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Copyright © ISRG Publishers. All rights Reserved. DOI: 10.5281/zenodo.17838141 339 ISRG PUBLISHERS Abbreviated Key Title: ISRG J Arts Humanit Soc Sci ISSN: 2583-7672 (Online) Journal homepage: https://isrgpublishers.com/isrgjahss Volume – III Issue -VI (November-December) 2025 Frequency: Bimonthly E-commerce and socio-occupational integration among young graduates in Abidjan (Côte d’Ivoire) BROU Félix Richard1*, N’GUESSAN Anne Debora2, EBEN-EZER César Léonce Koffi3 1, 2, 3 Institut d’Ethno-Sociologie, Université Félix Houphouët-Boigny | Received: 26.11.2025 | Accepted: 02.12.2025 | Published: 06.12.2025 *Corresponding author: BROU Félix Richard Institut d’Ethno-Sociologie, Université Félix Houphouët-Boigny INTRODUCTION L’Afrique est un continent en pleine transformation, avec une jeunesse qui représente à la fois sa plus grande richesse et son plus grand défi. Chaque année, environ 25 millions de jeunes africains arrivent sur le marché du travail, un chiffre qui devrait atteindre 32 millions d’ici 2030 (Nations Unies), selon les Nations Unies. Ce dynamisme démographique, tout en étant un vecteur potentiel de développement, pose de sérieux défis en matière d’éducation et d’insertion professionnelle. Depuis le début de la décennie, l’emploi des jeunes est devenu un enjeu majeur des politiques de développement à l’échelle mondiale, particulièrement en Afrique, Abstract Currently, with the African continent in general and Côte d’Ivoire in particular experiencing rapid growth in the use of digital technologies e-commerce is emerging as a key sector offering new economic opportunities. This article examines the effect of entrepreneurship through e-commerce of the socioprofessionnal intégration of young graduates in Abidjan (Côte d’Ivoire). This sociogical reflection aims to analyze the social logics that justify the use of e-commerce for the professionnal integration of graduates. The methodology underlying this study is a mixed approch implemented through an interview guide and a questionnaire ; the whole set is driven by a ration al choise of graduates. The results of the study highlignt the sociogical profile of graduates, the conditions and stratégies of e-commerce, the social representations of e-commerce. Keywords: e-commerce, graduates, Abidjan, socio-occupational integration
Copyright © ISRG Publishers. All rights Reserved. DOI: 10.5281/zenodo.17838141 340 en réponse aux Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU, notamment l’objectif 8 sur l’accès à des emplois décents (Union Africaine, 2015). En Côte d’Ivoire, pays ayant subi plus d’une décennie de crises socio-politiques, la situation est particulièrement préoccupante. Malgré une croissance économique soutenue depuis la crise postélectorale de 2011, l’amélioration du bien-être des populations n’a pas suivi, en particulier pour les jeunes (BAD et al, 2012). En réponse, le gouvernement a adopté une politique nationale pour l’emploi (PNE) en 2012, axée sur le développement des entreprises, la formation et une meilleure gouvernance des instruments en faveur de l’emploi. Toutefois, les défis demeurent importants. Ainsi, environ 40% des chômeurs en Côte d’Ivoire sont jeunes, et le taux de chômage à Abidjan est deux fois plus élevé qu’au niveau national (Lefeuvre et al, 2017). La plupart des jeunes travaillent dans le secteur informel, avec une faible présence dans le secteur formel (Demenet et al, 2016). Ces indicateurs montrent que l’insertion des jeunes sur le marché du travail est un problème structurel. Dans ce contexte, l’entrepreneuriat digital, et plus spécifiquement le e-commerce, émerge comme une alternative prometteuse. Cette tendance est soutenue par l’émergence de classes moyennes à Abidjan et la modernisation des modes de consommation (Diallo, 2019). Cependant, malgré l’intérêt croissant pour le e-commerce, de nombreux jeunes diplômés manquent de formation spécifique dans ce