, 221, KkK 3, 47, Vlž, Dkšt, Kp – LKŽII 630), siusto žolė (Kos 134 – LKŽXX 960) « salicaire commune » (Lythrum salicaria) – en médecine populaire, la décoction de cette herbe est utilisée après la morsure d’un animal enragé (LBŽ 209; VA 1973: 261); siutažolė: 1) « menthe des champs » (Mentha arvensis) (LBŽ 219); 2) « gaillet mollugine » (Galium mollugo) (LBŽ 151 [Brž]) – autrefois, une infusion d’armoise et de gaillet servait à soigner l’épilepsie (LBŽ 151); 3) « stellaire graminée » (Stellaria graminea) (LBŽ 334 [Brž]) – sa tisane soigne la rage (LBŽ 334); 4) « jusquiame noire » (Hyoscyamus niger) (LBŽ 174) – la plante est toxique et son ingestion rend fou (LBŽ 493); siūtgalba (P, LBŽ 18, NdŽ, LFIII 538 – LKŽXII 630), siūtgloba (NdŽ, siutglóba Mt, Rtr, Ser, BŽ 37, LBŽ 18, LFIII 538 – LKŽXII 630) « alysson » (Alyssum) – emprunt au grec, cf. gr. ἄλυσσον de λύσσα « rage »; la plante était utilisée comme remède contre la rage (LBŽ 18);

skōrbutas: skorbutrama « ficaria printanière » (Ficaria verna) (ce nom est cité par J. Dagys dans son article consacré aux néologismes de J. Pabrėža. Voir Dagys: 1972: 19). L’herbe était probablement autrefois utilisée contre le scorbut. Cf. les noms de la plante, motivés de la même façon, dans d’autres langues: all. Scharbockskraut, russe чистяк;

6 Dans les parlers des Hauts-Aukštaitija orientaux, priemėčiu désigne « une maladie nerveuse de ce genre, des convulsions » (LKŽX 660).

7 Dans les parlers des Hauts-Aukštaitija orientaux (Rm, Kvr, Km, Ds, Užp, Slm), prietvaras signifie « constipation » (LKŽX 725).

LIAUDIŠKI AUGALŲ PAVADINIMAI

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sūkatos: sukatinė (Pst – LKŽxiv 58) « bétoine officinale » (Betonica officinalis) – le catarrhe des voies respiratoires et la toux sont traités par une décoction de feuilles et d’herbe (VA 1973: 199; MVAE 2002: 251); sūkatžolė (Leonurus), sukatos žolė (LBŽ 159) « gnaphale des bois » (Gnaphalium sylvaticum) – on soigne la phtisie avec une tisane préparée à partir des deux herbes (LBŽ 195)8;

sūsas, sūskis, susnà: susażolė (LBŽ 291, NdŽ – LKŽxiv 221), suskážolė (Rt – LKŽxiv 227), sūskė (Užv – LKŽxiv 227), sūsnažolė (LBŽ 291 [Pn], NdŽ – LKŽxiv 230) « renoncule » (Ranunculus); sūskio žolė (AkM – LKŽxx 960) « renoncule âcre » (Ranunculus acris) – dans la médecine populaire, la décoction de la plante est utilisée pour soigner la susna et le suskis (c’est-à-dire une affection cutanée causée par un champignon, le susu, la gale favique (favus) (LKŽxiv 230);

šāsas: piktasāšis (Mt, LBŽ 342 [Brž, Pn], Kp, SmL, Jnšk, Sb, Er, SmLn, Vb – LKŽix 960); PnM – LKŽx), šasávalkis (LBŽ 342 [Brž, Pn], DŽ, NdŽ, Slč, Krs, Kp, Mžš, Brž – LKŽxiv 537), šasūkas (LBŽ 342 [Pn], J.Jabl, NdŽ, Jnšk, Ps, Dj, PmP – LKŽxiv 540), šasūnas (LBŽ 342, NdŽ – LKŽxiv 540) « pissenlit » (Taraxacum) – en médecine populaire, la décoction des racines est utilisée contre l’eczéma et les furoncles (VA 1973: 150; VAA 1983: 139; MVAE 2002: 179);

