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Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation

Igor Kudashev; Olga Semenova

Abstract

Increasing internationalisation has resulted in a growing need for community interpreting worldwide. Healthcare is one of the most challenging domains for community interpreters, as misunderstandings, especially those caused by the use of incorrect terminology, may at worst cost lives. In this paper, we describe the process of compiling the Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters. We start by describing the theoretical background of dictionary planning and analysing the information needs of the target groups. We then justify the selection of dictionary sources, describe the mega-, macro-, and microstructure of the dictionary, and briefly report the details of the technical implementation of the project. Finally, we reflect on some challenges encountered in this project as well as its future prospects.

Full text

doi.org/10.35321/term27-02 Dictionnaire thématique finnois-russe à l’intention des interprètes en milieu médical: principes et défis de l’élaboration IGOR KUDASHEV Tampere University, Faculty of Information Technology and Communication Sciences OLGA SEMENOVA Tampere University, Faculty of Information Technology and Communication Sciences RÉSUMÉ L’internationalisation croissante a entraîné une augmentation des besoins en interprétation communautaire dans le monde entier. Le secteur de la santé est l’un des domaines les plus exigeants pour les interprètes communautaires, car les malentendus, en particulier ceux dus à l’emploi d’une terminologie incorrecte, peuvent, dans le pire des cas, coûter des vies. Dans cet article, nous décrivons le processus d’élaboration du Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters. Nous commençons par présenter le cadre théorique de la conception du dictionnaire et analyser les besoins d’information des groupes cibles. Nous justifions ensuite le choix des sources du dictionnaire, décrivons ses méga-, macro- et microstructures, et rendons brièvement compte des aspects techniques de la mise en œuvre du projet. Enfin, nous examinons certains des défis rencontrés au cours de ce projet ainsi que ses perspectives d’avenir. MOTS-CLÉS: dictionnaire médical, glossaire médical, communication médecin-patient, interprétation communautaire, interprétation dans le domaine de la santé RÉSUMÉ La mondialisation croissante entraîne un besoin toujours plus important d’interprétation communautaire (angl. community interpreting) dans le monde entier. Les soins de santé constituent l’un des domaines les plus difficiles pour les interprètes communautaires, car les malentendus, notamment ceux dus à l’emploi d’une terminologie incorrecte, peuvent, dans le pire des cas, coûter des vies. Cet article décrit le processus d’élaboration du Dictionnaire thématique finnois-russe destiné aux interprètes dans le domaine des soins de santé. L’article commence par présenter les fondements théoriques de la planification d’un dictionnaire et analyser les besoins d’information des groupes cibles. Il justifie ensuite le choix des sources du dictionnaire, en décrit les méga-, macro- et microstructures et expose brièvement les détails de la mise en œuvre technique du projet. Enfin, il examine certains des défis rencontrés au cours du projet ainsi que ses perspectives d’avenir. Terminologija | 2020 | 27 31 Les méga-, macro- et microstructures sont décrites, et les détails de la mise en œuvre technique du projet sont brièvement indiqués. Enfin, certains défis rencontrés dans le cadre du projet ainsi que ses perspectives d’avenir sont examinés. MOTS-CLÉS: dictionnaire médical, lexique médical, communication médecin-patient, interprétation communautaire, interprétation dans le domaine des soins de santé 1. INTRODUCTION L’internationalisation croissante a entraîné un besoin sans cesse accru d’interprétation communautaire dans le monde entier (cf. de Pedro Ricoy 2009: 1). En Finlande, comme dans de nombreux autres pays européens, les membres de minorités linguistiques ont, dans bien des cas (selon les dispositions de la législation nationale et les consignes propres aux organisations), le droit de communiquer dans leur langue maternelle avec les autorités et les prestataires de services publics; en pratique, cela signifie qu’un interprète communautaire est convié à la rencontre. La qualité de l’interprétation communautaire est récemment devenue un sujet majeur dans les études sur l’interprétation (p. ex. Hale 2007; Valero-Garcés 2008; Flores et al. 2012; Maley 2018). L’emploi d’une terminologie correcte est un facteur essentiel de la qualité de l’interprétation. Les soins de santé constituent l’un des domaines les plus critiques à cet égard, car les malentendus, notamment ceux dus à l’emploi d’une terminologie incorrecte, peuvent entraîner un traitement inadapté et, dans le pire des cas, coûter des vies. En Finlande, la formation des interprètes communautaires a été développée de manière systématique (Mäntynen 2013). Cependant, les niveaux de compétence des interprètes varient encore considérablement (Ollila 2017: 28), comme c’est également le cas dans de nombreux autres pays (p. ex. Roat, Crezee 2015). Le projet « Développer la formation à l’interprétation dans le domaine des soins de santé » (2019–2020) visait à améliorer la formation universitaire des interprètes communautaires travaillant dans le secteur des soins de santé en Finlande. L’un des principaux objectifs du projet était l’élaboration du Finnish-Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters (Semenova, Kudashev, à paraître). L’une des raisons du choix du russe comme langue cible était qu’il s’agit de la langue la plus demandée en interprétation communautaire en Finlande (cf. Koskinen, Vuori, Leminen 2018: 9). Selon Statistics Finland, les immigrants venus de Russie et de l’ancienne Union soviétique constituent le plus grand groupe minoritaire de langue étrangère en Finlande1. En 2018, ils étaient plus de 85 000, et leur nombre continuait d’augmenter2. 1 http://www.stat.fi/til/vaerak/2019/02/vaerak_2019_02_2020-05-29_tie_001_fi.html 2 https://www.stat.fi/til/vaerak/2018/02/vaerak_2018_02_2019-06-19_tie_001_fi.html 32 Igor Kudashev | Finnish-Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Dans cet article, nous décrivons le processus de planification et de compilation du dictionnaire; nous en présentons la mégastructure, la macrostructure et la microstructure; nous rendons compte de sa mise en œuvre technique; et nous évoquons certains des défis rencontrés au cours de ce projet ainsi que les perspectives d’avenir du dictionnaire. Nous espérons que ces informations pourront être utiles aux compilateurs de dictionnaires similaires pour d’autres paires de langues, ainsi qu’aux formateurs d’interprètes communautaires. 