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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 6, Novembre 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 6451 Riposte à l’épizootie de la Pasteurellose bovine ou Pasteurellose septicémique bovine au Kwilu-Kwango (2018-2021) en RD Congo Iyav Muhunga Corneille1, Mboma Mburawamba Jean1, Bamuene Solo Darius2,4, Kuyungana Kisela Sylvestre3,5, Mutambel Hity Schie Nkung Déogratias3, Kikeba Mbala Laurent1, Kutukwenda Katieta Samuel3,6, Tiarina Mess Jacques7, Nyongombe Utshudienyieme Nathan3, Mabi Nza Masumu.3, Hamulonge Chikuru J.3, Umba di M’balu Joachim1,2,3, Lukombo Lukeba Jean Claude* 1 Université Loyola du Congo (ULC) Faculté des Sciences Agronomiques et Vétérinaires, 7 avenue Père Boka, Kinshasa, B.P. 3724/KinshasaGombe, RD Congo 2 Université Président Joseph Kasa Vubu (UKV) B.P. 314-Boma/Kongo Central, RD Congo 3 Université Pédagogique Nationale (UPN) B.P. 8815/Kinshasa-Ngaliema, RD Congo. 4 Université Catholique du Congo (UCC) B.P. 1534 Kinshasa/Limete, Tél. +243840498627 5 Université du Kwango, B.P. 41 Kinshasa 1, 6 avenue Dispensaire, commune de Masikita 6 Institut Supérieur Pédagogique de Kikwit (ISP/Kikwit) B.P. 258 Kikwit, Kwilu/RD Congo 7 Université de Kikwit, B.P. 76/Kikwit, Faculté des Sciences Agronomiques. *A titre posthume Résumé Du petit éleveur familial à l’exploitant pastoral moyen en passant par le consommateur commun de viandes ou l’homme de la rue anonyme, qui dans l’espace du Landscape Kwilu-Kwango oubliera les affres en termes de morbidité et mortalité bovines causées par l’épizootie de la Pasteurellose bovine. Ce sont deux provinces agropastorales don’t les exploitations pastorals ou agropastorales alimentent la ville de Kinshasa en bovins. Cette étude avait pour objectif de donner un traitement curatif aux différents cheptels bovins de ces deux provinces pour ainsi résoudre le problème de la Pasteurellose bovine, appelée aussi vulgairement peste bovine à cause de son impact destructeur des cheptels bovins, dans les provinces du Kwilu et Kwango. Le diagnostic de certitude ainsi sereinement posé grâce à la facilitation d’un laboratoire africain spécialisé, le Laboratoire National de l’élevage et des recherches vétérinaires (LNERV) de Dakar, confirmait une épizootie de pasteurellose bovine à Mannhémia hémolytica, la plus dangereuse des 2 espèces de Pasteurella pathogènes connus. La méthodologie adoptée pour cette étude consistait à la sensibilisation des fermiers à la prophylaxie hygiénique et de tous les acteurs de l’élevage pour expliquer la pertinence de la vaccination dans la prévention de la pasteurellose bovine, les exhorter à collaborer avec les agents vaccinateurs à venir et à doter leurs élevages d’enclos de nuit et couloirs de contention. Les résultats obtenus montrent que 29282 animaux ont été vaccinés sur un effectif réel official de 34479 animaux. Mots clés : Riposte, Epizootie, Pasteurellose bovine, Kwilu-Kwango et RD Congo Abstract From small-scale family farmers to the average pastoralist, and including the average meat consumer and the anonymous person on the street, who in the Kwilu-Kwango region can forget the devastating effects of bovine morbidity and mortality caused by the Bovine Pasteurellosis epizootic? These two agropastoral provinces supply the city of Kinshasa with cattle from their pastoral or agropastoral farms.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6452 This study aimed to provide a curative treatment for the various cattle herds in these two provinces in order to resolve the problem of Bovine Pasteurellosis, also commonly known as rinderpest due to its destructive impact on cattle herds, in the Kwilu and Kwango provinces. The definitive diagnosis, made possible by the support of a specialized African laboratory, the National Livestock and Veterinary Research Laboratory (LNERV) in Dakar, confirmed an epizootic of bovine pasteurellosis caused by Mannemia hemolytica, the more dangerous of the two known pathogenic Pasteurella species. The methodology adopted for this study involved raising awareness among farmers about hygiene prophylaxis and among all livestock stakeholders to explain the importance of vaccination in preventing bovine pasteurellosis, urging them to collaborate with the vaccination teams