Une autre vision de l'Afrique francophone. Un regard à travers la bande dessinée. Application du sujet en cours de FLE
Abstract
Máster en Profesor de Educación Secundaria Obligatoria y Bachillerato, Formación Profesional y Enseñanzas de Idiomas
Full text
Facultad de Filosofía y Letras MÁSTER EN PROFESOR DE EDUCACIÓN SECUNDARIA OBLIGATORIA Y BACHILLERATO, FORMACIÓN PROFESIONAL Y ENSEÑANZA DE IDIOMAS ESPECIALIDAD: FRANCÉS Une autre vision de l'Afrique francophone. Un regard à travers la bande dessinée. Application du sujet en cours de FLE. TRABAJO FINAL DE MÁSTER Presentado por: Claudia Monja Capellán Tutelado por: Javier Benito de la Fuente Curso: 2021-2022
RÉSUMÉ : Ce travail vise à concentrer et à faire connaître, de manière brève, l’histoire de l’Afrique francophone à travers les bandes dessinées. Ainsi, ce mémoire de fin de master tentera de faire comprendre pourquoi dans une bonne partie de l’Afrique on parle français, d’expliquer pourquoi les bandes dessinées européennes, plus particulièrement celles françaises et belges, y sont arrivées, et développera également la trajectoire du continent telle qu’elle est racontée à travers ses bandes dessinées. Tout cela nous permettra de traiter un domaine quelque peu inconnu lors de l’étude du français comme langue étrangère, en s’éloignant des traits typiques de la France, mais en montrant à son tour un aspect fondamental dans le domaine francophone, étant donné que la réalité est qu’il y a des millions de personnes en Afrique qui vivent dans cette langue. Par conséquent, il est également prévu de concevoir des activités dans ce contexte de bande dessinée africaine afin d’impliquer les élèves d’une manière plus visuelle et divertissante dans l’apprentissage de FLE. Mots clés : BD, Afrique francophone, colonialisme, immigration, FLE. RESUMEN: Este trabajo pretende concentrar y dar a conocer, de manera breve, la historia del África francófona a través de los cómics. Con ello, esta memoria de fin de máster intentará dar a entender el motivo de que allí se hable francés, explicará la razón por la que los cómics europeos, más particularmente, los franceses y los belgas, han llegado hasta allí, y también desarrollará la trayectoria del continente tal y como la cuentan sus cómics. Todo ello nos permitirá tratar un ámbito un tanto desconocido a la hora del estudio del francés como lengua extranjera, saliéndose de los rasgos tópicos de Francia y mostrando a su vez un aspecto fundamental en el ámbito francófono, dado que la realidad es que hay millones de personas en África viviendo en este idioma. Por lo tanto, también se pretende diseñar actividades en este entorno de comic africano para involucrar a los alumnos de una manera más visual y entretenida en el aprendizaje de FLE. Palabras clave: Cómic, África francófona, colonialismo, inmigración, FLE.
Une autre vision de l'Afrique francophone. Un regard à travers la bande dessinée. Application du sujet en cours de FLE. SOMMAIRE PAGE 1. INTRODUCTION ET JUSTIFICATION ......................................................... 1 2. L’AFRIQUE FRANCOPHONE ......................................................................... 3 2.1. La colonisation .............................................................................................. 3 2.2. L’indépendance des colonies. La décolonisation ........................................... 5 2.3. Les pays francophones d’Afrique ................................................................... 6 3. LA BANDE DESSINÉE ..................................................................................... 10 3.1. Le concept de bande dessinée ........................................................................ 10 3.2. Les origines et les débuts de la bande dessinée .............................................. 10 3.3. Les caractéristiques de la bande dessinée ....................................................... 12 4. LA BANDE DESSINÉE EN AFRIQUE FRANCOPHONE ............................ 15 4.1. Les débuts et l’évolution de la BD en Afrique francophone .......................... 15 4.2. Les principales difficultés de la BD africaine ................................................ 18 4.3. Des auteurs et des œuvres d’Afrique francophone ......................................... 19 5. L’UTILITÉ DE LA BD FRANCOPHONE DANS L’EDUCATION ET EN COURS DE FLE ........................................................................................... 34 6. PROPOSITION D’ACTIVITÉS ........................................................................ 36 6.1. Introduction à la bande dessinée africaine. .......................................... 38 6.2. Les onomatopées. ................................................................................. 43 6.3. Vente aux enchères - trouvez les bulles avec des erreurs. .................... 51 6.4. Écoutez et comprenez ! ........................................................................ 58 6.5. Donnez une voix à ces vignettes. ......................................................... 60 6.6. Le casse-tête ......................................................................................... 64 6.7. Créez des métaphores !......................................................................... 68 6.8. Akissi .................................................................................................... 70 6.9. Spectreman ........................................................................................... 74 7. CONCLUSION .................................................................................................... 77 8. BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................... 79
1 1. INTRODUCTION ET JUSTIFICATION. À ce stade où s’achève le long parcours de l’apprentissage et commence le chemin de l’enseignement d’une langue acquise à travers l’étude, il est temps d’envisager les méthodes, les étapes et les lignes directrices qui peuvent contribuer et faciliter la transmission de la langue française, de la manière la plus agréable et la plus stimulante possible, en atteignant également les objectifs fixés. Pour atteindre cette cible, la bande dessinée se présente comme un canal valable, précieux et aimable avec lequel nous introduire dans une nouvelle langue. En effet, la BD est un allié qui nous relie à la première jeunesse et aux premières lectures, elle est resté en vigueur à travers le temps et continue même aujourd’hui à nourrir tout le monde qui l’entoure, malgré l’apparition d’autres formes de loisirs et de divertissement et des progrès technologiques. Enfin, dans le but de créer un peu plus d’émotion, nous resserrons l’étau de notre mémoire et nous nous concentrons plus particulièrement sur une zone géographique proche et éloignée à la fois, l’Afrique francophone, cette partie du continent dont nous avons entendu parler à un moment ou à un autre avec plus ou moins de justesse. De la sorte, nous creusons, depuis la langue française, dans une partie de l’Afrique avec une histoire de colonisations et d’indépendances, une série d’événements qui ont laissé en héritage une nouvelle langue qui subsiste encore et un grand mouvement de personnes de ce continent vers le pays mère de sa deuxième langue. J’ai choisi ce thème en regroupant deux des aspects qui m’ont toujours intéressé, la langue française, dont je suis tombée amoureuse dès le moment où je me suis rendue à Paris enfant, et la BD, activité que mon père m’a toujours inculquée depuis mon enfance. De cette façon, je conçois ce travail de fin de master comme une opportunité de combiner ces deux passions et de les utiliser dans ce que j’ai appris : pouvoir enseigner la langue française.
