Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 43 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home DOI : 10.5281/zenodo.18015605 ÉTUDE CONTRASTIVE DES PROVERBES NÉGATIFS EN ROUMAIN ET EN FRANÇAIS 1 Résumé : Dans cette étude, nous proposons une analyse contrastive des proverbes négatifs en roumain et en français, en nous concentrant sur la position et le type de négation (propositionnelle, de constituant, du quantificateur), sur la distribution des quantificateurs universels et indéfinis, ainsi que sur la lecture sémantique dite « partitive » qui caractérise un grand nombre d’énoncés proverbiaux. Un autre objectif est de mettre en lumière certaines régularités syntaxiques observées dans la parémiologie roumaine, de les analyser en détail, puis d’examiner, dans une perspective comparative (roumain-français), si ces structures trouvent des correspondances en français et quelles variations significatives en découlent. Dans le cadre d’une étude contrastive, les proverbes négatifs constituent un terrain particulièrement riche, non seulement en termes de ressemblances et divergences linguistiques, mais aussi de représentations culturelles et d’usages pragmatiques. Ce travail présente une sélection élargie de proverbes roumains introduits par la négation (par ex. nu, cine nu…, dacă nu…, nu tot/toți/orice), associés à leurs équivalents français les plus proches. Chaque proverbe est accompagné d’une traduction mot-à-mot, destinée à illustrer la structure syntaxique, et suivi d’un commentaire explicatif en français, permettant de mettre en évidence les nuances sémantiques et culturelles. Par ailleurs, l’étude discute les phénomènes de variation formelle et de synonymie proverbiale, en montrant que la diversité d’expression ne modifie pas nécessairement l’identité sémantique d’un proverbe. L’objectif est donc double : d’une part, décrire les régularités formelles et pragmatiques qui structurent la parémiologie négative en roumain et en français, et d’autre part, éclairer les implications traductologiques et didactiques (notamment dans l’enseignement du FLE) qui découlent de ces correspondances et différences. Mots-clés : proverbe, parémiologie, négation, quantificateur, contrastivité. CONTRASTIVE STUDY OF NEGATIVE PROVERBS IN ROMANIAN AND FRENCH Abstract: In this study, we propose a contrastive analysis of negative proverbs in Romanian and French, focusing on the position and type of negation (propositional, constituent, quantifier), on the distribution of universal and indefinite quantifiers, as well as on the so-called “partitive” semantic reading that characterizes a significant number of proverbial statements. Another objective is to highlight certain syntactic regularities observed in Romanian paremiology, to analyze them in detail, and then to examine, within a comparative perspective (Romanian–French), whether these structures have correspondences in French and what significant variations emerge from them. Within the framework of contrastive research, negative proverbs constitute a particularly fertile ground, not only in terms of linguistic similarities and differences, but also with regard to cultural 1 Mirela Ivan, Université Nationale de Science et Technologie POLITEHNICA Bucarest,
[email protected] Received: August 27, 2025 | Revised: October 6, 2025 | Accepted: October 28, 2025 | Published: December 22, 2025
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 44 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home representations and pragmatic uses. This work presents an extended selection of Romanian proverbs introduced by negation (e.g. nu, cine nu…, dacă nu…), associated with their closest French equivalents. Each proverb is accompanied by a literal word-for-word translation, intended to illustrate the syntactic structure, and followed by an explanatory commentary in French, designed to shed light on semantic and cultural nuances. Furthermore, the study discusses the phenomena of formal variation and proverbial synonymy, showing that diversity of expression does not necessarily alter the semantic identity of a proverb. The objective is therefore twofold: on the one hand, to describe the formal and pragmatic regularities that structure negative paremiology in Romanian and French, and on the other hand, to highlight the translational and didactic implications (particularly in the teaching of French as a foreign language) that arise from these correspondences and differences. Keywords: proverb, paremiology, negation, quantifier, contrastivity. I. Introduction Dans le cadre de la présente étude, notre point de départ a été l’intérêt que le proverbe suscite dans l’activité didactique, en tant que support privilégié d’analyse. Cet intérêt s’est progressivement déplacé vers une dimension davantage scientifique, orientée vers la recherche linguistique et, plus précisément, vers la comparaison des structures syntaxiques des proverbes roumains et français. L’examen des équivalents proverbiaux proposés par les dictionnaires bilingues nous a permis de constater, d’une part, l’existence de structures récurrentes dans les deux langues, qui se déclinent en variations laissant croire à une quasisynonymie ; d’autre part, nous avons relevé, au sein d’une même langue, l’existence de variantes qui se distinguent par des modifications de structure syntaxique. Notre objectif est donc de mettre en lumière certaines régularités syntaxiques observées dans la parémiologie roumaine, de les