Traité dogmatique et historique des edits et des autres moïens spirituels et temporels: dont on s'est servi dans tous les temps, pour établir & pour maintenir l'unité de l'Eglise Catholique: divisé en deux parties... par le feu P. Louis Thomassin, Prêtre de l'Oratoire...seconde partie
Full text
LOS
se
te
AVI
ï
‘e
ns
Ÿ
FR
LI-E
DOGMATIQUE
ET
HISTORIQUE
DES
EDFES:
EL
DES
AUIRES
MOIENS
SPIRITUELS
ET
TEMPORELS,
dont
on
s’eft
fervi
dans
tous
les
temps,
pour
établir,
&.
pour
maintenir
l'Unité
de
l'Eglife
Catholique.
DIVISE
EN
DEUX
PARTIES.
La
1.
depuis
le
commencement
de
l'Eghlfe
ss
1x.
Siécle.
_
La
2.
depuis
le
1x.
Siécle
jufqw'au
dernier.
Par
le
feu
P.
Louis
THoMAssrn,
Prêtre
de
l'Oratoire.
Avec
un
Supplément,
par
un
Prêtre
de
la
mime
Congrégation.
Pour
répondre
à
divers
Ecrits
féditieux
&
particulierement
à
L'Hristrorre
DE
L'Eprr
De
NANTES,
qui
comprend
Îes
huit
derniers
Regnes
de
nos
Roïs,
SECONDE
PARTIÉF.
DE
LIMPRIMERTÉE
ROLE
M.
DCCIIT.
PRE
FAR
E
dé
la
fêconde
Partie
de
ce
Traité.
x
TOUS
nous
trouvons
obligez
de
donner
ici
Nouveaux
fr
|
NQ
quelques
avis
particuliers,
qui
regardent
fin-
pe
guliérement
cette
feconde
Partie,
outre
ceux
qui
onde
partie.
ont
été
donnez
dans
la
premiere
Préface
generale,
où
l’on
a
rendu
raifon
de
l’ouvrage
entier.
Le
princi-
pal
doit
ètre
au
fujet
des
Peines
plus
rigoureufes
qu'auparavant,
qu'on
décerna
contre
les
nouveaux
Sectaires,
dans
la
plüpart
des
Edits
de
ces
derniers
tems
depuis
le
rx.
fiecle,
&
que
Pon
y
trouvera
exe-
cutées
peut-être
trop
fidelement,
comme
il
a
fem-
blé
à
quelques-uns.
Le
Pere
Thomaflin
n'a
pas
eu
de
peine
à
en
découvrir
la
raifon
dans
la
qualité
des
Hé-
refies
,
qui
font
furvenuëés
pendant
tous
ces
tems-
-R.
On
y
voit
prefque
par
tout
le
caradtere
propre
aux
Manichéens,
qui
avoient
été
punis
le
plus
feve-
rement
par
les
anciennes
Loix;
parce-qu'ils
étoient
les
plus
violens
de
tous
les
Héretiques,
&
les
plus
contraires
au
repos
public.
Nôtre
Auteur
n'a
faitque
faivre,
{lon
fa
coutume,
les
Ecrivains
de
chaque
fic-
cle,
à
mefure
qu'ils
fe
font
prelentez
dans
le
cours
de
l'Hifloire,
en
continuant
d'y
faire
fes
refléxions,
comme
il
a
fait
fur
les
Anciens:
&
par
cette
merho-
de
propre
à
un
Traité
Dogmatique
&
Hiftorique
_tout-enfemble,
comme
ont
été
prefque
tous
fes
Ou-
vrages,
il
lui
cft
arrivé
deux
chofes
un
peu
differen-
à
|
vi)
PRÉFAGE
auquel
les
hommes
ne
pourront
plus
fouffrir
la
faine
do-
Éfrine
;
mais
dans
le
defir
d'entendre
ce
qui
les
flatte,
ils
auront
recours
à
une
foulle
de
Maïrres
propres
à
farisfai-
re
leurs
paffrons.
Les
meilleurs
Interpreres
n’ont
pas
manqué
d'appliquer
cette
prophetie
à
nos
derniers
Hérctiques,
qui
ont
tellement
porté
les
chofes
à
cet
excés,
qu'ils
en
ont
impofé
à
plufieurs,
tant
leurs
pretextes
ont
paru
fpecieux
&
commodes
à
l'amour
|
propre.
Ceux-ci
fe
déclarent
même
les
défenfeurs
dans
leur
lâche
indifference
pour
la
Religion.
Il
y
faut
donc
comprendre
tous
ces
flatteurs
indulgens,
qui
voudroient
qu'on
epargnât
generalement
tous
les
amateurs
de
nouveautez
par
une
tolerance
uni-
verfelle.
ss
|
———
Dogme
dela
Mais
il
faut
avouër
que
ce
mal
eft
devenu
plus
Tolerancecon-
TR
:
RS
/
7
feméparun
COMIMUN
aujourd'hui
parmi
les
Prétendus
Réfor-
Ro
mez.
Et
de-peur
qu'on
ne
croïe
que
ce
foit
feule-
ment
le
fentiment
de
quelques
particuliers
fans
aveu
&
fans
autorité,
il
eft
bon
de
rapporter
le
Decret
que
leurs
Miniftres
en
ont
formé
dans
un
Synode
<
lus
que
national
de
differens
Païs,
tenu
depuis-peu
Sym.
deaidm
à
Leiden.
I]
porte
que
le
AMaxiftrar,
[ans
violer
la
pie-
SR
ee
a
raifon
,
peut
tolerer
,
on
ne
tolerer
pas,
felon
fa
prudence.
Quoi-que
ce
Decret
foit
aufi
equivoque,
que
la
plufpart
des
Oracles
anciens
du
Paganifme,
qui
étoient
propres
à
tout
evenement
;
il
cit
detes-
mine
neanmoins
par
la
pratique.du
Païs,
ouil
a
été
.
fait,
&
où
l’on
fouffre
tout
impunément
en
matie-
re
de
Doëtrine,
excepré
feulement
ce
qui
troubleroir
le
repos
public.
Il
n'y
a
pas
de
meilleur
Commentaire,
pour
PRÉFACE.
ix
pour
expliquer
ce
qu'on
a
voulu
dire
par
cet
Ora-
cle,
que
la
pratique
de
ceux
quien
font
les
Auteurs.
Voilà
donc
la
tolerance
établie
par
un
Dogme
pu-
blic,
non
feulement
contre
toute
la
Doétrine
de
l’ancienne
Eglife,
mais
encore
contre
les
fentimens
des
premiers
Réformateurs
&
de
leurs
Sectateurs
juf-
*
qu'au
milieu
du
fiecle
dernier.
Ils
avoient
tous
re-
connu
&
autorifé
le
droit
du
glaive
dans
le
Prince
où
dans
le
Magiftrat
conire
les
Héretiques:
On
en
trouve-
ra
Les
preuves
dans
la
fuite
de
cette
feconde
Partie,
&
même
dans
le
Supplément,
avec
les
changemens
confiderables
qui
y
font
arrivez.
On
ne
peut
di£-
convenir,
que
ce
ne
foit
une
de
leurs
Variations
les
plus
criantes.
Plufieurs
néanmoins
entre
les
Inter-
pretes
du
Decret
allequé,
l'ont
tourné
comme
il
leur
a
plu
à
la
faveur
de
fon
obfcurité.
Tels
font
la
plû-
part
des
Auteurs
de
Tempéramens,
dont
ils
abufent
eux-mêmes,
felon
que
leursinterêts
ÿ
font
mêlez.
Un
des
plus
dangereux
eft
l’Auteur
des
Réfléxions
ur
les
droits
de
La
confcience,
qui-parurent
il
y
a
peu
‘d'années
dans
lemême
païs.
Il
y
tourne
malicieufe-
ment,
ce
qui
a
été
dit
de
la
conduite
des
Chrériens
des
premiers
fiecles
à
l'égard
des
Loix
Païennes,
qui
tendoient
à
contraindre
les
confciences.
1ls
trouvérent
bon
enfuite,
ajoute-t-il
parlant
des
Chrétiens
,
de
perfécuter
4
leur
TOUT
;
quand
ils
eurent
la
force
de
leur
coté,
ex
ils
publié-
rent
enfin,
simagine-t-1l,
pour
la
ruine
du
Pagarnifme,
les
mêmes
Loix
que
le
Paganiffne
avoit
emploïées
pour
l'extinction
du
Chrifhanifme.
Nous
avons
aflez
fait
voir
L’Auteur
le
x
plus
dange-
reux
entre
les
autres
pour
la
Tolerance.
la
différence
de
ces
Loix,
non-pas
feulement
quant
à
Milieu
cap-
ticux
entre
fintolerance
&
l’Inidifferén-
ce,
ec
PREFAGE.
;
à
Ja
caufe,
mais
quant
à
la
maniere.
Nous
avons
vü
qu'elle
éroir
beaucoup
plus
cruelle
de
la
part
des
Païens.
Au
lieu
queles
Chrétiens
les
traitérent
plus
doucement.
Ils
ne
pouflérent
gueres
jufqu’à
la
pei-
ne
de
mort,
queles
Sectes
fanguinaires
des
Mani-
chéens,
déguifez
fous
divers
autres
noms,
&
celles
des
Donatiltes
appellez
Circoncellions,
les
plusempor:
tez
de
tous
les
hommes.
Cet
Auteur
nous
prévientà
l'égard
des
derniersfiecles,
&
ilavouë
que
les
violen-
ces
ont
été
communes
aux
Proteftins.
Ils
fe
perfaadenr,
dit-il,
qu'il
ny
a
de
Perfecutions
défenduës
que
celles
non
leur
fair
;
mais
qu'il
n'y
4
rien
d'illéririme
dans
celles
qu'ils
fonr
à
leurs
propres
fréres,
04
qu'ils
feroienr
à
leurs
anciens
Perfecateurs
;
s'ils
avoient
la
force
de
leur
rendre
la
paralle.
ne
dit
pas
qu’ilsavoient
com
mencé
les
premiers,
&
qu'ils
continuent
par
tout
où
ils
peuvent,
quoi-que
la
chofe
ne
foit
que
trop
averée,
comme
où
le
verra
de
plufieurs
dans
cette
feconde
Partie.
a
_.
È
Il
ef
vrai
qu'outre
ce
premier
Parti,
qu'il
ap
elle
des
Jnrolerans
,
il
en
reconnoit
un
autre,
qu'il
nomme
des
Indifferens,
lefquels
fous
le
titre
fpécieux
de
liberté
né
avec
l'homme,
en
accordent
le
privile-
e
égal
à
toutes
les
Sectes
fans
diftinion.
Maïs
il
ES
Re
+
ne
cherche
enfuite
un
miheu
entre
ces
deux
extrémi-
tez
de
lJarolerance
&
de
Pladifference.
11
fe
gloriñe
d'avoir
pour
lui
/+
foule
des
Kéformez,
8
que
ceux
qui
ontapris
dans
l'Evangile
joindre
la
chariréauec
l'amour
de
la
vérité,
cherchent
comme
lui
#7
j#fle
tempérament,
qui
éloigne
également
de
l4
barbare
PREFACE.
C5)
feverité
des
uns,
er
de
l'Indulgence
lcentieufe
des
au-
tres.
Voila
de
ces
ages
remperamens
,
Que
nous
avons
accordez
d'abord
en
matiere
de
difeipline
ou
de
pra-
tique
libre,
&
que
nous
pouvons
bien
reconnoitre
comme
peu
éloignez
de
ceux
de
S.
Auguftin.
Si
cet
Auteur
eût
été
aufh
fidele
à
en
remplir
l'idée
quà
la
propofer,
il
fe
feroit
trouvé
dans
cet
heureux
milieu
de
ce
Pere,
qu'on
a
fuivi
dans
ce
Traité.
Mais
il
s'en
écarte
étrangement
dans
l'éxécution,
particuliére-
ment
dans
fa
quatriéme
Partie,
&il
fappole
par
tout
les
faits
&
les
fentimens
des
Catholiques
tout
au-
trement
qu'ils
ne
font.
La
fource
de
fon
mal
vient
du
faux
principe,
qu'il
établit
pour
fondement
de
tou-
te
à
Doctrine.
Il
avoué
bien,
que
le
Mariffrat
ne
_
peut
faire
aucunes
Loix
,
pour
prefcrire
a
[es
fujets
une
forme
de
Religion
;
parce-que
pouvant
fe
tromper,
fes
Loix
ne
font
pas
exemtes
de
la
fanffe
Doctrine,
qu'il
lui
permet
de
perfécuter.
J
ne
voit
pas,
qu’en
cela
il
con-
damne
d’ailleurs
tous
les
Ecats,
où
les
Princes
&
les
Magiftrats
ont
prefcrit
eux-mêmes
les
Prétenduës
D
Réformes
de
Religion,
conduits
tout
au
plus
par
des
Particuliers,
qui
avoiént
encore
moins
de
droit
de
les
propofer,
les
uns.&
les
autres
étant
également
füujers
à
fe
tromper,
Il
{e
trompe
aufli
lui-même
en.
coie
plus
lourdement,
remertant
à
la
confcience
de
cha-
que
Particulier
le
choix
de
la
Religion
,
qu'il
eftimera
la
meilleure
;
puifque
chacun
pris
ainfi
féparément
peut
encore
plus
facilement
fe
tromper,
de
quoi
1l
ne
doute
pas.
C'eft
ce
qui
le
jette
dans
l'embaras
de
ne
pouvoir
faire
agir
fans
peché
ce
malheureux.
Particu
bi
x)
PREFACE.
Moïen
facile
pour
fortir
de
cet
embaras.
Matth.
18.17.
Luc.
10,
16.
Feb.
13.17.
Matth.
28.20.
goan.
16.13.
Jean.
20.27.
lier,
dont
la
conffence
eft
erronée.
I]
n'y
void
aucune
iffuë
pour
l'en
tirer,
non
plus
qu'ästous
ceux
qu'il
a
traittez
d'Indifferens.
Leur
plus
grand
malheur
,
c'eft
qu’ils
ne
reconnoiflent
tous
aucun
Tribunal,
pour
les
tirer
de
cette
perplexité,
jufqu’au
Jugement
der-
nier.
ILeft
bon
qu’ils
{oient
réduits
à
cette
extremité
par
leurs
principes,
qui
vont
enfin
à
faire
croire,
que
Jefus-Chrift
a
moins
fagement
pourvû
à
fon
Églife,
que
tous
les
autres
Legiflateurs
à
leurs
Etats,
pour
finir
les
procés
&
pour
difliper
les
doutes,
aprés
en
avoir
fait
naître
eux-mêmes
une
foule
dans
le
monde.
Ils
feroient
heureufement
fortis
de
cette
affreux
labyrinthe,
s'ils
avoient
voulu
feulement
ouvrir
les
yeux
fur
l'Ecriture,
qu'ils
fe
vantent
tous
de
pren-
dre
pour
leur
unique
regle.
Ils
y
auroient
trouvé
les
moïens
que
Jefus
Chrift
y
a
haiflez,
en
nous
ren-
voïant
4
l'Erlife,
&
aux
Pafteurs
qui
la
répréfentent,
&
qui
répondent
pour
nous.
Ils
y
auroient
trouvé
la
promefle
d'une
affiffance
perpetuelle
de
Tefus
Chrisr,
du
moins
par
fon
divin
Effrit,
qui
nous
doit
enfeigner
toute
verité,
jufqw'à
la
confommation
du
frecle.
Qui
dit
tout
n'excepte
rien.
Et'dans
cette
perpetuité,
qui
renferme
la
fucceffon
&
la
miffion
des
Pafteurs
auf
certaine,
que
celle
qu’il
a
receué
de
fon
Pere,
il
veur
que
nous
les
écontions
comme
lui.
I
n’a
done
point
laïflé
fon
Eolife
au
dépourvû
,
&
nous
avons
à
qui
nous
adrefler
pour
la
vraïe
forme
de
Religion.
Les
Princes
&
les
Magiftrats
peuvent
enfuite
à
leur
tour
publier
fur
ce
pied
leurs
Loix
exécutoriales,
qui
en-
|
PREFACE.
xi)
tretiennent
cette
mutuelle
correfpondance
entre
les
Pafleurs
&
leurs
Troupeaux,
fans
craindre
de
S'y
tromper.
Faute
de
cela
l'Auteur
cité,
&
fes
fembla-
bles,
sembaraffent
de
plus
en
plus
1
linfini.
Is
ne
gardent
plus
de
mefures,
non
feulement
contre
ceux
qu'ils
appellent
Papishes,
mais
encore
contre
les
an-
ciens
Peres,
quiont
prefcrit
les
mêmes
regles,
&
par-
ticuliérement
contre
S.
Auguftin,
qu'ils
regardent
comme
le
grand
défenfeur
des
Loix
pénales.
Left
écha-
pé
à
la
plüpart
de
ces
Indifferens
,
de
dire
qu'il
ne
merite
auff
aucune
créance
[ur
les
matieres
de
la
Gra-
ce,
quand
il
n'auroit
fair
que
ce
mal
dans
l'Eclife,
d'avoir
enfeigné
à
perfecuter.
Comme
sil
avoit
en-
feigné
autre
chofe,
que
ce
qu'on
avoit
enfeigné
avant
lui,
&
ce
qu’on
a
continué
d’enfeigner
aprés
lui
fur
toutes
ces
matiere.
Cependant
comme
il
nous
a
paru
dans
la
premiere
partie
de
ce
Traité,
le
plus
éclairé
fur
celles
des
peines
moderées,
auf
bien
que
fur
celles
de
la
Grace,
il
vaut
mieux
qu'il
les
défende
jufqu'au
bout
contre
lés
dernieres
ob-
jeétions
de
ceux
qu'on
appelle
Indifferens
où
Tole-
rans
de
nos
jours.
Si
fon
autorité
ne
les
gagne
pas,
peut-être
que
celle
de
l'Ecriture,
qu'il
allegue
tou-
jours,
avec
fes
folides
raifons,
les
confondra,
&
per-
fuadera
les
autres
moins
opiniâtres.
Voici
leurs
fondemens
ou
leurs
pretextes,
qui
font
les
mêmes
qu'avoient
emploïez
autrefois
les
He-
retiques
contemporains
de
S.
Auouftin.
On
peut
r.
Objection
des
Tolerans
de
tous
les
temSs
bien
les
appeller
les
premiers
Patrons
de
la
Tolerance
:
ce
qui
nous
donne
l'avantage
d'avoir
en
mème
tems
bü
xiv
PREFAC:E.
dans
les
ouvrages
de
ce
S.
Doéteur
des
réponfes
toute-prètes.
Ils
difoient
comme
ceux
d'aujourd'hui:
z.
2
emtra
Dieu
a
fait
l'homme
libre,
7
Pa
laiffé
entreles
mains
de
et
fon
franc
arbitre.
Pourquoi
me
veut-on
ôter
aujourd
hui
par
une
autorité
oute-humaine,
ce
que
je
tiens
de
la
pure
liberalité
de
Dieu
?
Deus
fecit
hominem
liberum
,
Cr
di.
mifit
eum
in
mans
arbitrii
Fe
Quid
mihi
nunc
huma-
no
imperio
eripitur,
guod
argitus
eft
Dens?
Comme
ce
principe
des
Héretiques
étoit
le
mème,
que
celui
des
Libertins,
qui
voudroient
qu’on
laifsât
tous
les
idem.
»
Crimes
impunis:
S.
Auguftin
répond
aufli-tôt,
que
»
Dieu
mème
n'eut
pas
plütôc
crée
homme
libre,
»
qu'il
a
donné
aux
Princes
l'exemple
de
la
vengean-
»
Ce
contre
de
premier
de-tous
les
crimes,
qu’il
con-
»
damna
tout-d’un-
coup
à
la
peine
de
mort,
&
en
at-
»
tendant
l’éxécution
,
il
commença
par
l'exil
&
le
»
banniflement
de
nos
premiers
Parens,
qu'il
chafla
,
honteufement
du
Paradis
terreftre:
Primi
th
homi-
|
nes,
cum
peccalfent
,
morte
damnati
fun,
er
priis-quam
mors
ei
eXHrémA
ELLAM
COTPOrIS
féppleretur,
in
exiliumi
dé
Paradifo
miffi
funt.
Ce
faint.
Docteur
pouvoit
ajou-
ter
un
banniflement
encore
plus
terrible,
pour
pu-
Ge.
4.
12.
&
mire
fecond
crime
qui
fut
celui
de
Caïn;
&
enfin
Jar
fa
mort
tragique,
vangée
aufh
plus
ricoureufement
contre
Lamec,
felon
la
plus
probable
opinion.
Ce-
pendant
Dieu
avoit
confirmé
à
Caïn,
un
peu
avant
ce
crime
énorme
,
l'ufage
libre
de
fa
volonté
pour
le
bien
égpour
le
mal;
mais
à
condition
de
faire
[accéder
la
récompenfe
;
ow la
punition
proportionnée.
à.
l'ufage
quil.en
ferotr
s
loin
de
promettre
l'impunité.
La
der-
PBPREFACE.
XV
nierepeine
cft
au
contraire.
le
jufte
falaire
de
ce
mauvais
ufage
qui
fait
Le
peche,
fhpendia
peccats
mors.
Ro.
5.25:
Dieu
eft
crop
jufte
pour
le
traiter
ainft,
s'il
n’avoit
donné
à
l'homme
une
volonté
libre.
Ainf
la
kber-
té
de
l'homme,
qu'on
vouloit
nous
oppofer,
eft
un
jufte
fondement
des
châtimens
qu'il
fouffre,
bien
loin
d’être
un
titre
de
tolérance
&
d'impunité.
Nos
Adverfaires
de
tous
Les
tems
nous
font
néan-
2.
obien'on
moins
une
efpece
defeconde
objeétion
ou
d'inftan-
ne
ce.
Ces
vengeances,
difent-ils,
ne
font
rapportées
que
fous
le
nom
du
Seigneur,
qui
fe
les
et
mème
refervées,
mb
vindicla,
ego
retribnam
,
&c.
fur
TOUT,
mom.
12:19.
quand
il
s’agit.
de
l'injure
qui
luy-eft
faite
direte-
-
ment,
comme
dans
le
crime
de
l'Hérefié:
Ala
bone
«
4u4
41.
ne
heure,
difoient
les
anciens
Héretiques,
que:
les
de
hommes
vengent
les
hommes,
pour
les
homicides,
«
pour
les
adulteres,
&
pour
les
autres
ExCÉS
COIMMIS
«
-
entreux
:
S.
Auguftin
les
excite
ainfi
à
s'expliquer
«
dans
l'endroit
cité,
Clamate
fi
audetis,
puniantur
bo-
micidia,
puniantur
adulseria
,puniantur
catera
quantali-
bet
fceleris
five
Bbidinis
facinora
[eu
fagitia.
Mais
les
Sacrileges,
leur
fait-il
ajouter,
doivent
être
exéimts
des
Loix
des
Souverains,
Sols
Sacrilegia
volumusaRe-
gnantinm
legibus
impunita.
Il
entend
fous
cenom:prin-
cipalement
les
Hérefies
&
les
Schifmes,
qu'il
regarde
ailleurs
comme
les
plus
grands
Sacrileges.
Et
il
con-
tingé.de
reprocher
ici
àfes
Adyerfaires,
que
c'eft
ce
«
qu'’ilsentendent,
quand
ils
difent
que
c’eft
faire
in
«
jure
à
Dieu
que
de
le
défendre
contre
de
tels
cri
«
mes;
comme
s'il
m'étoit
pas
aflez
forc
&'aflezipuit
«
vi
PREFACE.
»
fant
pour
venger
fes
propres
injures:
4
vero
al'ud
dicitis,
cam
dicitis,
magna
Dei
injuria,,
fr
ab
bominibus
defendatur.
Quid
de
Deo
afhimar,
qui
eum
violenti4
vult
defendere
,
nifi
quia
non
valet
faas
ipfe
injurias
defende-
Ang.
ibid.»
re,
Et
de
tout
celæil
les
fait
conclure
,
que
c’eft
com-
»
me
s'ils
difoient
;
nous
ne
voulons
pas
qu'aucune
»
Puiffance
humaine
contraigne
nôtre
Liberté,
quand
»
nous
faifons
injure
à
Dieu:
Hec
dicenres
quid
aliud
dicitis,
nifi
nulla
hominis
Poteflas
contradicat
atque
ob-
ffrepat:
noffro
libero
arbitrio,
quando
injuriam
facimus
Do.
Pour
toute
réponfe
S.
Auguftin
fe
récrie
con-
tre
une
Doctrine
fi
impie
&
fi
contraire
au
bon
or-
»
dre.
Il
en
raille
délicatement
les
Auteurs,
fur
ce
»
qu'on
ne
s'étoit
pas
avifé
plürôt
d'une
Doctrine
fi
»
commode
à
l'amour
propre,
dont
le
monde
a
été
»
fruftré
fi
long-tems;
puis-que
Moïfe
le:premier
des
»
Legiflateurs
punifloit
fi
légerement
fes
propres
in-
»
jures,
&
vengeoit
tres
féverement
celles
de
Dieu.
©
dolor!
frandata
funt
tali
magifterio
rempora
antiqua
,
quando
fanélus
Moïfes
injurias
fuas
levifime
perculir,
De:
vero
feveriffime
vendicauit.
—.
A
à
prévenir
une
nouvelle
inftance,
que
les
Ad-
verfaires
pouvoient
faire
que
ces
éxemples,
&
plu-
Jbidem.
fieurs
autres
qu'ajoute
S.
Augultin,
ne
regardent
que
le
Vieux
T
eftament,
ce
Pere
préfuppole
pour
le
Nou-
veau,
la
regle
de
S.Paul,
où
parlant
du
Prince,
ildit
13.4.
6
NETTEMENT,
qu'il
ne
porte
pas
l'épée
en
vain,
Non
enim
fine
caufa
gladinm
portar,
&il
va
encore
au
devant
de
Fexception
ordinaire
qu'ils
nous
font
des
crimes
.
contre
Dieu,
obfervant
fubrilement
que
S.
Paulavoit
appellé
PRÉFACE.
xViJ
appellé
le
Prince
en
cela
le
Miniftre
de
Dieu
même.
Il
eft
jufte
par-conféquent
qu'il
commence
par
pu-
”
nir.les
injures
contre
Dieu,
avant
celles
qui
fe
com-
mettent
contre
nous,
&
qu'il
les
punifle
mème
plus
féverement.
Quand
il
feroit
donc
vrai,
que
les
He-
retiques
n’euflent
point
ajouté
les
homicides
&
les
auties
crimes,
que
nous
verrons
en
grand
nombre
dans
cette
feconde
Partie,
l'Hérefie
feule
fufhfoit,
pour
meriter
toutes
les
peines
qu'on
y
décerne
con-
tre
elle,
au
jugement
de
ceux
qui
font
plus
touchez
des
interêts
de
Dieu,
que
de
leurs
propres
interêts.
Joignez-y
la
proportion
des
peines,
qu'elle
caufe
dans
les
ames
qu’elle
tué
pour
lerernité,
&
vous
jugerez
avec
le
même
Pere,
qu’elles
font
infiniment
plus
fu-
neftes
que
les
peines
tem
orelles
du
corps,
dont
les
Adverfaires
fe
plaignent
fi
injuftement.
Voiez,
dit-il
«
Traë.
rr.
ailleurs,
ce
qu'ils
nous
font
&
ce
que
nous
leur
fai-
«7
fons
fouffrir.
Ils
tuent
les
ames
,
&
ils
ne
fouffrent
«
que
dans
le
corps;
ils
caufent
une
mort
eternelle,
&
«
ils
fe
plaignent
des
temporelles,
&c.
Videre
qualia
faciunt,
ér
quaha
patinnrur
à
nobis,
occidunt
ani-
mas,
CT
affiguntur
tn
COrpore
;
fempirernas
mortes
facunt,
ep
temborales
Je
perpett
conqueruninr,
ETC:
Enfin
ilnous
a
fait
confiderer
avec
les
autres
Peres
,
la
propor-
tion,
où
plûtôc
la
diftance
infinie
qui
{e
rencontre
entre
les
crimes
des
voleurs,
des
larrons,
des
incen-
diaires,
&
des
autres
ravifleurs,
quels
qu'ils
foient
d’une
part,
qui
ne
caufent
pourtant
que
des
pertes
temporelles,
&
qui
ne
laiffent
pas
d'être
punis
de
mort
pour
toujours,
felon
toutes
les
Loix
:
&
d'une
|
à
7
æ
La
L2
(oi
xvii}
PREFACE.
autre
part
le
crime
de
celui
que
la
verité
même
ap-
Joan.
re.
1.
&
pelle
un
voleur
e7'
un
brigand,
qui
n'entre
pas
par
la
ie.
porte,
afin
de
mieux
raager
le
tronpean,
Ce
lont
me-
7
26
me
ces
loups
raviffans,
dont
Ecriture
nous
avertit
de
nous
donner
dé
garde.
Les
Peres
ont
ajouté
les
epi-
thetes
d'empoifonneurs
des
ames,
&
d'incendiaires
de
la
maifôn
de
Dies,
qui
portent
le
feu
par
tout.
D'où
ils
ont
conclu,
que
les
Princes
ou
he
Magiftrats
,
comme
fes
enfans,
font
obligez
de
faire
les
derniers
efforts
pour
l'éteindre,
&
pour
prévenir
les
autres
maux
infinis,
que
de
telles
gens
peuvent
caufer
dans
Ja
maïfon
de
leur
Pere.
.
Oppoñtionds
Nous
le
pouvons
conclure
d'autant
plus
hardi-
eue
ment,
qu'un
des
plus
hardis
Miniftres
de
ces
der-
eucmêmes.
niers
terms,
qui
s'étoit
declaré
d’abord
conire
les
Loix
penales
en
fait
de
Religion,
comme
contre
une
marque.
d'Éclife
anti-chrétienne,
Y
eft
revenu
enfuite
lui-mème,
touché
apparemment
par
fa
propre
expérience
des
excés
énormes,
que
l'impunité
caufe
dans
le
Païs
où
il
eft.
Il
les
exprime
naturellement
par
les
mèmes
termes,
que
nous
avons
trouvez
dans
l'Ecriture,
&
dans
les
Peres.
C’eft
le
fieur
Jurieu,
lequel
aprés
avoir
emploié
les
quatre
premiers
Chäpitres
de
{on
Hiftoire
du
Papifine
contre
les
bruleurs
d'Héretiques,
Tur.Eïf.du
pafle
enfuite
à
des
diftinétions
fur
ce
fujet,
capa-
es
bles
de
détruire
tout
ce
qu'il
avoit
avancé,
au
juge-
ment
de
fes
propres
Confreres.
S:
l'Hérefie
ef?
capi-
tale,
dit-il,
le
Magiftrat
peur
défendre
de
dogmat:
fer
far
des
peines.
Que
Ji
l'Hérerique
viole
cette
défenfe,
il
pent
être
puni
comme
violatenr
dès
ordres
du
Souverain;
€
PRÉFACE.
|
xix
de
Magifirat
obligé
de
le
chätier,
comme
corruptenr
de
la
focieré
Religienfe,
par
la
même
raifon
que
les
voleurs
€7°
les
empoifonneurs
;
dont
il
peur
réprimer
la
langue
c>
les
mains.
Énfuite
que
le
falut
du
peuple
étant
la
Jouve-
raine
Loi,
l'on
peut
en
ce
cas
arrêter
le
mal
dans
fa
fource
par
quelque
remede
violent.
Enfin
qu’on
#'eff
point
obligé
de‘
tolérer
des
Héretiques
,
qui
s'ingerent
de
tenir
des
Affémblées
,
&c.
Les
propres
Confreres
de
M:
Ju-
rieu
;
comme
j'ai
dit,
n'ont
pô
le
défendre
des
con-
féquences
de
ces
principes
par
les
degrez
de
contra-
vention,
qui
attirent
enfin
les
derniers
fupplices.
Ils
ont
confenti
qu'on
le
raïàt
du
rang
de
ces
grands
noms
_de
leur
Réforme,
comme
ils
parlent,
où
on
l’avoit
mis
d’abord
avec
les
premiers
Claude
&
Baïle,
afin,
difent-
ils,
de
mettre
le
Parti
à
couvert
de
l'infamie
de
ce
Dogme.
Il
ne
feroit
peut-être
pas
mal-aife
de
leur
faire
raïer
“encore
le
nom
de
M:
Baïle
par
les
diftinctions,
qu'il
apporte
parcillement.
C'eft
au
fujet
du
fupplice
de
Servet,
dont
les
premiers
Réformateurs
furent
les
auteurs
principaux.
Mais
quand
on
les
ôteroit
tous,
jenefçai
pas
ce
qu'ils
pourroient
répondre
au
penul-
tiéme
Article
de
leur
Confeffion
de
Foi,
qui
Leur
eft
commune
à
tous,
où
ils
font
profeflion
de
recon-
.noître
le
glaive
4
La
main
du
Magiftrat,
pour
réprimer
Confde
Foides
Les
pechex
commis
,
non
feulement
contre
la
feconde
table
n
—
des
Commandemens
de
Dieu
,
mais
auffs
contre
La
pre-
|
miere.
Car
ces
pechez
commis
contre
la
premiere
ta-
ble,
ne
renferment-ils
pas
tous
les
blafphèmes
&
cs.
autres
injures
que
les
Héretiques
ee
contre
Jhonneur
de
Dieu?
&
n'eft-ce
pas
toute
la
Doétrine
ci
xx
PREFACE.
des
Peres,
que
nous
venons
de
retoucher,
&
que
nous
allons
confirmer
par
les
anciens
&
par
les
nou-
veaux
Docteurs.
On
a
eu
grande
raifon
de
deman-
der
aux
derniers
Proteftans,
qui
fe
veulent
détacher
de
cet
Article
de
leur
Confeflion,
quoi-que
le
plus
railonnable
de
tous,
qu'ils
montraffent
un
feul
paf
fage
de
l’'Ecriture,
où
les
Héretiques
entie
tous
les
Criminels
de
Leze-Majefté-Divine
fuflent
exceptez
du
nombre
de
ceux,
contre
lefquels
Dieu
a
armé
le
bras
du
Magiftrat,
fans
qu'ils
aient
püû
y
faisfaire,
non:
plus
qu’à
la
même
demande
pour
tous
les
au-
tres
articles
que
nous
leur
conteftons.
|
ie
Cependant
quelques-uns
d’entr'eux
avancent
aufli
riquedes
To-
hatdiment
ques’ileftoit
vrai,
qu'il
y
a
des
preceptes
de
in
Pets
f4s-Chrift
_
nous
enfeignent
à
n'emploïer
contre
l'Hé-
ea
retique
que
les
raifons
€r
les
exhortations.
Ils
feroient
.
éion,
bien
empéchez
à
montrer
ces
préceptes,
fur
tout
pour
l'exclufive
de
tout
autre
moïen,
quoi-que
nous
mettions
toujours
ces
deux
derniers
moïens
le
pre-
muers
en
pratique,
&
que
nous
n’aïons
point
man-
qué
d’exclure
la
violence
,
qui
ne
va
pas
à
la
perfua-
fion.
Nous
voulons
bien
encore
le
confirmer
par
un
mot
de
Tertullien,
qui
n’a
pas
été
cité
en
fon
lieu,
&
dont
nos
Adverfaires
auroient
plus
de
fujet
d’abufer,
Contra
Sesp.
»
{1
nous
ne
l’expliquions,
comme
les
autres.
La
Re-
"
»
ligion,
ditil,
ne
veut
point
forcer
celle
des
autres,
»
cile
doit
être
embraflée
librement
&
fans
contrain-
»
te:
Mon
eff
Religionis
cogere
Relirionem,
que
fhonte
f4f
cipi
debet
,
non
vi.
Rien
de
plusvrai
que
ce
principe.
Mais
pour
le
mieux
expliquer,
il
ne
faut
que
lui
ap
PREFACE.
|
XX)
pliquer
les
obfervations,
qu'on
a
faites
fur
les
autres
femblables
par
les
circonftances
du
tems.
Elles
ont
encore
plus
de
lieu
au
fiecle
de
Tertullien,
au
mi-
lieu
des’plus
terribles
perfecutions,
dont
{e
fervoient
les
Païens
avec
la
derniere
barbarie,
pour
induire
les
Chrétiens
à
rentrer
dans
leur
Religion.
Il
a
grande
raifon
de
foutenir
que
la
nôtre
eft
trop
fainte,
pour
emploïer
de
tels
moïens.
On
ne
fçait
pas
s'il
n'avoit
pas
encore
un
égard
particuher
à
la
ditinction,
que
P
autres
Peres
ont
trouvée
fondée
dans
S.
Paul,
fcavoir
qu'il
faut
encore
moins
ufer
de
violence
en-
vers
les
Infidéles,
qui
ne
font
pas
foumis
à
nos
Lotx.
Ce
font
ces
Etrangers,
dont
l'Apôtre
ne
vouloit
pas
«
r.
Cor
s
re.
même
qu'on
jugeàt
par
le
mème
principe
:
Qwid
Mit
«
de
bis,
qui
foris
Jant,
judicare
?
Mais
fur
un
autre
prin-
cipe
du
même
Apôtre,
qui
témoigne
que
quicoN-
“
Ga.
s
#5
que
recoit
la
Loi
de
la
Circoncifion,
fe
foumet
à
tout
«
le
refte-de
la
Loi
de
la
Synagooue,
dont
elle
eft
la
«
‘porte:
Tofhficor
omni
bomini
circumcidenti
[e,
quoniam
debitor
ef
univerfe
Legis:
ces
Peres
ont
foumis
a
tou-
tes
les
Loix
de
lEohfe,
non
feulement
tous
les
Ca-
tholiques,
mais
tous
les
Sectaires,
qui
ont
reçu
fon
Barème,
lequel
tient
la
place
parmi
nous
de
la
Cir-
concifion,
Et
ils
en
ont
conclu,
qu’on
les
peut
en-
fuite
prefler
par
toutes
les
voïes
d'autorité,
de
ren-
trer
dans
leur
devoir.
On
y
rapporte
un
autre
ۖ-
droit
de
Tertullien
qui
eft
aflez
formel,
quoi-qu'il
n'y
parle
pas
encore
des
peines
corporelles,
que
la
conjoncture
du
tems
ne
permettoit
pas.
Maisilveut
:
qu'on
agile
tout-autrement
contre
l'Héretique
pour
c
ii
n
Loi
xxij
PREFACE
*
Je
forcer
à
rentrer
dans
fon
devoir.
Il
faut
dompter,
*
dit-il,
fa
dureté,
qui
n’a
pas
voulu
fe
laïffer
perfua-
3
Se...”
der
:
Hareticos
ad
officium
compelli,
non
illici
dignum
eff,
Réfutation
de
a
même
obje-
tion
dans
le
teims
MOICNe
duritia
vincenda
,
non
faadenda.
Il
veut
dire
qu'il
n'y
faut
plus
emploïer
les
raifons
fubtiles,
propres
à
per-
perfuader
;
fuivant
encore
le
mème
Apôtre,
nor
in
perfuafbilibus
bumane
fapientie
verbis,
&c.
Maïs
tou-
tes
les
autoritez
les
plus
fortes
de
l'Ecriture
&
de
lEglife,
qui
pourront
le
convaincre,
&
enfuite
le
difpofer
à
la
perfuafon.
Ce
n’eft
donc
pas
_
les
feules
raifons
&
par
les
exhortations,
comme
les
Ad-
verfaires
le
vouloient
établir
fur
un
Commande-
ment
de
Nôtre-Seigneur,
que
nous
ne
trouvons
DIAGES
SRSSR
Laïfflant
maintenant
les
témoignages
des
autres
Peres
de
ces
premiers
tems,
qui
ont
été
aflez
dé-
velopez
dans
la
premiere
Partie,
nous
confirmerons
feulement
ces
principes
par
l'autorité
du
Pape
faint
Gregoire
le
Grand,
qui
tenoit
un
fi
haut
rang
dans
toute
l'Eolife
du
tems
moïen,
pour
montrer
qu'ils
y
étoient
encore
reconnus.
Son
Kegiftre,
dont
nous
avons
fait
un
extrait
trés-ample,
roulle
fur
ces
foli-
des
fondemens.
On
fe
peut
contenter
ici
de
fa
lettre
au
Diacre
Cyprien
adminiftrateur
du
patrimoine
de
S.
Pierre
en
Sicile,
pour
établir
une
difference
à
peu-
prés
femblable
entre
les
Héretiques
une
fois
bapti-
Lez,
&cles
Juifs,
qui
n’aïant
pas
reçu
le
batéme,
n°€-
toient
pas
plus
fourmis
à
FEolife,
que
les
Païens.
A
l'égard
des
+
il
renouvelle
ce
qu'il
avoit
fe
7
.
;
®
se
:
.
<
déja
écrit
plufeuts
fois,
qu'il
les
faut
pourfuivre
par
AIT
+
PRÉFACE
.
xxiij
toutes
fortes
de
voies,
pour
les
faire
revenir
à
la
foi
Catholique;
&
enfin
{élon
Le
beloin,
former
une
efpece
d’Inquifition
par
lui-mème
ou
par
fes
offi-
ciers,
pour
ne
leur
donner
point
de
repos.
Il
yade
l'apparence
qu'il
les
fait
pourluivre
ainfi
chaudement,
patce-que
c'étoient
des
Manichéens,
qui
fe
cachoient
foigneufement,
&
qui
avoient
été
jugez
trés-dange-
reux
au
bien
public
par
les
Loix
Romaines
les
plus
anciennes.
Saint
Grégoire
ne
les
ignoroït
pas
:
De
Marichais,
dit-il,
qui
2n
pofffonibs
noffris
funt
,
fre-
guenter
dilelionem
tuam
admonni,
ut
eos
perféqui
fam-
mopere
debeas,
atque
ad
fidem
Catholicam
revocare.
Quod
fr
tempus
exigat
per
te
,
€g
fr
pro
aliis
caufrs
non
lice,
per
ahos
fôlerter
imquire.
Mais
à
l'égard
des
Juifs,
il
ne
veut
pas
pas
qu'on
ufe
d'autres
moïens
que
des
bienfaits,
en
cas
qu'ils
vugillentfe
convertir
:
&
quoi-
ue
cela
paroifle
un
peu
interellé,
ilne
défefpére
pas,
qu'il
n'y
ait
quelques
converfons
finceres
parmi
eux,
non-plus
que
parmi
les
Manichéens
par
la
crainte.
En
tout
cas,
pourfuit-1l,
on
aura
la
confolation
de
fauver
leurs
enfans,
fur
lefquels
on
fonde
la
princi-
pale
efperance.
C’eft
pourquot
il
ne
veut
pas
qu'on
plaigne
pour
Famour
de
Jefus-Chrift
quelques
re-
miles
de
leurs
tributs
qu'il
appelle
penfions
:
Awr
spfos
ergo
,
AU
eOrHm
filios
luèramur
;
eg
ideo
non
eff
grave,
quidquid
de
penfione
pro
Chriflo
dimisrimus.
Nos
derniers
Adverfaires
ont
voulu
railler
fur
ces
fortes
d’appas
our
les
converfions.
Mais
fans
leur
reprocher
cel-
les,
dont
ils
fe
font
fervis,
&
dont
ils
fe
fervent
encore
tous
les
jours
pour
attirer
ceux
qu
ils
débau-
iv
PRÉFACE.
|
chent
de
nôtre
fainte
Religion
;
nous
préférerons
toujours
Le
jugement
des
anciens
Peres,
les
plus
de-
fintéreffez
qui
furent
jamais,
à
leurs
fentimens
par-
ticuliers.
Dieu
même
nous
a
donné
l’éxemple
de
lune
&
de
l'autre
conduite
par
les
impreflions
de
crainte
&
d'amour,
ou
de
reconnoiflance,
qu'il
em-
_ploie
tous
les
jours,
pour
détacher
les
hommes
des
erreurs
&
des
terreurs
qui
les
arrètent.
Aufli
encore
que
ces
converfions
ne
foient
peut-être
pas
fi
fince-
res
ni
fi
pures
d'abord,
elles
acquérent
avec
le
tems
par
les
autres
deorez
une
parfaite
maturité
:&ileft
toujours
vrai
de
dire
que
Dieu
attire
à
foi
les
ames,
par
d’autres
voies
que
celles
que
les
Adverfaires
nous
propofent,
fans
les
fuivre.
|
|
Concoursde
Les
Princes
Chrétiens
de
tous
les
fiecles
ont
cru
san.
JC
devoir
conformer
à
cette
conduite.
Ils
ont
cru
usdes
de
même
la
pouvoir
pouffer
contre
tous
les
Infideles,
même
fin,
So.
Païens
,
Juifs,
&
Sarrafins
de
leurs
Etats;
parce
no
qu'étant
leurs
fujets,
fournis
à
leurs
Loix,
quoi-qu'ils
“ificulez.
ne
fuflent
pas
encore
foumis
à
celles
de
FEglife,
ils
fe
font
cru
obligez
de
procurer
leur
falut
par
toute
forte
de
voies,
felon
la
Loi
fondamentale
des
Etats
bien
reglez.
A
plus
forte
raïfon
ont-ils
cru
devoir
agir
de
même
contre
les
Héretiques.
Nous
avons
vü
que
les
Peres
&
les
Conciles
de
tous
ces
temslà
n'ont
eu
garde
de
blâmer
cette
conduite.
Ils
Font
feulement
modifiée
en
quelques
rencontres,
quand
ils
y
ont
remarqué
de
lexcés.
C'eft
ce
qui
nous
a
paru
dans
toute
la
premiere
partie
de
ce
Traité,
par
delà
mème
le
1x.
ed.
ÿ
joignant
par
bas
_
quel-
PREFACE.
XXV
quelques
éxemples
continuez
jufque
dans Je
xrr.
fiécle,
qui
devoient
appartenir
à
la
feconde
Partie,
où
nous
entrons.
Nous
y
joindrons
encore
ici
par
avance
un
Auteur
célebre
du
xrrr.
fiécle,
qui
ne
s'eft
as
trouvé
dans
les
manufcrits
du
Pere
Thomaflin.
C'eft
le
fcavant
Euc
de
Tui
en
Galice,
où
il
mourut
Evèque
aprés
lan
1270.
11
femble
avoir
récapitule
|
la
meilleure
partie
de
ce
que
nous
avons
rapporté
des
Exemples
&
des
Regles
de
l'ancien
&
du
nou-
veau
Teftament,
avec
l'interprétation
des
SS.
Peres,
dans
fes
trois
Livres
contre
les
Albigeoïis.
Nous
n'en
tirerons
ici
que
fes
réponfes
à
quelques
nouvelles
inftances.
qu’on
nous
oppofe
encore
aflez
fouvent,
fous
prétexte
que
les
Loix
&
les
éxemples
du
vieux
Teftament
ne
regardent
pas
le
nouveau,
dont
Pet
pric
eff
fi
different.
Il
foutient
au
contraire
à
la
fin
“
Eae.Tudenf,
de
fon
dernier
Livre
contre
les
Albigeois,
que
nôtre
*
nn
Seigneur
nef
pas
ven
abolir
l'ancienne
Loi,
mais
la
«
perfectionner
,
comme
il
s'en
explique
lui-même
dans
“za
l'Evangile,
ÿ
joignant
efprit
de
charité,
qui
lui
eft
«
=
propre.
C’eit
ce
qu’il
a
encore
fait
comprendre
par
«
quelques
Paraboles
aflez
précifes,
felon
le
ftÿle
de
{on
terms
;
particuliérement
par
celle
du
Roi,
que
fes
«
zdem
22.
compatriotes
avoient
rejette,
&
qui
fut
obligé
d'en-
«”
voïer
fes
armées
contreux
pour
les
punir
principa-
«
lement
d’avoir
maltraitté
fes
ferviteurs;
ce
qu'il
ex-
«
plique
des
Rois
mêmes
qui
font
gloire
de
le
fervir,
«
en
châriant
les
vices
ou
les
erreurs
pour
épargner
«
les
perfonnes.
L'Auteur
ajoute,
que
s'ils
s'en
acqui-
«
tent
avec
prudence
&
fidelité,
aimant
les
hommes,
«
de
XXV]
PREFACE.
»
&
haïffant
leurs
deffauts,
ils
en
recevrontune
récom-
»
penfe
éternelle:
Qwod
fr
prudenter
gx
devore
executi
|
fuerint
,
cum
dileéfione
hominum
e7°
odio
svitiorum
,
inde
remunerationem
à
Domino
accipient
[empirernam.
C’efk
ainfi-que
le
Roi
S:
Louis,
&
plufieurs
autres
Prin-
ces
du
tems
de
cet
Auteur,
avoient
fait
la
guerre
aux
Héretiques
&
aux
Infideles,
juftifiant
leurs
Croi-
fades
par
les
armées
de
la
Parabole,
envoïées
contre
ceux
qui
ont
fecoié
le
joug
du
Seigneur,
pour
tà-
cher
de
les
y
foumettre
de
nouveau,
ou
du
moins
d'empécher
qu'ils
ne
nuifent
aux
autres.
|
Siaien
ere
+
Gas
propofé
de
leur
tems.
S.
Thomas,
qui
er.
vivoit
auf
alors,
n'avoit
garde
de
ne
le
pas
traiter
pars.
Thomas,
dans
fa
Morale
avec
toute
l'éxactitude,
que
fa
me-
faivi
de
fes
—
-
=
|
<
scohfique.
thode
précife
de
raifonner
lui
avoit
acquile.
Il
de-
2:
2
Quafte
mande
expreflément,
$:
on
peut
contraindre
les
Infide-
rl,
8.
È
,
|
.
»
les
à
la
for
?
Er
il
répond
avec
la
diftinttion
préfup-
»
pofée
des
Infideles
qui
n’ont
jamais
embrafle
ke
foi,
»
comme
les
Païens
&
les
Juifs,
d'avec
les
Héretiques
»
&
les
autres
Apoftats
qui
l'ont
reçué
&
abandonnée.
»
Ilaccorde
qu'on
ne
force
point
les
premiers
;
parce-
»
que
la
foi
doit
être
volontaire,
&
qu'ils
ne
l'ont
»
point
encore
embraffée
volontairement,
non-plus
»
que
le
barème.
Il
veut
feulement
qu'on
empêche,
f1
»
on
en
a
le
pouvoir,
qu'ils
n'apportent
des
empèche-
»
mens
à
la
foi
des
autres
par
leurs
blafphèmes,
&
par
»
leurs
perfécutions.
C’eft
fur
cela
proprement
qu'il
»
fonde
le
droit
des
guerres
&
des
Croifades,
qu'on
»
à
cntreprifes
contreux,
fous
les
ordres
des
Souve-
-
rains
qui
les
ont
conduites.
Mais
quant
aux
Héreti-
PRÉFACE.
_
xxx
ment
de
cette
impreffion
maligne,
qu'on
leur
avoit
*
donnée
contre
nos
divins
Myfieres,
&
ils
en
rendi-
«
rent
de
tres-humbles
aétions
de
graces
à
Dieu
a
ss
les
y
avoir
attirez,
quoi-qu'un
peu
à
regret
d'a
ord
«
&
comme
à
coups
de
foüet,
afin
de
les
réveiller
de
«
leur
parefle
:
Gratias
Domino
,
qui
rrepidationem
noffram
«
flagello
abftlit,
expertos
docuit,
quan
vana
eg
inania
de
Ecclefia
faa
mendax
fama
jattawerit.
On
voit
par
tout
cela,
que
les
Donatiftes
n’avoient
gueres
meilleure
opinion
de
nos
Sacremens
auparavant
leut
réünion,
que
nos
derniers
Réünis,
&
qu'on
ne
laifloit
pas
de
Les
preffer
d’en
approcher;
bien
entendu
qu'on
des
defibufoit
de
ces
terribles
préventions,
en
les
ra-
prochant.
C’étoit
doncle
moïen
de
les
defabufer,
au
Écu
que
l'éloignement
n'étoit
propre
qu’à
entrete-
nir
leur
averfion,
que
les
mauvais
ace
des
faux-
freres
ne
faifoient
qu'augmenter.
Nous
avons
eu
la
confolation
d’en
voir
plufieurs
touchez
même
de
la
verité
de
nos
Myftéres
par
la
prélence
du
Seigneur,
qui
leur
a
fair
goñrer
fénfiblement,
combien
il
ef}
doux
à
ceux
qui
le
reçoivent
avec
crainte
CT
confiance
;
COMME
S.
Auguftin
nous
apprend
encore,
qu'on
Je
chantoit
alors
dans
les
Communions.
Voila
donc
affez
de
ref-
femblance
entre
les
anciens
Donatiftes
&
nos
der-
niers
Proteftans,
pour
appliquer
les
mêmes
remedes
à
leurs
befoins
communs.
Mais
quand
ce
qu'on
nous
objece
de
leur
difparité
feroit
vrai,
on
n'en
pour-
roit
conclure
autre
chofe,
finon
que
les
derniersfont
encore
plus
coupables,
comme
en
effet
ils
le
font
in-
finiment
davantage,
&
par-conféquent
plus
dignes
|
Pfal.
33.v.
9.
Refte
d’obje=
€tion
tirée
des
interêts
de
PEtat,
KXXIV
PRÉFACE.
des
traitemens
dont
ils
fe
plaignent,
pour
avoir
plus
corrompu
leur
foi
&
leurs
pratiques.
On
n’a
pas
hit
fé
de
mêler
dans
ces
traitemens
toute
la
douceur
&
la
charité
pofhble,
felon
lefprit
du
gouvernement
préfent,
quand
il
n’auroit
pas
été
infpiré
par
l'Eglife,
pour
les
attendre
patiemment
à
penitence.
C’eft
peut-être
pour
y
répondre
par
une
vraïe
re-
connoiffance,
que
quelques-uns
fe
font
encore
avilez
de
s'intérefler
dans
les
befoins
de
l'Etat,
&
d'en
tirer
la
derniere
remontrance
qu'ilsont
voulu
faire.
Elle
leur
eftencore
commune
avec
les
Tolerans,
que
nous
ap-
pcllons
Politiques,
Ils
répréfentent
tous,
que
rien
n'af
foiblir
tant
les
forces
d'un
Etat,
que
ces
eignées
copien
fes
e7°
violentes
qu'on
y
fait
pour
la
Religion,
en
l'évacuant
d'un
grand
nombre
de
Sujets
:
ce
qui
attire
aprés
[oi
une
infini-
té
d'inconveniens.
Nous
en
demeurons
d'accord,
&
nous
n'en
avons
que
trop
d'éxemples
de
nos
jours,
&
dans
les
deux
fiecles
derniers,
tant
au
dedans
qu'au
|
dehors
du
Roïaume.
On
fçait
ce
qui
arriva
déshafin
du
xv.
fiecle
en
Efpagne,
lorfque
Ferdinand
d’Arra-
gon
&
Ifabelle
de
Caftille
fa
femme
prirent
à
cœur
la
converfion
des
Juifs
&
des
Sarrafins
de
leurs
Etats.
Ils
y
acquirent
à
la
verité
le
furnom
de
Catholiques.
Mais
ils
y
perdirent
quantité
de
bons
Sujets,
avec
des
richefles
immenfes
qu'ils
emportérent
avec
eux.
Ce-
pendant
ces
Princes
ne
fe
rebutérent
pas
pour
cela.
Afin
de
purger
de
plus
en
plusles
Efpagnes
de
ce
le-
vain
de
corruption,
ils
confeillérent
à
Dom
Emma-
nuel
Roï
de
Portugal
d'en
faire
autant
dans
fes
Etats,
ce
qu'il
exécuta
avec
quelque
diverfité,
LesRoisPhE
PRÉFACE.
TN
fippe
Il.
&TIL.
ont
continué
dans
le
fiecle
fuivanrt,
ce
que
leurs
Prédeceffeurs
avoient
commencé,
enchaf-
fant
jufqu'à
deux
cens
mille
Morifques,
qui
étoient
reftez,
&
qui
machinoient
fous
main
contre
l'Etat.
Voila
image
de
ce
qui
s’eft
pañfé
en
France,
quelque
précaution
qu'on
y
eût
prife
pour
empècher
les
{or
ties,
enménageant
les
perfonnes.
Il
eft
donc
vraï
que
ces
entreprifes
dépeuplent
ordinairement
un
Roïau-
me
&
aftoibliflent
les
Etats.
Mais
en
cela
les
Princes
montrent
encore
mieux
leur
defintéreffement
&
leur
zele
le
plus
pur
,
qui
tend
plus
à
peupler
le
Ciel
que
la
terre,
&
à
donner
plus
de
Sujets
à
Dieu,
qu'à
eux-
mèmes.
On
ait
encore
la
part
qu’
eut
le
grand
Car-
dinal
Ximénez
dans
la
premiere
converfion
des
Mau-
res,
lui
qui
pañle
pour
un
des
plus
habiles
Politiques
qui
fuc
jamais.
Il
y
emploïa
tous
les
moïens
de
la
dou-
ceur
&
de
la
fermeté
,
qu'on
a
juftifiez
dans
ce
Traité,
mais
que
M.
Fléchier
Evèque
de
Nimes
a
relevez
avec
toute
la
force
de
fon
éloquence
dans
fa
vie,
qui
merite
d'être
luë
particuliérement
fur
ce
fujet.
On
voulut
oppofer
à
ce
grand
Cardinal
les
Conciles
de
Tolede,
que
nous
avons
vüs
dans
nôtre
premiere
Partie;
mais
il
y
répondit
avec
beaucoup
de
lumie-
re,
&
agit
encore
mieux,
faifant
voir
Île
danger
qu'il
y
ade
mollir
dansdes
entreprifes
de
cette
conféquen-
ce.
Nous
avons
EnCOre
PIOUVÉ,
que
cela
a
plus
de
heu
contre
les
Héreriques,
que
contre
les
Infideles,
par
les
principes
préfuppolez.
