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La science de la terminologie: histoire et évolution
HERIBERT PICHT
MOTS-CLÉS: aspects historiques de la terminologie, évolution de la théorie de la terminologie, éléments de la théorie de la terminologie, planification terminologique
INTRODUCTION
En guise de prémisse à mon article, je voudrais présenter quelques faits bien connus, largement admis par la majorité de la communauté professionnelle de la terminologie.
1. La terminologie n’est pas un phénomène isolé que l’on pourrait étudier et pratiquer sans contact étroit avec d’autres domaines de connaissance. La terminologie est un domaine de connaissance transdisciplinaire et interdisciplinaire.
2. La terminologie s’inscrit dans le « discours culturel », un concept qui a été défini comme « un concept sémiotique très général, qui correspond au “discours linguistique” de Wittgenstein. Ce discours comprend des formes de représentation verbales et non verbales selon différentes configurations quantitatives. Les formes de représentation ont souvent une fonction complémentaire et peuvent être interchangeables. » (Laurén, Picht 2000: 216)
3. L’objectif fondamental de la terminologie est le transfert de connaissances à différents niveaux de spécialisation, avec les registres correspondants.
4. La terminologie se compose – comme de nombreux autres domaines de connaissance – d’une partie théorique et d’une partie appliquée.
Dans ce qui suit, j’aborderai les évolutions qui ont eu lieu au cours des dernières décennies, mais je signalerai également certaines questions de recherche et certains problèmes qui restent sans solution.
QUELQUES CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES SUR LA TERMINOLOGIE TOUJOURS PERTINENTES AUJOURD’HUI
The German philosopher Oehler (2007: 83), states that Plato in an epistemological paragraph of his 7th letter points out that the cognition of an object requires several cognitive media: the name, the definition, a
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une représentation claire au moyen d’une illustration et l’objet lui-même. En tant que terminologues, nous pouvons reconnaître sans aucun doute cette démarche.
D’une manière générale, le besoin de terminologie existe depuis aussi longtemps que nous disposons de preuves de communication professionnelle. La question de la terminologie est devenue et demeure centrale dès que la communication professionnelle échoue ou est entravée par une terminologie déficiente. Aujourd’hui, la terminologie, élément le plus central de tout transfert de connaissances, est rarement remise en question.
À la lumière des témoignages historiques, nous pouvons relever quelques déficits terminologiques majeurs:
1. Absence ou erreur dans l’ordonnancement conceptuel. Linné (1707–1778) a établi une systématisation des concepts dans ses travaux sur la taxonomie. Le but premier de toutes les classifications ultérieures était d’ordonner les connaissances telles qu’elles sont exprimées par les termes.
2. Confusion causée par une synonymie excessive. Beckmann (1739–1811), professeur de philosophie et d’économie, a critiqué la multitude de synonymes inutiles et déroutants.
3. Absence, dans une langue donnée, de termes désignant le concept. Dès le Moyen Âge, les traducteurs de l’École de Tolède ont dû se débattre avec ce problème.
4. Concepts obscurs et non définis. Clausewitz, théoricien militaire allemand, écrivait: Ce n’est qu’après avoir clarifié les noms et les concepts que l’on peut espérer traiter la question aisément et clairement.
5. Lacunes dans la planification linguistique. Dürer a tenté d’établir une terminologie allemande pour les concepts mathématiques, mais sans succès. Berthollet, de Morveau, Fourcroy et Lavoisier ont réussi à créer une terminologie chimique au 18the siècle. La Tchécoslovaquie après 1919, les États baltes après 1919 et 1990, les Catalans, les Basques et plusieurs autres ont dû affronter le problème de la planification linguistique — problème qui devient de plus en plus aigu dans de nombreuses communautés linguistiques.
À partir de ces quelques données historiques, nous pouvons déduire que ce sont avant tout les spécialistes et les médiateurs de langues de spécialité (LSP) (traducteurs) qui ont ressenti le besoin d’améliorer la communication professionnelle en résolvant les problèmes terminologiques fondamentaux. Le domaine de la linguistique ne s’intéresse à la communication professionnelle ou ne s’y implique que de manière marginale. Les frères Grimm peuvent être cités ici comme une exception.
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Une autre caractéristique des premières tentatives historiques visant à améliorer les terminologies est leur approche empirique et peu scientifique. Des solutions pratiques étaient nécessaires sur-le-champ et étaient proposées ou mises en œuvre sans cadre ni fondement théoriques approfondis. Cela ne signifie toutefois pas que les premiers « terminologues » ignoraient les questions théoriques ou ne s’y intéressaient pas, comme l’ont fait, par exemple, Platon ou Clausewitz.
Les recherches théoriques actuelles sur l’évolution historique de la terminologie restent plutôt limitées. Il existe néanmoins des contributions universitaires et lexicographiques sur le sujet, telles que des articles, des mémoires de diplôme et des listes de mots mono- ou multilingues.
