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Neopierwiastki litewskie na „-s-”

Wojciech Smoczyński

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ACTA LINGUISTICA LITHUANICA XLIX (2003), 103 – 129 Néo-radicaux lituaniens en -s- WOJCIECH SMOCZYŃSKI Uniwersytet Jagielloński, Kraków Une particularité de la formation des mots en lituanien est que de nombreux suffixes, principalement ceux qui contiennent des sonantes (l, r, m, n, v), semblent avoir développé des variantes sigmatiques, par exemple -sla- à côté de -la-, -sra- à côté de -ra-, etc. En synchronie, la variante asigmatique s’ajoute généralement à des racines se terminant par une obstruante, tandis que la variante sigmatique est précédée d’une voyelle ou d’une diphtongue. Cet article soutient que les variantes sigmatiques apparentes résultent de la resegmentation de certaines formes verbales (infinitifs en -sti, présents en -sta, présents athématiques en -sti et itératifs en -styti), dans lesquelles -s- apparaît par dissimilation devant des obstruantes dentales; par exemple, la resegmentation de ēsti en ē-sti a donné naissance à une racine remaniée ēs-, attestée dans ēsļus (à segmenter ēs-lus plutôt que ēd-slūs). Ainsi, des racines remaniées en -s- se sont développées à côté de la plupart des racines qui se terminaient originellement par des obstruantes dentales. On peut donc se passer des variantes sigmatiques attribuées dans la littérature à de nombreux suffixes. 1. Une des particularités de la dérivation lituanienne tient à ce que, pour certains suffixes nominaux, on distingue une variante asigmatique d’une variante sigmatique, caractérisée par la présence d’une consonne s devant le suffixe proprement dit1. D’après les données réunies dans la monographie de Pr. Skardžius (1943: 162 et suiv.), on peut dire que cette différenciation concerne principalement les suffixes lituaniens qui commencent par une sonante (l, r, m, n, v), cf. Variante asigmatique Variante sigmatique -la-: krėklas, mėšlas -sla-: giršlas, kaišlas, krišlas2 -lā-: dėla, eilā -slā-: gȳsla -lu-: vešļus, tukļus, suosļus -slu-: dėšļus, ešļus, gosļus3 -lē-: rėplės, nárplė -slē-: dėšlės, pūslē4 -rā-: skūdras, stipras, vāiras -sra-: gaisras, tīmsras -rā-: kaitrā, kantrā, šutrā, taukrā -srā-: [kaisrā, gaisrā]5 -ma-: kélmas, skvarmas -sma-: bilšmas, garšmas, jaušmas, varšmas6 1 Les conditions d’apparition de ce s n’ont, à ma connaissance, jamais été précisées. 2 Secondaires: mók-slas, pė-slas, rūk-slas, tīk-slas. 3 Secondaires: ei-slūs. 4 Secondaires: patvār-slēs, rauk-slē. 5 Les formations chez Skardžius (1943) ne sont pas mentionnées. 6 Secondaires: bēg-smas, džiaug-smas, lūnk-smas, vaik-smas, veik-smas. 104 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI -me-: dermē, rētmē, sekmē, tekmē -smē: bausmē, drausmē, giesmē, rēsmē, żosmē -na-: ālpnas, drēgnas, glēbnas -sna-: dosnas, skursnas8 -nā-: dusnā -snā-: džiūsnā, ēsnos, skursnā, varsna9 -ni-: barnis, vilnīs -sni-: kášnis, krūšnis, pusnīs10 -nu-: kaunūs, kritnūs, lepnūs -snu-: ēsnūs, skursnūs, rusnūs11 -niu-: barniūs, mižniūs, sūsniūs -sniu-: pīržnius (*pirsnius) -va-: ērdvas, mūlvas, žēlvas -sva-: bālsvas, juōsvas, kiēsvas, rūsvas12 -vā-: dirvā, kalvā, sparvā -svā-: braṣvā, lāisva, nausva13 2. Le suffixe asigmatique s’attache généralement à une racine se terminant par une occlusive (p, t, k, b, d, g), cf. rēp-les, rēt-mē, krēk-las, glēb-nas, ērd-vas, drēg-nas ou par une fricative (s, š), cf. dus-nā, suos-lūs, mēš-las, vēš-lūs14. En revanche, le suffixe sigmatique se combine — du point de vue descriptif — avec une racine à finale vocalique ou diphtonguée. Cf. la voyelle brève dans rasmē, rūysas, krišlas, pusnīs, la voyelle longue dans kāšnis, rēsmē, gošlūs, miškē, pūšlē, les diphtongues dans kiēsvas, juōsvas ainsi que kaīslas, jaūšmas, et les diphtongues sonantiques dans bīlmas, gīrlas, skuršnas, varsna, tīmras, krimslē. Ce principe est enfreint par les dérivés secondaires, dans lesquels le suffixe sigmatique se combine avec des thèmes quelconques; voir la note 2 et les suivantes. 3. Alors que le suffixe asigmatique se distingue nettement de la racine, le suffixe sigmatique présente ce que l’on appelle un nœud morphologique: le segment s provient, par dégémination, du groupe *s-s-, dont le premier phonème constituait la finale du morphème précédent, tandis que le second constituait l’initiale du morphème suivant, c’est-à-dire du suffixe. Skardžius (1943), puis notamment Otrębski (1965), reconstruisent l’ancienne frontière morphologique sous sa forme antérieure à l’assimilation, à savoir *t-s ou *d-s. Cela suppose une racine terminée par une consonne occlusive dentale et un suffixe à initiale -s-, par exemple kīršlas < *kirt-slas, bausmē < *baud-smē. 4. Le postulat des suffixes sigmatiques est indissociablement lié à l’hypothèse selon laquelle ils dérivent des noms à partir de thèmes verbaux terminés par une occlusive dentale. Il faut toutefois préciser que cette hypothèse ne se vérifie que pour les noms déverbaux, mais échoue lorsqu’on tente de l’étendre aux dérivés 7 Secondaires: ei-smē, ūk-smē, verk-smē. 8 Secondaires: kūp-snas, vīlg-šnas. 9 Secondaires: liep-snā, rēk-snā, vālk-šna. 10 Secondaires: kēp-snis, lup-snis, mīrk-snis, žīng-snis. 11 Secondaires: lak-snūs, lip-šnūs, mil-snūs (← pamiltī), ry-snūs (← ryti) 12 Secondaires: žilSvas ⇐ žīlas, žal-svas ⇐ žāl(i)as. 13 Secondaires: gausvā, ydva, našva. 14 Il existe toutefois des exceptions à cette règle, cf. kel-mas, bái-mē, bar-nīs, kau-nūs, dir-vā. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -s- 105 les verbes appartenant aux mêmes bases dérivationnelles. Ainsi, par exemple, à côté de kirslas, généralement interprété comme *kirt-slas, on trouve les verba kiršč́ioti et kirsnóti, auxquels on ne saurait attribuer la structure *kirt-čioti, *kirt-noti. Dans le cas des verbes formés au moyen de néosuffixes comportant l’élément -d-, kirsdinéti, kiršdinti, atsikirsdýti, il est peu probable que le groupe [zd] à la frontière morphologique provienne d’un groupe *t-d dissimilé. Il est plus simple d’admettre ici le radical kirs-, comme dans l’inf. kírsti, et une sonorisation anticipée de s provoquée par l’adjonction d’un suffixe en -d- (cf. mèšdamas ⇐ mèšti); le nomen correspondant kiršlas s’analyse plus naturellement comme kirs-las que comme *kirt-slas. Des déverbaux tels que kąśčioti, kąślioti, kąśnoti présentent la voyelle ą, qui n’est possible que devant une spirante; cf. l’inf. kąsti. Cela exclut d’emblée une reconstruction avec une occlusive dentale, *kand-čioti, *kand-lioti, *kand-noti, et recommande plutôt l’analyse kąs-čioti, kąs-lioti, kąs-noti; le nomen correspondant kąśnis se dérive plus aisément de kąs-nis que de *kand-snis. 5. Les dérivés du verbe ésti forment la série suivante: ės-dinéti ės-dinti ės-terti ės-ena ės-kà ės-lùs ės-nos ės-nùs ės-tùvai ės-tùvas Il est évident que, dans toute cette série, le radical est le néoradical ės- et qu’il a été extrait de la forme infinitive ės-ti (< *ėt-ti < *ėd-ti). Le néoradical confère à cette série une autonomie morphologique, de la même manière que le radical primaire ėd- par rapport à la série dérivationnelle ėd-inéti ėd-inti ėdž-ióti ėd-a ėd-ėjas ėd-ėnė ėd-rùs ėdž-ios 6. Si l’on exclut maintenant de la série ės- la forme ėsłus et qu’on lui attribue la base ėd- (cf. *ėd-šlus chez Skardžius 1943: 166), il faut constater qu’il s’agit d’un procédé interprétatif qui ne tient pas compte du fait que la dérivation déverbale recourt en lituanien non pas à une seule, mais à deux bases: ėd- et ės- (l’une plus ancienne, l’autre plus récente). Compte tenu de cela, nous abandonnerons la conception des suffixes sigmatiques primaires -sl-, -sr-, -sm-, -sn- associés aux bases en -t-/-d-. Nous la remplacerons par la notion de néoradical terminé par le segment 106 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI s, issu en dernière analyse de la dissimilation d’une occlusive dentale dans la forme de l’infinitif (-s-ti < *-t-ti). Ce néoradical reçoit les mêmes suffixes que le radical primaire présentant un -s- étymologique en finale, cf. par exemple dēs-ena comme dvēs-ena (de dvēsti, dvēšē) ou tiṣ-ena (de tiṣti, tiṣo), gies-mē comme ges-mē (de gēsti, gēso), ēs-tuvai ou vers-tuvē comme praus-tuvē (de praūstis, praūšēs), kās-čioti comme blēs-čioti (de blēsti, blēso). 7. Un examen même sommaire du dictionnaire académique (LKŽ) nous conforte dans la conviction que presque tout radical terminé par une occlusive dentale est accompagné d’un néoradical en -s-, issu de la réanalyse de l’infinitif en -sti. En règle générale, celui-ci est attesté par quelques dérivés, nominaux et/ou verbaux, cf. es- au § 5. Parfois, cependant, une seule formation dérivée témoigne de l’existence d’un néoradical. C’est le cas, par exemple, de gaūs-mas ⇐ gaūsti, gos-lūs ⇐ gostì, kiēs-vas ⇐ kiēsti, mėṣ-tinis ⇐ mėšti et triz-nā (< *tris-nā) ⇐ trišti. Tout comme les radicaux primaires, les néoradicaux sont également soumis à la variation apophonique, à savoir qu’ils prennent la forme du degré o: à côté de bris- (brištine), on trouve bras- (brastā, brasvā); à côté de mis- (mišā), on trouve mais- (maīstas); à côté de kirs- (kiršlas, kirščioti), on trouve kars- dans le substantif isolé karsā. 8. Autres sources des néoradicaux en -s. Des exemples tels que bāls-vas ⇐ bālsta (inf. bālti), vīkṣ-mas ⇐ vīkṣta (inf. vīkti) suggèrent que le présent étymologique en -sta- a été réinterprété comme un prs. en -ta- fondé sur un thème en -s-, bāls-ta, vīkṣ-ta; de même, būs-ena présuppose un prs. būs-ta (voir § 11). – Le thème de dérivés tels que dēs-čioti, dēs-lioti, dēs-ena, etc., s’explique au mieux par la forme d’un prs. athématique dēst(i) « pose », qui, par analogie avec les infinitifs en -sti, a pu être reségmentée en dēs-ti (voir § 12). – Les dérivés du type kāusdinti, pjāusdinti se prêtent à une segmentation qui révèle les néoradicaux kaus- et pjaus- par rapport aux radicaux primaires pwk. kau- et pjau-. Pour expliquer ces néomorphèmes en -s-, il faut recourir aux formations intensives en -styti et admettre que leur segment s a été compris comme une articulation morphologique et interprété comme un contact originel *s-s: káustyti = *kaus-sty-, pjáustyti = *pjaus-sty- (§ 13). 9. L’ensemble des néoradicaux en -s- est présenté ci-dessous, réparti en quatre groupes selon la diversité des formations qui ont constitué le point de départ de la reségmentation morphologique. Ce sont: 1. les infinitifs en -sti, 2. les praesentia en -sta, 3. les praesentia athématiques en -sti, 4. les intensiva en -styti. 10. Reségmentation des infinitifs en -s-ti NÉORADICAL DÉRIVÉ SOURCE DU NÉORADICAL RADICAL PRIMAIRE aus- áus-dinti ataus-dýti áustyti15 áusti aud-, áudžiu, áudžiau 15 Par dégémination de *aus-styti. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -s- 107 aus-tuvė baus- baus-lys; baus-mė16; baus-tuvė baūsti baud-, baudžiu, baudžiau bels- bels-mas; béls-teleti; béls-tereti; bels-tūkas bélsti beld-, bél džiu, bél džiau bes- bes-čioti; bès-teleti; bes-tūvas; bes-tūkas bèsti bed-, bedù, bedžiau bils- bīls-čioti; bils-dénti; bils-mas17; bils-nóti bīlsti, bīlsta bild-, bilda bris- bris-nóti; bris-terti; bris-tinė bristi18 bred- / brid-, bredù, bridaũ briṣ- briṣ-teleti briṣti, briṣta19 brind-, pribrindo draus- draus-dinėti; draus-mė; draus-tinis; draustyti20; draus-tójas; draus-tùvės draūsti draud-, draudžiu, draudžiau ės- ės-dinėti; ės-dinti ėsti ėd-, ėdu, ėdžiau 16 Skardžius (1943: 206): *baud-smė. 17 Skardžius (1943: 203) wymienił wśród wyrazów na -smas, jak bèg-smas, rėk-smas, verk-smas. 18 Par degré par rapport à bris-, on a bras-, voir ci-dessous § 10.1. 