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ŽODŽIŲ FORMOS IR JŲ VARTOSENA
LIETUVOS TSR MOKSLŲ AKADEMIJA
A. VALECKIENĖ
FORME DE GENRE NEUTRE TAI ET SES RAPPORTS AVEC LES AUTRES FORMES PRONOMINALES
001. Les formes de genre neutre n’existent que pour certains pronoms, cf.: tas, ta, tai, tat(ai); šitas, šità, šita, šitai; visas, visà, visa; kitas, kità, kita, etc. Parmi toutes les formes pronominales de genre neutre, la plus largement employée est tai. Sa variante tat(ai) est rare. Les formes de genre neutre des autres pronoms sont également moins fréquentes que tai. Cet article vise à dégager la signification générale (invariante) de la forme de genre neutre tai (tatai) et à montrer les rapports de cette forme avec tas, ta ainsi qu’avec les formes d’autres pronoms. La forme tai est largement employée aussi comme particule ou conjonction, outre sa valeur pronominale. Ces dernières fonctions de tai ne seront pas examinées ici spécifiquement, mais il faudra, dans certains cas, distinguer les fonctions de la forme pronominale tai de celles de la particule tai.
002. On ne peut saisir la signification d’une forme donnée que dans le microsystème (sous-système) linguistique où cette forme fonctionne. Il importe de faire abstraction des significations contextuelles et des éléments lexicaux de cette forme, et de dégager uniquement la signification générale dont dispose la forme étudiée dans ses rapports avec les autres formes minimales indispensables de ce système.
Pour saisir la signification générale de la forme tai et ses rapports avec les formes tas, ta, il nous faut d’abord dégager les systèmes (sous-systèmes) dans lesquels ces formes fonctionnent. Il faut dire d’emblée que les formes masculines et féminines tas, ta sont employées dans des contextes bien plus nombreux que la forme de genre neutre tai. On exposera donc d’abord ici les sous-systèmes de fonctionnement des formes tas, ta, puis on indiquera dans quels sous-systèmes de ces formes tas, ta entre la forme tai et dans lesquels elle n’entre pas.
Sous-systèmes des formes tas, ta
003. En général, lorsqu’on traite des fonctions des pronoms démonstratifs, on se réfère à K. Brugmann. K. Brugmann fut le premier à distinguer, dans les langues indo-européennes, les principales fonctions des pronoms démonstratifs: la fonction déictique (au sens étroit) et la fonction anaphorique1. Les formes déictiques sont celles qui désignent avec insistance un objet connu, en le situant par rapport au locuteur (plus ou moins éloigné de celui-ci). Les formes anaphoriques
1 Outre la fonction déictique au sens étroit, K. Brugmann employait également ce terme au sens large. Il s’agit de la valeur générale de référence que possèdent tous les pronoms démonstratifs. Selon la nature de la deixis générale, il a classé tous les pronoms démonstratifs indo-européens en quatre types. Voir K. Brugmann, Die Demonstrativpronomina der idg. Sprachen, Leipzig, 1904, « Abhandlungen der Philologisch-historischen Klasse der Königlich Sächsischen Gesellschaft der Wissenschaften », Bd. XXII, Nr. VI.
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Les formes indiquent un objet mentionné plus haut ou évoqué juste après la forme en question, sans le mettre particulièrement en relief. K. Brugmann a notamment souligné la mise en relief qui accompagne la désignation des objets au moyen de formes déictiques. Selon K. Brugmann, une forme déictique est comme un geste; elle est souvent accompagnée d’un geste. Les formes anaphoriques ne comportent pas une telle mise en relief.
En examinant les fonctions mises en évidence par K. Brugmann, J. Kurylowicz a défini avec beaucoup de justesse la différence entre les formes déictiques et anaphoriques: les formes déictiques désignent précisément des objets connus, tandis que les formes anaphoriques désignent des mots (du contexte)2. C’est pourquoi l’anaphore est parfois aussi appelée deixis relative3.
004. En lituanien, on peut également distinguer ces deux fonctions des pronoms démonstratifs: déictique et anaphorique. Cependant, en se fondant uniquement sur la sémantique, il est souvent difficile d’attribuer à une forme pronominale l’une ou l’autre fonction, c’est-à-dire de déterminer si cette forme désigne un objet en le mettant particulièrement en relief, ou sans une telle mise en relief. C’est pourquoi, dans cet article, les différences fonctionnelles des formes tas, ta seront établies non seulement à partir de leur sens, mais surtout de leur position dans la phrase et de leurs propriétés paradigmatiques, c’est-à-dire de la manière dont elles entretiennent des rapports avec les autres formes du même sous-système. Les propriétés paradigmatiques des formes tas, ta permettent de distinguer deux principaux sous-systèmes d’emploi.
1) Les formes Tas, ta entretiennent des rapports avec les formes šitas, -a; šis, ši; anas, -a. (Il existe d’autres formes, mais celles qui viennent d’être mentionnées constituent les formes minimales de ce sous-système.) Toutes les formes indiquées occupent la même position dépendant d’un nom, c’est-à-dire qu’elles sont employées comme des adjectifs. Elles ont une fonction déictique. En général, ces formes désignent avec insistance un objet connu, en le distinguant des autres. Elles se distinguent entre elles par des nuances lexicales qui dépendent de l’éloignement de l’objet désigné par rapport au locuteur dans l’espace et dans le temps. Les formes Tas, ta sont les plus neutres: elles désignent un objet connu situé à une distance plus ou moins grande du locuteur, tandis que šis, ši; šitas, -a désigne l’objet le plus proche et anas, -a l’objet connu le plus éloigné du locuteur. L’objet peut être connu grâce au contexte précédent (il peut même avoir déjà été mentionné) ou être désigné après le pronom. Par exemple:
L’un disait: — C’est sa maladie, comme ma santé! Un autre: — Ta femme n’était pas aussi faible, même en mourant, que la mienne ne l’est devenue en guérissant. Petras… entendit ces plaisanteries. ŽemR I 185. — Tu peux bien t’en aller, si ce vieux noiraud te convient tant! — marmonnait Marce… Vous ne me chasserez pas à cause de ce bon à rien (il est question de Kurmelis). ŽemR I 173. Il était une fois une boîte d’allumettes; ces allumettes étaient très fières de leurs origines. BalčAP 201. Petras sortit de la forêt et prit directement à travers les souches, dans la direction où résonnaient les pièces de fer. ŽemR I 178. La maîtresse de maison était déjà reçue par la dame elle-même. C’était la bonne vieille Karolienė, veuve bigote, célibataire endurcie, que tout le monde appelait Dėdienė. VaižgP I 140.
Cf.:
La défunte mère avait l’habitude de porter un manteau, et je voyais les pommes de terre, comme le chat la souris. Mais cette maîtresse de maison à toi (la jeune épouse) — ce n’est pourtant pas elle qui tient debout! ŽemR I 186. Vraiment, ce jour-là, où le grand-père était sorti pour la dernière fois, est encore si clairement gravé dans sa mémoire, comme si c’était hier. SimonR IV 16.
Les pronoms mentionnés ont la même valeur démonstrative (déictique) accentuée et occupent la même position adjectivale même lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un nom, celui-ci étant alors implicite dans le contexte. Cf.:
2 Е. Курилович, Очерки по лингвистике, Москва, 1962, p. 204.
3 E. Kržižkova, Remarques sur le système des pronoms démonstratifs dans les langues littéraires slaves modernes, Linguistique russe et slave, Moscou, 1972, p. 144.
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… le fils du marchand parcourt le monde et raconte des histoires, mais elles ne sont plus aussi joyeuses que celle des allumettes (= comme cette histoire des allumettes). BalčAP 203.
Les formes déictiques tas, ta; šis, ši; šitas, -a; anas, -a entretiennent entre elles des relations de variantes sémantiques au sein d’un certain système. Tas, ta sont les formes primaires — ce sont les plus largement employées et les plus neutres du point de vue du sens. Šitas, -a, šis, ši; anas, -a sont secondaires, d’emploi plus restreint et dotées de sens spécifiquement définis⁴. Tas, ta ne peuvent, dans ce cas, être opposées aux formes jis, ji, qui occupent une autre position (celle du substantif). Dans un certain contexte, les formes tas, ta peuvent remplacer les formes šis, ši, šitas, -a ou anas, -a, mais en aucun cas celles de jis, ji. Ces dernières formes peuvent se substituer uniquement à l’ensemble formé par un substantif et les formes tas, ta. Cf.:
Tu peux bien partir toute seule, si ce vieux décrépit, tout noir, te convient ainsi (= ce vieux, celui-ci)! mais:
Il était une fois une boîte d’allumettes; ces allumettes (= elles) étaient très fières de leurs origines.
En dehors de leur fonction déictique (indication explicite avec une nuance de mise en relief), les formes adjectivales tas, ta s’emploient comme les articles dans d’autres langues. Dans ces emplois, leur valeur indicative est estompée et elles ne sont donc pas indispensables; elles se caractérisent par une nette nuance d’insistance et peuvent souvent être omises (en particulier lorsqu’interviennent d’autres traits de ce qu’on appelle la structuration informationnelle — intonation emphatique, ordre des mots approprié, mise en avant de certains mots, etc.). En lituanien, elles remplissent aujourd’hui, pourrait-on dire, une fonction stylistique⁵.
— Où a disparu, notre Petras? ŽemR I 206. Et cette poulette d’eau, — ou plutôt cette petite grenouille, — pataugeant dans la mare, piaille: « Tu finiras chauve! tu finiras chauve! » Enfin, ce charançon, petit insecte, s’étant glissé dans l’oreille, bourdonne: « Frère, petit frère! Tu voulais un rouble, un rouble! » ŽemR I 200.
Le pronom šitas, -a s’emploie aussi avec la même fonction, par exemple:
Presque ivre, il traîne les pieds, pieds nus, en reculant sur le banc, et heurte son père assis. Celui-ci s’écrie aussitôt: — Te revoilà, que le diable t’emporte! On n’a plus de vie avec ces enfants. BaltPV I 13.
4 Sur les formes primaires et secondaires, voir J. Kurylowicz, The Inflectional Categories of Indo-European, Heidelberg, 1964, p. 15.
5 A. Valeckienė, Lietuvių kalbos įvardžiai ir jų reikšmės, LKK VI, Vilnius, 1963, p. 41, 42; D. Lukšys, Savotiška įvardžio tas vartosena, „Kalbos kultūra“, Vilnius, 1964, 7, p. 47.
L’affirmation d’A. Rosin (« Kalbotyra », XXIV (1)) selon laquelle il existe en lituanien des articles issus de pronoms démonstratifs, comme dans les autres langues indo-européennes, est contestable. Dans la catégorie de l’article défini, qu’il examine plus en détail, il range les pronoms démonstratifs même dans les cas où ils conservent encore une valeur indicative (déictique) explicite — ils désignent des objets mentionnés auparavant; cf. les exemples qu’il donne: Pons parsivežė paukštį iš usenio (= užsienio)… ūkinėdys pasakė: „Vyrai, kas tą paukštį pavogs,… užplaks bus!“ …eme kilika… biladams… Tas kilikas naujas te(tamentas e)ti mana… (Mž 26–27). …klau(f)ikem… ape ubaga Lažari…. teipo ir apie fchi Lažari kalbedami… turim daboti/fi… Ifch tie fos (kon)te Loza-rio giwenimas… pawargens buwa… (BP II 189). Thie ifch wieno wi(f)adai fteng(e)fi prie(ch f)chi Kri(f)tu (BP I 108). Panna tureio funu… Tą funu žmones Emmanuel wadina (KN I 138), entre autres.
Même dans les langues qui possèdent réellement des articles (par exemple l’allemand), les pronoms correspondants, et non les articles, peuvent être employés dans ces cas, comme en lituanien; cf.:
1) Pourquoi dis-tu que le Fils de l’homme doit être élevé? Qui donc est ce Fils de l’homme? (Jn 12, 34) — Und wie sage(n) denn / Des men(s)chen Son mus erhohet werden. Wer ift die ser menschen Son (Biblia… Deudsch Auff(s) new zugericht von D. M. Luth. Wittemberg, 1549), 2) David avait prévu tout cela et parlait de la résurrection du Messie… Dieu a ressuscité ce Jésus (Ac 2, 32) — Die fen Jhefum hat Gott auferweckt (ibid.).
Les pronoms lituaniens tas, ta, šitas, -a et autres, employés avec une valeur déictique affaiblie, ne font que se rapprocher des articles d’autres langues et leur ressembler quelque peu; ils ne sont nullement des articles comparables à ceux des langues germaniques (allemand, anglais, etc.). Quant aux exemples où le pronom conserve une valeur déictique explicite, ils ne relèvent absolument pas de cette fonction d’« article ».
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Ces pronoms ne se distinguent plus nettement entre eux, même du point de vue sémantique. Dans la langue littéraire, on rencontre plus souvent tas, ta, comme formes plus neutres. Les formes à valeur emphatique mentionnées plus haut n’ont pas non plus de rapport avec le pronom jis, ji.
2) Les formes Tas, ta s’emploient en position de nom et sont avant tout en relation avec les formes nominales jis, ji, ainsi qu’avec les formes šis, ši, šitas, -a; anas, -a, etc., employées elles aussi comme des noms6. Toutes ces formes ont une valeur anaphorique. En position de nom, elles renvoient généralement à un objet connu mentionné plus haut, sans le mettre particulièrement en relief, et remplacent ainsi les noms employés précédemment. Ces formes sont de purs substituts nominaux.
Tout l’argent revint à son fils, et celui-ci se mit à vivre joyeusement. BalčAP 199. Žolys faisait la conversation à Marcelė qui portait le bagage; celle-ci, la tête baissée, regardant de biais, avançait péniblement. ŽemR I 172. Il ne vient pas à bout des pissenlits et des lactaires délicieux (bolets à tête brune): ceux-ci se sont dispersés dans toute la clairière. ŽemR I 177. Et la princesse lui offrit une épée ornée de pièces d’or, qui lui furent très utiles. BalčAP 201.
Cf.:
Madame Gaidienė est assise entre Vilius et Martynas. Elle est belle et joyeuse. Elle parle à Vilius, mais celui-ci ne répond pas. SimonR IV 359. — Tu y vas peut-être aussi, toi, avec nous (à la garde de nuit)? — On ne m’emmène pas. Jonas, lui, y allait, mais celui-ci (=Petras) n’y va pas. BaltPV 100. Du reste, ces deux-là (=Lepukas et Ferdukas) étaient des gens comme les autres, des demi-intellectuels. VaižgP I 56.
Ces formes se distinguent entre elles par des nuances lexicales et constituent des variantes sémantiques. Dans ce sous-système, les formes premières ne sont pas tas, ta, mais jis, ji: ce sont les plus fréquemment employées et elles sont entièrement neutres du point de vue du sens. Tas, ta et toutes les autres formes mentionnées ici sont secondaires; elles sont moins fréquentes et comportent des nuances lexicales supplémentaires. Tas, ta se distingue de šitas, -a; šis, ši, d’une part, et de anas, -a, d’autre part, essentiellement de la même manière que les formes correspondantes à valeur déictique mentionnées plus haut dans le premier sous-système: selon l’éloignement de l’objet désigné par rapport au locuteur. Toutefois, dans ce sous-système, le système ternaire des pronoms considérés est déjà très affaibli. Employés comme anaphoriques, sans mise en relief particulière, en position de nom, ces pronoms perdent souvent leurs nuances lexicales et tombent en désuétude. Comme anaphorique, anas, -a est désormais très rare, et šitas, -a n’est pas fréquent non plus. Par rapport à ce dernier, la variante šis, ši est un peu plus fréquente, mais elle peut elle aussi souvent être remplacée par les formes plus neutres tas, ta⁶.
Cf.:
Sans même enlever ses galoches ni déposer sa gerbe dégoulinante, il sortit de sa poitrine une feuille de papier humide et la tendit à Gintautas. Celui-ci (=tas) la saisit avidement des mains raidies du visiteur. VaižgP I 127. Je fouettais les chevaux de toutes mes forces, et ceux-ci (=tie) se mirent à galoper… PaukštAK 67.
Šis, ši se maintiennent généralement lorsqu’il existe une opposition claire entre l’objet désigné comme proche et celui désigné comme éloigné, ou lorsque šis, ši apparaît à côté de tas, ta dans la même phrase. Cf.:
Habituée à ses petites cours étroites, celle-ci ne ressemblait même pas à une cour, mais à un champ ouvert, sans clôture. VaižgRR I 117. Les enfants riaient tout bas. Ils se mirent à courir du jardin vers la maison. Le plus grand, plus rapide, laissa les petits derrière lui; ceux-ci le poursuivirent en pleurant, et celui-là, se retournant, lui décocha un coup dans le dos. ŽemR II 323–324.
6 Pour les autres formes, voir plus en détail A. Valeckienė, Anaforiniai įvardžiai — daiktavardžių variantai, « Baltistica », VII(2), 1971, p. 139 sq.
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D’autre part, la variante la plus neutre dans son emploi est jis, ji, qui observe toutes les formes mentionnées plus haut dans ce sous-système, y compris tas, ta. Ce dernier pronom s’emploie, pourrait-on dire, sans restriction (surtout dans le style neutre de la langue littéraire). Jis, ji peut souvent remplacer les formes tas, ta, mais l’inverse est plus rare. Les formes Tas, ta ne peuvent souvent pas remplacer les formes jis, ji, principalement parce que, outre la fonction anaphorique (qui est la seule des formes jis, ji), tas, ta a aussi d’autres fonctions. Cf.:
1) Tuo jis tarytum norėjo pabrėžti, kad jo veikalo negalima be išlygų priskirti romano, epopėjos, prozinės poemos ar kuriam kitam žanrui. VaižgP I 12. 2) Užgęsta ir Piliečių akys, palaidojusios saulės viltį. Belieka jam atminimui varvuliu žvakės nuo stogo… VaižgP I 43. 3) Darbas — džiaugsmas ir sveikatos versmė, darbas žmogų išaukština ir sutaurina, lyg sakyte sako rašytojas. Ir čia negalima su juo nesutikti. VaižgP I 25.
Dans la première phrase, si l’on remplace jo par to (veikalo), la position et la fonction du pronom changent. En disant to veikalo, nous désignons précisément l’œuvre connue grâce au contexte précédent. En disant jo veikalo, nous désignons la personne connue grâce au contexte précédent, à laquelle appartient l’œuvre.
Dans la deuxième phrase, jam occupe la position d’un nom et remplit une fonction anaphorique. Il désigne une personne connue, mentionnée précédemment, qui est l’objet de l’action (belieka jam). Si l’on remplace jam par tam, ce dernier est aussitôt associé à atminimui (tam atminimui), c’est-à-dire qu’il prend une position d’adjectif et une fonction déictique. Il désigne un souvenir connu, mentionné précédemment.
Dans la troisième phrase, juo désigne l’écrivain (negalima su juo, c’est-à-dire avec l’écrivain, ne pas être d’accord). Si l’on remplace juo par tuo, la référence change essentiellement: negalima su tuo nesutikti signifie qu’on ne peut pas ne pas être d’accord avec le fait que l’œuvre est une source de joie et de santé.
Ces formes anaphoriques de « celui-ci, celle-ci » sont souvent employées lorsque plusieurs objets sont mentionnés dans la phrase; les formes « celui-là, celle-là » désignent généralement le dernier objet (la dernière personne) mentionné, cf.:
Il s’arrêta au marché et, tournoyant seul, tendait un fouet à quiconque; celui-ci, furieusement, frappait à coups de « tchac-tchac » celui qui se tenait près de lui, puis tournoyait autour du marché. Celui qui avait été frappé, ayant reçu le fouet, le passait à son tour à un autre, et celui qui se tenait à côté cinglait lui aussi de coups de « fsch-fsch ». ValPJ 51. Dans cette phrase, tas (« celui-ci ») se remplace difficilement par jis (« il »).
