Conceptualisation et évaluation d'une ingénierie écosystémique au service de la quintuple hélice de l'innovation. Application aux systèmes urbains et territoriaux.
Abstract
Mémoire d’Habilitation à Diriger des Recherches en Génie des Systèmes Industriels - Université de Lorraine, ERPI, F-54000 Nancy, France
Full text
École Doctorale SIMPPE Sciences et Ingénierie des Molécules des Produits des Procédés et de l’Énergie Laboratoire ERPI – Équipe de Recherche sur les Processus Innovatifs ENSGSI - École Nationale Supérieure en Génie des Systèmes et de l’Innovation Mémoire d’Habilitation à Diriger des Recherches en Génie des Systèmes Industriels Présenté par Dr. Laurent Dupont Ingénieur de recherche, Université de Lorraine – laboratoire ERPI et ENSGSI CONCEPTUALISATION ET EVALUATION D’UNE INGENIERIE ECOSYSTEMIQUE AU SERVICE DE LA QUINTUPLE HELICE DE L’INNOVATION Application aux systèmes urbains et territoriaux Soutenue publiquement le 18 juillet 2025 à Nancy JURY Jean-François BOUJUT Professeur des Universités, Grenoble INP - Génie industriel, Université Grenoble Alpes Rapporteur Tatiana REYES Professeur Arts et Métiers, I2M, ENSAM Chambéry Rapporteure Bernard YANNOU Professeur des Universités, LGI, CentraleSupélec, Université Paris-Saclay Rapporteur Marion MARTINY Professeur des Universités, LEM3, Université de Lorraine Présidente Simon RICHIR Professeur des Universités, ENSAM, LAMPA, Institut Arts et Métiers de Laval Examinateur Meriem FOURNIER IGPEF, HDR, AgroParisTech Nancy, UMR Silva Examinatrice Jacques TELLER Professeur, LEMA, Université de Liége Examinateur Claudine GUIDAT Professeur des Universités, ERPI, Université de Lorraine Invitée Laure MOREL Professeur des Universités, ERPI, Université de Lorraine Marraine scientifique
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[email protected] 5 REMERCIEMENTS Mon mémoire d’HDR a nécessité un effort indéniable pour faire se croiser et mettre en harmonie la diversité des explorations que j’ai amorcée avec ma thèse en cherchant à comprendre et renforcer les liens entre les systèmes industriels et territoriaux. De très nombreux échanges et des collaborations foisonnantes sont venus nourrir ma pensée. Ce manuscrit est finalement une relecture et un enrichissement de travaux individuels et collectifs que j’ai impulsés ou auxquels j’ai été associé. C’est en quelque sorte le fruit d’une conception collaborative distribuée et mon mémoire d’HDR doit être compris comme un objet intermédiaire de réflexion et d’étonnement scientifique. C’est un point d’étape pour capitaliser, proposer de nouvelles pistes de travail et continuer à construire collectivement. Pour cette raison, je remercie en premier lieu les très nombreux collègues et les partenaires qui ont contribué à l’ensemble de mes projets pédagogiques et de recherche. Je ne tenterai pas de tous les citer, car je sais que j’omettrai des noms. Les publications associant à ce jour plus de 140 coauteurs sont là pour témoigner de cette effervescence. Les analyses et propositions que je formule dans ce document sont un bien commun au service de la communauté scientifique et des territoires. Je remercie les institutions qui offre un cadre et une légitimité reconnue. Je crois en la force et la capacité du service public, en particulier celui de l’enseignement supérieur et de la recherche, à construire une Société plus juste et à relever les défis environnementaux en y associant l’ensemble des acteurs qui font vivre nos territoires et notre démocratie. Je remercie Claudine Guidat pour la qualité de son accompagnement depuis mes premiers pas de chercheur, pour sa bienveillance et sa capacité à me faire porter un regard neuf. Je remercie Laure Morel, ma marraine scientifique, et Mauricio Camargo, directeur de l’ERPI pour leur confiance, leur créativité et leur soutien dans ma carrière universitaire atypique. Je remercie l’école doctorale SIMPPÉ et son directeur Dominique Petitjean pour ses conseils et sa disponibilité. Je remercie les collègues qui ont spontanément et généreusement pris la relève des projets de recherche en cours pour me décharger et libérer mon esprit, je pense en particulier à Fedoua Kasmi, Benjamin Ennesser-Serville, Fabio Cruz et Anaëlle Hily. Votre présence est précieuse. De même, j’adresse toute mon amitié aux administrateurs et aux salariés de l’association L’OK3. Le collectif est la clef ! J’exprime une profonde reconnaissance envers l’ensemble des membres de mon jury qui a pris le temps de rentrer dans la complexité de mes travaux interdisciplinaires, et dont la richesse des questions et des débats ouvre des perspectives stimulantes qu’il me tarde d’explorer en équipe. J’éprouve une profonde gratitude envers ma famille, mes amis, mes proches, surtout Christel et Océane… Le temps que j’ai consacré à ce projet personnel et professionnel s’est parfois fait au détriment de moments précieux à vos côtés. Votre compréhension, votre soutien discret, mais constant, et votre confiance m’ont permis d’aller au bout de ce chemin exigeant. Je vous dois une grande part de cette réussite et je vous dédie ces pages avec affection et reconnaissance.
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[email protected] 7 TABLE DES MATIERES Remerciements ......................................................................................................................... 5 Table des matières .................................................................................................................... 7 Table des figures ..................................................................................................................... 13 Table des tableaux .................................................................................................................. 16 Glossaire des acronymes et sigles ........................................................................................... 17 Introduction générale ....................................................................................................... 23 1er partie - Synthèse des Activités d’Enseignement, Administratives et autres Responsabilités Collectives à visée Pédagogique .............................................................. 29 1 Activités d’enseignement et de valorisation pédagogique ......................................... 29 1.1 Positionnement de mes enseignements au service de l’ENSGSI et de l’Université de Lorraine ............................................................................................................................................ 29 1.2 Bilan de mes activités d’enseignement ............................................................................... 30 1.2.1 Tableaux de synthèse des enseignements réalisés depuis 2020 ................................................... 30 1.2.2 Tableaux de synthèse des encadrements pédagogiques entre 2020 et mi-2025 ......................... 31 1.3 Participation à la conception d’ateliers ou modules de formation ..................................... 32 1.3.1 Atelier Ingénierie et application des masses de données pour la ville intelligente ...................... 32 1.3.2 Ateliers d’Innovation IngEXys (M2) : Ingénierie écosystémique ................................................... 32 1.3.3 Conception d’UE et d’EC pour le master IUVTT ............................................................................. 33 1.3.3.1 UE Conception collaborative pour des territoires en transformation ................................. 33 1.3.3.2 UE Numérique et transformations urbaines ........................................................................ 35 1.3.3.3 EC Spatialisation et animation des écosystèmes d’innovation ............................................ 36 1.3.4 Conception de formation dans le cadre de réseaux scientifiques internationaux (en Anglais) .... 37 1.4 Des enseignements portés par une volonté d’innovation pédagogique ............................. 38 2 Activités administratives et responsabilités collectives à visée pédagogique ............. 40 2.1 Responsabilités pédagogiques au sein de l’ENSGSI : Responsable parcours M2 IUVTT ...... 40 2.2 Participation à la création de nouvelles formations : Licence Pro AFTER Animateur Facilitateur de Tiers-Lieux ÉcoResponsables entre l’IUT Charlemagne et l’ENSGSI ......................... 42 2.3 Responsabilités collectives diverses .................................................................................... 42 2.3.1 Responsabilité du recrutement Master IUVTT .............................................................................. 42 2.3.2 Élection au conseil d’école ENSGSI ................................................................................................ 42 3 Une activité pédagogique liée à la recherche ............................................................ 43
[email protected] 8 2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche et autres responsabilités collaboratives à visée scientifique .............................................................................................................. 47 1 Apport d’un nouveau regard sur le Génie des Systèmes Industriels : de la triple à la quadruple hélice de l’innovation ...................................................................................... 47 1.1 Définition de l’objet d’étude ............................................................................................... 47 1.2 Enjeux environnementaux, aménagement et ingénierie des territoires : positionnement des travaux dans le contexte national et européen ......................................................................... 48 1.3 Une recherche-action inscrite dans le temps long en contexte interdisciplinaire .............. 50 2 Du Génie des Systèmes Industriels au génie urbain : conception collaborative pour la 3HI 53 2.1 Transfert technologique de la conception collaborative du monde industriel au monde urbain par la recherche-action ......................................................................................................... 53 2.2 Résultats de ma thèse ......................................................................................................... 54 2.3 Conception d’une ingénierie collaborative dans un 1er niveau de complexité, celui de la triple hélice : la collaboration état – collectivité et collectivité – citoyens ...................................... 56 2.4 Conclusions du transfert du GSI, au génie des systèmes urbains et perspectives .............. 56 2.4.1 Apports de ma thèse pour les communautés scientifiques .......................................................... 56 2.4.2 Apports de ma thèse pour l’ERPI ................................................................................................... 57 2.4.3 Apports de ma thèse pour la profession / les praticiens de la conception urbaine ...................... 59 3 Du génie urbain à la smart city : Conception collaborative d’écosystèmes collaboratifs territoriaux d’innovation avec la 4HI ................................................................................ 61 3.1 Positionnement scientifique ................................................................................................ 61 3.1.1 La conception et les citoyens au cœur d’une nouvelle science des villes ..................................... 61 3.1.2 De l’ingénierie de la conception au mode Living Lab .................................................................... 63 3.1.3 Vers une approche écosystémique de l’innovation et des territoires ? ........................................ 65 3.1.4 Un monde commun partagé, le cœur de l’innovation collaborative ............................................ 67 3.1.5 Le Lorraine Smart Cities Living Lab : un living lab territorial et universitaire ad hoc comme terrain d’expérimentation ....................................................................................................................................... 69 3.1.6 Observer et analyser un dispositif sociotechnique en train de se faire et transformer son écosystème : Du Living Lab à l’approche Lab .............................................................................................. 73 3.2 Phase 1 : Concevoir un cadre expérimental pérenne à partir de terrains locaux ............... 78 3.2.1 Description des méthodologies de recherche mises en œuvre pour la phase 1 ........................... 78 3.2.2 Actions spécifiques pour ancrer la recherche-action dans la phase amont de la conception d’un LL universitaire et territorial ........................................................................................................................ 79 3.2.3 Enseignements issus de la conception collaborative dans un 2e niveau de complexité – la 4HI (au niveau local) impliquant des acteurs locaux ................................................................................................ 80 3.2.4 Conclusions intermédiaires issues de la phase 1 et nouvelles perspectives ................................. 84 3.3 Phase 2 : Optimiser et expérimenter le passage à l’échelle nationale ................................ 89 3.3.1 Description des méthodologies de recherche mises en œuvre pour la phase 2 ........................... 89 3.3.2 Actions spécifiques pour amplifier le LL universitaire et territorial dans le cadre d’une rechercheaction 92 3.3.3 Enseignements issus de la conception collaborative au 3e niveau de complexité – la 4HI impliquant acteurs locaux, régionaux et nationaux .................................................................................... 93 3.3.3.1 Les enseignements transversaux de la conception collaborative distribuée ....................... 94 3.3.3.2 Les enseignements directs de la conception collaborative distribuée par barrière aux collaboratifs .......................................................................................................................................... 102 3.3.4 Conclusions intermédiaires issues de la phase 2 et nouvelles perspectives ............................... 105
[email protected] 9 3.4 Phase 3 : Transfert vers l’écosystème européen d’innovation et renforcement de l’impact local des espaces d’innovation. ...................................................................................................... 108 3.4.1 Description des méthodologies de recherche mises en œuvre pour la phase 3 ......................... 108 3.4.2 Actions spécifiques pour piloter par la recherche-action un LL structuré par plusieurs grands projets et une plate-forme ........................................................................................................................ 111 3.4.3 Enseignements issus de la conception collaborative au 4e niveau de complexité de la 4HI impliquant acteurs locaux, régionaux et européens ................................................................................. 112 3.4.3.1 Grand projet n°1 – dimension macro du mode LL : le projet INEDIT, conception d’un écosystème collaboratif européen et local pour contribuer à la smart Economy (2019-2023) ........... 112 3.4.3.2 Grand projet n°2 – dimension méso du mode LL : conception de réseaux d’espaces collaboratifs d’innovation et évaluation de leurs impacts (2021-2024) ............................................... 124 3.4.3.3 Grand projet n°3 – dimension micro du mode LL : conception d’un écosystème interdisciplinaire sur les environnements immersifs d’innovation collaborative ................................. 127 3.4.4 Conclusions intermédiaires issues de la phase 3 et nouvelles perspectives ............................... 131 4 De la smart city à la sustainable smart city : les citoyens au cœur du processus de conception d’écosystème collaboratif ............................................................................. 135 4.1 Formaliser l’engagement des acteurs clés, des ressources, et les modalités partenariales, tout en restant agile et ouvert ....................................................................................................... 135 4.1.1 Processus collaboratif 1 : Ouvrir l’université aux DIYers & makers en collaborant avec des fablabs associatifs .................................................................................................................................................. 136 4.1.2 Processus collaboratif 2 : Collaborer avec des Entreprises Publiques Locales pour augmenter l’impact territorial ...................................................................................................................................... 137 4.1.3 Processus collaboratif 3 : Encourager la coopération interacadémique pour une gouvernance étendue 138 4.1.4 Processus collaboratif 4 : Faire territoire ensemble, du DIY au Do-It-Together .......................... 139 4.1.5 Apports théoriques et scientifiques d’un Living Lab universitaire & territorial sur l’engagement des citoyens ............................................................................................................................................... 140 4.1.6 Incarner les accords bilatéraux et les Partenariats Public-Privé-Population ............................... 143 4.2 Équiper l’ingénierie de la conception d’écosystèmes collaboratifs distribués et développer les compétences expertes et citoyennes ....................................................................................... 144 4.2.1 Espaces et infrastructures pour faire Lab et soutenir la conception collaborative de l’innovation responsable et spatialement située ........................................................................................................... 144 4.2.2 La coproduction de connaissance autour de l’approche Lab et au sein du LSCLL ....................... 150 4.3 Les lab-démonstrateurs : des supports à la co-expérimentation scientifique, technologique et territoriale de la sustainable smart city ..................................................................................... 153 4.3.1 Coconception de démarches scientifiques ad hoc ...................................................................... 153 4.3.2 Qu’est-ce qu’une ville smart ? .................................................................................................... 154 4.3.3 Coconcevoir et co-implémenter localement la sustainable smart city par l’engagement de scientifiques et de citoyens ...................................................................................................................... 157 4.3.4 La sustainable smart city : un dialogue systémique inter-échelle sur des sujets complexes ...... 162 4.4 Adopter ou produire le cadre, les référentiels et s’inscrire dans des réseaux .................. 163 5 Réflexivité sur 15 ans de recherche-action en guise de conclusion ........................... 165 5.1 Posture du chercheur : entre ingénieur, entrepreneur, facilitateur et scientifique .......... 165 5.2 Difficultés, apprentissages et bifurcations ........................................................................ 166 5.3 Identification et validation des connaissances et des pratiques pour générer des écosystèmes collaboratifs avec la 4HI ............................................................................................ 168 5.3.1 L’approche Lab, une méthode validée pour favoriser l’approche écosystémique ...................... 168 5.3.2 De l’approche écosystémique à l’ingénierie écosystémique ....................................................... 172 5.4 Identification et caractérisation des limites actuelles à la conception de l’ingénierie écosystémique ................................................................................................................................ 176
[email protected] 16 TABLE DES TABLEAUX Tableau 1 : Comparaison de la recherche-action aux autres pratiques (Bradbury, 2015) .................................... 51 Tableau 2 : Lecture matricielle adoptée pour chacune des trois phases de mes travaux sur la quadruple hélice de l’innovation (ma rechzerche) ................................................................................................................................. 76 Tableau 3 : Les quatre niveaux de lecture de l’approche Lab expérimentée de 2009 à 2024 (ma recherche) .... 170 Tableau 4 : Recueil des pratiques de l'approche Lab (2005-2024) pour favoriser le collaboratif (dépasser les barrières communément admises), adapté de (Dupont et al., 2024b) ................................................................ 174 Tableau 5 : Barrières systémiques à considérer pour créer les conditions d’un continuum collaboratif intersystèmes (ma recherche) ..................................................................................................................................... 193 Tableau 6 : Caractéristiques des expériences pour l’ingénierie écosystémique (ma recherche) ......................... 201 Tableau 7 : Ressources actées et pressenties pour l'axe codesign d'une micromanufacture urbaine (ma recherche) ........................................................................................................................................................... 204 Tableau 8 : Ressources actées et pressenties pour l'axe Codesign d'une filière biorégionale, voire au codesign d'une biorégion (ma recherche) .......................................................................................................................... 209
[email protected] 17 GLOSSAIRE DES ACRONYMES ET SIGLES A Ademe : Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie ADUAN : Agence de développement et d’urbanisme de l’aire urbaine nancéienne (devenue SCALEN) AERES : L’Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur. Le Hcéres lui succède en 2014) AIU : Ateliers d’innovation urbaine AMI : Appel à manifestation d’intérêt AMO : Assistant à maîtrise d'ouvrage AMU : Assistants à maîtrise d’usage ANR : Agence Nationale de la Recherche ANRT : Association Nationale de la Recherche et de la Technologie APERAU : Association pour la promotion de l’enseignement et de la recherche en aménagement et urbanisme APP(LL)EX : APPorts des laboratoires vivants (Living Lab) dans l’étude des EXternalités positives des filières de bioéconomie pour la création de valeur sur les territoires dégradés (projet Ademe) APT : AgroParisTech Apur : Atelier parisien d'urbanisme ARS : Agence régionale de santé B BE : Bureau d’études BO : Boundary object BRGM : Bureau d’études géologiques et minières C CCD : Conception collaborative distribuée CCI : Chambre de commerce et d'industrie CCU : Conception centrée utilisateur CDE : Concertation-Décision-Environnement CECD : Conception d’écosystèmes collaboratifs distribués CELEST : Center for intErdiscipLinary rEsearch and expertiSe on Transitions (Projet LUE) CERAPS : Centre d'études et de recherches administratives politiques et sociales (laboratoire de l'université de Lille) Cerema : Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement CHRU : Centre hospitalier régional universitaire Cifre : Conventions industrielles de formation par la recherche CIRSET : Circular Economy for Sustainable Resources in the Energy and Digital Transitions (projet LUE) CLCS : Connaissance, langage, communication, sociétés (un des pôles scientifiques de l’UL) CNFPT : Centre national de la fonction publique territoriale CNRS : Centre national de la recherche scientifique COST : European Cooperation in Science and Technology CPER : Contrats de plan État-Région CRD : Centre de recherche en design (ENS Paris-Saclay et l'ENSCI - Les Ateliers) CST : Culture scientifique et technique CUGN : Communauté urbaine du Grand Nancy devenue MGN
[email protected] 18 D DFG : Deutsche Forschungsgemeinschaft en Allemagne DHDA : Des Hommes et Des Arbres DICLIMAP : Diagnostic climatique des quartiers urbains pour une méthodologie d’assistance à la planification (Projet Ademe) DIRECCTE : Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (devenues les Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ou DREETS au 1er avril 2021) DIT : Do-It-Together DIY : Do-It-Yourself DU EDUTER : Diplôme universitaire Économie et aménagement durable des territoires (UL) E EC : Enseignement constitutif (d’une UE) ECD : Écosystèmes collaboratifs distribués ED SIMPEÉ : École doctorale sciences et ingénierie des molécules, des produits, des procédés, et de l'énergie EDF : Électricité de France EDI : Équité Diversité Inclusion EIC : Environnements Immersifs Collaboratifs ELLH : European Living Lab Hub EMA : Environnement et méthodologie d’accélération EMPP : Énergie, mécanique, procédés, produits (un des pôles scientifiques de l’UL) Enedis : anciennement ERDF pour Électricité réseau distribution France ENSAM : École nationale supérieure d'Arts et Métiers ENSGSI : École nationale supérieure en génie des systèmes et de l'innovation ENoLL : European network of Living Labs EPA : Établissement public d’aménagement EPAU : Europe des projets architecturaux et urbains EPCI : Établissement public de coopération intercommunale EPL : Entreprise Publique Locale Erasmus+ : le programme de l’Union destiné à soutenir l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport en Europe ERPI : Équipe de recherche sur les processus innovatifs EURECA-PRO : L’alliance universitaire européenne dans laquelle est impliquée l’UL F FabLab : Fabrication laboratory FEANI : Fédération européenne d'associations nationales d'ingénieurs FEDER : Fonds européen de développement régional G GIP : Groupement d'intérêt public GISFI : Groupement d’Intérêt scientifique : requalification des territoires dégradés, Interdisciplinarité & Innovation GFL : Green Fablab (projet de l’ERPI) GSI : Génie des systèmes industriels GSIU : Génie des systèmes industriels et urbains GU : Génie urbain
[email protected] 19 H H2020 : Horizon 2020 - programme européen pour la recherche et le développement pour la période 2014 - 2020 HAL : Hyper articles en ligne - archive ouverte multidisciplinaire Hcéres : Le haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur HE : Horizon Europe - programme-cadre de recherche et d'innovation de l'Union européenne qui succède au programme Horizon 2020 HERBE : Hameau expérimental de recherche sur la bioéconomie (projet Ademe) I IA : Intelligence artificielle IAMOT : International association for management of technology ICE/ITMC : International conference on engineering, technology and innovation IDEAS : Innovation et design évalués par les usages (parcours de mention de Master Design) IDEX : Initiative d’excellence IEEE : Institute of electrical and electronics engineers IMR : Index de maturité de la recherche (propre à ERPI) INCERDD : Prise en compte des incertitudes pour des décisions durables (projet ANR) INEDIT : Open innovation ecosystems for do it together process (projet H2020) INFRA+ : Infrastructure de soutien pour l’excellence en recherche IngEXys : Ingénierie écosystémique INPL : Institut national polytechnique de Lorraine, devenu Université de Lorraine INRAE : Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement INSET : Institut national spécialisé d’études territoriales IR : Ingénieur de recherche ISO : L'organisation internationale de normalisation ITTI : Innovation territoriale et territoires en intelligence IUVTT : Innovation urbaine pour des villes et territoires en transformation (parcours de mention de Master urbanisme et aménagement, UL) IX : eXperience Immersive J JORF : Journal officiel de la République française L LabCom : Un laboratoire commun entre un établissement de recherche et une entreprise, visant à favoriser l'innovation via une gouvernance partagée (PPP soutenu par l’ANR) LAMPA : Laboratoire angevin de mécanique, procédés et innovation LAUDS Factories : Local accessible urban digital and sustainable factories: New european bauhaus approach to open and decentralised urban manufacturing (projet HE) LbM : Linky by makers LF2L : Lorraine Fab Living Lab® LL : Living Lab LSCLL : Lorraine Smart Cities Living Lab LUE : Lorraine université d’excellence LRU : Loi relative aux libertés et responsabilités des universités M MESR(I) : Ministère de l'enseignement supérieur de la recherche (et de l’innovation) MGN : Métropole du Grand Nancy MOM IAMD : Module orienté métier ingénierie et application des masses de données
[email protected] 20 MOOC : Massive open online course N NGC : Nancy grand cœur NIT : Noyau d’innovation technologique NITIM : Networks, Information Technology and Innovation Management (Graduate School) NOTRe : Nouvelle organisation territoriale de la République NYBI : Nancy bidouille (association FabLab) O OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques OCL : Open Citizen Labs (projet du LSCLL) ODD : Objectifs de développement durable OIC : Objets intermédiaires de conception OIF : Objet intermédiaire de fabrication OMD : Open-Manufacturing Demonstrator OMDF : Open-Manufacturing Demonstration Facilities ONPA : Office nancéien des personnes âgées ONU : Organisation des Nations unies OSAT : Open-source appropriate technology P PEPR : Programmes et équipements prioritaires de recherche PIA : Plan d’investissements d’avenir PME : Petites et moyennes entreprises PMI : Petites et moyennes industries PPP : Partenariat public-privé PPPP : Partenariat public-privé-population POPSU : Plate-forme d’observation des projets et stratégies urbaines PUCA : Plan urbanisme construction architecture Q QR : Questions de recherche R R&D : Recherche et développement RA : Recherche-action REVES : Renaissance écologique des villes RGPD : Règlement général sur la protection des données RID : Recherche, innovation et développement RNCP : Répertoire national des certifications professionnelles RRI : Réseau de recherche sur l’innovation (RNI en anglais) S SCALEN : L'agence de développement des territoires Nancy sud lorraine (ex-ADUAN) SIMPPÉ : Sciences et ingénierie des molécules, des produits, des procédés et de l'énergie (École doctorale de l’UL) SIRIUS : Stratégie d’innovation pour le renforcement des interactions entre université et société (projet LUE) STAPS : Sciences et techniques des activités physiques et sportives STIM : Sciences, technologies, ingénieries, et les mathématiques (STEM en anglais)
[email protected] 21 T TPE : Très petites entreprises TRL : Technology readiness level TUB : Technische Universität Berlin U UE : Unités d’enseignement UL : Université de Lorraine UNAL : Universidad Nacional de Colombia UNEP : Le programme des Nations unies pour l'environnement UNESCO : Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture UNYS : Initiative qui réunit les acteurs de la recherche publique et de l’innovation en Lorraine URBACT : Un programme européen d’échanges pour un développement urbain durable UX : User eXperience UXi : Expérience d’innover X XR : Réalité étendue # 2LPN : Laboratoire lorrain de psychologie et neuroscience (UL) 3HI : Triple hélice de l’innovation 4HI : Quadruple hélice de l’innovation 5HI : Quintuple hélice de l’innovation
[email protected] 22
Introduction générale [email protected] 23 INTRODUCTION GENERALE Nous avons de sérieuses raisons de penser que nous sommes à l’ère de l’anthropocène1. L’activité humaine a marqué, marque et marquera durablement notre planète. Dans ce mémoire, je propose d’aborder concomitamment par le prisme de l’ingénierie deux phénomènes humains qui s’entrecroisent : l’innovation, un des piliers du développement économique, et l’urbanisme, à la fois cause et conséquence du premier. En effet, au-delà des apports et des compétences techniques, les ingénieurs ont véhiculé à partir du 19e siècle « un modèle de société ainsi qu’un mode d’organisation » (Griset and Bouvier, 2012), p.37) rendant la ville synonyme de modernité à travers la conception et l’installation d’infrastructures et d’aménités urbaines. L’innovation et l’aménagement du territoire sont deux des facettes de l’activité humaine. Elles sont interdépendantes, d’autant que les innovations s’organisent dans des logiques spatiales pouvant être source de tensions et de conflits notamment lors de la perception de risques (ex : sites industriels liés à la chimie, aux hydrocarbures, au nucléaire) et de pollutions (Bouneau and Lung, 2006). Tout se passe comme si, nous acceptions les inventions tant qu’il n’y a pas d’impact négatif direct sur notre territoire de vie. Il en est de même avec un concept qui renouvelle l’urbanisme : la smart city2. Apparu à la fin des années 90, ce concept promet de résoudre les défis contemporains de nos villes et autres mégapoles avec des réponses technologiques et numériques pour faire se croiser des réseaux techniques, sociaux, décisionnels, d’innovation en dépit notamment de cyberrisques, d’une disparition possible de la vie privée et d’une consommation croissante d’énergie et de terres rares. Ces développements technologiques ou urbanistiques semblent encore portés par la croyance d’un accès illimité aux ressources naturelles et dans une relative indifférence (ou de nonperception) des effets sur notre biosphère. Pourtant, nous devons pouvoir répondre à la croissance incessante du nombre d’urbains. Désormais, il est communément admis que plus de 50 % de la population mondiale occupe des territoires urbains. En Europe, les trois quarts de la population vivent en ville et en France, on estime que 80 % de la population est urbaine. Si le sujet est particulièrement pertinent en Europe, il est primordial à l’échelle internationale et le sera de plus en plus. En effet, en 2025, plus de 600 villes dans le monde ont plus d’un million d’habitants, 85% d’entre elles se situant 1 Cette notion n’est pas admise par la commission internationale de stratigraphie (ICS) de l'Union internationale des sciences géologiques (UISG) qui fixe les subdivisions de l’échelle des temps géologiques. 2 Terme qui est passé à la postérité contrairement à Intelligent City, Digital Media City, Wired City, Ubiquitous City.
Introduction générale [email protected] 24 dans des pays en développement3, contre 83 villes en 1950 situées essentiellement dans des pays développés (Correa et al., 2024). Ces villes nouvelles à croissance ultrarapide posent des défis inédits qui nécessitent des innovations radicales. Un des effets globaux concrets se traduit par la multiplication par cinq en 50 ans de l’extraction de matériaux non métalliques comme l’explique le Global Resources Outlook 2024 (UNEP, 2024). Ce phénomène est lié à la construction massive d'infrastructures dans de nombreuses régions du monde. Les matériaux non métalliques comprennent le sable, le gravier et l'argile et sont destinés à la construction et à l'industrie. Leur extraction est passée de 9,6 milliards de tonnes en 1970 à 45,3 milliards de tonnes en 2020. Ils ont connu la plus forte croissance (3,2 % par an en moyenne) et représentent à présent la part la plus importante de l'utilisation des matériaux (Figure 1). Pour la biomasse, les combustibles fossiles et les minerais métalliques, les experts estiment respectivement à 24,8, 15,4 et 9,6 milliards de tonnes extraits en 2020. Figure 1 : Extraction mondiale de matériaux,1970-2020, proportion des quatre catégories principales de matériaux. Source (UNEP, 2024) à partir des données 2023 Global Material Flows Database4 Pourtant, les questions environnementales et écologistes ont progressivement émergé, et se sont parfois imposées avec force à la suite de catastrophes industrielles (Seveso, Tchernobyl, Bhopal pour citer quelques-unes des plus emblématiques). À présent, il s’agit surtout de faire face aux impacts des activités humaines qui se traduisent notamment par la survenue de phénomènes naturels exceptionnels et destructeurs dont la fréquence accélérée ne les rend plus si rares. La pérennité de notre cadre de vie semble dès lors de plus en plus incertaine, car les territoires urbains sont les plus exposés et vulnérables aux changements climatiques. Face à ce phénomène, industrie et urbanisme sont historiquement et spatialement liés et restent interdépendants (Prasad et al., 2025). 3 https://worldpopulationreview.com/cities 4 https://www.resourcepanel.org/global-material-flows-database
Introduction générale [email protected] 25 La catastrophe deviendra-t-elle la norme ? Les événements climatiques extrêmes deviendrontils des standards ? L’effondrement de la biodiversité, et ses conséquences en cascade, sont-ils inéluctables ? Loin de sombrer dans un pessimisme mortifère, je reprends la logique de l’UNESCO qui encourage à former « plus d’ingénieurs, davantage pluridisciplinaires […] pour créer un monde durable » (ONU, 2021; UNESCO, 2021) et je m’interroge sur le rôle possible du Génie des Systèmes Industriels (GSI), en particulier la science de la conception et l’ingénierie de l’innovation, pour infléchir ces scénarios et contribuer à notre niveau à la science de la durabilité au service de l’intérêt général, en accompagnant la transformation des villes pour qu’elles contribuent à la préservation, et si possible à la restauration, de notre habitat commun, notre écosystème naturel. Il peut sembler surprenant de vouloir s’appuyer sur le GSI pour résoudre des problèmes dont l’industrie est en grande partie responsable. Compte tenu des connaissances actuelles, l’ambition doit justement consister à améliorer les pratiques par le renforcement et une plus grande diffusion d’un raisonnement systémique et écosystémique pour anticiper au mieux les impacts des résultats de nos ingénieries sur la santé des Humains et la qualité de l’écosystème vivant. Le Génie des Systèmes Industriels est par ailleurs particulièrement adapté pour répondre aux enjeux qui s’imposent à nous, car cette science qui contribue au management des technologies, de l’ingénierie et de l’innovation explore et aide à aborder l’émergence de la nouveauté, donc de l’inconnue, donc de l’incertitude. Je m’intéresse finalement à la capacité transformante du Génie des Systèmes Industriels, envers l’ensemble des acteurs de la filière innovation, en particulier à l’échelle territoriale, au service de la planète et de ses occupants / habitants. Nous considérons aussi les mutations nécessaires au sein même du Génie des Systèmes Industriels pour aligner cette discipline avec nos enjeux contemporains, environnementaux et sociétaux : une adaptation de nos villes et territoires au changement climatique et une plus grande justice sociale pour que le progrès des uns ne se fasse pas au détriment des autres. J’assume aussi une approche interdisciplinaire de l’ingénierie, nourrie par le Génie Urbain et les sciences qui s’intéressent aux territoires. Ces derniers nous amènent à nous interroger sur les périmètres des systèmes industriels. Pour cette raison, et compte tenu des interdépendances que j’ai déjà soulignées, il me semble éclairant de parler de Génie des Systèmes Industriels et Urbains, le mot « urbain » faisant ici référence à la discipline qui s’intéresse à l’aménagement et au développement du territoire : l’urbanisme. En ce sens, je considère les territoires périurbains et ruraux, car ils sont largement façonnés par l’activité humaine urbaine. Cette approche enrichie du Génie des Systèmes Industriels ouvre des perspectives foisonnantes sur le plan de la recherche. Ces questionnements m’ont naturellement amené à m’intéresser au modèle de quintuple hélice de l’innovation (Carayannis et al., 2012), dont le premier auteur est économiste et professeur en systèmes d'information, en management des technologies, de l’innovation et en
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 32 En effet, l’urbanisme s’inscrit dans des échelles et des temporalités multiples, souvent plus complexes, plurielles et bien plus longues que ce qu’on imagine. Un projet en cours de réalisation est une réponse à des enjeux passés. L’analyse des productions actuelles, de l’intégration des différents acteurs, notamment les usagers, une compréhension fine de la connaissance et des pratiques en train d’émerger et de se diffuser (veille, prospective, signaux faibles) permettent de prendre du recul sur les réponses récentes apportées et offre des possibilités d’identifier les nouvelles questions qu’elles soulèvent. 1.3 Participation à la conception d’ateliers ou modules de formation 1.3.1 Atelier Ingénierie et application des masses de données pour la ville intelligente En 2014-2015, compte tenu de mon expérience sur les projets en mode Living Lab et de mes travaux sur la smart city, TELECOM Nancy m’a confié la conception des Modules Orientés Métiers (MOM 1 et 2) « Ingénierie et Application des Masses de Données » (IAMD) pour la Ville Intelligente, dit « big data smart city ». J’invite dans ce module des professionnels du monde socio-économique. Depuis 2016, j’ai aussi associé des collègues de l’ENSGSI - ERPI ainsi que Didier Grimaldi, Universitat Politècnica de Catalunya Barcelonatech, en Espagne, ce qui a notamment conduit à ma participation à son livre « Implementing Data-Driven Strategies in Smart Cities - A Roadmap for Urban Transformation » (Elsevier, 2021). Certains travaux réalisés dans ce module ont également fait l’objet de publications (Gabriel et al., 2021; Gabriel and Dupont, 2022). Engagement : Environ 400 heq.TD cumulées sur 10 ans + développement d’un réseau de partenaires Public-Privé (industriels, collectivités, etc.) 1.3.2 Ateliers d’Innovation IngEXys (M2) : Ingénierie écosystémique Dès 2009, j’ai été associé à la conception d’Ateliers d’Innovation Urbaine, communément appelés Ateliers IngEXys rassemblant plusieurs parcours de M2 de l’université : Urbanisme et Aménagement, Intelligence territoriale, Géographie, Science de l’éducation, STAPS, pour un premier type d’ateliers et Design et Management de l’Innovation, Sûreté des Procédés Industriels, Environnement et Qualité, Ingénierie des Systèmes Complexes, pour un second type. Dans les deux cas, entre 50 et 70 étudiants sont mis en situation de projet au Fab Living Lab sur un projet de territoire avec les acteurs qui le constituent : citoyens, usagers, entreprises, etc. J’interviens sur le « Pilotage de projet innovant en milieu complexe par l’ingénierie collaborative ». Ces ateliers sont toujours actifs en 2024, mais compte tenu de ma charge de travail, à partir de 2016-2017, j’ai transféré mon savoir-faire à des collègues doctorants et ingénieurs d’étude impliqués dans la chaire REVES (Renaissance Écologique des VillES) (Dupont et al., 2015c) puis de la chaire ITTI (Innovation Territoriale et Territoires en
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 33 Intelligence)5. J’accompagne l’évolution de la pédagogie ou j’interviens comme expert thématique lorsque c’est nécessaire, comme récemment pour le projet Erasmus+ BRIDGE6 à la demande de mes collègues de STAPS. Engagement : Environ 300 heq.TD cumulées sur 6 ans + coordination des collègues et partenaires. 1.3.3 Conception d’UE et d’EC pour le master IUVTT 1.3.3.1 UE Conception collaborative pour des territoires en transformation L’objectif de cette UE est d’apporter les connaissances et outils méthodologiques issus du Génie de l’Innovation au service des territoires et villes en transformation (UE 902 dans la Figure 3, p.41). Elle propose d’explorer la notion d’innovation, en particulier la phase amont des projets et/ou des réflexions stratégiques (identification de l’écosystème, analyse des besoins, techniques de conception, prise de décision multicritère...), appliquée au domaine spécifique des territoires, des institutions publiques, parapubliques et plus globalement aux enjeux de Société qui nécessitent d’être appréhendé globalement par l’ensemble des acteurs. En lien avec d’autres UE du master IUVTT7, cette UE aborde également les tendances nouvelles qui touchent les villes et les territoires, ainsi que leurs thématiques associées en termes de technologie, d’évolution des modes de gestion ou de gouvernance, de développement numérique. Elle s’articule sur un ensemble de savoirs issus de nombreux domaines pour promouvoir la nécessaire collaboration pluridisciplinaire permettant de garantir le sens de l’action et des innovations (technologiques, organisationnelles, sociales, etc.) au service des Humains et de notre écosystème (au sens écologique). Ainsi l’UE vise trois grands objectifs : - Donner différentes clefs de lecture et d’analyse des problématiques urbaines et territoriales ainsi que des enjeux métropolitains contemporains par le prisme du génie de l’innovation (c.-à-d. management des technologies, ingénierie de l’innovation), - Repenser les processus de conception et de mise en œuvre des projets sur le territoire à partir d’un diagnostic et d’une problématique partagées entre parties prenantes, en saisir le processus, la démarche et les enjeux particuliers de chaque étape, - Comprendre et partager une compréhension multidimensionnelle (politique, technique, environnementale, sociale, etc.) des enjeux territoriaux à destination des différents protagonistes de la production de l’urbain (élus, techniciens, habitants-usagers-citoyens, etc.) 5 https://www.youtube.com/@chaireitti2685/videos ; https://erpi.univ-lorraine.fr/fr/projects/chaire-ITTI/ 6 https://mailchi.mp/fd031f575ed6/bridge-newsletter-37784 7 Ce dernier point est développé plus spécifiquement dans l’UE Numérique et transformations urbaines
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 34 Ces objectifs s’appuient sur 3 Enseignements Constitutifs : • EC1 - Ingénierie de l'Innovation : compréhension et encapacitation des phases amont • EC2 - Atelier de créativité : 48h pour faire émerger des idées® • EC3 - Innover pour des Territoires smart et soutenables. J’ai conçu l’EC1. Il permet de découvrir et mettre en pratique une conception innovante des projets de territoire à travers la mise en œuvre d’une ingénierie collaborative mobilisant l’ensemble des acteurs par le prisme de l’usage, en ce sens les étudiants seront directement engagés dans un processus (Urban) Living Lab. Nous verrons dès lors en quoi la culture de l’expérimentation basée sur des démonstrateurs / de l’essai-erreur / du tâtonnement collectif… devient un levier de la coopération entre parties prenantes (publiques, privées, citoyenne). L’EC2 est un des produits historiques de l’ENSGSI, pour la maquette 2024-2028, j’ai proposé de faire bénéficier les étudiants du master à ce dispositif qui permet d’acquérir les techniques de créativité en groupe (collective et collaborative). Avec mes collègues de l’ENSGSI : Olivier Chery, Olivier Farges et Olivier Potier et deux autres collègues de l’ENSAIA, nous avons coconçu l’EC3 sous forme d’un atelier abordant concomitamment les enjeux de l’eau, l’air, la terre (les sols), l’énergie, et la gouvernance (les Humains et leurs technologies). À travers l’articulation de ces 3 EC, il s’agit de donner aux futurs professionnels les outils leur permettant d’accompagner la décision politique et d’agir sur le territoire : la formation IUVTT doit amener les futurs professionnels à bien saisir que l’aménagement du territoire et l’urbanisme ne peuvent pas se réduire à la résolution rationnelle de problèmes techniques. Au contraire, l’aménagement du territoire se définit à travers des choix politiques, dont les différents professionnels des territoires doivent contribuer à éclairer les conséquences auprès des élus. L’acquisition et l’adaptation de base en Génie de l’Innovation permettent de saisir comment appréhender au plus tôt, dès la phase amont, la compréhension d’une « question dans son écosystème » pour identifier les acteurs concernés, révéler leurs interactions, leurs besoins ainsi que les pistes d’innovation possibles et partagées. En proposant aux étudiants et futurs professionnels de prendre du recul par rapport à l’ingénierie urbaine et territoriale, la démarche de formation doit contribuer à l’enjeu essentiel de la démocratisation de la fabrication du territoire. Cet objectif se traduit par la formation des professionnels de l’urbain et des territoires à la mise en place de dispositifs de co-production des projets avec les élus politiques, les agents des collectivités… et le développement d’une pédagogie du projet permettant la mise en avant des possibles et leurs enjeux. La formation dispensée doit aussi permettre aux futurs professionnels de développer une pensée et des savoir-faire pour mobiliser les habitants-usagers-citoyens dans le cadre de projets de transformation du territoire. C’est pourquoi cette UE s’appréhende en lien avec les autres enseignements du parcours IUVTT, et j’invite les étudiants à faire les liens entre les formations qu’ils reçoivent.