19 Avant le changement du *inS proto-lituanien en lit. įS, le présent *brin-sta avait déjà reçu une insertion vélaire: > brinksta. Ensuite, cette forme a été ressegmentée en brink-sta, comme en témoignent le prt. brinko et l’inf. brinkti. Ainsi, le néopwk. brink- « produire un tintement, gonfler, enfler » est devenu synonyme du néopwk. briṣ-. 20 Par dégémination à partir de *draus-styti. 108 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI ės-ena21 ės-kà22 ės-lùs23 ės-nos ės-nùs24 ės-terti *ės-tùs25 ės-tùvai ės-tùvas gąs- gąs-čioti gąs-dinti nuogas-lùs26 išgąs-tis išsigąsti gand-, išsigandau gaus- gaũs-mas gaũsti gaud-, gaudžiù, gaudžiaũ geis- geis-las geis-lùs geis-mas pageis-tojas geĩsti geid-, geidžiù, geidžiaũ gels- gẽls-vas27 gẽlsti, gẽlsta gelt-, pagelto girs- gĩrs-las28 gĩrs-mas gĩrsti, išgĩrsta gird-, išgirdo gys- gys-mas gỹsti, gỹsta29 gyd-, pragýdo glaus- glaus-mẽ glaus-nùs glaũsti glaud-, glaudžiù, glaudžiaũ 21 Skardžius (1943: 234) jest to deryvat z suf. -sena. Por. jednak ės-ena z deryvatami na -ena od pierwiastków zakończonych etymologicznym -s-: dvẽs-ena ⇐ dvesiù, dvesiaũ, dvẽs-ti; tĩsena ⇐ tĩsti, tisaũ, tĩsti. 22 Skardžius (1943: 124): *ėd-skā. – Adj. ėškus a. ėškus są rečiau deryvatami na -us od sb. ėškà ‘apetyt’ niželi formacją deverbalną *ėd-skas, jak chciał Skardžius (1943: 124). Por. też ėšk-ena ⇐ ėškà. 23 Skardžius (1943: 166): *ėd-slùs. 24 Skardžius (1943: 225): *ėd-snus. 25 La formation *ės-tùs a été transformée par insertion de k en *ėktùs, puis par le changement de ks > kš en ėkštùs « difficile en matière de nourriture; chétif ». Forme non prise en compte chez Skardžius (1943). 26 Skardžius (1943: 166): *gand-slus. 27 Skardžius (1943: 377): *gelt-svas. 28 Skardžius (1943: 163): *gird-slas. 29 Cf. au § 12 giesmẽ issu du prs. athématique giẽst(i). NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -s- 109 glaus-tyti(s)30 priglaus-tojas glos- glos-nùs glós-teletì glóstyti31 glósti glod-, glódžiu, glódžiau gos- gos-lùs32 gosti god-, godzìu, godzìau grę̇s- grę̇s-tùvas grę̇sti grend-, gréndžiu, gréndžiau graus- graũs-mas33 graus-tìnis gráusti graud-, gráudžia, gráude griaus- griaũs-mas griaus-tìnis griaústi griaud-, griaúdzia, griaúde grįs- grįs-dinti grįs-lai grįs-mas grįs-tas grįs-tinis grįs-tójis grįsti grind-, grindžiu, grindžiau grūs- grūs-lýs grūs-mė grūs-tas grūs-tinė grūs-tis grūs-tinė grūstyti34 grūs-tùkas grūs-tùke grūs-tùvas grūs-tùvė grūs-tùvis grūs-tuvỹs grústi grūd-, grūdu, grūdau 30 Par dégémination à partir de *glaus-styti. 31 Par dégémination à partir de *glos-styti. Une métanalyse alternative de glóst-tyi produit un néo-radical. glost-: glostinėti, glostinis, tandis que glósty-ti conduit à glósty-dinti. 32 Dérivés: gosláuti « être lubrique, concupiscent », goslyba « lubricité, concupiscence ». Skardžius (1943: 166): *god-slus. 33 Variantes: graũzmas, graũdzmas. 34 Par dégémination à partir de *grūs-sty-. 110 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI gurs- gūrs-tas35 gurs-terėti gūrsti, gūrsta gurd-, gūrdo jaus- jaūs-ena jaus-lùs jaūs-mas36 jaūs-mē jaūsti jaut-, jaučiū, jaučiaī kais- užkais-dinti kais-las37 kais-rà kaisti, kaista kait-, pakaito kąs- kąs-čioti38 užkąs-dinėti kąs-dinti kąs-lioti kąs-nis/-nỹs kąs-noti kąs-telėti kąsti kand-, kándu, kándau keis- keis-dinėti keis-ena keis-lioti keis-mas keis-tinis keis-tinỹs keisti keit-, keičiū, keičiaū kęš- apkęš-dinti kęš-mas kęš-terėti kęš-terti kęšti kent-, kenčiū, kenčiaū kęs- kęs-čioti kęsėti39 kęs-las40 kęsti kėt-, kėtù, kėtaū 35 Skardžius (1943: 322): *gurd-smas. 36 Skardžius (1943: 203): *jaut-smas. 37 Skardžius (1943: 163) wymienia ten wyraz w grupie formacji z suf. -sla-. 38 Cf. les itératifs plus anciens en kand-, kandýti i kándžioti. 39 Par dégémination à partir de *kės-sėti. Cf. versėti s. v. vers-. 40 Tu wyjątkowo Skardžius (1943: 163) się waha: „gali būti kilęs iš *kės-slas ir *kės-las, plg. kęsintis“. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -S- | 111 kies- kiẽs-vas41 kiẽsti, kiẽsta42 kiet-, sukiẽto, užkiẽto kirs- kirs-čioti atsikirs-dinėti nukirs-dinti atsikirs-dýti kirs-las43 kirs-mas kirs-nė kirs-nóti kirs-tas44 kirs-telėti kirs-terėti kirs-tìnas kirs-tìs kirs-tójas kirs-tùkas kirs-tùvas kìrsti kert- / kìrt-, kertù, kirtãũ krės- krės-čioti krės-dinėti krės-nóti krėsti kret- / krėt-, krečiù, krečiãũ krims- krims-čioti krims-dinti krims-ėti krims-lė krims-nis krims-nóti krims-telėti krims-telti krims-tùkas krìmsti kremt- / krimt-, kremtù, krimtaũ45 kris- kris-dinėti kris-dinti krìsti krit-, krintù, kritãũ 41 Skardžius (1943: 377): *kiet-svas. 42 La base de la dérivation est un vb. denominativum formé à partir d’un adjectif au moyen du suffixe -sta-. De la même manière que kiẽs-vas « un peu dur », s’expliquent également les adi. balsvas « blanchâtre », gelsvas « jaunâtre », juõsvas « noirâtre », mėlsvas « bleuâtre », raũsvas « rosâtre », žalsvas « verdâtre », žil̃svas « grisâtre ». Skardžius (1943: 377) et Otrębski (1965: § 121) postulent à tort le suffixe -svas pour l’ensemble de ce groupe. 43 Skardžius (1943: 164): *kìrt-slas. – Wariant keršlas jest wtórny; wokalizm został wyrównany do prs. kertù (Skardžius l. c. postuluje *kert-slas, tj. derywację od osnowy praesentis, co mało prawdopodobne). 44 La variante kerštas est secondaire; le vocalisme a été nivelé sur le prs. kertù. 45 Il existe également un neopk. correspondant au degré o; voir plus bas krams-, § 10.1. 112 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI kris-las46 kris-liai kris-nóti kris-telėti leis- leis-dinėti leis-dinti leis-dyti / -dūti leis-ena leis-telėti leis-terėti leis-terti leis-tin̄iai leis-tiniai leis-tōjas apléis-tojas47 leis-tūvas léisti leid-, leídžiu, leídau lies- liés-mas liés-telėti lies-tūkas liēsti liet-, liečiu, liečiau liš- liš-dinėti nuļis-dyti liš-ena48 lišti lind-, lendū, lindau mels- mels-dinti mels-ena mels-mas užmels-tojas mels-tuvė melsti meld-, meldžiu, meldžiau mes- / mez- mes-čiōti49 mes-dinėti išmēs-dinti mes-dyti mės-liava50 mēsti met-, metù, mečiau 46 Skardžius (1943: 164): *krit-slas. 47 Ces mots vieux-lituaniens, cf. z klaust-tojas SD³ 372 « questionneur, percontator, rogator » de kláusiu, kláusti. 