domaine. Cette recherche soulève la question des logiques sociales qui soustendent le recours au e-commerce pour l’insertion professionnelle des jeunes diplômés en Côte d’Ivoire ? Sous ce rapport seront explorés le profil sociologique de ces jeunes, les conditions et stratégies d’insertion dans le e-commerce, les représentations sociales de cette insertion, et les enjeux de leur choix pour le ecommerce comme vecteur d’insertion professionnelle. METHODOLOGIE Cette étude mixte a été menée à Abidjan, se focalisant sur l’entrepreneuriat des diplômés, particulièrement dans le domaine du commerce électronique. L’enquête s’est appuyée sur des médias numériques tels que Facebook, Instagram et WhatsApp, choisis pour leur popularité parmi les jeunes diplômés actifs dans le ecommerce. En plus des utilisateurs de ces médias, des agents de l’agence emploi jeune ont été interrogés pour leur perspective sur l’insertion professionnelle des jeunes. La sélection des participants s’est basée sur leur capacité à fournir des informations et opinions variées pertinentes aux unités d’analyse de l’étude. L’étude a impliqué des diplômés pratiquant le e-commerce (niveau méso) ainsi que le personnel de l’agence emploi jeune (niveau macro social). Un échantillonnage par choix raisonné, une technique qualitative de sélection non probabiliste, a été utilisé pour déterminer les participants. Des entretiens semi-directifs ont permis de se concentrer sur les pratiques et les logiques sociales relatives à l’insertion professionnelle dans la vente en ligne. L’analyse transversale des données recueillies a été structurée en trois thèmes principaux : les stratégies et conditions d’insertion, les représentations sociales du e-commerce, et les enjeux du ecommerce pour les diplômés. Un questionnaire a été utilisé pour collecter des données auprès de 105 diplômés (57 hommes et 48 femmes) actifs dans le ecommerce, visant à identifier leur profil sociologique (âge, sexe, lieu de résidence, niveau d’éducation, domaine de formation). Le logiciel SPHYNX a été utilisé pour l’analyse statistique. Enfin, une analyse de contenu a été effectuée pour interpréter les données recueillies, permettant ainsi d’étudier les catégories analytiques, les fréquences et les profils des participants. RESULTATS CHAPITRE I : LE PROFIL SOCIOLOGIQUE DES DIPLOMES INSERES DANS LE E-COMMERCE Dans cette partie nous allons chercher à faire les répartitions selon : le genre, l’âge, le niveau d’instruction, et le domaine d’étude afin de connaitre et avoir une idée sur les diplômés qui s’insèrent dans le e-commerce. I-1.Répartitions des enquêtés selon le genre Sexe : êtes-vous ? Réponses Fréquences Un homme 57 54,29% Une femme 48 45,71% TOTAL CIT. 105 100% L’analyse sociologique du tableau indique une légère prédominance masculine (54,29%) dans le domaine du ecommerce par rapport aux femmes (45,71%). Cette répartition peut refléter des dynamiques socioculturelles et économiques. Les hommes pourraient avoir un accès plus facile aux ressources, à l’éducation, ou à la technologie, ce qui favorise leur participation dans le e-commerce. En revanche, les femmes pourraient rencontrer des obstacles tels que des responsabilités domestiques accrues ou des restrictions culturelles qui limitent leur engagement dans ce domaine. Cette répartition souligne l’importance d’aborder les disparités de genre dans l’accès aux opportunités économiques et technologiques. I-2.Répartitions des enquêtés selon leurs residences Résidences Réponses Fréquences Marcory 3 2,86% Port Bouet 12 11,43% Yopougon 15 14,29% Abobo 6 5,71% Adjamé 6 5,71% Attécoubé 3 2 ,68% Bingerville 9 8,75% Cocody 51 48 ,57% TOTAL 105 100% L’analyse de la répartition des enquêtés selon leurs lieux de résidences montre une concentration significative des diplômés pratiquant l’e-commerce dans la commune de Cocody (48,57%). Cette prédominance pourrait être attribuée à des facteurs tels que de meilleures infrastructures, notamment en matière de connectivité internet et un environnement socio-économique plus favorable. D’autre part, les faibles taux dans des communes