skrūpas: skrūpažolė (LBŽ 270 [Brž], NdŽ, LFiii 208 – LKŽxiv 990) – « renouée liseron » (Fallopia convolvulus) – la population soigne la skrūpa avec une décoction de l’herbe9;

traidà: traiduolė (LBŽ 346, NdŽ, LFiii 578 – LKŽxvi 526) « tabouret des champs » (Thlaspi arvense) – la décoction de l’herbe est bue contre la diarrhée;

trydà, triznà: trydažolė (Mt, LBŽ 175, NdŽ – LKŽxvi 809), triznažolė (LBŽ 175, NdŽ – LKŽxvi 935) « millepertuis » (Hypericum) – la décoction de l’herbe est utilisée contre la dysenterie, la colite et la diarrhée (LBŽ 175; VA 1973: 127; MVAE 2002: 159)10;

trūkis: trūkāžolė (BŽ 106, NdŽ, DŽ, KŽ, trūkāžolė Mt, TvR – LKŽxvi 962), trūkāžolynis (DGLS, Kzt, Švnč, Vdš, Ign – LKŽxvi 962), trūkiāžolė, trūkiāžolė (LBŽ 262, NdŽ – LKŽxvi 968) « pyrole » (Pyrola); la motivation des noms est révélée par les phrases illustratives données dans LKŽ: « Pour une hernie, boire de la décoction de trūkāžolynis » Vdš (LKŽxvi 963). « Quand le nombril ou le bas-ventre fait mal, il faut alors manger des trūkāžolynius » Ign (LKŽxvi 963); trūkāžolė (BŽ 106, NdŽ, DŽ, KŽ, Kos 126 [Šv], Encvii 856, Sb, trūkāžolė LBŽ 88, TvR – LKŽxvi 962), trūkiāžolė (NdŽ, trūkiāžolė LMD [Brž], Ds – LKŽxvi 968), trūžkolė (J, DRSKŽ, Pc, Grd, Pv, Ktv, Šl, trūkžolė RŽ, NdŽ, LTR [Br], V.Krev, Skr, KzR, Kpč, Ūd, Pn – LKŽxvi 1008), trūkžolis (Šlvn, Dg – LKŽxvi 1009), « chicorée » (Cichorium). Pour la motivation des noms, comparer les phrases suivantes: « La tisane de katrušyčiai (trūkiāžolės) est contre la hernie » LMD [Brž] (LKŽxvi 968). « Autrefois, on soignait les hernies avec des herbes trūkžolės, mais maintenant on boit de l’huile de poisson » Ds (LKŽxvi 968). « Les trūkžolės étaient contre la hernie » Grd (LKŽxvi 1008). « Nous déterrions et faisions sécher les trūkžolės quand [quelqu’un] avait une hernie, quand [quelqu’un] soulevait quelque chose [de trop lourd] » Pv (LKŽxvi 1008). « Il faut manger des trūkžolė avec une omelette contre la hernie et pour ouvrir l’appétit » Šl (LKŽxvi 1008). Dans la langue parlée, des composés dont le premier élément est la racine trūk- désignent-

8 Sūkatomis, dans la langue parlée, désigne plusieurs maladies. La forme singulière désigne le plus souvent: 1) « le tournis des moutons (Coenurus cerebralis) », 2) « une maladie du cheval semblable à la rage », 3) « la diarrhée » (LKŽxiv 58). Dans les parlers des Hauts-Lituaniens orientaux, la forme plurielle signifie généralement la phtisie (LKŽxiv 59).

9 Škrupų, krupų désigne, dans les anciens dictionnaires et dans la langue parlée, « une inflammation de la partie supérieure de la gorge; la diphtérie » (LKŽxiv 990, LKŽvi 714).