Ce
n’eft
pas
qu'au
fond
il
y
ait
grande
difference,
puifque
Nôtre
Seigneur
ne
traitte
pas
autrement
l'Héretique,
&
quiconque
n'éços
ci
*Xxv)
PREFACE.
te
pas
l'Eclifé,
qu'un
Infidele
ou
un
Païen.
Ye
{çai
qu'il
y
auroit
encore
une
plus
grande
difference
à
faire
entre
les
Juifs
&
les
autres
Etrangers.
L'Eclife
Ro-
maine
la
plus
attachée
aux
maximes
de
PApôtre,
qui
nous
fait
efperer
la
converfion
des
premiers
à
la
fin
des
fiecles,
les
à
toujours
épargnez
&
les
con
{crve
encore
aujourd’hui
fur
fes
terres,
quand
ce
ne
feroit
que
pour
rendre
ne
de
nos
Ecri-
_
tures
aux
autres
Infideles.
Mais
les
Princes,
qui
ont
éprouvé
tant
de
fois
leurs
perfidies
&
leurs
cruau-
tez,
n'ont
pas
êté
par
tout
fi
patiens;
on
les
a
ban-
nis
de
France
jufqu'à
trois
fois,
&
en
cela
on
a
don-
né
léxemple
à
l'Ef
agne
de
s’en
défaire,
quand
on
en
a
vû
les
inconvéniens,
quelque
perte
temporel-
le
quienarrivât.
-
|
:
Quoi-qu’il
en
foit
à
cet
égard,
les
Sujets
ne
doi-
vent
pas
être
plus
fenfibles
aux
interêts
de
l'Etat,
que
les
Princes
mêmes,
dont
ils
devroientadimirer
&
imiter
le
généreux
defintéreflement.
Mais
on
void
bien,
que
ce
n’eft
pas
ce
qui
touche
davantage
nos
P.Réformez
que
les
interèts
de
l'Etat,
quand
ils
al-
léguent
ces
inconveniens.
Ils
y
euffent
pû
remedier
eux-mèmes,
s'ils
euffent
eu
un
veritable
amour
pour
l'Etat.
Mais
loin
de
marquer
cette
fidelité
par
leur
at-
tache
inviolable:à
leur
Patrie,
on
n'a
que
trop
éprou-.
vé
d’ailleurs
combien
ils
y
étoient
contraires
en
paix
&
en
guerre.
Ce
fera
le
fujet
particulier
de
la
der-
nicre
Partie
de
nôtre
Supplément,
où
l'on
verra
qu'outre
la
confidération
de
la
Religion,
qui
a
fervi
de
premier
motif
au
Prince
;
à
tout
confidérer
on
a
PREPACE.-
rev
trouvé
qu'il
gagnoïit
plus
qu'il
ne;
perdoit,
en
per-
dant
des
Sujets
fi
peu
affctionnez
&
fi
capables
de,
broüiller,
C'étoit
prefque
autant
d’ennemis
dome
tiques,
qui
ne
pouvoient
qu'affoiblir
les
forces,
&
augmenter
les
maux
de
l'Etat.
Ajoutez
celui
de
la
corruption
des
fentimens,
qui
dégeneroient
tous
les:
jours,
&
qui
ne
portent
que
malheur.
Il
a
fallu
le-
ver
toutes
ces
difhicultez
avant
que
d'entrer
dans
cette
feconde
Partie,
qui
les
touche
de
plus
prés,
{clon
les
avis
que
de
tres-habiles
gens
nous
ont
donnez.
Nous
n'avons
garde
de
fairétomber
aucunde
ces
re-
pes
far
les
bons
Convertis,
qui
ont
montré
pat
eur
droiture
&
par
leur
fidelité
à
toute
épreuve,
qu'il
n'y
avoit
que
le
malheur
de
la
naiffance,
qui
les
eut
arrêtez
dans
l'erreur
&
dans
fes
funeftes
fuites.
Ils
n’en
ont
pas
été
marché
fur
le
mème
plütôt
defabufez,
qu'ils
ont
pied
que
les
anciens
Catholi-
ques
dans
tous
les
devoirs
de
leur
état
&
de
leur
profeffion.
-
|!)
errata
de
la
Seconde
Partie
de
ce
Traité.
Pag.
r.
ligne18.
1v.
lifez
tx.
p.265.
1.11,
r12.erreu,
Hf.erteur.
sl
25.
nous,
lif
vous.
:
©!
|
p.294.
l:34.obligation,
Bf-obliger.
?.
37-l.6.
Tanchclin,
lif.Tanquelin.
p.295.
L.
9.
donné,
hf.
donnée.
D:56.
L.
21.
trouveroient,
Wf
trouveroit.
:
p.
292.1.
r6.
fans,
Hf
fous.
#5.
delapas.
Müj,l
12
par,
Üifpas.
p.
304.
L.
rs.
relolu,
dif.
refolu.
?:
08.
L.
13.
particliers,
Wf
particuliers.
p.
326.
L.
19.
s'ils
s’étoient,lif.s’ils
étoieng.”
2:
138.1.
19:48,
Apoñolicam,
lif.
Apoñto-
p.235.
L.18.
fe,
lif.
le,
Las
(Ga
RSR
p.374
L.
6.la,Ufle.
?.
183.
7
redure,
lif.
réduire.
“p.39.
l.
0.
capables,
if
coupables.
Ibid.
l,
25.
Epfcopale,
lif.
Epifcopale.
p.
483.
l.
19.
premettoit
,
if.
permet=
?.
168.1.
5.
vrop
de
bonne,
Hfrtropbonne.
toit"
0
kars
lze
ou,
Han
tbia,
1,
26,
dernier
;
bif.
premaicr.
ne
5
À
€
;
TRAITE
TRAITÉ
HISTORIQUE
DES
ED
TRS,
DES
AUTRES
MOIENS,
dont
on
s’eft
fervi
dans
tous
les
temps,
pour
établir,
&
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
SO
-E-C-O-N
DE
DEAR
FLE,
Où
l'on
explique
les
Loix
des
Princes
avec
les
Decreis
de
l'Echje,
ex
ce
qui
s’eft
pal]é
de
plus
confiderable
contre
les
Seéles
[urvennës
depuis
le
IX.
fiecle,
juf-
:
quan
fiecle
dernier.
|
à
On
finit
par
un
SupPLE
MENT
depuis
ce
temps-là
:.-juéqu'a
prefent.
"CHAPITRE
PREMIER.
Quel
traitement
on
à
fait
aux
Hérétiques
avant
{eur
Con-
vetfion,
ou
aprés
quand
ils
reromboient;
tant
_*
en
Occident,
qu'en
Orient.
J.
Cette
quefion
traitée
par
Hincmar
dés
le
LV.
fiecle,
felon
tou-
tes
les
Loix
@
les
Decrets
de
divers
temps.
IT.
Quelle
conduite
faint
Auguflin,
qu'il
propofe
d'abord,
avoit
preférite
contre
ceux
qui
fe
contentoient
de
demeurer
dans
le
filence,
aprés
la
condam-
_
nation
de
la
doëtrine
de
Pelage,
qu'ils
avoient
auparavant
fou-
tenue.
III.
Ce
pere
diffingue
trois
fortes
de
perfonnes
,
qui
favo-
*
rifoient
en
fecret
la
doitrine
condamnée
I
V.
VW.
Quelle
conduite
des
fimples
Fideles
doivent
tenir
envers
ces
fortes
de
gens.
WI.
à
Avis
de
fainb
Gregoire
à
une
Dame
[ufpeite
de
tenir
les
trois
IT.
PART.
Chapitre
I.
To.1.pag.
329.
&
feq.
Ch
EX
n
Il.
III,
Ep:f.
104.
2
Traite
des
Edits,
eo
des
autres
moïens
Chapitres,
qui
avoient
été
condarmnez
dans
le
V.,
Concile;
quels
moiens
il
veut
qu'elle
emploie
pour
[e
juffifier
auprés
des
moin-
dres
fidéles.
VII.
Du
xéle
indifèret
de
quelques
Fidéles.
VIII.
Combien
eff
preffante
l'obligation,
que
nous
avons
de
fatisfaire
tons
les
Fidéles,
[ur
les
moindres
[onpçons,
qw'ils
ont
de
nows.
TX.
Combien
il
fant
être
éloigné
d'avoir
de
mauvais
foupcons
de
la
foi
des
autres.
X.
Sices
deux
regles
étoient
obfervées
les
er-
reurs
©"
les
diffenfions
feroient
bien-tôt
finies.
XI.
Combien
ceff
une
erreur
déteffable
de
dire,
que
les
juremens
@*
les
anathèmes
em-
ploiez
pour
déclarer
[a
foi,
ne
font
de
nulle
force.
XII.
Terres
de
PEglife
laïfées
aux
Hérétiques
pour
faciliter
leur
reconcilia-
tom.
XIII.
Loix
ufitées
dans
le
reffe
de
l'Occident
&
particu-
-
Berement
en
Efpagne
©
en
France
pour
rendre
ces
Roïanmes
tout
Catholiques
©
trés-Chrétiens,
felor
Hinemar.
X
IV.
.
Témoigna-
ge
de
Theophane
[ur
les
peines
de
mort
décernées
contre
les
Héré-
tiques
Manichéens.
XV.
Réflexions
[ur
ce
récit
de
Theophane.
Premiere
reflexion,
ces
peines
de
mort
n’étoient
que
pour
les
Ma-
michéens.
Seconde
reflexion.
X
VI.
Comment
le
Patriarche
Nice-
phore
pent
avoir
influé
dans
la
Loi
@
dans
le
jugement
de
mort
contre
les
Manichéens.
XV
IT.
Troifiéme
réflexion.
On
remarque
dans
l'antiquité,
€
parmi
les
Grecs
les
traves
de
noffre
Droit
Ca-
nonsque
fur
les
peines
des
Hérétiques.
X
VIII.
Quatriéme
réfle-
xion.
Réponfe
aux
exemples
de
Theophane.
:
L.
H
Incmar
Archevèque
de
Reïms
à
traité
dés
leIX.
fiecle
la
queftion
que
je
propofe
ici,
&
a
recueilli
‘ce
qu'il
avoit
trouvé
de
plus
beau
fur
cela,
dans
les
Loix,
dans
les
Conciles
&
dans
les
Decrerales
des
Papes.
C’eft
dans
fon
ouvrage
de
la
Prédeftination;
où
il
ne
manque
pas
de
rapporter
une
partie
des
Loix
du
Code
Théodofien,
que
nous
avons
alleouées
&
expliquées
aprés
lui
avec
ce-
lui
de
Juftinien
dans
noftre
premiere
Partie.
Il
n’oublie
pas
non
plus
les
anciens
Decrets
de
l'Eglife
contre
ceux,
qui
cachent
encore
dans
le
cœur
les
mêmes
erreurs,
aufquel-
les
ils
ont
renoncé
de
bouche.
On
peut
le
confulter
&
imi-
tér
fa
conduite,
en
reprenant
les
chofes
de
plus
haut.
_
FT.
Saint
Auguftin
dont
il
dit
d’abord
que
les
Papesont
fuivi
la
do&rine,
écrivant
à
Sixte,
Prêtre
de
l'Eolife
Ro-
maine,
&
depuis
Pape,
lui
donnoit
cet
avis,
qu'il
ne
falloit
pas
feulemenr
emploïer
une
févérité
falutaire
contre
ceux
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
3
qui
favorifoient
publiquement
le
Pélagianifme;
mais
aufh
contre
ceux
qui
ne
cefoient
d’infpirer
les
mêmes
fenti-
‘mens
en
fecret
&
avec
crainte:
enfin
qu'il
ne
falloit
pas
même
négliger
ceux,
que
la
crainte
forçoir
de
tenir
dans
un
profond
filence
les
fentimens
qu'ils
avoient
;
mais
qui
confervoient
toujours
dans
leur
ame
ces
fentimens
dam-
nables.
Car
vous
en
avez
connu
plufieurs,
dit-il,
qui
tenoient
ces
erreurs,
avant
mème
que
le
jugement
du
Siege
Apoÿtoli-
que
les
ct
condamnées
;
qui
demeurentepréfentement
dans
le
filence
,
&
dont
on
ne
pourra
féavoir
s'ils
ont
changé
de
fen-
riment,
fi
ce
we}
guandils
ne
[e
contenteront
pas
d'enfeve-
lir
dans
Le
filence
leurs
premieres
erreurs,
mais
qu'ils
foñtien-
dront
La
doëtrine
contraire
avec
l'ardeur
qui
leur
eff
ordinaire.
Ces
derniers
neanmoins
doivent
être
traiteX
avec
beaucoup
de
douceur.
Car
qwefl-il
befoin
de
leur
donner
de
la
terreur,
_puifque
leur
fence
montre
affez
combien
ils
font
effraicz.
Ef
peanmoins
il
ne
faut
pas
les
négliger,
comme
S'ils
étoient
JI.
PART.
Chap.
I.
gueris:
ce
font
ces
bleffures
cachées
qui
demandent
le
plus
d'ap-
plication
du
medecin.
Il
ne
faut
pas
les
intimider,
vais
les
inféruire
;
ce
qui
eft
d'autant
plus
facile,
que
la
crainte
de
la
féveritévient
au
fasours
de
la
doitrine
de
la
wverité,
afin
qu'-
avec
l'affiffance
de
Diew,
la
connoiffance
@
l'amour
de
la
gra:
ce
les
falle
parler,
leur
falfe
dire,
ce
qu'ils
n'ofent
dire
pre-
fentement.
:
III.
Voilà
trois
fortes
de
perfonnes,
que
faint
Auguf-
tin
difinguoit,
aprés
la
condamnation
des
erreurs
de
Pé-
lage
par
l'Eglife
Romaine,
&
fur
lefquelles
il
vouloit
que
les
Evêques
veillaffent,
wigilantiä
Paflorali.
Les
premiers
étoient
ceux
qui
fe
donnoient
une
entiere
liberté
de
foù-
tenirce
qui
avoit
été
condamné,
&
contre
ceux-là
ce
Pere
vouloir
qu'on
déploïât
une
jufte
févericé,
/#ubri
féverirate
pleifantur.
Les
feconds.
éroient
ceux
qui
cachoïient
leurs
mauvaife
doctrine,
fans
la
corriger,
&
qui
cherchoient
les
occafons
de
la
répandre
en
fecret.
Enfin
les
derniers
étoient
ceux
qui
fe
condamnoient
à
un
filenceopiniâtre,
ne
laif-
fant
rien
échaper
de
leurs
premieres'erreurs
;
mais
ne
fe
dé-
_clarant
auffi
jamais
en
public
pour
la
doëtrine
contraire
de
A
ij
Traité
des
Ediis
,
eo
des
autres
moïens
11:
Parr.
l'Eglife.
Saint
Auguftin
demande,
qu'on
aït
beaucoup
de
Chap.
L
douceur
pour
ces
derniers;
mais
qu'on
les
inftruife,
&
qu'-
Epifl.
105.
Serm.
2.
de
verit.
Apoft,
on
ne
les
laifle
point
en
repos,
jufqu'à
ce
qu’ils
fortent
de
ce
filence
affe@é
par
un
amour
&
une
déclaration
publi-
ue
de
la
doétrine
de
PEglife
:
Nec
ranquam
[ani
preterenn-
di
funt
diligentié
medicine,
quorum
vuleus
in
abdito
eff.
C’eftla
perquifition
&
l’inquitition
douce
&
charitable,
que
fainc
Auouftin
veut
qu'on
fafle
dans
ces
rencontres,
par
un
fage
mélange
desdouceur
&
de
féverité:
Lenius
profe=
or
traitindi
funt
@
facilins
doceri
poflunt,
dum
in
els
timon
feveritatis
doéforem
adjuvat
veritatis.
|
Les
ennemis
de
la
grace
s’étoient
vantez
d'avoir
Sixte
dans
leur
parti:
les
Catholiques
en
avoient
un
grand
de-
plaifir.
Sixte
fe
déclara
hautement,
&
prononça
le
premier
:
lanathéme
contre
ces
erreurs.
Saint
Auovuftin
lut
en
fun
te]
=
compliment
dans
une
feconde
lettre
:
Primote
Priorenr
ama-
thems
vis
in
popula
frequenti[simè
pronunciaffe
fams
non
ta-
”
cuit,
Sixteaccompagna
même
de
fes
lettres
les
Refcrirs
du
faint
Siege,
qui
furent
envoïez
dans
l'Afrique,
pour
la
con-
damnation
des
Pelagiens.
Saint
Auguftin
diftingue
encore
dans
cette
feconde
lettre
les
trois
mêmes
fortes
de
perfon-
nes,
&
les
trois
mêmes
traitemens
differens,
qu'il
defire:
qu'on
leur
fafle.
Ceux
qui
foûtiennent
encore
l'erreur
en
public
doivent
être
traitez
plus
rigoureufement
:
Sewer/us
coërcendi.
Céux
qui
enfeignent
en
fecret
les
mêmes
erreurs,
doivent
être
foigneufement
recherchez
:
wigilanrins
vcfli=
gandi:
Enfin
ceux
qui
fe
font
entierement
condamnez
au
filence,
doivent
être
ménagez
&traitez
doucement,
afin-
qu'on
les
infhuife:
car
bien-qu'on
ne
craigne
pas,
qu'ils
gatenc
les
autres,
on
doit
apprehender
qu'ils
ne
fe
perdent.
cux-mêmes
:
Nos
fécnins
fuñt
dacendi,
ut
fi
non
timentur
;
De
perdants
non
lamen
negligantur,
ne
pereañt.
=
V.
Ceméme
Pere
dans
un
de
fes
difcours
au
peuple
parloit
encore
de
ces
Pelagiens
cachez
&
mêlez
parmi
les
Cacholiques.
Evrex
,
mes
feres,
difoit
ce
Pere,
dans
Les
mêmes
fentimens
decompasion
,
que
moi,
Lorfque
vous
rer
contrerez
de
ces
fortes
de
gens
,
ue
les
cachez
point,
ne
forex.
pour-maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
ÿ
point
touche
d'une
manvaife
compafsion.
Quand
VOUS
ER,
VE
contrerez
de
femblables,
girdeX
vos
bien
de
les
tenir
cachez:.
S'ils
vous
contredifent,
faites-leur
la
correéfion
;
s'ils
vous
re-
fiflent,
amene%-les-nous.
Nous
avoirs
déja
envoié
les
aëtes
de
deux
Conciles
[ur
cette
matiere
ah
Siege
Apoftoliques
nous
e,
avons
veceu
les
Refcrits.
La
cau[e
ef
terminée;
je
fouhaite
que
erreur
foit
auf
finie.
Nous
frifous
ces
1ROMILIONS
;
afn-qu'-
dls
prennent
garde
à
eux:
nous
leur
donnons
ces
1:
ffruclions,
afin
de
les
éclairer,
prions
Dieu
qu'il
leur
change
le
cœur,
Ce
que
ce
Pere
écrivoir
à
Sixte
regardoit
le
devoir
des
Paf
‘teurs.
Ce
qu'il
dit
ici,
ncus
apprend
le
devoir
des
fimples
fidéles.
De
ne
pas
fouffuir
ceux
qui
enfeignent
même
en
fecret
une
doctrine
condamnée
dans
les
Conciles
&
par
le
Saint
Siege;
de
leur
en
faire
des
réprimendes;&
s'ils
s'o-
bftinent
de
les
déferer
aux
Evèques.
.
ce
_
V.
Mais
dequelque
diligence,
que
puiflencufer
les
Evé-
ques,
les
autres
Pafteurs
&
les
fimples
Fidéles,
il
y-aura
toU-
jours
des
Hérétiques
&
des
Schifmatiques
cachez
parmi
_eux.
C’eft
pour
cela
queS.
Auguftin
exhorte
les
fidéles
à
de-
meurer
toujours
fermes
dans
l'Arche;
c’eft-à-dire
dans
l'E-
glife.
Que
ricu
ne
nous
fepare,
dit-il,
de
la
fotidire
de
l'Arche;
demeures
bons,
@>
tolerez
les
méchants.
Car
iluous.
cft
bie
plus
avañtageux
de
demeurer
dairs
l'Arche,
@*
d'y
énawier
les
méchants
à
caufe
des
bons,
que
d'en
Jortir,
€
de
périr
er
nous
févarant
des
-bons
Gr
des
méchans.
Si
vous
avez
donc
des
bêtes
fanvages
avec
v04s;
c'éfl-a-dire,
fi
vous
avez
dans
PE-
glifé,
des
gens
qui
enfeigacut
une
masvaife
doéfrine
des
Hé-
IL-PART,
Chap.
L
De
tempor:
Serm.
46-
reliques
y
des
Schifinatiques
;
où
de
méchans
Catholiques,
lef=.
quels
comme
des
bêies
féroces
;
cherchent
à
dévorer
les
ames
;
l
faut
les
tolerer
jufqu'a
la
fn
du
monde,
dent
la
fin
du
de-
ge
étoit
la
figure.
Voilà
les-enfeignemens
de
faint
Auguf-
tin
{ur
ce
fujet
|
=
a
Re
ee
Re
V
I.
Saint
Gregoire
Pape
écrivant
a
une
Dame
Patri-
cicnne,
lui
donna
des
avis,
qui
tiennent
de
ceux
de
faint
Auguftin,
&
qui
pourront
nous-être
encore
d'une
grande
utilité.
Elle
étroit
foupçonnée
de
foütenir
encore
les
trois
Chapitres,
que
lEglife
avoit
condamnez
dans
le
V.con-
>
—
k£
LA
CA
Traité
des
Edits,
eo
des
autres
moïens
+
cie.
Elle
fe
lavoit
de
cette
tache,
mais
des
gens
foibles
,
&
Il.
PART.
Chap.
I.
Regift.
L,
9.
Æpiff.
39.
Tbidem.
malins
avoient
peine
à
la
croire.
Voici
les
confeils
que
ce
grand
Pape
lui
donnoit.
Wous
devez,
les
appeller
em
parti-
culier;
leur
rendre
raifow,
©
anathematifer
en
leur
prefence,
les
Chapitres,
géils
penfent,
que
vous
tenez.
S'ils
penfent,
que
ce
e'eff
que
par
diffeulation
>
Que
VOUS
CORdanReR
CES
Chapitres,
vous
devez
les
affeurer
avec
férment,
que
vous
te,
tent?
point
ces
Chapitres,
©
que
vous
ne
les
avez
jamais
te.
aus.
Ne
penfès
pas
que
ce
foit
quelque
chofe
indigne
de
vous,
de-lewr
donner
cette
fatisfaifion,
&
ne
vous
flattez,
point
de
vôtre
extraction
imperiale,
pour
concevoir
du
dégoit
c
du
mépris
pour
eux.
Car
nous
formes
tous
fréres,
tous
formex
de
la
main
d'un
même
Empereur,
tous
rachetiez
de
[on
Jang.
Ainfi
nousnedevons
mépriler
aucun
de
nos
freres,
quelque
pau-
re
G
abjer
qw'il
Joit.
Saint
Pierre
avoit
recen
ur
grand
pou-
voir
dans
le
Roïaume
du
Ciel;
fes
pouvoirs
&
{es
éminen-
tes
vertus,
fes
miracles
même
n’empêcheérent
pas
nean-
moins,
qu'il
ne
fatisfit
avec
autant
de
douceur,
que
d’hu-
milite
aux
plaintes
&
aux
defiances
des
Fidéles
contre
lui;
Si
Le
Pafleur
de
l'Eglife,
pourfuit
faint
Gregoire,
le
Prin-
cedes
Apôtres,
qui
faifoit
tant
de
miracles,
ne
dédaigna
point
de
rendre
humblement
vaifan
des
chofes,
dont
on
l'accufoits
combien
davantage
nous
qui
Jommes
pecheurs,
devons
-
nous
appailer
par
l'humilité
de
nos
réponfes
,
ceux
qui
nous
accu-
fent
de
quelque
chofe.
Lorfque
je
demeurois,
comme
vous
[éa-
vez,
dans
la
ville
G*
dans
le
Palais
Canfflantinople,
comme
Apo-
crilaire
du
S.
Siege,
plufieurs
deceux
qui
étoient
accufeX
de
tenir
les
trois
Chapitres,
s'addreffcient
4
moi.
Ma
cwféience
né'ef
lémoir
que
je
w'ai
jamais
trouvé
en
ancun
d'eux
la
moindre
apparence
d'erreur,
on
des
crimes
qu'on
leur
imputoit..
Auf}
fort
honnêtemert,
@
je
prenois
foin
de
les
défendre
contre
ces
calommies.
|
ee
VIH,
Ce
Papemet
enfuite
les
accufations,
dont
on
char-
oeoit
ces
perfonnes
innocentes.
fous
le
faux
pretexte
des
-
trois
Chapitres
:
Je
lessomers,
parce
qu’elles
ne
font
rien
à
mon
fujet
excepté
la
derniere.
On
les
accufoit
de
tenir,
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
7
que
quand
on
Îles
contraignoit
de
condamner
avec
Aha-
II.
Par.
théme
quelque
propofition,
qu’on
leur
attribuoït
ces
ana
Chap.
I.
thémes
étoient
nuls
&
fans
effec.
Saint
Gregoire
dit,
que
«
d'être
dans
ces
fentimens,
ce
n’eft
pas
être
Chrétien
:
Zp#
fibi
vestes
Junt,
quia
Chriffiani
non
funt.
Mais
pour
moi,
dit
«
ce
grand
Pape,
pendant
que
jétois
à
Conftantinople.Jen’at
*
trouvé
aucun
de
ceux,
qui
venoient
à
moi,
qui
fut
dans
«
ces
erreurs,
ou
qui
y
eut
été
à
mon
avis.
Car
s'ils
y
avoient
*
été,
je
l'aurois
bien
connu.
Mais
entre
les
Fidéles
il
y
en
«
a,
qui
font
emportez
d’un
zéle
indifcret,
&
crofant
qu'ils
«
pourfuivent
des
Hérériques,
ils
font
eux-mêmes
des
Héré-
fies.
Il
faut
prendre
foin
de
moderer
ces
Fidéles,
il
faut
les
appaifer
par
la
raifon
&
par
la
douceur:
car
ils
font
fem-
«
blables
à
ceux
dont
faint
Paul
dit,
je
leur
rends
ce
témoi-
«
gnage,
qu'ils
ont
du
zéle
pour
la
caufe
de
Dieu,
maïs
ce
zéle
«
n'eft
pas
felon
la
fcience.
Il
faut
donc
que
vôtre
Excellen-
«
ce,
qui
pañle
fa
vie
dans
la
leéture,
dans
les
larmes,
&cles
<
aumônes
continuelles,
appaife
l'ignorance
de
ces
gens-là,
«
par
la
douceur
de
fes
exhortations
&
de
fes
réponfes
:
afin-
‘
qu'elle
fe
fafle
un
mérite
auprés
de
Dieu,
non-feule-
«
ment
de
fa
propre
conduite,
mais
aufli
de
la
correétion
des
«
autres.
ee.
.
VIII.
Nous
devons
tirer
deux
inftruétions
imporran-
tes
de
cette
lercre
de
faint
Gregoire.
La
premiere
eff,
que
quelque
mal-fondées,
&
quelque
imuftes
que
foient
les
défiances
&
les
accufarions
qu’on
forme
contre
nous,
fur
la
matiére
du
Schifme,
de
l'Hérefie,
ou
de
la
mauvaife
do-
étrine,
nous
nous
en
purgions
fans
tarder,
&
fans
épargner
les
juremens
mêmes,
&
les
plus
folennelles
proteftations,
que
nous
ne
fommes
pas,
&
que
nous
n’avons
jamais
Cté
dans
ces
mauvais
fentimens.
Quand
nous
ferions
aufli
éle-
vez
en
f&ience
Eecléfaftique,sén
fainteté,
&
en
dignité
dans
l’Eglife,
que
faint
Pierre:
quand
nous
ferions
aufli
Éminens
en
noblefle,
que
cette
Dame
du
fang
Imperial,
&
d’une
pieté
encore
plus
éclatante,
que
fà
haute
noblefle:
il
feroir
de
nôtre
devoir
de
rendre
compte
avec
humilité,
&
de
fatisfaire
aux
derniers
des
Fidéles
fur
tous
les
foupçons;
a
3
a
#
à
IL
Pare,
Chap:
EL
8
Tyairé
des
Edits,
eg
des
altres
motens
wils
auroient
eüs
de
nous.
L'innocence,
la
propre
con-
fcience,
le
filence
ne
fuffit
pas
felon
ce
Pape
&
felon
faint
>
Auguftin
même.
Le
devoir
de
la
Foi
&
de
la
charité
Chré-
tienne
nous
oblige
à
condamner
de
nouveau
les
faufles
opi-
nions
dont
on
nous
charge,
&de
ne
rien
oublier
pour
dé-
tromper
nos
freres.
[X.
La
feconde
eft
que
de
nôtre
part
nous
ne
devons
pas
être
faciles
à
foupçonner,,
ou
À
accufer
trop
légere-
ment
les
autres,
bien
moins
à
penfer
roujours
mal
d'eux,
aprés
qu'ils
fe
font
pleinement
juftifiez
par
ccs
anathémes
-
&
par
ces
fermens
Canoniquées.
Saint
Gregoire
étoic
fans
doute
dans
cétre
noble
&
généreufe
difpoftion,
puifqu'a-
prés
avoir
examiné
tant
de
perfonnes
fufpetes
de
tenir
pour
les
trois
Chapitres,
il
declare,
qu'il
n’en
avoit
ja-
»
Mais
tloUVÉ
AUCUN
qui
ne
für
innocent
de
toutes
ces
ac-
»
cufations.
Il
faut
être
ravi,
que
cela
foit
ainf,
/
X.
Si
ces
deux
regles-étoient
bien
obfervées,
les:er-
reurs
&
les
diffenfions
ferotent.
bientôe
diffipées.
Mais
les
uns
ne
daigngnt
pas
fe
juftifier,
autant
qu'ils
le
pourroient,
c'eft-à-dire,
autant
que
faint
Gregoire
&
faint
Auvguftin
viennent
de
le
demander,
&
fe
mettent
peu
en
peine,
que
leurs
freres
les
aïïenc
toujours
pour
fufpects;
de
forte
que
Ja
charité
eft
bleflée
de
part
ou
d'autre,
&
peut-être
de
atr&
d'autre.
Les
autres
ne
font
jamais
fatisfairs,
quel-
que
fatisfaction,
qu'on
leur
ait
donnée,
&
Ce
font
ceux
Jà,
dont
faint
Gregoire
dir,
qu'ils
font
des
Hérefñes,
en
pourfuivant
trop
opiniatrement
comme
des
Héretiques,
ceux
qui
ne
le
font
pas,
&
qui
déceftent
publiquement
-
J'Hérefe,
qu’on
leur
impute.
Saint
Auguftin
nous
apprend
que
cela
arrivoit
quelquefois,
que
des
Catholiques
pieux
trop
cruellement
perfecurez
&
privaz
de
la
communion
de
VEglife,
s’emportoient
enfin,
&
fortans
de
l'Eglife.
for-
moient
un
Schifme.
:
a
X
I.
La
plus
noire
calomnie,
qu'on
pouvoit
avancer
,
contre
un
Catholique
innocent
&
fufpedt,
ctoit
de
dire
qu'il
»
ne
penfoit
pas
que
les
anathémes
&
les
juremens
qu'on
em
»
ploioic
pour
fe
juftifier,
fuflent
d'aucune
force,
&
enga-
gcaffent
pour
maintenir
l'Unité
de
l'Eglife
Catholique.
9
géaflent
à
rien.
Saint
Gregoire
dit
nettement,
que
s'il
ÿ
en
2
qui
foient
dans
ce
fentiment,
il
eft
indubitable,
qu’ils
ne
font
pas
Chrétiens,
&
que
non-feulement
lui
&
tous
les
E-
vêques
Catholiques;
mais
toute
l'Eglife.les
foumertenc
à
l’anachéme:
parce-que
ce
font
des
penfées
8
des
paroles
entierement
contraires
à
la
verité:
52
/#nf,
qui
-cértiffimè
cc
EH:
PART:
calia
féntiunt
;
vel
tenent,
quia
Chriffiani.non
funt,
dubium:
non
est.
Eojque
G
ego
Comines
Epi[copt
Catholici,
atque
wni-
verfa
Ecclefia
anathematifimns;
quia
verifatt
C0traria:
Jen
‘diuet,
contratia
loquuntur.
Cet
endroit
eft
remarquable
pour
AS
:
,
:
TEE
>
les
nouvelles
Converfions,
où
1l
n'a
jamais
té
permis,
je
ne
dis
pas
de
fe
parjurer,
où
dementir,
mais
d’ufer
du
moin-
dre
déguifement:
parce-que
rien
.meft
plus
évident,
que:
cequ'a
dit
Jefus-Chrift,
la
verité
éternelle
dans
lEvan-
à
:
3.
.
:
/
:
2
e2
.
4.
gile,
qu
il
niera
devant
for
Pere
érernel,
cénx
qui
L'auront
nié
devant
les
hommes.
|
BE.
*
XILEnfnfaint
l'Eglife
de
Côme
avoient
répondu
aux
inftances,
que.
l'E-
vêque
de
Milan
leur
faifoit
de
rentrer
dans
l'unité
de
l’'E-
glife,
qu'on
ne
les
traitoit
pas
avec
la
charité
qu'il
fau-
droit
pour
les
attirer
à
cela:
que
l'Eglife
de
Rome
retenoit
une
terre,
qui
leur,appartenoit,
8c.que
d’autres
avoient
fai-.
f
quelques
autres
parties
de
leurs
biens:
ce
Pape
répondit:
à
l'Evêque
de
Milan,
quefi
l'Eglife
Romaine
retenoit
quel-.
que
terre,
qui
appartint
au
Clergé
de
Côme,
il
vouloit:
qu’elle
leur
fût
renduë,
quand
ïls
ne
rentreroient
pas
dans
l'unité
Catholique.Mais
que
s'ils
y
rentroient,
il
étoit
prêt:
de
la
leur
remettre,
quand
elle
ne
leur
appärtiendtoit
pas.
_
Parce-qu'il
faut
ôter
toutes.
les
excufes,
qu'on
pouxtoit
al.
keguer,
pour.ne
fe:
pas.
réünir
à
l'Eglife;
53
vero
ad
unita-
tem
Ecilefie,
quod.
optamus
Deo
fe
infpirante
coverterent
|
étiamfi
mihil
éllas
competat,
eam
illis
parati
Jumus
concedere..
Nam
nulla
occafione
eXcufaré
fe
volumus,
ques
ad.
mañris
Ec-,
clefs
finum.vedire
defiderabiliter
expettamms.
|
:Si.ce
Pape
étoit:
téfolu
de
céder.
une
terre
de
fon
Eclife
aux
Ecclefiaftiques
de
Côme
,
au
cas
que
cela
püt
contri-
Gregoire
aiant
appris,
que
les
Clercsde.
ce
Chap.
I.
cœ
ce
&L,
72.Æp:
5%.
[41
çe
Buer
à
les
faire
rentrer
dans
le
fein
de
l'Eglife;
left,
ce
°B
so
…
Traité
des
Edits,
eo"
des
autres
moïens
TL
Pas
me
femble,
manifefte
qu'il
n'eût
pas
refufé
de
leur
laiffes
Chap.
L
.
les
terres
qu'ils
auroient
auparavant
faifies
far
l'Eclife,
»
par
ce
moïen
il
eüt
pü
procurer
où
avancer
leur
Conver-
.
fon
&
leur
retour.
On
fçait
avec
quelle
indulgence
ce
grand
Pape
craita
les
Anglois
nouveaux
convertis
par
fes
foins,
&
combien
il
eüt
volontiers
relâché
de
fes
droits
en
ce
ais-là
s’ilen
eût
pofledé
autant
que
fes
fuccefleurs
depuis
juiqu'à
Henri
VIIT.
C'eft
ainf
qu'en
uférent
les
Papes
un
peu
aprés
fous
le
regncde
Marie
fa
fille,
quand
il
fut
s
aueftion
de
ramener
à
l'Eglife
les
Seigneurs
Anglois,
qui
avoienc
faif
fes
fonds;
pendant
les
regnes
de
l'Hercfie
:
ils
imitérent
le
défintereflement
de
ce
faint
Pape,
comme
nous
verrons
à
la
fin
de
ce
Traité.
en
X
LILI
Noûs
avons
déja
vü
la
part
que
le
même
fainc
Gregoire
avoit
pris
la
converfion
des
Wifgoths
d'Efpagne
fous
le
Roi
Reccarede,
&
comment
les
Canons
des
Conciles
&r
les
Edies
des
Rois
fes
fucceffeurs
avoient
concouru
à
ren-
*
dre
ce
Roïaume
cout
Catholique.
On
encompila
un
recueil
*
qui
porta
le
titre
de
Loix
7v/fgorhes,
quoi-qu'il
fût
compo-
-
16
des
Coutumes
dela
Nation
&
des
Loix
Romaines,
à
peu
prés
comme
le
récucil
des
Coûtumes
&
des
Loix
Romai-
nes,
qui
avoient
cours
en
France
dans
ces
temps
moïiens
Bilan
…
juiqu'à
Hincmar,
il
leur
donne
les
différens
noms
de
S+-
-liques,
de
Gonbañdes,
8
de
Romaines,
felon
les
peuples,
qui
-
s’en
fervoient
dans
leur
gouvernement.
Elles
devoient
tou-
-
res
convenir
dans
le
grand
principe
du
Chriftianifme,
qui
-
n'eft
autte
qué
la
Loï
de
Dieu,
fur
tout
dans
un
Roïau-
-
metrés-Chrétien,
Er
c'eft
la
conclufion
de
Hincmar
en
*eés
termes
:
Deferdant
fe,
quantum
volunt;
qui
bujufinodi
:
fonts
ffve
per
Leges,
fe
nulle
funt,
mundinas;
five
per
confuetadines
bumanas.
Tamer
fi
Chrifliani
funt,
[iant
Je
in
die
judicii
;
nec
Romanis
,
mec
Salicis,
nec
Gundobadii,
fed:
à
Divin
Apoflolicis
Legibus
judicandos.
Cum
in
vegno
Chrie
_fliano
etiam
iplasLeges
publicas
oportear
effe
Chriffianas,
A
met
dans
cé
réng
les
Loix
du
Code
Theodofien
que
nous
avons
citées
pour
l'extinétion.
des
Hérefies,
&
il
ajoûte
que
FEglife
les
joignoit
à
fes
Canons
pour
fon
gouvernement
æ
Hidem.
à
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
11
|
moderé
:
sexvus
decimus
liber
Legum
,
quibus
una
tur:
facri
A,
PART.
Canonibus
fantta
moderatur
Eccléfia.
Nous
verrons
qu'on
en
Chap.L.
à
ufé
avec
cette
moderation
en
France,
autant
que
les
cri-
mes
des
Héretiques
l’ont
pù
permertre,
particulierement
dans
ces
derniers
temps.
+
ie
“XIV.
I
faut
pañler
en
Orient
où
nous
allons
voir
que
«
477804:
Ja
rigueur
à
prévalu
d’abord.
Je
ne
puis
rapporter
rien
de
plus
à
propos,
que
ce
que
dit
Theophane
dans
fà
Chronc-
«
‘craphieun
peu
après
l’an
huic
cent,
au
Commentement
du
«
pag.
409.
IX.
fiécle.
Ce
pieux
&
fçavant
hiftorien
dir
que
le
Reli-
*
cieux
Empereur
Michel
Curopalate
ordonna
la
peine
de
«
mort
contre
les
Manichéens,
qu'on
nommoïit
Pauliciens
,
«
&
Athinganiens
de
Phrygie
&
de
Lycaonie,
&
qu'il
le
fit
à
la
perfuañon
du
Patriarche
Nicephore
8z
d’autres
perfon-
®
nes
pieufes;
mais
que
l'exécution
en
fut
empêchée
par
les
«
remontrances
de
quelques
perfonnes
peu
intelligentes,
fous
«
pretexte
que
ces
Héretiques
pourroient
fe
repentir
de
leur
«
-
faure
&
en
faire
pénitence,
En
quoi
ils
ne
confideroient
«
pas
,
qu'il
étoit
moralement
impoñhble,
que
céux
qui
ont
«
été
une
fois
infedtez
de
cette
Hérelie
en
faflent
jamais
«
une
fincére
pénitence.
Au
refte,
ces
auteurs
de
nouveaux
«
dogmes
difoient
ouvertement,
que
les
Ecclefaftiques
ne
«
pouvoient
pas
prononcer
une
fentence
de
mort
contre
les
«
impies;
mais
en
cela
ils
étoient
manifeflement
contraires
«
\
l'Ecriture-Sainte.
Car
fi
faint
Pierre
le
Prince
des
Ap6-
«
tres
condamna
à
la
mort
Ananias
&
Sapphira,
coupables
«
d’un
menfonge
feulement
:
&ff
faint
Paul
afleure,
que
Ceux
«
qui
commettent
certains
crimes,
font
dignes
de
mot,
«
quoi-que
ces
crimes
regardent
feulement
le
corps;
n'eft-ce
«
pas
contredire
les
Apôrres,
que
de
vouloir
fouftraire
au
«
æ
glaive
exécuteur
des
vengeances
divines,
des
hommes
É-
«
galement
foüillez
dans
leurs
ames
&
dans
leur
corps,
&
dé-
«+:
-
voüez
au
culte
du
démon
?
mais
nonobftant
leurs
Cfforts:,
«
l'Empereur
Michel
fic
perdre
la
ère
à
plufieurs
de
ces
ime
«
pies.
A
|
ES
ee
|
XV.
Voilà
ce
que
jai
cru
devoir
rapporter
de
Theo-
phane.
Où
il
faut
remarquer
r°.Que
cete
peine
démort
Pire
»
Chap.
I.
32
-
Traité
des
Edifs,
ex
des
atitres
imoïens
n’étoit
pas
ordonnée
contre
tous.
les
Héretiques
,
maïs
feu
lement
contre
les
Manichéens,
qui
étoient
les
plus
exécra-
bles
des
hommes,
comme
nous
l'avons
fait
voir
dans
n6-
tre
premiere
partie
en
parlant
de
Prifcillién
&
des
Prifcil-
lianiftes,
que
FEmpereur
Maxime
condamna
à
la
mort
à
Ja
pourfuire
des
Evêques
Ichaciens.
Théophane
étoit
du
même
fentiment
de
ces
Evêques,
&
il
croïoit
que
le
Pa-
criarche
Nicephore
avoit
pu
folliciter
la
mort
des
Mani-
.chéens
aupres
de
l'Empereur.
Donc
ni
dans
l'Occident,
ni
dans
l'Orient,
il
n’étoit
queftion
que
des
Manichéens,
.&
non
de
tous
les
Héreriques.
Le
Pape
Léon
I.
nous
a
appris
en
parlant
de
Prifcillien
,
les
raifons
particulières.
qu'on
avoit
de
traiter
les
Manichéens
plus
rigoureufe-
ment,
que
les
autres
Héretiques.
Ils
étoient
également
ennemis
de
la
Religion
&
de
PErat;iln'y
avoit
ni
impie-
té,
ni
ordure,
à
laquelle
ils
ne
fuflent
proftiruez
;
ils
fou-
loient
aux
pieds
&
confondoient
tout
le
droit
divin
&
hu-
main;
&
il
ny
a
rien
de
f
faint
dans
les
mariages
&
dans
les
familles,
qu'ils
ne
profanaflent,
On
punifloit
donc
cette
Hérefie
,
non-feulément
comme
une
Hérefie,
mais
comme
un
crime
public,
&
comme
la
deftruétion
même
de
la
police
divine
&
humaine.
-
X
VI.
Il
faut
remarquer
2°.
Qu'il
y
a
peu
d'apparence,
que
le
Patriarche
Nicephore
eût
pouflé
direétement
l'Em-
pereur
à
faire
mourir
ces
Héretiques,
ou
à
faxe
une
Loi
de
cette
nature.
Si
cela
eût
été,
il
feroir
tombé
par
mé-
garde
dans
la
même
faute
des
Evêques
Ithaciens,
qui
furent
blimez
&
retranchez
de
la
communion
dans
tout
POcci-
“dent.
Il
eft
bien
plus
probable,
que
Nicephore
étoit
du
même
fentiment
que
le
Pape
Léon,
qui
bläma
Ithaque,
.d’avoiripourfuivi
la
mort
de
Prifaillien;
&
lota
l'Empereur
Maxime,
de
l'avoir
condamné
à
mort:
parce-que
ce
ju-
germient
de
moït
étoit
convenable
à
un
Empereur,mais
non
pas
à
un
Evêque.
Nicephore
&
les
autres
Ecclefaftiques
de
fon
parti
pouvoient
avoir
exhorté
en
général
l'Empe-
eur
Michel.à
faire
fon,
devoir.
à
faire
exécuter
les
Loix,
à
ne
pas
laiffér.
foüiller
l'Eglife
&l'Etac
;
&
Theophane
n’y
pour
maintenir
l'unité
de
l'EcliféCatholique.
13
segardant
pas
de
fi
prés,
peur
avoit
écrit,
qu'ils
avoient
fait
publier
à
l
Empereur
une
Loi
&
une
{entencede
mort
contre
les
Manichéens.
|
|
-
XVII.
Il
faut
remarquer
39.Que
ceux
qui
netrouvoient
pas
bon,
qu’on
envoïät
au
dernier
fupplice
ces
Manichéens,
étoient
d'avis,
que
ce
crime
pouvoir
&
devoit
être
expié
par
la
pénitence
;
&
que
les
autres
n'étoient
entrez
dans
un
fentiment
contraire,
que
parce-que
qu'ils
étoient
perfua-
dez,
que
ces
Hérériques
étoient
tombezdaris
un
fi
profond:
abime
de
malice
&
d'impieté
,
qu'il
étoit
moralement
im-
pofible,
qu'ils
en
fiffent
jamais
pénitence.
On
convenoit
donc
de
part
&
d'autre,
que
le
Tribunal
Ecclefaftique
ne
pouvoit
condamner
les
coupables,
qu’à
la
pénitence;
à
moins
qu'on
ne
les
crüt
abfolument
incorrigibles,
&
qu’a-
lors
on
ne
les
abandonnât
aux
Juges
féculiers,
à
qui
Dieu
a
donné
l'adminiftration:
du
glaive:
Cette
maxime
eff
de-
meurée
dans
le
Droit
Canonique
moderne
des
Décrérales.
L'Eglife
de
fa
part
ne
decerne
contre
les
coupables
que
des
peines
Canoniques
,
des
pénicences,
des
peines
medi-
cinales,
dans
lefquelleson
comprend
les
amendes,
les
fuf-
tigatiOns,
les
exils
.&z
elle
ne
livre
au
juge
feculrer
,
que
ceux
qu'elle
juge
incapables
de
faire
pénitence,
&entiere-
ment
incottigibles.
ps
ee
—
X
VIII.
II
fautremarquer
49.
Que
les
exemples,
que
Thcophane
apporte
de
faint
Pierre
&
de
faint
Paul,
ne
prouvent
rien
Moins,
que
ce
qu'il
prétend.
Car.faint
Pier-
re
fit
fimplement
une
réprimende
à
Ananas,
&
à
Sapphi-
ga:
la
peine
de
mort
qui
fuivit,
ne
vint
nullement
de
lui,
fnais
de
la
fecreté
providence
de
celui
qui
eft
certaine-
ment
le
maître
de
la
vie
&
de
Ia
mort,
&
qui
tué
quel-
quefois
le
corps,
pour
fauver
l’ame.
Cer
Apôtre
parla
un
peu
plus
durement
à
Sapphita;
mais
il
ne
décida
rien,
&
_
déclara
fimplement
l'événement
vifible
d’un
jugement
in-
vifible
de
la
part
de
Dieu,
&
non
de
la
fienne.Saint
Pautne
IL.
PART.
Chap.
F.
décerna
pas
une
peine
de
mort
contre
quelques-uns,
mais
en
général
il
prononça,
qui
étoient
cés
hommes
execra-
bles
qui
meritotent
la
mort.
Le
Pape
Leon
&
le
Patriarche
B
ii
20
-Traité
des
Edits,
e5
des
autres
moïens
II,
Par.
va
tous
ces
impies
fi
obftinez,
qu'on
ne
püt
en
détroms
Chap.
I.
peraucun,quelques
difputes,
&
quelques
inftruétions
qu’on
».
y
emploïit.
Aprés
les
avoir
inutilement
exhortez
de
ren-
»
rer
dans
la
foi
veritable
&
univerfelle
,
vers
G*
#niver-
»
faleu
idem.
On
leur
déclara,
que
par
ordre
du
Roï,
&
par
»
Je
confencement.du
peuple,
on
les
feroit
brûler
:
Regis
juf°
»
fu.
uriverle
plebis
confenfu.
Hs
fe
tirent
de
ces
menaces,
»
&
promirent
qu'ils
fortiroient
du
feu
fans
en
être
le
moins
»
du
monde
endommagez.
LeRoïi
fit
allumer
un
grand
feux
»
hors
la
ville,
pour
leur
donner
de
la
fraïeur.
Comme
on
»
les
y
mena,
ils
témoignérent
au
contraire,
qu'ils
le
défis
»
roient-ardemment,
&
voulurent
fe
précipiter
eux-mêmes
»
dans.
le
feu,
Se
omvimodis
hoc
velle
proclamabant
,
ac
[efe
»
ultro
ad
icrem
trahentibus
inferebant.
1]
y
en
euttreize,
qui
»
furenc
jettez
dans
le
feu,
&
qui
peu
après
commencérent
»
à
crier
d'une
voix
cffroïable,
que
le
démon
les
avoir
trom-
».
pez,.&
qu'ils
païoient
&
païieroient
à
jamais
la
jufte
peine
»
des
blafphèmes,
qu’ils
avoient
proferez
contre
Dieu.
Plu-
»
fieurs,
des
affiftans
en
furent
touchez,
&
tâchérent
de
les.
»
retirer
du
milieu
des
flammes,
mais
le
feu
les.
avoit
déja:
»
confumez.
-
=.
ee
X..
Ce
recit
a
éte
un
peu
long;
mais
nous
n’en
pouvions:
rien.
retrancher,
afin
d'y
pouvoir
obferver
1°.
Dans
quel.
abime
d’extravagance
&
d'impieté
on
fe
précipite,
dés
le:
moment
qu’on
fe
révolte
contre
l'autorité
de
l'Eclife
&:
de
la
Foi
univerfelle.
Aprés
cela
non-
feulement
on
n’eft:
plus
Catholique,
non-feulement
on
n’eft
plus
Chrétien,
mais.
on.
n’eft
plus.
homme.
Car
eft-ce
être
homme,
eft-ce:
être
raïfonnable,
de
ne
pluseonnoître
de
Dieu,
plus
de
dif
ference
entre
la
vertu
&le
vice,
plus
de
diftinétion
des
li.
”
cires.ou.des
impures
voluptez,,
plus
d'enfer,
ou
de
paradis
:
‘aprés
cette
vie
?
les
nouvelles
Seétes
font
fans
doute
fort
“éloignées
dé
ces
horribles
impietez;
mais
elles
ont
rom-
pu
le
frein
d'autorité,
qui
arrête
le
commun
des
hom=-
mes
&
l’émpêche
d'y
tomber.
La
plüparc
des
hommes
ne:
déteftent
ces.
impiétéz,
que
parce-qu’ils
font
attachez
à.
lautoriré
de
l'Eglife-univerfelle
;
qui
les:
déreftent,
Ceux.
%
pour
maintenir
l'anité
de
PEglife
Catholique.
2i
qui
ontrompu
ce
lien
d'autorité
.
feroient
aufli-bien
tom-
bez
dans
ces
effroïables
erreurs,
que
dans
les
autres:,
fi
les
Auteurs
de
leur
Seéte,
&
leurs
Miniftresles
leur
avoient
propofées.
Ç
EE
XE.
20.
Ce
ne
fut
pas
l'Eglife,
qui
fr
le
procés
à
ces
Hérériques,
ou
qui
les
condamna
au
feu.
Ce
fut
le
Rot
êc
le
peuple,
Regis
juflu
©
univerfe
plebis
confenfs.
Ainfe
ileft
certain
que
l'Eglife
eft
toäjours
demeurée
conftante
dans
fes
maximes
faintes
de
douceur
&
de
charité.
Le
Rof
même
ne
frallumer
le
feu,
que
pour
effraïer
ces
malheu-
reux
,
&
leur
pardonner,
s'ils
fereconnoïfloient.
3°.
Si
dans
les
fiécles
faivans
le
feu
a
été
le
fupplice
ordinaire
des
H<-
réfiarques,
&
des
Hérériques
incorrigibles;
c'eft
apparem-
ment
parcette
même
raifon,
qu'on
vouloit
les
effraier
pas
11.
PART.
Chap.
H.
la
violence
d'un
fi
horrible
fuppliée,
capable
d’étonnerles:
plus
obftinez,,
&
de
leur
faire
changer
defentiment.
Cefr.
ce
que
dit
Glaber
:
J4/5ir
Rex
accendere
#07
longe
à'vivita-
te
ignem
permaximum
,
wt
vel
eo
forte
territi
à.
fua
malighi-
zaté
definerent.
La
rigueur
de
ce
fupplice
terrible,
ne
ft
pas
d'impreflion
fur
ce
petit.nombre
d’obftinez;
mais
les
autres
en
furent:
fi
épouventez,
que
le
même
Auteur
en-
feigne’,
qu'on‘ne
parla
plus
de
certe
Sete.
ee
«
:
XII.
40
Cette
narration
eft
fort
femblable
à
celle
que
nous
avons:
faite
des
Bogomiles.,
qui
furent
aufli
confumez
par
le
feu,
parce
qu'ils
s'y
précipicoient
eux-mêmes.
5°.
On
peut
dire
des
Bogomiles,
&
de
ces
Hérétiques
d'Orleans,
ce
que
nous
avons
dir
des
Manichéens,,
que
ce
n'étoit
pas
proprement
des
Hérétiques
;
c'étoient
des
Athées:,
desEpi-
curiens
,
des
Païens,
également
révoltes
contre
tout
le
droit
divin
&
humain,
Et
que
ne
devoit
pas
apprehender,
non-feulement
l’Eglife,
mais.lx
Republique
de
ceux,
qui
ne
refpeétoient
aucune
Divinité,
qui
rendoient
toutes
les.
voluptez
licires,
quiétéignoient
de
feu
d'enfer.
Aufli
étoit-
ce
la
Republique,
qui
vangeoit
ces
crimes.
XIIE.
Ven
dis
autant
de
ces
Hérétiques
d'Italie
de
Mon-
fort
en
Lombardie,
dont
ce
même
Auteur
parle
un
peu:
plus
bas,
Ils
adoroient
des
Hdoles,
comme
les
Paiens
Sent.
#
à
2:
|
:
Ci
22
Train
des
Edits,
ex
des
autres
Moïens.
Hparx.
»
ils
facrifioient
comme
Îles
Juifs.
Le
Marquis
oule
Gouver-
Chap.
il.
»
neur
du
Païs,
&
Evêque
d'Afte
firent
tous
leurs
éfforts
»
pour
les
convertir.
Ils
fe
retranchérent
dans
un
Fort,
où
on
leur
donna
divers
affauts.
On
en
faïfit
quelques-uns,
8&
aprés
plufieurs
inutiles
efforts
pour
les
convertir,
On
»
les
fe
aufli
périr-par
le
feu.
Il
y
eur
ici
une
raifon
parti-
culiére
de
traiter
plus
durement
ces
perfides,
c'eft
leur
ré
volte
contre
leurs
Seigneurs
cemporels.
Nous
verrons
fou-
vent-dans
la
faite,
que
le
dernier
fupplice
n'a
été
emploïé
contre
les
Hérétiques:,
que
lorfqu’ils
prenoienteux-mêmes
les
armes
8
fe
renfermoient
dans
des
places
fortes
;
come
mé
ce
Château
de
Lombardie
quiavoitéte
occupé
par
des
ens
de
la
premiere
nobleffe
;
mais
Hérétiques,
on
plü-
tôt
Païens,
A
_
pu
Che
XIV.
Nous
lifons
daris
la
vie
deS,
Abbon
Abbé
de
Fleu-
To.
4e
pe
120
fi
8
martyt,
que
ce
faint
homme
écrivit
aux
deux
Rois
#
Huguce
Capet
;
&.
Robert
fon:
fils,
que
nos
Ancêtres
aprés
”
avoir
fait
dés
expofñitions
de
la
Foï
dans
les
Conciles
,
fai-
»
foient
des
enquêtes,
pour
découvrir
frquelqu’n
avoit
des
»
{entimens
contraires;
fi
on
en
trouvoit
quelqu'un,
fans
»
tarder
d'avantage,
on
l’obligeoit
à.fe
réunir
au
corps
de
PEclife,
où
one
frapoic
d’anathême,
&
on-le
privoit
de
»
Ja
cotmuhion
Catholique,
jufqu'à
ce
qu'il
eût
fait
abju.
»
ration
de
fes
erreurs:
I-propoloit
à
ces
Rois
Pexemple
de
>
Marcien
&
du
Concile
de
Calcedoine,
&
les
exhortoit
»
aprés
cela
de
chaflér
tous
les
Hérériques
de
leurs
Etats;
Etde
regno-veftro
omnem
Hereticar
pravitatem
depellite.
:
=:
Voilà
à
quoi
Le
réduifoit
ce
faint
homme
dans
les
avis
qu'il
donnoit
aux
Rois.
contre
les
Hérériques.
Il
vouloir
qu'on
les
foumit
à
l’anathéme,
jufqu'à
ce
qu'ils
renon-
çaflent
à
leurs
erreuts;.8&
par
confequent
qu'on
ne
fouf.
frit
potnt
de
ccommunication,
ou
de
commerce
civil
entre>
eux
&
es
Fidéles.