Copyright © ISRG Publishers. All rights Reserved. DOI: 10.5281/zenodo.17838141 341 comme Marcory, Attécoubé, et Abobo pourraient refléter des limitations en termes d’accès aux technologies ou des disparités économiques. Cette distribution géographique souligne l’influence de l’environnement résidentiel sur l’engagement dans l’ecommerce, mettant en évidence les inégalités d’accès aux ressources numériques et commerciales au sein de la ville d’Abidjan. I-3.Répartitions des enquêtés selon l’âge Quel âge avez-vous ? Réponses Fréquences Entre 20 et 25 ans 42 40,00% Entre 26 et 31 ans 45 42 ,86% Entre 32 et 37ans 18 17,14% TOTAL CIT. 105 100% A l’analyse, le tableau montre que les enquêtés sont divisés en trois groupes d’âge distincts: 20-25 ans, 26-31 ans et 32-37 ans. Cela suggère une démarche de classification en fonction des tranches d’âge spécifiques. Les fréquences montrent combien de personnes appartiennent à chaque groupe d’âge. Par exemple, 42 enquêtés (40,00%) ont entre 20 et 25 ans, 45 enquêtés (42,86%) ont entre 26 et 31 ans, et 18 enquêtés (17,14%) ont entre 32 et 37 ans. La majorité des enquêtés appartiennent aux deux premiers groupes d’âge, c’est-à-dire les 20-25 ans et les 26-31 ans. Ces deux groupes représentent ensemble 82,86% de l’échantillon total. Cela suggère que l’échantillon de l’enquête est principalement composé de jeunes adultes. Cette répartition des âges peut avoir des implications sociologiques importantes. Par exemple, si cette enquête porte sur des sujets liés à la jeunesse, comme l’éducation, l’emploi, la culture populaire ou les tendances de consommation, les résultats refléteront principalement les points de vue et les expériences de cette population spécifique. Cela peut limiter la généralisation des conclusions de l’enquête à d’autres groupes d’âge. I-4. Répartition selon le niveau d’instruction Niveau d’instruction Réponses Fréquences Supérieur 1 (1er cycle) 24 22 ,86% Supérieur 2 (2e cycle) 51 48 ,57% Supérieur 3 (3e cycle) 30 28,57% TOTAL CIT. 105 100% Ce tableau présente la répartition des enquêtés en fonction de leur niveau d’instruction, avec les réponses des participants et leur fréquence respective. Il montre que les enquêtés sont classés en trois niveaux d’instruction différents : Supérieur 1 (1er cycle), Supérieur 2 (2e cycle) et Supérieur 3 (3e cycle). Cette classification est basée sur le niveau d’études atteint par les enquêtés. Les fréquences indiquent combien de personnes appartiennent à chaque niveau d’instruction. Comme, 24 enquêtés (22,86%) ont un niveau d’étude Supérieur 1 (1er cycle), 51 enquêtés (48,57%) au Supérieur 2 (2e cycle) et 30 enquêtés (28,57%) au Supérieur 3 (3e cycle). Le niveau d’instruction qui prévaut ici le niveau supérieur dominé par le second cycle avec 48,57%. Cela indique que la majorité des enquêtés ont atteint un niveau d’éducation qui correspond au moins à une maîtrise ou à un diplôme équivalent. En revanche, le niveau d’instruction le moins fréquent est le premier cycle) qui représente le plus bas niveau d’éducation dans cette enquête. Cette répartition selon le niveau d’instruction peut avoir des implications fondamentales. Par exemple, elle peut influencer les perspectives, les opinions et les expériences des enquêtés. Les personnes ayant un niveau d’éducation plus élevé peuvent avoir des opportunités professionnelles différentes de celles ayant un niveau d’éducation moins élevé, ce qui peut influencer leur comportement, leurs choix de carrière et leurs opinions sur divers sujets. I-5.Répartition selon le domaine de formation Domaine de formation Réponses Fréquences Anglais 6 6,3% Business et communication digitale 3 3,15% Commerce 3 3,15% Electrique 3 3,15% Economie 5 5,25% Economie du développement 3 3,15% Sociologie 13 13,65% Finances 5 5,25% Communication en entreprise 4 4,2% RHCOM 5 5,25% Marketing