Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : contenant la gégraphie, l'histoire, la fable, et les antiquités... ; T. I
Full text
RS
re
.
À
ie
PREMIER
E
Es
DICTI
ONNAIRE
POUR
L'INTELLIGENCE
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
GRECS
RL.
LATINS,
TANT
SACRÉS
QUE
PROKANES,
a
CONTI
NANT.
ee
LA
GÉOGRAPHIE,
L'HISTOIRE,
LA
FABLE,
ET
LES
ANTIQUITÉS.
DÉDIÉ
A
MONSEIGNEUR
LE
DUCDECHOISEUL,
Par
M.
SABBATHIER
,
Profeffeur
au
Collége
de
Chélons-fur-Marne,
|
:
&
Membre
de
la
Société
Littéraire
de
La
même
Ville,
:
DE
<
PREMIER:
FOME
À
CHÂLONS-SUR-MARNE,
_
ÇSEN
EU.
Imprimeur
du
Roi,
dans
la
Grande
Fue
;
Et
fe
trouve
à
PARIS,
ed
Chez
t
Drrar
AIN,
Libraire,
rue
S.
Jacques
,
à
Vmage
S.
Jacques.
M.
DCCG
EVIL
Avec
Approbaïign
G*
Ptélége
du
Roi,
me
es
;
Où
—
Duteue
>
de
ne
cet
|
Ouvrage
juiqu'à
fa
fin,
‘&
jufqu'au
désré
de
nos
feétion
;
qu'il
à
fort
à
cœut
de
lui
.
EX
eft
excité
par
un
defr
fincère
de
contribuer
aux
progrès
des
Études
de
la
Jeunefle
>
de
piles.
Encouragemens
qu'ont
bien
voulu
lui
donner
,
en
particulier
,
les
Citoyens
éclairés
de
cette
Ville,
qui
ont
paru
fatisfaits
du
Profhecéus
|
&
qui
ont
fouhaité
de
fe
procurer
POuvrage.
Il
n'a
_
été
moins
excité
par
des
Lettres,
que
l’on
s’eft
donné
la
peine
de
lui
écrire
de
différens
païs,
à
cette
occafñon:;
.
&
il
doit
l'être
beaucoup
plus
par
la
proteétion
ho
norable
>
que
Monféigheur
Le
Duc
pe
Choiseur
veut
.
accorder
à
{on
Ouvrage,
dont
il
a
fort
ie
le
plan.
Maïs,
comme
il
delire
.
que
de
Public
puifle
%
procurer,
à
un
prix
raifonnable,
ce
nouveau
Diétionnaire
;
dont
la
totalité
des
Volumes
{era
un
peu-coûteufe,
nous
le
propolerons
à
de
nou-
velles
Elles
nous
font
efpérer
que
les
.
Particuliers
y
auront
une
entière
confiance
s
d'au
tant
plus
qu'ils
ne
feront
epolés
à
aucun
rifque,
puifquils
ne
feront
obligés
à
aucune
avance,
&
que
par-là,
nous
prévenons
tout
fâcheux
€
événement,
“Les
conditions
de
la
Hiouvelle-Sosfenpfon
>
ront
ee
=
que
ceux
-
qui
auront
pris.
ie
premier
-
Voir.
avant
la
publication
du
fecond
;
ceft-à-
dire,
avant
le
premier
Mai
1767,
ne
payeront
l'Ouvrage
qu'à
raifon
de
quaire
livres
le
Vol:
qui
a
té
le
=
de
la
_
a
…
ie
les.
+.
qui
ont
Abo
ire
comme
elles
ont
fait
des
avances
pour
trois
Vol,
clles
retireront,
fans
rien
payer,
non
feulement
le
premier,
mais
encore
le
fecond
&.
le
troifième
ee
|
a
Le
terme
qu'on
‘indique,
à
une
fois
cxpirés.
cn.
payera
chaque
Volume
au
prix
fixé
;
)
qui.
GIE
de
fix
livres.
-
à
que
…
n’eût
pas
tiré
un
en
fus
fant
d'exemplaires,
tant.du
premier
que
du
fecond
Volume,
qui-eft
aGtuellement.
fous
preffe,
on
re=
commencera.
tout
de
fuite
l’impreffion
de
ces
deux:
Volumes
,
en
faveur
des
Perfonnes,
qui
&
feront.
préfentées
durant
le
tems
prefcrit;
&
ces
Perfon-
nes
ne
payeront
pas
l'Ouvrage
plus
cher
que
les
autres.
Cette
réimpreffion,
au
refle,
fe
fera
fans
préjudice
de
l'impreffion
des
Volumes
fuivans.
On
donnera
des
reconnoiffances
relatives
à
la
nouvelle
Seufcription
;
&
l'Ouvrage
ne
fera
délivré
Sn
À
ee
E
R
RATI
ss
Ë
Z
E
N
+
fe
le
ci
.
a
livres
le
mn
=
que
si
la
|
repréfentation
de
ces
reconnoiffances.
On
Soufcrit;::
à
Châlons
-
fur
-
Marne,
chez
SENEUZE,
Imprimeur
du
Roi,
dans
la
Grande
Ruë
;
Et
à
Paris,
chez
D
ELALAIN,
Librai-
re,
rue
Saint
Jacques
>
à
l'Image
Saint
Jacques.
On
peut
auffi
Soufcrire
chez
les
Libraires
&c
Imprimeurs
des
différentes
Vi
les
du
Royaume
=
&
des
Païs
étrangers.
|
|
paroïtra
exaétement
un
Volume
tous
les
fix
£
mois,
à
eommencer
du
premier
Novembre
de
la
préfente
année.
:
On
comptoit
que
celui-ci
auroit
une
centaine
de
pages
de
plus
qu'il
n'a
;
mais
on
n’a
pas
cru
devoir
couper
la
lettre
fuivante.
Cette
méthode
,
que
l'on
fe
propofe
de
fuivre
,
autant
qu'il
fera
poflible
;.
fera
que
certains
Volumes
auront
un
peu
plus,
d’autres
un
peu
moins
de
pages,
qu'on
n'a
annoncé
dans
le
Profpectus,
L
E
ET
CR
D
COURS
—
tion
aflidue
aux
Livres
ee
loûrenne
aU=
È
tant
par
inclination
que
par
devoir
,
m'ont
fait
naf.
tre
fidée
de
l'Ouvrage
,
que
je
préfente
au
Public.
Dès
que
jen
eus
conçu
le
deflein,
je
le
communiquai
à
des
Amis
d’un
mérite
rare,
qui
parurent
le
goûter,
&
qui
m'enga-
gérent
à
y
donner
une
attention
férieufe,
lis
eurent
même
_la
bonté
de
m'indiquer
des
fources
,
qui
m'ont
été
très-
utiles.
Ce
qui
fut
encore
pour
moi
un
nouvel
encoura-
gement
,
Ceft
l'approbation,
qu'ils
voulurent
bien
donner
à
quelques
Articles,
que
je
foumis
à
leur
décifion.
Je
pourrois
ajoûter
qu’un
illuftre
Académicien
(4),
qui
enrichit
tous
les
jours
la
Littérature
d’une
multitude
d’ex-
cellens
Ouvrages,
ayant
eu
connoiflance
de
celui-ci,
exigea
que
je
lui
en
envoyafle
le
Plan.
Je
le
fs
en
peu
de
mots.
Et
voici
Ja
manière
obligeante
dont
il
me
répondit
:
L'idée
que
vous
me
donner,
/Monfieur,
dans
votre
dernière,
de
l'Ouvrage
er
enr
nEeP
S
EN
RENTE
(<)
M.
Formey,
fecrétaire
perpétuel
de
l’Acad.
Royale
de
Prufle,
üw
DISCOURS
PRÉLIMINAIR
E
|
&iquel
Vous
iravailler,
en
4
fait
CONCOVor
une
très
-
-
grande
eférance.
.
.
…
J'inférerai
Pextrait
de
votre
Lettre,
qui
contient
le
Plan
de
cet
Ouvrage,
dans
notre
Gazette
Littéraire
de
Berlin
:
corpofee
par
AA.
le
Confeiller
de
Francheville,
Membre
de
notre
ee
Je
foubaïte
que
L
PUNtAgE
Même
parvienne
bientôt
à
exiflence.
Tels
font
les
principaux
motifs,
qui
mont
dérerminé
à
hâcer
la
publication
de
cet
Ouvrage.
Pour
fentir
Puci-
lité
des
matières,
qui
en
font
l'objet,
il
fufbra
de
jeter
un
Coup
d'œil
fur
ce
que
je
vais
expofer
LueRane
chaque
Parric.
=
I.
La
GÉOCRARAIE
à
(E
Le.
qui
ont
cultivé
les
premiers
la
Géographie
:
ve
.
m’étoient
rien
moins
que
des
Philofophes..
C’eft
ce
qu
’at-
tefte
Strabon,
(4)
qui
place
,
au
nombre
des
plus
anciens
Géographes,
Homére,
Anaximandre
de
Miler,
Hécarée,
citoyen
de
là
méme
V
ille,
Démocrite,
Eudoxe,
Dicéar-
que,
Éphore,
&
plufeurs
autres,
qui
ont
vécu
dans
des
£ems
poftéricurs.
Les
Ouvrages
de
la
plüpart
de
ces
Au-.
teurs
font
perdus.
Leurs
noms
feroient
également
enfe-
velis
dans
un
érernel
oubli,
s'ils
n’éroient
quelquefois
cités
par
ceux,
dont
les
Ou
font
parvenus
jufqu’à
nous.
C’eft,
fur
tout,
à
Strabon,
qui
fleurifloir
du
tems
de
Jefns-
CBrift,
que
noûs
devons
la
connoiffance
de
beaucoup
“d'anciens
Géopraphes
;
parce
qu'il
en
Fes
quantité
dans
(à)
Strabon,
pag.
:
&
2
DISCO
TRS.
PRÉLIMINAIRE.
a
He
&
Géographie
;
Ouvrage
qui
,
ie
congeie,
7.
des
meilleurs,
que
nous
ayons
des
Anciens
fur
cette
marière:
Le:bon
fens,
la
droiture
du
jugement,
l'érudition,
Pexac=
utude,
&
la
.précifon
y
brillent
par
tour.
Prolémée,
Pline,
Pomponius
Mél,
Étienne
de
Byzance,
qui
ont
écrit
ne
tiennent
aufli
un
rang
diftingué,
Voilà
les
fources
principales,
où
l'on
doit
puifer
la
Géo-
graphie
ancienne,
|
Cette
fcience
eft
d’une
étendue
vafte
&
;
caf
elle
comprend
généralement
rous
les
pais
connus
des
Anciens.
Er
vel
eff
précifément
l'objet
des
Auteurs
Grecs
&
Latins,
que
l'on
voir
pour
l'ordinaire
dans
les
Clafles.
En
eflet
,
Tacire
nous
prélente
les
divers
Peuples,
qui
habitérent
autrefois
la
Germanie,
maintenant
PAllema-
gne,
ainfi
que
ceux
qui.
poñlédoient
les
Ifles
Britanoi-
ques.
Céfar
fait
connoître
nos
premiers
Peres,
je
veux
dire
les
habitans
des
Gaules,
les
Belges,
les
Celtes
4
Aquitains.
Q.
Curfe,
en
racontant
l'hifloire
des
Expédi-
-
tions
d'Alexandre
,
“=
en
revue
les
divers
Peuples,
qui
occupérent
les
contrées
d’Afe,
jufqu'aux
Indes.
Tire-
Live
donne
une
idée
de
ceux
qui
poflédérent
l'Italie,
dans
les
tems
les
plus
reculés.
Son
Hiftoire
aboli
toutes.
les
Guerresque
les
Romains
avoient
eues
avant
lui,
cela
lui
donne.
eu
de
parler
des
habirans
d’une
in-
finité
de
pais,
fitués,
non
feulement,
dans
l'Europe
,
comme
l’Efpagne,
la
Gréce,
la
Macédoine,
la
Thrace
;
mais
encore
dars
l'Afrique
&
dans
l’Afie.
Les
Aureurs
Grecs,
fouvent
copiés
pär
les
Latins,
embraflent,
à
peu
près,
la
même
étendue
de
cerrein.
Ni
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE
Ajoûrez
àacela,
qu'une
Due
de
la
Géographie
du
moyen
âge
fe
trouve
ici
jeinte
à
la
Géographie
ancienne,
parce
que
les
Écrits
de
quelques
Autecrs
Claffiques
,
tels
.
qu'Earrope,
&
autres,
s'érendent
jufques
vers
le
dou
fiécle.
De
combien
de
Lieux,
de
Villes,
de
Villages,
de
Bourgs,
de
Fleuves,
de
Riubes
,
de
Mers,
d’lfles,
de
Prefqu'ifles
,
de
Golfes,
de
Détroirs,
de
Montagnes,
de
Vallées,
de
Fontaines,
n’eft-1l
pas
fait
mention
dans
ces
Écrivains?
À
chaque
page,
&
prefque
à
chaque,ligne
on
en
rencontre.
Combien,
par
conféquent,
la
connoiffance
de
toutes
ces
chofes
eft-elle
néceffaire
à
quiconque
pré-
tend
lire
&
étudier
avec
fruit
les
Livres
Claffiques
?
M.
Rollin
,
(a)
veut
que,
dans
l'explication
d’un
Auteur,
|
on
ne
laifle
jamais
pafler
aucun
lieu,
fans
avoir
foin
de
le
faire
remarquer,
&
même
de
Je
montrer,
s’il
eft
poflible,
-
fur
une
Carte
Géographique.
C’eft,
en
effet,
la
maniere
la
plus
fimple,
la
plus
afée,
qui
<
place
le
plus
facile.
ment
dans
Ja
mémoire,
&
qui
y
fixe
le
plus
nettement
les
événemens
hiftoriques.
-
À
cette
occafon,
je
me
rappelle
ce
m'eft
arrivé,
un
jour
que
j'expliquois
à
deux
jeunes
Gens,
cet
endroit
|
de
Cornélius
Népos:
,,
La
Flotte
(b!
afédérée
des
Grecs
:
:
ke
:
;
À
Deere
(a)
Roll.
hift.
anc.
Tom.
VI.
pag.
140
&
648.
(b)
Claffis
communis
Græcie
trecentarum
navium
,
in
qué
ducente
erant
Athenienfium
,
primüm
apud
Artemifium
,
inter
Eubœam
con-
ginentemque
terram
;
cum
claffariis
Regis
conflixit.
Anguflias
enim
Themiflocles
quærchat
ne
multitudine
circumiüretur.
Hinc
etf
pari
prelio
diféeferant,
tamen
eodem
loco
non
funt
aufi
manere,
quod
»
compofée
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE
xÿj
—
»
compofée
:
de
trois
cens
voiles,
dont
il
y
en
avoit
deux
,,
cens
des
Athéniens
,
attaqua
d’abord
l’Armée
navale
des
Perfes
,
auprés
du
Cap
d’Artémife,
entre
lIfle
.d’Eubée
&
la
Terre
ferme.
Car
Thémiftocle,
(
qui
commandoit
les.
Grecs,
)
avoit
foin
de
n’engager
le
»
combat,
que
dans
des
dérroits,
dans
la
crainte
d’être
79
»
Enveloppé
par
la
multitude
des
Vailleaux
ennemis.
Quoique
Jd’avanrage
eût
été
égal
de
parc
&
d'autre,
les
Grecs
-n'oférent
pas
néanmoins
refter
dans
ce
re
:
:
parce
qu’il
étoir
à
craindre
pour
eux,
qu
ane
partie
de
là
Flotte
ennemie
venant
à.
pañer
la
RU
de
l'Ile
,,
d'Eubée.,
on
ne
les
attaquât
des
deux.
côtés.
Ainfi,
ayanc
doublé
le
Cap
d'Artémile,
ils
vinrent
mouiller
auprés
de
Salamine,
à
la
vue:
.d’Achènes.
‘
:On.ne
peut
nier,
que
ce
pañlage
ne
foir
ün
peu.
dif-
le
à
entendre,
pour
quiconque.
n'a.
pas
quelque.
tein-
ture
de
la
Géographie.
Il
y
a,
fur
rout,
ces
mors
du
texte,
ancipiti
premerentur
periculo,
-
QU'ON
NE.
fçauroit
bien
traduire
fans
cela.
Les
Traducteurs
François
de
notre
Auteur,
que
j'ai
confulrés,
ne
me
paroïiflent
pas
avoir
rendu
fa
penfée,
en
employant
cetre
expreffion
:
Ils
ne
fulent
eve
loppés
de
toutes
pas
5
se”
qu'ancipiit
piemerentur
periculo
ne
veut
pas
dire
la
même
chofe,
que
sil
y
avoit
ex
oui
premerentur
parte;
mais
il
fignifie
la
même
chofe,
que
s
1}
y
avoir,
ex
#iraque
premerentur
pate
;
c'elt-à-diré,
comme
2
era
periculim
ne,
fi
pars
navium
adyerfariorum
Eubœam
none
ancipiti
premerentur
periculo.
.
Q
Quo
fathun
eft
ut
ab
Artemifio
difce-
derent
,
&
ex
adversam
Athenas
apud
Salaine,
claffem
ie
.
tilerent,
a
Nepiin
Themift.
c.
3..
:
°
€
XVi]
j'ai
traduit,
on
ne
les
attaquät
,
où
bien,
littéralement,
is
ne
fuflent
attaqués
des
deux
côtés.
:
Pour
revenir
à
mes
deux
jeunes
Gens,
ils
ne
compre-
_
nofent
pas
comment
les
Grecs
fe
trouveroient
attaqués
à
la
fois
des
deux
côtés
par
les
Perfes,
lorfqu'une
partie
de
ceux-ci
auroit
tourné
le
long
de
l’ifle
d'Eubée,
J'avois
beau
m'exprimer
de
toutes
les
façons
imaginables,
pour
le
leur
faire
entendre,
je
n’en
pouvois
venir
à
bout.
Voyant
cela,
je
pris
une
Carte
Géographique
,
&
je
leur
montrai
ce
dont
il
étoit
queftion.
Les
deux
jeunes
Gens
me
dirent
alors
d’un
air,
qui
annonçoit
leur.
atisfaétion
intérieure
:
24.
nous
Le
comprenons
fort
bien
mannant
5
Ai
auparavant
nous
n'y
entendions
rien.
HS
Cette
efpèce
d’
Épifode
confirme
Ja
.
de
M.
Rollin.
D'ailleurs,
ce
n’eft
pas
fans
raifon,
que
l’on
dit
ordinairement,
que
les
Cartes
font
les
litres
des
Enfans.
Il
ne
faut
nn
pas
les
féparer
de
l'étude
de
la
Géo:
graphie,
C’eft
pourquoi
,
dès
que
cet
Ouvrage
fera
achevé,
mon
deffein
eft
d’en
faire
graver
un
certain
nombre,
où
on
aura
l'attention
d’inférer
le
nom
de
tous
les
.
j
dont
il
fera
parlé
dans
le
corps
du
Di@ionnaire.
On
y
äjoûtera
même
quelques
Planches
peur
les
autres
matières.
Mais
on
sen
tiendra
aux
plus
néceffaires.
Jai
déjà
fait.
connoître
une
partie
des
Anciens,
où
je
puife,
comme
dans
les
fources
primordiales.
On
peut
joindre
à
ct.
Hérodote,
Diodore
de
Sicile,
Paufa-
nias,
&c.
La
plûpart
de
ces
Auteurs
ne
rapportent
que
ce
qu'ils
QE
vu
de
leurs
yeux.
Leurs
Écrits
Ont
été
com
1
5
DISCOURS
PRÉLIMIMIIRE
”
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE.
xx
ee
pofés
d’après
les
mémoires
qu’ils
avoient
faits
eux-mêmes,
chemin
faifant,
dans
leurs
voyages.
C'eft
ainfi
que
Stra-
bon,
comme
il
le
dit
fouvent,
raconte
fes
propres
ob-
fervations.
On
ne
peut,
ce
me
femble
»
avoir.
de
plus
fürs
garants.
=
Les
Anciens
ne
font
pas,
cependant
,
les
feuls
guides;
que
je
me
fois
propolé
de
fuivre.
Quelque
confiance
que
lon
doive
avoir
en
eux,
il
ne
faut
pas
,
fans
doute,
né-
gliger
les
Modernes
,
qui
ont
fait
plufeurs
découvertes
nu.
dont
on
peut
fe
fervir
avec
avantage.
Les
fcayan-
tes
recherches
;
qui
font
répandues
dans
les
Mémoires
de
l'Académie
Royale
des
Infcriprions
&
Belles
Lettres,
me
font
fur
tout
d’un
grand
fecours.
Ce
n'’eft
pas
feu-
lement
la
Géographie
ancienne
,
qui
y
eft
traitée
avec
tou-
ce
la
clarté,
la
netteté
,
&
l'élégance
pollibles
,
mais
la
Mythologie,
l'Hiftoire,
la
Chronologie,
en
un
mot,
tout
ce
qui
regarde
les
Antiquités.
Pour
ce
qui
eft
de
la
manière
de
traiter
un
Article
Géographique
,
j'ai
cru
devoir
m'attacher
principalement
à
inrérefler
le
Lecteur,
par
des
récits,
qui
pluffent:
en
inftruifant.
Si
ceft
une
Ville,
dont
il
faille
donner
la
defcription,
après
que
jai
fait
connoître
fes
anciens
noms,
foit
Grecs,
foit
Larins,
ainfi
que
fa
pofition,
par
rapport
à
la
ee
ancienne
,
j'expofe
quel
eft
celui
à
qui
on
en
attribue
les
premiers
fondemens,
ce
qu'on
y
a
vu
de
plus
digne
de
remarque
,
de
quels
événemens
elle
a
été
témoin,
fi
elleaéré
détruire,
&
puis
rétablie,
quel
nom
elle
porte
aujourd’hui
,
fuppolfé
qu’elle
exifte
encore;
dans
éij
.
gnent
cet
Hiftoire,
Mes
Guides
ordinäires.
font
Athé
née,
Héfode,
Hétodore
|
Diodore
dé
Sicile
;
Paufanias
&
autres
:
entre
les
Modernes
:
M.-labbé
Baniér
,
com-
me
je
far
dit
plus
haut’,
“D:
Bern.
de
Montfaucon,
M
Je
Comte
de
Caylus
,
les
Mémoires
se
LR
36
+
&
Belles
Lettres.
a
LES
ANTIOUITUS
E
À
connoillance
des
Antiquités
,
qui
font
l’objet
de
a
quatrième
Partie
de
cet
Ouvrage,
,
ft
auffrtres-effentielle
à
quiconque
étudie
,
où
eft
chargé
d’'énféigner
les
Belles
Lértres.
(4)
Cette
onhoncs
felon
M.
Rollin,
quon
foupçonnera,
avec
rafon,
de
m'avoir
fervi
de
guide,
“dans
Ja
diftribution
du
plan
que
je
me
fuis
tracé
,
cette
_con-
ñoillance
|:
dis-
je
»
€,
jufqu'à
un
certain
point
,
d'une.
ñéceffiré:
iblôiiie.»
Combien
n'y
a-t-il
pas,
dans
les
Au-
teurs
‘claffiques
,:
4
dfexpreffions
:
d'allufions
,
de
fons',
de
phrafes
,
“qu'on
ne
peut
Cftendté
,
fi
l’on
na
quelque
teinture
des
Anriquités
?
[1
n’eft
prefque
pas
po:
fible
de
faire
un
pas
dans
la
lecture
même
de
l'Hiftoire
;
du’on
ne
fe
trouve
arrêté
par
des
difficultés,
dont
fou-
vent
une
légere
une
de
Use
donneroit
14
folation.
:
|
Tout
le
monde
fçair
que
fous
le
nom
d’Antiquités,
ef
|
(@)-Roll
Traité
des
Études,
Tom.
IL.
pag:
4472
+
|
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE.
xxvÿ
compris,
ce
qu'on
appelle
coûtumes
,
mœurs
&
ufages
des
Anciens.
Et
pour
donner
un
‘peu:
plus
d’érendue
à/cétre
explication
,
on
pourroic
réduire
cela
-à-un
certain
nombre
d'articles
|,
comme
le
Gouvernement';:la
Religion,
R
Guerre,
la
Navigation,
les
Édifices
publics
;
les
Spec-
tacles,
les
Ufages
de
la
vie
commune,
enfin
les
Arts
&
des
Sciences.
Ghacun
de
ces
arricies
comprend
une
infi-
nité
de
parties
qui
sy
rapportent.
C'eft
ainfi
que’,
fous
le
nom
de
Gouvernement,
font
compris
les
Confuls’,
“les
:
Proconfuls,
les
Magiftrats
,
les
Cenfeurs
,
les
Préteurs,
es
Quefteurs
,
les
Archontes
;
les
Tribunaux,
les
Loix,
les:
Accufations,
les
J
ugemens
ÿ
les
Mariages
;
les
Adop-
tions
,
les
Affemblées
;
les
Comices,
les
Tribus,
les
Tri-
buns.;les
Sénaredrs
dre.
:
sue
A
Sous
le-nom
de
Religion,
on
doit
renfermer
les
Diéux,
leurs
Miniftres,
ou
Prêtres,
les
T
cmples
sales:
Meubles,
»
les
Vales
&
tous
les
inftrumens
qu’on.y
emploÿoit;
les
Fêtes
,
les
Sacrifices
je
Les.
Vœux
,
les
Oblarions.,-les
Prie-
res.,
les
Proceflions
,
les
Duck.
les
Arufpices
:les
Pré-
fages
,
&c.
Sous
le
nom
de
Ga
,
les
Combats
,
les
Batailles
,
les
Généraux,
les
Armées
,.
les
Légions,
les
Cohortes,
les.
Troupes
de
pied.,
la
Cavalerie,
la
Phalan-
ge:,
les
Armes,
les
Cafques.,
les
Boucliers
,
les
Piques,
les
Javelors,
les
Lances,
&c.
On
peut
raifonner
de
même
fur
chacun
des
autres
articles.
:
Je
mets
les
Arts
&
les
Sciences
au
nombre
des
Anti-
quités,
parce
que
nous
fommes
redevables
de
leur
inven-
tion
aux
Anciens.
Une
Providence
particulière
s'eft
ca-
xx
DISCOURS
PRET
IMINAIRE.
chée
fous
leur
induftrie
;
en
forte
qu'on
a
prefque
toujours
attribué
à
l'effet
du
pur
hazard,
ou,
fi
lon
veut,
d’une
heureufe
rencontre,
ce
qui
éroi
une
attention
de
Dieu
même,
qui
a
coûtume
de
le.
voiler
ainf
ÿ
Pour
procurer
aux
hommes,
dans
le
rems
marqué
;
lesichofes
inécefaires
à
leur
bien
être.
EE
LES
-
Quoique
nous
devions
aux
Anciens,
la
découverte
des.
Arts.
&
des
Sciences,
qu'ils
les
aient
même
portés
jufqu'à
.
une
certaine
perfection
,
on
ne
peut
nier
que
les
Moder:
nes
n’aiene
fair
des
découvertes
d’une
extréme
utilité
;.
telle
que
celle
de.
l’Imprimerie,
de
la
Bouflole,
&ér
|
Quoiqu'il
en
foit
,
la-connoiffance
de
ces
diverfes
parties
.
nelt
pas
moins
néceflaire
que
celle
des
autres
:
&
on
pourra
s'en
procurer
une
idée
avec
le
fecours
de
ce
Ditionnaire.
On
y
trouvera
une
hifloire
fuccinte
de
1à
Médecine
|
de
lArchite@ure
,
de
la
Sculpture
,
dé
la
Philofophie
50
de
la
Poëfe
:
de
TÉloquence
,
de
la
Grammaire
,
de
PAftronomie
,
de
la
Géométrie
,
&c.
;
c'eftà-dire,
qu'on
Sinftruira
de
loripine
,
des
progrès
d’ün
Ac
;
d'une
Science;
qu'on
apprendra
quels
font
ceux
qui
sy
font
diftingués
d’une
manière
particulière
;
‘par
rapport
à
la
Philofophie,
les
différentes
Sees
de
Philofophes.
Com-
bien
de
fois,
celui
qui
lit
un
ancien
Auteur
,
entend-il
parier
d’'Académiciens,
de
Stoiciens,
de
Péripatéticiens,
:
de
Platoniciens
,
de
Pythagoriciens.
&c?
N’eft:il
pas
bien
agréable
de
pouvoir
fe
procurer,
fur
le
champ,
&
à
peu
de
frais
,
une
légere
connoiflance
de
ce-qui
concerne
ces
prétendus
Sages
de
l'Anciquiré?
eg
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE.
sai
Je
Fi
ce
pas
cependant:
de
dobnes
une.
expli
cation
des
parties
de
chaque
Arr.
Cela
ne
peut,
ni
ne
doit
entfer
dans
mon,
plan,
parce.
qu'il
N'appartiencqu’à
un
Architette,
qu'à
un
Sculpteur
,-qu'ä.un
Géométre,
&c.
de
defcendre
dans
de
pareils
dérails,
J2
en
excepterai,
feulement,
les
parties
de
ces
Arts,
qu'un
Homme
de
lettres
doit,
ou
eft
du
moins
cenfé
ne
pas
ignorer.
On
fent
bien
que
je
veux
parler
de
la
Grammaire
,
de
la
Poëfe,
de
la
-
Rhérorique
,
&c.
Le
Didtionnaire
raifonné
des
As
m'eft
dci
d'un
grand
fecours.
Ces
parties,
fur
tout,
m'ont
paru
y.
être
expliquées
d’une
manière
,
à
la
fois,
claire.
»
nette,
judicieufe,
profonde,
|
-Quoïque
je
n'aie
pas
compté.
ka
Chronologie
pour
une
cinquième
Partie,
elie
n’en
entre
pas
moins
dans
le
plan
de
cet
Ouvrage.
Elle
eft
;
jointe
naturellement
à
à
l'Hifroire.
C'eft
par
elle
que
l'on
connoit
dans
quel
tems
,
à
pen
près
,
fe
font
pañés
les
événemens
que
l’on
lit.
C
dt
elle
qui
fert
à
fixer
les
époques,
qui
contribuent
fi
fort
à
fa-
ciliter
l'écude
de
PHifloire
:
car
,
les
époques
font
comme
autant
de
points
de
repos.
Quand
vous
y
êres
arrivé,
fem-
blable
à
un
hommé
qui
voyage,
vous
pouvez
vous
arré-
cer,
&
vous
délañer
tranquillement
,
jufqu'à
€e
qu
Al
vous
ae.
envie
de
vous
rendre
au
point
fuivant.
M.
Rollin,
au
fujet
de
Ja
Chronologie,
dit
qu
#1
ne
faut
pas
manquer
à
faire
connoître
,
en
gros
,
aux
jeunes
Gens
,
l'Auteur
qu'on
leur
explique,
les
principales
cir-
conftances
de
fa
vie
&
le
tems
où
il
vécur.
,;
Un
jour,
»
continue
le
même
Écrivain,
que
j'expliquois:,
au
Gol-
;,
lége
royal
,
l'endroit
où
Quintilien:
parle
des
Hiftoriens
,
Grecs,
un
jéune
homme
me
demanda,
pourquoi
il
ny
,,
toit
point
fait
mention
de
Plutarque.
On
lui
en
avoit
»
expliqué
plufieurs
vies
5
mais
on
avoit
omis
de
lui
»
apprendre
8
quels
tes
&
fous
ie.
Empereur
il
»
VOIE
VÉCU.
En
un
mot,
je
mai
pas
Cru
devoir
féparer
l'on
Sacrée
,
de
lHiftoire
profane
,
quoique
d’habiles
Gens
aient
donné
de
bons
Dictionnaires
fur
l’Écrirure
fainte.
Mon
deflein
étant
de
donner
un
Ouvrage
qui
pût
,
sil
étoit
pofhble,
ne
Jaifler
rien
à
defirer,
il
na
femblé
quil
convenoit,
pour
cela
,
d'y
faire
entrer
ce
qui
regarde
l'an-
cien
&
le
nouveau
Feflamenr.
On
pourra
être
furpris
qu'une
feule
perfonne
ait
en-
trepris
de
rédiger
un
Ouvrage,
qui
embrafle
tant
de
ma-
tières
différentes.
Mais
toute
furprife
doit
cefler,
quand
On
fera
attention
à
ce
que
j'ai
déclaré
ci-deflus,
que
je
n'ai
d'autre
mérice
que
celui
de
raflembler
,
&
de
préfenter,
avec
un
certain
ordre,
aux
yeux
des
Lecteurs,
des
chofes,
|
répandues
dans
les
Écrits
d'un
nombre
.
J'ai
nommé
une
bonne
partie
de
ceux
dont
je
me
fers,
Sans
ces
fecours,
j'avoue
qu'il
m'eût
été
impolhble
d'exé-
cuter
mon
projet.
Ft
quoique
je
nécrive
pas
pour
les
Sçavans
,
je
cite,
pour
l'ordinaire
,
les
autorités
que
j'em-
ploie.
I
ny
a
que
quelques
Tradu@tions
,
fort
eftimées,
dont
je
fais
quelquefois
ufage,
fans
l'indiquer.
De
ce
nombre
font
la
traduétion
de
Q.
Curfe,
par
M.
de
Vau-
gelas,
celle
de
Paufanias,
par
M:
l'abbé
Gédoyn,
celle
»
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE.
LS
=
o
)
par
M.
l'abbé
io
;
mais
comme
celé-ne
m
cpeule
pas
dé
confultér
les-
SHsaUx
,
ceux-ci
font
alors
cités.
Je
avant
de
terminer
ce/difcours,
que
Ja
déclaration
de
quelques
Aüteurs,
que
leurs
Ouvrages
é
étoient
moins
le
réfulrat.d'une
occupation
férieufe;,
‘que
d’un
tems
qu'on
appelle
ses
perdu
,
où
d’arafement.,
a
donné
lieu
quelquefois.
à
à
des
murmures..
Je
puis
aflurer
que
celui-ci
ef
le
fruit
d’une
application
très-
férieufe,
Je
fuis,
cépen-
dant,
bien
éloigné.
de
penfer
que
j'aie
évité
toute
forte
d'erreurs.
Quand
on
en
appercevera
quelqu'’une
,
je
prie
qu'on
ait
égard
à
la
fragilité
humaine,
&
qu'en
conféquen:
ce
on
me
craite
avec
quelque
HAasences
Fin
du
Difcours
Préiminaltes
#4
DC.
DER
ZOTAL.
Far
.
»
par:
ordre
de
Montisnens
fe
Vice
Chancelier,"
le
Tome
prèmier
d’un
Manuferir,
Qui
:
2
pour
titPE
Dithionnaire
pour
jh
2
des
Auteurs
‘Claffi
ques
.
Grecs
&
Lans,
»
Tant
Sacrés
que.
Profanes
ee
m'a
paru
que
cet
Ouvrage
méritoit
d'être
accueilli
favorablement
du
Public.
DonNé
à
Paris
is
fix
Mas
mil.
Lien.
çent
foixante-fix.
PHILIPPE
DE
PRÉTOT:
Le
Privilege
du
Roi,
au
fecond
Folume.
DICTIONNAIRE
POUR
L'INTELLIGENCE
|
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
_
GREGS
ET.
LATINS
TANT
SACRÈS
QUE
PROFANES,
.
CONTENANT.
LA
GÉOGRAPHIE,
L'HISTOIRE,
LA
FABLE
em
mm
age
ane
=,
L’4,
comme
fon,
M]
ne
vient
que
de
la
con-
)AŸ
formation
des
‘orga-
1
nes
de
la
parole
;
&
comme
caraétére,
ou
.
figure
dont
nous
nous
fervons,
Pour
repréfenter
ce
fon
,
ü
vient
de
lÆpha
des
Grecs
,
ou
felon
d'autres
,
de
lA/eph
des
Hébreux.
Les:
Romains,
pour
marquer
PA
long,
l'écrivirent
d'abord
dou-
Ble
;
aala
pour
4/4.
Enfuite
ils
inférérent
une
£entre
les
deux
z
,
“hala
Quelquefois
ils
mettoient
le
figne
de
Ia
fyllabe
longue
2/4.
-
L’4,
chez
les
mêmes
Peuples,
étoit
regardé
comme
une
lettre
Tome
Z,
ET
LES
ANTIQUITÉS.
TS
Se
nn
de
fuffrage
,
ou
comime
une
let=
tre
falutaire,
parce
qu’on
l’em-
ployoit,
lorfqu'il
étoit
queftion
d’abfoudre
ou
de
condamner
um
accufé.
Les
Juges,
portant
avec
eux
trois
tablettes,
échivoient
fur
Fune
4
,
prèmière
lettre
dz4-
folvo,:&
fur
uné
autre
le
C,
auffs
première
lettre
de
condemno.
Si
le
nombre
des
lettres
4
l'empor-
toit
fur
le
nombre
des
lettres
C
Paccufé
étoit
renvoyé
abfous,
fi
non
;
il
étoit
condamné.
Lorfque
l'affaire
n’étoit
pas
fufifamment
inftruite,
les
Juges
écrivoient
N.
L.
fur
la
troifième
tablette
;
ce
qui
s'interpréte
de
cette
manière,
707
2
A4
diquet,
c’eft.à-dire,
le
fait
ne
pa-
roit
pas
évident.
On
ordonnoïit
alors
ce
qui
s'appelle
aujourd’hui
un
plus
ample
informé.
L’4,
confidéré
comme
prépo=
fition,
a
été
en
ufage
parmi
les,
Latins.
C'eft
ainf
qu'ils
difoient
a
dextris,
à
finiftris.
L’A,
confidéré
comme
lettre
nu-
mérale,
a
été
aufli
en
ufage
par-
mi
Îles
Latins.
TL
figniñoit
cinq
cens
;
&
quand
on
mettoit
au-
deflus
une
petite
ligne
en
cette
manière
4,1]
marquoit
cinq
mille,
L’A
a
été
également
en
ufage
parmi
les
Grecs,
comme.
jettre
numérale
;
mais
il
ne
valoit
chez
eux
qu'une
unité,
Ils
s'en
fer-
voient
encore
fréquemment
dans
la
compoñition.
Ils
le
plaçoient
alors,
au
commencement
d'un
mot.
I°4
dans
ce
cas
,
tantôt
au-
gmentoïit
la
fipnification
de
ce
mot
,
tantôt
lui
Ôôtoit
celle
quil
avoit
déjà,
pour
lni
en
donner
ne
oppoiée.
L’A
fervoit
auf
à
marquer
l'admiration.
C’eft
de
ces
-différens
ufages
de
l’A
parmi
les
Grecs,
qu'a
été
formé
ce
pre-
tuer
vers
des
Racinesgrecques
:
À
fait
un,
prive,
augmente,
admire.
LA,
confidéré
comme
lettre
fymbolique
,
étoit
un
hiéroply-
phe
chez
les
anciens
Egyptiens
,
qui,
pour
premiers
caractéres,
employoient
ou
des
figures
d’a-
nimaux,
où
des:
fignes
qui
en
marquoient
.
quelque
propriété.
Quand
les
caraëtéres
Phœniciens
,
qu'on
attribue
à
Cädmus,
furent
adoptés
en
Eoypte,
la
Lettre
À
y
fut
à
la
fois
un
cara@tére
de
lécriture
fÿmbolique
;
confacrée
à
religion,
&
de
l'écriture
com-
D
mune
,
ufitée
dans
le
commerce
de
la
vie.
L’A
,
fur
les
monumens,
fe
trou
ve
quelquefois
feul
ayec
un
point
ou
fans
point,
quelquefois
accom-
pagné
d'une.ou
de
plufeurs
let-
tres,
quelquefois
enfin
doublé
&
même
triplé.
Voici
quelles
font
alors
fes
fignifications
les
plus
ordinaires.
=
14,
feul
avec
un
point
on
fans
point,
fe
prend
pour
amtiquo,
je
m'oppofe
;
pour
Aulus,
Aula,
Au-
gullus,
Augufla
,
noms
propres;
pour
Auguftalis
impérial,
annus
année,
argentim
aroent,
auruM
Or,
ager
Champ,
amicus,
amica,
ami
>
amie
,
anima
ame
,
æs
monnoie,
ararium
tréfor
public,
@c.
L’A
,
accompagné
d’une
ou
de
plufieurs
lettres,
varie
dans
fes
fignifications.
4B.
fignifie
abdica-
vit
,1l
a
abdiqué.
À
B
N.
abne-
pos,
arrière
petit-fils.
4.
D,
ante
diem,
avant
le
jour.
4
D
Q.
ad=
quiefcit
,
1
repofe.
4.
K.
ante
Calendas
ou
plutôt
Kalendas,
ayant
les
Calendes.
4,
G.
2nimo
grato,
par
reconnoiflance.
4,
B.
.
aviro
bono
,
par
un
homme
de
bien.
4.
B.
U.
C.
ab
urbe
con-
dira,
depuis
la
fondation
de
Ro-
me,
4.
P,
M,
amico
pofuit
mu-=
numentum,
1l
a
élevé
ce
tombeau
à
fon
ami.
4
RP.
aram
pofuit,
il
a
dreffé
cet
autel.
4M.
4MS.
amicus,
ami
4.S,
P.
Q.R.
à
Senatu,.
Populoque
Romano
,
par
le
Sénat
&
le
Peuple
Romain.
…
_L'4,
doublé.
4.4,
vent
dire
Augufli
,
deux
Auguftes
;
4.
guflales.,
de
la
Maïfon.
de
lEm-
RER
;
&.
triplé
4
4
4
;:il
dé-
igneitres
Augufl,
trois
Auguftes,
Et
À
*
À.
A.
A4.
Sur
les
médaïlles
des
Monétaires
romains,
&
même
fur
quelques-unes
de
nos
anciens
_
Monétaires
,
on
trouve
cette
abré-
viation
À.
À.
4,
F.
F.
cela
veut
die,
ære,
auro,argento,
flando,
ferundo.
Ces
Monétaires
avoient
le
pouvoir
de
fondre
&
de
fraper
des
monnoies
en
bronze,
en
or
_
&
en
argent.
_
A,4,A,
(a)
Ces
trois
lettres
à
la
fuite
l’une
de
l’autre
,
fe
trouvent
fouvent
répétées
dans
l’Écriture
Sainte.
Dom
Calmet
dit
qu'il
-
faut
prendre
cette
expreffion
dans
le
fens
d’une
exclamation,
com-
me
sil
y
avoit
heles,
helas,
he-
las.
Cette
opinion
n’eft
pas
fans
fondement
;
car,
outre
que
dans
les
tradu@hions
françoifes
de
la
Bible,
on
lit
pour
lordinaire
44,
zh,
ah;
la
voyelle
z,
encore
de
nos
Jours,
jointe
où
nôn
jointe
à
VA,
marque
lés
pafñions
de
notre
ame,
C'eft
l'infléxion-de
la
voix
qui
défigne
leur
différence.
Les
Anciens,
comme
lobferve
M.
Vabbé
Vatry,
s’en
fervoient
pour
la
mème
fin.
À
A
AARON,
Aaron,
A’apos,
(b)
fils
d'Amram
&
de
Jochabed
,
de
la
tribu
de
Lévi
,
naquit
l'an
du
monde
2430.
&
avant
J.C.
1570
ans.
Il
étoit
frere
de
Moïfe,
&
plus
âgé
que
lui
de
trois
ans,
Ils
»
(a)
Jerem
ce
v,
6.
c.
14,0,
134
Exech,
c.
4.
uv.
14,
c.20.
v.
49,
Joël,
c,
x.
w.
15.
5
Mém.
de
l'Acad.
des
Infer,
&
Bell,
Lert,
F,8.
p.
213.
ne
-
(6)
Exod.
c,3.
7,1.
fe.
ca,
%,
10.
14,
dr
feq.
©,
$+
v.
1,
@r
feq,
€.
6,
7,20.
23:
C.
7,
Cr
feg.
C,
15:
v.20.
c,
16.
7,1.
Jen.
c,
17.7.
8,
PRE
So
24o
Wo
Le
Yr
\
L
2
ee
%
avotent
une
fœur
,
nommée
Ma-
rie
,
l’ainée
de
tous.
Aaron
époufa
Elizabeth
,
fille
d'Aminadab
&
fœur
de
Nahaflon
,
de
laquelle
il
eut
quatre
enfans,
Nadab,
A.
biu
,
Eléazar
&
Ithamar.
Lorfque
Moïfe
reçut
ordre
de
Dieu
d'aller
vers
Pharaon,
roi
d'Egypte,
pour
lui
commander
de
fa
part
de
laïfler
{ortir
{on
Peuple
,
il
alléeua
plufieurs
rai=
fons,
afin
de
s’en
difpenfer,
&
en-
trautres,
le
peu
de
facilité
qu'il
avoit
à
parler.
Le
Seioneur,
fâché
de
fa
réfiftance,
lui
donna
Aaron
qui
s’exprimoit
aifément,
&
ajoû-
ta:
»
Je
ferai
dans
votre
bouche
»
&
dans
la
fienne
:
Parlez
-
lut
»
vous-même,
&
il
parlera
pour
.»
vous
au
Peuple.
ÎI
fera
votre
.
»
bouche
,
&
vous
tiendrez
à
fon.
»
égard
la
place
de
Dieu.
»
Ce-
pendant
le
Seigneur
ait
à
Aaron
d'aller
au
-
devant
de
Moïfe
dans
le
défert,
ce
qu'il
exécuta
fur
le
champ,
&
il
rencontra
fon
frere
fur
la
montagne,
nommée
Horeb,
où
Dieu
lui
étoit
apparu
dans
une
flamme
de
feu
,
qui
fortoit
du
mi-
lieu
d’un
buiffon,
fans
que
ce
buif
fon
en
fût
confumé.
Moïfe
raconta
à
Aaron
tout
ce
que
le
Seioneur
lui
avoit
dit,
&
pourfuivit
fon
che.
min
avec
lui.
Lorfqu'ils
furent
ar-
rivés
en
Égypte,
ils
affemblérent
les
Anciens
d'Ifraël.
Alors
Aaron,
d
fegs,
c.
28.
v,
1.
c.
29.
,
1.
O'
fége
C,
30.
v.
7«
@
fegs
C.
32,
v.
1
>
feqe
+
Levit.c.
8.v.2.
dr
feq.
c.
10:
v.
9.
Numer,
©.
12,
v,
1.
feg.
€,
16.
7,
1e
deg
c17.
V2,
D'feq.
c.
20,
v.11
dr
[eq
SFr
Rte
ÆEcclef.c.2s:0,
7,
&
feg.
Mém.
de
l'Acad,
des
Inferip.
&
Bell,
Eetr,.
T,
3.-p,
120.
ee
/
1}
\
to
AB
mancipi,
étoient
les
beftiaux
,
les
efclaves,
les
terres,
&
autres
pof-
feflions
dans
l’enceinte
des
terri-
toires
d'Italie.
Les
perfonnes
en
droit
de
les
acquérir
,
étoient
les
citoyens
Ro-
mains,
les
Latins,
&
quelques
Étrangers,à
qui
on
permettoit
{pé-
cialement
ce
commerce.
La
tranf-
ation
{e
faifoit,
ou
avec
la
céré-
monie
des
poids
&
largent
à
la
main,
ou
bien,
comme
on
vient
de
le
dire,
par
une
renonciation
faite
en
préfence
d'un
Magiftrat.
ABAN,
Aban,
(z)
l’un
des
douze
mois,
qui
compofoient
l’an-
née
Perfanne.
ABANA
,
Abana,
A'Earà
,
(b)
fleuve
d'Afie
,
arrofant
les
murs
de
Damas
;
fa
fource
étoit
au
‘:
Mont
Liban.
Il
eft
affez
vraïfem-
blable
,
comme
le
penfe
Dom
Calmet,
que
c’eft
le
même
fleuve
qui
prend
aujourd’hui
le
nom
de
Barrady,
&
dont
les
eaux
vont
fe
perdre
dans
le
défert,à
quelques
lieues
de
Damas.
C’eft
à
ce
fleu-
ve
que
Naaman
voulut
d’abord
aller
fe
laver,
préférablement
à
ceux
d'Ifraël.
ABANNATION,
Aban-
natio
;
A’revaurif
uos
,
tel
eft
le
nom,
qu'on
donnoit
à
un
exil
d'un
an.
Cette
peine
étoit
impofée
à
ceux,
qui
avoient
commis
un
meurtre
imvolontaire.
Si
toutefois
celui
à
qui
cet
accident
étoit
arrivé,
pouvoit
faire
fatisfa@tion
à
la
per-
fonne
qu'il
avoit
bleffée
à
mort,
ou,
fi
elle
étoit
expirée,
à
ceux,
(«)
Mém.
de
PAcad.
des
Infcrip.
&
Bell,
Lett.
T-
XVI.
p-
259
(6):
Reg.
EL.
IV.
c.
5,
v.
re.
(+)
Meram,
Ovid.
L,
XV.
v.
164.
.
AB
qui
le
poutfuivoient
pour
ce
meur--
tre
,
avant
que
l'affaire
fût
portée
devant
les
Juges,
il
étoit
exempt
du
banniflement.
Alors
il
fuffifoit
qu'il
offrit
nn
facrifice,
&
qu'il
fe
purifiât.
bannatio
,
dont
on
a
formé
Abannation
,
vient
de
la
prépofition
4b
&
du
mot
anus,
qui
fignifie
année.
-
ABANTÉENS
,
Abantei.
(c)
les
Argiens
font
ainfi
appellés
dans
Ovide.
On
dit
qu'ils
prirent
ce
nom
d’Abas
qui
régna
autrefois
à
Argos.
Mais
il
y
en
a
qui,
fant
dans
le
texte
de
notre
poëte
Agris,
au
lieu
d'Arpis,
penfent
que
ce
font
les
Abantes,
anciens
habitans
de
l'Eubée.
Voyez
Abantess
=
ABANTES,
Abantes,
A'Earrec
,
(d)
peuples,
qui
femblent
avoir
été
originaires
de
Thrace;
Car
Strabon
dit,
fur
le
rapport
d’Ariftote
,
que
les
Thraces
étant
partis
d’Abée,
vil-
le
de
la
Phocide,
paflérent
dans
lifle
d'Eubée
,
dont
ils
s’emparé-
rent,
&
qu'ils
donnérent
aux
ha-
bitans
le
nom
d'Abantes.
Il
ajoû-
te
cependant
que
ce
nom,
felon
certains,
leur
venoit
de
quelqué
Héros.
Homère
,
lorfqu'il
fait
mention
de
l’ifle
d'Eubée
,
au-
jourd'hui
Négrepont,
ne
nommé
jamais
fes
habitans
Eubéens,
mais
toujours.
Abantes.
Du
temps
d'Œnopion,
les
Abantes
allérent
s'établir
à
Chio
avec
les
Cariens.
Heëtor
,
lun
des
defcendans
d'Amphitus
,
qui
avoit
fuccédé
(4)
Strab.
p.
445.
Hérod.
L.
IL.
c.
146.
Pauf.
p.3231,332;,
404.
Plut.
Tom.
I:
Po
2
y
2»
Oiid,
Méam.
L,
XV,
Ve
164
AB
anx
enfans
d'Œnopion
;
étant
parvenu
à
la
couronne,
leur
fit
la
guerre,
Une
partie,
fut
taillée
en
piéces,
l’autre
fe
rendit
à
difcrétion,
&
fut
obligée
d’évacuer
le
pais.
L'on
a
encore
vû
autrefois
des
Abantes
dans
la
Thefprotide
d'É-
pire,
vers
les
monts
Cérauniens
;
car
la
flotte
des
Grecs,
en
reve-
nant
de
Troye,
ayant
été
difper-
fée
par
la
tempête,
les
Locriens
de
Thronium
fur
le
fleuve
Boz-
gtius
,
&
les
Abantes
de
l'ifle
d'Eubée
,
échouérent
à
la
côte
de
ces
Montagnes.
[ls
yhâtirent
une
ville,qu'ils
appellérent
aufli
Thro-
nium
,
&
ils
donnérent
le
nom
d'Abantide
au
pais
qu'ils
occupé-
rent.
Dans
la
fuite,
ils
en
furent
.
chaffés
par
les
Apolloniates
leurs
voifins.
La
dixième
partie
des
dé-
pouilles
,
que
les
Apolloniates
a-
voient
remportées
fur
leurs
enne-
mis,
fut
employée
à
élever
des
ftatues
à
Apollonie.
Les
Abantes
fe
tondoient
an-
ciennement
;
ils
ont
même
été
les
premiers,
felon
Plutarque
,
qui
ayent
pratiqué
cet
ufage.
Ainfi
ils
ne
l’avoient
pas
appris
des
A-
rabes,
comme
quelques-uns
l'ont
cru,
&
ils
ne
le
faïfoient
pas
non
plus
à
limitation
des
Myfens;
mais
parce
que,
hardis
&
belli-
queux
,
ils
joignoient
de
près
leur
ennemi
dans
le
combat,
&
fe
bat-
toient
de
pied
ferme
à
coups
de
|
main
;
aufhi
n'ufoient-ils
à
la
qe
ni
de
fronde,
ni
d'arc.
ls
ne
fe
coupoient
cependant
que
les
cheveux
de
devant,
qui
feuls
pouvoient
donner
prife
L
À
À B
TI
für
eux,
à
celui
qu'ils
avoient
en
têtes
ABANTIAS,
Abantius,
eft
le
nom
patronimique
que
lon
don-
noit
à
Danée
&
à
Atalante,
qui
étoient
toutes
deux
petites
filles
d'Abas,
ancien
roi
des
Argiens.
:
ABANTIDAS
,
Abantidas,
A'Eavridas,
(a)
fils
de
Paféas,
vers
la
quatrième
année
de
la
128.e
Olympiade
,
265.
ans
avant
J.
C.
Après
la
mort
de
Fi-
moclidas
,
qui
avoit
été
élu
Fyran
de
Sicyone
,
conjointement
avec
Clinias,
Abantidas
prétendant
à
cette
dignité
,
tua
Chnias.
Quant
à
fes
parens
&
à
fes
amis
,
1l
tua
auf
les
uns,
&
envoya
les
autres
en
exil.
Il
voulut
encore
faire
mourir
Aratus
fon
fils,
qui
n’avoit
alors
que
fept
ans
;
mais
lorfque
ce
jeune
homme
fuyoit
de
chez
fon
pere
avec
les
autres,&qu'il
cou-
.
roit
dans
la
Ville
tout
effrayé,
fans
que
perfonne
lui
donnât
le
moin-
dre
fecours
,
il
fe
fauva
par
ha-
zard
dans
la
maifon
d’une
femme,
qui
étoit
juftement
fœur
d’Aban-
tidas,
mais
mariée
à
Prophante,
frere
de
Clinias.
Cette
femme
fur-
nommée
Sofo,
qui
avoit
des
fenti-
mens
nobles
&t
généreux,
Fous
que
ce
n’étoit
que
par
un
efret
de
la
providence
divine,
que
cet
en
fant
s’étoit
enfui
chez
elle
,
le
ca-
cha,
&
l’envoya
enfuité
fecrete-
ment
à
Argos
durant
la
nuit.
[y
reçut
une
éducation
mâle,
telle
que
les
Spartiates
la
donnoïient
anciennement
à
Jeurs
enfans.
Cependant
Abantidas
contt-
.
nuoït
d'exercer
à
Sicyone
la
ty-
æ)
Plut,
T,
I,
p.
1027,
1028,
Roll:
Hift,
anc,
T.IV,p.227;
È-G
Poe,
12:
A
B
xannie;
qu'il
avoit
ufurpée.
Il
avoit
accoûtumé
d'aller
entendre
dans
la
place
publique
Dinias
&c
Ariftote,
le
dialeéticien,
&
tnême
de
prendre
part
à
leurs
difputes
;
ce
qui
fut
pour
ces
deux
Philo-
fophes
une
occafion
de
fe
défaire
du
Tyran,
Ils
lui
tendirenten
effet
_des
émbuches
&
le
tuérent.
Aban-
tidas
eût
pour
fuccefleur
Paféas
,
fon
pere,
que
Nicocles
fit
anfñ
périr
dans
la
füite,
pour
fe
faire
tyran
à
fa
place.
Mais
Nicocles
ne
garda
pas
long-tems
la
tyran-
nie
;
quatre
mois
après,
pendant
lefquels
il
canfa
de
grands
maux
à
la
Ville,
il
en
fut
dépouillé,
Et
celui,
qu'Abantidas
avoit
voulx
éloigner
pour
toujours
de
ce
haut
rang
,
c'eft-à-dire
,
Aratus,
cet
élè-
:
ve
de
Sparte,
en
fut
alors
revêtu:
.
ABANTUS,
Æbanitus,
(a
commandoit
la
flotte
de
Licinius,
durant
la
première
guerre
que
ce
prince
eut
avec
Conftantin.
Un
Jour
qu'Abantus
fe
tenoit
avec
fes
Vaifleaux
dans
PHeliefpont,
Crif-
pus
Céfar,
commandant
de
la
flotte
de
Conftantin
,
vint
Py
at-
taquer
par
l’ordre
de
fon
maître,
qui
étoit
en
même-tems
fon
pere.
-On
fe
difpofà
de
part
&
d'autre
à
une
action
;
&
comme
l’efpace
étoit
étroit
,
les.
généraux.
de
Conftantin
crurent
qu'il
fafhroit
de
faire
agir
quatre
-
vingts
de
leurs
meilleurs
vaifleaux
,
&
“qu'un
plus
grand
nombre
ne
fer-
-Viroit
qu'à
embarrafler
le
combat.
Abantus
vint
fur
eux
avec
deux
-cens
bâtimens,
méprifant
Jenne-
AB
|
mi,
&
comptant
l’envelopper
fans:
peine
;
mais
la
précipitation
&
le
défordre,
fuites,
ordinaires
de
la
préfomption,
&
la
difficulté
des
évolutions
dans
un
canal
de
peu
de’
largeur,
tournérent
contre
les
gens
d'Abantus
l'avantage
de
leur
multitude.
[ls
heurtoient
leurs
bätimens
les
uns
contre
les
autres,
ils
fe
brifoient
mutuellement
leurs
rames
,
&@
fembloient
fe
livrer
d'eux-mêmes
aux
ennemis,
qui
-
S’étoient
avancés
en
bon
ordre,
êt
que
rien
ne
génoit
dans
leurs
mouvemens,
Plufieurs
des
vai
{eaux
d'Abantus
périrent,
&
furent
coulés
à
fond
avec
les
foldats
qu'ils
portoïent.
Cependant
il
n'y
avoit
pas
encore
de
décifion
bien
marquée,
lorfque
la
nuit
furvint
&t
fépara
les
combattans
,
qui
fe
retirérent
les.uns
à
Éléus,
ville
de
la
Cherfonnèfe,
les
autres
dans
le
port
d'Ajax,
du
côté
de
l’Afe,
Le
lendemain
Abantus
voulut
prendre
fa
revanche
,
&
il-partit
par
un
vent
de
nord,
pour
enga-
ger
un
nouveau
combat.
Les
pre-
miers
officiers
de
Conftantin
ne
s'écartèrent
point
de
la
rade
d'É-
lus,
peut-être
parce
qu'ils
pré-
voyoient
ce
qui
ailoit
arriver.
En
effet,
vers
le
milieu
du
jour,
le
vent
tourna
du
nord
au
midi,
&
excita
une
tempête
horrible,
qui
ruina
entièrement
la
flotte
d'A-
bantus.
Cent
trente
vaifleaux
fu-
rent
fracaflés
,
&
cinq
mille
{ol-
dats
noyés.
.
ee
ABAQUE,
Abacus
,
A'Gaë,
(5)table
ou
tablette
qui
fervoit
aux
(a)
Crev.
Hiff,
des
Emp.
Tom
4
(4)
Mém.
de
l'Acad.
des
Infcrip,
8
er
pe
pag.
301.
M,
Lett,
T,
IL,
p.
1374
Te-V,
p,
260
+
ee
Anciens
dans
leurs
calculs.
C'é-
toit
une
efpèce
de
quadre
long
&
diviée
par
plufeurs
cordes
d’airain
paralleles,
qui
enfiloient
chacune
une
égale
quantité
de
petites
boules
d’yvoire
ou
de
bois,
mobiles
comme
des
grains
de
chapelet,
par
la
dfpofition
defquelles
,
&
fmivant
le
rapport
que
les
inférieures
avoient
avec
les
fupérieures
,
en
marquant
des
nombres
de
même
genre
en
diverfes
clafles,
on
faïloit
toutes
fortes
de
calculs.