and to equip their farms with night enclosures and handling alleys. The results show that 29,282 animals were vaccinated out of an official total of 34,479 animals. Key words: Response, Epizootic, Bovine Pasteurellosis, Kwilu-Kwango and DR Congo Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17625279 1 Introduction La pasteurellose ou septicémie hémorragique est une maladie cosmopolite contagieuse affectant plusieurs espèces animales notamment les ruminants. Cette maladie est déclarée dans la plupart des pays en voie de développement (Sebbar, 2021). La Pasteurellose est une affection fébrile, contagieuse, corrosive et inoculable commune aux grands ruminants. Elle est due soit à l’action primaire de Pasteurella multocida responsable d'une forme septicémique suraiguë et de plusieurs formes aiguës, soit à l’action jointe de Pasteurella multocida & Mannheimia haemolytica profitant d’un état souffreteux pour provoquer une atteinte respiratoire non minime. Elle est cliniquement caractérisée par des symptômes généraux (Zecchinon et al., 2005), suivis de la mort en quelques heures, ou le plus fréquemment de localisations respiratoires, digestives ou ganglionnaires et des lésions inflammatoires hémorragiques ou œdémateuses et de pleuropneumonie (Sebbar, 2021). Cette maladie a été signalée en 1761 au début chez le bœuf par Trutta. Dans son "Nouveau Jardin de la Pratique et de l'Expérience", la première description fut faite chez le buffle par Metaxa en 1817, dans son traité des maladies contagieuses et épizootiques ensuite en 1853, Fauv et la différencie du charbon (selon Rapports d'activités. Maisons-Alfort - I.E.M.V.T. – 1976 cité par Sebbar, Op.cit.). Depuis cette date, plusieurs conférences Internationales sur la Septicémie hémorragique ont eu lieu avec pour but de préciser les caractéristiques de cette maladie dans le monde et de dégager les voies et systèmes de lutte contre cette pathologie. Les recherches continuent sur les caractères antigéniques et immunogéniques des Pasteurelles responsables en vue de la préparation et de la mise au point d'un vaccin fort et confirmé (Sebbar, Op.cit.). En RD Congo, dans les provinces du Kwango et Kwilu, issues du démembrement de l’ancienne province du Bandundu, sont deux provinces à vocation agropastorale où se pratiquent, de façon traditionnelle, des élevages de bovins. Entre 2018 et 2019, il y a eu des morts en cascade de plusieurs milliers de bovins dans ces deux provinces. A la suite de l’alerte du 11/09/2018 initiée par des éleveurs des provinces de Kwilu et Kwango aussitôt relayée par les inspections provinciales de l’Agriculture, Pêche & Elevage en appui au diagnostic du charbon symptomatique émis par le laboratoire vétérinaire central (LVC) de Kinshasa. Les autorités se montrent interpelées par le taux exponentiel de mortalité bovine (plus de 4500 têtes dans les territoires infectés: Feshi, Kenge pour le Kwango; Gungu, Masi-Manimba, Bulungu et Idiofa pour le Kwilu). Deux campagnes de vaccination furent organisées contre le charbon en partenariat technique avec la FAO. Cependant la persistance de la maladie, comme aux premiers jours de son éclosion, constituait une réelle source d’inquiétude pour les autorités locales et nationales ainsi que pour la population de ces provinces, voire des provinces environnantes. Face à la persistance et la récurrence de la pathologie, une intervention urgente qui apporterait une batterie de mesures prophylactiques et d’actions épidémio-cliniques d’envergure, s’avérait impérieuse car les besoins immédiats étaient importants. D’un lieu à un autre, une mystérieuse maladie bovine extrêmement contagieuse est signalée au premier trimestre 2018 dans le secteur de Kibolo (territoire de Masi-Manimba). Elle prend par la suite, une évolution épizootique