Que
les
Cathok
ques.évitaffent
les
Hé-
|
Jéidan,
rériques,
comme
on
fuit
les
Serpens
&
les
Lepreux
:
Mec
magis
Serpeñtem
tangeic
Vitauerunt
orthodoxi
;
quart
adha-
v
»
vw
=
2
12
3
%
&
rétiques
dans
le
Roiaume,
Car
le
moïen
qu'il
y
en
ait,
5
&
qu'il
n’y
ait
nul
comimerce
entre-eux
&
es
Fidéles.
Chap.
IE.
CEnArPiTRE
IE
Des
premiers
Sacramentaires,
Lutheric,
Bcranger.,
Bru-
non.
Des
peines
dont
ils
furent
menacez,
J.
Leutheric
commença
vers
l'an
mille
à
innover
fur
l'Eucariflie.
Lacorredion
du
Roi
Robert
larréta.
II.
Reflexion
[ur
ce
fait.
Au-
“rorité
des
Rois.
TITI.
Les
réprimendes
qui
furent
faites
d'abord
4
Beranger
par
S.
Eulbert
Evéque
de
Chartres
5:
©
‘par
Adelx
man
Evéque
de
Brefle.
IV.
Le
Concile
convoqué
par
le
Roi
Hen-
ry
1.
Quelles
Hérêfies
0
renonvelloit.
alors.
V.
Raïifous
de
Du.
rand
Evéque
de
Liege,
pour
ne
pas
affembler
le
Concile
contre
les
Héréfies
tant
de
fois
condamnées.
Difficultez
de
dépofer
ur
_
Evêque
fans
l'intervention
du
Pape.
VI.
Ces
Conciles,
où
l'Hé-
réfie
de
Beranger
avoit
déja
èté
condamnée
;
#’étoient
autres
que
ceux
qu'on
avoit
tenus
CONTE
les
Manichéens.
Des
Cathares
d'Al:
lemagne.
Du
Concile
de
Paris
fous
le.
Roi
Henry
I:
VII,
Beran>
ger
plufieurs
fors
condamné
par
divers
Papes,
par
divers
Cons
ciles,
©
par
lui-même.
Ses
rechentes
frequentes,
[a
peuitence;
Ja
vieille,
fe
mort.
VIII.
IX.
X.
Raïfons
de
la
multitude
des
Difcples
de
Beranger
leur
profonde
ignorance
:
[es
impudentes
>
falfifications
de
paffages
:
la
multitude
de
[es
écrits
:
[a
er
à
faire
parler
de
li.
XI.
En
rutnañt
les
Mariages
légitimes,
©
niant
la
validité
du
PBatème
des
enfans.,
il
ouvrit
la
porte
2
toutes
for
tes
de
vices,
©
S'attira
une
infinité
de
Difciples.
X
11.
Nier
le
réalité
du
corps
de
Fefus-Chriff
dans
l'Eucariflie
;
of}
encore.ou-
__
orir
la
porte
an
crime.
ALL
L.
Suite
du
même
[ijet,
Quelle
été
*
cette
grande
multitude
des
Difüiples
de
Beranger.
Divifion
de
[en
-
timens
[ur
l'Eucariflie
dans
[a
Seüle.
XIV.
La
vcerité
dm
Concile
de
Paris
fous
le
Roi
Henry
I.
Pourquoi
il
ne
paroit.
port
de
con
damnation.
de
l'Evêque
Bruno
©
2
=
|
Fe
fi
-
$
: ‘
2
Jons-parler,
diant
été
prefque
tous
oppofez
à
là
‘créance
de
la
prefence
réelle
de
Jefus-Chrift
dans
l'Eucari-
fie
:
il
ne
fera
pas
mal-à-propos
de
découvrir
la
premiére:
fource
d’une
infé@ion
fi
générale,
qui
{
répandie
dans
É
Le
Hérétiques
des
derniers
fécles,
dont
nous
al-
€
7
1L
ParT.”
Chap.
IL.”
Du
Chefne.
”
TO,
gr
p:
5410
En
Traité
des
Edits
eo
des
autres
moïens
l'Europe.
Le
Moine
Hulgalde,
qui
a
écrit
la
vie
du
Roi
Robert,
raconte
que
Leutheric
Archevêque
de
Sens
aïant
commencé
d'innover
quelque
chofe
dans
la
Doûrine
de
l'Eucariftie,
le
pieux
Roi
Robert
lui
en
fit
une
févére
cor
redtion,
&
le
menagça
de
le
faire
dépofer,
sil
ne
changeoit
de
fentiment
:
Prévaberis
honore
Pontifcis,
niff
ab
bis
vefipue-
vis.
Le
Prélat
mal
inftruir
&
peu
fçavant,
dit
Hulgaïlde,
aiant
recû
cette
inftruétion
de
ce
bon
&
fage
Roi,
fe
ceut,
fe
condamna
au
filence,
&
ne
parla
plus
de
cette
mau-
vaife
doctrine,
qui
commençoit
à
éclater
dans
le
fiécle:
His
verbis
Prafiel
nombene
doëfus
,
4
Rege
pio
œ
bono
fa-
pienter
inffruitus,
quieuit,
obmutuit,
©
filuit
a
dogmate
perverfo,
quoderat
consrarinn
omni
bono
,
jan
crefcebat
11
faculo.
de
la
Roïauté
défenfeur
de
la
Religion,
de
l'Eglife,
&
dela
maïs
de
Je
priver
de
fa
dignité,
sil
perfiftoit
dans
cette
erreur
notoire,
2°.
Si
tel
a.cRé
le
pouvoir
du
Roï
envers
un
Archevèque,
quel
droit
n’auroit-il
pas
eu
fur
les
au-
métoir
point
tolerée
en
France,
40.
Cette
crreur
étoit
*
entierement
contraire
au
falur,
&c
on
ne
pouvoit
la
trai-
pour
Mamenir
l'unité
de
PEglife
Catholique.
2y
-
:
ÉIT
Lorfque
dans
la
fuite
du
tems
Bérenger
fe
fut
dé-
11,
Parre
élaré,
Adelman
Evêque
de
Brefle
lui
écrivic
une
Lettre,
Chap.
IL.
‘de
laquelle
nous
apprenons
;
qu'en
leur
jeunefle
ils
avoienc
«77
3:
Bibl.
tous
deux
étudié
dans
l’Academie
de
Chartres,
77
A4ca-
mers
demia
Carnotenffs
que
Saint
Fulberc
Evêque
de
Chartres
+
y
éroit
leur
Maitre,
bien
plus
digne
d’étré
refpeëté
d'eux,
«
que
Socrate
ne
le
fut
jamais
de
Platon
,
qui
s'eflimoit
«
heureux
d'être
né
au
téms
de
Socrate
:
que
Saint
Fulbert
«
les
exhortoit
fouvent
&
avec
larmes,
à
ne
point
s'éloigner.
«
du
droit
chemin
de
la
vérité,
&
à
marcher
cobjours
fur
«
les
traces
des
anciens
Peres,
Saméoram
Patrum
vcffigiis
«
obfervantifsimè
inbarentes
;
Qu'il
étoit
extrémement
furpris
+
d'apprendre,
qu'en
France
&
en
Allemagne
on
publiät
«,
qu'il
s’étoit
féparé
de
l'unité
de
l'Eglife
&
de
la
Foi
Ca-
«
tholique
au
fujet
du
corps
&
du
fang
de
Jefus-Chrift,.
«.
qu’on
immole
tous
les
jours:
fur
PAutel
dans
toute
later-
«
re,
&
qu'il
ne
croïoit
pas
qué
ce
für
le
vraï
corps,
&
le
«
vrai
fang
de
Jefus-Chrift,
mais
fa
figure
&
fa
reflemblan-
+
ce:
Quafi
te
ab
unitate
Santa
Matris
Ecclefia
divulferis
:@
de
Corporé
Janguine
Domini,
quod
quotidie
in
aniver/a
terra
faper
Sanctum
altare
Unmolatur,
aliter
quam
fides
Ca
tolica
teneat,
[entire
videaris
+
hoc
eff,
nt
illorum
de
te
di-
is
utar:
Non
effe
verum
Corpus
Chriffi
,
neque
verurr
fat
guinems
Jédfiguram
quandum
€
firiliudinem.
Aprés
cela,
Adelman
conjuroit
Bérenger
par
la
tréss,
douce
memoire
de
Fulbert,
qu’il
aimât
la
paix
Catholi-
que,
&
qu'il
ne
troublâtpoine
la
Republique
&
la
Gité
Chrétienne,
fi
bien
ordonnée
par
nos
Ancètres,
pour
las
«
uelle
tant
de
millions
de
Martyrs
ont
combatu
8
triom-
cé’
phé
de
PIdolatrie
&
de
l'Empire
du
Demon
,
pouf
laquelle.
«
les
faints
Doéteurs
ont
travaillé
à
éteindre
les
Hammes
dé:
«
diverfes
Héréfes
par
les
torrens
de
leur
éloquence,,&
«
ont
münie
en-forte-qu'il
ne
fe
peut
éléver
aucun
nouvel
‘4
ennemi,
qui
fie
fe
voie
auffi-tôt
percé
de
mille
traits
mor-
*
tels,
qu'on
lui
lance
d’en-haut.
e
LV.
Pendant
la
vie
du
Roi
Robert
,
Bérenger
de
Tours.
1bidem,
&
Archidiacre
d'Angers,
&
Brunon
Evêque
d'Angers:
es
ee
LE
D
Æ
à
rh
nié
56
E
Trairé
des
Edis,
es
des
autres
mMmoiens
ta
CR
=
ü
ï
dre
d
à
P
Se
be
ÉD
:
:
;
RL».
œ
4
er
YL
PART.
qu'oû
Cro1oit
infecté
du
même
poifôn
;
noferent
éclatèr:
Chap.
I,
mais
aufli-tôt
aprés
fa
mort
afant
commencé
à
{
pro-.
To.
3.
Bibl
PP.
circa
f-
ALL
*
duire;
le
Roi
Henri
fuccédant
au
zéle
aufi-bien
qu'à
la
*
couronne
de
fon
Pére,
convoqua
tous
les
Evêques
de
fon:
»
Roïaume
pour
aller
au
devant
de
cet
embrafement.
Du-
»
rand
Evêque
de
Liége
lui
écrivit
pour
l'en
difluader,
par--
;
ce-que
bien
qu'il
defirât
avec
pañlion
la
tenué
de
ce
Con-
‘cile
&
la
condamnation
de
l'Héréfie,
il
voioit
que
Bru-
‘non
étant
Evêque,
ne
pourroit
être
dépofé
fans
lauto-
»
rité
du
Pape;
&
s’il
fortoit
du
Concile
fans
être
dépofé,
#
les
Adverfaires
de
l'Eglife
en
triompheroïent,
&
diroienc
#
qu'ils
s'yétoient
juftifiez,
&
qu'on
n’avoit
pü
les
convaincre:
»
ce
qui
attireroit
de
plus
grands
défordres
qu'auparavant.
#
Durand
dit
que
ce
n’étoient
que
des
anciennes
Héréfes,
#
qu'on
renouvelloit
alors;
fçavoir
que
ce
netoit
pas
tant
le
#
Corps
de
Jefus-Chrift,
que
fon
ombre
&
fa
figure;
qu’on
»
détruifoit
les
Mariages
lesitimes
autant
qu'on
le
pouvoit,
#
qu'on
ruinoit
le
Batême
des
enfans
:
Cww
legitima
conjugia
déffrnant,
©
quantum
in
iplis
off
Baptifmum
parvulorum
EVErrANT.
RS
ee
:
=
ne
:
V:
De
ces
deux
derniers
articles
il
paroîtra
aflez
clai
sement,
que
c’étoit
fur
les
pas
de
Béranger
que
marche
rent
depuis
les
Hérétiques,
que
Saint
Bernard
&
Pierre.
de
Cluni
combatirent
:
Tanchelin,
Pierre
de
Bruis,
Hen-
1;
fur
les
craces
defquels
marchérent
enfuite
les
Albi.
geois,
les
Cathares
&
les
Vaudois.
Mais
Durand
affüre
»
dans
la
fuite
de
la
même
Lettre,
que
ces
fortes
d'Héré-
»
liés
étoient
trés-anciennes;
qu’elles
avoienc
été
déja
plu-
»
fieuts
fois
condamnées,
&
qu'il
feroit
plus
jufte
de
trai-
»
ter
du
fupplice,
qu'il
faloit
leur
faire
fouffrir.
Car
il
ne
»
faut
donner
audience
aux
Héréfies,
que
quand
elles
{ont
»
nouvelles,
8
que
ce
font
des
queftions
qui
n’ont
pas
en
Core
été
bien
examinées.
I
n’eft
donc
plusici
befoin
d’exa-
»
Men;
puifque
tout
à
été
fi
bien
éclairci
par
les
Conciles
»
&
par
les
Peres,
qu'il
ne
refte
plus
de
doute:
QuañguaR
Hajufinodi
hormines
nequaquam
oportenr
audiris
teque
tam
SE
pro
lis
Concilinm
advocsdam,
quan
de
tlorum
fapplès
ë.
©
LA
peur
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique:
3»
|
cioexquirendum.
Tunc
guippe
Haretici
neceÎfario
audiendi
fue-
11.
Pan.
qunt
,
quando
harefts
ipfz
€
hujufmodiqualliones;
#ipote
que
‘Chap,
I
pondum
aù
unguerm
difcuffe
fuient,
in
dubium
venrre
po-
suerunt
;
ut
per
congreffum
certaminis
parélceret,
#tr4
pars
fraret
pro
defenfione
veritatis.
Quod
idem
nunc
profeito
fieri
von
oportet,
quia
creberrimis
Sanülorum
Patrèm
Conciliis
,
gum
ctiam
venerabilium.
Doctorum
clarifsimis
fententiis
ita
omnia
Junt
eliquata,
nt
ne
mIntmW
quidem
refederit
de
omni
face
dubitationts.
|
ur
Ce
Prélat
ne
doutoit
donc
pas
que
le
Roi
ne
püt
&ne
dût
convoquer
un
Concile
dans
fon
Roïaume
pour
étouf-
fer
PHéréfie,
Aivnt
eos
Contilium
aduocafle.
O
pia
voluntas,
6
«
were
Rege
dignifsimas
que
utinamcfeitum
habere
pofsit.
Mais
+
il
défroir,
que
puis-qu’ily
faudroit
dépofer
PEvêque
d’Ans
.
gers
;
ce
qui
ne
pouvoit
fe
faire
;
felon
fon
avis,
fans
linters
:
vention
du
Pape,
le
Roi
nedonnât
point
d'audience
à
l’'Hé-
.
téfie,
jufqu'à
ce
qu'il
pûr
la
condamner
avec
lé
confentes
.
ment
du
Pape:
Majeffatem
iuam
omnes
exoratam
vellemns;
-
ut
interim
illorum
impiam;
jacrilegam
€
nefariam
affertioz
.
nemaudirecontemueretis,
donec
accepta
Roma
Jedis
andien:
tia,
damnandi
poteStlatem
haberetis.
‘Fout
cela
he
venoit
que
de
ce
que
Brunon
étoit
Evêque;
&
qu'ainf
on
défef.
péroit:
de
le
pouvoir
condamner
fans
lé
Pape
:
Seg
de/hera-
sus
id
fieri
pofle,
chm
Bruno
exiffat
Epifcopus
;
Epifcopum
autem
not
oporiet
dammationis
fubire
fententiam
,:
preter
Apoffolicam
authoritatem,
C’évoit
le
fentiment
de
ce
pieux
Prélat:
|
-
VI.
Mais
puis-qu'il
aflüte
d’ailleurs
que
cètte
Héréfe
a
déja
été
condamnée
par
plufeurs.
Conciles,
creberrimis
Sanétorum
Patrum
Conciliis,
quels
peuvent
avoir
été
ces
Conciles
?
Car
il
y
avoit
alors
peu
de
Conciles,
où
il
er
été
traité
de
l’Eucariftie:
Il
me
femble
que
ce
Prélat
en-
tend
tous
les
Conciles,
où
les
Manichéens
avoiént
été
con
damnhez.
Car
c’étoient
les
Manichéens,
qui
ruinoient
les
Mariages
lesitimes
;
qui
fe
rioient
du
Batème
desenfans;
:
qui
nioient
la
verité
de
l’Eucariftie,
puis-qu'ils
nioient
la
verité
de
l’Inçarnation
:
qui
vouloient
que
le
Corps
de
Je-
8
A
à
A
té
CA
:
À
28
+
Traité
des
Edits,
do
des
autres
moïens
“IL
Parr.
fus-Chrift
dans
lun
&
l’autre
de
ces
myfteres
ne
füt
qu'une
Chap.
HE,
ombre
&
un
phantôme.
ER
x
ee
C'étoit
cette
Héréfie
Manichéenne,
qui
ne
ruinoit
pas
feulement
Je
Chriftianifme;
en
reduifant
l'Incarnation
&
J'Eucariftie
a
des
phantômes
&
à
des
figutes
:
mais
auf
la
Republique
&
toute
la
police
des
hommes,
en
deteftant
les
vrais
Mariages
,
8
réduifant
le
genre-humain
à
un
commerce
perpetuel
d’impudicitez
horribles.
C’étoit
auffi
pour
cela
que
les
Loix
imperiales
Pavoient
traicée
avec
plus
de
févérité,
quertoutes
les
autres,
commenous
l’a
vons
fait
voir
dans
la
premiére
partie
de
ce
Traité.
C’e-
»
toit
aufli
pour
cela,
que.ce
zélé
Prélat
difoit
que
le
Roi
»
de
Francene
devoit
pas
tant
penfer
à
convoquer
un
Con-
“
Cile,
qu'a
déliberer
für
le
fupplice
de
ces
Hérétiques:
e-
que
tam.cff
pro
illis
Concilium
aduocandum
,
quam
de
illorum
»
Japplicio
exquirendum.
Enfin
cet
Evèque
exhorroir
le
Roi
»
de
concerter
avec:-les
Evêques
de
France
&
d'Allemagne,
»
avec
l'Empereur
&
le
Pape;
quel
fupplice
il
faudroit
dc-
.
Cerner
contre-eux.
Car
étant
les
ennemis
déclarez
de
tous,
»
il
étoit
jufte
que
tous
fe
déclaraflent
contre-cux
:
era
il
-
is
audientia
Concilii
deneganda
eff;
€
cum
veffris,
cumque
noÿtris
Epifcopis
;
J£
ita
vobis
svidetur
,
cum
amico
vestro
im-
.
pératere,
cuir
ip{o
Papas
que
vindilfa
in
eos
flatuatur
,
de-
liberandum.
Etenim
juffum
,
nt
quorum
manus
font
contre
OMRES
;
ORRIU
ME
VeANMWS
etiam
contra
ip{os
excitentur.
Baxo-
nius
croit
que
le
Roi
défera
à
certe
remontrance,
&
qu'en
fon
temps
il
ne
{
tint
aucun
Concile
contre
Berenger;
&
que
comme
fous
fon
régne
il
ne
füt
plus
parlé
de
cette
Héréfie,
il
emploïa
apparemment
fon
pouvoir
pour
en
arrêter
le
cours.
-
SE
s
|
«Mais
les
paroles
de
cet
Evêque
nous
apprennent,
que
linterét
étoit
commun
à
PAllémagne
&
à
la
France
,
à
Empereur
&
au
Roi;
&
que
par
confequent
cette
Hé-
réfiesé
toit
aufli.érenduë
dans
l'Allemagne
;
&
que
les
Ca=
chares
y
avoient
déja
fait
quelque
progrés.
Car
cette
Lert-
tre
de
Durand
Evêque
de
Liege,
&
les
Sermons
de
Saint
Bernard
que
nous
rapporterons,
Conviennent
entierement.
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
39
avec
ceque
nous
avoient
aupafavant
appris
ceux
qui
ont
f
les
re
:
2
RTE,
à
A
.
:
a
T-
t4/
réfuré
les
Cathares
d’Allemagne;dont-il
fera
aufhi
parlé
plus
bas.
Mais
Baronius
n’a
pas
connu
Je
Concile,
que
le
Roi
ft
renir
à
Paris,
&
la
condamnation
qui
y
fut
faite
de
Bérenger,
&
de
fes
partifans,
qui
na
été
découverte
que
depuis
fon
tems;
comme
nous
l'allons
voir
inçonti-.
Hear,
Chap.
IL,”
-nontravantila
fin
de
ce
Chapitres
-
ni
LS
VIT.
Ce
fur
fous
le
Pape
Leon
TK.
que
cette
Héré=
fie
fur
déferée
au
Saint
Siége
Apoftolique
Fan
1050.
elle
y:
fut
condamnée
dans
un-Concile
tenu
à
Rome
la
mé-
me
année,
&
elle
fut
encore
condamnée
dans
un
autre.
Concile
tenu
à
Verceil
quelques
mois
aprés.
Lanfranc
fut
prefent
à
l'un
&
à
l’autre,
&
fe
lava
devant
le
Pape,
qui.
y
préfidoit,
des
foupçons
qui
étoient
rombez
fur
Jui
;
à
caufe
des
Lettres
que
Berenger
Jui
avoit
écrites.
Jean
Eri-
gene
Scot
y
étoit
louc
,
Pafchafe
blâmé,
&c
il
n’en
falloit
guere
davantage
pour
la
condamnation
de
Pauteur
des
Let:
tres.
Ce
récir
eft
tiré
de
Lanfranc
même.
En
ro$55.
Hilde-
brand
Legat
du
Pape
Vitor
FL.
tint
un
Concile
à
Tours
même,
y
fi
citer
Berenger
qui
enétoit
originaire
&c
pre-
fent
dans-la
Ville
:
auffi
futil
convaincu
de
fon
erreur
,
&c:
contraint
de
figner
de
fa
propre
main
la
condamnation
de:
fon
Héréfie,
{elon
Guimond
Archevêque
d'Averfe,
qui
écrivit
enméme-tems
contre-lui.:
Lanfranc
dit
qu'il
y
pro-
«
mit
de
s’en
tenir
à
la
commune
Foi
de
l'Eclife,
comme
il
«
favoit
juré
dans
le
Concile
Romain.
Ces
deux
mêmes
«
Auteurs
parlent,
encore
du
Concile
tenu
à
Rome
en
1059.
_
fous
le
Pape
Nicolas
Il.
en
la
prefence
duquel
&
de
113.
Evêques,
qui
y
affifiérent,
Bérenger
fit
une
nouvelle
ab-
juration
defes
erreurs
&
une
confeflion
en
même-tems
de
la
Foi
Carholique.
LePape
envoïa
le
ferment,
qu'il
fe,
dans
les
Villes
d'Italie,
de
France
&
d'Allemagne,
afin.
d'édifier
par
fon
retour
les
Eglifes,
qui
avoient
été
fcan-
dalifées
de
fa
cheute.
Le
Concile
ne
fut
pas
plü-tôt
fint,-
que
Bérenger
écrivit
contre
fa
Confeflion
&
contre
l'E-
clife
Romaine.
Enfin
en
1079.
le
Pape
Grégoire
VIT.
aiant
convoqué
un
Concile
à
Rome,
Bérenger
y
confefla-
D
üj.
TL
PART.
Chap.
LIL
40
Traité
des
Edits,
es
des
autres
moïens
&
condamna.fa-perfidie
pañlée,
&
fit
ce
Serment
folémz
nel,
qui:a:
été
inferé
dans
le
Droit:
Canon
:
Moi
Berenger,
0.
je
croé
de
cœur;
Grconfeffle
de
bouche
que:
le
pain
&*
le
vin
quon
met
jur
l'Autel,'eft
fubffartiellement
changé
par
le
myftere
de
la
priere
facrée
&
par
les
paroles
de
nôtre
Redem-
pieur,
eh
la
chair
veritable
;:propre
&
vivifante,
&
au
[ang
de
Jefas-Chrifl
nôtre
Seigneur:
©
qu'aprés
da
confecration,.
c'est
le
vraë
Corps
de
Tefus-Christ,
quirejf
né
de
la.
Vierge,
a
foufert
Juris
Croix
pour
le-falut
du
monde,
€
ef
maine
tenant
affis
à
la
droite.du
Pere
:
&
que
c’eft
le
vrai
fang
de
Jefus-Chrift,
quicoula
de
[on
côté
:
non
pas
en
figure,
&
par
da
vertu
du
Sacrement
Jeulement
3
mais
dans.
la
proprieté
de
Ja
nature,
dans
la
vérité
de
fa
fubflances
=:
27
Aprés
cela
cé
Pape
commanda
à
Bérenger
de
ne
jamais
plus
difputer
de
l'Eucariftie,
fi
ce
n’étoit
pour
ramener
à
cette
vraie
Foi,
ceux
qu'il
avoit
abufez.
Bérenger
mou
rut
l’an
1088.
âgé
d'environ
quatre-vingt-dix
ans;
Hilde:
bet
EF
qui
étoiténcore
jeune
&
de
{és
amis,
lui
fit
une
Epi=
taphé
en
vers,
remplie
de
tant
de
lotianges
exorbitantes,
qu'elles
fefoiént
plus
capables
de
noircir
Hildebett,
que
de
faire
honneur
à
Béranger;
fi
Hildebert
dans
la
fuite
de
fa
vie
n'avoit
effacé
par
de
grandes
vertus
les
honteu-
fes
flétriflures
de
fa
jeunefle,
Car
enfin
quelles
louanges
-pouvoit
mériter
Bérenger
aprés
tant
d’apoftaes
&
tant
de
recheutes
à
Left
‘vrai
qu'il
mourut
pénitents
mais
com
ment
peut-il
avoir
réparé
le.
tort
qu'il
avoit
fait
à
tant
|
de
fidéles,
qu'il
avoit
précipitez
dans
fes
mêmes
erreurs,
|
&z
qu'il
ipar-ph.ch
retiferie
2e
VIT
J'attribuérois
volonriérs
la-vafte
étendué
qu'eurent.
les
Héréfes
de
lonziéme
&
du
douzième
fiécle,
à
ce
long.
cfpace
de
tems
qui
s’écoula
depuis
que
PArchevêque
Lew
theric,
lEvêque
d’AngersBrunon
&lArchidiacre
Bérenger.
eurent
conamencé
de
dogmatifer,
jufqu'autems
de
la
mort.
du
même
Bérenger
;
quand
nous
croïons
qu'il
ft,
quoi=.
que
bien
tard,
une
fincere
abjuration
de
fes
erreurs.
Cet.
cfpace
ne
contient-sueres
moins
d’un
fiéclé
:
ainf
ce
{e=
_crét
venin
£
répandie
à
loifir
de
tous
côtez
;
les
feintes.
pour.
maintenir
l'unité
de
|
Eglife
Catholique.
‘31
abjurations,
que
Berenger
en
fc
dans
plufieurs
Conciles,.
FE
ee
n'aïant
fervi
qu'à
lui
donner
plus
de
liberté
d’infinuer
en;
ie
2
fecret
,
ce
qu'il
n'ofoit
,
ou
qu'il
ne
pouvoit
fotitemir
en.
*
-
public,
Il
avoit
nulle
licrerature
;
il
fuoit,
touscles
gens
fcavans;
il
ne
frequenroit
quelles
ignorans
&les
frmples,
parmi
lefquels
fa
hardicfle
&
{on
impudence
lui
donnoit
=
du
crédit,
C’eft
ce
que
Lanfranc
lui
reproche
au
come
mencement
du
livre
qu'il
écrivit
contre
lui.
Vous
conti
“B4/.
Par.
nuez
de
foûtenir
par
des
difputes
fecrétes
parmi
les
igno-
ee
ou
fans
vos
anciennes
erreurs;
vous
confeflez:la
foi
orthodoxe
*
dans
les
Conciles
en
public,
non
pat
amour
de
la
veriré;
*
mais
par
crainte
de
la
moït
:
70%
amore:veritatis,
[ed
mo
re
mortis
:
C'eft
pour
cela
que
vous
me
fuiez;
vous
fuiez
*
toutes
les
perfonnes
Religieufes,
qui
pourroient
porter
ju-
*
gement
de
vos
fentimens,
&
des
miens.
-
IX.
Berenger
forgeoir
de
plus
à
fon
gré
des
pañlages
conformes
à
{a
doûrine,
&
les
attribuoit,
ou
par
malice,
“
ou
par
ignorance
aux
anciens
Docteurs
de
l'Eglife
,
1:90.
Auouftin
,
à
S.
Gregoire,
à
S,
Jerôme,
ou
à
quelqu'un
des:
*
aurres
Peres
les
plus
refpectez
dans
l'Eglife,
Dans
lobfcu-.
“
rité
de
fes
Conferences,
ces
gens
fimples
le
croïoient,
fans
*
pouvoir
le
convaincre
de
fes
falfifications
:
Sezretias
tuis
ce
Ibidens:
fententiis
commodas
pleclenda
temeritate
confingis
;
calque
[eu
féudio
nocendi
,
feuigrorantig
veri
facris
Doéforibus
aftribuis
dicens
Hoc,
vel
hoc,
in
illo,
vel
illo
opere.
teffatur,
Augu=
Sinus,
Hieronymns
,
Gregorius,
vel
quilibet
eorum:;
ques
=
in
arce
authoritatis
politos
Eccleia
Chrifii
infigriter
vereratur.
A
-
I
envoïoit
de
tous
côtez
dés
écrits
’pleins
de
fon
in=
«Zidem.
par.
fame
dodrine
,
&
les
faifoit
répandre
par
fes
Difciples
ne
dansles
Paiséloignez:
Prava
féripra
per
Difcipulos
tuos
14
di
«
rverfas
regiones
tranfmitiis:
Ce
furent
ces
écrits
qu'il
con-
damna
&
qu'il
brüla
Iumême
dans
le
Concile
des
113.
Evêques
fous
le
Pape
Nicolas
If,
&
qu'il
he
laifla
pas
de:
renouvellér
aufli
tôt
aprés.
DS
ee
X.
Guimond
qui
de
Moine
Bénédi@in
fut
fair
Arche-
_
vêque
d'Averfe
,
&rqui
écrivit
contre
Berenger
en
ro6ds
Didem.p.
215
dit
que:
cc
Héréharque:
nechercha
qu’à
fe
fignaler
86
à
4
&
‘32
“Traité
des
Edirs,
e»
des
autres
moins:
H.
Par.»
fe
diftinguer
du
commun
des
Fidéles,
ce
qw'ileftima
pou
Chap.
IL,
voir
faire
pat
fa
nouvelle
doëtrine,
quoi-qu’il
eüt
peu
de
»
genie;
qu'il
n'eût
jamais
p&
pénétrer
bien:
avant
dans
la
»-Philofophie,
&
qu'il:
méprifat
les
arts
liberaux..
Libros
4r-
tinm
contemnebat.
Sed
cum
per
fe
attingere
Philofophie
al-
tioris
Santta
non
poflet,
neque
enim
homo
ia
acutus
erar,
maluiteffe
Jub
aliqua
admiratione
hominum
Hareticus
,
quams
Jub
oculis
Dei
private
vivere
Catholicas…
XI.
Mais
ce:qui
lui
attira
le
plus
de
Difciples
felon
#
cét
Auteur,
futla
complaifance
qu’il
eüt
pourles
pécheurs
#
qui
péchent
&
veulent
toujours
pécher.
Il
ruina
autant
»
qu'il
fut
en
fon
pouvoir,
les
lépitimes
Mariages,
&
s’op-
#
pofa
au
Batème
des
enfans..
En
Ôtant
les
Mariages
lécici
»
mes,
le
Demon
fe
fervoit
de
fa
langue
pour
perfuader
aux
»
hommes,
qu'ils
pouvoient
abufer
de
toutes
fortes
de
fem-
#60
f:
216.
mes
+
[#
altero
pefsimis
hominibus
Diabolus
per
os
ejus
licité
omuibus
feminis
abutendum
effe
fuadebar.
Voilà
l'Héréfice
*
des
Manichéens,
vorlàcelle
des
Cathares
&
des
Albigeois
paravance.
Aprés
cela
il
n’eft
plus
étonnant
fi.
cette
fee
fe
multiplia
fi
prodigieufement
;
puis-que
la:
multitude:
*
de
ceux
qui
péchent
&
qui
veulent
continuer
de
pécher
impunément..
eft
toujours
tres-grande.….
-
:
Quantau
Batême-des
enfans
lequel
ils
Groient..les
con:
fequences.en-éroient
encore
effroïables
,
felon.
le
même
Au-
»
Tur;car
aïant,
dit-il
.une-fois
perfuadé
à
fes
Difciples,,
qu’ils
n'étoient
pas
encore
batizez:;
il
leur
perfuadoit
fa-
clement
de
s’abandonner
à
routes
forces
de
méchance-
+
tez,
qui
feroient
lavées
par:
le
Batéme
fuivant.
Caf/aro
Ba
vphfmate
infantis,
in
profundum
omnium
malorim
,-utpoté
polmodum
baptizandis,
impunè
ruere
fuaderet.
ea.
XIT
On
n'eût
pas
cru
d’abord,
que
ces
opinions
nou-
velles-ouvafent
ainf
la
porte
au
débordement
de
toutes:
les
impuretez,
&
de-toutes
fortes
de
crimes.
On
n’eût
pas
auff
penfe,
que
de
nier
la
réalité
du
Corps
de.
Jefus-
Chrift
dans
l'Eucaniftie,
ce
fur
auflr
fe
proftituer
à
toutes
-…
{es
ordures
&
à
toutes
les
injuftices
imaginables.
C’eft
né-
Aamoins
ce
que
lé
même
Guimond
nous
découvre
un
peu.
-
-
aprés,
XFidèrm'
29
#
pourmaintenir
l'unité
de
l'ÉchifeCaiholique.
43
aprés,
qu'en
Otant
la
verité
du
Corps
de
Jefus-Chrift
de
cet
augufte
Sacrement,
on
banñifloit
ce
refpeét
&
cette
crainte
religicufe
qui
éloignoit
du
crime
ceux
qui
devoient
communiet.
Car
quel
frein
plus
puiffant
pour
arrêter
les
pécheurs,
&
quel
aiguillon
plus
propre
pour
animer
les
juftes,
qu'un
Sacrement,
où
par
avance
ils
mangent
les
uns
leur
propre
jugement
&
leur
condamnation,
les
autres
leur
celcite
&
infinie
récompenfe
:
Ur
ablata
weritate
Domi=
Aici
Corperis
;
peccare
volentes
nullaréverentia,
nullus
metns
percipiende
jacre
communionis
ab
aliquo
fcelere
revocarer.
Won
ne
s'étonne
donc
plus
fi
des
troupes
innombra-
bles
de
gens
fuivoient
aveuglément
des
Doëteurs,
qui
leur
donhoienr
une
pleine
liberté
de
fe
précipiter
dans
routes
les
débauches
&
dans
tous
les
défordres
imaginables,en
leur
perftadant
qu'ils
m’étoicnt
pointencore
baptifez,
ni
enga-
gez
à
la
Loi
de
l'Evan
oile,
&
que
tous
les
excés
qu'ils
com
mettroient,
feroient
en
un
initant
effacez
par
l'eau
du
vrai
barème
:
que
Jefus-Chrift
n'étant
point
préfent
dans
l’Euca-
tiftie,onne
devoit
point
appichender,
qu'en
communiant
;
on
manger
fa
propre
condamnation
:
enfin
que
le
Mariage
n'étant
qu'un
commerce
diabolique
,
ilne
falloit
pas
crain-
IT.
PART:
Chap.
HI:
die
d'en
prophaner
toutes
les
Loix.
Tous
les
impiesfontin-
tereflez
à
défirer,
que
l'Eucariftie
que
l'Eglifeles
oblige
de
recevoir
quelquefois,
ne
foitrien
;ou
foit
trop
peu
de.chofe
pour
les
empêcher
de
pécher
:
Cowwmionem
Jacram
;
Quark
pro
Ecclefiaftico
more
fémere
coguntur,
mallent
aut
nullam,
aut
non
tantam
effe,
quâm
ejus
metn
fe
à
flagitiis
aliquate
fus
FOIRPEreRt.
A
xXIFPVoià.dit
Guimord
,
ce
quia
donné
tant
d’ac-
croiflement
:
&
tant
d'étenduë
à
cette
Héréfe:
154
igitur
<
per
tales
execranda
pestis
paululum
adolevit.
C’eft
auf
ce
que
nous
pouvons.séprefenter.
à
nos
Proteftans,
qui
tirent
de
la
gloire
de
l'antiquité
&
de
Pérenduë
de
Ja
Se-
éte
de
Berenger.
Perfonne
ne
doute,
que
le
crime
&
le
liber=
tinage
,
ne
foit
&
trés
ancien
&
trés
étendu
dans
le
mon-
de.
La
doërine
de
Berenger
&
de
fes
difciples,
des
Ca-
thares,
des
Albiacois:,
des
Vaudois
ne
tendoit:
qu'èceli-
8
Ibidem,
Ê:
F1
I7e
=
ÿg)
Traité
des
Edits,
©
des
autres
motens
—
bertinage,
aufli-bien
que
l'ancienne
école
des
Manichéens,
É.
sl
Ces
Meffieurs
auront
de
la
peine
à
le
croire,
parce-que
747"
<es
impuretez
&
ces
1IMPICLEZ
font
crés
éloignées
de
leur
enfée,
&
encore
plus
de
leur
volonté.
Mais
ce
font
néan-
moins
les
faites
de
leurs
dogmes,
&
de
l'alliance
qu'ils
veulent
fi
ardemment
contraéter
avec
ces
Sectes
anciennes
&
nouvellés
du
tems
moiïen.
|
Il
faut
dire
de
la
Sete
de
Bérenger
ce
qui
fera
dit
en
fon
lieu
de
celle
des
Albigeois.
Leur
multitude
&
leur
éten-
duë
en
diverfes
Provinces
étoit
grande;
mais
elle
ne
pou-
voit
nullement
entrer
encomparaifon
avec
celle
de
l’'Eclife
Catholique.
Ils
n’ont
été
que
dans
des
coins
de
quelques
Provinces,
le
plus
fouvent
cachez
,
inconnus,
fe
mélanr
parmi
les
Catholiques,
&
partant
tous
hypocrites,
perfs
des,
apoftars
de
leur
propre
Secte.
Il
faut
ajoürer
à
cela,
que
les
difciples
de
Bérenger
firent
plütôt
une
multitude
de
Seétes,
qu'une
Secte
fort
mulriphiée.
_C'eft
ce
que
Gui-
.
mond
a
encore
remarqué,
&
dont
ilétoit
témoin
oculaire.
ag,
19e
”
Les
Sectateurs
de
Bérenger,
dit-1l,
conviennent
tous,
que
:
»
Ja
fubftance
du
pain
&
de
vin
n'eft
point
changée.
Mais
»
ls
font
fort
differens
les
uns
des
autres,
comme
je
lai
fair
»
confefler
à
quelques-uns
d'eux.
Car
les
uns
veulent
qu'il
»
n'y
ait
dans
l'Eucariftie
,
que
des
ombres
&
des
figures,
»
Les
autres
difent
que
le
Corps
&
le
Sang
de
Jefus-Chrift
»
y
eft;
mais
par
une
efpece
d’impanation;
ce
qu'ils
difent
»
être
le
fens
raffiné
de
Bérenger
:
gwodammodo
impanari:
»
@
hanc
ipfius
Berengarii
[ubtiliorem
Jéntentiam
aiunt.
D’au-
»
tres
difent
que
le
pain
&
le
vin
eft
changé
en
partie,
&
#
demeureenpartietel
qu'iléroit.
Enfin
d’autres
veulent
que
#
le
changement
du
pain
&
du
vin
foit
entier,
mais
que
»
quand
les
communians
font
indignes
d’un
fi
grand,
Sacre.
#
ment,
le
pain
&
le
vin
reviennent.
Durasdus
de
_—
Durand
Abbé
de
Troarn
danse
Diocéfe
de
Baïeux
dont
Re
Orderic
Vital
faut
l'éloge
en
1087.
Hous
apprend
encore:
Pol
opera
“
Une
autre
difference
de
fentimens,
parce-qu'il
y
en
avoit
Lérf.
p.
78
qui
confefloient,
que
le
Sacrement
contenoit
la
chair
de.
_
Jefus-Chrift,
non
celle
qui
nâquit
dela
Vierge,
qui
fonf.
L
pour
maintenir
l'unité
de
lEchfe
Catholique.
39
fie,
seflufcita
,&
monta
au
Giel:;:
mais
une
nouvelle
chair
produite
par
l1
confecration.
Tous
ces
Partis
dans
une
même
Secte,,
étoient
autant
de
Seées
diverfes,
&
autant
oppofées
les
unes
aux
autres
,
que
le
font
les
Seétateurs
de
Zuingle,
&
ceux:
de
Luther.
On
ne
pouvoïit
denc
pas
dise,
que
ce
fût
une
même
Seéte
fort
étenduë,
non-plus
que
nos
dernieres
encore
plus
differentes
&
plus
diver-
fifiées
entre-elles.
,
XIV.
Mais
puis-que
nousavons
fait
mention
de
cet
Ab-
bé
Durand,
il
ne
faut
pas
oublier
ce
qu'il
nous
apprend
du
Concile
tenu
à
Paris
contre
Bérenger
fous
le
Roy
Henri
I.
Baronius
n'a
pas
cofnu
ce
Concile,
parce-qu'H
n'avoit
1
Panrii
Chap.
IH:
Par.
9:
p
107>
pü
voir
cer
ouvrage
de
Durand,
qui
ne
nous
a
été
don
né
que
depuis
peu
d'années.
Ce
Roi,
dtDurand,
par
las
-
A
vis
des
Evêques
de
fon
Roïaume
&
de
fes
Seigneurs,
con,
voqua
un
Concile
à
Paris,
&
ordotina
que
Bérenger
s'y
trouvât,
&
qu'il
y
prouvât
s'il
pouvoit
fa
Dorine
par
l'autorité
des
Peres,
asshorirate
Patrum.
:
où
que
s’il
ne
pou-
voit
la
défendre,
il
embraflät
la
Foi
Catholique.
Les
Evé-
ques,
le
Clergé..
&
les
Seigneurs
fe
trouvérent
à
Paris
;;
Berenger
effraic
par
les
remords
de
fa
mauvaife
confcien-.
ce,
n'y
comparûc
point
>
il
fe
retira
avec
l'Evêque:
d'An-
ers
Brunon,
dent
il
étoit
Archidiacte,
&
qu'ilavoit
in-
Late
de
fes
erreurs.
Voilxles-nouvelles
lumieres
,.que
l'ou-
vrage
de
PABbé
Dürand
nous
a
données.
-
J'ajoute
que
le
Concile
{e
fépara
aprés
avoir
condam-
né
l'auteur
de
cette
Héréfie
avec
fes
complices,
&
avéc
le
livre
de
Jean
Erigéne
Scot,.
de
la
lecture
duquel
cette
Héréfie
étoit
née
;
&
aprés
avoit
ordonné.
.que
s'ils
ne
fe
convertifloient
tous,
ilsferoient
pourfuivis
8
affiégez,
quel-
que
part
qu'ils
fuflent
afflemblez,
jufqu'à
ce
qu'ils
fiffent
une
Confeffon-dela:
For
Carholique’,
où
qu'ils
fuffent
pu-
nis
de
mort:
Z#/anter
qualité,
ubicumque
conveniifent,
60
a{que
obfiderentur
\donec
au
confentivent
Catholic
fidei
,
aut
mortis
patas
luituri
caperentur.
Ce
terrible
jugement
les
ef-
fraïa
,
ils
£
prefenterent
au
Concile,
y
firent
une
profef-
fon.
publique
de
tenir
la
Foi
de
l'Eglife,
&
en
frencunÿu-
LaJ
@
4
36°
Traité
des
Edits,
ex
des
autres
moïens
ue
:
AL.
Pare,
rement
fur
les
Reliques
des
faints
;
mais
aprés
cela
ifs
ne
Chap.
1H.
laiflérent
pas
d'apoñlañer,
-
nes
|
Avant
ce
Concile
de
Paris,
Bérenger
avoit
été
refute
&.
condamné
dans
une
Aflemblée
du
Clergé
&
des
Grands
de
Normandie
convoquée
à
Brion
par
le
Duc
Guillaume.
le
Bâtard,
Dans
ce
Concile
de
Paris,
il
ne
fut
point
par-
lé
de
l'Evêque
d'Angers
Brunon,
ou
parce-que
le
Roi
avoit
apparemment
déféré
aux
remontrances
qu’on
lui
avoit
fais:
tes
fur
la
difficulté
de
dépofer
des
Evêques
fans
l’auto-.
rité
du
Pape
,ou
plûtér
parce-
que
ce
Prélar
,
comme
Mon:
fieur
de
Roïe
Dotteur
en
Droit
d'Angers
,
l’a
aflez
bien
prouvé,
ne
favorifa
jamais,
où
ne
favorifa
pas
long-tems:
la
Dodtrine
de
Bérenger.
Aufli
ne
fut-il
jamaisflécri
dans
aucun
de
ces
Conciles,
où
Bérenger
fut
fi
fonvent
con-
damné,
|
2.
Des
erreurs
&
des
Sectateurs
de
Tanchelin,
de
Pierre
de:
-
Bruis,
&
de
Henri
:
des
moïens
dont
on
fe
fervit
pour.
les
convertir
ou
pour
les
reprimer,
Sentimens
deS.
Nor-:
-bert,
de
Pierre
le
Vénérable
&
de
$.
Bernard
fur
ce
fujet.
:
IT.
Quelles
étoïent
les
erreurs
de
Tanchelin.
II.
Quelle
éroit
fa
con:
_duite,
[a
pompe,
la
terreur
de
[es
armes.
Converfions
de
ceux
qui
..
4voient
Cté
abnfez.
La
donceur
©
la
fainteré
des
Mifionaires
de.
_
faint
Norbert
qui
les
convertirent.
III.
Diverfes
réflexions
[ur
ce.
”
recit,
Les
Precurfeurs
des
Albigeois,
Quand
il
y
à
necelfité
dar
mer
contre
les
Hérètiques.
La
Communion
fous
la
feule
efpece
du
pain
avant
l'an
onve
cens.
IW.
Pierre
leWénérable,
le
plus
doux
des
hommes,
fut
d'avis
qu'on
attaquat
©
qu'on
chalfèt
Pierre
des
_Bruis
€
fès
Seitateurs-
par
la
prédication,
&
par.
les
.armes.:;
_
PT
Quelles
étoient
les
erreurs
©
les
impierez
de
ces
Hérétiques:.
les
mémes
que
celles
des
Anabatiftes
,
des
Iconoclaftes,
des
Hufe
Jites
@'c.
WI.
Pierre
des
Bruis
qui
avoit
bralé
les
Croix
,
fut
bralé
par
le
penple
s
©
il
fur
fuivi
par
Henri
antre
Héréfiar-
>
-que.
WIT.
Diverfes
remarques
[ur
les
derniers
fupplices,
qu'on:
4
-
fr
quelquefois
fouffrir
A
çes
Hérétiques
VI
IT,
Defcriprièn
de
{
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eclife
Catholique.
3»
pAréfarque
Henri
par
Saint
Bernard,
IX.
Les
Miionnaires,
11
Panre.
les
Evêques,
des
Seigneurs
nb
pour
la
conver-.
CH
es
fion
des
Hérétiques,
X,
Des
miracles,
@
‘des
vertus
Apoftoli
*
—
ques
de
Saint*Bernard.
Dans
les
Hérériques
de
fon
temps,
il
triomphoit
de
ceux
du
noffre,
qui
leur
font
femblables,
XI.
Di.
vers
avis
de
faïnt
Beraard,
[ur
la
pourfuite,
@‘:les
Jiffioes
contre
les
Ferétiques,
À
TE.
Convenances
des
Hérétiques
contre,
-
Jefquels
faint
Bernard
écrivit,
avec
les
Albigeois
qui
les
[urvirent
:
de
prés,
À
III,
De
la
Milion
ordinaire,
ou
extraordinaire,
|
des
miracles.
X
IV.
Prenves
que
ces
Hérétiques
étoient
les
me
*
-
mes
que
les
Cathares,
qui
ne
croioient
ni
l'Incarnation
;
ni
l'Eu.
carilie,
gens
vils,
fans
lettres
@
[uns
vertu.
XP.
De
La
mort.
-
que
le
peuple
faifoit
fouvent
fouffrir
à
ces
Hérétiques.
XP
I,
Sen.
“rimens
de
faint
Bernard
[ur
la
puuition
des
Hérétiqués,
©
[ur.
lenr
fanffe
conftance
à
fonffrir
le
mort,
re
es
L.
HE
vivo
du
tems
de
faint
Norbert,
&
qui
a
écrit
à
vie,
raconte
que
ce
faine
aprés
avoir
obr
Su
de?
tenu
du
Pape
Honoré
IJ,
la
confirmation
de
‘fon
Ordre,
wi
#34
fut
appelé
la
même
année
1126,
à
Anvers,
pour
s'y
oppo=
*
{er
au
progrés
qu'y
faifoit
un
nouvel
Héréfarque
nommé
*
Tanchclin.
Quoi-que
la
Ville
für
déja
forr
grande
&
fort
*
nombreufe,
il
n’y
avoit
qu'un
Curé
pour
la
gouverner;
encore
fa
négligence
étoir-elle
exrréme
&
fa
vic
feanda-
leufe.
Cétoir
donc
comme
un
troupeau
fans
Pafteur,
qui.
{e
laiffa
aufli-côt
empoifonner
de
la
nouvelle
doétrine
de
ce
Dogmatifte,
C’étoir
le
plus
méchant
des
hommes,
en-
*
nemi
déclaré
de
tous
les
Sacremens,
de
la
Religion
&
de
la
Foi
Chrétienne.
11
difoit
que
l'Epifcopat
&
le
Sacer-s"
doce
n’étoienc
rien;
que
la
Communion
du
‘Corps
&
du
«
Sang
de
Jefus-Chrift
ne
fervoit
de
rien
au
falur.
Le
peu-
ple
le
erût
facilement,
parce-qu'il
avoit
jamais
été
inf-
truit
de
ces
grands
Sacremens,
Je
n'ai
fait
que
traduire
ce
cé
VE
Pauteur
que
jai
nommé.
Voici
la
fuite
du
même
difcours.
.
JL.
11
étoic
fuivi
de
trois
mulle
hommes
armez;
&
il
n'y.
"#idem
avoit,
ni
Duc,
ni
Evêque,
ni
Prince
qui
ofât
lui
réfifler,
=
ni
paroître
devant
lui
qu'aprés
avoir
embraflé
fa
Secte.
Il
marchoit
avec
pompe,
avec
des
habits
magnifiques
les
cheveux
richement
ornez,
Il
gagnoit
la
bienveillance
des*=
“
_
38
“
Traité
des
Édits,
eo
des
autres
moïens
nn
:
}
,
Se
+:
S.
IL
Parr.,
hommes
par
des
difcours
étudiez
,
&
par
de
grands
feftins:
Chap.
IV.
à
leurs
dépens.
I
n'y
avoit
ordures,
ni
impuretez
qu'il
ne
,
commit
:
les
impudicitez.
&
les
adultéres
même
pafloient
à.
»
fon
égard
pour
des
attions
d'une
charité
loüable..
L'Evé-
»
que
ne
tarda
gueres
d'envoier
douze
Ecclefaftiques
au
fe-
.
cours
du
Curé,
pour
s'oppofer
à
ce
torrent
d'impuretez
.,
&
à
cette
exécrable
doftrine.
Saint
Norbert
fe
joignit
à
eux
avec
fes
Difciples,
&
l'erreur
fut
bien-tôt
diflipée
,
,
quand
cesbrillantes
lumieres
fe
montrérent.
Ces
Miflion-
.,
naires
traitoient
les
Nouveaux
Convertis
AVEC
Une
ExXtIÉ=
,
me
douceur;car
is
leur
difoient,
Mes
freres,
ne
vous
éron-
nez
pas
C
ne
craigner
rien
:
VOUS
auex.
Jar
le
menfonge
par
ignorance
;
crosant
que
c'étoit
la
vertes
fi
on
vous
leit
montrée
la
premiere,
Vous
Peuffez
Juvie
:
car
Je
vous
ave
été
faciles
a
vous
perdre
;
vous
l'anrier
été
encore
davantage.
»
pour
Vos
JAWver.
Les
converfions
qu'ils
faifoient
,
ÉTOIENE
»
frequenres,
parce-que
leur
vie
répondoit
à
leur
Doétrine.
»
Au
refte,
ces
Nouveaux
Convertis
rapportoient
le
Corps
».
de
Jefus-Chrift,
qu'ils
avoient
caché
il
yavoit
dix
ou
quinze
»
ans,
&
peut-être
encore
davantage,
dans.
des
boëtes
où
».
dans
des
trous.
TL
Oh
voitici.
1°.LesPrécurfeurs
des
Hérétiques
Sacra+
_mentaires,
coûjours
accompagnez
d'impieté,de
violence,
8
d'impureré.
Il
eft
difficile
de
ne
pas
reconnoitre,
que
cena
été
que
des
reftes
des
Manichéens,
comme
nous
le
ferons:
voir
des
Albigeoïs,
qui
ne
vinrent
qu'aprés
eux.
29.
Cette
Héréfie
ne
s'établifloir
que
parles
armes,
en
quoi
elle
fraïoit
aufli,le
chemin
aux
Albigcois.
Si
les
crois
mille
hommes.
“armez
de
Tanchelin
donnoient
de
fa
terreuraux
Evèques,.
aux
Ducs
&
aux
Princes,
&
les
forçoient
d'entrer
dans
leur
parti;
que
penferons-nous
de
la
multitude
du
peuple?
36,
La
douceur
de
l'Églife
fe
voïoie
par
ce
moïen
comme
forcée
de
laïfler
auffi
réprimer
par
les
armes
des
Princes
‘remporels
fes
enfans
,
les
violences
de
ces
impies.
On
en
füt
fans
doute
venu
là,
&
en
eût
dreffé
des
armées
pour
‘la
défenfe
de
l'Eglif,
contre
les
armées
qui
l'attaquoient,
£
faint
Norberravec
fes
Miffionnaires,
n'eûr
été
affez
hour
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
4$
ptéchoir
&
pratiquoit
les
confeils
&-les
vertus
Evangeli-
ques,
le
culce
des
Autels
&
des
Eglifes,
les
Sacremens,
la
Communion,
le
facrifice,
le
refpe&
dû
au
Sacerdoce
,
aux
Prêtres,
aux
Evêques.
Henri
détruifoit
tout
cela
pat
fes
mœurs
&
par
fà
dorine.
Quand
je
nomme
Henri,
je
crois
que
le
Lecteur
lui
joint
facilement
Jean
Hus,
Eu-
ther,
Zuingle,
Calvin.
Saint
Bernard
ne
prèchoit
pas
moins
contre
ceux-ci,
que
contre
Henti;
parce-que
©’é-
toit
contre
leurs
mœurs
&
leur
doétrine
qu'il
préchoit,
&
non
contre
leurs
perfonnes.
La
vie
&
les
vertus
de
Saint
Bernard
ne
rendoient
pas
un
témoignage
moins
glorieux,
ni
moins
efficace
à
la
verité,
que
fes
Sermons
&
fes
mi-
racles.
Sa
vie,
fes
fermons
&
fes
miracles
étoient
des
preu-
ves
auf
convaincantes,
contre
nos
Proteltans,
que
con-
tre
Henri.
La
vocation
de
Saint
Bernard
appelé
à
la
pre-
_dication.par
les
Evêques
&
par
le
Légat
du
Pape,
étoit
une
vocation
canonique
&
ordinaire
+
illa
foëtenoit
néan-
moins
par
des
miracles,
Que
diront
ces
Meflieurs
auffi
im-
puiffans
à
juftifier
leur
vocation,
qu’à
faire
des
miracles?
en
l’un
&
en
l'autre
fort
femblables
à
Henri,
fort
dif-
femblables
à
Saint
Bernard.
Henri
{e
croïoit
fans
doute
IT.
Parr.
Chap.
IV.
du
nombre
de
ces
hommes
extraordinaires,
tels
que
fe
vent
à
la
Kégéreté
des
peuples:
mais
enfin
n'aïiant
ni
les
smiracles,
ni
la
vocation
ordinaire,
ni
la
tradition,
ni
la
prétendoienrles
premiers
Protcftans;
auffi
impofoit-il
fou-
fucceflion
non
interrompué
;
levénement
a
fait
voir
qu'ils
bâtifloient
fur
le
fable;
toutes
ces
fortes
d’édifices
font
tom.
bez
d'eux-mêmes
:
&
nos
derniers
Héréfarques
étant
fi.
femblables
à
Tanchelin,
à
Pierre
de
Bruis
&
à
Henri,
ne
peuvent
manquer
d'avoir.un
fort
tout
femblable,
&
il
ne
fe
peut
faire
que
leurs
Sectateurs
ne
foient
un
jour
réduits
au
même
état,
que
ceux
dont
il
ne
refte
plus
de
où
ils
ont
été
condamnez.
XI.
Saint
Bernard
érant
de
retour
chez
lui,
écrivit
à
ceux
de
Touloufe,
pour
fe
réjouir
avec
eux
de
leur
par-
mémoire
dans
le
monde,
que
par
les
livres
&
les
decrets
Fiij
Epifl.
43
faite
converfon
&
pour
lés
exhorter
à
pourfuivre
les
refse
:
48
Traïé
des
Edits,
ex
des
autres
moïens
-
ILPanr.*
res
de
ces
Hérétiques,
&
à
les
pourfüivre
jufqu’à
ce
qu'ils
Chap.
