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„Kasyba“, „iškasenos“, „gręžyba“, „išgavos“

Jonas Klimavičius

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Jonas KLIMAVIČIUS EXTRACTION MINIÈRE, MINERAIS EXTRAITS, FORAGE, EXTRACTION Le ministère des Mines, l’industrie minière, etc., sont largement employés, c’est-à-dire qu’on dit partout qu’on exploite les montagnes, alors qu’on veut dire qu’on creuse sous terre. Peut-être s’agit-il ici d’une traduction du russe горнорудный, mais la traduction est tout à fait mauvaise, car le russe горно se dit žaisdras en lituanien. Alors peut-être vaut-il mieux appeler l’industrie minière l’industrie des minerais žaisdrinės? La première option n’est certes pas fameuse, mais celle-ci ne vaut pas mieux. Extrait d’une lettre C’est intéressant, même si ce n’est déjà plus une nouveauté pour les spécialistes: le géologue Eduardas Vodzinskas écrivait déjà dans « Mūsų kalba » il y a 16 ans et proposait à juste titre un terme nouveau, quoique similaire – exploitation minière: industrie minière, institut minier, ingénieur des mines (MK 1979 5 62–63). Ce n’est donc pas nouveau, mais ce n’est pas encore très ancien non plus: beaucoup ne le connaissent ou ne le comprennent toujours pas. Il est donc utile d’examiner la question plus en détail et de manière plus systématique – de passer en revue l’histoire de la terminologie et de réfléchir aux possibilités et aux limites de la dénomination des notions. Il existe en réalité un mot composé de deux radicaux, kalnakasyba, et non le syntagme kalnų kasyba mentionné par le questionneur, bien que cette dernière forme ait autrefois coexisté avec lui: горная наука – science minière, BŽ 101. Selon les données du LKŽ V, kalnakasyba n’est attesté qu’à partir de 1932 (горный промысел – exploitation minière, BŽ 448); il s’agirait bien d’un calque du russe (« un calque est un mot, un syntagme ou une expression qui emprunte à une autre langue son sens, sa motivation et souvent aussi sa structure », KTŽ). Il n’est toutefois pas lié au mot горно (la forme normative est горн – de корень « brûler »), mais à l’adjectif горный (dérivé du nom гора « montagne ») et à l’élément de composition горно-. Dans les syntagmes concernés, горный signifie « qui entre dans la composition de la croûte terrestre », « extrait des profondeurs de la Terre » et « lié à l’extraction et au traitement des ressources minérales » (voir CCPJA III). Les composés et mots dérivés russes: 32 горное дело, горная наука, горнопромышленность, горнозаводский sont à leur tour traduits de l’allemand Bergbau, Bergwesen, etc.: Berg signifie « montagne », tandis que l’élément -wesen équivaut au russe дело, « affaire », mais aussi « travail; activité; métier; commerce », voire « entreprise; activité commerciale » (en lituanien, ce russe дело correspond souvent à un suffixe: касирка дело – serrurerie, мокарное дело – tournage, военное дело – art militaire; voir plus en détail LKK XXIV 204); Bau signifie « construction; bâtiment », « grotte, galerie », de bauen 1. « construire; bâtir; fabriquer »; Nester bauen – faire un nid, die Bienen bauen Waben – les abeilles construisent des rayons; 2. « cultiver, semer »; 3. « travailler, exploiter les champs » (d’où Bauer « paysan, agriculteur », au figuré « pion » aux échecs, et au jeu de cartes « valet, ou garçon »). Kalnakasyba serait, par son premier élément, un calque formellement exact, mais sémantiquement servile. Le second élément, en revanche, n’est nullement servile: il est tout à fait libre et même systématique, et s’accorde avec kasykla (1884), kasynys (1887; cf. le bas-lituanien kasiny­s « chemin défoncé, route, chaussée »: Les routes sont mauvaises partout autour d’Impiltis-kiams, jusqu’à ce que le kasinys les rattrape, Lkž. Et lorsqu’on transportait avec un petit kasinys, la poussière de sable s’élevait, Vž), iškasena. Iškasena avait, aux débuts de la formation de la langue commune, le sens de « chose trouvée en creusant la terre », Bs, V. Kudir, Š, Vr (ainsi que iškasinsvs J. Jabl, Vr). Même le DŽ définit iškasena comme « ce qui est extrait du sol »: découvertes archéologiques. Cependant, dans le DŽ₂ de 1972, la première partie du sens d’iškasenos, « vestiges de la culture des hommes anciens, minéraux utiles, etc., extraits du sol » (la seule partie illustrée par un exemple: découvertes archéologiques), est déjà un anachronisme. Il n’a été éliminé que 21 ans plus tard: dans le DŽ₃, les vestiges anciens trouvés par des fouilles (et non par extraction!) sont désormais des découvertes archéologiques, tandis que les iškasenos sont uniquement des « matières premières minérales extraites »: ressources minérales. D’ailleurs, déjà chez K. Sirvydas, iškasynos signifie « minerai de fer »: Ruda/Materia seu terra metallica fossilis. Iškasinos/materia iškasama gietažies/ etc. SD 392, bien que SD 119 donne également un sens non précisé: Kopáne rzeczy w ziemi. Fossilia, orum. Iškasinos/iškasti dayktay iż žiemes. Selon le LKŽ IV, le terme Sut iškasinės signifie lui aussi « ce qui est extrait du sol (métaux, minerai) ». Du point de vue de la formation des mots, kalnakasyba n’est pas un dérivé (un mot composé), bien que ses deux— * Ici et ailleurs, les caractères des anciennes sources difficiles à imprimer ont été remplacés par les caractères actuels. 33 un radical (selon sa structure, et non son activité!). Kalnakasyba est un dérivé suffixal en -yba du composé kalnakasys (on trouve un terme semblable, rare, kalnakasybė dans NdŽ). Kalnakasys diffère lui aussi considérablement de ses sources — le russe горняк et l’allemand Bergmann (tandis que Bergvolk correspond à горцы) ont un sens différent: les montagnards, les gens des montagnes). Il faut ajouter que, selon les données du LKŽ V, outre le mot kalnakasys, attesté à la même époque que kalnakasyba dans BŽ 493 (рудокоп – рудокас, kalnakasys, kalnavertys), on trouve aussi la forme plus ancienne kálnakasis J. Et ici, même si cela peut sembler banal — voire très actuel —, il faut se tourner vers l’Europe en passant par l’ancienne fenêtre du peuple lituanien sur la culture occidentale: la Lituanie mineure. Certes, les mots précèdent peut-être quelque peu les réalités, mais ils sont beaucoup plus anciens, nombreux et authentiques. Ainsi, le plus grand dictionnaire régional de cette contrée, le “Deutsch-Litausch(es Wörterbuch” de F. Kuršaitis (vol. I, 1870), donne: Bergwesen – kalnųkasystės dalykai. kalnkasystė K I 210, Bergbau – etwa: kalnų kasimas. kalnakasė; vralt. u. ungebraüchlich: rūdu kasimas K I 209, Bergarbeit – etwa: kalnakasystės darbas K I 209, Bergakademie – etwa: kalnakasystės šiūlė K I 209; Bergmann – kalnakasys K I 210, Bergarbeiter – etwa: kalnakasys K I 209, Bergknappe – jauns kalnakasys K I 210. Il faut également mentionner kalnóvė et kálnkasis: Bergwerk – alt und ungebraüchlich: kalnowė. rūdų kasimas. besser: kálno kasimas. od. auch etwa: kálnkastis. jės K I 210 (la première attestation se trouvait déjà chez P. Ruigys: Bergwerk – Kalnówė, ês, Kálnų