2. FACTEURS INFLUANT SUR LA PLANIFICATION DU DICTIONNAIRE Nous commençons par décrire le cadre théorique de la planification du dictionnaire. Les facteurs influant sur la planification de tout dictionnaire peuvent être répartis entre ceux qui découlent des besoins du groupe cible et ceux qui reflètent les contraintes du monde extérieur. On peut respectivement les appeler facteurs lexicographiques proprement dits et facteurs lexicographiques externes (Kudashev 2007: 66). Lorsqu’ils accomplissent une tâche (p. ex. l’interprétation en milieu de soins), les utilisateurs du dictionnaire (p. ex. les interprètes communautaires) ont des besoins d’information (p. ex. ils ont besoin de renseignements sur les équivalents dans la langue cible et leur usage), ainsi que des besoins liés à la recherche et au traitement de l’information (p. ex. ils doivent trouver et traiter ces renseignements très rapidement sur le terrain). Cependant, le lexicographe qui compile le dictionnaire ne sait généralement pas précisément quels seront les besoins de l’utilisateur potentiel dans une situation de communication donnée. La représentation générale dont dispose le lexicographe n’est qu’une approximation, qui peut être améliorée grâce à des enquêtes et à des entretiens avec des représentants du groupe cible, ainsi qu’à une sélection rigoureuse des sources du dictionnaire. Ainsi, le processus de planification du dictionnaire dépend fortement de la méthodologie utilisée pour recueillir des informations sur les besoins des utilisateurs, du volume et de la qualité de ces informations, ainsi que de la méthodologie de sélection des sources. Ces facteurs sont récapitulés à la Figure 1 (cf. Kudashev 2007: 68). Les facteurs externes sont, quant à eux, avant tout liés à la disponibilité des ressources, notamment temporelles, financières, humaines et techniques. Les fournisseurs de ressources (p. ex. commanditaires, éditeurs) peuvent imposer leurs propres conditions supplémentaires. Les limitations imposées par le support constituent un autre facteur externe. Le parcours du lexicographe, sa formation, son expérience antérieure de la confection de dictionnaires, etc., peuvent également influer sur la planification du dictionnaire (Kudashev 2007: 71–73). Les besoins des utilisateurs cibles de notre projet de dictionnaire, ainsi que la méthodologie utilisée pour recueillir ces informations, sont décrits à la Section 3. Les sources du dictionnaire et les raisons qui ont motivé leur sélection sont présentées à la Section 4. Parmi les facteurs externes ayant eu un impact majeur sur le projet de dictionnaire, il faut mentionner le calendrier serré (un Terminologija | 2020 | 27 33 Fig. 1. Facteurs influant sur la planification du dictionnaire an) et le budget limité, qui ne nous ont permis d’embaucher qu’un terminologue à temps partiel et de faire appel uniquement à des bénévoles du secteur de la santé en tant qu’experts du domaine. Nous avons toutefois réussi à compiler un dictionnaire de 4 000 entrées couvrant 30 maladies courantes. 3. GROUPES CIBLES ET LEURS BESOINS Conformément à la théorie générale de la conception de dictionnaires de langues de spécialité (p. ex. Bergenholtz, Tarp 1995; Kudashev 2007; Grinev–Grinevič 2009), en mettant particulièrement l’accent sur les dictionnaires pédagogiques et statistiques (Morkovkin 1990; Alekseev 2001; Fuertes-Olivera, Arribas-Baño 2008; Fuertes-Olivera 2010), nous avons commencé le projet par l’analyse des besoins d’information des groupes cibles. Le principal groupe cible du dictionnaire se compose d’interprètes communautaires professionnels et d’étudiants de niveau universitaire en interprétation communautaire. Les groupes cibles secondaires comprennent les patients, le personnel médical et les étudiants en médecine. Les informations sur les besoins des groupes cibles ont été recueillies par réflexion sur notre propre pratique et par l’étude de la littérature professionnelle sur l’interprétation communautaire en général (p. ex. Hale 2007; Valero-Garcés, Martin 2008; Koskinen, Vuori, Leminen 2018) et l’interprétation en milieu médical en particulier (p. ex. Pöchhacker, Shlesinger 2007; Angelelli 2008; Arocha 2012; Mäntynen 2013; Metzger, Nicodemus 2014; Roat, Crezee 2015; Ollila 2017; Souza, Fragkou 2020). En outre, nous avons interrogé Seija Koskinen, directrice du Pirkanmaa 34 Igor Kudashev Finnish-Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Olga Semenova Interpreter Centre (Tampere, Finlande), ainsi que Girta Roots, interprète communautaire travaillant avec le finnois, le russe et l’estonien. Le Pirkanmaa Interpreter Centre fournit des services d’interprétation communautaire dans la deuxième région urbaine la plus peuplée de Finlande. Près de 40% des missions d’interprétation du Centre concernent le domaine médical. Les groupes cibles secondaires étaient représentés par Galina Mäkräinen, médecin russophone ayant participé à des cours de langue destinés aux médecins issus de l’immigration. Mäkräinen a également apporté son expertise sur divers aspects médicaux et vérifié les équivalents. Les étudiants du cours spécialisé Interprétation médicale finnois-russe organisé au semestre d’automne 2019 à l’Université de Tampere ont également donné leur avis sur la première version du dictionnaire. Les interprètes communautaires en activité utilisent des dictionnaires médicaux pour réviser les termes médicaux lorsqu’ils se préparent à une mission. Ils peuvent également avoir besoin du dictionnaire pendant l’interprétation pour vérifier un terme qu’ils ne connaissent pas ou dont ils ne se souviennent pas. Les étudiants en interprétation utilisent les dictionnaires médicaux aux mêmes fins, mais mettent l’accent sur l’acquisition du vocabulaire et la préparation aux séances d’interprétation simulées. Lorsqu’ils se préparent à une mission réelle ou simulée, les interprètes en activité comme les étudiants se familiarisent avec le sujet et étudient la terminologie qui s’y rapporte. Ils ne peuvent pas savoir à l’avance quelle partie du matériel sera utile pour interpréter le cas en question (Veisbergs 2006: 1220). Les étudiants connaissent à l’avance le sujet de la mission, contrairement aux interprètes en activité, qui ne bénéficient pas toujours de cet avantage en raison du Règlement général sur la protection des données (GDRP) et de réglementations similaires restreignant l’accès aux informations confidentielles; ils peuvent donc disposer de très peu de temps pour se préparer. Afin de faciliter l’apprentissage rapide du vocabulaire médical par thème, le dictionnaire devrait être organisé de manière thématique et ne contenir que les informations les plus pertinentes (cf. Grinev–Grinevič 2009: 68). Les étudiants en interprétation ont moins de connaissances générales et une compétence linguistique moindre que les interprètes en activité. Par conséquent, ils ont besoin de davantage d’informations linguistiques sur les termes et leurs équivalents. Par exemple, notre expérience a montré que les étudiants finnophones ont besoin d’indications sur l’accent tonique pour la plupart des équivalents russes, tandis que les interprètes finnophones expérimentés ne souhaitent ces informations que dans les cas difficiles (p. ex. целикая, рефлюкс). Les missions d’interprétation, par exemple les consultations médicales, sont strictement limitées dans le temps; l’interprète médical dispose donc de très peu de temps pour Terminologija | 2020 | 27 35 vérifier les termes. Cela implique que le dictionnaire doit être bien structuré et doté d’outils de recherche rapides et pratiques. Le dictionnaire remplit deux fonctions. La première est pédagogique. Les interprètes communautaires et les étudiants doivent connaître par cœur une partie de la terminologie de base. Comme il est difficile de toujours se souvenir de la terminologie plus spécifique liée à chaque maladie, ils doivent également réviser la terminologie propre