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 35 Engagement : Environ 60 heq.TD / an depuis 2018 + la coordination des collègues et partenaires. 1.3.3.2 UE Numérique et transformations urbaines Les développements toujours plus performants et les usages du numérique, tant par les professionnels de l’urbain, que les entreprises ou les citoyens, transforment radicalement la ville et les territoires : nouvelles expertises et nouveaux métiers (Data scientist, Intelligence Artificielle, Algorithmes), nouvelles ressources (données ouvertes ou non), représentation, modélisation et simulation de la gestion des villes (SIG, image générative, Data lab, City Information Modeling, Landscape Information Modeling, Digital twin, dispositifs immersifs, etc.), ville connectée (capteurs, IoT, dashboard, monitoring, Decision Support System, etc.), les infrastructures (réseaux, data center, etc.), transformation de l’organisation du travail (télétravail), modification des rapports sociaux et des relations sociales, nouvelles technologies de construction (Fabrication additive pour la construction à l’échelle 1/1), transformation des pratiques individuelles et collectives (mobilité repensée, véhicules autonomes, nouveaux opérateurs), nouvelles pratiques touristiques et d’attractivité, etc. Quel est le sens de ces transformations ? Quelle est leur compatibilité avec une innovation frugale et citoyenne (compatibilité écologique, sociale - fracture numérique / Le règlement général sur la protection des données (RGPD) / traces numériques, enjeu économique, sécurité individuelle et collective, etc.) ? Tels sont les observations et questionnements que j’aborde de façon diffuse depuis 2018 dans IUVTT. L’amplification de ce sujet pour les territoires m’a conduit à créer une UE dédiée dans la maquette 2024-2028 du master (UE 908 dans la Figure 3, p.41). À travers trois EC complémentaires qui mobilisent des professionnels de l’urbain et des collègues enseignants, je propose une introduction aux différentes facettes et enjeux que soulève le numérique pour les villes et les territoires. • EC1 - Représentation de l'information au service des transitions (Introduction au Système d'Information géographique) • EC2 - Initiation aux méthodes agiles et scrum – les « 72h d’innovation agile » • EC3 - Transformation numérique au service des villes et des citoyens (une introduction) Les deux premiers modules sont respectivement conçus et animés par Quentin Morise (Urbansite OPQU8) et le Prof. Davy Monticolo de l’ENSGSI Dans l’EC3, je reviens à travers différents exemples et cas pratiques locaux ou plus éloignés, sur le développement spectaculaire du numérique au niveau des territoires et son rôle dans la transformation de notre rapport à la ville et à ses usages. À partir du concept de smart city, les étudiants explorent une diversité de situation qui fait appel, ou revendique, l’innovation (numérique) pour répondre aux défis de nos villes et de nos 8 Office professionnel de qualification des urbanistes
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 36 territoires. J’organise également des interventions pluridisciplinaires (ingénieries, géographie, neuroscience, etc.) : applications des masses de données pour les territoires, data-driven decision ; les fondamentaux de l’Intelligence artificielle (IA) avec ses applications territoriales ; apport des technologies immersives pour intervenir sur l’espace urbain / architectural ; etc. Tout en analysant le développement de ces innovations, nous nous interrogeons sur leurs impacts sur la représentation, la conception, la fabrication et la manière d’appréhender la gestion de nos territoires pour les rendre (ou les laisser) « smart », c.-à-d. en harmonie avec les besoins humains et l’ensemble de l’écosystème vivant. Il s’agit dès lors de concevoir ou mobiliser des ingénieries et des technologies qui font sens face aux défis sociétaux. Engagement : 18 heq.TD / an depuis 2018 + la coordination des collègues et partenaires. 1.3.3.3 EC Spatialisation et animation des écosystèmes d’innovation Dans le cadre de l’UE Management stratégique des villes et territoires en transformation, coconçu avec Fedoua Kasmi, une collègue spécialisée en économiste de l’innovation et aménagement du territoire, nous abordons principalement l’échelle organisationnelle de l’innovation et la capacité des acteurs du territoire à s’organiser pour répondre aux grands défis qu’ils rencontrent et aux régimes transitoires induits (UE 907 dans la Figure 3, p.41).. Cette UE s’appuie sur 3 Enseignements Constitutifs : • EC1 - Management stratégique des territoires pour un pilotage de l'action collective • EC2 - Économie et aménagement de la transition écologique des territoires • EC3 - Spatialisation et animation des écosystèmes d’innovation Les deux premiers sont proposés par F. Kasmi. Je ne détaille ici que le dernier que j’ai créé pour la maquette 2024-2028. Dans la sphère publique, au sein des structures administratives (ou assimilées), l’ouverture à des acteurs nouveaux ou des approches nouvelles pourtant nécessaires pour le territoire reste souvent compliquée (méconnaissance, peurs, conformisme, habitude, etc.) L’identification et la stimulation de nouvelles potentialités peuvent pourtant se révéler essentielles tant pour des acteurs publics que privés (nouvelles compétences ou technologies, appel à projets, financements d’expérimentations, coopérations repensées, etc.). Les citoyens ont également des aspirations légitimes, ainsi qu’une expertise de leur quotidien urbain qu’il est nécessaire de savoir combiner dans la conception de projets urbains. Au-delà des rencontres classiques ou des processus établis, l’expérience montre que les écosystèmes d’innovation ont besoin de s’appuyer sur des espaces supports atypiques relais d’une dynamique collaborative entre les parties prenantes d’un territoire (compréhension mutuelle, stimulation de la créativité collective, définition d’intérêts partagés, modalités de mise en œuvre, construction d’une décision partagée et acceptée par tous, objet intermédiaire de conception9, etc.) 9 Ou OIC, voir la définition de ce concept dans la section 3.1.4 de la 2e partie, p. 60.
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 37 Cet EC jongle ainsi entre les différentes échelles de constitution et d’intervention sur les écosystèmes d’innovation (du micro au macro), en explorant les intermédiaires d’innovation (souvent orientés vers le développement économique) et en mobilisant des formes et lieux hybrides, originaux, tel que le LF2L qui fait se croiser monde universitaire, entreprises, collectivités, citoyennes et citoyens qui s’adaptent aux transformations du territoire, autant qu’ils transforment les territoires. Se dessine dès lors une spatialisation de l’innovation des territoires et de l’innovation pour les acteurs du territoire, à travers des lieux, des réseaux et des animations formels ou informels. Cet enseignement provient du transfert des recherches de doctorat réalisées avec Ferney Osorio (Osorio, 2021), puis Fanny Pruvot (Pruvot, 2024) que j’ai co-dirigé. Par ailleurs, les organisations publiques ou privées présentent des capacités différentes de réponse aux défis auxquels elles font face. Faire prendre conscience de ces différences et pouvoir les qualifier est un enjeu majeur pour les praticiens au cœur des collectivités ou qui les accompagnent (agences, BE, AMO, etc.) La mise en place d’une démarche d’autodiagnostic du potentiel d’innovation d’une organisation, telle qu’une administration publique, ouvre la voie à de nouvelles modalités de dialogue intra et interservices, et entre agents et élus… Avec mes collègues, nous formons ainsi sur les développements les plus récents permettant de révéler la « capacité à innover des territoires ». Cette dernière partie provient de travaux transférés aux territoires par mes collègues, les Prof. Vincent Boly, Dr. Manon Enjolras et Prof. Laure Morel, auxquels j’ai été associé. (Boly et al., 2024, 2022; Enjolras et al., 2023b) Engagement : 14 heq.TD / an depuis 2024 en associant des collègues et partenaires 1.3.4 Conception de formation dans le cadre de réseaux scientifiques internationaux (en Anglais) Depuis juin 2013, je suis Faculty Member de la NITIM Graduate School (Networks, Information Technology and Innovation Management) - https://www.nitim.org/ (Communauté issue de la conférence IEEE ICE/ITMC et initialement structurée grâce à un Projet Marie Skłodowska-Curie porté par l’université de Leiden). NITIM rassemble des doctorants, d’anciens étudiants, des professeurs et des partenaires industriels dans plus de 10 pays à travers le monde, représentant plus de 20 nationalités. NITIM encourage la recherche interdisciplinaire pour trouver des solutions innovantes à des problèmes complexes. Pour ce faire, elle organise une « École doctorale d’été » en langue anglaise adossée à la conférence IEEE ICE/ITMC. Une vingtaine de doctorants et une dizaine d’encadrants se retrouvent pendant trois jours pour passer en revue par groupe de 5 les travaux de chacun des doctorants. Ce séminaire, rythmé par des conférences plénières entre les sessions en groupe, permet de croiser les disciplines et les
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 38 approches méthodologiques. Les doctorants peuvent surtout confronter leur travail à une communauté internationale. De plus, au cours de l’année, entre deux écoles, d’autres événements régionaux ou virtuels sont organisés pour soutenir les jeunes chercheurs et mettre en relation les membres du réseau. Pour NITIM, en plus de mon rôle de formateur, j’ai par ailleurs été : - « Lead lecturer (Program Chair) » Invité pour l’édition 2017, à Madère, les 24 et 25 juin. J’ai défini le rythme pédagogique. J’ai assuré la conférence inaugurale, invité d’autres conférenciers et j’ai conçu un atelier sur le « graphical abstract » permettant de présenter de façon courte et visuelle le contenu d’une recherche - « Chair / Local organizer » pour l’édition 2019, à Nice, du 13 au 15 juin. J’ai assuré la responsabilité de l’ensemble de l’événement (logistique et scientifique), ainsi que la coordination avec la conférence IEEE ICE/ITMC 2019. - « Co-Chair / Local organizer » pour l’édition 2022, à Nancy, France, 16-18 juin. Avec Mauricio CAMARGO, nous avons mis en place une équipe de doctorants ERPI pour assurer l’organisation de l’école doctorale d’été dans le cadre d’une première conférence IEEE ICE et IAMOT. La fusion de deux conférences renommées dans le domaine de l’innovation, le management des technologies et l’entrepreneuriat, dont l’ERPI avait l’organisation. 1.4 Des enseignements portés par une volonté d’innovation pédagogique Je m’engage systématiquement dans des démarches de pédagogie active en faisant évoluer les modalités (pédagogie par projet, ateliers, wiki ou plate-forme collaborative en ligne, travail sur maquette, tests par l’usage, technologies immersives, sorties terrain, etc.) pour être le plus possible au contact des étudiants et leur transmettre au mieux les compétences, savoir et savoirfaire en ingénierie collaborative, en coconception, et en évaluation prospective des usages et d’acceptabilité des innovations. Je fais aussi le lien avec mes travaux de recherche ou les projets de développement qui nous sont confiés par différents partenaires. Citons par exemple, le projet « vélOstan connecté » en collaboration avec la métropole et une start-up (Dupont and Arbelaez Garces, 2017a, 2017b) ou encore le projet Des Hommes et Des Arbres en lien avec AgroParisTech en 2023-2024, qui ont bénéficié de projets pédagogiques étudiants, d’ateliers, de stages de master. Plus récemment, j’ai conçu un atelier croisé, m’appuyant sur les retours d’expérience de l’ANR Ville durable (Dupont et al., 2015b) ou encore l’Ademe (Dupont and Chery, 2017) pour conforter la capacité ensemblière des futurs professionnels que nous formons. En association avec mes collègues Enseignants-Chercheurs de l’ENSGSI et du M2 IUVTT, nous avons conçu un processus complet de l’analyse des besoins à la prise de décision multicritère, multiacteur et multiéchelle, basé sur des Objets Intermédiaires de Conception. Cette méthode a été récemment publiée (Dupont et al., 2024a).
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 39 Grâce au projet européen Smagrinet, les étudiants IUVTT bénéficient d’un MOOC dédié à l’évolution des réseaux électriques10 qui s’appuie sur une trentaine de vidéos en Anglais ou en Français, couplé à un atelier « innovation, énergie et territoire » organisé pendant 5 jours au LF2L. Lors de ces ateliers, les étudiants peuvent rencontrer des experts du domaine. Ce dispositif pédagogique, original, car conçu en mode Living Lab (A. Gabriel et al., 2020), est largement diffusé au niveau européen. J’ai aussi conçu les Open Citizen Labs, ateliers de test par l’usage de concept ou produit dans le cadre de la Foire Exposition de Nancy depuis 2017. Ce dispositif permet notamment aux élèves ingénieurs et masters de l’ENSGSI de bénéficier d’un espace pour faire tester les idées ou projets au cœur du plus grand rendez-vous commercial du Grand Est (+ 100 000 personnes en 8 jours). Programmé fin mai, début juin, ce rendez-vous correspond à la fin du cycle des projets étudiants. Ces derniers peuvent éprouver avec un public très éclectique leur preuve de concept sous la forme d’un « Living Lab éphémère ». Enfin, dans le cadre du projet européen INEDIT, j’ai proposé de faire bénéficier aux étudiants du parcours IDEAS (Innovation et Design évalués par les usages - mention de Master Design) des avancées du projet. Ainsi, avec les collègues des Art et métiers / Laval Virtual center / LAMPA (Laboratoire angevin de Mécanique, Procédés et InnovAtion), nous avons coconçu et implémenté à Nancy des ateliers pédagogiques de 2021 à 2023 pour expérimenter la cocréation grâce aux technologies immersives. Les étudiants étaient invités à comparer la cocréation assistée par environnement 3D et casque de réalité virtuelle à la création traditionnelle, sans technologie « high-tech » (Dupont et al., 2023c; Fleury et al., 2022; Pallot et al., 2021). Sur cette base, de nouveaux dispositifs ont été conçus et expérimentés au LF2L. 10 https://www.smagrinet.eu/power-on/powerful-services/smart-grid-from-a-to-z-programs/
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 40 2 Activités administratives et responsabilités collectives à visée pédagogique 2.1 Responsabilités pédagogiques au sein de l’ENSGSI : Responsable parcours M2 IUVTT Intervenant régulier dans ce master depuis l’obtention de mon doctorant, je me suis vu confier, en Oct. 2018, la coresponsabilité au côté du Prof. Claudine Guidat du parcours IUVTT (Innovation Urbaine pour des Villes et Territoires en Transformation) rattaché à la Mention de master Urbanisme et Aménagement. À cette occasion j’ai collecté auprès des différents responsables d’Unités d’Enseignement (UE) les éléments pour établir le syllabus pour le master (68 pages) et assurer la cohérence de la formation. En effet, sur la trentaine d’intervenants IUVTT, environ 1/3 sont des professionnels en activité dans le secteur de l’urbanisme et des collectivités, l’autre partie rassemble des enseignants-chercheurs experts du Génie des Systèmes Industriels (management de l’innovation, des technologies et de l’ingénierie), du génie des procédés (gestion de l’eau et de l’énergie), de la géographie, de l’économie circulaire, entre autres. En moyenne, ce Master compte une vingtaine d’étudiants : élèves ingénieurs, étudiants en provenance de masters 1 (géographie, urbanisme, histoire, sociologie, économie…) ou des professionnels. En 2021-2022, j’ai réalisé le bilan de ce parcours pour l’HCERES (période 2016-2022). Au 1er semestre 2023, j’ai pris en charge la refonte de la maquette du parcours IUVTT et j’ai accepté d’assumer la pleine responsabilité de cette formation pour la nouvelle habilitation 20242028. En novembre 2024, j’ai rejoint le groupe de travail national œuvrant sur la refonte de la fiche RNCP urbanisme et aménagement. J’ai progressivement développé ou fait développer, en déléguant à des experts disciplinaires, différentes UE (902-907-908) voir Figure 3, sur la base de mes travaux de recherche, des compétences attendues selon la fiche RNCP (version 2022) et de mes échanges réguliers avec le monde socio-économique ou avec d’autres collègues. Ensemble nous avons ajusté le contenu des autres UE. Les étudiants bénéficient ainsi des connaissances (et questionnements) les plus récentes dans ces domaines en constant développement grâce à mon réseau de chercheurs et d’intervenants extérieurs. Je peux citer par exemple : l’apport des projets européens, l’implication de décideurs politiques ou techniques, l’intervention du Responsable ministériel aux normes (Service de la recherche et de l'innovation, Commissariat Général au Développement Durable), les ateliers / projets avec des groupes industriels agissant sur les territoires (Enedis, EDF, NaTran11, Véolia12, etc.) La Figure 3 présente la structure générale de la formation selon les trois axes retenus. 11 ex-GRT Gaz : Gestionnaires de réseau de transport Gaz (ex-GRT Gaz), filiale d’Engie 12 Veolia, multinationale française qui commercialise des services de gestion du cycle de l'eau, gestion et valorisation des déchets et gestion de l’énergie à une clientèle composée de collectivités locales et d'entreprises (source wikipedia).
1ere partie - Synthèse des Activités d’Enseignement [email protected] 41 Figure 3 : Maquette 2024-2028 du master IUVTT (source : Syllabus IUVTT) Depuis 2019, convaincu de l’importance de la diversité et bien au fait des nouvelles aspirations des étudiants, j’ai poussé au développement de l’apprentissage pour ce parcours en organisant le rythme pédagogique pour concilier formation initiale, continue et apprentissage. J’ai ainsi obtenu le 1er contrat avec une collectivité territoriale pour une de nos étudiantes en 2021-2022. En 2024, plus d’un tiers de la promotion profite de ce dispositif, les 7 étudiants sont salariés alternants dans des entreprises ou dans le secteur public. Je suis régulièrement tuteur pédagogique de stages étudiant ou d’alternants de ce Master Urbanisme et Aménagement dont certains travaux ont été publiés (Kasmi et al., 2024c; Schwob et al., 2022). Sur des thématiques similaires au M2 IUVTT, j’ai également dispensé des enseignements au sein du DU EDUTER (économie et aménagement durable des territoires) de 2010-2016. Engagement : Environ 75 heq.TD / an depuis 2018 + suivis pédagogiques de stages et d’apprentissage + charge administrative et promotion de l’alternance aux partenaires socio-économiques.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 48 Par la suite, au niveau européen, grâce aux interactions avec les communautés scientifiques de l’ERPI, c’est tout naturellement que j’ai fait le lien avec le mode Living Lab qui fait converger open-innovation et user-driven innovation. Au regard, de la spécificité de mon domaine d’application j’ai adapté le concept et j’ai exploré plus spécifiquement la dimension urban Living Lab par le prisme de la smart city. Finalement, cette nouvelle étape m’a conduit à faire évoluer mes travaux vers un niveau de complexité supérieur au précédent, en considérant le cadre de la quadruple hélice comme modèle à considérer pour résoudre les défis du Génie des Systèmes Industriels et du Génie Urbain. Cette décision stratégique partagée au sein de l’ERPI m’a conduit à expérimenter concrètement la mise en œuvre d’un Living Lab ancré localement au service du territoire, porté par une université : dans un premier temps l’INPL (de 2009 à fin 2011), puis l’Université de Lorraine (depuis 2012). Cette évolution organisationnelle a amplifié la complexité du processus de coconception et de co-implémentation d’un tel projet de recherche interdisciplinaire, tout en accélérant son ancrage scientifique et pédagogique pour clarifier le positionnement en interne de notre établissement. En effet, si nos travaux présentaient une certaine maturité du point de vue de la triple hélice, encourageant par exemple les universitaires à proposer des prestations à destination des entreprises (logique Business to Business - BtoB) et aux collectivités (logique Business to Government - BtoG), nous avons décidé de poursuivre les travaux de recherche pour répondre aux interrogations restées sans réponses à l’échelle de la triple hélice et que la quadruple hélice de l’innovation révélait : l’introduction des usagers – citoyens dans la « fabrique » de l’innovation urbaine ou industrielle. Par ailleurs, dès cette époque, les applications de mes principaux travaux et projets ont porté sur les questions environnementales qui se posaient aux territoires. 1.2 Enjeux environnementaux, aménagement et ingénierie des territoires : positionnement des travaux dans le contexte national et européen La prise en compte des enjeux environnementaux, notamment dans le cadre de l’aménagement et de la gestion des territoires est répandue depuis de nombreuses années que ce soit au niveau d’instances internationales comme les ODD des Nations Unies (en particulier le n°11 – villes et communautés durables) ; au niveau européen avec les cinq « missions »15 de l’Union européenne pour fixer de grands objectifs à atteindre d’ici 20230 et qui cadrent le programme Horizon Europe ou encore le programme URBACT16 ; au niveau national avec les nombreuses initiatives qui ont été mises en place également, comme par exemple, le programme ANR Ville 15 https://research-and-innovation.ec.europa.eu/funding/funding-opportunities/funding-programmes-and-opencalls/horizon-europe/eu-missions-horizon-europe_en 16 https://urbact.eu/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 49 durable17 dans lequel j’ai été impliqué dès l’obtention de mon doctorat. On peut également souligner les engagements de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) créée en 1991 ou encore le service interministériel français Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA) et sa Plate-forme d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU)18. Notons que le développement durable a longtemps été réduit au croisement des enjeux environnementaux, économiques et sociétaux. La pratique et la recherche ont démontré la nécessité d’intégrer une dimension historique et de mettre en place d’une gouvernance capable de prendre en compte, comprendre et mobiliser l’ensemble des parties (Besong and Holland, 2015; CUGN, 2011; Dupont et al., 2015c; James, 2015). Un dialogue doit pouvoir être instauré entre les différents acteurs à travers l’espace et à travers le temps, dès la conception d’un projet nouveau, pour mettre en œuvre des réponses qui tiennent compte du passé et qui soient en même temps pérennes en satisfaisant aux objectifs du développement durable. Comme je l’ai abordé en introduction de ce mémoire, le monde urbain est depuis des années le lieu d’incarnation de l’injonction à la transformation (technologique, économique, environnementale, sociétale). À la fin des années 2010, j’avais déjà fait le constat que les acteurs responsables d’administrer le territoire et même les agents économiques étaient de plus en plus confrontés à des phénomènes nouveaux, parfois extrêmes et dans tous les cas déstabilisants. L’urbanisme, l’aménagement du territoire et les ingénieries associées pouvaient être enrichis pour aborder, accompagner ou simplement s’adapter au mieux à des défis difficilement prévisibles. Ainsi, la ville et les territoires ont été confortés comme objet de recherche pertinent pour le Génie des Systèmes Industriels. Par la complexité qu’elle porte en elle, parce qu’elle cristallise une partie de nos problèmes (surconsommation, pollution, santé publique, inégalité sociale, etc.) et en même temps parce qu’elle possède les germes de son dépassement et de sa réinvention (économie de la connaissance, expérimentation, diversité des populations et des talents, etc.), se questionner et travailler sur la ville s’est affirmé comme une opportunité de s’engager collectivement dans des chantiers qui nous concernaient tous et dont l’impact touchait aussi bien les Humains que nos écosystèmes naturels. 17 Devenu Ville et Bâtiment Durable, auquel a succédé le PEPR Ville Durable : https://anr.fr/fr/france-2030/programmes-etequipements-prioritaires-de-recherche-pepr/pepr-ville-durable/ 18 https://popsu.archi.fr/ - Le programme est basé sur un partenariat entre le PUCA, à travers le GIP AIGP devenu GIP EPAU (Europe des Projets Architecturaux et Urbains) https://epau.archi.fr/, et les principales collectivités territoriales et autres acteurs de ces agglomérations
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 50 1.3 Une recherche-action inscrite dans le temps long en contexte interdisciplinaire Mes travaux se sont attachés à monter les mécanismes sous-jacents à la conception, l’expérimentation, l’évaluation, la validation et l’optimisation d’un processus qui se déploie sur un temps long (quinze ans) : l’ingénierie écosystémique. Aussi dans cette partie je cherche à : - Analyser l’émergence, la diffusion et les premiers apports du transfert des recherches en innovation tel qu’elles sont abordées par le Génie des Systèmes Industriels aux questions territoriales - Conduire des expérimentations en m’appuyant sur la coconception en mode Living Lab de lab-démonstrateurs scientifiques, industriels et territoriaux, pour valider ou ajuster mes différentes propositions autour des triple et quadruple hélices de l’innovation - Réaliser une étude longitudinale portant sur quinze années de travaux et croisant de multiples cas d’étude conçus et expérimentés selon une méthode proposée par (Yin, 2018) ainsi qu’un état de la littérature portant sur les initiatives engagées pour la quadruple hélice de l’innovation - Poser les bases d’une modélisation pour aider la communauté scientifique à mieux saisir les différents modes de collaboration moteurs potentiels de l’ingénierie écosystémique, - Identifier les limites qui persistent pour déployer cette ingénierie écosystémique dans le cadre des exigences nouvelles souhaitées pour l’innovation et nos territoires, le tout réuni dans la quintuple hélice. La recherche-action (RA) est donc au cœur de ma pratique. Elle se distingue d’autres formes de recherche par l’engagement qu’elle requière de la part du chercheur, mais aussi des autres acteurs (Bradbury, 2015). Le choix de cette méthode peut dénoter pour les sciences de la conception, mais en mobilisant une ingénierie de la conception pour intervenir sur des systèmes complexes comme la ville et le territoire, la recherche-action s’avère être un des moyens les plus directs pour collecter des informations immédiatement issues de la diversité des acteurs. Par ailleurs, ceux-ci codéfinissent le problème à résoudre. Les acteurs du système sont porteurs de la connaissance pour saisir au mieux la problématique et identifier les voies de résolution, ainsi ils sont invités à coconcevoir la recherche et à la co-implémenter (Bradbury, 2015). Dans notre contexte interdisciplinaire, la recherche-action permet aussi de mieux saisir les relations entre le monde industriel, les filières économiques et les territoires lorsque nous intervenons sur des problématiques qui mobilisent ces différents univers. Je reprends ici le tableau de synthèse (en anglais) du SAGE Handbook on Action Research (Bradbury, 2015) qui fait toujours référence (Tableau 1, page suivante). Ce tableau permet de comprendre la différence avec les autres pratiques habituelles de la recherche, que je mobilise également, en parallèle de la RA, dans les différents projets qui constituent l’ensemble de mon parcours de chercheur. En effet, je m’appuie sur une multitude de cas d’étude mobilisant les sciences de la conception (collaborative).