2 Plus particulièrement, je choisis le français comme langue d’expression dans le monde de la bande dessinée africaine, sujet qui est très intéressant en raison des conditions particulières qui existent, comme les récits de la vision des Africains émigrés dans des pays francophones, qui racontent des histoires dans les deux sens : des Africains qui relatent comment est le pays d’accueil, et des Africains qui retracent comment est leur pays en Afrique. Le but de ce mémoire de fin de master est, dans une première partie théorique, d’écouter les histoires de ce continent à partir de la voix de ses auteurs sous forme d’images, de couleurs ou de textes, et d’arriver à connaître dans une moindre mesure, à travers la vie des protagonistes de ses bandes dessinées, comment est la vie en Afrique francophone, ce continent qui abrite le plus grand nombre de francophones du monde; et, dans une seconde partie, nous envisagerons le sujet de l’enseignement du français par le biais des bandes dessinées d’Afrique francophone et nous proposerons une série d’activités qui pourront être appliquées à une classe de FLE de lycée. En effet, nous considérons que la bande dessinée est une ressource très enrichissante pour apprendre la langue française au lycée, étant donné qu’il s’agit d’un outil interactif et motivant non seulement pour expliquer la partie linguistique de la langue française, mais aussi pour prendre contact avec des aspects socioculturels. Les images caractéristiques de ce genre littéraire sont très utiles dans le processus d’apprentissage, en collaborant intuitivement et facilement à travers des textes courts et précis. De cette façon, la combinaison d’image et de texte est idéale pour raconter des histoires dans une autre langue, dans ce cas, en français. Nous nous servirons de ce genre littéraire pour connaître différents registres de la langue, mais aussi pour travailler les quatre compétences linguistiques clés, telles que la production orale, la production écrite, la compréhension orale et la compréhension écrite. Ainsi, les élèves apprendront la langue française et la culture francophone d'une manière plus directe en contact avec des documents authentiques et dans une ambiance divertissante, puisque la lecture des bandes dessinées est associée à l’idée du temps de loisirs, ce qui augmentera leur intérêt à poursuivre l'apprentissage de la langue française.
3 2. L’AFRIQUE FRANCOPHONE. 2.1 La colonisation. L’Europe a commencé à s’intéresser à l’Afrique afin de répondre à un certain nombre de besoins qui lui sont apparus, comme la recherche de matières premières, dont l’Afrique disposait en abondance. Ainsi, les premiers pays africains colonisés étaient ceux situés dans les zones côtières, mais au milieu du XIXe siècle, l’Europe a commencé à pénétrer à l’intérieur de l’Afrique, d’abord par les compagnies commerciales qui voulaient exploiter les ressources, et ensuite par les forces militaires qui ont réussi à soumettre les nouveaux pays et à prendre le contrôle. De cette manière, les pays européens accédaient à l’intérieur de l’Afrique pour civiliser, porter la culture occidentale, exploiter leurs matières premières et introduire un contrôle politique sur tous les territoires inexploités. Certes, le processus de colonisation de la France en Afrique a commencé avec le début de la longue colonisation de l’Algérie en 1830, et il s'est poursuit avec la fondation du protectorat de Tunisie en 1881. Ainsi, la colonisation s'est étendue peu à peu à de nombreux territoires de toute l’Afrique. La rivalité entre les puissances européennes, notamment entre le Royaume-Uni et la France, a conduit à la tenue de la conférence de Berlin, dans le but de résoudre les problèmes posés par l’expansion coloniale en Afrique et sa répartition. Elle a eu lieu pendant trois mois, entre les années 1884 et 1885, afin que les puissances européennes partagent tout le continent africain, sauf le Libéria et ce qui correspond aujourd’hui à l’Éthiopie. Alors que ces réunions étaient essentielles pour les pays africains, étant donné que le destin de l’Afrique y ait été écrit, aucun de ces pays n’y ont pu participer. La France a largement été bénéficiée de cette répartition, en comptant les pays suivants après cette division tenue à Berlin : l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, la Guinée, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso, le Bénin, le Gabon, le Congo, la République centrafricaine, le Tchad et le Madagascar. Plusieurs de ces pays appartenant à la France ont rejoint des fédérations, comme « l’Afrique de l’Ouest française », formée par les colonies de l’Ouest –ce qui correspond aujourd’hui à la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina
4 Faso et le Bénin–, et « l’Afrique équatoriale française », composée des pays du centre du continent, –qui sont aujourd’hui le Gabon, la République du Congo, la République centrafricaine et le Tchad–. Lors de la Conférence de Berlin, les accords suivants ont été conclus : D’abord, les bassins des rivières du Congo et du Niger ont été déclarés des zones de libre navigation et de libre-échange, sans aucun obstacle au passage des navires ni à l’imposition de droits de douane sur les marchandises. De plus, l’esclavage et la traite des esclaves ont été interdits, bien que dans la réalité cet accord n’a pas pu empêcher l’exploitation de la population locale. Quant aux nouvelles occupations à effectuer après la conférence, les pays européens ont continué à se partager le territoire en imposant leur régime administratif et social. De même, la propriété du Congo a également été réaffirmée, non à la Belgique, mais à titre personnel au roi Léopold II. Ainsi, bien que la plupart des pays francophones africains correspondent aux anciennes colonies de France, il ne faut pas oublier la partie francophone africaine qui émerge du grand territoire qui a occupé le Congo en tant que territoire belge. Carte de l’Afrique en 1914 (après la répartition de la conférence de Berlin), tirée de : https://www.camerecole.org/classes/312-la-conference-de-berlin-et-le-partage-de-l-afrique.html
5 Cette carte de l’Afrique créée à Berlin, avec les frontières droites, comme si elles étaient tracées avec une règle qui les rend des formes presque géométriques, a été dessinée sans le consentement de ses habitants et a subi très peu de modifications jusqu’à aujourd’hui. En outre, les frontières ainsi établies n’ont pas tenu compte de la répartition géographique antérieure des tribus africaines. Ce qui a eu pour conséquence que, dans de nombreux cas, des tribus ont été séparées, ou pire encore, que des tribus ennemies depuis des temps immémoriaux ont été intégrées sous un même territoire, ce qui a même conduit à des tragédies comme celle qui s’est produite au Rwanda dans les années 90, avec l’affrontement sanglant de deux tribus historiquement opposées comme les Hutus et les Tutsis, ou la terrible guerre civile en Sierra Leone. 2.2 L’indépendance des colonies. La décolonisation. La fin de la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) a marqué le début de la crise de l’existence des colonies. Ainsi, la décolonisation des territoires africains de France a commencé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et s’est prolongée pendant 30 ans, où il y a eu une forte répression comme opposition de la métropole à la dépendance de ses colonies sur le continent africain, après avoir subi un grand discrédit et une grande humiliation avec la perte de l’Indochine, sa grande colonie en Asie. Dans l’ensemble, seulement en quelques mois de l’année 1960, la France a perdu la plupart de ses colonies africaines. La décolonisation a été menée dans certains cas avec violence, voire déclenchée sous la forme d’une guerre, comme c’est le cas de l’Algérie, qui a affronté la guerre pendant huit ans, pour arriver finalement à la signature de l’accord de paix appelé « Les Accords d’Évian ». C’est ainsi que l’Algérie a obtenu son indépendance de la France en 1962, mais au prix de nombreuses vies humaines. Cependant, la plupart des pays ont réussi à obtenir leur indépendance par des moyens pacifiques, comme c’est le cas de la Guinée, qui a obtenu son indépendance en 1958, après avoir voté contre la constitution française de 1958. De nombreux dirigeants africains ont été éduqués en Occident, où leurs positions indépendantistes sont nées et se sont développées. Un autre point clé de soutien à
