Rytų aukštaičių pietinės tarmės morfologija
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LIETUVIŲ KALBOS GRAMATIKOS TYRINĖJIMAI
LIETUVOS TSR MOKSLŲ AKADEMIJA
MORPHOLOGIE DU DIALECTE MÉRIDIONAL DES HAUTS-LETtONS ORIENTAUX
(Substantif, adjectif, numéral, pronom, verbe)
K. MORKŪNAS
Šis darbas yra prieš keletą metų (1961) apie Pabaisko, Pašilės (Ukmergės r.), Čiobiškio, Gėlvonų, Musninkų, Viesų (Širvintų r.) apylinkių tarmę (tiksliau – šnektą) parašytos monografijos dalis. Pirmoji monografijos dalis, kurioje aprašyta tarmės fonetinė sistema, taip pat detaliau nurodytas tarmės plotas ir ribos, yra paskelbta anksčiau1. Pora mažesnių straipsnių paskelbta ir iš morfologijos. Šiame darbe jau skelbti dalykai nekartojami, būtinais atvejais tiktai nurodoma ankstesnės publikacijos.
L’attention porte principalement sur le système morphologique du dialecte et la présentation des données terminologiques, tandis que les explications plus détaillées de leur origine sont généralement écartées. Cela s’explique à la fois par le souci d’économiser de l’espace et par le fait que l’origine des phénomènes morphologiques de nombreux dialectes lituaniens (notamment ceux caractéristiques du dialecte méridional des Hauts-Lettons orientaux) a déjà été amplement éclairée dans quelques ouvrages de référence publiés ces dernières années2.
SUBSTANTIF
1. Remarques générales
Genre. § 1. a) Les substantifs masculins sont principalement ceux dits à thème en (i)a, par ex.: dūgnas, guolis, svėčis ~ svėčius, žvirblis ~ žvirblỹs. Des mots masculins à thème en i, (i)u et à thème consonantique sont également passés, en partie ou entièrement, aux thèmes en (i)a; ils sont peu nombreux, par ex.: unglis ~ anglis, vagis, dungùs ~ dangùs, sūnas ~ sūnus, sūkčis ~ sū kčius; akmuo, pemuo ~ piemuõ, tešmuõ (voir aussi §§ 13–16).
Des substantifs isolés à thème en (i)o ou en ē peuvent également désigner des personnes de sexe masculin. Il s’agit principalement de noms propres, par ex.: (prénoms) ãleksa « Aleksas », vínca « Vincas », žigma « Zigmas »; (noms de famille) avižà ~ Avižà, dúda ~ Dū̃da (|| dúdas ~ Dū̃das, cf. dudai ~ Dūdai « nom de village »), gineikà ~ Gineikà, vėgelė ~ Vėgelė. Les noms communs masculins à ces thèmes sont rares, par ex.: barzáila ~ barzdylà, dėdė ~ dėdė.
1 Voir « Lietuvių kalbotyros klausimai », t. 3, Vilnius, 1960, p. 5–59. En outre, la transcription phonétique utilisée pour présenter la phonétique du dialecte y est expliquée (p. 5–6). Dans le présent ouvrage, les données morphologiques du dialecte sont essentiellement présentées selon la même transcription.
2Institut de langue et de littérature lituaniennes de l’Académie des sciences de la RSS de Lituanie, Grammaire de la langue lituanienne, t. 1, Phonétique et morphologie (nom, adjectif, numéral, pronom), Vilnius, 1965; Z. Zinkevičius, Dialectologie lituanienne (Phonétique et morphologie comparées des dialectes), Vilnius, 1966; Chr. S. Stang, Vergleichende Grammatik der baltischen Sprachen, Oslo – Bergen – Tromsö, 1966, etc.
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b) Les noms féminins sont des noms à thème (i)a-, ė-, i, par exemple: galvà, sáuje ~ sáuja, katė. Les mots féminins qui avaient autrefois des thèmes consonantiques sont généralement eux aussi passés à ces thèmes, par exemple: ausis, dukte (voir aussi §§ 11, 12, 16).
c) Les noms dits de genre commun sont peu nombreux. Le groupe un peu plus fourni comprend uniquement des mots à thème o, par exemple: dvėsna, dvòkla, džùsna ~ džiusna, gniùsa ~ gniūsa « personne qui ne s’active pas au travail », gvóša « benêt », kemerėkla « personne maladroite, peu dégourdie », kėrėpla, kevėrza, kìurza « personne hirsute », lepėiza « personne lourdaude », nùrna, pikčiurna, ráira « personne qui raconte des sornettes, bavard », snūda ~ snūdà « somnolent », sùsnà (|| sùsna), švėna « personne qui parle à tort et à travers (parle beaucoup) », vėpla, žópla.
On ne trouve que des mots isolés à autres thèmes, qui servent parfois à désigner aussi bien une personne de sexe masculin que féminin, par exemple: galvócis ~ galvóčius « personne qui a la tête bien faite, intelligente » (jisai didelis galvócis; anà gerà galvócis), gudróčis ~ gudróčius (tokò gudróče neabgausi; nebūk tòke gudróčis); gerklõnas « personne qui a l’habitude de crier fort et de gronder » (jisai toks gerklõnas; tòj boba tòke gerklõnas); ackalūnas ~ atskalūnas (jisai toks ackalūnas paždarė; anà tòke ackalūnas || ackalūne— nenòri su nieku giminiuotis); perėjūnas ~ perėjūnas (tasai vaikas tikras perėjūnas; tòj mergà tòke perėjūnas || perėjune); rekšnis ~ rėkšnys (berniokas — rekšnis, a mergõte būva da didėsne rekšnis || rekšnė); plūške ~ plūškė « personne qui raconte des sornettes » (anà tòke plūške; neklausik kū tas plūškė || plūškis šneka); skrėšne ~ skrėšnė « personne sale et négligée » (anà tòke skrėšne; jisai toks skrėšne || skrėšnis); žnipīala ~ žnypėlė « personne chétive, de petite taille » (mòtina tòke žnipīala; kū jisai padarīs toks žnipīala).
Les noms de genre commun du dialecte sont pour la plupart des dérivés suffixaux; les dérivés préfixaux et les mots composés ne sont représentés que par quelques exemples, par exemple: patérška « bavard, bavarde », naktibalda.
Les noms de genre commun expriment généralement une attitude négative envers la personne dont on parle.
Le nombre. § 2. Outre le singulier et le pluriel, on rencontre encore des formes du duel dans le parler des personnes de l’ancienne génération. Toutefois, même cette génération n’a conservé ces formes ni pour tous les thèmes ni pour tous les cas. Le duel accusatif des noms à thème (i)a est le seul qui soit employé un peu plus souvent, avec du ou abu(du), par exemple: du kartù atàlake (~ atàlėkė); kaũilam pa dù kùošiku umpìlau « j’ai versé deux paniers chacun aux porcs »; abì maĩšù nupìrka; pa dù pė́du dēda; až dù ròžu ženíjus « je me suis marié deux fois »; atàveže pér dien dù vežimù; ans narė́je, kàd abùdu vaikù paįimtumem; pė́rnii dù cañtnāru gavau « l’an dernier, j’ai reçu deux quintaux »; pa dù rublių makė́je; vežikam dàve pa dù padelù (~ puodelių). Les formes du duel accusatif des noms à thème o sont encore plus rares, par exemple: dvì diẽni laũkių (~ laũkiau); pìrka dvì kapì agùrku; dvì vagì iššvàre. Les formes du duel de ce cas pour les autres thèmes n’ont pas été relevées.
Dans des expressions figées (par exemple certains proverbes), on trouve encore ici et là une forme du duel nominatif, par exemple: abù galù tòku; saldù kaip dù medù; sù durnù — dù turù, sù plikù nér kò pėstis.
Néanmoins, même les locuteurs dialectaux de la génération plus âgée (sans parler des jeunes) emploient le plus souvent le pluriel à la place des formes du duel mentionnées, par exemple: dù kartùs buvaũ; abù maĩšùs nupìrka…
Sont également considérées comme des vestiges du duel les formes de datif pluriel actuellement employées des thèmes (i)a, ainsi que les formes de datif et d’instrumental des thèmes (i)o, ė, i, u, sans
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-s3, par ex.: (usage) daržām, médžem ~ médžiam; (usage, in.) galvóm, sáujem ~ sáujom; katėm, žėmem ~ žėmėm; ausim, ugnim; pelūm. Les formes des noms de ces cas, comme celles des autres parties du discours déclinables, avec -s ne sont pas employées dans le dialecte.
§ 3. Dans le dialecte, comme en lituanien standard, il existe des noms dont seules sont employées soit les formes du singulier, soit celles du pluriel, par ex.:
a) singuliers: pėnas, penėlis ~ pienėlis, malis ~ molys « argile »; báila ~ báilė, kulž ~ kūlė « période du battage des céréales; céréales à battre »; ėdelas « nourriture », pėnelas « nourriture, fourrage »; snaudulis ~ snaudulys, graudulis ~ graudulys; gerùmas, kuntrumas ~ kantrumas; jaunùmė, mažumė: jaunātve ~ jaunātvė, senātve ~ senātvė; baltžemis, jedžemis ~ juodžemys « terre noire »; papjūtė ~ papjūtė « moisson »; pripratīs ~ pripratys « accoutumance »; šūopratis « compréhension, discernement »;
b) pluriels: kailinei ~ kailiniai, kailinūkai, kailinōkai; dalibas ~ dalybos, radybas ~ radybos; spaudiklas ~ spaudykles « casse-noisettes »; žabōklį ~ žabōkliai; krēkenas ~ krēkenos, rietenas ~ rietenos, šēlenas ~ šēlenos, smāgenas « cerveau », svaigenas ~ svaigenos « substance enivrante »; muštnės ~ muštynės, žudnės ~ žudynės; pelasei ~ pelėsiai, plakesėi ~ plėkesiai « menues brisures », rudesei ~ rudesiai « rouille », dūmtuves ~ dūmtuvės, karštūves ~ karštuvės « étuves », skerštūves ~ skerštuvės; ataudai, iš(i)edas ~ išėdos, niūobaigas ~ niūobaigos, niūosedas ~ niūosedos, pagrėbstas ~ pagrėbstos « balayures », pākritas ~ pākritos, pražvalg as ~ pražválgos.
Cas. § 4. Outre les cas employés en langue littéraire, le dialecte possède également un locatif intérieur de destination (illatif). Les formes de ce cas tiennent lieu de la construction prépositionnelle en lituanien standard į + accusatif.
Les désinences casuelles propres aux mots d’un thème ou aux mots de certains groupes de thèmes seront examinées plus loin. Ici, il ne faut mentionner que les caractéristiques communes à tous les thèmes, à savoir:
1. Les formes du vocatif pluriel coïncident toujours avec celles du nominatif pluriel.
2. La formation du locatif et de l’illatif des noms (et des autres mots déclinables) est identique pour tous les thèmes.
Les noms à thème en a ont partout, au locatif singulier, une voyelle -i (< *-ēn) ~ -e (cf. § 6), tandis que les formes des autres thèmes sont abrégées (§§ 7–16). Dans les environs de Musninkai et de Širvintos, les formes du locatif pluriel de tous les thèmes ont la voyelle -e (laukiuose, šakose); dans les environs de Gélvonys et de Pabaiskas, elles ont la voyelle -i ~ -e (laukiuosi, šakōsi). Les formes du locatif pluriel sans voyelle finale sont très rares dans le dialecte, par ex.: laukios, šakos4.
L’illatif singulier de tous les thèmes se termine par -n (cf. §§ 6–16). Les formes de l’illatif pluriel ne sont pas uniformes dans toute l’aire dialectale. Dans les parties orientale et méridionale — Graužiečiai, Krikštenai, Viešos, Kaimynėliai, Juknónys — les formes en -na sont les plus couramment employées, par ex.: kapióšna, sáujesna ~ sáujosna. Dans les environs de Čiobiškis et de Musninkai, à la place de celles-ci ou à côté d’elles, on trouve aussi des formes d’illatif pluriel telles que: kapióšnan, rátasnan, šakōšnan, širdisnan ou (plus rarement) juknanišan ~ Juknónyšan, smailūosan ~ Smailiūosan, žāšlesan ~ Žāšliuosan. Dans les environs de Gélvonys et de Pabaiskas, les formes d’illatif pluriel les plus couramment employées
3 Plg. J. Endzelīns, Latviešu valodas gramatika, Rīga, 1951, p. 405.
4 Pour en savoir davantage sur les formes du locatif pluriel du dialecte, voir K. Morkūnas, Iš rytų aukštaičių tarmių daugiskaitos inesyvo formų istorijos, dans: Lietuvių kalbos morfologinė sandara ir jos raida, Vilnius, 1964, p. 145 ss.
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sont: kapiosin, ratasin, šakosin, širdisin (elles sont formées à partir des formes du locatif pluriel, auxquelles on a ajouté -n selon l’illatif singulier).
On pourrait en dire autant des postpositions des formes du locatif et de l’illatif de toutes les autres parties du discours déclinables, ainsi que de leur répartition.
Thème. § 5. Dans le dialecte, il ne subsiste que des vestiges des noms à thème (i)u et à thème consonantique. Les mots à thème en i de certains groupes passent également à d’autres thèmes. Le mélange régulier des thèmes nominaux apparaîtra plus clairement dans le chapitre « Déclinaison » (§§ 11—16). Nous ne mentionnerons ici que quelques mots isolés qui, dans le dialecte, ont une voyelle finale de thème différente de celle du lk. Par ex.:
thème en a: víkas, datif pluriel vikám, accusatif vikùs (: letton vikis);
thème en ia: klùmpis (: klùmpė), reikalìs ~ reikalỹs (: reikalas);
thème en o: káima (: káimas), krėklà « pic-vert », datif pluriel krėklám ~ krėklom, accusatif krėklàs ~ krėklàs (: krėklas), mótera (: moteris), riėtkas ~ riėtkos pluriel (: rietkas);
du thème en ė: abelė ~ obelė (: obelis), girė ~ girė (: giria), įlėlė ~ ylė, datif pluriel įlėlėm ~ ylėm, accusatif illas ~ yles (: yla), palzė ~ palė (: palà), skalzė ~ skolė (: skola), špìrgė ~ spirgė, datif pluriel špìrgėm ~ spirgėm, accusatif špìrgis ~ spirges (: širgas), užskalzė ~ užkalė, datif pluriel užskalzėm ~ užkalėm, accusatif užskalàs ~ užkalės (: užkalas), vōgė ~ vōgė (: vōgis, -io).
2. Déclinaison
a thème
§ 6. Les désinences des noms à thème en a du dialecte ne diffèrent de celles du lituanien standard que phonétiquement, dans la plupart des cas: sg. nom. [piuod-, vaik-]-as ~ [piuod-, vaik-]-as, gén. -a ~ -o, dat. -ai ~ -ui, acc. -u ~ -ą, instr. -u (-ù) ~ -u (-ù), loc. -i (-ì) ~ -e (-ė), voc. -i ~ -e; pl. nom., voc. -ai (-ài) ~ -ai (-ai), gén. -u (-ų) ~ -ų (-ų), acc. -us || -as (-ùs || -às) ~ -us (-ùs), instr. -ais (-àis) ~ -ais (-aĩs). À l’illatif singulier, la désinence non accentuée se prononce toujours -an ~ -an (piuodan), tandis que la désinence accentuée se prononce de deux façons: -añ et -ań, par exemple miškañ || miškán (la forme la plus fréquente semble être -ań).
Les formes du vocatif singulier de certains noms à thème en a (principalement des noms de personnes) comportent la particule -ai, par exemple: jōnai ~ Jōnai, pētrai ~ Pētrai; augūnai ~ Augūnai, juzēnai ~ Juzēnai; bitinikai ~ bitinykai || bitiniki, tēvai || tēvi. Les formes du vocatif singulier des mots polysyllabiques peuvent aussi ne pas avoir du tout de voyelle ou de diphtongue finale, par exemple: dōbil, šūniuk ~ šūniuk, untan ~ Añtan (|| untānai ~ Antānai).
Pour le datif pluriel, voir § 2; pour le locatif et l’illatif pluriels, voir § 4.
ia thème
§ 7. Dans le dialecte, la désinence accentuée -is du nominatif singulier des noms à thème en ia comporte une voyelle longue (bràlis ~ brolỹs « frère », kellś ~ kelỹs « chemin », malis ~ molỹs « argile », šmelis ~ smelỹs, žvìris ~ žvyrỹs « gravier »), tandis que la désinence non accentuée comporte une voyelle brève (brìedis, peilis, žodis). En outre, la désinence -is du nominatif singulier correspond phonétiquement aussi au -ias du lituanien standard, par exemple: svėcis ~ svėčias, vėjis ~ vėjas. Les affriquées montrent que jautis « taureau » et medzis (|| medis) avaient également cette désinence.
Au génitif singulier du dialecte, la désinence -e correspond phonétiquement au -io du lituanien standard (par exemple, brōle ~ brōlio), le datif -iį à -iui, l’accusatif -i à -į (brōli ~ brōlį) et à -ią (svėči ~ svėčią, vėji ~ vėją), l’instrumental…
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-’u5 (-’ū) ~ -iu (-iū), ill. -in (-īn) ~ -in (-īn); pl. nom., voc. -ij (-eī) ~ -iai (-iaī), gén. -’ų (-’ū) ~ -ių (-iū), acc. -is (-is [-’ūs]) ~ -ius (-iùs, par exemple: brólis ~ brólius, švečis || švečiùs ~ svečiùs), instr. -įs (-eis) ~ -iais (-iaīs).
La désinence du locatif singulier dépend de la place de l’accent: les formes à désinence non accentuée se terminent par -ių ~ -yj <- -yje (sūri ~ sūryj, vėji ~ vėjji), tandis que celles à désinence accentuée se terminent par la voyelle -y (malý ~ molý « dans l’argile », smėlì ~ smėlý « dans le sable »). Pour le locatif et l’illatif pluriels, voir § 4.
Le vocatif singulier à désinence non accentuée se termine en -i (bróledi), tandis que celui à désinence accentuée se termine par la voyelle -y (arklì ~ arklý). Le vocatif singulier des mots polysyllabiques à thème en ia présente le plus souvent la désinence -ių ~ -iau, par exemple: artójiu ~ artójau, kasėjù ~ kasėjau, kreivarūnikių ~ kreivarūnikiau || kreivarūniki, vaikūpaláikiu || vaikūpaláiki. Plus rarement, les mots dissyllabiques peuvent également avoir la désinence -ių, par exemple: jáučiu || jáuti, švẽčiu || švẽti. À côté de la forme vocative singulière plus fréquente du mot brolis, brali, on rencontre parfois aussi braláu.
Pour le datif pluriel, voir § 2.
thème en o
§ 8. La plupart des désinences des cas des noms à thème en o du dialecte sont les mêmes qu’en lituanien standard (elles ne diffèrent que phonétiquement): sg. nom. [-lōv-]-a, [šak-]-à, gén. -as (-õs) ~ -os (-õs), dat. -ai ~ -ai, acc. -u ~ -ą, ill. -an (-ōn) ~ -on (-ōn); pl. nom., voc. -as ~ -os, gén. -u (-ū) ~ -ų (-ū), acc. -as (-às) ~ -as (-às).
L’instrumental singulier diffère de celui du lituanien standard par une désinence morphologiquement modifiée, cf. l’instr. sg. du dialecte lóvaì, šakaì. La désinence -aì est issue de -uj ~ -aį. Cette désinence a été généralisée à tous les noms à thème en (i)o par analogie avec l’instrumental singulier des pronoms féminins, p. ex.: anùj ~ anąj || aną « celle-là », šitùj ~ šitąj || šitą « celle-ci » (à propos de ces formes pronominales, voir aussi § 42 et la note 15). Les désinences simples de l’instrumental singulier de tous les autres mots féminins déclinables (ainsi que, parfois, des noms masculins à thème en o et en ē) ont également été remplacées par des désinences plus longues (à diphtongue)6, cf. §§ 9–12, 16c, 25, 26.
La désinence du locatif singulier est abrégée: -aį (-ōi) ~ -oj (-ōj). Pour le locatif pluriel et l’illatif, voir § 4.