IV.*
s’en
fuMenc
faifis,
ou
qu'ils
les
cuffent
v&
périr
:
Perféqui-
Tee
mil,
comprehcndite
cos,
€
molite
defiflere,
donec
peni=
z4s
depereant,
Ni
Pierre
le
Vénérable
5
Ni
Saint
Bernard,
n'exhortoient
point
les
Peuples,
où
les
Seigneüts
tempo-
tels
à
faire
mourir
les
Hérériques
,
bien
moins
à
les
faire
mourir
par
le
feu;
mais
ils
les
excitoient
à
les
pourfuivre,
à
les
faifir,
à
les
artêrer
,
à
réprimer
leur
infolence,
&
leurs
courfes,
Si
les
Princes,
ou
les
Peuples
en
venoient
aux
dernieres
rigueuts,
pour
extirper
l'Héréfie
;
pour
af
feurer
{à
paix
publique,
pour
venger
tant
d’entreprifes
fai
tes
contre
l'Eglife
&
contre
les
Puiffances
temporelles
;
ces
faints
&
iluftres
Ecrivains,
quoique
d’ailleurs
trés
-
hu
mains,
ne
manquoient
ni
d'éloquence,
ni
de
raifons
pour
faire
leur
apologic.
A
Dans
la
même
lettre,
Saint
Bernard
donnoïit
eficore
ürË
Bien:
avis
important
à
ceux
de
Touloufe
;
de
ñe
point
recevoir
__
»#
de
Prédicateur
étranger
où
inconnu
;
S'il
n'avoit
miflion:
»
du
Pape,
on
dé
leur
Évêques
car
comment
préchera-t-or
»
fon
n'a
miflion
?
Nul
EXITANCUM
,
fêve
iguotum
Predi-
C410YEME
reéipiatis,
Hif
qui
miflus
à
fummo,
Jen
à
veffro
Permifus
Pontifice
predicaverir.
uomode,
inquit,
predica=
o
Out;
niff
mitianture
Ce
L
nt,
dit-il
enfuite,
ces
Prédica-
»
touts
fans
miffion,
qui
répandent
ordinairement
des
do-
»
Crines
dangereufes.
_ÆIE
Les
Héréciques
dot
ce
Pere
parle
dans
un
de
fes
Sermons
fur
les
Cantiques,
etoient
les
mêmes
que
ceux-
75
Cant,
Sem.
Ci;
Où
n'en
Étoient
pas
fort
diffcrens.
C’étoient
les
pré-
664
curfeuts
des
Albigcois,
où
des
Cathares,
ou
les
Catha-
#
tés
mêmes.
[ls
condamnoient
je
Mariage,
&
ne
condam-
#
noient
pas
leurs
impudicicez,
quoi-qu'ils
fffenten
apparen-
»
Ce
proféflion
de
continence,
Ce
n’éroienr
que
des
païfans
»
8
des
idiots;
mais
quelque
méprifables
qu'ils
fuffent
,
ils
*
N'EN
étoient
pas
moins
dangereux:
Rwffcani
bomines
Juut
x:
GE
édiote,
Cprorfus
comtemptibiles
:
[ed
#07
eff,
dico
vobis
;
+
4
&is
Hegligenter
agendum
?
Vs
condamnoient
l'ufage
de
ka
viande
par
un.
Pur
motif
de
fuperftirion,
:
Si
vous
leur
‘+
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eclife
Catholique.
47
demandiez
l’auteur
de
leur
Secte,
ils
n’en
avoiént
point:
Quare
ab
illis
[ue
Seifs
authorem
,eminem
dabunt.
Toutes
les
Héréfics
ont
leur
Héréfiarque.
Lés
Manichéens
ont
Manés;
les
Sabelliens
Sabellius
,
&
ainfñ
des
autres,
Ceux-
ci
n'ont
point
de
Chefs,
fi
ce
n’eft
le
Demon;
principa-
lemenr
le
Demon
de
limpureté;
car
Gtez
le
Mariage
de
VEglife,
dit
ce
Pere,
ne
la
remplirez
vous
pas
de
concubi-
paires,
d'inceflueux,
&
de
tout
ce
qu'il
y
a
de
plus
im-
pur
”
XII.
Tout
cela
convient
admirablement
à
ce
que
nous
allons
voir
des
Albigeois,
que
ce
n’étoient
que
des
Villa-
geois,
des
Laboureurs,
ou
des
Artifans
fans
Chefs,
&
fans
police,
tenant
quelque
chofe
des
Manichéens
;
mais
n’en
defcendant
pas
par
une
fuccefhion
continue
;
dans
leur
:
multitude
infinie
ajant
des
Continens,
des
Vierges,
des
prétendus
Parfaits,
quoique
le
refte
ne
für
qu'une
troupe
tres-impure
d'hommes
charnels.
Auñi
ces
Hérétiques,
comme
ajoûte
Saint
Bernard,
prenoient
le
nom
d’Apof-
æoliques,
&
fe
difoient
fuccefleurs
des
Apôtres
,
quoi-qu'ils
ne
puflent
donner
aucun
figne
de
leur
Apoftolat
:
Nempe
jaëtant
Je
cffè
Juccefores
sde
@_
Apoftolicos
nomi-
sant;
nullum
tamen
Apoftolatés
fui
fignum
valertes
offendere.
LeFils
de
Dieu
donnant
àfes
Apôtres
uñe
miffion
extraor-
dinaire
hors
de
la
fucceffion
d’Aaron,
leur
donna
aufli
le
pouvoir
de
la
juftifier
par
des
fignes
&
par
des
miracles
extraordinaires.
Saint
Bernard
en
demande
autant
ici
à
ces
Apôtres
nouveaux,
qui
ne
venoient
pas
par
une
fuc-
_
<effion
toüjours
continuée
de
la
tige
des
Apôrres
de
je-
fus-Chrift,
Nous
en
demandons
autant
à
nos
Proteftans;
puis-que
n’aïant
ni
l’erdination
,
ni
la
miflion,
ni
[a
fuc-
ceffion
ordinaire
de
lEglife;
il
faut
neceffairement
qu'ils
en
aïent
une
extraordinaire,
&
qu'ils
la
juflifient
par
les
miracles.
C’eft
une
étrange
émbarras,
dont
ils
n’ont
en-
cote
pü
fe
démêéler,
d’avoir
une
miffion
ordinaire
fans
fuc-
ceffion
&
fans
ordination,
ou
d'en
avoir
une
extraoïrdi-
maire
fans
miracles,
où
de
n’en
point
avoir
du
tout.
«ll.
PART,
c
Chap.
Vs:
æ
«
6
(14
€
€e
ñ
6
&
HV
Javois
préfque
laifé
échapper
ce
que
die
Sainé
48.
Traité
des
Edits,
e>
des
autres
moïens
H.Parr.”
Bernard
de
ces
Hérétiques;
fçavoir
qu'ils
fe
difoient
étre:
Chap.
IV.
Je
Corps
de
Jefus-Chrift,
&
prétendoient
l'être
eux-{euls
;.
ER
»
his
cela
ctoit
auf
difficile
à
croire,
que
ce
qu'ils
difoient
,.
”
qu'ils
avoient
le
pouvoir
de
confacrer
tousles
jours
le
Corps:
”
deJefus
Chrift
&
fon
fang
à
leur
table,
pour
fe
nourrir
&
”
mourrir
en
même
tems
les
membres
de
Jefus-Chrift
:
Nos
19010;
quod
fe
€
foles
Corpas
Chriffi
cfle
dlorientur.
Sed.
Jii
hoc
perfnadeant,
qui
illud
quoque
perfusfum
habent,
po=
teflatem
Je
babere
quotidie
in
menfa
[ia
Corpus
Chrifhi
&
Sanguinem
confecrandi,
ad
nutriendum
Je
in
Corpus
Christi
©
membra.
Ces
paroles
ont
un
fenscaché,
qui
comprend
le
fond
de
cette
Héréfie,
qui
étoit
en
bien
des
chofes
la
même
que
celle
des
Manichéens.
Ils
ne
penfoient
pas
que
Jefus-Chrift
eût
un
véritable
Corps,
nique
fon
Corps
füe.
dans
l’Eucariftie.
Il
ne
donnoient
point
d'autre
véritable
Corps
à
Jefus-Chrift,
que
fon
Eglife,
que
leur
Eclife
qu'ils
croioient.être
la
feule
véritable.
Ainf
ils
fe
croïoient
eux.
mêmes
les-feuls
&
véritables.
membres
de
Jefus-
Chrift.
a
ils
fe
croïoient
le
feul
&
vrai
Corps
de
Jefus-Chrift;
d'où
is.
concluoient,
que
tous
les
jours
à
leur
repas
com-
mun,
ils
confacroientle
Corps
de
Jefus-Chrift
parce-qu'ils:
fe
nourrifloient.
eux-mêmes
comme
membres
de
Jefus-
Chrift,
Hors
de
cela
ils
ne
reconnoifloient
nulle
Eucariftie;
nul
Sacerdoce..
C’eft-là.conftamment
le
{ens
de
ces
paro-
les
de
Saint
Bernard
,
qui
explique
le
fentiment
des
Ca-
thares
du
Brabant
ow
d'Allemagne,
commenous
le
prou-
verons.clairement
en
parlant
ci-deffous
des
Cathares,
par
les
propres
aureuts
du
tems,
qui
avoient
conferé
&
dif.
puté
avec
eux.
rs
Nos
Proteftans
fe
flattent
volontiers
de’la
penfée
d’en
être
defcendus.,
afin
de
n'être
pas
tout-à-fait
{1
nouveaux
qu'on
eft
perfuadé
qu'ils
le
font
:maisen
verité
ils
ont
torr
de
fe
faire
honneur
d’une
telle
origine.
[sapprochent
fou-
vent
de
leurs
fentimens,
le
plus
fouvent
ils
en
font
trés-
éloignez..
Ce
n'étoir
au
fond
que
des
Villageois,
des
fdiots,
des
fuperftitieux,
des
Manichéens,
ennemis
de
l'In=
£atnation
du
Verbe,
de
PEucariftie;:du
Mariage,
de
Pufage
—
commun
our
Maintenir
l'uniréde
lEchife
Catholique.
45
commun
des
viandes:
Saint
Bernard
n'a
pas
diffimulé,
qu'on
pouvoit
les
traiter
de
Manichéens
:
S5
de
émfania
Manichai
3
prafcribis,
EC,
RS.
_
Une
autre
preuve
que
ces
Hérétiques
étoient
les
mêmes.
que
ceux.
qu'on
nomma
Albigeois
à
la
fin
du
même
XI.
fiécle,
dont
ils
occupoient
environ
le
milieu
:
cet,
que
Saint
Bernard
déclare
qu'il
#a
garde
d'entreprendre
de.
PART.
Chap:
IV
a
Jbidensÿ
€
a,
. .
Rs
rapporter
&
de
réfuter
toutes
leurs
erreurs
;
parce-que
ce
«
n’étoic
qu'une
foule
d'infenfez
&
d’ignorans,
&
leurs
er-
reurs
étoient
en
fi
grand
nombre,
qu'on
ne
pouvoit
les
fça-
«
voir
toutes
;
&
qu'enfin
de
les
réfurer,
ce
feroit
un
tra-
vail
infini
&
inutile
:
On
ne
pouvoit
les
convaincre
par
raifon,
parce-qu'ils
ne
les
entendoient
pas
:
On
ne
pou-
voit
les
corriger
par
les
autoritez,
parce-qu'ils
ne
les
re-
cevoient
pas
:
On
ne
pouvoit
leur
rien
perfuader,
parce-
qu'ils
avoient
le
fens
renverfe
:
Nos
eff
refbondere
ad'om-
ce
(4
Css
via,
quis
enim
omnia
novit
?
Déinde
lbor
infiuitus
effet,
&
minime
neceffarius.
Nam
quantum
ad
iffas,
nec
rationibus
convincuntur,
quia
non
inéelligunts
mec.authotitatibus
corri-
guntur,
quia
non
recipiunt
:
nec
fletuniur
fhafionibus,
quia
fubverfi
funt.
Quand
ce
Pere
dit,
que
ces
Hérériques
ne
tecoivent
point
les
autoritez
,
il
nous
fait
encore
penfer
aux
Cathares
;
qui
ne
recevoient
pas
l'Ancien
Feftament,
bien-moins
les
Anciens
Peres,
XV.
Ce
qui
fuit
dans
ce
même
Sermon
de
Saint
Ber-
leur
Fot.,
ils
motent
“leur.
éhidenz
(LÉ
cÆ
à
l'épreuve
de
Feau,
on
les
convainquoit
d’avoir
menti;
«
&
ne
pouvantplusnier
aprés
cela;
parce-qu'ils
étoient
pris
«
&
convaincus:
l’eau
dans
laquelle
on
les
jettoit,
nerles
%
:
Traité
des
Edis,
&”
des
antres
moïens
leur
corps
ne
pouvant
alerà
fond;
alors
IT.
PART.»
recevant
pas,
&
Chap.
IV,
ils
prenoient,
comme
on
dit,
le
frein
aux
dents,
&
ils
»
faifoient
non-feulementune
confeflion,
mais
une
profeffion
»
de
leurs
Héréfies,
réfolus
de
fouffrir
la
mort.
Le
Peuple
»
Qui
étoir
prefent,
n'étoit
pas
moins
difpofé
à
la
leur
faire
fouffir.
Ainfi
le
Peuple
fe
jettant
fur
eux
donnoit
à
ces
‘»
Hérétiques
de
nouveaux
Martyrs
de
leur
perfidie,
Nous
approuvons
ce
ztle
;
mais
nous
ne
confeillons
jamais
rien
femblable
,
parce-qu'il
faut
inviter
les
hommes
à
la
Foi,
»
&
non
pas
les
y
forcer.
Jufqu'ici
je
mai
quaf
fait
qu'une
verfion
des
paroles
de
|
|
rd,
Les
reflexions
que
nous
y
ferons
doréna-
Saint
Berna
vant
,
montreront
que
nous
n'avons
pas
deû
en
rien
re-
‘trancher.
Il
eft
même
néceflaire
d’ajoûter
encore
quelque
chofe
de
la
fuite,
pour
achever
d'éclaircir
la
doétrine
de
ce
Pere.
Il
feroit
fans
doute
meilleur,
dit
Saint
Bernard,
que
ces
Hérériques
fuflent
punis
par
le
glaive
de
celui
qui
SET,
»
ne
le
porte
pas
cn
vain
,
que
dé
leur
permettre
d’atti-
ve
»
Ter
togjours
de
nouveaux
difciples
à
leur
$ecte;
car
celui
.
qui
porte
le
glaive
;
eft
Île
Miniftre
de
Dieu,
établi
pour
»
punir
les
méchans.
Quelques-uns
s'étonnoient
de
ce
qu’ils
alloient
à
la
mort,
non
fenlement
avec
patience
;
mais
auf=
»
Li
avec
joie,
comme
ifparoifloit
:
mais
ceux
quien
-étoiént
»
CtOnnEz,
ne
confideroient
pas
aflez
combien
eft
grand
le
_»
pouvoir
du
Démon
,
non-feulement
fur
les
corps
deshom-
mes;
mais
aufh
fur
leurs
cœurs,
lors
qu'avec
l
permiflion
fr
mis
enpoñleffion.
N’eft-ce
pas
quelque
cho-
»
divincils’ene
:
homme
{e
donne
lui-même
la
%
%
Ÿ
»
limpulfion
dû
Démon.
Il
y
a
même
fajer
de
s'éronner
en-
»
core
davantave,
de
ce
que
le
Démon
le
porta
à
trahit
#
Noftre-Scigneur,
que
de
ce
qu'il
le
pouffa
à
fe
pendre,
_»
L'obflination
de
ces
Hérétiques
n'a
donc
rien
de
fembla-.
»
ble
à
la
conftance
des
Martyrs;
parce-que
c'eft
à
piété,
à
potr
mainténir
l'unité
de.
l'Eckfe
Catholique.
çz.
qui
infpire
à
ceux-ci
le
mépris
de
la
mort,
&
ceux-là.
n'y
«ll.
P4aRTe
{ont
portez,
que
par
l'endurciflémenct
de
leur
cœur,
LE
«Chap.
Va
rer
Ferre
à
4
2
€
CAT
ATURE
M
à
Diiverfes
réflexions
für
la
Doctrine
de
S.
Bernard,
touchañt_
les
peines
des
Hérétiques.
Î.
Du
pouvoir
que
le
peuple
s'eff
quelquefois
donné
de
faire
mou
ir
les
Hérétiques.
II.
Selon
Saint
Bernard,
il
eff
plus
à
propos
que
ce
foi
le
Prince,
om.
le
Magiirai
qui
le
fafe.
Il.
ne
l'es
pourtant
pas
conftillé,
ni
4
l'un,
ui
à.
Lantre,
III.
En
que
fers
Saint
Bernard
a
dit,
que
pour
faire
des
Fidéles,
il
faux
ufer
de
p
erfuafions,
©
non
pas
ä
contraintes
on
de
fupplices.
Les
:
peines
légeres
font
des
perfnafions.
IV:
Que
la
confiance
&
la
joie
des:
Hérétiques
4
fouffrir
læ
mort;
eff
point
à
admirers
_mais
à
déplorer.
W.
Quelle
pent
©
doit
être
aïtribnée
an
Demon
:
félon
les
Ecritures,
Des
Circoncellions.
W°I.
Les
frequens
parjn
res
des
Hérétiques.
Comment
les
accorder
avec
leur
obfHination
à
fonffrir
la
mort.
WII.
Des
épreuves
de
l'eau
pour
découvrir
les
“Hérétiques,
Diverfes
remarques
fur
ces
éprenves
WIII,
On
ne
fonffroit
point
d'Hérétiques
:
on
mettoit
font
en
œuvre
pour
des
gagner,
&
pour
les
convertir.
Ce
que
le
Concile.
IP.
de
La
-
jran
ajoñta
aux
arciens
Decrets
de
l'ancienne
Inquifition.
‘Pes:
Croifades.
IX.
C’eff
le
propre
des
Héritiques
de
re
dogmatifer
qu'en
fecret.
X.
Leur
fupic
ité
à
refufer
obffinément
de
jurer
.
@
à
fe
parjurer.
Ce
n'étoient
que
des
idiots
&
des.
rnfliques.
XI,
Leur
Hypocrilie,
©*
leur
mélange
entre
les
Catholiques
leur
prophanation
des
Sacrémens.
La
protethiow
que
leur
donnoïenr
quelques
Princes;
contre
lefquels:
les:
Conciles
de
Latran
fulmis
nérent,
XII:
Conclufion
de
toute
la:
Doctrine
de:
Saint:
Besnard
fur
ce
fujets
:
se
NT
-
y
Ous
remarquérons
fur
les
paroles
de
S.
Bernard
N
que
nous
venons
de
rappo
>,
Qu
encore
que
3
A
TON
TRS
HE
RE
NET
Ÿ
7
À
re
?
ES
5.
ce
Pere
füt
François
&
d'un
naturel
trés-doux
il
n’im-
Le
ESS
PE
se
z
EN
RTE
5
5
4
prouvoit
pourtant
pas
tout-a-fait
que
[le
Peuple
fit
mou.
tir
ces
Hérétiques
obftinez
&
incorrigibles.
Au
contraire
_
il
loüoit
ce
zéle,
approbamus
Yelum.
29.
I]
confefle
néan-…
.
5
327
SPL
nr.
CRE
moins
qu’il
n’eix
pas-confeillé
à
ce
Peuple:
d’en:ufer
dela:
;
#
2
“Traité
des
Edits,
e7
des
4
autres
moÿens
ae
FL
Par.
forte,
faéfum
non
fuademus.
Apparemment
parce-qu’un
Pré-
Chap.
V.
tre,
un
Religieux,
un
Abbé
ne
pouvoït
influer
le
moins
du
monde
dans
ces
peines
de
mort;
non-feulement
par-
ce-que
dans
ce
cranfport
de
zéle,
la
pañion
,
la
fureur,
la
haine
fe
mélant
facilement
avec
le
zéle
qu'on
a
pour
{a
Religion;
mais
auf
parce-que
bien
qu'originairement
le
Peüple
ait
Pautorité
&
le
droit
de
vie
&
de
mort,
on
ne
peut
nier
néanmoins,
que
depuis
qu'il
y
a
des
Rois,
des
Magifirats;
ce
n'et
plus
au
Peuple
à
faire
tes
jugemens,
où
ces
executions
fanguinaires.
3°.
1l
fait
donc
connoître
que
dans
ces
rencontres,
c'étoit
par
un
confentement
ta-
cite
des
Rois
&
des
Magiftrats,
que
le
Peuple
fe
donnoit
cette
liberté
:
leur
filence
&
leur
Reno
étoit
une
preuve
de
leur
confentement
fecrèt.
|
AT
49.
C
cft
pour
cela
que
Saint
Bernard
ajoûte,
qu
“]
feroit
plus
à
propos,
que
ce
fut
,
ou
le
Roi,
ou
le
Ma-
gitrat,
quiexerçâr
ces
jugemens,
8
qui
les
executAt
:
Quatre
7
melius
proculdubi
gladio
coërceretur
illius,
qui
non
fine
caufa
gladium
portar.
Saint
Bernard
approuve
donc
davan-
cage
les
jugemens
&
les
exécutions
de
mort
contre
les
Hérétiques
,
quand
c’eft
le
Prince
,
ou
le
Magiftrat,
qui
en
eft
auteur.
La
raifon
en
eft,
que
lun
&
Pautre
eft
le
Miniftre
de
Dieu,
&
a
reçü
de
ui
le
glaïve
des
juftes
ven-
geances;
mais
doit-on
eftimer
que
Saint
Bernard
eneût
donné
le
confeilou
au
Prince
ou
au
Magiftrat
à
>
Ses
paroles
ne
difent
pas.
cela,
Il
dit
feulement,
qu'il
vaudroit
mieux,
que
ce
für
le
Prince
ou
le
Magiftrat.
,
que
le
Peuple.
On
|
ne
peut
pas
conclure
de
à,
qu
AL
Y
eût
excité
lui-même
ou
le
Maoïftrat,
ou
le
Prince;
maïs
les
paroles
fuivantes
prouvent
manifeftement,
qu'il
ne
l'eût
pas
fait,
quand
il.
dit
que
la
Foi
veut
qu'on
ufe
de
perfuañon
,
mais
non-pas
de
contrainte
;
a
fides
Juadesda
eff,
208
imporenda.
Aïnfi
quoi-que
Saint
Bernard
eût
encore
plus
loùé
lezcle.
du
Prince,
;
que
celui
du.
Peuple,
;
qui
puniroit
de
mortles
Hérétiques,
iweût
jamais
néanmoins
donné
de
fmbla-
-
bles
confeils
ni
à
Pun
ni
à
l’autre.
:
IT.
5°.
Mais
il
faut
confiderer
a
ils
agit
ici
despeines
4e
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
ÿ3
de'mort,
même
des
plus
redoutables;
fçavoir
celle
dufeu.
5,
Un
Ecclcfaftique
&
un
Religieux
blefleroient
les
Loix
de
Chad
PEclife,
qui
les
regardent
particuliérement;
ils
blefferoient
Se
même
leur
profeffion,
leur
carattére,
&
leur
confcience,
s'ils
donnoient
aux
Princes,
où
aux
Magiftrats-ces
con-
fils
d’extréme
rigueur
:
maïs
il
n’en
eft
pas
de
thême
des
châtimens
plus
légers
qui
ne
tendent
ni
à
la
mort,
ni
à
la
perte
de
quelque
membre.
Ces
legeres
peines
font
des
perfuafions,
plütôt
que
des
violences,
ou
des
contraintes.
Tour
ce
qu'on
fait
pour
les
éviter,
ne
laifle
pas
d’être
vo-
lontaire
&
libre.
Les
Peres,
comme
nous
lavons
déja
dir
ailleurs,
les
maris
,
les
maîtresufent
de
ces
doux
chà-
timens
envers
leurs
enfans
,
leurs
femmes,
leurs
ferviteurs,
pour
les
ranger
à
leur
devoir.
Dieu
en
ufe
envers
les
pe-
cheurs
pour
en
faire
des
Juftes,
&
envers
les
Juftes
pour
en
faire
des
hommes
parfaits.
En
tout
cela
il
n’ÿ
a
nicon=
trainte
hi
violence;
ce
ne
font
que
des
perfuafons
un
peu
fortes
;
la
liberté
n'y
eft
point
violentée,
mais
elle
y
ef,
guérie.
La
volonté
n’y
eft
pas
moins
libre
;
mais
elle
y
de-
Vienc
plus
faine.
On
ne
fait
ni
injute,
ni
violence,
foit
à
l'éfprit
,
foic
au
corps,
quand
on
le
guérit,
&
quand
on
en
arrache
des
maladies,
&
qu'onen
guérir
les
plaies
mot-
telles,
même
avec
douleur
&
avec
violence
?
Ceux
quine
goûtent
pas
ces
régles,
ni
ces
raifons
dans
le
fajet
que
nous
traitons,
ne
laiffent
pas
de
les
goûter
&
de
les
pratiquer
dans
leur
famille,
&
fur
leurs
domeftiques.
Pourquoi
ne
fouffriront-ils
donc
pas,
que
l'Eglife
,
que
le
Prince
exerce
lämême
autorité,
fi
nous
aimons
mieux
dire
la
même
charité?
Voilà
certainement
en
quel
fens
Saint
Bernard
à
dit,
qu'il
fautemploïer
les
perfuañons
&
non
fa
contrainte
:
pout
la
Foi:
Fides
fuadenda
eff,
#0N
imponenda.
6.
Nous
remarquerons
deplus,
que
lon
ne
voit
point
encore,
que
ni
les
Rois,
ni
les
Juges
décernaflent
de
ces
peines
dé
mort
contre
les
Hérériques.
Saint
Bernard
dit
:
qu'il
feroit
plus
à
propos,
qu'ils
le
fiflent
eux-mêmes,
que
de
lefaifler
faire
au
peuple
;
mais
en
cela
même
il
nous
inf”
pué,
qu’ils
ne
le
faifoient
pas
ordinairement,
Rien
ne
pou-
-
Gi
Es
ee
IE
Part,
Chap.
V.
sa
=
Thaité
des
Edits,e7
des
autres
moïens
voitêtre
plus
conforme
aux
exemples
que
nous
avons
rap=
ortez
ci-deflus
de
ce
qui
fe
pañla
aprés.
Pan
mille,
où
les.
Hérériques
étoient
brülez
plütôt
par
le
zéle
emporté
du
Peuple,
que
par
l'ordre
des
Rois;
fi
nous
p'aimons
mieux
dire,
que
ces
miférables
fe
précipiroient
plütôt
eux-mêmes,
dans
le
feu
,
fans
attendre
qu’on
les
y
jettâr:
comme
Bals
famon
nous
l’a
fait
obferver
ci-deflus
dans
l'Orient.
+.
IV.
7°.
Ceux
qui
admiroient
la
patience,
la
joïe,
la
pré-
fomption
du
martyre,
avec
laquelle
ces
Hérctiques
fouf-
froient
la
mott,
navoient
jamais
bien
pénétré
le
pouvoir.
du
Démon
fur
les
efprits
&
les
corps
de
ceux
que
Dieu.
lui
abandonne.
S'il
a
pû
perfuader
à
tanr
de
gens
de
fe
don-.
ner
à
eux-mêmes
une
mort
violente,
combien
davantage
de
la
recevoir
d'autrui
?
Nous
n’admirons:pas
ceux
qui
fe
tuënt
eux-mêmes,
nous
n'admirons
pas
ces
femmes.
In-
diennes,
qui
depuis
tant
de
fiécles,
&
prefencement
mé:
me
fe
jettent
dansles
büchers
ardens,
non-feulementavec
joie;
mais
à
l'envi,
par
de
faux-préjugez
,
ou
par
une
paf-
fion
furieufe
de
la
gloire;
pourquoi
admirons-nous
donc
ces
Hérétiques
martyrs
de
leur
obftination
diabolique.
V.
80.
Il
ne
faut
peut-être
pas
atcribuér
tous
les
crimes:
à
l'inftigation.
du
Demon;
mais
on
ne
peut
fagement
ou.
chrétiennement
s'empêcher
de-lui
attribuer
ceux
qui
font.
les
plus
atroces,
&les
plus
oppofez
à
la
nature
&
à
la
rai-.
fon.
Nôtre
fagefle
doit
fe
conformer
à
celle
de
Dieu
&.
à
celle
des
Ecritures.
Rien-n’eft
plus
commun
dans
l'Ecri-.
ture,
que
de
faire
reconnoître
que
c’eft
un.
inftigateur
in-.
fernal,
qui
poufle
les
méchans
aux
grands
crimes.
L'E-.
vangile
déclare,
que
le
Démon
exaita
Judas
à
trahir
le
Fils
de.
Dicu.
Il
fat
fans
doute
pouflé
par
cet
efprit
de
ma.
lice
à
fe
donner
la
mort
par
défefpoir.
Peut-on
concevoir.
qu'un
homme
forme
&
exécute
cet
horrible
defein
de
fe.
tuer
lui-même,
file
Démon.
ne
trouble
{on-efprit,
&
ne.
s'empare-de
fon
cœur?
Pourquoi
donc
Saint
Bernard
füui-
_vant
la
doëtrine
&
le
langage
commun
des
Ecritures
&.
des
anciens
Peres,
m'aura-t-1l
pas
pü
dire,
que
ces
faux.
martyrs
des
Hérétiquesétoient
animez&
foûcenusen
fouf-
pour
Maintenir
l'unité
de
l'EclifeCatholique.
ff
Frant
la
mort
par
le
même
Démon,
que
tant
d’autres
jen
IL
Par.
fe
la
donnant
eux-mêmes?
Il
faut
éviter
les
deux
extre-
_
mirez,
de
tout
attribuer,
&
de
ne
riemattribuer
au
Dé-
mon;
l'un
pourroit
venir
de
la
fuperftition,
Pautre
vien.
droit
peut-être
d'une
irrcligion
fecrerte,
où
d’une
prefom-
ption
extravagante,
qu'on
penfe
&
qu'on
parle
plus
fage-
ment,
en
penfant
&
parlant
autrement
que
ces
hommes
infpirez
de
Dieu,
qui
ont
été
les
auteurs,
ou
les
inter
pretes
des
livres
Canoniques.
£
L
9,
Les
Circoncellions
de
l'Afrique
fe
donnérent
à
eux-
mêmes
la
morten
cent
manieres
differentes.
Ils
croïioient,
&
tous
les
Donatiftes
croïoient
auf,
que
c'étoit
un
vrai
Mar-
tyre.
Plufeurs
Seétes
ont
eu
au
moins
un
petit
nombre
de
ces
Martyrs.
Les
autres
Sectes
croïent
certainement,
&
en-
core
bien
plus
l'Eglife
Catholique,
que
ce
“n'étoient
que
des
illufions
du
Demon,
qui
les
précipitoit
dans
uge
mort
temporelle,
qui
devoir
être
fuivie
de
l'éternelle.
VE.
10°.
Nous
remarquerons
encore
les
parjures
de
ces
Hérériques,
qui
faifoient
voir
la
fragilité,
ou
la
faufleté
de
leur
Foi,
par
lenr
prodigieufe
facilité
à
la
renier.
C’eft
ce
qui
leur
étoit
commun
avec
les
Manichéens
&
les
Prif-
cillianftes,
avec
lefquels
ils
avoient
d’ailleurs
tant
de
rap-
port,
&
avec
les
Cathares
&
les
Albigeoïs,
quieneurent
gant
avec
eux,
Mais
il
eft
étonnant
comment
cette
facili-
té
à
renoncer
leur
créance
pouvoit
fubfifter
avec
leur
opi-
niâtreté
à
mourir
plütot
qu'à
fe
convertir,
Je
n'entreprens
pas
de
mettre
le
Pere
du
menfonge
d'accord
avec
lut-
même:
c'eft
encore
une
preuve,
que
Cétoit
lui
qui
les
poufloit
&
qui
poñledoit
le
fond
de
leur
cœur.
Car
une
ame
raifonnable
ne
peut
pas
fe
combatre
elle-même
fi
ouver-
tement;
mais
lefprit
de
menfonge
trouvoit
fon
compte;
8e
à
les
faire
jurer
à
faux,
&
à
leur
faire
foutenir
leur
er-
reur
avec
une
opiniatreté
invincible,
—
LA
.
VII,
sr.
L'épreuve
de
l’eau
étoit
une
preuve,
qu'ils
s’e-
toient
patjurez.
On
les
jettoit
dans
l’eau
bien
liez
de
tous
côtez
;
ils
n'enfonçoient
point,
s'ils
étoient
coupables.
dit”
S,
Bernard;
ils
alloïent
au
fond,
s'ils
écoient
innocens#6
Chap.
V.
IL
PARTYE.
*
Chap.
6
Traité
des
Édirs,
@o°
des
autres
moïens
Ve
on
les
retiroit
aufli-rôr
de
l’eau;
la
nature
du
corps
humain:
ainf
Hé
étoit
d’enfoncer.
C’étoit
donc
par
une
vertu
extra-
ordinaire,
que
les
coupables
furnageoient.
Saïnr
Bernard
ne
dit
rien
ici,
qui
condamne
ces
épreuves.
L’Eghife
les
condamnoit,
comme
des
voïes
de
tenter
Dieu
:
&
néan-
moins
elle
les
coléroit;
parce-qu'’on
s’en
fervoit
quelque-
fois
utilement,
pour
decouvrir
des
veritez
importantes,
dont
on
n’avoit
point
d'autres
preuves.
Les
plus
faints
rc!
”
&c
les
plus
fçavans
Evêques
des
fiécles
moïens
y
ont
dé-
-
feré.
Les
miracles
frequens
qui
y
arrivoient,
les
portotent
à
.
ufer
de
cettetolérance.
Les
Conciles
Provinciaux
enufoient
auffi
quelquefois.
La
feule
épreuve
de
léau
froide
n'eüt
peut-être
pas
été
convaincante;
car
la
feule
conformation
du
corps,
&
la
largeur
un
peu
extraordinaire
de
la
poitrine
&
des
épaules,
eùt
pù
foûrenir
les
coupables
même
fur
l’éau;
mais
l'épreuve
de
l’eau
boüillante,
celle
du
fer-chaud,
dont
on
n’étoit
point
incommodeé,
ne
fouffroit
pas
de
re-
plique.
Celui
qui
prendroit
le
parti
de
nier
tous
ces
futs
rapportez
dans
toutes
les
hiftoires,
dans
quelques
Con-
ciles,.
dans
les
plus
habiles
Théologiens
de
cer
âge
moïen,
+rouveroient
des
gens
hardis,
&
de
ceux
qui
fe
piquent
d’efprit
fort,
qui
lui
applaudiroient;
mais
je
ne
fçai
sil
trouveroit
des
gens
fages
&
modeftes,
qui
puflent
{e
ré-
foudre
à
traiter
avec
tant
de
mépris
,
tant
d’Hiftoriens,
tant
d'Evêques,
tant
de
Conciles,
tant
de
Fhéologiens,
tant
de
Decrets
&
tant
de
Loïix,
où
ces
épreuves
furent
quelquefois
réglées
&
ordonnées.
Ce
n’eft
pas
la
feule
occafion,
où
il_ait
plu
à
Dieu
de
faire
des
miracles,
pour
favorifer
la
fimplicité
des
hommes,
&
les
aflifter
dans
leurs
néceflirez.
Ces
épreuves
furent
enfin
abolies
par
les
Con-
ciles
&
les
Papes
;
parce-qu'on
trouva
d’autres
manieres
de
découvrir
les.
veritez
cachées,
ou
de
{
pañler
de
ces
re-
cherches
trop
empreffées.
de
.
*
VITE
12°.
Nous
obferverons,
qu'on
ne
fouffroit
point
d'Hérériquesdansle
Roïaume,
on
n’oublioit
rien
pour
les
convertir
;
on
ne
leur
donnoir
point
de
repos,
qu'ilsnele
fuflenr,
ou
qu'is
ne
fe
retiraflenc
ailleurs.
Nousles
avons
|
vü
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique,
57
vû
fuit
d’une
Province
en
l'autre
,
nous
avons
vû
l'infame
Henri
courir
de
ville
en
ville.
.
Nous
l'avons
vä
enchai-
né
&
amené
à
l'Evêque
de
Touloufe.
Les
Evêques
em-
ploient
premierement
[a
prédication
pour
les
gagner
puis
la
jurifdiétion
appuiée
de
l’autoriré
civile
pour
les
chaffer
de
leurs
Dioçciés.
Co
13°.
Les
deux
Conciles
de
Latran
III,
&
IV.
ne
firent
rien
de
nouveau
contre
les
Hérétiques;
ils
firent
à
lave-
rite
quelque
chofe
de
plus
qu'on
n'avoit
encore
fait
en-
vers
les
Seigneurs
&les
Magiftrats
Catholiques.
Pierre
le
Vénérable
&
Saint
Bernard
nous
ont
appris
quels
étoient
les
fentimens
des
Grands,
des
Saints,
des
fçavans
hom-
mes
de
leur
rems,
pour
déploier
contre
les
Hérériques
l'au-
torité
remporelle
des
Rois,
des
Seigneurs
&
des
Magiftrats,
&
ufer
à
leur
égard
du
glaive,
que
Dieu
leur
a
mis
en
Main;
mais
quoi-que
ce
für
là
la
doétrine
de
PEglife,
&
lobliga-
tionabfolué
de
ces
Puiflances
temporelles,
on
ne
les
avoit
pas
encore
menacées
d’ufer
du
glaive
fpirituel
contre
elles-
mémes,
fi
elles
n’emploïoientle
temporel
contre
les
enne-
mis
communs
de
l'Erat
&
de
l’Eglife.
SE.
140.
Ainf
le
fond
de
ce
qu’on
appela
depuis
PInquifi-
tion
étoit
déja
établi.
Les
Evèques,
les
Seigneurs,
les
Maciftrats,
les
Peuples
faifoient
des
pourfuites
pour
dé-
couvrir
les
Hérériques,
pour
les
inftruire,
pour
les
con-
vertir,
pour
les
chafler,
ou
pour
les
arrêter,
&
pour
Îles
punir
s'ils
ne
fe
convertifloient
pas.
15°.
On
ne
parloit
point
encore
de
Croifades,
parce-qu’it
ne
falloir
pas
drefler
des
armées,
pour
des
ennemis
qui
ne
s’attroupoient.
pas,
&
qui
cédoient
à
l’autorité
des
Magiftrats,
de
gré
ou
de
force.
Lors-que
Tanchelin
parut
avec
trois
mille
hommes
armez,
on
ne
douta
plus
qu'il
ne
lui
fallüt
oppofer
une
plus
forte
armée.
C’étoient
1à
les
premiers
eflais
des
Croi-
fades;
mais
c'avoient
été
les
Hérériques,
qui
avoient
les
:
Ô
/
é
TT
°
premiers
inondé
les
campagnes
de
leurs
armees,
&
avoient
obligé
les
Carholiques
à
fe
défendre.
/
+
DES
Q}
Le
S
IX.
ré.
Les
Hérériques
fuioient,
fe
cachoient
,
&g.
femoient
leur
mauvaife
dodrine
dans
les
ténébres,
&
dans
ee
;
o
£
E
;
ù
ee
(4
ë
EL
SR:
RES
IL
BARTtIE
Chap.
V.
EE:
PART,
Chap.
Vi
Serre
OS,
in
C'anñticée
fs
Traité
des
Edits,
ç5*
des
autres
moïens
des
lieux
récirez.
Pierre
de
Cluni
&
Saint
Bernard
leur
re-
prochoient
,'
qué
c'étoit
le
caraétére
de
l'Héréfe,
de
ne
fe
montrer
que
dans
l’obfcurité
,
de
craindre
de
fe
cacher;
au
lieu
que
Jefus-Chrift
avoit
parlé
en
public
au
monde,
_&
avoit
commandé
à
fes
difciples
de
prêcher
l'Evangile
dans
les
lieux
les
plus
éminens;
&
que
les
Apôtres
felon
ces
exemples
&
ces
préceptes
divins
avoïent
fait
gloire
de
publier
PEvangile
dans
les
places
publiques
&
dans
les
plus
grandes
villes;
car
le
moïen
de
bâtir
une
ville
fur
la
monta-
one
&
de
la
cacher?
Ie
moïen
d'allumer
un
celefte
flambeau
pouréclairer
toute
la
terre,
&
de
le
cacher
fous
un
boifleau
?
-
X:
Nous
pourrions
confirmer
la
plus
grande
partie
de
cé
que
nous
venons
de
dire,
par
le
Sermon
précédent
du
même
Saint
Bernard
fur
les
Cantiques.
Il
nous
y
fait
con-
noître
avec
encore
plus
d’évidence,
que
c'éroient
les
mé-
mes
Hérétiques,
qu'on
nomma
depuis
Albigeois
&
Vau-
dois,
&
qu'on
avoir
autrefois
nommez
Manichéens.
Leur
plus
conftante
maxime
€toir
de
cacher
leur
doctrine
&
leurs
exécrables
maximes
,.&
pour
cela
de
ne
craindre
point
de
fe
parjurer
,
quoi-qu’en
toute
autre
rencontre
ils
ne
puflent
jamais
fe
réfoudre,
je
ne
dis
pas
à
fe
parjurer;
maïs
à
ju-
Cr,
perfüadez.
que
le
jurement
étott
abfolument
défendu
dans
l'Evangile.
Saint
Bernard
leur
montre
clairement
,
que
tien
h’étoit
plus
déraifonnable,
que
de
croire
qu'il
ne
für
pas
licite
de
jurer,
&
qu'il
füt
licice
de
fe
parjurer,
&
de
renier
leur
propre
Fort
avec
ferment
:
O
Jlalti,
jurare
non
li-
cet,
€
ejerare
cer.
TIs
avoient
dans
le
cœur
cette
an-
ciènne
&
déteftable
maxime
des
Manichéens,
jar,
per-
jura
»
fecretur
prodere
noli.
Auf
n'étoit-ce
que
la
lie
des
hommes,
des
idiots,
des
ruftiques,
des
femmes
fans
ef-
prit
&
fans
lertres.
C’eft
pour-quoi
on
ne
pouvoir
difpurer
avec
eux
:
Naw
conflittus
omis
ab
his,
€
defenfio
periir,
Pile
nempe
hoc
gerus,
>
ruféicanum
,
at
fine
literis,
@
pror:
{as
imbelle.
Hsne
difoient
rien
de
nouveau,
mais
c'étoir
com-
me
un
cloaque
de
toutes
les
ordures
des
anciennes
Héré-
fes:
Dumtaxat
mulierculis,
rufficis,
ér
idiotis
;
€
qualesutique
omnes
font,
quotquot
adhuc
de
Seita
hac
effe
expertus
fum.
pour
maintenir
l'uniré
de
l'Eclfe
Catholique.
9
Necenim
in
cunélis
affentionibus
corum,
nam
mulie
funt,
novur
quid,
aut
inauditum
audiffe
me,
recolo
;
ed
quad
tri
sum
cj?,
@
din
ventilatum
inter
antiquos
H
areticos;
&
#0f-
sris
autem
contritum
©
eventilatum.
Us
ne
s’accordoient
pas
mêmeentre-eux
,
quoi-qu'ils
nous
fuffenr
toûjours
contrai-
res:
Non
enim
inter
Vos
omnes
per
omnia
COnCOrAatIS
>
Ê*
fe
à
nobis
omnes
diffentiatiss
ec
XI.
Voilà
pourquoi
les
Ecrivains
Catholiques
onteu
tant:
de
peine
à
fixer
les
erreurs
de
ces
Hérériques.
C’éroit
un
ramas
de
toutes
les
anciennes
impietez,
contraires
lesunes
aux
autres
;
ce
qui
étoirinévitable
dansune
fi
horribleigno-
rance.
Pour
n'être
pas
reconnus,
ils
ne
fe
féparoient
point
des
Catholiques
:
mais
ces
faux
Catholiques
éroïent.
plus
dangereux
,
que
les
vrais
Hérériques
:
Que
longe
plus
no-
cet
falfus
Catholieus,
quam
fi
verus
appareret
Haréticus.
Vous
les
voyez,
dit
Saint
Bernard,
pour
rendre
témoignage
de
Jeur
Foi,
frequenter
les
Eglifes,
honorer
les
Prêtres,
pré-
{enter
leurs
offrandes,
faire
leur
confeflion,
participer
aux
Sacremens.
Ils
ne
laifloient
pas
de
faire
leurs
Aflemblées
fecretes
;
puis-que
ce
Pere
dir,
que
les
Clercs
mêmes
qui
s'éroient
laiffé
corrompre,
laiffanr
leurs
Peuples
Szles
Egli-
fes
,
portant
de
longs
cheveux
&
de
longues
barbes,
éroient
fouvent
trouvez
parmi
des
Tiflerans
&
des
femmes
de
Tif-
{erans
:
Clerici
@*
Sacerdotes
populis
Ecclefiifque
reliéis
,
iu-
t00f
&
barbati
apud.eos
inter
textores
€
textrices
plerumque
inventi
funr.
C'eft
delà
qu’on
leur
donna
en
France
de
nom
de
Tifferans,
comme
on
nousa
dit
ci-deflus.
Certe
defcrip-
IH
Part:
Chap.
V:
«lbidame,
ce
_
tion.n'eft
pas
differente
de
celle
que
nous
avons
rappor-
tée
de
Saint
Leon
Pape,
quand
il
parloit
des
Manichéens,
qui
{fe
-cachoïent
fi
bien
parmi
les
Catholiques,
dans
les
Eglites
mêmes,
&
dans
la
participation
des
Sacremens,
qu'il
éroir
£rés
difficile
de
les
reconnoitre.
He
ARE
RD
Enfin
Saint
Bernard
fe
plaine,
de
ce
que
non-feulement
les
Seigneurs
cemporels;
mais
quelques
Ecclefaftiquesauff,
&c
des
Evêques
mêmes
foütenoient
ces
Héretiques;
parce-
qu'ils
en
recevoient
des:prefens;
eux
qui
devoient
étre
les
premiers
à
les
perfecuter
:
Do/endum
valde
quod.nan
fotuns
Serm,
66:
60
Traité
des
Edits,
co
des
autres
moïens
os
——
Jaicé
principes,
fèd
&
quidam,
ut
dicitur,
de
Clero,
nec
non
Chap.
V.
de
ordine
Epifcoporum
;
qui
magis
eos
perféqui
debuerant
;
pro-
*
pter
quaflum
[hflineant,
accipientes
ab
cis
munera.
C'évoient
donc
là
les
commencemens
de
la
prorc@ion
que
donnérent
aux
Albigeois
les
Seigneurs
du
Languedoc,
particuliére-
ment
les
Comtes
de
Touloufe
&
de
Foix.
Ce
Pere
n’ap-
»
prouve
pas
lPexcufe
dont
ils
fe
couvroient,
qu'ils
ne
pou-
»
voient
condamner
des
gens,dont
on
ne
pouvoir
tirer
la
con-
»
feflion
d'aucun
crime
ni
les
en
convaincre
:
Qwomodo,
in-
guiunt,
damnabimus,
necconvittos
nec
confeffos.
Certe
Se-
éte
ne
fe
foutenoit
donc
que
par
le
parjure
&
l’hypocrihe
qui
font
des
crimes
encore
plus
deteftables
quand
il
s’a-
git
de
Ja
Foi;
mais
en
cela
même
nous
voions
le
zéle
&
la
fermeté
des
Princes,
des
Rois,
&
des
Evêques
à
ne
point
fouffrir
d'Hérétiques
dans
le
Roïaume.
-
XII.
Concluons
toute
cette
dorine
de
Saint
Bernard
par
l'explication
qu'il
avoit
préfuppofée
plus
haut
de
ces”
…
paroles
du
celefte
Epoux
dans
les
Cantiques,
où
il
com-
Se
4
mande
qu'on
prete
ces
petits
animaux
qui
dérruifent
[a
;
vigne,
Ce
Pere
les
appliquoir
aux
Hérétiques,
&il
dir
qu'il
faut
travailler
premiérement
à
les
prendre;
cpire
nobis
»
vulpes
parvulas,
que
demoliuntur
vineas,
non
pas
par
les
»-armes;
mais
par
des
preuves
folides
de
la
vérité
&
de
Pa
nité
de
l’Eglife
:
Car
alors
nous
les
prendrons
pour
nous,
»
capite
nobis,
@re.
Mais
que
s'ils
réfiftent
invinciblementà
»
[a
Jumiére
de
la
vérité,
&
aux
attraics
de
l'unité;
le
meil-
»
leur
eft
de
les
mettre
en
fuite
ou
dans
les
liens,
afin
que
«
S'ilsne
veulent
pas
fe
fauver,
au
moins
ils
n'en
perdent
pas
*
d'autres
,
en
ravageant
la
vigne
du
Seigneur:
904
f
re-
“Vernis
noluerits
nec
convictus
poff
primam
etiam
©
fecur
dam
admonitionem
,
erit
fecundèm
Apoffolum
devitandus.
Ex
boc
jam
melins,
ut
quidern
eco
arbitror,
effugatur
ant
etiam
re-
gatur,
quam
fivitur
vineas
demoliri.
Voilà
quelle
étoic
la
doétrine
du
plus
doux
&
du
plus
éclairé
des
Peres
des
der-
-niers
fiécles,
C’eft
ainfi
qu'il
entendoic
qu’il
ne
falloir
pas
ufer
de
violence,
dans
les
differends
de
Religion;
mais
de
doëtrine,
d’argumens,
de
conférences
&
de
perfuafons:
8
%
pour
maintenir
FUnité
del
Egli
éCaïholigüe.
61
enforte
que
les
exils
même
fuflent
compris
dans:les
pts
Jr
pagrrx
fuañons
aufli-bien
que
les
emprifonnemens
;
parce-que
les
Chap,
Ve
Peres
en
ufent
aufhi
pour
perfuader
à
Jeurs
enfans
de
ren-
trer
dans
leur
devoir.
Les
Peres
des
premiers
fiécles
s’en-
cendoient
de
même,
&
leur
doctrine
avoit
toujours
lieu
contre
la
violence
des
perfecureurs
de
PEglife,
qui
em-
ploioient
tous
les
plus
rigoureux
fupplices
concre
les
Fidé=
les
pour
la
feule
caufe
de
Religion.
:
ns
EE
-
_CHarlins
VE
Pourquoi
on
traira
avec
tant
de
rigueur
les
Hérétiques
qui
parurent
aprés
l’an
mille
ou
onze
cent.
Nouvelles
preu-
ves
que
c'étoient
les
mêmes
que
les
Manichéens
qu’on
_
avoit
punis
de
mort
dés
le
FI.
le
[
V.
&
le
V.
fiécle.
I.
Ce
ne
furent
profque
que
des
Sottes
diver(es
dé
Manichéens
qui
parnrent
apres
le
X.
ou
X
I.
fsècle.
De-là
vient,
qu'on
les
tras-
ta
fi
rigonrenfement.
II.
Lmpietez
effrorables
des
Cathares
d’Al-
lemagne,
des
Piphies
des
Païs-Bas,
des
Tifflerans
de
France,
les
mêmes
que
les
Albigeois,
les
Vandois
©
les
Hujfites
des
Jiécles
fuivans.
TITI.
Leurs
propheties,
leurs
juremens,
leurs
parjures.
Les
cfperances
frivoles
de
lagrandifement
futur
de
leur
Sete.
IV.
Preuves
contre
eux
tirées
de
la
pérpetnité
©
de
la
fuccef-
fîon
d'une
même
Foi
dans
les
Sièges
Epiftopanx.
W.
Perfidies
&
parjures
continuels
des
Cathares.
Ce
qu'ils
croioicnt
de
tont
ce
qui
fe
paÎoi
dans
os
AMyfféres,
où
ils
affiftoient
feiguant
d'être
Catbo-
ligues.
V1.
Horrible
hypocrifre
de
ces
perfides.
VII.Ce
ef}
ps
force:
mais
foibleffe
defprit,
de
ne
ponvoir
croire
de
la
puiflance
€
de
-
la
Charité
de
Dien.que
Ce
que
NOUS
CR
Ponvons
comprendre.
V
LIT.
Comparaifon
de
PEucariffie
à
la
Trinité
©
à
l'Incarnation
:
on
croit
fans
comprendre
ces
trois
Ayfieres.
IX,
Ceff
par
caprice
ou
par
halard,
que
de
l'ancienne
Foi
de
PEglifé
les
Proteflans
re
goivent
guelqnes
articles,
@
rejettent
les
autres.
X.
Les
Catha-
res
étoient
des
Manichéeus
mêlez
parmi
les
Catholiques,
&
to
jours
diffimulez.
E.
NT
trouvons
dans
la
Collection
des
Hiftoriens
de
P#befre
To.
dd
France
une
lettre
que
lArchevèque
de
Narbonne
À
+
écrivit-au
Roï
Loüis
le
jeune,
pour
le
prier
de
donnera
62
Traité
des
Edits
,
eo
des
autres
moïens
IT.
ParrT
protection
aux
Eglifes
de
fon
Diocéfe
ravagées,
par
les
Hé.
Chap.
VL,
sétiques.
Il
lui
reprefente
que
c’étoir
au
Roi
à
prendre
le
»
bouclier
de
la
Foi,
&
les
armes
de
la
Juftice,
pour
fecou-
»
tit
la
caufe
de
Dieu
dont
il
éroit
le
Miniftre,
8
à
emploïer
»
des
corrections
févéres
pour
bannir
l'Héréfie
de
PEglife:
Arripiat
igitur
flrenuitatis
veflre
dextera
[tutum
fidei,
&
arme
jujftie,
@
exurgar
in
adjutorium
Domini
;
ur
per
veflra
correcbionis
cenfuram,
ab
Ecclefia
n0ffra
omnis
haretica
pravi-
tas
arceatur.
y
à
de
l'apparence
que
c’étoient
les
Albigeois
qui
avoient
déja
commencé
à
s’y.
étendre
:
c'étoient
les
mé-
mes
qu'on
appelloit
Cathares
,
&
qui
n’étoient
autres
que
les
anciens
Manichéens.
Ainfi
il
n’y
a
pas
fujet
de
s'éton-
:
ner,
fi
on
emploia
le
fer
&
le
feu
contre-eux,
quand
on
eüt
reconnu
que
les
inflruétions
&
les
cenfures
de
l’Eclife
étoient
inutiles
à
leur
égard.
Nous
avons
fait
voir
que
dés
la
fin
du
quatrième
fiecle
l'Empereur
Maxime
aïant
fait
perdre
la
tête
à
Prifcillien
qui
renouvelloit
les
impierez
de
Manichée,
mérita
les
louanges
du
Saint
Pape
Léon
I.
Les
derniers
Hérétiques
de
l'Orient
&
de
l'Occident
dont
nous
venons
de
parler
dans
les
Chapitres
precedens,
nous
ont
aufli
paru
avoir
êté
Manichéens
;
ce
qui
fc
aufli
qu’on
n'épargna
point
en
leur
endroit
le
dernier
fu
pplices
parce-
que
ce
n’étoient
plus
des
Hérétiques
feulement
;
mais
les
ennemis
déclarez
du
genre-humain.
=.
IT.
On
a
infere
dans
la
Bibliotheque
des
Peres,,
les
dif-
coûts
que
compofa
contre
les
Cathares
Ecbert
,
Moïne,
puis
Abbé
de
Schonaugen
qui
vivoit
en
r160,
fous
lEm-
pire
deFredericT.
&
dédia
fon
ouvrage
à
Reginald
Arche-
vêque
de
Cologne,
Cet
auteur
dit
d'abord
que
Jefus-Chrift
a
donné
à
l'Eglife,
qui
cft
fon
Epoufe
&
une
Vierge
trés-
»
chafte,
une
perle
trés-précieufe
,
la
Foi
Catholique;
qu'on
»
lui
drefle
des
embuches
de
tous
côtez,
&
que
ce
font
ceux
»
defquels
Jefus-Chrift
nous
à
avertis
de
nous
donner
de
»
parde,
quandil
a
dit,
#3
07
#ous
dit
alors
;
le
Chriff
et
ic,
il
ef
la
raen
croiez
riens
car
il
S'élevera
de
faux
Chrifis
de
faux
Praphetes.
Si
on
vous
dit;
il
eft
dans
le
défert,
#7
alle
point
;
Hekdais
les
mailèns
fècreres,
d'encroicz
rien,
To,
#
pari.
Z;
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
6;
Ce
font
ceux,
pourfuit
cer
Ecrivain,
qu'on
nomme
Ca-
thates
dans
nôtre
Allemagne,
qu'on
nomme
Piphles
dans
la
Flandre;
Tifferans
dans
la
France
du
métier
qu'ils
exer-
coient.
Els
précendoient
que
le
culte
de
Jefüs-Chrift
n’<-
coir
que
dans
leurs
affemblées
fecreres,
dans
leurs
caves,
dans
leurs
boutiques
,
dans
leurs
retraites
fouterraines.
Ils
condamnoient
le
mariage,
ils
défendoient
Pufage
de
la
chair,
difant
que
le
Diable
en
étoir
le
créateur.
Ils
ne
croïoient
pas
le
Barème
neceflaire
aux
enfans.
Ils
ne
croïoient
point
de
Purgatoire
:
aufli
ne
prioient-ils
point
pour
les
morts.
Ils
méprifoient
les
Mefles
qu’on
célébroit
dans
l'E-
glife.
Ils
venoient
bien
quelquefois
pour
les
entendre,
&
même
pour
y
Communier
;
mais
ce
n'étoit
qu'une
feinte
&
une
facrilege
hypocrifie,
pour
n'être
pas
découverts
;
car
ils
croïoient
que
le
Sacerdoce
étoit
entiérément
péri
dans
Pa
«Chap.
VI.
€c
tbidem.
page.
79
80.
&
ce
ce
PEglife
Catholique,
&
ne
fe
trouvoit
plus
que
dans
leur
«
Secte.
Ils
ne
penfoient
pas
que
l’Eucariftie
de
PEglife
füt
Je
Corps
&
le
fang
de
Jefus-Chrift;
mais
qu'érant
eux
mé-
mes
les
membres
de
Jefus-Chrift,
en
prenant
leur
refe-
“ion
commune,
ils
formoient
le
Corps
de
Jefus-Chrift.
