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IMPACTS SOCIAUX D'EXPLOITATIONS NON-CERTIFIEES D'AIL/OIGNON SUR DES AGRICULTEURS DE LA REGION SOFIA

RAZAFINDRAKOTO ANDRIAMANALINA Notsimbinina; SOLOFOSON Georges; MAMININDRIANA Razafindrakoto Andriamanalina Miorintsoa; ANDRIANDRATOARIVO Zoelison

Abstract

Cette étude analyse l'influence de la structure des dépenses privées et de la spécialisation agricole sur la diversité alimentaire ainsi que sur la sécurité nutritionnelle des ménages ruraux producteurs biologiques non certifiés d’ail (Bealanana) et d’oignon (Mampikony) dans la région Sofia. L’analyse des données collectées auprès de 50 ménages révèle une alimentation centrée sur les légumes, les condiments et les céréales (96-100 %), tandis que les aliments d’origine animale et les fruits restent faiblement consommés (4-46 %). Le score moyen de diversité alimentaire (SDA-M ≈ 5,38-5,42) traduit une diversité modérée mais inégalement répartie, avec seulement 20-22 % des ménages atteignant un niveau élevé de diversité. La structure budgétaire est dominée par les dépenses liées à l’alimentation (45-46,1 %) et à l’éducation (22,9-23,8 %), ce qui reflète une hiérarchisation stricte des priorités. Les analyses statistiques et factorielles montrent que la diversité alimentaire dépend principalement de la capacité économique et de l’organisation interne du ménage (r ≈ 0,5), mais demeure limitée par la spécialisation agricole. Ainsi, malgré des revenus agricoles moyens de 4,2-4,9 millions d’unités monétaires, la spécialisation biologique non certifiée n’apporte pas de réponse structurelle suffisante à la sécurité nutritionnelle, confirmant l’hypothèse d’une diversité alimentaire fragile dans ces contextes ruraux, où la fréquence des repas reste modérée (2,98-3 repas/jour). Mots clés : diversité alimentaire, sécurité nutritionnelle, ail/oignon, prélèvements privés, région Sofia

Full text

Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 5, October 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 5453 IMPACTS SOCIAUX D’EXPLOITATIONS NON-CERTIFIEES D’AIL/OIGNON SUR DES AGRICULTEURS DE LA REGION SOFIA Auteur: Mme RAZAFINDRAKOTO ANDRIAMANALINA Notsimbinina1, - Dr SOLOFOSON Georges2, - Dr MAMININDRIANA Razafindrakoto Andriamanalina Miorintsoa3, - Mr ANDRIANDRATOARIVO Zoelison 2 Authors Affiliations 1Ecole Doctorale Gestion des Ressources Naturelles et Développement, Université d’Antananarivo 2Ecole Doctorale en science Inter-épistémologique – Oniversity FJKM Ravelojaona 3Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales – Université de Paris RESUME Cette étude analyse l'influence de la structure des dépenses privées et de la spécialisation agricole sur la diversité alimentaire ainsi que sur la sécurité nutritionnelle des ménages ruraux producteurs biologiques non certifiés d’ail (Bealanana) et d’oignon (Mampikony) dans la région Sofia. L’analyse des données collectées auprès de 50 ménages révèle une alimentation centrée sur les légumes, les condiments et les céréales (96-100 %), tandis que les aliments d’origine animale et les fruits restent faiblement consommés (4-46 %). Le score moyen de diversité alimentaire (SDA-M ≈ 5,38-5,42) traduit une diversité modérée mais inégalement répartie, avec seulement 20-22 % des ménages atteignant un niveau élevé de diversité. La structure budgétaire est dominée par les dépenses liées à l’alimentation (45-46,1 %) et à l’éducation (22,9-23,8 %), ce qui reflète une hiérarchisation stricte des priorités. Les analyses statistiques et factorielles montrent que la diversité alimentaire dépend principalement de la capacité économique et de l’organisation interne du ménage (r ≈ 0,5), mais demeure limitée par la spécialisation agricole. Ainsi, malgré des revenus agricoles moyens de 4,2-4,9 millions d’unités monétaires, la spécialisation biologique non certifiée n’apporte pas de réponse structurelle suffisante à la sécurité nutritionnelle, confirmant l’hypothèse d’une diversité alimentaire fragile dans ces contextes ruraux, où la fréquence des repas reste modérée (2,98-3 repas/jour). Mots clés : diversité alimentaire, sécurité nutritionnelle, ail/oignon, prélèvements privés, région Sofia Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5454 ABSTRACT This study analyzes the influence of the structure of private levies and agricultural