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6453 avec mortalités massives invasives, sévissant principalement dans les territoires de Feshi, Mawanga (Province du Kwango), Idiofa, Masi-Manimba et Bulungu (Province du Kwilu). Elle se propage rapidement, par la grâce du laxisme de contrôle des mouvements de bétail, dans le landscape Kwilu-Kwango (territoires de Feshi, Bulungu, Masi-Manimba Sud de Kasongo-Lunda, Kenge et le Plateau de Bateke, voire Popokabaka). Les scientifiques mis à contribution soupçonnent à l’époque (Experts de la FAO, Direction des Maladies animales, épidémiologistes du laboratoire vétérinaire de Kinshasa et autres chercheurs d’institutions universitaires) une maladie à Clostridies (notamment Clostridium perfringens, Clostridium welchi, saprophytes naturels du tube digestif des polygastriques et donc souvent à la base d’une auto-contamination de la viande dans les contextes peu hygiéniques de nos tueries de brousse) qu’ils identifient, sur la foi de l’avis du laboratoire vétérinaire de Kinshasa, au charbon symptomatique. La panique, au regard des statistiques de mortalités subies à travers l’ensemble du territoire de Feshi, par exemple, était telle qu’elle a levé un activisme incontrôlé de ventes généralisées de bétail à vil prix, une transhumanceréflexe pour mettre à l’abri les quelques survivants des troupeaux, un chassé-croisé aussi opportuniste que désordonné des bétails sur et depuis le territoire de Feshi. C’est une maladie cosmopolite retrouvée dans le monde entier (Figure 1), Asie (Asie du sud et sud-est, Proche orient-Turquie, Malaisie, Indonésie et Thaïlande), Afrique (Egypte, Sénégal, guinée, Niger, somalie, Ethiopie, Kenya et Ouganda et Cameroun), Europe (Grande Bretagne et Amérique du Nord) et Amérique (centrale et latine) mais il y’a des zones indemnes comme l’Australie, l’Océanie, le Japon et l’Afrique du Sud (figure 1) (Sebbar, 2021). Figure 1. Carte de répartition géographique des pasteurelles dans le monde Source: FAO, OMS et OIE (1981) citées Sebbar (2021) La maladie se caractérise par une dépression de l’état général avec une forte fièvre. La température rectale atteint au moins 40°C, le rythme cardiaque est augmenté et les animaux refusent de s’alimenter. L’atteinte de l’appareil respiratoire se manifeste par une polypnée, un jetage nasal d’abord séreux puis rapidement mucopurulent, pour finir par se dessécher et former des croûtes sur le mufle. La rhinite s’accompagne de larmoiement. Les mouvements respiratoires, accrus dans les premiers stades de la maladie, sont suivis par de la dyspnée. La toux est souvent relevée et varie dans ses caractéristiques: elle peut être grasse ou douloureuse et retenue. Les animaux peuvent tenir leurs coudes en abduction et l’encolure en extension. L’évolution de la maladie est habituellement courte mais peut atteindre deux à trois semaines à l’échelle du troupeau (Martel et Michel, 1985). La maladie varie avec le mode de pénétration et l'activité de la bactérie, et avec la réceptivité du sujet. Au niveau du point de pénétration, il y a une culture locale avant l'envahissement de l'organisme par voie sanguine ou lymphatique. Cette culture se traduit par un œdème riche en leucocytes. Dans un organisme très réceptif, une bactérie virulente envahit très vite tout le système lymphatique et le sang, produisant une septicémie hémorragique (Curasson, 1947), qui est une forme suraiguë de la maladie, avec de temps à autre, une répercussion sur le système nerveux central par suite de la rupture de la barrière méningée. Le système vasculaire est congestionné et des pétéchies couvrant divers tissus (Davis et al., 1970).
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6454 L’objectif poursuivi par cette étude est d’identifier la vraie maladie contre laquelle deux rounds de vaccination anticharbonneuse n’apportent aucun répit, puis d’y apporter un traitement approprié. 2 Matériels et Méthode: Méthodologie opérationnelle & Inputs 2.1 Milieu Le milieu dans lequel ont été organisées les actions concrètes de la riposte fut d’abord la commune rurale de Feshi notamment sur des sites de l’axe ouest le long du tracé Kimbongo Ganamutundu et quelques autres situés dans le Feshi rural, autour de la cité de Feshi dans la province du Kwango. La mission s’est ensuite rendue dans le Kwilu profond, territoire d’Idiofa, notamment dans le pays de Matekosecteur (plus précisément auprès des élevages des villages Mayumu, Matar et Kio). L’itinéraire suivi par l’équipe traçait le parcours suivant : Kikwit - Feshi et environs – Kikwit -Mokala/Mateko – Kikwit - Kinshasa. Figure 2. Localisation de différents sites de travail sur la carte administrative de la RDC Source : Kikobya (2024). Le territoire de Feshi est situé au Nord Est de la province du Kwango sur une latitude de 6°08’ Sud et une longitude de 18°10’ Est (Omasombo, 2012). La végétation est du type de savane herbacée et arbustive. Quant au territoire d’Idiofa dans lequel se trouve le second axe emprunté pour la riposte, il est situé en grande partie à l’Est de la Province du Kwilu sur une altitude de 4° 57’ Sud et 19° 35’ Est (idem). La végétation est constituée de forêt galerie avec savane herbeuse. 