10 La dysenterie est une inflammation contagieuse du gros intestin (DŽ, 126).

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AURELIJA GENELYTĖ

… et d’autres plantes encore; trūkžolė est également appelée: 1) « plantain » (Plantago) (LBŽ 265, VDK, KLN – LKŽxvi 1008); 2) « peucédan des marais » (Peucedanum palustre) (Jsv – LKŽxvi 1008); 3) « pyrole ombellée » (Chimaphila umbellata) (SMLN – LKŽxvi 1008); 4) « lierre » (Hedera) (Kos 238 – LKŽxvi 1008); 5) « valériane » (Valeriana) (BRU – LKŽxvi 1008); trūkižolė, trūkižolė peut aussi désigner: 1) « parnassie des marais » (Parnassia palustris) (LBŽ 248, NĎŽ – LKŽxvi 968); 2) « impératoire » (Peucedanum ostruthium) (LBŽ 253, NĎŽ – LKŽxvi 968); 3) « géranium des marais » (Geranium palustre) (LBŽ 154 [Pn]); 4) « petite centaurée ombellée » (Centaurium umbellatum) (LBŽ 78, NĎŽ – LKŽxvi 968); 5) « épervière piloselle » (Hieracium pilosella) (LBŽ 169 [BrŽ] – LKŽxvi 968). Il se peut que ces plantes aient autrefois été utilisées en médecine populaire pour soigner les hernies, mais cette propriété médicinale n’est pas mentionnée dans les descriptions actuelles des plantes médicinales;

valasnẏkas11: valasnykāžolė, valasnykāžolė (LBŽ 84, LFIII 462, Db – LKŽxvii 1023) «chélidoine» (Chelidonium) – le suc laiteux de la chélidoine est utilisé pour traiter les maladies de la peau (lupus, verrues) (LFIII 464; VA 1973: 373; MVAE 2002: 396);

vėžys: vežiūkas «potentille tormentille» (Potentilla erecta) (GraŽ – LKŽxix 44; PnM – LKŽk), vežūninkas (-nykas P, RTŽ, KpČ) (KŽ, PLn, Šts, vežaūninkas L, Rtr, LBŽ 270 [P], NĎŽ, LFIII 206, ŽL – LKŽxix 16), vežiūkas (LBŽ 270 [ŠL], NĎŽ, LFIII 206, KLI – LKŽxix 44) «bistorte» (Polygonum bistorta); vėžtrama (P, Mt, LBŽ 239 [P], NĎŽ, KŽ – LKŽxix 69) «onoporde faux-acanthe» (Onopordon acanthium) – le cancer est traité avec la décoction des racines de toutes ces plantes (Šimkūnaitė 2001: 30);

votis: vočiažolė, vočiažolė 1) «centaurée jacée» (Centaurea jacea) (LBŽ 77 [BrŽ], NĎŽ – LKŽxix 880); 2) «rhinanthe» (Alectorolophus) (LBŽ 14 [Rk], NĎŽ, Rk – LKŽxix 880); 3) «parnassie des marais» (Parnassia palustris) (LBŽ 248 [Sn], NĎŽ, VRN – LKŽxix 880); 4) «droséra à feuilles rondes» (Drosera rotundifolia) (LBŽ 125 [BrŽ], NĎŽ, LFIII 594 – LKŽxix 880); 5) «lierre terrestre» (Glechoma hederacea) (LBŽ 156, NĎŽ – LKŽxix 880) – en médecine populaire, la décoction et l’infusion de centaurée jacée et de rhinanthe sont utilisées pour soigner les maladies de la peau, diverses plaies et les furoncles (LBŽ 14, 77; VA 1973: 361; MVAE 2002: 232, 391).

4. DÉNOMINATIONS DONT LA RACINE EST UN VERBE OU UN NOM D’ACTION LIÉ À UNE MALADIE OU À UNE INFIRMITÉ

Les phytonymes de ce groupe sont les moins nombreux, et les plantes désignées par des mots comportant de telles racines ont un double effet: 1) elles provoquent (ou accentuent) les signes ou les conséquences de certaines maladies; 2) elles servent à éliminer ces conséquences ou ces signes.

čiaudėti: čiaudažolė (Š – ²LKŽII 89), čiaudžolė (LBŽ 6 [P]) «achillée sternutatoire» (Achillea ptarmica) – l’odeur forte de la plante provoque des éternuements; čiaudžolė (K, J – ²LKŽII 90) «vérâtre blanc» (Veratrum album) – les préparations de vérâtre irritent les voies respiratoires

11Valasni̇nikas, valasnẏkas – emprunt aux langues slaves (cf. polonais włosiennica, russe волосница), signifiant: 1) « panaris, inflammation suppurée du doigt (paronychie) »; 2) « streptocoque (bactérie sphérique provoquant des abcès, la scarlatine, l’érysipèle, etc.) » (LKŽXVII 1023).