Au vocatif singulier, à côté des formes en -a, on trouve parfois aussi des formes en -a. Les premières (p. ex.: gálva, mergà) sont plus anciennes: leur -a final < -ā, tandis que les secondes (galvà, mergà) sont apparues par analogie avec le nominatif singulier.
Pour le datif et l’instrumental pluriels, voir § 2.
thème en io
§ 9. Les désinences des noms à thème en io sont les mêmes que celles des noms à thème en o (voir § 8), mais après j ou une consonne palatalisée, elles ont subi des changements phonétiques plus importants dans le dialecte. Les désinences atones ont particulièrement changé, cf.: sg. nom. [sáuj-]-e ~ [sáuj-]-a, [valdž-]-ē ~ [valdž-]-ià, gén. -es (-’õs) ~ -os (-iõs), dat. -įi ~ -ai (-iaì), acc. -i ~ -ą (-ią), instr. -ii (-ī) ~ -aj (-iãj), loc. -ij (-’ōi) ~ -oj (-iōj), ill. -in (-’ōn) ~ -on (-iōn), voc. -i ~ -a (-ia); pl. nom., voc. -es ~ -os (-ios), gén. -u (-’ū) ~ -ų (-iū), dat. et instr. -em (-’ōm) ~ -om (-iōm), acc. -is (-is) ~ -as (-iàs), loc. -esi
5Le signe de l’accent à intonation montante, placé à gauche de la voyelle, indique que celle-ci est antérieure et que la consonne qui la précède est palatalisée.
6Pour plus de détails sur ces formes d’instrumental singulier du dialecte, voir K. Morkūnas, Įvardžiuotinių būdvardžių įekanos rytų aukštaičių pietinėje tarmėje, « Lietuvos TSR Mokslų akademijos darbai », série A, t. 2(7), 1959, p. 198 ss.
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-ese (-’ōsil-’ōse) ~ -ose (-iōse), il. -esin/-esna/-esnan (-’ōsin/-’ōsna/-’ōsnan) ~ -osen /-osna|-osnan (-iōsen/-iōsna/-iōsnan).
Le nominatif singulier de quelques noms à thème en io se termine par -i < -ī: marti, pati « épouse ».
thème en -ė
§ 10. La plupart des désinences des noms à thème en ė du dialecte sont de même origine que celles du lituanien standard: sing. nom. [kárv-]-e ~ [kárv-]-ė, [kat-]-ė ~ [kat-]-ė, gén. -es (-ės) ~ l-ės (-ės), dat. -ii ~ -ei, acc. -i ~ -ę, ill. -in (-ēn) ~ -ēn (-ēn); plur. nom., voc. -es ~ -ės, gén. -ų (-ū) ~ -ių (-iū), acc. -is (-is) ~ -es (-ės).
Pour la désinence de l’instrumental singulier -ii (-ī), voir § 8.
La voyelle finale du locatif singulier est tombée. Dans les formes à accent final, -i (~ -j) tombe souvent aussi, par exemple: pamiškė « à la lisière de la forêt », ukmergė « à Ukmergė », žėvė « dans l’écorce », mais on dit (plus rarement) aussi avec -i: pamiškėi, žėvėi. Dans les formes à accent non final, -i est toujours conservé, par exemple: koši ~ košėj, ūpū ~ ūpėj, žėmiai ~ žėmėj. Pour le locatif pluriel et l’illatif, voir § 4.
La forme la plus ancienne du vocatif singulier, pense-t-on, est celle avec la voyelle finale -i, issue du -e bref, par exemple: kãrvi, kãti, lãpi. La forme en -e (-ē), par exemple: katė, kãrvė, lãpė ~ lãpē, est récente, formée sur le modèle du nominatif singulier. À côté de kãti, katė, la forme kãte, parfois attestée, est très probablement issue d’une contamination des deux premières.
Pour le datif et l’instrumental pluriels, voir § 2. Les formes du nominatif, du datif et de l’instrumental pluriels du nom katė s’emploient parfois aussi avec les désinences des thèmes en i: nom. katìs ~ kãtys, dat., instr. katim.
Après la palatalisation de l, les désinences des noms à thème en ė, surtout lorsqu’elles sont inaccentuées, ont dans bien des cas complètement coïncidé avec celles des thèmes en o, cf.: sing. nom. [sául-]-a ~ [sául-]-ė, [pel-]-ē ~ [pel-]-ė, gén. -as, -ės, dat. -ai, acc. -u, instr. -ai, -ąž, loc. -ai, -ėj || -ę, ill. -an, -ēn, voc. -a || -a, -ą || -ę; plur. nom., voc. -as, gén. -ų, -ų, dat., instr. -am,-ēm, acc. -as, -às, loc. -asil-ase, -ēsi|-ēse, ill. -asin|-asna(n), -ēsin|-ēsna(n).
Thème en i
§ 11. Les désinences des mots à thème en i sont le mieux conservées dans les mots féminins à accentuation désinentielle, cf.: sg. nom. [šird-]-is, gén. -ies, acc. -i ~ -į, ill. -in, voc. -ie; pl. nom., voc. -is ~ -ys, gén. [širdž-]-ių ~ [širdž-]-ių, dat. et instr. -im (cf. § 2), acc. -is (|| širdis), loc. -isi ~ yse|-ise ~ -yse (cf. § 4), ill. -isin ~ -ysen|-isna(n) ~ -ysna(n) (cf. § 4).
Le datif singulier a le plus souvent la désinence des substantifs à thème en io: širdžiu ~ širdžiai. Les anciennes désinences du datif singulier des thèmes en i, -i (< -ie < -ei) semblent subsister dans la forme plus rare širdži, ainsi que dans le mot à thème en a devenu adverbe iki gãli « jusqu’au bout ». Le -i final a été ajouté ici sur le modèle des désinences du datif des autres thèmes (a, o, ė), qui se terminent par la voyelle -i.
Pour la désinence de l’instrumental singulier -ii (širdži || širdį), voir § 8.
Les formes du locatif singulier dont l’accent ne porte pas sur la désinence se terminent par -ii, par exemple: nòsį ~ nosyj, pâlti ~ pâlty, tandis que celles accentuées sur la désinence se terminent par -i, par exemple: akì ~ akỳ, pirtì ~ pirtỳ.
§ 12. Les substantifs féminins à thème en i et à accentuation non désinentielle se déclinent exactement comme les substantifs à thème en ė et à accentuation non désinentielle (§ 10), cf.: sg. nom., voc. [nós-]-e ~ [nós-]-ė, gén. -es, dat. -ii, acc. -i,
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instr. -ii, loc. -ii, ill. -in; pl. nom., voc. -es, gén. -ų, dat., instr. -em, acc. -is, loc. -esi/-ese, ill. -esin/-esna(n).
Ainsi se déclinent, par exemple, les substantifs suivants: gaište ~ gaištė (: lk. gaištis), iiltė ~ iltė (: iltis), kártė ~ kártė (: kártis), klútė ~ kliūtė (: kliūtis), külšė ~ külšė (: külšis), kūge ~ kūgė (: kūgis), pálė ~ páltė (: páltis), paslėpsnė ~ paslėpsnė (: paslėpsnis), pažintė ~ pažintė (: pažintis), švirtė ~ svirtė (: svirtis), ūgnė ~ ūgnė (: ugnis), únkštė ~ ankštė (: ankštis), ūnė ~ antė (: antis).
Les désinences de tous les cas du singulier de ces substantifs, à l’exception du nominatif, ainsi que celles du génitif et de l’accusatif pluriels, coïncidaient phonétiquement avec les désinences des thèmes en ė (par exemple, kárve ~ kárvė). Par la suite, les désinences d’autres cas également — nominatif singulier et pluriel, datif, instrumental, locatif et illatif pluriels — ont été remplacées par celles du thème en ė, plus « fort ».
§ 13. Les substantifs masculins à i thème sont presque entièrement passés, dans le dialecte, au ia thème, cf.: sg. nom. [uñgl-]-is ~ [añgl-]-is, [vag-]-is, gén. [uñgl-]-e ~ [añgl-]-io, [vag-]-ies || [vāg-]-e ~ [vag-]-io, dat. -ii ~ -iui, acc. -i ~ -į, instr. -’ù ~ -iù, loc. -ii ~ -yj, -i ~ -ỹ, ill. -in, -iń, voc. [vag-]-ie || -is; pl. nom., voc. [uñgl-]-iį ~ -iai, [vāg-]-is ~ -ys || [vag-]-ei ~ -iai, gén. -’ų ~ -ių, -’ū ~ -ių, dat. -em ~ -iam, -’ām ~ -iám, acc. -’us || -is ~ -ius, instr. -iįs ~ -iais, -eis ~ -iais, loc. -esi/-’uose (-ese) ~ -iuose, -’iõsi/-’uose — -iuõse (cf. § 4), ill. -esin ~ -iuosen/-esna(n) ~ -iuosna (n), -’iõsin ~ -iuõsen/-uõsna(n) (cf. § 4).
Le génitif singulier présente le plus souvent la désinence -e ~ -io, tandis que le nominatif pluriel a -ei (non accentué -ii) ~ -iai.
Dans le dialecte, il existe également des formes masculines kirkšnīs ~ kirkšnỹs « aine ».
Le thème (i)u
§ 14. Les désinences des substantifs à thème en u ont été pour la plupart remplacées par celles des thèmes en a. Seuls certains cas isolés ont conservé les désinences du thème en u.
Au nominatif singulier, la désinence -us ne s’est généralement maintenue que lorsqu’elle est accentuée, par exemple: alūs, medūs, vidūs. L’-us non accentué se prononce le plus souvent -as en raison de la réduction en fin de mot, par exemple: sūnas ~ sūnūs, turğas — turğus. Plus rarement, on trouve aussi -ùs > -às: alàs, vidàs.
Il en va de même au génitif pluriel, cf.: pelùs || pelàs (rare), piêtas ~ pie-tùs.
Au génitif singulier, certains substantifs isolés à thème en u n’ont que la désinence -aus, par exemple: alaũs, medaũs, vidaũs. À côté des désinences des thèmes en u, d’autres substantifs peuvent souvent avoir aussi une désinence de thème en a, par exemple: letãus ~ lietaũs || lieta ~ lieto, viršaũs || virša ~ viršo, žmogaus ~ žmogaus || žmogų ~ žmogo.
La désinence du datif singulier -aį correspond phonétiquement au lituanien standard -ui (sūnai ~ sūnui); au singulier accusatif, comme au pluriel génitif, -u ~ -ų (sūnu ~ sūnų, sunū ~ sunų); au singulier illatif, -an (accentué également -un) ~ -un (turğan || turguń || turgań, vidun || vidan).
L’instrumental singulier présente le plus souvent la désinence du thème en a, -u (alù, lietu, medù, sūnu, žmogù); plus rarement, on rencontre aussi la désinence abrégée du thème en u -um < -umi (alum, medum).
Le locatif singulier de certains mots ne s’emploie qu’avec la désinence -aį ~ -uj, par exemple: vidai, viršai. Le locatif singulier des autres substantifs à thème en u présente le plus souvent la désinence des thèmes en a -i (< *-en), par exemple: cukri ~ cukrė, duñgi ~ dangė, tūfgi ~ turgė (rarement tūr-gai).
8. Lietuvių kalbos gramatikos tyrinėjimai
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Le vocatif singulier conserve le plus souvent la désinence des thèmes en u, -au (alãũ, sunãũ ~ sūnãũ, žmagãũ ~ žmogãũ), mais on rencontre parfois aussi une désinence des thèmes en a (par ex., žmõgì ~ žmõgė).
Le nominatif et le vocatif pluriels ont le plus souvent une désinence des thèmes en a, -ai: letai ~ lietai, pelai, turgai, viršai. Plus rarement, on trouve également la désinence -us (-as) ~ -ūs conservée (généralement par les locuteurs de la génération plus âgée), par ex.: pėlus (pėlas) ~ pėlūs, pietus ~ pietūs.
Le datif et l’instrumental pluriels pelům, petům ~ pietům, sunům ~ sūnům sont des formes de duel des thèmes en u, cf. § 2. Cependant, à côté de celles-ci, les formes des thèmes en a sont plus fréquemment employées: dat. pelám, sunám ~ sūnám, turgam (turgám), viršám; instr. pelais, sunais ~ sūnais, turgais (turgais), viršais.
Les formes locatives et illatives du pluriel sont le plus souvent constituées sur le modèle des thèmes en a, par ex.: peluõsi|peluõse, petuõsi|petuõse ~ pietuõse, viršuõsi|viršuõse; peluõsin|peluõsna(n), petuõsin|petuõsna(n). Seuls quelques mots ont conservé les désinences des thèmes en u, par ex.: pelùsi (pelùsis), petùsi; pelùsin, petùsin. Ces dernières formes sont très rarement employées, et uniquement par les locuteurs les plus âgés du dialecte. Pour la postposition de ces cas, cf. également § 4.
§ 15. Les désinences des substantifs à thème en iu ont le plus souvent coïncidé avec celles des thèmes en ia, cf.: sing. nom. [krìž-]is ~ [krýž-]-ius, gén. -e ~ -io, dat. -iį ~ -iui, acc. -i ~ -ių, instr. -’u ~ -iu, loc. -iį ~ -iuj, ill. -im ~ -iun, voc. -ių ~ -iau; plur. nom., voc. -iį ~ -iai, gén. -u ~ -ių, dat. -em ~ -iam, acc. -is ~ -ius, instr. -i̇s ~ -iais, loc. -esi ~ -iuose|-ese (-uose) ~ -iuose, ill. -esin ~ -iuosen|-esna(n) ~ -iuosna(n).
Thèmes consonantiques
§ 16. Comme il a déjà été mentionné (§§ 1, 5), dans le dialecte, les substantifs à thème consonantique ont le plus souvent des désinences appartenant à d’autres thèmes. Selon leur déclinaison actuelle, on peut distinguer plusieurs groupes de ces substantifs.
a) Les mots akmuõ, raumuõ se déclinent presque entièrement comme les substantifs à thème en a, cf. les désinences casuelles: sing. gén. [ãkmen-]-a ~ [ãkmen-]-o, dat. -ai ~ -ui, acc. -u ~ -ą, instr. -u, loc. -į ~ -ę, ill. -an ~ -añ, voc. -ie (à côté de la forme nominative, par ex., akmuõ); plur. nom., voc. -ai, gén. -ų ~ -ų, dat. -ám, acc. -ãs ~ -ús, instr. -ais, loc. -iuõsi|-iuõ-se, ill. -iuõsin|-iuõsna(n) (cf. § 4). Il n’est pas rare que le nominatif singulier de ces mots soit également employé avec la désinence -as ~ -as: ákmuõnas, raũmenas.
b) Les formes du singulier du mot pemuõ ~ pietmuõ ont le plus souvent les désinences des thèmes en ia, tandis que celles du pluriel ont les désinences des substantifs à thème en i, cf.: sing. gén. [piemen-]-e ~ -io, dat. -iį ~ -iui, acc. -i ~ -į, instr. -’u ~ -iu, loc. -i ~ -y, ill. -in, voc. -ie; plur. nom., voc. -is ~ -ys, gén. -ų ~ -ų, dat., instr. -im, acc. -is, loc. -isi|-ise ~ -yse, ill. -isin ~ -ysėn|-isna(n) ~ -ysna(n) (cf. § 4).
Comme pemuõ se déclinent: jezm(u)õ ~ juozm(u)õ « juosmuo », lemuõ ~ liemuõ, ruduo, skemuõ ~ ski(em)uõ, stamuõ ~ stuomuõ, šelmuõ, šuvà (au génitif singulier seulement, à côté de la forme plus fréquente šūne ~ šūnio, on trouve également šūnies), tešmuõ, vanduõ (chez les locuteurs du dialecte de l’ancienne génération: unduo); au pluriel seulement: ãšmenis ~ ãšmenys, mẽtmenis ~ mẽtmenys. Les mots de ce groupe peuvent aussi, indépendamment, prendre les désinences des substantifs à thème en a, par ex.: sing. gén. stūom ena, tẽšmena, dat. stūomenai, tẽšmenai…; plur. nom. stamenai, tešmenai; ãšmenai, mẽtmenai, dat. stamenám, tešmenám; mẽtmenám… À côté de la forme nominative singulière šelmuõ, on rencontre aussi šėlmenas, šėlmenis.
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À l’exception du nominatif singulier, le même type de désinences que pemuõ porte aussi dùntis ~ dantys « dent », debesìs || debesìs ~ debesỹs (il est vrai qu’à côté du génitif pluriel le plus fréquent debesù ~ debesų, on dit parfois aussi debesų ~ debesìų).
c) Les anciens noms féminins à radical consonantique présentent aujourd’hui principalement des désinences en i, cf. les désinences casuelles du mot sesuõ (|| sesuvà): gén. sg. [seser-]-ìes, dat. -ìi ~ -ìai, acc. -ì ~ -į, instr. -ìi (cf. § 8), loc. -ì ~ -ỹ, ill. -ìñ, voc. -ìe (à côté des formes du nominatif); nom. et voc. pl. -ìs ~ -ỹs, gén. -ũ ~ -ũ, dat. et instr. -ìm, acc. -ìs, loc. -ìsi|-ìse ~ -ìse, ill. -ìsin ~ -ỹsen|-ìsna(n) ~ -ỹsna(n). Les noms suivants se déclinent également ainsi: duktė (gén. sg. dukterìs || duktės); ausis, dùris ~ dùrys (pluriel seulement), pūšis, šaknìs, žùsis ~ žàsis, žuvis. Dans leur génitif pluriel, tous ont une consonne finale de radical dure devant la désinence.
3. Accentuation
§ 17. Sans aborder les questions générales d’accentuation des noms dans le dialecte et dans la langue littéraire lituanienne, nous ne mentionnerons ici que celles qui distinguent le dialecte de la langue littéraire.
1. Il arrive que certains noms (disyllabiques ou polysyllabiques) soient accentués dans le dialecte selon une classe accentuelle différente de celle du lituanien standard. Tous les dérivés d’un suffixe donné (ou presque tous) peuvent également présenter une accentuation différente. Les suffixes concernés sont énumérés ci-dessous, ainsi que les mots isolés à accentuation différente les plus couramment employés.
a) Dans le dialecte, l’accent est fixe dans:
les noms disyllabiques: grìnčė ~ grìnčia (: lk.⁷ gryčia 2), gùoba (: guoba 4), vãlgis || valgìs 2 (: valgis 2);
les noms polysyllabiques: bėpratis, -e (: beprõtis, -ė 2), bedãrbis, -e (: be-darbis, -ė 2), bekėlnis, -e (: bekėlnis, -ė 2), beširdis, -e (: beširdis, -ė 2), gìltinė (: giltìnė 3ᵃ), ketašìrdis, -e (: kietašìrdis, -ė 2), minkštašìrdis -e (: minkštašìrdis, -ė 2), pailgavėidis, -e (: pailgavėidis, -ė 2), skõlinikas, -e ~ skõlinykas, -ė (: skolininkas, -ė 2).
b) Les noms disyllabiques suivants reçoivent l’accentuation de la deuxième classe dans le dialecte: drùmž-las (: drumžlės 4), pùšne ~ pùšnė (: pušnis 4), smùda ~ smudà (: smūdà 4), ùšne ~ ùsnė (: usnis 4), žvaigždė (: žvaigždė 4). Les noms polysyllabiques dotés du suffixe -ìte ~ -ỹtė relèvent également de la deuxième classe accentuelle, par exemple: avite, šakìte, vištìte. Il faut ajouter que, dans les dérivés de cette catégorie, l’instrumental singulier et l’accusatif pluriel conservent généralement l’accent sur la désinence (instr. avitì, šakitì, vištitì; acc. avitìs ~ avytès, šakitìs ~ šakytès, višìtis ~ višytès), bien que, en règle générale, dans ces cas, l’accent soit retiré sur l’avant-dernière syllabe longue (cf. instr. sg. šìlvai « prune », acc. pl. slivas ~ slyvàs).