.
Cette
tablette
arithmétique
fut
connue
des
Romains,
fous
le
nom
d'Ahacus.
On
la
trouve
décrite
d’après
quelques
monu-
mens
antiques
par
Fulvius
Urf-
mus
&
Ciaconius
;
mais
comme
lufage
en
étoit
un
peu
dificile,
celui
de
compter
par
jettons
pré:
valut,
Les
Romains
donnoient
auf
le
nom
d’Abaque
à
ce
que
ñous
appellons
à
préfent
bufet.
+
ABARBARÉE,
Æbarbarea,
A'CapCapéns
(a)
nom
d’une
Naïa-
de,
qui
fut
mariée
à
Bucolion,
fils
aîné
de
Laomédon.
De
ce
Mariage
naquirent
deux
enfans
qui
prirent,
l’un
le
nom
d'Éfepe,
_
l'autre
celui
de
Pédafe.
-
.
ABARE,
ou
ABARUS,
Abarus
,.
nom
d’un
roi
d'Édefle.
Voyez
Abgare..
:
-ABARIM,
Abarim,
A'Eaplu,
{b)
montagne
de
Palefline
,
dans
la
tribu
de-Ruben.
On
l'a
dittrès-
haute
&
d’un
accès
très-difiicile.
Ce
fut
fur
cette
Montagne
que
Dieu
commanda
à
Moïfe
de
mon-
(à)
Hom,
Hiad.
L,
VI.
v.
22.
(&)
Deuter,
c.
22,
v.
49
@'
fe.
{c)-Pauls
p.
184.
Hérod,
L.
IV,
c,
36,
A
B
+3
ter,
pour
contempler
de-là
la
terre,
qu'il
devoit
donnet
aux
en-
fans
d’Ifrael.
Cet
ancien
Lésifla-
teur
obéit
;
&
après
avoir
con-
templé
tout
le
pais
de
Chanaan,
cette
terre
promile,
dont
entrée
lui
fut
interdite
pour
une
lécère
défiance,
1l
mourut
{ur
cette
même
Montagne,
âgé
de
cent
vingt
ans.
L'on
n'a
jamais
pu
découvrir
ce
qu'étoit
devenu
{on
cerps
,
ni
par
conféquent
le
lieu
de
fa
fépulture.
ABARIS,
Abaris,
APapie
>.
(c)
fils
de
Seuthus,,
étoit,
felon
les
uns,
du
pais
des
Scythes,
&felon
d’autres,
du
pais
des
Hyperbo-
réens.
Il
vécut
du
temps
de
Py-
thagore
&
de
Phalaris,
c’eft-à-
dire,
environ
fix
cens
ans
avant
:
l'Ére
Chrétienne.
On
raconte
de
lui
des
chofes
qui
tiennent
trop
du
merveilleux
pour
être
crues.
Il
parcourut,
dit-on,
toute
la
ter-
re
ayec
une
fléche,
fans
rien
man-
ger..
Lorfqu’il
pafla
par
la
Gréce,
vers
le
règne
de:Crélus,
ou
plus
précifément
la
feconde
année
de
la
54e
Olympiade,
563.
avant
J.-C.
il
vint
à
Lacédémone,
&
trouva
cette
ville
fujette’à
de
fré-
quentes
mortalités
,
caufées
par
lesvapeurs
&
par
le
chaud
qu'en-
voyoit
le
voifinage
du
Mont
Æaygete.
Îl
fit
des
facrifices
&
des
luftrations
|
accompagnées
fans
doute
de
remédes
naturels
&
efficaces
;
&
ces
maladies
ne
pa-
rurent
plus
dans-la
fuite.
Durant
fon
féjour
parmi
les
Lacédémo=
niens,
il
conftruifit,
au
rapport
de
quelques
Auteurs,
un
temple
Strab.p.301.
Roll.Hift.anc.
T:Vl:p.129.
Mém,
de
l’Acad.des
Infes
&
Bell:
Le.
T,
XI,
Pr
169
&
170:
Le
KIVe
Pr
399
j4
AB
de
Proferpine
,
confervatrice
,
à
côté
de
la
chapelle
de
Vénus
Olympienne.
-
Quand
il
alla
à
Athénes
,
1
y
arriva
dans
un
tems, où
tous
les
Peuples
de
la
terre
,
afigés
d’une
cruelle
pefte
&
d’une
famine
uni-
.
verfelle
|
reçurent
pour
réponfe
de
l’Oracle,
que
ces
maux
ne
cef-
froient
point
,
jufqu'à
ce
que
les
ÂAthéniens
euflent
offert
certains
facrifices
,
dont
ils
étoient
chargés
pour
les
autres
Nations.
Outre
Fefprit
de
divination
qu'il
avoit
reçu
d'Apollon,
au
culte
duquel
-
d
s’étoit
confacré,
il
obtint
de
ce
Dieu
une
fléche
volante
d’or,
fur
laquelle
il
traverfoit
les
airs,
com-
me
s'il
eût
té
monté
fur
un
Pépa-
fe.
C'eft
la
même
dont
il
a
été
dé-
jà
fait
mention d’après
Hérodote.
On
dit
qu'Abaris
avoit
compofé
plufieurs
piéces
de
poëfie.
ABARIS,
bars
,
(4)
l’un
des
vaillans
guerriers,quicombattirent
contre
Euryale.
Il
fuccomba
avec
trois
autres,
Fadus,
Hébéfus
&
Rhoœtus
,
fous
les
coups
de
ce
jeune
&
brave
Troyen.
ABARON,
baron,
(b)
fur-
nom
d'Éléazar,
qui
ne
fe
trouve
ni.
dans
la
Vulgate
ni
dans
les
Sep-
tantes
;
mais
dans
les
traductions
françoifes
de
l’Écriture
,
&
par-
conféquent
dans
le
texte
origi-
nal
où
hébraïque.
Voyez
Éléa-
AT
«
‘
ABAS,
Abas,
A'Eac
,
(c
fleuve
d’Afe
dans
PAlbanie.
Sa
fource
étoit
dans
les
montagnes
de
cette
province,
qu'il
arrofoit
du
(a)
Virg.
Æncid.
L,
IX,
v.
344,
=
(8)
Macc,
L.
I.
c:
6,
v.
43.
(c)
Plut,
Tom,
I,
pag.
638:
|
AD
couchant
à
lorient,
&
fon
embout
chure
en
conféquence
,
dans
la
mer
Cafpienne
au
-
deflous
de
la
ville
d'Albana.
Ptolemée
Pappel-
le
Aïlbane,
ainfi
que
Pline.
Lorf-
ue
Pompée
marchoit
contre
les
IJbaniens
,
il
rencontra
fur'les
bords
de
ce
fleuve
une
armée
confidérable,
qui
étoit
compofée
de
foixante
mille
hommes
de
pieds,
couverts
de
peaux
de
bêtes
,
&
de
douze
mille
che-
vaux,
&
commandée
par
Colis,
frere
du
roi.
Celui-ci,
aufhi-tôt
que
lattaque
fut
commencée.
pouffa
fon
cheval
contre
le.
gé-
néral
Romain
,
&
lui
lança
un
trait,
qui
ne
fit
qu'effleurer
fa
cuirafle.
Pompée
alors
le
perça
de
fa
lance
&
le
tua.
:
HABAS,
Abas
;
N'Exc.
(d)
y
a
eu
plufeurs
Héros
dece
noms
Celui,
dont
parle
Virgile
dans
le
premier
livre
de
fon
Énéide,
étoit
le
compagnon
d'Énée.
Le
vaif-
feau
fur/lequel
il
étoit
porté,
fut
un
de
ceux,
qui
fuccombérent
fous
les
eflorts:
de
cette
horrible
tem-
pête,
que
Junon
excita.avec
Pa-
rément
d'Éole,
tandis
que
les
a
faifoient
voile
de
Sicile
en
Îtalie.
-
C'eft
fans
doute
le
même
qui
dans
la
fuite
fuivit
Énée
,
lorfqu'il
s’embarqua
fur
une
flotte
Étrufque.
La
poupe
du
vaifleau
,
qu'Abas
montoit
alots,
étoit
ornée
d’un
Apollon
doré
;
&
toutes
{es
troupes
avoient
des
ar-
mes
éclatantes.
C’étoient
fix
cens
jeunes
foldats
aguerris
,
que
lui
fournit
la
ville
de
Populonie.
Ptolem,
L.
V.c.
12.
Plin.
EL,
VI,
c.
12°
(4)
Virg,
Æneïid,
L,
I:
y,
125,
L,
Xe
Vs
170.9
174
à
172
5
427%
À
B
_Abas
fut
tué
peu
de
tems
après
;
dans
un
combat
fanglant,
par
Laufus,
l’un
des
principaux
chefs
des
troupes
ennemies.
.
ABAS,
bas,
A'Pac,
(a)fils
de
Lyncée
&
d'Hypermneftre,
monta
fur
le
trône
d’Argos
1384.
ans
avant
l'Ére
Chrétienne,
Lyn-
cée,
fon
pere,
auquelil
fuccéda,
ne
dut
fon
falut
qu'a
la
protec-
tion
d'Hypermneftre.
Danaüs
,
fon
beau-pere,
averti
par
un
Oracle,
qu'il
feroit
détrôné
par
un
de
fes
gendres,
exigea
de
fs
filles,
qu'elles
tuaffent
leurs
maris
la
première
nuit
de
leurs
anôces.
Elles
obéifent
toutes
,
à
exception
d'Eÿpermneftre
qui
fuva
le
en“
.
Danaïüs
€n
punit
fa
fille
;
mais
zevenu
dans
la
fuite
à
Ini-même,
il
reconnut
Lyncée
pour
fon
gen-
dre
Z
pour
fon
fuccefleur.
Celui-
ci
ayant
régné
40
ans,
laïfla
la
zoyauté
à
fon
fils
Abas,
à
qui
-il
avoit
donné,
après
la
mort
de
Danaüs,
le
bouclier
qu'il
tira
du”
temple
de
Junon
Argienne,
&
que
Danaüs
y
avoit
confacré.
Abas
eut
deux
fils,
Prœtus
&
Âcrilius,
qui
partagérent
entre-
eux
le
royaume
de
leur
pere.
Le
premier
fut
établi
roi
de
Mydée,
de
Tirynthe
&
de
toute
la
côte
maritime
de
l’Argolide,
&
le
fecond
demeura
maître
d'Arvos..
5
ABAS,
Abas,
(b)
tégna
dans
lAulide.
Il
étoit
pere,
ou
felon
=
(a)
Pauf.
p.
112,
Strab.
p.430.
Ovid.
bb.
2
.
.
d’autres,
grand-pere
de
Canthus
,
Jun
des
Argonautes,
qui,
au
rapport
d'Apollonius
,
périt
dans
la
Eibye
,
apparemment
lorfque
le
navire
Argo
s'arrêta
fur
les
côtes
d'Afrique.
ABAS
,
Abas,
AGac
sr
Il
y
en
a
qui
prétendent
que
c’e
le
nom
d'un
enfant,
que
Cérès
métamorphofa
en
lézard.
Voici
comme
on
raconte
ce
fait.
Cérès,
preflée
par
la
foif
en
cherchant
fa
fille
Proferpine,
alla
fe
préfenter
à
la
porte
d’une
maïfon,
qu'elle
apperçut
de
loin
;
il
en
fortit
une
vieille
femme
,
à
qui
la
Déefle
demanda
de
l’eau.
Cette
bonne
femme
lui
préfenta
un
breuvage
doux
&
agréable
à
la
bouche,
avec
une
efpèce
de
bouillie
qu'elle
avoit
faite
depuis
peu.
Tandis
que
Cérès
buvoit
&
mangeoit,
un
petit
garçon
vint
fe
mettre
devant
elle.
Comme
il
étoit
hardi,
il
f
prit
à
rire
de
la
voir
boire
&
manger
avec
tant
d’avidité.
Cérès
piquée,
jettæ
fur
lui
ce
qui
lui
reftoit
de
fon
breuvage
&
de
fa
bouillie.
Auft-
tôt
le
viage
de
ce
petit
effronté
parut
marqué
de
diverfes
taches
;
fes
bras
devinrent
fes
cuifles
;
fes
autres
membres
furent
auffi
chan-
gés
;
&
une
queue,
qui
lui
fortit
par
derrière,
acheva’{a
métamor-
phofe.
Ce
ne
fut
en
un
mot
qu'un
lézard.
ABAS
,.
Abas,
Néa
(d)
Centaure
&
grand
chafleur
de
()
Mém,
de
lAcad,
des
Infcrip.
&
Métam.
L.
IV,
c.
o,
Mém.
de
PAcad:|Bell.
Lerr,
T.
IX.
p.
83.
des
Infcrip,
&
Bell,
Lett.
T.
Il.
p.
197.
Myth:.par
M,
V'Abb,
Ban:
T,
VI
p.49.
À
VIT,
pag,
102:
va
(c)
Ovid.
Méram.
L.
IV.
c.
12.
(4)
Ovid.
Métam.
L.
XIE,
c.8Antiqe
expl.
par
Dom
B,.de
Monif,
L,
L
p;
4014
Cer—”,
16
À
B
fanghers.
Il
en
eft
parlé
au
don-
sième
Livre
des
Métamorphofes
d'Ovide,
où
Neftor
raconte
le
combat
des
Lapithes
contre
les
Centaures.
Abas
qui
sy
étoit
trouvé,
avoit
pris
la
fuite
avec
Phole
&
Mélanée.
ABAS,
Abas
;
NEac,
(a)
auteur
d’une
hiftoire
de
Troye,
qui
eft
citée
par
Servius
fur
la
foi
d'autrui
;
ce
qui
prouve
qu’elle
étoit
déjà
perdue,
On
ne
fçait
point
fi
cet
Abas
eff
le
même
dont
Suidas
dit
quil
fut
Sophifte
de
profeflion
,
&
qu'ou-.
tre
un
art
de
parler,
il
laïffa
des
commentaires
hiftoriques
;
mais
on
ne
doute
pas
que
celui-
ci
ne
foit
cet
Écrivain
dont
parle
Photius
,
&
fuivant
lequel
la
femme
de
Candaules
,
dernier
roi
de:
Lydie
,
de
la.
famille
d'Hercule,
s’appelloit
Abro.
ABASA,
Abafa
,
(b)
ifle
de
de
la
mer
d'Éthiopie.
Ses
habi-
tans
,
felon
Paufanias,
font
ré-
utés
Éthiopiens.
:
»
ABASCANTUS,
Abafcantus,
nom
d'un
des
chevaux
du
Cir-
ue.
Voyez
Chevaux
du
Cirque.
ABASTER
,
Abafter..
On
dit
que
c’eft
le
nom
d’un
des
che-
vaux
de
Pluton.
Ce
Dieu
en
a-
voit
trois
,
le
premier
fe
nom,
moit
Méthéus
,
le
fecond
Abafter,
\
©
le
troïfième
Nonius.
.
ABATON,
Abaron,
N'£aœroc,
(c)
terme
qui
fignifie
en
général
quelque
chofe
d'inacceffible.
Les
monumens
&
les
trophées
étoient
principalement"
régardés’
comme
-
(a)
Suid.
ru
de
(&)
Pauf,
pag. 395,
AB
tels,
parce
que
l’on
n’ofoit
y
tous
‘Cher,
les
tenant
pour
facrés,
Mais
le
nom
d’Abaton
fut
donné
en
particulier
par
les
Rhodiens
à
un
grand
édifice
,
qu'ils
conftruifirent
environ
trois
cens
ans
avant
J.
C.
pour
mafquer
deux
Statues
de
bronze,
que
la
reine
Artémife
avoit
fait
élever
dans
leur
ville.
Voici
à
quelle
occafon.
Ces
Peuples,
dont
l4
mort
de
Maufole
;
roi
de
Carie,
avoit
reveillé
les
efpérances,
coururent
aux-armes
,
chafsérent
les
parti-
fans
des
Gariens,
&
rétablirent
la
Démocratie.
Fiers
de
ces
pre-
miers
fuccès
,
ils
équipérent
une
puiffante
flotte
,.
&
cinglérent
droit
à
Halicarnafle,
Maïs
Arté-
mife
en
étant
avertie,
donna
ordre
qu'il
y
eût
une
armée
navale
cachée
dans
le
petitport
,
avec
les
forçats
&
les
gens
de
guerre
qui
avoient
accoûtumé
de
combattre
für
mer
,
&
que
le
refte
parût
fur
les
remparts.
Alors
les
Rhodiens
‘ayant
fait
approcher
leur
armée
navale
bien
équipée
;
comme
elle
étoit
près
d'entrer
dans
le
grand
port,
la
Reine
fit
donner
un
f-
gnal
de
deffus
les
murailles,
com-
me
pour
faire
entendre
que
la
ville
vouloit
fe
rendre.
Les
Rho-
diens
étant
{ortis
de
leurs
vaifleaux
pour
entrer
dans
la
ville,
Artémi-
fe’
fit
incontinent
ouvrir
le
petit
port,
d’où
fortit
fon
armée
na-
vale
qui
entra
dans
le
grand
port,
où
étoient
les
vaifleaux
des
Rho-
diens
vuides
,
qu'elle
emmena
en
pleine
mer
,
garnis
de
matelots
(c).
Mém.
dé
l’Acad.
des
‘Infcrip.
&
Bell,
Let,
Tom,
IX,
page
156,
A
B
Re
de
foldats
;
&
en
même
temps
les
Rhodiens
n’ayantaucun
moyen
de
f
retirer
,
furent
tous
tués
dans
la
place
publique,
où
ils
fe
trouvé-
rent
enfermés.
.
Cependant
la
Reine,
avec
les
_
navires
des
Rhodiens,
fur
lefquels
elle
avoit
mis
de
fes
foldats
&
de
es
matelots,
‘alla
droit
à
lifle
-de
Rhodes.
Les
habitans
voyant
venir
leurs
vaifleaux,
couronnés
de
lauriers,
reçurent
leurs
enne-
mis
,
croyant
que
c'étoient
leurs
gens,
qui
revenoient
vittorienx.
Alors
Artémife,
après
avoir
pris
Rhodes
&c
tué
tous
les
principaux
de
cette
ifle
,
éleva
un
trophée
dans
la
ville
avec
deux
ftatues
de
bronze,
dont
l’une
repréfen-
toit
la
ville
de-Rhodes
,
l’autre
étoit
fon
image
,
qui
imptimoit
fur
le
front
de
celle,
qui
repré-
fentoit
la
ville,
les
caratéres
où
fignes
qui
marquent
la
fervitude.
ong-tems
après
,
les
Rhodiens
faifant
{crupule
d’abattre
ces
fla-
tues,
parce
qu'il
n’étoit
pas
per-
Mis
d'ôter
les
trophées
qui
ayoient
été
dédiés
en
quelque
lien,
s’avi-
férent,
pour
en
ôter
la
vue,
de
bâtir
tout
au
tour
un
édifice
fort
élevé,
à
la
mode
des
Grecs,
qu'ils
appellérent
Abaton.
ABATOS,
Abatos,
N'Earoc,
terme
qui
marque,
ainfi
que
le
précédent,
quelque
chofe
d’inac-
cefhble
:
c’eft
lé
nom
d’une
ifle
d'Égypte
,
fituée
à
l'extrémité
de
cette
contrée,
dans
le
lac
de.
Memphis.
Elle
étoit
célébre
par
le
tombeau
d'Ofiris,
que
l’on
yoyoïit
dans
un
temple
confacré
(a)
Lucian,
Tom.
II,
pags
107
"108,
Tom.
Z.
Es
D
|
A
B
T7
à
ce
Dieu
;
ainfi
que
par
le
fin
lin
qui
y
éroïfloit,
&
larbrifleau
.
ñomimé
Papyrus,
‘dont
on
faïoit
des
tablettes
pour
écrire.
C'eft
de-là,
dit-on,
qu’eft
venu
le
nom
du
papier
dont
on
fe
fert
aujour-
-dhui.
M.
Lucas,
cité
par
M.
de
Ix
Martinière,
dit
qu'étant
au
bord
du
lac
de
Memphis,
il
trouvæ
deux
pêcheurs
qu'il
pria
de
vou-
loir
bien
le
conduire
dans
l'ile.
Il
efpéroit
d’y
voir
les
débris
des.
pyramides
,
dont
parle
Hérodote,
&
qui
du
tems
de
cet
hiftorien,
s'élevoit
de
cinquante
toifes
par-
deflus
la
far-face
de
ce
lac,
quoi
qu'il
y
en
eût
encore
autant
de
caché’
fous
l’eau.
Mais
ces
pê-
cheurs,
dont
les
barques
étoient
fort
mauvaïfes
,
l’aflurérent
que,
s’il
fe
levoit
le
moindre
vent
,
ils
feroient
en
danger
de
périr.
ABAUCHAS
,
Abauchas
;
A'Cœvxar,
(a)
célébre
Philo-
fophe.
Un
jour
qu'il
alloit
à
Lx
ville
des
Boryfthéniens
avec
fz
femme,
fes
deux
enfans,
&
ur
de
fs
amis,
il
fut
attaqué
en
éhémin
par
des
voleurs,
&
fon
ami
bleffé.
à
la
cuifle;
de
forte
quil
ne
pouvoit
plus
fe
foûtenir.
Cépéndant
le
feu
ayant
pris
l
ftit
au
logis
où
ils
étoient
,
il
chargea
fon
ami
fur
{es
épaules
,
&
le
fauva
à
travers
la
flamme,
laïflant
fes
petits
enfans
qui
lui
tendoient
les
bras,
&
répouflant
_fa
femme
qui
le
vouloit
arrêter.
Il
lui
cria
feulement
qu'elle
le
fuivit;
ce
qu’elle
fit
avec
un
pe-
tit
enfant
qu'elle
tenoit
embrafñlé,
&c
qui
fut
étouffé
par
la
vapeur
e
LR
38
—
AB
du
feu
;
maïs
l’autre,
qui
venoit
après,
échappa.
Comme
on
lui
réprochoit
enfuite
quil
avoit
a-
bandonné
fes
enfans
pour
fauver
un
étranger
:
J’ez
pouvois
,
dit
il,
avoir
d’autres
;
mais
Je
n'euffe
Jamais
recouvré
un
pateil
ami.
Le
leûteur
n’a
pas
befom
qu'on
li
fafle
remarquer
le
faux
de
cette
penfée.
_—
ABAZÉA,
Abazea,
(b)
fêtes
ou
cérémonies
qui
furent
établies
par
Denys,
fils
de
Caprée,
êt
roi
d'Afe.
On
dit
quelles
furent
ainfi
appellées
du
mot
grec
A'Caxeiwv,
qui
vent
dire
gar-
der
le
filence.
C’eft
que
ces
fêtes
fe
célébroient
dans
un
profond
filence.
.ABBA,
Abba,
APCa.
Ke)
Ce
mot
qui
a
la
même
fignifiication
que
Pater,
&
qui
veut
dire
par
conféquent
Pere
,
fe
trouve
en
plu-
feurs
endroits
de
l’Éctiture
fainte,
Jesus-CHRIST,
dans
fa
Pafion,
au
rapport
de
S.
Marc,
difoit:
Abba
Pater:
»
Mon
Pere,
tout
»
vous
eft
poflible
:
éloignez
de
»
moi
ce
calice.
Cependant
que
»
votre
volonté
s’accomplifle,
&
.»
non
pas
la
mienne.
«
S.
Paul,
écrivant
aux
Romains,
s’expri-
moit.ainfi:
».
Vous
n'avez
point
»
reçu
de
nouveau
lefprit
de
»
fervitude
pour
ètre
dans
la
»
crainte
;
Mais
VOUS
avez
reçu
»
l’efprit
de
l'adoption
des
en-
»
fans,
par
lequel
nous
crions
:
»
Abba,
notre
Pere.
Et
ailleurs,
(a)
Cicer.
de
Nat.
deor,
L,
TTL,
c.
58.
(&)
Marc,
c.
14.
v..36,
Rom,
©
8.
v:
BS-
Gal.
Ce
&e
Ve
6:
se
(c)
Tit.
Liv.
L.
XXX.
c.
7.
(4)
Tir,
Liv,
L,
XXXVIIL,
c,
IS
€:
Li
__
»
dans
fon
Épiître
aux
Galates3
»
parce
que
vous
êtes
aufh
fes
»
enfans,
leur
dit
cet
Apôtre,
»
Dieu
a
envoyé
dans
vos
cœurs
»
l’efprit
de
fon
Fils
,
qui
crie:
»
Abba:
Mon
Pere.
«
ABBA,
Abba,
(c)
ville
d'Afri-
que,
dont
il
n’eft
fait
mention
que
dans
Tite-
Live,
en
ces
termes:
»
Les
Ambafladeurs,
[envoyés
à
»
Saphax,
|
lui
repréfentoient
qu
»
ils
avoient
rencontré,
aux
en-
»
virons
de
la
ville
nommée
Abba,
»
un
corps
de
quatre
mille
Celti-
»
bériens,
compofe
d’une
brave
«
Jeunefle
,
qu'on
venoit
de
lever
»
en
Efpagne
parfes
ordres.
Cela
»
fe
pañloit
fous
l’année
549
de
»
[a
fondation
de
Rome.
«
ABBASSE
;
Abbaflus
,
ro,
ville
d'Afie
,
où
le
Conful
Cn,
Manlius
campa
plufeurs
jours
dé
fuite,
lorfqu’il
marchoit
contre
les
Gallogrecs.
Cette
ville
n'ayant
pas
été
connue
des
anciens
Géo=
graphes
,
il
feroit
difficile
d’en
marquer
la
pofition.
On
fçait
feu-
lement
qu’elle
étoit
à
une
jour-
né
de
la
fource
de
l’Alandre.
:
ABDA,
Abda,
Aus,
(e)
Seigneur
qui
vécut
du
temps.
du
roi
Salomon.
Il
avoit
un
fils,
nommé
Adoniram,
qui
fut
fur-
intendant
des
tributs.
ABDAGESES
,
Abdagefes,
(f)
Seigneur
qui
fut
très-puiifant
parmi
les
Parthes,
fous
l'empire
de
Tibère.
Devenu
ennemi
d'Artabanus,
il
embrafla
le
parti
(e)
Reg.
L.
IT.
c.
4
y.
6:
4
(f)
Tacit.annal.
L.
VI
c.
31,
375
43
&
fea.
Crev.
hifi,
des
Emp.
Tom,
pag.
595.
&
fuive
AB
de
Tiridates
,
que
Vitellius,
gé-
néral
des
Romains,
voulut
placer
fur
le
trône
de
Parthie
à
la
place
d’Artabanus.
Il
lui
mit
entre
les
mains
les
tréfors
de
la
couronne
,
ê
tous
les
ornemens
de
la
roÿyau-
té,
tandis
que
fon
fils
,
qui
avoit
levé
le
premier
l’étendafd
de
la
revolte
,
amenoit
au
nouveau
Roï,
un
corps
confidérable
de
troupes.
Tiridates
recut
le
diadé-
me
des
mains
du
Suréna
vers
l’an
de
Rome
789.
Mais
la
plûpart
de
fes
partifans
l’abandonnérent
bientôt,
&
rentrérent
fous
les
loix
d'Artabanus
|
les
uns
par
crainte
,
les
autres
par
Jaloufie
contre
Abdagèfes,qui
jouifioit
d'u-
ne
grande
autorité
auprès
de
Ti-
(ridatés,
&
difpoloit
{eul
de
tou-
tes
les
graces
&
de
toutes
les
dignités.
À
cette
nouvelle
révolution,
Artabanus
,avec
une
armée
nom-
breufe
,
vint
camper
auprès
de
Séleucie.
Tiridates
effrayé
de
fon
atrivée,
étoit
incertain
sil
iroit
au-devant
de
lui,
ou
s’il
tireroit
la
guerre
en
longueur.
Et
comme
ceux
de
fon
confeil
étoient
d’avis
que
lon
combattit
l'ennemi
fans
différer
;
Abdagèfes,
prenant
la
parole,
dit
qu'il
falloit
retourner
en
Méfopotamie;
que
Tiridates
Mettroit
le
fleuve
entre
lui
&
fon
rival;
&
qu’en
appellant
à
fon
fecours
les
Arméniens,
les
Ély-
méens
&
les
autres
Nations
qui
étoient
derrière
lui,
auxquelles
il
Joindroit
les
troupes
de
fes
alliés
5
&
celles
que
lui
enverroit
le
gé-
(a)
Jérém,
C.
36e
V.
26,
Ab
19
néral
Romain,
il
feroit
en
état
de
donner
bataille
avec
‘avantage.
Cet
avis
l’emporta,
tant
à
caufe
de
l'autorité
d'Abdagèfes,
que
de
la
lcheté
de
Tiridates
qui
n’ofoit
s’expofer
au
danger.
Il
n’eft
plus
fait
mention
d’Abdagèfes
depuis
cetévénement.
Onignore
ce
qu'il
devint,
&
par
conféquent
le
temps
&
les
circonftances
de
{a
mort.
ABDÉEL,
Æbdeel,
(z)
eut
-
un
fils
qui
s’appelloit
Sélémias
à
auquel
Joakim
,
roi
de
Juda,
commanda
un
jour,
ainfi
qu'à
quelques
autres,
d'arrêter
le
{e-
crétaire
Baruch
avec
le
prophéte
Jérémie
;
mais
Le
Seigneur
les
cacha.
:
à
ABDÉMÉLECH
,
Abdeme-
lech,
A’Bleuérey,
(b)
eunu-
que
du
roi
Sédécias,
natif
d'É-
thiopie.
De
fon-tems,
le
prophéte
Jérémie
fut
mis
par
ordre
du
Roi
dans
une
bafle-foffe
,
où
il
n’y
avoit
point
d’eau
,
mais
de
Îa
boue.
Aufh-tôt
qu'il
Peut
appris,
il
alla
trouver
Sédécias,
qui
étoit
alors
dans
fon
fiége
à
la
porte
de
Benjamin,
&
lui
dit
hardiment,
que
l’on
avoit
commis
une
très-
mauvaife
aétion,
en
jettant
le
pro-
phéte
Jérémie
dans
une
Pañle-fof
{e
,parce
quil
y
mourroiït
de
faim,
n'y
ayant
plus
de
pain
dans
la
ville.
Le
Roi
lui
commanda
fur
le
champ
de
prendre
trente
hom-
mes
avec
lui,
&
de
tirer
le
Pro-
phète
Jérémie
de
cette
bafle-foffe
avant
qu'il
mourût.
Abdémélech
ayant
pris
ces
hommes
,
entra
dans
le
palais
du
Roï,
dans
un
(6)
Jérém.
C.
XXXVIIL,
v,
7.
gr
fegs
Ci
XXIX,
Ys
26
&*
eg:
a
B
ij
om
mer
26
ÂB
_
fat
mort,
on
lenterra
à
Phara-
thon
,
fur
Ja
montagne
d'Amalec.
ABDON,
Æbdon,
ACdou,
@)
étoit
fils
de
Micha
,
&
vivoit
u
tems
de
Jofias,
roi
dé
Juda.
I
fut
l’un
de
ceux,
que
ce
prince
en.
voya
vers
la
prophétefle
Olda,
pour
la
confulter
fur
ce
qui
étoit
écrit
dans
le
livre
de
Ja
lor,
que
le
pontife
Helcias
avoit
trouvé
dans
le
temple.
Cette
prophétefe
leur
répondit
que
le
Seioneur
alloit
faire
tomber
fur
Jérufalem
&
fes
habitans,les
maux
&
les
malédic-
tions
contenues
dans
ce
livre,
parce
qu'ils
l’avoient
abandonné
pour
facrifier
à
des
Dieux
étran-
gers.
Quant
au
roi
de
Juda,
qui
vous
a
envoyés,
ajouta
-telle,
vous
lui
direz
ceci
de
la
part
du
Seigneur
:
»
Parce
que
vous
avez
»
écouté
les
paroles
de
ce
livre,
»
que
votre
cœur
a
été
attendri,
»
&
que
vous
vous
êtes
humilié
»
devant
Dieu,
en
entendant
les
»
maux
dont
Dieu
menace
les
habitans
de
Jérufalem
,
&
parce
»
que
vous
avez
été
touché
de
ma.
»
crainte,
que
vous
avez
déchiré
»
vos
vêtemens,
&
que
vous
avez
»
pleuré
devant
moi,
je
vous
ai
»
aufli
exaucé
;
c’eft
pourquoi
je
>
vous
ferai
repofer
avec
vos
pe-
»
res
;
vous
ferez
mis
en
paix
dans
votre
tombeau,
&
vos
yeux
ne
verront
point
tous
les
maux
»
que
je
dois
faire
tomber
fur
»
cette
ville
&
fur
fes
habitans.
«
Abdon
&
fes
compagnons
vin-
rent
rapporter
au
Roï
tout
ce
que
U
14
“+
(a(
Paral.
L,
IL
c,
34.5.
20.
d
fey.
+.
A5
cètte
prophétefle
leur
avoit
dit:
ABDON,
Æbdon,
ABlas
(P)
de
la
tribu
de
Lévi,
étoit
fils
aîné
de
Jéhiel
qui
avoit
époufé
Maacha,
&
qui
demeura
à
Ga-
baon,
dont
il
fut
prince.
Il
ne
doit
pas
être
diftingué
d'un
autre
Ab:
don,
dont
1l
eft
parlé
dans
un
au-
tre
endroit.
Quoique
dans
la
Vul-
gate
le
pere
de
ce
dermer
foit
ap=
pellé
Abigabaon
,
il
eft
vifible
que
ceft
le
même
que
Jéliel
;
car
lEcriture
lui
donne
dans
les
deux.
endroits
la
même
femme
,
les
mêmes
enfans
,
la
même
demeure.
ABDUS,
Æbdus,
(c)
Eunuqué
Parthe,qui
malgré
fon
défaut,
fut,
fuivant
un
ancien.
ufage
du
pais
,
non
fenlement
eftimé
de
fes
com-
patriotes,.
mais
encore
appellé
am
gouvernement.
Il
eut
part
à
|a
conuration
formée
contre
le
rot
Artabanus.
Il
en
fut
même
le
principal
auteur
avec
Sinnaces,
fils
d’un
puiffant
feigneur,
nommé
Abdagèfes.
Artabanus
en
eut
con-
noïffance
;
maïs
jugeant
qu'il
étoit
de
la
prudence
de
difimuler,
&
invita
Abdus
à
fa
table,
lui
témoi-
gna
beaucoüp
d'amitié,
&
lui
fit
donner
cependant
un
poifon
qui
le
confüma
lentement.
_
ABE,
bas,
A'Bac,(d)
ville
de
la
Phocide
en
Gréce.
Les
ha-
bitans
fe
difoient
originaires
d’Ar-
gos
,
&
prétendoient
qu'ils
étoient.
venus
s'établir
dans
la
Phocide
fous
la
conduite
d'Abas
&
d'Hy-
permneftre,
file
de
Danaïüs.
Leur
‘ville
étoit
anciennement
confacrée
(d)
Pauf,
p.
679.
680.
Strab.
p.
445:
(6)
Paral,
L,
I,
c,
8,
v:
29.
c.
9.
v.
36,
|
Mém.
de
l’Acad,
des
Infcr.
&
Bell.
Lettr
(c)
Tacit.
Annal.
L,
Vi.
c,
31. 32.
|
T,
XII,
Pe
I9ge
e
Crey,
hift,
des
Emp,
T.
I,sp.
592,
593
AB
à
Apollon,
furnommé
Abéen,
qui
_
y
rendoit
fes
oracles
;
mais
le
Do-
maine
du
Dieu
ne
fut
pas
refpeté
par
les
Perfes,
comme
il
le
fut
de-
puis
par
les
Romains
;
car
ils
ren-
dirent
à
ceux
d’Abe
leurs
loix
&
leur
liberté,
par
refpe£t
pour
Apol-
lon
;
au
lieu
que
les
Perfes
brûlé
rent
jufqu'à
fon
temple;
ce
qui
arriva
la
première
année
de
la
7çe
Olympiade,
480
ans
avant
I.
C.
Ce
Temple
effiya
un
fecond
incendie,
qui
acheva
de
le
ruiner.
Ce
fut
durant
la
guerre
facrée,
Un
corps
de
Phocéens
ne
pouvant
plus
foûtenir
l'effort
des
ennemis
;
{e
réfugia
dans
la
ville
d'Abe
CC
de
la
ville
dans
le
temple
;
mais
les
Thébains
eurent
la
cruauté
d’
mettre
le
feu.
Aufli
de
tous
les
temples
de
la
Gréce
celui-là
étoit-
il
le
plus
endommagé.
Près
de
ce
grand
édifice,
il
y
en
avoit
un
moins
vaite,
que
l’empereur
A-
drien
dédia
à
Apollon.
I]
étoit
orné
de
flatues
d’une
très-prande
anti-
quité,
qui
avoient
été
données
par
les
habitans.
Apollon,
Diane
&
atone
yétoient
debout
en
bronze.
On
voyoit
à
Abe
un
théâtre
&
une
place
publique,
l’un
&
l’autre
|
d'un
goût
fort
ancien.
C’eft
de
cette
ville
qu’une
colonie
de
Thra-
ces
partit
pour
aller
s'établir
dans
Vifle
d'Eubée,
dont
les
habitans
prirent
le
nom
d’Abantes.
Le
ter-
ritoire
d'Abe
eft
aujourd'hui
au
pouvoir
des
Turcs.
ABED
,
Æbed,
O'BuE,
(a)
fils
de
Jonathan.
Il
defceñdoit
des
enfans
d'Adan
,
&
avoit
avec
lui
(a)
Efar.
LE.
Le.
8.
V.
6:
(5)
Mém,
de
l'Acad,
des
Infc,
&
Bell,
Î
re
À
n
AB
27
cinquante
hommes,
lorfqu’on
re-
vint
de
la
captivité
de
Babylone.
ABÉEN,
ÉAPOLLON
|
Apollo
Abaœus.
(b)tel
eftle
furnom
qu'on
donna
à
Apollon,
à
canfe
d'un
temple
qu'il
avoit
à
Abe,
ville
de
la
Phocide
en
Gréce.
On
prétend
que
ce
Dieu
y
rendit
même
fes
oracles
anciennement,
avant
qu'il
eut
fixé
fon
féjour
à
Delphes.
Pendant
que
les
Phocéens
travail-
loient
à
la
conftru&tion
d’une
for-
terefle
auprès
de
la
ville
d’Abe,
les
Bœotiens,
accompagnés
des
troupes
Macédoniennes,qu'ils
ve-
noïent
de
recevoir
de
Philippe,
fondirent
fur
eux
avec
tant
de
fu-
rie,
que
Ceux-ci
ayant
d’abord
pris
l'épouvante
,
fe
fauvérent
à
toutes
jambes
,
les
uns
dans
les
villes
les
plus
prochaines,
&c
les
autres
au
nombre
de
cinq
cens
fe
refugiérent
dans
le
temple
d’Apol-
lon
Abéen,
où
ils
périrent
tons
par
une
avanture,
que
Diodore
de
Si-
cile
croit
tenir
du
prodige
,
mais
qui
paroît
être
une
chofe
fort
na-
turelle.
En
effet
,
continue
cet
Hiftorien,
entre
tous
les
autres
fignes,
par
lefquels
la
colère
célefte
fe
fitalors
fentir
aux
Phocéens
,
il
n’y
en
eut
point,
ni
de
plus
évident,
ni
de
plus
marqué
que
celui-ci;
car
il
efthors-
de
doute,
que
ceux
qui
s’étoient
renfermés
dans
le
temple,
avoient
penfé,que
le
Dieu
qui
y
étoit
adoré
les
prendroit
fous
fa
protettion,
&t
que
par
conféquent
ils
y
feroient
à
l'abri
de
tous
les
dangers.
Il
en
arriva
néanmoins
tout
autrement
Lett.
T,
XII.
p.
199,200.
Antig.
expl,
par
Dom
B,
de
Montf.
T.f,
p.
107,
em
nn
re
28
AB
qu'ils
ne
l'avoient
efpéré.;
la
ven-
geance
divine
leur
ayant
fait
fubir
au
nulieu
même
du
temple,
la
peine
qui
étoit
dûe
à
leur
crime.
Les
Phocéens
avoient
des
tentes
dreflées
le
long
des
murs
de
ce
Æemple,
&
il
y
avoit
dans
ces
tentes
beaucoup
de
lits
de
foldats,
compofés
dhebes
féches,
de
paille
&
d’autres
matières
combuftibles.
Or,
il
arriva
qu'un
foldat
ayant,
fans
y
penfer,
laiflé
du
feu
dans
fa
tente
,
le
feu
fe
communiqua
en
un
inftant
de
celle
-
ci
à
toutes
les
autres,
@&
il
s’éleva
une
flamme
épouvantable
qui
gagna
d’abord
le
toit
du
temple;
de
forte
que
tous
ceux
qui
s'y
étoient
réfugiés
,
furent
brûlés
vifs,
&
le
temple
Fo
confumé
;
d’où
il
faute
aux
yeux,
{felon
Diodore
de
Sicile,
qu'Apollon
avoit
voulu
marquer
par-là
qu'il
n’avoit
aucun
égard
aux
prieres
des
impies,
&
quil
ne
prétendoit
pas
que
fon
temple
Jeur
fervit
d’afyle,
.
ABEILLES
|
les
]
(4)
font
cé-
lébres
dans
la
fable.
Elles
furent,
felon
la
tradition
la
plus
commune
des
habitans
de
Delphes,
les
ar-
chitectes
du
fecond
temple
,
qui
:
fut
conftruit
dans
cette
ville.
Elles
le
compoférent
de
leur
cire
&
des
plumes
de
différens
oïfeaux.
Quand
il
eut
été
bâti,
Apollon
envoya
chez
les
Hyperboréens,
auxquels
il
étoit
fort
commode
,
parce
qu'il
étoit
portatif.
Ces
peuples,
qui
erroient
dans
les
bois,
&
qui
n’a-
voient
point
de
demeure
certaine,
tranfportoient
par-tout
ayec
eux
(4)
Paufan.
pag.
60,
6:18.
Myth.
par
M,
PAbb.
Ban.
Tom.
IE,
p.
345:
Mém.
de
l'Acad,
des
Infcrip.
&
Bell,
;
AB
fe
temple
d’Apollon,
qu'ils
plai
çoient
au
milieu
de
leurs
habita=
tions.
Ils
révéroient
particulière
ment
ce
Dieu,
&
lui
envoyoient
|
tous
les
ans
à
Délos
les
prémices
de
leur
récolte.
Suivant
une
tra-
dition
beaucoup
plus
vraifembla=
ble,
ce
fecand
temple
avoit
été
bâti
par
un
homme
de
Delphes,
nommé
Ptéras,
ce
qui
avoit
ap=
paremment
donné
lieu
à
la
fable
des
Abeilles
;
car
Ptéras;
formé
du
Grec
repor,
figniñie
une
plume
,
une-aile.
Les
anciens
donnoient
des
Abeil.
les
pour
nourrices
à
Jupiter,
ainf
qu'aux
poëtes;
maisils
ne
faifoient.…
cet
honneur
qu'aux
grands
Poëtes,
tels
que
Daphnis.
Îls
les
confa-
croient
à
la
Lune,
l'Ifis
d'Égypte.
C’eft
pourquoi
les
figures
de
ces
petits
animaux,
trouvées
dans
le
fameux
tombeau
du
roi
Childéric,
font,
au
rapport
de
M.
PAbbé
de
Fontenu
,
des
preuves
incontefta=
bles
du
culte
que
les
Francs
ren-
dirent
à
cette
divinité.
Les
médail-
les
d'Éphèfe
en
l'honneur
de
Dia-
ne,
portent
fouvent
l'empreinte
des
Abeilles.
-
Paufanias
dit
du
mont
Hymette
dans
lAttique,
que
c’eft
le
lieu
le
plus
propre
qu'il
y
ait
au
monde
pour
la
nourriture
des
Abeilles
,
fi
on
en
excepte
le
pais
des
Halifons.
Car
chez
ces
peuples
,
ajoûte-til,
les
Abeilles
font
fi
douces
&
fi
fa-
milières,
qu'elles
vont
aux
champs
avec
les
hommes,
&
qu'il
n’eft
pas
bélétn
de
les
renfermer
dans
des
ruches.
Elles
travaillent
çà
&
Lett.
Tom.
IIL.
p.72,
147.
peôr,
T.
Vis
p.463»
TP:
VIT
pe
149à
Tom.
Ve
ÿ
À
B
4,
comme
1l
leur
plaît;
&
leur
ou-
vrageeft
f
bien
lié
&
d’un
tiflu
fi
fort,
que
lon
a
dela
peine
à
{e-
parer
le
miel
d'avec
la
cire.
On
trouve
une
defcription
fort
éten-
due
de
ce
qui
concerne
les
Abeil-
les,
dans
le
quatrième
livre
des
Géorgiques
de
Virgile
;
on
peut
confulter
ce
livre,
{1
on
le
juge
à
propos,
ABEL,
Abel,
ben,
(a)
fut
le
fecond
fils
d'Adam
&
d’Éve
-
Son
frere
aîné
{
nommoit
Caïn.
Ils
étoient
tous
les
deux
d’une
hu-
meur
bien
différente;
car
Abel,
qui
étoit
berger
,
&
même
le
premier
qu'il
y
ait
eu
au
monde
,
étoit
un
homme
très
-
juite
,
il
regardoit
Dieu
comme
préfent
à
toutes
fes
attions,
&
ne
penfoit
qu’à
lui
plaire,
Caïn,
an
contraire,
qui
fat
le
pre.
mier
Jaboureur,
étoit
très
-
mé-
chant,
ilne
cherchoït
que
fon
pro-
fit
&
{on
intérêt.
Ils
offrirent
l’un
&t
l’autre
des
facrifices
au
Seigneur,
Cain
préfenta
une
oblation
des
druits
de
la
terre,
&
Abel-offit
les
Premiers-nés
de
fon
troupeau,
&
ce
qu'il
y
avoit
de
plus
gras.
Le
Seigneur
regarda
favorablement
Abel
&
{es
préfens
;
mais
il
{e
dé-
tourna
de
Caïn,
&
de
ce
qu’il
lui
avoit
offert.
L’orgueil
de
Cain
ne
put
fouffrir
que
Dieu-eut
préféré
{on
frere
à
lui
;
il
en
fut
irrité,
&
lon
vifage
abattu.
Pour
s’en
ven-
er,
lengagea
Abel
à
aller
avec
lui
à
la
campagne,
Lorfqu'ils
étoient
dans
les
champs,
il
fe
jetta
fur
lui
&
le
tua.
Il
eut
foin
de
cacher
fon
Corps,
efpérant
que
par
Ce
moyen
-
ee
AR
2
pérfonne
n’auroit
confoiflance
de
fon
crime.
Dieu,
aux
yeux
duquel
rien
n’eft
caché
,
demanda
à
Caïn
où
étoit
fon
frere
,
qu'il
ne
voyoit
plus
de-
puis
quelques
jours
,
au
lieu
qu'ils
étoient
auparavant
toujours
en-
femble.
Cain,
ne
{çachant
que
ré-
pondre,
dit
d’abord
qu'il
s’étonnoit
auf
de
ne
le
plus
voir
;
&
comme
Dieu
le
prefloit,
il
lui
répondit
in-
folemment,
qu'il
n’étoit
ni
le
con=
duéteur
ni
le
gardien
de
fon
frere,
&
qu'il
ne
s’étoit
point
chargé
du
foin
de
ce
qui
le
regardoit,
Alors
Dieu
demanda
,
comment
il
ofoit
dire
qu'il
ne
fçavoit
pas
ce
que
fon
frere
étoit
devenu,
puifqu'il
avoit
tué
lui-même.
Et
fi
Caïn
ne
lui
eut
offert
un
facrifice
pour
adoucir
fa
colere
,
11
l’auroit
châtié
à
Pheure
même,
comme
fon
crime
le
méritoit.
Dieu
néanmoins
le
maudit,
le
menaça
de
punir
fs
defcendans
jufqu’à
la
feptième
gé-
nération
,
&
le
chafla
avec
fa
femmes
S:
Paul
nous
apprend
la
raïfon
pourquoi
Dieu
eut
égard
au
{-
crifice
d'Abel,
plutôt
qu'à
celui
de
fon
frere,lorfqw’il
ditque
»
c’eft
»
pat
Ja
foi
qu'Abel
offrit
à
Dieu
»une
plus
excellente
hoftie
que
»
Caïn
,
&
qu'il
fut
déclaré
juite
;
»
Dieu,
lui-même,
rendant
témoi-
»gnage
qu'ilacceptoit
fes
dons,
&
nque
c’eftà
caufe
de
cette
foi,
qu'il
»
parle
encore
après
fa
moit.«
Il
ajoûte
ailleurs,
que
fon
fang
ne
parle
pas
néanmoins
d’une
mamiè=
re
aufh
avantageufe
que
celui
de
(4)
Génef,
c.
4.
v.
2.
&
feg.
Jofephf
y.
24.
Mém.
de
l'Acad,
des
Inc.
&
Bell.
Æud,Antiq.
L,
I.c.2.
Matth.
€.
23,
v:
35°
Æuc,
c,
51,
Ve
Ste
Hébr,
cs
114
vs
4
Gs
12,
Lett,
T,
IV,
p.
310:
T,
XVIII,
pe
12:
re
RO
18
ÿ.
C.le
médiateur
de
la
nouvelle
Alliance
,
qui
difoit
un
jour
aux
Juifs,
qu’on
leur
demanderoïit
com-
pte
de
tout
le
fang
,
qui
avoit
été
répandu
fur
la
terre,
depuis
le
fang
d'Abel
le
jufte,
jufqu'au
fang
de
Zacharie
fils
de
Barachie,
qu'ils
avoient
tué
entre
le
temple
&
Fautel.
;
M.
Morin
,
dans
fon
hiftoire
cntique
du
Célibat,
remarque
qu’à
parler
juite,
iln°y
a
qu'Abel
à
qui
lon
puile
attribuer
avec
fonde-
ment
Jhonneur
de
lavoir
gardé
pendant
toute
fa
vie,
avant
le
de-
uge,
L'Écriture
fainte
ne
lui
donnant
en
effet
ni
femme
nien-
fant,
on
eft
en
droit
de
fuppofer
qu'il
n’en
eut
point
:
Aufh
eft-il
traité
de
raptéves
par
les
Grecs,
€t
de
premier
vierge
par
quelques
Âuteurs,
Son
nom
eft
inféré
dans
le
canon
dela
Mefle,
à
côté
de
ceux
d'Abraham
&
de
Melchifé-
dech.
ABEL
Domus
Maacma,
ville
de
la
tribu
de
Nephthali,
qu'on
dit
être
[a
même
que
l'Écri-
ture
appelle
ailleurs
Abéla.
Voyez
‘
Abéla.
s
ABEL
re
GRAND,
Abel
ma-
gnum,
(a)
nom
d’une
pierre,
fituée
dans
le
champ
de
Jofué,
auprès
de
Bethfamès.
On
y
plaça
l'Arche
dAlliance
,
lorfque
les
Phiiftins
leurent
renvoyée
fur
un
chariot
attelé
de
deux
vaches,
qui
allai-
toient
chacune
un
veau,
&t
qui
ne
laïflérent
pas
d'aller
jufques-là,fans
s'arrêter.
Cinquante
mille
&
{oi-
xante-dix
perfonnes
du
peuple
fu-
:
Ce)
Reg.
L,T.
©,
6. v.
18,
&r
feg.
À
B
rent
frappées
de
mort,
pour
avoif,
regardé
l'Arche
du
Seigneur;
ce
qui
répandit
la
confternation
par-
mi
les
Bethfamites.
ce
ABÉLA,
Abela,
Aa:
AgBez
Domus
Maacna,
Abel
Domus
Maacha
|
Aer
owcu
Maaxæ,
ABELMAIN,
Abel-
main,
APeruairs
(b)
Tels
font
les
divers
noms
qu'on
croit
avoir
été
donnés
à
la
même
ville.
Elle
étoit
fituée
au
milieu
de
la
tribu
de
Nephthali
,
&
alloit
être
ruinée
après
la
défaite
d’Abfalon
,
fi
une
femme
ne
l’eût
préfervée
de
ce
ce
malheur.
Un
certain
Séba,,
qui
avoit
levé
l’étendard
de
la
révolte
contre
David,
&
attiré
dans
fon
parti
plufieurs
tribus,
alla
s’enfer-
mer
dans
cette
ville.
Toab
reçut
ordre
de
le
fuivre
de
près.
Ce
gé-
néral
ayant
mis
le
fiége
devant
Abéla,
réduifit
les
habitans
à
la
dernière
extrémité,
les
menaçant
même
de
les
exterminer
tous
fans
difinon
,
&
de
rafer
leur
ville.
Mais
une
femme,
touchée
des
maux
qui
alloient
fondre
fur
fa
tête,
ainfi
que
fur
les
têtes
de
fes
conci-
toyens
,
les
affembla,
&
leur
parla
avec
tant
de
force
,
qu'ils
réfohi-
rent
de
prévenir
ces
calamités
,
eñ
livrant
à
l'ennemi
celui
qu'il
cher-
choït.
Séba
fut
donc
décapité,
&
fa
tête
jettée
du
haut
du
mur
dans
le
camp
de
Joab:
Auffi-tôt
on
le-
va
le
fiége.
Cet
événement
doit
être
placé
vers
l'an
1022.
avant
J.
C.
Abéla
fit
cependant
détruite
près
d'un
fiécle
après:
l'an
du
monde
309$.
LIU.
1$,
veao.
Paral,
L,
IL
©,
164
{é)
Reg.
L,
I,
Cr
Or.
Ve
14
d"
fa
Vs
CO
;
|
À
B
Gn
eh
attribue
la
deftru@ion
à
un
#oi
de
Syrie
nommé
Bénadab
,
qui
marcha
au
fecours
d'Afa
roi
de
Juda,
contre
Baafa
roi
d'Ifraël.
-
ABÉLA,
Abelu,
(a)
autre
ville
de
Judée
dans
la
tribu
de
Manailé
au
païs
des
Ammonites.
Les
environs
de
cette
ville
étoient
plantés
de
vignes.
_
ABELLANIENS,
Abellani,
peuple,
de
la
Campanie
en
Italie.
Leur
ville
sappelloit
Abelle.
Voyez
Abelle,
dont
l’article
eff
ci-
après.
.
=
ABELLE,
Æbella,
A’Bima,
{b)
ville
de
la
Campanie
,
provin-
te
dtalie,.
Ses
habitans
étoient,
felon
Juftin,
une
colonie
de
Chal-
cidiens.
Elle
eft
appellée
dans
Pli-
ne
Abelline.
Les
noix
de
cette
vil.
le
étoient
fort
célébres.
Elle
en
produifoit
en
effet
une
grande
quantité.
Cell
pourquoi
les
noix
Abellines
étoient
paflées
en
pro-
verbe.
On
a
farnommé
les
habi-
tans
d'Abelle,
les
Marfes,
pour
les
diftinguer
de
ceux
d’une
autre
vil-
le
de
même
nom,
auf
fituée
en
Italie
vers
les
mons
Hirpins.
C’eft
aujourd'hui
Avellz
au
royaume
de
Naples,
dans
la
terre
de
La-
bour,
avec
titre
de
marquifat
à
quatre
milles
de
Nole,
&
à
quin-
ze
de
Naples.
ABELLIO
ou
ABELLION,
(c)
nom
d’une
divinité,
qu’on
adoroit
dans
les
Gaules
au
pais
de
Com-
minges
,
ainfi
que
le
prouvent
trois
infcriptions
rapportées
par
-
(a)
Jud.
c.
11.
v.
33.
(b)
Juft.
L.
XX,
Ce
Ie
Strab.
pe
249e
Pool,
L,-IIL.
c.
1.
Plin.
LeIHL,
c.
Se
21.
L,
XV,
c,
22.
249
Myth,
par
M,
PAbb,
Ban,
Te
V,
À
AB
Gruter.
Cet
antiquaire,
fuivi
em
cela
par
Reïnéfius
,
eft
perfuadé
que
ce
Dieu
étoit
le
même
que
Bélénus,
adoré
dans
toutes
les
Gaules
;
&
le
dernier
prétend
même
dériver
le
nom
d’Æpellio
de
celui
de
Bélénus.
La
divinité
à
laquelle
les
peuples
de
Pamphilie,.
&
les
habitans
de
l’ifle
de
Créte
rendoient
des
honneurs,
s’appel-
loit
auf
Abélion.
On
croit
avec
raïfon
que
c’étoit
le
même
Dieu,
c'eft-à-dire,
le
Soleil
ou
Apollon,
que
les
Romains
nommérent
d’a-
bord
Apellon.
ABELMAIN
,
Abelmain
,
(d}
AGeauar,
ville
de
Judée
dans
la
tribu
de
Nephthali
au
royau-
me
d’Hraël.
Bénadab
roi
de
Syrie,
follicité
par
Afa
roi
de
Juda,
de
marcher
à
{on
fecours
,
contre
Baafa
roi
d'Ifraël
,
envoya
fes
généraux
qui
prirent
,
entre
autres
villes
,
celle
d’Abelmain.
Elle
étoit
murée,
ainf
que
toutes
celles
qu'on
força.
On
croit
que
cette
ville
eft
la
même
qui
eft
appellée
ailleurs
Abel
Domus
Maacha,
ou
Abela,
voyez
Abela.
:
ABELMEULA
ou
ABELMÉ-
HULA,
Abelmeula,
vel
Abelme-
hula,
A'Ésxusouna,
(e),
ville
fituée
en
de-çà
du
Jourdain
au
pais
de
Madian
,
dans
la
demi-tribu
de
Manaflé.
Ce
fut
auprès
de
cette
ville
que
Gédéon
remporta
une
victoire
célébre
fur
les
Madianites.
I]
en
fut
redevable
principalement
à
ceux
d'Ephraim
à
qui
il
avoit
p.
475.
Antiq.
expl.
par
Dom
B.
de
Montf.
Tom.
Il.
p.
433.
(4):
Paral,
E:-Il.
©.
16,
v:
4.
(e)
Judic.
L.
VIL.
v.
22.
dr
fege
Rege
L:
AIX.
Ce
Ve
12e
Ce
39°
Yo-
164.
,
Es
fr,
RE
PEL
À
B.
ordonné
de
fe
fair
de
tous
les
pañfages
du
Jourdain
jufqu'a
Beth:
béra.
Ces
braves
foldats
ayant
pris
deux
chefs
des
ennemis,
Oreb
€
Zeb
,
tuérent
le
premier
au
rocher
d'Oreb
,
&
le
fecond
au
prefloir
de
Zeb.
Puis,
ayant
pour-
fuvi
le
reite
des
Madianites
avec
leurs
têtes
à
la
main,
ils
vinrent
après
cela
les
porter
à
Gédéon
au
de-là
du
Jourdain.
On
préfume
que
la
ville
d'Abel-
meula
devoit
être
confidérable,
parce
qu’elle
fit
partie
du
gouver-
nement
de
l’un
des
favoris
de
Sa-
fomon..
Elle
vit
naître
le
prophéte
Élifée,
qui
reçut
l’onétion
du
pro-,
phéte
Elie
par
l’ordre
de
Dieu
même.
ABÉLOX,
Abelox,
(a)
gentil-
homme
Efpagnol,
qui
vivoit
du
tems
de
la
feconde
guerre
puni-
que.
Il
fut
d’abord
attaché
au
parti
des
Carthaginois
;
maïs,
par
une
inconitance
ordinaire
aux
Barbares
,
il
les
abandonna
avec
la
fortune
vers
Pan
$35
de
Rome,
217
ans
avant
Jefus-Chrift.
Au
refle
étant
bien
perfuadé
qu'on
n’a
que
du
mépris
pour
un
transfuge
,
qui
ne
porte
que
fa
perfonne
dans
le
nouveau
parti
qu'il
embrafle
,
il
fongeoit
à
procurer
aux
Romains
quelque
grand
avantage
,
afin
de
e
rendre
confidérable
parmi
eux.
