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Celse, Vitruve, Censorin (oeuvres complètes), Frontin (Des aqueducs de Rome) avec la traduction en français publiées sous la direction de M. Nisard.

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Celse, Vitruve, Censorin (oeuvres complètes), Frontin (Des aqueducs de Rome) avec la traduction en français publiées sous la direction de M. Nisard.

Author: Celsus, Aulus Cornelius; Vitrubio Polión, Marco; Frontino, Sexto Julio; Censorino . De die natali ad Q. Cerellium; Nisard, Désiré , dir
Year: 1846
Source: https://idus.us.es/bitstreams/6f225c96-93e7-4858-9be0-e85ef7d75024/download
ru,
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ARLES
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3:
(n

COLLECTION
DES
AUTEURS
LATINS
AVEC
LA
TRADUCTION
EN
FRANÇAIS,
PUBLIÉS
SCUS
LA
DIRECTION
DE
M.
NISARD,
PROFESSEUR
D'ÉLOQUENCE
LATINE
AU
GOLLÉGEDE
FRANCE,
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CELSE,
VITRUVE,
CENSORIN,
FRONTIN.

HET
BY
BE

CELSE
VITRUVE,
CENSORIN,
(OEUVRES
GOMPLÈTES),
FRONTIN.
(DES
AQUEDUCS
DE
ROME),
AVEC
LA
TRADUCTION
EN
FRANÇAIS.
PUBLIÉS
:
SOUS
LA
DIRECTION
DE
M.
NISARD,
PROFESSEUR
D'ÉLOQUENCE
LATINE
AU
COLLÉGE
DE
FRANCE.
PARIS,
1.
J.
DUBOCHET,
LE
CHEVALIER
ET
COMP.,
ÉDITEURS,
RUE
RICHELIEU,
N°
60.
ans
18
46.

nf
H
PET.

AVERTISSEMENT
DES
ÉDITEURS.
Nous
avons
réuni
dans
ce
volume
quatre
auteurs
qui
traitent,
soit
des
mêmes
matières,
soit
de
matières
analogues,
Celse,
Vitruve,
Frontin
et
Censorin.
L'importance
de
l'ouvrage
de
Celse,
comme
monument
scientifique,
est
appréciée
de
tous
ceux
qui
ont
étudié
l’histoire
de
la
médecine.
S'il
n’est
pas
le
dieu
des
médecins
,
medicorum
deus
,
comme
l'appelle
Casaubon
,
on
peut
le
proposer
aux
médecins
comme
un
excellent
modèle
de
ce
bon
sens
pratique,
de
cette
exactitude
d'analyse
,
de
ce
doute
raisonné
et
philoso-
phique
qui
doivent
être
la
règle
de
conduite
du
médecin,
et
qui
font
de
la
médecine
le
plus
noble
des
arts.
Trop
peu
lu,
comme
écrivain,
parce
qu'on
y
craint
le
technique,
il
est
plus
d’un
endroit
du
traité
de
Celse
où
de
belles
pensées,
des
traits
d'observation
morale
sont
exprimés
avec
la
clarté
et
la
couleur
des
écrits
philosophiques
de
Cicéron,
ce
qui
sans
doute
a
valu
à
Celse
la
qualification
de
Cicéron
des
médecins.
Né,
selon
toute
vraisemblance,
au
commencement
du
siècle
d'Aususte,
Celse
est
un
disciple
de
la
profonde
sagesse
d’'Hippocrate
traitant
de
son
art
dans
la
langue
qu’on
parlait
et
qu'on
écrivait
au
temps
de
Virgile
et
d’Ho-
race.
:
La
traduetion
que
nous
donnons
de
cet
auteur
est
à
la
fois
un
travail
de
critique
et
une
étude
de
langue.
Déterminer
le
sens,
d'après
des
lecons
comparées
et
discutées
;
apprécier,
dans
une
introduction
étendue,
la
mé-
thode
et
le
tour
d'esprit
de
Celse;
résoudre,
dans
un
choix
de
notes,
les
principales
difficultés
du
texte
ou
du
sens;
enfin,
faire
reconnaitre,
à
la
simplicité
élégante
de
la
version,
un
écrivain
omeriporu
d'aide,
telle
a
été
la
tâche
du
traducteur.
Nous
avons
la
confiance
dE
‘elle
a
été
bien
remplie.
Le
texte
de
Celse
est
celui
qu'a
donné,
en
1769,
l'homme
qui
a
le
plus
profondément
étudié
cet
auteur,
le
.
Léonard
Targa.
Quarante
ans
après,
Targa,
octogénaire,
.
son
travail
et
en
donnait
une
nouvelle
édition.
Notre
texte
est
formé
de
la
com
paraison
des
deux
éditions
de
Targa.
Pour
l'Architecture
de
Vitruve,
que
pouvions-nous
mieux
faire
que
de

ÏE
|
AVERTISSEMENT
reproduire
la
traduction
de
Perrault
?
Vitruve
vivait
au
temps
d'Auguste
:
Perrault
a
été
contemporain
de
Louis
XIV.
Qui
pouvait
mieux
compren-
dre
un
auteur
du
plus
beau
temps
de
la
latinité
qu’un
traducteur
du
-…
siècle
de
Louis
XIV
?
Qui
était
plus
capable
d'interprêter
l'architecte
latin
”
que
l’auteur
de
la
colonnade
du
Louvre?
Perraults’est
pourtant
trompé
en
certains
endroits
;
des
travaux
plus
récents
sur
le
texte;
les
reliques
d'Her-
culanum
et
de
Pompéi,
les
progrès
de
la
science
architectonique
y
ont
fait
découvrir
quelques
erreurs.
Aussi,
pour
faire
disparaître
ces
erreurs
,
et
pour
conformer
la
version
à
l’excellent
texte
de
Gottlob
Schneider,
nous
sommes-nous
permis
d'y
faire
quelques
retouches
,
en
imitant,
autant
qu'il
a
été
possible
,
les
qualités
de
langage
qui
font
de
cette
traduction
un
mo-
nument
littéraire.
Le
Traïté
des
Aqueducs
de
Frontin
est
un
complément
nécessaire
de
l'Ar-
chitecture
de
Vitruve.
Cet
ouvrage
est,
comme
on
sait,
de
l’auteur
des
Stratagèmes
de
guerre,
lequel
n’était
pas
moins
compélen
pour
parler
de
la
guerre
que
des
aqueducs;
car
avant
d'être
intendant
des
eaux
sous
Néron
,
il
avait
fait
la
guerre
en
Bretagne
dans
l'expédition
d’Agricola.
Un
savant
académicien
,
l'architecte
Rondelet,
a
donné
de
ce
traité,
en
1820,
une
traduction
justement
estimée.
Nous
avons
été
autorisés
à
la
reproduire.
|
Quant
au
traité
de
Censorin,
De
die
natali,
traité
dont
le
sujet
est
l'institution
des
jours,
des
mois,
des
années,
des
siècles
et
des
princi-
pales
ères
de
l'antiquité,
il
touche
à
Celse
par
des
recherches
sur
l’origine
de
l'homme,
sur
la
génération,
sur
la
durée
de
la
gestation,
etc.
;
à
Vitruve,
ou
plutôt
à
une
partie
accessoire
de
l'ouvrage
de
Vitruve,
par
de
curieuses
remarques
sur
la
musique,
l'astronomie,
le
zodiaque
et
les
cadrans
solaires.
Presque
aussi
loué
que
Celse
par
les
érudits,
dont
quel-
ques-uns
ont
appelé
son
livre
ün
livre
d’or,
Censorin
mérite
l'éloge
que
lui
donne
Scaliger
d'être
un
très-sûr
et
très-docte
garant
des
temps
et
de
Vantiquité,
egregius
et
doctissimus
lemporum
et
antiquitatis
vindex,
ce
qui
veut
dire
tout
simplement
un
bon
chronologisie.
C’est,
en
effet,
aux
chronologistes
que
l'ouvrage
de
Censorin
a
été
particulièrement
utile
pour
déterminer
certaines
dates.
Il
offre
d’ailleurs
plus
d’un.
endroit
Curieux}
soit
à
ceux
qu'intéresse
l’histoire
de
la
physiologie,
chez
les
anciens
;\$0it
aux
philologues
qui
peuvent
y
noter
un
talent
d'écrire
et
des,
qualités
de
style
fort
remarquables
dans
un
auteur
du
m°
siècle,
contemporain
de
quelques-uns
des
auteurs
de
l'Histoire
d'Auguste.

09999899
00000000900000000000000000000000000000200000000
8898
INTRODUCTION.
1
.
Lorsqu'on
s’est
imposéla
tâche
de
reproduire
dans
une
langue
moderne
une
œuvre
médicale
de
lan-
tiquité
grecque
ou
latine,
et
que
l’on
veut
d’abord
en
pénétrer
l’esprit
pour
lui
assigner
un
rang
dans
l’histoire
de
l’art,
on
se
trouve
arrêté
bientôt
par
de
sérieuses
difficultés
qu’on
avait
à
peine
entrevues,
et
qui
remplissent
de
doutes
et
d’hésitations
cette
première
partie
du
travail.
Peu
habitués
en
effet
à
remonter
vers
le
passé,
ou,
ce
qui
revient
au
même,
à
franchir
le
cercle
d'idées
qui
nous
est
tracé
par
l’enseignement
des
écoles;
également
convaincus
d’ailleurs
de
l’excellence
de
nos
méthodes
et
de:la
supériorité
des
lumières
actuelles,
il
nous
paraît
pour
le
moinsinutile
d’avoir
à
subir
encore
l’étude
et
l’in-
terprétation
des
anciennes
données
scientifiques.
A
ces
Causes
d’éloignement
vient
s’ajouter
l’obscurité
particulière
aux
vieux
textes,
c’est-à-dire
aux
lan-
gues
mortes,
obscurité
que
des
altérations
diverses
et
des
lacunes
plus
ou
moins
graves
augmentent
infailliblement
,.
et
que
certains
commentaires
ont
parfois
même
le
privilége
de
rendre
impénétrable.
Sont-ce
là
pourtant
de
légitimes
motifs
pour
re-
culer
devant
toute
exploration
lointaine,
et,
de
parti
:
pris,
rester
indifférent
au
mouvement
intellectuel
des
générations
antérieures?
La
science
moderne.
est-elle
bien
en
droit
de
dire
à
la
science
antique,
Je
ne
vous
connais
pas?
et
peut-il.
y
avoir
honneur
et
profit
à
renier
l'héritage
de
ses
ancêtres
?
Poser
la
question
ainsi,
c’est
la
résoudre;
car
tout
s’en-
chaîne
dans
l'étude
de
l'homme;
et
si
nous
éclairons
du
flambeau
de
l’histoire
ee
vaste
champ
de
douleurs
qui
constitue
le
domaine
de
l’art,
nous
y
reconnai-
trons
l’empreinte
de
longs
et
profonds
sillons,
où
le
travail
des
siècles
est
venu
s’ensevelir,
et
que
nous
avons
à
creuser
encore.
Ces
efforts
incessants
et
cette
progression
si
lente
s'expliquent
suffisamment
par
objet
même
de
nos
recherches
;
et
la
médecine,
à
laquelle.
nous
demandons
sans
cesse
les
secrets
de
l'organisme,
la
raison
de
tout
état
morbide
,
la
con-
naissance
enfin
des
lois
qui
nous
font
vivre
et
mou-
rir,
la
médecine,
en
ne
répondant
point
à
d’éternels
problèmes,
a
par
cela
seul
établi
entre
nous
et
l'an-
tiquité
un
fonds
commun
de
vérités
et
d'erreurs,
où
se
trahit
la
faiblesse
de
l’esprit
humain,
mais
où
se
révèle
aussi
sa
puissance.
La
filiation
d’idées
que
l’on
cherche
à
suivre
à
travers
les
âges
à
donc
cela
d’imposant
qu’elle
reporte
avec
certitude
la
tradition
médicale
au
delà
des
temps
hippocratiques.
En
voulez-vous
un
témoi-
gage
solennel
?
consultez
Hippocrate
lui-même,
et
vous
serez
saisi
d’un
recueillement
involontaire,
en
Songeant
que
le
vieillard
de
Cos,
à
vingt-deux
siècles
de
nous,
écrivait
déjà
sur
l'ancienne
méde-
CELSE.
cine.
Loin
de
s’en
dire
le
père,
il
déclare,
avec
son
habituelle
candeur,
que
dès
longtemps
elle
est
en
possession
d’un
principe
et
d’une
méthode
qu’elle
a
trouvés
;
il
nous
invite
au
respect
du
passé,
et
tout
le
premier
s'incline
devant
les
découvertes
excellen-
les
el
nombreuses
qui
se
sont
produites
dans
le
long
cours
des
ans;
puis,
jetant
un
regard
sur
les
destinées
de
la
science,
il
ajoute
que
le
reste
se
dé-
couvrira,
si
des
hommes
capables,
instruits
des
découvertes
anciennes,
les
prennent
pour
point
de
départ
de
leurs
recherches
(1).
Ainsi,
sans
se
perdre
dans
les
ténèbres
où
s’éva-
nouit
l’origine
des
choses,
et
sans
qu'il
soit
besoin
d'interroger
ici
les
sources
diverses
de
la
médecine
grecque,
on
peut
tenir
pour
certain
qu'Hippocrate
et
son
école
n’ont
fait
que
suivre,
en
l’agrandissant,
le
chemin
frayé
devant
eux
par
d’autres
écoles
et
des
travaux
antérieurs.
Cette
vérité
d’ailleurs
a
été
mise
hors
de
doute
par
un
écrivain
dont
l'autorité
n’est
pas
contestable
en
pareille
matière;
et
c’est
encore
lui
qu’il
faut
ci-
ter,
si
d’une
vue
générale
on
veut
apprécier
l'esprit
d’observation
et
les
tendances
médicales
de
ces
épo-
ques
reculées.
«
Il
fut
naturel
aux
premiers
méde-
cins,
dit
M.
Littré
(ouvr.
cité,
&.
L,
p.444)
et
entre
autres
à
Hippocrate,
de
comprendre
et
de
noter
d’abord
la
grande
et
universelle
influence
des
agents
du
monde
extérieur
:
climat,
saisons,
genre
de
vie.
alimentation
,
toutes
ces
influences
furent
signalées
à
grands
traits.
Voir
les
choses
d’ensemble
est
le
propre
de
l’antique
médecine
;
c’est
ce
qui
en
fait
le
caractère
distinctif,
et
Ce
qui
lui
donne
sa
oran-
deur,
quand
l’ensemble
qu’elle
a
choisi
est
vérita-
ble;
voir
les
choses
en
détail,
et
remonter
par
cette
voie
aux
généralités
,
est
le
propre
de
la
médecine
moderne.
En
d’autres
termes,
faire
prévaloir
l’obser-
vation
de
tout
l’organisme
sur
l'observation
d’un
organe,
Pétude
des
symptômes
généraux
sur
l’étude
des
symptômes
locaux,
l’idée
des
communautés
des
maladies
sur
l’idée
de
leurs
particularités
,
telle
est
la
médecine
des
temps
anciens
,
et
surtout
celle
d’Hippocrate.
»
Du
médecin
grec
à
l'auteur
latin
qui
fait
l’objet
de
cette
notice
,
il.ne
s’est
pas
écoulé
moins
de
qua-
tre
cents
ans
;
et,
durant
cette
période,
on
voit
les
sciences
et
les
lettres,
abandonnant
le
sol
natal
qu’elles
avaient
si
glorieusement
fécondé
,
adopter
pour
seconde
patrie
la
ville
fondée
par
Alexandre
en
Égypte.
C’est
qu’en
effet,
par
un
hasard
mer-
veilleux,
depuis
Ptolémée
Lagus,
lieutenant
du
(1}
OEuvres
complèt.
d'Hippoc.,
Traité
de
l’anc.
médee.,
éd,
et
trad.
Hittré,
t.
L,-pe
573.
&

11
CELSE.
Macédonien
,
il
s'était
rencontré
une
longue
suite
de
rois
également
jaloux
d'assurer
le
sceptre
de
lintel-
ligence
à
la
capitale
de
leur
empire.
Avec
eux
avait
ainsi
commencé
une
ère
nouvelle,
où
l’mépuisable
activité
de
l'esprit
grec
trouvait
à
s’alimenter
sans
relâche.
Les
livres,
jusque-là
si
rares
,
si
difficiles
à
connaître
,
si
faciles
à
dénaturer,
se
multipliaient
à
prix
d’or,
et
prenaient
une
forme
certaine
et
défi-
pitive.
Grâce
à
la
protection
de
ces
rois,
la
médecine
entre
autres
n'avait
plus
à
redouter
les
préjugés
du
vulgaire,
et
pouvait
substituer
à
la
dissection
des
animaux
celle
des
corps
humains.
On
connaît
les
découvertes
d'Hérophile
et
d’Érasistrate,
ces
deux
créateurs
de
Panatomie;
et
l’on
sait
aussi
que
les
recherches
purement
empiriques
des
adversaires
du
dogmatisme
servirent
du
moins
à
constater
les
propriétés
d’un
nombre
infini
de
substances
médi-
camenteuses.
Le
malheur
fut
que
la
médecine,
alors
égarée
par
le
goût
de
la
controverse
et
des
subtili-
tés
théoriques,
ne
sut
pas
rattacher
les
faits
nouveaux
aux
vérités
anciennes;
et
l’on
vit
naître
une
foule
de
doctrines
contradictoires
qui,
tout
en
s’éloignant
des
préceptes
posés
par
Hippocrate,
ne
manquaient
pas
cependant
derevendiquer
pour
elles,
et
chacune
à
l'exclusion
des
autres,
l'autorité
de
ce
grand
nom.
Quoi
qu’il
en
soit,
tous
les
écrits
de
cette
époque,
enveloppés
dans
de
communs
désastres,
ont
disparu
depuis
des
siècles
;
et,
dans
l’ordre
des
temps,
Celse
est
le
premier
qui
nous
rende
témoignage,
comme
l'ont
fait
plus
tard
Cœlius
Aurelianus
et
Galien,
du
mouvement
scientifique
qui
animait
l’école
d’A-
lexandrie.
Ces
livres
que
nous
n’avons
plus,
ils
les
ont
lus
et
médités
;
mais,
pour
Celse,
on
peut
l’affirmer
d’a-
vance,
ce
n’est
pas
vers
les
dialecticiens
et
les
con-
troversistes
de
cette
école
fameuse
qu’il
est
porté
par
son
penchant
naturel
et
la
rectitude
de
son
es-
prit;
on
sent
bientôt
que
le
génie
d'Hippocrate
l'attire,
et
qu'il
reconnaîtra
le
pouvoir
de
cette
pro-
fonde
sagesse.
Si
maintenant
nous
passons
à
Rome,
c’est
de
l'écrivain
latin
que
nous
recueillons
aussi
nos
premières
notions
sur
les
doctrines
célèbres
d’Asclépiade
et
de
Thémison,
dont
les
ouvrages
ont
été
de
même
livrés
de
bonne
heure
à
la
destruction;
de
sorte
que,
prenant
la
science
au
berceau,
il
la
conduit
jusqu'au
méthodisme,
dernier
système
qu'il
ait
pu
connaître,
et
qui
devait
être
dans
toute
sa
splendeur
quand
il
composa
son
traité
de
méde-
cine.
C’est,
du
reste,
ici
le
lieu
d’aborder
avec
ré-
serve
les
douteuses
particularités
qui
serattachent
au
nom,
au
pays
ainsi
qu'à
la
profession
de
notre
historien.
Des
trois
noms,
Aurelius,
Cornelius,
Cel-
sus,
que
les
manuscrits
et
les
éditions
imprimées
s'accordent
à
lui
donner,
il
en
est
un,
c’est
le
pre-
mier,
qu'il
n’est
pas
inutile
de
rectifier.
Daniel
Le-
élere
et
Bianconi
font
observer
à
ce
sujet
que
les
savants
doivent
être
choqués
de
voir
transformer,
éontre
toutes
les
règles
et
au
mépris
du
génie
de
l'antiquité
romaine,
le
nom
de
famille
Aurelius
en
simple
prénom.
A
l’appui
des
raisons
qu’ils
font
va-
loir,
il
faut
dire
que
le
plus
ancien
manuscrit
(Co-
dex
F'alicanus
VIII),
en
désaccord
sur
ce
point
avec
tous
tes
autres,
porte
en
effet,
en
lettrestrès-bien
for-
mées
,
Aulus
Cornelius
Celsus.
Parmi
les
éditions
imprimées,
celle
d’Alde
Manuce
(1528)
présente
aussi
(mais
c’est
la
seule)
le
mot
4wlus
écrit
de
la
main
d’un
annotateur
inconnu.
Cornelius
est
sans
doute
le
véritable
nom
;
mais
il
ne
suit
pes
de
là
qu’on
soit
en
mesure
de
prouver
que
Celse
appartenait
réellement
à
la
famille
Cor-
nelia.
L'histoire
nous
laisse
à
cet
égard
dans
une
ignorance
complète;
et,
pour
se
livrer
à
de
pareilles
recherches
,
il
faudrait
oublier
d’abord
avec
quelle
étrange
prodigalité
cette
famille
illustre
livrait
elle-
même
son
nom
à
tous
ceux
qu’elle
tenait
à
comp-
ter
parmi
ses
clients
ou
ses
affranchis.
Le
dictateur
Sylla
nous
en
offre
un
curieux
exemple,
puisque
dix
mille
hommes
obtinrent
de
lui
la
faveur
de
s’ap-
peler
Cornelius.
Ainsi
ce
nom,
pris
isolément,
n’a
pas
en
lui
le
pouvoir
d’attester
la
haute
origine
de
l'écrivain
qui
nous
occupe;
mais
il
peut
aider
au
besoin
à
constater
son
identité.
Daniel
Leclerc,
Sprengel
,
et
le
Dictionnaire
his-
torique
de
médecine
d’Éloy,
placent
en
effet
vers
la
même
époque
un
autre
Celse,
Apuleius
Celsus,
mé-
decin
fameux,
en
grande
estime
sous
Tibère.
Scri-
bonius
Largus
dit
avoir
étudié
sous
lui
en
même
temps
que
Vettius
Valens,
qui
s’acquit
aussi
de
la
célébrité
comme
médecin,
et
se
fit
de
plus
con-
naître
par
son
commerce
avec
Messaline.
Or,
le
Celse
dont
il
est
ici
question
avait
de
même
laissé
des
écrits
sur
la
médecine
;
et,
ce
qui
est
plus
digne
de
remarque,
on
lui
attribue,
comme
au
premier,
un
ouvrage
sur
l’agriculture;
enfin,
pour
complé-
ter
la
ressemblance,
le
temps
où
il
à
vécu
répond
exactement
à
celui
que
les
auteurs
assignent
pour
la
plupart
à
l’encyclopédiste
latin.
Si
l'opinion
du
plus
grand
nombre
est
fondée
.
voilà
done
deux
écrivains
vivant
à
la
même
époque,
portant
le
même
nom,
composant
des
ouvrages
sur
les
mêmes
sujets,
et
cultivant
tous
deux’
Part
de
guérir;
car
on
verra
plus
loin
que
Celse
était
mé-
decin.
Il
est
vrai
que
le
surnom
qu’ils
ont
en
com-
mun
est
précédé
chez
l’un
du
nom
d’Apuleius
,
et
de
celui
de
Cornelius
chez
l’autre
:
il
convient
d'ajouter
aussi
qu'on
fait
naître
cet
Apuleius
en
Sicile,
et
qu'on
se
borne
à
conjecturer
que
Corne-
lius
était
de
Rome;
mais
les
rapports
qu’on
vient
_de
signaler
entre
eux
n’en
subsistent
pas
moins
;
et
ces
rapports
sont
tellement
étroits,
qu’ils
éveillent
au
premier
abord
le
vague
soupçon
d’une
méprise.
Sans
refuser
en
aucune
facon
d'admettre
qu’il
y
a
là
deux
personnes
distinctes,
on
dira
simplement
qu’on
serait
moins
tenté
de
les
confondre,
si
lon
pouvait
tenir
pour
réelles
les
conjectures
de
Bian-
coni
,
parce
que
déjà
la
concordance
des
temps
ne
serait
plus
la
même.
Dans
sa
dissertation
latine
sur
l'époque
où
Celse
a
vécu,
cet
érudit
a
voulu
prou-
ver,
contrairement
à
lopinion
admise
par
Îles
meilleurs
critiques
,
que
l'encyclopédie
dont
il
n’est
resté
que
le
traité
de
médecine,
au
lieu
d’apparte-
nir
au
règne
de
Tibère,
a
vu
le
jour
au
commen
cement
même
du
siècle
d’Auguste.
Presque
victo=
rieux
sur
ce
point,
il
part
de
là
pour
se
donner-car-

INTRODUCTION.
rière;
et,
recueillant
les
éléments
épars
d’une
biogra-
phie
impossible,
ilarrive
par
mille
ingénieux
détours,
et
sans
trop
blesser
la
vraisemblance,
à
nous
repré-
senter
son
auteur
non-seulement
comme
lami
d’Horace
et
d’Ovide,
mais
aussi
comme
le
secré-
taire
etle
compagnon
de
TFibère,
chef
suprême,
sous
l'empereur
Auguste,
de
l’expédition
militaire
en
Orient.
Il
peut
être
utile,
on
le
conçoit,
de
se
tenir
en
garde
contre
cette
ferveur
d’érudition
qui
l'en-
traîne
à
chercher
au
loin
une
certitude
qui
se
dé-
robe
à
tout
son
savoir,
et
qu'il
eût
pu
trouver
parfois
dans
la
lecture
attentive
de
l’ouvrage,
s’il
n’eût
quitté
la
réalité
pour
une
ombre.
C’est
notament
ce
qu'il
fait
quand
il
refuse
à
Celse
la
qualité
de
médecin.
Déterminer
la
profession
de
cet
écri-
“ain
d’après
l’habileté
dont
il
fait
preuve
en
mé-
:decine,
c’est,
selon
Bianconi,
s’obliger
en
même
temps
à
reconnaître
en
lui
un
agriculteur,
un
xhé-
teur
et
un
homme
de
guerre,
puisqu'on
sait
qu'il
avait
écrit,
avec
une
égale
connaissance
du
sujet,
sur
lagriculture,
la
rhétorique
et
l’art
militaire.
{l
suffirait
d’ailleurs
de
se
rappeler
que,
chez
les
anciens,
les
études
embrassaient
la
presqu’univer-
salité
des
connaissances
humaines.
Que
d'objets
Caton
n’aÿvait-il
pas
traités
dans
ses
écrits,
outre
Ja
médecine,
l’agriculture
et
la
guerre?
Et
Varron,
profondément
instruit
en
tout
genre
de
littérature,
avait-il
pas
renfermé
dans
les
siens
presque
tout
ce
qu'on
pouvait
savoir
alors?
Ajoutons
encore,
dit
Biancôni,
qu’autrefois
la
médecine
était
pré-
cisément
la
science
que
chacun
était
le
plus
dési-
reux
de
connaîtré,
et
dont
l'étude
se
traduisait
en
excellents
préceptes
qu'on
retrouve
dans
les
écrits
des
anciens.
Lucrèce,
Cicéron
et
Horace
en
parlent
jamais
qu’en
parfaite
connaissance
de
cause;
il
en
est
de
même
enfin
de
Virgile
et
d’O-
vide.
Ces
raisons
toutefois,
plus
spécieuses
que
solides,
ne
sauraient
prévaloir
contre
le
texte;
et
ce
que
l’auteur
de
la
dissertation
a
le
mieux
établi,
c’est
qu'il
était
étranger
lui-même
aux
études
médicales.
_Il
eût
reconnu
sans
cela
que,
dans
une
foule
d’en-
droits,
Celse
intervient
personnellement,
discute
les
difficultés
qui
se
présentent,
et
les
tranche
sou-
vent
avec
le
coup
d'œil
et
la
décision
de
l’homme
de
l’art.
Voici
du
reste
quelques
citations
à
l'appui
:
Neque
ignoro
quosdam
dicere….
quod
non
ita
se
habet,
Il,
14.
Ego
tum
hoc
puto
tentandum,
etc.,
IT,
11.
£go
autem
medicamentorum
dari
po-
tiones,
et
alvum
duci
non
nisi
raro
debere,
concedo,
LL,
4.
Quod
Asclepiades
recte
præterit;
est
enim
anceps,
WU,
14.
Tutius
tamen
est,
ete.,
ibid.
£go
utique,
sè
salis
virium
est,
validiora;
si
parum
imbecilliora
auxilia
præfero,
TI,
24.
Ego
sic
restilutum
esse
neminem
meinini,
VI,
7.
In
omni
fisso
fractove
osse,
protinus
antiquiores
medici
ad
ferramenta
veniebant,
quibus
id
exciderent:
sed
mullo
melius
est
ante
emplastra
experiri,
VHI,
4.
Assurément
ce
n’est
pas
là
le
langage
d’un
simple
compilateur
qui
se
contente
d’enregistrer
les
faits,
sans
se
réserver
jamais
le
droit
de
remontrance
et
de
critique.
Mais
à
Ces
passages
déjà
cités
on
en
111
peut
joindre
un
autre
beaucoup
plus
décisif
encore,
et
qu'on
a
mal
à
propos
laissé
dans
l'oubli,
puisque,
s’il
est
permis
de
s'exprimer
ainsi,
on
y
surprend
l’auteur
en
flagrant
délit
de
pratique
médicale.
H
estquestion
dans
ce
passage
de
déterminer
le
moment
où
il
convient
d'accorder
des
aliments
aux
malades
atteints
de
fièvre
continue.
«
Les
uns,
dit
Celse,
IE,
5,
pensent
qu'il
faut
préférer
le
matin,
heure
où
les
malades
sont
généralement
plus
calmes.
Si
en
ef-
fet
l’amélioration
existe,
c’est
ce
moment
qu'on
doit
saisir,
non
parce
que
c’est
le
matin,
mais
parce
qu’il
y
a
rémission.
Si
à
cette
heure
même,
au
contraire,
le
malade
est
sans
repos,
il
est
d'autant
moins
opportun
de
le
nourrir
que
c’est
la
gravité
du
mal
qui
le
prive
du
bénéfice
ordinaire
de
la
matinée
;
et
cela
doit
faire
craindre
que
le
milieu
de
la
journée,
où
presque
toujours
l’état
des
malades
s’exaspère,
ne
devienne
plus
alarmant
encore.
Aussi,
d’autres
médecins
réservent
dans
ce
cas
les
aliments
pour
le
soir;
mais
c’est
précisément
alors
que
la
plupart
des
malades
sont
le
plus
accablés
:
il
y
a
donc
lieu
d'appréhender
que
l'excitation
produite
par
la
nourriture
n’ajoute
à
l'intensité
du
mal.
Pour
ces
divers
motifs,
j'attends
jusqu'au
milieu
de
la
nuit.
Ob
hæc
ad
mediam
noctem
decurro.
»Il
paraît
difficile
de
rien
trouver
de
plus
formel;
et
l’on
conviendra
sans
doute
que
Gelse
pouvait
être
à
la
fois
encyclopédiste
et
médecin,
par
la
raison
que
cette
même
universalité
de
connaissances
n’empéchait
pas
de
retrouver
dans
Varron
l’homme
de
guerre,
et
dans
Caton
l’austère
censeur
de
la
république.
Mais,
en
pratiquant
la
médecine,
Celse
ne
l’envisa-
geait
pas
seulement
comme
un
moyen
de
parvenir
à
la
fortune;
et,
quelques
lignes
plus
loin,
nous
avons
la
preuve
qu’il
obéissait
avant-tout
aux
de-
voirs
que
cette
profession
nous
impose.
On
com-
prend,
dit-il
(XF,
ibid.
},
que
le
même
médecin
ne
saurait
soigner
à
la
fois
un
grand
nombre
de
per-
sonnes,
et
que
le
meilleur
praticien
est
celui
qui
ne
perd
pas
de
vue
son
malade.
Mais
ceux
qui
n'exercent
que
par
intérét,
trouvant
plus
de
pro-
fil
à
faire
la
médecine
du
peuple,
embrassent
vo-
lontiers
des
préceptes
qui
n’exigent
aucune
as-
siduité.
Quant
aux
doctrines
médicales
de
l’auteur,
il
a
fallu,
pour
les
interpréter
dans
le
sens
du
métho-
disme,
faire
subir
au
texte
une
violence
inouie,
ou
plutôt
fermer
volontairement
les
veux
à
tous
les
passages
qui
résistent
à
cette
explication.
Après
avoir
lu
la
profession
de
foi
qui
se
trouve
en
tête
du
traité
de
médecine,
on
a
peine
à
s’expliquer
l'erreur
où
sont
tombés
la
plupart
des
historiens
en
rangeant
Celse
parmi
les
méthodistes,
puis-
qu'il
semble
précisément
avoir
réservé
pour
eux
toute
la
sévérité
de
ses
jugements.
Il
développe
d’abord,
dans
sa
préface,
les
principales
raisons
sur
lesquelles
reposent
le
dogmatisme,
l’empirisme
et
le
méthodisme;
puis,
amené
par
cette
exposition
à
manifester
son
Opinion
personnelle,
il
s'exprime
ainsi:
«
Ona
tant
écrit
sur
ces
questions,
qui,
parmi
les
médecins,
ont
été
souvent
et
sont
encore
l'objet
des
plus
vives
controverses,
qu’il
devient
utile
d’ex-
&

1v
CELSE.
poser
les
idées
qui,
selon
nous,
se
rapprochent
le
plus
de
la
vérité.
Dans
cétté
manière
de
voir,
on
n’a-
dopte
exclusivement
aucune
opinion,
de
même
qu’on
n'en
rejette
aucune
d’une
manière
absolue;
niais
on
conserve
un
moyen
terme
entre
ces
sentiments
“contraires,
et
c’est
en
général
le
parti
que
doivent
prendre,
dans
les
discussions,
ceux
qui
recherchent
lavéritésans
prétention,
comme
dans
le
cas
présent.
»
Fidèle
à
cet
esprit
d’éclectisme,
on
le
voit
se
pré-
server
de
l’entrainement
des
systèmes,
et
maintenir
son
indépendance
envers
les
plus
grandes
renom-
mées.
Ainsi,
malgré
sa
vénération
pour
Hippocrate,
qu’il
proclame
le
plus
grand
médecin
de
l'antiquité
et
le
père
de
toute
la
médecine,
il
n'hésite
pas
à
se
ranger
contre
lui
du
parti
d’Asclépiade,
qui
raille
le
vieillard
de
Ces
sur
ses
jours
critiques
et
ses
nom-
bres
pythagoriciens.
Mais
le
tour
d’Asclépiade
ne
se
faitpas
attendre;
etCelse,
qui
le
prend
aussi
pourmo-
dèle
en
beaucoup
d’endroits,
ne
craint
pas
néanmoins
de
luireprocher
desopinions
inconséquentes
et
men-
songères.
Le
médecin
de
Pruse
se
vantait,
comme
on
sait,
de
guérir
toutes
les
maladies
éuto,
céleriter
et
jucunde.
Or,
d’après
lui,
le
meilleur
remèdecontre
la
fièvre
étant
la
fièvre
même,
il
pensait
que,
pour
abattre
les
forces
du
malade,
il
fallait
l’exposer
à
la
lumière,
le
fatiguer
par
l’insomnie,
et
lui
faire
endurer
la
soif,
à
ce
point
que;
les
premiers
jours,
ilne
permettait
pasmême
qu'onserinçâtla
bouche.
«Cela,
dit
Celse,
prouve
d’autantmieux
l’erreur
de
ceux
qui
s’imaginent
que
sa
méthode
est
agréable
en
toutes
choses;
car
si
plus
tard
il
cédait
aux
malades
jusqu’à
les
livrer
à
leur
intempérance,
il
n’est
pas
moins
vrai
qu’au
début
il
se
conduisait
en
bourreau.
»
S'agit-
il
des
méthodistes?
il
fait
vivement
ressortir
l’in-
suffisance
de
leur
principe,
et
les
déclare
même
in-
férieurs
aux
empiriques,
attendu
que
ceux-ci
em-
brassent
du
moins
beaucoup
de
choses
dans
leur
examen,
tandis
que
les
disciples
de.Thémison
se
bor-
nent
à
l’observation
la
plus
facile
et
la
plus
vul-
gaire,
en
ne
considérant
dans
les
maladies
que
l’é-
tat
général
de
resserrement
et
de
relâchement.
«
Is
agissent
en
cela
(c’est
toujours
Celse
qui
parle)
comme
les
vétérinaires,
qui,
ne
pouvant
apprendre
d'animaux
muets
ce
qui
est
relatif
à
chacun
d’eux,
insistent
seulement
sur
les
caractères
généraux.
C’est
ce
que
font
aussi
les
nations
étrangères,
qui,
.
dans
leur
ignorance
de
toute
médecine
rationnelle,
.ne
vont
pas
au
delà
de
quelques
données
générales.
Ainsi
font
encore
les
infirmiers,
qui,
se
trouvanthors
d'état
de
prescrire
à
chaque
malade
un
régime
con-
venable,
les
soumettent
tous
au
régime
commun.
»
Ces
paroles,
à
coup
sûr,
n’accusentpas
une
partialité
bien
grande
pour
les
méthodistes:;
mais
il
ne
se
montre
pas
moins
dégagé
de
toute
influence
sys-
tématique,
soit
qu’il
signale
les
écarts
des
dogmati-
quesoudesempiriques,
soit
qu'il
ait
à
juger
les
idées
d'Hérophileet
d’Érasistrate,
ou
les
Opinions
contem-
poraines
d’un
certain
nombre
de
praticiens,
qui
alors
avaient
un
nom
dans
la
science.
Il
résume
enfin
,
de
la
manière
suivante,
sa
profession
de
foi
médicale
:
«
Je
pense
que
la
médecine
doit
être
ra-
tionnelle,
en
re
puisant
cépendant
ses
indication
que
dansles
causes
évidentes
;
larecherchedes
causés
occultes.
pouvant
exercer
l'esprit
du
médecin,
mais
devant
être
bannie
de
la
pratique
de
l’art.
Je
pense
aussi
qu’il
est
à
la
fois
inutile
et
cruel
d'ouvrir
des
corps
vivants,
mais
qu'il
ést
nécessaire
à
ceux
qui
cultivent
la
science
de
se
livrer.
à
la
dissection
des
cadavres
;
carils
doivent
connaître
le
siége
et
la
dis-
position
des
organes,
objets
que
les
cadavres
nous
représentent
plus
exactement
que
l’homme
vivant
et
blessé.
»
Après
avoir
fait
connaître
la
voie
qu’il
veut
suivre,
il
nous
présente
méthodiquement
les
préceptes
diététiques
d'Hippocrate
et
aussi
ceux
d’Asclépiade,
insiste
sur
la
promenade,
les
diverses
sortes
de
gestation,
les
exercices
du
corps,
les
bains,
les
onctions,
la
lecture
à
haute
voix;
prescrit
des
règlessuivant
les
âges,
les
saisons,
les
tempéraments,
les
infirmités
;
nous
donne
également
l’histoire
de
la
chirurgie
depuis
Hippocrate;
ce
quiseullerendrait
précieux
;
décrit
le
premier,
pour
nous
du
moins,
un
grand
nombre
d'opérations,
et
la
taille
bilatérale
entre
autres;
conseille
aussi
le
premier
la
version
par
les
pieds,
maïs
seulement
quand
le
fœtus
est
mort;
reconnaît
quelque
différence
entre
le
bassin
de
l’homme
et
celui
de
lafemme:
apprend
à
dilater
l'orifice
de
l’utérus
en
engageant
d’abord
l'index,
puis
successivement
toute
la
main,
et,
dans
certains
cas,
les
deux
mains
;
opère
la
délivrance
de
la
femme
en
faisant
des
tractions
ménagées
sur
le
cordon
ombilical
pour
éviter
de
le
rompre,
tandis
que,
de
la
main
droite,
il
accompagne
ce
cordon
jusqu'au
placenta
,
qu’il
détache.
On
arriverait
sans
peine
à
multiplier
les
exemples
qui
témoignent
du
bon
sens
pratique
de
l’auteur;
mais
Ce
qui
est
presque
un
sujet
d’étonnement,
c’est.
de
rencontrer
à
la
fois
dans
un
livre
de
l'antiquité
ce
talent
d'analyse
qui
tient
compte
des
moindres
détails,
et
ce
jugement
exercé
qui
sait
placer
les
faits
dans
leur
jour
véritable,
et
donner
à
chacun
sa
valeur
réelle.
Il
est
vrai
que
cet
esprit
critique,
venant
en-
suite
à
juger
la
science
dans
son
ensemble,
conduit
souvent
l'écrivain
au
doute
où
même
à
l’incrédulité.'
Aussi
le
voyons-nous
déclarer
nettement
que
la
mé-
decine
est
un
art
conjectural,
qui,
dans
bien
des
cas,
est
trahi
non-seulement
par
la
théorie,
mais
encore
par
la
pratique
(iv.
F,
préf.).
Dans
un
autre
endroit
il
rappelle
qu’au
milieu
de
toutes
les
ressources
de
Part,
c’est
encore
le
pouvoir
de
la
nature
qui
se
fait
le
plus
sentir.
A
l’occasion
des
maladies
des
yeux,
il
exprime
ainsi
son
peu
de
créance
en
dés
médicaments
trop
vantés
:
«
En
résumé,
lorsqu'on
a
passé
en
revue
tout
ce
que
les
médecins
ont
écrit
à
cesujet,
il
est
facile
de
reconnaître
que,
parmi
les
affections
dont
nous
avons
parlé,
il
n’en
est
pas
une
peut-être
qu'on
ne
puisse
guérir
aussi
bien
par
des
remèdes
très-simples
,
et
qui
se
trouvent
pour
ainsi
dire
sous
la
main.
»(VI,
6,
39.)
Ailleurs
encore
il
lui
échappe
cette
exclamation
:
«
Tant
il
est
vrai
qu’en
médecine
les
résultats
ne
sont
pas
toujours
confor
mes
aux
règles
les
plus
constantes!
»
Néanmoins
,
on
a
compris
déjà
que
ce
n’est
pas
là
le
scepticisme
aveugle
des
gens
du
monde,
esprits
forts
que
la
maladie
rend
si
faibles,
mais
bien
le

INTRODUCTION.
:
v
doute
philosophique
d’un
homme
éclairé
qui
a
le
droit
de
douter,
parce
qu’il
sait
beaucoup,
et
qu'il
n’en
poursuit
pas
avec
moins
d’ardeur
la
recherche
de
la
vérité.
Le
prineipal
objet
de
cette
rapide
esquisse
est
sans
doute
de
signaler
l'importance
historique
et
médi-
cale
du
traité
de
médecine
;
mais
il
n’en
résulte
pas
moins
pour
le
traducteur
obligation
spéciale
d’ap-
précier
comme
écrivain
l’auteur
qu'il
a
traduit.
Cette
obligation
au
surplus
deviendrait
facile
à
rem-
plir,
s'il
suffisait
pour
cela
de
s'associer
aux
éloges
que
les
anciens
et
les
modernes
ont
prodigués
tour
à
tourà
l’encyelopédiste
latin.
Mais
il
faut
l'avouer,
il
a
des
admirateurs
passionnés
,
et
qui
sont
par
cela
mêne
suspects
d’exagération.
Son
éditeur
Targa
ne
craint
pas
de
le
placer
bien
au-dessus
d’Hippocrate,
avec
cette
restriction
cependant
qu’il
n'entend
par-
ler
que
de
sa
supériorité
dans
l’art
d'écrire.
Boër-
have,
jugeant
en
même
temps
lécrivain
et
le
mé-
decin,
commence
par
établir
qu'on
donne
chaque
jour
pour
nouvelles
quantité
de
choses
qui
sont
dans
les
ouvrages
de
Celse;
puis
il
l'appelle
le
premier
de
tous
les
anciens
et
même
des
modernes
en
fait
de
chirurgie.
Voici
ce
qu’en
dit
Fabrice
d’Aquapen-
dente
dans
la
première
partie
de
ses
œuvres
Chirur-
gicales
:
4dmirabilis
Celsusinomnibus,
quemnoc-
turna
versare
manu,
versare
diurna
consulo.
Le
savant
Casaubon.en
fait-un
dieu,
medicorum
deus
;
et
d’autres
érudits
enfin
le
surnomment
avec
moins
d’emphase
le
Cicéron
des
médecins.
Depuis
Colu-
melle
et
Quintilien
jusqu’à
nous,
les
suffrages.
n’ont
donc
pas
manqué
;
et
bien
que
pour
la
plupart
ils
s’a-
dressent
non
moins
au
fond
qu’à
la
forme
;
et
ne
sépa-
rent
pas
la
valeur
scientifique
du
livre
de
sa
valeur
littéraire,
on
pourrait
toujours,
en
s’occupant
seu-
lement
de
cette
dernière
appréciation
,
résumer
tous
ces
éloges
en
trois
mots
:
concision,
clarté,
élégance.
.
Ces
expressions,
consacrées
pour
ainsi
dire
à
l’œuvre
de
Celse,
n’ont
de
vérité
toutefois
qu’autant
que
les
sujets
qu'il
traite
n’excèdent
pas
le
pouvoir
de
la
lan-
gue
latine;
car
partout
où
se
fait
sentir
la
nécessité
d’un
langage
technique,
l’habileté
de
l’auteur,
si
grande
qu’elle
puisse
être,
ne
saurait
Jutter
contre
l'insuffisance
absolue
du
latin;
et
de
là
vient
qu'il
est
souvent
difficile
à
comprendre,
et
plus
difficile
ncore
à
traduire.
En
mettant
ainsi
l'écrivain
hors
de
cause
pour
n’accuser
que
l'instrument
dont
il
s’est
servi,
il
faut
dire
pourquoi
la
médecine
,
ou,
ce
qui
est
éga-
lement
vrai,
pourquoi
les
sciences
;
les
ärts
et
la
philosophie
ue
rencontraient
à
Rome
qu’une
langue
inbospitalière.
On
en
trouve
la
raison
suprême
dans
l'ignorance
profonde
où
les
Romains
ont
véeu
pen-
dant
six
cents
ans.
Adonnés
uniquement
au
métier
des
armes
,
ils
avaient
pour
tout
le
reste
un
mépris
farouche;
et
l’art
de
construire
de
grandes
routes
militaires
est
le
seul
qu'on
puisse
revendiquer
pour
le
peuple-roi.
Aussi,
lorsqu'ils
s’emparèrent
des
merveilles
de
la
Grèce
pour
les
transporter
dans
la
ville
éternelle,
les
conquérants
obéirent
plutôt
à
leurs
instinets
de
rapine.
qu'à
leur
admiration
pour
.
des
chefs-d’œuvre
dont
ils
ignoraient
le
prix.
Et
pourtant
ces
déprédations
eurent
l’heureux
effet
d’attirer
à
Rome
les
philosophes,
les
savants,
les
gens
de
lettres,
les
artistes
les
plus
célèbres
de
ce
beau
pays,
qui,
comme
le
dit
Cabanis
,
ne
pouvaient
plus
retrouver
que
dans
la
capitale
du
monde,
les
“objets
nécessaires
à
la
culture
de
leur
esprit
et
chers
encore
à
leur
imagination.
Les
vaincus
devinrent
alors
les
précepteurs
de
leurs
maîtres;
et
les
Ro-
mains
,
frappés
enfin
de
ces
clartés
nouvelles,
se
li-
vrèrent
avec
ardeur
à
l’étude
du
grec.
Avant
l’avé-
nement
d’Auguste,
cette
étude
était
déjà
si
familière
aux
plus
grands
personnages
de
la
république,
que
Lucullus
tira
au
sort
pour
savoir
en
quelle
langue
il
écrirait
la
guerre
des
Marses
,
et
que
Cicéron
fit
en
grec
une
histoire
de
son
consulat.
En
nous
appre-
nant
ailleurs
que
ses
concitoyens
avaient
jusqu’à
lui
méprisé
la
philosophie,
il
se
vante
d’avoir
su
transporter
en
latin
les
termes
de
la
langue
grecque
nécessaires
à
l'exposition
de
sa
doctrine.
Caton
lui-
même,
implacable
ennemi
comme
censeurdesscien-
ces
et
des
lettres
,
qu'il
cultivait
avec
passion
dans
la
vie
privée,
Caton
apprit
le
grec
à
quatre-vingts
ans
(1).
A
la
faveur
des
arts
et
de
la
philosophie,
qui
avaient
acquis
droit
de
cité,
la
médecine
se
vit
à
son
tour
relevée
de
l'interdiction
qui
pesait
sur
elle.
Six
siècles
s'étaient
écoulés
,
au
rapport
de
Pline,
avant
qu'il
füt-permis
aux
médecins
de
s'établir
à
Rome
;
mais
du
jour
où
les
barrières
qui
leur
fermaient
l’en-
trée
de
la
ville
souveraine
s’abaissèrent
devant
eux,
ils
accoururent
en
foule,
tous
fiers
de
leur
origine
grecque,
et
tous
jaloux
de
conserver
cette
belle
lan-
gue
médicale
à
laquelle
Hippocrate
avait
donné
tant
depuissance.
Les
choses
d’ailleurs
en
étaient
venues
à
ce
point,
qu'aux
yeux
mêmes
des
Romains
con-
sentir
à
parler
latin
était
le
plus
sûr
moyen
d’enle-
ver
à
l’art
tout
son
prestige,
et
de
faire
perdre
au
médecin
toute
considération
auprès
des
malades.
Ce
passage
de
Pline
en
fait
foi
:
Solam
kanc
artium
græcarum
nondum
exercet
romana
granitas
in
tanto
fructu
:
paucissimi
Quiritium
atligere,
et
ipsi
statim
ad
Græcos
transfugæ:immoveroauctorilas
aliler
quam
græce
eam
tractantibus,
etiam
apud
imperios
expertesque
linquæ
non
est.
(XXIX,
8.)
A
l'honneur
de
Celse,
il
faut dire
qu’ilest
le
seul
écrivain
d’origine
italique
qui
ait
entrepris
de
fa-
conner
sa
langue
maternelle
au
joug
de
la
science
médicale
(2).
Mais
aussi
quels
efforts!
comme
en
sent
l'impuissance,
et
quels
aveux
humiliants
(1)
Ce
très-court
fragment
d’une
lettre
adressée
par
Ca
ton
à
son
fils,
qui
étudiait
alors
à
Athènes,
pourra
donner
l'idée
de
la
haine
sauvage
que
cel’esprit
violentset
borné
por-
tait
à
Lous
les
Grecs,
et
notamment
à
ceux/quiexerçaient
la
médecine
:
Nequissimum
et
indocile
genus-illorum
;
et
hoc
puta
vatem
dixisse
:
Quandocumque
ista
gens
Suas
lilteras
dabit,
omnia
corrumpet
:
lum
etiam
mMmaqis,
st
médicos
SUOS
huc
mittet.
Jurarunt
inter
se
barbaros
necare
omnes
medi-
cina;et
hoc
ipsum
mercede
faciunt
;
ut
fides
üis
sit,
et
fa-
cile
dispendant.
Nos
quoque
dictitant
barbaros,
et
spurcius
nos
quam
alios
opicos
appellatione
fœdant.
Interdixi
tibi
de
medicis,
(VOoy.
Pline,
XXIX,
7.)
(2}H
ne
peut
être
question
ici
du
latin
africain
de
Cœlius
Aurelianus,
qui
n'est,
comme
on
sait
que
le
traducteur
du
Grec
Soranus,

vV£
pour
l’orgueil
romain!
Toujours
privé
de
Vex-
pression
technique,
il
est
obligé
de
définir
ce
qui
n’a
pas
de
nom
dans
sa
langue;
et
le
plus
souvent,
convaincu
lui-même
du
vague
et
de
l’insuffisance
de
sa
définition
,
il
appelle
à
son
aide
le
quod
Græci
vocant,
c'est-à-dire,
le
mot
propre
qui
n’a
pas
d’é-
quivalent
en
latin,
et
qui
peut
seul
donner
l’idée
de
ce
qu'il
veut
décrire.
Nostris
vocabulis
non
est,
dit-
il;
et
ce
n’est
que
trop
vrai.
Vient-il,
en
effet,
à
par-
ler
de
la
situation
des
organes
et
des
rapports
qu'ils
ont
entre
eux,
il
lui
arrivera
plus
d’une
fois
de
nous
dire,
ne
pouvant
mieux
faire,
que
tel
organe
est
voisin
des
autres
parties,
cæteræ
parles,
ou,
plus
brièvement
encore,
ef
cætera.
Le
latin
dans
les
mots
brave
l'honnêteté
:
c’est
là
du
moins
ce
que
dit
le
poëte;
mais
rien
n’é-
tait
plus
éloigné
de
la
vérité
au
temps
où
Celse
écri-
vait
;
et
c’est
le
grec
qui
seul
avait
alors
le
privilége
de
tout
dire.
Écoutez-le
plutôt,
s’excusant
d’avoir
à
parler
des
maladies
des
parties
honteuses
:
«
Les
Grecs
ont,
pour
traiter
un
pareil
sujet,
des
expres-
sions
convenables
et
consacrées
d’ailleurs
‘par
l’u-
sage,
puisqu'elles
reviennent
sans
cesse
dans
les
écrits
et
le
langage
ordinaire
des
médecins.
Les
mots
latins,
au
contraire,
nous
blessent
davantage,
et
ils
n'ont
pas
même
en
leur
faveur
de
se
trouver
parfois
dans
la
bouche
de
ceux
qui
parlent
avee
dé-
cence
:
c’est
donc
une
difficile
entreprise
de
respec-
ter
la
bienséance,
tout
en
maintenant
les
préceptes
de
Part.
»
(VI,
18.)
Que
le
latin
nous
ait
laissé
d’inimitables
modèles
en
éloquence
,
en
histoire,
en
poésie,
cela
ne
fait
pas
question
;
que
plus
tard
il
soit
devenu
la
langue
universelle
du
droit,
alors
qu’il
ne
s’agissait
plus
que
de
régler
par
des
lois
communes
les
intérêts
de
tant
de
nations
asservies
,
on
l’accordera
sans
peine:
mais
cela
prouve-t-il
qu'au
siècle
même
où
il
jetait
le
plus
vif
éclat,
le
latin
ait
eu
le
magique
pouvoir
de
créer
spontanément,
à
la
volonté
de
l'écrivain,
le
vocabulaire
d’une
science
que
les
Romains
ne
vou-
laient
pas
connaître?
N’est-il
done
pas
évident
que
ce
n’est
qu’à
force
de
néologismes
qu’on
est
parvenu,
dans
la
suite
des
temps,
à
donner
une
valeur
scien-
tifique
à
la
langue
de
Cicéron,
de
Tite-Live
et
d'Ho-
race?
De
cette
imdigence
du
latin
au
point
de
vue
mé-
dical,
il
résulte
encore
que
le
traducteur,
continuel-
lement
aux
prises
avec
les
difficultés
du
sujet
(puis-
qu'en
effet
il
n’est
pas
facile
de
lire
dans
des
théories
oubliées),
est
de
plus
obligé
d’errer,
pour
ainsi
dire,
à
travers
une
cohue
de
mots
impropres
et
de
termes
obscurs,
ou
tout
à
fait
inintelligibles.
Que
sera-ce
done
maintenant,
si
l’on
tient
compte
des
injures
du
temps
,
de
l’ignorance
des
premiers
Copistes,
des
notes
marginales
admises
dans
le
texte
par
mitrusion,
des
erreurs
typographiques,
et
des
embüûches
enfin
qui
vous
sont
dressées
par
de
mau-.
vais
Commentaires
?
C'est
avec
raison
que
Choulant
fait
remarquer
que
Celse
est
de
tous
les
auteurs
de
l'antiquité
latine
cel
qui
a
Le
plus
souffert
de
l'incurie
des
moines
CELSE.
et
des
copistes.
Il
est
à
présumer
que
cet
ouvrage
étant
pour
eux
moins
facile
à
comprendre
,
leur
pa-
raissait
aussi
moins
digne
de
leur
attention.
Mais
ce
qui
ne
saurait
laisser
aucun
doute,
c’est
que
les
manuscrits
actuellement
connus
nous
sont
venus
d’une
source
unique,
et
qu’ils
doivent
tous
émaner
.
d’un
autre
manuscrit
beaucoup
plus
ancien,
qui
se-
rait
depuis
des
siècles
égaré
ou
détruit.
Pour
s’en
convaincre,
ilsuffit
de
constater
que
tous
en
effet
présentent
une
lacune
semblable
au
chapitre
XX
du
quatrièmelivre.
Malheureusement,
indépendamment
de
cette
mutilation,
il
s’y
rencontre
bien
d’autres
fau-
tes
qui
ont
grandement
exercé
la
patience
et
le
sa-
voir
des
éditeurs
anciens
et
modernes,
Quelles
que
Soient
encore
aujourd’hui
les
imperfections
du
texte,
il
reste
peu
d’espoir
de
les
faire
disparaître
;
car
on
semble
avoir
épuisé
tous
les
moyens
de
révision
que
peuvent
fournir
l’histoire,
la
médecine
et
la
philo-
logie
,
venant
en
aide
à
la
collation
la
plus
attentive
des
manuscrits
et
des
éditions
imprimées.
Qui
son-
gerait
maintenant
à
refaire
l’immense
travail
de
Léonard
Targa?
Sur
une
vie
de
quatre-vingt-quatre
ans,
Cet
infatigable
ouvrier
de
la
science
s’est
senti
le
merveilleux
courage
d’en
consacrer
près
de
soixante
à
l'étude
de
Celse
;
et
deux
éditions,
pu-
bliées
à
quarante
années
de
distance
,
attestent
cette
continuité
d'efforts
et
cette
préoccupation
constante.
Sa
persévérance
et
ses
lumières
sont
au
surplus
appréciées
d’une
manière
convenable
dans
une
édi-
tion
française
très-ignorée
du
public,
mais
dont
il
sera
nécessaire
de
parler
tout
à
l'heure.
«
Ce
savant
éditeur,
dit
l’auteur
de
la
préface,
à
prouvé
que
nul
n’était
plus
capable
de
remplir
la
tâche
qu'il
s'était
imposée.
Connaissance
approfondie
du
sujet
et
de
la
langue
;
sage
retenue
envers
le
texte,
pour
peu
qu'il
fût
intelligible
;
sagacité
exquise
pour
choisir
parmi
les
variantes
celles
qui
devaient
remplacer
les
endroits
manifestement
corrompus,
ou
pour
proposer
des
corrections
supplétives
lorsqu'elles
devenaient
indispensables
;
exactitude
et
patience
soutenues
jusque
dans
les
plus
petits
détails
:
tel-
les
sont
les
qualités
qu'il
a
montrées
dans
cette
œu-
vre
de
longue
haleine,
et
qui
l'ont
placé
parmi
les
critiques
les
plus
estimables.
Nous
ne
pouvions
donc
mieux
faire
que
de
reproduire
un
texte
épuré
avec
tant
de
précaution
et
de
discernement.
»
Ces
éloges
très-mérités
ne
s'appliquent
toutefois
qu'à
la
première
édition
de
Padoue
(1769,
in-4°),
faite
d’après
la
collation
de
quatorze
manuscrits
et
detoutesles
meilleures
éditions,
depuis
celle
de
1478,
la
première
en
date,
jusqu’à
celle
de
Vulpi
en
1750.
Mais,
comme
on
vient
de
le
dire,
quarante
ans
plus
tard
il
fit
paraître
à
Vérone
(1810)
une
seconde
édi-
tion
in-4°,
devenuerare
aujourd'hui,
et
dans
laquelle
le
texte,
soumis
à
une
révision
sévère,
subit
encore
de
notables
modifications.
Pour
ce
nouveau
travail
il
eut
le
secours
d’un
quinzième
manuscrit
dont
il
ignorait
l’existence,
et
que
Bianconi
lui
fit
connaître.
Ce
manuscrit,
le
plus
ancien
de
tous
(x°
siècle),
est
connu
sous
le
nom
de
Codex
Vaticanus
FIIL.
I
put
s’aider
en
outre
de
toutes
les
éditions
quiavaient
paru
de
1769
à
1810;
et
comme
complément
du
vo-
*

