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Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : contenant la gégraphie, l'histoire, la fable, et les antiquités... ; T. I

Sabbathier, François

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RS re . À ie PREMIER E Es DICTI ONNAIRE POUR L'INTELLIGENCE DES AUTEURS CLASSIQUES, GRECS RL. LATINS, TANT SACRÉS QUE PROKANES, a CONTI NANT. ee LA GÉOGRAPHIE, L'HISTOIRE, LA FABLE, ET LES ANTIQUITÉS. DÉDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUCDECHOISEUL, Par M. SABBATHIER , Profeffeur au Collége de Chélons-fur-Marne, | : & Membre de la Société Littéraire de La même Ville, : DE < PREMIER: FOME À CHÂLONS-SUR-MARNE, _ ÇSEN EU. Imprimeur du Roi, dans la Grande Fue ; Et fe trouve à PARIS, ed Chez t Drrar AIN, Libraire, rue S. Jacques , à Vmage S. Jacques. M. DCCG EVIL Avec Approbaïign G* Ptélége du Roi, me es ; Où — Duteue > de ne cet | Ouvrage juiqu'à fa fin, ‘& jufqu'au désré de nos feétion ; qu'il à fort à cœut de lui . EX eft excité par un defr fincère de contribuer aux progrès des Études de la Jeunefle > de piles. Encouragemens qu'ont bien voulu lui donner , en particulier , les Citoyens éclairés de cette Ville, qui ont paru fatisfaits du Profhecéus | & qui ont fouhaité de fe procurer POuvrage. Il n'a _ été moins excité par des Lettres, que l’on s’eft donné la peine de lui écrire de différens païs, à cette occafñon:; . & il doit l'être beaucoup plus par la proteétion ho norable > que Monféigheur Le Duc pe Choiseur veut . accorder à {on Ouvrage, dont il a fort ie le plan. Maïs, comme il delire . que de Public puifle % procurer, à un prix raifonnable, ce nouveau Diétionnaire ; dont la totalité des Volumes {era un peu-coûteufe, nous le propolerons à de nou- velles Elles nous font efpérer que les . Particuliers y auront une entière confiance s d'au tant plus qu'ils ne feront epolés à aucun rifque, puifquils ne feront obligés à aucune avance, & que par-là, nous prévenons tout fâcheux € événement, “Les conditions de la Hiouvelle-Sosfenpfon > ront ee = que ceux - qui auront pris. ie premier - Voir. avant la publication du fecond ; ceft-à- dire, avant le premier Mai 1767, ne payeront l'Ouvrage qu'à raifon de quaire livres le Vol: qui a té le = de la _ a … ie les. +. qui ont Abo ire comme elles ont fait des avances pour trois Vol, clles retireront, fans rien payer, non feulement le premier, mais encore le fecond &. le troifième ee | a Le terme qu'on ‘indique, à une fois cxpirés. cn. payera chaque Volume au prix fixé ; ) qui. GIE de fix livres. - à que … n’eût pas tiré un en fus fant d'exemplaires, tant.du premier que du fecond Volume, qui-eft aGtuellement. fous preffe, on re= commencera. tout de fuite l’impreffion de ces deux: Volumes , en faveur des Perfonnes, qui & feront. préfentées durant le tems prefcrit; & ces Perfon- nes ne payeront pas l'Ouvrage plus cher que les autres. Cette réimpreffion, au refle, fe fera fans préjudice de l'impreffion des Volumes fuivans. On donnera des reconnoiffances relatives à la nouvelle Seufcription ; & l'Ouvrage ne fera délivré Sn À ee E R RATI ss Ë Z E N + fe le ci . a livres le mn = que si la | repréfentation de ces reconnoiffances. On Soufcrit;:: à Châlons - fur - Marne, chez SENEUZE, Imprimeur du Roi, dans la Grande Ruë ; Et à Paris, chez D ELALAIN, Librai- re, rue Saint Jacques > à l'Image Saint Jacques. On peut auffi Soufcrire chez les Libraires &c Imprimeurs des différentes Vi les du Royaume = & des Païs étrangers. | | paroïtra exaétement un Volume tous les fix £ mois, à eommencer du premier Novembre de la préfente année. : On comptoit que celui-ci auroit une centaine de pages de plus qu'il n'a ; mais on n’a pas cru devoir couper la lettre fuivante. Cette méthode , que l'on fe propofe de fuivre , autant qu'il fera poflible ;. fera que certains Volumes auront un peu plus, d’autres un peu moins de pages, qu'on n'a annoncé dans le Profpectus, L E ET CR D COURS — tion aflidue aux Livres ee loûrenne aU= È tant par inclination que par devoir , m'ont fait naf. tre fidée de l'Ouvrage , que je préfente au Public. Dès que jen eus conçu le deflein, je le communiquai à des Amis d’un mérite rare, qui parurent le goûter, & qui m'enga- gérent à y donner une attention férieufe, lis eurent même _la bonté de m'indiquer des fources , qui m'ont été très- utiles. Ce qui fut encore pour moi un nouvel encoura- gement , Ceft l'approbation, qu'ils voulurent bien donner à quelques Articles, que je foumis à leur décifion. Je pourrois ajoûter qu’un illuftre Académicien (4), qui enrichit tous les jours la Littérature d’une multitude d’ex- cellens Ouvrages, ayant eu connoiflance de celui-ci, exigea que je lui en envoyafle le Plan. Je le fs en peu de mots. Et voici Ja manière obligeante dont il me répondit : L'idée que vous me donner, /Monfieur, dans votre dernière, de l'Ouvrage er enr nEeP S EN RENTE (<) M. Formey, fecrétaire perpétuel de l’Acad. Royale de Prufle, üw DISCOURS PRÉLIMINAIR E | &iquel Vous iravailler, en 4 fait CONCOVor une très - - grande eférance. . . … J'inférerai Pextrait de votre Lettre, qui contient le Plan de cet Ouvrage, dans notre Gazette Littéraire de Berlin : corpofee par AA. le Confeiller de Francheville, Membre de notre ee Je foubaïte que L PUNtAgE Même parvienne bientôt à exiflence. Tels font les principaux motifs, qui mont dérerminé à hâcer la publication de cet Ouvrage. Pour fentir Puci- lité des matières, qui en font l'objet, il fufbra de jeter un Coup d'œil fur ce que je vais expofer LueRane chaque Parric. = I. La GÉOCRARAIE à (E Le. qui ont cultivé les premiers la Géographie : ve . m’étoient rien moins que des Philofophes.. C’eft ce qu ’at- tefte Strabon, (4) qui place , au nombre des plus anciens Géographes, Homére, Anaximandre de Miler, Hécarée, citoyen de là méme V ille, Démocrite, Eudoxe, Dicéar- que, Éphore, & plufeurs autres, qui ont vécu dans des £ems poftéricurs. Les Ouvrages de la plüpart de ces Au-. teurs font perdus. Leurs noms feroient également enfe- velis dans un érernel oubli, s'ils n’éroient quelquefois cités par ceux, dont les Ou font parvenus jufqu’à nous. C’eft, fur tout, à Strabon, qui fleurifloir du tems de Jefns- CBrift, que noûs devons la connoiffance de beaucoup “d'anciens Géopraphes ; parce qu'il en Fes quantité dans (à) Strabon, pag. : & 2 DISCO TRS. PRÉLIMINAIRE. a He & Géographie ; Ouvrage qui , ie congeie, 7. des meilleurs, que nous ayons des Anciens fur cette marière: Le:bon fens, la droiture du jugement, l'érudition, Pexac= utude, & la .précifon y brillent par tour. Prolémée, Pline, Pomponius Mél, Étienne de Byzance, qui ont écrit ne tiennent aufli un rang diftingué, Voilà les fources principales, où l'on doit puifer la Géo- graphie ancienne, | Cette fcience eft d’une étendue vafte & ; caf elle comprend généralement rous les pais connus des Anciens. Er vel eff précifément l'objet des Auteurs Grecs & Latins, que l'on voir pour l'ordinaire dans les Clafles. En eflet , Tacire nous prélente les divers Peuples, qui habitérent autrefois la Germanie, maintenant PAllema- gne, ainfi que ceux qui. poñlédoient les Ifles Britanoi- ques. Céfar fait connoître nos premiers Peres, je veux dire les habitans des Gaules, les Belges, les Celtes 4 Aquitains. Q. Curfe, en racontant l'hifloire des Expédi- - tions d'Alexandre , “= en revue les divers Peuples, qui occupérent les contrées d’Afe, jufqu'aux Indes. Tire- Live donne une idée de ceux qui poflédérent l'Italie, dans les tems les plus reculés. Son Hiftoire aboli toutes. les Guerresque les Romains avoient eues avant lui, cela lui donne. eu de parler des habirans d’une in- finité de pais, fitués, non feulement, dans l'Europe , comme l’Efpagne, la Gréce, la Macédoine, la Thrace ; mais encore dars l'Afrique & dans l’Afie. Les Aureurs Grecs, fouvent copiés pär les Latins, embraflent, à peu près, la même étendue de cerrein. Ni DISCOURS PRÉLIMINAIRE Ajoûrez àacela, qu'une Due de la Géographie du moyen âge fe trouve ici jeinte à la Géographie ancienne, parce que les Écrits de quelques Autecrs Claffiques , tels . qu'Earrope, & autres, s'érendent jufques vers le dou fiécle. De combien de Lieux, de Villes, de Villages, de Bourgs, de Fleuves, de Riubes , de Mers, d’lfles, de Prefqu'ifles , de Golfes, de Détroirs, de Montagnes, de Vallées, de Fontaines, n’eft-1l pas fait mention dans ces Écrivains? À chaque page, & prefque à chaque,ligne on en rencontre. Combien, par conféquent, la connoiffance de toutes ces chofes eft-elle néceffaire à quiconque pré- tend lire & étudier avec fruit les Livres Claffiques ? M. Rollin , (a) veut que, dans l'explication d’un Auteur, | on ne laifle jamais pafler aucun lieu, fans avoir foin de le faire remarquer, & même de Je montrer, s’il eft poflible, - fur une Carte Géographique. C’eft, en effet, la maniere la plus fimple, la plus afée, qui < place le plus facile. ment dans Ja mémoire, & qui y fixe le plus nettement les événemens hiftoriques. - À cette occafon, je me rappelle ce m'eft arrivé, un jour que j'expliquois à deux jeunes Gens, cet endroit | de Cornélius Népos: ,, La Flotte (b! afédérée des Grecs : : ke : ; À Deere (a) Roll. hift. anc. Tom. VI. pag. 140 & 648. (b) Claffis communis Græcie trecentarum navium , in qué ducente erant Athenienfium , primüm apud Artemifium , inter Eubœam con- ginentemque terram ; cum claffariis Regis conflixit. Anguflias enim Themiflocles quærchat ne multitudine circumiüretur. Hinc etf pari prelio diféeferant, tamen eodem loco non funt aufi manere, quod » compofée DISCOURS PRÉLIMINAIRE xÿj — » compofée : de trois cens voiles, dont il y en avoit deux ,, cens des Athéniens , attaqua d’abord l’Armée navale des Perfes , auprés du Cap d’Artémife, entre lIfle .d’Eubée & la Terre ferme. Car Thémiftocle, ( qui commandoit les. Grecs, ) avoit foin de n’engager le » combat, que dans des dérroits, dans la crainte d’être 79 » Enveloppé par la multitude des Vailleaux ennemis. Quoique Jd’avanrage eût été égal de parc & d'autre, les Grecs -n'oférent pas néanmoins refter dans ce re : : parce qu’il étoir à craindre pour eux, qu ane partie de là Flotte ennemie venant à. pañer la RU de l'Ile ,, d'Eubée., on ne les attaquât des deux. côtés. Ainfi, ayanc doublé le Cap d'Artémile, ils vinrent mouiller auprés de Salamine, à la vue: .d’Achènes. ‘ :On.ne peut nier, que ce pañlage ne foir ün peu. dif- le à entendre, pour quiconque. n'a. pas quelque. tein- ture de la Géographie. Il y a, fur rout, ces mors du texte, ancipiti premerentur periculo, - QU'ON NE. fçauroit bien traduire fans cela. Les Traducteurs François de notre Auteur, que j'ai confulrés, ne me paroïiflent pas avoir rendu fa penfée, en employant cetre expreffion : Ils ne fulent eve loppés de toutes pas 5 se” qu'ancipiit piemerentur periculo ne veut pas dire la même chofe, que sil y avoit ex oui premerentur parte; mais il fignifie la même chofe, que s 1} y avoir, ex #iraque premerentur pate ; c'elt-à-diré, comme 2 era periculim ne, fi pars navium adyerfariorum Eubœam none ancipiti premerentur periculo. . Q Quo fathun eft ut ab Artemifio difce- derent , & ex adversam Athenas apud Salaine, claffem ie . tilerent, a Nepiin Themift. c. 3.. : ° € XVi] j'ai traduit, on ne les attaquät , où bien, littéralement, is ne fuflent attaqués des deux côtés. : Pour revenir à mes deux jeunes Gens, ils ne compre- _ nofent pas comment les Grecs fe trouveroient attaqués à la fois des deux côtés par les Perfes, lorfqu'une partie de ceux-ci auroit tourné le long de l’ifle d'Eubée, J'avois beau m'exprimer de toutes les façons imaginables, pour le leur faire entendre, je n’en pouvois venir à bout. Voyant cela, je pris une Carte Géographique , & je leur montrai ce dont il étoit queftion. Les deux jeunes Gens me dirent alors d’un air, qui annonçoit leur. atisfaétion intérieure : 24. nous Le comprenons fort bien mannant 5 Ai auparavant nous n'y entendions rien. HS Cette efpèce d’ Épifode confirme Ja . de M. Rollin. D'ailleurs, ce n’eft pas fans raifon, que l’on dit ordinairement, que les Cartes font les litres des Enfans. Il ne faut nn pas les féparer de l'étude de la Géo: graphie, C’eft pourquoi , dès que cet Ouvrage fera achevé, mon deffein eft d’en faire graver un certain nombre, où on aura l'attention d’inférer le nom de tous les . j dont il fera parlé dans le corps du Di@ionnaire. On y äjoûtera même quelques Planches peur les autres matières. Mais on sen tiendra aux plus néceffaires. Jai déjà fait. connoître une partie des Anciens, où je puife, comme dans les fources primordiales. On peut joindre à ct. Hérodote, Diodore de Sicile, Paufa- nias, &c. La plûpart de ces Auteurs ne rapportent que ce qu'ils QE vu de leurs yeux. Leurs Écrits Ont été com 1 5 DISCOURS PRÉLIMIMIIRE ” DISCOURS PRÉLIMINAIRE. xx ee pofés d’après les mémoires qu’ils avoient faits eux-mêmes, chemin faifant, dans leurs voyages. C'eft ainfi que Stra- bon, comme il le dit fouvent, raconte fes propres ob- fervations. On ne peut, ce me femble » avoir. de plus fürs garants. = Les Anciens ne font pas, cependant , les feuls guides; que je me fois propolé de fuivre. Quelque confiance que lon doive avoir en eux, il ne faut pas , fans doute, né- gliger les Modernes , qui ont fait plufeurs découvertes nu. dont on peut fe fervir avec avantage. Les fcayan- tes recherches ; qui font répandues dans les Mémoires de l'Académie Royale des Infcriprions & Belles Lettres, me font fur tout d’un grand fecours. Ce n'’eft pas feu- lement la Géographie ancienne , qui y eft traitée avec tou- ce la clarté, la netteté , & l'élégance pollibles , mais la Mythologie, l'Hiftoire, la Chronologie, en un mot, tout ce qui regarde les Antiquités. Pour ce qui eft de la manière de traiter un Article Géographique , j'ai cru devoir m'attacher principalement à inrérefler le Lecteur, par des récits, qui pluffent: en inftruifant. Si ceft une Ville, dont il faille donner la defcription, après que jai fait connoître fes anciens noms, foit Grecs, foit Larins, ainfi que fa pofition, par rapport à la ee ancienne , j'expofe quel eft celui à qui on en attribue les premiers fondemens, ce qu'on y a vu de plus digne de remarque , de quels événemens elle a été témoin, fi elleaéré détruire, & puis rétablie, quel nom elle porte aujourd’hui , fuppolfé qu’elle exifte encore; dans éij . gnent cet Hiftoire, Mes Guides ordinäires. font Athé née, Héfode, Hétodore | Diodore dé Sicile ; Paufanias & autres : entre les Modernes : M.-labbé Baniér , com- me je far dit plus haut’, “D: Bern. de Montfaucon, M Je Comte de Caylus , les Mémoires se LR 36 + & Belles Lettres. a LES ANTIOUITUS E À connoillance des Antiquités , qui font l’objet de a quatrième Partie de cet Ouvrage, , ft auffrtres-effentielle à quiconque étudie , où eft chargé d’'énféigner les Belles Lértres. (4) Cette onhoncs felon M. Rollin, quon foupçonnera, avec rafon, de m'avoir fervi de guide, “dans Ja diftribution du plan que je me fuis tracé , cette _con- ñoillance |: dis- je » €, jufqu'à un certain point , d'une. ñéceffiré: iblôiiie.» Combien n'y a-t-il pas, dans les Au- teurs ‘claffiques ,: 4 dfexpreffions : d'allufions , de fons', de phrafes , “qu'on ne peut Cftendté , fi l’on na quelque teinture des Anriquités ? [1 n’eft prefque pas po: fible de faire un pas dans la lecture même de l'Hiftoire ; du’on ne fe trouve arrêté par des difficultés, dont fou- vent une légere une de Use donneroit 14 folation. : | Tout le monde fçair que fous le nom d’Antiquités, ef | (@)-Roll Traité des Études, Tom. IL. pag: 4472 + | DISCOURS PRÉLIMINAIRE. xxvÿ compris, ce qu'on appelle coûtumes , mœurs & ufages des Anciens. Et pour donner un ‘peu: plus d’érendue à/cétre explication , on pourroic réduire cela -à-un certain nombre d'articles |, comme le Gouvernement';:la Religion, R Guerre, la Navigation, les Édifices publics ; les Spec- tacles, les Ufages de la vie commune, enfin les Arts & des Sciences. Ghacun de ces arricies comprend une infi- nité de parties qui sy rapportent. C'eft ainfi que’, fous le nom de Gouvernement, font compris les Confuls’, “les : Proconfuls, les Magiftrats , les Cenfeurs , les Préteurs, es Quefteurs , les Archontes ; les Tribunaux, les Loix, les: Accufations, les J ugemens ÿ les Mariages ; les Adop- tions , les Affemblées ; les Comices, les Tribus, les Tri- buns.;les Sénaredrs dre. : sue A Sous le-nom de Religion, on doit renfermer les Diéux, leurs Miniftres, ou Prêtres, les T cmples sales: Meubles, » les Vales & tous les inftrumens qu’on.y emploÿoit; les Fêtes , les Sacrifices je Les. Vœux , les Oblarions.,-les Prie- res., les Proceflions , les Duck. les Arufpices :les Pré- fages , &c. Sous le nom de Ga , les Combats , les Batailles , les Généraux, les Armées ,. les Légions, les Cohortes, les. Troupes de pied., la Cavalerie, la Phalan- ge:, les Armes, les Cafques., les Boucliers , les Piques, les Javelors, les Lances, &c. On peut raifonner de même fur chacun des autres articles. : Je mets les Arts & les Sciences au nombre des Anti- quités, parce que nous fommes redevables de leur inven- tion aux Anciens. Une Providence particulière s'eft ca- xx DISCOURS PRET IMINAIRE. chée fous leur induftrie ; en forte qu'on a prefque toujours attribué à l'effet du pur hazard, ou, fi lon veut, d’une heureufe rencontre, ce qui éroi une attention de Dieu même, qui a coûtume de le. voiler ainf ÿ Pour procurer aux hommes, dans le rems marqué ; lesichofes inécefaires à leur bien être. EE LES - Quoique nous devions aux Anciens, la découverte des. Arts. & des Sciences, qu'ils les aient même portés jufqu'à . une certaine perfection , on ne peut nier que les Moder: nes n’aiene fair des découvertes d’une extréme utilité ;. telle que celle de. l’Imprimerie, de la Bouflole, &ér | Quoiqu'il en foit , la-connoiffance de ces diverfes parties . nelt pas moins néceflaire que celle des autres : & on pourra s'en procurer une idée avec le fecours de ce Ditionnaire. On y trouvera une hifloire fuccinte de 1à Médecine | de lArchite@ure , de la Sculpture , dé la Philofophie 50 de la Poëfe : de TÉloquence , de la Grammaire , de PAftronomie , de la Géométrie , &c. ; c'eftà-dire, qu'on Sinftruira de loripine , des progrès d’ün Ac ; d'une Science; qu'on apprendra quels font ceux qui sy font diftingués d’une manière particulière ; ‘par rapport à la Philofophie, les différentes Sees de Philofophes. Com- bien de fois, celui qui lit un ancien Auteur , entend-il parier d’'Académiciens, de Stoiciens, de Péripatéticiens, : de Platoniciens , de Pythagoriciens. &c? N’eft:il pas bien agréable de pouvoir fe procurer, fur le champ, & à peu de frais , une légere connoiflance de ce-qui concerne ces prétendus Sages de l'Anciquiré? eg DISCOURS PRÉLIMINAIRE. sai Je Fi ce pas cependant: de dobnes une. expli cation des parties de chaque Arr. Cela ne peut, ni ne doit entfer dans mon, plan, parce. qu'il N'appartiencqu’à un Architette, qu'à un Sculpteur ,-qu'ä.un Géométre, &c. de defcendre dans de pareils dérails, J2 en excepterai, feulement, les parties de ces Arts, qu'un Homme de lettres doit, ou eft du moins cenfé ne pas ignorer. On fent bien que je veux parler de la Grammaire , de la Poëfe, de la - Rhérorique , &c. Le Didtionnaire raifonné des As m'eft dci d'un grand fecours. Ces parties, fur tout, m'ont paru y. être expliquées d’une manière , à la fois, claire. » nette, judicieufe, profonde, | -Quoïque je n'aie pas compté. ka Chronologie pour une cinquième Partie, elie n’en entre pas moins dans le plan de cet Ouvrage. Elle eft ; jointe naturellement à à l'Hifroire. C'eft par elle que l'on connoit dans quel tems , à pen près , fe font pañés les événemens que l’on lit. C dt elle qui fert à fixer les époques, qui contribuent fi fort à fa- ciliter l'écude de PHifloire : car , les époques font comme autant de points de repos. Quand vous y êres arrivé, fem- blable à un hommé qui voyage, vous pouvez vous arré- cer, & vous délañer tranquillement , jufqu'à €e qu Al vous ae. envie de vous rendre au point fuivant. M. Rollin, au fujet de Ja Chronologie, dit qu #1 ne faut pas manquer à faire connoître , en gros , aux jeunes Gens , l'Auteur qu'on leur explique, les principales cir- conftances de fa vie & le tems où il vécur. ,; Un jour, » continue le même Écrivain, que j'expliquois:, au Gol- ;, lége royal , l'endroit où Quintilien: parle des Hiftoriens , Grecs, un jéune homme me demanda, pourquoi il ny ,, toit point fait mention de Plutarque. On lui en avoit » expliqué plufieurs vies 5 mais on avoit omis de lui » apprendre 8 quels tes & fous ie. Empereur il » VOIE VÉCU. En un mot, je mai pas Cru devoir féparer l'on Sacrée , de lHiftoire profane , quoique d’habiles Gens aient donné de bons Dictionnaires fur l’Écrirure fainte. Mon deflein étant de donner un Ouvrage qui pût , sil étoit pofhble, ne Jaifler rien à defirer, il na femblé quil convenoit, pour cela , d'y faire entrer ce qui regarde l'an- cien & le nouveau Feflamenr. On pourra être furpris qu'une feule perfonne ait en- trepris de rédiger un Ouvrage, qui embrafle tant de ma- tières différentes. Mais toute furprife doit cefler, quand On fera attention à ce que j'ai déclaré ci-deflus, que je n'ai d'autre mérice que celui de raflembler , & de préfenter, avec un certain ordre, aux yeux des Lecteurs, des chofes, | répandues dans les Écrits d'un nombre . J'ai nommé une bonne partie de ceux dont je me fers, Sans ces fecours, j'avoue qu'il m'eût été impolhble d'exé- cuter mon projet. Ft quoique je nécrive pas pour les Sçavans , je cite, pour l'ordinaire , les autorités que j'em- ploie. I ny a que quelques Tradu@tions , fort eftimées, dont je fais quelquefois ufage, fans l'indiquer. De ce nombre font la traduétion de Q. Curfe, par M. de Vau- gelas, celle de Paufanias, par M: l'abbé Gédoyn, celle » DISCOURS PRÉLIMINAIRE. LS = o ) par M. l'abbé io ; mais comme celé-ne m cpeule pas dé confultér les- SHsaUx , ceux-ci font alors cités. Je avant de terminer ce/difcours, que Ja déclaration de quelques Aüteurs, que leurs Ouvrages é étoient moins le réfulrat.d'une occupation férieufe;, ‘que d’un tems qu'on appelle ses perdu , où d’arafement., a donné lieu quelquefois. à à des murmures.. Je puis aflurer que celui-ci ef le fruit d’une application très- férieufe, Je fuis, cépen- dant, bien éloigné. de penfer que j'aie évité toute forte d'erreurs. Quand on en appercevera quelqu'’une , je prie qu'on ait égard à la fragilité humaine, & qu'en conféquen: ce on me craite avec quelque HAasences Fin du Difcours Préiminaltes #4 DC. DER ZOTAL. Far . » par: ordre de Montisnens fe Vice Chancelier," le Tome prèmier d’un Manuferir, Qui : 2 pour titPE Dithionnaire pour jh 2 des Auteurs ‘Claffi ques . Grecs & Lans, » Tant Sacrés que. Profanes ee m'a paru que cet Ouvrage méritoit d'être accueilli favorablement du Public. DonNé à Paris is fix Mas mil. Lien. çent foixante-fix. PHILIPPE DE PRÉTOT: Le Privilege du Roi, au fecond Folume. DICTIONNAIRE POUR L'INTELLIGENCE | DES AUTEURS CLASSIQUES, _ GREGS ET. LATINS TANT SACRÈS QUE PROFANES, . CONTENANT. LA GÉOGRAPHIE, L'HISTOIRE, LA FABLE em mm age ane =, L’4, comme fon, M] ne vient que de la con- )AŸ formation des ‘orga- 1 nes de la parole ; & comme caraétére, ou . figure dont nous nous fervons, Pour repréfenter ce fon , ü vient de lÆpha des Grecs , ou felon d'autres , de lA/eph des Hébreux. Les: Romains, pour marquer PA long, l'écrivirent d'abord dou- Ble ; aala pour 4/4. Enfuite ils inférérent une £entre les deux z , “hala Quelquefois ils mettoient le figne de Ia fyllabe longue 2/4. - L’4, chez les mêmes Peuples, étoit regardé comme une lettre Tome Z, ET LES ANTIQUITÉS. TS Se nn de fuffrage , ou comime une let= tre falutaire, parce qu’on l’em- ployoit, lorfqu'il étoit queftion d’abfoudre ou de condamner um accufé. Les Juges, portant avec eux trois tablettes, échivoient fur Fune 4 , prèmière lettre dz4- folvo,:& fur uné autre le C, auffs première lettre de condemno. Si le nombre des lettres 4 l'empor- toit fur le nombre des lettres C Paccufé étoit renvoyé abfous, fi non ; il étoit condamné. Lorfque l'affaire n’étoit pas fufifamment inftruite, les Juges écrivoient N. L. fur la troifième tablette ; ce qui s'interpréte de cette manière, 707 2 A4 diquet, c’eft.à-dire, le fait ne pa- roit pas évident. On ordonnoïit alors ce qui s'appelle aujourd’hui un plus ample informé. L’4, confidéré comme prépo= fition, a été en ufage parmi les, Latins. C'eft ainf qu'ils difoient a dextris, à finiftris. L’A, confidéré comme lettre nu- mérale, a été aufli en ufage par- mi Îles Latins. TL figniñoit cinq cens ; & quand on mettoit au- deflus une petite ligne en cette manière 4,1] marquoit cinq mille, L’A a été également en ufage parmi les Grecs, comme. jettre numérale ; mais il ne valoit chez eux qu'une unité, Ils s'en fer- voient encore fréquemment dans la compoñition. Ils le plaçoient alors, au commencement d'un mot. I°4 dans ce cas , tantôt au- gmentoïit la fipnification de ce mot , tantôt lui Ôôtoit celle quil avoit déjà, pour lni en donner ne oppoiée. L’A fervoit auf à marquer l'admiration. C’eft de ces -différens ufages de l’A parmi les Grecs, qu'a été formé ce pre- tuer vers des Racinesgrecques : À fait un, prive, augmente, admire. LA, confidéré comme lettre fymbolique , étoit un hiéroply- phe chez les anciens Egyptiens , qui, pour premiers caractéres, employoient ou des figures d’a- nimaux, où des: fignes qui en marquoient . quelque propriété. Quand les caraëtéres Phœniciens , qu'on attribue à Cädmus, furent adoptés en Eoypte, la Lettre À y fut à la fois un cara@tére de lécriture fÿmbolique ; confacrée à religion, & de l'écriture com- D mune , ufitée dans le commerce de la vie. L’A , fur les monumens, fe trou ve quelquefois feul ayec un point ou fans point, quelquefois accom- pagné d'une.ou de plufeurs let- tres, quelquefois enfin doublé & même triplé. Voici quelles font alors fes fignifications les plus ordinaires. = 14, feul avec un point on fans point, fe prend pour amtiquo, je m'oppofe ; pour Aulus, Aula, Au- gullus, Augufla , noms propres; pour Auguftalis impérial, annus année, argentim aroent, auruM Or, ager Champ, amicus, amica, ami > amie , anima ame , æs monnoie, ararium tréfor public, @c. L’A , accompagné d’une ou de plufieurs lettres, varie dans fes fignifications. 4B. fignifie abdica- vit ,1l a abdiqué. À B N. abne- pos, arrière petit-fils. 4. D, ante diem, avant le jour. 4 D Q. ad= quiefcit , 1 repofe. 4. K. ante Calendas ou plutôt Kalendas, ayant les Calendes. 4, G. 2nimo grato, par reconnoiflance. 4, B. . aviro bono , par un homme de bien. 4. B. U. C. ab urbe con- dira, depuis la fondation de Ro- me, 4. P, M, amico pofuit mu-= numentum, 1l a élevé ce tombeau à fon ami. 4 RP. aram pofuit, il a dreffé cet autel. 4M. 4MS. amicus, ami 4.S, P. Q.R. à Senatu,. Populoque Romano , par le Sénat & le Peuple Romain. … _L'4, doublé. 4.4, vent dire Augufli , deux Auguftes ; 4. guflales., de la Maïfon. de lEm- RER ; &. triplé 4 4 4 ;:il dé- igneitres Augufl, trois Auguftes, Et À * À. A. A4. Sur les médaïlles des Monétaires romains, & même fur quelques-unes de nos anciens _ Monétaires , on trouve cette abré- viation À. À. 4, F. F. cela veut die, ære, auro,argento, flando, ferundo. Ces Monétaires avoient le pouvoir de fondre & de fraper des monnoies en bronze, en or _ & en argent. _ A,4,A, (a) Ces trois lettres à la fuite l’une de l’autre , fe trouvent fouvent répétées dans l’Écriture Sainte. Dom Calmet dit qu'il - faut prendre cette expreffion dans le fens d’une exclamation, com- me sil y avoit heles, helas, he- las. Cette opinion n’eft pas fans fondement ; car, outre que dans les tradu@hions françoifes de la Bible, on lit pour lordinaire 44, zh, ah; la voyelle z, encore de nos Jours, jointe où nôn jointe à VA, marque lés pafñions de notre ame, C'eft l'infléxion-de la voix qui défigne leur différence. Les Anciens, comme lobferve M. Vabbé Vatry, s’en fervoient pour la mème fin. À A AARON, Aaron, A’apos, (b) fils d'Amram & de Jochabed , de la tribu de Lévi , naquit l'an du monde 2430. & avant J.C. 1570 ans. Il étoit frere de Moïfe, & plus âgé que lui de trois ans, Ils » (a) Jerem ce v, 6. c. 14,0, 134 Exech, c. 4. uv. 14, c.20. v. 49, Joël, c, x. w. 15. 5 Mém. de l'Acad. des Infer, & Bell, Lert, F,8. p. 213. ne - (6) Exod. c,3. 7,1. fe. ca, %, 10. 14, dr feq. ©, $+ v. 1, @r feq, €. 6, 7,20. 23: C. 7, Cr feg. C, 15: v.20. c, 16. 7,1. Jen. c, 17.7. 8, PRE So 24o Wo Le Yr \ L 2 ee % avotent une fœur , nommée Ma- rie , l’ainée de tous. Aaron époufa Elizabeth , fille d'Aminadab & fœur de Nahaflon , de laquelle il eut quatre enfans, Nadab, A. biu , Eléazar & Ithamar. Lorfque Moïfe reçut ordre de Dieu d'aller vers Pharaon, roi d'Egypte, pour lui commander de fa part de laïfler {ortir {on Peuple , il alléeua plufieurs rai= fons, afin de s’en difpenfer, & en- trautres, le peu de facilité qu'il avoit à parler. Le Seioneur, fâché de fa réfiftance, lui donna Aaron qui s’exprimoit aifément, & ajoû- ta: » Je ferai dans votre bouche » & dans la fienne : Parlez - lut » vous-même, & il parlera pour .» vous au Peuple. ÎI fera votre . » bouche , & vous tiendrez à fon. » égard la place de Dieu. » Ce- pendant le Seigneur ait à Aaron d'aller au - devant de Moïfe dans le défert, ce qu'il exécuta fur le champ, & il rencontra fon frere fur la montagne, nommée Horeb, où Dieu lui étoit apparu dans une flamme de feu , qui fortoit du mi- lieu d’un buiffon, fans que ce buif fon en fût confumé. Moïfe raconta à Aaron tout ce que le Seioneur lui avoit dit, & pourfuivit fon che. min avec lui. Lorfqu'ils furent ar- rivés en Égypte, ils affemblérent les Anciens d'Ifraël. Alors Aaron, d fegs, c. 28. v, 1. c. 29. , 1. O' fége C, 30. v. 7« @ fegs C. 32, v. 1 > feqe + Levit.c. 8.v.2. dr feq. c. 10: v. 9. Numer, ©. 12, v, 1. feg. €, 16. 7, 1e deg c17. V2, D'feq. c. 20, v.11 dr [eq SFr Rte ÆEcclef.c.2s:0, 7, & feg. Mém. de l'Acad, des Inferip. & Bell, Eetr,. T, 3.-p, 120. ee / 1} \ to AB mancipi, étoient les beftiaux , les efclaves, les terres, & autres pof- feflions dans l’enceinte des terri- toires d'Italie. Les perfonnes en droit de les acquérir , étoient les citoyens Ro- mains, les Latins, & quelques Étrangers,à qui on permettoit {pé- cialement ce commerce. La tranf- ation {e faifoit, ou avec la céré- monie des poids & largent à la main, ou bien, comme on vient de le dire, par une renonciation faite en préfence d'un Magiftrat. ABAN, Aban, (z) l’un des douze mois, qui compofoient l’an- née Perfanne. ABANA , Abana, A'Earà , (b) fleuve d'Afie , arrofant les murs de Damas ; fa fource étoit au ‘: Mont Liban. Il eft affez vraïfem- blable , comme le penfe Dom Calmet, que c’eft le même fleuve qui prend aujourd’hui le nom de Barrady, & dont les eaux vont fe perdre dans le défert,à quelques lieues de Damas. C’eft à ce fleu- ve que Naaman voulut d’abord aller fe laver, préférablement à ceux d'Ifraël. ABANNATION, Aban- natio ; A’revaurif uos , tel eft le nom, qu'on donnoit à un exil d'un an. Cette peine étoit impofée à ceux, qui avoient commis un meurtre imvolontaire. Si toutefois celui à qui cet accident étoit arrivé, pouvoit faire fatisfa@tion à la per- fonne qu'il avoit bleffée à mort, ou, fi elle étoit expirée, à ceux, («) Mém. de PAcad. des Infcrip. & Bell, Lett. T- XVI. p- 259 (6): Reg. EL. IV. c. 5, v. re. (+) Meram, Ovid. L, XV. v. 164. . AB qui le poutfuivoient pour ce meur-- tre , avant que l'affaire fût portée devant les Juges, il étoit exempt du banniflement. Alors il fuffifoit qu'il offrit nn facrifice, & qu'il fe purifiât. bannatio , dont on a formé Abannation , vient de la prépofition 4b & du mot anus, qui fignifie année. - ABANTÉENS , Abantei. (c) les Argiens font ainfi appellés dans Ovide. On dit qu'ils prirent ce nom d’Abas qui régna autrefois à Argos. Mais il y en a qui, fant dans le texte de notre poëte Agris, au lieu d'Arpis, penfent que ce font les Abantes, anciens habitans de l'Eubée. Voyez Abantess = ABANTES, Abantes, A'Earrec , (d) peuples, qui femblent avoir été originaires de Thrace; Car Strabon dit, fur le rapport d’Ariftote , que les Thraces étant partis d’Abée, vil- le de la Phocide, paflérent dans lifle d'Eubée , dont ils s’emparé- rent, & qu'ils donnérent aux ha- bitans le nom d'Abantes. Il ajoû- te cependant que ce nom, felon certains, leur venoit de quelqué Héros. Homère , lorfqu'il fait mention de l’ifle d'Eubée , au- jourd'hui Négrepont, ne nommé jamais fes habitans Eubéens, mais toujours. Abantes. Du temps d'Œnopion, les Abantes allérent s'établir à Chio avec les Cariens. Heëtor , lun des defcendans d'Amphitus , qui avoit fuccédé (4) Strab. p. 445. Hérod. L. IL. c. 146. Pauf. p.3231,332;, 404. Plut. Tom. I: Po 2 y 2» Oiid, Méam. L, XV, Ve 164 AB anx enfans d'Œnopion ; étant parvenu à la couronne, leur fit la guerre, Une partie, fut taillée en piéces, l’autre fe rendit à difcrétion, & fut obligée d’évacuer le pais. L'on a encore vû autrefois des Abantes dans la Thefprotide d'É- pire, vers les monts Cérauniens ; car la flotte des Grecs, en reve- nant de Troye, ayant été difper- fée par la tempête, les Locriens de Thronium fur le fleuve Boz- gtius , & les Abantes de l'ifle d'Eubée , échouérent à la côte de ces Montagnes. [ls yhâtirent une ville,qu'ils appellérent aufli Thro- nium , & ils donnérent le nom d'Abantide au pais qu'ils occupé- rent. Dans la fuite, ils en furent . chaffés par les Apolloniates leurs voifins. La dixième partie des dé- pouilles , que les Apolloniates a- voient remportées fur leurs enne- mis, fut employée à élever des ftatues à Apollonie. Les Abantes fe tondoient an- ciennement ; ils ont même été les premiers, felon Plutarque , qui ayent pratiqué cet ufage. Ainfi ils ne l’avoient pas appris des A- rabes, comme quelques-uns l'ont cru, & ils ne le faïfoient pas non plus à limitation des Myfens; mais parce que, hardis & belli- queux , ils joignoient de près leur ennemi dans le combat, & fe bat- toient de pied ferme à coups de | main ; aufhi n'ufoient-ils à la qe ni de fronde, ni d'arc. ls ne fe coupoient cependant que les cheveux de devant, qui feuls pouvoient donner prife L À À B TI für eux, à celui qu'ils avoient en têtes ABANTIAS, Abantius, eft le nom patronimique que lon don- noit à Danée & à Atalante, qui étoient toutes deux petites filles d'Abas, ancien roi des Argiens. : ABANTIDAS , Abantidas, A'Eavridas, (a) fils de Paféas, vers la quatrième année de la 128.e Olympiade , 265. ans avant J. C. Après la mort de Fi- moclidas , qui avoit été élu Fyran de Sicyone , conjointement avec Clinias, Abantidas prétendant à cette dignité , tua Chnias. Quant à fes parens & à fes amis , 1l tua auf les uns, & envoya les autres en exil. Il voulut encore faire mourir Aratus fon fils, qui n’avoit alors que fept ans ; mais lorfque ce jeune homme fuyoit de chez fon pere avec les autres,&qu'il cou- . roit dans la Ville tout effrayé, fans que perfonne lui donnât le moin- dre fecours , il fe fauva par ha- zard dans la maifon d’une femme, qui étoit juftement fœur d’Aban- tidas, mais mariée à Prophante, frere de Clinias. Cette femme fur- nommée Sofo, qui avoit des fenti- mens nobles &t généreux, Fous que ce n’étoit que par un efret de la providence divine, que cet en fant s’étoit enfui chez elle , le ca- cha, & l’envoya enfuité fecrete- ment à Argos durant la nuit. [y reçut une éducation mâle, telle que les Spartiates la donnoïient anciennement à Jeurs enfans. Cependant Abantidas contt- . nuoït d'exercer à Sicyone la ty- æ) Plut, T, I, p. 1027, 1028, Roll: Hift, anc, T.IV,p.227; È-G Poe, 12: A B xannie; qu'il avoit ufurpée. Il avoit accoûtumé d'aller entendre dans la place publique Dinias &c Ariftote, le dialeéticien, & tnême de prendre part à leurs difputes ; ce qui fut pour ces deux Philo- fophes une occafion de fe défaire du Tyran, Ils lui tendirenten effet _des émbuches & le tuérent. Aban- tidas eût pour fuccefleur Paféas , fon pere, que Nicocles fit anfñ périr dans la füite, pour fe faire tyran à fa place. Mais Nicocles ne garda pas long-tems la tyran- nie ; quatre mois après, pendant lefquels il canfa de grands maux à la Ville, il en fut dépouillé, Et celui, qu'Abantidas avoit voulx éloigner pour toujours de ce haut rang , c'eft-à-dire , Aratus, cet élè- : ve de Sparte, en fut alors revêtu: . ABANTUS, Æbanitus, (a commandoit la flotte de Licinius, durant la première guerre que ce prince eut avec Conftantin. Un Jour qu'Abantus fe tenoit avec fes Vaifleaux dans PHeliefpont, Crif- pus Céfar, commandant de la flotte de Conftantin , vint Py at- taquer par l’ordre de fon maître, qui étoit en même-tems fon pere. -On fe difpofà de part & d'autre à une action ; & comme l’efpace étoit étroit , les. généraux. de Conftantin crurent qu'il fafhroit de faire agir quatre - vingts de leurs meilleurs vaifleaux , & “qu'un plus grand nombre ne fer- -Viroit qu'à embarrafler le combat. Abantus vint fur eux avec deux -cens bâtimens, méprifant Jenne- AB | mi, & comptant l’envelopper fans: peine ; mais la précipitation & le défordre, fuites, ordinaires de la préfomption, & la difficulté des évolutions dans un canal de peu de’ largeur, tournérent contre les gens d'Abantus l'avantage de leur multitude. [ls heurtoient leurs bätimens les uns contre les autres, ils fe brifoient mutuellement leurs rames , &@ fembloient fe livrer d'eux-mêmes aux ennemis, qui - S’étoient avancés en bon ordre, êt que rien ne génoit dans leurs mouvemens, Plufieurs des vai {eaux d'Abantus périrent, & furent coulés à fond avec les foldats qu'ils portoïent. Cependant il n'y avoit pas encore de décifion bien marquée, lorfque la nuit furvint &t fépara les combattans , qui fe retirérent les.uns à Éléus, ville de la Cherfonnèfe, les autres dans le port d'Ajax, du côté de l’Afe, Le lendemain Abantus voulut prendre fa revanche , & il-partit par un vent de nord, pour enga- ger un nouveau combat. Les pre- miers officiers de Conftantin ne s'écartèrent point de la rade d'É- lus, peut-être parce qu'ils pré- voyoient ce qui ailoit arriver. En effet, vers le milieu du jour, le vent tourna du nord au midi, & excita une tempête horrible, qui ruina entièrement la flotte d'A- bantus. Cent trente vaifleaux fu- rent fracaflés , & cinq mille {ol- dats noyés. . ee ABAQUE, Abacus , A'Gaë, (5)table ou tablette qui fervoit aux (a) Crev. Hiff, des Emp. Tom 4 (4) Mém. de l'Acad. des Infcrip, 8 er pe pag. 301. M, Lett, T, IL, p. 1374 Te-V, p, 260 + ee Anciens dans leurs calculs. C'é- toit une efpèce de quadre long & diviée par plufeurs cordes d’airain paralleles, qui enfiloient chacune une égale quantité de petites boules d’yvoire ou de bois, mobiles comme des grains de chapelet, par la dfpofition defquelles , & fmivant le rapport que les inférieures avoient avec les fupérieures , en marquant des nombres de même genre en diverfes clafles, on faïloit toutes fortes de calculs. . Cette tablette arithmétique fut connue des Romains, fous le nom d'Ahacus. On la trouve décrite d’après quelques monu- mens antiques par Fulvius Urf- mus & Ciaconius ; mais comme lufage en étoit un peu dificile, celui de compter par jettons pré: valut, Les Romains donnoient auf le nom d’Abaque à ce que ñous appellons à préfent bufet. + ABARBARÉE, Æbarbarea, A'CapCapéns (a) nom d’une Naïa- de, qui fut mariée à Bucolion, fils aîné de Laomédon. De ce Mariage naquirent deux enfans qui prirent, l’un le nom d'Éfepe, _ l'autre celui de Pédafe. - . ABARE, ou ABARUS, Abarus ,. nom d’un roi d'Édefle. Voyez Abgare.. : -ABARIM, Abarim, A'Eaplu, {b) montagne de Palefline , dans la tribu de-Ruben. On l'a dittrès- haute & d’un accès très-difiicile. Ce fut fur cette Montagne que Dieu commanda à Moïfe de mon- (à) Hom, Hiad. L, VI. v. 22. (&) Deuter, c. 22, v. 49 @' fe. {c)-Pauls p. 184. Hérod, L. IV, c, 36, A B +3 ter, pour contempler de-là la terre, qu'il devoit donnet aux en- fans d’Ifrael. Cet ancien Lésifla- teur obéit ; & après avoir con- templé tout le pais de Chanaan, cette terre promile, dont entrée lui fut interdite pour une lécère défiance, 1l mourut {ur cette même Montagne, âgé de cent vingt ans. L'on n'a jamais pu découvrir ce qu'étoit devenu {on cerps , ni par conféquent le lieu de fa fépulture. ABARIS, Abaris, APapie >. (c) fils de Seuthus,, étoit, felon les uns, du pais des Scythes, &felon d’autres, du pais des Hyperbo- réens. Il vécut du temps de Py- thagore & de Phalaris, c’eft-à- dire, environ fix cens ans avant : l'Ére Chrétienne. On raconte de lui des chofes qui tiennent trop du merveilleux pour être crues. Il parcourut, dit-on, toute la ter- re ayec une fléche, fans rien man- ger.. Lorfqu’il pafla par la Gréce, vers le règne de:Crélus, ou plus précifément la feconde année de la 54e Olympiade, 563. avant J.