LIAUDIŠKI AUGALŲ PAVADINIMAI

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la muqueuse de la bouche, si bien que les personnes qui en boivent se mettent à éternuer, à tousser ou même à vomir (MVAE 2002: 86);

miegóti: miegãlė (MŽ 413, N – LKŽVIII 134), miegãliai (N, K – LKŽVIII 134), miegãlis (LBŽ 174), miegãžolė (LBŽ 174) « jusquiame noir » (Hyoscyamus niger) – les préparations de jusquiame ont un effet calmant, tandis qu’à doses plus élevées elles peuvent fortement irriter le système nerveux (VA 1973: 91; LFV 388);

mìrti: mirštamasis (LBŽ 89), mirštamukai (LBŽ 89) « ciguë vireuse » (Cicuta virosa) – c’est l’une des plantes les plus toxiques de Lituanie; elle provoque souvent des intoxications mortelles, non seulement chez les bovins, mais aussi chez les humains (VA 1973: 203; LFV 55);

nužudýti: nuožudis (LBŽ 10 [II]) « petite ciguë » (Aethusa cynapium) – plante très toxique, dangereuse pour les humains et le bétail (LFV 71);

pūsti: putãžolė « silène enflé » (Silene vulgaris) (LBŽ 322 [BrŽ]) – dans la médecine populaire, on donne aux animaux l’herbe de silène contre les ballonnements (LBŽ 323);

raĩkas: raũko žolė (Q 610, CII 921, P, NdŽ – LKŽXI 290), raukãžolė (LBŽ 264, GrŽ, JNšK, Ps, VšK, raukãžolė (R, MŽ, Sut, Ak, D.Pok, N, Mt, LBŽ 264, NdŽ, [K], LTR [Žd], Dj – LKŽXI 290), raĩklapis (SMLN – LKŽXI 294), raũkžolė (MŽ, K, J, LBŽ 264, NdŽ, Jrb – LKŽXI 305) « plantain » (Plantago) – il est conseillé d’appliquer des feuilles de plantain sur les contusions, les plaies, les rougeurs cutanées et les piqûres d’insectes, car elles referment, « resserrent » les plaies (VA 1973: 113; MVAE 2002: 138)¹²: « Ce n’est rien, cette petite coupure: mets-y du raukãžolė, et elle guérira » JNšK (LKŽXI 290). « Écrase des raukãžolė et pose-les sur l’endroit contusionné » VšK (LKŽXI 290);

sravėti, srėvėti, srūti, sruvėti, stravėti, strevėti: sraujãžolė (BŽ 198, DŽ, NdŽ, sraũjažolė Mt, RTR, LBŽ 6, LKA₁68 [Kp, Slm] – LKŽXIII 570), srauzdė (P, LBŽ 6 – LKŽXIII 570), sraũžolė (NdŽ, sráužolė Rt, LBŽ 6, KŽ, NdŽ – LKŽXIII 570), sravai (LBŽ 6, NdŽ – LKŽXIII 570), sravanóji (LKA₁68 [Pš] – LKŽXIII 570), srãvas (LBŽ 6, NdŽ – LKŽXIII 571), srãvo žolė (Q 434, CII 384, P, Kos 126, LBŽ 6, KII 145, K.BūG, NdŽ, KŽ, LKA₁68 [Vn] – LKŽXIII 571), sraváuninkas (LKA₁68 [Šts, Brs] – LKŽXIII 571), srávažolė (LTII 14 [K.BūG], J.JABL. [GrŠ], DŽ, Nm, Jrb, ErŽ, VdŽg, Skr, Gl, srávažolė J, RTR, LBŽ 6 [Pn, Š, Rs], KŽ – LKŽXIII 571), sravėniai (LBŽ 6), sravėnis (NdŽ – LKŽXIII 571), sravì-nė (NdŽ, LKA₁68 [Šlu] – LKŽXIII 571), sravìnė žolė (R 301, MŽ 403, P, N, K, LBŽ 6, NdŽ, LKA₁68 [ErŽ] – LKŽXIII 572), sravìnis (NdŽ, Vn – LKŽXIII 572), sravìnžolė (LKA₁68 [ErŽ] – LKŽXIII 572), srãvžolė (R 301, MŽ, P, KBII 97, N, KGr 190, K, L, Rtr, LBŽ 6, KŽ, LKA₁68 [Vn, Trg, ErŽ, Smln], Šlu, Vd – LKŽXIII 572), srevà (LKA₁68 [KRTN] – LKŽXIII 577), srevai (J.JABL, LBŽ 6 – LKŽXIII 577), srėvas (LBŽ 6, NdŽ, LKA₁68, Kl, GrŠl, Grg – LKŽXIII 577), srėvo žolė (P, Kel 1881, 168, LKA₁68 [Dr], KŽ – LKŽXIII 577), sreváuninkas (LKA₁68 [Pln] – LKŽXIII 577), srėvažolė (LKA₁68 – LKŽXII 577), srevažolės (Ak – LKŽXIII 577), sreveñė (LKA₁68 [KRTN] – LKŽXIII 577), sreveñokai (LKA₁68 [BrŽ] – LKŽXIII 577), sreveñokas (Vb – LKŽXIII 577), srevìnė (LKA₁264, SLNT – LKŽXIII 577), srevìnis (LKA₁264 – LKŽXIII 577), srėvžolė (LBŽ 6 [Šlu], LKA₁68 [KRTN] – LKŽXIII 577), sriaũžolė (NdŽ, sriaũžolė LKA₁68 [Trg, Šlu] – LKŽXIII 580), sriãžolė (LKA₁68 [Sb], Kp – LKŽXIII 598), sruvãžolė (NdŽ, sruvãžolė LBŽ 6 [Pn], LKA₁68 [Krs] – LKŽXIII 601), strãuninkas (-ykas) (LKA₁68 [Šlu] – LKŽXIII

