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CBR-Newsletter 28, 2025

Collegium Beatus Rhenanus; Maria Teresa Schettino

Abstract

Newsletter des Collegium Beatus Rhenanus 28/2025

Full text

Collegium Beatus Rhenanus CBR-Newsletter 25/2022 Inhaltsverzeichnis / Sommaire Collegium Beatus Rhenanus CBR-Newsletter 28/2025 Inhaltsverzeichnis C’est avec une très grande tristesse que je rédige l’éditorial de ce numéro de la newsletter du Collegium Beatus Rhenanus. Nous avons perdu, à quelques semaines d’intervalle, deux figures essentielles de notre communauté, deux piliers qui ont contribué de manière décisive à la création du Collegium et au développement d’un dialogue scientifique fécond et durable entre les deux rives du Rhin : Jürgen von Ungern-Sternberg, Professeur émérite à l’Université de Bâle, et Marianne Coudry, Professeur émérite à l’Université de Haute-Alsace. Le premier nous a quittés en avril, la seconde au début du mois de juillet. Tous deux étaient encore en pleine activité, et engagés dans de nombreux projets de recherche et d’édition. Leur départ laisse un vide difficile à mesurer. Il est difficile d’imaginer désormais nos réunions, nos discussions et nos travaux collectifs sans leur présence intellectuelle et humaine. Rien n’est plus précieux que l’amitié scientifique et humaine qui se construit dans la confiance, la rigueur et le partage : Omnium rerum, ex quibus aliquid acquiritur, nihil est amicitia melius, nihil uberius, nihil dulcius. (Cic., Amic. 26). C’est précisément ce qu’ils incarnaient. L’année 2027 marquera les trente ans de la fondation du Collegium. Cet anniversaire pourrait être l’occasion de célébrer leurs parcours, leurs engagements et les vies qu’ils ont consacrées à nos disciplines, avec discrétion, constance et générosité. Ils n’auraient sans doute pas souhaité être placés sous le feu des projecteurs, eux qui se distinguaient par la sobriété du geste, la retenue du ton et une élégance de pensée toujours ouverte à l’autre. Ils se reconnaissaient plutôt dans la sobriété du nihil nimis. Leur présence avait cette qualité rare : elle rendait les échanges plus profonds et la réflexion plus juste, sans jamais peser. Leur lucidité intellectuelle, leur rigueur méthodologique et leur sens du dialogue demeureront durablement un modèle pour nous tous. Leur exemple doit continuer de nous inspirer. Ils ont montré qu’il était possible d’être à la fois exigeants et bienveillants, rigoureux et généreux, scientifiquement ambitieux et personnellement attentifs. C’est désormais à nous — jeunes, moins jeunes, anciens et nouveaux membres — de faire fructifier l’héritage qu’ils nous laissent. De maintenir et renforcer ces liens de confiance, de travail commun, d’amitié intellectuelle et humaine qui sont la marque même du Collegium. Il ne s’agit pas simplement de les honorer, mais de poursuivre ce qu’ils ont rendu possible, et d’en transmettre à notre tour l’esprit. Ils ne souhaiteraient pas nous voir nous enfermer dans la tristesse, mais plutôt affermir la force dynamique du Collegium, poursuivre le travail, approfondir les échanges et continuer à faire vivre ce lieu rare de dialogue scientifique et humain. Comme le dit encore Cicéron : Vivere est cogitare (Tusc. 5.38) — vivre, c’est persévérer dans la pensée. Puissions-nous être à la hauteur de ce qu’ils nous ont transmis. Maria Teresa Schettino, Mulhouse Présidente du Collegium Beatus Rhenanus, 2024-2026 Éditorial Éditorial 1 Veranstaltungen / Manifestations 12 Forschung / Recherche Hadrien et Antinoos à Delphes 2 6 Publikationen / Publications JBW 23,2: Der letzte altertumswissenschaftliche Band der Jacob Burckhardt Werke erscheint 8 Das Denken in Bewegung: Verkörperte Metaphern im altgriechischen Drama Ehrung / Hommage 10 Forschung / Recherche Hadrien et Antinoos à Delphes Hadrien est l’empereur dont sont conservées à Delphes le plus grand nombre de bases de statues : quatre dédiées par la cité, l’Amphictionie, «les Grecs qui se réunissent à Platées» et le prêtre d’Apollon Aristotimos, mais aussi celui dont la correspondance avec la cité et l’Amphictionie est la plus importante. Nous présentons ici l’hypothèse d’une nouvelle base pour cet empereur, ce qui nous amène à revenir sur la découverte de la statue d’Antinoos. 