2.2 Matériels et autres inputs 2.2.1 Matériels biologiques Quatre (4.000) bovins ont été ciblés sur tout l’espace d’intervention.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6455 Photo 1. Illustration de bovin 2.2.2 Matériels non biologiques Voici repris dans les tableaux ci-après les principaux matériels-équipements-consommables et services, dûment assortis de leurs coûts indicatifs (les prix ont délibérément été dégagés ici pour donner la mesure de leur taux d’imputation ou de participation aux activités de la riposte c’est-à-dire de leur importance contributive au coût de l’exercice). Tableau 1. Matériels, équipements, consommablest, services et coûts associés Code Rubrique Unité Qté CU Cumule CT Produit 1. Sensibilisation et récoltes des données Réunions de sensibilisation avec les autorités politico-administratives et Inspecteurs des territoires Réunions 10 500 5000 Identifier des sites d’intervention mission 2 17500 35000 Recenser des animaux sensibles Forfait 10 200 2000 Réunions techniques des experts Forfait 2 3000 6000 Organiser des réunions des parties prenantes Nbre 20 10 11 2200 Identifier les entrepôts et Pré positionné les matériels, les vaccins et les autres intrants dans les sites d’intervention Nbre 11 1000 1 11000 Sous total 61200 Produit 2. Les capacités d’intervention sont renforcées 2.1. Acquérir les matériels et les vaccins ainsi que d’autres intrants 2.1.1. Matériels de prélèvements Seringues simples Pce 3000 0,3 1 900 Aiguilles simples Pce 3000 0,3 1 900 Tubes vacutainers Pce 10000 0,5 1 5000 Cryotubes Pce 3000 0,3 1 900 Boite cryotube Pce 250 13,8 1 3450 Aiguilles vacutainers Pce 10000 0,17 1 1700 Porte aiguilles Pce 200 15 1 3000 Sachets de prélèvements Pce 1000 1 1 1000 2.1.2. Matériels de vaccination
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6456 Seringue automatique 50cc Pce 80 50 1 4000 Seringues simples Kits/100 3000 0,3 1 900 Aiguilles simples Kits/100 3000 0,3 1 900 Equipement de Protection Personnelle (blouses, gants, lunettes, masques, tabliers, champeaux, …] Kits 20000 5 1 100000 Bottes Pce 320 15 1 4800 Imperméable Pce 320 15 1 4800 2.1.3. Matériels de conservation Glacière GF Pce 12 50 1 600 Glacière PF Pce 400 20 1 8000 2.1.4. Matériels de visibilité/Educatifs 0 T-shirt Pce 1000 15 1 15000 Casquettes Pce 1000 5 1 5000 Dépliants Pce 1000 3 1 3000 2.1.5. Produits Biologiques et Médicaments Vaccins Charbon symptomatique Dose 210000 0,5 1 105000 Vaccins Pasteurellose Dose 210000 0,7 1 147000 Antibiotiques Fl 30000 7 1,5 315000 Acaricides [Ansutole] Fl 30000 5 1 150000 Vermifuges [Levamisole] Fl 30000 5 1 150000 Vitamines Fl 30000 6 1 180000 2.1.6. Décontaminant/Désinfectants/Intrants connexes Virkon(ND) 2 % (20 g/lL 1000 10 1 10000 Chaux Kgr 1500 8 1 12000 Alcool L 50 8 1 400 Pulvérisateurs Pce 20 80 1 1600 2.2. Organiser l’atelier de formation des intervenants 2.2.1. Formations des Agents de terrain Participants Nbre 310 10 1 3100 Pause-café Nbre 310 15 2 9300 Pause-déjeuner Nbre 310 20 1 6200 Fournitures Nbre 1 200 1 200 Location Sonorisation Nbre 1 100 1 100 Location Groupe électrogène Nbre 1 100 1 100 Location salle Nbre 1 100 1 100 2.2.2. Formation des Leaders d’opinions, Eleveurs et des Communicateurs Participants Nbre 40 10 1 400 Pause-café Nbre 40 10 2 800 Pause-déjeuner Nbre 49 20 1 980 Fournitures Kits 1 500 1 500 Location Sonorisation Nbre 1 100 1 100
