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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 1, No. X, Month 2023 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 7245 Limites organisationnelles et managériales des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC+) du quartier Ngulunzamba, ville de Kikwit en République Démocratique du Congo 1Gomer Ndobo Mulwesani, 2Jacques Tiarina Mess, 3Teddy Maingolo Bolio, 4Jules-Noël Mandondo Mafuka, 5Innoncent Bwandundu Eludia, 6Faustin Mukwama Mbenza 1Institut Supérieur de Développement Rural de MAPANGU / RD. Congo. 2Université de Kikwit, Faculté des Sciences Agronomiques / RD. Congo. 3Apprenant du 3ème Cycle (DEA) Institut Supérieur de Développement Rural de MBEO/RD. Congo. 4Institut Supérieur de Commerce de GUNGU / RD. Congo. 5Institut Supérieur de Développement Rural de Kikwit / RD. Congo. 6 Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de MASI-MANIMBA/RD. Congo. Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17847827 Résumé: La présente étude porte sur les limites organisationnelles et managériales des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC) du quartier Ngulunzamba, ville de Kikwit en République Démocratique du Congo. Elle explore l’organisation et la gestion des AVEC du dit quartier, afin de découvrir les défis auxquels ces associations sont confrontées. Les méthodes descriptive et d’enquête, suivies des techniques documentaire, l’interview ainsi que l’observation participative nous ont permis de collecter les données ayant abouti aux résultats suivants : les crédits non remboursés, les murmures lors du partage des intérêts, le détournement de fonds, le retard aux réunions, l’absentéisme et la mégestion. La bonne organisation qui implique une gestion transparente, rigoureuse et démocratique ainsi que la mise en place des ateliers réguliers, des séances d’information et des mécanismes de suivi pour s’assurer que les membres sont bien informés et engagés dans leurs associations pourraient résoudre de nombreux problèmes identifiés et pérenniser l’action d’épargne et de crédit qui est un moyen de lutte contre la pauvreté. Mots-clés : limites, organisation, gestion, épargne, crédit.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7246 Abstract : This study focuses on the organizational and managerial limitations of Village Savings and Loan Associations (VSLAs) in the Ngulunzamba neighborhood, Kikwit city in the Democratic Republic of Congo. It explores the organization and management of the VSLAs in the said neighborhood, in order to discover the challenges these associations face. Descriptive and survey methods, followed by documentary techniques, interviews and participatory observation allowed us to collect data that led to the following results: unreimbursed loans, murmurs during the sharing of interests, embezzlement, lateness to meetings, absenteeism and mismanagement. Good organization, which involves transparent, rigorous and democratic management, as well as the establishment of regular workshops, information sessions and monitoring mechanisms to ensure that members are well informed and engaged in their associations, could solve many of the identified problems and perpetuate the savings and loan action, which is a means of fighting poverty. Keywords: limits, organization, management, savings, credit. 1 Introduction Yawidi (2017 : 23-24) note que la République Démocratique du Congo possède presque toutes les matières premières qui font tourner tous les secteurs de l’industrie moderne. Elle concentre 45 % des richesses mondiales ; détient 80 % des réserves mondiales du coltan et du niobium ; compte plus de 60 % des réserves mondiales du cobalt ; possède les gisements d’uranium les plus riches du monde, du cuivre à provision… La République démocratique du Congo dispose des plus grandes réserves d’or du monde, etc. S’il faut compter toutes les richesses de la République démocratique du Congo, s’il faut parler de l’immensité de ses forêts tropicales, de la majesté de son fleuve, de la beauté infinie de sa faune comme de sa flore, d’aucuns croiraient que la République démocratique du Congo est un pays où coulent le lait et le miel. Hélas ! Selon le dernier rapport de la banque mondiale (Radio Okapi, 9 octobre 2025), la République démocratique du Congo occupe actuellement la première place en extrême pauvreté, malgré ses immenses potentialités naturelles. Car, 85,3% de Congolais vivent avec moins de 3 dollars par jour et sont incapables de