1. Une base monumentale devant l’opisthodome du temple d’Apollon La base circulaire colossale de la place de l’opisthodome est, avec une superficie à l’assise porte-statue de 9,8 m2, l’une des plus grandes bases, sinon la plus grande base de Delphes. Son occupation au sol est comparable à celle du grand monument quadrangulaire de l’opisthodome du temple. La disposition de cette base circulaire fait que la statue s’encadre parfaitement dans la perspective du péristyle nord du temple (Fig. 4). Cette base de calcaire a peu retenu l’attention, malgré ses dimensions. F. Courby a renoncé à y placer une statue et a interprété les mortaises en relation avec un système de levage des blocs. H. Pomtow a proposé d’y placer la statue colossale du roi Antiochos III, honoré par l’Amphictionie en même temps que le peuple d’Antioche des Chrysaoriens en 201/0, une hypothèse reprise par H. Kotsidu en 2000 et par G. Biard en 2010. Sur une fondation carrée de 3,42 m de côté, scellée par de médiocres agrafes en pi, difficiles à dater – mais assurément postérieures au Fig. 1: Vue de la base ronde depuis le sud, cliché P. Amandry (EFA S.272). IVe siècle – ont été placées deux assises circulaires monolithes : la première, d’un diamètre de 3,30 m, est entièrement conservée, à l’exception d’un élément de réparation, alors que la seconde, de 2,96 m de diamètre, a été brisée lors du démontage de la statue qu’elle portait et n’est qu’en partie conservée – environ un tiers du bloc manque. Cette assise porte une moulure d’exécution médiocre formée d’un listel et d’une doucine. La moulure supérieure, encore moins bien conservée, devait être composée d’un listel et d’un talon (Fig. 1). L’examen des mortaises du lit supérieur permet de se faire une idée de la statue, car la base n’a jamais porté un groupe (Fig. 2). La mortaise la plus large et la moins profonde, convient pour le talon d’un pied soulevé, dont une partie de la surface de pose se devine sur le bloc. Celle que l’on voit aujourd’hui dans la cassure de l’un des fragments ressemble aux mortaises identifiées sur la base de l’Apollon de Salamine, profondes de 41,5 cm. La statue portée sur ce socle devait donc être une statue colossale. La mise en rapport des traces de pied présentes sur le bloc circulaire avec celles qu’on voit sur la base de l’Apollon de Salamine, amène à restituer des pieds de 1,45 m de long, ce qui donne une statue d’environ 8,50 m de haut. Pour se faire une idée plus précise, on peut dire qu’elle était plus grande que la statue d’Hadrien trouvée à Sagalassos (5 m environ), que celle de Domitien à Éphèse (7 m), mais plus petite que celle de Constantin qui ornait l’abside de sa basilique (12 m). Comme ces statues sont toutes en marbre, c’est le colosse de Barletta dans les Pouilles, représentant sans doute Valentinien Ier 2 Collegium Beatus Rhenanus Forschung 28/2025 Fig. 2: Relevé en plan et élévation de la base ronde (d‘après F. Courby). (4,50 m), qui donne la meilleure idée de ce type d’œuvre, car il ne reste rien de la statue d’Hadrien élevée par les Athéniens à l’arrière du temple de Zeus Olympios (Pausanias, I, 18, 6). On pourrait songer à une effigie divine pour une telle statue, mais le titre de « Pythien » porté par un Hadrien, ainsi associé à Apollon, comme il l’était à Zeus sous les épiclèses d’Olympios et de Panhellénios, lui donne un statut divin. Il n’est donc pas assuré que la base ait porté une dédicace, ce que suggèrerait son aspect. La statue semble avoir connu un arrachement brutal qui a brisé le bloc : si elle représentait l’empereur comme un dieu olympien, ce pourrait être la cause de cet acte dans une Delphes devenue chrétienne. Les monnaies de bronze émises à Delphes à l’époque d’Hadrien et d’Antonin le Pieux aux effigies d’Hadrien et de Faustine l’Aînée – épouse du second –, présentent parfois une représentation du temple de Delphes, qui