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CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº29, 2006 / págs. 191-206. Recib.: Feb. 2006. Acept.: Abr. 2006. 191 LITTÉRATURE CRÉOLE ET STRATÉGIES IDENTITAIRES NADIA DUCHÊNE Universidad Pablo de Olavide (Sevilla, España) RESUMEN En este artículo, analizamos la identidad criolla en la novela de Ernest Pépin titulada L’Homme-au-Bâton. El trabajo está organizado en tres partes: primero presentamos brevemente los movimientos de la literatura contemporánea francesa del Caribe. A continuación, estudiamos las principales características del lenguaje utilizado por E. Pépin y el lugar que ocupa el créole en la novela así como la fluctuación y el contacto entre ambos modos de expresión debido al fenómeno de diglosia. La necesidad de integrar aspectos sociales y cuestionamientos sobre la identidad nacional o étnica nos lleva a analizar en una tercera parte la búsqueda de las raíces que el escritor lleva a cabo. De ese modo, intentamos entender la mirada caribeña hacia Francia a través de una dialéctica paradójica de rechazo y síntesis que nutre la cultura y construye la Historia. PALABRAS CLAVE Literatura caribeña, identidad, lenguaje, diglosia. RESUME Dans cet article, nous analysons l’identité créole dans le roman d’Ernest Pépin intitulé L’Homme-au-Bâton. L’étude est modulée en trois parties : la première est un bref rappel des mouvements de la littérature contemporaine française de la Caraïbe. La seconde porte sur l’espace langagier et l’importance du créole dans le roman d’E. Pépin liée au phénomène de diglossie. Le besoin d’intégrer les aspects sociaux et le questionnement sur l’identité national ou ethnique nous amène à analyser dans une troisième partie comment l’écrivain exprime la recherche des origines. Nous tentons ainsi de mieux comprendre le regard porté sur la France à travers une dialectique de rejet et de synthèse, laquelle nourrit la culture et construit l’Histoire.
NADIA DUCHÊNE CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 192 MOTS-CLES Littérature caribéenne, identité, langage, diglossie. ABSTRACT In this paper we analyse the creole identity through the literary style and aesthetics of Ernest Pépin’s novel: L’Homme-au-Bâton. The work is organised in three parts: firstly, we circumscribe the reality of the French contemporary Caribbean literature and its various movements; secondly, we study the main features of the language used by E. Pépin and the importance of creole in his text: the fluctuation and contact between both ways of expression due to diglossy phenomenon. We’ll see how créolité innovates Caribbean literature written in french. The need to integrate social issues into literature as well as a reflection on cultural ethnic or national identity led us to analyse in a third part how E. Pépin seeks for origins. That is the reason why we intend to understand the Caribbean people’s gaze watching France in a dialectic of clash and synthesis which feeds culture and constitutes History itself. KEY WORDS Caribbean literature, identity, language, diglossy. La littérature antillaise connaît de nos jours une grande diffusion et s’impose de plus en plus non seulement sur la scène littéraire francophone mais aussi internationale. Les multiples diasporas qui renvoient à l’origine des populations ainsi que l’émigration vers la métropole ou encore la question linguistique sont des questions qui hantent les plumes antillaises, qu’elles soient de langue anglaise, espagnole ou française. En d’autres termes, la littérature antillaise s’inscrit sous le signe de la diversité anthropologique, géographique et linguistique et se construit, par conséquent, au travers d’une identité multiple. Notre étude portera ici sur l’œuvre intitulée L’Homme-au-Bâton (1992) du poète et romancier guadeloupéen Ernest Pépin, œuvre clairement ancrée dans le discours de la créolité et pour laquelle le romancier recevra le Prix des Caraïbes en 1994. L’espace littéraire se présentant comme un lieu où s’expriment simultanément une affirmation identitaire et une sorte de libération, nous nous proposons d’analyser l’imaginaire créole à partir du travail d’écriture du romancier. Notre