Lorsque le sujet de l’action mentionné précédemment est désigné, on emploie jis, ji, cf.:
À propos des autres hommes de plume du passé, Vaižgantas a dit, peut-être, bien des choses vraies, mais, en parlant de lui-même, il exagérait clairement. VaižgP I 30. Le vieillard n’avait pas l’habitude qu’on ne le respecte pas. BorMS 18. Mais Ule ne se souciait nullement des femmes qui s’étaient arrêtées, ni de leurs propos, et encore moins de tous les châtiments, ici-bas, sur terre, et là-bas, en enfer. En quoi était-elle coupable? Uniquement parce qu’elle était jeune, belle et joyeuse, tous les garçons la courtisaient, mais aucun ne voulait l’épouser, car elle n’avait ni dot ni trousseau. BorMS 24.
Ici, les formes jis, ji du pronom ne peuvent pas être remplacées par les formes tas, ta.
L’examen plus détaillé des différences entre jis, ji et les autres formes anaphoriques dépasse le cadre de notre sujet. Nous voulons seulement souligner ici que les nuances lexicales des pronoms anaphoriques sont souvent estompées et que, dans de nombreux cas, l’emploi de ces pronoms dépend de la structure de la phrase. Les cas de neutralisation sont particulièrement fréquents: dans un contexte donné, une forme en remplace une autre.
Il convient également de relever ici l’emploi spécifique, déterminé par la structure, des formes tas, ta comme mots corrélatifs dans une proposition subordonnée comportant des pronoms relatifs.
Qui gagne à bon marché dépense aussi à bon marché. Sln. Ce n’est pas celui qui frappe qui est fort, mais celui qui résiste. PP 213.
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Dans les phrases de ce type, les formes tas, ta sont expliquées par une proposition subordonnée. Ces formes peuvent apparaître aussi bien avant qu’après la proposition explicative. Dans de telles phrases, les formes tas, ta occupent la place des cas du nom (notamment avec le pronom kas), mais, leur emploi étant structurellement déterminé, ces formes ne peuvent, dans de tels cas, être remplacées par les formes jis, ji.
005. La forme de genre neutre tai fonctionne dans un domaine beaucoup plus restreint que les formes de genre correspondantes du même pronom, tas, ta. Elle n’appartient qu’au deuxième sous-système mentionné ci-dessus, c’est-à-dire qu’elle est toujours employée substantivement — elle occupe la place de certains cas du nom — et qu’elle a une valeur anaphorique. Cette forme renvoie à ce qui a été mentionné précédemment ou à ce qui est dit immédiatement après, sans mise en relief particulière.
La forme tai s’emploie le plus souvent à la position du nominatif du sujet et de l’accusatif de l’objet. Cf.:
Les Šimoniai ont toujours pris soin des opprimés: cela leur est naturel. SimonAŠL 24. La poétesse savait être jeune, avec tout l’abandon de la jeunesse, ses illusions et ses rires. Cela réussit rarement à quelqu’un. KubSNL 171. Un nuage de douleur passa sur tous les fronts au souvenir du père défunt. S’en étant aperçue, la mère dit… ŽemR I 154. … je n’ai pas le temps de descendre de cheval que le tatou est déjà enfoncé dans la terre. Ses griffes extraordinairement puissantes l’aident à faire cela. IvanPŽ 60. Ce qui frappa particulièrement Hans Cvi, c’est qu’il vit Kilgailis et Šarka, libres, parmi les croisés qui venaient d’arriver. VienPD, K 334.
Ainsi, par sa position et sa signification, la forme tai ne peut être associée qu’aux formes anaphoriques substantivales masculines et féminines (sous-système 2). Autrement dit, les trois formes anaphoriques sont tas, ta, tai, tandis que les formes déictiques (au sens étroit) ne sont que deux: tas, ta.
006. Les formes anaphoriques tas, ta, tai ont en commun une position et une fonction identiques (elles occupent la place des cas du nom). Toutefois, ces formes diffèrent beaucoup entre elles. La forme tai s’oppose conjointement aux formes masculine et féminine tas, ta. Elle diffère des formes tas, ta avant tout par la manière de désigner les choses et par ses antécédents. En outre, lorsqu’on oppose la forme tai aux formes tas, ta, elle s’oppose également, d’une manière ou d’une autre, aux variantes sémantiques et syntaxiques des formes tas, ta, et tout particulièrement à la variante principale de ce système, jis, ji. D’autre part, en s’intégrant au sous-système des pronoms anaphoriques mentionné ci-dessus, la forme tai fait aussi apparaître de nouveaux membres avec lesquels les formes tas, ta n’interagissent pas directement. Toutes ces différences seront examinées ci-après.
Valeur invariante de la forme tai (tatai⁷) et rapport avec les formes tas, ta
007. Tai et tas, ta forment avant tout une opposition sémantique. Elles s’opposent par la manière dont les objets sont désignés.
Les formes masculine et féminine tas, ta s’emploient pour désigner concrètement des choses connues déjà mentionnées. Le plus souvent, ces formes servent à désigner des personnes.
— Levuk! cria Baltaragis. Celui-ci se retourna et écouta. ŽemR II 62. Šlioks — šliokš éclaboussait d’eau les fillettes; une fois trempées, elles riaient ki-ki-ki, car celles-ci, habillées décemment comme pour un jour de fête, bruissaient. ValPJ 83.
7 La forme tatai a la même signification que la forme tai, mais la première est très rarement employée; voir le tableau 1. C’est pourquoi tatai ne sera plus mentionnée ci-après aux côtés de tai.
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Les formes tas, ta désignent également d’autres êtres vivants. Tas capt sugr obė lapei už uodegą, bet ta ištraukusi blyks pasirodė po stalu. ValPJ 55. Jis (Pranaitis) nieko neatsakė, tik perliejo botagu kumelę, kad ta net šuoliais leidosi keliu. Myk-PutS 19.
Les formes tas, ta désignent aussi des objets inanimés.
Les pissenlits et les lactaires délicieux [bolet à tête rousse] ne se maîtrisent plus: ils se sont dispersés dans tout le bois de bouleaux. ŽemR I 177. Tous portaient des chaussettes avec des chaussures, mais ne les mettaient que jusqu’à sortir de l’église. ValPJ 30. J’ai demandé: « Que danserez-vous? » Ils ont répondu: « La polka anglaise ». Pendant que je jouais cela, tout le monde s’est mis à danser… ValPJ 74.
Dans tous ces cas, lorsqu’un objet connu est désigné de manière précise, les antécédents des formes tas, ta (les mots qui désignent le même objet que le pronom) sont certains noms. Généralement, l’objet est d’abord nommé par un substantif, puis le pronom est employé pour désigner ce même objet. Ainsi, le pronom tas, ta remplace un substantif déterminé, comme jis, ji et les autres pronoms anaphoriques mentionnés plus haut.
Les formes du masculin et du féminin désignent les objets mentionnés de la même manière; elles ne diffèrent pas par la nature de la désignation. Les formes tas, ta ne diffèrent entre elles que par leurs antécédents. Elles s’accordent en genre et en nombre avec ceux-ci. Ainsi, si l’antécédent est au masculin singulier, la forme pronominale employée sera elle aussi au masculin singulier, etc.; cf.:
La jeune mariée demanda à son père: « Permets-tu à ta fille de partir? » Celui-ci répondit: « Je le permets ». Elle demanda à sa mère: « Le permets-tu? » Celle-ci répondit de nouveau: « Je le permets »… ValPJ 156. Et la princesse lui offrit une épée ornée de pièces d’or; celles-ci lui furent très utiles. BalčAP 201.
La différence entre les formes du masculin et du féminin est donc purement grammaticale, fondée sur l’accord de ces formes en genre et en nombre avec d’autres formes (les antécédents).
Lorsque les formes tas, ta sont employées comme mots corrélatifs dans une phrase complexe comportant des pronoms relatifs, leurs antécédents sont constitués par l’ensemble de la proposition subordonnée.
Celui qui médira de Rimšienė n’est pas encore né… ŽemR I 27. Qui ne voit pas le matin, qui ne construit rien, n’aura pas de place dans la troupe des nouveaux travailleurs. Kors(LKŽ V 363). Celui qui transporte est aussi celui qu’on frappe. JabIRR I 492. Celui qui a de bons ongles a aussi la gorge large. ŽemR I 203. Ce n’est pas celui qui a trouvé qui est parti le premier, mais celui qui a perdu. PP 212. Alors, homme, ne fuis pas… remercie celui qui t’a donné le feu et la chaleur. DonR 97. Seules celles qui n’ont pas honte d’être paresseuses devraient avoir honte. DonR 39. Moi, je suis avec ceux qui n’ont pas peur de naviguer, battus par les vagues. SNėrP I 223. Celui qui est parti chasser a abattu un renard. JV 1060. Celui qui est absent est coupable. Dkš.
L’antécédent est la proposition subordonnée; il peut précéder le pronom ou le suivre. Dans ces cas, les formes tas, ta désignent également un objet précis (mais non défini), généralement une personne, que caractérise la proposition subordonnée. Les formes tas, ta s’accordent avec les pronoms relatifs. Avec les formes tas du masculin singulier, on emploie le plus souvent les formes correspondantes de kas, plus rarement les formes du masculin singulier de kuris, katras (Tas dar negimė, kas (kuris, katras) Rimšienę apšne kės). Avec les formes du masculin pluriel (tie) et du féminin (ta, tos), on emploie généralement les formes de kuris, -i, katras, -a (kas étant plus rare dans ce cas), accordées en genre et en nombre avec les premières (Tie (ta, tos) dar negimė, kurie (kuri, kurios) Rimšienę apšne kės).
Dans de telles phrases, l’antécédent des formes tas, ta (la proposition subordonnée), ainsi que les formes tas, ta elles-mêmes, peuvent être remplacés par une forme substantivée (participe, adjectif) dérivée de
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du verbe de la proposition subordonnée (l’antécédent) et de son correspondant à cette position (la forme du prédicat). Cf.:
Celui qui (lequel) médira de Rimšienė n’est pas encore né ⇒ Celui qui médira de Rimšienė (celui-là) n’est pas encore né.
Dans la phrase transformée, la forme substantivée celui qui médira désigne la personne indiquée par la forme celui-là.
008. La forme de genre neutre tai s’emploie de manière générale et non spécifique pour désigner des phénomènes, des actions ou des choses.
Rapolas ne faisait absolument rien, mais cela lui était à lui-même indiciblement pénible et ennuyeux. VaizgRR I 127. L’un miaulait « miaou-miaou » comme un chat, l’autre criait « bê-bê » comme un veau… En entendant cela, je ne pus me retenir. ValPJ 67. Son caractère, son âme ne l’intéressaient nullement, car il n’en avait aucune idée. VienPD, K 158.
Contrairement aux formes tas, ta, dont l’antécédent est généralement un nom, l’antécédent de la forme tai est le plus souvent une phrase entière: un constituant de phrase, une phrase entière, plusieurs phrases, un paragraphe, etc. La forme tai indique ce qu’exprime la phrase entière. L’antécédent peut précéder ou suivre la forme tai.
En position préposée (avant la forme tai), l’antécédent est constitué de:
a) Un constituant de phrase coordonnée ou asyndétique, ou plusieurs constituants de ce type.
Il me parlait comme à un adulte, et cela me faisait très plaisir. VenclPU 436. À l’époque déjà, alors que je prenais des cours particuliers chez l’instituteur Butauskas, on m’avait proposé de jouer dans une pièce, ce qui était alors une grande rareté et un honneur. VenclPU 320. Et tes yeux se sont abîmés; tu es devenu un paresseux invétéré, à force de t’abandonner au sommeil: est-ce convenable pour quelqu’un d’aussi jeune? ŽemR I 69.
b) La proposition principale d’une phrase subordonnée.
… il faisait tous les travaux de la ferme avec tant d’aisance et de facilité, comme si c’était pour lui un véritable « plaisir », et non une corvée. VaizgP I 215. Ne fumer aucune sorte de tabac, car cela congestionne la poitrine. BaranR II 8.
c) La proposition subordonnée (dans ces cas, l’antécédent peut aussi suivre la forme tai, voir ci-dessous).
Ce que le vieux Vidmantas avait prédit en plaisantant après avoir bu de la bière se réalisa bientôt de façon inattendue. VaizgP I 67. Comment, quand et qui fut le premier à arriver en Lituanie, cela reste voilé par les brumes des âges reculés. VaizgP I 60. Bien que le travail en question n’ait pas réussi, le temps que j’ai passé avec notre linguiste n’a pas été perdu, sans même parler de cela. BūgRR I 190.
d) Un constituant quelconque ou plusieurs constituants dans une phrase de type mixte.
Il se souvint ici qu’on n’avait pas encore parlé de cette affaire à Darata elle-même, mais cela ne pouvait modifier les projets du forgeron. VenclR III 108. La région des zoologistes mentionnés (le Turkménistan) est depuis longtemps réputée être un foyer de paludisme et de leishmaniose, mais dans les districts où les chauves-souris sont nombreuses, ces maladies se manifestent beaucoup plus rarement; on pense que cela est dû aux chauves-souris, car elles débarrassent la région des moustiques et d’autres insectes qui transmettent ces maladies. IvanPŽ 32.
e) Une phrase isolée ou plusieurs phrases.
« Merci, merci, ma petite grand-mère, votre chanson est très belle! » En entendant cela, la vieille femme se mit à rire: hi-hi-hi. ValPJ 20. (Kazelis) Sais-tu, maman, ce que j’aimerais être?
8 Sur la signification de cela, cf. K. Ambrasas, Quelques propriétés sémantiques et morphologiques des pronoms personnels anglais et lituaniens, « Kalbotyra », XXI, Vilnius, 1970, p. 227.
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(Morta) Il est encore trop tôt pour que tu y penses. Grandis d’abord. SruogR II 170. Il n’y aura pas deux rois dans l’État! Le corps uni se brisera en morceaux! Notre unité s’effondrera! La guerre éclatera! La patrie et l’Église seront inondées de sang, et les ennemis profaneront les tombes de nos ancêtres: c’est à toi, roi, qu’il faudra répondre de cela! SruogR II 85. Les participes passifs (=non actifs) ne se distinguent en rien des nôtres en letton. On peut le voir clairement dans les exemples présentés. BūgRR I 535.
f) Un paragraphe entier.
Le petit bouleau au parfum agréable passa et disparut comme une brume d’été. Le matin embaume la rosée argentée, et une libellule stridule dans l’herbe. Murmurant dans la belle vallée, ses petites vagues argentées clapotant doucement, le ruisseau serpente; une abeille bourdonne dans le thym et les épis des céréales mûrissent. Une chaleur étouffante règne toute la journée. Les faux résonnent de leurs voix sonores... Même si cela console, même si cela réconforte, mon âme est malheureuse... BaranR II 33.
A. Vienuolis désigne par le pronom tai: Mais cela remonte à longtemps. VienPD, K 426.
La littérature offre de nombreux cas de ce genre.
En position postpositive (après la forme tai) vient l’antécédent, qui est généralement constitué de:
a) Une proposition subordonnée de phrase complétive.
Comment un homme peut-il inventer ce qui n’est jamais arrivé dans la vie? PaukštAK 44.... rien de nouveau ne m’est arrivé, si ce n’est que je suis toujours en bonne santé. BaranR II 96. Elle pensait précisément à cela: comment elle grandirait et quand cela arriverait. SimonOBT 49. Alors les invités commencèrent à gronder Stanislovas parce qu’il leur avait enlevé une jeune fille. ValPJ 111. Ce qui nous intéresse ici pour le moment, ce n’est pas de savoir si le récit sur Widewut’į est vrai ou non. BūgRR I 187.
b) Une partie explicative de la phrase ou un élément explicatif.
C’est là une merveilleuse faiblesse de l’homme vain: se vanter de l’ancienneté de sa famille... VaižgP I 62. Adomukas ne comprenait pas encore pleinement ce que cela signifiait: ton oncle n’est plus là. VaižgRR I 154.
c) Un paragraphe explicatif entier composé de plusieurs phrases.
Quel spectacle magnifique et émouvant! Il était parti à la rencontre du roi hors des portes de la ville, tel un jeune homme, monté sur un cheval blanc paré d’or. Les drapeaux ondulent, les trompettes retentissent... Le roi se mit à essuyer ses larmes... Mais le cheval de Vytautas s’arrêta net, secoua sa crinière, renâcla et bondit à travers la campagne, filant comme un ouragan déchaîné... Et le prince tomba comme une souche... SruogR II 126.
« Dėdės ir dėdienės » de Vaižgantas commence par le petit mot tai, que toute la nouvelle vient expliquer. Cf.:
Ce serait encore supportable si c’étaient les frères de père ou de mère et leurs femmes... Il me faut introduire dans l’épopée du peuple lituanien une autre sorte d’oncles et de tantes par alliance. Ce sera une histoire triste... VaižgRR I 35–36.
Dans tous ces cas, lorsque l’antécédent de la forme tai est une phrase, la référence de cette forme est très générale. Lorsque l’antécédent est constitué d’une proposition ou d’un constituant de phrase, la référence de la forme tai se concentre sur le prédicat de la phrase — le verbe ou son équivalent à cette position. C’est pourquoi, dans certains cas, la forme tai peut être remplacée par un nom verbal, adjectival ou autre (selon la forme du prédicat), désignant une action abstraite, ou par l’infinitif du verbe. Dans ce cas, le nom est généralement accompagné d’un pronom démonstratif (tas, šis).
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Il fut décidé de marcher sur Lida, bien que seuls les proches du duc le (= cette décision) sussent. VienPD, K 405. Les organes du toucher sont très développés, et cela (= ce développement des organes du toucher) est d’une importance vitale pour la baleine lorsqu’elle plonge et remonte à la surface. IvanPŽ 204. Ces petits animaux sont appelés loirs parce qu’à l’arrivée de l’hiver ils s’endorment pour longtemps; certaines espèces engraissent avant cela (= avant cet endormissement) . IvanPŽ 108. Le système dentaire ressemble à celui des insectivores, et cela (= cette ressemblance) prouve une fois de plus que ces deux groupes sont apparentés. IvanPŽ 28. Pourtant, souvent, souvent, car c’est ainsi qu’il le faut. C’est l’accessoire indispensable de l’été; c’est un concert de belles choses (= Tas džiausėjimas…). VaižgP I 223. Mais le progrès de l’humanité s’interromprait si personne ne désignait du doigt le mal existant et ne regrettait quelque chose de meilleur, de plus parfait. C’est le devoir du poète (=Montrer le mal, aspirer à la beauté — c’est le devoir du poète). KubSNL 84.
Cf. les énoncés suivants:
— Qu’as-tu là? — lui demanda un autre vieux sorcier, qui n’avait aucun nom, et cette absence de nom était son plus grand mérite (= et c’était son plus grand mérite). BalčAP 93. Arrivés près du trône où siège la princesse, ils en perdent tout simplement la parole; ils ne font que répéter ses derniers mots, et cette répétition ne lui convenait pas du tout (= et cela ne lui convenait pas du tout). BalčAP 238. Seuls les idiots gardaient encore leurs couronnes avec des gants de laine: ils étaient très prudents, et cette prudence, il faut le dire, est pourtant une chose ennuyeuse! (= et cela, il faut le dire, est pourtant une chose ennuyeuse!) BalčAP 274.