INTRODUCTION.
lume
ildonna
le
Lexicon
Celsianum,
qu’il
annonçait
depuis
longues
années.
Malgré
ces
avantages
réels,
la
première
édition
ayant
prévalu
dans
l’estime
des
savants,
l’hésitation
n’était
pas
permise;
mais
on
ne
s’est
pas
cru
dispensé
pour
cela
de
prendre
en
très-
sérieuse
considération
cette
seconde
publication
d’un
homme
qui,
à
deux
époques
de
sa
vie
si
distantes
l’une
de
l’autre
,
n’a
pas
craint,
lui
vieillard
,
de
re-
commencér
en
quelque
sorte
l’œuvre
si
laborieuse
de
sa
jeunesse
et
de
sa
virilité.
On
s'est
donc
im-
posé
le
devoir,
tout
en
adoptant
le
texte
de
1769,
de
le
confronter
rigoureusement
à
celui
de
1810,
afin
de
pouvoir,
le
cas
échéant,
corriger
Targa
par
Targa
lui-même.
Il
y
a
eu
quelquefois
nécessité
de
choisir
entre
deux
ou
plusieurs
lecons,
et
l’on
trouvera
dans
les
notes
les
raisons
déterminantes
du
choix
auquel
on
a
dù
s'arrêter.
Cet
examen
comparatif,
qui
n’a-
vait
été
fait
jusqu'ici
pour
aucune
édition
française,
a
réellement
permis
d'assurer
le
texte
en
divers
en-
droits,
et
par
suite
d’éclaircir
le
sens
de
ces
passages,
troublé
par
des
altérations
manifestes.
Toutefois
,
il
y
à
çà
et
là
telle
partie
du
Traité
de
médecine
où
le
désordre
est
si
grand,
que
nul
ne
peut
marquer
la
route
qu’il
faut
suivre;
aussi,
le
traducteur
sera-
t-il
moins
que
personne
tenté
d’accuser
Targa
d’exa-
gération,
lorsque,
dans
une
lettre
à
Morgagni,
il
se
plaint,
notamment
pour
le
huitième
livre,
de
ren-
contrer
un
obstacle
à
chaque
ligne.
Il
n’est
pas
hors
de
propos
de
faire
remarquer
ici
que,
pour
les
diffi-
cultés
de
ce
genre,
l'index
de
Targa,
celui
d'André
Mathié,
le
dictionnaire
de
Forcellini,
et
autres,
n’é-
tant
jamais
d’un
utile
secours
,
il
devient
superflu
de
demander
à
ces
vastes
collections
de
mots
les
éclaircissements
qu’on
se
croit
d’abord
en
droit
d’en
attendre.
Mais,
sans
insister
plus
longuement
sur
ce
sujet,
si
par
une
transition
naturelle
on
ar-
rive
à
rechercher
quels
ont
été
jusqu’à
ce
jour
les
efforts
tentés
pour
rendre
l’auteur
latin
en
français,
on
se
trouve
bientôt
en
présence
de
la
seule
traduc-
tion
quenous
ayons
eue
jamais
,
et
qui,
sous
le
nom
dé
Henri
Ninnin,
parut
en
1754.
À
ce
médecin
re-
vient
dônc
l’honneur
de
Pinitiative;
c’est
là,
sans
aueun
doute,
un
titre
réel
que
personne
ne
peut
son-
ger
à
lui
contester,
et
qui
lui
demeure
légitimement
acquis.
Mais pour
le
petit
nombre
de
ceux
qui
par
devoir
où
par
inclination
auront
scrupuleusement
rapproché
l’auteur
ancien
de
cette
première
version,
il
n’en
sera
pas
moins
évident
que
Celse,
à
bien
des
égards,
restait
encore
à
traduire.
Henri
Ninnin
n’a
pas
joint
d'édition
latine
à
sa
traduction,
et
dit
avoir
suivi
celles
de
Van
der
Linden
et
d’'Almeloveen,
et
s'être
aidé
beaucoup
du
manuscrit
de
la
bibliothe-
que
du
Rot,
ainsi
que
des
observations
de
Morgagni.
Qu'il
ait
fait
en
cela
preuve
de
zèle,
de
patience
et
de
discernement,
on
le
reconnaîtra
volontiers;
mais
toujours
est-il
que
le
texte
qu’il
s’est
ainsi
constitué
pour
son
usage
personnel
est
resté
très-inférieur
à
celui
de
Targa;
de
sorte
que
l'exactitude
de
la
ver-
sion
française
a
dû
nécessairement
se
ressentir
en
beaucoup
d’endroïits
de
cette
infériorité
manifeste.
Ce
n’est
pas
tout
:
à
part
les
erreurs
nombreuses
dont
on
s’empressera
de
renvoyer
la
responsabilité
VIf
à
l’incorrection
du
texte,
il
en
est
d’autres,
trop
fréquentes
encore,
qu’il
faut
bien
laisser
au
compte
du
traducteur.
Quand
le
Jatin
dit
simplement
,
lævitas
intestinorum
quæ
Asuevrepiz
vocalur,
pour-
quoi
Ninnin
traduit-il
ainsi
:
La
lienterie
qui
dépend
de
la
trop
grande
lubricité
des
intestins,
(Gi
ee
pre
Pourquoi
fait-il
commettre
à
Celse
d'énormes
er-
reurs
anatomiques,
aux
endroits
mêmes
où
par
ha-
sard
il
est
dans
le
vrai
(
V{IL
)?
La
partie
chirurgi-
cale
surtout
fourmille,
on
peut
le
dire,
de
fautes
grossières,
et
qu'on
ne
devait
guère
attendre
d’un
médecin.
Au
livre
VIIL,
4,
Celse,
à
l’occasion
de
la
carie
des
os
du
crâne,
traitée
par
la
cautérisation
avec
le
feu,
dit
qu’il
se
détache
une
petite
portion
d’os
mince
et
étroite,
que
pour
cette
raison
les
Grecs
appellent
Xexte,
c’est-à-dire
écaille.
Ninnin
trans-
forme
gravement
ces
esquilles
en
bourgeons
char-
nus;
e{
comme
ces
chairs
(textuel)
ont
ordinaire-
ment
la
figure
d’une
esquille
mince
et
étroite,
les
Grecs
les
appellent
lépis.
S'agit-il
desligaments
des
vertèbres?
Celse,
faisant
toujours
appel
au
quod
Grä&ci
vocant,
ajoute
que
ces
ligaments
se
nom-
ment
en
grec
tévovres
(tendons).
Au
lieu
de
révovres,
le
texte
suivi
par
Ninnin
porte,
à
la
vérité,
xxp5ras
;
mais,
sans
s’embarrasser
de
la
valeur
du
mot,
il
le
traduit
ingénument
par
£arote.
Ces
exemples
ne
sont
pas
les
seuls
,
et
ce
ne
sont
pas
même
les
plus
saillants.
Quant
au
style,
il
suffit
de
feuilleter
cette
traduc-
tion
au
hasard,
pour
demeurer
convaincu
qu'il
s’é-
loigne
autant
de
la
langue
littéraire
que
de
la
langue
scientifique;
et
de
là
naît
un
pénible
contraste
avec
la
précision
élégante
de
l’auteur
latin.
Il
doit
être
permis
d’en
fournir
deux
ou
trois
preuves,
en-
tre
mille.
Celse
reproduit
en
ces
termes
un
apho-
risme
d'Hippocrate
:
Cui
vero
Sano
Subitus
dolor
capitis
ortus
est,
ac
somnus
oppressit,
sic
ut
ster-
lat,
neque
expergiscatur,
infra
septimum
diem
pereundum
est.
(IE,
8.)
Voici
probablement
com-
-
ment
tout
le
monde
aurait
rendu
ce
passage
:
«
L’homme
surpris
en
santé
par
un
mal
de
tête
subit,
et
qui
tombe
ensuite
dans
un
sommeil
profond
et
Stertoreux
dont
on
ne
peut
le
tirer,
doit
périr
vers
le
septième
jour.
»
Mais
laissons
parler
Ninnin
:
«
Celui
qui,
étant
en
santé,
est
tout
à
coup
attaqué
d’une
douleur
de
tête,
ettombe
ensuite
dans
un
som-
meil
si
profond
qu’il
ronfle
et
qu’on
ne
peut
l’éveil-
ler,
périt
au
bout
de
sept
jours.
»
Aïlleurs,
Celse
signale
comme
un
danger
de
passer
brusquement
de
l’abstinence
à
la
satiété
:
Neque
enim
convenit
juxta
inediam
protinus
satietatem
esse.
Le
traduc-
teur
remplace
la
phrase
latine
si
nette
et
si
précise
par
celle-ci
:
«
F]
n’est
nullement
à
propos
de
se
trop
remplir,
immédiatement
après
avoir
souftert
de
la
faim
et
de
la
soif.
»
(IT,
16.)
Ces
tournures
trainanteset
ces
locutions
vulgaires,
dont
le
traducteur
ne
se
fait
point
faute,
n’ont
rien
assurément
qui
puisse
éblouir
les
lecteurs
;
mais
on
sait
du
moins
ee
qu'il
veut
dire
;
et
s’il
pèche
contre
l'élégance,
il
respecte
encore
les
règles
les
plus
es-
sentielles
de
la
langue.
Or,
c’est
une
limite
dans
la-
quelle
Ninnin
n’a
pas
toujours
su
se
maintenir;
et,

VU
s’il
faut
parler
sans
détour,
il
y
aurait
plus
d’une
page
à
citer
où,
parmi
d’autres
incorrections,
les
qui
et
les
que
sont
prodigués
avec
une
telle
insouciance
du
régime
de
la
phrase,
que,
sans
l'assistance
du
latin,
la
traduction
ne
serait
pas
comprise.
En
dépit
de
ces
imperfections
qu’on
ne
signale
iei
qu’à
regret
etseulement
parce
que
le
sujet
l’exige,
le
travail
de
H.
Ninnin,
si
consciencieux
du
reste,
aura
toujours
l'insigne
mérite
d’être
le
premier
et,
jusqu’à
ce
jour,
le
seul
qui
ait
eu
pour
but
de
répandre
parmi
nous
la
connaissance
du
7raité
de
médecine.
En
1821.
le
libraire
Delalain,
voulant
publier
une
nouvelle
édition
de
Celse,
la
remit
aux
soins
d’un
docteur
en
médecine,
qui
s’empressa
d’'adop-
ter
le
texte
de
la
première
édition
de
Targa,
et
repro-
duisit
en
même
temps
latraduction
de
H.
Ninnin.
Ce
médecin,
dont
on
a
cité
plus
haut
le
jugement
éclairé
sur
le
savant
éditeur
de
Celse,
eut,
il
est
vrai,
l'intention
de
rajeunir
le
français
quelque
peu
gau-
lois
de
son
prédécesseur;
mais,
restant
compléte-
ment
asservi
aux
mêmes
tours
de
phrase,
il
crut
faire
assez
en
remplaçant
des
expressions
vieillies
par
d’autres
moins
surannées.
Puis,
cette
tâche
ac-
complie
,
il
ne
s’aperçut
pas
,
où
ne
voulut
pas
voir,
qu'une
traduction
conforme
aux
éditions
de
Van
der
Linden
et
d’Almeloveen,
ne
pouvait
que
très-
imparfaitement
répondre
au
texte
de
Targa;
or,
ce
défaut
de
correspondance
devient
d’autant
plus
sen-
sible
qu’il
a
mis
le
latin
en
regard.
Il
entreprit
toute-
fois
de
traduire
lui-même
la
dissertation
de
Bian-
coni
,
et
la
joignit
à
cette
édition
in-12.
Ce
médecin,
au
surplus,
ne
s’est
point
abusé
sur
la
valeur
de
son
travail,
et
n’a
jamais
voulu
donner
le
change
au
publie,
puisqu'il
nomme
en
toutes
lettres
Henri
Ninnin,
et
se
contente,
pour
lui,
de
l'initiale
LE...
3
On
serait
tenté
néanmoins
de
le
blâmer
de
cette
CELSE.
reserve
;
car
erle
n’a
servi
qu’à
favoriser
une
troi-
sième
publication,
dont
il
faut
bien
dire
quelques
mots
en
terminant
cette
notice.
Comment,
en
effet,
se
soustraire
à
l’obligation
da-
vertir
le
lecteur
qu’une
certaine
traduction
du
Traité
de
médecine,
qui
parut
en
1824,
et
nous
fut
donnée
comme
entièrement
nouvelle,
n'est
pourtant
(
bien
que
sous
d’autres
noms
(1)
et
dans
un
format
différent
)
que
la
reproduction
de
H.
Ninnin
,
modifié
par
M.
L...?
C’est
là
ce
que
le
plus
simple
examen
fait
voir
avec
une
telle
évidence,
qu'il
est
peut-être
inutile
d'ajouter
que
toutes
les
erreurs
de
sens
qu'on
a
cru
reconnaître
dans
ces
deux
premières
éditions
ont
été
relevées
en
marge
de
la
traduction
que
M.
le
docteur
Ratier
n’a
pas
cru
devoir
désavouer.
«
Quand
ceux
de
Rhodes,
dit
un
vieux
livre,
vou-
laient
honorer
la
mémoire
de
quelqu'un,
ils
se
con-
tentaient
de
mettre
une
nouvelle
tête
sur
une
an-
cienne
statue
de
leur
ville.
»
C’est
par
un
artifice
à
peu
près
semblable
que
le
médecin
dont
il
s’agit,
désireux,
à
ce
qu’il
paraît,
de
s’honorer
lui-même,
s’est
contenté
de
placer
sa
tête
sur
les
discrètes
épaules
de
MM.
L.....
et
Ninnin,
qui
déjà
ne
font
qu’un.
Or,
il
suit
de
là
que
nous
avons
trois
noms
pour
la
même
traduction;
ou,
si
l’on
veut
revenir
à
la
comparaison,
il
y
aura,
d’après
ce
procédé
bi
zarre,
troistêtes
pour
un
seul
buste
;
et
bien
desgens,
alors,
pourront
s’imaginer
que
c’est
beaucoup.
(4)
Ceux
qui
connaissent
la
bienveillance
naturelle
de
M.
Fouquier
n’hésiteront
pas
à
le
croire
complétement
désin-
téressé
dans
la
question.
Il
n’est
guère
permis
de
douter
qu’il
aura
voulu
seulement
appuyer
de
Pautorité
de
son
nom
les
premiers
essais
d'un
jeune
médecin.
On
a
d’ailleurs
une
raison
plus
concluante
de
ne
voir
ici
que
M.
Ratier
:
c’est
que
lui-même,
dans
l'Encyclopédie
des
gens
du
monde
(ar-
ticle
Celse),
ne
parle
qu’en
son
propre
et
privé
nom,
ef
sans
y
joindre
celui
de
M.
Fouquier,
de
sa
éraduction
nouvelle:

6
00
66
De
6
0
29
De 06
D6
DE
05
C0
0
D
D
26
Dh
26
da
D
Do
D
D
Dh
LE
dE
D
LE do
D
Do
D
D
6
do
do
JE
Dh
D
OR
TH
DO
6
6
VD
HS
CELSE.
_TRAÎTÉ
DE
LA
MÉDECINE.
LIVRE
PREMIER.
La
médecine
est
à
l’homme
malade
ce
que
l’a-
griculture
est
à
l’homme
bien
portant
:
l’une
a
pour
but
de
le
nourrir,
et
l’autre
de
lui
rendre
la
santé.
Partout
la
médecine
existe,
et
les
nations
même
les
moins
éclairées
surent
employer
au
soulagement
de
leurs
maux
et
de
leurs
bles-
sures
les
vertus
naturelles
des
plantes,
ainsi
que
d’autres
remèdes
qui
s'offraient
d'eux-mêmes.
Il
est
constant
néanmoins
que
la
science
médi-
cale
fut
bien
plus
cultivée
chez
les
Grecs
que
chez
les
autres
peuples
;
non
pas,
il
est
vrai,
dès
leur
première
origine
,
mais
peu
de
siècles
avant
nous,
puisque
Esculape
est
célébré
comme
le
plus
ancien
médecin.
Pour
avoir
montré
dans
la
pra-
tique
d’un
art
encore
informe.et
vulgaire
un
peu
plus
d’habileté
que
ses
devanciers,
il
fut
reçu
par-
miles
dieux.
Après
lui
Podalire
et
Machaon,
ses
deux
fils,
ayant
accompagné
le
chef
Agamemnon
à
la
guerre
de
Troie,
ne
furent
pas
d’un
faible
secours
à
leurs
compagnons
d'armes
;
toutefois
Homère
ne
leur
donne
pas
le
pouvoir
de
com-
battre
les
affections
pestilentielles
et
diverses
autres
maladies,
mais
nous
les
représente
ap-
pliqués
seulement
à
traiter
les
blessures
par
le
fer
et
les
médicaments.
Il
suit
de
là
que
cette
bran-
che
de
la
médecine
était
seule
l’objet
de
leurs
recherches,
et
qu’elle
est
dès
lors
la
plus
ancienne.
A.
C.
CELSI
MEDICINA.
D
QC
LIBER
PRIMUS.
Ut
alimentä
sanis
corporibus
agricultura,
sic
sanitatem
ægris
medicina
promittit.
Hæc
nusquam
quidem
non
est
:
siquidem
eliam
imperitissimæ
gentes
herbas,
aliaque
prompta
in
auxilium
vulnerum
morborumque
noverunt.
Veruntamen
apud
Græcos
aliquanto
magis,
quarn
in
ce-
Leris
nationibus,
exculta
est;
ac
ne
apud
hos
quidem
a
prima
origine,
sed
paucis
ante
nos
sæculis
:
utpote
cum
vetustissimus
auctor
Æsculapius
celebretur.
Qui
quoniam
adhuc
rudem
et
vulgarem
hanc
scientiam
paulo
subtilius
excoluit,
in
deorum
numerum
receptus
est.
Hujus
deinde
duo
fil,
Podalirius
et
Machaon,
bello
Trojano
ducem
Agamemnonem
secuti,
non
mediocrem
opem
commilito-
nibus
suis
attulerunt.
Quos
tamen
Homerus
non
in
pesti-
lentia,
neque
in
variis
generibus
morborum
aliquid
attu-
lisse
auxilü,
sed
vulneribus
tantummodo
ferro
et
medica-
CELSE,
|
On
peut
voir
dans
le
même
auteur
que
les
mala-
dies
étaient
attribuées
à
la
colère
des
dieux
im-
mortels,
et
que
c’est
d’eux
aussi
qu'on
implorait
sa
guérison.
Malgré
cette
indigence
de
moyens
curatifs
,
il
est
à
présumer
qu’en
général
la
santé
des
hommes
se
maintenait
prospère
,
grâce
à
la
pureté
des
mœurs,
que
la
débauche
et
l’oisiveté
n'avaient
point
corrompues.
Ces
deux
causes
ont
énervé
les
corps,
chez
les
Grecs
d’abord,
puis
chez
nous;
et
de
là
vient
que
toutes
les
ressour-
ces
de
l’art,
autrefois
inutiles,
inutiles
même
encore
à
certaines
nations,
suffisent
à
peine
à
conduire
quelques-uns
d’entre
nous
aux
portes
de
la
vieillesse.
Depuis
les
hommes
dont
je
viens
de
parler,
aucun
autre
ne
s’'illustra
dans
Fexer-
cice
de
la
médecine,
jusqu’au
temps
où
se
ma-
nifesta
pour
l'étude
des
lettrés
une
ardeur
plus
vive,
ardeur
aussi
contraire
à
la
santé
du
corps
qu'elle
est
nécessaire
au
développement
de
l’es-
prit.
La
médecine
alors
faisait
partie
de
la
phi-
losophie,
et
les
mêmes
écrivains
alliaient
à
la
contemplation
des
choses
naturelles
Fétude
de
l'art
de
guérir.
Cette
recherche
les
occupait
d’autant
plus,
qu’ils
avaient
épuisé
leurs
forces
par
les
veilles
et
la
méditation.
Aussi
voyons-
nous
que
les
connaissances
médicales
étaient
familières
à
un
grand
nombre
de
philosophes
et
même
aux
plus
célèbres,
tels
que
Pythagore,
Empédocle
et
Démocrite.
Mais
de
tous
ceux
mentis
mederi
solitos
esse
proposuit.
Ex
quo
apparet,
has
partes
medicinæ
solas
ab
his
esse
tentatas,
easque
esse
vetuslissimas.
Eodemque
auctore
disci
potest
,
mor-
bos
tum
ad
iram
deorum
immortalium
relatos
esse,
et
ab
iisdem
opem
posei
solitam.
Verique
simile
est,
inter
nulla
auxilia
adversæ
valetudinis,
plerumque
tamen
eam
bo-
nam
contigisse
ob
bonos
mores,
quos
neque
desidia,
neque
luxuria
vitiarant.
Siquidem
hæc
duo
corpora,
prius
in
Græcia,
deinde
apud
nos
afflixerunt.
Ideoque
multiplex
ista
medicina,
neque
olim,
neque
apud
akas
gentes
ne-
cessaria,
vix
aliquos
ex
nobis
ad
senectutis
principia
per-
ducit.
Ergo
etiam
post
eos,
de
quibus
retuli,
nulli
clari
viri
medicinam
exercuerunt;
donec
majorée
Studio
litte-
rarum
disciplina
agitari
cœpif,
quæ
ut
animo
præcipue
omnium
necessaria,
sie
corpori
inimica
est.
Primoque
medendi
scientia,
sapientiæ
pars
habebatur,
ut
et
mor-
borum
curatio,
ef
rerum
naturæ
contemplalio
sub
iis-
dem
auctoribus
nata
sif
:
scilicet
iis
hanc
maxime
re-
quirentibus,
qui
corporum
suorum
robora
quieta
cogita-
tione,
nocturnaque
vigilia
minuerant.
Ideoque
multos
ex
sapientiæ
professoribus
peritos
êjus
fuisse
accepimus
;
clarissimos
vero
ex
iis
Pythagoram,
et
Empedoclem,
et
Li

2
qui
ont
acquis
des
droits
à
la
mémoire
des
hom-
mes,
Hippocrate
de
Cos,
disciple,
à
ce
qu'on
croit,
de
Démocrite,
et
non
moins
illustre
par
le
savoir
que
par
l’éloquence,
est
le
premier
qui
a
séparé
la
médecine
de
la
philosophie.
Dioclès
de
Caryste,
Praxagore
et
Chrysippe,
puis
Hé
-
rophile
et
Érasistrate,
cultivèrent
successivement
Ja
science
après
lui,
et
l’engagèrent
dans
des
voies
diverses.
Elle
fut
vers
cette
époque
divisée
en
trois
branches,
l’une
traitant
de
l’alimentation,
la
seconde
des
médicaments,
et
la
troisième
du
secours
de
la
main.
Les
Grecs
appelèrent
la
pre-
*
mière
diététique,
la
seconde
pharmaceutique,
et
la
troisième
chirurgicale.
La
branche
médi-
cale
dont
l’objet
est
de
guérir:
par
le
régime
compte
les
plus
grands
écrivains,
qui,
s'efforçcant
d'approfondir
la
science,
cherchèrent
à
pénétrerla
nature
même
des
choses,
persuadés
que
sans
cela
la
médecine
serait
toujours
impuissante
et
mu-
tilée.
Sérapion,
venant
après
eux,
fut
le
premier
de
tous
à
prétendre
que
la
méthode
rationnelle
ne
convient
pas
à
la
médecine,
qui
doit
consister
tout
entière
dans
la
pratique
et
lexpérience.
Cette
opinion
fut
admise
par
Apollonius
et
Glau-
cias,
un
peu
plus
tard
par
Héraclide
de
Tarente
et
d’autres
médecins
recommandables,
qui,
con-
formément
à
leur
manière
d’exercer,
prirent
le
nom
d'empiriques.
1]
s'établit
ainsi
dans
la
mé-
decine
diététique
une
nouvelle
division
:
les
uns
en
appelant
au
raisonnement,
et
les
autres
se
bor-
nant
à
la
pratique.
Les
idées
transmises
par
les
médecins
dontona
fait
mention
ne
subirentaucun
changement
jusqu’au
temps
où
Asclépiade
vint
renouveler
presque
en
entier
l’exercice-de
l’art.
Democritum.
Hujus
autem,
ut
quidam
crediderunt,
dis-
cipulus
Hippocrates
Cous,
primus
quidem
ex
omnibus
memoria
dignis,
ab
studio
sapientiæ
disciplinam
hanc
se-
paravit,
vir
et
arte
et
facundia
insignis.
Post
quem
Dio-
cles
Carystius,
deinde
Praxagoras
et
Chrysippus,
tum
Zlerophilus
et-Erasistratus
sic
arfem
hanc
exercuerunt,
ut
etiam
in
diversas
curandi
vias
processerint.
Jisdemque
temporibus
in
tres
partes
medicina
diducta
est
:
ut
una
esset,
quæviclu;
altera
quæ
medicamentis
;
tertia,
quæ
manu
mederetur.
Primam
dcurnruv,
secundam
oapua-
xeuTtxAv,
lertiam
etpoupyixñy
Græci
nominarunt.
Ejus
autem
quæ
victu
morbos
curat,
longe
clarissimi
auetores
etiam
altius
quædam
agitare
conati,
rerum
quoque
naturæ
sibi
cognitionem
vindicarunt,
tamquam
sine
ea,
frunca
et
debilis
medicina
esset.
Post
quos
Serapion,
primus
om-
nium,
nihil
hanc
rationalem
disciplinam
pertinere
ad
me-
dicinam,
professus,
in
usu
tantum
et
experimentis
eam
-posuit,
Quem
Apollonius,
et
Glaucias,
et
aliquanto
post
Heraclides
Tarentinus,
et
alii
quoque
non
mediocres
viri
Secub,
ekipsaprofessione
se
éuresorxodc
appellaverunt.
Sie
in
duas
partesea
quoque,
quæ
victu
curat,
medicina
di-
visa
est,
ahis
rationalem
artem,
aliis
usum
fantum
sibi
vindicantibus
=nullo
vero
quidquam
post
eos,
qui
supra
comprehensi
sunt,
afitante,
nisi
quod
acceperat
:
donec
Asclepiades
medendi
ralionem
ex
magna
parte
mutavit.
Ex
STADE
LE
COLEAT
RASE
ELA
EP
TITRE
2
NUS
LEE
PERS
IR
RE
IE
D
PE
RER
ERA
AE
te
tte
-
CELSE.
Enfin
l’un
de
ses
successeurs,
Thémison,
parvenu
à
la
vieillesse,
s’est
à
son
tour
écarté
de
sa
doc-
trine
dans
ces
derniers
temps.
Ge
sont
là
les
hommes
auxquels
la
profession
médicale
a
dû
jusqu'à
nous
ses
plus
grands
progrès.
Des
trois
parties
de
la
médecine,
celle
qui
guérit
par
le
régime
étant
la
plus
difficile
et
la
plus
relevée,
il
convient
de
commencer
par
elle.
Mais
comme
nous
rencontrons
dès
le
début
une
divergence
d'opinions,
puisque
les
uns
n’admet-
tent
que
l'autorité
des
faïts,
tandis
qu'aux
yeux
des
autres
l’expérience
est
insuffisante,
si
l’on
n’y
joint
la
connaissance
intime
du
corps
et.
des
cho-
ses
naturelles
;
nous
allons
exposer
les
principales
raisons
émises
des
deux
côtés,
afin
de
pouvoir
donner
plus
facilement
notre
sentiment
person
-
vel.
Les
partisans
de
la
médecine
rationnelle
po-
sent
donc
en
principe
que
le
médecin
doit
con-
naître
les
causes
occultes
et
prochaines,
puis
les
causes
apparentes
des
maladies
;
connaître
en-
suite
les
actions
naturelles,
et
en
dernier
lieu
la
composition
des
organes
internes.
Ils
appellent
causes
occultes
celles:
qui
conduisent
à
recher-
cher
quels
sont-les
principes
des
corps,
et
ce
qui
constitue
la
bonne
et
la
mauvaise
santé;
car
il
leur
paraît
impossible
d’assigner
un
traitement
convenable
à
des
maladies
dont
on
ignore
la
source.
On
ne
saurait
non
plus
mettre
en
doute
que
le
traitement
changera,
selon
que
la
maladie
reconnaîtra
pour
cause,
ainsi
que
l’ont
voulu
certains
philosophes,
l'excès
ou
le
défaut
d’un
des
quatre
éléments.
Ilsera
différent,
si
l’on
place
le
principe
morbide
dans
l’humide,
avec
Hérophile,
ou
dans
le
pneuima,
avec
Hippo-
cujus
successoribus
Themison
nuper
ipse
quoque
quædam
in
senectute
deflexit.
Et
per
hos
quidom
maxime
viros
salutaris
ista
nobis
professio
increvit.
Quoniam
autem
ex
tribus
medicinæ
partibus,
ut
diffi-
cillima
,
sic
etiam
clarissima
est
ea,
quæ
morbis
medetur,
ante
omnia
de
hac
dicendum
est.
Et
quia
prima
in
eo
dis-
sensio
est,
quod
ali
Sibi
experimentorum
fantummodo
notifiam
necessariam
esse
contendunt
;
alii,
nisi
corporum
rerumque
ratione
comperta,
non
satis
pofentem
usum
esse
proponunt
:
indicandum
est,
quæ
maxime
ex
utra-
que
parte
dicantur,
quo
facilius
nostra
quoque
opinio
in-
terponi
possit.
Igitur
ii,
qui
rationalem
medicinam.
profi-
tentur,
hæc
necessaria
esse
proponunt
:
abditarum
et
morbos
continentium
causarum
notitiam,
deinde
eviden-
lium,
post
hæc
etiam
naturalium
actionum,
novissime
partium
interiorum.
Abditas
causas
vocant,
in
quibus
re-
quiritur,
ex
quibus
principüs
nostra
corpora
sint,
quid
secundam,
quid
adversam
valetudinem
faciat.
Neque
enimi
credunt.,
posse
eum
scire,
quomodo
morbos
Curare
Conve-
nat,
qui,
unde
hi
sint,
ignoret.
Nequeesse
dubium,
quin
alia
curationeopussit,
si
ex
quatuor
prineipiis
vel
superans
-aliquod
vel
deficiens
adversam
valetudinem
creat;
ul
qui
dam
ex
sapientiæ
professoribus
dixerunt
:
alia,
si
in
humi-
dis
omne
vitium
est;
ut
Herophilo
visumest:alia,
si
in
spi-
ritu
;
ut
Hippocrati:
alia,
sisanguis
in
eas
venas,
quæ
spiri*

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV,
L
3
erate;
différent,
si,
comme
le
dit
Érasistrate,
le
sang
,
en
s’épanchant
dans
les
veines
destinées
à
recevoir
les
esprits,
excite
l’inflammation,
que
les
Grecs
nomment
oheyuovn,
et
si
cette
inflam-
mation
soulève
un
mouvement
quin’est
autre
que
la
fièvre
:
il-ne
sera
plusle
même
enfin,
si,
se-
lon
l'opinion
d’Asclépiade,
les
atomes
en
eircu-
lation
s’arrêtent
dans
les
pores
imperceptibles
du
corps,
et
en
déterminent
l'obstruction.
Celui-
là
donc
guérira
plus
sûrement,
qui
ne
se
sera
pas
mépris
sur
la
cause
première
de
la
maladie.
La
nécessité
de
l’expérience
est
aussi
reconnue
par
les
dogmatiques
:
seulement,
disent-ils,
on
ne
peut
y
arriver
sans
le
secours
du
raisonnement.
Et
en
effet,
les
anciens
médecins
n’ordonnaient
pas
aux
malades
la
première
chose
venue
;
maisaprès
avoir
mürement
pesé
ce
qui
convenait
le
mieux
à
leur
état
,
ils
mettaient
à
l'épreuve
les
moyens
auxquels
leurs
conjectures
les
avaient
conduits.
Que
ces
moyens
aujourd’hui
soient
pour
la
plu-
part
consacrés
par
l’usage,
cela
n’importe
guère,
si
le
raisonnement
en
a
précédé
l'application
;
et.
c’est
aussi
ce
qui
a
lieu
dans
un
grand
nombre
de
cas.
D'ailleurs
il
se
présente
souvent
des
ma-
ladies
nouvelles
sur
lesquelles
l'expérience
n’a
purien
prononcer-encore,
et
dont
il
faut
pourtant
rechercher
l’origine,
attendu
que,
sans
cela,
per-
Sonne
au
monde
ne
pourrait
trouver
la
raison
qui
doit
faire
préférer
tel
remède
à
tel
autre.
C'est
d’après
de
semblables
considérations
qu'ils
s'appliquent
à
pénétrer
les
causes
enveloppées
d’obscurité.
Dans
les
causes
qu'ils
appellent
évidentes,
ils
veulent
savoir
si
c’est
à
l'influence
de
Ja
chaleur
ou
du
froid,
de
l'abstinence
ou
de
l’excèsalimentaire,
ou
de
toute
autre
circonstance
tui
accommodatæ
sunt,
transfunditur,
et
inflammationem,
quam
Græci
pleyuovñy
nominant,
excitat,
eaque
inflam-
matio
talem
motum
efficit,
qualis
in
febre
est:
ut
Erasi-
strato
placuit
:
alia,
si
manantia
corpuscula,
per
invisibi-
lia
foramina
subsistendo,
iter
claudunt;
ut
Asclepiades
contendit.
Eum
vero
recte
Curaturum,
quem
prima
origo
causæ
non
fefellerit.
Néque
vero
inficiantur,
experimenta
quoque
esse
necessaria;
sed
ne
ad
hæcquidem
aditum
fieri
pofuisse,
nisi
ab
aliqua
ratione,
contendunt.
Non
enim
quidlibet
antiquiores
viros
ægris
inculcasse;
sed
co-
gitasse,
quid
maxime
conveniref,
el
id
usu
explorasse,
quo_ante
conjectura
aliqua
duxisset.
Neque
interesse,
an
nunc
jam
pleraque
explorata
sint,
si
a
consilio
tamen
cœ-
perunt.
Etid
quidem
in
multis
ita
se
habere.
Sæpe
vero
etiam
nova
incidere
genéra
morborum,
in
quibus
nihil
adhuc
usus
ostenderit;
et
ideo
necessarium
sit
animad-
Yertere,
unde
ea
cœperint;
sine
quo
nemo
mortalium
reperire
possit,
cur
hoc,
quam
illo,
potius
utalur.
Et
ob
hæc
quidem
in
obscuro
positas
causas
persequuntur.
Evi-
dentes
vero
eas
appellant,
in
quibus
quærunt,
initium
morbi
calorattulérit,
an
frigus
;
fames,
an
satietas
:
et
quæ
similia
sunt.
Occursurum
enim
vitio
dicunt
eum,
qui
originem
non
ignorarit.
Naturales
vero
corporis
actiones
appellant,
per
quas
spiritum
trahimus
et
emittimus;
ci-
analogue,
qu’il
faut
rapporter
l'invasion
de
la
ma-
ladie;
car
si
l’on
a
pu
remonter
à
la
source
du
mal,
ils
pensent
qu’il
sera
facile
d’en
prévenir
les
suites.
Sous
le
nom
d'actions
naturelles
du
corps
ils
désignent
les
phénomènes
de
la
respiration,
de
la
déglutition,
de
la
digestion
et
de
la
nutri-
tion.
[ls
voudraient
connaïtre
encore
par
quelle
raison
le
pouls
des
artères
s’élève
et
se
déprime
alternativement,
et
quelle
autre
raison
produit
le
sommeil
et
la
veille.
Dans
l'ignorance
de
ces
causes
,
ils
estiment
que
personne
n’a
le
pouvoir
de
prévenir
ou
de
guérir
les
maladies
qu’elles
ont
fait
naître.
Comme
parmi
ces
fonctions
la
digestion
paraît
jouer
le
principal
rôle,
ils
s’y
at-
tachent
particulièrement;
etlesuns,
prenant
pour
puide
Érasistrate,
croient
qu’elle
a
lieu
par
tritu-
ration;
les
autres,
avec
Plistonicus,
disciple
de
Praxagore,
pensent
que
c'est
par
putréfaction
;
d'autres
enfin,
sectateurs
d'Hippocrate,
l'expli-
quent
par
la
coction.
Mais
surviennent
les
élèves
d’Asclépiade,
qui
déclarent
ces
idées
vaines,
et
dépourvues
de
fondement
:
la
matière
n’est
pas
soumise
à
la
coction;
elle
passe
à
l’état
de
crudité,
et
telle
qu’on
l’a
prise,
dans
tout
le
corps
de
l’homme.
Ils
sont
donc
peu
d'accord
sur
ce
point,
mais
ils
conviennent
que
le
régime
ali-
mentaire
doit
varier
suivant
l'hypothèse
admise
sur
la
digestion
:
si
les
aliments
sont
broyés
dans
l'estomac,
on
devra
choisir
ceux
qui
cèdent
le
plus
facilement
à
la
trituration;
et
s'ils
se
pu-
tréfient,
ceux
qui
arrivent
le
plus
vite
à
la
pu-
tréfaction
:
s’il
y
à
coction
des
aliments
par
cha-
leur
interne,
c’est
à
ceux
qui
en
développent
le
plus
qu’il
faudra
s’arrêter;
mais
il
n’y
a
pas
à
s’occuper
de
ce
dernier
choix
si
la
digestion
ne
bum
potionemque
et
assumimus
et
concoquimus
:
ifem-
que,
per
quas
eadem
hæc
in
omnes
membrorum
partes
digeruntur.
Tum
requirunt
etiam,
quare
venæ
nosiræ
modo
submittant
se,
modo
attollant;
quæ
ratio
somni,
quæ
viligiæ
sit
:
sine
quorum
notitia,
neminem
putant
vel
occurrere,
vel
méderi
morbis,
inter
hæc
nascentibus
,
posse.
Ex
quibus
quia
maxime
pertinere
ad
rem
concoctio
videtur,
huic
potissimum
insistunt;
et
duce
alii
Erasi-
strato,
teri
cibum
in
ventre
contendunt;
ali
Plistonico
Praxasôræ
discipulo,
putrescere;
alii
credunt
Hippocrati,
per
calorem
Cibos
concoqui
:
acceduntque
Asclepradis
æ-
muli,
qui,
omnia
ista
vana
et
supervacua
esse,
propo-
nunt
:
nihil
enim
concoqui,
sed
crudam
materiam,
siCut
assumpta
esl,
in
corpus
omne
diduci.
Et
hæ&c
quidem
in-
ter
eos
parum
constant
:
illud
vero
convénit,
alium
dan-
dum
cibum
laborantibus,
si
hoc;
alium,
St
illud
verum
est.
Nam
si
teritur
intus,
eum
quærendum
esse,
qui
fa-
cillime
teri
possit;
Si
pufrescit,
eum,
in
quo
hoc
expe-
ditissimum
est;
Si
calor
concoquit,
eum,
qui
maxime
calorem
movet
:
af
nihil
ex
his
esse
quærendum,
si
nihil
concoquifur;
ea
vero
sumenda,
quæ
maxime
manent,
qualiä
assumpta
sunt.
Eademque
ratione,
cum
spiritus
gravis
est,
Cum
Ssomnus
aut
vigilia
urget,
eum
mederi
D
posse
arbitrantur,
qui,
prius
illa
ipsa
qualiter
eveniant,
1.

4
CELSE.
se
fait
pas
ainsi,
il
faudra
prescrire
alors
los
substances
qui
résistent
le
mieux
à
toute
altéra-
tion.
Par
la
même
raison,
lorsqu'on
observe
de
l'embarras
dans
la
respiration,
de
l’assoupisse-
ment
ou
de
l’insomnie,
il
sera
possible
d'indiquer
le
remède,
si
d’avance
on
a
pu
pénétrer
les
con-
ditions
intimes
de
ces
divers
états.
De
plus,
la
douleur
et
des
maladiés
d'espèce
différente
pou-
vant
envahir
nos
organes
intérieurs,
ils
ne
voient
aucun
moyen,
si
l’onn'en
connaît
pas
lastructure,
de
les
ramener
à
leur
intégrité.
II
y
a
donc
né-
cessité
de
se
livrer
à
l'ouverture
des
cadavres
pour
scruter
les
viscères
et
lesentrailles
;
et
même
Hérophile
et
Érasistrate
ont
bien
mieux
fait,
en
ouvrant
tout
vivants
les
criminels
que
les
rois
leur
abandonnaïient
au
sortir
des
cachots,
afin
de
saisir
sur
le
vif
ce
que
la
nature
leur
tenait
caché,
et
d'arriver
à
connaître
la
situation
des
organes,
leur
couleur,
leur
forme,
leur
grandeur,
leurs
dispositions,
leur
degré
de
consistance
ou
de
mollesse,
l’état
poli
de
leur
surface,
leurs
rap-
ports,
leurs
saillies
et
leurs
dépressions
;
de
voir
enfin
quelles
sont
les
parties
qui
s’insèrent
aux
autres,
ou
qui
au
contraire
les
recoivent
au
mi-
lieu
d’elles.
En
effet,
quand
survient
une
douleur
interne,
peut-on
en
désignerexactement
le
siége,
si
l’on
ignore
la
position
des
viscères
et
des
par-
ties
intérieurementsituées
?
et
comment
traiter
un
organe
malade
dont
on
ne
se
fait
pas
même
une
idée
?
Qu’une
blessure,
par
exemple,
mette
à
nu
les
viscères,
celui
qui
ne
connaît
pas
la
colora-
tion
naturelle
de
chaque
partie
ne
saura
pa.
distinguer
l’état
d'intégrité
de
l’état
d’altération,
et
ne
pourra
dès
lors
porter
remède
à
la
lésion.
L'application
des
médicaments
externes
devient
aussi
plus
efficace
lorsque
le
siége,
la
forme
et
perceperit.
Præter
hæc,
cum
in
interioribus
partibus
et
dolores
et
morborum
varia
genera
nascantur,
neminem
putant
his
adhibere
posse
remedia,
qui
ipsas
ignoret.
Ne-
cessarium
ergo
esse
incidere
corpora
mortuorum,
eorumn-
que
viscera
atque
intestina
scrutari;
longeque
optime
fe-
cisse
Herophilum
et
Erasistratum,
qui
nocentes
homi-
nes,
a
regibus
ex
carcere
acceptos,
vivos
inciderint,
considerarintque,
etiamnum
spiritu
remanente,
ea,
quæ
natura
ante
clausisset,
eorumque
positum,
colorem,
figu-
ram,
magnitudinem,
ordinem,
duritiem,
mollitiem,
læ-
vorem,
confactum;
processus
deinde
singulorum
et
re-
cessus,
et
sive
quid
inserilur
alteri,
sive
quid
partem
alterius
in
se
recipit.
Neque
enim,
cum
dolor
intus
inci-
dit,
scire
quid
doleat,
eum,
qui
qua
parte
quodque
viscus
intestinumve
sit,
non
cognoverit
:
neque
curari
id
quod
æsgrum
est,
posse
ab
eo,
qui,
quid
sit,
ignoret.
Et
cum
per
vulnus
alicujus
viscera
patefacla
sunt,
eum,
quisanæ
cujusque
colorem
partis
ignoret,
nescire
quid
integrum,
quid
corruptum
sit; ideo
ne
succurrere
quidem
posse
corruptis,
Aptiusque
extrinsecus
imponi
remedia
,
com-
pertis
inferiorum
et
sedibus
ét
figuris,
cognitaque
eorum
maguitudine
:
similesque
omnia
quæ
posita
sunt,
ra-
tiones
habere,
Neque
esse
crudele,
sicut
Plerique
propo-
la
grandeur
des
organes
internes
sont
bien
dé-
terminés.
Toutes
ces
considérations
s’appliquent
également
aux
choses
énoncées
plus
haut.
Il
n’y
a
donc
pas
de
cruauté,
comme
on
l'a
prétendu,
à
chercher
dans
le
supplice
d’un
petit
nombre
de
criminels
les
moyens
de
conserver
d’âge
en
âge
des
générations
innocentes.
Ceux
au
contraire
qui
se
nomment
Empiri-
ques
parce
qu'ils
s’appuient
sur
l’expérience,
re-
gardent
bien
comme
nécessaire
la
connaissance
des
causes
évidentes
;
mais
ils
soutiennent
qu'il
est
oiseux
d’agiter
la
question
des
causes
occultes
et
des
actions
du
corps,
attendu
que
la
nature
est
impénétrable
:
et
la
preuve
qu’on
ne
peut
la
comprendre,
c’estla
discorde
quirègne
dans
cette
discussion,
puisque
ni
philosophes
ni
médecins
n’ont
jamais
pu
sur
ce
point
se
mettre
d'accord
entre
eux.
En
effet,
pourquoi
se
ranger
au
sen-
timent
d'Hippocrate
plutôt
qu’à
celui
d’Héro-
phile,
à
celui
d'Hérophile
plutôt
qu’à
l'opinion
d’Aselépiade?
Si
l’on
a
égard
aux
raisonnements,
ils
paraïssent
tous
également
plausibles
;
si
l’on
tient
compte
des
guérisons,
tous
les
médecins
ont
ramené
des
malades
à
la
santé.
On
ne
peut
donc
rejèter
les
objections
ni
l'autorité
des
uns
et
des
autres.
Si
l’art
de
raisonner
faisait
les
mé-
decins,
il
n’y
eu
aurait
pas
de
plus
grands
que
les
philosophes
;
mais
ils
ont
en
excès
la
science
des
mots,
et
n’ont
point
celle
qui
guérit.
La
mé:
decine
d’ailleurs
varie
selon
les
lieux,
et
sera
différente
à
Rome,
en
Egypte,
où
dans
la
Gaule
:
si
pourtant
les
mêmes
causes
engendraient
par-
tout
desmaiadies
semblables
,
lesmémesremèdes
devraient
partout
convenir.
Souvent
encore
la
cause
se
montre
évidente,
comme
dans
les
cas
d’ophthalmie
et
de
blessures,
sans
que
cela
con-
nunt,
hbominum
nocentium,
et
horum
quoque
paucorum,
suppliciis
remedia
populis
irmocentibus
sæculoram
om-
nium
quæri.
Contra
ii,
qui
se
éumetprxodc
ab
experientia
nominant,
evidentes
quidem
causas,
ut
necessarias,
amplectuntur
:
obscurarum
vero
causarum
et
naturalium
actionum
qnæ-
stionem
ideo
supervacuam
esse
contendunt,
quoniarn
non
comprehensibilis
natura
sit.
Non
posse
vero
comprehendi,
patere
ex
eorum,
qui
de
his
disputarunt,
discordia
;
Cum
de
ista
re,
neque
inter
sapientiæ
professores
,
neque
inter
ipsos
medicos
conveniat.
Cur
enim
polius
aliquis
Hippo-
crati
credat,
quam
Herophilo?
cur
huic
potius,
quam
Asclepiadi
?
Si
rationes
Sequi
velit,
omnium
posse
videri
non
improbabiles;
si
curationes
,
ab
omnibus
his
ægros
perductos
esse
ad
sanitalem
:
ita
neque
disputationi,
ne-
que
auctoritati
cujusquam
fidem
derogari
oportuisse.
Etiam
sapientiæ
studiosos
maximos
medicos
esse,
si
ratiocinatio
hocfaceret
:
nunc
illis
verba
superesse,
deesse
medendi
scientiam.
Differre
quoque,
pro
natura
locorum,
genera
medicinæ;
et
aliud
opus
esse
Romæ,
aliud
in
Æ-
gypto,
aliud
in
Gallia.
Quod
si
morbos
eæ
causæ
face-
rent,
quæ
ubique
eædem
essent,
remedia
quoque
ubi-
que
eadem
esse
debuisse.
Sæpe
etiam
causas
apparere,

TRAIÏTÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
I.
5
duise
au
moyen
curatif.
Siles
causes
évidentes
ne
peuvent
guider
la
science,
celles
qui
sont
douteu-
ses
le
pourront
bien
moins
encore:
et
puisqu'il
n’y
a
là
qu’incertitude
et
mystère,
mieux
vaut
s’ap-
puyer
sur
les
choses
certaines
et
reconnues,
celles
qui
dans
le
traitement
des
maladies
ont
recu
la
sanction
de
l'expérience.
Il
en
est
ainsi
pour
tous
les
arts
;
c’est
par
la
pratique
et
non
par
la
con-
troverse
qu’on
devient
agriculteur
ou
pilote.
On
doit croire
que
la
médecine
peut
se
passer
de
ces
conjectures
,
puisqu’avec
des
opinions
contraires
on
a
vu
les
médecins
réussir
également
à
sauver
leurs
malades.
S'ils
ont
obtenu
ce
résultat,
ce
n’est
pas
en
vertu
des
causes
occultes
et
des
ac-
tions
naturelles,
qu’ils
expliquaient
diversement,
mais
parce
que
chacun
d'eux
avait
découvert
par
expérience
la
marche
à
suivre
dans
le
traite-
ment.
Il
n’est
pas
vrai
qu’à
son
origine
la
mé-
decine
ait
été
la
conséquence
des
questions
qu’on
s'était
posées,
car
elle
est
née
de
l'observation
des
faits.
Parmi
les
malades
qui
n’avaient
pas
encore
de
médecins,
les
uns,
livrés
à
leur
in-
tempérance,
ayant
pris
des
aliments
dès
les
pre-
miers
jours,
et
les
autres
s'étant
abstenus
par
répugnance,
on
remarqua
que
la
maladie
de
ces
derniers
en
recevait
plus
de
soulagement
:
de
même
on
voyait
des
malades
dont
les
uns
avaient
mangé
pendant
la
fièvre,
d’autres
peu
de
temps
avant
l’accès,
et
d’autres
seulement
après
la
ré-
mission
complète,
et
ceux-ci
s’en
trouvaient
infiniment
mieux
;
enfin,
les
uns
mangeant
avec
excès
au
début
du
mal,
et
les
autres
prenant
peu
de
nourriture,
ceux
qui
s'étaient
gorgés
d’a-
liments
ajoutaient
par
cela
même
au
danger
de
leur
état.
Chaque
jour
des
accidents
semblables
ut
puta
lippitudinis,
vulneris;
neque
ex
his
patere
me-
dicinam.
Quod
si
scientiam
hanc
non
subjiciat
evidens
causa
,
mulio
minus
eam
posse
subjicere,
quæ
in
dubio
est.
Cum
igilur
illa
incerta,
incomprehensibilis
sit,
a
certis
potius
et
exploratis
petendum
esse
præsidium
;
id
est
iis,
quæ
experientia
in
ipsis
curationibus
docuerit
;
sicut
in
ceteris
omnibus
artibus.
Nam
ne
agricolam
qui-
dem
aut
gubernatorem
disputatione,
sed
usu
fieri.
Ac
nihil
istas
cogitationes
ad
medicinam
pertinere,
eo
quo-
que
disci,
quod
qui
diversa
de
his
senserint,
ad
eamdem
tamen
sanitatem
homines
perduxerint.
Id
enim
fecisse,
quia
non
ab
obscuris
causis,
neque
a
naturalibus
actio-
nibus,
quæ
apud
eos
diversæ
erant,
sed
ab
experimen-
üs,
prout
cuique
responderant,
medendi
vias
fraxerint.
Ne
inter
initia
quidem
ab
istis
quæstionibus
‘deductam
esse
medicinam,
sed
ab
experimentis.
Ægrorum
enim
qui
sine
medicis
erant,
alios
propter
aviditafem
primis
die-
bus
protinus
cibum
assumpsisse,
alios
propter
fastidium
abstinuisse;
levatumque
magis
eorum
morbum
esse,
qui
abstinuerant.
Itemque
alios
in
ipsa
febre
aliquid
edisse,
alios
paulo
ante
eam,
alios
post
remissionem
ejus;
optime
deinde
lis
cessisse,
qui
post
finem
febris
id
fece-
rant.
Eademque
ratione
alios
inter
principia
protinus
usos
esse
cibo
pleniore,
alios
exiguo;
gravioresque
€0s
se
reproduisant,
des
observateurs
attentifs
pri-
rent
soin
de
noter
les
moyens
qui
réussissaient
le
mieux
dans
la
plupart
des
cas
,
et
commencèrent
à
les
prescrire
aux
malades.
C'est
ainsi
que
la
médecine
a
pris
naissance,
et
qu'ayant
pour
exemples
le
rétablissement
des
uns
et
la
mort
des
autres
,
elle
a
pu
discerner
ce
qui
était
salu-
taire
ou
pernicieux.
Puis,
les
remèdes
étant
déjà
trouvés,
les
hommes
sesontmis
à
dissertersur
leur
emploi.
Donc
la
médecine
n’est
pas
venue
après
le
raisonnement,
mais
le
raisonnement
après
la
médecine.
La
théorie
d’ailleurs
confirme
l’ex-
périence,
ou
la
contredit:
si
elle
n’apprend
rien
de
plus
,
elle
est
inutile,
et
nuisible
si
elle
ensei-
gne
autre
chose.
Sans
doute
il
a
fallu
d’abord
avec
un
soin
extrême
éprouver
les
vertus
des
médicaments;
mais
elles
sont
aujourd’hui
bien
reconnues,
et
comme
on
n’a
plus
à
découvrir
de
nouvelles
espèces
de
maladies,
on
n'a
pas
à
rechercher
une
médication
nouvelle.
S’il
se
pré-
sente
maintenant
quelque
affection
ignorée,
le
médecin
ne
doit
pas
pour
cela
remonter
aux
cau-
ses
obscures,
mais
examiner
aussitôt
de
quelle
maladie
connue
celle-ci
se
rapproche
leplus,
pour
lui
appliquer
les
remèdes
qui
souvent
ont
été
suivis
de
succès
dans
des
cas
à
peu
près
sembla-
bles.
En
procédant
ainsi
par
analogie,
on
arrivera
sûrement
au
traitement
convenable.
Ce
n’est
pas
à
dire
pourtant
que
la
réflexion
soit
inutile
au
médecin,
etque
l’animalsansraison
puisse
exercer
l'art
de
guérir
;
mais
on
prétend
que
toutes
ces
conjectures
sur
les
causes
cachées
ne
vont
pas
au
fait,
et
qu’il
est
moins
important
de
connaître
ce
qui
engendre
la
maladie
que
ce
qui
la
guérit.
De
même
il
vaut
mieux
ignorer
comment
se
fait
factos,
qui
se
implerant.
Hæc
similiaque
cum
quotidie
inciderent
,
diligentes
homines
notasse,
quæ
plerumque
melius
responderent
:
deinde
ægrotantibus
ea
præcipere
cϾpisse.
Sic
medicinam
ortam,
subinde
aliorum
salute,
aliorum
interitu,
perniciosa
discernentém
a
salutaribus.
Repertis
deinde
jam
remediis,
homines
de
rationibus
eorum
disserere
cœpisse
:
nec
post
rafionem,
medicinam
esse
inventam,
sed
post
inventam
medicinam,
rationem
esse
quæsitam.
Requirere
etiam,
ratio
idem
doceat
quod
experientia,
an
aliud
:
si
idem,
supervacuam
esse;
si
aliud,
etiam
contfrariam.
Primo
famen
reémedia
explo-
randa
summa
cura
fuisse,
nunc
vero
jam
explorata
esse;
neque
aut
nova
genera
morborum
reperiri,
aut
novam
desiderari
medicinam.
Quod
si
jam
incidat
mali
genus
aliquod
ignotum,
non
idéo
tamen
fore
medico
de
rebus
cogitandum
obscuris
:
sed
eum
prolinus
visurum,
Cui
morbo
id
proximum
sit;
tentaturumque
remedia
similia
illis,
quæ
vicino
malo
sæpe
suceurrerint;
et
per
ejus
si-
militudinem
opem
reperturum.
Neque
enim
se
dicere,
consilio
medicum
non
egere,
et
irrationale
animal
hanc
artem
posse
præstare
;
sed has
lafentium
rerum
conjectu-
ras_ad
rem
non
pertinere;
quia
non
intersit,
quid
mor-
bum
faciat,
sed
quid
tollat
;
neque
[ad
rem
pertineat},
quo-
modo,
sed
quid
optime
digeratur;
sive
bac
de
causa

6
CELSE.
Ja
digestion
et
savoir
ce
qui
se
digère
le
mieux,
quelle
que
soit
la
manière
dont
cette
fonction
s’accomplit,
par
coction,
ou
par
simple
dissolu-
tion.
Au
lieu
d'interroger
les
causes
de
la
respi-
ration
,
il
est
préférable
de
chercher
les
moyens
d'en
faire
cesser
la
gêne
et
la
lenteur;
et,
plutôt
que
de
se
demander
à
quoi
tiennent
les
batte-
ments
des
artères,
il
convient
d'étudier
la
valeur
des
signes
fournis
par
les
variétés
du
pouls.
Or,
ces
notions
nous
viennent
de
l'expérience.
Dans
toutes
les
discussions
de
ce
genre
on
peut
dis-
courir
également
pour
et
contre,
et
triompher
par
son
esprit
et
son
éloquence
;
les
maladies
ce-
pendant
ne
se
guérissent
point
avec
de
belles
paroles,
mais
avec
le
secours
des
médicaments
:
un
homme
privé
du
don
de
s'exprimer,
mais
versé
dans
Ja
pratique,
serait
certés
un
plusgrand
médecin
que
s’il
avait
cultivé
l’art
de
bien
dire,
sans
s'appuyer
sur
l'expérience.
Jusque-là
ces
diverses
théories
ne
sont
qu'inutiles;
mais
ce
qui
est
cruel,
c'est
d'ouvrir
les
entrailles
à
des
hommes
vivants
et
de
faire
d’un
art
conserva-
teur
Ge
la
vie
humaine
l'instrument
d’une
mort
atroce,
surtout
quand
les
questions
qu’on
essaye
de
résoudre
à
l’aide
de
ces
affreuses
violences,
ou
demeurent
complétement
insolubles,
ou
pourraient
être
éclaircies
sans
crime.
Car
la
cou-
leur,
le
poli,
la
mollesse,
la
dureté
et
les
autres
conditions
des
organes
ne
restent
point,
sur
le
sujet
quon
vient
d'ouvrir,
ce
qu'elles
étaient
avant
les
incisions;
et
puisque
chez
ceux
qui
n'ont
point
à
les
souffrir,
la
crainte,
la
douleur,
la
faim,
une
indigestion,
la
fatigue
et
mille
au-
tres
léoères
incommodités
viennent
souvent
modifier
tous
ces
caractères,
il
est
bien
plus
à
croire
que
les
parties
intérieures,
douées
d’une
concoctio
incidaf,
sive
de
illa;et
sive
concoctio
sit
illa,
sive
tantum
disestio.
Neque
quærendum
esse
quomodo
spire-
mus,
sed
quid
gravem
tardumque
spiritum
expediat
:
nèque
quid
venas
moveat,
sed
quid
quque
motus
genera
significent.
Hæc
autem
cognosci
experimentis.
Et
in
om-
nibus
ejusmodi
cogitationibus
in
utramque
partem
disseri
posse
:
itaque
ingeniumn
et
facundiam
vincere;
morbos
autem,
non
eloquentia,
sed
remediis
curari.
Quæ
si
quis
elinguis
usu
discreta
bene
norit,
huncaliquanto
méjorem
medicum
futurum,
quam
si
sine
usu
lingnam
suam
ex-
coluerit,
Atque
ea
quidem,
de
quibusest
dictum,
super-
vacua
esse
tantummodo;
id
vero,
quod
restat,
etiam
Crudelé:
vivorum
hominum
alvum
atque
præcordia
in-
gidi,
ef
salutis
bumanæ
præsidem
artem,
non
solum
pe-
sten1
alièui,
sed
hanc
etiam
atrocissimam
inferre;
cum
præsertim
eX
HS,
quæ
tanta
violentia
quærantur,
alia
non
possint
OMmnino
coghosci,
alia
possint
etiam
sine
scelere.
Nam
colorem,lævorem,
mollitiem,
duritiem,
similiaque
Omnia,
non
esse
falia,
inciso
corpore,
qualia
integro
fuérint
:
quia
cum
»
COTPOrbus
inviolatis,
hæc
tamen
metu,
dolore,
inedia,
cruditale,
lassitadine,
mille
aliis
mediocribus
affectibus
Sæpe
mutebtur
:
multo
magis
verisimile
est,
interjora,
quibus
major
Mmobities,
lux
ipsa
délicatesse
plus
grande,
et
qui
ne
sont
pas
appe-
lées
à
recevoir
la
lumière,
seront
profondément
altérées
par
des
blessures
si
graves
et
une
mort
si
violente.
Quelle
folie
de
s’imaginer
que,
sur
l’homme
mourant
où
déjà
mort,
les
choses
vont
demeurer
les
mêmes
que
pendant
la
vie!
On
peut,
il
est
vrai,
ouvrir
à
un
homme
vivant
le
bas-ventre,
qui
renferme
des
organes
moins
im-
portants;
mais
ès
que
le
scalpel
en
remontant
vers
la
poitrine
aura
divisé
la
cloison
transver-
sale
(diaphragme
des
Grecs)
qui
sépare
les
par-
ties
supérieures
des
inférieures,
cet
homme
ren-
dra
l’âme
au
même
instant.
C’est
ainsi
que
le
médecin
homicide
parvient
à
découvrir
les
vis-
cères
de
la
poitrine
et
du
ventre
;
mais
ils
se
pré-
sentent
à
[ui
tels
que
la
mort
les
a
faits,
et
non
plus
tels
qu'ils
étaient
vivants
:
de
sorte
qu’il
a
bien
pu
égorger
son
semblable
avec
barbarie,
mais
non
pas
savoir
dans
quelles
conditions
se
trouvent
nos
organes
lorsque
la
vie
les
anime.
S'il
en
est
quelques-uns cependant
que
le
regard
puisse
pénétrer
avant
la
mort,
le
hasard
ne
les
offre-t-il
pas
souvent
au
médecin?
Le
gladia-
teur
dans
l’arène,
le
soldat
dans
un
combat,
le
voyageur
assailli
par
des
brigands
,
ne
sont-
ils
pas
quelquefois
atteints
de
blessures
qui
lais-
sent
voir
à
l'intérieur
telle
partie
chez
celui-ci,
telle
autre
chez
celui-là
?
si
bien
que
sans
man-
quer
à
la
prudence
le
praticien
peut
apprécier
le
siéoe,
la
position,
l’arrangement,
la
forme
et
les
autres
qualités
des
organes,
tout
en
ayant
pour
but
non
le
meurtre,
mais
la
guérison;
et
de
la
sorte
il
ne
doit
qu’à
son
humanité
les
lumières
que
les
autres
n’obtiennent
que
par
des
actes
impitoyables.
Ces
raisons
conduisent
à
re-
garder
comme
inutile
même
la
dissection
des
nova
sit,
sub
gravissimis
vulneribus
et
ipsa
trucida-
tione
mutari.
Neque
quidquam
esse
stultius,
quam
quale
quidque
vivo
homine
est,
tale
existimare
esse
moriente,
immo
jam
mortuo.
Nam
uterum
quidem,
qui
minus
ad
rem
pertineat,
spirante
homine
posse
di-
duci
:
simulatque
vero
ferrum
ad
præcordia
accessit,
et
discissum
transversum
septum
est,
quod
metibrana
quadam
superiores
partes
ab
inferioribus
diducit
(ové-
opayue
Græci
vocant)
hominem
protinus
animam
amil-
tere
:
ifa
mortui
demum
præcordia
et
viscus
omne
in
conspectum
lafrocinantis
medici
dari
necesse
est
tale,
quale
mortui
sit,
non
quale
vivi
fuit,
Jtaque
consequi
medicum
ut
hominem
crudeliter
jugnlet;
non
ut
sciat,
qualia
vivi
viscera
babeamus.
Si
quid
tamen
sit,
quod
adhuc
spirante
homine
conspectui
subjiciatur,
id
sæpe
casum
offerre
curantibus.
Interdum
enim
gladiatorem
in
area,
vel
militem
in
acie,
vel
viaforem
a
latronibus
ex-
ceptum
sic
vulnerari,
ut
ejus
interior
aliqua
pars
ape-
riatur,
et
in
alio alia
:
ita
sedem,
positum,
ordinem,
figuram,
similiaque
alia
cognoscere
prudentem
medi-
cum,
non
cœdem,
sed
sanitatem
molientem;
idque
per
inisericordiam
discere,
quod
alii
dira
crudelitate
cognove-:
rint.
Ob
hec,
ne
mortuorum
quidem
lacerationem
ne

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
cadavres.
Cette
opération
sans
doute
n'est
pas
cruelle,
mais
elle
estrepoussante,
et
ja
plupart
du
temps
ne
met
sous
les
yeux
que
des
organes
changés
par
la
mort,
tandis
que
le
traitement
enseigne
tout
ce
qu’il
est
possible
de
connaître
pendant
la
vie.
On
a
tant
écrit
sur
ces
questions,
qui
parmi
les
médecins
ont
été
souvent
et
sant
encore
l’ob-
jet
des
plus
vives
controverses,
qu'il
est
utile
d'exposer
les
idées
auxquelles
nous
reconnais-
sons
le
plus
grand
degré
de
vraisemblance.
Dans
cette
manière
de
voir,
on
n’adopte
exclusivement
aucune
opinion
,
de
même
qu’on
n’en
rejette
au-
_
cune
d’une
manière
absolue
;
mais
on
conserve
un
moyen
terme
entre
ces
sentiments
contraires,
et
c’est
en
général
le
parti
que
doivent
pren-
dre,
dans
les
discussions,
ceux
qui
recherchent
la
vérité
sans
ambition,
comme
dans
le
cas
pré-
sent.
Les
philosophes,
en
effet,
même
les
plus
instruits
,
ne
peuvent
savoir
de
science
certaine,
mais
seulement
par
conjecture,
quelles
sont
en
dernière
analyse
les
causes
qui
maintiennent
la
santé
ou
produisent
les
maladies,
non
plus
que
celles
qui
président
à
la
respiration
,
à
la
déglu-
tition
et
à
Ja
digestion.
Il
n’y
a
pas
à
cet
égard
de
notions
positives,
‘et
par
conséquent
une
simple
opinion
ne
peut
faire
découvrir
un
remède
infail-
lible.
C’est
donc
l'expérience
qui,
dans
la
prati-
que
médicale,
apporte
le
plus
utile
secours.
Mais
ainsi
qu'il
y
a
dans
les
arts
un
grand
nombre
de
sujets
qui,
sans
relever
directement
de
leur
étude,
leur
servent
pourtant
d’auxiliaires
en
sti-
mulant
le
génie
de
l'artiste;
de
même,
si
la
con-
templation
des
choses
naturelles
ne
fait
pas
le
mé-
decin,
elle
le
rend
du
moins
plus
apte
à
exercer
Ja
médecine.
H
est
naturel
de
penser
qu’Hippo-
eessariam
esse;
quæ
etsi
non
crudelis,
tamen
fœda
sit;
cum
aliter
pleraque
in
mortuis
se
habeant
:
quantum
vero
in
vivis
cognosci
potest,
ipsa
curatio
ostendat.
Cum
hæc
per
multa
volumina,
perque
magnæ
conten-
tionis
disputationes
a
medicis
sæpe
tractata
sint
atque
tractentur
:
subjiciendum
est,
quæ
proxima
vero
videri
possint.
Ea
neque
addicta
alterutri
opinioni
sunt,
neque
ab
ufraque
nimium
abhorrenlia
;
media
quodammodo
in-
ter
diversas
sententias
:
quod
in
plurimis
contentionibus
deprehendere
licet,
sine
ambitione
verum
serutantibus,
ut
in
hacipsa
re.
Nam
quæ
demum
çausæ,
vel
secundam
-Yaletudinem
præstent,
vel
morbos
excitent;
quomodo
spiritus,
aut
cibus,
vel
trahatur,
vel
digeratur,
ne
sa-
-pientiæ
quidem
professores
scientia
comprehendunt,
sed
conjectura
persequuntur.
Cujus
auterh
rei
non
est
certa
notitia,
ejus
opinio
certum
reperire
remedium
non
.po-
test,
Verumque
est,
ad
ipsam
curandi
rationem
nihil
plus
conferre,
quam
experientiam.
Quamquam
igitur
multa
sint,
ad
ipsas
artes
proprie
non
pertinentia,
famen
eas
adjuvant,
excitando
artificis
ingenium.
Itaque
ista
quo-
que
naturæ
rerum
contemplatio,
quamvis
non
faciat
me-
dicum,
aptiorem
tamen
medicinæ
reddit.
Verique
simile
est,
et
Hippocratem
ef
Erasistratum
et
quicumque
alii,
j
Crate
LIV.
I.
7
;
Érasistrate,
et
tous
ceux
qui,
ne
voulant
pas
se
réduire
au
traitement
des
plaies
et
des
fièvres,
ont
également
interrogé
la
nature
des
choses,
n’ont
pas
été
médecins
par
cela
seul,
mais
que,
par
leurs
méditations,
ils
sont
deve-
nus
plus
grands
dans
leur
art.
Il
est
certain
que
la
médecine,
bien
qu'elle
ne
puisse
reposer
sur
les
causes
occultes
et
les
actions
naturelles,
est
souvent
obligée
de
recourir
au
raisonnement;
car
c’est
ua
art
conjectural
qui,
dans
bien
des
cas,
est
trahi
non-seulement
par
la
théorie,
mais
encore
par
la
pratique;
en
effet,
la
fièvre,
l’ap-
pétit,
le
sommeil,
n'ont
pas
une
manière
d'être
invariable.
Plus
rarement,
il
est
vrai,
on
observe
des
maladies
nouvelles
;
mais
il
est
évident
qu’on
en
rencontre
quelquefois,
puisque
de
nos
jours
nous
avons
vu
succomber
en
peu
d'heures
une
femme
chez
laquelle
s'était
présentée
brusque-
ment,
à
l'extérieur
des
parties
génitales,
une
tu-
meur
charnue
qui
se
flétrit
:
les
praticiens
les
plus
distingués
cherchèrent
vainement
à
déter-
miner
la
nature
du
mal,
et
ne
purent
davantage
lui
trouver
un
remède.
Iis
ne
firent
aucun
essai,
je
le
présume,
parce
que
la
malade
étant
d’une
classe
élevée,
personne
n’osa
donner
son
opi-
pion,
dans
la
crainte
d’être
accusé
de
sa
mort,
si
on
ne
par
venait
à
la
sauver;
mais
ilest
vraisem-
blable
que,
savs
cette
misérable
circonspection,
ils
auraient
cherché
les
moyens
de
la
secourir,
et
que
peut-être
il
s’en
serait
offert
dont
l’appli-
cation
eût
été
suivie
de
succès.
L’analogie
n’est
pas
toujours
utile
dans
les
affections
de
cegenre;
quand
elle
peut
l’être
cependant,
c’est
encore
par
un
procédé
rationnel
qu'après
avoir
examiné
les
maladies
d'espèce
semblable
et
les
remèdes
de
même
nature,
on
arrive
à
choisir
celui
qui
non
contenli
febres
et
ulcera
agilare,
rerum
quoque
na-
turam
ex
aliqua
parte
scrufatisunt,
non
ideo
quidem
me-
dicos
fuisse,
verum
ideo
quoque
majores
medicos
exlitisse.
Ratione
vero
opus
est
ipsi
medicinæ,
etsi
non
inter
ob-
scuras
causas,
neque
inter
naturales
actiones,
tamen
sæpe.
Est
enim
hæc
ars
conjecturalis,
neque
respondet
ei
plerumque
non
solum
conjectura,
sed
etiam
experien-
tia.
Et
interdum
non
febris,
non
cibus,
non
somnus
subsequitur,
sicut
assuevit.
Rarius,
sed
aliquando
mor-
bus
quoque
ipse
novus
est
:
quem
non
incidere,
mani-
feste
falsum
est;
cum
ætate
nostra
quædam,
ex
natura-
libus
partibus
carne
prolapsa
et
arente,
intra
paucas
ho-
ras
exspiraverit;
sic
ut
nobilissimi
medici
néque
genus
mali,
neque
remedium
invenérint.
Quos
680
nihil
tentasse
judico,
quia
nemo
in
splendida
personä
periclilari
con-
jectura
sua
voluerit;
ne
occidisse,
nisi
servasset,
vide-
retur
:
veri
famen
sinule
est,
potuisse
aliquid
Cogitare,
detracta
tali
vérecundia,
et
fortasse
responsurum
fuisse
id,
quod
aliquisesset
expertus.
Ad
quod
medicinæ
genus,
neque
semper
similitudo
aliquid
confert;
et
si
quando
confert,
tamen
id
ipsum
rationale
est,
inter
multa
similia
genera
et
morborum,
et
remediorum
,
cogitaré,
quo
po-
tissimum
medicamento
sit
utendum.
Cum
igitur
talis
res

8
convient
le
mieux
au
cas
qui
se
présente.
Le
médecin
doit
done,
en
pareille
circonstance,
dé-
couvrir
des
moyens
de
traitement
qui,
sans
être
infaillibles,
se
montrent
le
plus
souventefficaces.
Il
devra
prendre
aussi
conseil,
non
des
causes
cachées
,
puisqu'elles
demeurent
enveloppées
de
doutes
et
d'incertitude,
mais
de
celles
que
l’ex-
ploration
peut
atteindre
,
c’est-à-dire
des
causes
évidentes.
Carilest
important
desavoirsi
c’est
la
fatigue,
la
soif,
le
froid
ou
le
chaud
,
insomnie,
l’abstinence,
l'excès
dans
le
boire
et
le
manger,
ou
l’abus
des
plaisirs
qui
a
donné
naissance
à
la
maladie.
Il
faut
connaître
en
outre
le
tempéra-
ment
du
malade,
et
voir
s’il
est
d'une
constitu-
tion
sèche
ou
humide,
faible
ou
robuste;
s’il
est
‘
habituellement
bien
ou
mal
portant,
etsi,
lorsque
sa
santé
se
dérange,
ses
maladies
sont
graves
ou
légères,
courtes
ou
de
longue
durée;
enfin
si
la
vie
qu'il
mène
est
remplie
par
le
travail
ou
le
Joisir,
et
si
sa
nourriture
est
frugale
ou
recher-
chée.
C’est
sur
de
semblables
investigations
qu'on
peut
souvent
fonder
un
traitement
nou-
veau.
Nous
ne
pouvons
cependant
passer
outre,
commesi
cesconsidérations
ne
souffraient
aucune
controverse;
Car
Érasistrate
a
soutenu
que
les
maladies
doivent
avoir
une
autre
origine,
par
la
raison
que
des
personnes
différentes,
ou
les
mêmes
individus
placés
à
diverses
époques
dans
les
circonstances
indiquées,
ont
eu
ou
n’ont
pas
eu
la
fièvre,
Des
médecins
de
nos
jours,
jaloux
de
mettre
en
avant
l'autorité
de
Thémison,
sou-
tiennent
aussi
quil
n’y
à
pas
une
seule
cause
dont
la
connaissance
importe
à
la
pratique,
et
qu'il
suffit
de
saisir
dans
les
maladies
certaines
conditions
qui
leur
sont
communes,
Ces
condi-
tions
sont
de
trois
genres
:
la
première
consiste
dans
le
resserrement,
la
seconde
dans
le
relä-
incidit,
medicus
aliquid
oportet
inveniat,
quod
non
ubi-
que
fortasse,
sed'sæpius
tamen
etiam
respondeat.
Petet
autem
novum
quoque
consilium,
non
ab
rebus
latentibus
(istæ
enim
dubiæ
et
incertæ
sunt),
sed
ab
ïis,
quæ
explo-
rari
possunt;
id
est
evidentibus
causis.
Interest
enim,
fatigatio
morbam
,
an
sitis,
an
frigus
,
an
calor,
an
vigilia,
an
fames
fecerit,
an
cibi
vinique
abundantia,
an
intem-
perantia
libidinis.
Neque
ignorare
hunc
oportet,
quæ
sit
pri
natura
:
humidum
magis,
an
magis
siccum
corpus
ejus
sit
;
validi
nervi,
an
infirmi;
frequens
adversa
va-
letudo,
an
rara
;eaque,
cum
est,
vehemens
esse
soleat,
an
levis;
brevis
,
an
longa
:
quod
is
vitæ
genus
sit
secu-
us,
laboriosum,
an
quietum;
cum
luxu,
an
cum
fru-
galtate:
Ex
his
enim,
similibusque
,
sæpe
curandi
noyà
ratio
ducenda
est.
Quamvis
ne
hæ6
quidem
sic
præteriri
debent,
quasi
nullam
controversiam
recipiant.
Nam
et
Erasistratus
non
ex
bis
fierl
morbos
dixit;
quoniam
et
alii,
et
iidem
alias
post
ista
non
febricitarent
:
et
quidam
medici
sæculi
no-
siri,
nb
auctore,
uLipsi
vidert
volunt,
Themisone,
conten-
dunt
,
nullius
causæ
notitiam
quidquam
ad
curationes
ESS
are
du
Le
2
1
Du
PK
Lu
the
ste
A
5
a
EU
LRO
DE
ee
BR
NE
9
ga
RNA
ER
RER
25
CELSE.
chement,
et
la
troisième
est
mixte.
fn
effet,
tantôt
les
malades
n’évacuent
pas
assez
et
tantôt
ils
évacuent
trop,
ou
bien
leurs
évacuations
,
insuffisantes
dans
telle
partie,
seront
exagérées
dans
telle
autre.
Les
maladies
ainsi
divisées
peuvent
être
aiguës
ou
chroniques
,
devenir
plus
graves,
rester
stationnaires
ou
décliner.
I
faut
donc,
lorsqu'on
a
reconnu
l’un
de
ces
états,
tenir
le
corps
relâché,
s’il
y
a
resserrement;
s’il
y
a
relâchement,
amener
l'effet
contraire;
et
si
l'affection
est
du
genre
mixte,
pourvoir
au
mal
le
plus
pressant.
Il
faut
aussi
varier
le
trai-
tement,
suivant
que
les
maladies
sont
aiguës
ou
chroniques,
qu’elles
sont
dans
leur
période
d’accroissement,
demeurent
stationnaires
ou
touchent
à
leur
déclin.
Pour
eux
la
médecine
réside
dans
l’observation
de
ces
préceptes,
car
elle
n’est,
d’après
leur
définition,
qu’une
cer-
taine
manière
de
procéder
que
les
Grecsnomment
méthode,
et
dontle
but
est
d'observer
lesrapports
des
maladies
entre
elles.
Ces
méthodistes
ne
veu-
lent
être
confondus
ni
avec
les
dogmatiques,
ni
avec
les
empiriques
;
ils
se
distinguent
des
pre-
miers,
en
ce
qu'ils
n
admettent
pas
queles
con-
jectures
sur
les
causes
occultes
puissent
servir
de
base
à
lamédecine,
et
se
séparent
des
seconds,
parce
qu'ils
estiment
que
l’art
ne
doit
pas
être
réduit
à
la
seule
expérimentation.
Quant
à
Éra-
sistrate,
l'évidence
même
est
contraire
à
son
opinion,
car
il
est
rare
qu’une
maladiese
déclare
en
Pabsence
des
causes
énoncées
plus
haut;
et
de
ce
qu'elles
n’agissent
pas
sur
l’un,
il
ne
s’en-
suit
pas
qu’elles
soient
sans
action
sur
un
autre,
ou
que
celui-là
même
qui
leur
résistait
ne
puisse
céder
plus
tard
à
leur
influence.
Chez
un
indi-
vidu,
par
exemple,
il
peut
exister
un
état
de
fai-
blesse
ou
de
malaise
qu’on
n’observe
pas
chez
un
autre,
où
que
la
même
personne
n’avait
pas
en-
pertinere
;
satisque
esse,
quædam
communia
morborum
intueri.
Siquidem
horum
tria
genera
esse,
unum
adstric=
tum
,
alterum
fluens
,
tertium
mistum.
Nam
modo
parum
excernere
ægros,
modo
nimium;
modo
alia
parte
parum,
alia
nimium.
Hæc
autem
genera
morborum,
modo
acuta
esse,
modo
longa;
et
modo
increscere.,
modo
consistere,
modo
minui.
Cognito
igitur
eo,
quod
ex
his
est,
si
cor-
pus
adstrictum
est,
digerendum
esse;
si
profluvio
labo-
rat,
continendum
;
Si
mistum
vitium
habet,
occurrendum
subinde
vehementiori
malo.
Et
aliter
acutis
morbis
me-
dendum,
aliter
vetustis
;
aliter
increscentibus,
aliter
sub-
sistentibus
,
aliter
jam
ad
sanitatem
inclinatis.
Horum
observationem
medicinam
esse;
quam
ita
finiunt,
ut
quasi
viam
quamdam,
quam
ué00o00v
Græci
nominant,
eorum-
que,
quæ
in
morbis
communia
sunt,
centemplatricem
esse
contendant.
Ac
neque
ralionalibus
se,
neque
experi-
menfa
tantum
spectantibus
annumerari
volunt
:
cum
ab
illis
eo
nomine
dissentiant,
quod
in
conjectura
rerum
latentium
nolunt
esse
medicinam
;
ab
his
eo,
quod
parum
artis
esse
in
observatione
experimentorum
credunt.
Quod
ad
Erasistratum
pertinet,
primum
ipsa
evidentia
ejus

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
IL.
9
core
éprouvé
;
et
cet
état,
impuissant
par
lui-
même
à
produire
la
maladie,
constitue
pourtant
une
prédisposition
à
de
nouvelles
atteintes.
S'il
.
eûteu
de
la
nature
des
choses
une
connaissance
moins
imparfaite,
connaissance
que
les
méde-
cins
s’attribuent
témérairement
(1)
,
Érasistrate
aurait
vu
que
rien
ne
se
fait
par
une
seule
cause,
mais
que
l’on
prend
pour
telle
celle
dont
le
pou-
voir
est
le
plus
évident
:
c’est
ainsi
qu’une
cir-
constance
qui
n’agira
pas
isolément
peut,
en
se
réunissant
à
d’autres,
soulever
les
plusgrands
dé-
.
sordres.
Bien
plus,
Érasistate
lui-même
expli-
quant
Ja
fièvre
par
le
passage
du
sang
dans
les
artères,
et
trouvant
que
ce
passage
a
lieu
lorsqu'il
y
a
pléthore,
ne
saurait
dire
pourquoi
de
deux
sujets
également
pléthoriques,
l’un
tombemalade,
tandis
que
l’autre
est
à
l'abri
de
tout
danger;
et
c’est
précisément
ce
quenous
observons
tous
les
jours.
Il
est
permis
d'en
conclure
que
cette
transfusion
du
sang,
toute
réelle
qu’elle
puisse
être,
ne
survient
pas
uniquement
dans
les
cas
de
plénitude,
mais
lorsqu’à
la
pléthore
est
ve-
nue
se
joindre
l’une
des
causes
énoncées
déjà.
Pour
les
disciples
de
Thémison,
s’ils
sont
fidè-
les
à
leurs
principes,
ils
méritent
plus
que
per-
sonne
letitre
dedogmatiques;
et
quoi
qu'ils
n’ad-
mettent
pas
toutes
les
opinions
de
ces
derniers,
il
n’est
pas
nécessaire
de
leur
donner
une
autre
dénomination,
puisqu'ils
sont
d’accord
avec
eux
sur
ce
point
essentiel
,
que
la
mémoire
seule
est
insuffisante,
et
que
le
raisonnement
doit
inter-
venir.
Si
au
contraire,
comme
cela
paraît
être,
la
médecine
ne
reconnaît
pas
pour
ainsi
dire
de
préceptes
immuables,
les
méthodistes
alors
se
opinioni
repugnat;
quia
raro,
nisi
post
horum
aliquid
,
morbus
venit.
Deinde
non
sequitur,
ut
quod
alium
non
afficit,
aut
eumdem
alias,
id
ne
alferi
quidem,
aut
eidem
tempore
alio
noceat,
Possunt
enim
quædam
subesse
cor-
pori,
vel
ex
infirmitate
ejus,
vel
ex
aliquo
affectu
,
quæ
vel
in
alio
non
sunt,
vel
in
hoc
alias
non
fuerunt;
eaque
per
se
non
tanta,
ut
concitent
morbum,
tamen
obnoxium
magis
aliis
injuriis
corpus
efficiant.
Quod
si
contempla-
tionem
rerum
naturæ,
quam
femere
medici
sibi
vindi-
cant,
satis
comprehendisset,
etiam
illud
scisset,
nihil
omnino
ob
unam
causam
fieri,
sed
id
pro
causa
apprehen-
di,
quod
contulisse
plurimum
videtur.
Potest
autem
id,
dum
solum
est,
non
movere,
quod
junctum
aliis
maxime
movet.
Accedit
ad
hæc,
quod
ne
ipsequidem
Erasisiratus,
qui
transfuso
in
arterias
sanguine
febrem
fieri
dicit,
id-
que
nimis
repleto
corpore
incidere,
reperit,
ur
ex
duo-
bus
æque
repleiis,
alter
in
morbum
incideret,
alter
omni
periculo
vacaret
;
quod
quotidie
fieri
apparet.
Ex
quo
disci
potest
,
ut
vera
sit
illa
transfusio,
tamen
illam,
non
per
se,
cum
plenum
corpus
est,
fieri,
sed
cum
horum
aliquid
accesserit.
Themisonis
vero
æmuli,
si
perpetua,
quæ
promittunt,
habent,
magis
etiam,
quam
ulli
rationales
sunt.
Neque
enim,
si
quis
non
omnia
tenet,
quæ
rationa-
lis
alius
probat,
protinus
alio
novo
nomine
artis
indiget;
simodo,
quodprimum
est,
non
memoriæ
soli,
sed
ra-
confondent
avec
les
empiriques,
d’autant
plus
facilement
que
l’homme
le
moins
éclairé
est
comme
eux
en
état
de
juger
si
la
maladie
dé-
pend
du
resserrement
ou
du
relâchement.
Est-
ce
le
raisonnement
qui
leur
a
fait
connaître
ce
qui
peut
relâcher
le
corps
ou
le
resserrer
?
Ils
sont
dogmatiques
:
n’ont-ils
pris
que
l'expérience
pour
guide?
il
faudra
bien
qu’ils
se
rangent
parmi
les
empiriques
qui
répudient
le
raisonne-
ment.
Ainsi
d’après
eux
la
connaissance
des
mala-
dies
est
en
dehors
de
l’art,
et
la
médecine
est
ren-
fermée
dansla
pratique:
encore
sont-ils
inférieurs
aux
empiriques,
Car
ceux-ci
embrassent
beau-
coup
de
choses
dans
leur
examen,
tandis
que
les
méthodistes
se
bornent
à
l’observation
la
plus
facile
et
la
plus
vulgaire.
Ils
agissent
comme
les
vétérinaires,
qui,
ne
pouvant
apprendre
d'ani-
maux
muets
ce
qui
est
relatif
à
chacun
d’eux,
insistent
seulement
sur
les
caractères
généraux.
C’est
ce
que
font
aussi
les
nations
étrangères,
qui,
dans
leur
ignorancede
toute
médecinerationnelle,
ne
vont
pas
au
delà
de
quelques
données
géné-
rales.
Ainsi
font
encore
les
infirmiers,
qui
ne
pouvant
prescrire
à
chaque
malade
un
régime
convenable
,
les
soumettent
tous
au
régime
com-
mun.
À
coup
sûr
les
anciens
médecins
ne
négli-
geaient
pas
l’étude
des
caractères
généraux,
mais
ils
allaient
plus
loin
;
et
Hippocrate,
le
médecin
de
l'antiquité,
nous
dit
que
pour
traiter
les
maladies,
il
faut
connaître
les
symptômes
qui
les
rappro-
chent
et
ceux
qui
les
séparent.
Les
méthodistes
eux-mêmes
ne
sauraient
maintenir
leurs
prin-
cipes
;
car
que
les
maladies
dépendent
du
resser-
rement
ou
du
relâchement,
elles
offrent
certai-
tioni
quoque
insistit.
Sin,
quod
vero
propius
est,
vix
ulla
perpetua
præcepta
medicinalis
ars
recipit,
idem
sunt,
quod
ü,
quos
experimenta
sola
sustinent
:
eo
magis,
quoniam,
compresserit
aliquem
morbus,
an
fuderit,
quilibet
etiam
imperitissimus
videt
:
quid
autem
compres-
sum
corpus
resolvat,
quid
solutum
teneat,
si
a
ratione
tractum
est,
rationalis
est
medicus
;
si,
ut
ei
qui
se
ratio-
nalem
negat,
confiteri
necesse
est,
ab
experientia,
em-
piricus.
Ita
apud
eum
morbi
cognitio
extra
artem
,
medi:
cina
intra
usum
est.
Neque
adjectum
quidquam
empirico-
rum
professioni,
sed
demptum
est;
quoniam
illi
multa
cireumspiciunt,
hi
tantum
facillima,
et
non
plus,
quam
vulgaria.
Nam
et
ii,
qui
pecoribus
ac
jumentis
medentur,
cum
propria
cujusque
ex
mutis
animalibus
nosse
non
possint,
communibus
tantummodo
insistun£
:
eb
exteræ
gentes
,
cum
subtilem
medicinæ
rationem
non
noverint
,
communia
tantum
vident
.
et
qui
ampla
valetudinaria
nutriunt,
quia
singulis
summa
cCura
consulere
non
sustinent,
ad
communia
ista
confugiunt.
Neque,
her-
cules,
istud
antiqui
medici
nescierunt,
sed
his
con-
tenti
non
fuerunt.
Ergo
etiam
vetustissimus
auctor
Hippocrates
dixit,
mederi
oportere,
et
communia,
et
propria
intuentem.
AC
ne
isti
quidem
ipsi
intra
suam
pro-
fessionem
consistere
ullo
modo
possunt
:
siquidem
et
compressorum
et
fluentium
morborum
genera
diversa

10
nement
des
différences
entre
elles,
et
ces
diffé-
rences-sont
encore
plus
faciles
à
saisir
dans
les
maladies
par
relâchement.
Autre
chose,
en
effet,
est
de
vomir
du
sang
ou
de
la
bile,
ou
de
rejeter
sesaliments
;
d'être
tourmenté
par
des
évacuations
abondantes
ou
par
des
tranchées;
d’être
épuisé
par
des
sueurs
ou
miné
par
la
consomption.
Les
humeurs
peuvent
aussi
se
jeter
sur
certains
or-
ganes,comme
les
yeux
et
les
oreilles,
ou
sur
toute
autre
partie
@u
corps
sans
exception.
Or,
le
même
traitement
n’est
pas
applicable
à
ces
affections
diverses.
De
sorte
que
le
principe
général
du
re-
lächement
se
réduit
en
pratique
à
la
considéra-
tion
d’une
maladie
spéciale,
à
laquelle
il
faut
sou-
vent
trouver
un
remède
partieulier
;
car
même
dans
les
cas
semblables
les
mêmes
moyens
n’ont
pas
un
effet
constant.
Et
bien
qu'on
ait
en
gé-
néral
des
ressources
assurées
contre
le
resserre-
ment
ou
le
relâchement
du
ventre,
il
y
a
cepen-
dant
des
personnes
sur
lesquelles
ces
remèdes
agiront
d’une
manière
différente.
[ei
donc,
on
n’a
que
faire
d'examiner
l’état
général
;
et
l’ap-
préciation
des
signes
particuliers
est
seule
im-
portante.
Souvent
aussi
il
suffira
de
connaître
la-cause
du
mal
pour
le
guérir.
C'est
ce
que
nous
avons
vu
faire
depuis
peu
à
Cassius,
un
des
plus
habiles
médecins
de
notre
temps.
Ap-
pelé
chez
un
malade
aux
prises
avec
la
fièvre
et
très-altéré
,
et
reconnaissant
que
la
maladie
n’é-
tait
venue
qu’à
la
suite
d’un
état
d'ivresse,
il
lui
fit
boire
aussitôt
de
l’eau
froide
;
or,
dès
que
cette
eau,
par
son
mélange
avec
le
vin,
en
eut
tempéré
la
force,
il
se
manifesta
du
sommeil
et
de
la
sueur,
qui
emportèrent
la
fièvre.
En
agissant
avec
tant
d'opportunité,
ce
médecin
ne
s’occu-
pait
pas
de
savoir
si
le
corps
était
resserré
ou
sunt,
faciliusque
id
in
is,
quæ
fluunt,
inspici
potest.
Aliud
est
enim
sanguinem,
aliud
bilem,
aliud
cibum
vo-
mere;
aliud
dejectionibus,
aliud
torminibus
laborare;
aliud.
sudore
digeri,
aliud
tabe
consumi.
Atque
in
partes
quoque
humor
erumpit,
ut
oculos,
auresque
:
quo
peri-
culo
nullum
bumannm
membrum
vacat.
Nihil
autem
ho-
rum
sic
ut
aliud
curatur,
Ita
protinus
in
his
a
communi
fluentis
morbi
contemplatione
ad
propriam
medicina
de-
scendit.
Atque
in
hac
quoque
rursusalia
proprietatis
notitia
sæpe
necessaria
est;
quia
non
eadem
omnibus,
etiam
in
similibus
casibus,
opitulantur.
Siquidem
certæ
quæ-
dam
res
sunt,
quæ
in
pluribus
ventrem
aut
adstringuntf,
aut
resolvunt
:
inveniuntur
tamen,
in
quibus
aliter,
atque
in
ceteris
,
idem
eveniat.
In
his
ergo
communium
inspec-
fio-coutraria
est,
propriorum
tantum
salufaris.
Et
causæ
quoque
æstimatio
sæpe
morbum
solvit.
Ergo
etiam
in-
geniosissimus
sæculi
nostri
medicus,
quem
nuper
vidi-
mus,
Cassius,
febricitanti
cuidam,
et
magna
siti
affecto,
cum
post
ebrietatem
eum
premi
cœpisse
cognossef,
aquam
frigidam
ingessit.
Qua
ïlle
epota,
cum
vini
vim
miscendo
fregisset,
protinus
febrem
somno
et
sudore
dis-
cussit.
Quod
auxilium
medicus
opportune
providit,
non
ex
0,
quod
aut
adstrictum
eorpus
erat,
aut
fluebat
;
mr
nn
D
CN
EEE
OC
EEE
ie
‘
CELSE.
relâché
;
mais
il
se
réglait
sur
la
cause
qui
avait
précédé
l'invasion
du
mal.
Les
méthodistes
d’ailleurs
conviennent
qu’il
faut
tenir
compte
des
saisons
et
des
climats
;
et
dans
leurs
discus-
sions
relatives
à
la
manière
dont
les
personnes
en
santé
doivent
se
conduire,
ils
prescrivent,
dans
les
localités
et
les
saisons
malsaines,
d’é-
viter
plus
soigneusement
le
froid,
la
chaleur,
l'intempérance,
le
travail,
et
l’abus
des
plaisirs;
si
lon
ressent
quelque
malaise,
ils
conseillent
le:
repos,
et
ne
veulent
pas
qu'on
provoque
ni
vo-
missements,
niselles.
Il
y
a
certainement
de
la
vérité
dans
ces
préceptes,
mais
ici
encore
leurs
principes
généraux
fléchissent
devantles
consi-
dérations
particulières;
à
moins
qu'ils
n’entre—
prennent
de
nous
persuader
que
ces
remärques
sur
l’état
du
ciel
et
les
époques
de
l’année,
utiles
aux
hommes
bien
portants,
sont
de
nulle
valeur
pour
les
malades;
tandis
que
l'observation
des
règles
est
d'autant
plus
nécessaire
à
ces
derniers,
que
leur
faiblesse
les
prédispose
davantage
aux
influences
morbides.
Ne
voit-on
pas
ensuite
les
maladies
affecter
chez
les
mêmes
personnes
des
caractères
différents,
et
tel
qu’on
traitait
vaine-
ment
par
des
moyens
convenables
être
guéri
souvent
par
des
remèdes
contraires
?
Que
dedis-
tinctions
à
établir
aussi
dans
le
régime
alimen-
taire!
je
n’en
veux
signaler
qu’un
exemple.
On
supporte
mieux
la
faim
dans
la
jeunesse
que
dans
l'enfance,
quand
l'air
est
épais
que
lorsqu'il
est
léger;
on
la
supporte
mieux
l’hiver
que
l'été,
lorsqu'on
ne
fait
habituellement
qu’un
repas
que
lorsqu'on
en
fait
deux,
et
quand
on
garde
le
re-
pos
que
lorsqu'on
prend
de
l’exercice.
Enfin,
il
est
souvent
nécessaire
d'accorder
de
bonne
heure
des
aliments
à
ceux
qui
tolèrent
plus
difficile-
sed
ex
causa,
quæ
ante
præcesserat.
Estque
etiam
pro-
prium
.aliquid
et
loci
et
temporis,
istis
quoque
au-
ctoribus
:
qui
cum
disputant,
quemadmodum
sanis
hominibus
agendum
sit,
præcipiunt
ut
gravibus
aut
Jocis
aut
temporibus
magis
vitetur
frigus,
æstus,
satietas,
labor,
libido;
magisque
ut
conquiescat
iisdem
locis
aut
temporibus
,
si
quis
gravitatem
corporis
sentit;
ac
ne-
que
vomitu
stomachum,
neque.
purgatione
alvum
sollici-
tet.
Quæ
vera
quidem
sunt,
à
communibus
tamen
ad
quædam
propria
descendant.
Nisi
persuadere
nobis
volunt,
sanisquidem
considerandum
esse,
quod
cœlum,
quod
tempus
anni
sit;
ægris
vero
non
esse
:
quibus
tanto
magis
omnis_
observatio
necessaria
est,
quanto.
magis
obnoxia
offensis
infirmitas
est.
Quin
etiam
morborum
in
üsdem
hominibus
aliæ
atque
aliæ
proprietates
sunt;
et
qui
se-
cundis
aliquando
frustra
curatus
est,
contrariis
sæpe
re-
stituitur.
Plurimaque
in
dando
cibo
discrimina
reperiun-
tur;
ex
quibus
contertus
uno
ero.
Nam
famem
facilius
adolescens,
quam
puer;
facilius
in
denso
cœlo,
quam
in
tenui;
facilius
hieme,
quam
æstate;
facilius
uno
cibo,
quam
prandio
quoque
assuetus;
facilius
inexercitatus,
quam
exercitatus
homo
sustinet,
Sæpe
autem
in
eo
magis
necessaria
cibi
festinatio
est,
qui
minus
inediam
tolerat.

TRAITÉ
DE LA
MÉDECINE,
LIV.
I.
1
ment
l'abstinence.
D'après
ces
considérations,
je
conclus
que
si
lon
ne
peut
tenir
compte
des
cir-
constances
particulières,
il
faut
se
borner
aux
vues
générales
;
mais
que
si
l’on
peut
apprécier
chacune
d'elles,
il
faut
s’y
arrêter
avecsoin
;
Sans
oublier
toutefois
les
caractères
communs
;
et
c’est
pour
cela
qu'à
mérite
égal,
il
vaut
mieux
avoir
“ua
ami
qu’un
étranger
pour
médecin.
Je
reviens
à
mon
sujet,
et
je
pense
que
la
médecine
doit
être
rationnelle,
en ne
puisant
cependant
ses
in-
dications
que
dans
les
causes
évidentes;
la
re-
cherche
des
causes
occultes
pouvant
exercer
l’es-
prit
du
médecin,
mais
devant
être
bannie
de
la
pratique
de
l'art.
Je
pense
aussi
qu'il
est
à
la
fois
inutile
et
cruel
d’ouvrir
des
corps
vivants,
mais
qu’ilest
nécessaire
à
ceux
qui
cuitivent
la
science
de
se
livrer
à
la
dissection
des
cadavres,
car
ils
doivent
connaître
le
siége
et
la
disposition
des
organes,
objets
que
les
cadavres
nous
représen-
tent
plus
exactement
que
l’homme
vivant
et
blessé.
Quant
aux
choses
qui
ne
se
révèlent
que
pendant
la
vie,
l'expérience
nous
en
instruira
dans
le
pansement
des
blessures,
d’une
manière
plus
lente,
il
est
vrai,
mais
plus
conforme
à
l’hu-
manité.
Ces
préliminaires
établis,
j'exposerai
d’abord
les
règles
à
suivre
pour
se
maintenir
en
santé;
puis
je
parlerai
des
maladies
et
de
leur
traitement.
I.
L'homme
doué
d’une
bonne
constitution,
qui
possède
à
la
fois
la
santé
et
la
liberté
de
ses
actions,
ne
doit
s’astreindre
à
aucun
régime,
et
.
peutse
passer
également
de
médecin
et
d'iatra-
lepte
(2).
Il
variera
son
genre
de
vie,
tantôt
à
la
campagne,
tantôt
à
la
ville,
et
le
plus
souvent
à
la
campagne.
Il
devra
naviguer,
chasser,
parfois
s’abandonner
au
repos,
mais
presque
toujours
Ob
quæ
conjicio,
eum
,
qui
propria
non
novit,
communia
tantum
intueri
debere;
eumque,
qui
nosse
propria
po-
test,
illa
quidem
non
oportere
negligere,
sed
his
quoque
insistere.
Ideoque,
cum
par
scienlia
sit,
utiliorem
tamen
medicum
esse
amicum,
quam
extraneum.
Jgitur,
ut
ad
propositum
meum
redeam
,
rationalem
quidem
putome-
dicinam
esse
debere:
instrui
vero
ab
evidentibus
causis
;
obscuris
omnibus,
non
à
cogitatione
artificis
,
sed
ab
ipsa
arte
rejéctis.
Incidere
autem
vivorum
corpora
,
ef
crude-
le,
et
supervacuum
est
:
mortuorum
discentibus,
neces-
sarium.
Nam
positum
et
ordinem
nosse
debent,
quæ,
cadavera
melius,
quam
vivus
et
vulneratus
homo,
re-
præsentant.
Sed
ef
cetera,
quæ
modo
in
vivis
cognosei
possunt,
in
ipsis
curationibus
vulneratorum
paulo
tardius,
sed
aliquanto
mitius
usus
ipse
monstrabit.
His
propositis,
primum
dican,
quemadmodum
sanos
agere
conveniat:
tum
ad
ea
transibo
,
quæ
ad
morbos
curalionesque
corum
pertinebunt.
I.
Sanus
homo,
qui
et
bene
valet,
et
suæ
spontis
est,
vuilis
obligare
se
legibus
debet
;
ac
neque
medico,
neque
jatralipta
egere.
Hunc
oportet
varium
habere
vitæ
genus:
modo
ruri
esse,
modo
in
urbe,
sæpiusque
in
agro
;
navi-
gare,
venari,
quicscere
interdum
,,
sed
frequentius
se
exer-
s'exercer,
car
la
mollesse
énerve
le
corps,
que
le
travail
fortifie
;
l’une
rend
la
vieillesse
hâtive,
et
l'autre
prolonge
la
jeunesse.
Il
peut
aussi
se
bai-
gner,
tantôt
à
l’eau
chaude,
tantôt
à
l’eau
froide
;
employer
les
onctions
ou
les
négliger
;
ne
repous-
ser
aucun
des
aliments
dont
le
peuple
fait
usage;
prendre
sa
part
d’un
banquet
ou
s'en
abstenir
;
manger
avec
excès
où
modérément;
faire
plutôt
deux
repas
par
jour
qu'un
seul,
et
les
faire
abon-
dants,
pourvu
que
la
digestion
s’accomplisse.
Cette
manière
de
vivre
et
de
s'exercer
est
aussi
nécessaire
que
celle
des
athlètes
serait
mal
en-
tendue
;
car
si
l'exigence
des
affaires
civiles
vient
troubler
l’ordre
des
exercices,
la
santé
se
dé-
range,
et
ceux
d’ailleurs
qui
suivent
le
régime
des
athlètes
arrivent
très-promptement
à
la
vieillesse,
et
tombent
facilement
malades.
Quant
aux
rapports
sexuels,
ii
ne
faut
pas
plus
les
re-
douter
que
les
recherchef
avec:excès.
À
de
rares
intervalles
ils
relèvent
les
forces,
mais
ils
les
abattent
s'ils
sont
trop
répétés.
Au
reste,
comme
ce
n’est
pas
le
nombre
iei
qui
constitue
la
fré-
quence,
mais
qu’elle
se
mesure
au
tempérament,
à
Pâge
et
à
la
santé
,ilest
bon
de
savoir
que
ces
rapports
sont
utiles,
quand
ils
ne
sont
pas
suivis
d’épuisement
et
de
douleur.
Ils
conviennent
beaucoup
moins
le
jour
que
la
nuit;
et
dans
le
premiercas
on
ne
doit
pas
manger
aussitôt
après,
de
même
que
dans
le
second
il
faut
éviter
le
tra-
vail
et
la
veille.
Ces
préceptes
s'adressent.
aux
personnes
robustes,
et
l’on
se
gardera
bien
d’é-
puiser
dans
l’état
de
santé
les
ressources
desti-
nées
à
la
maladie.
II.
Mais
pour
les
personnes
délicates,
parmi
lesquelles
je
range
une
grande
partie
des
habi-
tants
des
villes
etpresque
tousles
gens
de
lettres,
cere
:
siquidem
ignavia
COrpus
hebetat,
labor
firmat’;
illa
maturam
senectutem,
hic
longam
adolescentiam
reddit.
Prodest
etiam
interdum
balneo,
interdum
aquis
frigidis
uti;
modo
ungi,
modo
idipsum
negligere
;
nullum
cibi
ge-
nus
fugere,
quo
populus
utatur
;
interdum
in
convictu
esse,
interdum
ab
eo
se
retrahere
;
modo
plus
justo,
moda
non
amplius
assumer
;
bis
die
potius,
quam
semel
cibum
capere,
et
semper
quam
plurimum,
dummodo
hune
con-
coquat.
Sed
ut
hujus
generis
exercitationes
cibique
neces-
sarii
sunt;
sic
athletici
supervacui.
Nam
et
intermissus
propter
civiles
aliquas
necessitates
ordo
exercitationis
corpus
aflligit;
et
ea
corpora,
quæ
more
eorum
repleta
sunt,
celerrime
et
senescunt,.
el
ægrotant.
_Concubitus
vero
neque
nimis
concupiscendus
;
nequé
nimis
pertime=
scendus
est
:
rarus,
corpus
excitat;
frequens,
solvit.
Cum
autem
frequens,
non
numero
Sif,
sed
natura,
ralione
ætatis
et
corporis,
SCIre
licet,.eum
non
inutilem
esse
,
quem
corporis
neque
languor,
neque
dolor
sequitur.
Idem
interdiu
pejor
est,
noctu
tutior
:
ita
tamen,
sineque
illum
cibus,
neque
hunc
cum
vigilia
labor
statim
sequitur:
Hæc
firmis
servanda
sunt;
cayendumque,
ne
in
secunda
vale:
tudine
adversæ
præsidia
consumantur.
.
1. At
imbecillis
(quo
in
numero
magna
pars
urbañoe