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6457 Location Groupe électro Nbre 1 100 1 100 Location salle Nbre 1 100 1 100 Sous total 1214930 Produit 3. Les animaux sont vaccinés et traités 3.1. Organiser simultanément la campagne de vaccination mixte des animaux sains/ le traitement aux antibiotiques des animaux malades Collation des coordonnateurs Pers 2 50 45 4500 Collation des superviseurs Pers 11 30 45 14850 Collation des vaccinateurs Pers 300 20 45 270000 3.2. Réaliser les investigations épidémiologiques Frais de missions des épidémiologistes et techniciens de laboratoire Pers 2 150 7 2100 Sous total 291450 Produit 4. Les capacités de diagnostic clinique et de laboratoire sont renforcées Acquérir les réactifs et consommables [bactériologie] pour le charbon symptomatique Kits 5 250 1 1250 Acquérir les réactifs et consommables [biomoléculaire] pour le charbon symptomatique Kits 5 250 1 1250 Acquérir les réactifs et consommables [bactériologie] pour la Pasteurellose Kits 5 250 1 1250 Acquérir les réactifs et consommables [biomoléculaire] pour la Pasteurellose Kits 5 250 1 1250 Analyser les échantillons Nbre 5 200 1 1000 Sous total 6000 Produit 5. le système de communication et de sensibilisation est amélioré 5.1. Organiser l’atelier de lancement de la campagne Cocktail Pers 250 5 1 1250 Protocole Pers 10 10 1 100 Services divers (location salle, sonorisation, location du Groupe électrogène,) Nbre 1 300 1 300 Frais médias (journalistes, radio, photo, T.V) Nbre 3 500 1 1500 5.2. Organiser la Campagne de Sensibilisation Sensibilisation porte à porte Nbre 40 5 15 3000 Medias audiovisuels Nbre 3 500 1 1500 Sous total 7650 Produit 6. Le déplacement local des experts et acteurs de terrain est assuré Louer les véhicules pour le déplacement des intervenants vers les sites de vaccination Nbre 2 50 2 200
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6458 Louer les véhicules pour les experts de l’administration centrale Nbre 2 500 30 30000 Louer les motos pour les agents de terrain Nbre 300 25 45 337500 Sous total 367700 Produit 7. Renforcer la coordination nationale des opérations de riposte Acquérir cartes prépayées téléphonies Nbre 10 100 1 1000 Acquérir des fournitures de bureau Kits 1 500 1 500 Acquérir le carburant L 1500 2 1 3000 Acquérir les lubrifiants L 10 5 1 50 Produire des rapports Nbre 10 25 1 250 Assurer le suivi et évaluation des activités de riposte Pers 10 150 10 15000 Sous total 19800 TOTAL GENERAL 1 962 730 De toutes ces activités regroupées sous 7 produits, le regard analytique ressortira, par ordre décroissant, les scores de participation contributive suivants au coût de l’exercice : Produit 2 (61,9 %), Produit 6 (18,7%), Produit 3 (14,8%), Produit 1 (3,1%), Produit 7 (1,0%) Produit 5 (0,38%), Produit 4 (0,3%). Et s’’il peut aisément être admis que c’est la synergie de toutes ces activités qui génère les résultats obtenus en fin de la riposte, il est satisfaisant de noter que l’addition des Produits 2 et 3 apportent bien plus que 75% des inputs directement adressés au cœur même de l’action de la riposte sur terrain : traitement des animaux malades, vaccination des animaux et renforcement des capacités d’intervention. La clé de répartition des médicaments et matériels de la riposte est déterminée par la démographie bovine respective dans les deux provinces, sur foi des rapports ad hoc de leurs IPPEL’s : un ratio de 2/5 pour le Kwilu et 3/5 pour le Kwango. 2.2.3 Médicaments utilisés dans les deux provinces, sur foi des rapports ad hoc de leurs IPPEL’s (Inspection Provinciale de Pêche et Elevage): un ratio de 2/5 pour le Kwilu et 3/5 pour le Kwango. - PASDOLL-3 : en deux phases dont primo vaccination et un rappel après un mois - SYMPTOVAC : Annuel - Antibiotiques - Vitamines 2.3 Méthode La Méthodologie utilisée pour la riposte est une approche participative basée sur: - Des échanges et concertations permanents entre experts, au vu de la pertinence de l’argumentaire avant toute évolution des débats ; - La focalisation et observation directe des foyers les plus actifs indiqués par les éleveurs, les abatteurs, les autorités locales politiques coutumières et religieuses et les leaders d’opinions pour la collecte de l’anamnèse et des symptômes de l’affection ; - Des prélèvements des échantillons hématologiques et évaluations anatomo-pathologiques des organes, lors des abattages circonstanciels des sujets de tout âge et de différentes périodes de l’affection en vue de différentes analyses de laboratoire sur la question. L’échange avec les Médecins Chefs de zones des axes affectés, pour requérir des statistiques fiables en rapport avec d’éventuels cas de toxi-infections ou toxémies humaines transmises par l’affection suspectée, a également eu lieu quand bien même l’écosystème bovin ne constitue pas une source de contamination humaine (Martel et al., 2002).
