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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 6, Novembre 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 6359 Le Pouvoir de la Microfinance : Une Revue de Littérature sur l’Inclusion Financière et l’Autonomisation des Entrepreneurs Faiza AFFOURI, Rhita SABRI Laboratoire de Recherche en Sciences de Gestion des Organisations, École Nationale de Commerce et de Gestion de kenitra , Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc Abstract : This paper examines how microfinance contributes to the empowerment of entrepreneurs, particularly in contexts where social entrepreneurship is expanding but continues to face significant financial and structural barriers. It positions microfinance as a central mechanism for financial inclusion, offering access to credit and related services that are essential for reducing poverty, alleviating unemployment, and fostering both innovation and social progress. While microfinance has broadened opportunities for entrepreneurs to launch and expand their businesses, the findings underline the importance of adopting a more comprehensive approach—one that integrates capacity building, tailored training, and ongoing support. The discussion also stresses the need to diversify and innovate financial products in order to better address the heterogeneous needs of entrepreneurs. Finally, the paper highlights avenues for future research, notably the assessment of long-term outcomes and the design of strategies that not only improve financial access but also strengthen entrepreneurial development, thereby advancing inclusive and sustainable economic growth, especially in developing economies. Keywords: Microfinance, Entrepreneurship, Financial Inclusion, Empowerment. Résumé: Cet article examine le rôle de la microfinance dans l'autonomisation des entrepreneurs au, mettant en lumière son importance dans un contexte où l'entrepreneuriat se développe mais fait face à des défis financiers et structurels. La microfinance est présentée comme un outil essentiel pour l'inclusion financière, offrant un accès au crédit et à d'autres services financiers, essentiels pour lutter contre la pauvreté et le chômage tout en favorisant l'innovation et le développement social. Bien que la microfinance ait amélioré l'accès au financement, permettant aux entrepreneurs de lancer et développer leurs initiatives, l'étude souligne la nécessité d'une approche plus holistique, intégrant un soutien adapté, une formation et un développement des compétences. Elle révèle également le besoin d'innovation dans les produits financiers pour répondre aux besoins diversifiés des entrepreneurs. Enfin, l'article appelle à des recherches futures pour évaluer l'impact à long terme de la microfinance et développer des stratégies visant à améliorer l'accès au financement tout en soutenant le développement global des entrepreneurs, contribuant ainsi à une croissance inclusive et durable surtout dans les pays en voie de développement Mots clés : Microfinance, Entrepreneuriat, Inclusion financière, Autonomisation. Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17511666
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6360 1 Introduction Dans le paysage économique mondial, un phénomène remarquable émerge : l'essor de la microfinance et son rôle croissant dans l'autonomisation des entrepreneurs (Singh et al,2021). Cette situation transcende les frontières nationales et peut être observée dans de multiples pays en développement, ainsi que dans certaines économies émergentes où l’entrepreneuriat est un pilier du développement et de la croissance de toute économie. Il contribue à la création des emplois, à la diminution de la pauvreté et à l'augmentation du niveau de productivité d'un pays (Manzoor, Wei, &Siraj, 2021). Cependant, il est indispensable de bien connaître les sources de financement dont disposent les entrepreneurs, ainsi que les difficultés qu'ils rencontrent lorsqu'ils recherchent des capitaux pour leur entreprise (Block, Colombo, Cumming et Vismara (2021) tout en identifiant ces entraves à obtenir des prêts bancaires, le manque d'accès au capital-risque ou au capital-investissement, les exigences de garanties élevées, la lourdeur de la réglementation, ainsi que les taux d'intérêt prohibitifs (M., Harash, Y., & Bhatia, S. (2014). Certes de multiples possibilités de financement pour les entrepreneurs, néanmoins la microfinance présente des particularités qui la distinguent des autres formes de financement Bros et al. (2022). La microfinance est apparue comme un outil clé pour promouvoir l'inclusion financière, en offrant des services financiers accessibles aux populations traditionnellement exclues du système bancaire formel (Bros et al. 2022) (Hermes et al., 2019) en développant et des services financiers à un plus grand nombre de personnes marginalisées (Beisland, D'Espallier et Mersland 2017). En particulier, elle a suscité un intérêt croissant en tant que levier potentiel pour l'autonomisation des entrepreneurs - des individus et des groupes qui cherchent