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 51 Tableau 1 : Comparaison de la recherche-action aux autres pratiques (Bradbury, 2015) En complément de la RA, je m’appuie également sur la méthode proposée par (Yin, 2018). Son approche est pertinente pour analyser en profondeur, de manière rigoureuse et contextualisée, des phénomènes complexes à travers plusieurs cas, avec une logique de réplication analytique plutôt que statistique. Cette méthode aide à comprendre les processus ou des innovations « en train de se faire », à tirer des enseignements de situations réelles, à comparer les trajectoires, et
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 52 à enrichir les capacités de conception et d’action dans des contextes complexes. En l’occurrence, les différents cas sur lesquels je m’appuie sont présentés de façon exhaustive dans mes différents articles ou rapports scientifiques dont les listes sont accessibles en dans les annexes 4.1.1, 4.2.1 et 4.2.4. Lorsque cela sera nécessaire, je ferai des rappels succincts des enseignements issus des cas que je mobiliserai. Les différents cas que j’ai étudiés m’ont progressivement permis d’explorer les hélices de l’innovation telles qu’elles sont formalisées par Carayannis et al. (Carayannis et al., 2012; Carayannis and Rakhmatullin, 2014). Mon ancrage initial de recherche part des limites et questions constatées au niveau de la triple hélice (2006 à 2009) présentées dans la section 2 de cette partie, puis je développe mes travaux réalisés dans le cadre de la quadruple hélice (2010 à 2024), pour en révéler les limites que nous envisagerons de dépasser par la quintuple hélice de l’innovation (partie 3 : mon projet). La Figure 6 donne le détail de la structure de la deuxième partie. Figure 6 : Structuration des sections de la partie 2 de ce mémoire (ma recherche)
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 53 2 Du Génie des Systèmes Industriels au génie urbain : conception collaborative pour la 3HI 2.1 Transfert technologique de la conception collaborative du monde industriel au monde urbain par la recherche-action L’ambition de questionner et enrichir le Génie des Systèmes Industriels en passant d’une application aux systèmes complexes du marché et des entreprises aux systèmes complexes des territoires et des institutions publiques trouve son origine dans mes travaux de DEA consacrés à l’épistémologie des sciences en Génie des Systèmes Industriels (Dupont, 2004). L’enquête que j’ai menée à l’époque auprès d’enseignants-chercheurs en Génie des Systèmes Industriels montrait qu’au début des années 2000 les territoires semblaient vivre des mutations similaires à celles des entreprises vingt ans plus tôt. Le Génie des Systèmes Industriels avait su apporter des réponses nécessaires aux entreprises et industries. Il s’est de plus progressivement imposé comme un domaine académique reconnu tant par les universitaires que le monde industriel. Sur ce constat, j’ai décidé d’explorer en quoi un chercheur en GSI peut contribuer à la conception des villes et des territoires avec l’enjeu de la durabilité dans l’aménagement urbain comme leitmotiv. En 2005-2006, la question était particulièrement éloignée des préoccupations des industriels. J’ai convaincu l’Agence de Développement et d’Urbanisme de l’Aire Urbaine Nancéienne (ADUAN)19 de m’engager comme ingénieur de recherche pour monter une thèse Cifre20 financée par le Centre Nationale de la Fonction Publique territoriale (CNFPT). J’ai aussi convaincu les professeurs Claudine Guidat (ERPI) et Rémi Lefevbre (CERAPS)21 de m’encadrer, chacun m’apportant un éclairage décisif, respectivement les sciences pour l’ingénieur, en particulier le GSI, et les sciences politiques compte tenu de l’objet d’étude. Ensemble nous avons proposé un transfert du GSI vers le Génie des Systèmes Urbains autour de l’ingénierie collaborative intégrant les usagers dans la conception de projets urbains, c.-à-d. des systèmes complexes non industriels conditionnés par des processus impliquant des collectivités, des entreprises, des citoyens dans lequel les relations sont asymétriques (Dupont, 2009). Mon projet de thèse a été accueilli par l’ERPI et il s’est attaché à répondre aux deux questions de recherche (QR) suivantes : 1er QR : Quelles technologies, issues du Génie des Systèmes Industriels, peuvent contribuer à favoriser l’émergence, la définition, l’ajustement, l’appropriation et l’enrichissement par l’usage de projets urbains ? 2d QR : Quel environnement facilitant le travail collaboratif peut contribuer à favoriser l’émergence, la définition, l’ajustement, l’appropriation et l’enrichissement par l’usage de projets urbains ? 19 Devenue en 2015 l’Agence Scalen 20 Thèse Cifre en agence d’urbanisme et développement économique, co-dirigé par les Prof. C. Guidat (science pour l’ingénieur) et R. Lefebvre (science politique) 21 Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 54 Cette première étape dans mes travaux de recherche s’est déroulée entre 2006 et fin 2009. Ma thèse Cifre a été l’occasion de m’initier à la recherche-action. Cette posture a été facilitée par la nature même de mon statut de doctorant impliqué dans une agence d’urbanisme au cœur du terrain de recherche que je devais à la fois observer, mais surtout transformer. Lors de cette recherche, j’ai pu endosser différents rôles, tour à tour concepteur de dispositifs participatifs pour engager les citoyens dans la conception de projets urbains ; chercheur s’appuyant sur la littérature scientifique ou collecteur de données ; citoyen impliqué activement dans certains outils de la démocratie participative. Ainsi, j’ai accompagné l’agence d’urbanisme, des élus et des techniciens de la ville de Nancy et de la Métropole du Grand Nancy (ex – Communauté Urbaine du Grand Nancy). J’ai collaboré avec différentes communautés scientifiques et j’ai pu expérimenter les trois facettes des dispositifs participatifs : concepteur/animateur, observateur, participant. 2.2 Résultats de ma thèse Les apports directs de ma thèse se traduisent par quatre résultats principaux qui répondent aux deux questions de recherche : 1) L’adaptation du modèle Conception Collaborative Distribuée issu des mondes industriel et architectural pour générer / soutenir les écosystèmes (locaux) d’innovation en l’occurrence la phase amont de projets urbains par une approche centrée sur les usages et associant les usagers (Dupont, 2009; Dupont et al., 2012a). Figure 7 : Modèle d’écosystème généré par le processus de conception collaborative distribuée (Dupont, 2009) 2) L’exploration du concept émergeant de Living Lab (Folstad, 2008a; Ståhlbröst, 2008) et son adaptation, dès 2008, aux territoires. Ceci a permis d’explorer une piste originale pour donner une place aux usagers dans les processus de conception des projets urbains et outiller la démocratie participative. L’ambition était de doter l’aménagement urbain d’une approche de conception innovante pilotée par les usages pour un urbanisme
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 55 durable. À la même époque, l’ERPI s’est saisi de ce concept nouveau comme l’indique son projet quadriennal (ERPI, 2012) et mes travaux se sont naturellement inscrits dans cette stratégie (Dupont et al., 2012b), voir également la Figure 9, p.58. 3) Une connaissance affinée des méthodologies favorisant la collaboration au plus tôt des acteurs dans la conception des projets urbains. La conception collaborative distribuée implique de dépasser les quatre barrières au collaboratif (géographique, temporelle, conceptuelle, technologique) ou d’en accepter certaines limites pour aider au mieux les décideurs politiques et techniques dans la compréhension partagée des besoins des acteurs et dans l’émergence d’une conception multicritère collective (Dupont, 2009; Dupont et al., 2012a). 4) La mise en place d’un environnement dédié peut favoriser la conception collaborative distribuée et plus globalement soutenir des protocoles par participation. Nous avons formalisé la conceptualisation d’un tel dispositif à travers l’Espace EMA (Environnement et Méthodologie d’Accélération) (Dupont, 2009). Au moment de la thèse, j’ai identifié 10 facteurs pour un écosystème collaboratif distribué (à l’échelle du projet urbain) (Figure 8). Figure 8 : Les 10 facteurs pour un écosystème collaboratif distribué (à l’échelle du projet urbain) (Dupont, 2009) Cependant, nous devons assumer qu’à l’issue du travail de doctorat, ces 10 facteurs étaient surtout des intuitions issues de 3 ans de recherche-action sur un terrain local et d’études de cas très spécifiques. Ils n’étaient pas suffisamment caractérisés et n’étaient pas structurés en une réelle ingénierie de la conception d’écosystème collaboratif distribué. L’espace EMA restait donc un modèle théorique. Pour valider, ou non, cette proposition conceptuelle, avec ma directrice de thèse, nous avons décidé d’implémenter le modèle pour l’expérimenter. J’ai dès lors apporté mon expertise scientifique à la conception et l’aménagement d’une première plate-forme de recherche : le NIT InoCité, sur lequel je reviens p.78 et p.144.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 56 Je dois préciser que la naïveté du doctorant m’a amenée à penser que cette dernière expérimentation en lien direct avec ma thèse ne me mobiliserait que 12 ou 18 mois, le temps de conduire l’expérience, de collecter les données puis de valoriser ces nouveaux éléments. Ça n’était en fait que le début d’une démarche scientifique que je continue à explorer. 2.3 Conception d’une ingénierie collaborative dans un 1er niveau de complexité, celui de la triple hélice : la collaboration état – collectivité et collectivité – citoyens Ma thèse est de plus une illustration de la capacité des territoires et de l’État à innover. Sa mise en place au sein d’une agence d’urbanisme, dont les ressources dépendent des collectivités locales, peut être perçue comme une adaptation de la triple hélice de l’innovation (3HI) de l’innovation sur trois niveaux si on considère le temps long. Premièrement, dans le triptyque Université / Gouvernement (État) / Entreprise de la 3HI, une agence (statut association loi 1901) portée par des acteurs politiques locaux pour des missions d’aménagement urbain et de développement économique se substitue à une entreprise industrielle. Deuxièmement, l’État se sert de son propre dispositif dont les financements sont initialement destinés au secteur privé, pour encourager l’émergence d’une culture Recherche-Innovation-Développement au sein des collectivités locales22 à l’image de l’évolution constatée dans les entreprises dans les années 1990 (Le Masson and Mcmahon, 2016). Enfin, la nature même de la recherche menée à Nancy pour renforcer la place des usagers dans la conception des projets urbains, permet, consciemment ou non, d’encourager les entreprises (qui interviennent sur le secteur public) à donner une nouvelle place aux usagers et citoyens dans leur propre processus de conception et d’innovation. À ce titre la thèse Cifre a fait la démonstration de l’apport des citoyens / usagers dans les processus locaux de conception collaborative distribués, engageant de fait les acteurs dans la quadruple hélix de l’innovation. 2.4 Conclusions du transfert du GSI, au génie des systèmes urbains et perspectives 2.4.1 Apports de ma thèse pour les communautés scientifiques En transposant en 2009 le modèle de conception collaborative distribuée du milieu industriel vers les pratiques urbaines, ma thèse a ouvert des perspectives nouvelles sur les plans conceptuel, méthodologique et organisationnel. 22 Ma thèse a fait partie de la première cohorte du dispositif Cifre mis en œuvre dans une institution publique, à finalité non industrielle allongeant le temps d’instruction de 2 à 6 mois.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 57 - Conceptuel, car il s’agit d’enrichir l’urbanisme, par nature pluridisciplinaire, d’une nouvelle discipline : le Génie des Systèmes Industriels, en particulier l’ingénierie de l’innovation et l’ingénierie de la conception innovante - Méthodologiques, car il s’agit d’adjoindre à la sociologie et aux sciences politiques, en particulier celles consacrées à la démocratie participative, des outils et des méthodes d’analyse issus de l’ingénierie, en particulier pour les phases amonts floues des projets en cours de conceptualisation et de conception. - Organisationnel, car la mise en place d’un espace collaboratif dédié vient transformer les pratiques et les modalités d’action jusqu’à présent établies. Ces trois plans doivent être articulés pour aider les acteurs concernés par une problématique urbaine puis un projet à dépasser les barrières spatiale, conceptuelle, technologique et temporelle qui peuvent limiter la capacité à collaborer des acteurs et des organisations. 2.4.2 Apports de ma thèse pour l’ERPI Ma thèse a amorcé deux évolutions majeures au sein des travaux du laboratoire ERPI. La première se traduit par l’apparition d’une lignée de recherche interdisciplinaire appliquée aux territoires23, plus particulièrement l’apport, en phase amont des projets urbains, de l’innovation pilotée par les usagers et l’application du concept Living Lab (novateur en 2008) aux problématiques urbaines dans un premier temps puis plus globalement territoriales, avec l’engagement sur les questions forestières depuis 2017. En effet, en 2017 l’ERPI s’est impliqué dans l’AMI Territoires d’Innovation pour développer ce projet de territoire en mode Living Lab (Guidat et al., 2018a, 2018b). Ces travaux, auxquels j’ai apporté mon expertise, ont contribué au développement d’une alliance stratégique entre la direction du laboratoire ERPI et celle de l’INRAE Grand Est. La seconde évolution porte sur l’accélération de la transformation des modalités de réalisation des recherches sur l’innovation. L’espace EMA conçu pour les territoires révèle aussi le besoin de l’ERPI d’accéder à une infrastructure de recherche nouvelle outillée pour assurer une science de haut niveau sur les questions d’innovation, mais également accessible au plus grand nombre, à commencer par les étudiants (pour une pédagogie innovante), les confrères universitaires (pour croiser nos savoirs et nos disciplines de manière interdisciplinaire), les partenaires industriels ou institutionnels pour donner à voir des processus immatériels d’innovation (en particulier lorsqu’elle est à visée sociale et environnementale), et enfin les citoyens (pour les rapprocher des acteurs de la triple hélice). Concrètement la thèse Cifre a permis de conceptualiser l’Espace EMA (Environnement et Méthodologie d’Accélération) comme premier modèle à expérimenter. 23 Plusieurs thèses dirigées par Claudine Guidat, Laure Morel ou Mauricio Camargo et co-dirigées ou alimentées des collègues de différentes disciplines (Science politique, Sociologie, Géographie, Santé publique, Sport, Science de l’éducation, etc.) et auxquelles j’ai été associé à différent degrés (impulsion, co-encadrement, co-direction). Montage par Claudine Guidat et moi-même de la 1ère Chaire collaborative de l’UL, la Chaire REVES, avec le soutien de l’ERPI et de l’ENSGSI.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 64 Figure 11: Chronologie de l'apparition dans la littérature entre 1970 et 2010 des méthodes de conception et de la prise en compte des utilisateurs (Dupont et al., 2015a) adaptée de (Skiba, 2014a). Le concept Living Lab vise à créer les conditions de l’innovation par l’usage, voire l’innovation pilotée par les usagers. Ces derniers sont porteurs d’innovation (Von Hippel, 2005, 1986), il s’agit donc de leur donner une place nouvelle et au plus tôt dans les processus de conception de l’innovation pour bénéficier, en phase amont, de leurs regards et de leurs expertises, en expérimentant et analysant par exemple des technologies matures ou en train d’être conçues en conditions réelles d’usage. En ce sens, le Living Lab fut initialement perçu comme une réponse aux limites des bancs d’essai et autres tests en environnement fermé (en laboratoire par exemple) (Ballon et al., 2005). Le concept Living Lab va dès lors plus loin que l’innovation ouverte (Chesbrough, 2006), il amplifie l’ouverture du secteur privé en proposant des collaborations nouvelles qui complètent les partenariats avec des chercheurs ou des fournisseurs ou des entreprises clientes. Pour (Arnkil et al., 2010) et (Schuurman, 2015), l’innovation par l’usage illustre le passage de la triple hélice de l’innovation à la quadruple hélice de l’innovation, même si pour d’autres auteurs cette dernière associe plus largement des communautés ouvertes et créatives, au-delà des stricts usagers (Carayannis and Rakhmatullin, 2014). Depuis les années 2010, de nombreux travaux proposent de définir et qualifier le concept de Living Lab sur la base d’une multitude de cas d’application (secteur industriel, secteur agricole, territoires, etc.) et d’expériences locales, régionales, nationales ou européennes proposant un enrichissement, voire une réelle adaptation du concept initialement décrit par (Folstad, 2008b; Markopoulos and Rauterberg, 2000; Mitchell, 2010; Ståhlbröst, 2008). En 20 ans, le nombre de Living Labs revendiqués par ENoLL (European Network of Living Labs) ou des initiatives sans label, la prolifération de publications scientifiques dans de très nombreux domaines, et l’exigence de mobiliser cette approche pour répondre à des appels à projets européens ou du gouvernement français, donne une certaine mesure du succès de ce concept et de son appropriation « protéiforme » tant par les praticiens que par les chercheurs ou encore les décideurs publics (Burbridge, 2017; Hossain et al., 2019; Mikela and Lukac, 2011; Tercanli and Jongbloed, 2022). Le concept Living Lab s’est à présent largement émancipé de la simple application aux technologies de l’information et de la communication (Folstad, 2008b; Ståhlbröst, 2008). Le Living Lab est un outil de la quadruple hélice de l’innovation (Nguyen
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 65 and Marques, 2022; Santonen et al., 2017). Je peux donc affirmer que mes travaux de doctorat, centrés sur la place du citoyen dans la conception des projets urbains, ont su saisir, transférer et conceptualiser dans le champ de l’urbanisme, un phénomène nouveau : la conception et l’innovation collaboratives pilotées par les usagers, voire les citoyens. Mes recherches ont contribué, à leur mesure, à l’évolution des modes de production de l’innovation en considérant a minima la dimension sociotechnique des projets. En effet, dès mes premiers travaux j’ai intégré dans ma pratique, la vision théorique de (Carayannis and Campbell, 2012) qui explique que la connaissance est distribuée dans la société civile. Les auteurs parlent du « mode 3 » de système de production de la connaissance, en référence au « mode 1 » qui décrit le type de production académique traditionnelle et au « mode 2 » de type « open innovation » qui caractérise la production de connaissance issue de la collaboration entre les entreprises et le monde académique (Gibbons et al., 1994; Nowotny et al., 2003). Le mode 3 induit dès lors une transformation des pratiques de la recherche scientifique, celle-ci doit aussi se faire avec les citoyens. La connaissance nouvelle peut même provenir directement des citoyens. Enfin, mes recherches sont alignées avec certaines évolutions de la production des politiques publiques, au moins au sein de l’Union européenne. Ce dynamisme, issu de différentes communautés scientifiques ou communautés de pratiques, continue à alimenter en retour mes travaux. 3.1.3 Vers une approche écosystémique de l’innovation et des territoires ? Si la notion de Living Lab est à présent largement employée pour des domaines très différents y compris pour les sciences du vivant (Bhatta et al., 2024). W.J. Mitchell a initialement popularisé le concept en l’associant au déploiement des technologies de l’information et des communications pour rendre les bâtiments communicants et interactifs au service des usagers pour une meilleure adaptation des lieux à ses occupants (Mitchell, 2010). S’il a su faire passer son modèle théorique pensé autour de l’architecture à des projets industriels innovants dans le secteur des technologies de l’information et des communications, la fraîcheur du concept Living Lab laissait en suspens un certain nombre de questionnements sur le sens donné à l’innovation. Nos premiers travaux sur l’ingénierie de la conception appliquée au territoire nous ont rapidement confrontés au sens que nous voulions donner aux projets d’innovation. Le livre blanc25 du Lorraine Smart Cities Living Lab (Guidat et al., 2011) précise le positionnement initial de notre démarche Living Lab en partant des enjeux classiquement assignés à l’innovation, que nous avons synthétisés sous forme de trois niveaux successifs : 1. Le niveau « Technocentré » qui se focalise sur le développement économique. Il s’agit d’identifier un nouveau marché et/ou une nouvelle opportunité de service pour une invention technologique. Ce niveau se base sur une approche technico-économique 25 Soutien 2010-2011 de la Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) Lorraine et de la Région Lorraine sur la base d’un financement européen (FEDER).
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 66 de la société, et correspond par ailleurs aux résultats classiquement attendus par la triple hélice de l’innovation. 2. Le niveau « Anthropocentré » qui recherche un développement qualitatif, vivable et durable pour l’Homme. Dans ce cas, la conception, le développement et le déploiement d’une invention (technologique ou sociale) se font en réponse à un besoin nouveau. Ce deuxième niveau s’inspire de l’approche systémique et place l’Homme au centre de toute décision. C’est la dynamique que nous pouvons observer dans la triple ou la quadruple hélice de l’innovation. C’est-à-dire avec ou sans l’engagement des usagers consommateurs. L’innovation est plus vertueuse dans le sens où elle considère les impacts des développements technico-économiques sur l’Humain. La mesure de l’impact sur l’environnement reste un relatif impensé à ce niveau, même si le projet peut s’inscrire dans une ambition de durabilité. 3. Si la prise en compte des utilisateurs consommateurs présente un véritable élargissement dans la conduite de projet innovant, cette ouverture ne nous est pas apparue comme suffisante du point de vue des territoires. Sur ce constat, nous cherchons à pousser l’approche systémique en intégrant opérationnellement la prise en compte de l’écosystème naturel en plus des Humains. Nous parlons alors d’approche écosystémique pour proposer un développement soutenable pour les Humains et leur écosystème naturel face aux grands enjeux : la raréfaction des ressources naturelles, le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité… Nous retrouvons ici une ambition similaire à la Quintuple Hélice de l’Innovation. La création du Lorraine Smart Cities Living Lab (LSCLL) en 2008-2009, auquel j’ai contribué, a permis d’asseoir mes travaux et a constitué une première étape de construction du cadre méthodologique d’une ingénierie écosystémique. Mon objectif a dès lors été de concevoir et expérimenter des concepts, des outils, des méthodes et des espaces pour agir à terme dans le cadre d’une approche écosystémique plaçant les humains et leur écosystème naturel au cœur du projet d’innovation. La Figure 12 ci-après, adaptée du livre blanc du LSCLL (Guidat et al., 2011) présente les trois niveaux que nous distinguons dans les enjeux assignables à l’innovation en fonction de l’importance accordée aux écosystèmes. Ces trois niveaux présentent un degré de complexité croissant ainsi qu’un élargissement de l’écosystème pris en compte. Ils répondent à des problématiques d’ordre différent et s’alimentent mutuellement.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 67 Figure 12 : L’impulsion du LSCLL : concevoir un Living Lab capable de questionner l’innovation au service des territoires (adapté de Guidat et al. 2011) Dès 2010, le Living Lab est présenté comme une « posture collective pour appréhender de manière globale un "écosystème" [territorial d’innovation]26, forcément complexe, et de maîtriser l’introduction, par la Recherche, l’Innovation et le Développement (R.I.D.), des modifications nécessaires pour augmenter sa compétitivité économique, par la prise en compte principalement des usages, mais également des valeurs et aspirations des citoyens » (Guidat et al., 2011). Dans ce même document, nous affirmons qu’il ne s’agit plus seulement de raisonner en termes d’écosystème favorable à l’innovation (écosystème d’innovation), mais bien d’engager un processus d’émergence d’innovations favorables à l’écosystème humain et naturel (écosystème d’innovation au service de l’Écosystème naturel). Compte tenu de l’interdépendance entre les trois niveaux, de l’expertise de l’ERPI sur les enjeux technico-économiques comme l’indique le rapport de l’époque pour l’AERES (ERPI, 2012) et de l’émergence des recherches sur la quadruple hélice de l’innovation (Carayannis and Campbell, 2012), j’ai décidé de poursuivre mes travaux et d’apporter une nouvelle contribution aux recherches en Génie des Systèmes Industriels. 3.1.4 Un monde commun partagé, le cœur de l’innovation collaborative Nos cas d’application initiaux se sont concentrés à l’échelle du projet urbain (de la rue à la métropole urbaine) avec l’ambition d’intégrer les usagers au plus tôt en développant une ingénierie de la « conceptualisation par l’usage », soutenue par des environnements collaboratifs (physiques ou virtuels). Ces travaux fondateurs ont guidé une pratique cherchant, à partir du mode projet Living Lab, à favoriser les échanges entre des acteurs aux points de vue 26 Il me semble utile d’apporter cette précision pour comprendre le sens d’écosystème employé dans ce livre blanc de (Guidat et al., 2011).
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 68 différents et leur donner l’opportunité de « construire » un monde commun partagé et nouveau souvent propice à l’émergence de l’innovation, comme le suggère l’adaptation de la fenêtre de Johari (Luft and Ingham, 1955) par (Antoniac et al., 2006). Les auteurs ont montré que l’émergence de nouveaux concepts peut arriver lorsque deux acteurs explorent mutuellement la zone de connaissance de l’autre et qu’ensemble ils explorent leur zone de non-connaissance mutuelle, c’est-à-dire la zone dans laquelle l’ensemble des acteurs va acquérir une connaissance nouvelle. La théorie C-K (Hatchuel and Weil, 2009, 2003) permet d’aborder de façon encore plus formelle la logique des processus génératifs pour favoriser une conception innovante. De manière analogue, notre démarche consiste à faire « faire système », c’est-à-dire à faire adopter aux acteurs un raisonnement dans lequel les éléments sont reliés entre eux et constituent un écosystème où les parties sont interdépendantes par la connaissance partagée qu’elles vont acquérir ou créer. Nous avons progressivement changé d’échelle, multiplié les cas d’application liés à la smart city et abordé des situations expérimentales dans des environnements de plus en plus complexes reliant le management des technologies, de l’ingénierie, de l’innovation et des territoires. Pour que le raisonnement des acteurs fasse système, il semble alors nécessaire que la connaissance soit non seulement transmise et partagée entre les thématiques sans quoi la smart city est morcelée et inopérante, mais cette connaissance doit aussi être transmise et partagée entre les échelles du territoire pour générer une compréhension systémique commune à l’ensemble des acteurs. C’est ce que nous avons par exemple expérimenté avec la dimension énergétique globale de l’écoquartier Nancy Grand Cœur, la coconception d’un quartier démonstrateur doit être pensée en même temps à l’échelle de l’appartement, du bâtiment, de l’ilot et de l’(éco)quartier (Dupont et al., 2014a). Cet ensemble étant lui-même à considérer dans un réseau urbain de fluide et d’énergie, dans une politique nationale de l’énergie dépendante de conditions géopolitiques internationales (Alex Gabriel et al., 2020). L’échelle de la ville sous l’angle de la smart city semble donc prometteuse pour proposer une réflexion enrichie du Génie des Systèmes Industriels. Tout en veillant à rendre accessible cette connaissance nouvelle pour ne pas créer un nouveau jargon dont l’appropriation peut questionner, comme Jonathan Desdemoustier a pu le montrer en étudiant le phénomène smart city en Belgique par exemple (Desdemoustier et al., 2019). Notre passage du génie urbain à la smart city s’est dès lors traduit par un formalisme issu du Génie des Systèmes Industriels : les objets intermédiaires de conception (OIC) (Boujut and Blanco, 2003; Vinck, 2011) qui peuvent aussi avoir d’autres dénominations selon les disciplines, mais qui agissent comme traducteurs ou médiateurs dans un système de réseaux d’acteurs (Moultrie, 2015). Les OIC permettent de matérialiser, de communiquer, d’enrichir et de diffuser les connaissances dans l’écosystème d’innovation. Il n’y a pas d’OIC unique et universel, ils sont multiples et doivent être adaptés à la séquence du processus d’innovation que ce soit pour la conception de la ville (Paskaleva et al., 2015) ou encore l’exploration scientifique (Moultrie, 2015). La (co)production des OIC par les acteurs éclaire les différentes représentations des acteurs. Ils permettent de situer la pensée, la parole, l’action. Ils peuvent indiquer aux partenaires engagés autour d’un même OIC, où chacun se trouve dans le processus de conception et où chacun souhaiterait se rendre. L’enjeu de ces dispositifs qui doivent être coconstruits est d’assurer une médiation et une capacitation collective entre des acteurs pouvant être distribués spatialement et temporellement. Pour formaliser ce point fondamental, nous
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 69 pourrions dès lors parler d’OICCCCC… Objets Intermédiaires de Conception, de Contextualisation, de Communication, de Capacitation Collective, etc. Pour faciliter la lecture, dans la suite de ce mémoire, je garderai l’acronyme OIC. C’est avec cette ambition que nous avons décidé de poursuivre la conception et l’expérimentation d’un dispositif scientifique original pour faire émerger avec les acteurs, voire par les acteurs eux-mêmes, des solutions soutenables face aux grands défis des territoires locaux. Cet objet scientifique atypique est un Living Lab nommé Lorraine Smart Cities Living Lab dont nous allons à présent détailler les spécificités. 3.1.5 Le Lorraine Smart Cities Living Lab : un living lab territorial et universitaire ad hoc comme terrain d’expérimentation Porté par un laboratoire de l’Université de Lorraine, le LSCLL n’a pas de structure juridique propre. C’est une philosophie d’action en « mode projet » portée par une équipe d’enseignantschercheurs et dont la gouvernance est ouverte aux acteurs locaux intéressés par l’innovation par l’usage au service des citoyens et de la soutenabilité du territoire. Il est le fruit de la mutualisation des ressources des parties qui souhaitent collaborer sur une thématique, un dispositif, une question de recherche associant les usagers dans la réalisation de réponses aux défis sociétaux. Juste après l’obtention de ma thèse27, j’ai été missionné par la direction de l’ERPI pour coordonner le redépôt de la candidature du Lorraine Smart Cities Living Lab (infructueuse en 2009) qui a conduit à sa labellisation par le réseau européen des Living Labs (ENoLL) en avril 2010 lors de la 4e vague de labélisation. 28le LSCLL est, à ce jour, toujours membre actif du réseau européen. Ce premier succès collectif a permis d’ancrer le LSCLL comme un « Living Lab universitaire et territorial » d’envergure régionale (ex-Région Lorraine)29. La communauté universitaire joue un rôle prépondérant dans son développement. Ceci s’explique par la place fondamentale des acteurs académiques pour le territoire lorrain depuis de très nombreuses années (rayonnement, développement économique, entrepreneuriat). L’Université de Lorraine est le 2e employeur du territoire et selon son site « internet 1€ investi dans l’université génère 5€ dans son environnement »30. De fait, le LSCLL est un « Living Lab territorial » en Région Grand Est dont l’ambition est de mobiliser une excellence scientifique, auprès des acteurs du territoire pour la conception, la mise en œuvre et la valorisation de « lab-démonstrateurs » sur des sujets relatifs au territoire et nécessitant d’associer au plus tôt la diversité des acteurs de la quadruple hélice de l’innovation. 27 Fin 2009, j’ai rejoint la plate-forme InoCité, composante de l’ex-INPL que j’ai contribué à créer, comme postdoctorant, puis comme Ingénieur de Recherche contractuel, pour poursuivre mes travaux de recherche tout en pilotant la mise en œuvre des projets de recherche scientifique. 28 https://enoll.org/network/living-labs/?livinglab=lorraine-smart-cities-living-lab (4ème vague) 29 Le qualificatif « Lorraine » renvoie ainsi au territoire initial d’ancrage, il correspond au territoire de l’Université. 30 https://www.univ-lorraine.fr/luniversite-de-lorraine/carte-didentite/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 70 D’un autre côté, la notion de « Smart Cities » est entendue tant dans sa dimension technologique que profondément humaine : de la ville connectée à la ville rusée, pleine d’astuces pour relever les défis contemporains qui s’accumulent sur les habitants, les décideurs, les usagers professionnels comme particuliers. Ces transitions subies ou provoquées peuvent stimuler ou au contraire mettre en tension les collectivités, les entreprises et les citoyens entre eux ou en interne des organisations. Comme indiqué, la section 4.3, p.153 reviendra plus précisément sur la notion de smart city et sur la manière dont je l’ai abordée. Parmi les réponses issues de mes travaux, les lab-démonstrateurs ont permis d’appréhender collectivement les questionnements provenant des transitions, soit pour mieux comprendre les phénomènes, soit pour tester des éléments de réponse à l’échelle d’un territoire ou d’une organisation. Les lab-démonstrateurs sont des dispositifs expérimentaux qui ont émergé par la pratique, la recherche-action, pour fédérer et faire travailler dans la même direction une large diversité d’acteurs sans forcément qu’ils ne se croisent tous : enseignants-chercheurs, industriels et autres partenaires, services centraux de l’université, citoyens en quête d’engagement sur des sujets socio-économiques ou pour leur quotidien territorial, etc. Dans le cadre de mes recherches, la recherche de solutions pour satisfaire aux enjeux environnementaux et à la durabilité est un des principaux critères dans la conception de ces lab-démonstrateurs. Ils représentent des processus de création de connaissance lors de leur fabrication par les équipes responsables de les développer. Ces démonstrateurs sont aussi les résultats des processus qui vont permettre de caractériser un changement et l’appropriation de ce changement par les acteurs eux-mêmes. En ce sens, les lab-démonstrateurs visent à produire du commun (Jourdain, 2021; Ostrom, 1990), ce qui se traduit généralement par des rapports de recherche ou pédagogiques et par la production de « preuves de concept » numériques ou physiques. L’ensemble devant être accessible publiquement dans une logique de science ouverte. Des mises en situation en environnement réel et pertinent (pour les usagers finaux notamment) contribuent également à faire surgir spontanément des données d’usage et à produire une connaissance directement appropriée par les acteurs impliqués. Cette connaissance nouvelle est capitalisée et diffusée notamment dans des publications scientifiques à comité de lecture (qui constituent une certaine forme d’OIC). Les lab-démonstrateurs sont des dispositifs pluriannuels qui mobilisent un groupe de chercheurs dont tout ou partie d’entre eux est impliqué dans le terrain de recherche (observation participante, cas d’études ayant impliqué au moins un membre, rechercheaction…) Au-delà des chercheurs, ces lab-démonstrateurs doivent favoriser la capacitation des participants qui peuvent s’approprier le processus de conception de leur territoire de vie. Ils doivent être compris comme des objets intermédiaires de conception amplifiés, des OIC, de contextualisation, de communication et surtout de capacitation collective pour produite du commun stratégique, scientifique, opérationnel… Les lab-démonstrateurs sont dès lors dynamiques. Ils évoluent dans le temps et sont appropriables par les acteurs qui collaborent avec le lab et entre eux grâce au lab. Les lab-démonstrateurs emmagasinent et restituent la connaissance, ils s’adaptent et se transforment avec l’écosystème qui les ont vus naître et qu’ils (re)génèrent en retour. En ce sens les lab-démonstrateurs sont des dispositifs complexes qui nécessitent une posture de recherche adaptée comme la modélisation et la recherche-action, tout en pouvant s’appuyer sur la recherche appliquée ou la recherche conventionnelle avec une mise