Grinev a lancé en 2004 une démarche clairement universitaire, fondée sur un cadre théorique correspondant. Il a appelé cette nouvelle discipline scientifique « anthropolinguistique ». Celle-ci vise à étudier le développement et l’évolution du langage humain, de la cognition, de la création et de la transmission des connaissances, principalement dans une perspective diachronique, en incluant les langues de spécialité (LSP) et la terminologie. Son caractère inter- et transdisciplinaire est manifeste au vu de la combinaison des connaissances et des recherches issues des disciplines suivantes (selon Grinev-Griniewicz et al., à paraître): gnoséologie, épistémologie, logique, sémiotique, anthropologie, histoire des sciences et des techniques, intelligence artificielle, heuristique, psychologie de l’âge, psychologie pédagogique, psychologie cognitive, psychologie nationale, ethnolinguistique, linguistique cognitive et études culturelles.
L’AUBE DE LA TERMINOLOGIE MODERNE
L’intensification de l’industrialisation et l’essor du commerce international au début du siècle dernier ont donné naissance à au moins deux phénomènes d’une importance capitale:
la normalisation,
le mouvement de Wirtschaftslinguistik.
Au cours des décennies suivantes, la normalisation a joué — et joue encore — un rôle important dans le développement et l’application de la terminologie.
Le mouvement de Wirtschaftslinguistik est né en Autriche, en Allemagne, aux Pays-Bas et dans certains pays nordiques, où l’on ressentait le besoin et la pression de pouvoir communiquer avec d’autres communautés linguistiques au sujet de questions professionnelles. Il fallait mettre en place des études linguistiques liées aux langues de spécialité (LSP), mais qui étaient les enseignants qualifiés, et où les trouver? Au début, les phi-
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Les spécialistes des langues durent reconnaître l’existence des LSP — le terme « Fachsprache » fut introduit par Blum en 1916 — et découvrir comment enseigner les LSP. L’élément le plus marquant était la terminologie et, en bons philologues, ils tentèrent donc d’aborder le problème sous un angle diachronique: la « historische Wirtschaftslinguistik », comme on l’appelait. L’expérience la plus importante fut peut-être de constater qu’aucun LSP ne peut être enseigné ni appris sans connaissances professionnelles — des connaissances relatives aux concepts et aux termes. C’est à ce moment-là que se produisit la première rencontre entre la linguistique et le savoir professionnel. La Wirtschaftslinguistik se divisa en plusieurs branches (Picht 1998), dont la plus importante fut la Wirtschaftslinguistik fonctionnelle, développée dans l’environnement intellectuel de l’École de Prague, en particulier dans les années 1930. Après la Seconde Guerre mondiale, cette ligne de recherche fut poursuivie et approfondie par Drozd et surtout par Hoffmann, qui la combina avec l’approche pragmatique de la linguistique dans les années 1970 et 1980. Alfred Schlomann, ingénieur et économiste, fut un autre pionnier de la terminologie. En 1906, il entreprit la compilation et la publication de 21 dictionnaires techniques multilingues, dans lesquels il mit en œuvre l’une des exigences classiques de la terminologie: le classement systématique des connaissances (Schlomann-Lowe, Wright 2006: 153ff).
LES FONDATEURS – WÜSTER, DREZEN, LOTTE
L’Autrichien Eugen Wüster, le Letton Ernst Drezen et le Russe Dmitrij Lotte sont considérés comme les pères spirituels de la terminologie moderne. Tous trois étaient des ingénieurs qui avaient reconnu les lacunes de la communication professionnelle. En 1931, la thèse de doctorat de Wüster «Internationale Sprachnormung in der Technik. Besonders in der Elektrotechnik» fut publiée et, la même année, Lotte rédigea son article fondamental «Pressing Problems in the Field of Scientific and Technical Terminology». Leur formation commune en sciences naturelles détermina dans une certaine mesure leur approche synchronique des problèmes terminologiques urgents. Il semble tout naturel que les trois hommes se soient particulièrement intéressés à la normalisation, moyen de réduire au minimum les lacunes terminologiques dans la communication professionnelle entre spécialistes — une limitation parfaitement compréhensible dans le contexte de l’époque, où la linguistique ne s’intéressait que marginalement aux LSP.
Apparemment, Wüster et Lotte n’eurent aucun contact direct. Wüster et Drezen, en revanche, se connaissaient; tous deux étaient espérantistes. Bien que leurs attentes initiales quant aux possibilités de communication de
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l’espéranto dans les LSP aient été abandonnées, l’idée maîtresse de la communication internationale a survécu dans la terminologie et se perçoit comme une sorte de fil rouge qui traverse leurs travaux. À propos, Drezen encouragea la traduction en russe et la publication de la thèse de Wüster.
Les trois fondateurs avaient en commun les approches fondamentales de la terminologie, notamment
le concept en tant qu’unité de connaissance,
le classement des connaissances,
la formation des termes régie par des directives,
la normalisation dynamique des concepts et des termes.
