Naujas etimologinis rusų kalbos žodynas
Full text
LIETUVIŲ KALBOTYROS KLAUSIMAI, IV
LIETUVOS TSR MOKSLŲ AKADEMIJA
NOUVEAU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE DE LA LANGUE RUSSE
A. SABALIAUSKAS
Depuis plus de cinquante ans, M. Fasmer travaille avec succès dans le domaine de la linguistique. Les linguistes, en particulier ceux qui, d’une manière ou d’une autre, s’intéressent aux questions de slavistique ou aux relations linguistiques entre les peuples d’Europe orientale, connaissent bien des ouvrages de M. Fasmer tels que: „Греко-славянские этюды“ (1909), „Studien zur albanesischen Wortforschung“ (1921), „Osteuropäische Ortsnamen“ (1921), „Untersuchungen über die ältesten Wohnsitze der Slaven I: Die Iranier in Südrussland“ (1923), „Wikingerspuren in Russland“ (1931), „Beiträge zur historischen Völkerkunde Osteuropas“ (1932—1936), „Die Slaven in Griechenland“ (1941), „Die alten Bevölkerungsverhältnisse Russlands“ (1941), entre autres. Cependant, tous ces travaux constituaient en quelque sorte des études préparatoires au grand ouvrage de M. Fasmer, son dictionnaire étymologique de la langue russe1. Par son ampleur autant que par la richesse de ses données, ce dictionnaire dépasse non seulement les dictionnaires étymologiques antérieurs de la langue russe, mais aussi ceux des langues slaves en général. Le dictionnaire de M. Fasmer étudie non seulement l’origine des mots de la langue littéraire russe, mais présente aussi toutes sortes de dialectalismes et de noms propres de lieux et de personnes, et explique les archaïsmes de divers monuments de la langue russe. Il met remarquablement en lumière les relations du russe avec les autres langues voisines ainsi qu’avec les langues d’Europe occidentale. On y trouve non seulement des emprunts et des calques provenant de langues étrangères, mais aussi, souvent, des indications sur la diffusion de mots russes dans les langues d’autres peuples.
Le dictionnaire de M. Fasmer est utile à plusieurs égards aux chercheurs en langues baltes. L’importance accordée aux données des langues baltes apparaît déjà dans le fait que le répertoire des mots, qui n’est en réalité pas encore complet, en compte environ trois mille en lituanien, près de deux mille en letton et environ cinq cents en vieux-prussien. Le dictionnaire explique l’origine de toponymes baltes que l’on rencontre dans les anciens monuments de la langue russe; il examine les noms des tribus baltes, certains noms de personnes, etc. (cf. Вили I, 200; Витолки I, 205; Деремела I, 342; Жемо итв I, 418; жмуда I, 428; Латгола II, 19; латыши II, 19; Ливики II, 40; Литва II, 46; Неман II, 211, etc.).
Pour les lecteurs lituaniens, la question de la diffusion des mots baltes dans la langue russe présente assurément un intérêt. Le dictionnaire de M. Fasmer lui consacre également une place importante pour éclairer cette question.
1 Russisches etymologisches Wörterbuch von Max Vasmer, Erster Band: A—K, Heidelberg, 1953, 712+XLVII S.; Zweiter Band: L—Ssuda, Heidelberg, 1955, 712 S.; Dritter Band: Sta—Y, Heidelberg, 1958, 697 S.
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une place considérable. Comme le dictionnaire mentionné est assez difficile d’accès pour les lecteurs lituaniens, nous passerons ici brièvement en revue les mots qui, selon M. Fasmer et, le plus souvent, d’autres linguistes également, sont entrés dans les dialectes de la langue russe et divers monuments écrits depuis les langues baltes.
апуд « grenier à grains (dans un entrepôt) ». Le mot se rencontre en biélorusse et en polonais; il dérive du lituanien aruodas, du letton arūods (I, 27, III, 511).
баланда 1. « une sorte de chénopode », 2. « variété médiocre de chanvre », 3. « plante de betterave », attesté dans les environs de Riazan et de Tambov, dérive probablement du lituanien balánda (I, 45).
вайнник « sorte de parure féminine pour la tête », attesté dans les dialectes russes occidentaux, dérive probablement du lituanien vainikas (I, 165).
валанда « personne lente, indolente », валандать « travailler lentement, traîner, perdre son temps, retarder », dérive du lituanien valandà et du letton oriental voluda (I, 166).
ванчес, ванчос « poutre de chêne destinée à la construction navale »; dans les anciens monuments de la langue, on trouve la forme ванчус. Selon B. Karskis, le mot dérive du lituanien vančos « poutre servant à fixer l’ancre », et du letton vancis « poutre servant à repérer l’ancre » (I, 168)2.
вентерь « filet en forme de poche, sac à poissons »; on rencontre aussi les formes вентель, вентель, вятерь, вятерь, ukrainien в’ater, polonais więcierz, więcierz, wiecierka « nasse à poissons ». Emprunté à différentes époques au lituanien vėteris et au letton vēnteris (probablement un courlandisme). Les formes russes sans n radical sont des emprunts plus anciens (I, 183, 245).
вытум « sorte de barque sur le Niémen », вутума « sorte d’embarcation fluviale sur le Niémen et la Pripiat (Minsk, Grodno, Kaunas) ». Le mot est difficile à expliquer; peut-être peut-on le rapprocher du lituanien vytinis « tressé » (I, 205).