Rūdų Kassimmas R 62; également dans MŽ 83; seule la forme Kálnówė N); les écrits attestent aussi kalnakasýklė LC 1886 41, « établissement industriel minier ». La tradition de F. Kuršaitis fut poursuivie par la lexicographie qui lui succéda — Antano Lalio, “Lietuviškos ir angliškos kalbų žodynas” (3e éd., Chicago, 1915): kalnakasys – mineur L, kalnakasystė – exploitation minière; art ou science de l’exploitation minière L (et kalnavertis, -čio – au sens propre: destructeur de montagnes; mineur L), kalnovė – colline; tertre; // mine L, exploitation minière – kalnakasystė, kasytnės; <…> L 432. Bien que les anglicismes maina et mainierius se soient imposés dans l’usage oral. Nous avons donc un calque du russe, kalnakasyba, et un calque de l’allemand, kalnakasystė; quant au kalnakasys de J. Baronas, il pourrait lui aussi avoir été emprunté à F. Kuršaitis. Le point de départ était probablement bien les montagnes, mais on n’y creusait pas les montagnes: on creusait dans les montagnes, on en extrayait les ressources. Il ne faut pas interpréter littéralement la motivation de formation en -yba, comme dans la lettre citée. Pourtant, P. Ruigys propose déjà le terme dont la motivation est parfaitement claire, kalnų rūdų kasimas, tandis que le terme très semblable à kalnakasį, mais beaucoup plus ancien 34 rūdakasy(su visa grupe) est bien antérieur: Kruszco[w?]y kopacz/Scitator auri, Kūdakas(is)/ [erreur typographique: K=R–J.K.] ruda kasejas SD 133. Rudakassis – ein Erzgräber N, rūdakys I, J: ici vivent les rūdakasia(i), là où l’on travaille dans les profondeurs de la terre J. Jabl; rare, rūdų kasinkas: Bergmann, oder Knappe – Rudū Kassinkas, ūk(a) = (Sidabra =)Kassis, sio R 62; rūdininkas: Hammerschmid – Rudininkas, ko R 189, MŽ 252, Rudininkas, o – ein Metallarbeiter, Eisenschmidt N, rūdininkas, –o – ein Metall- oder Erzarbeiter [K] (2. Plv, Žp « habitant des environs de Kazlų Rūdos, Višakio Rūdos » LKŽ XI), rūdininkas = rūdakasy(s) NdŽ; rare, rūdakas(yba – Bergbau NdŽ. Le récent rūdvietė Enc VI 568, NdŽ « endroit où se trouve du minerai, gisement » LKŽ XI a de nombreux synonymes anciens: rūdynas 4. M, BŽ 493, NdŽ « gisement de minerai, mine »¹⁵ (le plus largement employé: 1. Q 515, Lex 85, Krz 158, N, Jbl 209, D. Pošk, J, dz., žem. « marécage aux eaux ferrugineuses, tourbière », rare 3. Dg « terre contenant du minerai ») LKŽ XI; rūdà KzR « four de fusion du fer, usine » (rudnia trš, voir rudnė) LKŽ XI; même rūda 2. « usine de production du fer; fonderie de fer » LKŽ XI: 1. ein Hammer, Eisenhütte (2. das Erz) R, MŽ, Metall, Erz; une usine métallurgique, un haut-fourneau, pour ce dernier sens, mieux vaut Rudinvezia N, der Eisenhammer [K]; rare rūdvsis O 79 « mine de minerai » LKŽ XI. Il existe aussi des noms de lieux très semblables (formés avec le même élément rūdka-sys): rūdakasis « mine de minerai » LKŽ XI: Erzbergwerk – rūdkasis K I 410, Erzgrube – rūdų duobė. rūdkasis, io K I 410 (il y en a d’autres encore: Erzütte – rūdų tirpnyčia K I 410); rūdakasa K n « endroit où l’on extrait du minerai » LKŽ XI. Le vocabulaire de l’« extraction du fer » est lui aussi ancien: geležavietė « montagnes, endroits où se trouve du minerai de fer » LKŽ III: želane gory huty. Ferrariae, Gielazawiute SD 541; gelžkasis « mine de fer » LKŽ III: Eisenbergwerk – etwa: gelžkasis, io K I 364, Eisengrube – gelžkasis, io K I 364; gelžkalvystė « usine sidérurgique » LKŽ III: Eisenhammer – etwa: gelžkalvė (et Eisenhütte s. Eisenhammer) K I 365. Leur usage actuel est