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LA FANFICTION NUMERIQUE : UNE PRATIQUE POUR MOTIVER LES ETUDIANTS ALGERIENS ET DEVELOPPER LEURS COMPETENCES EN LECTURE-ECRITURE/ DIGITAL FANFICTION AT ALGERIAN UNIVERSITY : A PRACTICE TO MOTIVATE STUDENTS AND DEVELOP THEIR READING-WRITING SKILLS

Assia, LAIDOUDI

Abstract

Résumé : Adaptée en classe, la pratique sociale de la fanfiction numérique motive les apprenants et développe leurs compétences en lecture-écriture. Cette affirmation ne s’applique pas cependant à tous les contextes. L’expérimentation menée auprès d’étudiants algériens de première année de Licence, appuyée par un entretien, révèle que la fanfiction numérique, étrangère à la culture numérique des participants, ne suscite pas leur intérêt ; d’où leur indifférence au dispositif adopté. Mots-clés : fanfiction numérique, étudiants, motivation, compétences, lecture-écriture. Abstract: Adapted to the classroom, the social practice of digital fanfiction motivates learners and develops their reading-writing skills. However, this statement does not apply in all contexts. The experiment carried out with Algerian L1 students, supported by an interview, reveals that digital fanfiction, foreign to the digital culture of the participants, does not arouse their interest; hence, their indifference to the system adopted. Keywords: digital fanfiction, students, motivation, skills, reading-writing.

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Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 142 LA FANFICTION NUMERIQUE : UNE PRATIQUE POUR MOTIVER LES ETUDIANTS ALGERIENS ET DEVELOPPER LEURS COMPETENCES EN LECTURE-ECRITURE/ DIGITAL FANFICTION AT ALGERIAN UNIVERSITY : A PRACTICE TO MOTIVATE STUDENTS AND DEVELOP THEIR READINGWRITING SKILLS 1 DOI: 10.5281/zenodo.17929744 Résumé : Adaptée en classe, la pratique sociale de la fanfiction numérique motive les apprenants et développe leurs compétences en lecture-écriture. Cette affirmation ne s’applique pas cependant à tous les contextes. L’expérimentation menée auprès d’étudiants algériens de première année de Licence, appuyée par un entretien, révèle que la fanfiction numérique, étrangère à la culture numérique des participants, ne suscite pas leur intérêt ; d’où leur indifférence au dispositif adopté. Mots-clés : fanfiction numérique, étudiants, motivation, compétences, lecture-écriture. Abstract: Adapted to the classroom, the social practice of digital fanfiction motivates learners and develops their reading-writing skills. However, this statement does not apply in all contexts. The experiment carried out with Algerian L1 students, supported by an interview, reveals that digital fanfiction, foreign to the digital culture of the participants, does not arouse their interest; hence, their indifference to the system adopted. Keywords: digital fanfiction, students, motivation, skills, reading-writing. Introduction Le lien entre l’école et la société est étroit : l’école doit préparer les apprenants à la vie sociale à travers des apprentissages utiles, significatifs et pertinents. La socialisation est en effet l’une des trois missions principales de l’école algérienne, détaillées dans la Loi d’orientation sur l’éducation nationale (2008). Si les missions de l’école sont clairement définies dans cette loi, celles de l’université semblent ambiguës. Dans ce sens, AbouBekr reprend une question de Reboul (1989), qui s’interroge sur la vraie mission de l’université : « est-ce que l’université a un rôle d’érudition ou un rôle de formation et de préparation à l’exercice d’un métier ? » (2021 : 42). Aussi confus que soient les rôles qui lui sont attribués, l’université demeure le lieu qui approfondit les connaissances et développe les compétences des étudiants, pour les rendre autonomes et capables d’affronter les situations sociales et professionnelles. Écoles et universités ont ainsi une mission commune : la socialisation. Cette socialisation est cependant un défi majeur pour les formateurs, qui doivent installer chez leurs apprenants des compétences effectives, en dépit de tous les obstacles qui pourraient l’entraver. Pour les enseignants de langues, la démotivation est l’une des difficultés qui freinent le développement des compétences de leurs apprenants, notamment à l’écrit. Contrairement à l’oral, l’écrit est souvent jugé difficile, ce qui pourrait expliquer l’intérêt qui lui est accordé par les études didactiques. Dans ce contexte, certains travaux récents ont établi un lien entre les pratiques sociales et les situations scolaires pour enseigner l’écrit : certaines