12
CELSE.
il
y
a
nécessité
de
s'observer
davantage.
Il
faut
qu'elles
regagnent
à
force
de
soins
ce
que
la
faiblesse
de
leur
constitution,
la
nature
de
leurs
études
ou
l'insalubrité
de
leur
séjour
leur
a
fait
perdre.
Ainsi
donc
si
la
digestion
s’est
faite
ré-
suliérement,
on
pourra
se
lever
matin;
si
elle
n’a
pas
été
complète,
il
faudra
donner
plus
de
temps
au
sommeil,
et
même
si
l’on
est
obligé
de
sortir
trop
tôt
du
lit,
se
recoucher
plus
tard.
Mais
si
la
digestion
ne
se
fait
pas
du
tout,
on
devra
garder
un
repos
absolu,
et
laisser
en
sus-
pens
le
travail,
l'exercice,
et
les
affaires.
Lors-
qu’on
a
des
éructations
sans
douleur
à
l’épi-
gastre,
il
faut
de
temps
en
temps
boire
un
peu
d’eau
froide
et
ne
point
s’agiter.
La
maison
qu’on
occupe
doit
être
bien
éclairée,
recevoir
un
vent
frais
en
été
,
et
le
soleil
en
hiver.
On
ne
s’expo-
sera
point
à
la
chaleur
du
midi,
à
la
fraîcheur
du
matin
et
du
soir,
nonplus
qu'aux
émanations
des
rivières
et
des
étangs.
Par
un
temps
incer-
tain
,
mêlé
de
nuages
et
de
soleil,
on
évitera
de
sortir,
de
peur
de
ressentir
les
doubles
effets
de
la
chaleur
et
du
froid,
d’où
naissent
presquetou-
jours
Les
rhumes
etles
fluxions.
C’est
surtout
dans
les
lieux
malsains,
où
règnent
souvent
des
épidé-
mies
,
que
ces
préceptes
sont
d'une
obligation
ri-
goureuse,
II
n’est
pas
inutile
de
savoir
quesi
l’on
rend
tous
les
matins
des
urines
aqueuses
,
puis
des
urines
rougeâtres,
il
y
a
là
l’indice
d’une
bonne
santé.
Les
premières
annoncent
le
travail
actuel
de
la
digestion,
et
les
secondes
que
ce
travail
est
terminé.
Lorsqu’on.est
réveillé,
on
doit
rester
encore
quelque
temps
au
lit,
puis
(à
moins
qu'on
ne
soit
en
hiver)
se
bien
laver
la
bouche
avec
de
l’eau
froide.
Quand
les
jours
se
rallongent,
si
l’on
ne
fait
pas
la
méridienne
rum,
omnesque
pene
cupidi
litterarum
sunt)
observatio
major
necessaria
est
:
ut
quod
vel
corporis,
vel
loci,
vel
studii
ratio
detrahit,
curarestituat.
Ex
his
igitur,
qui
bene
concoxit,
mane
tuto
surget;
qui
parum,
quiescere
debet,
et
si
mane
surgendi
necessitas
fuerit,
redormire
:
qui
non
concoxit,
ex
toto
Conquiescere,
ac
neque
labori
se,
neque
exercitationi,
neque
negotiis
credere.
Qui
crudum
sine
‘præcordiorum
dolore
ructat,
is
ex
intervallo
aquam
frigi-
dam
bibere,
et
se
nihilominus
continere.
Habitare
vero
ædificio
lucido,
perflatum
æstivum,
hibernum
solem
ha.
bente
;
cavere
meridianum
soiem,
matutinum
et
vesper-
tinum
frigus
;
itemque
auras
fluminum
atque
stagnorum
:
minimeque,
nubilo
cœlo,
soli
aperienti
se
committere,
ne
modo
frigus,
modo
calor
moveat;
quæ
res
maxime
gravedines
destillationesque
concitat.
Magis
vero
gravibus
locis
ista
servanda
sunt,
in
quibus
eliam
pestilentiam
fa-
ciunt.
Sete
autem
licet,
integrum
corpus
esse,
CUM
quo-
tidie
mane
urina
alba,
dein
rufa
est
:
illud
concoquere,
hoc
concoxisse
significat.
Ubi
experrectus
est
aliquis,
paulum
intermittere
:
deinde,
nisi
hiems
est,
fovere
os
multa
aqua
frigida
debet.
Longis
diebus
meridiari
potius
ane
cibum
;
sin
minus,
post
eum:
per
hiemem
potissimum
totis
noctibus
conquiescere.
Sin
lucubrandum
est,
non
avant
les
repas,
ce
qui
est
préférable,
il
faut
au
moins
la
faire
après.
Toutes
les
nuits
d'hiver
ap-
partiennent
au
sommeil
;
mais
si
l’onest
forcé
de
donner
ses
veilles
au
travail,
au
lieu
de
s’y
li-
vrer
après
avoir
mangé,
on
doit
attendre
que
la
digestion
soit
faite.
Celui
que
des
devoirs
civils
ou
privés
retiennent
tout
le
jour,
aura
soin
ce-
pendant
de
réserver
quelques
instants
au
main-
tien
de
sa
santé.
L'exercice
pris
constamment
avant
le
repas
doït
se
placer
en
première
ligne.
Il
sera
plus
actif
si
les
occupations
ont
été
modé-
rées
et
les
digestions
faciles
,
et
moins
énergique
s’il
y
a
déjà
de
la
fatigue,
et
si
l’on
n’a
qu’im-
parfaitement
digéré.
Parmi
les
exercices
salu-
taires,
figurent
la
lecture
à
haute
voix,
les
ar-
-mes,
la
paume,
la
course
et
la
promenade.
Celle-
ci
présente
plus
d'avantages
quand
le
terrain
est
accidenté
que
lorsqu'il
est
uni,
parce
qu’il
en
résulte
une
plus
grande
variété
de
mouvements
;
mais
il-faut
toutefois
que
le
sujet
ne
soit
pas
trop
faible.
Elle
est
aussi
plus
favorable
en
plein
air
que
sous
un
portique,
et
au
soleil
qu’à
l’ombre,
sila tête
peut
le
supporter.
Il
vautmieux
marcher
à
l'ombre
des
murs
et
du
feuillage
qu’à
celle
des
toits,
et
se
promener
dans
une
seule
direction
que
dans
une
route
flexueuse.
Le
terme
de
l’exercice
sera
marquégénéralement
par
la
sueur,
ou
par
un
commencement
de
lassitude
qui
ne
doit
pas
aller
jusqu’à
la
fatigue.
À
cet
égard,
la
mesure
sera
plus
ou
moins
forte,
et
l’on
n’a
pas
comme
les
athlètes
à
s’imposer
une
règle
fixe,
ou
des
efforts
immodérés.
L'exercice
est
utilement
suivi,
soit
d’onctions
faites
au
soleil
ou
devant
le
feu,
soit
d’un
bain
qu'il
faut
prendre
dans
une
salie
élevée,
spacieuse,
et
bien
éclairée.
Sans
qu’il
soit
néces-
saire
de
toujours
s’astreindre
à
ces
précautions,
post
cibum
id
facere,
sed
post
concoctionem.
Quem
in-
terdiu
vel
domestica,
vel
civilia
officia
tenuerunt,
buic
tempus
aliquod
servandum
curationi
corporis
sui
est.
Prima
autem
ejus
curatio,
exercitatio
est,
quæ
semper
an:
tecedere
cibum
debet
:
in
eo,
qui
minus
laboravit
,
et
bene
concoxit,
amplior
;
in
e0,
qui
fatigatus
est,
et
minus
con-
coxit,
remissior.
Commode
vero
exercent,
clara
lectio,
arma,
pila,
cursus,
ambulatio;
atque
hæc
non
utique
plana,
commodior
est;
siquidem
melius
ascensus
quoque
et
descensus,
cum
quadam
varielate
corpus
moveat
;
nisi
famen
id
perquam
imbecillum
est.
Melior
autem
est
sub
divo,
quam
in
portieu;
melior,
si
caput
patitur,
in
sole,
quam
in
umbra;
melior
in
umbra,
quam
parietes
aut
vi-
ridiaefficiunt,
quam
quæ
tecto
subest
;
melior
recta,
quam
flexuosa.
Exercitationis
autem
plerumque
finis
esse
debet
sudor,
aut
certe
lassitudo
quæ
citra
fatigationem
sit
:
idque
ipsum,
modo
minus,
modo
magis
faciendum
est.
Ac
ne
his
quidem,
athletarum
exemplo,
vel
certa
esse
lex,
vel
immodicus
labor
debet.
Exercitationem
recte
sequitur,
modo
unctio,
vel
in
sole,
vel
ad
ignem;
modo
balneum,
sed
conclavi
quam
maxime
et
alto
et
lucido
et
spatioso.
Ex
his
vero
neutrum
semper
fieri
oportet;
sed
sæpius
al-
terutrum,
pro
corporis
natura.
Post
hæcpaulum
conquies

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LEV.
I.
13
onpeutrecourir
à
l’une
ou
à
l’autre,
selon
la
disposi-
tion
du
corps,
etse
reposer
ensuite
quelque
temps.
Relativement
à
l'alimentation,
l’excès
n’est
ja-
mais
utile,
et
l’abstinence
extrême
est
souvent
nuisible.
En
cas
d'intempérance,
il
vaut
mieux
qu’elle
porte
sur
le
boire
que
sur
le
manger.
Le
repas
commencera
de
préférence
par
des
salai-
sons,
des
légumes
et
autres
aliments
semblables,
pourarriver
à
la
viande,
qui
est
toujours
meilleure
rôtie
ou
bouillie.
Tous
les
assaisonnements
sont
nuisibles,
par
la
double
raison
que
leur
saveur
excite
à
manger
davantage
,’et
qu'à
proportion
égale
ils
sont
plus
rebelles
à
la
digestion.
Le
dessert
est
supporté
facilement
par
un
bon
esto-
mac,
mais
il
s’aigrit
dans
un
estomac
débile.
Si
donc
on
n’a
pas
une
grande
force
pour
digérer,
c’est
au
commencement
du
repas
qu'il
faut
man-
ger
les
dattes,
les
pommes,
et
les
autres
fruits
de
même
nature.
Lorsqu'on
a
bu
bien
au
delà
de
sa
soif,
il
ne
faut
plus
rien
prendre;
et
dès
qu'on
est
rassasié
,
on
doit
se
tenir
en
repos.
On
faci-
lite
la
digestion
après
avoir
beaucoup
mangé,
en
avalantun
verre
d’eau
froide.
On
a
soin
de
veil-
ler
encore
quelque
temps,
puis
le
sommeil
vient
naturellement.
Si
l’on
s’est
gorgé
d'aliments
pen-
dant
la
journée,
il
faudra
se
préserver
de
la
cha-
leur,
du
froid
et
de
la
fatigue,
dont
la
fâcheuse
influence
s'exerce
plus
facilement
dans
cet
état
de
plénitude
que
dans
l’état
de
vacuité.
Si
l’on
croit
avoir
à
supporter
une
longue
abstinence,
on
devra
dans
ce
cas
éviter
tout
travail
pénible.
III.
Ces
règles
générales
sont
à
peu
près
cons-
tantes;
maisil
ya
des
circonstances
accidentelles,
et
d’autres
relatives
aux
tempéraments,
aux
sexes(3),
aux
âgesetaux
saisons,
quiréclament
er-
core
des
soins
particuliers.
On
doit
redouter
en
ef-
fet
ie
passage
d’un
lieu
salubre
à
un
lieu
malsain,
cere
opus
est.
Ubi
ad
cibum
ventum
est,
numquam
uti-
lis
est
nimia
satiefas;
sæpe
inutilis
nimia
abstinentia
:
si
qua
intemperantia
subest,
tuiior
est
in
potione,
quam
in
esca.
Cibus
a
salsamentis,
oleribus,
similibusque
rebus
melius
incipit
:
tum
caro
assumenda
est,
quæ
assa
optima,
aut
elixa
est.
Condita
omnia
duabus
de
causis
inutilia
sunt;
quoniam
et.
plus
propter
dulcedinem
assumitur,
et
quod
modo
par
est,
tamen
ægrius
con-
coquitur.
Secunda
mensa
bono
stomacho
nihil
nocet,
in
imbecillo
coacescit.
Si
quis
itaque
hoc
parum
valet,
pal-
mulas,
pomaque,
et
similia
melius
primo
cibo
assumit.
Post
mulfas
potiones,
quæ
aliquantum
sitim
excesserunt,
nihil
edendum
est
:
post
satietatem,
nihil
agendum.
Ubi
expletus
est
aliquis,
facilius
concoquit,
si
quidquid
as-
sumpsit,
potione
aquæ
frigidæ
includit,
tum
paulisper
invigilat,
deinde
bene
dormit.
Si
quis
interdiu
se
imple-
vit,
post
cibum
neque
frigori,
neque
æstui,
neque
labori
se
debet
committere
:
neque
enim
tam
facile
hæc
inani
corpore,
quam
repleto
nocent.
Si
quibus
de
causis
futura
inedia
est,
labor
omnis
vitandus
est.
III.
Atque
hæc
quidem
pene
perpetua
sunt.
Quasdam
autem
observationes
desiderant
et
novæ
res,
él
corporum
ou
même
lé
changement
d’un
endroit
insalubre
contre
un
meilleur,
À
l’entrée
de
l’hiver,
il
y
a
moins
d'inconvénient
à
passer
d’un
milieu
favora-
ble
dans
un
milieu
contraire
;
mais
c’est
au
com-
mencement
de
l’été
quedevra
se
faire
la
transition
inverse,
Manger
avec
excès
après
une
longue
abstinence.,
est
aussi
nuisible
que
de
remplacer
l'extrême
satiété
par
un
jeûne
extrême.
Celui-là
s’expose,
qui,
contrairement
à
son
habitude,
se
livre
sans
mesure
à
la
table
une
ou
deux
fois
par
jour.
De
même,
sous
peine
de
conséquences
graves,
on
évitera
de
faire
suivre
un
travail
im-
modéré
d’un
repos
immédiat,
ou
de
passer
brus-
quement
de
l'oisiveté
à
un
travail
excessif.
Ainsi,
lorsqu'on
veut
changer
quelque
chose
à
son
genre
de
vie,
il
faut
y
procéder
par
degrés.
Un
enfant
ou
un
vieillard
supportera
mieux
une
occupation
quelconque
que
l'homme
fait,
sans
habitude
du
travail.
Comme
cependant
la
néces-
sité
peut
en
faire
une
loi,
on
voit
par
là
ce
qu’il
y
a
de
fâcheux
dans
une
vie
oisive.
S’il
arrive
en
effet
qu'une
personne
inappliquée
jusqu'alors
soit
obligée
de
travailler,
elle
devra
s’endormir
à
jeun,
de
même
que
l’homme
laborieux
qui
aurait
dépassé
sa
mesure
habituelle.
Ce
pré-
cepte
est
de
rigueur,
surtout
si
la
bouche
est
amère,
si
la
vue
est
trouble,
ou
s’il
y
a
des
dé-
sordres
du
côté
du
ventre.
Et
ce
n’est
pas
assez
de
se
coucher
à
jeun,
il
faut
le
lendemain
encore
garder
le
lit,
à
moins
que
le
repos
n'ait
amené
un
prompt
soulagement.
Il
convient
dans
ce
cas
de
se
lever
et
de
faire
une
petite
prome-
nade
à
pas
lents.
Si
la
fatigue
est
trop
modérée
pour
rendre
le
sommeil
nécessaire,
on
se
con-
tentera
de
se
promener
un
peu,
comme
je
viens
de
le
dire.
Une
règle
applicable
à
tous
ceux
qui
veulent
prendre
des
aliments
après
s'être
fati-
genera,
[et
sexus]|,
et
æfates,
et
tempora
anni.
Nam
ne-
que
ex
salubri
loco
in
gravem,
nequeex
gravi
in
salubrem
transitus
satis
tutus
est.
Ex
salubri
in
gravem,
prima
hieme;
ex
gravi
in.
eum,
qui
salubris
est,
prima
æsfate
transiremeliusest.
Neque
vero
ex
multa
fame
nimia
satietas;
neque
ex
nimia
satietate
fames
idonea
est.
Periclitaturque,
et
qui
semel,
et
qui
bis
die
cibum
incontinenter,
contra
con-
suetudinem,
assumit.
Item,
neque
ex
nimio
labore
subitum
otium,
neque
ex
nimio
otio
subitus
labor,
sine
gravi
noxa
est.
Ergo,
cum
quis
mutare
aliquid
volet,
paulatim
debebit
assuescere.
Omnem
etiam
laborem
facilius
vel
puer
vel
senex,
quam
insuetus
homo
suslinet.
Atque
ideo
quoque
nimis
otiosa
vita
utilis
non
est;
quia
potest
incidere
labo-
ris
necessitas.
Si
quando
tamen
insuetus
aliquis
laboravit,
aut
si
multo
plus,
quam
solet,
etiam
is
qui
assuevit,
huic
jejuno
dormiendum
est
:
multo
magis
,
si
etiam
os
ama-
rum
est,
vel
oculi
caligant,
aut
venter
perturbatur.
Tum
enim
non
dormiendum
tantummodo
jejuno
est,
sed
etiam
in
posterum
diem
permanendum
;
pisi
cito
id
quies
sustulit.
Quod
si
factum
est,
surgere
oportet,
et
lente
paulum
am-
bulare.
At
si
somni
necessitas
non
fuit,
quia
modice
magis
aliquis
laboravit,
tamen
ingredi
aliquid
eodem
modo
de-

14
CELSE.
oués,
c’est
de
marcher
d’abord
quelque
temps
;
puis,
s'ils
n’ont
pas.
de
bain
à
leur
disposition,
de
recourir
aux
onctions
@ans
un
endroit
chaud,
en
les
faisant
au
soleil
ou
devant
le
feu,
jusqu'à
provoquer
la
sueur,
S'il
leur
est
possible
de
se
baigner,
ils
s’arrêteront
avant
tout
dans
le
{epi-
darium,
et
après
quelques
instants
de
repos
en-
treront
au
bain.
Ils
en
sortiront
pour'se
faire
pra-
tiquer
des
onctions
huileuses
et
des
frictions
lége-
res,
et
s’y
mettront
de
nouveau.
Enfin,
comme
dernier
soin,
ils
devront
se
rincer
la
bouche
avec
de
l’eau
tiède,
puis
avec
de
l’eau
froide.
Le
bain
trop
chaud
leur
serait
contraire.
Si,
par
suite
d’une
lassitude
trop
grande,
il
se
déclare
un
lé-
ser
mouvement
de
fièvre,
il
conviendra
de
prendre,
dans
un
endroit
où
règne
une
bonne
température,
un
demi-bain
d’eau
chaude,
à
la-
quelle
il
faut
ajouter
un
peu
d'huile.
Il
est
utile
ensuite
de
frictionner
doucement
toutes
Les
par-
ties
du
corps,
et
de
préférence
ceiles
qui
se
trou-
vaient
dans
l’eau,
avec
un
mélange
d'huile,
de
vin,
et
de
sel
pulvérisé.
Ces
précautions
observées,
il
est
permis
à
ceux
qui
ont.ressenti
de
la
fatigue
de
songer
à
l'alimentation;
mais
elle
doit
être
humectante.
Ils
se
contenteront
d’eau
pure,
où
de
boissons
très-affaiblies
,
et
favorables
surtout
à
l'écoulement
des
urines.-Il
ne
faut
pas
ignorer
qu'il
est
très-pernicieux
de
boire
froid
après
un
travail
qui
a
excité
la
sueur;
et
lors
même
que
Ja
sueur
est
passée
,
cela
est
au
moins
inutile
à
ceux
qui
ont
à
se
reposer
d’une
longue
route.
Aux
yeux
d’Asclépiade,
les
boissons
froides
sont
dangereuses,
même
.au
sortir
du
bain.
Gela.est
vrai
sans
doute
pour
les
personnes
dont
le
ven-
tre
se
dérange
facilement
et
d'une
manière
sé-
rieuse,-et
pour
celles
qui
sont.très-sujéttes
aux
bet.
Communia
deinde
omnibus
sunt
post
fatigationem
cibum
sumpturis,
ubi
paulum
ambulaverunt,
si
balneum
non
est,
calido
loco,
vel
in
sole,
vel
ad
ignem
ungi,
atque
sudare;
si
est,
ante
omnia
in
tepidario
sedere;
deinde,
ubi
paulum
conquieverunt,
intrare
et
descendere
in
so-
lium;
tum
multo
oleo
ungi,
leniterque
perfricari
;
iterum
in
solium
descendere
:
post
hæc,
os
aqua
calida
fovere,
deinde
frigida.
Balneum
his
fervens
idoneum
non
est.
Ergo
si
nimium
alicui
fatigato
pene
febris
est,
huic
abunde
est,
loco
tepido
demittere
se
inguinihus
tenus
in
aquam
cali-
dam
,
cui
paulum
olei
sit
adjectum
:
deinde
totum
quidem
corpus,
maxime
famen
eas
parts,
quæ
in
aqua
fuerunt,
leniter
perfricare
ex
oleo,
cui
vinum
et
paulum
contfriti
salis
sit
adjectum.
Post
hæc,
omnibus
fatisatis
aptum
est
cibam
sumere,
eoque
humido
uti,
aqua,
vel
certe
diluta
potione
esse
contentos
;
maximeque
ea,
quæ
moveat
uri-
Ham.
Illud
quoque
nosse
oportet,
quod
ex
labore
sudanti
frisida,
potio
perniciosissima
est;
atqueetiam,
cum
sudor
se
remisit,
itinere
fatigatis
inutilis.
A
balneo
quoque
ve-
nientibus
Asclepiades
inutilem
eam
judicavit
:
quod
in
is
verum
est,
quibus
alvus
facile,
nec
tuto,
resolvitur,
qui-
que
facile,
imhorrescunt;
perpetuum
in
omnibus
non
es,
cum
potius
naturale
sit,
potione
æstuantem
stomachum
frissons
;
mais
cela
n'est
pas
vrai
pour
tout
le
monde,
et
rien
n’est
plus
naturel
que
de
calmer
la
chaleur
de
l'estomac
par
une
boisson
rafrai-
chissante,
Je
reconnais
toutefois
que
si
l’on
est
encore
en
sueur
à
la
suite
du
bain,
il
faut
éviter
de
boire
froid.
Lorsqu'on
a
pris
différentes
sortes
de
mets,
et
qu'on
a
bu
beaucoup
de
vin
étendu
d’eau,
il
y
a
souvent
de
l'avantage
à
se
faire
vo-
mir,
à
se
reposer
longtemps
le
lendemain,
et
à
prendre
ensuite
un
exercice
modéré.
Si
l’on
ne
peut
se
soustraire
à
une
fatigue
prolongée,
il
faudra
boire
alternativement
de
l’eau
et
du
vin,
et
ne
se
baigner
que
rarement.
Le
changement
d’occupations
rend
aussi
la
lassitude
moins
grande;
et
tel
qui
fléchit
sous
un
travail
inac-
coutumé,
se
délasse
en
reprenant
celui
dont
il
a
l'habitude,
Quand
on
a
besoin
de
repos,
le
lit
de
chaque
jour
est
le
meilleur
;
et
dur
ou
moelleux,
tout
autre
que
celui-là
fatigue.
Si
l’on
ne
sup-
porte
la
marche
qu'avec
peine,
il
y
a
des
soins
particuliers
à
prendre.
Lesfrictions,
par
exemple,
faites
pendant
la
route
à
de
fréquents
intervalles,
renouvellent
les
forces.
La
marche
terminée,
il
faut
d’abord
s'asseoir,
passer
ensuite
aux
onC-
tions,
puis
aux
fomentations
dans
un
bain
d’eau
chaude,
en
agissant
principalement
sur
les
par-
ties
inférieures
(4).
On
doit,
lorsqu’on
a
souffert
de
l’ardeur
du
soleil,
se
rendre
immédiatement
aux
bains,
et
se
faire.
arroser
d'huile
la
tête
et
le
corps;
se
mettre
ensuite
dans
un
bain
tres-
chaud,
et
là
faire
diriger
sur
la
tête
des
affu-
sions
chaudes,
auxquelles
succéderont
les
affu-
sions
froides.
À-t-on
au
contraire
subi
l'influence
du
froid,
il
faut
s'asseoir
bien
enveloppé
dans
le
topidarium,
jusqu'à
ce
que
la
sueur
se
dé-
clare,
recourir
aux
onctions,
et
se
baigner.
On
refrigerari.
Quod
ila
præcipio,
ut
tamen
fatear,
ne
ex
ha
quidem
causa
sudanti
adhuc
frigidum
bibendum
esse.
So-
let
etiam
prodesse,
post
varium
cibum,
frequentesque
dilufas
potiones,
vomitus,
et
postero
die
longa
quies,
deinde
modica
exercitatio.
Si
assidua
fatigatio
urget,
in-
vicem
modo
aqua,
modo
vinum
bibendum
est,
raroque
balneo
utendum.
Levatque
lassitudinem
etiam
laboris
mu-
tatio
:
eumque,
quem
novum
genus
laboris
pressit,
id
quod
in
consuetudine
est,
reficit.
Fatigalo
quotidianum
cubile
tutissimum
est.
Lassat
enim
quod
contra
consuetudinem
seu
molle,
seu
durum
est.
Proprie
quædam
ad
eum
per-
tinent,
qui
ambulando
fatigatur.
Hunc
reficit
in
ipso
quo-
que
itinere
frequens
frictio;
post
iter,
primum
sedile,
deinde
unctio
:
tum
calida
aqua
in
balneo
magis
inferiores
partes,
quam
superiores
foveat.
Si
quis
vero
exuslus
in
sole
est,
huic
in
balneum
protinus
eundum,
perfunden-
dumque
oleo
corpus
et
caput;
deinde
in.solium
bene
cali
dum
descendendum
est;
tum
multa
aqua
per
caput
infun-
denda,
prius
calida,
deinde
frigida.
At
ei,
qui
perfrixit,
opus
est
in
balneo
primum
involuto
sedere,
donec
insu-
det
;
tum
ungi;
déinde
lavari
:
cibum
modicum,
potiones
meracas
assumere.
Is
vero
qui
navigavit,
et
nausea
pres”
sus
est,
simultam
bilem
evomuit,
vel
abstinere
cibo
debet,
VÉRE
RE
LR
ES
Te
D
RARE

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
I.
15
prendra
peu
d'aliments,
et
l’on
boira
du
vin
pur.
Celui
qui
pendant
une
navigation
a
été
tourmenté
de
nausées
devra,
s’il
a
vomi
beaucoup
de
bile,
observer
la
diète,
ou
du
moins
très-peu
manger;
si
c’est
de
la
pituite
acide
qu’il
a
rendu,
il
pourra
se
nourrir,
ilest
vrai,
mais
plus
légèrement
que
de
coutume.
Si
les
nausées
n’ont
pas
été
suivies
de
vomissements,
il
gardera
l’abstinence,
ou
se
fera
vomir
après
le
repas.
Quand
on
est
resté
tout
le
jour
en
litière,
où
assis
au
spectacle,
ilne
faut
pas
se
mettre
à
courir,
mais
se
promener
doucement.
Il
est
convenable
aussi
de
prolonger
Ja
durée
du
bain,
et
de
se
contenter
d’un
souper
modeste.
Si
la
chaleur
du
bain
incommode,
on
se
trouvera
bien
de
conserver
dans
la
bouche
un
peu
de
vinaigre,
ou
à
son
défaut
de
l’eau
froide.
On
doit
s'attacher
avant
tout
à
bien
connaître
son
tempérament.
Les
uns
ont
pour
caractère
la
maigreur,
et
les
autres
lembonpoint.
I}
y
a
des
tempéraments
chauds;
il
en
est
de
froids,
il
y
en
a
de
secs
et
d’humides.
Le
ventre
trop
relà-
ché
chez
les
uns
est
resserré
chez
les
autres,
et
presque
toujours
enfin
il
existe
un
côté
faible.
II
faut
au
sujet
maigre
un
régime
très-nourrissant,
à
celui
qui
est
gras,
une
nourriture
atténuante,
Selon
le
tempérament,
il
JE
a
lieu
derafratchir
ou
de
donner
de
la
chaleur,
où
encore
de
faire
pré-
valoir
le
sec
où
l
humide:
de
même
que,
selon
Pétat
du
ventre,
on
ue
pour
but
de
le
tenir
libre
ou
resserré.
L’indication
constante
est
de
porter
secours
à
la
partie
la
plus
faible.
Peu
d'exercice
et
beaucoup
de
repos,
l'usage
des
onctions
et
le
bain
après
déjeuner,
le
resserre-
ment
du
ventre
,
le
froid
peu
rigoureux
en
hiver,
un
sommeil
a
sans
être
excessif,
un
bon
lit
et
la
tanquillité
d’esprit
;
en
fait
d’aliments
vel
paulum
aliquid
assumere
:
si
pituitam
acidam
effudit,
utique
sumere
cibum,
sed
assueto
leviorem
:
si
sine
vomitu
nausea
fuit,
vel
abstinere,
vel
post
cibum
vomere.
Qui
vcro
loto
die,
vel
in
vehiculo,
vel
in
spectaculis
sedit,
huic
nihil
currendum,
sed
lente
ambulandum
est
:
lenta
quo-
que
in
balueo
mora,
dein
cœna
exigua
prodesse
consue-
Yerunt.
Si
quis
in
balneo
æstuat,
reficit
hunc
ore
excep-
tum,
et
in
eo
retentum
acetum
:
si
id
non
est,
eodem
modo
frigida
aqua
assumpta.
Anle
omnia
aulem
norit
quisque
naturam
sui
corpo-
ris
:
quoniam
ali
graciles,
ali
Obesi
sunt;
ali
calidi,
alt
frigidiores;
ali
humidi,
ali
sicci;
alios
adstricta,
alios
resoluta
alvus
exercet
:
raro
quisquam
non
aliquam
partem
corporis
imbecillam
habet.
Tenuis
vero
homo
implere
se
debet,
plenus
extenuare,
calidus
refrigerare,
frigidus
calefacere.
madens
siccare,
siccus
madefàacere
:
itemque
alvum
firmare
is,
Cui
fisa:
solvere
is,
cui
ad-
Stricla
est
:
succurrendumque
semper
parti
maxime
labo-
ranti
est.
Pnplet
autem
corpus
modica
exercitatio,
frequentior
quies,
unctio,
et
si
post
prandium
est,
balneum,
con-
tracta
alvus,
Modicie
frigus
hieme,
somnus
et
plenué
et
Non
Dimis
longus,
molle
cubile,
animi
securitas,
assumpla
et
de
boissons,
des
substances
douces
et
grasses,
des
repas
rapprochés
et
aussi
abondants
que
l'estomac
peut
les
supporter;
telles
sont
les
conditions
qui
favorisent
l’embonpoint.
Celles
qui
font
maigrir
sont
l’immersion
dans
l’eau
chaude,
surtout
si
elle
est
salée:
le
bain
pris
à
jeun,
l'ardeur
du
soleil
où
touté
autre
chaleur,
les
veilles,
les
soucis,
l'insuffisance
ou
l’excès
du
sommeil,
l’habitude
de
coucher
sur
la
terre
en
été,
ou
d’avoir
un
lit
dur
en
hiver;
la
course,
les
marches
forcées
et
tout
exercice
violent,
les
selles,
les
vomissements,
les
substances
acides
et
astringentes,
l'usage
enfin
de
ne
faire
qu'un
repas
par
jour
et
de
boire,
à
jeun
du
vin
qui
ne
‘soit
pas
assez
froid.
Puisque
parmi
les
causes
d’amaigrissement
j'ai
signalé
le
vomissement
et
les
évacuations
-alvines,,
il
est
bon
de
s'expliquer
à
ce
sujet.
Je
sais
qu'Asclépiade,
dans
son
traité
sur
l'art
de
conserver
la
santé,
défend
expressément
de
provoquer
le
vomissement:
et
je
ne
le
blâme
point
de
s'être
élevé
contre
une
coutume
em-
ployée
chaque
jour,
dans
le
but
de
satisfaire
une
grossière
intempérance.
Mais
il
va
plus
loin,
et
dans
le
même
ouvrage
il
proscrit
les
purgations.
Ces
deux
sortes
d’évacuations
sont
nuisibles
sans
doute
quand
elles
sont
dues
à
des
médicaments
trop
actifs,
mais
il
ne
suit
pas
de
à
qu’il
faille
y
renoncer
toujours
;
car,
suivant
les
saisons
et
les
tempéraments,
il
pet
se
pré-
senter
des
circonstances
qui
les
rendent
néces-
saires,
en
ayant
soin
toutefois
de
ne
les
sol-
liciter
qu'avec
mesure,
et
seulement
lorsque
l’indication
est
pressante.
Asclépiade
d’ailleurs,
reconnaît
lui-même
qu’il
faut
expulser
les
ma-
tières
corrompues
:
donc
on
ne
peut
condamner
per
cibos
et
potiones
maxime
dulcia
et
pinguia,
cibus
et
|
frequentior
et
quantus
plenissimus
potest
concoqui.
Ex-
tenuat
corpus
aqua
calida,
si
quis
in
eam
descendit,
ma-
gisque
si
salsa
est;
in
jejuno
balneum
,
inurens
sol
et
OM:
nis
calor,
cura,
vigilia,
somnus
nimium
vel
brevis
vel
longus
;
lectus,
per
æStalem,
terra
;
hiemé,
durum
cubile
:
cursus,
multa
ambulatio
omnisque
vehemens
exercitatio,
vomitus
,
dejectio
,
acidæ
res
etausteræ,
et
semel
die
as-
sumptæ,
et
vini
non
perfrigidi
potio
jejuno
in
consuétu-
dinem
adducta.
Cum
vero
inter
extenuantia
posuerim
vomitum
ét
de-
jectionem,
de
his
quoque
proprie
quædam
dicenda
sunt.
Ejectum
esse
ab
Asclepiade
vomitum
in
-eo
volumine,
quod
de
tuenda
sanitate
composuit
,
video
:nequerepre-
hendo,
si
offensus
eorum
est
consuétudinie
“qui
qu
jiciendo,
vorandi
facultatem
moliunfur.
Paulo
etiam
longius
processit
:
idém
purgationes
‘quoque
eodem
volu-
mine
expulit.
Et
sunteæ
perniciosæ,
Si
nimis
valentibus
medicamentis
fiunt.
Sed
hæc
tamen
submovenda
esse,
non
est
perpefuums;
quia
corporum
temporumque
ratia
polest
ea
facere
necessaria,
dum
et
modo,
et
non
nisi
cum
opus
est,
adhibeantur.
Ergo
ille
quoque
ipse,
si
quid
jam
corruptum
esset,
expelli
debere
confessus
est
:

16
CELSE,
d'une
manière
absolue
l’usage
des
vomitifs
et
des
purgatifs,
mais
on
doit
saisir
avec
discernement
les
occasions
nombreuses
où
ces
moyens
sont
utiles.
Le
vomissement
est
plus
avantageux
l'hiver
que
l'été,
parce
qu’alors
il
y
a
plus
de
pituite
et
plus
de
pesanteurs
de
tête.
Il
est
nuisible
aux
personnes
maigres
et
qui
ont
l’es-
tomac
faible
;
mais
il
convient
à
tous
les
gens
replets
et
bilieux,
soit
qu’ils
aient
trop
mangé,
soit
qu'ils
aient
eu
de
mauvaises
digestions.
Si
l’on
a
pris
en
effet
plus
d'aliments
qu'on
n’en
peut
digérer,
il
serait
dangereux
de
les
laisser
se
corrompre
;
et
s'ils
sont
corrompus
déjà,
rien
de
plus
simple
que
de
les
rejeter
par
la
voie
la
plus
prompte.
En
conséquence,
dès
qu'on
a
des
rap-
ports
amers,
accompagnés
de
douleur
et
de
pesanteur
à
l’épigastre,
il
faut
de
suite
recourir
au
vomissement.
Il
réussit
également
à
ceux
qui
ont
de
la
chaleur
à
la
poitrine
avec
expecto-
ration
fréquente,
ou
qui
sont
tourmentés
de
nausées
:
on
en
obtient
encore
de
bons
effets
quand
on
a
des
tintements
d'oreille,
les
yeux
larmoyants
ou
la
bouche
amère;
quand
on
change
d’air
ou
de
lieu,
ou
qu'après
avoir
été
plusieurs
jours
sans
vomir,
on
ressent
de
la
dou-
leur
dans
la
région
de
l’estomac.
Je
n’ignore
pas
que
l’emploi
des
vomitifs
exige
du
repos
,
que
ne
peuvent
se
donner
ceux
qui
ont
des
occupations
forcées
;
et
je
sais
aussi
que
le
repos
n’a
pas
la
même
action
sur
tout
le
monde.
J’avouerai
dès
lors
qu’on
ne
doit
jamais
provoquer
le
vomis-
sement
pour
se
livrer
à
son
intempérance
;
mais
je
crois,
au
nom
de
l’expérience,
qu’il
est
quel-
quefois
utile
d'en
venir
là
pour
le
maintien
de
la
santé.
Si
pourtant
on
est
jaloux
de
se
bien
porter
et
de
connaître
la
vieillesse,
on
évitera
de
s’en
faire
une
habitude
journalière.
Si
l’on
veut
ita
non
ex
toto
res
condemnanda
est.
Sed
esse
ejus
etiam
plures
causæ
possunt;
estque
in
ea
quædam
paulo
subti-
lior
observatio
adhibenda.
Vomitus
utilior
est
hieme,
quam
æstate
:
nam
tum
et
pituitæ
plus,
et
capitis
gravi-
tas
major
subest.
Inutilis
est
gracilibus,
et
imbecillum
stomachum
habentibus
:
utilis
plenis
et
biliosis
omnibus,
si
vel
nimium
se
replerunt,
vel
parum
concoxerunt.
Nam,
sive
plus
est,
quam
quod
concoqui
possit,
periclitari
ne
corrumpatur,
non
oportet
:
si
vero
Corruptum
est,
nihil
commodius
est,
quam
id
,
qua
via
primum
expelli
potest,
ejicere.
Itaque,
ubi
amari
ructus
cum
dolore
et
gravilate
præcordiorum
sunt,
ad
bunc
protinus
confugiendum
est.
Idem
prodest
ei,
cui
pectus
æstuat,
et
frequens
saliva,
vel
nausea
est;
aut
sonant
aures,
aut
madent
oculi,
aut
os
amarum
est
:
similiterque
ei,
qui
vel
cœlum,
vel
lo-
cum
mufat
;
iisque,
quibus,
si
per
plures
dies
non
vomue-
runt,
dolor
præcordia
infestat.
Neque
ignoro,
inter
hæc
præcipi
quietem
:
quæ
non
semper
contingere
potest
agendi
necessitatem
habentibus;
nec
in
omnibus
idem
facit.
Itaque
istud
luxuriæ
causa
fieri
non
oportere
con-
fiteor
;
interdum
valetudinis
causa
recte
fieri,
experimentis
credo
:
cum
e0
famen,
ne
quis
qui
valere
et
senescere
vo:
vomir
après
le
repas
et
qu’on
n’ait
pas
besoin
de
grands
efforts,
un
peu
d’eau
tiède
suffira:
si
l’on
a
plus
de
peine
à
se
débarrasser,
on
ajoutera
un
peu
de
sel
ou
de
miel
à
l’eau
tiède.
Se
pro-
pose-t-on
de
vomir
le
matin,
on
commencera
par
boire
de
l’hydromel
(5)
ou
de
l’hysope,
ou
bien
on
mangera
du
raifort;
puis
on
fera
usage
de
l’eau
tiède,
comme
il
est
dit
plus
haut.
Tous
les
autres
moyens
recommandés
par
les
anciens
médecins
sont
contraires
à
l'estomac.
Après
le
vomissement,
si
l’on
ressent
quelque
faiblesse,
on
pourra
prendre
en
petite
quantité
des
ali-
ments
qui
répondent
à
l’état
de
l'estomac,
et
boire
en
outre
trois
verres
d’eau
froide
,
à
moins
que
les
matières
vomies
n’aient
trop
irrité
la
gorge.
Lorsqu'on
a
sollicité
cette
évacuation
dès
le
matin,
on
doit
se
promener
dans
le
jour,
faire
des
onctions,
et
diner
ensuite
:
mais
si
elle
n’a
eu
lieu
qu'après
le
repas
du
soir,
il
con-
vient
de
se
baigner
le
lendemain
pour
appeler
la
sueur.
Le
repas
qui
succède
à
cette
secousse
doit
être
fort
restreint
,
et
composé
de
pain
de
la
veille,
de
vin
pur
et
astringent,
de
viande
rôtie,
ou
de
tous
autres
aliments
très-secs.
Si
l’on
croit
utile
d’exciter
le
vomissement
deux
fois
par
mois,
il
vaut
mieux
y
recourir
deux
jours
de
suite,
que
de
laisser
entre
chaque
fois
quinze
jours
d'intervalle,
à
moins
que
la
distance
ne
parût
ensuite
trop
longue,
dans
le
cas
où
la
poitrine
s’embarrasserait
de
nouveau.
Il
faut
de
même
employer
les
purgatifs
dès
que
la
constipation
occasionne
des
flatuosités,
des
vertiges,
des
maux
de
tête,
et
du
malaise
dans
les
parties
su-
périeures.
Quel
secours,
en
effet,
attendre
alors
du
repos
et
dela
diète,
qui
favorisent
précisément
cet
état
du
ventre
?
Pour
se
purger,
il
faut
choisir
d’abord
des
vins
et
des
aliments
doués
de
pro-
let,
hoc
quotidianum
habeat,
Qui
vomere
post
cibum
volet,
si
ex
facili
facit,
aquam
tantum
tepidam
ante
debet
assumere
;
-si
difficilius,
aquæ
vel
salis,
vel
mellis
pau-
lum
adjicere.
At
qui
mane
vomiturus
est,
ante
bibere
mul
sum,
vel
hyssopum,
aut
esse
radiculam
debet;
deinde
aquam
tepidam,
ut
supra
scriptum
est,
bibere.
Cetera
quæ
antiqui
medici
præceperunt,
stomachum
omnià
infestant.
Post
vomitum,
si
stomachus
infirmus
est,
pau
lum
cibi,
sed
hujus
idonei,
gustandum,
et
aquæ
frigidæ
cyathi
tres
bibendi
sunt;
nisi
tamen
vomitus
auces
ex”
speravit.
Qui
vomuit,
si
mane
id
fecit,
ambulare
debet,
tum
ungi,
deinde
cœnare
:
si
post
cœnam,
postero
die
lavari,
et
in
balneo
sudare.
Huic
proximus
cibus
medio
cris
utilior
est
;
isque
esse
debet
cum
pane
hesterno,
vin0
austero
meraco,
et
carne
assa,
Cibisque
omnibus
quam
siccissimis.
Qui
vomere
bis
in
mense
vult,
melius
consu-
let,
si
biduo
continuarit,
quam
si
post
quintumdecimum
diem
vomuerit
;
nisi
hæc
mora
gravitatem
pectori
faciel.
Dejectio
autem
medicamento
quoque
petenda
est,
ubi
venter
suppressus
parum
reddit,
ex
eoque
inflationes
,
Ca
ligines,
capitis
dolores,
aliaque
superioris
partis
mala
in:
crescunt.
Quid
enim
inter
hæ&c
adjuvare
possunt
quies
el

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
I.
priétés
laxatives
;
mais
si
leur
action
est
insuffi-
sante,
on
seservira
d’aloës.
Nécessaires
de
temps
à
autre,
les
purgations
deviennent
dangereuses
quand
elles
sont
trop
répétées.
Elles
finissent
par
détourner
la
nourriture
du
corps;
et
la
faiblesse
qu’elles
entraïnent
le
rendent
bien
plus
accessible
aux
atteintes
des
maladies.
Les
choses
qui
échauf-
fent
sont
les
onctions
,
l’eau
salée
surtout
quand
elle
est
chaude,
toutes
les
salaisons,
les
amers,
les
substances
charnues,
l'usage
du
bain
après
le
repas,
et le
vin
astringent.
Celles
qui
rafrai-
chissent
sont
les
bains
pris
à
jeun,
le
sommeil
quand
il
est
modéré,
tous
les
acides,
l’eau
très-
froide,
et
l'huile
mêlée
à
l’eau.
Un
travail
plus
fort
que
de
coutume,
des
bains
répétés,
une
nour-
riture
rendue
plus
substantielle,
des
boissons
abondantes,
ensuite
la
promenade
et
la
veille,
telles
sont
les
conditions
propres
à
humecter
le
corps.
La
marche,
par
elle-même,
agit
d’une
manière
semblable
quand
elle
est
prolongée
et
rapide,
ainsi
que
l'exercice
du
matin,
pour-
vu
que
l’on
ne
mange
pas
aussitôt
après.
On
peut
considérer
encore
comme
humectants,
tous
les
aliments
qui
viennent
de
lieux
froids,
pluvieux,
et
souvent
arrotés.
Au
contraire,
un
exercice
modéré,
l’abstinence,
les
onctions
sè-
ches,
la
chaleur
en
général
ou
celle
d’un
soleil
tempéré,
l’eau
froide,
les
repas
succédant
immé-
diatement
à
l’exercice,
et
les
aliments
tirés
de
lieux
secs
et
chauds,
servent
à
chasser
l'humidité
du
corps.
Le
travail,
l'habitude
de
rester
assis,
l'appli-
cation
d'argile
sur
le
corps
,
une
nourriture
res-
treinte
à
un
repas
par
jour
au
lieu
de
deux
,
si
tel
était
l'usage,
Ja
petite
quantité
de
boisson
qu’on
prend
lorsqu'on
a
fini
de
manger,
et le
re-
pos
après
l'alimentation,
contribuent
au
resser-
inedia,
per
quæ
illa
maxime
eveniunt
?
Qui
dejicere
volet,
primum
cibis
vinisque
utatur
is,
quæ
hoc
prstant:
dein,
si
parum
illa
proficient,
aloen
sumat.
Sed
purga-
tiones
quoque,
ut
interdum
necessariæ
sunt,
sic,
ubi
frequentes
sunt,
periculum
afferunt.
Assuescit
enim
non
ali
Corpus;
cum
omnibus
morbis
obnoxia
maxime
infirmitas
sit.
Calefacit
autem
unctio,
aqua
salsa,
ma-
gisque
si
calida
est,
omnia
salsa,
amara,
Carnosa,
si
post
cibum
est,
balneum,
vinum
austerum.
Refrigerant
in
jejuno,
et
balneum,
et
somnus,
nisi
nimis
longus
est,
et
omnia
acida;
aqua
quam
frigidissima:;
oleum
;
Si
aqua
miscetur.
Humidum
autem
corpus
efficit
labor
ma-
jor,
quam
ex
consuetudine,
frequens
balneum,
cibus
plenior,
multa
potio
;
post
hæc
ambulatio,
et
vigilia
:
per
Se
quoque
ambulatio
multa
et
vehemens,
et
matn-
tinæ
exercitationi
non
protinus
cibus
adjectus
:
ea
ge:
nera
escæ,
quæ
veniunt
ex
locis
frigidis,
et
pluviis,
et
irriguis.
Contra
siccat
modica
exercitatio,
fames,
unctio
sine
aqua,
calor,
sol
modicus,
frigida
aqua
,
cibus
exer-
citationi
statim
subjectus
,
et
is
ipse
ex
sicas
et
æstuosis
locis
veniens.
Alvum
adstringit
labor,
sedile,
creta
figularis
corpori
CELSE,
t4
rement
du
ventre.
Il
devient
libre
sous
l'influence
d'une
marche
forcée,
d’une
nourriture
plus
substantielle
,
de
boissons
plus
abondantes,
pri-
ses
en
même
temps
que
les
aliments,
et
de
l’exer-
cice
fait
après
le
repas.
On
ne
doit
pas
ignorer
non
plus
que
le
vomissement
peut
supprimer
la
liberté
du
ventre
quand
il
est
relâché,
ou
la
favoriser
lorsqu'il
est
resserré.
Le
premier
effet
sera
produit,
si
l’on
vomit
aussitôt
après
avoir
mangé,
et
l’effet
contraire,
si
le
vomissement
survient
plus
tard.
Relativement
aux
âges,
on
supporte
très-bien
l’abstinence
au
milieu
de
la
vie,
avec
moins
de
fâcilité
dans
la
jeunesse,
et
beaucoup
moins
encore
dans
l’enfance
ou
la
vieillesse.
On
prendra
des
aliments
d'autant
plus
souvent
qu'on
souffrira
davantage
de
leur
privation,
et
cela
devient
sur-
tout
nécessaire
pendant
la
croissance.
Les
bains
chauds
conviennent
aux
enfants
et
aux
vieillards:
les
premiers
devront
boire
leur
vin
très-affai-
bli,
et
les
seconds
le
prendront
plus
pur;
mais
les
uns
et
les
autres
éviteront
les
vins
qui
don-
nent
des
flatuosités.
Quant
aux
jeunes
gens,
ils
ont
moins
à
s'occuper
de
la
qualité
et
de
la
quantité
de
leur
nourriture.
La
plupart
de
ceux
qui
ont
eu
le
ventre
libre
dans
la
jeunesse
de-
viennent,
en
vieillissant,
sujets
à
la
constipation;
et
réciproquement
ceux
qui
l'avaient
resserré
arrivent
ensuite
à
l’état
de
relâchement.
Mais
il
est
préférable
que
les
évacuations
alvines
soient
faciles
chez
le
jeune
homme,
et
plus
rares
chez
le
vieillard.
Il
faut
encore
avoir
égard
aux
saisons
de
l’an-
née.
On
doit
en
hiver
se
nourrir
davantage
et
moins
boire;
mais
aussi,
boire
son
vin
plus
pur.
Il
convient
de
manger
beaucoup
de
pain
,
dela
viande
bouillie
de
préférence,
et
peu
de
légumes.
illita,
cibus
imminutus,
et
is
ipse
semel
die
ässumptus
ab
eo,
qui
bis
solet;
exigua
potio,
nequé
adhibita,
pisi
cam
cibi
quis
quantum
assumpturus
est,
cepit
;
post
cibum
quies.
Contra
solvit
aucta
ambulatio
atque
ésca,
motus
qui
post
cibum
est,
subinde
potiones
cibo
immistæ.
Illud
quoque
scire
oportet,
quod
ventrem
vomitug
solutum
comprimit,
compressum
solvit
:
itemque
comprimit
is
vomitus,
qui
sfatim
post
cibum
est;
solvit
is,
qui
tarde
supervenit.
Quod
ad
ætates
vero
pertinet,
inediam
facillime
susti=
nent
mediæ
ætates,
minus
juvenes,
minime
pueri
et
senec-.
tute
confecti.
Quo
minus
fert
facile
quisque,
eo
sæpius
debet
cibum
assumere
;
maximeque
eo
eset,
quiinérescit.
Calida
lavatio
et
pueris
et
senibus
apta
est.
Vinum
dilutius
pueris,
senibus
meracius,
neutri
æfati;
quæ
inflationes
moveht.
Juvenum
minus,
quæ
assumant,
et
quomodo
curentur,
interest.
Quibus
juvénibus
fluxit
alvus,
ple-
rumqué
in
senectute
contrabitur
:
quibus
in
adolescentia
fuit
adstricta,
sæpe
in
senectute
solvitur.
Melior
est
autem
in
juvene
fusior,
in
sene
adstrictior.
Tempus
quoque
anni
considerare
oportel.
Hieme
plug
esse
convenit;
minus,
sed
meracius
bibere
;
multo
pane
:
7

18
Un
seul
repas
par
jour
suffira,
à
moins
toutefois,
que
le
ventre
ne
fasse
pas
ses
fonctions.
Si
l’on
déjeune,
que
ce
soit
avec
des
aliments
secs
et
en
petite
quantité,
sans
prendre
de
viande
et
sans
boire.
Tout
ce
que
l’on
mange
à
cette
époque
de
l’année
doit
êtrechaud,
ou
de
nature
à
dévelop-
per
de
la
chaleur.
Les
plaisirs
de
Vénus
présen-
tent
alors
moins
de
danger.
Au
printemps,
il
faut
diminuer
les
aliments
et
boire
davantage;
mais
les
boissons
seront
plus
affaiblies.
La
viande
et
les
légumes
deviendront
d’un
usage
plus
fré-
quent,
et
l'on
passera
par
degrés
des
viandes
bouillies
à
celles
qui
sont.
rôties.
C’est
le
temps
où
l’amour
est
le
plusfavorable.
En
été
le
corps
a
plussouvent
besoin
de
nourriture
et
de
boissons,
et
l’on
fâit
bien
alors
dedéjeuner.
La
viande
et
les
légumes
conviennent
dans
ce
cas
parfaitement
;
et
quant
aux
vins,
ils
doivent
être
assez
étendus
d'eau
pour
apaiser
la
soif
sans
exciter
de
cha-
leur.
Les
bains
froids,
la
viande
rôtie,
les
ali-
ments
froids
ou
qui
rafraichissent,
sont
de
même
indiqués.
[I
faut
à
cette
époque
manger
d'autant
moins
à
la
fois,
qu'il
est
nécessaire
d’y
revenir
plus
souvent.
L'automne,
en
raison
des
vicissi-
tudes
de
l'air,
expose
à
de
grands
dangers
;
aussi
ne
doit-on
jamais
sortir
que
vêtu
et
chaussé,
principalement
les
jours
où
le
temps
s’est
re—
froidi.
Il
ne
faut
pas
non
plus
passer
la
nuit
de-
hors;
ou
dans
ce
cas
être
bien
couvert.
On
peut
commencer
dès
lors
à
se
nourrir
davantage;
on
boira
moins
de
vin,
mais
on
ne
sera
pas
tenu
de
laffaiblir
autant.
On
a
prétendu
que
les
fruits
étaient
nuisibles,
parce
qu’en
général
on
en
mange
irmodérément
tout
le
jour,
sans
rien
re-
trancher
de
sa
nourriture
ordinaire;
mais
ce
ne
sont
pas
les
fruits,
c’est
l’excès
en
tout
qui
fait
ati,
carne
potius
elixa,
modice
oleribus
;
semel
die
cibum
capere,
nisi
si
nimis
venter
adstrictus
est.
Si
prandet
-aliquis,
utilius
est
exiguum
aliquid,
et
ipsum
Siccum
sine
-carne
,
sine
potione
sumere.
Eo
tempore
anni
calidis
om-
mibus
potius
utendum
est,
vel
calorem
moventibus.
Ve-
nus
{um
non
æque
perniciosa
est.
At
vere
paulum
cibo
‘demendum,
adjiciendumque
potioni,
sed
dilutius
tamen
bibendum
est;
magis
carne
utendum,
magis
oleribus
;
transeundum
paulatim
ad
assa
ab
elixis.
Venus
eo
tempore
anni
tufissima
est.
Æstate
vero
et
potione
et
cibo
sæpius
corpus
eget;
ideo
prandere
quoque
commodum
est.
Eo
tempore
aplissima
sunt
et
caro
et
olus;
potio
quam
dilu-
tissima,
ut
et
silim
tollat,
nec
corpus
incendat:
frigida
lavatio,
caro
assa,
frigidi
cibi,
vel
qui
refriserent.
Ut
sæpius
autem
cibo
ufendum,
sic
exiguo
est.
Per
autum-
num
vero,
propter
cœli
varietatem,
periculum
maximum
est:
Itaque
neque
sine
veste,
neque
sine
calceamentis
pr'o-
dire
oporlet,
præcipueque
diebus
frigidioribus,
neque
sub
divo
nocte
dormire
,
aut
certe
bene
operiri.
Cibo
vero
jam
‘paulo
pleniore
uit
licet,
minus,
sed
meracius
bibere.
Poma
nocere
quidam
putant,
quæ
immudice
toto
die
plerum-
que
SIG
assumuntur,
ne
quid
ex
densiore
cibo
remittatur
:
ifa
non
hæc,
sed
consummatio
omnium
nocet.
Ex
quibus
CELSE.
mal,
et
même
il
y
a
moins
d’inconvénients
à
abuser
des
fruits
que
des
autres
aliments.
Ce
n’est
pas
une
raison
cependant
pour
se
livrer
plutôt
à
cet
abus
qu’à
tout
autre;
et
si
cela
arrive,
il
faut
diminuer
alors
le
repas
habituel.
En
été,
comme
en
automne,
les
plaisirs
de
Vénus
sont
contraires.
Ils
sont
moins
à
craindre,
il
est
vrai,
dans
cette
dernière
saison;
mais
il
faudrait
pou-
voir
s’en
abstenir
entièrement
pendant
l'été.
IV.
J'arrive
à
parler
maintenant
de
ceux
chez
lesquels
il
y
a
faiblesse
de
certaines
parties
du
corps.
S’il
s’agit
de
la
tête,
on
doit
dès
le
ma-
tin,
lorsque
la
digestion
est
bien
faite,
se
la
frot-
ter
doucement
avec
les
mains;
autant
que
possi-
ble
la
tenir
découverte,
la
raser
jusqu’à
la
peau
;
éviter
l'influence
de
la
lune,
surtout
avant
sa
conjonction
avec
le
soleil,
et
ne
jamais
se
pro-
mener
après
les
repas
(6).
Si
l’on
porte
ses
che-
veux,
il
faut
les
peignertous
les
jours.
Il
convient
de
marcher
beaucoup
:
mais
s’il
se
peut,
pas
plus
dans
un
lieu
couvert
qu’au
soleil,
dont
l’ardeur
serait
nuisible,
principalement
après
avoir
bu
et
mangé.
Les
onctions,
qu'il
vaut
mieux
em-
ployer
que
les
bains,
pourront
se
faire
quelque-
fois
à
la
chaleur
d’un
brasier,
mais
jamais
à
celle
de
la
flamme.
Si
l’on
se
rend
aux
bains,
on
doit
s'arrêter
dans
le
{epidarium
sans
quitter
ses
vé-
tements,
jusqu'à
ce
qu’unelégère
transpiration
s’é-
tablisse;
sesoumettreensuite
aux
onctionsetpasser
dans
le
calidarium.
Mais
une
foisensueur,
au
lieu
de
descendre
dans
la
cuve,
il
faut
faire
dirigersur
tout
le
corps,
en
commençant
par
la
tête,
d’abon-
dantesaffusions,
qui
seront
successivement
chau-
des
,
tièdes
et
froides.
La
tête
sera
plus
long-
temps
arrosée
d’eau
froide
que
les
autres
par-
ties
du
corps;
on
la
frictionnera
quelque
temps;
in
nullo
tamen
minus,
quam
in
his
noxæ
est.
Sed
his
ui
non
sæpius,quam
alio
cibo
convenit.
Denique
aliquis
densiori
cibo,
cum
hic
accedit,
necessarium
est
demi.
Neque
æstate
vero,
neque
autumno
utilis
venus
est
:
to-
lerabilior
tamen
per
autumnum;
æstate
in
totum,
si
fier
potest,
abstinendum
est.
IV.
Proximum
est,
ut
de
is
dicam,
qui
partes
aliquas
corporis
imbecillas
habent.
Cui
caput
infirmum
est,
is
Si
bene
concoxit,
leniter
perfricare
id
mane
manibus
suis
debet;
numquam
id,
si
fieri
potest,
veste
velare;
ad
cutem
tonderi;
[utileque
lunam
vitare,
maximeque
ante
ipsum
lunæ
solisque
concursum;
|
sed
nusquam
post
cibum.
Si
cui
capilli
sunt,
eos
quotidie
pectere;
mul-
tum
ambulare,
sed,
si
licet,
neque
sub
tecto,
neque
in
sole;
utique
autem
vitare
solis
ardorem,
maximeque
post
cibum
et
vinum;
potius
ungi,
quam
layari;
num-
quam
ad
flammam
ungi,
interdum
ad
prunam.
Si
in
bal-
neum
Venit,
Sub
vesie
primum
paulum
in
tepidario
insu-
dare,
ibi
ungi,
tum
transire
in
calidarium;
ubi
sudarit,
in
solium
non
descendere,
sed
multa
calida
aqua
per
caput
se
totum
perfundere,
tum
tepida,
demde
frigida
;
diutius-
que
ea
caput,
quam
ceteras
partes
perfundere;
deinde
id
aliquandiu.
perfricare;
novissime
detergere
et
ungere.

