scieee AI-readable full text Open interactive document viewer

La contribution des Institutions techniques d'enseignement supérieur dans la promotion de l'entrepreneuriat couplé à la culture d'affaire chez les jeunes : Cas de l'ISAM OFFICIEL de Mbujimayi

Dominique ILUNGA N'KASHAMA

Abstract

L’étude examine comment les institutions techniques, en particulier l’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM Officiel) de Mbujimayi, participent à la formation entrepreneuriale des jeunes en RDC. Dans un contexte où le chômage des diplômés reste élevé et où plus de 70 % de l’économie est informelle, l’ISAM se distingue par ses programmes visant à allier théorie et pratique pour stimuler la création d’entreprises et le développement local. Keywords : Education entrepreneuriale, Système éducatif congolais, Compétences professionnelles, Accompagnement post-formation, Politiques publiques de l’emploi, Economie informelle etc.

Full text

Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 5, Octobre 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 5742 La contribution des Institutions techniques d'enseignement supérieur dans la promotion de l'entrepreneuriat couplé à la culture d'affaire chez les jeunes : Cas de l'ISAM OFFICIEL de Mbujimayi Dominique ILUNGA N’KASHAMA 1 Abstract L’étude examine comment les institutions techniques, en particulier l’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM Officiel) de Mbujimayi, participent à la formation entrepreneuriale des jeunes en RDC. Dans un contexte où le chômage des diplômés reste élevé et où plus de 70 % de l’économie est informelle, l’ISAM se distingue par ses programmes visant à allier théorie et pratique pour stimuler la création d’entreprises et le développement local. Keywords : Education entrepreneuriale, Système éducatif congolais, Compétences professionnelles, Accompagnement post-formation, Politiques publiques de l’emploi, Economie informelle etc. Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17378537 1 Introduction Les institutions techniques d’enseignement supérieur impactent la formation des jeunes, en particulier dans la promotion de l’entrepreneuriat et de la culture d’affaires. L’Institut supérieur des arts et des métiers (ISAM Officiel) de Mbujimayi (en RDC) illustre cette dynamique en offrant des programmes adaptés aux réalités économiques locales. En combinant théorie et pratique, cet institut prépare les étudiants à créer des entreprises viables, stimulant ainsi le développement socio-économique de l'espace Kasaï et du pays en général. Une réflexion sur sa contribution permet d’évaluer les meilleures pratiques pour renforcer l’esprit entrepreneurial chez les jeunes, incontournable pour l’avenir de la RDC. En effet, le pays compte plus de 1 200 institutions d’enseignement supérieur, dont près de 30 % sont des établissements techniques et professionnels. Parmi celles-ci, moins de 20 % disposent d’infrastructures adaptées aux formations pratiques. Selon le Ministère de l’Enseignement Supérieur, seulement 15 % des diplômés techniques trouvent un emploi dans leur domaine dans les deux ans suivant leur formation, en raison d’un décalage entre les compétences enseignées et les besoins du marché. L’ISAM Officiel de Mbujimayi fait partie des rares instituts publics offrant des formations techniques spécialisées, mais le manque de financement et d’équipements modernes limite son impact. 1 Assistant de deuxième mandat, Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM OFFICIEL DE MBUJIMAYI) Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5743 D'autre part, l’entrepreneuriat en RDC reste majoritairement informel, avec plus de 70 % des activités économiques échappant au cadre réglementaire. Selon la Banque Mondiale, seulement 8 % des jeunes congolais créent une entreprise formelle, principalement en raison des difficultés d’accès au financement et des lourdeurs administratives. Le taux de survie des entreprises après trois ans est inférieur à 30 %. Toutefois, les initiatives récentes, comme les incubateurs et les programmes de formation entrepreneuriale dans les institutions techniques, offrent un espoir d’amélioration. L’ISAM Officiel, par exemple, intègre de plus en plus des modules entrepreneuriaux dans ses cursus pour encourager l’auto-emploi chez les jeunes. 