Заимствованные слова – один из источников обозначений нюансов цвета в латышском языке
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ANITRA ROZE
Institut de langue lettone de l’Université de Lettonie
Axes de recherche: lexicologie, sémantique, onomastique, lexicographie, désignations de couleur, néologismes (langue lettone).
LES MOTS EMPRUNTÉS — L’UNE DES SOURCES DES DÉSIGNATIONS DES NUANCES DE COULEUR EN LETTON
Les noms de couleurs empruntés — l’un des moyens de désigner les nuances en letton
RÉSUMÉ
Outre les adverbes qui désignent en letton différentes nuances d’une couleur donnée, par exemple gaiši (clair-), tumši (foncé-), koši (vif-), bāli (pâle-), etc., toute une série de désignations de couleur empruntées est également utilisée pour nommer les nuances de couleur.
L’article présente trois groupes de désignations de couleur empruntées et les traits qui caractérisent ces groupes. Certaines désignations de couleur empruntées sont examinées plus en détail par l’auteur: leur sémantique, leur emploi dans la langue ainsi que leur première attestation dans les sources lexicographiques et, dans certains cas, dans d’autres sources, principalement dans les publications périodiques, sont pris en compte.
MOTS-CLÉS: langue lettone, lexicologie, sémantique, emprunts, désignations de couleur.
ANNOTATION
Outre la modification des noms de couleur par des adverbes tels que gaiši, tumši, koši, bāli, etc., qui expriment l’intensité de la couleur, la langue lettone emploie également un large éventail de termes empruntés à d’autres langues pour désigner diverses nuances et tonalités de couleur.
L’article examine trois groupes de noms de couleur empruntés en letton. Les traits caractéristiques de chaque groupe ainsi que la sémantique de chacun de ces mots sont présentés
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en incluant également leur première mention dans les publications lexicographiques ou dans d’autres sources (principalement les médias de masse).
M O T S - C L É S: langue lettone, lexicologie, sémantique, mots empruntés, noms de couleur.
Les couleurs constituent l’un des moyens de percevoir le monde qui nous entoure, une partie indissociable de notre vie quotidienne. Mais quelle est la définition de la notion de « couleur »? On peut trouver la réponse à cette question dans les dictionnaires explicatifs de la langue lettone. Le « Dictionnaire de la langue littéraire lettone » définit le mot couleur ainsi: « Sens visuel, perception provoquée par les ondes de la lumière visible; sensation de vision, perception traditionnellement associée à l’image de certains objets, substances » (LLVV IV 398). Une conception analogue de la couleur est également exprimée dans le « Dictionnaire du letton contemporain » (MLVV).
La nature de la couleur est immatérielle; Simona Sofija Valke la décrit ainsi: « Sans lumière, il n’y a pas de couleur, et la couleur elle-même n’a pas d’existence matérielle dans le monde réel, elle est le fruit d’une interprétation sensorielle. Notre cerveau traduit l’information sur les fréquences électromagnétiques en couleur; l’objet n’a pas de couleur, la structure de sa surface lui permet de réfléchir les fréquences, créant ainsi la perception de la couleur » (Valke 2012: 133). Ainsi, on ne peut nier que la perception et l’interprétation de la couleur reposent sur des facteurs très subjectifs et dépendent notamment du groupe d’âge auquel appartient l’individu, de son sexe, de son appartenance nationale, de son environnement culturel, ainsi que des particularités psychologiques et émotionnelles imprévisibles de chaque personne.
De nombreux domaines de recherche — la physique, la psychologie, l’esthétique, l’art et bien d’autres — portent leur attention sur les couleurs comme sur l’un des principaux moyens de perception du monde. Les couleurs peuvent également être envisagées d’un point de vue linguistique, en analysant les noms de couleur, qui constituent une partie indissociable du vocabulaire et nous aident à exprimer le monde environnant. C’est pourquoi de nombreux linguistes, en particulier les chercheurs en sémantique linguistique, se sont intéressés aux désignations de couleur et à leur sémantique, qu’il n’est souvent pas simple, voire parfois problématique, d’exprimer.
Monika Mihališina avance l’idée que les noms de couleur désignent un phénomène concret existant dans la réalité extralinguistique, qui peut être caractérisé par les lois de la physique. Toutefois, tenter de définir les couleurs à l’aide de la terminologie de la physique ne permet en aucune manière de révéler correctement la sémantique des descripteurs chromatiques dans une langue donnée. L’étude des désignations de couleur ne consiste pas simplement à décrire leurs caractéristiques physiques (Mihališina 2002: 75).
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Quant à la sémantique des désignations de couleur, les caractéristiques physiques deviennent en réalité un objet secondaire. L’emploi dans la langue des noms de couleur et de leurs nuances revêt une importance plus grande. La définition d’une désignation de couleur doit inclure des informations sur la manière dont la couleur est perçue dans l’esprit des locuteurs de la langue, ainsi que sur ses particularités spécifiques dans le contexte culturel (Mihališina 2002, 75).
Peu de linguistes se sont intéressés à l’étude des désignations de couleur du letton dans une perspective linguistique. Pēteris Šmits a notamment étudié les couleurs décrivant les vêtements lettons anciens (Šmits 1923: 7–33); Daina Zemzare a étudié les désignations de couleur décrivant la robe des vaches (Zemzare 1971: 189–200); Inese Ēdelmane a écrit sur les couleurs lettones fondamentales (Ēdelmane 1971: 73–85); Antonia Ahero s’est concentrée sur les noms de couleurs complexes (Ahero 1965: 31–38); Gunta Leiniece a décrit la désignation de couleur mēls (Leiniece 1979: 153–156); Rasma Grīsle a étudié les couleurs de la robe des chevaux (Grīsle 1995: 40–43); et Laimute Balode a écrit sur la couleur noire dans les hydronymes (Balode 2001: 110–122). L’auteur de l’article a également examiné les noms de couleur dans une perspective linguistique dans de nombreuses publications (voir, par ex., Roze 2010a: 57–67; Roze 2010b: 50–61; Roze 2012: 292–307).
Le présent article est également consacré à un groupe particulier de désignations de couleur.
D’un point de vue linguistique, les noms de couleur peuvent être répartis entre simples et complexes; selon le principe de création, entre primaires et secondaires; et selon leur origine, entre hérités et empruntés.
Parmi les désignations de couleur primaires du letton désignant une couleur fondamentale (dzeltens ‘jaune’, sarkans ‘rouge’, zaļš ‘vert’, zils ‘bleu’, etc.), on trouve également des désignations de couleur primaires désignant des nuances de couleur. La grande majorité de ces noms sont des emprunts, tels que bēšs, c’est-à-dire beige ‘brun clair’, palss, ‘de couleur jaune grisâtre et pâle; jaune’, šatens, c’est-à-dire châtain ‘brun châtain’, bordo, c’est-à-dire bordeaux ‘rouge foncé’, marengo, c’est-à-dire marengo ‘gris foncé’, etc.¹ De plus, ces désignations de couleur présentent un degré de généralisation très élevé; il est donc assez difficile, d’un point de vue linguistique, de définir les noms des couleurs primaires. La méthode d’élaboration des définitions de telles désignations de couleur dans les dictionnaires explicatifs le prouve: au lieu d’une définition de la couleur, on observe une description de la couleur au moyen de:
1 En outre, la sémantique d’un nom de couleur emprunté ne correspond pas toujours à celle du nom dans la langue donatrice (ou la langue intermédiaire). Cela concerne particulièrement le mot marengo, qui signifie en letton ‘gris foncé’, tandis qu’en français il signifie ‘brun rougeâtre’.
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1) de noms de réalités auxquelles cette couleur est particulièrement caractéristique (cette méthode est employée pour caractériser les désignations de couleurs fondamentales, par ex., zils ‘Tāds, kam ir, piem., skaidras debess, rudzuplūķu, neaizmirstuļšu ziedu krāsa’² (MLVV)), 2) d’autres désignations de couleur (cette méthode est employée pour décrire les désignations de couleur qui expriment des nuances de couleur, par ex., roza ‘rose clair’³).
Cette approche est employée parce que les noms de couleur constituent l’un des groupes lexicaux étudiés de manière extralinguistique (il en va de même pour les groupes de lexèmes décrivant les impressions sensorielles (goût, odorat, toucher, ouïe) (à ce sujet, voir Büss 2014).