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 71 à distance d’une partie de l’objet étudié (Tableau 1). En effet, les lab-démonstrateurs sont le fruit d’un travail pluridisciplinaire et interdisciplinaire. La démarche globale du LSCLL est aussi soutenue et matérialisée par la conception d’espaces collaboratifs d’innovation. Ces derniers incarnent avec les lab-démonstrateurs le mode projet Living Lab, et renforcent progressivement la structuration et l’organisation de partenariats public / privé / population (PPPP). Les concepts de Living Lab et de smart city que nous avons abordés dès leur émergence à travers des questionnements de recherche (Dupont, 2009; Guidat et al., 2011) nous ont poussés à doter l’ex-INPL31 d’une plate-forme support aux approches Living Lab pour investir les enjeux territoriaux et innover dans la ville : le NIT InoCité32. Une telle plate-forme avait pour but de rendre tangible l’espace EMA afin de valider par la pratique l’engagement dans un processus Living Lab et explorer la smart city avec un premier espace de 250 m2, installé au milieu d’une friche industrielle en rénovation (Figure 13). Figure 13 : Plusieurs vues des 250 m2 de NIT InoCité en 2010 – photos L. Dupont. Ce projet a bénéficié d’une aide de la DIRECCTE33 pour poser les bases d’un dispositif innovant à l’interface des collectivités territoriales, des entreprises, des chercheurs et des citoyens structurant un projet d’engagement du monde académique au service des territoires. Fin 2013, mes travaux ont conduit à fusionner InoCité aux plates-formes cré@ction et GSI Lab de l’ENSGSI, permettant la création du Lorraine Fab Living Lab® (LF2L). La section 4.2.1, p. 144, revient plus en détail sur la conception et l’apport de ces espaces collaboratifs d’innovation. La création de valeur ajoutée, socialement et environnementalement acceptable, appelle à croiser les points de vue, les savoirs et les expertises, des plus académiques aux moins formalisés. C’est le subtil mélange qui est mis en œuvre dans des processus d’ingénierie collaborative permettant de coconcevoir, expérimenter et développer des activités innovantes 31 Institut National Polytechnique de Lorraine qui a fusionné avec 3 autres universités pour donner naissance à l’Université de Lorraine en 2012. 32 NIT Noyau d’Innovation Technologique, stratégie mise en place par la présidence de l’ex-INPL à la fin des années 2000, pour préparer l’intégration de ses écoles d’ingénieurs dans l’Université de Lorraine. InoCité - innovation dans la cité, cité de l’innovation. 33 Soutien 2010-2011 de la DIRECCTE Lorraine et de la Région Lorraine sur la base d’un financement européen (FEDER). Depuis 2011, le LSCLL est financé par les projets de recherche du laboratoire ERPI et des ressources de l’ENSGSI.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 72 relevant des communs. Les lab-démonstrateurs et les plates-formes du LSCLL permettent de tester, confronter et affiner ces processus sur le territoire lorrain et au-delà depuis 2008. Le LSCLL s'est ainsi développé au fil des ans dans le cadre de collaboration entre les secteurs privé et public, avec le soutien de projets locaux, nationaux ou encore financés par l'Union européenne. Depuis sa création, le Living Lab permet aux acteurs de la quadruple hélice de l’innovation : 1) d’explorer différentes thématiques, chacune d'entre elles s’appuyant sur des lab-démonstrateurs ad hoc qui s’inscrivent néanmoins dans la même ingénierie de conception ; 2) d’expérimenter une gouvernance évolutive (voir le paragraphe suivant) ; et 3) d’éprouver différentes plates-formes, le tout au service de la résilience des territoires en lien avec la transition écologique, c.-à-d. la volonté d’apporter des réponses durables et soutenables aux défis environnementaux. Ainsi, le LSCLL a généré des recherches ou des développements collaboratifs entre des collectivités locales, des entreprises petites ou grandes, des citoyens, des agences locales (développement économique, urbanisme et aménagement, innovation), des incubateurs, mais aussi divers laboratoires disciplinaires. L’ancrage universitaire du LSCLL a également permis de tisser des collaborations avec différents parcours de formation en ingénierie ou en master 2 (voir les sections dédiées aux ateliers d’innovation urbaine, Atelier IngEXys, ou encore les ateliers « big data smart city », p.32). À partir de 2019, l’engagement de l’ERPI et de l’ENSGSI dans des réseaux européens, ou internationaux a porté ses fruits. Le laboratoire et l’école sont à présent partenaires actifs de projets lauréats de type Capacity Building, H2020, Erasmus+, Horizon Europe, mais aussi PIA3, permettant de diffuser les pratiques de l’UL et du territoire en associant des partenaires d’autres pays, malgré un contexte compliqué (covid-19, événements géopolitiques, etc.). Je suis à l’origine d’une partie de ces projets ou je fais bénéficier mes collègues et les projets de mon expertise. Toujours en 2019, la gouvernance du LSCLL a subi une évolution majeure, signe d’une certaine maturité et reconnaissance de son écosystème. Sous l’influence du projet Territoire d’Innovation DHDA (Des Hommes et des Arbres)34, le LSCLL s’est ouvert à INRAE et AgroParisTech, porteurs du Forest InnLab (FIL) (voir la section 4.1.3, p.138). Ces organismes sont venus étoffer les trois dimensions du LSCLL (Figure 14), à savoir : les thématiques d’action coanimées par différents experts disciplinaires spécialistes des sujets ; un espace universitaire juridiquement neutre ; des infrastructures et réseaux « labs » supports, mobilisables selon les besoins. Ces trois dimensions constituent le périmètre du LSCLL, ce dernier pouvant être défini comme un centre de ressource collaboratif au service des acteurs du territoire pour accélérer et donner du sens à l’innovation. En 2023, ce processus ascendant a d’ailleurs été identifié par l’OCDE comme 1 des 10 exemples internationaux de l’engagement des universités face aux enjeux de la transition environnementale et l’émergence d’innovations adaptées (De Silva et al., 2023; Paunov and Planes-Satorra, 2023). Cela nous a valu de présenter cette évolution au siège de l’OCDE en décembre 2023 à l’occasion du Working Party on 34 DHDA est un projet de territoire lauréat du programme national "Plan d’Investissement d’Avenir - Territoire d’Innovation" (PIA-TI) lancé en 2019. L’approche Living Lab était au cœur des critères de sélection des projets.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 73 Innovation and Technology Policy (TIP)35 « Aiming for the stars - Advancing key technology moonshots for green futures » (Camargo and Dupont, 2023). Figure 14. Émergence et renforcement progressif des trois piliers du LSCLL, et leur caractérisation – toujours en cours en 2025 (adapté de nos travaux 2014 et 2023) 3.1.6 Observer et analyser un dispositif sociotechnique en train de se faire et transformer son écosystème : Du Living Lab à l’approche Lab L’expérience que j’ai coordonnée offre un éclairage original sur une « approche Lab » globale conceptualisée, conçue, expérimentée, capitalisée, itérée et améliorée par mes travaux en propre et ceux de mes collègues enseignants-chercheurs en innovation (Dupont et al., 2024b). Par approche Lab, je désigne une stratégie de transformation du territoire qui s’appuie sur la mise en place de lab-démonstrateurs coconçus et expérimentés avec les acteurs de ce même territoire à travers un Living Lab universitaire et territorial soutenu par des infrastructures de recherche : les espaces collaboratifs d’innovation. J’ai conceptualisé et j’ai expérimenté plusieurs de ces infrastructures. Les lab-démonstrateurs comme les plates-formes sont des sous-projets du LSCLL. Il y a une volonté d’apprendre et de partager à partir de ma pratique, celle de mes collègues et des chercheurs que j’encadre. Cette approche constructiviste au sens de (Le Moigne, 2004) est nécessaire, car avec mes collègues nous avons travaillé avec un dispositif sociotechnique qui définit ou parfois découvre ses limites et surtout ses possibilités, qui se nourrit de son écosystème et qui en retour le transforme (Preiser et al., 2018). Ainsi, chaque labdémonstrateur est porteur de connaissances propres et a priori de toute la richesse accumulée par la démarche Living Lab au moment du lancement d’un nouveau Lab. Quinze années d’expérience cumulées, et capitalisées, permettent de réaliser une analyse longitudinale sur un objet en constante évolution, parfois difficile à appréhender pour tout acteur extérieur au LSCLL. Cette démarche et ses effets s’inscrivent dans le temps long de la recherche et cette temporalité d’analyse permet d’évaluer et mesurer les déterminants impliqués dans le processus 35 https://one-communities.oecd.org/community/cstp/tip/SitePages/TIP-workshop-5-December-2023.aspx
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 80 • Concevoir et expérimenter la prise en compte des usagers (élus, services techniques des communes, service de l’État, entreprise, agriculteurs, habitants, etc.) dans des projets d’aménagement urbain soumis à des risques naturels avec le projet INCERDD (Prise en compte des Incertitudes pour des Décisions Durables) de l’ANR Ville durable (Dupont et al., 2024a, 2015b; Edjossan-Sossou et al., 2020). • Observer, analyser et capitaliser la phase de diagnostic partagé (2010-2011) soutenue par les ateliers de la Fabrique Nancy Grand Cœur pour le programme CDE (Concertation Décision Environnement) du ministère du Développement durable (Dupont et al., 2015d, 2014b; Skiba et al., 2012). • Améliorer et dépasser le diagnostic partagé en obtenant un financement de la Métropole du Grand Nancy pour poursuivre les travaux de recherche en mode Living Lab (convention trisannuelle 2012-2014). Ceci a conduit à la cocréation de solutions et au suivi de tests par l’usage autour de 3 approfondissements thématiques : la mobilité, les espaces publics et la performance énergétique de l’écoquartier. Les résultats tant scientifiques qu’opérationnels ont permis à la métropole de faire évoluer certaines pratiques locales (Dupont et al., 2015d, 2014a; Dupont and Hubert, 2014a, 2014b). Dans un second temps, j’ai apporté mon expertise Living Lab sur la thèse en GSI de Nathalie Skiba et lui ai donné accès à la Fabrique Nancy Grand Cœur comme terrain d’expérimentation scientifique pour ses questionnements spécifiques (Dupont et al., 2015a; Skiba et al., 2012). Tout au long de cette phase, les écosystèmes collaboratifs dans lesquels je me suis impliqué ont rassemblé des élus, des techniciens locaux (mairie et intercommunalité), certains services de l’état, des entreprises (grands groupes, PME, commerçants), des citoyens, des universitaires. 3.2.3 Enseignements issus de la conception collaborative dans un 2e niveau de complexité – la 4HI (au niveau local) impliquant des acteurs locaux Cette première phase m’a permis de me confronter au 2e niveau de complexité généré par la quadruple hélice de l’innovation, celle de la conception collaborative distribuée pour des territoires durables à l’échelle locale, c’est-à-dire celle du quartier, du projet urbain ou de la ville. À travers mes travaux, les réponses de l’université, en termes de recherche ou de pédagogie, pour garantir le dépassement des barrières à la conception collaborative sont appréhendées au regard des acteurs, des ressources et des enjeux à un niveau de proximité quasi immédiate. Il s’agit de créer des écosystèmes locaux qui favorisent le collaboratif entre des acteurs distribués majoritairement localement, et surtout qui œuvrent pour un effet local plus ou moins immédiat. Dès cette période, j’associe dans mes travaux le pilotage de projets en mode Living Lab, et la conception et l’expérimentation d’espaces d’innovation dans le cadre de programmes scientifiques pluridisciplinaires.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 81 En l’occurrence, l’expérimentation du concept d’espace EMA à travers les labdémonstrateurs soutenus par la plate-forme InoCité donne entière satisfaction pour la phase de diagnostic par les usages d’un projet ou d’une problématique urbaine. D’autres enseignements proviennent de cette première phase. De nouveaux constats et questionnements, adressant les différentes barrières de la conception collaborative distribuée, surgissent : 1) À l’issue de la phase de diagnostic de projet urbain par l’approche usage, il est fondamental de gérer l’abondance de données qualitatives, l’espoir suscité et l’apport de réponses adéquates. En 2012-2013, dans une période où l’intelligence artificielle générative n’est pas encore développée, deux questionnements surgissent : a. Quid de la capitalisation partagée et valorisée (à visée de durabilité) ? b. Quid de la décision partagée, intégrant et répondant aux exigences identifiées par la mobilisation en amont des différents acteurs ? Ce constat doit être intégré à l’ingénierie de la conception collaborative distribuée pour contribuer à dépasser les barrières technologiques, conceptuelles et temporelles. 2) Les OICs produits en « mode discret » ne sont pas assez robustes, c.-à-d. que ces OICs sont telles les variables discrètes, ils sont dénombrables et ne prennent qu’un nombre fini de configurations qui ne sont pas forcément reliées. Il manque de liant entre eux et entre les parties (diagnostic d’un côté, idées nouvelles ou prototypes d’un autre côté, tests et simulations séparés, prises de décision cloisonnées… voire franchement déconnectées d’un diagnostic partagé.) En ce sens, ils ne deviennent pas de réels objets agrégateurs. Leur « dispersion » contribue de l’abondance de données et augmente le risque d’erreur dans l’analyse des résultats. L’ingénierie de la conception collaborative distribuée doit évoluer sur ce plan pour dépasser les barrières technologiques et conceptuelles. 3) La plate-forme InoCité, support à l’activité Living Lab n’est pas assez équipée. Elle peut s’appuyer sur des équipements complémentaires en proximité géographique36 : le FabLab d’une part, nommé GSI Lab ; et d’autre part, Cré@ction conçu pour soutenir la créativité collective. Chacun de ces espaces est nécessaire, mais non suffisant si nous les considérons individuellement, car ils restent trop dispersés spatialement et distants sur le plan des pratiques et du partage de connaissance. Seule une poignée d’usagers familiers des différents lieux peut dépasser les barrières conceptuelles induites par la diversité des connaissances à mobiliser pour les utiliser. En pratique, sur le temps des projets expérimentés et observés, nous ne sommes que deux membres d’InoCité à être passés d’une infrastructure à l’autre et d’une communauté à l’autre : Nathalie Skiba (ingénieure d’étude InoCité puis doctorante ERPI) et moi-même. Cette dispersion contribue du caractère discret des OICs générés par la créativité collective, les modes 36 En l’occurrence, durant cette période, il y avait environ 10 minutes à pied entre les plates-formes, distantes de 650 m.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 82 FabLab (matérialisation) ou Living Lab (conception et tests par l’usage). La convergence de ces espaces permet de favoriser voire d’accélérer la collaboration (Dupont et al., 2014b; Skiba et al., 2012). Il y a dès lors un enjeu à optimiser l’agencement spatial et la synergie de ces plates-formes, en les rapprochant par exemple. Ceci doit renforcer l’ingénierie de la conception collaborative distribuée, notamment sur le plan technologique. 4) Comme l’ont montré mes premiers travaux, l’ingénierie de la conception collaborative distribuée peut tout à fait s’appliquer de l’échelle du quartier, de la ville et de la métropole, avec une complexité des jeux d’acteurs à prendre en compte pour les mobiliser au mieux sur un objectif partagé malgré leur distribution dans les différentes échelles. Les démonstrateurs conçus et expérimentés lors du programme CDE avec La Fabrique NGC (Dupont et al., 2015d, 2014b) et l’ANR Ville Durable avec le projet INCERDD (Dupont et al., 2024a, 2015b) illustrent cette application et l’adaptation possible que j’ai su piloter. Le projet INCERDD va même jusqu’à explorer l’échelle du bassin hydrographique Rhin-Meuse (Dupont et al., 2015b) pour comprendre au mieux, sur la question des inondations, les enjeux et les risques locaux pour l’aire urbaine nancéienne. Mes travaux confirment que la conception collaborative distribuée peut être mobilisée a minima de l’objet technologique jusqu'à une échelle métropolitaine. Il est dès lors possible au niveau local d’apporter des réponses sur le plan des barrières géographiques et conceptuelles auprès des acteurs de la quadruple hélice. 5) L’approche par études de cas locaux a permis de confirmer mes premières intuitions et fournir les premiers éléments de réponse aux questionnements restés en suspens à la fin de ma thèse. En revanche, de nouvelles questions ont révélé les limites de ces premiers résultats. Sur le plan de la barrière géographique : a. Peut-on multiplier les cas d’étude et peut-on enrichir les thématiques couvertes pour sortir du particularisme de domaines spécifiques comme celle de la gestion globale de l’eau (INCERDD) ou de l’écomobilité locale (Nancy Grand Cœur) ? b. Peut-on changer d’échelle territoriale pour sortir du localisme induit par l’échelle métropolitaine ? Ou de la barrière temporelle : c. Comment transférer nos travaux de recherche à notre écosystème d’innovation ? En d’autres termes, comment contribuer à diffuser la connaissance produite par les citoyens et l’ensemble des acteurs, à l’aide du protocole orienté sur les usages et expérimenté par les universitaires ? Et comment conforter la collaboration entre le monde académique et les autres sphères de la quadruple hélice ? 6) Il apparaît indispensable de continuer à qualifier l’articulation du triptyque innovation / usage / territoire (smart city), pour tendre réellement vers une approche
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 83 écosystémique. Cet approfondissement adresse la dimension conceptuelle de la collaboration. Ce travail a notamment été poursuivi par le Prof. Claudine Guidat à travers la Chaire REVES (2014-2019) et les thèses de Julien Hubert, Aline Convolte et Jonathan Lacroix. Nous le verrons, j’ai été associé à différent degré sur leurs travaux pour mon expertise méthodologique du concept Living Lab et du génie urbain. 7) L’appréciation des résultats de cette expérimentation permise par le Lorraine Smart Cities Living Lab et l’évolution des travaux de recherche ne peuvent pas être dissociées de leurs écosystèmes anthropiques et naturels : a. Quels sont les impacts de mutations institutionnelles / territoriales / industrielles sur nos travaux ? b. Quid de la réelle prise en compte de l’environnement (qui reste un paramètre indirect) dans le succès des lab-démonstrateurs qui bénéficient de l’espace d’innovation universitaire InoCité ? Pour la première question, la prise en compte des données de contexte est indispensable dans une logique systémique (consubstantielle du mode projet Living Lab) et au regard de la recherche-action. Elle nous a amenés à faire évoluer le premier prototype de l’espace EMA. En effet, je peux citer au moins quatre mutations profondes qui ont transformé le contexte de conduite de ma recherche-action longitudinale : a) La création de l’université de Lorraine en 2012 a transformé directement les missions et le fonctionnement de la plate-forme InoCité à la suite à son rattachement à la direction des partenariats. InoCité n’était dès lors plus piloté par une équipe d’enseignantschercheurs.37 b) La loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (Maptam), promulguée le 27 janvier 2014 a conduit, dès 2013, les acteurs locaux à envisager le passage de statut de communauté urbaine à celui de métropole pour l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) du Grand Nancy, conférant plus de compétences à l’EPCI. Ce processus a abouti en 2016. Dans la continuité de la loi Maptam, la mise en place de la loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), promulguée le 7 août 2015, avec la création des grandes régions françaises et des métropoles (JORF, 2015). Concrètement cela a conduit à l’absorption de la région Lorraine, dans la Région Grand Est par fusion avec la Champagne-Ardenne et l’Alsace. Ceci a induit une refonte des processus publics et une réorganisation des entreprises étroitement liées aux territoires et marchés publics (énergie, construction, voirie, etc.)38 c) Les enjeux environnementaux étaient de plus en plus prégnants dans le débat public et dans l’action politique avec par exemple, le « Grenelle Environnement » et les lois 37 Initialement piloté par le prof. C. Guidat, InoCité rassemblait 2 Ingénieurs de Recherche (dont l’auteur de l’HDR), 2 Ingénieur d’étude, 1 chargé des partenariats avec les collectivités, 1 support administratif. Elle accueillait en plus 2 stagiaires chaque année. La plate-forme, lieu de croisement entre entreprise, collectivités, citoyens, a été perçu comme un incubateur de formes partenariales nouvelles pour l’UL à fort potentiel de service et de prestations. Si mon engagement dans InoCité comme post-doctorant puis IR était volontaire, celui dans la direction des partenariats de l’UL a relevé d’une décision stratégique à laquelle je n’ai pas été associé. 38 Ce processus a été renforcé par la Loi n° 2022-217 du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale (JORF, 2022), dite Loi 3DS
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 84 Grenelle 1 (2009) et Grenelle 2 (2010) qui ont notamment généré le Plan Ville durable, incluant les programme EcoQuartier et EcoCité qui m’ont offert mes premiers terrains de recherche locaux en lien avec une politique nationale. d) L’émergence des makers et du renouveau du Do-It-Yourself grâce notamment à la fabrication additive (Anderson, 2012; Fox, 2014, 2013) s’est traduit par la création du Gsi Lab en 2010, le 1er FabLab dans une école d’ingénieur, et du FabLab associatif nancéien NYBI39. Le mouvement FabLab a aussi requestionné les notions d’industrie et de production (Anderson, 2012; Clapaud, 2013). De même, l’apparition de la notion d’industrie du futur ou de 4e révolution industrielle (industrie 4.0) cherchait à anticiper au mieux la rapide évolution technologique du monde industriel notamment à travers la numérisation (Kagermann et al., 2013). Enfin, la création en France de la Mission French Tech en janvier 201340 a conduit à un engouement pour les start-ups, imprégnant à la fois les politiques institutionnelles et les investissements du monde industriel et économique. Nous le verrons concrètement avec la création du LF2L, pour lequel la Métropole du Grand Nancy a vu une opportunité de faire le lien avec une ambition nationale. 3.2.4 Conclusions intermédiaires issues de la phase 1 et nouvelles perspectives Cette phase a posé les bases d’un travail d’articulation entre différents niveaux d’implication possible d’un chercheur en Génie des Systèmes Industriels et Urbains pour conceptualiser et expérimenter les premières bases d’une approche écosystémique. À ce stade, deux réflexions principales ont surgi de la confrontation entre la théorie et la pratique. La première relève principalement de la culture de l’ingénieur : Comment continuer à développer notre espace collaboratif pour soutenir des démarches innovantes et vertueuses de coconception de la ville, et par extension coconcevoir également les produits et services industriels sous-jacents au fonctionnement soutenable de la ville et des territoires ? En d’autres termes, comment conforter la capacité d’un espace collaboratif à générer un écosystème collaboratif distribué dans le temps, l’espace, les communautés de pratiques (barrière conceptuelle et technologiques), les échelles (systèmes d’acteurs) ? Enfin, quels mécanismes permettent de concevoir un espace d’innovation pérenne qui satisfait à la fois aux exigences de son existence au sein d’une université (modèle d’affaire pour des métiers nouveaux et fonctions support en création), aux exigences des fonctions historiques d’une université (enseignement et recherche publique) et aux exigences nouvelles (comme l’autonomie financière voulue par la loi relative aux libertés et responsabilités des universités - LRU (JORF, 2007) ou encore la délégation aux universités par les secteurs économiques de la fonction R&D) ? 39 https://nybi.cc/ 40 https://lafrenchtech.gouv.fr/fr/qui-sommes-nous/presentation-2/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 85 La seconde relève de la rencontre d’un ingénieur avec les sciences politiques : En quoi la participation citoyenne, comme caractéristique essentielle à la ville durable (des projets d’écoquartier, par exemple), permet-elle de mettre réellement en œuvre des décisions favorables (immédiatement) à notre écosystème naturel ? En quoi la prise en compte des préférences d’usage et des aspirations d’une large diversité d’acteurs permet-elle de soutenir un processus démocratique capable de statuer sur les enjeux essentiels à moyen et long terme ? Comment se construit la prise de décisions radicales et partagées au profit de nos écosystèmes naturels dans un système démocratique qui nécessite de la conciliation et une prise de décision par le peuple pour le peuple ? Comment ne pas être tenté de basculer dans une « dictature éclairée » où un petit nombre d’experts déciderait pour la majorité ? Pour ces deux catégories de réflexion, la conception collaborative distribuée offrait la possibilité d’engager nos territoires locaux dans la recherche de solutions opérationnelles. Il est de plus apparu que pour renforcer la CCD, il semblait judicieux de disposer d’un espace collaboratif d’innovation. Dans notre cas, cet espace a été conçu et piloté par l’université, mais son développement et ses domaines d’action ont été assurés dans le cadre d’une interaction étroite avec les acteurs de la quadruple hélice du territoire. Dans notre expérimentation, fin 2013, nous avons constaté que nous pouvions poursuivre l’activité du Lorraine Smart Cities Living Lab en lui assignant des objectifs supplémentaires pour démontrer sa capacité à repousser : • La barrière géographique, en nous appuyant sur les constats (4) et (5) : s’autoriser à questionner des échelles supérieures à celle des métropoles et aborder plus largement les thématiques de la smart city, en considérant comme un point de départ la smart governance, dont la prise en compte des habitants-usagers-citoyens dans la conception de la ville est un des aspects. • La barrière technologique, en traitant les constats (1), (2) et (3) et en tenant compte du contexte (7) : développer des outils pour traiter des masses de données qualitatives ; concevoir des OICs et des démonstrateurs de maturité de plus en plus avancée ; renforcer, voire fusionner InoCité à des plates-formes complémentaires ; saisir les opportunités de l’environnement de la recherche. • La barrière conceptuelle, en approfondissant et diffusant les constats (1), (2), (4), (6) : développer au plus tôt des interfaces pour aider les acteurs à échanger entre eux et se comprendre mutuellement ; aider les acteurs à comprendre qu’il existe différentes échelles à prendre en compte pour innover ; fédérer les acteurs autour d’un projet commun. • La barrière temporelle en considérant les constats (1) et (5) et en composant avec un contexte en mutation (7) : accompagner l’évolution de l’écosystème et rendre sa mémoire active et vivante pour continuer à tirer les enseignements du passé sans s’y enfermer. Enfin, il conviendrait également de réaliser une réelle analyse d’impact du Living Lab sur l’environnement naturel. Cette expérience m’amène aussi à penser que la barrière temporelle est sans doute la plus dure à appréhender et à dépasser. Il s’agit à la fois d’embrasser les connaissances du passé réparties
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 86 auprès de très nombreux acteurs, de capitaliser les concepts et la connaissance produits au présent tout en concevant, projetant et construisant en mode collaboratif un futur si possible désiré et partagé, sans s’enfermer dans les carcans qui sont les fruits des résultats passés. Il y a dès lors un véritable enjeu dans la conception d’un cadre expérimental pérenne qui permette de poursuivre nos réflexions, la collecte de données et surtout la mesure des effets à moyen et long terme. Ce point interroge sur le financement de la recherche sur un temps long, ainsi que la stratégie des gouvernements en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Si ce sujet est fondamental, je ne le développerai pas ici. L’identification des limites de mes travaux articulant mode projet Living Lab / plate-forme / lab-démonstrateurs m’ont permis à la fois de formuler de nouvelles questions de recherche, mais aussi de conforter de nouvelles opportunités de collaboration et d’expérimentation dans une philosophie d’action « Living Lab » pour continuer à croiser Génie des Systèmes Industriels et génie urbain. D’ailleurs, dans cette logique, la plate-forme InoCité a joué un rôle primordial pour soutenir et expérimenter des formes pédagogiques innovantes impliquant entreprises et territoires sous l’impulsion des enseignants de l’ENSGSI en collaboration avec d’autres formations disciplinaires portées par les facultés des sports ou des sciences humaines et sociales. Ce contexte de collaboration pédagogique, qui a vu naître les Ateliers d’Innovation Urbaine (voir la section 3 de la 1re partie, p.43), a ensuite favorisé l’émergence de la Chaire collaborative REVES (Renaissance Écologique des Villes) associant de grands groupes industriels de l’énergie (Enedis, EDF) à la Métropole du Grand Nancy et à l’Université pour un projet orienté recherche et transfert vers les acteurs du territoire. Ce Partenariat Public-Privé (PPP) avait pour ambition de favoriser l’émergence de Partenariat Public-Privé-Population (PPPP) (Dupont et al., 2015c). C’est aussi la première chaire collaborative qui a été portée par la fondation de l’Université de Lorraine (ex-fondation NIT de l’INPL). Par ailleurs, à partir de 2013, une partie de notre écosystème local s’est emparé des différents concepts portés de longue date par les équipes de l’ERPI et de l’ENSGSI. L’ingénierie de l’innovation s’est de plus en plus imposée comme une pratique incontournable pour les entreprises, mais aussi pour les collectivités, au moins comme une dynamique à soutenir chez les entrepreneurs comme au sein des grands groupes. Au niveau national, cela s’est traduit notamment par l’essor de la French Tech et sa déclinaison locale, la LORnTECH. Ce programme de soutien aux start-ups était piloté par la Métropole du Grand Nancy, désireuse d’outiller le territoire et d’encourager le développement d’ingénieries, d’infrastructures et de méthodes pour soutenir l’accélération de l’innovation et les synergies entre les acteurs locaux. Ce contexte a favorisé l’émergence d’une plate-forme 2D-3D-4D. J’ai su convaincre mes interlocuteurs territoriaux de l’intérêt de disposer d’une approche intégrée co-portée par un laboratoire de recherche et une école d’ingénieurs ayant démontré leur capacité à s’engager tant pour les PME-PMI locales que pour les citoyens. L’acte fondateur de la chaire s’est traduit par la conception du concept Fab Living Lab, et sa première incarnation dans le Lorraine Fab Living Lab® (Dupont et al., 2015e), pour venir
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 87 enrichir et outiller le Lorraine Smart Cities Living Lab. Le LF2L a été installé et ouvert au 1er janvier 2014. À cette date, j’ai quitté la direction des partenariats pour rejoindre l’ERPI comme ingénieur de recherche, responsable scientifique du LF2L. Cette nouvelle fonction m’a offert une opportunité unique de poursuivre ma démarche de recherche-action autour du mode Living Lab appliqué à l’université et au territoire. Ce qu’il faut retenir de la phase 1 - période 2010-2013 Objectif : Dans la continuité de ma thèse, démontrer que la mise en place de l’espace EMA peut générer un écosystème local d’innovation, plus particulièrement en phase amont des projets urbains à travers une approche par l’usage. Méthode pour une RA opérant sur un 2e niveau de complexité avec la 4HI - La structuration du cadre théorique de la recherche-action pour agir sur les barrières conceptuelles et temporelles - La définition et l’installation du cadre opérationnel de la recherche-action pour agir sur les barrières géographiques et technologiques - L’expérimentation d’un processus itératif pour agir sur les barrières géographiques, conceptuelles et temporelles de la conception collaborative Principaux résultats pour la recherche en GSI - Ancrage et pérennisation du mode Living Lab à travers : o La création d’une première plate-forme d’innovation collaborative territoriale : InoCité, une infrastructure de recherche ad hoc o L’expérimentation de premiers lab-démonstrateurs à l’échelle locale o La labélisation au niveau européen du LSCLL o L’articulation entre des travaux scientifiques locaux et un engagement actif auprès de la dynamique française et européenne des Living Labs - Apport d’expertise méthodologique sur la thèse de Nathalie Skiba pour éclairer le concept Living Lab et le mettre en pratique pour l’industrie et l’urbain (Skiba, 2014b) Principaux résultats pour le territoire - Les résultats du programme CDE ont notamment été valorisés lors de séminaires nationaux du Club national Écoquartier, du Cerema41 et du CNFPT, ou à travers des publications dans des revues de praticiens (Chastanier and Dupont, 2015; Dati et al., 2016, 2015). Principaux résultats pour la pédagogie - Conceptualisation et développement des premiers Ateliers d’innovation IngEXys - Transfert vers la pédagogie au travers d’un jeu sérieux sur la mobilité (Brissel et al., 2013) Productions scientifiques associées comme auteur ou co-auteur (année 2010 à 2014 sur https://cv.hal.science/laurentdupont) 41 Établissement public relevant du ministère du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, du ministère de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques et du ministère du Logement et de la Rénovation urbaine, accompagne l’État et les collectivités territoriales pour l’élaboration, le déploiement et l’évaluation de politiques publiques d’aménagement et de transport. – source https://www.cerema.fr/fr/cerema consulté le 4/05/2025
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 88 - 1 Article de journal - 4 Articles de conférences - 1 Livre blanc à destination de la DIRECCTE - 7 Rapports de recherche Impacts : - Engagement vers une approche écosystémique de l’innovation - Sept nouveaux questionnements doivent être investigués - Poursuite de la recherche avec la création de la chaire REVES et d’une infrastructure plus adaptée pour soutenir la coconception d’écosystèmes collaboratifs distribués
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 89 3.3 Phase 2 : Optimiser et expérimenter le passage à l’échelle nationale La phase 2 s’étend de 2014 à mi 2019. Durant cette période mes travaux cherchent, d’une part, à optimiser les processus existants, mais aussi à conceptualiser de nouveaux domaines de recherche à partir d’une analyse critique des premiers lab-démonstrateurs et de la 1re plateforme InoCité. La création de la chaire REVES, en octobre 2023, souligne la pertinence de la démarche et l’intérêt croissant des acteurs locaux tant industriels que ceux des collectivités pour cette initiative universitaire originale. Les différents partenaires publics ou privés ont systématiquement valorisé dans leurs réseaux régionaux et nationaux cette dynamique d’innovation locale (exemple : Enedis au conseil de directoire d’EDF pour entériner le mécénat accordé à la chaire REVES, la LORnTECH et la métropole GN, par exemple, auprès de l’association nationale des Interconnectés42 ou encore le Club EcoQuartier43). L’identification des limites de la phase 1 et les sept nouveaux questionnements ont alimenté la structuration de la phase 2 (Figure 19). Dans une logique cyclique et itérative propre à la recherche-action, cette nouvelle phase adopte le même formalise que la phase 1 avec un engagement au niveau du pilotage du projet LL, la conception d’une nouvelle infrastructure (la plate-forme LF2L), le pilotage de quatre nouveaux lab-démonstrateurs et l’encadrement de thèse pour analyse et évaluer notre démarche globale. Dans ce 3e niveau de complexité, nous évaluons à nouveau la manière dont la conception collaborative distribuée gère les 4 barrières connues. 3.3.1 Description des méthodologies de recherche mises en œuvre pour la phase 2 Notre objectif était d’amplifier le mode Living Lab en expérimentant une nouvelle infrastructure de recherche ad hoc et des lab-démonstrateurs à la fois plus engagés sur le territoire et connectés à d’autres échelles d’action. Notre contribution scientifique sur la période concernée a porté sur : o L’enrichissement du cadre théorique de la recherche-action pour agir sur les barrières conceptuelles et temporelles de la conception collaborative à travers : - La poursuite d’un objectif global partagé en pérennisant un Living Lab universitaire pour la smart city pour continuer à faire émerger une approche écosystémique - Un état de l’art et des pratiques sur : § La notion d’espaces d’innovation pour mieux caractériser et formaliser le processus de conception et de pilotage de telles infrastructures portées par le 42 https://www.interconnectes.com/ 43 https://www.ecoquartiers.logement.gouv.fr/clubs/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 96 territoriales et sous quelles conditions de tels espaces pouvaient-ils, eux-mêmes, se mettre dans un processus collaboratif ? Réponse et perspective en termes de recherche : J’ai repris ce questionnement pour coconcevoir l’action « plates-formes en archipel » de l’axe La Fabrique de l’Innovation Ouverte (FIO) du projet Des Hommes et Des Arbres (DHDA) financé par le PIA3 (France 20230). La FIO vise à déployer et coordonner des espaces supports à l’innovation ouverte impliquant des usagers au service des territoires et des entreprises. Amorcé dès 2017-2018 à travers un AMI pour lequel nous avons conçu une dynamique Living Lab sur la place de l’Arbre dans notre Société et nos écosystèmes (Guidat et al., 2018a, 2018b), le projet DHDA a été remporté par le consortium territorial de près de 100 partenaires fin 2019 (Enjolras et al., 2021). Ce projet de territoire programmé jusqu’en 2026 cherche à favoriser le bien-vivre commun des Humains et des arbres. Plus précisément, l’ambition est de transformer le territoire par le biais d’actions innovantes mettant en valeur la place de l’arbre dans notre quotidien et notre économie. C’est dans ce cadre que le prof. Laure Morel et moi-même avons construit la thèse de Fanny Pruvot que nous aborderons lors de la phase suivante. La pratique et la recherche montrent que les territoires sont le plus souvent dotés de plusieurs espaces d’innovation, quel que soit leur label. En 2019, leur complémentarité, leurs interactions et leur impact n’ont pas fait l’objet d’étude scientifique d’envergure. Il s’agit d’adopter le point de vue des institutions qui soutiennent et/ou mobilisent les espaces d’innovation pour en évaluer l’apport pour les territoires. * * * Constat 3 : L’usage du LF2L ainsi que les lab-démonstrateurs ont aussi révélé certaines limites propres aux OICs physiques : - Selon la taille de la maquette à concevoir, le temps nécessaire et le coût de réalisation peuvent être prohibitifs notamment pour des PME-PMI, des collectivités territoriales aux ressources de plus en plus contraintes, des collectifs citoyens qui s’impliquent très souvent bénévolement sans autre ressource que leur temps libre. - Les capacités des outils disponibles au LF2L conditionnent les échelles de fabrication et dès lors les échelles d’usage expérimenté. Réponse et perspective en termes de recherche : Les nouvelles opportunités offertes par les technologies immersives et la relative démocratisation de ces inventions m’ont amené à explorer l’apport des Environnements Immersifs Collaboratifs d’Innovation. Pour renforcer le processus 2D-3D-4D et pallier certaines limites de la coconception à base de maquette physique (Figure 22 ci-après), j’ai initié dès 2016 les premières expérimentations s’appuyant sur des Environnements Immersifs Collaboratifs (EIC) appliqué à la smart city en particulier pour assister la coconception de solution pour la sécurité routière (Dupont et al., 2017c, 2016; Pallot et al., 2017). Ces protocoles et technologies permettent de disposer de modes d’intervention et de simuler des scénarios d’usage lorsque la fabrication d’un démonstrateur physique est hors de portée pour l’équipe. Dans le cadre du lab-démonstrateur Nancy Grand Cœur nous avons par exemple utilisé des simulations 3D dynamiques pour étudier
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 97 les enjeux du développement d’une mobilité plus respectueuse de l’environnement et adaptée aux besoins des usagers de l’écoquartier (Mihăiţă et al., 2018). Les premières démonstrations et les acquis scientifiques associés m’ont permis d’obtenir en 2019 un projet Interdisciplinarité LUE (Lorraine Université d’Excellence) : Inn-Cognitif, pour appréhender au mieux les limites perçues des expériences immersives. J’y reviendrai dans la phase suivante (section 3.4.3.3, p. 127). Figure 22: illustration des technologies associées au processus 2D-3D-4D du LF2L pour favoriser un continuum d'innovation (adapté de (Dupont et al., 2015e) * * * Constat 4 : Les lab-démonstrateurs « Ilots de chaleur et planification urbaine (DIACLIMAP) », « Énergie open-source (Linky by Makers) », « vélOstan connecté » répondent aux différents objectifs assignés aux projets qui les portent, mais globalement leur portée est restée limitée dans le temps et dans l’espace. Respectivement conçus pour accompagner les besoins d’un établissement public à caractère administratif, un groupe industriel distributeur d’énergie et un service d’une métropole, ces lab-démonstrateurs n’ont pas forcément une large portée territoriale et sociétale s’ils sont conceptualisés et expérimentés isolément. Nous constatons aussi que la dynamique collaborative n’est pas automatiquement saisie par les acteurs concernés, soit par manque d’intérêt pour ce type d’approche, soit dans une franche opposition à la conception collaborative. De même, au niveau des projets urbains que nous avons accompagnés comme un écoquartier (Dati et al., 2016, 2015; Dupont et al., 2015d) et une écocité (Lacroix, 2019; Lacroix et al., 2017), certains acteurs ne souhaitent pas forcément ouvrir les processus de conception et
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 98 d’innovation par peur de ne pas maîtriser les nouvelles formes d’interaction qu’elles induisent. Cela se traduit par une prise de décision qui reste restreinte et concentrée entre les mains d’un petit nombre d’acteurs (Lacroix, 2019), qui sont en général les décideurs traditionnels. Réponse et perspective en termes de recherche : Durant cette phase, mon premier niveau de réponse a été la mise en place d’un projet de thèse pour aider les acteurs de la conception urbaine de passer d’un « diagnostic partagé » à « l’action partagée ». Je me suis alors appuyé sur l’expertise du Prof. M. Camargo, pour aborder les processus d’aide à la décision. Ensemble, nous avons codirigé la thèse de Giang Tran (Tran Thi Hoang, 2019) qui a bénéficié d’une bourse de recherche du gouvernement vietnamien pour poursuivre un doctorat en France. Cette recherche s’est attachée à comprendre comment le mode projet Living Lab peut alimenter le processus d’aide à la décision du « faire la ville » en intégrant les citoyens pour une ville intelligente pour passer du diagnostic partagé à la prise de décision partagée. Ce travail a étudié les processus multiacteurs et multicritères dans la phase de conception de la smart city, un écosystème complexe. L’article que nous avons publié dans le journal Smart Cities (Tran et al., 2019) fait de plus partie des « 25 premiers articles (publiés en 2019 et 2020) les plus cités » selon l’éditeur. Les travaux de Giang Tran proposent un état de l’art et des pratiques particulièrement exhaustif pour comprendre les processus et outils d’aide à la décision. J’ai associé ses travaux au labdémonstrateur « vélOstan connecté » dont l’objectif est d’évaluer la capacité du territoire à créer les conditions de la collaboration entre une start-up, l’université avec la mobilisation du Fab Living lab et le service de la métropole en charge de la promotion des mobilités douces, en particulier le vélo grâce à un système d’abonnement longue durée, aux tarifs attractifs. Pour ce projet, la métropole a confié le soin à une start-up de créer un prototype de vélo connecté comme réponse potentielle et efficace face au risque de vol. Le laboratoire ERPI a été associé pour mettre à disposition le Fab Living Lab et ses technologies associées pour accompagner la conception du prototype et évaluer l’apport de ce nouveau dispositif tant sur le plan matériel qu’immatériel (service). La réalisation d’un diagnostic technologique et urbanistique, l’analyse des jeux d’acteur, la description des processus de conception et de prise de décision, nous ont conduits à concevoir la 1re maquette de l’outil numérique Consensus pour soutenir la prise de décision multiacteur, multicritère (Tran Thi Hoang, 2019). Cet axe de recherche complémentaire à l’ingénierie de la conception collaborative soutenue par les espaces collaboratifs d’innovation, n’étant pas au cœur de ma spécialité, a été repris et poursuivi par des collègues de l’ERPI et de l’INRAE (Arnould et al., 2022a; Enjolras et al., 2023a). En parallèle, le processus 2D-3D-4D, expérimenté sur le projet « vélOstan connecté », a aussi fait émerger la question du passage à l’échelle territoriale et expérimentale de la conception collaborative d’un dispositif technologique innovant (Dupont and Arbelaez Garces, 2017a, 2017b). En effet, si la commande de la métropole à la start-up portait sur un prototype de capteur à installer sur un vélo, la problématique concernait en réalité une flotte de 1200 vélos, gérée par un service de la métropole dont une des autres missions était de favoriser la réinsertion de personnes peu qualifiées et éloignées de l’emploi. Nos investigations ont également montré que ni le constructeur du vélo ni la direction des systèmes informatiques de la métropole n’avaient