Tous
les
myfteres
de
Jefus-Chrift,
fa
naiance,
fa
paf-
fion,
fa
refurreétion
n’avoient
été
à
ce
qu'ils
difoient
que.
des
apparences
exterieures.
Auffi
ne
célébroient-ils
ces
Fé-
tes,
que
par
diflimulation
en
public.
les
ometrant
entié-
>
>
sement
quand
ils
étoient
en
leur
particulier.
[fs
croïoient
que
les
ames
des
hommes
étoient
les
mêmes
fubftances
que
les
Démons;
lefquels
revêtus
de
nos
corps,
pouvoient
par
les
bonnes
œuvres
mériter
le
falut
éternel.
LIT.
Quand
on
les
prefloït,
ajoüte
cet
Auteur,
par
les
paroles
de
l'Ecriture
qui
veut
qu’on
prêche
la
Foi
&
les
voies
de
falut
en
public,
au
lieu
qu'eux
imitant
Prifcil-
lien,
juroient
&
fe
parjuroient
librement
pour
ne
pas
dé-
couvrir
leur
fecrete
doëtrine
:
IIS
répondoient
que
leur
terms
n’étoit
pas
encore
venu
pour
fe
manifefter
aux
hom-
mes,
&
pour
parler
en
public
:
que
ce
tems
viendroit,
&
qu'alors
leur
Scéte
feroit
la
Ville
bâtie
fur
la
montagne
&
vifible
à
cout
le
monde.
Mais
quand
viendra
doncce
tem,
ce
ce
ce
70
Traité
des
Edits,
ex
des
autres
moïens
tholiques,
tolérez
dans
leur
Communion,
ou
plürôt
in-
connus
&
toûjours
abufans
de
leur
Communion
&
de
leurs
Sacremens
par
une
infigne
hypocrifie.
Ces
prophanations
de
nos
Sacremens
étoient
déplorables
;
mats
les
Evêques
qui
les
incerpretoient
plus
favorablement,
jugérent
peut.
être
alors
que
ce
mal,
quoique
trés-grand,
étoit
moindre
que
celui
du
Schifime
&
de
la
féparation
entière
qui
auroit
fait
voir
à
ces
miférables
combien
leur
nombre
étoit
srand,
&
à
quelles
audacieufes
entreprifes
1ls
pouvotent
fe
porter,
C'eft
ce
que
nous
allons
voir
dans
les
Albigeois.
TI.
PART:
Chap.
VI.
Cuapire
VII
Des
Albigeois,
des
Tiflerans,
&
des
autres
Hérétiques
de
France
du
XIT,
&
du
XIII
écle;
des
Croifades,
&
des
peines
de
mort,
TI.
Les
Ales
dmConcile
tenu
en
France
l'an
1176.
contre
ces
He.
rétiques,
leurs
erreurs,
II.
Leur
refus
de
jurer,
leur
difimulation,
leur
condamnation.
III.
Comparaifon
des
Cathares
d'Allemagne,
&
des
Albigeois
de
France.
Leurs
parjures,
leur
refus
de
jurer,
leur
revolte
contre
toutes
les
Pusffances
Ecclefiaffiques.
IV.
mmé-
prife
des
Proteffans,
quand
ils
tachent
de
tirer
leur
origine
des
lbigeois
les
plus
ffnpides
des
hommes.
V,
Les
Proteffans
n’enf-
.
ent
pu
convarncre
les
Albireois
de
l'autorité
des
Ecritures
del
An-
cien
Teffament,
que
par
les
Traditions
de
l'Eclife,
qui
autorifent
également
tonte
la
Doütrine
Catholique.
VI.
Le
Concile
III.
de
Latran
tenu
en
1179.
contre
les
mêmes
Albigeois.
Diverfes
for-
tes
d'Hérétiques
condamnez
en
même
teims.
Leurs
armées
©
les
maffacres
qu'ils
faifoient
des
Catholiques.
VIT.
Remarques
[ur
-
les
Decrots
de
ce
Concile.
On
commença
ici
à
emploïer
les
armes
@
les
armées
des
Princes
pour
repouffer
les
violences
de
ces
Hé.
vétiques
révolrez
©
arinez.
VIII.
Les
Croifades,
les
Todulger=
Ces,
les
armées
des
Croifez
contre
ces
Hérétiques,
qui
mettoient
tout
à
fen
©
à
fans.
IX.
Ces
Croifades
©
ces
exécutions
[an-
glantes
juffifiées
par
la
neceffité
inévitable
de
ne
pas
laiffer
impu-
nément
détrnire
les
E
glifes
©
les
monaftères,
malfacrer
les
inno=
cens,
X,
On
commença
enfuite
à
ordonner
des
peines
de
mort
contre
:
les
Hérétiques,
qui
étoient
mémbres
de
ces
Seëkes
feditienfes,
guer:
rieres,
©
Jarguinaires.
Les
peines
de
mort
€
les
Croifadss
COH=
pour
maintenir
l'unité
de
l'Erlife
Catholique.
:
71
tré
les
Hrétiques
ne
commencerent
qu'après
les
revoltes
des
Al:
bircois
@
leurs
nombrenfes
armees.
Croifad:
de
lan
1207.
XI.
Les
Héréfies
d'Alinaric
de
Chartres,
©
de
[és
difciples
:
C’étoient
des
Manichéens
trés
impurs.
X
II.
La
premiere
Croifade
contre
les
Hirétiques
en
1208.
trente
ans
aprés
qu'ils
avoient
commen-
cé
de
nous
attaquer
à
main
armée,
à
défoler
€
à
mallacrer
tont.
É
A
lettre
de
l’Archevèque
de
Narbonne
au
Roi
Loüis
le
Jeune,
qui
a
été
touchée
ci-deflus,
&
où
il
im-
.
.
3
/
VAE
à
ploroit
le
fecours
dece
Roi
contre
une
foule
d'Hércriques
qui
alloient
fubmerger
la
Nacelle
de
Saint
Pierre
dans
fon
Diocéfe
:
cette
lertre,
dis-je,
infinuoic
les
commencemens
]
_
A
/
/
e
.
de
l'Héréfie,
ou
plürôt
des
Héréfies
des
Albigeoïs,
des
:
e
:
D
>
Vaudois,
des
Cathares,
&
d’une
troupe
innombrable
de
Païfans
&
de
sens
de
métier
revoltez
contre
l’Eglife.
J'ai
/
/
/
=
:
lE.
4
répréfenté
dans
le
Chapitre
précédent
leur
état
dans
PAI-
Jemagne
&
dans
la
Flandre.
Nous
venons
à
la
France,
où
cette
infame
Secte
s'érendit
davantage,
&
où
il
falut
af-
:
fembler
contre-eux
un
Concile
de
plufieurs
Archevêques
A
q
2
Evêques,
Abbez
&
autres
perfonnes
fçavantes
dans
la
Pro-
vince
de
Touloufe,
Les
Actes
s’en
trouvent
dans
les
An-
nales
de
Roger
Hiftorien
d’Anglererre
en
1176.
Cet
Hif-
torien
dit
qu’on
y
condamna
l’Héréfie
des
Atriens
,
ou
des
Manichéens;
qu'ils
fe
faifoient
appeller
les
Boss-Hommes,
:
&
enfeignoient
beaucoup
de
chofes
contraires
à
la
Foi;
qu’ils
ne
recevoïent,
ni
la
Loi
de
Moïfe,
ni
les
Propheres,
ni
les
Pfeaumes,
ni
le
refte
de
l’ancien
Teftamenrt
:
ni
les
IE
PART.
Chap.
VIT:
Doéteurs
du
Nouveau;
mais
les
Evangiles
feulement,
les
«
Epitres
de
Saint
Paul,
les
fept
Epitres
Canoniques,
les
«
Aëtes
des
Apôtres,
&
l’Apocalypfe.
L’Archevêque
de
Lyon
aanc
Jeu
les
lettres
de
l'Evêque
d'Albi
&
des
autres,
pro-
nonça,
aprés
un
long
examen,
qu'ils
étoient
Herétiques;
parce-qu'ils
ne
recevoient
pas
l’ancien
Teftamenr,
qui
eft
fi
fouvent
autorife
dans
le
Nouveau;
parce-qu'ils
refufoient
de
répondre
quand
on
les
incerrogcoit
fur
leur
créance,
prétendant
ne
point
mentir
en
fe
taifants
quoiqu'on
leur
déclarât
que
c'étoit
mentir,
que
de
ne
pas
répondre
&
de
ne
pas
dire
la
verité
quand
on
cft
oblige
de
le
faire
+
pare
8
9
à
LU
PART.
CV”
55
2»
23
ss
vw
3.
DE
5»
»
-82
LA
“s
à
25
3
+
72
Traité
des
Edits,
e9°
des
autres
moïens
ce-qu'ils
ne
vouloient
pas
confefler
que
les
enfans
fuflent
fauvez
par
le
Barème
;
parce-qu'ils
vouloient
qu'un
bon
Laïque
pût
confacrer
le
Corps
de
Jefus-Chrift,
&
qu'un
Pré-
‘tre
mal-vivant
ne
le
püt
pas
;
parce-qu'ils
ne
vouloient
pas
qu'on
fe
püc
fauver
dans
le
commerce
du
mariage
;
par-
ce-qu'ils
ne
connoifloient
pas
l'autorité
des
Prêtres
à
ab-
foudre,
des
pêchez,
ni
celle
de
cous
les
Pafteurs
ordinaires
de
PESRE
|
|
II.
On
n'alleoua
contre
ces
Hérériques
que
les
autori-
tez
du
Nouveau
Teftament,
&
quand
ils
fe
virent
con-
.vaincus,
ils
adreflérent
leurs
difcours
à
la
foule
des
Laï-
ques
qui
toient
préfens,
les
affurant
que
c'étoit
pour
l'a-
mour
d'eux
qu'ils
alloient
faire
la
Confeflion
de
Foi
Ca-
tholique.
L'Evêque
leur
aïant
remontteé
que
ce
n'étoit
pas
pour
plaire
au
peuple
qu'il
faloit
faire
une
Confeflion
de
Foi;
mais
pour
plaireà
Dieu,
ils
continuérent
de
faire
la
_Confeflion
Catholique
de
Foi,
&
promirent
de
tenir
tout
ce
qu'on
pourtoit
leur
prouver
par
les
Evangiles
&
par
les
Epirres.
L’Evêque
leur
demanda
s'ils
étoient
prêts
de
ju-
rer
qu'ils
vivroient
dans
cette
Foi;
ils
répondirent
que
le
/
:
/
:
,
LA
jurement
éroit
défendu
dans
les
Evangiles
&
dans
les
Ept-
tres.
Les
Evêques
jugérent
que
ces
gens
étant
déja
diffa-
imez
&
notez
d'Héréfie,
devoient
pour
rentrer
dans
luni-
té
de
l'Eclife,
confirmer
leur
Confeflion
de
Foi
par
le
fer-
ment,
&
jurer
qu'ils
S’en
tiendroient
à
tout
ce
que
croit
&
tient
l’'Egclife
Catholique,
afin
de
ne
pas
corrompre
le
refte
du
troupeau
de
Jefus-Chrift
:
Ex
quia
infames
[unt
€
de
hærefi
notati,
debent
purgare
[uam
tanoceniiam,
@*
redeun-
tes
ad
unitatem
Ecclefia
,
fidem
fuam
debent
jarejuran
do
af
éruere
,
ficut
tenet
€ÿ
credit
Ecclefia
Catholica
:
ne
infirmi
qui
în
Euclefit
funt
corrumpantur,
€
ne
oves
morbide
usiverfum
Lregem
contaminent.
:
ne
…
On
leur
prouva
aprés
cela
par
le
Nouveau
Teftament,
que
le
jurement
n’étoit
point
défendu,
&
enfuite
la
Sen-
tence
de
condamnation
fur
prononcée
contreux
par
les
Evêques,
les
Abbez
&
les
autres
Ecclefaftiques
la
con-
frmérent.
Ainhil
n'ya
pas
licu
de
dourer
que
ce
refus
de
|
jurer
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
73
juter
ne
fût
pris
pour
une
défaite
|
&
pouf
une
révocation
de
la
Confeflion
Catholique
de
Foi,
qu'ils
avoient
faite
par
complaifance
pour
le
peuple
qui
étoit
prefent,
ou
pour
gaz
gner
&
fouléver
ce
même
peuple
contreles
Evêques
&
con-
tre
PEglife.
bte
*
See
un
111.
De
tout
cé
récit,
il
-paroît
que
ce
n’étoit
igi-que
la
lice
du
petit
peuple
foulévée
contre
l'Eglife,
contre
les
Evêques;
contre
tout
lé
Clergé,
contre
toute
la
difcipli-
ne
de
l'Eglife,
fans
qu’on
puifle
dire
au
vtai,
quels
avoient
été
les
premiers
auteurs
de
ce
foulevement.
Ces
-maximes
des
Albigeois
n'étoient
pas
tout-à-fair
dés
mêmes
que
celles
des
Cathares
d'Allemagne;
mais
toute
cétre
diverfté
ne
laifloit
pas
detendre
à.
une
mêmefn.
Les
Carhares
fe
don-
noient
une
entiere
liberté
de
jurer,
&
de
fe
parjurer,
pour
couvrir
leurs
erreurs
fous.
les
apparences
de
la
Religion
Ca-
tholique;
les
Albigeois
ne
vouloient
en
façon
quelconque
jurer,
pour
couvrir
aufli
leurs
erreurs
;
ainfi
ce
n'étoit
qu'une
même
perfidie,
foit
en
jurant
à
faux,
foit
en
refufant
de
jurer.
|
Les
Cathares
vivoient
dans
une
grande
apparence
de
refpeét
pour
les
Evêques,
pour
le
Clergé,
&.
pour.les
Sat
LE
PART.
a
Cha.
VIE,
ce
cremens
del’Eglife
qu'ils
fréquentoient
réguliéremenr.
Les
Albiseois
fe
déclaroient
ouvertement
contre
la
Hiérarchic
&c
les
Sacremens,
donnant
aux
Laïques,
qui
fe
prétendoient
gens
de
bien,
toutes
les
fonctions
Hicrarchiques,
&tou-
te
la
difpenfation
des
Sactemens.
C’étoient
deux.differen-
tes
manicres
,
mais
également.effhicaces
de
détruire.le
Sa-
cerdoce.&
les
Sacremens.de
PEglifés;s
ete
ent
La
qualité
de
20#5-Hommes
qu'ils
prenoient,
répondoit
fort
mal
au
refus
qu'ils
faifoient
de
fe
foûmettre
à
l'ancien
Teftament
&
à
tous
les
Docteurs.du.
Nouveau.
Ce
n'étoit
d’ailleurs
qu’une
foule
de
petites
gens,
qui
.s'étoient
nour-
ris
en
particulier
dans
le
libertinage
&.dans
le
mépris
des
Puiflances
Ecclefaftiques
,
d’où
venoit
aufli
le
mépris
des
Sacremens
&
l’audace
d’égaler
l’état
des
Laïques
au
Sacer-
doce.
Ils
ne
pouyoiïent
pas
prendre
un
chemin
plus
coutt.
pour
fe
maintenir
dans
leur
parti
,
que
de
rejetrer
d'un.feul
#
IL
PART.
Chap.
VII.
P2
Traité
des
Edits,
e9°
des
autres
moïens.
coup
tout
l’ancien
Teftament
&
tous
les
Peres,
&
fe
re-
trancher
dans
le
feul
Nouveau
Teftament
qui
étoir
le
feul
Livre
qu'ils
avoient
entre
les
mains.
LV.
Les
nouvelles
Seétes
qui
ont
tâché
de
fe
donner
quelque
antiquité
&
quelque
raïon
de
nobleffe
,
en
fe
fai-
fanc
defcendre
des
Albigeois,
des
Cathares
,ou
des
Vau-
‘dois,
n’avoient
pas
aflez
examiné,
quels
étoient
ces
Héréri-
ques,
quelle
étoit
leur
obfcurité,
leur
ignorance,
leur
flupi-
dité
,
leur
perfidie.
Cen’étoient
que
desartifans,
des
gens
de
métier,
des
ignorans,
dans
lefquels
il
ne
paroifloir
pas
la
moindre
étincelle
de
doëtrine
ou
d’efprit.
Ils
tenoient
beau-
coûp
des
Manichéens,
c’eft-à-dire,
des
plus
impurs
&
des
plus
deteftables
des
Hérériques.
Ils
rejettoient
cout
lan-
cien
Teftament,
&
ne
révéroient
que
le
Nouveau,
fi
igno-
rans
qu'ils
ne
remarquoient
pas
que
le
Nouveau
en
mille
rencontres
rend
témoignage
à
l'Ancien.
|
.
V.
Mais
comment
les
Proteftans
auroient-ils
prouvé
à
ces
Bons-
Homes
,
quéles
Livres
de
l’ancien
Teftament
font
Canoniques
&
divinement
infpirez
?
Ils
ne
lauroient
fans
doûte
pü
faire,
fans
recourir
à
la
tradition
de
l'Eglife
&
à
la
fucceflion
des
Evêques
&
des
Doëteurs
depuis
la
pu-
blication
deJ’Evangile
par
Jefus-Chrift
&
parfes
Apôtres.
Pourquoi
ne
leur
auroient-ils
donc
pas
aufli
fait
connoître,
que
pour
tous
les
autres
points
conteftez
entre
les
differen-
tes
Societez
Chrétiennes,
1l
falloit
aufli
s’en
tenir
à
cette
même
autorité
de
l’Eglife
Catholique,
de
fa
fucceflion
nôn
interrompuë
depuis
les
Apôrres,
&
de
fa
tradition:
Pourquoi
ne
leur
autoient-ils
pas
demandé
,
d’où
ils
te-
noient
eux-mêmes
les
Livres
du
Nouveau
Teftament;
fi
ce
n’eft
de
lEglife
Catholique,
qui
les
avoit
pofledez
elle
ule
plus
d’onze
cens
ans
avant
leur
naiflance
?
Pourquoi
ne
recevoir
pas
auñli
de
la
même
Eclife
les
Livres
de
l'an:
cien
Teflament
,
le
fens
des
mêmes
Ecritures,
&route
la
doétrine
du
falut?
Car
fi
Dieu
a
rendu
l'Egirfé
Catholi-
que
dépofitaire
des
Livres
Saints,
comment
ne
lui
auroit-
ilpas
aufli
confié
le
dépôt
du
fens
&
de
la
do@rine
de
ces
Saints
Livrésss
ns
1:07
aFr
PES
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Caïholique.
©
7s
-!
Nous
ne
pouvons
pas
faire
une
Jufte
comparaifon
des
.
fentimens
des
Albigcois
où
des
Cathares,
avec
ceux
de
nos
Proteftans
;
parce
que
comme
J'ai
déja
dir,
les
Albi-
geOIS
n'étoient
que
des
gens
orofficrs
&
ignorans
qui
n'a-
voient
rien
de
reglé
entre-eux
,
&
qui
étoient
partagez
en
autant
de
Seûtes
qu'il
y
avoit
de
Provinces
,
&
peut-£tre
qu’il
y
avoit
de
zélez
;
car
ils
n’avoient
point
de
chefs,
point
de
doërinereglée,
point
d'uniformite
;
c'eft
ce
qui
a
fait
que
les
erreurs
que
nous
avons
rapportées
des
Ca-
thares
d'Allemagne
,
étoient
f
differentes
de
celles
de
nos
Albigeois.
C’eft
ce
qui
a
fait
que
ceux,
qui
ont
fait
lere-
cit
de
leurs
fentimens,
font
fi
contraires
les
uns
aux
autres.
VI.
Peu
d'années
aprés;
c’eft-à-dire
en
u79.
le
Pape
Alexandre
III.
aflembla
le
Concile
HI--de
Lacran.
Il
s'y
trouva
deux
cent
quatre-vingt
Evéques;
Guillaume
Ar-
chevêque
de
Tyr,qui
étoir
prefent,dit
qu'il
y
enavoit
trois
cent.
Ce
Concile
condamna
encore
ces
Hérétiques,
repan-
dus
,
à
ce
qu'il
dit,
dans
la
Gafcogne,
dans
PAlbigeoïs,
dans
les
quartiers
de
Touloufe,
&
en
plufieurs
autres
en-
drois.
Quelques-uns
les
nommoient
Cathares,
dit
le
Con-
cile,
d’autres
Patarins,
d’autres
Publicains,
d'autres
au-
trement,
Autrefois
ils
ne
communiquoient
leur
doëtrine
qu'en
fecrer,
ils
commiençoient
pour
lors
à
la
répandre
en
public.
Ce
Concile
les
frappa
d'anathéme,
eux
8
tous
ceux
qui
les
défendoient
&
les
receloient,
defendit
que
qui
que
ce
füt,
ne
pût
les
recevoir
dans
fes
maifons
où
dans
fes
terres,
les
foütenir,
ou
entretenir
commerce
avec
eux.
La
peine
des
contrevenans
étoit
la
privation
des
prieres
&
des
offrandes
de
l'Eglife
aprés
leur
mort,
&
de
la
fépulture
Ec-
chaques
2
0.
Dans
le
même
Canon
le
Concile
s’éleve
enfuite
contre
les
Brabançons,
les
Arragonois,
les
Navarroïs,
les
Bafques,
les
Cotcreaux
,&les
Triaverdins.
Hsexerçoient
descruau-
tez
cffroïables
contre
les
Chrétiens;
ils
ne
refpeétoient
,
ni
les
Eglifes,
ni
les
Monaftéres;
ils
n'épargnoient
ni
les
veuves,
ni
les
pupilles,
niles
vicillards
,
ni
les
enfans
;
ils
ne
pardonnoïent
ni
à
l’âge,
niau
{exe
;
mais
à
if
IL
PART:
Chap.
VII.
C2
1
3
ce
«Can,
2
Fe
2
208
2
2
as
a
ce
«
idem
se
ce
L,
3
ce
€
Li
1
DE
NA
4
pre.
Eh
“IE
PART,
Chap.
VIH,
w6
…
Traité
des
Edits,
ex
des
antres
moïens
des
Païens,
ils
perdoient
&
ruinoient
tout:
Q#£
scnéam
in
Chriflianos
immauitatem
exercent,
uf
nec
Ecclefiis
,
mec
Mo-
nafferiis
deferant;
non
viduis,
@
pupillis,
non
fenibus
&
pueris
,
ec
cuilibet
parcant
atati
,
auf
féxuis
Jéd
more
paga-
aoïum
mia
perdant,
&
valent.
VII.
Il
y
a
ici
quelques
remarques
à
faire
avant
que
de
pañler
outre,
1°
Tous
ces
Hérétiques
n'étaient
que
des
troupes
de
Païfans
ou
d'Artifans
mutinez
contre
les
Puif.
-
fances
ecclefiaftiques
&
temporelles,
fans
chefs,
fans
dif-
cipline,
fans
Loi
&
fans
Foi.
Ils
étoient
ramaflez
de
tou-
tes
fortes
de
nations
,
d'Efpagne,
de
France,
des
Païs-Bas,
d'Allemagne.
D'où
vient
qu'ils
ne
tiroient
pas
leur
nom
de
leurs
chefs
,
ou
de
quelques
dogmes
réglez;
car
ülsn’en
avoient
point
:
mais
des
Païs
&
des
Provinces
ou
des
Roïau-
mes
differens,
d’où
ils
étoient
fortis.
2°,
L’Eclife
n'avoit
emploïé
jufqu’alors,
que
les
peines
&
les
armes
fpirituelles
contre
l’'Héréfie;
elles
commence
ici
à
implorer
les
Puif-
fances
&
les
armes
temporelles
pour
repoufler
&
pour
pré-
venir
à
Favenir
les
violences
&
les
.cruautez
cffroïables.
que
ces
impies
exerçoient
contre
les
Catholiques,
contre
les
Eglifes,
contre
les
Monaftéres,
contre
les
perfonnes
de
tout
âge,
de
rout
fexe
&
de
toute
condition.
3°.
Ce
Con-
cile
s’autorifé
de
l'exemple
&
de
l#do@rine
du
Pape
Lé-
on
1,
qui-difoiten
parlant
du
jugement
de
mort
rendu
par
l'Empereur
Maxime
contre
Prifcillien,
que
l'Eglife
fe
con-
tentoit
du
jugement
des
Evêques,
&
n’exerçoit
point
de
vengeances
fanglantes;
mais
qu'elle
étoit
utilement
affif-
tée
des
conftitutions
des
Princes
Catholiques,
afin
que
les
”
hommes
charnels
foient
obligez
par
la
crainte
des
peines
”
temporelles,
de
recourir
aux
remedes
fpirituels
:
Sicwz
air
Leo;
licet
Ecclefaffica
difciplina
Sacerdotali
contents
judicio,
cruehtas
non
ejficiat
ultiones;
Catholicorum
rame
Principun
Con
ftationibus
adjuvatur
,
ut
[epè
querant
homines
falutare
_
rémedini,
dum
corporale
fupér
fe
metuunt
evenire
fapplicium.
Heft
donctrés-certain
que
l'Eglife
n'avoir
jufqu'alors
dé-
*
/
À
Le
ES
°
>
à
Re
<
cerné
que
des
cenfures
&
des
peines
fpirituelles
contre
les
ps
;
Se
À
epre
s
SE
:
: :
Ces
L
Hérériques,
Ce
Canon
même
en
eft
une
preuve;
car
on
n'y
\
&
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eclife
Catholique.
77
érdonne
que
la
privation
des
priéres
&
dela
fépulture
de
PE-
Jife
contre
ceux
qui
fe
déclareroient
en
faveur
des
Héréri-
ques;
mais
aprés
que
dans
ce
mêémeConcile
&
dans
cé
même
Canon
on
eut
rapporté
les
horribles
mafacres,que
ces
hom-
mes
perdusexerçoient
de
rous
côtez
contre
les
Catholiques,
il
fut
réfolu
que
ceux
qui
auroient
à
leur
folde,
ou
qui
{ou-
tiendroient
&
favoriferoient
ces
cruels
affaffins
danslesPais,
où
ils
exerçoient
ces
facriléges
&
ces
brigandages
,
feroient
dénoncez,
excommuniez
dans
les
Eglifes
les
Dimanches,
&
les
autres
jours
folemnels,
.&
condamnez
aux-mêmes
peines
que
ces
Hérériques,
&
ne
feroient
point.
reçus
à
la
Communion,
qu’aprés
avoir
renonce
à
ces
Socictez
dam-
nables
&
à
l'Héréfe.
RÉ
ee
VIII.
Ce
n’étoient
encore
que
des
peines
Canoniques;
mais
voici
dans
la
fuite
la
nouvelle
difcipline
dont
on
fur
‘contraint
d'ufer,
pour
réprimer
ces
troupes
révolrées
con
tre
PEglife
&
contre
l’écat,
qui
mettoienttour
à
feu
8
à
fang
dans
l'Europe.
On
déclara
que
les
fujets
des
Seigneurs
quine
renonceront
pas
à
ces
brigandages.feront
relâchez
de
l’hom-
mage
&
du
ferment
de
fidélité
qu'ils
leur
devoient.
Onor-
donne
aux
fidéles
de
prendre
les
armes
pour
s’oppofer
à
ces
cruelles
violences
pour
mettre
à
couvertle
Pepe
CREER
re
dans
l’efperance
que
ce
fervice
rendu
àPEgli
&au
public
ne
conttibueroit
pas
peu,
pour
obtenir
de
Dieu
la
rémiflion
de
leurs
péchez.
On
déclare
queles
biens
de
ces
fcélérats
doivent
être
confifquez,
&
que
les
Princes
fonc
en
droir
de
les
condamner
à
l’efclavage.
On
aflure
que
ceux
qui
-s'expoferont
à
ces
fatiguesavecun
refpeét
de
charité
&
de
pénitence
,
qui
mourront
dans
ce
pieux
emploi
de
protc-
ser
les
innocens
contre
ces
invafions
tyranniques
&
fan-
guinaires,
doivent
efperer
de
{a
miféricorde
divine
la
rc-
miflion
de
leurs
péchez;.&les
récompenfes
éternelles.
En-
fin.
on
relâche
quelques
années,
des
peines
canoniques:à
IE
Part,
Chap.
VIT.
€
æ
€
II.
PART,
3
©
Traité
des
Edits,
eo
des
autres
moïens
cé
avec
le
XII.
fiécle
;
elles
commiencétent
contre
ces
H£-
Chap.
vIx,
rétiques
vers
la
fin
du
même
fiécle,
Ceux
qui
ont
eu
de
Ja
peine
à
digérer
ces
Croifades,
&
ces
exécutions
fanglan-
tes
contre
les
Hérétiques,
n’ont
pas
bien
confideré
qu’on
a
Eté
forcé
d’en
ufer
de
la
forte
par
uné
inévitable
nécef.
fité,
&
par
l'obligation
indifpenfable
de
ne
pas
laifler
dé
foler
les
Monaftéres
,
abatre
les
Eglifes,
maflacrer
les
in-
nocens,
les
pupilles,
les
enfans,
les
veuves,
les
vieillards,
les
femmes
:
Enfin
de
ne
pas
laïffer
défoler
PEurope
par
des
excés
effroïables
de
cruauté.
Les
Princes
temporels
&
les
Magiftrats
éroient
obligez
d'arrêter
toutes
ces
barba-
ties
par
la
force
des
armes
;
les
Evêques
&
les
Conciles
éroient
obligez
de
les
avertir
de
leur
devoir
&
de
les
yexci-
ter.
C’eût
été
une
inhumanité
&
une
cruauté
en
quelque
fiçon
plus
grande,
de
ne
pas
arrêter
ces
fureurs
&
ces
tuëé-
ries,
aïant
en
main
le
pouvoir
de
les
reprimer,
comme
il
eff
&
les
autres
en
leurs
manieres
differentes.
Ee,
_X.
Depuis
qu'on
eût
vû
dans
toute
l’Europe
des
trou-
pés
tumultueufes
d'Hérétiques
bruler
&
piller
les
Eclifes
&les
Monaftéres,
&
maflacrer
tout
ce
qu’ils
trouvoient
de
Catholiques,
il
n’y
eût
plus
lieu
de
s'étonner
que
les
Juges
feculiers
prononçañlent
des
peines
de
mort
contre
les
Héré-
tiques
particuliers.
aprés
leur
avoir
fait
leur
procés.
Com-
menteüt-où
épargne
les
particuliers,
puis-qu’on
n’épargnoit
pas
les
armées?
&
comment
eût-on
épargné
des
armées
de
rebelles,
qui
nous
épargnoient
fi
peu?
Quand
on
commença
à
condamner
au
dernier
fupplice
les
Hérétiques
convain-
cus
&
incortigibles,
les
Croifades
avoient
déja
commen.
cé
contre
eux
:
&
les
Croifades
contre
les
Hérétiques
ne
commencérent
qu'aprés
que
les
Cathares,
les
Albiseois,
les
Brabançons
,
les
Arragonois
eurent
dreflé
des
armées
formidables,
&
eurent
couvert
la
terre
de
fang
&
de
car
nage.
Rigord
qui
a
écrit
l'Hiftoire
de
Philippe
Aucufte,
dit
qu'en
m07.1e
Pape
Innocent
III.
écrivit
des
lectres
au
certain
que
les
Evêques
&
les
Magiftrats
l'avoient
les
uns
;
.
4.
ere
n-
Ce
=
+
se
:
54
»
Roi
Philippe
Anoufte
&
à
tous
les
Seigneurs
François,
pour
»
les
exhorter
d’entrer
avec
une
grande
armée
danse
Païs
de
pour
maintenir
l'unité
de
l'EgliféCatholique.
79
Touloufe
,
dans
l
Albigcois,
dans
le
Quercy
,
dans
les
Dio-
céfes
de
Narbonne
&
de
Beziers,
&dans
les
Contrées
voi-
fines,
d’y
attaquer
comme
bons
Catholiques
les
ennemis
de
Jefus-Chrift
,
&
de
détruire
les
Hérétiques
qui
s’écoient
rendus
maîtres
de
ces
Provinces:
Ex
omnes
Hareticos
,
qui
«ll.
PART.
à
Cha.
VIL.
€
terras
illas
occupaverant,
delerent.
Ces
Hérétiques'né
s'é-
cs
:
/
4
dr
Rip
re
voient
donc
pas
contentez
de
défoler
la
campagne
parleurs
maflacres
,
ils
avoient
même
faifi
les
places
fortes
&
fub=’
jugué
le
païs
;
deforte-qu'il
ne
falloit
plus
traiter
avec
eux
autrement
qu'avec
de
bonnes
armées.
-
XI.
C’eft
en
la
même
année
au
rapport
du
même
Hif
torien,
qu'Amauri
de
Chartres,
aprés
avoir
fait
fes
étu-
des
dans
l'Univerfité
de
Paris,
commença
à
dogmatifer
que
que
tous
les
Chrétiens
étoient
obligez
de
croire,
qu'ils
étoient
les
membres
de
Jefus-Chrift,
&
que
celui
qui
ne
ctoiroit
pas
l'être,
feroit
aufli
coupable
que
s’il
ne
crojoit
pas
la
naïffance
&
la
mort
de
Jefus-Chrift,
ou
les
autres
ar-
ticles
de
Foi.
Tout
le
monde
le
éondamnant,
il
eut
recours
au
Pape
qui
le
condamna
aufli,
&
lobligea
de
fe
retra-
er:
il
le
fit,
mais
de
bouche
feulement.
Ilen
mourut
de
chagrin,
mais
aprés
lui
fes
difciples
poufférent
la
chofe
bien
,
plus
loin;
ils
publiérent
que
la
puiffance
du
Pere
avoit
duré
autant
de
tems
que
la
Loi
de
Moïfe
;
que
Jefus-Chrift
avoit
mis
fin
à
l'un
&c
à
l'autre,
que
fon
régne
avoit
duré
jufqu'à
ce
tems-là,
auquel
il
fnifloic
pour
faire
place
au
régne
du
Sainc
Efprit,
fouslequel
les
Sacremens
même
du
Nouveau
Teftament,
la
Confeflion,
le
Barème,
l'Eucariftie
ne
fer-
voient
plus
de
rien
pour
le
falut,
qui
ne
‘dépendoit
plus
que
de
la
grace
interieure
du
Saint
Efprit
,
fans
aucun
acte
exterieur.
La
charité
étoit
pour
eux
d’une
fi
grande
ef-
ficace,
que
les
crimes
mêmes
qu'on
commerttoit
par
cha-
rité
éroient
des
vertus.
Ainf-les-plüs
abominables
impu-
retez
devenoient
pour
eux
dés
a@ions
de
charité
&
de
ver-
.
tu.
Hs
faifoientéroiré
aux
femmesi&'aux
fimples
dont
ils
abufoient,
qué
Dieu
étoit
bon
&
la
bonté
même,
a
qui
n’appärtenoit
pas
de
faire
juftice,
ou
de
punir
perfonne.
L’Evèque
de
Parisen-fuc
averti,
on
ufa
d'artifice
pour
leur
22
80
Trairé
des
Ediis
,
és
des
autres
moïens
IT.
Lo
leurfaire
confeffer
leur
cabalé,
on
fic
le
procés
aux
Ecclefaf
Cha.
V
»
tiques
qui
en
furent
convaincus
:
&
aprés
les
avoir
dégra.
»
dez.,.on
les
livra
à
la
Cour
du-Roi
Philippe,
lequel
com.
».me
Roi
trés-Chrétien
&
Catholique,
dit
Rigord,
les
fit
»-brüler.
On
pardonna
aux
femmes
&
aux
autres
perfonnes
”
fimples,
quiavoient
étéfufprifes.
Onexcommunia
Amau-
n.11
aprés
{2
mort,
&
ôn
Jetta
fes
os
&
E
Les
cRgRes
für.
le
fu-
#
NUE.
»
re
Voilà
les
le
du
do
nouveau
un
peu
or
de
celles
de
l'ancien
;
mais
on
crüt
que
des
défordres
nou-
veaux
&inoïûis,
du.
-des.remedes
nouveaux
&
de
châtimens
plus
rigoureux.
Nous
avons
vû
dés
le
V,
fiécle
des
peines
de
morts
non
pas
contre
Îés
“Hérériques,
mais
,
Contre
les
Manichoens
dont
Pimpicté
n'étoit
pas
lothen
un
renverfement
de
la
Foi
de
l'Eclife
;
mais
de
la
police
même
des
Etars
..&
de
la.fureté
des
miles
&
des
villes,
C'eft
ce
que
de,
Pape
Léon,
1,
nous
a
expliqué
fort
netre-
:
MEN.
dans
le
premier.
Tome.
Or
les:
__—
d’Amauri
étoient
auff
Manichéens
en
ce
point,
&c
ils
portoient
leurs
impuretez
aufli-bien
que
leurs
impierez
jufqu’
au
dernier
,
excés.
Ce
font
donc
ces.
deux
forces.
d'Héréfes.
feule-
ment,
contre
Jefquellés
on
commença
par.un
jugement
.
informe
à
à
prononcer
des
peines
de
mort.
les
abominables
|
iMpUrCtEZ
des
uns
confondoient
tout
le
droit
divin
&
hu-
main
:
les
barbares
cruautez
des
autres
étoient
comme
une
guerre
déclarée
à
tous
les
Catholiques
:
Les
rigueurs
ne
pañrent.
pas
alors
plus
avant,
3
Ml
.Le
Pape
innocent
III,
en
1204.
écrivit.
Fe
lettres
se
He
_—
fort
mortifiantes
à
lArchevéque.
de
Narbonne
fur
{à
né-
ha
57
58.65
gligence
à
à
s’oppofer
aux
Albigeois,
&
lui
ordonna
de
fe
>
joindre
à
à
Pierre
de
Château-neuf
&
aux
autres.
Religieux
»
Contre
ces.
Hérétiques.
Il
écrivit
même
à
l'Abbé
de
Ci-
»
teaux
‘pour.
Jobliger
à
veiller
fur.
cec
Archevêque,
&
à
exciter:
le.
Roi:
Philippe,
Auoufte,
afin
qu'il
envoyät
des
t'OUpeEs.
contre
ces
ennemis.
de.
la
Foi,
Pierre
Reli
gieux
«
de
l'Abbaïe
des
Vaux:de-S
Sernay
de
l'Ordre
de
Citeaux
écri-
Vire
dés-lors
l'Hiftoire.
des
Vaudois.1&
de
routes
ces
Croi=
fades
KI
LU
v%
our
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
NT
fades,
aufquelles
il
fut
prefent,
&
la
dédia
au
Pape
in
aH”Parr.
nocent
III,
proreftant
qu'il
wavoit
ecrit
que
ce
qu'il
avoit
«
CB:
vit:
vû,
ou
ce
qu'il
avoit
appris
de
perfonnes
fi
élevées
en
di-
«
gnité
&
fi
dignes
de
Foi,
qu'il
n’y
avoit
paslieu
d'en
dou-
«
cer.
La
Croifade
contre
ces
Hérétiques
avoitété
refolué
,
comme
nous
avons
dit
,
dés
l'an
11709.
dans
le
Concile
III,
de
Latran
fous
Allexandre
IT.
L’an
1204.
le
Pape
Inno-
cent
III,
la
follicitoit
encore.
Elle
ne
fe
fit
qu'en
#68.
On
pafla
donc
environ
trente
années
à
fouffrir
les
ctuau-
14m
anne
rez
inouies
de
ces
Hérétiques
,
&
on
leur
donna
le
loifir
22°%
##*-
de
fe
faïfir
des
villes
&
des
places
fortes,
qu'on
ne
pütre-
?
*
prendre
enfuite
fur
eux
qu'avec
beaucoup
de
peine.
De-
forte
qu’on
temporifa
peut-être
trop,
bien
loin
derienpre-
cipiter
dans
ces
Croifades
:
ces
ennemis
du
nom
Chrétien
n’euffent
pas
tant
répandu
de
nôtre
fans,
files
Princes
Chre-
tiens
euflent
été
plus
diligens
à
arréter
&
a
repoufler
leurs
barbaries
;
&
nos
troupes
une
fois
croifées
n’euflent-pas
été
obligées
de
faire
tant
de
carnage
dans
les
combats.&
dans
les
affauts,
qu'il
fallut
donner
aux
armées
de
ces
furieux,
&
aux
places
qu'ilsavoient
envahies.
Dans
les
lettres
que
ce
Pape
écrivoit
à
Philippe
Auvufte,
il
ne
le
prioit
que
de
venir
au
fecouts
de
la
jurifdittion
&
de
l’autorité
fpi-
rituelle
méprifée,
afin
de
maintenir
l'Eclife
en
paix,
par
la
puiffance.des
armes.
Le
feul
bruit.de
la
Croïfade
con-
traignit
le
Comte
de
Touloufe
de
faire
fa
paix
avec
l'E-
glife.
Il
avoit
été
le
principal
défenfeur
des
Hérétiques
:
mais
il
fe
joignit
alors
lui-même
aux
Croïfez,
&
marcha
avec
eux
contre
Beziers
&
Carcaflone
qui
furent
prifes,
&
toutes
les
hoftilitez
exercées
de
part
&
d'autre,
Il
re-
tomba
plufeurs
fois
depuis
,
&
fe
releva
enfuite,
toüjours
“d’une
maniere
fort
doureufe,
Nous
en
verrons
les
princie
pales
circonftances
dans
les
Chapitres
fuivans.
—
a
€
Fr
LRNEN
Le
NES
LE:
&
CI
82
Traité
des
Edits,
es
des
autres
moïens
PART
—
Ch.
VII
C
HAPIT
R
E
V
LEE
| :
AphdRaïnal.,
an
1204.
Ms
Continuation
de
l'Héréfie
des
Albigcois,
de
leurs
erreurs,
/
de
leurs
révoltes
,
de
leurs
cruautez,
&
de
nos.
Re
AXE
Croifades.
€}l
AR
RU
RE
2
DES
æ
:
£
JL.
\Nouvean
récif,
des.
errenrs
des
Aibigeois.
TT,
Leur
prégrés.
@
…
deur
décadence
en
France
©
ailleurs.
Saint
Louis
acheva
de
les
éteindre.
Quel
jugement
il
fant
faire
des
exécurions
fanglantes
qui
fe
firent
de
part
@*
d'autre.
III.
Les
Rois
éreient
4
la
tete
deces
Croifades,
les
Evéques
yétoicnt
comme
vallenx
de
la
Cou-
©
poñne,
Les
grands
éxcés
qui
fe
commireñt
;
jujrement
-attribnez
|
au
Conte
de
Tonloufe'anx:
Albigeois,
à:
la
fwreur.
dn;
Penple.
IF,
Exploits,
de.
nos-Mifionnaires
contre.
ces,
Hérétiques.
Leurs
vertus.
Apofloliques..
Les
Croifades
ne
fe
firent
qwaprés
Cela.
D.
Suite
des
Millions
©
des
conferences
;
les
Evêques,
les
Ab-
.
ex
G
les
Religieux
de
Citeaux
Miffionnaires.
Pierre
de
Chatean-
geuf
MAartyr
avec
d'añtres
d'entr'eux.
V
TJ
Réflexions
[ur
ces
ex-
::ploits’
des:
Miffionnaires
des
Rois.Le
fruit
de
ces:
Millions
ne
opens:
être
petites
Les
Evéques
font.
les
premiers
Miffionnaires.
…
PIl.
Le-fang
des
Maïtyrs,
les
vertus
Apoffoliques
ne-penvent
…
être
fferiles:
Léobas
dela
charité,
del'humalité,
de
la
patience,
de
daspauvreté,
Evangilique,
éblonit
enfin
les
Infidéles
G'
les
Hé-
crétiques,
les
Charme
©*
les
aitire.
WII.
Ces
armes
font
tonjonrs
:
witorieufes:
Les
Hérétiques
ne
les
ont
jamais
emploites.
Les
ver-
“ens
parfaites
@
les
Confals
Evangeliques
ont
tohjours
été
propres
à
-
FEglife.
IX.
Réponfe
aux
invethiues
des
Hérétiques
contre
les
vi
.
:-ces
dn
Clergé.
Apologie
du
Clergé
des
Siécles
moiens.
©
du
nôtre:
…
fes
vertus
Apoffoliques..
fes
Martyrs:
À.
Toutes
les
Croifades
con-
…certées
entre
les
Conciles
les
Rois.
fuffification
du
traitement
cqWon
fit
an
Comte
de
Toulonfe,
©
du
zéle
de
Saint
Loüis
con-
re
1008
Re
PRES
de
NE
ne
ee
Hylerre
des
Vaux-de-Cernay
dit
que
ces
Hérétiques
AE
bigeois
admettoient
deux
Dieux
&
deux
Createurs.,
So
do.
pq.»
Fun
bon,
l'autre
mauvais
;
l'un
Créateur
desétres
invifibles,
#
l’autre
des
vifibles
;
le
premier
auteur
du
Nouveau
Tefta-
»
ment,
{e
fecond
de
l'Ancien:
aufi
rejetroient-ils
l'Ancien
»
toût
entier,
excepté
quelques
pañlages
qui
font
rapportez
»
ou
autorifez
dans
le
Nouveau.
Ils
mettoient
auf
deux
®
pour
maintenir
l'unité
de
lEclije
Catholique.
.
Chrifts
;
l’un
bon,
dont
les
Myftéres
fe
font
pañlez
dans
lé
monde
invifble:
l'autre
mauvais,
dont
la
vie
&la
mort
fe
pañla
dans
le
monde
vifible.
Ils
parloient
de
PEglife
Ro-
maine,
comme
d’une
caverne
de
larrons;
ils
ne
vouloient
pas
que
l'eau
du
Barème
&
le
Pain
de
l'Eucariftie
diffe-
raflent
en
rien
de
l’eau
&
du
pain
ordinaire.
Ils
difoient
que
fi
le
Corps
de
Jefus-Chrift
étroit
dans
l'Eucariftie,
il
auroit
déja
été
confumé
par
la
multitude
des
communians,
quand
il
auroit
été
aufli
grand
que
les
Alpes.
C’étoit
la
même
raillerie
des
Cathares
d'Allemagne;
ce
qui
montre
que
ce
m'étoit
aufli
au
fond
qu'une
même
Héréfe
&
une
mé-
me
Sete,
quoi-qu'on
pütauffi
y
obferver
beaucoup
de
di-
verfitez.
Ils
diftinguoient
dans
leur
focieté
deux
fortes
de
perfonnes
;
les
Parfaics
&
les
fimples
Fidéles.
Les
Parfaits
étoient
ceux
qui
portoiént
un
habit
noir,
faifoient
profef-
fion
de
chafteré
,
déreftoient
l’ufage
de
la
viande,
des
œufs
&c
dés
laitages,
faifoient
gloire
de
ne
mentir
jamais,
&ne
croïoient
pas
qu’il
fût
jamais
licite
dejurer.
Les
fimples
Fi-
déles
étoient
ceux
qui
vivoient
comme
les
féculiers
,
&
efperoient
d'être
fauvez
par
la
Foi
des
Parfaits.
Ils
étoient
addonnez
à
toutes
fortes
de
crimes,
d’ufures,
de
rapines,
d’impuretez,
perfuadez
que
fans
reftituer
&
fans
faire
pé-
nitence
,
l’oraifon
Dominicale
une
fois
recitée,
&
l'impo-
fition
des
mains
de
leurs
Maîtres
les
laveroient
de
toutes
ces
taches.
Ils
méprifoienr
les
images
&
les
cloches,
&
plufieurs
autres
cérémonies
de
PEglife.
=
II.
Ce
même
auteur
parle
auffi
des
Vaudois,
qu’on
con-
fond
fouventavec
les
Albigeois;
il
vaut
mieux
differer
d’en
parler
dans
les
Chapitres
füivans.
L'an
1215.
le
Pape
Inno-
cent
HI.
tint
le
IV.
Concile
de
Latran,
ou
les
Albigeois
furent
encore
condamnez
;
&
Loüis
fils
de
Philippe
Au-
gufte
Roï
de
France,
aïant
conduir
une
puiflante
armée
de
Croifez
dans
le
Languedoc,
y
fit
rafer
les
murailles
de
Narbonne
,
de
Touloufe,
&
de
quelques
autres
places.
_Honorius
LIL.
aïant
fuccedé
à
Innocent
III.
on
tint
plu-
fieurs:
Concilés
par
fes
ordres
;
&
plufieurs
Légats
furent
-envoïez
dans
les
Provinces
pour
travailler
à
la
converfion
ET
SILPARE
«Ch;
VIE.
IL
PARTIE
Cha.
VIIT.
ApndRaïna
ld.
AM.
1233.
M
39e
AND,
12244
Ale
AN.
1228,
24
Iâem
an.
1233,
7
ge,
84
Traité
des
Edits,
ex
des
autres
moïens
des
Hérétiques.
Ce
Pape
écrivit
pour
cela
aux
Doéteurs
de
Paris,
Saint
Dominique
n’oublia
rien
de
fa
part,
&
il
emploïa
les
fiens
à
l'inftruétion
&
à
la
converfion
de
ceux
qui
s’opiniatroient
dans
leurs
erreurs.
Cependant
les
AI
bigcois
s'écoientrépandus
dans
la
Bulgarie
,
dans
la
Croatie
&
dans
la
Dalmatie,
où
au
rapport
de
Matthieu
Paris
ils
créerent
un
Antipape
nommé
Barthelemi.
Dans
la
Fran-
ce,
au
contraire,
Raimond
Comte
de
Touloufe
&
d’au-
tres
Albigeois
demanderent
la
paix
de
l'Eglife.
L'Arche-
vêque
de
Narbonne
receut
ordre
du
Pape
de
convoquer
un
Concile
à
Montpellier,
où
le
Comte
&
fes
Barons
fe
réconciliérent
à
l'Eglife,
&
promirent
d’extirper
au
plütôc
l'Héréfie
de
toute
la
Province.
Saint
Loüis
eut
la
gloire
d’avoir
entierement
étouffe
cette
Héréfie
en
1228.
il
con-
duifit
en
Languedoc
une
armée
de
Croifez
,
il
fe
rendit
maître
de
Touloufe,
donna
à
fon
frére
la
fille
&
heritiere
du
Comte
de
Touloufe
en
mariage;
le
Comte
fe
foumit
aux
conditions
qu'il
voulut
lui
impofer;
les
Evêques
fu-
rent
chargez.
de
l’Inquifition
contre
les
Albigeois
:ainfiilne
fe
pafla
rien
de
fanglanc.
Le
Comte
de
Touloufe
excité
par
<
le
Pape
&
le
Roi
Saint
Loüis
fit
lui-même
des
Loix
{6-
véres
contre
les
Albigeois.
Les
Inquifiteurs
paflérenc
quel-
quefois
les
bornes
d’une
jufte
févérité,
&
alors
on
les
dé
s
grada
&on
les
châtia
eux-mêmes.
Les
Albigeois
du
Roïau-
J4ens
41.
1238,
N:
52,
53
me
de
Bofne
furent
aufli
réprimez
par
le
zéle
de
leur
Roi,
Ïl
y
eut
en
France
&
ailleurs
des
exécutions
fanglantes,
&
des
Catholiques
contre
les
Albigeois,
&
des
Albigeois
contre
les
Catholiques
:
la
difference
étoit
que
les
Albi-
geois
avoient
commencé
&
continué
long-tems
d'exercer
les
dernicres
cruautez,
&
toutes
les
hoftilitez
pofibles
con-.
trelésnôtres
;
au
lieu
que
les
nôtres
n’agirent
que
dans
l'ex-
trême
néceflité
de
défendre
de
l’oppreflion
les
Eglifes,
les
Monafteres,
les
Innocens
;
&
s'ils
emploïérent
à
leur
tour
le
fer
&
le
feu,
ce
me
fut
qu’en
execution
des
ordres
don:
nez
pat
les
Conciles,
par
les
Papes,
par
les
Rois.
Si
on
pafla
quelquefois
les
bornes
d’une
défenfe
légitime,
&
d’une
juftc
&
moderée
févéricé
;
c’eft
ce
qui
eft
roûjoursiné-
pour
maintenir
l'unité:
de
P'Eglife
Catholique.
85
vitable,
quand
on
en
vienta
la
voie
des
armes,
&
qu’on
met
en
campagne
des
armées
nombreufes
;
la
haine
en
doit
tom-
ber
fur
ceux
qui
ont
commencé.
III.
Rigord
a
parle
de
la
Croifade,
qui
ne
s'executa
fous
Philippe
Augufte
qu'en
l’an
1213.
quoi-que
le
deflein
&
les
préparatifs
euflent
commencé
cinq
ans
auparavant,
I
dit
à
la
verité,
que
les
Archevêques
de
Sens
&
de
Rotien;
les
Evêques
de
Baïeux,
de
Lifieux,
de
Chartres
&
autres
ou
Evêques
ou
perfonnes
Ecclefaftiques
en
grand
nom-
bre
s’y
crouvérent
avec
des
Barons,
des
Gentils-hommes
&
des
Peuples
infinis
du
Roïaume
;
maisilne
faut
pas
fe
per-
fuader
que
ces
Evêques
ou
ces
Ecclefiaftiques
fiflent
rien
en
cela
contre
l’ancienne
douceur
de
l'Eglife,
&
contre
la
profeflion
du
Clergé
de
ne
point
verfer
le
fang
des
hommes.
C'étoit
le
Roi
même
excité
par
le
Pape,
qui
ordonnoit
cette
Croifade,
&
y
envoyoit
fes
troupes.
Son
fils
Loüis
VIIL.
fe
mit
lui-même
à
la
tête
d’une
autre
Croifade
quel-
que
temsaprés
comme
nous
avons
dit.EnfinS.Loëüis
fignala
fajeunefle
par
les
grands
avantages
qu’il
remporta
fur
les
AI-
bigeois,
aïant
lui-même
conduit
fes
troupes
croifées
contre
la
ville
de
Touloufe.
C’étoient
doncles
Rois
qui
étoient
les
auteurs
de
cés
guerres,
d’où
il
s’enfuivoit
que
felon
l'ufage
de
ce
rems-là
les
Archevèques,
les
Evêques,
les
Abbez&
les
Beneñciers
de
confideration
étoient
obligez
de
s’y
trou
ver,&
d'y
conduire
les
troupes
qu'ilsentretenoient
pour
les
obligations
de
Fiefs
qu’ils
cenoient
de
la
Couronne.
Guil-
laume
le
Breton,
dit
que
ce
Roy
donnant
exemple
aux
au-
tres,
envoïa
le
premier
quinze
mille
hommes
;
&
que.les
autres
Seigneurs,
les
Prélats,les
Peuples
fuivirent
cetexem-
ple,
&aïant
formé
une
fortgrande
armée,
prirent
Beziers,
&c
y
firentun
grand
carnage,
tuant
tout,
fans
mettre
diffe-
rence
entre
les
Hérétiques
&
les
Catholiques,
ce
qu'il
con-
fefle
avoir
été
fait
par
la
fureur
du
vulgaire,
w/g7
furor
immoderatus
;
fans
que
les
perfonnes
qualifiées
euflent
au-
cune
part
à
ce
défordre,
ab/que
virorum
majorum
affenfa.
La
caufe
de
tous
ces
malheurs
ne
pouvoit
être
juftement
sejettée
que
fur
le
Comte
de
Touloufe,
fur
fes
Seigneurs.
L
ii
5
ESS
IL
PARTIE
Cha.
VI
Duchefre
To:
Y.
page
563
«idem
page
192,
sé
Traie
des
Edits,
e9°
des
antres
moïens
SI.
Par.»
&les
Albigcois,
qui
refufoient
depuis
fi
long-tems
d'obeir
Ch.
VIL,,
au
Pape
&
au
Roi,
comme
les
Loix
les
y
obligeoient,
Dehinc
quia
nec
Papa
monitis
,
nec
ROgIs
amiço
Conjilio
Comes
ille
ferus
parere
volebat
3
Ur
faltem
reprobos
cuivis
exporeret
bofiis
Aut
per
fe
puniret
eos,
ut
jura
jubebanr.
Immo
tetur
cos,
C*
Corut
prava
per
ipfurm
Secta
viget.
|
Fe
LV.
Ii
cft
donc
vifble,
que
ni
l'Eglife,
ni
le
Roi,
ni
le
Pape
n'emploïérent
les
armes
contre
les
Albiseois,
que
parce-qu'ils
avoient
eu
recours
eux
-
mêmes
aux
afmes,
&
qu'ils
avoient
dans
leur
parti
des
armées,
des
places
fortes,
de
grands
Seigneurs
qu'ils
avotent
débauchez
au
Cap.»
Roi.
Pierre
Moine
des
Vaux-de-Cernay
qui
a
écrit,
com
=
si
,»
me
nous
avons
déja
dit,
lHiftoire
des
Albigeois,
raconte
:
358.
.
qu'avant
qu'on
eût
pris
les
armes
en
France,
lEvèque
»
d'Ofine
en
Efpagne
alla
à
Rome
pour
remettre
fon
Evé-
»
ché
au
Pape,
&
obtenir
de
lui
la
permiflion
d'aller
pré-
»
cher
la
Foi
aux
Infidéles.
Le
Pape
laïant
renvoyé
dans
»
fon
Evêché,
il
pañla
en
s’en
retournant
par
Montpellier,
»
il
y
trouva
Arnould
Abbé
de
Citeaux
,
Pierre
de
Cha-
»
teauneuf
&
Radulphe
fes
Religieux
&
Légars
du
Siége
»
Apoñtolique.
Ces
Saints
Religieux
éroient
dans
Îe
def-
»
fein
de
rénoncer
à
la
Légation
dont
ils
étoient
chargez,
»
Cnpuyez
du
peu
de
fruit
qu'ils
y
faifoient
pour
la
conver-
»
fion
des
Albigeois
:
Z#j4nfa
fibi
Legationi
pre
tedio
renun-
ciare
volentes
,
eo
god
pibil,
aut
parum
Haereticis
predicanao
»
proficere
porniffeur.