-C. il vint à Lacédémone, & trouva cette ville fujette’à de fré- quentes mortalités , caufées par lesvapeurs & par le chaud qu'en- voyoit le voifinage du Mont Æaygete. Îl fit des facrifices & des luftrations | accompagnées fans doute de remédes naturels & efficaces ; & ces maladies ne pa- rurent plus dans-la fuite. Durant fon féjour parmi les Lacédémo= niens, il conftruifit, au rapport de quelques Auteurs, un temple Strab.p.301. Roll.Hift.anc. T:Vl:p.129. Mém, de l’Acad.des Infes & Bell: Le. T, XI, Pr 169 & 170: Le KIVe Pr 399 j4 AB de Proferpine , confervatrice , à côté de la chapelle de Vénus Olympienne. - Quand il alla à Athénes , 1 y arriva dans un tems, où tous les Peuples de la terre , afigés d’une cruelle pefte & d’une famine uni- . verfelle | reçurent pour réponfe de l’Oracle, que ces maux ne cef- froient point , jufqu'à ce que les ÂAthéniens euflent offert certains facrifices , dont ils étoient chargés pour les autres Nations. Outre Fefprit de divination qu'il avoit reçu d'Apollon, au culte duquel - d s’étoit confacré, il obtint de ce Dieu une fléche volante d’or, fur laquelle il traverfoit les airs, com- me s'il eût té monté fur un Pépa- fe. C'eft la même dont il a été dé- jà fait mention d’après Hérodote. On dit qu'Abaris avoit compofé plufieurs piéces de poëfie. ABARIS, bars , (4) l’un des vaillans guerriers,quicombattirent contre Euryale. Il fuccomba avec trois autres, Fadus, Hébéfus & Rhoœtus , fous les coups de ce jeune & brave Troyen. ABARON, baron, (b) fur- nom d'Éléazar, qui ne fe trouve ni. dans la Vulgate ni dans les Sep- tantes ; mais dans les traductions françoifes de l’Écriture , & par- conféquent dans le texte origi- nal où hébraïque. Voyez Éléa- AT « ‘ ABAS, Abas, A'Eac , (c fleuve d’Afe dans PAlbanie. Sa fource étoit dans les montagnes de cette province, qu'il arrofoit du (a) Virg. Æncid. L, IX, v. 344, = (8) Macc, L. I. c: 6, v. 43. (c) Plut, Tom, I, pag. 638: | AD couchant à lorient, & fon embout chure en conféquence , dans la mer Cafpienne au - deflous de la ville d'Albana. Ptolemée Pappel- le Aïlbane, ainfi que Pline. Lorf- ue Pompée marchoit contre les IJbaniens , il rencontra fur'les bords de ce fleuve une armée confidérable, qui étoit compofée de foixante mille hommes de pieds, couverts de peaux de bêtes , & de douze mille che- vaux, & commandée par Colis, frere du roi. Celui-ci, aufhi-tôt que lattaque fut commencée. pouffa fon cheval contre le. gé- néral Romain , & lui lança un trait, qui ne fit qu'effleurer fa cuirafle. Pompée alors le perça de fa lance & le tua. : HABAS, Abas ; N'Exc. (d) y a eu plufeurs Héros dece noms Celui, dont parle Virgile dans le premier livre de fon Énéide, étoit le compagnon d'Énée. Le vaif- feau fur/lequel il étoit porté, fut un de ceux, qui fuccombérent fous les eflorts: de cette horrible tem- pête, que Junon excita.avec Pa- rément d'Éole, tandis que les a faifoient voile de Sicile en Îtalie. - C'eft fans doute le même qui dans la fuite fuivit Énée , lorfqu'il s’embarqua fur une flotte Étrufque. La poupe du vaifleau , qu'Abas montoit alots, étoit ornée d’un Apollon doré ; & toutes {es troupes avoient des ar- mes éclatantes. C’étoient fix cens jeunes foldats aguerris , que lui fournit la ville de Populonie. Ptolem, L. V.c. 12. Plin. EL, VI, c. 12° (4) Virg, Æneïid, L, I: y, 125, L, Xe Vs 170.9 174 à 172 5 427% À B _Abas fut tué peu de tems après ; dans un combat fanglant, par Laufus, l’un des principaux chefs des troupes ennemies. . ABAS, bas, A'Pac, (a)fils de Lyncée & d'Hypermneftre, monta fur le trône d’Argos 1384. ans avant l'Ére Chrétienne, Lyn- cée, fon pere, auquelil fuccéda, ne dut fon falut qu'a la protec- tion d'Hypermneftre. Danaüs , fon beau-pere, averti par un Oracle, qu'il feroit détrôné par un de fes gendres, exigea de fs filles, qu'elles tuaffent leurs maris la première nuit de leurs anôces. Elles obéifent toutes , à exception d'Eÿpermneftre qui fuva le en“ . Danaïüs €n punit fa fille ; mais zevenu dans la fuite à Ini-même, il reconnut Lyncée pour fon gen- dre Z pour fon fuccefleur. Celui- ci ayant régné 40 ans, laïfla la zoyauté à fon fils Abas, à qui -il avoit donné, après la mort de Danaüs, le bouclier qu'il tira du” temple de Junon Argienne, & que Danaüs y avoit confacré. Abas eut deux fils, Prœtus & Âcrilius, qui partagérent entre- eux le royaume de leur pere. Le premier fut établi roi de Mydée, de Tirynthe & de toute la côte maritime de l’Argolide, & le fecond demeura maître d'Arvos.. 5 ABAS, Abas, (b) tégna dans lAulide. Il étoit pere, ou felon = (a) Pauf. p. 112, Strab. p.430. Ovid. bb. 2 . . d’autres, grand-pere de Canthus , Jun des Argonautes, qui, au rapport d'Apollonius , périt dans la Eibye , apparemment lorfque le navire Argo s'arrêta fur les côtes d'Afrique. ABAS , Abas, AGac sr Il y en a qui prétendent que c’e le nom d'un enfant, que Cérès métamorphofa en lézard. Voici comme on raconte ce fait. Cérès, preflée par la foif en cherchant fa fille Proferpine, alla fe préfenter à la porte d’une maïfon, qu'elle apperçut de loin ; il en fortit une vieille femme , à qui la Déefle demanda de l’eau. Cette bonne femme lui préfenta un breuvage doux & agréable à la bouche, avec une efpèce de bouillie qu'elle avoit faite depuis peu. Tandis que Cérès buvoit & mangeoit, un petit garçon vint fe mettre devant elle. Comme il étoit hardi, il f prit à rire de la voir boire & manger avec tant d’avidité. Cérès piquée, jettæ fur lui ce qui lui reftoit de fon breuvage & de fa bouillie. Auft- tôt le viage de ce petit effronté parut marqué de diverfes taches ; fes bras devinrent fes cuifles ; fes autres membres furent auffi chan- gés ; & une queue, qui lui fortit par derrière, acheva’{a métamor- phofe. Ce ne fut en un mot qu'un lézard. ABAS ,. Abas, Néa (d) Centaure & grand chafleur de () Mém, de lAcad, des Infcrip. & Métam. L. IV, c. o, Mém. de PAcad:|Bell. Lerr, T. IX. p. 83. des Infcrip, & Bell, Lett. T. Il. p. 197. Myth:.par M, V'Abb, Ban: T, VI p.49. À VIT, pag, 102: va (c) Ovid. Méram. L. IV. c. 12. (4) Ovid. Métam. L. XIE, c.8Antiqe expl. par Dom B,.de Monif, L, L p; 4014 Cer—”, 16 À B fanghers. Il en eft parlé au don- sième Livre des Métamorphofes d'Ovide, où Neftor raconte le combat des Lapithes contre les Centaures. Abas qui sy étoit trouvé, avoit pris la fuite avec Phole & Mélanée. ABAS, Abas ; NEac, (a) auteur d’une hiftoire de Troye, qui eft citée par Servius fur la foi d'autrui ; ce qui prouve qu’elle étoit déjà perdue, On ne fçait point fi cet Abas eff le même dont Suidas dit quil fut Sophifte de profeflion , & qu'ou-. tre un art de parler, il laïffa des commentaires hiftoriques ; mais on ne doute pas que celui- ci ne foit cet Écrivain dont parle Photius , & fuivant lequel la femme de Candaules , dernier roi de: Lydie , de la. famille d'Hercule, s’appelloit Abro. ABASA, Abafa , (b) ifle de de la mer d'Éthiopie. Ses habi- tans , felon Paufanias, font ré- utés Éthiopiens. : » ABASCANTUS, Abafcantus, nom d'un des chevaux du Cir- ue. Voyez Chevaux du Cirque. ABASTER , Abafter.. On dit que c’eft le nom d’un des che- vaux de Pluton. Ce Dieu en a- voit trois , le premier fe nom, moit Méthéus , le fecond Abafter, \ © le troïfième Nonius. . ABATON, Abaron, N'£aœroc, (c) terme qui fignifie en général quelque chofe d'inacceffible. Les monumens & les trophées étoient principalement" régardés’ comme - (a) Suid. ru de (&) Pauf, pag. 395, AB tels, parce que l’on n’ofoit y tous ‘Cher, les tenant pour facrés, Mais le nom d’Abaton fut donné en particulier par les Rhodiens à un grand édifice , qu'ils conftruifirent environ trois cens ans avant J. C. pour mafquer deux Statues de bronze, que la reine Artémife avoit fait élever dans leur ville. Voici à quelle occafon. Ces Peuples, dont l4 mort de Maufole ; roi de Carie, avoit reveillé les efpérances, coururent aux-armes , chafsérent les parti- fans des Gariens, & rétablirent la Démocratie. Fiers de ces pre- miers fuccès , ils équipérent une puiffante flotte ,. & cinglérent droit à Halicarnafle, Maïs Arté- mife en étant avertie, donna ordre qu'il y eût une armée navale cachée dans le petitport , avec les forçats & les gens de guerre qui avoient accoûtumé de combattre für mer , & que le refte parût fur les remparts. Alors les Rhodiens ‘ayant fait approcher leur armée navale bien équipée ; comme elle étoit près d'entrer dans le grand port, la Reine fit donner un f- gnal de deffus les murailles, com- me pour faire entendre que la ville vouloit fe rendre. Les Rho- diens étant {ortis de leurs vaifleaux pour entrer dans la ville, Artémi- fe’ fit incontinent ouvrir le petit port, d’où fortit fon armée na- vale qui entra dans le grand port, où étoient les vaifleaux des Rho- diens vuides , qu'elle emmena en pleine mer , garnis de matelots (c). Mém. dé l’Acad. des ‘Infcrip. & Bell, Let, Tom, IX, page 156, A B Re de foldats ; & en même temps les Rhodiens n’ayantaucun moyen de f retirer , furent tous tués dans la place publique, où ils fe trouvé- rent enfermés. . Cependant la Reine, avec les _ navires des Rhodiens, fur lefquels elle avoit mis de fes foldats & de es matelots, ‘alla droit à lifle -de Rhodes. Les habitans voyant venir leurs vaifleaux, couronnés de lauriers, reçurent leurs enne- mis , croyant que c'étoient leurs gens, qui revenoient vittorienx. Alors Artémife, après avoir pris Rhodes &c tué tous les principaux de cette ifle , éleva un trophée dans la ville avec deux ftatues de bronze, dont l’une repréfen- toit la ville de-Rhodes , l’autre étoit fon image , qui imptimoit fur le front de celle, qui repré- fentoit la ville, les caratéres où fignes qui marquent la fervitude. ong-tems après , les Rhodiens faifant {crupule d’abattre ces fla- tues, parce qu'il n’étoit pas per- Mis d'ôter les trophées qui ayoient été dédiés en quelque lien, s’avi- férent, pour en ôter la vue, de bâtir tout au tour un édifice fort élevé, à la mode des Grecs, qu'ils appellérent Abaton. ABATOS, Abatos, N'Earoc, terme qui marque, ainfi que le précédent, quelque chofe d’inac- cefhble : c’eft lé nom d’une ifle d'Égypte , fituée à l'extrémité de cette contrée, dans le lac de. Memphis. Elle étoit célébre par le tombeau d'Ofiris, que l’on yoyoïit dans un temple confacré (a) Lucian, Tom. II, pags 107 "108, Tom. Z. Es D | A B T7 à ce Dieu ; ainfi que par le fin lin qui y éroïfloit, & larbrifleau . ñomimé Papyrus, ‘dont on faïoit des tablettes pour écrire. C'eft de-là, dit-on, qu’eft venu le nom du papier dont on fe fert aujour- -dhui. M. Lucas, cité par M. de Ix Martinière, dit qu'étant au bord du lac de Memphis, il trouvæ deux pêcheurs qu'il pria de vou- loir bien le conduire dans l'ile. Il efpéroit d’y voir les débris des. pyramides , dont parle Hérodote, & qui du tems de cet hiftorien, s'élevoit de cinquante toifes par- deflus la far-face de ce lac, quoi qu'il y en eût encore autant de caché’ fous l’eau. Mais ces pê- cheurs, dont les barques étoient fort mauvaïfes , l’aflurérent que, s’il fe levoit le moindre vent , ils feroient en danger de périr. ABAUCHAS , Abauchas ; A'Cœvxar, (a) célébre Philo- fophe. Un jour qu'il alloit à Lx ville des Boryfthéniens avec fz femme, fes deux enfans, & ur de fs amis, il fut attaqué en éhémin par des voleurs, & fon ami bleffé. à la cuifle; de forte quil ne pouvoit plus fe foûtenir. Cépéndant le feu ayant pris l ftit au logis où ils étoient , il chargea fon ami fur {es épaules , & le fauva à travers la flamme, laïflant fes petits enfans qui lui tendoient les bras, & répouflant _fa femme qui le vouloit arrêter. Il lui cria feulement qu'elle le fuivit; ce qu’elle fit avec un pe- tit enfant qu'elle tenoit embrafñlé, &c qui fut étouffé par la vapeur e LR 38 — AB du feu ; maïs l’autre, qui venoit après, échappa. Comme on lui réprochoit enfuite quil avoit a- bandonné fes enfans pour fauver un étranger : J’ez pouvois , dit il, avoir d’autres ; mais Je n'euffe Jamais recouvré un pateil ami. Le leûteur n’a pas befom qu'on li fafle remarquer le faux de cette penfée. _— ABAZÉA, Abazea, (b) fêtes ou cérémonies qui furent établies par Denys, fils de Caprée, êt roi d'Afe. On dit quelles furent ainfi appellées du mot grec A'Caxeiwv, qui vent dire gar- der le filence. C’eft que ces fêtes fe célébroient dans un profond filence. .ABBA, Abba, APCa. Ke) Ce mot qui a la même fignifiication que Pater, & qui veut dire par conféquent Pere , fe trouve en plu- feurs endroits de l’Éctiture fainte, Jesus-CHRIST, dans fa Pafion, au rapport de S. Marc, difoit: Abba Pater: » Mon Pere, tout » vous eft poflible : éloignez de » moi ce calice. Cependant que » votre volonté s’accomplifle, & .» non pas la mienne. « S. Paul, écrivant aux Romains, s’expri- moit.ainfi: ». Vous n'avez point » reçu de nouveau lefprit de » fervitude pour ètre dans la » crainte ; Mais VOUS avez reçu » l’efprit de l'adoption des en- » fans, par lequel nous crions : » Abba, notre Pere. Et ailleurs, (a) Cicer. de Nat. deor, L, TTL, c. 58. (&) Marc, c. 14. v..36, Rom, © 8. v: BS- Gal. Ce &e Ve 6: se (c) Tit. Liv. L. XXX. c. 7. (4) Tir, Liv, L, XXXVIIL, c, IS €: Li __ » dans fon Épiître aux Galates3 » parce que vous êtes aufh fes » enfans, leur dit cet Apôtre, » Dieu a envoyé dans vos cœurs » l’efprit de fon Fils , qui crie: » Abba: Mon Pere. « ABBA, Abba, (c) ville d'Afri- que, dont il n’eft fait mention que dans Tite- Live, en ces termes: » Les Ambafladeurs, [envoyés à » Saphax, | lui repréfentoient qu » ils avoient rencontré, aux en- » virons de la ville nommée Abba, » un corps de quatre mille Celti- » bériens, compofe d’une brave « Jeunefle , qu'on venoit de lever » en Efpagne parfes ordres. Cela » fe pañloit fous l’année 549 de » [a fondation de Rome. « ABBASSE ; Abbaflus , ro, ville d'Afie , où le Conful Cn, Manlius campa plufeurs jours dé fuite, lorfqu’il marchoit contre les Gallogrecs. Cette ville n'ayant pas été connue des anciens Géo= graphes , il feroit difficile d’en marquer la pofition. On fçait feu- lement qu’elle étoit à une jour- né de la fource de l’Alandre. : ABDA, Abda, Aus, (e) Seigneur qui vécut du temps. du roi Salomon. Il avoit un fils, nommé Adoniram, qui fut fur- intendant des tributs. ABDAGESES , Abdagefes, (f) Seigneur qui fut très-puiifant parmi les Parthes, fous l'empire de Tibère. Devenu ennemi d'Artabanus, il embrafla le parti (e) Reg. L. IT. c. 4 y. 6: 4 (f) Tacit.annal. L. VI c. 31, 375 43 & fea. Crev. hifi, des Emp. Tom, pag. 595. & fuive AB de Tiridates , que Vitellius, gé- néral des Romains, voulut placer fur le trône de Parthie à la place d’Artabanus. Il lui mit entre les mains les tréfors de la couronne , ê tous les ornemens de la roÿyau- té, tandis que fon fils , qui avoit levé le premier l’étendafd de la revolte , amenoit au nouveau Roï, un corps confidérable de troupes. Tiridates recut le diadé- me des mains du Suréna vers l’an de Rome 789. Mais la plûpart de fes partifans l’abandonnérent bientôt, & rentrérent fous les loix d'Artabanus | les uns par crainte , les autres par Jaloufie contre Abdagèfes,qui jouifioit d'u- ne grande autorité auprès de Ti- (ridatés, & difpoloit {eul de tou- tes les graces & de toutes les dignités. À cette nouvelle révolution, Artabanus ,avec une armée nom- breufe , vint camper auprès de Séleucie. Tiridates effrayé de fon atrivée, étoit incertain sil iroit au-devant de lui, ou s’il tireroit la guerre en longueur. Et comme ceux de fon confeil étoient d’avis que lon combattit l'ennemi fans différer ; Abdagèfes, prenant la parole, dit qu'il falloit retourner en Méfopotamie; que Tiridates Mettroit le fleuve entre lui & fon rival; & qu’en appellant à fon fecours les Arméniens, les Ély- méens & les autres Nations qui étoient derrière lui, auxquelles il Joindroit les troupes de fes alliés 5 & celles que lui enverroit le gé- (a) Jérém, C. 36e V. 26, Ab 19 néral Romain, il feroit en état de donner bataille avec ‘avantage. Cet avis l’emporta, tant à caufe de l'autorité d'Abdagèfes, que de la lcheté de Tiridates qui n’ofoit s’expofer au danger. Il n’eft plus fait mention d’Abdagèfes depuis cetévénement. Onignore ce qu'il devint, & par conféquent le temps & les circonftances de {a mort. ABDÉEL, Æbdeel, (z) eut - un fils qui s’appelloit Sélémias à auquel Joakim , roi de Juda, commanda un jour, ainfi qu'à quelques autres, d'arrêter le {e- crétaire Baruch avec le prophéte Jérémie ; mais Le Seigneur les cacha. : à ABDÉMÉLECH , Abdeme- lech, A’Bleuérey, (b) eunu- que du roi Sédécias, natif d'É- thiopie. De fon-tems, le prophéte Jérémie fut mis par ordre du Roi dans une bafle-foffe , où il n’y avoit point d’eau , mais de Îa boue. Aufh-tôt qu'il Peut appris, il alla trouver Sédécias, qui étoit alors dans fon fiége à la porte de Benjamin, & lui dit hardiment, que l’on avoit commis une très- mauvaife aétion, en jettant le pro- phéte Jérémie dans une Pañle-fof {e ,parce quil y mourroiït de faim, n'y ayant plus de pain dans la ville. Le Roi lui commanda fur le champ de prendre trente hom- mes avec lui, & de tirer le Pro- phète Jérémie de cette bafle-foffe avant qu'il mourût. Abdémélech ayant pris ces hommes , entra dans le palais du Roï, dans un (6) Jérém. C. XXXVIIL, v, 7. gr fegs Ci XXIX, Ys 26 &* eg: a B ij om mer 26 ÂB _ fat mort, on lenterra à Phara- thon , fur Ja montagne d'Amalec. ABDON, Æbdon, ACdou, @) étoit fils de Micha , & vivoit u tems de Jofias, roi dé Juda. I fut l’un de ceux, que ce prince en. voya vers la prophétefle Olda, pour la confulter fur ce qui étoit écrit dans le livre de Ja lor, que le pontife Helcias avoit trouvé dans le temple. Cette prophétefe leur répondit que le Seioneur alloit faire tomber fur Jérufalem & fes habitans,les maux & les malédic- tions contenues dans ce livre, parce qu'ils l’avoient abandonné pour facrifier à des Dieux étran- gers. Quant au roi de Juda, qui vous a envoyés, ajouta -telle, vous lui direz ceci de la part du Seigneur : » Parce que vous avez » écouté les paroles de ce livre, » que votre cœur a été attendri, » & que vous vous êtes humilié » devant Dieu, en entendant les » maux dont Dieu menace les habitans de Jérufalem , & parce » que vous avez été touché de ma. » crainte, que vous avez déchiré » vos vêtemens, & que vous avez » pleuré devant moi, je vous ai » aufli exaucé ; c’eft pourquoi je > vous ferai repofer avec vos pe- » res ; vous ferez mis en paix dans votre tombeau, & vos yeux ne verront point tous les maux » que je dois faire tomber fur » cette ville & fur fes habitans. « Abdon & fes compagnons vin- rent rapporter au Roï tout ce que U 14 “+ (a( Paral. L, IL c, 34.5. 20. d fey. +. A5 cètte prophétefle leur avoit dit: ABDON, Æbdon, ABlas (P) de la tribu de Lévi, étoit fils aîné de Jéhiel qui avoit époufé Maacha, & qui demeura à Ga- baon, dont il fut prince. Il ne doit pas être diftingué d'un autre Ab: don, dont 1l eft parlé dans un au- tre endroit. Quoique dans la Vul- gate le pere de ce dermer foit ap= pellé Abigabaon , il eft vifible que ceft le même que Jéliel ; car lEcriture lui donne dans les deux. endroits la même femme , les mêmes enfans , la même demeure. ABDUS, Æbdus, (c) Eunuqué Parthe,qui malgré fon défaut, fut, fuivant un ancien. ufage du pais , non fenlement eftimé de fes com- patriotes,. mais encore appellé am gouvernement. Il eut part à |a conuration formée contre le rot Artabanus. Il en fut même le principal auteur avec Sinnaces, fils d’un puiffant feigneur, nommé Abdagèfes. Artabanus en eut con- noïffance ; maïs jugeant qu'il étoit de la prudence de difimuler, & invita Abdus à fa table, lui témoi- gna beaucoüp d'amitié, & lui fit donner cependant un poifon qui le confüma lentement. _ ABE, bas, A'Bac,(d) ville de la Phocide en Gréce. Les ha- bitans fe difoient originaires d’Ar- gos , & prétendoient qu'ils étoient. venus s'établir dans la Phocide fous la conduite d'Abas & d'Hy- permneftre, file de Danaïüs. Leur ‘ville étoit anciennement confacrée (d) Pauf, p. 679. 680. Strab. p. 445: (6) Paral, L, I, c, 8, v: 29. c. 9. v. 36, | Mém. de l’Acad, des Infcr. & Bell. Lettr (c) Tacit. Annal. L, Vi. c, 31. 32. | T, XII, Pe I9ge e Crey, hift, des Emp, T. I,sp. 592, 593 AB à Apollon, furnommé Abéen, qui _ y rendoit fes oracles ; mais le Do- maine du Dieu ne fut pas refpeté par les Perfes, comme il le fut de- puis par les Romains ; car ils ren- dirent à ceux d’Abe leurs loix & leur liberté, par refpe£t pour Apol- lon ; au lieu que les Perfes brûlé rent jufqu'à fon temple; ce qui arriva la première année de la 7çe Olympiade, 480 ans avant I. C. Ce Temple effiya un fecond incendie, qui acheva de le ruiner. Ce fut durant la guerre facrée, Un corps de Phocéens ne pouvant plus foûtenir l'effort des ennemis ; {e réfugia dans la ville d'Abe CC de la ville dans le temple ; mais les Thébains eurent la cruauté d’ mettre le feu. Aufli de tous les temples de la Gréce celui-là étoit- il le plus endommagé. Près de ce grand édifice, il y en avoit un moins vaite, que l’empereur A- drien dédia à Apollon. I] étoit orné de flatues d’une très-prande anti- quité, qui avoient été données par les habitans. Apollon, Diane & atone yétoient debout en bronze. On voyoit à Abe un théâtre & une place publique, l’un & l’autre | d'un goût fort ancien. C’eft de cette ville qu’une colonie de Thra- ces partit pour aller s'établir dans Vifle d'Eubée, dont les habitans prirent le nom d’Abantes. Le ter- ritoire d'Abe eft aujourd'hui au pouvoir des Turcs. ABED , Æbed, O'BuE, (a) fils de Jonathan. Il defceñdoit des enfans d'Adan , & avoit avec lui (a) Efar. LE. Le. 8. V. 6: (5) Mém, de l'Acad, des Infc, & Bell, Î re À n AB 27 cinquante hommes, lorfqu’on re- vint de la captivité de Babylone. ABÉEN, ÉAPOLLON | Apollo Abaœus. (b)tel eftle furnom qu'on donna à Apollon, à canfe d'un temple qu'il avoit à Abe, ville de la Phocide en Gréce. On prétend que ce Dieu y rendit même fes oracles anciennement, avant qu'il eut fixé fon féjour à Delphes. Pendant que les Phocéens travail- loient à la conftru&tion d’une for- terefle auprès de la ville d’Abe, les Bœotiens, accompagnés des troupes Macédoniennes,qu'ils ve- noïent de recevoir de Philippe, fondirent fur eux avec tant de fu- rie, que Ceux-ci ayant d’abord pris l'épouvante , fe fauvérent à toutes jambes , les uns dans les villes les plus prochaines, &c les autres au nombre de cinq cens fe refugiérent dans le temple d’Apol- lon Abéen, où ils périrent tons par une avanture, que Diodore de Si- cile croit tenir du prodige , mais qui paroît être une chofe fort na- turelle. En effet , continue cet Hiftorien, entre tous les autres fignes, par lefquels la colère célefte fe fitalors fentir aux Phocéens , il n’y en eut point, ni de plus évident, ni de plus marqué que celui-ci; car il efthors- de doute, que ceux qui s’étoient renfermés dans le temple, avoient penfé,que le Dieu qui y étoit adoré les prendroit fous fa protettion, &t que par conféquent ils y feroient à l'abri de tous les dangers. Il en arriva néanmoins tout autrement Lett. T, XII. p. 199,200. Antig. expl, par Dom B, de Montf. T.f, p. 107, em nn re 28 AB qu'ils ne l'avoient efpéré.; la ven- geance divine leur ayant fait fubir au nulieu même du temple, la peine qui étoit dûe à leur crime. Les Phocéens avoient des tentes dreflées le long des murs de ce Æemple, & il y avoit dans ces tentes beaucoup de lits de foldats, compofés dhebes féches, de paille & d’autres matières combuftibles. Or, il arriva qu'un foldat ayant, fans y penfer, laiflé du feu dans fa tente , le feu fe communiqua en un inftant de celle - ci à toutes les autres, @& il s’éleva une flamme épouvantable qui gagna d’abord le toit du temple; de forte que tous ceux qui s'y étoient réfugiés , furent brûlés vifs, & le temple Fo confumé ; d’où il faute aux yeux, {felon Diodore de Sicile, qu'Apollon avoit voulu marquer par-là qu'il n’avoit aucun égard aux prieres des impies, & quil ne prétendoit pas que fon temple Jeur fervit d’afyle, . ABEILLES | les ] (4) font cé- lébres dans la fable. Elles furent, felon la tradition la plus commune des habitans de Delphes, les ar- chitectes du fecond temple , qui : fut conftruit dans cette ville. Elles le compoférent de leur cire & des plumes de différens oïfeaux. Quand il eut été bâti, Apollon envoya chez les Hyperboréens, auxquels il étoit fort commode , parce qu'il étoit portatif. Ces peuples, qui erroient dans les bois, & qui n’a- voient point de demeure certaine, tranfportoient par-tout ayec eux (4) Paufan. pag. 60, 6:18. Myth. par M, PAbb. Ban. Tom. IE, p. 345: Mém. de l'Acad, des Infcrip. & Bell, ; AB fe temple d’Apollon, qu'ils plai çoient au milieu de leurs habita= tions. Ils révéroient particulière ment ce Dieu, & lui envoyoient | tous les ans à Délos les prémices de leur récolte. Suivant une tra- dition beaucoup plus vraifembla= ble, ce fecand temple avoit été bâti par un homme de Delphes, nommé Ptéras, ce qui avoit ap= paremment donné lieu à la fable des Abeilles ; car Ptéras; formé du Grec repor, figniñie une plume , une-aile. Les anciens donnoient des Abeil. les pour nourrices à Jupiter, ainf qu'aux poëtes; maisils ne faifoient.… cet honneur qu'aux grands Poëtes, tels que Daphnis. Îls les confa- croient à la Lune, l'Ifis d'Égypte. C’eft pourquoi les figures de ces petits animaux, trouvées dans le fameux tombeau du roi Childéric, font, au rapport de M. PAbbé de Fontenu , des preuves incontefta= bles du culte que les Francs ren- dirent à cette divinité. Les médail- les d'Éphèfe en l'honneur de Dia- ne, portent fouvent l'empreinte des Abeilles. - Paufanias dit du mont Hymette dans lAttique, que c’eft le lieu le plus propre qu'il y ait au monde pour la nourriture des Abeilles , fi on en excepte le pais des Halifons. Car chez ces peuples , ajoûte-til, les Abeilles font fi douces & fi fa- milières, qu'elles vont aux champs avec les hommes, & qu'il n’eft pas bélétn de les renfermer dans des ruches. Elles travaillent çà & Lett. Tom. IIL. p.72, 147. peôr, T. Vis p.463» TP: VIT pe 149à Tom. Ve ÿ À B 4, comme 1l leur plaît; & leur ou- vrageeft f bien lié & d’un tiflu fi fort, que lon a dela peine à {e- parer le miel d'avec la cire. On trouve une defcription fort éten- due de ce qui concerne les Abeil- les, dans le quatrième livre des Géorgiques de Virgile ; on peut confulter ce livre, {1 on le juge à propos, ABEL, Abel, ben, (a) fut le fecond fils d'Adam & d’Éve - Son frere aîné { nommoit Caïn. Ils étoient tous les deux d’une hu- meur bien différente; car Abel, qui étoit berger , & même le premier qu'il y ait eu au monde , étoit un homme très - juite , il regardoit Dieu comme préfent à toutes fes attions, & ne penfoit qu’à lui plaire, Caïn, an contraire, qui fat le pre. mier Jaboureur, étoit très - mé- chant, ilne cherchoït que fon pro- fit & {on intérêt. Ils offrirent l’un &t l’autre des facrifices au Seigneur, Cain préfenta une oblation des druits de la terre, & Abel-offit les Premiers-nés de fon troupeau, & ce qu'il y avoit de plus gras. Le Seigneur regarda favorablement Abel & {es préfens ; mais il {e dé- tourna de Caïn, & de ce qu’il lui avoit offert. L’orgueil de Cain ne put fouffrir que Dieu-eut préféré {on frere à lui ; il en fut irrité, & lon vifage abattu. Pour s’en ven- er, lengagea Abel à aller avec lui à la campagne, Lorfqu'ils étoient dans les champs, il fe jetta fur lui & le tua. Il eut foin de cacher fon Corps, efpérant que par Ce moyen - ee AR 2 pérfonne n’auroit confoiflance de fon crime. Dieu, aux yeux duquel rien n’eft caché , demanda à Caïn où étoit fon frere , qu'il ne voyoit plus de- puis quelques jours , au lieu qu'ils étoient auparavant toujours en- femble. Cain, ne {çachant que ré- pondre, dit d’abord qu'il s’étonnoit auf de ne le plus voir ; & comme Dieu le prefloit, il lui répondit in- folemment, qu'il n’étoit ni le con= duéteur ni le gardien de fon frere, & qu'il ne s’étoit point chargé du foin de ce qui le regardoit, Alors Dieu demanda , comment il ofoit dire qu'il ne fçavoit pas ce que fon frere étoit devenu, puifqu'il avoit tué lui-même. Et fi Caïn ne lui eut offert un facrifice pour adoucir fa colere , 11 l’auroit châtié à Pheure même, comme fon crime le méritoit. Dieu néanmoins le maudit, le menaça de punir fs defcendans jufqu’à la feptième gé- nération , & le chafla avec fa femmes S: Paul nous apprend la raïfon pourquoi Dieu eut égard au {- crifice d'Abel, plutôt qu'à celui de fon frere,lorfqw’il ditque » c’eft » pat Ja foi qu'Abel offrit à Dieu »une plus excellente hoftie que » Caïn , & qu'il fut déclaré juite ; » Dieu, lui-même, rendant témoi- »gnage qu'ilacceptoit fes dons, & nque c’eftà caufe de cette foi, qu'il » parle encore après fa moit.« Il ajoûte ailleurs, que fon fang ne parle pas néanmoins d’une mamiè= re aufh avantageufe que celui de (4) Génef, c. 4. v. 2. & feg. Jofephf y. 24. Mém. de l'Acad, des Inc. & Bell. Æud,Antiq. L, I.c.2. Matth. €. 23, v: 35° Æuc, c, 51, Ve Ste Hébr, cs 114 vs 4 Gs 12, Lett, T, IV, p. 310: T, XVIII, pe 12: re RO 18 ÿ. C.le médiateur de la nouvelle Alliance , qui difoit un jour aux Juifs, qu’on leur demanderoïit com- pte de tout le fang , qui avoit été répandu fur la terre, depuis le fang d'Abel le jufte, jufqu'au fang de Zacharie fils de Barachie, qu'ils avoient tué entre le temple & Fautel. ; M. Morin , dans fon hiftoire cntique du Célibat, remarque qu’à parler juite, iln°y a qu'Abel à qui lon puile attribuer avec fonde- ment Jhonneur de lavoir gardé pendant toute fa vie, avant le de- uge, L'Écriture fainte ne lui donnant en effet ni femme nien- fant, on eft en droit de fuppofer qu'il n’en eut point : Aufh eft-il traité de raptéves par les Grecs, €t de premier vierge par quelques Âuteurs, Son nom eft inféré dans le canon dela Mefle, à côté de ceux d'Abraham & de Melchifé- dech. ABEL Domus Maacma, ville de la tribu de Nephthali, qu'on dit être [a même que l'Écri- ture appelle ailleurs Abéla. Voyez ‘ Abéla. s ABEL re GRAND, Abel ma- gnum, (a) nom d’une pierre, fituée dans le champ de Jofué, auprès de Bethfamès. On y plaça l'Arche dAlliance , lorfque les Phiiftins leurent renvoyée fur un chariot attelé de deux vaches, qui allai- toient chacune un veau, &t qui ne laïflérent pas d'aller jufques-là,fans s'arrêter. Cinquante mille & {oi- xante-dix perfonnes du peuple fu- : Ce) Reg. L,T. ©, 6. v. 18, &r feg. À B rent frappées de mort, pour avoif, regardé l'Arche du Seigneur; ce qui répandit la confternation par- mi les Bethfamites. ce ABÉLA, Abela, Aa: AgBez Domus Maacna, Abel Domus Maacha | Aer owcu Maaxæ, ABELMAIN, Abel- main, APeruairs (b) Tels font les divers noms qu'on croit avoir été donnés à la même ville. Elle étoit fituée au milieu de la tribu de Nephthali , & alloit être ruinée après la défaite d’Abfalon , fi une femme ne l’eût préfervée de ce ce malheur. Un certain Séba,, qui avoit levé l’étendard de la révolte contre David, & attiré dans fon parti plufieurs tribus, alla s’enfer- mer dans cette ville. Toab reçut ordre de le fuivre de près. Ce gé- néral ayant mis le fiége devant Abéla, réduifit les habitans à la dernière extrémité, les menaçant même de les exterminer tous fans difinon , & de rafer leur ville. Mais une femme, touchée des maux qui alloient fondre fur fa tête, ainfi que fur les têtes de fes conci- toyens , les affembla, & leur parla avec tant de force , qu'ils réfohi- rent de prévenir ces calamités , eñ livrant à l'ennemi celui qu'il cher- choït. Séba fut donc décapité, & fa tête jettée du haut du mur dans le camp de Joab: Auffi-tôt on le- va le fiége. Cet événement doit être placé vers l'an 1022. avant J. C. Abéla fit cependant détruite près d'un fiécle après: l'an du monde 309$. LIU. 1$, veao. Paral, L, IL ©, 164 {é) Reg. L, I, Cr Or. Ve 14 d" fa Vs CO ; | À B Gn eh attribue la deftru@ion à un #oi de Syrie nommé Bénadab , qui marcha au fecours d'Afa roi de Juda, contre Baafa roi d'Ifraël. - ABÉLA, Abelu, (a) autre ville de Judée dans la tribu de Manailé au païs des Ammonites. Les environs de cette ville étoient plantés de vignes. _ ABELLANIENS, Abellani, peuple, de la Campanie en Italie. Leur ville sappelloit Abelle. Voyez Abelle, dont l’article eff ci- après. . = ABELLE, Æbella, A’Bima, {b) ville de la Campanie , provin- te dtalie,. Ses habitans étoient, felon Juftin, une colonie de Chal- cidiens. Elle eft appellée dans Pli- ne Abelline. Les noix de cette vil. le étoient fort célébres. Elle en produifoit en effet une grande quantité. Cell pourquoi les noix Abellines étoient paflées en pro- verbe. On a farnommé les habi- tans d'Abelle, les Marfes, pour les diftinguer de ceux d’une autre vil- le de même nom, auf fituée en Italie vers les mons Hirpins. C’eft aujourd'hui Avellz au royaume de Naples, dans la terre de La- bour, avec titre de marquifat à quatre milles de Nole, & à quin- ze de Naples. ABELLIO ou ABELLION, (c) nom d’une divinité, qu’on adoroit dans les Gaules au pais de Com- minges , ainfi que le prouvent trois infcriptions rapportées par - (a) Jud. c. 11. v. 33. (b) Juft. L. XX, Ce Ie Strab. pe 249e Pool, L,-IIL. c. 1. Plin. LeIHL, c. Se 21. L, XV, c, 22. 249 Myth, par M, PAbb, Ban, Te V, À AB Gruter. Cet antiquaire, fuivi em cela par Reïnéfius , eft perfuadé que ce Dieu étoit le même que Bélénus, adoré dans toutes les Gaules ; & le dernier prétend même dériver le nom d’Æpellio de celui de Bélénus. La divinité à laquelle les peuples de Pamphilie,. & les habitans de l’ifle de Créte rendoient des honneurs, s’appel- loit auf Abélion. On croit avec raïfon que c’étoit le même Dieu, c'eft-à-dire, le Soleil ou Apollon, que les Romains nommérent d’a- bord Apellon. ABELMAIN , Abelmain , (d} AGeauar, ville de Judée dans la tribu de Nephthali au royau- me d’Hraël. Bénadab roi de Syrie, follicité par Afa roi de Juda, de marcher à {on fecours , contre Baafa roi d'Ifraël , envoya fes généraux qui prirent , entre autres villes , celle d’Abelmain. Elle étoit murée, ainf que toutes celles qu'on força. On croit que cette ville eft la même qui eft appellée ailleurs Abel Domus Maacha, ou Abela, voyez Abela. : ABELMEULA ou ABELMÉ- HULA, Abelmeula, vel Abelme- hula, A'Ésxusouna, (e), ville fituée en de-çà du Jourdain au pais de Madian , dans la demi-tribu de Manaflé. Ce fut auprès de cette ville que Gédéon remporta une victoire célébre fur les Madianites. I] en fut redevable principalement à ceux d'Ephraim à qui il avoit p. 475. Antiq. expl. par Dom B. de Montf. Tom. Il. p. 433. (4): Paral, E:-Il. ©. 