0.1. Contexte de l’étude Dans un environnement économique en constante mutation, les institutions techniques doivent servir de pont entre la théorie académique et les réalités du marché, en particulier dans les pays en développement où l'entrepreneuriat représente une solution au chômage des jeunes diplômés (C. Verzat et R. Bachelet 2012). Le chômage des jeunes congolais diplômés reste un grand défi, particulièrement dans les filières techniques et commerciales. Malgré leur formation, nombreux sont ceux qui peinent à intégrer le marché du travail, par manque d’expérience pratique ou d’esprit entrepreneurial. Les institutions techniques d’enseignement supérieur, telles que l’ISAM Officiel de Mbujimayi, ont un rôle à jouer en combinant enseignement académique et développement de compétences entrepreneuriales. Cette étude se focalise sur la filière technique, où les étudiants acquièrent des compétences en gestion financière, analyse économique et création d’entreprise. Pourtant, peu de recherches évaluent comment ces formations influencent réellement l’entrepreneuriat et la culture d’affaires chez les jeunes. En analysant le cas de l’ISAM Officiel, l’étude déterminera dans quelle mesure cette institution encourage ses étudiants à devenir des entrepreneurs autonomes, capables de contribuer au développement économique local. Le contexte socio-économique de Mbujimayi, marqué par un secteur formel limité et une forte dépendance à l’économie informelle, renforce l’importance de cette réflexion. Si l’ISAM parvient à intégrer efficacement l’entrepreneuriat dans son programme, il servira de modèle pour d’autres institutions du pays, favorisant ainsi l’émergence d’une nouvelle génération de gestionnaires et entrepreneurs compétitifs. 0.2. Objectifs de recherche Cette étude vise à évaluer le rôle des institutions techniques d’enseignement supérieur dans le développement de l’entrepreneuriat et de la culture d’affaires chez les jeunes, en prenant comme référence l’ISAM Officiel de Mbujimayi. L'objectif général de cette étude est d'analyser la contribution de l’ISAM Officiel dans la promotion de l’entrepreneuriat et de la culture d’affaires chez les jeunes diplômés, en mettant l’accent sur la filière Économie de gestion (Comptabilité). La véritable mission des écoles de gestion ne se limite pas à délivrer des diplômes, mais consiste à former des créateurs de valeur capables de transformer leurs connaissances comptables et financières en entreprises viables, contribuant ainsi à la richesse nationale (M. Nkulu 2019). 0.3. Objectifs spécifiques : 1. Évaluer l’intégration des modules entrepreneuriaux dans le programme de formation en Comptabilité à l’ISAM Officiel. 2. Identifier les mécanismes mis en place par l’institution pour encourager l’esprit d’entreprise chez les étudiants. 3. Mesurer l’impact des formations dispensées sur la création d’entreprises par les diplômés. 4. Proposer des pistes d’amélioration pour renforcer l’approche entrepreneuriale dans l’enseignement technique supérieur. Les objectifs de cette recherche détermineront dans quelle mesure l’ISAM Officiel contribue à former une génération d’entrepreneurs compétents. Les résultats obtenus serviront de base à des recommandations visant à optimiser les programmes éducatifs, non seulement dans cet établissement, mais aussi dans d’autres institutions similaires en RDC. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5744 0.3. Problématiques de recherche Pour cerner la contribution de l’ISAM Officiel dans la promotion de l’entrepreneuriat et de la culture d’affaires chez les jeunes, cette étude s’articule autour de trois questions centrales. Ces problématiques exploreront les mécanismes de formation, les impacts concrets et les défis rencontrés par les étudiants dans leur parcours entrepreneurial. Le principal défi des institutions techniques réside dans leur capacité à adapter leurs curricula aux besoins locaux tout en intégrant les standards internationaux, un équilibre difficile mais nécessaire pour former des entrepreneurs compétitifs ( J.P. Béchard et D. Grégoire 2005). Ces enjeux soulèvent les problématiques suivantes : • P1. Dans quelle mesure les programmes de formation de l’ISAM Officiel intègrent-ils des compétences entrepreneuriales et une culture d’affaires adaptées aux besoins du marché congolais ? • P2. Quel est l’impact des formations et activités entrepreneuriales de l’ISAM sur les intentions et les capacités réelles des étudiants à créer des entreprises ? • P3. Quels sont les principaux obstacles (financiers, administratifs, culturels) qui limitent l’entrepreneuriat chez les diplômés de l’ISAM, malgré leur formation ? Ces questions de recherche entraînent les hypothèses suivantes : • H1. Si l’ISAM Officiel intègre des modules pratiques en entrepreneuriat et gestion d’entreprise, alors les étudiants développeraient une meilleure culture d’affaires et seraient plus enclins à se lancer dans des projets