à innover et à entreprendre, tout en restant financièrement viables (Lewin et al., 2016). En effet, l'accès à des services financiers est un atout essentiel pour la création d'entreprises contemporaines, l'innovation et la performance entrepreneuriale en général (Groh 2018). La microfinance a la particularité que les prêts sont adaptés aux besoins financiers des individus en réduisant les taux d'intérêt, au profit des clients les plus pauvres qui bénéficient d'un meilleur accès aux services financiers (Fuertes-Callén et al. 2015 ; Al-Azzam et Parmeter 2021), au contraire du système de financement classique, de telle sorte que cette solution financière fournit un appui approprié aux entrepreneurs (Singh et al. 2021). Pourtant, au niveau systémique, dans le cadre de l'écosystème entrepreneurial, les mécanismes financiers restent à comprendre (Frimanslund et Nath 2022). Bien que la microfinance soit largement reconnue comme un outil puissant d’inclusion financière, peu de recherches se sont véritablement penchées sur les mécanismes précis par lesquels elle contribue à l’autonomisation des entrepreneurs confrontés à des contraintes de financement spécifiques (Nogueira et al., 2020). La majorité des travaux existants se concentrent surtout sur les pays en développement, mettant en avant son rôle dans la stimulation du développement social et économique, ainsi que son impact sur les performances des institutions de microfinance. Toutefois, le lien entre inclusion financière et entrepreneuriat demeure empiriquement sous-exploré. En effet, les besoins en capitaux des entrepreneurs ne se limitent pas à la simple disponibilité des ressources financières ; ils requièrent également un accompagnement adapté, une formation ciblée, un soutien personnalisé et une éducation financière, afin de renforcer leurs capacités entrepreneuriales et d’aligner les financements sur leurs objectifs (Coronel-Pango et al., 2023 ; Sarasvathy, 2022).
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6361 L'actualité et la pertinence de ce sujet résident dans sa capacité à répondre à des questions sociales et économiques pressantes. En fournissant un accès au crédit et à d'autres services financiers, la microfinance peut jouer un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté et le chômage, tout en favorisant l'entrepreneuriat. L'étude de la microfinance, en particulier, son rôle dans le soutien aux entrepreneurs, est donc non seulement pertinente mais aussi essentielle. Pour toutes ces raisons, cet article a pour objectif d’examiner la manière dont la microfinance peut renforcer l’autonomie des entrepreneurs, en mettant en lumière ses apports essentiels et ses limites potentielles, et en contribuant ainsi à la construction d’une économie plus inclusive et résiliente. À cette fin, un examen approfondi des études publiées dans des revues scientifiques, des rapports de recherche et des documents de politique publique est mené, afin d’évaluer la rigueur des méthodologies employées, la validité des conclusions avancées et la transférabilité des résultats à différents contextes géographiques. La méthodologie adoptée repose sur une analyse critique et comparative de diverses sources, accordant une attention particulière au rôle de la microfinance dans l’autonomisation des entrepreneurs, sans se restreindre à une région spécifique. Cet article propose ainsi une revue critique permettant d’identifier les principales tendances de recherche, de mettre en évidence les lacunes persistantes dans les connaissances actuelles et de relever les divergences observées dans les résultats et interprétations. Le reste du papier est organisé comme suit : la deuxième section présente une revue de la littérature récente et détaillée sur la microfinance et ses impacts sur l’entrepreneuriat. La troisième section est consacrée à la discussion des conclusions tirées de diverses études présentées dans la revue. Dans la dernière partie une conclusion et des perspectives sont formulées. 2. Revue de littérature Dans cette revue de la littérature, les impacts de la microfinance sur l’entrepreneuriat ont été examinés à travers une analyse critique des recherches existantes. Les résultats présentés sont une synthèse des conclusions tirées de diverses études et articles publiés et consultés à partir de bases de données de ressources électroniques telles que Emerald Insights, Taylor and Francis, Science directElsevier, Springer Link, etc. 2.1 La microfinance et lutte contre la pauvreté et offre des opportunités entrepreneuriales aux populations marginalisées La microfinance a un impact significatif sur les communautés économiquement défavorisées. En effet, les personnes démunies peuvent, grâce à la microfinance, avoir recours à différents types de financements qui leur ont permis de continuer à exercer leurs activités économiques productives ou d'en développer de nouvelles. (Yitamben, 2004 ; Ashraf, Karlan et Yin, 2006 ; Ahlin et Jiang, 2008 ; Feigenberg et al., 2010 ; Armendáriz de Aghion et Morduch, 2010 ; Karlan et Zinman, 2011 ; Banerjee et al., 2015) ; (Bruton et al., 2011).