pratiques littératiques informelles ont été en effet introduites à des fins d’apprentissage. Récemment, à l’ère du foisonnement des outils technologiques et de l’engouement des jeunes pour ces outils, l’intégration de certaines pratiques numériques semble un réel atout pour le développement des compétences en lecture-écriture. Les 1 Assia LAIDOUDI, Université de M’sila, Algérie, [email protected] Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 143 travaux récents de Brunel (2018, 2019, 2021) ont mis en lumière l’une de ces pratiques : la fanfiction numérique, qui renvoie aux récits fictionnels créés par des fans à partir d’œuvres admirées (films, romans, BD…). Ce genre souvent prisé par les jeunes (Lacelle & coll. 2017 ; Brunel, 2021…) était introduit en classe par Brunel, dont les expérimentations en ont révélé les avantages incontournables (motivation des apprenants, rapport différent à l’écrit…) ; des avantages qui nous ont motivés à l’introduire pour en vérifier les effets. La présente contribution s’inscrit, en effet, dans la continuité des travaux sur la fanfiction numérique en classe. Elle tentera de préciser si ce genre contribue à la motivation des apprenants et au développement de leurs compétences à l’écrit. Contrairement aux expérimentations de Brunel centrées sur le milieu scolaire, la nôtre s’intéressera au milieu universitaire : la fanfiction sera ainsi intégrée avec des étudiants algériens de première année de Licence (L1). Elle sera menée pour répondre à la question qui suit : La fanfiction comme outil didactique peut-elle motiver les étudiants algériens de L1 à lire et à rédiger leurs propres récits fictionnels ? Peut-elle contribuer au développement de leurs compétences en lecture-écriture ? Nous supposons, suite aux travaux de Brunel sur le thème, que la fanfiction numérique permet de motiver les étudiants à lire les extraits proposés sur leurs personnages, films, séries… préférés, et à poster leurs commentaires, leurs propositions et leurs idées. Elle semble, ainsi, favoriser le développement de leurs compétences en lecture et écriture. Mais, avant de préciser à quel point cette pratique peut être efficace, il convient de fournir quelques précisions théoriques sur la fanfiction et son exploitation didactique. 1. Aspects théoriques 1.1. La fanfiction numérique : définitions La fanfiction est un récit inventé par un fan qui s’appuie sur des œuvres au grand succès : romans, films, séries… pour créer de nouvelles histoires. Cette définition se réfère à celle de Brunel qui présente les fanfiction comme « des récits fictionnels écrits par des fans qui prennent appui sur des œuvres préexistantes admirées, littéraires ou non, qui ont souvent remporté un grand succès populaire » (2021 : 89). Ainsi, le terme « fanfiction » n’est plus restreint aux communautés des fans de Star Trek (Martin, 2007) : il s’étend aux fans de : - Livres: Harry Potter, Twilight, Percy Jackson and the Olympians, Lord of the Rings, Hunger Games… - Films: Star Wars, Avengers, Pirates of the Caribbean, How to Train Your Dragon, XMen: The Movie, High School Musical… - Mangas: Naruto, Inuyasha, Hetalia - Axis Powers, Bleach, Fairy Tail… - Séries: Supernatural, Glee, Doctor Who, Sherlock, Once Upon a Time, Buffy: The Vampire Slayer… - Jeux vidéo: Pokémon, Kingdom Hearts, Sonic the Hedgehog, Final Fantasy VII, Legend of Zelda, Dragon Age… Dans chacune de ces catégories, des fans publient leurs récits qui envisagent, « à partir d’un certain évènement de l’intrigue originale, de faire bifurquer l’histoire et de créer un monde parallèle, mais aussi concurrent, de celui qu’avaient élaboré les scénaristes ou l’auteur officiel » (François, 2009 : 166). Ils peuvent également commenter les fanfictions publiées : tout avis publié constitue, selon Martin, une contribution à l’écriture car la « fanfiction est une écriture in progress et collaborative » (2007 : 188). Les fans deviennent, ainsi, des lecteurs-auteurs sur les espaces réservés à cette littérature (sites, applications, plateformes…). Certains sites proposent des fanfictions Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 144 dans plusieurs langues : tel est le cas du site fanfiction.net (figure 1) où des récits sont publiés en anglais (langue dominante), français, espagnol, chinois, italien, allemand… Figure 1. Page d’accueil du site fanfiction.net D’autres sont exclusivement en français comme le site fanfictions.fr (figure 2), destiné essentiellement à des fans francophones. Figure 2. Page d’accueil du site fanfictions.fr Dans chacune des catégories que contiennent ces sites, des