6 l’indépendance a été la création de l’ONU en 1945, qui a établi dans sa Charte fondamentale le droit à l’autodétermination des peuples. Une fois l’indépendance acquise, les pays africains ont continué d’entretenir des liens étroits avec la France, qui n’étaient pas toujours souhaités, comme les liens économiques –sous forme de dette publique–, commerciaux, politiques et sociaux et, dans certains cas, militaires, comme la présence militaire de la France dans des pays comme le Mali ou le rôle négatif d’influence qu’elle a eu dans les événements tragiques du Rwanda avec le génocide de 1994, responsabilité reconnue par le président français Emmanuel Macron lors d’une visite dans ce pays en 2021. 2.3 Les pays francophones d’Afrique La zone dite Afrique francophone est l’ensemble des pays africains où le français est la langue officielle ou co-officielle. Cette région correspond aux colonisations françaises, c’est-à-dire, cette zone de l’Afrique a eu comme pays colonisateurs la France et la Belgique. L’un des effets de la colonisation est d’imposer sa langue et sa culture dans les zones colonisées, ce qui fait de l’Afrique le continent qui compte le plus grand nombre de francophones au monde. En effet, la plupart des pays africains ont le français comme deuxième langue, bien que certains l’aient comme langue officielle, comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Tchad, etc. De même, dans les pays africains où existent de nombreux dialectes, le français devient la langue de communication entre eux. L’avenir de la langue française est en Afrique, car il est estimé qu’en 2050, et en raison de l’explosion démographique, le continent africain comptera 85 % des francophones du monde, selon des données publiées en 2018 par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
13 Schéma sur les types de plans et de visées de bande dessinée • La représentation du passage du temps : les éléments qui nous situent sur la saison de l’année, le moment de la journée... • La représentation du mouvement : des ressources qui expriment une dynamique dans les objets et les personnages. • Les bulles, qui expriment ce que les personnages disent si l’appendice possède une forme pointue, ou ce que les personnages pensent s’il est formé de plusieurs cercles de grandeur décroissante. • Les onomatopées qui nous transmettent des sons. • L’idéogramme ou les symboles qui expriment une pensée ou un sentiment et qui constituent également une partie essentielle de ce langage, en guise d’exemple, l’ampoule qui indique une idée, ou plusieurs zzzz qui représentent l’action de dormir.
14 À ses débuts, la bande dessinée était associée au loisir, mais au fil du temps, elle a beaucoup évolué et aujourd’hui, nous pouvons y trouver de multiples thèmes reflétés. En effet, les bandes dessinées peuvent être scindées en plusieurs types, tels que les histoires comiques, de guerre, d’aventure, fantastiques ou du genre. Il s’agit donc d’une forme d’expression et d’un moyen de communication, qui s’exprime à travers des illustrations qui peuvent être accompagnées de texte.
15 4. LA BANDE DESSINÉE EN ÁFRIQUE FRANCOPHONE. 4.1 Les débuts et l’évolution de la bande dessinée en Afrique francophone. Les bandes dessinées sont apparues en Afrique beaucoup plus tard qu’en Occident, et elles ont évolué plus lentement. Les premières publications de vignettes en Afrique ont été publiées dans des journaux ou des magazines coloniaux, dont les lecteurs étaient occidentaux, comme c’était le cas des magazines des années 1920, au Congo belge ou en Algérie. C’est donc à partir des années 1960 que la bande dessinée commence à prendre de l’importance dans les pays africains. En outre, à ce jour-là, un autre moyen de diffusion de la bande dessinée africaine sont les revues spécialisées, bien que, dans de nombreux cas, ces revues disparaissent par manque de moyens économiques, ce qui est un facteur commun à de nombreux pays africains. Des événements tels que des festivals de bandes dessinées ou des expositions sont un moyen important pour faire connaître la bande dessinée africaine à l’extérieur du continent. Parmi les festivals organisés en Europe et en Afrique, il faut citer : • Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, qui a lieu chaque année depuis 1974 et qui constitue le point de rencontre des professionnels du monde entier. En plus, dans l’édition 2018 le continent africain a été très présent. • FIBDA ou Festival international de bande dessinée à Alger depuis 2008. • Le Festival Gabonais et International de la Bande Dessinée. • Le « Coco Bulles », qui est le Festival International de Dessins Animés et de Bande Dessinée d’Abidjan. Il a été lancé par l’association Tache d’encre et organise des expositions d’art, des ateliers et des conférences. • Le Bilili BD Festival de Brazzaville, qui se tient depuis 2016 en République du Congo. La bande dessinée se développe en Afrique dans le but d’éduquer la population, et pas seulement de divertir. Elle montre ce qui se passe dans la société et enseigne à travers les informations qu’elle fournit dans ses vignettes. Cela en fait un moyen idéal pour envoyer des informations avec une intention éducative, car elle dispose d’un
16 langage simplifié et, par conséquent, les images deviennent le meilleur moyen de communiquer et de sensibiliser sur des sujets qui intéressent le continent, tels que l’environnement, la santé ou les affaires sociales ou politiques. De cette façon, même si le destinataire a un certain degré d’analphabétisme, il parviendra à capter une partie du message. De nombreuses bandes dessinées qui présentent cette intention de sensibilisation sont financées par des fonds d’organismes ou d’ONG, qui font des commandes sur des sujets sociaux, à titre d’exemple, ces bandes dessinées traitent de questions telles que, les difficultés des migrants africains dans les pays d’accueil ou la manière d’agir contre le sida, etc. Parmi ces collaborations, il faut remarquer l’association Esquisse, du « Centre de la bande dessinée de Bamako », qui a mis en place une structure qui reçoit des commandes pour la production d’outils éducatifs et de sensibilisation pour les ONG. Également l’ONG française «Equilibrie et Population» a publié en 2001 un album collectif de dix-huit histoires, avec des dessinateurs provenant de la République démocratique du Congo, du Cameroun, du Gabon, du Sénégal, du Madagascar et du Togo sur l’éducation pour le développement, avec des thèmes majeurs comme la pauvreté, les enfants soldats ou les mutilations génitales féminines. En outre, au Maroc, en 2005, avec le financement du Département d’Etat des Etats-Unis et de l’ONG pour la défense des droits de l’homme « Leadership Féminin », a eu lieu l’édition de la bande dessinée « Raconte-moi la nouvelle Moudawana » de l’auteur Miloudi Nouiga, laquelle a été éditée en bilingue arabo-français et cherche à transmettre de nouveaux codes familiaux à la population marocaine. De même, il faut souligner l’existence des bandes dessinées faites par des Africains qui racontent des aspects de l’Afrique, l’histoire de l’Afrique, le colonialisme et les héros; ce sont des dessinateurs qui racontent la société et la politique africaines et qui contribuent à l’alphabétisation.