entrepreneuriaux. • H2. Si les formations de l’ISAM incluent un accompagnement post-diplôme (incubation, mentorat), alors le taux de création d’entreprises par les diplômés augmenterait significativement. • H3. Si les obstacles administratifs et financiers étaient réduits, alors les étudiants de l’ISAM rencontreraient moins de difficultés dans la concrétisation de leurs projets entrepreneuriaux. La solution passe par un partenariat triangulaire entre les écoles de gestion, le secteur privé et les pouvoirs publics, créant ainsi un écosystème où la théorie, la pratique et le financement se rencontrent pour soutenir les jeunes entrepreneurs (M. Tchibindat 2014). Ces hypothèses vérifieront le lien entre la formation dispensée à l’ISAM Officiel et l’émergence d’une dynamique entrepreneuriale chez les jeunes. Leur validation ou infirmation contribuera à proposer des solutions concrètes pour améliorer l’efficacité des programmes éducatifs et soutenir l’entrepreneuriat en RDC. I. Cadre institutionnel et conceptuel de l’étude Pour appréhender la contribution des institutions techniques d'enseignement supérieur dans la promotion de l'entrepreneuriat jeune, il est essentiel d'en situer le cadre institutionnel et conceptuel. Cette première partie établit les fondements théoriques et contextuels nécessaires à la compréhension des enjeux de l'étude. Elle se structure autour de deux axes. La section 1 présente le cadre théorique de l'entrepreneuriat jeune, en mettant l'accent sur les concepts clés, les modèles pédagogiques et les approches qui relient formation technique et développement de l'esprit d'entreprise. Elle cerne les mécanismes par lesquels l'enseignement supérieur influence les trajectoires entrepreneuriales des jeunes. La section 2 analyse le contexte socio-économique de Mbujimayi et de la RDC, en soulignant les particularités du marché du travail, les dynamiques entrepreneuriales locales et les défis spécifiques auxquels sont confrontés les jeunes diplômés. Ce cadrage contextuel éclaire les conditions dans lesquelles évolue l'ISAM Officiel et justifie l'importance de son rôle dans la formation entrepreneuriale. Ensemble, ces deux sections fournissent les repères nécessaires pour évaluer de manière pertinente l'impact des actions menées par l'institution dans son environnement immédiat. Section 1 : Cadre théorique de l’entrepreneuriat jeune La compréhension de la contribution des institutions techniques dans la promotion de l’entrepreneuriat jeune nécessite un ancrage théorique solide. Cette section définit les concepts fondamentaux, souligne l’importance de l’entrepreneuriat dans le contexte congolais et examine le rôle spécifique des institutions techniques dans la formation entrepreneuriale. Elle pose ainsi les bases conceptuelles analysean l’action de l’ISAM Officiel de Mbujimayi. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5745 1.1. Définition des concepts clés L'entrepreneuriat ne se limite pas à la simple création d'entreprise, mais constitue un état d'esprit caractérisé par l'innovation, la prise de risque calculée et la capacité à identifier des opportunités, tandis que la culture d'affaires représente l'ensemble des compétences transversales, des valeurs commerciales et des pratiques managériales qui permettent à cet entrepreneuriat de s'épanouir durablement dans un environnement compétitif (Ntakwinja Kalangira, 2008-2009). L’entrepreneuriat désigne le processus de création, de développement et de gestion d’une entreprise, impliquant la prise de risque et l’innovation. Dans le cadre de cette étude, il s’agit plus précisément de l’entrepreneuriat jeune, qui concerne les initiatives portées en début de carrière. La culture d’affaires renvoie quant à elle à l’ensemble des valeurs, des pratiques et des compétences nécessaires pour évoluer avec succès dans le monde entrepreneurial. Ces deux concepts sont indissociables, car une formation technique efficace intégre non seulement des savoir-faire métiers, mais aussi une mentalité entrepreneuriale. 1.2. Importance de l’entrepreneuriat dans le contexte congolais Dans des économies en développement, l'entrepreneuriat des jeunes représente bien plus qu'une alternative au chômage : c'est un levier de transformation structurelle, capable de stimuler l'innovation sectorielle, de formaliser l'économie informelle et de créer des emplois productifs à grande échelle ( Bonkinga Mujinga, 2006). En RDC, où le secteur formel offre peu d’opportunités d’emploi, l’entrepreneuriat représente une alternative pour les jeunes diplômés. Il stimule l’innovation, réduit le chômage et participe à la diversification économique. Cependant, le manque d’accès au financement, les lourdeurs administratives et l’insuffisance de formations adaptées freinent son essor. Les institutions techniques comme l’ISAM Officiel ont donc un rôle clé à jouer en préparant les étudiants à surmonter ces obstacles grâce à une formation pratique et orientée vers la création d’entreprise. 