LITTERATURE CREOLE ET STRATEGIES IDENTITAIRES CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 193 étude sera modulée en trois temps, le premier consistant en un bref rappel des mouvements qu’a connus la littérature antillaise; le second portera plus particulièrement sur l’espace langagier dans lequel se cristallisent les imbrications culturelles qui tiennent lieu d’identité; langue bien évidemment liée au phénomène de la situation de diglossie propre aux Antilles, envisagée comme l’affirmation d’une singularité à la fois collective et individuelle qu’Ernest Pépin met en lumière dans son art littéraire marqué par un décor colonial; le troisième sera consacré aux relations franco-antillaises, en d’autres termes, au regard porté sur la France. Il nous semble avant tout intéressant de rappeler brièvement les axes fondamentaux du discours de la créolité, mouvement, comme nous l’avons souligné, dans lequel s’inscrit L’Homme-au-Bâton. La construction identitaire et l’émergence de la littérature antillaise ont connu plusieurs discours dont la répercussion fut considérable. Nous pouvons parler d’un discours de résistance et de rupture qui s’est construit au cours de trois étapes essentielles. Dans un premier temps, l’écrivain antillais s’est engagé à définir sa littérature par le biais d’un mouvement d’opposition au blanc dont la finalité était de lutter contre l’assimilation et l’aliénation. Ainsi, les défenseurs de la négritude, à l’instar de la figure emblématique d’Aimé Césaire, souhaitent rattacher leur identité à l’Afrique, à son histoire et à sa culture. Cahier d’un retour au pays natal (1983), œuvre fondatrice de la négritude, postule un sentiment d’appartenance à une «race noire»; la tendance consiste donc à envisager l’Afrique comme terre matricielle, terre des racines dont on revendique la filiation. Le deuxième temps sera constitué par Le Discours antillais (Edouard Glissant: 1981) qui marque une rupture avec le mouvement précédent en ce sens qu’il dénonce les déchirures sociales et les privations dont est victime le peuple antillais, privations manifestées au plan spatial, économique, historique mais aussi linguistique. Edouard Glissant prend donc le parti de mettre un terme à l’isolement des Antilles et de les définir dans un contexte qui leur est propre tout en leur ôtant le joug qui les aliène à la métropole. L’Antillanité fait référence à une identité ouverte et plurielle.
NADIA DUCHÊNE CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 194 Le troisième temps, qui remonte aux années quatre-vingt, est celui du discours de la créolité à travers lequel Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et Jean Bernabé, dans le prolongement d’Édouard Glissant, se démarquent assez radicalement de la négritude dans L’éloge de la créolité (1989). Ils s’opposent à l’assimilation à l’Afrique et à la France et distinguent le «processus de créolisation», c’est-à-dire la mise en contact brutale de populations culturellement différentes. La créolité «est donc le fait d’appartenir à une entité humaine originale qui se dégage à terme de ce processus. Le contact entre les diverses populations concernées se traduit par la création d’une culture syncrétique dite créole» (1989: 30-31), donc d’une miscégénation ou d’une culture mosaïque. L’opposition entre créolité et Antillanité se réduisant au «seul processus d’américanisation d’Européens, d’Africains et d’Asiatiques à travers l’archipel antillais» (Id.: 33) et renvoie donc à une certaine cohésion anthropologique: «[…] une solidarité créole avec tous les peuples africains, mascarins, asiatiques et polynésiens» (Ibid.). Il s’agit donc de rejeter l’unicité et de rendre hommage à la diversité. L’Homme-au-Bâton s’inspire d’un fait divers ayant eu lieu en Guadeloupe en 1956. Un mystérieux satyre bouleverse le quotidien de l’île et s’attaque aux femmes en pratiquant des actes monstrueux sur leurs organes génitaux. Un homme suspecté coupable à la suite d’une perquisition à son domicile –dans lequel se trouvent des objets divers tels que des bâtons, des philtres d’amour, des livres de sorcellerie et de magie ainsi que des ossements humains– sera arrêté. Les indices s’avérant des preuves insuffisantes, on ne sut jamais si le véritable coupable avait été arrêté. Des années plus tard, Ernest Pépin nous offre à partir de cet événement, un portrait de la Guadeloupe des années cinquante en transformant les faits en fiction romanesque. Rappelons par ailleurs la croyance populaire (également reprise par Raphaël Confiant dans son roman Eau de café, 1991) selon laquelle l’incube, aussi appelé dorlis, est un démon masculin ayant la particularité d’être invisible qui, grâce à son pacte avec le diable, s’introduit dans les maisons la nuit pour satisfaire les désirs des femmes pendant leur sommeil. Ainsi, dans L’Homme-au-Bâton, les vierges sont dépucelées, certaines se retrouveront enceintes, d’autres en revanche, termineront assassinées. Fantasme de femme(s) ou véritable danger?