17 L’acte de groupement et d’association des auteurs de bandes dessinées favorise les initiatives pour renforcer et réaliser les intérêts communs, à travers des échanges, l’interaction et l’obtention d’un soutien international. Certaines des associations qui se forment autour de la bande dessinée sont : • « Tache d’encre », association de caricaturistes de presse de Côte d’Ivoire qui publie l’hebdomadaire « Gbich! », un journal humoristique et des bandes dessinées sur la vie sociale en Côte d’Ivoire. • ACRIA, l’Atelier de Création, de Recherche et de l’Initiation à l’Art, a été fondée en 1990 par l’artiste congolais Barly Baruti. Cette association a édité la revue Afro BD et, à partir de 1991, a organisé cinq éditions du Salon Africain de la BD et de la conférence pour la jeunesse. • Africa e Mediterraneo, une association italienne qui se consacre à la promotion de la bande dessinée africaine et de ses auteurs. Elle a créé, en collaboration avec Lai-Mo –une coopérative sociale active dans les domaines de l’immigration et du développement–, une grande collection 1 de bandes dessinées d’auteurs africains qui a été numérisée. • « L’Afrique dessinée », une association française créée en 2001 qui vise à renforcer la création et la diffusion de la bande dessinée africaine, en réalisant des ateliers qui permettent une production visible dans des expositions ou dans l’édition de celles-ci. Cette dernière association illustre le fait que les artistes africains qui vivent en Europe se réunissent également en associations et participent ainsi à des événements internationaux, des expositions ou des festivals, où des opportunités d’échanges avec des éditeurs et d’autres artistes apparaissent. Peu à peu, la bande dessinée a évolué en Afrique, exportant des talents dans d’autres pays francophones et en particulier en France. Toujours dans le langage de la bande dessinée, les auteurs y décrivent la vie réelle en Afrique, ainsi que le phénomène de la migration. Pour raconter ces histoires, il faut prendre grand soin non seulement du texte, mais aussi du type de vignette, de trait, et surtout des couleurs utilisées pour imprimer les nuances du ton de la narration ou de l’humeur, etc. 1 Accessible sur le site: http://www.africacomics.net/.
18 En ce qui concerne les genres de la bande dessinée africaine, nous pouvons noter différents sujets : le policier, le fantastique, l’historique, les histoires de la vie quotidienne, les humoristiques, etc. Mais malheureusement, les maisons d’édition spécialisées dans les bandes dessinées sont presque inexistantes sur le continent africain. Cependant, certaines maisons d’édition européennes publient des bandes dessinées d’auteurs africains à travers des collections éditoriales. C’est le cas des Éditions L’Harmattan, qui existent à Paris depuis 2010 avec des auteurs francophones du continent africain dans leur catalogue. Certaines des œuvres qu’elles ont éditées sont : la série « Laff lafrikain » ou « Pour une Couleur de peau », jusqu’à un total de quarante et une œuvres qu’elles offrent dans leur catalogue publié sur leur site Web. Ce fait de publier des artistes du continent a constitué un lancement important pour ces œuvres et ces auteurs, qui manquaient de visibilité et de reconnaissance. De cette manière, un nombre considérable d’auteurs de bandes dessinées africaines ont émigré en Europe au début des années 2000. Les conditions d’arrivée de ces auteurs étaient souvent difficiles, et même certains de ces artistes ont dû demander l’asile. Les thèmes migratoires deviennent ainsi des thèmes centraux abordés par ces scénaristes : l’Europe terre d’illusions, les difficultés des immigrants illégaux, le mélange culturel, leurs coutumes ou encore la différence de la vie sur un autre continent... 4.2 Les principales difficultés de la bande dessinée africaine : • Dans les pays africains, l’industrie de la bande dessinée est difficile en raison de la précarité de ce travail qui entraîne des problèmes de publication et de faible revenu, quel que soit le succès de leurs auteurs. • Les auteurs africains doivent souvent travailler pour des organisations non gouvernementales, notamment dans le domaine de l’enseignement. Cela implique de travailler sous la supervision de l’organisme qui commande et finance le projet, ce qui peut également conditionner sa dépendance créative. • Un autre obstacle de la bande dessinée africaine est le manque de formation artistique des auteurs, qui n’ont pas d’études spécifiques.
19 • Il y a peu d’éditeurs qui publient des bandes dessinées, ce qui signifie qu’il est difficile de les distribuer, et qu’ils doivent parfois recourir à l’auto-publication. • Enfin, une difficulté majeure, même si elle touche le public, est la capacité économique de la population à acquérir ces exemplaires. 4.3 Des auteurs et des œuvres d’Afrique francophone. Mongo Cissé Cet artiste congolais, considéré comme l’un des pionniers de la bande dessinée au Congo, est diplômé des Beaux-Arts à Kinshasa. Il est l’auteur de personnages tels que « Mata Mata » et « Pili Pili », dont les bandes dessinées étaient publiées dans le magazine Zaire-Hebdo. Ses histoires traitent des sujets tels que la culture et l’histoire africaine. Il s’est établi à Bruxelles pendant quelques années en collaboration avec le studio Hergé, mais finalement il est rentré dans son pays où il a travaillé en tant que professeur à l’Académie des beaux-arts. Il a également publié quatre bandes dessinées didactiques avec le soutien de la coopération belge au développement, mettant en vedette Bingo 2 , un jeune africain. Ces bandes dessinées racontent les histoires de ce jeune paysan qui quitte son village pour aller en ville, où il connaîtra plusieurs dangers auxquels il devra se confronter, tels que le chômage, les escroqueries et les barrages, qui le décourageront et le feront retourner dans son village. Dans ses bandes dessinées, il traite également le déséquilibre économique entre le Nord et le Sud. Les sujets qu’il aborde montrent donc l’intérêt de Sisé pour les problèmes de son pays, comme l’exode rural et les difficultés de l’agriculture. 2 Image de la couverture de la BD « Bingo en Belgique », tirée de : https://www.bedetheque.com/BDBingo-Les-Aventures-d-un-enfant-africain-Tome-3-Bingo-en-Belgique-ou-l-interdependance-318557.html
20 Il est mort à l’âge de 60 ans en 2008, et quatre ans plus tard, la maison d’édition Harmattan BD a publié «Mokanda Illusion» 3 , dans laquelle sont publiées les dernières aventures de « Mata Mata et Pili Pili », les deux personnages que Sisé a créés dans les années 1970. Dans ces aventures, il raconte l’histoire de l’attente de Mata Mata à son fils, qui est allé étudier en Europe. Mata Mata reçoit enfin une lettre qui suscite l’envie des voisins et des familles, qui espèrent que dans les nouvelles de son fils, il annoncera l’envoi d’argent d’Europe. Cette intrigue simple met en évidence le rêve africain d’arriver en Europe et la facilité d’y prospérer. Avec humour, Mongo Sisé dessine la réalité décevante de sa ville et de ses habitants, décrivant des réalités sociales, économiques et politiques. Ainsi, à travers son regard, Mongo Sisé montre l’impact social et les conséquences en Afrique de l’exil et du départ en Europe de certains Africains. Christophe Ngalle Edimo. Christophe Ngalle Edimo est un auteur né en France d’origine camerounaise, cofondateur et président de l’association L’Afrique Dessinée, créée en 2001 à Paris. Il a plusieurs projets en tant que scénariste de bandes dessinées et a publié plusieurs contes, surtout dans des associations. Avec Simon-Pierre Mbumbo, il est l’auteur de la célèbre bande dessinée « Malamine » qui raconte l’histoire de ce personnage, Malamine, qui ne parvient pas à trouver sa place ni parmi sa famille en Afrique, ni en France dans son pays d’accueil, où il vit dans un environnement africain de travailleurs immigrés et observe les changements culturels face à la société française. 3 Image de la couverture de « Mokanda Ilusion », tirée de : https://www.editions-harmattan.fr/livremokanda_illusion_les_aventures_de_mata_mata_et_pili_pili_mongo_sise-9782296993976-38477.html
21 Ainsi, ce personnage ne se sent pas à l’aise avec sa vie en France, où un diplôme de la Sorbonne ne suffit pas à effacer l’origine ethnique, mais malgré son mécontentement, il ne peut pas retourner en Afrique, puisqu’il doit obtenir le succès que la famille attend de lui. De cette manière, avec ce personnage, les auteurs traitent également le sujet de l’indifférence que la France exprime souvent à l’égard des immigrés. Image de la couverture de la BD « Malamine », tirée de : https://www.bedetheque.com/serie21430-BD-Malamine.html Il a également fait une adaptation du conte original « Si tu me suis autour du monde... » de Carl Norac avec des dessins de Fifi Mukuna, qui raconte l’histoire de Ranji, un jeune homme qui vit dans un village indien en période de sécheresse, alors que dans le village voisin, le puits fonctionne encore. Face à l’égoïsme et au défaitisme des habitants des deux villages, le jeune Ranji décide de partir en voyage autour du monde. Il est accompagné d’un lièvre qui est, en fait, un génie. Le lièvre est un animal de compagnie sympathique qui utilise son énergie pour protéger Ranji dans son voyage au cœur des maux de la Terre. De cette manière, ils parcourent ensemble la planète et racontent leurs problèmes.