L’accentuation de la deuxième classe concerne aussi quelques autres noms polysyllabiques: garùnkštė ~ garàukštė (: garànkštis 1), pavartė (: pavartė 3ᵇ), užùntis ~ užàntis, gén. sg. užùntė ~ užàntčio (: užantis 1).
c) Dans le dialecte, les noms disyllabiques suivants relèvent de la troisième classe accentuelle: brãlis ~ brolỹs (: brõlis 1), gurkšnìs ~ gurkšnỹs (: gùrkšnis 1), klanìs ~ klonỹs (: klõnis 1), kušnìs ~ kašnỹs (: kãšnis 1), malìs ~ molỹs (: mõlis 1), šáukštas (: šáukštas 1),
7L’accentuation de la langue littéraire est celle du « Dabartinės lietuvių kalbos žodynas » (Vilnius, 1954).
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pont (: pont 1), žauna 3 || žauna 1 (: žiauna 1), žintas ~ žentas (: žentas 1), žvirblis ~ žvirblis (: žvirblis 1).
Sont également accentués selon le troisième paradigme accentuel les noms polysyllabiques formés avec le suffixe -iena: avižiena, dobilieną ~ dobilieną, kvietiena ~ kvietiena, miežiena ~ miežiena, rugiena; aviena « viande de mouton », karviena, kiauliena ~ kiauliena, paukštiena, untiena ~ antiena, vištiena. Lors de la déclinaison de ces noms, l’accent se déplace de la désinence vers l’avant-dernière syllabe, cf.:
Singulier Pluriel N. rugiena, vištiena rugienas G. rugienos, vištenos rugenų D. rugienai, vištienai rugenom A. rugienų, vištienų rugienas I. rugiena, vištiena rugenom L. rugienoj, vištenoj rugenosi|rugenose Ill. rugienon, vištenon rugenosin|rugenosna(n)
Le nom jautiena, qui présente deux accentuations, constitue une exception; on trouve notamment jautena (accent fixe) et jautiena (comme vištiena); et blakštiena, mėnesiena ~ mėnesiena gardent toujours l’accent fixe sur le suffixe (comme en lituanien standard).
Les noms formés avec le suffixe -ėjis, -ė ~ -ėjys, -ė (employés à côté de dérivés à accentuation fixe en -ėjas, -a) relèvent également de ce paradigme accentuel, par ex.: pj eve jėis ~ piovėjys, rinkėję ~ rinkėjė, gén. pjėvėje, rinkėjės; pl. nom. pj eve jėi, rinkėjės, gén. pj eve jū, rinkėjū, dat. pj eve jām, rinkėjēm, acc. pj eve jīis, rinkėjīs…
Le troisième paradigme accentuel concerne surtout les dérivés du suffixe -iklė ~ -yklė, par ex.: baidiklė, ganiklė, šaudiklė, vetiklė ~ vėtyklė, gén. baidiklės, ganiklės, šaudiklės, vetiklės; pl. nom. baidiklas, ganiklas, šaudiklas, vėtyklas, gén. baidiklų, ganiklų, šaudiklų, vetiklų, dat. baidiklēm, ganiklēm, šaudiklēm, vetiklēm, acc. baidiklas, ganiklas, šaudiklas, vėtyklas. En revanche, spaudiklas ~ spaudýklės « casse-noix », gén. spaudiklų, dat. spaudiklam, acc. spaudiklas ~ spaudykles, relève du deuxième paradigme accentuel.
Dans le dialecte, certains autres noms polysyllabiques isolés relèvent aussi du troisième paradigme accentuel, par ex.: troisième accentuation: akėčės (: akėčios 1), grėbėstas (: grėbėstas 2); troisième accentuation « a »: arškėtis ~ erškėtýs (: erškėtis 2), prekląmis ~ priekląmýs (: prieklomis 1), ėremėtis (: priemėtis 1), ėresvirnis ~ priesvirnys (: priesvirnis 1), pretemis || pritemis (: priėtemis 1); troisième accentuation « b »: akatas ~ akuotas (: akuotas 1), ašaka (: ašaka 1), balana (: balana 2), balanda ~ balandą (: balanda 1), batkatis ~ botkotys (: botkotis 1), baudževà (: baudžiava 1), gabana (: gābana 1), ganėvà (: ganjava 1), lap(a)kritīs ~ lap(a)-kritýs (: lapkritīs 1), nugara (: nugara 1), paperis ~ popierýs (: popierius 1), samana (: samana 1), antakis ~ antakýs (: antakis 1), užkulnis ~ užkulnys (: užkulnis 1), užupis ~ užupýs (: užupis 1), veškėlis ~ vieškelys (: vieškelis 1).
d) Dans le dialecte, contrairement au lituanien standard, les noms dissyllabiques suivants sont accentués selon le quatrième paradigme: durys (: durys 2), gilė (: gilė 2), giṅklas (: giṅklas 2), grūntas (: grūntas 2), kråpas, (: kråpas 2), kriaušis ~ kriaušys (: kriaušis 2), kulė ~ kūlė « période du battage des céréales; céréales à battre » (: kūlė 2), lóta (: lota 2), miestas (: miestą|2), prāsm as
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(: priešmas 2), putà (: putà 2), raístas (: raístas 2), rãktas (: rãktas 2), sklaũtas (: skliaũtas 2), sklỹpas (: sklỹpas 2), smukis ~ smukỹs (: smũkis 2), sõdas 4 ‖ sõdas 2 (: sõdas 2), srūtas ~ srūtos, sūtras ~ sūtros (: srūtos, sūtros 2), stūmbas ~ stūmbas (: stãmbas 3), šérnas (: šérnas 3), ū̃rvas (: ū̃rvas 3), žil̃ė ~ žylė (: žỹlė 1), žiñklas ~ žėñklas (: žénklas 3).
2. Il convient également de mentionner quelques autres particularités de l’accentuation des noms de la région dialectale.
a) La place de l’accent dans certaines formes peut avoir changé sous l’influence d’autres formes, en raison de la tendance dite à l’accentuation en colonne.
Par exemple, dans les noms polysyllabiques de la deuxième classe accentuelle, le syllabe pénultième est assez souvent accentuée au singulier instrumental et au pluriel accusatif, comme dans les autres cas, cf.: sg. instr. bur̃bėkļu ~ bur̃bėkliu « burbėklių », bur̃bėklai « burbėklė », snaudãliu ~ snaudãliu « snaudalių », snaudãlai « snaudale », sausãtii « sausate », ukmer̃gišku ~ ukmergiškiu « ukmergiškiu », ukmergiškiai « ukmergiškė »; pl. acc. bur̃bėklus ~ bur̃bėklius « burbėklius », bur̃bėklas ~ bur̃bėkles « burbėkles », snaudãlis ~ snaudãlius « snaudalius », snaudãlas ~ snaudãles « snaudales », sausãtis ~ sausãtes « sausates », ukmergiškis ~ ukmergiškius « ukmergiškius », ukmergiškes « ukmergiškes ».
Pour la même raison, à côté de ašvijė ~ uošvijà8, mušėikà9, on accentue plus souvent, de manière incorrecte, ašvijė, mušėika.
b) Les formes du vocatif singulier des noms à valeur diminutive ou affective, ayant perdu leur voyelle ou diphtongue finale, portent très souvent un accent déplacé du suffixe vers la première syllabe, par ex.: dabiluk (: dabilùkas ~ dobiliùkas), katiñuk (: katiñùkas ~ katiñiukas), katinė́l (: katinė́lis), stasùl (: stasùlis ~ Stasiùlis), šùnel (: šùnelis), vaĩkuk (: vaĩkùkas ~ vaikiùkas), vaikelùk (: vaikelùkas ~ vaikelìukas); gėgutìt (: gegutìtė ~ gegutýtė), ląputìt (: lapùtė ~ lapùtė), marčiùt (: marčiùtė ~ marčiūtė), moterel (: moterėlė ~ moterėlė), seserìt (: seserìtė ~ seserytė). Cet accentuation se rencontre aussi dans certains noms propres simples (non diminutifs), par ex.: aũgustin (: aũgustinas ~ Augustinas), uñtan (: untãnas ~ Antãnas).
Le déplacement de l’accent vers la première syllabe des formes mentionnées est parfois aussi associé à une certaine différence de sens. Lorsqu’on appelle quelqu’un de loin, à voix forte, on emploie plus souvent les formes du vocatif singulier qui conservent l’accent sur le suffixe (katiñuk, katiñėl(i); gegutìt, lapùt), tandis que, dans la conversation ordinaire, lorsqu’on s’adresse à quelqu’un de près, on emploie les formes accentuées sur la première syllabe.
3. Dans le dialecte, on rencontre encore certains mots ou formes qui diffèrent du lituanien standard non par la place de l’accent, mais par l’intonation. Par ex.:
a) Les mots de la langue littéraire kaũkaspenis (1), lakštingala (1) se prononcent dans le dialecte: kãukaspėnis (1), lakštingėla (1).
b) Au pluriel instrumental, la terminaison accentuée des noms en i-stem porte un accent aigu, par ex.: akim, ausim, pirtim, vitim ~ vytim. Ainsi, ces formes coïncident entièrement avec celles du pluriel datif. Cette coïncidence est probablement due à l’influence des mots en (i)o-stem et en ė-stem, dont les intonations des terminaisons accentuées au pluriel datif et instrumental se sont régulièrement rapprochées:
dat. galvóm, katė̃m instr. galvóm, katė̃m 〉 dat., instr. galvòm, katė̃m10.
8 Dans le dialecte, ce mot s’accentue de deux façons: selon la deuxième et la quatrième classe accentuelle, cf.: sg. gén. ašvijės et ašvijos, loc. ašvijìjì et ašvijòj.
9 Les noms communs et les noms propres comportant le suffixe -eika s’accentuent dans le dialecte selon la deuxième classe accentuelle.
10 Ici, comme dans l’ensemble de l’étude, le signe de l’intonation médiane indique les intonations aiguë et circonflexe dialectales, qui se sont confondues, des voyelles longues accentuées et des diphtongues ie, uo.
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ADJECTIF
1. Remarques générales
Genre. § 18. Les adjectifs du dialecte ont trois genres: masculin, féminin et neutre.
Les adjectifs masculins sont ceux à thème en (i)a- et en u-, tandis que les adjectifs féminins sont ceux à thème en (i)o- et en ė-.
Avec les noms de genre commun, on peut employer aussi bien des adjectifs féminins que masculins. Dans ce cas, on tient généralement compte de la personne dont il est question: une personne de sexe masculin ou féminin, par exemple: jisai geras žopla « c’est un grand idiot », jisai gėras pliuške (~ pliuškė) « c’est un grand bavard » anà (= ji) gerà žopla, anà gerà pliuške.
Les formes neutres des adjectifs sont identiques à celles du nom, c’est-à-dire un nominatif ou un accusatif singulier figé, par exemple: visur bálta; par mumis ii rudenį saùsa « chez nous, il fait sec même en automne »; lauki žãli ~ laukė žãlia; šitoi vietai gìlu « à cet endroit, c’est profond »; anamì miški labai tūnku. Les dérivés portant les suffixes -(ut)inis, -ikščias ~ -ykščias, -ivas ~ -yvas n’ont pas de neutre, pas plus que certains autres adjectifs, par exemple: bėras, -a, dvìlas, -a ~ dvýlas, -à, kalbùs, -i, kniùpščis, -e ~ kniùpščius, -ià, landùs, -i ~ landus, -i, pėsčis, -e ~ pėsčias, -ià, šlìbas, -à, valgùs, -i.
Nombre. § 19. Les adjectifs ont un singulier et un pluriel. Avec les formes du duel des noms, on rencontre aussi des formes adjectivales au même nombre, par exemple: dù gerù vežimù atavėžiu (~ atavėžiau); dù mažù vaikù būva (~ būvo). Les formes du duel des adjectifs sont toutefois très rares — bien plus rares que les vestiges du duel des noms (voir § 2 à ce sujet).
Cas. § 20. Le vocatif des adjectifs s’emploie relativement moins souvent que celui des noms. En général, ses formes coïncident avec celles du nominatif, par exemple: au singulier, vocatif brúngus (-as) švėteli (: nominatif brúngus švėtėlis ~ brángus svėtelis), gėras vaikì (: gėras vaikas), laukinė katė (: laukinė katė ~ laukinė katė), miẽla matinėlė ~ miẽla motinėlė; au pluriel, vocatif brúngus švėtėlii (: nominatif brúngus švėtėlii ~ brángus švėtėliai), gerì vaikài (: geri vaikai), laukinės kãtes (: laukinės kãtes ~ laukinės kãtės), miẽlas matinėlas (: miẽlas matinėlas ~ mielos motinėlės).
Les adjectifs polysyllabiques à thème en ia- présentent plusieurs formes possibles du vocatif singulier, par exemple: pirmutinis (comme au nominatif), pirmùtini, pirmutiniu ~ pirmutiniau; šveikėšnis, šveikėšniu ~ sveikėšniau; šveikáusis ~ sveikiausias, šveikáusiu ~ sveikiausiau.
Thème. § 21. Les thèmes des adjectifs du dialecte sont les mêmes que ceux de la langue littéraire. Cependant, certains adjectifs peuvent présenter des désinences casuelles doubles — les anciennes et, à côté, des formes plus récentes issues d’autres thèmes. Ainsi, les thèmes des adjectifs, comme ceux des noms, se mélangent.
Tout d’abord, certains adjectifs à thème en a- (fém. o-) passent aux thèmes en u- (fém. io-). Ce phénomène est également propre aux autres dialectes. Par exemple, les adjectifs à thème en u- (fém. io-) de nombreux dialectes, ainsi que de la langue littéraire actuelle, ašt-rùs, -i, biaurùs, -i, pigùs, -i, stiprùs, -i, švelnùs, -i et autres, dans certains dialectes et en vieux
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Dans ces écrits, les thèmes a- (fém. o-) sont encore attestés11. Dans le sous-dialecte méridional des Hauts-Lituaniens de l’Est, le féminin de ces adjectifs présente des formes à thème en io (par ex. bjauri, bjaurõs, bjaurái,...), tandis que le masculin présente généralement deux types de formes fléchies, à thèmes en a et en u, cf. la déclinaison de bjaurùs:
Singulier Pluriel N. bjaũras, bjaurùs bjaurùs (bjaũras) G. bjaũra, bjaurãus bjaurũ, bjaurũ D. bjaurám, bjaurãm bjaurìems A. bjaũru bjaurùs (bjaũras), bjaurìs I. bjaurũ, bjaurù bjaurãis, bjaureĩs L. bjauràm, bjaurẽn bjaurũosi, bjaurũosi Ill. bjaurán, bjaurẽn bjaurũosin, bjaurũosin
À côté des anciens thèmes en a, l’adjectif lẽngvas: lũngvas possède assez souvent aussi des formes plus récentes à thème en u (fréq.) || lungvùs (pl. nom. lũngvi || lũngvus); toutefois, l’accusatif, le locatif et l’illatif du pluriel présentent toujours uniquement des formes à thème en a (lungvùs, lungvũosi, lungvũosin). Le féminin de cet adjectif présente également deux types de formes: à thèmes en o- et en io- (sing. nom. lungvà, lũngvi, gén. lungvõs, lungvės...).
Le passage progressif de certains adjectifs à thème en a vers des thèmes en u a probablement aussi favorisé le processus inverse de mélange des thèmes: dans le parler, à côté des anciennes formes d’adjectifs à thème en u, on a commencé à employer également des formes à thème en a, cf. § 24.
Sur le passage de certains adjectifs à thème en ė vers des thèmes en (i)o, voir § 26.
Degrés de comparaison. § 22. Dans le parler, comme en lituanien standard, il existe trois degrés principaux de l’adjectif: le positif, le comparatif et le superlatif. À ceux-ci s’ajoutent le comparatif atténué et le superlatif absolu. Selon l’intensité de la qualité exprimée, les degrés de l’adjectif se succèdent dans l’ordre suivant: positif, comparatif atténué, comparatif, superlatif et superlatif absolu.
À partir des adjectifs au positif (aukštas, -à, báltas, -à), on forme le comparatif atténué, le comparatif et le superlatif. Leur formation est, peut-on dire, identique à celle du lituanien standard.
Le comparatif atténué se forme à l’aide du suffixe -elėsnis, -ė ~ ėlesnis, -ė (aukštėlesnis, -ė, bãltelėsnis, -ė), et le comparatif à l’aide du suffixe -ėsnis, -ė ~ ėsnis, -ė (aukštesnis, -ė, baltėsnis, -ė).
Les formes masculines du superlatif sont: aukščiaũsis, balčiaũsis, etc. Certaines variétés des Hauts-Lituaniens de l’Est, proches ou plus éloignées (Siesikai, Taujėnai, Raguva, Truskava, Krekenava…), présentent les mêmes formes. Cependant, dans ces variétés comme dans le sous-dialecte méridional des Hauts-Lituaniens de l’Est, la terminaison -as d’autres mots après une consonne palatalisée est devenue -is (par ex. svẽčias, vėjas > švẽčis, vėjis). Ainsi, aukščiaũsis,
11 Cf.: ąztras SP I 14₄₀, DP 273₆, ąztra SP II 83₃₀, gén. sing. ąztra SP II 108₁₀, acc. sing. fém. ąztrą DP 28₃₇, nom. plur. aztri SP I 122₁₅, II 108₃; instr. aztrai DP 155₃, aztromis SP II 199₇; gén. plur. biauru SP I 232₁₁, acc. plur. biaurus SP II 170₈; pigas SP II 62₁, nepigas SP II 232₁₃, nom. plur. pigi SP I 314₄, gén. fém. piga SP I 27₂₃, 107₂₂, adv. pigay SP I 249₁₄, pigai DK 113₈, pigiai DP 4₁₁, 11₇, 19₅₈; stipras SP I 114₄, instr. sing. stipru SP II 19₉, acc. plur. stiprus SP II 19₁₂, instr. stiprays SP II 227₃₀, adv. stipray SP II 20₁₈; acc. plur. szwelmus SP I 32₁₃, instr. szwelnais SP I 32₁₃; ãstras, -à Miroslavas, Pilviškiai, biaũras, -à Linkmenys (cf. également: Lietuvių kalbos žodynas, t. 1, Vilnius, 1941, p. 275, 651; Z. Zinkevičius, Lietuvių dialektologija, p. 274 sqq.).
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balčiausias, geriausias, greičiausiai se sont formés phonétiquement à partir de aukščiausias, balčiau-sias, geriausias. On peut ajouter que ces dernières formes du superlatif des adjectifs sont employées dans d’autres parlers de l’est aukštaitien (Uteną, Dūsetos, Obėliai...), qui conservent intact le -ias, ainsi que dans les écrits anciens qui constituent les fondements du parler de l’est aukštaitien (cf.: szwinčiausias AK 18₂₁, wiriáusias AK 37₃₀, aukščiausias ir didžiausias SP I 4₂₆–₂₇, wiriausias SP II 198₇). Les formes féminines de ce degré dans le parler méridional de l’est aukštaitien sont: aukščause ~ aukščiausia, balčiause ~ balčiausia, etc.
Les adjectifs au superlatif absolu se forment le plus souvent en ajoutant le pronom pats, pati aux adjectifs au superlatif, par exemple: pat aukščiausis ~ pats aukščiausias, pati aukščause — pati aukščiausia. À la place de pats, on peut parfois aussi employer le génitif, l’accusatif (plus rarement) ou l’instrumental du pronom kas, le génitif pluriel ou l’accusatif pluriel du pronom visas avec la préposition už, ainsi que le slavisme nai, par exemple: ko (kū ~ ką, kuo) geriausis, -ė; visų (~ visų) geriausis,-ė; už visus geriausis, už visas (~ už visas) geriause; nai geriausis, -ė. Rarement, on dit au même sens: už visus geresnis, už visas geresnė.
Les adjectifs au neutre sont également susceptibles de degrés, par exemple: aukšta, aukštelau ~ aukšteliau, aukščau ~ aukščiau, aukščause ~ aukščiausia, kū(kuo) aukščause ~ kū (kuo) aukščiausia, visų aukščause ~ visų aukščiausia, už vis aukščause.