Les
Hérétiques
leur
reprochoiïent
la
»
mauvaife
vie
du
Clergé,
à
la
converfion
duquel
il
eût
falu
»
premierement
travailler.
L’Evêque
d'Ofme
releva
le
cou-
»
rage
de
fes
Miflionnaires
;
&
afin
de
fermer
la
bouche
aux
»
ennemis
de
la
Foi,
il
les
exhorta
à
imiter
Jefus-Chrift
&
»
les
Apôtres,
de
donner
les
mêmes
preuves
d’humilité
,
al-
»
ler
à
pied,
ne
porter
ni
or
ni
argent,
Ces
Religieux
de-
+
mandant
un
chefpour
commencer
ces
pratiques
Saintes
;
lPEvêque
fe
mit
à
leur
tête
;
l'Abbé
de
Citeaux
s'en
re-
tourna
chez
lui
pour
tenir
fon
Chapitre,
dans
la
réfolution
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
87
dereveniravec
quelques-uns
des
Abbez
de
fon
Ordre,
pour
xccommencer
Ja
même
courfe
des
Miffions
Apoftoliques.
V.
Voilà
éommeon
s’y
prit
pour
détruire
l'Héréfie
avant
qu'on
penfat
aux
Croifades.
L’AbbE
de
Cîteaux
ne
man-
qua
pas
de
revenir
au
plütôt
avec
douze
de
fes
Abbez
éga-
lement
feavans
&
pieux,
imitant
les
Apôtresencorepluspar
leurs
vertus
que
par
leur
nombre
:
outre
cela
accompagnez
de
plufñicurs
Religieux
qu'ils
avoient
amenez
avec
eux,
tous
.
marchant
à
pied,
&.
difperfez
de
tous
côtez
pour
inf
truire
les
Hérériques,
ou
pour
les
convaincre
par
les
con-
_ferences.
L’Evêque
d’Ofine
s’en
retournant
dans
fon
Egli-
{e
,
pour
envoïer
de-là
dequoi
fournir
à
la
dépenfe
des
Mif-
fionhaires
de
la
Province
de
Narbonne,
rencontra
à
Pa-
miers
les
Evêques
de
Touloufe
&
de
Confcrans
&
plu-
ficurs
Abbez.
Ils
y
liérent
une
Conference
avec
les
Vau-
dois,
dont
le
fuccés
für
fi
heureux
pour
l'Eclife,
que.ces
Hérétiques
atant
été
convaincus,
celui
qui
avoir
été
choi-
fi
pour
Juge
de
la
difpute,
quoi-qu'il
favorifät
auparavant
les
Vaudois,
fe
convertit,
fit
abjuration
entre
les
mains
de
J'Evêque
d'Ofme,
&
fervit
depuis
beaucoup
à
la
Conver-
fion
des
autres.
Pierre
de
Châteauneuf
Religieux
&
Pré-
tre
,
fe
fignala
le
plus
entre
ces
Miffionnaires,
par
fes
Con-
ferences
,
par
fes
prédications
,
par
fes
fortes
remontrances
au
Comte
de
Touloufe,
qui
mitle
comble
à
fa
vie
horri-
blement
débordée
&
à
fa
perfidie,
par
l'aflaffinat
qu’il
fit
commettre
de
cet
illuftre
Miffionnaire.
Alors
les
Evêques
de
Touloufe
&
de
Conferans
voïant
que
ces
Miflions
fai-
foient
fi
peu
de
fruit,
pour
ne
pas
dire
qu’elles
n’en
faifoient
point
du
tout:
Axiwaduertentes
quod
eadem
predicatio
ctiam
jain
peregerit
ex
parte
maxima
curfut
[aum
,
nec
muliurn
pro-
fecerit,
immo
penitus
fruifu
fruffrata
fit
exoptato,
Us
prirent
le
chemin
de
Rome
pouraller
en
informer
le
Pape.
L’Abbé
de
Cîteaux
alla
en
faire
fon
récitau
Roi
Philippe
Auguf-
te,
qui
écoic
alors
avec
fes
Princes
&fes
Barons,
&
qui
re
çüt
en
même-tems
les
lettres
du
Pape,,
qui
lexhortoit
d’al-
ler
lui-même,
ou
d’envoïer
fon
fils
Loüis
contre
le
Comte
de
Touloufe
&
contre
les
Hérctiques
obftinez
qu'il
foûte
cnrs
eee
mem
ne,
IE
PART.
Cha.
VIL
Jbidem
page
301.
a
Jbidem.
pages
566
IL
PART.
Cha.
VIIL,,
»
9®
Tyaité
des
Edirs,
eo
des
autres
moïens
noit.
Le
Roi
répondit
qu'il
étoit
occupé
lui
&
fon
fils
à
fe
défendre
contre
deux
grands
Lions,
PEmpereur
Otton
&
le
Roi
d'Angleterre;
mais
qu'il
permettroit
à
fa
Nobleffe
d'aller
fervir
l'Eglife.
Le
Comte
de
Touloufe
vit
bien
que
»
la
partie
évoit
trop
forte
pour
lui,
1]
renonça
à
fes
erreurs,
£e
fit
réconcilier
à
l'Eclife,
&
fe
croifa
lui-même
:
ce
fut
alors
qu'on
afliégea
Beziers
&
Carcaflonne
,
comme
nous
avons
dir.
Le
Comte
de
Foix
n'étoit
ni
moins
attaché
à
l'Héréfe,
ni
moins
perfide
que
le
Comte
de
Touloufe.
Ce
ne
fut
pas
lui
;
maisun
de
fes
intimes,
&
qu'il
continua
toujours
d'aimer,
Guillaume
de
Rochefort
qui
aflaflina
cruellement
l'Abbé
de
Cireaux
&
deux
ou
trois
de
fes
Religieux
avec
lui,
les
trouvant,
comme
ils
étoient
tofjours,
fans
armes.
L'Ab-
bé
receut
trente-fx
plaïes,
&
fon
frere
Convers
vingt-
quatre.
|
V
I.
Tout
cerécic
tiré
de
l’Auteur
que
nous
avons
nom-
mé,
mérite
bien
les
réflexions
fuivantes.
1°
Ces
Miffion-
naires
Apoftoliques
ne
devoient
pas
defefperer
;ils
ne
de-
voient
pas
même
peu
efperer
de
leur
travail,
comme
l’'E-
vêque
d’Ofine
leur
fit
connoître,
Cette
terre
arrofée
deleurs
fucurs
,
&
depuis
arrofée
même
de
leur
fang,
ne
pouvoit
pas
manquer
avec
le
tems
d'être
trés
féconde.
Les
Apo-
tres
ne
réuflirent
pas
coûjours
par
tout.
Le
Fils
de
Dieu
les
avoit
prémunis
contre
cette
tentation
&
contre
cet
abatte-
ment
de
courage.
20
l’Evêque
d’Ofme
&
quelques
autres
Evêques
faifoient
eux-mêmes
alors
la
fonétion
de
Miffion-
naires
;
c’eft-à-dire
la
fonétion
qui
leur
eft
plus
propre
qu'à
aucun
autre;
cat
Apôtre
&
Mifsionmaire
{ont
deux
termes
différens,
l'un
Grec
&
lautre
Latin,
dont
la
fignification
eft
toute
la
même.
Or
qui
doute
que
les
fonétions
Apofto-
liques
ne
conviennent
encore
plus
proprement
aux
Evêques
qu'à
tout
autre.
VIL
3°
Mais
les
Miffionnaires
doivent
toûjours
être
en
défiance,
que
fi
leur
travail
ne
leur
réuflit
pas,
ce.ne
foit
parce-qu'il
ya
quelque
obftacle
de
leur
part.
Citeaux
fe
reflentoit
encore
de
fes
premiers
ferveurs
;
8
néanmoins
PEvêque
d'Ofme
leur
fit
connoître
qu'ils
pouvoient
encore
imiter
pour
maintenir
lunitéde
l'Eglife
Catholique.
87
ine
on
fçait
que
Îles
Cours
&
lés.
Confeils
fubalrernes
ne
préjudicient
en
rien
À
la
Juftice
&
à
la
puiflance
du
Sou-
verain.
Le
Légat
executant
les
ordres-du
Pape,
mit
en
dé-
pôt
outes
les
terres
conquifes
fur
les
Hérériquesentre
les
mains
du
Comte
de
Monfort,
jufqu’à
la
renué
du
Concile
Général
qui
fut
celebré
en
1215.
8
qui
adjugea
toutes
ces
terres
conquifes
fur
{es
Seigneurs
Hérériques
au
Comtede
Montfort.
ce
1
V.
Nous
avons
dir
ailleurs,
&il
feroit
aifé
de
le
faite
voirbien
plus
au
long,
que
ces
Gonciles
étoient
alors
com-
me
les
Etats
Généraux
de
route
la
Chrétienté;
c’eft-à-dire
une
Aflemblée
générale
&
mixte
de
toutes
les
Puiflances
ecclefaftiques’&
féculiéres
de
lOccidenr,
Les
Rois
&
les
autres
Souverains
y
affiftoient
par
eux-mêmes
ou
par
leurs
Ambafñadeurs,
La
multitude
des
Evêques,
des
Abbez
&
des
Barons
ou
des
Nobles
y
étoit
toüjours
fort
grande.
On
ÿ
confirma
le
decret
du
Concile
de
Montpellier
en
faveur
du
Comte
de
Monfort;
mais
aufli-tôt
ce
Comte
du
Con-
idem.
page
feil
des
Évêques
&
des
Barons
du
Languedoc
vint
en
Fran-
‘5°?
ce
pour
recevoir
de
la
main
du
Roi
toutes
ces
térres
qui
étoient
des
Fiefs
de
la
Couronne
:
Perrexitin
Franciam
ad
IT,
PART,
Chap.
IX.
Hareticos
cn
_Jement
de
Paris,
qui
eft
la
Cour
des
Pairs
de
France.
Les
Ti.
PARTIE
Chap.
IX.
“sé
Trairé
des
Edits,
@o°
des
autres
moïens
caufes
des
Pairs
y
font
jugées
par
les
Pairs
même,
ave
-une
parfaite
fubordination
au
Roi
,.dont
la
gloire
eft
re-
hauflée,
loin
d’être
obfcurcie
par
la
magnificence
de
ces
Cours
&
de
ces
jugemens.
Pour
bien
juger
de
tous
ces
ju-
gemens,
il
faut
étre
un
peu
plus
informé
qu’on
n’eft
pas
d'ordinaire
de
goute
la
police
Civile
8:
Ecclefaftique
de
ces
terms-la,
ne
Aufi
Guillaume
le
Breton Auteur
contemporain,
en
étant
parfaitement
inftruit,
attribué
d’abord
toutes
les
pre-
#nieres
démarches
contre
le
Comte
de
Touloufe
au
Roi
Philippe
Augufte,
dont
ce
Comteétoit
feudataire
&
parent,
dans
le
Poëme
intitulé
Philippide
du
nom
du
Roi.
es
DU0TANRUS.
Fertur
habere
dies,
tot
villas
ille
celebris,
Nominis
G
fame
Francorum
a'Rege
tencbat,
Gui
fébjeëtus
érat
feodaliter,
inque
Jecundo
Per
vinclum
carnale
gradu
conjunitus
cidem,
Std
poïfquam
Ecclefie
Capit
contrarinus
fe,
Catholica
fidei
defen
fins
improbus
hoffes.
Nec
confanguineum
Jébi
Rex,
mec
habere
fdelems
:
Digratus,
cæpit
contra
illum
bella
movere.
|
Utque
ill
licear
punire
licentins
illum
;
amis
[ôiret
idem
proprio
de
jure
licere,
Tmpetrare
Jludet
à
Jummo
Prefule
féripta
Sacra;
quibus
pariat
indulia
remiffio
cunctis
Spem
venise,
contra
Hareficos,
qui
belli
moverenf.
Voilà
ce
me
femble
la
diftin@ion
exacte
des
deux
droits,
ce-
lui
du
Roi
le
premier
pour
la
guerre,
&
celui
du
Pape
pout
a
contribution
du
Clergé
,
outre
Pindulgence
de
la
Croi-
fade,
qui
mettoit
enfuire
les
Croifez
avec
leurs
conquêtes
dous
la
protcétion
de
l’Eglife,
pour
en
difpofer
toûjours
fous
le
bon-plaïfir
du
Roi.
|
ee.
Ceft
ce
qui
fur
gardé
fidélement
depuis
le
commen-
cement
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
85
mencement
jufqu'à
la
fin
de
cette
affaire
;
car
non
feule-
ment
dés
la
premiere
fentence
d’excommunication
8z
de
de-
poñtion
prononcée
contre
ce
Comte,
le.Papeeut
{oin
d’in-
ferer
la
claufe,
falvo
jure
fupremi
Dominii
Regis
Francorum
:
mais
aprés
avoir
reçü
le
Comte
à
la
pénirence,
voiant
fa
rechute,
il
fut
contraint
de
renouveller
l’une
.
8:
l'autre
peine
de
concert
avec
le
Roi,
comme
le.
même
Poëre
le
dé-
-clare
formellement
,
Rex
@
Papa
Jimul
dans
la
fuire
de
fa
Philippide
de
cette
maniere.
:
|
Dehinc
quia
tec
Papa
motitis
,
nec
Regis
amice
Confilio
Comes
ille
ferus
parere
volebat.:
Ut
faltem
Reprobos
cuivis
exponeret
hoffr,
Ant
faltem
puniret
eos,
ut
jura
jubebant,
Imo
tuetur
605,
€
eorum
prava
per
ip{um
Seëla
viget,
non
prohibens
ft
unus
eorum:
Rex
@
Papa
fimulexponunt
omnibus
illums
Et
res
@
patriarn
t0lam
>
que
Jheëtat
ad
illum,
&c.
Rex
icitur
primus
eli
fervore
fuperui
Corde
pio
motus,
EC.
On
ne
peut
rien
fouhaiter
de
plus
formel
pour
ce
faic
de
la
principale
part
qu'y
eut
le.Roi.
Paflons
à
l'autre,
qui
regarde
l'établifiement
de
lInquifition.
…
IL.
PART.
-Chap.iX.
V.
Guillaume
de
Pui-
Laurent
qui
a
écrit
la
Chroni-
-
que
générale
des
affaires
des
Albigeois
,
y
témoigne
que
lInquifition
fut
inftituée
dans
ce
tems-là
&
commife
aux
Religieux
de
Saint
Dominique.
Ils
avoient
tous
beau-
coup
travaillé
avec
leur
illuftre
Fondateur:à
la
conver-
fon
des
Hérétiques.
Le
Pape
Innocent
LI.
en
avoit
auparavant
chargé
les
Religieux
de
Cireaux,
leur
com-
mettant
pour
cela
une
lécation
Apoftolique,
pour
agir
par
cenfüres
contre
les
Hérétiques,
&
s'ils
perfftoient
dans
leur
opiniâtreté,
pour
implorer
contre
eux
la
puiflance
{écu-
_eulicre..
Le
bien-heureux
martyr
Pierre
de
Chäteauneuf
avoit
été
le
premier
Inquifiteur,
&
avoit
confacré
cette
Q
Cap.
43.
DA
Chefne
To.
5.
pag.
694:
Annal,
Cifler.
Tom.
3.
pag.
419:
429
charge
par fon
propre
fang.
C’étoit-originairement
la
fon-
«
*_æ
ion
des
Evêques.
Nous
avons
rapporte
plufieurs
exemples
—
deceux
quiavoient
depuis
plufieurs
fiécles
fignalé
leur
Epif£
e
“80
Trairé
des
Edits,
ex
des
autres
moïens
ee
copat
par
leurs
combats
contre
les
nouvelles
Seétes,
Nous
|
HS
avons
vü
les
Evéques
d'Afrique
&
Saint
Auguftin
même
‘Le
recourir
aux
Empereurs,
pour
obtenir
des
Loix
&
des
Exe-
Du
Chefre
To.
cuteurs
contre
les
Donatiftes.
Les
Evêques
du
Languedoc,
:
FPE
75%
|ÿGiant
que
tous
leurs
efforts
contre
les
Comtes
de
Touloufe,
de
Foix
&
autres
fauteurs
des
Albigeois
demeuroient
inu-
tils,
écrivirent
au
Pape
Innocent
L'I
IL.
afin
de
lui
deman-
der
fon
intervention
pour
repoufler
un
mal
qui
farpañloit
leurs
forces.
Ce
Pape
délégua
ces
Inquifiteurs
tirez
des
Or-
dres
Religieux
pour
procéder
par
les
voïes
de
douceur
&
decharité,
parles
inftruétions
&les
prédications,
avant
que
d'en
venir
aux
Croifades.
:
à
VI.
Dans
la
déclaration
que
le
Roi
Saint
Loüis
publia
ete
ar
en
1228.
contre
les
Hérétiques
,
&
qu'il
adrefla
aux
Ca-
Cange.
pag.
”
tholiques
dé
Narbonne,
il
ordonna
que
les
Héretiques
aprés
re
vr-»
avoir
été
examinez
&
condamnez
par
l'Evêque
du
lieu,
ou
?.
par
une
autre
perfonne
Ecclefaftique
:
Per
Epifopum
loci,
.
.
vel
per
alim
Ecclefiafficam
perfonam
,
feroient
punis
fans
»
délai.
I
défendit
de
les
recevoir
ou
de
les
défendre,
vou-
»
Jut
que
ceux
qui
feroient
contre
cette
Loi,
ne
puflentétre
*
réceus
à
rendre
témoignage
,
ni
à
aucun
honneur,
ni
à
faire
”
aucun
teftamenr,
niàrecevoir
aucune
fucceflion;
que
leurs
#
bièns,
meubles
ou
immeubles
fuflent
confifquez
,
fans
que
#
Jours
defcendans
y
pullent
jamais
revenir
;
donna
ordre
.
?
aux
Barons
&
à
fes
Baillifs
de
tenir
le
païs
purgé
d'He-
‘
»
rétiques;
s’ils
en
rencontroïent
de
les
préfenter
à
des
per-
*
fonnes
Ecclehaftiques,
&
aprés
qu'ils
auroient
été
convain-
*
cus
d'Héréfie
en
leur
préfence,
de
les
punir
fans
rerarde-
_»
ment.
Moffieurs
du
Cange
&
du
Chefne
ont
rapporté
cet
Éne
-
Edix
du
Roïi-Saint
Lotis.
e
-
-
part...
VII.
Mariana
en
rapporte
un
autre
d'Alphonfe
Roi
582.583.
?
d'Atfagon
,
Comte
de
Bareelonne,
Marquis
de
Pro-
”
vence,
à
tous
les
Prélars,
Barons
&
Officiers
de
fes
”
Etats,
où
if
déclare
que
pour
fe
conformer
aux
Loix
»
&
aux
Canons,
qui
veulent
que
les
Hérétiques
foient
re-
jettez
bien
-loin
de
la
veuëé
de
Dieu
&
de
tous
les
Ca-
choliques
,
&
qu'ils
foient
condamnez
&
pôurfüivis
par
&:
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholiqne.
or
tout
;
il
ordonne
que
les
Vaudois
qu'on
appelle
-aufli
les
Tr
pars
Pauvres
de
Lyo#,
condamnez
paf
FEglife,
foient
auflichaf.
Chap.
IX
fez
de
fon
Roïaume
&
de
tous
fes
domaines,
comme
en-
nemis
publics
de
la
Religion
&
du
Roïaume,
avec
dé-
fenfes
à
qui-que-ce-foit
de
les
recevoir
dans
famaïfon,
d’é-
couter
leurs
prédications,
de
leur
donner
à
manger,
fur
peine
de
confifcaion,
&
d'être
traité
comme
criminel
de
léfe
Majcfté
;
que
quiconque
trouvera
quelqu'un
de
ces
Hérériques
aprés
cet
Edit
publié
,
quelque
déplaifr
&
quelque
mal
qu'il
leur
fafle
,
la
more
&
la
mutila-
tion
exceptée,
non-feulement
il
n'aura
rien
à
craindre,
mais
il
pourra
même
s’affeurer
d’avoir
rendu
un
fervice
X
PErat.
Éufn
ce
Roi
donnoit
terme
à
ces
miférables,
âprés
lequel
s'ils
’étoient
fortis
du
Roïaume,
ilétoit
per-
mis
à
tout
le
monde
de
les
dépoüiller,
de
les
frapper,
de
Jes
fuftiger
,
&
de
leur
faire
toute
forté
de
mauvais
trai-
temens.
VIII.
Ileft
clair
par
cet
Edit
d’Alfonfe
Roi
d’Arra-
gon,
que
l'exil
évoit
la
feule
peine
qu'il
inftgeoit
aux
Hé-
réciques
;
qu'on
ne
leur
faifoit
perdre
ni
les
membres
ni
la
vie;
enfin
qu'on
ne
les
expoloit
aux
infultes
&
aux
outra-
ges,
que
lorfqu'ils
refufoient
de
fortir
du
Rôïaume.
Nous
avons
fait
voir
que
les
Empereurs
du
IV,
du
V,
&
du
VI
fiécles
en
uférent
prefque
de
même.
La
rigueur
fut
un
peu
plus
grande
dans
la
France
contre
les
Albigeois;
la
raifon
en
eft
évidente.
Jamais
les
Hérétiques
ne
s'étoient
atrrou-
pez
&
n’avoient
compofé
des
armées
;
jamais
ils
n’avoient
ni
reffté,
ni
attaqué
les
armes
à
la
main.
El
fufffoit
donc
de
leur
ôter
leurs
temples,
&
deles
bannir
des
villes,
quel-
quefois
même
des
terres
de
l'Empire.
Mais
les
Albigeois
&
les
autres
qui
s’aflociérent
à
eux,
prirent
Jes'armes,
for-
mérent
des
armées,
pillérent,
brülérent,
tuérent,
&
fe
ren-
dirent
auf
redourables
à
PÉrar
qu'à
l'Eglife.
Ainfi
on
fe
érut
réduit
à
certe
fâcheufe
nécefliré,
s'ils
s’opintâtroient
dans
leur
See,
de
les
livrer
au
bras
féculier
&
de
s’en
défaire.
ee.
ne
255
*
IX.
Onainferé
dans
de
Corps
du
droit
Civilune
Confti-
N
ÿ
IL
PARTI
Chap.
IX
Codic.
Fuflin
E
£.
I.
T0:
5,
Ce
T9
Bibl.
PP.To.
#
page
2.
Ehfi,
4.
?
v
#3
33
#3
92
Traité
des
Edits,
€
des
autres
moïens
rution
de
Frederic
II.
contre
les
Gazares,
qui
font
les
Ca:
thares
d'Allemagne;
contre
les
Patariens,
ainfi
nommez
de
>
+
°
e
LU
;
*
l'ardeur
qu'ils
témoignoient
à
fouffrir
&
à
mourir
pour
la
défenfe
de
leurs
impietez;
contre
les
Léoniftes,
qui
étoient
les
mêmes
que
les
Vaudois
&
les
Pauvres
de
Lyon.
Certe
Conftitution
les
déclare
infames,
ennemis
publics,
les
ban-
nit,
confifque
leurs
biens
fans
que
leurs
proches
puiflent
jamais
y
fucceder
;
parce-que
c'elt
un
bien
plus
grand
crime
d’offenfer
la
Majefté
éternelle
de
Dieu
que
celle
des
Rois
de
la
terre
:
Ca
longè
gravius
fit,
atertam,
quam
tempo-
ralem
offendere
Majeñlatem.
Enfin
ceux
qui
font
fufpeës
d'Héréfe,
s'ils
ne
fe
purgent,
font
aufhi
bannis
&
décla-
rez
infames
:
&
fi
dans
un
an
ils
ne
fe
lavent
entierement
»
de
ces
foupçons,
ils
feront
condamnez
comme
Héréti-
quesis
ss.
RSR
On
rapporte
quelquesautres
Conftitutions
du
même
Em
pereur
contre
toutes
fortes
d'Hérétiques,
oùils
fontenvoïez
»
au
dernier
fupplice,
&
au
feu
même
s'ils
s’obftinent
dans
2.
v
leur
impicté
:
mais
fi
la
rigueur
de
ces
fupplices
les
effraïe
&
les
porte
à
fe
convertir,
il
eft
ordonné
que
felon
les
-
P
onvertir
,
conftitutions
Canoniques
on
les
condamnera
à
une
prifon
perpetuelle
pour
y
faire
pénitence.
Dés
le
tems
du
Pape
Zacharie
au
milieu
du
VIIL
fiécle
la
Difcipäne
de
lE-
glife
étroit
telle,
que
Frederic
la
rapporte
quant
à
ce
der-
nier
point.
Car
nous
avons
déja
dit
que
ce
Pape
écrivant.
à
fon
Légar,
l’'Archevêque
de
Maïence,
il
le
loüia
d’avoir
condamné
les
nouveaux
Héretiques,
&
de
les
avoir
ren-
fermez
dans
desprifons
:
Beyè
fraterta
tua
fanctitas,
juxta
_
Ecclefhafficam
regulam
cos
damnavit
@
in
cuflodiam
mifit.
29
3
La
même
loüange
eft
donnée
à
Boniface
dans
le
Concile
Romain
tenu
en.745.
&
il
y
eft
remarqué
quecet
Arche-
véqueavoit
emploic
pour
cela
l’autorire
des
Princes
Fran-
Gois:,
Hereticos
@
Schifmaticos
Sacerdotio
privatos
,
una
cum
Préncipibus:
Francorum
retrudi
fecit
in
cuffodiam.
Cet
em-
prifonnement
étoit
une
pénitence,
d’où
vient
que
ce
Con-
»
cile
fe
plaint
aufli-tôt
aprés,
de
ce
que
ces
Hérériques
loin:
32
de-faire
pénitence,
{éduifoient
encore
le
peuple
:
Z/7
au
A
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
93
jém
non
in
pwuiteutia
degunt,
ut
judicaturr
eff:
[éd
?
con-
trario
populur
Jeducunt.
Boniface
avoit
écrit
à
ce
Pape
pour
le
prier
d'écrire
au
Princé
Carloman,
qu'il
fr
mettre
en
prifon
l’'Hérétique
Clement
:
De
hoc
Haretico
precor,
at
per
litieras
veifras
mandare
curetis
Duci
Carolomanno,
nt
mittatur
in
cuflodiam
,
ut
femina
Satana
latins
nan
feminer.
X.
Voilà
quelle
étoit
en
ce
tems-là
la
police
Ecclefa-
ftique
&
féculiere
touchant
les
Hérétiques,
qui
ne
don-
noient
pas
encore
de
la
cerreur
par
leur
multitude,
par
leuts
conjurations
,
par
leurs
rebellions
contre
l'Etat,
&
par
leurs
armées,
Si
la
Difcipline
devint
enfuite
plus
ri-
goureufe,
ce
furent
les
revolres
&
les
cruelles
exécutions
des
Hérétiques
qui
y
forcérent
l’'Eglife
&les
Princes
tem-
porels.
Le
Pape
Gregoire
IE,
avoit
écrit
dans
fa
feconde
lettre
à
l'Empereur
Léon
Iauric,
quelle
toit
la
peine,
la
pénitence,
la
prifon
que
l'Eglife
décernoit
contre
les
coupa-
bles.
Voyez,
dit-il,
©
Empereur,
la
difference
des
Pontifes
€
des
Empereurs.
Si
quelqw'un
vous
a
offeufé,
vous
confifquez
fa
mailon,
vous
le
dépouillez,
vous
ne
lui
laiffeX
que
la
vie
:
“enfin
vous
le
condamnez
am
gibet,ou
à
perdre
la
tête;
on
vous
de
reléguez
loin
de
[es
enfans,
de
fes
parens,
€
de
fes
amis.
Les
Evêques
new
ufent
pas
ainfi;
mais
lorfque
quelqu'un
a
péché
@
confiifé
Jon
crime,
au
lieu
de
la
potence,
on
de
la
décollation
;
ils
mettent
l'Evangile
&
la
Croix
a
l'entour
de
fôn
cou,
ils
lemprifenuent
dans
les
Sacriffies
&
dans
les
lieux
faints
Gr
cachez,
où
on
enferme
les
Cathecumeses,
pour
y
faire
IL.
PART.
Chap.
IX,
ane
efpece
de
pénitence,
mème
avant
le
batômes
on
les
fair
feñner,
on
les
fait
veiller,
on
les
occupe
du
chant
des
louan-
ges
divines
:
G
aprés
avoir
ainfi
chatié
Gr
affligé
le
criminel
par
le
jeûne,
on
leur
donne
le
Corps
de
Jefus-Chriff,
€
on
les
rétablit
dans
leur
premiere
insocence.
.
Jay
faitun
peu
de
paraphrafe
pour
expliquer
l’emprifon-
nement
des
Catechumenes,
à
qui
on
impofoit
une
lévere
pénirence
pour
les
difpofer
au
Batême;
&
pour
cela
S.
Au-
guflin
même
a
remarqué
qu’on
les
enfermoit
dans
les
Sa-
crifties,
&
qu'on
les
y
faifoit
jeüner,
veiller,
coucher
à
ter-
te.
Onufoit
encore
de
plus
grande
rigueur
envers
les
Péni
Ni
92
Traité
des
Edits,
es
des
autres
moïens
es
ns
À
prie
/
RE
11.
Parr,
tens.
La
même
peine
ou
la
même
pénitence
fut
décernée
Chip.
IX.
contre
les
Hérétiques,
&
c’eft
ce
qui
a
été
infinué
par
les
paroles
de
l’Édit
de
Frederic].
Au
lieu
de
prifon,
on
or-
donnoit
quelquefois
l'exil,
&
cet
exil
étoit
aufli
un
lieu
de
pénitence.
Le
Patriarche
d'Antioche
Macarius
chefdes
Monothelites
me
s'étant
pas
foumis
à
la
définition
de
Foi
du
VI:
Concile
Général,
fut
envoi
en
exil
à
Rome,
où
le
Pape
Benoît
lui
donna
quarante
joufs
de
terme
pour
faire
fon
abjuration,
lui
envoïant
tous
les
jours
Bontface
fon
Confeiller
pour
le
convaincre
de
fes
erreurs
par
les
Ecri-
tures,
ce
qui
ne
réuflit
pourtant
pas.
Le
deflein
du
Con-
cile
&
du
Pape
étoit
d'inftruire,
&
de
rétablir
enfuite
ce
Patriarche
:
c'eft
ce
qui
fur
actefté
par
Pierre
Léoat
du
Saint
Siése
dans
le
V
IT.
Concile
Général.
XI.
Je
confefle
que
les
Decrers
du
Pape
Innocent
III.
&
duIV.Concile
de
Latran
contre
les
Hérériques
en
lan
12154
furent
un
peu
plus
rigoureux
:
quoi-qu'à
les
confidérer
de
prés,
ce
ne
furent
prefque
que
les
mêmes
Loix
de
Conf-
tantin,
de
Théodofe
&
des
autres
Empereurs
Chrétiens,
adoptées
en
quelque
maniere
par
l’Eglife
dans
fes
Confti-
|
tütions,
comme
nous
les
avons
vües
adoptées
aufli
en
quel-
que
maniere
dans
les
Edits
ci-deflus
rapportez
d'Alphon-
{fc
Roi
d'Arragon
&
de
Saint
Lois
Ro
de
France.
Ce
#
Concile
condamne
toutes
les
Héréfies
&
tous
les
Héréti-
»
ques,
&
veut
quaprés
qu'ils
auront
été
condamnez,
on
»
les
abandonne
aux
Puifancesfcculieres,
ou
à
leurs
Baillifs,
»
pour
être
punis,
Il
veut
que
les
Clercs
foient
premiérement
»
dégradez,
que
les
biens
des
Laïques
foient
confifquez
,
&
»
ceux
des
Ecclefiaftiques
appliquez
aux
Eplifes,
dont
its
pof-
»
fédoient
les
Bénéfices.
Que
ceux
qui
font
fufpeéts
d'Héré-
»
fie
s'en
purgent,
à
moins
de
cela
qu’on
les
excommunie,
»
&
qu'alors
tous
les
Fidéles
fuient
leur
compagnie;
&
s'ils
»
pañlent l’année
entiere
dans
lexcommumication,
que
dés-
»
lors
on
les
condamne
comme
des
Hérétiques.
Que
tou-
»
tes
les
Puiffances
féculieres
foient
averties
&
engagées
par
»
ferment
à
extérminer
les
Hérétiques
déclarez
tels
par
l'E-
»
glife,
de
touces
les
terres
deleur
Jurifdiéton.
Siun
Seigneur
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eclifé
Catholique.
ps
‘temporel
néglige
de
purger
fa
terre
d'Hérétiques
;
il
fera
excommunie
par
le
Métropolitain
&
par
les
autres
Evè-
ques
de
la
Province;
&
s'il
ne
fatisfait
dans
l’année,
on
en
avertira
le
Pape,
qui
délivrera
les
vaffaux
de
ce
Seigneur
du
ferment
de
fidélité
qu’ils
lui
ont
fait
,
&
adjugera
la
terre
à
des
Catholiques
qui
en
extermineront
les
Hérétiques,
&
les
conferveront
à
l'avenir
dans
la
pureté
de
la
Foi
Ca-
tholique,
fans
bleffer
en
quoi-que-ce-foit
les
droits
du
Sei-
gneur
principal,
de
qui
ces
Seigneurs
particuliers
rélévent:
Saluo
jure
Domini
principalis,
dit
le
Concile.
LesCatholi-
_-ques
qui
prendront
la
Croix
&
les
armes
pour
ces
expedi-
tions
contre
les
Hérétiques,
gagneront
les
mêmes
indulgen-
ces
que
les
Croifez
pour
la
Terre
Sainte.
Ceux
qui
favori-
feront
les
Hérétiques,
ou
les
mettront
à
couvert,
feront
excommuniez
:
&
fi
dans
l’année
ils
ne
fe
corrigcnt
&
ne
fe
font
abfoudre,
ils
feront
infames,
incapables
de
tout
office
&
de
toute
dignité;
ils
ne
pourront
ni
porter
rémoi-
gnage,
ni
tefter,
ni
recevoir
aucune
fucceflion.
Les
Ar-
chevêques
&
les
Evêques,
où
par
eux-mêmes,
ou
par
leurs
Archidiacres,
ou
par
d’autres
perfonnes
capables,
feront
deux
fois
rous
les
ans,
ou
au
moins
une
fois
lan,
la
vifite
des
lieux,
où
le
bruir
eft
qu'il
y
a
des
Hérétiques
;
&
ülsfe-
ront
jurer
trois
hommes
de
bien
où
davantage,
que
sil
y
a
des
Hérétiques,
ils
le
feront
fçavoir
à
l'Evêque.
Si
les
Evêques
même
négligent
de
veiller
fur
les
Hérétiques,
ils
feront
dépofez
;
&
on
leur
donnera
des
fuccefleurs
qui
s’acquiteront
mieux
qu'eux
de
cette
importante
fonction.
XII.
Ce
Decret
m’a
paru
contenir
la
merlleure
partie,
tant
des
anciennes
Loix
des
Empereurs
Chrétiens
contre
les
Hérétiques,
que
des
Canons
des
Conciles
d'Afrique
fur
le
même
fujet
:
ainfi
on
n’a
nul
fujet
de
rendre
ce
Con-
cile,
ce
Canon,
ou
ce
Pape
odieux,
comme
s’ils
avoient
donné
commencement
à
cette
Inquifition,
dont
on
a
con-
çù
tant
d’averfion
avec
plus
de
pañlion
que
de
fauefle
&
de
difcernement.
1°.
Les
Loix
des
Empereurs
décernoient
-des
peines
contre
tous
les
Hérétiques
;
il
n’y
à
donc
ici
rien
de
nouveau
qu'une
application
toute
particuliere
à
«
II.
PA
RT.
«ChalX,
ce
96
Traité
des
Edis,
eo
des
autres
moïens
IL
Parr.
mettre
ces
Loix.en
execution.
On
livre
ici
les
Hérétiques
Chap.
IX.
examinez
&
convaincus
à
la
puiflance
des
Juges
&
des
Magiftrats
;
ces
Loix
Imperiales
chargeoient
immediate-
ment
les
Juges
&
les
Maoiftrats
de
l’execution
de
ces
peines.
29,
La
plus
ordinaire
peine
que
ces
Loix
décernoient,
étoit:
la
confifcation:
de.
tous
les
biens.
Le
Concile
ordonne
ici
la
même
peine,
tant
par
l'autorité
de
ces
mêmes
Loix,
que
par
celle
d'un
Concile,
où
toutes
les
Puiflances
Eccle.
fiaftiques
&
temporelles
étoient
aflemblées
parelles-mêmes,
ou
par
leurs
députez.
S'il
fe
fair
ici
une
adjudication
des
biens
des
Bénéficiers
coupables
à
l'Eglife,
rien
ne
pouvoir
être
plus
jufte
que
de
faire
revenir
ces
biens
plütôt
à
l'E-
glife
qu'au
fifc
du
Prince.
Dans
les
Loix
quiænt
été
al-
leguées
dans
le
I.
Tome,
il
y
en
a
où
la
confifcation
cf
adjugée
à
l'Eglife.
|
o,
fl
nyarien
de
plus
jufte,
rien
de
plus
néceffaire,
que
d’obliger
ceux
qui
font
avec
raifon
fufpects
d'Héré-
_
fie,
de
fe
laver
&
de
fe
juftifier
au
public
à
qui
on
eft
de-
_
biteur
de
fa
renommée,
comme
on
left
à
Dieu
de
fa
conf
_cience.
Une
partie
des
crimes
demeurera
impunie,
fi
on
.
neles
pourfuit
que
lors-qu'ils
font
averez
:
ce
n'eft
pas
être
ennemi
du
crime,
que
d’en
fouffrir
l’infamie
avec
indif-
ference
:
on
ne
l'évite
pas
aflez,
fi
on
n’en
évite
même
les
foupcons
:
il
y
a
des
crimes
dont
on
ne
peut
avoir
que
des
foupcons
:
l'Églife
a
puni
comme
atteints
d'impurerez
les
Ecciefaftiques
qui
en
étoient
fufpeéts,
8
qui
ne
fe
jufti-
fioient
pas
par
leur
propre
ferment,
&
par
le
ferment
d’un
bon
nombre
d’autres
perfonnes
dignes
de
Foi.
Les
Conci-
les
de
l’âge
moïen
fourniffent
plufieurs
Canons
fur
ce
fu-
jet;
à
moins
de
cela
il
ne
refte
plus
de
moïen
de
convaincre
les
coupables
d’impuretez,
qui
font
ordinairement
fecretes.
L'Héréfie
fouvent
n’eft
pas
moins
fecrete
,.
&
toüjours.el-
le
eft
une
impureté
d’ame
plus
exécrable
encore,
que
celle
du
corps.
Saint
Auguftin
dans
fon
Seminaire
propre,
trou-
va
deux
de
fes
Ecclefaftiques
fufpects
d’un
fort
grand
crime,
‘Rien
n'embarraffa
davantage
ce
faint
&
grand
Evêque,
-
Enfin
il
les
envoïa
tous
deux
au
tombeau
de
Saint
Felix,
_—
|
d’où
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
57
d'où
les
parjures
ne
revenoient
jamais
impunis.
:
XIII.
4°.
L’Ecricure
méme
nous
avertit,
Saint
Paul
S&
Saint
Jean
nous
commandent
dans
leurs
Epiîrres
,
de
n’a-
yoirnul
commerce
avec
ceux,
qui
font
retranchez
du
Corps
de
l'Eglife
,
dé-peur
qu'un
peu
de
levain
ne
corrompe
tou-
te
la
male
&
route
la
focieté
des
Fidéles
:
car
qui
fontceux
qui
font
plus
juftement
&
plus
manifeftement
rejettez
du
Corps
de
l'Eglife,
que
ceux
qu'on
a
convaincus
d'Hé-
réfie?
Quelef
le
crime,
dont
la
contagion
foit
plus
à
crain-
IL
PART.
Chap.
IX
dre,
que
celui-là?
On
fçait
que
Saint
Jean
ne
voulut
pas
|
avoirle
moindre
commerce
avec
les
Hérétiques
de
fon
rems,
Que
Saint
Paul
commanda
même
aux
colomnes
de
l'E-
glife,
&
à
des
hommes
Apoltoliques,
d'éviter
les
Héré-
tiques,
aprés
leur
avoir
fait
une
ou
deux
correétions.
En-
fin
les
premiers
Peres
de
l'Eclife,
Saint
Polycarpe,
Saint
Irenée,
comme
nous
avons
dit
ailleurs,
ont
fait
paroitre
une
délicatefle
furprenante
fur
ce
fujet,
quand
il
s'agifloit
de
fuir
les
Hérétiques.
$°.
Si
on
pafle
un
année
dans
Pex-
communication
fans
fe
mettre
en
peine
de
s’en
faire
ab-
foudre,
on
eft
ce
femble
aflez
juftement
fufpeét,
de
ne
pas
déférer
à
l'autorité
&
aux
clefs
de
l'Eglife
:
&
en
ce
cas
le
Fils
de
Dieu
n’a-t-il
pas
diten
termes
formels,
que
celui
qui
n’écoute
pas
l’'Eclife
&
ne
lui
défére
pas,
doit
êtrerégardé
commeun
Païen
&
comme
un
Publicain,
c'eft-
à-dire
comme
Pobjet
de
l’exécration
publique.
|
XIV.
6°.
Les
Loix
Imperiales
obligeoient
tous
les
“Gouverneurs
&
tous
les
Juges
des
Provinces
&
des
villes
à
en
exterminer
lPHéréfie.
Les
Seigneurs,
les
Comtes,
les
Ducs
ont
fuccedé
à
ces
Officiers
Imperiaux
:
pour
être
devenus
de
déléguez
&
temporels,
proprietaires
&
hérc-
ditaires,
ils
n’en
{ont
pas
moins
Catholiques,
ni
moins
obli-
gez
à
veiller
pour
le
falut
de
ceux
qui
leur
font
fourmis
,
&
pour
le
falut
éternel
encore
plus
que:
pour
la
vie
prefen-
ce,
Ce
n’eft
donc
point
ici
une
nouveauté
,
c’eft
le
renou-
_
vellement
d’une
obligation
trés-ancienne.
On
n’a
qu'a
rappeller
dans
fa
memoire,
ce
que
nous
avons
rapporté
dans
la
I.
Partie,
des
iaftruions,
que
Ferrand
Diacre
don:
1O
T.
PART.
Chap.
IX.
o8
“Trawédes
Edits,
ex
des
autres
moïens
_noit
à
un
Gouverneur
de
Province.
7°.
Les
Loix-de
Conf.
tantin,
celles
de
Juftinien,
celles
de
Charlemagne
&
des
au-
tres
Empereurs
ou
Rois
de
fa
famille,
ont
fouvent
com-
mis
les
Archevêques
&les
Evêques
pour
veiller
fur
les'Gou-
verneurs
des
Provinces,
fur
les
Magiftrats
&
les
Juges
des
villes,
&
pour
avertir
la
Majefté
Imperiale
quand
ils
ne
fatisferoient
pas
à
tous
leurs
devoirs,
dans
ce
qui
concerne
l'Eglife
&
la
Juftice.
Nousavons
rapporté
la
meilleure
par-
tie
de
ces
Loix
dans
la
difcipline
de
PEglife
:
ce
Concilene
fit
que
renouveller
ces
Loix,
quand
il
ordonne
aux
Archevé-
ques
&aux
Evêques
de
prefler
par
les
cenfures
de
l’Eglife
les
Seigneurs
particuliers
d’abolir
l'Héréfie
dans
leur
domaine.
XV.
8.
Si
ces
Seigneurs
particliers
ne
fe
tendent
pas
aux
inftances
des
Evêques,
&
ne
déférent
pas
aux
foudres
de
PEghfe;
ce
Concile
veut
que
la
Puiffance
temporelle
vienne
au
fecours
de
la:
fpirituelle,
&
venge
le
mépris
qu’on
en
fait.
C'eft
ce
que
les
Conciles
Genéraux
ont
toùjours
fait,
quand
ils
ontimploré
la
Majefté
Imperiale
contre
les
Hé-
rétiques
,
ainfi
qu'il
a
été
montré
dans
le
I.
Tome,
où
il
a
paru
qu'ils
ne
lont
pas
inutilement
implorée
:
car
entre
ces:Hérériques
que
les
Empereurs
profcrivoienr
enfuite,
il
y.
en
avoit
de
riches,
de
puiffans,
de
redoutables
par
l'e-
éndué
de
leurs
terres,
&
par
la
multitude
de
leurs
fujers.
On
faifoit
donc
dés-lors
ce
que
ce
Concile
veut
qu’on
faf.
fe,
Ces
Loïx
imperiales
conffquoient
les
biens
des
Héréti--
ques,
&
entre
ces
biens
il
y
emavoit
de
Seigneuriaux
,
felon
l'ufage
de
chaque
fiecle.
De
quelque
nature
que
fuflent
les
biens
des
Hérétiques
profcrirs,
Juftinien
les
adjugeoit
à
leurs
proches
parens
Catholiques.
Cela
revient
au
De-
cret.
du
Concile
de
Eatran
:
ce
Decret
n'étoig
donc
qu'un
renouvellement
des
Loix
de
Juftinien,
que
Hincmar
nous
œ
apris,
&
que
nous
fcavons
encore
d'ailleurs
avoir
été
en
vigueu#dans
toute
l’Eglife,
même
dans
Occident,
dans
la
France
,
&particuliérement
dans
le
païs
qu'on
appel-
lc.
de
Droit-Ecrit..
—
.
ÆVE
9°.
Ceux
qui
auroient
de
la
peine
à
digerer
cette
grande
autorité
des
Leix
de
Juffinien,
ou
du
Code
Théodo-
L
1
pourmäintenir
Panité
dé
l'Eglifé
Catholique.
…
5°
fien,
quoi-que
la
chofe
foit
fort
claire
&
fort
certaine
:
n’auroient
qu’à
bien
confiderer,
que
é
Concile
IV,
de
La
cran
étoit
une
Aflémblée
mixte
de
toutes
les
Puiflinces
Ecclefaftiques
&
Civiles
de
la
Chrétienté,
&que
les
Em-
pereurs
&
les
Rois
y
étant
préfens
,
ou
en
pérfonnes
,où
par
leurs
Armbafladeurs,
ifs
autorifoient
tout
ce
qui
ÿ
Étoit
1€-
folu.
Matthieu
Paris
&
l'Abbé
d'Ufperg
affeutent,
qué
les
Ambafladeurs
de
l'Empereur
de
Conftantinople,
dé
celti
d'Allemagne,
des
Rois
de
France,
d'Angleterre,
de
Hon-
grie,
de
Jerufalem,
de
Chypre,
d’Arragon
&
de
plufeurs
au
tres
Princes
étoient
préfens
à
ce
Concile.
De
cettemaniere,
files
terres
des
Seigneurs
particuliers
écoient
confifquées
,
quand
ils
ne
travailloient
pas
x
étendre
l'Héréfe
,
leurs
propres
Souverains
confentoient
fuffifamment
à
ces
juge-
mens,
&
les
fcelloient
de
leur
autorité.
ro°.
Les
Croifades
qui
étoient
ici
téfolués,
étoicnt
fouténuës
du
confenre-
ment
&
de
l'autorité
des
Empéreurs
&
des
Roïs;
&
On
ne
peut
pas
trouver:
étrange
,
qu'on
fr
les
mêmes
efforts,
&
qu'on
donnâc
les
mêmes
indulgénces
pour
éteindre
FHE-
réfie,
que
pour
aller
conquerit
la
Terre
Sainte.
Il
impor-
toit
certainement
bien
plus
d’érouffer
l'Heréfe
,
qui
avoit
embrafé
Ja
meilleure
partie
de
l'Europe,
que
d'aller
faire
la
guerre
aux
Sarrafms.
ETRT..
POI
UNS
MID
EIT
NE
XVIE.
no.
Les
peines
füivantes
de
ce
Décret
du
Con-
cile
de
Latran,
font
les
mémes
que
celles
des
Loix
du
Code
Théodofien,
&
de
éelui
de
juftimien.
Pour
celles
qui
re-
gardent
les
Evêques
qui
ne
feront
pas
les
vifites
ñécef-
faires,
pour
découvrir,
pour
Convertir,
où
pour
chaflèt
{Les
Hérétiques
;
ce
font
les
mêmes
;
Que
celles
dés
Conci-
les
de
Carrhase:
Voilà
quelléétoit
alors
l'Inquifiion
con-
tre
les
Hérétiqués;
les
Evéques
croient
les
fhquifiteurs,
ou
par
cux-mémes,
où
par
leurs
Archidraëres
,
ou
par
leuts
autres
Écclefiaftiques,
ou
parles
plus
habiles
&
les
plus
pieux
d'entrées
Religieux,
rels
que
furene
d'âbord
ceux
dé
Ci-
teaux,enfuite
les
Dominicains
&
lès
Francifcains.
Les
peines
n'y
furene
ouére
differentes
de
celles
qui
éroient
contenuës
dans
les
Loix
des
deux
Codes,
approuvez
&
refpectez
en
on
+
re
me
Te
PARTS:
Chap:IX+
Il.
PARTIE
Chap.
IX;
xoe
Traité
des
Edits,
es
des
autres
moïens
ce
point
parles
Conciles
anciens,
&
par
les
Peres
les
plus:
doux
&
les
plus
humains.
.
.
X
V
IT
120.
Si
on
dreffa
des
armées,
&
fi
on
publia
des
Croifades
,
c’écoient
les
Princes
temporels
qui
en
étoient
les
auteurs
&
les
exécuteurs.
Nous
pourrionsdire,
que
c’é-
toient
les
Hérétiques
mêmes,
contre
lefquels
il
ne
fut
ja-
mais
tombé
dans
lefprit
de
lever
des
Armées,
fi
leur
fu-
reur
,
leur
multitude,
&
leurs
armées
mêmes
ne
les
euf
{ent
rendu
formidables,
Car
d’où
vient
qu'il
ne
falut
jamais
d'armées
ni
de
Croifades
contre
les
anciens
Hérétiques
fi.
ce
n'eft
parce-qu’elles
ne
furent
jamais
néceflaires
con-
tre
des
gens
qui
ne
refiftoient
point,
qui
n’armoient
point,
qui
ne
{e
révoltoient
point
contre
les
Puiffances
établies
de
Dieu?
Les
Circoncellions
firent
autrefois
quelques
vio-
lences
contre
les
Catholiques
;
mais
ce
n’étoit
que
quel-
ques
particuliers
,
ou
un
petit
nombre
de
furieux,
contre
lefquels
les
executeurs,
les
Officiers
&:les
Soldars
par
or-
dre
des:
Empereurs
accouroient
auffi-tôt;
ce
quine
fe
paf
foit.pas
fans
verfer
le
fans
de
ces
Fanatiques.
Les
Evêques
Donariftes
en
faifoient
de
cruelles
plaintes
;
mais
les
plus
sloux
,.
les
plus
faints
de
nos
Evêques,
Saint
Auguftin
8
Optaf,
faifoienc
l'Apologie
des
Empereurs
&
de
Eglife
;
&
en
même-tems
de
nos
Croifades,
comme
nous
l'avons
dic-plus
au
long
en
fon
lieu
::
car.
pourquoi
les
Empéreurs
auront-1Îs
pü
envoïer
des
troupes
&
des
Officiers
de
guerre
contre
un
petit
nombre
de.
Circoncellions,
&
qu’on
n'au-
ra
pas
pü
en
ufer
de
même
contre
de
grandes
armées
d’Al-
igeois
&
de
Vaudois?
Les
Circoncelkions
fe
faifoient
plus
de
mal
à-eux-mêmes,
qu'ils
n’en
recevoient.
des
Soldats
des
Empereurs;.&
on
peut
dire
que
le
carnage
&
les
in-
cendies
qu'on
ne
peut
lire
qu'avec
douleur
dans
l'Hiftoire:
dés
Albiseois,
venoient
encore
plus
de
leur
propre
fureur,
.
que
de
la
violence
de
nos
troupes.
Ils
n°
avoient
qu'à
pofer
les,
armes,
&
rendre
les
villes
&
les
places.
fortes
qu'ils
avolent
faifies,
pour
décourner:
tous
ces
malheurs
&
rous
ces
défordres
de
deffus
leurs
têtes.
J'ai
dit
tous
ces
défot-
des,
parce-qu'il
ny
a
point
d'homme
fage,
qui
voulût,,
pour
maintenir
Punité
de
P
Eghife
Catholique.
07:
ou
qui
püt
répondre
de
tons
les
excés
&
de
toutes
les
in-
juftices
que
fait
le
Soldat
dans
les
guerres
les
plus
juftes.
Dans
ces
occafions
,
ni
les
Soldats,
ni
les
Officiers
ne
font
pas
innocens
:
mais
il
eft
fans
doute,
que
ceux
qui
ont
donné
un
jufte
fujet
à
ces
guerres.
font
fans
comparaifon
plus
coupables.
Nous
n’en
verrons
que
trop
de
funeftes
exemples
dans
le
cours
de
cette
hiftoire.
CERAPIFR
NX.
Suite
des
moïens,
dont
on
fe
fervit
dans
nos
Conciles
de
-
France,
pour
eonferver
dans
l’unité
de
l'Eclife
les
Al-
”
bigeoïs,
qui
s’étoient
convertis
de
bonne
volonté.
ou
par
crainte,
&
pour
réprimer
Ceux
qui
s'en
écartoient.
I.
Continnation
de
la
Pénitence
Canonique,
à
laquelle
on
donna.
le
nom
d'Inquifition,
comme
elle
avoit
été
réglée
dans
le
IP.
Con-
cile
de
Latran.
Elle
fut
receue
dans
le
Concile
de
Narbonne
de:
lan
1227.
aprés
la
foumiflion
de
Raimond
Comte
de
Touloufe-
dans
le
Concile
de
Bourges
de
l'an
1225.
IL.
Progrez
de
la
Con-
verfion
de
ce
Prince
en
1228.
Son
Traïté
de
paix
achevé
avec
Saint
Louis
à
Paris
aux
conditions
les
plus
avantagenfes
pour
.
La
Religion.
Fondation
des
chaïres
de
Doëteurs
à
Toulonfe
à
cette.
fr.
TITI.
Le
Concile
de
Toulonfe
en
1229.
compofé
des
deux:
_Puiflances,
Ecclefiaffique
©
Séculiére,
des
Provinces
de
Lan-
gnedoc
©
de
Guienne.
On
y
rétablit
l’Inquifition
Epifcopale:
IV.
Differens
droits
des
Ecclefiaftiques
©
des
Laiques
pour
la
forme
de
ces
jugemens.
VW.
Diverfés
précautions
à
PEgçard
de
ceux-
da
même
qui
étoient
convertis
de
bonne
Foi.
VI.
4
plus
forte
rai-
fon
contre
les
autres.
VII.
Obligation
de
renouveller
La
profeffion
-de
foi
tons
les
deux
ans.
VIII.
Obligation
impofèe
à
tous
indif-
feremment
de
[e
prefenter
trois
fois
Pan
aux
Sacrements.
Réponfe:
4
l'objeilion
du
danger
des
facriléges.
Défenfe
aux
Laïques
de:
garder
d'autres
Livres
de
l'Ecriture
que
le
Pfautier
pour
les
of
©
fices
de
PEglife
:
point
de
Tradntlion
en
langue
vulgaire
,
telle
qu'étoit
alors
celle
de
Mets,
dont
ils
abufoient.
IX.
Exclufion
des
Médecins
héretiques
d'auprés
des
malades.
Défenfe
de
faire
dès
Teflaments
qu'en.
préfence
d'un
Ecclefiaftique
€
d'antres
témoins
#rréprochables.
X..Exclufion
plus
générale
des
charges
publiques,
&
ILPARTIE
-
Chap.
Xe”
emêrmes
des
places
chez
les
Grands,
pour
les
perfonnes
qu'on
dé
crie
juifement
come
diffamées.
XI.
Renouvellement
des
privileges,
11},
IL
PART.
Chap.
X:
xo2-
Traité
des
Edits,
eg
des
autres
moïens
liberte?
@
exemtions
des
perfonnes
©
des
maifons
Ecclefiafii:s
ques
©
Religienfes.
XII.
Renouvellement
de
l'ancienne
obligation
:
de
tous
les
Paroifiens.
an
Service
Divin,
compris
la
Aeffe,
[ons
-
une
peine
pécuniaire
pour
chaque
abfence.
XIII.
Nouvelles
pre
cautions
contre
les
perturbateurs
de
la
paix.
XIV.
Importance
de”
ces
chapitres
qu'on
devoit
lire
quatre
fois
l'an,
©
qui
ont
été
con-”?
firmez
dans
les
Conciles
fuivans.
XV.
Confirmation
particuliere
|
dans
le
Concile
de
Beziers
de
l'an
1233.
contre
ceux
qui
fe
ren-
doient
[ufpeits
par
leurs
abfences
des
Eglifes,
avec
dexcellens
Re-
glemens
pour
le
Clergé
©
pour
la
paix.
XVI.
Reglemens
plus
févéres
donnez
dans
le
Concile
de
Narbonne
de
123
s.
aux
Freres
Précheurs
pour
leur
Inquifition
contre
les
Hérétiques.
XVII.
Peine
.de
confifcation
furajontée-à
l'excommunication
dans
un
antre
Con-.
cie
de
Bexiers
de
l'an
1246.
fans
doute
de
concert
avec
La
Puif=
fance
féculiére.
XVIII.
A
plus
forte
raïfon
dans
le
Concile
d’AI-
bi
de
l'an
1254.
où
lon
fe
donne
l'autorité
de
décerner
d’autres
peines
contre
les
Seigneurs
mêmes,
©
contre
les
Prélats
qui
avoient
violé
les
Statuts
non
fenlement
du
Concile
de
Touloufe
:
mais
anffi
des
Conciles
de
Narbonne
©
de
Valence
des
années
1227.