Ayant
donc
examiné
müûrement
tout
ce
qu'il
étoit
en
état
de
faire
pour
leur
fervice,
il
s’en
tint
au
deflein
de
leur
mettre
entre
les
mains
les
Otages,qu’Annibal
faifoit
garder
dans
£
190
moyen
le
plus
für
de
leur
concilier
agonte,
comme
au
A
B
Paffection
des
principaux
de
la
Province.
Mais
comme
il
fçavoit
que
les
foldats
qui
veiloient
fur
eux,
ne
feroient
rien
fans
l’ordre
de
Boftar
leur
commandant
,
il
entreprit
de
tromper
Boftar
tout
le
premier.
Cet
officier,
pour
empêcher
les
Romains
d'entrer
dans
le
port
de
Sagonte
,
étoit
campé
avec
fes,
troupes
hors
de
la
ville
fur
le
bord
même
de
la
mer.
Ce
fut
là
qu’Abé-
lox
l’alla
trouver
,
&
l’ayant
tiré
à
l'écart
,il
lui
expofa
l’état
de
la
Province
,
feignant
de
croire
qu'il
n’en
étoit
pas
aflez
informé.
Il
lui
fit
entendre
que
la
crainte
avoit
re-
tenu
les
Efpagnols
dans
le
devoir,
tant
que
les
Romains
avoient
été
éloignés
;
mais
que
depuis
qu'ils
étoient
arrivés
dans
la
Province,
leur
camp
étoit
devenu
Pafyle
de
tous
ceux
qüi
aimoiïent
le
change-
ment
;
qu'ami
il
falloit
gagner
par
_
des
graces
&
des
bienfaits
des
gens
que
l’autorité
ne
pouvoit
plus
con-
tenir.
Boftar
étonné
lui
ayant
de-
mandé
ce
que
lon
pouvoit
faire
pour
s’affürer
d'eux
:
»
Renyoyons,
»
dit-il,
les
ôtages
dans
leurs
pais.
»
Cette
faveur
fera
agréable
en
»
particulier
à
leurs
parens,qui
font
»
les
premiers
de
leurs
villes,
&c
»
en
général
à
tous
les
peuples.
Il
»
ny
a
perfonne
qui
ne
foit
bien
»
aïe
qu'on
ait
de
la
confiance
ef
»
lui.
Et
pour
rendre
les
hommes
»
fideles
,
il
fuffit
de
leur
témoi-
»
gner
qu'on
ne
fe
défie
pas
d'eux:
»
Je
me
charge
de
remener
moi-
»
même
les
ôtages
dans
leurs
mai-
»
fons.
Comine
je
m'ntérefle
plus
(a)
Tir.
Liv,
L.
XXI,
6,22,
Roll,
Hift,Anc;
TI,pr231,
Hift,
Rom,
T,Up.198
que
À
B
ee
qui
que
ce
foit,
au
fuccès
»
d'un
projet
dont
je
füis
l’auteur,
»
je
fçaurai
faire
valoir
aux
Efpa-
»
gnols
un
bienfait
qui
eft
déjà
>»
très-grand
par
lui-même.
»
Boftar
étoit
un
homme
fimple,
&
en
cela
fort
peu
Carthaginois.
Abélox
ne
l'eut
pas
plutôt
perfua-
dé,
qu'il
pafñla
de
nuit
dans
le
camp
des
Romains.
S'étant
abou-
ché
avec
quelques
Efpagnols
des
troupes
auxiliaires
,
1l
fut
conduit
par
eux
à
Scipion
,
à
qui
il-expofa
de
quoi
il
étoit
queflion.
Il
lui
donna
fa
parole,
&
recut
la
fien-
ne.
Étant
convenu
du
tems
&
du
lieu,
où
les
ôtages
devoient
être
livrés
,
il
retourna
à
Sagonte.
Il.
pafla
tout
le
jour
fuivant
à
prendre
avec
Boftar
les
mefures
néceflaires
our
l'exécution
de
leur
entreprife.
t
l'ayant
averti
qu'il
partiroit
de
nuit
pour
mieux
tromper
les
{enti-
nelles
des
ennemis
,
il
prit
congé
de
lui,
La
nuit,
à
l'heure
marquée,
il
éveilla
les
gardes
qui
lui
remi-
rent
auffhi-tôt
les
ôtages.
Dès
qu'il
füt
forti
de
la
ville,
il
s’alla
jetter
avec
eux,
comme
fans
le
{çavoir,
dans
les
embûches
qu'il
s’étoit
fait
dreffer
lui-même.
Onles
conduifit
tont
droit
dans
le
camp
des
Ro-
“Mains,
Le
refte
fut
exécuté
de
la
même
manière
&
dans
le
même
ordre
,
dont
il
étoit
convenu
avec
oftar
;
avec
cette
différence
que
les
ôtages
furent
rendus
à
leurs
parens
de
la
part
des
Romains
,
&
non
pas
de
celle
des
Carthaginois.
Cette
a@tion
d’Abélox
fut
caufe
que
tous
les
Efpagnols
,
d’un
com
(4)
Num.
C,
33.
y.
40,
+
()
Jofu.
c.
58.
Vo
8,
ee
Tom.
Z.
un.
]
A
B
un
Confentèment,
fe
déclarérent
pour
les
Romains.
Carils
jugeoient
d’ailleurs,
qu’étant
auff
fage
&
auffi
fenfé
qu'il
l’étoit,
il
mavoit
pas
changé
de
parti,
fans
en
avoir
de
fortes
raifons.
ABELSATIM,
Abelfatim,
(e}
plaine
de
la
Paleftine
au
païs
des
Moabites
dans
la
tribu
de
Ruben.
Les
enfans
d'Ifraël
ayant
quitté
les
montagnes
d’Abarim,
allérent
Camper
dans
cette
plane
,
ob
Moïfe
recut
plufeurs
ordres
de
la
part
du
Seigneur,
&
entre
au-
tres,
celui
d’exterminer
les
Chana-
néens,
lorfque
le
peuple
fe
{eroit
rendu
maître
de
leur
païs.
res
ABENBOEN
,
Abenboen,
(8)
c'eft-à-dire
,
la
pierre
de
Boen
;
fils
de
Ruben.
C’étoit
un
endroit
de
la
Paleftine
für
les
frontières
de
la
tribu
de
Benjamin.
Il
fervoit
de
.
éparation
à
cette
tribu,
&
à
célle
de
Juda
dans
la
vallée
qui
condui-
foit
à
Adommim,
On
dit
que
c’étoit
une-grofle
pierre
,
ayant
la
forme
d'un
four
,
&
paroïflant
être
dé
marbre.
ABÉONE
,
Abeona,
{c)
divi-
nité
qui,
ainfi
qu’Adéone,
fat
ho-
norée
par
les
Anciens
d’un
culte
:
:
particulier.
Elles
préfidoient
toutes
deux
aux
voyages
;
&
leurs
noms
formés
du
latin,
marquent
leurs
fonétions
à
cet
égard.
Abéone
:
étoit
la
déeffe
du
départ,
&
Adéo-
ne
celle
du
retour.
ABERIDES,
Aberides
étoit
,
felon
la
fable,
fils
de
Cœlus
&
de
Vefta.
On
croit
que
c’eftle
même
que
Saturne.
(eo)
Antiq.
expl.
par
Dom
Bern:
de
:
|
Montf.
T,
[,
p.
406,
TS,
34
À
B
-
ABES,
Abes,
(a)
ville
de
Ju-
dée
dans
la
tribu
d'IHfachar.
Elle
fut
comprife
au
nombre
des
feize
Villes
que
le
fort
adjugea
à
cette
tribu.
=
ABESAN,
Abefan,
À
CalCar,
(b)
naquità
Bethiéhem.
Il
euttren-
te
fils
&
autant
de
filles.
El
fit
fortir
celles-ci
de
fa
maifon
en
les
ma-
riant;
&
il
y
fit
venir
autant
de
-
filles,
qu'il
donna
pour
femmes
à
fes
fils.
I
fuccéda
à
Jephté,
dans
le
gouvergement
d'Hfraël
;
êt
après
lavoir
gouverné
durant
fept
ans,
:
ilmourut,
&
fut
enfeveli
à
Beth-
léhem.
C'étoit
le
huitième
jnge
d'Ifraël.
Son
fuccefleur
fut
Aïalon
de
Zabulon,
l'an
du
monde
2830,
1170
ans
avant
J.
C.
ABESSALOM
,
Abeflalom,
AE
Canoe
,
(c)
eut
une
fille
nommée
Maacha,
qui
fut
mere
*&'Abia
ou
d'Abiam.
Cellui-ciré-,
gna
fur
Juda
pendant
trois
ans,
êt
inarcha
dans
tous
les
péchés
que
fon
pere
avoit
commis.
Abefla-
lom,
dans
la
Vulgate
,
eft
appellé
Abfalom
,
&
même
Uriel
de
Ga-
baa
,
au
fecond
livre
des
Parali-
poménes
,
où
fa
femme
eft
aufli
nommée
Michaïa.
ABESSALOM
,
Abeffalom
,
AG
Carrn,
(à)
fraëlite,
qui
vi-
voit
du
tems
des
Maccabées.
Il
fut
député
avec
Jean
vers
Lyfas,
général
d'Antiochus
Eupator,
pour
traiter
avec
cet
officier
des
con-
ditions
de
la
paix,
qu'il
avoit-été
contraint
de
demander,
après
la
perte
d’une
bataille
confidérable
(a)
Jofu.
Ce
0
25.
(b)
Judic,
c.
13.
v,
8.
&:
feq.
AB
d'où
il
n’échappa
lui-même
que
par
une
fuite
honteufe.
La
lettre
que
Lyfas
écrivit
à
cette
occafñon
aux
Maccabées
,
étoit
conçue
en
ces
termes
:
»
Ly-
»
fias,
au
peuple
Juif,
falut.
Jean
»
&
Abeflalom,
que
vous
m'avez
envoyés,
mayantrenmus
votre
»
écrit,
m'ont
demandé
que
J'ac=
»
complifle
ce
qui
y
étoit
contenu.
»
Jai
donc
expoié
au
Roi
ce
qu'il
>
étoit
à
propos
de
luirepréfenter,
»
8
il
a
accordé
ce
que
fes
affaires
»lui
ont
pu
permettre.
Si
donc
»
vous
demeurez
fideles
au
Roi
»
dans
vos
traités
,
je
tâcherai
à
»
l'avenir
de
vous
procurer
tout
le
»
bien
que
je
pourrai.
Pour
ce
qui
»
regarde
les
autres
chofes,
j'ai
»
chargé
ceux
que
vous
m'avez
n
envoyés,
Ê&
ceux
que
je
vous
»envoie,
d'en
conférer
en
détail
»
avec
vous.
Adieu.
»
ABGARE,
ÆAbparus
Ge
Nom
commun
à
tous
les
rois
d’
defle,
ville
de
Méfopotamie
,
fi-
tuée
dans
l'Ofrœne,
qui
étoit
un
canton
de
cette
province.
Ce
nom,
qui
tire
fon
origine
de
l’Arabe
,fi=
gnifie
grand,
puilant.
Il
y
ena
qui
lifent
Acbare,
d’autres
Abare,
d’autres
Agbare,
&c.
Sur
une
mé-
daïlle
rapportée
par
dom
B.
de
Montfaucon,
on
trouve
Abpa-
roc,
ABIAPOC.
Cet
Antiquarre
dit
que
les
rois
d'Édefle
fe
font
remarquer
fréquemment
fur
les
médailles
,
par
leurs
tiares,
qui
reviennent
à
la
forme
de
quelques
unes
des
roïs
des
Parthes;
&
qu'on
(4)
Mace.
L.
IL,
c.
11.
v.
x7:
dx
fede.
()
Roll.
hift.
Rom.
T.
VII.
p.
198
(ce)
Reg,
Le
IH
ce
25e
v2.
Paralip.]
Antig.
expl.
par
Dom
B,
de
Montf.
Tom
E,
I,
c,
11.
V,
21»
Cr
13:
Vi
2e
_
{
HT,
p.
76:
8081
A
B
Voit,
fur
le
revers
d’une
autre,
Phabit
tout
entier
d’un
prince
d'É-
delle
,
où
l’on
obferve
les
braies
aflez
bien
formées.
Sans
doute,
que
cette
forte
d’habillement
,
qui
fut
en
ufage
chez
les
Perfes,
auf
bien
que
chez
les
Gaulois,
avoit
pailé
de
chez
les
premiers
,
parmi
les
habitans
de
la
Méfopotamie,
Voici
la
lifte
des
principaux
rois
d'Édeffe,
dont
la
connoïffance
eft
parvenue
jufqu’à
nous.
ABGARE,
Abparus
,
(a)
qui
vivoit
quelques
années
avant
J.C.
Sétoit
montré
ami
des
Romains,
tandis
que
les
armes
de
Pompée
fafoient
trembler
l'Orient.
Mais
lorfque
ce
Général
fe
fat
éloigné
,
il
fit
de
nouveau
alliance
avec
lès
Parthes,
S'il
eût
fait
Jaroitre
F
Les
fentimens
à
découvert
,iln'au-
roit
pas
été
capable
de
faire
grand
mal
aux
Romains.
Mais
de
con-
cert
avec
Suréna
,
il
fe
rendit
dans
leur
camp
,
cachant,
fous
les
de-
hors
d’une
amitié
frauduleufe
AE
plus
noire
perfidie
;
&
comme
il
étoit
beau
parleur,
&
que
d’ail-
leurs
connoiffant
le
foible
de
Craf.
fus,
Général
de
l’armée
ennemie
>
il
Jui
avoit
apporté
des
préfens
Confidérables
,
il
gagna
toute
fà
Confiance.
La
commifion
d'Ab-
gare
.étoit
de
perfuader
au
gé-
néral
Romain,
de
s’engager
dans
es
vaftes
plaines
de
la
Méfopo-
tamie,
où
des
troupes,
péfam-
ment
armées,
ne
pouvoient
fe
défendre
|
contre
ne
cavalerie
innombrable.
Après
done
qu'il
fe
fut
infinué
dans
Îes
bonnes
graces
de
Cralus,
par
des
proteftations
Latine
|
AB
de
reconnoiffance.
pour
les
bien-
faits
qu'il
avoit
recus
de
Pom
pée,
&
par
la
haute
idée
qu'il
témoignoïit
avoir
des
forces
Ro-
maines
:
»
Vous
n’y
penfez
pas,
»
difoit-il,
avec
une
armée
telle
»
que
la
vôtre,
de
perdre
le
tems
»
à
de
longs
préparatifs.
Il
n'eft
»
point
queftion
de
faire
ufage
des
»
armes,
contre
des
gens
qui
ne
»
fongent
qu'à
für:
Vous
n'avez
»
befoin
que
de
pieds
agiles
,
pour
»
les
atteindre
,
&
de
mains
;
pour
»
prendre
&
emporter
leurs
tré-
»
fors
;
&
quand
il
faudroit
com-
»
Battre,
lequel
vous
eft
le
‘lus
:
”
avantapeux
,
Ou
d'avoir
affaire
»
à
Suréna
feul,
où
de:
donner
»
à
Orode
[
c'étoit
le
roi
des
»
Parthes
|,
que
la'crainte
ré
»
duit
maintenant
à
fe
cacher,
»
le
tems
de
reprendre
courage,
»
&t
de
réunir
contre
yous
toutes
»
les
forces
de
fon
empire,
«
…
-
Craflus
prit
pour
autant
de
vérités
inconteftables
|
tous
les
menfonges
qu'il
plèt
à
Abgare
de
lui
débiter.
S'étant
donc
dloi-
gné
de
l'Euphrate,
il
s'engagea
dans
dés
déferts
immenfes
,
où
l’on
ne
voyoit
ni
arbre,
ni
plante,
ti
ruifleau
,
ni
colline,
ni
herbe
qui
fortit
de
terre
;
finon
une
efpèce
de
vafle
mer,
formée
par
des
fables
brûlans.
Caffius,
lun
des
officiers
Romains,
étoit
dé-
{olé,
Cependant,
il
n'ofoit
faire
aucune
remontrance
à
{on
Géné-
ral,
qui
étoit
le
feul
quine
s’ap—
perçut
pas
de
la
trahifon,
&cqui
éntroit
au
contraire
en
colère
Contre
quiconque
vouloit
Ini
en
(4)
Plut,
Tom,
L,
p,
555e
Roll,
Hifi,
Rom,
Tom,
VIL
p,
198,
8e
foive
Ci
DE
ET.
*!
A B
roi
de
Juda,
dont
elle
eut
un
fils
nommé
Ézéchias,
quicommença
à
régner
à
l’âge
de
vingt-cinqans,
€
qui
en
régna
vingt-neuf
dans
Jérufalem.
If
a
été
parlé
d’Abia
ci-deflus
,
fous
le
nom
d’Abi.
ABIA,
Abia,
Aie,
(a)
de
la
rate
des
enfans
d'Aaron.
Lorf-
que
David
en
fit
le
partage
en
vingt-quatre
clafles,
afin
qu'ils
puflent
chacun
à
leur
tour
être
employés
dans
le
temple,
en
gar-
dant
les
cérémonies
accoûtumées
fous
l’autorité
du
fouverain
Pon-
tife,
Abia
fut
choifi
pour
être
le
chef
d'une
de
ces
clafles..
C’étoit
Ja
huitième
qui
lui
échut.
-
Cet
ordre
fe
maintint
depuis
jufqu’au
tems
de
J,
C.
car,
felon
$.
Luc,
Zacharie,
pere
de
S.
Jean-Bap-
tifte,
étoit
de
la
famille
&
de
la
“«<laffe
d'Abia,
Et
il
faifoit
les
fonc-
-tions
du
facerdoce
fuivant
fon
rang,
lorfque
l'Ange
vint
lui
annoncer
qu'il
auroit
un
fils
,
qui
feroit
grand
devant
le
Seigneur.
ABIA
,
Abix,
A'Cie,
(b)
fille
d'Hercule
,
&t
nourrice
d'Hyllus.
Elle
alla
de-
meurer
dans
une
ville
de
Meffénie
qui
s'appelloit
alors
ré
,
&
qui
étoit
l’une
des
fept
villes
qu’Aga-
meémnon
promit
de
donner
à
A-
chille.
Elle
y
bâtit
un
temple
en
honneur
de
fon
pere.
Dans
la
faite
Crefphonte,
entr’autres
hon-
neurs
ne
rendit
à
la
mémoire
de
cette
femme,
voulut
que
la
ville
d'Iré
changeât
fon
nom
en
celni
d'Abia.
:
(a)
Paral.
LÉ;
TI,
Ce
24»
Vo
20:
Luc,
€,
1,
V,
Se
>
fea.
()
Pau.
pag.
293.
=
()
Reg,
L,
IL,
ç,
23,
v,
27.
&
à
la
fois
fœur.
AB
ABTALBON,
Abialbon
,(c)
nâquit
à
Atbath,
&
fut
choii
par
David
pour
être l’un
des
trente
vaillans
hommes
qu'il
prit
aupres
de
fa
perfonne.
ABIASAPH,
Abiafaphs
À
Cilær,
(d)
étoit
de
la
tribu
de
Lévi,
fils
d'Elcana
,
&
pere
d’Afr.
ABITATHAR,
Abiothar,
À
Ciétap
,
(e)
étoit
fils
unique
d’Achimelech.
Il
eut
le
bonheut
de
s’échapper
du
carnage
,
lorfque
Doëg
l'Iduméen,
par
l'ordre
de
Sail,
ft
pafler
au
fil
de
l'épée
les
habitans-de
Nobé
,
fans
épargner
les
petits
enfans,
ni
ceux
même
qui
étoient
à
la
mamelle,
m
les
bœufs
,:
ni
les
ânes,
ni
les
brebis;
&
cela,
à
caufe
de
l'accueil
favo-
table
qu'Achimelech
avoit
fait
à
David.
Abiathar
s'enfuit
à
Céila,
vers
ce
dernier,
emportant:
avec
foi
l’Éphod:
du
grand-Prêtre.
Il
lui
apprit
que
Saül
avoit
tué
les
.
À
«
}
-Prêtres
du
Seigneur.
David
ré
pondit
à
Abiathar:
»
Je
fçavois
»
bien
que
Doëés
l'Iduméen
s'étant
»
trouvé
à
Nobé,
lorfque
jy
étois,
x
ne
manqueroit
pas
d'avertit
Saül.
»
Je
fuis
caufe
de
la
mort
de
toute
-»
la
maïfon
de
votre
pere
;
demeu-
-»
rez
avec
moi
êt
ne
craignez
rich;
»
il
faudra
entreprendre
fur
ma
»
vie,
pour
entreprendre
fur
la
v0-
»tre,
&c
fi
je
fuis
en
füreté
vous
»
y
ferez
auffi.
«
Lorfque
Sail
marchoit
contre
Céila
,
dans
le
deflein
d'y
afliéger
David
&c
fes
gens;
ce
Prince
en
ayant
été
aver-
(2)
Paral
Le
cc
622
(e)
Reg.
E,
I.
c.
22.
v.
20.
@
Jet
Ce
23e
Ve
6.
C.
30.
Ve
7.
@*
feqs
:
Mém.
de
PAcad,
des
fnforip,
&c
Bclk
Lett,
4,
HT,
P:-95
3
96
98
x
z
js
RE
es
ES
REC
TS.
CMP
ER
EL
SR
RE
A
A
PQ
CN
TE
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Sr
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OR
ME
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LOT
NNS
DE
PE
RE
PRE
ES
RE
PA
LE
AO
EEE
Er
ESS
Ca
pe
DENT
1e
ACT
&
Sie
1
06,
es
CPE
SCHL
EE
RE
PC
ER
=
Fe
tt,
dità
Abinthar
de
prendre
l'É-
phod,
&
confulta
le
Seigneur,
qui
lui
fit
entendre
qu'il
falloit
quitter
ce
lieu
là.
C’eft
pourquoi
_1l
fe
fauva
de
Céïla.
:
Quelque
tems
après,
les
Ama-
lécites
ayant
mis
le
feu
à
Sicéles
êt
emmenés
les
femmes
captives:
avec
tous
ceux
qu'ils
y
avotent
trouvés,
David
en
fut
faifi
d’une
exttème
affiétion
,
parce
que
tout
le
peuple
vouloit
le
lapider.
Met-
tant
fa
force
&
fa
confiance
dans
le
Seigneur,
il
dit
au
grand
prêtre
Abiathar
:
Prenez
pour
moi
P£phod
;
&
Abiathar
{e
revètit
de
l'Éphod
pour
David.
Après
cela
David
confulta
le
Seigneur,
qui
lui
dit
de
pourfuivre
les
ennemis
de
ceux
de
Sicéleg,
lefquels
furent
vaincus.
Au
fujet
de
ces
mots
de
David
à
Abiathar:
Prenez
pour
moi
l’Éphod,
on
lit
dans
le
troi-
fième
tome
des
Mémoires
de
l'A-
cadémie
des
Infcriptions
&
Belles
Lettres
quelques
réflexions,
qui
“méritent
de
trouver
ici
leur
place.
Cependant,
pour
abréger,
je
ne
les
rapporterai
pas
en
entier.
Un
Chanoïne,homme
delettres,
ayant
confulté
M.
Pinart,
fur
le
véritable
fens
de
ce
pañlage
du
premier
livre
des
Rois,
où,
felon
la
Vulgate,
David,
dit
au
grand-
prêtre
Abiathar,
zpplica
&d
me
Ephod
,
&
Applicuit
Davidi
Ephod
;
&
lui
ayant
demandé
en
conféquence,
fi
David
s'étoit
revé-
tu
de
l’Éphod
du
fouverain
Pon-
#ife
,
&
s'il
avoit
confülté
par
lui
même
l’oracle
Tim
Thummim:
M:
Pinart
à
fon
tour
propofa
la
queftion
à
l'Académie,
&
fit
en
fuite
à
fon
Chanoine
la
réponie,
dont
voici
la
fubftance.
ue
y
À
rtition
À
nn
4
avoit
différentes
fortes
d'Éphod
chez
les
Hébreux,
lun
.
qui
nétoit
que
de
lin,
tel
que
ce-
lui
dont
étoit
revêtu
David.
Get
Éphod
étoit
tout
fimple
,
fans
peétoral
,
fans
huméraux
,
fans
imfcription
du
nom
des
douze
tri-
bus,
@&
par
conféquent
fans
Ur
&
Thumrnim.
C'étoit
une
tunique
faite
à
peu
près
comme
le
rechet
des
Chanoïnes
,
fans
manches,
fendue
par
les
côtés
jufqu’au
bas
,:
&t
fur
laquelle
on
mettoit
une
cein-
ture.
Cet
des
Prêtres,
des
Lévites,
des
Pro-
phétes,
&
même
des
perfonnes
de
Éshod
étoit
à
l’ufage
dihinétion
dans
les
cérémonies
pu-
bliques.
Le
prophète
Samuél'por-
toit
un
Éphod
de
purlin,
&c
les
85
Prêtres
que
Doëg
fit
égorger
en
avoient
un
femblable,
L'autre
forte
d'Éphod,
&
qui
ne
pouvoit
être
porté
que
par
le
grand-Prêtre,
étoit
de
toute
autre
matière
;
fçavoir
,
d'hyacinthe,
de
pourpre,
d’écarlate’,
d’or
êc
de
fin
lin
retort
,
avec
tous
les
orne=.
mens
dont
l'Écriture
fait
mention.
M
n'étoit
pas
permis
à
David,
tout
roi
@&
tout
prophète
qu'il
étoit,.
ni
à
tout
autre
qu'au
fou
verain
Pontife,
de
fe
revêtir
de
cet
Éphod
;
&
il
n'eft
pas
dit
non
plus,
dans
cet
endroit
du
premier
livre
des
Rois,
que
David
fe
foi
donné
la
liberté
de
prendre
cet
habit
pontifical.
ere
Ce
qu'on
lit
dans
le
texte
Hlé=
breu,,
ne
fignifie
,
mot
à
mot,
autre
chofé
,
finon
appropinquare.
fac
quæfo
ad
me
Éphod
,
où
felon
d'autres,
mei
caufé
,-propier
mes
CS
nn
à
AB
ee
que
ce
qui
réfulte
de
ces
paroles,
eft
que
David
demanda
au
grand-Prètre
Abiathar
{on
Éphod
de
lin,
afin
d’être
en
habit
plus
décent
à
la
confultation
de
Oracle
,
ou
que
s'il
en
étoit
déjà
revêtu,
il
pria
ce
Pontife
de
s’ap-
procher
&
de
fe
mettre
tout
auprès
de
lui,
revêtu
de
fon
Éphod
pon-
ffical,
afin
qu'il
püt
entendre
ou
diftinguer
plus
aifément
la
réponfe
de
l’'Oracle.
=
:
David
étoit
trop
inftruit
de
la
loi
,
&
trop
foumis
à
ce
qu’elle
or-
donnoït
,
pour
que
l’on
croie
qu'il
ait
rien
entrepris
qui
y
fût
contrai-
re.
Penfons
que
ce
Roi,
qui
étoit
felon
le
cœur
de
Dieu,
refpeta
toujours
les
droits
du
Sacerdoce,
€t
que
voulant
confulter
l'Oracle
for
une
affaire
qui
étoit
de
la
der-
tière
importance,
puifquelle
re-
gardoit
le
falut
de
fon
état,
il
pria
feulement
le
grand-Prêtre
de
s’ap-
procher
de
lui,
afin
qu'il
pût
être
plutôt
informé
de
la
réponfe
du
Dieu
vivant.
Enfin,
fans
vouloir
rapporter
ici
ce
que
les
Rabbins
&
fes
Commentateurs
difent
fur
le
paflage
en
queftion.,
il
femble
qu'il
ya,
dans
l'Écritüre,
un
en-
droit
qui
peut
confirmer
le
{enti-
ment
de
M.
Pinart,
&
qu'il
eft
afléz
étonnant
qu'on
n'ait
pas
ap-
pliqué
au
füjet
dont
il
s’agit.
Salo-
mon
après
la
mort
de
David,
re-
Kégua
le
grand-prêtre
Abiathar
à
{à
smaïfon
de
campagne,
en
ni
di-
fant
que,
quoiqu'il
fût
digne
de
mort
,
il
lui
pardonnoit
en
conf.
dération
de
ce
qu'il
avoit
porté
PÉphod
devant
fon
pere,
(2)
MatGr
Co
3
Vo
26;
Le
-
ABIATHAR,
Abisthor,
A'bialar
;
(z)
nom
que
J.
C.
donna
à
Achimelech,
pere
d'A-
biathar
,
dont
il
vient
d’être
quel
tion,
lorfqu’il
répondit
aux
Phari
fiens
:
»
N’avez
vous
jamais
1h...
»
comment
David
entra
dans
la
»
maon
de
Dieu,
dn
temsdu.
»
grand-prêtre
Abiathar
,
mengea.
»
des
pains
de
propofition
,
&cen
»
donna
à
ceux
qui
étoient
avec
»
lui,
quoi
qu'il
n'y
ait
queles
»
prêtres
à
qui
il
foit
permus
d'en
»
manger.
»
ABIB
,
AbIb
,
nom
que
fes
Hé-
breux
donnoient
au
premier
mois
de
leur
année
fainte.
Ce
mois,
dans
la
fuite
;
fut
nommé
Nifan.
Il
répondoit
à
notre
mois
de
Mars.
On
prétend
que
ce
mot
Ab
veut
dire
des
épids
verds.
S.
Jérôme
l'a
rendu
par
des
fruits
nouveaux.
C’eft
qu'il
doit
y
en
avoir
en
effet
alors
dans
la
Paleftine,
ABIDAN
,
Abidan,
Aid,
(b)
fils
de
Gédéon,
étoit
Prince
ou
chef
des
enfans
de
Benjamin,
lorfque
Moïfe
fit
la
dédicace
de
PAutel,
Chaque
chef
de
tribu
préfentant,
pour
cet
effet,
fon
offrande
,
chacun
à
fon
tour,
eñ
des
jours
diférens,
ainf
que
le
Seigneur
lavoit
ordotné
;
Abr-
dan
préfenta
la
fienne
le
neuvième
jour.
Il
offrit
un
plat
d'argent
di
poids
de
cent
trente
ficles,
&un
baffin
d'argent
de-foïxante
&
dix
ficles
au
poids
du
fan@uaire
>
tous
deux
pleins
de
fine
farine
parie
avec
de
Phuile,
pour
Poblation
qui
devoit
accompagner
les
facri=
fices
,
un
petitigafe
d’or
du
poids
1
@)
Numer,
c.
7e
Ve
61
>
fe4s
‘de
d'Abidan.
:
AB.
de
dix
ficles
plein
d'encens;
un
jeune
bœuf,
un
bélier
,
&
un
agneau
d'un
an
pour
l'holocaufte,
un
bouc pour
le
péché;
&
pour
hofties
pacifiques,
deux
bœufs,
cinq
béliers,
cinq
boucs
&
cinq
agneaux
d’un
an.
1
elle
fut
l’offran-
ABIEL
,
4kel,
AC,
(«)
fils
de
Séror,
de
la
tribu
de
Benjamin
,
fut
pere
de
Cis,
&
par
conféquent
ayeul
de
Sail,
premier
roi
des
Ifraëlites.
ABIENS
,
4bu,
Abri,
()
peuples
de
Thrace,
felon
les
uns,
&
de
Scythie
felon
d'autres.
Homére
en
fait
un
grand
éloge
en
peu
de
mots
,
lorfqu'il
dit
que
c'étoient
des
peuples
du
nombre
de
ceux
qui
pañloient
pour
les
plus
juftes
des
hommes.
Strabon
remarque
qu
Homére
les
appelloit
Abiens
,
terme
qui,
en
Grec,
figniñie
des
hommes
fans
vie,
parce
qu'ils
ne
fe
marioient
point.
Mais
il
montre
en
même-tems,
que
ce
fentiment
d'Homére
n’eft
pas
fondé.
Comment
auroient-ils
pû,enefñet,
fe
perpétuer
?
.Cet
ancien
Géographe
fait
voir
en-
fuite
que
le
nom
d’Abiens
leur
venoit
de
ce
qu'ils
vivoient
dans
une
grande
frugalité.
Ces
peuples,
ainfi
que
le
refte
des
Scythes,
n'avoient
point
d'habitations
fixes
;
mais
ils
erroient
ça
&
là.
Leurs
maifons
étoient
des
chariots
fur
lefquels
ils
portoient
tout
ce
qu'ils
.
avoient.
Îls
vivoient
de
la
chair
de
leurs
troupeaux,
de
lait,
de
fromage
,
fur-tont
de
celui
que
(a)
Reg.
L,
L
c,
9.
v.
1.
ire
À
AE
AS
2
l'on
faifoit
avec
du
fait
de
ca=.
väle.
:
Toute
forte
de
trafic
&
de
commerce
leur
étoitinconnu.
Îls
ne
fcavoient
que
changer
les
mar-
chandifes
pour
d’autres
marchan-
difes.
Ils
poflédoient
des
terres,
mais
ils
ne
Îes
cultivoient
pas
eux-mêmes.
{ls
en
abandonnoiïent
la
culture
à
quiconque
vouloit
s’en
charger
,
moyennant
un
tri=
but
qu'ils
fe
réfervoient
;
&
cela,
non
pour
vivre
dans
l'abondance,
mais
pour
avoir
feulement
le
né-
ceflaire
de
chaque
jour:
Jamais
ils
ne
prenoient
les
armes,
à
moins
qüe
l’on
ne
fût
pas
exaét
à
tenir
ce
qu'on
leur
avoit
promis.
Ils
ne
payoient
point
de
tribut.
Ils
s’en
croyoient
exempts,
parce
qu'ils
comptoient
fur
leurs
forces
&c
ieur
courage
;
&
qu'en
Conféquence
,
ils
penfoient
être
en
état
de
re-
pouiler
leurs
ennemis
,
&
même
de
les
éloigner
de
leurs
terres.
Les
Abiens
confervérent
leur
liberté
depuis
la
mort
de
Cyrus,
jufqu’au
régne
d'Alexandre.
Lorf-
que
ce
prince
étoit
à
Maracande,
ils
lui
députérent
quelques-uns
d’entre
eux,
pour
lui
dire
qu'ils
étoient
prêts
à
fe
foumettre
à
fes
ordres.
Le
roi
de
Macédoine
leur
fit
une
accueil
favorable.
La
Martinière,
d'après
Ortellius,
place
ces
Peuplesau
nord
des
mon-
tagnes
,
où
l'Inde
a
fa
fource
vers
le
61
dégré
de
latitude
feptentrio-
nale.
Mais
il
obferve
en
même-
tems,qu'Ortellius
s'éloigne
en
ce-
la
de
Ptolémée
,
qui
leur
donne
à
de
l'Acad,
des
Infer,
&
Bell,
Lett,
Te
(b)
Strab,
p.
296
,
300,
311.
Prolem.
|
VII,
pr
326
EVEc.
15.
Q.
Curt,
L,
VIX,
c,
6.
Mém.
ef,
4
TAB
Ja
vérité
la
même
latitude
,
mais
qui
les
met
à
l’orient
du
mont
Imaüs.
Le
païs
qu'habitoient
les
Âbiens,
&
dont
il
feroit
difficile
de
marquer
les
bornes
,
faifoit
partie
de
ce
qu’on
appelle
aujour-
d’hin
la
Fartarie
mdépendante.
ABIEZER
,
Abiezer,
Veli,
(a)
-de
la
tribu
de
Manañlé,
vivoit
du
-tems
de
Jofué.
Il
étoit
chef
d’une
famille
de
cette
tribu,
lorfque
le
fort
lui
adjugea
fon
partage.
ABIEZER
,
Abiezer,
Aie
Cr,
(f)delatribude
Benjamin,
nâquit
&
Anathot.
C’étoit
l’un
des
trente
vaillans
hommes
qui
compofoient
Parmée
de
David.
ABIGABAON
,
Abigabaon,
(c)
le
même
qui
eft
appellé
encore
Jehiel,
&
même
Seror.
Il
s'établit
à
Gabaon
dont
il
fut
prince.
Sa
femme
fe
nommoit
Maacha.
Îlen
eut
plufieurs
enfans,
tels
qu'Ab-
don
qui
étoit
l’ainé,
&
Ner,
au-
trement
Abiel
,
pere
de
Cis,
qui
fut
lui-même
pere
de
Saül,
ABIGAIX,
;
Abigail,
A’Éryale
3
(4)
femme
de
Nabal.
L'Écriture
remarque
que
c'étoit
une
femme
très-prudente
&
très-belle
,
au
Een
que
fon
mari,
de
la
race
de
Caleb,
étoit
un
homme
dur,
brutal
Ëc
très
méchant.
Voici
des
preuves
de
ces
deux
aflertions.
Un
jour
que
Nabal
faifoit
tondre
fes
brebis,
au
nombre
de
trois
mille,
fur
le
mont
Carmel
;
David
qui
en
fut
informé
dans
le
défert,
lui
en-
voya
dix
jeunes
hommes
qui
fu-
rent
fort
mal
accueillis;
car
Na-
(«)
Jof.
c.
17.
Vs
-_
(4)
Paral,
LT,
€,
Fr.
v.
28,
AB
balleur
répondit
qu'il
ne
connoit
foit
point
David,
ce
fils
d'Ifu;
qu'on
ne
voyoit
tous
les
jours,
que
des
ferviteurs
fuyant
leur
maître
;
qu'en
un
mot
,
il
n'avoi
garde
de
prendre
fon
pain,
fo
eau
,
&t
la
chair
des
bêtes
quil
avoit
fait
tuer
pour
ceux
qui
tons
doient
fes
brebis,
afin
de
les
donne
à
des
gens
qu'il
ne
connoïfloit
pas,
Les
gens
de
David
étant
re
tournés
fur
leurs
pas
,
lui
rappor-
terent
tout
ce
que
Nabal
leu
avoit
dit.
À
cette
nouvelle
David
entra
dans
une
étrange
colère,
&
fe
mit
en
marche,
fuivi
d'environ
quatre
cens
homimnes
tous
armés
d'épées
,
pour
aller
tirer
vengean-
ce
de
lijure
qu’on
venoit
de
lui
faire.
Cependant
un
des
ferviteuts
de
Nabal
raconta
à
Abigail
f
femme,
ce
qui
s’étoit
pañle.
Ii
repréfenta
que
les
gens
de
David,
que
fon
mari
venoit
de
rebuter
avec
tant
de
dureté
,
leur
avoient
rendu
de
grands
fervices
,
pendant
qu'ils
avoient
été
enfemble
dans
le
défert;
qu'ainfi
il
y
avoit
tout
à
craindre
du
reflentiment
de
David.
;
Alors
Abigail
prit
en
grand
hâte
deux
cens
pains,
deux
vaif
feaux
pleins
de
vin,
cinq
brebis
toutes
cuites
,
cent
paquets
de
rar
fins
fecs,
&
des
figues
féches,
&
elle
mit
tout
cela
fur
des
ânes.
Elle
fe
fit
précéder
de
fes
fervi-
teurs,
fans
donner
avis
à
fon
mati
de
ce
qu’elle
alloit
faire.
Comme
elle
defcendoit
de
la
montagne,
(d)
Reg.
L,
I.
c.
25.
v.
2,
&
fer
L,
IE.
c.
3,
v.
3,
Paral,
L,
1,
©
3
{c)
Paral.
LE,
ç,
8,
v,
29.
&
feg:
ce
o.
lv.
r.
Vs
35:
©
Je.
À
B
montée
fur
en
âne,
elle
rencontra
David
avec
fes
gens.
Auff-tôt
qu'elle
l’eut
apperçu
,
elle
defcen-
dit
de
deflus
fon
âne,
&
le
falua
en
fe
profternant
le
vifage
contre
terre.
S'étant
jettée
à
fes
pieds,
elle
lui
addrefla
un
long
difcours
pour
calmer
fa
colère
,
&
l'enga-
ger
à
ne
pas
faire
tomber
fur
fa
malfon
tous
les
maux
dont
elle
étoit
menacée.
David
fe
laiffa
flé-
chi,
&
répondit
à
Abigaïl
:
»
Que
»
le
Seigneur
,
le
roi
d'[fraël
foit
»
béni
de
vous
avoir
envoyée
»
aujourd'hui
au-devant
de
moi:
»
foyez
bénie
vous-même
de
ce
»
que
vous
m'avez
empêché
de
»
répandre
le
fang,
&
de
me
ven-
»
get
de
ma
propre
main.
»
Il
reçut
enfuite
d'Abigail
tout
ce
qu'elle
avoit
apporté,
&
lui
dit
de
s’en
aller
en
paix
dans
fa
mai-
fon.
De
retonr
chez
elle,
Abigail
trouva
Nabal
plongé
dans
le
vin;
ceft
pourquoi
elle
attendit
au
lendemain
,
pour
lui
faire
part
de
ce
qui
étoit
arrivé.
Les
vapeurs
du
vin
étant
diffipées,
elle
lui
raconta
la
chofe.
Cet
homme
en
füt
frappé,
&
demeura
aufl
in-
fenfible
qu’une
pierre.
Dix
jours
après
il
mourut;
&
David
envoya
|
demander
en
mariage
fa
veuve
qui
y
confentit.
Îl
en
eut
un
fils
nommé
Chéléab,
au
deuxième
li-
vre
des
Rois,
&
Daniél
,
au
pre-
mier
des
Paralipoménes,
Il
y
en
a
qui
prétendent
que
Daniel
n’eft
pas
le
même
que
Chéléab
,
&
donnent
par
conféquent
deux
fils
à
(a)
Reg.
L,
II.
c.
17.
v.
25.
(6)
Num,
ç.
3.
v.
35:
&
fe.
ee
Cine
AE
Abigail,
depuis
fon
mariage
avec
David.
Je
ne
crois
pas
que
ce
fentiment
foit
fondé.
Pour
en
être
convaincu
,
il
fuffit
de
lire
les
deux
endroits
indiqués.
L’hiftoire
d’'A-
bigail
&
hd
arriva
l’année
de
la
mort
de
Samuel
,
&
du
monde
2947
,
1053
ans
avant
.
Il
y
eut
un
autre
Abigaïl,
(c)
fille
de
Naas
,
&
fœur
de
Sarvia,
mere
de
Joab.
Elle
avoit
époufé
un
homme
de
Jefraël
,
nommé
Jetra
,
de
qui
elle
eut
un
fils,
qui
prit
le
nom
d'Amafa.
ABIGEIUS
,
Aéipeius,
nom
d'un
des
chevaux
du
Cirque.
Voyez
chevaux
du
Cirque.
ABIHAIEL.,
Abihaiel
;
À'Ciyaærr,
étoit
pere
de
Suriel,
(b}
qui
fut
le
chef
des
enfans
de
la
branche
de
Mérari,
divifée
en
fes
familles.
Ils
campoient
au
côté
feptentrional
du
Tabernacle
,
&
avoient
en
leur
charge
les ais
du
Tabernacle
&
leurs
barres,
les
‘colomnes
&
leurs
bafes
,
les
vafes
avec
tout
ce
qui
fervoit
au
Taber-
nacle
,
les
colomnes
enfin
du
par-
vis
tout
au
tour
avec
leurs
bafes,
leurs
pieux
&
léurs
cordages.
Les
deux
familles
des
Moholites
&
des
Mufites
étoient
forties
de
la
race
de
Mérari.
=
ABIHAÏL,
Abihail,
A’Ciyaia,
(c)
fils
d'Huri,
eut
plufieurs
enfans,
Michel,
Mofoliam,
Sébé,
Jorai,
Jacham,
Zié
&
Héber,
qui
font
fept
en
tout,
&
qui
eurent
chacun
leur
maïfon
&
leur
poftérité.
Ils
étoient
de
la
tribu
de
Gad,
&c
L
(e)
Paral,
L:
I
c,
5.
ve
14°
@
fege
«
LA
2
48
LB.
s’établirent
dans
le
païs
de
Galaad,
dans
Bafan,
&t
dans
les
bourgades
qui
en
dépendoient,
ainfi
que
dans
les
villages
de
Saran,
depuis
une
extrémité
jufqu'à
l’antre.
.
ABIHAÏL,
Abihail,
A’arvad
a €
9
:
(2)
oncle,
ou
felon
la
Vulgate
&
les
Septante,
frere
de
Mardochée,
étoit
pere
d’Efther
qui
fut
adoptée
par
fon
oncle.
Voyez
Efther.
ABIHATL,
Abrhail,
A'Cryaie,
(2)
fille
d'Éliab,
fils
d'Hfaï,
&
par-
conféquent
nièce
du
prophéte
Da-
vid,
époufa
Roboam,
qui
avoit
déjà
été
marié
à
une
petite
fille
du.
même
Prophéte
,
nommée
Mahalath.
Abihail
eut
de
Roboam
Jéhns
,
Somoria
&
Zoom.
ABIHAIL,
Abihail,
A
Ciy
al,
(c)
étoit
femme
d'Abifur,
qui
eut
d'elle
deux
enfans
,
Ahobbarn
&
Mod.
ABIL
A,
Abila,
Avauë,
(2)
montagne
fort
haute
d'Afri-
que,
fituée
,
felon
Strabon,
au
païs
des
Métagoniens
,
fur
le
dé-
troit
de
Gibraltar,
vis-a-vis
le
mont
Calpé,
quieft
en
Efpagne.
Ces
deux
montagnes
connues
fous
le
nom
de
colomnes
d'Hercule,
font
célébres
par
la
fable
de
ce
héros.
On
raconte
qu’étant
arrivé
aux
deux
extrémités
de
d'Afrique
&r
de
l'Europe
fur
l'Océan
,
il
voulut
y
pofer
un
monnment
im-
mortel
de
fon
expédition.
Selon
quelques-uns,
les
deux
continens
étoient
autrefois
très-éloignés
l’un
de
l’autre.
Hercule
réfolut
de
les
rapprocher
jufqu'à
ne
laiffer
en-
(2)
Efth
co
2e.
14.
(3)
Paral,
L.
IT,
c.
11.
v.
18,
19.
(c)
Paral.
L.
I,
c.
2.
v.
29.
(4)
Strab,
p.
170,
Plin.
in
præf,
L,
III.
tre
eux,
qu'un
paflage
étroit
qui.
ne
pernut
plus
aux
monitres.
de.
.
l'Océan
d'entrer
dans
la
Méditer=
ranée
:
Ouvrage
mémorable
par.
les
terres
dont
il
fallut
combler
un
grand
efpace
de
mer.
D’autres
difent
au
contraire,
que
les
deux
continens
étant
joints,
il
coupa
l’ffthme
&c
forma
la
communica-
tion
qui
eft
aujourd’hui
entre
les,
deux
mers.
Âu
refte,
on
dit
que
ces
deux
montagnes
paroïflent,
en
effet,
comme
deux
colomnes
à
ceux
qui
font
voile
vers
le
détroit.
Le
mont
Abila
fe
voit
aujourd’hui
au
royau-
me
de
Fez
dans
la
Barbarie.
Les
Efpagnols
lappellent
Sierra,
Xi-
Xiera
,.
Où
Sierra
de
las
Monas,
c'eft-à-dire
,
la
montagne
des
finges
,
à
caufe
qu'on
y
trouve
une
grande
quantité
de
ces
ani-
maux.
|
ABILA
,
4bülz,
ville
de
Phœ-
nicie
où
de
Syrie.
C’étoit
la
capi-
tale
du
païs
d’Abilène.
Voyez
l'article
qui
fuit.
ABILENE,
Abilina
,
À'Enwr,
(e)
païs
de
Syrie,
fitué
entre
le
mont
Liban
&
l’Antiliban.
Il
pre-
noïit,
fans
doute,
fon
nom
de
la
ville
d’Abila
qui
en
fut
la
capitale.
Sous
l'empire
de
Tibère
Céfar,
Lyfanias
étoit
gouverneur
de
ce
aïs.
ABIELLIUS,
Abillius,
A'Elree,
C
f)
fils
de
Romulus
&
d'Herfilia,
elon
quelques
uns,
Son
pere
l’ap-
pella”
d'abord
Aollius.:
Plutarque
dit
que
ce
fut
à
caufe
du
grand
Pomp.
Mel.
L.
I.
c.
de
Maurit.
L.
II.
c.
de
Hifp.
Diod.
Sicul.
p.
157,
158
(e)
Luc.
C:
3°
Vs
le
Plin,
LÉ
V,
Ce
13
(e)
Plui,
TE,
p.
26,
nombre
\
:
A6
nombre
de
peuple
qu'il
avoit
af
femblé
en
fa
ville,
c’eft-à-dire
dans
Rome,
dont
il
eft
regardé
,
ainfi
que
tout
le
monde
fçait,
comme
le
fondateur.
Dans
la
fuite
On
le
furnomma
Abillius.
[l
avoit
une
fœur
,
à
qui
on
donna
le
nom
de
Premiere
|
parce
qu’elle
fut,
en
effet,
le
premier
enfant
que
Ro-
mulus
eut
d'Herflia.
ABIMAEL,
Abimael.,
(4)
fut
fils
de
Jetan,
qui
étoit
lui-même
fils
de
Héber
,
de
la
race
de
Sem.
Abimael
eut
douze
freres
&
un
oncle
nommé
Phales,
parce
que
la
terre
avoit
été
divifée
de
{on
tems.
ABISME,
4byflus,
A'Evococ,
(ë)
Ce
mot
fe
prend
en
différens
fens
dans
l’Écriture.
Tantôt
c'eft
le
chaos
qui
étoit
couvert
de
térié-
bres
au
commencement
du
mon-
de.
(M.
de
la
Barre
croit
recon-
noître
,
dans
ces
paroles,
le
tarrare
d'Héfiode,
parce
qu'il
eft
certain,
flon
cet
Académicien,
qu'Héfio-
de
regardoit
le
tartare
comme
un
lieu
ténébreux,
autour
duquel
les
racines
de
la
terre
&
de
la
mer
avoient
crû.
}
T'antôt
c’eft
la
mer;
&tceftence
fens,
qu'il
eft
dit
dans
ER
Généfe
au
fujet
du
Déluge,
que
les
fources
dn
grand
Abîme
des
eaux
furent
rompnes,
&
les
cata-
rates
du
ciel
ouverts;
dans
l’E-
xode,
que
les
Égyptiens
,
pourfui-
Vant
les
[fraëlites
,
furent
enfevelis
dans
les
Abîmes
;
&
dans
S.
Luc
;
que
les
démons
fapplioient
J.
C.
qu'il
ne
leur
commandât
point
de
&
fea.
(4)
Paral.
L.
I.
c,
1,
v.
22.
=
D
s’en
aller
dans
l’'Abime,
mais
qu'ils
entraflent
dans
un
grand
troupeau
de
pourceaux
qui
païfloient
fur
fa.
montagne
,
8
qui
coururent
eux-
mêmes
s’y
précipiter,
aufli-tôt
que
les
démons
furent
entrés
dans
leurs
corps.
Tantôt,
enfin,
c’eft
l'Enfer
qui
eft
défigné
par
lAbime.
C’eft
pourquoi
S.
Paul
dit,
parlant
aux
Romains
:
»
Ne
dites
pas
dans
»
votre
cœur,
qui
defcendra
dans
»
l’'Abime
pour
‘ramener
J.
C.
»
d’entre
les
morts
?
»
EtS.
Jean,
dans
fon
Apocalypfe
,
s'exprime
ainfi,
au
chapitre
neuvième
:
»
Je
»
vis
une
étoile
qui
tomba
du
ciel
»
fur
la
terre,
&
la
clef
du
puits
»
de
l'Abime
lui
fut
donnée.
Elle
»
ouvrit
le
puits
de
lAbîme
,
&
il
»
en
fortit
une
fumée
femblable
à
»
celle
d’une
grande
fournaife.
Et
»
ailleurs,
après
que
mes
deux
té-
»
Moins
auront
achevé
de
rendre
»
leur
témoignage,
la
bête
qui
»
monte
de
l’Abîme
,
leur
fera
lz
»
guerre,
les
vaincra
&
les
tuera.«
ABIMÉLECH
,
Abimelech
.
AGruéne
;
(c)
étoit
roi
de
Géra-
re,
lorfqu’Abraham
alla
demeurer
dans
ce
païs.
Comme
il
difoit
de
Sara
fa
femme,
qu’elle
étoit
fa
fœur
,
Abimélech
la
fit
enlever.
Mais
Dien
apparut
en
fonge,
à
ce
prince
,
durant
la
nuit,
&
le
menaça
de
le
punir
de
mort,à
cau-
{e
de
la
femme
qu'il
avoit
enlevée,
quoïqu'elle
eût
un
mari.
Abimé-
lech,
qui
ne
s’étoit
pas
encore
apx
proché
d'elle
,
s’excufa
auprès
du
V:
1,2.
C,
11.
V.
7.
Mém,
de
l’Acad,
des
(8)
Genef.
c.
1.
v.
2.
©
7
v2
11.
Infcrip,
&
Bell.
Lett,
T.
XVII,
P-
12°
KOd,
c.
15.
ve
s.
Euc.
c.
8.
v.
31.
@
fa.
ad
Rom.
Epift.
Ce1QrVe7e
APOG:
C9.
dom.
L,
(c)
Genef,
Çe
2Os
Ve
2e
dr
feq.
4
de
rance.
>
_.
(Ye)
Ab.
—
Seigneur,
en
alléguant
fon
19n0>
Alors
Dieu
lui
dit
que
c’é-
toit
auf
,
parce
quil
avoit
agi
avec
un
Cœur
fimple,
qu'il
Pavoit
réfervé
de
commettre
le
crime;
qu'il
rendit
donc
cette
femme
à
fon
mari,
qui
étoit
un
Prophéte;
que
ce
prophète
prieroit
pour
lui,
êc
qu'il
vivroit.
Abimélech
fe
leva,
en
effet,
dès
le
point
du
jour;
&
ayant
fat
venir
Abraham,
il
lui
fit
des
reproches
de
ce
qu'il
avoit
agi
ain
à
fon
égard.
Abraham
lui
répondit
que,
dans
l'incertitude
sil
y
avoit
quelque
crainte
de
Dieu
dans
ce
canton
,
&
dans
lappréhenfion
qu'on
ne
le
tuût,
à
caufe
de
Sara,
fa
femme,
il
avoit
pris
le
parti
de
dire
qu'elle
étoit
{a
fœur;
que
,
d'ailleurs,
elle
l'étoit
effectivement,
étant
fille
de
fon
pere;
&
que,
depuis
qu'il
étoit
parti
de
chez
fa
famille,
il
avoit
priée
en
grace
de
dire
dans
tous
les
lieux
où
ils
iroient,
qu'il
étoit
fon
frere.
*
Abimélech,
ayant
rendu
en
conféquence
à
Abraham
Sara
fa
femme,
lui
fit
des
préfens
de
brebis,
de
bœufs,
de
ferviteurs
&
de
fervantes,
&
lui
dit
qué
tout
le
païs
quil
voyoit,
étoit
à
fa
difpoñition,
&
qu'il
pouvoit
demeurer
où
il
lui
plairoit
À-
dreffant
enfuite
la
parole
à
Sara,
51
lui
déclara
qu'il
avoit
donné
mille
pièces
d'argent
à
fon
frere,
afin
qu'en
quelque
lieu
qu'elle
alt,
elle
eût
toujours
un
voile
fous
les
yeux
devant
ceux
qui
froient
avec
elle,
&
devant
les
étrangers.
Abimélech
lui
recom-
6,
Vs,
Le
>
fete
AB
manda,
fut
tout,
de
fuivré
cet
avis
,
&
de
ne
pas
oublier
ce
qui
lui
étoit
arrigé.
Après
cela,
Abraham
pria
Dieu
pour
Abe
mélech,
&
Dieu
le
guérit,
aïnf
que
fa
femme
&
fes
fervantes,
qu'il
avoit
frappées
de
flériité,
en
punition
de
l’enlevement
de
2
Sara.
Cet
événement
eft
placé
vers
lan
du
monde
2107
,
&c
avant
J.
C.
1893
ans.
.
ABIMÉLECH,
Abimelech,
(a)
A'tmeéney,
autre
Roi
de
Gérare.
F1
y
a
des
Interprètes
,
qui
croyent
que
c'eft
le
même
que
le
pré-
cédent.
Dom
Calmet
dit,
à
cette
occafion
,
que.la
chofe
w’eft
pas
abfolument
impofhble
,
mais
qu'il
éft
plus
probable
que
c’eft
fon
fils.
Quoiqu'il
en
foit,
il
arriva
de
fon
tems
une
famine
au
pafs
où
demeuroit
lfaac;
ce
qui
lo-
bligea
de
fe
retirer
à
Gérare,
Pendant
qu'il
y
demeuroit,
les
Philiftins,
ou
les
habitans
du
lieu,
demandérent
qui
étoit
Rebecca;
&
fac
leur
rédondit
qu'elle
étoit
fa
fœnr
,
pour
les
mêmes
raifons
qu_Abraham
lavoit
dit
de
Sara
quelques
années
auparavañte
Cependant,
un
jour
qu'Abimé-
lech
regardoit
par
une
fenêtre,
il
vit
Ifaac,
qui
badinoït
avec
Re-
becca;
l'ayant
fait
venir,
il
Jui
dit
qu'il
étoit
viñble
que
Rebecca
étoit
fa
femme.
Ifaac
le
lui
avoua»
ajoftant
quil
avoit
craint
qu’on
ne
le
tuât
,
à
canfe
d'elle.
Le
Roi
Jui
fit
des
plaintes
très
-
vives
,
de
ce
qu'en
cachant
la
vérité,
il
avoit
expof
fa
femme
à
être
déshonorée.
Ii
publia
donc
.une
ordonnance
pour
tout
fon
peuple,
que
qui
É
AB
conique
toucheroit
à
cet
homme
ou
à
fa
femme
,
{eroït
puni
de
_
mort.
Ceci
fe
pafloit
fous
Pan
du
monde
2200,
1800
avant
J.
C.
Jfaac
s'étant
mis
à
cultiver
des
terres
en
ce
païs-là
,
recueillit
cette
même
année
le
centuple.
Com-
me
il
s’enrichiffoit
de
plus
en
plus,
&
qu'il
devenoit
extrêmement
.
puïlant,
les
Philiflins
en
conçu-
tent
de
l'envie,
&
Abimélech
lui
dit
de
f
retirer.
Haac
obéit,
&
allä
s'établir
dans
la
plaine
de
Gérare.
Quelque
-tems
après
,
Abimélech
vint
le
trouver
en
ce
_
lieu-là,
accompagné
d'Ochozath,
fon
favori,
.&
de
Phicol
,
général
de
fon
armée.
Tfaac
lui
ayant
de
mandé
pourquoi
il
venoit
à
lui,
après
lavoir
chaflé
;
Abimélech
lui
déclara
qu'il
avoit
reconnu
clairement
,
que
le
Seipneur
étoit
avec
lui,
€c
qu'il
venoit
lui
pro-
pofer
de
faire
alliance
avec
lui.
aac
le
traita
avec
magnificence,
ainfi
que
tous-ceux
de
fa
fuite.
Le
Kndemain
l'alliance
fut
jurée
de
part
&t
d'autre
;
après
quoi
ils
fe
parérent
en
bonne
intelligence.
Un
puits
qu'on
trouva
le
même
Jour
dans
les
environs,
fut
appellé
le
puits
du
jurement
,
en
mémoire
de
ce
qui
s'étoit
paité.
ABIMÉLECH
,
Abimelech,
AGiueney
(z)
étoit
fils
de
Gé-
don,
furnommeé
Jérobaal,
&
d'une
concubine
,
que
cet
ancien
Juge
d’'Ifraël
avoit
à
Sichem.
Abi-
mélech
,
après
la
mort
de
fon
pere,
alla
dans
cette
ville
où
il
vint
4
bout
de
fe
faire
reconnoître
J
pe
dUfraël,
vers
l'an
du
monde
2768,
&t
avant
JC:
1232
ans.
Ii
fut
©
()
Jüdic,
«
Tr.
SAC
09:
vs
1
feg.
Le
Ab
-
ST
redevable
de
cette
dignité
.
parens
de
fa
mêre,
qui
parlérent
de
lui
aux
Sichimites
,
d’une
manière
avantageufe,
&
lui
gagnérent
par
ce
moyen.leur
cœur
&
leur
afec-
tion.