Un certain degré de la propriété possédée peut également être exprimé par des adjectifs formés au moyen de certains autres suffixes ou préfixes, cf.: kepūre (~ kepūrė) maž ma-žoka (= per maža); naktis dabar tumšokas ~ naktųs dabar tamsokos (= tamsios, bet nelabai); jisai dabar apisveikis (~ apysveikis « pas encore tout à fait en bonne santé, presque en bonne santé »).
Comme en lk., le parler possède des adjectifs dont la propriété exprimée ne peut être ni moindre ni plus grande; ils sont non graduables, par exemple: basas, -a, geležinis, -e ~ geležinis, -ė, pernikščis, -e ~ pernykščias, -ia « de l’année dernière ». Les adjectifs formés avec -ėtas, -otas, -uotas et certains autres suffixes sont également rarement gradués. Cependant, ils peuvent être accompagnés de certains adverbes de comparatif et de superlatif, par exemple: dabėtas ~ duobėtas, šakotas; daugiau (~ daugiau), labjau (~ labiau) dabėtas, šakotas; daugause (~ daugiausia), labjause (~ labiausia) dabėtas, šakotas.
2. Déclinaison
Thèmes en a, ia
§ 23. Désinences des adjectifs à thème en a-, ia-: sg. nom. [bált-]-as ~ -as, [naũj-]-is ~ -as, gén. -a, -e ~ -o, dat. -ám, acc. -ų, -i ~ -ą, instr. -u, -ù, loc. -am̃, -em̃ ~ -am̃, ill. -añ, -eñ ~ añ; pl. nom. -i, gén. -ų ~ -ų, dat. -iẽm ~ -iẽm, acc. -us || -as ~ -us, -ūs || -is ~ -ūs, instr. -aĩs, -eĩs ~ -aĩs, loc. -uõsi / -uõse, ill. -uõsin / -uõsna(n) (cf. § 4).
Au datif singulier, les adjectifs polysyllabiques à thème en ia possèdent, à côté de la désinence -em ~ -iam, une désinence -iũ ~ -iui apparue par analogie avec les noms à thème en ia, cf.: beržiniui pagaliui ~ beržiniui pagaliui, geriausi svečiai ~ geriausiui svečiui, kvietinių ragaišių ~ kvietiniui ragaišiui, vilniškiai svečiai ~ vilniškiui svečiui. Un datif singulier de ce type apparaît également dans les écrits anciens, cf.: Noriu asz tam paskutiniui dit’ kaip ir taw DP 93₁₂–₁₃.
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La forme de l’accusatif singulier du superlatif geriausi a pu apparaître phonétiquement aussi bien à partir de geriusuta que de geriausių. Certaines autres variétés de lituanien oriental des Hautes Terres emploient cette dernière forme accusative à côté du nominatif geriausias (cf. également les formes de monuments anciens de la langue écrits sur la base des variétés de lituanien oriental des Hautes Terres: szwinciausi AK 30₁₉, 82₃₂₉, 98₃₀, szwynciausi SP I 101₁₅₇, brungiausi SP II 25₁₅, 27₁, 30₂₅).
À côté de l’illatif singulier des adjectifs au comparatif geresnin (cf. l’accusatif singulier gerėsni ~ geresnį), la forme geresnėn, probablement créée sur le modèle de naujėn, est plus fréquemment employée. L’illatif singulier des dérivés en suffixe -utinė est lui aussi principalement employé avec -en ~ -ian, par exemple: paskutinėn, pirmutinėn. Il est difficile de dire si l’illatif singulier des adjectifs au superlatif en -in (cf. geriausin) provient de -in ou de -ian, car la forme ancienne de l’accusatif singulier est elle aussi incertaine.
La terminaison du nominatif pluriel -ii ~ -iai et celle du datif pluriel -em ~ -iam se retrouvent dans les adjectifs medinis, paskutinis et les autres adjectifs du même type à thème en ia.
Thème en u
§ 24. Terminaisons: nominatif singulier [graž-] -ūs (|| -ās ~ -ūs), génitif -aũs, datif -’ām ~ -iám, accusatif -u (-a) ~ -ų, instrumental -ù ~ -iù, locatif -em̃ ~ -iam̃, illatif -eñ ~ -iañ; nominatif pluriel -us (-as) ~ -ūs, génitif -ų ~ -ių, datif -iém, accusatif -’ùs (-is) ~ -iùs, instrumental -eĩs ~ -iaĩs, locatif -’ùosi | -’ùose, illatif -’ùosin | -’ùosna(n) (cf. § 4).
Dans la déclinaison des adjectifs à thème en u s’introduisent des terminaisons des thèmes en a; cf. les formes assez fréquemment employées dans le dialecte: génitif singulier brūnga ~ brūngo, gārda ~ gārdo, datif singulier gražām, saldām, statām ~ sotām, instrumental gražù, saldù, sotù, locatif gražūm, saldām, statām, illatif gražān, saldān, statān; génitif pluriel gražū ~ gražų, saldū ~ saldų, sotū ~ sotų, accusatif gražūs (gražās), saldūs (saldās), instrumental gražāis, saldāis, locatif gražūosi, saldām, illatif gražūosin, statūosin.
Sur les causes de l’apparition des formes concurrentes à thème en a, voir § 21.
Thèmes en o, io
§ 25. Exemples d’adjectifs à thème en o-, io: baltā, naujė ~ naujā, gerāuse ~ geriāusia, gražī. Les terminaisons de ces adjectifs sont les mêmes que celles des noms à thème en o, io (cf. §§ 8, 9).
Le thème en ė
§ 26. Exemples d’adjectifs à thème en ė: medinė ~ medinė, gerėsne ~ gerės-nė. Les terminaisons de ces adjectifs sont pour l’essentiel les mêmes que celles des noms à thème en ė (cf. § 10); toutefois, certains cas des degrés comparatif et superlatif, ainsi que des adjectifs formés avec le suffixe -utinė, peuvent aussi présenter, à côté des formes à thème en ė, des formes à thème en io, cf.: sg. gén. geresnės, gerelesnės, pirmutinės || geresnōs, gerelesnōs, pirmutinōs, loc. geresnėj, gerelesnėj, pirmutinėj || geresnōj, gerelesnōj, pirmutinōj, ill. geresnėn, gerelesnėn, pirmutinėn || geresnōn, gerelesnōn, pirmutinōn; pl. dat. et instr. geresnėm, gerelesnėm, pirmutinėm || geresnōm, gerelesnōm, pirmutinōm, loc. geresnėsi, gerelesnėsi, pirmutinėsi || geresnōsi, gerelesnōsi, pirmutinōsi, ill. geresnėsin, gerelesnėsin, pirmutinėsin || geresnōsin, gerelesnōsin, pirmutinōsin. Dans certaines localités de l’aire du dialecte méridional des Aukštaitians orientaux (par ex., dans les environs de Gelvonai), les formes à terminaisons de thème en io sont même employées plus fréquemment.
Dans les adjectifs à thème en ė comportant un l durci devant la voyelle finale du thème, les terminaisons de certains cas ont, du fait d’évolutions phonétiques, fusionné avec les terminaisons des adjectifs à thème en o-
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aisons, cf.: sg. nom. didela ~ didelė, dat. didelái ~ dideléi, acc. didelù ~ didelę, instr. didelãi; pl. nom. didelàs ~ didelės, acc. didelàs ~ deles. Par analogie avec ces cas, les terminaisons des thèmes en o sont parfois également ajoutées aux formes d’autres cas, cf.: sg. gén. didelõs || didelės ~ didelės, loc. didelõj || didelėj ~ didelėj, ill. didelõn || didelėn ~ didelėn; pl. dat. et instr. didelõm || didelėm ~ didelėm, loc. didelõsj || didelėsi ~ didelėse, ill. didelõsin || didelėsin ~ didelėsen.
3. Vestiges des adjectifs pronominaux
§ 27. L’aire du dialecte méridional des Aukštaitians orientaux fait partie de la région de Lituanie où les adjectifs pronominaux ne sont presque plus employés de nos jours. Leurs fonctions sont ici le plus souvent remplies par les adjectifs simples. Dans le dialecte, on trouve un peu plus fréquemment seulement diverses formes lexicalisées en noms ou adverbialisées d’adjectifs pronominaux, cf. les noms propres de lieux: bindrõje ~ Bendrõja prairie de Skominėliai et Vaitkūnai (environs de Pabaiskas), didžõje ~ Didžõja prairie de Knizlaukis (environs de Vėpriai), de Slabada et Vaitkūnai (environs de Pabaiskas), dubõje ~ Dubõja prairie de Slabada et Vaitkūnai, ilgõje ~ Ilgõja champ de Minčiukai (environs de Musninkai), plačõje ~ Plačõja prairie de Vaiteliškiai (environs de Krikštėnai), smailõji champ de Kaimynėliai (environs de Musninkai); didžõje balà ~ Didžõja balà marais de Bagužiškiai (environs de Krikštėnai), didžõje pieva ~ Didžõja pieva prairie de Santakiai (environs de Viesai), ilgiẽji alkaĩ ~ Ilgieji alkaĩ marais de Skominai (environs de Pabaiskas), ilgõje pieva ~ Ilgõja pieva Vindeikiai, platẽji alkaĩ ~ Platẽji alkaĩ marais de Skominai; (formes irrégulièrement formées) aukštõjes ~ Aukštõjos champ de Lesčiūnai (environs de Juknonys), platusẽji skersini ~ Platusẽji skersiniai champ de Gailiūnai (environs de Krikštėnai).
Pour d’autres adjectifs pronominaux de ce dialecte lexicalisés en noms ou adverbialisés, voir « Lietuvos TSR MA Darbai », série A, 2(7), 1959, p. 191.
4. Accentuation
§ 28. a) L’accentuation des adjectifs dissyllabiques du dialecte diffère peu de celle du lituanien standard. Seuls les détails suivants méritent d’être signalés:
1. Vieno kito būdvardžio kirčiavimas nesutampa su lk., pvz., trečiąja kirčiuote kirčiuojamas tūmsus, -i (: lk. tamsùs, -i 4), ketvirtąja kirčiuote — ker̃šas, -à (: kéršas, -à 3), šir̃mas, -à (: širmas, -à 3).
2. Au nominatif singulier, l’adjectif du troisième paradigme accentuel brangùs, -i porte l’accent sur le radical: brúngus, brúngi; la forme neutre est brúngu; il se comporte donc comme aiškus, aiški, tūnkus ~ túnkus, túnki ~ tánki¹².
3. Au datif singulier des adjectifs féminins, c’est-à-dire (i)o-thématiques, la terminaison porte l’accent: baltái, sausái; saldžiẽji ~ saldžiái, žaliái ~ žaliái. Les adjectifs polysyllabiques de ces thèmes appartenant aux troisième et quatrième paradigmes accentuels sont accentués de la même manière, par ex.: alkanái, pailgái, purvìnai, svetimái; nažulnãi ~ nuožulnìai, panašái ~ panašiái.
Les différences d’accentuation par rapport au lituanien standard sont un peu plus nombreuses dans les adjectifs polysyllabiques.
12 Sur l’accentuation de ces adjectifs, cf. A. Laigonaitė, Literatūrinės lietuvių kalbos kirčiavimas, Vilnius, 1959, p. 50.
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1. Les adjectifs avec les suffixes -onas, -ona; -ivas ~ -yvas, -iva ~ -yva sont accentués dans le dialecte selon la troisième classe accentuelle, par exemple: geltonas, -a ~ geltonas, -a, raudonas, -a ~ raudonas, -a; unkštivas, -a ~ ankstyvas, -a, velivas, -a ~ vėlyvas, -a; dat. pl. geltoniem, geltonom, raudaniem, raudanom; unkštiviem, unkštivom, veliviem, velivom.
Les dérivés suffixés en -ingas, -inga sont le plus souvent accentués de la même manière, par exemple: smalingas, -a, geringą « geringą »; dat. pl. smalingiem, smalingom, geringom; acc. pl. smalingus, smalingas, geringas. Certains adjectifs en -ingas, -inga ont une accentuation variable: selon la troisième classe accentuelle, comme on l’a déjà indiqué, ou bien (plus rarement) avec un accent fixe sur le suffixe (comme en lituanien standard) ou sur le radical, par exemple: lėtingas, lėtingą || lėtingas, lėtinga || lėtingas, lėtingą; lėtinga; dat. pl. lėtingiem, lėtingom || lėtingem, lėtingam || lėtingiem, lėtingam; acc. pl. lėtingus, lėtingas || lėtingus, lėtingas.
Les adjectifs composés avec le préfixe prie- ont une accentuation variable: ils ont soit un accent fixe sur le préfixe (comme en lituanien standard), soit un accent mobile, de la terminaison au préfixe, par exemple: priedurnis, -ė, priešakvaišis, -ė, priešekurtis, -ė || priedurnis, -ė ~ priedurnys, -ė, prekvaišis, -ė ~ priekvaišys, -ė, prekurtys, -ė ~ priekurtys, -ė; dat. pl. priedurnem ~ priedurniam, priedurnėm || priedurnám ~ priedurniám, priedurnėm ~ priedurnėm; acc. pl. priedurnis ~ priedurnius, priedurnes.
L’adjectif mėlinas, -a ~ mėlynas, -a est accentué selon la troisième classe « a » (au nominatif singulier féminin, la première syllabe est également accentuée!), dat. pl. mėlinėm, mėlinom, acc. pl. mėlinus, mėlinas.
2. Dans le dialecte, les adjectifs au comparatif et au comparatif supérieur appartiennent à la quatrième classe accentuelle. Les adjectifs suffixés en -utinis, -utinė: paskutinis, -ė, pirmutinis, -ė, vidutinis, -ė appartiennent le plus souvent à cette classe; dat. pl. paskutiniem, paskutinom (pour la terminaison, voir § 26), acc. pl. paskutinius, paskutinis.
3. Contrairement au lituanien standard, certains adjectifs suffixés en -inis, -inė ont une accentuation différente. Par exemple, dans le dialecte, les adjectifs suivants ont un accent fixe: miltinis, -e (: lk. miltinis, -ė, 2), mėšinis, -e (: mėšinis, -ė 2), vuosinis, -e (: uosinis, -ė 2). L’accentuation de aglinis, -e ~ eglinis, -ė, alkšninis, -e, beržinis, -e est variable: selon la deuxième classe accentuelle (comme en lituanien standard) ou avec un accent fixe (áglinis, -e, alkšninis, -ė, beržinis, -e).
NUMÉRAL
1. Les numéraux cardinaux
Principaux
§ 29. Les principaux numéraux cardinaux du dialecte ne diffèrent, pour l’essentiel, pas des numéraux de même type du lituanien standard quant à leur formation. Pris séparément ou en groupes déterminés (disons « 11 » — « 19 »), les numéraux ne présentent que quelques changements phonétiques, cf.:
1. vienas, viena
2. dù, dvì
3. trìs ~ trỹs
4. keturi, kẽtres < kẽturios
5. piñki ~ penki, piñkes ~ peñkios
6. šeši, šešes ~ šešios
7. saptini < septyni, saptines < septynios
8. aštūmi, aštūmes ~ aštūnios
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9. devìni ~ devyni, devìnes ~ devýnios
10. dešims, dešimtis
11. venùolka < vienuólika
20. dvìdešims
21. dvìdešims vienas, dvìdešims viena
30. trìzdešims ~ trisdešims
40. kètrezdešims < keturiasdešims
100. šimtas
1000. tūkstūntis ~ tūkstantis.
À côté des numéraux cardinaux septìnezdešims « 70 », aštuónezdešims « 80 »…, tūkstūntis šimtas, tūkstantis du šimtai, tūkstantis du šimtai pìnk(e)zdešims… sont souvent employés (en particulier par les locuteurs de la génération la plus âgée) dans le même sens: septìnez dešimtis (< sept dizaines), aštuóne² dešimtis…; venùolka šìntu (~ šìntu), dvìlka šìntu, dvìlka šìntu ùi pìnk(e)zdešims… Cf.: màn jau septìnez dešìmtis šeši metai; už kārvi tadaj makėje aštanòika devinòika šìntu; jisai be dvìdešims keturū šìntu neparādoda.
§ 30. Le numéral viēnas13 se décline comme les adjectifs à thème en a-, tandis que viēna se décline comme les adjectifs à thème en o (§§ 23, 25).
Les formes au génitif, au datif et à l’instrumental du numéral dù, dvì sont identiques au masculin et au féminin: gén. dvējì ~ dviejų arba dvìe, dat. et instr. dvìem. Le locatif masculin est dvējūosi|dvējūose ~ dviejuose, ill. dvejūosin ~ dviejuosen|dvejūosna(n) ~ dviejuosna(n); loc. féminin dvejōsil|dvejōse ~ dviejose, ill. dvejōsin ~ dviejosėn|dvejōsna(n) ~ dviejosna(n) (cf. § 4).
De même, abù, abì se déclinent comme dù, dvì. Seuls le nominatif et l’accusatif ont les formes abùdu, abìdvi; les autres cas ne sont pas employés.
Le numéral trìs a des formes distinctes au masculin et au féminin au locatif et à l’illatif: loc. trìjūosi|trìjūose, trìjōsi|trìjōse, ill. trìjūosin|trìjūosna(n), trìjōsin|trìjōsna(n). Les formes des autres cas ne distinguent pas le genre: gén. trìjų ~ trijų, dat. et instr. trìem ~ trim, acc. trìs.
Les terminaisons du numéral keturi sont les mêmes que celles des adjectifs à thème en ia (par ex. naujas, § 23), tandis que kètrės ~ kètrios suit les formes du pluriel des adjectifs à thème en io (par ex. nauja, § 25). Hormis la forme du nominatif féminin, la forme de l’accusatif ne comporte généralement pas non plus de voyelle u après la consonne t: kètris ~ kètrias. L’accusatif masculin kètris coïncide également avec l’accusatif féminin. Toutefois, sa terminaison -is peut être apparue phonétiquement dans le dialecte aussi bien à partir de -is que de -ius. La forme de ce cas kèt(u)ris se rencontre dans les environs de Čiobiškis et de Musninkai, ainsi qu’ailleurs, à la limite orientale de l’aire dialectale. Elle est également attestée dans les dialectes voisins de l’est de l’aoukštaitien, qui conservent intégralement -us après une consonne palatalisée (ou j) (Kurkliai, Lyduokiai, Želva, Molėtai, Giedraičiai…). Les voisins de la région de Kaišiadorys, les Hauts-Lituaniens du centre (par ex. Žasliai), ont cet accusatif en -is, bien qu’en certains endroits (par ex. Palomenė), on rencontre aussi à côté de celui-ci une forme en -ius. On peut encore ajouter que la terminaison -is est également caractéristique des écrits de K. Širvydas,
13 Tant en lituanien standard (cf. Dabartinės lietuvių kalbos žodynas, p. 938) que dans le dialecte, viēnas,-a peut aussi s’employer avec le sens d’un adjectif ou d’un pronom, par ex.: tikāi viēna ki (= comme) un doigt; su tuo vaikų dabar viēnas vargas; venēiš metāis būva labai unkštivas pavasaris; jie ki gaidžei viēnas prieš kitų šakinei; mės iš viēna bakana (= d’une miche) duonas nevalgėm.
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cf.: pinkis SP I 25220, septinis SP I 14017 à côté de elnius SP I 14126, erszkiečius SP II 16332.
Comme keturi, ketres se déclinent aussi pinki, pinkes; šeši, šešes; septini, septines; aštuoni, aštuones; devini, devines.
Le numéral dešims est indéclinable. Sa forme déclinable, dešimtis (employée un peu plus souvent uniquement par les locuteurs dialectaux de la génération âgée), a les mêmes désinences que les noms en i (cf. § 11); toutefois, à côté du génitif pluriel dešimčių ~ dešimčių, on rencontre aussi dešimtų ~ dešimtų.
Les numéraux vienuolka – devinuolka possèdent des cas au singulier. Leurs désinences sont les mêmes que celles des noms en o (§ 8); toutefois, l’accusatif présente un -a bref, c’est-à-dire qu’il coïncide avec le nominatif.