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 99 été associés au démarrage du projet. L’expérimentation et la validation d’un tel prototype ne peuvent pas uniquement se baser sur la conception d’un capteur unique, mais doivent permettre d’appréhender toutes les dimensions du problème étudié. En effet, comme l’induit la smart city, il s’agit de piloter un projet à la fois technologique et urbanistique. Il est dès lors nécessaire d’associer en phase amont des projets de conception la diversité des acteurs de la quadruple hélice de l’innovation pour leur permettre d’expérimenter ensemble un dispositif technologique novateur dans les conditions d’usage les plus proches de la réalité. La création d’OIC de différentes natures grâce au processus 2D-3D-4D (Figure 23) et leur confrontation aux acteurs ont permis d’identifier l’ensemble des dimensions à prendre en compte pour coconcevoir une réponse orientée smart city, sur la thématique mobilité douce. En l’occurrence, les études ont à la fois étudié les scénarios technologiques pour un usage renforcé et sécurisé des vélos, tout en évaluant le développement économique local potentiel. Figure 23 : Croisement du processus 2D-3D-4D et de la taxonomie de Niaros pour coconcevoir un projet de smart city associant citoyens, start-up, métropole, association (Dupont, 2025)47 Finalement, après 2 ans d’expérimentation, ce lab-démonstrateur a surtout démontré que ni la start-up ni la métropole n’avaient la maturité suffisante pour pousser plus avant ce projet. Les acteurs du territoire ont en revanche reçu, de l’association nationale Les interconnectés, le prix du territoire innovant en 2016 pour la capacité des acteurs à collaborer dans une logique PPPP. * * * 47 La section 4.3.2, p.133 revient sur la taxonomie de Niaros permettant de qualifier les processus de production de la smart city
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 100 Constat 5 : La période 2014-2019 m’a permis de faire évoluer mon positionnement scientifique et passer de la conception collaborative distribuée de prototypes pour les industries et le territoire à la Conception d’Écosystèmes Collaboratifs Distribués (CECD) qui est, nous le verrons, un des paramètres constitutifs de l’ingénierie écosystémique. J’ai poursuivi la conception et l’expérimentation d’une démarche scientifique originale autour de la CECD en m’appuyant sur des dispositifs scientifiques et techniques innovants que j’ai conceptualisés et dont j’ai piloté la mise en œuvre en m’appuyant notamment sur l’équipe du LF2L. J’ai créé les conditions pour confronter ces équipements et les méthodes associées à des réseaux d’expertise et des communautés scientifiques pour bénéficier d’une évaluation par des communautés de pratiques. Par exemple, dans le cadre du projet DIACLIMAP (ilots de chaleur et planification urbaine,) j’ai pu impliquer des chercheurs du Cerema dans un processus 2D3D-4D organisant au LF2L des ateliers de coconception ou de test et validation de concepts avec des professionnels de collectivités territoriales, d’agence d’urbanisme, des concepteurs de logiciel, des spécialistes des données satellites ou de climat sur la thématique de la conception d’outil de prise en compte des ilots de chaleur urbains dans la planification urbaine (Bouyer et al., 2018; Dupont and Chery, 2017). En parallèle, ce projet de recherche a fait l’objet d’ateliers pédagogiques avec les étudiants en Master 2 en Innovation Urbaine (IUVTT) ou du DU EDUTER pour bénéficier également de leurs regards de praticiens plus ou moins aguerris et les former aux enjeux du changement climatique. Le projet Linky by Makers (LbM) est un autre exemple. Ce projet a organisé la coopération entre des makers français, l’université de Lorraine et certains ingénieurs et techniciens d’Enedis dans le cadre de la Chaire collaborative REVES pour prototyper des solutions citoyennes autour du smart grid. LbM a été l’occasion de confronter notre processus de créativité collective à la culture des Makers ou DIYers dont le mode privilégié de créativité passe par le faire, et achoppe dans des situations plus conceptuelles (Dupont et al., 2017a). Ainsi, le continuum d’innovation 2D-3D-4D a été amélioré par la participation des makers qui nous ont aidé à définir le problème, concevoir la recherche-action et implémenter le protocole. Le distributeur d’électricité ne souhaitant pas mettre de compteur communicant (secret industriel, production en flux tendu), pour identifier les usages associés et favoriser son appropriation par de potentiels consommateurs, nous avons dû créer les conditions de la fabrication de maquettes et de prototypes open-source (OSAT – open-source appropriate technology) (Figure 24). Ainsi, c’est en commençant par la matérialisation (3D) que nous avons pu alimenter la conceptualisation (2D) et évaluer les usages potentiels d’une technologie en cours de déploiement à l’échelle nationale (4D). Cette compréhension fine des pratiques selon les publics est indispensable pour favoriser une dynamique collaborative distribuée impliquant le plus grand nombre.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 101 Figure 24 : Application du processus 2D-3D-4D dans le cadre du projet Linky by Makers (Dupont, 2023a) Pour garantir, la mise en œuvre d’infrastructures et de lab-démonstrateurs, j’ai également établi un dialogue régulier avec les services universitaires concernés dans le montage et l’articulation des modes contractuels adéquats pour poursuivre la démarche et amplifier nos questionnements relatifs à la CECD au service d’une innovation responsable. Dans le cadre d’une jeune université créant ou repensant l’intégralité de ses procédures, j’ai pu constater l’importance d’une interaction étroite et régulière avec les services support pour garantir un fonctionnement fluide et agile avec les partenaires socio-économiques de l’université. Les rythmes, les positions et les exigences entre une grande administration publique, un grand groupe industriel, une association, une collectivité, une PME-PMI… ne sont pas toujours faciles à concilier. Un dialogue constant est nécessaire. Ici aussi, l’expérience de Linky by maker est significative. La contractualisation que nous avons mis en place avec les différents Fablab régionaux français, pour soutenir les expérimentations que nous leur demandions de mettre en œuvre avec le soutien financier à l’Université de Lorraine de l’entreprise Enedis, a provoqué des réticences et des suspicions chez les Makers plus habitués à des logiques d’engagement par la parole… seulement dans le cadre de fonds publics, il est indispensable d’adopter un certain formalisme et une traçabilité rigoureuse. Cette expérience croisée avec celle des collègues suisses du Energy Living Lab m’a d’ailleurs conduit à formaliser la matrice « co-con » pour renforcer la co-création et la confiance dans un processus d’innovation ouvert et agile (Dupont et al., 2019b, 2019c). Malgré des contextes industriels et législatifs très différents, j’ai pu observer qu’il y avait une certaine similitude dans les difficultés que nous avions à mobiliser des acteurs pour faire émerger des idées nouvelles et coconcevoir les futurs usages des réseaux électriques connectés. La matrice « co-con » et plus globalement les découvertes sur les mécanismes de confiance dans les projets Living Labs sont une réponse supplémentaire au lab-démonstrateur LbM dont le périmètre initial est d’impliquer les makers et FabLabs fédérés régionalement dans le secteur électrique français (Dupont et al., 2017a). L’expérimentation LbM nous avait surtout permis d’identifier début
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 102 2017 les challenges existant pour favoriser la collaboration entre un groupe industriel, l’université et les communautés ouvertes (makers). Quelques mois après une nouvelle collaboration initiée dans le cadre d’ENoLL a permis d’échanger sur nos travaux entre Living Labs et illustrer les apports de l’engagement européen. Dans le cadre du Réseau de Recherche sur l’Innovation, j’ai également eu l’occasion de transférer la matrice « co-con » à l’écosystème d’innovation de l’école des Mines de Paris pour accompagner la création d’une start-up souhaitant utiliser la Blockchain comme tiers de confiance en phase amont des projets collaboratifs (Dupont et al., 2019d). La temporalité des résultats souligne l’importance du temps long pour faire émerger un écosystème collaboratif distribué vers l’échelle nationale et européenne. 3.3.3.2 Les enseignements directs de la conception collaborative distribuée par barrière aux collaboratifs Cette section propose une lecture verticale de la matrice présentée Figure 19. Constat sur le plan géographique : Mes expériences, ou celles que j’ai observées et analysées, ont été réalisées à différentes échelles territoriales et surtout en articulant plusieurs de ces échelles entre elles : de la métropole au Sillon Lorrain (corridor géographie entre Thionville et le sud du département des Vosges) avec la Chaire REVES et du régional au national comme l’illustre par exemple Linky by Makers. L’ingénierie de la conception collaborative distribuée doit s’appuyer sur une approche multiscalaire du territoire. Nouveaux questionnements : Est-il possible d’appliquer le processus 2D-3D-4D en dehors de la plate-forme Fab Living Lab et le transposer à une échelle supérieure ? Peut-on amplifier le rayon d’action des lab-démonstrateurs ou doit-on concevoir des lab-démonstrateurs dans le cadre de consortium plus largement distribué géographiquement ? Après avoir expérimenté la conception de lab-démonstrateurs locaux, régionaux et nationaux, est-il possible de coconcevoir un ou plusieurs lab-démonstrateurs à l’échelle européenne ? Comment évaluer en quoi ce cadre est favorable à la CECD ? Cadre d’évolution proposé : Envisager l’échelle de l’Union européenne, son fonctionnement institutionnel semble propice aux dynamiques collaboratives interculturelles et intersectorielles. La conception d’écosystème collaboratif pourrait se porter sur une filière industrielle. L’économie circulaire semble être un enjeu partageable pour constituer une communauté d’intérêts. * * *
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 103 Constat sur le plan technologique : Les projets que nous avons été amenés à réaliser sollicitent des lab-démonstrateurs pérennes ou éphémères. La pérennité s’est caractérisée par l’appropriation par tout ou partie de l’écosystème des outils, méthodes, infrastructures expérimentés lors d’un lab-démonstrateur sur une durée suffisamment significative pour garantir le passage de la représentation de la technologie, à son utilisation sur le territoire puis son instrumentalisation (méthode RUI) pour reprendre les travaux que nous avons réalisés avec Julien Hubert lors de son doctorat (Dupont et al., 2019a; Hubert, 2017a). Nous pouvons également constater que les technologies sont incarnées par les plates-formes d’innovation. Ces technologies s’accompagnent d’une maîtrise de connaissances et d’expertises parfois très pointues. Dans le même temps, les technologies et les machines associées peuvent susciter une forme de fascination ou au moins de la curiosité (effet nouveauté), qui peut aussi être le déclencheur d’un échange, d’une médiation comme à l’occasion des Open Citizen Labs, des Living Labs éphémères qui croisent diffusion de la culture scientifique et technique et tests par l’usage (voir la section 4.1.2, p.137 qui présente ce dispositif original). Nouveaux questionnements : l’appropriation par les acteurs des espaces (collaboratifs et technologiques) d’innovation, si elle est souhaitée, peut en revanche se révéler être « victime de son succès » : manque de capacité de développement pour satisfaire toutes les demandes, appropriation par un groupe restreint au service exclusif de certains acteurs… au détriment d’une réalisation de la conception collaborative avec et par différents usagers. Comment maintenir un esprit d’ouverture ? Comment renouveler les usagers et les faire se rencontrer ? Comment s’assurer que la technologie soit au service du collaboratif, qu’elle soit inclusive et non pas excluante ? Comment faire pour que les coûts associés à certaines technologies ne soient pas un frein à la conception collaborative ? Ce sont là quelques-unes des questions qui surgissent. Cadre d’évolution proposé : s’appuyer sur la culture de veille stratégique et technologique de l’équipe du laboratoire pour identifier les nouveautés technologiques, tout en poursuivant l’engagement de l’équipe dans les technologies open-source pour concevoir dans la mesure du possible les lab-démonstrateurs basés sur ce principe. * * * Constat sur le plan conceptuel : Les lab-démonstrateurs ont montré que l’approche Lab à la capacité de faire se rapprocher des communautés de pratiques et de faire converger leurs stratégies (au moins le temps d’un projet). Parmi ces communautés, il est important de rappeler qu’au cœur du Living Lab se trouvent les usagers… Les travaux de la chaire REVES ont renforcé notre connaissance des mécanismes d’intégration du point de vue de l’usager et du citoyen dans les processus d’innovation développés par un écosystème industriel et impactant le territoire. Au cours du processus, l’usager évolue dans son rapport à l’innovation (passage de la Représentation à l’Utilisation puis l’Instrumentalisation). Les usagers ne sont pas uniformes (conformément aux constats de la littérature). Il faut adapter les outils et méthodes selon les étapes de l’innovation considérée (Dupont et al., 2019a; Hubert, 2017a). En même
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 104 temps, chaque communauté applique ses propres critères (Tran et al., 2017). Donner à voir et à comprendre les critères des uns et des autres ou identifier des critères communs contribue à renforcer la conception collaborative distribuée. La prise de décision, même si elle ne fait pas consensus, peut-être rendue plus robuste par une compréhension des motivations et de l’arbitrage des décideurs. Ainsi, analyser de concert les usages et les processus décisionnels est fondamental pour garantir le succès des écosystèmes collaboratifs d’innovation. Reste néanmoins à étudier les modalités de l’émergence d’une réelle prise de décision partagée à l’échelle des projets de territoires. Nouveaux questionnements : Au-delà de ces synergies favorisées par un tiers extérieur comme l’université, comment faire émerger des communautés d’intérêt(s), par nature interdisciplinaires, mais qui se retrouvent sur la conviction partagée de résoudre un ou plusieurs défis qui dépassent la capacité de résolution d’une communauté de pratique isolée ? Les échanges avec nos paires sont un excellent levier pour alimenter le processus de conception collaborative distribuée. Par exemple, un article de conférence co-écrit avec Jonathan Lacroix lors de son doctorat (Lacroix et al., 2017) a suscité un débat au sein de la communauté ICE Conference. Peut-on réellement appliquer l’approche smart city à un territoire périurbain, voire rural ? Peut-on se saisir de ce concept lorsqu’on ne déploie pas systématiquement des technologies connectées pour surveiller la ville ? Cadre d’évolution proposé : La convergence conceptuelle est un processus complexe qui réclame à la fois des montées en compétence et une ouverture d’esprit de tous les acteurs. Cela dit, pour réduire les risques de confusion, une connaissance fine de l’état de l’art et des pratiques est préconisée avant la conception de tout lab-démonstrateur. Par ailleurs, la conception collaborative pour la ville et les territoires que nous prônons peut par exemple privilégier le concept de Sustainable (Smart) City (Bibri, 2021; De Jong et al., 2015; Riedmann-Streitz et al., 2024; Sharifi et al., 2024; Tomor et al., 2019; Yilmaz et al., 2023) pour réduire l’ambiguïté quant aux effets et impacts recherchés. * * * Constat sur le plan temporel : Les travaux ont montré qu’il est possible de faire converger temporairement des stratégies d’acteurs autour de lab-démonstrateurs. La connaissance et l’expérience issues de ces labs peuvent être capitalisées dans des répertoires scientifiques pérennes et ouverts permettant un réemploi et une valorisation ultérieure. Les acteurs mobilisés sont également devenus porteurs de cette connaissance. Ils ont pu la réemployer et la diffuser. Le transfert vers les formations a renforcé la pérennisation et la diffusion vers les territoires et le monde socio-économique des pratiques issues de la recherche. Au niveau des territoires, le temps long est une caractéristique majeure et bien souvent plusieurs temporalités se superposent et conditionnent les processus collaboratifs. Nous avons aussi à présent largement conscience de l’impact de nos prises de décisions envers les générations suivantes. Par exemple, l’héritage industriel sur lequel nous avons eu l’occasion de travailler lors de nos interventions sur l’Opération d’Intérêt National d’Alzette-Belval appelle un
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 105 engagement sur des dizaines d’années. Nous avons ainsi réalisé un premier projet pédagogique avec les AIU en 2011-2012 que nous avons repris 5 ans après sous forme de recherche en 2016 après avoir décliné le LSCLL en Smart City Living Lab Alzette-Belval, ce lab-démonstrateur a servi de terrain à la thèse de Jonathan Lacroix (Lacroix, 2019; Lacroix et al., 2017). Ce projet a notamment permis de revenir sur le concept d’OIC pour préciser leurs caractéristiques afin de soutenir la coconception des projets urbains. La mise en place d’un Urban Living Lab pour faire le lien entre praticiens aménageurs et citoyens usagers doit à la fois s’appuyer sur des OIC, mais aussi sur la capacité des animateurs du Living Lab à être en empathie avec les parties, à saisir leurs connaissances et pratiques respectives pour soutenir la médiation amorcée par les OIC. Si les OIC relèvent du plan conceptuel, pour les projets de territoire c’est sur le temps long qu’ils doivent être appréhendés. Nouveaux questionnements : Au-delà de ces synergies de circonstance et éphémères, comment susciter un intérêt partagé pérenne et approprié de plus en plus largement ? Comment garder active cette connaissance, assurer la transmission et faciliter un réel réemploi sur le temps long, notamment lorsque les acteurs et certains supports technologiques changent ? De façon plus fondamentale, quid du temps de l’environnement dans des lab-démonstrateurs d’une durée de 3-4 ans ? Comment concevoir et systématiser une analyse d’impact pertinente ? Cadre d’évolution proposé : Continuer à aborder l’ingénierie de la conception collaborative distribuée selon le paradigme de la complexité, en composant avec des processus dialogiques. De plus, même si le projet et ses enjeux se situent a priori à l’échelle locale, il est nécessaire de créer des ponts vers d’autres écosystèmes pour distordre le temps, l’accélérer ou le ralentir au regard de ce qui se fait et se dit ailleurs. Ici les collaborations interdisciplinaires et le dialogue entre les disciplines peuvent jouer un rôle fondamental. Par exemple en 2017, mon implication dans l’organisation de l’école d’été du RRI « L’innovation agile : Quels défis pour les individus, les organisations et les territoires ? » a non seulement permis de produit trois numéros spéciaux dans les revues partenaires du réseau (Crespin-Mazet et al., 2019; Dupont, 2019; Dupont and Morel, 2019), mais cette collaboration entre ingénieurs / économistes / historiens / etc. a surtout permis de mettre en lumière la diversité des travaux d’ERPI tout en les éclairant d’un jour nouveau, avec les regards d’autres disciplines faisant émerger des collaborations toujours actives. 3.3.4 Conclusions intermédiaires issues de la phase 2 et nouvelles perspectives L’ensemble des expériences auxquelles j’ai contribué m’amène à tirer trois conclusions : 1. Quelle que soit l’échelle, la CECD appelle à s’engager dans l’écosystème [local] à transformer. En d’autres termes, l’université doit sortir de ses murs, le laboratoire devient le laboratoire (vivant), et l’université doit faire rentrer (au moins symboliquement) l’ensemble des acteurs de la Société dans ses murs, c.-à-d. permettre aux acteurs de la
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 112 3.4.3 Enseignements issus de la conception collaborative au 4e niveau de complexité de la 4HI impliquant acteurs locaux, régionaux et européens 3.4.3.1 Grand projet n°1 – dimension macro du mode LL : le projet INEDIT, conception d’un écosystème collaboratif européen et local pour contribuer à la smart Economy (2019-2023) En 2019, dans un mouvement de balancier, j’ai transféré mes travaux sur le génie urbain à un domaine étudié en Génie des Systèmes Industriels : l’industrie du futur. Cette thématique est aujourd’hui appelée à développer une approche écosystémique en considérant les limites de la planète (Dupont et al., 2023d; European Commission et al., 2021), si elle veut apporter sa contribution aux grands défis sociétaux. À noter que ces derniers s’adressent à la fois aux grands groupes industriels, aux PME-PMI et aux collectivités. À l’heure de la numérisation à marche forcée des entreprises, la question du territoire n’est pas anodine, car ceux-ci doivent soutenir les infrastructures supports comme le déploiement de la fibre, la transition vers l’autoconsommation énergétique et le passage aux énergies renouvelables, l’accès à un bassin d’emplois offrant un cadre de vie agréable et la formation aux compétences requises pour une industrie globalisée, interconnectée et dépendante de flux logistiques croissants. À noter aussi, le rôle essentiel des agences, des services publics, des subventions locales ou encore des mécanismes de défiscalisation qui soutiennent les écosystèmes d’innovation ou la transition d’un tissu économique local. Le territoire par ses différents aspects est clairement présent dans le cycle de vie des entreprises et de leurs produits / services. Ce constat est particulièrement fort pour un territoire tel que la Lorraine, dont l’héritage sidérurgique et minier est généralement géré par les acteurs publics lorsque le problème est visible et connu de tous52. La corrélation entre des activités économiques et des pollutions ou autres impacts négatifs qui surgissent peut prendre des années. Là encore, le secteur public pourra pallier l’absence de responsable explicite. Il en va de même dans les exercices de prospective territoriale et économique. Récemment, deux chercheurs de l’Université de Lorraine et du CNRS ont émis l’hypothèse que le sous-sol lorrain pourrait regorger du plus gros gisement mondial d’hydrogène blanc53… À l’heure du passage du véhicule thermique au véhicule électrique, de la guerre économique mondiale entre les constructeurs automobiles, une telle information interroge sur l’avenir possible du territoire. Depuis le début des années 2010, l’économie circulaire a émergé comme une des réponses aux limites actuelles de la production linéaire, de la consommation immodérée, des usages uniques, de la fin de vie des produits (Ellen MacArthur Foundation, 2012; Kirchherr et al., 2017). Compte tenu des mutations induites et des perspectives offertes par le développement d’un écodesign (Dufrene et al., 2013) ou des éco-innovations (de Jesus et al., 2021; Rennings, 2000; Shkarupeta and Babkin, 2024; Vence and Pereira, 2018), c’est tout naturellement que le 52 Voir par exemple la gestion des friches industrielles ou la création de l’écocité sur le site Alzette-Belval (la communauté de communes du Pays-Haut du Val d’Alzette - CCPHVA) 53 https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/moselle/metz/energie-le-plus-gros-gisement-d-hydrogene-blanc-dumonde-decouvert-en-lorraine-un-futur-eldorado-mais-pour-qui-2888582.html
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 113 laboratoire ERPI s’est saisi de ce domaine de recherche qui s’inscrit dans les recherches sur l’innovation. Ainsi au niveau du projet INEDIT, il nous a semblé voir dans l’économie circulaire un enjeu supérieur capable de mobiliser et de faire collaborer des acteurs distants à tout point de vue (géographiquement, conceptuellement, technologiquement et temporellement). En collaboration avec l’équipe de recherche Présence et Innovation du LAMPA, j’ai dès lors mobilisé plusieurs collègues d’ERPI et nous avons coconçu le projet H2020 INEDIT en vue de définir, caractériser et expérimenter le concept Do-IT-Together (DIT) pour aider les PME-PMI dans le secteur de l’ameublement à innover dans une démarche d’économie circulaire grâce aux technologies avancées comme les technologies immersives, la fabrication additive, l’internet des objets (CORDIS EU research results, 2019; Dupont et al., 2023d; Kasmi et al., 2021; Marche et al., 2023). Après avoir constitué l’équipe projet, j’ai piloté la démarche scientifique et le déploiement de quatre démonstrateurs d’installations de fabrication ouvertes (OMDF - Open-Manufacturing Demonstration Facilities) distribués dans quatre pays européens et reliés par une plate-forme multiacteurs (Dupont et al., 2023b, 2023a, 2022e). Ceci a constitué la première problématique dont ERPI avait la charge. La Figure 26 illustre les six étapes du processus itératif de conception de ce lab-démonstrateur à l’échelle européenne. Figure 26: Problématique 1 - coconcevoir et piloter le déploiement d’un démonstrateur distribué en Europe du concept DIT (Dupont et al., 2023b) Ce projet a nécessité de coordonner scientifiquement quatorze partenaires européens, dont sept universités, une grande entreprise industrielle, trois centres technologiques et trois PME. Localement, au cours du projet, ce sont 16 chercheurs, ingénieurs ou techniciens (locaux et internationaux) ainsi que dix-neuf étudiants du cycle ingénieur ou master 2 orientés recherche qui se sont impliqués. Les membres du consortium ont également mobilisé leur propre équipe locale. La crise Covid a par ailleurs obligé les entreprises à s’arrêter pour bénéficier des aides
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 114 aux entreprises en difficulté, alors que les universitaires sont restés impliqués. Pour assurer l’existence et le succès d’un tel écosystème collaboratif distribué, j’ai piloté une démarche scientifique s’appuyant sur différents types d’objets intermédiaires de conception (ou Boundary Object – BO dans la Figure 27 ci-après) au cours du temps, selon le niveau de maturité technologique et des acteurs mobilisés dans les différentes étapes de la collaboration. Figure 27 : Du TRL4 au TRL6, processus de conception d’Open-Manufacturing Demonstration Facilities (OMDF) dynamiques, observables et reproductibles à l'aide d’OIC (Dupont et al., 2023b) • Étape 1 : Avec mes collègues, nous avons coconçu le concept DIT en nous appuyant sur une revue de la littérature et la mobilisation d’une communauté scientifique pluridisciplinaire (génie industriel, économiste, marketing, management de l’innovation, biologiste, etc.) o OIC 1 : dès l’étape 1 et tout au long du projet, le consortium a produit des concepts et des modèles scientifiques disponibles en ligne sur Zenodo54 ou OpenAIRE55, y compris un glossaire partagé56. L’équipe ERPI qui a assuré le pilotage scientifique a apporté la contribution sur ce type d’OIC avec 32 publications scientifiques en accès libre sur HAL57. La Figure 28 présente les catégories de productions scientifiques ainsi que les autres résultats pour l’équipe nancéienne. 54 https://zenodo.org/communities/inedit/records?q=&l=list&p=1&s=10&sort=newest 55 https://explore.openaire.eu/search/project?projectId=corda__h2020::fd215919b9f0ee9671d2939b50fd31da 56 https://www.inedit-project.eu/glossary/ 57 https://hal.univ-lorraine.fr/search/index/?qa%5BeuropeanProjectReference_t%5D%5B%5D=869952&rows=30&page=1
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 115 Figure 28 : Apport du projet INEDIT à l’écosystème universitaire et territorial lorrain (ma recherche) o OIC 1 bis : des interfaces médiatiques plus accessibles pour tous les publics ont été réalisées et diffusées comme des vidéos58. Par exemple, l’ERPI a produit treize contenus médiatiques, et a donné des interviews à des médias en ligne, ainsi qu’à la presse nationale (voir Annexe CST 53, p.288). • Étape 2 : Nous avons sollicité le consortium pour élaborer les spécifications d’un Open Manufacturing Demonstrator (OMD) idéal à partir des quatre installations expérimentales (futurs OMDF). L'OMD idéal devait satisfaire à 10 fonctions, 53 sousfonctions, 206 critères et nous pouvions l’analyser à travers 2140 critères de contrôle possibles. o OIC 2 : lors de l’étape 2, ERPI a réalisé au début du projet les diagnostics technologiques des quatre installations expérimentales. Ils ont été structurés à l’aide d’une base de données générique et accessible en ligne59 conçue par ERPI (Dupont et al., 2021c). o OIC 2bis : durant l’étape 2, ERPI a généré aussi l’OMD idéal qui permet d'évaluer l'écart entre le niveau initial de maturité technologique et un système final éprouvé en environnement opérationnel et engagé dans une production compétitive (TRL9) (Dupont et al., 2022e). • Étape 3 : Les concepteurs60 de la plate-forme numérique multi-technologies ou multisided platform (cyberespace) et les responsables des quatre installations expérimentales (espace physique)61 ont assuré le développement technologique pour atteindre le TRL6. 58 https://youtu.be/eqy9ZLtw1as 59 https://inedit-db.lf2l.fr/fr/ 60 FANVOICE : PME Française dans l’édition de logiciels applicatifs ; ENSAM, France ; TTPSC : Entreprise spécialisée dans les logiciels industriels et la transformation numérique, Pologne ; TTS : Technology transfer system, une PME italienne, SUPSI : Scuola universitaria professionale della Svizzera italiana, Suisse. 61 AIMEN : Centre d’innovation et de technologie, Pontevedra, Portugal ; UL-ERPI, avec le Green FabLab, France ; UNINOVA : Instituto de desenvolvimento de novas tecnologias, institut de recherche, Portugal ; VERAGOUTH XILEMA : PME Suisse dans le secteur de la conception bois.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 116 o OIC 3 : tout au long de la phase d'implémentation (étape 3) nous disposions de versions intermédiaires d'OMDFs internes aux équipes des installations expérimentales (schémas techniques, maquettes, photos, résultats de tests, etc.). • Étape 3 bis : En parallèle, l’équipe ERPI a conçu et coordonné le suivi du développement, de la mise en œuvre et de l'évaluation à l’aide d’un tableau de bord s’appuyant sur les 1420 critères retenus par le consortium parmi les 2140. o OIC 3 bis : Des tableaux de bord (Dupont et al., 2022d) ont permis le suivi partagé entre les quatorze partenaires de la conception de l’OMD et ses OMDF, ainsi que le suivi de la mise en œuvre de leurs expérimentations sur la base de phénomènes observables. Cette démarche permet de mesurer les éventuelles dérives ou incompréhensions et d’établir collectivement des corrections. • Étape 4 : dans une logique Living Lab, le consortium INEDIT a régulièrement organisé des tests et une évaluation de l'acceptabilité dans un environnement semi-contrôlé en s'adaptant au contexte perturbé par la pandémie de Covid-19. Ces tests et les modalités de confrontation au monde socio-économique ont pris plusieurs formes selon les étapes du projet et les technologies concernées. o OIC 4 : par exemple, en 2022, l’organisation par le laboratoire de la conférence IEEE ICE-IAMOT a permis de rassembler à Nancy près de 400 experts internationaux issus des communautés scientifiques du management des technologies, de l’ingénierie et de l’innovation autour de la thématique « transition socio-économique des industries et des territoires » (Dupont et al., 2022a, 2022b). En tant que chair de cette conférence, j’ai eu à cœur de mobiliser les partenaires des projets européens, notamment les trois projets jumeaux d’INEDIT avec l’initiative « Innovative Design Factory in the City » (Dupont et al., 2022c) qui nous a permis d’expérimenter le démonstrateur Do-It-Together, OMD version 0.1 (en cours de conception autour du TRL5), sur 900 m2 avec le public d’experts de la conférence, provenant de quatre continents (Dupont et al., 2023b). La Figure 29 illustre les interactions régulières avec les acteurs de la quadruple hélice de l’innovation, en ligne et en présentiel.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 117 Figure 29 : Mode Living Lab appliqué au projet INEDIT avec des OICs conçus pour interagir avec les publics (présentation finale projet INEDIT, ma recherche, 2023) • Étape 5 : Livraison du démonstrateur (les installations expérimentales, les technologies associées, la plate-forme en ligne DesignTogether) et la description du processus par lequel il a été conçu, déployé, et évalué. o OIC 5 : les données récoltées ont permis de valider que l’Open Manufacturing Demonstror et de ses Open Manufacturing Demonstration Facilities ont atteint le TRL 6 au fur et à mesure du processus de conception collaborative distribuée (Figure 30). La connaissance acquise par le consortium est remise à l’Union européenne et est accessible en ligne62 Figure 30 : Exemple du tableau de bord ad hoc pour mesurer l’avancée de la conception de l’OMD de février 2022 à mars 2023 (Dupont et al., 2023b) 62 https://www.inedit-project.eu/deliverables/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 118 o OIC 5 bis : Un webinaire a été organisé par le Réseau de Recherche sur l’Innovation présentant le concept DIT et les travaux scientifiques associés63. Il reste disponible en ligne64. o OIC 5 ter : les écosystèmes locaux ayant portés la conception d’un des quatre OMDF ont conservé leur démonstrateur. Ils ont pu capitaliser sur ce projet et poursuivre leur dynamique de conception collaborative aux échelles qui leur conviennent. Le cas d’étude nancéien illustre la connexion entre l’écosystème collaboratif au niveau européen et celui au niveau local. La seconde problématique pour ERPI a consisté à faire passer le Green FabLab du TRL4 au TRL6. Le déploiement en environnement réel, au cœur du tiers-lieu l’Octroi Nancy a notamment été facilité en 2021, par une collaboration amorcée dès le démarrage du projet européen. En plein confinement, la conception de l’agencement des locaux du site Octroi Nancy a été rendue possible par le codesign assisté par technologies immersives et expérimentées par le consortium européen (Pallot et al., 2021). Cette première collaboration a montré l’enjeu et l’apport possible au niveau local de la recherche au niveau européen. Par ailleurs les valeurs véhiculées par le déploiement d’un démonstrateur scientifique, technique et organisationnel sur le recyclage distribué de déchets plastiques locaux s’accordaient parfaitement aux ambitions du projet citoyen sous-jacent à Octroi Nancy. La Figure 31 décrit le processus du projet INEDIT pour concevoir le passage d’un projet de recherche de l’ERPI de niveau TRL4, validé en laboratoire (Roux-Marchand et al., 2020) à un niveau TRL6, avec une expérimentation (Camargo et al., 2023; Cruz Sanchez et al., 2023; Gabriel and Cruz, 2023). Figure 31 : Problématique 2 - concevoir et déployer le passage du Green FabLab du TRL4 (au sein du LF2L) au TRL6 (environnement réel) (Dupont et al., 2023c) 63 Numéro spécial paru en janvier 2023 dans la revue Innovations - JIEM Journal of Innovation Economics & Management - https://shs.cairn.info/journal-of-innovation-economics-2023-1?lang=en 64 https://youtu.be/RV5AKaQH8fM
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 119 La Figure 32 présente la mise en synergie générée par le projet INEDIT entre un écosystème européen contractualisé et un écosystème local ad hoc autour de démonstrateurs scientifiques, techniques et organisationnels. Cette synergie n’est pas systématique pour tous les projets européens, mais l’expérience a prouvé qu’il est possible de concevoir une dynamique collaborative entre deux écosystèmes collaboratifs d’échelles différentes. Figure 32 : Mise en synergie d'un écosystème européen contractualisé et d'un écosystème local ad hoc autour de démonstrateurs scientifiques, techniques et organisationnels (ma recherche) Depuis 2023, l’expérimentation autour du Green FabLab a de plus été pérennisée par la collaboration d’ERPI et l’ENSGI au développement du tiers-lieu culturel, créatif et citoyen l’Octroi Nancy. Sur le plan scientifique, le Green FabLab continue à alimenter des programmes de recherche portés par certains de mes collègues d’ERPI par exemple le projet ANR Green Local 3D65 (2022-2026), le projet Erasmus+ programme TechTraPlastiCE66 (2025-2028). Le projet sert aussi de vitrine au Carnot Icéel et de nombres partenaires industriels ou institutionnels viennent le visiter. Toujours sur le plan scientifique, trois doctorants de l’ED SIMPPÉ ont bénéficié de ce terrain européen riche et stimulant. Le premier, Guillaume Pronost, que j’ai accompagné sur le plan méthodologique a conduit des recherches sur les jumeaux numériques. Après un état de l’art qui a permis de classer les différents type de jumeaux numériques pour l’industrie (Pronost et al., 2024, 2021), il a étudié leurs apports pour renforcer la dimension collaborative de l’openmanufacturing et il a expérimenté la fabrication additive comme support à la production d’objets intermédiaires de fabrication (OIF) (Pronost, 2024). Les deux autres doctorants sont Catalina Suescun Gonzalez et Cristian Caceres Mendoza. Ce dernier a d’ailleurs réalisé son stage de M2 recherche en lien avec le projet INEDIT, il a ensuite rejoint le projet comme ingénieur d’étude pour soutenir le développement du Green FabLab, avant d’être lauréat d’un appel d’offres international de thèse déposée par l’ERPI. 65 https://anr.fr/Projet-ANR-22-CE10-0007 66 Project 101179564 — TechTraPlastiCE — ERASMUS-EDU-2024-CBHE Co-funded by the Erasmus+ Programme of the European Union https://techtraplastice.eu/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 120 Les technologies conçues et expérimentée grâce à INEDIT ont permis en décembre 2022 à Catalina Suescun Gonzalez de réaliser la 1re fabrication additive du modèle de référence INEDIT à partir de bouteilles d’eau Cristaline, recyclée intégralement (bouteille + bouchon) (Figure 33 - A). Les deux doctorants ont également pu profiter du dynamisme de l’écosystème local, par exemple pour participer au « Marché vert » de la Métropole Grand Nancy, sur le site Octroi Nancy en décembre 2022 (Figure 33 - B) ou encore aux Open Citizen Labs (voir section 4.1.2, p.137) pour rencontrer les publics et associer les citoyens à leurs recherches. Figure 33 : Exemple de résultats supplémentaires au projet INEDIT obtenus avec le Green FabLab (Photo : UL ERPI 2022) La fabrication additive de meuble a été permise par un investissement dans la 1re Gigabot X importée en Europe. Cette technologie OSAT a permis à mes collègues de concevoir et de dimensionner l’instrumentation scientifique adéquate. La collaboration avec la communauté des OSAT a bénéficié à INEDIT et lui a permis de dépasser, par les conditions crées par l’ingénierie collaborative, la barrière technologique du passage du TRL4 au TRL6. Le Green FabLab peut être clairement analysé comme un système d’innovation multiniveau (Camargo et al., 2023). L’écosystème collaboratif généré par INEDIT a dès lors été aussi profitable pour le territoire et l’environnement. Le Green FabLab est pensé comme une micro-usine urbaine. C’est un démonstrateur de production locale, valorisant les déchets. Sur la période du projet, grâce aux collecteurs connectés (technologie OSAT) conçus au LF2L (Gabriel and Cruz, 2023) et aux différentes collaborations locales, mes collègues estiment avoir collecté et transformé 90 kg de bouchons plastiques (déchets locaux), soit environ 36 000 bouchons. Sur le plan territorial, le tiers-lieu a joué un rôle pour générer des synergies et dépasser des barrières conceptuelles et organisationnelles. Les usagers du site ont su allier leurs compétences et leurs ressources pour concevoir, fabriquer et tester un prototype de cuisine qui ne nécessite aucun raccordement direct aux systèmes d’approvisionnement et d’évacuation d’eau de la métropole (Figure 34). La trentaine d’usagers de la petite halle du site Octroi ont ainsi pu se questionner sur leur dépendance aux infrastructures fondamentales des systèmes urbains et à leur mode de consommation et de fabrication de leur cadre de vie (professionnelle).