montre la façade orientale : avec entre les colonnes, le E de Delphes sur les émissions d’Hadrien, ainsi qu’une statue d’Apollon entre les colonnes du temple, sur celles d’Antonin. Il est très tentant de voir dans cette image, non pas la statue de culte, qui n’était d’ailleurs visible que par peu de personnes, mais la statue qui se dressait sur la base de l’opisthodome. Les monnaies au type de Faustine montrent donc la façade arrière du temple et prouvent l’importance de la partie occidentale de l’édifice. La statue montre un Apollon nu adossé à un pilier. Comme l’opisthodome est une particularité du temple du IVe siècle, la statue qui s’y trouvait n’existait pas dans le temple antérieur. Elle a pu être commandée pour cet édifice et être la « grande statue » sur laquelle Nicodamos a placé une couronne, travail qui lui est payé par deux mines éginétiques en automne 340 (CID II, 43, 29-30). Dans ce cas, l’artisan aurait orné une nouvelle statue, colossale. On peut se demander si P. Amandry n’aurait pas eu raison, lorsqu’il songeait à placer sur la grande base de l’opisthodome l’Apollon élevé par les Amphictions après la troisième guerre sacrée, avant qu’il ne renonce à cette hypothèse pour placer l’omphalos dans l’opisthodome. 2. Aristotimos, prêtre d’Apollon et promoteur du culte d’Antinoos à Delphes T. Flavius Aristotimos, prêtre d’Apollon, qui fut un temps, collègue de Plutarque, avait été envoyé comme ambassadeur auprès d’Hadrien et il consacra une statue de l’empereur à Delphes, dans un endroit qui pourrait sembler quelque peu inconvenant, si Pausanias ne mentionnait que l’un des édifices de la zone sacrée située à l’entrée orientale de la ville n’abritait de son temps quelques statues d’empereurs. Un reconsidération récente du dispositif qui formait une sorte d’enclos enfermant les deux petits édifices – longtemps appelés « trésors », l’un ionique et l’autre dorique – a permis de conclure à un aménagement d’époque tardive, peut-être impériale. La base de la statue consacrée par Aristotimos fut restaurée et remise en place par A. Keramopoullos en 1911 à partir de fragments négligés. Cette effigie en bronze, dédiée par un particulier, doit être distinguée de l’image en marbre ou en matériaux plus précieux conservée dans le Sébasteion. 3. L’Antinoeion de Delphes aux portes de l’Apollonion La découverte le 16 juillet 1894 de la statue d’Antinoos est une des mieux documentées de l’exploration de Delphes: É. Bourguet identifie immédiatement le jeune homme dont la statue est retrouvée debout, et une photographie est prise. Th. Homolle la publie dans la Gazette des Beaux-Arts de 1894, ce qui montre l’importance qu’il accorde à la découverte. Cependant la statue fut peu étudiée : la seule véritable étude fut longtemps celle de G. Blum qui confronte la statue aux émissions de monnaies de bronze due à l’Amphictionie portant au droit la tête d’Antinoos – qualifié de Héros Propylaios – et au revers la statue avec une légende rappelant que cette dernière fut consacrée par le prêtre Aristotimos. G. Blum s’interroge sur la place originelle de la statue et émet l’hypothèse qu’elle ait pu avoir été érigée à l‘endroit même, où elle a été trouvée (Fig. 3), dans un sanctuaire à deux cellae dédié à Hadrien et à Antinoos. Cette hypothèse s’est heurtée à l’objection curieuse formulée par É. Bourguet – les bras de la statue n’avaient pas été retrouvés – et surtout à la qualification de Héros Propylaios. G. Blum avait rappelé qu’un des héros de la lutte contre les Perses portait le nom voisin Autonoos et qu’il était honoré près de Castalie. L’hypothèse que son sanctuaire à l’entrée de la ville ait été repris par Antinoos devenu le nouveau « défenseur de la ville » a été développée par P. Wathelet en 1987. Il convient de rappeler que F. Courby avait essayé de résoudre l’aporie en proposant un déménagement de la statue à l’époque paléochrétienne dans ce qu’il appelait un bâtiment « d’une très basse époque », contemporain des thermes de la niche de Cratéros: cette statue n’avait plus alors qu’une fonction décorative. La