Le numéral šimtas se décline comme les noms en a (§ 6), tandis que tūkštūntis se décline le plus souvent (et toujours chez les locuteurs de la jeune génération) comme les noms en ia (§ 7). L’ancienne génération l’emploie parfois encore avec les désinences des noms en ē; cf.: nominatif singulier tūkštūnė ~ tūkstantė, génitif singulier et nominatif pluriel tūkštūntes ~ tūkstantēs, datif et instrumental pluriels tūkštūntiem ~ tūkstantēm. Ces formes sont probablement apparues à la place d’anciennes formes féminines en i (cf. le passage des noms féminins en i à la classe en ē — § 12).
Les numéraux composés dvidešims — devineždesims sont indéclinables. Dans les numéraux formés de plusieurs mots, tous les mots se déclinent, par exemple: nominatif dū tūktūnčiį irįs šimtąjį devini, génitif dvėjų tūktūnčių trijų šimtų devinių, etc.
Numéraux collectifs
§ 31. Il faut d’abord mentionner les numéraux collectifs formés de la même manière qu’en 1k.: veneri ~ vieneri, vieneres ~ vienerios; abejì, abejes ~ abėjos; dvėji, dvėjes ~ dvėjos; frėji, frėjes ~ frėjos; ketveri, ketveres ~ ketverios; pinkeri, pinkeres ~ pinkerios... devineri ~ devyneri, devineres ~ devynerios.
On emploie aussi parfois, avec le suffixe -er-, les formes dvėjeri, dvėjeres ~ dvėjerios; frėjeri, frėjeres ~ frėjerios.
À côté des numéraux collectifs comportant le suffixe -er-, le dialecte emploie également des numéraux de même sens avec le suffixe -el-: veneli ~ vienelė, vienelės ~ vienelios, pinkeli, pinkelės ~ penkelios; šešeli, šešelės ~ šešelios; septineli < septyneli, septineles < septynelios; aštaneli ~ aštuoneli, aštaneles ~ aštuonelios; devineli ~ devyneli, devineles ~ devynelios.
À côté des formes féminines au nominatif vieneres, vieneles et à l’accusatif vieneris ~ vienerias, vienelis ~ vienelias, on rencontre aussi des formes à la voyelle radicale -e-: nominatif vėneres ~ vėnerios, vėnelės ~ vėnelios, accusatif vėneris ~ vėnerias, vėnelis ~ vėnelias. Ces dernières sont probablement apparues par analogie avec dvėjes ou dvėj eres, kė tveres (nominatif); dvėjeris ~ dvėjerias, kė tveris ~ kė tverias (accusatif).
Les numéraux collectifs s’emploient avec les noms au pluriel, par exemple: dvėjes (dvėjeres, dvėjeles) dūris, kė tveres šākes, devineri (devineli) mētai.
Les numéraux collectifs se déclinent comme le numéral cardinal principal keturi, ketres (§ 30). La désinence de l’accusatif masculin est le plus souvent -is (dvėjis, frėjis); seule, près de la limite orientale du dialecte, se rencontre aussi -us (dvėjus, frėjus). À côté du féminin
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les formes du datif et de l’instrumental du numéral collectif de genre frėjes trėjom se disent parfois aussi trijom, par exemple: frijom pirštinem neustėks šūlu; su frijom kėlnem. Cette dernière forme est probablement une forme contaminée issue de frėjom et frīm.
Numéraux collectifs
§ 32. La formation des numéraux collectifs du dialecte est la même qu’en lituanien standard: dvėjetas, trėj etas, kėivertas, piñketas ~ peñketas, devinetas ~ devýnetas.
Les numéraux de cette catégorie peuvent être employés avec des substantifs masculins aussi bien que féminins, par exemple: frėjetas arklių, kėivertas paršu; piñketas kárvu, šéšetas kañlu.
Les numéraux collectifs se déclinent au singulier. Leurs désinences sont généralement les mêmes que celles des substantifs à thème en -a (§ 6); toutefois, le nominatif et l’accusatif peuvent parfois présenter aussi la désinence -a, par exemple: piñketa paršu laksta, trėjeta kárviu ganasi; kėiverta arklių pardavė, aštíone ta vištu lápe nuneše. Ces formes (comme vienuolika — devyniolika) doivent être considérées comme des vestiges du nominatif-accusatif du genre neutre.
Numéraux fractionnaires
§ 33. Les numéraux fractionnaires de ce type, tels que ceux du lituanien standard viena trečioji, trys aštuntosios, ne sont pas employés dans le dialecte; on dit à leur place: (vienas) trėčdalis, (vienas) kėvirtadalis, dù piñktadalii ~ dù penktadaliai, tris aštuntadalii ~ trýs aštuntadaliai, etc.
Les numéraux de cette catégorie n’ont que des formes masculines; leurs composés trėčdalis, ketvirtadalis, etc., se déclinent comme les substantifs à thème en -ia (§ 7).
Le mot pusė ~ pusė est également employé avec le sens de numéral fractionnaire (il se décline comme les substantifs à thème en -ē, § 10).
Les numéraux pusúitra ~ pusáitro, puštrėčė ~ pustrėčio, puškėtv irta ~ pusketvirto... varient en genre, mais ne se déclinent pas; seules les formes du génitif sont utilisées, par exemple: puštrėčė maiša ~ pustrėčio maišo, puštrėčės luntós ~ pustrėčios lentós.
2. Les adjectifs numéraux ordinaux
§ 34. La formation des adjectifs numéraux ordinaux du dialecte ne diffère pas essentiellement de celle du lk., cf.: pirmas, -à; úntras, -à ~ añtras, -à; trėčis, -ė ~ trėčias, -ià; ketvirtas, -à; devintas, -à; dešimtas, -à; dvidešimtas, -à; dvidešim(s) pirmas, -à. Seuls les ordinaux de « 11 » à « 19 » peuvent avoir dans le dialecte des formes doubles: à côté de veniúoiktas, -a, dvìlktas, -a, les locuteurs du dialecte de la génération plus âgée utilisent encore assez souvent venalikis, -e ~ vienuolikìs, -ė, dvìlikis, -e ~ dvylikis, -ė, etc.
§ 35. Les cas du numéral pirmas ont les mêmes terminaisons que les adjectifs à thème en a, tandis que pirmà se décline comme les adjectifs à thème en o (§§ 23, 25). Les autres numéraux ordinaux à thèmes en a et en o se déclinent de la même manière.
Les numéraux trėčis, venalikis, dvìlikis... se déclinent comme les adjectifs à thème en ia (§ 23), trėčė comme ceux à thème en io (§ 25), et venalike, dvìlike comme les adjectifs à thème en ē (§ 26). Comme certains adjectifs à thème en ia, les numéraux venalikis, dvìlikis, etc., présentent parfois, à côté de la terminaison adjectivale du datif singulier (venalikem ~ vienuolikìam, dvìlikem ~ dvylìkiam), également la terminaison nominale (venalikìi ~ vienuolikìui, dvìlikìi ~ dvylìkiui).
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Dans les numéraux ordinaux composés, seul le dernier mot se décline, par exemple: sing. nom. tūkstantis devyni šimtai penktas, gén. tūkstantis devyni šimtai penkta... plur. nom. tūkstantis devyni šimtai keturelikį metai, instr. tūkstantis devyni šimtai keturelikiais metais.
3. Accentuation
§ 36. Les principales différences d’accentuation des numéraux du dialecte par rapport au lk. sont les suivantes:
a) Numéraux cardinaux:
1. Lorsqu’on compte de façon rythmée, la première syllabe des numéraux « 4 » — « 6 » peut porter l’accent: keturi, piñki, šeši.
2. La forme du datif singulier du numéral viena porte l’accent sur la terminaison: venái ~ vienái (cf. § 28a).
3. Le contour intonatif des formes du datif et de l’instrumental du numéral trìs est circonflexe: trīm (cf. § 17,3).
4. Certaines formes casuelles du numéral dešimtis peuvent parfois, à côté de l’accent sur la terminaison, porter aussi (plus rarement) l’accent sur le radical, par exemple: sing. nom. dešimtis || dešimtis, gén. dešimties || dešimties.
5. Les formes plurielles du numéral šimtas portent l’accent sur le radical lorsqu’elles suivent un autre numéral, par exemple: dù šimtai, dvìlika šimtų ~ dvyl(i)ka šimtų, trīm šimtam, dvìem šimtais, mais: šimtai jų tinai skraida; tų jų šimtais nepapirksi.
b) Numéraux collectifs:
À côté des formes nominatives accentuées sur la terminaison septneri, septnelì, aštaneri, aštanelì, devineri, devinelì, on emploie des formes portant l’accent sur le suffixe: septýneri, septýnelì, aštuoneri, aštuonelì, devyneri, devynelì. Ces formes accentuées ainsi sont apparues par analogie avec septynì, aštuoni, devìni, où l’accent a été régulièrement déplacé de la terminaison brève.
c) Numéraux ordinaux:
1. premier, -ière au singulier, la terminaison de l’instrumental et de l’accusatif pluriel porte le plus souvent l’accent: premù, pirmąĩ; pirmùs, pirmàs. L’accentuation de la terminaison de ces formes s’est développée par analogie avec les autres adjectifs numéraux ordinaux, p. ex. ùntras, -à ~ àntras, -à — instrumental singulier untrù, untrąĩ; accusatif pluriel untrùs, untràs.
Au datif singulier des adjectifs numéraux féminins première — dixième, vingtième — quatre-vingt-dixième, l’accent porte sur la terminaison, p. ex.: pirmái, ketvirtái, dvidešimtái..., comme au même cas des adjectifs à thème en o (§ 28 a).
2. venalikis, -e — devinelikis, -e ~ devyniolikis, -ė se fléchissent selon le deuxième paradigme accentuel (venuolktas, -a... a un accent fixe, comme en lituanien standard).
PRONOM
1. Remarques générales
§ 37. La plupart des pronoms du dialecte sont les mêmes qu’en lituanien standard; seuls quelques-uns présentent de légères altérations phonétiques ou morphologiques, certains ont changé de sens, et quelques autres ont été empruntés aux langues slaves. P. ex.:
1. Personnels: aš, tū, jisai14 || ăns « il », anà « elle », mẽs, jūs ~ jũs, jiẽ || àne ~ ãnie, jós || ãnas ~ ãnos.
14 La forme courte jis n’est pas du tout employée. Avec la particule -ai, qui a perdu dans le dialecte sa valeur d’insistance et d’affirmation, certains autres pronoms sont également employés (cf. ci-dessous).
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2. Réfléchis savi ~ savę.
3. Possessifs: màna ~ màno, tàva ~ tàvo, sàva ~ sàvo.
4. Démonstratifs: anàs, anõjį < anõjį15 « cette », šitas, šitai ~ šitoj « celle-ci », tàs || tasai, tõj « celle-là », tõks || taksai ~ toksai, tõke ~ tokią, šitaks ~ šitoks || šitaksai ~ šitoksai, šitake ~ šitokia, tas pãc ~ tas pats, tõj pati, pãc tas, pati tõj, tõks pãc, taksai pãf, tõke pati (pãt).
5. Interrogatifs-relatifs: kàs, kõks || kaksai ~ koksai, kõke, katràs, katrõj, kuris, kurõj (rare), keli, -es ~ -ios, kelintas, -à, keleri, -es, kanõ « de qui ».
6. Indéfinis: kàs, kõks || kaksai, kõke, katràs, -õj, keli, -es, kelõlika < keliõlika, keletas, bet kàs, bet kõks || bet kaksai, bet kõke, bet katràs, bet katrõj, katràs-ne-katras, katrõj-ne-katrõj, kai kàs, kažna kàs, kažna katràs, kažna kõks (kaksai), šis tàs, šõks tõks || šeksai taksai ~ šioksai toksai, šõke, tõke, kitas, kitai ~ kitoj, kas kita, vienas kitas, viena kita, kitõks, -e, kitõniškas, -a, visas, -à, viskàs, visõks, -e, niẽkas, ni joks, -e « aucun, -e », ni kõks (kaksai), -e « aucun, -e ». À la place de kiekvienas, -a, on emploie surtout des pronoms d’origine slave kõžnas, -a, žėdnas, -a.
7. Emphatiques pãc, pati.
2. Déclinaison
Pronoms sans genre
§ 38. àš, tù; savi.
Singulier Pluriel N. àš, tù mẽs, jūs G. manì, tavì, savì mūsų, jūsų D. mãn, tàu, sáu mùm, jùm Acc. manì, tavì, savì mumìs, jumìs Instr. manìm, tavìm, savìm mùm, jùm Loc. manì, tavì, savì mumìsi|mumìse; jumìsi|jumìse
Outre les formes plus courtes àš, tù, le nominatif singulier présente parfois aussi des formes plus longues: ãšen, ãšenai; tùjen, tùjenai. Elles ne sont guère employées que par la génération la plus âgée.
Au singulier, les formes du génitif et de l’accusatif sont le plus souvent identiques dans le dialecte: manì ~ manę, tavì ~ tavę, savì ~ savę. À côté de manì, tavì, savì, on relève parfois des formes d’accusatif singulier manì, tavì, savì. Elles peuvent être les vestiges des formes plus anciennes manė, tavė, savė (dans le dialecte -ė > -i), mais l’accusatif singulier en -i de ces pronoms apparaît également dans les dialectes lituaniens orientaux qui conservent intact l’ancien -ė (par exemple, aux environs de Tverečius), ainsi que dans les dialectes où l’ancien -en > -e (Palomenė, Žasliai et ailleurs). L’origine des formes d’accusatif singulier en -i demeure donc incertaine16.
Au pluriel, le génitif est le plus souvent mūsu ~ mūsų, jūsų ~ jūsų (ces formes s’emploient aussi comme pronoms possessifs). On rencontre parfois encore, par analogie avec le génitif singulier,
15 Les formes simples du nominatif et de l’instrumental singuliers des pronoms féminins particuliers ont été remplacées par des formes pronominales définies abrégées (à leur sujet, voir plus en détail « Lietuvos TSR MA Darbai », série A, 2(7), 1959, p. 195 et suiv.). À côté des formes simples, le nominatif pluriel masculin présente parfois lui aussi des formes pronominales définies abrégées, par exemple: anieĮ, kairieĮ, šitieĮ, tieĮ. Ces formes ne se rencontrent toutefois pas dans toute l’aire dialectale: elles sont principalement employées seulement dans les environs de Čiobiškis et de Musninkai.
16 Cf. J. Otrębski, Gramatyka języka litewskiego, t. 3, Warszawa, 1956, p. 137; Z. Zinkevičius, Lietuvių dialektologija, p. 299.
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Les formes constituées sont mumì ~ mumė, jumì ~ jumė (cf.: jisai mumì nepràšė; iš jumì atėję un mumis « de chez vous, ils sont venus chez nous »).
Comme le datif pluriel, l’instrumental pluriel est le plus souvent identique (cf.: neik su mùm; su jùm nėr kȯ šnekėt). L’instrumental pluriel mumìm, jumìm est plus rare (cf.: su mumìm anà nėšneka; àš su jumìm nòru važiuòti).
L’accusatif pluriel est le plus souvent mumìs, jumìs; les formes d’accusatif mumì, jumì sont plus rares.
§ 39. Les autres pronoms non personnels n’ont qu’un singulier. Leurs désinences sont pour la plupart les mêmes que celles des pronoms lituaniens standard correspondants, mais certains cas présentent de légères différences phonétiques; cf.:
N. kàs, niẽkas, šìs tàs
G. kȯ, niẽka, šȯ tȯ
D. kám, niẽkam, šám tám
A. kù, niẽku, šì tù
I. kuõ || kuõm, niẽku, šuõ tuõ || šuõm tuõm
Le génitif possède aussi la forme kanõ, employée avec une valeur interrogative, relative et indéfinie, par exemple: kanõ šitai kepùrė? kanõ padėta, tas jį pasiims; nemètik akmenų — da kanõ lùngu išmuši. La forme kanõ provient probablement de kenõ < kienõ, c’est-à-dire du génitif singulier du pronom kienas (qui ne se rencontre aujourd’hui que dans les dialectes lituaniens orientaux, par exemple à Lazūnai, Gervėčiai et Zietela).
À côté de l’accusatif šì tù, on rencontre aussi šù tù (cf.: dàve šù tù pasògas), où šù semble être apparu par analogie avec le second élément (tù).
L’instrumental singulier kuõm (< kuomi), šuõm tuõm (< šiuomi tuomi), comme les formes de ce cas des pronoms personnels se terminant par -m, est davantage employé par les représentants de la génération plus âgée.
Les formes locatives sont remplacées par les adverbes: kur̃, niẽkur, šì tì « par-ci par-là ».
Le pronom kelõlka se décline comme le numéral veniõlka (§ 30).
Pronoms genrés
Thème en a
§ 40. Pour la plupart des cas des pronoms à thème en a, par ex.: anàs, šìtas, vìsas, les désinences sont les mêmes que celles des adjectifs à thème en a (§ 23); elles ne diffèrent que dans un ou deux cas.
À l’instrumental du singulier, certains pronoms ont trois désinences: -u, -uo et -uom, cf.: anù, anuõ, anuõm; katrù, katruõ, katruõm; šitù, šituõ, šituõm. Le pronom tàs conserve encore les anciennes désinences -uo ou -uom (< -uomi): tuõ, tuõm. Les formes de ces pronoms en -uo sont les plus couramment employées; celles en -uom sont davantage caractéristiques des locuteurs de la génération plus âgée, tandis que celles en -u ne se rencontrent presque plus. À l’instrumental du singulier des autres pronoms à thème en a, la désinence est toujours -u (< -uo), par ex.: kitù, kitõnišku, kõžnu, kelintù, visù.
Les pronoms anàs, katràs, šìtas, tàs conservent les anciennes désinences du nominatif et de l’accusatif pluriels: nom. aniẽ, katriẽ, šitiẽ, tiẽ; acc. anuõs, katruõs, šituõs, tuõs. Chez les autres pronoms à thème en a, les désinences de ces cas sont abrégées: nom. kiti, kitõniški, kõžni, kelintì; acc. kitùs, kitõniškus, kõžnus, kelintùs.
9. Lietuvių kalbos gramatikos tyrinėjimai
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Thème en ia
§ 41. Les pronoms à thème en ia, par ex.: jisai, kòks (kaksai), se déclinent de manière semblable aux adjectifs de même thème (§ 23). Toutefois, ces pronoms ont presque toujours conservé les anciennes désinences de l’instrumental singulier et des nominatif et accusatif pluriels, par ex.: instr. sg. juõ || juõm, kakuõ || kakuõm, nom. pl. jiẽ, kakìẽ, acc. pl. juõs, kakuõs.
À côté de la forme du nominatif singulier du pronom personnel jisai, le pronom áns (< ánas), de même sens, est très fréquemment employé; à côté du nominatif pluriel jiẽ, on trouve ãne ~ ãnie ou (plus rarement) ãnis ~ ãnys.
Les pronoms keli, keleri ne possèdent que des formes du pluriel, dont les désinences sont exactement les mêmes que celles de l’adjectif naujas (§ 23).
Le pronom pàč ~ pàts se distingue quelque peu des autres pronoms à thème en ia par sa déclinaison. Certains de ses cas conservent les désinences des thèmes en i, cf.: gén. sg. patìẽs, acc. pàti ~ pàtį, nom. pl. pàtis ~ pàtys. Les désinences des autres cas sont celles des thèmes en ia. La désinence de ce thème apparaît souvent aussi au génitif singulier: pàče ~ pàčio. À côté de l’accusatif singulier pàti, on rencontre parfois aussi pàči (cf.: pàči didžiausi darbų padarèm; jisai un pàči karàli būva nuvėjis « il était allé chez le roi lui-même »). Dans ces formes, č est apparu par analogie avec les autres cas, qui présentent régulièrement l’affriquée č.
Les désinences de l’instrumental singulier et de l’accusatif pluriel du pronom pàc sont abrégées: instr. sg. pàčiu, acc. pl. pàčius || pàčis ~ pàčiùs.
thème en o
§ 42. La plupart des pronoms à thème en o ont les mêmes désinences que les adjectifs de ce thème (§ 25).
Pour certains pronoms, à la place des formes simples du nominatif singulier, comme déjà indiqué (cf. note 15), on emploie le plus souvent des formes pronominales contractées (p. ex.: andì, katròi, šitai...).