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6362 Selon Awojobi et Bein (2011), la microfinance est un mécanisme qui consiste à fournir des services de crédit à des individus à faibles ressources, leur conférant ainsi des capacités d'action et les engageant dans des projets productifs susceptibles d'augmenter leurs revenues et donc de contribuer à la réduction de la pauvreté. de ce fait la microfinance est née de l'idée de fournir des prêts aux populations à faible revenu afin de les aider à démarrer leur propre entreprise, afin qu'elles puissent ainsi améliorer leur situation financière : les clients avaient accès à un capital qu'ils utilisaient pour développer leurs entreprises, ce qui augmentait leurs revenus et, par conséquent, réduisait le niveau de pauvreté (Yunus, 2008 : 14) .La microfinance est une des alternatives principales pour les femmes dans la lutter contre la précarité qui les affecte principalement, par ailleurs la microfinance stimule l'esprit d'entreprise chez les femmes (Santos et Neumeyer 2021). À l'heure actuelle, la microfinance remplace les sources informelles de financement et contribue à la croissance de l'entrepreneuriat et à la réduction de la pauvreté dans les pays en développement et en transition économique (Bruton, 2015 : 16). En offrant aux entrepreneurs un meilleur accès à l'épargne et au crédit, ce qui accroît leur autonomie économique et leur capacité à prendre des décisions. (Datta et Sahu, 2021). En milieu rural, où l'économie repose fortement sur l’agriculture, la problématique du financement de ce qui est agricole est un élément clé de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté qui est plus intense dans cette zone (Zeller, 2003).la microfinance a joué un rôle crucial dans le développement économique., les programmes de microcrédit ont amélioré la productivité agricole et augmenté les revenus des petits agriculteurs. Ce constat est renforcé par les travaux de Janda, Rausser, et Svárovská (2014), qui ont mis en évidence l'effet positif de la microfinance sur la réduction de la pauvreté dans les zones rurales. Ce constat a été consolidé par la reconnaissance, par les Nations unies, de la microfinance comme outil de lutte contre la pauvreté, l'un des objectifs du Millénaire pour le développement. Au Nigéria, on a établi que la microfinance avait des effets sur la croissance à court terme (Murrad et Ebosetale, 2017) et sur la réduction de la pauvreté (Kasali et al., 2015). Dans les zones semi-urbaines, la microfinance a facilité la création et l'expansion de petites entreprises. Comme l'ont observé Hartarska et Nadolnyak (2007), l'accès au microcrédit a permis à de nombreux entrepreneurs de démarrer leurs activités, contribuant ainsi à la diversification économique et à la création d'emplois. Cet effet multiplicateur est également souligné par Armendáriz et Morduch (2005), qui ont noté l'importance de la microfinance dans le développement des petites et moyennes entreprises. Ce tableau présente une comparaison claire des différents impacts de la microfinance en fonction du contexte rural ou semi-urbain, mettant en évidence les spécificités de chaque milieu Tableau 1 : Une analyse comparative de l'impact de la microfinance : Contexte rural vs. semi-urbain Aspect Impact en Milieu Rural Impact en Milieu Semi-Urbain Productivité agricole Amélioration de la productivité et des revenus des petits agriculteurs. Moins direct, mais soutient des activités commerciales liées à l'agriculture. Autonomisation des femmes Accès accru au crédit pour les femmes, favorisant l'entrepreneuriat féminin. Renforcement de l'autonomie des femmes urbaines à travers des projets commerciaux.