LITTERATURE CREOLE ET STRATEGIES IDENTITAIRES CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 195 L’un des thèmes récurrents que l’on retrouve dans l’histoire de la littérature des Antilles est celui de la question linguistique, laquelle nous renvoie au phénomène du contact entre les langues et à l’héritage linguistique issu de cultures diverses. L’écriture des romans de la créolité va apporter des changements dans la langue dont la finalité consiste à «légitime » le créole –qui ne représente plus alors seulement la langue de l’esclavage, longtemps considérée comme un patois– et écarté pour cette même raison de la langue écrite. On peut ainsi observer la volonté de retracer la tradition orale dans l’écrit où le créole s’intègre dans la syntaxe du français littéraire comme un signe de revendication identitaire. C’est pourquoi l’écrit et l’oral se conjuguent de sorte à obtenir une esthétique qui fait résonner les mots et confère une sonorité particulière au texte. Beniamino (1999: 219-226) a fort bien souligné le plurilinguisme diglossique propre aux littératures francophones, né du contact et du croisement entre différentes langues. Nous nous trouvons donc dans une relation dichotomique entre le français hexagonal d’une part et les langues parlées dans les ex-pays colonisés de l’autre; dans le cas qui nous intéresse, entre le français de France et le créole des Antilles francophones. On retient le terme de diglossie pour caractériser les rapports existant entre ces deux langues, lequel renvoie à une situation linguistique dans laquelle il y a répartition des usages dans chacune des langues selon des circonstances ou des thèmes particuliers, s’accompagnant généralement de la prépondérance de l’usage d’une des deux langues et d’une différence de prestige. Le linguiste Chaudenson (1989: 192) souligne: […] les DOM (Départements d’Outre-Mer) présentent des situations qu’on peut qualifier de « diglo-ssiques » en marquant par là que se retrouvent dans la même air et au sein de la même communauté linguistique, deux langues (le français et un créole) de statut social inégal et de répartition fonctionnelle en gros complémentaire (le français dans les situations formelles et/ou publiques; le créole dans les situations informelles ou privées). Ainsi, la diglossie devient souvent le lieu et l’expression d’un conflit dans la mesure où l’on distingue à travers la langue «favorisée» les situations «nobles» des situations «ordinaires» ou quotidiennes.