à chaque maladie lorsqu’ils se préparent à une mission précise. La seconde fonction du dictionnaire est référentielle: les interprètes peuvent oublier un terme particulier sur le moment et vouloir le vérifier. Le dictionnaire doit donc être thématique et alphabétique afin de répondre à ces deux exigences. Les interprètes en milieu de soins ont besoin d’au moins quelques connaissances de base dans le domaine des soins de santé, mais celles-ci devraient probablement être acquises à partir de textes de vulgarisation ou de manuels spécialisés tels que « Introduction to Healthcare for Interpreters and Translators » (Crezee 2013). Un dictionnaire pédagogique des soins de santé destiné aux interprètes n’est pas le bon endroit pour fournir ce type d’informations, car les articles du dictionnaire doivent être très concis. En outre, la rédaction et la modification de définitions sont également des tâches réputées très laborieuses, qui nécessitent des ressources considérables, des consultations avec des experts du domaine, la prise en compte des droits de propriété intellectuelle, etc. C’est pourquoi nous n’avons pas fourni de définitions ni d’informations encyclopédiques dans notre dictionnaire. 4. SOURCES DU DICTIONNAIRE La meilleure source pour un dictionnaire médical destiné aux interprètes en milieu de soins aurait probablement été constituée d’enregistrements de consultations médicales authentiques. Malheureusement, ces informations sont confidentielles, et leur accès est donc problématique. La seule autre possibilité que les conversations authentiques consiste à utiliser des sources écrites, de préférence destinées à la communication entre le médecin et le patient. Les sources suivantes de termes finnois ont été retenues comme sources principales: • recommandations fondées sur des données probantes destinées aux patients (Käypä hoito) et descriptions de maladies publiées par la Société médicale finlandaise, Duodecim (Terveyskirjasto 2020) • classifications et normes internationales – Classification internationale des maladies, 10the révision3 – Classification internationale des soins de santé primaires, 2nde édition4 3 https://icd.who.int/browse10/2016/en 4 https://www.who.int/classifications/icd/adaptations/icpc2/en 36 Igor Kudashev | Olga Semenova Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation – Terminologia Anatomica (Kolesnikov 2003, complété par des termes finnois dans l’un de nos projets précédents, voir Kudashev 2012) Classifications et ontologies finlandaises – Classification finlandaise des actes chirurgicaux (Lehtonen, Lehtovirta, Mäkelä–Bengs 2013) – Classification des médicaments de l’Agence finlandaise des médicaments FIMEA5 – Ontologie finlandaise de la santé et du bien-être TERO6 Les principales sources des équivalents russes comprenaient: Recommandations fondées sur les données probantes du ministère de la Santé de la Fédération de Russie7 Le manuel du médecin « 2000 maladies de A à Z » (Denisov, Ševčenko 2010) Comme sources secondaires de termes finnois et d’équivalents russes, nous avons également utilisé des manuels de cours et des guides destinés au personnel médical (p. ex. Jousimaa et al. 2017; Mustajoki et al. 2019), ainsi que des dictionnaires monolingues et bilingues (p. ex. Hyttinen et al. 2013; Fagradańac s.d.; voir Semenova 2020: 29–34 pour un aperçu critique des dictionnaires médicaux finnois-russes existants). En règle générale, nous n’avons pas utilisé de documents traduits à partir d’autres langues. Toutefois, de nombreuses classifications sont désormais internationales. En outre, la plupart des documents sur la médecine fondée sur les données probantes disponibles en russe sont des traductions de l’anglais ou d’autres langues. Par exemple, nous avons utilisé un manuel imprimé unique, « Evidence-Based Medicine Guidelines » (Denisov et al. 2002), traduit de l’anglais. Les textes traduits ont toutefois été utilisés avec prudence, et les termes qui en ont été extraits ont été vérifiés dans des sources non traduites. 5. M É G A S T R U C T U R E Les pages liminaires du dictionnaire comprennent la préface et des instructions sur la manière de l’utiliser. Les pages finales contiennent l’index russe–finnois et la liste des sources. Le dictionnaire proprement dit se compose de deux parties. La partie 1 contient environ 2 000 des termes les plus courants, qui sont censés être appris par cœur. Comme les termes sont plus faciles à apprendre par thèmes, ils sont regroupés selon les domaines énumérés ci-dessous. Dans chaque domaine, le vocabulaire est ensuite 5 http://www.fimea.fi 6 https://finto.fi/tero/fi 7 http://cr.rosminzdrav.ru/#!/ Terminologija | 2020 | 27 37 divisé en niveaux de base et avancé. Par exemple, le niveau de base de la terminologie anatomique comprend environ 150 termes, tandis que le niveau avancé en compte environ 800. Les termes de base sont essentiels et doivent être maîtrisés en premier; les termes avancés sont également importants, mais peuvent être appris plus tard. Les sections thématiques de la partie 1 sont les suivantes: Système de santé Vocabulaire médical général Maladies, symptômes et troubles Anatomie et physiologie Examens médicaux Traitement et soins, prévention des maladies et réadaptation Médicaments Matériel médical La deuxième partie du dictionnaire est consacrée aux maladies. Elle remplit une double fonction. Premièrement, elle aide les interprètes et les étudiants à se préparer à une mission portant sur une maladie particulière, même à brève échéance. Sa deuxième fonction est référentielle. Même les interprètes expérimentés — et à plus forte raison les étudiants — ne peuvent garder à l’esprit toute la terminologie dont ils pourraient avoir besoin. La deuxième partie du dictionnaire leur fournit des équivalents propres à chaque maladie, regroupés de manière pratique en sous-domaines afin d’en faciliter la consultation. Chaque section consacrée à une maladie dans la partie 2 est divisée en sections thématiques suivantes: La maladie et ses sous-classes Maladies associées et maladies présentant des symptômes similaires Anatomie et physiologie Symptômes et plaintes Examens médicaux Traitement et soins, prévention des maladies et réadaptation Médicaments Équipement médical Divers Des termes de la partie 2 peuvent également être inclus dans la partie 1, ce qui signifie que les deux parties du dictionnaire ne sont pas exclusives, mais se chevauchent en partie. Dans la version actuelle du dictionnaire, la partie 2 couvre environ 30 des maladies les plus courantes, sélectionnées sur la base des statistiques de santé de l’Institut finlandais de la santé et du bien-être8 et de consultations avec un 8 https://sampo.thl.fi/pivot/prod/fi/avo/perus06/summary_icd1001 38 Igor Kudashev | Finnish-Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Olga Semenova expert du domaine. Les domaines des parties 1 et 2 ont été sélectionnés en regroupant les termes extraits de textes médicaux en classes thématiques et en réalisant une analyse des cadres de la situation de communication « consultation médicale » (cf. Madžajeva 2012; Gagarina 2015). 