Dans certains cas, l’antécédent entier, constitué d’une proposition subordonnée avec un pronom relatif, peut être remplacé — tout comme la forme tai — par une forme neutre du participe ou de l’adjectif, employée comme prédicat de la subordonnée ou formée à partir de la forme verbale ou adjectivale qui y exerce cette fonction. La forme neutre désigne un phénomène général lié à une action ou à une propriété.
1) Mais ce n’est ni difficile pour Kaz iukas, ni pénible. Voyez, il sera pénible d’accomplir ce que l’on a imaginé, ressenti, aimé et cultivé… VaižgRR I 402. ⇒ Voyez, il sera pénible d’accomplir ce que l’on a imaginé, ressenti, aimé et cultivé. 2) D’où vient à l’homme le pouvoir de voir dans le monde ce que personne ne voit. KubSNL 55. ⇒ D’où vient à l’homme le pouvoir de voir l’invisible. 3) Il suffira de donner à celui qui en a besoin ce dont nous-mêmes n’avons plus besoin. VaižgP I 73. ⇒ Il suffira de donner à celui qui en a besoin ce qui n’est plus nécessaire à nous-mêmes.
Ces substitutions et transformations sont bien entendu limitées, tant sur le plan structurel que stylistique (elles ne sont possibles que lorsque d’autres conditions favorables sont réunies), mais elles montrent combien, dans ces cas (où l’antécédent est une phrase), la référence de la forme tai est générale par comparaison avec la référence des formes tas, ta (jis, ji, etc.) mentionnées ci-dessus.
Même lorsque l’antécédent des formes tas, ta est une proposition subordonnée avec un pronom relatif, la référence est beaucoup plus précise (Celui qui médira de Rimšienė n’est pas encore né (une personne précise est désignée)) que celle de la forme tai. Les substituts sont également différents (cf. 007).
Dans tous les cas où l’antécédent de la forme tai est une phrase, cette forme ne peut en aucun cas être remplacée par tas, ta; jis, ji ou par d’autres formes fléchies des pronoms anaphoriques.
009. Dans certains cas, la forme tai s’emploie aussi avec des antécédents tels que tas, ta; jis, ji et d’autres formes fléchies exprimant une référence concrète, c’est-à-dire avec un nom qui précède cette forme. Toutefois, même dans ce cas, les antécédents de la forme tai et de tas, ta; jis, ji et autres formes diffèrent. Les formes tas, ta et autres désignent précisément un objet particulier, également désigné par l’antécédent. En somme, entre l’objet désigné par les formes tas, ta et
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l’objet désigné par leur antécédent coïncide totalement avec celui-ci. En revanche, il n’y a souvent pas de correspondance entre l’objet désigné par la forme tai et l’objet désigné par son antécédent. Cela se produit en raison de diverses circonstances contextuelles.
Il n’y a pas de coïncidence complète entre l’objet désigné par la forme tai et celui désigné par son antécédent:
a) Lorsque l’antécédent de la forme tai désigne un objet abstrait dont la notion n’est pas rigoureusement définie: on peut lui attribuer plus ou moins de caractéristiques, le comprendre au sens figuré, etc.
1) Comme avant une petite opération: bien que tu saches que cela ne fera pas mal, bien que ce soit anesthésié à la cocaïne, tu trembles tout de même, tu es nerveux. VaižgP I 195. 2) ...comment et à qui donc évaluer le bienfait du soleil, puisque cela va de soi? VaižgRR I 43. 3) Et la déposition de la femme de chambre? Cela ne suffit-il pas? SruogR II 58. 4) ... ils ont soigneusement écouté la dureté de l’acier: les faucheurs la reconnaissent à la voix. VaižgP I 223. 5) Il était fatigué, et il craignait aussi les aventures avec des soldats: cela ne convenait pas à un prêtre. Vaižg P I 178.
Dans la première phrase, l’antécédent est opération, mais tai renvoie moins à l’opération elle-même qu’à ses effets (on ne pourrait tout de même pas dire: l’opération (elle) ne fera pas mal, l’opération est anesthésiée à la cocaïne). Dans la deuxième phrase, l’antécédent de la forme tai est travail, mais tai renvoie davantage aux résultats qui en découlent qu’au travail du soleil lui-même. Dans la troisième phrase, où l’antécédent de tai est déposition, on comprend que tai renvoie à tout ce que les femmes de chambre ont dit, et non à une déposition particulière. Dans la quatrième phrase, la forme tai ne désigne pas la dureté de l’acier en tant que telle, mais le degré de dureté de la faux. Dans la dernière phrase, tai renvoie aux aventures et à toutes leurs conséquences.
Dans bien des cas de ce type, il est difficile de remplacer la forme tai par les formes genrées des pronoms anaphoriques tas, ta; jis, ji, etc. Cependant, il existe des contextes où, dans de tels cas, la forme tai peut être remplacée par les formes genrées des pronoms anaphoriques mentionnés⁹. Cf.:
Il était également préoccupé par la confession, mais, ayant de nouveau envisagé toutes sortes de difficultés et tant d’événements contradictoires dans sa vie, il la remit à plus tard. VienPD,K 167. Revenu à lui, monsieur Gerulavičius dit seulement aux personnes rassemblées qu’il avait vu un grand miracle et qu’il ne le confesserait qu’à un seul curé. VienPD,K 201.
Dans ces phrases, on peut employer à la place de tai la forme correspondante de jis, ji (il la remit à plus tard — la confession; il le confesserait — le miracle). Toutefois, lorsque nous remplaçons confession par la forme pronominale ją, nous avons à l’esprit davantage l’action elle-même, la procédure concrète, tandis que la référence de la forme tai est plus large: elle comprend aussi ce qu’il dira au cours de cette confession. Il en va de même lorsqu’on remplace « miracle » par la forme ji.
Cf. également les phrases suivantes:
1) Eh bien, ce n’est que maintenant que j’ai senti la puanteur, mais (=pourtant) une telle puanteur que toute la petite ville pourrait en crever. Oh, lieber Gott! D’où cela vient-il, qu’est-ce que c’est? VaižgP I 188. 2) De toute sa vie, Sviestavičius n’avait jamais cherché à mesurer quoi que ce soit, pas même ce sentiment qui était le sien, à en évaluer le poids et la valeur; ni à chercher d’où il venait, ce qu’il était et de quelle nature. VaižgP I 117.
Dans la première phrase, l’antécédent puanteur est repris par tai; dans la deuxième, sentiment est d’abord repris par tai, puis deux fois par jis. Cf. des énoncés semblables dans un contexte également si-
9Il est plus commode de comparer la forme tai aux formes jis, ji des pronoms anaphoriques, car elles sont les plus neutres et les plus largement employées, tandis que les formes tas, ta, šis, ši, etc., sont spécifiquement définies et, dans bien des cas, peuvent également être remplacées par les formes jis, ji. En outre, il ne faut pas confondre les formes genrées tas, ta avec les formes masculines singulières tas, ta, tam, tą, etc., qui ont une fonction correspondante à celle de la forme tai (voir ci-dessous).
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dans une situation avec différents pronoms: d’où cela vient-il, qu’est-ce que c’est (un enfant) et d’où vient-il, qu’est-il (un sentiment). Ici, les formes tai et jis, ji diffèrent si peu par leur fonction sémantique qu’elles sont employées en parallèle. Il s’agit de cas où, sous l’effet d’un certain contexte, les domaines d’emploi de tai et jis, ji se rejoignent.
b) Lorsque l’antécédent de la forme tai désigne un nom.
…il y aura de l’argent pour bâtir une ferme ailleurs. – Où? s’étonna Sviestavičius… – À Linksmynė. Sais-tu ce que cela signifie? – Oui, un lieu de joie, de réjouissances. VaizgP I 133. …le premier duc mentionné dans la chronique tatare s’appelle Szwejst-Sapandaila. En lituanien, cela signifie: le plus lumineux – Najjas’niejszy – Sijatelnyj. – Batvinis? – C’est un nom de famille?
Dans ces phrases, la forme tai ne désigne ni un lieu (Linksmynė) ni une personne (Sapandaila, Batvinis), mais uniquement le nom de ce lieu ou de cette personne, qui fait ensuite l’objet d’un commentaire. Cf. l’énoncé: Sais-tu ce qu’elle signifie pour moi (Linksmynė)?, où il est seulement question du lieu.
c) Lorsque l’antécédent de la forme tai désigne plusieurs objets de même nature et que la forme tai les désigne de façon approximative comme des éléments de cette sphère.
1) … et elle-même y allait volontiers, apportant « gâteau et fromage blanc », tout autant que les autres femmes. Il est agréable aussi de recevoir cela d’elle, sachant qu’elle le prend ouvertement à son maître et l’apporte sans le voler. VaizgP I 142. 2) Certes, il ne venait dans cette chambre que pour dormir, et pendant la journée il avait une place qui lui était réservée dans la brasserie, mais cela valait tout de même mieux que le « labyrinthe ». Myk-PutAŠ 62.
Dans la première phrase, tai ne désigne pas précisément « le gâteau et le fromage blanc », mais tout ce qu’on apporte habituellement lorsqu’on se rend en visite. (Ce n’est pas par hasard que l’auteur met « gâteau et fromage blanc » entre guillemets.) Dans la deuxième phrase, tai ne désigne pas tant la chambre et la place dans la brasserie que, plus généralement, sa situation de vie.
Cf. également les phrases suivantes:
…le grenier est encore plein de céréales, de lard, de lin, de laine? Pour vous, cela ne compte pas, mais pour Ansas, c’est tentant, c’est une source d’envie. VaizgP I 74. – Et que devons-nous dire au sujet de la nourriture et du fourrage pour les chevaux? – Nous en discuterons ensemble avec le magistrat. VienPD,K 399. Elle ne pouvait concevoir le bonheur ni la plénitude de l’existence sans un bébé gazouillant, un mari aimant et son coin douillet à la maison. C’est le premier maillon de l’existence humaine. KubSNL 314.
Dans ces exemples, les formes de genre (tas, ta; jis, ji, etc.) seraient peu naturelles à la place de la forme tai; en outre, la nature de la référence changerait alors aussi.
d) Lorsque l’antécédent désigne un objet concret unique et que la forme tai le désigne avec tous ses attributs et les conséquences qui en découlent.
1) Le domaine avait délibérément découpé cette bande de terre pour lui-même, en libérant les métayers. Mais cela ne lui convenait pas, car c’était trop loin; aussi en distribuait-il de petits morceaux aux paysans pour un rien. VaizgP I 86. 2) Tout près du sol, une herbe de prairie dense et touffue tapisse le terrain, comme une peau de mouton à la laine épaisse et serrée. C’est bien plus beau que lorsque les gens se font une petite corbeille de fleurs magnifiques. VaizgP I 219. 3) Au domaine, il y a encore toutes sortes de matériaux oubliés. Emporte-les à Linksmynė après les avoir rassemblés. VaizgP I 134. 4) En certains endroits de la nature, il existe des salines naturelles, et les cerfs s’y rendent depuis toujours pour lécher le sel. Il y en a en Sibérie, et les chasseurs du lieu le savent et guettent l’arrivée des cerfs. IvanPŽ 261.
Dans la première phrase, tai ne désigne pas seulement la bande de terre elle-même, mais aussi tous les désagréments causés par le fait qu’elle soit loin, à l’écart du domaine. On pourrait ici employer tai et ji, ta-
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da ne désignerait concrètement que la prairie. De plus, la forme pronominale jam est déjà présente à proximité; la seconde forme de la même racine serait donc également indésirable du point de vue stylistique. Dans la deuxième phrase, en employant la forme tai, on entend non seulement la prairie, mais surtout sa belle végétation luxuriante. Dans la troisième phrase, on pourrait remplacer tai par ją (« la matière »), ce qui serait plus concret, mais l’auteur ne souhaite précisément pas une telle précision. Ici, tai désigne non seulement la matière, mais aussi quelque chose de plus: tout ce qui, dans le domaine, convient à la construction. Dans la dernière phrase, tai pourrait être remplacé par la forme jas (c’est-à-dire les endroits, les pierres à lécher), mais quand on dit tai, on désigne plus largement non seulement ces endroits ou ces pierres à lécher, mais aussi le fait que les cerfs viennent auprès d’elles.
e) Lorsque l’antécédent est un mot nominal dépourvu de catégorie de genre ou un infinitif verbal, tai est particulièrement commode dans ce cas.
Gi žemės pirktis… pavelyjo vos 60 ašimtinių. Tai labai daug galų gale. VaižgP I 211. La poésie doit s’engager dans tout ce qui se passe dans le monde et en assumer la responsabilité. KubSNL 126. Mettre en mots l’instant vécu: telle est la grande puissance, le mérite et la caractéristique singulière de la poésie lyrique. C’est la loi de ce genre. KubSNL 174.
Dans certains cas, la forme tai est employée avec des noms qui la précèdent, mais le contexte ne permet pas de déterminer facilement si ce nom est l’antécédent de la forme tai. La forme tai peut être associée non seulement à ce nom, mais à l’ensemble du syntagme.
…il allait déjà descendre pour disperser toutes les bandes de canards, tandis qu’il rentrait chez lui en fumant, quand une silhouette humaine, et non un ours, s’étendit en travers du chemin. Tai (=ce qui s’était étendu) se distinguait nettement dans le brouillard. VaižgP I 138. Le loup, après avoir regardé, dit: « Eh bien, de l’autre côté de la mer, une volée de petites oies vole. » Le jars répond: « Tai (=ce qui vole) n’est pas pour toi! » ValPJ 139. … il y en a une (une bougie) derrière l’abrozdo (=le tableau), mais tai (=ce qui se trouve derrière le tableau) est destiné à sa maison… VienPD, K 24. Le cimetière, de forme quadrangulaire, est couvert de divers arbres, notamment de pins et d’épicéas… Ils fredonnent, comme autrefois et encore aujourd’hui, leur chant d’éternité, mystérieusement, en silence. Et pourtant, tai (=ce qui est fredonné) résonne comme la voix d’une mère endormant son enfant chéri en pleurs. SimonAŠL 8. La mine de Mikodemas était si sotte qu’on aurait pu en faire un portrait… Tai (=le fait que sa mine était sotte, la sottise de son expression) finit de convaincre Vizgirda que l’heure de sa perte était venue. VaižgP I 201.
Tous les cas variables présentés ci-dessus, qui dépendent du contexte, montrent que l’emploi de tai avec des antécédents n’est pas nettement délimité par rapport à celui des formes de genre tas, ta, jis, ji et autres. Il arrive que tai et ces dernières formes soient toutes deux possibles. La forme tai est généralement employée quand on désigne des choses sans vouloir les définir précisément (désignation généralisante).
010. Il faut encore signaler séparément un autre cas d’emploi de la forme tai, où son antécédent est un nom ou un mot qui le remplace. Ce cas est défini structurellement: tai apparaît dans une phrase ou une proposition dont l’attribut est un nom au nominatif. Ce nominatif caractérise la forme tai ainsi que le nom ou la forme nominale qui en est l’antécédent. L’antécédent se trouve généralement dans la phrase précédente, avant le pronom — en position préposée —, bien qu’il puisse parfois apparaître après celui-ci (inversion).
Dans ces cas, tai peut désigner (comme les formes tas, ta, cf. 007):
a) Une personne.
Jonukas aurait reçu davantage ailleurs, car c’est un homme bien bâti, solide de la tête aux pieds, comme s’il avait été nourri de lait. ŽemR I 73. Non loin de la petite voiture, quelqu’un, ayant pris le forgeron dans ses bras, se mit à l’embrasser tendrement. C’était un jeune homme, au teint frais, vêtu d’une veste de lycéen. ŽemR I 46. Toute la Lituanie avait précisément déploré l’absence de femmes médecins,
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car c’est encore une nouveauté. VaižgP I 70. Le forgeron Bronislovas regardait autour de lui, tandis que celui-ci, debout à côté, s’étonnait déjà devant Petronėlė. C’était une jeune fille toute jeune, grande et svelte comme une biche… ŽemR I 52. …achetaient (la terre) des Samogitiens de cette sorte, précisément ceux qu’il cherchait depuis longtemps… Voici Vilius Vidmantas, un petit Prussien avec sa fille Darata, une intellectuelle. VaižgP I 125.
b) Un être vivant.
Il voit que cette même personne a un animal à vendre — et c’était un loup. BsRP 40. La plupart des mammifères vivent sur la terre ferme, mais certains se sont adaptés à des milieux très divers. Comparés aux oiseaux, ce sont des créatures calmes et peu agiles. IvanPŽ 9. …les chauves-souris d’Europe, d’Afrique et d’Amérique sont très utiles à l’homme: ce sont d’importants prédateurs d’insectes nuisibles. IvanPŽ 28. Parmi tous les singes d’Amérique, le genre des capucins est sans doute le mieux connu. Ce sont des animaux de taille moyenne. IvanPŽ 46. Les écureuils sont largement répandus dans toute l’Europe et en Sibérie jusqu’au nord de la Chine. C’est un habitant des forêts. IvanPŽ 113.
c) Une chose abstraite ou une action.
Que signifiait le socialisme aux yeux de S. Nėris? C’était la mort du mal, de la violence et de l’égoïsme humain. C’était l’anéantissement définitif de la pauvreté et des inégalités, de l’oppression et des guerres… C’était la résurrection de l’homme, sorti de la poussière de l’humiliation et de la misère. KubSNL 108. Alors, toutes leurs fonctions vitales ralentissent, leur respiration devient moins fréquente, leur cœur bat moins souvent, la température générale du corps baisse, et cet état dure cinq ou six mois. C’est l’hibernation. IvanPŽ 31. Elle ne considérait pas le transport de marchandises de contrebande comme un péché: c’était l’activité de toute la région frontalière. VaižgP I 69. Nous nous fâchons contre les mauvaises herbes parce qu’elles sont si prolifiques. N’est-ce pas stupide? La prolifération serait-elle un défaut? C’est un exemple de la manière dont il faut vivre pour survivre. VaižgRR I 94. Pour Vasaras, ce fut un événement extraordinaire: la première visite de ses parents, sa première rencontre, lui le séminariste, avec eux. Myk-PutAŠ 36.
d) Une chose concrète.
— Il est joli, ce petit vin… — Et délicieux. Qu’est-ce que c’est? — C’est du vin maison de pommes sauvages. VaižgP I 116. La terre était pour S. Nėris une nourricière, à laquelle on s’adressait avec les mots les plus tendres de l’amour paysan. C’est la source de la vie. KubSNL 373. — Sais-tu à quoi servent ces tours? — Ce sont des machines de guerre pour lancer des pierres! VienPD,K 261. …on apercevait quelques grandes maisons couvertes de bardeaux. C’étaient les bâtiments de la commune et de l’école. VaižgP I 95. Je planterais une petite épée lumineuse. C’est ma petite lumière, ma petite lampe brillante. JD 798.
On rencontre des phrases de ce type, où l’attribut est constitué du même nom que l’antécédent, mais le premier comporte des déterminants différents (ou une proposition subordonnée relative), qui servent à caractériser la chose.