analyser, puis d’examiner, dans une perspective comparative (roumain-français), si ces structures trouvent des correspondances en français et quelles sont les variations significatives qui en découlent. Dans le cadre d’une étude contrastive entre le roumain et le français, les proverbes négatifs constituent un terrain particulièrement riche de similitudes et différences linguistiques et culturelles. Ce travail présente une sélection élargie de proverbes roumains introduits par la négation (par ex. nu, cine nu…, dacă nu…), associés à leurs équivalents français les plus proches, traduits mot‑à‑mot pour illustrer la structure, puis expliqués en français. Les recherches en parémiologie mettent en évidence l’existence de variations formelles qui, sans altérer l’identité d’un proverbe, soulèvent néanmoins la question de la synonymie proverbiale. Celle-ci se situe dans le prolongement de la synonymie lexicale, tout en occupant une place spécifique au sein de ce domaine. Afin de distinguer clairement ces deux situations, certains auteurs (Conenna & Kleiber, 2012 : 6-12) 1 proposent de recourir à l’opposition entre proverbes à sens littéral et proverbes à sens métaphorique. Dans cette perspective, la synonymie proverbiale ne peut être envisagée que lorsqu’il existe une modalité d’accès différenciée à un même sens proverbial. Le mécanisme décrit repose sur le 1 Conenna & Kleiber cités par Tihu, Adina, 2019, « Structures syntaxiques équivalentes dans les proverbes. Variations sur un thème de Connena (2000) appliqué aux proverbes roumains et à leurs correspondants français » pp. 145-165, in La phrase : carrefour linguistique et didactique, édité par Cécile Avezard-Roger et al., Artois Presses Université, 2019, https://doi.org/10.4000/books.apu.19873, consulté le 02 août 2025
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 45 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home fait que le contenu proverbial identique peut être atteint de deux manières : de façon directe dans le cas des proverbes « monoblocs » à lecture littérale, et de façon indirecte dans le cas des proverbes « métaphoriques », qui exigent un passage progressif du sens littéral, plus restreint (« hyponymique »), vers un sens proverbial généralisant (« hyperonymique »). Cette analyse se révèle particulièrement pertinente, car elle établit un parallèle avec la synonymie lexicale : de la même manière que la démarcation entre lexèmes d’une série synonymique suppose l’existence d’un trait distinctif ou d’un sème différenciateur, la synonymie proverbiale n’est concevable que si les formes proverbiales en question ne sont pas en situation de parfaite synonymie « littérale ». En d’autres termes, elle ne peut exister que lorsqu’il n’y a pas identité parfaite entre les structures littérales ou métaphoriques correspondantes. I. 1. Typologie sémantique des proverbes Les proverbes sont des unités phraséologiques figées, fortement stabilisées dans l’usage, porteuses d’une mémoire culturelle et d’un savoir d’expérience condensé. Leur fonction principale consiste à énoncer, sous forme brève et mémorable, des généralisations à prétention de vérité, destinées à guider l’action ou l’interprétation des faits. 1 Parmi eux, les proverbes à valeur négative occupent une place particulière : ils mettent en garde, rectifient une croyance commune, réfutent une illusion ou posent des limites pratiques au comportement. Dans les langues romanes, et en particulier en roumain et en français, ces proverbes négatifs présentent des convergences de sens, mais diffèrent souvent par leur mécanisme syntaxique et leur focalisation. La réflexion sur la typologie sémantique des proverbes s’inscrit dans une tradition critique où plusieurs auteurs ont tenté de définir des critères de classification. Silvia Palma (2007), par exemple, distingue deux ensembles fondamentaux : d’une part les proverbes doxaux, qui « expriment une vérité conforme à la doxa » (Palma, 2007 : 86), c’est-à-dire en accord avec les représentations collectives et les croyances partagées ; d’autre part, les proverbes paradoxaux, qui « formulent une vérité qui entre en conflit avec les représentations stéréotypées et la croyance commune » (Palma, 2007 : 87). Les premiers se caractérisent donc par l’adhésion à des savoirs partagés et aisément reconnus par la communauté linguistique, alors que les seconds tirent leur force de l’effet de surprise produit par la rupture avec ces représentations. Palma souligne que ce contraste explique en partie l’efficacité mémorielle et argumentative des proverbes paradoxaux, qui marquent davantage l’esprit de l’auditeur par leur caractère inattendu. Dans une perspective ultérieure, Georges Kleiber (2010, 2012) propose une classification construite « selon deux critères fondés l’un sur le type d’occurrences pour lequel s’emploie le proverbe, l’autre sur la quantification » (Kleiber, 2010 : 156). Le premier critère oppose les proverbes utilisés dans des situations qui confirment directement leur contenu à ceux qui s’emploient en relation avec une occurrence contraire, distinction formulée comme « l’application à des occurrences-exemples ou des occurrences contreexemples » (Kleiber, 2012 : 161). Le second critère, fondé sur la quantification, différencie « sur le plan générique les proverbes à quantification universelle et quasi universelle » (Kleiber, 2010 : 162), également appelés « à validité universelle ou quasi universelle » 1 Idées empruntées à Tihu, Adina, 2019, op. cit.