LE DÉVELOPPEMENT DES FONDEMENTS THÉORIQUES DE LA SCIENCE DE LA TERMINOLOGIE
Au début, le développement n’était ni très cohérent ni même coordonné. On peut observer deux grands courants de développement.
En Union soviétique, l’évolution de la théorie de la terminologie a commencé assez tôt et s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui sans interruption majeure (Moschitz-Hagspiel 1994; Shelov, Leitchik 2004; Laurén, Picht 2006).
Les rapports entre la terminologie et la linguistique ont été très différents en Union soviétique et dans les pays occidentaux. En Union soviétique, des linguistes renommés tels que Reformatskij, Vinogradov, Vinokour et bien d’autres ont très tôt participé à l’élaboration des fondements théoriques de la terminologie et des langues de spécialité (LSP) (Moschitz-Hagspiel 1994).
Alexeeva quoting Leitchik (2004: 65) distinguishes three periods of development in Russia:
1. Années 1930–60: période d’accumulation des connaissances sur le terme. Le terme était défini comme un mot ou une expression spécifique, à étudier au moyen des méthodes de la linguistique et de la logique (principaux protagonistes: les fondateurs mentionnés précédemment).
2. Années 1960–70: période d’appréhension des connaissances sur le terme. La terminologie était considérée comme une branche scientifique à part entière.
3. Des années 1980 à aujourd’hui: les recherches dépassant les limites de la linguistique ont caractérisé cette période; la terminologie en est venue à être considérée comme une composante d’un modèle dynamique de la science.
Dans les pays occidentaux, pour diverses raisons, la division nette en périodes du développement théorique est moins évidente.
Dans les années 1930, il semblait plus urgent de s’attaquer aux problèmes de terminologie appliquée sur une base empirique. Dans les pays nordiques, la Norvège et la Suède ont reconnu la nécessité d’un travail terminologique pratique et cen-
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Des centres tels que RTT et TNC ont commencé à travailler sur des dictionnaires terminologiques, respectivement à la fin des années 1930 et au début des années 1940. La publication, en 1938, du dictionnaire multilingue et organisé de manière systématique de l’IEC, International Electrotechnical Vocabulary, constitue une preuve supplémentaire de cette évolution. La Seconde Guerre mondiale a interrompu presque toutes les recherches théoriques; ce n’est qu’à la fin des années 1950 que l’on trouve, dans les pays occidentaux, les premiers travaux véritablement orientés vers la théorie, par exemple l’article de Wüster « Das Worten der Welt » (Wüster 1959/60/2000).
Dans les années 1950 et 1960, la linguistique en général ne s’intéressait guère aux langues de spécialité (LSP) ni à la terminologie. Les langues de spécialité et la terminologie étaient considérées comme une seule et même chose et traitées comme un problème lexicologique que l’on pouvait résoudre à l’aide des théories sémantiques traditionnelles — selon l’opinion des linguistes, pour la plupart généralistes. La normalisation était mal comprise et combattue au moyen du slogan « la langue ne peut pas être normalisée ». Néanmoins, d’une part, la tradition du mouvement de la Wirtschaftslinguistik n’a pas été oubliée et, d’autre part, des linguistes tels que Leo Weisgerber étaient beaucoup plus proches des idées de Wüster que ne l’était la linguistique dominante de l’époque.
En outre, dans les années 1960 et 1970, le besoin de traducteurs spécialisés en langues de spécialité et d’autres médiateurs linguistiques est devenu de plus en plus manifeste, ce qui a conduit à la création de formations en langues de spécialité, notamment à la Copenhagen Business School et dans d’autres établissements universitaires des pays d’Europe occidentale. Dans ces milieux, le besoin de terminologies et leur importance pour la traduction de textes de spécialité étaient évidents. Il était tout aussi évident que l’application adéquate des terminologies était indissociablement liée aux connaissances professionnelles. Les travaux de Jumpelt (1961) reflètent cette évolution.
Un changement fondamental s’est produit — à mon avis — lorsque Lothar Hoffmann, dans son ouvrage Kommunikation Fachsprache, a combiné la linguistique textuelle et la pragmatique avec les sept approches suivantes des langues de spécialité et de la terminologie:
• l’approche lexicologique et terminologique,
• la linguistique fonctionnelle,
• la Wirtschaftslinguistik,
• la stylistique fonctionnelle,
• l’approche des sciences naturelles et philosophique,
• l’approche liée à la traduction,
• la théorie des sous-langages (Hoffmann 1976).
Hahn (1983: 75) converted Hoffmann's description in the following model.
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Figure 1: modèle de Hoffmann de la structure verticale des LSP
Niveaux des LSP (L. Hoffmann)
L’étape vers la communication professionnelle, incluant la linguistique textuelle et la pragmatique, est tout à fait évidente et, bien que l’élément terminologique soit apparemment moins visible, il peut aisément être déduit.