зупца « brome », employé dans les dialectes russes occidentaux, dérive du lituanien girsa « brome ». Le polonais girsa « ivraie » a également été emprunté au lituanien (I, 270).
дёгомъ, génitif дёгма « goudron de bouleau », ukrainien дёготь, génitif дѣха, biélorusse дѣхоч, vieux tchèque dehet, génitif dehte, slovaque deht, polonais dziegieć. On cherche à rattacher ce nom slave du goudron, comme un ancien cognat, au lituanien degutas, au letton deguts, puis au lituanien degù, dègti, dãgas « récolte ». Toutefois, le lituanien dėgti correspond exactement au vieux slave жегу et au russe жгу; on peut donc considérer le nom slave du goudron comme un emprunt aux langues baltes. K. Būga et J. Mikola défendaient cette opinion. C’est aussi celle de F. Slawski, auteur du nouveau dictionnaire étymologique polonais3 (I, 335, III, 514).
дайлуда « maître d’œuvre », employé par Skorina, se rencontre fréquemment dans les documents biélorusses du XVIe siècle; il provient du lituanien dailýda (I, 358).
дырван « champ en jachère », se rencontre dans les dialectes russes occidentaux et est également employé en polonais (dyrwan); il provient du lituanien dirvònas (I, 386).
джало « redevance, impôt », se rencontre fréquemment dans les documents biélorusses; il provient du lituanien *dėklas « imposition, impôt »: dėti (I, 387).
ёня « séchoir à grain », employé aux environs de Smolensk, se rencontre en ukrainien et en biélorusse (жёна, жоўна, forme ancienne жёја) et pourrait être apparenté au lituanien javėna, etc.
* Dans les dialectes lituaniens, ce mot se rencontre au sens de « crochet »: vančas (Upyna), vančys (Radviliškis), vančkaras (Šiauliai). Il a pu être emprunté au letton par le lituanien, et les Lettons l’auraient probablement reçu de l’allemand.
2 Cf. F. Slawski, Słownik etymologiczny języka polskiego, 1, 194, Kraków, 1952—1956.
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Cependant, comme ce mot est employé par les Slaves vivant au voisinage des Baltes, certains linguistes le considèrent comme un emprunt au lituanien jāuga (I, 389).
ендова, яндова « récipient ventru en métal ou en terre; cruche à bière », vieux russe jandova « coupe plate à bec », biélorusse jandova. Considéré comme un emprunt au lituanien indauja, indas (I, 399, III, 514).
жлукто « tonneau pour la lessive à la cendre, pour faire tremper le linge », жлукта, biélorusse žlūkto, ukrainien žlūkto « cuve, baquet », polonais žłukto. Emprunté au lituanien žlūklas (žlūgtas) « lessive à la cendre, tonneau pour la lessive à la cendre » (I, 427).
клуня « sorte de grange, aire de battage », ukrainien klūnia, biélorusse klūnia, polonais klunia, klonia « grange faite de rondins d’épicéa, lieu de couchage ». Ce mot provient probablement du lituanien klūonas, letton kluōns: lituanien klóti (I, 573—4).
ковш « louche, écumoire, récipient à boire », ukrainien kovš, biélorusse kovš, vieux russe kovšb. Emprunté au lituanien káusas, letton kauss. Ce mot balte est passé dans les langues finno-ougriennes (finnois kauha) et dans certaines langues germaniques (bas moyen allemand kouwesse, bas allemand kausse, vieux danois kouse, danois kaus, suédois kaus, kás) (I, 586, 679).
кувшин « cruche », кувшин (assimilation), ukrainien kušyn, biélorusse kušyn. Ce mot pourrait provenir du lituanien *kausinas, qui aurait pu exister à côté de káusas. Pour la formation, cf. lituanien vaikšnas: vaikas (I, 679).
кыльша « hanche, cuisse », également кульжа, biélorusse kūlša, polonais kulsza, emprunté au lituanien kūlsė, kūlsis (I, 690).
курпы, курпины « chaussures d’écorce », polonais kurp, kurpia; ces mots sont empruntés aux langues baltes, cf. lituanien kūrpė, letton kurpe, vieux prussien kurpe (I, 701—2).
лаума « sorte de sorcière », se rencontre aux environs de Smolensk; ce mot provient du lituanien laumė (laimė) « sorte de fée », letton lauma « sorcière, magicienne » (II, 19).
логиса « tas de branches, de rameaux et de copeaux laissés après l’abattage des arbres », emprunté au lituanien laužas (II, 51).
лускапт ‘Fetzen’, attesté dans la région de Koursk. Le mot est d’origine incertaine; il pourrait parfois s’agir d’un emprunt aux langues baltes, cf. lituanien lūskatai ‘Fetzen, Lappen’ (II, 71).
пакля ‘Hede, Werg’, biélorusse pakulle, polonais pakul-y, emprunté au lituanien pakulos: kūlti, letton pakulas (II, 303).
парсук ‘Borg, verschnittener Eber’, attesté dans la région de Riazan; dans les parlers russes occidentaux, on rencontre паршук, парсюк ‘Eber’, polonais parsiuk. Ces mots sont empruntés au lituanien paršiukas (II, 317—18).
пелед ‘Schutzdach über e. Getreideschober’, пеледа, пельда, пелед, пеледь, пелядь, largement répandu dans les parlers russes (Iaroslavl, Vologda, Moscou, Kalouga, Orel, Kostroma). Ces mots dérivent du lituanien pelūdė: pėlūs + dėti ‘Spreuscheune, Spreukammer’, letton pelūde (II, 332, 333).