L’instrumental singulier a toujours les désinences longues (pronominales), p. ex.: anújį ~ anąjį || anó, šitùjį ~ šitáj || šitąj, visài.
Les pronoms anà, katrà, šità ont, à côté des formes d’accusatif pluriel en -as ~ -as, également des formes en -uos: anuõs, katrõs, šitõs. Le pronom tà n’a que la forme tuõs. L’accusatif pluriel en -uos est apparu par analogie avec les formes du masculin (à thèmes en a et ia).
thème en io
§ 43. Les désinences des pronoms à thème en io sont les mêmes que celles des pronoms à thème en o, mais, lorsqu’elles suivent des consonnes palatalisées, elles ont subi davantage de changements phonétiques, p. ex.: accusatif sing. pàči (< pàčiu) ~ pàčia, šitaki ~ šitokia, instrumental sing. kakúi ~ kokiáj || kakì, pàčì « de la même manière », accusatif plur. pàčis ~ pàčias, šitakis ~ šitokias.
À la place des formes d’accusatif pluriel du féminin jàs, kòkias, kuriàs, šiàs, tòkias, le dialecte emploie toujours juõs, kakùõs, kuriõs, šiõs, takùõs.
À la place de la forme de nominatif singulier du féminin ji, le dialecte emploie, pourrait-on dire, toujours anà; et, à côté du nominatif pluriel jõs, très souvent aussi ãnas ~ ãnos.
Les pronoms kėlės ~ kėlios, kėleres ~ kėlerios n’ont que des cas au pluriel.
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3. Accentuation
§ 44. Les principales différences d’accentuation des pronoms du dialecte par rapport au lituanien standard sont les suivantes:
a) Le pronom šitas, šitai est accentué comme kitas, -a (kitai), visas, -a, c’est-à-dire comme les adjectifs bisyllabiques de la quatrième classe accentuelle (geras, -a).
b) Les pronoms kóks (kaksai), kóke ~ kokia, šóks (šeksai), šóke ~ šiokia, tóks (taksai), tóke ~ tokià ont un accentuation finale (seuls les nominatif singulier kóks, šóks, tóks et le nominatif pluriel kók es || kakós, šók es, tók es || takós sont accentués sur le radical).
c) Les formes du datif singulier féminin des pronoms à accent mobile sont toujours accentuées sur la terminaison, par exemple: kelintái, pačiái (cf. l’accentuation des adjectifs, § 28).
VERBE
1. Remarques générales
Modes, temps, nombres, personnes. § 45. Les verbes ont quatre modes: l’indicatif, le conditionnel, l’impératif et le permissif.
L’indicatif comporte quatre temps: le présent, le prétérit simple, le prétérit fréquentatif et le futur.
Les verbes ont deux nombres: le singulier et le pluriel; il n’y a pas de duel. Au pluriel, les formes de première personne de tous les modes et de tous les temps se terminent généralement par -m dans le dialecte, et celles de deuxième personne par -i. Dans ces formes, la voyelle -e- ~ -ė- après -m et -i ne se maintient que devant la particule réflexive, par exemple: nėšame ~ nėšamės, nėšate ~ nėšatės. Pour -e aux première et deuxième personnes du pluriel du futur, cf. § 55.
La troisième personne du singulier et du pluriel a toujours les mêmes formes.
Certains verbes ne s’emploient qu’à la troisième personne. Ce sont les verbes dits impersonnels, par exemple: sópa, sapėja ~ sopėjo, sapėdava, sapės, sapėtu; šėkasi, šėkesi ~ šėkėsi...; tóptelaje ~ tóptelėjo. Toutefois, dans certaines expressions, on rencontre aussi la deuxième personne de l’impératif de ces verbes, par exemple: įir uñs isapėk tu mán teip « et que cela te fasse donc mal ainsi »; įir pašnik tu mán teip gražei.
Verbes réflexifs. § 46. Les verbes sans préfixe portent toujours la particule réflexive -s(i) à la fin du mot. Elle est plus souvent conservée dans sa forme entière (-si) uniquement à la troisième personne du présent, du prétérit simple, du prétérit fréquentatif et du conditionnel, par exemple: mátasi ~ mátosi, nėšasi, praūšisi ~ praūšiasi, šlūjosi ~ šlūojasi; mátėsi ~ mátėsi, nėšėsi ~ nėšėsi, praūšesi ~ praūšėsi, šlávėsi ~ šlávėsi; matídavasi ~ matýdavosi, nėždavasi ~ nėšdavosi, praūždavasi ~ praūsdavosi, šlūdavasi ~ šlūodavosi; matítusi ~ matýtusi, nėštusi, praūstusi, šlūotusi. Cependant, ces formes s’emploient aussi assez souvent sans -i. Dans ce cas, la particule réflexive abrégée -s reste le plus souvent douce, par exemple: mátas, nėšas, praūšis; mátės, nėšės, praūšes; matídavas, nėždavas, praūzdavas; matítus, nėštus, praūštus (on dit aussi, il est vrai, mátas, nėšas...).
Dans les terminaisons des autres formes, la particule réflexive est toujours abrégée, par exemple: matýtis ~ matýtis, nėštis, praūštis (la douceur de -s est peu marquée); nešuos, nešies, nėšames ~ nėšames, nėšates ~ nėšates; nešaus, nešies nėšemes ~ nėšėmes, nėšetes ~ nėšėtes; nėždavaus, nėždavais...; nešuos, nešies...; nėškis, nėškimes ~ nėškimes; nėštums.
Dans les verbes préfixés, la particule réflexive se place toujours entre le préfixe et le radical. Elle reste sous sa forme complète (-si-) dans les cas suivants:
1) lorsqu’elle porte l’accent, par exemple: apsiėme ~ apsiėmė, nusiprause ~ nusiprausė, pašsivėžė, pasisukem ~ pasisukeme, pasisukėt ~ pasisukėte;
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2) lorsqu’elle se trouve devant une racine commençant par les consonnes s, š, z, ž, ainsi que plus souvent par č, dž, par ex.: pasišveikinti, peršisverti; apsisvārinti, peršisālditi ~ peršisaldyti; pasižulinti, unsizuršt « įsiziursti »; apsižėrkti, susižinoti; nusičiaudėt ~ nusičiaudėti, susičėupk; apsidžiaūks, pasidžiaūt (plus rarement: suščėupk ~ susičiaupk, paždžiaūt ~ pasidžiauti);
3) lorsqu’elle se trouve après les préfixes iš- ~ iš-, už-, et très souvent aussi après at-, par ex.: išsidilinti ~ išsidilinti, išsimāudīt ~ išsimāudyti, išsivaikščėt ~ išsivaikščioti; usidėkīt ~ užsidėgti, usinarēt ~ užsinorėti, usiprašīt ~ užsiprašyti; acidūsa ~ atsidūso, acikōsēi ~ atsikōsēti, acimīnīt ~ atsimīnīti (plus rarement: acadūsa, ackōsēt, acimīnīt).
Dans les autres cas, après le préfixe, la particule réflexive est le plus souvent réduite: -si- > -s- (devant une consonne sonore -z-), par ex.: abždėgīnīt < apsidėginti, apšvilkt < apsivilkti, nusprāušīt < nusipraūšti, pastaisīt < pasitaisīti, parsvarīt < parsivarīti, peršnešt < persinešti, suždēt < susidėti. Les formes de ces verbes avec la particule réflexive non réduite (apsidėgint, apsivilkti…) sont moins fréquentes.
Infinitif. § 47. Dans le dialecte, on emploie principalement la forme réduite, qui se termine par un -t palatalisé, par ex.: ait ~ eiti, būt ~ būti, matīt ~ matyti, narēt ~ norėti, sūkt, važiuot. Les formes d’infinitif plus longues, avec -i ou -e ~ -ie final, sont rares, par ex.: gáuti, gáute.
Les représentants de la génération plus âgée emploient parfois encore, en plus des formes mentionnées, l’infinitif avec la particule -nai, par ex.: aitēnai ~ eitienai, dirptēnai ~ dirbtienai, narētenai ~ norētienai, važiuotenai.
L’infinitif des verbes réflexifs se termine toujours par -tis, par ex.: nēštis, pīrktis, sūktis, vītis ~ vītis.
Le supin. § 48. Le supin, caractéristique de certains autres dialectes de l’Est aukštaitien, est pour ainsi dire absent du dialecte décrit — un seul exemple a été relevé: mēs būdavo vagātu važiuojim ~ mēs būdavo uogautų važiuojame (Jačionys, environs de Pabaiskas). À sa place, on emploie l’infinitif, par ex.: visi išējē (~ išėjo) rūgų pjaūt; jisai važiuoji (~ važiuoja) šiena vėšt.
2. Conjugaison
Mode indicatif
Présent
§ 49. Selon la voyelle finale du radical, les formes du présent peuvent être réparties en quatre groupes: à radical en a, à radical en ia, à radical en i et à radical en o. Les désinences personnelles sont les mêmes que celles des formes du présent en lituanien standard; dans le dialecte, certaines d’entre elles ont seulement subi des changements phonétiques, cf.:
Singulier Pluriel
Radical en a
1. je tourne, nous tournons
2. tu tournes, vous tournez
sūka, sūkas(i)
Radical en ia
1. je lève, nous levons
2. porter, porterais
3. kēli, kēlis(i)
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i thème
1. turì, turìos tùrim, tùrimes
2. turì, turìes tùrit, tùrites
3. tùri, tùris(i)
o thème
1. rõdau, rõdaus rõdam, rõdames
2. rõdai, rõdais rõdat, rõdates
3. rõda, rõdas(i)
§ 50. La formation des thèmes du présent dans le dialecte ne diffère pas essentiellement de celle du lituanien standard. Seuls quelques points méritent d’être mentionnés.
a) Au moins plusieurs formes de chaque personne du verbe bū̃t ~ būti sont employées, à savoir: sing. 1re pers. būnu, asù, asmù, 2e pers. būni, asi, 3e pers. būna, būsta, įir(a), ästi; plur. 1re pers. būnam, äsam, 2e pers. būnat, äsat. Il est vrai que l’emploi de ces formes diffère parfois quelque peu: les formes asù, asmù, asi, įir(a), ästi, äsam, äsat expriment la présence de la personne au moment de l’énonciation, tandis que les formes būnu, būni, būna, būsta, būnam, būnat s’emploient le plus souvent dans un temps strictement indéterminé.
Les formes à radical as- ~ es- sont des vestiges de la conjugaison athématique. Toutefois, seules les formes de la 2e pers. du sing. (asi ~ esi) et de la 3e pers. (ästi ~ ėsti) ont conservé les désinences de cette conjugaison. Les formes des autres personnes sont contaminées: elles ont reçu les désinences des verbes thématiques (à thème en a)17.
b) Les formes des verbes à thème en ia du dialecte se sont entièrement confondues avec celles des verbes à thème en i. Cette fusion s’explique par le changement de la voyelle finale du thème a (après une consonne palatalisée) en i. Ainsi, les formes kėli, kėlisi; kėlim, kėlimes; kėlīt, kėlites sont le résultat de l’évolution phonétique de kėlia, kėliasi; kėliame, kėliamės; kėliate, kėliatės.
Dans le dialecte, les formes du présent des verbes ia-thématiques girdė̃t, lidė̃t ~ lydėti, sedė̃t ~ sėdėti, židė̃t ~ žydėti sont également attestées; l’affriquée présente dans ces formes en témoigne: 3e pers. giřdži(si), lidži, sėdži, židži, plur. 1re pers. giřdžim, lidžim, sėdžim, židžim, 2e pers. giřdžit, lidžit, sėdžit, židžit.
La forme de 3e pers. du présent rõdze(s) ~ rõdžia(s) « montre (se) » n’a été entendue que quelques fois (rõdze « les livres sont mauvais », Juknonys, environs de Čiobiškis; rõdžes, neprisimenų takų « cela montre, je ne me souviens pas des chemins », Leščūnai, environs de Gelvonai).
c) La consonne finale du thème du présent des verbes suffixés en -aut peut être j ou n, par exemple:
abaláut ~ obuoliáuti — abaláuju, 2e et 3e pers. du sing. abaláuji, abaláujim, abaláujit || abaláunu, abaláuni, abaláuna, abaláunam, abaláunat; badáut — badáuju, 2e et 3e pers. du sing. badáuji… || badáunu, badáuni, badáuna…; dūsaut ~ dūsauti — dūsauju, 2e et 3e pers. du sing. dūsauji… || dūsaunu, dūsauni, dūsauna…; mainikáut — mainikáuju, 2e et 3e pers. du sing. mainikáuji… || mainikáunu, mainikáuni, mainikáuna…; pašaráut — pašaráuju, 2e et 3e pers. du sing. pašaráuji… || pašaráunu, pašaráuni, pašaráuna…; svačáut ~ svočiáuti — svačáuju, 2e et 3e pers. du sing. svačáuji… || svačáunu, svačáuni, svačáuna.
17 Les vestiges de la conjugaison athématique sont très peu nombreux dans le dialecte. Outre les formes du verbe būti « être », on emploie souvent encore seulement la 3e personne: niešti ~ niežti.
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Les formes avec la consonne j à la finale du radical semblent un peu plus fréquentes. Cependant, pour certains verbes, on tend davantage à employer (du moins dans certaines parties de l’aire dialectale) le présent avec la consonne n, par exemple: gribáuti ~ grybáuti — gribáunu, gribáuni, gribáuna; vagáuti ~ vogáuti — vagáunu, vagáuni, vagáuna; žuváuti — žuváunu, žuváuni, žuváuna (Kuliškiai, environs de Pabaiskas).
La finale du radical j se trouve surtout dans les verbes au présent dont le n précède la diphtongue au du préfixe, par exemple: bernàuti — bernáuju, bernáuji (2e et 3e pers. du sing.), bernáujim, bernáujit; šenáuti ~ šienáuti — šenáuju, šenáuji, šenáujim, šenáujit; tingináuti ~ tinginiauti — tingináuju, tingináuji, tingináujim, tingináujit.
Dans les verbes primaires dont la racine contient la diphtongue au (sans consonne avant la terminaison de l’infinitif), la finale du radical au présent comporte toujours n, par exemple: bláuti — bláunu, bláuni, bláuna; grãuti — grãunu, grãuni, grãuna; pláuti — pláunu, pláuni, pláuna; ráuti — ráunu, ráuni, ráuna.
d) Les verbes primaires dont la voyelle radicale est ū (sans consonne avant la terminaison de l’infinitif) présentent des formes concurrentes au présent. À la finale du radical au présent, ces verbes peuvent avoir les consonnes st, n, v, par exemple: džūti ~ džūti — džūsta, džūna, džūva; grūti ~ griūti — grūsta, grūna, grūva; kliūti ~ kliūti — klūsta, klūna, klūva; pūti ~ pūti — pūsta, pūna, pūva; žūti ~ žūti « atteindre son terme; disparaître, périr; pêcher » — žūsta, žūna, žūva. Les formes en -st- sont les plus courantes, celles en -v- les plus rares.
Les verbes primaires à u radical ont parfois deux formes au présent: avec le préfixe -st- et avec l’infixe -n- (devant b, p: -m-), par exemple: blùkti — blùksta, blùnka; dùpti ~ dùbti — dùpsta, dùmba; klùpti — klùpsta, klùmpa; kūrti ~ kiùrti — kūrsta, kūrna < *kiùrna; smùkti — smùksta, smùnka. Les deux formes ont une fréquence presque identique.
Les infinitifs dùkti ~ dùkti, rùkti ~ rùgti, slùkti ~ slùgti se prononcent parfois aussi avec un u bref: dùkti, rùkti, slùkti. Au présent, ces verbes ont, à côté des formes avec le préfixe -st- (dùksta, rùksta, slùksta), plus rarement aussi des formes avec l’infixe -n- (dùnka, rùnka, slùnka).
Certains verbes à d’autres voyelles radicales (a, e, i) ont parfois eux aussi deux formes au présent — avec le préfixe -st- et l’infixe -n- —, par exemple: nukápti ~ nukábti — nukápsta, nukámba; šlápti — (pa)šlápsta, šlámpa; glėpti ~ glébti — (su)glėpsta, (su)glémba; (pra)šmékti ~ (pra)smégti — (pra)šméksta, (pra)sménga; drìpti ~ drìbti — (su)drìpsta, (su)drìmba; (ab)gìšti ~ (ap)gìžti — (ab)gìšta, (ab)gìnža; ìrti ~ irti — ìrsta, ìrna (< *ìrna) || ìra ~ ýra; lìpti « coller » — lìpsta, lìmpa; plìkti — plìksta, plìnka; vi̇sti || vi̇st ~ vísti — vísta, vínta; žìlti — žìlsta, žìlna < *žìžla. Pour certains verbes (nukápti, šlápti, glėpti, šmékti, drìpti, lìpti), la forme avec l’infixe -n- est plus fréquente; pour d’autres (ìrti, plìkti, vi̇sti, žìlti), les deux formes sont aussi fréquentes. Pour le verbe gìšti, c’est la première forme qui est la plus courante.
e) Le verbe šùlti ~ siùlyti: šùliju, šùliji (2e et 3e pers. du sing.), šùlijim, šùlijit et šùlau, šùlai, šùla, šùlam, šùlat présente parfois deux formes au présent. Les premières, c’est-à-dire les formes avec le préfixe -ij-, sont les plus fréquentes et les plus anciennes (employées par la génération âgée).
Pour le verbe pelėti ~ pelėti, les formes de 3e personne pelėji et pėli sont employées; pour klajė ~ klajėti, la forme de 3e personne est klajėji (cf. klòji).
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Le passé simple
§ 51. Selon la voyelle finale du thème, les formes du passé simple peuvent être réparties en thèmes en (i)o et en ė. Leurs désinences ne diffèrent de celles du passé simple lituanien standard que sur le plan phonétique, cf.:
Singulier Pluriel thème en o 1. dirbau, dirbaus dirbam, dirbames 2. dirbai, dirbais dirbat, dirbates 3. dirba, dirbas(i) thème en io 1. stojau, stojus stojem, stojemes 2. stojii, stojis stojėt, stojėtes 3. stojė, stojės(i) thème en ė 1. vedžiau, vedžiaus vėdem, vėdemes 2. vedei, vedeis vėdet, vėdetes 3. vėde, vėdes(i)
§ 52. Après l durci, les désinences du passé simple des verbes à thème en ė gul̃t, kãlt, kũlt, mãlt, pĩlt, pū̃lti, vėl̃ti, žel̃ti, etc., à l’exception de la première personne du singulier, ont phonétiquement coïncidé avec celles des formes à thème en o. Par analogie avec les autres personnes, la 1re personne du singulier a également été alignée sur les thèmes en o. C’est pourquoi les verbes de ce groupe se conjuguent aujourd’hui exactement comme ceux à thème en o, cf.:
Singulier Pluriel 1. kalau, kėlau kālam, kėlam 2. kalai, kėlai kālat, kėlat 3. kāla, kėla
§ 53. Au passé simple, les verbes suivants sont également à thème en ė (à thème en o en lituanien standard): kišti, knisti, lipti, lūžti, rišti, rįšti, skųsti, sūkti, supūti, šūti ~ siūti, cf.: 1re pers. sg. lipau, 2e pers. lipei, 3e pers. lipe ~ lipė; 1re pers. pl. lipem ~ lipėme, 2e pers. lipet ~ lipėte.
Le verbe šūlīt ~ siūlyti possède deux séries de formes au passé simple (comme au présent, § 50e): šūlijiu, šūliji, šūlije, šūlijem, šūlijet et šūliu, šūli, šūle, šūlem, šūlet. Les formes avec le suffixe -ij- sont les plus fréquentes, notamment chez les générations plus âgées.
À la forme négative du verbe reikėti, deux formes de 3e personne ne sont pas employées: la forme longue nereikėjo ~ nereikėjo et la forme courte — nėreike ~ nėreikė (par ex.: nėreike tau su juo šnekėti « tu n’avais pas besoin de lui parler »), qui est probablement apparue par analogie avec prireike ~ prireikė.