Later Kalverkämper (1992: 61ff) incorporated Hoffmann’s model into a more complex LSP model including
• le système linguistique,
• les variétés en tant que catégorie sociologique,
• la stratification (modèle de Hoffmann),
• le médium (écrit et oral),
• l’interlingualité,
• le temps en tant que catégorie chronologique.
L A T E R M I N O L O G I E – U N E D I S C I P L I N E A U T O N O M E?
Outre son métier d’ingénieur, Wüster était très bien informé des sciences du langage de son époque, comme en témoignent plusieurs de ses travaux. D’un autre côté, il reconnaissait parfaitement que la terminologie n’est pas une simple discipline linguistique, du moins selon la définition qu’on donnait aux sciences du langage dans les années 1960 et 1970. Cela apparaît très clairement dans son article très développé « Die allge-
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meine Terminologielehre – ein Grenzgebiet zwischen Sprachwissenschaft, Logik, Ontologie, Informatik und den Sachwissenschaften » (1974/2000).
Au cours des quelque 25 années qui suivirent, deux positions se sont dégagées. D’une part, celle de ceux qui défendaient la terminologie comme discipline absolument indépendante et, d’autre part, celle qui la considérait comme une discipline linguistique relevant de la linguistique appliquée. Comme, au cours des trois dernières décennies, le champ des sciences du langage s’est élargi et que nombre d’autres disciplines relèvent aujourd’hui de leur domaine, telles que la sociolinguistique, l’ethnolinguistique, l’anthropolinguistique et bien d’autres, Laurén et al. (1998) ont soutenu que la terminologie dispose aujourd’hui de la même variété d’éléments non linguistiques que les autres disciplines connexes aux sciences du langage. Selon ce point de vue, la terminologie peut être considérée comme une discipline linguistique, mais dans le cadre élargi et souple de la discipline « linguistique ». Cela signifie que la terminologie est une discipline autonome, mais pas entièrement indépendante, de la linguistique moderne.
Aujourd’hui, la question de l’autonomie, qui a suscité de nombreux débats, semble moins importante. L’idée de considérer la terminologie comme une métadiscipline nécessaire et appropriée à tous les domaines du savoir me paraît très séduisante, car l’approche de la terminologie moderne intègre nécessairement des éléments issus de nombreuses disciplines différentes afin de traiter les problèmes propres à chaque domaine (voir également Budin 2001: 20).
DES ÉCOLES TERMINOLOGIQUES?
Le concept d’écoles terminologiques a été importé dans les années 1970 depuis l’Union soviétique. Dans ses travaux, Felber a nommé l’École de Prague, l’École de Vienne et l’École russe. Il convient également de mentionner à cet égard les approches nordique et canadienne.
Le problème que pose toutefois l’introduction du concept d’école tient à la différence entre les concepts russe et occidental d’« école ». Le concept occidental d’« école » implique une approche théorique commune, une classification de l’objet de recherche et, fondamentalement, des stratégies de recherche partagées. L’introduction d’un concept étranger désigné par le même terme — un faux ami — a donné l’impression qu’il existait des approches fondamentalement différentes de la théorie terminologique.
En 1993, un recueil d’articles terminologiques de pays d’Europe orientale et occidentale a été publié. Une comparaison et une analyse approfondies des prétendues « écoles » et « approches » ont été menées à partir des paramètres correspondant aux questions centrales de la théorie terminologique. Les prétendues diffé-
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Les différences qui auraient pu justifier la constitution d’écoles indépendantes n’existaient pas. Il y avait certes des différences qui, toutefois, étaient caractérisées comme des points focaux individuels déterminés par certains buts et objectifs. Elles relevaient toutes de la théorie terminologique et pouvaient être considérées comme complémentaires (Laurén, Picht 1993: 535f).
Aujourd’hui, le débat sur les écoles terminologiques s’est apaisé; des opinions et des idées différentes existent, comme il est d’usage dans les disciplines scientifiques. Le colloque de l’IITF Approaches to terminological Theories. A Contrastive Study of the State-of-the-Art, tenu en 2005 à Bergame, a abouti à une comparaison actualisée qui, grosso modo et mutatis mutandis, a confirmé l’analyse antérieure (Laurén, Picht 2006: 163f).
CHAMPS DE CONNAISSANCES CONTRIBUANT À LA THÉORIE TERMINOLOGIQUE
Sans entrer dans le détail de l’argumentation pour et contre, je formulerai, à titre d’hypothèse, que les champs de connaissances suivants contribuent à la fondation des unités centrales de la théorie de la terminologie:
• tous les domaines de spécialité, en tant que fournisseurs d’objets et de concepts – nous pouvons appeler cela la sémantique de la terminologie;
• la sémiotique, y compris la linguistique, la sociolinguistique, la linguistique cognitive, l’anthropolinguistique, etc., qui fournit des formes de représentation et leur application dans différentes conditions pragmatiques et à différents stades de développement;
• l’informatique et le traitement des données;
• l’ingénierie des connaissances;
• l’aménagement linguistique et la normalisation;
• l’information et la documentation, y compris la classification, les thésaurus et les autres systèmes d’organisation des connaissances;
• la philosophie des sciences.