publicité et communications 6 6,3% Management 7 7,35% Management projets et organisations 3 3 ,15% Lettres modernes 3 3,15% IDA 3 3,15% Géographie 3 3,15% Gestion Commerciale 8 8,4% Droit 7 7,35% Comptabilité 10 10,5% Informatique 5 5,25% Total 105 100% Le tableau montre que les diplômés enquêtés proviennent de divers disciplines de formation, allant de l’anglais à la gestion commerciale en passant par la sociologie, l’économie, le droit, la comptabilité, l’informatique, etc. Ce qui indique une grande diversité de parcours académiques parmi les enquêtés. A l’analyse des fréquences, on peut constater que les disciplines de formation les plus récurrentes parmi les enquêtés sont la sociologie (13,65%), la gestion commerciale (8,4%), la comptabilité (10,5%), le droit (7,35%) et le management (7,35%). Ces disciplines sont
Copyright © ISRG Publishers. All rights Reserved. DOI: 10.5281/zenodo.17838141 342 principalement liées aux sciences sociales, à l’administration, à la gestion et au droit. On observe une faible proportion du domaine lié à vente en ligne. En effet, les domaines spécifiquement liés au commerce en ligne, tels que le marketing digital, le commerce électronique ou la technologie de l’information, ne sont que très peu représentés dans cette étude. Cela montre que la majorité des enquêtés ont des formations académiques axées sur des domaines traditionnels tels que le droit, la comptabilité, la gestion ou la sociologie, ce qui peut influencer leurs compétences, leurs intérêts et leurs perspectives professionnelles. Cela peut également expliquer pourquoi ils ont peu de formation en vente en ligne, car cela ne correspond pas nécessairement à leurs domaines d’expertise initiaux. CHAPITRE 2 : STRATEGIES ET CONDITIONS D’INSERTIONS DES DIPLOMES DANS LE E-COMMERCE Plusieurs stratégies et conditions d’insertion sont évoquées par les diplômés, des stratégies telles que : le « dropshipping » ; les emprunts bancaires ; les fonds propres (économies) ; octroie de fonds par les parents. I1-1. Le dropshipping comme stratégie d’insertion dans le e-commerce Le « dropshipping » est une stratégie qui présente plusieurs avantages pour les diplômés, notamment le fait qu’il ne nécessite pas un capital initial important. Contrairement à l’ouverture d’un magasin physique ou d’une boutique en ligne avec des stocks, le « dropshipping » permet aux diplômés de commencer sans avoir besoin de fonds importants. Tout ce dont ils ont besoin est une connexion Internet et un smartphone, ainsi qu’une source fiable de produits, qu’il s’agisse d’un grossiste ou d’un revendeur établi. Il est couramment utilisé par les diplômés pour s’insérer dans le ecommerce en raison de son accessibilité financière et de sa flexibilité. Elle permet de démarrer une activité de commerce électronique sans les contraintes financières associées à d’autres méthodes. D’où ce discours d’un étudiant de 21 ans en Licence 3 de la filière Communication : « J’ai commencé sur l’invitation d’un ami en 2019, j’ai accepté son invitation dans le but 1er de me faire de l’argent et en 2nd plan lui venir en aide. On a commencé en faisant du dropshipping c’est-à-dire qu’on publiait et vendait les articles d’un autre en ajoutant notre surplus » Cette motivation financière peut être liée à des besoins économiques ou à la recherche de revenus supplémentaires, ce qui est courant parmi les jeunes diplômés ou les étudiants qui cherchent à s’assurer un revenu. Il mentionne également qu’il a accepté l’invitation de son ami dans le but secondaire de lui venir en aide. Cela peut indiquer une relation de soutien entre amis, où l’un aide l’autre à se lancer dans une entreprise commune. Cette stratégie est choisie en raison de son accessibilité financière, ce qui est souvent important pour les étudiants ou les jeunes diplômés qui ont des ressources limitées. La communication est un aspect essentiel du e-commerce, notamment pour attirer les clients et gérer les relations avec eux. La