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6459 La stratégie opérationnelle adoptée a consisté à mener les actions suivantes: Sensibilisation des fermiers à la prophylaxie hygiénique et de tous les acteurs de l’élevage pour expliquer la pertinence de la vaccination dans la prévention de la pasteurellose bovine, les exhorter à collaborer avec les agents vaccinateurs à venir et à doter leurs élevages d’enclos de nuit et couloirs de contention. C’est après ce laborieux travail de sensibilisation que la commission technique en charge de la vaccination est descendue sur terrain pour: ▪ Une formation technique circonstancielle consistant en une remise à niveau de tous les vaccinateurs recrutés et d’autres agents communautaires de santé animale. ▪ Une antibiothérapie sur tout bétail présentant un symptôme suspect de pasteurellose bovine avant de soumettre tout bovin sain à une primo-vaccination au PastDoll-3* (vaccin mixte contre la pasteurellose bovine), et deux à trois semaines plus tard, pour mieux asseoir l’immunité, à un rappel à la même dose, au même vaccin. Une dose annuelle de Symptovac (vaccin contre le charbon symptomatique) a été recommandée à l’occasion de ce rappel. Un rappel annuel au PastDoll-3* (sur une échéance de 4 ans consécutifs), vivement recommandé sur tout le bétail vacciné la première année. L’immunite conférée après vaccination étant peu satisfaisante car elle reste assez courte - 8 à 10 mois (Cesbron et al., 2019), un rappel vaccinal annuel constant sur les 3-4 années suivantes est nécessaire pour s’assurer de maitriser durablement l’épizootie dans la région. Pour le besoin de crédibilité des résultats de ripostes, des Déterminants stratégiques des calculs prévisionnels ont été établis sur base d’un calcul harmonisé en concertation avec les IPPEL’s des Provinces Kwilu et Kwango ; calcul consolidé (cumulé des 2 provinces), s’inspirant notamment des rapports des IPPEL’s des provinces sous examen, et qui retient les chiffres prévisionnels lors de la mise en œuvre opérationnelle de l’intervention (Effectif Total bovins, fin novembre 2019: 276.523 bêtes dont prévisionnellement 50%, soit 138.261 unités, intéresseraient l’antibiothérapie de masse; Sorties, abattages et mortalités: 37.610 bêtes). Ce cheminement a été complété par la prospection dans la littérature scientifique, des éléments susceptibles d’enrichir nos réflexions sur le sujet. 2.3.1 La riposte proprement dite Elle peut se résumer en ces actions suivantes: Sensibilisation à la prophylaxie hygiénique, Antibiothérapie de masse des animaux en début de maladie suivie de deux séances de vaccinations (une primo-vaccination et un rappel à 2-3 semaines d’intervalle) contre la Pasteurellose et d’une vaccination préventive contre le Charbon symptomatique. Un rappel vaccinal annuel constant sur les 3-4 années suivantes est nécessaire pour s’assurer de maitriser durablement l’épizootie dans la région. Le diagnostic ainsi sereinement posé par une institution spécialisée, la suite du présent support se voudrait un sommaire de la mise en œuvre de la riposte à la pasteurellose bovine dans les deux provinces sous examen. Elle prend pour focus les résultats disponibles dans la foulée de l’évaluation objective de quelques indicateurs dégagés du terrain à la suite de l’exercice ciblé de cette riposte stratégique. Il s’agira donc d’une approche indicative relative aux grandes tendances et autres courants de fond que porteront les résultats tels que l’on pourra objectivement les décrire au décours de l’évaluation finale. Pour garder la suite dans les idées, rappelons que la campagne de vaccination sous intérêt fait suite à une antibiothérapie de masse sur le bétail malade de pasteurellose une année auparavant à la même période (Mars-Avril-Mai/2020) et dont le taux de réussite était évalué à plus de 90% d’animaux guéris en ce temps-là. Le travail de riposte rapporté dans le présent document couvre la période du 30 janvier au 20 mars 2021 (plus de 2 mois et demi) alors que la durée totale de la mission avait été prévue pour 60 jours. 2.3.2 Stratégie de fond L’agent infectieux connu, la maladie identifiée, il était dès lors question d’un déploiement des agents vaccinateurs et agents de santé communautaire dans les fermes de la province en vue de : - Identifier et de soigner, au cas par cas, les animaux infectés de pasteurellose (traitement curatif à la céphalosporine ou à l’oxytétracycline) ;