On
lui
donna
foixante-dix
piéces
d'argent,
qui
furent
tirées
du
temple
de
Baalbérith.
Abi-
mélech,
avec
cetargent,
leva
une
troupe
de
gens
miférables
&
vaga-
bons
,
qui
le
fuivirent.
Étant
venu
en
la
maïfon
de
fon
pere,
à
Éphra,
il
tua,
far
une
même
pierre,
les
forxante-dix
fils
de
Jérobaal
,
fes
freres,
de
manière
qu'il
ne
refta
que
Joatham,
le
plus
jeune
de
tous”,
parce
qu'on
le
cacha.
Alors
tous
les
habitans
de
Si-
chem
s'étant
afflemblés,
avec
tou-
tes
les
familles.
de
la
ville
de
Melo,
allérent
établir
rot,
Abimélech,
près
du
chêne
fitué
aux
environs.
de
Sichem.
Joathäm,:en
ayant
reçu
la
nouvelle,
s’en
alla
au
haut
de
la
montagne
de
Garizim,
où
fe
tenant
debout
,.
il
cria
à
haute.
voix
,
©
parla
de
cette
forte:
3
Écoutez-mot,
habitans
de
Si-
»
Chem,
comme
vous
voulez
que
5;
Dieu
vous
écoute.
Les
arbres
3
s'aflemblérentun
jour
pour
s’éli-
teun
Roi;
ils
direñt
à
l'olivier:
»
foyez
notre
Roi.
Lolivier
leur
»
répondit
:
Puis
-
je
abandonner
»
mon
fuc
&
mon
huile,
qui
fert
»
au
culte
de
Dien
&
à
Fufage
»
des
hommes,
pour
fn’embarraf-
»
{er
du
gouvernement
des
arbres
»
Les
arbres
dirent
enfuite
au
fi=
»
Suiér'
venez
récher
fur
noue
_
>
Le
figuier
leur
répondit
:
Puis-
»
je
abandonner
Ja
douceur
de
»
monfuc,
&
l'excellence
de
mes
D
à
re
N
Ta
S8
AB
-
toit
fils
de
Zorobabel,
c'eft-1-
.
dire,
lun
des
ancêtres
de
J.
C.
felon
S.
Matthieu.
-ABJURATION
,
Æbjuratio
terme
compofé
de
la
prépofition
ab
&
du
verbe
jurare,
jurer.
L’Ab-
juration,
chez
les
Romains,
figni-
fioït
dénégation
avec
faux
ferment
d'une
dette
,
d’un
gage,
d’un
dé-
pôt,
on
d’autres
chofes
fembla-
bles
,
auparavant
confiéés.
En
ce
fens
PAbjuration
eft
la
même
cho-
fe
que
le
parjure
;
elle
differe
de
Féjuration
qui
fuppofe
le
ferment
juite.
ABLANA
,
Ablana,
(a)
nom
d'une
puiffance
célefte,
où
d’un
bon
ange
felon
les
Bafilidiens,
ABLATIF,
du
Latin
Ab/arus,
Ôté,
terme
de
crammaire,
C'eft
ainfi
qu'on
appelle
le
fixième
cas
des
noms
latins
;
&
cela
,
parce
qu'il
marque
un
rapport
de
fépa-
.
ration,
de
divifion,,
de
privation;
comme
,
ablatus
a
me,
Ôté
de
moi.
Cela
ne
veut
pas
dire
néan-
moins
qu'on
ne
doive
mettre
un
nom
à
l'Ablatif,
que
lorfqu'il
y
a
un
rapport
de
féparation
,
de
divi-
fion
,
de
privation.
On
met
à
l’A-
blatif
des
noms
qui
font
régis
par
des
prépofitions
,
telles
que
celles-
ci,
pro
,
cum,
&c.
Or,
ces
pré-
pofitions
ne
marquent
aucun
rap-
port
de
féparation
ni
de
divifion.
C'eft
tout
le
contraire,
Ces
fortes
de
dénominations
fe
tirent
de
l’'ufage
le
plns
fréquent,
:
ou
même
de
quelqu'un
des
ufages.
C’eft
ainfi
que
Prifcien,
frappé
de
l'un
des
ufages
de
l’'Ablatif,
l'ap=
pelle
cas
comparatif;
parce
qu’en
effet
on
met
à
l’Ablatif
l’un
des
(2
AB
correlatifs
de
la
compataïfon.
Pa
exemple,
Paulus
ef?
doëtior
Petro,
»
Paul
eft
plus
{avant
que
Pierre.
Varron
le
nomme
cas
latin,
parce
qu'il
eft
propre
à
la
langue
latine,
Quant
aux
Grecs,
ils
n’ont
point
de
terminaifon
particulière,
pour
marquer
l’Ablatif.
C’eft
le
génitif
qui
en
fait
la
fonétion
;
&
c'eft
pour
cela
qu'on
trouve
fou-
vent
,
en
latin
,
le
génitif
à
la
manière
des
Grecs
,
au‘lieu
de
lAblatif
latin.
I
n’y
a
pas
non
plus,
à
pro=
prement
parler,
d’Ablatif
en
fran-
çois.
Nos
grammaires
françoifes
diftinguent
cependant
ce
cas
du
géniti.
M.
Reftaut
convient
qu'il
n'y
à
aucune
différence
entre
l’un
&
l’autre,
quant
à
lexpreffion;
mais
1]
dit
qu'il
en
a,
quant
à
la
fignification
,
en
ce
que
le
génitif
marque
les
chofes
comme
unies
;
au
lieu
que
P'Ablatif,
aïnfi
que
nous
l'avons
dit,
les
marque
le
plus
fou-
vent
comme
féparées.
Mais
ce
qui
les
diflinpue
far
tout
l’un
de
l’au-
tre
,ajoûte
M.
Reftaut,
c’eft
que
le
génitif
eft
toujours
régi
par
un
nom,
&
que
l’Ablatif
n'eft
gueres
régi
que
par
un
verbe,
à
moins
qu'il
ne
le
foit
par
quelques
noms
qui
marquent
expreflément
{épa-
ration
,
divifion
,
ou
privation,
comme
dans
ces
exemples,
4
la
fortie
de
ma
chambre,
à
mon
départ
de
Rome.
re
On
peut
conclure
de-là,
que
les
noms
qui
ont
les
articles
com-
muns
au
genitif
&
à
l’Ablatif,
doi-
vent
être
cenfés
à
l’Ablatif.,
dès
qu'ils
font
régimes
de
quelque
verbe,
comme
dans
ces
phrafes
à
{#)
Antiq.
expl,
pat
D,
Bern,
de
Montf,
Tom,
IT,
p,
376
TA
ARTE
ROME
TITI
EN
EITE
TENTE
TARN
NET
OSEO
RE
PET
DEEE
EE
ONE
CT
TES
MERE
TROT
ID
EQP
EE
NPTET
ET
ADS
CE
D
INPI
EE
ENT
EBT
PRET
ES
RICHES
ER
ERORE
APE
ÉENPTOENEN
GT
EITERe
À
ue
pr
ot
dan
a
RE
LM
ul
re
À
B
dépendre
de
Dieu,
obtenir
une
grace
du
Roi,
dépouiller
quelqu'un
de
fes
biens
,
recevoir
un
préfent
du
Prince,
être
aimé
du
Peuple,
étre
connu
des
Grands.
Ce
qu’on
dit
des
verbes,
s’en-
tend
épalement
des
participes;
comme,
dépendant
de
Dieu,
aimé
du
Peuple.
ee
ABLATIF
Agsozu.
Par
Ablatif
abfolu
,
les
Grarnmairiens
enten-
dént
un
incife
qui
fe
trouveen
la-
tin
dans
une
période
,
pour
y
mar-
quer
quelque
circonitance
,
où
de
tems,
onde
manière,
&
qui
eft
énoncé
fimplement
par
FAblatif:
comme
,
Zmperante
Cafare
Au-
gullo,
Chriflus
natus
in
Je
C
»
eft
yenu
au
monde
fous
l’em-
»
pire
d'Auguite.»
Cæfzr,
deleto
hofium
exercitu.
»
Céfar
,
après
»
avoir
défait
l’armée
de
fes
en-
»
nemis.»
/mperante
Cafare
Au-
guflo,
deleto
exercitu
,
font
des
Ablatifs
qu’on
appelle
communé-
ment
abfolus,
parce
qu'ils
ne
pa-
roïffent
pas
être
le
régime
d’ancun
autre
mot
de
la
propoñtion.
Mais
on
ne
doit
fe
fervir.
du
terme
d’ab-
folu,
que
pour
marquer
ce
qui
eft
indépendant
&
fans
relation
à
un
autre.
Or,
dans
tous
les
exem-
ples
que
lon
donne
de
l’Ablatif
abfolu,
il
eft
évident
que
cet
Abla-
tif
a
une
relation
de
raïfon
avec
les
autres
mots
de
la
phrafe;
&
que
fans
cette
relation,
il
y
feroit
hors
d'œuvre,
&
pourroit
être
fupprimé.
Dans
ces
fortes
d’occafñons
on
fous-entend
une
prépoñtion,
com-
me,
fub.
On
en
trouve
des
exem-
ples
dans
les
meïlleurs
Auteurs.
|
Sæpè
ego
correxi
,
fub
te
cen-
fore,
libellos
;
(a)
»
C'eft-à-dire,
jai
fouvent
cor-
»
rigé
mes
ouvrages
fur
votre
»
critique.
»
C’eft
une
expreflion
d'Ovide.
Il
eft
inutile
de
citer
un
grand
nombre
d'exemples
de
fem-
blables
paffages.
Jl
me
femble
que
ce
qui
eft
ap
pellé
Ablatifabfolu,
pourroit
beau-
coup
mieux
s’appeller
Ablatif
rela-
tif;
mais
l’ufage
à
prévalu
,
&t
il
{e-
roit
bien
dificile
de
le
détruite.
ABLAVE
,
Ablavius
,
nom
commun
à
plufñeurs
perfonnages
célébres
dans
l’hiftoire
du
bas
Em-
pire,
qu’on
appelle
encore
Abla-
te,
d'Ablatius,
où
Ablable
d
4
blablius.
“+
ABLAVE
,
Ablavius
,
que
_
quelques-uns
font
Égyptien,
mais
fans
fondement
,
géra
la
préfeftu-
re
du
Prétoire,
fous
l'empire
de
Conftantin
le
Grand,
l’efpace
dé
dix
ou
onze
ans,
depuis
l'an
de
.
C.
326
jufqu'à
l'an
337.
On
dit
qu'il
fut
aufhi
revêtu
de
la
digité
Confulaire
dans
cet
intervalle,
ceft-à-dire,
en
331.
Cet
Officier
_ent
beaucoup
de
crédit
à
la
cout
de
Conftantin,
&
fe
défit
de
So-
patre
fon
concurrent.
Il
avoit
une
maifon
fuperbe
à
Conftantmople,
qui
fut
depuis
le
palais
de
Placi-
die
,
fille
du
grand
Théodofe.
Conftantin
le
laïfla,
en
mourant,
pour
fervir
de
confeil
à
Conftan-
ce
;
mais
cet
Empereur
le
dépofa
auffi-tôt
de
fa
charge,
fous
pré
texte
de
céder
aux
foldats
-
Ablave,
ainf
dépoié,
fe
retira
dans
une
maifon
de
plarfance
qu'il
(4)
Ovid.
de
Pont,
L.
1,
Epift,
12,
v.2$.
-
ES
AD
avoit
en
Bithynie,
maïs
il
n'y
de-
meura
pas
long-tems
en
repos;
car
Conftance
lui
envoya
des
Officiers
de
l’armée
,
qui
lui
ren-
dirent
une
lettre
par
laquelle
il
fembloit
l’affocier
à
l'Empire
;
au
moins
Ablave
fe
l’étant
imaginé,
demanda
où
étoit
la
pourpre
qu’on
lui
envoyoit
;
il
entra
en
même-
tems
d'autres
Officiers
qui
le
tué-
rent.
On
croit
qu’il
fut
privé
de
la
fépulture.
Ablave
laiffa
une
fille
,
nommée
Olympiade
,
fiancée
à
Fempereur
Conftant
,
qui
l’éleva
&
la
confidéra
comme
fa
femme,
tant
qu'il
vécnt.
Dix
ans
après
la
mort
de
ce
Prince
,
qui
fut
tué
en
350,
Conftance
la
maria
à
Arfa-
ce,
ro1
d'Arménie.
ABLAVE,
Ablavius,
étoit
un
fameux
Rhéteur
qui
vécut
fous
Théodofe
le
jeune.
Il
avoit
été
cifciple
du
fophifte
Troïle
;
&
dans
Ja
fuite
il
fut
ordonné
Prêtre
par
Chryfante,
évêque
des
Nova-
tiens
à
Conftantinople.
Dans
cet
emploi
il
publia
divers
{rmons
qui
font
perdus.
Ablave
fut
de-
puis
évêque
des
Novatiens
à
Cé-
farée
,
où
il
enfeigna,
en
même-
tems
,
la
Rhétorique.
ABLAVE,
Ablavius,
qui
fut
auteur
d'une
hiftoire:
des
Goths,
ue
Jornandès
cite
dans
la
fienne.
Ôn
ignore
dans
quel
temsila
vécu.
ABLAVE
MURÉNA,
Ablavius
Murena
fut
préfet
du
Prétoire,fous
empire
de
Valérien.
Cet
Empe-
reur
lui
adreffa
une
lettre
qui
eft
rapportée
par
Trébellins
Pollion.
ABLECTI
,
(a)
nom
que
les
(a)
Trad,
des
Coûr.
&
Cérém,
des
Rom.
par
M.
Nieup.
p,
271,
(5)
Homer,
Iliad,
L,
XXI,
y.
142.
EST
Ce
2°
Vo
8,
À
B
Romains
donnoient
aux
foldats
de
la
demi-cohorte,
qu’on
diftinguoit
dans
la
cinquième
partie
de
l'in-
fanterie.
Ces
foldats
étoient
au
nombre
de
cent
foixante-
huit,
tous
gens
d'élite,
ainfi
que
cela
eft
défigné
parle
mot
44e,
ABLÉGATION,
Ablepatio,
efpèce
de
banniflement
que
les
peres
,
à
Rome,
étoient
en
droit
d'employer
à
l'égard
de
ceux
de
leurs
enfans
qui
leur
donnoient
quelque
mécontentement.
ABLERUS
,
Ablerus
;
A
Grupo
;
(b)
prince
Troyen,
qui
fut
tué
dans
un
combat,
paf
Antiloque
,
fils
de
Neftor.
ABLUTION,
Auto,
cérémonie
religieufe
qui
étoit
en
ufage
parmi
les
Romains,
comme
une
forte
de
purification
,
pour
laver
le
corps,
avant
que
d'aller
au
facrifice,
Quelquefois
ils
l’a-
voient
leurs
mains
&
leurs
pieds,
quelquefois
la
tête
|
fouvent
tout
le
corps.
C'eft
pourquoi
on
trou-
voit
à
l'entrée
des
‘Femples
des
vafes
de
marbre,
remplis
d’eau.
Il
eft
probable
qu'ils
avoient
pris
cette
coûtume
des
Juifs
;
car
nous
lifons,
dans
l'Écriture,
que
Salo-
mon
plaça,
à
l'entrée
du
Temple
qu'il
éleva
au
vrai
Dieu
,
un
grand
vafe
que
l'Écriture
appelle
la
Mer
d’airain,
où
les
Prêtres
fe
lavoient
,
avant
que
d’offir
le
facrifice
,
ayant
auparavant
fanc.
tifié
l’eau
en
y
jettant
les
cendres
de
la
vidtime
immolée,
ABNER,
Abner,
A’Cenp,
(c)
fils
de
Ner,
étoit
un
célébre
(c)
Reg.
L,
I.
c,
26,
v.
s,
@
fete
I
dE"
feg,
©
y
vV.
7
&
feg.
-
AB
général
de
Saul.
Lorfque
David
pénétra
dans
le
camp
de
ce
Prince,
&
qu'il
enleva
{a
lance
&
fa
cou-
pe,
Abner,
avec
toutes
fes
trou-
pes,
dormoit
auprès
de
lui.
Ceft
pourquoi
David,
s'étant
enfuite
retiré
fur
le
haut
d’une
montagne,
commença
à
appeller
les
gens
de
Saul,
&
Abner,
en
particulier,
en
lui
criant
:
»
Abner,
ne
répon-
»
drez-vous
donc
point?
Abner
»
lui
répondit
:
Qui
êtes
vous,
qui
»
criez
de
la
forte
,
&
qui
trou-
»
blez
le
repos
du
Roi?
N'êtes
»
vous
pas
un
brave
homme,
lui
»
dit
David?
Y
a-til
quelqu'un,
»
dans
fraël,
qui
vous
vaille
?
»
Comment
donc
n’avez-vous
pas
»
gardé
le
Roi
votre
Seigneur
?
5
Voyez
où
eft
fa
lance
&
la
»
coupe
qui
étoit
à
fon
chevet.
»
-
Après
la
mort
de
Saül,
Abner
prit
Isbofeth
fon
fils
,
âgé
de
qua-
tante
ans
,
@c
l’établit
roi
fur
If-
taël,
qu'il
gouverna
en
paix
pen-
dant
deux
ans.
Cependant
David
régnoit
à
Hébron
fur
la
feule
tribu
de
Juda.
Abner,
étant
forti
de
Mahanaïm
,
vint
à
Gabaon
avec
les
gens
d’Isbofeth.
Joab
marcha
contre
lui.
Les
deux
armées
s’e-
tant
rencontrées
près
de
la
pifcine
de
Gabaon,
il
fe
donna
là
un
rude
combat.
Abner
fut
défait
&
mis
en
fuite
avec
tous
ceux
d'Ifraël.
Afaël,
frere
de
Joab
,
fe
confiant
fur
{a
légereté,
qui
ne
le
cédoit
pas
_äcelle
des
chevreuils,.
fe
mit
à
pourfuivre
Abner.
Celui-ci
regar-
dant
derrière
foi,
Fapperçut
&
lui
Conjfeilla
de
s'arrêter.
Afaël
ne
fe
mettant
point
en
peine
de
ce
qu'Abner
Jui
difoit,
continua
de
le
pourfuivre,
Alors
Abner
lui
A
B
6È
porta
un
coup
de
lance,
&
le
tua
fur
la:phice.
+
se
.
Dans
la
fuite,
Isbofeth
ayant
fait
des
reproches
à
Abner,
de
ce
qu'il
avoit
abufé
de
la
concubine,
de
fon
pere,
ce
Général
en
fut
fortirrité
,
&
prit,
dès
ce
moment,
la
réfolution
de
quitter
le
parti
du.
fils
de
Sal
,
pour
embrafler
celui
de
David.
Il
luienvoya,
eneflet,
des
courriers
pour
lui
dire
;
de
{a
part,
que
tout
le
pais
lui
appar-
tenoit
;.que
s'il
vouloit
lui
donner:
part
à
fon
amitié,
il
lui
offroit
fes
fervices
;
&
qu'il
feroit
que
tout
Hraël
fe
réuniroit
à
lu.
David
re-
pondit
qu'il
le
vouloit
bien
,
&c
qu'il
étoit
difpofé
à
faire
amitié
avec
lui;
mais
qu'il
ne
confenti-
roit
pas
à
ce
qu'il
vint
le
trouver,
qu'il
ne
lui
eût
ramené
Michol,
fille
de
Saül,
quil
avoit
époufée
pour
cent
têtes
de
Philiftins.
Ab-
ner,
ayant
Ôté
Michol
à
Phalthie,
à
qui
Saül
l'avoit
donnée,
la
üt.
conduire
auprès
de
David.
Après
cela
il
parla
aux
Anciens
d’Ifraël,
&
leur
repréfenta
qu'il
y
avoit.
long-tems
qu’ils
fouhaitoient
d'a
voir
ce
prince
pour
Roi,
qu'ils:
devoient
donc
le
choiïfir
a@tuelle-
ment
fans
héfiter
;
d'autant
plus
que
Dieu
avoit
pronis
de
fe
fervir
de
lui
pour
les
délivrer
des
mans
de
leurs
ennemis.
Il
alla
enfuite
trouver
David
à
Hébron
,
pour
lui
annoncer
que
tous
les
enfans
d’If-
raël
{e
foumettoient
à
fon
pouvoir.
David
lui
fit
un
feftin
,
ainfi
qu'aux
vingt
hommes
qui
l’avoient
ac
compagné
,
&
le
renvoya
en
paix.
Joab
arriva
bientôt
après
ayec
fon
armée,
&
apprit
de-quelqu’un
ce
qui
s’étoit
pañé.
[len
témoigna
Ne
es
L'es»
R
A
€>
_
AB
\
du
mécontentement
au
Roi;
qui,
‘felon
lui,
auroit
dû
faire
arrêter
Abner,
comme
un
homme
dan-
gereux,
qui
n'étoit
venu
que
pour
<pier
fes
démarches,
Il
envoya
des
courriers
après
Abner
;
&
Abner
étant
revenu
à
Hébron
,
il-le
tira
à
part
&
le
tua
pour
venger
la
mort
de
{on
frere
Afaël.
David
layant{çu,
prononça
mille
malé-
diétions
contre
Joab
&
tonte
{à
maïlon.
Il
commanda
an
peuple
de
déchirer
fes
habits,
&
de
fe
couvrir
de
facs,
pour
pleurer
la
mort
d'Abner.
[l
afhifta
même
en
perfonne
à
fes
funérailles,
mar-
chant
devant
le
cercueil.
Et
après
qu'on
l'eut
enterré
à
Hébron.,
il
verfa
des
larmes
fur
fon
tombeau
avec
tout
Ifraël,
La-mort
d’'Abner
arriva
l'an
du
monde
29:56,
&:
avant
J:
C.
1044
ans.
+
ABNOBE,,
Abnoba,
(a)
mon-
tagne
de
Germanie,
qu
eft
ap-
pellée
par
Ptolémée,
Aunobée
,
AuroGaies.
C'eft
à
cette
montagne
que
le:
Danube
prend
fa
fource.
Aujourd’hui
elle
fe
nomme
Abé-
nowe
ou
Æbrobz.
Elle
fait
partie:
de
ces
montagnes
connues
fous
le:
nom
de
montagnes
Noires.
qui
fe
trouvent
dans
la
Souabe.
:
ABOBUS
Abobus;
A’ÉduCoc
>
(Z)
pere
de
Ptolémée
,
qui
étoit
gendre
du
grand-Prêtre,
&
qui
fut
Étabh
gouverneur
de
la
plame
de
Jéricho
du
tems
des
Maccabées.
Voyez
Ptolémée.
A
B
“ABŒCRITE
»
Abecritis
j
A'Ccrœuplios
,
(c)
chef
des
Béo-
tiens
;
qui
fut
contemporain
du
célébre
Âratus
,
Tyran
de
Sicyo=
ne.
Il
périt
avec
mille
Béotiens,
dans
la
bataille
qui
fe
donna
au-
près
de
Chéronée,
contre
les
Éto-
liens,
Aratus
s’étoit
mis
en
marche
pour
aller
fecourir,
les
Béotiens,
mais
par
malheur
pour
eux
&
pour
leur
chef,
il
n’arriva
pas
aflez
tôt.
ABOLE,
Abolus,
A'Coxe
(4)
rivière
de
Sicile,
qui
naïfloit
dans
les
montagnes
,
vers
Hybla
,
&
fe
rendoit
dans
la
mer
lonienne
,
au-
près
de
Catane.
Mamercus
,
ty-
ran
de
cette
Ville,
ayant
eu
la
té-
mérité
d'attaquer
,
fur
les
bords
de
FAbole,
Timoléon
,
célébre
séné-
ral
des
Siciliens
,
fut
vaincu
avec
une
perte
de
plus
de
deux
mille
hommes.
C'étoient
,
pour
la
plû-
art,
des
Carthaginois
qu'on
avoit
part,
g
envoyés
à
fon
fecours.
On
croit
que
cette
rivière
eft
la
même
que
Ptolémée
appelle
Alabe,
&
qu’elle
porte
à
préfent
le
nom
de
Cantaro.
ABOLLA,
4bolla,
(e)
habit
que
les
Philofophes
affeftoient
de
porter.
Quelques-uns
le
confon-
dent
avec
l'Exoméde.
Ainf
ce
dévoit
être
une
tunique
fans
mañ-
ches,
qui
laïfloit
voir
les
bras
&les:
épaules.
C’eft
de-là
qW'elle
prenoit
fon
nom.
C’étoit
encore
un
habit
des
valets
&
des
gens
de
fervice.
ABOMINATION
,
Abomi-
natio
;
Cfénvyua,
&c.
(f)
Les
-(a)
Prolem.
Le
II.
c.
rt.
Tacit.
del
L.
IT,
ce
4.
Mor.
Germ,
ç
1.
Mém,
de
l’Acad,
des
Infcrip.
&
Bell,
Lett,T.
XIX,
P:
579.
(BY
Mac
LT
C,
16,
v.
11
dr
feg
‘(c)
Plut.
Tom,
I.
pag.
1032,
(e)
Antiq.
expl,
par
D.
Bern,
de
Mont:
Tom.
II.
pag,
14.
:
(f)
Genef.
c.
46.
v.
34.
Exod,
c,
8.
:
v.26.
Dan,.c.9.v.27.
Maccab.
L.
Je,
Hd)
Plur,
Tom,
I,
pag.
253,
Prolém,
1c6,
v;
7.
Matth.
ce
24uy,
159
=
|
De.
7.
/
De
Bas
AB
pafteurs
de
brebis
étoient
en
Abo-
mination
aux
Égyptiens.
Les
Hé-
breux
devoient
immoler
au
Seï-
gneur,
dans
le.
défert
,
les
Abomi-
nations
des
Égyptiens,
c’eft-à-
dire,
leurs
animaux
facrés
,
les
bœufs,
les
boucs,
les
agneaux
&
les
beliers,
dont
les
Égyptiens
re-
gardoiïent
les
facrifices
comme
des
Abominations
&
des
chofes
illicites.
-
L'Écriture
donne
d'ordinaire
le
aom
d’Abomination
à
l'idolâtrie
&
aux
idôles
,
tant
à
caufe
que
le
culte
des
idôles
,
en
lui-même,
eft
une
chofe
abominable,
que
parce
que
les
cérémonies
des
[dolâtres.
étoient
prefque
toujours
accom-
pagnées
de
diflolutions
,
&
d’ac-
tions.
honteufes
&
abominables,
Moïfe
donne
auf
le
nom
d’a-
bominable,
aux
animaux,
dont
il
interdit
l’uface
aux
Hébreux.
ABOMINATION
pe
Déso-
LATION.|
l],
prédite
par
Damiél,
marque,
felon
les
meilleurs
Inter-
prétes.
l'idôle
de
J
upiter
Olym-
pien,
qu'Antiochus
Épiphane
fit
placer
dans
le
temple
de
Jérufa-
lem;
&cla
même
Aéomination
de
défolation
,
qu'on
vit
à
Jérufalem
pan
le
dernier
fiége
de
cette
ile
par
les
Romains,
fous
Tite,
ce
font
les
enfeignes
de
l’armée
Romaine
,
charoées
de-figures
de
leurs
dieux
&
de
leurs
Empereurs,
-
Qui
furent
placées
dans
le
Tem-
ple,
après
la
prie
de
la
Ville
&
du
Temple.
ABONDANCE
[la
corne
d’|,
(a)
étoit,
felon
les
Grecs
,
l'une
(4)
Ovid.
Metam,
L,
IX,
v.
88.
Myth,
Par
M,
PAbb.
Ban,
T,
I.
p.
3244
Ti
V,
P:256.
Antiq.
expl,
par
D.
Bern.
de
Mont£,
TD
Ip,
315.
Mém,
de
l'Acad,
+
A
=
6
des
cornes
de
la
chèvre
L
qui,
après
ayoir
nourri
Jupiter
;
fut
placée
parmi
les
aftres,
où
elle
forma'un
figne
qui
porte
en-
core
fon.nom.
Cependant
ces
mê-
mes
peuples
difent
quelquefois
la
même
chofe
de
la
corne
du.
fleuve
Achéloüs
,
qu'Hercule
lui
arracha,
après
qu'il
fe
fut
métamorphofé
en
taureau.
Les
Naïades,
quila
relevérent:de
terre,
la
remplirent
de
fleurs
&
de
fruits
;
&
c’eft,
dit
Ovide,
cette
riche
come
qu’on
appelle
corne
d’'Abondance.
La
Fortune,
dont
les
payens
firent
une
divinité,
étoit
repré
fentée,
tenant
de
la
main/gau-
che,
ou
felon
d’autres,
de
1a:
man
droite
;
la
corne
d’Abon-
dance
,
pour
marquer
que
c’étoit
ellé
qui
diftribuoit
tous
les
biens,
C’eft
à
Smirne
que
la
fortune
fut
ainfi
repréfentée
,
pour
la
pre-
mière
fois,
par
les
foins
de
Bu-
palus
,
très-habile
{culpteur.
La
corne
d'Abondance,
fur
les
médailles,
eft
un
des
attributs
du
Génie.
as
ABONOTIQUE,
(4)
Ville
de
PAfe
mineure
,
dans
la
Paphla-
gonie
;
ou
plutôt
dans
la
Galatie.
C'eft
Ptolémée
qui
la
place
dans
cette
dernière
province.
Ce
Géo-
graphe
lappelle
-4ori
Meœnta,
ou
comme
traduifent
eertains
Mo-
dernes,
Aboniteichos,
du
Grec,
A'Écreu
rem
C’eft
pourquoi
les
habitans
d'Abonotique
font
nom
més
Abonotichétes,
c’eft-à-dire,
habitans
du
mur
d'Abonus.
Cette
des
Infc,
&
Bell.
Let,
T.
XI:p.3,
—
(bé)
Prolem.
L:
V.
c.
4.
Crev.
Hift,
des
Emp._Tom,
IV.
p.
456
@
fwivs
Lucian,
Tom,
I.
pag.
865,
à
PE
NN
V
al
4
Br
6
À
DB
Vie
qui
étoit
fituée
vers
les
bords
du
Pont-Euxin,
entre
Sinope
&
TFheutratia,
donna
la
naiffance
à
Alexandre
,
l’un
des
plus
célébres
impofteurs
que
l’on
ait
jamais
vus.
On
remarque
qu'il
démentit
étran-
gement,
par
la
fubulité
de
fon
efprit,
le
climat
qui
lui
avoit
don-
ne
le
jour,
puifqu'il
ne
produifoit,
pour
l'ordinaire
,
que
des
génies
groffers
,
épais
&
faits
pour
être
dupes.
Poyexz
l'article
d'Alexan-
dre
limpofteur.
ABORIGENES
,
Aborisines,
À
Ccpiywes
;
(a)
anciens
peuples
d'Italie,
Juftin
prétend
qu'ils
ont
été
les
premiers
habitans
de
cette
contrée;
que
Saturne
,
leur
roi,
avoit
un
{1
grand
amour
pour
la
juftice
,
que
fous
fon
régne,
non
feulement
il
n’y
eut
point
d’ef-
clave
,
mais
l'on
ne
vit
même
perfonne
pofléder
quelque
chofe
en
propre;
qu'enfin
tout
étoit
commun
,
en
forte
qu’on
ignoroit
Vart
de
partager
,
comme
fi
tous,
les
biens
enfemble
n’avoient
for-
mé
qu'un
feul
patrimoine.
Le
{en-
timent
de
Juftin
n’eft
pas
fans
conteftation
;
car
Denys
d'Hali-
carnafle
,
dont
le
fentiment
a
été
fuivi
par
M.
Freret,
aflûre
que
les
Sicules
,
nation
[bérienne
ou
Efpagnole
,
ont
occupé-dans
les
°
premiers
tems
,
la
partie
de
lltalie
,
qui
pafla
enfuite
fous
les
loix
des
Aborigénes.
Ceux
-ci
ne
chaflérent
les
anciens
habi-
fans
;
que
par
une
guerre,
qui
dura
long-tems.
Quant
à
Porigine
des
Abori-
(a)
Strab.
p.
228.
Jufts
EL.
XLIII.
Cr,
Tir.
Liv.
L.
fc.
152,
Dionyi.
Halic,
L,
li
Cr
12,2
35
Plin,
L,
Il,
D
UN
À
B
gènes,
les
fentimens
font
partas
gés.
Îls
y
a
des
Hiftoriens
qui
difent
que
les
Aborigénes
étoient
naturels
d'Italie,
&
qu'ils
faïfoient
par
eux-mêmes
une
nation
paï-
ticulière,
qui
ne
devoit
fon
origine
à
aucun
autre.
Les
mêmes
Hif-
toriens
ajoûtent
qu'on
leur
donna
ce
premier
nom,
parce
que
ceux
qui
habitérent
l'Italie,
dans
la
fi-
te,
tiroïent
d'eux
leur
origine
;
&
que
le
nom
d’Aborigénes
veut
di-
re,
felon
fon
étymologie,
les
pre-
muets
peres
d’une
nation,
ou
ceux
qui
lui
ont
donné
l’origine.
-
D’autres
prétendent
que
cé-
toient
des
gens
errans
&
vaga-
bons
;.
qu'étant
fortis
de
différens
endroits,
ils
fe
rencontrérent
par
hazard
en
Italie
,
où
ils
choïfirent
pour
leur
demeure
des
poftes
for-
tifiés,
&
d’une
fituation
avanta-
geufe;
qu'ils
y
vivoient
de
bri-
gandage
,
&
du
revenu
qu'ils
ti-
roient
de
leurs
troupeaux.
C'eft
pour
cela
qu'ils
changent
leur
nom
en
celui
d’Aberrigénes
,
afin
de
marquer
plus
clairement
leur
condition
,
&
de
faire
voir
que
c’étoit
un
peuple
errant
de
côté
êt
d'autre.
Il
femble
donc
que,
felon
leur
fentiment,
la
nation
des
Aborigénes
ne
différe
en
rien
de
ceux
que
les
anciens
appelloient
Lélèges
;
car
c’eft
le
nom
qu'on
A
donnoit
ordinairement
à
patrie
ni
demeure
fixe
,
fe
ramaf-
loïent
de
divers
païs.
D'autres,
enfin,
difent
qu'ils
étoient
une
co-
lonie
de
Liguriens
,
peuples
voifins
c,
s.
Mém,
de
lAcad,
des
Infcrip.
&
Bell.
Lett.
Tom.
VII,
pas:
.
Tom.
XVUI,
pag.
ga.
RP
,339
de
ces
{or
tes
d’'avanturiers,
que
n'ayant
TER
À
B
de
FOmbrie
;
mais
c’eft
une
püre
fable.
Les
plus
fçavans
auteurs
Ro-
Mains
prétendent
que
les
Abori-
génes
étoient
Grecs
d’origine,
du
nombre
de
ceux
qu'on
appelloit
Arcadiens.
D'abord,
ils
demeu-
rérent
difperfés
dans
les
monta-
nes,
par
bourgades,
fans
mu-
railles,
&
fans
fortifications.
De-
puis
que
de
nouvelles
colonies
Gréques
fe
furent
mêlées
avec
eux,
ils
chaflérent
entièrement
les
Sicules
|
ainfi
qu'il
a
été
déjà
obfervé,
fortifiérent
plufeurs
villes,
&
fabjuguérent
tout
le
pais,
fitué
entre
le
Liris
&
le
Tibre.
Ïls
Sy
maintinrent
depuis,
fans
en
être
chaflés
par
d’autres.
Ils
con-
fervérent
auffi
le
nom
d’Aborigé-
nes,
juiqu'à
la
guerre
de
Troye.
Sous
le
roi
Latinns,
qui
régnoit
du
terms
de
cette
guerre
,
ils
com
mencérent
à
s’appeller
Latins.
En-
faite
Romulus
ayant
fait
bâtir
la
Ville,
qui
porta
fon
nom
,
les
La-
tins,
ou
les
Aborigénes
,
prirent
le
nom
de
Romains,
qu'ils
ont
toujours
continué
de
porter.
C’étoit
la
coûtume
,
parmi
plu-
fleurs
peuples
,
tant
Grecs
que
Barbares
,
lorfqu’une
ville
fe
trou-
Voit
trop
peuplée,
où
que
le
païs
ne
pouvoit
pas
nourrir+tous
fes
abitans,
ou
qu'une
maligne
in-
fluence
de
l'air
étoit
caufe
que
l
terre
ne
fournifloit
pas
autant
de
vivres
qu'à
l'ordinaire
,
ou
qu'enfin
quelqu’autre
conjonttu-
fe,
bonne
on
mauvaife
,
l’obli-
sea
à
fe
défaire
d’une
partie
de
on
monde
;
c’étoit,
dis-je,
la
“Coëtume
,
que
l’on
confacrât
à
un
IEU
tous
les
enfans
d’un
certain
Tom.
I,
AB
6:
âge,
qu'on
leur
donnât
des
.
mes,
&
qu'on
les
envoyât
dans
un
autre
pais.
S'il
ne
s’agifloit
.
que
de
rendre
graces
aux
Dieux,
de
ce
qu'ils
avoient
multiplié
la
nation
,
par
un
grand
nombre
d'enfans
;
où
pour
quelque
vic-
toire
remportée
fur
les
ennemis,
on
faifoit
d’abord
des
facrifices
fo-
lemnels
,
&
l’on
envoyoit
cette
jeunefle
en
colonie,
fous
d’heu-
reux
aufpices.
Mais
fi
la
nation
étoit
accablée
de
malheurs,
sil
faHoït
appaïfer
la
colère
des
Dieux,
&
obtenir
qu'ils
miffent
fn
aux
maux
préfens,
on
faïfoit
à-peu-
près
la
même
chofe
;
cependant.
On
le
faïfoit
avec
peine,
&
on
de-
mandoït
pardon
à
cette
penplade,
qu'on
chafloit
du
païs
,
en
lui
té
moignant
qu’on
étoit
bien
fâché
d’en
venir
à
cette
extrémité.
Ces
jeunes
gens
,
fortis
des
terres
de
leurs
peres,
fans
efpérance
d’avoir
jamais
de
patrie
fixe,
s'ils
ne
trou-
voient
quelque
canton
qui
les
re-
Çût,
regardoïent
comme
le
lieu
de
leur
naïffance,
quelque
paiïs
que
ce
pôt
être
,
où
l’on
vouloit
bien
leur
donner
une
retraite
de
bonne
amitié.
On
étoit
perfuadé
que
le
Dieu
auquel
ils
étoient
voués
,
deyenoit
ordinairement
leur
prote@teur,
&
faifoit
prof-
pérer
leur
colonie
au
de-là
de
ce
qu'on
peut
croire.
Ce
fut,
fuivant
cette
coûtume,
que
quelques
villes
des
Aborigénes,
voyant
que
leur
pais
étoit
trop
peuplé,
confacré-
rent
à
un
Dieu
tous
les
enfans,
qui
vinrent
au
monde
pendant
un
an
;
Car
ils
ne
pouyoient
fe
réfoudre
à”
les
faire
mourir,
&
ils
regardoient
cela
comme
une
\
66
AB.
aétion
des
plus
inhumaines.
Les
Aborigénes
poifédérent
añ-
ciennement
plufeurs
villes.
Mais
il
en
reftoit
peu,
du
tems
de
De-
nys
d'Halicarnafle,la
plüpart
ayant
été
abandonnées
on
détruites
par
les
guerres
&c
par
d’autres
calami-
tés,
Voici
les
principales.
Palation,
à
vingt-cinq
ftades
de
Réate
,
fax
la
voie
Quinta;
Tribule,
envi-
ron
à
{oixante
ftades
de
la
même
ville,
fur
une
petite
coiline
;
Vesbole
,
éloignée
de
Tribule
d'environ
autant
,
&
fituée
vis-à-
vis
des
monts
Cérauniens
;
Sune,
où
Jon
voyoit
un
très
-
ancien
temple
de
Mars,
à
quarante
fta-
des
de
Vesbole
:
Méphyle,
dontil
reftoit
encore
des
ruines,
avec
quelques
veftiges
de
fes
murs,
du
tems
d’Augufte,
éloignée
de
Sune
d'environ
trente
ftades.
À
quarante
ftades
de
Méphyle,
étoit
Orvinion,
la
plus
fameufe
&
la
plus
grande
ville
de
ce
can-
ton.
On
voyoit
aufli,
du
tems
d'Augufte,
les
fondemens
de
fes
murailles,
quelques
magmifiques
tombeaux
d'un
ouvrage
ancien,
lenceinte
des
cimetieres
,
fitués
far
de
hautes
&
longues
terrafles,
run
vieux
temple
de
Minerve,
au
haut
de
la
citadelle.
À
quatre-
vingt
flades
de
Réate:,
en
pañlant
par
la
voie
Juria,
auprès
du
morit
“Coréte,
on
trouvoit
la
ville
de
‘Curfule.
I
y
avoit
auf
une
îfle
appellée
Ha,
toute
entourée
d’un
ac.
On
dit
qu'on
y
habitoit
fans
autres.
fortifications,
&
que
les
eaux
bourbeufes
de
ce
lac,
te-
noiïent
lieu
de
retranchemens
&
“de.
murailles.
*.
En
allant
de
Réate
vers
le
pais
A
B
-
des
Latins,
on
trouvoit
la
ville
de
Batie,
à
trente
ftades.
Tiore,
qu'on
appelloit
auf!
Matienne,
en
étoit
à
trois
cens
ftades,
On
prétend
que
dans
cette
ville
il
y
avoit
un
fort
ancien
oracle
de
Mars:
Il
étoit,
dit-on,
à-peu-
près,
comme
celui
de
Dodone,
fi
fameux
dans
les
fables
;
excepté
qu'à
Dodone
,
c’étoit
un
pigeon,
qui
rendoit
les
oracles,
du
haut
d’un
chêne
facré
;
au
lien
que
chez
les
Aborigénes,
c'étoit
un
autre
oifeau,
envoyé
des
Dieux,
qu
rendoit
les
fiens
fur
une
colomne
de
bois.
Ils
appelloient
cet
oïfean
Pivert,
&
les
Grecs
Dryoco-
apte,
c’eft-à-dire,
Perce-chêne,
où
Pique-bois.
Lifta,
capitale
des
Aborigénes,
étoit
à
vingt-quatre
ftades
de
cette
ville.
Elle
fut
ar
trefois
prife
d’aflaut
par
les
Sa-
bins
,
qui
fortirent
d’Amiterie
pendant
la
nuit,
&
qui
l'attaqué-
rent
à
l'improvifte.
Ceux
qui
sé
toient
fauvés
de
cette
ville,
reçus
par
les
habitans
de
Réate,
firent
plufieurs
tentatives.
pour
la
re-
prendre
;
mais
voyant
qu'ils
net
pouvoient
vemir
à
bout,
ils
en
confacrérent
les
terres
aux
Dieux,
|
-comme
un
bien
qui
leur
appar.
tenoit
encore
,
&
firent
des
in
précations
contre
quiconque
€f
recueilleroit
les
fruits
dans
|
fuite.
À
foixante-dix
ftades
de
Reate,
étoit
la
célébre
ville
de
Cutile,
aflife
au
pied
d’une
montagne
Auprès
de
cette
ville,
il
y
avoit
un
lac,
de
la
grandeur
de
quatié
arpens
,
plein
d'une
belle
ea
naturelle
,
&
conlant
toujours
I
étoit,
dit«on,
d'une
extrémé
À
B
profondeur.
Comme
ce
fac
avoit.
_
quelque
chofe
de
miraculeux
&
*
de
divin,
les
habitans
du
canton
croyoient
quil
étoit
confacré
à
la
Viétoire,
Ils
l’entouroient
d’une
-.
encemte
,
pour
empêcher
que
perfonne
n'approchât
de
{es
eaux,
fi
ce
n’eft
en
certaines
fêtes,
qui
fe
renouvelloient
tous
les
ans,
pendant
lefquelles
ils
faifoient
des
facrifices
felon
leur
loi.
Car,
alors,
ceux
à
qui
cela
étoit
permis,
al-
loient
dans
une
petite
Ile,
d'en-
:
Viron
cinquante
pieds
de
diamé-
te,
qui
étoit
dans
le
lac.
Elle
n'avoit
qu'un
pied
au-deflus
de
Veau.
Elle
étoit
flottante,
fans
aucune
afliette
fixe;
enforte
qu'elle
elloit
çà
&
là
>
au
gré
des
vents,
qui
la
ponfloient
doucement.
Il
Y
croïffoit
une
herbe,
qui
reflem-
bloit
au
Butome,
&
quelques
pe-
tits
atbriffeaux:
Tout
cela
tient
beaucoup
du
prodige.
Cependant
le
lac
fubfifte
encore,
&
prend
le
rom
d'{}
Pozzo
Tati9nan0;
OÙ
Lago
di
contigliano,
La
plus
gran-
de
partie
du
pais,
habité
ancien
nement
par
les
Aborigénes,
s’ap-
pelle
à
préfent
la
Campagne.
de
Rome.
ABRA,
Abra
,
A'Epa
(a
om
que
Écriture
fainte
donne
4
Une
Dame
ou
Démoifelle
d’hon-
eur,
que
l’on
rend_pour
l’ordi-
faire
dans
les
traduétions
françoi-
fs,
par
le
mot
de
fervante.
C'eft
ainfi
que
Judith
partit,
accompa-
gnée
de
fa
fervante
,
pour.
aller
exécuter
le
deflein
qu’elle
avoit
onçu.
de
tuer
Holoferne.
Ve
32
-
és
ABRACADABRA,
dabra
,
A'CparadaCpe,
(b)
terme
magique,
autrement
appellé
44r2-
fadabra.
On
s’en
fervoit
autrefois
pour
guérir
la
fiévre
double;
tier-
cé,
&
d’antres
maladies.
Plufieurs
fçavans
Critiques,
tels
que
Scali-
ger,
Saumaïe,
&
autres,
fe
{ont
donné
beaucoup
de
peine,
pour.
découvrir
le
véritable
{ens
de
ce
mot
;
Mais
tout
ce
qu'on
peut
dire
de
plus
vraifemblable,
c'eft
que.
Quintus
Sérénus
Samonicus,
Mé=
décin,
qui
avoit.embraffé
les
fu-
perfhitions
magiques
de
Bañlides
,
&t
à
qui
on
attribue
l’invention
du
nom
d’Abracadabra,
le
forma
fans
doute
de
celui
d’Abrafax.
Il
recommandoit
d'écrire
plufeurs
fois
ce
mot
fur-un'papier,
en
Ter
tranchant
toujours
une
lettre
,
jufe
qu'à
ce
que
le
tout
fe
terminât
en:
cône
,
&
d’attacher
au
cou
du
malade,
ce
Talifinan
,
dont
il
pré-
conioit
l'excellence
&:
l'efficace,
Voici
le
cône,
que
forme
ce
mot
;
répêté
&
retranché.
…
:
ABRACADABR
A
ABRACADABR.
ABRACADAR.
ABRACADA
ABRAC
AD.
ABRACA
ABRAC
HA
RERSA
ABR
À
B
À
(4)
Genef,
c,
241
V.
61,
Judith.c,
A
(5)
Antiq.
expliq.
par
D.
Bem,
dé
pntf.
Te
IL
pe
377,
376
i
ER
rene
A
ES
VA
<A
D
facnifices
humains,
ne
fe
trompe-
roient
pas.
Du
moins,
M:
l'abbé
de
Boïfly
n'héfite
pas
la-deflus.
»
Les
Chananéens
,
dit-il
,
les
>
Amorrhéens,
&
les
autres
peu-
»
ples
voifins
des
lieux
où
ce
Pa-
»
triarche
avoit
pañlé
fa
vie,
en-
>»
tendirent,
fans
doute,
vanter
le
zéle
&
la
fermeté
de
ce
faint
»
homme,
qui
n'écouta
pas
un
»
moment
Les
fentimens
de
fa
ten-
»
drefle
,
pour
un
fils
unique.
Ils
»
fçurent
quelque
chofe
des
ré-
»
compenfes
que
Dieu
promit
à
»
fa
fidélité,
&
jugérent
que
li-
»
mitation
d'une
action
fi
héroï-
»
que,
leur
attireroit
les
mêmes
»
bénéditions
du
ciel.
[ls
igno-
»
rérent
que
le
Seigneur
,
fatisfait
>»
de
lobéiflance
d’Abräham
,
»
avoit
fubftitué
un
belier
à
la
»
victime
humaine;
ou
ils
crurent
»
enchérir
fur
Pa@tion
de
ce
Pa-
»
triarche,
en
immolant
réelle-
»
ment
leurs
propres
enfans.
»
C'eft
Saturne
,
felon
les
poëtes
&
les
hiftoriens
;
qui
introduifit
la
déteftable
coûtume
de
facrifier
des
hommes.
Le
Saturne
des
Payens
eft,
au
jugement
des
meil-
leurs
Critiques
,
PAbraham
de
l'Écriture.
Un
fragment
de
San-
choniaton
,
rapporté
par
Eufébe,
femble
mettre
la
chofe
hors
de
doute,
dans
lefpèce
particulière.
n
Saturne,
dit
cet
auteur,
que
les
»
Phéniciens
nomment
[fraël,
fut
»
mis,
après
fa
mort,
au
rang,
»
des
dieux,
fous
le
nom
del’aftre
»
qui
s'appelle
encore
Saturne.
Mi
”
M
NN
M
NS
“
*
(a)
Antiq.
expl.
par
D.Bern.de
Montf.
Tom.
II.
pag.
376.
j
(5)
Genef.
c.
11,
v.
26,
&'
eq.
(e)
Jofue
c.:19,
ve
28
A
B
»
Dans
le
tems
que
ce
Prince
»
-régnoit
en
Phénicie,
il
eut
d'une
»
nymphe
nommée
Anobret
,
un
»
fils
unique
qu'il
appella
Jeud;
»
terme
qui
fignifie
encore
au-
»
jourdhui,
fils
unique
chez
les
»
Phénicens.
Son
pais
fe
trouvant
»
engagé
dans
une
guerre
dange-
»-reufe,
il
para
fon
fils
des
orne-
»
mens
royaux
,
&
l’immola
fur
»
un
autel
quil
avoit
dreflé
li
»
même.
«
On
trouve
dans
uñ
autre
fragment
de
Sanchoniaton,
que
ce
même
Saturne
fe
circoncit,
&
obligea
tous
ceux
de
fa
fuite
à
fuivre
fon
exemple.
ABRAIACHE,
4braiache,
(a}
nom
d'une
puiflance
célefte,
où
d’un
bon
ange,
felon
les
Bañli=
diens
à
ABRAM,
Abram,
A'Epays
(b)
Ceft
le
premier
nom
que
porta
Abraham
,
&
qui
fut
changé,
dans
la
fuite,
en
celui
d'Abraham
Voyez
Abraham.
+
ABRAN
,
4bran,
(c)
ville
&
Judée,
fituée
fur
les
frontières
de
la
tribu
d’Afer.
Elle
fut
donnée
ar
le
fort
à
cette
tribu.
ABRAXAS,
Abraxas,
|'Epés
£a
,
(d)
mot
myftique
,que
Bañ-
lides
&
fes
fetateurs
ont
employé
pour
exprimer
l’Etre
fouverain,
le
Dieu
tout
puiffant.
Bañlides
fup-
pofoit
une
multitude
de
dieux,qui
étoient
autant
de
proceflions
de
fon
Abraxas.
Plufieurs
Peres
de
PÉglife
ont
fait
mention
de
cette
doétrine
monitrueufe.
Et
Tertu-
lien
,
en
particulier,
nous
en
don
(d)
Antig.expl,
par
D.Bern.de
Montf,
T.
Il.
p.355
dr
friv.
Mém,
de
l’Acad
des
Infc,
&
Bell,
Lerr,
T,
XVIII,
p,
429»
RER
ER
Re
ER
OR
ER
ER
nn
CRE
BAD
EN
TPE
CENTAINE
EN
ER
LE PE
OPEN
PRET
UNIT
EEE
NET
RS
NRC
PR
NP
TIRE
A
B
ne
une
idée
en
ces
termes:
»
On
>»
vit
enfuite
paroître
l’hérétique
»
Baflides,
qui
difoit
que
le
»
Dieu
fuprême
étoit
Abraxas,
»
Créateur
de
l’entendement,
ap-
»
pellé
vous
par
les
Grecs.
De
»
l'entendement,
vient
le
Verbe,
»
felon
cet
hérétique.
Du
Verbe,
»
Vient
la
Providence.
De
Ia
Pro-
»
Vidence,
la
vertu
&
la
fagefle.
»
De
celles-ci,
les
Principantés
,
»
les
Puifflances,
&
les
anges
;
5
enflite
une
émiffion
de
ces
»
anges
à
linfin.
Baflides
pré-
»
tend
que
ce.
font
ces
anges,
»
QU
Ont
compolé
trois
cens
5
foïxante-cinq
cieux.
[l
compte
»
au
nombre
de
ces
derniers
an-
»
ECS,
qui
ont
créé
ce
monde,
le
5
Dieu
des
Juif,
qu'il
met
le
»
dernier
de
tous
;
c’eft-à-dire,
le
»
Dieu
de
la
Loi
&
des
Prophé-
»
tes,
qu'il
dit
n'être
pas
Dieu,
»
Mais
feulement
un
ange.
«
S.
Irénée,
S.
Auguftin,
&
d’au-
tes
,
parlent
aufli
de
l’Abraxas
de
Bañlides.
Ils
conviennent
égale-
ment
du
nombre
de
trois
cens
{oi-
Xante-cinq
cieux,
qu'il
inventoit.
A
refle,
ce
nembre,
fi
l’on
dé-
compofe
le
mot
Abraxas
,
s’y
trou-
VDS
Ÿ
Me
ve
renfermé
,
fuivantlamanière
de
Compter
ufitée
parmi
les
Grecs.
Il
faut
pour
cela
,
arranger
les
lettres
de
cette
facon
:
J
8e
D
w8
P
200
Do
enneneennneeer
cms
ee
Somme
totale...
365
AB
7S
D'autres,
comme
S..J
À
croyent
qu'Abraxas
eft
le
même
que
le
Soleil;adoré
chez
les
Pertes,
fous
le
nom
de
Mithras.
Quoi-
qu'il
en
foit,cette
efpèce
d’énigme,
a
fort
exercé
les
Sçavans
,
tant
an-
cienis
que
modernes
;
mais
il
feroit
trop
long
d'entrer
ici
dans
le
détail
des
explications
qu'ils
en
ont
don-
nées.
Cependant
comme
nous
a-
vons
encore
aujourd’huiquantité
de
pierres
gravées,
fur
lefquelles
on
lit
le
nom
d’Abraxas;
j'obferveraique
M.
Fourmont
penfoit
que
le
plus.
grand
nombre
de
ces
pierres
étoient
chrétiennes
ou
juives,
&
fervoient
à
ceux
de
l’une
&
l’autre
de
ces
Reli-
gions,pour
fe
faire
connoître
à
leurs
treres,lorfqu'ils
alloientenvoyage,
ä-peu-près
comme
le
Teffere
hof-
pitalitatis
des
Grecs
&
des
Ro-
mains;
que
la
plûpart
de
ces
lé-
gendes,
gravées
fur
ces
pierres
en
cara@ères
Grecs,
mais
dans
un
lan-
gage
inconnu,
étoient
hébraïques
,
&
contenoient
des
formules
chré-
tiennes
;
qu'enfin,
la
feule
igno-
trance
de
la
langue
hébraïque
avoit
fait
prendre
,
pour
des
termes
ma-
giques
,
des
formules
chrétiennes
,
&
fouvent
très-orthodoxes.
Ceux
qui
defreroient
d’avoir
une
explication
plus
étendue
de
ces
pierres
,
peuvent
confulter
Antiquité
expliquée
par
D.
Bern
de
Montfaucon:
On
y
trouvera
une
divifion
de
ces
pierres
,
en
fept
clafles.
ee
ABRÉE,
Æbræz,
NlEroe,
z)
nom
d’une
femme
de
Larifle,
n
jour
que
Lucien
fe
promenoit
dans
cette
ville,
il
rencontra
Abrée,
qui
lui
demanda
qui
il
étoit
;
&
Eucian,
Tom,
If,
pag.
114.
LS
Le
nd
+
De
VA
dès
au’elle
l’eut
appris,
elle
s’écria
een
HAUSSE
qu'il
étoit
fls'd’une
de
fes
meil-
leures
amies
,
dont
elle
n’aimoit
3
pas
moins
les
enfans
que
les
fiens-
propres
;
&t
qu'il
avoit
tort
de
n’é-
tre
pas
venu
defcendre
chez
elle.
.
Comme
elle
voulnt
l’amener,
Lucien
lui
fit
fes
excufes,
&
Ini
dit
quil
ne
pouvoit
pas
honnête-
ment
quitter
fon
hôte,
qui
l’avoit
fi
bien
reçu
;
que
du
refte,
il
auroit
fon
corps
,
mais
qu’elle
auroit
fon
efprit.
Comment
,
reprit
Abrée
,
étes-vous
logé
chez
un
vilain
ava-
ricieux
,
tel
qu'Hiparque
;
[
c'étoit
le
nom
de
l’hôte
de
Lucien
|
ne
/ui
dites
point
d'injures,
repliqua-il,
après
qu'il
m'a
fi
bien
traité.
Alors,
fquriant,
elle
dit
à
l'oreille
à
Lu-
cien
,
qu'il
prit
bien
garde
de
ne
point
faire
amitié
avec
la
femme
de
fon
hôte,
qui
étoit
une
des
plus
grandes
magiciennes
du
païs,
qui
changeoït
les
uns
en
bêtes,
&
tuoit
les
autres,
lorfqu'ils
ne
vou-
loïent
pas
faire
fa
volonté.
Lucien,
qui
étoit
allé
précifément
à
Larifle
dans
l’efpérance
d'y
rencontrer
quelque
magicienne
,
fut
ravi
de
cettenouvelle
,
&
prit
fur
le
champ
congé
d'Abrée,
ABRÉGÉ,
Epitome,
émrrour.
Un
Abrésé
eft
un
difcours
,
dans
lequel
on
réduit
en
moins
de
pa-
roles,
la
fubftance
de
ce
qui
eft
dit
ailleurs
plus
au
long
&
plus
en
détail.
Les
Critiques,
dit
un
Moderne,
&
généralement
tous
les
Studieux,
qui
font
ordinairement
les
plus
grands
eñnemis
des
Abrépés
,
pré-
tendent
que
la
coûtume
de
les
(a)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern,
A
B
faire
,
ne
s’eft
introduite
que
long-
tems
après
ces
heureux
fiécles
,où
fleurifloient
les
belles
lettres
&°
les
fciences
parmi
les
Grecs
&
les
Romains,
C'eft,
à
leur
avis,
:
un
des
premiers
fruits
de
l’igno-
rance
&
de
la
fainéantife,
où
la
barbarie
a
fait
tomber
les
fiécles,
qui
ont
fuivi
la
décadence
de
l'Em-
pire.
Les
gens
de
Lettres
&
les
Sçavans
de
ces
fiécles
,
ne
cher-
choient
plus
qu'à
abréger
leurs
peines
&
leurs
études,
fur
tout
dans
la
leêture
des
Hiftoriens,
des
Philofophes
&
des
Jurifconfüultes,
foit
que
ce
fût
le
loifir,
oit
que
ce
fût
le
courage,
qui
leur
man-
Hate
ABRELLENUS,
Abrellenus,
(z)
farnom
qu’on
donnoit
à
Jupi-
ter.
On
l’appelloit
ainfñ
de
quel-
u’endroit
,
où
1l
étoit
honoré.
ABRÉVIATION,
terme
qui
vient
du
latin,
brevis
,
lequel
eft
dérivé
du
grec,
6pæxvc,
bref.
L’A.
Préviation
,
eft
la
contra@tion
d’un
mot,
où
d'un
paflage,
qui
fe
fait
en
retranchant
quelques
lettres,
où
en
fubftituant
à
leur
place
des
marques
où
des
caractères.
On
ne
fçauroit
lire
les
écrits
des
Rabbins
,
qu’on
n’ait
une
ex-
plication
des
Abréviations
hébraï-
ques.