stratégie de dropshipping démontre une approche pragmatique pour s’engager dans le e-commerce malgré ses ressources limitées. Sa formation en communication peut également jouer un rôle dans le développement de ses compétences en matière de marketing et de gestion de ses activités en ligne. Cette déclaration reflète des dynamiques courantes parmi les jeunes entrepreneurs du secteur du e-commerce. II-2.Les fonds propres (économies) comme stratégies d’insertion Les économies des diplômés sont également des moyens pouvant leurs permettre de s’inséré dans ce domaine. En effet, nombreux sont les diplômés qui pour pouvoir s’en sortir utilisent leurs propres économies c’est-à-dire l’argent mis de côté pendant un certain temps, d’autres encore utilisent tout simplement l’argent qu’ils ont eu en faisant de petits boulots. Ainsi l’illustre les déclarations suivantes : « J’avais des économies que j’ai investi 200.000 franc environ j’étais encore étudiante. J’ai trouvé des fournisseurs avec l’aide d’un ami qui est dans le domaine étant à Abidjan et les fournisseurs ailleurs, il se déplaçait pour vérifier la qualité des produits. Ensuite j’ai créé une page sur Facebook et instagram. Avec l’aide des copines et des amis c’est parti ». Cette approche montre son engagement financier personnel dans son projet entrepreneurial. Utiliser ses économies pour démarrer une entreprise est une option courante pour ceux qui ont réussi à épargner de l’argent. La mention de l’aide d’un ami ou proche du même domaine et dans la recherche des fournisseurs montre l’importance des réseaux sociaux et des relations personnelles dans le lancement d’une entreprise. L’usage des médias numériques (Facebook et Instagram) sont devenus un canal essentiel pour la promotion et la vente de produits en ligne, en particulier dans le secteur de la mode et des articles. Cela suggère un fort réseau de soutien social, ce qui peut être un atout précieux lors de la création d’une entreprise. Cela reflète une approche entrepreneuriale basée sur la mobilisation de ressources personnelles et le renforcement des réseaux de relations sociales pour réussir dans le e-commerce. II-3.L’octroie de fonds par les parents comme stratégies d’insertion Certains diplômés faute de moyens et ne pouvant ni faire d’emprunt bancaires parce qu’ils n’ont pas d’emploi, ni d’économies, ont recours à leurs parents afin que ces derniers puissent les financer et commencer leurs ventes en ligne. C’est ce que déclare cet enquêté : « J’ai commencé d’abord avec la vente de gel douche, je me baladais sur jumia et ils étaient en promo sur les gels douches et ça tombais bien je cherchais quoi faire donc j’ai demandé crédit à ma mère, tout faisait 18000 donc elle m’a remis 20000 et j’ai commencé à vendre c’était une vrai galère en tout cas dans les débuts ». Le recours aux ressources parentales montre le rôle capital que joue la famille dans le soutien financier pour l’insertion professionnelle des jeunes. Ce qui montre le sens des affaires et la
Copyright © ISRG Publishers. All rights Reserved. DOI: 10.5281/zenodo.17838141 343 capacité à saisir une opportunité lorsqu’elle se présente. Cela dit, le lancement d’une entreprise est difficile et fait face à des défis pour de nombreuses nouvelles entreprises. Le rôle du soutien financier parental dans l’insertion professionnelle traduit la réalité de nombreux jeunes entrepreneurs qui sollicitent le soutien familial avant le démarrage nécessaire. Ce qui montre que les débuts e création de nouvelles entreprises sont difficiles au point d’avoir recours aux ressources familiales. CHAPITRE 3 : REPRESENTATIONS SOCIALES DE L’INSERTION PROFESSIONNELLE DES DIPLOMES DANS LE E-COMMERCE Plusieurs systèmes de représentations sont évoqués afin de légitimer l’insertion des diplômés dans le e-commerce, il s’agira de considérer le e-commerce comme : une alternative au chômage, une activité rentable, une activité moins couteuse, une passion, une banque virtuelle. III-1.Le