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIŸ.
i.
19
puis
après
l'avoir
essuyée,
on
renouvellera
les
onctions.
Rien
ne
fait
tant
de
bien
à
la
tête
que
Veau
froide
;
aussi,
pour
remédier
à
sa
faiblesse,
il
faut
pendant
l’été
l’exposer
chaque
jour
un
cer-
tain
temps
à
la
chute
d’un
large
courantd’eau.
On
doit
toujours,
lors
même
qu'on
a
fait
usage
des
onctions
sans
se
baigner,
et
que
le
corps
suppor-
terait
mal
un
refroidissement,
se
faire
néanmoins
arroser
la
tête
d’eau
froide.
Pour
qu’elle
ne
puisse
en
descendant
le
long
du
cou
mouiller
le
reste
du
corps,
on
aura
soin
de
se
pencher
en
avant
et
même
de
la
ramener
vers
la
tête
avec
les
mains,
dans
le
but
de
protéger
les
yeux
et
les
parties
voisines.
Il
est
convenable,
en
pareil
cas,
de
se
contenter
d’une
nourriture
succincte
et
de
facile
digestion.
Si
l’on
éprouve
des
maux
de
tête
avant
d’avoir
rien
pris,
on
pourra
manger
dans
le
milieu
de
la
journée;
autrement
il
vaut
mieux
se
borner
à
un
seul
repas.
Comme
boisson
habi-
tuelle
,
il
faut
préférer
le
vin
léger
étendu
d’eau
à
l’eau
pure,
afin
de
tenir
ce
dernier
moyen
en
réserve,
si
la
pesanteur
de
tête
augmente.
Il
n'ya
done
pas
lieu
de
faire
exclusivement
usage
de
vin
ou
d'eau;
mais,
pour
qu'ils
produisent
de
bons
effets,
on
doit
s’en
servir
alternativement.
El
est
hors
de
propos
après
diner
de
lire,
d’é-
crire,
où
de
parler
à
haute
voix.
La
méditation
estégalement
contraire;
mais
ce
quiserait
le
plus
nuisible,
c’est
le
vomissement.
V.
L'usage
de
l’eau
froide
n’est
pas
seulement
utile
à
ceux
dont
la
tête
est
faible,
it
convient
encoreaux
individus
affectés
d'ophthalmies
con-
tinuelles,
ou
fréquemment
atteints
de
rhumes,
de
maux
de
gorge
ou
de
fluxions.
Etil
ne
suffit
pas
d'employer
l’eau
froide
à
se
laver
la
tête,
il
faut
s’eu
rincer
la
bouche,
et
y
revenir
souvent.
Capiti
nihil
æque
prodest
atque
aquafrigida
:
itaque
is,
cui
hoc
infirmum
est,
per
æstatem
id
bene
largo
canali
quotidie
debet
aliquandiu
subjicere.
Semper
autem,
etiamsi
sine
balneo
unctus
est,
neque
totum
corpus
refrigerare
susti-
,
net,
caput
tamen
aqua
frigida
perfundere.
Sed
cum
ceteras
-partes
attingi
nolit,
demittere
id,
ne
ad
cervices
aqua
descendat;
eamque,
ne
quid
oeulis,
aliisve
partibus
no-
ceat,
defluentem
subinde
manibus
ad
hoc
regerere.
Huic
modicus
cibus
necessarius
est,
quem
facile
concoquat
;
isque,
si
jejuno
caput
Jæditur,
assumendus
etiam
medio
die
est;
si
non
læditur,
semel
potius.
Bibere
huic
assidue
vinum
dilutum,
lene,
quam
aquam
magis
expedit;
ut,
cum
caput
gravius
esse
cœperit,
sit
quo
confugiat
:
eique
ex
tofo
neque
vinum,
neque
aqua
semper
utilia
sunt;
me-
dicamentum
utrumque
est,
cum
invicem
assumitur.
Scribere,
legere,
voce
contendere,
huic
opus
non
est,
ufique
post
cœnam
;
post
quam
ne
cogitalio
quidem
ei
satis
tuta
est
:
maxime
tamen
vomitus
alienus
est.
V.
Neque
vero
his
solis,
quos
capitis
imbecillitas
tor-
que,
usus
aquæ
frigidæ
prodest
;
sed
its
etiam,
quos
assi-
duæ
lippitudines,
gravedines
,
destillationes,
tonsillæque
male
habent.
His
autem
non
caput
tantum
quotidie
per-
fandendum
,
sed
os
quoque
multa
frigida
aqua
fovendum
est;
præcipueque
omnibus,
quibus
hoc
utile
auxilium
est,
Tous
ceux
à
qui
ce
moyen
est
utile
doivent
4
recourir,
surtout
quand
les
vents
du
midi
ont
rendu
Fair
plus
malsain.
En
général,
toute
contention
ou
travail
d'esprit
est
préjudiciable
après
les
repas
;
mais
cela
devient
plus
contraire
encore
lorsqu'on
est
sujet
aux
maux
de
tête,
à
des
douleurs
de
la
trachée
ou
de
quelque
autre
partie
de
la
gorge.
Les
personnes
chez
lesquelles
cette
disposition
existe
pourront
éviter
les
fluxions
et
les
rhumes
,
en
changeant
le
moins
possible
d’eau
et
de
lieu,
en
se
couvrant
la
tête
pour
la
préserver
de
l’ardeur
du
soleil
ou
d’un
froid
subit
si
le
ciel
s’obscurcit
tout
à
coup,
en
se
rasant
la
tête
à
jeun
et
quand
la
digestion
est
bien
faite,
etenfin,
en
s’abstenant
de
lire
et
d’é-
crire
après
les
repas.
VI.
S'il
y
a
trop
grande
liberté
du
ventre,
il
faut
exercer
les
parties
supérieures
en
jouant
à
la
paume
ou
à
quelqueautre
jeu
de
méme
nature;
se
promener
à
jeun,
éviter
le
soleil,
se
baigner
continuellement,
faire
usage
des
onctions
sans
aller
jusqu’à
la
sueur,
ne
point
trop
varier
ses
ali-
ments,
s'abstenir
de
ceux
qui
sont
trop
succulents,
ainsi
que
des
légumes
etdes
herbages,
qui
ne
font
que
passer
dans
l'estomac
;
et
préférer
enfin
Les
substances
qui
exigent
une
longue
digestion.
Les
plus
convenables
sont
le
gibier,
les
poissons
dont
la
chair
est
ferme,
et
la
viande
rôtie
des
animaux
domestiques.
Au
lieu
de
vin
salé,
doux
ou
léger,
dont
l’action
serait
nuisible,
on
doit
se
servir
de
vinastringent
quin’ait
rien
perdu
de
sa
force
et
ne
soit
pas
trop
vieux.
On
ne
boira
d’hydromel
que
s’il
est
préparé
avec
du
miel
cuit
;
et
si
l’état
du
ventre
le
permet,
on
n'emploiera
que
les
boissons
froides.
Si
le
repas
du
soir
est
mal
supporté,
il
faudra
se
faire
vomir
aussitôt,
et
recommencer
le
eo
utendum
est,
ubi
gravius
cœlum
Austri
reddiderunt.
Cumque
omnibus
inutilis
sit
post
cibum
aut
contentio,
aut
agifatio
animi;
tum
üis
præcipue,
qui,
vel
capitis
;
vel
arteriæ
dolores
habere
consuerunt,
vel
quoslibet
alios
oris
affectus.
Vitari
etiam
gravedines,
destillationesque
possunt,
Si
quam
minime,
qui
his
opportunus
est,
loca
aquasque
mutat;
si
Caput
in
sole
protegit,
ne
incendatur,
nève
subitum
ex
repentino
nubilo
frigus
id
moveal;
8
post
concoctionem
jejunus
caput
radit;
si
post
cibum
neque
legit,
neque
scribit.
VI.
Quem
vero
frequenter
cita
alvus
exercet,
huic
opus
est
pila
similibusque,
superiores
partes
exercere;
dum
jejunus
est,
ambulare;
vitare
solem
,
Continua
balnea
;
ungi
citra
sudorem
;
non
uti
cibis
variis,
minimeque
juru-
lentis,
aut
leguminibus,
oleribusve
is,
quæ
celeriter
descendunt
;
omnia
denique
saméré,
qQuæ
farde
conco-
quuntur.
Venatio
,
durique
pisces,
ef
ex
domesticis
ani-
malibus
assa
caro
maxime
juvant.
Numquam
vinum
sal-
sum
bibere
expedit,
ne
tenue
quidem,
aut
dulce;
sed
austerum,
ét
plenius,
néque
idipsum
pervetus.
Si
mulso
ui
volet,
id
ex
decocto
melle
faciendum
est.
Si
frigidæ
potiones
ventrem
éjus
non
turbant,
his
utendum
potissi-
mumrest.
Si
quid
offensæ
in
cœna
sensit,
vomere
debét;
idque
postero
quoque
die
facere
:
tertio,
modici
ponderis
LE

29
lendemain
;
le
troisième
jour
ne
prendre
qu’un
peu
de
pain
trempé
dans
du
vin,
en
ajoutant
sim-
plement
quelques
raisins
cuits
ou
confits,
ou
quel-
que
autre
préparation
semblable,
et
revenir
en-
suite
à
ses
habitudes.
Il
faut
après
avoir
mangé
garder
constamment
le
repos;
ne
pas
se
fatiguer
l’esprit
et
ne
pas
même
se
déplacer
pour
une
pro-
menade
lécère.
VII.
Si
l’on
souffre
habituellement
du
gros
intestin
qu’on
appelle
côlon,
ce
qui
tient
à
la
distension
produite
par
des
flatuosités,
on
doit
s'appliquer
à
rendre
les
digestions
meilleures,
et
pour
cela
s’adonner
à
la
lecture
à
haute
voix,
ainsi
qu'à
d’autres
exercices;
prendre
des
bains
chauds,
ne
choisir
que
les
aliments
solides
ou
li-
quides
qui
peuvent
développer
de
la
chaleur,
éviter
le
froid
par
conséquent
de
toutes
les
ma-
nières,
de
même
que
les
substances
douces,
les
légumes,
et
tout
ce
qui
d'ordinaire
donne
des
flatuosités.
VIII.
Se
plaint-on
de
l'estomac,
on
doit
lire
à
haute
voix,
se
promener
ensuite,
puis
jouer
à
la
paume,
faire
des
armes,
ou
se
livrer
à
tout
autre
exercice
qui
mette
en
mouvement
les
par-
ties
supérieures
;
il
ne
faut
point
boire
d’eau
à
jeun,
mais
du
vin
chaud;
faire
deux
repas
par
jour,
etde
nature
pourtant
à
être
digérés
fa-
cilement
;
se
servir
d’un
vin
astringent
et
léger;
et
lorsqu'on
a
fini
de
manger,
boire
froid
de
pré-
férence.
La
faiblesse
de
l’estomac
s’annonce
par
la
pâleur,
la
maigreur
,
les
douleurs
à
l’épigastre,
les
nausées,
les
vomissements
involontaires,
et
les
maux
de
tête
quand
on
est
à
jeun.
L'absence
de
tous
ces
signes
dénote
un
bon
estomac.
Mais
il
est
prudent
sur
ce
point
de
ne
pas
s’en
rap-
.
porter
toujours
à
nos
Romains;
car
lorsqu'ils
veulent,
étant
malades,
obtenir
du
vin
ou
de
l’eau
‘panem
ex
vino
esse,
adjecta
uva
ex
olla,
vel
ex
defruto,
similibusque
alits
:
deinde
ad
consuetudinem
redire.
Sem-
per
autem
post
cibum
conquiescere,
ac
neque
intendere
animum,
neque
ambulatione
quamyis
leni
dimoveri.
VIL.
At
si
laxius
intestinum
dolere
consueyit,
quod
colum
nominant,
cum
id
nihil
nisi
genus
inflationis
sit,
id
agendum
est,
uf
concoquat
aliquis,
ut
lectione,
aliisque
generibus
exerceatur,
utatur
balneo
calido,
cibis
quoque
et
potiombus
calidis;
denique
omni
modo
frigus
vitet,
item
dulcia
omnia,
lesuminaque,
et
quidquid
inflare
con-
suevit.
VII.
Si
quis
vero
stomacho
laborat,
legere
clare
de-
bet
;
post
lectionem
ambulare
;
tum
pila,
velarmis,
aliove
quo
genere,
quo
superior
pars
movetur,
exerceri;
non
aquam,
sed
vinum
calidum
bibere
jejunus;
cibum
bis die
-aSsumere,
sic
famen,
ut
facile
concoquat
;
ufi
vino
tenui
et
austero,
ef
post
cibum
frigidis
potionibus
potius.
Sto-
machum
autem
infirmum
indicant
pallor,
macies,
præcor-
diorum
dolor,
nausea,
et
nolentium
vomitus,
in
jejuno
dolor
capitis:
Quæ
ia
quo
non
sunt,
is
firmi
stomachi
est,
Neque
credendum
utique
nostris
est,
qui
cum
in
adversa
valetudine
Vinum
aul
frigidam
aquam
concupiverunt,
deliciarum
patrocinium
in
accusationem
non
merentis
sto-
CELSE.
froide,
ils
accusent
l'estomac
d’une
faiblesse
ima-
ginaire
qui
sert
d’excuse
à
leurs
désirs.
Les
per—
sonnes
qui
digèrent
lentement,
chez
lesquelles
il
y
a
pour
cette
raison
gonflement
des
hypocon-
dres,
ou
bien
une
soif
ardente
qu'il
faut
apai-
ser
la
nuit,
doivent,
avant
de
se
coucher,
boire,
au
moyen
d'unsiphon,
deux
ou
trois
verres
d’eau
froide.
On
favorise
encore
les
digestions
péni-
bles
par
la
lecture
à
haute
voix,
à
laquelle
on
fait
succéder
la
promenade,
puis
les
onctions
ou
le
bain.
Il
est
utile
aussi
de
boire
habituel-
lement
son
vin
froid,
de
terminer
le
repas
par
une
boisson
prise
engrandequantité,
mais,
comme
je
viens
de
ledire,
à
l’aide
d’un
siphon
,
et
en
der-
nier
lieu
d’avaler
un
verre
d’eau
froide.
Si
les
aliments
s’aigrissent,
il
faut
prendre
avant
de
manger
un
peu
d’eau
tiède
et
vomir;
et
s’il
en
résulte
du
dévoiement,
boire
après
chaque
éva-
cuation
un
verre
d’eau
froide.
IX.
Lorsqu'on
est
obsédé
par
des
douleurs
de
nerfs,
ce
qui
arrive
ordinairement
à
ceux
qui
ont
la
goutte
aux
pieds
où
aux
mains
(7),
il
faut,
autant
que
possible,
exercer
la
partie
malade
et
l’exposer
au
froid
et
à
la
fatigue;
pourvu
cependant
que
la
douleur
ne
soit
pas
exaspérée,
car
alors
rien
n’est
préférable
au
repos.
Les
plai-
sirs
de
l'amour
sont
toujours
contraires
;
mais
iei,
comme
dans
toutes
les
autres
affections,
il
est
essentiel
de
bien
digérer.
En
effet,
une
indiges-
tion
ne
manque
jamais
d'aggraver
l'état
local;
et
chaque
fois
que
le
corps
recoit
une
atteinte,
elle
est
ressentie
surtout
par
la
partie
souffrante.
-
S'il
n’y
à
pas
de
circonstances
où
les
bonnes
digestions
ne
soient
utiles,
il
n’en
est
pas
ainsi
de
la
chaleur
et
du
froid,
qui
peuvent,
selon
les
cas,
être
salutaires
ou
nuisibles.
Aussi
doit-on,
à
cetégard,
se
régler
sursa
constitution.
Le
froid
est
machi
habent.
At
qui
tarde
concoquunt,
et
quorum
ideo
præcordia
inflantur,
quive
propter
ardorem
aliquem
noctu
sitire
consuerunt,
ante
quam
conqniescant,
duos
tresve
cyathos
per
tenuem
fistulam
bibant.
Prodest
etiam
adver-
sus
tardam
concoctionem
clare
legere
,
deinde
ambulare,
tum
vel
ungi
vel
layari,
assidue
vinum
frigidum
bibere,
et
post
cibum,
magnam
potionem,
sed,
ut
supra
dixi,
per
siphonem
:
deinde
omnes
potiones
aqua
frigida
inclu-
dere.
Cui
vero
cibus
acescit,
is
ante
eum
bibere
aquam
egelidam
debet,
et
vomere
:
at
si
cui
ex
hoc
frequens
de:
jectio
incidit,
quoties
alvus
ei
constiterit,
frigida
potione
potissimum
utatur.
:
IX.
Si
cui
vero
dolere
nervi
solent,
quod
in
podagra
chiragrave
esse
consuevit,
huic,
quantum
fieri
potest,
exercendum
id
est,
quod
affectum
est,
objiciendumque
labori
ef
frigori;
nisi
cum
dolor
increvit;
sub
quo
quies
optima
est.
Venus
semper
inimica
est;
concoctio
,
sicut
In
omnibus
corporis
affectibus,
necessaria.
Cruditas
enim
id
maxime
lædit,
et
quoties
offensum
corpus
est,
vitiosa
pars
maxime
sentit.
©
Ut
concoctio
autem
omnibus
vitiis
occurrit,
sic
rursus
aliis
frigus,
aliis
calor
:
quæ
sequi
quisque
pro
habitu
corporis
sui
debet.
Frigus
inimicum
est
seni,
tenui,
vul-

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
I.
1
l'ennemi
des
vieillards
et
des
gens
maigres,
il
est
pernicieux
dans
les
blessures
et
nuit
aux
hypo-
condres,
aux
intestins,
à
la
vessie,
aux
oreilles,
aux
hanches,
aux
épaules,
aux
partiesnaturelles,
aux
os,
aux
dents,
aux
nerfs,
à
la
matrice,
et
au
cerveau.
Il
rend
la
peau
pâle,
aride,
dure,
noire,
et
fait
naître
des
frissons
et
des
tremblements.
Mais
ilest
favorable
aux
jeunes
gens
ainsi
qu'aux
personnes
replètes
;
et
bien
qu’il
faille
s’en
ga-
rantir,
il
donne
à
l'esprit
plus
de
vivacité
et
vient
en
aide
à
la
digestion.
Ce
n’est
pas
seulement
pour
la
tête
qu'on
peut
employer
avec
avantage
les
affüsions
froides,
l'estomac
s’en
trouve
éga-
lement
bien
,
et
leurs
bons
effets
se
font
sentir
dans
les
douleurs
articulaires,
quand
il
n'y
a
pas
complication
d’uleères;
elles
conviennent
enfin
aux
personnes
trop
colorées
qui
n’éprouvent
au-
cune
douleur.
La
chaleur
soulage
tous
les
maux
que
le
froid
exaspère
:
tels
sont
les
maux
d’yeux
qui
ne
sont
accompagnés
ni
de
douleur
ni
de
larmoiement,
les
mouvements
nerveux
et
les
ulcè-
res,
ceux
notamment
qui
se
sont
manifestés
sous
l'influence
du
froid.
C’est
la
chaleur
qui
donne
au
corps
une
bonne
coloration,
et
qui
fâvorise
l’é-
coulement
des
urines.
Cependant,
au
delà
de
cer-
taines
limites,
elle
énerve
le
corps,
affaiblit
les
nerfs
et
relâche
lestomac.
Mais
rien
n’est
plus
dangereux
que
le
froid
ou
le
chaud
dont
l’action
s'exerce
à
l’improviste,
et
sans
qu'on
y
soit
pré-
paré.
Le
froid
produit
alors
des
points
de
côté
et
diverses
maladies,
de
même
que
l’eau
froide
accélère
le
développement
des
affections
stru-
meuses.
D'un
autre
côté,
la
chaleur
arrête
la
di-
gestion,
fait
perdre
le
sommeil,
entraine
des
sueurs
débilitantes,,
et
prédispose
aux
maladies
épidémiques.
X.
Il
est
des
précautions
indispensables
,
que
doit
prendre,
pendant
le
règne
d’une
épidé-
neri,
præcordiis,
intestinis,
vesicæ,
auribus,
COxis,
sCa-
pulis,
naturalibus,
ossibus,
dentibus,
nervis,
vulvæ,
cerebro
:
idem
summam
Cutem
facit
pallidam,
aridam,
-
duram,
nigram;
ex
hoc
horrores
tremoresque
nascuntur.
At
prodest
juvenibus,
et
omnibus
plenis
:
erectiorque
mens
est,
et
melius
concoquitur,
ubi
frigns
quidem
est,
sed
cavetur.
Aqua
vero
frigida
infusa,
præterquam
capiti,
etiam
stomacho
prodest
:
item
articulis
doloribusque,
qui
sunt
sine
ulceribus
:
item
rubicundis
nimis
hominibus,
si
dolore
vacant.
Calor
autem
adjuvat
omnia,
quæ
frigus
infestat
:
item
lippientes,
si
nec
dolor,
nec
lacrimæ
sun;
ner
vos
quoque,
qui
contrahuntur
;
præcipueque
ea
ulcera,
quæ
ex
frigore
sunt
:
idem
corporis
colorem
bonum
facit
;
urinam
movet.
Si
nimius
est,
corpus
effæminat,
nervos
emollit,
stomachum
solvit,
Minime
vero
aut
frigus
aut
calor
tuta
sunt,
ubi
subita
insuetis
sunt.
Nam
frigus,
lateris
dolores,
aliaque
vilia
;
frigida
aqua,
strumas
excitat
:
calor
concottionem
prohibet,
somnum
aufert,
sudore
di:
gerit,
obnoxium
morbis
pestilentibus
corpus
efficit.
X.
Est
eliam
observatio
necessaria,
qua
quis
in
pesti-
lentia
utatur
adhuc
integer,
cum
tamen
securus
esse
non
possit,
Tum
igitur
oportet
peregrinari,
navigare
:
ubi
id
mie,
celui
qu’elle
n’a
pas
encore
axteint,
mais
qui-cependant
n’est
pas
à
l'abri
de
ses
attaques.
Le
plus
sûr
alors
est
de
voyager
ou
de
naviguer.
Si
cela
n’est
pas
possible,
il
fautse
faire
porter
en
litière,
se
promener
doucement
en
plein
air,
avant
l'heure
des
grandes
chaleurs
;
employer
de
légères
onctions,
et,
comme
on
l’a
conseillé
plus
haut,
éviter
la
fatigue,
les
indigestions,
le
froid,
la
chaleur,
et
les
excès
vénériens.
Il
faudra
s’ob-
server
bien
davantage
encore
s’il
survient
quel-
que
malaise,
et
dans
ce
cas
ne
pas
se
lever
ma-
tin,
ne
jamais
marcher
pieds
nus,
surtout
lors-
qu'on
vient
de
manger
ou
de
prendre
un
bain,
renoncer
à
se
faire
vomir
aussi
bien
à
jeun
qu’a-
près
diner,
ne
point
solliciter
d’évacuations
al-
vines
,
chercher
même
à
les
arrêter
si
le
dévoie-
ment
existe,
et
remédier
plutôt
par
l’abstinence
à
l'excès
de’plénitude
du
corps.
De
même,
on
devra
supprimer
les
bains,
ne
pas
se
mettre
en
sueur,
et
se
tenir
en
garde
contre
le
sommeil
de
midi,
surtout
s'il
succède
au
seul
repas
qu'on
doive
faire
dans
le
jour.
Ce
repas
enfin
sera
très-
modéré,
pour
ne
pas
s’exposer
aux
indigestions;
et
l’on
boira
chaque
jour
alternativement
du
vin
et
de
l’eau.
Ges
précautions
prises,
on
ne
changera
plus
rien
à
sa
manière
de
vivre.
Tou-
tes
les
maladies
pestilentielles,
et
principale-
ment
celles
qui
sont
apportées
par
les
vents
du
midi,
exigent
qu’on
se
conforme
à
ces
préceptes.
Ils
ne
sont
pas
moins
nécessaires
aux
personnes
qui
voyagent,
soit
qu’ellesaient
quitté
leurs
foyers
dans
une
saison
fâcheuse
,
soit
qu’elles
arrivent
dans
des
pays
infestés.
Si
quelque
circonstance
s'oppose
à
l’observance
de
ce
régime,
on
doit
au
moins
s'imposer
la
diète,
et
passer
alternative-
ment,
comme
je
viens
de
le
dire,
de
l’eau
au
vin,
et
du
vin
à
l’eau.
non
licet,
gestari,
ambulare
sub
divo,
ante
æstum,
leni-
ter
;
eodemque
modo
ungi
:
et,
ut
supra
comprehensum.
est,
vitare
fatigalionem,
cruditatem,
frigus,
calorem,,
libidinem
:
multoque
magis
se
continere
,
si
qua
gravitas
in
corpore
est.
Tum
neque
mane
surgendum,
neque
pedibus
nudis
ambulandum
est,
minimeque
post
cibum,
aut
balneum;
neque
jejuno,
neque
cœnato
vomendum
est:
neque
movenda
alvus
;
atque
etiam,
si
per
se
mota
est,
comprimenda
est
:
abstinendum
potius,
si
plenius
corpus
est.
Itemque
vitandum
balneum,
sudor,
meridianus
som-
nus,
utique
si
cibus
quoque
antecessit;
qui
tamen
semel
die
tum
commodius
assumitur;
insuper
étiam
modicus
,
ne
cruditatem
moveat.
Alternis
diebus
invicem,
modo
aqua,
modo
vinum
bibendum
est.
Quibus
servatis,
ex
reliqua
victus
consuetudine
quam
minimum
mutari
debet.
Cum
vero
h#æcin
omni
péstilentia
facienda
sint,
tum
in
ea
maxime,
quam
Austri
exeitarint.
Atque
etiam
peregri-
nantibus
eadem
necessaria
sunt,
ubi
gravi
tempore
anni
discesserunt
ex
suis
sedibus,
vel
uhi
in
graves
regiones
venerunt.
AC
si
cetera
res
aliqua
prohibebit,
utique
absti-
nere
debebit
:
atque
ita
a
vino
ad
aquam,
ab
hacadwinum,
eo,
qui
supra
positus
est,
modo,
transitus
ei
esse.

22
k
CELSE.
Le
LIVRE
I.
Plusieurs
signes
font
présager
l'invasion
de
la
maladie.
En
les
faisant
connaître
je
n’hésiterai
pas
à
invoquer
l'autorité
des
anciens
et
surtout
celle
d'Hippocrate,
car
bien
que
les
modernes
aient
fait
subir
quelques
modifications
à
la
mé-
thode
curative,
ils
n’en
reconnaissent
pas
moins
la
supériorité
de
ce
dernier
dans.
le
pronostic.
Mais
avant
de
parler
de
ces
signes
précurseurs
qui
doivent
alarmer
le
médecin,
il
est,
je
crois,
de
mon
sujet
d'indiquer
les
époques
de
l’année,
les
températures,
les
périodes
de
la
vie
et
les
constitutions
qui
résistent
ou
prédisposent
le
plus
aux
influences
morbides,
ainsi
que
le
genre
de
maladies
qu’on
ale
plus
à
redoutcer.
En
tout
temps,
il
est
vrai,
en
toute
saison,
à
tout
âge,
et
quelle
que
soit
sa
constitution,
l’homme
peut
être
at-
teint
et
mourir
de
toute
espèce
de
maladies,
mais
certaines
affections
se
montrant
plus
fré-
quemment,
il
importe
à
chacun
de
savoir
contre
Jaquelle
et
dans
quels
moments
il
a
principale-
ment
à
se
tenir
en
garde.
I.
Il
n'est
pas
de
saison
plus
favorable
que
le
printemps;
vient
ensuite
l'hiver:
on
court
plus
de
dangers
en
été
et
de
bien
plus
grands
encore
en
automne.
Ghaudesou
froides,
les
températures
égales
sont
Iles
meilleures,
et
les
plus
fâcheuses
sont
caractérisées
par
d'extrêmes
variations.
De
jà
vient
que
l’automne
est
fatal
à
tant
de
monde.
Alors,
en
effet,
la
chaleur
se
fait
sentir
vers
le
milieu
du
jour,
tandis
que
les
nuits
,
les
matinées
et
les
soirées
sont
froides.
Or,
le
corps
relâché
pendant
l'été,
et
qui
l’est
encore
à
midi
par
lélé-
vation
de
la
température,
se
trouve
bientôt
après
exposé
brusquement
à
l’action
du
froid.
C'est
LIBER
SECUNDUS,
Instantis
autem
adversæ
valetudinis
signa
complura
suut.
Jn
quibus
explicandis
non
dubitabo
auctoritate
an-
tiquorum
virorum
uti,
maximeque
Hippocratis;
cum
re-
centiores
medici
quamvis
quædam
in
Curationibus
muta-:
rint,
tamen
hæc
illum
optime
præsagisse
fateantur.
Sed
antequam.dico,
quibus
præcedentibus
morborum
timor
subsit
;
non
alienum
videtur
exponere,
quæ
tempora
anni,
quæ
tempestatum
genera,
quæ
partes
ætatis,
qualia
cor-
pora
maxime
tuta
vel
periculis
opportuna
sint
,
quod
genus
adversæ
valetudinis
in
quoque
timeri
maxime
possit.
Non
quod
non
omni
tempore,
in
omni
tempestatum
genere,
omnis
ætatis,
omnis
habitus
homines,
per
omnia
genera
morborumet
ægrotent
et
moriantur
:
sed
quod
frequentius
lamen
quedam
eveniant;
ideoque
utile
sit
scire
unum:
quemque,
quid,
et
quando
maxime
caveat.
L
Kitur
Saluberrimum
ver
est
;
proxime
deinde
ab
hoc,
hiems;
periculosior
æstas;
autumnus
longe
periculosis-
Simus.
Ex
ternpestatibus
vero
optimæ
æquales
sunt,
sive
frigidæ,
sive
Calidæ
:
pessimæ,
quæ
maxime
variant.
Quo
fit,
ut
autumnus
plurimos
opprimat,
Nam
fere
meri-
dianis
temporibus
Calor;
noclurnis
atque
matutinis,
simul-
que
eliam
vespertinis,
frigus
est.
Corpus
ergo,
ct
æstale,
dans
cette
saison
surtout
que
se
font
remarquer
ces
vicissitudes;
mais
en
quelque
temps
qu’elles
arrivent,
elles
sont
toujours
pernicieuses.
Quand
il
n'existe
point
de
variations
dans
l'air,
les
jours
sereinssontles
plus
salutaires,
et
mieux
vaut
en-
core
les
avoir
pluvieux
que
chargés
de
nuages
et
de
brouillards.
En
hiver,
il
faut
préférer
les
jours
où
les
vents
ne
soufflent
pas,
et
en
été
ceux
où
règne
un
vent
d'ouest.
À
défaut
de
celui-ci,
les
vents
du
septentrion
sont
plus
favorables
que
ceux
de
l’est
ou
du
midi.
Néanmoins,
leur
salu-
brité
dépend
quelquefois
des
lieux
d’où
ils
vien-
nent
;
ainsi
presque
toujours
le
vent
qui
s'élève
du
milieu
des
terres
est
sain,
tandis
qu’il
est
in-
salubre
s’il
souffle
du
côté
de
la
mer.
Non-seule-
ment
la
santé
se
conserve
mieux
par
une
bonne
température,
mais
le
beau
temps
abrége
encore
les
maladies
existantes
,
et
les
rend
plus
légères.
Pour
un
malade,
le
ciel
le
plus
inclément
est
ce-
lui
sous
lequel
il
a
perdu
la
santé,
aussi
dans
cet
état
fera-t-il
bien
d'en
choisir
un
autre,
fût-il
généralement
plus
contraire.
C'est
au
milieu
de
la
vie
qu’on
est
le
moins
exposé,
car
on
n’a
pas
plus
à
redouter
l’ardeur
de
la
jeunesse
que
le
refroidissement
de
l’âge
sénile.
On
observe
plus
souvent
les
maladies
aiguës
chez
le
jeune
hom-
me,
et
chez
le
vieillard
les
maladies
chroniques.
Le
corps
le
plus
dispos
est
celui
dont
les
formes
sont
carrées,
sans
maigreur
et
sans
obésité.
Si
une
taille
élevée
sied
bien
à
la
jeunesse,
elle
oblige
en
revanche
le
vieillard
à
se
courber
pré-
maturément.
La
maigreur
rend
le
corps
débile,
et
l'excès
d’embonpoint
émousse
la
sensibilité,
C’est
au
printemps
surtout
que
les
effets
de
l’a+
gitation
des
humeurs
sont
à
craindre,
et
c’est
précisément
alors
que
surviennent
les
ophthal-
et
subinde
meridianis
caloribus
relaxatum,,
subito
frigore
excipitur.
Sed
ut
eo
fempore
id
maxime
fit,
sic
quando-
cumque
evenit,
noxium
est.
Ubi
æqualitas
autem
est,
tamen
saluberrimi
sunt
sereni
dies
;meliores
pluvi,
quam
fantum
nebulosi,
nubilive
:
optimique
hieme,
qui
omni
vento
vacant;
æstate,
quibus
Favonii
perflant.
Si
genus
aliud
ventorum
est,
salubriores
Septemtrionales,
quam
Subsolani,
vel
Austri
sunt.:
sie
tamen
hæc,
ut
interdum
regionum
sorfe
mutentur.
Nam
fere
ventus-ubique
a
mes
diterraneis
regionibus
veniens,
salubris
;
a
mari,
gravis
est.
Neque
solum
in
bono
tempeslatum
habitu
certior
va-
letudo
est;
sed
priores
morbi
quoque,
si
qui
inciderunt,
leviores
sunt,
et
promptius
finiuntur.
Pessimum
ægro
cœlum
est,
quod
ægrum
fecit
;
adeo
ut
in id
quoque
ge-
nus,
quod
natura
pejus
est
,
in
hoc
statu
salubris
mutatio
sit.
At
ætas
media
tutissima
est,
quæ
neque
juventæ
Ca-
lore,
neque
senectutis
frigore
infestatur.
Longis
morbis
senectus,
acutis
adolescentia
magis
patet.
Corpus
autem
habilissimuin
quadratum
est,
neque
gracile,
neque
obe-
sum.
Nam
longa
statura,
ut
in
juventa
decora
est,
sic
matura
senectute
conficitur
:
gracile
corpus
infirmum,
obesum
hebes
est.
Vere
famen
maxime,
quæcumque
hu
moris
molu
novantur,
in
metu
esse
consuerunt.
Ergo
tum

CCR
CIN
SERRE
TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
IL
23
mies,
les
pustules,
les
hémorragies,
les
abcès
appelés
par
les
Grecs
apostèmes
,
l'atrabile
qu’ils
nomment
mélancolie,
la
frénésie,
l’épilepsie,
angine,
les
fluxions
,
et
les
catarrhes.
Dans
cette
saison
règnent
aussi
les
maladies
des
articula-
tions
et
des
nerfs,
avec
toutes
leurs
alternatives
de
rémission
et
d’exacerbation.
Sans
être
exempt
du
plus
grand
nombre
de
ces
affections,
lété
donne
de
plus
naissance
aux
fièvres
continues,
ardentes
ou
tierces,
aux
vomissements
,
aux
flux
de
ventre,
aux
douleurs
d'oreille,
aux
ulcères
de
la
bouche,
aux
chancres
qui
peuventenvakir
toutes
les
parties
du
corps.
mais
principaiement
les
parties
génitales;
et
enfin
à
l'épuisement
pro-
duit
par
des
sueurs
excessives.
Il
n’est
pas
une
de
ces
maladies
pour
ainsi
dire
qu’on
ne
puisse
rencontrer
en
automne;
mais
on
chbserve
de
plus
alors
les
fièvres
erratiques,
les
douleurs
de
rate,
lhydropisie,
la
consomption
qui
a
recu
des
Grecs
le
nom
de
phthisie,
la
difficulté
d’uriner
qu’ils
appellent
s{rangurie,
l'affection
iliaque
de
lin-
testin
grêle
t/éon,
le
relâchement
particulier
des
intestins
nommé
par
eux
lienterie,
les
dou-
leurs
sciatiques,
et
les
attaques
d’épilepsie.
C’est
lépoque
où
succombent
les
personnes
affaiblies
par
des
maux
invétérés,
et
sous
le
poids
encore
des
chaleurs
récentes
de
Pété;
d’autres
sont
en-
levées
par
les
maladies
propres
à
‘la
saison
ou
contractent
des
affections
d’une
longueur
ex-
trêmeé,
telles
par
exemple
que
les
fièvres
quartes,
qui
sévissent
aussi
pendant
l'hiver.
En
aucun
temps
on
ne
voit
régner
plus
souvent
les
épidé-
mies,
quelles
qu’elles
soient,
quoique
l’automne
exerce
déjà
de
mille
manières
son
influence
per-
nicieuse.
L'hiver
suscite
des
douleurs
de
tête,
de
la
toux
,
des
maux
de
gorge,
des
points
de
lippitudines
,
pustulæ,
profusio
sanguinis,
abscessus
cor-
poris,
quæ
&roctuara
Græci
nominant,
bilis
atra,
quam
gexayyoktay
appellant,
insania,
morbus
comitilis,
an-
gina,
gravedines
,
destillationes
oriri
solent.
Ii
quoque
morbi,
qui
in
articulis
nervisque
modo
urgent,
modo
quiescunt,
tum
maxime
et
-inchoantur
ef
repetunt.
At
æstas
non
quidem
vacat
plerisque
his
morbis;
sed
adjicit
febres,
vel
continuas,
vel
ardentes,
vel
tertia-
pas,
vomitus,
alvi
dejectiones,
auricularum
dolores,
ulcera
oris,
cancros,
et
in
ceteris
quidem.
partibus,
sed
maxime
obscœnis;
et
quidquid
sudore
hominem
resolvit.
Vix
quidquam
ex
his
in
autumnum
non
incidit
:
sed
oriuntur
quoque
eo
tempore
febres
incertæ,
lienis
dolor,
aqua
inter
cutem
,
tabes,
quam
Græci
oôto:v
nominant;
urinæ
difficultas,
quam
otpxyyovgtæv
appellant
;
tenuioris
intestini
morbus,
quem
eixedy
nominant;
Iævitas
intesti-
noruim,
que
hetevrepix
vocatur
;
coxæ
dolores,
morbi
co-
mitiales.
Idemque
tempus
et
diutinis
malis
fatigatos,
ét
ab
æstate
tantum
proxima
pressos
interimit;
et
alios
no-
vis
morbis
conficit;
et
quosdam
longissimis
implicat
,
ma-
ximeque
quartanis,
quæ
per
hiemem
quoque
exerceant.
Neque
aliud
magis
tempus
pestilentiæ
patet,
cujuscumque
ea
generis
est;
quamvis
variis
rationibus
nocet.
Hiems
au-
tem
capitis
dolores,
tussim,
et
quidquid
in
fancibus,
in
la-
côté,
et
toutes
les
maladies
des
viscères.
Quant
aux
vents,
l’aquilon
provoque
la
toux
et
l’en-
rouement,
resserre
le
ventre
,
supprime
les
uri-
nes,
détermine
des
frissons,
des
douleurs
de
côté
et
de
poitrine;
néanmoins,
il
raffermit
les
bonnes
constitutions,
et
rend
plus
alerte
et
plus
agile.
Le
vent
du
midi
fait
perdre
à
l’ouïe
sa
finesse,
aux
‘sens
leur
activités
il
occasionne
des
maux
de
tête,
relâche
les
entrailles,
et
jette
le
corps
dans
la
langueur,
la
mollesse
et
l’engourdissement.
Les
autres
vents,
selon
qu’ils
se
rapprochent
de
celui
du
nord
où
du
midi,
produisent
des
effets
analogues
à
ceux
que
nous
indiquons.
Toute
chaleur
enfin
détermine
l’inflammation
du
foie
et
de
la
rate,
appesantit
l’esprit,
et
entraîne
des
syncopes
et
des
hémorragies.
Le
froid
amène
Jes
convulsions
ou
la
rigidité
des
nerfs.
On
donne
en
grec
le
nom
de
spasme
au
premier
état,
et
ce-
lui
de
{étanos
au
second.
C’est
au
froid
que
sont
dus
la
gangrène
des
ulcères
et
les
frissons
qui
accompagnent
les
fièvres.
Dans
les
temps
de
sécheresse,
surviennent
les
fièvres
aiguës,
les
ophthalmies,
les
tranchées,
les
difficultés
d’uri-
ner,
et
les
douleurs
articulaires.
Par
des
temps
de
pluie,
naissent
les
fièvres
continues,
les
dé-
voiements,
les
angines,
les
chancres,
les
attaques
d'épilepsie,
et
la
résolution
des
nerfs,
paralysie
des
Grecs.
Il
ne
faut
pas
seulement
tenir
compte
des
jours
présents,
maïs
aussi
de
ceux
qui
les
ont
précédés.
Si
l’hiver
en
effet
a
été
sec
et
agité
par
les
vents
septentrionaux
,
et
que
leprintemps
soit
pluvieux
et
soumis
aux
vents
du
midi,
on
verra
le
plus
souvent
apparaître
des
ophthalmies,
des
dyssenteries,
des
fièvres,
qui
séviront
de
préfé-
rence
sur
les
pérsonnes
dont
la
constitution
est
molle,
et
par
conséquent
sur
les
femmes.
Si
au
teribus,
in
visceribus
mali
contrahifur,
irritat.
Ex
tempe-
statibus,
Aquilo
tussim
movet,
fauces
exasperat,
ventrem
adstringit,
urivam
supprimit,
horrores
excität,
item
dolores
lateris
él
pectoris
:sanum
tamen
corpusspissat,
et
mobilius
atque
expeditius
reddit.
Auster
aures
hebetat,
sensus
tar-
dat,
capitis
dolorem
movet,
alvum
solvit,
totum
corpus
ef:
ficit
hebes,
humidum
,
languidum.
Ceteri
venti,
quo
huic
vel
illi
propiores
sunt,
eo
magis
vicinos
his
illisve
affectus
faciunt.
Denique
omnis
calor
et
jecur
et
lienem
inflammat,
mentem
hebetat,
ut
anima
deficiat,
ut
sanguis
prorum:
pat,
efficit.
Frigus
modo
nervorum
distentionem,
modo
rigorem
infert;
illud
cnacuèdc,
hoc
réravos
græce
nomi-
natur
:
nigriliem
in
ulceribus,
horrores
in
febribus
exci-
tat.
In
siccitatibus,
acutæ
febres,
lippitudines,
tormina
,
urinæ
difficultas
,
articulorum
dolores’,
oriuntur.
Per
im-
bres,
longæ
febres,
alvi
dejectiones,
angina,
cancri,
morbi
comitiales,
resolutionervorum;
rmapévou
Græcinominant.
Neque
soluminterest,
quales
dies
sint,
sed
etiam
quales
ant
præcesserint.
Si
hiemssicca
Septemtrionales
ventos
habuit,
ver
autem
Austros
et
pluvias
exhibet,
fere
subeunt
Lippi-
tudines;
tormina,
febres,
maximeque
in
mollioribus
cor-
poribus,
ideoque
præcipue
in
muliebribus.
Si
vero
Aus-
tripluviæque
hiemem
occuparunt
,
ver
autem
frigidum
et
siccum
est,
gravidæ
quidem
fxminæ,
quibus
um
adest

24
CELSE.
contraire
à
un
hiver
pluvieux,
et
placé
sous
l’in-
fluence
des
vents
du
midi,
succède
un
printemps
sec
et
froid,
il
en
résulte
que
les
femmes
encein-
tes
et
avancées
déjà
dans
leur
grossesse
sont
me-
nacées
d’avortement,
ou
ne
mettent
au
monde,
lorsqu'elles
arrivent
à
terme,
que
des
enfants
dé-
biles
et
à
peine
viables.
Les
autres
individus
sont
affectés
d’ophthalmies
sèches,
ainsi
que
de
fluxions
et
de
catarrhes,
s’ils
sont
âgés.
Mais
si
les
vents
du
midi
n’ont
pas
cessé
de
régner
de-
puis
le
commencement
de
l’hiver
jusqu’à
la
fin
du
printemps,
on
observera
des
pleurésies,
et
le
délire
fébrile
appelé
frénésie,
qui
seront
rapide-
ment
mortels.
Si
dès
les
premiers
jours
du
prin-
temps
et
pendant
l’été
il
a
fait
constamment
chaud
,
les
fièvres
seront
accompagnées
de
sueurs
considérables.
S’il
y
a
eu
de
la
sécheresse
pen-
dant
l’été,
avec
un
vent
du
nord,
et
si
le
vent
du
midi
règne
en
automne
avec
des
pluies,
il
se
manifestera,
l'hiver
suivant,
de
la
toux,
des
rhumes,
et
des
enrouements:;
quelques-uns
même
seront
minés
par
la
consomption.
En
supposant
au
contraire
que
l’automne
soit
aussi
see
que
l'été,
et
de
même
exposé
à
l’aquilon,
les
sujets
dont
la
constitution
est
molle,
et
princi-
palement
les
femmes
comme
je
lai
dit,
jouiront
alors
d’une
bonne
santé.
Ceux
qui
ont
une
com-
plexion
plus
ferme
peuvent
être
atteints
d’oph-
thalmies
sèches
,
de
fièvres
en
partie
aiguës
et
en
partie
chroniques
,
et
de
maladies
engendrées
par
l'atrabile.
Quant
aux
époques
de
la
vie,
les
en-
fants
et
les
adolescents
se
portent
mieux
dans
le
printemps
et
au
commencement
de
l'été,
les
vieil-
Jards
mieux
en
été
et
au
commencement
de
l’au-
tomne;
les
jeunes
gens
et
les
hommes
dans
la
force
de
l’âge,
mieux
en
hiver.
On
supporte
plus
difficilement
l’hiver
au
déclin
de
la
vie,
et
moins
ui
,
abortu
periclitantur
;
eæ
vero
quæ
gignunt,
im-
ecillos,
vixque
vitales
edunt
:
ceteros
lippitudo
arida,
et
si
seniores
sunt,
grayedines
atque
destillationes
male
habent.
At
si
a
prima
hieme
Austri
ad
ultimum
ver
con.
tinuarunt,
laferum
dolores,
et
insania
febricitantium,
quam
œpévnoiv
appellant,
quam
celerrime
rapiunt.
Ubi
vero
Calor
a
primo
vere
orsus
æstatém
quoque
similem
exhibet
,
necesse
est
multum
sudorem
in
febribus
subse-
qui.
At
si
sicca
æstas
Aquilones
habuit,
autumno
vero
im-
bres
Austrique
sunt,
tota
hieme,
quæ
proxima
est,
tussis,
destillatio,
raucitas,
in
quibusdam
eliam
tabes
oritur.
Sin
autem
aufumnus
quoque
æque
siccus
iisdem
Aquilo-
Dibus
perflatur
omnibus,
quidem
mollioribus
corporibus,
Inter
quæmuliebria
esse
proposui,
secunda
valetudo
con:
tingit
:
durioribus
vero
instare
possunt,
et
aridæ
lippitu-
dines
,
el
febres
partim
acutæ
,
partim
longæ;
et
ii
morbi,
qui
ex
atra
hile
nascuntur.
Quod
ad
ætates
vero
pertinet,
puert
proximique
his
vere
optime
valent,
et
æstate
prima
futissimi
sun
:
senes
æstate
et
autumni
prima
parte
:
ju-
venes
hieme
,
quique
inter
juventam
senectutemque
sunt.
Inimicior
senibus
hiems,
æstas
adolescentibus
est.
Tum
si
qua
imbecillitas
oritur,
proximum
est
ut
infantes,
tene-
bien
l’été
lorsqu'on
est
jeune.
Dans
la
première
et
la
seconde
enfance
si
la
santé
se
dérange,
les
malades
sont
très-sujets
à
des
ulcères
serpigineux
de
la
bouche,
appelés
aphthes
en
grec,
ainsi
qu’à
des
vomissements,
des
insomnies,
des
écoule-
ments
d'oreille,
et
des
inflammations
autour
de
l’ombilic.
Au
moment
de
la
dentition
particulière-
ment,
ils
présentent
des
ulcérations
superficielles
aux
gencives,
et
sont
pris
de
convulsions,
de
fiè-
vres
légères
et
de
dévoiement
,
surtout
quand
les
dents
canines
sont
prêtes
à
sortir.
Ces
accidents
s'observent
fréquemment
chez
les
enfants
trop
gros,
et
qui
ont
le
ventre
trop
resserré.
À
un
âge
un
peu
plus
avancé,
surviennent
les
engorge-
ments
des
glandes,
les
déviations
des
vertèbres,
les
écrouelles
,
des
espèces
de
verrues
douloureu-
ses
nommées
en
grec
dxooyopôoves,
et
plusieurs
autres
sortes
d’excroissances.
Un
grand
nombre
de
ces
affections
persiste
encore
à
la
puberté,
et
de
plus
il
se
manifeste
des
fièvres
de
longue
durée
et
des
hémorragies
nasales,
C'est
vers
le
quarantième
jour
que
l'enfance
a
le
plus
de
dan-
gers
à
courir,
puis
au
septième
mois,
à
la
sep-
tième
année,
et
ensuite
aux
approches
de
la
pu-
berté.
Si
à
cette
époque,
et
après
les
premiers
rapports
sexuels,
les
maladies
des
garçons
ne
sont
pasterminées,
et
sielles
persévèrent
chez
les
filles
après
l’éruption
des
règles,
elles
deviennent
sou-
vent
difficiles
à
vaincre.
En
général
cependant
les
maladies
de
l'enfance
qui
se:
sont
prolongées
jus-
qu’à
ces
limites
ne
vont
pas
au
delà.
L’adoles-
cence
est
très-exposée
aux
affections
aiguës,
à
l’épilepsie
et
à
la
consomption,
et
ce
sont
presque
toujours
les
jeunes
gens
qui
crachent
le
sang.
Après
cet
âge,
arrivent
les
pleurésies,
les
pneu-
monies,
la
léthargie,
le
choléra,
la
frénésie,
et
l'écoulement
de
sang
par
les
orifices
de
certaines
rosque
adhuc
pueros
serpentia
ulcera
oris,
quæ
däoûac
Græci
nominant,
vomitus,
nocturnæ
vigiliæ,
aurium
humor,
circa
umbilicum
inflammationes
exerceant.
Pro-
priæ
etiam
dentientium,
gingivarum
exulcerationes
,
dis:
tentiones
nervorum,
febriculæ
,
alvi
dejectiones;
maxime-
que
capinis
dentibus
orientibus
male
habent,
Quæ
peri-
cula
plenissimi
cujnsque
sunt
,
et
cui
maxime
venter
adstrictus
est.
At
ubi
ætas
paulum
processit,
glandulæ,
et
vertebrarum,
quæ
in
spina
sunt,
aliquæ
inclinationes,
strumæ,
Verrucarum
quædam
genera
dolentia,
&xpoy0p"
d6vace
Græci
appellant,
et
plura
alia
tubercula
oriuntur.
Incipiente
vero
jam
pube,
ex
tisdem
multa,
et
longæ
fe-
bres,
et
sanguinis
ex
naribus
cursus.
Maximeque
omnis
pueritia,
primum
circa
quadragesimum
diem,
deinde
septimo
mense,
tum
septimo
anno,
postea
circa
puberta-
tem
periclitatur.
Si
qua
etiam
genera
morborum
in
infan-
tem
inciderunt,
ae
neéque
pubertate,
neque
primis.
coiti-
bus,
neque
in
fœmina
primis
menstruis
finita
sunt,
fere
longa
sunt
:
sæpius
tamen
morbi
pueriles,
qui
diutius
manserunt,
terminantur.
Adolescentia
moybis
acutis;
item
comitialibus,
tabique
maxime
objecta
est
:
fereque
juvenes
sunt,
qui
sanguinem
exspuunt.
Post
hanc
ætatem