specialization on the dietary diversity and nutritional security of rural households producing non-certified organic garlic (Bealanana) and onion (Mampikony) in the Sofia region. Analysis of data collected from 50 households reveals a diet centered on vegetables, condiments, and cereals (96-100%), while animal-source foods and fruits remain low in consumption (4-46%). The average dietary diversity score (SDA-M ≈ 5.76 - 5.8) reflects moderate but unevenly distributed diversity, with only 20-22% of households achieving high diversity. The budget structure is dominated by food (43-46%) and education (21-23%), reflecting a strict prioritization of priorities. Statistical and factorial analyses show that dietary diversity depends mainly on the economic capacity and internal organization of the household (r ≈ 0.5), but remains limited by agricultural specialization. Thus, despite average agricultural incomes of 4.2-4.9 million monetary units, non-certified organic specialization does not provide a sufficient structural response to nutritional security, confirming the hypothesis of fragile dietary diversity in these rural contexts, where food frequency remains moderate (2.98-3 meals/day). Keywords: food diversity, nutritional security, garlic/onion, private sampling, Sofia region Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17272436 1Introduction Dans les régions rurales de Madagascar, la sécurité alimentaire et nutritionnelle demeure un enjeu majeur, particulièrement pour les ménages agricoles qui dépendent largement de la production vivrière et de la vente de cultures de rente. Face à la montée des préoccupations environnementales et sanitaires, de nombreux producteurs se tournent vers l’agriculture biologique, souvent sans certification officielle, espérant ainsi valoriser leurs productions tout en préservant l’environnement et la santé des consommateurs. Cependant, la question de l’impact réel de cette spécialisation agricole sur la diversité alimentaire et la sécurité nutritionnelle des ménages reste largement ouverte. La région Sofia, au nord-ouest de Madagascar, illustre bien cette dynamique avec une forte implantation de producteurs biologiques non certifiés d’ail (dans le district de Bealanana 1 ) et d’oignon (dans le district de Mampikony 2 ). Malgré la spécificité de ces filières et la relative stabilité des revenus qu’elles procurent, les ménages ruraux continuent de consacrer une part importante de leur budget à l’alimentation, au détriment d’autres postes essentiels comme la santé ou le logement. Les premières observations laissent également entrevoir une diversité alimentaire limitée, centrée sur les produits issus de la production locale (légumes, condiments, céréales), tandis que la consommation de protéines animales, de fruits et de produits laitiers demeurent marginale. Dans ce contexte, il apparaît essentiel de questionner la capacité de la structure des prélèvements privés et de la spécialisation agricole à améliorer durablement la diversité alimentaire et la sécurité nutritionnelle des ménages 1 Le district de Bealanana est une subdivision administrative située dans la région de Sofia, au nord-ouest de Madagascar. Environ 6 611 km², Nombre de communes : 13, Population estimée : Environ 175 000 habitants 2 District de Mampikony : est situé dans la Région de SOFIA, Province (ancienne) de Mahajanga, Superficie : Environ 4 611 km², Population estimée (2020) : Environ 204 840 habitants, Chef-lieu : Ville de Mampikony, Nombre de communes : 6, Code IATA de l’aéroport local : WMP. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5455 ruraux. L’hypothèse centrale de cet article est que, malgré les revenus générés par la production biologique non certifiée, la diversité alimentaire reste fragile et inégalement répartie, et la part du budget consacrée à l’alimentation demeure prépondérante. À travers une analyse croisée des cas d’ail à Bealanana et d’oignon à Mampikony, cette étude propose d’évaluer, à partir de données quantitatives et qualitatives, dans quelle mesure la spécialisation agricole et l’organisation des dépenses privées contribuent – ou non – à une amélioration structurelle de la sécurité nutritionnelle dans la région Sofia. 