ÉLÉMENTS DE LA THÉORIE TERMINOLOGIQUE ET LEUR ÉVOLUTION
Les éléments centraux de la théorie terminologique sont:
• l’objet et le concept,
• les formes de représentation des objets et des concepts,
• l’organisation des connaissances,
• la terminologie.
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L’objet et le concept
Le traitement théorique de ces deux unités repose fortement sur des considérations philosophiques et cognitives. La relation symbiotique entre ces deux unités est évidente: on peut dire que les objets constituent la matière première de la formation de tout concept.
Dans les premiers écrits terminologiques, l’objet ne jouait aucun rôle central; les objets étaient apparemment considérés comme des unités existantes ne nécessitant pas d’explication ni de recherche plus approfondie. Toutefois, ce point de vue a considérablement évolué sous l’influence des travaux du philosophe Oeser. Dès 1994, Budin a affirmé la nécessité d’une théorie de l’objet. Dans des travaux ultérieurs, j’ai proposé (2003: 154f) un système de concepts pour différents types d’objets, qui faciliterait à nouveau l’explication de la création de différents types de concepts. En outre, j’ai soutenu qu’il fallait considérer l’objet comme une unité de connaissance (op.cit.).
Le concept a toujours été considéré comme un élément central de la théorie terminologique. Les fondateurs de la science de la terminologie travaillaient avec des concepts, mais d’autres chercheurs, comme l’Islandais Finnbogason (Jónsson 2007), ont également suivi cette ligne de pensée. Wüster a fondé son idée sur Aristote, en adoptant l’approche de l’abstraction, et a défini le concept comme une unité de pensée (Denkelement). D’autres, notamment Dahlberg (1976), ont critiqué cette conception et ont défendu l’idée de considérer le concept comme une unité de connaissance, selon une approche fondée sur la logique des prédicats. Les recherches sur la nature du concept se sont intensifiées à partir de la fin des années 1980. Il convient de mentionner tout particulièrement les travaux d’Oeser (1988), d’Ozeki (1987), de Weissenhofer (1995), d’Ahmad (1996), de Pilke (2000), de Picht (2004), entre autres. Les questions centrales portaient sur le cycle de vie des concepts, les classifications des types de concepts, les différentes manières de former les concepts, les types de concepts en lien avec les différents domaines de spécialité, etc. Les deux derniers points sont particulièrement intéressants. La formation des concepts ne se fait pas uniquement par abstraction, mais aussi par construction de concepts, généralement à partir d’objets de pensée, construction qui s’effectue par la discussion et le consensus, ce qui est très différent de l’abstraction. Nombre de ces constructions conceptuelles se rencontrent dans des domaines tels que le droit, l’économie, les sciences sociales et la théologie (Picht 1998: 118f; 2010: 21).
La littérature russe présente généralement une conception différente du concept. On distingue le concept de la notion: le concept s’exprime sous la forme d’un terme et relève du domaine des sciences et des techniques, tandis que les notions
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are denoted in words and belong to everyday language (Grinev 2004b: 55). However, in practice this distinction may be difficult since concepts and notions are dynamic units and depend on cognitive processes.
Formes de représentation des objets et des concepts
Jusqu’aux années 1990 environ, il était généralement admis, notamment dans les normes ISO et d’autres normes, que les objets et les concepts s’expriment sous forme de noms ou de termes. Il n’est pas surprenant que le signe linguistique, en tant que forme de représentation, ait dominé les activités de recherche dans ce sous-domaine de la théorie terminologique. On peut toutefois relever des différences en comparant les évolutions dans les pays de l’Est et de l’Ouest.
Par exemple, à la lecture de la littérature russe, il est frappant de constater que le concept de « terme » est très tôt devenu un enjeu central de la recherche, en raison de l’implication précoce de linguistes renommés dans les langues de spécialité (LSP) et la terminologie. Alexeeva (2004: 62–78) propose une vue d’ensemble complète et critique des différentes phases de développement, des approches et modèles anciens et modernes. Pour désigner le signe linguistique qui renvoie à un concept, les chercheurs russes distinguent plusieurs types de termes selon leur statut; ainsi, Grinev (2004b: 56) distingue les noms, les prototermes, les terminoïdes, les prétermes, les quasi-termes et les termes. Cette différenciation reflète les approches diachroniques et sociolinguistiques et contribue à un examen plus approfondi de la « terminicité », c’est-à-dire du statut d’un signe linguistique représentant un objet et un concept dans la communication professionnelle.
Cette distinction est à peine abordée dans les travaux théoriques occidentaux, où un terme désigne un concept sans autre distinction. Bien entendu, la question de la « terminicité » est abordée, mais on n’y observe pas de classification claire des termes selon leur statut.