PA
INT
TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
IL.
25
veines,
ce
que
les
Grecs
nomment
hémorroïdes.
Il
y
a
dans
la
vieillesse
embarras
de
la
respira-
tion,
difficulté
d'uriner,
catarrhes,
douleurs
dans
les
articulations
et
les
reins,
paralysie,
mauvais
état
du
corps
désigné
par
les
Grees
sous
le
nom
de
cachexie,
insomnies,
maladies
des
oreilles,
des
yeux
et
du
nez
toujours
opiniâtres,
relâchement
d’entrailles,
et
par
suite
tranchées,
lienterie,
et
toutes
les
incommodités
qui
résultent
de
la
tropgrande
liberté
du
ventre.
Indépendam-
ment
de
ces
affections,
les
sujets
maigres
ont
à
craindre
la
consomption,
la
diarrhée,
les
rhu-
mes
,
les
points
de
côté
et
les
douleurs
des
viscè-
res.
Les
gens
surchargés
d’embonpoint
sont
plu-
tôt
enlevés
par
des
maladies
aiguës
et
des
suffo-
cations,
et
périssent
souvent
de
mort
subite,
ce
qui
n'arrive
presque
jamais
aux
personnes
dont
la
constitution
est
grêle.
IT.
Ilexiste,
ainsi
que
je
l'ai
dit
plus
haut,
des
signes
précurseurs
de
la
maladie,
qui
tous
ont
pour
effet
de
modifier
l’état
habituel
du
corps,
non-seulement
en
lé
rendant
plus
grave,
mais
encore
en
l'améliorant.
Si
par
exemple
on
a
plus
d'embonpoint
et
le
teint
plus
brillant
et
plus
coloré
que.
de
coutume,
on
doit
suspecter
ces
nouveaux
avantages,
par
la
raison
que,
ne
pou-
vant
pas
plus
se
maintenir
qu’augmenter,
ilssont
suivis
bientôt
d’un
mouvement
rétrograde
au
détriment
de
la
santé.
L'indice
est
plus
grave
cependant
quand
la
maigreur
survient
à
lim-
proviste,
et
que
les
couleurs
et
la
bonne
mine
dis-
paraissent.
En
effet,
on
peut
abandonner
à
la
maladie
ce
quise
trouve
en
excès
;
mais
si
déjà
l’on
est
au-dessous
de
ses
forces,
on
n’en
a
plus
assez
pour
supporter
le
mal,
Il
y
a
lieu
de
s’in-
laterum
et
pulmonis
dolores,
lethargus,
cholera,
insania,
sanguinis
per
quædam
velut
ora
venarum,
aimoppotôac
Græci
appellant,
profusio.
In
senectute,
spiritus
et
urinæ
difficultas,
gravedo,
articulorum
et
renum
dolores,
ner-
vorum
resolutiones,
malus
corporis.
habitus,
xoyeëiay
Græci
appellant,
nocturnæ
vigiliæ,
vitia
longiora
aurium,
oculorum
,
etiam
narium,
præcipueque
soluta
alvus,
et,
quæ
sequuntur
hanc,
tormina,
vel
lxvitas
intestinorum,
ceteraque
ventris
fusi
mala.
Præter
hæe
graciles,
tabes,
dejectiones
,
destillationes;
item
viscerum
et
laterum
do-
lores
fatigant.
Obesi
plerumque
acutis
morbis,
et
difficul-
tate
spirandi
strangulantur
:
subitoque
sæpe
moriuntur
;
quod
in
corpore
fenuiore
vix
evenif.
I.
Ante
adversam
autem
valetudinem,
ut
supra
dixi,
quædam
notæ
oriuntur;
quarum
omninm
commune
est,
aliter
se
corpus
habere,
atqne
consuevit;
neque
in
pejus
tantum,
sed
etiam
in
melius.
Ergo
si
plenior
aliquis,
et
speciosior,
et
coloratior
factus
est,
suspecta
habere
bona
sua
debet;
quæ,
quia
neque
in
eodem
habitu
subsistere
“
-
neque
ultra
progredi
possunt,
fere
retro,
quasi
ruina
qua-
dam,
revolvuntur.
Pejus
tamen
signum
est,
ubi
aliquis
contra
consuetudinem
emacuit,
et
colorem
decoremque
amisit
:
quoniam
in
is
quæ
superant,
est
quod
morbus
demat
;
in
iis
quæ
desunt,
non
est
quod
ipsum
morbum
ferat.
Præter
hæc
protinus
timeri
debet,
si
graviora
mem-
quiéter
encore,
siles
membres
s’appesantissent,
si
des
ulcères
reviennent
fréquemment,
si
la
chaleur
du
corps
est
plus
élevée,
si
le
sommeil
est
lourd
et
accablant,
si
l’on
est
tourmenté
par
des
songes
tumultueux
,
si
l’on
s’éveille
plus
sou-
vent
pour
se
rendormir
ensuite,
si
pendant
le
sommeil
la
sueur,
contre
l’ordinaire
,
se
borne
à
certaines
parties,
comme
la
poitrine,
le
cou,
les
cuisses
,
les
genoux,
les
hanches.
Ilen
sera
de
même
si
l'esprit
est
abattu
,
et
que
l’on
répugne
à
parler
et
à
se
mouvoir;
sile
corps
est
engourdi,
s’il
existe
une
douleur
à
la
région
précordiale
ou
dans
toute
la
poitrine,
ou
s’il
y
a
des
maux
de
tête,
comme
cela
arrive
chez
le
plus
grand
nom-
bre;
si
la
bouche
est
remplie
de
salive,
si
les
mouvements
des
yeux
sont
douloureux,
s’il
y
a
resserrementdes
tempes,
si
les
membressontagi-
tés
de
frissons,
si
la
respirationest
plus
difficile,
si
les
veines
du
front
sont
gonfilées
et
battent
avec
violence,
s'il
y
a
bâillements
répétés,
fati-
gue
dans
les
genoux
,
ou
lassitude
générale.
Ces
signes
pour
la
plupart
sont
les
avant-coureurs
de
la
fièvre,
et
quelques-uns
du
moins
la
précèdent
toujours.
Mais
il
faudra
rechercher
d’abord
ceux
qui
peuvent
exister
habituellement
chez
un
in-
dividu
sans
entraîner
d'accidents
;
car
il
y
a
des
dispositions
personnelles
qu’il
est
important
de
connaître,
pour
porter
un
pronostic
assuré.
On.
n’a
donc
rien
à
craindre,
s’il
s'agit
de
ces
si-
gnes
qui
se
sont
manifestés
souvent
sans
présen-
ter
de
gravité
;
mais
il
faut
au
contraire
se
préoc-
cuper
de
ceux
qui
apparaissent
pour
la
première
fois,
ou
dont
on
n’a
pu
se
préserver
déjà
qu’en
s’entourant
de
précautions.
IT.
Dès
qu’un
malade
a
la
fièvre,
il
convient
bra
sunt;
si
crebra
ulcera
oriuntur;
si
corpus
supra
con-
suetudinem
incaluit
;
si
gravior
somnus
pressit
;
si
tumul-
tuosa
somnia
fuerunt;
si
sæpius
expergiscitur
aliquis,
quam
assuevit,
deinde-iterum
soporatur
;
si
corpus
dor:
mientis
circa
parles
aliquas
contra
consuetudinem
insu-
dat,
maximeque-si
circa
pectus,
aut
cervices,
aut
crura,
vel
genua,
vel
coxas.
Jiem
,
si
marcet
animus;
si
loqui
et
moveripiget;
si
corpus
torpet;
si
dolor
præcordiorum
est,
aut
totius
pectoris,
aut,
qui
in
plurimis
evenit,
ca-
pitis
;
si
salivæ
plenum
estos;
si
oculi-
cum
dolore
ver-
tuntur;
si
tempora
adstricta
sunt;
si
membra
inhorres-
cunf;
si
spiritus
gravior
est;
si
circa
frontemintentæ
venæ
moventur;
si
frequentes
oscitationes;
si
genua
quasi
fati-
gata
sunt,
totumve
corpus
lassitudinem
sentit.
Ex
quibus
sæpe
plura,
numquam
non
aliqua
febrem
antecedunt.
In
primis
tamen
illud
considerandum
est,
num
cui
sæpius
horum
aliquid
eveniat,
neque
ideo
corporis
ulla
difficul-
tas
subsequatur.
Sunt-enim
quædam
proprietates
homi-
num,
sine
quarum
notifia
non
facile
quidquam
in
futu-
rum
præsagiri
potest.
Facile
itaque
securus
est
in
iis
aliquis,
quæ
sæpe
sine
periculo
evasit
:
ille
sollicitari
de-
bet,
cui
hæc
nova
sunt;
aut
qui
ista
numquam
sine
Ccus-
todia
sui
tuta
habuiït.
IHL.
Ubi
vero
febris
aliquem
occupavit,
scire
licet,
non
periclitari,
si
in
latus
aut
dextrum
aut
sinistrum,
uf

26
de
savoir
qu'il
n'est
point
en
danger,
s’il
peut
comme
bon
lui
semble
se
coucher
indifférem-
ment
des
deux
côtés,
les
cuisses
étant
un
peu
fléchies
,
position
naturelle
de
l’homme
en
santé.
Il
n’est
point
exposé
non
plus
s’il
se
retourne
aisément,
s’il
dort
la
nuit
et
reste
éveillé
tout
le
jour,
si
sa
respiration
est
libre,
s’il
n’a
point
de
tristesse,
si
le
bas-ventre
et
la
région
ombili-
cale
conservent
leur
embonpoint,
si
les
hypo-
condres
ne
sont
point
douloureux
et
sont
éga-
lement
souples
de
chaque
côté,
ou
si,
nonobstant
un
peu
de
gonflement,
ils
cèdent
à
la
pression
des
doigts
,
sans
accuser
de
sensibilité,
Alors,
quoi-
que
l’état
morbide
puisse
durer
quelque
temps,
il
doit
avoir
une
heureuse
terminaison.
On
n’a
pas
à
s’alarmer
davantage,
si
le
corps
est
dans
un
état
de
souplesse
et
de
chaleur
convenables,
si
la
sueur
se
répand
également
sur
tous
les
mem-
bres,
et
si
elle
sert
à
juger
la
fièvre,
L’éternument
est
encore
un
indice
favorable,
de
même
que
l'appétit,
soit
qu'il
ait
toujours
persisté,
soit
qu'il
succède
à
Pinappétence.
Une
fièvre
qui
ne
dure
qu’un
jour
ne
peut
inspirer
d'inquiétude,
non
plus
que
celle
dont
la
durée
est
plus
lon-
gue,
mais
qui
s’évanouit
d'elle-même
avant
un
nouvel
accès
;
si
bien
que
le
corps
revient
à
on
intégrité,
état
que
les
Grecs
appellent
eiluxpuvèc.
Il
n'y
a
pas
à
s’effrayer
s'il
survient
des
vomis-
sements
mêlés
de
bile
et
de
pituite,
et
si
l’on
remarque
dans
les
urines
un
sédiment
blane,
lisse
et
uni,
ou
quelques
nuages
à
la
surface,
qui
ne
tardent
pas
à
se
précipiter.
On
est
exempt
de
tout
péril,
quand
les
selles
sont
molles
et
mou
lées
comme
dans
l’état
de
santé,
qu’elles
arri-
vent
à
peu
près
aux
mêmes
heures,
et
se
trou-
vent:
dans
un
rapport
convenable
avec
les
ali-
ipsi
visum
est,
cubat,
cruribus
paulum
reductis;
qui
fere sani
quoque
jacentis
habitus
est;
si
facile
converti-
tur
;
si
noctu
dormit,
interdiu
vigilat;
si
ex
facili
spirat;
sinon
conflictatur;
si
cirea
umbilicum
et
pubem
cutis
plena
est;
si
præcordia
ejus
sine
ullo
sensu
doloris
æqua-
liter
mollia
in
utraque
parte
sunt.
Quod
si
paulo
tumi-
diora
sunt,
sed
tamen
digitis
cedunt
et
non
dolent,
hæc
valetudo,
ut
spatium
aliquod
habebit,
sie
tuta
erit.
Corpus
quoque,
quod
æqualiter
molle
et
calidum
est
$
quodque
æqualiter
totum
insudat,
et
cujus
febricula
eo
sudore
finitur,
securitatem
pollicetur.
Sternutamentum
£tiam
inter
bona
indicia
est,
et
cupiditas
cibi
vel
a
primo
servafa,
vel
etiam
post
fastidium
orta.
Neque
terrere
de-
bet
ea
febris,
quæ
eodem
die
finita
est;
ac
ne
ea
quidem,
quæ
quamvis
longicre
tempore
evanuit,
tamen
ante
al-
teram
aecessionem
ex
tolo
quievit,
sie
ut
corpus
inte-
BTUM,
quod
eburpuvèc
Græci
vocant,
ficret.
Si
quis
autem
incidit
Vomitus,
mistus
esse
et
bile
et
pituita
debet
:
et
in
urina
subsidere
album,
læve,
æquale;
‘cut
etfam,
Si
quæ
quasi
nubeculæ
innatarint,
in
imum
deferantur.
Af
Ventér
ei,
qui
a
periculo
tutus
est,
reddit
mollia,
figurata,
alque
éodem
fere
tempore,
quo
secunda
valetu-
dine
assuevit,
modo
Convenientia
jis.
aux
assumuntur.
CELSE.
ments
ingérés.
Le
flux
de
ventre
est
plus
à
craindre
;
mais
il
ne
faut
pas
s'inquiéter
préma-
turément
,
sïle
ventre
est
moins
relâché
chaque
matin,
s'il
se
resserre
par
degrés
au
bout
de
quelque
temps
,et
siles
matières
jaunâtres
n’ont
pas
plus
de
fétidité
que
chez
l’homme
bien
por-
tant.
[l
n’y
a:
rien
de
fâcheux
non
plus
à
rendre
quelques
lombriessur
la
fin
de
la
maladie.
Quand
les
gaz
déterminent
à
la
région
supérieure
du
ventre
du
gonflement
et
de
la
douleur,
c’est
un
bon
signe
queles
borborygmes
gagnent
les
par-
ties
inférieures;
etce
qui
vaut
mieux
encore,
c'est
d’expulser
ces
gaz
sans
difficulté
avec
les
matio-
res
alvines.
IV.
On
doit
s'attendre
au
contraire
à
une
af-
fection
des
plus
graves,
lorsque
le
malade
est
couché
sur
le
dos
les
bras
et
les
jambes
étendus
;
lorsque
,
dans
la
violence
d’un
état
aigu,
d’une
inflammation
des
poumons
surtout
,
il
veut
res-
ter
assis
;
lorsqu’enfin
il
est
tourmenté
d’insom-
nies
pendant
la
nuit,
bien
qu'il
obtienne
le
jour
un
peu
de
sommeil;
et
encore
ce
sommeil
est-il
moins
bon
entre
la
dixième
heure
et
la
nuit,
qu’à
partir
du
matin
jusqu’à
dix
heures
(1).Ce-
pendant
si
le
malade
ne
repose
ni
jour
ni
nuit,
le
présage.est
bien
plus
alarmant;
car
il
est
pour
ainsi
dire
impossible
qu'une
pareille
insomnie
n’ait
pas
sa
cause
dans
une
douleur
constante,
C'est
un
signe
également
contraire
qu'un
som-
meil
excessif
;
et
il
devient
plus
sérieux
encore,
si
l’assoupissement
se
prolonge
le
jour
et
la
nuit,
Voïcice
qui
dénote
aussi
la
gravité
du
mal:
une
respiration
fréquente
et
laborieuse,
des
frissons
commençant
le
sixième
jour,
des
crachats
puru-
lents
,
la
difficulté
de
l’expectoration,
la
conti-
nuité
des
souffrances,
l’impatience
à
supporter
Pejor
cita
alvus
est;
sed
ne
hæc
quidem
terrére
protinus
debet
,
si
matutinis
temporibus
coacta
magis
est,
aut
si
procedente
tempore
paulatim
contrahitur,
et
rufa
est,
neque
fœditate
odoris
similem
alvum
sani
hominis
exce-
dit.
AC
lumbricos
quoque
aliquos
sub
fine
morbi
descen-
disse,
nihil
nocet.
Si
inflatio
in
superioribus
partibus
do-
lorem
tumoremque
fecit,
bonum
signum
est
sonus
ventris
inde
ad
inferiorés
partes
evoluius
;
magisque
ctiam,
si
sine
difficultate,
cum
stercore
excessit.
IV.
Contra
gravis
morbi
periculum
est,
ubi
supinus
æger
jacet,
porrectis
manibus
et
cruribus;
ubi
residere
vult
in
ipso
acuti
morbi
impetu
,
præcipueque
pulmoni-
bus
laborantibus
;
ubi
nocturna
vigilia
premitur,
etiamsi
interdiu
somnus
accedit;
ex
quo
tamen
pejor
est,
qui
inter
quartam
horam
et
noctem
est,
quam
qui
matutino
tempore
ad
quarlam,
Pessimum
tamen
est,
si
somnus
neque
noctu,
neque
interdiu
accedit
:
id
enim
fere
sine
continuo
dolore
esse
non
potest.
Æque
vero
signnm
ma-
lum
est
etiam
somno
ulfra
debitum
urgeri;
pejusque,
quo
magis
se
sopor
interdiu,
noctuque
continuaf.
Mali
etiam
morbi
testimonium
est,
vehementer
et
crebro
spi-
rare
;
a
Sexto
die
cœpisse
inhorrescere;
pus
exspuere;
xvix
exscreare
;
dolorem
habere
continuum;
difficulter

PPT
EE
PAP
NT
IINOT
TETE
ON
TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
II.
27
son
mal,
l'agitation
déréglée
des
bras
et
des
jam-
bes,
les
pleurs
involontaires,
l’enduit
visqueux
qui
s'attache
aux
dents,
l’amaigrissement
des
régions
ombilicale
et
pubienne,
Pinflammation
des
hypocondres
avec
douleur,
dureté,
tension
et
gonflement
,
phénomènes
plus
dangereux
du
côté
droit,
et
auxquels
peut
s'ajouter
enfin
le
plus
périlleux
de
tous,
le
battement
violent
des
vais-
seaux
deces
parties.
Autres
signes
fâcheux
:éma-
ciation
rapide,
froid
à
la
tête,
aux
mains
et
aux
pieds,
et
en
même
temps
chaleur
au
ventre
et
aux
côtés,
froid
des
extrémités
au
plus
fort
d’une
affection
aiguë,
frissons
après
la
sueur,
hoquets
ou
rougeur
des
yeux
après
avoir
vomi,
dégoût
des
aliments
succédant
à
l'appétit
ou
à
des
fièvres
de
longuedurée,
sueursimmodérées,
sel-
les
qui
sont
froides
surtout,
ou
bien
celles
qui
ne
sont
pas
générales
et
ne
jugent
point
la
fièvre.
Il
faut
craindre
les
fièvres
qui
reviennent
chaque
jour
à
la
mêmeheure,
qui
ont
des
accès
sembla-
bles
etne
diminuent
pas
le
troisième
jour,
ou
qui
se
composent
de
redoublements
et
de
rémissions,
sans
jamais
offrir
d’intermittence.
Mais
les
plus
redoutables
sont
les
fièvres
continues
quise
main-
tiennent
toujours
au
mème
degré
de
violence.
Il
y
a
danger
quand
la
fièvre
se
déclare
après
la
jaunisse,
surtout
si
l’hypocondre
droit
est
resté
dur.
Quand
la
douleur
persiste
dans
cette
par-
tie,
toute
fièvre
aiguë
doit
donner
de
vives
in-
quiétudes
;
il
en
est
de
même
des
convulsions
qui
se
manifestent
dans
le
cours
d’une
fièvre
ai-
guë,
où
qui
surviennent
au
réveil.
[
est
de
mau-
vais
augure
de
s’effrayer
en
dormant,
de
pré-
senter
dès
le
début
de
la
fièvre
du
désordre
dans
ferre
morbum
;
jactare
brachia
et
crura;
sine
voluntate
lacrimare
;
habere
humorem
glutinosum
dentibus
imhæ-
rentem;
cutem
cirea
umbilicum
et
pubem
macram;
preæ-
cordia
inflammata,
dolentia,
dura,
tumida
,
intenta
,
ma-
gisque,
si
hæc
dextra
parte
quam
sinistra
sunt
;
pericü-
losissimum
tamen
est,
si
venæ
quoque
ibi
vehementer
agitantur.
Mali
etiam-morbi
Signum
est,
nimis
celeriter
emacrescere;
caput
et
pedes.
manusque
frigidas
habere,
ventre
et
lateribus-calenlibus;
aut
frigidas
extremas
par-
tes
acuto
morbo
urgente
;
aut
post
sudorem
inhorrescere;
aut
post
vomitum
singultum
esse,
vel
rubere
oculos;
aut
post
cupiditatem
cibi,
postve
longas
febres
hunc
fastidire;
aut
multum
sudare,
maximeque
frigido
sudore
;
aut
habere
sudores
non
per
totum
corpus
æquales,
quique
febrem
non
finiant;
ef
eas
febres,
quæ
quotidie
tempore
eodem
reverfantur;
quæve
semper
pares
accessiones
habeant,
noque
tertio
quoque
die
leventur
;
quæve
sic
continuent,
ut
per
accessiones
increscant,
per
decessiones
tantum
molliantur,
nec
umquam
integrum
corpus
dimittant.
Pes-
simum
est,
si
ne
levatur
quidem
febris,
sed
æqne
conci-
tata
continuat.
Periculosum
est
etiam,
post
arquatum
morbum
febrem
oriri;
utique
si
præcordia
dextra
parte
dura
manserunt.
Ac
dolentibus
üïs,
nulla
acuta
febris
le-
viter
terrere
nos
debet;
neque
umqnam
in
acuta
febre,
aut
a
somno
non
est
terribilis
nervorum
distentio.
Timere
l'intelligence,
ou
d’être
atteint
de
paralysie
par—
tielle.
Dans
ce
dernier
cas
on
peut
bien
ranimer
le
membre
affecté
,
mais
presque
jamais
il
ne
re-
prend
la
force
qu’il
a
perdue.
Les
vomissements
de
bile
ou
de
pituite
pure
ont
de
la
gravité,
sur-
tout
si
les
matières
vomies
sont
vertes
ou
noires.
L'urine
dont
le
sédiment
est
rouge
et
uni
est
mauvaise
;
elle
l’est
plus
encore
quand
elle
laisse
voir
des
espèces
de
lamelles
minces
et
blanches
;
et
la
plus
mauvaise
enfin
est
celle
où
l’on
aper-
coit
des
nuages
furfuracés.
L’urine
ténue
et
sans
couleur
(2)
est
aussi
défavorable,
principalement
dans
la
frénésie.
L’extrême
constipation
est
à
redouter,
mais
pas
plus
que
le
dévoiement
qui
survient
pendant
la
fièvre
et
ne
permet
pas
au
ma-
lade
de
rester
au
lit
;
le
danger
même
augmente,
si
les
matières
sont
très-liquides,
décolorées,
blanchâtres
ou
écumeuses
,
ou
bien
peu
abondan-
tes,
glaireuses,
lisses
,
blanches,
un
peu
pâles,
ou
encore,
si
elles
sont
livides,
bilieuses,
sanguino-
lentes,
et
d'une
odeur
plus
forte
qu’à
l'ordinaire.
Il
n’est
pas
bon
enfin
que
les
évacuations
soient
sans
mélange
après
les
fièvres
de
longue
durée.
V.
Quand
les
symptômes
que
nous
venons
d’ex
poser
se
rencontrent,
il
est
à
désirer
que
là
maladie
se
prolonge;
et
même
il
faut
qu'il
en
soit
ainsi
ouie
malade
succombe.
La
seule
chance
de
salut
dans
les
affections
graves,
c’est
d’épui-
ser
leur
violence
en
gagnant
du
temps,
jusqu’au
moment
où
l’on
peut
faire-prévaloir
les
moyens
curatifs.
Il
est
permis
cependant
d’entrevoir
dès
le
début,
à
l’aide
de
certains
signes,
qu'une
mala-
die
traînera
en
longueur,
sans
être
pour
cela
mortelle.
On
portera
ce
jugement,
si
dans
une
etiam
ex
somno,
mali
morbi
est;
itemque
in
prima
febre
protinus
mentem
esse
turbatam
,membrumve
aliquod
esse
resolutum.
Ex
quo
casu
quamvis
vita
redditur,-tamen
id
fere
membrum
debilitatur.
Vomitus
etiam
periculosus
est
sinceræ
pituitæ,
vel
bilis;
pejorque,
si
viridis,
aut
niger
est,
At
mala
urina
est,
in
qua
subsiduntsubrubra
et
Jævia
:
deterior,
in
qua
quasi
folia
quædam
tenuia
atque
alba
:
pessima
ex
his,
si
tamquam
ex
furfuribus
factas
nubecu=
las
repræsenfat.
Diluta
quoque,
atque
alba,
vitiosa
est,
sed
in
phreneticis
maxime.
Alvus
autem
mala
est,
ex
tota
suppressa.
Periculosa
etiam,
quæ
inter
febres
fluens.con:
quiescere
hominem
in
eubili
non
palitur;
utique,
Si
_quod
descendit,
est
perliquidum,
aut
albidum,
aut
pallidum
aut
spumans.
Præter
hæc
periculum
ostendit
id,
quod
excernitur,
si
est
exiguum,
glutinosum,
leve,
album,
idemque
subpallidum
:
vel
si
est
aut
lividum,
aut
bilio-
sum,
aut
cruentum,
aut
pejoris
odoris,
quam
ex
Consue-
tudine.
Malum
est
efiam,
quod.
post
longas
febres
since-
rum
est.
RS
pen
per
V.
Post
hæc
indicia,
votum
est
longum
morbum
fieri
:
sic
enim
necesse
est,
nisi
occidit.
Neque
vitæ
alia
spes
in
magnis
malis
est,
quam
ut
impetum
morbi
trahendo
ali:
quis
effugiat,
porrigaturque
in id
tempus
,
quod
curationi
locum
præstet.
Protinus
tamen
signa
quædam
sun,
ex
quibus
colligere
possumus,
morbum,
elsi
non
intereme:

28
CELSE.
fièvre
non
aiguë
on
observe
des
sueurs
froides
limitées
à
la
tête
et
au
cou,
ou
des
sueurs
géné-
rales
avec
persistance
de
la
fièvre;
s’il
y
a
des
alternatives
de
chaud
et
de
froid
;
si
la
coloration
varie
d’un
instant
à
l’autre,
si
les
abcès
survenus
dans
le
cours
d’une
fièvre
ne
se
guérissent
pas;
si
le
malade
à
peu
maïgri
comparative-
ment
à
Ja
durée
de
son
affection;
si
l'urine
est
pure,
limpide
dans
un
temps
et
un
peu
sédimen-
teuse
dans
un
autre
;
si
le
dépôtest
lisse,
blanc
ou
rouge,
ou
bien
formé
de
petits
grumeaux,
ou
s’il
s'élève
de
petites
bulles
à
la
surface.
VI.
Malgré
le
danger
que
font
craindre
de
pareils
symptômes,
tout
espoir
n’est
pas
perdu;
mais
il
y
a
présage
de
mort
quand
le
nez
est
ef-
filé,
les
tempes
affaissées,
les
yeux
caves,
les
oreilles
froides
sans
ressort,
relevées
légèrement
par
en
bas,
la
peau
du
front
dure
et
tendue,
et
la
coloration
noire
ou
blême.
L’imminence
est
plus
grande
encore,
s’il
n’y
a
eu
précédemment
ni
veilles
prolongées
,
ni
diarrhée,
ni
abstinence
extrême.
Ces
causes
peuventquelquefois
produire
la
même
altération
dans
les
traits;
mais
leur
influence
ne
s’étend
pas
au
delà
d’un
jour,
et
quand
cet
état
persiste,
il
annonce
la
mort.
Elle
est
prochaine
si
ces
symptômes
durent
depuis
trois
jours,
à
une
époque
avancée
dela
maladie,
surtout
si
les
yeux
fuient
la
lumière
et
se
rem-
plissent
de
larmes,
si
le
blanc
se
colore
en
rouge
et
que
les
veinules
apparaissent
avec
une
teinte
livide
,
si
l'œil
est
rempli
de
chassie
qui
s’atta-
che
principalement
aux
angles,
si
l’un
est
plus
petit
que
l’autre,
s'ils
sont
profondément
en-
foncés
ou
saillants,
si
pendant
le
sommeil
et
sans
diarrhée
précédente
les
paupières
entr'ou-
rit,
longius
tamen
tempus
hàbiturum
:
ubi
frigidus
sudor
inter
febres
non
acutas
circa
caput
tantum,
et
cervices
oritur
;
aut
ubi,
febre
non
quiescente,
corpus
insudat;
aut
ubi
corpus
modo
frigidum,
modo
calidum
est
,et
co-
lor
alius
ex
alio
fit;
aut
ubi,
quod
inter
febres
aliqua
parte
abscessit,
ad
sanitatem
non
pervenit;
aut
ubi
æger
pro
spatio
parum
emacrescif
:
item,
si
urina
modo
liquida
et
pura
est,
modo
habet
quædam
subsidentia;
si
lævia
atque
alba
rubrave
sunt,
quæ
in
ea
subsidunt
;
aut
si
quas-
dam
quasi
miculas
repræsentat;
aut
si
bullulas
excitat.
VI.
Sed
inter
hæc
quidem
,
proposito
melu,
spes
tamen
superest.
Ad
ullima
vero
jam
ventum
esse
testantur,
nares
acufæ,
collapsa
tempora,
oculi
concavi,
frigidæ
languidæque
aures
et
imis
partibus
leniter
versæ,
cutis
circa
frontem
dura
et
intenta,
color
aut
niger
aut
perpal-
-
lidus;
multoque
magis,
si
ita
hæc
sunt,
ut
neque
vigilia
=
ecesserit,
neque
ventris
resolutio,
neque
inedia.
Ex
-
Quibus
causis
interdum
hæc
species
oritur,
sed
uno
die
fi
que
diutius
durans,
mortis
index
est.
Si
vero
in
morbo
vetére
jam
triduo
talis
est,
in
propinquo
mors
est;
magisque,
Si
præter
hæc
oculi
quoque
lumen
refu-
giunt,
et
ilacrimant;
quæque
in
iis
alba
esse
debent,
rubescunt;
atque
in
iisdem
venülæ
pallent;
pituitaque
in
ïis
innatans,
novissime
angulis
inbærescit;
allerque
ex
his
minor
est;
jique
auf
vehementer
subsederunt,
aut
vertes
font
apercevoir
une
partie
du
blanc
de
l’æil
,
si
les
paupières
sont
pâles
et
que
cette
pâ-
leur
décolore
aussiles
lèvres
et
les
narines,
si
le
nez,
les
lèvres,
les
yeux,
les
paupières
et
les
sourcils,
ou
seulement
quelques-uns
de
ces
traits,
.
sont
décomposés;
si
le
malade
enfin
en
raison
de
sa
faiblesse
est
incapable
de
voir
et
d'entendre.
Ce
quidénonce
également
une
terminaison
fatale,
c’est
quand
le
malade
est
couché
sur
le
dos,
les
genoux
serrés
lun
contre
l’autre,
qu'il
se
laisse
continuellement
glisser
vers
les
pieds
du
lit,
qu'il
découvre
ses
brasetses
jambes
et
les
jette
çà
et
là,
qu'il
a
les
extrémités
froides,
qu’il
reste
la
bou-
che
ouverte,
qu’il
dort
sans
cesse,
qu'étant
sans
connaissance
ilest
pris
d’un
grincement
de
dents
quine
lui
était
pas
familier,
et
qu’une
plaie
sur-
venue
avant
où
pendant
la
maladie
devient
sè-
che,
pâle
ou
livide.
Voici
encore
des
indices
funestes
:
les
ongles
et
les
doigts
prennent
une
teinte
livide,
l’haleine
est
froide;
le
malade,
dans
une
fièvre,
une
affection
aiguë,
le
délire,
l’in-
flammation
du
poumon
ou
la
céphalaïgie,
arrache
brin
à
brin
le
duvet,
ou
étend
les
franges
de
ses
couvertures
,
ou
cherche
à
détacher
les
paillettes
du
mur.
Les
douleurs
des
hanches
et
des
extré-
mités
inférieures,
qui
après,
avoir
passé
dans
les
viscères,
disparaissent
tout
à
coup,
témoignent
que
la
mort
est
proche,
surtout
quand
d’autres
signes
s’ajoutent
à
celui-ci.
Si
pendant
la
fièvre,
et
sans
apparence
de
tumeur,
le
malade
est
at-
teint
de
suffocation
et
ne
peut
avaler
sa
salive,
ou
s’il
éprouve
une
distorsion
du
eou
qui
l'em-
pêche
de
rien
prendre,
on
ne
parviendra
pas
à
le
sauver.
Isuccombera
de
même,
si,
dans
le
cours
d’une
fièvre
continue,
il
est
pris
d’une
fai-
facti
tumidiores
sunt;
perque
somnum
palpebræ
non
committuntur,
sed
inter
has
ex
albo
oculorum
aliquid
apparet,
neque
id
fluens
alvus
expressif
;
eædemque
pal-
pebræ
pallent,
et
idem
pallor
labra
et
nares
decolorat;
cademque
labra,
et
nares,
oculique,
et
palpebræ,
et
supercilie,
aliquave
ex
his
pervertuntur;
isque
propter
imbecillitatem
jam
non
audit,
aut
non
videt.
Eadem
mors
denunciatur,
ubi
æger
supinus
cubat,
eique
genua
contra:
cta
sunt;
ubi
deorsum
ad
pedes
subinde
delabitur;
ubi
brachia
et
crura
nudat,
et
inæqualiter
dispergit,
nêque
üis
Calor
subest;
ubi
hiat;
ubi
assidue
dormit;
ubi
i5;
qui
mentis
suæ
non
est,
neque
id
facere
sanus
solet,
dentibus
stridet;
ubi
ulcus,
quod
aut
ante,
aut
in
ips0
morbo
nafum
est,
aridum,
et
aut
pallidum,
aut
lividum
factum
est.
la
quoque
mortis
indicia
sunt,
ungués,
digitique
pallidi;
frigidus
spiritus
;
aut
si
manibus
quisin
febre
,
et
acuto
morbo,
vel
insania,
pulmonisve
dolore,
vel
capilis,
in
veste
floccos
legit,
fimbriasve
diducit,
vel
in
adjuncto
pariete,
si
qua
minuta
eminent,
carpit.
Do:
lores
etiam
circa
coxas
et
inferiores
partes
orti,
Si
ad
viscera
transierunt,
subitoque
desierunt,
mortem
subesse
teslantur;
magisque,
si
alia
quoque
signa
accesserunt.
Ne»
que
is
servari
potest,
qui
sine
ullo
tunrore
febricitans,
subito
strangulatur,
aut
devorare
salivam
suam
non
potest;
cuive
in
eodem
febris
corporisque
habitu
cervix

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
IT.
29
blesse
extrême;
si,
la
fièvre
persistant,
il
est
saisi
de
froid
à
la
surface
du
corps,
tandis
qu'à
l’intérieur
la
chaleur
est
assez
grande
pour
exciter
la
soif,
ou
s’il
est
à
la
fois
en
proie
au
délire
‘et
à
la
“difficulté
de
respirer
;
s’il
tombe
en
convulsion
pour
avoir
pris
de
l'ellébore,
ou
s’il
perd
Ja
parole
ë
à
Ja
suite
d’un
état
d'ivresse.
Sa
perte
est
assurée
dans
l’un
et
l’autre
cas,
à
moins
que
la
fièvre
ne
vienne
le
délivrer
des
convulsions,
ou
que,
l'ivresse
étant
dissipée,
il
ne
commence
à
recouvrer
la
parole.
Les
maladies
aiguës
chez
les
femmes
enceintes
sont
fréquem-
ment
suivies
de
mort.
On
doit
la
présager
aussi,
si
le
sommeil
augmente
la
douleur,
si
l’on
rend
spontanément
de
la
bile
noire
par
haut
ou
par
bas
au
commencement
d’une
maladie,
ou
si
cette
éva-
euation
s’opère
par
l’une
ou
l’autre
voie
chez
un
sujet
épuisé
déjà
par
la
durée
de
son
affection.
Même
présage,
si
l’on
expectore
de
la
bile
et
du
pus
à
la
fo's
ou
séparément.
Quand
ces
crachats
surviennent
vers
le
septième
jour,
c’est
vers
le
quatorzième
que
la
mort
a
lieu
généralement,
à
moins
qu'il
ne
se
manifeste
de
nouveaux
Symp-
tômes
moins
violents
ou
plus
graves,
dont
le
ré-
sultat
serait
alors
de
rendre
cette
terminaison
plus
tardive
où
plus.
prompte,
Dans
les
fièvres
aiguës
,
les
sueurs
froides
sont
funestes,
et
dans
toute
maladie
on
en
peut
dire
autant
des
vomis-
sements
qui
varient
et
sont
de
plusieurs
couleurs,
surtout
quand
les
matières
sentent
mauvais.
Vo-
mir
le
sang
pendant
la
fièvre
n’est
pas
moins
fu-
neste.
L’urine,
quand
elle
est
rouge
et
ténue,
accuse
une
grande
crudité,
et
souvent
le
malade
est
enlevé
avant
qu'elle
ait
pu
venir
à
coction;
de
sorte
que
ce
caractère,
en
persévérant,
an-
convertilur,
sic
ut
devorare
æque
nihil
possits
aut
cui
simul
et
continua
febris
et
ultima
corporis
infirmitas
est;
aut
cui,
febre
non
quiescente,
exterior
pars
friget,
inte-
rior
sic
calet,
ut
etiam
sitim
faciat;
aut
qui,
febre
æque
non
quiescente,
simul
et
delirio
et
spirandi
difficultate
vexatur;
aut
qui,
epoto
veratro,
exceptus
distentione
nervorum
est;
aut
qui
ebrius
obmutuit.
Is
enim
fere
nervorum
distentione
consumitur,
nisi
aut
febris
accessit,
aut
eo
tempore,
quo
ebrietas
solvi
debet,
loqui
cœpit.
Mulier
quoque
gravida
acuto
morbo
facile
consumitur
;
etis,
cui
somnus
dolorem
auget;
et
cui
protinus,
in
re-
centi
morbo,
bilis
atra
vel
infra
vel
Supra
se
ostendit;
cuive
alterutro
modo
se
prompsit,
cum
jam
longo
morbo
corpus
ejus
esset
extenuatum
et
affectum.
Sputum
etiam
biliosum
,
et
purulentum
,
sive
separatim
ista
,
sive
misfa
proveniunt,
interitus
periculum
ostendunt.
Acsi
circa
septi-
mum
diem
tale
esse
cœpit,
proximum
est,
ué
is
circa
quar-
tumdecimum
diem
decedat,
nisi
alia
signa
meliora
pejo-
rave
accesserint
:
quæ,
quo
leviora
graviorave
subsecu{a
sunt,
eo
vel
seriorem
mortem,
vel
maturiorem
denun-
tiant.
Sudor
quoque
frigidus
in
acula
febre
pestiferus
est
:
atque
in
omni
morbo
vomitus,
qui
varius,
et
multorum.
colorum
esl;
præcipueque,
si
malus
in
hoc
odor
est,
Ac
sanguinem
quoque
in
febre
vomuisse,
pestiferum
est.
Urina
vero
rubra
et
tenuis
im
magna
cruditate
esse
con-
nonce
une
issue
fatale.
La
plus
pernicieuse
néan-
moins,
celle
qui
précède
la
mort,
est
l’urine
noire,
épaisse
et
fétide
;
et
c’est
pour
les
hommes
et
les
femmes
la
plus
à
craindre,
de
même
que
pour
les
enfants
celle
qui
est
aqueuse
et
ténue.
Les
selles
qui
varient
attestent
un
égal
péril;
elles
sont
composées
de
matières
semblables
à
des
râclures,
de
matières
bilieuses,
sanguinolentes
et
verdäires.
rendues
isolément
de
temps
à
au-
tre,
ou
évacuées
tout
à
la
fois,
et
quoique
mé-
langées
demeurant
distinctes.
Malgré
cela,
le
malade
peut
traîner
encore
quelque
temps
;
mais
il
touche
évidemment
à
sa
fin,
s’il
a
des
selles
liquides,
noires,
livides
ou
graisseuses,
et
carac-
térisées
surtout
par
leur
fétidité.
On
peut
me
demander
sans
doute
comment
il
se
fait,
puis-
qu’il
y
a
des
indices
certains
de
la
mort,
que
des
malades
abandonnés
des
médecins
aient
néan-
moins
recouvré
la
santé,
et
que
d’autres
soient
revenus
au
monde
du
sein
même
de
leurs
funé-
railles.
On
ajoutera
que
Démocrite,
homme
d’un
si
grand
nom,
prétendait
que,
pour
établir
la
ces-
sation
de
la
vie
comme
fait
accompli,
on
n'avait
pas
de
caractères
assez
positifs;
et
qu’à
plus
forte
raison
il
était
éloigné
de
convenir
qu’on
püt
pronostiquer
une
mort
éventuelle
par
des
signes
irrécusables.
Je
ne
chercherai
pas
à
prouver
que
l'analogie
qui
existe
souvent
entre
plusieurs
sym-
ptômes
peut
en
effet
égarer,
non
le
praticien
habile,
mais
le
médecin
sans
expérience
;
qu’As-
clépiade
par
exemple
,
rencontrant
un
convoi,
sut
bien
reconnaître
à
l'instant.
que
celui
qu'on
allait
inhumer
n’avait
point
cessé
de
vivre,
et
qu'après
tout
l’art
n’est
pas
responsable
des
fautes
de
celui
qui
l’exerce.
Je
dirai
plus
simplement
:
suevit
;
ef
sæpe,
antequam
spatio
mafurescat,
hominem
rapit
:
itaque
,
si
talis
diutius
permanet,
periculum
mortis
ostendit.
Pessima
tamen
est,
præcipueque
mortifera,
nigra,
crassa,
mali
odoris.
Atque
in
viris
quidem
et
mu-
lieribus
talis
deterrima
est
:
in
pueris
vero,
qu&
tenuis
et
diluta
est.
Alvus
quoque
varia,
pestifera
est,
quæ
stri-
gmentum,
sanguinem,
bilem,
viridealiquid,
modo
diver-
sis
temporibus,
modo
simul,
et
in
mistura
quadam,
discreta
tamen
repræsentat.
Sed
hæc
quidem
potest
paulo
diutius
t.ahere
:
in
præcipiti
vero
jam
esse
denuntiat,
quæ
liquida,
eademque
vel
nigra,
vel
pallida,
vel
pinguis
est;
;
utiqne,
si
magna
fœditas
odoris
accessit.
{llud
inter-
rogari
me
posse
ab
aliquo
scio
:
si
certa
futuræ
mortis
indicia
sunt,
quomodo
interdum
deserti
a
médicis
€
lescant,
quosdamque
fama
prodider
it
in
ipsis
revixisse
?
Quin
etiam
vir
jure
magni
nominis
Det
ne
finitæ
quidem
vitæ
satis
certas
ofas
esse,
PI
quibus
medici
credidissent
:
adeo
il
ud
non
réliquit,
ut
certa
aliqua
signa
futuræ
mortis
essent.
Adversus
quos
ne
dicam
illud
quidem,
quod
in
vicino
sæpe
quædam
notæ
positæ,
non
bonos,
sed.
imperitos
medicos
decipiunt
;
quod
Asclepiades
1
funeri
obvius
intellexit,
eum
vivere,
qui
efferebatur
:
nec
protinus
crimen
artis
esse,
Si
quod
professoris
sit.
Illa
tamen
moderatius
subjiciam
:
conjec-
turalem
artem
esse
medicinam
,
rationemque
neue

30
La
médecine
est
un
art
conjectural
qui
doit
par
cela
même
abuser
quelquefois,
bien
que
presque
toujours
l'événement
donne
raison
à
ses
conjec-
tures;
et
lorsque
sur
mille
personnes
l'erreur
se
rencontre
une
fois
à
peine,
la
confiance
n'en
saurait
être
ébranlée
,
puisqu'elle
repose
encore
sur
Je
témoignage
d’une
foule
innombrable.
Ce
que
je
dis
ici
des
signes
funestes
s’entend
éga-
lement
de
ceux
qui
sont
d’un
heureux
présage;
car
on
est
parfois
décu
dans
ses
espérances,
et
tel
vient
à
succomber,
dont
l’état
n’inspirait
d’a-
bord
aucune
inquiétude.
De
même
,
les
remèdes
employés
pour
guérir
produisent
quelquefois
un
effet
contraire.
C’est
le
sort
de
la
faiblesse
humaine
de
ne
pouvoir
échapper
à
ces
déceptions,
au
milieu
de
la
diversité
si
grande
des
tempéra-
ments
;
et
cela
ne
doit
pas
empêcher
de
croire
à
la
médecine,
par
cette
raison
que,
dans
la
plupart
des
cas
et
chez
le
plus
grand
nombre
de
malades,
elle
est
évidemmentutile.
Il
ne
faut
pas
ignorer
cependant
que
c’est
principalement
dans
les
maladies
aiguës
que
les
indices
de
vie
et
de
mort
sont
trompeurs.
VII.
A
près
avoir
exposé
les
signes
communs
à
toutes
les
maladies,
j'arrive
à
m'occuper
de
ceux
qui
sont
propres
à
chaque
espèce.
Quelques-uns
dénotent
avant
la
fièvre,
et
d’autres
durant
l’état
fébrile,
ce
qui
se
passe
à
l'intérieur,
ou
ce
qui
doit
survenir.
Avant
la
fièvre
,
s’il
y
a
pesanteur
de
tête,
si
au
sortir
du
sommeil
la
vue
reste
obscurcie,
ou
si
l’on
observe
de
fréquents
éter-
numents
,
on
peut
craindre
un
afflux
de
pituite
vers
la
tête.
Y
a-t-il
pléthore
sanguine,
augmen-
tation
de
la
chaleur,
une
hémorragie
a
lieu
d'ordinaire
par
quelque
partie
du
corps.
Si
l'on
maigrit
sans
motif,
on
est
menacé
de
tomber
talem
esse,
ut
cum
sæpius
aliquando
responderit,
inter-
dum
tamen
fallat.
Non
itaque,
si
quid
vix
in
millesimo
corpore
aliquando
decipit,
fidem
non
habet,
cum
per
innumerabiles
homines
respondeat.
Idque
non
in
üs
tan-
tum,
quæ
pestifera
sunt,
dico;
sed
in
iis
quoque,
quæ
salutaria.
Siquidem
etiam
spes
interdum
frustratur,
et
moritur
aliquis,
de
quo
medicus
securus
primo
fuit
:
quæque
medendi
causa
reperta
sunt,
nonnumquam
in
pejus
alicui
convertunt.
Neque
id
evitare
humana
imbe-
cillitas
in
tanta
varietate
corporum
potest.
Sed
est
tamen
medicinæ
fides
,
quæ
multo
sæpius,
perque
multo
plures
ægros
prodest.
Néque
tamen
ignorare
oportet,
in
acutis
morbis
fallaces
magis
notas
esse
et
salntis,
etmortis.
VIL.
Sed
cum
proposuerim
signa,
quæ
in
omni
adversa
yaletudine
communia
esse
consueverunt;
€0
quoque
trans-
ibo,
ut,
quas
aliquis
in
singulis
morborum
generibus
habere
possit
notas,
indicem.
Quædam
autem
sunt,
quæ
antefebres,
quædam
quæ
inter
eas,
quid
aut
intus
sit,
aut
Venturum
sil,
ostendunt.
Ante
febres,
si
caput.grave
est,
aut
ex
somnoaculi
caligant,
aut
frequentia
sternu-
tamenta
sunt,
circa
caput
aliquis
pituitæ
impetus
timeri
potest.
Si
sanguis,
autcalor
abundat,
proximum
est,
ul
aliqua
parte
profluvium
sanguinis
fiat.
Si
sine
causa
quis
CELSE.
dans
la
cachexie.
Quand
il
y
a
douleur
ou
gon-
flement
extrême
des
hypocondres,
ou
lorsque
pendant
tout
le
jour
les
urines
n’offrent
pas
les
caractères
de
la
coction,
il
est
manifeste
que
la
digestion
se
fait
mal.
Ceux
qui,
sans
avoir
la
jaunisse,
conservent
longtemps
de
mauvai-
ses
couleurs,
sont
afflisés
de
maux
de
tête,
ou
portés
à
manger
de
la
terre.
Les
personnes
qui,
depuis
longtemps
aussi,
ont
le
visage
pâle
et
boufi,
souffrent
de
la
tête,
des
viscères
ou
des
entrailles.
Si
dans
une
fièvre
continue,
un
enfant
ne
va
point
à
la
selle,
s’il
change
de
cou-
leur,
qu'il
n’ait
point
de
sommeil
et
pleure
cons-
tamment,
les
convulsions
sont
à
craindre.
Des
rhumes
fréquents
chez
les
sujets
dont
le
corps
est
grêle
et
allongé
feront
appréhender
la
phthi-
sie.
Lorsque
depuis
plusieurs
jours
il
n'y
a
pas
eu
d’évacuations
alvines,
il
faut
s’attendre
à
une
diarrhée
subite
ou
à
une
fièvre
légère.
Quand
les
pieds
sont
enflés,
que
les
déjections
se
pro-
longent,
qu’on
ressent
de
la
douleur
dans
le
bas-
ventre
et
daus
les
hanches,
l'hydropisie
est
me-
naçante,
et
c’est
ordinairement
vers
les
flancs
qu’elle
commence
à
paraitre.
On
court
le
même
danger
lorsque,
malgré
les
envies
d'aller
à
la
selle,
on
ne
rend
rien
que
des
matières
dures
et
avec
beaucoup
de
peine,
quand
on
a
de
plus
les
pieds
enflés,
et
que
l’enflure
occupe
aussi
tantôt
le
côté
droit,
tantôt
le
côté
gauche
du
ventre,
où
elle
se
montre
et
disparaît
tour
à
tour.
Dans
ce
cas,
la
maladie
semble
partir
du
foie.
Comme
indices
de
la
même
affection
,
on
notera
les
tran-
chées
autour
de
l’ombilic
(otévor
en
grec),
et
les
douleurs
persistantes
des
hanches,
auxquelles
le
temps
et
les
remèdes
n’apportent
aucun
soulage:
ment.
Les
douleurs
articulaires
qui
ont
leur
siége
emacrescit,
ne
in
malum
habitum
corpus
ejus
recidaf,
metus
est.
Si
præcordia
dolent,
aut
inflatio
gravis
est,
aut
toto
die
non
concocta
fertur
urina
,
cruditatem
esse
masifestum
est.
Quibus
diu
color
sine
morbo
regio
malus
est,
hi
vel
capitis
doloribus
conflictantur,
vel
terram
edunt.
Qui
diu
habent
faciem
pallidam
et
tumidam,
aui
capite,
aut
visceribus,
aut
alvo
laborant.
Si
in
continua
febre
puero
venter
nihil
reddit,
mutaturque
eï
color,
ne:
que
somnus
accedit,
ploratque
is
assidue,
metuenda
ner
voruim
distentio
est.
Frequens
autem
destillatio
in
corpore
tenui
longoque,
tabem
limendam
esse
testatur.
Ubi
plu:
ribus
diebus
non
descendit
alvus,
docet,
aut
subitam
de:
jectionem,
aut
febriculam
instare.
Ubi
pedes
turgent,
longæ
dejectiones
sunt,
ubi
dolor
in
imo
ventre
et
COXIS
est,
aqua
inter
cutem
insfat.
Sed
hoc
morbi
genus
ab
ili-
bus
oriri
solet.
Idem
propositum
periculum
est
iis,
qui
bus
yoluntas
desidendi
est,
venter
nihil
reddit,
nisi
ei
ægre
et
durum,
tumor
in
pedibus
est,
idemque
modo
dextra,
modo
sinistra
parte
ventris,
invicem
oritur
aque
finitur.
Sed
a
jocinore
id
malum
proficisci
videtur.
EJuS
dem
morbi
nota
est,
ubi
circa
umbilicum
intestina
tor:
quentur,
otpégous
Græci
nominant,
coxæque
dolores
ma
nent;
eaque
neque
tempore,
neque
remediis
solvuniur.
v