— Eh bien, quel esprit a donc transpercé de sa lance frère Rudolf? — Oh, c’était un esprit très effrayant. VienPD,K 338. Dans la société catholique, l’amour de S. Nėris n’avait aucun droit. C’était un amour partisan, méprisé, condamné et calomnié. C’était un amour hors la loi. KubSNL 88. Après avoir rêvé tout son soûl, il ouvrait un livre… puis, allongé, ne détachait plus les yeux de ses pages pendant quatre heures entières. C’étaient les seules heures où Napalys ne ronchonnait pas. VaižgP I 233. De nombreuses espèces de singes à nez étroit possèdent ce qu’on appelle des poches jugales: c’est une poche qui occupe l’espace entre les molaires et les joues, IvanPŽ 48. Il leur ordonna de ne pas avoir peur du petit oiseau mort,
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qui gisait dans ce couloir. C’était un véritable petit oiseau, avec des ailes et un bec. BalčAP 183.
Dans les phrases de ce type et de celui mentionné plus haut, où le nominatif du nom constituant le prédicat caractérise le référent désigné par l’antécédent, il est difficile de remplacer la forme tai par les formes genrées des pronoms anaphoriques (jis, ji, tas, ta, etc.). Cette substitution est limitée non par le sens du pronom, mais par la structure de la phrase. Jis, ji peuvent être employés avec le même antécédent, mais uniquement dans des phrases d’un autre type, où le prédicat est constitué d’un verbe ou d’une autre forme, et non d’un nominatif nominal à valeur caractérisante. Cf.:
Avant tout, ne pas laisser les terres des nobles voisins aux étrangers venus d’ailleurs. Les nobles n’en apprécient pas la valeur, mais pour nous, c’est une source de vie. VaižgP I 211.
Ici, l’antécédent est le même — žemės, aussi bien pour la forme jos que pour la forme tai; ces formes sont simplement employées dans des phrases de types différents. Cf. également:
Commençons par faire connaissance avec le renard... Il n’évite pas particulièrement l’homme et s’installe souvent près des villes. C’est le prédateur le plus répandu d’Europe. IvanPŽ 157. Les Šešiavilkiukai rapportaient les livres de chez les voisins, où personne ne les lisait, bien que personne ne les jetât non plus dans le poêle. Ah, dans la maison, ils étaient sur un pied d’égalité avec le petit pain, comme « la gloire de Dieu », alors qu’il s’agissait des balabaikas d’Alekna ou d’imitations de Valančius. VaižgP I 229. ... mais ni le savoir, ni les idées et les théories ne créent le lyrisme. Il jaillit spontanément des profondeurs de la psyché. C’est l’épanchement et la voix des forces profondes de l’être humain. KubSNL 141.
Cf. encore ces deux phrases:
La chauve-souris à grandes oreilles est également assez commune en Lituanie; elle est de taille moyenne (IvanPŽ 34) et une espèce plus connue est le kagouana. C’est un petit mammifère au corps assez élancé, de la taille d’un chat. (IvanPŽ 35).
Dans les phrases comportant un nominatif nominal à valeur caractérisante, non seulement la forme tai ne peut être remplacée par les formes genrées des pronoms anaphoriques (jis, ji; tas, ta, etc.), mais elle ne peut pas non plus être omise. Cette forme est un élément constitutif indispensable de la phrase. Sans elle, la phrase serait difficilement concevable. D’autre part, l’usage de la forme tai tend à se figer du fait de la structure constante du type de phrases indiqué. Sa fonction, peut-on dire, ne relève déjà plus de celle d’un mot à part entière. En raison de sa position particulière dans le contexte, la forme tai relie sémantiquement l’antécédent au nom qui caractérise le référent qu’il désigne. C’est pourquoi, dans les phrases en question, la forme tai tend plus ou moins à devenir une particule.
Cf. les phrases où la forme tai est clairement une particule:
Le palais de Santekliai, c’est un petit musée des beaux-arts. VaižgP I 108. La principale arme du blaireau, ce sont ses pattes antérieures. IvanPŽ 248. ... voilà, cette aurore boréale, c’est Žiežmariai. VienPD,K 395. Les moutons, c’est autre chose. Myk-Puts 96. Le faucon, c’est le symbole de l’homme libre, courageux et combattant. KubSNL 123. Les pommes de terre, ça va; les jardins, ce n’est rien: les femmes, à elles seules, les nettoieront. ŽemR I 186. Presque tous les gens que tu as vus à l’église sont des nobles ou des petits seigneurs. ValP J 43. La gloire, ô roi, c’est la gloire de l’État... SruogR II 39.
Ces phrases sont des transformations des phrases du type indiqué plus haut (forme tai avec un nominatif nominal à valeur caractérisante), cf.:
Jonukas aurait aussi reçu davantage ailleurs, car c’est un homme de belle stature (ŽemR I 73) ⇒ Jonukas, c’est un homme de belle stature; il aurait aussi reçu davantage ailleurs.
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011. La forme tai s’emploie également avec un nom caractérisant au nominatif, sans antécédent exprimé. Dans ce cas, ce qui est désigné ne peut être inféré que du contexte et de la situation.
Cela faisait déjà longtemps qu’il s’intéressait à savoir quels autres messieurs voyageaient là, séparément et si silencieusement, dans un compartiment à part. — C’est un homme de Pakulinis! — dit Léopold, exprimant son profond mépris par la voix et un geste de la main. VaižgP I 55. Et il se retourna… tout à fait par hasard. Non, ce n’est pas ce visage que j’espérais voir. SimonAŠL 5. — Chevalier, est-ce un rêve, ou bien ton esprit?! — Knystautienė se leva de sa chaise. Et, en vérité, elle ne croyait pas que ce fût le chevalier Griežė. VienPD,K 464. Il est assis comme un hibou, regarde comme une chouette: c’est ton prétendant, ma sœur, ton élu. Haut comme le seuil, épais comme un pilon: c’est ton prétendant, ma sœur, ton élu! (d.) ValPJ 109. Un jour, alors qu’il se trouvait au secrétariat de la commune, il aperçut sur un mur tapissé de papier journal un petit dessin représentant un moulin. Qu’il s’agissait d’un petit moulin, il le reconnut. VaižgP I 86. C’est de l’antirhétorique (dit après la citation d’un poème). KubSNL 349. … Le soir, Tupikis partit lui aussi réciter ses prières, car c’était le dernier samedi avant le Mardi gras. ŽemR I 266.
Dans ces phrases, la forme tai est encore plus proche d’une particule, comme dans les phrases mentionnées plus haut où un nom au nominatif caractérise l’entité désignée par l’antécédent. Ici, la forme tai peut être remplacée par la particule čia ou, selon l’intonation, être entièrement omise.
Cf. une phrase où la particule čia occupe la même position que la forme tai dans les phrases mentionnées plus haut:
Après qu’on eut embrassé la fleur, elle s’épanouit aussitôt tout entière, et l’on comprit alors qu’il s’agissait d’une véritable tulipe. BalčAP 179.
Il faut dire que, de manière générale, la forme tai est beaucoup plus souvent employée comme particule ou conjonction que comme forme pronominale. Nous avons retenu ici uniquement des cas intermédiaires, où la forme pronominale tai se rapproche de la particule tai.
Pour la fréquence d’emploi et les fonctions des formes tai et tat(ai), cf. le tableau 1.
012. De tous les emplois de tai mentionnés plus haut en tant que forme pronominale — ses variantes combinatoires — se dégage le sens général (invariant) de cette forme: désigner une chose de manière générale et indéterminée. (Peut-être est-ce pour cette raison qu’elle devient souvent proche d’une particule.) La désignation générale, approximative et indéterminée constitue le sens fondamental de la forme tai, qui s’oppose dans la langue aux formes du genre tas, ta. Ces dernières formes (prises ensemble) ne possèdent précisément pas ce trait (la désignation générale). Au contraire, elles désignent concrètement des choses particulières. Ainsi s’établit une opposition privative entre les formes du genre tas, ta et la forme tai:
Désignation concrète Désignation indéterminée (générale) tas, ta tai (tatai)
Cette opposition est asymétrique. La désignation concrète dispose de formes à tous les cas, au masculin et au féminin, au singulier et au pluriel (tas, ta; to, tos; tam, tai, etc.; tie, tos; tų; tiems, toms, etc.), tandis que la désignation générale ne possède qu’une seule forme invariable, tai, ainsi qu’une variante rare, tatai. C’est pourquoi une autre opposition, purement syntaxique, se met en place afin de rétablir la symétrie.
013. Contrairement à la première, la deuxième opposition que forme tai ne s’établit pas avec toutes les formes du genre tas, ta, mais seulement avec les formes du masculin singulier,
Remarque: Pour établir ce tableau et les suivants, on a sélectionné 180 000 signes d’imprimerie de texte, c’est-à-dire avec tas, to, tam, tą, tuo, tame. Cette opposition n’inclut pas les formes du féminin singulier et du pluriel, ni celles du masculin pluriel.10
Les deux membres de cette opposition — les formes singulières tai et tas — ont le même sens. Les formes tai et tas désignent toutes deux des objets, des phénomènes ou des actions de manière générale et non spécifique. Comme pour les formes tai, les antécédents des formes singulières de tas sont généralement une phrase entière.
Cela lui convenait particulièrement, que les fleurs embaument sur terre et qu’au fond de la mer elles n’aient aucune odeur. BalčAP 136. « Mère, nous laisserais-tu danser un peu?… » Elle répondit: « Eh bien, d’accord, amusez-vous, mes filles en ont aussi terriblement envie. ValPJ 53. Car si le peuple les a renversés, c’était pour prendre le pouvoir entre ses mains. VenclGD 269. Les enfants, habitués à être seuls toute la journée et à faire ce qu’ils veulent — s’asseoir, dormir, pleurer ou rire — sont restés seuls aujourd’hui aussi. ŽemR II 188. Cela se termina par le fait qu’Antanėlis alla lui aussi passer la nuit dans le petit grenier de ses oncles. Vaižg RR I 148.
10Dans les dialectes, on rencontre aussi des formes du féminin singulier employées avec une valeur de référence générale, par exemple: Čia ne t ó (= tas): ne dėl pyktinių jie dalijas. Trgn.
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Les formes singulières de tas, qui désignent un phénomène général, se répartissent avec la forme tai selon certaines positions. Elles sont caractérisées par des contextes spécifiques.
014. La forme de genre neutre tai, qui était historiquement au nominatif-accusatif, s’emploie généralement en position de nominatif ou d’accusatif.
En position de nominatif, la forme tai désigne généralement le sujet de l’action et entre le plus souvent en relation avec les formes prédicatives suivantes:
1) Avec les formes adjectivales de genre neutre employées prédicativement:
a) Les adjectifs.
Elle sait qu’il ne faut pas se réjouir autant de sa beauté: ce n’est pas bien. Simon AŠL 63. Les enfants hochent la tête et attendent que leur père en dise davantage, car c’est extrêmement intéressant. SimonAŠL 19. Tout le monde l’a oublié. Il n’est plus utile à personne; personne ne l’invitait plus nulle part, personne ne promettait plus de lui rendre visite: c’était bien ainsi, c’est vrai. VaizgP I 54. Veux-tu être beaucoup, beaucoup plus riche que tu ne l’étais, vivre beaucoup, beaucoup mieux que tu ne vivais, garder les mêmes quatre chevaux de trait, si c’est tellement nécessaire? VaizgP I 132.
Au ras du sol, l’herbe des prés, épaisse et dense, est recouverte de cosses, comme une peau de mouton à laine épaisse et serrée. Où trouver plus beau que lorsque les gens se font un petit bouquet des plus magnifiques fleurs? VaizgP I 219. Pourquoi restent-ils assis si longtemps? Que disent-ils? — C’est aussi ce qu’il y a de plus difficile à comprendre. SruogR II 93.
b) Les participes.
Toutes les tombes ont été réduites à néant. Il nous faudra en refaire, mais dans un nouvel endroit… Cela ne se fait pas avec des sous. VaizgP I 188. – As-tu jamais essayé de t’imaginer clairement ce que tu seras, disons, dans dix ans? — Non. Mais cela, ce n’est tout de même pas possible. Myk-PutR III 46.
Il était pourtant assez satisfait que le Prussien soit au moins d’une foi fausse, un infidèle. Du point de vue d’un catholique des Hautes Terres, qui n’avait vu personne d’une autre confession hormis des Russes, c’était impardonnable. VaizgP I 77.
Napalys ne remuait même pas la queue à ces paroles; il ne souriait même pas à sa mère, comme à l’ordinaire: comme si elles ne lui étaient pas adressées. VaizgP I 234. Femmes, misérables que vous êtes, c’est à vous que cela s’adresse (il ne faut pas être paresseuses). DonR 39.
Le père du prêtre parlait aussi bien le lituanien que le polonais et le russe; il avait appris cela autrefois, quand il se querellait avec les gens à la krome. VaizgP I 157. ... pour les jours de fête, selon la mode de l’époque, les jeunes filles, et surtout les femmes, attachaient exprès plusieurs agrafes, afin d’avoir un postérieur plus volumineux et, de ce fait, une taille qui paraisse plus fine. Cela n’était guère nécessaire ni judicieux: les paysannes lituaniennes étaient trapues et avaient déjà les fesses larges sans ajouts, et même en le serrant dans des liens, on ne peut amincir une taille d’homme robuste. VaizgRR I 43.
c) Pronoms.
Une ruche sans abeilles, un domaine sans gens, c’est tout un. LzPR V 118.
Dans ces cas, la forme tai, qui exprime le sujet de l’action, et les formes neutres remplissant la fonction d’attribut sont formellement accordées. Étant donné que les formes prédicatives neutres des adjectifs et des participes sont largement utilisées en lituanien, le type « forme nominale neutre tai + forme adjectivale neutre » est assez productif en lituanien. Il entretient également des parallèles avec les formes masculines et féminines accordées correspondantes, cf.: Tas geras, Ta gera, tai gera.
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2) Avec les adverbes gerai, negerai, daug, etc.
Certains porteront déjà des chaussures à semelles de cuir; certes, en nouant très lentement les courroies autour des mollets, mais en les nouant tout de même, sans les défaire, il se préparait à sortir et à regarder autour de lui. Voilà qui est bien. VaižgP I 103. Mais cela ne va pas non plus, que parfois, ayant perdu quelque chose, il grimpe la nuit avec une lanterne dans les recoins sombres. DonR99. Pour acheter de la terre… on lui en a accordé à peine 60 déciatines. C’est beaucoup, après tout. VaižgP I 211.
3) Avec les formes de troisième personne de divers verbes:
a) Intransitifs.
C’est seulement dommage que je n’aie terminé aucune de ces lettres. Cela est arrivé parce que je maîtrisais mal le polonais. BaranR II 24. En voyageant, je suis arrivé à Sateikiai et j’ai aperçu une petite église en bois. C’était en 1860. ValIPJ 35. Quelle multitude de ces escrocs s’est répandue dans notre pays, comme des loups! Ils séduisent les gens, provoquent des violences, pillent! Et personne ne les punit! Ils ne se maîtrisent pas! On leur accorde même de hautes fonctions au service de la Couronne! Et tout cela se passe dans l’État polonais. SruogR II 32. Où qu’il ait été, où qu’il n’ait pas été, il se saisit d’un livre. C’est ainsi qu’il prit l’habitude que Napalys soit toujours avec un livre à la main, comme un liuikius avec une cigarette entre les doigts. VaižgP I 230. Je savais depuis longtemps que cela arriverait (que Vytautas serait couronné). SruogR II 82. Allez-y, monsieur, présentez-vous vous-même. Cela plaira à Sviestavičius. VaižgP I 56. Ce qui nous importe ici pour le moment, ce n’est pas de savoir si le conte sur Widewut’į est vrai ou non. BūgRR I 187.
b) Verbes régissant l’accusatif ou le génitif.
Et que fais-je maintenant? En réalité, rien, et c’est cela qui m’effraie le plus. BaranR II 88. Pourtant, les oreilles de Napalys captent aussi d’autres sons. Il y en a beaucoup. Écoute seulement. Ici, un claquement, là, un grondement; ici, un soupir, là, un gémissement. Cela ne trouble ni les petites prières des brins d’herbe, ni le tintement des clochettes, ni le chant des grillons. VaižgP I 222. Le Trésor de l’État… a répondu… que … ma demande ne pouvait être satisfaite. Cela m’a terriblement attristé. BaranR II 97. … fais ce que tu veux: je n’ai pas d’argent à te donner! Et c’est cela qui me tourmente le plus. VaižgP I 130.
4) Avec le nominatif des noms ou des mots employés comme des noms (au singulier et au pluriel, au masculin et au féminin).
Et toi, malgré tout, pousse le médecin à s’acquitter de son devoir, afin qu’il ne s’y dérobe pas, car c’est une indignation pour tout le voisinage. VaižgP I 209. … mais dans les régions où les chauves-souris sont nombreuses, ces maladies se manifestent beaucoup plus rarement, et l’on estime que cela est dû au mérite des chauves-souris. IvanPŽ 32. Elle jeta un coup d’œil à l’horloge. C’était le signe qu’il devait partir. PaukštAK 143. — Nous sommes trop patients! — C’est une haute vertu… SruogR II 89. Très lumineux seigneur, est-il vrai que des femmes nobles furent fouettées? SruogR II 58. Rapolas ne doutait nullement que cela se produisait (qu’il était tombé amoureux de Severja). VaižgR I 51. Bien que cela (= le passage de la frontière) ne fût pas une première pour lui, il prenait grand soin de ses clients afin de ne pas perdre son gagne-pain. VienPD,K 190.
5) Avec divers groupes de cas.
— Sais-tu donc qu’il est interdit de rendre un culte aux anciens dieux? — Cela n’est pas en notre pouvoir. VienPD,K 393.
6) Avec l’infinitif du verbe (voir, entendre, sentir, etc.).
Le passage au genre épique de grande ampleur ne fut pas facile pour l’écrivain; cela se voit particulièrement dans son premier roman. VienPD,K 482. De même, le capucin se lie d’amitié avec le chiot qu’il élève avec lui. Cela se voit particulièrement clairement si l’on essaie de les séparer, puis de les réunir à nouveau. IvanPŽ 47.
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7) Avec une forme zéro du prédicat, lorsque la phrase ne contient que des déterminants du groupe prédicatif. Les autres jeunes filles arrachaient les mauvaises herbes et les brûlaient, et cela afin que le seigle et les céréales ne soient pas envahis par les herbes. ValPJ 89. …la popularité du docteur augmentait et grandissait parmi les Juifs de toute la région. Elle augmentait aussi grâce à des soins toujours plus ingénieux; cela, à ses propres frais. VaižgP 165.
La forme tai, en position nominative, remplit généralement la fonction de sujet. Dans de rares cas, cette forme est employée comme prédicat nominal, cf.:
Nous sommes ce que l’on peut encore puiser dans la vie, ce qui ne t’a pas encore été enlevé. BaltR I 113.
Ici, tai occupe la même position que le nom au nominatif mokytojai dans la phrase Mes esame mokytojai.
En position accusative, la forme tai désigne l’objet de l’action. Elle apparaît généralement: 1) après des verbes qui régissent l’accusatif (verbes transitifs).
Jankevičius arrive et raconte diverses nouvelles, ainsi que le fait qu’il promet de s’efforcer de devenir secrétaire. BaranR II 41. Plus le soleil brûle ardemment, plus la terre crépite et résonne. Napalys voit cela. VaižgP I 222. Il sourira simplement en disant qu’il est le fils abandonné d’un avare. Petras le sentira dans son dos. VaižgP I 90. Gintautas demandait en vain ce qu’on faisait alors dans les domaines, ce qu’on comptait faire à l’automne ou au printemps. Sviestavičius faisait mine de ne pas entendre. VaižgP I 120. …il se souciait davantage de se laver, ainsi que de réciter quelques phrases en allemand, afin que Šešiavilkis les entende. VaižgP I 65. Moi aussi, j’ai mis la main à la réforme de l’orthographe. Aujourd’hui, je peux dire l’avoir fait. BūgRR I 399. …le cheval sautillait, mais ne tirait pas du tout. Voyant cela, je demandai. ValPJ 65.