22 Il s’agit d’une histoire amusante, dessinée dans un style simple, qui traite de sujets tels que l’écologie, le partage et le sens des responsabilités envers les générations actuelles et futures. Il a également été le principal scénariste du projet de publication de bandes dessinées de la collection didactique « Valeurs communes », financée par la Commission européenne, une coédition des éditions Africa e Mediterraneo et Laï Momo, en collaboration avec « L’Afrique Dessinée ». Edimo possède une œuvre prolifique, entre autres nous pouvons nommer « La vie d’Andolo », qui nous raconte la vie quotidienne d’un jeune étudiant de la République démocratique du Congo, qui apparait toujours accompagné de Kili Kili, un chien qui peut être un peu maladroit parfois. L’auteur focalise cette bande dessiné sur les préoccupations du jeune, qui sont semblables à celles de n’importe quel jeune de son âge de n’importe quelle autre origine: les soucis amoureux, les problèmes de la vie de quartier, etc. Image de la couverture « La vie d’Andolo », tirée de : https://kalakarrika.mondoblog.org/2017/03/30/la-vie-dandolo-le-quotidien-de-jeunes-kinois-en-bd/
29 Image de la couverture d’Akissi : Attaque de chats, tirée de : https://www.abebooks.com/AkissiTome-1-Attaque-chats-Abouet/22740606495/bd Baraka Lurhakwa Baraka Lurhakwa est un artiste congolais qui étudie à l’Académie des BeauxArts de Kinshasa, et qui a remporté le troisième prix international de bandes dessinées organisé par «ONU WOMEN» pour sa sensibilisation contre le mariage précoce. Ce dessinateur est également scénariste, illustrateur et graphiste sous son pseudonyme «Baraka Création», tel qu’il le publie sur ses réseaux sociaux. Sur la planche de BD jointe à continuation, dans laquelle le mariage sans consentement de jeunes filles en Afrique est dénoncé, nous soulignerons combien il est important pour ce jeune homme que les femmes et les filles de son pays ne soient pas contraintes de se marier sans leur consentement.
30 Planche de BD tirée de : https://www.unwomen.org/es/news/stories/2021/6/news-winners-of-the-comic-andcartoon-competition-generation-equality-picture-it
31 Kamel Khèlif. Kamel Khèlif est un artiste algérien qui, comme beaucoup de ses compatriotes, a émigré en France avec sa famille à l’âge de 5 ans. Avec son premier ouvrage intitulé « Premier Hiver », il tente d’expliquer l’origine de l’immigration maghrébine en France. Cette œuvre est destinée à un public adolescent et, pour cela, il dépeint le quartier de Marseille où il a grandi. De même, dans plusieurs de ses œuvres il traite aussi directement le thème de l’exil. Parmi toutes ses créations, il faut souligner son ouvrage « Homicide », de 1995, dans lequel l’auteur raconte l’histoire d’un immigré clandestin qui arrive à Marseille et vit en évitant constamment la police, ou son œuvre «Ce pays qui est le Vôtre», de 2003, dans laquelle il décrit son passage en prison. En 2019, à l’âge de 60 ans, il publie un nouveau roman graphique intitulé «Même si c’est la nuit», où il exprime l'errance d'un artiste qui n'arrive plus à dessiner et qui, le temps d'une nuit, va déambuler dans les rues de sa ville pour remonter dans les souvenirs de son passé. Dans son œuvre, les couleurs prédominantes sont le noir, le blanc et le gris. Pour ce faire, il utilise du fusain, de l’encre chinoise, des cires et des crayons, avec lesquels il crée une atmosphère éteinte. En outre, dans nombre de ses œuvres, il est partisan de parler aux enfants de sujets que les Européens évitent souvent, comme la mort. Par conséquent, ses œuvres ne sont pas appréciées par la majorité et il est donc un grand inconnu en France, bien que ses dessins aient même été exposés à la Tate Modern de Londres.