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
I.
aux
pieds,
aux
mains
,;
ou
à
quelque
autre
par-
tie,
et
qui
déterminent
en
cet
endroit
la
rétrac-
tion
des
nerfs,
ou
bien
la
lassitude
dans
les
membres
pour
la
cause
la
plus
légère,
et
la
sen-
sibilité
au
froid
et
au
chaud,
seront
considérées
comme
avant-coureurs
de
la
goutte,
laquelle
se
fixera
Soit
aux
pieds,
soit
aux
mains,
ou
sur
toute autre
articulation
affectée
de
la
même
ma-
nière.
Ceux
qui
dans
leur
enfance
étaient
su-
jets
aux
hémorragies
nasales,
et
chez
qui
elles
ont
cessé
de
paraître,
sont
infailliblement
expo-
sés
à
des
maux
de
tête,
à
de
graves
ulcérations
dans
les
articulations,
ou
à
quelque
autre
mala-
die.
Les
femmes
qui
ne
sont
pas
réglées
éprou-
veront
des
maux
de
tête
excessifs,
ou
seront
tourmentées
par
d’autres
affections.
Il
n’y
a
pas
moins
de
péril
pour
ceux
qui,
sans
avoir
la
goutte
ou
des
maladies
analogues,
sont
pris
de
dou-
leurs
ct
de
gonflements
articulaires
,
avec
des
ai-
ternatives
de
retour
et
de
rémission
complète,
surtout
lorsqu’à
cet
état
s’ajoutent
la
douleur
des
tempes
et
des
sueurs
nocturnes.
La
déman-
geaison
au
front
fait
craindre
une
ophthalmie.
La
femme
qui
ressent
après
l'accouchement
de
vives
douleurs,
sans
autres
signes
fâcheux
,
est
menacée
d’une
épistaxis
vers
le
vingtième
jour,
où
d’un
abcè
parties
inférieures.
L'une
ou
l’autre
terminaison
s’observera
toutes
les
fois
que
les
tempes
et
le
front
seront
le
siége
d’une
dou-
leur
intense;
mais
l’hémorragie
se
manifestera
de
préférence
chez
le
jeune
sujet,
etla
suppuration
chez
le
vieillard.
Une
fièvre
qui
disparaît
subi-
tement,
sans
raison
et
sans
signes
favorables,
se
reproduit
presque
toujours.
Celui
qui
jour
et
nuit
a
le
sang
à
la
bouche,
sans
qu'il
y
ait
eu
précédemment
ni
maux
de
tête,
ni
douleur
Dolor
autem
articulorum
,
prout
in
pedibus,
manibusve
;
aut
alia
qualibet
parte
sic
est,
ut
eo
loco
nervi
contrahan-
tur;
aut
si
id
membrum,
ex
levi
causa
fatigatum,
æque
frigido,
calidoque
offenditur,
toddypav
XEtpdyoav
ve,
vel
ejus
articuli,
in
quo
id
sentitur,
morbum
futurum
esse
denuntiat.
Quibus
in
pueritia
sanguis
ex
naribus
fluxit,
dein
fluere
desit,
hi
vel
capitis
doloribus
conflictentur
necesse
est,
Vel
in
articulis
aliquas
exulcerationes
graves
habeant,
vel
aliquo
morbo
etiam
debilitentur.
Quibus
fœ-
minis
menstrua
non
proveniunt,
necesse
est
capilis
acer-
bissimi
dolores
sint,
vel
quælibet
alia
pars
morbo
infes-
tetur.
Eademque
ïis
pericula
sunt,
quibus
arliculorum
vilia,
dolores
tumoresque,
sine
podagra
similibusque
morbis,
oriuntur,
et
desinunt
:
utique,
si
sæpe
fempora
tisdem
dolent,
noctuque
corpora
insudant,
Si
frons
pru-
rit,
lippitudinis
metus
est.
Si
mulier
a
partu
vehementes
dolores
habet,
neque
alia
præterea
signa
mala
sunt,
circa
vicesimum
diem
aut
sanguis
per
nares
erumpet,
autin
inferioribus
partibus
aliquid
abscedet.
Quicumque
etiam
dolorem
ingentem
circa
tempora
et
frontem
habebit,
is
alterutra
ratione
eum
finiet
;
magisque,
si
juvenis
erit,
per
sanguinis
profusionem
,
si
sénior,
per
suppurationem.
Febris
autem,
quæ
subito
sine
ratione,
sine
bonis
signis
finita
est,
fere
reverlitur.
Cui
fauces
Sanguine
et
interdiu
81.
aux
hypocondres,
ni
toux,
ni
vomissement,
ni
fièvre
légère,
celui-là
doit
avoir
un
ulcère
dans
les
narines
ou
l’arrière-gorge.
Une
tumeur
à
l’aine,
accompagnée
d’un
mouvement
fébrile,
et
survenant
chez
une
femme
sans
cause
appa-
rente,
dénonce
un
uleère
à
la
matrice.
Une
urine
épaisse
,
et
dont
le
sédiment
est
blanc,
signifie
qu’il
existe
de
la
douleur
dans
les
articulations
ou
les
viscères
,
et
que
la
maladie
peut
s’en
em-
parer.
Celle
qui
est
verte
accuse
dans
les
viscères
de
la
douleur,
ou
l'existence
d’unetumeur
qui
peut
offrir
du
danger;
elle
témoigne
en
tout
cas
que
la
santé
a
subi
quelque
altération.
Si
l’on
remar-
que
dans
l’urine
du
sang
ou
du
pus,
c’est
que
les
reins
ou
la
vessie
sont
ulcérés.
Si
l'urine
est
épaisse
et
présente
des
filaments
minces
comme
des
cheveux
;
si
des
bulles
s’en
dégagent,
qu’elle
soit
de
mauvaise
odeur,
que
parfois
elle
charrie
du
sable
et
parfois
du
sang;
si
les
hanches
et
la
région
pubienne
sont
douloureuses,
qu'il
y
ait
des
rapports
fréquents,
quelquefois
des
vomisse-
ments
bilieux,
refroidissement
des
extrémités,
envie
fréquente
et
en
même
temps
difficulté
d'uriner;
si
l’urine
expulsée
est
aqueuse
ou
jaune
ou
pâle,
et
que
son
émission
amène
pourtant
un
peu
de
soulagement
;
si
beaucoup
de
gaz
enfin
s’échappent
avec
les
selles,
cela
prouve
que
les
reins
sont
affectés.
Mais
le
mal
est
dans
la
vessie
_si
l'urine
sort
goutte
à
goutte,
si
le
sang
s’y
trouve
mêlé,
ou
se
présente
à
l’état
de
caillot
qu’il
faut
rendre
avec
effort,
et
si
l’on
ressent
vers
le
pubis
des
douleurs
internes.
Les
signes
suivants
feront
reconnaître
la
présence
d’un
calcul
:
on
urine
difficilement
et
en
petite
quantité;
quel-
quefois
le
liquide
s'échappe
involontairement
goutte
à
goutte,
chargé
de
sable,
mêlé
de
sang
etnoctu
replentur,
sic
ut
neque
capitis
dolores,
neque
præcordiorum,
nèque
tussis,
neque
vomitus,
neque
fe-
bricula
præcesserit,
hujus
aut
in
naribus,
aut
in
faucibus
ulcus
reperietur.
Si
mulieri
inguen
ét
febricula
orta
est,
ne-
que
causa
apparet,
ulcus
in
vulva
est.
Urira
autem
cras$a,
ex
qua
quod
desidit,
album
est,
significat
circa
articulos,
auf
circa
viscera
dolorem,
metumque
morbi
esse.
Eadem.
viridis,
aut
viscerum
dolorem,
tumoremque
cum
aliquo
pe-
riculo
subesse,
aut
certe
corpus
integrum
non
esse,
testatnr.
Atsisanguis
aut
pus
in
urina
est,
vel
vesica
vel
renes
exul.
cerati
sunt.
Si
hæc
crassa,
carunculas
quasdam
exiguas.
quasi
capillos
habet,
aut
si
bullat,
et
male
olet,
et
inter
dum
quasi
arenam,
interdum
quasi
sanguinem
trahit,
do-
lent
autem
coxæ,
quæque
inter
has
su
sunt,
et
accedunt
frequentes
ruclus,
biliosus,
extremæque
partes
frigescunt,
urinæ
crebr
piditas
,
sed
magna
difficultas
est.
104
inde
excretum
est,
aquæ
simile,
vel
rufum
,
vel
pallidum
est,
paulum
tamen
in
eo
levamenti
est,
alvus
vero
Cum
multo
spiritu
redditur,
utique
in
renibus
vitium
est.
At
si
paulatim
de
stllat,
vel
si
sanguis
per
hanc
editur,
et
in
eo
quædam
cruenta
concreta
sunt,
idque
ipsum
cum
difficultate
red-
ditur,
et
circa
pubem
inferiores
partes
dolent,
in
eadem
vesica
vitium
est.
Calculosi
vero
his
indiciis
Cognoscun-

32
ou
de
matières
sanguinolentes
ou
purulentes.
Les
uns
urinent
plus
facilement
debout,
les
autres
étant
couchés
sur
le
dos,
principalement
ceux
qui
ont
des
calculs
volumineux
;
quelques-uns
ont
besoin
de
se
courber
et
d’allonger
la
verge
pour
diminuer
la
douleur.
On
éprouve
dans
cette
partie
un
sentiment
de
pesanteur
qui
s’aug-
mente
par
la
course
et
le
mouvement.
IL
en
est
qui
dans
la
violence
du
mal
croisent
alternati-
vement
les
jambes
l’une
sur
l’autre.
Les
femmes
sont
obligées
souvent
d'appliquer
la
main
à
l'ori-
fice
des
parties
naturelles
et
d'y
exercer
des
frottements;
si
même
elles
pressent
avec
le
doigt
le
col
de
la
vessie
elles
sentent
le
calcul.
Le
sang
écumeux,
rendu
par
l’expectoration,
indique
une
affection
des
poumons.
Un
dévoiement
considé-
rable
peut
devenir
chez
une
femme
enceinte
une
cause
d’avortement.
Si
pendant
la
grossesse
le
Jait
s'échappe
des
mamelles,
le
fœtus
renfermé
dans
l'utérus
est
débile;
il
est
vigoureux
au
con-
traire,
quand
les
seins
sont
durs.
Des
hoquets
répétés
,
et
qui
se
prolongent
d’une
manière
inso-
lite,
annoncent
l’inflammation
du
foie.
Si
des
plaies
accompagnées
de
gonflement
s’affaissent
subitement,
et
que
cela
ait
lieu
à
la
partie
posté-
rieure
du
corps,
on
peut
redouter
des
mouve-
ments
convulsifs
ou
la
rigidité
des
nerfs
;
si
c’est
à
la
partie
antérieure,
on
doit
s'attendre
à
une
pleurésie
aiguë
ou
au
délire.
La
diarrhée
qui
survient
quelquefois
est
alors
très-favorable.
La
suppression
brusque
d’un
écoulement
de
sang
habituel
peut
être
suivie
d’hydropisie
ou
de
phthisie.
Cette
consomption
se
déclare
aussi,
lorsque
la
suppuration
qui
s’est
manifestée
à
la
suite
d’une
pleurésie
n’a
pu
être
tarie
dans
l’es-
tur
:
difficulter
urina
redditur,
paulatimque,
interdum
etiam
sine
voluntate,
destillat;
eadem
arenosa
st;
non-
numquam
aut
sanguis,
aut
cruentum,
aut
purulentum
aliquid
cum
ea
excernitur
;
eamque
quidam
promptius
recli,
quidam
resupinati,
maximeque
it,
qui
grandes
cal-
culos
habent,
quidam
etiam
inclmati
reddunt,
colemque
extendendo,
doloremlevant.
Gravitatis
quoque
cujusdam
in
ca
parte
sensus
est
:
atque
ea
cursu
,
omnique
motu
au-
gentur.
Quidam
etiam,
Cum
torquentur
,
pedes
inter
se,
subinde
mutatis
vicibus,
implicant.
Fœminæ
vero
oras
na-
turalium
suorum
manibus
admotis
scabere
crebro
cogun-
tur
:
nonnumquam,
si
digitum
admoverunt,
ubi
vesicæ
cervicem
is
urget,
calculum
sentiunt.
At
qui
spumantem
sanguinem
exscreant,
his
in
pulmone
vitium
est.
Mulieri
gravidæ
sine
modo
fusa
alvuselidere
partum
potest.
Eidem
silacex
mammis
profluit,
imbecillum
est
quod
intus
gerit
:
duræ
mammeæ,
sanum
illud
esse,
testantur.
Frequens
sin-
gultus,
et
præter
consuetudinem
continuus,
jecur
inflam-
matum
esse,
significat.
Si
tumores
super
ulcera
subito
esse
desierunt,
idque
a
tergo
incidit,
vel
distentio
nervo-
rum,
Vel
rigor
timeri
potest
:
at
si
a
priore
parte
id
eve-
nit
,
Vel
lateris
acutus
dolor,
vel
insania
exspectanda
est
;
interdum
etiam
ejusmodi
casum
,
quæ
tutissima
inter
hæc
est,
profusio
alvi
Sequitur.
Si
ora
venarum,
sanguinem
solita
fundere,
subito
Suppressa
sun,
aut
aqua
inter
cu-
CELSE.
pace
de
quarante
jours.
Une
tristesse
opiniâtre,
accompagnée
de
frayeurs
et
d’insomnies,
con-
duit
à
l’atrabile.
Ceux
qui
sont
sujets
aux
saigne-
ments
de
nez
sont
exposés
au
gonflement
de
la
rate,
ou
à
des
maux
de
tête,
pendant
lesquels
ils
voient
certaines
images
voltiger
devant
leurs
yeux.
Les
personnes
qui
ont
de
grosses
rates
ont
les
gencives
en
mauvais
état,
l'haleine
forte
,
et
sont
sujettes
à
divers
écoulements
de
sang.
Quand
ces
symptômes
ne
se
rencontrent
pas,
les
jambes
sont
affectées
d’ulcères
de
mauvaise
pature,
qui
laissent
après
eux
de
noires
cicatrices.
S'il
existe
une
cause
de
douleur
et
si
le
malade
paraît
insensible,
il
y
a
démence.
Le
sang
qui
s’épanche
dans
le
ventre
se
convertit
en
pus.
Si
la
douleur
passe
des
hanches
et
des
parties
infé-
rieures
à
la
poitrine,
sans
donner
lieu
d’abord
à
aucun
signe
facheux
,
on
court
le
risque
de
voir
la
suppuration
s'établir
en
cet
endroit.
Lorsqu’en
l'absence
de
toute
fièvre,
une
partie
du
corps
de-
vient
lesiége
d’une
douleur
ou
d'une
démangeai-
son
accompagnée
de
rougeur
et
de
chaleur,
il
doit
s’y
former
un
abcès.
Une
urine
claire,
chez
unhomme
mal
portant,
fait
présager
quelque
suppuration
vers
les
oreilles.
Si
à
l’aide
de
ces
indices,
et
sans
que
la
fièvre
existe,
on
est
sur
la
voie
des
affections
cachées
ou
futures,
le
jugement
devient
bien
plus
assuré
quand
la
fièvre
s'ajoute
à
ces
symptômes.
Alors
aussi
on
voit
surgir
les
signes
particuliers
à
d’autres
maladies.
Par
exemple
le
délire
est
im-
minent,
lorsqu'un
individu
laisse
échapper
tout
à
coup
des
paroles
plus
brèves
que
de
coutume,
et
montre
dans
ses
discours
une
assurance
et
une
loquacité
qui
ne
lui
étaient
pas
ordinaires;
lors-
tem,
aut
tabes
sequitur.
Eadem
tabes
subit,
si
in
lateris
dolore
orta
suppuratio
intra
quadraginta
dies
purgari
non
potuit.
At
si
longa
tristitia
cum
longo
timore
et
vigilia
est,
atræ
bilis
morbus
subest.
Quibus
sæpe
ex
naribus
fluit
sanguis,
his
aut
lienis
tumet,
aut
capitis
dolores
Sunt;
quos
Séquitur,
ut
quædam
ante
oculos
tanquam
_imagines
obversentur.
At
quibus
magni
lienes
sunt,
his
gingivæ
malæ
sunt,
et
os
olet,
aut
sanguis
aliqua
parte
prorumpit
:
quorum
si
nihil
evenit,
necesse
est
in
cruri-
bus
mala
ulcera,
ef
ex
his
nigræ
cicatrices
fiant.
Quibus
causa
doloris
,
neque
sensus
ejus
est,
his
mens
labat.
Si
in
ventrem
sanguis
confluxit,
ibi
in
pus
vertitur.
Si
à
coxis
,
et
ab
inferioribus
partibus
dolor
in
pectus
transit,
neque
ullum
signum
malum
accessit,
suppurationis
€0
loco
periculum
est.
Quibus
sine
febre
aliqua
parte
dolor,
aut
prurigo,
cum
rubore
et
calore
est,
ibi
aliquid
suppu-
rat.
Urina
quoque,
quæ
in
homine
sano
parum
liquida
est,
circa
aures
futuram
aliquam
suppurationem
esse
denuntiat.
Hæc
vero,
cum
sine
febre
quoque
vel
latentium,
vel
futurarum
rerum
notas
habeant,
multo
certiora
sunt,
ubi
febris
accessit
;
atque
etiam
aliorum
morborum
tum
signa
nascuntur.
Ergo
protinus
insania
timenda
est,
ubi
expeditior
alicujus
,
quam
sani
fuit,
sermo
est,
subitaque
loquacitas
orta
est,
et
hæc
ipsa
solito
audacior
:
aut
ubi
;_l'aro
quis
et
Yehementer
spiraf,
venasque
concitatas
habet,

TRAITÉ
DE
LA
que
aussi
sa
respiration
est
rare
et
énergique,
que
ses
vaisseaux
battent
avec
force
et
que
les
hypo-
condres
sont
durs
et
gonflés.
Les
mouvements
fréquents
des
yeux,
la
céphalalgie
avec
obseur-
cissement
de
la
vue,
la
privation
de
sommeit
sans
qu'il
y
ait
douleur,
et
l’insomnie
persistant
jour
et
nuit,
annoncent
ésalement
le
délire.
On
por-
tera
le
même
pronostic,
si
le
malade,
contraire-
ment
à
ses
habitudes
et
sans
y
être
forcé
par
la
douleur,
setient
couché
sur
le
ventre,
et
si,
con-
servant
encore
ses
forces,
il
éprouve
un
grince-
ment
de
dents
insolite.
La
rétrocession
d’un
ab-
cès
avant
sa
suppuration,
et
cela
quand
la
fièvre
dure
encore,
entraîne
d’abord
un
délire
furieux
et
lamort
ensuite.
Une
douleur
aiguë
de
l'oreille,
accompagnée
d’une
fièvre
continue
et
violente,
porte
souventaussi
le
désordre
dans
l'intelligence.
Les
jeunes
gens
succombent
quelquefois
dans
ce
cas
vers
le
septième
jour
etles
vieillards
plus
tard,
par
la
raison
que
chez
eux
les
fièvres
intenses
et
le
délire
surviennent
moins
facilement;
de
sorte
qu’ils
se
soutiennent
jusqu’au
moment
où
fa
sup-
puration
s'établit.
La
congestion
sanguine
des
mamelles
sert
de
mème
à
présager
le
délire
fu-
rieux.
Les
fièvres
de
longue
durée
provoquent
la
formatio
ou
Papparition
de
douleurs
“articulaires.
Onestmenacé
de
convulsions,
quand
dans
le
cours
d’une
fièvre
la
respiration
en
tra-
versant
le
gosier
est
entrecoupée.
Si
l’angine
cesse
tout
à
coup
,
le
mal
se
jette
sur
le
poumon,
et
en-
lève
souvent
le
malade
au
septième
jour;
si
la
mort
warrive
pas,
il
s'établit
quelque
part
un
foyer
de
suppuration.
À
la
suite
d'une
diarrhée
prolongée,
survient
la
dyssenterie
;
à
celle-ci
suc-
cède
la
lienterie,
et
à
des
rhumes
fréquents
la
phthisie,
Après
la
pleurésiese
déclarent
les
mala-
præcordiis
duris
et
tumentibus.
Oculorum
quoque
fre-
quens
molus
;
et
in
capitis
dolore
offusæ
oculis
tenebræ
;
vel,
nullo
dolore
substante,
somnus
ereptus,
continuata-
que
nocte
el
die
vigilia;
vel
prostratum
contra
consuelu-
dinem
corpus
in
ventrem,
sic
ut
ipsius
alvi
dolor
id
non
coegeril;
item,
robusio
adhuc
corpore,
insolitus
dentium
stridor,
insaniæ
signa
sunt.
Si
quid
efiam
abscessit,
et
antequam
suppuraret,
manente
adhuc
febre,
subsedit,
periculum
affert
primum
furoris,
deinde
interitus.
Auris
quoque
dolor
acutus,
cum
febre
continua
vehementique,
sæpe
mentem
turbat;
et
ex
eo
casu
juniores
in{erdum
in-
tra
seplimum
diem
moriuntur
;
senjores,
tardius
;
quoniam
neque
æque
magnas
febres
experiuntur,
neque
æque
in-
saniunf
:
ifa
sustinent,
dum
is
affectus
in
pus
vertatur.
Suffusæ
quoque
sanguine
mulieris
mammæ,
furorem
ven-
turum
esse,
testantur.
Quibus
autem
longæ
febres
sunt,
-
his
aut
abscessus
aliqui
,
aut
articulorum
dolores
erunt.
Quorum
faucibus
in
febre
iliditur
spiritus,
instat
his
ner-
vorum
distentio.
Si
angina
subito
finita
est,
in
pulmonem
id
malum
transit;
idque
sæpe
intra
septimum
diem
occi-
dit
:
quod
nisi
incidat,
séquitur
ut
aliqua
parte
suppuret.
Deinde
post
alvi
longam
resolutioném,
tormina
;
post
hæc,
intestinornm
l&vitas
oritur;
post
nimias
destillationes,
täbes
;
post
lateris
dolorem,
vitia
pulmonum
;
post
hæc,
CELSE,
MÉDECINE,
LIV.
Il.
33
|
dies
du
poumon,
qui
sont
suivies
de
délire.
De
même
ure
grande
effervescence
du
corps
peut
produire
la
rigidité
des
nerfs
ou
des
convulsions.
Dans
les
blessures
de
tête
il
y
a
délire,
et
dans
les
insomnies
douloureuses,
convulsions.
Guand
les
vaisseaux
qui
environnent
unulcère
sont
ani-
més
de
battements
violents,
il
faut
craindre
une
hémorragie.
La
suppuration
se
manifeste
sous
l'influence
de
plusieurs
affections.
Ainsi,
lorsque
des
fièvres
déjà
anciennes
persévèrentsans
dou-
leur
et
sans
cause
évidente,
la
suppuration
se
fait
jour
quelque
part;
mais
chez
les
jeunes
gens
surtout,
car
chez
les
sujets
plus
âgés
le
même
état
donne
presque
toujours
naissance
à
la
fièvre
quarte.
Si
les
hypocondres
étant
durs
et
douloureux,
le
malade
n’est
pas
mort
avant
le
vingtième
jour,
s’il
n’y
a
pas
eu
d'épistaxis,
principalement
chez
un
jeune
homme,
et
sides
le
commencement
il
s’est
plaint
d'un
obscurcisse-
ment
de
la
vue
ou
de
maux
de
tête,
la
suppura-
tion
s'établit
encore
;
mais
alors
le
dépôt
a
son
siége
dans
les
parties
inférieures.
Les
hypo-
condres
présentent-ils
au
contraire
une
tumeur
molle
durant
soixante
jours,
avec
persistance
ce
la
fièvre
;
la
suppuration
se
formera,
mais
dans
les
parties
supérieures;
et
si
l’abcès
n’occupe
pas
les
viscères,
il
se
manifestera
vers
les
oreilles.
Toute
tumeur
qui
dure
depuis
un
temps
assez
long
tend
à
suppurer,
et
cette
tendance
est
plus
marquée
si
la
tumeur
est
située
dans
les
hypo-
condres
que
si
elie
se
développe
dans
le
ventre;
si
elle
existe
au-dessus
de
lombilic
qu'au-des-
sous.
Sila
fièvre
est
accompagnée
d’un
senti-
ment
de
lassitude,
l’'abeès
se
portera
sur
la
mâ-
choire
ou
sur
quelque
articulation.
Quelquefois
aussi,
après
avoir
rendu
pendant
longtemps
une
insania
;
post
magnos
fervores
corporis,
nervorum
rigor
,
aut
distentio;
ubi
caput
vulneratum
est,
delirium;
ubi
vigilia
torsit,
nervorum
distentio;
ubi
vehementer
venæ
super
ulcera
moventur,
sanguinis
profluvium.
Suppuratio
vero
pluribus
morbis
excilatur.
Nam
si
longæ
febres
sine
dolore
,
sine
manifesta
causa
remanent
in
aliquam
partem
id
malum
incumbit;
in
junioribus
tamen
:
nam
in
senio-
febris
:
sed
tum
in
superioribus
par
ac
si
inter
ipsa
viscera
non
fit,
éirca
aures
erumpit.
Cum-
que
omnis
longus
tumor
ad
Suppurationem
fere
spectet,
magis
eo
tenditis,
qui
in
præcordiis,
quam
is,
qui
in
ventre
est;
is,
qui
supra
umbilicum,
quam
is,
qui
infra
est.
Si
lassitudinis
eliam
sensus
in
febre
est,
vel
in
ma-
xillis,
vel
in
articulis
aliquid
abscedit.
Interdum
quoque
urina
fenuis
et
cruda
sic
diu
fertur,
ut
alia
salutaria
signa
sint;
exque
€o
casu
plerumque
infra
transversum
Seplun}
3

34
CELSE.
urine
ténue
et
crue,
et
quand
tous
les
autres
signes
sont
favorables,
on
voit
un
abcès
surve-
nir
au-dessous
de
la
cloison
que
les
Grecs
appel-
lent
diaphragme.
La
douleur
du
poumon
qui
n’est
point
dissipée
par
l’expectoration,
et
qui
ne
eède
ni
à
la
saignée,
ni
au
régime,
donne
lieu
quelquefois
à
des
vomiques
vers
le
vingtième,
trentième,
quarantième
et
même
jusqu'au
soixan-
tième
jour.
Nous
comptons,
il
est
vrai,
à
partir
du
jour
où
la
fièvre
s’estdéclarée,
oubien
du
jouroù
le
malade
aressentides
frissons
ou
de
la
pesanteur
dans
le
côté.
La
vomique
vient
tantôt
du
poumon,
tantôt
de
la
plèvre.
La
suppuration
provoque
la
douleur
et
l’inflammation
des
parties
avec
lesquel-
les
elle
se
trouve
en
contact.
Il
y
a
là
plus
de
chaleur;
et
si
le
malade
veut
se
coucher
sur
le
côté
sain,
il
accuse
en
cet
endroit
un
sentiment
de
pesanteur.
Quand
la
suppuration
n’est
pas
encore
accessible
aux
regards,
on
est
assuré
néanmoins
qu'elle
existe,
si
la
fièvre
n’aban-
donne
pas
le
malade,
si
pendant
le
jour
elle
est
moins
forte
et
plus
intense
pendant
la
nuit,
sil
y
a
des
sueurs
abondantes,
des
envies
de
tousser,
et
si
la
toux
ne
fournit
presque
rien
à
l’expecto-
ration.
Les
yeux
caves,
la
rougeur
des
pommet-
tes,
la
décoloration
des
veines
situées
sous
ia
langue,
la
courbure
plus
prononcée
des
ongles,
la
chaleur
des
doigts
surtout
à
leur
extrémité,
l'enflure
des
pieds,
l’embarras
de
la
respiration,
le
dégoût
des
aliments
et
l’apparition
de
pustules
sur
tout
le
corps,
sontautant
de
signes
à
l'appui.
S'il
y
a,
dès
le
début,
douleur,
toux
et
difficulté
de
respirer,
la
rupture
de
la
vomique
aura
lieu
avant
le
vingtième
jour
ou
vers
cette
époque
;
mais
si
ces
symptômes
ont
paru
plus
tard.
il
faut
{quod
Géppayux
Græci
vocant)
fit
abscessus.
Dolor
etiam
pulmonis,
si
neque
per
spula,
neque
per
sanguinis
detractionem
,
neque
per
victus
rationem
finitus
est,
vo-
micas
aliquas
interdum
excitat,
aut
cirea
vicesimum
diem,
a
ut
circa
tricesimum,
aut
circa
quadragesimum,
nonnum-
quam
etiam
circa
sexagesimum.
Numerabimus
autem
ab
eo
die,
quo
primum
febricitavit
aliquis,
aut
inhorruit,
aut
gravitatem
ejus
partis
sensit.
Sed
hæ
vomicæ
modo
a
pulmone,
modo
a
contraria
parte
nascuntur.
Quod
sup-
purat,-ab
ea
parte,
quam
afficit,
dolorem
inflammatio-
nemque
concitat
;
ipsum
calidius
est;
et
si
in
partem
sa-
nam
aliquis
decubuit,
onerare
eam
ex
pondere
aliquo
vi-
detur.
Omnis
etiam
suppuratio,
quæ
nondum
oculis
patet,
sic
deprehendi
potest
:
si
febris
non
dimittit,
eaque
in-
terdiu Jevior
est,
noctu
increscit;
multus
sudor
oritur;
cu-
piditas
tussiendi
est,
et
pene
nihil
in
tussi
exscreatur;
oculi
cayi
sunt;
malæ
rubent;
venæ
sub
lingua
inalbes-
cunt;
in
manibus
fiunt
adunci
ungues
;
digiti,
maximeque
summi,
calent;
in
pedibus
tumores
sunt
;
spiritus
difficilius
trabitur;
cibi
fastidium
est;
pustulæ
toto
corpore
oriuntur.
Quod
si
protinus
initio.
dolor
et
tussis
fuit,
et
spiritus
dif-
ficultas,
vomica
vel
ante
vel
circa
vicesimum
diem
erum-
pef
:
si
Serius
ista
cœperint,
necesse
est
quidem
incres-
cant;
sed
quo
minus
cito
affecerint,
eo
tardius
solventur.
Solent
etiam
in
gravi
morb6
pedes
cum
digitis
unguibus-
qu'ils
se
développent:
et
leur
disparition
sera
d’au-
tant
plus
lente
qu’ils
auront
mis
plus
de
temps
à
se
prononcer.
Dans
les
maladies
graves,
il
est
assez
ordinaire
que
les
pieds,
les
orteilset
les
on-
gles
deviennent
noirs;
et
si
cet
état
n’entraîne
pas
la
mort
et
que
le
malade
revienne
à
la
santé,
les
pieds
néanmoins
se
séparent
du
corps.
VIIT.
Je
dois
parler
maintenant
des
signes
particuliers
à
chaque
espèce
de
maladie,
et
qui
révèlent
ce
qu'il
faut
espérer
ou
craindre.
Si,
dans
les
douleurs
de
vessie,
on
rend
une
urine
puru-
lente
avec
un
dépôt
blanc
et
uni,
on ne
doit
pas
s'alarmer.
Dans
l’inflammation
du
poumon,
sila
douleur
est
diminuée
par
l’expectoration,
même
lorsqu'elle
est
purulente
;
si
la
respiration
est
fa-
cile,
que
les
crachats
soient
rendus
sans
effort,
et
que
le
malade
supporte
assez
bien
son
mal,
on
peut
espérer
le
rétablissement
de
la
santé.
Il
ne
faut
pas
trop
s'inquiéter
non
plus,
en
voyant
dès
le
début
des
crachats
jaunes
et
mêlés
de
sang,
pourvu
qu’ils
soient
rejetés
immédiatement.
Les
pleurésiessont
suivies
de
guérison
lorsque
la
sup-
puration
qui
s'était
manifestée
est
tout
à
fait
épuisée
dans
l’espace
de
quarante
jours.
Si
l’ab-
cès
a
son
siége
dans
le
foie,
et
si
le
pus
qu'il
four-
nit
est
pur
et
blanc,
on
en
revient
facilement
;
car
dans
ce
cas,
le
mal
est
dans
une
enveloppe.
Les
abcès
sont
moins
redoutables
quand
ils
se
portent
vers
l'extérieur
et
se
terminent
en
pointe.
Pour
ceux
qui
se
dirigent
en
dedans,
les
moins
2raves
sont
les
abcès
qui
n'intéressent
pas
la
peau
adija-
cente,
et
qui
la
laissent
sans
douleur
et
sans
chan-
gement
de
coloration.
On
doit
être
affranchi
de
toute
inquiétude,
si le
pus,
quelle
que
soit
son
origine,
est
blanc,
uni,
d’une
seule
couleur;
si
que
nigrescere;
quod
si
non
est
mors
consecuta,
et
reli-
quum
corpus
invaluit,
pedes
tamen
dccidunt.
VIII.
Sequitur,
ut
in
quoque
morbi
genere
proprias
notas
explicem,
quæ
vel
spem,
vel
periculum
ostendant.
Ex
vesica
dolenti,
si
purulen{a
urina
processit,
inque
ea
iæve
et
album
subsedit,
metum
detrahit.
In
pulmonis
morbo
,
si
sputo
ipso
levatur
dolor,
quamwvis
id
purulen-
tum
est,
tamen
æger
facile
spirat,
facile
exscreat,
mor-
bum
ipsum
non
difficulter
fert,
potest
ei
secunda
vale-
tudo
contingere.
Neque
inter
initia
terreri
convenit,
si
protinus
sputum
mistum
est
rufo
quodam,
et
sanguine,
dummodo
statim
edatur.
Laterum
dolores
,
suppuratione
facia,
deinde
intra
quadragesimum
diem
purgata,
f-
niuntur.
Si
in
jocinore
Vomica
est,
et
ex
ea
fertur
pus
purum
et
album,
salus
er
facilis
:
id
enim
malum
in
tu-
nica
est,
Ex
suppurationibus
vero
eæ
tolerabiles
sunt,
quæ
in
exteriorem
partem
feruntur,
et
acuuntur
:
at
ex
iis
quæ
intus
procedunt,
eæ
leviores,
quæ
contra
se.
cutem
non
afficiunt,
eamque
et
sine
dolore
et
ejusdem
coloris,
cujus
reliquæ
partes
sunt,
sinunt
esse.
Pus
quo-
que,
quacumque
parte
erumpit,
si
est
læve,
album,
et
unius
Coloris,
sine
ullo
metu
est;
et
quo
effuso,
febris
protinus
conquievit,
desieruntque
urgere
cibi
fastidium
et
potionis
desiderium.
Si
quando
etiam
suppuratio
descendit
in
crura,
sputumque
ejusdem
factum
pro
rufo
purulentum

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LEV.
IL.
|
35
après
son
évacuation
la
fièvre
s'apaise,
etsi
la
soif
et
Le
dégoût
des
aliments
disparaissent.
Le
danger
est
moindre
lorsqu'un
abcès
survient
à
la
jambe,
et
que
les
crachats,
de
jaunes
qu'ils
étaient,
devien-
nent
purulents.
Dans
la
phthisie
qui
doit
avoir
une
heureuse
terminaison,
il
faut
que
les
crachats
Soient
blancs,
parfaitement
homogènes,
de
Ja
même
couleur,
et
sars
mélange
de
pituite.
L’'hu-
meur
qui
descend
du
cerveau
dans
les
narines
doit
Offrir
les
mêmes
caractères.
L'absence
totale
de
la
fièvre
est
d’un
excellent
présage.
C’est
encore
un
signe
favorable,
quand
elle
est
assez
légère
pour
ne
pas
S’opposer
à
l'alimentation
et
ne
pasexciter
la
soif.
C’est
de
même
une
circonstance
avanta-
geuse
dans
cette
maladie
d’aller
chaque
jour
à
la
selle,
et
de
rendre
des
matières
moulées
et
dans
un
rapport
convenable
avec
les
aliments
qu'on
a
pris.
Il
est
à
désirer
enfin
que
le
corps
ne
soit
pas
grêle,
que
la
poitrine
soit
large
et
velue,
Les
cartilages
minces
et
recouverts
de
chair.
Chez
une
femme
aïteinte
de
suppression
des
menstrues
avec
dou-
leur
persistante
à
la
poitrine
et
entre
les
épau-
les,
la
phthisie
peut
s’arrêter,
s’il
survient
tout
à
Coup
une
éruption
des
règles,
Alors
en
effet
la
toux
diminue,
et
la
soif
ainsi
que
le
mouvement
fébrile
disparaissent,
Mais
si
le
flux
menstruel
ne
revient
pas,
une
vomique
se
fera
jour,
quisera
d'autant
moins
redoutable
qu’elle
sera
plus
mélée
de
sang.
L’hydropisie
quise
déclare
sans
aucune
affection
précédente
n’a
rien
d’inquiétant,
non
plus
que
celle
qui
succède
à
une
maladie
chro-
nique,
pourvu
que
les
viscères
soient
en
bon
état,
que
la
respiration
soit
facile,
qu’on
ne
res-
sente
ni
douleur
ni
chaleur,
qu'il
n’y
ait
point
d’enflure
aux
extrémités,
qu'on
n’éprouve
ni
toux
,
ni
soif,
ni
sécheresse
de
ia
langue,
même
pendant
le
sommeil,
que
l'appétit
se
maintienne,
est,
periculi
minus
est.
At
in
tabe
ejus,
qui
salvus
futu-
rus
est,
sputum
esse
debet
album,
æquale
totum,
ejus-
demque
coloris,
sine
pituita;
eique
etiam
simile
esse
oportet,
si
quidin
nares
a
capite
destillat.
Longe
optimum
est,
febrem
omnino
non
esse;
secundum
est,
tantulam
esse,
ut
neque
cibum
impediat,
neque
crebram
sitim
fa-
ciat.
Alvus
in
hac
valetudine
ea
tuta
est,
quæ
quotidie
coacla,
eaque
convenientia
is,
quæ
assumuntur,
reddit
;
corpus
id
,
quod
minime
tenue,
maximeque
lati
pectoris
atque
setosi
est,
cujusque
cartilago
exigua,
et
carnosa
est.
Super
tabem
si
mulieri
suppressa
quoque
menstrua
fuerunt,
et
circa
pectus
aitque
scapulas
dolor
mansit,
Subitoque
sanguis
erupit,
levari
morbus
solet
:
nam
ef
tussis
minuilur,
et
sitis
atque
febricula
desinunt.
Sed
ïisdem
fere,
nisi
redit
Sanguis,
VOmiCa
erumpit;
quæ
quo
cruentior,
eo
melior
est.
Aqua
autem
inter
cutem
minime
terribilis
est,
quæ
nullo
antecedente
morbo
cœpit;
deinde,
quæ
longo
morbo
supervenit
:
utique,
si
firma
viscera
sun;
Si
spiritus
facilis;
si
nullus
dolor;
si
sine
calore
Corpus
est,
æqualiterque
in
extremis
partibus
macrum
est;
si
venter
mollis;
si
nulla
tussis,
nulla
sitis
;
si
lingua,
ne
per
Somnum
quidem,
inarescit
;
si
cibi
cupiditas
est
;
Si
enter
medicamentis
moyetur;
si
per
se
excernit
mollia
que
le
ventre
obéisse
à
l’action
des
médicaments,
qu’il
y
ait
des
selles
naturelles
molles
et
bien
moulées,
que
Pabdomen
s’affaisse,
que
les
urines
varient
selon
le
changement
de
vin
et
l'usage
de
certaines
boissons
médicamenteuses
;
qu'enfin
le
malade
n’aceuse
point
de
lassitude
et
supporte
sans
effort
sa
maladie.
La
réunion
de
toutes
ces
circonstances
ne
laisse
rien
à
craindre;
et
n’y
en
eût-il
qu’une
partie,
on
devrait
conserver
bon
espoir.
Les
maladies
des
articles,
telles
que
la
podagre
et
la
chiragre
chez
les
jeunes
sujets
Surtout,
et
lorsqu'elles
n’ont
pas
produit
de
no-
dosités,
sont
susceptibles
de
guérison.
L’amélio-
ration
se
fait
principalement
sentir
quand
il
sur-
vient
de
vives
coliques
ou
un
flux
de
ventre,
quel
qu’il
soit.
L'épilepsie
qui
se
manifeste
avant
la
puberté
disparaît
assez
facilement
;
et
quand
on
sent
l'accès
commencer
par
une
partie
du
corps,
il
vaut
beaucoup
mieux
que
ce
soit
parles
pieds
et
ies
mains,
ou
au
moins
par
le
côté.
Le
cas
le
plus
grave,
c’est
de
voir
l’attaque
débuter
par
la
tête.
Dans
ce
genre
d’affections,
on
ebtient
les
meilleurs
effets
des
évacuations
alvines.
La
diarrhée
qui
n’est
pas
accompagnée
de
mouve-
ment
fébrile
ne
peut
entraîner
aucun
inconvénient
quand
elle
s'arrête
promptement,
que
le
ventre
ne
fait
sentir
aucun
mouvement
à
la
pression,
et
que
les
gaz
sortent
librement
par
en
bas.
La
dys-
senterie
elle-même
n’offre
pas
de
grands
dangers,
si
le
sang
et
les
raclures
s’écoulent
sans
fièvre
et
sans
autre
complication
;
de
sorte
qu’on
peut
non-Seulement
en
guérir
la
femme
enceinte,
mais
aussi
conserver
l'enfant,
C’est
une
condition
fa-
vorable
dans
cette
maladie
d’être
un
peu
avancé
en
âge.
La
lienterie
au
contraire
est
plus
facile-
ment
combattue
dans
les
premières
années,
pourvu
que
les
urines
coulent
librement
et
que
le
et
figurata
;
si
exténuatur
;
si
urina,
et
vini
mufatione,
et
epotis
aliquibus
medicamentis
mutatur
;
Si
Corpus
sine
lassitudine
est,
et
morbum
facile
sustinet
:
siquidem
in
quo
omnia
hæc
sunt,
is
ex
toto
tutus
est;
in
quo
plura
ex
his
sunt,
is
in
bona
spe
est.
Articulorum
vero
vitia,
ué
podagræ
chiragræque,
si
javenes
tentarunt,
neque
callum
induxerunt,
solvi
possunt
:
maximéque
torminibus
leniun-
tur,
et
quocumque
modo
venter
fluit,
Item
morbus
comi-
lialis
ante
pubertatem
ortus,
non
ægre
finitur
:
ef
in
quo
ab
una
parte
corporis
venientis
accessionis
sensus
incipit,
oplimum
est
a
manibus
pedibusve
initium
fieri
;
deinde,
à
lateribus;
pessimam
inter
hœc,
à
capite.
Atque
in
his
quoque
ea
maxime
prosunt,
quæ
per
dejectiones
excer-
nuntur.
Ipsa
autem
dejectio
sine
ulla
noxa
est,
quæ
sine
febre
est;
si
celeriter
desinit
;
si
contrectalo
ventre
nullus
mous
eius
sentitur;
si
extremam
alvum
spiritus
sequi-
tur.
AG
ne
tormina
quidem
periculosa
Sunt,
si
sanguis
ef
Strigmenta
descendunt
,
dum
febris
ceterèque
accessiones
bujus
morbi
absint
:
adeo
ut
etiam
gravida
mulier,
non
solum
reservari
possit,
sed
eliam
partum
reservare.
Pro-
destque
in
hoc
Morbo,
si
jam
ætate
aliquis
processit.
Contra,
intestinorum
lævitas
facilius
a
tencris
æta-
tibus
depellitur
;
utique,
si
“rri
urina
,
et
ali
cibo
corpus
a

36
CELSE.
corps
commence
à
prendre
de
la
nourriture.
Le
jeune
âge
influe
de
même
favorablement
sur
les
douleurs
des
hanches
et
des
épaules,
et
dans
tous
les
cas
de
paralysie.
Lorsqu'on
n’éprouve
pas
d'engourdissement
dans
les
hanches,
mais
une
légère
sensation
de
froid,
la
guérison
esi
prompte
et
facile,
malgré
l'intensité
des
douleurs.
Tout
membre
paralysé-peut
aussi
reprendre
son
inté-
grité,
s’il
continue
à
se
nourrir.
La
paralysie
de
la
bouche
peut
être
guérie
par
un
flux
de
ventre.
Toute
évacuation
alvine
agit
efficacement
dans
les
ophthalmies.
Des
varices,
un
écoulement
su-
bit
de
sang
par
les
veines
hémorroïdales
,
ou
la
dyssenterie
mettent
un
terme
à
la
folie.
Les
dou-
leurs
des
bras,
qui
tendent
à
gagner
les
mains
ou
les
épaules,
disparaissent
à
la
suite
de
vomisse-
ments
de
bile
noire.
Celles
quise
dirigent
vers
les
parties
inférieures
sont
plus
facilement
dis-
sipées.
L'éternument
fait
cesser
le
hoquet,
et
le
vomissement
arrête
les
diarrhées
prolongées.
Les
femmes
sont
délivrées
des
vomissements
de
sang
par
l'apparition
des
menstrues.
Si
elles
ne
sont
pas
réglées,
un
saignement
de
nez
les
exempte
de
tout
danger.
Celles
qui
souffrent
aux
parties
sexuelles,
ou
dont
l'accouchement
est
laborieux,
sontsoulagées
par
l’éternument.
La
fièvre
quarte
d'été
est
presque
toujours
de
courte
durée.
Le
délire
est
salutaire
lorsqu'il
y
a
chaleur
et
tremblement.
La
dyssenterie
est
favorable
dans
les
affections
de
la
rate.
Enfin
la
fièvre
elle-
même
(ce
qui
doit
surprendre
encore
davantage)
est
souvent
d’un
utile
secours.
En
effet,
elle
dis-
sipe
les
douleurs
des
hypocondres
lorsqu'il
n'y
a
pas
d'inflammation,
vient
en
aide
à
celles
du
foie,
fait
cesser
entièrement
les
convulsions
et
le
tétanos
quand
elle
survient
après
l'attaque,
incipit.
Eadem
ætas
prodest
et
in
coxæ
dolore
,
et
hume-
rorum,
et in
omni
resolutione
nervorum.
Ex
quibus
coxa,
si
sine
torpore
est,
si
leviter
friget,
quamvis
magnos
dolores
habet
,
tamen
et
facile
et
mature
sanatur
:
resolL.
tumque
membrum,
si
nihilo
minus
alitur,
fieri
sanum
potest.
Oris
resolutio
etiam
alvo
cita
finitur.
Omnisque
dejectio
lippienti
prodest.
At
varix
ortus,
vel
per
ora
venarum
subita
profusio-sanguinis,
vel
formina
,
insaniam
tollunt.
Humerorum
dolores,
qui
ad
scapultas
vel
manus
tendunt,
vomitu
atræ
bilis
solvuntur
:
et
quisquis
dolor
deorsum
tendit,
sanabilior:
est.
Singultus
sternutamento
finitur.
Longas
dejectiones
supprimit
vomitus.
Mulier
sangüinem
vomens,
profusis
menstruis,
liberatur,
Quæ
menstruis
non
purgatur,
si
sanguinem
ex
naribus
fudit,
omni
periculo
vacat.
Quæ
locis
laborat,
aut
difficulter
partum
edit,
sternutamento
levatur.
Æstiva
quartana
fere
brevis
est.
Cui
calor
et
tremor
est,
saluti
delirium
est.
E*enosis
bono
tormina
sunt.
Denique
ipsa
febris,
quod
maxime
mirum
videri
potest,
sæpe
præsidio
est.
Nam
et
præcordiorum
dolores,
sisine
inflammatione
sunt,
finit
;
et
jocinoris
dolori
suceurrifs
et
nervorüm
distentionem
rigoremique
,
Si
postea
cœpit,
ex
toto
tollit;
ef
ex
difficul-
tte
arinæ
morbum
tennioris
infestini
ortum,
SI
Urinam
et,
par
la
chaleur
qu’elle
développe,
met
l'urine
en
mouvement,
et
guérit
ainsi
l'affection
iliaque
qui
tenait
à
la
difficulté
d’uriner.
Les
maux
de
tête
accompagnés
d’obscurcissement
de
la
vue,
de
rougeur
et
de
démangeaison
au
front,
ne
résistent
pas
à
un
écoulement
de
sang
fortuit
ou
provoqué.
Les
douleurs
qui
ont
leur
siége
à
la
tête
et
au
front,
et
qui
se
manifestent
sous
l’in-
fluence
du
vent,
du
froid
ou
de
la
chaleur,
dis-
paraissent
devant
le
rhume
et
les
éternüments.
Un
frisson
subit
enlève
la
fièvre
ardente
que
les
Grecs
appellent
causus
(xaucwôns).
Lorsque
dans
le
cours
d’une
fièvre
l'ouie
est
devenue
obtuse,
cet
accident
ne
persiste
pas
après
une
hémorra-
gie
nasale
ou
une
évacuation
alvine.
Rien
n'est
plus
efficace
contre
la
surdité
que
des
selles
bi-
lieuses.
Ceux
à
qui
sont
survenus
dans
l’urètre
de
petites
tumeurs
(en
grec
puuaræ«),
sont
rendus
à
la
santé
dès
que
le
pus
est
évacué
par
le
canal.
Comme
ces
guérisons
arrivent
d’elles-mèmes
pour
la
plupart,
ilne
faut
pas
ignorer
qu’au
mi-
lieu
de
toutes
les
ressources
de
l’art,
c’est
encore
le
pouvoir
de
la
nature
qui
se
fait
le
plus
sentir.
Au
contraire
,
la
douleur
de
vessie
avec
fièvre
continue
et
resserrement
du
ventre
est
un
acci-
dent
funeste
(3).
Ce
péril
menace
surtout
les
en-
fants
depuis
l’âge
de
sept
ans
jusquà
quatorze.
Dans
l'inflammation
du
poumon,
si
l'expecto-
ration
n’a
pas
lieu
dès
le
principe,
qu'elle
com-
mence
à
paraître
au
septième
jour
et
se
pro-
longe
au
delà,
il
y
a
danger,
et
il
est
d'autant
plus
grand
que
les
couleurs
des
crachats
sont
plus
mêlées
et
moins
distinctes
entre
elles.
Et
cependant
rien
n’est
plus
grave
que
les
crachats
sans
mélange,
qu'ils
soient
jaunes,
sanglanits,
blancs
,
visqueux
,
pâles,
écumeux.
Les
crachats
per
calorem
movet,
levat.
At
dolores
capitis,
quibus
ocu-
lorum
caligo,
et
rubor
cum
quadam
frontis
prurigine
accedunt,
sanguinis
profusione,
vel
fortuita,
vel
etiam
petita,
summoventur.
Si
capitis,
ac
frontis
dolores
ex
vento,
vel
frigore,
aut
æstu
sunt,
gravedine
et
sternuta-
mentis
finiuntur.
Febrem
autem
ardentem,
quam
Grætci
xavowèn
vocant,
subitus
horror
exsolvit.
Si in
febre
aures
obtusæ
sunt,
si
sanguis
e
naribus
fluxit,
aut
venter
reso-
lutus
est,
illud
malum
desinit
ex
toto.
Nihil
plus
adversus
surditatem,
quam
biliosa
alvus
potest.
Quibus
in
fistula
urinæ
minuti
abscessus,
quos
pÜuxra
Græci
vocant,
esse
cϾperunt,
iis,
ubi
pus
ea
parte
profluxit,
sanitas
reddi-
tur.
Ex
quibus
cum
pleraque
per
se
proveniant,
scire
licet,
inter
ea
quoque,
quæ
ars
adhibet,
naturam
pluri-
mum
posse.
Contra,
si
vesica
febre
continenti
dolet,
neque
venter
quidquam
reddit,
malum
atque
mortiferum
est;
maxime-
que
id
periculum
est
pueris,
a
septimo
anno
ad
quarlum-
decimum.
In
pulmonis
morbo,
si
sputum
primis
diebus
non
fuit,
deinde
a
septimo
die
cœpit,
et
ultra
septimum
mansit,
periculosum
est;
quantoque
magis
mistos,
neque
inter
se
diductos
colores
habet,
tanto
deterius.
EE
tamen
nihil
pejus
cst,
quam
sincérum
id
edi
,
sive
rufum

TRAITE
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
E.
87.
noirs
néanmoins
sont
encore
les
plus
funestes.
La
toux,
le
coryza
et
même
Péternument,
qui
dans
d’autres
cas
est
salutaire,
ajoutent
à
la
gra-
vité
de
cette
affection,
etle
péril
devient
extrême
quand
il
survient
une
diarrhée
subite.
En
bien
ou
en
mal,
ces
signes
ont
la
même
valeur
dans
la
pleurésie
que
dans
la
pneumonie.
Dans
les
abeès
du
foie,
si
le
pus
qui
se
fait
jour
est
san-
guinolent
,
le
cas
est
mortel.
Les
abcès
les
plus
à
craindre
sont
ceux
qui
tendent
à
devenir
pro-
fonds
ou
qui
altèrent
la
couleur
de
la
peau.
Quant
à
ceux
qui
se
portent
à
l'extérieur,
les
plus
mau-
vais
sont
les
plus
étendus
et
les
moins
saillants.
S'il
y
a
eu
rupture
d’une
vomique,
ou
que
le
pus
se
soit
frayé
une
issue
au
dehors
,
et
que
la
fièvre
ne
tombe
pas
ou.
reparaisse
après
avoir
cessé,
s’il
y
a
soif,
dégoût
des
aliments
et
dérangement
du
ventre,
si
le
pusestlivide
et
pâle,
et
que
le
ma-
jade
n’expectore
qu'une
pituiteécumeuse,
le
péril
est
certain.
Les
vieillards
sont
presque
toujours
enlevés
par
la
suppuration
qui
succède
aux
affec-
tions
du
poumon.
Celle
qui
s'empare
des
autres
viscères
emporte
plutôt
les
jeunes
gens.
Les
cra-
chats
mêlés
de
pus
dans
la
phthisie
et
chez
un
su-
jet
débile,
ainsi
que
la
fièvre
continue
qui
ne
per-
met
de
prendre
aucune
nourriture
et
provoque
la
soif,
témoignent
qu’il
y
a
danger.
Si
le
malade
latte
encore
quelque
temps
contre
cétteaffection,
il
ne
tarde
pas
ensuite
à
mourir
dès
que
ses
che-
veux
commencent
à
tomber,
que
les
urines
pré-
sentent
un
sédiment
semblable
à
des
toiles
d’a-
raignée,
qu'elles
sont
d’une
odeur
fétide,
et,
en
dernier
lieu,
dès
que
le
dévoiement
survient.
Cette
terminaison
est
plus
fréquente
en
automne,
‘époque
où
finissent
le
plus
souvent
les
malades
est,
sive
cruentum,
sive
album,
sive
glutinosum,
sive
pallidum,
sive
spumans
:
nigrum
tamen
pessimum
est.
In
eodem morbo
pericalosa
sunt
tussis,
destillatio:
etiam,
quod
alias
salutare
habetur,
sternutamentum
:
periculo-
sissimumque
est,
si
hæc
secula
subifa
dejectio
est.
Fere
vero
quæ
in
pulmonis,
eadem
in
lateris
doloribus,
et
mi-
tiora
signa,
et
asperiora
esse
consuerunt.
Ex
jocinore
si
pus
cruentum
exil,
morliferum
est.
At
ex
suppurationi-
bus
eæ
pessimæ
sunt,
quæ
intus
tendunt,
sic
ut
exterio-
rem
quoque
cutem
decolorent
:
ex
tis
deinde,
quæ
in
ex-
teriorem
partem
pr'orumpunt,
quæ
maximæ,
quæque
planissimæ
sunt.
Quod
si,
ne
rupta
quidem
vomica,
vel
pure
extrinsecus
emisso,
febris
quievit,
aut
quamvis
quieverit,
tamen
repeltit;
item
si
sitis
est,
si
cibi
fasti-
dium,
si
venter
liquidus,
si
pus
est
lividum
et
pallidum,
si
nihil
æger
exsGreat
nisi
pituitam
spumantem,
pericu-
lum
certum
est.
Atque
ex
is
quidem
suppurationibus,
quas
pulmonum
morbi
concitarunt,
fere
senes
moriuntur;
ex
Ceteris
juniores.
At
in
{abe
sputum
mistum
purulen-
tum,
febris
assidua
,
quæ
et
cibi
tempora
eripit,
ef
sifi
affligit,
in
Corpore
tenui
periculum
subesse
testantur.
Si
quis
eliam
in
eo
morbo
diutius
traxit,
ubi
capilli
fluunt
;
ubi
urina
quædam
araneis
similia
subsidentia
oslendit,
aique
in
his
odor
foœdus
est;
maximeque
ubi
post
hæc
orla
dejectio
est,
protinus
moritur
:
utique
si
tempus.
qui
ont
langui
pendant
le
cours
de
l’année.
Ces-
ser
tout
à
coup
de
rendre
du
pus
après
en
avoir
craché
est
un
indice
mortel.
Chez
les
jeunes
gens
,
la
phthisie
donne
ordinairement
nais-
sance
à
des
vomiques
et
à
des
fistules
dont
il
est
difficile
d'obtenir
la
guérison,
à
moins
qu’elle:
ne
Soit
secondée
par
le
concours
d’un
grand
nom-
bre
de
signes
favorables.
Il
est
bien
moins
fa-
cile
encore
de
guérir
les
filles
et
les
femmes
at-
teintes
de
cette
maladie,
et
chez
lesquelles
il
y
à
suppression
des
règles.
L’homme
surpris
en
santé
par
un
mal
de
tête
subit,
qui
tombe
en-
suite
dans
un
sommeil
profond
et
stertoreux
dont
on
ne
peut
le
tirer,
doit
périr
vers
le
septième
jour,
surtout
si
ses
paupières
entr'ouvertes
lais-
sent
apercevoir
le
blanc
de
l'œil,
bien
qu'il
n'y
ait
pas
eu
de
diarrhée
précédente.
La
mort
est
alors
inévitable,
si
la
fièvre
ne
vient
dissiper
tous
les
accidents.
L’hydropisie
qui
se
déclare
à
la
suite
d’une
affection
aiguë
est
rarement
sus-
ceptible
de
guérir;
elle
le
sera
d'autant
moins
qu’elle
s’accompagnera
de
signes
contraires
à
ceux
que
nous
avons
établis
plus
haut.
Dans
ce
cas
aussi
la
toux
ne
laisse
aucun
espoir
:
il
en
est
de
même
s’il
y
a
des
hémorragies
par
haut
et
par
bas,
et
si
l’eau
envahit
le
milieu
du
corps.
Quelques
hydropiques
voient
survenir
des
tu-
meurs
qui
disparaissent
pour
se
montrer
de
nou-
veau,
Ceux-là
sont
moins
exposés
queles
autres,
s'ils
savent
s’observer;
mais
presque
toujours
ils
sont
victimes
d’un
excès
de
confiance
dans
le
retour
de
la
santé.
On
pourra
s'étonner
que
certains
maux
qui
nous
affligent
puissent
en
quelque
sorte
devenir
nécessaires
:
et
cependant
si
l’on
évacue
tout
à
coup
l’eau
qui
constitue
autumni
est,
quo
fere,
qui
cetera
parte
anni
traxerunt,
resolvuntur.
Item
pus
exspuisse
in
hoc
morbo,
deinde
ex
toto
spuere
desiisse,
mortiferum
est.
Solent
etiam
in
adolescentibus
ex
eo
morbo
vomicæ
fistulæque
oriri;
quæ
non
facile
sanescunt,
nisi
si
multa
signa
bonæ
valetudinis
subsecuta
sunt.
Ex
reliquis
vero
minime
facile
sanantur
virgines,
aut
eæ
mulieres,
quibus
super
ftabem
menstrua
suppressa
sunt.
Cui
vero
sano
subitus
dolor
capitis
ortus
“est,
dein
somnus
oppressit,
sic
ut
stertat,
neque
expér-
giscatur,
intra
septimnm
diem
pereundum
est;
magis,
cum
alvus
cita
non
antecesserit,
si
palpebræ
dormientis
non
coeunt,
sed
album
oculorum
apparet:
Quos
lamen
ita
mors
sequitur,
si
id
malum
non
esf
febre
discussum.
At
aqua
inter
cutem,
si
ex
acuto
morho
cæpif,
ad
sani-
tatem
raro
perducitur
:
utique:si
contraria
lis,
quæ
supra
posita
sunt,
subsequuntur,
Æque
in
ea
quoque
tussis
spem
tollit
:
item,
sisanguis
sursum
deorsumque
erupit,
et
aqua
medium
corpus
implevit.
Quibusdam
etiam
in
hoc
morbo
tumores‘oriuntur,
deinde
desinunt,
deiude
rursus
assureunt.
Hitutiores
quidem
sunt,
quan
qui
su-
pra
comprehensi
sunt,
si
attendunt;
sed
fere
fiducia
se-
cundæ
valetudinis
opprimuntur.
Hlud
jure
aliquis
mirabi-
tur,
quomodo
quædam
simul
ef
affligant
nostra
corpora,
et
parte
aliqua
tueantur.
Nam
,
sive
aqua
inter
cutem
quem
implevit,
sive
in
magno
abscessu
multum
puris
Coiit,
si-