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6363 Développement des petites entreprises Moins prononcé qu'en milieu semiurbain, mais soutient les microentreprises agricoles. Forte influence sur la création et l'expansion des PME et des services. Création d'emplois Création d'emplois limitée, principalement dans l'agriculture et les petites activités commerciales. Impact significatif sur la création d'emplois dans divers secteurs. Risque de surendettement Risque potentiel dû aux emprunts multiples ou à des conditions de prêt inadaptées. Risque accru en raison de la densité d'activités et de la concurrence. Adéquation des produits financiers Nécessité de produits spécifiques pour les activités agricoles et rurales. Besoins plus diversifiés, nécessitant des produits financiers flexibles. Source : Auteurs Le manque de travaux de recherche concluants sur le rôle potentiel de la microfinance dans la lutte contre la pauvreté et la promotion de l'esprit entrepreneurial laisse penser que la microfinance, telle qu'elle est structurée actuellement, n'a pas les moyens de réduire la pauvreté de manière généralisée. Par ailleurs, la pratique de la microfinance repose sur le postulat selon lequel le principal facteur empêchant les pauvres de saisir les opportunités d'entreprendre est le manque de ressources financières. Comme le soutiennent les chercheurs en gestion, ce capital est nécessaire mais pas suffisant pour encourager l'innovation et la création d'entreprises durables et en croissance (Alvarez & Barney, 2014 ; McCloskey, 2011 ; Wang et al., 2008). En d'autres termes, les entrepreneurs dans les milieux précaires ne sont pas seulement confrontés à des contraintes de crédit (De Mel et al., 2008 ; Liu et al., 2017), car d'autres ressources telles que le fait de disposer d'un capital humain, d'un capital social et d'institutions performantes sont nécessaires (Acemoglu et Robinson, 2012 ; Berge et al., 2010 ; Karlan et Valdivia, 2011). Tous les pauvres n'ont pas les mêmes aptitudes à reconnaître ou à saisir les opportunités entrepreneuriales (Alvarez, et al., 2013). En conséquence, il n'est pas raisonnable de présumer que tous les pauvres désirent devenir entrepreneurs (Shane, 2008). 2.2 . Inclusion financière via la microfinance et entrepreneuriat Comme le rappellent Bateman et Chang (2012), une approche globale de l’inclusion financière constitue un levier essentiel pour le développement économique et social. La relation entre inclusion financière et entrepreneuriat représente aujourd’hui un champ de recherche en pleine expansion. De nombreuses études montrent que l’élargissement de l’accès aux services financiers contribue positivement à l’activité entrepreneuriale, notamment dans les contextes caractérisés par des contraintes socio-économiques importantes. En particulier, la microfinance favorise l’inclusion socio-économique et stimule l’initiative entrepreneuriale dans les régions rurales, où les opportunités demeurent souvent limitées (Goel & Madan, 2019). L'inclusion financière est ainsi apparue dans diverses régions d'Europe, avant de se répandre en Asie et en Afrique (Verbraeken, et al., 2009). Elle correspond à la facilité d'accès aux des services financiers formels pour tous les acteurs d'une économie. Kim et al. (2018). Par opposition à l’inclusion financière, l'exclusion financière correspond
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6364 à la non-possibilité pour un individu de bénéficier de services financiers adaptés (Carbo et al., 2005, p. 184). En effet , le niveau d'éducation financière insuffisant, nombre de documents requis pour l'obtention d'un prêt et le manque de la confiance dans institutions financières locales sont parmi les causes de l'exclusion du système bancaire formel Vikas et Bhawna (2017). Une faible inclusion financière entrave non seulement la création de nouveaux projets par les entrepreneurs, mais aussi la croissance des TPE et des PME existantes. Cela justifie en grande partie que les emplois précaires créés dans les pays en développement proviennent essentiellement de micro-entreprises à faible productivité, dont la plupart sont informelles (Félix Zogning 2023) Dorfleitner et al. (2016) les plates-formes de microfinance contribuent à l'inclusion financière, il est évident que celle-ci joue un rôle déterminant dans le développement de l'esprit entrepreneurial en assurant un accès équitable aux services financiers, en favorisant la croissance des entreprises et en promouvant un développement économique des populations sous-bancarisées La recherche de Nogueira, Duarte et Gama (2020) examine le champ de la microfinance, la situation actuelle du secteur et ses opportunités pour l'avenir. Ces auteurs soulignent la nécessité de promouvoir l'inclusion financière et de renforcer les populations marginalisées, en particulier dans les économies en développement. 