œuvres à succès inspirent les fans qui s’emparent de leurs personnages préférés (principaux ou secondaires) ou d’un évènement marquant de l’intrigue pour créer leurs récits. Ces récits fictionnels s’éloignent du récit original, le modifient, ou le complètent. Ainsi, dans la fanfiction Souvenirs blancs, l’utilisateur Nevergonnahappen (2012) emprunte à J. K. Rowling deux de ses personnages, Hermione et Drago, et convertit ces ennemis en amoureux ; comme il est clairement indiqué dans le chapeau de son texte : Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 145 Ex. Hermione se souvient. Hermione écrit. Hermione aime. Hermione se souvient de ce jour, ce jour où tout a commencé. Hermione écrit, elle écrit ce qui les a unis. Hermione aime Drago, elle le lui rappelle, elle le lui écrit (fanfiction.net). Certaines fanfictions ne rompent pas complètement avec le roman original : elles se limitent à en modifier quelques évènements. Dans le récit Retour à Poudlard, Lili76 (2018) prolonge les aventures d’Harry et ses camarades à Poudlard ; en effectuant des changements, illustrés dans les extraits qui suivent : Ex. Voldemort n'est plus, tué par Harry Potter. Lui et ses camarades retournent à Poudlard pour y refaire leur septième année, et passer leurs examens. La réapparition de Dumbledore en était une. Il n'avait pas répondu aux questions concernant sa mort et sa résurrection, se contentant de sourire de façon énigmatique. Cette année, Poudlard accueillera la première Moldue de son histoire (fanfiction.net). Enfin, certains auteurs inventent des récits qui s’inscrivent dans la continuité du récit original. Voici le chapeau de la fanfiction Les Égarés, publiée sur le site fanfiction.net : Ex. Harry Potter est maintenant un Auror, chef du service luttant contre les Mages Noirs. La dureté de la vie l'a rendu froid et distant au monde. Jusqu'à ce que son enquête le mène à l'angle de Wadour Street (Tiffany-Brd, 2019, fanfiction.net). En réalité, ces fanfictions ne sont pas très différentes des récits publiés sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram…) où les utilisateurs s’approprient les œuvres artistiques existantes (films, romans, nouvelles…) pour se livrer à des narrations, commentaires, critiques… Mentionnons que la fanfiction est également associée, par Brunel (2018, 2021), à des pratiques littéraires très anciennes, fondées sur l’imitation et la réécriture, comme le pastiche. 1.2. Exploitation didactique Le recours à la fanfiction, pratique numérique appréciée par les adolescents, en milieu scolaire semble prometteur, voire efficace. Sa didactisation se justifie davantage par sa ressemblance aux objets d'enseignement. Ainsi, Brunel affirme-t-elle que « certaines pratiques numériques adolescentes constituent des pratiques littéraciées voire littéraires, et en ce sens, s’approchent des objets d’enseignement du français » (2021: 89), d’où la possibilité de les exploiter à des fins d’apprentissage. En dépit de sa ressemblance aux objectifs d’enseignement, la fanfiction ne peut être intégrée sans adaptation : Brunel (2018, 2019, 2021), qui semble un précurseur de la didactisation de la fanfiction en milieu scolaire, présente sa démarche de transposition qui pourrait inspirer les enseignants et les chercheurs. Dans ses articles (2018, 2019), l’auteure décrit les expérimentations menées auprès de collégiens de trois niveaux différents (3ème, 5ème et 6ème), au cours de l’année 2016-2017, pour développer leurs compétences. Le dispositif expérimental consiste à étudier en classe un corpus constitué de cinq fanfictions, créées à partir des œuvres classiques : Le Collier rouge, Le Meilleur des mondes, La Ferme des animaux, La Planète des singes, Le Royaume de Kensuké. Alors que les trois premières étaient testées en classe de 3ème tout au long de l’année ; la quatrième (exploitée en classe de 5ème) et la cinquième (proposée aux collégiens de 6ème) étaient étudiées lors d’une séquence, alternant séances ordinaires et fanfictions. Au cours des séances consacrées à la fanfiction, il a été demandé aux apprenants de s’appuyer sur les œuvres sélectionnées lues pour commenter, réécrire et créer leurs propres fictions ; des tâches qui seraient réalisées sur la plateforme Moodle. En effet, Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 146 des espaces y ont été créés pour les propositions d’écriture (de fanfictions et de commentaires) et pour les interactions (forum). Les versions finales des textes produits par les apprenants après plusieurs réécritures, qui ont tenu compte des commentaires des pairs, révèlent une