Parfois, les limites d’une désignation de couleur exprimée par un seul mot sont très larges, et une nuance concrète ne peut être déterminée que par le contexte ou sur la base de l’expérience antérieure, ainsi que du lien associatif entre la couleur et la réalité. En l’absence d’expérience antérieure, il faut rester dans les limites de la gamme de tons et de nuances d’une couleur donnée révélées par les dictionnaires explicatifs.
Dans le présent article, les noms de désignations de couleur sont examinés dans une perspective linguistique; l’auteur se concentre sur l’un des groupes de désignations de couleur primaires, à savoir les désignations de couleur simples empruntées.
Parmi l’ensemble des noms de couleur du letton, l’auteur a sélectionné les désignations de couleur empruntées utilisées pour représenter les tons et les nuances chromatiques. Ces désignations sont examinées en comparant l’ancienneté de l’emprunt ainsi que la diffusion de ces désignations dans le letton contemporain.
Les désignations de couleur examinées dans l’article sont apparues dans la langue à des époques différentes, et leur diffusion est également très variable. L’objectif de cette étude est de rassembler les désignations de couleur susmentionnées afin de déterminer lesquelles sont les mieux connues et les plus fréquemment employées par les locuteurs — les emprunts plus anciens ou les plus récents — et de déterminer également quelles sont les nouvelles manières de désigner les nuances de couleur.
La tâche que nous tenterons d’accomplir consiste à rassembler les données obtenues au cours de l’étude et à tirer les conclusions pertinentes afin de déterminer si les sources lexicographiques peuvent être considérées comme un critère fiable pour établir la date de l’emprunt d’un mot, ou si elles ne reflètent pas toujours la date réelle d’apparition de ce mot en letton. Une autre tâche consiste à préciser si la sémantique du mot a changé, en comparant les sources plus anciennes
² Bleu: ‘qui a la couleur d’un ciel clair, des bleuets, des myosotis’.
³ Rose: ‘écarlate clair’.
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(XVIIe — début du XXe siècle) et les sources contemporaines (fin du XXe — début du XXIe siècle).
Bien que, comme il a déjà été mentionné ci-dessus, certains articles sur diverses désignations de couleur du letton aient été publiés, les désignations de couleur empruntées désignant des nuances de couleur n’avaient encore jamais été étudiées dans un tel ensemble. La présente étude doit donc être considérée comme une première tentative d’analyse de désignations de couleur empruntées de ce type.
Ces sources lexicographiques ont été choisies pour l’étude parce qu’elles constituent précisément les sources lexicographiques les plus importantes du letton pour la période considérée. En outre, ces dictionnaires indiquent souvent la sémantique de la désignation de couleur concernée.
En ce qui concerne les définitions employées dans l’article, il convient de préciser que par mots non dérivés on entend des désignations de couleur simples, formées sans l’aide de préfixes ni de suffixes. La langue donatrice est définie comme la langue à partir de laquelle un mot donné a été emprunté, tandis que la langue intermédiaire désigne la langue par l’intermédiaire de laquelle le mot a été emprunté (voir VPSV 301, 373).
Le letton compte un nombre assez important de désignations de couleur d’origine non lettone. Outre les adverbes qui désignent en letton diverses nuances d’une couleur donnée, par exemple gaiši (clair-), tumši (foncé-), koši (vif-), bāli (pâle-), etc., toute une série de désignations de couleur empruntées est également utilisée pour nommer les nuances de couleur. La principale différence entre les unes et les autres réside dans la compacité incontestable des mots empruntés, qui permet de décrire en un seul mot une nuance de couleur pour laquelle l’emploi de lexèmes hérités nécessiterait une description plus détaillée (on observe un phénomène analogue en russe, par exemple, бордовый — rouge foncé, пурпурный — rouge violacé vif, хаки — vert brunâtre, оранжевый — rouge jaunâtre vif ou jaune rougeâtre, etc.). Les mots empruntés donnent une caractérisation détaillée de la nuance de couleur, avec la possibilité nette de caractériser l’apparence du milieu ou de la réalité; certains possèdent en outre une certaine exotique et une certaine étrangeté.
Les adjectifs désignant des nuances de couleur qui font l’objet du présent article ont été répartis en trois groupes:
— les emprunts les plus anciens et/ou les plus connus et répandus (lillā ‘lilas’, violets ‘violet’, oranžs ‘orange’, rozā ‘rose’) ont été définis comme constituant le premier groupe;
— les emprunts plus récents et/ou moins connus (bēšs ‘beige’, blonds ‘blond’, brunets ‘brun’, šatens ‘châtain’, palss, pāls,
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pāts ‘pâle, jaunâtre, gris jaunâtre’, karmīns ‘carmin’, purpurs ‘pourpre’) ont été définis comme constituant le deuxième groupe; tandis que les emprunts les plus récents et les moins connus (indigo ‘indigo’, bordo ‘bordeaux’, haki ‘kaki’, marengo ‘marengo’) constituent le troisième groupe.
Dans le présent article, ils sont examinés, premièrement, en tenant compte de leur première attestation dans une source linguistique, laquelle permet (au moins approximativement) de déterminer la date de l’emprunt, c’est-à-dire l’apparition du mot en letton; deuxièmement, l’origine du mot est indiquée (ce qui révèle parfois le lien sémantique avec le mot de la langue donatrice), et l’emploi du mot dans les sources anciennes comme dans les sources contemporaines est également pris en compte, afin de mettre en évidence d’éventuelles différences sémantiques.
Le premier groupe des désignations de couleur empruntées du letton est constitué, comme on l’a déjà mentionné, d’emprunts relativement anciens, qui sont également souvent perçus comme une partie organique de la langue lettone et qui sont solidement entrés dans l’usage quotidien, étant rarement ressentis comme « étrangers ». Il s’agit des désignations de couleur oranžs ‘orange’, rozā ‘rose’, ainsi que de lillā ‘lilas’ et de violets ‘violet’ (qui désignent en substance une seule et même couleur).
La désignation de couleur lillā ‘lilas’ a été empruntée en letton à l’allemand4. Elle apparaît pour la première fois dans une source lexicographique en langue lettone dans la seconde moitié du XIXe siècle — en 1880 — dans le « Dictionnaire allemand-letton » de K. Ulmann et G. Brasche, où l’allemand lila est traduit par jarkani fils, lila (Ulmann, Brasche 1880: 490). Un peu plus tôt, la désignation lillā est attestée dans des publications périodiques, par exemple [...] filgans lilla tibet mehtelis [...] ‘manteau tibétain lilas bleuté’ (Latviešu Avīzes), [...] gabals pafčauftas drahnas, kleites teefa, pelleka un lilla [...] ‘pièce d’étoffe filée à la maison pour une robe, grise et lilas’ (Mājas Viesis).
Dans le letton moderne, la signification de la désignation de couleur lillā « lilas » n’a presque pas changé. Comme le violets « violet » examiné plus loin, ce terme désigne une couleur krasnovato-sinij (ou sinevato-krasnyj) et, dans les dictionnaires explicatifs, il est même défini au moyen de la désignation de couleur empruntée analogue violets « violet » (LLVV IV 712). Cette manière de l’expliquer semble indiquer que lillā « lilas » se prête moins à l’emploi dans la langue littéraire. Cependant, nous ne voudrions pas souscrire à cette interprétation, comme en témoigne l’usage de lillā dans la langue, y compris dans les sources littéraires.
4 Comparons avec l’allemand lila ‘fliederblau’, c’est-à-dire de la couleur du lilas (Kluge 1975: 441).
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La désignation de couleur lillā s’emploie aussi bien au sens propre (par ex., lillā virši ‘bruyère lilas’, lillā ceriņi ‘lilas lilas’) qu’au sens figuré:
• au sens de ‘ivre’ (dans le contexte: « [...] biju gluži lillā. » — « Kad tad tu neesi «lillā»? » Līze rupji iesaucās. «Kauns gan ir, kad apdomā, ka tik jauns cilvēks jau tik liels dzērājs!» (« [...] j’étais complètement (litt.) lilas. » — « Mais quand donc n’es-tu pas (litt.) lilas? » s’écria grossièrement Līze. « C’est une honte de penser qu’un homme si jeune soit déjà un si grand ivrogne! ») (Blaumanis 1993: 377))5; • au sens de ‘vivre facilement, sans obstacles ni problèmes’, par ex., dzīvot opā lillā! (vivre lilas!).