2) Avec une préposition régissant l’accusatif.
Contre la Russie, peut-être qu’il faudrait… Ce n’est pas ton affaire. Je t’interdis d’y penser, et même d’en parler. SruogR II 193. À la place de « gįsla » et « skįstas », il faut écrire « gysla » et « skystas », même si certains Samogitiens prononcent « (įn) » dans ces mots. BūgRR I 397. …la bru… jeta vivement autour du cou du marieur la serviette du marieur (=une serviette) et montra par là qu’elle révélait au marieur tous les mensonges. …remercie chaque jour ton dieu pour cela, car ton champ et ton attelage t’aident à travailler. DonR 35.
3) Dans une construction au gérondif.
(Quelqu’un) s’arrêta, se baissa de nouveau, se releva, puis se mit en route de ce côté-là, comme Ona. Ona devina que c’était le seigneur Sviestavičius. VaižgP I 138.
La forme tai apparaît rarement en position génitive. 1) Pendant ce temps, les femmes chantaient des chants funèbres. Même cela n’empêchait pas les chevaliers teutoniques. VienPD, K 337. 2) Après l’« Agnus », Alfonsas, la tête penchée, se frappait la poitrine et roulait seulement les yeux, de peur que quelqu’un du dehors ne remarque cela. Aussi ne se hâta-t-il pas de faire ce qu’on souhaitait (les présenter). — Mais pourquoi cela est-il nécessaire? — répondit-il. VaižgP I 56. 4) Puis il arracha la moitié de sa barbe du menton et se déchira tout le visage avec ses ongles émoussés. Mais cela ne suffisait pas encore; tout en cherchant de l’argent et en se débattant, il renversa la table avec les plats DonR 27–28.
La forme tai en position de génitif n’est pas habituelle. Généralement, dans ces cas, on sent encore, après le verbe qui régit le génitif, un infinitif transitif ou un gérondif omis, cf.: 1) cela (faire) n’a pas empêché, 2) cela (en faisant) ne remarquerait pas, 3) il faut (faire) cela. Parfois, la forme tai en position de génitif est tout simplement peu naturelle et doit être remplacée par la forme génitive to (phrase 4). Cf. chez K. Donelaitis, à la même page: Mais cela ne suffit pas non plus; ayant pris un grand couteau, il tendit le bras après avoir déjà tranché la gorge et la trachée.
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015. La forme de genre neutre tai n’occupe en pratique que les positions du nominatif et de l’accusatif; dans les positions des autres cas, lorsqu’il faut désigner un phénomène de manière générale, les formes du masculin singulier du pronom tas s’emploient sans concurrence, à savoir: to, tam, tuo, tame (ce dernier cas est presque inexistant).
Les formes to, tam, tuo, tame sont employées dans les positions des cas correspondants avec exactement la même fonction que la forme tai mentionnée plus haut dans les positions du nominatif et de l’accusatif: ces formes désignent un objet, un phénomène ou une action de manière générale et non spécifique. Les formes to, tam, tuo, tame ne diffèrent de la forme tai que par les contextes d’emploi correspondant à ces cas.
016. La forme du génitif to s’emploie:
1) Avec des verbes négatifs.
Hé, il n’y a rien au monde qu’Aras, le plus grand de tous les aras, n’oserait faire. KrėvAP 18. Autrefois, après avoir été échaudé, il tirait aussitôt bang-bang; aujourd’hui, il ne le fait plus. ValPJ 107. Si mon opinion t’importait, tu respecterais ton vieux père, mon garçon. Mais tu n’as pas appris cela. SruogR II 188. Quand elle le reverra, elle ne le sait pas. SimonP 25. …ils eurent l’idée de tirer la « queue du loup ». Mais lorsque Justin eut donné un coup de fouet, tous ceux qui tiraient tombèrent en faisant boum-boum… Ne prêtant plus attention à cela, ils réparèrent une deuxième fois la queue du loup. ValPJ 86.
Je ne peux pas comprendre cela. Il a tellement peur de Vytautas, et il lèverait la main contre lui! SruogR II 100. Nous ne pouvons pas identifier « Voruta » à « Vered-ava », car des irrégularités malheureuses l’interdisent. BūgRR I 133. Il était difficile de se procurer une si grande quantité de sergé imperméable et d’en coudre des sacs. Il aurait fallu que ce soit Mendelis pour qu’il n’ait pas fait cela aussi. VaižgP I 172–173. Jamais, de toute sa vie, il n’avait connu pareille chose: que quelqu’un se moque de lui ou des membres de sa maisonnée! VaižgRR II 21.
Dans les phrases précédentes, une seule des deux formes verbales qui composent le prédicat complexe est négative. Cela suffit pour employer le génitif. En lituanien, le génitif — ici, la forme to — s’emploie aussi avec des verbes affirmatifs si la phrase contient la particule négative nei; cf.:
En revenant, il rapportait toujours quelque nouvelle lubie: tantôt biner les pommes de terre au mauvais moment, tantôt les labourer sans cesse. Ni nos parents ni nos arrière-grands-pères ne faisaient cela, et pourtant, grâce au bon Dieu, ils récoltaient trente pūrai de pommes de terre, et même davantage. VaižgP I 85.
À propos de l’emploi de la forme au génitif après des verbes négatifs et de la forme tai à l’accusatif après des verbes affirmatifs, cf.:
Qui ne sait pas cela? Tout le monde le sait… VaižgP I 163.
2) Avec des verbes affirmatifs qui régissent le génitif.
Il faut retirer à l’église le droit de tutelle de Vytautas… Et le séparer lui-même de l’Église! (Zbignievas) Il me semble que Vytautas n’attend que cela. SruogR II 102. …je raconterai au moins le début de mon voyage, car ma bonne petite mère le désire. Qu’un seul évêque s’incline à mes pieds… cela me suffira. SruogR II 10. …nous devons agir de la même façon avec « šeip », c’est-à-dire écrire « šiaip », comme l’exige l’étymologie des mots. BūgRR I 102. Ils semblaient tous deux manquer précisément de ce que leur père leur apprend maintenant à faire pour s’occuper de lui dans sa vieillesse. Gintautas de Sakalynė, à Paviškelis, ne l’a certes pas achetée, bien qu’il l’ait vivement désirée pour sa beauté. Il ne manquerait plus que le voïvode de Bendzinas se mette à faire le maître dans le palais royal comme s’il était chez lui! SruogR II 141.
3) Avec les mots exprimant la quantité et régissant le génitif: gana, negana, daug, maža, etc.
Pour avoir la conscience tranquille, je propose que la reine jure à l’église… Qu’une série d’autres femmes honorables jurent avec elle… que la reine est innocente. Cela nous suffit!
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SruogR II 63. Au coin, les puants rient encore; et si tu leur grognes comme il faut, ils se querellent en jurant sans cesse. Et cela ne suffit pas; voilà qu’ils ont déjà l’intention de se battre. DonR 53. Cette année, je ne pourrai pas encore me procurer le manuel d’orthographe. Bien plus, aujourd’hui, je ne pourrais même pas dire approximativement quand le manuel attendu sera mis à la disposition du public. BūgRR I 385. Mais peut-on encore mesurer plus longtemps son « bonheur »: a-t-il doublé lorsque vous avez versé encore dix mille à la banque? – Eh bien, non… pas doublé. – Voilà. La satisfaction était déjà moindre, car c’était déjà trop, cela n’était pas nécessaire. VaižgP I 72.
4) Avec des noms régissant le génitif.
Je crains qu’en choisissant moi-même, de mon propre chef, de venir, je ne me fasse du tort; il serait d’autant plus insupportable de sentir que j’en suis moi-même la cause. Baran R II 91–92.
5) Avec des prépositions régissant le génitif.
– Montrez-nous votre correspondance! exigea le procureur. – Je vous assure que vous n’y gagnerez rien non plus. – C’est une formalité. On ne peut pas faire autrement, expliqua doucement le procureur. VaižP I 200. Mais le roi le signera-t-il? (Zbignievas) Pour cela, il n’y aura pas de grande difficulté… SruogR II 100. Ainsi Sviestavičius bouillonnait… dans ses propres rêves… Et l’on ne savait toujours pas si quelque chose en restait dans son cœur, ou s’il n’en restait rien. VaižgP I 120. … il se mit à raconter les tableaux qu’il avait vus: leur orientation et leur genre, le salon de peinture où ils avaient été achetés, qui étaient les artistes, où se trouvait leur patrie. De là, il passa aux beautés et aux merveilles de l’Europe. VaižgP I 112. Et ce que l’on ne possède pas dans sa propre langue, il est difficile aussi de s’y habituer. BūgRR I 396. La lutte entre ce qui est ancien et ce qui est nouveau, entre ce qui meurt et ce qui naît, voilà le fondement de notre développement. T 1952, 284.
6) Avec des formes verbales passives (le génitif to désigne le sujet de l’action).
… le tendre mot « Brolį », entendu pour la première fois après avoir quitté la maison parentale… s’épanouit largement, pour ainsi dire, dans les espaces d’une âme vide. Sous son influence… j’écrivis ma réponse: « Au poète du magnifique pays de Samogitie ». BaranR II 82.
7) Avec diverses formes verbales à valeur partitive.
Ô, les puissances de la Nature ont beau changer, elles ne disparaissent pas! Elles soumettront encore la volonté des Citoyens, qui voudront de nouveau prendre en elle ce qu’elle-même offre: d’autres richesses, mais le même amour, la poésie et la beauté. VaižgP I 48.
017. La forme du datif tam s’emploie avec des formes verbales pour exprimer l’objet indirect de l’action.
… car la maîtresse de maison est là pour cela: prendre soin de la maisonnée, ménager le pain et les provisions. ŽemR I 165–166. Quiconque a vu cela: pendant la bataille, les troupes et les nobles de Skirgaila passent en groupes du côté de Vytautas et accueillent partout le prince en le reconnaissant comme leur souverain! Il faut mettre un terme à cela, très puissant seigneur! VienPD,K 409. Mieux vaut protéger Marčė à l’amiable, et vous empêtrerez Kurmelis avec la forêt. – Il n’est pas nécessaire de me l’apprendre. ŽemR I 175. Et la fillette a le cœur pur. C’est pour cela qu’elle croit ce qu’elle entend. SNerR I 453.
018. La forme de l’instrumental tuo s’emploie:
1) Avec des verbes intransitifs, pour exprimer l’objet direct de l’action.
Je comprends parfaitement et n’en doute nullement: avoir aujourd’hui un manuel d’orthographe nous serait fort utile. BūgRR I 385. C’est là qu’il apprit qu’une machine aussi merveilleuse, les Prussiens eux-mêmes ne l’avaient pas encore fabriquée et que, pour contrefaire de l’argent, il fallait un artisan extrêmement habile. Finalement, il ne s’en souciait même plus. VaižgP I 168. Je l’avoue, je suis grand et je m’en réjouis, d’être grand! BalčAP 100. Outre le respect que Geišių Geišė avait mérité…, il pouvait encore se vanter de ce que tous les serfs le craignaient véritablement.
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VaižgRR I 64. Le préfixe « san- » se distingue de « in- » en ce qu’il a conservé les trois genres dans tous les mots et dans tous les dialectes. BūgRR I 390. Et la famille de Šešiavilkiai se contentait de ce qu’elle recevait. VaižgP I 231. Cette dernière chose plaisait tant à la classe et procurait une telle joie que les enseignants eux-mêmes en étaient contaminés. VaižgP I 99.
2) Avec des verbes transitifs, pour exprimer l’objet indirect de l’action.
Qui souffle, et qui ne souffle pas, mais le vénérable évêque de Cracovie, amateur de vessies… (Zbigniew) Que veut dire l’évêque par là? SruogR II 60. Moi aussi, je leur ai résisté, je me suis débattu dans tous les sens, j’ai démontré avec ardeur leur vilenie, et par là je les ai maîtrisés. BaranR II 102. Les autres, qui s’étaient échappés plus ou moins indemnes, se mirent à courir vers la rive et provoquèrent ainsi une grande panique. Vien PD,K 385. Cette proximité de Šumaker était trop extraordinaire pour Gintautas. Elle exprimait son bouleversement intérieur exceptionnel. VaižgP I 169. En effet, l’aumônier mangeait en même temps et s’efforçait de l’impressionner. Quel drôle d’homme! Qu’espères-tu obtenir par là, si les mains et les pieds sont enchaînés? PaukštAK 140.
3) Avec des adjectifs et des participes qui exigent l’instrumental pour exprimer le complément de caractéristique.
Le tribunal est supérieur à la vérité en ceci qu’il est univoque. BūgRR I 110. Et il était déjà suspect en cela qu’il avait quitté Vilnius sans se désinscrire. VienPD,K 198. J’ai demandé à Bielinski et au Trésorier, qui… acceptent de ne pas m’envoyer. Mais Nečiajėvas et Gachovičius ne sont guère satisfaits de cela. BaranR II 15.
4) Avec la préposition « su » suivie de l’instrumental.
… un chevalier français… l’ayant proclamée (Margarita Knystautaitė) dame de son cœur, fit serment de défendre de son épée son honneur et sa beauté. « Et que celui qui n’est pas d’accord avec cela, dit-il en se tournant vers les chevaliers, je le défie en duel! » VienPD,K 362. Le révérend père Stulginskis… s’emploie à me libérer des gens qui me malmènent dans la commune, et il paraît que la Cour est d’accord avec cela. BaranR II 97. Qu’il soit « prêtre », soit: avec cela, il est aussi « homme ». VaižgP I 182.
019. La forme locative tame, employée pour désigner un objet de manière généralisée, est rare: Mon bonheur personnel ne tient donc pas à ce que je gagne beaucoup, mais réside je ne sais où. VaižgP I 73.
020. Les formes du masculin singulier au nominatif et à l’accusatif tas, tą, sans valeur de désignation concrète, s’emploient également avec une valeur de désignation généralisée. Elles sont alors en concurrence avec la forme tai.
Tout d’abord, il faut dire que les formes tas, tą s’emploient à la place de la forme tai avec une valeur de désignation généralisée, dans les écrits actuels, bien moins souvent que la forme tai (tatai). Cf. le tableau 2.
021. Les formes tas et tą, par rapport à la forme tai, en position de nominatif et d’accusatif, sont le plus souvent spécifiquement définies (structurellement et stylistiquement) ou dialectales. Comme le montre le tableau, elles sont rares chez certains écrivains (notamment dans la littérature scientifique), tandis que d’autres les emploient un peu plus souvent.
022. La forme tas s’emploie généralement.
1) Dans la proposition principale d’une phrase complexe, en position de sujet au nominatif, lorsque la forme kas occupe cette même position dans la proposition subordonnée. Dans ces cas, la forme tas est tout à fait naturelle, même dans une relation prédicative avec la forme neutre adjectivale (tas gražu; le modèle plus caractéristique dans une phrase simple est tai gražu).
Ce qui est rouge est beau. Ml, Švnč, Auk. Ce qui est sucré est savoureux. Rk, Rd, Avl. Ce qui est beau est aussi bien. Škn. Ce qui est excessif est malsain. PP 198. Ce qui arrivera arrivera? dit le plus grand. BalčAP 282.
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Pastaraisiais trim dešimtmečiais išleisti raštai
2 lentelė
Position au nominatif | Position à l’accusatif | Position au génitif Position au nominatif: tai | tat(ai) | tas Position à l’accusatif: tai | tat(ai) | tą Position au génitif: tai BalčAP | 16 | 2 | 9 | 23 | — | 4 | — BūgRR I | 6 | 2 | 1 | 12 | 3 | 3 | — IvanPŽ | 20 | — | — | 6 | — | — | — KrėvŠP | 4 | — | 2 | 16 | — | 2 | — PaukšŪK | 1 | — | — | 9 | — | 1 | — SimonAŠL | 27 | 8 | — | 27 | 12 | — | — VaižgP I | 45 | 1 | — | 64 | — | 1 | 1 VenclGD | 76 | — | 3 | 31 | — | 2 | — VienPD, K | 4 | — | — | 20 | — | — | — ŽemR I | 1 | — | — | 9 | — | 1 | —
Dans tous ces exemples, la symétrie entre kas et tas est maintenue: kas comme tas précèdent la forme du prédicat. Cet ordre des mots renforce l’emploi de tas à côté de kas. En l’absence de symétrie, on emploie aussi la forme tai (à côté de kas), cf.:
Ce qui, dans la vie, est le mensonge le plus vrai peut parfois, sur le papier, être tout à fait proche de la vérité, et inversement. BielKR 351.
Il faut dire que même en présence de symétrie, comme dans les phrases mentionnées plus haut, tai peut remplacer tas, mais alors cette dernière forme tend à se dégrader en particule, cf.:
Ce qui est rouge, c’est beau. JablRR I 491. Ce qui est noir, ce n’est pas blanc. Ds. Ce qui est vérité n’est pas mensonge. Grz. Ce qui est doux est délicieux pour moi. Kpr. Hélas, ce que j’ai, c’est le meilleur… VaižgRR I 114. Cf.: Si c’est rouge, c’est beau.
2) Dans la proposition principale d’une phrase complexe, à la position au nominatif de l’attribut du prédicat, lorsque le sujet est un nom au nominatif. Dans ce cas, la forme tas est expliquée par la proposition subordonnée.
Le trait le plus caractéristique des chevaux est sans doute que leurs jambes n’ont qu’un seul doigt, le troisième précisément. IvanPŽ 217. Un sous-groupe de ce grand groupe forme une troupe appelée les périssodactyles, dont le trait principal est que le troisième doigt est le plus développé. IvanPŽ 214. Mais la préoccupation principale d’Alfonsas Gerulavičius était que personne ne savait vraiment ce qui se passait sur les fronts de l’Est et de l’Ouest. VienPD,K 164.
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Ici, la forme tas est soutenue par le nom au nominatif, avec lequel elle entretient une relation prédicative. Dans de tels cas, la forme tai est également possible, cf.:
Braškės, į tos tai da nieko, ale (=bet) vis ne tai, kas vyšnia. Plv. …norins iš kitų pusių šitie Armino žirgai ir nepeiktini, bet gana to, jog perlepūs. Ir šalčio jie bijo, ir vandens bijo, ir viso ko bijo. — Tai ne tai, ką mūsų tyriniai — laukiniai žirgai! PietA 62.
Dans la dernière phrase, tai est employé, bien qu’il caractérise une autre forme de tai.
3) Dans les phrases où la forme tai est déjà présente, mais où elle a la fonction d’une particule ou d’une conjonction.
Cf.:
Même si nous avons dû nous fatiguer un peu, ce n’est rien; en revanche, nous avons produit quelque chose de bien. BalčAP 25.
Dans cette phrase, la forme tas ne peut pas être remplacée par la forme tai, car à côté de tas se trouve déjà tai, qui forme avec jei une conjonction corrélative (jei — tai); ici, la forme tas peut simplement être omise.
Cf. aussi la phrase suivante, où la forme tas se trouve à côté de la particule tai:
Ça, c’est facile à faire pour moi. Žsl.
Ici aussi, il est possible de simplement omettre la forme tas; alors tai ne sera plus une particule, mais un pronom (il reprendra la fonction de la forme tas).
4) Dans les expressions figées et les syntagmes.