Temps passé fréquentatif
§ 54. Le temps passé fréquentatif du dialecte se forme de la même manière que dans la langue littéraire, par ex.:
Singulier Pluriel 1. dirbdavau, dirbdavaus dirbdavam, dirbdavames 2. dirbdavai, dirbdavais dirbdavat, dirbdavates 3. dirbdava, dirbdavas(i)
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Temps futur
§ 55. Les terminaisons des verbes au futur du dialecte sont le plus souvent les mêmes que dans la langue littéraire; toutefois, les 1re et 2e personnes du pluriel présentent parfois deux formes, cf.:
Singulier
Pluriel
1. je porte, je me porte nous portons || nous portons, nous nous portons || nous porterions
2. tu portes, tu te portes vous portez || vous portez, vous vous portez || vous porteriez
3. neš, nešìs
Les formes de la 1re personne du pluriel aìsme ~ eìsme, būsme ~ būsme, diṙṗsme ~ dirbsme, nešme, vėšme, celles de la 2e personne du pluriel aìste ~ eìste, būste ~ būste, diṙṗste ~ dirbste, nešte vėšte sont plus rares; elles ne sont employées que par les personnes de la génération la plus âgée.
Dans les verbes darìt ~ darýti, sakìt ~ sakýti et les autres verbes de ce type, la voyelle i est abrégée dans la terminaison de la 3e personne, par ex.: darìs, sakìs (: langue littéraire darỹs, sakỹs).
Mode conditionnel
§ 56. Les formes du mode conditionnel se forment à partir du radical de l’infinitif et des désinences personnelles.
Au singulier, les formes de la 1re personne s’emploient le plus souvent avec -čẽ ~ -čià (par ex.: aìčẽ, gaučẽ, pìrkčẽ, žinõčẽ), plus rarement avec -č seulement (aìč, gauč, pìrkč, žinõč) ou avec -čiù ~ -čiaũ (aìčiù, gaučiù, pìrkčiù, žinõčiù). Les formes réfléchies se terminent le plus souvent par -čes ~ -čias (par ex.: bȧrčes, pìrkčes, šùkčes, turẽčes), plus rarement par -čius ~ -čiaus (barčiùs, pìrkčiùs, šùkčiùs, turẽčiùs).
La 2e personne du singulier se termine toujours par -tum (aìtum, gau̇tum, pìrktum, žinõtum), et ses formes réfléchies par -tums (baṙtums, pìrktums, šùktums, turẽtums).
La 3e personne du mode conditionnel se termine le plus souvent par -tų ~ -tų (aìtų, gau̇tų, pìrktų, žinõtų); des formes abrégées se terminant uniquement par -t sont employées plus rarement (aìt, gau̇t, pìrkt, žinõt). Les formes réfléchies de cette personne se terminent par -tus(i) ~ -tusi (cf. § 46), par ex.: baṙtusi, pìrktusi, šùktusi, turẽtusi ou baṙtus, pìrktus, šùktus, turẽtus.
La 1re personne du pluriel se termine toujours par -tumem ~ -tumėme (aìtumem, gau̇tumem, pìrktumem, žinõtumem), et la 2e personne par -tumėt ~ -tumėte (aìtumėt, gau̇tumėt, pìrktumėt, žinõtumėt). À la 1re personne du pluriel, les formes réfléchies se terminent par -tumems ~ -tumėms (baṙtumems, pìrktumems, šùktumems, turẽtumems), et à la 2e personne par -tumetes ~ -tumėtės (baṙtumetes, pìrktumetes, šùktumetes, turẽtumetes).
Mode impératif
§ 57. Les formes du mode impératif se forment à partir du radical de l’infinitif avec le formant k, — autrement dit, comme en lituanien standard (lk.), cf.: sing. 2e pers. pìrk, pìrkis; plur. 1re pers. pìrkim, pìrkimės ~ pìrkimės, plur. 2e pers. pìrkit, pìrkites ~ pìrkìtes. Seule a été entendue, auprès d’un représentant de l’ancienne génération (une femme âgée de 75 ans du village de Papėniškiai, dans les environs de Pabaiskas), une forme de la 2e personne du singulier de l’impératif sans -k: dieve mil « mon Dieu, aime-moi ».
La 1re personne du pluriel du présent s’emploie parfois avec la valeur de la 1re personne du pluriel de l’impératif, cf.: ganà sėdėt, aìnam dirbt « assez de rester assis, allons travailler »; ganà ganìt, vàram gyvulis namõn « assez de faire paître, rentrons le bétail »; ùštenka jòm lãst, vẽjim dabȧr laukȧn « il suffit de leur donner à manger, chassons-les dehors maintenant ».
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Mode permissif
§ 58. Le mode permissif (ou optatif) n’a que la 3e personne; celle-ci se forme à partir de la 3e personne du présent avec les particules tegu, tegul¹⁸, par exemple: tegu(l) sūka, sūkasi; tegu(l) keli (∼ kẽlia), kẽlisi (∼ kẽliasi); tegu(l) tūri, tūrisį; tegu(l) rōda (∼ rōdo), rōdasi (∼ rōdosi).
Dans la phrase, les particules tegu, tegul peuvent être séparées de la forme verbale par d’autres mots, par exemple: tegu(l) jisai sau dirba.
Par son sens, le mode permissif est proche de l’impératif¹⁹; toutefois, il n’exprime ni ordre ni commandement, mais indique seulement une permission, un accord ou un souhait que telle ou telle action soit accomplie.
L’action exprimée par le mode permissif peut se dérouler maintenant ou dans l’avenir. Si elle doit avoir lieu dans l’avenir, la forme de la 3e personne du futur remplace parfois celle de la 3e personne du présent, par exemple: ritōi tegu jisai pãc ateis.
3. Accentuation
§ 59. Les principales différences d’accentuation entre les verbes non préfixés (primaires et secondaires) du dialecte et ceux du lituanien standard sont les suivantes:
1. Dans les verbes primaires dont la racine est brève ou longue à accent circonflexe, la terminaison des formes de la 1re et de la 2e personne du singulier du futur est accentuée, par exemple: kãsį – kasù (: lk. kasiù), kasi (: lk. kasi); mẽsį – mesù, mesi; rìšį – rišù, riši; sùkį – sukù, suksi; baũsį – bausù, bausi; gùlį – gulù, gulsi; pìrktį – pirksù, pirksi.
2. Les verbes dont la forme de la 3e personne du prétérit simple porte l’accent sur le suffixe -ije ∼ -ijo conservent cet accent suffixal aux 1re et 2e personnes du singulier, par exemple: geltanije ∼ geltonijo – geltaniju (: lk. geltonijau), geltaniji (: geltonijai); kirmije ∼ kirmijo – kirmiju, kirmiji.
3. Certains verbes sont accentués différemment du lituanien standard. Ainsi, l’accent porte sur le suffixe dans: ašarōt, ašarōji, ašarōje (: lk. ašaroti, ašaroja, ašarojo); kapanōtis, kapanōjasi, kapanōjese (: kãpanotis, kãpanojasi, kãpanojosi); plaiskanōt ∼ pleiskanōti, plaiskanōji, plaiskanōje (plus rarement, comme en lituanien standard: plàiskanat ∼ plėiskanoti, plàiskanaji, plàiskanaje); vasarōt, vasarōji, vasarōje (: lk. vãsaroti, vãsaroja, vãsarojo)²⁰.
Dans le verbe brūngintį, l’accent porte le plus souvent sur la racine: brūngina, brūngina (: lk. branginti, brangina, brangino²¹).
¹⁸ Les particules tegu, tegul portent parfois l’accent sur la deuxième syllabe (tegù, tegùl), mais, dans la phrase, elles sont souvent entièrement inaccentuées: rattachées à la forme verbale, elles deviennent des proclitiques (tegu gina, tegul mẽta).
¹⁹ Dans la grammaire actuelle de la langue lituanienne destinée à l’enseignement scolaire, les formes du mode permissif sont classées parmi celles de l’impératif; cf. J. Žiugžda, Lietuvių kalbos gramatika, 1, Kaunas, 1966, p. 150–151.
²⁰ L’accent porte sur le suffixe uniquement également dans les verbes baltuōt (baltuōji, baltãva), geltanōt ∼ geltonuoti, mėlinuōt ∼ mėlynuoti, raudanuōt ∼ raudonuoti. Cf. aussi Dabartinės lietuvių kalbos žodynas, p. 64, 205, 455, 658 (les verbes cités y ont une accentuation double, sur la racine et sur le suffixe, par exemple: baltuoni, baltuoja, baltavo et baltuoti, baltuoja, baltavo); A. Laigonaitė, Literatūrinės lietuvių kalbos kirčiavimas, p. 74.
²¹ Žr. Dabartinės lietuvių kalbos žodynas, Vilnius, 1954, p. 88. Kitaip šį veiksmažodį kirčiuoja šaknyje) A. Laigonaitė, plg. jos min. veik., p. 75.
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4. Certaines formes verbales et certains verbes isolés du dialecte ont la même place de l’accent que dans la langue littéraire, mais une intonation différente, par exemple:
a) Le subjonctif de tous les verbes dissyllabiques à radical à accent circonflexe sur la première syllabe présente une intonation circonflexe, cf.: laišti ~ leisti – laišč(e) ~ leisč(ia), laistum, laistu, laistumem, laistumėt; málti – malč(e), maltum, maltu, maltumem, maltumėt; spírti – spiř-č(e), spirtum, spirtu, spirtumem, spirtumėt. Les formes du subjonctif des verbes secondaires dont les suffixes -aũ, -ẽi, -ĩnt portent l’accent présentent également une intonation circonflexe, cf.: badáut – badauč(e), badautum, badautu, badautumem, badautumėt; gyvént ~ gyventi – gyvenč(e), gyventum, gyventų, gyventumem, gyventumėt; sadínt ~ sodinti – sadinč(e), sadintum, sadintu, sadintumem, sadintumėt.
b) Verbes ou formes isolés présentant une intonation différente de celle de la langue littéraire: dárdži, dárda (: lk. dardėti, darda); dárdint, dárdina, dárdina (: dardinti, dardina, dardino); karštelat ~ karšteleti, karštelaji, karštelaje (: karštelėti, karštelėja, karštelėjo); šalštelat ~ šalšteleti, šalštelaji, šalštelaje (: šalštelėti, šalštelėja, šalštelėjo).
§ 60. Les formes du présent des verbes préfixés du dialecte tendent davantage que celles de la langue littéraire à porter l’accent sur le préfixe. En conséquence, contrairement à la langue littéraire, l’accent est reporté sur le préfixe (sur la particule réflexive dans les formes réfléchies) également dans les cas suivants:
a) dans les formes à radical en ia à intonation circonflexe, par exemple: jaũči ~ jaũčia – áčiauči, nėjaũči, nesijaũči, nūjaũči, užjaũči; kíńči ~ keńčia – átkińči, atakińči, nékińči, nesikińči, neiliškińči, prikińči; reiki ~ reikia – príreiki, prisireiki (mais nereiki); réki ~ rékia – nêreki ~ nêrėkia, sûreki, ûžreki, usreki ~ užsirekia; skelbi ~ skelbia – ápskelbi, apsiskelbi, páskelbi; šveičĩ ~ šveičia – ápšveičĩ, apišveičĩ, nėšveičĩ, nesišveičĩ, nūšveičĩ, prišveičĩ; švińči ~ švenčia – átsvińči, atasińči, nėšvińči, prišvińči.
b) dans les formes à radical en i à intonation circonflexe, par exemple: lińki – nélįnki, pálįnki; tíli ~ týli – neištili ~ neštýli, nūtili, pátili (plus rarement: mutli, patili); žūri ~ žūri – ábžūri ~ apžiūri, apžūri, nežūri, pažūri, prižūri, sužūri, neužžūri « ne regarde pas » (plus rarement: apžūri, nežūri…).
Les autres formes des verbes préfixés sont le plus souvent accentuées comme dans la langue littéraire.
PARTICIPE
1. Remarques générales
§ 61. Les participes sont actifs et passifs.
a) Les participes actifs sont de trois temps: présent, passé simple et passé fréquentatif. Le participe du futur n’est pas employé dans le dialecte; il est remplacé par la forme de la 3e personne du singulier du futur du verbe, par ex.: jisai pìrks kárvį (~ kárvę); pa petų jós aĩs šieną grėbti ~ po pietų jós eĩs šieno grėbti.
Le participe présent se forme à partir du radical du présent du verbe avec le suffixe -ntis (masc.), -nti (fém.), par ex.: móka – mókuntis ~ mókantis, mókunti ~ mókanti; vèrki ~ vèrkia – vèrkìntis ~ vèrkiantis, vèrkìnti ~ vèrkianti; stóvi – stóvìntis, stóvìnti; žìna ~ žìno – žìnumtis ~ žìnantis, žìnumti ~ žìnanti. Les participes présents préfixés sont très rares, par ex.: atsákuntis ~ atsákantis, pamókuntis ~ pamókantis. Les participes de type mókas, vèrkias, stóvis, žìnas, ne sont absolument pas employés dans le dialecte.
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Les participes actifs du passé simple et du passé fréquentatif se forment comme en lk., mais la terminaison -usi des formes féminines est abrégée (le i est tombé), cf.: dirbis ~ dirbes, dirbus (: lk. dirbusi), mātis ~ mātės, mācus (: lk. māčiusi); dirbdavys ~ dirbdavęs, dirbdavus (: lk. dirbdavusi).
b) Dans le dialecte, les participes passifs sont de deux temps: présent et passé. Ils se forment également comme en lk., par ex.: dirbamas, dirbamà, kāremas ~ kāriamas, kāremà ~ kāriamà, žinomas ~ žinoma, žinoma; ārtas, artà, matītas ~ matītas, matīta ~ matīta.
Dans certains cas, les participes passifs peuvent aussi avoir un sens actif, par ex.: dirbamas arklys « cheval de trait », limpamà liga, suvamà mašina « machine à coudre ».
Les participes dits de nécessité ont également un sens passif. Toutefois, on n’en rencontre que quelques-uns dans le dialecte, par ex.: būtinas reikalas ~ būtinas reikalas, neatidėliotinas darbas ~ neatidėliotinas darbas.
§ 62. Le dialecte emploie également des participes actifs et passifs réfléchis. Il est vrai que la particule réfléchie ne peut être portée que par les participes préfixés, par ex.: nusistvėris ~ nusistvėręs, pasišpjāudīs ~ pasispjaudęs, suzdaužidavi ~ susidaužydavę; parsineštos, nusiskintas. Les participes réfléchis sans préfixe ne sont pas employés.
§ 63. Comme les adjectifs, les participes varient en genre, en nombre et en cas. Les participes actifs et passifs sont masculins et féminins, cf. les exemples donnés ci-dessus (§ 61). Le genre neutre des participes passés passifs est aussi fréquemment employé, par ex.: daug darba padēta; letaūs būta ~ lietaūs būta; da rugēi (~ rugiai) nesēta; kas pasakīta, tūri būt padarita ~ kas pasakyta, tūri būti padaryta. Le genre neutre des autres participes n’est pas employé dans le dialecte.
Les participes ont des formes singulières et plurielles, par ex.: mātis, virtas (sing.); mātī ~ mātę, virtī (pl.). Le duel est très rare (uniquement dans le parler de la vieille génération), par ex.: už vienu mužtu du nēmūštu duoda ~ už vieną muštą du némuštu duoda. Les participes ont les mêmes cas que les autres mots nominaux, cf. § 4. Selon la voyelle finale du radical, on peut répartir les participes en thèmes en (i)a- et en (i)o.
2. Déclinaison
thème en (i)a
§ 64. a) Les participes actifs masculins en -ia se déclinent principalement comme les adjectifs en -ia (§ 23), mais certaines formes casuelles des participes au présent ont parfois aussi des terminaisons parallèles, cf.: sg. nom. [dirbūn]-t-is || -čis ~ [dirban-]-tis || -čis, gén. -če ~ -čio, dat. -čiem ~ -čiam, acc. -ti || -či ~ -tį || -čį, instr. -ču ~ -čiu, loc. -čem ~ -čiam, ill. -tin || -čin, voc. -tis || -čis || -čių (~ -čiau); pl. nom., voc. -tis || -čij ~ -tys || -čiai, gén. -ču ~ -čių, dat. -tem || -čem ~ -tiem || -čiam, acc. -čis ~ -čius, instr. -čīs ~ -čiais, loc. -česi / -čese ~ -čiuose, ill. -česin ~ čiuosen / -česna(n) ~ -čiuosna(n).
À côté des formes de nominatif et d’accusatif singuliers avec la consonne du suffixe -t-, les formes en -č- sont apparues par nivellement paradigmatique, c’est-à-dire d’après les autres cas, qui présentent régulièrement ce -č-.
L’illatif singulier dirbūnčin (attesté à côté de dirbūntin ~ dirbantin) peut être de la même origine que la forme à accentuation finale dirbūnčen ~ dirbančian (employée
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à côté de dirbūntin ~ dirbantin, § 66); cf. aussi les illatifs singuliers des adjectifs gerėšnis, paskutinis en -en ~ -ian (§ 23).
Le nominatif pluriel dirbūnči a la même terminaison que le nominatif pluriel de l’adjectif medinis, mediniai ~ mediniai, tandis que le datif pluriel dirbūnčėm correspond au datif pluriel medinem ~ mediniam.
Le nominatif singulier des participes du passé simple et du passé fréquentatif a la terminaison -is ~ -ęs (dirbęs, dirbdavęs), et le nominatif pluriel, -i ~ -ę (dirbi, dirbdavi). Rarement, le nominatif pluriel du participe du passé simple présente la terminaison -usį ~ -usiai, par exemple: lika tik kakie supuvusį (dažniau — supūvi) abalėi.
Les formes des autres cas du participe du passé fréquentatif, en dehors du nominatif singulier et pluriel, ne sont pas employées.
b) Les participes passifs masculins sont en -a, par exemple: dirbamas, dirptas. Leurs terminaisons casuelles sont les mêmes que celles des adjectifs en -a (§ 23).
Thème en (i)o
§ 65. a) Les participes actifs féminins à thème en io sont, par exemple: dirbūnti ~ dirbanti, dirbus, dirbdavus. Leurs désinences sont les mêmes que celles des adjectifs à thème en io (§ 25).
Les formes du nominatif pluriel des participes du passé simple et de l’imparfait coïncident avec celles des thèmes en ia (masculin), par exemple: jōs dirbi, dirbdavi ~ jōs dirbę, dirbdavę.
Pour le participe de l’imparfait, seules sont employées les formes du nominatif singulier et pluriel; les autres cas ne sont pas utilisés.
b) Les participes passifs féminins ont un thème en o, par exemple: dirbamā, dirptā. Ces participes se déclinent comme les adjectifs à thème en o (§ 25).
3. Accentuation
§ 66. Les participes actifs du présent sont souvent accentués de deux façons: a) comme dans la classe 1, ils conservent la place de l’accent et l’intonation de la 3e personne du présent du verbe dont ils sont dérivés, par exemple: sėrga — sėrguntis, -i; vē rda — vērduntis, -i; b) ils ont un accent mobile; un paradigme de cette accentuation est donné à titre d’illustration.
Masculin Féminin Singulier N. dirbūntīs dirbūnti G. dirbūnče dirbūnčōs D. dirbūnčām dirbūnčēi A. dirbūnti, dirbūnči I. dirbūnčū dirbūnčī L. dirbūnčēm dirbūnčōj Ill. dirbūntīn, dirbūnčēn dirbūnčōn
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Pluriel
N. dirbūntis, dirbūnčiai dirbūnčės
G. dirbūnčių dirbūnčių
D. dirbūntiem dirbūnčėm
A. dirbūnčis dirbūnčis
I. dirbūnčėis dirbūnčėm
L. dirbūnčiuosi | dirbūnčiuose dirbūnčiosi | dirbūnčiose
Ill. dirbūnčiuosin | dirbūnčiosna(n) dirbūnčiosin | dirbūnčiosna(n)
L’accentuation de certains participes passifs du présent varie de façon similaire: à côté des formes à accentuation fixe (par ex.: gyvenamas ~ gyvėnamas, gyvenama ~ gyvėnama; žinamas ~ žinomas, žinama ~ žinoma), on emploie souvent aussi des formes à accent mobile: sing. nom. gyvėnamas, gyvenamà, žínamas, žinamà, gén. gyvėnama, gyvenamõs, žinama, žinamõs, dat. gyvenamám, gyvenamái, žinamám, žinamái, acc. gyvenamù, žinamù, įn. gyvėnamu, gyvėnamai, žinamu, žinamai, loc. gyvenamam̃, gyvenamõj, žinamam̃, žinamõj, ill. gyvenamañ, gyvenamõn, žinamañ, žinamõn; plur. nom. gyvenami, gyvėnamas, žinami, žinamas, gén. gyvenamų, žinamų, dat. gyvenamiém, gyvenamõm, žinamiém, žinamõm, acc. gyvėnamas, žinamas, instr. gyvenamais, gyvenamõm, žinamais, žinamõm, loc. gyvenamúosi | -úose, gyvenamõsi | -õse, žinamúosi | -úose, žinamõsi | -õse, ill. gyvenamúosin | -úsna(n), gyvenamõsin | -õsna(n), žinamúosin | -úsna(n), žinamõsin | -õsna(n).