пуня ‘Spreukammer, Scheune, Heuboden’, mot assez largement répandu dans les parlers russes et biélorusses, dérivé du lituanien pūnė, pūnė ‘Stall’, letton pūne ‘Scheune’. Certains linguistes (A. Brückner, J. Endzelīns et autres) estiment qu’au contraire, les langues baltes ont emprunté ce mot aux langues slaves; toutefois, selon M. Fasmer, la géographie du mot ne plaide pas en faveur de cette affirmation (II, 464—5).
⁴ E. Frenkel (Litauisches etymologisches Wörterbuch, 347, Heidelberg-Göttingen, 1955—59) considère sans fondement ce mot comme un ancien mot apparenté au lituanien láužas.
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nymel ‘kleingewachsener Mensch, Knirps’, nympukes ‘klein’. Attesté dans la région de Smolensk, il pourrait être emprunté au lituanien pamplys ‘Dickbauch’ (II, 465).
nympa ‘Art Suppe aus Gemüse, Graupen u. Milch’, nympo ‘Mehljauche für das Vieh’, nympa, ‘Weizengrütze’, ukrainien pūtra, biélorusse pūtra. Emprunté au lituanien putra ‘Grütze’, letton putra: punti, pūsti, putā. Le finnois putro, puoro ‘Grütze’ est également, selon M. Fasmer, probablement un emprunt aux langues baltes (II, 469).
резины ‘Art Korb zum Tragen von Heu’, розивны, biélorusse rėdžginy, rėginy, rėviny, emprunté au lituanien rezginės (rėzginės), rėzgis ‘Geflecht, Korb, geflochtene Trage’ (II, 506).
peū, génitif рэя, рея ‘Darrscheune’, рея (Grodno, Minsk, Smolensk). Ce mot est passé dans les langues russe et baltes à partir des langues finno-ougriennes (estonien rei, finnois riihi). Toutefois, il a également pu parvenir au biélorusse par l’intermédiaire des langues baltes (II, 507).
рожец ‘Unglückshäher, Garrulus infaustus’, généralement considéré comme un emprunt aux langues baltes, cf. lituanien ražis ‘Tannenhäher’ (< *ranžis), letton ruoze, ruozis (II, 535).
румуть ‘besorgt machen, beunruhigen’, pynum(cя) мне ‘es scheint mir, macht mich besorgt’, puna ‘Heimweh’, румшый ‘besorgt’, ukrainien rūpyty, rūplu ‘erwünscht sein’, biélorusse rūpic ‘sorgen’, rupota ‘Sorge’. La source de ces mots pourrait parfois être le lituanien rūpėti; la distribution géographique des mots appuierait particulièrement cette hypothèse (II, 548–9).
свиренъ-рна ‘Getreidescheune’, свирон, biélorusse swiren, polonais świren, świrnia, świernia ‘Speicher’. Mot difficile à expliquer. Certains linguistes (J. Otrębski, E. Karski, F. Miklošič) le considèrent comme un emprunt au lituanien svīrnas (II, 593–4).
сигла ‘Morast, Moorgrund’, probablement emprunté aux langues baltes, cf. letton sīlis, ‘kleiner Morast in der Mitte e. Waldes, einer Wiese oder Weide’ (II, 622).
скупо, скупда ‘Getreidehaufen, Heuschober’, ukrainien skýrta, stýra, biélorusse skirta. Ces mots sont empruntés aux langues baltes, cf. lituanien stirta ‘Haufen Heu’, letton stira ‘dachförmiges Dörrgatter für Sommerkorn auf d. Felde’. Depuis le russe, cet emprunt aux langues baltes est ensuite passé également en erzya, une langue mordve: skirda ‘Getreideschober auf d. Felde’ (II, 638);
сколба ‘Tabakstampfer, Stössel’, attesté dans la région de Tver, pourrait parfois être un emprunt aux langues baltes, cf. lituanien skalbei, skalbių (II, 642).
твань « marais, endroit marécageux », квань, тванья. Le mot est assez largement répandu dans les dialectes russes et se rencontre dans les langues ukrainienne (tvan’ « boue ») et biélorusse (tvań « boue »). Emprunté aux langues baltes, cf. lituanien tvānas, letton tvans « vapeur »: lituanien tvānti (III, 84–5).
топра « espace intermédiaire, compartiment d’une meule de foin, distance entre deux poteaux », du lituanien tarpas (III, 127).
шакала, шакола « enveloppes de sarrasin », шаколина, emprunté au lituanien šakalai, letton sakali (III, 366).
шешок,-шка « défense », biélorusse šešōk, polonais szeszek, du lituanien šeškas, letton sesks: lituanien šeškė « déféquer ». Un nom semblable pour le putois est également employé dans certaines langues finno-ougriennes. Cependant, la répartition géographique du mot montre que les Slaves l’ont reçu des Baltes (III, 395–6).
шкубунять « poursuivre », attesté dans la région de Smolensk, emprunté au lituanien skūbinti, skūbinti « se hâter » (III, 408).
шнурделок 1. « toupie », 2. « garçon vif », employé dans la région de Smolensk; emprunt aux langues baltes, cf. le letton spurdelis « toupie; personne agitée et indomptable », lituanien spurdėti (III, 427).