— Voyons, ma bru, n’est-il pas de notre sang? — dit sa belle-mère pour la rabaisser. — Justement, il n’est pas entièrement de votre sang: votre sang est dilué par le nôtre. VienPD,K 44. Mais les pêcheurs, qui avaient auparavant entendu chanter le vrai rossignol, disaient: — Ni l’un ni l’autre, cela ressemble au chant du rossignol, mais ce n’est tout de même pas ça! BalčAP 69.
Dans la plupart des cas, la forme tas est identique à la forme tai. La différence entre elles est tout au plus stylistique. Lorsqu’elle occupe la position du nominatif sujet, la forme tas entretient les mêmes rapports avec les formes du prédicat que la forme tai (cf. 014):
1) avec les formes de genre neutre des adjectifs et des mots adjectivaux (« modèle non accordé »).
Et maintenant, fais comme chez toi — cela me fera très plaisir. BalčAP 122. — Mais tu devras me dédommager! — poursuivit la sorcière: — et cela ne sera pas bon marché. BalčAP 149. Or, cette grosse cane aime médire de tout le monde — c’est une terrible langue de vipère; cela est contraire à notre nature. Mais, ayant remarqué une croix sur la porte de la maison où logeait le soldat, il prit un morceau de craie et traça une croix sur toutes les portes de la ville. C’était très ingénieux, car la dame du palais royal ne pouvait désormais plus retrouver la maison qu’elle avait marquée. BalčAP 109.
2) Avec les adverbes gerai, negerai, etc.
Si seulement nous pouvions maintenant partir au village et y attendre le Printemps!.. Peut-être que cela serait bien, répondit un moineau... Seulement, moi, je me suis déjà installé en ville. BalčAP 270. Ce soldat se mit à mener joyeuse vie: il allait sans cesse au théâtre, se promenait souvent dans le jardin royal et distribuait de l’argent aux pauvres. De sa part, cela était très bien. BalčAP 107.
3) Avec les formes de troisième personne des verbes intransitifs et transitifs.
Tu me compares à une pareille ordure! Si cela m’importait, ne pourrais-je pas en trouver une au moins un peu plus digne?! ŽemR I 111. Ses couleurs avaient pâli, mais personne ne pouvait dire si cela s’était produit pendant le voyage ou de chagrin. BalčAP 198. — Les enfants! — cria Stankus — tous ensemble, bam! — Cela plut aux enfants. ŽemR I 243.
Tous les canetons éclos de ses œufs s’appelaient eux aussi Portugaises, et cela veut bien dire quelque chose. BalčAP 121.
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4) Avec le nominatif des noms.
… désormais, on lui permettait de regarder, par la porte entrouverte, les enfants joyeux qui faisaient du bruit. Rien que cela était déjà un grand bonheur. BalčAP 327. Je puisais la sève de la vie dans la terre, je prenais ma nourriture dans l’air, je vivais comme bon me semblait, je me réjouissais de mon bonheur et je m’épanouissais — voilà ce qu’était ma vie, mon bonheur. BalčAP 22.
5) Avec diverses autres formes et constructions.
Eh bien, maintenant, qu’il en soit comme tu le dis, que cela passe par ma langue (Marce a ainsi été convaincue d’épouser Kurmelis). ŽemR I 197.
Dans toutes ces phrases, la forme tas peut facilement être remplacée par la forme tai. L’emploi de la forme tas met davantage l’accent sur le sens « cette chose-là ». Il est caractéristique que, dans ces cas, la forme tas soit employée à la place de tai plus souvent seulement dans les écrits de certains auteurs.
023. La forme tą s’emploie de façon analogue à la forme tas:
1) Dans la proposition principale d’une phrase complexe, en position de complément, lorsque ką occupe la même position dans la subordonnée.
Vous voyez, les enfants, ce que je savais, je l’ai chanté. ValPJ 19. Eh, ce qu’il a pris, celui-là peut le récupérer. BaranR II 105. Maman fait toujours ce qu’elle promet. PaukštAK 6. Il faisait tout ce qui lui passait par la tête! ŽemR I 19. L’Ordre triompha: ce qu’il avait perdu près de Vilnius, il le récupéra à Marienbourg. VienPD,K 361. Cf.: Les enfants, habitués à rester seuls toute la journée et à faire ce qu’ils voulaient — s’asseoir, dormir, pleurer ou rire —, furent laissés seuls aujourd’hui encore. ŽemR II 188. L’Aršusis fait ce qu’il décide lui-même. PietA 16.
Dans ces phrases, ką — tą sont employés de manière tout aussi symétrique que kas — tas dans les phrases du type mentionné plus haut.
Lorsque la proposition principale avec tą précède la subordonnée avec ką et qu’il n’y a pas de symétrie entre les formes tą — ką, la forme tą peut plus facilement être remplacée par la forme tai; cf. les exemples avec tą et tai dans les mêmes cas:
As-tu fait ce que je t’avais dit? Skn. Ce don m’a donné le pouvoir de faire en sorte que tous ceux que j’aime voient et ressentent ce que je vois et ressens moi-même. BalčAP 265.
Voyons si un seul des six mots de Sobolevskis indique ne serait-ce que ce qu’il devrait indiquer. BugRR I 412. Parfois, ils expriment avec beaucoup de précision et de concision ce dont nous aimons parler longuement et de façon confuse. VendGD 332.
2) Dans des expressions figées.
Qui sait, après avoir vécu si longtemps, si je me serais procuré un tel bien. ValPJ 27. Elle, après avoir jeté un regard à Dominykas, répondit: « Qui sait, peut-être me marierai-je ». ValPJ 96. Mon bien-aimé est parti, il a parcouru les régions alentour. Qui sait s’il reviendra ou s’il s’installera auprès de moi. ValPJ 129.
Souvent, la forme tą, tout comme tas, correspond entièrement à la forme tai; toutes deux s’emploient comme synonymes, c’est-à-dire que, sans tai, tą est également employé dans la même position et avec le même sens, en particulier par les auteurs auxquels cet usage est familier dans leur dialecte.
La forme tą entretient le même rapport avec les formes verbales correspondantes que tai en position d’accusatif (cf. 014).
Elle s’emploie:
1) Avec des verbes transitifs.
La maîtresse de maison manquait forcément. Pierre le supposait lui aussi. ŽemR I 179. Ainsi, Jonas le sot devint roi — il prit femme et couronne et s’assit sur le trône. Nous l’avons appris dans le journal. BalčAP 290. Si cela a aidé quelqu’un à guérir, seul le bon Dieu le sait; mais qu’il se soit aidé lui-même, tout le monde le savait grâce à sa grosse épouse. VaizgP I 229. Toutes les preuves,
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que la science du langage pouvait aujourd’hui rassembler pour démontrer la parenté plus étroite des langues baltes et slaves, le linguiste letton Jonas Endzelīnas les a réunies, en y ajoutant quelques éléments nouveaux de son cru. Il a fait cela dans son ouvrage «Славяно-балтийские этюды». BūgRR I 407. Le lendemain matin, les plus vigoureux rentrèrent chez eux et, au lieu d’aller à l’église, dormirent toute la journée. Les autres, dormant là même, près de la taverne, attendirent les réjouissances du soir. Ils burent et dansèrent de nouveau. Ils fêtèrent ainsi pendant trois jours. En voyant cela, je fus fort indigné. ValPJ 86.
2) Avec des prépositions régissant l’accusatif.
Vous vous inquiétez pour la région de Klaipėda? Ce n’est rien comparé à ce qui peut arriver. VencIGD 29.
Il est très bon (cet enfant), car il boit à petites gorgées, au fil de la journée, un demi-pot de lait, tandis qu’il ne laisse même pas paraître la bouillie: aussitôt il en reprend et en demande davantage à sa mère, en disant « miam-miam ». Viskantas dit: « Il n’y a pas de raison de se fâcher contre cela: celui qui mange bien est en bonne santé. » ValPJ 11—12.
Dans toutes ces phrases, la forme tą peut facilement être remplacée par la forme tai.
024. De ce qui a été dit sur l’emploi des formes tas et tą au sens de tai dans les écrits contemporains, on peut conclure que la fonction de désignation généralisée de tas et de tą est secondaire: leur emploi est souvent déterminé par la structure de la phrase ou motivé par des raisons stylistiques; ces formes sont moins fréquentes que tai. La forme tai est première aux positions du nominatif et de l’accusatif. Étant par nature un cas nominatif-accusatif, elle conserve encore aujourd’hui ses positions, même si, par analogie avec les autres cas, les formes tas et tą⟧ cherchent déjà à prendre sa place.
En tenant compte de la répartition des formes tai et tas du masculin singulier selon les positions casuelles, nous pouvons établir le paradigme général suivant de la désignation généralisée.
Formes premières Formes secondaires N. tai (tatai) tas G. to D. tam A. tai (tatai) tą I. tuo L. tame
Toutes les formes de ce paradigme ont une fonction de désignation généralisée:
025. Les formes tai, tas de désignation généralisée s’articulent avec les formes tas, ta de désignation spécifique de la manière suivante:
Désignation spécifique Désignation non spécifique (généralisée) N. tas, ta — tie, tos tai (tatai); tas G. to, tos — tų to D. tam, tai — tiems, toms tam A. tą — tuos, tas tai (tatai); tą I. tuo, ta — tais, tomis tuo L. tame, toje — tuose, tose tame
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Dans le système des formes tas, tą, tai, les formes masculines singulières tas sont homonymes. Elles remplissent à la fois une fonction de référence spécifique et une fonction de référence généralisée. Le contexte et les antécédents permettent de distinguer les formes tas de référence spécifique de celles de référence généralisée. Les formes de référence spécifique s’accordent en genre et en nombre avec la forme de leur antécédent (nom), tandis que les formes de référence généralisée ne s’accordent pas, car leurs antécédents sont généralement des phrases entières. Cf.:
On ne voyait rien dans les airs, pas même un chien n’aboyait: et lui aussi avait un endroit où s’abriter du froid mordant.
VaižgP I 127.
Nous aimerions défendre l’origine lituanienne de tous ces petits mots, mais nous n’y parviendrons pas, même avec la meilleure volonté du monde: les impitoyables lois phonétiques et l’histoire des mots s’y opposent. BugRR I 199.
026. Pour étudier le rapport d’emploi des formes tai et tas, tą en position de nominatif et d’accusatif, on a examiné non seulement les textes publiés au cours des trois dernières décennies, mais aussi des textes plus anciens (début du XXe siècle). Dans ces derniers, le rapport entre les formes mentionnées est essentiellement le même que dans les textes actuels. Cf. le tableau 3.
Comme le montre le schéma présenté, les formes du neutre tai (tatai) prédominent dans la plupart des textes de cette période. Les formes masculines tas, tą employées avec un sens de référence généralisée représentent généralement une part beaucoup plus faible que les formes du neutre.
Dans les textes anciens (XVIe-XVIIe siècles), les formes du neutre sont également plus caractéristiques lorsqu’elles expriment une référence généralisée. Cf. le tableau 4.
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Senieji (XVI-XVII a.) raštai
Tableau 4
Position du nominatif | BP I | Ch | DP | Mž | SP I | Vln¹; Position du nominatif | tai | — | — | 16 | — | 33 | 2; Position du nominatif | t atai | 27 | — | 17 | 5 | — | 32; Position du nominatif | tei | — | 43 | — | — | — | —; Position du nominatif | tas | — | 9 | — | 5 | — | 12; Position de l’accusatif | tai | — | — | 26 | — | 80 | 6; Position de l’accusatif | tei | — | 90 | — | — | — | 1; Position de l’accusatif | tatai | 83 | — | 36 | 38 | 1 | 102; Position de l’accusatif | tatei | — | 1 | — | — | — | —; Position de l’accusatif | ta | 1 | — | — | — | — | —; Position de l’accusatif | tą | — | — | — | — | — | 11; Position du génitif | tai | — | — | 1 | — | — | —; Position du génitif | tatai | 3 | — | — | — | — | 4; Position du génitif | ta | 2 | — | — | — | — | 1
R e m a r q u e: Après les formes tatai, tai et autres, on trouve parfois les enclitiques g, gi, gu, etc. Ta peut également apparaître en position d’accusatif et de génitif sous la forme tą (la voyelle nasale n’est pas notée). Les formes relevées en position de génitif ne se trouvent qu’après des verbes négatifs; on pourrait donc aussi les considérer comme des formes d’accusatif.
027. Dans les dialectes, le rapport des formes tai (tatai) avec les formes tas, tą, qui expriment une référence générale, est quelque peu différent en position de nominatif et d’accusatif11.
Dans le dialecte samogitien, pour désigner une chose de façon générale, on emploie habituellement le masculin singulier, au nominatif tas, à l’accusatif tą12.
11Les données dialectales ont été recueillies dans le fichier de l’« Atlas dialectologique de la langue lituanienne », dans les volumes imprimés et le fichier du grand « Dictionnaire de la langue lituanienne », ainsi que par des enquêtes individuelles.
12Le fait que, dans le dialecte samogitien, la forme neutre du pronom soit remplacée par une forme masculine a déjà été signalé par les chercheurs de ces dialectes; voir P. Jonikas, Pagramančio tarmė, Kaunas, 1939, p. 60; J. Aleksandravičius, Vakarinė pajūrio žemaičių tarmė Vilnius, 1949 (manuscrit), p. 62.
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Ce n’est pas si facile, ne dis pas cela. Pj. C’est difficile à supporter. Rt. C’était très difficile, mais nous avons travaillé. Žd. Dix roubles, c’est cher. Skd. C’est agréable de battre le blé au fléau. Eig. Ce n’est pas bien de ne pas vouloir étudier. Ms. Étudier après s’être marié, c’est pénible. Dr. Je ne sais pas ce que c’est, ce qui fait mal au ventre. Klk. Dix kopecks, qu’est-ce que c’est? Klk. Le trajet coûte dix roubles, ce n’est rien. Lnk. S’il pleut un peu, ce n’est rien. Yl. C’est une diminution de la population, mais pas une guerre (si l’on permet ce terme). Pp. Être une personne instruite, c’est un grand bonheur. Grg. Tu sais, ce sont de vieux temps — qu’est-ce qu’on peut encore en retenir? Lkv. Cela dépend de la mère. Dov. Cela s’est passé en temps de guerre. Pln. Tout le monde ne pouvait pas non plus faire cela. Pkl.
La forme tas, lorsqu’elle occupe la position du nominatif sujet, peut se combiner avec la forme neutre de l’adjectif remplissant la fonction d’attribut, cf.:
Tas yr sveik akims. Prk. Tas yr sunku. Als.
Mais, parallèlement à ce modèle, on emploie également un modèle où les mots s’accordent:
Tas yr negers, kad krūvoms laiko gyvulius. Sg. (Plg.: Tai negera, negerai). Užmirštas tas, ko neturi. Krš. (Plg.: Užmiršta tai). Tas man kaip į kaktą y parašyts. Ms (Plg.: Tai parašyta). Tas yr pameluots, kad širdis sveika. Nd(LKT 146) (Plg.: Tai pameluota). Kas raudons, tas i gražus. Dr, Krtn, Tl, Rt (Plg.: Kas raudona, tas (tai) ir gražu). Kas saldus, tas skanus. Slnt.
La forme tai n’existe pas, à notre connaissance, dans le dialecte samogitien. Elle est remplacée par la forme tā, plus rarement par tatai, et l’on rencontre parfois tei. Mais ces formes ont généralement valeur de particule.
Quelle stupidité chez les gens! Klyr (LKŽ V 362). Quelle chaleur, quel beau temps! Slnt (Būg). L’étude, c’est bien. Stl. Alors, quelles nouvelles? Sd. Alors, comment vont les choses? Plt. Cette année, la saison a été pluvieuse. Lž. Il sait faire des bêtises. Kik. Qu’ils donnent trente roubles, et cela nous ira déjà bien. Tl. Si Dapševčičaitė ne le sait pas, alors personne ne le sait. Sd.
Tas tatai negerai, ka veršiai giūvo. Žr. Svaidyti sen(a) žmogų su akmenimis, a tatai tas y gerai? Žd. Tas tatai netur reikšmės. Bdr.
Vuo tei sakau kaip tatai cibules jėsti sveik. Vg. Tei didelė laimė. Krš.
Dans le dialecte samogitien, contrairement à la langue littéraire, le paradigme de l’indication généralisée est nivelé: tous les cas y présentent des formes masculines (tas, to, tam, tą, tuo, tame), comme en letton, où les formes masculines sont également employées à la place de nos formes du neutre13.
Dans les dialectes aukštaitiens, la forme neutre tai, ainsi que les formes masculines tas, tą, sont employées avec le sens d’indication généralisée. Les formes tas, tą sont plus fréquentes dans les dialectes aukštaitiens orientaux, mais se rencontrent aussi dans les dialectes aukštaitiens occidentaux.
C’est cher. Ktk. À l’époque allemande, cela n’avait pas d’importance. Ar. Mon ponton. Slč. C’est difficile à faire. Lb. Ce n’est pas bien que tu ne sois pas allé chez elle. Sdb. Mais il ne faut surtout pas rester couché, mon enfant, c’est bien. Slč. Tout cela, c’est des broutilles. Pg. C’est vrai. Sdr. Ça ne me plaît pas. Klyr. Je suis tombé de haut, peut-être que ça résonne. Jd. Qu’est-ce que cela signifie (=veut dire)? Vlkš. Tu ne t’en tireras pas si facilement. Kt. Cela lui était encore resté en tête. Brb. Cela remonte à longtemps. Lbv. Ça, tu aurais déjà pu le savoir. Skp. Je n’ai pas reçu de punition pour ça, ni pour avoir porté des livres. Kdn.
Il est difficile de dire sans recherches spécialisées quelles formes sont les plus fréquentes dans les dialectes aukštaitiens avec le sens d’indication généralisée — tai ou tas, tą dans la position correspondante. (Tai est aussi fréquent ici comme particule). Une chose est toutefois certaine: les formes masculines tas, tą sont plus fréquentes dans les dialectes aukštaitiens, surtout orientaux, qu’en langue littéraire.
13 Žr. Mūsdienu latviešu literārās valodas gramatika, I, Rīga, 1959, p. 520.
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dans le sens mentionné, les formes sont plus fréquentes dans les dialectes aukštaitiens, en particulier orientaux, qu’en langue littéraire. Chez les écrivains dont les œuvres reflètent davantage la langue parlée, par exemple dans les traductions de J. Balčikonis, les formes masculines tas, tą apparaissent aussi relativement plus souvent à côté de tai que chez les autres écrivains. D’autre part, les formes masculines tas, tą ne sont pas encore aussi bien établies dans les dialectes aukštaitiens que dans les dialectes samogitiens. Par exemple, les expressions Tas nieks nėr, Kas tas yr, etc., sont proprement samogitiennes.