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 46 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home (Kleiber, 2012 : 156), tels que Il n’y a pas de roses sans épines, des « proverbes à quantification “partitive” » (Kleiber, 2010 : 162) ou « à généricité “partitive” » (Kleiber, 2012: 157), illustrés par des énoncés comme Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ou Tout ce qui brille n’est pas de l’or. La typologie de Kleiber se présente ainsi comme un prolongement et un enrichissement des critères proposés par Palma. Alors que cette dernière met l’accent sur la conformité ou la rupture avec la doxa, Kleiber affine la perspective en considérant à la fois les conditions d’emploi (exemple vs. contre-exemple) et la portée de la quantification (universelle vs. partitive). L’ensemble de ces approches permet de mieux comprendre la diversité des proverbes et les mécanismes qui assurent leur efficacité cognitive et discursive. I. 2. Modalités de négation dans les proverbes roumains La recherche en linguistique met en évidence que, quel que soit le type de relation qui s’établit entre le verbe simple et son/ ses complément(s) dans une structure figée, « la négation fonctionne de la même façon qu’en syntaxe libre » (Lamiroy, 2010 : 89). En d’autres termes, les proverbes respectent, eux aussi, les mécanismes habituels de la négation. Le phénomène de la concordance négative, notion introduite par Labov (1972), se retrouve de manière récurrente dans les langues romanes. Ainsi, « le roumain, tout d’abord, illustre le cas d’une langue qui marque toute phrase négative au moyen de son marqueur négatif préverbal, auquel peuvent s’ajouter des mots-N1 qui occupent des positions argumentales, ou plus exactement qui représentent des participants à l’événement décrit dans la phrase ou des paramètres spatio-temporels. […] Le français exemplifie le cas où le marqueur négatif, que nous identifions à pas, occupe une position postverbale » (Corblin, Tovena, 2003 : 3). Dans ce cadre, il est essentiel de distinguer deux types de négation : a) la négation totale, qui porte sur l’énoncé entier. Elle se manifeste par l’adverbe de négation nu / ne … pas / point, encadrant le verbe de la proposition. On retrouve ce schéma tant en français qu’en roumain : Roum. Cu o rândunică nu se face primăvară. / Fr. Une hirondelle ne fait pas le printemps. b) la négation partielle, qui ne vise qu’un seul constituant de l’énoncé. Celle-ci est exprimée à l’aide d’adverbes de négation (jamais, nulle part) ou de pronoms négatifs (personne, nul, rien), toujours accompagnés du marqueur ne : Roum. Ciorba încălzită nu-i bună de mâncare./ Fr. Un dîner réchauffé ne valut jamais rien. I.3. Typologie de la négation On admet classiquement (GALR, 2005 1 ) trois zones d’intervention de la négation : a) la négation propositionnelle (portant sur le prédicat verbal) : Roum. Nu mor caii când vor câinii./ Fr. Les chiens aboient, la caravane passe) ; b) la négation de constituant (focalisante), qui isole un terme pour le nier explicitement (Roum. Un necaz nu vine niciodată singur. / Fr. Un malheur ne vient jamais 1 Academia Română, 2005, Gramatica limbii române, vol. I–II. București, Editura Academiei Române.