Dans le dialecte, les autres participes sont accentués pour l’essentiel comme en lituanien standard. Toutefois, le datif singulier des participes féminins porte généralement l’accent sur la terminaison, par ex.: melžemái ~ melžiamái, suvamái; pakeltái, važetái ~ važiuotái (cf. l’accentuation des adjectifs, § 28 a).
4. Temps composés et modes
§ 67. À partir des formes du verbe būti et des participes du verbe conjugué, on forme des temps et des modes composés.
Les formes composées sont de voix active (formées avec un participe actif) et de voix passive (formées avec un participe passif).
Les formes composées de voix active ne sont employées qu’à l’accompli, c’est-à-dire qu’elles sont formées avec le participe du prétérit ponctuel (on n’a pas relevé de formes composées à valeur inchoative, c’est-à-dire formées avec le participe présent). Les formes composées de cette voix ont quatre modes: l’indicatif, le conditionnel, l’impératif et le permissif. Toutefois, les formes les plus fréquentes sont celles de l’indicatif au présent, au prétérit ponctuel et au futur, ainsi que celles du conditionnel. Exemple de conjugaison:
Mode indicatif
Présent
Singulier Pluriel
1. je donne, avoir donné nous donnons22
2. asì ãsat
3. jìra jìra
²² La forme du nominatif pluriel du participe du prétérit ponctuel est la même au masculin et au féminin (cf. § 65 a): ãsam dãvi « nous avons donné; nous avons donné (fém.) ».
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Passé simple
1. je donnais, avoir donné; nous donnons, avoir donné 2. tu donnais « » tu donnais « » 3. il/elle donnait « » il/elle donnait « »
Futur
1. je serai, nous serons (nous serons) nous serons 2. tu seras « « vous serez (vous serez) « 3. il/elle sera « « il/elle sera «
Mode conditionnel
1. je serais (je serais, je serais) nous serions, nous serions nous serions 2. tu serais « « vous seriez « 3. il/elle serait « « il/elle serait «
Le passé fréquentatif, ainsi que les formes composées de l’impératif et du permissif, sont rarement employés; leur participe est généralement formé à partir d’un verbe préfixé, par ex.: būdavam suveži, būdavai suveži; būk atėjęs, būkim atėję; tegul būna atėjęs, tegul būna atėję.
Les formes composées de la voix passive sont également plus fréquentes uniquement au perfectif, par ex.:
présent: asù prašìtas, prašìta; ásam prašìti, prašìtas (~ prašýtos);
passé simple: buvau prašìtas, prašìta; buvat prašìti, prašìtas;
futur: būsu prašìtas, prašìta; būsit prašìti, prašìtas;
mode conditionnel: būtum prašìtas, prašìta.
Les formes composées (inchoatives) construites avec le participe présent passif sont rares, par ex.: tòji pieva įìra šienaujema (~ šienaujama); tôs pievas senau būva (būdava) šienaujamas (~ šienaujamos).
PARTICIPIAL GÉRONDIF
§ 68. Le gérondif participial se forme à partir du radical de l’infinitif avec le suffixe -damas (masc.), -dama (fém.). Il possède des formes nominatives au singulier et au pluriel des genres masculin et féminin, par ex.: veždamas, veždami, važiuodamas, važiuodami; veždama, veždamas ~ veždamos, važiuodama, važiuodamas ~ važiuodamos.
Les gérondifs participiaux réfléchis ne peuvent être que préfixés dans le dialecte, par ex.: aciguldamas ~ atsiguldamas, pasiturėdamas, usinėždamas ~ užsinešdamas. Les gérondifs participiaux sans préfixe ne s’emploient pas avec la particule réfléchie finale; à leur place, le dialecte emploie les formes simples (non réfléchies) des gérondifs participiaux.
§ 69. Les gérondifs participiaux formés à partir de verbes secondaires conservent l’accent et l’intonation de l’infinitif, par ex.: matì ~ matýti — matìdamas, matìdama, matìdami, matìdamas; ródì ~ ródýti — ródìdamas, ródìdama, ródìdami, ródìdamas; šakinėti — šokinėti — šakinėdamas, šakinėdama, šakinėdami, šakinėdamas; tránukì ~ tránukyti — tránukìdamas, tránukìdama, tránukìdami, tránukìdamas.
Les gérondifs participiaux formés à partir de verbes primaires ont une accentuation variable. Ceux dont la racine contient les voyelles longues é, o, y, ū ou les diph-
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voyelles ie, uo, par ex.: lėk̃ti ~ lėkti – lėgdamas, lėgdama, lėgdami, lėgdamos; rę̃kti – ręgdamas, ręgdama, ręgdami, ręgdamas; lōti – lōdamas, lōdama, lōdami, lōdamas; vīt ~ vỹti – vidamas, vidama, vidami, vidamas; bū̃ti ~ bū́ti – būdamas, būdama, būdami, būdamos; lies̃ti – liedamas, liedama, liedami, liedamas; duōti – duōdamas, duōdama, duōdami, duōdamas. Les autres gérondifs participiaux formés à partir de verbes primaires ont un accent mobile: la forme masculine singulière conserve l’accent et l’intonation de l’infinitif, tandis que la forme plurielle porte l’accent sur la terminaison; pour le féminin, c’est l’inverse: la forme singulière porte l’accent sur la terminaison, tandis que la forme plurielle conserve l’accent et l’intonation de l’infinitif. Par ex.: (avec les anciennes voyelles brèves de la racine) kãsti ~ kàsti – kãzdamas, kazdama, kazdami, kãzdamas; vė̃sti ~ vėžti – vėždamas, veždama, veždami, vėždamas; (avec les diphtongues ai, au, ei dans la racine) áukti ~ áugti – áugdamas, augdama, augdami, áugdamas; baĩkti ~ baĩgti – baĩgdamas, baigdama, baigdami, baigdamas ~ baigdomos; smeĩkti ~ smeĩgti – smeigdamos, smeigdama, smeigdami, smeigdamas; (avec des diphtongues mixtes dans la racine) kált – káldamas, kaldama, kaldami, káldamas; vir̃šti – virždamas, virzdama, virzdami, virždamas.
Les gérondifs participiaux réfléchis s’accentuent comme les formes simples.
PARTICIPE GÉRONDIF
§ 70. Le gérondif est invariable, sauf en temps. Il se forme de la même manière qu’en lk., par ex.: gérondif présent: ainuñti (|| ainañti) ~ einant, būnuñti (|| būnañti) ~ būnant, dirbuñti (|| dirbañti) ~ dirbant; jojiñti ~ jojant, sėdžiñti ~ sėdžiant « en étant assis »; gūliñti, tiliñti ~ tỹlint; mātuñti (|| mātañti) ~ mātant, tvarkuñti (|| tvarkañti) ~ tvarkant; (formes réfléchies) juōkiñtis ~ juōkiantis, vėduñtis (|| vėdañtis) ~ vėdantis; nesigiriñti ~ nesigiriant, parsiveduñti (|| parsivedañti) ~ parsivedant;
gérondif passé simple: dirbus, lėkus, nešus, rėkus, verkus.
Les gérondifs au passé simple formés à partir de verbes sans préfixe sont relativement rares; ils se forment un peu plus fréquemment à partir de verbes préfixés, par ex.: pabuvus, padavus, nemačius (|| nemačius) ~ nemačius, nuvažiavus, užėjus (|| užėjus), unvažiavus « être entré en voiture ». Seuls les gérondifs préfixés ont une forme réfléchie, par ex.: atsigrįžus ~ atsigrįžus, nes(i)mačius (|| nes(i)mačius) ~ nesimačius.
Les gérondifs au passé fréquentatif et au futur ne sont pas employés dans le dialecte.
L’accentuation des gérondifs du dialecte ne diffère pas de celle du lk.
FORME ADVERBIALE
§ 71. La forme adverbiale a le même radical que l’infinitif. Elle se termine par la désinence -ti, issue de (la désinence de l’instrumental singulier) *-tēn (>lituanien littéraire -te), par exemple: nešti, señti, stum̃ti, vešti.
La forme adverbiale n’existe ni avec préfixe ni à la forme réfléchie.
La forme adverbiale s’est adverbialisée: dans la phrase, elle s’emploie à côté d’une forme conjuguée du verbe de même racine, par exemple: gérti gėri ~ gertė gėria, gulti gūla, gáuditi gáude ~ gáudyte gáude, kelti kėla ~ keltė kėlė, kunkuliuoti kunkuliūdava ~ kunkuliuote kunkuliūdavo, nešōti nešōs ~ nešiōte nešiōs, stum̃diti stumdīk ~ stum̃dyte stumdīk, vešti vėšče « transporterais, je transporterais ».
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Les formes adverbiales en -tinai ne sont pas employées dans le dialecte; on ne rencontre qu’une ou deux formes de ce type (adverbialisées), par exemple: būtinai reiki ~ būtinai reikia, užtektinai privezèm ~ užtektinai privezėme.
Les formes adverbiales sont accentuées comme en lituanien littéraire.
MORPHOLOGIE DU DIALECTE MÉRIDIONAL DES AUKŠTAITIJA ORIENTAUX
К. МОРКУНАС
Résumé
L’article décrit la flexion (parties du discours nominales, pronom et verbe) du dialecte méridional des Aukštaitians orientaux. Le territoire de ce dialecte comprend les localités les plus importantes suivantes: Krikštenai, Pabaiskas, Pašilė (district d’Ukmergė), Bagaslaviškis, Gelvonai, Musninkai et Čiobiškis1 (district de Širvintos).
Les faits morphologiques du dialecte étudié sont comparés aux phénomènes correspondants du lituanien standard.
Le nom. Outre les formes du singulier et du pluriel, on observe, dans le parler des représentants de la génération plus âgée, des formes du duel (le plus souvent des formes à l’accusatif avec du « deux », abu « tous deux », par ex., jisai du pėdu dėdo « il met deux gerbes »). Les formes suivantes sont également des vestiges du duel, aujourd’hui employées au sens du pluriel: datif vaikám « aux enfants », datif et instrumental galvóm « aux têtes, avec les têtes », žėmėm ~ žėmėm « aux terres, avec les terres ».
Dans le dialecte, on emploie deux cas locatifs: l’inessif et l’illatif. L’illatif du singulier y est identique à celui des autres dialectes orientaux (miškán « dans la forêt », pirtìn « dans le bain »), tandis qu’au pluriel, ce cas présente plusieurs formes. Aux marges orientale et méridionale du territoire dialectal (Krikštenai, Musninkai, Čiobiškis), les formes avec le formant -na sont les plus fréquentes, et celles avec -nan ou -an sont plus rares (miškùosna, miškùosnan, miškùosan). Dans le reste du territoire dialectal (Gelvonai, Pabaiskas), on emploie un illatif pluriel du type miškùosin ~ miškùosen.
La particularité morphologique la plus caractéristique du dialecte est la présence de terminaisons diphtonguées à l’instrumental singulier des noms (et d’autres parties du discours nominal) dont les thèmes se terminent par -(i)o, -ė, -i, par ex.: gálvai, marčiǐ, kárvì, akì (dans la langue standard: gálva, marčià, kárve, akimi). L’apparition des terminaisons -ai, -ij pourrait s’expliquer par le remplacement, dans le système de déclinaison des pronoms, des formes brèves de l’instrumental singulier (par ex., tù < *tán « celle-là ») par des formes du type túj.
Les noms masculins dont les thèmes se terminent par -i, -(i)u ou une consonne sont partiellement ou entièrement passés dans la catégorie des noms à thème-
¹ Sur la phonétique et certaines particularités morphologiques de ce dialecte — vestiges des adjectifs pronominaux et formes de l’inessif — voir: « Travaux de l’Académie des sciences de la RSS de Lituanie », série A, vol. 2(7), 1959, p. 191–203; « Questions de linguistique lituanienne » (« Lietuvių kalbotyros klausimai »), vol. 3, 1960, p. 5–59; vol. 7 (La structure morphologique de la langue lituanienne et son évolution), 1964, p. 145–152.
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Les mots en -(i)a, cf. vagis « voleur », sūnus (sūnas) ~ sūnūs « fils », sūkčis ~ sūkčius « escroc », akmuõ « pierre »; gén. sg. vagĩs et vãge ~ vãgio (le plus souvent), sunãus et sūna ~ sūno, sūkče ~ sūkčio, ãkmena ~ ãkmeno; instr. sg. vagũ, sūnù, sūkčù, ãkmenù; nom. pl. vagis ~ vãgys et vageĩ ~ vagiaĩ (le plus souvent), sunai, sūkčiai ~ sūkčiai, akmenai; dat. pl. vagãm, sunãm, sūkčēm ~ sūkčiam, akmenãm. Les mots barytoniques féminins à base en -i sont passés dans la catégorie des mots à base en -ė, par ex.: nŏse ~ nŏsė « nez » (: en lituanien standard nŏsis), nom. pl. nŏses ~ nŏsės, dat. et instr. pl. nŏsem ~ nŏsėm.
Des divergences par rapport aux normes de la langue littéraire s’observent également dans le système d’accentuation des noms. Par ex., les noms suffixés en -ytė (avītė « brebis ») appartiennent dans le parler à la deuxième paradigme accentuelle, tandis que la plupart des mots suffixés en -iena (rugiena « chaume de seigle », vištiena « viande de poulet ») relèvent de la troisième paradigme accentuelle.
Adjectif. Certains adjectifs peuvent présenter deux types de terminaisons, anciennes et plus récentes, empruntées à un autre type de déclinaison. Tout d’abord, certains mots à base en -a (féminin en -o) passent au système de déclinaison des mots à base en -u (féminin en -io), par ex.: aštrùs « aigu », bjaurùs « répugnant » (dans les textes de l’ancien lituanien et dans certains parlers: aštras, bjauras), gén. sg. aštra ~ aštro et aštraũs, bjaura ~ biaũro et bjauraũs, dat. sg. aštrám et aštrām, bjaurám et bjaurām… Le passage progressif de ce groupe de mots à la déclinaison des adjectifs à base en -u a probablement aussi été à l’origine du processus inverse: des terminaisons propres aux adjectifs à base en -a sont apparues dans la déclinaison des adjectifs à base en -u (cf.: platùs « large », gén. sg. plataũs et plãta ~ plãto). Certaines formes féminines du comparatif, en plus des terminaisons de la déclinaison en -ė, peuvent également avoir les terminaisons des adjectifs à base en -io (cf. gén. sg. geresnės et geresnõs).
Dans le parler, les adjectifs suffixés en -onas (geltõnas « jaune ») et -yvas (velìvas ~ velývas « tardif ») relèvent de la troisième paradigme accentuelle, tandis que les adjectifs au comparatif relèvent de la quatrième paradigme accentuelle.
Numéral. Outre les numéraux collectifs avec le suffixe -er-, on rencontre des numéraux de même valeur avec -el-, par ex. šešeri et šešeli « six (collectif) ». Les numéraux ordinaux de « 11 » à « 19 » présentent également des formes doubles, par ex. vienuoliktàs, -a < vienuoliktas, -a et (le plus souvent dans le parler de la génération âgée) vienalikis, -e ~ vienuolikis, -e « onzième ».
Pronom. Les formes du génitif et de l’accusatif singulier des pronoms personnels aš « je », tù « tu » et du pronom réfléchi coïncident le plus souvent: manì ~ manę̀, tavì ~ tavę̀, savì ~ savę̀. Le génitif pluriel des pronoms personnels mentionnés a les formes mūsų ~ mū́sų, jū́sų ~ jū́sų ou (plus rarement) mumì, jumì; l’accusatif pluriel, les formes mumis, jumis ou muti, jumi. L’accusatif pluriel des pronoms féminins anà « elle », katrà « laquelle », kókė ~ kokià « quelle », tókė ~ tokià « telle » coïncide généralement avec la forme masculine (anìos, katrìos…).
Verbe. L’infinitif se termine le plus souvent en -ti (nėšti « porter »), plus rarement en -ti (nėšti) ou en -te ~ -tie (nėšte). Dans le parler des représentants de la génération âgée
10. Lietuvių kalbos gramatikos tyrinėjimai
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on rencontre un infinitif avec le formant -nai (nēštenai). L’infinitif des verbes réfléchis se termine toujours en -tis (nēštis).
Les verbes primaires ayant la voyelle radicale ū (sans consonne devant -t à l’infinitif) présentent le plus souvent -st- à la fin du thème du présent, mais peuvent aussi avoir -n- ou -v-, par ex. pūt ~ pūti « pourrir » – 3e personne du présent pūsta, pūna, pūva. Les verbes primaires à voyelle radicale u présentent eux aussi des formes doubles au présent (avec le suffixe -st- ou l’infixe -n-), par ex. smūkti « glisser, tomber » – 3e personne du présent smūksta, smūna.
Outre les formes de 1re et de 2e personne du pluriel du futur gul̄sim « nous nous coucherons », gul̄sī « vous vous coucherez », des formes d’un autre type, gul̄sme, gul̄ste, apparaissent dans le parler des représentants de la génération âgée.
Les formes suivantes du conditionnel sont employées dans le parler: 1re personne du singulier gul̄cē ~ gul̄ćia, plus rarement gul̄ē, gul̄ćiu ~ gul̄ćiau; 2e personne du singulier gul̄tum; 3e personne du singulier et du pluriel gul̄tu ~ gul̄tu, plus rarement gul̄t; 1re personne du pluriel gul̄tumet ~ gul̄tumėte; 2e personne du pluriel gul̄tumet ~ gul̄tumėte.
Les formes de l’impératif employées sont les suivantes: 1re personne du singulier gul̄k, 1re personne du pluriel gul̄kim, 2e personne du pluriel gul̄kit.
Les formes de 1re et de 2e personne du singulier du futur des verbes primaires à radical bref ou à radical de longueur croissante sont accentuées sur la terminaison, par ex.: kasū « je creuserai », kasī « tu creuseras »; pirksū « j’achèterai », pirksi « tu achèteras ». Contrairement à la langue littéraire, dans les formes du présent à thèmes en -ia et -i, l’accent passe du radical de longueur croissante au préfixe, par ex.: 3e personne du présent šveičī ~ šveičia « il/elle nettoie, ils/elles nettoient » – nušveičī; žūri ~ žiūri « il/elle regarde, ils/elles regardent » – prižūri, plus rarement prižiūri.
Participe, gérondif, semi-participe. Dans le parler, on emploie les participes actifs du présent (dirbuntis ~ dirbantis ou dirbuntīs ~ dirbantys, dirbunti ~ dirbanti), du passé ponctuel (dirbis ~ dirbęs, dirbus) et du passé itératif (dirbdavis ~ dirbdavęs, dirbdavus). Les participes passifs peuvent prendre les formes du présent (dirbamos, -ā) et du passé (dirbtos, -ā). Les participes des verbes réfléchis ne peuvent être formés qu’en présence de préfixes (pasidirbis, paždirptas < pasidirbtas).
Les gérondifs ont deux formes temporelles, au présent et au passé ponctuel (dirbunt̃ ~ dirbant, dirbus).
Le semi-participe se forme à l’aide du suffixe -damas, -dama (dirbda-mas, dirbdama).