La désignation de couleur violets ‘violet’ a également été empruntée en letton à l’allemand⁶. Elle apparaît pour la première fois dans une source lexicographique en langue lettone au début du XXe siècle — en 1906 — dans le dictionnaire des mots étrangers d’E. Dravnieks Svešu vārdu grāmata: violets, c’est-à-dire violet ‘ie zils, zils kā vijolīte’ (‘bleuâtre, de la couleur de la violette’) (Dravnieks 1906: 289).
Il ne s’emploie que pour caractériser une couleur (par ex., violetas ēnas ‘ombres violettes’, violeti īrisi ‘iris violets’, violeti saulrieta mākoņi ‘nuages violets du coucher du soleil’).
L’étymon de la désignation de couleur suivante — oranžs ‘orange’ — est le français orange ‘orange’ (SVV 1999: 538). Cette désignation de couleur, qui désigne une couleur rouge jaunâtre ou jaune rougeâtre et dont la définition lexicographique est ‘rouge jaunâtre, de la couleur de l’orange’, est entrée relativement récemment en letton. Dans les dictionnaires bilingues parus du XVIIe au XIXe siècle, cette désignation de couleur ne se rencontre pas, à ce que l’on sache; elle n’est attestée pour la première fois que dans la première moitié du XXe siècle. Dans le dictionnaire de K. Ducmanis « Dictionnaire politique et général des mots étrangers », on trouve l’adjectif oranžs ‘orange’, défini comme ‘jaune écarlate’ (Ductmanis 1921: 265), et dans le dictionnaire Latviešu konversācijas vārdnīca, au mot oranžs est ajoutée l’indication que le mot est emprunté au français,
5 Selon l’auteur, ce transfert de sens a deux explications hypothétiques: 1) une association fondée sur la ressemblance phonétique avec le mot pilns (également fam. pillā), litt. ‘plein’, au sens de ‘en état d’ivresse avancée’; 2) une association métaphorique avec la couleur du visage (du nez) d’une personne qui boit (cf. le mot ziliķis (LLVV VIII 633 — zildegunis) ‘nez bleu’, au sens d’‘alcoolique, ivrogne’).
6 L’allemand violett désigne également une couleur située entre le bleu et le rouge (in der Färbung zwischen Blau und Rot liegend ‘veilchenfarben lila’, c’est-à-dire une teinte située entre le bleu et le rouge — lilas, couleur de la violette (EW 1517)).
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Les mots empruntés — l’une des sources des désignations des nuances de couleur en letton
et la définition ‘mélange de rouge et de jaune ressemblant à de l’or’ (LKV XV 29914).
Le matériel illustratif montre que les nuances « visuelles » de cette désignation de couleur sont assez nombreuses. Elles couvrent des tons allant de ceux qui sont proches du rouge à ceux qui sont proches du jaune. L’adjectif oranžs ‘orange’ s’emploie en letton principalement pour désigner la couleur des réalités environnantes. La gamme de l’orange doit être considérée comme assez limitée; le nombre de réalités caractérisées par la désignation de couleur oranžs ‘orange’ l’est également. Cela tient au fait que, dès que la couleur propre à une réalité donnée se rapproche davantage du jaune ou du rouge, on emploie, au lieu du mot oranžs, les désignations oranždzeltens ‘orangé-jaune’ ou oranžsarkans ‘orangé-rouge’.
Beaucoup plus rarement, oranžs ‘orange’ s’emploie au sens figuré; même dans ces cas, le lien avec la désignation de couleur est conservé. En letton, on qualifie d’orange et de liées à l’orange (oranžie, oranžisti) les partis, organisations, etc. qui ont choisi l’orange comme couleur de leur logo. Les cas les plus fréquents d’emploi des désignations oranžs, oranžie en letton sont liés à:
• la désignation des forces démocratiques de l’Ukraine au début du XXIe siècle (révolution orange, partis orange, forces orange, en Ukraine, les orange fêtent la victoire, etc.);
• le Parti populaire letton (Tautas partija) et ses membres (gouvernement orange, ministres orange, députés orange, Lettonie orange, etc.); mais après le retrait de ce parti de la scène politique lettone, cette désignation est devenue obsolète.
La désignation de couleur empruntée suivante — rozā ‘rose’, qui clôt ce groupe — est empruntée à l’allemand rosa ‘rose’. La désignation écarlate ou rougeâtre rozā a été attestée pour la première fois dans les sources lexicographiques lettones dans la seconde moitié du XIXe siècle — dans le « Livre des mots étrangers » (Svešu vārdu grāmata) (1878) de F. Mekons, avec la définition rožūfēruigs ‘couleur des roses’, gaišisarkans ‘écarlate’ (Mekons 1878: 33), où son sens est assez étroitement lié à une réalité concrète — les roses. Un lien aussi étroit n’existe pas dans le letton contemporain; une autre désignation de couleur est davantage associée aux roses et à leur couleur, à savoir rožains ‘de la couleur des roses, rose’.
Le « Dictionnaire de la langue littéraire lettone » et le « Dictionnaire du letton contemporain » donnent à cette désignation de couleur la définition gaiši sārts ‘écarlate clair’ (LLVV VI2 699; MLVV).
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En fait, rožā désigne le même ton de couleur que les désignations sārts ‘écarlate’, gaiši sarkans ‘rouge clair, écarlate’, iesarkans ‘rougeâtre’, etc.
Il convient de mentionner que cette couleur possède une gamme assez large, qui élargit la perception de la désignation de couleur, comme le montrent les désignations de couleur complexes dont le composant rožā ‘rose’ se trouve dans la seconde partie du mot, par ex. gaišrožā ‘rose clair’, tumšrožā ‘rose foncé’, vecrožā ‘rose tirant sur le gris ou le lilas’, bēbīšrožā ‘rose clair, vif, caractéristique des vêtements et des affaires d’enfants’.
La désignation de couleur rožā s’emploie également au sens figuré:
• pour désigner quelque chose de lumineux, d’optimiste, éventuellement d’irréel, par ex., skatīties caur rozā brillēm ‘voir la vie en rose’, auklēt rozā cerības ‘entretenir un espoir rose’;
• ‘lié aux filles, aux jeunes filles, aux femmes, à quelque chose de féminin ou de propre aux filles’, par exemple commune rose ‘foyer de femmes’, exemple en contexte: Nous allons maintenant nous tourner vers la partie plus féminine de l’Ukraine, vers la partie plus sexuelle, vers la partie rose, vers les mariages ukrainiens (LTV1);
• ‘lié à l’homosexualité féminine’ (par ex., filles roses, amour rose).
Dans le deuxième, le plus grand, groupe des désignations de couleur empruntées du letton ont été classées les désignations de couleur qui, moins que celles déjà mentionnées, mais néanmoins de manière assez durable et stable, font partie du lexique letton. Malgré leur place solide dans la langue, elles sont encore perçues psychologiquement comme des emprunts et comme relativement étrangères. Il s’agit des noms de couleur: bēšs ‘beige’, blonds ‘blond’, brunets ‘brun’, šatens ‘châtain’, palss, pāls, pāts ‘pâle’, ‘gris pâle’, ‘jaune pâle’, karmīns ‘carmin’, purpurs ‘pourpre’.
Dans les sources lexicographiques lettones, ces désignations de couleur sont attestées pour la première fois entre 1638 (palss, pāts) et 1980 (šatens ‘châtain’). La place de ces désignations de couleur dans la langue lettone
7 En ce qui concerne la désignation de couleur rožains ‘écarlate, rose’ (dont l’équivalent est le syntagme rožū krāsa ‘couleur de rose’), il convient de noter que, selon l’auteur, rožains ‘écarlate, rose’ et rožū krāsa ‘couleur de rose’ désignent l’une des nuances de la couleur rose et ne sont pas des désignations identiques de cette couleur. Il est vraisemblablement possible que la désignation de couleur rožains ‘écarlate, rose’ (ainsi que la forme dérivée rožīgs ‘rosâtre’) soit l’équivalent letton de la désignation de couleur empruntée rožā ‘rose’. Selon l’auteur, la désignation de couleur sārts ‘écarlate’ possède une sémantique analogue, sinon identique (voir Roze 2015: 215, 216, 229, 300, 301).
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est stable, mais moins actuelle que celle des désignations de couleur du premier groupe. En même temps, elles ne sont pas aussi problématiques que les emprunts auxquels nous nous intéresserons un peu plus loin.