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 47 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home seul. /ou/ Roum. Cine aleargă după doi iepuri nu prinde niciunul. / Fr. Qui chasse (court) deux lièvres à la fois risque de n’en prendre aucun.) c) la négation du quantificateur, lorsqu’un opérateur de totalité ou de distribution est nié. En roumain, la particule « nu » se place aisément en tête d’énoncé dans les proverbes, où elle porte l’accent phrastique et confère un relief polémique à l’énoncé (Nu tot ce zboară se mănâncă / Tout ce qui brille n’est pas or). L’ordre des mots contribue à focaliser le quantificateur nié et à laisser le verbe à l’affirmatif, mécanisme particulièrement productif en parémiologie. II. Analyse contrastive des proverbes. Corpus et démarche Le corpus rassemble des proverbes roumains comportant une négation, assortis de leurs équivalents français usuels. La plupart des proverbes utilisés dans notre corpus sont puisés aux recueils de Gorunescu, E. et de Gheorghe G. 1 et certains d’entre eux sont extraits de diverses sources Internet. Chaque entrée comprend : la forme roumaine, l’équivalent proverbial français, une traduction littérale (mot-à-mot) afin de visualiser la structure et un commentaire sémantique et pragmatique. Les observations théoriques sur les modalités de négation dans les proverbes sont mobilisées, tout au long de l’analyse, là où on les considère nécessaires. II.1. Structures utilisées dans les proverbes roumains basés sur la négation propositionnelle et de constituant Le rôle de la négation est d’opacifier une inférence spontanée (« tout X est Y ») et de la remplacer par une règle corrigée (« pas tout X est Y » / « il existe des X qui ne sont pas Y »). Les proverbes exploitent la nature graduelle de la généralité : l’énoncé s’impose comme « vrai en général » tout en explicitant l’existence d’exceptions. Commençons notre analyse contrastive avec les proverbes qui utilisent la négation propositionnelle (portant sur le prédicat verbal) et la négation de constituant (focalisante), soit qu’ils utilisent la négation totale ou la négation partielle. Voici quelques proverbes roumains avec des structures négatives et leurs équivalents français. (1) Nu lăsa pe mâine ce poți face azi. - Équivalent français: Ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui. - Traduction mot-à-mot : (Ne laisse pas pour demain ce que tu peux faire aujourd’hui.) - Commentaire : Ce proverbe encourage à l’efficacité et à éviter la procrastination ; il valorise l'action immédiate. Il s’agit donc de l’incitation à la diligence et à l’efficience temporelle : agir sans procrastiner. En français, l’impératif négatif remplace la structure « nu » roumaine – même visée perlocutoire. (2) Nu e dracul atât de negru pe cât pare. 1 Gorunescu, E., 1975, Dicționar de proverbe francez–român, București, Editura Științifică și Enciclopedică; Gorunescu, E., 1978, Dicționar de proverbe român–francez, București, Editura Științifică și Enciclopedică; Gheorghe, G., 1986, Proverbele românești și proverbele lumii romanice, București, Albatros.
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 48 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home - Équivalent français : Le diable n’est pas aussi noir qu’il paraît. - Traduction mot-à-mot : (Le diable n’est pas si noir qu’il semble / paraît.) - Commentaire : Désamorçage de la crainte exagérée et atténuation de la peur initiale ; la réalité est souvent moins grave que ce que l'on imagine au départ. (3) Nu mor caii când vor câinii. - Équivalents français : Les grands ne tombent pas par la volonté des petits. /ou/ Les chiens aboient, la caravane passe. Ce dernier a un autre proverbe équivalent en roumain : Câinii latra, ursul merge. - Traduction mot-à-mot : (Les chevaux ne meurent pas quand les chiens le veulent.) - Commentaire : Ce proverbe signifie que les critiques ou désirs malveillants des autres ne peuvent pas nuire à quelqu’un de solide ou de résistant. Autrement dit, les puissants ou les forts ne sont pas facilement renversés par ceux qui leur sont inférieurs : inertie des structures solides face aux agressions verbales. On remarque une équivalence métaphorique différente mais même pragmatique de résilience. (4) Nu aduce anul ce aduce ceasul. - Équivalent français : (proche de) Une heure peut changer une vie. - Traduction mot-à-mot : (L’année n’apporte pas ce que l’instant apporte) - Commentaire : Ce proverbe souligne que les événements importants ou inattendus peuvent survenir très rapidement, sans attendre longtemps. Topique de l’événement imprévisible ; l’équivalence française est approximative, la métaphore temporelle diverge. (5) Nu da vrabia din mână pe cioara de pe gard. - Équivalent français: Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. - Traduction mot-à-mot : (Ne donne pas le moineau de la main pour la corneille sur la clôture) - Commentaire : Ce proverbe enseigne à privilégier ce qu’on possède déjà plutôt que de courir un risque pour obtenir quelque chose d’incertain. C’est l’idée, dans les deux langues, de prudence économique et de préférence pour l’acquis certain au détriment d’un gain aléatoire. Il a une forte convergence pragmatique. (6) Nu e totuna a zice și a face. - Équivalent français: Dire n’est pas faire. - Traduction mot-à-mot : (Ce n’est pas la même chose de dire et de faire) - Commentaire : Il exprime la différence entre les paroles et les actions, soulignant que parler est plus facile qu’agir ; parallélisme morphosyntaxique remarquable entre les deux langues. (7) Nu e prost cel care cere, ci cel care dă. / Nu e prost cine cere, e prost cine dă. - Équivalent français: Ce n'est pas le demandeur qui est sot, mais celui qui donne. / Ce n’est pas le demandeur qui est sot, mais le donneur sans discernement. - Traduction mot-à-mot : (Ce n'est pas celui qui demande qui est idiot, mais celui qui donne)