6. MACROSTRUCTURE Les entrées du dictionnaire sont organisées dans un tableau à deux colonnes. Bien que le format tabulaire accélère les recherches, les bordures du tableau doivent être discrètes afin de ne pas détourner l’attention de l’utilisateur. Le dictionnaire est divisé en sections thématiques, comme indiqué ci-dessus, mais, dans toutes les sections des parties 1 et 2, les termes sont classés par ordre alphabétique. L’ordre thématique répond à la fonction pédagogique, tandis que l’ordre alphabétique remplit une fonction de consultation. La figure 2 présente un extrait de la section consacrée à une maladie Reflux. La première légende en caractères gras est Maladie et ses sous-classes, et la seconde est Maladies associées et maladies présentant des symptômes similaires. Fig. 2. Exemple d’une section consacrée à une maladie Par défaut, les synonymes des termes finnois figurent à la fois sous l’entrée principale et sous forme de renvois à leur place alphabétique. Les renvois sont essentiels lorsque l’utilisateur vérifie un terme qui ne lui est pas familier. Pour plus de commodité, les renvois sont également accompagnés d’équivalents russes. Toutefois, comme les répétitions peuvent gêner les utilisateurs qui apprennent les termes, il est possible de désactiver les renvois dans la version électronique du dictionnaire. Terminologija | 2020 | 27 39 Les homonymes, c’est-à-dire les mots ou groupes de mots désignant deux concepts ou plus, sont accompagnés d’indices romains et de notes de désambiguïsation. Dans l’exemple ci-dessous (voir la figure 3), kuivuminen I désigne la sécheresse (comme dans sécheresse cutanée), tandis que kuivuminen II désigne la déshydratation (comme dans déshydratation de l’organisme). Fig. 3. Traitement des homonymes L’approche orientée vers les concepts évite l’un des « péchés capitaux » de la lexicographie bilingue (cf. Kromann, Riiber, Rosbach 1991: 2724), qui consiste à présenter plusieurs sens dans une même entrée sans les désambiguïser correctement. Il en résulte une longue série d’équivalents de traduction, dont certains ne sont pas interchangeables, car ils renvoient à des concepts différents. En outre, l’absence de notes de désambiguïsation peut ralentir le choix de l’équivalent approprié et entraîner des erreurs de traduction. Le besoin premier de tout traducteur ou interprète qui consulte un dictionnaire est de trouver un équivalent de traduction correct aussi rapidement que possible et d’être certain que ce choix est le bon (Varantola 1998: 181; Grinev-Grinevič 2009: 68; Nkwenti-Azeh 2001: 604–606). Il est également important d’utiliser un séparateur approprié entre les synonymes. La virgule n’est pas la meilleure option, car certaines désignations LSP (en particulier les équivalents explicatifs) peuvent déjà contenir une virgule (voir la figure 4). Le point-virgule est une option plus sûre (Kudashev 2007: 275). Fig. 4. Exemple d’équivalents contenant des virgules MICROSTRUCTURE Les entrées du dictionnaire comprennent les champs de données suivants: le terme finnois principal, ses éventuels synonymes, les marques grammaticales et d’usage qui s’y rapportent, l’équivalent russe, ses éventuels synonymes, ainsi que les marques grammaticales et d’usage qui s’y rapportent. L’ordre des synonymes au sein de l’entrée a été déterminé à l’aide d’une analyse statistique et de spécialistes du domaine. 40 Igor Kudashev Olga Semenova Finnish-Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Partant du principe que la plupart des interprètes communautaires maîtrisent bien la langue étrangère, nous n’avons fourni qu’une quantité limitée d’informations phonétiques et grammaticales. Cependant, dans certains cas, nous avons également dû tenir compte des besoins du deuxième groupe cible, à savoir les étudiants. Tous les équivalents russes de plus d’une syllabe sont accompagnés d’accents toniques indiqués en gras (voir Figure 5). Dans certains mots, l’accent tonique peut varier. Par exemple, спирометрия (« spirométrie ») peut se prononcer спирометрия ou спирометрия. Dans ces cas, les deux accents toniques possibles sont indiqués simultanément. Dans les futures versions du dictionnaire, nous prévoyons également d’indiquer les accents secondaires dans les mots composés, par exemple электронейростимуляцию (« électroneurostimulation »), notamment en les soulignant. Fig. 5. Exemples d’accents toniques dans des équivalents russes de plus d’une syllabe Dans notre dictionnaire, la lettre russe « ё » n’est jamais remplacée par « e », car cela peut poser des problèmes aux locuteurs non natifs et même entraîner des malentendus lorsque « ё » a une fonction distinctive sur le plan sémantique. Par exemple, si nous écrivons небо au lieu de нёбо (« palais »), un étudiant ou un interprète inexpérimenté pourrait penser que ce terme anatomique est homonyme du mot de langue générale signifiant « ciel », ce qui pourrait entraîner de graves problèmes lors de l’interprétation. À l’origine, nous ne prévoyions pas de fournir de consignes de prononciation supplémentaires pour les termes russes, hormis l’indication de l’accent tonique. Cependant, nous avons constaté que la prononciation correcte de certains termes n’est pas évidente, même pour les locuteurs natifs, et encore moins pour les étudiants qui apprennent une langue étrangère. Voici quelques exemples de cas difficiles. Il est parfois nécessaire d’ajouter des indications sur la prononciation des consonnes palatalisées dans les mots russes (par exemple, préciser que термотерапия [« thermothérapie »] et протез [« prothèse »] se prononcent avec un « т » palatalisé). Comme la prononciation des sigles n’est pas toujours prévisible en russe, il faudrait probablement la préciser au moins dans les cas ambigus. Par exemple, des sigles comme МЭГ (abrév. de магнитোэнцефалография « magnétoencéphalographie ») peuvent se lire soit lettre par lettre (эм-э-гэ) Terminologija | 2020 | 27 41 soit comme un mot « normal » d’une syllabe (мэг)9. Les termes et les sigles contenant des éléments étrangers peuvent également poser des problèmes de prononciation. Par exemple, le « C » se prononce-t-il « s » ou « ts » dans С-реактивный белок et dans son sigle СРБ (« protéine C-réactive, CRP »)? Et comment faut-il prononcer pH-метрия (« mesure du pH »)? Dans ces cas problématiques, une transcription accompagnée d’un fichier audio serait probablement une solution idéale. Les termes au pluriel et les sigles sont accompagnés des marques correspondantes. Les formes informelles et familières (recueillies dans des articles destinés aux patients et avec l’aide de la spécialiste du domaine) sont signalées par une marque d’usage (voir Figure 6). Par exemple, HDL cholesterol est souvent appelé familièrement good cholesterol. Les deux termes figurent dans le dictionnaire, mais le second est marqué comme familier. Fig. 6. Exemples de marques grammaticales et d’usage Les formes irrégulières du pluriel sont indiquées en italique et entre parenthèses afin d’avertir les utilisateurs de leur flexion inhabituelle. Les termes généralement employés au pluriel sont accompagnés d’une note (voir Figure 7). Fig. 7. Exemples de formes grammaticales irrégulières et note sur l’emploi prédominant au pluriel Les équivalents russes se terminant par le signe mou (« ь ») sont accompagnés d’indications de genre, car celui-ci n’est pas évident (voir Figure 8). Des indications de genre sont également fournies pour les groupes de mots contenant des éléments qui se terminent par « ь », sauf si leur genre peut être déduit du ou des mots qui les déterminent. Fig. 8. Exemples de l’indication de genre 9 http://new.gramota.ru/spravka/letters/60-rubric-91 42 Igor Kudashev Olga Semenova Finnish-Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Les équivalents partiels sont signalés par le signe ≈ (voir la figure 9). Par exemple, le concept finlandais luontaistuote (≈ « produit naturel / aliment santé ») diffère du concept russe биодобавка (≈ « complément alimentaire »), bien que, dans de nombreux cas, ils puissent être utilisés comme équivalents contextuels. Fig. 9. Traitement des équivalents partiels Idéalement, les différences entre les concepts devraient également faire l’objet de commentaires, mais de tels commentaires empêcheraient en même temps le dictionnaire de constituer un ouvrage de référence compact. C’est un exemple des contradictions internes inévitables d’un dictionnaire qui remplit plusieurs fonctions et/ou s’adresse à plusieurs groupes cibles. Dans de tels cas, les compilateurs du dictionnaire doivent soit établir des priorités, soit faire des compromis. 