Les
copiftes
,
ou
les
écrivains
Juifs,
ne
fe
contentent
pas
de
faire
des
Abréviations,
comme
les
Grecs
&
les
Latins,
en
retran-
chant
quelques
lettres
ou
fyllabes
dans
un
mot.
Îls
ne
mettent
d'un
mot
que
la
première
lettre;
fou-
vent
même
ils
prennent
les
pre-
mières
lettres
de
plufieurs
mots
Montf,.
Tom,
I.
pag.
sat
AB
de
faite
,
Les
joignent
safemble,
&
en
y
ajoûtant
des
voyelles,
ils
font
un
nom
barbare
,
qu'ils
donnent
à
la
perfonne
,
qui
porte
les
noms
qu'ils
ont
-abrégés
de
la
forte,
Ainf,
Rabbi
Schelomoh
Jarhhi,
en
jargon
d’Abréviations
hébraïques,
s'appelle
Raf.
Rabbi
Moyfe
Ben
Maïemon,
Ramban
;
_&
de
même
en
d’autres
diétions
:
qüe
les
noms
propres.
Mercerus
,
David
de
Pomis,
Schindier,
Bux-
tof,
&
autres
,
ont
fait
des
Explications
de
ces
efpèces
de
chiffres,
fans
lefquelles
on
ne
peut
aborder
les
Rabbins,
fur
tout
en
commençant,
_
Les
Abréviations
de
l'Écriture
S’appelloient
notes
dans
l'antiquité.
n
Jes
appelle
encore
ainf
dans
les
anciennes
Infcriptions
latines.
Plufieurs
ont
fait
des
colleGtions
&
des
explications
de
ces
Abrévia-
tons
romaines.
Une
des
plus
am-
ples
eft
celle
de
Sertorius
Urfa-
fus,
qui
fe
trouve
à
la
fin
des
matbres
d'Oxford,
ABREX
,
Abrex.
Voyez
Bel-
lorix.
Vous
y
trouverez
l’expli-
cation
de
ce
terme.
ABRO,
Aero,
A'Ep0:,
(a)
ville
des
Sapéens
,
qui
fut
prie
par
Perfée,
fils
de
Philippe,
en-
YION
170
ans
avant
J.
C.
ABROCOME
,
Abrocomas,
À'Éporouac
,
(6)
Seigneur
,
qui
prit
és
armes
pour
Ârtaxerxe
-
Mné-
Mon,
roi
de
Perf,
contre
Cy-
tus
;
fon
frere
,
qui
vouloit
le
dé-
ttôner.
On
lit,
en
eflet,
dans
Xénophon,
qus
Cyrus
reçut
un
+
(4)
Paufan.
pag.
416,
(&)
Kenoph.
p.
252,
Roll,
Hift.
anc.
Tom,
I,
pag.
562.
A
B
FR
jour
uñe
députation
,
qui
de
Cléarque
pour
chef,
&
dont
l’ob-
jet
étoit
de
fçavoir
de
lui,
ce
qu'il
penfoit,
touchant
une
réfolution
ue
l’armée
venoit
de
prendre.
.
|
C'eft
qu’elle
refufoit
de
fuivre
Cyrus
dans
l'expédition
qu’il
mé-
ditoit.
]
Cyrus
ne
vouwant
pas
s'expliquer,
répondit
qu'il
enten-
doit
dire
qu'Abrocome,
fon
en-
nemi,
étoit
fur
les
bords
du
fleu-
ve
Euphrate,
où
on
pouvoit
l’at-
teindre
en
peu
de
jours
;
qu'il
vou-
loit
marcher
contre
lui
;
&
que,
s’il
le
rencontroit,
il
lui
feroit
fu-
bir
la
peine
qu'il
méritoit
;
que,
au
contraire,
il
veñoit
à
prendre
la
fuite,
on
délibéreroit
en
cet
en-
droit,
fur
la
propoñition
qu’on
lui
fai{oit.
Dans
fa
bataille
de
Cunaxa
;
où
Cyrus
fut
tué
,
Abrocome
devoit
commander
un
corps
de
troupes
,
de
trois
cens
mille
hom-
mes.
Mais
il
n’arriva,
avec
fon
armée
,
que
cinq
jours
après
u’elle
eut
été
livrée.
ABROTONE,
(c)
nom
que
certains
Auteurs
donnent
à
la
me-
re
de
Thémiftocle.
Mais
Plutar-
que,
d’après
Phanias,
dit
qu'elle
{e
nommoit
non
Abrotone,
mais
Euterpe
,ajoûtant
en
même-tems,
qu’elle
étoitide
Carie,
&
non
de
Thrace.
Néanthes
prétend
qu’elle
avoit
vu
le
jour
à
Halicarnaffe,
la
principale
ville
du
païs.
ABROTONE,
ÆAbrotonum
,
A'Épsrovor,
(d)
nom
d’une
cour-
tifanne
;
dont
il
eft
parlé
dans
Lucien.
(c)
Plut.
Tom.
I,
pag.
111:
|
(4)
Lucian.
Tom,
I,
pag.
70%
.
78
A
B
+
ABRUPOLIS,
4érupolis,
(a)
étoit
roi
des
Sapéens,
peuples
de
Thrace,
&
allié
du
penple
Ro-
main
;
Ce
qui
nempêcha
pas
Ferfée
d'entrer
fur
fes
terres,
&
de
lui
faie
la
puerre,
vers
l'an
s8o
de
la
fondation
de
Rome.
On
remarque
que
ce
dermer,
ls
de
Philippe,
étoit
lui-même
en
paix
avec
les
Romains,
lorf-
qu'il
attaqua
Abrupolis.
I
le
chaf-
fa
de
fes
États.
Maisles
Romains,
pour
venger
leur
allié,
déclaré-
rent
la
guerre
à
Perfée,
&
con-
uirent
la
Macédoine.
ABSALOM,
Abfalom,
A
Cer-
Can
»
@
fils
de
David
&
de
Maacha
,
fille
de
Tholmaï,
roi
de
Geflur,naquit
à
Hébron,environ
1000
ans
avant
J,
C.
Il
n’y
avoit
point
d'homme
dans
tout
Hrael,
qui
fütfi
bien
fait,
ni
fi
beau
que
lui,
Depuis
la
plante
des
pieds
juf-
qu’à
la
tête,
on
ne
remarquoit
pas
le
moindre
défaut,
Lorfquil
fe
faïfoit
faire
les
cheveux
;
ce
qui
arrivoit
une
fois
tous
les
ans,
parce
qu'ils
Jui
chargeoient
trop
la
tête,
on
trouvoit
qu'ils
péfoient
deux
cens
ficles,
felon
le
poids
du
roi.
Abfalom
avoit
une
fœur
,
nom-
mée
Thamar,
pour
laquelle
Am-
non,
fon
frere,
conçut
une
violente
paflion.
Elle
augmenta
au
point
,
quil
abufa
de
cette
princefle.
Ab-
falom,
en
ayant
été
inftruit
,cher-
cha
l’eccafñon
de
venger
l’outrage
fait
à
fa
fœur.
Cette
occañon
fe
préfenta
deux
ans
après.
Abfalom,
fifint
tondre
fes
brebis
à
Baalha-
for,
près
d'Ephrem,,
invita
tous
les
(a)
Pauf.
p,
417.
Tir.
Liv.
L.
XLIT,
Cr
r2.
Ve
IIS
(6)
Res,
L,
IE:<;
3
v:
3e
Cr
139
Ve
Lo
À
A
B
eñhfans
du-Roï
à
venir
chez
lui,
1.
Îla
aufh
trouver
David,
pour
le
prier
de
s’y
rendre
lui-même
avec
\
à .
les
Princes.
:
David
ne
voulut
pas
y
confentir,
dans
la
crainte
de
l'in-
plia
de
trouver
bon,
au
moins,
qu'Amnon,
fon
frere,
y
vint
;
&
il
len
conjura
avectant
d'inflance,
que
David
le
permit.
Abfalom
avoit
fait
préparer
un
grand
feftin;
mais
il
avoit
donné
un
ordre
fe-
cret
à
fes
ofliciers
de
frapper
Am-
non,
&t
de
le
tuer,
dès
qu'il
com-
menceroit
à
être
troublé
par
le
vin.
Les
officiers
exécutérent
le
com-
mandement
que
leur
maïître
leur
avoit
fait.
Aufli-tôt,
tous
les
enfans
de
David
fe
levant
de
table,
mon-
térent
chacun
far
leur
mule,
&
s’enfuirent,
Ils
étoient-encore
en:
chemin,
lorfque
la
nouvelle
de
cet
aflaffinat
parvint
jufqu’aux
oreilles.
de
David,
qui
crut
d’abord
que
tous
fes
enfans,
fans
exception,
avoient
été
tués;
on
le
raflürx
Mais,
cela
ne
lempécha
pas
d’être
accablé
de
la
plus
grande
trifteffe.
Pour
Abfalom
,
il
fe
re-
tiïa
chez
Tholmaï
,
fils
d’Am-
miud
,
roi
de
Geflur;
&
il
y
de-
meura
troisans,
Cependant
David
confolé
de
la
mort
de
fon
fils,
f
rapprochoit
infenfiblement
d’Ab-
falom:
Joab
s’en
étant
apperçu,
ufa
de
ftratagême
pour
achever
de
le
déterminer.
Il
obtint
donc
de
lui,
qu'Abfalom
revint
de
Get
fur.,
où
il
alla
lui-même
le
cher-
cher,
pour
l'emmener
à
Jérufalem.
Néanmoins
il
n’ent
pas
la
permif-
dr
feg.
©,
14.
v,
1:
&'feqg.
c.
15.
v:
le
dr
feg.
©
16,
v.
15,
d'
feg,
€:
17.
Vs
la
dr
Jeg,
©
8e
ve
34
@:
[eg
.
Lee
.
commoder.
Alors
Abfalom
le
fup-
+
CDR
DROTI
GRR
TERENT
he
De
du
Sn
ae
YEETE
A
ESSOR
ARR
ERREUR
AB
fion
de
voir
le
Roi
;
mais
il
fe
tint
caché
dans
la
maïfon
pendant
deux
ans
,
après
lefquels
il
parut
devant
fon
pere
qui
noel
Cette
gra-
ce
lui
fut
encore
accordée
par
_
lentremife
de
Joab.
Après
cela,
Abfalom
fe
fit
faire
_
des
chariots,
prit
des
gens
de
che-
val,
avec
cinquante
hommes
qui
marchoient
devant
lui.
{1
fe
tenoit
dès
le
matin
à
l’entrée
du
palais,
où
1]
appelloit
tous
ceux
qui
a-
voient
des
affaires,
&
qui
venoient
demander
juftice.
Il
leur
deman-
doit
d’où
ils
étoient,
Et
après
avoir
entendu
leur
caufe.,
il
difoit
qu'elle
lui
paroïfloit
bien
juite
;
mais
que
perfonne
n’avoit
ordre
du
Roi
de
les
écouter.
Il
defoit
donc
d’être
établi
Juge
pour
ren-
dre
juftice
à
tous
ceux
qui
fe
pré-
fentoient,
C’eft
ainfi
quil
tâchoit
de
s'infinuer
dans
l'affection
du
peuple.
Enfuite
,
ayant
obtenu
de
David
la
permiffion
d'aller
à
Hé-
bron,
pour
y
accomplir
les
vœux
qu'il
doit
avoir
faits
au
Seigneur,
lorfqu'il
étoit
à
Geflur
,
s’il
reve-
noit
à
Jérufalem,
il
n'y
fut
pas
plutôt
arrivé,
qu'il
envoya
,
dans
toutes
les
tribus
d'Ifraël,
des
gens
qu'il
avoit
re
>
avec
ordre
de
dire
qu'aufh-tôt
qu'on
entendroit
onner
la
trompette,
on
publiât
qu'Abfalom
régnoit
à
Hébron.
Achitophel,
confeiller
de
David,
vint
de
Gilo
fe
joindre
au
rebelle,
La
confpiration
devint
bientôt
trés-puifflante,
parce
que
le
peu-
ple
y
entroit
en
foule.
avid
ne
tarda
pas
à
être
in-
orme
de
cette
fâcheufe
nouvelle.
Îl
dit
à
fes
officiers
,
qu'il
falloit
fuir
au
plus
vite
de
Jérufalem,
pour
|
AB
79
ne
pas
tomber
entre
les
mains
de
fon
fils
Abfalom.
Il
partit
donc
à
pied
avec
toute
fa
maïfon,
ne
laif-
fant
que
fes
dix
femmes
du
fecond
rang
,
pour
garder
le
palais.
Ce-
pendant
Abfalom
entra
dans
Jé-
tufalem
,
accompagné
d’Achito-
phel,
&
de
tout
ceux
de
fon
parti,
Chufaï,
ami
de
David,
vint
lui
dire
:
que
le
Roi
vive;
que
Dieu
Le
conferve.
Abfalom
voulut
le
ren.
voyer
à
fon
pere;
mais
Chufaï
pro-
tefta
qu'il
n'iroit
pas,
&
qu'il
ref-
teroit
auprès
de
celui
qui
venoit
d'être
élevé
à
la
dignité
royale.
Enfuite
Abfalom
,
fivant
ie
con-
feil
d'Achitophel,
outragea
les
dix
femmes
de
David,
qui
étoient
reftées
dans
le
palais.
Bientôt
après,
le
même
Achitophel
lui
confeilla
de
faire
marcher
douze
mille
hommes
choifis
à
la
pourfui-
te
de
fon
pere.
Chufaï,
ayant
été
.confulté
,
fut
d'un
fentiment
con-
traire.
C’eft
pourquoi
Achitophel,
voyant
que
le
fien
n’étoit
pas
fivi,
quoiqu'il
fûtle
plus
utile,
s'en
alla
à
Gilo,
où
il
fe
pendit
de
défefpoir,
Abfalom
ayant
donné
le
com-
mandement
de
fes
troupes
à
Arma-
fa
,
fils
de
Jétra,
alla
fe
camper
avec
tout
Ifraël
dans
le
pais
de
Galaad.
David
fit
en
même-tems
la
revue
de
fes
gens,
&c
établit
des
officiers
pour
les
commander.
Mais
fon
armée
ne
voulut
point
permettre
qu'il
fe
trouvät
au
com-
bat.
Il
{e
tint
donc
à
la
porte
de
la
ville
de
Mahanaïm,
après
avoir
donné
ordre
à
Joab,
à
Abifar
&
à
Éthaï,
de
lui
conierver
fuxtont
fon
fils
Abfalom;
ce
qui
fut
en-
tendu
de
tout
le
peuple.
La
ba-
taille
s'étant
donnée
dans
la
forêt
#
80
A
B
|
d'Éphraïm,
l’armée
de
David
tail:
la
en
piéces
celle
d'Abfaiom,
La
défaite
fut
grande,
en
forte
qu'il
refta
fur
la
place
vingt
mille
hom-
mes.
Le
refte
prit
la
fuite,
ainfi
qu'Abfalom.
Lorfqu'il
pafloit
fous
un
grand
chêne
touffu,
monté
far
un
mulet,
{a
tête
s’embarrafla
dans
les
branches
;
de
manière
que
fon
mulet
paffant
outre
,
1]
demeu-
ra
fafpendu.
Un
foldat
l'ayant
vu
en
cet
état,
vint
en
avertir
Joab,
qui
tronva
mauvais
qu'il
ne
lui
eût
pas
pañlé
l'épée
au
travers
du
corps.
C’eft
pourquoi
il
courut
lui-
même
à
l'endroit
où
étoit
Abfalom,
&
lui
perça
le
cœur
de
trois
dards.
Lorfqu'il
refpiroit
encore,
toujours
fafpendu
au
chêne
,
dix
jeunes
écuyers
de
Joab,
achevérent
de
le
tuer.
On
emporta
fon
corps,
&
on
le
jetta
dans
une
grande
foffe
qui
étoit
dans
le
bois,
{ur
laquelle
on
éleva
un
grand
monçeaude
pierres.
ABSALOM,
Abjalom
,
À'Gerrancuos,
(a)
pere
de
Ma-
tathias,
dont
il
eft
parlé
au
pre-
muer
livre
des
Maccabées.
:
ABSALOM,
Abfalom
,
(b)
étoit
fils
d’Ariftobule
&
de
Salo-
mé.
Îl
avoit
deux
freres
qui
furent
renfermés,
ainfi
que
lui,
par
or-
dre
d’Ariftobule
leur
pere.
Mais
après
fa
mort
,
Salomé
les
tira
de
prifon.
Alexandre
Jannée,
Painé
des
trois,
ayant
été
couron-
né,
ftmourir
le
cadet,
qui
avoit
tâché
de
lui
enlever
la
couronne.
Pour
le
troifième
,
c’eft-à-dire
,
Abfalont
,
qui
étoit
d’une
humeur
paible
;
&
qui
ne
fongeoit
qu’à
vivre
tranquillement
en
fimple
(a)
Macc,
L,
Z,
ç.
12.
v,
701
À
B
ROCMQUE
.
Ë
\
;
ARE
particulier
,
il
lui
accorda
fa
fa
veur
,
&
le
protégea
pendant
tou”
te
fa
vie.
[l
n'en
eff
plus
park,
que
lorfqu’il
donna
fa
fille
en
ma-
riage
à
Aritobule
,
le
pins
jeune
des
fils
de
fon
frere
Alexandre
,
&
qu'il
le
fervit
contre
les
Ro-
mains
au
fiége
de
Jérufalem,
où.
il
fut
fait
prifonnier
quarante-deux
ans
après
,
lorfque
le
Temple
fut
4
pris
par
Pompée.:
ABSALOM.
Voyez
Abefa-
lom.
:
ABSÉE,
Abfeus
,
nom
d'un
géant.
Les
poëtes
ont
feint
quil
étoit
fils
du
Fartare
&
de
la:
Terre.
ABSINTHE,
Abfinthium.
Ce
mot
vient
de
z,
privatif
&
de
æilier,
C’elt-à-dire
,
impotablé,
autrement
non-potable.
Les
co-
miques
Grecs
nomment,
en
efiet,
PAbfinthe
drio,
parce
que
c'eit
une
plante
fi
amère,
qu'on
a
&
la
peine
à
boire
une
liqueur
dans
‘laquelle
elle
aura
trempé.
Quel-
ques-uns
tirent
ce
mot
du
Grec
dure,
Je
touche
,
&
veulent
que
ce
nom
ait
été
donné
à
lAbfnthe
.
par
antiphrafe,
parce
que
nul
ani
mal
n'en
peut
goûter,
ni
la
tou-
cher
à
cauie
de
fon
amertume.
Cette
étymologie
n’eft
pas
vrais
femblable.
Il
eff
étonnant
que
d'habiles
gens
ayent
pu
l’hafarder.
dmre
eft
afpiré,
&
abfinthium
ne
left
pas.
D’autres
font
venir
Ab-
finthe
de
ir,
qui
veut
dire
défagréable,
&
qui
eft
formé
de
a,
privatif
êt
de
\irlcc,
delettatio,
plaïfir
,
à
caufe
de
l’amertume
qui
rend
cette
plante
défagréable.
Cet-
1
(2)
Roll,
Hiff,
anc,
T.
V;
p,
252:
té
Le
2
AT
ER
ne
DL EL
Due
ie
ET
sn
ET
LU
ARE
ue
Le
à
.
te
étymologie
paroït
plus
jufte
;
…
&
juitifie
en
même-tems
l’ortho-
x,
graphe
d'Abfinthe
fans
y.
:
*
Les
Anciens
ne
faifoient
men-
tion
que
de
quatre
efpèces
d’Ab-
finthe
;
la
vulgaire
ou
romaine
,
la
menue
ou
pontique
,
la
marine
&
la
fantonique,
Mais
les
Moder-
nes
en
diftinguent
plus
de
trente
efpèces.
L’Abfnthe
vulgaire
,
grande
Abfnthe,
ou
Abfnthe
ro-
maine
,
a
fes
racines
branchues
;
chevelues
&
éparpillées.
De
fes
racines,
s’élevent
ordinairement
plufeurs
tiges
hautes
de
trois
à
quatre
pieds,
blanches
&
garnies
.
de
feuilles,
fémblables
à
celles
de
larmoife
;
branchues
des
deux
côtés.
Ses
fleurs
naiffent
à
l'ex-
trémité
des
branches
&
des
tiges,
&t
{ont
difpofées
en
£pi,
aflez
long
,
blanchâtre,
&
garni
de
pe-
tites
feuilles,
qui
foûtiennent
les
fleurs.
Chaque
fleur
ef}
bouton
Compoié
de
plufieurs
fléurons
do-
TÉS
;
&t
renfermés
dans
un
calice
écailleux,
Ces
fleurons
font
portés
ur
des
embryons,
qui
deviennent
des
femences
merues
;
Obloñgues
nues.
L’Abfinthe
menue
;
petite
Ab-
finthé
|
ou
Abfnthe
pontique
,
&it
beaucoup
plus
balle,
Ses
tiges
font
plus
menues
>
{es
feuilles
plus
Peutes
,
plus
finement
découpées,
moins
blanches.
Ses
fleurs
ont
R
même
fhuQure
;
&
le
même
âfrangement
que
celles
de
la
vul-
Bure;
mais
elles
font
un
peu
plus
Péütes.
Son
amertume
&
fon
odeur
ne
font
Pas
fi
infuppor-
fantonique
,
on
-
pofoïent
le
Tribunal
AD
8r
fables
que
celles
de
la
‘vulpaire.
La
marine
fe
difngue
de
la
pontique
,
par
fes
feuilles
plus
épañles
,
moins
découpées,
&
par
fon
goût
falin
A
l'égard
de
la
a
confondu
{ous
ce
nom
,
diverfes
plantes.
ABSOLVO,
(2)
j'abfous.
C’6:
toit
la
formule
dont
on
fe
fervoit
à
:
Rome
dans
les
jugemens,
c'eft-à-
dire
,
que
les
Magifträts
on
Juges
écrivoient
fur
une
tablette
la
pre
mière
lettre
4,
de
zh/o/vo
,
Quand
ils
vouloient
abfoudre
un
accufé;
Si,
au
contraire,
ils
étoient
d'avis
qu’on
le
condamnät,
ïls
écrivoient
la
lettre
€,
qui
eft
la
premiere
de
condemno,
je
condamine.
Ces
+1
blettes
étoient
enfaite
jettées
dans
le
ferutin,
Letiombre
plus
ou
moins
grand
de
l’une
des
deux
lettres
4,
L',
décidoit
du
fort
de
l’accufé.
-
À
Athénes
,
les
Juges
qui
com=
es
Héjiaftes,
dornoient
leurs
füuffrages
de
cette
manière.
[l
y
avoit
une
forte
de
Vaïfléau
,
fur
lequel
étoit
un
tiffy
d'ofier,
&
par-deflus
deux
urnes,
lune
de
cuivre
&
l’autre
de
bois,
au
couvercle
de
ces
urnes,
étoit
une
fente
garnie
d’un
catré
long
,
ce
,
large
par
le
haut,
fe
rétrecif
Oit
par
le
bas
;
comme
nous.
Voyons
à
quelques
troncs
anciens
dans
nos
Églifes,
L’urne
de
bois
:
nommée
xvpos,
étoit
celle
où
les
Juges
jettoient
le
fuffrage
de
la
con-
damnation
de
l'accuf
:
celle
de
cui.
vre,
nommée
Zxupoç,
recevoit
les
fufrapes
portés
pour
l’abfolution.
ABSTINENCE,
4
bjlinentia
;
(4)
Trad:
des
Coût.
&
Cérém.
des
Acad,
des
Infcr.
8
Bell.
Lett.
T,
VI.
SR,
par
M.
Nieup,
P.46,
Mém,
Zom.
L.
de{pag,
7m,
»
$2
AB
—
dmoexerf.(a)
Il
y
enaquicroyent
que
les
premiers
hommes,
avant
le
déluge,
s’abftenoient
de
vin
&
de
viande,
parce
que
l'Écriture
marque
expreflément
que
No,
après
le
déluge,
commença
à
plan-
ter
la
vigne
,
&
que
Dieu
lui
per-
init
d’uler
de
viande,
au
lieu
qu’il
n’avoit
donné
à
Adam,
pour
nourriture,
que
les
fruits
&
les
herbes
de
la
terre.
Mais
le
fenti=
ment
contraire
eft
foûtenu
par
quantité
d'habiles
Interprètes,
qui
zsgroyent
que
les
hommes
d'avant
le
déluge
ne
fe
refufoient
aucun
_
plaïfir,
nide
la
bonne
chere,
ni
du
vin
;
&
l'Écriture
en
dit
aflez
en
deux
mots
,
pour
nous
faire
con-
noître
à
quel
excès
leur
corruption
étoit
montée,
lorfqu'elle
dit
que
toute
chair
avoit
corrompu
fa
voie
;
&
que
quand
Dieu
n'auroit
permis
à
Adam
l’ufage,
ni
de
la
chair,
ni
du
vin,
ils
fe
feroient
peu
mis
en
peine
de
fes
défenfes.
.…
La
Loi
ordonnoit
aux
Prêtres
de
s’abftenir
de
vin,
pendant
tout
le
tems
qu'ils
étoient
occupés
au
fer-
vice
du
Temple.
La
même
défen-
fe
étoit
faite
aux
Nazaréens,
pour
tout
le
tems
de
leur
Nazaréat.
Les
Juifs
s’abftiennent
de
plufieurs
fortes
d'animaux,
dont
il
eft
parlé
à
l’article
d'animaux.
S.
Paul,
en
écriyant
à
Timothée,
blâme
cer-
tains-hérériques
qui
condamnoiïent
je
mariage
&
l’ufage
des
viandes
que
Dieu
à
créés.
Entre
les
pre-
miers
Chrétiens
,
les
uns
obfer-
voient
lAbftinence
des
viandes
(a)
Genef,
c.
2,
v.
16.
c:
3
V.
17:
&
fes.
©.
6.
v.
12,
C9.
V.
20.
Levit,
c:
10.
v.g.
Numér.
©,
6,
v.
3.
Rom,
6:
34
Ve
2:
2»
I,
ÇCormth+
[es
s
Vs
8,
AE.
défendues
par
la
loi,
&
des
chairs
immolées
aux
idoles.
D'autres
méprifoient
ces
obfervances.
com-
me
inutiles
,
&
ufoient
de
la
liberté
ue
J.
C.
a
procurée
à
{es
fideles.
.
Paul
a
donné,
fur
cela,
des
ré-
gles
très-fages,
qui
font
rapportées
dans
les
Épitres
aux
Corinthiens
&c
aux
Romains.
ABSTINENTS,
(4)
C'eft
la
qualité
que
S.
Paul
donne,
ainfique
quelques
Peres
de
l'Églife
,
aux
Âthlétes.
C’eft
apparemment
à
caufe
de
la
fimplicité
du
choix
&r
de
la
préparation
des
alimens,
qu'on
leur
deftinoit,
jointe
à
l’ufage
mo-
déré
qu'ils
en
faïfoient
,
lorfqu'ils
étoient
fur
le
point
d’entrer
en
lice,
pour
difputer
quelque
prix.
Mas
ils
ne
la
méritoient
gueres
,
par
rapport
à
l'énorme
quantité
de
nourriture
dont
ils
fe
chargeoïent
ordinairement.
On
peut
fe
figurer
jufqu’où
al-
-
loit
cet
excès,
par.ce
que
nous
en
apprend
Galien,
qui
affure
qu'un
Athlète
pafloit
pour
avoir
fait
un
repas
fort
frugal,
lorfqu'il
n'avoit
mangé
que
deux
mines
ou
deux
livres
de
viande
,
&
du
pain
à
pro-
portion.
Cela
rend
croyable,
eñ
quelque
manière,
ce
que
l’on
ra-
conte
dela
prodigieufe
voracité
de
certains
Arhlétes.
Celle
de
Milon
de
Crotone
étoit
à
peine
rafafñce
de
vingt
mines
de
viande,
d'autant
de
pain
,
&
de
trois
conges
de
vite
On
fçait
qu'une
fois
ayant
parcou-
rutoute
la
longueur
du
Stade,
por:
tant
fur
fes
épaules
un
taureau
de
&
feg.
I,
Timoth.c.
4
V3
(ë)
Mém,
de
l’Acad.
des
Infcrip.
&
Bell,
Lert,
Tom.
I,
pag:
221e
Ab
…
quatre
ans,
il
l’aflomma
d’un
COUP
de
poing
,
&
le
mangea
tout
entier
dans
la
journée.
Théocrite
parle
de
PAthléte
Égon
>
qui
mangeoit
lui
feul,
fans
s'incommoder,
qua
tre-vingt
gâteaux.
RESTES
ABSTRACTION
,
du
latin
5
Abftrahere,
arracher
;
détacher,
ter
de,
&e.
C’eft
une
a@ion
de
l'efprit,
par
laquelle
on
confidére
quelque
partie
d’un
tout,
fans
faire
attention
aux
autres
;
où
un
déta-
chement
qui
fe
fait
,
par
la
penfée,
de
tous
les
accidens
ou
circonftan-
CS,
qui
peuvent
accompagner
un
être,
pour
le
confidérer
mieux
en
lui-même.
5
-
L’Abftra@ion
eft
lation
,
où
l'exercice
d’une
faculté,
où
puif:
fance,
propre
&
particulière
à
l’ef=
Ptit
de
l'homme,
&
qui
diflingue
entièrement
êt
eflentiellement
{on
ame
de
celle
des
bêtes
;
faculté
qui
confifte,
en
ce
que
l’homme
peut,
en
Élevant
fes
idées
an-deflus
des
êtres
particuliers
>
en
faire
des
rez
Préfentations
générales
du
tout
de
la
même
efpèce.,
auquel
tous
les
Philofophes
donnent
le
nom
d'u=
niver{el.
On
confidére
par
Abflraéion
otfque
dans
un
mobile,
on
conf:
dére
le
mouvement
,
fans
faire
attention
au.
Corps
mû.
Si
mon
œil
me
tepréfente
de
la
blancheur
far
Pine
Muraille,
je
puis
par
Abflrac-
Xon
confidérer
cette
qualité
de
lancheur
en
elle-même
,
&
en
ue
Un
attribut
général
de
plu-
IQUTS
autrés
chofes
différentes,
Somme
de
la
neige,
du
lait.
Cette
À
9:
qualité,
quelle
qu'elle
fit,
con-
fidérée
ainfi
à
part
&
fans
le
con=
crét;
ou
le
fïjet
auquel
elle
eft
inhérente,
eft
une
qualité
confidé-
rée
par
Abftraion.
en
Ce
font
les
Mathématiciens
Qui,»
confidérant
la
Quantité
fans
matiè-
re,
fuppofent
dans
leur
empire
d'Abftration,
des
indivifiblesfans
parties.
Mais
1
n'eft
pas
permis
aux
Phyficiens
de
faire
ces
fortes.
d'Abfirattions
,
ni
de
frtir
des
bornes
de
la
matière,
La
méta—
Phyfique
confidére
anffi
les
être
par
Abftra@ions;
&
c’eft
propre
ment
fon
objet.
+
ABSYRTE,
Afyrtus,
Aus
Tue,
(a)
fils
d'ZLetès;
roi
de
Col-
chos,&
frere
de
Médée,
Ce
jeune
Prince
efl
devenu
célébre
dans
Fhifloire
du
voyage
des
Argonau-
tes.
Æetès
fon
pere,
informé
de
leur-évafon
&
de
13
fuite
de
Mé-
dée
fa
fille,
ordonna
für
le
champ
qu'on
les
pourfuivit
avec
des
vaif-
leaux
qui
feroient
en
état
de
faire
voile.
Abfyrte,
frere
de
Médée,
fit
tant
de
diligence,
qu'il
attei=
gnit
le:
navire
des
Arsonautes
;
avant
qu'il
ft
arrivé
à
l’embou=
chure
du
Phafe.
C'eft
ici
qApol-
lonius
de
Rhodes
&
Valérius
Flac:
Cus
;
fuivis
par
la
foule
des
Mytho-
logues
&
de
quelques
Hiftoriens
;
avancent
un
fait
qui
n’a
nulle
vrais
fmblance.
Ts
dféntque
Médée,
feïfgnant
de
vouloir
retourner
à
Golchos,
propofà
à
fon
frere
d’aller
dans
.un-bois
voifin
avec
Jafon;
Pour
parler
d’iccommodement
:
&cefutlà,
dit-on,
qu’elle
maf-
ni
Strab.
pag,
315:
Ovid.
Trift.
L,
}
Mém,
de
l'Acad.
des
Infcr.-&
Bell.
Letr,
Eleg,
0
v.
6:
Myÿth:-par
M.
PAbb.:
Ben,
T,
LL,
p,
163"
T,
VI,
pi422
dt
fui,
Te
XIL
pe
124
&
fuiv:s
TE,
XIV.
p,
454
Gt
[4
HR
F5
90
A
CG
penfoient
que
l’on
pouvoit
être
heureux-en
aimant
fa
fanté
,
@&
les
autres
biens
néceflaires
à
la
vie,
pourvu
que
ce
fût
par
rapport
à
la
vertu,
Ils
reconnoïfloient
après
elle
des
biens
fubalternes,
qu’elle
même
leur
faïfoit
eftimer.
C'eft
ce
qui
fut
caufe
que
les
Stoïciens
rompirent
avec
eux.
Au
refte,
on
a
diflmgué
trois
‘Académies,
ou
plutôt
trois
Sectes
Académiciennes
dans
la
Gréce.
La
première
,nommée
l’ancienne,
c'eft
celle-là
même
dont
il
vient
étre
queftion
;
&
on
a
vu
qu'elle
“dut
fon
commencement
à
Platon.
La
feconde
,appellée
la
moyen-
ne,
parce
quelle
fe
trouve
entre
l'ancienne
6
la
nouvelle,
dontil
{e-
ra
bientôt
parlé,
fut
fondée
par
Ar-
Céfilas,
où
Arcéfilaüs.
Ce
Philofo-
phe,
né
à
Pitane
dans
l'Éolie,
vint
à
Athénes,
où
il
eut
pour
maîtres
les
plus
habiles
Philofophes.
Il
fuc-
céda
dans
la
fuite
à
Cratès
,
ou
felon
d’autres,
à
Polémon,
dont
il
avoit
été
ledifciple,dansla
fonétiond’en-
Seigner
publiquement
à
école
Pla-
tonique
;
&
il
s’y
rendit
novateur.
fl
établit
une
fette
,
qui
prit
le
nom
de
moyenne,
pour
être
diftinguée
de
la
première’,
ou
de
celle
de
Platon.
Le
nouveau
Philofophe
paroïfloit
douter
de
tout.
Il
foñtenoit
épale-
ment
le
pour
&
le
contre,
&fuf-
pendoit
en
toutes
chofes
{on
juge-
ment.
Il
attira
à
fon
auditoire
un
grand
nombre
de
difciples:
L’en-
-treprife
de
combattre
toutes
les
fciences
,
&
de
rejetter
non
feule-
ment
le
témoignage
des
fens
,
mais
auff
le
témoignage
de
laraifon,
eft
la
plus
Hardie
qu'on
puifle
for-
ser
dans
la
république
des
lettres.
.
f
L]
t
|
À
C
Pour
s’y
promettre
quelque
fuccès,
il
falloit
avoir
tout
le
mérite
d'Ar-
céfilas.
Il
étoit
naturellement
d'un
génie
heureux,
prompt,
vif
;
fa
perfonne
étoit
remplie
d'agrémens.
1
parloit
avec
grace
&
enjoue-
ment.
Les
charmes
de
fon
vifage
fecondoient
admirablement
ceux
de
fa
voix.
Auf,
Luculle,
qui
réfute
fcayamment
&
folidement
l'opinion
des
Académiciens,
dit
que
jamais
perfonne
n’eût
fuivile.
{entiment
d’Arcéflas,
fi
l’éloquen-
ce
&
l’habileté
du
Doéteur
neuf
ent
couvert,
&
fait
difparoître
l’ab-
fürdité
manifefte
qui
s’y
trouvoit,
-
Ea
troifème,
enfin,
qui
fut
nommée
la
nouvelle,
eut
pour
.
chef
Carnéade.
A
proprement.
parler
,
elle
ne
différoit
point
de
la
feconde
;
car,
à
quelques
adou-
ciflemens
près,
Carnéade
étoit
un
aufh
vif
&
auf
zèlé
défenfeur
de
l'incertitude,
qu'Arcéfilas.
La
difé-
rence
qui
fe
trouve
entr'eux
,
&
l'innovation
qu’on
attribue
à
cel
dont
nous
parlons
actuellement,
confiftent,
en
ce
qu'ilne
nioit
pas,
:
comme
Arcéfilas,
qu'il
y
eût
des
vérités
;
mais
il
foûtenoit
qu'elles
étoient
mêlées.
de
tant
d’obfcuii-
|
tés,
ou
plutôt
de
tant
de
faufletés,
qu'il
n'étoit
pas
en
notre
pouvoir
.
de
difcerner,
avec
certitude
;
le
vrai
du
faux.
[1
fe
rabatroit
donc
à
admettre
des
chofes
probables,
&
il
confentoit
que
la
vraifem-=
blance
nous
déterminât
à
agir,
pourvu
qu'on
ne
prononcât
{ur
tien
abfolument.:
Ainfi,
1}
paroït
qu’il
retenoit
tout
le
fond
du
dog-
*
me
d’Arcéfilas;
mais,
que
par
po=
litique
,&
pour
Ôter
à
fes
adverfais
LA
BE
res
les
prétextes
les
plus
fpécieux
À
C
de
déclamer
contre
lui,
&
de
fe
tourner
en
ridicule,
il
lèur
accorda
des
dégrés
de
ae
adhae.
qui
doivent
déterminer
l’homme
fage
à
prendre
un
telou
un
tel
parti,dans
l
conduite
de
la
vie
civile.
Il
vit
bien,
que
fans
cela
il
ne
répondroit
jamais
aux
objections
les
plus
frap-
pantes
,
&
qu'il
ne
prouveroit
ja-
mais,
que
fon
principe
ne
réduifoit
point
l'homme
à
linaétion.
Il
y
en
a
qui
font
fuivre
une
quatrième
Académie,
qui
eut
pour
fondateurs
Phijon
&
Carmides,
&
qui
approchoit
plus
de
Pancien-
ne
que
les
deux
autres
;
car
elle
permettoit
au
Sage
d’embrafler
üne
opinion
;
&
elle
croyoit
qu’il
y
avoit
bien
des
chofes
,
qu'il
pou-
VOit
comprendre
,
mais
non
pas
avec
la
dernière
de
D'au-
tres,
enfin,
ajoûtent
une
cinquiè-
‘me
Aadrue.
nommée
Antio-
chienne,
qu
Abe
d’Afcalon
établit,
en
renouvellant
à-peu-
près
Pancienne
,
mais
en
s’ap-
prochant
des
Stoiciens.
L'Académie
&
fes
environs
étoient
ornés
de
quantité
de
mo-
namens
magnifiques.
En
entrant
on
trouvoit
une
place
confacrée
à
Diane,
&
décorée
de
flatues
portant
cette
infcription
:
4
latrès-
bonne
&
très-belle
Déefe.
On
croit
ue
c'étoient
les
attributs
de:
cette
ivinité,
comme
on
en
peut
juger
par
les
poëfies
de
Sapho,
&
par
plufieurs
Auteurs
qui
ont
traité
cette
matière,
Bacchus,
farnommé
d'Éleuthére
,
y
avoit
auf
fon
tem-
ple
>
Qui
n’étoit
pas
fort
grand
,
&
où
l'on
portoit
la
fiatue_
du
Din
tous
les
ans
à
certains
jours,
On
Voyoït
encore,
à
l'entrée
de
l'A-
se
Ch:
cadémie
;
l’autel
de
F
Amour
avec
une
“inftription
qui
portoit
que
Charmus
fut
le
premier
Athénien
qui
confacra
un
autel
à
cette
pré-
tendue
Divinité
;
car
pour
celui
qui
étoit
dans
la
Ville
haute,
êc
que
lon
nommoit
l’autel
d’Anthé-
ros,
on
penfe
que
c'étoient
des
étrangers
habitués
à
Athènes,
qui
l'avoient
autrefois
érigé.
Ïl
y
avoit
dans
PAcadémie
un
autel-de
Prométhée,
depuis
lequel,
un
certain
jour
de
Pannée,on
alloit
toujours
courant
juiqu'à
la
Ville
avec
des
flambeaux
allumés.
Po
remporter
la
vi@oire
,
il
faälloit
conferver
fon
flambeau
allumé.
Celui
qui
couroit
le
premier,
ft
fon
flambeau
s’éteignoit,
cédoit
fa
place
au
fecond:,
le
fecond
au
troifième,
&ainfi
des
autres.
Que
fi
tous
les
Aambeaux
s'éteignoient,
nul
ne
remportoit
la
viétoie,
&
le
prix
étoit
réfervé
pour
une
au-
trefois.
On
trouvoit
enfuite
l'au-
tel
des
Mufes,
celui
de
Mercure,
un
autre
confacré
à
Minerve
,
&
un
autre
à
Hercule.
On
montroit
un
olivier
que
l’on
difoit
être
je
fecond
qui
eût
pris
naïflance
dans
lP'Attique,
&
une
éminence
nom.
mée
la
Colline-aux-chevaux.
Là
étoient
deux
autels,
dédiés
Pun
à
Neptune,
l’autre
à
Minerve;
&
ces
deux
Divinités-étoient
repré-
fentées
à
cheval.
Neptune
y
avoit
autrefois
un
temple
&
un
bois
fa-
cré
;
mais
Antigone
les
brüla,;
lorfquil-entra
dans
PAttique
avec.
fon
armée,
&
qu'il
fit
tant-d’añtres
maux
aux
eniens
Outre
ces
monumens,
on
voyoit
une
multitude
de
Re
qu’on
avoit
érigés
à
Ë
mémoire.des
plus
2%
SL
Se
SORT.
|
SES
92
A
C
grands
hommes.
Un
des
plus
re-
marquables
étoit
celui
de
Platon,
qui
méritoit
fans
doute
de
tenir,
après
{a
mort,
une
place
diftin-
uée
dans
ce
lieu
qu'il
avoit
con-
facré
le
premier
,
au
progrès
des
lettres.
Le
tombeau
de
Thrafybu-
le,
fils
de
Lycus,
n’étoit
pas
moins
remarquable
;
parce
que
de
tous
les
Athéniens
qui
fe
foient
jamais
rendus
utiles
à
la
République,
celui
qui
l’avoit
le
mieux
fervie,
c'étoit
T'hrafybule.
Venoient
après
cela,
ceux
de
Périclés,
de
Chabrias
x
de
Phormion
;
puis
les
Cénota-
phes
de
tous
les
braves
Athéniens
ga
étoient
péris
dans
les
combats,
oit
de
terre,
foit
de
mer,
à
la
réferve
de
ceux
qui
avoient
été
tués
à
Marathon,
leur
mémoire
ayant-été
honorée
dans
l'endroit
même
où
ils
avoient
fignalé
leur
courage.
Les
autres
étoient
inhu-
més
le
long
du
chemin
qui
menoïit.
à
l’Académie;
&
fur
leurs
tom-
beaux
il
ÿ
avoit
des
colomnes,
où
l’on
avoit
marqué
le
nom
&c
le
lieu
natal
de
chacun
d'eux,
Cimon,
ce
énéral
Athénien,
qui
cherchoit
à
e
diftinguer
,
autant
par
l'amour
_des
fciences
&
des
fçavans,
que
par
les
exploits
guerriers,
avoit
orné
&
embelli
l
Académie
de
fontaines
&
d'allées
pour
la
commodité.
des
Philofophes
qui
s’y
rendoient.
On
dit
qu'il
ne
refte
à
préfent,
de
cette
première
Académie,
qu'un
tas
de
grofles
pierres,
qu'un
débris
de
marbre
enfeveli
fous
l'herbe
&
les
terres.
De
côté
&
d'autre,
on
voit
des
bofquets
de
figuiers
,
des
touffes
d'oliviers,
des
jardins
&
{e)
Cicer,
Epift,
5,
ad
Artic,
Pline
Le
XXXE,
ce
2
A
C
des
cabañés
pour
fervir
de
retraite
aux
jardiniers.
C'eft
toutefois
de
cette
première
Académie
,
que
l'on
a
donné
depuis
le
nom
d’Académie
aux
Sociétés
compofées
de
gens
de
,
lettres,
ainfi
qu'aux
Univerfités,
où
l'on
reçoit
les
premieres
tem-
tures
de
la
littérature.
Aujourd'hui
le
nombre
des
Académies
eft
fort
grand.
Îl
n’y
a
prefque
point
de
pais
en
Europe
,où
l'on
n'en
voye
quelqu'une.
En
France
on
en
compte
plufeurs,
Outre
celles
qui
ont
été
érigées
à
Paris
depuis
le
fiécle
dermer
,
il
s’en
eft
formé
&
il
s’en
forme
tous
Les
jours
de
nou-
velles
dans
les
diverfes
Proymces
du
royaume.
C'eft
qu’on
fent
de
plus
en
plus
l'utilité
de
ces
fortes
de
Sociétés.
Bien
des
Princes
l'ont
reconnue
de
tout
tems
cette
utilité,
C’eft
pour
cela
qu’on
a
vu
anciens
nementdes
Académies,ou
Sociétés
de
gens
de
lettres,
à
Alexandrie
en
Égypte
&t
à
ia
cour
de
Pergame,
où
l’on
avoit
formé
des
Bibliothé-
ques
confidérables.
Marfeille
&
Lyon,
deux
anciennes
villes
des
Gaules,
eurent
auf
autrefois
leurs
Académies.
Mais
il
ne
faut
pas
fartont
oublier
Touloufe
,
qu
imérita
par
fon
goût
pour
la
poëlie
&
pour
l’éloquence
,
le
nom
de
ville
de
Pallas.
C'eft-là
qu'on
voit
la
plus
ancienne
Académie
de
France,
érigée
en
1324,
fous
le
nom
de
Jeux
floraux.
ACADÉMIE,
Académia,
(a)
nom
que
Cicéron
donna
à
une
de
fes
maïfons
de
campagne,
fituée
att
bord
de
la
mer,
fur
le
chemin
qu
alloit
du
lac
d'Averne
à
Pouzzok
UE
L'un
mir
À
Le
AC
fl
l'appella
ainfi,
à
limitation
de
_
l'Académie
d’Athénes,
parce
qu'il
_
s’yretiroit
pour
philofopher.
C'eft-
là
qu'il
compofa
,
entre
autres
ou-
vrages,fes
queftions
Académiques.
Ce
lieu
fut
fameux
par
fes
porti=
ques
,
par
fes
forêts
&
par
les
au-
tres
mônumens
dont
Cicéron
l'a
voit
embelli.
Peu
de
tems
après
{a
mort,
on
y
trouva
une
fontaine
Chaude,
dont
l’eau
étoit
admirable
pour
la
vue
:
Sur
quoi
un
bel
efprit
d'entre
{es
affranchis
dit,
dans
une
épigramme
,
quil
étoit
bien
jufte
que
cet
endroit
produifit
de
quoi
conferver
les
yeux,
après
avoir
tant
produit
de
quoi
les
nfer
à
lire
les
beaux
ouvrages,que
fon
maïître
Y
avoit
compofés.
:
ACADÉMUS
,
Academus
,
Aréduuoc.
@)
citoyen
d'Athènes.
Lorfque
Cartor
&
Pollux
marché-
rent
contre
cette
Ville,
pour
de
mander
qu'on
leur
rendit
Héléne,
leur
{œur;
les
habitans
ayant
1é-
pondu
qu'ils
ne
fçavoient
ce
qu'el-
le
étoit
devenue,
ces
deux
freres
leur
déclarérent
la
guerre.
Mais
par
bonheur
pour
les
Afhéniens,
-
Académus
qui
avoit
appris,
fans
que
l’on
cache
comment,qu’on
la
ses
à
Aphidne,
le
leur
déclara,
délivra-par
ce
moyen
fa
patrie
des
maux
dont
elle
étoit
menacée.
Caftor
&
Pollux
donnérent
à
Aca-
démus
des
marques
de
leur
recon-
noïffance
tant
quil
vécut.
Bien
plus,
les
Lacédémoniens
ayant
tavagé
dans
la
fuité
toute
l’Atti-
que
;
épargnérent
néanmoins
,
à
fa
confidération,un
champ
qu'il
avoit
|
(2)
Plut,
Tom,
f,
p,
154
Tes
1.
Epif,
Se
V:
AS
—
:
|
À
C
93
auprès
de
la
Ville,
Le
nom
d’Aca-
démus
eft
un
de
ceux
que
les
fcien-
ces
ont
confacrés
à
l’immortalité
avec
plus
de
juftice.
C'étoit
un
ri
che
Athénien
qui,
par
eftime
pour
la
philofophie
,
laifla
aux
Philofo-
phes,
pour
tenir
leurs
affemblées.
üne
belle
maïfon
avec
un
grand
arc,
quil
avoit
aux
portes
d’A-
thénes.
Ceft
de
ce
lieu
que
les
Philofophes
,
qui
s’y
aflembloient,
rirent
le
nom
d’Académiciens.
ACADÉRE
,
Acadera,
(5)
ville
des
Indes
qu’Alexandre
tros
va
déferte,
lorfqu'il
y
pañla.
Se
habitans
avoient
pris
la
fuite.
C’é-
toit
fans
doute
à
caufe
de
l'arrivée
de
ce
Prince.
=
ACADINE
,
Acadinus.
On
prétend
que
c'eft
le
nom
d'une
fontaine
fituée
dans
l'ile
de
Sicile,
auprès
de
deux
lacs
de
foutfre
8
de
feu
qu’on
appelle
Delles.
Cette
fontaine
,
ainfi
que
les
deux
lacs;
étoit
confacrée
aux
deux
freres
Paliques
,
fils
de
Jupiter
&t
de
Thalie,
ou
Aftua.
Les
preuves
qu'on
y
faifoit
de
la
vérité
dés
fer-
mens
,
l'a
rendue
célébre.
Le
fer-
ment
étoit
écrit
fur
des
planches
de
boïs
,
qu’on
jettoit
enfuite
dans
le
réfervoir
de
la
fontaine.
borfque
ces
planches
alloient
au
fond
;
on
connoilloit
le
parjure
;
fr
au
con-
traire
elles
furnageoient,
on
ne
doutoit
plus
de
la
vérité
du
fer-
ment.
On
ajoûte
que
celui
qui
fe
parjuroit
,
perdoit
la
vue
fur
le
champ,
ou
même
qu'il
étoit
con
fumé
par
les
flammes
qui
fortoient
des
deux
lacs.
Voyez
Particle
de
(5)
Q:
Curt,
L,
VIIL.
€,
1Qs.
NN
À
ACATIS,
Acalis,
nom
d’une
Nymphe
qu'on
dit
être
la
même
qu
Acacalhs.
Voyez
Acacallis.
ACAMANTIDE,
Acamantis,
A'xauaævris,
(a)
nom
d'une
tribu
Athénienne
,
qui
prit
le
nom
d’A-
camas,
l'un
des
fils
de
Théfée.
Ce
füt
avec
l'approbation
de
l’oracle
de
Delphes.
Périclès
étoit
de
cette
tribu.
ACAMARCHIS,
Acamarchis,
Nymphe
de
la
mer,
qu'on
dit
fille
de
FOcéan.
Tel
eft
le
fen-
timent
d'un
Moderne,
qui
s’ap-
puie
delautorité
de
Diodore
de
Sicile,
…
ACAMAS,
Acamas,
A'ranac,
(b).
fils
de
Théfée
&
de
Phédre,
&t
petit
fils
d'Éthra.
Il
donna
fon
nom
à
une
des
tribus
Athénien-
nes.
Sa
ftatue
fut
placée
dans
le
temple
de
Delphes
parmi
celles
de
plufñeurs
autres
Héros,
lefquelles
<environnoient
le
piedeftal
d'un
-cheval
de
bronze,
à
l'initation
du
cheval
de
Troye
que
les
Argiens
y
avoient
envoyé.
L'infcription
qui
étoit
fur
ce
piedeftal
,
portoit
4)
Plut,
T.
[,
p.152,
Pauf,
p.
626.
N
.
-
"
94
A
€
.
AC.
|
Païliques,
où
vous
trouveréz
[a
que
tohtes
cês
ffatues
provenoïent
chofe
racontée
,
avec
quelques
de
la
dime
du
butin,que
les
Athc-
circonttances
différentes,
d’après
niens
avoient
fait
fur
les
Pertes
au
la
narration
de
Diodore
de
Si-
combat
de
Marathon.
Aïlleuts
on
cile.
voyoit
Acamas,
peint
la
tête
dans
ACAË,
Acte.
On
dit
que
un
Cafque
avec
une
aigrette
deflus,
c'eft
le
nom
d’une
Îfle
où
Circé
Ce
fameux
Héros
s’étoit
trouvé
faifoit
fa
demeure.
au
fiége
de
Troye,
&
il
avoit
été
-
ACALE,
Acalus,
neveu
de
député
avec
Dioméde
pour
aller
Dédale.
C’eft
le
même
que
Talus
redemander
Héléne.
On
rapporte
ES
fut
changé
en
perdrix.
Woyez
que
pendant
fon
ambaflade,
qui
=
'alus.
-
fut
fans
fuccès,
il
eut
de
Laodicée,
fille
de
Priam,
un
fils
q'Éthra,
qu'on
avoit
aufli
enlevée
avec
Hélène
,
prit
foin
d'élever.
De
re-
tour
au
camp
des
Grecs,
ce
fut
un
de
ceux
qui
s'enfermérent
dans
le
cheval
de
bois.
Au
milieu
du
car-
nage,
Éthra
lui
ayant
montré
le
fils,
qu’il
avoit
eu
de
Laodicée,
Acamas
fauva
la
vie
à
l’un
&
à
l’autre.
ACANTHE.
dont
Axaæ6oc,
(c)
ville
maritime
de
Thrace
felon
les
uns,
&
de
Ma-
cédoine
felon
d’autres.
Cette
di-
verfité
de
fentimens
ne
peut veni
que
de
ce
que
les
Anciens
ne
s'ac-
cordent
pas
au
fujet
des
limites-de
la
Macédonie.
La
Martinière,
d'a-
près
Étienne
le
Géographe,
place
la
ville
d'Acante
fur
le
golfe
Strymonien,
dans
la
partie
fepten-
trionale
de
Pifthme
de
la
prefqu'ifle,
où
eft
le
mont
Athos,
ajoûtant
qu’elle
étoit
aflife
fur
cette
monta-
gne
,
&t
entourée
d’une
haie
d'épi-
nes.
d'où
lui
vint
le
nom
d’ÀA-
canthe,
qui
fignifie,
en
gréc,
épines
Mnéféas
vouloit
au
contraire,
(c)
Pin,
L.
IV.
c.
10.
Herod.
L.
VI:
(4)
Pauf.
p.9,
626,660,
Diod.
Sicul.
!
&,
44.
Thucyd.
p.308,
311.
Tir.
Live
P+
184.
Myth.
par
M,
PAbb,
Ban,T,
VI.
|
L.
XXXI,c,
45.
Prolem,
L,
I:c
13e
Pr
160,
=
Î
Pro,
|
À
€
que
ce
nom
lui
eût
été
donné
d’un
Certain
Acanthus.
C’étoit,
au
rap-
port
de
Thucydide,
une
colonie
d'Andriens.
Pendant
la
guerre
du
Péloponnèfe
,
Brafidas
futenvoyé
de
Lacédémone
ayec
une
armée
à
Acanthe
;
pour
l’engager
dans
le
parti
des
Lacédémoniens.
Quand
il
füt
arrivé
aux
portes
de
cette
Ville,
les
habitans
héfitérent
d’abord,
s'ils
les
lui
ouvrircient
ou
non.
Cepen-
dant,
à
caufe
des
fruits,
dont
la
campagne
étoit
alors
couverte,
on
réfolut
de
le
larffer
entrer
,
à
con-
dition
qu'après-qu'il
auroit
expofé
le
füjet
de
fon
arrivée,
on
pour-
roit
délibérer
là-deffus.
Brafñdas
fitun
long
difcours
aux
Acanthiens
pour
leur
montrer
la
nécefité
d'embrafler
le
parti
de
ceux
de
Lacédémone.
Étles
Acanthiens,
perfuadés
autant
par
la
crainte
de
perdre
leurs
fruits
,
que
par
l’élo-
quence
dé
l’orateur,
s'y
détermi-
nérent,
ne
demandant
d'autre
gra-
ce,
finon
qu'il
leur
fût
permis
de
Vivre
felon
leurs
loix.
On
le
leur
accorda
avec
ferment.
Les
Romains,
vers
l'an
552
de
la
fondation
de
Rome
,
ayant
doublé
le
promontoire
de
Torone,
abordérent
à
Acanthe,
D’abordils
ravagérent
la
campagne
,
puis
üls
purent
la
Ville
,
&
la
pillérent.
Après
cela,
ne
pouvant
aller
plus
avant,
parce
que
leurs
vaïfleaux
pouvoient
à
peine
contenir
le
bu-
tn
dont
ils
étoient
chargés
,
ils
retournérent
fur
leurs
pas.
On
prétend
que
cette
Ville
eft
an-
…
Jourd’hui
épifcopale
fous
la
métro-
(a)
Myth.
par
M.
l'Abb.
Ban,
T,
V,
Pag-
45,
46.
(2)
Lucian,
Tom,
I.
pag,
8454
A
6
_
pole
de
Théffalonique
;
&
qu’elle
prend
le
nom
d’Ériflo.
Elle
fe
voit
dans
la
Turquie
d'Europe.
:
Il
y
a
eu
plufeurs
autres
Villes
de
mêmenom,
une
dans
l'Atha=
manie
en
Épire
,
une
autre
en
Egypte
à
trois
cens
vingt
flades
de
Memphis
,
une
autre,
enfin,
dans
la
Carie
,
province
de
l'Afie
mineure.
ACANTÉE
,
Acanthus
,
jeu
ne
nymphe
,
felon
les
uns,
&
jeu-
ne
prince
{elon
d’autres,
qu
Apol-
Nous
appellons
cette
plante,
Bran-
che
Urfine.
On
dit
que
fes
feuilles
ont
été
employées
par
les
archi-
teétes
Grecs,
pour
fervir
d’orne-
ment
au
chapiteau
Corinthien.
(a)
Dans
cette
ville
d'Égypte,
portant
le
nom
d'Acanthe
,
&
dont
il
eft
parlé
fur
la
fin
de
l’arti-
cle
précédent;
il
y
avoit
un
Prêtre
qui
,
fans
qu'on
fçahe
par
quel
principe
de
religion,
verfoit
cha-
que
jour
de
l’eau
du
Nil,
dans
un
vaifleau
percé,
ACANTHUS
,
ZAcanthus
,
Nuarto.
(b)
Ce
fut,
felon
Eucien,
l’un
de
ceux
qui
confpirérent
con-
tre
Phalaris,
tyran
de
Syracufe.
Mais
ce
prince
lui
fit
grace
en
fa-
veur
de
leur
ancienne
laifon.
.
ACARA
oz
ALQUIBILA,
(c}
nom
d’une
tour
,
qui
avoit
êté
ba-
tie
par
[finaël
,
&
qui,
felon
quel-
ques
Auteurs,
étoit
devenue
un
ob-
jet
de
religion
parmi
les
Homeri-
tes,
nation
célébreentre
les
Arabes.
(c)
Myth,
par
M,
l'Abb.
Ban,
T,
I,
pag:
420
=N
É'
«
Jon
métamorphofa
en
une
plante
2
de
ce
nom,
pour
avoir
reçu
1%
accueil
favorable
dans
fa
maïfon.
#S
96
À
GC
de
Callirhoëe.
Il
avoit
un
frere
nommé
Amphotérus.
Îls
vengé-
rent
la
mort
de
leur
pere
dès
l’âge
le
plus
tendre.
Voici
de
quelle
manière
ontaconte
cette
avanture.
Alcméon,
après
la
mort
de
fon
pere
,
pour
exécuter
l’ordre
cruel
qu'il
en
avoit
reçu,
tua
fa
mere,
nommée
Ériphyle.