NADIA DUCHÊNE CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 196 Après une période de stigmatisation du créole, inhérente à l’imposition du français comme langue de culture et de civilisation, l’univers romanesque antillais intègre l’oralité créole dans sa scripturalité: Alors que le français des auteurs antillais jusqu’à ces dernières années (jusqu’à Glissant ?) était un français très « sage », ne comportant tout au plus que des insertions, plus ou moins nombreuses, de termes régionaux (comme ce que l’on trouve par exemple chez Zobel, Simone Schwarz-Bart ou Maryse Condé), avec un vocabulaire d’ailleurs devenu classique dans son exotisme (ravet, annoli, gaule, man Untel, et tous les noms de plantes, d’animaux, de fruits qui donnent une certaine couleur locale à une langue qui est, pour le reste du français standard), on voit progressivement se développer un français particulier, où les créations ont leur place, et où non seulement le vocabulaire mais la grammaire du créole se trouvent particulièrement reproduits, refondus, représentés (Hazaël-Massieux, M.Ch.,1995: 5). Empruntant le modèle d’étude de Marie-Christine Hazaël-Massieux (id.), méthode d’analyse fondée sur un corpus de phrases étudié en fonction de sa place dans le texte, du type de phrase, du locuteur, du sentiment exprimé et du nombre de mots contenus dans l’expression, nous allons explorer l’espace que le créole occupe dans le texte d’Ernest Pépin. Outre les phrases ou interventions des locuteurs, signalons auparavant l’usage d’un lexique proprement créole au gré du texte, qui se rapporte essentiellement au registre de la gastronomie tel que les plats créoles comme le calalou (120), le fouyapen-queue-à-cochon (33), les viveneaux (33) ou encore les dombrés (33); au registre de la fête, par exemple, le bal titane (36), la grande fête célébrée avec des tambours: le léwoz (53); au domaine du jeu avec l’expression jouer à pichine (29); des croyances avec le quimboiseur gadèzafè (30); des objets typiquement antillais tels que la torche ou le flambeau désigné chaltouné (41), en somme tout ce qu’englobent les traditions populaires d’une région et d’un groupe humain. Il est intéressant de constater que ces termes ne sont pas tous traduits, dans quelques cas seulement, une traduction ou explication est fournie. En revanche, nulle élucidation n’est apportée pour d’autres termes simplement incorporés au texte. Tous ces mots, a priori indéchiffrables, contribuent à imprégner le texte d’une certaine opacité, clairement revendiquée dans l’Éloge de la créolité (1989: 53): «Notre plongée dans la créolité ne sera pas
LITTERATURE CREOLE ET STRATEGIES IDENTITAIRES CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 197 incommunicable mais elle ne sera pas non plus totalement communicable. Elle le sera avec ses opacités, l’opacité que nous restituons aux processus de la communication entre les hommes». L’ensemble lexical désignant la réalité créole –au même titre d’ailleurs que les expressions ou portions de dialogues auxquelles nous allons nous intéresser plus bas– n’est pas, non plus, signalé par une marque typographique telle que l’emploi de l’italique ou des guillemets. Peut-être cette absence de relief visuel répond-t-elle à une volonté de la part de l’auteur de ne pas opposer la créolophonie au français standard. Le lexique ainsi inséré dans le texte exprime bien l’idée de miscégénation propre à la région de la Caraïbe ainsi que la marque d’identité linguistique. Le substrat créole ne se manifeste pas seulement par l’usage délibéré du lexique, il est également mis en exergue par la présence d’exclamations et d’onomatopées