7. DIFFICULTÉS RENCONTRÉES AU COURS DU PROJET 7.1. Termes propres à une culture et à une langue Les termes propres à une culture comptent bien sûr parmi les principales difficultés de tout projet de dictionnaire bilingue, car les systèmes conceptuels et la terminologie nationaux diffèrent, même dans un domaine international comme la médecine. Les termes liés à l’organisation des soins de santé dans différents pays peuvent notamment poser problème. Par exemple, les termes finlandais fysioterapia et russe физиотерапия désignent des réalités différentes. Le terme finlandais désigne principalement la physiothérapie, tandis que le terme russe désigne l’électrothérapie. Wikipédia présente une vaste discussion sur les différences entre ces concepts en Occident et dans les pays post-soviétiques. Il n’est pas toujours évident de savoir quelle stratégie, la domestication ou l’exotisation, convient dans de tels cas. Les différences entre les langues peuvent faire qu’un nom doive être traduit par un verbe ou un adjectif, et inversement. Par exemple, le terme finlandais raskauden yliaikaisuus (litt. « dépassement du terme de la grossesse ») ne peut pas être traduit directement en russe ou en anglais au moyen d’une construction nominale. Du moins, cela ne sonnerait pas naturel. Dans de tels cas, un équivalent « contextuel » (переношенная беременность, « grossesse prolongée ») accompagné d’une note constitue probablement une meilleure solution (cf. Vehmas-Lehto 2010: 368; Probirskaja-Turunen 2005: 104). Terminologija | 2020 | 27 43 Pour comprendre les nuances de la traduction des termes propres à une culture et à une langue, il faut, dans la plupart des cas, bien maîtriser les langues utilisées dans le dictionnaire, en l’occurrence le finnois et le russe. Comme il ne serait pas pertinent d’aborder ces questions dans un article rédigé en anglais, nous passerons ce sujet et nous concentrerons sur plusieurs difficultés moins spécifiques à une langue. 7.2. Terminologie interdisciplinaire L’un des défis de la compilation de dictionnaires médicaux tient au fait que la médecine contemporaine est un domaine pluridisciplinaire lié à de nombreux autres domaines: la biologie, la chimie, la pharmacologie, l’ingénierie, etc. (p. ex. Georgievskij 1981: 82). En Finlande, les soins de santé sont également étroitement liés au secteur de la sécurité sociale et de l’action sociale. Même le ministère responsable des soins de santé s’appelle Ministry of Social Affairs and Health. Par conséquent, il n’est pas toujours facile de déterminer si des termes tels que sairausloma (« congé maladie »), äitiyspäiväraha (« allocation de maternité ») ou ammatillinen kuntoutus (« réadaptation professionnelle ») relèvent du domaine médical ou de celui de l’action sociale. Cependant, comme ces termes apparaissent régulièrement dans les textes destinés aux patients et que les interprètes communautaires doivent de toute façon maîtriser la terminologie de la sécurité sociale, nous avons inclus dans notre dictionnaire les termes de la sécurité sociale et de l’action sociale fréquemment utilisés dans le secteur des soins de santé. 7.3. Forme des vedettes et des équivalents As was demonstrated in several studies (e.g. Kudashev 2007: 360–363; Kudashev 2012; Kudashev 2013: 64–70; Kudashev 2016), terms a) are not always used in texts and reference resources in their full and unambiguous form, and b) some lexicographic practices aimed at data compression may disorient users as regards the form of terms and target language equivalents. Dictionary compiler should avoid these pitfalls by extracting and reconstructing terms correctly from the dictionary sources and presenting them unambiguously in the dictionary. Les difficultés les plus courantes rencontrées lors de l’« extraction de texte » comprennent: l’emploi contextuel de formes abrégées et raccourcies des termes la capitalisation injustifiée de la première lettre ou de l’ensemble du terme le remplacement de parties de termes par un signe spécial, y compris lorsque le terme d’origine ne peut être reconstitué automatiquement l’emploi de l’inversion le regroupement de plusieurs termes en un seul. 44 Igor Kudashev | Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Olga Semenova | Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Afin de ne pas induire les utilisateurs en erreur, les vedettes et leurs équivalents doivent être présentés dans le dictionnaire sous une forme complète, non ambiguë et naturelle. En particulier, cela signifie que les majuscules ne doivent être utilisées que lorsque les règles orthographiques l’exigent. Par exemple, l’écriture FINNISH INSTITUTE FOR HEALTH AND WELFARE ou Cosmetic Surgery n’est pas justifiée, tandis que l’emploi correct des majuscules est requis dans des termes tels que ACE inhibitor ou vitamin D deficiency. Il ne faut pas recourir à l’inversion. Par exemple, nasal spray ne doit pas être présenté sous la forme spray, nasal. Les vedettes et leurs équivalents ne doivent en aucun cas être abrégés, par exemple en omettant des éléments répétés et en les remplaçant par des virgules, des barres obliques, des parenthèses, etc. Ainsi, bien que le terme transcutaneous electrical nerve stimulation soit souvent abrégé en transcutaneous electrical stimulation et transcutaneous nerve stimulation, les trois formes doivent figurer dans le dictionnaire, en toutes lettres, comme synonymes. Les utilisateurs, en particulier les étudiants, risquent de ne pas pouvoir interpréter correctement des formes abrégées telles que transcutaneous (electrical) (nerve) stimulation. En outre, les interprètes qui consultent rapidement le dictionnaire n’ont pas le temps de décoder ces formes. D’un point de vue technique, l’abrègement entrave également la recherche, le tri et la création de l’index dans la langue cible. Bien que les vedettes soient généralement présentées au singulier dans les dictionnaires, certains noms peuvent et/ou doivent figurer au pluriel (cf. Berkov 2004: 30). Pluralia tantum, c’est-à-dire les noms qui s’emploient toujours au pluriel (p. ex. scissors), en constituent un cas évident. Certains noms ont toutefois une forme singulière, mais s’emploient généralement au pluriel (p. ex. bronchus / bronchi, cramp / cramps, chemical / chemicals). Dans ce dernier cas, pour faciliter la consultation, le nom devrait probablement figurer deux fois, au singulier et au pluriel. Dans le langage médical, certains adverbes ont des synonymes qui, à proprement parler, ne sont pas des unités lexicales. Par exemple, подкожно / под кожу (« par voie sous-cutanée / sous la peau »), назально / через нос (« par voie nasale / par le nez »). Cependant, ces expressions sont lexicalisées et constituent des unités terminologiques à part entière; elles doivent donc être incluses dans le dictionnaire comme des vedettes à part entière (cf. Kudashev 2013: 59–60). 