Obligé
d’al-
ler
à
la
cour
de
Phêgée
,
pour
être
expié
de
fon
crime,
fuivant
j’ufa-
e
de
ce
tems-là,
&
fe
délivrer
A
inême-tems
des
furies
qui
le
perfécutoient
,
c’eft-à-dire
,
des
remords
de
fa
confcience,
quine
lui
laifloient
aucun
repos,
ce
Prin-
*
celerecutfavorablement,
€
luifit
époufer
fa
fille
Alphéfibée
,
à
qui
ÂAlcméon,
donna
le
collier
d'Éri-
phyle;
mais
l'avant
enfuite
répu-
diée
,
pour
époufer
Callirhoë,
fille
d’Acheloüs,
chez
qui
il
avoit
été
pour
quelques
affaires
,
il
voulut
al-
ler
demander
ce
collier
à
fes
beaux-
freres
,
à
qui
Alphéfibée
lPavoit
donné.
Ceux-ci,
pour
venger
Paf-
front
qu’il
avoit
fait
à
leur
fœur,
Fattendirent
fur
le
chemin
&x
l’af-
faffinérent.
Callirhoë
pria
alors
Jupiter
d’a-
vancer
l’âge
de
fes
deux
enfans,
&
d’ajoûter
des
années
à
celles
qu'ils
avoient
déjà,
afin
que
la
mort
de
leur
pere
ne
demeurât
pas
impunie.
Jupiter,
touché
de
fes
plaintes,
les
changea
en
des
hom-
(a)
Thucyd,
pag.
171,
Paufan.
p.
402.
Strab.
p.
462.
Ovid,
Métam.
L,
IX.
c.
31.
Myth.
par
M,
V'Abb.
Ban,
T,
VII,
pag.
207;
203:
()
Strab.
p.
450,
460,
461.
&
fe.
Pauf,
pag.
492.
Thucyd,
7e.
4
(4
pp”
“®
-
ACARNAN,
Acarnan;
A'rapray
,
(a)
fils
d'Alcméon
&
A
C
.mes
parfaits.
Ainf
ils
fe
trouvérent
en
état
de
tirer
une
prompte
ven-
geance
de
l’affaffinat
d'Alcméon,
leur
pere.
Après
cela,
on
dit
qu'ils
confacrérent
à
Apollon
le
collier
fatal
;
&
qu'Olée
ayant
ofé
l’arra-
cher
du
temple
où
il
étoit
dédie,
en
fut
auffi-tôt
puni
par
l’embra-
ferment
de
fa
maïfon.
Acarnan,
felon
plufeurs
anciens
Auteurs,
tels
que
Paufanias,
Strabon,
Thucydide
,
donna
fon
nom
à
lAcarnanie
,
province
maritime
de
la
Gréce.
ACARNANIE
,
Acarnenia,
Auaprarla,
(b)
province
maritime
de
Gréce
,
bornée
au
nord
par
TÉbpire
,
à
lorient
par
l'Étolie,
au
midi
&
au
couchant
par
la
mer
Ionienne.
Plufeurs
Auteurs
ane
ciens
prétendent
que
l’Acarname
fut
ainfi
appellée
d’Acarnan,
fils
d'Alcméon
,
lequel
après
avoir
tué
Ériphyle
fa
mere,
s'enfuit
d’Ar-
cos,
&
vint
à
Pfophis
qui,
alors
du
nom
de
Phégéus,
fe
nommoit
Phéoée.
Là,
il
époufa
Alphéfibée,
fille
de
Phégéus,
&
entre
autres
préfens
,
il
lui
donna
le
coller
d'Ériphyle.
Mais
en
Arcade,
comine
à
Areos,
tourmenté
fans
ceffe
par
les
furies,
il
réfolut
d'aller
confulter
l’oracle
de
Delphes.
La
réponfe
de
loracle
fut
qu'il
cher=
chât
une
terre
nouvellement
dé-
couverte
,
&
qui
fut
fortie
du
fein
de
la
mer
depuis
fon
parricide
;que
là
le
Génie
,
vengeur
d'Ériphyle,
Q:
Curt.
L.IIL
c,
2.
Tit.
Liv.
L,
XXXIN:
c.
16,
17.
Pomp.
Mel.
L,
Il.
c.de
Maced:
Protem,
L.
IE
c.
14,
Plin.
E,-IVeC
1e
Antiq,
expl.
par
D.
Bern,
de
Monts
T,
IV,
p.
70.
ne
À
C
hé
le
pourfuivroit
pas.
À
force
de
chercher,
il
ttouva
un
monceau
de
terre
qui
s’étoit
formé
du
limon
de
lPAchéloüs.
Ce
fut
en
cet
en-
droit
qu'il
établit
fon
domicile.
Et
dans
la
fuite
il
époufa
Callirhoë
qui,
fi
Fon
en
croit
les
Acarna-
riens,
étoit
fille
du
fleuve
Aché-
Joûs.
Il
en
eut
deux
fils
,
Acarna
&
Amphotérus.
Le
premier
eh
celui,
qui
donna
fon
nom
aux
peu-
ples,
qui
habitoient
ce
continent.
Car
auparavant
on
les
nommoit
Curetes.
Strabon,
d’après
Éphore,
donne
même
origine
au
nom
des
Acar-
naniens.
[l
croit
cependant
que
<ux,
qui
habitoient
au
delà
de
lAchéloïs
|
n’avoient
été
ainf
nommés,
que
parce
qu'ils
ne
{e
raloient
pas.
Il
y
en
a
,
au
rapport
du
même
Strabon
,
qui
difent
que
Es
premiers
habitans
de
FAcarna-
nie
furent
les
Taphiens
&
ceux
_uon
appelloit
Téléboens.
Mais
.
Homère
ne
fait
aucune
mention
de
CS
peuples
,
lorfqu'il
rapporte
que
les
Céphalléniens
,
conduits
par
Laerta,
allérent
s'emparer
de
cétte
contrée.
Les
Acarnaniens
étorent
régardés
autre
fois
comme
une
nation
invincible.
Quoiqu'ils
ne
fe
rafaflent
pas,
ainfi
qu'on
Vient
de
le
voir,
on
dit
néanmoins
qu'ils
fe
coupoient
les
cheveux
de
devant,
fans
doute
ponr
ne
pas
donner
prife
fur
eux
à
leurs
enne-
nus.
Comme
ils
étoient
habiles
frondeurs
,
ils
les
attaquoïient
de
loin
à
coups
de
frondes
5
&
ils.
excelloïent
fur
tout
dans
cette
ma-
ère
de
combattre.
Ils
étoient
naturellement
fideles
dans
leurs
traités)
Tom.
Z,
Ë
\
À
C
97
Les
Acarnaniens
,
de
concert
avec
les
Étoliens,
leurs
voifins
,
eurent
guerre
avec
les
Macédo-
niens
&
avec
d’autres
peuples
de
la
Grèce.
Ils
étoient
cependant
alliés
des
Macédoniens
,
lorfque
L.
Quintius
vers
l'an
$55
de
Ro-
me,
ayant
attiré
à
Corcyre,
les
principaux
d’entr'eux,
fit
des
efforts
pour
les
détacher
du
parti
de
Philippe.
Deux
raifons
principa-
les
les
retenoient
dans
l'amitié
de
ce
Prince
,
leur
fidélité
naturelle
&
&
la
crainte
des
Étoliens.
Le
gé-
néral
Romain
les
invita
à
s’aflem
bler
à
Leucade,
Mais
tous
les
peu-
ples
de
lAcarnanie
ne
s’y
rendi-
rent
pas;
&
ceux
même
qui
y
vinrent
,
n'étoient
pas
dans
les
mêmes
fentimens.
Cependant
les
plus
confidérables
d’entr'eux,&
les
Magiftrats
eurent
aflez
de
crédit,
pour
obtenir
de
ceux
qui
s’y
trou-
voient
,
un
décret
en
vertu
duquel
on
devoit
faire
alliance
avec
les
Romains.
Tous
les
abfens
défap-
prouvérent
ce
qui
s’étoit
paflé
dans
l'aflemblée
;
&
dans
le
rems
qu'ils
murmuroient
hautement
contre
ce
décret,
deux
des
principaux
Acar-
naniens,
envoyés
par
Philippe,
fçavoir,
Androcles
&
Échédémus,
:
fecondérent
fi
bien
le
méconten-
tement
du
peuple,
que
non
feu-
lement
le
décret
fut
café,
mais
qu'on
condamna
encore,
comme
traitres
à
la
patrie,
Archélaüs
&
Bianor
,
tous
deux
des
premiers
de
la
nation,
pour
avoir
été
les.
auteurs
de
ce
fentiment
;
&
que
le
préteur
appellé
Zeuxis
fut
dépofé,
pour
lavoir
propofé
à
l’aflemblée.
Alors
ceux
qu’on
venoit
de
con
damner
,
firent
une
démarche
té=
=
—
98
AC
méraire,
mais
dont
l'événement
fut
heureux.
Car,
contre
le
fenti-
ment
de
leurs
amis
qui
les
exhor-
toient
à
céder
autems,
&
à
fe
re-
tirer
à
Corcyre
auprès
‘des
Ro-
mains
,
ils
réfolurent
de
fe
préfen-
ter
devant
le
peuple,
on
pour
ap-
paifer
fon
rellentiment
par
cette
marque
de
confiance
,
ou
pour
fouffrir
de
fa
part
tout
ce
qu'il
vou-
droit
ordonner.
Lorfqu'ils
furent
donc
entrés
au
milieu
de
laffem-
blée,
la
multitude
étonnée
de
leur
audace
,
fit
d'abord
éclater
un
Murmure,quifutun
moment
après,
fuivi
d’un
grand
filence,
que
lui
impoférent
le
refpect
de
leur
an-
ciènne
dignité,
&
la
compafhon
de
leur
malheur
préfent.
.
Enfuite,
lorfqu’on
leur
eut
per
mis
de
s'expliquer
,
ils
parlérent
premièrement
d’un
ton
humble
&
foumis
;
puis,
dans
la
fuite
de
leur
difcours
,
quandil.fut
queftion
de
juitifier
leur
conduite,
ils
fe
défen-
dirent
avec
cette
hardiefle
&
cette
confiance,
que
l’innocence
feule
peut
infpirer.
Enfin,
devenus
accu-
fateurs
d'Apologiftes
qu'ils
étoient
au
commencement,
ils
oférent
même
reprocher
à
leurs
ennemis
leur
injuftice
&
leur
cruauté
,
&
firent
tant
d'imprefhion
fur
les
ef-
prits
,
que
d’ün
commun
confente-
ment,
on
cafla
la
fentence
qui
les
avoit
condamnés
,
&
qu'on
les
ré:
tablit
dans
leur
premier
état
;
ce
qui
nempécha
pas
qu’on
ne
rejet-
tât
l'alliance
des
Romains.
Mais
quand
le
bruit
de
la
défaite
de
Philippe
à
Cynofcéphale
fe
fut
répandu
,
tous
les
peuples
de
P'A-
carnanie
fe
foumirent
aux
loix
du
Vainqueur.
À
\
AC.
Les
principales
Villes
dû
pas
outre
Leucade
qui
en
fut
la
capte
tale
,
étoient
Anatorion,
fituée
dans
une
prefqu'ile
auprès
d'Ac-
aura
;
Actium,
ville
maritime
&
célébre
dans
l'antiquité
;
Stratus,
ville
très-forte
fur
l'Achéloüs
,
où
lon
ne
pouvoit
aborder
qu'en
re-
montant
le
fleuve
l’efpace
de
deux
cens
flades;
Énée
ou
Éniadefur
un
autre
fleuve
que
Strabon
ne
nomme
pas.
Îl
paroït
qu'il
y
a
eu
anciennement
deux
Villes
de
ce
nom
dans
l’Acarnanie.L’ancienne,
à
égale
diftance
de
Stratus
&
de
la
mer,
nétoit
plus
habitée
du
tems
de
ce
Géographe.
Quant
à
la
nouvelle,
elle
n’étoit
éloignée
de
l’embouchure
de
lAcheloüs
que
de
foixante_dix
ftades.
Il
y
a
eu
encore
d’autres
Villes,telles
que
Phalére,
Alyzie
,
Leucas,
Argos-
Amphilochium
,
Ambracie.
Les
rivières
les
plus
confidérables
du
pais,
étoient
lAchéloüs
&
VÉvéne.
L’Acarnanie
,
qui
fai
aujourd'hui
partie
de
la
Tur-
quie
d'Europe
,;
a
pour
nom
moderne
Lacarnia
;
quoiqu'on
l'appelle
auffi
le
Defpotat,
dont
il
n'eft
toutefois
qu'une
partie.
”
.
On
prétend
qu'il
y
a
eu
en
Égypte
un
petit
païs,
qui
portoit
le
nom
d'Acarnanie,
&
en
Si
cile
une
Ville,
fituée
dn
côté
de
Syracufe
,
qui
portoit
aufh
le
mé-
me
nom,
&
qui
étoit
célébre
par
un
vieux
temple
de
Jupiter
Olympien.
D’autres
foûtiennent
que
c’eft
une
erreur.
ACARNANIENS
,
Zcurna=
ni,
A'uapvares,
peuples
de
l’Acar:
name,
Voyez
Acarnanie,
:
è
AD
De
LA
Ne
ET
MN
A
ACARNIENS,
(2)
titre
qu'A-
iftophane
donna
à
une
de
fes
Co-
médies.
Le
but
que
ce
Poëte
s’e-
|
toit
propoié
dans
cette
piéce
,
.ceft,
au
rapport
de
M.
l’abbé
Vatry,
de
perfüader
aux
Athé-
niens
de
s’accorder
avec
les
La-
Cédémoniens
,
&
de
finir
une
guerre,qui
les
ruinoit
les
uns
&
les
Autres
,
ainfi
que
leurs
alliés,
&
leurs
tributaires.
_
ACASIS,
Acafis.
C’eft
la
mê-
me
qu'Acacallis
qui
étoit
fille
de
Minos.
Voyez
Acacallis.
ACASTE
,
Acaflus
,
(b)
fervi-
teur
ou
efclave
de
Cicéron.
Il
ên
eff
fouvent
parlé
dans
les
lettres
de
ce
fameux
Orateur.
Lorfqu'il
defcendoit
du
vaifleau
à
Athé-
nes,
en
revenant
de
Cilicie,
Acaf.
te
©
préfenta
à
lui,
le
vingt-unie-
me
jour
depuis
fon
départ
de
Ro-
me
,
@&
lui
remit
les
lettres
de
Térentia,
fa
femme
,avec
celles
de
plufieurs
d’entre
fes
amis,
lefquel-
Jes
lui
apprenoïent
que
tout
,
dans
fa
patrie,
tendoît
à
la
guerre.
ACASTE,
Acate,
(c)
nom
d’une
nymphe
Océanide,
c'eft-à-dire,
d'une
des
filles
de
Océan
&
de
Téthys,
Selon
D:
Bern.
de
Mont-
faucon,
ce
nom
fe
trouve
dans
la
Théogonie
rapportée
par
Héfiode.
ACASTE
»
Acaftus
;
A’xaorcc
5
(2)
étoit
fils
de
Pélias,
roi
d'Iolcos
en
Theflälie,
&
d'Anaxibie,
&
coufin
germain
de
Jafon.
Il
eft
Connu
des
Anciens
comme
un
cé-
(a)
Mém,.
de
Acad.
des
Infc.
&
Bell,
Lert,
Tom.
XXI,
pag.
14e
(b)
Cicer.
L.
XIV,
Epift,
$.
()
Antiq.
expl.
par
D;
Bern.
de
Montf.
Tom,
I.
pag,
y2.
(4)
Pauf.
p.30,
197,
320;
321,
384.
Diod,
Sicul,
p.
178,
Ovid,
Metam,
L,
-
AC
.
lébre
chaffeur
qui
tiroit
bien
de
Varc.
Il
fat
l'un
des
capitaines
des
Argonautes,
nation
fameufe
dans
l'antiquité.
Pélias
étant
mort
dans
leur
voyage
de
la
Coichide,
Acaf-
te
,
quand
on
fut
de
retour
en
Theflalie
,
engagea
fes
compa-
gnons
à
célébrer,
avant
que
de
fe
léparer
,
des
jeux
funébres
en
lhonneur
de
fon
pere,
Paufanias
nous
en
a
laïffé
la
defcription
fui-
vante,
»
Derrière
le
palais
d'Am-
»
phiaraüs
|
repréfenté
fur
le
cof.
|
»
fre
que
les
Cypiélides
avo;
»
confacré
dans
le
temple
de
3%
»
non
à
Olympie]
on
célébre,
dit
»
cét
Écrivain,
des
jeux
funébres
»
en
Phonneur
de
Pélias.
Il
SA
»
a
une
foule
de
fpefateurs,
du
»
milieu
defquels,eft
Hercule
affis
»
fur
un
trône.
Derrière
lui,
eft
».
une
femme
qui
joue
de
la
flûte
»
Phrypienne
;
&
Pinfcription
la
»
fait
connoître.
Pifus,
fils
de
Pé-
»
riérès,@&
Aftérion,fils
de
Comé-
»
tas,
montés
chacun
fur
un
char,
»
pouflent
leurs
chevaux
dans
la
»
carrière.
On
dit
qu'Aftérion
fut
»
du
nombre
des
Argonautes.
»
Pollux
,
Adméte
&
Euphème
»
difputent
le
même
prix.
Si
l’on
»
en
croit
les
Poëtes,
cet
Fuphé-
»
me
étoit
fils
de
Neptune
,
&
il
»
accompagna
Jafon
à
l’expédi-
»
tion
de
la
Coichide.
Quoiqu'il
»
en
foit,
on
voit
que
c'eft
lui
»
qui
remporte
la
victoire.
D'un
»
autre
côté,
Adméte
&
Mopfus
:
VI:
c.
7.
L.
XI.
c.
11,
Mém:
del'Acad,
des
Infcr.
&
Bell,
Lett,
T,"I1X.
Pr
75
5
82,
T.
XII.
p.
142,
143.
@
fuiv.
P-
332-
Myth:
par
M,
l'Abb.
Ban.
T,
VEp:375
;
438,
&
friv.
T,
VII
p,
442
453
377
Antiq.
expl,
par
D;
Bern:
de
Mont£.
T,
Y,
Se
ss
NN
G
1j
106
A6
ES
+
o.+
se.
&.
:
ou
non.
Témoin
ce
qui
artiva
à
Fhéophrafte.
[|
marchandoit
quel-
que
chofe
à
une
vieille
femme.
d'Athènes,
qui
vendoit
des
légu-
mes.
Non,
monfieur
l'Étranger,
lui
dic-elle,
vous
ne
l'aurez
point
2
meilleur
marché.
Théophraîte
fat
étrangement
furpris
de
fe
voir
traité
d'Étranger,
lur
qui
avoit
paflé
prefqne
toute
fa
vie
à
Athé-
nes
,
&
qui
fe
piquoit
de
mieux
parler
que
tout
autre.
Cependant
c'eft
à
fon
langage
qu’elle
recon-
nut
qu'il
n’étoit
pas
du
pais.
.°
Accent
fignifie
quelquefois
.uh
certain
ton
de
voix.,
qui
eft
fouvent
une
marque
de
l'intention
de
celui
qui
parle,
&
qui
fait
don-
ner
une
bonne
où
mauvaife
inter-
prétation
à
fes
paroles.
C’eft
ainfi
que
de
certains
difcours
préfentent
un
fens
bien
différent
de
celui
qu’ils
ont
naturellement.
Cela
peut
ar-
river
dans
l'interrogation
,
dans
Padmiration
,
dans-l'ironie,
dans
la
colère,
&
dans
les
antres
paf-
fions.
C'eft
ce
que
M.
l'abbé
d'Olivet
appelle
Accent
oratoire,
3.°
Accent
fe
prend
pour
un
terme
de
Grammaire.
Il
y
en
a
qui
croyent
que
PAccent,
dans
ce
dermer
fens,
eft
d'inftitution
nou
velle,
&
que
les
Anciens
ne
s'en
fervoient
point.
Dautres,
au
con-
trairé,
ont
bien
de
la
peine
à
fe
perfuader
que
l’on
ne
fit
pas
ufage
,
dans
les
tems
les
plus
re-
culés,
de
l'Accent,
ou
de
quel-
que
figne
femblable..
On
apporte
en
preuve
un
paflage
de
Cicéron,
que
voici:
»
Les
.
dit
ce
»
célébre
Orateur,
ont
voulu
#»
qu'il
y
eût
dans
la
profe
mé-
me,
des
intervalles,
des
fépa-
7
=
+
AS.
»
rations
du
nombre
&
de
»
mefure,
comme
dans
les
verss
»
&t
par
ces
intervalles
,
cette
»
mefure,
ce
nombre,
ils
ne
»
veulent
pas
parler
ici
de
ce
»
qui
eft
déjà
établi
pour
la
fa-
».
cilité
de
la
refpiration
,
&
pour
»
foulager
là
poitrine
de
lOra-
«
teur
,
ni
des
notes
où
fignes
»
des
copiftes
;
mais
ils
veulent
»
parler
de
cette
manière
de
pro-
»
noncer,
qui
donne
de
l'ame
&r,
»
du
fentiment
aux
mots
aux
»
phrafes,
par
une
forte
de
mo-
dulation
pathétique.
«
Ce
paf-
fage
prouve,
en
effet,
que
les
fignes
,
les
notes,
ou
Accens,
étoient
connus
&
pratiqués
,
au
moins
du
tems-de
Cicéron.
Ajoù
tez
à
cela,
que
Quiatilien
fait.
une
mention
exprefle
des
Accens,
&
que
Cicéron
lui-même
en
dif-
tingue
ailleurs
de
plus
d’une
efpé-
ce,
comme
on
le
verra
ci-après.
Quoiqu'il
en
foit,
il
paroït
que
les
Grecs
font
les
premiers,
qui
ont
introduit
l’ufage
des
Accens
dans
l'écriture.
L’Auteur
de
la
Métho-
de
gréque
de
Port-royal
,
obferve
que
la
bonne
prononciation
de
la
Langue
gréque
étantnaturelle
aux
Grecs,
il
leur
étoit
inutile
de
la
marquer
par
des
Accens
dansleuts
écrits
;
qu'ainfr
il
y
a-bien
de
l'ap=
parence
qu'ils
ne
commencérent
à
en
faire
ufage
,
que
lorfq
ÿ
ueïîes
Ro-
mains,
curieux
de
s’'inftruire
dela
Langue
gréque
,envoyérent
leurs
enfans
étudier
à.
Athénes.
On
fons
gea
alors
à
fixer
la
prononciation;
&
à
la
faciliter
aux
étrangers
;
ce
qui
arriva,
pourfuit
le
même
Au»
teur,
un
peu
avant
Je
tems
de
Gi
CÉIOASE
re
0
LAPS
À
C
Comime
il
y
a
diverfes
infléxions
de
voix,
dont
les
unes
élevent
le
ton,
les
autres
le
baïflent,
&'d’au-
tres,
enfin,
l’élevent.d’abord
,
&
le
rabaiffent
enfuite
fur
la
même
fyllabe
;
l'on
a
diflingué
trois
for-
tes
d'Accens,
l’aigu
formé
de
droi-
tea
gauche,
en.cette
manière
”
le
grave
écrit
de
gauche
à
droite“,
&
le
circonflexe
compofé
à
la
fois
de
e
&
du
grave".
a.
“Accent
aigu
marquoit
qu'il
falloit
élever
la-voix
,
en
pronon-
çant
la
voyelle
fur
laquelle
il
étoit
écrit.
L'accent
grave
marquoit
au
contraire,
qu'il
falloit
barfier
_
l
voix.
[Accent
circonflexe
,en-
fn,
que
l’on
arrondit,
en
grec,
de
cette.manière
*,
étoit
deftiné
à
faire
entendre
qu'après
avoir
d’a-
bordélevé
la
voix
fur
une
fyllabe,
il
falloit
enfite
la
rabaïller
fur
cétte
même
fyllabe.
Denys
d'Halicarnafle
nous
ap-
prend
que
,
chez
les
Grecs
,
l'élé-
Vation
de
la
voix
dans
lPAccent
aigu
,
&
fon
abaiïflement
dans
le
grave,
étoient
d'une
quinte
en-
tière;
&c
que
dans
l’Accentcircon-
flexe
,
compofé
des.
deux
autres,
la
Voix
patcouroït
deux
fois
la
mème
quinte,
en
montant
&
en
defcendant
fur
la
même
fyllabe.
Gomme.il
ny
avoit,
dans
la
ingue
grecque,
aucun
mot
qui
neût
fon.
Accent,
ces
élévations
_abaïflemens
continuels
d’une
quite
;
devoient
rendre
la
pro-
nonciation
grecque
aflez
chantan-
te.
Les
Latins
avoient,
ainfi
que
les
Grecs,
les
Accens
aigu
,
grave
&
circonflexe
:
&
ils
y
joignoïent
encore
d'autres
fignes
propres
à
Marquer
les
‘Jongues
;
les
bréves
ae.
167.
-
les
repos,
les
fufpenfons,
lacce-
lération.
Ce
font
ces
notes
de
la
:
la
prononciation
,
dont
parlent
les
Grammairiens
des
fiécles
pofté-
rieurs,
qu'on
a
prifes
pour
celles
de
la
déclamation.
On
ignore
quelle
étoit
la
valeur
des
Accens
chez
les
Latins.
ls
avoient
des
longues
&
de
bréves,
les
premieres
,
en
général,
dou-
bles
des
fecondes
dans
leur
durée,
&
ils
en
avoient
d’indéterminées
,
irrationales.
Mais
on
ignore
auf
Ja
valeur
de
ces
durées,
&
l’on
ne
.
{çait
pas
davantage,
fi
dans
les
A
cens
on
paftoit
d'un
ton
fixe
&x
de”
terminé.
Une
chofe
bien
certaine,
2
e
LA
+
c’eft
que
le
peuple
Romain
étoit,
comme
les
Grecs,
fort
fenfible
à
lPhafmonie
du
difcours.
En
voici.
une
preuve:
»
Si
dans
nôs
théa-
»
tres,
dit
Cicéron,
un
Aéteur
»
prononce
une
fyllabe
bréve
où
»
longue,
autrement
qu'elle
ne
».
doit
être
prononcée,
felon
Pufa-
»
ge,
ou
d'un
ton
grave
ou
aigu,
»
tout
le
peuple
fe
récrie.
Cepen-
»
dant
,
continue
Cicéron
,
le
»_
peuple
n’a
point
étudié
les
régles
»
de-notre
Profodie.
Seulement
il
»
{ent
qu'il
eft
bleffé
par
la
pro-
»
nonciation
de
l'A@teur
;
mais
il
»
ne
pourroit
pas
démêler
en
quor,
:
»
ni
comment.
Îl
n’a,
fur
ce
point,
»
d'autre
régle
que
le
difcerne-
»
ment
de
l'oreille;
&
avec
ce
»
feul
fecours
que
la
nature
&
».
l'habitude
lui
donnent,
ilcon-
»
noît
les
longues
&
les:bréves,
»
&
difingue
le
grave
de
laigu:»
Selon
les
Grammairiens
Grecs,
PAccent
aigu
peut
fe
placer
fur
l'une
des
trois
dernières
fyllabes
d'un
mot,
foit
que
celle
qui.
le
,
à
108
A
C
recoit
,
foit
longue
,
ou
qu’elle
foit
bréve.
Toutefois
fi
la
dernière
eft
bréve
,
il
eft
d’ufage
qu’on
le
met-
te
fur
l’antépénultième.
Si
au
con-
traire
elle
eft
longue
,
cette
anté-
pénultième
ne
peut
avoir
ordinai-
rement
d'Accent.
Ainfi
on
mettra.
un
Accent
aigu
fur
cc
de
9eé:,
Deus,
Dieu,
fur
à6
de
x0ye5,
verbum,
parole,
fur
rv
de
ruorouer,
verbe.
ramus
,
nous
frappons.
Ps
L’Accent
grave
,
qui
n’eft
pas
.
tant
un
Accent
qu’une
privation
,
|
ou
un
rabaïflement
de
l’Accent,
ne
ar
marque
jamais
que
dans
la
fuite
"du
difcours
&
à
la
fin
des
mots,
Où
il
y
auroit
naturellement
un
accent
aigu.
[|
montre
qu’alors
ces
mots
n'élevent
pas
tout
à
fait
leur
dernière
fyllabe
,
mais
qu'ils
la
foûtiennent
feulement
un
peu.
C'eft
dans
ce
fens
que
l'on
place.
un
Accent
grave
fur
ui
de
mur,
honor
,
honneur.
L’Accent
circonflexe
ne
fe
met
que
fur
la
dernière
fyllabe
d'un
mot,
comme
fur
uo
de
ro,
pour
Tihaw
,
honoro,
j'honore,
ou
bien
fur
la
pénultième
,
comme
fur
co
de
riua,
corpus,
le
COrps.
.
Quoique
l’on
füive,
pour
l’or-
dinaire,
ces
régles
des
Grammai-
riens
grecs
,
dans
la
difpofñition
des
Accens
,
on
ne
s’y
conforme
point
dans
la
prononciation
que
l’on
conferve
a@tuellement.
Aiïnf
les
Accens
ne
fervent
plus
de
guide
pour
élever
ou
pour
abaïfler
le
ton,
Pour
ce
qui
eft
du
Latin,
l’on
ne
fait
fentir,
aujourd’hui,
la
quantité
des
mots
,que
par
rapport
à
la
pé-
nultième
fyllabe
,
encore
faut-il
que
le
mot
ait
plus
de
deux
fylla-
bes.._
Car
les
mots,
qui
n’ont
que
a
AC
deux
fyllabes
;
font
prononcés
également
,
foit
que
la
première
foit
longue
,
ou
qu'elle
foit
bréve;
par
exemple
l’z
eft
bref
dans
Pa-
ter,&
long
dans
Mater.
Cependant
on
prononce
l’un
&
l’autre
,
com-
ime
s'ils
avoient
la
même
quantité.
Dans
les
livres,
qui
fervent
à
des
leétures
publiques,
on
fe
fert
de
l’Accent
aigu,
que
l’on
place
diffé-
remment
,
felon
que
la
pénultième
eft
bréve
ou
longue.
Ainfi,
dans
Matutinus,
on
ne
fait
fentir
la
la
quantité
que
fur
la
pénultiè-
me
#7;
&
parce
que
cette
pénul-
tième
eft
longue
,
on
y
met
l’Ac-
cent
aigu
,
Matutinus.
Au
con:
traire
,
cette
pénultième
#2
eft
bre-
ve
dans
Serorinus.
Alors
on
met
lAccent
aigu
fur
Pantépénultième
Serotinus
,
foit
que
dans
les
vers
cette
antépénultième
foit
bréve,
foit
qu'elle
foit
longue.
Cet
Accent
aigu
lert
alors
à
marquer
qu'il
faut
s'arrêter
comme
fur
un
point
d'ap-
pui,
fur
cette
antépénultième
ac-
centuée
,
afin
d'avoir
plus
de
fac-
lité
pour
pañler
légérement
fur
la
pénultièeme
&
la
prononcer
bréve.
Au
refte,
cette
pratique
ne
s’ob-
ferve
que
dans
les
livres
d'Églife,
deftinés
à
des
letures
publiques.
I
feroit
à
fouhaiter
qu'elle
fût
éga-
lement
pratiquée
à
l'égard
des
li-
vres
claffiques.,
pour
accoûtumer
les
jeunes
gens
à
prononcer
régu-
lièrement
le
latin.
Nos
Imprimeurs
ont
confervé
l'ufage
de
mettre
un
Accent
cir-
conflexe
fur
F4
de
l’ablatif
dela
première
déclinaifon,
Les
Anciens
élevoient
la
voix
fur
l’a
du
nomi-
natif
,
&
le
marquoient
par
un
Accent
aigu
,
mufa
;
au
lieu
qu'à
À
C
-
Pablatif,
ils
l'élevoient
d'abord,
&
{a
rabaïfloient
enfuite
,
comme
s’il
y
avoit
eu
mufaa
;
&
voilà
l'Ac-
cent
circonflexe
que
nous
avons
confervé
dans
l'écriture,
quoique
nous
en
ayons
perdu
la
pronon-
cation.
On
fe
fert
encore
de
lAc-
cent
circonflexe
en
latin,
quand
il
ya
fyncope
,
comme
wirém
pour
virorum
,
feflertiim
pour
feftertio-
rum.
Enfin,
l'on
employe
l'Accent
grave
fur
la
dernière
fyllabe
des
.
adverbes
male
,
bene
,
di
,
&c.
Quelques-uns
même
veulent
qu'on
s’en
ferve
fur
tous
les
mots
indéclinables
;
mais
cette
pratique
n'eft
pas
exatement
fuivie.
Nous
avons
confervé
la
pratique
des
Anciens,
à
l'égard
de
Accent
aigu
qu'ils
marquoient
fur
la
fyllabe
,
qui
eff
fuivie
d’un
enclitique
:
4r-
ta
virim
que
cano.
Dans
virm,
0néleve
Ja
voix
fur
l’4
de
virum
,
on
la
laïffe
tomber
en
pronon-
çant
que
,
qui
eft
un
enclitique.
.
Quantaux
Accens
des
Hébreux,
ils
ont
quelque
chofe
de
commun
avec
les
Accens
des
Grecs
&
des
Latins
;:
mais
ils
ont
'en
même-
tems
quelque
chofe
de
particulier,
qui
ne
fe
trouve
que
dans
la
langue
Hébraïque.
Ce
qu'ils
ont
de
commun
,
c’eft
qu'ils
marquent
es
tons;
fçavoir,
quand
il
faut
élever
ou
abaïfler
la
voix
fur
cer-
tanes
fÿllabes.
Quand
un
Juif
ha-
bile
lit
le
Texte
Hébreu
de
la
Bible
,
il
chante
plutôt
qu'il
ne
lit,
Parce
qu'il
le
prononce
fur
les
tons
qu
font
marqués
par
les
Accens.
Our
ce
qui
eft
de
particulier
à
Cette
langue,
à
l'égard
des
Accens,
c'eft
qu'ils
y
font
la
même
chofe
que
les
points
&
les
virgules
dans
A
C
109
le
fatin,
dans
le
grec
&
dans
le
françois.
Ils
diftinguent
les
fec—
tions
,
lés
périodes
&
les
membres
des
périodes.
On
croit
que
l'inftitution
des
Ac-
cens
des
Hébreux
,
du
moins
tels
qu'ils
les
ont
à
préfent,
ne
remon-
te
pas
avant
le
cinquième
fécle.
On
lattribue
aux
Docteurs
de
la
fameufe
école
de
Tibériade,
qui
travaillérent
à
la
critique
des
livres
de
Écriture
fainte,
c'eft-à-dire,
à
diftinguer
les
livres
apocryphes
d’avec
les
canoniques,
&
qui,
>
fuite,
les
diviférent
par
fections
SF
par
verfets,
en
fixant
la
lefture
&
la
prononciation
par
des
points
&c
par
d’autres
fignes
,
d’où
eft
venue
l'origine
des
Accens
des
Hébreux.
Ces
doéteurs
furent
appellés
Maf-
foretes,
du
mot
zaffore,
qui
veut
dire
tradition
,
parce
qu'ils
s’atta=
chérent
dans
leur
opération
à
con-
ferver,
autant
qu'il
leur
fut
poffi-
ble,
la
tradition
de
leurs
peres,
dans
la
manière
de
lire
&
de
pro-
noncer.
Les
Accens
des
Anciens
font
paflés
dans
notre
langue,
où
ils
font
fort
communs
;
mais
pour
ne
pas
alonger
cet
article
da-
vantage
,
je
renvoie
le
Lecteur
aux
différentes
Grammaires
fran.
çoifes
que
nous
avons
,
&
en
particulier
à
celle
de
M.
Ref-
taut.
M.
Rollin,
dans
fon
Traité
des
Études,ne
manque
pas
d’obferver,
qu'il
eft
à
propos
de
donner
aux
jeunes
gens
,
une
teinture
des
Âc=
cens,
parce
qu'ils
font
d’une
gran-
de
utilité
pour
l'explication
;
&
il
ajoûte
que
quoique
la
connoïffance
des
Açcens
ne
{oit
pas
d'un
grand
—
“io
AC
travail,
elle
eft
fouvent
trop
né-
gligée,
même
parles
Sçavans.
II
‘feroit
donc
à
défirer
que
l’on
ap-
prit
de
bonne
heure
aux
jeunes
gens,
à
remarquer
l'ufage
des
Ac-
éens,
&
fur-tout,qu'on
les
obligeat
à
les
employer
dans
leurs
compo-
fitions.
Ce
feroit
un
moyen
für
&c
infaillible
de
les
accoûtumer,
dès
leur
bas
âge,
à
une
pronon-
ciation
plus
exaéte,
&
à
une
façon
d'écrire
beaucoup
plus
correcte
;
Obfervation
qui
regarde
principa-
Jement
notre
langue
,
que
l’on
#"_<nt,
pour
la
plupart
du
tems,
d’une
manière
qui
fait
pitié,
même
au
fortir
des
clafles.
ACCEPTION
,
fgruificatio
,
noti0
,
intellectus
,
terme
de
gram-
maire.
C'eft
le
fens
que
l’on
donne
à
un
mot
:
par
exemple,
ce
mot,
efprit
;
dans
fa
première
A
cception,
lignihe
vent,
{ouffle.
Mais
en
mé-
taphyfique,
il
eft
pris
dans
une
au-
tre
Accéption.
On
ne
doit
pas,
dans
la
fuité
du
même
raifonne-
ment,
le
prendre
dans
une
Accep-
tion
différente.
ACCEPTION
de
PERSONNE,
(z)
Dieu
ordonne
que
les
Juges
portent
leurs
jugemens
fans
Ac-
<eption
de
perfonne
;
qu'ils
ne
confidérent
ni
le
pauvre,
ni
le
ri-
che
,
ni
le
foible
,
ni
le
puiflant
;
qu'ils
ne
faflent
attention
qu'à
la
juitice
&
à
la
vérité.
Dieu
ne
fait
point
Acception
des
perfonnes.
Les
Juifs
difoient
au
Sauveur,
qu'il
difoit
la
vérité,
fans
Accep-
tion
de
perfonne
&
fans
crainte.
(a)
Levit:
ç
19.
v.
15.
Deuter.
c,
Ze
V,
17.
C.
10.
V.
17.
Paralip,
EL.
Il.
C.
19.
V.
7.
Jfaï.
c.
42.
v.2.
Matth,
c,
dar
v,
16,
Jud,
Epit,
©,
1,
y.
16,
.
NE
-
S.
Jude
,
au
lieu
de
faire
Accep=
tion
de
perfonne,
{e
fert
de
cette
exprefhon
,
admirer
les
perfonnes,
aïe
donne
pour
un
cara@tere
du
Mefhe
,
de
ne
pas
faire
Acception
de
perfonne.
ACCEPTOR
,
Æcceptor,
nom
d’un
des
chevaux
du
Cirque.
Voyez
Chevaux
du
Cirque.
_
-
ACCÉS,
Acces,
T'ouæ,
(b)
étoit
de
la
ville
de
Thécua.
Ce
fut
l'un
des
trente
vaillans
Officiers,
quicompofoient
l’armée
de
David,
Ïl
avoit
eu
un
fils,
qui
s’appelloit
Hira.
a
ACCESSION
,
Acceffo,
(c)
terme
dont
on
fe
fervoit
à
Rome,
pour
exprimer
des
ventes
publiques
par
voie
de
juftice.
C’eft
ce
qu'on
appelle
ajourd'hui
vendre
à
len-
can.
Ceux
qui
étoient
employés
dans
ces
ventes
publiques,
pour
proclamer
ce
qui
étoit
à
vendre,
&
le
prix
qui
en
étoit
offert,
&
nommoient
Prœcones
,
crieuts;
ÔL
ceux
qui
achétoient
,
s’appelloient
Seélores,
proprement
enchérif-
feurs,
On
donne
aujourd’hui
difé-
rens
fens
au
mot
Accefhion,
qui
eft
en
ufage
dans
le
droit,
dans
la
pratique
,
&c.
ACCESSIT
,
terme
de
Collé-
ge.
C’eft
une
récompenfe
quon
donne
aux
Écoliers
qui
ont
com-
pofé
,
prefque
auffi
bien
que
celui
qui
a
remporté
le
prix.
Untel
a
eu
le
premier
prix
des
vers,
&c
un
tel
le
premier
Acceñlit
;
c'eft-à-
dire,
qu'il
eft
celui
qui
a
approché
le
plus
près
des
prix.
(ë)
Reg.
LE.
Il.
c.
23,
v.27.
(c)
Coût,
des
Rom.
par
M,
Nieups
PAR.
118
AC
.
"Ce
mot
eft
latin,
&
vient
de
ce
…
qu'après
avoir
donné
les
prix,
on
-
Romme
ceux
qui
en
ont
approché
le
plus
près,
en
difant
:
proxime
acceflerunt.
Il
fe
dit
&
de
la
petfonne,
&
de
la
chofe
;
c’eft-
a-dire,
de
l’honneur
d’être
ainfi
nomme
,
&
aufhi
de
la
récompenfe
qu'on
donne
à
ceux
qui
font
ainfi
notmés
;
car
on
dit:
J/
eff
le
pre-
nier
ou
le
fecond
Acceffit
:
il
a
eu
de
premier
Acceffit.
Voila
mon
Ac-
ceffet
;
en
montrent
le
livre
,
ou
La
<hofe
qu'on
à
reçue.
Les
Académies
qui
diftribuent
des
prix,
donnent
aufhi
fouvent
des
Acceffits
,
comme
l’Acadé-
mie
françoife
à
Paris.
ACCIDENT
,
Accidens
,
ter-
me
de
grammaire.Il
eft
fur-tout'en
ufage
dans
les
anciens
Grammai-
tiens,
[ls
ont
d’abord
regarde
le
mot
comme
ayant
la
propriété
de
fignifer.
Telle
eft,
pour
ainf
dire,
la
fabftance
du
mot
;
c’eft
ce
qu’ils
appellent
nowinis
pofitio.
Enfuite
ils
ont
fait
des
obfervations
païti-
Culières
fur
cette
potion
,
ou
fubf.
tance
métaphyfique
;
&
ce
font
<eS
obfervations,
qui
ont
donné
heu
à
ce
qu'ils
ont
appellé
Acci-
dens
des
diétions,
diéionum
Acci-
dentia.
Ainf,
par
Accident,
les
Gram-
Mairiens
entendent
une
propriété
qu,
à
la
vérité,
eft
attachée
au
mot,
Mais
qui
n'entre
point
dans
la
définition
effentielle
du
mot
;
‘
Sar
de
ce
qu'un
mot
fera
primitif,
Où
qu'il
fera
dérivé,
fimple
ou
COmpPOfE
,
il
n’en
fera
pas
moins
un
ferme,
ayant
une
fgnification.
Voici
ie
font
ces
Accidens.
19,
Loute
diétion
,
ou
mot,
prend
en
quelque
féns
;
autre
que
AC
TT
peut
avoir
un
fens
propre
,
ou
un
{ens
figuré.
Un
mot
eft
au
propre,
quand
:l
fignise
ce
pourquoi
il
a
été
premièrement
établi.
Le
mot
lion
a
été
d'abord
deftiné
à
fieni-
fier
cet
animal
qu’on
appelle
lion,
Je
viens
de
la
foire,
j'y
ai
vu
un
beau
lion.
Lion
eft
pris
là
dans
le
fens
propre.
Maïs
,
fi
en
parlant
d'un
homme
emporté
,
je
dis
que
c'eft
un
lion,
Zor
eft
alors
dans
un
fens
figuré.
Quand,
par
com-
paraïfon
ou
analogie,
un
mot
fe
celui
de
fa
première
deftinatiof®s
cet
accident
peut
être
appellé
l’ac-
ception
du
mot.
-
:
2.0
On
peut
obferver
fi
un
mot
eft
primitif,
ou
s’il
eft
dérivé.
Un
mot
eft
primitif,
lorfqu’il
n’eft
tiré
d'aucun
autre
mot
de
la
langue
dans
laquelle
ileft
en
ufage.
Aïnfi
en
françois,
ciel,
roi,
bon,
font
des
mots
primitifs.
Un
mot-eft
dé-
rivé
;
lorfqu’il
eft
tiré
de
quelque
autre
mot,
comme
de
fa
fource.
Aiïnfi
célefle,
royal
,
royaume
,
royauté,
bonté,
bonnement
;
font
autant
de
dérivés.
Cet
Accident
eft
appellé,
par
les
Grammaïriens,
lefpèce
du
mot.
Ils
difent
qu'un
mot
eft
de
l’efpèce
primitive
on
de
l'efpèce
dérivée.
PRESS
3.0
On
peut
obferver
fi
un
mot
:
eft
fimple,
ou
sil
eft
compoié.
Jufte
,
jufhice,
font
des
mots
fim-
ples.
/njufte
,
injuftice
,
font
des
mots
compofés.
En
latin,
res
eft
un
mot
fimple
,
pblica
eft
encore
un
mot
fimple
;
mais
7e/publica
eft
un
mot
compoté.
Get
Accident,
d’être
fimple
ou
d’être
compolé
,
a
été
appellé
par
lesançiens
Grammairiens
la
figure.
a.
+
4)
7
+12
AC
Ts
difent
qu’un
mot
eft
de
la
figu-
re
fimple
,
ou
qu'il
eft
de
la
figure
compofée
;
enforte
que
figure
vient
ici
de
féngere
,
&
fe
prend
pour
la
forme
ou
conftitution
d’un
mot,
ui
peut
être
ou
fimple
ou
com-
pofé.
C’eft
ainfi
que
les
Anciens
ont
appellé
vafz
filia,
ces
vafes
qui
fe
font
,
en
ajoûtant
matière
à
matière
;
&
figulus
,
l'ouvrier
qui
les
fait,
à
fingendo.
49.
Un
autre
Accident
des
mots
regarde
la
prononciation,
fur
quoi
il
faut
diftinguer
l’accent
qui
eft
pre
élévation
ou
un
do
de
la
voix
,
toujours
invariable
dans
le
même
mot
;
&
le
ton
&
Yemphafe
qui
font
des
infléxions
de
voix,
qui
varient
felon
les
di-
verfes
pafhions
&
les
différentes
circonftances
:
un
ton
fier,
un
ton
foumis
,
un
ton
infolent,
un
ton
piteux.
Voilà
quatre
Accidens
qui
fe
trouvent
en
toutes
fortes
de
mots.
Mais,
de
plus,
chaque
forte
par-
ticulière
de
mots
a
fes
Accidens
qui
lui
font
propres.
Ain
le
nom
fubftantif
a
encore
pour
Accidens
le
genre,
le
cas,
la
déclinaifon,
le
nombre
,
qui
eft
ou
fingulier
ou
pluriel,
fans
parler
du
duel
des
Grecs.
Le
nom
adje@if
a
un
Accident
de
plus,
qui
eft
la
comparaïfon,
doffus
,
dottior
,
doëfiffimus
;
1ça-
“want,
plus
fçavant,
très-fçavant,
Les
pronoms
ont
les
mêmes
Accidens
que
les
noms.
A
l'égard
des
verbes,
ils
ont
auffi,
par
Accident
,
l’acceprion
,
qui
eft
ou
propre,
ou
figurée.
Ce
vieillard
marche
d’un
pas
ferme.
Marcher
€ft
là
au
propre.
Celui
qui
me
fuir,
|:
rm
7:
A
C
:
ne
marche
point
dans
les
ténébres
3
dit
J.
C.
fuit
&
marche
font
pris
dans
un
fens
figuré
;
c’eft-à-dire,
que
celui
qui
pratique
les
maxi-
mes
de
l'Évangile,
a
mne
bonne
conduite
,
&
n'a
pas
befoin
de
fe
cacher
;
il
ne
fuit
point
la
lumière,
il
vit
fans
crainte
&
fans
remords.
20.
L’efpèce
eft
auffi
un
Acti=
dent
des
verbes.
Ils
font,ou
primi.
tifs
,
comme
parler,
boire
,
fauter,
trembier
:
où
dérivés,
comme
par
lementer
,
buvotter
,
fautiller
,
trembloter.
Cette
efpèce
de
verbes
.
dérivés,
en
renferme
plufieurs
au=
tres
;
tels
font
les
inchoatifs,
les
fréquentatifs,
les
augmentatifs,
les
diminutifs,
les
imitatifs,
les
défidératifs.
30.
Les
verbes
ont
auff
la
figu-
re,
c’eft-à-dire,
qu'ils
font
frm-
ples,
comme
venir
,
tenir
,
faire,
ou
compoiés,
commè
prévenir;
convenir
,
refaire.
40.
La
voix
ou
forme
du
verbe.
Elle
eft
de
trois
fortes
,
la
voix
ou
forme
aûtive
,
la
voix
pañlive,
&t
la
voix
neutre.
Les
verbes
de
la
voix
a&tive
font
ceux,
dont
les
terminaifons
expri-
ment
une
action
,
qui
pafle
de
l'a=
gent
au
patient
,
c’eft-à-dire
,
de
celui
qui
fait
l’aétion
,
fur
celui
qui
la
recoit.
Pierre
bat
Paul.
Bat
eft
un
verbe
de
la
forme
aétive.
Puer:
re
eft
l'agent,
Paul
eft
le
patient,
ou
le
terme
de
l’aétion
de
Pierre.
Dieu
conferve
fes
créatures.
Con-
ferve
eft
un
verbe
de
la
forme
ac=
tive,
Le
verbe
eft
à
la
voix
pañlive,
lorfqu'il
fignifie
que
le
fujet
de
la.
propofition
eff
le
patient
;
c'eft-àr
dire,
qu'il
eff
le
terme
de
l’aétiom,
où
en
Le
LS
‘des.
terminaifons
particulières
:
À
C
on
du
fentiment
d’un
autre;
Les
rméchans
font
punis
;
vous
Jerez
Pris
par
les
ennemis.
Sont
punis,
Jeret
pris,
font
des
verbes
de
la
forme
pañive.
Le
verbe
eft
à
la
voix
neutre,
lorqu'il
fignifie
une
ation
ou
un
état,
qui
ne
paile
point
du
fujet
de
k
propoñtion
{ur
aucun
autre
objet’
extérieur
:
comme,
#/
pélit
,
il
en=
griffe,
il
maigrit
;
nous
courons
5;
il
badine
lOuJOurs
;
il
rit,
vous
rajeuniflez.
59
Le
mode,
c’éft-à-dire
,
Les
_
différentes
manières
d'exprimer
ce
que
le
verbe
fignifie,
où
pard'in-
dicatif,
qui
eft
le
mode
dire@&
&
abfolu
,
où
parl'imipératif,
ou
par
le
fubjondif,
ou,
enfin
par
l'in-
fintif,
_*
_
60,
Le
fixième
Accident
des
ver-
bes,
c’eft
de
marquer
le
tems
par
J'aime,
j'aimois
,
J'ai
aimé
,
j'a
VOIS
aimé,
j'aimerai,
79.
Le
feptième.
Accident
ef
de
marquer
les
perfonnes
grammati-
cales,
c’eft-à-dire.,
-
les.
perfonnes
relativement
à
Torre
,
qu'elles
tiennent
dans-la
formation
du
dif-
Cours
;
&
en
ce
fens,
il
eft
évident
qu'il
n’y
à
que
trois
perfonnes.
La
première
eft
celle
qui
fait
le
difcours,
c’eft-à-dire,
celle
qui
Paile:
Je
chante.
Je
eft
la
première
perfonne
,
&
chante,
eft
le
verbe
à
la
première
perfonne,
parce
qu'il
et
dit
de
cette
première
perfonne.
La
feconde
perfonne
et
celle
à
-Gui
le
difcours
s’adrefle:
#4
chan-
“8
,
Vous
chantez-,
c'eft
la
perfon-
ne
à
qui
l’on
parle.
Enfin,
lorfque-la
perfonne,
on
chofe
,
dont
on
parle;
n'eft
ni
à
Tom.
L
LIRE
_$
AE
TT3
la
première
,
ni
à
la
feconde
per-
fonne
;
alors
le
verbe
eft
dit
êtta
à
la
troifième
perfonne
:
Pire
écrit.
Écrit
eft
à
la
troifième
per=
fonne
du
préfent
de
l'indicatif
dur
verbe
écrire.
FR
Ên
latin
&
en
grec,
les
perfon-
nes
grammaticales
font
marquées;
auf
bien.
que
les
tems,
d’une
ma-°
nière
plus
diftinte,
par
des
ter
minaifons
particulières
>
TÜTTO
»
TUTTEIS
;
TÜ
PTE
»
TUATOUE
,
TU
—
TÉTE
»
TURTOUI
$
CANIO.,
Cantas
sr
Cantat,
Cantamus,
Cantatis
,
can-
ant
,
Cantavi,
cantabo,
&tc.
SS
Sc
beu
qu’en
francois
la
différence
q
€
des
terminaïfons
n’eft
pas
fouvent
bien
fenfible
;
&
c’eft
pour:cela
que
nous
Joignons
aux
verbes,
les
pronoms
qui
marquent
les
pér-
fonnes
:
je
chante;
t1
chantes
Sul
chante,
ee
80.
Le
huitième
Accident
du
verbe,
eft
la
conjugaifon.
La
con-
jugaifon
eft
une
diftribution
,
ou
lifie
de
toutes
les
parties
&
de
toutes
les
inflexions
du
verbe,
{e-
lon
une
certaine
analogie,
:I1
y
a
*
quatre
fortes
d’analogies
en
latin,
par
rapport
à
la
conjugaifon.
Ainfr
il
ya
quatre
conjugaifons..
Cha-
cune
à
fon
paradigme.,
-ceft-à-
dire,
un
modèle
{ur
lequel.chaque
verbe
révulier
doit
être
comugué.
C'eft
pourquoi
zmzre
,
felon
d'au-
tres
,
cantare
eit
le
paradigme
des
verbes
de
la
première
conju-
gaïfon
;
&
ces
verbes,
{elon
leur
analogie,
gardent
l’z
long
de
l'inf.
titi
dans
prefque
tons
leurs
teins
#
&.dans
prefque
toutes
leurs
per-
“onnes:
Amare,
amabam,
amavi
,
CAMAVErEM
>
4RAbO
,
amandum.,
GILETS
dé.
À
,
<H
Ÿ
À
a
it
jé
}
t14.
À
C
:
Lesautres
conjugaifons
oft
anff
leur
analogie,
&
leur
paradigme.
A'ces
quatre
conjugaïfons
on
doit
en
ajoûter
une
cinquième
,
qui
eft
une
conjugaifon
mixte,
en
ce
qu'elle
a
des
perfonnes,
qui
fuivent
l'analogie
de
la
troifième
conjugaifon
,
&
d’autres,
celle
de
la
quatrième
;
tels
font
les
verbes
en
ere,
10
:
COMME
Capére
,
CApios
On
dit
à
la
première
perfonne
du
pañhf,
capicr,
je
fuis
pris
,
comme
audior.
Cependant
on
dit
caperis
à
la
feconde
perfonne
,
&
non
Bpiis
,
-quoiquon
dife
ardior,
audiris.
Comme
il
y
a
plufeurs
verbes
en
ere
,
10
:
Sufcipcre
;
fuf=
cipio
;
interficere
;
interficio;
elice-
re,
elicio
;
fugere,
fugio
;
&c.
&c
que
les
commençans
font
embar+
raflés
pour
les
conjuguer,
je
crois
que
ces
verbes
valent
bien
la
peine
qu'on
leur
donne
un
para-
disgme
,
ou
modèle.
Nos
Grammairiens
comptent
auffi
quatre
comugaifons
de
nos
verbes
françois.
…
Lés
verbes
de
la
première
con-
jugaïfon
ont
l’infinitif
en
er
:
com-
me
donner
,
embral]er.
Les
verbes
de
la
feconde
con-
jugaifon
ont
l’infinitif
en
ir
:
com-
me
punir
,
fournir.
…
Les
verbes
de
la
troïfième
con-
juguaifon
ont
l'infinitif
en
ofr
:
comine
devoir
,
recevoir.
;
Les
verbes
de
la
quatrième
con-
jugaifon
ont
l'infinitif
en
re:
com-
me
faire,
rendre.
Le
P.
Buffier
obferve
qu'il
y
a,
tant
de
différentes
inflexions
entre
les
verbes
d’une
même
comugai-
fon,
qu’il
faut,
ou
ne
reconnoître
qu'une
feule
conjugaifon;-
ou
en
dé
>
À
C
féconnoitte
autant
que
nous
avoñà
de
terminaïifons
différentes
dans
les
infinitits.
Or,
M.
labbé
Re-
gnier
remarque
que
la
langue
fran
çoife
a
jufqu'à
vingt-quatre
ter
minaifons
différentes
à
l’infimitif.
_
90.
Enfin,
le
dernier
Accident
des
verbes
eft
l’analogie
ou
Pano-
malie,
c’eft-à-dire
,
d'être
régu-
liers,&
de
fuivre
l’analogie
de
leur
paradigme
,
ou
bien
de
s’en
écar:
ter;
&
alors
on
dit
qu'ils
font
irié-
guliers
ou
anomaux.
Que
sil
atris
ve
qu'ils
manquent
de
quelque
mode,
de
quelque
tems,
ou
de
a
perfonne
,
on
les
appelle
défectifs.
nn
Pour
ce
qui
eft
des
prépofitions,
elles
font
toutes
primitives
&
fim-
ples,
&,
de,
dans,
avec,
&c.
Sur-
quoi
il
faut
obferver
qu'il
y
4
des
langues
qui
énoncent
en
un
feul
-
mot
ces
vues
de
lefprit
,
ces
rap»
ports,
ces
manières
d’être
;
all
lieu
qu’en
d’autres
langues,
ces
mêmes
rapports
font
divifés
paf
l'élocution
,
&
exprimés
par
pll-
fieurs
mots
:
par
exemple
,
corait
patre,
»
en
préfence
de
fon
pere.
«
Ce
mot
coram,
en
latin,
eftun
mot
primitif
&
fimple
,
qui
nex-
prime
qu'une
manière
d'étre,conr
fidéréë
par
une
vue
fimple
de
l'ef-
prit.
L'élocution
n’a
point,
en
fra
çois,
de
terme
pour
l’exprimer:
On
la
divife
entrois
mots,ez
préfencede.
Il
en
eft
de
même
de
proper,
»
pOur
»
l'amour
de.
«
Il
en
faut
dire
al
tant
de
quelques
autres
expreffons,
-que
ños
Grammairiens
françois
ne
J
LA
mettent
au
nombre
des
prépor
tions
,
que
parce
qu'elles
répoñ
dent
à
des
prépoñitions
latinese
-
La
prépofition
ne
fait
an’ajoûtes
üne
circonftance
,
ou
manière,
au
mot
qui
précéde
;
&
elle
eft
tou-
jours
confidérée
fur
le
même
point
de
vue.
C’eff
toujours
la
même
manière,
ou
circonflance
qu’elle
exprime.
{/
eff
dans.
Que
ce
{oit
dans
la
ville
,
ou
dans
Ja
maon,
ou
dans
le
coffre,
ce
fera
toujours
être
dans.
Voilà
pourquoi
les
pré-
pofitions
ne
fe
déclinent
point.
Mais
il
faut
obferver
qu'il
y
a
des
prépoñtions
féparables
;
telles
QUE
dans,
fur,
avec
:
&
d'autres
qui
font
appellées
inféparables
;
parce
qu'elles
entrent
dans
la
com.
pofition
des
mots;de façon
qu’elles
n'en
peuvent
être
féparées
,
fans
changer
la
fgnification
particu=
Bière
du
mot.
Par
exemple,
refaire,
furfaire,
défaire
,
contrefaire
;
ces
MOÏS,
re,
fur,
dé,
contre,
font
alors
des
prépoñtions
infépara-
bles,
tirées
du
latin.
Quant
à
l’adverbe
,c'eftun
mot
Qui,
dans
@&
valenr,
vaut
autant
qu'une
prépoñtion
&
fon
complé-
Ment.
Aïnfi
prudemment
,
c'elt
avec
prudence
;
fagement,
avec
fige.
I
y
à
trois
—…
à
re-
Marquer
dans
l’adverbe
,
outre
la
gnification,
comme
dans
tous
les
ftres
mots.