2.2.1. Favoriser l'innovation et la durabilité L'inclusion financière, en fournissant aux entrepreneurs l'accès au crédit et à d'autres services financiers, joue un rôle crucial dans la facilitation de projets innovants. En Assurant la durabilité soutenue par la microfinance peut être un challenge, car ils peuvent être exposés à des contraintes telles que la concurrence, les fluctuations du marché et les exigences financières (Katherine Coronel-Pango, all 2023). Dans cette perspective, la littérature s'est focalisée sur le recensement et la combinaison des alternatives de financements qui favorisent la croissance et la durabilité des entreprises (Ranabahu et Tanima, 2022). La microfinance est l'une de ces alternatives (Déjà reformulé) La microfinance permet aux entrepreneurs de renforcer leur expérience, d'accroître l'échelle de leurs affaires et d'être de plus en plus performants. Grâce à la microfinance, les gens gagnent plus d'argent et se prémunissent mieux contre les risques. Ils peuvent également se lancer dans des projets plus ambitieux et dépasser le stade de la survie au jour le jour. (Mbaye, A. N. (2023) Les conclusions de Menne et al. (2022) montrent que l'accès au microcrédit, la lutte contre la pauvreté, la durabilité et l'innovation dans les technologies financières font désormais partie des domaines principaux d'analyse et des perspectives d'avenir. Rohman et al (2021), aborde la problématique de la microfinance et inclut également le concept de durabilité, en indiquant que la microfinance participe également à cet enjeu. Nogueira, Duarte et Gama (2020) ont examiné les horizons futurs de la microfinance, en insistant sur l'innovation financière et la durabilité en tant que facteurs déterminants de l'évolution l'entrepreneuriat et du renforcement de son impact sur le développement économique et social. 2.2.2Extension de l'entrepreneuriat à des populations marginalisées L'un des plus connus et des plus réussis à ce jour est le projet "Grameen" du Bangladesh, créé en 1976 par le professeur Muhammad Yunus pour encourager les activités économiques des populations les plus défavorisées dans l'un des pays les moins avancés du monde.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6365 L'inclusion financière rend les groupes traditionnellement marginalisés tels que les Femmes et les ruraux, plus aptes à participer activement à l'entreprenariat. En leur fournissant un appui financier, ces personnes peuvent lancer et gérer des projets visant à résoudre des problèmes spécifiques au sein de leurs communautés (Bruton, 2015). Le mécanisme de la microfinance dans l'extension de l'entrepreneuriat est appuyé par plusieurs travaux académiques et de recherche. Par exemple, des publications telles que celles de Nogueira et al. (2020) et Goel et Madan (2019) soulignent l'impact significatif de l'inclusion financière sur entrepreneuriat. En soulignant l'importance de la microfinance dans la promotion de l'entrepreneuriat en permettant aux entrepreneurs marginalisés d'accéder aux services financiers. Coelho et al (2022) signalent que la microfinance apparaît comme un moyen de renforcer le financement des exclus des systèmes financiers classiques, favorisant ainsi le lancement d'activités entrepreneuriales au sein des populations marginalisées. Selon Madya (2015), si les institutions de microfinance (IMF) disposent de structures permettant d'accorder des prêts plus restreints pour répondre aux besoins des entrepreneurs, ces prêts restent peu accessibles en raison des taux d'intérêt élevés appliqués par les IMF, ce qui rend les prêts peu abordables pour les micro-entreprises. D'autres facteurs entravent l'accès des PME au crédit, notamment le manque de compétences en matière de gestion d'entreprise et le manque de renseignements sur les produits qui leur sont offerts. De même, Ali et al (2022) mettent l'accent sur l'importance de l'éducation pour