32 Dessin de Kamel Khèlif, tiré de : https://www.humanite.fr/culture-et-savoirs/bande-dessinee/kamelkhelif-le-danger-cest-le-corps-parfait-des-ideologies Image du roman graphique « Homicide », tirée de : https://www.bobbedoes.nl/item/detail/5df3957214e1-4a81-a819-e6244f6d3ca1
33 Serge Saint-Michel Il est né à Paris en 1931 et a collaboré dans les années 1970 à des revues de distribution en Afrique. Il a publié la collection « Il était une fois... » 5 , dont le premier album est consacré à la vie du président togolais Eyadema, à la demande du parti présidentiel. Le général Eyadema a gouverné le Togo de 1967 à sa mort en 2005 et a participé à deux coups d’État. Cette bande dessinée sur sa vie, éditée en 1976 en Belgique, raconte l’histoire de ce dictateur depuis son enfance avec sa famille modeste dans un petit village, et comment, enfant, il perd son père et devient un garçon fort, travailleur et très courageux qui va réussir à diriger son pays. Cette histoire, qui se réalise sur commande, s’écrit dans le but d’obtenir le prestige et l’admiration du peuple auprès de son mandataire. Image de la couverture « Il était une fois…Eyadema », tirée de : https://www.bedetheque.com/BDHistoire-du-Togo-Il-etait-une-fois-Eyadema-428229.html 5 Information tirée de : https://es.frwiki.wiki/wiki/Serge_Saint-Michel
34 5. L’UTILITÉ DE LA BANDE DESSINÉE FRANCOPHONE DANS L’ÉDUCATION ET EN COURS DE FLE. La bande dessinée est présentée comme un outil éducatif très flexible, et bien qu’elle soit adaptée aux différentes matières de l’enseignement obligatoire, elle est particulièrement adaptée aux cours de langue étrangère, dans ce cas, la bande dessinée qui est faite en Afrique francophone s’adapte parfaitement aux cours d’enseignement du français. Comme avantages, il faut souligner son utilisation pour le remplacement en classe de l’exposition des sujets d’une manière étendue et épaisse, qui peuvent disperser l’attention des élèves. Ce support est cependant montré beaucoup plus polyvalent et agréable, s’agissant d’un format plus gai et même festif. Ceci peut être conclu, une fois avoir fait ce court parcours à travers la bande dessinée de l’Afrique francophone, dans lequel tout dégage la couleur qui contient de leurs tissus à leurs cieux, qui évoquent leurs villes colorées et animées, où l’on peut sentir de la chaleur à l’arôme fait de mille essences. Toutes ces sensations que l’on a depuis la première rencontre avec le monde de la bande dessinée, ouvrent la voie à l’intérêt, l’attention et la nouveauté, en nous préparant à recevoir toutes les informations qui viendront derrière ces premières connotations. Mais tout ce préambule coloré et positif ne doit pas nous conduire à l’erreur de penser que cet outil est valide de toute façon. Derrière les qualités de la bande dessinée, il y a beaucoup de travail et de préparation pour réussir à l’emmener en classe. En effet, l’outil est très valable, nous devons seulement en faire bon usage. Ces belles vignettes pleines d’humour nous permettront d’aborder n’importe quel sujet aussi dur ou délicat qu’il soit, d’une manière douce, avec l’inconfort amorti. Ainsi, la bande dessinée devient un support concis et didactique et peut atteindre tout le monde, quel que soit le niveau et la capacité de synthèse des élèves.
35 Avec ce genre d’initiatives, nous pouvons stimuler le travail et l’intérêt pour l’apprentissage d’une nouvelle langue chez les élèves. Mais ce n’est pas tout, la bande dessinée, elle se révèle aussi utile et stimulante pour s’initier au plaisir de la lecture et pour apporter une éducation sociale et des valeurs transversales.
36 6. PROPOSITION D’ACTIVITÉS. Cette proposition d’activités est conçue pour être appliquée dans le contexte éducatif de la salle de classe et s’adresse aux élèves de quatrième année de l’ESO qui étudient le français comme deuxième langue étrangère. Le choix de l’utilisation de la bande dessinée comme ressource didactique est motivé par le fait qu’il s’agit d’un matériel attrayant, amusant dans de nombreux cas, et accessible aux lecteurs ayant un faible niveau de maîtrise de la langue, en raison de la brièveté de ses textes, de ses appuis visuels, qui apportent aussi du sens, et de la simplicité de ses structures grammaticales. Avec cette adaptation pédagogique, nous travaillerons les quatre compétences communicatives qui sont, en ce qui concerne la langue orale : la compréhension orale et l’expression orale ; et en ce qui concerne la langue écrite : la compréhension écrite et l’expression écrite. Pour cela, nous nous appuierons sur les contenus que les élèves ont déjà vus en classe afin de les réviser et de les renforcer, et nous introduirons également de nouveaux éléments. La bande dessinée a également la capacité de nous offrir des aspects socioculturels pour construire une nouvelle vision du monde. Par conséquent, il est idéal de se rapprocher de l’Afrique francophone à travers ces créations artistiques et littéraires. Cette proposition favorisera des moments de lecture en langue française et créera des espaces de réflexion à propos de ce que nous savons sur notre continent voisin et sur certaines de ses caractéristiques identitaires. Tout cela, en assurant une atmosphère de travail agréable ouverte à la participation de tous les élèves, avec une approche pratique et ludique, favorisant l’autonomie de l’élève dans son processus d’apprentissage.
37 Dans le but de réaliser cette adaptation pédagogique pour l’apprentissage de FLE, nous développerons neuf activités appliquées à la bande dessinée d’Afrique francophone. La durée de cette application pédagogique sera de 10 heures au total, qui seront divisées en 5 séances d’une, deux ou même trois heures, comme indiqué ci-dessous :
38 ACTIVITÉ 1 : Introduction à la bande dessinée africaine. Nous sommes généralement plus habitués à voir des bandes dessinées nationales, américaines et même japonaises dans notre milieu, mais ce genre de manifestations artistiques et littéraires ne nous parviennent généralement pas d’Afrique. C’est la raison pour laquelle, au cours de cette séance, nous donnerons l’occasion de connaître certaines de ces œuvres africaines. D’autre part, lorsque nous nous referons à la langue française, nous réduisons habituellement l’espace géographique où elle est parlée, en nous concentrant exclusivement sur la France. Il est donc surprenant de découvrir que le français est très répandu dans le monde, alors un autre objectif de cette séance est de faire connaître cette extension si riche de pays francophones. Parallèlement, certaines des bandes dessinées sur lesquelles nous travaillerons en classe apporteront une vision de l’Afrique d’aujourd’hui, qui partage de nombreux aspects avec l’endroit où nous vivons et nous nous développons. Ainsi, nous mettrons l’accent sur la lutte pour l’égalité et l’émancipation des femmes que nous transmet « Aya de Yopougon », une nouvelle bande dessinée racontant l’histoire de trois amies vivant dans un quartier de la Côte d’Ivoire, et nous connaîtrons également le très intéressant document diffusé sur le site de l’Unesco, qui récupère sous forme de bande dessinée, les biographies de femmes importantes dans l’histoire du continent africain qui avaient été « oubliées ». En plus, dans cette séance, nous partagerons également avec Pahé, le protagoniste de la bande dessinée « La vie de Pahé » de Patrick Essono, ses expériences d’émigré. Objectifs : • Réfléchir sur ce que nous savons du continent africain. • Connaître l’existence des différents pays africains francophones. • Rapprocher la bande dessinée africaine francophone des élèves. • Identifier quelques éléments de base de la bande dessinée.
45 Méthodologie : Nous mettrons en commun les connaissances que chacun possède des onomatopées. Ensuite, il faudra travailler individuellement en appliquant la méthode d’essai et d’erreur pour apprendre le lexique. Je ne prétends pas que ce soit un pari, mais plutôt que l’élève utilise des stratégies telles que la comparaison avec sa propre langue ou d’autres stratégies qui lui permettent de tirer des conclusions. La solution sera découverte quand le professeur corrigera l’exercice devant le groupe. Pour fixer le vocabulaire objet de cet apprentissage, nous utiliserons la méthodologie de « réécrire consciemment à la main avec du papier et un crayon » le mot. De cette façon, ils renforceront l’apprentissage qu’ils ont fait par association de mots écrits et d’images et favoriseront leur mémorisation. Le jeu nous aidera également à impliquer l’élève avec une plus grande motivation. Ressource: • Fiche : Liste des onomatopées écrites. • Fiche : Liste des vignettes correspondant aux onomatopées écrites. • Des cartes avec les onomatopées écrites et les vignettes correspondantes.