Ces
trois
Accidens
font,
ro,
l'efpèce
.
qui
eft
ou
Piitive
ou
dérivative:
lei,
Le,
ailleurs.
quand,
lors;
hier,
ow,
font
des
adverbes
de
l'efpèce
pri-
HIUVe,
parce
qu'ils
ne
viennent
d'aucun
autre
mot
de
la
langue.
Au
lieu
que
Juffement
,
fenfément
,
Poliment
font
de
l'efpèce
dérivati-
ve.
Ils
viennent
des
noms
ad-
jectiés,
Jufle,
fenfé,
poli.
20,
La
fgure
>
C'eft
d'être
fime
À
CG
IS
ple
où
compofé.
Les
adverbes
=
de
la
figure
fimple
,
quand
aucun
autre
mot,
ni
aucune
prépofition
inféparable,n’entre
dans
leur
com
poñition.
Aïnf
jufkment
,
lors,
Jamais
,
{ont
des
adverbes
de
la
figure
fimple.
Mais
Injuflement
,
alors
,
aujourd'hui,
&
en
latin
hodiè
,
{ont
de
la
figure
compofée.
3°.
La
comparaïfon
eff
le
troi-
fième
Accident
des
adverbes.Ceux
qui
viennent
des
noms
de
qualité,
fe
comparent
,
juflément
,
plus
Juflement
,
très
où
fort
jJuflement
,
e
le
plus
jufement
;
bien,
mieux
ti.
4
fnieux
;
mal,
pis,
le
pis,
plus
mal,
très-mal,
fort
mal.
:
À
l'épard
des
conjondions
,
c'eft-à-dire,
de
ces
petits
mots,
qui
fervent
à
exprimer
la
liaifon,
que
l’efprit
met
entre
des
mots
&
des
mots,
où
entre
des
phrafes
&
|
des
phrafes
;
outre
leur
fignifica-
tion
particulière
,
il
y
a
encore
leur
figure
&c
leur
poñtion.
10,
Quant
à
la
figure,
il
y
em
a
de
fimples
:
comme,
€,
02,
mais,
Ji,
car,
ni.
y
en'a
beaucoup
de
compofées,
&
ff,
mais
fi
;:
&
même
il
y
en
a
qui
font
compoñées
de
noms,ou
de
verbes:
par
exem-
ple,
4
moins
que,
de.
Jorte.que,
bien
entendu
que
;
pourvé
que.
20.
Pour
ce
qui
eft
de
leur
po-
fition,
c'eft-à-dire,
de
l’ordre
ou
rang
que
les
conjonétions
doivent
tenir.
dans
le
difcours,
il
faut
ob-
ferver
qu’il
n'y
en
a
point
qui
ne
fuppofe
,
au
moins
un
{ns
précé-
dent;
car
ce
qui
joint,
doit
être
entre
deux
termes.
Mais
ce
fens
peut
quelquefois
être
tranfpoie
;
ce
qui.arrive
avec
la
condition-
nelle
/,
qui
peut
fort
bien
com
Ce,
H
1j
{2
LES
218
:
AC
ftatues
des
dieux.
Les
temples.
même
de
Jupiter
Olympien,
&
d'Apollon
Delphien
;
ne
furent
pas
épargnés.
Âcrate
prit
dans
ce
dernier
,
cinq
cens
ftatues,
tant.
d'hommes
que
de
dieux.
|
Au
refte,
on
lui
avoit
aflocié
pour
ce
honteux
miniftére,
Se-
cundus
Carinas
,
qui
étoit
cepen-
dant
un
homme
de
lettres,
inf-
truit
dans
les
fciences
des
Grecs,
dont
il
s’étoit
contenté,
felon
la
remarque
judicieufe
de
M.
Cre-
vier,
d'ofner
fon
efprit,
fans
en
faire
paffer
le
fruit
jufques
dans
fon
cœur.
ACRATISME,
Acratifme,
Axparioux
,
(z)
nom
de
l’un
des.
quatre
repas
que
les
Grecs
faifoient
chaque
jour.
Ils
le
nom-
-moient
encore
Dianeftifmos.
C'é-
toit
le
premier
des
quatre.
Ceft
ce
que
nous
appellons
le
déjeûner.
On
remarque
que
le
déjeûner
des
Anciens,
ainfi
que
leur
diner,
métoit
qu'ug
petit
repas
,;
en
comparaïlon
du
fouper.
ACRATOPHORE,
oz
ACRATOPOTE
;
Acratophorus
,
vel
Acratopotus.
(b)
Ce
font
des
farnoms
,
qui
ont
été
donnés
à
Bacchus,
&
qui
fignifient
celui
qui
boit
le
vin
pur
,
&
qui
le
porte
bien
C'étoit
,
au
rapport
de
Varron,
à
Phigalie
,
ville
d'Arcadie
,
qu’!
étoit
principale-
“ment
honoré
fous
ces
dénomi-
nations.
Le
dieu
Acrotopote,
felon
Athénée
,
cité
par
D.
Ber-
nard
de
Montfaucon
,
étoit
auffi
(2)
Antiq.
expliq.
par
D.
Bern.
de
Montf.
Tom,
IIl.-pag,
120.
{b)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern,
de
Montf.
T,
I.
p.
403.
AC
honoré
comme
héros,
à
Munte
…
chia,
=.
ACRÉE
;
Acrea
;
A'upaie
s
(c)
nom
d'une
des
filles
du
fleuve
Aftérion
qui
arrofoit
l'Argolide,
province
du
Péloponnèfe
en
Gré-
ce,
Ses
fœurs
fe
nommoient
Eubée
&
Profymne;
car
les
habitans
du
pais
attribuoient
trois
filles
à
ce.
fleuve,
&
prétendoient
que
toutes
les
trois
avoient
été
nourrices
de
.
Junon.
Une
montagne
fituée
à
l'oppofite
de
celle
,
au
pied
de
la-
elle
étoit
un
temple
de
la
Déef:
de
;
Ptit
le
nom
d’Acrée.
Celui
d’Eubée
fut
donné
à
cette
der-
nière
montagne
,
@&
le
nom
de
Profymne
à
une
grande
place
qui
étoit
devant
le
temple.
Voyet
Eubée,
où
vous
trouverez
une
belle
defcription
de
cet
édifice.
Du
refte
le
nom
d’Acrée
a
été
donné
à
plufeurs
divinités
,
com-
me
on
peut
le
voir
dans
les
arti-
cles
fuivans,
Celui
de
Jupiter
Acréen
renferme
l’étymologie
de
cette
dénomination.
ACRÉE
[
Juxon
|,
Acrca
Juno;
Aupale
Ha.
(d)
Junon
étoit
honorée
fous
cette
dénomi-
ration
à
Argos
,
ville
du
Pélopon-
nèfe
en
Gréce.
Son
temple
fe
voyoit
fur
le
chemin
qui
condui-
foit
au
haut
de
la
citadelle,
À
Co-
rinthe
,
autre
ville
du
Péloponné-
{e
;
Junon
étoit
auffñi
honorée
fous
la
même
dénomination,
&
on
lui
facrifioit
une
chévre.
.
ACRÉE
[
Le
PROMONTOIRE
DE
JUNON
|
,
Promontorium
Ju-
(c)
Pauf,
p.
114.
Antiq.
expl.
par
D:
Bern.
de
Montf.
Tom.
Ï.
pag.
54:
-(d)
Pauf.-p.
128.
-
Antiq.
expl.
par
D:
Bern,
de
Mont£,
Tom:
I.
p.
158,
À
C
nonis
Acrææ.
(a)
Ce
profontoire
ainf
appellé,
parce
qu'il
étoit
con-
facré
à
cette
déefle
,
étoit fitué
vis-à-vis
Sicyone
en
Gréce.
Il
s’étendoit
aflez
avant
dans
la
plei-
ne
mer.
[l
y
avoit
de-là
à
Corin-
the
un
trajet
d'environ
fept
mille
as.
je
Se
:
L'an
198
avant
J..C.
dans
le
tems
que
les
Romains,
aïdés
de
tloupes
auxiliaires
,
faifoient
le
fié-
ge
de
Corinthe
;
Philocles
,
Fun
des
lièutenans
de
Philippe,
roi
de
Macédoiné
,
conduifit
au
promon-
toire
de
Junon
Acrée
quinze
cens
Soldats
par
la
Béotie.
Ils,
y
tron-
vérent
quelques
vaifleaux
qui
les
prirent,
&
les
paflérent
dans
un
des
ports
de
Corinthe
;,
nommé
Léchée.
2
ACRÉEN
[
Jupiter
|,
Japi-
ter
Acræus.
(b)
On
croit
que
l’on
appelloit
ainfi
Jupiter,
à
caufe
des
temples
qu’on
lui
avoit
élevés
fur
le
fommet
de
quelques
montagnes.
Ceft
ce
qui
eft
marqué
par
le
mot
d'Acréen
;
qui
vient
du
grec
dupos
,
&
qui
fignifie
haut
,
élevé,
&c,
Selon
M.
l'abbé
Banier,
on
le
nommoit
de
la
forte,
comme
qui
droit
du
promontoire.
Cela
re-
vient
au
même.
Les
habitans
de
Smyrne
l'hono-
roient
fous
ce
nom
dans
un
lieu
élevé
,
ainfi
qu'on
le
voit
fur
deux
médailles
rapportées
par
Spon.
Les
Athamanes
l’honoroient
auff
fous
le
même
nom.
Ils
luj
avoient
dreffé
un
temple
auprès
duquel
Philippe
,
roi
de
Macédoine
,
alla
n
e
f
camper
189
ans
avant
J.
C.
&
(a)
Tir,
Liv.
L,
XXXIL,
c.
23.
(6)
Tit.
Liv.
L.
XXXVIII,.c.2.
Myth.
par
M,
l'Abb,
Ban,
Tom.
I,
p.
362°
7
A
€
219
fut
arrêté
un
jour
entier
par
un
affreux
orage.
rs
ACRÉPHIE,
Acræphia
;
(c)
Aupaipror
,
ville
de
Grèce
dans
la
Béotie
,
appellée
Acréphnie
dans
Paufanias
,
&c
Acriphie
dans
Pto=
lémée.
C’étoit
une
petite
ville
ba-
.
tie
fur
le
mont
Ptoïüs
;on
dit
qu'elle
étoit
autrefois
du
reflort
de
Thé-
bes.
Ce
quieft
certain,
c'eft
que
plufieurs
Thébains
s'y
retirérent,
lorfque
Thébes
fut,
détruite
par
Alexandre
;
car
ceux
qui
ne
fe
fen-
tirent
pas
aflez
de
force
pour
fui
vre-les
autres
jufqu'en.Attique,
prirent
le
parti
de
s'établir
là.
ILy
avoit,
dans.cette
Ville,
un
temple
&
une
ftatue
de
Bacchus
qui
mé-
ritoient
d'être
vûs.
Quinze
ftades
au-delà,
on
trouvoit
le
temple
d’Apollon
furnommé
Ptoüs
;
par-
ce
que
Ptoüs,
fils
d’Athamas
&r
de
Thémifte,
donna
fon
nom
au
temple
&
à
la
montagne
;
comme
Afius
le
difoit
dans
fes
#oëéfies.
Avant
l'expédition
d'Alexandre
contre
les
T'hébains,
&
la
ruine
de
leur.
Ville,
le
dieu
rendoit
en
ce
temple
des
Oracles
qui
ne
trom-
poient
jamais.
C’étoit
donc
une
exception
à
la
régle.
Vers
l'an
556
de
Rome,
on
trouva
un
grand
nombre
de
gens
de
pied-d’entre
les
Romains
fub-
mergés
dans
le
marais
de
Copaide,
fur
le
bord
duquel
.étoit
fife
la
ville
d'Acréphie.
On
tira
leurs
cadavres
de
la
houe,où
ils
agçoient
été
enfoncés
par
le
poids
des
pier-
res,
ou
des
vafes
de
terre
qu'on
leur
avoit
attachés
au
col;
&on
(e)
Strab.
p.413,
576.
Prolems
E.
IT.
cs.
Fit.
Liv,
L,
XXXITI,c-29.
Herod.
JL.
VII.
c,
135:
D.
CE
æeconnut
que
les
villes
d'Actéphie
-&
de
Coronée
,
avoient
eu
part
à
cette
action
déteftable,
infpirée
par
Ta
haine
que
les
Béotiens
avoient
conçu
contre
les
Romains
,
depuis
le
meurtre
de
leur
premier
Ma-
giftrat,
Quintius,
général
des
Ro-
mains
;
commença
par
demander
-
qu'on
lui
livrât
les
coupables
;
&
enfuite
que
pour
cinq
cens
foldats
ui
fe
trouvoient
de
manque
dans
É
troupes,
on
lui
payât
cinq
cens
talens.
Mais
comme
les
Béotiens
ne
le
fatisfaifoient
ni
fur
l’un
ni
fur
l’autre
de
ces
deux
articles,
&
que
chaque
ville
ne
le
payoit
que
.
de
belles
paroles
;
en
aflurant
que
le
Confeil
public
n’avoiteu
aucune
part
à
tout
ce
qui
s’étoit
paflé
,
il
envoya
des
ambaffadeurs
à
Athè-.
nes
&
dans
PAchaie
,
pour
ap-
prendre
à
fes
Alliés
les
raifons
juf-
tes
êt
légitimes
qu'il
avoit
de
dé-
‘clarer
la
guerre
aux
Béotiens
;
&
aufü-tôt
détachant
Pub,
Claudius
avec
une
partie
de
l’armée,
pour
aller
du
côté
d'Acréphie,
il
alla
Ini-même
avec
l’aûtre
affiéger
Co-
ronée..
Mais-les
Béotiens
aÿant.
obtenu
la
liberté
d'aborder
Quin-
tius
,
&
de-lui
faire
leurs
remon-
trances
;
il
leur
ordonna
de
livrer
“les
coupables,
&
depayer,
par
for-
“me
d'amende,
trente
talens,moyen-
-hant
quoi
on
les
laïffa
en
paix.
ACRES,,
Acre
,
Apr,
10)
‘ville
de
Sicile;
que
Diodore
ap-
“pelle
Acris
,
&
qui
fut
bâtie
par
les
Syracufains,
foixante
-
dix
ans
‘après
la
fondation
de
Syracufe,
&
‘vingt
ans
avant
celle
de
Cafmè-
(a)
Thucyd.
pag,
414.
Prolem,
L.
III.
“€sg
Tic.
Liv.
Sicul,
pag.
763,
À
C
nes.
Elle
étoit
fituée
à
l'occident
de
Syracufe
fur
la
route
d’Olym-
pe
à
Hybla-Héréa.
Durant
la
fe-
conde
guerre
Punique
214
ans
avant
J.
C.
Marcellus
fuprit
les
Siciliens
,
occupés
à
leur
campe-
ment,
&
les
ayant
attaqués,
dans
le
temis
qu'ils
étoient
difperfés
de
côté
&
d'autre
,
&
la
plüpart
fans
“armés
,
il.
mveflit
leur
infanterie,
&
la
défit
entièrement.
Pour
les
cavaliers
,
ayant
tenté,
plutôt
que
livré
un
léger
combat,ils
s'enfuirent
à
Actes,
a
ee
.
Environ
cent
ans
auparavant,
c'eft-à-dire,
du
tems
d'Agatho-
cle,
cette
Ville
fut
prife
par
Eu-
machus
,
lieutenant
d’Archagatus,
fils
de
ce
Prince.
Aprèsavoir
mis
a
l’encan
tous
les
ous
qui,
auparavant
,
fe
gouvernoient
eux-
mêmes
,
il
liwra
la
place
au
pilla-
ge
de
fes
foldats
qu’il
rendit
par-là
très
riches.
ee
Les
Auteurs
ne
conviennent
‘pas
du
nom
moderne
de
la
ville
‘d'Acres.
Cluvier
croit
qu’elle
étoit
au
lieu
où
eft
aujourd'hui
le
mo-
naftère,nommé
fainte
Marie
d’Ar-
cia
,
entre
les
villes
de
Noto
&
-d'Avula,
&
compte
pour
une
ef-
‘pèce
de
preuve
la
reflemblance
d’Acre
avec
Arcia.
D’autres
en
rs
,»
2
‘placent
les
ruines,
nommées
Acré-
PL:
ù
lé
1
-Monte
,
à
la
fource
de
la
rivière
d’Anapo
;
ce
qui
n'eft
pas
exaût
;
-puifqu'Acré-Monte,
n'eft
pas
à
la
fource
de
PAnapo,
midi
de
cette
rivière.
2
ACRIDOPHAGES,
Acrido-
phagi.
(b)
C'a
été
le
nom
d'un
(ë)
Diod:”
Sicul,
p.
#13»
114
Matth
mais
au
Lens
3
Vs
CO
"
are
peuplé
qui
vivoit:
de
fauterelles
;
_c
que
veut
dire
ce
mot
Æcrido-
phages,
formé
de
«up,
locufla;
fauterelle,
&
péys,
comedo
;
je
fnanpe.:
Fe
;
-
Les
:
Acridophages
habitoient
près
d’un
défert
dans
l'Éthiopie.
Plus
petits
que
les
autres
hommes,
ils
étoient
encore
maigres,
ê&tex=
ttèmement
noirs.
Pendant
le
prin:-
tems,
les
vents
d’oueft
poufloient
avec
violence
du
défert
dans
leur
canton,
des
fauterelles
extraordi-
rarement
grandes
,:êt
remarqua=
bles
par
la
couleur
fale
&
défa-
gréable
de
leurs
aîles.
Le
nombre
deces
infetes
étoit
fi
grand,
que
ces
barbares
n'ufoient
d’ancune
autrecnourriture
pendant
tout
le
tems
de-leur
vie.
Voici
la
marière
dont
ils
les
prenoient,
À
quelques
ftadés
de
leur
habi-
tation;
on
trouvoit
une
vallée
tés-large
&
très-profonde.
Ils
s'emprefloient
tous
de
la
remplir
de
bois
&
d'herbes
fauvages
,
qui
croïfloient
en
quantité
dans
leur
pass
Dès
qu'ils
voyoient
paroître
cette
nuée
de
fauterelles,
amenées
par
de
vent,
ils
mettoient
le
feu
âtoute
cette
matière
qu'ils
avoient
_
amañlée.
La:
fumée
qui.
s'en
éle-
_
Voit,
étoit
fi
épaifle
que
les
fau-
terelles
qui
traverfoient
la
vallée
,
en
étoient
étouffées
,
&
alloient
tomber.
fort
près
de
-là.
:Cette
chaffe
ayant
duré
plufieurs
jours
;
is
faifoient
de
grands
amas
de
ces
animaux.
Et
comme
leur
païs
rap-
portoit
beaucoup
de
felr,
ils
en
mettoient
fur
ces
monceaux
de
fauterelles
en
cértaine
quantité,
tant
afmide
les
rendre
plus
faävou-
reufes,
que
pour
les
garder
plus
|
AC.
22€
long-tems
,
&c
jufqu'au
retour
de
la
faifon
,
qui
devoit
en
ramener
d’autres.
Ainf
ils
n’entretenoient
point
de
troupeaux,
&
ne
fon-
geoient-point
à
la
pêche,
d'autant
plus
qu'ils
n'étoient
point
Yoïfins
de
la
mer.
ere
Les
Acridophages
étoient
fort
légers
de
corps
&-fort
vites
à
la
courfe;
mais
leur
vie
n'étoit
pas
de
longue
durée;
&
ceux
d’entre
eux
qui
vicilifloient
le
plus
,
ne
pafloient
pas
40
ans.
La
fin
de
leur
vie
étoït
très-miférable.
Car
lorfque
la
viellleffe
approchoit
;
il
s’engendroit,
dans
leurscorps
,
des
poux
ailés,
de
différentes
formes.
toutes
très-hideufes.
Cette
mala=
die
;
commençant
d’abord
-par
le
ventre
&
par
la
poitrme
,
gagnoit
en
peu
de-tems
tout
le
corps.
D'abord
le
malade
fentoit
une
de-
mangeaifon,qui
incitant
à
fe
gra-
ter,
lui
faïfoit,
en
quelque
forte;
aimer
fon
état,
&
le
-conduifoit
par
ce
plaïfir
à
de
grands
maux.
En
effet,
lorfque
ces
poux,
qui
s’étoient
«engendrés
au-dedans
de
fon
corps
;
chérchoient
à
fortir,
ils
poufloient
au
dehors
un
fang
corrompu,
qui
caufoit
de
violen=
tes
douleurs
dans
la
peau.
Le
malade
traväilloit
lui-même
avec
fes
ongles
à
leur
faire
des
ouver-
tures,
mais.
en
jettant
alors
dés
cris
lamentables..-
Enfin
ces
poux
{or+
toïent
les
uns
après
les:
autres,
comme
d'un
vaifleau
troué
,
à
travets
Jes-plaies,
que
le
malade
s'étoit-faites
lui-même
,
8
ils
ve-
noïenten
fi
grande
quantité
;
que
c'étoit
une
peine
inutile
que
d'en-
treprendre
de
les
exterminer:
On
ne
Hanroit
dire
fi
c'eft
à
la
nour.
t
232
À
C
riture
dont
ils
ufoient
,
ou
à
l'in-
-
tempérie
de
l’air
qu'ils
refpiroient,
qu'on
doit
attribuer
cette
étrange
AAA
SE
omis
-
A
côté
de
cette
nation
étoit
un
pais
d’une
vafte
étendue
,
&
fer-
tile
en
pâturages,
Cet
endroit
étoit
inacceffible
&
entiérement
défert,
non
qu'il
ny
ait
eu
autrefois
des
hommes
qui
l’aient
habité
;
mais
parce
que
du
tems
de
Diodore
de
Sicile;une
pluie
funéftefit
tomber
für
eux
;
une
quantité
prodigieufe
de
fcorpions
&
d'araignées.
On
raconte
que
les
habitans
entrepri-
rent
d'abord
de
faire
périr
cesin-
feétes,
qui,
pour
ainf
dire,
leur
avoient
déclaré
la
guerre
;
mais
comme
le
mal
étoit:infurmonta-
ble
,
d'autant
que
les
morfures
de
ces
bêtes
venimeufes
caufoient
fubitement
la
mort
,
ils
furent
contraints
d’abandonner
leur
pa-
trie
&
leur
manière
de
vivre,
pour
s'enfuir
en
d’autres
lieux.
Aurefte
,
le
le&teur,
dit
Dio-
dore
.de
Sicile,
ne
doit
point
re-
garder
ce
que
nous
venons
de
di-
re,
comme
tout
à
fait
incroyable,
ni
inême
s'en
étonner
;
puifque
des
hiftoires
très-véritables
rap
portent
des
chofés
encore
plus
furprenantes.
En
Jtalie,
des
rats
fauvages
fortirent
deterre
en
fi
grand
nombre,
qu'ils
firent
défer-
ter
plufieurs
cantons.
Il
vint
en
Médie
tant
de
paflereaux
,
qui
mangérent
les
grains
qu'on
y
avoit
femés
;
que
les
habitans
furent
contraints
d'aller
en:d’au-
tres
pais.
Des
grenouilles
qui-s’é-
toient
formées
dans
les
nuées
,
&.
qui
enfuite
étoient
tombées
en
manière
de
pluies,
-obhgé.
AC
rent
les
peuples,
nommés
Auté=
riates,
de
s'enfuir
dans
l’endroit
qu'ils
habitoient
encore,
dans
le
tems
que
Diodore
écrivoit.
On
met
au
nombre
des
travaux’,
qui
Ont
acquis
Pimmortaliré
à
Hercu-
le
,
d'avoir
éloigné
les
oïfeaux
qui
s’étoient
amaflés
autour
du
lac
Stymphalide,
Il
y
avoit
dans'la
Libye
,
quelques
villes
dont
une
multitude
de
lions,
fortis
du
défert,
avoit
chaflés
tous
les
Citoyens,
Ces
exemples
rendent
vraïfem-.
blable
ce
que
nous
avons
rappor-
té
plus-haut.
rc
Ce
que
l’on
raconte
auffi-des
Acridophages
,
ne
doit
pas
abfo-
‘Jument
être
pris
pour
fabuleux.
Il
peut
y
avoir
eu
des
Acridopha-
ges
;
&
même
encore
à
préfent,
il
Y
à
quelques
endroits
du
levant,
où
l'on
dit
qu'on
mange
des
fau-
terelles.
L'Évangile
nous
apprend
que
.S.
Jean
mangeoit
;
dans
le
défert,-des
fauterelles
,
y
ajoûtant
du
menage
Br.
I
eft
vrai
que
tous
les
Scavans
ne
font
pas
d'accord
fur
la
traduc-
tion
de
-xpid'sç
,
&
ne
convien-
nent
pas
qu'il
faille
le
rendre
pat
fanterelles.
[fidore
de
Pélufe’,
en:
trautres.
dans
fa
132€
épitre,
parlant
de
cette
nourriture
de
S.
Jean;
dit
que
ce
n’étoit
point
des
amimaux
;-
mais
des
pointes
d’her-
bes
;
&
taxe
d’ignorance
ceux
qui
ont
entendu
ce
mot
autrement
Mais
S.
Anpuftin,
Béde
,
Ludol-
phe
&
autres,
ne
font
pas
de
fon
avis.
Auffi
les
Jéfuites-.d'Anvers
réjettentsls
l'opinion
des
Ébioni-
tes
qui
à
dxpid
ec
fabftituent
éyerides;
qui
étoit
un
nets
déb-
cieux;
préparé
avec
du
miel
&
de
AC
l'huile;
celle
de
quelques
autres
qui
.
lifent
dudmdes,
ou
napides
,
des
…
écrevices
de
mer,
&
celle
de
Béze
i
lit
Gypades,
poires
fauvages.
…
ACRIES
,
Acriæ,
A'xpiar
»
*
(2)
ville
du
Péloponnèfe
dans
la
Laconie.
Ce
fut,
à
ce
qu’on
croit,
un
certain
Acrias
de
Lacédémo-
me,
quien
jetta
les
premiers
fon-
demens.
Elle
étoit
à
trente ftades
d'Hélos.
On
y
voyoit
un
fort
bean
temple
de
la
mere
des
dieux,
ê&
une
ftatue
de
marbre
,
qui,
de
tous
les
monumens
confacrés
à
cette
déefle
,
étoit
vanté
comme
le
plus
ancien
qui
für
dans
tout
le
Péloponnèfe
;
car
les
Magné-
*
fiens
qui
étoient
an
nord
du
mont
Sipyle,
avoient
chez
eux,
fur
la
roche
Coddine
,-une
ftatue
de
la
même
déefle,
qui
étoit
conftam-
ment
la
plus
ancienne
de
toutes;
aufh
,
difoit-on,
que
c'étoit
Bro-
te,fils
du
premier
Tantale,
qui
J'avoit
faite.
…
Les
habitans
d’Acries
fafoient
gloire
d’avoir
eu
un
de
leurs
ci-
toyens,
nommé
Nicoclès,
qui
rem-
.
porta
deux
fois
le
prix
du
fimple
Îtade
aux
jeux
Olympiques,
&t
cinq
fois
le
prix
du
ftade
doublé,
Is
ini
avoient
érigé
un
monu-
ment
entre
le
lieu
d'exercice
&
le
port.
Du
tems.
de
Paufanias,
la
ville
d’Acries
étoit
occupée
par
les
Éleuthérolacons.
Il
y
en
a
qui
croyent
que
c’eft
à
préfent
Or-
moas
;
d’autres
diftinguent
celle-
(a)
Pauf.
p.
204»
205
»
286.
‘Prolem.
ES
TIR
CES
(à)
Tir.
Liv.
L.
XXIV.
c.
35.
Plut.
‘Tom,
I.
pag.
308:
(c)
Pauf.
p.
112,127.
Strab.
p.
420.
487,
Myth,
par
M.
l'Abb,
Ban,
T.
VE,
J'Argolide.
Acrife
ré
|
PAG
22
ci
d'Acries
,
qui,
felon
Bertius,
{fe
nomme
à
préfent
Frignico.
ACRILLES,
Acrile,
(t)
ville
de
Sicile,
qui
eft
appellée
dans
Plutarque,
Aciles.
Pendant
la
feconde
guerre
Punique
,
Hippo-
crate
étant
forti
de
nuit
de
Syra-
cufe
avec
une
armée
de
dix
mille
hommes
de
pied
&
de
cinq
cens
chevaux
,
pafla
entre
les
corps-de.
garde
des
ennemis
,
c’eft-à-dire,
des
Romains,
&
alla
fe
camper
auprès
d’Acrilles.
Mais
à
peine
les
travaux,
pour
les
retranchemens,
étoient=ils
commencés
;
que
Mar-
cellus
furvint
tout
à
coup
,
&
fans
donner
le
tems
à
l'ennemi
de
fe
reconnoître,
il
força
le
camp
,
&
s’en
rendit
maître
,
après
avoir
tué
plus
de
huit
mille
hommes,
Cela
arriva
lan
538
de
Rome.
Ïl
y
en
a
qu
croyent
que
la
ville
d’Acrilles
étoit
fituée
«entre
cêlles
d’Acres
&
d’Agrigente.
ACRISE,
Acrifius,
A'ypiesce,
(c)
fils
d'Abas,
roi
d'Argos,
fut
pere
de
Danaë,
grand
pere
de
Perfée,
&
frere
de
Prœtus,
Après
la
mort
dAbas,
Acrife
&
Prœtus,
par-
tagérent
entr'eux
le
royaume
de
leur
pere,
de
forte-qu'Acrife
fat
roi
d'Argos,
&
que
Prœtus
eut
pour
fon
partage
Mydée,
Tiryn-
the
&
toute
la
côte
maritime
de
noit
à
Argos
1361
an
avant
J,
CG.
Il
y
a
des
_Auteurs
qui
le
font
contemporain
de
Bellérophon.
Ce
fentiment
a
p.40»
213.
Roll.
hift,
anc.
T,
II,
p.10.
Antig.
explig.
par
D.
Bern.
de
Montf.
pag.
146.
Mém.
de
l’Acad.
des
Infer.
&
Bell,
Lett,
Tom,
III.
pag.
197.
dr
f#sv.
Tom.
VII,
Pe
9%:
€
frivi
Tom:
XVI,
pag.
16»
se
e
224
LC.
été
réfuté
par
M.
Frétet,
qui
a
montre
qu'il
s’étoit
écoulé,
entre
le
regne
de
Jun
&
de
l’autre
,
un
intervalle
de
quatre
générations
;
ou
de
cerit
trente
ans.
Acrife,
au
rapport
de
Strabon,
eft
le
premier,
de
tous
ceux
qui
font
venus
à
notre
connoïflance
,
qui
ait
établi
ce
qui
concerne
les
Amphi@yons
,
qui
ait
défigné
les
Villes
qui
devoient
participer
à
cette
dignité,
qui
leur
ait
accordé"
le
droit
de
fuffrage,
aux
unes
par
elles-mêmes,
aux
autres
en
commun
avec
une
où
plufieurs
Villes,
enfin
qui
ait
mar-
qué
€en:quoi
confifieroient
les
fonétions
de
ces
Juges,
&
juf
qu'oùs’étendroient
leurs
pouvoirs.
fantrés
,
telsique
Théopompe
à
Denys
d'Halicarnafle,
Paufanias,
donnent.cependant
Amphi@tyon
,
rot
d'Athènes,
pour
le
fondateur
du
corps
des
Amphi@yons.
Et
à
Feft
effedivement.
Toutefois
:
l’ancien
Scholiafte
d'Euripide
vient
à
la
travere
nous
faire
part
d’antroifième
{entiment.
C’eft
vers
la
fin
de
fon
comimen-
taire
fur
tragédie
d'Orefte,
où
:
il
remarque
que
les
habitans
de.
Delphes
,
ayant
fur
les
bras
une
guerre.
confidérable.
contre
Jeurs
voifins
,
fecouérent
le
joug
de
la
domination
royale
fous
laquelle
ils
avoient
vécu
jufqu'alors,
&
im-
plorérentile
fecours
d'Acrife;
que
ce
Prince
ayant
heureufement+er-
mine
cette
puerre,
inftitua
à
Del-
phes
une
ble
toute
pareille
à
celle
qu'Amphifyon
;
fils
ide
Deucalion,
avoirétablie
aux
Ther.
mopyles
;
qu'il
ordonna
que
l'on.
tiendroit
deux
marchés
ou.
foires
chaque
année
aux
Thermopyles,
ne
au
lieu
qu'auparavant
l’on
ne
s’y
affembloit
qu'une
fois
par
an
;
&
qu'enfin
il
publia
des
loix
pour
la
police
de
ces
affemblées.
Quicroi-
re
,
dit
M..de
Valois
;
de
tous
ces
Auteurs
?
Mais
comme
ce
Come
mentateur,
ajoûte
l’Académicien,
ne
cite
point
de
garant
fur
un
fait
de
cette
importance
,
&
que
de
tous
les
anciens
Auteurs
,
il
eft
le
eul
de
ce
fentiment,
fon
témoi-
gnage
ne
doit
pas
être
d’un
fort
grand
poids.
Îl
n'en
eft
pas
aïnfi
,
felon
le
même
Académicien,
du
{entiment
de
Strabon.
Îl
lui
fémble
qu'il
peut
aifément
fe
conciliér
avec
celui
de
Théopompe,
de
Denys
d'Hali
carnafle
&
de
Paufanias,
quel=
‘qu'oppofé
qu'il
paroïfle
y
être.
En
effet
,
quoiqu'Amphi@yon
,
toi
d'Athènes
,
foit
véritablement
le
fondateur
des
Amphiétyons,
quél
inconvénient
y
auroit-il]
de
croire
qu'Acrife,
roi
d'Atgos
,
par
la
fui-
te
des
tems,
a
étendu
leurs
privi-
lges;
qu'il
a
augmenté
le
nombre
des
Villes
qui
devoient
y
envoyer
Teurs
députés
;
qu'en
un
mot,
ila
donné
une
nouvelle
forme
à
cette
Compagnie
;
&
que
ce
change-
“ment
l'en
a
fait
regarder
depuis
comme
le
fondateur?
Ce
n’eft
pas
“une
-chofe
hors
de
vraifemblancé.
Dans
tous
les
tems
on
a
vu
des
reflaurateurs
‘qui,
ayant
par
leurs
‘bienfaits
mérité
le
titre
de
feconds
fondateurs,
ont
infenfiblement
fait
perdre
de
vue
les
premiers,
&
fouvènt
même.
ont
fait
oublier
jufqu’à
leur
nom.
Tout
eft
rem-
pli
d’exemples
dé
cette
nature.
Mais
révenons:à
la
fuite
de
lhif
Ce
‘toire
d'Acrife,
3;
,
ï
À
C
.
Ce
Prince,
averti
par
Phémonoé
‘qu'il
périroit
un
jour
de
la
maïn
d'un
enfant
qui
naîtroit
de
fa
fille,
Crut
éviter
ce
malheur,
en
renfer-
mant
Danaé
dans
une
chambre
fouterreine
,
qui
étoit
comme
une
.
ape
de
fer.
Cette
Princefle
ne
.
Rif
pas
de
fe
trouver
groffe.
Les
uns
difent
de
Prœtus,
les
autres
_
de
Jupiter.
Quoiqu'il
en
foit
,
elle
accoucha
de
Perfée.
Acrife
mit
la
mere
&t
le
fils
dans
un
coffre
qu'il
jetta
dans
la
mer.
Mais
Perfée,
porté
dans
l'ile
de
Sériphe,
y
fut
élevé,
enforte
qu'Acrife
,
malgré
fes
précautions
,
ne
put
échapper
à
fa
deftinée,
Voici
comme
Paufa-
nas
raconte
cet
événement.
Acri-
fe
ayant
appris
qué
Perfée
n’étoit.
}
;
pas
loin
d'Argos,
&
fçachant
la
9
|
ne
os,
}
ir
|
|
3
REC
So
:,!
putation
qu'il
s’étoit
faite
par
beaucoup
de
belles
a@ions
;
ne
:
put
réfifter
à
l'envie
de
voir
ce
Héros.
C'eft
pourquoi
il
fe
rendit
:
à
Lariffe
fur
le
fleuve
Pénée.
Per-
fe,
de
fon
côté,
plein
d'impa-
tience
de
voir
fon
ayeul
maternel,
:
&de
gagner
fon
amitié
,
foit
par
des
paroles
obligeantes
,
foit
par
des
effets
,
ne
manqua
pas
de
venir
à
Larifle.
Là,
ce
Héros,
qui
étoit
à
la
fleur
de
fon
âge,
&
qui
fe
{ça-
voit
bon
gré
d’avoir
inventé
le
jeu
du
Palet,
voulut
faire
preuve
de
fon
adrefle
devant
toute
la
Ville;
Mais
le
malheur
voulut
qu'ayant
Jétté
fon
palet
de
toute
fa
for-
ce,
il
en
atteignit
Acrife
,
que
fa
deftinée
avoit
conduit
là
,
&
qui
frappé
de
ce
coup
,
mourut
aufitôt.
Ainfi
fe
trouva
accom-
.
(4)
Pauf.
pag.
282.
Ptolem.
L.
HI,
(T
16:
Plin.
De
IV.
Co
12
Tom.
JZ.
|
À
C
nn.
plie
la
prédition
qui
fui
avoit
été
faite,
fans
que
la
cruauté,
quil
avoit
imaginée
contre
fa
fil.
le
&
contre
fon
petit-fils
,
l'en
pût
garantir.
Perfée
s'étant
rendu
à
Argos
;
&
fe
reprochant
un
patricide
qu'il
navoit
cependant
commis
que
par
mégarde.,
il
engagea
Mé-
gapente
,
fils
de
Prœtus,
à
chan:
ger
de
royaume
avec
li.
Par
ce
inoyen,
ce
fut
Prœtus
qu'Acrife
êut
pour
fuccefleur.
ACRITE,
AGcrita,
Apiras
(a)
païs,
ou
efpèce
de
promon=
toire
de
Meflénie,
qui
avançoit
dans
la
mer.
Vis-ï-vis
de
ce
lieu
,
il
y
avoit
une
file,
qüi
étoit
déferte
du
tems
de
Paufanias,
&
que
l’on
nommoït
Théganuile,
&
felon
d’autres
Thiganufe
,
ou
Téganufe.
Auprès
d'Âcrite,
les
Afinéens
avoient
le
port
Phœni-
que,
&
les
ifles
Œnufles,
qui
r'étoient
pas.
éloignées.
Le
pro-
montoire
d'Acrite
prend
aujour-
d'hui
le
nom
de
Capo
di
Gallo.
ACROAMATIQUES,
Acroz-
matic&,
Axpoauarma
,
(b)
nom
qu'Arifiote
&
{es
difciples
don-
noient
à
de
certaines
fciences,
C'étoient,
ainfi
qu'il
ef
marqué
par
cette
dénomination,
des
fcien-
ces
abftraites,
profondes,
fecre=
tes,
&cc.
dont
ils
déroboïent
la
connoïffance
au
vulgaire.
Ale-
xandre
en
fut
inftruit
par
Arifto-
te.
C'eft
pourquoi,
lorfque
ce
Prince
fut
paîlé
en
Afie,
ayant
appris
que
fon
maître
ayoit
pu-
blé
quelques
livres
,
renfermant
()
Plut.
Tom.
I.
pag.
668,
Freinf,
Supp.
in
Q.
Curt,
LI,
c.3.
P
226
A
C
les
fciences
Acroamatiques
,
1l
lui
écrivit
à
ce
fujet
en
ces
termes
:
»
Alexandre
à
Ariftote,
Salut.
»
Vous
avez
mal
fait
de
publier
»
les
fciences
Acroamatiques.
Car
»
quel
aurons-nous
fur
»
les
autres,
{1
ce
que
vous
nous
»
avez
enfeigné
en
fecret,
vient
»
à
être
{çu
de
tout
le
monde.
»
Pour
moi,
j'aimerois
mieux
»
l'emporter
fur
les
autres,
par
»
la
connoïflance
de
ce
qu'il
y
»
a
de
plus
abftrait,
&
de
meil-
»
leur
en
mème-tems,
que
par
»
la
puiflance.
Adieu.
«
ACROBATES
[les
|,
étoient
ne
efpèce
de
Danfeurs
de
corde.
On
en
comptoit
de
quatre
fortes.
Les
premiers,
fe
fufpendant
à
une
corde
par
les
pieds,
ou
par
le
col,
voltigeoïient
autour,
com-
me
une
roue
tourne
fur
fon
eflieu.
Les
feconds
voloient
de
haut
en
bas
fur
la
corde,
les
bras
&
les
jambes
étendus
,
appuyés
fimple-
ment
fur
l’eftomac.
Ceux
de
la
troïfième
efpèce,
couroient
fur
une
corde
tendue
obliquement
,
ou
du
haut
en
bas.
Enfin,
les
derniers
étoient
ceux,
qui
non
{eulement
marchoient
fur
la
corde
tendue
horizontalement,
mais
qui,
encore
,
faifoient
quantité
de
fauts
&
de
tours,
comme
auroit
fait
un
danfeur
fur
la
terre.
Ileft
fait
mention,
dans
plufeurs
anciens
Auteurs,
de
toutes
ces
différen-
tes
fortes
de
Danfeurs
de
corde.
ACROCÉRAUNIENS
[les
monts],
Acrocerqunia,
A'upore-
pauriæ.
(a)
Ces
montagnes
étoient
fituées
dans
la
Gréce.
Elles
com:
mençoient
dans
la
Chaonie,
con:
trée
d'Épire,
&
s'étendoient
juf-
qu’au
pais
des
Molofles,
vers
le
golfe
Ambracique.
Elles
formoient
par
conféquent
une
très-
longue
chaîne
,
qui
cotoyoit
les
bords
de
la
mer
lonienne.
On
trouvoit
autrefois
dans
cet
intervalle
plufieurs
ports
confidés
tables,
comme
:
Panorme,
On
chime
,
Cafliope,
Pofidie,
Bu-
throte.
Le
Célydnus,
depuis
fa
fource
jufqu'à
fon
embouchure,
couloit
le
long
des
monts
Acro-
cérauniens,
Îls
font
appellés
Cé-
rauniens
dans
Strabon
,
dans
Pom-
ponius
Méla,
&
dans
Paufanias.
Au
rapport
de
ce
dernier,
la
flotte
des
Grecs,
en
revenant
de
Troye,
ayant
été
difperfée
par
la
tempête
,
les
Locriens
de
Thro-
nium
;
fur
le
fleuve
Boagrins,
&t
les
Abantes
de
lifle
d'Eubée,
avec
huit
vaifleaux
,
échoué-
rent
à
la
côte
des
monts
Cérau-
niens.
[ls
y
bâtirent
une
ville,
qu'ils
appellérent
auf
Thro-
nium,
&
ils
donnérent
le
nom
d'Abantide
au
pais
qu'ils
occu-
pérent.
Mais
dans
la
fuite,
ils
en
furent
chaffés
par
les
Apollo=
niates
leurs
voifins.
On
prétend
que
les
monts
Acrocérauniens
furent
ainfi
nom-
més
des
deux
mots
grecs,
A’1pc6
@
Lepauros.,
qui
veulent
dire
Jun,
“haut,
&
l’autre,
foudre,
parce
que,
comme
ils
font
en
effet
fort
hauts,
‘leur
fommet
en
eft
d'autant
plus
expoié
à
être
frappé
de
la
foudre.
{a)-Strab.
pag.
224.
Pauf.
pag:
3232.
|
Pomp.
Mel.
L.
II.
c.
de
Maced.
Horäti
Ptolem,
L,
Ie:
14
Plin-L
IV:
c,
1]
L,
1,
Ode,
3.
v,
20,
A
C
On
les
appelle
à
préfent
les
mon-
taones
de
la
Chimère.
ACROCORINTHE,
Acro-
Corinthus
,;
A’xponcpiyiec,
(2)
nom
de
la
citadelle
de
Corinthe,
fituée,
ainfñ
qu'il
eft
marqué
par
le
nom
même
,
au
haut
d’une
montagne,
qui
commandoit
la
Ville.
Les
Co-
tinthiens
prétendoient
que
Bria-
réé
adjugea
cette
montagne
au
Soleil,
&
que
le
Soleil
la
donna
enfuite
à
Vénus.
Sur
le
chemin
il
y
avoit
deux
chapelles
d'Ifs,
June
fous
le
nom
d'Ifis
la
Pé-
lagienne
,
l’autre
fous
le
nom
dis
l'Égyptienne
;
deux
autres
chapelles
de
Sérapis,
l’une
fans
aucun
farnom
,
l’autre
{ous
le
ti-
tte
de
Sérapis
de
Canope;
plu-
feurs
autels
dédiés
au
Soleil,
&
un
temple
confacré
à
la
Nécefité
&
à
la
Force,
où
l'on
dit
qu'il
nétoit
pas
permis
d'entrer.
Au-
deflus
étoit
le
temple
de
la
Mere
des
dieux
,
où
l'on
voyoit
une
colomne
&
un
trône
de
marbre
blanc.
Dans
un
autre
temple,
confacré
aux
Parques,
à
Cérès,
&
à
Proferpine
,
il
y
avoit
des
flatües,
que
l’on
tenoit
toujours
cachées,
Il
ne
faut
pas
oublier
le
temple
de
Junon
Bunéa.
C'é-
toit
Bunus
,
fils
de
Mercure,
qui
Pavoit
bâti,
&
la
Déeffe
avoit
pris
de-là
{on
furnom.
En
entrant
dans
la
citadelle,
on
trouvoit
le
temple
de
Vénus.
Sa
flatue
la
tepréfentoit
armée.
On
y
voyoit
auf
une
ftatue
du
Soleil,
&
une
de
l'Amour
tenant
un
arc.
Der-
fière
ce
temple,
il
y
avoit
une
Se
_
2
fontaine,
dont
les
Corinthiens
difoient
qu'Afope
fit
préfent
à
Sifyphe
,
pour
fçavoir
de
lui
ce
qu'étoit
devenue
fa
fille
Égine,
que
Jupiter
avoit
enlevée.
SAy-
phe,
qui
en
avoit
connoïflance,
promit
à
Afope
de
l'en
inftruire,
à
condition
quil
donneroit
de
Peau
à
la
citadelle.
C’eft
ce
que
fit
Afope
;
&
Sifyphe
lui
révéla
Je
fecret.
Mais
1
en
fut
puni
dans
les
enfers.
D’autres
penfent
que
c’étoit
la
fontaine
de
Pirène,
dont
il
lui
avoit
fait
préfent,
&
que
celle
qui
couloit
dans
la
Ville,
venoit
de
la
même
fource,
C’eft
à
cette
fontaine,
dit-on,
que
le
cheval
Pégafe
fut
pris
par
Bellé-
rophon,
dans
le
tems
qu'il
y
buvoit.
:
Enfin,
en
{ortant
de
la
citadel-
le,
du
côté
de
la
montagne,
on
trouvoit
la
porte
Tenée,
&
dans
le
voifinage
un
temple
de
Lucine,
Outre
cela,
on
voyoit
de-là
le
Parnafle
&
l'Hélicon,
deux
mon-
‘
tagnes
célébres
chez
les
Poëtes,
fort
hautes
&
toujours
couvertes
de
neiges.
Cette
citadelle
fe
voit
encore
aujourd'hui
à
Corinthe
,
ville
qui
eft
en
Ia
dépendance
des
Turcs.
ACROLITHOS,
Acrolithos;
ftatue
coloffale,
que
le
roi
Mau-
fole
fit
placer
au
haut
du
temple
de
Mars,
en
là
ville
d'Halicar-
nafle,
Cette
ftatue
fut
faite
par
l'excellent
ouvrier
Télochates
,
ou
comme
quelques-uns
eftiment,
par
Timothée.
ACRON,
Acron,
(ë)
Grec
-
(a)
Strab.
P:
379:
Pauf,
p.
93.
Plin,{Maced,
Tit.
Liv.
L,
XXXHI,
c.
3x
L'
IV.
©
4
Pomp.
Mel.
E.
IN,
c. del
(6)
Virg.
Æneid.
L,
X,
v.7r9,
@
fegi
P
ij
234
À
€
étoient
de
l’autre
côte
de
la
tran-
chée,
&
voyoient
avec
admiration
cé
courage
intrépide
d’Acrotate.
*
Pour
lui,
couvert
de
fang
&
tout
4
fier
de
fa
vi@oire
,
il
retourna
à
fon-pofte
au
milieu
des
louanges
&
des
applaudiffemens
des
fem-
mes
Spartiates
,
qui
relevoient
fa
valeur
;
&
portoient
envie
à
la
gloire
&
au
bonheur
de
Chélido-
nie
;
Preuve
que
les
dames
de
Sparte
,
remarque
M.
Rollin,
n'étoient
pas
fort
délicates
fur
le
point
de
la
chafteté
conjugale,
On
peut
ajoûter
que
leurs
maris
n’en
étoient
guere
plus
touchés.
Car
une
troupe
de
vieillards,
felon.
Plutarque
,
ayant
fuivi
Acrotate
,
crioit
à
haute
voix
:
continue
;
Acrotate.…...
donne
feulement
des
enfans
braves
à
Sparte.
Sous
la
domination
d'Ariflodè-
me,
Acrotate
à
la
tête
d’une
ar-
mée
de
Lacédémoniens
fit
une
irruption
dans
le
païs
des
Mégalo-
politains.
Il
y
eut
un
grand
com-
bat
entre
ces
deux
peuples,
&
beaucoup
de
monde
tué
de
part
&
d'autre.
Cependant
les
Arca-
diens
eurent
l'avantage.
Acro-
tate
périt
en
cette
occafñon
avec
un
grand
nombre
de
Lacédémo-
niens.
Ainfi
ce
Prince
ne
fuccéda
point.
à
fon
pere.
Tel
efk,
il
eft
vrai
,
le
fentiment
de
Paufanias.
Mais
Plutarque
,
t'eft.
pas
d’un
moindre
poids
,
aflure
qu’Aréus
avoit
été
tué
au-
patavant
auprès
de
Corinthe,
&
que
fon
fils
étoit
monté
fur
le
trô-
ne
de
Sparte,
après
fa
mort,
(æ)
Herod,
L.
XVIL,
c.
22.
Thucyd.
B-
325.
Pomp,
Mel,
L,
IL,
ç,
de
Thrac,
dont
l'autorité
A
€
Au
refte,
l’erreur
de
Paufanias
vient
de
ce
qu'il
attribue
cette
ir-
ruption
dans
le
territoire
de
Me=
galopolis,
à
PAcrotate
précédent,
qui
mourut
en
effet
avant
fon
pe-
re.
Mais
Plutarque
ne
penfe
pas
en
cela
comme
Paufanias.
L'opinion
de
Plutarque
a
été
embraflée
par
M.
l'abbé
Gédoyn
,
dans
une
note
que
celui-ci
a
inférée
dans
fa
tra-
duétion
de
Paufanias.
Ces
deux
autorités
m'ont
paru
préférables
à
celle
de
ce
dernier
Écrivain,
laquelle
a
été
fuivie
cependant
par
un
Lexicographe
moderne.
ACROTÉRIA
,
_Acroterias
Ce
font
dans
les
médailles
les
fi=
gnes
d’une
viétoire,
ou
l’emblême
d'une
Ville
maritime.
[ls
conf
.
toient
en
un
ofnément
de
vaifleau
recourbé.
s
ACROTHOON
,
Acrothoon,
Axpslosr
;
(a)
ville
de
Thrace
,
fituée
,
comme
cela
eft
marqué
par
fon
nom,
fur
le
mont
Athos.
Ses
habitans
étoient
un
mélange
de
différens
Peuples
;
mais
Pé-
lafgiens
pour
la
plûpart.
Durant
la
guerre
du
Péloponnèfe
,
ils
em-
braflérent
le
parti
des
Lacédémo-
tiens
,
en
fe
rendant
à
Brafidas,
un
de
leurs
plus
célébres
généraux.
Selon
Pomponius
Méla,
la
vie
des
Acrothoomens
étoit
plus
longue
de
moitié,
que
celle
des
peuples
qui
habitoient
dans
d’autres
pais.
La
ville
d’Acrothoon
n'étoit
pas
confdérable
,
&elle
n’exiftoit
plus
dès
le
tems
de
Pline
&
de
Pom-
ponius
Méla.
Certains
croyent
que
la
ville
d’Apollonie
fut
bâtie
au
Plin.
L.IV.
c.
10,
Carte
de
la
Gréce;
par
M,
Danv.
#
À
C
même
endroit
,
où
étoit
celle
d’A-
crothoon
;
mais
c’eft
une
erreur,
la
vile
d'Apollonie
ayant
été
conftruite
loin
de
la
pofition
de
l'autre,
Le
nom
d'Acrothoon
fe
lit
di=
verfement
dans
les
Auteurs.
Pline
écrit,
Acrothoon;Pomponius
Me-
la,
Acroathon;
Fhucydide,
Acro-
thoos;
Hérodote,
Acrothoon.
Cet-
te
Ville
fut
l’une
de
celles
que
les
Perfes
,
fous
la
conduite
de
Xer-
xès
,entreprirent
de
détacher
du
Continent
,
pour
en
faire
des
ïfles.
Hérodote
donne
une
defcription
des
moyens
qu'on
employoit
pour
cela.
Cette
defcription
eft
rappor-
tée
à
l’article
de
la
ville
de
Dion.
Voyez
Dion,
On
trouve
dans
Moréri
,
à
l’ar-
ticle
d'Acroathon,
que
cette
ville
porte
à
préfent
le
nom
de
Cia
di
monte
fanéo.
Eft-ce
qu'on
l’au-
roit
rétablie
dans
les
fiécles
pofté-
rieurs
?
-
Vers
la
pointe
orientale
où
étoit
renfermé
le
mont
Athos,onvoyoit
un
cap
où
promontoire
,
appellé
Acroathon.
C’eft
peut
=
être
ce
promontoire
qui
fe
nomme
aujour-
d'hui-Cima
di
monte
fanéto.
ACTÉ
,
4e,
Aurn,
(4)
canton
du
Péloponnèfe,
felon
Plu-
tarque,
qui
dit
en
parlant
de
Dé-
métrius
:
»
S’étant
avancé
dans
le
»
Péloponnèfe
,
il
attira
dans
fon
»
parti
ce
qu'on
appelle
Até
,
»
ainf
que
l’Arcadie,
au
lieu
qu'il
»
racheta
cens
talens.
Mantinée
,
»
Arpos,
Sicyone
&
Corinthe.
«
Et
adleurs
le
même
Plutarque
.
(a)
Plut.
Tom:
I.
pag.
g00
»
‘1046:
Diod.
Sicul.
pag:
633.
(P)
Thucvd.
pag.
325:
9
5
U
®
À
e
J
ee
s'exprime
ainfi
:
»
Cléomène,
»
aufli-tôt
que
ceux
qui
habi-
»
toient
ce
quon
nomme
AËt,
»
fe
furent
joints
à
lui,
&
qu'ils
»
lui
eurent
livré
les
Villes
,
en=
»
toura
Acrocorinthe
d'un
nus
»
&
d’une
circonvallation.
«Il
eft
aufli
parlé
du
même
pais
dans
Diodore
de
Sicile.
Se
-
ACTÉ
,
AGe,
Mur
,
(b)
autre
canton
fitué
dans
la
Thrace.
Il
s’étendoit
depuis
le
foffé
que
le
roi
de
Perfe
avoit
fait
tirer,
juf-
qu'à
la
mer,
y
compris
le
mont
Âthos
;
c'eft-à-dire
,
que
c’eft
toute
cette
prefqu'ifle
-où
l’on
trouve
cette
montagne.
Dans
ce
canton,
ona
vu
plufieurs
villes,
comme.
Sané
,
colonie
d'An-
driens,
Thyfle,
Cléones,
Acro=
thoon,
Olophyxe
&
Dion.
C'é-
toient
,
au
refte,
de
petites
Villes,
habitées
par
différentes
nations:
Ces
Villes
fe
rendirent
pour
la
plûpart
à
Brafdas
,
capitaine
La-
cédémonien
,
petidant
la
guerre
du
Péloponnèfe.
Il
ny
eut
que
Sané
&
Dion
,
qui
refuférent
d’embrafler
le
parti
des
Lacédé-
moniens.
C’eft
pourquoi
leur
ter-
titoire
fut
alors
ravagé.
ACTÉ,
Ade,
(c)
nom
d'une
Affranchie
pour
laquelle
Néron
conçut
de
la
paffion.
Deux
jeunes
hommes
de
bonne
mine,
Othon.
&
Claude
Sénécion,
en
étoient
les
confidens.
Cette
paflion
diminua
peu
à
peu
l'autorité
d'Agrippine
fa
mere;
ce
qui
fut
caufe
qu'étant
toujours
incapable
de
modéra=
tion
,
elle
s’emporta
contre
fon
(c)
Tacit,
annal,
L.
XIIT,.c.
12;
13°
L.=XIV:-c.
1.
Crev,
hift.
des’
Empe
Tom,
I.
pag.
506
-.
;
236
AC
fils
avec
beaucoup
de
furie
,
fans
.
lui
donner
le
tems
de
fe
repentir
,
ou
de
fe
dégoûter
de
ce
premier
attachement,
lui
reprochant,
au
centraire,
de
lui
donner
une
vile
efclave
pour
bru.
Elle
fit.
tant,
que:
preilé
par
la
violence
de
fon:
amour
,
1]
rompit
tout
commerce
avec
elle,
&
lui
ôta
entièrement
fa
confiance,
pour
la
donner
à
Sénéque
,
lequel
avoit
engagé
un
de
fes
amis,
nommé
Annéus
Sé-
rénus
à
prêter
fon
nom
à
Néron
Pour
cacher
fes
premiers
amours
,
ên
fe
déclarant
l'amant
d'Aîé,
êten
donnant
ouvertement
à
cette
fille
les.
préfens,
que
le:
Prince
lui.
envoyoit
en
fecret,
-
Agrippine
changeant
alors
de
batteries,
tâcha
de
regagner
l’a-
mitié
de
fon
fils,
&
lui
ofrit
pour
cela
d'être
elle-même
fa
confiden-
te.
En.un
mot,
pour
conferver
fon
autorité,
cette:
mere
poufla
Pimpudence
jufqu'à
fe
préfenter
plufieurs
fois
à
Néron:
vers
le
mi-
lieu
du
jour,
lo
rfqu'iliétoit
dans
la
plus
grande
chaleur.
de
la
débau
che,
paréede
fes
plus
beaux
orne-
mens,
&
dans
la
réfolution:de
s’a2
bandonner.à
lui,
Déjà
ils
étoient:
fur,
lepointde
commettre
lecrime,
lorfque
Sénéqueenayantété
aver.
ti,
pour
éloigner
une
impudique
par
le-moyen.
d'une
autre,
fiten-
trer
A@té,
Celle-ci
s’expofant
au:
péril,
pour
délivrer
Néron
de
celui
qui
le
menaçoit.,
lui
déclara
qu'on:
publioit
déjà.
dans
la
Ville
un
eri-
me,
dont
fà-
mere
fe
fifoit
hon-
(4)
Paufan,
pag.
4.
Strab,
PAS:
297.
Traduét.
de.
Pauf,
par
Me
PAbb,
Gedoy.
Tom,
Je
pag,
o.
Myth:
par:M,
l'Abb.
Ban,
Tom,
VI.
pag.
64,
AG
neur,
©
que
les
foldats
paroïf=
loient
difpofés
à
fecouer
le
joug
d'un
Empereur,
profane
&
incet-
tueux.
On
dit
que
cette
Affranchie
étoit
d'Afe,
&
que
Néron
prit
de-là
occañon-d’affurer
qu'elle
defcendoit
d’Attale,
roi
de
Perga-
me
;
pour
rehauffer
par
ce
moyen
Péclat
de
fa
naiflance.
Après
la
mort
de
ce
Prince,
AR&,
avec
fes
deux
nourrices,
recueillit
fes
cen-
dres
,
&les
porta
dans
le
tombeau:
des
Domitius,
fes
ancêtres
pater-
nels.
ACTÉE,
Aéeus,
Aura,
(a)
fut,au
rapport
de
Paufanias,
le
premier
roi
d'Athènes.