soutenir ces populations vulnérables, en se concentrant sur le recours à la technologie pour les institutions de microfinance dans le souci ultime de contribuer à éradiquer la pauvreté. Or, la microfinance a conduit à la construction d'un climat de subsistance ou d'entreprenariat de nécessité qui tend à enfermer les gens dans la pauvreté (Bruton et al., 2015), et certains établissements de microfinance n'ont pas survécu en raison de leurs coûts élevés (Kanayo et al., 2013). Le financement des entrepreneurs, en particulier des startups, s'est montré moins fructueux que celui des autres entreprises sur la majorité des marchés (Singh et Pushan, 2018), en partie dans des environnements peu favorables à la création d'entreprises. La microfinance n'est pas un remède à la pauvreté et n'a pas réussi à répondre aux besoins des plus pauvres d'entre les jeunes entrepreneurs, Bateman (2010) avance que la nouvelle tendance de la microfinance est un piège à pauvreté qui va à l'encontre d'un développement social et économique durable. Il ne s'agit pas uniquement de financer, mais également de fournir un accompagnement, une formation Ferdousi (2015) Tomilova et al. (2011) Gedion (2016) et un soutien continu aux entrepreneurs, selon Banerjee et al. (2017), les individus déjà bien formés à l'entrepreneuriat ont tiré profit de l'impact de la microfinance, tout comme les personnes ayant des entreprises préexistantes et les emprunteurs à long terme. 2.2.3 Développement économique et social local Waithaka et al (2014) précisent que le but des institutions de microfinance est de proposer des services financiers pour satisfaire les exigences des personnes défavorisées afin de parvenir aux objectifs de développement. La microfinance a un effet considérable sur le développement économique et social par le biais de l'esprit entrepreneurial, de l'autonomisation des individus, de la diminution de la pauvreté, de la stimulation de l'innovation financière et du renforcement du capital social. Ces effets participent au développement plus large des
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6366 communautés et des économies. La croissance des entrepreneurs est considérée comme le pilier de la création d'emplois et du progrès technique (Mangori, 2022). Selon un rapport de la Banque Mondiale (2014), l'entrepreneuriat soutenu par la microfinance a un impact direct sur la réduction de la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie dans les communautés locales. Nogueira, Duarte et Gama (2020) ont rappelé la nécessité de promouvoir les initiatives entrepreneuriales au niveau local, de favoriser le développement de solutions financières axées sur les besoins des communautés et de créer un climat propice à la croissance économique et sociale pour les entrepreneurs et les populations les plus vulnérables. Ndlovu et Toerien (2020) déclarent que la possibilité de bénéficier de services financiers à une incidence positive sur le niveau social des ménages, ainsi que sur leur niveau de gestion efficace des risques et sur les opportunités entrepreneuriales. Cela serait liée automatiquement de manière significative et positive à des variables macroéconomiques telles que le PIB par habitant, l'emploi, la concurrence bancaire, la réduction de la pauvreté, le niveau d'éducation ainsi que le degré d'utilisation d'internet (Ibrahim et Alagidede, 2018 ; Kling et al., 2020 ; Sha'ban et al., 2020). Dans le même sens, Coelho et al (2022) ont démontré dans leur analyse bibliométrique que la microfinance a un réel impact sur l'économie en promouvant les entrepreneurs, l'innovation dans les services financiers et la réduction de la pauvreté. En effet, grâce à l'accès au microfinance, un micro-entrepreneur rural ou urbain peut accroître son capital circulant, ce qui, à son tour, peut relancer son activité, générer des revenus supplémentaires et, en définitive, lui permettre d'échapper au piège de la pauvreté. Tout cela peut entraîner une augmentation de l'alphabétisation de la famille et, par conséquent, une meilleure santé et un meilleur bien-être (Todaro et Smith, 2011). Ali et al. (2013). Plusieurs recherches menées dans