On peut se demander pourquoi, dans la langue littéraire, la forme première de l’indication généralisée au nominatif et à l’accusatif est néanmoins tai, surtout dans les styles scientifique et journalistique, plutôt que tas, tą, alors que ces dernières formes sont si fréquemment employées dans les dialectes. Nous n’aborderons pas ici en détail l’histoire de la formation de la langue littéraire14. L’une des raisons, et à notre avis la plus importante, pour laquelle tai s’impose davantage dans la langue littéraire que tas, tą, tient à la plus grande adéquation de la forme tai au système grammatical du lituanien. Tai yra est une forme univoque, tandis que tas, tą ont aussi d’autres fonctions: elles marquent non seulement une indication généralisée, mais aussi une indication concrète. En outre, la distribution de ces formes importe également ici. Tas, employé à la place de tai, conserve dans la langue littéraire l’environnement de cette dernière forme. Tai comme tas s’emploie avec des adjectifs et des participes neutres, cf.: Tai gražu (modèle d’accord en genre) et Tas gražu (modèle sans accord en genre). L’accord de ces mots est encore si solidement ancré en lituanien que, par exemple, dans le dialecte samogitien, lorsqu’on emploie ici tas (au lieu de tai), la forme neutre de l’adjectif ou du participe est remplacée en conséquence par la forme masculine (tas gražus=tai gražu, tas parašytas=tai parašyta, voir les exemples ci-dessus). Dans le dialecte samogitien, les conditions sont d’autant plus favorables à un tel nivellement du genre que les formes neutres des mots adjectivaux y disparaissent elles aussi (elles sont remplacées non seulement par les formes masculines, mais surtout par les formes féminines, ainsi que par des adverbes). Ainsi, la loi de l’accord des formes ne s’oppose guère, dans le dialecte samogitien, au nivellement analogique des formes du paradigme de l’indication généralisée (la forme masculine est introduite au nominatif et à l’accusatif sur le modèle des formes masculines des autres cas). En revanche, dans la langue littéraire et les dialectes aukštaitiens, ces deux lois — le nivellement du paradigme et l’accord des formes — se contredisent en quelque sorte: la tendance à l’accord des formes fait obstacle au nivellement du paradigme. Sous l’effet de ces lois internes d’évolution du système grammatical lituanien, la forme tai conserve donc encore sa place dans la langue littéraire lituanienne, bien qu’à côté existent aussi les formes fonctionnellement identiques tas, tą.
Rapport entre les formes d’indication généralisée tai, tas et les autres formes pronominales
028. La forme neutre tai et les formes masculines du singulier tas, to, tam, tą, tuo, tame, en tant que formes d’indication généralisée, s’opposent non seulement aux formes genrées tas, ta de l’indication concrète, mais aussi à leurs variantes sémantiques jis, ji; šis, ši; šitas, -a; anas, -a; tas pats, ta pati, etc. (voir 004, 2).
14 Il convient de noter que D. Klein considère, dans sa grammaire, l’expression Tai yra mano sūnus mielasis comme une anomalie de genre (anomalia generis), au lieu de Tas yra manas sūnus (voir Pirmoji lietuvių kalbos gramatika, Vilnius, 1957, p. 244). A. Schleicher indique lui aussi qu’au lieu de tai (yr) mano brolis, tai mano sesuo, les expressions suivantes sont plus correctes et relèvent d’un état de langue plus ancien: tas mano brolis, ta mano sesuo (voir A. Schleicher, Littauische Grammatik, Prag, 1856, p. 300). Le dernier exemple d’A. Schleicher se rattache aux emplois de tas, ta dans l’indication concrète.
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Dans cette opposition, la forme neutre tai et la forme masculine singulière tas entretiennent, peut-on dire, une relation presque sans concurrence avec les formes fléchies de tous les pronoms mentionnés: autrement dit, lorsqu’il faut désigner un objet de manière générale, on emploie généralement les formes tai ou tas (masculin singulier), tandis que, lorsqu’il faut désigner un objet de manière précise, on emploie diverses formes fléchies mentionnées ci-dessus. Cela s’explique par le fait que, parmi tous les pronoms évoqués, seul le pronom tas possède une forme neutre largement usitée, tai, et que, pour ce pronom seulement, les formes masculines singulières sont largement employées avec le même sens que la forme neutre (tas, to, tam, tą, tuo, tame). Les autres pronoms démonstratifs anaphoriques fléchis ne forment pas de formes neutres, à l’exception de šita, šitai15, que l’on rencontre parfois. De même, les formes masculines singulières des autres pronoms, à l’exception de tas, sont relativement peu fréquentes au sens d’une désignation générale. Outre tas, on rencontre également dans ce sens šitas, šis et tas pats16.
Pour la fréquence d’emploi des formes mentionnées, cf. le tableau 5.
029. Apibendrinto nurodymo formų šita(i), šitas, šis (vyr. g. vn.) retą vartoseną galima paaiškinti jų reikšmės neutralizacija. Kaip konkretaus nurodymo formos šitas, -a, šis, ši dažnai pakeičiamos tas, -a formomis, taip ir vietoj apibendrinto nurodymo formų šita(i), šitas, šis, dažnai galimos tai, tas formos. Plg.:
Je ne savais rien de šita. Kp. « Eh bien, c’est vraiment une chose qui ne va pas, que le chien mange beaucoup tout seul. » Db. « Même si l’on décidait de vous retirer ce cens, il s’écoulera encore beaucoup de temps; entre-temps, vous pouvez acquérir une terre comme la loi vous y autorise. » Dites cela au supérieur. KudR I 122. « Mais sais-tu, tamista, à propos de ce que j’ai dit sur l’argent, garde le silence », finit par dire Virpša à Ivonas. « Eh quoi, vous avez donc l’intention de garder le silence là-dessus, vous aussi? » demanda Ivonas. PietA 33. « Quelqu’un a délibérément jeté ce chien pourri chez nous, les Juifs, pour se moquer de notre foi, qui est peut-être bien meilleure que celle des chrétiens eux-mêmes, puisqu’elle est issue de notre šitkis… » — « Bon, cela, laissez-le de côté! » interrompit gravement le bailli, offensé. VaižgP I 188. — « Et parce que les autorités de Kaunas ont emprisonné ma femme et moi, nous ont traînés, interrogés, fait aller et venir?! Que n’ai-je pas dû endurer, combien de requêtes ai-je déposées… j’ai dépensé jusqu’à mon dernier sou… » — « Bien, bien. Ajoutez aussi cela. » VienPD, K 186. « Par le traité, prince, le château de Knystautas aurait dû être détruit depuis longtemps ou nous être remis. Prince, vous ne l’avez pas fait jusqu’à présent. » VienPD,K 322. « Ne sais-tu donc pas que les morts ne vivent pas dans le cimetière, mais au ciel ou en enfer, chacun à la place qu’il a méritée par ses actes lorsqu’il était vivant? N’as-tu jamais entendu cela? » KrėvŠP 11.
Dans ces phrases, les formes šita(i) et šitas, šis peuvent facilement être remplacées, respectivement, par les formes tai ou tas.
Cf. l’exemple où šita(i) est employé parallèlement à tai.
Dis-moi maintenant, ne vaudrait-il pas mieux avoir embrassé le catholicisme et être devenus de vrais chrétiens?… Je dois t’avouer que moi aussi, j’ai souvent pensé à šitai. J’en ai souvent parlé aussi. PietA 91.
Cf. également l’exemple où la forme neutre du pronom šita(i) est employée à côté de la particule tai:
La forme šiai que l’on trouve dans des expressions figées, notamment à côté de tai, pourrait également être une formation secondaire sur le modèle de ce dernier; cf.: Tu parles de šiai et de tai. KrėvR II 171.
Dans de rares cas, le sens de désignation générale se rencontre aussi avec la forme féminine ta pati, cf.: « Que tu le prennes ou non, c’est toujours la même chose… » — « Pour moi, c’est toujours la même chose… » KudR I 101. — Étant donné qu’il s’agit de cas isolés, cette forme n’est pas intégrée par la suite au système général des formes étudiées.
Et ce qui me plaît beaucoup (= plaît), c’est ceci: que toi aussi, tu comprennes une telle manière d’agir…
PietA 88.
Quant à šita(i), šitas, šis, la neutralisation du sens entre les formes d’indication spécifique šitas, -a, šis, ši et les formes d’indication généralisée šita(i), šitas, šis ne préserve pas la symétrie. Šita(i), šitas, šis sont des variantes secondaires de tai, tas. Avec ces dernières, elles s’opposent aux formes genrées de l’indication spécifique (d’un côté tai, tas, šita(i), šitas, šis, de l’autre — tas, ta; šis, ši; šitas, -a; anas, -a; jis, ji, etc.).
030. La forme masculine singulière d’indication généralisée tas pats diffère davantage, par son sens, des formes tai, tas (masculin singulier), de sorte qu’on ne peut pas toujours la remplacer par ces dernières. Cf.:
Il lui est arrivé la même chose qu’à celui-là. BalčAP 50. Ne l’appelle plus ni lui ni son lieu autrement, et ordonne la même chose aux autres. VaizgP I 137. Ils voyaient, écoutaient, pensaient et réfléchissaient la même chose qu’Edvardas. VienPD, K 207. Comme tu disais la même chose il y a peu, Jurgi! Sois prêtre… C’est ainsi qu’il demanda! SruogR II 173.
La santé est précieuse à l’homme, mais même elle peut être excessive: à force de gaspiller ce qu’il a en trop, l’homme finit souvent par tout épuiser. Il en va de même des richesses. VaizgP I 72. « Comme je suis beau! pense-t-il. Si intelligent. Toutes me regardent. Il lui semble que les jeunes filles, en le regardant, pensent la même chose. PaukštAK 50. …tous répondraient de la même façon qu’ils éprouvent la même chose, qu’ils sont affligés par la même chose, qu’ils se réjouissent de la même chose. VaizgP I 217.
Dans les phrases du premier paragraphe, les formes tas pat(s) pourraient aussi être remplacées par les formes tai, tas, tandis que dans les phrases du deuxième paragraphe, les formes tas pat(s) se remplacent difficilement par les formes tai, tas.
En raison de sa valeur différentielle, la forme masculine singulière tas pats, qui remplit une fonction d’indication généralisée, conserve une symétrie avec les formes d’indication spécifique tas pats, ta pati. Cependant, ces dernières sont rarement employées anaphoriquement et témoignent en outre d’une certaine fossilisation — elles apparaissent le plus souvent dans des expressions telles que: Le vestibule est petit, le même, sans plancher. ŽemR I 56. Les fenêtres sont vieilles, petites, toutes pareilles et couvertes de mousse. ŽemR I 172. La vache est unique, et c’est justement une vieille laitière. Pš. C’est pourquoi la symétrie entre tas pats, ta pati (formes d’indication spécifique) et tas pats (forme masculine singulière d’indication généralisée) n’est pas non plus forte.
D’ailleurs, dans certains cas, la forme tas pat(s) au sens généralisé se rapproche de l’adverbe taip pat, cf.:
Jeudi. J’écris le registre… Vendredi. La même chose (BaranR II 48) et Mardi. J’ai écrit toute la journée au bureau. Mercredi. De même (BaranR II 43).
Mais ce rapprochement des formes minimales n’est pas dû à leur fonction, mais uniquement au contexte.
031.Tai, tas (masc. sg.) le rapport entre les formes et les formes de désignation généralisée et spécifique mentionnées ci-dessus peut être représenté ainsi:
Indication spécifique Indication non spécifique (généralisée) tas, ta; šitas, -a; šis, ši; anas, -a; jis, ji, etc. tai (tatai), tas; šita(i), šitas, šis tas pats, ta pati tas pats
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032. Les formes de genre à référence spécifique tas, ta, etc., employées avec des antécédents — des noms qui les précèdent — sont des substituts de ces noms. Les phrases ou les propositions contenant un antécédent et le pronom qui le remplace, doté d’une fonction de référence spécifique, peuvent être transformées en phrase relative (transformation d’enchâssement). Les formes de référence spécifique tas, ta, etc., sont alors généralement remplacées par les formes du pronom relatif kuris, -i. Cf.:
1) Žolys emmena Kupstis alaus. Jis ne laimėjo nė Petro. Tas, nors atsipiromis, bet turėjo dėdės klausyti. ŽemR I 162. ⇒ … Jis ne laimėjo nė Petro, kuris, nors atsipiromis, bet turėjo dėdės klausyti. 2) Naujienas mes sužinom iš pintinės, ta dažnai eina į turgų. BalčAP 202. ⇒ Naujienas mes sužinom iš pintinės, kuri dažnai eina į turgų. 3) … vilkas… šoko per kelmą ir išspyrė vaikiuką. Tą žmonės praminė bridaičiu. ValPJ 163. ⇒ vilkas… šoko per kelmą ir išspyrė vaikiuką, kurį žmonės praminė bridaičiu. 4) Atsigręžė dar į orarykštę. Toje, rodos pamatė Janikę. ŽemR I 200. ⇒ Atsigręžė dar į orarykštę, kurioje, rodos, pamatė Janikę. 5) O karalaitė padovanojo jam kalaviją, nusagstytą auksiniais pinigais, tie jam labai pravertė. BalčAP 201. ⇒ O karalaitė padovanojo jam kalaviją, nusagstytą auksiniais pinigais, kurie jam labai pravertė. 6) Atrado bobutė du didžiu ragu. Iš tų padirbo du gražiu trūbu. ValPJ 19 ⇒ Atrado bobutė du didžiu ragu, iš kurių padirbo du gražiu trūbu.
De telles transformations sont possibles parce que, dans ces exemples, les formes tas, ta et kuris, -i sont identiques par leur fonction: elles occupent la même position et remplacent le même nom, c’est-à-dire qu’elles ont le même antécédent17.
Outre kuris, -i, katras, -a est également employé avec la même fonction. Tous deux sont structurellement définis: ils n’acquièrent une fonction anaphorique que dans certains types de phrases relatives; il faut donc les considérer comme des variantes syntaxiques des formes anaphoriques jis, ji; tas, ta; šis, ši, etc.18.
Dans de rares cas, à la place de kuris, -i, katras, -a, on trouve également kas, forme sans distinction de genre.
Je ne vois personne qui puisse prendre le drapeau. Lnky (LKŽ V 364). Il y a, au-delà du petit champ, une jeune fille qui apaise mon cœur. Všk (LKŽ V 364).
033. Apibendrinto nurodymo formos tai, tas (vyr. g. vn.) ir kt., kurių antecedentai yra visa frazė (paprastai sakinys arba sakinio dėmuo), vartojant įjungiamąją reliatyvinę transformaciją, niekada nepakeičiamos kuris, -i (katras, -a) formomis. Aukščiau minėtos formos reliatyviniame sakinyje gali būti pakeistos tik giminės kategorijos neturinčio santykinio įvardžio kas formomis.
Les formes tai, tas sont remplacées par la forme kas (position du nominatif).
1) Ji žvilgtelėjo į laikrodį. Tai ženklas jam išeiti. PaukštAK 143. ⇒ Ji žvilgtelėjo į laikrodį, kas buvo ženklas jam išeiti. 2) Lietimo organai labai išlavėję, ir tai turi gyvybinės reikšmės banginiui pasineriant ir išnyrant. IvanPŽ 204. ⇒ Lietimo organai labai išlavėję, kas turi gyvybinės reikšmės… 3) Užtai ir jo sodyba nors ir ne prabangi, bet pavyzdinga, ir tai didelė čia dar retenybė. SimonAŠL 53. ⇒ Užtai ir jo sodyba nors ir ne prabangi, bet pavyzdinga, kas didelė čia dar retenybė. 4) Tas kareivis ėmė linksmai gyventi: nuolat ėjo į teatrus, dažnai vaikščiojo po karaliaus sodą ir dalino pinigus neturtiems. Iš jo pusės tas buvo labai gerai. BalčAP 22. ⇒ Tas kareivis ėmė linksmai gyventi: nuolat ėjo į teatrus, dažnai vaikščiojo po karaliaus sodą ir dalino pinigus neturtiems, kas iš jo pusės buvo labai gerai.
17 Pour les conditions de la transformation relative, voir Noam Chomsky, Current Issues in Linguistic Theory, The Structure of Language, New Jersey, 1964, p. 71.
18 Voir A. Valeckienė, ibid., p. 145.
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Cf. les phrases suivantes avec kas à la place des formes possibles tai, tas:
Il accueillit [le curé] avec bienveillance; tout en lui baisant la main, il lui passa l’autre sur la tête, ce qui (=tai, tas) émut même Benediktas. VaižgP I 83. S’il arrive parfois que tout le monde doive sortir de la maison — ce qui (=tas) se produit rarement —, on verrouille alors la porte de l’intérieur et le dernier sort par la fenêtre. SimonAŠL 84. Nos noms de famille actuels, par exemple Daukšas, Daujotas, Gedminas, Daugilas, Dargis, Gedvilas, etc., étaient encore des prénoms au XVIe siècle, ce qui (=tai, tas) est clairement attesté par la liste des nobles de 1528. BūgRR I 203.
Les formes tai, tą sont remplacées par la forme ką (position de l’accusatif).
1) Plongée dans l’eau mais à court d’air, la bête ne fait souvent que sortir ses narines pour reprendre son souffle, et elle le fait si calmement qu’il est difficile de la remarquer. IvanPŽ 232. ⇒ … la bête ne fait souvent que sortir ses narines pour reprendre son souffle, ce qu’elle fait si calmement… 2) Un petit nuage de douleur passa sur tous les fronts au souvenir de leur père défunt. Ayant remarqué cela, la mère dit. ŽemR I 154. ⇒ Un petit nuage de douleur passa sur tous les fronts au souvenir de leur père défunt, ce qu’ayant remarqué, la mère dit. 3) On emporta devant eux, sur une civière, un Samogitien blessé; un filet de sang le suivait des murs de la forteresse jusqu’à la tente. Ni Vytautas, ni les autres nobles et guerriers n’y prêtèrent attention. VienPD, K 323. ⇒ … à quoi ni Vytautas, ni les autres nobles et guerriers ne prêtèrent attention. 4) Il semblait qu’en un an ou deux il illuminerait tous ceux qui végétaient ici dans l’obscurité. Il les ranimerait, les rééduquerait, les enflammerait de nobles idéaux… Et lui-même recevrait en retour respect, voire gloire. PaukštAK 102. ⇒… Il les ranimerait, les rééduquerait, les enflammerait de nobles idéaux…, ce qui lui vaudrait à lui-même respect…
Cf. les phrases suivantes avec ką à la place des formes possibles tai, tą:
…dans les temps anciens, il y avait des cerfs en Lituanie (ce dont (=tai, tą) témoignent les restes mentionnés ici). IvanPŽ 263. Comme je racontais ainsi depuis longtemps, les auditeurs se mirent à ronfler « garr-garr »; voyant cela (=tai, tą), j’éteignis doucement la bougie et allai me coucher. ValPJ 117. Le mot pavojaus (« danger ») possède un « v » étymologique entre les voyelles « a » et « o », ce que (=tai, tą) montrent la dialectologie, l’histoire du mot et son origine. BūgRR I 107.
De la même manière, la forme to est remplacée par ko, la forme tam par kam, la forme tuo par kuo, etc.
1) Autrefois, après la mise à mort, on tirait aussitôt « pakš-pakš »; aujourd’hui, on ne fait pas cela. ValPJ 107. ⇒ … ce qu’on ne fait pas aujourd’hui. 2) Šešiavilkis était un parfait illettré; il ne savait ni écrire ni lire. C’est pourquoi il avait tant de mal avec toutes sortes de « kankulecijos ». VaižgP I 93. ⇒… ce qui lui rendait si difficiles toutes sortes de « kankulecijos ». Cf.: Il frappait à plusieurs reprises cet arbre de son front, ce qui (=to) avait fait pencher l’arbre sur le côté. IvanPŽ 293. … Les jeunes filles perpétuent encore cette coutume de ces laumės dans les environs de Biržai et de Pabiržė, ce qui (=to) n’existe plus depuis longtemps en Samogitie. ValPJ 90.
Il fut décidé d’installer une table d’honneur et de donner un banquet au centre des païens. Un lieu approprié fut choisi à cet effet. VienPD,K 379. ⇒… pour quoi un lieu approprié fut également choisi. … … promettait de faire tout son possible pour qu’elle ne manque jamais de rien… Il semble qu’il s’en soit soucié autant qu’il le pouvait jusqu’à présent. ŽemR I 146. ⇒ … ce dont, semble-t-il, il s’est soucié autant qu’il le pouvait jusqu’à présent.