satisfaire les besoins de première nécessité. Cependant, la crise engendre le savant, dit-on. Devant l’incapacité de l’Etat à offrir des emplois, la population se lance dans la débrouillardise comme moyen d’existence, conformément, d’après Lautier Bruno (1994 : 31-32), à l’« article 15 de la constitution Zaïroise » (« Débrouillez-vous, vous êtes chez vous »), non écrit mais plus connu que les quatorze autres, … Pour tenter de sortir le pays de cette impasse, plusieurs pistes de solution sont proposées. Par exemple, le programme de l’enseignement supérieur et universitaire, d’une part, met actuellement un accent particulier sur l’entrepreneuriat des jeunes. D’autre part, Anonyme (2016 : 4) affirme que le gouvernement congolais a mis sur pied un Programme National d’Education Financière (PNEF) dont la vision est de voir la majorité de la population congolaise
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7247 gérer de façon responsable ses finances personnelles et familiales afin d’améliorer son bienêtre social. Parmi les multiples résultats attendus par ce programme, il y a non seulement le souci de voir la population épargner régulièrement dans des institutions financières (IF) agréées et pour des objectifs bien définis, mais aussi de voir la population contracter des crédits surtout pour des investissements productifs, dans les limites de ses capacités de remboursement, à des conditions avantageuses et les rembourser dans le respect des clauses contractuelles. Malheureusement, Hugh Allen et Mark Staehle (2007 : 1) constatent que même si de nombreuses banques et institutions de microfinance (IMF) proposent de précieux services aux populations pauvres du monde en développement, c’est surtout dans les zones urbaines ou périurbaines dynamiques que leur réussite est flagrante, là où les besoins de financement par l’emprunt sont élevés, où les emprunteurs jouissent de revenus réguliers et diversifiés et où le coût nécessaire pour attirer de nouveaux clients est faible. En outre, il sied de signaler qu’avec le système bancaire formel, l’octroi des crédits est difficile aux familles démunies car elles font partie de la population vulnérable, à priori insolvable. A ce propos, voici ce que l’on peut lire sous la plume de Fernand Vincent (1986 : 23) : « Les banques ne prêtent qu’aux riches, c’est-à-dire à ceux qui ont une richesse, un capital qu’il faudra hypothéquer (mettre en garantie) au cas où vous ne remboursez pas ! » Pour combler toutes ces lacunes, la population de la ville de Kikwit s’est dotée d’un modèle axé sur l’épargne, appelé Association Villageoise d’Epargne et de Crédit (AVEC+), un modèle mis au point par le projet « VAS-Y Filles ! » depuis 2016. L’AVEC est une méthodologie que Morgan (2017 : 1) considère comme une approche adaptée aux ménages les plus pauvres. Car elle permet aux populations démunies, souvent exclues du système bancaire ou des établissements financiers classiques, de participer à la production des richesses. De nos jours, il y a lieu de constater que l’approche AVEC a gagné en popularité et a été reproduite dans toutes les communes de la ville de Kikwit, attirant les vulnérables et les riches. Cependant, force est de constater que les clôtures des cycles des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit du quartier Ngulunzamba sont souvent émaillées des querelles, des poursuites judiciaires, des arrestations, de confiscation des biens, etc. Cette étude se donne pour objectif de chercher à explorer l’organisation et la gestion des AVEC à Kikwit, plus précisément dans le quartier Ngulunzamba, afin de relever certains problèmes qui les enserrent et les étouffent, tout en envisageant des mesures correctrices opportunes, dans le but de pérenniser l’action d’épargne et de crédit qui est un moyen de lutte contre la pauvreté. 2. Milieu, matériels et méthodes 2. 1. Milieu d’étude L’étude a été réalisée dans le quartier Ngulunzamba, un quartier urbano-rural de la commune de Lukemi dans la ville de Kikwit. Le quartier Ngulunzamba a une superficie de 10 Km2. Il s’étend entre 18° 48’ 02’’ et 18° 52’ 13’’ de longitude Est puis entre 5° 02’ 12’’ et 5° 05’ 14’’ de latitude Sud. Il est limité au Nord et à l’Ouest par la rivière Lukemi, au Sud-Est par la rivière Lwano, et à l’Est par la rivière Kwilu.