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6466 de départ d’un rush contagieux d’infection dans un troupeau, dans une zone plus ou moins importante. La genèse de la pasteurellose dans le Kwilu-Kwango si patiemment documentée dans ce texte ne peutelle pas donner à réfléchir? - Eviter de mettre ensemble politiques et techniciens dans une mission à caractère technique. - La chaîne de froid est un facteur déterminant dans la réussite d’une campagne de vaccination. Aussi recommandons-nous d’y veiller en dotant les différents axes ou territoires de plusieurs appareils de froid ; de plus, le coût élevé du carburant invite à penser au matériel solaire de préférence. - Encourager avec insistance les autorités locales à prendre le courage des mesures parfois coercitives, et donc souvent impopulaires, à l’endroit des éleveurs récalcitrants à la vaccination ou peu disciplinés à contenir des mouvements non autorisés des bétails... 4 Conclusion L’épidémie de la pasteurellose qui sévit encore dans l’arrière-campagne du Kwilu-Kwango y couve depuis 2017: les premiers cas sont signalés en avril 2018 depuis le secteur de Pay-Kongila, territoire de Masi-Manimba dans le Kwilu avant d’embraser le Feshi voisin et, au-delà, le secteur de Mawanga dans le Sud de Kasongo-Lunda. A son apogée, la maladie est activement signalée dans des zones jadis réputées indemnes: Panzi et Kibunda (KasongoLunda), Mukoso (Feshi), Popokabaka. Bref, le corps des acteurs de la filière bovine du Kwango et Kwilu connait une érosion de son économie déjà précaire et une instabilité aggravée par l’insécurité alimentaire consécutive à d’importantes pertes de son cheptel bovin: 20437 bovins du Kwango perdus au cours de cette épidémie, selon l’Inspections provinciale de l’Agriculture, Pêche et Elevage de cette province (soit une érosion financière directe à hauteur de 10.218.500 Usd). Avant toute action vaccinale, une antibiothérapie de masse visant les soins des bovins affectés de pasteurellose a été menée avec succès, de mars à mai 2020, par le Ministère de Pêche et Elevage au sein des foyers actifs de l’épidémie à travers les deux provinces voisines du Kwango et Kwilu en attendant la campagne de vaccination elle-même sur cet espace (taux de guérisons réussies: plus de 90%). Juste une parenthèse aussitôt fermée pour indiquer qu’en fait, la pasteurellose existe aussi sous forme endémique dans les grands élevages de l’Est, voire de l’ouest du pays : GEL/Boma (8000 têtes de bétail), Compagnie Pastorale de Haut-Lomami (24000 têtes de bétail), le Grelka (36000 bêtes), Espoir/Kundelungu (36000 bêtes) auxquels il faudra aussi s’intéresser bientôt. D’avril 2018 à ce jour, comptabilisant ainsi plus de 5 ans de rémanence de l’épidémie dans ces provinces, le gouvernement, sous la férule du Ministère de Pêche et Elevage se place en ordre de bataille pour une campagne de vaccination à la pasteurellose bovine dans les provinces du Kwilu et du Kwango. Mais une campagne préparatoire était au préalable nécessaire à la mise en œuvre de la campagne de vaccination proprement dite ; car, au-delà des leçons apprises, de la conscience de diverses contraintes liées à la riposte même, de la nécessité de disposer des données actualisées de terrain, la pré-campagne donnait l’avantage de : - Lancer des exercices d’échange/partage avec les parties prenantes sur le déroulement des opérations de la vaccination afin d’affiner le plan opérationnel. - Sensibiliser les éleveurs sur le bien-fondé de la vaccination de masse et les mettre en position d’accepter celleci ; car la population (au regard du nombre de mortalités bovines depuis 2018 et par voie de conséquence l’appauvrissement dans lequel elles la plongeaient) était entretemps devenue sceptique, voire hostile, à toute initiative du gouvernement face à cette épidémie. - Établir un circuit de communication continue, voire interpersonnelle, au travers les radios communautaires et les réseaux sociaux pour le renforcement des capacités des éleveurs. - Étudier la faisabilité d’entreposage des vaccins dans le respect strict de la chaîne de froid. - Collecter, directement du terrain, des données techniques en termes de possibilité d’usage des infrastructures de froid et de points nodaux existant dans les territoires respectifs à couvrir, de disponibilité en ressources humaines à impliquer dans la vaccination pour chaque territoire, de démographie des cheptels dans les zones concernées. - Discuter directement avec les éleveurs eux-mêmes des indicateurs qualitatifs critiques des résultats à obtenir à l’issue de la campagne de vaccination à venir. La riposte à la Pasteurellose bovine dans les provinces du Kwilu et Kwango a compris deux étapes techniques :