€
_1228.
pour
les
Roïaumes
de
France
©
d
Arragon
L
Epeur
qu'on
ne
croie,
que
les
régles
de
la
Péniten-
ce
Canonique
renouvellées
dans
le
I
V.
Concile
de
Latran
contre
les
Hérétiques,
ne
tiennent
trop
du
Tri-
bunal
particulier
de
lInquifition
établie
vers
ces
tems-là
par
les
Papes
;
il
eft
bon
deremarquer,
outre
ce
qui
a
été
dir,
que
de
tout
tems
les
Evêques
ont
été
les
premiers
Inqui-
fireurs
ou
Infpeéteurs
de
leur
Diocefe,
felon
l'étymologie
de
leur
nom,
&
les
maîtres
abfolus
de
toute
la
Pénitence
Canonique,
pour
l'adminiftrer
par
eux-mêmes,
onparleurs
Officiers
;que
cependant
dans
le
tems
que
cette
Péniten-
ce
publique
s’éteignoit
pour
ainf-dire
dans
l'Eglife,
ce
fu-
rent
nos
Evêques
mêmes
qui
recoururent
les
prémiers
au
Saint
Siége,
comme
il
a
été
dit
plus
haut,
pour
la
rétablir,
au
moins
en
forme
d’Inquifition
particuliere,
contre
les
Hérétiques
dent
ils
ne
pouvoient
venir
à
bout.
Et
nous
avons
vü
que
les
Religieux
de
Citeaux
d’abord,
&enfüuite
les
FF,
Prècheurs
en
furent
chargez
dans
la
Province
de
Languedoc,
d'où
le
venin
de
PHéréfic
fe
répandoic
dans
les
autres
Provinces.
Mais
le
Concile
de
Lacran
interye-
L
}
Î
Vas
pour
maintenir
l'unité
de
l'Églife
Catholique.
162
mant,
ne
déchargea
pas
pour
cela
les
Evêques
de
FInqui-
_fition
primitive,
dont
ils
font
chargez
naturellement
:
&c
ceux-ci
le
comprirent
fort
bien
dans
nos
Provinces,
où
aprés
que
Raimond
Comte
de
Touloufe
fe
fat
foumis
au
juge-
ment
des
Peres
dans
le
Concile
de
Bourges-dés
l'an
1224.
en
préfence
du
Légat
&
de
prefque
tous
les
Evêques
de
France
;
ils
reçürent
&
amplifiérent
toutes
ces
régles
dans
le
Concile
de
Narbonne
en
1227.
&
dans
les
fuivans,
où
nous
les
allons
expliquer
,
pour
fatisfaire
fimplement
aux
devoirs
indifpenfables
de
P'Hiftoire
que
nous
traitons.
IT.
Les
principaux
de
ces
Conciles
furent
tenus
aprés
le
progrez
de
la
Converfion
de
Raïmond
Comte
de
Tou-
.
loufe,
&
la
paix
qu'il
craita
avec
le
Roi
Saint
Lotis
à
Meaux
&
à
Paris
en
prefence
du
Lcoat
,
des
Prélats
&
des
Barons
lan
1228.
C’elt
un
des
plus
anciens
exemples
d'E-
IE
Par,
Chap.
X.
dits
ou
de
Traitez
de
pacification.
Les
conditions
en
font
:
rapportées
tout
au
long
dans
la
derniere
édition
des
Con-
*
ciles.
Les
plus
avanrageufes
pour
la
Religion,
furent
que
le
Comte
préteroit
main
forte
à
l'Eglife
pour
la
recherche
&
la
punition
des
Herétiques,
pour
la
confervation
dé
la
paix,
des
libertez
&
immunitez
ecclefaftiques,
ne
fouffrant
plus
déformais
qu'on
méprifât
l'autorité
des
clefs;
qu'il
fétoit
démanteler
Touloufe
&
trente
autres
places
qui
y
font
énon-
cées;
qu'il
donneroit
fa
fille
unique
en
mariage
à
l’un
des
freres
du
Roï,
afin
d'affeurer
fa
catholicité
jufques
dans
fes
héritiers
;
&
qu’il
fonderoit
dans
Touloufe
douze
chaires
de
Profefleurs
tant
en
Théologie
qu'en
droit
Canon,
hu-
manitez
&
Grammaire.
C’étoit
pour
former
dés
fujers
ca-
pables
de
remplir
dignement
les
Benefices,
&
de
bannir
Pignorance
qui
avoit
été
la
fource
émpoifonnée
de
toutes
ces
groffiéres
Héréfies
:
&
c’eft
ce
qu'on
à
foigneufement
recommandé
dans
la
plüpart
des
Conciles
de
ce
remms-là,
&Cenc.
Tom.
US
pag.
4153
_G
fra
a
&
dans
nos
derniers
tems,
für
tout
pour
bien
remplir
les
:
/
[2
EE
:
3-
1
È
er
£
.
e
°
:
Bénéfices
à
chargé
d’ame,
d’où
dépend
la
principale
inf
trucion
des
fidéles.
Le
Roi
Saint
Loüis
confirma
toutes
ces
*
conditions
par
fes
Statuts
en
forme
de
Lettres
Patentes,
particuliérement
pour
les
vraies
libertez
de
FEclife
Gall
+
lbidens
104
Traité
des
Edits,
@5°
des
atitres
moïens
para,
Cane,
&
la
punition
des
Hérériques
;
&
on
obligea
le
Comte
Chap.
X.
de
lesrenouveller
&
de
les
exécuter
plus
exactement
en
1233.
zh.
pag.
454.
LIL.
Dés
Van
1229.
l'on
tint
un
Concile
célébre
à
Tou-
Joufe
en
prefence
du
même
Légat,
des
Metropolitains
de
Narbonne,
de
Bourdeaux
&
d’Auch,
avec
plufieurs
autres
Prélats,
d’unepart;
&.des
Comtes
de
Touloufe
&
deFoïx,
des
Barons,
Sénéchaux
&
autres
Magiftrats,
d’autre
part.
s
Guillaume
de
Pui-Laurent
en
fait
mention
dans
fa
Chro-
dbid.p48.426.
nique,
Chapitre
40.
qu’on
a
inferé
toutentier dans
le
Tome
de
feg.
cité
des
Conciles
,
avec
les
Canons
ou
Chapitres
tirez
de
la
Bibliotheque
le
Tellier.
.
Le
Chapitre
premier
porte
pour
titre,
qu’on
établira
»
dans
tous
les
lieux
un
Prêtre
&
trois
Laïques
qui
faflent
»
une
diligente
enquête
des
Hérétiques
:
#4
ir
fimgulis
lo-
sis
facerdos
wnus
@
tres
Laici
conffituantur,
qui
diligenter
in-
»
quiraut
Hareticos.
On
charge
particuliérement
les
Com-
miflaires
d'examiner
les
lieux
fecrets
&
fufpeéts
d'Héréfie,
afin
de
les
indiquer
aux
Seigneurs
ou
à
leurs
Baillifs,
qui
y
mettront
ordre
inceflamment.
Et
dans
les
Chapitres
fui-
vans
jufqu'au
fepriéme
inclufivement
on
s’étend
fur
les
circonftances
de
cette
perquifition,
jufqu’à
faire
punir
les
»
Baillifs
mêmes,
qui
feroient
négligens
à
punir
les
Héré-
»
tiques.
Pour
ne
point
trouver
cette
conduite
nouvelle,
il
ne
faut
que
fe
fouvenir
des
Régles
que
Saint
Léon
&
les
autres
anciens
Peres
prefcrivirent
autrefois,
aprés
les
Em-
pereurs,
pour
la
recherche
&
la
punition
des
Manichéens.
#
IV.
Dans
le
Chapitre
huitiéme,.de-peur
qu’on
ne
con-
fonde
les
innocens
avec
les
coupables,
&
qu'on
n’attribuë
»
Je
crime
d'Héréfie
par
calomnie
indifferemment
à
qui
l’on
*
voudra;
le
Concile
de
Touloufe
compofé
comme
nous
”
avons
vü,
d'Ecclefiaftiques
&
de
Laïques,
flatué
qu'on
*
nepunira
perfonne
pour
ce
füujet,
qui
n'ait
été
jugé
coupa-
»
ble
auparavant
par
l'autorité
de
l'Eglife,
qu'on
fçaic
n'é-
”
tre
pas
trop
rigoureufe
ordinairement
daps
fes
jugemens,
#f
Demo
puniatur
tanquam
credens
vel
Hareticus,
nifi
talis
per
poteslatem
Ecclefafticam
judicatus.
Mais
pour
l'information
qui
eft
la
premiere
procedure
de
certe
efpece
d’Inquifition,
il
æ
%
%
»
*?%
æ
&w
pour
maintenir
l'unité
dé
l'Erl
life
Catholique.
106$
permetindifferemment
dans
le
se
Chapitre
aux
Of-
ficiers
des
Seigneurs
d’en
faire
les
actes
fur
les
cerres
les
uns
des
autres.
On
a
aflez
compris
par
les
Chapitres
precedens
que
l’execution
des
jugemens
Ecclefaftiques
étoit
renvoiée
aux
Baillifs
&
aux
autres
Officiers
Laïques.
C
‘ef
le:
moien
d'accorder
les
deux
Tribunaux.
;
V.
Dans
le
dixiéme
Chapitre,
qui
porte
pour
titre
;
De
A
ce
maniere
dont:
on
doit
agir
avec
les
Hérétiques
qui
fe
font
«
convertis
de
bonne
foi,
quomodo
agendum
cum
Hareticis
«
honte
ad
fidem
rEVET/S
;
Le
Concile
ne
laifle
pas
de
pren-
dreune
précaution,
dont
les
bons
Convertis
devroient
être
bien
aïfes;
favoir
de
ne
les
point
laïifler
dans
les
lieux
fuf-
pe&s,
qui
feroient
contagieux
pour
eux,
fut-ce
leur
pro-
#
pe
Patrie;
mais
de
les
établir
dans
quelque
ville
ou
vil-
«
lage
Catholique,
où
ils
ne
foient
point
expofés
au
peril
«
de
la
rechute.
Onne
fauroit
croire
de
quelle
confequence
eft
cette
précaution.
Celle
qui
fuit
dans
le
même
Chapitre
du
port
d’une
double
Croix
fur
leurs
habits
en
deteftation
«
de
leurs
Héréfies
,
n’eft
pas
fimportante
aujourd’hui.
Mais
le
dernier,
de
ne
leur
donner
aucune
charge
publique
?
à
«
moins
d’une
difpenfe
,
left
beaucoup
davantage,
faufà
don-
«
ner
cette
difpenfe
felon
nôtre
ufage
préfent,
different
de
ce-
lui
de
ce
tems-là.
Ils
doivent
craindre
eux-mêmes
de
ne
4e
pouvoir
défendre
dans
exercice
de
leurs
charges
con-
tre
les
affections
de
leurs
proches
&
de
leurs
amis
|
“ani
ne
feroient
pas
fi
bien
convertis
qu'eux.
VI.
A
plus
forte
raifon
doit-on
fe
précautionner
contre
ceux-ci,
comme
a
fait
le
Concile
dans
le
Chapitre
onziéme
qui
porte
pour
titre
:
De
la
maniere
dont
on
fe
doit
com-
«
porter
avecles
Hérétiques,
qui-oneété
convertis
par
crainte
«
ou
par.
d'autres
motifs
femblables
:
u0m0do
agen
dum
cum
Hareticis
#01
ponte
ed
timore
vel
alié
cansà
convenfs.
I]
{e-
roit
à
fouhaiter
qu'on
les
pût
encore
entiérement
féparer
«
des
autres,
de-peur
qu’ils
ne
les
corrompent,
&
afin
qu'ils
«
faflent
pénitente,
comme
le
Concile
s'explique
nettement.
Il
pourvoit
néanmoins
à
leurs
befoins
par
ceux
qui
font
«
-chargez
de
leurs
propres
biens
;
ou
s
als
n'en
ont
point,
par
IE:
PART:
Chap.
X-
“JT:
PART.
Chap.
X.
x2
Trairé
des
Eds,
es
des
autres
moïens
féculiére.
Car
c’étoient
les
degrez,
par
lefquels
on
avoit
accoütumé
de
procéder
juridiquement,
aprés
les
avoir
ob-
ligez
aux
devoirs
ordinaires
des
Fidéles,
tant
pour
la
Meñle
que
pour
les
Sacremens,
on
les
excommunioit
,
S'ils
y
manquoient.
On
pourroit
dire
qu'en
cela
on
ne
faifoit
que
fuivre
leur
inclination;
laquelle
ils
avotent
affez
mar
quée,
en
s’excommuniant
eux-mêmes
les
premiers
par
cet
éloignement
de
lEglife;
&
c’eft
ce
qu'ils
nous
difent
en-
core
aujourd’hui
,
femoquant
ainfi
publiquement
des
Cen-
fures.
Mais
comme
les
Princesen
cescems-là,
particuliére-
:
ment
les
Rois
de
France
&
d’Arragon
avoient
ordonné
que
“ceux
qui
demeureroient
un
an
€
jour
dans
l'excommunication
fans
fe
faire
abloudre
;
fur
tout,
pour
le
crime
d'Héréfe,
[e-
roieut
traités
effeitivement
comme
des
H
érétiques
,
dant
aflez
montré
le
mépris
qu'ils
failoient
des
Cenfures
&
de
l’au-
torité
de
l’Eglife
:
on
pañloit
aux
peines
temporelles,
telle
qu’eft
la
confifcation
,
dont
ces
gens
intereflez
étoient
plus
-touchez
que
des
peines
fpirituelles.
C’eft
aux
Princes
à
voir
fi
cet
ordre
ne
feroit
pas
encore
bon
aujourd’hui,
pour
produire
le
même
effet
qu'il
caufa
enfin
dans
ces
-tems-là.
à
:
F
bidon
p.
7222
[eg
XIX.
Cela
eft
fi
ee
que
dans
le
Concile
d'Albicélé.
‘bré
en
1254.
les
Prelats
de
la
Province
de
Bourges
s’étoient
joints
à
ceux
des
Provinces
de
Narbonne
&
de
Bourdeaux,
tant
pour
exterminer,
(comme
il
eft
dit
dans
la
petite
pre-
face
)
limpieté
hérétique
dans
ce
lieu’,
qui
en
avoir
été
le
centre,
d’où
les
Hérétiques
s’étoient
nommez
Albigeois;
que
pour
renouveller
la
difcipline
Ecclefaftique,
qui
eft
»
d'un
grand
fecours
à
ce
deflein.
Les
Peres
adhérant
prin-
J
Ÿ
93
»
33
92
Can.
17,
18.9
cipalement
au
Concile
de
Touloufe,
comme
ils
le
difent
d’abord,
non
feulement
en
renouvellent
rous
les.Statuts;
-maisils
lesexpliquent
&
les
étendent
jufqu’à
la
confeflion
annuelle
&
à
la
Communion
de
trois
fois
l'an,
fi
le
Con-
fefleur
n’y
trouve
point
d’empéchement.
Ils
n’ont
garde
d'oublier
finfirudion
catholique
qu'on
avoit
commencé
de
recommander
la
plus
fimple
&
la
plus
diftinéte
dans
le
premier
Concile
de
Beziers,
tant
pour
les
Adultes,
que
.
pou£
pourwaintenir
l'Unité
de
l'Elife
Catholique.
#13
“pour
les
Enfans,
qui
y
doivent
étre
amenez
par
leurs
pro-
-pres
Parens
afin
qu’ils
n’en
pretendent
caufe
d’ignorance
à
l'avenir
:
Ne
velamen
ignorantie
deinceps
pretendere
quif-
qua
pobit,
ec
OO
Ils
confirment
en
outre
les
Statuts
des
Conciles
de
Nar-
bonne
&
de
Valence
célébrez
en
1227.
&
1228.
pour
les
Roïaumes
de
France
&
d'Aragon;
&
îls
fe
donnent
lau-
toricé
de
décerner
des
peines
contre
les
Prelats,
les
Barons,
des
Confuls
&
les
autres
Magiftrats
qui
auront
négligé
tous
-ces
Statuts
contre
les
Hérétiques;
fans
doute
en
confequen-
ce
des
Ordonnances
de
leurs
Souverains,
qui
leur
permet
æoient
de
prendre
cette
autorité,
comme
on
l'a
aflezinfi-
“nué
ci-devant.
|
I
n’y
a
rien
de
fi
fort,
que
celle
de
Saint
Loüis,
dattée
le
la
derniere
de
ces
années
1228.
pour
les
vraies
libertez
des
Eglifes,
&
pour
la
punition
des
Hérétiques
&
de
leurs
auteurs,
qui
en
avoient,
dit-il,
troublé
la
tranquillité
&
foüillé
la
pureté
dans
tous
ces
lieux.
Elle
à
été
donnceau
public
par
Meffieurs
Catel
-&
du
Chefne
dans
leurs
Hif-
toires,
d'où
M.
de
Marca
l’avoit
citée
comme
tres-impor-
tante
pour
l’'Eglife,
dans
fon
troifiéme
Livre
de
la
con.
corde
Chapitre
premier.
M.
Baluze
en
aïant
trouvé
lo-
tiginal
dans
les
Archives
de
Narbonne,
fa
faic
1mpri-
er
de
nouveau
plus
exatement
à
la
fin
du
même
Cha-
pitre,
où
on
la
peut
confulter
comme
un
excellent
mo-
déle
des
Edits,
que
les
Princes
peuvent
accorder
en
pa-
reil
cas.
Et
il
y
indique
les
loüanges,
qu’y
donna
le
Pape
Innocent
{V.
dansfon
Bref,
adreflé
à
la
Reine
de
France,
qui
fe
trouve
dans
les
mêmes
Archives.
:
_
:C'eft
aux
Princes
d’aujourd’hui
de
voir,
s'il
ne
{croit
pas
à
propos
d’autorifer
finon
en
tout,
du
moins
en
par-
tie
les
Prclats
pour
concourir
avec
les
Magiftrats
à
l'extir-
pation
de
l'Héréfie,
comme
on
fit
alors.
On
ne
peut
au
moins
douter,
que
ces
réglemens
n'aient
été
meurement
I
8
8
I.
PART.
Chap.
X+
Concertez
pendant
prés
d’un
demi-fiécle
pour
une
fin
tou
…
$
:
Fe
5
É
-
te
pareille,
&
contre
une
Héréfe,
dont
celles
de
nôtre.
£ems
ont
précendu
defcendre
,
comme
elles
en
tiennenten
m
Q=
,
À
ner
en
11.
PART.
Chap.
X:
21
—
Traité
des
Edits,
@ÿ
des
autres
moïens
plufieurs
chefs;
mais
celle-là.fut
alors
détruite
plus
vite
-encore
que
celles
d'aujourd'hui,
pat
l'efficacité
de
ces
moïens,
dont
il
fiéd
pourtant
bien
à
l'Eclite
de
modérer
l'exécution,
comme
elle
a
toüjours
fait.
:
C
—
PITRE
XÉ
ie
Des
Vaudois,
&
de
la
fraternité
des
Proteftans
avec
eus
T.
De
leur
nom
€
de
leurs
principales
erreurs.
II.
Témoignage
du
Pape
Ianocent
III.
en
faveur
de
quelques
Vandois,
qui
revenoient
de
leurs
erreurs.
TITI.
Remarques
[ur
Ce
témoignage:
Combien
les
_
Proteffans
fe
font
de
tort,
quandils
affcttent
quelque
fraternité
avec
les
Vandois
&
les
Albigeois,
IV.
Il$
tâchent
de
contrefaire
la
perpetuité
@
l'univerfalité
de
l'Eglife.
VW:
Cette
communion
af-
Jeétée
les
rendroit
Dianichéens,
ennemis
de
la
Trinité,
de
LInx
carnation,
©°c.
Preuves
que
cette
union
ne
fe
peur
faire.
WI.
Praz
tiques
de
vertu
parmi
les
Vandois;
les
Confeils
Evangeliques
pras
tijuez
entreux.
Leur
ignorance,
VII.
Convenances
©
difcon-
Venances
des
Albireois
©
des
V'andois
avec
les
Proreflans,
prin-
cipalerment
à
cañfe
de
leur
averfion
commune
pour
toutes
les
Puif=
Jances
fuperienres
;
foit
dans
le
Siècle,
foir
dans
l'Eglife,
VI
Combien
il
fur
facile
de
débancher
cette
multitude
infinie
d’ignos
ans,
ch
les
flattant,
@.neles
faifant
plus
dépendre
que
d'eux-
mêmes.
IX.
Se
jngeant
jules
€
bons-hommes
,
ils
s’érigeoient
en
Prétres,
em
Mfagiffrats
©
en
Rois.
Cette
alliance
ne
fait
pas.
_
honnenr
aux
Proteffans.
X.
Les
anciens
Vandois
n'y
confentiroient
-
pas
de
leur
part,
XI.
Refles
des
Vandois
dans
les
[fécles
[uivans.
*
{ls
étoicnt
vraiement
Manichéens
,
adorateurs
du
Soleil
,
G*
“Impurs.
a
=
es.
I.
H.
FNe
partie
de
ce
qui
a
éré
dit
jufqu'à
prefent
des
Albigcois,
regardoit
aufli
les
Vaudois:
car-
ce-
toit
une
foule
innombrable
d'Hérétiques.de
diverfes
Sectes...
à
qui
on
donna
le
nom
d’Albigeois,
du
païs
qui
porte
ce
.
nom
dans
le
Languedoc
,
où
ils
firent
le
plus
de
ravage:
ou
de
Vaudois,
du
nom
de
celuy
qui
fe
diftingua
le
plus
parmi
eux,
étant
originaire
de
Lyon;
d’où
vient
qu'on
les
nomma
auf
les
Pawvres.
de
Lyon:
Le
mème
auteur
de
l'Hi
pour
maintenir
l'aniré
de
l'Evlife
Catholique.
115
ftoife
dés
Albigéois,
que
nous
avons
fuivi
dans
lès
Cha:
pitres
precedens,
à
fait
auffi
la
peinture
des
Vaudois,
&
voici
ce
qu'il
en
dit.
Il
y
avoit
d'autres
Hérériques
nom-
mez
Vaudois,
d’un
Lyonnois,
nominé
#ldius
où
Paldo.
Es
étoient
chargez
de
vices;mais
beaucoup
moins,
que
les
auttes.
Îls
convénoient
avec
nous
en
beaucoup
de
chofës;
en
d’autres
ils
en
differoient.
Pour
n’être
pas
trop
longs
;
nous
dirons
que
leurs
erreurs
confftoienten
quatte
chofes
principales.
Éls
portoient
dés
fandales,
par
une
mauvaife
af
fedtation
d’imitér
les
Apôtres,
Ils
nevouloient
pas
qu'il
füt
jamais
permis
de
jurer,
ni
de
faire
mourir
qui-que-ce-foit.
Ils
difoient
encore,
que
ceux
dé
leur
Sete,
pourvu-qu'ils
portaflent
des
fandales,
pouvoienr
dans
le
befoin
confa-
cer
le
Corps
de
Jefus-Chtiff,
fans
avoir
jamais
été
ordon-
nez
par
les
Evêques.
Pour
être
reçüs
dans
ces
Sectes,
il
«
faloit
renoncer
à
toute
la
Foi
de
l'Ecolife
Romaine,
&
au
Batème
qu'on
y
avoit
reçû
,
avec
toutes
les
cérémonies
facrées
qui
l'accompagnent,
-
1:
/
»
LÉ
lys
#
æ
N
Il
étoit
difficile
que
ces
Hérétiques
cn
demeuraflent-là.
Aiant
une
fois
renoncé
à
la
Foi
de
l’'Eghfé
Romaine,
ils
alloient
fans
doure
plus
loin.
Afant
renoncé
au
Batème
qu'ils
y
avoient
réct
,
il
étoit
impoñhible,
qu'ils
eüflent
beaucoup
de
refpeét
pout
les
âutres
Sacrëmiens.
Aïant
re
poncé
à
la
Foi
&
aux
Sacrémens
de
l'Eglife,
ne
diftin-
guant
plus
le
Clergé
d'avec
les
Eaiques
,
&
attribuant
à
quelques
Laiques
la
plus
fainté
fonttion
du
Sacerdoce;
favoir
de
confacrer
l’Encariftie
;
dans
quel
abime
d’im
pietez
ne
devoient-ils
pas
tomber
?
C'eft
apparemment
cé
qui
a
fait
qu'on
les
a
peu
diftinguez
d'avec
les
Albigcois,
dont
la
éréance,
la
difcipline,
&
la
morale
éroit
entiere-
nent
abominable
&
digne
du
nom
de
Manichéens,
qu'ils
rénoient,
où
qu'on
Jeuf
donnotts
7.
_—
*
A
faut
néanmoins
avoter,
que
ce
n'eft
pas
fans
raifon,
que
cet
Fhftotien
à
dit,
que
plufieuts
entre
les
Vaudois
IL
Part.
cé
<
Rainaldus
AN.
1204:
Pa
cé
6
convenoient
en
beaucoup
de
chofes
avec
nous,
&
a
ré
-
duit
leurs
erreurs
à
quatré
points
fulement,
qui
ñne
com
cernent-prefque
pas
la
Foi,
Le
Pape
Innocene
FIEF
nous
“à
gré
Traité
des
Edits,
es°
des
autres
moïens:
fl.
ParrT.
en
donnera
une
preuve
fort
convaincante
dans
les
lettress
Chap.
XL»
de
fon
Resiftre.
Il
y.
nomme
fept
Efpagnols
ou
Langue.
ÆRegefl.
13.
Epifl.
78s-
»-
dochiens,
&
dit
qu'érant
venus
à
Rome,
eux
&
leurs
come.
#
pagnons,,
ils
avoient
fait
Cette
dépofition
entre
fes
mains,
»
pour
eux
&
pour
leurs-fréres.
Après
avoir
été
examinez
furi
»
Ja
Foi,
&
fur
les
Sacremens
de
l'Eglife,.
ce
Pape
dit
qu'il.
»
les
avoit-reconnus
Catholiques
&
Orthodoxes
:Ex
his,
que.
nobis,
dearticulis
fdei
@*
Sacramentis
Ecclefie
diligenter
exa-
minati,
dixerunt,
cognovimns
e0s
fidem
fapere
Orthodoxam
3:
»
cd
Catholicam
aStruere
veritatem.
Après-cela
ce
Pape
infére:
#.
[eur
confeflion.
de
Foi
,.
qui
eft:
entierement
Catholique.
»
fur
la
Trinité,
fur
le
Dieu
de
l'Ancien
Teflament,.
fur
»
l’Incarnation
,
fur
tous-les
Myftéres
de
Jefus-Chift
dans.
»
nôtre
chair,
fur
l'Eclife
Catholique
Apoftolique
&
Ro-
*
maine,
hors
laquelle
il
n’y
a
point
de
Salur;
für
les
Sa
cremens
adminiftrez
par
les
méchans..fur
le
Barème
des
#
enfans,
fur
l'Eucariftie,.
fur
la
puiflance
des
Juges
fécus-
»
liers
à
exercer
des
jugemens
de
mort;
enfin
fur
les
dixmes;,
»
les
prémices
&
les
ofrandes..
=
|
III.
Mais
il
y
a
fujet
de
douter
fi
cette
Confeffion
de
Foi-n’étoit
pas
plûtôt.une
abjuration
de
leurs
erreurs
pré=-
cedentes
,
&fi
on
n’en
doit
pas
inférer.
au
contraire
que:
les
Vaudois
avoient
été,
.ou
atteints
ou
fufpeéts
de-tou:-
tes
les
mêmes
erreurs.
que
les
Albigeois:.
&
que
ce
n'eft
pas
fans:
raifon,
qu’on
a
fouvent
confondu
ces
deux.
Se-
étes,
comme.
il
nous
:parof
par
la.
plupart
des
autres
Hif-
toriens.
Il
eft:
encore
évident,
que
les.uns
&
les
autres
avoient
eu
beaucoup:
de
rapport
avec
les:
Manicheens
ane
Gieps,
particuliérement
dans
leurs
déguifemens.perpetuels
en.maricre
de
Religion.
H
ef
enfin
manifelte,
que
c’eft
fans-raifon
que
nos
Proreftans
affectent
fouvent
quelque
fraternité
&
quelque
communion
avec
les
anciens
Vau-
dois,
&
ceux
qui
peuvent
en
être
reftez
dans
quelques.
coins
de
l'Europe.
Car
c’eft
vouloir
entrer
en
focieté
&
en
communion
avec
des
Manichéens,
des
Arriens,
&
avec
ec
qu'il
y
a
eu
de
plus
infime
parmi
les
anciennes.
Sectes
du
Chriftianifime,
C'eft
vouloir
s'allie
avec
les
Albiseois
pounmaintenir
Funité
de
lEglife
Catholique.
17
f.fouvenc
&
fi:
juftement
condamnez
en
leurs
tems
pat
pire:
gant:
de
Conciles:tenus
à
Rome,
en
France,.en
Efpagne,
Chap.
SE
par
rant
d’Empereurs
&
rant
de
Rois,
par
tant
de
Pro-
vinces
Chrétiennes,
par
l'Eglife
univerfelle:
C'eft
vouloir
s'unir
de
Foi
&
de
communion
avec
des
Sectes,
dont
un
bonnombre
d'érreurs
font
déceftces
par
ceux-mêmes,
qui
re*
cherchent
cette
communion,
&eerte
alliance
chimerique.-
s
IV.
En
cela:ces
Meflieurs
rendent
un
témoignage
avan:
tageux
à
l'Eglife
Catholique.-Car
ce
n'eft
que
par
jaloufie;
&
par
une
faufle
imitation.de
PEglife,
qu'ils
tâchent
de
fe
donner
quelque
ombre-de
perpetuité
&
d’univerfalité.
La
focieté
de
nos
Proteftans
eft
trés-nouvelle
,-&
a
fort
peu
d'étenduë.
Ils
font
ébloüis
de
la
gloire
de
létenduë
de
l'Eglife,
&
de
fa
durée
dans
toute
la
terre,
&
dans
tous
les
fiécles.
Hs
ne
peuvent
tellement
fermer
les
yeux
à
ces
éclatantes
lumieres,
qu’ils
ne
les’
appergoivent
dans
l'E--
criture-&
dans-le
monde.
C’eft
ce
qui
les
invite
as’ine
corporer:
avec
les
Vaudois
&les
Albigeoïs;-qui'ont
été
un
peu
plus
étendus:&
un
peu
plus.anciens'qu'eux.
Quand
ce‘
_deflein
leurréüfliroit,
l'avantage
qu'ils
en
retiréroient
;,.
ne”
feroit
pas
au-fond
confidérable.
Hs.feroient
plus
anciens
de”
rois
ou
quatre
fiécles.
H
n'eft
pas
queftion
de
cela.-Il
s'agic:
de
la-perpetuite
depuisle
commencement
de
l'Eglife,
juf--
qu'à
la
fin
des
fiécles:
Et
pour
ce
qui
eft
de
létendué:.,
quand”
ils
feroient
vraiement
les-enfans
des
Vaudois.
&
des
Albi--
gcois,
ils
ne
fe
crouveroient
que
dans
plufieurs
recoins
de-
PEurope,
fort:à:
l'étroit
par
tout;
&
exclus
du
refke
de
R.
terre
,
où
l'Eglife
Catholique
parofr
par-tout:-
a.
V.
Mais-à-ne
eonfiderer
que
le
fond
de’
cette
urion
&:
‘de
cette
communion:
prétendué,
quelle
gloire
pourront
tirer
ces:
Meflieurs
,.
d’être
devenus
Manichéens
?
d'être’
-en
focieté
de
Religion
avec
des:gens.-qui
nioient
la
Tri
nité.
.qui-connoifloient
un
premier
principe
du:
mal-in-
dépendant
dû
premier
principe
du
Bien;
qui
traitoient-
a
chair
de
Jefus-Chrift
&
tous
fes
myftéres
de
Phantô-
mes:
-déteftoient
le
Dieu
de
l’ancien:
Teftament,
abhos
roient.
tous
les
Sacremens
?
Pourquoi
rechercher-lallians-
Qi]
8.
Traité
des
Edits,
és
des
autresmoïens
pin,
ce-des
Sectes,
qui
auroienit
de
éloignement
d'eux
?
Car
IL
PARTIE
/
fer
AZ:
>
And
LR
ë
Chap.
XL
CES
mélanges.
de
Scétes
differentes
,
n'ont
Jamais
été
au
gout
des
anciens
Hérétiques.
C’eft
un
raffinement
de
l'invention
des
Proteflans,
où
ils
n’ont
pas
été
heureux;
même
dans
les
fiécles
:préfens.
Ils
ont
bien
plus
de
rap-
port
entr'eux.
.qu'avec
les
anciens
Hérériques,
Comment
s'allieront-ils
donc
aux
anciens,
s'ils
ne
peuvent
lier
une
focieré
avec
les
prefens
,
que
rarement,
difficilement,
pour
bien
peu
de
temps,
&
par
une
profonde
diflimulation
?
:
VI.
Mais
voici
encore
de
quoi
abattre
ces
ridicules
prétentions.
Comment
ces
Meflieurs
s'accommoderont-ils
de
ce
qui
fuit
dans
la
même
lettre
d'Innocent
III,
où
les
mêmes
Vaudois
lui
déclarent
les
principales-maximes
de
#
leur
morale
&
de
leur
difcipline,
proteltant
de
perfévérer
#
toüjours
dans
la
doétrine
&
fous
la
conduite
du
Pontife
»
Romain?
cela
pouvoit
être
encore
fimulé.
Mais
ils
faifoient
»
véritablement
profeffion
de
la
pauvreté
Evangelique.
Ils
promettoientau
Pape
dene
jamais
tecevoir
ni
or,
niargent,
»
ni
chofe
femblable
de
perfonne
pour
leur
vêtemens,
ou
pour
leur
nourriture,
Tls
s’engageoient
à
obferver
les
Cons
»_feils
Evangeliques,
comme
des
precepres
à
leur
égard;
à
ré-
».citer
tous
les
jours
les
heures
Cananiales
en
changeantla
récitation
des
Pfeaumesen
d'autres
prietes
plus-communes
»
entre
ceux
qui
n’ont
pointétudié.
Ils
s’obligeoieht
à
garder
»
la
virginité,
ou
la
chafteté
perpetuelle,
à
jeûner
les
deux
»
Carêmes,
&
les
autres
jeünes
de
l'Eclife.
Cela
confirme
Ibihems,
-parmi
les
Vaudois
A
Dans
une
ausre
lewrecé
Pape
roçoic
Fabjaration
que
LEE
pour
maintenir
l'uniré
de
l'Eglife
Catholique.
‘119
failoient
entre
es
mains
les
mêmes
Vaudois
:
où
nous
«Il.
Part:
remarquerons
encore,
qu’ils
déclarent,
que
ce
jurement
ao
XI.
qu'ils
faifoient,
n’étoit
pas
celui
que
Jefus-Chrift
a
défendu
«
Lie
.
dans
l'Evangile;
mais
celui
que
Saint
Auguftin
&
les
au-
«
tres
Peres
ont
reconnu
devoir
être
prêté
dans
les
occañons,
«
où
il
eft
néceflaire
;
ils
reconnurent
aufli
les
Sacremens
«
de
la
Confirmation,
de
lExtreme-On@ion,
de
P'Ordina-
«
tion.
Je
laifle
les
autres
articles,
qui
ont
déja
été
touchez,
pour
dire
que
ces
Vaudois
étoient
vraiement
Religieux,
lez
par
les
vœux
folennels
des
Confeils
Evangeliques
;
mais
qui
s’éoient
laïffé
entraîner
aux
erreurs
alors
popu-
aires
des
Cachares,
&
des
Albigeois,
apparemment
par
ignorance
:
car
il
paroît
dans
ces
deux
lettres
même,
qu'il
ÿ
en
avoit
peu
d’entreux,
qui
fuflent
Clercs
,
ou
qui
fuffent
lire.
Auffi
fubftituoient-ils
aux
heures
Canoniales
&'au
Pfautier
un
nombre
réglé
d’oraifons
dominicales,
&
de
recitations
du
Symbole
&/du
#i/érere,
{lon
l'ufa-
ge
des
Laïques
,
qui
étoient
entiérement
fans
lettres
&
fans
étude.
C’étoit
encore
prier
par
Compte,
de
quoi
nos
Proteftans
ne
s’accommodent
pas.
|
.
VIE
Il
faut
de
plus
conclure
de
R
trois
chofes.
La
premiere,
que
ces
Vaudois
étoient
les
mêmes
que
cet-
te
partie
des
Albigeois,
qui
étoient
appellez
les
Parfaits,
qui
pratiquoient
les
vertus
&
les
confeils,
qui
renonçoient
au
mariage
,
&
à
la
pofleflion
des
biens
de
la
terres
&
fur
les
mérites”
defquels
les:
autres
fe
repoloient,
‘en
vivant
dans
lefiécle,
&
dans
le
libertinage
du
fiécle,
commeil
atété
dir.
La
feconde
,
que
fi
ceux
qui
étoient
les
Par-
faits,
éroient
dans
une
fi
profonde
ignorance
parmi
les
Vaudois,
nou$
ne
pouvons
avoir
que
du
mépris
pour
tou
:
te
la
Seéte
,
pour
laquelle-néanmoins
nos
Proceftans
veu-:
lent
qu'on
ait
tant
de
vénération:
M
eft
doncvérirable,
come
imenous
avons
dir,
que
toute
cette
inondation
d’'Albigcofs,
de
quelque
nom
qu'ils
{e
couvriflent
dans
toute
l’Europe,
n'étoic
qu'une
multitude
innombrable
d’ignorans,
de
gens
-
graffers,
d'artifans,
&
de
païfans
revoltez
contre
les
Prin
ces
remporcls,
&
contre
l'Eclife.
Ce
qui
fitque
les
Emper
120
Traité
des
Edits,
eo
des
autres
Moïens
v———
reurs
&
les
Rois
prirent
les
armes
pour
les
réprimer,
&
TEPARTE
pour
vanger
FEglife,
en
aflurant
en
même
tems
leur
cou-
Chap.
XL
orne,
Latroifiémeen£n,
que
c'eft
peut-être
en
cela
qu'il
y
.a
plus
de
reflemblance
entre
les
Albigeois
&
les
Vau-
dois,
&
entre
les
Scétes
de
ces
deux
ou
trois
derniers
.
Gécles.
Car
la
verité
eft,
que
dans’tousles
autres
dogmes,
il.y
a
beaucoup
de
difconvenances
&
de
contrarierez
en:
tre
toutes
ces
Scétes,
comparées
les
unes
avec‘es
autres,
&
confiderces
chacune
en
particulier:
mais
le
point,
où
elles.conviennenttoutes,
&
où
il
n'y
a-point
de
contra-
rieté
entr'elles,
.&
dans
elles-mêmes,
eft
dla
rebellion
con-
tre
toutes
les
Puiflances-fuperieures,
établies
de
Dieu,
foit
pour
regir
lEolife,
foit
pour
gouverner
les
Etats.
Toutes
ces
focietez
ont
faittous
leurs
efforts
poffibles,
pour
fecoüer
Fun
&
lautrejous
;-&
c'eft
pour
cette
raifon,
que.ces
deux
Puiflances
ont
été
obligées
de
confpirer
enfemble,
pour
fe
{outenir
mutuellement
l’une
&
l’autre
contre
leurs
en:
HÉMMS
COMMUNS.
=
et
+
à
ie
V
II.
Ajoutons
encore,
que
ce
n'eft
pas
une
grande
gloire,
de
tirer
avantage
de
cette
foule
de
Païfans
revol-
vez
contre
l'Eglife
&
contre
les
Princes
temporels;
car
qu'y
a-t-il
de.plus
facile,
que
de
revolter
ces
fortes
de
gens,
en
les
flattant
de
l’efperance
d’une
faufle
liberté,
où
ils
ne
dépendront:plus
que
d'eux-mêmes,
exerceront
eux-mêmes
le
Saccrdoce
&
la
Roïauté,
&
uniront
en
eux-mêmes
cet-
te
double
Souveraineté
>
Cétoit
pour
cela
que:ces
Tifle-
rans
s’ingeroient
dans
toutesles
fonctions
facerdotales,
fous.
pretexte
qu'ils
étoient
Zozs-hommes
comme
ils
parloient:
&
lorfqu'ils
ne
vouloient
pas
que
les
Magiftrats
puñlenc
exercer
Jeur
autorité,
s'ils
étoient
en
péche
mortel,
ils
e
revêtoient
eux-mêmes
de
toute
l’autorire
fpirituelle
&
tem
porclle.
C'eft
ce
que
le
Pape
Innocent
Re
Encore
dans
la
derniere
de
ces
deux
lettres,
quoi-qu’il
témoigne:
que
ces
Vaudois
qui
faifoient
alors
abjuration,
nioient
avoit
#
jamais
€te
dans
ces
maximes:
Lices
ün
fubfcriptis
articulis,’
ficut
à
quibufdaw
accepimus
,
affererentur
erraffe;
guod
vide:
diset
Joli
Deo
effet
offendendum
:
&
fi
homini
;
[ol
juf,
our
maintenir
l'unité
de
l'Eghfe
Catholique.
rx
qui
Deum
habet
in
fe
:
ac
licere
Laico
ac
litterato
Jive
licen-
ia
cujuflibet
hominis
pradicare
:
bonumque
Laïcum
poteffar
tem
conficiendi
Euchariffiam
habere,
malum
auier
facerdoters
REQHAGUAMN.
-
Se
:
IX.
C’étoit-là
la
Théologie
de.ces
Païfans.
Elle
étoit
toute
renfermée
dans
leur
nom
de
8os-hommes,
ou
de
juftes;
ils
ne
vouloient-pas
charger
leur
efprit,
ou
leur
mé-
moire
d’une
plus
forte
fcience.
Se
préfumant
juftes,
ils
Étoient
à
leur
avis
plus
propres
à
facrifier
que
les
Prètres,
à
gouverner
-que
les
Masgiftrats.
La
bonne
opinion
qu'il
Jeur
plaifoit
d’avoir
d'eux-mêmes,
leur
donnoit
cette
dou-
‘ble
inveftirure
du
Sacerdoce,
&
des
Magiftratures.
Nos
Proteftans
ne
peuvent
pas
nier,
qu'ils
n'aient
aufli
ufutpé
…
Je
Sacerdoce,
quoi-
qu'ilsne.fuffent
la
plüpart
que
Laïques,
&
qu'ils
n'aient
foulevé
une
grande
partie
des
Païs
qu'ils
sccupent.
contre
leurs
anciens
Souverains
legitimes.
Je
ne
mie
pas,
que
ces
Meflieurs
n'aient
eù
d’abord
quelque
litte-
tarure,.&
n'en
n'aient
acquis
beaucoup
d'avantage
dans
la
fuite
du
cems;
mais
ils
ne
peuvent
pas
nier
eux-mé-
mes,
que
les
plus
ignorans
des
hommes,
les
Albigcois,
des
Vaudois
&
les
autres
artifans
mutinez
du
XII.
&
du
XIIL.
fiécles
n’aient
fait
routes
ces
démarches
avant
eux,
Ce
ne
furent
pas
les
longues
études
de
ces
fortes
de
gens,
ce
.ne
furent
pas
leurs
profondes
Mméditations
des
Ecritures,
ou
leurs
lumiérés
extraordinaires,
qui
les
{éparérent
de
l'obéiffance
qu'ils
avoient
toûjours
rendué
À
l'Eclife,
aux
Magiftrats,
&
aux
Princes:
ce
fut
un
pur
libertinage
d’efpric,
l'ennui
de
fervir
&
d'obéir
tOUJOUFS
;
da
curiofté
&
la
paîlion
de
commander
à
leur
tour,
&
de
n'être
pas
toljours
attachez
à
la
charrué,
où
à
la
bou-
tique.
Üs.ne
connoifloient.pas
les
Peres,
ils
ne
les
lifoient
point.
ls
ne
recevoient
pas
même
les
livres
de
l'Ancien
Teftament.
Ils
ne
fe
Fondoient
que
fur
le
Nouveau,
ex-
pliqué
felon
leur
caprice
,
&
flon
la
Théologie
que
des
Païfans
pouvoient
fe
forger.
Voila
quels
ont
été
les
Pa-
triarches
des
nouvelles
Sedes;
voilà
quels
ont
été
ceux,
.
AE
28
fur
les
traces
defquels
elles
marchent,
de
l'origine
&c
de
en
FL
PART:
Chap.
XI,
TLPARTIE,
Chap.
XI.
Ann.
Spond.
@
Vading.
an.
4375,
C
feg-
ÿÿ52
Traité
des
Edits,
eo
des
antres
moïens
l'alliance
defquels
elles
tâchent
de:
fe
faire
honneuf,
X.
Elles
ne
peuvent
pas
même
prétendre
avec
jufticé
à
cette
alliance,
quelque
honteufé
qu'elle
foït
:
car
come
me
nous
avons
dit,
les
Vaudois
&
les
Albigeoïs
avoient
“parmi
eux
des
Parfaits,
des
Religieux,
des
gens
dévoüez
aux
Confeils
Evangeliques,
&
aux
pratiques
de
perfeétion:
ils
avoient
des
Pauvres
volontaires,
des
Continens,
des
Vierges.
Ils
ufurpoient
les
fonétions
facerdorales;
mais
ils
Jes
réfervoient
à
ces
amateurs
de
la
perfection
Evangel:
‘que,
de
la
pauvreté,
de
la
continènce.
Les
Proreftans
n’ont
tien
qui
approche
decéla.
Tout
Laïques
qu'ils
foient
pour
Ja
plüpart,
ils
s’attribuent
le
Miniftere
facré
,
le
Sacerdo-
ce,
la
confecration
de
l'Eucariftie;
quoi-qu'ils
foient
con-
ftamment
trés-éloignez
de
la
pratique
des
Confeils,
ou
de
la
perfeion
Evangelique.
Il
eft
donc
fort
vraifembla-
ble,
que
les
anciens
Vaudois
n’auroient
pas
recçü
les
Pro:
téflans
dans
leur
baie
2
ne
_
XI.
Les
Annales
de
l'Eglife
nous
apprennene,
qu'en
l’an
1375.
les
fnquifiteurs
faifant
leur
devoir
contre
les
Héré
tiques
des
montagnës
de
Savoie,
de
Dauphiné,
&
de
Pro-
vence
;
ils
fe
foulevérent
contr'eux,
&
que
cé
n'étoient
en
tout
que
quelques
reftes
des
anciens
Vaudois.
Le
Pa
pe
Grésoire
X
I.
en
écrivic
aux
Rois,
aux
Prélars,
&
aux
Gouverneurs,
pour
ralumer
leur
zéle,
contre
ces
rebelles.
IT
eft
difhcile
qu'une
Héréfie
un
peu
érendué
foit
f
bien
éteinte,
qu'il
n'en
demeure
quelques
rèftes
dans
des
lieux
retirez,
&
entre
des
montagnes,
où
il
Iéureft
facile
de
fe
cacher.
Les
Vaudois
aïant
été
tels
que
nous
les
avonsré
préfentez,
on
ne
peut
douter
que
leur
ienotance
&
leur
‘groflicreré
ne
foit
devenuë
encore
beaucoup
plus
grande
“dans
ces
lieux
ecartez
&
fi
éloignez
du
commerce
des
F
:
?
Û
KT
É
à
Âge
Je
RIDE.
‘hommes.
C’eft
néanmoins
où
Calvin
les
alla
chercher,
pout
traiter
d'union
&
de
confédération
dyec
eux
:
ce
quilne
‘put
faite,
qu'en
leur
changeanc
toute
leur
créance.
L'E-
glife
Catholique
triomphe
avec
d'autant
plus
de
gloire,
que
fes
ennemis,
foit
dans
leurs
commencemens.
foit
dans
leur
décadence,
font
réduits
à
de
fi
grandes
extrémitez,
our
maintenir
l'unité
de
l'EghiféCatholique.
113.
Rainaldus
nous
a
auf
rappoñté
une
lettre
de
Saint
Vin-
jE
pan.
cent
Ferrier
en
1403.
où
il
raconte
les
Miffions
qu'ilavoit
Chap.
XI.
faices,
&
qu'il
faifoir
encore
dans
les
montagnes
du
Dau-
ww.
24.
phiné
,
de
Savoie
&
du
Milanés
‘,
où
il
avoit
trouvé
grand
nombre
de
Vaudois
&
de
Gazares,
&
en
avoit
con-
verti
gtand
nombre
par
fes
prédications.
Ce
défordre
ve-
noir
de
ce
que
dépuis
trente
ans,
ils
n’avoient
point
eu:
de
Prédicateurs
Catholiques,
au
lieu
que
les
Cathares
de
la
Bofnic
y
en
envoyoïent
deux
fois
tous
les
ans.
Ce
Saint
&
zelé
Miffionnaire
paffant
du
Diocéfe
de
Genéve
à
ce-
lui
de
Laufanne,
affeure
que
communément
le
Soleil
y
étoir
adoré
,
fur
tour
par
les
Païfans
,
qui
lui
faifoient
Ieurs
prieres
rous
les
matins.
Cette
lettre
cit
dattée
du
17.
de
‘Decembre
en
1403.
ce
qui
peut
confirmer
que
ce
méroit
pas
fans
raifon
qu'on
donnoit
Je
nom
de
Manichéens
aux
x
ee
APR
LÉ
ET
RSR
ER
RE
cé
=
SES
RE
SN
COTE
{
XX
ne
TR
AUS
RSR
HIT
Le
Me
ri
re
GA
ÉN
re
Ti
Gi
21idets
R
]
_
#
N,
Es
1ä4
Traité
des
Edits,
e9
des
autres
moïens:
CHartrTe
E
XII.
Renouvellement
de
Flñquifition
Pénirencielle
&
Epifcopas-
+
°
PEER
le,
contre
les
Vaudois,
&.
les
autres
Hérériques,
FT
PART:
Cha.
XII.
L'
L'Inquifition
de
nouveau
commife
aux
Evéques.
Elle
ne
téndoit
qu'a
l'exécution
des
anciennes
Loix
imperiales.
T1,
Dn
Concile
de
Tarracone
en
12.4
2.
où
on
trouve-de
plus-grands
éclairciffemens:
de
l'ancienne.
Inquifition
contre
les:
Hérétiques,
qui
étoient
auf:
les
ennemis
déclarez
des
Magifirats
@
de
la,
Paix
publique.
TT
I.
Declaratiens
de
ce.
Concile
de
T'arracone
,-pour.
connoître
cenx
qui
font
[ufpe&ts
d’
Féréfies
,
qui
célent
les
Hérétiques,
qui:
les
défendent,
qui
font
relaps.
IF.
L’Inquifition
n'étoit
autre:
chofe;
que
là
Tribunal
de
la
Pénitence
publique.
Les
peines
né=-
totent
que
des
prifons,
où
l'on
faifoit
La:
Pénitence.
PV:
La
Péni-:
rence
publique
étoir
[ubffituée
à
le
peine:
de
mort,
décernée
par:
des
Loix
contre
les
grands
crimes,
@
contre
les
Hérétiques
in.
corrigibles
&°
les
Relaps.
VI,
Suite
du
même
fujet.
:
Adouciffe-:
mens
en-faveur
de
la
multitude.
La
prifen
épargnée.
WII.
Des.
Parfaits
©
des
Crorans
,
entre
lès
V'ändois.,
comme
autrefois
entre.
-
des
Manichcens.
En
quoi
les
Proteffans
leur
reffemblenr
P'ITI,
Les:
Catholiques:
fimplement:
croians
on
Fidéles:
ne:
Je:
repofent
pas
fur
la
Foi-de
leur
Catéchifle,
onde
leur
Curé:
mais
[ur
‘celle
des
VEglfe
nniverfelle.
LX.
Pourquoi-on
fouffrait
ici.les
Pénirences
à:
da
mort.
X.
XI.
Nouvelles
prenves
rirées
de.
ce.Concile.
que
l'In-
gusfition
n'étoit
que
la
continuation
de
l'ancienne
Pénitence
publi
ques
Combien
1l'étoit
avantageux
de
fe
déferer
[oi-même.
XII.
An.
tres
preuves
de
cela
même.
La
prifon:
perpétuelle
Venoir
de
çes
an
ciennes.
Pévitences
publiques,
qui
ne.
frniffoiens
qu'avec
là
vie
XIII.
De
la
Pénitence
folennelle
décernée
par
Plrquifitions
Def:
-cription
de
cette
Pénirence.
X
IF.
Diverfes
Pratiques:de
cette
_Pénitence,
Confirmation
de
ce:qui
à
été
dit.
XV.
Formulaire
du.
Jugement
des
Inquifiteurs,
pour
abfondre,
on
pour
condamner.
7
Ous
avons
parlé
plufieurs
fois
plus
haut
dés
peines.
.
N
temporelles,
que
les
Princes
dé
cernérent
en
Orient:
&
en
Occident
contre
les
Hérériques.
Nous
avons
expli-
qué
le
Decret
du
Concile
IV.
de
Latran
en
1215.
ou
l’In-
quifition
fut
inflituée
&
commife
aux
Ev
êques
&
à:leurs.
Subfiruts;
&
noussayons
fair
voir,
que
ce
n'étoir
que
lé
pour
maintenir
l'unité
de
lEghfe
Catholique.
12ÿ
énouvellement
&
l'exécution
des
anciennes
Loix
Impe-
ss
;
Æ
;
;
2
es
ser
1
:
.
PARTIE
tialés
contre
ces
ennemis
publics
de
l'Eglife
&
de
l'Etat.
Chap.
XI:
La
même
chofe
a
été
confirmée
par
nôs
Conciles
de
Fran
|
ce.
Nous
venons
de
dire,
que
lés
Vaudois
des:montagnes:
de
Savoie:
&
des
Provinces
voifines
s'étoienc
révoltez
con-
tre
les
Inquifiteurs,
&
qu’il
fallut
quede
Pape
interpofat:
fon
autorité,
pour
exeiter
les
Evêques
&
les
Princes
Chré+-
tiens,
à
ne
plus
fouffrir
ces
défordres..
IT.
En
1242.
l’Archeyèque
de’
Tarracoñe
en
Efpagñe"
affembla
les
Evéques
de
fa
Province,
pour
terminer
quel-
ques
différens,
qui
regardoient
Piiquifition
,-que'les
Evé-
qués
exetçoient
contre
les
Vaudois:
Bzovius
a-inferé
ce:
Éoncile
dans
fes
Annales,
&
c’eft
de
là
qu'on
la
emprun-’
té,
pour
le
placer
dans
les
grandes
Editions
des
Conciles.
Ces
Prélats
voulurent,
que
le’
Bien-heureux
Raymond
de:
Penafort,
Pénitencier
du
Siége
Apoftolique
affifär
à
leur:
Concile.
On
y
déclara,
que
les
Hérériques
toient
ceux-«
qui
s’obftinoient
dans-leurs
erreurs,
comme
ceux
qu'on
*
nommoit
J#Xabarratt,
qui
difoient'qu'en
nul
cas,
il
n'é-"«-
toit
permis
de
jurer;
qu'il
ne
falloic
point
obeir
aùx
Puit,
fances
ecclefaftiques
où
féculieres,
&
qu'il
ne
falloit
ja
mais
infiger
de
peines
corporelles;
:
pour
quelque
caufe
«
que
ce
fut:
Poreflatibus
Ecclefiafhicis
@*
frcularibus-non
effe
«>
cbediendam
:
€
pænam
corporalemuon
effe
infligendam
in
ali-
H
eft
donc
abfolumentnéceffaire
dé
diftinguer
ces
Héré--
tiqués,
qui
lévoient
l’étendart
contre
les’
Prélats,
contre:
les
Magiftrats,
contre
les
Juges
&
contretes
Rois,
d'avec’
tous
les
autres
Hérétiques,
qui
demeuroient
dans
la
foumi{-
fon
&
dans
lobéiflance,
dumoinsaux
Puiflinces
temporel--
les,
C’étoient
icrnon-feulement
des
Hérériques;
mais
des
:
rébellés,
&
des
ennemis
déclarez'
de
roùte
ä
Police
hu
mMaine;aufli:bien
que
dela
divine.
Ce
fut
la
véritable
rai-
fon,
pourquoi
onemploia
les
armes
&'lés
Croifides,
pour”
corriger
ou
pour
opprimef
ces
perturbarcurs
de
la
paix
pus
blique
des
villes
&
des
Etars.
Ce
fur
ce
qui
fi
inflituer
des
Jnquifitions
plus
rigoureufes,
&
pourquoi
on
ensvine
(ous
_-
Rüj,
JL.
PART.
Chap.
XH,
16
Traïltédes
Edits,
e
des
antres
moiens
vent
aux
derniers
fapplices.
Lots
donc
qu'on
lita
dans
l'Hiftoire
des
Albigeois
ou
des
Vaudois,
qu'il
y
eut
des
exécutions.
fanglantes,
&
qu’on
les
fit
quelque-fois
brü.
ler
tout
vifs,
&
quelque-fois
même
en
grand
nombre
:
il
faut
prendre
foin
de
fe
bien
inftruire
de
toutes
chofes,
avant
que
de
porter
un
jugement
defavantageux
contre,
ce
que
les
Evêques
&
Les
Princes
temporels
ont
fait
d’un
commun
accord,
Ceux
contre
qui
on
exerçoit
ces
extré-.
mes
rigueuxs
,
étoient
des
gens,
qui
non
contens
de
défo-
béir,
dogmarifoient
qu’on
ne
devoit
nulle
obciflance
ni
aux
Puiflances
ecclefaftiques
niaux
temporelles.
C’éroient
des
gens
dont
la
conduite
répondoit
à
leur
doétrine;
car
où
ceux,
ou
leurs
aflociez
,
ou
leurs
ancêtres,
avoient
ravagé,
les
Provinces,
faifi
les
places
fortes
&
les
villes.
