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Cecilia Ricci, Stranieri illustri e comunità immigrate a Roma. Vox diversa populorum., 2006 [Reseña]

Álvarez Melero, Anthony

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L'antiquité classique Cecilia Ricci, Stranieri illustri e comunità immigrate a Roma. Vox diversa populorum. , 2006 Anthony Alvarez Melero Citer ce document / Cite this document : Alvarez Melero Anthony. Cecilia Ricci, Stranieri illustri e comunità immigrate a Roma. Vox diversa populorum. , 2006. In: L'antiquité classique, Tome 78, 2009. pp. 547-548; https://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_2009_num_78_1_3753_t17_0547_0000_1 Fichier pdf généré le 26/05/2018 COMPTES RENDUS 547 Cecilia RICCI, Stranieri illustri e comunità immigrate a Roma. Vox diversa populorum. Rome, Quasar, 2006. 1 vol. 17 x 24 cm, 121 p., 72 fig., 8 cartes. (VITA E COSTUMI NEL MONDO ROMANO ANTICO, 28). Prix : 12,90 €. ISBN 88-7140-300-2. Depuis plusieurs années, C. Ricci porte son attention à l’étude des étrangers séjournant à Rome, comme l’attestent les nombreux travaux tirés de sa thèse qu’elle a consacrés à ce sujet. Dans cet ouvrage, qui prend la suite d’un premier volume intitulé Orbis in urbe, elle entreprend d’illustrer par des exemples concrets le cadre général et théorique qu’elle y avait préalablement tracé. Concrètement, l’objet de ce livre-ci est de s’intéresser à quelques groupes d’étrangers installés dans l’Vrbs, entre l’époque d’Auguste et celle des Sévères, et originaires de quelques-unes des plus importantes provinces romaines : Espagnols et Gaulois, Africains, Égyptiens, Grecs, Syriens et Hébreux, excluant ainsi les populations danubiennes et rhénanes. Ce choix, qui peut paraître à première vue arbitraire, est en fait déterminé par leur rapport à Rome : époque et circonstances de la pénétration romaine puis de la transformation des territoires en provinces ; adaptation (réussie ou non) au modèle romain ; usages linguistiques, quartiers d’habitation et pratiques religieuses. Tous ces individus, issus de toutes les catégories sociales et exclusivement des civils (pour les militaires, cf. Orbis in urbe), font l’objet d’un traitement qui suit systématiquement le même schéma : modalités d’arrivée à Rome ; zones et cités d’origine ; regard porté par les Romains ; statut juridique, métiers et formes d’association sans oublier les cultes pratiqués. Pour ce faire, elle ponctue son récit de références à des sources littéraires et épigraphiques qui contribuent de la sorte au caractère vulgarisateur et pédadogique de son exposé. Signalons toutefois aussi quelques imprécisions qui surgissent çà et là : ainsi, par exemple, l’antique Aeso (Hispanie citérieure) correspond en fait au municipe d’Isona (et non à Avella, nom d’un village voisin – qui s’écrit Abella d’ailleurs –) dans l’actuelle province de Lérida (p. 26). De même, Italica n’est pas en Citérieure (p. 27). En outre, l’examen de certaines figures du chapitre 5, consacré aux étrangers provenant de Grèce et d’Asie Mineure, peuvent porter à confusion et induire en erreur. En effet, C. Ricci nous propose un relief funéraire (fig. 52, p. 73), un autel (fig. 53, p. 74) et deux épitaphes (fig. 58-59, p. 78), en rapport respectivement aux professions d’athlète (Ti. Octavius Diadumenus), d’aurige (L. Avillius Dionysius) et d’opstetrix (l’affranchie impériale Antonia Thallusa et Secunda). En l’absence d’explications, nous avons l’impression que l’auteur considère implicitement toutes ces personnes, porteuses de surnoms grecs (hormis Secunda), comme originaires de l’Orient, alors qu’en réalité, ces images n’ont pour fonction que d’illustrer ses propos, sans qu’on doive y comprendre autre chose. La même remarque s’applique aux figures 11 et 66. Tout cela, bien sûr, ne modifie en rien l’intérêt de ce travail qui, sans pouvoir prétendre à l’exhaustivité tant la documentation est volumineuse et de qualité inégale, constitue une première approche sur une thématique complexe. L’auteur, grâce aux sources à notre disposition, parvient à nous faire