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шула « pieu de clôture », шула, ukrainien šila, biélorusse šila. Certains linguistes considèrent ce mot comme apparenté au lituanien šulas, tandis que d’autres (E. Karskis, Pr. Skardžius) estiment qu’il a été emprunté au lituanien (III, 435).
янтарь « ambre », vieux russe jentarь. Depuis le russe, ce nom de l’ambre est passé dans d’autres langues slaves: ukrainien jantār, tchèque jantar, serbo-croate jàntār, slovène jàntar. Le mot en question est entré en russe depuis les langues baltes, cf. le lituanien gintāras, letton dzītars (III, 491).
Il est très intéressant de constater que certains mots des langues baltes sont entrés dans les dialectes russes par l’intermédiaire des langues finno-ougriennes. Les voici:
игуна, игна, хигна « corde de trait de l’attelage de rennes », du finnois et du carélien olonetsien hihna « courroie », lui-même issu du lituanien šišna (I, 267).
игвас, ирвас « renne mâle dans sa deuxième année », du finnois hirvas « renne mâle castré ». Le mot finnois provient probablement du baltique *širvas, cf. le prussien sirwis « chevreuil » (I, 270).
корбачь « chaussures d’écorce, chaussures en écorce de bouleau », emprunté au finnois kurpunen, pluriel kurpuset « chaussures en cuir non tanné ». Le mot finnois est emprunté aux langues baltes, cf. le lituanien kurpė (I, 623).
лох « saumon amaigri après le frai dans les rivières », issu du finnois, du carélien olonetsien et du carélien lohi « saumon ». Ce mot est entré dans les langues finno-ougriennes depuis les langues baltes, cf. le lituanien lašis (II, 62).
лухма 1. « baie, golfe », 2. « endroit peu profond et herbeux dans un lac ». Pour son premier sens, le mot a probablement été emprunté au lappon luokta, luxta; pour le second, au vepse luht « prairie humide, flaque », au finnois et au carélien luhta, à l’estonien luht, lesquels dérivent du lituanien lūkštas « herbe de roseau », lūkštinė, lūkštynė « étang ou marais couvert de roseaux » (II, 72).
печка, решка « galette sans levain faite de farine et d’écorce d’épicéa pilée », emprunté au carélien rieska et au finnois rieska « pain d’orge sans levain, crêpe ». Ce mot est entré dans les langues finnoises de la Baltique depuis les langues baltes, cf. le lituanien prėska « sans levain » (II, 514).
пода « sol irrégulièrement gelé et humide », позва, повка, du carélien rouda et du finnois routa « sol gelé dur ». Les mots des langues finnoises de la Baltique dérivent du lituanien gruodas (II, 526).
себра « travail collectif, association de travailleurs », сябра, proviendrait vraisemblablement du vepse šebr- (šebra-) « travail commun », et du finnois seura « société, suite ». Les Finnois baltiques auront emprunté le mot cité aux langues baltes, cf. le lituanien: sėbras « compagnon, participant », le letton sēbrs « voisin, ami, parent » (II, 599).
Tous les mots mentionnés se rencontrent le plus souvent dans les dialectes du nord-ouest russe. Il faut également considérer comme emprunt aux langues baltes le mot russe d’origine obscure pour M. Fasmer шупна « poule aux plumes ébouriffées », ainsi que le biélorusse šūrpa « tête bouclée, terme affectueux » (III, 438), mot largement employé en lituanien et dont l’étymologie est bien établie.5
Comme indiqué, M. Fasmer mobilise abondamment des matériaux baltes pour expliquer l’origine de divers mots russes, en s’appuyant le plus souvent sur les travaux de K. Būga, J. Endzelīns, R. Trautmann, A. Brückner et d’autres. Les données des langues baltes sont re-
5 Cf. A. Sabaliauskas, Lietuvos TSR Mokslų akademijos darbai, série A, 1, 123—4, Vilnius, 1960. Comme le montre un travail manuscrit publié récemment, K. Būga lui aussi considérait le russe шупна comme un emprunt au lituanien šūrpa, cf. K. Būga, Rinktiniai raštai, 2, 622, Vilnius, 1959.
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couramment utilisée, mais son exploitation exhaustive a été entravée par le fait que le dictionnaire académique complet de la langue lituanienne n’a pas encore été publié et que, de plus, M. Fasmer n’a pratiquement pas pu s’appuyer sur le dictionnaire étymologique de la langue lituanienne d’E. Frenkelis lorsqu’il rédigeait son dictionnaire. Nous nous efforcerons ici de signaler quelques détails étymologiques qui ne figurent pas dans le dictionnaire de M. Fasmer, ainsi que des inexactitudes de divers types que nous avons relevées.
Au russe грим « motte de terre » (I, 313) est comparé, entre autres mots, le lituanien graumenys « vastes forêts vierges ». Le lituanien graumenys, griaumenys « grande forêt dense, encombrée d’arbres », griaumedis « arbre déraciné dans la forêt »6 doit vraisemblablement être rapproché du lituanien griūti. Ainsi, le russe грим et le lituanien graumenys ne devraient avoir aucun rapport.
Il ne conviendrait peut-être pas de comparer le lituanien grįdyti « aller, marcher » avec le russe грядѣ, грясти (I, 315), en raison du vocalisme de la racine7.
À propos du russe двохать (I, 332), on indique, en s’appuyant sur J. Endzelīns, que le lituanien dvėkas est un emprunt au slave; il est toutefois tout à fait possible de considérer ce mot comme indigène: ni sa phonétique ni son sens ne s’opposent à cette hypothèse8.