1.3. Rôle des institutions techniques dans la formation entrepreneuriale Les enseignements supérieurs ont la responsabilité historique de dépasser leur mission traditionnelle de transmission des savoirs techniques pour devenir des incubateurs d'entrepreneurs, en intégrant systématiquement dans leurs curricula des modules pratiques de gestion d'entreprise, de création de valeur et d'adaptation aux réalités du marché local (A. Tounes et K. Assala 2008). Les institutions techniques d’enseignement supérieur ne doivent pas se limiter à transmettre des connaissances académiques, mais aussi à développer des compétences entrepreneuriales chez leurs étudiants. Cel processus passe par l’intégration de modules spécialisés, des partenariats avec le secteur privé et des dispositifs d’accompagnement post-formation. En combinant enseignement technique et culture d’affaires, ces institutions forment des profils hybrides, capables à la fois de s’insérer dans le marché du travail et de créer leurs propres emplois. Cette section a établi les fondements théoriques pour analyser la contribution des institutions techniques à l’entrepreneuriat jeune. En définissant les concepts clés, en soulignant l’importance du contexte congolais et en précisant le rôle attendu des établissements comme l’ISAM Officiel, elle souligne les attentes et les défis liés à cette formation. Ces éléments guideront ensuite l’évaluation concrète des pratiques et des résultats de l’institution dans les sections suivantes. Section 2 : Contexte socio-économique L'analyse de la contribution des institutions techniques à l'entrepreneuriat jeune nécessite une compréhension approfondie du contexte dans lequel elles évoluent. Cette section examine les réalités socio-économiques de la RDC, en mettant l'accent sur trois aspects déterminants : la situation du chômage des jeunes, les politiques publiques existantes et les défis de l'adéquation entre formation et emploi. Ce cadre contextuel permet de mieux apprécier les enjeux auxquels répond l'ISAM Officiel de Mbujimayi. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5746 1.4. Situation du chômage des jeunes en RDC Le paradoxe réside dans une jeunesse majoritairement diplômée mais massivement exclue du marché formel du travail, avec des taux de chômage dépassant 60% chez les jeunes urbains, ce qui transforme l'entrepreneuriat forcé en une nécessité économique plus qu'en un choix délibéré de carrière ( Kahenga Ekota et F. Okitalongombo 2000). La RDC fait face à un taux de chômage particulièrement élevé parmi les jeunes diplômés, estimé à plus de 60% selon les récentes études. Cette situation s'explique par la faiblesse du secteur formel, incapable d'absorber les flux de diplômés, et par la croissance démographique non maîtrisée. Les jeunes de Mbujimayi, bien que formés dans des institutions techniques, se retrouvent contraints au secteur informel ou au chômage prolongé. Ce constat souligne l'urgence de développer des alternatives entrepreneuriales viables. 1.5. Politiques publiques en faveur de l'entrepreneuriat jeune "Si les politiques publiques affichent depuis une décennie la promotion de l'entrepreneuriat jeune comme priorité nationale, leur efficacité reste limitée par l'absence de mécanismes de financement pérennes, de structures d'accompagnement décentralisées et de réelle synergie avec les programmes de formation des institutions techniques ( Bahimba Nyembo 2008). L'État congolais a mis en place plusieurs initiatives pour promouvoir l'entrepreneuriat jeune, notamment à travers le Fonds National pour l'Emploi (FNE) et divers programmes de formation. Cependant, ces politiques souffrent d'un manque de coordination et de continuité, limitant leur impact réel. Les institutions techniques comme l'ISAM Officiel doivent donc jouer un rôle complémentaire en préparant concrètement les étudiants à créer leurs entreprises, palliant ainsi les insuffisances des dispositifs publics. 