amélioration significative, exprimée par Brunel en ces termes : D’une version à l’autre, le texte gagne en qualité, à tous les niveaux : les performances orthographiques et la syntaxe s’améliorent, de nouveaux segments textuels viennent enrichir les premières idées et ainsi les phrases se développent. Enfin, les choix lexicaux se précisent, s’ajustent. (2018, p. 39) Ces résultats encourageants justifient l’adaptation de la fanfiction en classe de 3ème, au cours de l’année 2017-2018, pour en étudier les effets sur la motivation des apprenants et sur leur rapport à l’écrit. La pratique numérique de la fanfiction prouve, encore une fois, son efficacité : elle « a suscité l’intérêt durable d’une majorité d’élèves et a assoupli l’opposition entre les pratiques rattachées à la culture scolaire et celles rattachées à la culture informelle » (Brunel, 2021: 102). Comme cette pratique textuelle motive les apprenants et améliore leur rapport à l’écrit, sa transposition en classe devient légitime. En classe de FLE, la tentative de didactisation de la fanfiction est théoriquement plus récente : en 2019, parait l’article d’Aronsson intitulé « La fanfiction et le FLE : une manière d’enrichir l’enseignement de la littérature à l’Université ? » Les expérimentations qui y sont décrites ne sont pas toutefois aussi récentes : elles remontent aux années 2012, 2013 et 2014. Au cours des premiers semestres, la fanfiction était testée dans le cadre du cours Littérature francophone : les étudiants se sont appuyés sur les œuvres déjà étudiées pour écrire leurs fanfictions. Cette phase d’écriture était précédée par un cours magistral où des précisions sur la pratique textuelle intégrée leur étaient fournies. Les premières versions des fanfictions écrites étaient publiées sur la plateforme Fronter, utilisée par l’université de Dalarna (Suède) pour que les lecteurs-auteurs puissent insérer leurs commentaires, qui seraient aussi utiles que les remarques de l’enseignant dans la réécriture des textes dont le nombre de fautes est élevé. Cette adaptation de la fanfiction à l’université, en dépit de quelques limites soulevées par Aronsson (2019), s’est avérée utile pour deux facteurs essentiels : l’aspect créatif du genre qui motive les étudiants et le travail collaboratif dont les avantages ne sont plus à démontrer. Ainsi, la fanfiction devient-elle une pratique efficace permettant la motivation des apprenants et le développement des compétences. Ces conclusions fournies par Brunel (2018, 2019, 2021) et Aronsson (2019), nous les expliquerons succinctement dans les points qui suivent : - Création de la motivation en classe Signifiante, appréciée, authentique, collaborative, numérique… ; la fanfiction respecte plusieurs conditions requises pour qu’une pratique soit motivante (Viau, 2000) ; ce qui en fait un outil idéal pour susciter le désir d’apprendre en classe. - Evolution du rapport à l'écrit Souvent considéré difficile, l’écrit sera perçu différemment en exploitant des pratiques numériques, qui libèrent les apprenants du poids des activités académiques contraignantes. Dans ce sens, Brunel (2021) explique que « la médiatisation par l’écran peut permettre de contourner un rapport difficile à l’écrit ». Elle se réfère à Miguet (2014) pour ajouter : Les lecteurs n’ont pas, à l’égard du texte sur l’écran, le sentiment d’une valeur patrimoniale, mais celui de la facilité de manipulation et de la liberté d’usage. De Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 147 même, les scripteurs perçoivent l'écran comme un espace attractif, fluide et, en pratiquant d’autres gestes, n’ont pas l’impression de réaliser une tâche scolaire habituelle (Brunel, 2021). - Développement des compétences en lecture-écriture Dans la fanfiction, « les lecteurs s’approprient l’œuvre en exprimant la singularité de leur lecture à travers une production créative » (Brunel, 2018: 33), ce qui crée des situations permettant aux apprenants de développer des compétences et d’acquérir des stratégies de lecture pour la construction du sens. La compréhension n’est pas la seule compétence travaillée dans la fanfiction : la production est également développée. Des explications, interprétations et critiques sont en effet insérées ; des fictions sont inventées par les lecteurs-auteurs, qui les réécrivent en s’appuyant sur les commentaires de leurs pairs et sur les remarques de leur enseignant. Cette réécriture contribue à une amélioration progressive des compétences des apprenants en écriture : enrichissement du vocabulaire, correction orthographique… Ainsi, la fanfiction devient-elle une pratique qui permet d’associer motivation et apprentissage ; d’où l’importance de l’exploiter dans le milieu scolaire. Tout comme dans l’apprentissage informel, les apprenants - qui se plongent dans les univers des fictions lues et écrites - se libèrent du poids des situations scolaires contraignantes. 