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7248 Ce bidonville urbain est caractérisé par des maisons en matériaux non durables, sans planification préalable, manque des caniveaux, d’électricité, d’équipement collectif comme le transport, d’eau potable, pas d’accès aux services financiers de base, émaillé de sous-emploi, du chômage, de la délinquance juvénile, etc. Son accès aux services sociaux se caractérise par un manque d’infrastructure routière. Son relatif enclavement dû à la présence d’une seule route coupée par l’érosion renforce la paupérisation des habitants et restreint l’accès à certains marchés. La majeure partie des revenus des ménages provient de la vente des produits agricoles, toutefois largement insuffisants pour couvrir leurs besoins sur l’ensemble de l’année. Le quartier Ngulunzamba est représenté par la figure ci-dessous : Figure 1. Présentation de la zone d’étude 2. 2. Matériels : Lors de l’enquête sur terrain, nous avons utilisé le guide d’entretien, le carnet, le GPS (Global positioning system), etc. Pour la rédaction de cet article, nous nous sommes documentés à partir des écrits sur la méthodologie de l’approche AVEC, des articles trouvés sur internet et des données de nos enquêtes sur le site d’étude. 2. 3. Méthodes Deux méthodes nous ont été d’une grande utilité pendant cette étude. Nous avons recouru à la méthode descriptive pour faire l’état des lieux des AVEC du quartier Ngulunzamba et à la méthode d’enquête pour la collecte des données sur terrain. Ces méthodes ont été accompagnées de trois techniques : la technique documentaire qui a consisté à exploiter la documentation relative à notre recherche, la technique de l’interview qui a été un entretien libre sous forme d’un dialogue avec les différents membres des AVEC et la technique d’observation participative qui a consisté à participer aux différentes réunions des AVEC retenues dans notre échantillon. Cependant, la difficulté de constituer une base de sondage ou bien la liste complète de toutes les AVEC du quartier Ngulunzamba nous a obligé de recourir à la technique d’échantillonnage non aléatoire ou non probabiliste qui consiste à constituer un échantillon dont
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7249 les membres n’ont pas la même probabilité d’être sélectionnés. Pour cela, nous avons utilisé la technique de boule de neige en demandant à la première personne interrogée d’identifier d’autres personnes qui sont concernées par l’étude et qui sont membres d’une AVEC dans le quartier Ngulunzamba. En effet, la taille de notre échantillon a été de 10 AVEC ayant au plus 5 ans d’existence comme critère d’inclusion et existant dans le quartier Ngulunzamba. Dans chaque association, nous avons constitué un échantillon de 10 membres, ce qui a donné un total de 100 enquêtés, dont 25 hommes et 75 femmes. Les données ainsi obtenues ont été analysées et traitées à l’aide des logiciels Excel 2010 et Spss. 3. Résultat Les résultats de nos enquêtes ont soulevé les défis suivants : 3. 1. Les murmures lors du partage des intérêts Figure 2. Les murmures lors du partage des intérêts produits par l’association En ce qui concerne les murmures lors du partage des intérêts produits par l’association, il ressort de la figure 2 que 59 sur 100 personnes enquêtées, soit 59% confirment les murmures lors du partage des intérêts produits par leurs AVEC, tandis que 41 personnes, soit 41% ne confirment pas le fait. 3. 2. La mégestion Figure 3. La mégestion Au sujet de la mégestion, la lecture de la figure 3 indique que 58 sur 100 personnes enquêtées, soit 58% affirment la megestion au sein de leurs AVEC mais 42 personnes, soit 42% ne confirment pas ce problème au sein de leurs AVEC. 3. 3. Le détournement de fonds
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7250 Figure 4. Le détournement de fonds Au regard de la figure 4 sur le détournement de fonds, il est claire que 56 sur 100 personnes enquêtées, soit 56 % confirment le détournement de fonds au sein de leurs AVEC mais 44 personnes, soit 44% ne confirment pas le détournement de fonds au sein de leurs AVEC. 3. 4. Le retard aux réunions Figure 5. Le retard aux réunions L’examen minutieux de la figure 5 sur le retard aux réunions nous révèle que 55 sur 100 personnes enquêtées, soit 55% confirment l’arrivée en retard des membres aux réunions au sein de leurs AVEC, tandis que 45 personnes, soit 45% ne confirment pas ce défis au sein de leurs associations. 3. 5. L’absentéisme Figure 6 L’absence aux réunions Il ressort de la figure 6 qu’en ce qui concerne l’absentéisme, 60 sur 100 personnes enquêtées, soit 60% confirment que les membres ne participent pas régulièrement aux réunions hebdomadaires organisées par leurs AVEC mais 40 personnes, soit 40% nient l’absence des membres aux réunions organisées par leurs AVEC.