16, v: 4. (e) Judic. L. VIL. v. 22. dr fege Rege L: AIX. Ce Ve 12e Ce 39° Yo- 164. , Es fr, RE PEL À B. ordonné de fe fair de tous les pañfages du Jourdain jufqu'a Beth: béra. Ces braves foldats ayant pris deux chefs des ennemis, Oreb € Zeb , tuérent le premier au rocher d'Oreb , & le fecond au prefloir de Zeb. Puis, ayant pour- fuvi le reite des Madianites avec leurs têtes à la main, ils vinrent après cela les porter à Gédéon au de-là du Jourdain. On préfume que la ville d'Abel- meula devoit être confidérable, parce qu’elle fit partie du gouver- nement de l’un des favoris de Sa- fomon.. Elle vit naître le prophéte Élifée, qui reçut l’onétion du pro-, phéte Elie par l’ordre de Dieu même. ABÉLOX, Abelox, (a) gentil- homme Efpagnol, qui vivoit du tems de la feconde guerre puni- que. Il fut d’abord attaché au parti des Carthaginois ; maïs, par une inconitance ordinaire aux Barbares , il les abandonna avec la fortune vers Pan $35 de Rome, 217 ans avant Jefus-Chrift. Au refle étant bien perfuadé qu'on n’a que du mépris pour un transfuge , qui ne porte que fa perfonne dans le nouveau parti qu'il embrafle , il fongeoit à procurer aux Romains quelque grand avantage , afin de e rendre confidérable parmi eux. Ayant donc examiné müûrement tout ce qu'il étoit en état de faire pour leur fervice, il s’en tint au deflein de leur mettre entre les mains les Otages,qu’Annibal faifoit garder dans £ 190 moyen le plus für de leur concilier agonte, comme au A B Paffection des principaux de la Province. Mais comme il fçavoit que les foldats qui veiloient fur eux, ne feroient rien fans l’ordre de Boftar leur commandant , il entreprit de tromper Boftar tout le premier. Cet officier, pour empêcher les Romains d'entrer dans le port de Sagonte , étoit campé avec fes, troupes hors de la ville fur le bord même de la mer. Ce fut là qu’Abé- lox l’alla trouver , & l’ayant tiré à l'écart ,il lui expofa l’état de la Province , feignant de croire qu'il n’en étoit pas aflez informé. Il lui fit entendre que la crainte avoit re- tenu les Efpagnols dans le devoir, tant que les Romains avoient été éloignés ; mais que depuis qu'ils étoient arrivés dans la Province, leur camp étoit devenu Pafyle de tous ceux qüi aimoiïent le change- ment ; qu'ami il falloit gagner par _ des graces & des bienfaits des gens que l’autorité ne pouvoit plus con- tenir. Boftar étonné lui ayant de- mandé ce que lon pouvoit faire pour s’affürer d'eux : » Renyoyons, » dit-il, les ôtages dans leurs pais. » Cette faveur fera agréable en » particulier à leurs parens,qui font » les premiers de leurs villes, &c » en général à tous les peuples. Il » ny a perfonne qui ne foit bien » aïe qu'on ait de la confiance ef » lui. Et pour rendre les hommes » fideles , il fuffit de leur témoi- » gner qu'on ne fe défie pas d'eux: » Je me charge de remener moi- » même les ôtages dans leurs mai- » fons. Comine je m'ntérefle plus (a) Tir. Liv, L. XXI, 6,22, Roll, Hift,Anc; TI,pr231, Hift, Rom, T,Up.198 que À B ee qui que ce foit, au fuccès » d'un projet dont je füis l’auteur, » je fçaurai faire valoir aux Efpa- » gnols un bienfait qui eft déjà >» très-grand par lui-même. » Boftar étoit un homme fimple, & en cela fort peu Carthaginois. Abélox ne l'eut pas plutôt perfua- dé, qu'il pafñla de nuit dans le camp des Romains. S'étant abou- ché avec quelques Efpagnols des troupes auxiliaires , 1l fut conduit par eux à Scipion , à qui il-expofa de quoi il étoit queflion. Il lui donna fa parole, & recut la fien- ne. Étant convenu du tems & du lieu, où les ôtages devoient être livrés , il retourna à Sagonte. Il. pafla tout le jour fuivant à prendre avec Boftar les mefures néceflaires our l'exécution de leur entreprife. t l'ayant averti qu'il partiroit de nuit pour mieux tromper les {enti- nelles des ennemis , il prit congé de lui, La nuit, à l'heure marquée, il éveilla les gardes qui lui remi- rent auffhi-tôt les ôtages. Dès qu'il füt forti de la ville, il s’alla jetter avec eux, comme fans le {çavoir, dans les embûches qu'il s’étoit fait dreffer lui-même. Onles conduifit tont droit dans le camp des Ro- “Mains, Le refte fut exécuté de la même manière & dans le même ordre , dont il étoit convenu avec oftar ; avec cette différence que les ôtages furent rendus à leurs parens de la part des Romains , & non pas de celle des Carthaginois. Cette a@tion d’Abélox fut caufe que tous les Efpagnols , d’un com (4) Num. C, 33. y. 40, + () Jofu. c. 58. Vo 8, ee Tom. Z. un. ] A B un Confentèment, fe déclarérent pour les Romains. Carils jugeoient d’ailleurs, qu’étant auff fage & auffi fenfé qu'il l’étoit, il mavoit pas changé de parti, fans en avoir de fortes raifons. ABELSATIM, Abelfatim, (e} plaine de la Paleftine au païs des Moabites dans la tribu de Ruben. Les enfans d'Ifraël ayant quitté les montagnes d’Abarim, allérent Camper dans cette plane , ob Moïfe recut plufeurs ordres de la part du Seigneur, & entre au- tres, celui d’exterminer les Chana- néens, lorfque le peuple fe {eroit rendu maître de leur païs. res ABENBOEN , Abenboen, (8) c'eft-à-dire , la pierre de Boen ; fils de Ruben. C’étoit un endroit de la Paleftine für les frontières de la tribu de Benjamin. Il fervoit de . éparation à cette tribu, & à célle de Juda dans la vallée qui condui- foit à Adommim, On dit que c’étoit une-grofle pierre , ayant la forme d'un four , & paroïflant être dé marbre. ABÉONE , Abeona, {c) divi- nité qui, ainfi qu’Adéone, fat ho- norée par les Anciens d’un culte : : particulier. Elles préfidoient toutes deux aux voyages ; & leurs noms formés du latin, marquent leurs fonétions à cet égard. Abéone : étoit la déeffe du départ, & Adéo- ne celle du retour. ABERIDES, Aberides étoit , felon la fable, fils de Cœlus & de Vefta. On croit que c’eftle même que Saturne. (eo) Antiq. expl. par Dom Bern: de : | Montf. T, [, p. 406, TS, 34 À B - ABES, Abes, (a) ville de Ju- dée dans la tribu d'IHfachar. Elle fut comprife au nombre des feize Villes que le fort adjugea à cette tribu. = ABESAN, Abefan, À CalCar, (b) naquità Bethiéhem. Il euttren- te fils & autant de filles. El fit fortir celles-ci de fa maifon en les ma- riant; & il y fit venir autant de - filles, qu'il donna pour femmes à fes fils. I fuccéda à Jephté, dans le gouvergement d'Hfraël ; êt après lavoir gouverné durant fept ans, : ilmourut, & fut enfeveli à Beth- léhem. C'étoit le huitième jnge d'Ifraël. Son fuccefleur fut Aïalon de Zabulon, l'an du monde 2830, 1170 ans avant J. C. ABESSALOM , Abeflalom, AE Canoe , (c) eut une fille nommée Maacha, qui fut mere *&'Abia ou d'Abiam. Cellui-ciré-, gna fur Juda pendant trois ans, êt inarcha dans tous les péchés que fon pere avoit commis. Abefla- lom, dans la Vulgate , eft appellé Abfalom , & même Uriel de Ga- baa , au fecond livre des Parali- poménes , où fa femme eft aufli nommée Michaïa. ABESSALOM , Abeffalom , AG Carrn, (à) fraëlite, qui vi- voit du tems des Maccabées. Il fut député avec Jean vers Lyfas, général d'Antiochus Eupator, pour traiter avec cet officier des con- ditions de la paix, qu'il avoit-été contraint de demander, après la perte d’une bataille confidérable (a) Jofu. Ce 0 25. (b) Judic, c. 13. v, 8. &: feq. AB d'où il n’échappa lui-même que par une fuite honteufe. La lettre que Lyfas écrivit à cette occafñon aux Maccabées , étoit conçue en ces termes : » Ly- » fias, au peuple Juif, falut. Jean » & Abeflalom, que vous m'avez envoyés, mayantrenmus votre » écrit, m'ont demandé que J'ac= » complifle ce qui y étoit contenu. » Jai donc expoié au Roi ce qu'il > étoit à propos de luirepréfenter, » 8 il a accordé ce que fes affaires »lui ont pu permettre. Si donc » vous demeurez fideles au Roi » dans vos traités , je tâcherai à » l'avenir de vous procurer tout le » bien que je pourrai. Pour ce qui » regarde les autres chofes, j'ai » chargé ceux que vous m'avez n envoyés, Ê& ceux que je vous »envoie, d'en conférer en détail » avec vous. Adieu. » ABGARE, ÆAbparus Ge Nom commun à tous les rois d’ defle, ville de Méfopotamie , fi- tuée dans l'Ofrœne, qui étoit un canton de cette province. Ce nom, qui tire fon origine de l’Arabe ,fi= gnifie grand, puilant. Il y ena qui lifent Acbare, d’autres Abare, d’autres Agbare, &c. Sur une mé- daïlle rapportée par dom B. de Montfaucon, on trouve Abpa- roc, ABIAPOC. Cet Antiquarre dit que les rois d'Édefle fe font remarquer fréquemment fur les médailles , par leurs tiares, qui reviennent à la forme de quelques unes des roïs des Parthes; & qu'on (4) Mace. L. IL, c. 11. v. x7: dx fede. () Roll. hift. Rom. T. VII. p. 198 (ce) Reg, Le IH ce 25e v2. Paralip.] Antig. expl. par Dom B, de Montf. Tom E, I, c, 11. V, 21» Cr 13: Vi 2e _ { HT, p. 76: 8081 A B Voit, fur le revers d’une autre, Phabit tout entier d’un prince d'É- delle , où l’on obferve les braies aflez bien formées. Sans doute, que cette forte d’habillement , qui fut en ufage chez les Perfes, auf bien que chez les Gaulois, avoit pailé de chez les premiers , parmi les habitans de la Méfopotamie, Voici la lifte des principaux rois d'Édeffe, dont la connoïffance eft parvenue jufqu’à nous. ABGARE, Abparus , (a) qui vivoit quelques années avant J.C. Sétoit montré ami des Romains, tandis que les armes de Pompée fafoient trembler l'Orient. Mais lorfque ce Général fe fat éloigné , il fit de nouveau alliance avec lès Parthes, S'il eût fait Jaroitre F Les fentimens à découvert ,iln'au- roit pas été capable de faire grand mal aux Romains. Mais de con- cert avec Suréna , il fe rendit dans leur camp , cachant, fous les de- hors d’une amitié frauduleufe AE plus noire perfidie ; & comme il étoit beau parleur, & que d’ail- leurs connoiffant le foible de Craf. fus, Général de l’armée ennemie > il Jui avoit apporté des préfens Confidérables , il gagna toute fà Confiance. La commifion d'Ab- gare .étoit de perfuader au gé- néral Romain, de s’engager dans es vaftes plaines de la Méfopo- tamie, où des troupes, péfam- ment armées, ne pouvoient fe défendre | contre ne cavalerie innombrable. Après done qu'il fe fut infinué dans Îes bonnes graces de Cralus, par des proteftations Latine | AB de reconnoiffance. pour les bien- faits qu'il avoit recus de Pom pée, & par la haute idée qu'il témoignoïit avoir des forces Ro- maines : » Vous n’y penfez pas, » difoit-il, avec une armée telle » que la vôtre, de perdre le tems » à de longs préparatifs. Il n'eft » point queftion de faire ufage des » armes, contre des gens qui ne » fongent qu'à für: Vous n'avez » befoin que de pieds agiles , pour » les atteindre , & de mains ; pour » prendre & emporter leurs tré- » fors ; & quand il faudroit com- » Battre, lequel vous eft le ‘lus : ” avantapeux , Ou d'avoir affaire » à Suréna feul, où de: donner » à Orode [ c'étoit le roi des » Parthes |, que la'crainte ré » duit maintenant à fe cacher, » le tems de reprendre courage, » &t de réunir contre yous toutes » les forces de fon empire, « … - Craflus prit pour autant de vérités inconteftables | tous les menfonges qu'il plèt à Abgare de lui débiter. S'étant donc dloi- gné de l'Euphrate, il s'engagea dans dés déferts immenfes , où l’on ne voyoit ni arbre, ni plante, ti ruifleau , ni colline, ni herbe qui fortit de terre ; finon une efpèce de vafle mer, formée par des fables brûlans. Caffius, lun des officiers Romains, étoit dé- {olé, Cependant, il n'ofoit faire aucune remontrance à {on Géné- ral, qui étoit le feul quine s’ap— perçut pas de la trahifon, &cqui éntroit au contraire en colère Contre quiconque vouloit Ini en (4) Plut, Tom, L, p, 555e Roll, Hifi, Rom, Tom, VIL p, 198, 8e foive Ci DE ET. *! A B roi de Juda, dont elle eut un fils nommé Ézéchias, quicommença à régner à l’âge de vingt-cinqans, € qui en régna vingt-neuf dans Jérufalem. If a été parlé d’Abia ci-deflus , fous le nom d’Abi. ABIA, Abia, Aie, (a) de la rate des enfans d'Aaron. Lorf- que David en fit le partage en vingt-quatre clafles, afin qu'ils puflent chacun à leur tour être employés dans le temple, en gar- dant les cérémonies accoûtumées fous l’autorité du fouverain Pon- tife, Abia fut choifi pour être le chef d'une de ces clafles.. C’étoit Ja huitième qui lui échut. - Cet ordre fe maintint depuis jufqu’au tems de J, C. car, felon $. Luc, Zacharie, pere de S. Jean-Bap- tifte, étoit de la famille & de la “«<laffe d'Abia, Et il faifoit les fonc- -tions du facerdoce fuivant fon rang, lorfque l'Ange vint lui annoncer qu'il auroit un fils , qui feroit grand devant le Seigneur. ABIA , Abix, A'Cie, (b) fille d'Hercule , &t nourrice d'Hyllus. Elle alla de- meurer dans une ville de Meffénie qui s'appelloit alors ré , & qui étoit l’une des fept villes qu’Aga- meémnon promit de donner à A- chille. Elle y bâtit un temple en honneur de fon pere. Dans la faite Crefphonte, entr’autres hon- neurs ne rendit à la mémoire de cette femme, voulut que la ville d'Iré changeât fon nom en celni d'Abia. : (a) Paral. LÉ; TI, Ce 24» Vo 20: Luc, €, 1, V, Se > fea. () Pau. pag. 293. = () Reg, L, IL, ç, 23, v, 27. & à la fois fœur. AB ABTALBON, Abialbon ,(c) nâquit à Atbath, & fut choii par David pour être l’un des trente vaillans hommes qu'il prit aupres de fa perfonne. ABIASAPH, Abiafaphs À Cilær, (d) étoit de la tribu de Lévi, fils d'Elcana , & pere d’Afr. ABITATHAR, Abiothar, À Ciétap , (e) étoit fils unique d’Achimelech. Il eut le bonheut de s’échapper du carnage , lorfque Doëg l'Iduméen, par l'ordre de Sail, ft pafler au fil de l'épée les habitans-de Nobé , fans épargner les petits enfans, ni ceux même qui étoient à la mamelle, m les bœufs ,: ni les ânes, ni les brebis; & cela, à caufe de l'accueil favo- table qu'Achimelech avoit fait à David. Abiathar s'enfuit à Céila, vers ce dernier, emportant: avec foi l’Éphod: du grand-Prêtre. Il lui apprit que Saül avoit tué les . À « } -Prêtres du Seigneur. David ré pondit à Abiathar: » Je fçavois » bien que Doëés l'Iduméen s'étant » trouvé à Nobé, lorfque jy étois, x ne manqueroit pas d'avertit Saül. » Je fuis caufe de la mort de toute -» la maïfon de votre pere ; demeu- -» rez avec moi êt ne craignez rich; » il faudra entreprendre fur ma » vie, pour entreprendre fur la v0- »tre, &c fi je fuis en füreté vous » y ferez auffi. « Lorfque Sail marchoit contre Céila , dans le deflein d'y afliéger David &c fes gens; ce Prince en ayant été aver- (2) Paral Le cc 622 (e) Reg. E, I. c. 22. v. 20. @ Jet Ce 23e Ve 6. C. 30. Ve 7. @* feqs : Mém. de PAcad, des fnforip, &c Bclk Lett, 4, HT, P:-95 3 96 98 x z js RE es ES REC TS. CMP ER EL SR RE A A PQ CN TE DE Sr CEE EE CR OR ME RES LOT NNS DE PE RE PRE ES RE PA LE AO EEE Er ESS Ca pe DENT 1e ACT & Sie 1 06, es CPE SCHL EE RE PC ER = Fe tt, dità Abinthar de prendre l'É- phod, & confulta le Seigneur, qui lui fit entendre qu'il falloit quitter ce lieu là. C’eft pourquoi _1l fe fauva de Céïla. : Quelque tems après, les Ama- lécites ayant mis le feu à Sicéles êt emmenés les femmes captives: avec tous ceux qu'ils y avotent trouvés, David en fut faifi d’une exttème affiétion , parce que tout le peuple vouloit le lapider. Met- tant fa force & fa confiance dans le Seigneur, il dit au grand prêtre Abiathar : Prenez pour moi P£phod ; & Abiathar {e revètit de l'Éphod pour David. Après cela David confulta le Seigneur, qui lui dit de pourfuivre les ennemis de ceux de Sicéleg, lefquels furent vaincus. Au fujet de ces mots de David à Abiathar: Prenez pour moi l’Éphod, on lit dans le troi- fième tome des Mémoires de l'A- cadémie des Infcriptions & Belles Lettres quelques réflexions, qui “méritent de trouver ici leur place. Cependant, pour abréger, je ne les rapporterai pas en entier. Un Chanoïne,homme delettres, ayant confulté M. Pinart, fur le véritable fens de ce pañlage du premier livre des Rois, où, felon la Vulgate, David, dit au grand- prêtre Abiathar, zpplica &d me Ephod , & Applicuit Davidi Ephod ; & lui ayant demandé en conféquence, fi David s'étoit revé- tu de l’Éphod du fouverain Pon- #ife , & s'il avoit confülté par lui même l’oracle Tim Thummim: M: Pinart à fon tour propofa la queftion à l'Académie, & fit en fuite à fon Chanoine la réponie, dont voici la fubftance. ue y À rtition À nn 4 avoit différentes fortes d'Éphod chez les Hébreux, lun . qui nétoit que de lin, tel que ce- lui dont étoit revêtu David. Get Éphod étoit tout fimple , fans peétoral , fans huméraux , fans imfcription du nom des douze tri- bus, @& par conféquent fans Ur & Thumrnim. C'étoit une tunique faite à peu près comme le rechet des Chanoïnes , fans manches, fendue par les côtés jufqu’au bas ,: &t fur laquelle on mettoit une cein- ture. Cet des Prêtres, des Lévites, des Pro- phétes, & même des perfonnes de Éshod étoit à l’ufage dihinétion dans les cérémonies pu- bliques. Le prophète Samuél'por- toit un Éphod de purlin, &c les 85 Prêtres que Doëg fit égorger en avoient un femblable, L'autre forte d'Éphod, & qui ne pouvoit être porté que par le grand-Prêtre, étoit de toute autre matière ; fçavoir , d'hyacinthe, de pourpre, d’écarlate’, d’or êc de fin lin retort , avec tous les orne=. mens dont l'Écriture fait mention. M n'étoit pas permis à David, tout roi @& tout prophète qu'il étoit,. ni à tout autre qu'au fou verain Pontife, de fe revêtir de cet Éphod ; & il n'eft pas dit non plus, dans cet endroit du premier livre des Rois, que David fe foi donné la liberté de prendre cet habit pontifical. ere Ce qu'on lit dans le texte Hlé= breu,, ne fignifie , mot à mot, autre chofé , finon appropinquare. fac quæfo ad me Éphod , où felon d'autres, mei caufé ,-propier mes CS nn à AB ee que ce qui réfulte de ces paroles, eft que David demanda au grand-Prètre Abiathar {on Éphod de lin, afin d’être en habit plus décent à la confultation de Oracle , ou que s'il en étoit déjà revêtu, il pria ce Pontife de s’ap- procher & de fe mettre tout auprès de lui, revêtu de fon Éphod pon- ffical, afin qu'il püt entendre ou diftinguer plus aifément la réponfe de l’'Oracle. = : David étoit trop inftruit de la loi , & trop foumis à ce qu’elle or- donnoït , pour que l’on croie qu'il ait rien entrepris qui y fût contrai- re. Penfons que ce Roi, qui étoit felon le cœur de Dieu, refpeta toujours les droits du Sacerdoce, €t que voulant confulter l'Oracle for une affaire qui étoit de la der- tière importance, puifquelle re- gardoit le falut de fon état, il pria feulement le grand-Prêtre de s’ap- procher de lui, afin qu'il pût être plutôt informé de la réponfe du Dieu vivant. Enfin, fans vouloir rapporter ici ce que les Rabbins & fes Commentateurs difent fur le paflage en queftion., il femble qu'il ya, dans l'Écritüre, un en- droit qui peut confirmer le {enti- ment de M. Pinart, & qu'il eft afléz étonnant qu'on n'ait pas ap- pliqué au füjet dont il s’agit. Salo- mon après la mort de David, re- Kégua le grand-prêtre Abiathar à {à smaïfon de campagne, en ni di- fant que, quoiqu'il fût digne de mort , il lui pardonnoit en conf. dération de ce qu'il avoit porté PÉphod devant fon pere, (2) MatGr Co 3 Vo 26; Le - ABIATHAR, Abisthor, A'bialar ; (z) nom que J. C. donna à Achimelech, pere d'A- biathar , dont il vient d’être quel tion, lorfqu’il répondit aux Phari fiens : » N’avez vous jamais 1h... » comment David entra dans la » maon de Dieu, dn temsdu. » grand-prêtre Abiathar , mengea. » des pains de propofition , &cen » donna à ceux qui étoient avec » lui, quoi qu'il n'y ait queles » prêtres à qui il foit permus d'en » manger. » ABIB , AbIb , nom que fes Hé- breux donnoient au premier mois de leur année fainte. Ce mois, dans la fuite ; fut nommé Nifan. Il répondoit à notre mois de Mars. On prétend que ce mot Ab veut dire des épids verds. S. Jérôme l'a rendu par des fruits nouveaux. C’eft qu'il doit y en avoir en effet alors dans la Paleftine, ABIDAN , Abidan, Aid, (b) fils de Gédéon, étoit Prince ou chef des enfans de Benjamin, lorfque Moïfe fit la dédicace de PAutel, Chaque chef de tribu préfentant, pour cet effet, fon offrande , chacun à fon tour, eñ des jours diférens, ainf que le Seigneur lavoit ordotné ; Abr- dan préfenta la fienne le neuvième jour. Il offrit un plat d'argent di poids de cent trente ficles, &un baffin d'argent de-foïxante & dix ficles au poids du fan@uaire > tous deux pleins de fine farine parie avec de Phuile, pour Poblation qui devoit accompagner les facri= fices , un petitigafe d’or du poids 1 @) Numer, c. 7e Ve 61 > fe4s ‘de d'Abidan. : AB. de dix ficles plein d'encens; un jeune bœuf, un bélier , & un agneau d'un an pour l'holocaufte, un bouc pour le péché; & pour hofties pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs & cinq agneaux d’un an. 1 elle fut l’offran- ABIEL , 4kel, AC, («) fils de Séror, de la tribu de Benjamin , fut pere de Cis, & par conféquent ayeul de Sail, premier roi des Ifraëlites. ABIENS , 4bu, Abri, () peuples de Thrace, felon les uns, & de Scythie felon d'autres. Homére en fait un grand éloge en peu de mots , lorfqu'il dit que c'étoient des peuples du nombre de ceux qui pañloient pour les plus juftes des hommes. Strabon remarque qu Homére les appelloit Abiens , terme qui, en Grec, figniñie des hommes fans vie, parce qu'ils ne fe marioient point. Mais il montre en même-tems, que ce fentiment d'Homére n’eft pas fondé. Comment auroient-ils pû,enefñet, fe perpétuer ? .Cet ancien Géographe fait voir en- fuite que le nom d’Abiens leur venoit de ce qu'ils vivoient dans une grande frugalité. Ces peuples, ainfi que le refte des Scythes, n'avoient point d'habitations fixes ; mais ils erroient ça & là. Leurs maifons étoient des chariots fur lefquels ils portoient tout ce qu'ils . avoient. Îls vivoient de la chair de leurs troupeaux, de lait, de fromage , fur-tont de celui que (a) Reg. L, L c, 9. v. 1. ire À AE AS 2 l'on faifoit avec du fait de ca=. väle. : Toute forte de trafic & de commerce leur étoitinconnu. Îls ne fcavoient que changer les mar- chandifes pour d’autres marchan- difes. Ils poflédoient des terres, mais ils ne Îes cultivoient pas eux-mêmes. {ls en abandonnoiïent la culture à quiconque vouloit s’en charger , moyennant un tri= but qu'ils fe réfervoient ; & cela, non pour vivre dans l'abondance, mais pour avoir feulement le né- ceflaire de chaque jour: Jamais ils ne prenoient les armes, à moins qüe l’on ne fût pas exaét à tenir ce qu'on leur avoit promis. Ils ne payoient point de tribut. Ils s’en croyoient exempts, parce qu'ils comptoient fur leurs forces &c ieur courage ; & qu'en Conféquence , ils penfoient être en état de re- pouiler leurs ennemis , & même de les éloigner de leurs terres. Les Abiens confervérent leur liberté depuis la mort de Cyrus, jufqu’au régne d'Alexandre. Lorf- que ce prince étoit à Maracande, ils lui députérent quelques-uns d’entre eux, pour lui dire qu'ils étoient prêts à fe foumettre à fes ordres. Le roi de Macédoine leur fit une accueil favorable. La Martinière, d'après Ortellius, place ces Peuplesau nord des mon- tagnes , où l'Inde a fa fource vers le 61 dégré de latitude feptentrio- nale. Mais il obferve en même- tems,qu'Ortellius s'éloigne en ce- la de Ptolémée , qui leur donne à de l'Acad, des Infer, & Bell, Lett, Te (b) Strab, p. 296 , 300, 311. Prolem. | VII, pr 326 EVEc. 15. Q. Curt, L, VIX, c, 6. Mém. ef, 4 TAB Ja vérité la même latitude , mais qui les met à l’orient du mont Imaüs. Le païs qu'habitoient les Âbiens, & dont il feroit difficile de marquer les bornes , faifoit partie de ce qu’on appelle aujour- d’hin la Fartarie mdépendante. ABIEZER , Abiezer, Veli, (a) -de la tribu de Manañlé, vivoit du -tems de Jofué. Il étoit chef d’une famille de cette tribu, lorfque le fort lui adjugea fon partage. ABIEZER , Abiezer, Aie Cr, (f)delatribude Benjamin, nâquit & Anathot. C’étoit l’un des trente vaillans hommes qui compofoient Parmée de David. ABIGABAON , Abigabaon, (c) le même qui eft appellé encore Jehiel, & même Seror. Il s'établit à Gabaon dont il fut prince. Sa femme fe nommoit Maacha. Îlen eut plufieurs enfans, tels qu'Ab- don qui étoit l’ainé, & Ner, au- trement Abiel , pere de Cis, qui fut lui-même pere de Saül, ABIGAIX, ; Abigail, A’Éryale 3 (4) femme de Nabal. L'Écriture remarque que c'étoit une femme très-prudente & très-belle , au Een que fon mari, de la race de Caleb, étoit un homme dur, brutal Ëc très méchant. Voici des preuves de ces deux aflertions. Un jour que Nabal faifoit tondre fes brebis, au nombre de trois mille, fur le mont Carmel ; David qui en fut informé dans le défert, lui en- voya dix jeunes hommes qui fu- rent fort mal accueillis; car Na- («) Jof. c. 17. Vs -_ (4) Paral, LT, €, Fr. v. 28, AB balleur répondit qu'il ne connoit foit point David, ce fils d'Ifu; qu'on ne voyoit tous les jours, que des ferviteurs fuyant leur maître ; qu'en un mot , il n'avoi garde de prendre fon pain, fo eau , &t la chair des bêtes quil avoit fait tuer pour ceux qui tons doient fes brebis, afin de les donne à des gens qu'il ne connoïfloit pas, Les gens de David étant re tournés fur leurs pas , lui rappor- terent tout ce que Nabal leu avoit dit. À cette nouvelle David entra dans une étrange colère, & fe mit en marche, fuivi d'environ quatre cens homimnes tous armés d'épées , pour aller tirer vengean- ce de lijure qu’on venoit de lui faire. Cependant un des ferviteuts de Nabal raconta à Abigail f femme, ce qui s’étoit pañle. Ii repréfenta que les gens de David, que fon mari venoit de rebuter avec tant de dureté , leur avoient rendu de grands fervices , pendant qu'ils avoient été enfemble dans le défert; qu'ainfi il y avoit tout à craindre du reflentiment de David. ; Alors Abigail prit en grand hâte deux cens pains, deux vaif feaux pleins de vin, cinq brebis toutes cuites , cent paquets de rar fins fecs, & des figues féches, & elle mit tout cela fur des ânes. Elle fe fit précéder de fes fervi- teurs, fans donner avis à fon mati de ce qu’elle alloit faire. Comme elle defcendoit de la montagne, (d) Reg. L, I. c. 25. v. 2, & fer L, IE. c. 3, v. 3, Paral, L, 1, © 3 {c) Paral. LE, ç, 8, v, 29. & feg: ce o. lv. r. Vs 35: © Je. À B montée fur en âne, elle rencontra David avec fes gens. Auff-tôt qu'elle l’eut apperçu , elle defcen- dit de deflus fon âne, & le falua en fe profternant le vifage contre terre. S'étant jettée à fes pieds, elle lui addrefla un long difcours pour calmer fa colère , & l'enga- ger à ne pas faire tomber fur fa malfon tous les maux dont elle étoit menacée. David fe laiffa flé- chi, & répondit à Abigaïl : » Que » le Seigneur , le roi d'[fraël foit » béni de vous avoir envoyée » aujourd'hui au-devant de moi: » foyez bénie vous-même de ce » que vous m'avez empêché de » répandre le fang, & de me ven- » get de ma propre main. » Il reçut enfuite d'Abigail tout ce qu'elle avoit apporté, & lui dit de s’en aller en paix dans fa mai- fon. De retonr chez elle, Abigail trouva Nabal plongé dans le vin; ceft pourquoi elle attendit au lendemain , pour lui faire part de ce qui étoit arrivé. Les vapeurs du vin étant diffipées, elle lui raconta la chofe. Cet homme en füt frappé, & demeura aufl in- fenfible qu’une pierre. Dix jours après il mourut; & David envoya | demander en mariage fa veuve qui y confentit. Îl en eut un fils nommé Chéléab, au deuxième li- vre des Rois, & Daniél , au pre- mier des Paralipoménes, Il y en a qui prétendent que Daniel n’eft pas le même que Chéléab , & donnent par conféquent deux fils à (a) Reg. L, II. c. 17. v. 25. (6) Num, ç. 3. v. 35: & fe. ee Cine AE Abigail, depuis fon mariage avec David. Je ne crois pas que ce fentiment foit fondé. Pour en être convaincu , il fuffit de lire les deux endroits indiqués. L’hiftoire d’'A- bigail & hd arriva l’année de la mort de Samuel , & du monde 2947 , 1053 ans avant . Il y eut un autre Abigaïl, (c) fille de Naas , & fœur de Sarvia, mere de Joab. Elle avoit époufé un homme de Jefraël , nommé Jetra , de qui elle eut un fils, qui prit le nom d'Amafa. ABIGEIUS , Aéipeius, nom d'un des chevaux du Cirque. Voyez chevaux du Cirque. ABIHAIEL., Abihaiel ; À'Ciyaærr, étoit pere de Suriel, (b} qui fut le chef des enfans de la branche de Mérari, divifée en fes familles. Ils campoient au côté feptentrional du Tabernacle , & avoient en leur charge les ais du Tabernacle & leurs barres, les ‘colomnes & leurs bafes , les vafes avec tout ce qui fervoit au Taber- nacle , les colomnes enfin du par- vis tout au tour avec leurs bafes, leurs pieux & léurs cordages. Les deux familles des Moholites & des Mufites étoient forties de la race de Mérari. = ABIHAÏL, Abihail, A’Ciyaia, (c) fils d'Huri, eut plufieurs enfans, Michel, Mofoliam, Sébé, Jorai, Jacham, Zié & Héber, qui font fept en tout, & qui eurent chacun leur maïfon & leur poftérité. Ils étoient de la tribu de Gad, &c L (e) Paral, L: I c, 5. ve 14° @ fege « LA 2 48 LB. s’établirent dans le païs de Galaad, dans Bafan, &t dans les bourgades qui en dépendoient, ainfi que dans les villages de Saran, depuis une extrémité jufqu'à l’antre. . ABIHAÏL, Abihail, A’arvad a € 9 : (2) oncle, ou felon la Vulgate & les Septante, frere de Mardochée, étoit pere d’Efther qui fut adoptée par fon oncle. Voyez Efther. ABIHATL, Abrhail, A'Cryaie, (2) fille d'Éliab, fils d'Hfaï, & par- conféquent nièce du prophéte Da- vid, époufa Roboam, qui avoit déjà été marié à une petite fille du. même Prophéte , nommée Mahalath. Abihail eut de Roboam Jéhns , Somoria & Zoom. ABIHAIL, Abihail, A Ciy al, (c) étoit femme d'Abifur, qui eut d'elle deux enfans , Ahobbarn & Mod. ABIL A, Abila, Avauë, (2) montagne fort haute d'Afri- que, fituée , felon Strabon, au païs des Métagoniens , fur le dé- troit de Gibraltar, vis-a-vis le mont Calpé, quieft en Efpagne. Ces deux montagnes connues fous le nom de colomnes d'Hercule, font célébres par la fable de ce héros. On raconte qu’étant arrivé aux deux extrémités de d'Afrique &r de l'Europe fur l'Océan , il voulut y pofer un monnment im- mortel de fon expédition. Selon quelques-uns, les deux continens étoient autrefois très-éloignés l’un de l’autre. Hercule réfolut de les rapprocher jufqu'à ne laiffer en- (2) Efth co 2e. 14. (3) Paral, L. IT, c. 11. v. 18, 19. (c) Paral. L. I, c. 2. v. 29. (4) Strab, p. 170, Plin. in præf, L, III. tre eux, qu'un paflage étroit qui. ne pernut plus aux monitres. de. . l'Océan d'entrer dans la Méditer= ranée : Ouvrage mémorable par. les terres dont il fallut combler un grand efpace de mer. D’autres difent au contraire, que les deux continens étant joints, il coupa l’ffthme &c forma la communica- tion qui eft aujourd’hui entre les, deux mers. Âu refte, on dit que ces deux montagnes paroïflent, en effet, comme deux colomnes à ceux qui font voile vers le détroit. Le mont Abila fe voit aujourd’hui au royau- me de Fez dans la Barbarie. Les Efpagnols lappellent Sierra, Xi- Xiera ,. Où Sierra de las Monas, c'eft-à-dire , la montagne des finges , à caufe qu'on y trouve une grande quantité de ces ani- maux. | ABILA , 4bülz, ville de Phœ- nicie où de Syrie. C’étoit la capi- tale du païs d’Abilène. Voyez l'article qui fuit. ABILENE, Abilina , À'Enwr, (e) païs de Syrie, fitué entre le mont Liban & l’Antiliban. Il pre- noïit, fans doute, fon nom de la ville d’Abila qui en fut la capitale. Sous l'empire de Tibère Céfar, Lyfanias étoit gouverneur de ce aïs. ABIELLIUS, Abillius, A'Elree, C f) fils de Romulus & d'Herfilia, elon quelques uns, Son pere l’ap- pella” d'abord Aollius.: Plutarque dit que ce fut à caufe du grand Pomp. Mel. L. I. c. de Maurit. L. II. c. de Hifp. Diod. Sicul. p. 157, 158 (e) Luc. C: 3° Vs le Plin, LÉ V, Ce 13 (e) Plui, TE, p. 26, nombre \ : A6 nombre de peuple qu'il avoit af femblé en fa ville, c’eft-à-dire dans Rome, dont il eft regardé , ainfi que tout le monde fçait, comme le fondateur. Dans la fuite On le furnomma Abillius. [l avoit une fœur , à qui on donna le nom de Premiere | parce qu’elle fut, en effet, le premier enfant que Ro- mulus eut d'Herflia. ABIMAEL, Abimael., (4) fut fils de Jetan, qui étoit lui-même fils de Héber , de la race de Sem. Abimael eut douze freres & un oncle nommé Phales, parce que la terre avoit été divifée de {on tems. ABISME, 4byflus, A'Evococ, (ë) Ce mot fe prend en différens fens dans l’Écriture. Tantôt c'eft le chaos qui étoit couvert de térié- bres au commencement du mon- de. (M. de la Barre croit recon- noître , dans ces paroles, le tarrare d'Héfiode, parce qu'il eft certain, flon cet Académicien, qu'Héfio- de regardoit le tartare comme un lieu ténébreux, autour duquel les racines de la terre & de la mer avoient crû. } T'antôt c’eft la mer; &tceftence fens, qu'il eft dit dans ER Généfe au fujet du Déluge, que les fources dn grand Abîme des eaux furent rompnes, & les cata- rates du ciel ouverts; dans l’E- xode, que les Égyptiens , pourfui- Vant les [fraëlites , furent enfevelis dans les Abîmes ; & dans S. Luc ; que les démons fapplioient J. C. qu'il ne leur commandât point de & fea. (4) Paral. L. I. c, 1, v. 22. = D s’en aller dans l’'Abime, mais qu'ils entraflent dans un grand troupeau de pourceaux qui païfloient fur fa. montagne , 8 qui coururent eux- mêmes s’y précipiter, aufli-tôt que les démons furent entrés dans leurs corps. Tantôt, enfin, c’eft l'Enfer qui eft défigné par lAbime. C’eft pourquoi S. Paul dit, parlant aux Romains : » Ne dites pas dans » votre cœur, qui defcendra dans » l’'Abime pour ‘ramener J. C. » d’entre les morts ? » EtS. Jean, dans fon Apocalypfe , s'exprime ainfi, au chapitre neuvième : » Je » vis une étoile qui tomba du ciel » fur la terre, & la clef du puits » de l'Abime lui fut donnée. Elle » ouvrit le puits de lAbîme , & il » en fortit une fumée femblable à » celle d’une grande fournaife. Et » ailleurs, après que mes deux té- » Moins auront achevé de rendre » leur témoignage, la bête qui » monte de l’Abîme , leur fera lz » guerre, les vaincra & les tuera.« ABIMÉLECH , Abimelech . AGruéne ; (c) étoit roi de Géra- re, lorfqu’Abraham alla demeurer dans ce païs. Comme il difoit de Sara fa femme, qu’elle étoit fa fœur , Abimélech la fit enlever. Mais Dien apparut en fonge, à ce prince , durant la nuit, & le menaça de le punir de mort,à cau- {e de la femme qu'il avoit enlevée, quoïqu'elle eût un mari. Abimé- lech, qui ne s’étoit pas encore apx proché d'elle , s’excufa auprès du V: 1,2. C, 11. V. 7. Mém, de l’Acad, des (8) Genef. c. 1. v. 2. © 7 v2 11. Infcrip, & Bell. Lett, T. XVII, P- 12° KOd, c. 15. ve s. Euc. c. 8. v. 31. @ fa. ad Rom. Epift. Ce1QrVe7e APOG: C9. dom. L, (c) Genef, Çe 2Os Ve 2e dr feq. 4 de rance. > _. (Ye) Ab. — Seigneur, en alléguant fon 19n0> Alors Dieu lui dit que c’é- toit auf , parce quil avoit agi avec un Cœur fimple, qu'il Pavoit réfervé de commettre le crime; qu'il rendit donc cette femme à fon mari, qui étoit un Prophéte; que ce prophète prieroit pour lui, êc qu'il vivroit. Abimélech fe leva, en effet, dès le point du jour; & ayant fat venir Abraham, il lui fit des reproches de ce qu'il avoit agi ain à fon égard. Abraham lui répondit que, dans l'incertitude sil y avoit quelque crainte de Dieu dans ce canton , & dans lappréhenfion qu'on ne le tuût, à caufe de Sara, fa femme, il avoit pris le parti de dire qu'elle étoit {a fœur; que , d'ailleurs, elle l'étoit effectivement, étant fille de fon pere; & que, depuis qu'il étoit parti de chez fa famille, il avoit priée en grace de dire dans tous les lieux où ils iroient, qu'il étoit fon frere. * Abimélech, ayant rendu en conféquence à Abraham Sara fa femme, lui fit des préfens de brebis, de bœufs, de ferviteurs & de fervantes, & lui dit qué tout le païs quil voyoit, étoit à fa difpoñition, & qu'il pouvoit demeurer où il lui plairoit À- dreffant enfuite la parole à Sara, 51 lui déclara qu'il avoit donné mille pièces d'argent à fon frere, afin qu'en quelque lieu qu'elle alt, elle eût toujours un voile fous les yeux devant ceux qui froient avec elle, & devant les étrangers. Abimélech lui recom- 6, Vs, Le > fete AB manda, fut tout, de fuivré cet avis , & de ne pas oublier ce qui lui étoit arrigé. Après cela, Abraham pria Dieu pour Abe mélech, & Dieu le guérit, aïnf que fa femme & fes fervantes, qu'il avoit frappées de flériité, en punition de l’enlevement de 2 Sara. Cet événement eft placé vers lan du monde 2107 , &c avant J. C. 1893 ans. . ABIMÉLECH, Abimelech, (a) A'tmeéney, autre Roi de Gérare. F1 y a des Interprètes , qui croyent que c'eft le même que le pré- cédent. Dom Calmet dit, à cette occafion , que.la chofe w’eft pas abfolument impofhble , mais qu'il éft plus probable que c’eft fon fils. Quoiqu'il en foit, il arriva de fon tems une famine au pafs où demeuroit lfaac; ce qui lo- bligea de fe retirer à Gérare, Pendant qu'il y demeuroit, les Philiftins, ou les habitans du lieu, demandérent qui étoit Rebecca; & fac leur rédondit qu'elle étoit fa fœnr , pour les mêmes raifons qu_Abraham lavoit dit de Sara quelques années auparavañte Cependant, un jour qu'Abimé- lech regardoit par une fenêtre, il vit Ifaac, qui badinoït avec Re- becca; l'ayant fait venir, il Jui dit qu'il étoit viñble que Rebecca étoit fa femme. Ifaac le lui avoua» ajoftant quil avoit craint qu’on ne le tuât , à canfe d'elle. Le Roi Jui fit des plaintes très - vives , de ce qu'en cachant la vérité, il avoit expof fa femme à être déshonorée. Ii publia donc .une ordonnance pour tout fon peuple, que qui É AB conique toucheroit à cet homme ou à fa femme , {eroït puni de _ mort. Ceci fe pafloit fous Pan du monde 2200, 1800 avant J. C. Jfaac s'étant mis à cultiver des terres en ce païs-là , recueillit cette même année le centuple. Com- me il s’enrichiffoit de plus en plus, & qu'il devenoit extrêmement . puïlant, les Philiflins en conçu- tent de l'envie, & Abimélech lui dit de f retirer. Haac obéit, & allä s'établir dans la plaine de Gérare. Quelque -tems après , Abimélech vint le trouver en ce _ lieu-là, accompagné d'Ochozath, fon favori, .