superflu (le mot akmuo geležiatraukis « aimant » SD 161 ne s’est pas non plus implanté). Le vocabulaire de l’extraction du charbon est le plus récent et le moins abondant: seulement angliakasy(s) Š, Vd, angliavietė tsp et, rarement, entre autres, anglės Įky « mines de charbon » (les mots relatifs au charbon de bois, angliade-gys, angliaduobė, et les termes chimiques angliarūgštė, angliavandenis,... n’appartiennent pas à ce groupe). Ainsi, seul kalnakasys, kalnakasyba est « motivé » par kalnai — en réalité, 35 comme c’est habituel avec les calques, non motivé). Le terme « montagnes » ne figure pas non plus dans les seuls kašykla, kasinys, iškasenos; rūdkasys, angliakasys (et aukakasys) déjà mentionnés, ni dans beaucoup d’autres, cf.: горнопроходческая бригада – équipe de creuseurs, горнорудное дело – extraction du minerai, горные богатства – richesses [minérales] du sous-sol, горное масло – géol. huile du sous-sol RKLŽ I. Žemės aliejus, repris du GTŽ, ne figure ni dans LKŽ I₁, ni dans LKŽ I₂, ni dans DŽ. Est-il issu du russe горное масло, ou directement de l’allemand Erdöl? Dans tous les cas, il s’agit de « pétrole ». Nafta signifie aussi Bergöl en allemand — F. Kuršaitis traduit par kalninis (od. ūlinis) aliejus K I 210; il existait également Steinöl, que F. Kuršaitis rend par akmenės aliejus, pėvoblia K II 206, censé, selon LKŽ I₂, signifier « kérosène » (allemand moderne Kerosin), tandis que LL 95 donne aussi pour le polonais nafta – akmeninis aliejus, nafta. La motivation vient des profondeurs de la terre, des pierres et roches présentes dans son sous-sol; cf.: Les couches profondes du christianisme gisent comme du pétrole dans une roche poreuse et demandent à être pompées, LA 1994 68 11. Ainsi, l’huile de la terre et de la pierre / l’huile pierreuse, rocheuse sont des termes motivés (bien que ce soient aussi des calques), contrairement à kalninis aliejus, qui l’est peu. Et la motivation de houille (connue grâce à un dictionnaire de J. Brovodskis, malheureusement déjà resté inédit, mais apparemment utilisé charbon de pierre) n’est pas univoque: elle est peut-être tout autant « pierreuse » (ou « comme de pierre »), cf. charbon (c’est-à-dire charbon de pierre) J (cf. aussi l’allemand Steinkohlenbergbau « industrie du charbon de pierre »), mais tout autant « des montagnes », même si ces montagnes sont rocheuses [cf. bouquetin B « chèvre des montagnes », et plus encore l’aigle de pierre N « aigle royal (Aquila chrysaëtos) »], c’est-à-dire les véritables montagnes, souvent désignées ainsi en lituanien: montagnes pierreuses JV 311, montagnes rocheuses SD 94. Il existe, bien sûr, aussi des adjectifs pierreux dont la motivation n’est pas « montagnard », mais n’est pas non plus tout à fait littérale (« fait de pierre »): pierreux 2. « adapté à vivre près des pierres (dans les montagnes ou les villes) »; zool. martre des rochers (Martes foina) DŽ₃, tournepierre 1. zool. « oiseau de l’ordre des limicoles vivant sur les côtes rocheuses » (Aronaria interpres) [allemand Steinwälzer]; 2. voir traquet – zool. « oiseau de la famille des turdidés, qui construit son nid entre les pierres » (Oenanthe oenanthe) [allemand Steinschmätzer] DŽ₃, lithobie zool. « centipède brun très agile, vivant sous les pierres, dans les motifs et ailleurs » (Lithobius) DŽ₃. La motivation peut sembler non seulement ambiguë, mais franchement trompeuse — du point de vue synchronique et moderne — pour l’adjectif des écrits anciens, des dialectes et du folklore mėdinis LKŽ VIII – 36 « De cet arbre », mais ce serait alors une remotivation (→ arbre), tandis que le sens véritable est « forestier, sauvage » (→ medė, medžio (forêt): asilas medinis « âne sauvage » SD 271, medinis jaučias « bison » SD 9, medinė (c’est-à-dire « sauvage » des montagnes) ožka B, R 167, medinė kiaulė « sanglier » R, girinis (medinis) paukštis K II 336, mediniai kaveliai J. Jabl (Dv), gaidys medinis « coq de bruyère » R 75, medinė katė « lynx » R 402, medinis obelys Kal, mediniai obulai Slnt; Valgydavo žioguos (c’est-à-dire des criquets séchés) ir medų medinį Bt Mr 1, 6. Il est peut-être plus difficile de se tromper avec la variante medūnas, a: ožka medinōji « chevreuil » Grv, teterukas – višta medinōji Lz, medinė kiaulė « sanglier » Grv; O tu asile medinąsis! Mžk. Même « domestique » est merveilleusement trompeur LKŽ VIII 1, « vivant près de la maison »: naminė pelė (Mus musculus) tsp [prš?] par opposition à laukinė!; Naminis žvirblis (Passer domesticus) – c’est l’éternel voisin de l’homme Blv; musia naminė Kp; Ei, broli, broli, broleli mano, kam šovei balandėlį, naminį paukštužėlį? LTR (Ds). En biologie, ces organismes sont appelés synanthropes, voire synanthropes (attention, encore une fois! – cela ne vient pas de synanthrope, l’« homme chinois » fossile, mais du gr. syn- « ensemble, avec » + anthropos « homme »): il s’agit des espèces domestiques (mouche, perce-oreille, blatte, puce), ainsi que des mauvaises herbes des fermes et des champs, parasites de l’environnement humain (du gr. para « à côté, auprès de » + sitos « nourriture »), mais les animaux cultivés n’en font pas partie (notion plus large que celle des animaux apprivoisés, domestiqués). Or, le LKŽ VIII ne considère cela que comme un sous-sens de l’acception mentionnée – « vivant près de la maison » –, à savoir « pris en charge par l’homme, gardé, élevé près de la maison »: naminė antis, naminė bitė, naminiai gyvuliai. Enfin, горный peut même avoir le sens de « géologique »: горный компас – boussole géologique, горная геометрия – géométrie géologique. О горная порода – simplement une roche. Le néologisme obscur kalnininkystė, voir kalnakasyba dans le DŽ, est à considérer comme une absurdité. Les efforts d’Eduardas Vodzinskas n’ont pas été vains. Le R LKŽ I de 1982 n’avait encore que peu avancé; seule l’entrée дело a été quelque peu rectifiée en горное дело – kasyba (extraction minière). Le PolŽ de 1984 a apporté davantage de changements: горное дело – kasyba (exploitation minière), горная промышленность – kasybo pramonė (industrie minière), горник – kasybininkas (mineur). Dans le VLKŽ I de 1989, hélas, tout est resté ancien: « kalniška », et kasyba est totalement absent. Le PŽ III de 1992 contient kasyba: atviroji kasyba (exploitation à ciel ouvert) 131, jūrų dugno kasyba (exploitation des fonds marins) 128, 37 129. DŽ a réagi, mais, étant un dictionnaire général et non spécialisé (de terminologie ou encyclopédique), il ne pouvait pas éliminer d’emblée l’industrie minière: exploitation minière « industrie d’extraction des richesses du sous-sol, exploitation minière », tandis que exploitation minière ne signifie que « industrie minière »; seul figure mineur « extracteur des richesses du sous-sol », mais ouvrier minier, hélas, n’y figure pas encore. Il est bien regrettable qu’il n’existe toujours pas de nouveau dictionnaire de terminologie géologique. Et les traducteurs des journaux ne reçoivent ni dictionnaires ni articles sur la langue. Voilà avec quelle facilité (ou