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6467 - Une antibiothérapie de masse pour soigner les bêtes malades et éteindre les foyers encore actifs de la maladie en recourant aux antibiotiques recommandés par l’antibiogramme du Laboratoire ; - Une primo-vaccination de masse contre la pasteurellose qui sera bientôt suivie d’un rappel assorti d’une vaccino-prévention contre le charbon symptomatique. Ainsi la première phase (antibiothérapie + primo-vaccination contre la pasteurellose + rappel 2-3 semaines plus tard appuyé par une vaccination préventive au Charbon symptomatique), de l’an 0 (2021), a été réalisée avec succès au regard des résultats dégagés à l’aune des indicateurs objectivement vérifiables. L’évaluation de ces indicateurs mesurent bien et prouvent notamment d’une : - couverture vaccinale conformes aux normes convenues; - baisse sensible du taux de morbidité (en termes de bétail encore malades de pasteurellose bovine) et des mortalités conséquentes ; - baisse de la panique naguère généralisée dans la région; - diminution sensible des abattages de nécessité, des ventes incontrôlées et intempestives des bétails et de mise sur marché de la viande de qualité parfois douteuse ; - surchauffe franche des prix de bétail sur pied et en détails (tributaire de la loi naturelle de l’offre et de la demande) observée, après la riposte, sur le marché de viande et de bétail. Une épizootie de Pasteurellose bovine, comme celle éprouvée au Kwilu et au Kwango depuis 2018, est un événement, à bien d’égards, insolite. La septicémie hémorragique bovine est souvent une infection enzootique ou sporadique, considérée par bien de praticiens vétérinaires comme relativement « bénigne » dans ses formes subaiguës, voire aigües, pour peu qu’un schéma antibiothérapeutique approprié soit précocement entrepris dès la survenue des premiers symptômes fébriles. Que d’initiatives deplaidoyer appuyé n’ont-ils pas été menées auprès du décideur (Gouvernement via son Ministère de Pêche et Elevage) en faveur de la mise en place rapide d’un calendrier de rappel vaccinal annuel dans le KwiluKwango! Actions de rappel vaccinal à intégrer, cela va de soi, dans un Programme National innovant et plus vaste de Lutte contre les Maladies Animales prioritaires en République Démocratique du Congo. Visiblement, le recul du temps nous aura montré que pour le décideur actuel, là n’est vraiment pas la priorité de sa politique pastorale. On pénètre ici sur les hauteurs souvent opaques d’une terre méconnue où le subjectif le dispute à l’objectif et où, au nom de la realpolitik, le réalisme le négocie à la raison ! Voilà qui expliquerait encore l’émergence de quelques cas de cette pathologie qui nous revient de temps en temps, sous une forme enzootique moins sévère, depuis les clameurs souvent inaudibles de quelques éleveurs du Kwilu-Kwango profond… REFERENCES [1] Cesbron N. et Lequeux G. (s.d) Pasteurelloses des bovins : actualités. Consulté en ligne https://www.labocea.fr/pasteurelloses-bovins/ [2] FAO (2000) Directives de surveillance des maladies animales prioritaires au Togo [3] Islam B. (2022) L’épidémiologie de la pasteurellose bovine. Université Saad Dahlab-Blida 1Projet de fin d’études en vue de l’obtention du Diplôme de Docteur Vétérinaire, 42 p. [4] Jean Louis (2002) Les pasteurelloses bovines : évolution du groupe bactérien, importance de l’antibiorésistance In Bulletin de l’Académie Vétérinaire de France. [5] Kikobya P. (2024) Carte administrative des 145 territoires de la RD Congo et leurs provinces respectives. [6] Martel J.L. et Michel R. (1985) Le role des Pasteurelles dans les bronchopneumonies infectieuses des bovins. In Rec. Med. Vet. [7] Omasomba T. (2012) Kwango : le pays des Bana Lunda. Le Cri édition, Avenue Léopold Wiener 18, Bruxelles Belgique, 232 p. [8] Omasomba T. (2019) Mai-Ndombe : mosaïque de peuples établie sur un patrimoine naturel. Musée royal de l’Afrique centrale, Belgique, 624 p. [9] Sebbar G., (2021) Caractérisation moléculaire, pathogénicité et antibiorésistance de Mannheimia haemolytica & Pasteurella multocida et contribution au développement d’un vaccin contre Mannheimia haemolytica chez les ruminants au Maroc. Thèse de doctorat en Microbiologie moléculaire et appliquée, Centres d’études Doctorales « Sciences et Technologies », Université Mohammed V, Rabat, Maroc, 172 p. [10] Zecchinon, L., Fett, T., and Desmecht D., (2005) How Mannheimia haemolytica defeats host defencz through a Kiss of Death Mechanism. In Vet.Res. 36 (2): 133-156.