percevoir le cosmopolitisme de la ville de Rome qui avait su attirer à elle non seulement les élites dirigeantes provinciales mais aussi toutes ces petites gens que les affaires ou le métier avaient, par choix, nécessité, obligation ou contrainte, amenés dans l’Vrbs et ce, dès l’époque républicaine. Malgré tout, tous n’ont pas eu la même chance et on peut tout à la fois évaluer les réussites et prendre conscience des échecs auxquels firent parfois face cer- 548 COMPTES RENDUS tains qu’avait tenté le voyage en Italie, pour nous faire ouvrir les yeux sur une problématique qui demeure encore et toujours d’actualité. Anthony ALVAREZ MELERO Sarah B. POMEROY, The Murder of Regilla. A Case of Domestic Violence in Antiquity. Cambridge (Mass.)-Londres, Harvard University Press, 2007. 1 vol. 15 x 21,5 cm, XII-249 p., 32 fig. Prix : 21,20 €. ISBN 978-0-674-02583-7. S.B. Pomeroy, savante reconnue par ses nombreux travaux sur la condition féminine dans le monde antique, nous présente cette fois-ci un ouvrage ayant trait à un fait de société qui se retrouve encore parfois de nos jours sur les devants de l’actualité : la violence conjugale. En effet, l’auteur se livre à une investigation approfondie sur la mort de Regilla (dont le nom complet est Appia Annia Regilla Atilia Caucidia Tertulla : PIR² A 720 + add., vol. II, p. XIII A. Stein et FOS 66), alors enceinte de huit mois et décédée suite à un coup porté à son abdomen. À l’époque, tous les soupçons se portèrent sur l’entourage immédiat de son mari Hérode Atticus, sénateur et précepteur de Marc Aurèle qui finalement l’acquitta au terme d’un procès qui eut lieu au Sénat à l’instigation du frère de Regilla. Désireuse de délier le nœud de l’intrigue, la chercheuse américaine s’est vue contrainte de combler les lacunes de notre documentation. Elle a eu recours à toutes nos connaissances actuelles pour nous décrire ce qu’a pu être la « vie quotidienne » d’une fille et d’une sœur de consulaires, destinée à un brillant mariage avec un autre membre de son ordre, comme il ne pouvait en être autrement au sein de l’élite dirigeante de l’Empire. Les sources sont relativement abondantes, qu’elles soient littéraires, épigraphiques ou archéologiques, même si elle a pris le parti de ne retenir que celles contemporaines ou légèrement postérieures aux protagonistes. Toutefois, en dépit de ce choix, cela ne suffit pas pour rédiger cet ouvrage car les informations à notre disposition demeurent trop parcellisées, en raison de leur état de conservation et du sexe de Regilla qui n’en faisait pour ses contemporains qu’un personnage destiné, toute sa vie et pour la postérité, à ne jouer qu’un rôle secondaire. Le livre est subdivisé en cinq chapitres. S.B. Pomeroy y traite tour à tour de l’enfance de Regilla jusqu’à son mariage, de sa vie de femme mariée à Athènes, de ses activités publiques et des hommages qui lui furent rendus à Athènes, à Corinthe, à Delphes et à Olympie, de sa mort en Attique et du procès consécutif à Rome. Elle conclut avec une réflexion sur le souvenir de Regilla après sa mort, en évoquant le lieu où elle repose en Attique et les monuments construits par Hérode Atticus en sa mémoire (l’Odéon à Athènes et la rénovation de la propriété de la défunte le long de la Via Appia). Il ne s’agit donc pas seulement de raconter l’histoire de Regilla et de son mariage mais aussi de reconstituer avec force de détails, le cadre de vie où a elle évolué, depuis sa naissance jusqu’à sa fin tragique, en le replaçant systématiquement dans le contexte culturel de son époque. Ainsi, l’auteur, qui se place clairement du point de vue de Regilla, nous rappelle l’importance de la figure d’Hérode Atticus, dont elle dresse au passage un portrait peu flatteur, dans la culture de l’époque (seconde Sophistique) qui érigeait le Ve siècle athénien en parangon des modèles à suivre. Elle s’interroge aussi sur ce que Regilla, née dans une famille romaine et connaissant très certainement le grec, a dû vivre lorsque son mari décida de revenir à Athènes. En mettant l’accent sur la vie privée de Regilla à Rome et en