48 Cf. la note ci-dessus à ės-, ēšena. 49 Il s’agit là, à côté de l’itératif plus ancien mēčioti (*mēt-iā-), ainsi que de mētyti. Pour le degré allongé, cf. le letton mētāt « jeter, lancer » et le vieux-slave vūmetati, pomētati. 50 Le suffixe -liava a été abstrait de la formation mēšliava « période où l’on transporte du fumier aux champs », à savoir au moment où elle a été rattachée au verbe mēšti, mēžiu « fumer, fertiliser ». Du point de vue du NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -s- 113 mẽž-liava; mes-muõ51; mès-teleti; mès-tereti; mes-tùvai męs- męs-tìnis męsti ment-, menčiù, menčiãũ mis- mis-â52 mišti mit-, mintù, mitãũ53 pers- pẽrs-teleti; pers-tùvai pẽrsti perd-/ pird-, pẽrdžiu, pẽrdžiau54 pirs- pìrs-čioti; pìrs-kius; pìrs-kus56; pìrs-la / -là; pìrs-nis; pìrs-nóti; pìrs-teleti; pìrs-tereti; pìrz-nius57 *pìrsti, *pìrsta perd-/ pird-, *pirdo55 plaus- plaũs-mas; plaũs-tas58; plaũstyti59 plaũsti plaud-, pláudžiu, pláudžiau plės- plẽs-ẽnos plẽsti plet-/ plẽt-, plečiù, plečiãũ étymologiquement, il s’agit de mẽšliava, dérivé à l’aide du suffixe -iava du substantif mẽšlas « fumier, marne » < mẽš-las; ce mot était une formation plaisante tirée de l’infinitif mẽsti, et non du radical verbal secondaire mẽž-, comme le suggérait Skardžius (1943: 164) en reconstruisant *mẽž-slas. Sur le modèle du rapport mẽs-tì:: mẽs-liava, diverses formations analogiques sont apparues, cf. nẽšti ⇒ nẽšliava, vẽšti ⇒ vẽšliava (secondairement vẽžliava), rìnkti ⇒ rìnkliava. 51 Variante de met-muõ, plus souvent au pluriel mẽt-menys « trame d’un tissu ». 52 Extrait de malt, moût dont on fait de la bière par fermentation. » Correspond au letton misa. 53 Cf. le radical verbal secondaire mais-, avec le degré o en regard de mis-, § 10.1. 54 Quant au degré zéro pird-, voir plus loin le radical verbal secondaire pìrs-. 55 Pour le degré e, voir plus haut le radical verbal secondaire pers-. Le degré zéro apparaît dans pirdìnti, pirdžioti ainsi que dans les substantifs pirdà, pìrdalas, pirdùnas, pirdžius. 56 Paralelną budowę pokazuje smìrs-kus ⇐ smìrs(ti), zob. niżej. Skardžius (1943: 124) odtwarza jednak *pìrd-skus. 57 Par sonorisation de *pìrs-nius (suffixe comme dans sùs-nius ⇐ sùsti). Parallèle: trìznius, s. v. tris-. Skardžius (1943: 226) reconstruit *pìrd-dnius (un tel suffixe n’existe pas!). 58 Skardžius (1943: 321): *plaud-tas. 59 Par dégémination à partir de *plaus-syti. 114 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI s’étendra-ena étendu-mas plūs- plūs-čioti plūs-ena plūs-mas61 plūs-teleti plūs-tereti plūsti, plūsta plūd-, plūdo60 pras- pripras-dinėti atpras-dýti supras-dýti pras-ena pras-lūs pras-mà pras-mas pras-mē pràsti prat-, prantù, prataũ pus- pus-nis62 pùs-tas pustytý63 pùsti put-, puntù, putaũ pūs- pūs-čioti64 pūs-dinti pūs-dýti pūs-lē65 pūs-lioti pūs-lýs pūs-nóti pūs-tereti pūsti put- / pūt-, pūčiù, pūčiaũ ras- ras-dinėti ràs-dinti ras-dýtis ras-lūs66 ras-mē ràsti rad-, randù, radaũ 60 À côté de cela, il y a aussi un néopradical. plūst-: plūst-ėti, -a, -ėjo, plūstubūnis « celui qui invective, injurie, a la bouche sale ». 61 En supposant un raccourcissement expressif de plūs- > en plus-, on pourrait encore inclure ici plus-čioti « marcher sans but, vagabonder » (⇒ plūs-čius « paresseux, fainéant, vagabond »). 62 Skardžius (1943: 221): *put-snis (tak samo Otrębski 1965: 170). 63 Par dégémination à partir de *pus-snyt. 64 Cf. la forme plus ancienne pūčiōti < *pūt-ia-. 65 Skardžius (1943: 170): *pūt-slē. 66 Skardžius (1943: 166): *rad-slus. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -S- | 115 res- / ręš- rēs-vas rēs-vas67 rēs-mē68 rēsti ret-, rēnta, rēto ręs- rēs-dinti rēs-tinis rēs-tójas69 rēsti rent-, renčiù, renčiaũ ries- ries-čiúoti ries-mē70 rēs-mas ries-tas ries-tinis ries-tùvas ries-vas71 riēsti riet-, riečiù, riečiaũ ris- ris-dinti ris-tas ris-vas ris-tùvai ris-tùvas risti rit-, ritù, ritãu rus- rus-nùs72 rùs-vas73 rùsti rud-, rundù, rudaũ sēs- sēs-lỹs sēs-lùs74 sēs-tas pasēs-tē75 sēsti sēd-, sēdu, sēdau siaus- siaũs-dinti siaus-lùs siaũsti siaut-, siaučiù, siaučiaũ 67 Skardžius (1943: 377): *rēt-svas. 68 Skardžius (1943: 206): *rēt-smē. – Por. stopień wzdużony rēt- w reimē a. retmā ‘rzadkie miejsce (w lesie)’, rētis ‘rzeszoto, sito z dużymi otworami’ (zwane też retas), rētỹs ‘człowiek małomówny’. 69 À côté de ręš- existe le néopric. rąst-: rąstas. Il a été extrait de l’intensif *rąs-yti ⇐ *ras-syti (thème de ręš-ti). 70 Skardžius (1943: 206): formation en -smē. 71 Skardžius (1943: 377): *riet-svas. 72 Skardžius (1943: 225): *rud-snus. 73 Skardžius (1943: 377): *rud-svas. 74 Skardžius (1943: 166): *sēd-slus. 75 Skardžius (1943: 331): *pasēd-stē ou *pasēd-tē. 116 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI siaũs-mas siaũs-teletė siaũstyti76 siaũs-tùvas sius- sius-lùs siùs-mas sius-nà sius-tà siùs-tas siùs-teletė siùsti siut-, siunù, siutaũ sius- siųs-dinti77 siųs-lys siųs-tinis siųstyti78 sius-tùvas siųsti siunt-, siunčiù, siunčiãu skaus- skaũs-dinti skaũs-mas79 skaus-nóti skaũsti, skaũsta skaud-, skaũda, skaudžiù skers- skẽrs-dinti skers-tójas skers-tùvės80 skẽrsti skerd-, skerdžiù, skerdžiãu skės- skẽs-čioti skẽs-nóti skẽs-teletė skẽs-tinis skẽs-tùvas skẽsti sket- / skėt-, skẽčiù, skẽčiãu skirs- skirs-ena skirs-kelė skirs-mas skirs-nis skĩrsti, skĩrsta skird-, skĩrdo 76 Par dégémination à partir de *siatus-syti. 77 À côté de cela, siuntinė́ti. 78 Par dégémination à partir de *siųs-syti. 79 Skardžius (1943: 204) wymienił wśród wyrazów na -smas, por. wyżej uwagę do bil̄smas. 80 La base secondaire skers- apparaît encore dans le subst. skerstiis ou skerstùjis « dernier mois de l’année, décembre »; l’explication du formant soulève toutefois des difficultés. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -S- | 117 skirs-nùs skirs-telėti81 sklęs- sklęs-tas sklęsti sklend-, sklendžiu, sklendžiau skros- skrós-dinti skrós-tinis skros-tójas skros-tùvas skrósti skrod-, skródžiu, skródžiau skurs- skurs-dinti skurs-nà82 skurs-nas83 skurs-nùs84 skursti, skursta skurd-, skùrdo skus- 1 skùs-čioti skùs-terėti skùsti skud-, skùnda, skùdo skus- 2 nuskùs-dinti skùs-terti skùs-tis skus-tójas skus-tùkas skus-tùvas skùsti skut-, skùtu, skutau skųs- apskųs-dinti skųs-mas skųs-tis skųs-tójas skųsti skund-, skùndžiu, skùndžiau slys- slýs-čioti slýs-dinti slýs-mas slýs-terėti slýsti, slýsta slyd-, sýdo smirs- smìrs-dinti smìrsti, smìrsta smird-, pasmìrdo85 81 L’analyse métalinguistique de prs. skirsta comme skirt-a est toutefois liée aux dérivés dialectaux skirsč-iotis, skirt-ė, skirt-yti, skirst-ùkas, skirst-ùs. 82 Skardžius (1943: 220) wymienił wśród wyrazów z sekundarnym sufiksem -sna, jak lùp-sna, kup-sną, liep-sną. 83 Skardžius (1943: 219): *skurd-snas. 84 Skardžius (1943: 225): *skurd-snus. 85 Voir plus bas les néoradicaux secondaires à degré vocalique o: smars-, § 10.1. 118 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI smirs-nóti smirs-telėti smirs-telti smirs-terėti smirš-kus86 spaus- spaus-dinėti spáusti spaud-, spaudžiu, spaudžiau spáus-dinti spáus-ena spáus-mas spáus-muõ spáus-tai / spáuš- spáus-telėti spáus-terėti spáustyti87 spáus-tojas spaus-tūkai spaus-tūvai spaus-tùvė spraus- spraus-lė spráusti spraud-, spraudžiu, spraudžiau spraus-mas spraus-mė spraus-muõ spraus-tas spraus-tūkas spraus-tūvai88 spręs- spręs-dinti spręsti sprend-, sprendžiu, sprendžiau spręs-ena spręz-lis89 spręs-mas spręs-tūvai spręs-tūvas svies- svies-dýti sviesti svied-, sviedžiu, sviedžiau svies-tas90 86 Voir plus haut pirš-kus. 87 Par dégémination à partir de *spaus-styti. 88 De la forme proto-balte praus- « laver (se) », avec -s- étymologique, on a respectivement praustuvė et praustuvė « bassin ». 89 À partir de *spręz-lis, avec sonorisation du groupe sl comme dans mėzliava < mės-liava (voir à l’entrée mes-/mez-), kremzlė à côté de kremslė « cartilage » (néo-proto-balte krims- / krems-). 90 Otrębski (1958: § 471): *svied-tas. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -s- 119 svies-teleti svies-tinė svies-tynės svys- svýs-teleti svýs-terėti svýsti, svýsta svyd-, svýdo šus- šūs-dinti šūs-tiniai šūs-tinis šūs-tūkai šūsti šut-, šuntù, šutaũ šveis- šveis-čiūoti šveis-dinti šveis-tinis nušveis-tójas šveis-tūkas šveis-tūvas šveis-tùvė šveisti šveit-, šveičiu, šveičiau švies- švies-à91 švies-as švies-dinti švies-dyti švies-ė švies-ėti švies-inti / -inti švies-is švies-tùvas švies-ulýs švies-umà švies-ùmas švies-ùs šviėsti šviet-, šviečiu, šviečiau tris- triz-nà *tristi trid- / tried-, *trindù, *tridaũ; wtórnie trýstu < *trind-stu, trýdau, trýsti92 Skardžius (1943: 310): *šveit-sa. Wbrew Skardži­usowi (1943: 219) wyraz triznà ‘biegunka; osoba na nią cierpiąca’ nie może być wyprowadzony z prototypu *trid-dna z tej prostej przyczyny, że składnik -dna nie pojawia się jako sufiks w żadnym wyrazie litewskim. Bardziej naturalny będzie tutaj wywód triznà z praformy trišnà, mianowicie przy uwzględnieniu antycypacyjnej sonoryzacji sn > zn. To nieregularne zjawisko fonetyczne dokumentują takie paralele, jak z jednej strony užnaĩ < uõsnaĩ, nuolaižnùs < nuolaišnùs, z drugiej strony grazmẽ < grasmẽ, graũžmas < graũšmas, juozmuõ < juośmuõ. Formacja *tris-nà tak się ma do inf. triš(ti) jak sius-nà do 120 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI vers- vers-čiūkas vers-dinėti vèrs-dinti pérvers-dyti vèrs-ena versėti93 vers-las vers-mas vers-tuvē vèrsti vert-, verčiù, verčiaũ ves- ves-dinėti vès-dinti ves-dýti vès-imas / -imà ves-tùvės vèsti ved-, vedù, vedžiaũ vès- vès-à vés-čioti atvès-dinėti vès-dinti atvès-inti vès-ulys vès-umà vès-ùmas vès-ùs vésta, véstivèd-, védo žais- 1 žàis-las94 žàis-mas žàis-tojas žàisti ‘s’amuser’ žàid-, žaidžiù, žaidžiaũ žais- 2 žàis-tis95 žàiz-dė žàisti ‘façonner en argile’ žàid-, žaidžiù, žaidžiaũ96 siùs(ti) ainsi que dziùs-nà par rapport à dziùs(ta) et au vieux lituanien duos-na par rapport au présent athématique dúos(ti). – Le dérivé dialectal trznius « personne souffrant de diarrhée » remonte à *triz-nius. Que l’on ait ici aussi affaire à une sonorisation secondaire, c’est ce que confirme le parallèle piržnius « pétomane », issu de *pirs-nius, lequel remonte à pirs- ← *pìrsti (voir ci-dessus). Cf. sùsnius issu de sùsti. Otrębski (1965: § 298) propose une autre analyse, avec les formes prélinguistiques *trid-snius et *pird-snius, comportant un suffixe sigmatique, que l’on peut toutefois difficilement considérer comme ancien et/ou primaire. 93 Par dégémination à partir de *vers-sėti. Cf. ci-dessus kešėti s. v. kès-. 94 Skardžius (1943: 164): *žàid-slas. 95 « endroit près du four à pain, coin du four » (LKŽₓₓ 88). Le mot apparenté est ici žàidas « foyer de forge ». 96 Le dialectal žàisti correspond à la forme littéraire žiešti « coller, façonner en argile » à peu près comme le dialectal žàisti « blesser » correspond à žeisti « idem ». Compte tenu du degré o, on peut interpréter žàisti, žaidžia comme un verbe quasi primaire, c’est-à-dire un verbe qui s’est établi à la place de l’itératif *žaidyti, conjugué au présent avec le suffixe -ia-: žaidžia (cf. le type vieux lituanien présent mó́kia par rapport à mókyti, ró́dzia par rapport à ró́dyti, Otrębski 1965: § 639). NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -S- 121 ž aiz-dē97 žaiz-rà žaizdrà98 žis- žis-čioti žis-dinti žis-lioti žis-loti žis-tūkas žisti žind-, žindu, žindau žos- žos-čioti žos-las žos-mė99 žos-tė žosti žod-, žódžiu, žódau 10.1. Appendice: formations au degré o bras- bras-tà brās-tas100 bras-và bras-tvà bristi bred- / brid-, bredù, bridau braṣ- braṣ-à101 braṣ-và102 braṣ-tvà brésti, brésta brend- / brind-, pribřendo, pribřindo gais- gais-as103 *gisti, *gysta104 *gied- / gid-, cf. giedras, gaidrùs 97 Variante du mot žais-tis (LKŽXX 90). On peut le dériver de *žais-lė par sonorisation occasionnelle en position après i. Il en va de même pour le mot žaizdà ou žaizdė « blessure », < *žais-tal-tė ⇐ dialectalžais(ti) « blesser ». 