création d’une nouvelle entrée du sanctuaire à l’ouest liée à la construction, dans la seconde moitié du IVe siècle d’un 28/2025 Recherche Collegium Beatus Rhenanus 3 Fig. 3: Plan restitué de la place à l‘ouest du temple d‘Apollon. nouveau temple avec un opisthodome, et donc une façade arrière digne d’intérêt, change la situation de la partie occidentale du sanctuaire. C’est à ce moment que fut élevé en poros un petit édifice quadrangulaire SD 432 (le trésor XXXI de P. de La CosteMesselière qui est parallèle au temple, mais à un niveau supérieur). La maison de l’Antinoos s’appuyait au nord sur cet édifice. Dans la pièce annexe, au sud, on a trouvé des vestiges d’aménagements en poros et en calcaire du IVe siècle. Le Portique Ouest longe un accès monumental sur la place de l’opisthodome ; le portique et sa terrasse jouent ainsi le rôle de propylée, ce qui expliquerait l’épiclèse de Propylaios d’Antinoos, même si on pouvait voir aussi en lui le protecteur des pylaiai (réunions de l’Amphictionie). L’identification du marbre de cette statue comme provenant de Göktepe – près d’Aphrodisias, carrières qui travaillaient pour les commandes impériales au IIe siècle (FD IV 8, p. 774) – pourrait renforcer l’hypothèse de Chr. Clairmont qui se demandait si cette statue, proche du portrait originel, qu’il datait de 131-132, moment du voyage d’Hadrien en Grèce, ne pourrait pas être une œuvre d’Antonianos d’Aphrodisias. Comme Antinoos a été trouvé dans la chambre nord, la question de l’utilisation de la chambre attenante au sud se pose. G. Blum avait rejeté l’interprétation du bâtiment d’A. Keramopoullos qui en faisait la maison de la Pythie – à cause de la largeur de 3 m de la porte intérieure – prouvant qu’il s’agissait d’un édifice public. L’état dans lequel la fouille avait trouvé le lieu – des murs de briques – avait fait douter que l’édifice, malgré sa situation, eût pu avoir de l’importance, mais les découvertes faites par F. Courby, lors d’une fouille complémentaire en 1912, de restes de stucs peints en rouge et de vestiges d’un dallage de marbre, montrent qu’il était pourvu d’un revêtement luxueux qui pouvait aussi parer l’extérieur, comme cela semble avoir été le cas de l’oikos d’Antinoos dans le gymnase de Mantinée (Pausanias, VIII, 9, 8) : les λίθοι qui font sa réputation doivent désigner des plaques de marbre de couleurs. La pièce annexe de celle où a été retrouvée la statue, pourrait avoir servi à l’association en charge du culte du héros et être une sorte de sacristie. Outre les indices relevés par Chr. Clairmont en faveur d’une consécration de la statue d’Antinoos lors du troisième voyage d’Hadrien, la dernière lettre des Delphiens à cet empereur, datée de 132 (FD III 4, 308), un texte qui exprime le plus clairement l’attitude d’adoration envers un Hadrien désormais Olympios, Panhellenios et Pythios, où la cité déclare avoir prié pour son salut, tout en sachant bien quel dieu puissant il était, donne un contexte favorable à l’érection de la grande statue de l’empereur en face à face 4 Collegium Beatus Rhenanus Forschung 28/2025 Fig. 4: Perspective sur les statues d‘Hadrien et Antinoos depuis le péristyle nord du temple. avec l’Apollon de l’opisthodome, dont il est, en tant que Pythios, la nouvelle incarnation et à l’installation d’un lieu de culte à Antinoos dans un rapport topographique proche de ces images du dieu du sanctuaire et de l’empereur (Fig. 3 et 4). L’ opisthodome, espace consacré à Apollon lors de la reconstruction du temple au IVe siècle, fut embelli par la prestigieuse offrande de Cratéros, œuvre de Léocharès et de Lysippe. Hadrien fut à l’origine d’un nouveau développement dans le cadre du culte apollinien. Cette partie ouest fut complètement réorganisée lorsque la cité de Delphes devint chrétienne et siège d’un évêque. Anne JACQUEMIN, Université de Strasbourg, Archimède UMR 7044 Didier LAROCHE, Archimède UMR 7044. 