La fréquence d’emploi de ces mots est relativement faible; ils sont tous utilisés uniquement pour caractériser des objets de l’environnement. Certains d’entre eux présentent des restrictions d’emploi.
Examinons-les plus en détail.
La désignation de couleur bēšs « beige, de couleur beige » provient du français beige « de couleur sable, brun clair » (SVV 1999: 101). Elle est très probablement entrée en letton par l’intermédiaire de l’allemand ou du russe. Elle apparaît pour la première fois dans une source lexicographique lettone relativement tard — seulement en 1973, dans le « Dictionnaire de la langue littéraire lettone », où elle est définie comme « de couleur sable » (LLVV II 62); le mot est également attesté quelques années plus tard dans le « Dictionnaire de fréquence de la langue lettone » (LBV). Ce mot n’a été trouvé dans aucun autre dictionnaire — ni dans le dictionnaire des mots étrangers, ni dans le dictionnaire orthographique. Outre le dictionnaire de 1976, l’adjectif bēšs apparaît encore dans plusieurs sources lexicographiques avec une explication analogue: « brun clair, sable » (SVV 1978: 102), « sable, brun clair » (SVV 1999: 101), « de la couleur du sable » (LVV 2006: 165) et « de la couleur du sable, brunâtre » (MLVV). En résumant les données des dictionnaires, on peut conclure que la désignation de couleur empruntée bēšs correspond à la désignation complexe de couleur d’origine lettone smilšu krāsa, smilškrāsa « de la couleur du sable, sable », qui, par exemple, est définie dans le « Dictionnaire de la langue littéraire lettone » comme « brun clair avec une nuance jaunâtre » (LLVV VII² 51).
Le fait que le mot bēšs ait été employé en letton avant sa première attestation dans une source lexicographique, en 1973, confirme son usage relativement large, par exemple dans les périodiques des années 1930, où bēšs sert à décrire de nombreuses réalités (chaussures, vêtements, accessoires, plus rarement la robe des animaux), par exemple: Sensacionāla prāva Rīgas miertiesā par bēša krāsas rokas somiņu. (Rīts) « Procès sensationnel au tribunal de paix de Riga au sujet d’un sac à main de couleur beige » / Uzmanību! Kas būtu atradis vai pircis [...] no jaunekļa bēša krāsas sporta uzvalkā dāmu veczelta kabatas pulksteni [...], ļoti lūdzu paziņot pret atlīdzību. (Jaunākās Ziņas, 18. 06. 1938.) « Attention! Si quelqu’un a trouvé ou acheté [...] auprès d’un jeune homme en survêtement de couleur beige une montre de poche pour dame en vieil or [...], nous vous prions de le signaler contre récompense ».
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Dans le letton contemporain, la sémantique de la désignation de couleur bēš n’a pratiquement pas changé. Elle sert principalement à désigner la couleur de diverses réalités (surtout des vêtements et des objets d’intérieur), ainsi que la robe des animaux, par ex.: Viņš iznā́k, mazliet saguris uz priekšu, bēšā vējaka ir daļēji aizvērta (jauns.lv/raksts/zinas) « Il sort, légèrement penché en avant, sa veste beige est partiellement fermée. » / Viesistabā, melodiski ņaudēdams, ieskrēja bēšs kaķis ar viegli rudiem rakstiem. (www.kurbijkurne.lv/daildarbi) « Dans le salon accourut, en miaulant mélodieusement, une chatte beige aux motifs légèrement roux. »
Comme c’est souvent le cas pour les noms de couleurs, l’adjectif bēš possède une sémantique entièrement abstraite. Dans les textes, il s’emploie soit seul, c’est-à-dire de manière autonome (par ex. bēš telefons « téléphone beige », bēš krēsls « chaise beige », bēši svārki « jupe beige »), soit avec un adverbe qui nuance l’intensité de la teinte (par ex. gaiši bēšs, viegli bēšs « beige clair », tumši bēšs « beige foncé »), soit avec le substantif krāsa « couleur » (par ex. bēša krāsas kleita « robe de couleur beige », suns bēšā krāsā « chien de couleur beige »), soit avec un adverbe qui nuance la couleur du composant principal (par ex. pelēki bēšs « beige grisâtre », dzelteni bēšs « beige jaunâtre »).
La deuxième désignation de couleur de ce groupe — blonds — est empruntée au français blond « clair (à propos des cheveux), blond » (SVV 1999: 110). Elle est très probablement entrée en letton par l’intermédiaire de l’allemand ou du russe.
La première attestation du nom de couleur blonds dans la lexicographie lettone a été trouvée dans le dictionnaire de mots étrangers Svešu vārdu grāmata: grāmatniekiem un laikrakstu lasītājiem de Jēkabs Dravnieks, avec l’indication qu’il est emprunté au français et la définition « clair (au visage clair et aux cheveux jaunâtres) » (Dravnieks 1906: 39; Dravnieks 1914: 49).
La désignation de couleur blonds s’emploie uniquement pour décrire la couleur des cheveux (plus rarement de la moustache ou de la barbe), ainsi que pour désigner une personne dont les cheveux sont de cette couleur.
Dans les sources lexicographiques contemporaines, cette désignation de couleur est définie comme suit: « clair (à propos des cheveux); blond » (SVV 1978: 110; SVV 1999: 110); « clair (à propos des cheveux) » (LLVV II 104); « clair, jaunâtre (à propos des cheveux); qui a les cheveux clairs et jaunâtres; blond » (LVV 2006: 176) et « clair (à propos des cheveux); blond » (MLVV).
Puisque le mot blonds désigne uniquement la couleur des cheveux humains, il est impossible de distinguer sémantiquement l’intensité de la teinte ou de déterminer précisément la couleur elle-même si l’on ignore à quoi ressemble l’objet réel.
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Contrairement aux définitions d’autres dictionnaires, où l’adjectif blonds désigne uniquement la couleur claire des cheveux humains (de la moustache ou de la barbe), la seule précision selon laquelle cette couleur est probablement l’une des nuances du jaune figure dans LVV 1987 et LVV 2006: « clair, jaunâtre (à propos des cheveux); qui a les cheveux clairs et jaunâtres; blond ».
En pratique, l’adjectif blonds désigne une couleur allant du brun clair au blanc platine. Les exemples suivants illustrent l’emploi de l’adjectif dans la langue et apportent également des indications sur sa sémantique: Lipsts pameta ar īkšķi uz krauju un domīgs nopurināja blondo bārdu. (Zeberiņš: 8) « Lipsts indiqua le précipice du pouce et secoua pensivement sa barbe claire. » / Jaunais cilvēks bija blonds, gaiši blonds, tā kā sudrabainiem matiem; seja šķita kaila, skropstas tik tikko atšķiramas no baltās sejas […] (www.atena.lv) « Le jeune homme était blond, blond clair, comme s’il avait les cheveux argentés; son visage semblait nu, ses cils à peine distincts de son visage blanc […] » / Blonds tu pats ar gaišiem linu matiem. Tad tev labi piestāv zilas acis. Manam mīļam gan, tam tumši mati. (Rainis 1948: 464) « Toi-même, tu es blond, avec des cheveux clairs couleur de lin. Les yeux bleus te vont bien. Mon bien-aimé, lui, a les cheveux foncés. »
En outre, dans la langue parlée, il existe le phraséologisme blondais grēks « péché blond », qui désigne une personne sexuellement attirante aux cheveux clairs, c’est-à-dire une personne dont l’apparence suscite des pensées pécheresses, le désir de pécher (de commettre l’adultère) (voir LVSV 2006: 175). On rencontre également l’emploi de blonds au sens figuré, avec le sens de « qui possède un niveau d’intelligence relativement faible, peu perspicace (généralement à propos d’une femme) ».
L’adjectif suivant du premier groupe — brunets « brun, brune » — est emprunté au français brunet « personne aux cheveux bruns ou foncés; brun » (SVV 1999: 116); il est entré en letton par l’intermédiaire de l’allemand ou du russe.
La première attestation de la désignation de couleur brunets dans une source lexicographique lettone a été trouvée dans le dictionnaire de mots étrangers compilé par Jēkabs Dravnieks (Jēkabs Dravnieks), Svešu vārdu grāmata: grāmatniekiem un laikrakstu lasītājiem, où la désignation de couleur brunets, avec la variante brinets, est donnée avec l’indication qu’elle est empruntée au français et la définition « au visage sombre et aux cheveux foncés » (Dravnieks 1906: 42; Dravnieks 1914: 52).