M.
l'abbé
Gédoyn
remarque
que
cet
Auteur
ne
parle
en
cette
occafion
que
des
Rois
;
qui’
ont
regné
depuisile
dé-
luge
d'Ogyeès;
car
Ogygès
où
Ogygus
a
été
le
premier
roi
de
PAttique,
Il
y
ent:de
fontems-un
déluge
,
qui
dépeupla
tellement
le
pais-,
que
durant
près
de
deux
cens
ans,
nul
Prince
n'eut
envie
d'y
repner.
Ce
fut
enfuite,
con-
tinue
M.
l'abbé
Gédoyn,
qu'Ac-
tée
s'empara
duroyaume
de
l’At-
tique
;
pais
qui/prit
le
nom
decce
Prince.
|
I
avoit.
eu
une
fille,
qui
fat
mariée
à
Cécrops.
Celui-ci,
après
fa
mort
,
monta
fur
le
trône
,
&
fonda,
avec
la
colonie
qu'il
avoit
amenée
d'Égypte,
douze
villes;
Où
plutôt
douze
bourgs,
dont
il
compofa
le
royaumed’
Athènes.
:
ACTÉE,
Aéen,
A'uralys.
(b}
(5)
Hom,
Iliad,
L,
XVIIL,
v.
41.
Anti
“expliq.
par
D,
Betn,
ide
Montf:
Tom
h
(P9B:
7e
ur
183
el
TI
UP
PS
NET
I
Per
VO
PE
LUS
Je
D
M
ES
TON
PE
PSE
DL)
PI
NP
RIT
EPP
IPITS.
=
ñom
de
l’une
des
Néréides,
qui
étoient
des
nymphes
marines
,
filles
de
Nérée
&
de
Doris.
Voyez
Néréides.
:
ACTÉON,
A&eon,
A'uraler,
(4)
étoit
fils
d'Ariftée
&
d’Auto-
no,
fille
de
Cadmus.
Son
édu-
cation
fut
confiée
aux
foins
de
Chiron.
Dans
la
fuite,
il
eut
le
malheur
de
fe
voir
déchiré
par
fes
propres
chiens.
Diodore
de
Sicile
rapporte
que
la
caufe
de
ce
mal-
heur
vint,
felon
quelques-uns,
de
çe
qu'étant
dans
le
temple
de
Dia-
q
P
ne,
il
dit
qu'il
vouloit
faire
fon
feftin
de
nôces,
du
tribut
de
la
thaffe
qu'il
apportoit
à
la
Déefle
;
&
felon
d'autres
,
de
ce
qu'il
s'é-
toit
vanté
d’être
plus
habile
chaf-
feur
que
Diane
même.
Quoiqu'il
en
foit,
ajoûte
Diodore
de
Sici-
ke,
il
n'eft
pas
furprenant
que
la
Déeffe
fe
foit
irritée
de
l’un
ou
de
lautre
difcours
;
&
ce
fut
avec
juffice
qu’elle
fe
vengea
fi
rigou-
reufement
d’un
homme
qui
venoit
Jufques
dans
fon
temple,
braver
le
choix
qu’elle
avoit
fait
de
la
vir-
guité
,
ou
qui
fe
vantoit
de
fur-
pafler
dans
l’art
de
la
chafle
,
une
Déefle
à
qui
les
dieux
cédoient
à
cet
épard.
Ovide
décrit
cette
trifte
aven-
ture
fous
la
parabole
d’une
vaine
Curiofité
,
ainfi
que
Paufanias.
»
Si
vous
prenez,
dit
celui-ci,
le
»
chemin
de
Mégare
,
vous
trou-
»
verez
fur
la
droite
une
fontaine,
»
&un
peu
plus
loin
une
roche,
»
dite
la
roche
d'Aftéon,
parce
»
qu'AGtéon,
après
s'être
fatigué
à
|
À
C
237
».
la
chaffe,
venoit
fe
repofer
en
ce
»
lieu,
d'où
il
pouvoit
aifément
n
voir
Diane
lorfqu’elle
fe
baignoit
»
dans
la
fontaine
voifine.
Le
poë.
»
te
Stéfichore
dit
que
la
Déefle
»
le
couvrit
d’une
peau
de
cerf,
»
&t
quelle
le
fit
mettre
en
piéces
»
par
fes
chiens,
pour
le
punir
de
»
ce
qu'il
vouloit
époufer
Séme-
»
le.
Mais
fans
recourir
à
aucune
»
divinité
,
pourfiit
Paufanias
,
»
pour
moi
je
croirois
que
{es
»
chiens
devinrent
enragés,
&
»
que
ne
connoïflant
plus
leur
»
maitre
,
ils
fe
jettérent
fur
lui
n
&t
le
déchirérent.
«
C’eft
fans
doute,d’après
le
fentiment
de
Pau-
fanias,
que
M.
l'abbé
Banier
dit
que
,
quoique
cette
cataftrophe
ait
été
exprimée
d’une
manière
poëtique
,
elle
n’en
eft
pas
moins
réelle
,
foit
qu'Aftéon
eût
été
en
effet
déchiré
par
fes
chiens,
deve-
nus
enragés
,
foit
qu'ayant
marqué
quelque
mépris
pour
la
Déefle,
on
l’eût
regardé
comme
un
impie.
Si
nous
en
croyons
les
Orcho-
_méniens,
on
voyoit
autrefois
le
phantôme
d'Aftéon
fur
une
ro-
Che;
&
ce
fpeltre
caufoit
beau-
coup.
de
mal
&
d’effroi
dans
le
pais.
Pour
en
être
délivrés,
ils
confultérent
l’oracle
de
Delphes,
qui
leur
confeilla
de
chercher
quel-
que
refte
de
la
dépouille
mortelle
d'Aéon
,
&
de
le
couvrir
de
ter-
re.
{l
leur
confeilla
auf
de
faire
faire
en
bronze
l'image
de
ce
fpec-
tre
,
&
de
lPattacher
à
la
roche
avec
des
liens
de
fer,
Ils
fuivirent
ce
confeil.
Paufanias
aflure
qu'il
(a)
Diod.
Sicul,
p.
195.
Pauf.
p.545]
l'Abb.
Ban,
Tom.
VI.
pag.
127.
dr
fav.
600,
667.
Ovid.
Metam,
L.
HI.
c.
4.l
Antig.
expl.
par
D.
Bern,
de
Montf,
Plut,
Tom,
I,
pag,
568,
Myth.
par
M.]
Tom,
E,
pag,
03,
151.
26
-
AG
avoit
vu
lui-même
cette
{latue
re-
Préfentant
le
fpeître
d'A@éon
,
attaché
à
une
grofle
roche.’
Enfin
à
Delphes
on
voyoit
für
un
des
anciens
monumens
fans
nombre,
dont
cette
Ville
étoit
dé-
corée,
la
figure
d'Aftéon
&
celle
de
fa
mere.
[ls
étoient
repréfentés,
tenant
un
faon
de
biche,
aflis
fur
ane
peau
de
cerf,
ayant
un
chien
de
chaffe
couché
à
leurs
pieds.
C'étoient
autant
de
fymboles
,
qui
avoient
du
rapport
à
la
vie
d'Ac-
téon
,
&
à
la
manière
dont
il
mou-
A
ACTÉ
ON,
A&aeon,
A’rraler
;
(e)
fils
de
Méliflus,
&
petit-fils
d'Abron.
C'étoit
un
jeune
homme
d'une
grande
beauté
,
mais
en
mé-
me-tems
d’une
fageile
extraordi=
naire
,
en
quoi
il
furpafloit
tous
{es
camarades.
Î]
fut
aimé
de
plufieurs,
moins
vertueux
que
lui,
&
en
particulier
d'Archias
de
Corinthe,
qui,
comme
defcendant
d'Hercu-
le,
étoit
le
plus
riche
&
le
plus
puiffant
d’entre
fes
Concitoyens.
Il
eflaya
d’abord
de
gagner
le
jeune
Atéon
par
des
préfens
&
par
des
promefles
magnifiques.
Maïs
cette
voie
ayant
été
rendue
inutile
par
la
vigilance
du
pere,
&
par
la
fa-
gefle
de
l'enfant
même,
il
aflem-
bla
un
grand
nombre
de
fes
cama-
rades,
pour
enlever
de
force
celui
qui
réfiftoit
à
fes
infinuations
&
à
fes
prieres.
S’étant
donc
enivré
un
jour
avec
fa
troupe,
il
s’aban-
donna
à
cet
excès
de
fureur,
d'aller
avec
eux
jufqnes
dans
la
maïfon
de
(a)
Plut,
Tom.
I.
pag.
«68.
Tom,
I.
P25.
772,
772.
Traduct,
de
Diod,
de
*
Sicil.
par
M.
l'Abb,
Terras,
Tom,
II.
Peg»
370
»
371e
S
;
À
C
Méliffus
pour
en
arracher
fon
fils
Le
pere
&
tous
fes
gens
fe
réunirent
bientôt
pour
s’oppofer
à
cette
vio-
lence.
Pendant
la
chaleur
de
la
que-
relle
&
de
l’affion,
l'enfant
mou-
rut,
fans
qu'on
y
prit
garde,
entre
les
mains
de
ceux
qui
le
défen-
doïent
contre
fes
ravileurs.
Quand
On
apperçut
ce
malheur,
on
ad-
mira
,
en
pleurant
l’enfant
,
la
conformité
de
fa
fortune
avec,
le
fort
de
celui
dont
il
portoit
le
nom;
car
l'un
&
l’autre
ont
perdu
la
vié
par
ceux-mêmes,
qui
étoient
difpofés
à
la
défendre.
C’eft
une
allufon
à
la
fable
d'AGéon
déchi-
ré
par
fes
chiens,
ainfi
qu'on
le
«voit
dans
l’article
précédent.
:
Cependant,
Méliffus
porta
12
cadavre
de
{on
fils
à
Corinthe,
&
en
demanda
juftice
;
mais
la
fa6tion
des
Bacchiades
,
dont
Ar-
chias
étoit
le
chef,
étant
trop
puif-
fante,
tout
ce
qu'il
put
faire
,
fut
d’exciter
les
afliffans
à
la
com-
paffion.
Phrynique,
fils
de
Poly-
phradmon
,
avoit
compoié
,
fclon
Suidas
,
plufieurs
tragédies,
dont
l’une
étoit
intitulée
ÆA%on.
ACTÉON,
Aüeon,
(b)
nom
d'un
cheval
du
foleil.
II
prenoit
,
felon
D.
Bern.
de
Montfaucon,
fon
nom
de
la
clarté
du
folell,
lorfqu’il
à
fait
une
partie
de
fa
courfe
vers
lès
neuf
ou
dix
heu-
res
,
&
que
n'ayant
plus
un
at-
mofphère
f
épais
à
percer
,
il
ré-
pand
fa
lumière
plus
pure.
ACTES
[
les
Ales
des
Apô-
tres
|,
Aus
Apoftolorum,
(c)
(6)
Antiq.
explig.
par
D,
Bern.
de
Montf,
Tom.
I.
pag.
110.
À
(c)
At.
Apoit.
c.
1..@
feg.
Mém,
de
PAcad,
des
Infc,
&
Bell,
Let,
T,ilLp,100,
SC
pate
roy
À’roscrar,
Livre
Cano:
nique
du
nouveau
Teftament,
qui,
{elon
M.
Fourmont,
fut
d'abord
compofé
en
langue
Syriaque
,
&
felon
d'autres
[
&
c’eft
le
plus
grand
nombre
|
en
Grec.
S.
Luc
eft
regardé
comme
l’auteur
de
cet
ouvrage
facré,
dont
le
ftyle
eft
plus
pur
que
celui
des
autres
ou-
vrages
canoniques
du
nouveau
Teltament,
C’eft
parce
que
S.Luc
poflédoit
mieux
la
langue
Grec-
que
que
l’'Hébraique
;
&
on
re-
marque
qu'il
a
employé
toujours
la
Verfion
des
Septante
,
dans
les
Gtations
de
l’Écriture.
Le
livre
des
AGtes
des
Apôtres
fut
mis
au
nombre
des
livres
Canoni-
ques,
par
le
Concile
de
Laodi-
cée,
Depuis,
il
a
toujours
été
règardé
comme
tel,
par
toutes
les
Éolifes.
On
ignore
le
tems
précis
anquel
Luc
compofa
ce
Livre.
Mais
on
convient
qu'il
l’écrivit
après
fon
vangile,
&
qu'il
ne
put
le
faire
qu'après
les
deux
années
de
{e-
Jour
de
S.
Paul
à
Rome
;
c’eft-
a-dire
,
vers
l'an
62,
ou
63
de
lËre
Chrétienne
,
puifqu'il
y
parle
de
ce
féjour.
Quoiqu'il
en
foit,
Luc,
après
avoir
rapporté
dans
fon
Éyangile,
les
adtions
de
J.C.,
voulut
auf
laifler
à
lÉglit,
celles
de
fes
Apôtres,
&
de
fes
premiers
Difciples,
avec
la
ma-
nière
pleine
de
merveilles,
dont
le
S.
Éfprit
avoit
formé
cette
mê-
me
Églife,
que
le
Sauveur
ve-
noi
de
racheter
au
prix
de
fon
feng.
Ainf
le
Livre
des
A@tes
des
Apôtres
|
n’eft
autre
chofe
que
lhifioire
de
l’Églife
naïflante
,
qui
Comprend
un
efpace
d'environ
DC:
2,
trente
ans,
à
commencer
à
l’Af-
cenfion
de
notre
Seigneur.
Il
eft
adreffé
à
Théophile,
au-
ie
S.
Luc
avoit
déjà
adreflé
on
Évangile.
On
y
voit
l’accom-
plifflement
de
plufeurs
promefles
de
J.
C.,
fon
Afcenfon,
la
Def
cente
du
S.
Efprit,
les
premières
prédications
des
Apôtres,
avec
les
prodiges
par
lefquels
elles
fu-
rent
Confirmées
;
un
tableau
ad-
mirable
des
mœurs
des
premiers
Chrétiens
;
enfin,
tout
ce
qui
{e
paffa
dans
l’Églife,
jufqu’à
la
dif-
perfon
des
Apôtres
,
qui
fe
par-
à
;
Ta:
tagérent
pour
porter
l'Évangile
dans
tout
le
monde.
Depuis
le
point
de
cette
féparation,
S.
Luc
abandonne
l’hiftoire
des
autres
Apôtres
,
dont
il
étoit
trop
éloi-
gné,
pour
s’attacher
particulière-
ment
à
celle
de
S.
Paul,
qui
lavoit
choïfi
pour
fon
difciple,
êt
pour
compagnon
de
fes
tia-
vaux.
Îl
fuit
cet
Apôtre
dans
toutes
fes
miflions
,
&
jufqu'à
Rome
même,
où
certains
peñ=
fent
que
les
Aétes
furent
com-
pofés.
:
On
croit
que
le
principal
def-
fem
de
S.
Luc,
dans
la
compo-
fition
de
fon
ouvrage
,
étoit
d’op-
pofer
une
véritable
hifloire
des
A£tes
des
Apôtres,
&@&
de
la
fon-
dation
de
l'Églife
;
aux
faux
Actes
;
&
aux
faufles
relations
que
l’on
commençoit
déjà
à
ré-
pandre
de
fon
tems.
Il
y
a
eu
en
effet
différens
ouvrages
,
por-
tant
pourtitre
,
Ales
des
Apôtres;
ou
bien
de
quelque
Apôtre
feule-
ment.
C’eft
ainfi
qu'on
a
vu
les
Attes
de
S.
Pierre,
les
Aétes
de
S.
Paul,
les
Aftes
de
S.
Jean
\y
240
AC
|
l'Evangélifte
|
les
Aûes
de
S.
André,
&c.
Mais
l'Églife
a
fait
un
fi
grand
cas
de
la
fidélité
&
des
lumières
de
S.
Luc,
qu'elle
a
méprifé
tous
les
autres
A@es,
qui
ont
paru
avant
ou
après
lui,
pour
s'adopter
que
ceux
qu'il
avoit
compolés.
Les
Marcioni-
tes,
les
Manichéens,
&
quel-
ques
autres
hérétiques,
les
rejet-
toient,
parce
qu'ils
y
trouvoient
_
leurs
erreurs
trop
difin@ement
condamnées.
SelonS.
Auouftin
,
lÉglife
»
recevant
avec
édification
cet
ouvrage
,
Je
faïfoit
lire
tous
les
ans
dans
l’affemblée
des
Fide-
des.
S.
Chryfoftome
{
plaint
que
de
fon
tems
ce
livre
étoit
trop
peu
connu
;
&
qu'on
en
négligeoit
trop
la
leétüre.
Quant
à
ce
Pere,
il
en
releve
fort
les
avantages,
&
il
prétend,
avec
raïon
,
qu'il
n’eft
pas
moins
utile
que
l'Évangile,
Selon
$.
Épiphane
,
le
livre
des
Adtes
des
Apôtres
fut
tra-
duit
par
les
Ébionites,
du
Grec
en
Hébreu,
c’eft-à-dite,
en
Sy=
riaque,
qui
étoit
la
langue
com-
mune
des
Juifs
de
la
Pafefline.
Mais
ces
hérétiques
le
corrom:
pirent,
en
y
mélant
plufeurs
faufletés,
&
plufieurs
impiétés
imjurieufes
à
fa
mémoire
des
Apôtres.
S.
Jérôme
affure
qu’un
certain
Prêtre
d'Afe
ajoûta
aux
vrais
AGes,
les
voyages
de
S.
Paul,
de
Ste
Técle,
&
l'hiftoire
d'un
prétendu
baptême
donné
à
un
lion.
Tertullien
raconte
que
S.
Jean
l'Évangélifle
ayant
con-
vaincu
ce
Prêtre,
d’avoir
altéré
(a)
Mém,
de
PAcad,
des
Infe,
&
Bell,
Lert.
Toi:
VIEIL
pag.
188,
@
fiv
À
GC:
la
vérité
dans
ce
récit,
il
s’en
excüfa
,
en
difant
qu’il
l’avoit
Ait
pour
l'amour
qu'il
portoit
à
$
Paul.
rent
rejettés
comime
apocryphes,
par
le
pape
Gélafe.
Ceux
dont
il
a
été
parlé,
&
plufieurs
au-
tres
de
cette
efpèce,
ont
été
ran-
gés
dans
la
même
clafle,
ayant
eu
pour
auteurs
des
Hérétiques,
qui
y
répandoient
le
venin
de
leurs
erreurs,
ACTES
[les],
(a)
en
poëfe,
font
les
diverfes
parties
,
qui
compofent
une
pièce
dramatique.
Ce
mot
vient
du
latin,
Aér,
qui,
dans
fon
origine
,
veut
dire
l
même
chofe
que
le
Drame,
Jpauc,
des
Grecs
:
Ces
deux
“mots
venant
des
verbes
Ago
,
&
dpdo
;
qui
fignifient
faire
8t
agir.
On
a
ainfi
nommé
{es
piéces
de
théatre,
pour
marquer
que
tout
s'y
pafle
en
ation
,
à
la
difé-
rence
de
l'Épopée
,
‘où
tout
&
raconte.
Ce
mot,
Jpqua,
con-
vient
à
toute
une
piéce
de
théatre;
au
lieu
que
celui
d’'Aë&us
en
latin,
&
d'Afle
en
françois
,
a
été
ref-
treint,
&
ne
s'entend
que
d’une
feule
partie
du
poëme
dramatique.
On
peut
définir
l’Adte,
vné
partie
d'une
tragédie
;
où
d'une
comt-
die
;
fèparée
d’une
autre
partie,
Pâr
Un
intermede.
Ce
qui
fait
que
l'A@e
finit,
c'eft
l'interruption
dé
Vaétion
théatrale.
Cette
interrup-
tion
produit
un
vuïde,
Les
An-
ciens
remphfloient
ce
vuide
par
des
danfes,
&
des
chants.
Au-
jourd’hui
;
on
le
rémplit
par
là
fymphonie.
fi
Ces
nouveaux
AGes
fe
4
“À
C
*
On
convient
qu'une
tragédie
doit
toujours
être
divifée
en
plu-
fieurs
Ales,
foit
parce
que
Ja
conduite
de
la
piéce
l'exige
ab-
folument
,
foit
pour
donner
quel-
que
relâche
à
l'attention
des
fpec.
tateurs
,
{oit
pour
leur
procurer
plus
de
plailir
par.
la
variété,
Mais
en
combien
d'A@es
doit-
elle
être
partagée
?
Tous
ceux
qui
nous
ont
donné
des
régles
fir
cette
matière
,
ou
de
leur
chef,
ou
en
expliquant
Ariftote,
difént
que
la
tragédie
doit
être
compofée
de
cinq
AGes
;
mais
aucun
d'eux,
excepté
M.
Fabbé
d'Aubignac,
ne
s’eft
embarallé,
flon
M
Pabbé
Vatry
,
de
nous
die
für
quoi
eft
fondée
cette
Maxime,
qu'ils
nous
donnent,
&
qui
pafle
aujourd’hui
pour
incon-
teflable.
M.
Pabbe
Vatry
dit
lui-même
Es
raifons
que
lon
a
eues,
de
éler
qu'il
y
auroit
toujours
cinq
tes.
On
prétend
que
cette
ma-
Xime
fut
établie
d’après
les
obfer-
Vations
faites
fur
ce
qui
pouvoit
plaire,
ou
déplaire
aux
fpeétateurs;
&
qu'enfuite
la
pratique
conitante
de
tous
les
Poëtes,
&
l'autorité
es
Critiques,
l’ont
rendue
in-
Violable,
Ainf,
on
la
fonde
fur
HOiS
raifons,
dont
la
première
ef
‘expérience
;
la
fconde,
l’exem-
ple
de
nos
grands
Poëtes
;
la
troifième
,
les
préceptes
des
meil-
leurs
Critiques.
Voici,
felon
M.
l'abbé
d'Aubignac,
pourfuit
notre
Académicien
;
comment
l'expé-
fence
a
appris
que
la
tragédie
dévoit
toujours
être
partagée
en
Gnq
Ales.
1.0
On
a
reconnu
elle
devoit
avoir
uñe
certaine
Zom.
L,
A6
2%E
longueur.
2.0
Qu'elle
devoit
.
divifée
en
plufeurs
parties
ou
Attes.
On
a
enfuite
fixé
la
lon
gueur
de
chaque
A@e.
Il
a
&é
facile
,
après
cela
,
d’en
déterminer
le
nombre,
On
a
vu,
par
exem-
ple,
qu'une
tragédie
devoit
être
environ
de
quinze
ou
feize
cens
vers,
partagés
en
plufieurs
A@es;
que
chaque
Aé
devoit
être
en-
viron
de
trois
cens
vers
;
on
en
a
conclu
que
la
tragédie
devoit
avoir
cinq
Âles,
:
:
-
M,
l'abbé
Vatry
s'étend
enfüite
far
chacune
des
parties
de
ce
rai-
fonnement,
pour
le
mettre
dans
tout
fon
jour
;
ce
qui
lui
donne
occafion
de
montrer
que
non
feu-
lement
la
divifion+en
cmyAÂGes,
mais
la
divifion
même
en
Ales,
fat
inconnue
à
plufeurs
anciens
Auteurs,
»
Il
eff
vrai,
dit-
il,
»
que
dans
toutes
les
tragédies,
»
qui
nous
reftent
des
Grecs,
?
l'action
eft
interrompue
de
tems.
»
en
tems
fur
le
théatre
,
&
que
».
les
Afteurs
occupés
hors
de
la
»
fcene,
ou
gardant
le
filence,
»
font
place
aux
chants
du
chœur;
_»
ce
qui
produit
des
intermedes
»
@t
de
véritables
A@es
;
mais
»
qu'il
ÿ
ait
toujours
quatre
in-\
»
termedes
,
&
toujours
cinq
»
Ales,
c’eft
de
quoi
il
ne
paroït
7
pas
qu'ils
{
foient
fort
embar-
»
raflés.
On
les
chercheroïit
en-
.#
vain
dans
les
tragédies
Grec-
»
ques,
qui
nous
reftent
;
&
fi
»
dans
Îles
nouvelles
éditions,
»
elles
fe
trouvent
divifées
en
»
cinq
Ales,
c'eft
aux
Éditeurs,
».
6t
auxCommentateurs,
qu'il
»_
faut
attribuer
ces
divifons,
&
*
nullement
aux
originaux.
Je
.
20...
»
remarquerai
même
cl,
Que
de
_»
tous
les
Anciens,
qi
ont
cité
»
quelque
paflage
de
comédie
ou
».
de
tragédie
Grecque,
ilny
en
»
a
aucun,
qui
l'ait
déñgné
per
»
lAGe
d’où
il
elt
tiré,
comme
»
onle
peut
voir
dans
Athénée
»
fur-tout,
qui
cite
une
infinité
»
de
Poëtes
comiques
;
ce
qui
3
prouve
que
les
é
»_point-fait
attention
à
ce
parta-
»
ge
de
la
tragédie,
en
un
cer-
»
tain
nombre
d'AËtes.
«
.
Il
n'eft
pas
fi
facile
de
rendre
un
compte
exact
de
la
pratique
des
Romains.
ÆEeurs
meilleures
tragédies
ne
font
point
venues
juiqu’à
nous;
&
il
y
a
trop
peu
d'intelligence
du
théatre
dans
cel-
les
de
Sénéque
,
pour
en
conclu-
re
quelque
chofe
de
bien
aflure
fur
la
queftion
préfente.
Un
pañlage
de
Cicéron
pourroit
fure
croi-
re
quils
{
difpenfoient
quel
quefois
de.la
régle
des
cinq
Ates.
C'eft
la
fin
de
la
première
lettre
à
Quintus,
fon
frere.
Quintus
avoit
été
pendant
denx
années
Procontul
d'Afe;
il
alloit
l'être
encore
une
troifième
fois.
Et
Ci-
céron,
après
beaucoup
d'avis
qu'il
lui
donne,
pour
fe
bien
conduire
dans
fa
charge,
finit,
en
difant
qu'il
faut
que
dans
cette
troifième
année
de
fon
pouvernement,
il
fe
furpañle
lui-même,
&
qu'elle
reflemble
au
troifième
AGte,
que
les
bons
Poëtes
&
les
bons
Ac-
teurs
s’efforcent
de
concert
à
ren-
dre
beauconp
plus
beau
&t
plus
parfait
que
les
premiers.
Cette
troiième
année
étoit
laëdernière
sreCS
N'avolent.
Se
ré
<
que
Quintus
deyoit
gouvertet
l'Afe
;
&
la
comparaion
que
fait
Cicéron,
avec
le
troifie=
me
AËte
,
femble
infinusr
que
de
fon
tems
le
troifième
Ade
étoit
quelquefois
le
dernier.
Au
refte,
tout
concourt
d'ail
leurs
à
nous
prouver
que
chez
les
Romains,
les
tragédies
étoient
toujours
divifées
en
cinq
Aétes.
Mais
il
n’en
eft
pas
and
des
Grecs
,
qui
ne
&
font
pas
a
treints
à
fuivre
fcrupuleufement
cette
régle.
Ce
qu’on
peut
dire,
_ceft
qu’à
prendre
le
mot
d'Ade,
{lon
la
définition
qui
en
a
été
donnée
,
leurs
tragédies
ont
préf
que
toujours
fix
Aîtes,
&
quel-
uefois
fept.
Ce
font
donc
les
Ronan.
qui
ont
employé
les
premiers
la
divifion
des
piéces
dramatiques
en
plufieurs
Actes.
Chaque
Ade
fe
fubdiviloit
en
plufieurs
fcenes.
Pour
M.
l'abbé
Vatry
,
il
conclud
de
toute
fa
difcufion,
que
le
nombre
des
cing
Actes
convient
pour
Jordi-
naire
;
mais
qu'une
tragédie
peut
en
avoir
quelqu'un
de
plus,
où
de
moins,
fi
le
fujet
le
deman-
de,
ACTES
[les
|,o7
Les
REGIS:
TRES
JOURNAUX,
(a)
conter
noient
tout
ce
qui
fe
pañloit
de
inémorable
dans
la
ville
de
Rome.
Ïl
paroït
que
ces
Aétes
Journaux
reffembloient
à
nos
ouvrages
pé-
riodiques
,
connus
aufli
Le
Je.
nom
de
Journaux;
car
on
les
li-.
foit
dans
les
provinces
,
ainfi
que.
dans
les
armées
Romaines.
On
remarque
que
l'empereur
(a)
Crev.
Rift,
des
Emp.
Tom,
IL
pag.
458,
Tom.
IV.
pag:
5005
91e
A
C
_
Commode
,
toutes
les
fois
qu'il
faïloit
quelque
chofe
de
bas,
de
honteux,
de
cruel
;
quelque
Atte
_
de
gladiateur,
de
maître
de
de=
_bauche
,
ordonnoit
qu'il
en
fût
fat
mention.
dans
les
A@es
Jour:
maux.
Ceft
par
cette
voie
que
\
nous
fçavons
que
ce
Prince
à
combattu
trois
cens
foixante-cinq
fois,
du
vivant
de
fon
pere,
&
pt
cens
trente-cinq
fois
depuis
_
f
mort
;
&
qu'il
a
remporté
mille
_palines
,
mille
vi@oires
dans
ces
_
indignes
combats.
Îl
en
étoit
f
Glorieux
,
que
s'étant
approprié
le
coloffe
du
Soleil,
dent
à
fit
|
ôter
la
tête
pour
y
mettre
la
_
fienne,
il
voulut
que
lon
inferi-
_
Yit
fur
la
bafe
,
au
lieu
des
titres
de
R
Souveraine
puiflance
,
celui
de
Vainqueur
de
mille
Gladiateurs:
.
ACTEURS,
Adores,
(a)
ceux
qui
jouoient
Jes
différens
rôles
d’une
piéce
de
théatre.
A
Rome
,
ce
furent
d'abord
les
Au-
teurs
mêmes,
qui
repréfentoient
lents
piéces.
Cet
ufage
changea
dans
la
fuite.
Ceux
qui
leur
fuc-
cédérent,
prirent
le
nom
d'Ac-
teuis.
Ce
n'’étoient
pas,
comme
chez
les
Grecs,
des
hommes
li-
bres,
qui
f
deftinoient
à
une
profefion
,
laquelle,
parmi
eux,
n'avoit
rien
de
bas
dans
lopinion
publique,
&
n'empéchoit
pas
cehti
qui
lexerçoit
de
remplir
des
emplois
honorables.
Les
Âc-
teurs,
à
Rome,
étoient
ordinai-
rement
des
efclaves
étrangers,
où
nés
dans
lefclavage.
Ce
ne
fat
donc
que
l'état
vil
de
Ja
per-
RC.
_—
2
fonne
,
qui
avilit
la
profeffion.
Le
Latin
n'’étoit
pas
leur
langue
maternelle,
&
ceux
même
qui
étoient
nés
à
Rome,
ñe
devoient
patler
qu'un
Latin
altéré,
par
[a
langue
de
leurs
peres
&
de
leurs
camarades.
fl
faloit
donc
que
les
maîtres,
qui
les
drefloienr
pour
le
théatre,
commencçaflent
par
leur
donner
la
vraie
pronon
jauon,
foit
par
rapport
à
la
durée
des
mefures,
{oit
par
rapport
à
Fintonation
des
accens
;:
&
il
eft
probable
que
dans
les
lecons
qu'ils
leur
donnoientà
étudier,
ils
Le
fer:
voientsdes
notes
dont
les
Gram-
mairiens
poftérieurs
ont
parlé,
Lucien
rapporte
au’autrefois
un
même
ACeur
chantot
&
danfoit
tout
enfemble
;
mais
que
comme
on
s’apperçut
que
le
mou-
vement
empéchoit
la
refpiration,
l'on
trouva
plus
à
propos.de
fire
chanter
les’
uns
&
danfer
les
au-
tres.
L'on
ne
contefte
pas
cette
affertion.
Mais
il
n'en
eft
pas
de
même
d’une
autre,
que
quelques-
uns
adoptent.
C'eft
de
fcavoir
f
la
récitation
&
le
pcfle,
qui
doit
lPaccompasgner
,
furent
artagés
compagner
,
partag
entre
deux
AGteurs;
de
manière
que
lun
fit
les
gefles
,
tandis
que
l'autre
récitoit.
M.
Duclos,
dans
un
de
fes
mémoires
fur
cette
ma—
tière,
montre
que
cela
n'eut
ja
mais
lieu
chez
les
Romains,
parce
qu'il
auroit
été
en
cffet
bizarre
de
féparer
la
récitation,
qui
peut
feule
guider
le
gefte,
&
le
ren-
dre
convenable
à
l'a@tion
théas
trale,
&
que
d'ailleurs
le
gefte
(2)
Mém,
de
Acad.
des
Inferip.
&
4545
455°
Te
VIT,
p.222,
D,
XVII,
Bell.
Letr.
Tom.
IL.
pag.
124
T.
1V.]p.
210,
2114
T,
XXI
p.
191.
@
Jwivs
Re
1325
1345
1305
1373
Id4
1459
Q
<
ïj
ÿ
250
À
C
cette
hauteur,il
y
avoit
une
plaine,
où
l'on
voyoit
un
bois
facré
avec
ua
port
que
le
feu
confuma,
«inf
que
les
dix
vaifleaux,qui
y
avoient
été
dédiés
par
notre
Empereur.
::
AGtum
eft
aujourd’hui
Capo-
Fialo,
qui
appartient
aux
Turcs.
ACTIUS,
A&ius,
(4)
centu-
rion
Romain
,
qui
vivoit
l'an
de
Rome
786.
Cette
même
année
.il
fut
commis
à
la
garde
de
Drufus,
pendant
que
ce
Prince
imfortuné
étoit
renferme
dans
une
prifon,
_-où1l
mourut
de
faim,
ayant
pro-
longé
fa
vie
pendant
neuf
mois,
en
mengeant,
faute
d’autres
ali-
mens
,
la
garniture
de
fon
matelas.
On
trouve
dans
Tacite,
qu'AŒus
avoit
écrit,
au
fajet
de
la
déten-
tion
&
de
la
fin
tragique
de
Dru-
fus,
des
lettres
qui
furent
lues
en
plein
Sénat.
Ces
lettres
mar-
quoient
expreflément
les
noms
des
efclaves,
qui
avoient
repouflé
cet
.
älluftre
prifonnier,
sie
ten-
toit
de
s'échapper.
Le
Centurion
avoit
même
ajoûté,
comme
pour
-fe
faïre
valoir,
les
propos.
plans
d'infolence
&
d'inhumanité
qu'il
avoit
tenus
à
Drufus,
&
les
im-
précations
que
ce
Prince
,
danses
dernières
heures
de
fa
vie,
avoit
prononcées
contre
Tibère
,
tantôt
en
contrefaifant
l’infenfé
,
tantôt
de
fang
froid.
ACTIUS
[P.Acrius
Varus],
P.
Affius
Varus
,
étoit
contem-
porain
de
Cicéron.
Voyez
P.
At-
tius
Varus.
ACTIUS
[T.
];
T,
dés,
(4)
Tacir:
annals
L,
VI.
€.
23,
24.
(b)
Cicer.
Orat.
pro
Cluent.
c.
51.|
Virg.
Æpeid.
da
expl,
par
D,
Ie?
(c)
Strab.
pag.
325:
L
VIT;
Pre
he
AC
)
étoit
aufli
contemporain
de
icéron,
Ce
T.
Aëtius
fe
porta
accufateur
d'A.
Cluentius.
Cice-
ron
plaida
contre
lui
en
faveur
de
Faccufé.
—
ACTIUS
[APozLon|,
Apollo
Adius,
À'romer
A’urlo.
(c)
Ce
dieu
étoit
ainfi
appellé
pour
plu-
fieurs
raifons
,
mais
principalement
à
caufe
d'Aftum,
ville
de
lAcar-
name
,
célébre
dans
l'antiquité
par
la
viétoire,qu_Augufte
y
remporta
fur
Antoine.
Le
promontoire
des
environs
étoit
confacré
à
Apollon.
On
y
voyoit
un
temple,où
on
lu
rendoit
dés
honneurs
divins,
Cet
pour
l2
même
raïfon
qu’on
appel-
loit
encore
Apollon
ÆAé&acus
&
AGeus.
,
ACTOR,
Aüor
,
(d)
natif
du
pais
des
Arunces
,
fut
chargé
par
Ilionée
&
Afcagne,d’enlever,
con-
joimtement
avec
Idée
,
la
mere
d'Euryale
,
que
la
mort
de
ce
cher
fils
venoit
de
plonger
dans
la
tif
tefle
la
plus
grande,
Ils
la
recon-
duifirent
donc
chez
elle
toute
éplorée
,
&
ne
ceflant
de
crier.
Cet
à
Aëtor
que
Turnus
avoit
pris
une
énorme
javeline
,
que
ce
prince
fit
attacher
à
une
colomne.
au
milieu
de
fon
palais.
Prêt
à
marcher
contre
Énée
,
il
la
fait.
»
Redoutable
javeline
,
s’écria-
»
t-il
en
la
balançant,
toi
qui
nas
»
jamais
trompé
mon
courage;
»
Ceft
maintenant
qu'il
faut
fe-
»
conder
mon
bras.
Autrefois
por
»tée
par
le
grand
Aëtor,
fon
»
vainqueur
te
porte
aujourd
huis
Bern.
de
Montf,
Tom.
I.
pag,
107:
(4)
Virg.
Æneid.
L.IX,
v.
500.
&
fa
L,
XI
4
Ve
94:
&
fes
10
4
è
Dati
cocotl
al.
ee
Mer
cr
lé
der
À
€
»
11
faut
que
tu
perces
fa
cuirafle
_»
de
ce
lâche
Phrygien,
que
tu
‘»
Pétendes
fur
le
champ
de
ba-
»
taille
,
&
que
fes
cheveux
frifés
»
&t
parfumés
de
myrrhe
foient
»
trainés
dans
le
fans
&
dans
la
»
poufhère.
«.
-
ACTOR,
Aë&or,
A'xrop,
(a)
fils
d'Axéüs
,
petit
fils
de
Clymè-
ne.
Ce
Prince
eut
une
fille,
que
Mars
époufa.
De
ce
mariage
na-
qüirent
deux
fils,
Afcalaphe
&
Jalmène,
qui
regnérent
à
Orcho-
_
mène,
ville
de
Béotie
en
Gréce.
-
Ce
fut
de
leur
tems
@t
fous
leur
conduite
,
que
les
Orchoméniens
allérent
au
fiége
de
Troye,
=
ACTOR,
A&or,
Aura,
(b)
otiginaire
d'Élide
dans
le
Pélo-
ponnèfe
,
étoit
fils
de
Phorbas
&
d'Hyrminé,
fille
d'Épéus,
&
pe-
tit-fils
de
Lapithas.
Il
époufa
Mo-
|
lione
,
de
laquelle
il
eut
deux
fils,
Eurire
&
Créate.
Augée,
roi
d'Élide
,
l'aflocia
au
gouverne-
ment,
ain
que
fes
deux
fils
avec
lefquels
il
avoit
fait
alliance.
Le
deflein
de
ce
Prince
étoit
de
fe
précautionner
contre
Hercule
,
dont
il
appréhendoit
le
reflenti-
ment;
parce
quil
lui
avoit
man-
que
de
parole,
en
ne
lui
donnant
pas
une
partie
de
fes
États,
aux
Conditions
quil
Pavoit
promis.
Hercule
déclara
en
effet
la
guerre
à
Aupée;
mais
il
ne
put
exécuter
aucune
entreprife
confidérable
;
à
caufe
que
les
fils
d’Aëtor,
qui
étoient
à
la
fleur
de
leur
Âge
&
pleins
de
courage
,
rendoïent
tous
fes
deffeins
inutiles.
Environ
ce
tems-là,
les
Corin-
(2)
Pauf,
pag.
599.
AC
251
thiens
indiquérent
leurs
jeux
bn.
miques
,
ayec
promefle
de
füreté
Our
tous
ceux
qui
yondroient
y
“aflifter.
Les
fils
d'A@tor
fe
mirent
en
chemin
pour
s’y
rendre.
Her-
cule
qui
en
fut
averti,
alla
les
at-
tendre
auprès
de
Cléone,
&
leur
dreffa
une
embufcade
,
où
ils
péri-
rent.
Leur
mort
fut
bientôt
fçue
;
mais
l'auteur
en
étoit
ignoré.
Mo-
lione
leur
mere
fit
tant
qu'elle
le
découvrit.
Auffi-tôt
les.
Éléens
envoyérent
prier
les
Argiens
d'en
faire
juftice.
Îls
s’'addrefloient
aux
Argiens
,
parce
qu'Hercule
de-
meutoit
alors
à
Fyrinthe.
Ceux-ci
-
ayant
laïflé
le
crime
impuni,
les
Éléens
fuppliérent
les
Corinthiens
d'interdire
les
jeux
Ifthmiques
à
tous
les
Argiens,
pour
les
punir
de
ce
qu'ils
protégeoient
un
cri
minel,
qui
en
avoit
violé
les
fran-
-chifes
&
les
privilèges
;
mais
les
Corinthiens
n'ayant
pas
eu
plus
d’égard
à
leurs
prieres,
on
dit
que
-Molione
frappa
de
fa
malédiétion
tous
ceux
de
fes
Citoyens
qui,
à
l'avenir,
oferoient
aflifter
aux
jeux
Hthmiques
;
&
la
crainte
d’en-
courir
cette
malédithion-eut
tant
d’empire
fur
l’efprit
des
Éléens,
qu'encore
du
tems
de
Paufanias,
ceux
d’entre
eux
qui
s'exércoient
pour
difputer
le
prix
aux
jeux
de
la
Gréce
,
s'abftenoient
des
jeux
Ifimiques.
_
C’eft
pour
cette
raïfon
que
l’on
voyoit
à
Olympie
,
au-deffous
de
la
ftatue
d’un
Éléen,
nommé
Ti-
mon:,
une
infcription
en
vers
élé-
giaques,
qui
marquoit
les
viétoires
de
ce
fameux
Athléte,
&
qui
difoit
(t)
Pau.
page
1975
289
>
479
26%
À
C
que
les
jeux
Hthmiques
étoient
les
feuls
,
où
il
n’avoit
point
été
cou
Tonné
;
parce
que
les
manes
ven-
geurs
des
Molionides
;
c’eit-à-dire
*
des
enfans
de
Molione
&
d’A&or,
ne
permettoient
pas
aux
Éléens
de
prendre
part
à
ces
fpedacles,
ACTOR
,
AGor,
Aurep,
(a)
fils
de
Pifidie
&
de
Myrmidon,,
roi
de
Theffälie,
fuccéda
à
fon
pere.
Ayant
pris
en
mariage
Égi-
ne
,
fille
d’Afope,
qui
avoit
déjà
eu
Eacus
de
Ras
;
il
en
eut
Ménœtius
&
plufieurs
autres
en-
fans
qui,
étant
devenus
grands,
‘firent
une
conjuration
pour
ôter
la
couronne
à
leur
pere.
Mais
il
dé
couvrit
leur
complot
,
&
les
chaf.
fa
de
fon
royaume,
maria
{a
fille
Philoméle
à
Pélée,
fils
d'Éacus,
&c
lui
laïflà
fon
royaume.
ACTOR
,
Ar,
A'urop,
(5)
étoit
fils
du
fameux
Eurythe,
Comme
il
y
en
a
qui
mettentun
AGtor
au
nombre
des
Argonautes,
M.
l'abbé
Bamier
croit
que
c’eft
celui-ci.
Ovide
le
fait
paroître
avec
fon
pere
dans
le
combat
des
Centaures
&
des
Lapithes,
&
dans
la
chaffe
de
Calydon.
Ces
trois
événemens
arrivérent
aflez
près
l’un
de
lautre
,
pour
que
le
même
homme
ait
pu
s’y
rencon-
trer.
ACTOR
,
AGor,
Aurop,
(c)
l'un
des
compagnons
d'Hercule,
I!
fuivit
ce
fameux
Héros
dans
fon
expédition
contre
les
Amazo-
(a)
Myth,
par
M.
l'Abb,
Ban,
T.
VI,
pag.
93
Mém.
de
l’Acad.
des
Infcrip.
&
Bell,
Lett.
T,
IX.
p.
go.
=
(b)
Myth.
par
M,
PAbb.
Ban,
Tom,
VI.
pag.
376,
Mém.
de
l'Acad,
desInfcr,
&
Bell,
Lett,
Tom,
IX,
pag.
75%
A
€
5e
2
mes
;
maïs
ayant
été
bleffé
danse
combat
qu'on
leurlivra.,
il
mou:
rut
en
retournant
dans
{à
patrie
ACTORIDES
,
A&orides,
(d)
qu'Onomacrite
met
au
nom-
bre des
Argonautes.
Mais
comme
c'eft
un
nom
patronymique,
M.
l'abbé
Banier.
penfe
qu'il
eft
vrai
femblable
que
cet*
Auteur
vent
parler
de
Ménætius,
fils
d'AGor.
qui
regna
en
Theffale
,
&
pere
de:
Patrocle.
D'ailleurs
les
tems
con-
viennent
aflez.
Patroclelni-même,
vide,
Aétorides.
DRE
ACTORIDES.
On
donna
aufli
ce
nom
aux
enfans
d'A@or,
originaire
d'Élide.
Voyez
l'article.
de
cet
AGtor..
<
ne
ACTUAIRES,
Anar,
forte
de
Commis,
qui,
dans
les
armées
Romaines
,
avoient
la.
charge
de
diftribuer
aux
foldats
les
vivres.
Îl
y
en
avoit
un
aflez
grand
nombre.
-
en
.
ACTUAIRES,
AGuari,
nom
qu'on
donnoit
aux
Notaires,
où
Grefhers.
E
ACTUARIZÆ
Naves.
(e)
C’étoit
une
efpèce
de
vaifleaux
longs,
fort
légers,
qui
reflembloient
à
ceux
qu'on
appelle
à
préfent
Brigantins.
Il
y
en
avoit
de
deux
efpèces.
1.0
De
fort
petits,
que
Ci-
céron,
dans
une
lettre
à
Atticus,
appelle
Æ&uariole
Naves,
de
pe-
tites
barques,
quil
diflingue
quel-
quefois
par
le
nombre
des
chevil-
(c)
Mém,
de
PAcad.
des
Infc,
&
Bell,
se
d'AGtor
,
eft
nommé
Pa
|
Lett.
Tom.
IX.
pag.
5,
(4)
Myth.
par
M.
l'Abb.
Ban,
Tom,
VI,
pag.
376.
Mém.
de
l’Acad.
des
Enfcrip.
&
Bell,
Lecr,
Tom.
IX,
p.
75
(&)
Antiq.
explig.
par
D.
Bern.
de.
Montf,
Tom,
LV,
pag.
2153
216,
220%
Are
Les,
qu'on
appelloit
Sczlmi,
&
_
qui
fervoient
à
arrêter
les
rames.
LL.
un
autre
endroit
,
il
appelle
dAluariole
|
ces
vaifleaux
lévers
à
_
dix
fcalmés;
ce
qui
s'entend
à
dix
_
rames.
2.°
De
plus
prands,
qui
avoient
les
uns
vingt,
les
autres
trente,
les
autres
jufqu’à
quarante
rames.
Celui
qui
étoit
à
vingt
ra-
|
mes,
en
avoit
dix
d'un
côté
&c
dix
de
l'autre,
&
étoit
appellé
en
grec
tropos,
Celui
qui
avoit
trente
ra-
_
Mes,
s’appelloit
rpraxcrropoc.
Enfin
celui
qui
étoit
à
quarante
rames,
…
&
nommoit
recrapaxérropoc.
.
Ces
vaifleaux
étoient
appellés
Affuariæ,
parce
qu'ils
agifloient
‘avec
vitefle.
[ls
alloient
;
felon
Tiodore,
à
la
voile
&
à
la
rame,
Ces
fortes
de
vaifleaux
n’avoient
pas
la
longueur
de
ceux,qu'on
ap--
pelloit
les
vaiffeaux
longs.
Mais
.
Onles
armoït
quelquefois
en
guer-
re;
comme
dit
Hrtius
dans
{on
ivre
de
la
guerre
Alexandrine.
Les
Pirates
qui
éherchoient
les
Yaïleaux
légers,
s’en
fervoient
or-
dinarement
pour
aller
en
courfe.
Ces
vaifleaux
étoient
pour
l’ordi-
ïare
ouverts,
&
ils
n’avoient
point
de
pont.
Îls
n’avoient
pas
non
plus
à
leurs
proues
des
éperons
armés,
qu'on
appelloit
ro/ffra.
ACTUS,
Aus
,
maéspor,
(aÿ
tom
d'une
mefure
,
qui
étoit
en
uage
chez
les
Romains.
Elle
va-
loit
la
moitié
d’un
arpent
;
c’eft-
ë-dire
,
cent
vingt-pieds
,
l’arpent
tant
de
cent
quarante,
felon
quel-
ques-uns,
(4)
Coût.
des
Rom.
pat
Nieup.
pag.
322,
(8)
Corn.
Schrew,
not,
inOvyid,
Metam.
L,
VI,
V2
020:
AC
25
-
ACTYLE,
Adylus,
(E)
étoit
is
de
Zété
&
de
Philoméle.
Celle-
ci
foupçonna
fon
mari
d’avoir
de
Pinclination
pour
une
des
nym-
phes
Hamadryades,
&
en
conçut:
de
la
jaloufie.
S'étant
äpperçue
qu'Aétyle
fe
prêtoit
aux
intrigues
de
Zété
,
elle
le
tua,
lorfqu'il
re-
venoit
de
la
chafle,
ACUPHIS,
Acuphis
,
Axoupie,
(c)
nom
d'un
ambaffadeur
Indien,
Qui
fut
envoyé
avec
quelques
au-
tres
vers
Alexandre,
de
la
part
des
Villes
que
ce
prince
faufoit
afhéger,
pour
lui
demander
grace.
À
leur
arrivée
,
ils
trouvérent
le
Roï
couvert
de
fes
armes
,
fans
aucun
autre
appareil
;
ce
qui
les
remplit
d’'étonnement.
Mais
ils
fu:
rent
encore
plus
étonnés,
quand
ils
virent
Alexandre
prendre
un
couffin
qu'on
avoit
apporté
pour
lui,
&
faire
afleoir
fur
ce
couflin
Acuphis
,
comme
le
plus
âgé
de
tous.
Acuphis,
fur-tout,
fupris
au-delà
de
ce
qu’on
peut
dire
,
des
politefles
d'Alexandre,
lui
deman-
-da
à
quelle
condition
il
vouloit
les
recevoir
dans
fon
alliance,
C’eff
,:
répondit
le
Prince
,
2
cordirion
que
vous
ferez
établi
vous-même
chef
de
votre
pais
,
&
que
Porn
Im'enverra
pour
Ôtages
cent
des
plus
braves
d’entre
tous
les
habitans.
Acuphis
fouriant,
je
commanderois
mieux
,
repartit-il
,
/£
l’on
vous
envoyoit
les
plus
mauvais
|
au
lieu
de
vous
envoyer
les
meilleurs.
ACUSILAUS,
Acufilaus,
(d)
(c)
Plui.
Tom.
I.
pag.
697
5-
698:
(d)
Suid.
T.E
p.138,
T,
IL,
p.zor*
Jofeph.in
Apion.
p.1034.
Cicer,
de
Orat.
L,
IX,
c,
29.
Mém,
de
l'Acad,
des
Anfgrs
ë
Bell,
Lette
Æ,
VI,
p.
167
02
D
712:
a.
à
<
24.
AC
A'uouginae
,
fils
de
Cabas
,
étoit,
felon
Suidas
,
natif
d'Argos
,
mais
originaire
de
Cercade
,
ville
fituée
auprès
d’Aulide.
C’eit
un
ancien
Hiflorien,
qui
écrivit
les
généa-
logies
des
tems
fabuleux,
qu'on
dioit
que
fon
pere
avoit
trou-
vées,
en
creufant
dans
un
certain
endroit
de
fa
maïfon.
S.
Clément
d'Alexandrie
aflure
que,
quoi-
qu'Acufilatis
ait
voulu
fure
ac-
croire
que
les
recherches,
ainfi
que
le
ftyle,
étoient
de
lui,
1
avoit
fait
que
mettre
en
profe
ce
qu'Hé-
fiode
avoit
dit
auparavant
en
vers.
Quoiqu'il
en
foit,
fi
Acufilaus
ne
peut
s'attribuer
la
gloire
d’avoir
inventé
ce
qu'il
a
rapporté,
ila
eu
du
moins
,
au
rapport
de
Jofephe,
celle
d'avoir
corrigé
le
poëte
Grec
en
bien
des
endroits.
Cicéron,
dans
le
fecond
livre
de
l'Orateur.,
fait
mention
d'Acu-
filaüs
,
aufhi-bien
que
de
quelques
autres
écrivains
Grecs,
qu'il
com-
-pare
à
Caton,,
à
Piétor
&
à
Pifon,
De
leur
tems,
on
ignoroit
l’art
d'orner
le
ftyle.
Pourvu
qu'ils
fe
fifent
entendre
,
ils
s’imaginoient
que
tout
le
mérite
du
difcours
con-
“lftoit
dans
la
briéveté.
Outre
Fhiftoire
des
généalogies,
Acuf-
laüs
avoit
encore
compoié
un
trai-
té
des
fept
Sages,
dont
il
eft
parlé
dans
S.
Clément
d'Alexandrie.
Ses
ouvrages
qui,
fuivant
Suidas
,
?
étoient
fuppofés
,
ou
du
moins
ré-
putes
tels,
avoient
été
commentés
par
un
fophifte,
nommé
Sabinus,
qui
vivoit
fous
l'empire
d’Adrien.
H
ne
nous
en
refte
que
quelques
(a)
Paufan.
pog,
256.
(&)
Suid,
Tom,
I,
pag.
138
AE
lambeaux,
cités
par
divers
Aus
teurs.
On
croit
qu
Acuñlaïs
vécut
avant
l'expédition
de
Darius
con-
tre
la
Gréce.
Voici
quelques
ane
tres
perfonnages
célébres
qui
ont
porté
le
même
nom.
ACUSILAUS
,
Acufilais,
(a)
-
À'uourlhaoc,
étoit
fils
de
Diagoras,
Meflénien
d’origine.
Il
füt
procla-
mé
aux
Jeux
Olympiques
plus
de
quatre
cens
ans
avant
J.
C.
En
effet,
Paufanias
raconte
que
Dia-
_goras
ayant
amené
avec
lu
Olympie
Acuflatis
&
Damagéte,
fon
frere,
ces
deux
illuftres
Athlé-
tes
fe
voyant
proclamés
vain-
queurs
,
portérent
leur
pere
für
leurs
épaules
de
rue
en
rue.at
milièu
d'une
foule
de
Grecs,
qui
jettoient
des
fleurs
für
fon
paflage,
&
admiroient
fa
gloire
&
{on
bon-
beur
d’avoir
de
tels
enfans.
ACUSILAUS
,
Zcufilais,
(b)
Arousiamos
,
fils
d'Agathoche,
na-
quit
à
Athènes,peu
de
tems
avant,
ou
après
la
naïfance
de
J.
C,
I
s’appliqua
de
bonne-heure
&
avec
fuccès
à
l'étude
de
l’éloquence.
Étant
venu
à
Rome
,
fous
l'empire
de
Galba,
il
y
enfeigna
la
Rhéto-
tique
,
&
s’acquit
même
une
telle
réputation
qu'ilgagna
à
cetexercir
ce,
des
fommesconfidérables
;
cat,
à
@
mort,
il
légua
aux
Athéniens
dix
myriades,
qu'on
évalue
à
cent
mille
livres
de
notre
monnoie.
ACUTIA,
Acutia,
(c)
dame
Romaine
qui
vécut
du
tems
de
Tibère.
Elle
avoit
été
mariée
a
P.
Vitellius.
Sons
le
confulat
de
CN.
Acerronius
&
de
C.
Pontius,
l'an
|
(e)
Tacis,
annal,
L,
VI
ç,
47
LA
_
1
de
Rome
790
,
elle
fut
accufée
du
crime
de
lèze-majefté
par
Lélius
Balbus
,
&
condamnée
en
confe-
quence
à
perdre
la
vie,
Junius
Othon,
Tribun
du
peuple,
s’op-
pofa
à
la
récompenfe
qu'on
dé-
cernoit
à
l’accufateur
de
cette
Da-
me;
ce
qui
excita,
entre
l’un
&
l'autre,
une
haine
qui
fe
termina
par
l'exil
du
Fribun.
ACUTILIUS
,
Aeuulius,
(a)
avoit
une
affaire
avec
Atticus,
qui
en
chargea
Cicéron,
fon
ami,
lorf-
qu'il
partit
pour
la
Gréce.
Cicéron
ayant
examiné
cette
affaire,
lui
répondit
quelque-tems
après,
qu'il
avoit
trouvé
que
ce
n'en.
étoit
pas
une;
&
comime
il
ne
croyoit
pas
qu'il
eût
befoin
de
confeil,
1}
aima
mieux
laifler
à
Péducéus
le
foi
de
ii
mander
le
parti
qu'il
devoit
prendre.
Cependant
pour
juftifier
fa
conduite
auprès
d'Atuicus,
il
‘exprimoit
ainfi
dans
fa
lettre.
Puifque
j'ai
donné,
pendant
plu-
»
fieurs
jours,
audience
à
Acuti-
»
lius,
lui
de
qui
le
jargon
vous
_»
eft
connu,
iln
y
a
pas
apparen-
»
ce
que
je
me
fois
difpenié
par
»
molefle
de
vous
écrire
fes
plain-
_»tes,
après
les
avoir
écoutées
,
»
tant
qu'il
a
voulu
,
quoique
ce
»°ne
foit
pas
une
occupation
bien
#5
agréable
sure
I
paroït,
par
une
autre
lettre
de
Cicéron
poitérieure
à
celle-là,
que
l'affaire
qu'Acutilus
avoit
avec
Atticus,
concernoît
unefom-
.
me
que
ce
dernier
lui
devoit
payer.
Car
Cicéron
mandoit
à
fon
ami,
dans
cette
autre
lettre
,
qu'il
avoit
|
A
D.
255
parlé
à
Acutilius
;
qu'il
nioït
que
{on
agent
lui
eût
rien
écrit;
&
qu'il
étoit
furpris
que
cet
homme
eût
fait
dificulté
de
lui
donner
une
affurance
fufhfante
;
qu'on
ne
lui
demanderoït
plus
rien,
quand
il
auroit
une
fois
payé
la
forme,
-ACUTIUS
[M],
M.
Acu-
tius
|
(b)
fut
nommé
[ribun
du
peuple
conjointement
avec
C.
La-
cérius,
lan
de
Rome
354.
Les
Patriciens
avoient
fait
quelques
efforts
pour
être
aggrégés
,
&c
remplir
les
places
vacantes
;
mais
n'ayant
pu
l'obtenir,
ils
vinrent
à
bout
de
faire
nommer
ces
deux
Piébéiens,
qui
leur
étoient
entiére-
ment
dévoués,
étant
bien
aifes
de
donner
atteinte
à
la
loi
Tréboma.,
laquelle,
dans
une
femblable
con-
jonéture,
avoit
ordonné
que
défor-
mais
le
peuple
feul
choifiroit
fes
Trbuns.
À
D
x
AD
,
prépofñition
latine
,
qui
figniñe
4
;,
auprès
,
pour
,
vers,
devant.
Cette
prépofñtion
en-
tre
dans
la
compofition
de
plu-
fieurs
mots,
tant
en
Latinqu'en
François;
Âmare
,
aimer
,
&da=
mare,
aimer
fort.
Donner
,
adon-
ner.
On
écrivoit
autrefois
zddon-
ner
;
Ceft-à-dire
,
s'appliquer
à,
s'attacher
à
,
fe
livrer
a.
Cet
hom-
me-eft
adonné
au
vin,
au
Jell.
Quelquefois
le
4
eft
fupprimé,
comme
dans
aligner,
aguerrir
»
améliorer,
anéantir.
On
conferve
le
d,
lorfque
le
fimple
commence
par
une
voyelle
,
felon
fon
éty=
(a)
Cicer,
ad
Artic,
L:
I.
Epift.
4;
SL
Tir.
Liv.
L.
V.c.ro,
Rolk
hift:
OM:
Æom:
IL:
pag:
16
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