Le lituanien dūdė peut également être un mot indigène; affirmer catégoriquement (II, 336) qu’il s’agit d’un emprunt au biélorusse est excessivement hardi9.
Le lituanien tūlės (I, 417) devrait vraisemblablement être rapproché non pas de žalias, žolė (* žultis > tul-ės), mais du lituanien tūlėti « se gorger d’eau, gonfler, s’imprégner d’eau, tremper; absorber de l’eau », du letton tūlēt « enfler », tūlzna « ampoule »10.
Le lituanien kārpa « carpe » (I, 535) a été emprunté non pas au vieux haut allemand, mais au polonais11.
E. Frenkelis semble avoir remarqué à juste titre qu’il faut distinguer le russe камать « rouler, faire rouler, tourner » (I, 540) de качать « balancer » (I, 543), ce dernier étant à rapprocher du lituanien kėbautis « se balancer », kėkos « balançoire »12.
Il ne conviendrait pas de rapprocher (I, 363) du russe допоб « boîte, tamis » le lituanien darbas « tressage de feuillage », car ce mot lituanien est entré dans la littérature linguistique à partir des écrits de J. Bretkūnas par suite d’un malentendu. En effet, J. Bretkūnas a traduit le troisième élément du composé de M. Luther Palmenlaubwerk par le mot darbas; il s’agit donc ici du mot lituanien darbas « travail, ouvrage »13.
Pour expliquer l’origine du russe клемть « réserve, entrepôt » (I, 569), on compare ici à tort le lituanien klaimas « grange », qui doit être rapproché du lituanien klōti (klōimas < klōj-mas), ainsi que atslaimas, atslaimas « avant-cour », qui est apparenté par la racine au lituanien šlūoti (atslāimas < atslāvimas)’14.
Le lituanien kārbas est un emprunt au slave; il ne faut donc pas le rapprocher du russe короб « panier, boîte, caisse de voiture tressée » (I, 629) comme d’un ancien mot apparenté15.
6 Cf. Lietuvių kalbos žodynas, sous la direction de K. Ulvydas, 3, 575, Vilnius, 1956.
7 Cf. E. Fraenkel, Litauisches etymologisches Wörterbuch, 171, Heidelberg-Göttingen, 1956—1959 (ci-après — LEWb.).
8 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 81, 109.
9 Cf. Pr. Skardžius, Archivum Philologicum, 4, 154, Kaunas, 1933.
10 Cf. K. Būga, Kalba ir senovė, 295, Kaunas, 1922; Rinktiniai raštai, 2, 320.
11 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 222.
12 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 236.
13 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 82—3.
14 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 22—3, 275.
15 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 220.
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Le vocalisme de ces mots ne permet pas de rattacher le russe kūdelė « lin préparé pour le filage » (I, 680) au lituanien kėdėnti, comme l’a justement fait remarquer E. Fraenkel16.
Le lituanien kaūlyti semble plutôt devoir être rattaché au lituanien kãutis, comme le fait E. Fraenkel17, et non au russe кулик« bécassine, Scolopax » (I, 688).
Le lituanien kùrti« allumer un feu, chauffer » peut difficilement être distingué de kùrti« bâtir, fonder, ériger »18. Ainsi, le mot lituanien mentionné n’aurait rien à voir avec le russe курить« fumer » (I, 700).
Le lituanien laidõkas (II, 8) peut aussi être un emprunt au polonais19.
Le nom russe du Letton замуш (II, 19) ne dérive probablement pas de la forme du nominatif pluriel latvieši; le formant -шш est un suffixe que l’on rencontre également dans d’autres noms communs20.
Le lituanien loma« endroit bas dans un champ », le letton lāma« flaque, fosse » (II, 56) devraient néanmoins être rattachés au lituanien lamanti, lėmti, lùmti21.
Le lituanien liūtis (II, 79; dans le dictionnaire de M. Fasmer, on trouve lutis) n’est sans doute pas un emprunt au slave, mais un mot indigène, comme l’affirmaient Pr. Skardžius22 et E. Fraenkel23.
Le lituanien minia semble devoir être rattaché au lituanien minti, comme le fait J. Endzelīns24, suivi en cela par E. Fraenkel25. Dans ce cas, ce mot lituanien n’aurait rien à voir avec le russe много« beaucoup » (II, 143).
La comparaison du russe мыслить« penser » avec le lituanien maũsti« désirer ardemment, aspirer à quelque chose » (II, 184) soulève de nombreuses objections sémantiques.
À propos du russe Неман« fleuve Memel » (II, 211), l’explication de K. Būga26 n’est pas mentionnée: il rattache le nom du Niémen au lituanien neminė, nėmuogė. En outre, il faudrait signaler comme non fondé le rapprochement du nom de ce fleuve avec le samogitien nùmas« maison », étymologie très naïve mais assez répandue; ainsi, le « Dictionnaire des noms géographiques », paru en 1958, indique même: « Название литовское: немас — дом; намин — домашний; домашняя, наша, т. е. литовская река »27.
Le lituanien narõvytis« être provocant » ne peut être comparé au russe норов« coutume, usage, habitude » (II, 227), car le lituanien narõvytis est un emprunt au slave28.
À l’entrée russe пенька« chanvre » (II, 335), il faudrait préciser que K. Būga, dans son explication de l’origine de ce mot, le rattache au lituanien pinti (пенька < *pini̯ka)29.