Cette désignation de couleur ne s’emploie que pour désigner la couleur des cheveux (de la moustache ou de la barbe) d’une personne: « tel (personne) qui a les cheveux bruns ou foncés » (LLVV II 132), « aux cheveux bruns ou foncés (à propos d’une personne) » (MLVV).
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Dans l’usage pratique des textes, l’adjectif brunets ne sert également qu’à désigner la couleur des cheveux humains (de la moustache ou de la barbe), par ex.: Šarlotes iela joprojām stāv sardzē [...] brunets vīrietis [...] (www.google.lv) « Dans la rue Šarlotes se tient toujours en faction [...] un homme brun [...] » / Sēdeju kādu vakaru dāmu garderobes istabā aiz kulisēm, un man blakām, skatos, sēd bruneta jaunkundze ar melnām, dzirkstelīgām acīm [...] (www.tvnet.lv/apollo/arhivs/327979-par_pirmo_latviesu_sabiedribas_elku) « Un soir, j’étais assis dans la loge des dames derrière les coulisses et, à côté de moi, je vois assise une demoiselle brune aux yeux noirs et étincelants [...] ».
L’adjectif brunets est relativement rare. Cela peut s’expliquer par le fait que le mot brunets est inconnu de la plupart des locuteurs; si quelqu’un l’a entendu, même en l’associant par ressemblance phonétique à brunets – brūns, la désignation plus familière brūniem matiem, tumšmatains « aux cheveux bruns, brun » prévaut.
La désignation de couleur suivante, šatens, est empruntée au français châtain « châtain (uniquement à propos de la couleur des cheveux humains) » (SVV 1999: 767).
La première attestation de šatens dans une source lexicographique en letton a été trouvée en 1991, dans le « Dictionnaire de la langue littéraire lettone », où il est défini comme « châtain (à propos des cheveux humains, de la couleur des cheveux humains) » (LLVV VII2 338; MLVV). Mais ici encore, la première attestation ne signifie pas pour autant la première utilisation. Le fait que le nom de couleur šatens fût connu en letton bien plus tôt est confirmé par son emploi dans les périodiques des années 1930, par ex.: Esmu 21 g[adu]. v[eca]., šatena, sl[aida]. aug[uma]., dzīves priecīga. jaunava [...] (Jaunākās Ziņas, 31.03.1938) « J’ai 21 ans, je suis une jeune fille châtaine, mince et joyeuse de vivre [...] » / Latgales apgabaltiesas 1. kriminālnodaļa [...] meklē [...] apsūdzēto [...], kura sevišķas pazīmes: vidēja auguma, šatens. (Valdības Vēstnesis) « La première chambre criminelle du tribunal régional de Latgale [...] recherche [...] l’accusé [...], dont les signes particuliers sont: taille moyenne, châtain. »
Comme adjectif désignant la couleur des cheveux, šatens s’emploie également dans le letton contemporain, comme le montrent les exemples: Ņem nost tankistu cepures, bet zem tām šateni cekuli [...] (Rīgas Laiks) « Ils enlèvent les casques des tankistes, et dessous, des boucles châtaines [...] » / [...] Merlina nebija dabiska blondīne. Viņas dabiskā matu krāsa ir šatena [...] (spoki.tvnet.lv) « Marilyn n’était pas naturellement blonde. Sa couleur naturelle de cheveux est châtaine [...] »
La désignation de couleur palss, qui vient ensuite dans ce groupe, est empruntée à la forme dialectale allemande falch (ME III 63). Avec le mot examiné ci-dessous
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pāts, elle est apparue très tôt en letton. Ainsi, la première attestation de palss dans une source lexicographique remonte au XVIIe siècle: elle figure dans le dictionnaire de G. Mancelius, Lettus (1638), où le syntagme allemand fahl Pferd est traduit par pallp Sirrx (Mancelius 1638: 273). Au XVIIIe siècle, dans le dictionnaire de G. F. Stender (1789), le nom de couleur fahl est traduit, dans la partie allemand-letton, par bahls, palfs (Stender 1789: 227), tandis que, dans la partie letton-allemand, la désignation de couleur palfs reçoit la traduction fahl, falb, gelblich (Stender 1789: 186). Au XIXe siècle, dans le dictionnaire de G. Brasche (1875), on trouve la désignation de couleur palfs avec la traduction allemande fahl, gelblich (Brasche 1875: 121); palfs figure également dans le dictionnaire de K. K. Ulmann et G. Brasche (1880).
En résumé, on peut conclure que la sémantique du mot palss dans les sources lexicographiques des XVIIe–XIXe siècles est liée à une couleur jaune pâle servant à décrire la robe des chevaux.
La seule raison de classer l’adjectif dans le deuxième groupe tient au fait que le mot lui-même et sa sémantique sont insuffisamment connus des locuteurs.
Dans les dictionnaires explicatifs du letton contemporain, la sémantique de palss est presque analogue: 1. « terne, également gris »; 2. « jaune terne, jaunâtre, avec une nuance grisâtre (à propos de la robe d’un cheval) » (LLVV VI¹ 219); « terne, pâle, grisâtre » (LVV 1987: 568); « couleur blanchâtre, blanchâtre, grisâtre, brunâtre » (LVV 1993: 536).
Les exemples d’emploi du mot palss ne dévoilent généralement pas entièrement sa sémantique: Uz ezermales teciņas stāv zirgs – plats, lēnīgs un palss. (Jaunā Gaita Nr. 144, 1983) « Sur le petit chemin au bord du lac se tient un cheval — large, placide et blanchâtre. » / Asu priekšā joņoja zirgi – palsas krēpes plandot. (Repše 1990: 187) « Juste devant nos yeux couraient des chevaux aux crinières blanchâtres. »
Certains exemples laissent entendre que la couleur peut également s’appliquer à la robe d’autres animaux: Atālam pārlido Svētelis palss […] (www.dzeja.info) « Une cigogne blanchâtre survole le pré fauché […] » / Palss kaķitis pavīdeja aiz ceriņiem, piesaistīdams bērna uzmanību. (Bels 1987: 234) « Une petite chatte blanchâtre apparut derrière le lilas, attirant l’attention de l’enfant. »
L’adjectif pāls a été enregistré pour la première fois dans une source lexicographique en 1927 — dans le « Dictionnaire de la langue lettone » de K. Mīlenbahs, où l’on trouve deux sens: all. bleich « pâle » et all. isabelfarben « grisâtre blanchâtre » (ME III 147).
Dans les dictionnaires du letton contemporain, la sémantique du mot diffère: on n’y trouve plus le sens « pâle », auquel s’est substitué le sens « clair avec une nuance jaunâtre (à propos de la robe d’un cheval) » (LLVV VI¹ 218)) et « jaune clair grisâtre » (LVV 1987: 568; LVV 2006: 767).
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Le nom de couleur pāls s’emploie principalement pour désigner la robe d’un cheval, par ex.: Lielais pālais Ksars [zirgs] nāca pa priekšu. Pirmajā acu uzmetienā viņš nemaz nelikās tik liels, vajadzēja ieskatīties viņa garajās kājās, muskuļos un kustībās. (Хемингуэй 1971: 104) « Le grand Ksars blanchâtre [cheval] marchait en tête. Au premier regard, il ne paraissait pas si grand; il fallait observer ses longues jambes, ses muscles et ses mouvements. »
L’adjectif suivant de ce groupe, pāts, repose sur le livonien et l’estonien pāt « pâle, terne » (ME III 191). Sa première attestation dans une source lexicographique lettone apparaît dans la seconde moitié du XVIIIe siècle — dans le dictionnaire de J. Lange, où l’on trouve le syntagme Pahtajs firgs avec une traduction allemande intéressante, « ein Rehhaar, al. Eiergelb », c’est-à-dire « de robe jaunâtre (letton ar pātu spalvu), couleur du jaune d’œuf » (Lange 1773: 225), ainsi que dans le dictionnaire de G. F. Stender, où la désignation de couleur apparaît dans le syntagme pahtajs firgs avec la traduction allemande Rehhaar Pferd « cheval couleur de chevreuil » (Stender 1789: 185).