e-commerce comme une alternative au chômage L’un des premiers imaginaires sociaux que partage la plupart des diplômés est de considérer le e-commerce comme une alternative face au chômage. En effet face au chômage grandissant des diplômés, nombreux sont ceux qui exploitent d’autres voies afin de pallier ce problème. Le e-commerce qui par rapport aux autres domaines demandés moins de fonds, et est plus ou moins flexible (permet de faire autre chose en plus), la vente en ligne devient alors une évidence pour ces diplômés qui cherchent à s’insérer dans le tissu économique. C’est ce que partagent ces enquêtés : « Le e-commerce pour moi, permet à des personnes qui veulent s’en sortir de le faire, ça ne demande pas grande chose, juste un téléphone, la connexion et tu peux te faire des revenu que même les fonctionnaires ne touchent pas. Avec le chômage grandissant c’est une belle opportunité voir alternative pour ceux qui ne veulent pas rester les bras ballants. » Le e-commerce est perçu comme une opportunité d’emploi accessible pour ceux qui cherchent à s’en sortir. L’insistance sur le fait que cela ne demande pas beaucoup de ressources, simplement un téléphone et une connexion Internet, ce qui le rend relativement abordable en comparaison avec d’autres types d’entreprises. Cette perspective met en avant le potentiel d’insertion professionnelle que le e-commerce peut offrir aux jeunes diplômés confrontés à des difficultés sur le marché d’emploi ordinaire. D’où l’idée qu’il peut être une source de revenus équivalents ou supérieurs à ceux offerts par les emplois stables. III-2.Le e-commerce, une activité moins onéreuse Les diplômés pratiquant l’e-commerce considèrent cette activité comme étant moins couteuse, en effet pour les diplômés le ecommerce est un moyen plus facile et moins couteux d’entreprendre dans le sens où elle ne demande pas assez de fonds encore moins un espace pour débuter, ce verbatim justifie notre propos : « Quand on n’a pas les moyens de commencer grand, le e-commerce devient une évidence, je considère cela comme une chance que les autres avant nous n’ont pas eu, on se fait connaitre, connaitre nos articles et cibler sa clientèle. Pas besoins d’autonomie financière, en attendant de se trouver un boulot stable ou même en attendant d’avoir les moyens de développer son business, ensuite parce que c’est l’option la moins couteuse qu’on se mente pas, se trouver un local à Abidjan est devenu très compliqué, mais surtout ça laisse aussi le temps de voir si l’activité peut intéresser, si on pourra couvrir les charges si jamais on ouvre. » Le e-commerce permet de se faire une publicité, de ses produits et de cibler une clientèle sans une forme d’autonomie financière considérable. Cet état de fait met en avant l’accessibilité financière du e-commerce, ce qui peut être un facteur déterminant pour les jeunes entrepreneurs ou les étudiants qui ont des ressources limitées. Il permet d’éviter la dépendance de locaux physiques pour location, ce qui en fait une option plus abordable pour les entrepreneurs. De ce qui précède, le commerce en ligne apparait comme une option attrayante pour les jeunes diplômés et les étudiants en quête d’opportunités professionnelles. CHAPITRE IV : LES ENJEUX DU RECOURS AU ECOMMERCE POUR L’INSERTION PROFESSIONNELLE DES DIPLOMES L’insertion professionnelle des diplômés par le e-commerce est sous-tendu par deux enjeux : à savoir l’autonomisation des diplômés et le relationnel IV-1. L’autonomisation des diplômés, enjeu du recours au ecommerce L’un des enjeux du recours au e-commerce par les diplômés est sans aucun doute leur autonomisation, en effet, le e-commerce est une activité qui permet à ces derniers de s’occuper afin de ne pas tomber dans le vagabondage et la délinquance, ces gains issus de cette activité leurs permettent en effet de se prendre en charge eux même sans l’aide d’une tierce personne et de pouvoir être épanouie et libre dans leur vies. C’est ce que soutient