2METHODOLOGIE Cette recherche, menée auprès de ménages producteurs biologiques non certifiés d’ail (Bealanana) et d’oignon (Mampikony) dans la région Sofia, s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire croisant économie rurale, sociologie de la consommation et sciences de la nutrition. L’objectif est de comprendre comment la structure des prélèvements privés et la spécialisation agricole influencent la diversité alimentaire et la sécurité nutritionnelle dans ces contextes ruraux spécifiques. 2.1Constitution de l’échantillon et collecte des données : L’échantillon a été constitué de manière raisonnée, en sélectionnant des ménages représentatifs des deux filières biologiques non certifiées. Les données ont été recueillies à l’aide de questionnaires structurés, d’entretiens individuels et d’observations directes sur le terrain. Cette triangulation méthodologique garantit la robustesse des informations collectées et la prise en compte de la diversité des situations locales. Cette approche s’appuie sur la théorie du capital social et du capital humain (Bourdieu, 1980 ; Becker, 1964), qui postule que les stratégies de consommation et d’investissement des ménages sont largement déterminées par leurs ressources sociales et éducatives. 2.2Diversité alimentaire et prévalence de consommation : La diversité alimentaire a été évaluée à l’aide du Score de Diversité Alimentaire des Ménages (SDA-M), selon la méthodologie de la FAO (2011), qui consiste à recenser la consommation de 12 groupes alimentaires au cours des 24 dernières heures. Les taux de prévalence de consommation pour chaque groupe alimentaire ont été calculés, permettant d’établir un profil nutritionnel précis pour chaque groupe de producteurs. Ce volet s’inscrit dans la théorie de la sécurité alimentaire (FAO, 1996 ; Maxwell & Smith, 1992), qui considère la diversité alimentaire comme un indicateur fondamental de la sécurité nutritionnelle, et dans le cadre de la transition nutritionnelle (Popkin, 1993), où l’accès à une alimentation diversifiée marque le développement rural. Les analyses descriptives et graphiques permettent d’identifier les groupes à risque de carence et de visualiser les écarts de consommation, tandis que l’interprétation s’appuie sur ces cadres théoriques pour expliquer la persistance d’un régime centré sur les produits de base malgré la spécialisation agricole. 2.3Prélèvements privés et consommations de ménages : L’étude de la structure des dépenses annuelles des ménages a porté sur différents postes (alimentation, éducation, santé, logement, eau, électricité, divers). Les analyses statistiques (moyennes, écarts-types, proportions) ont été complétées par des régressions linéaires et des analyses de corrélation, afin d’examiner la rigidité ou la flexibilité de la structure budgétaire. Cette analyse s’appuie sur la hiérarchisation des besoins (Maslow, 1943 ; Doyal & Gough, 1991), qui postule que la sécurité alimentaire et l’investissement éducatif constituent des priorités dans les arbitrages Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5456 budgétaires 3 , ainsi que sur le modèle de la contrainte budgétaire (Deaton & Muellbauer, 1980), qui éclaire la répartition des dépenses en fonction des ressources disponibles. L’analyse factorielle (ACP, Kaiser, 1960) a permis d’identifier les axes majeurs de la structure des dépenses, tandis que l’analyse des correspondances (AFC, Benzécri, 1973) a mis en évidence les profils types de ménages selon leur niveau de consommation et leur structure budgétaire. 2.4Revenus agricoles, dépenses alimentaires et fréquence alimentaire : Les revenus agricoles ont été estimés à partir des ventes annuelles d’ail ou d’oignon, en tenant compte des prix moyens de marché et des quantités commercialisées. Les dépenses alimentaires ont été rapprochées des revenus pour calculer la part du budget consacrée à l’alimentation. La fréquence alimentaire a été mesurée par le nombre moyen de repas quotidiens déclarés par les ménages. Ce volet mobilise la théorie du développement agricole et de la spécialisation (Ellis, 2000 ; Timmer, 1988), en interrogeant la capacité de la spécialisation à améliorer la sécurité alimentaire et la diversité nutritionnelle, ainsi que le modèle de la vulnérabilité alimentaire (Chambers, 1989 ; Watts & Bohle, 1993), qui met l’accent sur la résilience des ménages face aux chocs économiques et à la saisonnalité. Les analyses de corrélation et de régression linéaire ont permis de mesurer l’influence du niveau de vie sur la diversité et la fréquence alimentaire, tandis que l’analyse factorielle a exploré les interactions entre variables économiques, alimentaires et organisationnelles 4 . 