sans la moindre honte?) ils écrivent: Hier, des piquets ont été installés près de la Maison-Blanche. L’action a été organisée par le syndicat de la métallurgie des montagnes LA 1994 59 2. Il n’existe de métallurgie ni des montagnes, ni des piémonts, ni des marais, même s’il existe du minerai des marais. Cette paire est tout à fait illogique: Les mineurs du Kouzbass sont soutenus par les mineurs de charbon de Vorkouta LA 1993 227 2. Seuls les mineurs de minerai et les mineurs de charbon pourraient former un contraste. Tout aussi étrange: il a terminé <...> l’institut du pétrole et de la chimie [probablement l’institut de pétrochimie – J.K.], où il a obtenu une spécialité d’ingénieur des mines LA 1993 206 9. Mais ici se révèle, sans grande surprise, ce qu’E. Vodzinskas lui-même, bien qu’ayant consacré un paragraphe à kasybai (TV 1994 1 44), n’a pas abordé: le terme « ingénieur des mines » ne convient pas à l’extraction du pétrole ni à l’ingénieur minier (nous verrons un peu plus loin ce qui conviendrait). Ainsi, l’exploitation minière ne convient vraiment pas. Après avoir parcouru plusieurs pages de LTE V consacrées à l’exploitation minière, on ne trouve absolument rien sur l’extraction en montagne, mais on y découvre quelque chose qui défie le bon sens: l’industrie extractive – l’extraction et le traitement primaire (l’enrichissement) des ressources minérales – – – Il y a 5 groupes: l’industrie extractive des combustibles (extraction du pétrole, du gaz naturel, du charbon, de la tourbe et des schistes), des minerais, <...>. <...>; l’industrie hydrominérale (extraction d’eaux minérales et souterraines, d’eau destinée à l’approvisionnement en eau, et à d’autres fins). Ainsi, non seulement l’extraction de la tourbe, mais même les forages d’eau minérale relèvent de l’exploitation minière: le gaz, l’eau, ce sont des ressources minérales!.. Même le manuel scolaire FGŽŽ l’expliquait déjà en 1987: un forage est une « excavation circulaire minière dans une couche rocheuse, forée à l’aide d’un outil de forage »... Il est d’autant plus étrange que le terme exploitation (1979) ait été enregistré bien après celui de forage (1956): буровое дело – « forage », dans GTŽ. La raison en est que le terme forage n’a pas réussi à se détacher de буровое дело. Ainsi, même dans le livre de Ž. Kinder, « Hydrogéologie et forage » (1974), le terme forage... n’est absolument pas employé. On n’y trouve que le forage (de puits) et les puits de forage. Nulle part il n’est question de forage pétrolier, de forage gazier- 38 ... gazier. Peut-être est-ce pour cela que gręžyba n’a pas été retenu dans le DŽ2, DŽ3 (bien qu’il figure déjà dans le LRKŽ de 1971). Il faudra du temps pour que tout le système de l’exploitation minière se forme et se stabilise. Le calque dépourvu de motivation kalkakasyba est resté indifférencié. Kasyba peut, bien sûr, se subdiviser facilement: extraction du charbon, extraction du minerai; mais, étant donné qu’on a aussi angliakasyba, rūdkasyba, une autre possibilité n’est pas à exclure: angliakasyba, rūdkasyba. On rencontre déjà auksakasyba LA 1994 81 6, 178 2, à côté de l’ancien auksakasys R 62, auksakasys B, K I 558. Hélas, on trouve encore sidabro kalkakasyba M ir G 1990 10 21; il faut dire extraction de l’argent (plus difficilement: sidabrakasyba, bien qu’on trouve sidabrakasys Ser). À propos, l’or et l’argent peuvent être non seulement extraits, mais aussi ramassés, autrement dit récupérés. L’inadéquation, ressentie par tous mais non corrigée