98 « foyer de forge », plus largement connu sous la forme masculine žaizdras (LKŽXX 90–91). Dans žaizrà, il s’agit d’une formation en -ra- à partir de l’inf. žais(ti), c’est-à-dire *žais-ra. Notre exemple se distingue d’un cas tel que kais-rà ⇐ kaisti (voir plus haut) par la sonorisation de s (à ce sujet, cf. sprēžlis s.v. sprēs- ainsi que triznà s.v. tris-). Une variante plus récente est en revanche namitodrā, issue de la sonorisation de *žaist-ra (< *žais-ra-t- épenthétique, comme par exemple dans gaistras « lueur dans le ciel », après sonorisation: gaizdras). Tout autre est l’analyse de Skardžius (1943: 301): *žaiddras, avec un suffixe fictif -dra- (la variante žaizdra n’a pas été prise en compte dans ce contexte). Dans les monographies de S. Ambrazas (1993, 2000), je ne trouve pas les mots žaizrà, žaizdrà, žaizdras (ni kaisrà, sprēžlis, triznà, gaizdras). 99 Skardžius (1943: 206): *žod-smė. 100 Pour ces deux dérivés en -t-, il s’agit d’une relation apophonique bras- ⇐ bris-. L’absence de la formation intensive *brastytì exclut la possibilité d’analyser *bras-à, *brast-as. 101 Skardžius (1943: 310): *brand-sa. 102 Skardžius (1943: 378): *brand-sva. 103 Skardžius (1943:310): *gaid-sas. Wyrazowi litewskiemu odpowiada łot. gàiss ‘powietrze’. 104 Le prs. *gysta peut être compris comme une rénovation de l’ancien prs. infixé (*gind-sta ⇐ *ginda « s’éclaircit, le ciel se dégage »), par exemple en parallèle à išvysta (*vind-sta ⇐ *vinda « aperçoit, remarque »), où ys- sert de base au degré o vais-; voir plus bas vaìskus. 122 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI gais-rà105 gais-ras106 gais-ùs gars- garš-as garš-inti gars-inti garš-mas107 gìrsti, išgìrsta gird-, gìrdi, išgìrdo kars- kars-à108 kìrsti kert- / kirt-, kertù, kìrtau krams- kráms-čioti109 krams-ėti krams-lė krámz-lė krams-lȳs krams-lùs krams-nóti krams-óti kráms-telzti / -telti kráms-terėti kramstyti112 krams-tùkas krams-ùs krìmsti kremt- / krimt-, kremtù, krimtàu110 ląs- las-tà ląs-tas113 ląs-tis lįsti lend- / lind-, lendù, lindàu lais- láis-čioti lais-dinti léisti leid-, lėdžiu, lėidau 105 Construction comme dans kaisra ⇐ kaiš(ti), voir ci-dessus, s.v. kais-. 106 Skardžius (1943: 301): *gaid-sras. 107 Skardžius (1943: 203): *gard-smas. 108 Skardžius (1943: 310): *kart-sā. Co do apofonii por. niżej narsà, tamsà, vešà oraz brąsà s.v. brąs-. 109 Obok tego krám-čioti ‘kasać; przeżuwać’. Zdaniem Skardžiusa (1943: 519) kráms-čioti derywowano sufiksem -ioti od wykrzyknika krámst. – Jeśli kogoś nie przekonuje derywacja krams- od krims- formy infinitivi, to może sięgnąć do intensiwum kramstyti, by drogą reanalizy *kram-sty- wydobyć zeń potrzebny nieopierwiastek (paralelę na to wymieniono niżej w § 13). 110 Cf. ci-dessus le néopkw. krims-. 111 Variante voisée, cf. ci-dessus spręžlis. 112 Par dégémination de *krams-sty- ⇐ krims-. Cf. letton krāmstīt « chercher à obtenir avec les dents quelque chose de comestible, saisir, happer quelque chose; s’emparer de, voler ». 113 Skardžius (1943: 321): *land-las. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -s- 123 láis-va114 làis-vas115 làistyti116 laizdyti117 mais- mais-tas118 mìsti mit-, mintù, mitaũ mas- sumastyti119 mèšti met-, metù, mečiãu nars- nars-à120 nar̃s-as sunìršti, -nìrsta nert- / nirt-, nìrto smars- smárs-as121 smìrsti, smìrsta smird-, pasmirdo švais- švais- à122 švais-čioti švais-ìnti švais-ýti švaistyti124 švais-ùs švìsti šviet- / švit-, šviečiù; švintù123 vais- vàis-kus125 išvýsti, išvýsta vyd-, išvýdo vars- vars-nà126 var̃s-mas ver̃šti, vìršti vert- / virt-, verčiù; virstù 11. Resegmentation des formes du présent en -s-ta NEOPWK. DÉRIVÉ AU PRS. EN -sta FORME AU PRT., INF. bals- bãls-vas127 bãlsta bal-, bálo, bálti 114 Skardžius (1943: 378): *laid-sva. – Co do stopnia o przy sufifugowaniu -va por. kalvà od kélti s, narvà od kélti s, narvà od nérti, spanvà od spirti. 115 Skardžius (1943: 377): *laid-svas. 116 Par dégémination de *làis-sty- ⇐ léis-. 117 litt. « brûler au feu » (DP). Graphie phonétique pour lais-dyti. 118 Skardžius (1943: 321): *mait-tas. Por. wyżej neopwk. w formie stopnia zanikowego mis-. 119 « tresser, tordre, emmêler », par dégémination de *mas-sty- ⇐ mes-. Cf. mėtm enys « chaîne d’un tissu ». 120 Skardžius (1943: 310): *nart-sa. 121 Por. wyżej nars-as ⇐ nirš(ti). Skardžius (1943: 310): *smard-sas. 122 Skardžius (1943: 310): *švait-sa. 123 Cf. plus bas gais-ma « chant » de gies-ti, 3e pers. « chante » (pwk. gied-), § 12. 124 Par dégémination de *švais-sty-ti ⇐ švies-. 125 Budowa jak pìrs-kus ⇐ pìrs(ti), smìrs-kus ⇐ smìrs(ti), zob. wyżej. Skardžius (1943: 124): *vaid-skus. Co do stopnia o por. vaidinti, vaidéntis, vaìdilas, vaiduõklis. 126 Skardžius (1943: 220): *vart-sna. 127 Cf. plus bas žals-vas jusqu’à žalsta. 124 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI būs- būs-ena būsta128 bū-, būvo, būti džiūs- džiūs-kis džiūs-lā džiūs-nā džiūs-na džiūs-nas129 džiūsta džiū-, džiūvo, džiūti girs- girs-čiōti girs-nóti131 girs-telti girsta ger- / gir-, apgìro, gìrtì130 links- links-ėti links-mas links-nē links-nis links-óti links-tē links-tinis links-tis linksta lenk- / link-, lìṅko, lìṅkti132 miṣ- įmišt-i133 pamišt-i134 miṣ-lē135 *mišta < *min-sta min-, *mìno, *mìnti rūks- rūks-ena rūksta136 rūk-, rūko, rūkti 128 À côté de būs- se trouve le néoradical būst-, extrait par réanalyse de la forme prs. bū-sta comme būst-a. Cf. des dérivés tels que būst-as, būst-inė, slit. būst-imas DP, būst-imė DP. – Lorsque, à un certain stade de l’évolution, bū-sena a commencé à être associé à būti plutôt qu’à būsta, le découpage bū-sena est apparu (il correspond à l’intuition linguistique actuelle). 