2. Méthodologie Rappelons que la présente contribution tente de préciser les effets qu’aurait la pratique de la fanfiction par un groupe d’étudiants de L1 sur la motivation et le développement des compétences en lecture-écriture. Pour ce faire, nous optons pour deux méthodes : l’expérimentation, qui consiste à introduire la fanfiction avec un groupe d’étudiants de français dans le cadre d’activités à distance, et l’entretien semi-directif, avec un cas du groupe expérimental. Il convient de mentionner qu’un questionnaire était prévu pour recueillir les avis des étudiants sur la fanfiction numérique et sur ses effets en classe. Cependant, leur refus de répondre nous a contrainte à le remplacer par un entretien semi-directif avec un seul étudiant : les questions conçues ont en effet subi certaines modifications pour que les réponses obtenues soient plus précises. - Expérimentation menée - Public Le public participant à notre expérimentation est constitué de 49 étudiants de L1, issus de deux universités algériennes : Sétif 2 et Boumerdès. Ces étudiants ont été invités, par deux enseignantes sollicitées, à suivre la page créée pour réaliser les activités proposées. Un lien vers cette page a été en effet partagé pour que les étudiants intéressés puissent la suivre. Si nous avons préféré les étudiants de L1, c’est en raison de leurs difficultés à l’écrit (lecture et écriture), qui pourraient être surmontées en pratiquant la fanfiction numérique. À cette raison s’ajoute l’adaptation de ce genre aux contenus retenus dans les programmes de formation ; le texte narratif étant un des types textuels étudiés. - Dispositif Dans notre expérimentation, la fanfiction numérique est intégrée comme une activité supplémentaire, qui s’ajoute aux activités habituelles, pour éliminer les contraintes affectives qui pourraient entraver l’apprentissage. Contrairement aux études précédemment évoquées, le réseau Facebook est préféré aux plateformes ; un choix qui s’explique par trois facteurs. Il s’agit d’abord du réseau social le plus utilisé par les étudiants, qui l’ont préféré à d’autres outils Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 148 technologiques préconisés ou imposés (Laidoudi, 2022). Ensuite, leur maîtrise de cet espace en facilite la manipulation pour s’inscrire ou suivre des pages, accéder aux liens, partager les documents, publier des textes, participer aux discussions… Enfin, la possibilité d’accéder gratuitement à Facebook permet aux étudiants de le consulter régulièrement pour lire les fictions publiées, les commenter ou les publier. La création d’une page Facebook intitulée La fanfiction pour apprendre le français, le 17 mars 2024, est le premier pas dans notre expérimentation. Figure 3. Page de fanfiction créée Un premier texte est publié pour présenter la page, préciser ses objectifs et expliciter les modalités de travail. Figure 4. Premier texte publié Ainsi, trois activités par semaine sont-elles prévues, en compréhension et en production. Elles sont précédées par un prétest, qui détermine le niveau initial des participants, et suivies d’un posttest, dont les résultats précisent les effets de la pratique de la fanfiction numérique. Les résultats obtenus sont axés sur les indicateurs : réaction aux fanfictions publiées, cohérence des commentaires, longueur des écrits et leur Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 149 correction linguistique (Brunel ; 2018, 2019, 2021). Publié le 18 mars, le prétest propose trois textes suivis de quatre questions qui mobilisent compréhension et production. Un délai de deux jours est accordé aux participants pour remettre leurs réponses dans la rubrique messages ; la rubrique commentaires étant dédiée aux demandes de précision. Figure 5. Prétest proposé aux participants Le 26 mars, la première activité était publiée sur la page : Studii şi cercetări filologice. Seria Limbi Străine Aplicate 150 Figure 6. Première activité sur la page La fanfiction Harry Potter est sélectionnée. Extraite du site Fanfiction.net, elle est suivie de questions, auxquelles les participants doivent répondre. Dans l’activité suivante, publiée le 01 avril, le début du conte, le Petit Chaperon Rouge, extrait du site Fanfictions.fr, est proposé pour que les lecteurs-auteurs en rédigent la suite.