des pays en développement ont révélé une corrélation positive entre la microfinance des PME et l'indice de développement humain (IDH), ainsi que des données montrant que la microfinance diminue la proportion de la population à faible revenu (Antoh, 2015 : 1500 ; Onwumere, 2012 : 422). Barguellil et Bettayeb (2020) ont mené auprès de 114 clients d'une institution de microfinance une enquête visant à évaluer les effets de la microfinance sur le développement économique. Ils en ont conclu que les prêts de microfinance ont un effet positif sur le développement économique et la création de nouvelles entreprises, car ils créent de l'emploi et contribuent à l'amélioration de la situation économique de leurs clients. Par le fait même, la microfinance est fondamentale pour les entrepreneurs et la croissance économique dans les économies émergentes. Nogueira et al (2020) précisent que la microfinance peut favoriser le développement social en responsabilisant les individus par le biais de l'entrepreneuriat, en particulier dans les régions défavorisées. Du côté de Sulong et Bakar (2018), l'inclusion financière contribue à la fois à la performance économique des entrepreneurs africains à travers le développement des agences bancaires et la levée des contraintes liées à l'accessibilité au financement.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6367 Or, Bateman (2010) affirme que la microfinance n'a aucun impact ou a un effet négatif sur les facteurs de développement tels que les économies d'échelle (les microentreprises produites par la microfinance sont trop modestes pour tirer parti des économies d'échelle), l'industrialisation (elle facilite la désindustrialisation des économies locales en raison du grand soutien qu'elle fournit aux petites entreprises de courte durée) et le capital social (la forte informalisation élimine le capital social). Banerjee et al (2015) ont mis en évidence les effets néfastes potentiels d'une utilisation non réglementée de la microfinance. Il est donc essentiel de trouver un équilibre entre l'offre de services financiers et la nécessité de protéger les emprunteurs. Les critiques affirment que le microcrédit a conduit les entrepreneurs pauvres au piège de l'endettement et, dans certains cas, au suicide (Bateman, 2010), au lieu d'améliorer les revenus. Cependant Nogueira et al (2020) indiquent que des éléments clés tels que l'innovation financière, les technologies et la soutenabilité sont essentiels pour construire l'avenir de la microfinance et consolider son impact sur le développement économique et social. Orsini, 2011). Le microcrédit, quant à lui, n'est pas un outil performant pour soutenir des stratégies structurelles, mais il est incontestablement un moyen efficace de renforcer l'inclusion socio-économique. Une étude d'Elhadidi (2018) a analysé les effets de la microfinance sur le développement de l'entrepreneuriat en Égypte. Cette étude a révélé qu'il n'y a pas de lien significatif entre les services des institutions de microfinance et la capacité à stimuler le développement de l'entrepreneuriat. Toutefois, Le pouvoir de la microfinance de favoriser l'esprit entrepreneurial repose sur les conditions socioéconomiques des pays (Lahimer et al., 2013), et la faculté des institutions de microfinance de soutenir les entreprises et de fournir des connaissances dépend de la manière dont les institutions affectent leurs coûts d'exploitation (Chakrabarty et Bass, 2013). Il est donc approprié de se concentrer sur l'étude des accords institutionnels au travers desquels la microfinance opère, afin de savoir comment mieux adapter les objectifs de développement de la microfinance à la capacité des pays en voie de développement à soutenir l'esprit entrepreneurial. 