28/2025 Recherche Collegium Beatus Rhenanus 5 Forschung / Recherche Das Denken in Bewegung: Verkörperte Metaphern im altgriechischen Drama Das laufende digitale Projekt an der Universität Freiburg (Lexikon der Gegenstände aus der griechischen Komödie), das sich mit materiellen Gegenständen in der griechischen Komödie befasst (https:// www.lggk.uni-freiburg.de/wordpressNew/deutschfrontpage/), hat sich zu einer Plattform für verschiedene Denkansätze entwickelt. Einer der neuesten Ansätze war es, mit den Studierenden darüber zu diskutieren, wie Objekte, die auf der Bühne erwähnt oder benutzt werden, als verkörperte Metaphern in einer breiteren Erzählung funktionieren können. Auch wenn die Datenlage zu antiken Aufführungen begrenzt ist, lässt sich erkennen, dass die Komödie auf visuelle, auditive, haptische, olfaktorische und gustatorische Reize setzt. Ausdrucksbewegungen – Gestik, Blick, Stimme, Klangfarbe, Rhythmus, Requisit, Kostüm, Bühnenraum – bei Zuschauenden perzeptive Resonanzen erzeugen, die körperlich mitempfunden werden. Das Publikum erlebt also nicht nur eine sprachliche, sondern eine verkörperte Semantik: Bedeutung entsteht im Zusammenspiel sensorischer Kanäle. Diese Mehrschichtigkeit ist mehrdeutig: Einerseits kulturell kodiert (z. B. bestimmte Gesten, Farben oder Formen), andererseits individuell geprägt durch Erinnerung und persönliche Assoziation. In dieser Mehrdeutigkeit liegt die Grundlage für die Entstehung verkörperter Metaphern, die auf gemeinsamer Sinneserfahrung beruhen. Nonverbale Metaphern – solche, die sich durch Bild, Bewegung, Klang, Form oder räumliche Konstellation ausdrücken – sind nicht bescheidene Übersetzungen sprachlicher Figuren. Sie besitzen keine feste „Grammatik“ und bleiben daher interpretativ offen, zugleich aber unmittelbar in ihrer Wirkung. Performative Metaphern können bewusst durch Verzerrungen von Geste, Tempo oder Farbe erzeugt werden, wodurch Mehrdeutigkeit zur produktiven Strategie wird. Der Sinn einer Geste oder einer Bewegung hängt dabei vom situativen Kontext und vom sozialen und körperlichen Habitus der Zuschauer ab. Gerade diese Offenheit macht die nonverbale Metapher im Theater zu einem bevorzugten Medium ästhetischer und kognitiver Komplexität. Somatische Metaphern (und da ist die Datenbank der Gegenstände relevant!) binden Abstraktion an leibliche Sensation. Sie machen politische, philosophische oder ästhetische Konzepte spürbar und überführen abstrakte Diskurse in körperlichen erfahrbaren Gesten. Beispiele aus Aristophanes: • Die Wolken (423 v. Chr.): Formen und Kneten des Geistes – intellektuelle Bildung als physischer Eingriff; Kritik an Sophistik durch das Bild des „Verformens“. • Die Frösche (405 v. Chr.): Dichtung wiegen – ästhetischer Wert wird als Gewicht erlebt; Urteil wird körperlich gefühlt. • Die Acharner (425 v. Chr.): Frieden kosten – Politik als gustatorisch-haptische Erfahrung; Frieden wird greifbar und konsumierbar. • Die Ritter (424 v. Chr.): Das Volk kneten – Demagogie als körperliche Manipulation; Macht wird als Druck und Griff dargestellt. • Die Wespen (422 v. Chr.): Jucken nach Gerichtsfällen – juristische Sucht als körperliche Reizung; das Rechtssystem erscheint als sensorische Gewohnheit. In der Lysistrata (411 v. Chr.) entfaltet Aristophanes die wohl elaborierteste taktile Metapher: Das Spinnen, Kämmen und Weben von Wolle wird zum Modell politischer Ordnung (vgl. den Bereich „Textilien“ mit mehreren Vokabeln wie etwa κρόκη, κνέφαλλον, πέπλος, ῥάμμα, στήμων, ὕφασμα, ἱστόν, κάταγμα, στρῶμα usw. im Lexikon der Gegenstände, https://www.lggk.uni-freiburg.de/ wordpressNew/test2/). Die Mapping-Struktur ist klar: • Reinigen der Wolle → Reinigung der Stadt von Korruption • Spinnen → Organisation und Strukturierung des Gemeinwesens • Weben → Vereinigung und soziale Kohärenz Aristophanes überträgt damit häusliche, weiblich konnotierte Tätigkeiten in den Bereich der Politik. Diese Umkehrung hat mehrere Funktionen: sie verkörpert politische Rationalität als körperliche Arbeit; subvertiert Geschlechterhierarchien, indem weibliche Handarbeit als Modell der Staatskunst präsentiert wird; erzeugt Komik durch die Spannung von Hausarbeit und Regierung; fördert Empathie, da die Zuschauer die Gesten – das