& de Phicol , général de fon armée. Tfaac lui ayant de mandé pourquoi il venoit à lui, après lavoir chaflé ; Abimélech lui déclara qu'il avoit reconnu clairement , que le Seipneur étoit avec lui, €c qu'il venoit lui pro- pofer de faire alliance avec lui. aac le traita avec magnificence, ainfi que tous-ceux de fa fuite. Le Kndemain l'alliance fut jurée de part &t d'autre ; après quoi ils fe parérent en bonne intelligence. Un puits qu'on trouva le même Jour dans les environs, fut appellé le puits du jurement , en mémoire de ce qui s'étoit paité. ABIMÉLECH , Abimelech, AGiueney (z) étoit fils de Gé- don, furnommeé Jérobaal, & d'une concubine , que cet ancien Juge d’'Ifraël avoit à Sichem. Abi- mélech , après la mort de fon pere, alla dans cette ville où il vint 4 bout de fe faire reconnoître J pe dUfraël, vers l'an du monde 2768, &t avant JC: 1232 ans. Ii fut © () Jüdic, « Tr. SAC 09: vs 1 feg. Le Ab - ST redevable de cette dignité . parens de fa mêre, qui parlérent de lui aux Sichimites , d’une manière avantageufe, & lui gagnérent par ce moyen.leur cœur & leur afec- tion. On lui donna foixante-dix piéces d'argent, qui furent tirées du temple de Baalbérith. Abi- mélech, avec cetargent, leva une troupe de gens miférables & vaga- bons , qui le fuivirent. Étant venu en la maïfon de fon pere, à Éphra, il tua, far une même pierre, les forxante-dix fils de Jérobaal , fes freres, de manière qu'il ne refta que Joatham, le plus jeune de tous”, parce qu'on le cacha. Alors tous les habitans de Si- chem s'étant afflemblés, avec tou- tes les familles. de la ville de Melo, allérent établir rot, Abimélech, près du chêne fitué aux environs. de Sichem. Joathäm,:en ayant reçu la nouvelle, s’en alla au haut de la montagne de Garizim, où fe tenant debout ,. il cria à haute. voix , © parla de cette forte: 3 Écoutez-mot, habitans de Si- » Chem, comme vous voulez que 5; Dieu vous écoute. Les arbres 3 s'aflemblérentun jour pour s’éli- teun Roi; ils direñt à l'olivier: » foyez notre Roi. Lolivier leur » répondit : Puis - je abandonner » mon fuc & mon huile, qui fert » au culte de Dien & à Fufage » des hommes, pour fn’embarraf- » {er du gouvernement des arbres » Les arbres dirent enfuite au fi= » Suiér' venez récher fur noue _ > Le figuier leur répondit : Puis- » je abandonner Ja douceur de » monfuc, & l'excellence de mes D à re N Ta S8 AB - toit fils de Zorobabel, c'eft-1- . dire, lun des ancêtres de J. C. felon S. Matthieu. -ABJURATION , Æbjuratio terme compofé de la prépofition ab & du verbe jurare, jurer. L’Ab- juration, chez les Romains, figni- fioït dénégation avec faux ferment d'une dette , d’un gage, d’un dé- pôt, on d’autres chofes fembla- bles , auparavant confiéés. En ce fens PAbjuration eft la même cho- fe que le parjure ; elle differe de Féjuration qui fuppofe le ferment juite. ABLANA , Ablana, (a) nom d'une puiffance célefte, où d’un bon ange felon les Bafilidiens, ABLATIF, du Latin Ab/arus, Ôté, terme de crammaire, C'eft ainfi qu'on appelle le fixième cas des noms latins ; & cela , parce qu'il marque un rapport de fépa- . ration, de divifion,, de privation; comme , ablatus a me, Ôté de moi. Cela ne veut pas dire néan- moins qu'on ne doive mettre un nom à l'Ablatif, que lorfqu'il y a un rapport de féparation , de divi- fion , de privation. On met à l’A- blatif des noms qui font régis par des prépofitions , telles que celles- ci, pro , cum, &c. Or, ces pré- pofitions ne marquent aucun rap- port de féparation ni de divifion. C'eft tout le contraire, Ces fortes de dénominations fe tirent de l’'ufage le plns fréquent, : ou même de quelqu'un des ufages. C’eft ainfi que Prifcien, frappé de l'un des ufages de l’'Ablatif, l'ap= pelle cas comparatif; parce qu’en effet on met à l’Ablatif l’un des (2 AB correlatifs de la compataïfon. Pa exemple, Paulus ef? doëtior Petro, » Paul eft plus {avant que Pierre. Varron le nomme cas latin, parce qu'il eft propre à la langue latine, Quant aux Grecs, ils n’ont point de terminaifon particulière, pour marquer l’Ablatif. C’eft le génitif qui en fait la fonétion ; & c'eft pour cela qu'on trouve fou- vent , en latin , le génitif à la manière des Grecs , au‘lieu de lAblatif latin. I n’y a pas non plus, à pro= prement parler, d’Ablatif en fran- çois. Nos grammaires françoifes diftinguent cependant ce cas du géniti. M. Reftaut convient qu'il n'y à aucune différence entre l’un & l’autre, quant à lexpreffion; mais 1] dit qu'il en a, quant à la fignification , en ce que le génitif marque les chofes comme unies ; au lieu que P'Ablatif, aïnfi que nous l'avons dit, les marque le plus fou- vent comme féparées. Mais ce qui les diflinpue far tout l’un de l’au- tre ,ajoûte M. Reftaut, c’eft que le génitif eft toujours régi par un nom, & que l’Ablatif n'eft gueres régi que par un verbe, à moins qu'il ne le foit par quelques noms qui marquent expreflément {épa- ration , divifion , ou privation, comme dans ces exemples, 4 la fortie de ma chambre, à mon départ de Rome. re On peut conclure de-là, que les noms qui ont les articles com- muns au genitif & à l’Ablatif, doi- vent être cenfés à l’Ablatif., dès qu'ils font régimes de quelque verbe, comme dans ces phrafes à {#) Antiq. expl, pat D, Bern, de Montf, Tom, IT, p, 376 TA ARTE ROME TITI EN EITE TENTE TARN NET OSEO RE PET DEEE EE ONE CT TES MERE TROT ID EQP EE NPTET ET ADS CE D INPI EE ENT EBT PRET ES RICHES ER ERORE APE ÉENPTOENEN GT EITERe À ue pr ot dan a RE LM ul re À B dépendre de Dieu, obtenir une grace du Roi, dépouiller quelqu'un de fes biens , recevoir un préfent du Prince, être aimé du Peuple, étre connu des Grands. Ce qu’on dit des verbes, s’en- tend épalement des participes; comme, dépendant de Dieu, aimé du Peuple. ee ABLATIF Agsozu. Par Ablatif abfolu , les Grarnmairiens enten- dént un incife qui fe trouveen la- tin dans une période , pour y mar- quer quelque circonitance , où de tems, onde manière, & qui eft énoncé fimplement par FAblatif: comme , Zmperante Cafare Au- gullo, Chriflus natus in Je C » eft yenu au monde fous l’em- » pire d'Auguite.» Cæfzr, deleto hofium exercitu. » Céfar , après » avoir défait l’armée de fes en- » nemis.» /mperante Cafare Au- guflo, deleto exercitu , font des Ablatifs qu’on appelle communé- ment abfolus, parce qu'ils ne pa- roïffent pas être le régime d’ancun autre mot de la propoñtion. Mais on ne doit fe fervir. du terme d’ab- folu, que pour marquer ce qui eft indépendant & fans relation à un autre. Or, dans tous les exem- ples que lon donne de l’Ablatif abfolu, il eft évident que cet Abla- tif a une relation de raïfon avec les autres mots de la phrafe; & que fans cette relation, il y feroit hors d'œuvre, & pourroit être fupprimé. Dans ces fortes d’occafñons on fous-entend une prépoñtion, com- me, fub. On en trouve des exem- ples dans les meïlleurs Auteurs. | Sæpè ego correxi , fub te cen- fore, libellos ; (a) » C'eft-à-dire, jai fouvent cor- » rigé mes ouvrages fur votre » critique. » C’eft une expreflion d'Ovide. Il eft inutile de citer un grand nombre d'exemples de fem- blables paffages. Jl me femble que ce qui eft ap pellé Ablatifabfolu, pourroit beau- coup mieux s’appeller Ablatif rela- tif; mais l’ufage à prévalu , &t il {e- roit bien dificile de le détruite. ABLAVE , Ablavius , nom commun à plufñeurs perfonnages célébres dans l’hiftoire du bas Em- pire, qu’on appelle encore Abla- te, d'Ablatius, où Ablable d 4 blablius. “+ ABLAVE , Ablavius , que _ quelques-uns font Égyptien, mais fans fondement , géra la préfeftu- re du Prétoire, fous l'empire de Conftantin le Grand, l’efpace dé dix ou onze ans, depuis l'an de . C. 326 jufqu'à l'an 337. On dit qu'il fut aufhi revêtu de la digité Confulaire dans cet intervalle, ceft-à-dire, en 331. Cet Officier _ent beaucoup de crédit à la cout de Conftantin, & fe défit de So- patre fon concurrent. Il avoit une maifon fuperbe à Conftantmople, qui fut depuis le palais de Placi- die , fille du grand Théodofe. Conftantin le laïfla, en mourant, pour fervir de confeil à Conftan- ce ; mais cet Empereur le dépofa auffi-tôt de fa charge, fous pré texte de céder aux foldats - Ablave, ainf dépoié, fe retira dans une maifon de plarfance qu'il (4) Ovid. de Pont, L. 1, Epift, 12, v.2$. - ES AD avoit en Bithynie, maïs il n'y de- meura pas long-tems en repos; car Conftance lui envoya des Officiers de l’armée , qui lui ren- dirent une lettre par laquelle il fembloit l’affocier à l'Empire ; au moins Ablave fe l’étant imaginé, demanda où étoit la pourpre qu’on lui envoyoit ; il entra en même- tems d'autres Officiers qui le tué- rent. On croit qu’il fut privé de la fépulture. Ablave laiffa une fille , nommée Olympiade , fiancée à Fempereur Conftant , qui l’éleva & la confidéra comme fa femme, tant qu'il vécnt. Dix ans après la mort de ce Prince , qui fut tué en 350, Conftance la maria à Arfa- ce, ro1 d'Arménie. ABLAVE, Ablavius, étoit un fameux Rhéteur qui vécut fous Théodofe le jeune. Il avoit été cifciple du fophifte Troïle ; & dans Ja fuite il fut ordonné Prêtre par Chryfante, évêque des Nova- tiens à Conftantinople. Dans cet emploi il publia divers {rmons qui font perdus. Ablave fut de- puis évêque des Novatiens à Cé- farée , où il enfeigna, en même- tems , la Rhétorique. ABLAVE, Ablavius, qui fut auteur d'une hiftoire: des Goths, ue Jornandès cite dans la fienne. Ôn ignore dans quel temsila vécu. ABLAVE MURÉNA, Ablavius Murena fut préfet du Prétoire,fous empire de Valérien. Cet Empe- reur lui adreffa une lettre qui eft rapportée par Trébellins Pollion. ABLECTI , (a) nom que les (a) Trad, des Coûr. & Cérém, des Rom. par M. Nieup. p, 271, (5) Homer, Iliad, L, XXI, y. 142. EST Ce 2° Vo 8, À B Romains donnoient aux foldats de la demi-cohorte, qu’on diftinguoit dans la cinquième partie de l'in- fanterie. Ces foldats étoient au nombre de cent foixante- huit, tous gens d'élite, ainfi que cela eft défigné parle mot 44e, ABLÉGATION, Ablepatio, efpèce de banniflement que les peres , à Rome, étoient en droit d'employer à l'égard de ceux de leurs enfans qui leur donnoient quelque mécontentement. ABLERUS , Ablerus ; A Grupo ; (b) prince Troyen, qui fut tué dans un combat, paf Antiloque , fils de Neftor. ABLUTION, Auto, cérémonie religieufe qui étoit en ufage parmi les Romains, comme une forte de purification , pour laver le corps, avant que d'aller au facrifice, Quelquefois ils l’a- voient leurs mains & leurs pieds, quelquefois la tête | fouvent tout le corps. C'eft pourquoi on trou- voit à l'entrée des ‘Femples des vafes de marbre, remplis d’eau. Il eft probable qu'ils avoient pris cette coûtume des Juifs ; car nous lifons, dans l'Écriture, que Salo- mon plaça, à l'entrée du Temple qu'il éleva au vrai Dieu , un grand vafe que l'Écriture appelle la Mer d’airain, où les Prêtres fe lavoient , avant que d’offir le facrifice , ayant auparavant fanc. tifié l’eau en y jettant les cendres de la vidtime immolée, ABNER, Abner, A’Cenp, (c) fils de Ner, étoit un célébre (c) Reg. L, I. c, 26, v. s, @ fete I dE" feg, © y vV. 7 & feg. - AB général de Saul. Lorfque David pénétra dans le camp de ce Prince, & qu'il enleva {a lance & fa cou- pe, Abner, avec toutes fes trou- pes, dormoit auprès de lui. Ceft pourquoi David, s'étant enfuite retiré fur le haut d’une montagne, commença à appeller les gens de Saul, & Abner, en particulier, en lui criant : » Abner, ne répon- » drez-vous donc point? Abner » lui répondit : Qui êtes vous, qui » criez de la forte , & qui trou- » blez le repos du Roi? N'êtes » vous pas un brave homme, lui » dit David? Y a-til quelqu'un, » dans fraël, qui vous vaille ? » Comment donc n’avez-vous pas » gardé le Roi votre Seigneur ? 5 Voyez où eft fa lance & la » coupe qui étoit à fon chevet. » - Après la mort de Saül, Abner prit Isbofeth fon fils , âgé de qua- tante ans , @c l’établit roi fur If- taël, qu'il gouverna en paix pen- dant deux ans. Cependant David régnoit à Hébron fur la feule tribu de Juda. Abner, étant forti de Mahanaïm , vint à Gabaon avec les gens d’Isbofeth. Joab marcha contre lui. Les deux armées s’e- tant rencontrées près de la pifcine de Gabaon, il fe donna là un rude combat. Abner fut défait & mis en fuite avec tous ceux d'Ifraël. Afaël, frere de Joab , fe confiant fur {a légereté, qui ne le cédoit pas _äcelle des chevreuils,. fe mit à pourfuivre Abner. Celui-ci regar- dant derrière foi, Fapperçut & lui Conjfeilla de s'arrêter. Afaël ne fe mettant point en peine de ce qu'Abner Jui difoit, continua de le pourfuivre, Alors Abner lui A B 6È porta un coup de lance, & le tua fur la:phice. + se . Dans la fuite, Isbofeth ayant fait des reproches à Abner, de ce qu'il avoit abufé de la concubine, de fon pere, ce Général en fut fortirrité , & prit, dès ce moment, la réfolution de quitter le parti du. fils de Sal , pour embrafler celui de David. Il luienvoya, eneflet, des courriers pour lui dire ; de {a part, que tout le pais lui appar- tenoit ;.que s'il vouloit lui donner: part à fon amitié, il lui offroit fes fervices ; & qu'il feroit que tout Hraël fe réuniroit à lu. David re- pondit qu'il le vouloit bien , &c qu'il étoit difpofé à faire amitié avec lui; mais qu'il ne confenti- roit pas à ce qu'il vint le trouver, qu'il ne lui eût ramené Michol, fille de Saül, quil avoit époufée pour cent têtes de Philiftins. Ab- ner, ayant Ôté Michol à Phalthie, à qui Saül l'avoit donnée, la üt. conduire auprès de David. Après cela il parla aux Anciens d’Ifraël, & leur repréfenta qu'il y avoit. long-tems qu’ils fouhaitoient d'a voir ce prince pour Roi, qu'ils: devoient donc le choiïfir a@tuelle- ment fans héfiter ; d'autant plus que Dieu avoit pronis de fe fervir de lui pour les délivrer des mans de leurs ennemis. Il alla enfuite trouver David à Hébron , pour lui annoncer que tous les enfans d’If- raël {e foumettoient à fon pouvoir. David lui fit un feftin , ainfi qu'aux vingt hommes qui l’avoient ac compagné , & le renvoya en paix. Joab arriva bientôt après ayec fon armée, & apprit de-quelqu’un ce qui s’étoit pañé. [len témoigna Ne es L'es» R A €> _ AB \ du mécontentement au Roi; qui, ‘felon lui, auroit dû faire arrêter Abner, comme un homme dan- gereux, qui n'étoit venu que pour <pier fes démarches, Il envoya des courriers après Abner ; & Abner étant revenu à Hébron , il-le tira à part & le tua pour venger la mort de {on frere Afaël. David layant{çu, prononça mille malé- diétions contre Joab & tonte {à maïlon. Il commanda an peuple de déchirer fes habits, & de fe couvrir de facs, pour pleurer la mort d'Abner. [l afhifta même en perfonne à fes funérailles, mar- chant devant le cercueil. Et après qu'on l'eut enterré à Hébron., il verfa des larmes fur fon tombeau avec tout Ifraël, La-mort d’'Abner arriva l'an du monde 29:56, &: avant J: C. 1044 ans. + ABNOBE,, Abnoba, (a) mon- tagne de Germanie, qu eft ap- pellée par Ptolémée, Aunobée , AuroGaies. C'eft à cette montagne que le: Danube prend fa fource. Aujourd’hui elle fe nomme Abé- nowe ou Æbrobz. Elle fait partie: de ces montagnes connues fous le: nom de montagnes Noires. qui fe trouvent dans la Souabe. : ABOBUS Abobus; A’ÉduCoc > (Z) pere de Ptolémée , qui étoit gendre du grand-Prêtre, & qui fut Étabh gouverneur de la plame de Jéricho du tems des Maccabées. Voyez Ptolémée. A B “ABŒCRITE » Abecritis j A'Ccrœuplios , (c) chef des Béo- tiens ; qui fut contemporain du célébre Âratus , Tyran de Sicyo= ne. Il périt avec mille Béotiens, dans la bataille qui fe donna au- près de Chéronée, contre les Éto- liens, Aratus s’étoit mis en marche pour aller fecourir, les Béotiens, mais par malheur pour eux & pour leur chef, il n’arriva pas aflez tôt. ABOLE, Abolus, A'Coxe (4) rivière de Sicile, qui naïfloit dans les montagnes , vers Hybla , & fe rendoit dans la mer lonienne , au- près de Catane. Mamercus , ty- ran de cette Ville, ayant eu la té- mérité d'attaquer , fur les bords de FAbole, Timoléon , célébre séné- ral des Siciliens , fut vaincu avec une perte de plus de deux mille hommes. C'étoient , pour la plû- art, des Carthaginois qu'on avoit part, g envoyés à fon fecours. On croit que cette rivière eft la même que Ptolémée appelle Alabe, & qu’elle porte à préfent le nom de Cantaro. ABOLLA, 4bolla, (e) habit que les Philofophes affeftoient de porter. Quelques-uns le confon- dent avec l'Exoméde. Ainf ce dévoit être une tunique fans mañ- ches, qui laïfloit voir les bras &les: épaules. C’eft de-là qW'elle prenoit fon nom. C’étoit encore un habit des valets & des gens de fervice. ABOMINATION , Abomi- natio ; Cfénvyua, &c. (f) Les -(a) Prolem. Le II. c. rt. Tacit. del L. IT, ce 4. Mor. Germ, ç 1. Mém, de l’Acad, des Infcrip. & Bell, Lett,T. XIX, P: 579. (BY Mac LT C, 16, v. 11 dr feg ‘(c) Plut. Tom, I. pag. 1032, (e) Antiq. expl, par D. Bern, de Mont: Tom. II. pag, 14. : (f) Genef. c. 46. v. 34. Exod, c, 8. : v.26. Dan,.c.9.v.27. Maccab. L. Je, Hd) Plur, Tom, I, pag. 253, Prolém, 1c6, v; 7. Matth. ce 24uy, 159 = | De. 7. / De Bas AB pafteurs de brebis étoient en Abo- mination aux Égyptiens. Les Hé- breux devoient immoler au Seï- gneur, dans le. défert , les Abomi- nations des Égyptiens, c’eft-à- dire, leurs animaux facrés , les bœufs, les boucs, les agneaux & les beliers, dont les Égyptiens re- gardoiïent les facrifices comme des Abominations & des chofes illicites. - L'Écriture donne d'ordinaire le aom d’Abomination à l'idolâtrie & aux idôles , tant à caufe que le culte des idôles , en lui-même, eft une chofe abominable, que parce que les cérémonies des [dolâtres. étoient prefque toujours accom- pagnées de diflolutions , & d’ac- tions. honteufes & abominables, Moïfe donne auf le nom d’a- bominable, aux animaux, dont il interdit l’uface aux Hébreux. ABOMINATION pe Déso- LATION.| l], prédite par Damiél, marque, felon les meilleurs Inter- prétes. l'idôle de J upiter Olym- pien, qu'Antiochus Épiphane fit placer dans le temple de Jérufa- lem; &cla même Aéomination de défolation , qu'on vit à Jérufalem pan le dernier fiége de cette ile par les Romains, fous Tite, ce font les enfeignes de l’armée Romaine , charoées de-figures de leurs dieux & de leurs Empereurs, - Qui furent placées dans le Tem- ple, après la prie de la Ville & du Temple. ABONDANCE [la corne d’|, (a) étoit, felon les Grecs , l'une (4) Ovid. Metam, L, IX, v. 88. Myth, Par M, PAbb. Ban, T, I. p. 3244 Ti V, P:256. Antiq. expl, par D. Bern. de Mont£, TD Ip, 315. Mém, de l'Acad, + A = 6 des cornes de la chèvre L qui, après ayoir nourri Jupiter ; fut placée parmi les aftres, où elle forma'un figne qui porte en- core fon.nom. Cependant ces mê- mes peuples difent quelquefois la même chofe de la corne du. fleuve Achéloüs , qu'Hercule lui arracha, après qu'il fe fut métamorphofé en taureau. Les Naïades, quila relevérent:de terre, la remplirent de fleurs & de fruits ; & c’eft, dit Ovide, cette riche come qu’on appelle corne d’'Abondance. La Fortune, dont les payens firent une divinité, étoit repré fentée, tenant de la main/gau- che, ou felon d’autres, de 1a: man droite ; la corne d’Abon- dance , pour marquer que c’étoit ellé qui diftribuoit tous les biens, C’eft à Smirne que la fortune fut ainfi repréfentée , pour la pre- mière fois, par les foins de Bu- palus , très-habile {culpteur. La corne d'Abondance, fur les médailles, eft un des attributs du Génie. as ABONOTIQUE, (4) Ville de PAfe mineure , dans la Paphla- gonie ; ou plutôt dans la Galatie. C'eft Ptolémée qui la place dans cette dernière province. Ce Géo- graphe lappelle -4ori Meœnta, ou comme traduifent eertains Mo- dernes, Aboniteichos, du Grec, A'Écreu rem C’eft pourquoi les habitans d'Abonotique font nom més Abonotichétes, c’eft-à-dire, habitans du mur d'Abonus. Cette des Infc, & Bell. Let, T. XI:p.3, — (bé) Prolem. L: V. c. 4. Crev. Hift, des Emp._Tom, IV. p. 456 @ fwivs Lucian, Tom, I. pag. 865, à PE NN V al 4 Br 6 À DB Vie qui étoit fituée vers les bords du Pont-Euxin, entre Sinope & TFheutratia, donna la naiffance à Alexandre , l’un des plus célébres impofteurs que l’on ait jamais vus. On remarque qu'il démentit étran- gement, par la fubulité de fon efprit, le climat qui lui avoit don- ne le jour, puifqu'il ne produifoit, pour l'ordinaire , que des génies groffers , épais & faits pour être dupes. Poyexz l'article d'Alexan- dre limpofteur. ABORIGENES , Aborisines, À Ccpiywes ; (a) anciens peuples d'Italie, Juftin prétend qu'ils ont été les premiers habitans de cette contrée; que Saturne , leur roi, avoit un {1 grand amour pour la juftice , que fous fon régne, non feulement il n’y eut point d’ef- clave , mais l'on ne vit même perfonne pofléder quelque chofe en propre; qu'enfin tout étoit commun , en forte qu’on ignoroit Vart de partager , comme fi tous, les biens enfemble n’avoient for- mé qu'un feul patrimoine. Le {en- timent de Juftin n’eft pas fans conteftation ; car Denys d'Hali- carnafle , dont le fentiment a été fuivi par M. Freret, aflûre que les Sicules , nation [bérienne ou Efpagnole , ont occupé-dans les ° premiers tems , la partie de lltalie , qui pafla enfuite fous les loix des Aborigénes. Ceux -ci ne chaflérent les anciens habi- fans ; que par une guerre, qui dura long-tems. Quant à Porigine des Abori- (a) Strab. p. 228. Jufts EL. XLIII. Cr, Tir. Liv. L. fc. 152, Dionyi. Halic, L, li Cr 12,2 35 Plin, L, Il, D UN À B gènes, les fentimens font partas gés. Îls y a des Hiftoriens qui difent que les Aborigénes étoient naturels d'Italie, & qu'ils faïfoient par eux-mêmes une nation paï- ticulière, qui ne devoit fon origine à aucun autre. Les mêmes Hif- toriens ajoûtent qu'on leur donna ce premier nom, parce que ceux qui habitérent l'Italie, dans la fi- te, tiroïent d'eux leur origine ; & que le nom d’Aborigénes veut di- re, felon fon étymologie, les pre- muets peres d’une nation, ou ceux qui lui ont donné l’origine. - D’autres prétendent que cé- toient des gens errans & vaga- bons ;. qu'étant fortis de différens endroits, ils fe rencontrérent par hazard en Italie , où ils choïfirent pour leur demeure des poftes for- tifiés, & d’une fituation avanta- geufe; qu'ils y vivoient de bri- gandage , & du revenu qu'ils ti- roient de leurs troupeaux. C'eft pour cela qu'ils changent leur nom en celui d’Aberrigénes , afin de marquer plus clairement leur condition , & de faire voir que c’étoit un peuple errant de côté êt d'autre. Il femble donc que, felon leur fentiment, la nation des Aborigénes ne différe en rien de ceux que les anciens appelloient Lélèges ; car c’eft le nom qu'on A donnoit ordinairement à patrie ni demeure fixe , fe ramaf- loïent de divers païs. D'autres, enfin, difent qu'ils étoient une co- lonie de Liguriens , peuples voifins c, s. Mém, de lAcad, des Infcrip. & Bell. Lett. Tom. VII, pas: . Tom. XVUI, pag. ga. RP ,339 de ces {or tes d’'avanturiers, que n'ayant TER À B de FOmbrie ; mais c’eft une püre fable. Les plus fçavans auteurs Ro- Mains prétendent que les Abori- génes étoient Grecs d’origine, du nombre de ceux qu'on appelloit Arcadiens. D'abord, ils demeu- rérent difperfés dans les monta- nes, par bourgades, fans mu- railles, & fans fortifications. De- puis que de nouvelles colonies Gréques fe furent mêlées avec eux, ils chaflérent entièrement les Sicules | ainfi qu'il a été déjà obfervé, fortifiérent plufeurs villes, & fabjuguérent tout le pais, fitué entre le Liris & le Tibre. Ïls Sy maintinrent depuis, fans en être chaflés par d’autres. Ils con- fervérent auffi le nom d’Aborigé- nes, juiqu'à la guerre de Troye. Sous le roi Latinns, qui régnoit du terms de cette guerre , ils com mencérent à s’appeller Latins. En- faite Romulus ayant fait bâtir la Ville, qui porta fon nom , les La- tins, ou les Aborigénes , prirent le nom de Romains, qu'ils ont toujours continué de porter. C’étoit la coûtume , parmi plu- fleurs peuples , tant Grecs que Barbares , lorfqu’une ville fe trou- Voit trop peuplée, où que le païs ne pouvoit pas nourrir+tous fes abitans, ou qu'une maligne in- fluence de l'air étoit caufe que l terre ne fournifloit pas autant de vivres qu'à l'ordinaire , ou qu'enfin quelqu’autre conjonttu- fe, bonne on mauvaife , l’obli- sea à fe défaire d’une partie de on monde ; c’étoit, dis-je, la “Coëtume , que l’on confacrât à un IEU tous les enfans d’un certain Tom. I, AB 6: âge, qu'on leur donnât des . mes, & qu'on les envoyât dans un autre pais. S'il ne s’agifloit . que de rendre graces aux Dieux, de ce qu'ils avoient multiplié la nation , par un grand nombre d'enfans ; où pour quelque vic- toire remportée fur les ennemis, on faifoit d’abord des facrifices fo- lemnels , & l’on envoyoit cette jeunefle en colonie, fous d’heu- reux aufpices. Mais fi la nation étoit accablée de malheurs, sil faHoït appaïfer la colère des Dieux, & obtenir qu'ils miffent fn aux maux préfens, on faïfoit à-peu- près la même chofe ; cependant. On le faïfoit avec peine, & on de- mandoït pardon à cette penplade, qu'on chafloit du païs , en lui té moignant qu’on étoit bien fâché d’en venir à cette extrémité. Ces jeunes gens , fortis des terres de leurs peres, fans efpérance d’avoir jamais de patrie fixe, s'ils ne trou- voient quelque canton qui les re- Çût, regardoïent comme le lieu de leur naïffance, quelque paiïs que ce pôt être , où l’on vouloit bien leur donner une retraite de bonne amitié. On étoit perfuadé que le Dieu auquel ils étoient voués , deyenoit ordinairement leur prote@teur, & faifoit prof- pérer leur colonie au de-là de ce qu'on peut croire. Ce fut, fuivant cette coûtume, que quelques villes des Aborigénes, voyant que leur pais étoit trop peuplé, confacré- rent à un Dieu tous les enfans, qui vinrent au monde pendant un an ; Car ils ne pouyoient fe réfoudre à” les faire mourir, & ils regardoient cela comme une \ 66 AB. aétion des plus inhumaines. Les Aborigénes poifédérent añ- ciennement plufeurs villes. Mais il en reftoit peu, du tems de De- nys d'Halicarnafle,la plüpart ayant été abandonnées on détruites par les guerres &c par d’autres calami- tés, Voici les principales. Palation, à vingt-cinq ftades de Réate , fax la voie Quinta; Tribule, envi- ron à {oixante ftades de la même ville, fur une petite coiline ; Vesbole , éloignée de Tribule d'environ autant , & fituée vis-à- vis des monts Cérauniens ; Sune, où Jon voyoit un très - ancien temple de Mars, à quarante fta- des de Vesbole : Méphyle, dontil reftoit encore des ruines, avec quelques veftiges de fes murs, du tems d’Augufte, éloignée de Sune d'environ trente ftades. À quarante ftades de Méphyle, étoit Orvinion, la plus fameufe & la plus grande ville de ce can- ton. On voyoit aufli, du tems d'Augufte, les fondemens de fes murailles, quelques magmifiques tombeaux d'un ouvrage ancien, lenceinte des cimetieres , fitués far de hautes & longues terrafles, run vieux temple de Minerve, au haut de la citadelle. À quatre- vingt flades de Réate:, en pañlant par la voie Juria, auprès du morit “Coréte, on trouvoit la ville de ‘Curfule. I y avoit auf une îfle appellée Ha, toute entourée d’un ac. On dit qu'on y habitoit fans autres. fortifications, & que les eaux bourbeufes de ce lac, te- noiïent lieu de retranchemens & “de. murailles. *. En allant de Réate vers le pais A B - des Latins, on trouvoit la ville de Batie, à trente ftades. Tiore, qu'on appelloit auf! Matienne, en étoit à trois cens ftades, On prétend que dans cette ville il y avoit un fort ancien oracle de Mars: Il étoit, dit-on, à-peu- près, comme celui de Dodone, fi fameux dans les fables ; excepté qu'à Dodone , c’étoit un pigeon, qui rendoit les oracles, du haut d’un chêne facré ; au lien que chez les Aborigénes, c'étoit un autre oifeau, envoyé des Dieux, qu rendoit les fiens fur une colomne de bois. Ils appelloient cet oïfean Pivert, & les Grecs Dryoco- apte, c’eft-à-dire, Perce-chêne, où Pique-bois. Lifta, capitale des Aborigénes, étoit à vingt-quatre ftades de cette ville. Elle fut ar trefois prife d’aflaut par les Sa- bins , qui fortirent d’Amiterie pendant la nuit, & qui l'attaqué- rent à l'improvifte. Ceux qui sé toient fauvés de cette ville, reçus par les habitans de Réate, firent plufieurs tentatives. pour la re- prendre ; mais voyant qu'ils net pouvoient vemir à bout, ils en confacrérent les terres aux Dieux, | -comme un bien qui leur appar. tenoit encore , & firent des in précations contre quiconque €f recueilleroit les fruits dans | fuite. À foixante-dix ftades de Reate, étoit la célébre ville de Cutile, aflife au pied d’une montagne Auprès de cette ville, il y avoit un lac, de la grandeur de quatié arpens , plein d'une belle ea naturelle , & conlant toujours I étoit, dit«on, d'une extrémé À B profondeur. Comme ce fac avoit. _ quelque chofe de miraculeux & * de divin, les habitans du canton croyoient quil étoit confacré à la Viétoire, Ils l’entouroient d’une -. encemte , pour empêcher que perfonne n'approchât de {es eaux, fi ce n’eft en certaines fêtes, qui fe renouvelloient tous les ans, pendant lefquelles ils faifoient des facrifices felon leur loi. Car, alors, ceux à qui cela étoit permis, al- loient dans une petite Ile, d'en- : Viron cinquante pieds de diamé- te, qui étoit dans le lac. Elle n'avoit qu'un pied au-deflus de Veau. Elle étoit flottante, fans aucune afliette fixe; enforte qu'elle elloit çà & là > au gré des vents, qui la ponfloient doucement. Il Y croïffoit une herbe, qui reflem- bloit au Butome, & quelques pe- tits atbriffeaux: Tout cela tient beaucoup du prodige. Cependant le lac fubfifte encore, & prend le rom d'{} Pozzo Tati9nan0; OÙ Lago di contigliano, La plus gran- de partie du pais, habité ancien nement par les Aborigénes, s’ap- pelle à préfent la Campagne. de Rome. ABRA, Abra , A'Epa (a om que Écriture fainte donne 4 Une Dame ou Démoifelle d’hon- eur, que l’on rend_pour l’ordi- faire dans les traduétions françoi- fs, par le mot de fervante. C'eft ainfi que Judith partit, accompa- gnée de fa fervante , pour. aller exécuter le deflein qu’elle avoit onçu. de tuer Holoferne. Ve 32 - és ABRACADABRA, dabra , A'CparadaCpe, (b) terme magique, autrement appellé 44r2- fadabra. On s’en fervoit autrefois pour guérir la fiévre double; tier- cé, & d’antres maladies. Plufieurs fçavans Critiques, tels que Scali- ger, Saumaïe, & autres, fe {ont donné beaucoup de peine, pour. découvrir le véritable {ens de ce mot ; Mais tout ce qu'on peut dire de plus vraifemblable, c'eft que. Quintus Sérénus Samonicus, Mé= décin, qui avoit.embraffé les fu- perfhitions magiques de Bañlides , &t à qui on attribue l’invention du nom d’Abracadabra, le forma fans doute de celui d’Abrafax. Il recommandoit d'écrire plufeurs fois ce mot fur-un'papier, en Ter tranchant toujours une lettre , jufe qu'à ce que le tout fe terminât en: cône , & d’attacher au cou du malade, ce Talifinan , dont il pré- conioit l'excellence &: l'efficace, Voici le cône, que forme ce mot ; répêté & retranché. … : ABRACADABR A ABRACADABR. ABRACADAR. ABRACADA ABRAC AD. ABRACA ABRAC HA RERSA ABR À B À (4) Genef, c, 241 V. 61, Judith.c, A (5) Antiq. expliq. par D. Bem, dé pntf. Te IL pe 377, 376 i ER rene A ES VA <A D facnifices humains, ne fe trompe- roient pas. Du moins, M: l'abbé de Boïfly n'héfite pas la-deflus. » Les Chananéens , dit-il , les > Amorrhéens, & les autres peu- » ples voifins des lieux où ce Pa- » triarche avoit pañlé fa vie, en- >» tendirent, fans doute, vanter le zéle & la fermeté de ce faint » homme, qui n'écouta pas un » moment Les fentimens de fa ten- » drefle , pour un fils unique. Ils » fçurent quelque chofe des ré- » compenfes que Dieu promit à » fa fidélité, & jugérent que li- » mitation d'une action fi héroï- » que, leur attireroit les mêmes » bénéditions du ciel. [ls igno- » rérent que le Seigneur , fatisfait >» de lobéiflance d’Abräham , » avoit fubftitué un belier à la » victime humaine; ou ils crurent » enchérir fur Pa@tion de ce Pa- » triarche, en immolant réelle- » ment leurs propres enfans. » C'eft Saturne , felon les poëtes & les hiftoriens ; qui introduifit la déteftable coûtume de facrifier des hommes. Le Saturne des Payens eft, au jugement des meil- leurs Critiques , PAbraham de l'Écriture. Un fragment de San- choniaton , rapporté par Eufébe, femble mettre la chofe hors de doute, dans lefpèce particulière. n Saturne, dit cet auteur, que les » Phéniciens nomment [fraël, fut » mis, après fa mort, au rang, » des dieux, fous le nom del’aftre » qui s'appelle encore Saturne. Mi ” M NN M NS “ * (a) Antiq. expl. par D.Bern.de Montf. Tom. II. pag. 376. j (5) Genef. c. 11, v. 26, &' eq. (e) Jofue c.:19, ve 28 A B » Dans le tems que ce Prince » -régnoit en Phénicie, il eut d'une » nymphe nommée Anobret , un » fils unique qu'il appella Jeud; » terme qui fignifie encore au- » jourdhui, fils unique chez les » Phénicens. Son pais fe trouvant » engagé dans une guerre dange- »-reufe, il para fon fils des orne- » mens royaux , & l’immola fur » un autel quil avoit dreflé li » même. « On trouve dans uñ autre fragment de Sanchoniaton, que ce même Saturne fe circoncit, & obligea tous ceux de fa fuite à fuivre fon exemple. ABRAIACHE, 4braiache, (a} nom d'une puiflance célefte, où d’un bon ange, felon les Bañli= diens à ABRAM, Abram, A'Epays (b) Ceft le premier nom que porta Abraham , & qui fut changé, dans la fuite, en celui d'Abraham Voyez Abraham. + ABRAN , 4bran, (c) ville & Judée, fituée fur les frontières de la tribu d’Afer. Elle fut donnée ar le fort à cette tribu. ABRAXAS, Abraxas, |'Epés £a , (d) mot myftique ,que Bañ- lides & fes fetateurs ont employé pour exprimer l’Etre fouverain, le Dieu tout puiffant. Bañlides fup- pofoit une multitude de dieux,qui étoient autant de proceflions de fon Abraxas. Plufieurs Peres de PÉglife ont fait mention de cette doétrine monitrueufe. Et Tertu- lien , en particulier, nous en don (d) Antig.expl, par D.Bern.de Montf, T. Il. p.355 dr friv. Mém, de l’Acad des Infc, & Bell, Lerr, T, XVIII, p, 429» RER ER Re ER OR ER ER nn CRE BAD EN TPE CENTAINE EN ER LE PE OPEN PRET UNIT EEE NET RS NRC PR NP TIRE A B ne une idée en ces termes: » On >» vit enfuite paroître l’hérétique » Baflides, qui difoit que le » Dieu fuprême étoit Abraxas, » Créateur de l’entendement, ap- » pellé vous par les Grecs. De » l'entendement, vient le Verbe, » felon cet hérétique. Du Verbe, » Vient la Providence. De Ia Pro- » Vidence, la vertu & la fagefle. » De celles-ci, les Principantés , » les Puifflances, & les anges ; 5 enflite une émiffion de ces » anges à linfin. Baflides pré- » tend que ce. font ces anges, » QU Ont compolé trois cens 5 foïxante-cinq cieux. [l compte » au nombre de ces derniers an- » ECS, qui ont créé ce monde, le 5 Dieu des Juif, qu'il met le » dernier de tous ; c’eft-à-dire, le » Dieu de la Loi & des Prophé- » tes, qu'il dit n'être pas Dieu, » Mais feulement un ange. « S. Irénée, S. Auguftin, & d’au- tes , parlent aufli de l’Abraxas de Bañlides. Ils conviennent égale- ment du nombre de trois cens {oi- Xante-cinq cieux, qu'il inventoit. A refle, ce nembre, fi l’on dé- compofe le mot Abraxas , s’y trou- VDS Ÿ Me ve renfermé , fuivantlamanière de Compter ufitée parmi les Grecs. Il faut pour cela , arranger les lettres de cette facon : J 8e D w8 P 200 Do enneneennneeer cms ee Somme totale... 365 AB 7S D'autres, comme S..J À croyent qu'Abraxas eft le même que le Soleil;adoré chez les Pertes, fous le nom de Mithras. Quoi- qu'il en foit,cette efpèce d’énigme, a fort exercé les Sçavans , tant an- cienis que modernes ; mais il feroit trop long d'entrer ici dans le détail des explications qu'ils en ont don- nées. Cependant comme nous a- vons encore aujourd’huiquantité de pierres gravées, fur lefquelles on lit le nom d’Abraxas; j'obferveraique M. Fourmont penfoit que le plus. grand nombre de ces pierres étoient chrétiennes ou juives, & fervoient à ceux de l’une & l’autre de ces Reli- gions,pour fe faire connoître à leurs treres,lorfqu'ils alloientenvoyage, ä-peu-près comme le Teffere hof- pitalitatis des Grecs & des Ro- mains; que la plûpart de ces lé- gendes, gravées fur ces pierres en cara@ères Grecs, mais dans un lan- gage inconnu, étoient hébraïques , & contenoient des formules chré- tiennes ; qu'enfin, la feule igno- trance de la langue hébraïque avoit fait prendre , pour des termes ma- giques , des formules chrétiennes , & fouvent très-orthodoxes. Ceux qui defreroient d’avoir une explication plus étendue de ces pierres , peuvent confulter Antiquité expliquée par D. Bern de Montfaucon: On y trouvera une divifion de ces pierres , en fept clafles. ee ABRÉE, Æbræz, NlEroe, z) nom d’une femme de Larifle, n jour que Lucien fe promenoit dans cette ville, il rencontra Abrée, qui lui demanda qui il étoit ; & Eucian, Tom, If, pag. 114. LS Le nd + De VA dès au’elle l’eut appris, elle s’écria een HAUSSE qu'il étoit fls'd’une de fes meil- leures amies , dont elle n’aimoit 3 pas moins les enfans que les fiens- propres ; &t qu'il avoit tort de n’é- tre pas venu defcendre chez elle. . Comme elle voulnt l’amener, Lucien lui fit fes excufes, & Ini dit quil ne pouvoit pas honnête- ment quitter fon hôte, qui l’avoit fi bien reçu ; que du refte, il auroit fon corps , mais qu’elle auroit fon efprit. Comment , reprit Abrée , étes-vous logé chez un vilain ava- ricieux , tel qu'Hiparque ; [ c'étoit le nom de l’hôte de Lucien | ne /ui dites point d'injures, repliqua-il, après qu'il m'a fi bien traité. Alors, fquriant, elle dit à l'oreille à Lu- cien , qu'il prit bien garde de ne point faire amitié avec la femme de fon hôte, qui étoit une des plus grandes magiciennes du païs, qui changeoït les uns en bêtes, & tuoit les autres, lorfqu'ils ne vou- loïent pas faire fa volonté. Lucien, qui étoit allé précifément à Larifle dans l’efpérance d'y rencontrer quelque magicienne , fut ravi de cettenouvelle , & prit fur le champ congé d'Abrée, ABRÉGÉ, Epitome, émrrour. Un Abrésé eft un difcours , dans lequel on réduit en moins de pa- roles, la fubftance de ce qui eft dit ailleurs plus au long & plus en détail. Les Critiques, dit un Moderne, & généralement tous les Studieux, qui font ordinairement les plus grands eñnemis des Abrépés , pré- tendent que la coûtume de les (a) Antiq. expl. par D, Bern, A B faire , ne s’eft introduite que long- tems après ces heureux fiécles ,où fleurifloient les belles lettres &° les fciences parmi les Grecs & les Romains, C'eft, à leur avis, : un des premiers fruits de l’igno- rance & de la fainéantife, où la barbarie a fait tomber les fiécles, qui ont fuivi la décadence de l'Em- pire. Les gens de Lettres & les Sçavans de ces fiécles , ne cher- choient plus qu'à abréger leurs peines & leurs études, fur tout dans la leêture des Hiftoriens, des Philofophes & des Jurifconfüultes, foit que ce fût le loifir, oit que ce fût le courage, qui leur man- Hate ABRELLENUS, Abrellenus, (z) farnom qu’on donnoit à Jupi- ter. On l’appelloit ainfñ de quel- u’endroit , où 1l étoit honoré. ABRÉVIATION, terme qui vient du latin, brevis , lequel eft dérivé du grec, 6pæxvc, bref. L’A. Préviation , eft la contra@tion d’un mot, où d'un paflage, qui fe fait en retranchant quelques lettres, où en fubftituant à leur place des marques où des caractères. On ne fçauroit lire les écrits des Rabbins , qu’on n’ait une ex- plication des Abréviations hébraï- ques. Les copiftes , ou les écrivains Juifs, ne fe contentent pas de faire des Abréviations, comme les Grecs & les Latins, en retran- chant quelques lettres ou fyllabes dans un mot. Îls ne mettent d'un mot que la première lettre; fou- vent même ils prennent les pre- mières lettres de plufieurs mots Montf,. Tom, I. pag. sat AB de faite , Les joignent safemble, & en y ajoûtant des voyelles, ils font un nom barbare , qu'ils donnent à la perfonne , qui porte les noms qu'ils ont -abrégés de la forte, Ainf, Rabbi Schelomoh Jarhhi, en jargon d’Abréviations hébraïques, s'appelle Raf. Rabbi Moyfe Ben Maïemon, Ramban ; _& de même en d’autres diétions : qüe les noms propres. Mercerus , David de Pomis, Schindier, Bux- tof, & autres , ont fait des Explications de ces efpèces de chiffres, fans lefquelles on ne peut aborder les Rabbins, fur tout en commençant, _ Les Abréviations de l'Écriture S’appelloient notes dans l'antiquité. n Jes appelle encore ainf dans les anciennes Infcriptions latines. Plufieurs ont fait des colleGtions & des explications de ces Abrévia- tons romaines. Une des plus am- ples eft celle de Sertorius Urfa- fus, qui fe trouve à la fin des matbres d'Oxford, ABREX , Abrex. Voyez Bel- lorix. Vous y trouverez l’expli- cation de ce terme. ABRO, Aero, A'Ep0:, (a) ville des Sapéens , qui fut prie par Perfée, fils de Philippe, en- YION 170 ans avant J. C. ABROCOME , Abrocomas, À'Éporouac , (6) Seigneur , qui prit és armes pour Ârtaxerxe - Mné- Mon, roi de Perf, contre Cy- tus ; fon frere , qui vouloit le dé- ttôner. On lit, en eflet, dans Xénophon, qus Cyrus reçut un + (4) Paufan. pag. 416, (&) Kenoph. p. 252, Roll, Hift. anc. Tom, I, pag. 562. A B FR jour uñe députation , qui de Cléarque pour chef, & dont l’ob- jet étoit de fçavoir de lui, ce qu'il penfoit, touchant une réfolution ue l’armée venoit de prendre. . | C'eft qu’elle refufoit de fuivre Cyrus dans l'expédition qu’il mé- ditoit. ] Cyrus ne vouwant pas s'expliquer, répondit qu'il enten- doit dire qu'Abrocome, fon en- nemi, étoit fur les bords du fleu- ve Euphrate, où on pouvoit l’at- teindre en peu de jours ; qu'il vou- loit marcher contre lui ; & que, s’il le rencontroit, il lui feroit fu- bir la peine qu'il méritoit ; que, au contraire, il veñoit à prendre la fuite, on délibéreroit en cet en- droit, fur la propoñition qu’on lui fai{oit. Dans fa bataille de Cunaxa ; où Cyrus fut tué , Abrocome devoit commander un corps de troupes , de trois cens mille hom- mes. Mais il n’arriva, avec fon armée , que cinq jours après u’elle eut été livrée. ABROTONE, (c) nom que certains Auteurs donnent à la me- re de Thémiftocle. Mais Plutar- que, d’après Phanias, dit qu'elle {e nommoit non Abrotone, mais Euterpe ,ajoûtant en même-tems, qu’elle étoitide Carie, & non de Thrace. Néanthes prétend qu’elle avoit vu le jour à Halicarnaffe, la principale ville du païs. ABROTONE, ÆAbrotonum , A'Épsrovor, (d) nom d’une cour- tifanne ; dont il eft parlé dans Lucien. (c) Plut. Tom. I, pag. 111: | (4) Lucian. Tom, I, pag. 70% . 