7.4. Termes scientifiques et termes informels Le discours médical, comme de nombreuses autres langues de spécialité, est multidimensionnel. Il peut notamment être catégorisé en fonction des participants. On peut distinguer la communication entre médecins, les médecins Terminologija | 2020 | 27 45 and nurses, doctors and patients, etc. (cf. Bergenholtz, Tarp 1995: 19; Abramova 2003; Alekseeva, Mishlanova 2002: 104–105; Agadžanân 2018; Gotti 2018: 13–14). Doctor–patient communication differs from other communicative situations in many respects. Typically, patients (and community interpreters) lack a medical background, which means that they tend to communicate using everyday vocabulary rather than scientific medical terminology. This presents a major challenge for dictionary compilers, who have to balance between the general and professional dimensions. Par exemple, le mot russe гипертония (hypertension artérielle) était autrefois un terme médical officiel. Il est généralement compris et très fréquent dans les échanges quotidiens. Cependant, il est devenu obsolète dans le discours scientifique et a été remplacé par le terme артериальная гипертензия, beaucoup moins familier aux patients. Le couple de termes аденома простаты et гиперплазия предстательной железы (hyperplasie de la prostate) constitue un cas similaire. Comme notre dictionnaire décrit la communication entre médecins et patients, nous avons décidé d’inclure les termes informels mais largement employés aux côtés des termes officiels. Les termes officiels sont toutefois présentés en premier. La manière d’étiqueter ces termes informels n’est pas évidente. Du point de vue du médecin, ils sont obsolètes, mais pas du point de vue du patient. Nous avons décidé de les marquer comme familiers, car ils font partie du vocabulaire des patients, qui a été « déterminologisé ». De nombreux termes officiels sont abrégés dans la communication orale. Par exemple, диабет (« diabète ») est généralement employé sous sa forme complète dans les textes et les ouvrages de référence (сахарный диабет, « diabète sucré »), mais la forme abrégée est beaucoup plus courante dans la vie quotidienne. Les termes peuvent également être « abrégés » au niveau conceptuel, par le biais d’un transfert métaphorique. Par exemple, шейка матки (« col de l’utérus ») se compose de plusieurs parties, dont notamment наружное отверстие шейки матки (« orifice externe du col de l’utérus »). Pourtant, dans le contexte des examens gynécologiques, les patientes ne font généralement pas de distinctions précises entre les différentes parties et tendent à parler uniquement du cervix. Le lexicographe qui élabore un dictionnaire destiné à la communication entre médecins et patients doit-il se montrer trop pointilleux à cet égard, ou non? Les termes employés dans les classifications scientifiques peuvent différer des termes et des mots du langage général utilisés dans la communication entre médecins et patients. Par exemple, on ne trouvera pas dans Terminologia Anatomica des mots tels que waist et middle (parties du corps), pourtant essentiels dans une conversation sur l’obésité. Cela souligne l’importance d’extraire les termes de plusieurs sources plutôt que de s’appuyer sur une seule, même si celle-ci fait autorité. 46 Igor Kudashev Olga Semenova Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Les cultures et les langues diffèrent quant à leurs préférences pour les composantes internationales ou nationales des termes médicaux. Par exemple, en Finlande, les termes fondés sur des composantes nationales sont beaucoup plus largement employés par les médecins comme par les patients que les dérivés du latin et du grec. Il existe toutefois des exceptions. Ainsi, le terme international diabetes est beaucoup plus fréquent que le terme composé d’éléments finnois — sokeritauti (« maladie du sucre »). En russe, au contraire, les termes fondés sur le latin et le grec sont plus populaires que leurs synonymes russes, même auprès des patients. Ces préférences propres à chaque culture doivent être prises en compte dans le dictionnaire. En somme, force est de reconnaître qu’il n’est pas toujours facile de décider quels termes — strictement scientifiques, professionnels ou familiers — doivent être inclus en premier lieu dans un dictionnaire destiné à la communication entre médecins et patients, ni dans quel ordre ils doivent être présentés. Il n’existe pas de « règle empirique » universelle à cet égard; chaque cas doit donc être traité individuellement. 7.5. Traitement des synonymes et des abréviations L’abondance des synonymes et des abréviations est caractéristique du langage médical (p. ex. Georgievskij 1981; Kuryshko 2001; Abramova 2003). Si un terme de base possède de nombreux synonymes, ses dérivés en auront également beaucoup. Par exemple, лекарство (« médicament ») a de multiples synonymes en russe: средство, препарат, медикамент, etc. Par conséquent, on peut désigner tout type de médicament au moyen de (presque) tous ces mots; ainsi, les anti-inflammatory drugs sont des противовоспалительные лекарства / средства / препараты / медикаменты. L’abondance des synonymes pose plusieurs problèmes liés à leur sélection et à leur classement dans l’entrée. Pour résoudre ces difficultés, nous avons appliqué les critères suivants: • intelligibilité (les patients et les interprètes devraient comprendre autant de termes que possible) • fréquence (les termes fréquemment employés sont généralement plus compréhensibles et plus faciles à retenir) • simplicité et brièveté (les termes simples et courts sont plus faciles à retenir) • diversité (pour remplir sa fonction de référence, le dictionnaire devrait également contenir des termes qui ne font pas partie du vocabulaire actif de l’interprète) • autorité de la source (les termes provenant de sources faisant autorité sont privilégiés). Terminologija | 2020 | 27 47 Cependant, ces critères peuvent se contredire. Par exemple, les formes abrégées sont plus courtes et devraient en principe être plus faciles à mémoriser. Dans certains cas, c’est effectivement le cas. Ainsi, l’abréviation УЗИ (échographie médicale) est beaucoup plus fréquente en russe que sa forme développée, ультразвуковое исследование. De plus, tout le monde connaît cette abréviation. Il est donc tout à fait justifié de placer l’abréviation avant la forme développée. Toutefois, certaines abréviations sont moins connues des patients. Par exemple, l’abréviation НПВС (anti-inflammatoires non stéroïdiens, AINS) est assez rare, bien que les AINS eux-mêmes soient probablement familiers à tout le monde. Dans ce cas, il convient de placer la forme développée en premier. Un autre exemple illustre la contradiction entre autorité et fréquence. Selon un manuel médical faisant autorité (Denisov, Ševtšenko 2010), waist circumference se dit окружность талии en russe. Ce terme est en soi fréquent: cette combinaison de mots donne environ 577 000 résultats sur Google. Toutefois, selon Google, deux autres synonymes sont encore plus fréquents: объём талии donne plus de 7 000 000 de résultats et обхват талии plus de 11 000 000. Dans ce cas particulier, l’ordre des synonymes importe peu, car ils sont tous fréquents. Cet exemple souligne néanmoins une fois de plus l’importance de vérifier les données même lorsque les termes et leurs équivalents proviennent de sources faisant autorité. Comme nous pouvons le constater, la hiérarchisation des principes directeurs généraux varie d’un cas à l’autre. Pour vérifier leurs choix, les rédacteurs de dictionnaires devraient consulter des spécialistes du domaine ainsi que des représentants des groupes cibles. 