Dans le « Dictionnaire de la langue lettone » de K. Mīlenbahs, la désignation de couleur pāts reçoit la traduction allemande « isabellfarben », avec l’indication que ce nom de couleur sert à décrire la robe d’un cheval ou d’une vache dont la couleur ressemble à celle du cerf (letton briezā spalvā) (ME III 191).
Dans les dictionnaires du letton contemporain, la désignation de couleur pāts est caractérisée de manière assez détaillée: « jaune brunâtre, brun jaunâtre, avec une queue et une crinière noires, brunes ou gris jaunâtre (à propos de la robe des animaux) » (LLVV VI1 527). La sémantique de la désignation de couleur est donc presque la même que dans les dictionnaires du XVIIIe siècle.
Les emplois de ce mot dans la littérature et les ouvrages de référence montrent que pāts s’emploie principalement pour décrire la robe des chevaux: Visu Zirgu Pilnsapulcē melnie, baltie, bērie un dūkanie, sirmie, pātie un ābolainie teica: «Var gadīties, ka mašīnas visu uzvar un mums būs jāiet bojā.» (Ziedonis 1997: 25) « À l’assemblée des chevaux, les noirs, les blancs, les bai-bruns, les bai foncé, les gris clair, les jaunâtres et les pommelés dirent: “Il se peut que les machines remportent la victoire sur tout et que nous périssions.” » / […] kad Teitoņa ordenis iekaroja Austrumprūsiju, šīs zemes milzīgajos mežos bijis daudz losa, pāta un pelēka apmatojuma savuļas zirgu. (Baltakmens, Stukuls 1978, 8) « […] lorsque l’ordre Teutonique conquit la Prusse-Orientale, les vastes forêts de cette terre abritaient de nombreux chevaux sauvages au pelage jaunâtre, gris jaunâtre et gris. »
La désignation de couleur suivante du deuxième groupe est karmins « carmin ». Le mot provient du français carmin (SVV 1999: 343), qui remonte au latin médiéval carminium, lui-même issu de l’arabe qirmiz « rouge foncé »; la forme du mot a été influencée par le mot latin minium « cinabre » (OED).
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En examinant les sources lexicographiques lettones, nous trouvons le mot karmīns dans le dictionnaire Svēšu vārdu grāmata de Friedrich Mēkons, où karmīns (également karmetīns; cf. l’allemand das Karmesin « karmīns ») est indiqué comme désignation de couleur et défini comme « rouge clair » (Mēkons 1878: 16). Cette définition ne correspond nullement à la couleur désignée par le mot karmīns en letton contemporain, à savoir le rouge foncé.
Dans le dictionnaire russe-letton-allemand de K. Valdemārs, on trouve le mot карминъ, letton karmins (ļoti sarkana krahsa, c’est-à-dire « couleur rouge vif »), allemand carmin (Valdemārs 1872: 199). L’explication entre parenthèses ļoti sarkana krahsa indique la saturation de la couleur, mais ne permet pas de déterminer avec certitude s’il s’agit précisément d’une couleur ou d’une substance colorante.
À propos du mot карминъ (ainsi que du mot suivant, пурпуръ), il faut remarquer qu’au moins en russe il désigne ici une substance colorante et non une couleur, car les adjectifs карминовый et карминный sont habituellement employés pour désigner la couleur; ils reposent sur le substantif кармин (Садыкова 2008).
De tous les dictionnaires du letton contemporain, seul le MLVV définit karmīns comme un nom de couleur: « substance colorante rouge foncé obtenue à partir des femelles de plusieurs espèces de cochenilles; couleur, nuance correspondante » (MLVV). Le LLVV et le LVV 2006 définissent karmīns uniquement comme une substance colorante (LLVV IV 166; LVV 2006: 487).
Avec le sens de couleur, karmīns apparaît le plus souvent comme élément d’un mot composé — karmīnsarkans « rouge carmin ». Beaucoup plus rarement, il s’emploie seul comme désignation de couleur; on trouve cet emploi, par ex., dans le nom du champignon karmina bērzlape [Russula carminea] « russule carminée ». En outre, l’emploi autonome de la désignation de couleur karmīns se rencontre parfois dans la littérature, les périodiques et les catalogues: Kvėl rozes karmīnā – es dzeru smaržas kāri – Aiz loga kokos karmīns, oranžs, zelts […] (Dаrbs) « Les roses carminées flambent — je bois avidement leur parfum — derrière la fenêtre, dans les arbres, du carmin, de l’orange, de l’or […] » / Ziedi vienkrāsi – purpura, violeti, karmīna. (www.vidzemescerini.lv/lv/cerinu-katalogs) « Fleurs unies — pourpres, violettes, carminées. »
La désignation de couleur karmīns est officiellement définie comme la couleur du drapeau de la République de Lettonie, par ex.: Valsts karoga sarkanajai krāsai (karmīns) […] jāatbilst […] likumā pielikumā dotajam paraugam (www.saeima.lv/simbolika/karogs) « La couleur rouge du drapeau national (carmin) […] doit correspondre […] au modèle indiqué en annexe de la loi. »
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La désignation de couleur empruntée purpurs provient du latin purpura « pourpre (lat. purpurglīemetis); couleur rouge », qui repose sur le grec porphyra « couleur rouge foncé » (SVV 1999: 648). En letton, purpurs apparaît déjà dans la traduction de la Bible d’Ernst Glück (XVIIe–XVIIIe siècles), mais les textes ne permettent pas de déterminer clairement s’il sert à désigner une couleur ou un tissu.
La première attestation dans une source lexicographique lettone remonte également au XVIIe siècle, dans le dictionnaire de G. Mancelius (Mancelius 1638: 138); toutefois, le mot n’y possède pas de sens chromatique: l’allemand Purpur y est traduit (ou défini) par dahrgha Drehbe / sweșcha Drehbe, c’est-à-dire « tissu étranger coûteux ».
Comme désignation de couleur, il apparaît pour la première fois dans le dictionnaire de K. Valdemārs (1872), en tant qu’élément d’un mot composé: russe багрь, letton purpurēhrwe, allemand Purpurfarbe; russe багряный, letton purpursarkans, turnșči sarkans, allemand purpurroth (Valdemārs 1872: 6).
Quelques années plus tard, dans le dictionnaire de F. Mēkons Svēșu vārdu grāmata, le mot purpurs est défini comme « skaists sarkanuмs », c’est-à-dire « belle couleur rouge » (Mēkons 1878: 31), tandis que, dans le dictionnaire de K. K. Ulmann et G. Brasche, l’allemand purpurn et purpurroth est traduit en letton par șarkans kā purpurs, purpur̦sarkans, c’est-à-dire « rouge pourpre » (Ulmann, Brasche 1880: 583).
Il reste encore parfois difficile d’établir, dans l’emploi du mot purpurs, la distinction entre la couleur, le colorant et le tissu.
On peut voir des définitions qui incluent la notion d’un tissu d’une certaine couleur, du colorant utilisé pour teindre ce tissu, ainsi que de la couleur elle-même, par exemple dans le « Dictionnaire de la langue littéraire lettone » (LLVV), le « Dictionnaire de la langue lettone » (LVV 2006) et le « Dictionnaire du letton contemporain » (MLVV). Prenons comme exemple la définition du mot purpurs dans le LLVV: 1) « colorant rouge foncé légèrement violacé (dans la Grèce et la Rome antiques), extrait de la pourpre et utilisé pour teindre les tissus; couleur, nuance déterminée »; 2) « tissu rouge foncé légèrement violacé; vêtement fabriqué dans un tel tissu » (LLVV VII2 445).
On observe un emploi analogue dans des exemples de littérature: Mila Mel̦ka […] g̦ērbusies līdz zemei gaisī purpurā […] (Repše 1998: 142) « Mila Melka […] vêtue d’un pourpre clair jusqu’aux pieds […] » / Caur šauro logu līja iekšā sarkana rīta blāzma, tērpdama jaunek̦a plecus purpurā […] (Grīns 30) « Par la fenêtre étroite se déversait la lueur rouge de l’aube, enveloppant les épaules du jeune homme de pourpre […] ».
Cette signification double (ou triple) du mot, que l’on peut observer dans les dictionnaires du XVIIIe siècle, s’est conservée dans le letton contemporain.