16 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 233.
17 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 230—1.
18 Cf. K. Būga, Kalba ir senovė, 105; Rinktiniai raštai, 2, 128; E. Fraenkel, LEWb., 319.
19 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 330.
20 Cf. J. Otrębski, Lingua Posnaniensis, 2, 72—3, Poznań, 1950.
21 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 338, 355, 385.
22 Cf. Pr. Skardžius, Lietuvių kalbos žodžių daryba, 108, 327.
23 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 382—3.
24 Cf. J. Endzelīns, Filologu biedrības raksti, 12, 174, Rīgā, 1932; Senprūšu valoda, 224. Rīgā, 1943.
25 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 453, 455.
26 Cf. K. Būga, Kalba ir senovė, 190, 244—9; Rinktiniai raštai, 2, 213—4, 280—1.
27 М. С. Бондарский, Словарь географических названий, 224, Москва, 1958.
28 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 484.
29 Cf. K. Būga, Archivum Philologicum, 1, 37, Kaunas, 1930.
325
Il ne conviendrait pas de comparer le russe пупца ‘Vogel’ (II, 458) avec le lituanien pautas ‘Ei, Hode’, le letton pāuts et le vieux-prussien pawtte, car ces mots se rattachent à la racine indo-européenne *pū- ‘blasen, wehen, anschwellen (machen)’: lituanien pūsti, pūsti, etc.30
Le lituanien rāvas ‘Graben’ et le vieux-prussien rawys sont vraisemblablement des emprunts au polonais31; il ne faudrait donc pas les rattacher au russe poe (II, 525).
Selon K. Būga, le lituanien kvietys est emprunté non au gotique, comme l’indique le dictionnaire (III, 284), mais aux langues scandinaves32. K. Būga soulignait précisément que le lituanien kvietys ne pouvait pas avoir été emprunté au gotique en raison du vocalisme de sa racine. En outre, l’auteur du dictionnaire ne s’exprime pas de manière tout à fait cohérente au sujet du rapport entre *svēro et *kvēro. À un endroit (II,591), il écrit: « Die Zusammengehörigkeit von *svēro und *kvēro (s. uem) ist unsicher (gegen Vaillant RES. 13, 110 ff.) », tandis qu’ailleurs, parlant du mot uem (III, 284), il écrit: « Bei Annahme eines idg. Gutturalwechsels wäre weitere Beziehung zu c̑em (s.d.). »
Le dictionnaire comporte aussi des inexactitudes d’un autre ordre.
On lit (I, 281): lit. dvigubas, trigubas ‘doppelt, einfach’; le mot trigubas doit être traduit par ‘dreifach’.
gruménti (I, 310) est un mot lituanien, et non vieux-prussien.
dižū, diežti, dižti (I, 336) doit être corrigé en dyžù, diežti, dyžti33.
desimis (I, 346) est largement employé également dans le lituanien actuel; il faut donc ici indiquer lit., et non alit. (ancien lituanien).
drabažas (I, 368) est un mot letton, et non lituanien.
Le mot lituanien vasara ‘Sommer’ doit porter l’accent sur la première syllabe: vãsara, et non vasarà (I, 192).
Le lituanien vartai ‘Tor, Pforte’ (I, 229) doit être accentué non pas vartai, mais vãrtai.
Le lituanien gìlškčioja ‘es geht das Gerücht’ (I, 286) doit être corrigé en gãlškčioja.
Le letton dvãsà ‘Hauch, Atem’ (I, 332) doit être corrigé en dvãsą.
Le lituanien strãzdas ‘Drossel’ (I, 372) doit être corrigé en strãzdas.
K. Būga ne semble rien dire dans RFV 67,240 au sujet du russe железа ‘Drüse’ (I, 415) et du lituanien gėlėžuones.
Le lituanien žliūktas, žliūktis ‘Waschlauge, Fass zum Wäschlaugen’ et les autres mots lituaniens de cette même racine mentionnés ici devraient s’écrire avec un g.
Il faut écrire žarijos au pluriel, « charbons ardents », et non žaryjos (I, 443).
Il faut avoir žambėju, žambėti, « geindre », et non žãmbėju (I, 466).
Le nom de lieu letton doit s’écrire Cēsis G. Cēsu, et non Cēzis (I, 552).
K. Būga indique RFV 70,100 le lituanien balāzyti, « gronder », et non balãsyti (I, 45).
K. Būga mentionne RFV 70,101 le lituanien bliaūzyti, « dire des sottises », et non blianūzyti (I, 96).
K. Būga traite du rapport entre le russe кула, « hernie, protubérance sur un arbre » (I, 556), et le lituanien kúla, « excroissance, protubérance », non pas dans RFV 71, 44, mais à la page 54.
K. Būga compare le russe ком, « motte » (I, 606), avec le lituanien kamúolys, etc., non pas dans RFV 65, 314, mais à la page 316.
K. Būga s’était montré très sceptique à l’égard de son ancienne explication de l’origine du lituanien krēpšas, « panier, sac », dans laquelle ce mot est rapproché du russe коров, « panier, boîte, coffre tressé de voiture »34; il n’y avait donc pas lieu de s’y fier ici (I, 629).
30 Cf. J. Endzelīns, Senprūšu valoda, 221; E. Fraenkel, LEWb., 554.
31 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 709; J. Endzelīns, Senprūšu valoda, 238.