Les objets de recherche courants comprennent des questions telles que
• le terme en tant qu’objet de cognition,
• la transparence d’un terme,
• la motivation du terme,
• la formation des termes,
• les exigences applicables aux termes,
• l’autonomie du terme.
Dans les années 1990, l’approche purement linguistique des formes de représentation des concepts et des objets a été remise en question et jugée trop étroite, puisque
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plusieurs autres représentations, pas nécessairement linguistiques, apparaissent dans les textes spécialisés (Galinski, Picht 1997). L’approche sémiotique a été développée davantage et peut être résumée dans le modèle suivant (Laurén et al. 2008: 106). Les normes terminologiques fondamentales ont également adopté cette approche élargie en introduisant le concept de « désignation », défini comme une « représentation d’un concept par un signe qui le dénote » (ISO 1087-1:2000).
Figure 2: Formes de représentation de l’objet et du concept
Ordonnancement des connaissances
L’idée d’ordonner les concepts en systèmes était déjà mise en pratique par Schlomann, comme indiqué plus haut, et est très tôt devenue un élément clé de la théorie terminologique. Pendant longtemps, la recherche dans ce domaine s’en est tenue aux formes classiques de systèmes conceptuels régis par des relations logiques et ontologiques. Ni la nécessité de l’ordonnancement des connaissances dans les systèmes conceptuels ni les relations fondamentales n’ont jamais été remises en question. Toutefois, une recherche plus approfondie sur les différents types de relations, en particulier les relations ontologiques, s’est avérée nécessaire.
Nuopponen (1994) a apporté une contribution remarquable à l’étude des types de relations et des systèmes conceptuels. Son point
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Figure 3: Modèle de Wright des ressources de représentation des connaissances
Sue Ellen Wright (2009: 12)
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de départ était l’œuvre de Wüster, en particulier sa partie non publiée. Elle a présenté une différenciation détaillée des relations logiques et ontologiques, ainsi qu’une forme plus souple de systèmes conceptuels, le « système satellitaire ».
Wright a présenté en 2007 un élargissement considérable du sujet (2007: 157ff; 2009: 10ff). Son approche peut être caractérisée par les mots-clés suivants: ressources de représentation des connaissances, systèmes d’organisation des connaissances, systèmes conceptuels, ontologies, classifications et thésaurus, ainsi que Web sémantique. Son modèle suivant donne une idée de la complexité (voir Fig. 3).
Sans aucun doute, l’idée d’ordonner les connaissances, déjà présentée par les fondateurs de la terminologie, a évolué de systèmes conceptuels relativement simples vers des modèles très complexes dans lesquels sont intégrés des éléments centraux d’autres disciplines.
Terminographie
Les racines historiques de la terminographie — un concept relativement récent — remontent à la lexicographie. Cependant, la représentation et la prolifération des terminologies sous la forme de dictionnaires traditionnels ont déjà modifié certaines approches lexicographiques fondamentales, par exemple par l’introduction de représentations systématiques des concepts et de définitions. Il convient de mentionner à nouveau ici les travaux de Schlomann, mais aussi le vocabulaire de l’IEC (1938) et les Machine Tools de Wüster (1968).
Aujourd’hui, la terminographie est définie comme la « partie du travail terminologique qui concerne l’enregistrement et la présentation des données terminologiques » (ISO 1087-1:2000).
La version antérieure de cette norme incluait le concept de « traitement », aujourd’hui intégré au travail terminologique sur les concepts. Cela signifie que la collecte des données terminologiques et l’analyse terminologique, en tant qu’activités purement intellectuelles, sont séparées de la terminographie proprement dite.
L’avènement du traitement électronique des données et son potentiel ont considérablement modifié l’approche de la représentation, de la prolifération et de l’application des données terminologiques. Selon moi, trois obstacles inhérents à la terminographie traditionnelle pourraient être surmontés:
• limitation de l’espace disponible pour la représentation des connaissances,
• actualisation et échange immédiats des données terminologiques,
• application des données terminologiques à une variété de systèmes fondés sur les connaissances.
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D’importants travaux de recherche ont dû être menés afin d’isoler les éléments de données terminologiques et leurs catégories, leur pertinence pour différentes applications, ainsi que leur mise en œuvre dans des dispositifs et des systèmes de gestion terminologique. Parmi les domaines relevant des recherches continues et des travaux pratiques en terminologie appliquée, il convient de mentionner la localisation (Reineke, Schmitz 2005).
En outre, les avancées de la terminologie théorique ont dû, et doivent encore, être intégrées de façon continue afin d’éviter toute incongruité entre terminologie théorique et terminologie appliquée.
ENSEIGNEMENT ET FORMATION EN TERMINOLOGIE
Toute discipline universitaire a fondamentalement pour obligations la recherche et l’enseignement, ainsi que la coordination de ces deux éléments. Comme le développement des fondements théoriques de la terminologie a suivi en Russie une trajectoire différente de celle des pays occidentaux, l’évolution de l’enseignement de la terminologie — du moins pendant les quarante premières années — a emprunté des voies différentes.