Ziehen, https://www.lggk.uni-freiburg.de/https://www.lggk.uni-freiburg.de/ wordpressNew/deutschfrontpage/wordpressNew/deutschfrontpage/ https://www.lggk.uni-freiburg.de/wordpressNew/test2/ 6 Collegium Beatus Rhenanus Forschung 28/2025 Zupfen, Spinnen – körperlich nachvollziehen können. Das Theater wird so zu einem Resonanzraum zwischen Körpern und Ideen. Das Publikum versteht die politische Botschaft nicht nur intellektuell, sondern über die sensorische Imagination – über das Gefühl der Faser, das rhythmische Drehen der Spindel, die Gleichmäßigkeit des Webens. Somatische Metaphern leisten im Theater dreierlei: 1. Sie verankern Abstraktes in körperlicher Erfahrung und machen Begriffe überschaubar. 2. Sie aktivieren sensorische und motorische Imagination, wodurch Zuschauer emotional und kognitiv eingebunden werden. 3. Sie verstärken politische und ethische Aussagen, indem sie diese leiblich erfahrbar machen. Da sie auf geteilten Körpererfahrungen beruhen – Arbeit, Anstrengung, Berührung, Spannung – ermöglichen sie Perspektivübernahme und Empathie. Metaphern werden so zu Brücken zwischen individueller Wahrnehmung und kollektiver Bedeutung. Die Altgriechische Komödie erweist sich als ein Ort, an dem Sprache, Körper und Denken in einem multimodalen Zusammenspiel neue Formen der Erkenntnis hervorbringen. Somatische Metaphern verändern Abstraktion in Wahrnehmung, Theorie in Berührung. Sie zeigen, dass Erkenntnis im Theater nicht ausschliesslich verstanden, sondern empfunden wird. Indem Aristophanes das Politische und das Körperliche, das Lächerliche und das Ernste verknüpft, demonstriert er die tiefgreifende Verkörperung des Denkens: Das Lachen wird zur epistemologischen Geste, und der Körper zum ersten und letzten Ort des Verstehens. Anna Novokhatko Bibliographische Referenzen: Newiger, H.-J. 2000 (=1957). Metapher und Allegorie. Studien zu Aristophanes. Stuttgart. Noel, A.-S., 2023. “Thinking through things: extended cognition as a consolatory fiction in Greek tragedy,” Minds on stage: Greek tragedy and cognition, ed. by F. Budelmann, I. Sluiter, Oxford: 117-132. Novokhatko, A. 2025. „Multimodality of Metaphor in Old Greek Comedy“. Metaphors of the Ancient World: Conceptual Metaphor Theory and Ancient Sources, ed. by F. Horn, Berlin, Boston: 93116. Telò, M., M. Mueller (edd.) 2018. The Materialities of Greek Tragedy. Objects and Affect in Aeschylus, Sophocles, and Euripides. London and New York. Wyles, R. 2020. Theatre Props and Civic Identity in Athens, 458– 405 BC. London and New York. Zimmermann, B. 2024. „Metaphors and Personifications Onstage“. The Play of Language in Ancient Greek Comedy: Comic Discourse and Linguistic Artifices of Humour, from Aristophanes to Menander, ed. by K. E. Apostolakis and I. M. Konstantakos, Berlin, Boston: 59-74. 28/2025 Recherche Collegium Beatus Rhenanus 7 JBW 23,2 : Der letzte altertumswissenschaftliche Band der Jacob Burckhardt Werke erscheint Publikationen / Publications Der Basler Jacob Burckhardt (1818–1897) galt bis tief ins letzte Jahrhundert als Ikone der deutschsprachigen Geschichtsschreibung und als Archeget der modernen Kunstgeschichte. Die Grundlage seiner Rezeption, sein zu Lebzeiten bzw. aus dem Nachlass herausgegebenes Werk genügte jedoch heutigen Ansprüchen an eine kritische Edition wissenschaftlicher und wissenschaftshistorischer Texte je länger je weniger. Deswegen entschied sich die Eigentümerin des im Staatsarchiv BS aufbewahrten schriftlichen Nachlasses von Burckhardt – die Jacob Burckhardt-Stiftung –, in den 1990er Jahren eine neue kritische Werkausgabe auf den Weg zu bringen. Diese war auf 28 Bände ausgelegt und sollte in einem ersten, aus zehn Bänden bestehenden Teil die bereits zu Lebzeiten Burckhardts publizierten Schriften enthalten; der zweite Teil bringt aus dem Nachlass größtenteils neue, noch unbekannte Arbeiten. Dieser Plan konnte weitgehend durchgehalten werden. Heute liegen 25 Bände der Jacob Burckhardt-Werke (JBW) vor, fünf der auf 30 Bände bzw. Teilbände angewachsenen Edition sind noch in Arbeit und werden in den nächsten Jahren