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 121 Figure 34 : Exemple de collaboration au sein d'Octroi Nancy : besoin, conception, fabrication, test et amélioration dans le même écosystème créatif (crédits photo : L’A.Paillettes et L. Dupont, 2022) (ma recherche) L’intégralité du projet européen a également eu d’autres impacts directs sur le territoire en contribuant à la création et/ou la pérennisation d’emplois locaux. Par exemple, sur les cinq postdoctorants impliqués dans le projet, quatre sont aujourd’hui maître de conférences, dont 3 localement. Une postdoctorante travaille toujours à l’ERPI sous statut de chercheur contractuel. Ils font bénéficier de leurs expertises à notre université et au territoire. Ils contribuent à poursuivre la dimension collaborative du projet en dépassant la barrière temporelle de la fin d’INEDIT. De plus, je veux souligner les nombreux transferts vers la pédagogie qui contribuent aussi à cette continuité (Figure 28, voir OIC1 ci-dessus). L’appel à projet européen a représenté une véritable opportunité pour expérimenter le passage à l’échelle européenne du processus 2D-3D-4D, distribué entre les partenaires du consortium et leur écosystème local (Figure 35). L’espace d’innovation LF2L devient un des rouages d’une spatialisation d’un projet collaboratif d’innovation pour transcender le DIY et expérimenter une capacité à faire ensemble (DIT) sur le territoire. Le territoire tend à devenir un laboratoire d’innovation d’une production relocalisée, en harmonie avec les ressources de ce dernier. Les technologies immersives associées à un ERP et un indicateur de soutenabilité permettent de scénographier une coconception sur mesure au regard des contraintes d’agencement du consommateur, mais aussi au regard des capacités de production locales et des ressources naturelles de l’environnement de production.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 128 (EI). Ces éléments sont eux-mêmes définis par des propriétés spécifiques (Figure 39) que nous avons étudiées à travers un questionnaire qualitatif et quantitatif. Ce questionnaire nous permettait dès lors de recueillir a posteriori l’expression de l’usager sur son expérience d’innover (UXi). Le recueil des données d’usage factuelles et objectives pendant l’UXi en environnements immersifs collaboratifs restait, en revanche, un verrou à débloquer pour : 1) objectiver la compréhension de l’usage vécu par l’usager et 2) capitaliser cette expérience. La validité des simulations dans les dispositifs d’interaction numérique réside dans la capacité de reproduire les réponses produites dans un environnement physique (ou réel) (Marín-Morales et al., 2018). Créer les conditions de la coconception et de la co-création de valeur est un facteur identifié pour renforcer le développement et l’appropriation au plus tôt d’innovations. Dans le cadre de situations simulées dans des environnements immersifs (réalité virtuelle, augmentée ou mixte), il est déjà nécessaire de bien comprendre les relations individuelles HommeMachine et d’étudier la valeur immersive d’un environnement virtuel au niveau d’un individu pour s’assurer que cette expérience corresponde bien à une expérience transposable dans le monde réel. L’enjeu est de s’assurer que l’expérience d’innover en monde immersif soit conforme au développement nécessaire d’une innovation dans le monde réel. La prise en compte des aspects psychologiques et comportementaux est dès lors indispensable. C’est dans ce contexte que j’ai déposé le projet Inn-Cognitif - Innovation, Cognition, Immersion, pour évaluer l’apport de la prise en compte de la dimension cognitive dans les expériences d’usage en situation virtuelle ou réelle (2019-2022). Ce projet permet de croiser les compétences du 2LPN (Laboratoire Lorrain de Psychologie et de Neuroscience) et de l’ERPI. Cela nous a permis d’explorer ce verrou scientifique pour en préciser le contour, recueillir de premiers résultats et identifier les pistes de recherche à approfondir. L’ampleur des questionnements, les besoins en équipement ou en développement technologique, nous ont incités à créer des synergies entre trois projets de l’ERPI en cohérence avec la démarche de conception collaborative. Ainsi, le projet Inn-cognitif, le LabCom N-HumInno avec l’entreprise TEA, et la thèse Cifre ERPI / 2LPN avec l’entreprise TEA pour laquelle j’ai apporté mon expertise (Hily, 2022) ont été articulés pour se compléter mutuellement (Figure 40).
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 129 Figure 40 : Synergie et interdépendance des projets ERPI sur l’enjeu des environnements immersifs et l’innovation (Dupont et al., 2021a) Concrètement, l’objectif initial d’Inn-Cognitif était de comparer des expériences individuelles dans des environnements simulées (virtuels) avec des expériences en environnement réel (Dupont et al., 2021a). J’ai dès lors piloté quatre démarches scientifiques complémentaires : 1) Réalisation d’un état de l’art et des pratiques sur les indicateurs et capteurs psychophysiologiques pour l’analyse des comportements dans les environnements immersifs (dimension eXperience Immersive - IX). Ce travail a fait l’objet d’un article de conférence (Martinez et al., 2020). En parallèle, A. Hily a réalisé un état de l’art sur les technologies immersives qui montre que les plus grands défis à l'utilisation intensive des technologies immersives à considérer dans un avenir proche sont la validité écologique des expériences développées et l'intégration des technologies mises en œuvre (Hily et al., 2023a). Pour pallier ces limites, nous avons identifié les pistes suivantes : inclure des moyens d'évaluation objective émergents tels que les capteurs physiologiques dans d'évaluation de l'expérience utilisateur ; former des équipes multidisciplinaires (incluant a minima des experts en technologie, en conception innovante, et en cognition) ; conduire des expérimentations itératives sur le long terme, capitalisées et décrites de façon rigoureuse pour accéder à une connaissance fine du processus de conception collaborative (très peu renseignée dans la littérature scientifique) (Hily, 2022; Hily et al., 2023a). 2) Conception d’un protocole expérimental original associant les approches de l’ERPI et du 2LPN pour comparer activité en monde réel et activité en monde virtuel. Ce travail a fait l’objet d’un article de conférence (Hily et al., 2020). Ce protocole cherche à évaluer l’apport des technologies immersives, en particulier la réalité virtuelle, croisée à l’utilisation de capteurs physiologiques comme moyen d’objectiver les usages en interprétant des données produites par les réactions du participant. Dès lors, ce projet a cherché à résoudre le verrou technologique de l’équipement des usagers avec des dispositifs interopérables et scientifiquement fiables au service d’usagers experts (c.-àd. les praticiens qui cherchent à collecter des données d’usage objectivées).
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 130 La survenue de la crise sanitaire et la multitude des défis technologiques rencontrés nous ont amenés à suspendre la phase d’expérimentation en environnement réel et à concentrer notre effort sur la conception d’un protocole expérimental original mixant les approches du 2LPN et de l’ERPI. 3) Développement d’un démonstrateur autour de la cognition spatiale, un cas d’usage fourni par l’équipe du 2LPN en lien avec le CHRU de Nancy. La cognition spatiale étudie les capacités d’orientation et de navigation des individus et permet ainsi de mieux comprendre comment on peut construire/aménager des environnements qui soient plus lisibles pour les utilisateurs, dont les personnes les plus vulnérables à la « désorientation spatiale », telles que les personnes âgées (Jacob et al., 2020) et/ou atteintes de maladies neurologiques (Jacob et al., 2018). Dans une société urbaine, fondée sur la mobilité et à la population de plus en plus vieillissante, il semble bénéfique de transposer ces travaux à la conception de nos villes. Ce sujet est essentiel dans l’aménagement de nos villes et la construction de nos bâtiments. La neuropsychologie nous a permis de prendre conscience de cet enjeu pour l’urbanisme, illustrant derechef la pertinence d’une approche interdisciplinaire. La première version de ce démonstrateur a fait l’objet d’un article de conférence et son évolution a principalement été valorisée dans la thèse d’Anaëlle Hily (Hily, 2022; Hily et al., 2020). Les données collectées durant près de 3,5 ans auprès de 116 participants font encore l’objet d’analyse et de valorisation à venir avec le 2LPN. Nous avons obtenu les données grâce à trois campagnes de collecte réalisées en mode Living Lab. Chaque participant a été mobilisé environ une heure de présentiel et a exigé jusqu’à cinq expérimentateurs présents en même temps pour garantir la démarche expérimentale (Hily, 2022). Ce démonstrateur, supporté par l’université, a dès lors mobilisé de nombreuses ressources (équipements et temps de travail de chercheurs et ingénieurs). La société TEA a largement bénéficié de la connaissance acquise par l’équipe universitaire, comme l’illustre une de leur prestation réalisée auprès d’une PME cliente, en appliquant une version optimisée du protocole initial qui, après itération, a pu être réduit à quelques jours (Hily, 2022). 4) Identification de capteurs susceptibles d’être utilisés ou adaptés et l’ingénierie support à leur fonctionnement optimal et le traitement du signal récupéré. Nous avons notamment contribué au transfert de technologies adaptées à un environnement virtuel statique à des situations dynamiques avec mouvements et déplacements. Ce travail exploratoire a servi de cas d’expérimentation technologique pour le LabCom et nous a permis d’évaluer les enjeux et les limites de ce type d’approches pour piloter la dimension micro du processus Living Lab. Le rapprochement de la thèse Cifre et du LabCom a permis de renforcer le caractère interdisciplinaire des recherches menées, ainsi que la dynamique de collaboration entre les laboratoires et l’entreprise. Cet écosystème académique et industriel, enrichi de très nombreuses interactions avec les usagers, propose une méthodologie pour améliorer le processus de
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 131 conception et d’évaluation d’environnements immersifs en s’appuyant sur l’approche Living Lab et la recherche-action (Hily et al., 2023b). La collaboration scientifique, en matériel et technologie, a permis d’enrichir les équipements et expérimentations du LF2L (Dupont et al., 2021a; Martinez et al., 2020). Ce projet a, de plus, permis de démontrer l’apport d’un espace d’innovation dans la mise en place d’une méthode expérimentale de grande ampleur (par sa durée et le nombre de participants). Les technologies immersives et la réalité étendue (XR) font à présent partie des pratiques de l’ERPI. Avec le recrutement d’Anaëlle Hily en ingénieure de recherche contractuelle et Alex Gabriel en maître de conférences, le laboratoire se structure progressivement pour pérenniser et renforcer cette dimension originale du continuum de l’innovation. La concrétisation en 2024 d’un financement CPER de 150 k€, offre de nouvelles perspectives d’expérimentation, et nous permettra d’instrumenter l’écosystème collaboratif avec des technologies immersives et les capteurs physiologiques de dernière génération. 3.4.4 Conclusions intermédiaires issues de la phase 3 et nouvelles perspectives L’articulation des différents projets a contribué à l’enrichissement et au partage auprès de plusieurs communautés du cadre théorique de le recherche-action en contexte Living Lab pour identifier les modalités de dépassement des barrières conceptuelles et temporelles. Ce cadre théorique a notamment bénéficié de : - L’extrapolation à l’échelle européenne d’une démarche Living Lab, accompagnée scientifiquement et éprouvée localement, pour dépasser le particularisme local, régional et national. - La production d’un numéro spécial (280 pages) dans Innovations - Journal of Innovation Economics & Management (I-JIEM), rassemblant 8 articles produits par 22 auteurs de 8 nationalités autour des notions Do-It-Together, Innovation et openmanufacturing (Dupont et al., 2023d). - La production d’un état de l’art et des pratiques sur la mise en réseau d’espaces d’innovation et leurs impacts sur le territoire (Pruvot, 2024; Pruvot et al., 2024, 2023). La conception d’une méthode originale et outillée à destination des décideurs techniques et politiques (Pruvot, 2024) est venue compléter l’approche théorique. Le changement d’échelle de la recherche-action permettant d’analyser comment dépasser les barrières géographiques, technologiques et conceptuelles de la Conception d’Écosystèmes Collaboratifs Distribués (CECD) à l’échelle européenne, repose sur : - La conception et l’expérimentation de quatre Open-Manufacturing Demonstrator Facilities (OMDF) et d’une multi-sided platform pour valider la pertinence du modèle Do-It-Together sur la base d’un démonstrateur global (OMD) à TRL6.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 132 - La modélisation et de la validation du passage du TRL4 au TRL6 d’un démonstrateur scientifique, technologique et sociétal : le Green FabLab inséré dans un tiers-lieu culturel, créatif et citoyen. - Le succès d’une partie de la transposition de mes travaux à l’échelle européenne a aussi été favorisé par un engagement de la direction de l’ERPI à obtenir le label qualité INFRA+ des opérateurs de recherche du territoire (UL, CNRS, INRAE, INRIA) pour la plate-forme LF2L. Nous nous sommes engagés collectivement dès 2020 dans ce processus et avons obtenu le label début 2023. Cette démarche a permis de formaliser et clarifier les processus de l’espace d’innovation. À cette occasion, nous avons par ailleurs pu illustrer la complémentarité entre certification qualité et norme ISO en management des systèmes d’innovation (voir le M2 recherche de J-L Parra Castano en annexe - M2R 7). Enfin, durant cette phase, je montre que la conception et le pilotage stratégique d’espaces d’innovation, en milieu universitaire, doit aussi s’appuyer sur la conception de démarches expérimentales robustes, intégrant l’identification et la validation de technologies supports permettant de renforcer à la fois l’expérience utilisateur et l’expérience d’innover. Paradoxalement, cette stratégie peut amplifier la barrière technologique avec l’apparition d’outils et de pratiques fortement spécialisés. Cette mesure doit être contrebalancée en créant les conditions d’échange et de dialogue entre les experts mobilisés. C’est une des fonctions que doivent impérativement remplir les espaces d’innovation. La montée en spécialisation des espaces d’innovation, renforce leur légitimité sur le territoire et renforce l’intérêt de développer des réseaux d’espaces d’innovation qui peuvent, ensemble, soutenir un continuum d’innovation territorial au service du bien commun. Parallèlement, aux trois projets mentionnés dans cette 3e phase, j’ai également été impliqué dans un projet capacity building : Smagrinet72 (2019-2022). Je n’ai pas participé au montage, mais la direction de l’ERPI m’a chargée du pilotage afin de me permettre d’éprouver mes capacités à manager un collectif de chercheurs. Ce projet m’a donné l’opportunité d’expérimenter dans le cadre d’un consortium européen le transfert de la recherche vers la pédagogie. En effet, avec Smagrinet j’ai piloté la coconception en mode LL de contenu pédagogique sur la transition technologique et énergétique des territoires induite par l’émergence des smartgrids (A. Gabriel et al., 2020; Gabriel et al., 2021; Gabriel and Dupont, 2022). Dans la continuité du projet Linky by Makers, Smagrinet a aussi permis d’aborder la dimension systémique européenne des innovations technologiques liées aux ressources énergétiques des villes et des entreprises. Les livrables de ces travaux de recherche ont permis d’alimenter la pédagogie de l’ENSGSI avec la création d’un module « innovation, énergie et territoire » à destination des étudiants du cycle ingénieur et du master innovation urbaine. 72 https://www.smagrinet.eu/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 133 Ce qu’il faut retenir de la phase 3 - période de mi 2019 à mi 2024 Objectif : Concevoir et expérimenter un pilotage systémique du mode Living Lab, a minima d’envergure européenne, en s’appuyant sur le Génie des Systèmes Industriels et Urbains. Méthode pour une RA opérant sur un 4e niveau de complexité avec la 4HI - Distinguer les niveaux macro, méso et micro du mode projet LL et s’appuyer sur de grands projets pluriannuels en lien avec le territoire local et la sustainable smart city - Concevoir trois types d’écosystèmes collaboratifs distribués : 1) Autour d’un espace cyberphysique européen (Projet INEDIT), 2) Sur la volonté de créer du bien commun à partir de la constellation d’espaces existants répondant à leur propre logique (Projet DHDA), 3) Sur l’objectif partagé par des industriels et des universitaires de créer des outils et des méthodes renforçant le mode Living Lab, appliqué à la cognition spatiale (Projet Inncognitif). Principaux résultats pour la recherche en GSI - Codirection de thèses : celle de Ferney Osorio sur la conception et le pilotage stratégique d’espaces d’innovation (Osorio, 2021) et celle de Fanny Pruvot sur la mise en réseau d’espaces collaboratifs d’innovation (Pruvot, 2024), - Apport d’expertise méthodologique sur deux thèses : celle d’Anaëlle Hily pour l’apport des technologies immersives au projets Living Labs (Hily, 2022) et celle de Guillaume Pronost sur les contributions du jumeau numérique pour une approche Do-It-Together lors de la coconception et cofabrication d’un produit (Pronost, 2024) - La montée en compétences de postdoctorants qui se sont aguerris dans un écosystème d’innovation européen et interdisciplinaire, consolidant les réseaux du laboratoire et la reconnaissance de l’équipe, - Des outils et méthodes pour évaluer la maturité des espaces d’innovation et leur capacité à faire réseau, - Un enrichissement des travaux sur le DIY par le DIT, - La conception et la validation d’un protocole pour faire passer les démonstrateurs technologiques et urbains du TRL4 au TRL6, contribuant à la fois aux réflexions sur l’industrie 5.0 et à l’aménagement du territoire, - La conception et la validation d’une méthode expérimentale au cœur du LF2L, - L’émergence du concept d’OIF (objet intermédiaire de fabrication). Principaux résultats pour le territoire - Un réseau de plates-formes en archipel sur le territoire DHDA, relai possible du concept validé Do-It-Together auprès des acteurs socio-économiques, - Une conférence internationale qui a rassemblé à Nancy plus de 400 experts du management des technologies, de l’ingénierie et de l’innovation, - Un tiers-lieu coconçu et accompagné avec les ressources d’un projet européen et l’implication de chercheurs sur leur territoire, - La création d’emplois en lien avec le monde universitaire et leurs partenaires : du bac+3 au bac+8. Principaux résultats pour la pédagogie - Un dispositif de cocréation assisté par les technologies immersives, - La consolidation du Green FabLab et son transfert vers la pédagogie (lieu de formation).
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 134 Productions scientifiques associées comme auteur ou co-auteur (année 2020 à 2025 sur https://cv.hal.science/laurentdupont) • 15 Articles de journaux • 28 Articles de conférences • 1 Ouvrage codirigé (9 chapitres) • 9 Chapitres dans 4 ouvrages • 3 Numéros spéciaux codirigés • 1 Proceeding de conférence internationale édité (174 articles) • 9 Rapports de recherche • 2 Posters scientifiques • 8 Articles de blogs scientifiques ou webinaire etc. Impacts : - La validation d’une méthodologie de conception d’écosystèmes collaboratifs distribués qui se déploie du niveau local au niveau européen, impliquant les acteurs de la quadruple hélice de l’innovation et qui contribue aux différents niveaux de l’innovation systémique - Mais force est de constater que notre cadre de travail et les résultats des projets restent enfermés dans une logique anthropocentrée - En même temps ils permettent l’identification des déterminants d’une ingénierie écosystémique au cœur du Génie des Systèmes Industriels et Urbains au service de nos écosystèmes naturels
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 135 4 De la smart city à la sustainable smart city : les citoyens au cœur du processus de conception d’écosystème collaboratif L’analyse transversale de l’intégralité des 15 années d’activité du Lorraine Smart Cities me permet de dégager de nouvelles leçons quant aux modalités de coconception d’écosystèmes collaboratifs distribuée pour conceptualiser et expérimenter une sustainable smart city. Quatre pratiques semblent émerger : 1. La formalisation de l’engagement des acteurs clés, des ressources, et les modalités partenariales pour mobiliser ensemble des experts et des néophytes, assurer une cohérence globale et faire converger les parties lorsque cela est possible. 2. La création et l’acquisition d’outils, de méthodes et d’infrastructures pour lever des verrous scientifiques et techniques en équipant la démarche puis en formalisant et capitalisant les connaissances et compétences développées. NB : les connaissances sont nourries par les 4 niveaux… 3. La mobilisation autour de lab-démonstrateurs scientifiques, technologiques et territoriaux (ad hoc) dès leur conception. 4. La capacité à rejoindre des réseaux pour confronter nos travaux avec ceux de nos pairs et contribuer aux systèmes de référence. Ces quatre pratiques alimentent un processus collaboratif cohérent, continu et multiscalaire qui oscille entre génie industriel et génie territorial. 4.1 Formaliser l’engagement des acteurs clés, des ressources, et les modalités partenariales, tout en restant agile et ouvert Comme le montrent les travaux dans lesquels je m’implique ou que je pilote, l’approche Lab et l’innovation par l’usage sont des facteurs de convergences d’évolution stratégique pour les universités, les entreprises et les collectivités (Delgado Cadena, 2022; Dupont et al., 2015c; Kasmi et al., 2022; Osorio et al., 2025, 2020, 2019b; Pruvot, 2024). Ces pratiques nouvelles induisent des modes nouveaux de collaboration et des positions repensées entre acteurs traditionnels. Cela se traduit par le développement de PPPP (Partenariats Public-PrivéPopulation), en d’autres termes, par la capacité à faire collaborer des acteurs institutionnels comme des universités ou des collectivités locales, avec des entreprises et des acteurs de la société civile, organisés ou non, tout en ayant les cadres juridiques adaptés pour de telles actions. Un des principaux enjeux est d’impliquer au démarrage des projets d’innovation ou plus globalement de transition, des citoyens, des publics non organisés, des usagers non encore clairement identifiés ou représentés. Il est dès lors impossible d’établir des conventions avec toutes les parties prenantes dès les premières actions. Au contraire, il faut favoriser une approche conviviale, agile y compris sur le plan juridique et partenarial qui permettra de
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 136 mobiliser différentes parties prenantes (organisations, usagers, experts indépendants, etc.) selon les besoins rencontrés et révélés au fur et à mesure des observations et expérimentations sur le terrain et selon l’implication des parties. Dans ces phases floues de cocréation générées par l’approche Lab, il peut être judicieux de préciser au plus tôt comment pourraient se coconstruire le cadre et les modalités pour des collaborations ad hoc qui fournissent aux différents participants les garanties suffisantes pour s’engager en toute confiance (Dupont et al., 2019c). Impliquer des acteurs nouveaux nécessite dès lors de travailler au niveau de la gouvernance des projets et à tous les niveaux des organisations. Ainsi, les modalités de partenariat peuvent prendre différentes formes (chaire, contrat de recherche, conventions, contrat cadre pluriannuel, etc.), de type public-privé (université et grands groupes et/ou PME), public-public (université et collectivités) et public-population (université et association ou groupe non organisé). L’université apparaît ainsi comme un des liants possibles à travers des contrats (formels) ou accords (informels) bilatéraux sur des sujets spécifiques qui doivent être imbriqués dans des objectifs partagés pour générer des collaborations plus globales de type public-privé-population. Mettre en œuvre un Living Lab et le maintenir actif impliquent d’inventer des règles, voire de fonctionner à l’intuition, avant de formaliser éventuellement la coopération. D’autant qu’il n’est pas toujours évident de qualifier et quantifier a priori la mobilisation des parties, notamment lorsque la situation fait appel à des engagements plus citoyens ou qu’elle repose sur des échanges non monétisables. Pour illustrer ce point, je peux citer quatre partenariats atypiques et bilatéraux qui alimentent des écosystèmes collaboratifs distribués et offrent des modalités originales pour faire le lien avec différents publics et citoyens, voire assurer la présence de ces derniers dans des projets d’entreprises ou ceux d’acteurs publics. 4.1.1 Processus collaboratif 1 : Ouvrir l’université aux DIYers & makers en collaborant avec des fablabs associatifs NYBI est le fablab historique du territoire grand nancéien. Créé en 2009, il est accueilli à titre gracieux tous les jeudis soir au LF2L depuis juin 2014. La présence de ses membres contribue de l’ouverture du LF2L au grand public et renforce nos interactions avec les makers nonuniversitaires. NYBI ouvre les portes du LF2L de 19h à 20h30 à tous les publics et propose d’adhérer à l’association pour ceux qui souhaitent profiter plus longuement des équipements universitaires au service de leur projet Do-It-Yourself (DIY). Ce type de cohabitation a notamment facilité le développement du projet Linky by Makers. La coopération locale entre les universitaires et makers nancéiens a servi de modèle pour quatre autres réseaux régionaux de makers et expérimenter ainsi un Living Lab distribué sur le territoire national autour de l’esprit DIY. Ce réseau local physique, nourri par une communauté virtuelle sans frontière, a aussi été l’un des ressorts de la résilience du territoire face au Covid-19 pour produire des visières (Dupont, 2021a). L’organisation, l’agilité et les aspirations de ces communautés ont également contribué à la conception de respirateurs artificiels open-source (Pearce, 2020).