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7251 3. 6. Les crédits non remboursés Figure 7. Crédits non remboursés L’observation minutieuse faite de la figure 7 sur le non remboursement des crédits nous fait voir que 70 sur 100 personnes enquêtées, soit 70% confirment qu’il y a un problème de non remboursement des crédits à l’échéance convenue au sein des AVEC et 30 personnes, soit 30% disent le contraire. 4. Discussion 4. 1. Les murmures autour de partage des intérêts Les résultats de nos enquêtes ont montré que sur les 100 personnes interrogées dans les AVEC échantillonnées, 59 personnes, soit 59% reconnaissent qu’il y a souvent eu des murmures et des débats à la fin de chaque cycle autour du partage des intérêts produits par l’association. En effet, les uns (ceux qui ont souscrit des crédits) soutiennent qu’eux seuls peuvent bénéficier des intérêts pour les avoir produits. Selon eux, ceux qui n’ont souscrit aucun crédit au cours du cycle n’ont contribué en rien dans la réalisation des intérêts à se partager. Ces propos créent un sentiment de « gêne » ou de « honte » chez ceux qui n’ont souscrit aucun crédit au cours du cycle par manque d’activité génératrice de revenus et qui déclarent que tous les membres ont droit aux intérêts produits par l’épargne au cours du cycle. Van Lierde Christian (1983 : 61) clôt ce débat en donnant raison à ceux qui disent que tous les membres doivent bénéficier des intérêts produits par l’épargne au cours du cycle. Voici comment il argumente son opinion : jusqu’au Moyen-âge on n’admettait que des prêts sans intérêt. On considérait l’argent comme improductif et de ce fait on trouvait juste et normal que le débiteur rembourse exactement le montant emprunté et rien de plus. Depuis lors on a admis la légitimité du prêt avec intérêt et ce pour les motifs suivants : ✓ La productivité du capital. Au Moyen-âge on n’y croyait pas mais depuis lors on a évalué et chacun est d’accord pour admettre que le capital est productif de richesse. Il est donc normal de rémunérer celui qui le met à la disposition d’autrui ; ✓ S’ils n’en reçoivent pas un intérêt, les gens ne chercheront pas à épargner. Or l’épargne source d’investissement est indispensable au progrès économique ; ✓ L’épargne est une abstraction de consommer. Il est donc juste de dédommager celui qui accepte cette privation ; ✓ Le prêteur risque toujours de ne pas être remboursé ou d’être remboursé dans une monnaie dévaluée. L’intérêt sert donc aussi à l’indemniser de ce risque.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7252 En effet, au sujet des intérêts générés par l’association, le dixième principe fondamental des AVEC énoncé par Hugh Allen (2002 : 13) stipule qu’au terme de la période convenue (généralement 9 et 12 mois), l’épargne et les intérêts accumulés sont partagés entre les membres au prorata de leurs contributions (ou leurs épargnes) au cours de cycle. Ce principe met fin aux murmures, querelles et débats lors du partage des intérêts entre les membres ayant reçu les crédits et ceux n’en ayant pas reçu. Ces derniers ont droit à l’intérêt entant que dépositaires du capital. 4. 2. La mégestion En ce qui concerna la mégestion, les résultats de nos enquêtes ont montré que sur les 100 personnes interrogées dans les AVEC échantillonnées, la majorité des personnes, soit 58 % donc 13 hommes et 45 femmes confirment la mégestion dans leurs AVEC. Il s’agit non seulement de la mauvaise gestion des ressources financières mais aussi matérielles et humaines. En effet, la mégestion dans les AVEC est souvent due à un ensemble de facteurs qui peuvent être d’ordre humain, organisationnel, financier ou même culturel. Quoique sa responsabilité soit partagée entre les membres et l’équipe dirigeante, on retiendra que cette dernière endosse la plus grande. Voici les principales causes de la mégestion : a. Mauvaise gouvernance : • Gestion centralisée ou autoritaire par l’équipe dirigeante ; • Non-respect des règles ou des statuts établis ; • Favoritisme ou conflit d’intérêts. • Non-application rigoureuse de règlement intérieur ; b. Détournement de fonds / fraudes : • Certains responsables utilisent les fonds à des fins personnels en complicité avec les détenteurs des clés ; • Absence de formation sur les principes de transparence, d’éthique et de responsabilité ; • Manque de transparence dans la gestion des cotisations, prêts ou bénéfices ; • Pas des registres