1.6. Enjeux de l'adéquation formation-emploi Un défi majeur du système éducatif congolais réside dans le décalage persistant entre les formations dispensées et les besoins réels du marché. Beaucoup de programmes techniques restent trop théoriques et peu adaptés aux spécificités locales. L'ISAM Officiel, à travers sa filière Économie de gestion, tente de répondre à ce problème en intégrant des compétences pratiques et entrepreneuriales. Cette approche vise à former des diplômés immédiatement opérationnels, capables soit de s'insérer dans des entreprises existantes, soit de créer leurs propres structures. L'examen du contexte socio-économique a révélé les défis structurels auxquels sont confrontés les jeunes diplômés en RDC, ainsi que les limites des politiques publiques existantes. Dans ce cadre, les institutions techniques comme l'ISAM Officiel apparaissent comme des acteurs clés pour combler le fossé entre formation et emploi. La section suivante analysera ainsi comment, concrètement, cet établissement met en œuvre sa mission de promotion de l'entrepreneuriat dans un environnement aussi exigeant. 1.7. Conclusion partielle du cadre institutionnel et conceptuel de l’étude L’analyse du cadre institutionnel et conceptuel a établi les bases théoriques et contextuelles nécessaires pour appréhender la contribution de l’ISAM Officiel dans la promotion de l’entrepreneuriat jeune. La Section 1 a clarifié les concepts clés d’entrepreneuriat et de culture d’affaires, tout en soulignant l’importance de ce double enjeu dans le contexte congolais, marqué par un besoin criant d’emplois et d’innovation économique. Elle a également mentionné le rôle pivot que doivent jouer les institutions techniques dans la formation d’une nouvelle génération d’entrepreneurs compétents et adaptés aux réalités locales. La Section 2, quant à elle, a dressé un état des lieux du contexte socio-économique, révélant l’ampleur du chômage des jeunes, les limites des politiques publiques actuelles et les défis persistants de l’adéquation entre formation et emploi. Ces éléments confirment la nécessité pour l’ISAM Officiel de renforcer ses programmes entrepreneuriaux pour répondre efficacement aux besoins du marché. Ce double éclairage théorique et contextuel fournit désormais un socle solide pour analyser, dans les parties suivantes, la manière dont l’ISAM Officiel remplit sa mission de formation entrepreneuriale. Il permettra d’évaluer concrètement l’impact de ses programmes, les motivations de ses étudiants, ainsi que les obstacles qu’ils rencontrent, afin de proposer des pistes d’amélioration alignées sur les réalités économiques de la RDC. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5747 II. MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE La réalisation de cette étude nécessite une approche méthodologique rigoureuse. Ce chapitre détaille les différentes étapes et outils mobilisés pour recueillir et analyser les données relatives au cas de l'ISAM Officiel de Mbujimayi. Il s'articule autour de trois sections : l'approche méthodologique adoptée, les outils d'investigation utilisés et les méthodes de traitement des données. Cette démarche assure la fiabilité des résultats tout en offrant un cadre clair pour comprendre les mécanismes par lesquels l'ISAM Officiel influence l'esprit entrepreneurial des jeunes. Section 1 : Approche méthodologique Pour répondre aux objectifs de cette étude, une démarche méthodologique structurée a été adoptée. Cette section présente les fondements de la recherche en détaillant le type d’étude retenu, les choix méthodologiques, la population cible et les techniques de collecte des données. Ces éléments assurent la cohérence et la validité des résultats obtenus. 2.1. Type d’étude et choix méthodologiques "L'approche méthodologique mixte, combinant recherche qualitative et quantitative, s'impose comme le cadre le plus approprié pour étudier les phénomènes entrepreneuriaux complexes, car elle croise les perspectives subjectives et objectives (Nyembwe et P. Tshikutambila 2004). Cette étude s’inscrit dans une approche qualitative et quantitative, combinant une analyse documentaire avec des enquêtes de terrain pour une compréhension approfondie du sujet. Le choix d’une méthode mixte permet d’appréhender à la fois les dimensions objectives (statistiques, programmes de formation) et subjectives (perceptions, motivations des étudiants) de la recherche. L’étude de cas de l’ISAM Officiel de Mbujimayi offre un cadre pertinent pour examiner concrètement l’impact des institutions techniques sur l’entrepreneuriat jeune. 2.2. Population cible et échantillonnage Dans les études sur l'entrepreneuriat éducatif, un échantillonnage stratifié selon les filières de formation et le niveau d'expérience entrepreneuriale offre une représentativité optimale des différentes réalités étudiées ( T. Verheust 1974). La population cible comprend principalement les étudiants actuels et anciens de l’ISAM Officiel, ainsi que les enseignants et administrateurs impliqués dans les programmes entrepreneuriaux. Un échantillonnage raisonné a été appliqué pour sélectionner des répondants représentatifs des différentes filières et niveaux d’études. Des entretiens ciblés avec des responsables pédagogiques et des entrepreneurs issus de l’ISAM complètent cette approche pour diversifier les perspectives. 