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 137 4.1.2 Processus collaboratif 2 : Collaborer avec des Entreprises Publiques Locales pour augmenter l’impact territorial Afin de toucher un public toujours plus nombreux, en 2017, j’ai saisi l’opportunité offerte par l’Entreprise Publique Locale (EPL) Destination Nancy73, de concevoir un espace Living Lab éphémère pour installer l’université et plus précisément des démarches d’expérimentation scientifique dans des lieux aussi inédits qu’une foire-exposition (environ 100 000 visiteurs en 8 jours). Avec mes collègues, nous avons validé empiriquement l’intérêt d’une telle démarche dans le cadre de notre écosystème local. Il est ainsi possible de créer des lab-démonstrateurs éphémères, baptisés dans le cadre du LSCLL : les Open Citizen Labs74. Ils constituent une opportunité de confronter et tester par l’usage les concepts, idées, prototypes, etc. issus de projets partenariaux ou de projets étudiants réalisés avec des entreprises ou autres acteurs locaux. Ils peuvent prendre la forme de Labs « Recherche-Innovation-Développement », de Labs « Pédagogie », de Labs « Entreprenariat » (comme illustrée par les photos ci-après, Figure 41). En quatre éditions75, 68 concepts ou projets ont bénéficié de cette exposition selon les différentes formes de Labs. Au total 257 chercheurs, étudiants, entrepreneurs ont eu l’opportunité de croiser tous types de publics, de diffuser leur savoir, aiguiser leur argumentaire et surtout récolter des retours précieux pour améliorer leur projet ou mieux comprendre certaines aspirations sociétales. Ces Living Labs éphémères concourent également à la diffusion de la culture scientifique et technique et servent de vitrines aux recherches universitaires dont la presse régionale se fait écho (ex : 8 articles dans la presse quotidienne régionale, 1 reportage TV, 8 podcasts radio). Cette collaboration ne fait l’objet d’aucune contractualisation, mais s’appuie sur une confiance mutuelle entre Destination Nancy et l’Université de Lorraine, qui est également représentée au conseil d’administration de l’EPL. Depuis 2024, sous l’impulsion de la présidente de l’Université de Lorraine, le concept a été repris et amplifié dans le cadre du projet SIRIUS76 et du réseau d’espaces d’innovation (Pruvot, 2024). Selon les propos de la directrice générale de Destination Nancy rencontrée en mars 2025, ce type de collaboration commence à se propager dans d’autres territoires français. D’autres EPL ou organisateurs de Foire imitent la dynamique impulsée à Nancy grâce au LSCLL et se rapprochent de leurs universités locales. 73 Cette EPL est en charge du Centre des congrès, du parc des expositions, de l’office de tourisme et du conventional bureau 74 https://factuel.univ-lorraine.fr/node/11516 75 2017, 2018, 2019 et 2023 – les éditions de 2020 à 2022 ont été annulées à cause du Covid-19. 76 Pour mémoire, « Stratégie d’Innovation pour le Renforcement des Interactions entre Université et Société »
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 144 Mes recherches proposant des dispositifs universitaires pour associer les usagers dans une logique PPPP sont par ailleurs considérées comme précurseurs dans un article paru en 2023 (Quan and Solheim, 2023), dans le journal City, Culture and Society, (SJR 2024 Q1)79. Ce travail pionnier a nécessité d’explorer, conceptualiser, modéliser, voire d’innover tant sur le plan des infrastructures scientifiques et techniques, des processus et protocoles de recherche et sur l’organisation d’une démarche scientifique la plus rigoureuse possible malgré les multiples incertitudes et interdépendances entre les phénomènes générés, observés et analysés. Si nous reprenons le point de vue des entreprises, dont une partie d’entre elles interviennent directement sur ou pour le territoire, il est tout à fait envisageable de s’appuyer sur des travaux orientés « urbanisme et territoires » pour réinterroger les pratiques des entreprises et peut-être les faire évoluer dans leurs modalités d’interaction, de conception et d’action avec les autres parties prenantes de la quadruple hélice dans des environnements (très) complexes. En changeant de discipline et donc de points de vue, nous comprenons mieux les motivations et les mécanismes d’engagement et d’action des différents acteurs. Ce besoin est d’autant plus fort lorsqu’une partie des acteurs n’est pas organisée en phase amont d’un projet, ou que certaines parties prenantes n’ont même pas conscience qu’elles seront impactées à court, moyen ou long terme. Cette démarche est pertinente dans une logique de développement durable. La section suivante détaille le rôle des plates-formes et la création des connaissances et compétences associées à l’approche Lab. 4.2 Équiper l’ingénierie de la conception d’écosystèmes collaboratifs distribués et développer les compétences expertes et citoyennes 4.2.1 Espaces et infrastructures pour faire Lab et soutenir la conception collaborative de l’innovation responsable et spatialement située Dans la sphère publique, au sein des structures administratives (ou assimilées), l’ouverture à des acteurs nouveaux (comme les usagers) ou des approches nouvelles nécessaires pour le territoire reste souvent compliquée (méconnaissance, peurs, conformisme, habitude, etc.) L’identification, voire la stimulation de nouvelles potentialités peuvent pourtant se révéler essentielles tant pour des acteurs publics que privés (nouvelles compétences ou technologies, appel à projets, financements d’expérimentations, coopérations repensées, etc.). D’autant que les administrations publiques ou les entreprises présentent des capacités différentes de réponse aux défis auxquels elles font face (Boly et al., 2024, 2022; Enjolras et al., 2023b). Les citoyens 79 https://www.scimagojr.com/journalsearch.php?q=19700182329&tip=sid
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 145 ont également des aspirations légitimes, ainsi qu’une expertise de leur quotidien urbain qu’il est nécessaire de savoir combiner dans la conception de projets urbains (Dupont et al., 2024a). L’expérience montre que les écosystèmes d’innovation existants ou en devenir ont besoin de s’appuyer sur des espaces supports atypiques, outillés pour produire des objets intermédiaires de conception, voire de fabrication, relais d’une dynamique collaborative entre les parties prenantes d’un territoire : compréhension mutuelle, formalisation partagée des problématiques du territoire, stimulation de la créativité collective, définition d’intérêts partagés, construction d’une décision partagée et acceptée par tous, modalités de mise en œuvre, expérimentation de processus de production compatibles avec l’économie circulaire, etc. Mes travaux de recherche et mes nombreuses collaborations au sein de mon laboratoire ou en-dehors, m’apportent un retour d’expérience unique quant à la conception et au pilotage stratégique d’espaces collaboratifs d’innovation, pour lesquels j’ai été régulièrement interviewé et qui ont donné lieu à de nombreuses publications jusqu’à récemment dans Technovation (Osorio et al., 2025). Je reprends ici quelques étapes clés de cette longue expérimentation et je mets en lumière certains aspects indispensables pour comprendre l’approche Lab et sa robustesse. Nous avons déjà abordé la création du NIT InoCité, le premier espace collaboratif d’innovation permettant d’expérimenter sur le territoire local la coconception de solutions pour des territoires durables. Il faut également noter que dès le milieu des années 2000, l’ERPI et l’ENSGSI se sont intéressés à la mise en œuvre de dispositifs et espaces pédagogiques innovants avec la création en 2005 de l’espace cré@ction, conçu pour soutenir les processus de créativité et permettre aux élèves ingénieurs de réaliser des maquettes ou OIC dans le cadre de projets avec des industriels ; en 2011, cet espace a été complété par le GSI Lab, 1er FabLab dans une école française d’ingénieurs. Ces espaces ont aussi nourri le LSCLL. Pour mes travaux sur la smart city, en particulier le projet La Fabrique Nancy Grand Cœur, j’ai sollicité ces différentes plates-formes pour bénéficier de technologies complémentaires à celles proposées par InoCité. Je me suis notamment appuyé sur le GSI Lab pour réaliser des maquettes à destination des ateliers de coconception avec les usagers (Dupont et al., 2014b; Dupont and Hubert, 2014a, 2014b). Nathalie Skiba, membre de l’équipe InoCité et doctorante à ERPI, s’est quant à elle appuyée sur les systèmes de suivi rétinien pour nous aider à objectiver les usages lors de la conception d’une station de mobilité (Dupont et al., 2015a; Skiba, 2014a). Incarnant la philosophie Living Lab, InoCité a permis de poursuivre le transfert des technologies et pratiques issues du GSI pour enrichir l’écosystème local en phase amont de l’innovation (Skiba et al., 2012). Ainsi après avoir été modélisées et expérimentées en parallèle par différentes enseignantschercheurs de l’ERPI et de l’ENSGSI, fortes de leur complémentarité, les trois plates-formes Cré@ction, favorisant la créativité collaborative pour l’industrie (PME/PMI ou grands groupes) ; le GSI Lab orienté industrie et conception collective ; et InoCité, support à l’innovation par l’usage pour les territoires et l’urbanisme, ont été fusionnées en une plateforme optimisée: le Lorraine Fab Living Lab® (LF2L) dans le cade de la chaire REVES (Dupont et al., 2015c). Cette plate-forme d’accélération de l’innovation, reconnue comme un des 20
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 146 lieux d’innovation universitaires par le MESRI en 202380, est un des lieux d’incarnation du LSCLL et d’incubation d’une multitude de labs. L’émergence en 2017 du lab-démonstrateur Green FabLab (GFL)81, pour le recyclage local de déchets plastiques, au sein du LF2L (Roux-Marchand et al., 2020) a soutenu l’évolution matérielle la plus récente. Comme nous l’avons vu, le projet européen INEDIT a permis le déploiement du GFL au cœur du tiers-lieu de la Ville de Nancy (Cruz Sanchez et al., 2023; Dupont et al., 2023b). Cet espace étendu permet au LF2L « historique » d’être équipé d’un atelier supplémentaire de mécanique et d’accéder à une communauté de créatifs, engagée localement dans la transition écologique (Figure 42). Figure 42 : 15 ans d’incarnation de l’approche Lab à travers des espaces collaboratifs d’innovation. Crédit photos : ERPIENSGSI, L. Dupont. Adapté de (Dupont et al., 2024b) Il fait aujourd’hui consensus que la dimension outillage est primordiale pour proposer un continuum d’innovation en phase amont des projets pour générer des idées (2D), les matérialiser physiquement ou virtuellement (3D) et évaluer par l’usage les scénarios d'évolution de ces concepts (4D) (Figure 20). Le Lorraine Fab Living Lab® a permis de démontrer la pertinence de croiser les concepts pour renforcer l’innovation par l’usage associant les citoyens. Le concept Fab Living Lab est à présent repris de façon similaire ou sous d’autres termes, mais son succès est indéniable (au regard des publications scientifiques associées, mais surtout de son lien et de son apport au monde socio-économique local). Il est aussi important que les espaces et les infrastructures soient conçus pour être ouverts sur l’extérieur, et qu’ils puissent le rester, afin d’accueillir facilement des chercheurs, des étudiants, 80 https://innovation.dgesip.fr/Espaces/Lieu/WuMr6/ 81 https://inspiration.dgesip.fr/Espaces/Lieu/WuMr6/Espace/ZHwtK/ et https://lf2l.fr/projects/green-fablab/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 147 mais aussi des entreprises, des citoyens et des collectivités82. Ces publics ne se croisent pas aisément, c’est l’enjeu d’y remédier en créant des lieux d’expérimentation et de diffusion de l’approche Lab pour que les uns et les autres s’adaptent aux transformations du territoire, ou mieux qu’ils anticipent ces transformations, voire qu’ils deviennent les acteurs de ce changement. Par exemple, outre la diversité des partenariats dont nous avons parlé, le choix des locaux pour installer le LF2L répond à une exigence simple : être facilement accessible depuis la rue, être dans un espace public et non pas au milieu d’un campus pour réduire les réticences à y accéder et ouvrir un peu plus le monde académique aux autres acteurs de la quadruple hélice. Les amplitudes d’ouvertures et la convivialité de l’accueil contribuent aussi du succès d’un espace collaboratif d’innovation. La recherche montre également que la conception collaborative distribuée pour les territoires ne doit pas pour autant faire l’économie d’un engagement réalisé directement dans les environnements concernés par une étude. En effet, en complément de ces lieux spécifiques, j’ai pu expérimenter des modes d’action et des équipements permettant d’agir directement sur les terrains, auprès des entreprises, des usagers et des citoyens. Par exemple, avec les Ateliers d’Innovation Urbaine (AIU) initiés en 2009, nous intervenons directement avec des étudiants et des enseignants-chercheurs sur des terrains d’étude proposés par des territoires ou des entreprises de la région (Dupont et al., 2015c). Avec une édition par an, ce sont 16 ateliers qui ont été organisés à ce jour83. La Figure 43 présente quelques illustrations de différents terrains investis par les projets étudiants. Les AIU bien qu’à dominante pédagogique, servent aussi de terrains de recherche pour des thèses (Amimi et al., 2023; Convolte, 2018; Hubert, 2017b; Lacroix, 2019) ou des projets européens comme le projet Erasmus+ Bridge (2022-2025) qui implique des collègues de STAPS (https://bridge-erasmusproject.eu/news.php) pour soutenir l’émergence d’innovations sociales84. Figure 43 : Immersion collaborative dans le cadre des AIU pour les étudiants et les partenaires publics ou privés, pour une durée de 3 à 5 semaines, à InoCité, puis au Lorraine Fab Living Lab®, dans le bâtiment République (Gare de Nancy), dans la BU de l’ENSIC, à Audun-le-Tiche, Place Charles III (Nancy), sur l’écocité Alzette-Belval (Photos : L. Dupont). 82 https://inspiration.dgesip.fr/Espaces/Lieu/WuMr6/ 83 Voir les détails : https://ensgsi.univ-lorraine.fr/vie-de-lecole/aiu-ensgsi/ et https://masterprojter.wixsite.com/lesaiu 84 Voir un interview auquel j’ai participé en octobre 2024 https://youtu.be/6Xg22FgVkjk?si=lLkVhIAtInUAXXKo
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 148 La Fabrique Nancy Grand Cœur (2010-2013), fort de 31 ateliers citoyens (Figure 44), est un autre exemple d’espace ad hoc, support à l’approche Lab, que nous avons développé le temps d’un projet soutenu par le ministère du Développement durable dans le cadre du programme CDE – Concertation, Décision, Environnement (Dupont et al., 2015d, 2014b). Installé dans le bâtiment République, au pied de la gare SNCF de Nancy, cet espace a permis le diagnostic partagé et l’identification des aspirations des acteurs pour les 15 hectares de friche urbaine repensés au cœur de la Métropole Grand Nancy (MGN). Figure 44 : Les ateliers de la Fabrique Nancy Grand Cœur. Photos : UL, ERPI, 2013 et Stan TV, 2013 La présence d’infrastructures équipées et éprouvées permet de développer des approches hybrides et complémentaires dans les expérimentations Living Lab. Une partie d’un labdémonstrateur peut se tenir au sein du LF2L puis sur le site du partenaire sollicitant une approche Lab, comme ce que j’ai initié avec le Muséum Aquarium de Nancy en 2017-2018 (Ten et al., 2020) ou encore le projet européen INEDIT (Dupont et al., 2023a; Fleury et al., 2022; Pallot et al., 2021). La spécificité du territoire Lorrain implique aussi de travailler en proximité avec des PME-PMI, voire des TPE. L’ENSGSI a su comprendre la difficulté des petites structures à se rendre au cœur des métropoles et des sites académiques pour rencontrer des universitaires sur des expertises et savoir-faire encore peu diffusés. C’est pourquoi en 2014, le directeur de l’ENSGSI a imaginé et fait fabriquer le Nomad’Lab85 pour se rendre au plus près des entreprises locales pour leur amener une unité de conception et de matérialisation (Morel et al., 2015). Dans l’esprit d’innovation et de solidarité cher à l’ENSGSI, l’école a mis à disposition le Nomad’Lab auprès de la Métropole du Grand Nancy pour qu’elle puisse organiser en 2018 la consultation des usagers du tram pour penser le futur aménagement de la ligne de transport en site propre. Puis de juillet à octobre 2020, le Nomad’lab a été transformé en « caravane info covid » pour informer et tester les citoyens (Dupont, 2021a). 85 https://inspiration.dgesip.fr/Espaces/Lieu/WuMr6/Espace/jnlPX/
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 149 Si elle n’est pas une fin en soi, la dimension matérielle de l’approche Lab est fondamentale pour aider les acteurs à structurer leur projet de transition ou d’innovation. L’effet nouveauté n’est pas à négliger, car il semble déclencher une prédisposition à la créativité, à la capacité à porter un regard différent sur la situation problème et imaginer des solutions originales. Dans le même temps, les équipements et instruments scientifiques permettent de conforter des concepts et d’évaluer tout ou partie des effets sur les parties prenantes et parfois l’écosystème. L’expertise scientifique associée à ces équipements est tout autant fondamentale, car le dialogue engagé entre les universitaires et les participants permet de mieux comprendre des données quantitatives. Cette expertise rend robustes les analyses proposées aux différents partenaires qui font appel aux espaces collaboratifs d’innovation. Ces espaces illustrent de plus la volonté du secteur industriel d’externaliser et de déléguer une partie de la fonction R&D vers les universités et la recherche publique. C’est ce dont bénéficient les grands groupes ou les PME qui s’appuient sur le LF2L pour développer et incarner certains programmes locaux / régionaux d’innovation : Enedis, EDF, GRDF86, Groupe Actibact87, Airbus, RTE88, Groupe Atlantique89, TEA… pour citer quelqu’un des projets pluriannuels de l’ERPI ou de l’ENSGSI avec des entreprises. De façon plus agile, la plate-forme permet aussi d’accélérer certains programmes avec par exemple des actions de prototypage comme sollicité par GE (General Electric) pour conforter un dépôt de brevet90. Les espaces collaboratifs d’innovation peuvent également se révéler un outil précieux pour les start-ups comme en témoigne les spin-offs du laboratoire ERPI : OpenEdge (groupe Alchimie, à présent) qui fabrique des imprimantes 3D sur mesure, Innovation Way dont le jeu sérieux « l’année de l’innovation » a été maquetté en 2020-2021 au LF2L. D’autres start-ups sont venues profiter des équipements et des compétences de la plateforme pour être accompagnées sur la conception de technologies au cœur de leur projet (contrat de recherche, prestations, projet étudiants, etc.) : Human Games, Greenberry, Holoprest, Ozcar, Antsway RedE, Plast’if, etc. La crise COVID, la mobilisation sur les grands projets de recherche ou encore l’appui à la pédagogie de l’ENSGSI n'ont pas permis d’exploiter tout le potentiel du LF2L à destination de ce type de projets entrepreneuriaux. Le programme Sirius dans lequel est pleinement impliqué l’ENSGSI devrait à terme pallier cet aspect. Les lab-démonstrateurs expérimentés avec le soutien d’acteurs publics et industriels régionaux ont permis d’identifier de nouveaux défis scientifiques qui nous amène à identifier deux voies d’évolution : l’une plutôt « high-tech » orienté XR, l’autre plutôt « low-tech » et économie circulaire en collaborant avec Octroi Nancy. La collaboration entre ces champs technologiques et conceptuels devra sans doute être considérée pour renforcer la capacité des espaces collaboratifs d’innovation à jongler entre les différentes échelles des écosystèmes d’innovation (du micro au macro). C’est peut-être à cette condition que pourrait se dessiner une spatialisation de l’innovation sur les territoires à travers des lieux, des réseaux et des animations formels ou informels pour compléter les initiatives prises par les intermédiaires (classiques) d’innovation 86 Gaz Réseau Distribution France, une société française de distribution de gaz filiale d’Engie 87 https://actibac-groupe.fr/ 88 Entreprise gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France 89 https://www.groupe-atlantic.fr/ 90 A la suite de la tenue au LF2L d’un conseil scientifique du Pôle EMPP Energie, Mécanique, Procédées, Produits - https://empp.univ-lorraine.fr/le-pole, dont l’ERPI est membre.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 150 (souvent orientés développement économique) et favoriser l’accès plus spontané à tous les acteurs, usagers, du territoire pour leur permettre de s’engager dans des écosystèmes collaboratifs d’innovation au service de la planète. 4.2.2 La coproduction de connaissance autour de l’approche Lab et au sein du LSCLL Des travaux récents montrent que les Living Labs sont des environnements complets d’apprentissage. Bhatta et ses co-auteurs établissent l’apport des Living labs sur les types d’apprentissage en environnement co-créatif (contenu, capacité à mobiliser le savoir, réseaux), sur le processus (apprentissage fortuit ou intentionnel) et enfin sur les différents niveaux d’apprentissage (individuel, équipe, organisationnel ou systématique) (Bhatta et al., 2025). Dans le contexte du LSCLL, si l’approche Lab nécessite le mode 3 comme système de production de la connaissance, elle s’appuie également sur des processus classiques de production de la connaissance (mode 1 de type production académique traditionnel et mode 2 de type open innovation) (Gibbons et al., 1994; Nowotny et al., 2003). Au moins 13 thèses de doctorat, dans lesquelles j’ai été diversement impliqué, et des collaborations avec de jeunes docteurs ont permis de créer les compétences et connaissances associées à l’approche Lab pour concevoir, expérimenter et valider l’apport de projets en mode Living Lab. Des démarches méthodologiques et des outils adaptés ont ainsi été produits dans ma thèse (Dupont, 2009) ou dans des thèses auxquelles j’ai apporté mon expertise méthodologique et qui m’ont permis d’entrainer puis renforcer mes capacités d’encadrement (Hily, 2022; Hubert, 2017a; Lacroix, 2019; Pronost, 2024; Skiba, 2014a). De nouvelles pratiques et surtout une compréhension fine des processus en cours ont émergé des trois thèses que j’ai co-dirigées (Osorio, 2021; Pruvot, 2024; Tran Thi Hoang, 2019) ou des six postdocs ou chercheuses et chercheurs contractuels que j’ai encadrés comme responsable scientifique de projet. D’autres thèses (Amimi et al., 2023; Arnould, 2021; Convolte, 2018; Delgado Cadena, 2022) s’appuient sur mes travaux, les plates-formes ou les lab-démonstrateurs que j’ai contribué à mettre en œuvre. Cette diffusion et ce travail collectif génèrent de nouveaux outils, méthodes ou domaines d’applications, étoffant de fait les connaissances et compétences autour du mode Living Lab et des espaces d’innovation. Ce lien étroit et régulier avec la recherche est nécessaire afin de contribuer aux réflexions et démarches mises en œuvre pour concevoir, adapter, tester des outils et méthodes dédiées à ces approches nouvelles. Un Living Lab se doit d’être un réel accélérateur de l’innovation, un apport en termes d’appui à la recherche, à la pédagogie et à l’accompagnement de projets. Ainsi, par la dimension multiacteur de ces lieux, le corpus de connaissances créé est pluridisciplinaire, voire interdisciplinaire, car la recherche-action menée doit être ouverte et inclusive. De plus, la formation et la diffusion des compétences passent aussi par l’accueil au sein des Living Labs de stages d’initiation à la recherche scientifique qui viennent étoffer l’équipe projet autour d’un lab-démonstrateur spécifique. Dans l’esprit d’accueil du laboratoire, j’ai par exemple encadré dix-neuf M2 recherche (voir annexe 2.6, p.257), cumulés à l’ensemble des
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 151 autres étudiants accompagnés par mes collègues, nous contribuons à travers le Living Lab à faire émerger une communauté de jeunes chercheurs. Cette approche relie naturellement la recherche, la formation et contribue à diffuser la culture scientifique et technique (CST) à travers les animations et expérimentations proposées dans les Labs. C’est une des missions clés des Living Labs. Enfin, au-delà des plates-formes, l’apprentissage organisationnel (Argyris and Schön, 1996) qui se développe autour de l’approche Lab produit un enseignement intéressant. En effet, l’exploration de pratiques novatrices pour répondre à des situations nouvelles rencontrées par l’écosystème du Living Lab, car peu, voire non traitées par le monde universitaire, est à mon sens un apport original de l’approche Lab. Les chemins de la connaissance explorés, capitalisés et diffusés font des acteurs académiques (enseignants-chercheurs, étudiants, administratifs) les principaux usagers de ce que j’ai qualifié de « Living Lab universitaire » tant l’engagement de ces acteurs de transformer leurs pratiques et de repenser leurs savoirs par des mises en situation sur les terrains induits des innovations pédagogiques et dans la conduite de la recherche. Cette dernière est participante, car enrichie par de nombreux acteurs et l’usage est au cœur de la démarche scientifique. La diversité des acteurs qui peuvent faire appel à une dynamique présentant une approche Lab illustre ce propos : publics ou privés, du monde universitaire, des collectivités ou de l’industrie, mais également de communautés citoyennes plus ou moins organisées… De fait, les modalités d’accompagnement sont aussi très diversifiées. Si on retrouve l’accompagnement par la recherche et la formation, les deux compétences de base de l’université, notre expérience révèle que nous avons dû mettre en place ou renforcer sept autres savoir-faire pour assurer l’ancrage et la pérennité d’autres labs et ainsi diffuser l’approche Lab nécessaire aujourd’hui quand on veut coconstruire des solutions avec un multiacteur (Figure 45). La Figure 46 présente, quant à elle, les préférences en termes de modalités d’acquisition de ces compétences nouvelles de la part des acteurs de 37 projets accompagnés91 sur l’approche Lab entre 2005 et 2022. Cette figure donne les quatre enseignements suivants : 1) Si les acteurs académiques souhaitent bénéficier d’un accompagnement en termes de recherche et de formation de la part d’une autre université, ils sollicitent également des compétences en animation dans le cadre de coopération et de coconception de labs. 2) Les entreprises ou les structures dédiées au développement économique ou territorial sollicitent principalement des services de conseil pour construire leur stratégie et bénéficier d’une aide à la décision. Ce sont aussi les seules à avoir demandé un parrainage pour candidater au réseau ENoLL, ce dernier exigeant ce type de soutien pour labéliser de nouveaux entrants. 3) Les collectivités territoriales s’inscrivent plutôt dans une logique de partenariat sur des questions de recherche autour de projet de coconception de leur lab avec une contribution de l’université pour assurer l’animation du processus et de certains ateliers. Nous pouvons noter que deux collectivités ont même requis un transfert complet de l’approche Lab et des dispositifs associés. 91 J’ai fait bénéficier de mon expertise 29 de ces projets. Les 8 autres ont été accompagnés par mes collègues du laboratoire ERPI. Tous ces espaces ont bénéficié du Lorraine Smart Cities Living Lab ou du LF2L.
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 152 4) Les collectifs de citoyens organisés aspirent quant à eux à des coopérations et de la coconception de leur projet de lab. Figure 45. Modalités d’accompagnement mises en œuvre par ERPI-ENSGSI pour développer ses labs et réseaux de labs ou ceux de leurs partenaires, observations de 2005 à 2023 (Dupont et al., 2024b) Figure 46. Modalités d’accompagnement selon les types d’acteurs porteurs, observations de 2005 à 2023 (Dupont et al., 2024b) L’adaptation des méthodes et outils à travers l’utilisation de dispositifs ou média largement accessibles pour tout type de publics (événements publics, podcasts, articles dans la presse régionale, etc.) procède aussi d’une réelle stratégie pour faire Living Lab, c.-à-d. expérimenter de nouvelles pratiques et approches sociétales auprès d’usagers, et contribuer à la mise en place d’un écosystème associant acteurs publics, privés et la population. Ceci contribue également à un partage des modalités de cocréation avec les citoyens autour des enjeux de transition écologique. (Voir l’annexe 4.2.5 Culture scientifique et technique, Media (Presses, Radio, TV)
2e Partie : Synthèse des Activités de Recherche [email protected] 153 - CST [52], p.284 pour avoir un aperçu des modalités d’interaction et de diffusion de la CST avec les publics.) 4.3 Les lab-démonstrateurs : des supports à la coexpérimentation scientifique, technologique et territoriale de la sustainable smart city 4.3.1 Coconception de démarches scientifiques ad hoc La matérialisation physique d’un projet Living Lab à travers un ou plusieurs démonstrateurs est un formidable levier pour accélérer un projet innovant et faciliter la collaboration entre les acteurs, ou accompagner les territoires dans la prise en compte des usages et l’engagement des usagers qui peuvent plus facilement se projeter dans le territoire en train de se faire (Dupont et al., 2014b, 2010; Lacroix et al., 2017; Skiba et al., 2012). Les lab-démonstrateurs conçus pour la quadruple hélice de l’innovation ont comme usagers possibles : les citoyens, les élus, les agents des collectivités, les entreprises, des services déconcentrés de l’état, etc. Ces parties prenantes profitent du Living Lab à plusieurs niveaux : o Des mises en situation réelles ou simulées d’usage d’un terrain ou d’un artefact nouveau permettant d’acquérir et/ou partager une nouvelle expérience, d’être écouté et de voir son expérience d’usage prise en compte ; o La rencontre avec d’autres acteurs qui portent des regards différents sur le site étudié ou le concept expérimenté permettant d’enrichir son point de vue, d’identifier des points bloquants ou au contraire révéler un potentiel insoupçonné ; o Des données (quantitatives ou qualitatives) objectives collectées et des études réalisées par des universitaires sur la base de méthodes scientifiques. L’ensemble de ces éléments est mis à disposition des acteurs impliqués dans chaque projet ; o Une valorisation du territoire ou du projet d’entreprise au niveau national ou international dans le cadre de publications de haut niveau ; o Des modalités partenariales innovantes qui permettent de créer des synergies et générer de la valeur ajoutée pour toutes les parties prenantes. Les universitaires s’engagent quant à eux pour expérimenter, bénéficier de cas pédagogiques nouveaux et originaux ancrés dans le réel, ou encore acquérir une expérience de terrain pour renforcer ou légitimer un savoir qui peut apparaître trop théorique. Ils apprennent à concevoir, outiller et animer des dispositifs (de recherche) participatifs et collaboratifs. La mobilisation des étudiants et des enseignants-chercheurs de plusieurs disciplines lors de dispositifs pédagogiques associés aux démonstrateurs doit aussi être comprise comme une réponse au besoin d’identifier des « usages prospectifs ». L’implication de profils académiques juniors ou expérimentés dans le Living Lab permet d’offrir une large place à la créativité citoyenne, puis de capitaliser et valoriser cette dernière. Plus globalement, la proximité avec le terrain permet de mieux comprendre la réalité vécue par les acteurs, de générer une forme d’empathie avec les
Annexes [email protected] 256 2.5 Membre de jury de thèse spécialité Génie Industriel (J-PhD [4]) J-PhD 1. Antonczak Laurent Thèse pour obtenir le garde de docteur de l’université de Strasbourg en Science de Gestion sous la Direction du Pr. Patrick Llerena, le 8 mars 2022, Strasbourg, France. Jury : Hajime Imamura Professeur, Université de Toyo, Rapporteur Mingfeng Tang Professeure, Université des Finances et de l'Economie du Sud-Ouest de Chine, Rapporteure Thierry Burger-Helmchen Professeur, Université de Strasbourg, Examinateur Laurent Dupont Docteur, Ingénieur de recherche, Université de Lorraine, Examinateur Patrick Llerena, Professeur, Université de Strasbourg, Examinateur J-PhD 2. Mille Charles Thèse pour obtenir le garde de docteur de l’École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers, Spécialité “ Génie industriel ”, sous la Direction du Pr. S. Richir (CNU 60) et des Dr. Olivier Christmann et Sylvain Fleury. Le 08 février 2021, Laval, France. Jury : Anatole Lecuyer, INRIA Président Émilie Loup-Escande, Université Pircardie Jules Verne Rapporteure Domitile Lourdeaux, UTC Rapporteure Frédéric Merienne, Arts et Métiers Examinateur Vincent Boly, Université de Lorraine Examinateur Simon Richir, Arts et Métiers Examinateur Olivier Christmann, Arts et Métiers Examinateur Sylvain Fleury, Arts et Métiers Examinateur Laurent Dupont, Université de Lorraine Invité J-PhD 3. Abdel Razek A.R. “Investigating Immersive Technologies Impact on Service Prototyping” Thèse pour obtenir le garde de docteur de l’École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers, Spécialité “ Génie industriel ”, sous la Direction de Pr. S. Richir (CNU 60), Dr. Marc Pallot (Arts et Métiers ParisTech LAMPA) et Prof. Dr. Christian van Husen (Furtwangen University), le 8 octobre 2020, Laval, France. Jury : Prof. Dr. Stéphanie BUISINE, Professeur des universités, EI.CESI, Présidente Prof. Davy MONTICOLO, Professeur des Universités, Université de Lorraine, Laboratoire ERPI, Rapporteur Prof. Dr. Kulwant PAWAR, Professeur des universités, Nottingham University Business School, Rapporteur Laurent DUPONT, Ingénieur de recherche, Université de Lorraine, Laboratoire ERPI, Examinateur Dr. Olivier CHRISTMANN, Maître de Conférences, Arts et Métiers Sciences et Technologies, Examinateur Prof. Simon RICHIR, Professeur des universités, Arts et Métiers Sciences et Technologies, Examinateur Prof. Dr. Christian VAN HUSEN, Professeur des universités, WING, Furtwangen University, Germany, Dr. Marc PALLOT, Senior Research Associate, Arts et Métiers Sciences et Technologies J-PhD 4. Lecossier A. Proposition d’un modèle de la phase amont de l’innovation pour permettre à une entreprise industrielle mature de créer des innovations radicales. Thèse pour obtenir le garde de docteur de l’École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers, Spécialité “ Génie industriel ”, sous la Direction d Pr. S. Richir (CNU 60), Dr. Marc Pallot (Arts et Métiers ParisTech LAMPA), Dr. CRUBLEAU Pascal (ISTIA), le 20 novembre 2018, Laval, France. Jury : M. Vincent BOLY, Professeur des universités, ERPI, Université de Lorraine Rapporteur (CNU 62) Mme Stéphanie BUISINE, Professeur des universités, EI.CESI Rapporteur
Annexes [email protected] 257 M. Denis CAVALLUCCI, Professeur des universités, INSA de Strasbourg Examinateur (CNU 60) M. Marc PALLOT, Docteur, Arts et Métiers ParisTech Examinateur M. Laurent DUPONT, Ingénieur de Recherche, ERPI, Université de Lorraine Examinateur M. Pascal CRUBLEAU, Maître de conférences, ISTIA, Université d’Angers Examinateur M. Simon RICHIR, Professeur des universités, Arts et Métiers ParisTech Examinateur M. Thomas PICHOT, Responsable R&D, SOURIAU ESTERLINE Invité 2.6 Co-Encadrement de rapport de recherche M2 parcours recherche (M2R [19]) M2R 1. Albert Jean-Paul Castro Vilamil (2023) Data Lab au service de l’adaptation au changement climatique : État de l’art et des pratiques. Sous la direction de L. Dupont (ERPI) et Pr. G. Hamez (LOTERR). Septembre. M2R 2. Orlando ARIAS SANCHEZ (2022) Exploration du cadre pour une gestion et une évolution pérenne du FabLab Hospitalier « Héphaïstos ». Sous la direction de L. Dupont (ERPI) et F. Osorio (ERPI). Septembre. M2R 3. Albert Jean-Paul Castro Vilamil (2022) Investigación exploratoria: Data Lab al servicio del medio ambiente en el contexto de una ciudad inteligente (caso específico CCPHVA) Sous la direction de Pr. Jhon Williams Montoya Garay (UNAL, Colombie) et L. Dupont (ERPI). Juin. M2R 4. Saad TAMAZART (2021) Co-créer en environnement immersif : Déploiement et tests UX au LF2L de technologies de Co-création en réalité virtuelle. Sous la direction de L. Dupont (ERPI) et Sylvain Fleury (ENSAM - LAMPA, Fr.). Septembre. M2R 5. Gina ARAQUE (2020) Conception d’un démonstrateur “Do It Together” basé sur les technologies immersives M2 Design spécialité IDEAS. Sous la direction de L. Dupont. Septembre. M2R 6. Rima OULHAJ (2020) (M1) Comparative overview of Peer-to-Peer energy sharing architectures in the Smart Grid. Sous la direction de L. Dupont et Alex Gabriel (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 7. Jorge Luis PARRA CASTANO (2020) Conception et gestion d’espaces d'innovation : Une exploration de la qualité et de l'amélioration des performances M2 Design spécialité IDEAS. Sous la Dir. Pr. M. Camargo et L Dupont (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 8. Mariela Martinez Chacón (2020) Physiological assessment of User Experience supported by Immersive Environments: first input from a literature review. M2 Design spécialité IDEAS & Univesité du Costa Rica. Sous la direction de L. Dupont et Arbelaez Garces G. (Laboratoire ERPI). Mars. M2R 9. Jihane ABIDI (2020) Adaptation des bâtiments scolaires à l'élévation des températures et autres canicules en associant les parties prenantes en mode Living lab M2 Urbanisme et aménagement, spécialité IUVTT Sous la Dir. L Dupont et Pr. M. Camargo (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 10. Bruno Alleaume (2020) Adaptation des bâtiments scolaires à l’élévation des températures et autres canicules M2 - GENIE CIVIL PT Structure, Matériaux, Énergétique du bâtiment - Orientation énergétique du bâtiment Sous la direction des Pr. M. Camargo et R. Benelmir et du Dr. L. Dupont. Septembre. M2R 11. Lima Batista T. (2019) Développement et Évaluation de Dispositifs et Environnements Immersifs Collaboratifs au sein du LF2L®. Sous la direction de L. Dupont et Arbelaez Garces G. (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 12. Zurita Droux M. (2016) Création d’une démarche de travail collaborative pour un projet Open Source Hardware. M2 Design Global spécialité MIDI. Sous la direction du Pr. M. Camargo et de L. Dupont (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 13. Rebai H. (2016) Élaboration d’un protocole « dispositif immersif 2D/3D/4D » pour intégrer les communautés de pratiques et les usagers dans la co-conception de projets industriels
Annexes [email protected] 258 et urbains. M2 Design Global spécialité MIDI. Sous la Dir. L Dupont et Pr. L. Morel (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 14. Witker K. (2016) Proposition d’un outil opérationnel pour le pilotage des projets collaboratifs des villes durables. M2 Design Global spécialité MIDI. Sous la Dir. Pr. M. Camargo, Dr. L Dupont, et O. Chery (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 15. Rojas Araya W. (2016) Gesture and posture recognition using Kinect: An application to assessment centers. M2 Design Global spécialité MIDI. Si-ous la Dir. A. Hassan, V. Rault et L. Dupont (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 16. Laigneau C. (2016) Aide à la Co-construction d’un outil sur les Ilots de Chaleurs Urbains pour la planification urbaine. M2 Proj&Ter spécialité IUVTT. Sous la Direction de L. Dupont. Septembre. M2R 17. Osorio Bustamente F. (2015) Analyse des caractéristiques et des types d'infrastructures de plate-formes d'innovation : implications pour la gestion stratégique. Analysis of characteristics and types of infrastructure of innovation laboratories: implications for strategic management. Mémoire de recherche Master 2 Design Global spécialité MIDI (Management de l’Innovation et Design Industriel de l’université de Lorraine) et Magíster en Ingeniería Industrial (Facultad de ingeniería – departamento de ingeniería de sistemas e industrial, Bogotá d.c., Colombia). Sous la direction du Pr. José Ismael PEÑA REYES (UNAL) (25%), Pr. M. CAMARGO (25%) et de L. Dupont (50%) (Laboratoire ERPI). Septembre. M2R 18. Brissel, L. (2012) Outil de dialogue entre collectivité porteuse d’un projet d’aménagement d’un éco quartier ou de territoire, et ses parties prenantes. Mémoire de recherche Master 2 Design Global spécialité MIDI (Management de l’Innovation et Design Industriel). Sous la direction du Pr. Laure MOREL et de L. Dupont Laboratoire ERPI. Septembre. M2R 19. Grandmougin, C. (2010) En quoi les technologies du collaboratif peuvent-elles permettre d’enrichir la dimension participative dans la prospective ? Mémoire de recherche Master 2 Design Global spécialité MIDI (Management de l’Innovation et Design Industriel). Sous la direction du Pr. V. Boly et de L. Dupont Laboratoire ERPI. Septembre.
Annexes [email protected] 259 3 Annexe 3 : Mes activités d’intérêt collectif : Engagement dans les réseaux scientifiques et actions de diffusion 3.1 Engagement au niveau local En qualité de co-fondateur et responsable scientifique du Lorraine Fab Living Lab® (LF2L), j’ai contribué à doter mon laboratoire d’une plate-forme de co-design pour l’évaluation prospective des usagers et l’acceptabilité de l’innovation. Cette plate-forme succède à la 1re plate-forme InoCité (2009-2013) issue de ma thèse. Depuis 2014, le LF2L est utilisé pour renforcer les activités de recherche sur les phases amont de l’innovation de l’ERPI. La plate-forme soutient également le développement de nouvelles pratiques pédagogiques à l’ENSGSI. Cette plate-forme technologique est reconnue comme une des plates-formes du pôle scientifique EMPP (Energie-Matériaux-Produit-Procédés). Mon laboratoire, ainsi que moimême, avons reçu le Grand Prix de la Recherche 2017 de la Société Industriel de l’Est pour cette plate-forme. Le caractère ouvert et novateur du LF2L en fait un outil privilégié de la diffusion de la culture scientifique et technique. À ce titre, j’ai initié, organisé ou accompagné mes collègues lors de dizaines de rencontres ou animations permettant de diffuser les concepts Fab Lab, Living Lab, Open Lab, etc., auprès de très nombreux publics (école, séniors, entreprises, institutions, etc.) En 2013-2014, j’ai contribué au montage de la Chaire partenariale REVES (Renaissance Écologique des Villes) : Enedis, EDF, Métropole Grand Nancy (MGN), EPA Alzette-Belval, UL. Il s’agit de la première chaire partenariale de la Fondation NIT de l’UL pour laquelle j’ai fait le lien entre la stratégie scientifique et la construction ad hoc de l’ingénierie financière et juridique. De 2014 à 2019, le laboratoire ERPI m’a associé au pilotage de la Chaire au côté du Pr. C. Guidat. Je me suis investi notamment auprès des quatre doctorants, ainsi que dans la conception et la mise en œuvre des démonstrateurs scientifiques. La chaire REVES a par ailleurs bénéficié à l’ensemble de mes membres d’ERPI et aux établissements de l’UL, via la création et mise à disposition du LF2L. À partir de 2016, j’ai initié le développement des technologies immersives comme dispositifs supplémentaires pour concevoir et interagir avec des objets intermédiaires en phase amont de l’innovation. Ces technologies sont venues renforcer le continuum d’innovation proposé avec processus 2D-3D-4D du LF2L. Fort de mes différentes expériences, en 2018 j’ai été sollicité par le Laval Virtual Center (ENSAM) pour qu’ensemble nous constituions une consortium européen capable de répondre à un appel à projet H2020. Mon investissement personnel et ma capacité à mobiliser mes collègues de l’ERPI, a permis au laboratoire d’être lauréat sur un de ses premiers européens. D’octobre 2019 à Mars 2023, j’ai été WP leader pour le projet INEDIT et j’ai représenté l’UL dans le consortium. Depuis avril 2019, je suis secrétaire général bénévole de l’association L’OK3 pour le déploiement d’une tiers-lieu culturel, créatif et citoyen sur le site des anciens marchés à bestiaux de la Ville de Nancy. Cet engagement personnel traduit aussi une volonté d’expérimenter un engagement de la recherche dans un système territorial, par le transfert des concepts, théories et pratiques affinées au sein de l’université avec le LF2L et les travaux que j’ai pu encadrer. Un premier bilan réalisé en mai 2024 a permis de voir que plus de 40 projets ont été accompagnés par l’association L’OK3. Les données cumulées de onze porteurs ayant accepté de nous renseigner montre qu’entre 2021 et 2023, ils ont généré localement près de 2,5 M€ de CA, 107 emplois et ont mobilisé plus de 200 bénévoles. En faisant le lien entre l’Octroi Nancy et le projet INEDIT, j’ai permis à mes collègues de l’ERPI de déployer le Green Fablab du TRL4 au TRL6 au sein d’Octroi Nancy, leur permettant
Annexes [email protected] 260 d’expérimenter sur 70 m2, en environnement réel significatif, le concept incubé depuis 2016 au LF2L : conception et fabrication de dispositif scientifique et pédagogique en Open Source Hardware ; collecte locale de déchets plastiques ; recyclage en circuit court de ces derniers ; confrontation du modèle théorique de collecte et de valorisation local de déchet auprès des acteurs locaux. Ce démonstrateur, fruit de la convergence de plusieurs projets et disciplines, construit et confronté dans le cadre d’un projet H2020 et soutenu par de nombreux partenaires, illustre la notion d’innovation systémique. 3.2 Participation à des réseaux scientifiques et d’expertise métier (internationaux et nationaux) Réseau Domaine Éléments descriptifs NITIM Graduate School fosters research on Networks, Information Technology and Innovation Management. Depuis 2013 Management de la technologie, Innovation Participation en tant que « faculty members » à des ateliers doctoraux internationaux depuis 2013 IEEE (ICE/ITMC) International Conference on Engineering, Technology and Innovation Depuis 2010 Management de la technologie, ingénierie, innovation et Living labs Membre du comité international de relecture et du board depuis 2017 Organisateur de la conférence en 2022 RRI - Réseau de Recherche en Innovation / Research Network on Innovation - Depuis 2014 Innovation (approche pluridisciplinaire) Représentant de l’ERPI au CA Édition de revues et d’ouvrages scientifiques Organisation de sémianaire / école d’été (2017, 2024) ConVRgence (VRIC - Virtual Reality International Conference) à Laval Virtual (France) 2017-2020 Technologies immersives, innovation et Living Lab Chercheur invité au comité scientifique (Relecture, organisation de session de papier ou d’ateliers) ENoLL European Network of Living Labs Depuis 2010 Living labs Innovation centrée utilisateur Smart City Promotion du LCSLL Partage d’expériences et capitalisation de connaissances Montage de projets européens France Living Labs et Francophonie Living Labs Depuis 2013 Living labs Smart City Aide à la création et animation du réseau auprès du bureau (dont l’UL est membre fondateur) Voyages d’étude à l’international (Canada, Europe) Co-construction et animation de workshops Les interconnectés (Association française) 2016-2018 Collectivité Innovation territoriale et numérique Apport de l’Expertise LL Retour d’expérience sur les expérimentations par l’usage Coconception et Animation d’atelier Exemple de contribution collective avec le projet Lorraine Smart Cities Living Lab, que j’ai co-conçu et que je coordonne depuis 2009, je me suis engagé pleinement pour que mon laboratoire soit membre fondateur de France Living Lab et de Francophonie Living Lab. À ce titre : - Je participe régulièrement depuis 2009 aux rencontres organisées par ENoLL (organisation d’ateliers, diffusion des pratiques, écoles d’été, etc.)