32 Cf. K. Būga, Kalba ir senovė, 68, 206; Rinktiniai raštai, 2, 89, 230.
33 Cf. E. Fraenkel, LEWb., 98.
34 Cf. K. Būga, Kalba ir senovė, 27—8; Rinktiniai raštai, 2, 44.
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En lituanien, krãlikas « Kaninchen » doit porter l’accent non pas sur krãlikas (I, 666), mais sur krãlikas.
En lituanien, lóva « Bettstelle » (II, 2), lópas « Flick, Lappen » (II, 14) s’écrivent lóva, lópas.
En lituanien, balandis doit porter l’accent sur la dernière syllabe: balandìs, et non balandis (II, 22).
En letton, le mot linte (« Band ») existe, mais pas lint (II, 31).
K. Būga explique l’origine du toponyme Лепель (II, 31) non par RS 6,30, mais par 36.
En lituanien, on emploie le mot ligà (« Krankheit »), et non lygà (II, 40).
Le rapport entre le russe лу́ста́ « Scheibe, Schnitte Brot » (II, 71) et le lituanien lùstas (« Schnitte Brot »), K. Būga l’aborde non pas dans RFV 65, 316, mais à la page 318.
En lituanien, mėlyna (II, 91) est une forme d’adjectif au féminin, tandis que le nom signifiant « Fleck » doit être mėlynė.
La métatonie des mots lituaniens correspondant au russe во́рона: во́рон est várna: vãrnas, et non vãrnas (II, 219).
En lituanien, on emploie le mot nūnai (« nun, jetzt »), et non munai (II, 232).
En lituanien, ne galėti (« unpässlich sein ») (II, 252) doit s’écrire negalėti.
Le pronom añs étant employé dans la langue littéraire lituanienne, il ne conviendrait pas de lui adjoindre l’indication alit. (II, 268), tandis que la forme añs est dialectale.
Le lituanien mintìs (« Gedanke, Idee, Meinung ») (II, 308) appartient également à la langue littéraire; l’indication alit. ne convient donc pas ici.
Le lituanien spùrdėti (« rütteln, flattern ») (II, 413) devrait être corrigé en spuradėti.
Il faut écrire sėgti, segù, segiaũ (« hefte »), et non sėrti (II, 413).
Le lituanien juosmuõ (II, 423) s’emploie principalement au sens de « Lende », et non de « Gürtel ».
Les Samogitiens emploient la forme pūraĩ « blé d’hiver », et non puraĩ (II, 474).
Rūõbs « Kerbe », « ribóz » ‘kerben’ (II, 541) sont des mots lettons et non lituaniens.
Le lituanien sėbsnis « Klafter » (II, 568) doit être corrigé en siekšnis.
En lituanien littéraire, on emploie les formes šùolis « Galopp », šúolias « im Galopp », et non šolỹs, šolias (II, 571).
K. Būga, dans RFV 75, 143, mentionne le mot lituanien per-sėda « Fischwehr », mais non per-sėdas (II, 602).
Le letton saime « Hausgesinde, Familie » doit s’écrire sãime, et non sáime (II, 609).
Le lituanien siẽti, siejà « binde » (II, 619) relève de la langue littéraire, et non des formes des dialectes orientaux.
L’accusatif singulier du lituanien šalnà « Frost » doit être šalną, et non šãlną (II, 657).
La forme mìrtis, mirtìes « Tod » (II, 672) est employée en lituanien littéraire et dans de nombreux dialectes; il n’y avait donc pas lieu de la marquer alit.. Le Daukša cité par M. Fasmer employait la forme mìrtis35.
À propos de l’origine du russe сма́до « Herde » (III, 2), R. Trautmann s’exprime non pas dans Bsl 230 et suiv., mais dans Bsl 280 et suiv.
La remarque ztė ostilt. (III, 81) est superflue, car ce mot est largement employé dans d’autres dialectes lituaniens également.
Le lituanien ỹras (III, 110) s’emploie comme nom au sens de « Morast », et comme adjectif au sens de « rein »; seul le mot ỹrė. s’emploie au sens de « Brei ».
Conformément à l’orthographe utilisée dans le dictionnaire, il faut écrire siūti, siuvu, et non siūvù « nahe » (III, 402).
L’accentuation correcte est skambėti, skambù « klingen », et non skambò (III, 448).
35 Cf. Pr. Skardžius, Daukšos akcentologija, 116, 118, 245, 254. Kaunas, 1935.
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On pourrait également reprocher à l’auteur du dictionnaire la manière dont il transcrit les mots prussiens: il ne respecte pas partout rigoureusement l’orthographe de l’original et commet parfois aussi des erreurs d’un autre ordre.
Pr. wissa- « tout » (I, 192) s’écrirait mieux wissą, car ce mot est attesté non seulement comme composant d’un mot composé.
Pr. waldūns « héritier », et non waldums (I, 219).
Dans les monuments de la langue prussienne, la forme attestée au nominatif est asmas « le huitième », et non asmas (I, 232).
Le vocabulaire d’Elbing donne Udro « loutre » (mot 667), et non wudro (I, 239).
Le mot Sturdis « houe » n’apparaît qu’une seule fois dans les monuments de la langue prussienne; il est écrit à un endroit (I, 242; II, 283) scurdis (forme généralement adoptée pour corriger la graphie de ce mot)36, et ailleurs (II, 647) skurdis. En outre, il signifie à un endroit « houe », à un autre « houe, pioche », et à un autre encore « pioche, houe de terrassier ».