12 Cf. LKŽXI 299, où figure l’une des acceptions de raukti: « faire se contracter, se refermer ».

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AURELIJA GENELYTĖ

941), strāvas (LKA₁ 168 [KRKL, SLNT] – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), strāvo žolė (BzF 177 [PRK], KŽ – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), stravāvininkas (LKA₁ 168 [ŠV] – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), stravāžolė (ERŽ, JRB, stra-vāžolė LKA₁ 168 [VDŽG] – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), stravāklas (NDŽ – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), straviklė (LBŽ 6, NDŽ, LKA₁ 168 [PLUT], IG – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), straviklis (LBŽ 6, NDŽ, LKA₁ 168, AL, RDM – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), stravyla (LKA₁ 168 [MRK], ZR – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), stravylas (LBŽ 6, NDŽ, LKA₁ 168 [MRC], NMN, LP, LŠ, RTN – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), stravinė (LKA₁ 168 [ŠLU] – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), stravinis (K.BŪG, LKA₁ 168 [PNS], SN, RDM – LKŽₓᵢᵢᵢ 941), strāvžolė (L 430, LKA₁ 168 [PGG] – LKŽₓᵢᵢᵢ 942), strēvas (LKA₁ 168 [KIN, KRKL, KRT] – LKŽₓᵢᵢᵢ 953), strēvažolė (LD 193 [VLKV], ŠN, ALK, ŽAL, strevāžolė LBŽ 6, NDŽ – LKŽₓᵢᵢᵢ 954), streviklė (LKA₁ 168 – LKŽₓᵢᵢᵢ 954), strevylas (LKA₁ 168 – LKŽₓᵢᵢᵢ 954), strēvžolė (LKA₁ 168, PRK – LKŽₓᵢᵢᵢ 954), strujāžolė (LBŽ 6 [BRŽ]) « herbe sanguinaire » (Achillea) – les feuilles broyées de la plante arrêtent les saignements (VA 1973: 163; VAA 1983: 58; MVAE 2002: 202): Srāvažolių syvais patrink žaizdą, ir nustos kraujas bėgęs VDŽG (LKŽₓᵢᵢᵢ 571). Kad įsipjovei, ty sevenokų prisirinkai, sutrynei, tai kraujas nebėga ir nesetrija VB (LKŽₓᵢᵢᵢ 577). Oi, nusimušiau pirštą! Bėk, paskinsi straviklių RDM (LKŽₓᵢᵢᵢ 941). Atnešk greit stravylų – bėga kraujas RTN (LKŽₓᵢᵢᵢ 941). Įsipjovus reik tuoj uždėt strēvažolių ALK (LKŽₓᵢᵢᵢ 954); trāukti, traukālas¹³: trauko kiaulėlė (GRG, lāpas PLT, SKD, JDR, PGR, DŪNŽ, žolė P, KOS 151, LBŽ 265 [P, ŠL, TRG], J.JABL, Š [KV], ŠL, AK, LKŽ – LKŽₓᵥᵢ 603), traukālapis (PLŠK – LKŽₓᵥᵢ 602), traukāžolė (RŽ, NDŽ, ŠL, AK, LKŽ – LKŽₓᵥᵢ 603), traukālapis (LBŽ 265 [PN, ŠL, TL], NDŽ, PLN, YL, MŽK, KRP, KRŠ, KLP, ENDB, BRS, SD, AKM, TL, KRŽ, LKV, DŪNŽ, NMŽ, TRG, SMLN, SLV, VKŠ, VN, SNT, SRV, PN – LKŽₓᵥᵢ 624), traukūtis (LBŽ 265 [PN, ŠK], DŽ, NDŽ, FRNW, JSV, DKŠ, SNT, PNMŽ, KT, ŽVR, ALVT, ŠN, KROK, KZR, ŠK, ALK, GS, GRL, ILG, LKŠ, PLV – LKŽₓᵥᵢ 723) « plantain » (Plantago) – dans la tradition populaire, les feuilles de la plante sont appliquées sur les contusions, les plaies, les zones rougies et les piqûres d’insectes (LBŽ 265; VA 1973: 113; VAA 1981: 39; MVAE 2002: 138); cf. aussi les exemples cités dans le LKŽₓᵥᵢ: Trauklapiai labai karšti traukia KLP (LKŽₓᵥᵢ 624). A parsipjovei, a koja suputo – dėk trauk-lapį, ir ištrauks BRS (LKŽₓᵥᵢ 624). Trauklapiai: kad yr skaudulys kame, deda lapelį – i ištraukia pūlius TL (LKŽₓᵥᵢ 624). Trauklapiaus ant auglių deda, i tada pratraukia KRŽ (LKŽₓᵥᵢ 624). Tie traukūčiai labai gerai, kai suka, tep ištraukia, visi pūliai išeina KZR (LKŽₓᵥᵢ 723). Užs dėk traukūtį, tegu karštį nutraukia GS (LKŽₓᵥᵢ 723).

5. REMARQUES GÉNÉRALES

1. Dans la langue vivante, la plupart des dérivés sont formés à partir des mots kraujas, nosis, širdis, káulas. Les dérivés verbaux sont particulièrement productifs. Par exemple, à partir des racines sravėti, srūti, on a formé pas moins de 22 dérivés suffixés et 17 composés à partir de ces verbes et d’un nom. La langue vivante tend également à former des phytonymes dont la racine est constituée par les verbes miegoti, siūsti, traukti, trūkti, entre autres. Dans le groupe des composés dominent ceux formés de deux noms; sont également fréquents les composés formés d’un verbe et d’un nom, ou d’un nom et d’un verbe. Dans les composés nominaux, le second élément est le plus souvent constitué des mots žo-

13 Cf. l’une des significations de trauko donnée dans le LKŽₓᵥᵢ 603: « morceau de tissu enduit de médicaments et appliqué sur une partie douloureuse, emplâtre ».

LIAUDIŠKI AUGALŲ PAVADINIMAI

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lė, žolynas. Plus rarement, le second élément précise plus exactement quelle partie de la plante est utilisée à des fins thérapeutiques: lāpas (rauklapis, trauklapis), šaknis (kauliašaknis, kraujašaknė). Ce n’est que très rarement que le second élément des composés désigne une plante précise: blužnpapartis, drug-pupis, etc. Les verbes qui constituent le plus souvent le second élément des composés verbaux sont: gydyti, globoti, traukti, gelbėti, sopėti, stabdyti, vilkti.