qui ponctuent certains passages dialogués ou narratifs. Ainsi, sont introduites des interjections propres à la langue orale, lesquelles imprègnent le texte d’un rythme particulier, évoquant clairement la tradition du conte: « Je l’ai vu comme je vous vois et il portait une grande robe noire, et il avait des souliers à clous qui faisaient plac, placatac! plac, placatac! » (48); ou encore l’épisode narrant la vengeance de Maryse Bourizor pour les infidélités de son compagnon: Elle attendit la coolie dans un sentier désert, à la brune, et, sabre à la main, elle lui porta des coups mortels. Ouache pour les nuits blanches! Ouache pour le détournement de coco! Blip pour la véranda et les bijoux! Et Ouap, ouap, ouap pour les souffrances sans nom! (92-93) L’écriture devient donc sonore: le débit, l’enfilade, les monosyllabes imprègnent le texte d’une vitalité toute particulière sous le rythme du souffle, de l’halètement. Située au carrefour de plusieurs cultures, la littérature de la Guadeloupe tout comme celle de ses sœurs antillaises, marquées par un passé esclavagiste dans un décor colonial, sait tirer profit de la tradition du conte. Le roman d’Ernest Pépin explore la technique du conteur pour relancer l’attention de son auditoire et le tenir en haleine; le narrateur n’hésite pas à apostropher le
NADIA DUCHÊNE CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 198 lecteur à l’aide de l’expression « Messieurs et Dames ». L’Homme-au-Bâton se ferme d’ailleurs sur un kont: écriture de l’oraliture. Abordons maintenant les passages ou expressions créoles présents dans le texte: Phrase / Passage + Dialogue/ récit/ citation Sentiment/ Situation Phrase Mots Traduction proposée par l’auteur Padon pa ka guéri bos (17) Mme Denise Dialogue Indignation Exclamative (proverbe créole) 5 Même si l’on présente ses excuses à celui à qui l’on a fait du mal, le mal est déjà fait Gadé mwen madanm ! An ja ni asé kon sa asi kont an mwen ! Alos pa chofé san an mwen ! (18) Mme Denise Dialogue Indignation Exclamative 19 Regardez-moi (bien) madame! J’en ai déjà suffisamment pour mon compte ! Alors ne m’échauffez pas le sang ! Ah dokté ou vlé tyouyé mwen! (19) Mme Denise Dialogue Indignation Exclamative 6 Comment docteur, cherchez-vous à provoquer ma mort ? Ma chè, an vini chofé bitin la ! (37) Vovonne Citation Ironie Exclamative 7 Ma chère, je suis venue pour chauffer l’ambiance ! An boufi avè sa ! (44) Rigobert Dialogue Découragement Exclamative 4 J’en ai marre ! I ka pati ! (47) Man Tata Citation Surprise Exclamative 3 Il s’en va ! Nou kaye koupé boul aye ! (48) La foule Citation Colère Exclamative 5 Nous allons lui couper les couilles ! Ou pa vouè lomo-baton ? (58) Ti Saint-Louis Citation Émotion Interrogative 6 As-tu vu l’Homme-auBâton ? Di nou la i pasé! (58) Ti Saint-Louis Citation Curiosité Exclamative 5 Dis-nous par quel chemin il est passé ! Pompi pwan-i di tonnes ! (59) Ti Saint-Louis Citation Émotion Exclamative 5 A toi Pompi, donne-lui un coup de pied de dix tonnes ! Mésié si an pa té infim, dépi lontan Récit Déception Exclamative 15 Messieurs, si ce n’était pas mon infirmité, il y a