2.5Approche comparative et validation: L’ensemble des analyses a été mené en parallèle pour les deux groupes d’agriculteurs, permettant une comparaison directe entre les producteurs d’ail et d’oignon. Les différences et similitudes ont été interprétées à la lumière des contextes locaux et des stratégies de spécialisation, selon la perspective de la différenciation rurale et des systèmes agricoles (Van der Ploeg, 2008 ; Losch, 1997). La validation des résultats s’est appuyée sur la triangulation des sources (questionnaires, observations, registres domestiques) et la confrontation avec la littérature scientifique et les rapports institutionnels. (Cf Figure 1) 3 - Les arbitrages budgétaires sont les décisions prises par une autorité (gouvernement, collectivité, direction d’entreprise, etc.) pour répartir des ressources financières limitées entre différentes priorités, projets, ou secteurs. Cela implique de faire des choix, parfois difficiles, entre ce qu’on finance, ce qu’on reporte, et ce qu’on supprime. - OCDE. (2022). Perspectives économiques de l'OCDE. Paris : Organisation de Coopération et de Développement Économiques. - Musgrave, R. A., & Musgrave, P. B. (1989). Public Finance in Theory and Practice. McGraw-Hill. - Comptes publics Madagascar (Ministère de l'Économie et des Finances). Loi de Finances Initiale (LFI) 2024. 4 - Les interactions entre variables économiques, alimentaires et organisationnelles renvoient aux dynamiques complexes par lesquelles les choix économiques, les systèmes de production et de consommation alimentaires, ainsi que les formes d’organisation sociale et institutionnelle s’influencent mutuellement dans un territoire ou un système donné. - Dufumier, M. (2007). Agriculture et développement rural dans le monde : Une analyse des interactions entre systèmes économiques, alimentaires et organisationnels. Paris : Presses de Sciences Po. - HLPE (High Level Panel of Experts). (2017). Nutrition and food systems. Report No. 12, Committee on World Food Security (CFS), FAO, Rome. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5457 Figure 1. Prévalences de consommation alimentaire des agriculteurs d’allium sativum et d’allium cépa Le score de diversité alimentaire (SDA-M) moyen se situe autour de 5,38 (ail) et 5,42 (oignon) pour les deux groupes, ce qui traduit une diversité modérée mais inégalement répartie : seule une minorité de ménages atteint une diversité élevée, tandis qu’une quarte demeure cantonnée à une diversité faible (Cf Figure 2). Cette situation s’explique principalement par les contraintes économiques et la disponibilité locale des aliments, qui limitent l’accès à des groupes alimentaires complémentaires et exposent les ménages à des risques de carences en protéines, calcium et vitamines. Figure 2. Répartition des scores de diversité alimentaire (SDA-M) des agriculteurs d’ail et d’oignon AIL OIGNON Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5458 2.6Prélèvements privés et consommations des ménages: L’étude de la structure des dépenses met en lumière des arbitrages budgétaires rigoureux, dictés par la nécessité de garantir la sécurité alimentaire 5 . Chez les producteurs d’ail à Bealanana, la consommation annuelle moyenne par ménage s’établit à environ 7,8 millions d’unités monétaires, tandis qu’elle atteint 8,1 millions chez les 5 - La sécurité alimentaire est atteinte lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique, social et économique à une alimentation suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie active et en bonne santé. - FAO. (2006). Food Security: Policy Brief – Issue 2. Rome: Food and Agriculture Organization of the United Nations. AIL OIGNON Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5459 producteurs d’oignon à Mampikony. Dans les deux cas, l’alimentation absorbe la plus grande part du budget (environ 44 à 46 %), suivie de l’éducation (autour de 22,9 à 23,8 %) (Cf Figure 3), ce qui traduit une volonté d’investir dans le capital humain malgré des moyens limités. Les autres postes de dépense (électricité, santé, logement, eau) restent marginaux, représentant