publiziert. Mit JBW 23,2 Römische Geschichte: Kaiserzeit; Deutsche Geschichte erschien im Sommer 2025 der letzte der schwergewichtig dem griechisch-römischen Altertum gewidmeten Bände. Er führt zwei frühe Vorlesungen Burckhardts zusammen, welche inhaltlich die Übergangszeit zwischen Antike und (germanischem) Mittelalter abdecken. Während die entstehungsgeschichtlich ältere, im 1843/44 verfasste Deutsche Geschichte noch weitgehend der Ereignisgeschichte gewidmet ist, verfolgt Burckhardt in der fünf Jahre später entstandenen Kaiserzeitvorlesung bereits einen kulturhistorischen Ansatz. Beide Texte sind in vom Autor immer wieder überarbeiten Vorlesungsnotizen überliefert, die bislang nur zu sehr geringen Teilen auszugsweise publiziert wurden; sie sind im Staatsarchiv Basel-Stadt aufbewahrt. Insbesondere das Konvolut zur Kaiserzeitvorlesung bietet ein komplexes Bild: Viele nach Fertigstellung der ersten Version angebrachte Marginalien, Streichungen, Korrekturen, Einlageblätter, Klebzettel – alles typisch für das Vorgehen Burckhardts bei der Entstehung und Überarbeitung einer Vorlesung – lassen den Text als eine Art Mosaik erscheinen, welches in einen fortlaufenden Lesetext zu bringen kaum möglich und auch nicht geboten war, da ein solcher massive Texteingriffe der Herausgeber erfordert hätte. Das für JBW 23 zuständige Editorenteam, zusammengesetzt aus Althistorikern und Mediävisten verschiedener Institutionen, folgte bezüglich Textkonstitution, textkritischem Apparat und Sachkommentar vielmehr den allgemeinen Richtlinien der Burckhardt-Edition. Texte aus dem Nachlass werden demgemäß möglichst eng an der Überlieferungslage dargeboten – der vorliegende Text wird nur verändert, wenn er anders nicht verständlich oder zugänglich ist, jeder Eingriff wird in einem textkritischen Apparat dokumentiert. Ein Sachkommentar erläutert – zurückhaltend – inhaltliche Knackpunkte und übersetzt griechische bzw. lateinische Zitate Burckhardts; diverse Register (Personen, Stellen, Orte und Sachen) erschließen den Text. Inhaltlich holt Burckhardts Geschichte der römischen Kaiserzeit tief ins erste Jahrhundert aus, um den Umbruch in eine Monarchie herleiten zu können, und führt dann bis in die Zeit Constantins mit aufschlussreichen Ausflügen in kulturgeschichtliche Themen wie die Literaturgeschichte oder die Architektur; eines der Leitmotive Burckhardts war im Weiteren das Aufkommen des Christentums. Ferner schenkt der Autor auch Kuriosem oder Alltäglichem gebührende Beachtung, so dass eine breite Palette des gesellschaftlichen Lebens während der römischen Kaiserzeit entsteht. Die Deutsche Geschichte reicht chronologisch vom 2. Jh. v. Chr., als germanische Stämme erstmals in Berührung mit der Mittelmeerwelt kamen, bis zum Tod des deutschen Königs Heinrich I. im Jahr 936 n. Chr. Ihr Titel könnte heutige Rezipient:innen etwas in die Irre führen, da damit wohl eher spätere Epochen assoziiert werden, doch folgt der Autor hierin seinem akademischen Lehrer Ranke, der unter derselben Überschrift eine Vorlesung zur Frühgeschichte der Germanen und des mitteleuropäischen Raumes angeboten hatte, von der eine ausführliche Nachschrift Burckhardts überliefert ist. Interesse, Bedeutung und Erkenntniswert der Publikation dieser Vorlesungen liegen nicht nur oder in erster Linie darin, dass mit der Schilderung des Übergangs vom Altertum ins frühe Mittelalter eine chronologische und inhaltliche Lücke der JBW geschlossen wird. Die beiden frühen Arbeiten Burckhardts zeigen seine Entwicklung zum Kulturhistoriker, die Erweiterung seines Horizontes und die Breite seines historischen Ansatzes, sowie die Kraft seines Schreibstils. All dies ist in den Kollegheften des jungen akademischen Lehrers angelegt und ist damit ein wertvolles Dokument seiner intellektuellen Biographie; ein erstes Mal wird das Geschichtsverständnis Burckhardts, das für ihn im Folgenden als Dozent und Forscher wegleitend sein sollte, greifbar. Burckhardt, der als Mediävist begonnen, über den Kölner Erzbischof Konrad von Hochstaden (um 1205–1261) dissertiert und bereits einen Aufsatz über