129 Dans ce groupe apparaît également un vocalisme (expressivement) abrégé: džiūsas, džiūsna, džiūsnis, džiūsnius, džiūsra, džiūsris. Le segment -s- doit en tout cas être considéré comme préfixal, comme dans le thème synchronique džiūs-ta. S. Ambrazas (1993: 125, 133) procède autrement: il postule les suffixes syntagmatiques -sn- et -sr-. 130 apgìrti « s’enivrer », prigìrti « devenir alcoolique, sombrer dans l’alcoolisme » (LKŽIII 350–351). 131 Skardžius (1943: 220), który przemilcza obecność girs-čiōti i girs-telti, tłumaczy girsnóti jako girsn-óti, tj. czasownik denominatywny od *gir-snā ‘picie’. 132 Cf. plus loin le néoradical lanks-, § 11.1. 133 Inf. « deviner, résoudre (une énigme) ». 134 Inf. « poser une énigme ». De cet inf. en -sti a été extrait le radical prymarny miṣ-, visible dans le prs. miṣa « il devine des énigmes ». Cf. As mišì mišlė. Mišles beminsant radau. Nebus dorai, jei neįmįsi. Aš pamiščiau, ans ančiktum. Voir LKŽVIII 284, où sont toutefois données des formes erronées au prs.: miñčia ou minsia, et au prt.: mintė (aucune phrase d’exemple n’est fournie pour celles-ci). 135 Sur l’allomorphe au degré o, voir plus loin s.v. mąs-, § 11.1. 136 La réanalyse parallèle de rūkst-a (prs. en -a-) génère le néoradical rūkst-, visible dans des formations telles que rūkst-ėti (kaminas rūkstėja), rūkst-énti (rūkštėna pirtis), rūkst-otas (diena rūkstota). – Lorsque, à un certain moment, rūksena a commencé à être associé à rūkti plutôt qu’à rūksta, le découpage rūk-sena est apparu. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -S- 125 rūks-ėti rūks-mas rūks-noti sprogs- sprógš-ena sprógš-ena138 sprógš-mas139 sprógsta137 sprog-, sprógo, sprógti tims- timš-ras140 timš-ras142 *timsta / témsta tem- / tim-, sutėmo, témti141 ūks- ūks-mė143 ūks-na ūks-nė ūkšyti144 ūksta ūk-, ūko, ūkti vyks- vỹks-mas vỹks-nis vỹks-telėti vỹksta vyk-, vyko, vykti žals- žālš-ganas žālž-ganas žāls-telėti žāls-telti / -terti žāls-vas145 žālsta žal-, žālo, žālti žils- žīls-ganas žīls-telėti žīls-terėti žīlsta žil-, žīlo, žīlti 137 À un certain moment, sprógšena ayant commencé à être associée à sprógti plutôt qu’à sprógsta, une nouvelle segmentation est apparue: spróg-sena. 138 Changement occasionnel de [ks] en > [kš]. 139 À côté de cela, sprog-mė « espace vide, dépourvu de broussailles ». 140 Por. gais-ras od *gis(ti), kais-rā od kais(ti). Skardžius (1943: 301) analizuje ten wyraz jako tim-sras. Uderza pominięcie timšras w monografii S. Ambrazasa (1993: 132–133) (sufiksy -(s)ra, -(s)ris). 141 Puisque le segment s des dérivés mentionnés est lié à la métanalyse des formations du présent en -sta- (→ *tims-ta, *tėms-ta), le lien des formes lituaniennes tamsa et tīmšras avec un thème indo-européen en *es-/s- devient douteux. Cf. véd. tāmas-, loc. sg. tāmasi « dans l’obscurité », lat. temere « à tâtons », véd. tāmisraḥ « obscurité », sur quoi voir plus en détail Smoczyński (2001: 106). 142 LKŽXVI 365, avec changement occasionnel de msr > en mšr. – Outre tims-, qui suppose la présence d’un présent ingressif *tim-sta « le soir tombe », dérivé de tėmti, nous avons encore deux autres néoradicaux: tems- (voir ci-dessous tamsà, § 11.1) et temst- (cf. témsta « crépuscule, obscurité »). Ils reposent sur une métanalyse à double orientation du (nouveau) présent témsta: soit tém-s-ta, soit témst-a. 143 Skardžius (1943: 206): ūk-smė, dérivé de ūkti. 144 Par dégémination à partir de *-uks-ty-. 145 Skardžius (1943: 377) uważa za drw. denominalny z suf. -svas od žāltas ‘zielony’. 126 | WOJCIECH SMOCZYŃSKI žils-terti žils-vas146 11.1. Supplément: formations au degré o lanks- lanks-čioti147 liṅksta lenk- / link-, liṅko, liṅkti148 lanks-mas lanksýti149 mąṣ- mąṣ-lė150 *mįsta < *min-sta min-, *mino, *minti (secondairement mįšti) mąṣ-lùs mąṣýti151 tams- tams-à152 *timsta / témsta tem- / tim-, sutėmo, témti153 11.2. Cas particuliers en -š nirš- comme néoradical de nirt-: inìršta, niršo, niršti « s’attaquer à quelque chose avec acharnement, avec férocité; devenir obstiné; s’enhardir ». Ce paradigme repose sur la forme prs. inìršta (prt. -nirto, niršti ts.), où s’est produite la substitution phonétique de rs par rš. širš- comme néoradical de šird-: le prt. širšo incite à analyser le prs. širšta comme une formation en -ta: širš-ta. Le groupe rš provient ici du changement de rs. Ce néoradical est donc une variante de širs-, cf. širšta < *širdsta, širdo, širšti « se mettre en colère, s’irriter » (dénom. de širdìs « cœur »). 12. Resegmentation des formes du présent athématique en -s-ti NÉORADICAL. DÉRIVÉ AU PRÉSENT EN -sti FORME DU PASSÉ, INFINITIF. dės- dės-čioti dėst < dėsti dė-, dė́jau, dė́ti 146 Skardžius (1943: 377) uważa za drw. denominalny z suf. -svas od žilas ‘siwy’. 147 Traduction alternative: *lanks-tì-a-, itératif de néoradical lanks- comme dans lankst-yíti. 148 Cf. plus haut le néoradical links-. 149 En synchronie, on peut l’analyser comme *lanks-stytii = liṅks(ta). En diachronie: lankst-yíti, c’est-à-dire un dérivé itératif-causatif au degré o sur la base linkst-, comme dans le prs. intrans. liṅkst-a (<= link-sta). 150 Cf. LKKŽVII 893–894: Je vais maintenant vous poser une énigme telle que personne ne la devinera. Je pose, je pose une énigme: le chat transporte une vessie. 151 Au moins dans le sens de « deviner des énigmes », le mot provient, par dégémination, de *mąṣ-sty- <= mąṣ(ti) « deviner » (voir plus haut le néoradical miṣ-). Cf. Je réfléchis pour savoir si je devinerai qui a fait cela. Il réfléchit à des énigmes. Réfléchissons aux énigmes. En revanche, mąstyti au sens de « penser, réfléchir » peut dériver de *man-styti <= menù, mìn̄ti « se souvenir ». 