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Les mots empruntés — l’une des sources des désignations des nuances de couleur en letton
Dans le dernier — troisième — groupe des désignations de couleur empruntées sont classés les mots empruntés apparus relativement récemment dans le lexique letton et qui continuent d’être perçus comme, dans une certaine mesure, étrangers et pas entièrement assimilés au système de la langue; il s’agit des désignations de couleur haki « kaki », indigo « indigo », marengo « marengo » et, dans une moindre mesure, bordo « bordeaux ». Ces désignations de couleur sont entrées dans la langue en lien étroit avec la réalité qui possédait telle ou telle couleur; elles ne s’en distinguent pas toujours immédiatement clairement et continuent de conserver avec elle un lien initial étroit, tant dans la vie quotidienne que dans la langue.
Le nom haki « kaki » provient de l’anglais khaki, lui-même issu de l’ourdou khāki « couleur de poussière » (SVV 1999: 264). Dans une source lexicographique lettone, le mot est attesté pour la première fois en 1975 — dans le « Dictionnaire de la langue littéraire lettone »: au premier sens, « couleur brun verdâtre; tissu de cette couleur », et au second sens, généralement en combinaison avec le mot « couleur », dans la fonction d’adjectif — « brun verdâtre » (LLVV III 188). Dans le « Dictionnaire du letton contemporain », la définition est plus précise et plus complète: « couleur brun jaunâtre, brun verdâtre; tissu de cette couleur », et, dans la fonction d’adjectif, « en combinaison avec le mot “couleur”: brun jaunâtre, brun verdâtre » (MLVV).
La notion de désignation de couleur haki est principalement liée visuellement, dans la conscience des locuteurs, à la représentation de l’aspect d’un tissu concret ou d’un vêtement confectionné dans ce tissu, ce qui, à son tour, est associé à la reconnaissabilité de la couleur et, par conséquent, les variations de ton sont insignifiantes8. Cette hypothèse est également étayée par les dictionnaires explicatifs, dans lesquels haki est décrit comme suit: zaļganbrūna krāsa; audums šādā krāsā « couleur brun verdâtre; tissu de cette couleur ».
À la même époque – en 1975 – la désignation de couleur indigo « indigo » est également mentionnée pour la première fois dans une source lexicographique de la langue lettone, avec le sens de « substance cristalline bleu foncé; matière colorante correspondante, couleur, ton correspondant » (LLVV III 455), empruntée à l’espagnol indigo, qui repose sur le latin indicŭm « indien (couleur) » (SVV 1999: 302). En letton, elle est arrivée par l’intermédiaire de
8 Cette association peut être représentée ainsi: haki « kaki » → uniforme militaire ou vêtement de la couleur correspondante.
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l’intermédiaire de l’allemand ou du russe⁹. Avec le sens de couleur, il est le plus souvent employé dans les syntagmes indigo zils « bleu indigo » et indigo krāsa « couleur indigo ». Sans l’adjectif désignant la couleur zils « bleu », la désignation de couleur indigo « indigo » apparaît assez rarement, principalement avec le sens de matière colorante ou lorsqu’il est question des couleurs de l’arc-en-ciel. Dernièrement, indigo est souvent employé dans le syntagme indigo bērns, c’est-à-dire enfant indigo – « enfant particulièrement sensible qui perçoit le monde à sa manière » (MLVV).
La question de l’origine de la désignation de couleur suivante de ce groupe – marengo « marengo » – dans sa sémantique initiale comme dans sa sémantique actuelle est assez problématique. À la base de cette appellation se trouve le toponyme Marengo, en Italie, nom du lieu où eut lieu une bataille acharnée contre l’armée de Napoléon. Selon la légende, tant de sang aurait été versé au cours de cette bataille que toute la terre serait devenue brun rougeâtre. Depuis lors, par exemple en français, le mot marengo désigne une couleur brun rougeâtre. Plus tard, ce mot a également acquis d’autres sens, par exemple пестрый « bigarré » (sans indication de couleurs précises). En letton (comme, par exemple, le mot correspondant en russe), marengo désigne une couleur gris foncé. Plus tard, la couleur marengo « marengo » a commencé à désigner une couleur noire parsemée de petites taches blanches ou grises et, au XVIIIe siècle, en Russie, le mot маренго désignait une couleur châtain, qui était donc synonyme de la couleur brune, l’équivalent du français marengo ou brun (voir ИСГРЯ 2010).
Cette désignation de couleur est mentionnée pour la première fois en 1978 dans une source lexicographique de la langue lettone, dans le « Dictionnaire des mots étrangers », où la désignation маренго, accompagnée d’une indication étymologique (c’est-à-dire dérivée du toponyme Маренго en Italie), est définie comme « couleur gris foncé » (SVV 1978: 449). Le lien de cette désignation de couleur avec la réalité est particulièrement manifeste. Si l’on tient compte de l’origine du mot et de son lien étroit avec
⁹ En allemand, Indigo désigne une matière colorante bleue obtenue à partir de la plante indigo (dans les Indes orientales); par l’intermédiaire du grec, le mot est arrivé en Europe et a reçu son nom de son lieu d’origine – du grec Indikón (Ἰνδικόν) « indien, d’Inde ». En latin, la forme empruntée Indicum mène ensuite au moyen-bas-allemand tardif indich, puis au moyen-haut-allemand précoce endich, endit. Depuis le XVIIe siècle, la forme devenue dominante Indigo ne provient pas (comme on le considère généralement) de l’espagnol índigo, mais du néerlandais supérieur indigo, indaco, puisque le commerce avec l’Orient se faisait par les ports italiens (EW 1989–1995). En russe, индиго est arrivé soit de l’allemand Indich (ИСГРЯ 2010), soit, selon une autre source, de l’espagnol indico, du latin indicum (СИС). Une autre source indique que le russe индиго « colorant bleu et plante correspondante » est très probablement emprunté au latin indicum, au grec ἰνδικόν par l’intermédiaire de l’allemand Indigo ou de l’espagnol indigo (ЭСРЯ 1964–1973).
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la réalité qui caractérise cette couleur, c’est-à-dire avec le tissu marengo, l’emploi en letton de la désignation marengo indépendamment du nom d’un tissu concret paraît improbable. La description de marengo dans le « Dictionnaire explicatif de la langue lettone » en témoigne également: « couleur gris foncé; tissu de laine de cette couleur (généralement pour un costume ou un manteau) » (LLVV V 93). Dans le « Dictionnaire du letton contemporain », les deux sens sont réunis en un seul: « couleur gris foncé; tissu de laine de cette couleur » (MLVV), peut-être parce que les exemples ne permettent pas de déterminer clairement s’il est question du tissu ou du nom de la couleur.
L’auteur n’a pas trouvé d’exemples qui confirmeraient sans ambiguïté l’emploi de маренго uniquement comme nom de couleur. On peut certes supposer théoriquement l’existence des syntagmes marengo māja « maison couleur marengo » ou marengo automobilis « automobile couleur marengo », mais un tel emploi reste néanmoins purement hypothétique et ne pourrait être considéré que comme occasionnel. En tout état de cause, selon les données de la langue, cet emploi n’est pas actuel, ce qui donne à son tour à penser qu’un emploi de la désignation de couleur aussi spécifique et aussi étroitement lié à une réalité concrète est assez limité dans la langue.
La dernière désignation de ce groupe est la désignation de couleur bordo « bordeaux ». Elle provient du français bordeaux10, lequel provient lui-même du toponyme Bordeaux (letton Bordo) en France (SVV 1999: 112).
La désignation de couleur bordo « bordeaux » n’est attestée dans aucune source lexicographique des XVIIe–XIXe siècles. Le mot est enregistré pour la première fois dans une source lexicographique en 1973, dans le « Dictionnaire explicatif de la langue littéraire lettone », où bordo « bordeaux » n’est défini que comme la désignation de couleur tumši sarkans « rouge foncé » (LLVV II 109–110). Plus tard, le mot acquiert également le sens de « variété de vin rouge; vin de cette variété », et ce n’est qu’en second lieu que la désignation de couleur « rouge foncé » est mentionnée (SVV 1999: 112), indiquant ainsi indirectement que bordo « bordeaux » désigne précisément la nuance de rouge foncé caractéristique du vin de cette variété.