8. M I S E E N Œ U V R E T E C H N I Q U E Le dictionnaire sera publié à la fois sous forme de base de données accessible sur le Web et sous forme de dictionnaire imprimable au format PDF. La version électronique permet d’effectuer des recherches efficacement et offre également des fonctionnalités dynamiques utiles. Il est par exemple possible d’activer ou de désactiver certaines données (p. ex. renvois, données administratives et étiquettes de domaine) en fonction de l’usage prévu. La version imprimable, quant à elle, peut être utilisée même dans les situations où les appareils électroniques sont interdits ou où la connexion Internet est mauvaise. Le dictionnaire a été compilé à l’aide d’une version adaptée du système interne de rédaction de dictionnaires MyTerMS (voir Kudashev, Kudasheva 2006). MyTerMS est une interface Web donnant accès à la base de données lexicographique sous-jacente. Ce système a été utilisé dans plusieurs projets de dictionnaires et sert de système de gestion terminologique pour les projets terminologiques de l’Université de Tampere et de l’Université d’Helsinki, en Finlande. 48 Igor Kudashev Olga Semenova Finnish-Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Fig. 10. Fenêtre principale du système de rédaction de dictionnaires MyTerMS MyTerMS assure toutes les opérations de base que l’on peut attendre d’un logiciel de gestion de dictionnaires, notamment l’ajout, la modification, la recherche, la consultation, l’impression et la suppression d’entrées. Il automatise également de nombreuses opérations. Par exemple, lorsqu’on ajoute plusieurs entrées relevant du même domaine, il est possible de préremplir le champ du domaine au lieu de le sélectionner manuellement à chaque fois. MyTerMS contribue aussi à garantir l’intégrité des données, par exemple en empêchant les doublons et en gérant automatiquement les renvois. En outre, il vérifie la conformité des données avant leur enregistrement afin d’en assurer l’exactitude. Les entrées sont segmentées en champs de données et les articles sont générés « à la volée » à l’aide de scripts et de feuilles de style en cascade. La mise en page des entrées est aussi proche que possible de la version finale, à l’exception de certaines données administratives, qui sont distinguées visuellement des données finales par la couleur. Les données administratives ainsi que les renvois peuvent être affichés ou masqués en cochant les cases correspondantes. L’un des points forts de MyTerMS est sa fonction de recherche avancée. Les utilisateurs peuvent effectuer des recherches très complexes en recourant à des caractères génériques et à des expressions régulières, et en combinant plusieurs critères de recherche. Cela permet d’extraire des données selon presque n’importe quel critère ou toute combinaison de critères. La figure 10 présente la fenêtre principale du programme. Le cadre vert est le panneau de commande, qui comprend divers boutons et options de commande. Les deux listes à gauche sont la liste des termes et la liste des résultats. Le plus grand cadre est celui de l’entrée. Les plages de lettres dans le Terminologija | 2020 | 27 49 Le coin supérieur gauche permet de limiter la longueur de la liste des termes afin d’accélérer son actualisation. Dans ce même coin se trouve également un panneau de « recherche rapide » qui facilite la navigation dans la liste des termes et la liste des résultats. L’utilisateur n’a qu’à saisir les premières lettres du terme recherché. Dans un dictionnaire thématique, il est particulièrement important d’indiquer avec précision les domaines. Dans MyTerMS, cela se fait à l’aide du sélecteur de domaine, accessible depuis le formulaire d’ajout / de modification et la fenêtre principale. Les étiquettes de domaine sont ajoutées à l’aide de boutons radio et de cases à cocher. Dans l’exemple ci-dessous (voir Figure 11), un terme est ajouté à la partie I (Osa 1), au groupe thématique « Anatomie et physiologie » (Anatomia ja fysiologia), au niveau avancé (Vaikeusaste B), ainsi qu’à la partie II (Osa 2), à la classe « Tuberculose » (tuberkuloosi) et à la sous-classe « Anatomie et physiologie » (c. Anatomia ja fysiologia). Fig. 11. Sélecteur de domaine Comme nous le voyons, un terme peut être marqué comme appartenant à la terminologie générale et / ou comme étant lié à une ou plusieurs maladies. Lors d’une recherche, les utilisateurs peuvent la limiter à n’importe quelle combinaison de domaines et / ou de sous-domaines en ouvrant le même sélecteur (voir Figure 12). Le même outil peut également servir à définir un domaine ou une combinaison de domaines comme « préférés ». Cela permet de gagner du temps et contribue à éviter les erreurs lorsque le terminologue ajoute plusieurs termes relevant du même domaine. Les entrées sont ajoutées et modifiées à l’aide d’un formulaire HTML (voir Figure 13). Le formulaire permet d’ajouter jusqu’à sept synonymes pour chaque 50 Igor Kudashev Olga Semenova Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation Fig. 12. Domaines sélectionnés pour la recherche à l’aide du sélecteur de domaine langue. Des sections supplémentaires pour les synonymes s’ouvrent à la demande. Le programme permet d’ajouter une mise en forme en ligne (par exemple, caractères gras, italiques, indices et exposants). Toutefois, des copies en texte brut des champs correspondants sont également enregistrées afin de garantir des recherches rapides et correctes. La plupart des étiquettes relatives à la grammaire et à l’usage sont prédéfinies, mais les utilisateurs peuvent également ajouter des notes libres concernant ces catégories. Fig. 13. Formulaire HTML pour l’ajout et la modification des entrées Terminologija | 2020 | 27 51 MyTerMS génère également automatiquement l’index russe-finnois (voir Figure 14). Fig. 14. Index russe-finnois généré automatiquement 9. C O N C L U S I O N La compilation d’un dictionnaire thématique destiné aux interprètes en milieu de soins s’est révélée être une tâche très intéressante, mais aussi difficile. Certains besoins d’information et besoins liés à la recherche de données diffèrent même entre les principaux groupes cibles du dictionnaire et selon les situations dans lesquelles celui-ci est utilisé. La combinaison des fonctions pédagogique et de référence crée également une certaine tension. L’ajout d’autres groupes cibles (tels que les patients, les médecins issus de l’immigration, etc.) aurait encore compliqué la situation. Dans le cadre du projet actuel, les contradictions lexicographiques ont également été exacerbées par des facteurs externes, tels que le calendrier serré et le budget limité. Si nous avons la possibilité de poursuivre notre travail, le dictionnaire sera développé dans plusieurs directions. Bien que le nombre de termes à apprendre par