Dans le groupe des dénominations exprimées par des locutions figées, prédominent les noms dont le noyau est constitué par les substantifs žolė, žolės, žolelė, žolikės. Parfois, le noyau désigne également une plante précise, par exemple drugio dobilas, gumbo metra. Plus rarement, le noyau désigne une partie précise de la plante (par exemple trauko lūpas), un lieu ou un être pour le traitement duquel la plante est utilisée. Ces syntagmes nominaux avec génitif expriment des relations descriptives: le génitif caractérise la plante désignée par le nom noyau et indique pour quel organe ou quelle maladie elle convient comme remède.

2. Certains noms de ce groupe motivationnel ne sont attestés que dans des sources écrites. Leur emploi dans la langue vivante n’est confirmé ni par le LKŽ ni par les matériaux cités dans le LKŽ. Certains d’entre eux sont à considérer comme des néologismes de J. A. Pabrėža. Dans son article rédigé en polonais, « Remarques concernant l’élaboration d’une flore complète de Samogitie », il a déclaré que, pour créer de nouveaux noms, le plus simple était de traduire en les calquant le nom latin de la plante (Elisonas 1922: 47). J. Dagys considère comme des néologismes de Pabrėža les phytonymes suivants, qui désignent les propriétés médicinales des plantes: akšvita, ausgyda, čiaudžolė, dantgalba, dantvyra, inkstaglobė, kepingelbė, liauktrama, kraustaba, pilvytė, siutgalba, skorbūtrama, sprandadora, sprandininkė, srauzdė, širdgloba, vėžtrama, žyvatrama (Dagys 1972: 21). Les noms suivants sont à considérer comme des phytonymes créés par L. Ivinskis: drugėnis, kruvinis gydantysis, kraujotenis, kraujotraukis, nuožudis. Seuls les écrits de D. Poška emploient les noms blužnės žolė, gumbo žolė. Les noms gyvakaulė, pilvytis, trydažolė. sont probablement des néologismes de P. Matulionis.

Une part importante des noms décrivant des propriétés médicinales ne sont pas des formations originales apparues en lituanien, mais des calques d’autres langues, par exemple: blužnpapartis « rue des montagnes » – lat. Asplenium, d’après le gr. σπλήν « rate »; blužnažolė, blužniažolė, blužnės žolė « dorine » – lat. Chrysoplenium, issu du gr. χρυσός « or », σπλήν « rate »; dantgalba « odontite » – lat. Odontites, issu du gr. ὀδούς, ὀδόντος « dent », cf. également russe зубчатка, allemand Zahntrost; kepenų žolėlė, kepingelbė « hépatique à trois lobes » (Hepatica nobilis) – lat. Hepatica, issu du gr. ἧπαρ, ἥπατος « foie », cf. les noms de la plante dans d’autres langues: allemand Leberblümchen, russe печеночница, anglais liverwort; tous les synonymes de la pimprenelle (Sanguisorba), désignés par les racines krauj-, kruv-, etc., ont également été formés sur le modèle d’autres langues – lat. sanguis « sang », sorbere « absorber », cf. les noms de la plante dans d’autres langues: russe кровохлебка, polonais krwiściąg, anglais blood-root; les noms de la scrofulaire (Scrophularia) contenant la racine liauk-, paliauk- sont eux aussi des calques d’autres langues: lat. scrophulae « gonflement des ganglions du cou »; les synonymes de l’alysson (Alyssum) contenant la racine siust-, pasiust- ont été formés sur le modèle du grec: gr. ἀ- préfixe négatif, λύσσα « rage » – la plante était utilisée comme remède contre la rage, cf. l’anglais madwort; plaučninkas, plaučiažolė « pulmonaire » (Pulmonaria) ont été formés sur le modèle d’autres langues: lat. pulmo, -onis « poumons », pulmonaris « pulmonaire »; cf. aussi les noms de cette plante dans d’autres langues: allemand Lungenkraut, russe легочница, anglais lungwort; les noms sprandadora, sprandininkė employés dans les écrits de J. Pabrėža pour la campanule gantelée (Campanula trachelium) sprandadora, sprandininkė ont été formés sur le modèle du nom latin de l’espèce: lat. trachelium, issu du gr. τράχηλος « cou ».

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AURELIJA GENELYTĖ

3. En lituanien, les noms d’environ 20 organes et fluides du corps humain peuvent servir de racines à des phyt forymes. Les noms de plantes se forment à partir de tous les organes les plus vitaux (sang, cœur, os, vessie, etc.). On a moins tendance à former des phyt forymes à partir des organes plus petits (ongles, peau, cerveau, nerfs) et des extrémités (jambe, bras, doigt).