En Russie, les premiers supports et manuels pédagogiques ont été élaborés à partir des années 1950 (Terpigorev 1952, Lotte 1961, Grinev 1993), et des activités d’enseignement correspondantes ont eu lieu dans diverses universités de l’ancienne Union soviétique.
Dans les pays occidentaux, le premier enseignement des fondements théoriques de la terminologie a été dispensé par Wüster à Vienne en 1972. Ses cours, qui constituent un fragment d’un ouvrage beaucoup plus vaste, projeté mais inachevé, ont été publiés en 1979, deux ans après sa mort en 1977, sous le titre Einführung in die Allgemeine Terminologielehre und Terminologische Lexikographie.
L’introduction des études de LSP dans les années 1960 et 1970, ainsi que les composantes terminologiques évidentes de ces études, ont révélé la nécessité d’élaborer des supports pédagogiques en terminologie et des manuels complets. Ce n’est que dans les années 1980 que furent publiés les premiers manuels fondés sur la recherche, notamment ceux d’Arntz/Picht 1983, Felber 1984 et Felber/Budin 1989. Ce démarrage relativement tardif s’explique par le fait que la communauté de recherche en terminologie était alors encore assez restreinte et jeune, à quelques chercheurs chevronnés près. Bien que plusieurs services de terminologie aient été créés dans les années 1960 et 1970 (Bundessprachenamt, Siemens) et que les organismes nationaux et internationaux de normalisation aient publié les premières normes relatives aux principes terminologiques, le fait ne peut être négligé
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que de nombreux terminologues étaient autodidactes, proches sur le plan théorique de la lexicographie traditionnelle et peu familiarisés avec les fondements théoriques disponibles à la fin des années 1970.
Ce panorama a complètement changé. Aujourd’hui, la terminologie est enseignée à différents niveaux et dans divers contextes. Des supports pédagogiques et des manuels adaptés et axés sur des objectifs précis ont été élaborés. Les formes d’enseignement vont des cours d’initiation et de spécialisation destinés à différents groupes d’utilisateurs aux modules approfondis répartis sur plusieurs semestres, généralement intégrés à des cursus universitaires tels que les études de traduction et de communication en LSP. L’École d’été de terminologie proposée par TermNet en coopération avec des universités, les formations à la Fachhochschule Köln et à l’Université de Vienne, ainsi que les études de master nordiques en terminologie, peuvent servir d’exemples.
En bref, nous pouvons affirmer que la terminologie est devenue une discipline universitaire à part entière.
NORMALISATION ET PLANIFICATION DES LANGUES DE SPÉCIALITÉ
Le lien étroit entre la normalisation et la terminologie s’inscrit dans une longue tradition. Il remonte à une époque antérieure même aux fondateurs de la terminologie. Cependant, très tôt, ceux-ci ont reconnu la nécessité d’intervenir de manière contrôlée dans la gestion des terminologies et leur développement. Drezen a souligné la nature dynamique de la normalisation, et Wüster a introduit, dans les années 1930, l’idée d’élaborer des lignes directrices pour les travaux terminologiques pratiques. La création de l’ISO/TC 37 en est une preuve. Bien que la Seconde Guerre mondiale ait interrompu cette évolution, l’idée fondamentale a survécu et, après la guerre, l’ISO/TC 37 a poursuivi ses travaux initiaux. Sans pouvoir, dans ce contexte, entrer dans le détail de son évolution ultérieure, on peut affirmer que le champ d’activité du TC 37 s’est considérablement élargi. Une simple comparaison entre le nombre et les sujets des premières recommandations et normes en vigueur en 1972 et l’éventail thématique actuel des normes et projets à différents stades d’élaboration révèle, d’une part, l’intérêt pour la normalisation des questions méthodologiques en terminologie et la nécessité de celle-ci et, d’autre part, l’application pratique de ces normes. En d’autres termes, la normalisation s’est développée comme un moyen de planification des langues de spécialité dans les domaines du savoir susceptibles d’être normalisés et englobe non seulement le corpus, mais aussi le statut — pour reprendre la terminologie d’Einar Haugen.
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Toute planification linguistique, et en particulier la planification des langues de spécialité, a toujours été marquée par le prescriptivisme, traditionnellement considéré comme l’opposé du descriptivisme. Cette dichotomie, comme beaucoup d’autres, constitue toutefois une simplification; en tout état de cause, elle ne reflète pas la réalité de la planification des langues de spécialité. Afin de mieux cerner les faits en matière de planification des langues de spécialité et de la terminologie, le modèle suivant peut illustrer, d’une part, la gamme des degrés proposés entre les pôles extrêmes de la dichotomie et, d’autre part, les facteurs importants qui influencent toute intervention sur une langue.