fiables ou de comptabilité claire ; • Usage des cahiers de transactions parallèles. c. Faible participation ou implication des membres : • Désintérêt des membres pour les réunions ou les prises de décision ; • Faible compréhension des enjeux de la gestion du groupe ; • Manque de sentiment d’appartenance à l’association. d. Manque de formation et de compétences : • Les dirigeants n’ont pas souvent une bonne connaissance en gestion financière, comptabilité ou gouvernance ; • Les secrétaires manquent la maitrise du remplissage des comptes des crédits ; • Les dirigeants n’organisent pas des ateliers réguliers, des séances d’information, de formation des membres sur l’approche AVEC ;
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7253 La formation est très capitale. Car, selon le constat fait par Yawidi (Op. cit. : 48-49), beaucoup de Congolais occupent des postes qui correspondent à leur niveau d’incompétence : là où les compétences et les connaissances d’anglais sont exigées, on trouve un analphabète de cette culture, affublé de diplôme en français ; là où l’on recherche un médecin, c’est un bon mécanicien qui se présente, là où l’on a besoin d’un ingénieur en ponts et chaussées, un simple aide-maçon, pour avoir contribué à la construction d’une cabane de chantier, arrache le marché… Toutes les conditions sont réunies pour que chacun ne soit pas utile là où il est placé, et le pays tout entier subit les conséquences de cette désorganisation collective. 4. 3. Le détournement de fonds Les résultats de nos enquêtes ont montré que sur les 100 personnes interrogées dans les AVEC échantillonnées, 56 personnes, soit 56 % reconnaissent le détournement de fonds comme problème réel dans leurs associations. Ce forfait est souvent commis par les membres de l’équipe dirigeante. Parmi les facteurs qui sont à la base du détournement des fonds dans les AVEC échantillonnées dans le quartier Ngulunzamba, nous pouvons pointer du doigt le mode d’épargne et la malhonnêteté de l’équipe dirigeante: a. Le mode d’épargne L’étude a montré que sur les 100 personnes interrogées, 20 personnes donc 12 femmes, soit 60% et 8 hommes, soit 40% affirment que l’argent épargné par les membres de leurs AVEC est gardé à la banque. C’est le mode d’épargne moderne. Tandis que 80 personnes dont 63 femmes, soit 79 % et 17 hommes, soit 21 % disent que l’argent épargné par les membres de leurs AVEC est gardé à la maison, dans une caissette. Il s’agit donc du mode d’épargne traditionnel. A propos du mode d’épargne, Morgan (Op. cit : 11) souligne qu’en vue de garantir que les transactions n’ont pas lieu en dehors des réunions de l’association, l’argent et les carnets de compte sont gardés dans une caisse fermée par trois cadenas. Les trois clés sont détenues par trois membres de l’association, qui ne font pas partie du comité de gestion. Bref, les programmes des AVEC prônent la thésaurisation que Van Lierde Christian (Op. Cit. : 18) qualifie d’une forme d’épargne primitive. Cependant, il convient de signaler que les coffres-forts dont il est question dans les AVEC du quartier Ngulunzamba sont des caisses fabriquées pour la plupart de cas en bois comme l’illustre la figure ci-dessous. Figure 8. Caisse en bois servant à garder l’argent de l’AVEC Lusadisu 1
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 7260 Hamadziripi, A., (2008), Les Associations Villageoises d’Epargne et de crédit au Niger : Le modèle Mata Masu Dubara de Fourniture de Services dans les Zones Reculées », Antigonish, Nova Scota, COADY International Institute, St. François Xavier University. Hugh A., (2002), Guide de l’animateur des associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), éd. PNUD, New York, 162 p. Hugh Alen et Mark Staehle, (2007), Guide du programme – Manuel d’opération de terrain, 2e édition, 143p. Jeanneney, J.M., (1969), Elément d’économie politique, éd. PUF, Paris, 312 p. Matomo, K., (2024), La Solidarité Locale d’Epargne et des Crédits (SOLEC), pour un développement communautaire durable auto-humain, éd. IBM, Kinshasa, 206 p. Morgan, F. C., (2017), Les Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit : une approche adaptée aux ménages les plus pauvres ?, https://www.solidarité.org/wpcontent/upploads/2017/05 Van Lierde Christian (1983), Economie politique. Cours 5ème commercial, éd. C.R.P., Kinshasa, 70 p. Yawidi, M., (2017), Procès de la Société Congolaise, éd. MABIKI, Bruxelles-Wavre, 200 p. https// :www.inegalites.fr » inegalites-tach… (Lundi, le 13 Octobre 2025 à 18h).