78 A B + ABRUPOLIS, 4érupolis, (a) étoit roi des Sapéens, peuples de Thrace, & allié du penple Ro- main ; Ce qui nempêcha pas Ferfée d'entrer fur fes terres, & de lui faie la puerre, vers l'an s8o de la fondation de Rome. On remarque que ce dermer, ls de Philippe, étoit lui-même en paix avec les Romains, lorf- qu'il attaqua Abrupolis. I le chaf- fa de fes États. Maisles Romains, pour venger leur allié, déclaré- rent la guerre à Perfée, & con- uirent la Macédoine. ABSALOM, Abfalom, A Cer- Can » @ fils de David & de Maacha , fille de Tholmaï, roi de Geflur,naquit à Hébron,environ 1000 ans avant J, C. Il n’y avoit point d'homme dans tout Hrael, qui fütfi bien fait, ni fi beau que lui, Depuis la plante des pieds juf- qu’à la tête, on ne remarquoit pas le moindre défaut, Lorfquil fe faïfoit faire les cheveux ; ce qui arrivoit une fois tous les ans, parce qu'ils Jui chargeoient trop la tête, on trouvoit qu'ils péfoient deux cens ficles, felon le poids du roi. Abfalom avoit une fœur , nom- mée Thamar, pour laquelle Am- non, fon frere, conçut une violente paflion. Elle augmenta au point , quil abufa de cette princefle. Ab- falom, en ayant été inftruit ,cher- cha l’eccafñon de venger l’outrage fait à fa fœur. Cette occañon fe préfenta deux ans après. Abfalom, fifint tondre fes brebis à Baalha- for, près d'Ephrem,, invita tous les (a) Pauf. p, 417. Tir. Liv. L. XLIT, Cr r2. Ve IIS (6) Res, L, IE:<; 3 v: 3e Cr 139 Ve Lo À A B eñhfans du-Roï à venir chez lui, 1. Îla aufh trouver David, pour le prier de s’y rendre lui-même avec \ à . les Princes. : David ne voulut pas y confentir, dans la crainte de l'in- plia de trouver bon, au moins, qu'Amnon, fon frere, y vint ; & il len conjura avectant d'inflance, que David le permit. Abfalom avoit fait préparer un grand feftin; mais il avoit donné un ordre fe- cret à fes ofliciers de frapper Am- non, &t de le tuer, dès qu'il com- menceroit à être troublé par le vin. Les officiers exécutérent le com- mandement que leur maïître leur avoit fait. Aufli-tôt, tous les enfans de David fe levant de table, mon- térent chacun far leur mule, & s’enfuirent, Ils étoient-encore en: chemin, lorfque la nouvelle de cet aflaffinat parvint jufqu’aux oreilles. de David, qui crut d’abord que tous fes enfans, fans exception, avoient été tués; on le raflürx Mais, cela ne lempécha pas d’être accablé de la plus grande trifteffe. Pour Abfalom , il fe re- tiïa chez Tholmaï , fils d’Am- miud , roi de Geflur; & il y de- meura troisans, Cependant David confolé de la mort de fon fils, f rapprochoit infenfiblement d’Ab- falom: Joab s’en étant apperçu, ufa de ftratagême pour achever de le déterminer. Il obtint donc de lui, qu'Abfalom revint de Get fur., où il alla lui-même le cher- cher, pour l'emmener à Jérufalem. Néanmoins il n’ent pas la permif- dr feg. ©, 14. v, 1: &'feqg. c. 15. v: le dr feg. © 16, v. 15, d' feg, €: 17. Vs la dr Jeg, © 8e ve 34 @: [eg . Lee . commoder. Alors Abfalom le fup- + CDR DROTI GRR TERENT he De du Sn ae YEETE A ESSOR ARR ERREUR AB fion de voir le Roi ; mais il fe tint caché dans la maïfon pendant deux ans , après lefquels il parut devant fon pere qui noel Cette gra- ce lui fut encore accordée par _ lentremife de Joab. Après cela, Abfalom fe fit faire _ des chariots, prit des gens de che- val, avec cinquante hommes qui marchoient devant lui. {1 fe tenoit dès le matin à l’entrée du palais, où 1] appelloit tous ceux qui a- voient des affaires, & qui venoient demander juftice. Il leur deman- doit d’où ils étoient, Et après avoir entendu leur caufe., il difoit qu'elle lui paroïfloit bien juite ; mais que perfonne n’avoit ordre du Roi de les écouter. Il defoit donc d’être établi Juge pour ren- dre juftice à tous ceux qui fe pré- fentoient, C’eft ainfi quil tâchoit de s'infinuer dans l'affection du peuple. Enfuite , ayant obtenu de David la permiffion d'aller à Hé- bron, pour y accomplir les vœux qu'il doit avoir faits au Seigneur, lorfqu'il étoit à Geflur , s’il reve- noit à Jérufalem, il n'y fut pas plutôt arrivé, qu'il envoya , dans toutes les tribus d'Ifraël, des gens qu'il avoit re > avec ordre de dire qu'aufh-tôt qu'on entendroit onner la trompette, on publiât qu'Abfalom régnoit à Hébron. Achitophel, confeiller de David, vint de Gilo fe joindre au rebelle, La confpiration devint bientôt trés-puifflante, parce que le peu- ple y entroit en foule. avid ne tarda pas à être in- orme de cette fâcheufe nouvelle. Îl dit à fes officiers , qu'il falloit fuir au plus vite de Jérufalem, pour | AB 79 ne pas tomber entre les mains de fon fils Abfalom. Il partit donc à pied avec toute fa maïfon, ne laif- fant que fes dix femmes du fecond rang , pour garder le palais. Ce- pendant Abfalom entra dans Jé- tufalem , accompagné d’Achito- phel, & de tout ceux de fon parti, Chufaï, ami de David, vint lui dire : que le Roi vive; que Dieu Le conferve. Abfalom voulut le ren. voyer à fon pere; mais Chufaï pro- tefta qu'il n'iroit pas, & qu'il ref- teroit auprès de celui qui venoit d'être élevé à la dignité royale. Enfuite Abfalom , fivant ie con- feil d'Achitophel, outragea les dix femmes de David, qui étoient reftées dans le palais. Bientôt après, le même Achitophel lui confeilla de faire marcher douze mille hommes choifis à la pourfui- te de fon pere. Chufaï, ayant été .confulté , fut d'un fentiment con- traire. C’eft pourquoi Achitophel, voyant que le fien n’étoit pas fivi, quoiqu'il fûtle plus utile, s'en alla à Gilo, où il fe pendit de défefpoir, Abfalom ayant donné le com- mandement de fes troupes à Arma- fa , fils de Jétra, alla fe camper avec tout Ifraël dans le pais de Galaad. David fit en même-tems la revue de fes gens, &c établit des officiers pour les commander. Mais fon armée ne voulut point permettre qu'il fe trouvät au com- bat. Il {e tint donc à la porte de la ville de Mahanaïm, après avoir donné ordre à Joab, à Abifar & à Éthaï, de lui conierver fuxtont fon fils Abfalom; ce qui fut en- tendu de tout le peuple. La ba- taille s'étant donnée dans la forêt # 80 A B | d'Éphraïm, l’armée de David tail: la en piéces celle d'Abfaiom, La défaite fut grande, en forte qu'il refta fur la place vingt mille hom- mes. Le refte prit la fuite, ainfi qu'Abfalom. Lorfqu'il pafloit fous un grand chêne touffu, monté far un mulet, {a tête s’embarrafla dans les branches ; de manière que fon mulet paffant outre , 1] demeu- ra fafpendu. Un foldat l'ayant vu en cet état, vint en avertir Joab, qui tronva mauvais qu'il ne lui eût pas pañlé l'épée au travers du corps. C’eft pourquoi il courut lui- même à l'endroit où étoit Abfalom, & lui perça le cœur de trois dards. Lorfqu'il refpiroit encore, toujours fafpendu au chêne , dix jeunes écuyers de Joab, achevérent de le tuer. On emporta fon corps, & on le jetta dans une grande foffe qui étoit dans le bois, {ur laquelle on éleva un grand monçeaude pierres. ABSALOM, Abjalom , À'Gerrancuos, (a) pere de Ma- tathias, dont il eft parlé au pre- muer livre des Maccabées. : ABSALOM, Abfalom , (b) étoit fils d’Ariftobule & de Salo- mé. Îl avoit deux freres qui furent renfermés, ainfi que lui, par or- dre d’Ariftobule leur pere. Mais après fa mort , Salomé les tira de prifon. Alexandre Jannée, Painé des trois, ayant été couron- né, ftmourir le cadet, qui avoit tâché de lui enlever la couronne. Pour le troifième , c’eft-à-dire , Abfalont , qui étoit d’une humeur paible ; & qui ne fongeoit qu’à vivre tranquillement en fimple (a) Macc, L, Z, ç. 12. v, 701 À B ROCMQUE . Ë \ ; ARE particulier , il lui accorda fa fa veur , & le protégea pendant tou” te fa vie. [l n'en eff plus park, que lorfqu’il donna fa fille en ma- riage à Aritobule , le pins jeune des fils de fon frere Alexandre , & qu'il le fervit contre les Ro- mains au fiége de Jérufalem, où. il fut fait prifonnier quarante-deux ans après , lorfque le Temple fut 4 pris par Pompée.: ABSALOM. Voyez Abefa- lom. : ABSÉE, Abfeus , nom d'un géant. Les poëtes ont feint quil étoit fils du Fartare & de la: Terre. ABSINTHE, Abfinthium. Ce mot vient de z, privatif & de æilier, C’elt-à-dire , impotablé, autrement non-potable. Les co- miques Grecs nomment, en efiet, PAbfinthe drio, parce que c'eit une plante fi amère, qu'on a & la peine à boire une liqueur dans ‘laquelle elle aura trempé. Quel- ques-uns tirent ce mot du Grec dure, Je touche , & veulent que ce nom ait été donné à lAbfnthe . par antiphrafe, parce que nul ani mal n'en peut goûter, ni la tou- cher à cauie de fon amertume. Cette étymologie n’eft pas vrais femblable. Il eff étonnant que d'habiles gens ayent pu l’hafarder. dmre eft afpiré, & abfinthium ne left pas. D’autres font venir Ab- finthe de ir, qui veut dire défagréable, & qui eft formé de a, privatif êt de \irlcc, delettatio, plaïfir , à caufe de l’amertume qui rend cette plante défagréable. Cet- 1 (2) Roll, Hiff, anc, T. V; p, 252: té Le 2 AT ER ne DL EL Due ie ET sn ET LU ARE ue Le à . te étymologie paroït plus jufte ; … & juitifie en même-tems l’ortho- x, graphe d'Abfinthe fans y. : * Les Anciens ne faifoient men- tion que de quatre efpèces d’Ab- finthe ; la vulgaire ou romaine , la menue ou pontique , la marine & la fantonique, Mais les Moder- nes en diftinguent plus de trente efpèces. L’Abfnthe vulgaire , grande Abfnthe, ou Abfnthe ro- maine , a fes racines branchues ; chevelues & éparpillées. De fes racines, s’élevent ordinairement plufeurs tiges hautes de trois à quatre pieds, blanches & garnies . de feuilles, fémblables à celles de larmoife ; branchues des deux côtés. Ses fleurs naiffent à l'ex- trémité des branches & des tiges, &t {ont difpofées en £pi, aflez long , blanchâtre, & garni de pe- tites feuilles, qui foûtiennent les fleurs. Chaque fleur ef} bouton Compoié de plufieurs fléurons do- TÉS ; &t renfermés dans un calice écailleux, Ces fleurons font portés ur des embryons, qui deviennent des femences merues ; Obloñgues nues. L’Abfinthe menue ; petite Ab- finthé | ou Abfnthe pontique , &it beaucoup plus balle, Ses tiges font plus menues > {es feuilles plus Peutes , plus finement découpées, moins blanches. Ses fleurs ont R même fhuQure ; & le même âfrangement que celles de la vul- Bure; mais elles font un peu plus Péütes. Son amertume & fon odeur ne font Pas fi infuppor- fantonique , on - pofoïent le Tribunal AD 8r fables que celles de la ‘vulpaire. La marine fe difngue de la pontique , par fes feuilles plus épañles , moins découpées, & par fon goût falin A l'égard de la a confondu {ous ce nom , diverfes plantes. ABSOLVO, (2) j'abfous. C’6: toit la formule dont on fe fervoit à : Rome dans les jugemens, c'eft-à- dire , que les Magifträts on Juges écrivoient fur une tablette la pre mière lettre 4, de zh/o/vo , Quand ils vouloient abfoudre un accufé; Si, au contraire, ils étoient d'avis qu’on le condamnät, ïls écrivoient la lettre €, qui eft la premiere de condemno, je condamine. Ces +1 blettes étoient enfaite jettées dans le ferutin, Letiombre plus ou moins grand de l’une des deux lettres 4, L', décidoit du fort de l’accufé. - À Athénes , les Juges qui com= es Héjiaftes, dornoient leurs füuffrages de cette manière. [l y avoit une forte de Vaïfléau , fur lequel étoit un tiffy d'ofier, & par-deflus deux urnes, lune de cuivre & l’autre de bois, au couvercle de ces urnes, étoit une fente garnie d’un catré long , ce , large par le haut, fe rétrecif Oit par le bas ; comme nous. Voyons à quelques troncs anciens dans nos Églifes, L’urne de bois : nommée xvpos, étoit celle où les Juges jettoient le fuffrage de la con- damnation de l'accuf : celle de cui. vre, nommée Zxupoç, recevoit les fufrapes portés pour l’abfolution. ABSTINENCE, 4 bjlinentia ; (4) Trad: des Coût. & Cérém. des Acad, des Infcr. 8 Bell. Lett. T, VI. SR, par M. Nieup, P.46, Mém, Zom. L. de{pag, 7m, » $2 AB — dmoexerf.(a) Il y enaquicroyent que les premiers hommes, avant le déluge, s’abftenoient de vin & de viande, parce que l'Écriture marque expreflément que No, après le déluge, commença à plan- ter la vigne , & que Dieu lui per- init d’uler de viande, au lieu qu’il n’avoit donné à Adam, pour nourriture, que les fruits & les herbes de la terre. Mais le fenti= ment contraire eft foûtenu par quantité d'habiles Interprètes, qui zsgroyent que les hommes d'avant le déluge ne fe refufoient aucun _ plaïfir, nide la bonne chere, ni du vin ; & l'Écriture en dit aflez en deux mots , pour nous faire con- noître à quel excès leur corruption étoit montée, lorfqu'elle dit que toute chair avoit corrompu fa voie ; & que quand Dieu n'auroit permis à Adam l’ufage, ni de la chair, ni du vin, ils fe feroient peu mis en peine de fes défenfes. .… La Loi ordonnoit aux Prêtres de s’abftenir de vin, pendant tout le tems qu'ils étoient occupés au fer- vice du Temple. La même défen- fe étoit faite aux Nazaréens, pour tout le tems de leur Nazaréat. Les Juifs s’abftiennent de plufieurs fortes d'animaux, dont il eft parlé à l’article d'animaux. S. Paul, en écriyant à Timothée, blâme cer- tains-hérériques qui condamnoiïent je mariage & l’ufage des viandes que Dieu à créés. Entre les pre- miers Chrétiens , les uns obfer- voient lAbftinence des viandes (a) Genef, c. 2, v. 16. c: 3 V. 17: & fes. ©. 6. v. 12, C9. V. 20. Levit, c: 10. v.g. Numér. ©, 6, v. 3. Rom, 6: 34 Ve 2: 2» I, ÇCormth+ [es s Vs 8, AE. défendues par la loi, & des chairs immolées aux idoles. D'autres méprifoient ces obfervances. com- me inutiles , & ufoient de la liberté ue J. C. a procurée à {es fideles. . Paul a donné, fur cela, des ré- gles très-fages, qui font rapportées dans les Épitres aux Corinthiens &c aux Romains. ABSTINENTS, (4) C'eft la qualité que S. Paul donne, ainfique quelques Peres de l'Églife , aux Âthlétes. C’eft apparemment à caufe de la fimplicité du choix &r de la préparation des alimens, qu'on leur deftinoit, jointe à l’ufage mo- déré qu'ils en faïfoient , lorfqu'ils étoient fur le point d’entrer en lice, pour difputer quelque prix. Mas ils ne la méritoient gueres , par rapport à l'énorme quantité de nourriture dont ils fe chargeoïent ordinairement. On peut fe figurer jufqu’où al- - loit cet excès, par.ce que nous en apprend Galien, qui affure qu'un Athlète pafloit pour avoir fait un repas fort frugal, lorfqu'il n'avoit mangé que deux mines ou deux livres de viande , & du pain à pro- portion. Cela rend croyable, eñ quelque manière, ce que l’on ra- conte dela prodigieufe voracité de certains Arhlétes. Celle de Milon de Crotone étoit à peine rafafñce de vingt mines de viande, d'autant de pain , & de trois conges de vite On fçait qu'une fois ayant parcou- rutoute la longueur du Stade, por: tant fur fes épaules un taureau de & feg. I, Timoth.c. 4 V3 (ë) Mém, de l’Acad. des Infcrip. & Bell, Lert, Tom. I, pag: 221e Ab … quatre ans, il l’aflomma d’un COUP de poing , & le mangea tout entier dans la journée. Théocrite parle de PAthléte Égon > qui mangeoit lui feul, fans s'incommoder, qua tre-vingt gâteaux. RESTES ABSTRACTION , du latin 5 Abftrahere, arracher ; détacher, ter de, &e. C’eft une a@ion de l'efprit, par laquelle on confidére quelque partie d’un tout, fans faire attention aux autres ; où un déta- chement qui fe fait , par la penfée, de tous les accidens ou circonftan- CS, qui peuvent accompagner un être, pour le confidérer mieux en lui-même. 5 - L’Abftra@ion eft lation , où l'exercice d’une faculté, où puif: fance, propre & particulière à l’ef= Ptit de l'homme, & qui diflingue entièrement êt eflentiellement {on ame de celle des bêtes ; faculté qui confifte, en ce que l’homme peut, en Élevant fes idées an-deflus des êtres particuliers > en faire des rez Préfentations générales du tout de la même efpèce., auquel tous les Philofophes donnent le nom d'u= niver{el. On confidére par Abflraéion otfque dans un mobile, on conf: dére le mouvement , fans faire attention au. Corps mû. Si mon œil me tepréfente de la blancheur far Pine Muraille, je puis par Abflrac- Xon confidérer cette qualité de lancheur en elle-même , & en ue Un attribut général de plu- IQUTS autrés chofes différentes, Somme de la neige, du lait. Cette À 9: qualité, quelle qu'elle fit, con- fidérée ainfi à part & fans le con= crét; ou le fïjet auquel elle eft inhérente, eft une qualité confidé- rée par Abftraion. en Ce font les Mathématiciens Qui,» confidérant la Quantité fans matiè- re, fuppofent dans leur empire d'Abftration, des indivifiblesfans parties. Mais 1 n'eft pas permis aux Phyficiens de faire ces fortes. d'Abfirattions , ni de frtir des bornes de la matière, La méta— Phyfique confidére anffi les être par Abftra@ions; & c’eft propre ment fon objet. + ABSYRTE, Afyrtus, Aus Tue, (a) fils d'ZLetès; roi de Col- chos,& frere de Médée, Ce jeune Prince efl devenu célébre dans Fhifloire du voyage des Argonau- tes. Æetès fon pere, informé de leur-évafon & de 13 fuite de Mé- dée fa fille, ordonna für le champ qu'on les pourfuivit avec des vaif- leaux qui feroient en état de faire voile. Abfyrte, frere de Médée, fit tant de diligence, qu'il attei= gnit le: navire des Arsonautes ; avant qu'il ft arrivé à l’embou= chure du Phafe. C'eft ici qApol- lonius de Rhodes & Valérius Flac: Cus ; fuivis par la foule des Mytho- logues & de quelques Hiftoriens ; avancent un fait qui n’a nulle vrais fmblance. Ts dféntque Médée, feïfgnant de vouloir retourner à Golchos, propofà à fon frere d’aller dans .un-bois voifin avec Jafon; Pour parler d’iccommodement : &cefutlà, dit-on, qu’elle maf- ni Strab. pag, 315: Ovid. Trift. L, } Mém, de l'Acad. des Infcr.-& Bell. Letr, Eleg, 0 v. 6: Myÿth:-par M. PAbb.: Ben, T, LL, p, 163" T, VI, pi422 dt fui, Te XIL pe 124 & fuiv:s TE, XIV. p, 454 Gt [4 HR F5 90 A CG penfoient que l’on pouvoit être heureux-en aimant fa fanté , @& les autres biens néceflaires à la vie, pourvu que ce fût par rapport à la vertu, Ils reconnoïfloient après elle des biens fubalternes, qu’elle même leur faïfoit eftimer. C'eft ce qui fut caufe que les Stoïciens rompirent avec eux. Au refte, on a diflmgué trois ‘Académies, ou plutôt trois Sectes Académiciennes dans la Gréce. La première ,nommée l’ancienne, c'eft celle-là même dont il vient étre queftion ; & on a vu qu'elle “dut fon commencement à Platon. La feconde ,appellée la moyen- ne, parce quelle fe trouve entre l'ancienne 6 la nouvelle, dontil {e- ra bientôt parlé, fut fondée par Ar- Céfilas, où Arcéfilaüs. Ce Philofo- phe, né à Pitane dans l'Éolie, vint à Athénes, où il eut pour maîtres les plus habiles Philofophes. Il fuc- céda dans la fuite à Cratès , ou felon d’autres, à Polémon, dont il avoit été ledifciple,dansla fonétiond’en- Seigner publiquement à école Pla- tonique ; & il s’y rendit novateur. fl établit une fette , qui prit le nom de moyenne, pour être diftinguée de la première’, ou de celle de Platon. Le nouveau Philofophe paroïfloit douter de tout. Il foñtenoit épale- ment le pour & le contre, &fuf- pendoit en toutes chofes {on juge- ment. Il attira à fon auditoire un grand nombre de difciples: L’en- -treprife de combattre toutes les fciences , & de rejetter non feule- ment le témoignage des fens , mais auff le témoignage de laraifon, eft la plus Hardie qu'on puifle for- ser dans la république des lettres. . f L] t | À C Pour s’y promettre quelque fuccès, il falloit avoir tout le mérite d'Ar- céfilas. Il étoit naturellement d'un génie heureux, prompt, vif ; fa perfonne étoit remplie d'agrémens. 1 parloit avec grace & enjoue- ment. Les charmes de fon vifage fecondoient admirablement ceux de fa voix. Auf, Luculle, qui réfute fcayamment & folidement l'opinion des Académiciens, dit que jamais perfonne n’eût fuivile. {entiment d’Arcéflas, fi l’éloquen- ce & l’habileté du Doéteur neuf ent couvert, & fait difparoître l’ab- fürdité manifefte qui s’y trouvoit, - Ea troifème, enfin, qui fut nommée la nouvelle, eut pour . chef Carnéade. A proprement. parler , elle ne différoit point de la feconde ; car, à quelques adou- ciflemens près, Carnéade étoit un aufh vif & auf zèlé défenfeur de l'incertitude, qu'Arcéfilas. La difé- rence qui fe trouve entr'eux , & l'innovation qu’on attribue à cel dont nous parlons actuellement, confiftent, en ce qu'ilne nioit pas, : comme Arcéfilas, qu'il y eût des vérités ; mais il foûtenoit qu'elles étoient mêlées. de tant d’obfcuii- | tés, ou plutôt de tant de faufletés, qu'il n'étoit pas en notre pouvoir . de difcerner, avec certitude ; le vrai du faux. [1 fe rabatroit donc à admettre des chofes probables, & il confentoit que la vraifem-= blance nous déterminât à agir, pourvu qu'on ne prononcât {ur tien abfolument.: Ainfi, 1} paroït qu’il retenoit tout le fond du dog- * me d’Arcéfilas; mais, que par po= litique ,& pour Ôter à fes adverfais LA BE res les prétextes les plus fpécieux À C de déclamer contre lui, & de fe tourner en ridicule, il lèur accorda des dégrés de ae adhae. qui doivent déterminer l’homme fage à prendre un telou un tel parti,dans l conduite de la vie civile. Il vit bien, que fans cela il ne répondroit jamais aux objections les plus frap- pantes , & qu'il ne prouveroit ja- mais, que fon principe ne réduifoit point l'homme à linaétion. Il y en a qui font fuivre une quatrième Académie, qui eut pour fondateurs Phijon & Carmides, & qui approchoit plus de Pancien- ne que les deux autres ; car elle permettoit au Sage d’embrafler üne opinion ; & elle croyoit qu’il y avoit bien des chofes , qu'il pou- VOit comprendre , mais non pas avec la dernière de D'au- tres, enfin, ajoûtent une cinquiè- ‘me Aadrue. nommée Antio- chienne, qu Abe d’Afcalon établit, en renouvellant à-peu- près Pancienne , mais en s’ap- prochant des Stoiciens. L'Académie & fes environs étoient ornés de quantité de mo- namens magnifiques. En entrant on trouvoit une place confacrée à Diane, & décorée de flatues portant cette infcription : 4 latrès- bonne & très-belle Déefe. On croit ue c'étoient les attributs de: cette ivinité, comme on en peut juger par les poëfies de Sapho, & par plufieurs Auteurs qui ont traité cette matière, Bacchus, farnommé d'Éleuthére , y avoit auf fon tem- ple > Qui n’étoit pas fort grand , & où l'on portoit la fiatue_ du Din tous les ans à certains jours, On Voyoït encore, à l'entrée de l'A- se Ch: cadémie ; l’autel de F Amour avec une “inftription qui portoit que Charmus fut le premier Athénien qui confacra un autel à cette pré- tendue Divinité ; car pour celui qui étoit dans la Ville haute, êc que lon nommoit l’autel d’Anthé- ros, on penfe que c'étoient des étrangers habitués à Athènes, qui l'avoient autrefois érigé. Ïl y avoit dans PAcadémie un autel-de Prométhée, depuis lequel, un certain jour de Pannée,on alloit toujours courant juiqu'à la Ville avec des flambeaux allumés. Po remporter la vi@oire , il faälloit conferver fon flambeau allumé. Celui qui couroit le premier, ft fon flambeau s’éteignoit, cédoit fa place au fecond:, le fecond au troifième, &ainfi des autres. Que fi tous les Aambeaux s'éteignoient, nul ne remportoit la viétoie, & le prix étoit réfervé pour une au- trefois. On trouvoit enfuite l'au- tel des Mufes, celui de Mercure, un autre confacré à Minerve , & un autre à Hercule. On montroit un olivier que l’on difoit être je fecond qui eût pris naïflance dans lP'Attique, & une éminence nom. mée la Colline-aux-chevaux. Là étoient deux autels, dédiés Pun à Neptune, l’autre à Minerve; & ces deux Divinités-étoient repré- fentées à cheval. Neptune y avoit autrefois un temple & un bois fa- cré ; mais Antigone les brüla,; lorfquil-entra dans PAttique avec. fon armée, & qu'il fit tant-d’añtres maux aux eniens Outre ces monumens, on voyoit une multitude de Re qu’on avoit érigés à Ë mémoire.des plus 2% SL Se SORT. | SES 92 A C grands hommes. Un des plus re- marquables étoit celui de Platon, qui méritoit fans doute de tenir, après {a mort, une place diftin- uée dans ce lieu qu'il avoit con- facré le premier , au progrès des lettres. Le tombeau de Thrafybu- le, fils de Lycus, n’étoit pas moins remarquable ; parce que de tous les Athéniens qui fe foient jamais rendus utiles à la République, celui qui l’avoit le mieux fervie, c'étoit T'hrafybule. Venoient après cela, ceux de Périclés, de Chabrias x de Phormion ; puis les Cénota- phes de tous les braves Athéniens ga étoient péris dans les combats, oit de terre, foit de mer, à la réferve de ceux qui avoient été tués à Marathon, leur mémoire ayant-été honorée dans l'endroit même où ils avoient fignalé leur courage. Les autres étoient inhu- més le long du chemin qui menoïit. à l’Académie; & fur leurs tom- beaux il ÿ avoit des colomnes, où l’on avoit marqué le nom &c le lieu natal de chacun d'eux, Cimon, ce énéral Athénien, qui cherchoit à e diftinguer , autant par l'amour _des fciences & des fçavans, que par les exploits guerriers, avoit orné & embelli l Académie de fontaines & d'allées pour la commodité. des Philofophes qui s’y rendoient. On dit qu'il ne refte à préfent, de cette première Académie, qu'un tas de grofles pierres, qu'un débris de marbre enfeveli fous l'herbe & les terres. De côté & d'autre, on voit des bofquets de figuiers , des touffes d'oliviers, des jardins & {e) Cicer, Epift, 5, ad Artic, Pline Le XXXE, ce 2 A C des cabañés pour fervir de retraite aux jardiniers. C'eft toutefois de cette première Académie , que l'on a donné depuis le nom d’Académie aux Sociétés compofées de gens de , lettres, ainfi qu'aux Univerfités, où l'on reçoit les premieres tem- tures de la littérature. Aujourd'hui le nombre des Académies eft fort grand. Îl n’y a prefque point de pais en Europe ,où l'on n'en voye quelqu'une. En France on en compte plufeurs, Outre celles qui ont été érigées à Paris depuis le fiécle dermer , il s’en eft formé & il s’en forme tous Les jours de nou- velles dans les diverfes Proymces du royaume. C'eft qu’on fent de plus en plus l'utilité de ces fortes de Sociétés. Bien des Princes l'ont reconnue de tout tems cette utilité, C’eft pour cela qu’on a vu anciens nementdes Académies,ou Sociétés de gens de lettres, à Alexandrie en Égypte &t à ia cour de Pergame, où l’on avoit formé des Bibliothé- ques confidérables. Marfeille & Lyon, deux anciennes villes des Gaules, eurent auf autrefois leurs Académies. Mais il ne faut pas fartont oublier Touloufe , qu imérita par fon goût pour la poëlie & pour l’éloquence , le nom de ville de Pallas. C'eft-là qu'on voit la plus ancienne Académie de France, érigée en 1324, fous le nom de Jeux floraux. ACADÉMIE, Académia, (a) nom que Cicéron donna à une de fes maïfons de campagne, fituée att bord de la mer, fur le chemin qu alloit du lac d'Averne à Pouzzok UE L'un mir À Le AC fl l'appella ainfi, à limitation de _ l'Académie d’Athénes, parce qu'il _ s’yretiroit pour philofopher. C'eft- là qu'il compofa , entre autres ou- vrages,fes queftions Académiques. Ce lieu fut fameux par fes porti= ques , par fes forêts & par les au- tres mônumens dont Cicéron l'a voit embelli. Peu de tems après {a mort, on y trouva une fontaine Chaude, dont l’eau étoit admirable pour la vue : Sur quoi un bel efprit d'entre {es affranchis dit, dans une épigramme , quil étoit bien jufte que cet endroit produifit de quoi conferver les yeux, après avoir tant produit de quoi les nfer à lire les beaux ouvrages,que fon maïître Y avoit compofés. : ACADÉMUS , Academus , Aréduuoc. @) citoyen d'Athènes. Lorfque Cartor & Pollux marché- rent contre cette Ville, pour de mander qu'on leur rendit Héléne, leur {œur; les habitans ayant 1é- pondu qu'ils ne fçavoient ce qu'el- le étoit devenue, ces deux freres leur déclarérent la guerre. Mais par bonheur pour les Afhéniens, - Académus qui avoit appris, fans que l’on cache comment,qu’on la ses à Aphidne, le leur déclara, délivra-par ce moyen fa patrie des maux dont elle étoit menacée. Caftor & Pollux donnérent à Aca- démus des marques de leur recon- noïffance tant quil vécut. Bien plus, les Lacédémoniens ayant tavagé dans la fuité toute l’Atti- que ; épargnérent néanmoins , à fa confidération,un champ qu'il avoit | (2) Plut, Tom, f, p, 154 Tes 1. Epif, Se V: AS — : | À C 93 auprès de la Ville, Le nom d’Aca- démus eft un de ceux que les fcien- ces ont confacrés à l’immortalité avec plus de juftice. C'étoit un ri che Athénien qui, par eftime pour la philofophie , laifla aux Philofo- phes, pour tenir leurs affemblées. üne belle maïfon avec un grand arc, quil avoit aux portes d’A- thénes. Ceft de ce lieu que les Philofophes , qui s’y aflembloient, rirent le nom d’Académiciens. ACADÉRE , Acadera, (5) ville des Indes qu’Alexandre tros va déferte, lorfqu'il y pañla. Se habitans avoient pris la fuite. C’é- toit fans doute à caufe de l'arrivée de ce Prince. = ACADINE , Acadinus. On prétend que c'eft le nom d'une fontaine fituée dans l'ile de Sicile, auprès de deux lacs de foutfre 8 de feu qu’on appelle Delles. Cette fontaine , ainfi que les deux lacs; étoit confacrée aux deux freres Paliques , fils de Jupiter &t de Thalie, ou Aftua. Les preuves qu'on y faifoit de la vérité dés fer- mens , l'a rendue célébre. Le fer- ment étoit écrit fur des planches de boïs , qu’on jettoit enfuite dans le réfervoir de la fontaine. borfque ces planches alloient au fond ; on connoilloit le parjure ; fr au con- traire elles furnageoient, on ne doutoit plus de la vérité du fer- ment. On ajoûte que celui qui fe parjuroit , perdoit la vue fur le champ, ou même qu'il étoit con fumé par les flammes qui fortoient des deux lacs. Voyez Particle de (5) Q: Curt, L, VIIL. €, 1Qs. NN À ACATIS, Acalis, nom d’une Nymphe qu'on dit être la même qu Acacalhs. Voyez Acacallis. ACAMANTIDE, Acamantis, A'xauaævris, (a) nom d'une tribu Athénienne , qui prit le nom d’A- camas, l'un des fils de Théfée. Ce füt avec l'approbation de l’oracle de Delphes. Périclès étoit de cette tribu. ACAMARCHIS, Acamarchis, Nymphe de la mer, qu'on dit fille de FOcéan. Tel eft le fen- timent d'un Moderne, qui s’ap- puie delautorité de Diodore de Sicile, … ACAMAS, Acamas, A'ranac, (b). fils de Théfée & de Phédre, &t petit fils d'Éthra. Il donna fon nom à une des tribus Athénien- nes. Sa ftatue fut placée dans le temple de Delphes parmi celles de plufñeurs autres Héros, lefquelles <environnoient le piedeftal d'un -cheval de bronze, à l'initation du cheval de Troye que les Argiens y avoient envoyé. L'infcription qui étoit fur ce piedeftal , portoit 4) Plut, T. [, p.152, Pauf, p. 626. N . - " 94 A € . AC. | Païliques, où vous trouveréz [a que tohtes cês ffatues provenoïent chofe racontée , avec quelques de la dime du butin,que les Athc- circonttances différentes, d’après niens avoient fait fur les Pertes au la narration de Diodore de Si- combat de Marathon. Aïlleuts on cile. voyoit Acamas, peint la tête dans ACAË, Acte. On dit que un Cafque avec une aigrette deflus, c'eft le nom d’une Îfle où Circé Ce fameux Héros s’étoit trouvé faifoit fa demeure. au fiége de Troye, & il avoit été - ACALE, Acalus, neveu de député avec Dioméde pour aller Dédale. C’eft le même que Talus redemander Héléne. On rapporte ES fut changé en perdrix. Woyez que pendant fon ambaflade, qui = 'alus. - fut fans fuccès, il eut de Laodicée, fille de Priam, un fils q'Éthra, qu'on avoit aufli enlevée avec Hélène , prit foin d'élever. De re- tour au camp des Grecs, ce fut un de ceux qui s'enfermérent dans le cheval de bois. Au milieu du car- nage, Éthra lui ayant montré le fils, qu’il avoit eu de Laodicée, Acamas fauva la vie à l’un & à l’autre. ACANTHE. dont Axaæ6oc, (c) ville maritime de Thrace felon les uns, & de Ma- cédoine felon d’autres. Cette di- verfité de fentimens ne peut veni que de ce que les Anciens ne s'ac- cordent pas au fujet des limites-de la Macédonie. La Martinière, d'a- près Étienne le Géographe, place la ville d'Acante fur le golfe Strymonien, dans la partie fepten- trionale de Pifthme de la prefqu'ifle, où eft le mont Athos, ajoûtant qu’elle étoit aflife fur cette monta- gne , &t entourée d’une haie d'épi- nes. d'où lui vint le nom d’ÀA- canthe, qui fignifie, en gréc, épines Mnéféas vouloit au contraire, (c) Pin, L. IV. c. 10. Herod. L. VI: (4) Pauf. p.9, 626,660, Diod. Sicul. ! &, 44. Thucyd. p.308, 311. Tir. Live P+ 184. Myth. par M, PAbb, Ban,T, VI. | L. XXXI,c, 45. Prolem, L, I:c 13e Pr 160, = Î Pro, | À € que ce nom lui eût été donné d’un Certain Acanthus. C’étoit, au rap- port de Thucydide, une colonie d'Andriens. Pendant la guerre du Péloponnèfe , Brafidas futenvoyé de Lacédémone ayec une armée à Acanthe ; pour l’engager dans le parti des Lacédémoniens. Quand il füt arrivé aux portes de cette Ville, les habitans héfitérent d’abord, s'ils les lui ouvrircient ou non. Cepen- dant, à caufe des fruits, dont la campagne étoit alors couverte, on réfolut de le larffer entrer , à con- dition qu'après-qu'il auroit expofé le füjet de fon arrivée, on pour- roit délibérer là-deffus. Brafñdas fitun long difcours aux Acanthiens pour leur montrer la nécefité d'embrafler le parti de ceux de Lacédémone. Étles Acanthiens, perfuadés autant par la crainte de perdre leurs fruits , que par l’élo- quence dé l’orateur, s'y détermi- nérent, ne demandant d'autre gra- ce, finon qu'il leur fût permis de Vivre felon leurs loix. On le leur accorda avec ferment. Les Romains, vers l'an 552 de la fondation de Rome , ayant doublé le promontoire de Torone, abordérent à Acanthe, D’abordils ravagérent la campagne , puis üls purent la Ville , & la pillérent. Après cela, ne pouvant aller plus avant, parce que leurs vaïfleaux pouvoient à peine contenir le bu- tn dont ils étoient chargés , ils retournérent fur leurs pas. On prétend que cette Ville eft an- … Jourd’hui épifcopale fous la métro- (a) Myth. par M. l'Abb. Ban, T, V, Pag- 45, 46. (2) Lucian, Tom, I. pag, 8454 A 6 _ pole de Théffalonique ; & qu’elle prend le nom d’Ériflo. Elle fe voit dans la Turquie d'Europe. : Il y a eu plufeurs autres Villes de mêmenom, une dans l'Atha= manie en Épire , une autre en Egypte à trois cens vingt flades de Memphis , une autre, enfin, dans la Carie , province de l'Afie mineure. ACANTÉE , Acanthus , jeu ne nymphe , felon les uns, & jeu- ne prince {elon d’autres, qu Apol- Nous appellons cette plante, Bran- che Urfine. On dit que fes feuilles ont été employées par les archi- teétes Grecs, pour fervir d’orne- ment au chapiteau Corinthien. (a) Dans cette ville d'Égypte, portant le nom d'Acanthe , & dont il eft parlé fur la fin de l’arti- cle précédent; il y avoit un Prêtre qui , fans qu'on fçahe par quel principe de religion, verfoit cha- que jour de l’eau du Nil, dans un vaifleau percé, ACANTHUS , ZAcanthus , Nuarto. (b) Ce fut, felon Eucien, l’un de ceux qui confpirérent con- tre Phalaris, tyran de Syracufe. Mais ce prince lui fit grace en fa- veur de leur ancienne laifon. . ACARA oz ALQUIBILA, (c} nom d’une tour , qui avoit êté ba- tie par [finaël , & qui, felon quel- ques Auteurs, étoit devenue un ob- jet de religion parmi les Homeri- tes, nation célébreentre les Arabes. (c) Myth, par M, l'Abb. Ban, T, I, pag: 420 =N É' « Jon métamorphofa en une plante 2 de ce nom, pour avoir reçu 1% accueil favorable dans fa maïfon. #S 96 À GC de Callirhoëe. Il avoit un frere nommé Amphotérus. Îls vengé- rent la mort de leur pere dès l’âge le plus tendre. Voici de quelle manière ontaconte cette avanture. Alcméon, après la mort de fon pere , pour exécuter l’ordre cruel qu'il en avoit reçu, tua fa mere, nommée Ériphyle. Obligé d’al- ler à la cour de Phêgée , pour être expié de fon crime, fuivant j’ufa- e de ce tems-là, & fe délivrer A inême-tems des furies qui le perfécutoient , c’eft-à-dire , des remords de fa confcience, quine lui laifloient aucun repos, ce Prin- * celerecutfavorablement, € luifit époufer fa fille Alphéfibée , à qui ÂAlcméon, donna le collier d'Éri- phyle; mais l'avant enfuite répu- diée , pour époufer Callirhoë, fille d’Acheloüs, chez qui il avoit été pour quelques affaires , il voulut al- ler demander ce