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 49 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home - Commentaire : Il est parfois plus naïf de donner sans réflexion que de demander, même à l’excès. C’est l’idée de revalorisation paradoxale de l’acte de demander et une critique de la prodigalité irréfléchie. (8) Nu te pune cu prostul că are mintea odihnită. - Équivalent français : Il ne faut pas se mesurer à un sot : son esprit est reposé - Traduction mot-à-mot : (Ne te mets pas avec le sot car possède esprit reposé) - Commentaire : Eviter le conflit avec un ignorant, il en ressortira toujours gagnant par son indifférence : pragmatique de l’évitement des débats stériles. (9) Nu haina îl face pe om. - Équivalent français : L’habit ne fait pas le moine. - Traduction mot-à-mot : (Ce n’est pas le vêtement qui fait l’homme.) - Commentaire : L’essence d’une personne ne réside pas dans son apparence ou ses vêtements, mais dans son caractère ; ; métaphores convergentes (habit/moine). (10) Nu te întinde mai mult decât îți e plapuma. - Équivalent français : Il faut couper son manteau selon son drap. - Traduction mot-à-mot : (Ne t’étends pas plus que le permet la couverture.) - Commentaire : Ce proverbe appelle à vivre selon ses moyens, à ne pas dépasser ses capacités matérielles. Dans les deux langues on retrouve la même idée : économie domestique et éthique de la mesure. (11) Nu-i frumos ce e frumos, e frumos ce-mi place mie. - Équivalent français : La beauté est affaire de goût. /ou/ Ce n'est pas la beauté objective qui compte, mais le goût personnel. - Traduction mot-à-mot : (Ce n’est pas beau ce qui est beau, c’est beau ce qui me plaît). - Commentaire : Le proverbe affirme la subjectivité du goût, donc le relativisme esthétique: la beauté n’existe pas en soi, elle dépend du regard et des préférences individuelles. (12) Nu-i minciună fără sâmbure de adevăr. (variante: Nu iese fum fără foc.) - Équivalent français : Il n’y a pas de fumée sans feu. - Traduction mot-à-mot : (Il n’y a pas de mensonge sans un grain de vérité.) - Commentaire : Le sens du proverbe est la présupposition d’un fond factuel derrière l’accusation, autrement dit chaque mensonge repose sur un élément de réalité ; même les inventions sont souvent fondées sur un fait ou un détail authentique. (13) Nu există pădure fără uscături. - Équivalent français : Il n’y a pas de rose sans épines. / Aucun groupe sans défauts. - Traduction mot-à-mot : (Il n’y a pas de forêt sans arbres morts.)
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 50 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home - Commentaire : Le sens, dans les deux langues, est de généricité quasi universelle : existence d’exceptions ou d’éléments déviants dans tout ensemble. Cela signifie que, dans toute communauté ou toute situation, il existe des éléments négatifs ou indésirables ; la perfection absolue est impossible. On doit rappeler aussi la structure corrélative, où le pronom relatif cine et, parfois, care ont un corrélatif dans la principale : acela/celui-là, qui représente le sujet. Dans ce cas, la syntaxe roumaine n’analyse plus la phrase en subordonnée sujet suivie d’une principale ; la proposition introduite par qui est considérée comme une subordonnée « atributivă » (relative adjective). II.1.2. CINE/ CUI (= QUI) (14) Cine n-are bătrân(i), să-l (și) cumpere. / Dacă (De) n-ai bătrân, să-l cumperi. - Équivalent français : Boisson de vieux vin, conseil de vieilles gens. - Traduction mot-à-mot : (Qui ne possède pas de vieillard(s), qu’il en achète !) - Commentaire : Le proverbe souligne la valeur de l’expérience et de la sagesse des personnes âgées, comparables à un bien précieux dont on doit absolument disposer. Même en l’absence de proches âgés, il faudrait « en acquérir » pour bénéficier de leurs conseils. (15) Cine/Când se încălzește la soare nu-i pasă de lună. - Équivalent français : Quand on se chauffe au soleil, on n’a cure de la lune. - Traduction mot-à-mot : (Qui/Quand [on] se réchauffe au soleil, il ne se soucie pas de la lune). - Commentaire : Le proverbe exprime l’idée que lorsqu’on jouit de l’abondance, de la chaleur ou du bien-être, on néglige les besoins ou ressources secondaires. Il illustre la tendance humaine à se concentrer uniquement sur l’instant de confort, sans anticiper les manques futurs. (16) Cine nu are sănătate, n-are nimic. - Équivalent français : Qui n’a pas la santé n’a rien. - Traduction mot-à-mot : (Qui n’a pas la santé n’a rien.) - Commentaire : Hyperbole axiologique : primauté de la santé comme condition de toutes les autres valeurs. La santé est considérée comme fondement de toute capacité à vivre dignement ou à profiter de l’existence. (17) Cine nu învață la tinerețe va plânge la bătrânețe. - Équivalent français : Qui ne veut pas apprendre jeune, pleurera vieux. - Traduction mot-à-mot : (Qui n’apprend pas à la jeunesse pleurera à la vieillesse.) - Commentaire : L’apprentissage dans la jeunesse est capital pour éviter les regrets dans la vieillesse. À remarquer la structure conditionnelle à valeur proverbiale et le futur de regret en français. (18) Cine dreptate nu are / Acela ţipă mai tare.