2.3. Techniques de collecte des données La triangulation des méthodes de collecte est nécessaire pour saisir la multidimensionnalité de l'impact des institutions éducatives sur la culture entrepreneuriale (Tshisanda Ntabala – Mweny 2004). Les données ont été recueillies à travers plusieurs outils : • Questionnaire administré aux étudiants pour quantifier leurs perceptions et expériences entrepreneuriales. • Entretiens semi-directifs avec des enseignants et experts en entrepreneuriat pour approfondir l’analyse qualitative. • Revue documentaire des programmes de formation, rapports institutionnels et projets entrepreneuriaux. Cette triangulation des méthodes renforce la fiabilité des données et offre une analyse multidimensionnelle. L’approche méthodologique adoptée dans cette étude repose sur une combinaison de méthodes qualitatives et quantitatives, adaptées aux objectifs de recherche. Le choix d’une étude de cas centrée sur l’ISAM Officiel, couplé à un échantillonnage diversifié et à des techniques de collecte variées, procure une vision complète de la contribution de cette institution à l’entrepreneuriat jeune. Cette rigueur méthodologique garantit des résultats solides, nécessaires pour formuler des recommandations pertinentes en matière de politiques éducatives et d’accompagnement entrepreneurial. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5748 Section 2 : Outils d’investigation Pour atteindre les objectifs de cette étude, il était essentiel de mettre en place des outils d’investigation adaptés permettant de recueillir des données fiables et pertinentes. Cette section présente les instruments méthodologiques utilisés, notamment les questionnaires et guides d’entretien, ainsi que les variables et indicateurs retenus pour mesurer l’impact de l’ISAM sur l’entrepreneuriat des jeunes. Elle aborde également les limites et contraintes rencontrées lors de la collecte des données, afin de contextualiser les résultats obtenus. 2.4. Questionnaire et guide d’entretien Un guide d'entretien semi-directif, articulé autour des dimensions cognitive, affective et comportementale de l'entrepreneuriat, permet d'explorer en profondeur les mécanismes d'acquisition des compétences entrepreneuriales (Petelo Nginamau 2001). Deux principaux outils ont été utilisés pour recueillir les données : - Un questionnaire structuré, administré aux étudiants de l’ISAM Officiel, visant à évaluer leur perception des programmes entrepreneuriaux, leurs motivations et les obstacles rencontrés. Les questions étaient fermées (échelles de Likert) et ouvertes pour permettre une analyse quantitative et qualitative. - Un guide d’entretien semi-directif, destiné aux enseignants, responsables pédagogiques et entrepreneurs issus de l’ISAM. Ces entretiens ont permis d’approfondir des aspects tels que l’efficacité des formations, les défis institutionnels et les recommandations pour améliorer l’accompagnement entrepreneurial. 2.5. Variables et indicateurs étudiés L'évaluation de l'efficacité entrepreneuriale des institutions techniques s'appuie sur des indicateurs composites intégrant à la fois les outputs et les outcomes (Matatu Butantu t Bena Makamina 2001). Les variables principales de l’étude sont organisées autour des objectifs : 1. Rôle de l’ISAM dans la formation entrepreneuriale (indicateurs : présence de cours dédiés, ateliers pratiques, partenariats avec des entreprises). 2. Impact sur la culture d’affaires (indicateurs : niveau de connaissance en gestion, intention de créer une entreprise, participation à des compétitions entrepreneuriales). 3. Motivations et obstacles des étudiants (indicateurs : raisons de l’engagement entrepreneurial, difficultés financières ou administratives, accès aux réseaux professionnels). 