46 Placez chaque onomatopée dans sa bulle correspondante.
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50 Traduisez chaque onomatopée française en son onomatopée correspondante en espagnol.
51 ACTIVITÉ 3 : Vente aux enchères - trouvez les bulles avec des erreurs. Il y a des contenus qui, s’ils ne sont pas utilisés, finissent par être oubliés, c’est pourquoi il est toujours bon de trouver des espaces pour pratiquer les contenus que nous avons appris à un moment donné. En particulier, « les prépositions de temps » et « les pronoms relatifs » sont des contenus qui comportent des difficultés d’assimilation et c’est pourquoi, nous allons consacrer cette séance à renforcer cette connaissance préalable. Objectifs : • Mettre en pratique les connaissances antérieures sur l’utilisation correcte des prépositions de temps. • Mettre en pratique les connaissances antérieures sur l’utilisation correcte des pronoms relatifs. • Verbaliser les nombres en français. • Progresser dans le développement de la capacité de communication de la compréhension orale. • Progresser dans le développement de la capacité communicative de l’expression orale. • Former les compétences pour travailler en équipe. Contenus: • Prépositions de temps: depuis, en, dans, à, après... • Pronoms relatifs : qui, que, dont... • Les nombres en français. Développement : Pour cette activité, nous diviserons la classe en plusieurs petits groupes (4 ou 5 personnes chacun) et je donnerai à chacun 100 euros imaginaires pour le début de l’activité. Ensuite, je projetterai sur le tableau une série de vignettes avec texte. Ces textes peuvent être bien ou mal construits, de sorte que chaque groupe aura quelques minutes pour lire, comprendre, analyser et appliquer les règles grammaticales qui affectent l’utilisation des prépositions de temps et les pronoms relatifs avant de décider
52 le pari. Ils peuvent utiliser leurs notes ou leur livre pour s’aider, mais leur décision devra être toujours accompagnée d’une explication. Chaque groupe devra miser un montant minimum ou maximum en fonction de la sécurité dont ils disposent, pour résoudre si la vignette présente ou non une erreur grammaticale. En cas de succès, le montant misé sera ajouté et en cas d’erreur, le montant misé sera soustrait du total. Toutes ces opérations seront pointées sur le tableau pour garder le contrôle et à la fin nous découvrirons si le résultat final a été pro ou contre le montant initial, et donc, si notre connaissance et notre maîtrise de la matière nous a aidé à gagner ou perdre de l’argent. Méthodologie: Cette activité s’inscrit dans un environnement ludique qui motive les élèves à la participation. Il y a un élément incitatif pour l’élève dans la réussite de l’exercice, comme la relation entre la connaissance et la maîtrise de la matière, et le gain ou la perte du capital. Il s’agit d’un travail de groupe coopératif dans lequel tous les membres du groupe apporteront leur contribution pour le bien commun et de chacun. Ils utiliseront une méthode déductive à travers l’analyse de la vignette et la fonction de chaque mot dans celle-ci. Ressource: • Des vignettes élaborées avec des structures grammaticales sur des prépositions de temps. • Des vignettes élaborées avec des structures grammaticales sur les pronoms relatifs. • Projecteur.
53 Vente aux enchères : trouvez les bulles avec des erreurs et pariez pour les vignettes correctes. I) Prépositions temporelles : a) b) c)
54 d) e) f)
61 o L’utilisation d’un verbe pronominal. o L’utilisation de deux pronoms de complément indirect. o L’utilisation de deux adverbes de quantité. o Exprimer son désaccord. o L’utilisation d’une nationalité ou d’un pays. Méthodologie : Il s’agit d’une activité semi-structurée où chaque élève disposera des ressources nécessaires pour travailler avec autonomie et efficacité. Ressource: • Les fiches élaborées pour cette activité de vignettes avec des bulles vides. • Les matériels de recherche d’informations tels que des notes, des livres, des dictionnaires, l’ordinateur avec connexion internet, etc.
62 Remplissez les dialogues des bulles vides.
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64 ACTIVITÉ 6 - Le casse-tête. Combien de fois nous sommes-nous casés la tête pour trouver le sens d’un message, ou pour l’exprimer en expliquant clairement ce que nous voulions manifester ? En effet, pour qu’un discours linguistique soit compréhensible, il est indispensable que tous ses éléments soient connectés et cohésifs. Objectifs: • Activer les mécanismes nécessaires au développement de la cohérence du discours. • Réfléchir sur les stratégies utilisées pour la construction correcte de la narration. • Réfléchir sur les aspects socioculturels que nous montre la bande dessinée sélectionnée. Contenus: • Des contenus lexicaux et grammaticaux • Des séquençages d’images. • Des aspects socioculturels de la bande dessinée. Développement : Nous livrerons à chaque élève deux planches de bandes dessinées séparées en vignettes individuelles, en guise de casse-tête ou puzzle. L’élève devra assembler chaque planche en ordonnant séquentiellement chaque vignette de manière à ce que la structure acquière une cohérence narrative. Il faut tenir compte que dans cette activité, non seulement le texte nous donne des indices, mais aussi les images et la façon dont elles sont construites en termes de plans, de perspectives, etc. Tous ces éléments nous en dit beaucoup. Finalement, nous vérifierons si notre résultat correspond à la planche d’origine de l’auteur et, après avoir analysé les planches déjà armées, nous réfléchirons sur les stratégies que nous avons utilisées pour y parvenir et nous commenterons également le contenu des bandes dessinées : quel est le sujet traité, ce que nous pensons, des aspects socioculturels qui apparaissent, etc.
65 Méthodologie: L’activité consiste en un travail individuel basé sur la méthode déductive à travers l’analyse des différentes pièces du puzzle. À la fin, chaque élève corrigera son activité à partir de l’original, et l’apprentissage de groupe sera également renforcé à travers les interactions de la mise en commun. Ressource: • Les vignettes individuelles des planches extraites des bandes dessinées de « Dipoula L’Albinos » et « La vie de Pahé ».
66 ➢ Les vignettes travaillées dans cette activité : I) Dipoula l’Albinos
67 II) La vie de Pahé
68 ACTIVITÉ 7 – Créez des métaphores ! Lorsque nous ne trouvons pas le mot exact pour définir quelque chose, nous cherchons une alternative qui exprime le même sens. Si nous apprenons une langue étrangère, il est très probable que ceci nous arrive souvent, donc le fait d’avoir des ressources qui dépassent nos limites linguistiques nous facilitera l’interaction communicative. Pour illustrer ce que nous venons d’expliquer, nous observerons cette vignette, qui constitue un exemple parfait, puisque l’auteur remplace le mot « neige » par l’expression « pluie de coton », en construisant une métaphore, qui en plus de remplir sa fonction communicative, apporte un grand sens esthétique.