Le vocabulaire d’Elbing donne Kore « choucas » (mot 724). La graphie de ce mot semble avoir été corrigée de trois façons différentes: koce37, kole38, kose39. Chaque correction s’accompagne d’une interprétation étymologique différente; il est donc indispensable, dans ce cas, d’indiquer aussi la graphie originale, plutôt que de s’en remettre uniquement à l’interprétation de K. Būga (I, 255).
Le vocabulaire d’Elbing donne Gudde « buisson » (mot 587), et non gude (I, 264).
Il faudrait écrire swaigstan, et non swāigstan (I, 447).
Pr. semme (I, 453) doit être corrigé en semmē.
Pr. kelan « roue » se trouve comme mot autonome dans le vocabulaire d’Elbing (mot 295); il vaut donc mieux le citer que « -kelan dans malūnakelan » (I, 598).
Le vocabulaire d’Elbing donne curwis « bœuf » (mot 672), et non kurwis (I, 630).
Le vocabulaire de S. Grunau donne lynno « lin » (mot 31), et non linno (II, 30).
Il faudrait préciser que pr. lasasso « saumon » (II, 61) est une correction de Lalasso (vocabulaire d’Elbing, mot 563).
Nous ne trouvons pas dans les monuments de la langue prussienne le mot prūtis « Prussien » (II, 451). On y trouve seulement les mots prūtiskan, prūtiskai.
Le vocabulaire de S. Grunau donne pawtte « œufs » (mot 74), et non pawte (II, 458).
Le pr. sadinma « stelt » (II, 567) doit être corrigé en saddinna.
Le pr. warnay-ropo « Würger, Lanius » (II, 644) s’écrit warnaycopo.
Dans le glossaire d’Elbing, on lit Sliwaytos « Pflaumen » (mot 619), et non slywātois (II, 660).
Le pr. snaigis « Schnee » (II, 680) doit s’écrire snaygis.
Il vaut mieux écrire le pr. stiklo (III, 9) sticlo.
Dans le glossaire d’Elbing, on lit Soanxti « Funken » (mot 35), et non soanxtis (III, 54).
Le pr. thewis « Väterchen » (III, 81) s’écrit plus exactement selon l’orthographe originale zhewis.
Pr. iau « déjà » (III, 176) s’écrit plus précisément iau.
Le pr. iuse « Fleischbruhe » (III, 195) doit s’écrire iuse.
Il vaut mieux écrire le pr. skīstan « rein » (III, 343) skijstan.
Les abréviations ne sont pas employées de manière tout à fait cohérente dans le dictionnaire. On trouve parfois alit., ailleurs (II, 672) — allip.; parfois — abulg., ailleurs — abg. (II, 52, 53). On trouve aussi
36 Cf. R. Trautmann, Die altpreussischen Sprachdenkmäler, 86, Göttingen, 1910; J. Endzelins, Senprūšu valoda, 250.
37 Cf. R. Trautmann, Die altpreussischen Sprachdenkmäler, 92.
38 Cf. K. Būga, Rinktiniai raštai 1, 439 (RFV. 71, 107), Vilnius, 1958.
39 Cf. J. Endzelins, Senprūšu valoda, 196.
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des incohérences de translittération: par exemple, à un endroit on écrit ukr. p’áter (I, 183), tandis qu’à un autre on trouve ukr. yjater (I, 245). Toutefois, de telles incohérences sont très rares et ne sauraient diminuer la valeur de cet ouvrage monumental.
En comparant l’ouvrage de M. Fasmer aux dictionnaires d’A. Preobrajenski et d’E. Berneker, nous constatons qu’un grand pas en avant a été accompli. Dans sa recension, le prof. V. Machek a qualifié cet ouvrage de « magnum opus »40; le prof. A. Belecki, lors de l’examen du dictionnaire de M. Fasmer à la séance plénière de la Commission des dictionnaires du Département de langue et de littérature de l’Académie des sciences de l’URSS, a indiqué qu’à notre époque, élaborer un tel dictionnaire seul constitue une sorte d’exploit41. L’ouvrage en question a pleinement mérité ces éloges et bien d’autres du même genre. Cependant, la parution du dictionnaire de M. Fasmer ne dispense nullement la linguistique soviétique de la tâche de préparer à l’avenir un nouveau dictionnaire étymologique de la langue russe, qui embrasserait des richesses lexicales russes bien plus vastes, ferait un usage plus abondant des matériaux dialectologiques et historiques et les distinguerait plus rigoureusement des faits relevant de la langue littéraire russe normative. Mais cette tâche n’incombe pas à une ou deux personnes, mais à une équipe compétente. La lexicographie soviétique a remporté de brillants succès. Espérons que, dans un avenir proche, ses réalisations seront complétées par un dictionnaire étymologique de la langue russe, dans lequel les matériaux des langues baltes trouveront, sans aucun doute, la place qui leur revient.
NOUVEAU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE DE LA LANGUE RUSSE
А. И. САБАЛЯУСКАС
Résumé
L’article présente une recension du dictionnaire étymologique russe de M. Fasmer. L’attention porte principalement sur les matériaux des langues baltes. Les emprunts baltes relevés en russe sont recensés. Certaines étymologies douteuses et inexactitudes sont signalées.
40 Cf. V. Machek, Slavia, 2, 280, Prague, 1959.
41 Cf. Questions de linguistique, 2, 158, Moscou, 1960.
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