cet enquêté : « Déjà au départ quand je ne vendais pas, j’étais toujours à la traine hein, si je peux le dire ainsi, quand on sortait moi je ne pouvais pas dépenser beaucoup, parce que si je dépense Ya plus rien à la maison. Mais maintenant moi-même souvent j’invite mes amis tout ça pour aller boire et autres, en tout cas maintenant y’a le respect qui est là par rapport à avant ». L’amélioration des conditions financières nourrit l’idée que le ecommerce peut permettre aux diplômés de devenir plus autonomes économiquement. Le succès dans cette activité contribue à améliorer la situation financière des diplômés, renforçant ainsi l’estime de soi et réduire la dépendance économique vis-à-vis de leur milieu d’origine ou d’autres sources de soutien financier. Cette autonomie économique qu’engendre l’activité du commerce en ligne est un enjeu clé pour de nombreux diplômés qui cherchent à s’insérer professionnellement et à améliorer leurs conditions de vie. IV-2. Le relationnel, enjeu du recours au e-commerce par les diplômés Hormis l’aspect financier et l’autonomie, le relationnel constitue un des enjeux liés au recours au e-commerce par les diplômés. En effet, pour bon nombre d’entre eux, la vente en ligne leur permet de tisser des liens personnels avec des personnes des milieux favorisés. Ce qui les amène à garder de « bons contacts » avec certains clients ou fournisseurs. C’est ce qu’illustrent ces entretiens :
Copyright © ISRG Publishers. All rights Reserved. DOI: 10.5281/zenodo.17838141 344 « En dehors de l’aspect financier, la vente en ligne est un moyen de se faire des contacts aussi parce qu’on sait jamais qui commande. Du coup des grands types commandent tes articles et quand ils sont satisfaits ils gardent ton contact et tu deviens leurs bons petits. » Le commerce en ligne apparait comme une opportunité pour les différents acteurs de se créer des contacts avec des personnes ayant un capital social et économique important. Cette interaction avec des clients peut potentiellement conduire à la création de relations personnelles et professionnelles bénéfiques. Cela favorise la construction d’un réseautage et du maintien de bonnes relations avec les clients pour la croissance du e-commerce. Au delà de l’opportunité financière, des possibilités de construire un réseau social et professionnel. Ce qui montre comment la vente en ligne peut conduire à la création de contacts, à la fidélisation des clients et à la construction de relations à long terme, ce qui peut avoir un impact positif sur la réussite de l’entreprise et sur le développement du réseau social et professionnel des diplômés. DISCUSSION I.LE PROFIL SOCIOLOGIQUE DES DIPLOMES INSERES DANS LE E-COMMERCE Cette étude explique les caractéristiques sociodémographiques des diplômés engagés dans le e-commerce. Des auteurs comme Bourdieu (1979) permettent de comprendre la manière dont les caractéristiques sociales et éducatives influencent les choix professionnels. Ainsi, il montre l’importance du capital culturel et social dans la détermination des trajectoires professionnelles. Ces écrits rencontrent ceux de nos travaux dans la mesure où il met l’accent sur les caractéristiques telles que l’âge, le genre, la résidence, et le niveau d’éducation des diplômés en e-commerce peuvent être considérées comme des facteurs influençant leur choix de se tourner vers le e-commerce. II.STRATEGIES ET CONDITIONS D’INSERTIONS DES DIPLOMES DANS LE E-COMMERCE Cette partie met en scène les différentes stratégies adoptées par les diplômés pour s’insérer dans le e-commerce, comme le dropshipping, les emprunts bancaires, l’utilisation de fonds propres et le soutien des parents. Ces stratégies peuvent être analysées à travers le prisme des théories de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Par exemple, Schumpeter (1961), avec sa théorie de l’innovation entrepreneuriale, permet aux diplômés d’utiliser des stratégies innovantes pour surmonter les obstacles et créer de