cœur (environ 2 000) soit proche du niveau optimal, la partie du dictionnaire consacrée aux maladies est indéniablement modeste. Notre prochain objectif est de couvrir une centaine des maladies les plus courantes, ce qui correspond à environ 10 000–12 000 termes. Les maladies seront sélectionnées sur la base des statistiques officielles des soins de santé. Selon le principe de Pareto (également appelé règle des 80 / 20), nous nous attendons à atteindre un point de saturation raisonnable lorsque le dictionnaire couvrira les 80% des motifs de consultation médicale les plus fréquents. Un problème poten- 52 Igor Kudashev Olga Semenova Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation tiel est que les catégories représentées dans les statistiques sont souvent « trop vastes » et regroupent de multiples maladies non différenciées. Lors du cours d’interprétation en milieu de soins organisé à l’Université de Tampere, nous avons constaté que les étudiants ne maîtrisent pas suffisamment les termes médicaux, dont la plupart sont des noms. Pour employer correctement ces termes en contexte, les étudiants doivent également maîtriser les verbes et les collocations. Nous prévoyons d’enrichir notre dictionnaire avec des exemples d’usage. Dans la version électronique, ceux-ci pourraient être affichés ou masqués selon l’utilisation prévue du dictionnaire. Bien que l’index russe-finnois permette d’utiliser le dictionnaire dans le sens inverse, celui-ci ne peut être considéré comme un véritable dictionnaire russe-finnois. Comme le dictionnaire repose sur le système conceptuel finnois et sur des sources finnoises, il ne comporte pas, par exemple, les noms de maladies largement utilisés dans les pays post-soviétiques, mais non reconnus par les classifications internationales des maladies (p. ex. остеохондроз [« ostéochondrose »]; дисбактериоз [« dysbactériose »], диатез [« diathèse »]; вегетососудистая дистония [« dystonie neurovégétative »], etc.). Or, ces termes peuvent facilement apparaître lors d’une interprétation médicale. Cela signifie que le dictionnaire devrait être complété par au moins quelques termes russes spécifiques à la culture, probablement dans une annexe. Idéalement, il faudrait également compiler un dictionnaire russe-finnois distinct. Une autre annexe pourrait être consacrée aux faux amis, qui existent même entre des langues aussi différentes que le finnois et le russe. Outre les termes internationaux susceptibles d’avoir des sens différents selon les langues (voir l’exemple de fyseoterapia / физиотерапия ci-dessus), les abréviations constituent une autre source de faux amis. Par exemple, l’abréviation finnoise IBS, issue de l’anglais (« irritable bowel syndrome »), ne doit pas être confondue avec l’abréviation russe ИБС, qui signifie ишемическая болезнь сердца (« maladie coronarienne »). Il est judicieux d’avertir les interprètes de tels cas dans une section distincte. Notre dictionnaire est déjà dynamique et personnalisable dans une certaine mesure. Toutefois, le degré de personnalisation peut encore être accru. Notre objectif ultime est de créer un dictionnaire médical polyvalent destiné à plusieurs groupes cibles, dont le contenu pourrait être adapté au groupe cible et à l’usage prévu. Cela nécessite toutefois une étude plus approfondie des perspectives des utilisateurs ainsi qu’un important travail de lexicographie et d’ingénierie logicielle. Terminologija | 2020 | 27 53 REFERENCES Abramova Galina Alekseeva 2003: Абрамова Галина Алексеевна. Медицинская лексика: основные свойства и тенденции развития (на материале русского языка): дис. д-ра филол. наук, Москва, Краснодар: КубГУ. Agadžanàn Sona Aramovna 2018: Агаджанян Сона Арамовна. Вербальная коммуникация „врач – пациент“ в функционально-стилистическом аспекте (на материале английского языка): дис. канд. филол. наук, Москва: МГУ. Alekseev Pavel Michailovič 2001: Алексеев Павел Михайлович. Частотные словари: учеб. пособие, Санкт-Петербург: С.-Петерб. ун-т. 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ACKNOWLEDGEMENTS We wish to express our gratitude to the Finnish Cultura Foundation (https://culturas.fi) for funding the project “Developing Healthcare Interpreting Training”. We also gratefully acknowledge the contribution of the Director of the Pirk ส? TEMINIS SUOMIŲ–RUSŲ KALBŲ ŽODYNAS SVEIKATOS PRIEŽIŪROS SRITIES VERTĖJAMS ŽODŽIU: SUDARYMO PRINCIPAI IR IŠŠŪKIAI S a n t r a u k a Augantis tarptautiškumas lemia vis didėjantį bendruomeninio vertimo (angl. community interpreting) poreikį. Taisyklingų terminų vartojimas yra pagrindinis kokybiško vertimo faktorius. Šiuo atžvilgiu sveikatos priežiūra yra viena iš kritinių sričių, kadangi nesusipratimai, ypač kylantys dėl netinkamo terminų vartojimo, gali baigtis netinkamu gydymu. Medicinos žodynas yra didžiulis, tad sveikatos priežiūros srities vertėjams žodžiu ir vertimo žodžiu studentams reikalingas žodynėlis, kuriame a) būtų dažniausiai vartojami terminai; b) terminai būtų išdėstyti pagal temas; c) kuris būtų patikimas ir leistų greitai surasti tinkamiausius atitikmenis vertimo kalboje. Šiame straipsnyje aprašomas Teminio suomių–rusų kalbų žodyno sveikatos priežiūros srities vertėjams žodžiu sudarymo procesas. Žodyną sudaro dvi dalys. Tam tikrus pagrindinius terminus vertėjai žodžiu turi mokėti atmintinai, taigi pirmoje dalyje pateikiama apie 2000 dažniausiai vartojamų terminų, sugrupuotų pagal temas, kurios buvo pasirinktos remiantis freimų analize (angl. frame analysis). Kiekvienoje temoje žodynas yra toliau suskirstytas į bendruosius ir specialiuosius terminus. Antroji dalis yra suda- 56 Igor Kudashev | Olga Semenova Finnish–Russian Thematic Dictionary for Healthcare Interpreters: The Principles and Challenges of Compilation ryta pagal konkrečias ligas. Ji padeda vertėjams žodžiu ir studentams pasirengti su konkrečia liga susijusiai užduočiai. Be to, kadangi vertėjai žodžiu gali pamiršti konkretų terminą vertimo metu ir norėtų jį pasižiūrėti, antroje dalyje pateikiami su konkrečiomis ligomis susiję atitikmenys, patogiai sugrupuoti į mažesnius skyrius, kad juos būtų galima greitai surasti. Kadangi vertėjams žodžiu skirti žodyno straipsniai turi būti labai glausti, juose pateikiama tik minimali semantinė ir lingvistinė informacija. Vis dėlto vertėjams žodžiu, verčiantiems sveikatos priežiūros srityje, paprastai trūksta medicininio išsilavinimo, tad jiems reikia šiek tiek informacijos apie medicinos terminų tarimą ir gramatinius požymius. Kompaktiškas skirtingų reikšmių išaiškinimas yra labai svarbus pasirenkant teisingą atitikmenį. Žodyno sudarymas buvo be galo įdomi, tačiau ir sudėtinga užduotis. Šiame straipsnyje aprašomi kai kurie iššūkiai, susiję su konkrečioms kultūroms būdingomis sąvokomis, tarpdalykine terminologija, mokslinių ir neformalių terminų opozicija, sinonimų ir sutrumpinimų gausa. Ateityje planuojama žodyną plėsti keliomis kryptimis. Mūsų galutinis tikslas yra daugiafunkcis, įvairioms tikslinėms grupėms skirtas žodynas, kurio turinys galėtų būti pritaikytas pagal tikslinę grupę ir naudojimo tikslą. Vis dėlto tam reikia išsamesnės naudotojų perspektyvų studijos ir daug leksikografinės ir programinės inžinerijos. Gauta 2020-06-30 Igor Kudashev Tampere University Kanslerinrinne 1 FI-33014 Tampere, Finland [email protected] Olga Semenova Tampere University Kanslerinrinne 1 FI-33014 Tampere, Finland [email protected] Terminologija | 2020 | 27 57