Figure 4: Degrés entre description et prescription
(Picht 2004: 197)
Les deux lignes verticales représentent la relation entre synchronie et diachronie: des descriptions synchroniques successives sur un axe temporel constituent une diachronie. La ligne de gauche indique une évolution graduelle, tandis que celle de droite doit être interprétée comme représentant des intervalles, car une terminologie prescrite est fixée pour une durée déterminée et son évolution devient visible par petits bonds, conformément au concept de normalisation dynamique de Drezen.
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La ligne horizontale représente le passage d’une évolution libre de la langue à une évolution linguistique et terminologique entièrement contrôlée. Les sept degrés indiqués ne sont que des exemples; entre les deux pôles, d’autres degrés de prescription peuvent exister selon l’objectif du cas de prescription considéré.
Au centre du modèle, j’ai placé les trois facteurs sociolinguistiques et indiqué leur influence graduelle sur les différents degrés de prescription.
La planification linguistique en général est un domaine d’étude assez ancien, du moins dans les pays nordiques et plusieurs autres pays occidentaux où les langues sont moins utilisées ou où vivent des minorités linguistiques, comme la Norvège et les Catalans. Bon nombre des théories de la planification linguistique ont été assez vagues ou influencées par l’idéologie. Cependant, au cours des dix dernières années, on observe un intérêt et une activité croissants en faveur de la préservation et du développement de la langue nationale ou de la langue maternelle, respectivement, notamment pour se défendre contre l’influence grandissante de l’anglais, perceptible dans les langues de spécialité de nombreux domaines et justifiée par l’internationalisation et la mondialisation. Afin de consolider le domaine de la planification linguistique — y compris celle des langues de spécialité —, un nombre croissant de travaux théoriques a été publié (p. ex. Laurén et al. 2008: 139–195).
CONCLUSIONS
Compte tenu des informations et remarques relativement limitées et souvent fragmentaires sur l’évolution historique de la science de la terminologie que j’ai pu présenter en moins d’une heure — une description approfondie nécessiterait au moins un livre —, je suis convaincu qu’on peut aujourd’hui affirmer que:
L’avènement de la science de la terminologie est la conséquence logique de la reconnaissance de graves lacunes dans la communication professionnelle.
La science de la terminologie s’est développée à partir de problèmes pratiques, tels que l’élaboration de lignes directrices et de recommandations visant à remédier aux lacunes de communication, en passant par des phases de théorisation et de mise à l’épreuve intensifiées, pour devenir une science à part entière.
Aujourd’hui, la science de la terminologie satisfait à toutes les exigences d’une science en ce qui concerne ses fondements théoriques, la diversité de ses applications, l’activité de sa communauté de recherche, le développement de l’enseignement et de la formation aux niveaux universitaire et pratique, ainsi que l’ampleur de ses activités éditoriales.
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La science de la terminologie jouit d’un statut métascientifique parmi toutes les autres sciences, puisque la terminologie est une condition préalable à toute forme de création et de communication des connaissances, d’organisation des connaissances, d’échange des connaissances et de diffusion des connaissances.
La science de la terminologie ne se limite pas à une science particulière ni à un groupe de sciences, mais elle sert toutes les sciences, bien que certaines approches théoriques doivent être adaptées à la nature des différentes sciences.
Peut-être pensez-vous que cette évaluation est trop positive et qu’il reste encore beaucoup à faire. C’est tout à fait vrai: il reste encore beaucoup à faire, mais cela vaut pour toutes les sciences, car les théories, les approches et les applications ont leur cycle de vie, jusqu’à ce que de nouvelles découvertes les modifient ou les remplacent. Le cas de la science de la terminologie n’est pas différent; il existe un fondement théorique de base qui n’exclut ni variantes ni autres opinions, mais ces variantes et autres opinions ne remettent pas en cause la reconnaissance de la terminologie comme science à part entière — bien au contraire.
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TERMINOLOGIJOS MOKSLAS: ISTORIJA IR RAIDA
Straipsnis pradedamas istorinių terminologijos mokslo formavimosi aplinkybių apžvalga, kurioje aptariami Wirtschaftslinguistik judėjimas ir terminologijos pradininkų – E. Wüsterio, E. Drezeno ir D. Lotte’s – darbai. Išskiriama keletas teorinių terminologijos mokslo pagrindų raidos etapų, kuriuos parodo L. Hoffmanno ir H. Kalyverkämerio modeliai. Keliami klausimai, ar terminologija yra atskira disciplina ir ar galima kalbėti apie terminologijos mokyklas. Apžvelgiamos žinių sritys, turėjusios įtakos terminologijos teorijos raidai, t.y. objektas ir sąvoka, objektų ir sąvokų vaizdavimo formos, žinių tvarkyba ir terminografija. Kalbama apie terminologijos mokymą, terminijos standartizavimą, specialiosios kalbos ir terminologijos planavimą, aptariamas deskriptyvinis ir preskriptyvinis požiūris į terminologiją ir jos planavimą. Kaip išvados formuluojami penki teiginiai apie terminologijos teorijos bei jos taikymo raidą ir dabartinę padėtį.