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 51 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home - Équivalent français : Qui a tort crie le plus fort. - Traduction mot-à-mot : (Qui n’a pas raison, celui-là crie plus fort) - Commentaire : Ce proverbe souligne un comportement humain paradoxal : ceux qui manquent d’arguments ou de légitimité compensent souvent par le bruit et l’agressivité. La sagesse populaire dénonce ici la stratégie de diversion, où l’intensité de la voix cherche à masquer l’absence de raison. (19) Cui i-e frică de orice nor nu face nicio călătorie. - Équivalent français: Qui a peur de chaque nuage ne fait jamais aucun voyage. - Traduction mot-à-mot : (Qui a peur de tout nuage ne fait aucun voyage.) - Commentaire : L’idée du proverbe est le blocage par la prudence excessive ; la crainte excessive empêche toute initiative ou expérience. On remarque en français l’emploi du présent gnomique et de l’adverbe de fréquence. II.1.3. CÂND / UNDE (= QUAND/ OÙ) Les subordonnées circonstancielles les plus fréquentes dans les proverbes sont de temps, de condition et de lieu: (20) Când nu e cap, vai de picioare! (Cine n-are cap să aibă picioare!) - Équivalent français: Quand on n’a pas de tête, il faut avoir des jambes. / Qui n’a pas de tête doit avoir des jambes. - Traduction mot-à-mot : (Quand il n’y a pas de tête, pauvres jambes) - Commentaire : L’absence de réflexion (de tête) impose un effort physique ou une compensation pénible (avec les jambes). Il en ressort le lien causal entre défaut de planification et surtravail ; « il faut » français encode une nécessité compensatoire. (21) Unde nu e cap, vai de picioare! (variante) - Équivalent français : Quand on n’a pas de tête, il faut avoir des jambes. - Traductions mot-à-mot : (Où il n’y a pas de tête, malheur aux pieds.) - Commentaire : Différentes formes syntaxiques roumaines avec « când », « dacă », « cine », équivalentes à des structures françaises à il faut ou qui. (22) Când câinii veghează, lupul nu cutează. - Équivalent français : Tandis que le chien crie, le loup s’enfuit. - Traduction mot-à-mot : (Quand les chiens veillent, le loup n’ose pas.) - Commentaire : Ce proverbe met en avant l’idée de vigilance protectrice : la présence de gardiens attentifs (les chiens) décourage le danger (le loup). Par extension, il exprime que la surveillance et la fermeté empêchent les agressions ou les abus. (23) De unde nu-i, nici Dumnezeu nu cere.
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 58 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home - Commentaire : Ici encore, l’image artisanale illustre l’idée de sélection nécessaire. Tout matériau n’a pas les qualités pour devenir un instrument noble ; par analogie, tous les individus ne peuvent pas atteindre une fonction élevée. Ces modèles, moins fréquents mais attestés dans les recueils classiques (Gorunescu 1975, Gheorghe 1986), traduisent probablement des états plus anciens de la syntaxe populaire roumaine. III. Observations globales sur la forme et l’interprétation La négation d’un quantificateur universel (« tout/tous ») produit en français une interprétation préférentielle partitive : l’énoncé indique qu’il existe des exceptions (« pas tout, pas tous »), ce qui cadre parfaitement avec l’économie argumentative des proverbes. À l’inverse, le modèle roumain « Nu + quantificateur » met en exergue l’opérateur nié et, par l’ordre des mots, attribue à l’énoncé une valeur polémique forte ; le verbe demeure majoritairement affirmatif. Dans la zone des relatives déterminatives, les deux langues alignent des schémas parallèles (« Nu tot ce… » / « Tout ce qui… ne… pas »), mais divergent quant à l’emphase et au rythme informationnel. Les variantes populaires roumaines de type « Toate N nu V » témoignent d’un stade ancien ou d’un contact de traditions proverbiales, sans devenir pour autant le standard contemporain. En roumain, la négation de quantificateur (« Nu tot/nu toți… ») précède directement l’opérateur et le met en focus ; le verbe reste fréquemment affirmatif. En français, la négation porte sur le prédicat après un quantificateur initial « tout/tous », ce qui favorise la lecture partitive (« pas tout » / « pas tous »). Les correspondances ne sont pas toujours littérales : l’équivalence cherche d’abord l’effet pragmatique (mise en garde, relativisation). Les variantes roumaines attestent des permutations influencées par le registre populaire et par des calques partiels du français. III.1. Implications didactiques Pour l’enseignement, deux points sont centraux : (1) sensibiliser aux lectures partielles induites par « tout/tous + négation » en français (éviter les calques fautifs *« Pas tous les N sont Y » en tête d’énoncé), et (2) faire observer le rôle focalisant de « nu » en roumain, sa position initiale et la fréquence des structures où le prédicat reste affirmatif. Les activités de traduction gagnent à inclure des variantes et des contre-exemples, afin de capter les nuances progressives entre doxa et exception, autrement dit pour refléter la diversité graduée entre la norme et l’exception. Enfin, l’analogie parémiologique (réseaux d’équivalents sémantiques) facilite la mémorisation et la pragmatique d’usage. III.2. Perspective cognitive et pragmatique Sur le plan cognitif, les proverbes négatifs fonctionnent comme des correcteurs de biais mentaux ou comme des contrepoids aux raccourcis mentaux : ils contrent l’illusion de totalité (« tout ce qui brille… »), l’effet de halo (apparence → essence), ou l’optimisme injustifié (remise à demain). Pragmatiquement, l’énonciation proverbiale combine une prétention de généralité avec une valeur injonctive implicite. Cette double nature explique qu’ils soient mobilisables comme arguments d’autorité dans l’interaction (tonalité aphoristique, rythme binaire, parallélismes).
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 59 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home L’orientation argumentative varie : certains proverbes sont préventifs (« Nu te întinde… »), d’autres réparateurs (« Nu e dracul atât de negru… »), d’autres encore épistémiques (« Nu-i minciună fără sâmbure de adevăr »). En français, l’universelle niée (« tout/tous… ne… pas ») confère une présence discrète de l’exception ; en roumain, l’initiale négative donne à l’énoncé une énergie polémique, apte à cadrer le débat moral. III.3. Traduction et équivalence proverbiale La traduction cherche l’équivalence d’effet plutôt que la littéralité. Ainsi, « Nu mor caii când vor câinii » ne se transpose pas mot à mot, mais par « Les chiens aboient, la caravane passe » : l’économie argumentative (résister aux attaques) est conservée, bien que la métaphore change. De même, certains proverbes roumains à condition négative (« Cine nu… », « Când nu… ») trouvent en français des tours génériques (« Qui ne… », « Quand on ne… ») ou des modalités de nécessité (« il faut… »). L’enjeu traductologique est de maintenir la cadence rythmique, la condensation sémantique et la naturalité parémiologique de la langue d’arrivée. Les réseaux d’équivalents (ensembles de proverbes partageant une même matrice sémantique, l’apparence, par exemple) aident à choisir la meilleure solution en contexte. IV. Conclusions L’examen contrastif des proverbes roumains et français a mis en évidence, avant tout, une différence structurale fondamentale dans la négation du quantificateur. En français, la construction tend à s’organiser autour de l’expression de la totalité placée en tête de phrase, suivie d’une négation qui accompagne le verbe (Tout + nom sg./Tous les + nom pl. + verbe négatif). En