chacun moins de 8 % du budget. Cette répartition rigide et stable reflète une gestion prudente des ressources, où la satisfaction des besoins alimentaires de base prime sur l’amélioration des conditions de vie ou la prévention sanitaire. Les analyses statistiques confirment cette organisation budgétaire : les dépenses en alimentation et en éducation sont parfaitement proportionnelles à la consommation totale, et les autres postes évoluent de façon parallèle, témoignant d’une faible marge de manœuvre pour diversifier la consommation. Figure 3. Répartition des postes de consommation des ménages des agriculteurs d’ail et d’oignon 2.7Revenus agricoles, dépenses alimentaires et fréquence alimentaire : Agriculteurs bio non-certifiés d’oignon (Mampikony Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5460 Les agriculteurs biologiques non-certifiés d’ail et d’oignon présentent des niveaux de revenus agricoles variables selon les communes, influençant directement leurs dépenses alimentaires. Dans les zones de culture d’ail (Bealanana), les dépenses journalières suivent globalement le niveau de revenu. Dans les zones de culture d’oignon (Mampikony), l’écart est plus marqué, notamment à Mampikony II où les revenus et dépenses sont nettement plus élevés. Malgré cela, la fréquence alimentaire reste stable à environ trois repas par jour. Ces résultats suggèrent que l’augmentation du revenu améliore le budget alimentaire, sans pour autant modifier les habitudes de fréquence alimentaire 6 , ce qui souligne l’importance d’évaluer également la qualité nutritionnelle des repas. (Cf Figure 4) Figure 4 : Répartition des revenus agricoles, dépenses et fréquence alimentaires des agriculteurs biologiques non-certifiés d’ail et d’oignon. 6 - Les habitudes de fréquence alimentaire désignent la récurrence avec laquelle une personne ou une population consomme certains aliments ou groupes alimentaires sur une période donnée (journalière, hebdomadaire, mensuelle). - Willett, W. C. (2013). Nutritional Epidemiology (3rd edition). New York: Oxford University Press. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5461 L’examen du lien entre revenus agricoles, dépenses alimentaires et diversité alimentaire montre une corrélation positive mais modérée : l’augmentation des revenus permet d’accroître la diversité alimentaire, mais cette relation n’explique qu’une partie de la variabilité observée. En effet, la spécialisation dans la culture biologique non certifiée d’ail ou d’oignon, bien qu’elle génère des revenus agricoles moyens respectables (environ 4,2 à 4,9 millions d’unités monétaires par an), ne suffit pas à transformer structurellement les habitudes alimentaires. La fréquence des repas reste modérée, oscillant entre 2,98 et 3 repas par jour selon les groupes, ce qui traduit une certaine vulnérabilité (Cf Tableau 1 et Tableau 2) face à la saisonnalité et aux fluctuations des prix agricoles. L’analyse factorielle met en évidence que la diversité alimentaire dépend à la fois de la capacité économique du ménage et de son organisation interne, mais reste entravée par la structure même de la spécialisation agricole et l’absence de diversification des cultures. Au regard de ces résultats, il apparaît que la structure des prélèvements privés et la spécialisation agricole dans l’ail ou l’oignon influencent fortement la diversité alimentaire et la sécurité nutritionnelle des ménages ruraux de la région Sofia. Malgré des revenus agricoles non négligeables, la part du budget consacrée à l’alimentation demeure très élevée, limitant la possibilité d’investir dans d’autres domaines essentiels à la qualité de vie. La diversité alimentaire reste donc fragile et inégalement répartie, confirmant l’hypothèse selon laquelle la spécialisation biologique non certifiée, sans diversification ni amélioration de l’accès aux aliments complémentaires, ne permet pas d’atteindre une sécurité nutritionnelle satisfaisante pour l’ensemble des ménages. 7 7 - L’insuffisance des ressources alimentaires et des apports nutritionnels ne permet pas d’atteindre une sécurité nutritionnelle satisfaisante pour l’ensemble des ménages. - FAO, IFAD, UNICEF, WFP & WHO. (2022). The State of Food Security and Nutrition in the World 2022. Repurposing food and agriculture policies to make healthy diets more affordable. Rome, FAO.