Karl Martell († 741) veröffentlicht hatte, erweiterte und vertiefte mit den beiden Vorlesungen sein Arbeitsfeld; sie dienten nicht zuletzt auch als Vorbereitung seines ersten großen und wirkungsmächtigen Buches, die 1853 vorgelegte Einführung in die Zeit Constantin’s († 337 n. Chr.), wo die kulturgeschichtliche Perspektive auf das Umbruchszeitalter zwischen Antike und Mittelalter noch verstärkt zur Geltung kam. Nur schon dies erweist den wissenschaftshistorischen Stellenwert des neuen Bandes; er kann aber auch als repräsentativ gelten für Auffassung und Umgang der genannten Phase der europäischen Geschichte, wie sie die deutsche Historiographie oder zumindest Teile davon Mitte des 19. Jahrhunderts vertraten. An der aufwändigen und zeitintensiven Erarbeitung der beiden Teilbände Alte Geschichte der JBW (JBW 23,1 u. 2) waren maßgeblich Forscher der Universitäten Basel und Bern, sowie der MGH in München beteiligt, namentlich Stefan Rebenich (Bern), Alfred Schmid (Basel), Leonhard Burckhardt (Basel), Philipp T. 8 Collegium Beatus Rhenanus Publikationen 28/2025 Wollmann (München) und der kürzlich verstorbene Ordinarius für Alte Geschichte der Universität Basel, Jürgen von UngernSternberg; sie wurde gefördert vom SNF, dem Fonds für Lehre und Forschung der FAG, der Geldner-Stiftung und weiteren Geldgebern. Verantwortlich für die Gesamtedition der JBW ist die Jacob Burckhardt-Stiftung in Basel; in deren Auftrag leitet und überwacht eine Editionskommission, bestehend aus Lucas Burkart, Stefan Rebenich und Leonhard Burckhardt, den Fortgang der gesamten Reihe. Das Ziel der Burckhardt-Edition ist die Bereitstellung einer breiten, aktuellen, methodisch und editionswissenschaftlich höchsten Standards genügenden Grundlage für die Auseinandersetzung mit dem Historiker, akademischen Lehrer und Zeitgenossen Jacob Burckhardt. Den Altertumswissenschaften bieten die einschlägigen Bände dementsprechend einen fundierteren, textgenauen Zugang zu Burckhardts Einstellung zur griechisch-römischen Antike in ihrer ganzen weitgespannten Entwicklung und hohen Bedeutung für die europäische Kultur und Geschichte. Leonhard Burckhardt Die altertumswissenschaftlichen Schriften Jacob Burckhardts in den JBW im Überblick Die Zeit Constantin’s des Großen. Hrsg. von Hartmut Leppin, Manuela Keßler und Mikkel Mangold unter Mitarbeit von Ernst Ziegler, München; Basel 2013 (JBW 1). Die Kunst des Altertums. Aus dem Nachlass hrsg. von Marianne Kreikenbom †, Lucas Hafner und Detlev Kreikenbom unter Mitarbeit von Frederik Berger, München; Basel (JBW 14). Griechische Culturgeschichte I. Die Griechen und ihr Mythos. Die Polis. Aus dem Nachlass hrsg. von Leonhard Burckhardt, Barbara von Reibnitz und Jürgen von Ungern-Sternberg, München; Basel 2002 (JBW 19). Griechische Culturgeschichte II. Die Metamorphosen. Die Griechen und ihre Götter. Der Heroencultus. Die Erkundung der Zukunft. Die Gesammtbilanz des griechischen Lebens. Aus dem Nachlass hrsg. von Leonhard Burckhardt, Barbara von Reibnitz, Alfred Schmid und Jürgen von Ungern-Sternberg, München; Basel 2005 (JBW 20). Griechische Culturgeschichte III. Die Kunst. Die Poesie. Zur Philosophie und Wissenschaft. Aus dem Nachlass hrsg. von Leonhard Burckhardt, Fritz Graf und Barbara von Reibnitz, München; Basel 2002 (JBW 21). Griechische Culturgeschichte IV. Der hellenische Mensch in seiner zeitlichen Entwicklung. Aus dem Nachlass herausgegeben von Leonhard Burckhardt, Barbara von Reibnitz, Alfred Schmid und Jürgen von Ungern-Sternberg, München; Basel 2012 (JBW 22). Alte Geschichte. Teilband 1. Ägypten und Alter Orient; Römische Geschichte: Republik. Aus dem Nachlass hrsg. von Leonhard Burckhardt, Stefan Rebenich, Alfred Schmid und Jürgen von UngernSternberg, München; Basel 2022 (JBW 23,1). Alte Geschichte. Teilband 2. Römische Geschichte: Kaiserzeit; Deutsche Geschichte. Aus dem Nachlass hrsg. von Leonhard Burckhardt, Stefan Rebenich, Alfred Schmid und Jürgen von Ungern-Sternberg † unter Mitarbeit von Philipp T. Wollmann, München; Basel 2025 (JBW 23,2). 28/2025 Publications Collegium Beatus Rhenanus 9