2.6. Limites et contraintes de l’étude Les recherches en entrepreneuriat éducatif se heurtent au défi de l'évaluation longitudinale, nécessitant un recul temporel incompatible avec les contraintes académiques (Justin Kamavuako 2009). Plusieurs contraintes ont influencé la collecte des données : - Accessibilité des répondants : certains anciens étudiants et entrepreneurs étaient difficiles à joindre, limitant la taille de l’échantillon. - Biais de désirabilité sociale : certains étudiants surévalueraient leur intérêt pour l’entrepreneuriat pour correspondre aux attentes. - Limites temporelles et logistiques : le temps imparti pour la recherche et les contraintes géographiques ont restreint la profondeur des investigations sur le terrain. Les outils d’investigation déployés dans cette étude ont permis de recueillir des données diversifiées et complémentaires, pour analyser la contribution de l’ISAM à l’entrepreneuriat jeune. Bien que certaines limites aient affecté la portée des résultats, la combinaison des questionnaires et entretiens, ainsi que la définition précise des variables et indicateurs, ont assuré une approche rigoureuse. Ces éléments méthodologiques constituent une base solide pour l’analyse et l’interprétation des données dans les sections suivantes. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5749 Section 3 : Traitement des données La phase de traitement des données constitue une étape capitale dans cette recherche, transformant les informations recueillies en résultats significatifs. Cette section expose les méthodes employées pour analyser les données quantitatives et qualitatives, les logiciels mobilisés pour leur traitement, ainsi qu'une présentation synthétique des résultats préliminaires. L'objectif est de garantir une interprétation rigoureuse des données relatives au rôle entrepreneurial de l'ISAM de Mbujimayi. 2.7. Méthodes d'analyse quantitative et qualitative L'analyse thématique qualitative combinée à la modélisation par équations structurelles représente l'approche analytique la plus complète pour étudier les déterminants institutionnels de l'intention entrepreneuriale (Bulyalimwe Marero 2003). L'étude a adopté une double approche analytique : - Pour les données quantitatives issues des questionnaires, des analyses statistiques descriptives (fréquences, moyennes) et inférentielles (tests de corrélation) ont été réalisées pour mesurer les tendances générales. - L'analyse qualitative des entretiens a suivi une méthode thématique, avec codage manuel des discours pour identifier les motifs récurrents concernant la formation entrepreneuriale, les motivations étudiantes et les obstacles institutionnels. 2.8. Logiciels utilisés pour le traitement Plusieurs outils numériques ont facilité le traitement des données : - Le logiciel SPSS a été employé pour l'analyse statistique des questionnaires. - Les transcriptions d'entretiens ont été codées à l'aide du logiciel NVivo pour l'analyse qualitative. - Excel a servi à la création de tableaux synthétiques et de représentations graphiques des données. Le traitement méthodique des données a établi des premières tendances concernant l'impact de l'ISAM sur l'entrepreneuriat jeune. La complémentarité des approches quantitative et qualitative, soutenue par des outils logiciels spécialisés, a offert une vision multidimensionnelle du phénomène étudié. Ces résultats préliminaires posent les bases pour une interprétation plus approfondie dans la phase d'analyse globale des résultats, tout en soulignant certaines pistes d'amélioration pour les programmes entrepreneuriaux de l'institution. 2.9. Conclusion partielle de la méthodologie La méthodologie adoptée dans cette étude a été conçue pour répondre de manière rigoureuse aux objectifs spécifiques de la recherche, visant à évaluer la contribution de l'ISAM Officiel de Mbujimayi dans la promotion de l'entrepreneuriat chez les jeunes. L'approche méthodologique mixte, combinant des méthodes qualitatives et quantitatives, a appréhendé la complexité du sujet sous différents angles. Le choix d'une étude de cas approfondie, appuyée par un échantillonnage ciblé et des outils d'investigation adaptés (questionnaire, entretiens), a fourni des données riches et diversifiées. Le traitement systématique des données, réalisé à l'aide de logiciels spécialisés, a offert une base solide pour l'analyse des résultats préliminaires. Bien que certaines limites aient été identifiées, notamment en termes d'accès aux répondants et de contraintes logistiques, les précautions méthodologiques prises tout au long du processus de recherche garantissent la fiabilité des conclusions. Cette démarche méthodologique structurée pose des fondements solides pour l'analyse et l'interprétation des résultats, qui feront l'objet des prochaines sections de cette étude. III. Analyse des résultats et discussion Cette partie présente les principaux résultats de l'étude et leur interprétation concernant la contribution de l'ISAM Officiel de Mbujimayi dans la promotion de l'entrepreneuriat et de la culture d'affaires chez les jeunes. Structurée en trois sections, l'analyse aborde d'abord le profil des