034. Le remplacement des formes de désignation généralisée cela, celui-là par les formes qui est, dans la plupart des cas, limité structurellement. Les possibilités d’emploi des formes Qui sont bien plus restreintes que celles des formes cela, celui-là mentionnées ci-dessus. Qui ne peut apparaître dans la phrase relative qu’en position postposée par rapport à l’antécédent. L’antécédent et le pronom qui doivent se trouver dans la même phrase. Une phrase indépendante contenant le pronom relatif qui ne commence généralement pas-
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Dans ce cas, la forme relative kas est généralement précédée de la particule démonstrative štai, cf.:
Ces socialistes sont des gens avisés. Et ils veulent du bien aux gens. Et ils agissent. Mais les vagabonds sont dangereux. Des brigands. Ceux qui usent du nom de socialistes, sèment la violence, incendient les fermes et tuent des gens. Voilà ce qui (=tai, tas) ne va pas. SruogR II 202. Un vaurien me rencontre, m’attache au mât du bateau et me jette dans la mer déchaînée. Pendant ce temps, le cheval du roi se réjouit de ses fers d’or et retrousse le nez. Voilà ce qui me met le plus en colère! BalčAP 102.
Le pronom relatif kas, qui a une fonction anaphorique, est rare et inhabituel en début de phrase, cf.:
Les enfants tiraient la grue par le bec et riaient en faisant « ki-ki-ki ». En voyant cela (=tai, tą), je me suis mis à grincer des dents. ValPJ 77.
Le remplacement des formes tai, tas, qui expriment une référence générale, par les formes kas n’est souvent possible qu’en apportant certaines modifications à la structure de la phrase — en déplaçant les constituants, en modifiant l’ordre des propositions, en réunissant deux phrases ou plus en une seule, etc.
1) Ce qui accabla particulièrement Hans Cvibakas, ce fut de voir Külgailis et Šarka libres parmi les croisés qui étaient arrivés. VienPD,K 334. ⇒Hansas Cvibakas (il) vit Külgailis et Šarka libres parmi les croisés qui étaient arrivés, ce qui l’accabla particulièrement (Hansas Cvibakas). 2) Un prédateur avait égorgé son cheval qui paissait dans la forêt, et Miškinis pensait que c’était l’œuvre des loups. IvanPŽ 186. ⇒Un prédateur avait égorgé son cheval qui paissait dans la forêt, ce qui, selon Miškinis, était l’œuvre des loups. 3) Si seulement elle m’avait dit un mot: « es-tu un diable ou quoi, pourquoi as-tu cassé cela, ou mets-en un autre? » C’est ce que j’attendais, mais elle n’a pas soufflé mot! ŽemR I 136⇒. Si seulement elle m’avait dit un mot: « es-tu un diable ou quoi, pourquoi as-tu cassé cela, ou mets-en un autre? » (ce que j’attendais), mais elle n’a pas soufflé mot!
Dans bien des cas, en raison de diverses circonstances contextuelles, il est tout à fait impossible de remplacer les formes tai, tas exprimant une référence générale par les formes kas.
a) Lorsqu’il s’agit d’un contexte plus long et que ce qui est désigné est séparé par d’autres constituants ou formulé de manière peu claire.
Entre le nez et l’œil se trouve une certaine glande qui produit une substance grasse. Le petit animal enduit et masse avec cette substance ses ailes et les autres appendices cutanés. Cette activité semble très importante pour la chauve-souris, car, même lorsqu’elle est capturée, elle profite de chaque instant pour faire sa toilette. Cela est lié à des organes sensoriels d’une sensibilité exceptionnelle, de taille microscopique, répartis sur toute la peau. IvanPŽ 29. — — Et qu’est-ce qui te fait peur, ma belle-fille? demanda soudain la belle-mère à celle-ci d’un ton mystérieux, — peut-être Stašenytė?.. N’aie pas peur, ma fille. On l’a bien entendu, et on a entendu dire que nous nous préparions… Si elle l’avait voulu… N’y pense même pas (que son fils avait séduit Stašenytė), tout le monde l’a déjà oublié. VienPD, K 157.
b) Lorsque la forme tai, tas figure dans une phrase interrogative ou dans une proposition subordonnée relative comportant des particules interrogatives ainsi que des pronoms ou des adverbes interrogatifs-relatifs.
Il a vu la maison de bains toute neuve, et il veut construire une église sur ce terrain! Qui pourrait faire cela?! ŽemR I 50. Adomukas ne comprenait pas encore tout à fait ce que cela signifiait — ton oncle n’est plus là. VaizgRR I 154. — Et toi, mon fils, en as-tu vraiment besoin d’une pareille? Tout le monde s’étonne!.. — Alfonsiuk, est-ce vrai (qu’il se prépare à épouser Gliaudelė)?! VienPD,K 106. — Espérons que les chrétiens ne nous attaqueront pas, du moins cette nuit, répondit Knystautienė, et Griezė ne comprit pas si cela lui avait été rappelé exprès en raison de la tactique des croisés ou si ce n’était qu’une coïncidence. VienPD,K 377. … le duc a doublé ses troupes, mais quel avantage en tirons-nous? VienPD,K 436. C’est toi qui as remis les clés à Siesčencu! Sais-tu à quel point il sera vexé par
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Tous ces nobles? SruogR II 140. [Ciolekas] Qui souffle, et qui ne souffle pas, mais l’évêque vénérable de Cracovie — amateur de vessies… [Zbignievas] Que veut dire l’évêque par là? SruogR II 60.
c) Lorsque tai, tas apparaissent dans des réponses à des questions ou dans d’autres cas où le plan du discours change (discours direct — discours de l’auteur, discours d’un personnage puis d’un autre, question — affirmation d’un même personnage, etc.).
Les princes Mindaugas et Gediminas fraternisaient-ils avec les chiens des croisés? Grand ancêtre, quelle chose inouïe! VienPD,K 282. [Ciolekas] Un autre, disons, comme toi, cher voisin, quelque part dans une bataille, comme à Grunwald, après avoir blessé d’un coup d’épée un chevalier, se promènera dans l’antichambre du roi, — et le voilà déjà évêque, — un homme d’État! [Zbignievas] C’est une calomnie malveillante, évêque de Poznań! C’est Vytautas qui a inventé cela par jalousie! SruogR II 50. — Pourquoi as-tu volé le mouchoir de Valulis Palutė? Les gens m’en font voir de toutes les couleurs. PaukštAK 90. « Merci, merci, grand-mère, votre chanson est très belle! » En entendant cela, la grand-mère se mit à rire: hi-hi-hi. ValPJ 20. Est-ce que tu perpétues une vieille coutume? Faire le ménage? Ce n’est pas nécessaire ici. ŽemR I 75.
d) Lorsque tai, tas sont expliqués par une proposition subordonnée occupant la fonction d’un constituant de la phrase. La subordonnée peut être introduite aussi bien par un pronom relatif ou un adverbe que par une conjonction. Dans ce cas, tai, tas servent de corrélats aux formes des pronoms relatifs et des adverbes. Cela suffit déjà à empêcher de remplacer tai, tas par les formes de kas.
Ce que le vieil Vidmantas avait prédit en plaisantant après avoir bu de la bière se réalisa bientôt de façon inattendue. VaižgP I 67. Comment, quand et qui fut le premier à arriver parmi eux en Lituanie, cela demeure enveloppé des brumes des siècles lointains. VaižgP I 60. Et ce que l’on n’a pas dans sa propre langue, il est difficile de s’y habituer. BūgRR I 396. Je n’exigerai pour moi que ce qui m’appartient. VienPD,K 455. …il suffit qu’il voie que tu ne veux pas paresser. ŽemR I 151. À qui cela profitera-t-il, si mon domaine est réduit en cendres? SruogR II 205. Et la famille des Šešiavilkiai se contentait de ce qu’elle recevait. VaižgP I 231. Et le prince se distinguait ainsi de ses nobles: il était plus fort que tous. VienPD,K 328.
e) Lorsque tai, tas apparaissent dans une phrase subordonnée introduite par des conjonctions composées telles que kad… tai, jei… tai, etc.
… que les siens en appellent à un ennemi commun contre l’un des leurs, cela ne s’était encore jamais produit en Samogitie! VienPD,K 282. … si le paysan veut obtenir une bonne récolte, il doit d’abord répandre du bon fumier. DonR 49.
f) Lorsque tai, tas apparaissent dans des propositions subordonnées compléments d’objet, de cause, de condition, de concession, etc., avec les conjonctions correspondantes.
« Vytautas est un traître! » — c’est tout ce que répétaient les habitants de Marienbourg; ils se retournaient les uns contre les autres et disaient qu’il avait prévu cela depuis longtemps. VienPD,K 380. Bientôt, tous deux… ne parlèrent plus qu’en lituanien, bien que Gintautas ne l’exigeât pas d’eux. VaižgP I 163. Le chevalier Griezė chevauchait lui aussi et, conformément aux statuts et aux coutumes, passa toute la nuit à cheval, en armure, dans la cour du petit château. VienPD,K 349. Il vaudrait mieux que la mère ne le voie pas du tout et ne lui écrive rien, car cela pourrait également avoir une incidence sur le procès… VienPD,K 133. Les parents, les sœurs, la marraine, les garçons d’honneur, les témoins, les demoiselles d’honneur, les proches et tous les invités conviés félicitèrent les mariés. Comme c’était nouveau pour la plupart, tous se gênaient et faisaient comme le premier venu. VienPD,K 148.
Si l’on remplaçait tai, tas par les formes de kas dans ces phrases, les relations de cause, de condition, de concession, etc., seraient éliminées; dans de nombreux cas, ce remplacement serait même tout à fait impossible, cf.: Il a dit qu’il avait prévu cela depuis longtemps ≠ (n’est pas équivalent à) Il a dit ce qu’il avait prévu depuis longtemps.
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g) Lorsque les formes tai, tas apparaissent dans une phrase ou une proposition reliée au contexte précédent par la conjonction bet (relation d’opposition).
… il reconnut le même Samogitien, qui les avait si habilement conduits à travers le marais. Il le reconnut et fut surpris, mais cela le perdit peut-être. VienPD,K 440. Il se peut que d’autres espèces de loups aient également contribué à la formation des sous-espèces de chiens domestiques, mais cela n’est que conjecture. IvanPŽ 169. Ce qu’il s’était fixé comme objectif dix ans plus tôt… il l’avait presque atteint. Mais, comparé aux autres occupations qui mûrissaient déjà dans son esprit, cela n’était qu’un début. VienPD,K 479. Je ne fis qu’entrevoir Vičvienaitis, mais il ne me vit pas. ŽemR I 136. Interrogés depuis le château, ils répondirent que ni la noble dame Knystautienė ni sa fille ne se trouvaient à l’intérieur. Mais personne ne voulait le croire. VienPD,K 394.
Dans certaines phrases, si l’on supprimait bet, on pourrait remplacer les formes tai, tas par des formes de kas, mais cela éliminerait alors la relation d’opposition.
h) Lorsque les formes tai, tas apparaissent dans une phrase distincte ou une proposition distincte, reliée au contexte précédent sans conjonction par des relations explicatives, d’opposition, d’objet, de cause, etc.
En les trouvant (les faons), les gens pensent parfois qu’ils sont abandonnés et estiment bien faire en les emmenant chez eux. C’est une erreur. IvanPŽ 242. Il ne faut en aucun cas garder un mâle là où se trouvent des enfants: c’est dangereux. IvanPŽ 244. Comparé aux moutons sauvages, le mouton domestique n’est pas cet animal vif, prudent et courageux, mais seulement une créature stupide. C’est le résultat de l’intervention humaine. IvanPŽ 285.
i) Lorsque les formes tai, tas apparaissent dans une phrase ou une proposition liée au contexte précédent par une relation d’ajout. Le remplacement des formes tai, tas par des formes de kas supprimerait cette relation.
Quand Eduardas revint un peu plus tard, Alfonsas comprit aussitôt qu’il était déjà engagé. Sa mère le comprit également. VienPD,K 144. … cependant, lorsque le chevalier anglais tourna son cheval de manière à pouvoir se protéger des coups de son adversaire avec son bouclier plutôt que de l’attaquer, tous comprirent que l’heure décisive approchait. Son frère Hansac et le chevalier Drankas le comprirent aussi. VienPD,K 345. Les villageois savaient que Benediktas avait perdu la tête: ils connaissaient aussi ses mystérieux voyages chez le vieux curé et dans la ville lointaine. Et ils ne l’oublièrent pas, car ses visites au curé se répétaient. VaižgP I 84.
Il ne s’agit pas ici d’énumérer tous les cas où le remplacement des formes tai, tas par des formes de kas est limité sur les plans structurel et sémantique. Ces cas sont nombreux19. Il importe de souligner que le domaine d’emploi des formes tai et tas est bien plus vaste que celui des formes de kas ayant le sens correspondant. Les formes tai, tas sont ici primaires, les formes de kas secondaires. Entre les formes d’indication générale tai, tas et kas, on trouve le même rapport qu’entre les formes d’indication spécifique jis, ji; tas, ta; šis, ši et kuris, -i; katras, -a, etc. Les formes kuris, -i; katras, -a constituent une variante syntaxique supplémentaire des formes jis, ji; tas, ta; šis, ši, etc., tandis que les formes de kas constituent une variante syntaxique des formes tai, tas.
En gardant tout cela à l’esprit, on peut établir le schéma suivant des relations entre les formes mentionnées:
19 Dans des cas analogues, l’emploi des formes kuris, -i; katras, -a à la place des formes d’indication spécifique jis, ji; tas, ta; šis, ši, etc., est également limité.
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Indication spécifique
Indication non spécifique (généralisée)
jis, ji; tas, ta; šis, ši; šitas, -a; anas, -a ir kt.
tai (tatai), tas, šita(i), šis, šitas ir kt.
kuris, -i; katras, -a ir kt.
kas
Le modèle formé par ces formes en relation peut être représenté graphiquement comme suit:
A B C D
où A = jis, ji; tas, ta et autres, B = kuris, -i; katras, -a et autres, C = tai, tas et autres, D = kas. Les relations isomorphes de ces pronoms sont A: B = C: D ou A: C = B: D.
Reçu le 26 mars 1973.
А. ВАЛЯЦКЕНЕ
FORME DU GENRE NEUTRE DU PRONOM TAI ET SA RELATION AUX AUTRES FORMES PRONOMINALES
Résumé
L’article définit la valeur invariante du pronom de genre neutre tai et ses relations isomorphes avec les formes masculines et féminines tas, ta ainsi qu’avec les autres formes pronominales.
Les pronoms ayant une valeur anaphorique sont les seuls à posséder des formes pour les trois genres tas, ta, tai, tandis que le pronom déictique (au sens étroit du terme) n’a que deux formes: tas, ta. Le trait commun des formes anaphoriques tas, ta, tai est qu’elles occupent toutes la position d’une forme casuelle du nom, c’est-à-dire qu’elles remplissent une fonction substantivale. La forme tai s’oppose aux formes tas, ta par la nature de leur deixis: tas, ta sont des formes de désignation concrète et définie, tandis que la valeur invariante de la forme tai correspond à une désignation générale et indéfinie. Ces formes ont également des antécédents différents. Certains noms (généralement en position antéposée) servent d’antécédents aux formes tas, ta. Les antécédents de la forme tai peuvent être non seulement des noms, mais aussi, le plus souvent, une phrase entière (syntagme, proposition, paragraphe), située en position antéposée ou postposée. Les formes tas, ta s’accordent en genre et en nombre avec leurs antécédents. C’est précisément par ces catégories qu’elles se distinguent.
La forme tai, ancienne forme du nominatif-accusatif, n’apparaît qu’aux positions du nominatif et de l’accusatif. Les formes de désignation concrète tas, ta s’emploient, elles, aux positions de tous les cas-
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cas. Par conséquent, l’opposition tai: tas, ta n’est pas symétrique. Dans le domaine de la désignation générale, toutes les formes casuelles ne sont pas utilisées. Pour rétablir la symétrie, une autre opposition, purement syntaxique, se constitue. Outre la forme tai, les formes masculines du singulier tas, to, tam, tą, tuo, tame s’emploient également avec une valeur de désignation générale. Les formes féminines, ainsi que les formes du pluriel, n’ont pas cette valeur. Ainsi, en lituanien, la forme tas est homonyme: lorsqu’elle désigne quelque chose de concret, elle s’accorde en genre et en nombre avec le nom antécédent, mais lorsqu’elle a une valeur de désignation générale, elle ne s’accorde pas avec son antécédent.
Tai et les formes masculines du singulier tas, to, tam, tą, tuo, tame, employées comme formes de désignation générale, s’opposent aux formes de désignation concrète tas, ta. Les formes de désignation générale tai et tas sont réunies dans un même paradigme et se répartissent selon la position qu’elles occupent comme suit: nom. tai (tas), gén. to, dat. tam, acc. tai (tą), instr. tuo, loc. tame. Dans ce paradigme, tai est la forme primaire au nominatif et à l’accusatif, tandis que tas, tą constitue la forme secondaire aux mêmes positions. Ces dernières formes sont restreintes du point de vue structurel et stylistique et, dans certains cas, présentent une coloration dialectale. Du point de vue statistique, l’emploi de tas et de tą aux cas correspondants ne représente qu’un faible pourcentage.
Les formes de désignation générale tai, tas s’opposent non seulement aux formes de désignation concrète tas, ta, mais aussi à leurs synonymes sémantiques jis, ji; šitas, -a; šis, ši; anas, -a; tas pats, ta pati, etc. Beaucoup des pronoms mentionnés n’ont pas de forme neutre, ou bien cette forme n’apparaît que sporadiquement (šita(i)), à côté de tai. Les formes masculines du singulier employées avec une valeur de désignation générale sont relativement rares (šitas, šis, tas pats). C’est pourquoi les formes tai, tas sont le plus souvent utilisées pour exprimer une désignation générale, alors qu’une série entière de lexèmes distincts sert à exprimer une désignation concrète (tas, ta; jis, ji; šitas, -a, etc.). En raison de la spécificité de leur valeur, les formes de genre de désignation concrète tas pats, ta pati et les formes masculines du singulier ayant une valeur de désignation générale tas pats, to paties, etc., sont davantage symétriques.
Les formes de désignation générale tai, tas et autres s’opposent également aux formes kas, de la même manière que les formes de désignation concrète tas, ta; jis, ji et autres s’opposent aux formes kuris, -i; katras, -a. De même que kuris, -i; katras, -a remplacent jis, ji; tas, ta et autres dans des phrases de structure déterminée, le pronom kas remplace, dans des cas analogues, les formes tai, tas. La forme kas constitue, par rapport aux formes tai, tas, une variante syntaxique secondaire, tout comme les formes kuris, -i; katras, -a par rapport aux formes jis, ji: tas, ta et autres. Le fonctionnement de kuris, -i; katras, -a à la place de jis, ji; tas, ta et autres, tout comme l’emploi de kas à la place de tai, tas, est limité par les particularités de la structure syntaxique et sémantique de la phrase. Le domaine d’emploi de la forme de désignation générale kas est nettement plus restreint que celui des formes tai, tas.
Dans le système de tous les pronoms mentionnés, les formes de genre de désignation concrète A (tas, ta; jis, ji et autres) entretiennent avec leur synonyme syntaxique B (kuris, -i; katras, -a) le même rapport que les formes de désignation générale C (tai, tas et autres) avec leur synonyme syntaxique D (kas). Leurs relations isomorphes peuvent être représentées ainsi: A: B = C: D ou A: C = B: D.