revanche, le roumain privilégie une négation focalisante introduite par le semiadverbe nu, fortement accentué, qui ouvre l’énoncé et précède directement le quantificateur, le verbe demeurant à la forme affirmative (Nu tot/Nu toţi + nom + verbe). Ce positionnement initial traduit une emphase particulière et répond à la tendance du constituant nié à occuper la première place dans la phrase. Dans ces cas, le substantif apparaît généralement avec article défini, bien que d’autres quantificateurs, tels orice (n’importe quel), puissent se combiner sans cette contrainte. Cette structuration, considérée comme typique du roumain, confère aux proverbes roumains une physionomie nettement distincte de celle des proverbes français dits « partitifs ». Qu’il s’agisse des compléments circonstanciels de temps, de condition ou de lieu, ou encore des relatives indéfinies en qui ayant la fonction de subordonnée sujet, notre analyse montre que les deux langues disposent de structures syntaxiques comparables, mais qui ne coïncident pas totalement dans l’usage parémiologique. Certains proverbes français s’appuient sur des schémas différents de ceux du roumain, relevant ainsi d’une autre classe d’équivalence (dont le nombre reste néanmoins restreint), ce qui rend difficile l’établissement de règles strictes. À ces divergences s’ajoutent des éléments formels tels que le rythme, la rime, la symétrie ou le parallélisme, qui influencent également le choix de la construction. En bref, notre analyse contrastive des proverbes négatifs en roumain et en français met en évidence : (a) une différence robuste de profil syntaxique (focalisation initiale en roumain, lecture partitive en français), (b) la convergence de fonctions pragmatiques (mise en garde, correction d’illusions, régulation sociale), (c) l’existence de variantes historiques et populaires qui attestent l’évolution des schémas. Si la traduction privilégie le sens et l’effet, la description linguistique révèle des régularités transférables à la didactique. Les proverbes
Studii de gramatică contrastivă nr. 44 / 2025 60 Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International, Available at : https://studiidegramaticacontrastiva.info/home étudiés constituent, pour l’enseignant comme pour le traducteur, des laboratoires compacts où s’observent la négation, la quantification et la généricité en action. Bibliographie: Academia Română, 2005, Gramatica limbii române, vol. I–II. București, Editura Academiei Române. Corblin, Francis ; Tovena, Lucia M., 2003, « L’expression de la négation dans les langues romanes », in Les langues romanes : problèmes de la phrase simple, CNRS Editions, Paris, pp. 157, https://www.linguist.univ-paris-diderot.fr/~tovena/papers/CorblinTovena03NC.pdf , consulté le 15 juillet 2025 Gheorghe, G., 1986, Proverbele românești și proverbele lumii romanice, București, Albatros. Gorunescu, E., 1975, Dicționar de proverbe francez–român, București, Editura Științifică și Enciclopedică. Gorunescu, E., 1978, Dicționar de proverbe român–francez, București, Editura Științifică și Enciclopedică. Kleiber, Georges, 2012, « Sur le chemin des proverbes : questions de classification », in Jean-Claude Anscombre, Amalia Rodriguez Somolinos & Sonia Gomez-Jordana Ferary (éds), Voix et marqueurs du discours : des connecteurs à l’argument d’autorité, Lyon, ENS Éditions, p. 141-163, https://books.openedition.org/enseditions/4564, consulté le 03 juillet 2025 Lamiroy, Béatrice, 2010, Les expressions verbales figées de la francophonie – Belgique, France, Québec et Suisse, Paris, Ophrys. Palma, Silvia, 2007, Les éléments figés de la langue, Paris, Le Harmattan. Pană Dindelegan, Daniela (coord.), 2010, Gramatica de bază a limbii române [Grammaire de base de la langue roumaine], Bucureşti, Ed. Univers Enciclopedic Gold. Tihu, Adina, 2015, « La négation du quantificateur dans les proverbes roumains et français » (pp. 283– 307) in La négation. Études linguistiques, pragmatiques et didactiques, édité par Jan Goes et Mariana Pitar, Artois Presses Université, Arras, 2015, pp. 283–307, https://doi.org/10.4000/books.apu.6866, consulté le 10 août 2025 Tihu, Adina, 2019, « Structures syntaxiques équivalentes dans les proverbes. Variations sur un thème de Connena (2000) appliqué aux proverbes roumains et à leurs correspondants français » pp. 145-165, in La phrase : carrefour linguistique et didactique, édité par Cécile Avezard-Roger et al., Artois Presses Université, 2019, https://doi.org/10.4000/books.apu.19873, consulté le 02 août 2025 Mirela Valerica IVAN est docteur en langue et littérature française, Maître de Conférence à l’Université Nationale de Sciences et Technologie POLITEHNICA Bucarest, Roumanie, le centre Universitaire de Pitesti, Faculté de Théologie, Lettres, Histoires et Arts, Département de Langues Étrangères Appliquées. Ses recherches et publications en français traitent du domaine didactique en l’occurrence les langues spécialisées, le Français sur Objectifs Spécifiques (FOS) et le Français Langue Etrangère (FLE), mais aussi du domaine de la traduction, de la littérature française, de la linguistique française et de la grammaire contrastive (français-roumain).