ABRÉVIATIONS

BVŽ – Dictionnaire des noms botaniques, éd. R. JANKEVIČIENĖ, Vilnius: Éditions de l’Institut botanique, 1998.

BZF – Litauische Forschungen [...] von A. BEZZENBERGER, Goettingen, 1882.

IM – L. IVINSKIS, Calendrier ou registre des années.

LF – Flore de la RSS de Lituanie 1–6, Vilnius: Éditions d’État de littérature politique et scientifique, Mintis, Mokslas, 1959–1980.

LBŽ – Dictionnaire botanique lituanien 1, éd. Commission du dictionnaire botanique, sous la direction de L. VAILIONIS, dir. J. DAGYS, Kaunas: Varpas, 1938.

2LKŽI–II, LKŽIII–XX – Dictionnaire de la langue lituanienne 1–20, Vilnius: Mintis, Mokslas, Éditions de la science et des encyclopédies, Institut de publication scientifique et encyclopédique, Éditions de l’Institut de langue lituanienne, 1968–2002.

LKŽK – Fichier du dictionnaire de la langue lituanienne.

L, L – A. LALIS, Dictionnaire lituanien et anglais. 2e partie: anglais-lituanien, Chicago, 1915.

LVAS – Liste des plantes médicinales de Lituanie, Kaunas: Faculté de médecine de l’Université de Kaunas de la RSS de Lituanie, 1941.

MT – Mitteilungen der Litauischen Litterarischen Gesellschaft I–VI, Heidelberg, 1883–1912.

MTt – Notre folklore, Kaunas, 1930–1935.

MVAE – Petite encyclopédie des plantes médicinales, dir. M. PUODŽIŪNIENĖ, Kaunas: entreprise d’édition « P. G. », 2002.

VA – Vaistiniai augalai, vyr. red. J. PIPINYS, Vilnius: Mintis, 1973.

VAA – Vaistinių augalų auginimas, red. Z. BANDZAITIENĖ ir kt., Vilnius: Mokslas, 1983.

VAK – Plantes médicinales (catalogue), éd. H. DUDĖNAS, J. GRINEVIČIUS, ST. GUDANAVIČIUS, Vilnius: Mokslas, 1976.

LITERATŪRA

BECKER, U. 1995: Simbolių žodynas, Vilnius: Vaga.

DAGYS, J. 1972: J. Pabrėžos gyvenimas ir darbai. Jurgis Pabrėža 1771–1849, Vilnius: Botanikos institutas, 8–26.

ELISONAS, J. 1922/23: Iš Pabrėžos nespausdintų botanikos raštų. Uwagi tyczące się ułożenia doskonałey Flory Žmudz k iey. Kosmos, 1922/1923, sąs. 1, 46–51; sąs. 2, 183–186; sąs. 3, 283–292.

GAIVENIS, K. 1980: Paronimai – kla stingi žodžiai. Kalbos kultūra, 39, 48–50.

GRYBAUSKAS, K. 1946: Lietuvos TSR miškų sumedėję vaistingieji augalai, Kaunas: Valstybinė enciklopedijų, žodynų ir mokslo literatūros leidykla.

GUDAVIČIUS, A. 2000: Etnolingvistika, Šiauliai: Šiaulių universitetas.

JANKEVIČIENĖ, R. 1987: Vasarą žydintys augalai, Vilnius: Mokslas.

LEVI-STRAUSS, C. 1997: Laukinis mąstymas, Vilnius: Baltos lankos.

PUIDOKAS, A. 2002: Vaistingieji augalai sodyboje, Vilnius: Gamta.

ŠIMKŪNAITĖ, E. 1994: Ką žino tik ragana, arba gyvenimas be tablečių, Kaunas: Ūkininko patarėjas.

TRIMAKAS, R. 2001: Lietuvos kaimo vaistininkystės tradicijos XIX a. pabaigoje – XX a. pirmojoje pusėje. Liaudies kultūra, 3, 18–27.

Aurelija Genelytė

Lietuvių kalbos institutas

P. Vileišio g. 5, 10308 Vilnius, Lietuva

[email protected]

Gauta 2003 10 16

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