collier à fes beaux- freres , à qui Alphéfibée lPavoit donné. Ceux-ci, pour venger Paf- front qu’il avoit fait à leur fœur, Fattendirent fur le chemin &x l’af- faffinérent. Callirhoë pria alors Jupiter d’a- vancer l’âge de fes deux enfans, & d’ajoûter des années à celles qu'ils avoient déjà, afin que la mort de leur pere ne demeurât pas impunie. Jupiter, touché de fes plaintes, les changea en des hom- (a) Thucyd, pag. 171, Paufan. p. 402. Strab. p. 462. Ovid, Métam. L, IX. c. 31. Myth. par M, V'Abb. Ban, T, VII, pag. 207; 203: () Strab. p. 450, 460, 461. & fe. Pauf, pag. 492. Thucyd, 7e. 4 (4 pp” “® - ACARNAN, Acarnan; A'rapray , (a) fils d'Alcméon & A C .mes parfaits. Ainf ils fe trouvérent en état de tirer une prompte ven- geance de l’affaffinat d'Alcméon, leur pere. Après cela, on dit qu'ils confacrérent à Apollon le collier fatal ; & qu'Olée ayant ofé l’arra- cher du temple où il étoit dédie, en fut auffi-tôt puni par l’embra- ferment de fa maïfon. Acarnan, felon plufeurs anciens Auteurs, tels que Paufanias, Strabon, Thucydide , donna fon nom à lAcarnanie , province maritime de la Gréce. ACARNANIE , Acarnenia, Auaprarla, (b) province maritime de Gréce , bornée au nord par TÉbpire , à lorient par l'Étolie, au midi & au couchant par la mer Ionienne. Plufeurs Auteurs ane ciens prétendent que l’Acarname fut ainfi appellée d’Acarnan, fils d'Alcméon , lequel après avoir tué Ériphyle fa mere, s'enfuit d’Ar- cos, & vint à Pfophis qui, alors du nom de Phégéus, fe nommoit Phéoée. Là, il époufa Alphéfibée, fille de Phégéus, & entre autres préfens , il lui donna le coller d'Ériphyle. Mais en Arcade, comine à Areos, tourmenté fans ceffe par les furies, il réfolut d'aller confulter l’oracle de Delphes. La réponfe de loracle fut qu'il cher= chât une terre nouvellement dé- couverte , & qui fut fortie du fein de la mer depuis fon parricide ;que là le Génie , vengeur d'Ériphyle, Q: Curt. L.IIL c, 2. Tit. Liv. L, XXXIN: c. 16, 17. Pomp. Mel. L, Il. c.de Maced: Protem, L. IE c. 14, Plin. E,-IVeC 1e Antiq, expl. par D. Bern, de Monts T, IV, p. 70. ne À C hé le pourfuivroit pas. À force de chercher, il ttouva un monceau de terre qui s’étoit formé du limon de lPAchéloüs. Ce fut en cet en- droit qu'il établit fon domicile. Et dans la fuite il époufa Callirhoë qui, fi Fon en croit les Acarna- riens, étoit fille du fleuve Aché- Joûs. Il en eut deux fils , Acarna & Amphotérus. Le premier eh celui, qui donna fon nom aux peu- ples, qui habitoient ce continent. Car auparavant on les nommoit Curetes. Strabon, d’après Éphore, donne même origine au nom des Acar- naniens. [l croit cependant que <ux, qui habitoient au delà de lAchéloïs | n’avoient été ainf nommés, que parce qu'ils ne {e raloient pas. Il y en a , au rapport du même Strabon , qui difent que Es premiers habitans de FAcarna- nie furent les Taphiens & ceux _uon appelloit Téléboens. Mais . Homère ne fait aucune mention de CS peuples , lorfqu'il rapporte que les Céphalléniens , conduits par Laerta, allérent s'emparer de cétte contrée. Les Acarnaniens étorent régardés autre fois comme une nation invincible. Quoiqu'ils ne fe rafaflent pas, ainfi qu'on Vient de le voir, on dit néanmoins qu'ils fe coupoient les cheveux de devant, fans doute ponr ne pas donner prife fur eux à leurs enne- nus. Comme ils étoient habiles frondeurs , ils les attaquoïient de loin à coups de frondes 5 & ils. excelloïent fur tout dans cette ma- ère de combattre. Ils étoient naturellement fideles dans leurs traités) Tom. Z, Ë \ À C 97 Les Acarnaniens , de concert avec les Étoliens, leurs voifins , eurent guerre avec les Macédo- niens & avec d’autres peuples de la Grèce. Ils étoient cependant alliés des Macédoniens , lorfque L. Quintius vers l'an $55 de Ro- me, ayant attiré à Corcyre, les principaux d’entr'eux, fit des efforts pour les détacher du parti de Philippe. Deux raifons principa- les les retenoient dans l'amitié de ce Prince , leur fidélité naturelle & & la crainte des Étoliens. Le gé- néral Romain les invita à s’aflem bler à Leucade, Mais tous les peu- ples de lAcarnanie ne s’y rendi- rent pas; & ceux même qui y vinrent , n'étoient pas dans les mêmes fentimens. Cependant les plus confidérables d’entr'eux,& les Magiftrats eurent aflez de crédit, pour obtenir de ceux qui s’y trou- voient , un décret en vertu duquel on devoit faire alliance avec les Romains. Tous les abfens défap- prouvérent ce qui s’étoit paflé dans l'aflemblée ; & dans le rems qu'ils murmuroient hautement contre ce décret, deux des principaux Acar- naniens, envoyés par Philippe, fçavoir, Androcles & Échédémus, : fecondérent fi bien le méconten- tement du peuple, que non feu- lement le décret fut café, mais qu'on condamna encore, comme traitres à la patrie, Archélaüs & Bianor , tous deux des premiers de la nation, pour avoir été les. auteurs de ce fentiment ; & que le préteur appellé Zeuxis fut dépofé, pour lavoir propofé à l’aflemblée. Alors ceux qu’on venoit de con damner , firent une démarche té= = — 98 AC méraire, mais dont l'événement fut heureux. Car, contre le fenti- ment de leurs amis qui les exhor- toient à céder autems, & à fe re- tirer à Corcyre auprès ‘des Ro- mains , ils réfolurent de fe préfen- ter devant le peuple, on pour ap- paifer fon rellentiment par cette marque de confiance , ou pour fouffrir de fa part tout ce qu'il vou- droit ordonner. Lorfqu'ils furent donc entrés au milieu de laffem- blée, la multitude étonnée de leur audace , fit d'abord éclater un Murmure,quifutun moment après, fuivi d’un grand filence, que lui impoférent le refpect de leur an- ciènne dignité, & la compafhon de leur malheur préfent. . Enfuite, lorfqu’on leur eut per mis de s'expliquer , ils parlérent premièrement d’un ton humble & foumis ; puis, dans la fuite de leur difcours , quandil.fut queftion de juitifier leur conduite, ils fe défen- dirent avec cette hardiefle & cette confiance, que l’innocence feule peut infpirer. Enfin, devenus accu- fateurs d'Apologiftes qu'ils étoient au commencement, ils oférent même reprocher à leurs ennemis leur injuftice & leur cruauté , & firent tant d'imprefhion fur les ef- prits , que d’ün commun confente- ment, on cafla la fentence qui les avoit condamnés , & qu'on les ré: tablit dans leur premier état ; ce qui nempécha pas qu’on ne rejet- tât l'alliance des Romains. Mais quand le bruit de la défaite de Philippe à Cynofcéphale fe fut répandu , tous les peuples de P'A- carnanie fe foumirent aux loix du Vainqueur. À \ AC. Les principales Villes dû pas outre Leucade qui en fut la capte tale , étoient Anatorion, fituée dans une prefqu'ile auprès d'Ac- aura ; Actium, ville maritime & célébre dans l'antiquité ; Stratus, ville très-forte fur l'Achéloüs , où lon ne pouvoit aborder qu'en re- montant le fleuve l’efpace de deux cens flades; Énée ou Éniadefur un autre fleuve que Strabon ne nomme pas. Îl paroït qu'il y a eu anciennement deux Villes de ce nom dans l’Acarnanie.L’ancienne, à égale diftance de Stratus & de la mer, nétoit plus habitée du tems de ce Géographe. Quant à la nouvelle, elle n’étoit éloignée de l’embouchure de lAcheloüs que de foixante_dix ftades. Il y a eu encore d’autres Villes,telles que Phalére, Alyzie , Leucas, Argos- Amphilochium , Ambracie. Les rivières les plus confidérables du pais, étoient lAchéloüs & VÉvéne. L’Acarnanie , qui fai aujourd'hui partie de la Tur- quie d'Europe ,; a pour nom moderne Lacarnia ; quoiqu'on l'appelle auffi le Defpotat, dont il n'eft toutefois qu'une partie. ” . On prétend qu'il y a eu en Égypte un petit païs, qui portoit le nom d'Acarnanie, & en Si cile une Ville, fituée dn côté de Syracufe , qui portoit aufh le mé- me nom, & qui étoit célébre par un vieux temple de Jupiter Olympien. D’autres foûtiennent que c’eft une erreur. ACARNANIENS , Zcurna= ni, A'uapvares, peuples de l’Acar: name, Voyez Acarnanie, : è AD De LA Ne ET MN A ACARNIENS, (2) titre qu'A- iftophane donna à une de fes Co- médies. Le but que ce Poëte s’e- | toit propoié dans cette piéce , .ceft, au rapport de M. l’abbé Vatry, de perfüader aux Athé- niens de s’accorder avec les La- Cédémoniens , & de finir une guerre,qui les ruinoit les uns & les Autres , ainfi que leurs alliés, & leurs tributaires. _ ACASIS, Acafis. C’eft la mê- me qu'Acacallis qui étoit fille de Minos. Voyez Acacallis. ACASTE , Acaflus , (b) fervi- teur ou efclave de Cicéron. Il ên eff fouvent parlé dans les lettres de ce fameux Orateur. Lorfqu'il defcendoit du vaifleau à Athé- nes, en revenant de Cilicie, Acaf. te © préfenta à lui, le vingt-unie- me jour depuis fon départ de Ro- me , @& lui remit les lettres de Térentia, fa femme ,avec celles de plufieurs d’entre fes amis, lefquel- Jes lui apprenoïent que tout , dans fa patrie, tendoît à la guerre. ACASTE, Acate, (c) nom d’une nymphe Océanide, c'eft-à-dire, d'une des filles de Océan & de Téthys, Selon D: Bern. de Mont- faucon, ce nom fe trouve dans la Théogonie rapportée par Héfiode. ACASTE » Acaftus ; A’xaorcc 5 (2) étoit fils de Pélias, roi d'Iolcos en Theflälie, & d'Anaxibie, & coufin germain de Jafon. Il eft Connu des Anciens comme un cé- (a) Mém,. de Acad. des Infc. & Bell, Lert, Tom. XXI, pag. 14e (b) Cicer. L. XIV, Epift, $. () Antiq. expl. par D; Bern. de Montf. Tom, I. pag, y2. (4) Pauf. p.30, 197, 320; 321, 384. Diod, Sicul, p. 178, Ovid, Metam, L, - AC . lébre chaffeur qui tiroit bien de Varc. Il fat l'un des capitaines des Argonautes, nation fameufe dans l'antiquité. Pélias étant mort dans leur voyage de la Coichide, Acaf- te , quand on fut de retour en Theflalie , engagea fes compa- gnons à célébrer, avant que de fe léparer , des jeux funébres en lhonneur de fon pere, Paufanias nous en a laïffé la defcription fui- vante, » Derrière le palais d'Am- » phiaraüs | repréfenté fur le cof. | » fre que les Cypiélides avo; » confacré dans le temple de 3% » non à Olympie] on célébre, dit » cét Écrivain, des jeux funébres » en Phonneur de Pélias. Il SA » a une foule de fpefateurs, du » milieu defquels,eft Hercule affis » fur un trône. Derrière lui, eft ». une femme qui joue de la flûte » Phrypienne ; & Pinfcription la » fait connoître. Pifus, fils de Pé- » riérès,@& Aftérion,fils de Comé- » tas, montés chacun fur un char, » pouflent leurs chevaux dans la » carrière. On dit qu'Aftérion fut » du nombre des Argonautes. » Pollux , Adméte & Euphème » difputent le même prix. Si l’on » en croit les Poëtes, cet Fuphé- » me étoit fils de Neptune , & il » accompagna Jafon à l’expédi- » tion de la Coichide. Quoiqu'il » en foit, on voit que c'eft lui » qui remporte la victoire. D'un » autre côté, Adméte & Mopfus : VI: c. 7. L. XI. c. 11, Mém: del'Acad, des Infcr. & Bell, Lett, T,"I1X. Pr 75 5 82, T. XII. p. 142, 143. @ fuiv. P- 332- Myth: par M, l'Abb. Ban. T, VEp:375 ; 438, & friv. T, VII p, 442 453 377 Antiq. expl, par D; Bern: de Mont£. T, Y, Se ss NN G 1j 106 A6 ES + o.+ se. &. : ou non. Témoin ce qui artiva à Fhéophrafte. [| marchandoit quel- que chofe à une vieille femme. d'Athènes, qui vendoit des légu- mes. Non, monfieur l'Étranger, lui dic-elle, vous ne l'aurez point 2 meilleur marché. Théophraîte fat étrangement furpris de fe voir traité d'Étranger, lur qui avoit paflé prefqne toute fa vie à Athé- nes , & qui fe piquoit de mieux parler que tout autre. Cependant c'eft à fon langage qu’elle recon- nut qu'il n’étoit pas du pais. .° Accent fignifie quelquefois .uh certain ton de voix., qui eft fouvent une marque de l'intention de celui qui parle, & qui fait don- ner une bonne où mauvaife inter- prétation à fes paroles. C’eft ainfi que de certains difcours préfentent un fens bien différent de celui qu’ils ont naturellement. Cela peut ar- river dans l'interrogation , dans Padmiration , dans-l'ironie, dans la colère, & dans les antres paf- fions. C'eft ce que M. l'abbé d'Olivet appelle Accent oratoire, 3.° Accent fe prend pour un terme de Grammaire. Il y en a qui croyent que PAccent, dans ce dermer fens, eft d'inftitution nou velle, & que les Anciens ne s'en fervoient point. Dautres, au con- trairé, ont bien de la peine à fe perfuader que l’on ne fit pas ufage , dans les tems les plus re- culés, de l'Accent, ou de quel- que figne femblable.. On apporte en preuve un paflage de Cicéron, que voici: » Les . dit ce » célébre Orateur, ont voulu #» qu'il y eût dans la profe mé- me, des intervalles, des fépa- 7 = + AS. » rations du nombre & de » mefure, comme dans les verss » &t par ces intervalles , cette » mefure, ce nombre, ils ne » veulent pas parler ici de ce » qui eft déjà établi pour la fa- ». cilité de la refpiration , & pour » foulager là poitrine de lOra- « teur , ni des notes où fignes » des copiftes ; mais ils veulent » parler de cette manière de pro- » noncer, qui donne de l'ame &r, » du fentiment aux mots aux » phrafes, par une forte de mo- dulation pathétique. « Ce paf- fage prouve, en effet, que les fignes , les notes, ou Accens, étoient connus & pratiqués , au moins du tems-de Cicéron. Ajoù tez à cela, que Quiatilien fait. une mention exprefle des Accens, & que Cicéron lui-même en dif- tingue ailleurs de plus d’une efpé- ce, comme on le verra ci-après. Quoiqu'il en foit, il paroït que les Grecs font les premiers, qui ont introduit l’ufage des Accens dans l'écriture. L’Auteur de la Métho- de gréque de Port-royal , obferve que la bonne prononciation de la Langue gréque étantnaturelle aux Grecs, il leur étoit inutile de la marquer par des Accens dansleuts écrits ; qu'ainfr il y a-bien de l'ap= parence qu'ils ne commencérent à en faire ufage , que lorfq ÿ ueïîes Ro- mains, curieux de s’'inftruire dela Langue gréque ,envoyérent leurs enfans étudier à. Athénes. On fons gea alors à fixer la prononciation; & à la faciliter aux étrangers ; ce qui arriva, pourfuit le même Au» teur, un peu avant Je tems de Gi CÉIOASE re 0 LAPS À C Comime il y a diverfes infléxions de voix, dont les unes élevent le ton, les autres le baïflent, &'d’au- tres, enfin, l’élevent.d’abord , & le rabaiffent enfuite fur la même fyllabe ; l'on a diflingué trois for- tes d'Accens, l’aigu formé de droi- tea gauche, en.cette manière ” le grave écrit de gauche à droite“, & le circonflexe compofé à la fois de e & du grave". a. “Accent aigu marquoit qu'il falloit élever la-voix , en pronon- çant la voyelle fur laquelle il étoit écrit. L'accent grave marquoit au contraire, qu'il falloit barfier _ l voix. [Accent circonflexe ,en- fn, que l’on arrondit, en grec, de cette.manière *, étoit deftiné à faire entendre qu'après avoir d’a- bordélevé la voix fur une fyllabe, il falloit enfite la rabaïller fur cétte même fyllabe. Denys d'Halicarnafle nous ap- prend que , chez les Grecs , l'élé- Vation de la voix dans lPAccent aigu , & fon abaiïflement dans le grave, étoient d'une quinte en- tière; &c que dans l’Accentcircon- flexe , compofé des. deux autres, la Voix patcouroït deux fois la mème quinte, en montant & en defcendant fur la même fyllabe. Gomme.il ny avoit, dans la ingue grecque, aucun mot qui neût fon. Accent, ces élévations _abaïflemens continuels d’une quite ; devoient rendre la pro- nonciation grecque aflez chantan- te. Les Latins avoient, ainfi que les Grecs, les Accens aigu , grave & circonflexe : & ils y joignoïent encore d'autres fignes propres à Marquer les ‘Jongues ; les bréves ae. 167. - les repos, les fufpenfons, lacce- lération. Ce font ces notes de la : la prononciation , dont parlent les Grammairiens des fiécles pofté- rieurs, qu'on a prifes pour celles de la déclamation. On ignore quelle étoit la valeur des Accens chez les Latins. ls avoient des longues & de bréves, les premieres , en général, dou- bles des fecondes dans leur durée, & ils en avoient d’indéterminées , irrationales. Mais on ignore auf Ja valeur de ces durées, & l’on ne . {çait pas davantage, fi dans les A cens on paftoit d'un ton fixe &x de” terminé. Une chofe bien certaine, 2 e LA + c’eft que le peuple Romain étoit, comme les Grecs, fort fenfible à lPhafmonie du difcours. En voici. une preuve: » Si dans nôs théa- » tres, dit Cicéron, un Aéteur » prononce une fyllabe bréve où » longue, autrement qu'elle ne ». doit être prononcée, felon Pufa- » ge, ou d'un ton grave ou aigu, » tout le peuple fe récrie. Cepen- » dant , continue Cicéron , le »_ peuple n’a point étudié les régles » de-notre Profodie. Seulement il » {ent qu'il eft bleffé par la pro- » nonciation de l'A@teur ; mais il » ne pourroit pas démêler en quor, : » ni comment. Îl n’a, fur ce point, » d'autre régle que le difcerne- » ment de l'oreille; & avec ce » feul fecours que la nature & ». l'habitude lui donnent, ilcon- » noît les longues & les:bréves, » & difingue le grave de laigu:» Selon les Grammairiens Grecs, PAccent aigu peut fe placer fur l'une des trois dernières fyllabes d'un mot, foit que celle qui. le , à 108 A C recoit , foit longue , ou qu’elle foit bréve. Toutefois fi la dernière eft bréve , il eft d’ufage qu’on le met- te fur l’antépénultième. Si au con- traire elle eft longue , cette anté- pénultième ne peut avoir ordinai- rement d'Accent. Ainfi on mettra. un Accent aigu fur cc de 9eé:, Deus, Dieu, fur à6 de x0ye5, verbum, parole, fur rv de ruorouer, verbe. ramus , nous frappons. Ps L’Accent grave , qui n’eft pas . tant un Accent qu’une privation , | ou un rabaïflement de l’Accent, ne ar marque jamais que dans la fuite "du difcours & à la fin des mots, Où il y auroit naturellement un accent aigu. [| montre qu’alors ces mots n'élevent pas tout à fait leur dernière fyllabe , mais qu'ils la foûtiennent feulement un peu. C'eft dans ce fens que l'on place. un Accent grave fur ui de mur, honor , honneur. L’Accent circonflexe ne fe met que fur la dernière fyllabe d'un mot, comme fur uo de ro, pour Tihaw , honoro, j'honore, ou bien fur la pénultième , comme fur co de riua, corpus, le COrps. . Quoique l’on füive, pour l’or- dinaire, ces régles des Grammai- riens grecs , dans la difpofñition des Accens , on ne s’y conforme point dans la prononciation que l’on conferve a@tuellement. Aiïnf les Accens ne fervent plus de guide pour élever ou pour abaïfler le ton, Pour ce qui eft du Latin, l’on ne fait fentir, aujourd’hui, la quantité des mots ,que par rapport à la pé- nultième fyllabe , encore faut-il que le mot ait plus de deux fylla- bes.._ Car les mots, qui n’ont que a AC deux fyllabes ; font prononcés également , foit que la première foit longue , ou qu'elle foit bréve; par exemple l’z eft bref dans Pa- ter,& long dans Mater. Cependant on prononce l’un & l’autre , com- ime s'ils avoient la même quantité. Dans les livres, qui fervent à des leétures publiques, on fe fert de l’Accent aigu, que l’on place diffé- remment , felon que la pénultième eft bréve ou longue. Ainfi, dans Matutinus, on ne fait fentir la la quantité que fur la pénultiè- me #7; & parce que cette pénul- tième eft longue , on y met l’Ac- cent aigu , Matutinus. Au con: traire , cette pénultième #2 eft bre- ve dans Serorinus. Alors on met lAccent aigu fur Pantépénultième Serotinus , foit que dans les vers cette antépénultième foit bréve, foit qu'elle foit longue. Cet Accent aigu lert alors à marquer qu'il faut s'arrêter comme fur un point d'ap- pui, fur cette antépénultième ac- centuée , afin d'avoir plus de fac- lité pour pañler légérement fur la pénultièeme & la prononcer bréve. Au refte, cette pratique ne s’ob- ferve que dans les livres d'Églife, deftinés à des letures publiques. I feroit à fouhaiter qu'elle fût éga- lement pratiquée à l'égard des li- vres claffiques., pour accoûtumer les jeunes gens à prononcer régu- lièrement le latin. Nos Imprimeurs ont confervé l'ufage de mettre un Accent cir- conflexe fur F4 de l’ablatif dela première déclinaifon, Les Anciens élevoient la voix fur l’a du nomi- natif , & le marquoient par un Accent aigu , mufa ; au lieu qu'à À C - Pablatif, ils l'élevoient d'abord, & {a rabaïfloient enfuite , comme s’il y avoit eu mufaa ; & voilà l'Ac- cent circonflexe que nous avons confervé dans l'écriture, quoique nous en ayons perdu la pronon- cation. On fe fert encore de lAc- cent circonflexe en latin, quand il ya fyncope , comme wirém pour virorum , feflertiim pour feftertio- rum. Enfin, l'on employe l'Accent grave fur la dernière fyllabe des . adverbes male , bene , di , &c. Quelques-uns même veulent qu'on s’en ferve fur tous les mots indéclinables ; mais cette pratique n'eft pas exatement fuivie. Nous avons confervé la pratique des Anciens, à l'égard de Accent aigu qu'ils marquoient fur la fyllabe , qui eff fuivie d’un enclitique : 4r- ta virim que cano. Dans virm, 0néleve Ja voix fur l’4 de virum , on la laïffe tomber en pronon- çant que , qui eft un enclitique. . Quantaux Accens des Hébreux, ils ont quelque chofe de commun avec les Accens des Grecs & des Latins ;: mais ils ont 'en même- tems quelque chofe de particulier, qui ne fe trouve que dans la langue Hébraïque. Ce qu'ils ont de commun , c’eft qu'ils marquent es tons; fçavoir, quand il faut élever ou abaïfler la voix fur cer- tanes fÿllabes. Quand un Juif ha- bile lit le Texte Hébreu de la Bible , il chante plutôt qu'il ne lit, Parce qu'il le prononce fur les tons qu font marqués par les Accens. Our ce qui eft de particulier à Cette langue, à l'égard des Accens, c'eft qu'ils y font la même chofe que les points & les virgules dans A C 109 le fatin, dans le grec & dans le françois. Ils diftinguent les fec— tions , lés périodes & les membres des périodes. On croit que l'inftitution des Ac- cens des Hébreux , du moins tels qu'ils les ont à préfent, ne remon- te pas avant le cinquième fécle. On lattribue aux Docteurs de la fameufe école de Tibériade, qui travaillérent à la critique des livres de Écriture fainte, c'eft-à-dire, à diftinguer les livres apocryphes d’avec les canoniques, & qui, > fuite, les diviférent par fections SF par verfets, en fixant la lefture & la prononciation par des points &c par d’autres fignes , d’où eft venue l'origine des Accens des Hébreux. Ces doéteurs furent appellés Maf- foretes, du mot zaffore, qui veut dire tradition , parce qu'ils s’atta= chérent dans leur opération à con- ferver, autant qu'il leur fut poffi- ble, la tradition de leurs peres, dans la manière de lire & de pro- noncer. Les Accens des Anciens font paflés dans notre langue, où ils font fort communs ; mais pour ne pas alonger cet article da- vantage , je renvoie le Lecteur aux différentes Grammaires fran. çoifes que nous avons , & en particulier à celle de M. Ref- taut. M. Rollin, dans fon Traité des Études,ne manque pas d’obferver, qu'il eft à propos de donner aux jeunes gens , une teinture des Âc= cens, parce qu'ils font d’une gran- de utilité pour l'explication ; & il ajoûte que quoique la connoïffance des Açcens ne {oit pas d'un grand — “io AC travail, elle eft fouvent trop né- gligée, même parles Sçavans. II ‘feroit donc à défirer que l’on ap- prit de bonne heure aux jeunes gens, à remarquer l'ufage des Ac- éens, & fur-tout,qu'on les obligeat à les employer dans leurs compo- fitions. Ce feroit un moyen für &c infaillible de les accoûtumer, dès leur bas âge, à une pronon- ciation plus exaéte, & à une façon d'écrire beaucoup plus correcte ; Obfervation qui regarde principa- Jement notre langue , que l’on #"_<nt, pour la plupart du tems, d’une manière qui fait pitié, même au fortir des clafles. ACCEPTION , fgruificatio , noti0 , intellectus , terme de gram- maire. C'eft le fens que l’on donne à un mot : par exemple, ce mot, efprit ; dans fa première A cception, lignihe vent, {ouffle. Mais en mé- taphyfique, il eft pris dans une au- tre Accéption. On ne doit pas, dans la fuité du même raifonne- ment, le prendre dans une Accep- tion différente. ACCEPTION de PERSONNE, (z) Dieu ordonne que les Juges portent leurs jugemens fans Ac- <eption de perfonne ; qu'ils ne confidérent ni le pauvre, ni le ri- che , ni le foible , ni le puiflant ; qu'ils ne faflent attention qu'à la juitice & à la vérité. Dieu ne fait point Acception des perfonnes. Les Juifs difoient au Sauveur, qu'il difoit la vérité, fans Accep- tion de perfonne & fans crainte. (a) Levit: ç 19. v. 15. Deuter. c, Ze V, 17. C. 10. V. 17. Paralip, EL. Il. C. 19. V. 7. Jfaï. c. 42. v.2. Matth, c, dar v, 16, Jud, Epit, ©, 1, y. 16, . NE - S. Jude , au lieu de faire Accep= tion de perfonne, {e fert de cette exprefhon , admirer les perfonnes, aïe donne pour un cara@tere du Mefhe , de ne pas faire Acception de perfonne. ACCEPTOR , Æcceptor, nom d’un des chevaux du Cirque. Voyez Chevaux du Cirque. _ - ACCÉS, Acces, T'ouæ, (b) étoit de la ville de Thécua. Ce fut l'un des trente vaillans Officiers, quicompofoient l’armée de David, Ïl avoit eu un fils, qui s’appelloit Hira. a ACCESSION , Acceffo, (c) terme dont on fe fervoit à Rome, pour exprimer des ventes publiques par voie de juftice. C’eft ce qu'on appelle ajourd'hui vendre à len- can. Ceux qui étoient employés dans ces ventes publiques, pour proclamer ce qui étoit à vendre, & le prix qui en étoit offert, & nommoient Prœcones , crieuts; ÔL ceux qui achétoient , s’appelloient Seélores, proprement enchérif- feurs, On donne aujourd’hui difé- rens fens au mot Accefhion, qui eft en ufage dans le droit, dans la pratique , &c. ACCESSIT , terme de Collé- ge. C’eft une récompenfe quon donne aux Écoliers qui ont com- pofé , prefque auffi bien que celui qui a remporté le prix. Untel a eu le premier prix des vers, &c un tel le premier Acceñlit ; c'eft-à- dire, qu'il eft celui qui a approché le plus près des prix. (ë) Reg. LE. Il. c. 23, v.27. (c) Coût, des Rom. par M, Nieups PAR. 118 AC . "Ce mot eft latin, & vient de ce … qu'après avoir donné les prix, on - Romme ceux qui en ont approché le plus près, en difant : proxime acceflerunt. Il fe dit & de la petfonne, & de la chofe ; c’eft- a-dire, de l’honneur d’être ainfi nomme , & aufhi de la récompenfe qu'on donne à ceux qui font ainfi notmés ; car on dit: J/ eff le pre- nier ou le fecond Acceffit : il a eu de premier Acceffit. Voila mon Ac- ceffet ; en montrent le livre , ou La <hofe qu'on à reçue. Les Académies qui diftribuent des prix, donnent aufhi fouvent des Acceffits , comme l’Acadé- mie françoife à Paris. ACCIDENT , Accidens , ter- me de grammaire.Il eft fur-tout'en ufage dans les anciens Grammai- tiens, [ls ont d’abord regarde le mot comme ayant la propriété de fignifer. Telle eft, pour ainf dire, la fabftance du mot ; c’eft ce qu’ils appellent nowinis pofitio. Enfuite ils ont fait des obfervations païti- Culières fur cette potion , ou fubf. tance métaphyfique ; & ce font <eS obfervations, qui ont donné heu à ce qu'ils ont appellé Acci- dens des diétions, diéionum Acci- dentia. Ainf, par Accident, les Gram- Mairiens entendent une propriété qu, à la vérité, eft attachée au mot, Mais qui n'entre point dans la définition effentielle du mot ; ‘ Sar de ce qu'un mot fera primitif, Où qu'il fera dérivé, fimple ou COmpPOfE , il n’en fera pas moins un ferme, ayant une fgnification. Voici ie font ces Accidens. 19, Loute diétion , ou mot, prend en quelque féns ; autre que AC TT peut avoir un fens propre , ou un {ens figuré. Un mot eft au propre, quand :l fignise ce pourquoi il a été premièrement établi. Le mot lion a été d'abord deftiné à fieni- fier cet animal qu’on appelle lion, Je viens de la foire, j'y ai vu un beau lion. Lion eft pris là dans le fens propre. Maïs , fi en parlant d'un homme emporté , je dis que c'eft un lion, Zor eft alors dans un fens figuré. Quand, par com- paraïfon ou analogie, un mot fe celui de fa première deftinatiof®s cet accident peut être appellé l’ac- ception du mot. - : 2.0 On peut obferver fi un mot eft primitif, ou s’il eft dérivé. Un mot eft primitif, lorfqu’il n’eft tiré d'aucun autre mot de la langue dans laquelle ileft en ufage. Aïnfi en françois, ciel, roi, bon, font des mots primitifs. Un mot-eft dé- rivé ; lorfqu’il eft tiré de quelque autre mot, comme de fa fource. Aiïnfi célefle, royal , royaume , royauté, bonté, bonnement ; font autant de dérivés. Cet Accident eft appellé, par les Grammaïriens, lefpèce du mot. Ils difent qu'un mot eft de l’efpèce primitive on de l'efpèce dérivée. PRESS 3.0 On peut obferver fi un mot : eft fimple, ou sil eft compoié. Jufte , jufhice, font des mots fim- ples. /njufte , injuftice , font des mots compofés. En latin, res eft un mot fimple , pblica eft encore un mot fimple ; mais 7e/publica eft un mot compoté. Get Accident, d’être fimple ou d’être compolé , a été appellé par lesançiens Grammairiens la figure. a. + 4) 7 +12 AC Ts difent qu’un mot eft de la figu- re fimple , ou qu'il eft de la figure compofée ; enforte que figure vient ici de féngere , & fe prend pour la forme ou conftitution d’un mot, ui peut être ou fimple ou com- pofé. C’eft ainfi que les Anciens ont appellé vafz filia, ces vafes qui fe font , en ajoûtant matière à matière ; & figulus , l'ouvrier qui les fait, à fingendo. 49. Un autre Accident des mots regarde la prononciation, fur quoi il faut diftinguer l’accent qui eft pre élévation ou un do de la voix , toujours invariable dans le même mot ; & le ton & Yemphafe qui font des infléxions de voix, qui varient felon les di- verfes pafhions & les différentes circonftances : un ton fier, un ton foumis , un ton infolent, un ton piteux. Voilà quatre Accidens qui fe trouvent en toutes fortes de mots. Mais, de plus, chaque forte par- ticulière de mots a fes Accidens qui lui font propres. Ain le nom fubftantif a encore pour Accidens le genre, le cas, la déclinaifon, le nombre , qui eft ou fingulier ou pluriel, fans parler du duel des Grecs. Le nom adje@if a un Accident de plus, qui eft la comparaïfon, doffus , dottior , doëfiffimus ; 1ça- “want, plus fçavant, très-fçavant, Les pronoms ont les mêmes Accidens que les noms. A l'égard des verbes, ils ont auffi, par Accident , l’acceprion , qui eft ou propre, ou figurée. Ce vieillard marche d’un pas ferme. Marcher €ft là au propre. Celui qui me fuir, |: rm 7: A C : ne marche point dans les ténébres 3 dit J. C. fuit & marche font pris dans un fens figuré ; c’eft-à-dire, que celui qui pratique les maxi- mes de l'Évangile, a mne bonne conduite , & n'a pas befoin de fe cacher ; il ne fuit point la lumière, il vit fans crainte & fans remords. 20. L’efpèce eft auffi un Acti= dent des verbes. Ils font,ou primi. tifs , comme parler, boire , fauter, trembier : où dérivés, comme par lementer , buvotter , fautiller , trembloter. Cette efpèce de verbes . dérivés, en renferme plufieurs au= tres ; tels font les inchoatifs, les fréquentatifs, les augmentatifs, les diminutifs, les imitatifs, les défidératifs. 30. Les verbes ont auff la figu- re, c’eft-à-dire, qu'ils font frm- ples, comme venir , tenir , faire, ou compoiés, commè prévenir; convenir , refaire. 40. La voix ou forme du verbe. Elle eft de trois fortes , la voix ou forme aûtive , la voix pañlive, &t la voix neutre. Les verbes de la voix a&tive font ceux, dont les terminaifons expri- ment une action , qui pafle de l'a= gent au patient , c’eft-à-dire , de celui qui fait l’aétion , fur celui qui la recoit. Pierre bat Paul. Bat eft un verbe de la forme aétive. Puer: re eft l'agent, Paul eft le patient, ou le terme de l’aétion de Pierre. Dieu conferve fes créatures. Con- ferve eft un verbe de la forme ac= tive, Le verbe eft à la voix pañlive, lorfqu'il fignifie que le fujet de la. propofition eff le patient ; c'eft-àr dire, qu'il eff le terme de l’aétiom, où en Le LS ‘des. terminaifons particulières : À C on du fentiment d’un autre; Les rméchans font punis ; vous Jerez Pris par les ennemis. Sont punis, Jeret pris, font des verbes de la forme pañive. Le verbe eft à la voix neutre, lorqu'il fignifie une ation ou un état, qui ne paile point du fujet de k propoñtion {ur aucun autre objet’ extérieur : comme, #/ pélit , il en= griffe, il maigrit ; nous courons 5; il badine lOuJOurs ; il rit, vous rajeuniflez. 59 Le mode, c’éft-à-dire , Les _ différentes manières d'exprimer ce que le verbe fignifie, où pard'in- dicatif, qui eft le mode dire@& & abfolu , où parl'imipératif, ou par le fubjondif, ou, enfin par l'in- fintif, _* _ 60, Le fixième Accident des ver- bes, c’eft de marquer le tems par J'aime, j'aimois , J'ai aimé , j'a VOIS aimé, j'aimerai, 79. Le feptième. Accident ef de marquer les perfonnes grammati- cales, c’eft-à-dire., - les. perfonnes relativement à Torre , qu'elles tiennent dans-la formation du dif- Cours ; & en ce fens, il eft évident qu'il n’y à que trois perfonnes. La première eft celle qui fait le difcours, c’eft-à-dire, celle qui Paile: Je chante. Je eft la première perfonne , & chante, eft le verbe à la première perfonne, parce qu'il et dit de cette première perfonne. La feconde perfonne et celle à -Gui le difcours s’adrefle: #4 chan- “8 , Vous chantez-, c'eft la perfon- ne à qui l’on parle. Enfin, lorfque-la perfonne, on chofe , dont on parle; n'eft ni à Tom. L LIRE _$ AE TT3 la première , ni à la feconde per- fonne ; alors le verbe eft dit êtta à la troifième perfonne : Pire écrit. Écrit eft à la troifième per= fonne du préfent de l'indicatif dur verbe écrire. FR Ên latin & en grec, les perfon- nes grammaticales font marquées; auf bien. que les tems, d’une ma-° nière plus diftinte, par des ter minaifons particulières > TÜTTO » TUTTEIS ; TÜ PTE » TUATOUE , TU — TÉTE » TURTOUI $ CANIO., Cantas sr Cantat, Cantamus, Cantatis , can- ant , Cantavi, cantabo, &tc. SS Sc beu qu’en francois la différence q € des terminaïfons n’eft pas fouvent bien fenfible ; & c’eft pour:cela que nous Joignons aux verbes, les pronoms qui marquent les pér- fonnes : je chante; t1 chantes Sul chante, ee 80. Le huitième Accident du verbe, eft la conjugaifon. La con- jugaifon eft une diftribution , ou lifie de toutes les parties & de toutes les inflexions du verbe, {e- lon une certaine analogie, :I1 y a * quatre fortes d’analogies en latin, par rapport à la conjugaifon. Ainfr il ya quatre conjugaifons.. Cha- cune à fon paradigme., -ceft-à- dire, un modèle {ur lequel.chaque verbe révulier doit être comugué. C'eft pourquoi zmzre , felon d'au- tres , cantare eit le paradigme des verbes de la première conju- gaïfon ; & ces verbes, {elon leur analogie, gardent l’z long de l'inf. titi dans prefque tons leurs teins # &.dans prefque toutes leurs per- “onnes: Amare, amabam, amavi , CAMAVErEM > 4RAbO , amandum., GILETS dé. À , <H Ÿ À a it jé } t14. À C : Lesautres conjugaifons oft anff leur analogie, & leur paradigme. A'ces quatre conjugaïfons on doit en ajoûter une cinquième , qui eft une conjugaifon mixte, en ce qu'elle a des perfonnes, qui fuivent l'analogie de la troifième conjugaifon , & d’autres, celle de la quatrième ; tels font les verbes en ere, 10 : COMME Capére , CApios On dit à la première perfonne du pañhf, capicr, je fuis pris , comme audior. Cependant on dit caperis à la feconde perfonne , & non Bpiis , -quoiquon dife ardior, audiris. Comme il y a plufeurs verbes en ere , 10 : Sufcipcre ; fuf= cipio ; interficere ; interficio; elice- re, elicio ; fugere, fugio ; &c. &c que les commençans font embar+ raflés pour les conjuguer, je crois que ces verbes valent bien la peine qu'on leur donne un para- disgme , ou modèle. Nos Grammairiens comptent auffi quatre comugaifons de nos verbes françois. … Lés verbes de la première con- jugaïfon ont l’infinitif en er : com- me donner , embral]er. Les verbes de la feconde con- jugaifon ont l’infinitif en ir : com- me punir , fournir. … Les verbes de la troïfième con- juguaifon ont l'infinitif en ofr : comine devoir , recevoir. ; Les verbes de la quatrième con- jugaifon ont l'infinitif en re: com- me faire, rendre. Le P. Buffier obferve qu'il y a, tant de différentes inflexions entre les verbes d’une même comugai- fon, qu’il faut, ou ne reconnoître qu'une feule conjugaifon;- ou en dé > À C féconnoitte autant que nous avoñà de terminaïifons différentes dans les infinitits. Or, M. labbé Re- gnier remarque que la langue fran çoife a jufqu'à vingt-quatre ter minaifons différentes à l’infimitif. _ 90. Enfin, le dernier Accident des verbes eft l’analogie ou Pano- malie, c’eft-à-dire , d'être régu- liers,& de fuivre l’analogie de leur paradigme , ou bien de s’en écar: ter; & alors on dit qu'ils font irié- guliers ou anomaux. Que sil atris ve qu'ils manquent de quelque mode, de quelque tems, ou de a perfonne , on les appelle défectifs. nn Pour ce qui eft des prépofitions, elles font toutes primitives & fim- ples, &, de, dans, avec, &c. Sur- quoi il faut obferver qu'il y 4 des langues qui énoncent en un feul - mot ces vues de lefprit , ces rap» ports, ces manières d’être ; all lieu qu’en d’autres langues, ces mêmes rapports font divifés paf l'élocution , & exprimés par pll- fieurs mots : par exemple , corait patre, » en préfence de fon pere. « Ce mot coram, en latin, eftun mot primitif & fimple , qui nex- prime qu'une manière d'étre,conr fidéréë par une vue fimple de l'ef- prit. L'élocution n’a point, en fra çois, de terme pour l’exprimer: On la divife entrois mots,ez préfencede. Il en eft de même de proper, » pOur » l'amour de. « Il en faut dire al tant de quelques autres expreffons, -que ños Grammairiens françois ne J LA mettent au nombre des prépor tions , que parce qu'elles répoñ dent à des prépoñitions latinese - La prépofition ne fait an’ajoûtes üne circonftance , ou manière, au mot qui précéde ; & elle eft tou- jours confidérée fur le même point de vue. C’eff toujours la même manière, ou circonflance qu’elle exprime. {/ eff dans. Que ce {oit dans la ville , ou dans Ja maon, ou dans le coffre, ce fera toujours être dans. Voilà pourquoi les pré- pofitions ne fe déclinent point. Mais il faut obferver qu'il y a des prépoñtions féparables ; telles QUE dans, fur, avec : & d'autres qui font appellées inféparables ; parce qu'elles entrent dans la com. pofition des mots;de façon qu’elles n'en peuvent être féparées , fans changer la fgnification particu= Bière du mot. Par exemple, refaire, furfaire, défaire , contrefaire ; ces MOÏS, re, fur, dé, contre, font alors des prépoñtions infépara- bles, tirées du latin. Quant à l’adverbe ,c'eftun mot Qui, dans @& valenr, vaut autant qu'une prépoñtion & fon complé- Ment. Aïnfi prudemment , c'elt avec prudence ; fagement, avec fige. I y à trois —… à re- Marquer dans l’adverbe , outre la gnification, comme dans tous les ftres mots. Ces trois Accidens font, ro, l'efpèce . qui eft ou Piitive ou dérivative: lei, Le, ailleurs. quand, lors; hier, ow, font des adverbes de l'efpèce pri- HIUVe, parce qu'ils ne viennent d'aucun autre mot de la langue. Au lieu que Juffement , fenfément , Poliment font de l'efpèce dérivati- ve. Ils viennent des noms ad- jectiés, Jufle, fenfé, poli. 20, La fgure > C'eft d'être fime À CG IS ple où compofé. Les adverbes = de la figure fimple , quand aucun autre mot, ni aucune prépofition inféparable,n’entre dans leur com poñition. Aïnf jufkment , lors, Jamais , {ont des adverbes de la figure fimple. Mais Injuflement , alors , aujourd'hui, & en latin hodiè , {ont de la figure compofée. 