LITTERATURE CREOLE ET STRATEGIES IDENTITAIRES CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 199 an té ké ja an ho la ! (61) Rosan longtemps que j’aurais déjà grimpé là-haut ! Mésié an ka ba zot sa zot vlé mè fopa madanm an mwen sav sa !!! (62) M. Dodor Citation Supplication Exclamative 15 Messieurs, par pitié, je vous donne ce que vous voulez mais il ne faut à aucun prix que ma femme soit au courant ! Mésié mi fè ! (62) Narrateur Récit Surprise Exclamative 3 Messieurs c’était dur à croire Ti-mâle, labé la fo tout bonnement ! (64) La foule Récit Admiration Exclamative 7 Mon gars, l’abbé est drôlement fort ! Mésié madanm la sa ! An té ké (67) Mérinel Citation Déception / propos sexuels Exclamative 7 Messieurs, cette femme-là ! je lui aurais… Ka an fè ou? (70) Le directeur de l’école Dialogue Dépit Interrogative 4 Qu’est-ce que je vous ai fait ? Sé kon sa an yé! Le directeur de l’école Dialogue Autorité Exclamative 5 C’est comme ça que je suis ! Mais foufoune aye en lo ! (73) Une femme Citation Jalousie / propos sexuels Exclamative 5 Mais sa chatte est plus précieuse que l’or ! Ban nouyé anco ! (74) Narrateur Récit Admiration Exclamative 3 Bravo ! Chante à nouveau ! Ka sé mésié vini chaché la? (86) Narrateur Récit Curiosité Interrogative 6 Qu’est-ce qu’ils sont venus chercher ici ? An pa té sav misié té macoumè !(86) Un client Récit Moquerie Exclamative 7 Je ne savais pas que ce bonhomme était pédé ! Yo pongné on racoon ! mi foto aye ! (87) Déterville Citation Révélation Exclamative 7 Ils ont attrapé un racoon! Voici sa photo ! Racoon : sorte de renard des Antilles. Yo pogné on raccon! (90) Déterville Citation Révélation Exclamative 4 On a attrapé un racoon ! An ka brilé kaz an mwen pou tyouyé on rat (91) La Chine Citation Vengeance Exclamative 10 Je n’hésiterai pas à brûler ma maison pour tuer un rat (idée d’un acharnement implacable dans la vengeance) Mi viann’ la ou inmè la ! (93) La Chine Citation Colère Exclamative 6 Voici la viande que tu aimes tant1
NADIA DUCHÊNE CAUCE, Revista Internacional de Filología y su Didáctica, nº 29, 2006. 206 stratégies développées pour mieux se définir dans un espace parfois difficile à délimiter, espace dont les échos retentissent en bien d’autres lieux. BIBLIOGRAPHIE ANTOINE, R. (1992) La littérature franco-antillaise Haïti, Guadeloupe, Martinique. Paris: Karthala. BENIANIMO, M. (1999) La francophonie littéraire. Essai pour une théorie. Paris: L’Harmattan. JEAN BERNABE, J., CHAMOISEAU, P. et CONFIANT, R. (1989) L’éloge de la Créolité. Paris: Gallimard. CÉSAIRE, A. (1983) Cahier d’un retour au pays natal. Paris: Présence africaine. CHAMOISEAU, P. (1986) Chronique des sept misères. Paris: Gallimard. CHAMOISEAU, P. (1994) Chemin d’école. Paris: Gallimard. CHAMOISEAU, P. (1996) Écrire en pays dominé. Paris: La Nouvelle Revue Française. CHANCE, D. (2000) L’auteur en souffrance. Essai sur la position et la représentation de l’auteur dans le roman antillais contemporain (1981-1992). Paris: P.U.F. CHAUDENSON, R. (1989) Créole et enseignement du français. Paris: L’Harmattan. CONDE, M. et COTTENET-HAGE (Ed.) (1995) Penser la créolité. Paris: Karthala. CONFIANT, R. (1991) Eau de café. Paris: Gallimard. CONFIANT, R. (1994) L’allée des soupirs. Paris: Grasset. DUCHÊNE, N. (2004) « Un écrivain de la Créolité : Ernest Pépin », Voces de América, Cádiz: Aduana Vieja, 380-395. GAUVIN, L. (1997) L’écrivain francophone à la croisée des langues. Entretiens. Paris : Karthala. GLISSANT, E. (1981) Le discours antillais. Paris: Seuil. HAZAËL-MASSIEUX, M.-Ch. (1993) Écrire en créole. Oralité et écriture aux Antilles. Paris: L’Harmattan. HAZAËL-MASSIEUX, M.-Ch. (1995) Le créole dans le roman des années 1990 aux Antilles: de la réalité au mythe ? http://creoles.free.fr/articles/roman1990%20aux%20Antilles.pdf MOUDILENO, L. (1997) L’écrivain antillais au miroir de sa littérature. Mises en scène et mise en abyme du roman antillais. Paris : Karthala. PÉPIN, E. (1992) L’Homme-au-Bâton. Paris: Gallimard, col. Folio. PERRET, D. (2001) La créolité. Espace de création. Petit-Bourg (Guadeloupe): Ibis Rouge. ROSELLO, M. (1992) Littérature et identité créole aux Antilles. Paris: Karthala.