69 Objectifs: • Identifier la métaphore dans le texte. • Élaborer des métaphores et / ou d’autres ressources communicatives. • Développer des compétences communicatives. Contenus: • Des métaphores et d’autres ressources de communication. Développement: Pour cette activité, nous continuerons à travailler sur la planche de la BD que nous venons de observer de « La vie de Pahé ». Je leur expliquerai que si un jour ils ne savent pas comment dire un mot en français, ils pourront chercher une alternative, par exemple, en utilisant des métaphores. Je leur commenterai ce que sont les métaphores et les encouragerai à trouver celle qui apparait dans la BD. Ensuite, j’organiserai les élèves en petits groupes de cinq personnes pour pratiquer l’élaboration de métaphores à partir de quelques mots : le vent, la lune, le soleil, les étoiles, une vague, le ciel, la mer, le feu, la planète, la pluie. Chaque élève du groupe recevra trois de ces mots aléatoires et devra faire une métaphore avec chacun d’eux. Pour réaliser cette activité, ils pourront s’aider du livre, des notes ou d’autres sources d’information. Plus tard, chacun lira les métaphores qu’il a faites aux autres membres du groupe et ceux-ci devront deviner quels sont les mots de référence que leur camarades essayaient de définir. À la fin, ils feront un compte rendu des mots qu’ils ont devinés pour voir si leurs camarades ont réussi à s’expliquer dans la langue étrangère et s’ils ont été capables de les comprendre. Méthodologie: Ils travailleront individuellement au sein de petits groupes pour avoir d’avantages d’occasions d’interaction et le travail coopératif à caractère ludique sera également encouragé.
70 Ressource: • La vignette de la bande dessinée « La Vie de Pahé ». • Des sources d’information : dictionnaire, livre, notes, internet,... ACTIVITÉ 8Akissi. Pour cette activité, il est temps de profiter de la lecture complète d’une bande dessinée. L’élu est un livre amusant qui contient six courtes bandes dessinées. Objectifs : • Lire une bande dessinée africaine en langue française. • Développer la compétence de compréhension écrite. • Développer la compétence de la compréhension orale. Contenus : • La lecture d’une bande dessinée. Développement: Les élèves s’organiseront en petits groupes de travail où ils pourront partager du matériel et accomplir trois tâches individuellement : lire la bande dessinée, répondre au questionnaire et écrire un résumé de chaque bande dessinée qu’ils devront remettre à l’enseignant pour le corriger. Pour clôturer l’activité, nous formerons un groupe de discussion littéraire où, à travers des questions d’orientation, nous commenterons les aspects liés à la lecture, exprimerons notre opinion et partagerons les sentiments qu’elle nous a générés. Méthodologie : Ce sera une activité pratique, individuelle encadrée dans un environnement de travail coopératif. Le rôle de l’enseignante sera de structurer et de guider l’activité afin qu’un apprentissage significatif puisse avoir lieu.
77 7. CONCLUSION. La bande dessinée est un format qui attire l’attention, encourage la lecture et suscite l’intérêt. Par conséquent, le fait de divulguer du contenu avec des bandes dessinées est tout à fait approprié, car il produit une plus grande facilité à retenir les informations sur les images, beaucoup plus que lorsqu’il est fait par le seul moyen de texte. En effet, dans notre vie quotidienne, nous acquérons souvent des connaissances à travers des brochures ou des éditions dans un format de bande dessinée, tels que les exemplaires édités lorsque nous voulons donner des recommandations sur la façon d’agir face au Covid, ou des indications pour savoir comment agir contre les morsures de tiques, comment prévenir les maladies, les infections, etc. Ce type de format se retrouve surtout dans les questions de santé, de consommation ou d’environnement, qui ne sont pas des bandes dessinées, parce qu’elles ne racontent pas une histoire, mais qui présentent l’information sous forme de vignettes avec des dessins ou des illustrations et un texte normalement bref. Ainsi, cette façon d’agir est conçue comme une démonstration claire de l’efficacité de la mémorisation de l’information à travers les dessins et le texte, car ce format est très utilisé dans les divulgations par le biais de brochures ou de publicité. Bien que son utilisation puisse être adaptée à l’éducation dans toutes les matières enseignées dans les écoles, elle est particulièrement indiquée pour l’enseignement d’une langue, en particulier dans les classes initiales. Cette ressource, dans les cours de langue étrangère peut être utilisée dans les deux sens, d’une part, dans la partie théorique, en donnant l’information en vignettes pour que l’élève assimile le contenu à travers cette lecture, mais aussi dans la partie pratique, où les vignettes et le texte sont fournis mais dans le but d’interagir, c’est-àdire, où la bande dessinée est présentée incomplète ou erronée pour que l’élève la corrige ou la complète. Il est très important de capter l’attention et de rendre sympathique la quantité d’informations que nous voulons que l’élève assimile, c’est pourquoi nous devons également faire attention à l’esthétique.
78 La valeur de la bande dessinée en tant que support à la divulgation, qu’elle soit scientifique, historique, ou dans ce cas, linguistique, est incontestable. Il est possible de lire une bande dessinée attrayante tout en apprenant l’histoire d’un pays, sa culture, ses coutumes et bien sûr sa langue, sans ressentir la pression de l’effort que les étudiants associent à l’acte d’apprendre. Pour conclure, il faut souligner que l’apprentissage ne doit pas toujours impliquer des sacrifices et des efforts. L’apprentissage peut être un acte agréable, appétissant et divertissant, surtout l’apprentissage d’une langue étrangère, où même des sujets aussi sérieux et transcendants que la vieillesse, les maladies ou l’adolescence peuvent être abordés à travers le roman graphique. Mais non seulement cela, en plus d’être une ressource qui encourage l’apprentissage, la bande dessinée a aussi la capacité de stimuler la créativité, encourager la lecture et améliorer la compréhension écrite.
79 BIBLIOGRAPHIE. Livres: • Abouet, Marguerite (2010), «Akissi : Attaque de chats», France. Gallimard. • Abouet, Marguerite (2005), «Aya de Yopoungon», France. Gallimard. • Essono Nkouna, Patrick (2006), « La vie de Pahé ». Paquet Eds. • Saint-Michel, Serge (1976). « Il était une fois…Eyadema », Paris. Afrique Biblio Club. Revues: • Hermès, La Revue. «Comment la bande dessinée tisse du lien social en Afrique». (2009), nº54. Matériel multimédia: • Éditions l’Harmattan (2010). Premier Salon de la BD africaine les 3,4 et 5 décembre 2010 [Vidéo]. YouTube. <URL: https://youtu.be/BTlH-VtHVwU > • Histoire Géo. La colonisation de l’AfriqueRésumé sur cartes. [Vidéo]. YouTube. <URL: https://youtu.be/kiBs4Tc-WyI > Sites Web: • Africaneando (04/09/2010) “RESEÑA: CÓMICS AFRICANOS” [Récupéré le 29 avril 2022 <URL : https://africaneando.wordpress.com/2010/09/04/qgk1279706929/ > • Afrika BD. Le coin des auteurs. (lundi 26 janvier 2009) « Entretien avec l'auteur de bande dessinée gabonais Pahé » [Récupéré le 27 avril 2022] <URL : http://afrikabd.blogspot.com/2009/01/entretien-avec-lauteur-de-bandedessine.html?m=1 > • A. I. (vendredi 7 novembre 2008) « Le Festival International de la Bande Déssinée d'Alger » [Récupéré le 26 avril 2022] <URL : http://afrikabd.blogspot.com/2008/11/le-festival-international-de-labande.html?m=1 >
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