En letton, la désignation de couleur bordo « bordeaux » était connue au moins depuis le début du XXe siècle; elle apparaît fréquemment dans les publications périodiques de l’époque – dans les années 20 et 30, ainsi que dans les années 40 et 50, par exemple: Lietošanas gaitaibā ogām jābūt […] tumši bordo sārtām […] « Les baies mûres doivent être […] d’un rouge bordeaux foncé […] » (Darba Zemnieks) / Tēģi ir
10 Fr. bordeaux « D’une couleur proche de celle des vins rouges de Bordeaux (rouge france) », c’est-à-dire de la couleur du vin obtenu à partir de raisins rouges de la variété bordeaux (Hachette 1999: 221).
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dažādās krāsās – bordo, brūnā, bešā. « Vêtements de différentes couleurs – bordeaux, bruns, beiges » (Cīņa).
En tant que désignation de couleur, bordo « bordeaux » est également employé comme partie du syntagme bordosarkans « rouge bordeaux », ainsi qu’en tant qu’adjectif, par exemple bordo kleita « robe bordeaux », bordo žakete « veste bordeaux ».
Pour conclure, il convient de relever encore une tendance intéressante dans l’apparition de nouvelles désignations de couleur en letton. Elle n’est pas directement liée aux mots empruntés mais, de l’avis de l’auteur, constitue l’étape suivante dans le développement des désignations de couleur. Il s’agit de l’apparition de désignations de couleur dans lesquelles le nom de la couleur n’est nullement mentionné et qui ne sont d’ailleurs pas des adjectifs. Dans ces cas, la couleur est désignée uniquement par des noms de réalités (qui, de plus, il faut le souligner, ne possèdent souvent pas de couleur précise ou sont poétiques), par exemple saullēts « lever du soleil », vaņila « vanille », dzelzs « fer », rudens « automne », ceriņu dūmakā « lilas dans la brume », etc.
Il est encore difficile de juger de la perspective de cette tendance, mais, subjectivement, il semble que le mode de désignation de la couleur mentionné occupe une place toujours plus grande et plus importante dans l’espace de la langue. Ce qui est caractéristique, c’est que ces désignations de couleur conventionnelles ne se rencontrent que dans les textes littéraires et dans divers catalogues, et non dans la langue parlée. L’auteur suppose que, de cette manière, la langue, par l’intermédiaire de ses locuteurs, tente de résoudre le problème évoqué au début de cet article: lorsque la désignation de couleur est employée en quelque sorte isolément, même si elle est mentionnée dans le contexte, les nuances de la couleur ne sont pas accessibles au lecteur ou à l’auditeur non initié sans explications très détaillées. La méthode consistant à employer, pour désigner la couleur, des noms de réalités dépourvus de nom de couleur s’appuie sur la perception associative des locuteurs et atteint peut-être plus efficacement le résultat souhaité. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si le résultat souhaité n’était pas atteint, ce mode de désignation de la couleur aurait difficilement trouvé autant de partisans.
CONCLUSIONS
Après avoir synthétisé le matériau examiné dans cet article, on peut tirer les conclusions suivantes:
1) une partie des désignations de couleur empruntées qui sont entrées le plus tôt dans le vocabulaire letton sont bien connues des locuteurs; toutefois, les désignations de couleur spécifiques (pour
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Заимствованные слова – один из источников обозначений нюансов цвета в латышском языке
la plupart, il s’agit de désignations de la robe des chevaux, empruntées aux XVIIe–XVIIIe siècles palss, pāls, pāts) sont peu connues et assez rarement employées en dehors du cercle des spécialistes d’une industrie donnée (par exemple, l’élevage des chevaux, les sports équestres);
2) les emprunts plus récents sont employés plus rarement; cela s’explique en partie par le fait que la réalité pour la caractérisation de laquelle cette désignation de couleur est utilisée n’est pas répandue (par exemple, marен-го), et en partie par le fait qu’au lieu de l’emprunt on emploie plus souvent une désignation de couleur composée, non empruntée (par exemple, au lieu de šatens, on emploie kastaņbrūns « châtain », au lieu de brunets – tumši brūns « brun foncé »);
3) la première attestation d’une désignation de couleur dans une source lexicographique n’indique pas toujours le moment de l’apparition de cette désignation en letton; dans certains cas, la première occurrence du mot est attestée non pas dans une source lexicographique, mais dans une publication périodique;
4) lors de l’examen de l’emploi des désignations de couleur dans des sources plus anciennes et plus contemporaines, les différences sémantiques entre elles n’ont pratiquement pas été constatées (à l’exception de l’adjectif karmins); dans les sources contemporaines, certaines désignations de couleur (par exemple, oranžs, rozā) sont plus souvent employées au sens figuré, mais l’emploi de certaines désignations de couleur (par exemple, lillā) au sens figuré se rencontre déjà dans les textes du début du XXe siècle;
5) une partie des sources contemporaines révèle la tendance à employer, au lieu des désignations de couleur empruntées, le nom de la réalité à laquelle telle ou telle couleur est davantage caractéristique; mais ce phénomène n’est pas homogène dans toutes les manifestations de la langue – il s’observe principalement dans des textes présentant une spécificité concrète: dans les catalogues de produits, dans la description de produits (par exemple, vêtements, appareils électroménagers), sur les étiquettes, les emballages, dans les magasins, etc.
ABRÉVIATIONS
let. – letton; all. – allemand; fr. – français; rus. – russe
Straipsniai / Articles
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Skolinti spalvų pavadinimai – vienas iš atspalvių žymėjimo būdų latvių kalboje
SANTRAUKA
Greta spalvos intensyvumą apibūdinančių prieveiksminių komponentų gaiši ‘šviesiai’, tumši ‘tamsiai’, koši ‘ryškiai’, bāli ‘blankiai’ ir pan. latvių kalboje gausu skolintų spalvų pavadinimų įvairiems atspalviams žymėti.
Straipsnyje nagrinėjamos skolintų spalvų pavadinimų grupės, šių grupių būdingosios savybės detaliau aptariant ir kiekvieno konkretaus skolinio – spalvos pavadinimo – semantiką, vartoseną, taip pat pirmuosius fiksavimus leksikografijos šaltiniuose, kai kuriais atvejais – kituose šaltiniuose (dažniausiai periodikoje).
Į pirmąją skolintų spalvų pavadinimų grupę patenka skoliniai, suvokiami kaip pastovi latvių kalbos leksikos dalis, kurie dažnai vartojami kasdieniame bendravime ir retai asocijuojasi su sąvoka „skolinis“. Tai spalvų pavadinimai oranžs ‘oranžinis’, rozā ‘rožinis’, lillā ‘violetinis’ ir violets ‘violetinis’. Tiek pirmosios, tiek antrosios grupės spalvų pavadinimų skoliniams kalboje būdingos įsitvirtinusios perkeltinės reikšmės.
Antrąją, didžiausią skolinių grupę sudaro naujesni skoliniai. Jie jau rečiau nei anksčiau minėti spalvų pavadinimai vertinami kaip „savi“, neretai vartotojams yra mažiau žinomi ir vartojami. Be to, dauguma jų glaudžiai susiję su konkrečių realijų grupe (pavyzdžiui, žmogaus ar gyvūno plaukų (paukščių plunksnų) danga). Tai spalvų pavadinimai – būdvardžiai bēšs ‘smėlinis’, blonds ‘šviesiaplaukis’, brunets ‘tamsiaplaukis’, šatens ‘šatenas’, palss ‘balkšvas; sartis (apie arklių)’, pāls ‘blyškus; šviesiais sartas (apie arklį)’, pāts ‘sartas (apie arklį)’, taip pat daiktavardžiai karmīns ‘karminas’ ir purpurs ‘purpuras’ (dažniausiai tai sudėtinių spalvų pavadinimų dalys).
Į trečiąją grupę patenka skolinti spalvų pavadinimai, tapę latvių leksikos dalimi palyginti neseniai (dažniausiai XX a. pirmojoje pusėje) – haki ‘chaki’, indigo ‘indigas’, marengo ‘marengas’, bordo ‘bordinis’. Esama tam tikrų problemų, susijusių tiek su šių skolinių semantika, tiek su jų įtraukimu į kalbos sistemą, nes šie pavadinimai pateko į kalbą glaudžiai susiję su tam tikra realija ir ne visada gali būti nuo jos atskiriami – jie išlaiko ryšį su ja ir buityje, ir kalboje.
Įteikta 2018 m. balandžio 27 d.
ANITRA ROZE
LU Latviešu valodas institūts
Akadēmijas lauk. 1–815, Rīga LV – 1050, Latvija
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