152 On laisse de côté des formes telles que tamsìnti, tamsúoti, tamsùs, car il s’agit de dérivés de tamsā. – Le rapport entre tams- <= tims- / tems- est analogue à celui entre krams- <= krims- / krems- (voir plus haut). Pour un nom d’action en -à, deux formations dérivées d’infinitifs en -s(ti) viennent à l’esprit comme parallèles: kar-s-à <= kirstì, nars-à <= niršti. – Skardžius (1943: 310) analyse tam-sà en indiquant témti comme base. 153 Cf. plus haut les néoradicaux tims-, tìmsras, § 11. NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -s- 127 dés-ena dés-lės dés-li dés-lioti dés-ni154 duos- dúos-ena duos-lùs duos-na duos-nis duos-nùs156 dúost < dúosti155 duo-, daviaũ, dúoti gais- gais-ma157 giest < ĝiesti gied-, ĝiėdu, giedóti gies- gięs-ena158 gies-mē160 gies-nóti giest < ĝiesti159 gied-, ĝiėdu, giedóti 13. Resegmentation des verbes en -styti NÉOPWK. DÉRIVÉ VERBAL EN -styti PWK. PRIMAIRE kaus- káus-dinti kaus-ena161 kaūs-tē / -tē162 káustyti = *kaus-sty-163 kau-, káuju, káuti nars- nars-la náršyti = *nars-sty-163 ner-, nerìu, nérti 154À côté de dés-, il existe un néopwk. dést-: déstelėti, destinéti. Il a été abstrait de l’intensif. dést-yti ⇐ dé-styti (base dėti). 155À un moment donné, dúosena a commencé à être associé à l’infinitif dúoti plutôt qu’au présent athématique dúost(i); une nouvelle segmentation est alors apparue: dúo-sena. 156À côté de duos-, il existe un néopwk. duost-: dúost-eleti, dúost-urti. Il a été abstrait de l’intensif. dúost-yti ⇐ dúo-styti (base dúoti). 157« chant, action de chanter » (chez Dowkont, LKŽIII 35). Le morphème gais- constitue un allomorphe au degré o par rapport à gies-, comme dans gięs-ti « il/elle chante » à la 3e personne (voir plus bas gies-mē§ 12). La dérivation ai ⇐ *ei, lituanien ie, est illustrée, par exemple, par le rapport švais-à ⇐ šviės(ti), šviečìu. À côté de cela, on trouve l’allomorphie plus ancienne gaid-:: gied-, cf. gáidà « mélodie, oreille musicale », gaidas anc. « chanteur », gáidys « coq », comme dérivés de la racine gied-, ĝiėdu, giedóti « chanter ». 158 Skardžius (1943: 234) wymienił ten wyraz w grupie formacji na -sena, wraz z ei-sena, jó-sena oraz aug-sena, bég-sena. 159 Cf. plus haut gysmas, dérivé de gysti, gýsta, § 10. 160 Skardžius (1943: 206): *gied-smē. – Paralela z pierwiastkiem na -s-: ges-mē ‘ledwo tlący się żar’ ⇐ gēso, gēsti. 161À un moment donné, kausena a commencé à être associé à káuti plutôt qu’à káustyti; une nouvelle segmentation est alors apparue: káu-sena. 162 Au sens de « boîte contenant les outils pour ferrer les chevaux ». Une analyse kaust-ē et un rattachement au néopwk. káus- sont également possibles, à partir de la resegmentation káu-styti en káust-yti. 163La méta-analyse alternative *nár-st-yti produit le néopwk. narst-, visible dans narš-as ou panaršt-is « fouet, partie en cuir du fouet, ce qui est fixé au manche du fouet », panáršta « resserrement du fouet pour le rendre plus court; lanière, courroie » (LKŽIX 325). 128 | W O J C I E C H S M O C Z Y Ń S K I panārs-la164 nars-lai pjaus- pjāus-dinti pjāustyti = *pjaus-sty- pjau-, pj áunu, pj áuti165 pjāus-ena166 sklās- sklās-ta *sklāstyti = *sklās-sty- sklęsti, sklendžiu, sklendžiau sklās-tas sklās-tis167 sklās-tūvas spąs- spąs-lai168 spąstyti = *spąs-sty- spęsti, spéndžiu, spéndžiau, spąs-nos por. iter. spāndyti sprąs- sprās-tis169 sprąstyti = *sprąs-sty- spręsti, spréndžiu, spréndžiau, por.iter. sprāndyti uos- uos-lė170 ūostyti = *uos-sty- úosti, úodžiu, úodžiau uos-lýs uos-lùs uōs-nai uōs-tai úos-telėti ABRÉVIATIONS adj. – adjectivum gwar. – dialectal inf. – infinitivus neopwk. – néoracine prs. – praesens prt. – praeteritum pwk. – racine sb. – substantivum suf. – suffixe vb. – verbum 164 S. Ambrazas (1993: 98): suffixe -sla-. 165 À côté de pjaus-, il existe la néoracine pjaust-: pjāust-inti, pjaust-inėti, pjaust-iklis, pjaust-inys. Elle a été abstraite de l’intensif pjāust-yti ⇐ pjāu-styti (base pjāuti). 166 À un certain moment, pjāusena a été associé à pjāuti plutôt qu’à pjāustyti, une nouvelle segmentation est apparue: pjāu-sena. 167 Skardžius (1943: 330): *skland-stis albo *skland-tis. 168 Skardžius (1943: 164): *spand-slai. 169 Skardžius (1943: 330): *sprand-stis albo *sprand-tis. 170 Wyraz nie uwzględniony u Skardžiusa (1943: 163) ani u S. Ambrazasa (1993: 99). NEOPIERWIASTKI LITEWSKIE NA -S- | 129 SOURCES LKŽ – Dictionnaire de la langue lituanienne I–XX, Vilnius 1941–2002. DP – CZESŁAW KUDZINOWSKI, Index-dictionnaire de « Daukšos Postilė » 1–2. Poznań: Université Adam Mickiewicz, 1977. (Série de philologie balte, 2.) SD³ – Dictionarium trium linguarum... [3e éd.], Vilnae M.DC.XLII. Cité d’après K. PAKALKA (éd.), Pirmasis lietuvių kalbos žodynas. Vilnius: Mokslas, 1979. BIBLIOGRAFIA AMBRAZAS, S. 1993: Daiktavardžių darybos raida 1. Lietuvių kalbos veiksmažodiniai vediniai, Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidykla. AMBRAZAS, S. 2000: Daiktavardžių darybos raida 2. Lietuvių kalbos vardžodiniai vediniai, Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidybos institutas. OTRĘBSKI, J. 1958, 1965: Gramatyka języka litewskiego 1. Wiadomości wstępne. Nauka o głoskach. 2. Nauka o budowie wyrazów, Warszawa: Państwowe Wydawnictwo Naukowe. SKARDŽIUS, P. 1943: Lietuvių kalbos žodžių daryba, Vilnius: Lietuvių mokslų akademija. Lietuvių kalbos institutas. (Wznowione w reprodukcji fotograficznej jako t. 1 wydawnictwa Pranas Skardžius, Rinktiniai raštai, red. Albertas Rosinas, Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidybos institutas, 1996.) SMOCZYŃSKI, W. 2001: Język litewski w perspektywie porównawczej, Kraków: Wydawnictwo Uniwersytetu Jagiellońskiego. (Baltica Varsoviensia, 3.) Wojciech Smoczyński Uniwersytet Jagielloński Zakład Językoznawstwa Indoeuropejskiego al. Mickiewicza 9/11, PL-31-120 Kraków [email protected] Gauta 1003 11 20