3°. La comparaïfon eff le troi- fième Accident des adverbes.Ceux qui viennent des noms de qualité, fe comparent , juflément , plus Juflement , très où fort jJuflement , e le plus jufement ; bien, mieux ti. 4 fnieux ; mal, pis, le pis, plus mal, très-mal, fort mal. : À l'épard des conjondions , c'eft-à-dire, de ces petits mots, qui fervent à exprimer la liaifon, que l’efprit met entre des mots & des mots, où entre des phrafes & | des phrafes ; outre leur fignifica- tion particulière , il y a encore leur figure &c leur poñtion. 10, Quant à la figure, il y em a de fimples : comme, €, 02, mais, Ji, car, ni. y en'a beaucoup de compofées, & ff, mais fi ;: & même il y en a qui font compoñées de noms,ou de verbes: par exem- ple, 4 moins que, de. Jorte.que, bien entendu que ; pourvé que. 20. Pour ce qui eft de leur po- fition, c'eft-à-dire, de l’ordre ou rang que les conjonétions doivent tenir. dans le difcours, il faut ob- ferver qu’il n'y en a point qui ne fuppofe , au moins un {ns précé- dent; car ce qui joint, doit être entre deux termes. Mais ce fens peut quelquefois être tranfpoie ; ce qui.arrive avec la condition- nelle /, qui peut fort bien com Ce, H 1j {2 LES 218 : AC ftatues des dieux. Les temples. même de Jupiter Olympien, & d'Apollon Delphien ; ne furent pas épargnés. Âcrate prit dans ce dernier , cinq cens ftatues, tant. d'hommes que de dieux. | Au refte, on lui avoit aflocié pour ce honteux miniftére, Se- cundus Carinas , qui étoit cepen- dant un homme de lettres, inf- truit dans les fciences des Grecs, dont il s’étoit contenté, felon la remarque judicieufe de M. Cre- vier, d'ofner fon efprit, fans en faire paffer le fruit jufques dans fon cœur. ACRATISME, Acratifme, Axparioux , (z) nom de l’un des. quatre repas que les Grecs faifoient chaque jour. Ils le nom- -moient encore Dianeftifmos. C'é- toit le premier des quatre. Ceft ce que nous appellons le déjeûner. On remarque que le déjeûner des Anciens, ainfi que leur diner, métoit qu'ug petit repas ,; en comparaïlon du fouper. ACRATOPHORE, oz ACRATOPOTE ; Acratophorus , vel Acratopotus. (b) Ce font des farnoms , qui ont été donnés à Bacchus, & qui fignifient celui qui boit le vin pur , & qui le porte bien C'étoit , au rapport de Varron, à Phigalie , ville d'Arcadie , qu’! étoit principale- “ment honoré fous ces dénomi- nations. Le dieu Acrotopote, felon Athénée , cité par D. Ber- nard de Montfaucon , étoit auffi (2) Antiq. expliq. par D. Bern. de Montf. Tom, IIl.-pag, 120. {b) Antiq. expl. par D, Bern, de Montf. T, I. p. 403. AC honoré comme héros, à Munte … chia, =. ACRÉE ; Acrea ; A'upaie s (c) nom d'une des filles du fleuve Aftérion qui arrofoit l'Argolide, province du Péloponnèfe en Gré- ce, Ses fœurs fe nommoient Eubée & Profymne; car les habitans du pais attribuoient trois filles à ce. fleuve, & prétendoient que toutes les trois avoient été nourrices de . Junon. Une montagne fituée à l'oppofite de celle , au pied de la- elle étoit un temple de la Déef: de ; Ptit le nom d’Acrée. Celui d’Eubée fut donné à cette der- nière montagne , @& le nom de Profymne à une grande place qui étoit devant le temple. Voyet Eubée, où vous trouverez une belle defcription de cet édifice. Du refte le nom d’Acrée a été donné à plufeurs divinités , com- me on peut le voir dans les arti- cles fuivans, Celui de Jupiter Acréen renferme l’étymologie de cette dénomination. ACRÉE [ Juxon |, Acrca Juno; Aupale Ha. (d) Junon étoit honorée fous cette dénomi- ration à Argos , ville du Pélopon- nèfe en Gréce. Son temple fe voyoit fur le chemin qui condui- foit au haut de la citadelle, À Co- rinthe , autre ville du Péloponné- {e ; Junon étoit auffñi honorée fous la même dénomination, & on lui facrifioit une chévre. . ACRÉE [ Le PROMONTOIRE DE JUNON | , Promontorium Ju- (c) Pauf, p. 114. Antiq. expl. par D: Bern. de Montf. Tom. Ï. pag. 54: -(d) Pauf.-p. 128. - Antiq. expl. par D: Bern, de Mont£, Tom: I. p. 158, À C nonis Acrææ. (a) Ce profontoire ainf appellé, parce qu'il étoit con- facré à cette déefle , étoit fitué vis-à-vis Sicyone en Gréce. Il s’étendoit aflez avant dans la plei- ne mer. [l y avoit de-là à Corin- the un trajet d'environ fept mille as. je Se : L'an 198 avant J..C. dans le tems que les Romains, aïdés de tloupes auxiliaires , faifoient le fié- ge de Corinthe ; Philocles , Fun des lièutenans de Philippe, roi de Macédoiné , conduifit au promon- toire de Junon Acrée quinze cens Soldats par la Béotie. Ils, y tron- vérent quelques vaifleaux qui les prirent, & les paflérent dans un des ports de Corinthe ;, nommé Léchée. 2 ACRÉEN [ Jupiter |, Japi- ter Acræus. (b) On croit que l’on appelloit ainfi Jupiter, à caufe des temples qu’on lui avoit élevés fur le fommet de quelques montagnes. Ceft ce qui eft marqué par le mot d'Acréen ; qui vient du grec dupos , & qui fignifie haut , élevé, &c, Selon M. l'abbé Banier, on le nommoit de la forte, comme qui droit du promontoire. Cela re- vient au même. Les habitans de Smyrne l'hono- roient fous ce nom dans un lieu élevé , ainfi qu'on le voit fur deux médailles rapportées par Spon. Les Athamanes l’honoroient auff fous le même nom. Ils luj avoient dreffé un temple auprès duquel Philippe , roi de Macédoine , alla n e f camper 189 ans avant J. C. & (a) Tir, Liv. L, XXXIL, c. 23. (6) Tit. Liv. L. XXXVIII,.c.2. Myth. par M, l'Abb, Ban, Tom. I, p. 362° 7 A € 219 fut arrêté un jour entier par un affreux orage. rs ACRÉPHIE, Acræphia ; (c) Aupaipror , ville de Grèce dans la Béotie , appellée Acréphnie dans Paufanias , &c Acriphie dans Pto= lémée. C’étoit une petite ville ba- . tie fur le mont Ptoïüs ;on dit qu'elle étoit autrefois du reflort de Thé- bes. Ce quieft certain, c'eft que plufieurs Thébains s'y retirérent, lorfque Thébes fut, détruite par Alexandre ; car ceux qui ne fe fen- tirent pas aflez de force pour fui vre-les autres jufqu'en.Attique, prirent le parti de s'établir là. ILy avoit, dans.cette Ville, un temple & une ftatue de Bacchus qui mé- ritoient d'être vûs. Quinze ftades au-delà, on trouvoit le temple d’Apollon furnommé Ptoüs ; par- ce que Ptoüs, fils d’Athamas &r de Thémifte, donna fon nom au temple & à la montagne ; comme Afius le difoit dans fes #oëéfies. Avant l'expédition d'Alexandre contre les T'hébains, & la ruine de leur. Ville, le dieu rendoit en ce temple des Oracles qui ne trom- poient jamais. C’étoit donc une exception à la régle. Vers l'an 556 de Rome, on trouva un grand nombre de gens de pied-d’entre les Romains fub- mergés dans le marais de Copaide, fur le bord duquel .étoit fife la ville d'Acréphie. On tira leurs cadavres de la houe,où ils agçoient été enfoncés par le poids des pier- res, ou des vafes de terre qu'on leur avoit attachés au col; &on (e) Strab. p.413, 576. Prolems E. IT. cs. Fit. Liv, L, XXXITI,c-29. Herod. JL. VII. c, 135: D. CE æeconnut que les villes d'Actéphie -& de Coronée , avoient eu part à cette action déteftable, infpirée par Ta haine que les Béotiens avoient conçu contre les Romains , depuis le meurtre de leur premier Ma- giftrat, Quintius, général des Ro- mains ; commença par demander - qu'on lui livrât les coupables ; & enfuite que pour cinq cens foldats ui fe trouvoient de manque dans É troupes, on lui payât cinq cens talens. Mais comme les Béotiens ne le fatisfaifoient ni fur l’un ni fur l’autre de ces deux articles, & que chaque ville ne le payoit que . de belles paroles ; en aflurant que le Confeil public n’avoiteu aucune part à tout ce qui s’étoit paflé , il envoya des ambaffadeurs à Athè-. nes & dans PAchaie , pour ap- prendre à fes Alliés les raifons juf- tes êt légitimes qu'il avoit de dé- ‘clarer la guerre aux Béotiens ; & aufü-tôt détachant Pub, Claudius avec une partie de l’armée, pour aller du côté d'Acréphie, il alla Ini-même avec l’aûtre affiéger Co- ronée.. Mais-les Béotiens aÿant. obtenu la liberté d'aborder Quin- tius , & de-lui faire leurs remon- trances ; il leur ordonna de livrer “les coupables, & depayer, par for- “me d'amende, trente talens,moyen- -hant quoi on les laïffa en paix. ACRES,, Acre , Apr, 10) ‘ville de Sicile; que Diodore ap- “pelle Acris , & qui fut bâtie par les Syracufains, foixante - dix ans ‘après la fondation de Syracufe, & ‘vingt ans avant celle de Cafmè- (a) Thucyd. pag, 414. Prolem, L. III. “€sg Tic. Liv. Sicul, pag. 763, À C nes. Elle étoit fituée à l'occident de Syracufe fur la route d’Olym- pe à Hybla-Héréa. Durant la fe- conde guerre Punique 214 ans avant J. C. Marcellus fuprit les Siciliens , occupés à leur campe- ment, & les ayant attaqués, dans le temis qu'ils étoient difperfés de côté & d'autre , & la plüpart fans “armés , il. mveflit leur infanterie, & la défit entièrement. Pour les cavaliers , ayant tenté, plutôt que livré un léger combat,ils s'enfuirent à Actes, a ee . Environ cent ans auparavant, c'eft-à-dire, du tems d'Agatho- cle, cette Ville fut prife par Eu- machus , lieutenant d’Archagatus, fils de ce Prince. Aprèsavoir mis a l’encan tous les ous qui, auparavant , fe gouvernoient eux- mêmes , il liwra la place au pilla- ge de fes foldats qu’il rendit par-là très riches. ee Les Auteurs ne conviennent ‘pas du nom moderne de la ville ‘d'Acres. Cluvier croit qu’elle étoit au lieu où eft aujourd'hui le mo- naftère,nommé fainte Marie d’Ar- cia , entre les villes de Noto & -d'Avula, & compte pour une ef- ‘pèce de preuve la reflemblance d’Acre avec Arcia. D’autres en rs ,» 2 ‘placent les ruines, nommées Acré- PL: ù lé 1 -Monte , à la fource de la rivière d’Anapo ; ce qui n'eft pas exaût ; -puifqu'Acré-Monte, n'eft pas à la fource de PAnapo, midi de cette rivière. 2 ACRIDOPHAGES, Acrido- phagi. (b) C'a été le nom d'un (ë) Diod:” Sicul, p. #13» 114 Matth mais au Lens 3 Vs CO " are peuplé qui vivoit: de fauterelles ; _c que veut dire ce mot Æcrido- phages, formé de «up, locufla; fauterelle, & péys, comedo ; je fnanpe.: Fe ; - Les : Acridophages habitoient près d’un défert dans l'Éthiopie. Plus petits que les autres hommes, ils étoient encore maigres, ê&tex= ttèmement noirs. Pendant le prin:- tems, les vents d’oueft poufloient avec violence du défert dans leur canton, des fauterelles extraordi- rarement grandes ,:êt remarqua= bles par la couleur fale & défa- gréable de leurs aîles. Le nombre deces infetes étoit fi grand, que ces barbares n'ufoient d’ancune autrecnourriture pendant tout le tems de-leur vie. Voici la marière dont ils les prenoient, À quelques ftadés de leur habi- tation; on trouvoit une vallée tés-large & très-profonde. Ils s'emprefloient tous de la remplir de bois & d'herbes fauvages , qui croïfloient en quantité dans leur pass Dès qu'ils voyoient paroître cette nuée de fauterelles, amenées par de vent, ils mettoient le feu âtoute cette matière qu'ils avoient _ amañlée. La: fumée qui. s'en éle- _ Voit, étoit fi épaifle que les fau- terelles qui traverfoient la vallée , en étoient étouffées , & alloient tomber. fort près de -là. :Cette chaffe ayant duré plufieurs jours ; is faifoient de grands amas de ces animaux. Et comme leur païs rap- portoit beaucoup de felr, ils en mettoient fur ces monceaux de fauterelles en cértaine quantité, tant afmide les rendre plus faävou- reufes, que pour les garder plus | AC. 22€ long-tems , &c jufqu'au retour de la faifon , qui devoit en ramener d’autres. Ainf ils n’entretenoient point de troupeaux, & ne fon- geoient-point à la pêche, d'autant plus qu'ils n'étoient point Yoïfins de la mer. ere Les Acridophages étoient fort légers de corps &-fort vites à la courfe; mais leur vie n'étoit pas de longue durée; & ceux d’entre eux qui vicilifloient le plus , ne pafloient pas 40 ans. La fin de leur vie étoït très-miférable. Car lorfque la viellleffe approchoit ; il s’engendroit, dans leurscorps , des poux ailés, de différentes formes. toutes très-hideufes. Cette mala= die ; commençant d’abord -par le ventre & par la poitrme , gagnoit en peu de-tems tout le corps. D'abord le malade fentoit une de- mangeaifon,qui incitant à fe gra- ter, lui faïfoit, en quelque forte; aimer fon état, & le -conduifoit par ce plaïfir à de grands maux. En effet, lorfque ces poux, qui s’étoient «engendrés au-dedans de fon corps ; chérchoient à fortir, ils poufloient au dehors un fang corrompu, qui caufoit de violen= tes douleurs dans la peau. Le malade traväilloit lui-même avec fes ongles à leur faire des ouver- tures, mais. en jettant alors dés cris lamentables..- Enfin ces poux {or+ toïent les uns après les: autres, comme d'un vaifleau troué , à travets Jes-plaies, que le malade s'étoit-faites lui-même , 8 ils ve- noïenten fi grande quantité ; que c'étoit une peine inutile que d'en- treprendre de les exterminer: On ne Hanroit dire fi c'eft à la nour. t 232 À C riture dont ils ufoient , ou à l'in- - tempérie de l’air qu'ils refpiroient, qu'on doit attribuer cette étrange AAA SE omis - A côté de cette nation étoit un pais d’une vafte étendue , & fer- tile en pâturages, Cet endroit étoit inacceffible & entiérement défert, non qu'il ny ait eu autrefois des hommes qui l’aient habité ; mais parce que du tems de Diodore de Sicile;une pluie funéftefit tomber für eux ; une quantité prodigieufe de fcorpions & d'araignées. On raconte que les habitans entrepri- rent d'abord de faire périr cesin- feétes, qui, pour ainf dire, leur avoient déclaré la guerre ; mais comme le mal étoit:infurmonta- ble , d'autant que les morfures de ces bêtes venimeufes caufoient fubitement la mort , ils furent contraints d’abandonner leur pa- trie & leur manière de vivre, pour s'enfuir en d’autres lieux. Aurefte , le le&teur, dit Dio- dore .de Sicile, ne doit point re- garder ce que nous venons de di- re, comme tout à fait incroyable, ni inême s'en étonner ; puifque des hiftoires très-véritables rap portent des chofés encore plus furprenantes. En Jtalie, des rats fauvages fortirent deterre en fi grand nombre, qu'ils firent défer- ter plufieurs cantons. Il vint en Médie tant de paflereaux , qui mangérent les grains qu'on y avoit femés ; que les habitans furent contraints d'aller en:d’au- tres pais. Des grenouilles qui-s’é- toient formées dans les nuées , &. qui enfuite étoient tombées en manière de pluies, -obhgé. AC rent les peuples, nommés Auté= riates, de s'enfuir dans l’endroit qu'ils habitoient encore, dans le tems que Diodore écrivoit. On met au nombre des travaux’, qui Ont acquis Pimmortaliré à Hercu- le , d'avoir éloigné les oïfeaux qui s’étoient amaflés autour du lac Stymphalide, Il y avoit dans'la Libye , quelques villes dont une multitude de lions, fortis du défert, avoit chaflés tous les Citoyens, Ces exemples rendent vraïfem-. blable ce que nous avons rappor- té plus-haut. rc Ce que l’on raconte auffi-des Acridophages , ne doit pas abfo- ‘Jument être pris pour fabuleux. Il peut y avoir eu des Acridopha- ges ; & même encore à préfent, il Y à quelques endroits du levant, où l'on dit qu'on mange des fau- terelles. L'Évangile nous apprend que .S. Jean mangeoit ; dans le défert,-des fauterelles , y ajoûtant du menage Br. I eft vrai que tous les Scavans ne font pas d'accord fur la traduc- tion de -xpid'sç , & ne convien- nent pas qu'il faille le rendre pat fanterelles. [fidore de Pélufe’, en: trautres. dans fa 132€ épitre, parlant de cette nourriture de S. Jean; dit que ce n’étoit point des amimaux ;- mais des pointes d’her- bes ; & taxe d’ignorance ceux qui ont entendu ce mot autrement Mais S. Anpuftin, Béde , Ludol- phe & autres, ne font pas de fon avis. Auffi les Jéfuites-.d'Anvers réjettentsls l'opinion des Ébioni- tes qui à dxpid ec fabftituent éyerides; qui étoit un nets déb- cieux; préparé avec du miel & de AC l'huile; celle de quelques autres qui . lifent dudmdes, ou napides , des … écrevices de mer, & celle de Béze i lit Gypades, poires fauvages. … ACRIES , Acriæ, A'xpiar » * (2) ville du Péloponnèfe dans la Laconie. Ce fut, à ce qu’on croit, un certain Acrias de Lacédémo- me, quien jetta les premiers fon- demens. Elle étoit à trente ftades d'Hélos. On y voyoit un fort bean temple de la mere des dieux, ê& une ftatue de marbre , qui, de tous les monumens confacrés à cette déefle , étoit vanté comme le plus ancien qui für dans tout le Péloponnèfe ; car les Magné- * fiens qui étoient an nord du mont Sipyle, avoient chez eux, fur la roche Coddine ,-une ftatue de la même déefle, qui étoit conftam- ment la plus ancienne de toutes; aufh , difoit-on, que c'étoit Bro- te,fils du premier Tantale, qui J'avoit faite. … Les habitans d’Acries fafoient gloire d’avoir eu un de leurs ci- toyens, nommé Nicoclès, qui rem- . porta deux fois le prix du fimple Îtade aux jeux Olympiques, &t cinq fois le prix du ftade doublé, Is ini avoient érigé un monu- ment entre le lieu d'exercice & le port. Du tems. de Paufanias, la ville d’Acries étoit occupée par les Éleuthérolacons. Il y en a qui croyent que c’eft à préfent Or- moas ; d’autres diftinguent celle- (a) Pauf. p. 204» 205 » 286. ‘Prolem. ES TIR CES (à) Tir. Liv. L. XXIV. c. 35. Plut. ‘Tom, I. pag. 308: (c) Pauf. p. 112,127. Strab. p. 420. 487, Myth, par M. l'Abb, Ban, T. VE, J'Argolide. Acrife ré | PAG 22 ci d'Acries , qui, felon Bertius, {fe nomme à préfent Frignico. ACRILLES, Acrile, (t) ville de Sicile, qui eft appellée dans Plutarque, Aciles. Pendant la feconde guerre Punique , Hippo- crate étant forti de nuit de Syra- cufe avec une armée de dix mille hommes de pied & de cinq cens chevaux , pafla entre les corps-de. garde des ennemis , c’eft-à-dire, des Romains, & alla fe camper auprès d’Acrilles. Mais à peine les travaux, pour les retranchemens, étoient=ils commencés ; que Mar- cellus furvint tout à coup , & fans donner le tems à l'ennemi de fe reconnoître, il força le camp , & s’en rendit maître , après avoir tué plus de huit mille hommes, Cela arriva lan 538 de Rome. Ïl y en a qu croyent que la ville d’Acrilles étoit fituée «entre cêlles d’Acres & d’Agrigente. ACRISE, Acrifius, A'ypiesce, (c) fils d'Abas, roi d'Argos, fut pere de Danaë, grand pere de Perfée, & frere de Prœtus, Après la mort dAbas, Acrife & Prœtus, par- tagérent entr'eux le royaume de leur pere, de forte-qu'Acrife fat roi d'Argos, & que Prœtus eut pour fon partage Mydée, Tiryn- the & toute la côte maritime de noit à Argos 1361 an avant J, CG. Il y a des _Auteurs qui le font contemporain de Bellérophon. Ce fentiment a p.40» 213. Roll. hift, anc. T, II, p.10. Antig. explig. par D. Bern. de Montf. pag. 146. Mém. de l’Acad. des Infer. & Bell, Lett, Tom, III. pag. 197. dr f#sv. Tom. VII, Pe 9%: € frivi Tom: XVI, pag. 16» se e 224 LC. été réfuté par M. Frétet, qui a montre qu'il s’étoit écoulé, entre le regne de Jun & de l’autre , un intervalle de quatre générations ; ou de cerit trente ans. Acrife, au rapport de Strabon, eft le premier, de tous ceux qui font venus à notre connoïflance , qui ait établi ce qui concerne les Amphi@yons , qui ait défigné les Villes qui devoient participer à cette dignité, qui leur ait accordé" le droit de fuffrage, aux unes par elles-mêmes, aux autres en commun avec une où plufieurs Villes, enfin qui ait mar- qué €en:quoi confifieroient les fonétions de ces Juges, & juf qu'oùs’étendroient leurs pouvoirs. fantrés , telsique Théopompe à Denys d'Halicarnafle, Paufanias, donnent.cependant Amphi@tyon , rot d'Athènes, pour le fondateur du corps des Amphi@yons. Et à Feft effedivement. Toutefois : l’ancien Scholiafte d'Euripide vient à la travere nous faire part d’antroifième {entiment. C’eft vers la fin de fon comimen- taire fur tragédie d'Orefte, où : il remarque que les habitans de. Delphes , ayant fur les bras une guerre. confidérable. contre Jeurs voifins , fecouérent le joug de la domination royale fous laquelle ils avoient vécu jufqu'alors, & im- plorérentile fecours d'Acrife; que ce Prince ayant heureufement+er- mine cette puerre, inftitua à Del- phes une ble toute pareille à celle qu'Amphifyon ; fils ide Deucalion, avoirétablie aux Ther. mopyles ; qu'il ordonna que l'on. tiendroit deux marchés ou. foires chaque année aux Thermopyles, ne au lieu qu'auparavant l’on ne s’y affembloit qu'une fois par an ; & qu'enfin il publia des loix pour la police de ces affemblées. Quicroi- re , dit M..de Valois ; de tous ces Auteurs ? Mais comme ce Come mentateur, ajoûte l’Académicien, ne cite point de garant fur un fait de cette importance , & que de tous les anciens Auteurs , il eft le eul de ce fentiment, fon témoi- gnage ne doit pas être d’un fort grand poids. Îl n'en eft pas aïnfi , felon le même Académicien, du {entiment de Strabon. Îl lui fémble qu'il peut aifément fe conciliér avec celui de Théopompe, de Denys d'Hali carnafle & de Paufanias, quel= ‘qu'oppofé qu'il paroïfle y être. En effet , quoiqu'Amphi@yon , toi d'Athènes , foit véritablement le fondateur des Amphiétyons, quél inconvénient y auroit-il] de croire qu'Acrife, roi d'Atgos , par la fui- te des tems, a étendu leurs privi- lges; qu'il a augmenté le nombre des Villes qui devoient y envoyer Teurs députés ; qu'en un mot, ila donné une nouvelle forme à cette Compagnie ; & que ce change- “ment l'en a fait regarder depuis comme le fondateur? Ce n’eft pas “une -chofe hors de vraifemblancé. Dans tous les tems on a vu des reflaurateurs ‘qui, ayant par leurs ‘bienfaits mérité le titre de feconds fondateurs, ont infenfiblement fait perdre de vue les premiers, & fouvènt même. ont fait oublier jufqu’à leur nom. Tout eft rem- pli d’exemples dé cette nature. Mais révenons:à la fuite de lhif Ce ‘toire d'Acrife, 3; , ï À C . Ce Prince, averti par Phémonoé ‘qu'il périroit un jour de la maïn d'un enfant qui naîtroit de fa fille, Crut éviter ce malheur, en renfer- mant Danaé dans une chambre fouterreine , qui étoit comme une . ape de fer. Cette Princefle ne . Rif pas de fe trouver groffe. Les uns difent de Prœtus, les autres _ de Jupiter. Quoiqu'il en foit , elle accoucha de Perfée. Acrife mit la mere &t le fils dans un coffre qu'il jetta dans la mer. Mais Perfée, porté dans l'ile de Sériphe, y fut élevé, enforte qu'Acrife , malgré fes précautions , ne put échapper à fa deftinée, Voici comme Paufa- nas raconte cet événement. Acri- fe ayant appris qué Perfée n’étoit. } ; pas loin d'Argos, & fçachant la 9 | ne os, } ir | | 3 REC So :,! putation qu'il s’étoit faite par beaucoup de belles a@ions ; ne : put réfifter à l'envie de voir ce Héros. C'eft pourquoi il fe rendit : à Lariffe fur le fleuve Pénée. Per- fe, de fon côté, plein d'impa- tience de voir fon ayeul maternel, : &de gagner fon amitié , foit par des paroles obligeantes , foit par des effets , ne manqua pas de venir à Larifle. Là, ce Héros, qui étoit à la fleur de fon âge, & qui fe {ça- voit bon gré d’avoir inventé le jeu du Palet, voulut faire preuve de fon adrefle devant toute la Ville; Mais le malheur voulut qu'ayant Jétté fon palet de toute fa for- ce, il en atteignit Acrife , que fa deftinée avoit conduit là , & qui frappé de ce coup , mourut aufitôt. Ainfi fe trouva accom- . (4) Pauf. pag. 282. Ptolem. L. HI, (T 16: Plin. De IV. Co 12 Tom. JZ. | À C nn. plie la prédition qui fui avoit été faite, fans que la cruauté, quil avoit imaginée contre fa fil. le & contre fon petit-fils , l'en pût garantir. Perfée s'étant rendu à Argos ; & fe reprochant un patricide qu'il navoit cependant commis que par mégarde., il engagea Mé- gapente , fils de Prœtus, à chan: ger de royaume avec li. Par ce inoyen, ce fut Prœtus qu'Acrife êut pour fuccefleur. ACRITE, AGcrita, Apiras (a) païs, ou efpèce de promon= toire de Meflénie, qui avançoit dans la mer. Vis-ï-vis de ce lieu , il y avoit une file, qüi étoit déferte du tems de Paufanias, & que l’on nommoït Théganuile, & felon d’autres Thiganufe , ou Téganufe. Auprès d'Âcrite, les Afinéens avoient le port Phœni- que, & les ifles Œnufles, qui r'étoient pas. éloignées. Le pro- montoire d'Acrite prend aujour- d'hui le nom de Capo di Gallo. ACROAMATIQUES, Acroz- matic&, Axpoauarma , (b) nom qu'Arifiote & {es difciples don- noient à de certaines fciences, C'étoient, ainfi qu'il ef marqué par cette dénomination, des fcien- ces abftraites, profondes, fecre= tes, &cc. dont ils déroboïent la connoïffance au vulgaire. Ale- xandre en fut inftruit par Arifto- te. C'eft pourquoi, lorfque ce Prince fut paîlé en Afie, ayant appris que fon maître ayoit pu- blé quelques livres , renfermant () Plut. Tom. I. pag. 668, Freinf, Supp. in Q. Curt, LI, c.3. P 226 A C les fciences Acroamatiques , 1l lui écrivit à ce fujet en ces termes : » Alexandre à Ariftote, Salut. » Vous avez mal fait de publier » les fciences Acroamatiques. Car » quel aurons-nous fur » les autres, {1 ce que vous nous » avez enfeigné en fecret, vient » à être {çu de tout le monde. » Pour moi, j'aimerois mieux » l'emporter fur les autres, par » la connoïflance de ce qu'il y » a de plus abftrait, & de meil- » leur en mème-tems, que par » la puiflance. Adieu. « ACROBATES [les |, étoient ne efpèce de Danfeurs de corde. On en comptoit de quatre fortes. Les premiers, fe fufpendant à une corde par les pieds, ou par le col, voltigeoïient autour, com- me une roue tourne fur fon eflieu. Les feconds voloient de haut en bas fur la corde, les bras & les jambes étendus , appuyés fimple- ment fur l’eftomac. Ceux de la troïfième efpèce, couroient fur une corde tendue obliquement , ou du haut en bas. Enfin, les derniers étoient ceux, qui non {eulement marchoient fur la corde tendue horizontalement, mais qui, encore , faifoient quantité de fauts & de tours, comme auroit fait un danfeur fur la terre. Ileft fait mention, dans plufeurs anciens Auteurs, de toutes ces différen- tes fortes de Danfeurs de corde. ACROCÉRAUNIENS [les monts], Acrocerqunia, A'upore- pauriæ. (a) Ces montagnes étoient fituées dans la Gréce. Elles com: mençoient dans la Chaonie, con: trée d'Épire, & s'étendoient juf- qu’au pais des Molofles, vers le golfe Ambracique. Elles formoient par conféquent une très- longue chaîne , qui cotoyoit les bords de la mer lonienne. On trouvoit autrefois dans cet intervalle plufieurs ports confidés tables, comme : Panorme, On chime , Cafliope, Pofidie, Bu- throte. Le Célydnus, depuis fa fource jufqu'à fon embouchure, couloit le long des monts Acro- cérauniens, Îls font appellés Cé- rauniens dans Strabon , dans Pom- ponius Méla, & dans Paufanias. Au rapport de ce dernier, la flotte des Grecs, en revenant de Troye, ayant été difperfée par la tempête , les Locriens de Thro- nium ; fur le fleuve Boagrins, &t les Abantes de lifle d'Eubée, avec huit vaifleaux , échoué- rent à la côte des monts Cérau- niens. [ls y bâtirent une ville, qu'ils appellérent auf Thro- nium, & ils donnérent le nom d'Abantide au pais qu'ils occu- pérent. Mais dans la fuite, ils en furent chaffés par les Apollo= niates leurs voifins. On prétend que les monts Acrocérauniens furent ainfi nom- més des deux mots grecs, A’1pc6 @ Lepauros., qui veulent dire Jun, “haut, & l’autre, foudre, parce que, comme ils font en effet fort hauts, ‘leur fommet en eft d'autant plus expoié à être frappé de la foudre. {a)-Strab. pag. 224. Pauf. pag: 3232. | Pomp. Mel. L. II. c. de Maced. Horäti Ptolem, L, Ie: 14 Plin-L IV: c, 1] L, 1, Ode, 3. v, 20, A C On les appelle à préfent les mon- taones de la Chimère. ACROCORINTHE, Acro- Corinthus ,; A’xponcpiyiec, (2) nom de la citadelle de Corinthe, fituée, ainfñ qu'il eft marqué par le nom même , au haut d’une montagne, qui commandoit la Ville. Les Co- tinthiens prétendoient que Bria- réé adjugea cette montagne au Soleil, & que le Soleil la donna enfuite à Vénus. Sur le chemin il y avoit deux chapelles d'Ifs, June fous le nom d'Ifis la Pé- lagienne , l’autre fous le nom dis l'Égyptienne ; deux autres chapelles de Sérapis, l’une fans aucun farnom , l’autre {ous le ti- tte de Sérapis de Canope; plu- feurs autels dédiés au Soleil, & un temple confacré à la Nécefité & à la Force, où l'on dit qu'il nétoit pas permis d'entrer. Au- deflus étoit le temple de la Mere des dieux , où l'on voyoit une colomne & un trône de marbre blanc. Dans un autre temple, confacré aux Parques, à Cérès, & à Proferpine , il y avoit des flatües, que l’on tenoit toujours cachées, Il ne faut pas oublier le temple de Junon Bunéa. C'é- toit Bunus , fils de Mercure, qui Pavoit bâti, & la Déeffe avoit pris de-là {on furnom. En entrant dans la citadelle, on trouvoit le temple de Vénus. Sa flatue la tepréfentoit armée. On y voyoit auf une ftatue du Soleil, & une de l'Amour tenant un arc. Der- fière ce temple, il y avoit une Se _ 2 fontaine, dont les Corinthiens difoient qu'Afope fit préfent à Sifyphe , pour fçavoir de lui ce qu'étoit devenue fa fille Égine, que Jupiter avoit enlevée. SAy- phe, qui en avoit connoïflance, promit à Afope de l'en inftruire, à condition quil donneroit de Peau à la citadelle. C’eft ce que fit Afope ; & Sifyphe lui révéla Je fecret. Mais 1 en fut puni dans les enfers. D’autres penfent que c’étoit la fontaine de Pirène, dont il lui avoit fait préfent, & que celle qui couloit dans la Ville, venoit de la même fource, C’eft à cette fontaine, dit-on, que le cheval Pégafe fut pris par Bellé- rophon, dans le tems qu'il y buvoit. : Enfin, en {ortant de la citadel- le, du côté de la montagne, on trouvoit la porte Tenée, & dans le voifinage un temple de Lucine, Outre cela, on voyoit de-là le Parnafle & l'Hélicon, deux mon- ‘ tagnes célébres chez les Poëtes, fort hautes & toujours couvertes de neiges. Cette citadelle fe voit encore aujourd'hui à Corinthe , ville qui eft en Ia dépendance des Turcs. ACROLITHOS, Acrolithos; ftatue coloffale, que le roi Mau- fole fit placer au haut du temple de Mars, en là ville d'Halicar- nafle, Cette ftatue fut faite par l'excellent ouvrier Télochates , ou comme quelques-uns eftiment, par Timothée. ACRON, Acron, (ë) Grec - (a) Strab. P: 379: Pauf, p. 93. Plin,{Maced, Tit. Liv. L, XXXHI, c. 3x L' IV. © 4 Pomp. Mel. E. IN, c. del (6) Virg. Æneid. L, X, v.7r9, @ fegi P ij 234 À € étoient de l’autre côte de la tran- chée, & voyoient avec admiration cé courage intrépide d’Acrotate. * Pour lui, couvert de fang & tout 4 fier de fa vi@oire , il retourna à fon-pofte au milieu des louanges & des applaudiffemens des fem- mes Spartiates , qui relevoient fa valeur ; & portoient envie à la gloire & au bonheur de Chélido- nie ; Preuve que les dames de Sparte , remarque M. Rollin, n'étoient pas fort délicates fur le point de la chafteté conjugale, On peut ajoûter que leurs maris n’en étoient guere plus touchés. Car une troupe de vieillards, felon. Plutarque , ayant fuivi Acrotate , crioit à haute voix : continue ; Acrotate.…... donne feulement des enfans braves à Sparte. Sous la domination d'Ariflodè- me, Acrotate à la tête d’une ar- mée de Lacédémoniens fit une irruption dans le païs des Mégalo- politains. Il y eut un grand com- bat entre ces deux peuples, & beaucoup de monde tué de part & d'autre. Cependant les Arca- diens eurent l'avantage. Acro- tate périt en cette occafñon avec un grand nombre de Lacédémo- niens. Ainfi ce Prince ne fuccéda point. à fon pere. Tel efk, il eft vrai , le fentiment de Paufanias. Mais Plutarque , t'eft. pas d’un moindre poids , aflure qu’Aréus avoit été tué au- patavant auprès de Corinthe, & que fon fils étoit monté fur le trô- ne de Sparte, après fa mort, (æ) Herod, L. XVIL, c. 22. Thucyd. B- 325. Pomp, Mel, L, IL, ç, de Thrac, dont l'autorité A € Au refte, l’erreur de Paufanias vient de ce qu'il attribue cette ir- ruption dans le territoire de Me= galopolis, à PAcrotate précédent, qui mourut en effet avant fon pe- re. Mais Plutarque ne penfe pas en cela comme Paufanias. L'opinion de Plutarque a été embraflée par M. l'abbé Gédoyn , dans une note que celui-ci a inférée dans fa tra- duétion de Paufanias. Ces deux autorités m'ont paru préférables à celle de ce dernier Écrivain, laquelle a été fuivie cependant par un Lexicographe moderne. ACROTÉRIA , _Acroterias Ce font dans les médailles les fi= gnes d’une viétoire, ou l’emblême d'une Ville maritime. [ls conf . toient en un ofnément de vaifleau recourbé. s ACROTHOON , Acrothoon, Axpslosr ; (a) ville de Thrace , fituée , comme cela eft marqué par fon nom, fur le mont Athos. Ses habitans étoient un mélange de différens Peuples ; mais Pé- lafgiens pour la plûpart. Durant la guerre du Péloponnèfe , ils em- braflérent le parti des Lacédémo- tiens , en fe rendant à Brafidas, un de leurs plus célébres généraux. Selon Pomponius Méla, la vie des Acrothoomens étoit plus longue de moitié, que celle des peuples qui habitoient dans d’autres pais. La ville d’Acrothoon n'étoit pas confdérable , &elle n’exiftoit plus dès le tems de Pline & de Pom- ponius Méla. Certains croyent que la ville d’Apollonie fut bâtie au Plin. L.IV. c. 10, Carte de la Gréce; par M, Danv. # À C même endroit , où étoit celle d’A- crothoon ; mais c’eft une erreur, la vile d'Apollonie ayant été conftruite loin de la pofition de l'autre, Le nom d'Acrothoon fe lit di= verfement dans les Auteurs. Pline écrit, Acrothoon;Pomponius Me- la, Acroathon; Fhucydide, Acro- thoos; Hérodote, Acrothoon. Cet- te Ville fut l’une de celles que les Perfes , fous la conduite de Xer- xès ,entreprirent de détacher du Continent , pour en faire des ïfles. Hérodote donne une defcription des moyens qu'on employoit pour cela. Cette defcription eft rappor- tée à l’article de la ville de Dion. Voyez Dion, On trouve dans Moréri , à l’ar- ticle d'Acroathon, que cette ville porte à préfent le nom de Cia di monte fanéo. Eft-ce qu'on l’au- roit rétablie dans les fiécles pofté- rieurs ? - Vers la pointe orientale où étoit renfermé le mont Athos,onvoyoit un cap où promontoire , appellé Acroathon. C’eft peut = être ce promontoire qui fe nomme aujour- d'hui-Cima di monte fanéto. ACTÉ , 4e, Aurn, (4) canton du Péloponnèfe, felon Plu- tarque, qui dit en parlant de Dé- métrius : » S’étant avancé dans le » Péloponnèfe , il attira dans fon » parti ce qu'on appelle Até , » ainf que l’Arcadie, au lieu qu'il » racheta cens talens. Mantinée , » Arpos, Sicyone & Corinthe. « Et adleurs le même Plutarque . (a) Plut. Tom: I. pag. g00 » ‘1046: Diod. Sicul. pag: 633. (P) Thucvd. pag. 325: 9 5 U ® À e J ee s'exprime ainfi : » Cléomène, » aufli-tôt que ceux qui habi- » toient ce quon nomme AËt, » fe furent joints à lui, & qu'ils » lui eurent livré les Villes , en= » toura Acrocorinthe d'un nus » & d’une circonvallation. «Il eft aufli parlé du même pais dans Diodore de Sicile. Se - ACTÉ , AGe, Mur , (b) autre canton fitué dans la Thrace. Il s’étendoit depuis le foffé que le roi de Perfe avoit fait tirer, juf- qu'à la mer, y compris le mont Âthos ; c'eft-à-dire , que c’eft toute cette prefqu'ifle -où l’on trouve cette montagne. Dans ce canton, ona vu plufieurs villes, comme. Sané , colonie d'An- driens, Thyfle, Cléones, Acro= thoon, Olophyxe & Dion. C'é- toient , au refte, de petites Villes, habitées par différentes nations: Ces Villes fe rendirent pour la plûpart à Brafdas , capitaine La- cédémonien , petidant la guerre du Péloponnèfe. Il ny eut que Sané & Dion , qui refuférent d’embrafler le parti des Lacédé- moniens. C’eft pourquoi leur ter- titoire fut alors ravagé. ACTÉ, Ade, (c) nom d'une Affranchie pour laquelle Néron conçut de la paffion. Deux jeunes hommes de bonne mine, Othon. & Claude Sénécion, en étoient les confidens. Cette paflion diminua peu à peu l'autorité d'Agrippine fa mere; ce qui fut caufe qu'étant toujours incapable de modéra= tion , elle s’emporta contre fon (c) Tacit, annal, L. XIIT,.c. 12; 13° L.=XIV:-c. 1. Crev, hift. des’ Empe Tom, I. pag. 506 -. ; 236 AC fils avec beaucoup de furie , fans . lui donner le tems de fe repentir , ou de fe dégoûter de ce premier attachement, lui reprochant, au centraire, de lui donner une vile efclave pour bru. Elle fit. tant, que: preilé par la violence de fon: amour , 1] rompit tout commerce avec elle, & lui ôta entièrement fa confiance, pour la donner à Sénéque , lequel avoit engagé un de fes amis, nommé Annéus Sé- rénus à prêter fon nom à Néron Pour cacher fes premiers amours , ên fe déclarant l'amant d'Aîé, êten donnant ouvertement à cette fille les. préfens, que le: Prince lui. envoyoit en fecret, - Agrippine changeant alors de batteries, tâcha de regagner l’a- mitié de fon fils, & lui ofrit pour cela d'être elle-même fa confiden- te. En.un mot, pour conferver fon autorité, cette: mere poufla Pimpudence jufqu'à fe préfenter plufieurs fois à Néron: vers le mi- lieu du jour, lo rfqu'iliétoit dans la plus grande chaleur. de la débau che, paréede fes plus beaux orne- mens, & dans la réfolution:de s’a2 bandonner.