3. Présentation et discussion sur les conclusions tirées de diverses études examinées De nombreux travaux ont mis en évidence le rôle central de la microfinance dans l’élargissement de l’accès au financement pour les entrepreneurs, en particulier ceux exclus des circuits bancaires traditionnels. L’analyse des recherches existantes montre que la microfinance ne se limite pas à l’octroi de capitaux : elle contribue également au renforcement des capacités entrepreneuriales, à travers le développement de compétences, la formation, ainsi que l’intégration dans des réseaux professionnels. L’inclusion financière via la microfinance apparaît ainsi comme un facteur clé de l’autonomisation des entrepreneurs et de la stimulation de l’innovation, leur permettant de concrétiser des idées novatrices et de bâtir des modèles d’affaires durables. Les études soulignent par ailleurs des impacts socio-économiques positifs, tels que la création d’emplois, l’amélioration des conditions de vie et la contribution au développement local. Certaines recherches mettent même en évidence une corrélation positive entre le financement des PME par la microfinance et l’indice de développement humain (IDH). Plus largement, la littérature suggère que la microfinance peut contribuer à la
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6374 Orsini, R. (2011). Eticaeconomica del microcredito [Economic ethics of microcredit]. Università di Bologna Pesqué‐Cela, V., Tian, L., Luo, D., Tobin, D., & Kling, G. (2021). Defining and measuring financial inclusion: A systematic review and confirmatory factor analysis. Journal of International Development, 33(2), 316-341 Ranabahu, N., & Tanima, F. A. (2022). Disabled women entrepreneurs and microfinance: A road less travelled (for a reason)? In Research Handbook on Disability and Entrepreneurship (pp. 155-178). Reed, M. (2019). Do policy frameworks affect microfinance participation in Kenya? International Journal of Social Economics, 46(3), 412-425 Rohman, P. S., Fianto, B. A., Shah, S. A. A., Kayani, U. N., Suprayogi, N., & Supriani, I. (2021). A review on literature of Islamic microfinance from 2010-2020: Lessons for practitioners and future directions. Heliyon, 7(12), e08740. Santos, S. C., & Neumeyer, X. (2021). Gender, poverty, and entrepreneurship: A systematic literature review and future research agenda. Journal of Developmental Entrepreneurship, 26(1), 2150004. Sarasvathy, S. D. (2022). An effectual analysis of markets and states. In Questioning the Entrepreneurial State (pp. 27-46). Sardy, M., & Lewin, R. (2016). Towards a global framework for impact investing. Academy of Economics and Finance Journal, 18(2), 101-120. Sha’ban, M., Girardone, C., & Sarkisyan, A. (2019). Financial inclusion: Trends and determinants. In Frontier Topics in Banking: Investigating New Trends and Recent Developments in the Financial Industry (pp. 119-136) Shane, S., & Stuart, T. (2002). Organizational endowments and the performance of university start-ups. Management Science, 48(1), 154-170. Sharma, M., Zeller, M., & Lapenu, C. (2003). Creating effective financial systems for the poor: A poverty assessment tool in microfinance. International Food Policy Research Institute (IFPRI). Singh, J., Dutt, P., & Adbi, A. (2022). Microfinance and entrepreneurship at the base of the pyramid. Strategic Entrepreneurship Journal, 16(1), 134-154. Singh, P., & Akula, S. C. (2021). Role of microfinance, women decision making, and previous work experience in women entrepreneurship during COVID-19. International Journal of Economics and Finance Studies, 13(2), 123-140. Verbraeken, M., Moors, K., Heyde, G., &Opdebeeck, B. (2009). "Voyage au pays de la Microfinance". Waithaka, S. M. (2014). Factors that influence the social performance of microfinance institutions in Kenya (Doctoral dissertation). Wang, X. (2013). The impact of microfinance on the development of small and medium enterprises: The case of Taizhou, China (Doctoral dissertation, The Johns Hopkins University). Yitamben, G. M. (2004). La microfinance en Afrique: En lutte contre la pauvreté. Finance Common Good. Zogning, F. (2023). Financial inclusion, inclusive entrepreneurship, and alternative financing options. Journal of Small Business & Entrepreneurship, 35(1), 21-45. Koshy, K., & Joseph, M. (2000). Growth of women-managed units in India. Journal of Small Business Management, 38(1), 56-65. Mahajan, V. (2001). The impact of microfinance on client sustainability. Journal of Microfinance, 3(2), 45-60.
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