étudiants enquêtés, puis explore leurs aspirations entrepreneuriales, avant d'évaluer le rôle spécifique de l'institution dans le développement de ces aspirations. Les données recueillies à travers les questionnaires et entretiens sont confrontées aux objectifs initiaux de la recherche, Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5750 permettant ainsi de discuter de l'adéquation entre les formations dispensées et les besoins réels en matière d'entrepreneuriat. Cette analyse critique identifie les forces du modèle de l'ISAM tout en pointant les axes d'amélioration possibles. Section 1 : Profil des étudiants enquêtés L'analyse du profil des étudiants de l'ISAM Officiel constitue une étape fondamentale pour comprendre leur rapport à l'entrepreneuriat. Cette section examine les caractéristiques sociodémographiques, le parcours académique et les expériences entrepreneuriales préalables des apprenants, offrant ainsi un cadre de lecture pour interpréter leurs aspirations et leur réceptivité aux formations entrepreneuriales. Les données présentées révèlent une photographie détaillée de la population étudiante, établissant des corrélations entre leur profil et leur engagement entrepreneurial. 3.1. Caractéristiques sociodémographiques "La composition démographique des étudiants en formation technique révèle des déterminants de leur potentiel entrepreneurial, où l'origine géographique, le genre et le capital social familial constituent des variables prédictives significatives de leur orientation vers les carrières entrepreneuriales (Omrane 2009). A la lumière du tableau en annexe, l'analyse des données montre une population majoritairement jeune (47% ont entre 21-23 ans) avec une prédominance masculine (62%). La répartition géographique indique une légère surreprésentation des origines urbaines (58%), tandis que le profil socio-économique révèle une majorité d'étudiants issus de classes moyennes (53%). Un élément notable concerne les antécédents entrepreneuriaux familiaux, présents chez seulement 36% des répondants, ce qui suggère que l'ISAM joue un rôle important dans l'initiation à l'entrepreneuriat pour la majorité des étudiants. 3.2. Niveau de formation et filières étudiées Les institutions techniques jouent un rôle pivot dans l'orientation sectorielle des futurs entrepreneurs, où la spécialisation disciplinaire influence durablement les choix entrepreneuriaux, créant ainsi des écosystèmes sectoriels spécifiques autour des compétences enseignées (R. Paturel 2007). La répartition par année d'étude montre une concentration en fin de cycle (46% en 3ème année et plus). Les filières techniques dominent (52%), suivies par la gestion (31%). L'offre entrepreneuriale semble bien intégrée dans le cursus, avec 83% des étudiants ayant suivi des modules obligatoires. Cependant, le volume horaire reste modéré pour 85% des répondants (moins de 100 heures), ce qui influence la profondeur des acquis entrepreneuriaux. 3.3. Expériences préalables en entrepreneuriat L'expérience entrepreneuriale précoce, même minimale, constitue un capital cognitif déterminant qui influence à la fois les intentions entrepreneuriales et le taux de survie des entreprises créées par les diplômés des établissements techniques (Abbé Ekwa1967). Les données révèlent une expérience entrepreneuriale limitée avant l'entrée à l'ISAM (73% sans activité préalable). Durant le parcours académique, 44% n'ont participé à aucun projet entrepreneurial, tandis que 41% se sont engagés dans 1-2 projets. Le secteur commercial domine les aspirations (53%), avec une participation encore limitée aux structures d'accompagnement (31% seulement ont intégré des incubateurs ou compétitions). Le profil des étudiants de l'ISAM Officiel dessine une population jeune, majoritairement masculine et issue des classes moyennes, avec peu d'antécédents entrepreneuriaux familiaux. Si l'institution parvient à toucher une large partie des étudiants grâce à ses modules obligatoires, l'engagement concret dans des projets entrepreneuriaux reste modéré. Ces éléments contextuels sont essentiels pour interpréter les résultats ultérieurs sur l'impact des formations et identifier les leviers d'amélioration possibles. Le profil décrit souligne à la fois le potentiel et les défis que représente l'intégration de la culture entrepreneuriale dans cette institution technique. Section 2 : Aspirations entrepreneuriales des étudiants Cette section explore les dynamiques motivationnelles et les perspectives entrepreneuriales des étudiants de l'ISAM Officiel, révélant comment l'institution influence leur orientation professionnelle. L'analyse porte sur trois