à lui, Déjà ils étoient: fur, lepointde commettre lecrime, lorfque Sénéqueenayantété aver. ti, pour éloigner une impudique par le-moyen. d'une autre, fiten- trer A@té, Celle-ci s’expofant au: péril, pour délivrer Néron de celui qui le menaçoit., lui déclara qu'on: publioit déjà. dans la Ville un eri- me, dont fà- mere fe fifoit hon- (4) Paufan, pag. 4. Strab, PAS: 297. Traduét. de. Pauf, par Me PAbb, Gedoy. Tom, Je pag, o. Myth: par:M, l'Abb. Ban, Tom, VI. pag. 64, AG neur, © que les foldats paroïf= loient difpofés à fecouer le joug d'un Empereur, profane & incet- tueux. On dit que cette Affranchie étoit d'Afe, & que Néron prit de-là occañon-d’affurer qu'elle defcendoit d’Attale, roi de Perga- me ; pour rehauffer par ce moyen Péclat de fa naiflance. Après la mort de ce Prince, AR&, avec fes deux nourrices, recueillit fes cen- dres , &les porta dans le tombeau: des Domitius, fes ancêtres pater- nels. ACTÉE, Aéeus, Aura, (a) fut,au rapport de Paufanias, le premier roi d'Athènes. M. l'abbé Gédoyn remarque que cet Auteur ne parle en cette occafion que des Rois ; qui’ ont regné depuisile dé- luge d'Ogyeès; car Ogygès où Ogygus a été le premier roi de PAttique, Il y ent:de fontems-un déluge , qui dépeupla tellement le pais-, que durant près de deux cens ans, nul Prince n'eut envie d'y repner. Ce fut enfuite, con- tinue M. l'abbé Gédoyn, qu'Ac- tée s'empara duroyaume de l’At- tique ; pais qui/prit le nom decce Prince. | I avoit. eu une fille, qui fat mariée à Cécrops. Celui-ci, après fa mort , monta fur le trône , & fonda, avec la colonie qu'il avoit amenée d'Égypte, douze villes; Où plutôt douze bourgs, dont il compofa le royaumed’ Athènes. : ACTÉE, Aéen, A'uralys. (b} (5) Hom, Iliad, L, XVIIL, v. 41. Anti “expliq. par D, Betn, ide Montf: Tom h (P9B: 7e ur 183 el TI UP PS NET I Per VO PE LUS Je D M ES TON PE PSE DL) PI NP RIT EPP IPITS. = ñom de l’une des Néréides, qui étoient des nymphes marines , filles de Nérée & de Doris. Voyez Néréides. : ACTÉON, A&eon, A'uraler, (4) étoit fils d'Ariftée & d’Auto- no, fille de Cadmus. Son édu- cation fut confiée aux foins de Chiron. Dans la fuite, il eut le malheur de fe voir déchiré par fes propres chiens. Diodore de Sicile rapporte que la caufe de ce mal- heur vint, felon quelques-uns, de çe qu'étant dans le temple de Dia- q P ne, il dit qu'il vouloit faire fon feftin de nôces, du tribut de la thaffe qu'il apportoit à la Déefle ; & felon d'autres , de ce qu'il s'é- toit vanté d’être plus habile chaf- feur que Diane même. Quoiqu'il en foit, ajoûte Diodore de Sici- ke, il n'eft pas furprenant que la Déeffe fe foit irritée de l’un ou de lautre difcours ; & ce fut avec juffice qu’elle fe vengea fi rigou- reufement d’un homme qui venoit Jufques dans fon temple, braver le choix qu’elle avoit fait de la vir- guité , ou qui fe vantoit de fur- pafler dans l’art de la chafle , une Déefle à qui les dieux cédoient à cet épard. Ovide décrit cette trifte aven- ture fous la parabole d’une vaine Curiofité , ainfi que Paufanias. » Si vous prenez, dit celui-ci, le » chemin de Mégare , vous trou- » verez fur la droite une fontaine, » &un peu plus loin une roche, » dite la roche d'Aftéon, parce » qu'AGtéon, après s'être fatigué à | À C 237 ». la chaffe, venoit fe repofer en ce » lieu, d'où il pouvoit aifément n voir Diane lorfqu’elle fe baignoit » dans la fontaine voifine. Le poë. » te Stéfichore dit que la Déefle » le couvrit d’une peau de cerf, » &t quelle le fit mettre en piéces » par fes chiens, pour le punir de » ce qu'il vouloit époufer Séme- » le. Mais fans recourir à aucune » divinité , pourfiit Paufanias , » pour moi je croirois que {es » chiens devinrent enragés, & » que ne connoïflant plus leur » maitre , ils fe jettérent fur lui n &t le déchirérent. « C’eft fans doute,d’après le fentiment de Pau- fanias, que M. l'abbé Banier dit que , quoique cette cataftrophe ait été exprimée d’une manière poëtique , elle n’en eft pas moins réelle , foit qu'Aftéon eût été en effet déchiré par fes chiens, deve- nus enragés , foit qu'ayant marqué quelque mépris pour la Déefle, on l’eût regardé comme un impie. Si nous en croyons les Orcho- _méniens, on voyoit autrefois le phantôme d'Aftéon fur une ro- Che; & ce fpeltre caufoit beau- coup. de mal & d’effroi dans le pais. Pour en être délivrés, ils confultérent l’oracle de Delphes, qui leur confeilla de chercher quel- que refte de la dépouille mortelle d'Aéon , & de le couvrir de ter- re. {l leur confeilla auf de faire faire en bronze l'image de ce fpec- tre , & de lPattacher à la roche avec des liens de fer, Ils fuivirent ce confeil. Paufanias aflure qu'il (a) Diod. Sicul, p. 195. Pauf. p.545] l'Abb. Ban, Tom. VI. pag. 127. dr fav. 600, 667. Ovid. Metam, L. HI. c. 4.l Antig. expl. par D. Bern, de Montf, Plut, Tom, I, pag, 568, Myth. par M.] Tom, E, pag, 03, 151. 26 - AG avoit vu lui-même cette {latue re- Préfentant le fpeître d'A@éon , attaché à une grofle roche.’ Enfin à Delphes on voyoit für un des anciens monumens fans nombre, dont cette Ville étoit dé- corée, la figure d'Aftéon & celle de fa mere. [ls étoient repréfentés, tenant un faon de biche, aflis fur ane peau de cerf, ayant un chien de chaffe couché à leurs pieds. C'étoient autant de fymboles , qui avoient du rapport à la vie d'Ac- téon , & à la manière dont il mou- A ACTÉ ON, A&aeon, A’rraler ; (e) fils de Méliflus, & petit-fils d'Abron. C'étoit un jeune homme d'une grande beauté , mais en mé- me-tems d’une fageile extraordi= naire , en quoi il furpafloit tous {es camarades. Î] fut aimé de plufieurs, moins vertueux que lui, & en particulier d'Archias de Corinthe, qui, comme defcendant d'Hercu- le, étoit le plus riche & le plus puiffant d’entre fes Concitoyens. Il eflaya d’abord de gagner le jeune Atéon par des préfens & par des promefles magnifiques. Maïs cette voie ayant été rendue inutile par la vigilance du pere, & par la fa- gefle de l'enfant même, il aflem- bla un grand nombre de fes cama- rades, pour enlever de force celui qui réfiftoit à fes infinuations & à fes prieres. S’étant donc enivré un jour avec fa troupe, il s’aban- donna à cet excès de fureur, d'aller avec eux jufqnes dans la maïfon de (a) Plut, Tom. I. pag. «68. Tom, I. P25. 772, 772. Traduct, de Diod, de * Sicil. par M. l'Abb, Terras, Tom, II. Peg» 370 » 371e S ; À C Méliffus pour en arracher fon fils Le pere & tous fes gens fe réunirent bientôt pour s’oppofer à cette vio- lence. Pendant la chaleur de la que- relle & de l’affion, l'enfant mou- rut, fans qu'on y prit garde, entre les mains de ceux qui le défen- doïent contre fes ravileurs. Quand On apperçut ce malheur, on ad- mira , en pleurant l’enfant , la conformité de fa fortune avec, le fort de celui dont il portoit le nom; car l'un & l’autre ont perdu la vié par ceux-mêmes, qui étoient difpofés à la défendre. C’eft une allufon à la fable d'AGéon déchi- ré par fes chiens, ainfi qu'on le «voit dans l’article précédent. : Cependant, Méliffus porta 12 cadavre de {on fils à Corinthe, & en demanda juftice ; mais la fa6tion des Bacchiades , dont Ar- chias étoit le chef, étant trop puif- fante, tout ce qu'il put faire , fut d’exciter les afliffans à la com- paffion. Phrynique, fils de Poly- phradmon , avoit compoié , fclon Suidas , plufieurs tragédies, dont l’une étoit intitulée ÆA%on. ACTÉON, Aüeon, (b) nom d'un cheval du foleil. II prenoit , felon D. Bern. de Montfaucon, fon nom de la clarté du folell, lorfqu’il à fait une partie de fa courfe vers lès neuf ou dix heu- res , & que n'ayant plus un at- mofphère f épais à percer , il ré- pand fa lumière plus pure. ACTES [ les Ales des Apô- tres |, Aus Apoftolorum, (c) (6) Antiq. explig. par D, Bern. de Montf, Tom. I. pag. 110. À (c) At. Apoit. c. 1..@ feg. Mém, de PAcad, des Infc, & Bell, Let, T,ilLp,100, SC pate roy À’roscrar, Livre Cano: nique du nouveau Teftament, qui, {elon M. Fourmont, fut d'abord compofé en langue Syriaque , & felon d'autres [ & c’eft le plus grand nombre | en Grec. S. Luc eft regardé comme l’auteur de cet ouvrage facré, dont le ftyle eft plus pur que celui des autres ou- vrages canoniques du nouveau Teltament, C’eft parce que S.Luc poflédoit mieux la langue Grec- que que l’'Hébraique ; & on re- marque qu'il a employé toujours la Verfion des Septante , dans les Gtations de l’Écriture. Le livre des AGtes des Apôtres fut mis au nombre des livres Canoni- ques, par le Concile de Laodi- cée, Depuis, il a toujours été règardé comme tel, par toutes les Éolifes. On ignore le tems précis anquel Luc compofa ce Livre. Mais on convient qu'il l’écrivit après fon vangile, & qu'il ne put le faire qu'après les deux années de {e- Jour de S. Paul à Rome ; c’eft- a-dire , vers l'an 62, ou 63 de lËre Chrétienne , puifqu'il y parle de ce féjour. Quoiqu'il en foit, Luc, après avoir rapporté dans fon Éyangile, les adtions de J.C., voulut auf laifler à lÉglit, celles de fes Apôtres, & de fes premiers Difciples, avec la ma- nière pleine de merveilles, dont le S. Éfprit avoit formé cette mê- me Églife, que le Sauveur ve- noi de racheter au prix de fon feng. Ainf le Livre des A@tes des Apôtres | n’eft autre chofe que lhifioire de l’Églife naïflante , qui Comprend un efpace d'environ DC: 2, trente ans, à commencer à l’Af- cenfion de notre Seigneur. Il eft adreffé à Théophile, au- ie S. Luc avoit déjà adreflé on Évangile. On y voit l’accom- plifflement de plufeurs promefles de J. C., fon Afcenfon, la Def cente du S. Efprit, les premières prédications des Apôtres, avec les prodiges par lefquels elles fu- rent Confirmées ; un tableau ad- mirable des mœurs des premiers Chrétiens ; enfin, tout ce qui {e paffa dans l’Églife, jufqu’à la dif- perfon des Apôtres , qui fe par- à ; Ta: tagérent pour porter l'Évangile dans tout le monde. Depuis le point de cette féparation, S. Luc abandonne l’hiftoire des autres Apôtres , dont il étoit trop éloi- gné, pour s’attacher particulière- ment à celle de S. Paul, qui lavoit choïfi pour fon difciple, êt pour compagnon de fes tia- vaux. Îl fuit cet Apôtre dans toutes fes miflions , & jufqu'à Rome même, où certains peñ= fent que les Aétes furent com- pofés. : On croit que le principal def- fem de S. Luc, dans la compo- fition de fon ouvrage , étoit d’op- pofer une véritable hifloire des A£tes des Apôtres, &@& de la fon- dation de l'Églife ; aux faux Actes ; & aux faufles relations que l’on commençoit déjà à ré- pandre de fon tems. Il y a eu en effet différens ouvrages , por- tant pourtitre , Ales des Apôtres; ou bien de quelque Apôtre feule- ment. C’eft ainfi qu'on a vu les Attes de S. Pierre, les Aétes de S. Paul, les Aftes de S. Jean \y 240 AC | l'Evangélifte | les Aûes de S. André, &c. Mais l'Églife a fait un fi grand cas de la fidélité & des lumières de S. Luc, qu'elle a méprifé tous les autres A@es, qui ont paru avant ou après lui, pour s'adopter que ceux qu'il avoit compolés. Les Marcioni- tes, les Manichéens, & quel- ques autres hérétiques, les rejet- toient, parce qu'ils y trouvoient _ leurs erreurs trop difin@ement condamnées. SelonS. Auouftin , lÉglife » recevant avec édification cet ouvrage , Je faïfoit lire tous les ans dans l’affemblée des Fide- des. S. Chryfoftome { plaint que de fon tems ce livre étoit trop peu connu ; & qu'on en négligeoit trop la leétüre. Quant à ce Pere, il en releve fort les avantages, & il prétend, avec raïon , qu'il n’eft pas moins utile que l'Évangile, Selon $. Épiphane , le livre des Adtes des Apôtres fut tra- duit par les Ébionites, du Grec en Hébreu, c’eft-à-dite, en Sy= riaque, qui étoit la langue com- mune des Juifs de la Pafefline. Mais ces hérétiques le corrom: pirent, en y mélant plufeurs faufletés, & plufieurs impiétés imjurieufes à fa mémoire des Apôtres. S. Jérôme affure qu’un certain Prêtre d'Afe ajoûta aux vrais AGes, les voyages de S. Paul, de Ste Técle, & l'hiftoire d'un prétendu baptême donné à un lion. Tertullien raconte que S. Jean l'Évangélifle ayant con- vaincu ce Prêtre, d’avoir altéré (a) Mém, de PAcad, des Infe, & Bell, Lert. Toi: VIEIL pag. 188, @ fiv À GC: la vérité dans ce récit, il s’en excüfa , en difant qu’il l’avoit Ait pour l'amour qu'il portoit à $ Paul. rent rejettés comime apocryphes, par le pape Gélafe. Ceux dont il a été parlé, & plufieurs au- tres de cette efpèce, ont été ran- gés dans la même clafle, ayant eu pour auteurs des Hérétiques, qui y répandoient le venin de leurs erreurs, ACTES [les], (a) en poëfe, font les diverfes parties , qui compofent une pièce dramatique. Ce mot vient du latin, Aér, qui, dans fon origine , veut dire l même chofe que le Drame, Jpauc, des Grecs : Ces deux “mots venant des verbes Ago , & dpdo ; qui fignifient faire 8t agir. On a ainfi nommé {es piéces de théatre, pour marquer que tout s'y pafle en ation , à la difé- rence de l'Épopée , ‘où tout & raconte. Ce mot, Jpqua, con- vient à toute une piéce de théatre; au lieu que celui d’'Aë&us en latin, & d'Afle en françois , a été ref- treint, & ne s'entend que d’une feule partie du poëme dramatique. On peut définir l’Adte, vné partie d'une tragédie ; où d'une comt- die ; fèparée d’une autre partie, Pâr Un intermede. Ce qui fait que l'A@e finit, c'eft l'interruption dé Vaétion théatrale. Cette interrup- tion produit un vuïde, Les An- ciens remphfloient ce vuide par des danfes, & des chants. Au- jourd’hui ; on le rémplit par là fymphonie. fi Ces nouveaux AGes fe 4 “À C * On convient qu'une tragédie doit toujours être divifée en plu- fieurs Ales, foit parce que Ja conduite de la piéce l'exige ab- folument , foit pour donner quel- que relâche à l'attention des fpec. tateurs , {oit pour leur procurer plus de plailir par. la variété, Mais en combien d'A@es doit- elle être partagée ? Tous ceux qui nous ont donné des régles fir cette matière , ou de leur chef, ou en expliquant Ariftote, difént que la tragédie doit être compofée de cinq AGes ; mais aucun d'eux, excepté M. Fabbé d'Aubignac, ne s’eft embarallé, flon M Pabbé Vatry , de nous die für quoi eft fondée cette Maxime, qu'ils nous donnent, & qui pafle aujourd’hui pour incon- teflable. M. Pabbe Vatry dit lui-même Es raifons que lon a eues, de éler qu'il y auroit toujours cinq tes. On prétend que cette ma- Xime fut établie d’après les obfer- Vations faites fur ce qui pouvoit plaire, ou déplaire aux fpeétateurs; & qu'enfuite la pratique conitante de tous les Poëtes, & l'autorité es Critiques, l’ont rendue in- Violable, Ainf, on la fonde fur HOiS raifons, dont la première ef ‘expérience ; la fconde, l’exem- ple de nos grands Poëtes ; la troifième , les préceptes des meil- leurs Critiques. Voici, felon M. l'abbé d'Aubignac, pourfuit notre Académicien ; comment l'expé- fence a appris que la tragédie dévoit toujours être partagée en Gnq Ales. 1.0 On a reconnu elle devoit avoir uñe certaine Zom. L, A6 2%E longueur. 2.0 Qu'elle devoit . divifée en plufeurs parties ou Attes. On a enfuite fixé la lon gueur de chaque A@e. Il a &é facile , après cela , d’en déterminer le nombre, On a vu, par exem- ple, qu'une tragédie devoit être environ de quinze ou feize cens vers, partagés en plufieurs A@es; que chaque Aé devoit être en- viron de trois cens vers ; on en a conclu que la tragédie devoit avoir cinq Âles, : : - M, l'abbé Vatry s'étend enfüite far chacune des parties de ce rai- fonnement, pour le mettre dans tout fon jour ; ce qui lui donne occafion de montrer que non feu- lement la divifion+en cmyAÂGes, mais la divifion même en Ales, fat inconnue à plufeurs anciens Auteurs, » Il eff vrai, dit- il, » que dans toutes les tragédies, » qui nous reftent des Grecs, ? l'action eft interrompue de tems. » en tems fur le théatre , & que ». les Afteurs occupés hors de la » fcene, ou gardant le filence, » font place aux chants du chœur; _» ce qui produit des intermedes » @t de véritables A@es ; mais » qu'il ÿ ait toujours quatre in-\ » termedes , & toujours cinq » Ales, c’eft de quoi il ne paroït 7 pas qu'ils { foient fort embar- » raflés. On les chercheroïit en- .# vain dans les tragédies Grec- » ques, qui nous reftent ; & fi » dans Îles nouvelles éditions, » elles fe trouvent divifées en » cinq Ales, c'eft aux Éditeurs, ». 6t auxCommentateurs, qu'il »_ faut attribuer ces divifons, & * nullement aux originaux. Je . 20... » remarquerai même cl, Que de _» tous les Anciens, qi ont cité » quelque paflage de comédie ou ». de tragédie Grecque, ilny en » a aucun, qui l'ait déñgné per » lAGe d’où il elt tiré, comme » onle peut voir dans Athénée » fur-tout, qui cite une infinité » de Poëtes comiques ; ce qui 3 prouve que les é »_point-fait attention à ce parta- » ge de la tragédie, en un cer- » tain nombre d'AËtes. « . Il n'eft pas fi facile de rendre un compte exact de la pratique des Romains. ÆEeurs meilleures tragédies ne font point venues juiqu’à nous; & il y a trop peu d'intelligence du théatre dans cel- les de Sénéque , pour en conclu- re quelque chofe de bien aflure fur la queftion préfente. Un pañlage de Cicéron pourroit fure croi- re quils { difpenfoient quel quefois de.la régle des cinq Ates. C'eft la fin de la première lettre à Quintus, fon frere. Quintus avoit été pendant denx années Procontul d'Afe; il alloit l'être encore une troifième fois. Et Ci- céron, après beaucoup d'avis qu'il lui donne, pour fe bien conduire dans fa charge, finit, en difant qu'il faut que dans cette troifième année de fon pouvernement, il fe furpañle lui-même, & qu'elle reflemble au troifième AGte, que les bons Poëtes & les bons Ac- teurs s’efforcent de concert à ren- dre beauconp plus beau &t plus parfait que les premiers. Cette troiième année étoit laëdernière sreCS N'avolent. Se ré < que Quintus deyoit gouvertet l'Afe ; & la comparaion que fait Cicéron, avec le troifie= me AËte , femble infinusr que de fon tems le troifième Ade étoit quelquefois le dernier. Au refte, tout concourt d'ail leurs à nous prouver que chez les Romains, les tragédies étoient toujours divifées en cinq Aétes. Mais il n’en eft pas and des Grecs , qui ne & font pas a treints à fuivre fcrupuleufement cette régle. Ce qu’on peut dire, _ceft qu’à prendre le mot d'Ade, {lon la définition qui en a été donnée , leurs tragédies ont préf que toujours fix Aîtes, & quel- uefois fept. Ce font donc les Ronan. qui ont employé les premiers la divifion des piéces dramatiques en plufieurs Actes. Chaque Ade fe fubdiviloit en plufieurs fcenes. Pour M. l'abbé Vatry , il conclud de toute fa difcufion, que le nombre des cing Actes convient pour Jordi- naire ; mais qu'une tragédie peut en avoir quelqu'un de plus, où de moins, fi le fujet le deman- de, ACTES [les |,o7 Les REGIS: TRES JOURNAUX, (a) conter noient tout ce qui fe pañloit de inémorable dans la ville de Rome. Ïl paroït que ces Aétes Journaux reffembloient à nos ouvrages pé- riodiques , connus aufli Le Je. nom de Journaux; car on les li-. foit dans les provinces , ainfi que. dans les armées Romaines. On remarque que l'empereur (a) Crev. Rift, des Emp. Tom, IL pag. 458, Tom. IV. pag: 5005 91e A C _ Commode , toutes les fois qu'il faïloit quelque chofe de bas, de honteux, de cruel ; quelque Atte _ de gladiateur, de maître de de= _bauche , ordonnoit qu'il en fût fat mention. dans les A@es Jour: maux. Ceft par cette voie que \ nous fçavons que ce Prince à combattu trois cens foixante-cinq fois, du vivant de fon pere, & pt cens trente-cinq fois depuis _ f mort ; & qu'il a remporté mille _palines , mille vi@oires dans ces _ indignes combats. Îl en étoit f Glorieux , que s'étant approprié le coloffe du Soleil, dent à fit | ôter la tête pour y mettre la _ fienne, il voulut que lon inferi- _ Yit fur la bafe , au lieu des titres de R Souveraine puiflance , celui de Vainqueur de mille Gladiateurs: . ACTEURS, Adores, (a) ceux qui jouoient Jes différens rôles d’une piéce de théatre. A Rome , ce furent d'abord les Au- teurs mêmes, qui repréfentoient lents piéces. Cet ufage changea dans la fuite. Ceux qui leur fuc- cédérent, prirent le nom d'Ac- teuis. Ce n'’étoient pas, comme chez les Grecs, des hommes li- bres, qui f deftinoient à une profefion , laquelle, parmi eux, n'avoit rien de bas dans lopinion publique, & n'empéchoit pas cehti qui lexerçoit de remplir des emplois honorables. Les Âc- teurs, à Rome, étoient ordinai- rement des efclaves étrangers, où nés dans lefclavage. Ce ne fat donc que l'état vil de Ja per- RC. _— 2 fonne , qui avilit la profeffion. Le Latin n'’étoit pas leur langue maternelle, & ceux même qui étoient nés à Rome, ñe devoient patler qu'un Latin altéré, par [a langue de leurs peres & de leurs camarades. fl faloit donc que les maîtres, qui les drefloienr pour le théatre, commencçaflent par leur donner la vraie pronon jauon, foit par rapport à la durée des mefures, {oit par rapport à Fintonation des accens ;: & il eft probable que dans les lecons qu'ils leur donnoientà étudier, ils Le fer: voientsdes notes dont les Gram- mairiens poftérieurs ont parlé, Lucien rapporte au’autrefois un même ACeur chantot & danfoit tout enfemble ; mais que comme on s’apperçut que le mou- vement empéchoit la refpiration, l'on trouva plus à propos.de fire chanter les’ uns & danfer les au- tres. L'on ne contefte pas cette affertion. Mais il n'en eft pas de même d’une autre, que quelques- uns adoptent. C'eft de fcavoir f la récitation & le pcfle, qui doit lPaccompasgner , furent artagés compagner , partag entre deux AGteurs; de manière que lun fit les gefles , tandis que l'autre récitoit. M. Duclos, dans un de fes mémoires fur cette ma— tière, montre que cela n'eut ja mais lieu chez les Romains, parce qu'il auroit été en cffet bizarre de féparer la récitation, qui peut feule guider le gefte, & le ren- dre convenable à l'a@tion théas trale, & que d'ailleurs le gefte (2) Mém, de Acad. des Inferip. & 4545 455° Te VIT, p.222, D, XVII, Bell. Letr. Tom. IL. pag. 124 T. 1V.]p. 210, 2114 T, XXI p. 191. @ Jwivs Re 1325 1345 1305 1373 Id4 1459 Q < ïj ÿ 250 À C cette hauteur,il y avoit une plaine, où l'on voyoit un bois facré avec ua port que le feu confuma, «inf que les dix vaifleaux,qui y avoient été dédiés par notre Empereur. :: AGtum eft aujourd’hui Capo- Fialo, qui appartient aux Turcs. ACTIUS, A&ius, (4) centu- rion Romain , qui vivoit l'an de Rome 786. Cette même année .il fut commis à la garde de Drufus, pendant que ce Prince imfortuné étoit renferme dans une prifon, _-où1l mourut de faim, ayant pro- longé fa vie pendant neuf mois, en mengeant, faute d’autres ali- mens , la garniture de fon matelas. On trouve dans Tacite, qu'AŒus avoit écrit, au fajet de la déten- tion & de la fin tragique de Dru- fus, des lettres qui furent lues en plein Sénat. Ces lettres mar- quoient expreflément les noms des efclaves, qui avoient repouflé cet . älluftre prifonnier, sie ten- toit de s'échapper. Le Centurion avoit même ajoûté, comme pour -fe faïre valoir, les propos. plans d'infolence & d'inhumanité qu'il avoit tenus à Drufus, & les im- précations que ce Prince , danses dernières heures de fa vie, avoit prononcées contre Tibère , tantôt en contrefaifant l’infenfé , tantôt de fang froid. ACTIUS [P.Acrius Varus], P. Affius Varus , étoit contem- porain de Cicéron. Voyez P. At- tius Varus. ACTIUS [T. ]; T, dés, (4) Tacir: annals L, VI. €. 23, 24. (b) Cicer. Orat. pro Cluent. c. 51.| Virg. Æpeid. da expl, par D, Ie? (c) Strab. pag. 325: L VIT; Pre he AC ) étoit aufli contemporain de icéron, Ce T. Aëtius fe porta accufateur d'A. Cluentius. Cice- ron plaida contre lui en faveur de Faccufé. — ACTIUS [APozLon|, Apollo Adius, À'romer A’urlo. (c) Ce dieu étoit ainfi appellé pour plu- fieurs raifons , mais principalement à caufe d'Aftum, ville de lAcar- name , célébre dans l'antiquité par la viétoire,qu_Augufte y remporta fur Antoine. Le promontoire des environs étoit confacré à Apollon. On y voyoit un temple,où on lu rendoit dés honneurs divins, Cet pour l2 même raïfon qu’on appel- loit encore Apollon ÆAé&acus & AGeus. , ACTOR, Aüor , (d) natif du pais des Arunces , fut chargé par Ilionée & Afcagne,d’enlever, con- joimtement avec Idée , la mere d'Euryale , que la mort de ce cher fils venoit de plonger dans la tif tefle la plus grande, Ils la recon- duifirent donc chez elle toute éplorée , & ne ceflant de crier. Cet à Aëtor que Turnus avoit pris une énorme javeline , que ce prince fit attacher à une colomne. au milieu de fon palais. Prêt à marcher contre Énée , il la fait. » Redoutable javeline , s’écria- » t-il en la balançant, toi qui nas » jamais trompé mon courage; » Ceft maintenant qu'il faut fe- » conder mon bras. Autrefois por »tée par le grand Aëtor, fon » vainqueur te porte aujourd huis Bern. de Montf, Tom. I. pag, 107: (4) Virg. Æneid. L.IX, v. 500. & fa L, XI 4 Ve 94: & fes 10 4 è Dati cocotl al. ee Mer cr lé der À € » 11 faut que tu perces fa cuirafle _» de ce lâche Phrygien, que tu ‘» Pétendes fur le champ de ba- » taille , & que fes cheveux frifés » &t parfumés de myrrhe foient » trainés dans le fans & dans la » poufhère. «. - ACTOR, Aë&or, A'xrop, (a) fils d'Axéüs , petit fils de Clymè- ne. Ce Prince eut une fille, que Mars époufa. De ce mariage na- qüirent deux fils, Afcalaphe & Jalmène, qui regnérent à Orcho- _ mène, ville de Béotie en Gréce. - Ce fut de leur tems @t fous leur conduite , que les Orchoméniens allérent au fiége de Troye, = ACTOR, A&or, Aura, (b) otiginaire d'Élide dans le Pélo- ponnèfe , étoit fils de Phorbas & d'Hyrminé, fille d'Épéus, & pe- tit-fils de Lapithas. Il époufa Mo- | lione , de laquelle il eut deux fils, Eurire & Créate. Augée, roi d'Élide , l'aflocia au gouverne- ment, ain que fes deux fils avec lefquels il avoit fait alliance. Le deflein de ce Prince étoit de fe précautionner contre Hercule , dont il appréhendoit le reflenti- ment; parce quil lui avoit man- que de parole, en ne lui donnant pas une partie de fes États, aux Conditions quil Pavoit promis. Hercule déclara en effet la guerre à Aupée; mais il ne put exécuter aucune entreprife confidérable ; à caufe que les fils d’Aëtor, qui étoient à la fleur de leur Âge & pleins de courage , rendoïent tous fes deffeins inutiles. Environ ce tems-là, les Corin- (2) Pauf, pag. 599. AC 251 thiens indiquérent leurs jeux bn. miques , ayec promefle de füreté Our tous ceux qui yondroient y “aflifter. Les fils d'A@tor fe mirent en chemin pour s’y rendre. Her- cule qui en fut averti, alla les at- tendre auprès de Cléone, & leur dreffa une embufcade , où ils péri- rent. Leur mort fut bientôt fçue ; mais l'auteur en étoit ignoré. Mo- lione leur mere fit tant qu'elle le découvrit. Auffi-tôt les. Éléens envoyérent prier les Argiens d'en faire juftice. Îls s’'addrefloient aux Argiens , parce qu'Hercule de- meutoit alors à Fyrinthe. Ceux-ci - ayant laïflé le crime impuni, les Éléens fuppliérent les Corinthiens d'interdire les jeux Ifthmiques à tous les Argiens, pour les punir de ce qu'ils protégeoient un cri minel, qui en avoit violé les fran- -chifes & les privilèges ; mais les Corinthiens n'ayant pas eu plus d’égard à leurs prieres, on dit que -Molione frappa de fa malédiétion tous ceux de fes Citoyens qui, à l'avenir, oferoient aflifter aux jeux Hthmiques ; & la crainte d’en- courir cette malédithion-eut tant d’empire fur l’efprit des Éléens, qu'encore du tems de Paufanias, ceux d’entre eux qui s'exércoient pour difputer le prix aux jeux de la Gréce , s'abftenoient des jeux Ifimiques. _ C’eft pour cette raïfon que l’on voyoit à Olympie , au-deffous de la ftatue d’un Éléen, nommé Ti- mon:, une infcription en vers élé- giaques, qui marquoit les viétoires de ce fameux Athléte, & qui difoit (t) Pau. page 1975 289 > 479 26% À C que les jeux Hthmiques étoient les feuls , où il n’avoit point été cou Tonné ; parce que les manes ven- geurs des Molionides ; c’eit-à-dire * des enfans de Molione & d’A&or, ne permettoient pas aux Éléens de prendre part à ces fpedacles, ACTOR , AGor, Aurep, (a) fils de Pifidie & de Myrmidon,, roi de Theffälie, fuccéda à fon pere. Ayant pris en mariage Égi- ne , fille d’Afope, qui avoit déjà eu Eacus de Ras ; il en eut Ménœtius & plufieurs autres en- fans qui, étant devenus grands, ‘firent une conjuration pour ôter la couronne à leur pere. Mais il dé couvrit leur complot , & les chaf. fa de fon royaume, maria {a fille Philoméle à Pélée, fils d'Éacus, &c lui laïflà fon royaume. ACTOR , Ar, A'urop, (5) étoit fils du fameux Eurythe, Comme il y en a qui mettentun AGtor au nombre des Argonautes, M. l'abbé Bamier croit que c’eft celui-ci. Ovide le fait paroître avec fon pere dans le combat des Centaures & des Lapithes, & dans la chaffe de Calydon. Ces trois événemens arrivérent aflez près l’un de lautre , pour que le même homme ait pu s’y rencon- trer. ACTOR , AGor, Aurop, (c) l'un des compagnons d'Hercule, I! fuivit ce fameux Héros dans fon expédition contre les Amazo- (a) Myth, par M. l'Abb, Ban, T. VI, pag. 93 Mém. de l’Acad. des Infcrip. & Bell, Lett. T, IX. p. go. = (b) Myth. par M, PAbb. Ban, Tom, VI. pag. 376, Mém. de l'Acad, desInfcr, & Bell, Lett, Tom, IX, pag. 75% A € 5e 2 mes ; maïs ayant été bleffé danse combat qu'on leurlivra., il mou: rut en retournant dans {à patrie ACTORIDES , A&orides, (d) qu'Onomacrite met au nom- bre des Argonautes. Mais comme c'eft un nom patronymique, M. l'abbé Banier. penfe qu'il eft vrai femblable que cet* Auteur vent parler de Ménætius, fils d'AGor. qui regna en Theffale , & pere de: Patrocle. D'ailleurs les tems con- viennent aflez. Patroclelni-même, vide, Aétorides. DRE ACTORIDES. On donna aufli ce nom aux enfans d'A@or, originaire d'Élide. Voyez l'article. de cet AGtor.. < ne ACTUAIRES, Anar, forte de Commis, qui, dans les armées Romaines , avoient la. charge de diftribuer aux foldats les vivres. Îl y en avoit un aflez grand nombre. - en . ACTUAIRES, AGuari, nom qu'on donnoit aux Notaires, où Grefhers. E ACTUARIZÆ Naves. (e) C’étoit une efpèce de vaifleaux longs, fort légers, qui reflembloient à ceux qu'on appelle à préfent Brigantins. Il y en avoit de deux efpèces. 1.0 De fort petits, que Ci- céron, dans une lettre à Atticus, appelle Æ&uariole Naves, de pe- tites barques, quil diflingue quel- quefois par le nombre des chevil- (c) Mém, de PAcad. des Infc, & Bell, se d'AGtor , eft nommé Pa | Lett. Tom. IX. pag. 5, (4) Myth. par M. l'Abb. Ban, Tom, VI, pag. 376. Mém. de l’Acad. des Enfcrip. & Bell, Lecr, Tom. IX, p. 75 (&) Antiq. explig. par D. Bern. de. Montf, Tom, LV, pag. 2153 216, 220% Are Les, qu'on appelloit Sczlmi, & _ qui fervoient à arrêter les rames. LL. un autre endroit , il appelle dAluariole | ces vaifleaux lévers à _ dix fcalmés; ce qui s'entend à dix _ rames. 2.° De plus prands, qui avoient les uns vingt, les autres trente, les autres jufqu’à quarante rames. Celui qui étoit à vingt ra- | mes, en avoit dix d'un côté &c dix de l'autre, & étoit appellé en grec tropos, Celui qui avoit trente ra- _ Mes, s’appelloit rpraxcrropoc. Enfin celui qui étoit à quarante rames, … & nommoit recrapaxérropoc. . Ces vaifleaux étoient appellés Affuariæ, parce qu'ils agifloient ‘avec vitefle. [ls alloient ; felon Tiodore, à la voile & à la rame, Ces fortes de vaifleaux n’avoient pas la longueur de ceux,qu'on ap-- pelloit les vaiffeaux longs. Mais . Onles armoït quelquefois en guer- re; comme dit Hrtius dans {on ivre de la guerre Alexandrine. Les Pirates qui éherchoient les Yaïleaux légers, s’en fervoient or- dinarement pour aller en courfe. Ces vaifleaux étoient pour l’ordi- ïare ouverts, & ils n’avoient point de pont. Îls n’avoient pas non plus à leurs proues des éperons armés, qu'on appelloit ro/ffra. ACTUS, Aus , maéspor, (aÿ tom d'une mefure , qui étoit en uage chez les Romains. Elle va- loit la moitié d’un arpent ; c’eft- ë-dire , cent vingt-pieds , l’arpent tant de cent quarante, felon quel- ques-uns, (4) Coût. des Rom. pat Nieup. pag. 322, (8) Corn. Schrew, not, inOvyid, Metam. L, VI, V2 020: AC 25 - ACTYLE, Adylus, (E) étoit is de Zété & de Philoméle. Celle- ci foupçonna fon mari d’avoir de Pinclination pour une des nym- phes Hamadryades, & en conçut: de la jaloufie. S'étant äpperçue qu'Aétyle fe prêtoit aux intrigues de Zété , elle le tua, lorfqu'il re- venoit de la chafle, ACUPHIS, Acuphis , Axoupie, (c) nom d'un ambaffadeur Indien, Qui fut envoyé avec quelques au- tres vers Alexandre, de la part des Villes que ce prince faufoit afhéger, pour lui demander grace. À leur arrivée , ils trouvérent le Roï couvert de fes armes , fans aucun autre appareil ; ce qui les remplit d’'étonnement. Mais ils fu: rent encore plus étonnés, quand ils virent Alexandre prendre un couffin qu'on avoit apporté pour lui, & faire afleoir fur ce couflin Acuphis , comme le plus âgé de tous. Acuphis, fur-tout, fupris au-delà de ce qu’on peut dire , des politefles d'Alexandre, lui deman- -da à quelle condition il vouloit les recevoir dans fon alliance, C’eff ,: répondit le Prince , 2 cordirion que vous ferez établi vous-même chef de votre pais , & que Porn Im'enverra pour Ôtages cent des plus braves d’entre tous les habitans. Acuphis fouriant, je commanderois mieux , repartit-il , /£ l’on vous envoyoit les plus mauvais | au lieu de vous envoyer les meilleurs. ACUSILAUS, Acufilaus, (d) (c) Plui. Tom. I. pag. 697 5- 698: (d) Suid. T.E p.138, T, IL, p.zor* Jofeph.in Apion. p.1034. Cicer, de Orat. L, IX, c, 29. Mém, de l'Acad, des Anfgrs ë Bell, Lette Æ, VI, p. 167 02 D 712: a. à < 24. AC A'uouginae , fils de Cabas , étoit, felon Suidas , natif d'Argos , mais originaire de Cercade , ville fituée auprès d’Aulide. C’eit un ancien Hiflorien, qui écrivit les généa- logies des tems fabuleux, qu'on dioit que fon pere avoit trou- vées, en creufant dans un certain endroit de fa maïfon. S. Clément d'Alexandrie aflure que, quoi- qu'Acufilatis ait voulu fure ac- croire que les recherches, ainfi que le ftyle, étoient de lui, 1 avoit fait que mettre en profe ce qu'Hé- fiode avoit dit auparavant en vers. Quoiqu'il en foit, fi Acufilaus ne peut s'attribuer la gloire d’avoir inventé ce qu'il a rapporté, ila eu du moins , au rapport de Jofephe, celle d'avoir corrigé le poëte Grec en bien des endroits. Cicéron, dans le fecond livre de l'Orateur., fait mention d'Acu- filaüs , aufhi-bien que de quelques autres écrivains Grecs, qu'il com- -pare à Caton,, à Piétor & à Pifon, De leur tems, on ignoroit l’art d'orner le ftyle. Pourvu qu'ils fe fifent entendre , ils s’imaginoient que tout le mérite du difcours con- “lftoit dans la briéveté. Outre Fhiftoire des généalogies, Acuf- laüs avoit encore compoié un trai- té des fept Sages, dont il eft parlé dans S. Clément d'Alexandrie. Ses ouvrages qui, fuivant Suidas , ? étoient fuppofés , ou du moins ré- putes tels, avoient été commentés par un fophifte, nommé Sabinus, qui vivoit fous l'empire d’Adrien. H ne nous en refte que quelques (a) Paufan. pog, 256. (&) Suid, Tom, I, pag. 138 AE lambeaux, cités par divers Aus teurs. On croit qu Acuñlaïs vécut avant l'expédition de Darius con- tre la Gréce. Voici quelques ane tres perfonnages célébres qui ont porté le même nom. ACUSILAUS , Acufilais, (a) - À'uourlhaoc, étoit fils de Diagoras, Meflénien d’origine. Il füt procla- mé aux Jeux Olympiques plus de quatre cens ans avant J. C. En effet, Paufanias raconte que Dia- _goras ayant amené avec lu Olympie Acuflatis & Damagéte, fon frere, ces deux illuftres Athlé- tes fe voyant proclamés vain- queurs , portérent leur pere für leurs épaules de rue en rue.at milièu d'une foule de Grecs, qui jettoient des fleurs für fon paflage, & admiroient fa gloire & {on bon- beur d’avoir de tels enfans. ACUSILAUS , Zcufilais, (b) Arousiamos , fils d'Agathoche, na- quit à Athènes,peu de tems avant, ou après la naïfance de J. C, I s’appliqua de bonne-heure & avec fuccès à l'étude de l’éloquence. Étant venu à Rome , fous l'empire de Galba, il y enfeigna la Rhéto- tique , & s’acquit même une telle réputation qu'ilgagna à cetexercir ce, des fommesconfidérables ; cat, à @ mort, il légua aux Athéniens dix myriades, qu'on évalue à cent mille livres de notre monnoie. ACUTIA, Acutia, (c) dame Romaine qui vécut du tems de Tibère. Elle avoit été mariée a P. Vitellius. Sons le confulat de CN. Acerronius & de C. Pontius, l'an | (e) Tacis, annal, L, VI ç, 47 LA _ 1 de Rome 790 , elle fut accufée du crime de lèze-majefté par Lélius Balbus , & condamnée en confe- quence à perdre la vie, Junius Othon, Tribun du peuple, s’op- pofa à la récompenfe qu'on dé- cernoit à l’accufateur de cette Da- me; ce qui excita, entre l’un & l'autre, une haine qui fe termina par l'exil du Fribun. ACUTILIUS , Aeuulius, (a) avoit une affaire avec Atticus, qui en chargea Cicéron, fon ami, lorf- qu'il partit pour la Gréce. Cicéron ayant examiné cette affaire, lui répondit quelque-tems après, qu'il avoit trouvé que ce n'en. étoit pas une; & comime il ne croyoit pas qu'il eût befoin de confeil, 1} aima mieux laifler à Péducéus le foi de ii mander le parti qu'il devoit prendre. Cependant pour juftifier fa conduite auprès d'Atuicus, il ‘exprimoit ainfi dans fa lettre. Puifque j'ai donné, pendant plu- » fieurs jours, audience à Acuti- » lius, lui de qui le jargon vous _» eft connu, iln y a pas apparen- » ce que je me fois difpenié par » molefle de vous écrire fes plain- _»tes, après les avoir écoutées , » tant qu'il a voulu , quoique ce »°ne foit pas une occupation bien #5 agréable sure I paroït, par une autre lettre de Cicéron poitérieure à celle-là, que l'affaire qu'Acutilus avoit avec Atticus, concernoît unefom- . me que ce dernier lui devoit payer. Car Cicéron mandoit à fon ami, dans cette autre lettre , qu'il avoit | A D. 255 parlé à Acutilius ; qu'il nioït que {on agent lui eût rien écrit; & qu'il étoit furpris que cet homme eût fait dificulté de lui donner une affurance fufhfante ; qu'on ne lui demanderoït plus rien, quand il auroit une fois payé la forme, -ACUTIUS [M], M. Acu- tius | (b) fut nommé [ribun du peuple conjointement avec C. La- cérius, lan de Rome 354. Les Patriciens avoient fait quelques efforts pour être aggrégés , &c remplir les places vacantes ; mais n'ayant pu l'obtenir, ils vinrent à bout de faire nommer ces deux Piébéiens, qui leur étoient entiére- ment dévoués, étant bien aifes de donner atteinte à la loi Tréboma., laquelle, dans une femblable con- jonéture, avoit ordonné que défor- mais le peuple feul choifiroit fes Trbuns. À D x AD , prépofñition latine , qui figniñe 4 ;, auprès , pour , vers, devant. Cette prépofñtion en- tre dans la compofition de plu- fieurs mots, tant en Latinqu'en François; Âmare , aimer , &da= mare, aimer fort. Donner , adon- ner. On écrivoit autrefois zddon- ner ; Ceft-à-dire , s'appliquer à, s'attacher à , fe livrer a. Cet hom- me-eft adonné au vin, au Jell. Quelquefois le 4 eft fupprimé, comme dans aligner, aguerrir » améliorer, anéantir. On conferve le d, lorfque le fimple commence par une voyelle , felon fon éty= (a) Cicer, ad Artic, L: I. Epift. 4; SL Tir. Liv. L. V.c.ro, Rolk hift: OM: Æom: IL: pag: 16 [Document text truncated for crawler view.]