nouvelles opportunités commerciales dans le e-commerce. III. REPRESENTATIONS SOCIALES DE L’INSERTION PROFESSIONNELLE DES DIPLOMES DANS LE ECOMMERCE Les représentations sociales jouent un rôle fondamental dans la manière dont les individus perçoivent et interagissent avec leur environnement. Moscovici (1961), un psychosociologue, a développé la théorie des représentations sociales qui pourrait être utilisée pour analyser comment les diplômés perçoivent le ecommerce comme une alternative au chômage, une activité rentable, moins coûteuse, une passion ou même une banque virtuelle. Ces perceptions influencent non seulement leur engagement dans le e-commerce mais aussi la façon dont ils structurent et développent leurs activités. IV.LES ENJEUX DU RECOURS AU E-COMMERCE POUR L’INSERTION PROFESSIONNELLE DES DIPLOMES Ce passage se concentre sur les enjeux liés à l’utilisation du ecommerce pour l’insertion professionnelle, tels que l’autonomisation et le développement du réseau relationnel. Ces enjeux peuvent être discutés à travers la théorie du capital social de Robert Putnam, qui met en avant l’importance des réseaux sociaux et des relations pour obtenir des bénéfices économiques et professionnels. L’autonomisation peut également être vue à travers la théorie de l’agentivité de Bandura (1997), qui souligne la capacité des individus à agir indépendamment et à exercer un contrôle sur leur propre vie. DISCUSSION CONCLUSION Au terme de l’étude sur l’insertion professionnelle des diplômés dans le domaine du e-commerce dans la ville d’Abidjan, il ressort que le e-commerce offre une avenue prometteuse pour l’insertion professionnelle des diplômés, en particulier dans un contexte de chômage élevé et de transformations économiques. Les profils sociologiques des individus engagés dans le e-commerce, tels que leur âge, sexe, niveau d’éducation et domaine d’études, indiquent une diversité des parcours menant à cette forme d’entrepreneuriat. Les stratégies d’insertion dans le e-commerce, telles que le dropshipping, les emprunts bancaires, l’utilisation de fonds propres et l’assistance familiale, démontrent la flexibilité et l’innovation dont font preuve les diplômés pour surmonter les obstacles financiers et logistiques. D’un point de vue des représentations sociales, le e-commerce est perçu non seulement comme une alternative viable au chômage, mais également comme une activité économique rentable, moins coûteuse, et parfois même comme une passion. Ces perceptions renforcent l’attractivité du e-commerce pour les diplômés cherchant à s’insérer professionnellement. Les enjeux liés au recours au e-commerce pour l’insertion professionnelle comprennent l’autonomisation financière et la création d’un réseau relationnel étendu. Ces enjeux soulignent l’importance du e-commerce non seulement comme un moyen de subsistance, mais aussi comme un vecteur de développement personnel et professionnel. En définitive, le recours au e-commerce par les diplômés s’inscrit dans une logique de réponse adaptative aux défis du marché du travail actuel. Il reflète une combinaison d’innovation, de flexibilité et d’aspiration à l’autonomie, en phase avec les tendances entrepreneuriales contemporaines. Cette étude offre un aperçu précieux des dynamiques socioprofessionnelles en jeu et met en lumière l’importance de soutenir et de faciliter ces initiatives entrepreneuriales, particulièrement dans les contextes où les opportunités d’emploi traditionnelles sont limitées. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1. BAD, OCDE, PNUD et CEA (2012), « Promouvoir l’emploi des jeunes, Perspectives économiques en Afrique 2012, Groupe de la Banque africaine de développement, Centre de développement de l’OCDE, Programme des Nations Unies pour le développement, Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et OCDE, Paris. 2. Bandura, A. (1997). Self-Efficacy: The Exercise of Control. New York: W H. 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