.
88
l’épanchement
ou
le
pus
d’un
vaste
abcès,
le
cas
n’est
pas
moins
mortel
que
si,
dans
l’état
de
santé,
l'on
venait
à
perdre
tout
son
sang
par
une
seule
blessure.
Les
tumeurs
calleuses
qui
succè-
dent
aux
douleurs
articulaires
ne
peuvent
plus
se
résoudre,
On
peutparfois
calmer
ces
douleurs,
“soit
qu'elles
arrivent
dans
la
vieillesse
ou
qu'elles
persistent
depuis
la
jeunesse
jusqu’à
un
âge
avancé;
mais
on
ne
peut
jamais
les
dissiper
en-
tièrement.
Après
vingt-cinq
ans,
l’épilepsie
ne
cède
pas
facilement;
mais
passé
quarante
ans,
elle
devient
tellement
rebelle,
qu'il
faut
plutôt
placer
son
espoir
dans
les
efforts
de
la
nature
que
dans
les
secours
de
l’art.
Si
tout
le
corps
est
ébranlé
dans
les
attaques,
et
qu’au
lieu
d’être
averti
de
l’invasion
du
mal
par
une
sensation
partielle,
le
sujet
tombe
à
l’improviste,
quel
que
soit
l’âge
du
malade,
sa
guérison
est
bien
dou-
teuse;
mais
s’il
y
a
lésion
de
l'intelligence
où
paralysie,
la
médecine
n’a
plus
rien
à
faire.
Quand
le
dévoiement
s'accompagne
de
fièvre,
d’inflammation
du
foie,
des
hypocondres
ou
du
ventre,
et
de
soif
immodérée;
quand
cet
état
dure
depuis
longtemps
et
qu’il
y
a
des
selles
variables
avec
douleur,
la
mort
est
à
craindre,
surtout
si
les
tranchées
sont
déjà
anciennes.
Cette
ma-
ladie
sévit
principalement
sur
les
enfants
jus-
qu’à
l’âge
de
dix
ans
:
les
autres
époques
de
la
vie
y
résistent
plus
facilement.
La
femme
en-
ceinte
peut
être
enlevée
par
une
affection
de
ce
genre;
et
si
elle
se
rétablit,
elle
n’en
perd
pas
moins
l’enfant
qu’elle
portait.
La
dyssenterie
cau-
sée
par
l’atrabile
est
mortelle.
Elle
l’est
encore
lorsque
le
malade
étant
épuisé
déjà
par
les
déjec-
tions
,
des
selles
noires
se
déclarent
tout
à
COUP.
mul
id
omne
effudisse,
æque
mortiferum
est,
ac
si
quis
sani
Colporis
vulnere
factus
exsanguis
est.
Articuli
vero
cui
sic
dolent,
ut
super
eos
ex
callo
quædam
tubercula
innata
sint,
numquam
liberantur
:
quæque-eorum
vitia
vel
in
senectute
cœperunt,
vel
in
senectutem
ab
adoles-
centia
pervenerant,
ut
aliquando
lenir;
possunt,
sic
num-
quam
ex
toto
finiuntur.
Morbus
quoque
comitialis
post
annum
quintum
et
vicesimum
ortus
ægre
curatur;
mul-
toque
ægrius
is,
qui
post
quadragesimum
annum
Cœpit
;
adeo
utin
ea
ætate
aliquid
in
natura
spei,
vix
quidquam
in
medicina
sit.
In
eodem
morbo,
si
simul
fütum
corpus
afficitur,
neque
ante
in
partibus
aliquis
venientis
mali
sensus
est,
sed
homo
ex
improviso
concidit,
cujuscumque
is
ætatis
est,
vix
sanescit
:
si
vero
aut
mens
læsa
est,
aut
nervorum
facta
resolutio,
medicinæ
locus
non
esf.
Deje-
ctionibus
quoque
si
febris
accessit
;
siinflammatio
jocino-
ri$,
aut
præcordiorum,
aut
ventris;
si
immodica
sitis
;
si
longius
fempus;
si
alvus
varia;
si
cum
dolore
est,
etiam
MOrtis-periculum
subest
:
maximeque,
si
inter
hæe
tormina
xetera
esse
Cœperunt.
Isque
morbus
maxime
pue-
ros
absumit
usque
ad
annum
decimum
:
ceteræ
ætates
facilius
sus{inent,
Mulier
quoqne
gravida
ejusmodi
casu
rapl
potest;
atque
etiamsi
ipsa
Convaluit,
partum
tamen
perdit.
Quiu
etiam
{ormina
ab
atra
bile
orsa
mortifera
sunf;
aut
si
sub
his,
exlenyato
Jam
Corporc;
subito
nigra
CELSE.
La
lienterie
est
plus
dangereuse
quand
les
éva-
cuations
sont
fréquentes
etse
reproduisent
à
toute
heure,
avec
ou
sans
borborygmes
,
la
nuit
aussi
bien
que
le
jour;
quand
les
matières
sont
crues
ou
noires,
lisses
et
fétides,
que
la
soif
est
ar-
dente,
que
les
boissons
n’amènent
point
d’urines
(ce
qui
tient
à
ce
que
les
liquides
au
lieu
de
se
rendre
à
la
vessie
descendent
dans
les
intestins);
quand
la
bouche
présente
des
ulcérations,
que
le
visage
est
rouge
et
parsemé
de
taches
de
toutes
les
couleurs,
que
le
ventre
est
comme
ballonné,
gras
et
rugueux,
et
qu'enfin
le
malade
a
perdu
l'appétit.
Bien
qu'avec
de
pareils
symptômes
la
mort
soit
évidente,
elle
le
devient
beaucoup
plus
encore
lorsque
la
maladie
est
ancienne,
et
que
déjà
le
corpsestaffaibli
par
l’âge.
Dans
l’affection
iliaque,
le
vomissement,
le
hoquet,
les
convul-
sions
et
le
délire
sont
de
mauvais
augure.
Il
en
est
de
même
de
la
dureté
du
foie
dans
la
jaunisse.
Si
la
dyssenterie
vient
se
joindre
à
une
maladie
de
la
rate,
et
qu'il
se
manifeste
ensuite
une
hy-
dropisie
ou
la
lienterie,
il
n’y
à
presque
aucun
moyen
de
soustraire
le
malade
au
danger.
La
passion
iliaque,
lorsqu'elle
n’a
point
de
solution
prompte,
tue
le
malade
en
sept
jours.
La
femme
qui
est
prise,
à
la
suite
de
son
accouchement,
de
fièvre
et
de
céphalalgie
intense
et
continue,
est
en
danger
de
mort,
Si
les
parties
qui
renferment
les
vicères
sont
atteintes
de
douleur
et
d’inflammation
,
et
si
la
respiration
est
fréquente
,
le
présage
est
mauvais.
S'il
s’est
manifesté
sans
motif
une
douleur
de
tête
prolongée
qui
passe
ensuite
au
cou
et
aux
épau-
les,
pour
remonter
à
la
tête,
ou
qui
de
prime-
abord
S’étend
de
cette
partie
au
cou
et
aux
alvus
profluxit.
Af
intestinorum
Iævitas
periculosior
est
;
si
frequens
dejectio
est;
si
venter
omnibus
horis
et
cum
sono
ef
sine
hoc
profluit
;
si
similiter
noctu
et
interdiu;
si
quod
excernitur,
aut
crudum
est,
aut
nigrum,
et
præter
id,
etiam
læve,
el
mali
odoris
;
si
sitis
urget
;
si
post
po-
tionem
urina
non
redditur
(quod
evenit
,
quia
tune
liquor
omnis
non
in
Vesicam,
sed
in
intestina
descendit),
si
os
exulceratur,
rubet
facies,
et
quasi
maculis
quibusdam
colorum
omnium
distinguitur
;
si
venter
est
quasi
fermen-
tatus,
pinguis
atque
rugosus:
si
et
cibi
cupiditas
non
est.
Inter
quæ
cum
evidens
mors
sit
,
Multo
evidentior
est,
si
jam
longum
quoque
id
vitium
est;
maxime
efiam
si
in
Corpore
senili
est.
Si
vero
in
tenuiore
intestino
morbus
est,
vomitus,
singultus,
nervorum
distentio,
delirium,
mala
sunt.
At
in
morbo
arquato,
durum
fieri
jecur,
per-
niciosissimum
est.
Quos
lienis
male
habet,
si
tormina
prehenderunt
,
deinde
versa
sunt
vel
in
aquam
inter
Cu-
tem,
vel
in
intestinorum
lævifatem,
vix
ulla
medicina
periculo
sublrahit.
Morbus
intestini
tenuioris
nisi
resolu-
tus
est,
intra
septimum
diem
occidit.
Mulier
ex
partu,
si
cum
febre
vehementibus
etiam
et
assidnis
capitis
dolori-
bus
premilur,
in
periculo
mortis
est.
Sidolor
atqueinflam:
matio
est
in
lis
partibus,
quibus
viscera
continentur,
fréquenter
spirare,
signum
malum
est.
Si
sine
causa
lon-
gus
Golor
capitis
est,
et in
cervices
ac
scapulas
transit,

.TRAÎTÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
IL
39
épaules,
cela
peut
être
pernicieux
;
à
moins
qu'il
ne
survienne
une
vomique
dont
le
pus
serait
rendu
par
expectoration,
ou
bien
quelque
hé-
‘
morragie,
ou
un
porrigo
sur
toute
la
tête,
ou
des
pustules
sur
tout
le
corps.
Comme
accidents
également
fâcheux
,
il
faut
noter
l’engourdisse-
ment
et
la
démangeaison
accompagnés
d’une
certaine
sensation
de
froid
,
et
envahissant,
soit
la
tête
en
entier,
soit
seulement
une
partie,
ou
se
faisant
sentir
jusqu’au
bout
de
la
langue.
La
guérison
est
d'autant
plus
difficile
dans
des
cas
pareils,
qu’ils
Sont
plus
rarement
suivis
d’abcès
qui
leur
offriraient
une
solution
favorable.
Dans
Jes
douleurs
sciatiques
s’il
ya
beaucoup
d’engour-
dissement,
et
refroidissement
de
la
hanche
et
de
la
cuisse;
si
les
déjections
n’ont
lieu
qu'avec
effort
et
sont
chargées
de
mucosités,
et
si
le
ma-
lade
a
plus
de
quarante
ans,
la
maladie
durera
trés-longtemps,
au
moins
une
année,
et
ne
se
terminera
qu'au
printemps
ou
à
l’automne.
À
l’âge
dont
nous
parlons
on
vient
encore
difficile-
ment
à
bout
de
guérir
les
douleurs
des
bras
qui
s'étendent
vers
les
mains
ou
les
épaules,
lorsqu'il
survient
de
l’engourdissement
sans
ces-
sation
de
la
douleur,
et
qu’un
vomissement
de
bile
n’a
pas
amené
de
soulagement,
Quel
que
soit
le
membre
atteint
de
paralysie,
s'il
est
frappé
d’amaigrissement
et
d'immobilité
il
reviendra
d'autant
moins
à
son
premier
état
que
l'affection
sera
plus
ancienne,
et
le
malade
plus
avancé
en
âge.
L'hiver
et
l’automne
ne
sont
nullement
fa-
vorables
au
traitement
de
la
paralysie,
mais
l'in-
fluence
du
printemps
et
de
l'été
peut
donner
quelque
espoir.
À
peine
guérit-on
la
paralysie
incomplète;
celle
qui
est
confirmée
est
tout
à
rursusque
in
caput
revertifur,
aut
a
capite
ad
cervices
scapulasque
pervenit,
perniciosus
est
;
nisi
vomicam
ali-
quam
excitavit,
sic
ut
pus
extussiretur,
aut
nisi
sanguis
ex
aliqua
parte
prorupit,
aut
nisi
in
capite
multa
porrigo,
totove
corpore
pustulæ
ortæ
sunt.
Æque
magnum
malum
est,
ubi
torpor
atque
prurigo
pervagantur,
modo
per
to-
tum
caput,
modo
in
parie;
aut
sensus
alicujus
ibi
quasi
frigoris
est;
eaque
ad
saummam
quoque
linguam
perve-
niunt.
Et
cum
in.
üisdem
abscessibus
auxilium
sit,
eo
tamen
difficilior
sanitas
est,
quo
minus
Sæpe
sub
his
ma-
lis
illi
subsequuntur.
In
coxæ
vero
doloribus,
si
veéhemens
torpor
est,
frigescitque
crus
et
coxa
;
alvus
nisi
coacta
non
reddit,
idque
quod
excernitur,
mucosum
est;
jamque
ætas
ejus
hominis
quadragesimum
annum
excessil;
is
morbus
erit
longissimus,
minimumque
annuus,
neque
finiri
poteril,
nisi
aut
vere,
aut
autumno.
Difficilis
æque
curatio
est,
in
eadem
ætate
,
ubi
humerorum
dolor
vel
ad
manus
pervenit,
vel
ad
scapulas
tendit,
torporemque
et
dolorem
creat,
neque
bilis
vomitu,
levatur.
Quacumque
vero
parte
corporis
membrum
aliquod
resolutum
est,
si
neque
movetur,
et
emacréscit,
in
pristinum
habitum
non
revertitur;
eoque
minus,
quo
vetustius
id
vitium
est,
et
quo
magis
in
Corpore
senili
est.
Omnique
resolutioni
ner-
vorum
ad
medicinam
non
idonea
tempora
sunt
hiems
et
antumnus
:
aliquid
sperari
potest
vere
et
æstale.
Isque
fait
incurable.
Toute
douleur
qui
se
porte
vers
les
parties
supérieures
est
moins
accessible
aux
remèdes.
Si
les
mamelles
diminuent
tout
à
coup
chez
une
femme
enceinte
,
il
y
a
danger
d'avor-
tement.
Celle
qui
n’est
point
accouchée
et
qui
n’est
pas
en
état
de
grossesse
ne
peut
avoir
de
lait
sans
suppression
des
menstrues.
La
fièvre
quarte
d'automne
est
presque
toujours
de
longue
durée,
surtout
quand
elle
commence
aux
appro-
ches
de
l'hiver,
S'il
survient
une
hémorragie
suivie
de
délire
et
de
convulsions,
la
vie
est
mena-
cée.
Il
en
est
de
même
si
les
convulsions
se
mani-
festent
après
un
purgatif,
le
malade
étant
encore
affaibli:
ou
si
dans
la
violence
de
la
douleur
les
extrémités
se
refroidissent.
On
ne
peut
rap-
peler
les
pendus
à
la
vie,
s’ils
ont
été
détachés,
ayant
déjà
l’écume
à
la
bouche.
Des
selles
très-foncées
et
semblables
à
du
sang
noir
se
dé-
clarant
tout
à
coup,
avec
ou
sans
fièvre,
Consti-
tuent
un
signe
pernicieux.
IX.
Maintenant
que
nous
connaissons
les
si-
gnes
qui
font
naître
l’espoir
ou
la
crainte,
nous
allons
passer
au
traitement
des
maladies.
Les
moyens
Curatifs
sont
généraux
ou
particuliers
;
les
premiers
peuvent
être
employés
Contre
un
certain
nombre
d’affections
,
et
les
seconds
s'a-
dressent
à
des
maladies
spéciales.
Je
parlerai
d’a-
bord
des
moyens
généraux,
parmi
lesquels
il
en
est
d'aussi
utiles
à
l’homme
bien
portant
qu'au
malade
;
et
d’autres
quine
sont
applicables
qu'au
dérangement
de
la
santé.
Tout
remède
a
pour
but
de
retrancher
ou
d'ajouter,
d'attirer
ou
de
réprimer,
de
rafraîchir
ou
d’échauffer,
de
raft-
fermir
ou
de
relâcher.
Quelques-uns
n’agissent
pas
d’une
seule
manière,
mais
produisent
deux
morbus
mediocris
vix
sanafur,
vehemens
sanari
non
po:
test.
Omnis
etiam
dolor
minus
medicinæ
paiet,
qui
sur-
sum
procedit.
Mulieri
gravidæ
si
subito
mammæ
emacue-
runt,
abortus
periculum
est.
Quæ
neque
peperit,
neque
gravida
est,
si
lac
habet,
a
menstruis
defecta
est.
Quar-
{ana
autumnalis
fere
longa
est;
maximeque,
quæ
cœpit
hieme
appropinquante.
Si
sanguis
profluxit,
deinde
secuta
est
dementia
cum
distentione
nervorum
,
periculum
mor-
tis
est
:
itemque,
si
medicamentis
purgatum,
ef
adhue
inanem,
nervorum
distenfio
oppressit,
auf
si
in
magne
dolore,
extremæ
partes
frigent.
Neque
is
ad
vitam
redit,
qui
ex
suspendio,
spumante
ore,
detractus
est.
Alvus
nigra,
sanguini
atro
similis,
repentina,
sive
cum
febre,
sive
etiam
sine
hacest,
perniciosa
est.
<
IX.
Cognitis
indiciis,
quæ
nos
vel
spe
consolentur,
vel
metu
terreant,
ad
curationes
morborum
transeundum
est.
Ex
his
quædam
commuhes
sunt,
quædam
propriæ
:
communes,
quæ&
pluribus
morbis
opitulantur;
propriæ,
quæ
singulis.
Ante
de
communibus
dicam
:
ex
quibus
ta-
men
quædam
non
ægros
solum,
sed
sanos
quoque
susti-
nent;
quædam
in
adversa
tantum
valetudine
adhibentur.
Omne
vero
auxilium
Corporis,
aut
demit
aliquam
mate-
riam,
aut
adjicit,
aut
evocat,
aut
reprimit
,
aut
refrigerat
,
aut
calefacit,
simulque
aut
durat,
aut
mollit.
Quædam
non uno
modo
fantum,
sed
eliam
duobus
inter
se
non

A0
effets
qui
ne
se
contrarient
point.
Onretranche
par
la
saignée
,
les
ventouses,
les
déjections,
le
vomis-
sement,
les
frictions,
la
gestation,
par
tous
les
exercices
du
corps,
par
l’abstinence
et
lasueur.
Je
vais
m'occupe:
immédiatement
de
ces
moyens.
X.
Tirer
du
sang
par
l'ouverture
d’une
veine
n'est
pas
chose
nouvelle;
mais
ce
qui
est
nou-
veau,
C'est
de
recourir
à
la
saignée
dans
presque
toutes-les
maladies.
Employer
ces
émissions
san-
guines
chez
les
jeunes
sujets
et
les
femmes
qui
re
sont
point
enceintes,
est
encore
une
pratique
ancienne;
mais
c’est
récemment
qu'on
en
a
fait
l'essai
sur
les
enfants,
les
vieillards,
et
les
femmes
en
état
de
grossesse.
Les
anciens,
en
effet,
pen-
saient
qu'aux
deux
extrémités
de
la
vie
ce
re-
mède
n’était
pas
supporté,
et
qu'il
y
avait
là
pour
la
femme
qui
a
concu
une
cause
d’avor-
tement.
Mais
depuis
eux
l'expérience
a
fait
voir
qu'à
cet
égard
il
n’y
a
rien
de
constant,
et
que
la
conduite
du
praticien
doit
se
régler
plutôt
sur
d’autres
considérations.
Aïnsi,
il
est
moins
im-
portant
de
s'arrêter
à
l’âge
ou
à
la
grossesse,
qu’à
l'état
des
forces.
S’il
s’agit
par
exemple
d’un
jeune
homme
débile,
ou
d’une
femme
qui,
bien
jue
n'étant
pas
enceinte,
n’a
pas
grande
vigueur,
on
saignerait
alors
mal
à
propos,
car
on
enlève-
rait
au
sujet
le
peu
de
forces
qu'il
conserve;
tan-
dis
qu'on
peut
saigner
en
toute
sécurité
un
en-
fant
vigoureux,
un
vieillard
robuste,
ou
une
femme
enceinte
fortement
constituée.
Il
est
vrai
que
le
médecin
sans
expérience
peut
s'égarer
surtout
dans
des
cas
de
ce
genre,
parce
qu’en
ef-
fet
l'enfance
et
la
vieillesse.ont
moins
de
vigueur,
et
que
la
femme
enceinte,
après
sa
guérison,
a
besoin
de
toutes
ses
forces
non-seulement
pour
contrariis
adjuvant.
Demitur
materia,
sanguinis
detrac-
tione,
cucurbitula
,
dejectione,
vomitu,
frictione,
gesta-
tione,
omnique
exercitatione
Corporis,
abstineniia,
sudore,
De
quibus
protinus
dicam.
X.
Sanguinem,,
incisa
vena,
mitti
noyum
non
est
:
sed
nulum
pere
morbum
esse,
in
quo
non
mittatur,
novum
est.
Item,
mitfi
junioribus,
et
f@minis
uferum
non
ge-
renhibus,
vetus
est
:
in
pueris
Vero
idem
experiri,
et
in
senioribus,
et
in
gravidis
quoque
mulieribus,
vetus
non
est
:
siquidem
antiqui,
primam
ultimamque
ætatem
sus-
tinere
non
posse
hoc
auxilii
genus
judicabant;
persuase-
rantque
sibi,
mulierem
gravidam,
quæ
ila
curata
esset,
abortum
esse
facturam.
Postea
vero
usus
ostendil,
nihil
in
his
esse
perpetuum,
aliasque
potius
observationes
ad-
hibendas
esse,
ad
quas
dirigi
curantis
consilinm
debeat.
Interest
enim,
non
quæ
ælas
sit,
neque
quid
in
corpore
intus
geratur,
sed
quæ
vires
sint.
Ergo
si
juvenis
imbe-
Cillus-est,
aut
si
mulier,
quæ
gravida
non
est,
parum
ya-
nguis
mittétur
:
emoritur
enim
vis,
si
qua
su-
1046
erepta.
At
frmus
puer,
et
robustus
ulier
valens,
tuto
curatur.
Maxime
imhcritus
falli
potest
:
quia
fere
subest;
mulierique
prægnanti
iripus
0p
us
est
,
On
fantum
ad
pererat,
senex,
et
gra
tamen
in
his
medi
minus
roboris
illis
sta
post
curationem
quoqne
v
=
CELSE.
elle,
mais
pour
le
produit
de
la
conception.
De
ce
qu'un
remède
cependant
exige
de
la
réflexion
et
de
la
prudence,
il
ne
s'ensuit
pas
qu'il
faille
aussitôt
le
proscrire
:
et
l’art
en
pareille
matière
consiste
moins
à
tenir
compte
du
nombre
des
an-
nées
et
de
la
grossesse,
qu’à
bien
apprécier
les
for-
ces,
pour
juger
ensuite
si
celles
qu’on
laisserait
à
l'enfant,
au
vieillard
ou
aux
deux
êtres
que
re-
présente
la
femme
enceinte,
seraient
suffisantes.
Il
faut
distinguer
en
outre
entre
l’homme
vigou-
reux
et
l’homme
obèse,
entre
le
sujet
maigre
et
le
sujet
débile.
Les
individus
maigres
ont
plus
de
sang,
et
les
gras
plus
de
chair.
Par
conséquent
les
premiers
supporteront
mieux
la
saignée,
et
les
personnes
trop
chargées
d’embonpoint
seront
plus
facilement
abattues.
De
sorte
que
l’appa-
rence
du
corps
ne
permet
pas
d'estimer
sa
vi-
gueur
réelle,
aussi
bien
que
l’état
du
pouls.
In-
dépendamment
de
cette
considération,
il
faut
préciser
l'espèce
de
maladie,
savoir
s’il
y
a
lé-
sion
par
excès
ou
par
insuffisance,
et
si
la
consti-
tution
est
viciée
ou
conserve
son
intégrité
;
car
iln'y
à
pas
lieu
de
tirer
du
sang,
si
la
matière
fait
défaut
ou
si
elle
n’est
point
altérée.
S'il
y
a
au
contraire
excès
de
plénitude
ou
altération
des
hu-
meurs,
la
saignée
devient
alors
le
meilieur
re-
mède.
Une
fièvre
intense,
avec
rougeur
de
la
peau,
plénitude
et
gonflement
des
veines,
exige
donc
une
déplétion
sanguine,
de
même
que
les
affections
des
viscères,
la
paralysie,
le
té-
tanos
et
les
convulsions.
On
doit
y
recourir
aussi
dans
les
maux
de
gorge
avec
menace
de
suffo-
cation,
dans
l'extinction
subite
de
la
voix,
dans
les
douleurs
excessives,
et
dans
tous
les
cas
où,
par
une
cause
quelconque,
il
y
à
quelque
chose
se,
sed
etiam
ad
parfum
sustinendum.
Non
quidquid
au-
tem
intentionem
animi
et
prudentiam
exigit,
protinus
eji-
cienduin
est;
cum
præcipua
in
hoc
ars
sit,
quæ
non
an-
nos
numeret,
neque
conceptionem
solam
videat,
sed
vires
æstimet,
et
ex
eo
colligat
,
possit
necne
superesse,
quud
vel
puerum,
vel
senem,
vel
in
una
muliere
duo
COrpora:
simul
sustineat.
Interest
etiam
inter
valens
corpus
,
eË
obesum;
inter
tenue,
et
infirmum
:
tenuioribus
magis
Sanguis
,
plenioribus
magis
caro
abundat,
Facilius
itaque
illi
detractionem
ejusmodi
sustinent:;
celeriusque
ea,
si
Dimium
est
pinguis,
aliquis
afflisitur,
Ideoque
vis
corpo-
ris
melius
ex
venis,
quam
ex
ipsa
specie
æstimatur.
Ne-
que
solum
hæc
considéranda
sunt,
sed
etiam
morbi
genus
quod
sit
:
utrum
superans,
an
deficiens
materia
læseril
;
corruptum
Corpus
sit,
an
integrum.
Nam
si
materia
vel
deest,
vel
integra
est,
istud
alienum
est
:
at
si
vel
copie
sui
male
habet,
vel
corrupta
est,
nullo
modo
melius
suc-
curritur.
Ergo
vehemens
febris,
ubi
rubet
corpus,
ple:
næque
venæ
tumeñf,
Sanguinis
defractionem
requirit
:
item
viscerum
morbi,
nervorumque
resolutio,
et
rigor,
et
distentio
:
quidquid
denique
fauces
difficultate
spiritus.
Shangulat
;
quidquid
subito
supprimit
vocem;
quisquis
intolerabiiis
dolor
est;
et
quacumque
de
causa
ruptum
-
aliquid
intus
atque
collisum
est
:
item
malus
corporis
h&

FRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LEIV.
I.
41
de
froissé
ou
de
brisé
à
l’intérieur.
La
cachexie,
et
toutes
les
maladies
aiguës
qui
résultent,
non
de
l'insuffisance
mais
de
l'excès,
appellentencore
ce
remède.
Il
peut
arriver
néanmoins
que
la
ma-
Jadie
réclame
l'émission
sanguine,
et
que
le
ma-
lade
soit
à
peine
en
état
de
la
supporter.
Dans
ce
cas,
si
l’on
n’aperçoit
pas
d'autre
moyen,
et
que
le
malade
ne
puisse
être
sauvé
que
par
uñe
tentative
téméraire,
il
est
d’un
bon
médecin,
taut
en
reconnaissant
que
la
saignée
peut
avoir
de
graves
conséquences
,
de
démontrer
que
sans
elle
il
n’est
plus
d’espoir;
et
enfin
si
on
l'exige,
il
faut
la
faire.
On
ne
doit
pas
même
hésiter
en
pareille
circonstance,
car
mieux
vaut
employer
un
remède
incertain
que
de
n’en
essayer
aucun.
Ilimporte
surtout
d'agir
ainsi
dans
Ja
paralysie,
la
perte
subite
de
la
voix
et
l'angine
suffo-
cante
;
ou
lorsqu'un
premier
accès
de
fièvre
ayant
déjà
compromis
les
jours
du
malade,
on
peut
en
redouter
un
second
d’une
égale
violence,
au-
quel
les
forces
du
sujet
ne
résisteraient
pas.
Bien
qu'il
soit
interdit
desaigner
quand
les
aliments
ne
sont
pas
digérés,
cette
règle
n’est
pas
sans
exCep-
tion,
car
il
est
des
cas
qui
n’admettent
pas
le
délai
nécessaire
à
Ja
digestion.
Si
par
exemple
on
est
tombé
d’un
lieu
élevé,
si
l'on
s’est
fait
des
contusions,
ou
si
l’on
est
surpris
tout
à
coup
par
un
vomissement
de
sang
,
alors
,
quand
même
on
aurait
mangé
peu
de
temps
avant,
il
n’en
faut
pas
moins
tirer
du
sang,
de
peur
qu’il
n’en
ré—
sulte
un
dépôt
qui
amènerait
des
accidents.
Cela
s'applique
également
à
tous
les
cas
où
il
y
a
menace
imminente
de
suffocation.
Mais
tou-
tes
les
fois
que
la
nature
de
la
maladie
le
per-
met,
on
doit
attendre
pour
agir
qu’il
ne
reste
plus
aucune
trace
de
crudité.
À
cet
effet:
il
bitu$,
omnesque
acuti
morbi,
qui
modo,
ut
supra
dixi,
non
infirmitate,
sed
onere
nocent.
Fieri
tamen
potest,
nf
morbus
quidem
id
desideret,
corpus
autem
vix
pati
posse
videatur
:
sed
si
nullum
famen
appareat
aliud
auxilium
,
periturusque
sit
qui
laborat,
nisi
temeraria
quoque
via
fuerit
adjutus;
in
hoc
statu
boni
medici
estostendere,
quam
nulla
spes
sit
sine
sanguinis
detractione
faterique,
quantus
in
hac
ipsa
metus
sit
:
et
tum
demum,
si
exigetur,
sangui-
nem
mittere.
De
quo
dubitare
in
ejusmodi
re
non
opor-
tet
:
satius
est
enim
anceps
auxilium
experiri,
quam
nüllum.
Idque
maxime
fieri
debet,
ubi
nervi
resoluti
sunt
;
ubi
subito
aliquis
obmutuit;
ubi
angina
strangula-
tur
;
ubi
prioris
febris
accessio
pene
confecit,
paremqne
subsequi
verisimile
est,
neque
eam
videntur
sustiuere
ægri
vires
posse.
Cum
sit
autem
minime
crudo
sanguis
Miltendus,
tamen
ne
id
quidem
pérpetuum
est:
neque
enim
semper
concoclionem
res
exspectat.
Ergo
si
ex
Su-
periore
parte
aliquis
decidit,
si
contusus
est,
si
ex
aliquo
subito
casu
sanguinem
vomit
;
quamvis
paulo
ante
sump-
sit
cibum
;
famen
protinus
ei
demenda
materia
est,
ne,
si
subsederit,
corpus
affligat.
Idemque
etiam
in
aliis
Ca-
sibus
repentinis,
qui
strangulabunt,
dictum
erit.
At
si
morbi
ratio
patiatur,
tum
demum
nulla
crudilatis
suspi-
paraît
plus
convenable
de
remettre
la
saignée
au
second
ou
troisième
jour;
et,
quoiqu'il
y
ait
parfois
nécessité
de
la
pratiquer
dès
le
premier
jour
,
il
n'est
jamais
utile
d'y
recourir
après
le
quatrième,
puisque
dans
cet
espace
de
temps
ia
matière
est
épuisée
ou
a
déjà
vicié
le
corps;
de
sorte
que
la
perte
de
sang
ne
peut
qu'affaiblir
le
malade
sans
lui
rendre
la
santé.
Saigner
un
homme
au
plus
fort
d’une
fièvre
intense,
c’est
le
tuer
:
il
faut
donc
attendre
la
rémission.
Mais
s’il
n’y
a
pas
lieu
de
l’espérer
,
si
l’état
fébrile
n’a
pas
diminué,
mais
a
cessé
seulement
de
faire
de
nouveaux
progrès,
alors,
quoique
cette
occasion
soit
plus
défavorable
,
comme
c’est
la
seule
qui
se
présente,
il
faut
pourtant
la
saisir.
Lorsque
la
saignée
est
devenue
nécessaire
,
on
doit
la
pra-
tiquer
en
deux
jours
;
car
il
vaut
mieux
souia-
ger
d’abord
le
malade,
pour
le
débarrasser
en-
suite
entièrement
,
que
de
l’exposer
à
la
mort,
en
lui
Jaissant
perdre
toutes
ses
forces
à
la
fois.
S'il
est
utile
de
procéder
ainsi
pour
évaeuer
une
Col-
lection
purulente
ou
les
eaux
de
l’hydropisie,
il
l'est
bien
plus
encore
quand
il
s’agit
de
soustraire
du
sang.
Lorsqu'on
veut
dégager
tout
le
corps,
c’est
du
bras
qu'il
convient
de
tirer
du
sang
;
si
lon
veut
remédier
à
une
affection
locale,
il
faut
agir
sur
l'endroit
même
ou
sur
la
partie
la
plus
proche,
puisque
cette
opération
ne
se
fait
pas
sur
un
point
quelconque,
mais
seulement
aux
tem-
pes,
aux
bras
et
aux
pieds.
de
n’ignore
pas
que,
selon
certains
médecins,
il
faut
saigner
le
plus
loin
possible
du
siége
de
la
lésion,
parce
que
lon
détourne
ainsi
le
cours
du
sang;
tandis
qu'on
l’attire
par
la
méthode
contraire,
là
où
déjà
existe
un
afflux
sanguin.
Mais
c’est
une
opinion
mal
fondée,
car
les
vaisseaux
les
plus
voisins
com:
cione
remanente
id
fiet.
Ideoque
ei
rei
videtur
aptissimus
adversæ
valctudinis
dies
secundus,
aut
fertius.
Sed
ut
aliquando
etiam
primo
die
sanguinem
mittere
necesse
est,
sic
numquam
utile
post
diem
quartum
est,
Cum
jam
spa-
tio
ipso
materia
ef
exhausta
est,
ef
corpus
corrupit
:
ut
detractio
imbecillum
id
facere
possit,
non
possit,
in-
tegrum.
Quod
si
vehemens
febris
urget,
in
ipso
impetu
ejus
sanguinem
mittere,
hominem
jugulare
est.
ExSpec:
tanda
ergo
remissio
est;
si
non
decrescit,
sed
crescere
de-
siit,
neque
speratur
remissio,
{um
quoque,
quamyvis
pe=
jor,
sola
tamen
occasio
non
omittenda
est.
Fere
etiam
ista
medicinà
,
ubi
necessaria
est,
in
biduum
dividenda
est
:
satius
est
enim,
primum
levare
ægrum;,
deinde
perpur-
gare,
quam
simul
omni
vi
effusa
fortasse
præcipilare.
Quodsiin
pure
quoque
aquaque,
quæ
inter
cutem
est,
ita
respondet,
quanto
magis
necesse
éstin
sanguine
res-
pondeat
?
Mitti
vero
is
déhet,
si
fotius
Corporis
Causa
fit,
ex
brachio
;
si
partis
alicujus,
ex
ea
ipsa
parte,
aut
certe
quan
.proxima
:
quia
non
ubique
mitti
potesl,
sed
in
temporibus,
in
brachüis,
juxta
talos.
Neque
ignoro
,
quos=
dam
dicere,
quam
lopgissime
sanguinem
inde,
ubi
lædit,
esse
mittendum
:
sic
enim
averti
materi®
CurSum;
at
illo
modo
in
idipsum
,
quod
gravat
evocari.
sed
id
falsum
est
:

42
mencent
par
se
vider,
et
les
plus
éloignés
ne
se
dégagent
qu'autant
que
la
saignée
reste
ouverte.
Or,
dès
que
la
veine
est
fermée,
le
sang
qui
n’est
plus
attiré
ne
peut
plus
affluer.
L'expérience
ce-
pendant
parait
avoir
appris
que,
dans
les
blessu-
res
de
la
tête,
il
est
préférable
de
saigner
du
bras:
de
même
qu'un
bras
étant
malade,
il
vaut
mieux,
pour
tirer
du
sang,
choisir
le
membre
opposé
:
et
cela,
je
suppose,
parce
qu’en
cas
d'accident
les
parties
déjà
souffrantes
sont
beaucoup
plus
ac-
cessibles
au
mal.
On
peut
aussi
quelquefois
détourner
le
cours
du
sang
qui
s’écoule
d’un
côté,
en
saignant
d’un
autre;
etsi,
contrairement
à
la
volonté,
ils’échappe
par
certains
endroits,
on
l’arrête,
soit
en
lui
fai-
sant
obstacle,
soit
en
luiouvrant
une
autre
issue.
Pour
le
chirurgien
exercé,
la
saignée
est
sans
doute
une
opération
des
plus
faciles
;
maiselle
of-
fre
de
très-grandes
difficultés
à
celui
qui
n’a
pas
les
notions
nécessaires.
La
veine
en
effet
est
acco-
lée
aux
artères,
de
même
queles
nerfs
;
or
la
bles-
sure
d'un
nerf
est
suivie
de
convulsions
qui
font
périr
le
malade
d’une
mort
cruelle.
L'artère
une
fois
ouverte
ne
peut
ni
se
réunir
ni
guérir,
et
quelquefois
même
elle
laisse
le
sang
s'échapper
avec
violence.
Quand
la
veine
est
entièrement
divisée,
les
orifices
se
resserrent
et
ne
fournis-
sent
plus
de
sang.
En
maniant
la
lancette
avec
timidité,
on
coupe
seulement
la
peau
sans
ouvrir
la
veine.
Quelquefüis
encore,
il
arrive
que
le
vais-
seau
n'est
pas
apparent
et
qu’on
a
de
la
peine
à
le
découvrir
;
et
ce
sont
justement
toutes
ces
cir-
constances
qui
rendent
si
compliquée
pour
l’igno-
rant
une
opération
si
simple
pour
l’homme
ha-
bile.
C’est
au
milieu
de
la
veine
qu'il
faut
faire
l'incision
:
et
au
moment
où
le
Sang
jaillit,
on
proximum
enim
locum
primo
exhaurit
;
ex
ulterioribus
autem
eafenus
sanguis
sequitur,
quatenus
emittitur;
ubi
is
suppressus
est,
quia
non
trahitur,
ne
venit
quidem.
Videtur
tamen
usus
ipse
docuisse
>
Si
Caput
fractum
est,
ex
brachio
potins
sanguinem
esse
mittendum
;
si
quod
in
humero
vitium
est,
ex
altero
brachio
:
credo
,
Quia
si
quid
parum
cesserit,
opportuniores
eæ
partes
injuriæ
sunt,
quæ
jam
male
habent.
Avertitur
quoque
interdum
san-
guis,
ubi
alia
parte
Prorumpens
,
alia
emittitur
:
desinit
enin
fluere
qua
nolumus,
inde
objectis
quæ
prohibeant,
alio
dato
itinere.
Mittere
autem
sanguinem
cum
sit
expe-
ditissimum,
usum
habenti;
tamen
ignaro
difficillimum
est.
Juncta
enim
est
vena
arteriis,
his
nervyi
:
ia,
si
ner-
Vum
SCalpellus
attingit,
sequitur
nervorum
distentio,
ea-
que
hominem
crudeliter
consumit.
At
arteria
incisa
neque
Coit,
néque
sanescit
;
interdum
etiam,
ut
sanguis
vehe-
menter
crumpat,
efficit.
Ipsius
quoque
venæ,
si
forte
PréGS&esl,
capita
comprimuntur,
neque
sanguinem
emit-
font.
AË
Si
timide
scalpellus
demittitur,
sammam
cutem
lacerat,
neque
Yénam
incidit.
Nonnumquam
etiam
ea
la-
Let,
neque
facile
reperitur.
Ita
multæ
res
id
difficile
inscio
faciunL,
quod
perito
facillimum
est.
Incidenda
ad
medium
vena
est
:
ex
qua
Cum
sanguis
rumpit,
colorem
ejus
ha-
bitumque
oportet
attendere.
Nam
si
is
crassus
et
niger
CELSE.
doit
examiner
sa
consistanceetsa
couleur
;
car
s’il
est
noir
et
épais,
c’est
une
preuve
qu'il
est
altéré,
et
dans
ce
cas
il
est
avantageux
d’en
tirer,
Mais
s’il
est
rouge
et
transparent,
il
a
toutes
ses
qua-
lités
;
et
dès
lors
l'émission
sanguine,
loin
d’être
favorable,
est
nuisible.
11
faut
donc
l'arrêter
sur-
le-champ.
Cet
accident
d’ailleurs
ne
peut
jamais
arriver
au
médecin
qui
sait
dans
quelles
circons-
tances
il
convient
de
tirer
du
sang.
Il
est
moins
rare
de
voir
le
premier
jour
le
sang
sortir
tou-
jours
également
noir
;
mais
il
n’en
faut
pas
moins
Farrêter
lorsqu’il
à
suffisamment
coulé,
et
ne
ja-
mais
attendre
que
la
défaillance
survienne.
On
a
Soin
de
bander
le
bras
après
avoir
appliqué
sur
la
piqûre
une
compresse
imbibée
d’eau
froide
;
et
le
lendemain,
en
frappant
la
veine
avec
le
doigt
médius,
on
détruit
son
adhésion
récente,
et
le
Sang
s’échappe
de
nouveau.
Soit
au
premier,
soit
au
second
jour,
dès
que
le
sang,
qui
d’abord
se
montrait
noir
et
épais,
devient
clair
et
ver-
meil,
il
n’en
faut
plus
tirer,
car
ce
qui
reste
est
pur.
Aussi
la
bande
qu'on
pose
immédiatement
doit-elle
demeurer
en
place,
jusqu’à
la
formation
d’une
cicatrice
qui
se
consolide
très-rapidement
dans
les
veines.
XT.
Il
y
a
deux
sortes
de
ventouses
:
les
unes
sont
en
cuivre,
et
les
autres
en
corne.
Celles
de
cuivre
sont
ouvertes
d’un
côté
et
fermées
de
l’au-
tre.
Celles
de
corne
présentent
la
même
ouver-
ture
à
la
base,
et
une
autre
très-petite
au
sommet,
Dans
les
premières,
on
jette
une
mèche
enflam-
mée,
et
l’on
tient
la
cloche
en
contact
exact
avec
le
corps,
jusqu’à
ce
qu’elle
s’y
attache
fortement.
Pour
les
ventouses
en
corne,
on
les
applique
sim-
plement
sur
la
peau
;
et
par
le
trou
qui
existe
à
la
partie
supérieure,
on
soustrait
l’air
avec
sa
bou-
est,
viliosus
est;
ideoque
utiliter
effanditur
:
si
rubet
et
pellucet,
integer
est;
eaque
missio
sanguinis
adeo
non
prodest,
ut
etiam
noceat;
protinusque
is
supprimendus
est.
Sed
id
evenire
non
pofest
sub
eo
medico,
qui
scit
ex
quali
corpore
sanguis
miltendus
sit.
Illud
magis
fieri
s0-
let,
ut
æque
niger
assidue
primo
die
profluat
:
quod
quamvis
ifa
est,
tamen
si
jam
satis
fluxit,
supprimendus
est;
semperque
ante
finis
faciendus
est,
quam
anima
de-
ficiat.
Delisandumque
brachium
superimposilo
expresso
ex
aqua
ffisida
penicillo
:
et
postero
die
adverso
medio
digito
vena
ferienda
,
ut
recens
coitus
ejus
resolvatur,
ite-
rumque
Sanguinem
fundat.
Sive
autem
primo,
sive
secun-
do
die
sanguis
,
qui
crassus
et
niger
initio
fluxerat,
et
ru-
bere,
et
pellucere
cœpit,
satis
materiæ
detractum
est,
atque
quod
superest,
sincerum
est
:
ideoque
prolinus
brachium
deligandum,
habendumque
ita
est,
donec
va-
lens
cicatricula
sit;
quæ
celerrime
in
vena
confirmatur.
XI.
Cucurbitularum
vero
duo
genera
sunt;
æneum,
et
corneum.
Ænea,
allera
parte
patet,
altera
clausa
est
:
cornea
;
aliera
parte
æque
patens,
altera
foramen
habet
exiguum.
In
æneam
linamentum
ardens
conjicitur,
ac
si
os
ejus
Corpori
aptatur,
imprimiturque,
donec
inhæreat.
Cornea
per
se
corpori
imponilur;
deinde,
ubi
ea
parte,
qua
exiguum
foramen
est,
ore
spiritus
adductus
est,
su-

TRAITÉ
DE
LA
MÉDECINE,
LIV.
I.
;
43
che.
Cela
fait,
on
ferme
l'ouverture
avec
un
peu
de
cire,
et
la
ventouse
demeure
également
adhé-
rente.
Il
n’est
pas
nécessaire
que
ces
deux
sortes
de
ventouses
soient
en
cuivre
ou en
corne;
on
peut
en
faire
avec
toute
espèce
de
matière,
et
même,
à
défaut
d'autre
chose,
se
servir
d’une
pe-
tite
coupe,
ou
de
tout
vase
dont
l’erifice
serait
ré-
tréci.
Après
l’application
de
la
ventouse,
si
l’on fait
des
scarifications
avec
la
lancette,
on
obtient
du
sang
;
et
sion
laisse
la
peau
intacte,
on
attire
l'air.
On
aura
donc
recours
au
premier
moyen
si
la
cause
du
mal
est
dans
le
sang,
et
au
second
s’il
paraît
dépendre
d’une
accumulation
d'air.
Les
ventouses
n’ont
pas
pour
objet
de
remédier
à
un
vice
général
du
corps,
mais
plutôt
à
un
vice
local,
qu'il
suffit
de
soustraire
pour
ramener
la
santé.
Cela
prouve
encore,
lorsqu'un
membre
est
malade,
que
la
saignée
par
la
lancette
doit
être
faite
de
préférence
à
l’endroit
affecté;
car
per-
sonne,
si
ce
n'est
dans
le
but
de
réprimer
une
hémorragie
par
révulsion,
n’appliquera
des
ven-
touses
ailleurs
qu’au
siége
du
mal
et
sur
le
point
même
que
l’on
veut
guérir.
Les
maladies
chroni-
ques
et
déjà
anciennes,
soit
qu’elles
dépendent
de
laltération
des
humeurs
ou
de
l’état
des
esprits,
peuvent
réclamer
les
ventouses,
de
même
que
certaines-affections
aiguës
où
il
faut
soulager
le
malade,
bien
que
ses
forces
ne
permettent
pas
de
le
saigner.
Ce
remède
est
ainsi
moins
vio-
lent
et
plus
sûr,
et
n’offrejamais
de
danger,
même
au
plus
fort
de
la
fièvre
et
quand
la
digestion
n'est
pas
faite.
Il
suit
de
Là
qu’il
faut
préférer
les
ventouses
quand
il
est
nécessaire
de
tirer
du
sang
et
qu’on
ne
peut
ouvrir
la
veine
sans
péril,
ou
lorsqu'il
s’agit
simplement
d’une
affection
locale.
perque
cera
cavum
id
clausum
est,
æque
inhærescit.
Uiraque
non
ex
his
tantum
materiæ
generibus,
sed
etiam
ex
quolibet
alio
recte
fit.
Ac
si
cetera
defecerunt,
calicu-
lus
quoque
aut
paltarius,
oris
compressioris,
ei
rei
com-
modé
aptalur.
Ubi
inhæsit
,
si
concisa
ante
scalpello
cutis
est,
Sanguinem
extrahit;
si
integra
est,
spiritum.
Ergo
uhi
materia,
quæ
infus
est,
lædit,
illo
modo
;
ubi
infla-
tio,
hoc
imponi
solet.
Usus
autem
cucurbitulæ
præcipuus
est,
ubi
non
in
toto.corpore,
sed
in
parte
aliqua
vitium
est,
quam
exhauriri
ad:
confirmandam
valetudinem
satis
est.
Idque
ipsum
testimonium
est,
etiamscalpelio
sangui-
nem,
ubi
membro
succurritur,
ab
ea
potissimum
parte,
quæ
jam
læsa
est,
esse
mittendum,
quod
nemo
cucurhi-
falam
diversæ
parti
imponit,
nisi
cum
profusionem
san-
guinis
eo
avertit;
sed
ei
ipsi,
quæ
dolet,
quæque
libe-
randa
est.
Opus
etiam
esse
cucurbitula
potest
in
morbis
longis,
quamvis
et
iis
Jam
spatium
aliquod
accessit
;
sive
corrupla
materia,
sive
spiritu
male
habente
:
in
acutis
quoque
quibusdam,
si
et
levari
corpus
debet,
et
ex
vena
sanguinem
mitii
vires
non
patiuntur.
Jdque
auxilium
ut
minus
vehemens,
ita
magis
tulum;
neque
umquam
peri-
culosum
est,
etiamsi
in
medio
febris
impetu,
etiamsi
in
cruditate
adhibetur.
Ideoqueubi
sanguinem
mitti
opus
est,
si
incisa
vena
præceps
periculum
est,
aut
si
in
parte
Corporis
etiam
vitium
est,
huc
potius
confugiendum
est
:
Mais
il
est
bon
de
savoir
que
si
ce
moyen
n’en-
traîne
aucun
accident,
il
est
aussi
d’un
secours
moins
puissant,
et
que
dans
les
cas
graves
les
re-
mèdes
doivent
avoir
une
énergie
égale
à
l'inten-
sité
du
mal.
XL.
1.
Les
ancienssollicitaient
le
relâchement
du
ventre
dans
presque
toutes
lesmaladies
par
des
lavements
et
différents
purgatifs.
Ils
donnaient
Pellébore
noir,
fe
polypode,
l'écaille
de
cuivre
(en
gree
Asre,
yahxod)
et
le
sue
de
tithymale,
dont
une
goutte
mêlée
à
du
pain
purge
abondamment.
Is
faisaient
prendre
aussi
le
lait
d’ânesse,
de
vache
ou
de
chèvre
;
ajoutaient
un
peu
de
sel
à
ce
lait,
le
faisaient
bouillir,
et,
séparant
ensuite
la
partie
caillée,
prescrivaient
comme
boisson
la
partie
séreuse.
Mais
ces
médicaments
dérangent
presque
toujours
l’estomac
;
et
s’ils
proyoquentdes
selles
trop
abondantes
ou
trop
rapprochées,
ils
affaiblissent
le
malade.
On
ne
doit
done
jamais
administrer
des
remèdes
de
cette
espèce
dans
une
maladie,
à
moins
qu’il
n’y
ait
point
de
fièvre.
Ainsi
l'on
pourra
donner
lellébore
noir
dans
l'a-
trabile,
la
folie
mélancolique,
ou
dansune
paralysie
partielle
;
mais,
dès
que
la
fièvre
existe,
il
est
plus
convenable
de
prendre
des
aliments
et
des
bois-
sons,
qui
tout
à
la
fois
nourrissent
et
tiennent
le
ventre
libre.
Il
y
a
telles
maladies
où
il
est
utile
de
purger
avec
le
lait.
2.
La
plupart
du
temps,
il
est
préférable
de
recourir
aux
lavements.
Cette
pratique
,
adoptée
par
Asclépiade
avec
réserve,
est
à
peu
près
mise
en
oubli
de
nos
jours;
et
cependant
Pusage
modéré
qu’il
faisait
de
ces
remèdes
me
paraît
offrir
les
plus
grands
avantages
:
car
il
n'est
pas
néces-
saire
de
les
prescrire
souvent,
mais
une
fois
scu-
cum
eo
tamen,
ut
sciamus
,
hic
ut
nullum
periculum,
itia
levius
præsidium
esse;
nec
posse
vehementi
malo,
nis
æque
vehemens
auxilium
succurrere.
XII.
1
.
Dejectionem
antem
antiqui
variis
medicamentis,
crebraque
alvi
ductione
in
omnibus
pene
morbis
molie-
bantur
:
dabantque
aut
nigrum
veratrum,
aut
filiculam,
aut
squamam
æris,
quam
emo
yahxoù
Græci
vocant;
aut
lactucæ
marinæ
lac,
cujus
gutta
pani
adjecta
abunde
purgat
;
aut
lac
vel
asininum,
vel
bubulum,
vel
caprinum,
eique
salis
paulum
adjiciebant,
decoquebantque
id,
et
sublatis
iis,
quæ
coierant,
quod
quasi
serum
supereraf,
bibere
cogebant.
Sed
medicamenta
stomachum
fere
læ=
dunt
:
alvus
si
vehementius
fluit,
aut
sæpius
ducitur,
ho:
minenrinfirmat.
Ergo
numquam
in
adversa
valetudine
me-
dicamentum
ejus
rei
causa
recte
datur,
nisi
ubi
is
morbus
sine
febre
est;
ut
cum
veratrum
nigrum)
aût
atra
bile
ve-
xatis,
aut
cum
tristitia
insanientibus,
aut
üs,
quorum
nervi
parte
aliqua
resoluti
sant,
datur.
At
ubi
febres
sunt,
satius
est
ejus
rei
causa
cibos
potionesque
assumere,
qui
simul
et
alant,
et
ventrem
molliant.
Suntque
valetudinis
genera,
quibus
ex
lacte
purgatio
convenit.
9,
Plerumque
vero
alvus
potius
ducenda
est;
quod
ab
Asclepiade
quoque
sic
temperatum,
ut
tamen
servatum
sit,
video
pleramque
sæculo
nostro
præteriri.
Est
autem
ea
moderatio,
quam
is
secutus
videtur,
aplissima
:
uf
ne-

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