Annexes [email protected] 261 - En 2014, invité à participer au Seminerio ViveLabs de l’UNAL, Bogota, Colombia, July 16-18 (Conférence, animation d’ateliers et expertise) - En nov. 2015, mission d’une semaine au Québec (avec le soutien du Consulat général de France à Québec) - En mai 2017, membre invité de la Délégation UL dans le cadre d’une bourse « mobilité » de l’Office Franco-Québécois pour la Jeunesse, à l’occasion des journées internationales de la culture scientifique (Science & You) - ACFAS – Montréal, Québec, Canada, 3-5 mai. - En 2018, le conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) a sollicité mon expertise Living Lab pour l’évaluation de dossier déposé pour le programme d’innovation dans les collèges et la communauté – Établissement de centre d’accès à la technologie (ÉCAT). - Depuis 2019, accompagnement du territoire du Saulnois dans le transfert du LF2L dans un territoire peu dense, avec la création du Fab Living Lab de Dieuze. En 2022, nous accompagnons de même le LLio de Rivière-du-Loup, Québec, Canada et l’HES-SO et son Fabull, Suisse. - Depuis 2022, j’apporte mon expertise au GISFI (Groupement d’Intérêt scientifique : requalification des territoires dégradés, Interdisciplinarité & Innovation) et différents laboratoires UL pour concevoir des LLs pour les sols (rédaction de projet Horizon Europe et Ademe, pilotage de tâche) 3.3 Organisation de congrès nationaux et internationaux (OCNI [7]) Année 2024 OCNI 1. Laperche B., Kasmi, F., Morel L. 2024 Systemic innovations: industry, society, environment - Spring of Innovation, March 21, Hybrid - Nancy, France, around 100 participants. - Dupont L.: coordination of the Round Table 2: Co-creation ecosystems for systemic and circular innovation & Workshop: Trust, Innovation and Organizational Renewal. With: Alexander Brem (University of Stuttgart, Allemagne), Robert Mies (TUB, Allemagne), Antoine Daval (La Vigotte Lab et Colab.Studio, France), Manuel Moritz (Helmut-SchmidtUniversität, Germany) https://rri.univ-littoral.fr/wp-content/uploads/2024/02/Spring-ofInnovation_RNI_2024-1.pdf Année 2022 OCNI 2. Morel L., Camargo M., Dupont, L. 2022 IEEE 28th International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC) & 31st International Association For Management of Technology (IAMOT) Joint Conference, 19-23 June, Nancy, France - 473 registered participants / 3 events: NITIM doctoral School (June 16-18) & ICE-IAMOT (20-23 June) & SIMPPÉ Doctoral Seminar (June 20) - 190 accepted papers for presentation (184 presented - 242 contributions submitted) - 481 Authors from 38 countries - 223 Reviewers from 39 countries (729 reviews assigned) - A large international audience on Management on technology, engineering and Innovation with 45 nationalities. - 7 European Projects - 2 special days - 1 scientific exhibition in Living Lab mode at L’Octroi Nancy, the creative and citizen Thirdplace, Nancy, France - Laurent Dupont, Mauricio Camargo, Laure Morel. Proceeding of the 2022 IEEE 28th International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC) & 31st International Association For Management of Technology (IAMOT) Joint Conference. 2022 IEEE 28th International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC) & 31st International Association For Management of Technology (IAMOT) Joint Conference, IEEE, 2023, 978-1-6654-8817-4. ⟨10.1109/ICE/ITMC-IAMOT55089.2022⟩. ⟨hal-03994739⟩#[audité et certifié par des experts indépendants IEEE]
Annexes [email protected] 262 OCNI 3. Camargo, M., Dupont L. 2022 NiTiM Summer School, Nancy, France, June - Pilotage de la summer school et constitution du programme scientifique - 20 Ph.D. Student participants, 9 Faculty Members Année 2019 OCNI 4. Dupont, L. Osorio, F., Marche B., Camargo, M., 2017 NiTiM Summer School, Nice, France, June - Pilotage de la summer school et constitution du programme scientifique - 20 Ph.D. Student participants, 9 Faculty Members Année 2017 OCNI 5. Morel L. Dupont, L. Ecole d’été 2017 du Réseau de Recherche sur l’Innovation « L’innovation Agile » https://rni2017.event.univ-lorraine.fr/ - 4 conférenciers renommés invités - 120 participants (académiques et entreprises) - 2 tables rondes rassemblant une vingtaine d’intervenants organisées - 57 papiers originaux issus des sciences de l’ingénierie, de gestion et de l’économie présentés, débattus et enrichis. - Deux Prix « jeune chercheur » attribués - Mise en place d’un projet étudiants en 2AI ENSGSI avec la DSI de l’Institut de Cancérologie de Lorraine suite à leur participation à cette école d’été. OCNI 6. Dupont, L. Issenmann N. Nowakowski S. et al. Co-Organisation et Animation de l’OuPéPo « FabLab » pour la SIU2IP de l’Université de Lorraine. Participation de 50 enseignants-chercheurs de toutes composantes de l’Université de Lorraine autour de la question « Faut-il un FabLab pour "Faire FabLab" dans ses pratiques pédagogiques ? » et production d’un récit collectif http://sup.univ-lorraine.fr/files/2018/09/Re%CC%81citOuPe%CC%81Po-Fablab-2.pdf, le 7 novembre 2017 au Lorraine Fab Living Lab® OCNI 7. Dupont, L. Lead Lecturer for 2017 NiTiM Summer School, Funchal, Madeira Island, Portugal, 24 & 25 June - Dupont, L., Welcoming speach: "Tame… The complexity!" - Camargo, M., Dupont, L., Palominos Belmar, P., Presentation & workshop - “From innovation policy to operational innovation: the role of research platform as innovative space and innovation ecosystem” Workshop I & Presentation I - Ortt, R. presentation II “How to create a PhD proposal ?" - Dupont, L. “How to design A Graphical Abstract: a single, concise, pictorial and visual summary of the main findings of the article?” Workshop II - 20 Ph.D. Student participants, 8 Faculty Members 3.4 Activités éditoriales - Membre du comité de rédaction de la revue Technologie et Innovation (ISTE OpenScience) du RRI, depuis 2015 - Coordination, co-édition 3 numéros spéciaux sur l’Innovation Agile suite à l’école d’été 2017 du RRI, publiés au 1er trimestre 2019 dans les revues I-REMI (cairn et scopus), I-JIEM (cairn et scopus), TechInn (15 papiers acceptés en tout) - Co-Éditeur invité du 1er numéro spécial d’Innovations en open access - Journal of Innovation Economics & Management (cairn et scopus), https://www.cairn-int.info/journal-of-innovationeconomics-2023-1.htm, janvier 2023 - Co-directeur du livre : Kasmi, Fedoua, Mauricio Camargo, and Laurent Dupont, Territoires En Transition et Innovation, ed. by Fedoua Kasmi, Mauricio Camargo, and Laurent Dupont (Peter Lang Verlag, 2024) https://doi.org/10.3726/b21978
Annexes [email protected] 263 3.5 Activités d'évaluation 3.5.1 Relecture d’articles de revue / de chapitre / de congrès Type Nbre Titre des revues / conférence Article de revue 50 ACL-i (depuis 2012) 10 ACL-n Journal of Cleaner Production [6]; International Journal of Product Development [1] ; Journal of Urbanism [1] ; Innovations, Journal of Innovation Economics & Management (JIEM) [14] ; Innovations. Revue d’Economie et de Management de l’Innovation (I.REMI) [5] ; Cities [3] ; Journal of Engineering and Technology Management [2]; Journal of Responsible Innovation [2] ; International Journal of Sustainable Transportation [1] ; Business Strategy and the Environment [1]; R&D Management [1] ; Sustainable Cities and Society [1] ; Management International [1] ; Smart Cities [1] ; Technological Forecasting & Social Change [1] ; Technovation [2] ; Technology in Society [1] ; International Journal of Design Creativity and Innovation [1] ; IEEE Engineering and Management Review [1] ; Heliyon [1] ; Creativity and Innovation Management [1] ; Journal of Urban Technology [1] ; Environmental Development [1] Technologie & Innovation [8] ; Projectic [1] ; Revue Gestion 2000 [1] Chapitre d’ouvrage 10 OS 4 chap - Kasmi, Camargo, Laurent Dupont. Territoires en transition et innovation. Peter Lang Verlag, 35, pp.308, 2024 ⟨10.3726/b21978⟩ 1 chap - Bouquin N., Mérindol, V., Versailles D.W. (2016) Les open labs en France Quelques repères, et un regard sur les open labs d’entreprises, in Lesourne, J., Randet, D. La Recherche et l’innovation en France, Paris : Odile Jacob. pp. 209-274 Articles de conférences internationales 68 C-ATI (depuis 2011) IEEE – ICE / ITMC Conference (2012-2024) [59] ; RNI - Spring of Innovation (2020-2021) [4] ; ConVRgence (VRIC - Virtual Reality International Conference) – ACM (2016 – 2021) [4] ; Smart Data, Smart Cities (2020) [1] 3.5.2 Évaluations projets de recherche ou de développement Organisme Année / nbre dossier Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) 2018 (1) http://interconnectes.fr/, le réseau des territoires innovants : sollicitation 2017 (3), 2018 (3) Dutch Research Council: évaluateur pour l’appel “Mission-driven innovation systems in a regional context: a knowledge base for social earning capacity” 2022 (1) Comité évaluation ANR collège CGE 2022 Priority Research and Equipment Programme (PEPR), “Solutions for Sustainable Cities and Innovative Buildings” (VDBI PEPR) 2022 (1) DHDA comité de labélisation Depuis 2023
Annexes [email protected] 264 3.6 Participation à la diffusion de la culture scientifique - Principalement : o Depuis janvier 2014 : Organisation régulière de visites du Lorraine Fab Living Lab® : en moyenne 4 visites par mois jusqu’en 2020 + prêt de la plate-forme à l’association FabLab NYBI tous les jeudis soir pour permettre une ouverture au grand public. o Depuis juin 2014 : Organisation et animation scientifique d’une 15aine de rencontres autour des installations mobiles « Interactions et Immersions 2D/3D/4D » ou du Nomad’Lab (FabLab Mobile) o Depuis 2013 : Co-organisation et animation d’ateliers lors des rencontres de France / Francophonie Living Labs o Depuis 2017, création et animation des Open Citizen labs à la Foire Expo de Nancy – bénéficiant des +100 000 visiteurs durant 8 à 10 jours en juin : 5 éditions - Voir la liste exhaustive ci-après (voir l’annexe 4.2.5, p.284) 3.7 Productions et réalisations avec des partenaires non académiques De 2013 à 2017 : membre du groupe de travail « Les ateliers des possibles » mis en place par le Grand Nancy pour engager une réflexion sur Territoire, société et numérique (une rencontre thématique tous les 2/3 mois + 3 conférences / an). Production : Moments d’invention 2013 « Renaissance Place Charles III » et colloque Moment d’invention 2016 « Humanisme numérique », Technopole Renaissance, Nancy, France, les 29 et 30 septembre 2016 Mai 2011 - Janvier 2012 : Quatre Ateliers « Do It City » à Paris et contribution aux 4 mémentos et document conclusif. Programme de prospective « urbain et numérique » piloté par Chronos en partenariat avec l’Institut Français d’Urbanisme (IFU, Master Urbanisme, Aménagement et Transports », option Ville numérique) et rassemblant 30 décideurs territoriaux, chercheurs, entrepreneurs, etc.
Annexes [email protected] 265 4 Annexe 4 : Liste complète des publications 4.1 Articles de journaux et ouvrages 4.1.1 Publications en revues scientifiques internationales avec comité de lecture, répertoriées (ACL-i) [28+1] ACL-i 1. Osorio, F., Giones, F., Dupont, L., Camargo, M. (2025) Innovation Lab Strategy: Unfolding the Multifaceted Role of Strategic Intent. Technovation, 141, pp. 103170. – https://doi.org/10.1016/j.technovation.2025.103170 ACL-i 2. Pronost G, Mayer F, Camargo M and Dupont L. (2024) Digital Twins along the product lifecycle: A systematic literature review of applications in manufacturing [version 1; peer review: 4 approved with reservations]. Digital Twin 2023, 3:3 (https://doi.org/10.12688/digitaltwin.17807.1) ACL-i 3. Osorio F., Cruz F., Camargo M., Dupont L., Peña J.I. (2024) Exploring team roles for social innovation labs: Toward a competence-based role self-assessment approach. Journal of Engineering and Technology Management, 2024, 71, pp.101799. ⟨10.1016/j.jengtecman.2024.101799⟩. ⟨hal-04464798⟩ ACL-i 4. Pruvot F, Dupont, L., Morel, L (2024) Territorial dynamics supported by a collaborative network of innovation labs: toward an approach to establish a portfolio of indicators to monitor and assess their territorial impact. International Journal of Innovation and Technology Management, Vol. 21, No. 02, 2450012 (2024) ⟨10.1142/S0219877024500123⟩. ⟨hal-04241931⟩ ACL-i 5. Hily A., Dupont L., Arbelaez-Garces G., Camargo M., Dinet J., (2023) Evaluation and Validation Process of Extended Reality Applications Developed in an Industrial Context: A Systematic Review SN Computer Science, 2023, 4 (5), pp.637. ⟨10.1007/s42979-02302089-1⟩. ⟨hal-04190921⟩ ACL-i 6. Dupont L., Kasmi F., Pearce J.M., Ortt R.J. (2023) “Do-It-Together” and Innovation: Transforming European Industry. Journal of Innovation Economics & Management, 2023, N° 40 (1), pp.1-11. ⟨10.3917/jie.040.0001⟩. ⟨hal-03944841⟩ ACL-i 7. Marche B., Kasmi F, Mayer F., Dupont L. (2023) Implementing Do-It-Together: The Cross-fertilization of Do-It-Yourself and Open Manufacturing. Journal of Innovation Economics & Management, 40 (1), pp.13-38. ⟨10.3917/jie.pr1.0122⟩. ⟨hal-03650445⟩ ACL-i 8. Kasmi F., Dupont L. (2022) Analyzing responsible innovation: an illustrative application to the case of the Research Network on Innovation. Technologie et innovation, 7 (3), ⟨10.21494/ISTE.OP.2022.0847⟩. ⟨halshs-03793998⟩ ACL-i 9. Fleury, S., Poussard, B., Blanchard, P. Dupont, L., Meister Broekema, P. et al.. (2022) Innovative Process for Furniture Design: Contributions of 3D Scan and Virtual Reality. Computer-Aided Design and Applications, CAD Solutions LLC (imprimé) and Taylor & Francis Online (en ligne), 19 (5), pp.868-878. ⟨10.14733/cadaps.2022.868-878⟩. ⟨hal-03540148v3⟩ ACL-i 10. Boly, V., Enjolras, M., Husson, S., Morel, L., Dupont, L. & Benis, L. (2022). Innovation Capacity of City Administrations: A Best Practices Approach. Journal of Innovation Economics & Management, 38, 169-198. https://doi.org/10.3917/jie.pr1.0121
Annexes [email protected] 272 C-ACTI 20. Ievgeniia Ten, Giovanny Arbelaez-Garces, Laurent Dupont. Designing interactive museum visitors' experience using a Fab Living Lab platform: the Museum-Aquarium of Nancy case. 2020 IEEE International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC), Jun 2020, Cardiff, France. pp.1-8, ⟨10.1109/ICE/ITMC49519.2020.9198641⟩. ⟨hal02941618⟩ C-ACTI 21. Thibaut Roux-Marchand, Fabio Cruz, Laurent Dupont, Mauricio Camargo, Ferney Osorio. Connecting the strategic intent of innovation labs and projects: the case of the Green Fablab. 2020 IEEE International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC), Jun 2020, Cardiff, United Kingdom. ⟨10.1109/ICE/ITMC49519.2020.9198320⟩. ⟨hal-02941900⟩ C-ACTI 22. Anaëlle Hily, Christel Jacob, Laurent Dupont, Giovanny Arbelaez, Jérôme Dinet, et al. Reliability of virtual reality for user experience in spatial cognition: an exploratory approach. ConVRgence (VRIC) Virtual Reality International Conference 2020, Laval Virtual, Apr 2020, Laval, France. pp.68-80. ⟨hal-02553833⟩ C-ACTI 23. Mariela Martinez, Giovanny Arbelaez Garces, Laurent Dupont, Anaëlle Hily, Mauricio Camargo, et al. Physiological assessment of User eXprience supported by Immersive Environments: First input from a literature review. ConVRgence (VRIC) Virtual Reality International Conference, Laval Virtual, Apr 2020, Laval, France. pp.89-108. ⟨hal-02551341⟩ C-ACTI 24. Fedoua Kasmi, Ferney Osorio, Brunelle Marche, Laurent Dupont, “Innovation spaces as enablers of the circular economy within territories: a systematic literature review.” In International Conference on Innovation and Circular Economy, Spain, 25 - 27 of March 2020. doi: 10.5281/zenodo.4725594 , 10.5281/zenodo.4725593 C-ACTI 25. Brunelle Marche, Fedoua Kasmi, Fabio Sanchez, Frédérique Mayer, Laurent Dupont. From technological demonstrator to sustainable supply chain demonstrator: a conceptual framework. Spring of Innovation, Mar 2020, Santiago de Compostela, Spain. ⟨hal02500528⟩ Année 2019 C-ACTI 26. Osorio, F., Dupont, L., Camargo, M., Peña, J.I., Constellation of Innovation Laboratories: A Scientific Outlook. 2019 IEEE International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC), June 2019, Sophia-Antipolis, France. pp.1-10. ⟨hal02266978⟩ - 10.1109/ICE.2019.8792816 Année 2018 C-ACTI 27. Mihaita, A., Dupont, L., Chery, O., Camargo, M., Cai, C., (2018). Air quality monitoring using stationary versus mobile sensing units: a case study from Lorraine, France, in: 25th ITS World Congress. Copenhagen, Denmark, pp. 1–11. C-ACTI 28. Bouyer J., Leconte F.E., Claverie R., Ferry A., Pierrat R., Bur G., Hebrard D., Lainé P., Piccinnini B., Jary P., Boithias L, Dupont L., Chery O. Assisting Urban Planning Practitioners Facing UHI and Related Vulnerability Issues with a Co-Designed Tool: DIACLIMAP Project. 10th International Conference on Urban Climate/14th Symposium on the Urban Environment, Aug 2018, New York, United States. https://hal.univ-lorraine.fr/hal01915689 C-ACTI 29. Dupont L., Pallot M., Christmann O., Richir S. A Universal Framework For Systemizing the Evaluation of Immersive And Collaborative Performance. ACM. VRIC '18: Virtual Reality International Conference - Laval Virtual, Apr 2018, Laval, France. VRIC '18: Virtual Reality International Conference - Laval Virtual, 2018, 〈10.1145/3234253.3234306〉, https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01868811
Annexes [email protected] 273 Année 2017 C-ACTI 30. Dupont, L., Gabriel, A., Camargo, M., Guidat, C. (2017) Collaborative Innovation Projects Engaging Open Communities: a Case Study on Emerging Challenges. 2017 International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC), Madeira Island, Portugal 27-29 June. DOI: 10.1109/ICE.2017.8280002 C-ACTI 31. Tran, G., Camargo, M., Dupont, L., Mayer, F. (2017) A review of methods for modelling shared decision-making process in a smart city living lab. 2017 International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC), Madeira Island, Portugal 27-29 June. DOI: 10.1109/ICE.2017.8279888 C-ACTI 32. Lacroix, J., Dupont, L., Guidat, C. Hamez, G. (2017) “Smarterized” urban project process with Living Lab approach: exploration through a case study. 2017 International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE/ITMC), Madeira Island, Portugal 27-29 June. DOI: 10.1109/ICE.2017.8279939 C-ACTI 33. Pallot, M., Dupont, L., Christmann, O., Richir, S., Boly V., Morel, L. (2017) ICE Breaking: Disentangling Factors Affecting the Performance of Immersive Co-creation Environments, Laval Virtual VRIC ’17, March 22 – 26, 2017, Laval, France. Année 2016 C-ACTI 34. Dupont, L., Pallot, M., Morel, L. (2016) Exploring the Appropriateness of Different Immersive Environments in the Context of an Innovation Process for Smart Cities. 22nd ICE/IEEE International Technology Management Conference, Trondhiem, Norway, 13-15 June. https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01331887/document C-ACTI 35. Hubert, H. Dupont, L., Guidat, C. (2016) Use as essential factor for Technology Adoption: Case study of electric vehicle's uses in French regional Ecosystem. 22nd ICE/IEEE International Technology Management Conference, Trondhiem, Norway, 13-15 June. C-ACTI 36. Parra Morantes, P., Arbelaez-Garces, G., Camargo, M. Dupont, L., Peñarete, S. (2016) Understanding Museum visitors’ experience through an Eye-tracking study and a Living Lab approach. 22nd ICE/IEEE International Technology Management Conference Trondheim, Norway, 13-15 June. Année 2015 C-ACTI 37. Dupont L., Guidat C., Morel L., Skiba N., (2015) The Role of Mock-ups in the Anticipation of the User Experience within a Living Lab: an Empirical Study. 2015 IEEE International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE), Belfast, Northern Irland, 22-24 June. ⟨10.1109/ICE.2015.7438669⟩. ⟨hal-01332219⟩ C-ACTI 38. Osorio Bustamante F., Peña Reyes J.I., Camargo M., Dupont L. (2015) Spaces to foster and sustain innovation: Towards a conceptual framework. 2015 IEEE International Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE), Belfast, Northern Irland, 22-24 June C-ACTI 39. Morel, L., Dupont, L., Lhoste, P., (2015) When innovation supported by fab labs becomes a tool for territorial economic development: example of the first mobile fab lab in France. Conference Proceedings of the 24th International Conference on Management of Technology. Cape Town, South Africa, June 8-10, 2015, pp. 772-786. ⟨hal-01333488⟩ C-ACTI 40. Dupont L., Morel, L., Lhoste, P., (2015) Le Lorraine Fab Living Lab : la 4e dimension de l’innovation. In Actes des sessions du colloque Science & You, France, Nancy, June 3-5th, pp. 230-235. Lien vers les actes - DOI: 10.13140/RG.2.1.2030.4242
Annexes [email protected] 274 Année 2014 C-ACTI 41. Dupont L., Morel L., Hubert J., Guidat C., (2014) Study case: Living Lab Mode for urban project design. Emergence of an ad hoc methodology through collaborative innovation. IEEE 20th ICE-International Conference on Concurrent Enterprising, Bergamo, Italy, 20-22 june 2014. DOI: https://doi.org/10.1109/ICE.2014.6871550 Année 2013 C-ACTI 42. Brissel L, Dupont L, Morel L, (2013) Contribution to setting up a sustainable learning in an Eco-Neighbourhood development plan based on “serious game” In 2013 IEEE International Technology Management Conference & 19th ICE Conference, Centre for Innovation, Campus The Hague, the Netherlands (24-26 June). https://doi.org/10.1109/ITMC.2013.7352607 Année 2012 C-ACTI 43. Skiba N, Dupont L, Morel L, Guidat C, (2012) A space for innovation process acceleration, supporting collaborative citizens workshops In 2012 IEEE International Technology Management Conference & 18th ICE Conference, Munich: Allemagne, 18-20 June 2012. https://doi.org/10.1109/ICE.2012.6297646 Année 2010 C-ACTI 44. Dupont L, Guidat C, Morel L, (2010) EMA space: a collaborative workspace as collaborative urban ecosystem generator? In “Collaborative Environments for Sustainable Innovation”, 16th International conference on Concurrent Enterprising (ICE), Lugano: Switzerland (2010). Année 2010 C-ACTI 45. Laurent Dupont, Martine Revel, Claudine Guidat. Les Panels Citoyens Nancéiens : Vers une méthode pour faire émerger des " savoirs citoyens " et enrichir la conceptualisation des projets urbains ? Programme de recherche et formation P.I.C.R.I. (Partenariat Institutions - Citoyens pour la Recherche et pour l'Innovation), Feb 2009, Paris, France. ⟨hal-00737500⟩ 4.2.2 Conférences invitées C-INV [37 dont 14 Int] Année 2025 C-INV 1. [Int.] Dupont L., Générer de l'impact dans nos milieux grâce à la mise en place de différents types de labs. In Grand Carnet de baLL 2025, Maison des Labs, France / Quebec, Avril 25 [en ligne] Année 2024 C-INV 2. [Int.] Camargo, M. and Dupont L., panelist in the session, entitled “Learning from other Universities” of Research Centre/Institute Awayday, Birkbeck University of London. June 12. [représenté par M. Camargo] Année 2023 C-INV 3. [Int.] Camargo, M. and Dupont L., panelist Session 3: Societal support for green innovation: engaging citizens and universities, in local solutions in TIP workshop on 5 December 2023: Aiming for the stars - Advancing key technology moonshots for green futures OECD, Paris, France, December 5. https://onecommunities.oecd.org/community/cstp/tip/SitePages/TIP-workshop-5-December-2023.aspx C-INV 4. Dupont L. Espaces d’innovation : levier pour intégrer les citoyens dans les projets de territoire. Smart city & safe city enjeux de sécurité dans la ville intelligente, Chaire sur la Régulation des plateformes numériques et la souveraineté de l'Université de Lorraine/IRENEE;
Annexes [email protected] 275 Chaire Smart City et gouvernance de la donnée de l’Université de Bourgogne, Dec 2023, Nancy, France. ⟨hal-04728170⟩ C-INV 5. [Int.] Dupont L., Presentation of the Lorraine Fab Living Lab in 1st International Summit | Smart Digital Green International, 27 November 2023, Mulhouse, France. C-INV 6. [Int.] Dupont L., Lab approach by ERPI-ENSGSI, ENI-UniStutt, 1st March, Stuttgart, Germany. Année 2022 C-INV 7. [Int.] Poussard B., Dupont L., Zeller I. INEDIT – Virtual co-Design Tools Creativity World Forum 2022 Stuttgart, Germany, 19 July. C-INV 8. Risser, P., Vian, J. Dupont L., Grimaldi D., Greiner N., Gabriel A. La donnée, nouvelle pépite des territoires : Échange autour de l'expérience de la CCPHVA qui fait de la donnée un levier stratégique [WEBINAIRE] “La Fabrique des Territoires Lorrains en Transition”, Université de Lorraine – Laboratoire ERPI - Chaire ITTI, Mercredi 12 Janvier. Année 2021 C-INV 9. Sébastien Genvo, Laurent Dupont, Fédoua Kasmi, Benoît Grasser, Gordy Pleyers, et al. La recherche en communication persuasive des organisations : Approche interdisciplinaire et fertilisation croisée, atouts et difficultés. Table ronde dans le cadre de l'École thématique d’excellence – Faire de la recherche en communication persuasive, Centre Européen de Recherche en Économie Financière et Gestion des Entreprises (Université de Lorraine), Nov 2021, Metz, France. ⟨hal-03472038⟩ C-INV 10. Dupont L (2021) Fabrication collaborative : Retour d'expérience par un fablab : Lorraine Fab Living Lab in [WEBINAIRE] Retour d’expérience : La fabrication collaborative, un vecteur d’innovation et de compétitivité pour le développement de nouveaux produits. Organisé par iProduce, ID4CAR, Excelcar. 23 novembre 2021, 11h à 12h30 https://youtu.be/0bw8bSLYR4?t=634 ⟨hal-03640892⟩ C-INV 11. [Int.] Dupont L. (2021) INEDIT creates an Open Innovation community for codesign in furniture manufacturing, in Open Innovation Kongress Baden-Wüttemberg, June 28 – online. https://p597564.mittwaldserver.info/en/event/open-innovation-kongress-badenwuerttemberg-am-28-juni/ - https://youtu.be/rzhHC5V2rds?t=5003 - https://hal.archivesouvertes.fr/hal-03640888 Année 2019 C-INV 12. Dupont, L. (2019) Lorraine Fab Living Lab : Mise en place d'un écosystème de coproduction. Rencontres semestrielles sur les liens entre la Ville et l’Université - Les Entretiens de Sceaux 2e session "Territoire apprenant… id est ?", Vallée Scientifique de la Bièvre; Association des Villes Universitaires de France; Ville de Sceaux, Jun 2019, Sceaux, France. ⟨hal-02412591⟩ Année 2018 C-INV 13. Dupont, L. (2018) invité à la table ronde « Les tiers lieux, viviers de l’innovation et du développement économique » in Les tiers lieux leviers du projet de territoire Rencontre régionale des territoires innovants, 17 avril 2018 Metz, France https://www.interconnectes.com/wpcontent/uploads/2018/04/programme_intercotour_metz.pdf Année 2017 C-INV 14. [Int.] Dupont, L. (2017) Living Lab, Fab Lab : lieux ouverts de la culture scientifique. Journées internationales de la culture scientifique (Science & You) - ACFAS – Montréal,
Annexes [email protected] 276 Québec, Canada, 5 mai. Délégation Université de Lorraine et bourse « mobilité » de l’Office Franco-Québécois pour la Jeunesse. C-INV 15. Dupont, L. (2017) invité à la table ronde L'humain au cœur des smart territoires (lien vidéo) en qualité de Coordinateur scientifique du Lorraine Smart City Living Lab, à l’occasion de la rencontre numérique de l'innovation responsable en territoire "Osez l'économie de demain", Nancy, France. C-INV 16. [Int.] Dupont, L. Lead Lecturer for 2017 NiTiM Summer School, Funchal, Madeira Island, Portugal, 24 & 25 June C-INV 17. Dupont, L. (2017) invité de Science & You / journée thématique "la transition numérique et ses enjeux en CSTI" / Nancy, 3 mars 2017 Culture numérique = culture du faire ? Exemple des fablabs et de leur interaction avec les lieux de l’enseignement et de la culture : quels liens ? Qu’est-ce qu’on appelle tiers-lieux ? Quelle philosophie y a-t-il derrière (open science, DIY, droit à l’erreur, etc.) ? C-INV 18. Dupont, L. (2017) Retour d’expérience sur la co-conception de l’éco-quartier urbain Nancy Grand Cœur. Séminaire LQE - Journée "Urbanisme durable - Animer, concerter, faire participer", Nancy, France. Invité de l’association Lorraine Qualité Environnement (LQE). Année 2016 C-INV 19. [Int.] Trousse, B. Serra, A. Zingraff, V. Dupont, L., (2016) “Empowering everyone to innovate”, Sharing vision(s) and practices of how to achieve it through collaboratories. Workshop for Open Living Labs Days. Montréal, Quebec, Canada, 26 août. Invité par France Living Labs. C-INV 20. [Int.] Dupont, L. (2016) L’innovation numérique, facteur de développement des territoires ruraux, In Défis numériques des territoires ruraux. Infrastructures et usages. Regards croisés en Grande Région. Bastogne, Belgique, 19 juin. Invité par l’association RED – Ruralité Développement Environnement. Année 2015 C-INV 21. Dati, M. (Grand Nancy), Chastanier, F. (Grand Nancy), Dupont, L. (2015) EcoQuartier Nancy Grand Cœur : Atelier de la Fabrique. In 7e séminaire DUEE/RSTT du Cerema et du CNFPT - Mobilité / aménagement / qualité de l’air : comment les articuler au service de la santé ? – Lyon, France 26 novembre. Invité par le Cerema. C-INV 22. Dupont, L. (2015) « Données de masse, ingénierie collaborative, intégration des usages, etc. La Smart City espace de convergence de nouveaux métiers et d’évolution de pratiques » In Séminaire Réseau de Recherche sur l’Innovation (RRI) – Cité des Science Paris, France, 11 mai. Invité par le RRI. C-INV 23. Dupont, L. (2015) Le « Coworking » In Séminaire CGPME des Vosges, Epinal, France, 18 mai. Invité par la CPME (ex CGPME) des Vosges. C-INV 24. [Int.] Dupont, L. (2015) La Fabrique Nancy Grand Coeur : l'approche en mode Living Lab de la co-conception d'un projet d'EcoQuartier In Cycle de conférences projet urbain 2014-2015 Université de Liège, Liège, Belgique, 29 avril. Invité par le Pr. Jacques Teller. C-INV 25. Dupont, L. (2015) Présentation de la plate-forme Lorraine Fab Living Lab ® : Retour d'expérience sur la genèse et son fonctionnement In Groupe de travail "open labs" : de nouveaux modèles d'innovation ? de l’ANRT-Futuris et ESG Management School avec France Living Labs (F2L), Paris, France, 14 avril. C-INV 26. Chastanier, F. (Grand Nancy), Dupont, L. (2015) (Éco)Mobilité dans la Ville - Témoignage sur la démarche innovante du Grand Nancy dans le cadre de l’ÉcoQuartier “Nancy
Annexes [email protected] 277 Grand Coeur” In Séminaire du comité scientifique EcoQuartier, Ministère de l'Egalité des Territoires et du Logement, Paris, France 26 mars. Invité du Club EcoQuartier, Ministère. C-INV 27. Dupont, L. (2015) L’ingénierie collaborative dans les projets urbains : l’intégration des usagers en phase amont des projets. In Séminaire Cycle de Conférences – ENSA Normandie, Rouen, France, 9 janvier. Invité par M. J-B. Marie, ENSA Normandie, PUCA. Année 2014 C-INV 28. Dupont, L., (2014) Regard sur les outils de participation numériques In Séminaire Agence Filigrane (Recherche et Développement) « Quelle participation dans la programmation ? », Paris, France 4 Décembre. Invité par l’Agence Filigrane. C-INV 29. Trousse, B., Dupont, L., Verillac, I. (2014) France Living Labs : quelle(s) place(s) des usagers dans les Living Labs ? In Journée thématique du FLUPA : La place des usagers dans les Living labs. Cité des sciences et de l’industrie, Paris, France, 13 novembre C-INV 30. [Int.] Dupont, L., (2014) Creative communities: the need for dedicated spaces, Seminerio ViveLabs, Bogota, Colombia, July 16-18. Invité de l’UNAL. C-INV 31. Dupont, L. (2014) Chaire collaborative REVES, renaissance écologique des villes, In Smart village & territoire rural. Comment les territoires ruraux peuvent-ils s’approprier le concept de Smart City ? Arlon, Belgique, 19 juin. Invité par l’association RED – Ruralité Développement Environnement. Année 2013 C-INV 32. Charoy, F., Morelli, P., Camargo, M. Dupont, L. (2013) Monde hyper-connecté : reprendre le pouvoir ? Débat co-organisé avec la Mairie de Vandœuvre et INRIA Nancy-Grand Est. Espace Yves Coppens, Vandœuvre-lès-Nancy, France, Mardi 11 juin. Invité par l’INRA. C-INV 33. [Int.] Dupont. L., Camargo. M., (2013) Introduction à l’approche Living Lab par UbiMob 2013 : 9es journées francophones Mobilité et Ubiquité, Vandœuvre-lès-Nancy, France, 5-6 juin. Invité par les organisateurs. C-INV 34. Dupont L. (2013) Le Lorraine Smart Cities Living Lab, un exemple d’approche Living lab pour l’urbain. Concevoir des projets urbains en intégrant l'expertise d'usage : vers un nouveau design des politiques publique ? In Rencontres France Living Labs, Forum Design et Innovation, Biennale du Design - St Etienne, le 15 mars. Invité par les organisateurs. C-INV 35. Dupont L, (2013) Le concept Living Lab et son réseau européen dédié In Conférence Design & Living Lab, Forum Design et Innovation, Biennale du Design - St Etienne, le 15 mars. Invité par les organisateurs. C-INV 36. Skiba N, Dupont L, Boly V, Camargo M, (2013) Living Lab et ResMO : Introduction à l’approche Living Lab In Séminaire prospectif organisé par le Réseau Matière Organique – CNRS/INRA CISMO. Vers de nouveaux concepts sur les matières organiques. Domaine de Françon, Biarritz, France, 27-30 Janvier 2013. Animation de Groupe de Travail : S’inspirer des concepts, pratiques, méthodes (Living Lab, Open Data, Open Innovation, etc.) pour ResMO Année 2011 C-INV 37. Dupont L. (2011) Le collaboratif dans les systèmes urbains : illustration avec le Lorraine Smart Cities Living lab. Séminaire Doctoral LéaV, équipe ICADD, organise par le Pr. Jean-Jacques Terrin, Ecole nationale supérieure d'architecture de Versailles, 16 mars. Invité par le Pr. Jacques TERIN, LéaV, ENSA Versailles.
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