et contournée, des ressources minérales. Certains écrivent sans vergogne les absurdités les plus flagrantes: Mais la principale ressource minérale de cette région est le pétrole M ir G 1973 11 22. Un groupe distinct de ressources minérales comprend les eaux souterraines potables, techniques et minérales, ainsi que les saumures M ir G 1982 12 9. D’autres cherchent et multiplient les variantes; ainsi, dans le seul p. 297 du livre d’A. Linčius, « Šimtas geologijos mįslių » (1980), on trouve ressources minérales, richesses minérales, matières premières minérales et richesses du sous-sol, alors qu’il existe aussi des matières organiques — la tourbe, l’ambre (le pétrole fait débat; ce serait donc peu commode). Il est vraiment regrettable de voir apparaître encore des ressources naturelles extraites KB 1990 11 2, voire des ressources extraites de la terre KB 1994 12 8, ou encore des ressources naturelles LA 1993 209 1. Tout ne relève pas non plus des richesses du sous-sol, puisqu’il y a aussi l’exploitation à ciel ouvert, c’est-à-dire l’exploitation de surface. Les richesses de la nature constituent une notion différente et plus large. Pourtant, il existe depuis longtemps un bon mot, extraction, au sens d’« action d’extraire »: extraction de l’or, du charbon DŽ2, DŽ2 et DŽ2, extraction de l’or LmŽ 138. Et « ce qui est extrait » se dirait išgavos: ce mot figure déjà dans LKŽ IV, mais n’y est attesté que par une seule source, BŽ 117, avec un sens non défini: « prise, abondance ». On pourrait aussi conserver l’idée d’« utilité »: extractions utiles. Une autre possibilité serait trouvailles utiles, puisqu’on cherche et prospecte (prospection — разведочное дело GTŽ) et qu’on trouve. Mais ce qui est extrait l’est ensuite; par conséquent, išgavos est le terme le plus précis. Il est temps d’examiner les options, de choisir et d’adopter un terme. 39 Abréviations DŽ₁ – Dabartinės lietuvių kalbos žodynas: DŽ₁ – I leid., V., 1954. DŽ₂ – II leid., V., 1972. DŽ₃ – III leid., V., 1993. FGŽ – Solovjovas V., Karpovas G. Fizinės geografijos žodynas-žinynas. K., 1987. GTŽ – Gudelis V. Geologijos ir fizinės geografijos terminų žodynas. V., 1956. KB – « Kultūros barai ». KT – Gavienis K., Keinys S. Kalbotyros terminų žodynas. K., 1990. LA – « Lietuvos aidas ». LKK – Lietuvių kalbotyros klausimai. V., 1985. T. 24. LKŽ – Dictionnaire de la langue lituanienne. V., 1941. T. I, 1re éd., 1968. T. I, 2e éd., 1956, T. 3. 1957, T. 4. 1959, T. 5. 1966, T. 7. 1970, T. 8. 1978, t. II. L’article emploie également les abréviations de ce dictionnaire. LRKŽ – Lyberis A. Lietuvių–rusų kalbų žodynas. V., 1971. LTE – Lietuviškoji tarybinė enciklopedija. V., 1979. T. 5. Mir G – « Mokslas ir gyvenimas ». MK – « Mūsų kalba ». PolŽ – Rusų–lietuvių kalbų politechnikos žodynas/ Sudarė G. Daugėla. V., 1984. PŽ III – Pažinimo džiaugsmas: Žemė ir jos gėrybės. V., 1992. RLKŽ – Rusų–lietuvių kalbų žodynas. V., 1982. T. 1/ Sudarė Ch. Lemchenas. SD – Premier dictionnaire de la langue lituanienne: Konstantinas Sirvydas. Dictionarium trium linguarum [IIIe édition, texte en fac-similé]. V., 1979. La pagination diffère de celle des pages de l’édition V de SD citées dans le LKŽ. ССРЛЯ – Словарь современного русского литературного языка. Москва–Ленинград, 1954. Т. 3. TV – Sillons terminologiques. V., 1994. Vol. 1. VLKŽ – Križinauskas J. Vokiečių–lietuvių kalbų žodynas. V., 1989. T. 1. Les chiffres indiquent partout les années, les numéros (les chiffres romains désignent les tomes) et les pages. 40