Je
croi
qu'aprés
cela
on
trouvera
bon
que
l'Eglife
ait
déclaré
qu'on.
uyvoit
ne
rien
oublier
pour
réprimer,
ou
pour
chârier
ces
furieux
;
&
que
les
Magiftrats
&
les
Princes
dans
ces
rencontres
périlleufes
aient
ufé
du
glaive
que
Dieu
leur
avoit
commis.
Aprés
tout
cela,
je
doute
encore
fi
ces
fup-
plices
fi
atroces
exercez
fur
tant
de
miférables
tout
à
la.
fois,
ne
venoient
point
plûtôr
des
peuples
ou
des
armées,
que
des
Juges.
Car
quand
les:rebelles
ont
une
fois
pris.
les
armes,
&
ont
attiré
fur
eux.
les
armées.
du
Prince,
qui
peut
arrêter
tant
de
gens
animez
d’un
jufte
zéle,
&
armez
pour
une
jufte
vengeance
?
qui
peut,
dis-je,
lesmodc-
rer
&
les
contenir
dans
les
bornes
de
la
juftice
&
de
l'hu-
manité,
qui
doit
fans
doute
toûjours
être
refpeétée
par-
mi
les
exécutions
de
la
juflice
la
plus
rigoureufe,
avec
une
entiere
fubordination
aux
Puiflances
légitimes
,
COMME
Saint
Bernard
l’a
fi
bien
enfeigné
plus
haut,
HL.
Ce
Concile
de
Tarracone
déclara
encore,
que
c'é-
»
toit!
être
fufpe“
d'Héréfe,
que
d'aller
écouter
les
prédi..
»
cations
ou
les
leçons
des
Hérériques;
de
prier
avec
eux
à.
»
de
leur
donner
le
baifer;
de
croire
que
ce
foient
des
gens.
»
de-bien
,
eff
bonos
homines.
C'eft
êrre
toüjours
de
plusen.
»
plus
fufpeét,
q
e
de
réiterer
plus
fouvent
ces
aétions,
qui.
»
donnent
un:
juite
fujer
de
foupçon.
Les
Juges
exigeront
|
pourmaintenir
l'unité
de
l'Eghife
Catholique.
127
de
ceux
qui
fonc
le
pius
fufpeéts,
des
preuves
plus
fortes
de
leur
innocence.
|
On
eft
coupable
d’avoir
célé
les
Hérétiques
felon
Ie
mé-
:
ime
Concile,
quand
on
les
a
vüs
dans
une
place,
ou
dans
une
maifon,
où
dans
quelque
autre
lieu,
&
qu'on
ne
la
pas
fait
fçavoir
à
l'Eglifé,
où
au
Magiftrat,
ou
à
ceux
qui
pouvoient
les
faifir.
C’eft
les
avoit
cachez,
que
d’avoir
promis
de
ne
les
point
découvrir.
&
d’avoir
empêché
qu'on
ne
es
découvrir.
C’eft
avoir
reçû
chez
foi
les
Hcrétiques,
que
de
les
avoir
plufieurs
fois
admis
dans
fa
maifon,
&
leur
avoir
permis
d'y
faire
leurs
prêches
ou
leurs
leçons,
.
C'eft
étre
défenfeur
des
Hérériques,
fuivant
ce
nrème
Concile,
que
d'empêcher
par
fes
paroles,
par
{es
aétions,
ou
par
quelque
autre
adrefle,
que
l’Eglife
ne
fafle
ce
qu’elle
doit
faire
pour
l'extirpation
de
l'Héréfie.
Tous
ceux
là
fonc
”
fauteurs
de
l'Héréfie,
de
même
que
s'ils
donnent
confeil,
fecours,
où
faveur
aux
Hérétiques.
Tous
ces
fautéurs
font
fufpeds,
&
ils
doivent
fe
purger,
en
faifant
abjura-
tion,
&
en
fe
reconciliant
à
l'Eglife.
On
appelle
Relaps
4
ceux
qui
aprés
avoir
fait
abjuration,
&
avoir
renoncé
à.
l'Héréfe,
tombent
dans
léurs
premieres
erreurs.
On
re-
à
Ca
ST
PNR
RS
TT
D
SEE
à
FÉ
x
=
PER
REY
ES
s
devient
fauteur
des
Hérértiques,
quandapres
avoir
renonce
ASE
TÉÉPSEES
A
ne
?
D)
ss
ee
>.
2
à
l'Héréfe
&
à
la
faveur
qu'on
lui
donnoit,
on
fait
du
bien
aux
Hérétiques,
ouon
les
cele.
Tous
céux
là:
font
‘xcomminiez
de
la
grande
excommunication
,
excepté
ET
p
PEU
SPAS
Je
:
ceux
qui
font
ffpeéts.,
fans
avoir
fvorifé,
s'il
s'en
crou-
ve
de
tels.
ie
ee
Il:y
en
à
qui
doutent,
f
lorfque
les
Relaps
&cles
Héré.
tiques,
que
l’on
a
furpris
dogmarifans,
s'offrent
à
faire
péni-
tence,
on
doit
les
laïfler
au
Juge
féculier,
&
il
nous
femble,
die
le
Concile,
que’non;
mais
qu’en
quelque
rencontre
que
ce
foit,
il
faut
les
condamner
à
une
prifon
:
Se
4
quo-
cunquecafu
tales
[unt
ad
inffrafionemcondemnandi.
\
eftici
manifefte,
que
toutes
ces
procedures
des
Juges
Ecclefia-
ques
ne
téndoient
qu'à
faire
que
les
plus
odieux
d’en-
tre
les
Hérériques,
les
Relaps,
les
Dogmatifans
-contré
«Il,
Parr.
Char
XAL
:
à
routes
les
défenfes
faites,
priflent
une
faluraire
iCfolution
x»g
Thaité
des
Édits,
eo
des
autres
moïens
mm
de
renoncer
à
leurs
erreurs
&
à
faire
pénicence.;
cat
dés-
&
[2
é
4
Z
1
é
1
1
IL.
PART
Jors
l'impunité
leur
étroit
donnée
,
&
ils
n’avoient
point
Chap.
XI
*
dé
peines
à
craindre
de
la
part
des
Juges
féculiers.
Il
faut
encore
obferver
ici,
que
c’étoit
la
pénitence
pu-
blique
qu’en
impofoir
à
ces
Relaps,
ou
Dogmatiftes
con-
wertis.
Car
cetre
ptifon
perpetuelle
qui
leur
eftici:ordon-
née,
eft
ancienne
pénitence
publique,
.qu'on
commença
à
faire
dans
les
prifons
de
l'Eglife
dés
les
fiécles
moïens,
comme-nous
l'avons
juftifié
ci-deflus
par
diverfes
preuves,
8
par
quelques-unes
tirées
de
Saint
Auguftin
même,
lorf-
qu'il
enfcigne,
qu'on
enfermoit
les
Catéchumenes,
pour
Jeur
faire
faire
.cetce
légere
pénirence,
qui-précédoit
le
Batême.
|
”
C'eft
à
l'origine
des
prifons
de
PInquifitien,
ou
les
cou-
pables
ne
font
enfermez
que
pour
y
faire
pénitence,
&:
qui
ne
font
fuivies
d'aucune
peine
de
mort,
fi
on
embraf
£e
la
pénitence.
On
peut
dire
de
même,
que
toutes
les
prifons
des
Jurifdiétions
Ecclefaftiques
ne
font.
que
des
lieux
de
pénitence,
&
qu'il
ne
tient
qu'aux
coupables
de
4e
donner
par
ce
moïen
l’amniftie
de
tous
leurs.crimespaf
£ez
,
quant
aux
peines
corporelles.
de
V.
Ainf
TEglife
demcure
toñjours
en
quelque
maniere
dans
Pancienne
maxime,
que
la
peine
de
mort,
laquelle
les
Loix
décernoïent
contre
certains
crimes,
étoit
come
penfée
par
la
pénitence
publique.
Nous
avons
expliqué
&
prouve
au
long
cette
Dodrine
dans
la
Difcipline
de
lE-
glife.
Nous
y
avons
même
fait
voir,
que
par
lautotité
que
cettemaxime
avoit
acquife
dans
prefque
toute
la
Chrétien-
Ÿ
r
.
/
J
SD
en
?
À
cé,
les
peines
de
mort
étoient
devenués
trés-rates,
&c
prefe
*
quetous
les
crimes
s’expioient
par
la
pénitence.
Nous
avons
fait
voir
que
cette
pénitence
pour
les
grands
crimes
fe
fai.
.
foit
dans
les
prifons,
&
que
pour
les
plus
grands
crimes,
ces
prifons
étoient
perpétuelles.
—
11
faut
donc
garder
des
mefures,
quand
on
parle
de
ces
Tribunaux
rigoureux
de
'Eglife,
où
on
fait
le
proces
aux
Hérériqués,
&
aux
Relaps,
de
peur
qu'on
ne
blâme
ce
qui
mérite
plütôe
des
loïanges.
Les
peines
de
mort
ne
|
| |
font
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
129
4ont
jamais
ordonnées
par
le
Juge
d'Eglife
;
ce
font
les
Loix
11.
Parr.
Roïales
ou
Imperiales
|
qui
ont
envoié
les
Hérétiquesin-
Chap.
XII,
corrigibles,
&
les
Relaps
à
lamort.
L’Eglifeen
ufe
plus
dou.
«
eement
dans
ce
Concile,
&
elle
veut
que
s'ils
confentent
<
à
la
penitence
qu’on
leur
propofe,
ils
foient
fouftraits
à
la
«
peine
de
mort,
&
cn
foient
entierement
quictes
par
cette,
“
pénitence.
VI.
Ce
Concile
de
T'arracone
ajoûte
même
immediate-
«
mentaprés,
que
s’il
ya
une
multicude
d’Hérétiques,
qui
de-
«
mandent
à
faire
abjuration
,un
Juge
difcrer
pourra
modé-
«
rer
les.peines
ordinaires
avec
les
adouciflemens
agréez
par
ee
le
Saint
Siège,
&
leur
épargner
l'emprifonnemenr,
en
leur
«
infligeant
d’ailleurs
les
peines
canoniques
:
P##as
canoni-
cas
poterit
infligere
talibus,
@
fic
pœuam
intrufionis
vitare.
Ï1
y
a
ici
deux
obfervations
à
faire.
La
premiere,
que
les
peines
du
Juge
eccicfaftique
de
l’Inquifition
,
ne
font
au-
tres,
que
les
anciennes
peines
de
la
pénitence
publique.
La
feconde,
que
c’eft
indubitablement
l'ancienne
péni-
tence
publique,
qui
eft
infenfblement
deyenué
ce
qu'on
appelle
l’Inquifition.
Le
nom
eft
peutêtre
nouveau;
la
cho-
fe
eft
trés-ancienne.
Je
pourrois
ajoüter
une
troifiéme
re-
marque
;
favoir,
que
cette
regle
eft
encore
tirée
des
an-
ciens
Canons
&
des
Decrets
des
Papes
aprés
Saint
Âu-
ouftin,
que
quand
il
y
a
une
multitude
de
coupables,
1
faut
ufer
d’indulgence
:
ou
plütôt,
que
quand
une
mul-
titude
de
gens
rentre
dans
fon
devoir;
c’eft
alors
princi-
ñn
palement
qu'il
faut.
faire
grace...
Ce
même
Concile
ajoûte,
que
fi
la
multitude
n'eft
pas
«
fi.grande,
la
fagefle
du
Juge
péfera
routes
les
circonftan-
«
ces,
&
modérera
tout
avec
une
jufte
proportion
;
en-forte
«
néanmoins,
que les
Hérétiques
qui
font
nommez
Parfaits,
«
ou
qui
dogmatifent
,
ou
qui
font
Relaps
>
aprés
avoir
C-
«
noncé
à
l'Héréfice,
feront
enfermez
dans
une
prifon
per-
«
pétuelle
:
7
perpetuo
carcere
intrudantur;
&
après
avoir
ab-
«
juré
leur
Hercfe,
feront
abfous
de
l'excommunications
afin
que
dans
ces
lieux,
ils
puiflent
fauver
leurs
ames,
&
PET
IL
PART,
Chap.
XIF.
130
Traité
des
Edits,
9°
des
autres
moïens
mas
[uns
+
alios
de
catero
10m
cofrntmpant.
|
Le
VII.
Nous
remarquérons
ici
la
diftinétion
des
Parfaits,
‘d'avec
les
Croïans,
ou
les
fimples
Fidéles
:
Perfecfi,
Cre-
dentes.
Nous
avons
déja
rapporté
cette
diftinétion
entre
les
Albigcois.
Les
Parfaits
étoient
ceux
qui
farfoient
quelque
profefflion
de
garder
en
leut
maniere,
les
Confeils
”
évangéliques.
Les
Croïans
étoient
leurs
difciples
,
&ils
fe
repoforent
fur
leur
doërine
&
fur
leur
probité.
Il
en
étoit
de
même,
felon
Saint
Auguftin,
entre
Îles
anciens
Manichéens
;
ils
diftinguoient
aufli
les
Parfaits
&
les
Au-
”
diteurs;
les
premiers
pratiquotent
des
auftéritez
fuperfi-
“ticufes
;
&
pour
la
doétrine,
il
falloir
que
les
Auditeurs
les
cruflent
fur
leur
parole,
Les
Proteftans
ne
peuvent
pas
éviter,
qu'il
n’y
ait
parmi-eux
quelque
chofe
de
fembla-
ble,
Les
Miniftres
font
les
Parfaits,
au
moins
pour
la
do
étrine
:
tous
les
autres
font
leurs
Difciples,
qui
les
croient,
&
qui
né
peuvent
les
croire
que
d'une
foi
humaine,
com
nc
des
hommes
capables
de
fe
tromper,
&
de
tromper
enfuite
les
autres
dans
leurs
propres
principes.
Pour
parer
à
cetre
difficulté,
ils
petfuadent
à
leurs
Auditeurs,
que
c’elt
Pefpric
interieur
&
un
raïon
fecret
de
divinité,
qui
leur
fait
voir
au
dedans,
ce
que
le
Miniftre
leur
dit
au-
de-hors.
Les
fimples
croient
cela
&
ne
le
croient,
que
par-
cé
qu'on
le
leur
à
dit,
également
difpofez
à
croire
le
con-
traire,
fi
le
Miniftre
leur
difoit
lé
contraire
:
également
difpofez
à
croite
tout
ce
que
croïoient
les
Manichéens,
fi
leur
Miniftre
étoit
Manichéen,
comme
les
premiers
*
Vaudoïs
avoient
êté
Manichéens,
parce
qu'étant
tres
igno-
*rans,
ils
ne
pouvoient,
ni
difcutér,
ni
fefuter
ce
que
leur
x
LATTES
PEUR
:
#4
re
se
TA
—.
7,
“
=
<
5
*
difoient
leurs
Parfaits,
qui
étoicnt
Manichéens.
Fe
3
-VITI
Ce
n'eft
que
dans
l'Eclife
Catholique,
qu'on.
peur
éviter
cet
écueil.
Elle
a
aufli
fes
Parfaits,
ou
fes
Do-
|
“teurs,
&
elle
a
fes
Difciples,
que
nous
nommons
Fides
“les
on
Croïans,
&
c'eft
elle
proprement
qui
les
a
;
ar.
lés
Seëtes-nôhe
tâché
qu'à
la
contre-fuie,
plûcôt
quà
|
limiter,
Nul
corps
de
Religion,
nulle
focieté
de
doûtrine
ne
peut
fublifter
fans
cela
;
ear
il
faut
bien
quelles
uns
infs
pour
Maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
137
années,
ou
même
pendant
toute
la
vie,
&
cette
pénitén-
ce
fe
faifoit
en
public,
les
feuls
Miniftres
la
faifant
dans
les
prifons
où
on
les
renfermoit
;
ce
quinous
donne
un
jufte
fujer
de
croire,
qu’on
ne
les
renfermoit
que
dans
l’apprehenfion
qu'ils
ne
continuaffent
de
répandre
le
venin
de
leurs
erreurs
parmi
les
fimples.
Voici
le
Formulaire
de
la
fentence
d’abfolution
pour
les
Miniftres,
qui
fervira
à
confirmer
tout
ce
que
nous
avons
dit
:
Que
tous
fçachent,
que
par
ce
qui
#été
trouvé,
découvert,
&
verifie
dans
l’In-
uifition
;
ilinous
a
paru
certain,
qu'un
tel
a
été
füurpris
dans
l'Hérèfe,
&
qu'ileftrevenu
à
l'unité
de
lEglife.
Vou-
lant
donc
lui
faire
miféricorde,
nous
le
condamnons
à
une
prifon
perpctuelle
,
{lon
les
Conftitutions
Canoniques:.
Agentes
miféricorditer
cum
eodem
,
ipfum
ad
perpetuwm
car-
cerem
condempamus,
fécundum
Ganonica:infhituta.
Cela
ne
regardoit
que
les
Miniftres
,
les
Parfaits,
les
Dogmatifans,
PART:
Chap.
XIL.
a
nm
lefquels
euflent
dû
être
condamnez
à
la
mort
par
le
Juge.
public
,
comme
l'Empereur
Maxime
l’ordonna
de
Pris:
cilien
&
de
fes
premiers
difciples,
qui
enfeignoient
{es
er--
reuts;.&
comme
d’autres
Loix
l’ont
ordonné
contre
ceux,
qui
contre
tous
les
Edirs,
continuoient
À
étendre
l'Hérefe.
:
C'éroit
donc.
l'effet
de la
charité
&
de
la
douceur
de
PE-.
glife,
d’avoir
fait
changer
cette
peine
de
mort
en
prifon:
perpétuelle,
X
V.
Mais
pour
les
Hérétiques
obftinez
dans
leurs
er-.
teurs,
qui
n’en
vouloient:
point
faire
de
pénitence,
voici
la
fentence
qu’on
prononçoit
contre
eux
devant
le
Juge
f6-
culier:
.Qwe
tous
[cachent
que
par
ce
qui
a
été
trouvé,
décou-
Vert,
@verifié
dans
l'Inquilition,
il
nous
a
paru
coustant,
gwun
tela
été
furpris
dans
une
Héréfie
condamnée
par
V'Egli-
:
Jè,
@
que-nous
le
condimnons
comme.
Hérérique:
La
fen-.
tence
de
l’Inquifiteur
,.ou
du
Juge
Ecclefaftique,
ne
por.
toit
rien
de
plus
:
mais
le
Juge
feculier
faififloit
aufli-toôt
le
coupable
convaincu
&
condamné
d'Héréfie,
&
procedoie..
contre
lui
felon
les
Loix
Giviles,
qui
traitoient
|
Hére=
fie
comme
un
crime
public.
Ta
fentence
contre
les
Fauteurs
des
Hérétiques,
portoit
.
#
138
Traité
des
Edits,
@ÿ
des
autres
moïens
If.
PART.»
qu'ils
avoient
été
trouvez
dans
l’Inquifiion
fauteuts
de:
Cha,
XII.
l'Héréfie,
qu’on
les
dénonçoit
excommuniez
&
fauteurs:
»
de
l'Héréfie,
&
que
s'ils
differoient
plus
d'un
an
à
fatisfaire,
»
ils
feroient
foumis
aux
peines
du
Concile
General;
&
s'ils.
»
ne
fe
purgeoient
pas
fufifamment
,
ou
s'ils
pañloient
une
»
année
dans
l'excommunication
,
ils
feroienc
condamnez,,
»
comme
Hérétiques.
Le
formulaire
de
celui
qui
fe
purgeoit
du
foupgon
d’'Hé:
»
rèfie,
portoit
qu'il
juroit
par
le
Dieu
Tout-puiflant
&
par
»
les
Saints
Evangiles
qu'il
tenoïit
en
main,
qu’il
n’étoit
point
»
&n'avoit
pointété
Vaudois,
où
Pauvre
de
Lyon
,ou
Hére-
«#
tique
en
quelque
façon
que
ce
füt
;
qu’il
n’avoit
point
ce-
»
nu
feurserreurs.,
&
ne
les:
tiendroit
point;
qu’il
faifoit
pro-
#
feffion
de
croire
ce
que
croit
'Eglife
Catholique,
Apof-
»
tolique
&
Romaïne,
ce
que
croïoient
&
ce
que
prêchoient
les
Prélats
de
l'Eglifc
univerfelle
:
Profteor
me
credere
f-
dem
Catholicam
,
quam
fanila
Romana
Ecclefia
€
Apoftoli-
cam
publicè
tenet,
docer
praditat,
&
vos
domine
Archi-
épifcape,
vel
Epiftope,
>
careri
Prelati
Eccleffe
univerfalis
te-
nent,
predicant
publice,
atque
docent.
C'et
donc
lè:ce
qui
leur:
fait
porter
le
nom
de
Fidéles;
la
créance:
qu'ils.
ont
non
en
leur
Miniftre
;
mais
en
l’Eglife
univerfelle
&
perpétu-
elle
,
d'un
bout
du
monde
à
l’autre,
&
depuis
les
Apôtres
jufqu'à
prefent;.
car
c’eft
ce
qui
eff
fignifié
par
ces.
rermes:
de’
l'Eglife
univerfelle-&
Apoftolique..
|
Outre
celui
qui
fe
purgeoir,
il
y
en.
avoit
d’autres
qui:
»
juroicnt
avec
lui;
on
les
nomme-ici
Gompurgatores,
&
ïls
»
Juroient
,
qu'ils.
croioient
fermement.
qu'un
tel
H'AVOIT
Ja
mais
été
Hérétique,
&
qu'il
n'avoir
poine
juré
à
faux.
Le
Juge
déterminoir
le
nombre
de
ceux
qui
devoient
jurer
avec
celui
qui
fe
purgcoir,
&
aprés
l’ävoir
déclaré.
il
ne.
devoit
plus
le
changer
:
C'étoit
ce
que
nous
appellens
au-
jourd’hui
des
Cautions
où
des
Répondans
,
qu'on
exigeoit
pour
Fafleurer
davantage
de
la
fidelité
de
ceux
qui
avoient
êté
fufpedts..
=
: |
;
>
.
à.
«
De
QE
De
t
+
<
".
$
Ÿ
:
”
»
Æ
RE
D
NE
ste
à
+
à
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
139
æ
CHapitTRre
XIIL
Traces
de
la
même
diféipline
de
l'Inquifiion,
où
de
a
Pénirence
publique
dans
lès
anciens
Conciles.
I.
l'Enguifition
dans
les
anciens
Conciles
de
France,
@°
des
peines
quon
y
décernoit.
11.
Suite
des
anciens
Conciles,
©
‘de
la
ma-
Hière,
quon
y
jugeoit
©
qu'on
punifoit
les
Hérétiques
,
en
les
exilant
du
Roiaume.
III.
Les
anciens
Pénitens
diffinguez
d'a
vec
les
antres
Fidéles,
par
leurs
cheveux
,
©*
par
leurs
habirs.
IV.
Peines
décernées
contre
ceux
qui
célent
les
coupables,
qui
_des
favorifeñt,
où
refnfent
leurs
feconrs
contre-cux.
V.
Peines
des
“Conciles
contre
les
fuges
qui
ne
puniffent
pas
les
Hérétiques.
VI.
On
pale
de
la
premiere
race
de
nos
Rois
à
la
fesondès
&
07
y
remarque
La
même
obligation
des
Fuges
féculiers
à
venger
für
les
conpables
le
mépris
des
Loix
de
l'Eglife,
on
de
[es
ex-
Communications.
V1.
On
pale
à
la
troifième
race.
Ordonran-
«Ge
de
Saint
Lonis
entierement
conforme
4
celle
du
Concile
IV.
de
Latran,
VIII.
Decret
dn
Concile
de
Salsbourg
en
ï
4
20.
con-
forme
à
celui
dn
Concile
IV,
de
Latran.
I
X.
Cette
police
avoit
ne
|
II.
PART.
Cha.
XI.
donc
lien
non-feulement
dans
L'Italie
&
dans
l
Efpagne
;
maïs
encore
dans
la
France
@&
dans
l'Allemagne.
X.
Si
Saint
Louis
rejet-
ta
la
demande
du
Clerçt,
Gui
defiroit
que
le
Tage
Roïal
punit
ceux
qui
tardoient
plus
d'un
at
à
[e
faire
abfondre
de
lexcommunica.
tion.
X
1.
Des
dernieres
Ordonnañcés
&e
nos
Rois
contre
les
Flé-
rétiques.
XII.
Quels
reglemens
firent
[ur
ce
fujet
les
deux
Con-
:
Giles
de
Cologne
du
ficle
dernier.
Combien
la
douceur
eff
necef-
faire.
L
L:
Concile
d'Efpagne
tenu
en
517.
défendit
à
tous
_
Ales
Ecelefaftiques
de
manger
jamais
à
la
table
des
Clercs
des
Hérétiques,
fur
peine
d’une
fufpenfion
d’un
an
pour
les
Clercs
majéuf$;
mais
fur
peine
de
la
difcipli-
ne,
ou
des
vergés,
pour
les
Clercs
inferieurs:
Qwod
ju-
Fu
PV.
mioïes
Clerici
ff
prefumplerint
,
vapalabunr.
Le
Concile
de
Reims
en630.
ordonna,
que
fi
on
fe
deffioit
qu'il
y
eùt
encore
des
Hérétiques
dans
les
Gaules,
les
Pafteurs
des
Éclifes
en
fiflent
des
Enquêtes;
c'eft
le
même
terme
que
A
M
8
3
2
8
à
8
£élui
d'Inquifition:
4
Paforibus
Ecclefiarurs
lets
Er
«
)
140
.
Traité
des
Edits,
es
des
autres
moïens
fi
on
en
découvroit,
qu'on
les
fit
rentrer
dans
la
Foi
&
ae
dans
l'Eglife
Catholique:
Es
f
weraciter
fuerinr
inventi,
Cas:
ad
fidem
Catholicam
revocertur.
Ce
Concile
n’exprime
pas.
les
voies,
dont
on
fe
fervira
pour
rappeller
ces
brebis
éga-
rées.
Mais
enfin,
il
veut
qu’on
ne
leur
donne,
&
qu’on
ne
fe
donne
aucun
repos,
jufqu’à-ce-qu’on
les
ait
rame-
néés
:
car
ce
Canon
montre
clairement,
qu’on
ne
fouffroit:
point
d'Hérétiques
en
France,
&
qu'on
faifoit
des
per-
quifitions,
quand
on
en
avoit
la
moindre
deffiance
:
Tz
Ji
qui
Haretici
adhuc
effe
fufpiceutur
in
Galliis,
à
Paffori-
bus
Ecclefiarum
perquirantur.
PL
ne
ds
—.
.
FT
Cela
eft
encore
bien
plus
clair,
dans
le
recit
que
fit
S.
Ouén-un
peu
plus
tard
dansla
vie
de
S.
Eloi
Evêque
»
de
Noïon.
Il
dit
qu'un
Hérétique
Monothélite
chaflé
des
»
Pais
d'Outremer
arriva
en
France,
fe
cacha
à
Autun,
&
»
ÿ
dogmatifa
en
fecrer.
QueS.
Eloi
qui
étoit
dans
le
Palais,
»
Cn
eut
le
bruit,
&
que
felon
fa
vigilance,
il
commença
à
»
traiter
avec
S.
Ouën&
avec
les
autres
Catholiques,
com-
»
mentil
pourroit
découvrir
cette
pefte,
&
la
faire
connoître
»
aux
autres.
Enfin
qu'il
ne
cefla
point
d'avertirles
Evêques
»
&
les
Sesgneurs
jufqu’au
tems,
que
le
Roi
fc
aflembler
un
»
Concile
a
Orleans.
Là
cet
Hérérique
fut
produit,
on
dif-
»
puta
contre
lui,
on
eut
de
la
peine.
à
le
convaincre,
tant
Conr,
Gall.
»
1]
toit
adroic
à
éluder
tout.
Enfin
#7
#rés-doéfe
Evêque
28-455,
nommé
Salvius
le
convainiquit.
Aprés
cela,
tous
les
Evé-
»
ques
du
Concile
prononcérent
contre-lui,
en
écrivirent
»
des
lettres
dans
toutes
les
villes,
&
l'Hérétique
aprés
cet-
»
te
fulmination
des
Decrets
du
Goncile,
fur
chaflé
avec
»
honte
de
route
la
France
:
Sicque
advuerfus
eum
omnium
*
Epiftoporum
[ententia
prolata
,
@
per
Jingulas
civitates
[a-
Per
ejus
nomine
Decretis
conflitutis,
in
ea
qua
per
erat,
2gnomivia
C"
dedecore,
à
finibus
Gallis
eliminatus
eff.
Le
Pe-
*
re
Sirmonda
placé
ce
Concile
en
l'an
645.
On
ne
peur
nier
“que
Ce
ne
fotent
là
des
preuves
d’une
véritable
Inquif-
‘uon,
les
Evêques
l'exerçoient,
&
la
peine
des
incorrigi-
bles
étoir
l'exil,
parce-qu’on
ne
fouffroit
én
France
au-
“Eûn
Hé
es
nn
ne
>
L*
pour
maintenir
l'unité
del'Eclife
Catholique.
143
III.
Le
Concile
d'Agde
quelque
tems
auparavant
en
$06.
voulut
qu'on
exclüt
du
nombre
des
Penitens,
ceux
“Ch.x1It.
qui
refuferoient
de
couper
leurs
cheveux
,
ou
de
changer.
d'habit
:
Si
comas
non
depofrerint
;
aut
véflimenta
non
tu
javerint,
abjiciautur.
1]
eft
fi
certain,
que
pendant
le
tems
de
la
pénitence
on
portoit
un
habit
different,
&
qui
mar-
quoic
l'état
humilié
de
pénitent,
qu'il
nétoit
pas
même
permis
aprés
la
pénitence
achevée,
‘de
reprendre
Les
habits
du
fiécle.
fur
peine
d’excommunication,
felon
la:
difcipline
plus
ancienne
du
Concile
d'Arles
en
452.
Ez
quicumque
ille
pol}
pmientiar,
babitum
[acularem
non
prafumat.
Quod
fi
prefumpférir,
ab
Ecclefia
alienus
habeatur.
Hneft
done
pas
furprenant,
qu'on
ait
obligé
dans
le
Con-
mt
II
Par
r.
Cas
15:
ce
a
ñn
«Can.
233
ile
de
Tarracone,
ceux
qui
avoient
pafle
par
lInquifi=
tion
;
c’eft-à-dire
qui
avoient
fait
pénitence
publique,
de
porter
une
double
croix
attachée
à
leur
habit
fur
l'efto-
rhach;
mais
de
couleur
differente.
*
Enfin
le
Concile
d'Orléans
en
538.
ordonna,
que
fi
ceux
qui
s'étoient
nus
une
fois
en
pénitence,
reprenoient
lha-
bit
&
la
profeffion
du
fiécle
;
ils
feroient
frappez
d’excom-
munication,
&
ne
pourroient
communier
qu'à
l’article
de
4
mort
:
SZ
qgws
pœnitentis
benediétione
futepta,
ad
fe
Can.
25]
CE
€
‘
Aa
€
e
cularem
babitum,
militiamque:reverti
prefumpférit,
viatico
conceffo
ujque
ad
exitum
excommunicatione
plectatur.
Voilà
fans
doute
une
pénitence
jufqu'à
Particle
de
la
mott,
&
une
défenfe
perpetuelle
aux
Péniténs
de
reprendre
jamais
lés
habits
féculiers.
*
=
|
>
IV.LeIl.
Concile
de
Tours
en
$67.
ofdonne,
que
fi
un
Moine
fott
de
fon
Momaftére
&fe
marie,
on
lé
{épa-
rera,
&
le
Juge
du
lieu
prétera
main-forre.
Si
le
Juge
re-
refufe
fon
fecours
à
FÉglife,
il
fera
excommunié
:
De
axoris
malè
fociate
confortio
etiam
judicis
aixilio
[éparctur.
>
Can.
1$
ce
€&
:
cé
4
Quod
fi
jadex
ad
hoc
Jolatium
dare
noluerit,
excommunicetur.
Si
ce
Moine
apoñtat
trouve
des
défenfeurs,
&
lui
&
eux,
feront
excommuniez.
If
n’eft
donc
pas
étonnnant
,
que
le
Concile
IV.
de
Latran
&
les
Conciles
de
France,
qui
Je
füivirent
de
prés,
aïant
fulminé
contre
les
Juges
&'les
Tij
2
Traité
des
Edits,
cs
des
autres
moïens
|
Lure
Seigneurs
temporels,
qui
celeront,
qui
favoriferont,
ou
Chap.
y,
qui
défendront
les
Héréciques
:
enfin
qui
n’emploïeronc
:
pas
toute
leur
puiflance,
pour
exterminer
l'Héréfe.
V.
Le
Concile
II
I.
d’Orleans
en
538.
excommunia
les
Can,
31.
»
Juges
des
villes,
&
des
moindres
lieux,
qui
ne
faïfroient
»
pas
&
ne
foumettroient
pas
à
la
rigueur
des
Juftices
Roïa.
»
les
les
Bonoziaques,
&
les
autres
Hérétiques,
qui
avoient
“
rebatifé
dès
Catholiques
:
$2
#0
ffatim
rebaptilantes
af°
trinxerit,
C
ad
Regis
fidem
atque
juffitiäm
propteres
diflrir-
gendos
adduxerit.
La
raifon
du
Concilé,qui
n’a
pasété
omife
en
fon
lieu
plus
haut,
eft
que
nous
avons
certainernent
des
Rois
Catholiques:
Qwis
Reges
nos
sonffat
bakere
Ca-
#holices.:
c'eft-à-dire
que
dans
uü
Roïaume
Carholique,
le
Magiftrat
Civil
eft
obligé
de
confpirer
avec
l'Eclife
pour
abolir
l'Héréfie.
Le
Roi
Clotaire
fit
bien
voir
dans
JEdit,
qu'il
publia
en
ç60.
que.ce
n’étoit
pas
fans
fonde.
.…
ment
que
les
Evêques
comptoient
fur
la
pieté
de
Rois
en
Conc.
Gal.
faveur
de
PEglife;
puifqu'il
y
ordonna,
que
fi
les
juges
Far
3%,
condamnoient
quelqu'un
injuftement
contre
les
Loix
en
»
l'abfence
du
Roï,
c'étoit
aux
Evêques
à
leschâtier:
57
j4-
_dex
aliquem
contra
legem
tnjuflè
damnaverit,
in
noffri
abfentia
ab
Epifbopis
cafligetur.
Aprés
avoir
bien
confidèré
ces
Ca-
nons
,
on
jugcfa
fans
doute,
que
le
Concile
IV.
de
La-
tran
avoit
raifon
de
tout
préfumer
de
la
bonne
volonté
des
Rois
à
intetpofer
toûjours
leur
autorité
pour
la
con-
fervation
de
la
paix
&
de
l'unité
de
l’Eglife,
contre
des
ennemis:
&
on
l’éprouva
bien
tôt
aprés,
particuliérement
eu
France.
&
en
ane
VI.
Paflons
à
la
feconde
race
de
nos
Roïs.
Le
Con-
Em.»
à.cile
de
Vernon
en
755.
fous
le
Roi
Pepin,
ordonna
que
:
».
fi
quelqu'un
méprifoit
l’excommunication
de
l'Evêque,
&
#
que
l'Evêque
ne
püt
le
ranger
à
fon
devoir,
il
feroit
ban
»
ni
par
le
jugement
du
Roï,
ou
du
Juge
Roïal
:
@wod
f
aliquis
iffa
omnia
contemplerit,
€
Epifopus
emendare
Pi-
aime
poiuerit,
Regis
judicio
exilio
condemnetur.
Voilà
ce
que
demandoit
le
Concile
de
Latran,
que
fi
les
Hérériques
ne
déféroient
pas
au
Jugement
des
Evêques
,
les
Jugcs
pour
maintenir
l'unité
de
FEglife
Catholique.
143
Roïaux
&
les
Seigneurs
des
lieux
vinffent
au
fecours
de
oi
FEglife.
Quand
ceux
qui
avoient
étéexcommuniez,
negli-
Chap.
XHE,
gcoient
de
fe
faire
abfoudre,
foit
pour
P'Hérefe,
foit
pour
”
*
quelque
autre
crime
;
quand
ils
pafloient
plusdune
année
dans
ce
mépris
de
la
communion
de
l'Eglife
&
de
fon
au-
torité
:
c'étoit
felon
ce
Concile.
aux
Seisneurs,
ou
aux:
Juges
Roïaux
,
ou
aux
Roïs
même
à
les
rédure
à
leur
de
voir
,
conformément
à
ce
qui
fut
décerné
au
Concile
ITE.
de
Latran
dés
le
XIL.fécle.
Les
Evéques
du
Concile
de:
Creffy,
qui
écrivirent
au
Roï
de
Germanie
Loëis,
l'an
858.
avoient
fraïié
chemin
à
cette
Difcipline.
Hstémoignérent,
«ca:
que
les
Seigneurs.
&
les
perfonnes:
puiffantes
;
qui:
dans
«
ces
derniers
troubles
aprés
rant
de
crimes
commis
avoient
<
été
excommuniez
,
devoienc
étre
contraintes
par
fon:
au-
«
torité
Roïale'à
revenir
à
leurs
Evêques,
&
à
fatisfaire
à.
PEglife
avec
toute
l'humilité
néceflaire,
afin
qu'aprés
ce-
«
Ja
ils
puflent
être
abfous
par
les
Evêques
:
Howéves
ettam
Core.
Gal
>
potentes
feculi,
qni
inter
iffas
[editions
Legis
jugum
equi-
"TP
fatis
refugerunt,
©"
talia
ac
tanta
fecéruut
pro:
quibus
Ecile-
Jiaflicam
é*
Epiftopalem
excommunicationsm
meruerunt,
ad
degis
€
juffitis
tramitem
revocantes
:
&
nt
ad-fuos
Epiftopos.
humiliter,
ficut
eis
necefle
eff,
veniant
jubete,
vel
cogite
ut
Eccléffe
in
quam
peccaverunt,
aué
cum.
debita
neceffaria:
buinilitate
Jatisfaciant
;
aut
humiliter
;
@
veraciter
[e
excu
Jént,
qualiter
abfolvi
à
Domino
per
minifferium
Epftopale:
valeant,
fuadete
,
aique
Regia
auteritate
pracipire.
Le
Pape
Innocent
LTI.
&
le
Concile
EV.
de
Lacran
n'en
demans
-
doient
pas
davantage,
dans
le
Decrerquenousavons
rap»
porté,
comme
le
fondement
de
l’Inquifitionexercee
par
les
.
Evêques,
conformément
aux
anciens
Canons:de
l'Eglife..
VIE
Pourlarroifiéme
race,
Saint
Loüts
Roïrde
France;
.
l'honneur
de
toute
la
Monarchie...
dés
l'an
1228,
fit
fa
De
.
élaration
contre
les
Hérétiques,
de:
laquelle
nous
avons:
.
déja
rapporté
quelque
chofe.
En
voici
encere
un
endroir
Cher
Cas
mémorable
fur
le
fujer
que
noustraitons
ici:
Parce,
dirS?
#5
ce
Saint
Roi,
gwen
ce
pais-la:
de
Narbonne,
les
clefs.
de
»
ÉEghi(e
fént
ordinairement
méprifeX.,
nous
erdontons
qu'on
à
144
“Traité
des
Edifs,
@*
des
aûtres
moïens
évite
la
compagnie
des
Excommuniez,
felon
les
Conflitutious
IL.
PART,
Canoniqués.
Et
sil
y
en
a
de
ff
opiniätres
,
qu'aprés
une
an-
Cha
XHI.
née,
ils
ne
demandent
pas
a.revenir
à
unité
de
l'Eglife;
il,
faut
que
la
Puiffance
temporelle
les
y
force
;
af
n-que
Ji
la
craine,
te.
de
Dieu
ne
les
aräché
pas
du
mal,
la
peine
temporelle
le,,
fale.
C'eff
pour
cela
que
nous
commandons
à
005
Baillifs,.
qu'aprés
l'année
expirée
;
ils
faïfifent
tous
les
biens,
meubles
c
immeubles
de
ces
excommuniez,
ne
les
leur
rendent.
point,
qu'aprés
qu'ils
auront
été
abfous,
@
qu'ils
auront
[a
tisfais
à
l'Eglife:
@
gwalors
même,
ils
ne
le
fullent,
que,
…
de
nôtre
mandement
fpecial.
Ni
le
Concile
de
Larran,
ni
ces.
:
©
Jui
de
Tarracone
n'en
pouvoient.pas
défirer
davantage.,
Cet.
Edit
ajoûte
encore
conformément
aux
intentions
dés
Decrer
du
Concile
de
Latran
ce
qui
fuit:
Novs
voulons.
quences
Ordonnances
foient
inviolablement
obfèruées
;
que
les:
-
Barrons;
les
Vallaux
G*
les
bonnes
villes
jurent
de
les
gar=
der:
nos
Baillifs.en.
feront
les
executeurs;
Gun
Mois.
aprés.
qu'ils
auront
été
regis
dans
leurs.
Bailliages;
ils
jurerout
pus,
bliquement;
en
ue
lien
public
&
ce
un
jour
folennel,
qu'ils
obférveront
tous
ces
Statuts,
@
les
feront
obférver.
de
bonne.
foi.
S'ils
ne
le
font,
ils.
auront
a.craindre.
la
privation.
de
<
leurs
biens,
G*
une
peine.
corporelle.
Que.
pouvoient
defirer.
davantage
les
deux
Conciles
que
nous
venons
de
nome
mer,
êa
les-autres-femblables,
à.
à
0
VIITL.
Le
Concile
de
Salsbourg
environ
lan
1420.
fule.
mina
lexcommunication
fur
les
perfonnes
,
&
l'interdit.…
»
ur
les.lieux:,:
qui-fouffriroient
que
l'Héréfie
des.
Viclef:
»
fiftes
;-ou
des
Huflites
fe
répändit:
defendit
à
toutes
{or
»
tes
de
perfonnes,
aux
Evêques
mêmes
&
aux
Ducs,
de.
»
recevoir
dans
leurs
Eglifes,
leurs
terres,
leurs
villes,
leurs
:
»
iMaifons
;
CEUX
qui
étoient
infectez
de
ces
erreurs,
pouf
»
ydagatifer
en
public,
où
en
fecret:
commanda
à
tous.
»
lesFidéles:;
dés
qu'ils
auroient
appris,
qu'ik
y
anroit
dans,
ARTE
;
5
5
4
ja
Province
de:
ces
Hérétiques
;
de
les-vénir
aufli-tôt
dé
,
noncer
à
leurs
fuperieur.
Ordonna
aux
Ducs,
aux
Coms
»
tés,
aùx
Barons
aux
Confuls,
aux
Juges,
qu’à
la
réqui-
»
fition
des
Evéques;ndes
Grands.
Vicaires,
des
Jnquifreurss
|
7
Us
:
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
145
ils
euflént
à
arrêter,
&
à
emprifonner
ceux
qui
feroienc
«Il.
PART.
atteints
de
ces
Héréfies,
ou
qui
en
féroient
diffamez,
ou
«Cha.
XIE.
fufpeds.
Les
mêmes
peines
furent
décernées
contre
ceux
«
qui
céleroient,
favoriferoient
,
ou
défendroïent
les
He-
«
rétiques
:
Et
parce-que
ceux
qui
font
infe&ez
,
diffamez,
«
&
foupçonnez
d'Héréfie
,
ne
font
d'ordinaire
que
des
«
converfions
feintes,
&
ne
reviennent
à
l’unité
de
l’Eglife,
«
que
par
fraude
;
ce
Concile
ordonne,
qu'outre
les
peines
«
marquées
dans
le
Droit
pour
ceux
qui
font
abjuration
«
d'Héréfie,
on
les
arrête
pendant
une
année
dans
les
pri-
«
fons
aprés
leur
abjuration
faite,
&
qu'on
ne
les
relâche
«
point,
qu'on
ne
fe
foit
afleuré
de
la
fincerité
de
leur
con-
«
verfion.
Enfin
l’Archevêque
ordonne
à
tous
fes
fuffragans
«
de
mettre
en
exécution
avec
vigueur,
cout
ce
que
le
Droit
«
a
commandé
contre
les
Hérétiques,
contre
ceux
qui
font
«
difamez
ou
fufpects
de
l'être
,
contre
ceux
qui
les
cé-
«
lent,
les
favorifent,
ou
les
défendent;
enfin
contre
les
«
puiflances
feculiéres
,
qui
négligeront
d’extirper
l'Héréfie
«
des
terres
de
leur
domaine.
«
1X.
Graces
au
Ciel,
nous
n'avons
préfentement
befoin
de
rien
de
femblable
;
un
grand
Roi,
intrepide
&
religieux,
aimé
&
redouté,
a
commandé
&
a
été
obéi;
s'il
y
a
eu
des
foupçons
de
converfons
feintes,
ils
font
diflipez,
ou
ils
£e
diflipent
de
plus
en
plus
tous
les
jours
:
les
conver-
fions
meuriflent
&
fe
perfeétionnent,
fans
qu'il
ait
été
be-
foin
de
recourir
à
ces
remedes
forts,
que
ces
Edits,
ces
Canons
&
ces
Conciles
viennent
de
toucher.
Jay
cru
né-
anmoins,
qu'il
feroit
utile
de
les
rapporter
ici
pour
une
inftruétion
plus
entiere
de
tout
ce
qui
regarde
nôtre
fujet.
On
auroit
ph
fe
perfuader,
que
l'Efpagne
ou
Plralie
feu-
le
auroit
été
capable
de
cetre
police
exade
&
févére,
foit
du
Tribunal
Ecclefaftique,
foit
du
féculier,
dans
la
ma-
tiére
de
l'Héréfie
:
mais
le
Concile
de
Salsbourg
fait
voir
la
difpofition
du
même
Droit
dans
l'Allemagne
;
&
l'Edit
.
de
Saint
Loïis
le
fait
voir
pareillement
dans
la
France,
avec
tous
nos.
Conciles
alleouez
plus
haut.
Ur
à
.
X.
Je
n’ignore
pas
ce
qu'a
raconté
Joinville.
desSaint-
e
V
IE
PART:
Cha.XHE.,
%
1°
146
Traité
dés
Edits,
é7
des
autres
moïens
Loiis,
&
de
la
réponfe
que
fit
ce
Saint
Roï
au
Clergé
de
France,
qui
lui
demandoit,
qu'ilordonnär
à
fes
Ju
ges
Roïaux.
de
faifir
&
d’emprifonner
ceux
,
qui
aprés
avoir
été
excom
muniez,
mépriferoient
les
Cenfures
de
lEclife,
&
pañe-
roient
plus
d’une
année
fans
fe
faire
abfoudre
:
Saint
Loüis
répondit,
qu'il
le
feroit
fans
peine,
pourvû
que
le
Cler-
gé
agréèt,
que
les
Juges
Roïaux
connufiene
auparavanr,
ÿ*
fi
la
Cenfure
avoit
été
fulminée
avec
juftice.
Le
Clergé
naccepta
pas
Cette
condition.
Il
eft
certain...
qu'on
s’eft
trompé,
quand
on
a
cru
que
cette
derniere
réponfe
étoic.
contraire
à
FEdit
precedent.
L’Edit
ne
regardoit
que
lé
cas
de
l'Héréfe,
dont
il
eft
inconteftable
,
que
le
feul
Ju:
ge
d'Eglife
eft
Juge
competent;
au
lieu
que
les
autres
ma:
ticres
font
ordinairement
d'une
nature
mixte,
qui
peut
.
être
portée
à
lun
&
à
Pautre
Tribunal.
Pourquoi
Saint
Lotiis
auroit-il
révoqué
plufeurs
années
aprés
,
ce
qu'il
.
2
(2
<
£
7
:
avoir
ordonné
contre
l'Héréfie
au
commencement
de
{on
_
regne,
&
ce
qui
lui
avoit
acquis
tant
de
gloire»
Pourquoi
ù
=
©
:
TRS
Û
0
ÿ
s
RTS
.
oO
ET
le
Clergé
auroit-il
demandé
à
ce
Roï
un
fecond
Edic,
Ibidems:
+
aprés
celui
qui
avoit
éce
publié
>
Pourquoi
l'Hifforien:
ne
diroit-il
pas
que
le
Clérgé
demanda
la
confirmation
d'un
Edit
precédent
?
Pourquoi
le
Clergé
n'auroit-il
pas
protefté
au
Roi,
qu'il
ne
demandoit
rien
de
nouveau:
mais
la
confirmation
feulement
d’un
ancien
Edit
donné:
par
Jui-même
>
Quelle
apparence
,
que
ke
Ror
ou
le
Cler-
gé
vouluflent
confondre
le:ças
de
l'Héréfe,
avec
les
au-
tres
ças
innombrables,
dont
l’un
où
Fautre
Juge
peuc
con
noïtre
à
Le
Roi,
dit
Joinwille;pout
jufüfier
fon
refus
ap
»
porta
Fexemple
du
Corre
de
Bretagne,
lequel
étant
ex-
»
Communié
plaida
feptans
contre
lès
Évêques
de
Bretagne,
3
Pinuille
de
du
Cange,
PAT.
13,
&
gagna
enfin
fa
caufe
contreux
à
Rome.
Ce
n’étoit
point
läune
caufé
d'Héréfie
;
ou
de
foi;
mais
de
quelque
titerêt
temporel.
Auf
ce
Sainr
Roi
ajoûra,
que
s'il
eût
contraint
le
Comte
de
fe
faire
abfoudre
dés
la
prerire:
/
A
Pa
le
Ar
>
à
res
Se
É
e
année,
1]
lus
eus
fallu
:
Lezfer
aux
Prélats
contre
raifor,
6e
qu'ils
lui
demandaient
contre
fon
vouloir,
@
qu'en
ce
faifant,
1é
ché
grandement
mefl
is
ébenvers
Dieu;
envers
ledit
Comté
de
our
maintenir
l'univé
de
l'Erlife
Catholique.
147
Bretagne.
Wne
s'agifloit
donc
point
du
cas
d'Hérélie,
quand
FT
pinrix
ce
Roi
refufa
d'emploier
fes
Juses
contre
ceux
qui
tarde-
Cha,
XHL,
8
roient
plus
d'une
année,
à
fe
faire
abfoudre
de
l’excom-
aunication.
XI.
On
peut
voir
dans
les
Ordonnances
de
nos
Rois,
cel-
le
de
François
I.
en
1543.
qui
autorife
la
Jurifdiébion
des
Prélats
&
Inquifiteurs
de
la
foi
contre
les
Laïques
,
ou
Ecclefaftiques
accufez
d'Heérélie,
pour
proceder
contre
eux
felon
les
Conftitutions
Canoniques.
On
y
peur
voir
auffi
celles.
de
Henri
IT.en
sç50.
&
1557.
couchant
les
pou-
*
oirs
accordez
par
lui
aux
Inquifiteurs
de
la
Foi,
confor-
mément
au
Bref
du
Pape
Paul
IV.
que
ce
Roi
avoit
ob-
tenu
;
&
où
le
Pape
nommoiït
pour
Inquifiteurs,
les
Car-
dinaux
de
Lorraine,
de
Bourbon
&
de
Chaftillon.
On
fait
que
ce
Pape
fut
un
des
plus
rigoureux,
pour
tout
ce
qui
regardoir
l'Inquifition
contre
les
Hérériques.
On
fait
aufli
que
ces
rIgucurs
de
l’Inquifition
Romaine
mont
jamais
eu
de
cours
dans
ce
Roïaume.
Ce
furent
nos
Evêques
qui
furent
les
Inquifiteurs,
par
eux
ou
par
leurs
déléguer,
foit
Religieux,
foit
Eccleñaftiques.
Ce
font
ces
Inqüifiteurs
que
François
L.
autorifoir.
Je
n’entreray
point
dans
les
dé-
mêlez,
qui
s’élevérent
entre
les
Prélats
&
les
Parlemens
du
Roïaume,
pour
s’attribuer
la
jurifdi@tion
de
faire
le
procés
aux
Hérériques.
On
pourroit
l’attribuer
au
zéle
de
ces
deux
illuftres
corps.
Nos
Rois
s’cfforcérent
de
main-
”
æenir
les
uns
&
les
autres
dans
leurs
juftes
Droits.
Cela:
ne
püt
empêcher,
que
ce
ne
fuflent
tantôt
les
Evèques
,
‘qui
lemportaffent,
&
tantôt
les
Parlemens.
L'Hiftoirc
a
obfervé,
que
quand
le
Prince
panchoit
à
la
douceur
,
il
donnoir
l'avantage
aux
Evêques,
dont
les
fentences
&
des
peines
ne
pouvoient
être
que
fort
douces;
&
qu
and
ces
jugemens
au
Parlement.
En
voilà
affez
pour
la
Fran-
-ce,
où
nous
dirons
peut-être
enfuite,
que
les
Hérétiques
:
-ne
furent
envoïez
au
dernier
fupplice,
qu’aprés
qu'ils
eu--
-tent
eux-mêmes
exercé
les
dernieres
violences
contre
les’
“plus
Saintes
marques
de
nôtre
Religion,
&
contre
les@a
VA
“aù
contraire
il
vouloit
qu'on
ufât
de
févérité
,
il
renvoïoit.
IE
PART.
148
Traité
des
Edits,
er
des
attres
moïens
tholiques
qui
les
défendoient.
Je
dirai
encore
un
mot
de:
Cha,
xt11,
l'Allemagne,
puis
je
viendrai
aux
Conftitutions
Canoni-
Part,
13.
0.
T4:
ques,
aufquelles
les
Ordonnances
de
nos
Rois
&
nos
Con-
ciles
de
France
ont
voulu
qu’on
fe
conformar.
XII:
Le
Concile
de
Cologne
en
1526.
déclara,
qu'alors
tout
étant
rempli
d'Héréfies
&
de
Schifimes,.
il
feroit
à
propos
de
conferer
avec
les
Inquifiteurs
du
Siège
Apof-
tolique,
&
de
drefler
un
formulaire
d’Inquifition
,
qui
füc
conforme
au
Droit,
&
qui
répondit
à
l'importance
de
la
chofe
:
Communicato
cum
Inguifitoribus
Apojfolicis
confilio..
Je
ne
penfe
pas
que
les
Prélars
d'Allemagne
cuflent
def.
fein
d'établir
chez
eux
une
Inquifition
entierement
fem-
blable
à
celle
de
Rome,
non-plus
que
nos
Rois
&
nos
Evé-
ques.
Mais.
on
pouvoir
en
tirer
des
lumiéres
utiles,
avec
réfolution
de
les
proportionner
au
génie
&
aux
befoins
de:
tant
de
Païs
differens..
| |
Le
Concile
fuivant
de
Cologne,
tenu
en
1549.
exhor-
ta
tous:
les
Laïques.
&
les
Ecclefaftiques
,
qui
s’étoient
en-
gagez
dans
la
communion,
où
dans
les
opinions
des
Hé-
rétiques
,
&
s'étoient
féparez
de
l'Eglife,
hors
de
liquelle:
iln’y
a
point
de
falur
:
Qwi
fe
ab
unitate
Eccleffe
Cathoe
lice,
extra
quam
non
eff
[alus,
Jepararwnt
:
D’y
revenir
au:
»
pltôt,
&
de:perféverer
à
l'avenir
dans
l'unité
de
la
Com-
»
mumion
&
de
la
Foy
de
l'Eclife
Catholique
:
Swdesnique
deinceps
in
unitatée
Communionis
@
Fidei
cum:
Ecclefia
San-
»
Cfa
Catholica
permañere.
Ce-Concile
enfuite:
invita
tous
les.
»
Evéques
d’ufer
de
beaucoup
de-douceur
envers
tous
ceux
»:
qui
{e
prefenteroient
pour
faire
abjuration,
de-peur-que
»
]à
crainte
des
peines
ne
les
en
détournât
:
ze
penarum
[e-
véritate
propofisa
,
reverti
ad
Ecclefiam
ab
Harefi
cupientes:
»
avertanus
,
©
retropellasus.
Les
fuperieurs
des
Ordres
Re-
»_ligicux
furent
auf
exhortez
à
recevoir
avec
une
bonté
pa-
»_terpeHe
les
Relroicux,
qui
les
avoient
quittez
&
qui
vou-
»
loient
revenir;
de
les
recevoir,
dis-je,
à
une
pénitence:
_tolérable
,
&
d'en
diminuer
toûjours
quelque
chofe,
à
pro-
=
portion
dwprogrés
qu'on
fcroit
:
Paferne
recipiant
ad
pe
afteutian
tolerabilent:
quan
emendationc
eorsm
perfbectà
feu
2
3
»2
w
s
4
ÿ
ÿ
pour
maintenir
l'unité
de
l'Eglife
Catholique.
149
fm
minuant,
ut
faneut
[uas
oves
|
u0n
intérimant.
Si
ces
O1
LS
PENSERS
.
\
a
ñ
Religieux
Apoftars
refufent
de
revenir
à
l’'Eghife
;
&
à
Ch,
s«1v.
leurs
Monaftéres,
ce
Concile
interpofe
toute
l'autorité
qu'il
tienc
de
Jefus-Chrift,
pour
obliger
les
Princes
Chré-
tiens
&
les
Magiftrats
féculiers
de
faïfir
ous
ces
ennemis
obftinez
de
leur
propre
falut,
&
de
les
remettre
entre
les
mains
de
leurs
Superieurs,
afin-qu’ils
foient
refferrez
dans.
leurs
Monaftéres,
pour
y
faire
une
rigoureufe
,
mais
falu-
taire
pénitence..
CHAPITRE
XIV.
Continuation
du
même
fujet
de
l'Inquifition,
ow
de
fa
.
«
°
L
.
pénitence
publique,
&
des
peines
contre
les
Hérériques,
:
felon
le
Droit
Canonique
des
Decretales.
Æ
Decret
d'un
Concile
tem
entre
les
deux
Conciles
de
Latrfañn,
où
-
étoient
prèfens
le
Pape
€*
l'Empereur,
les
Evéques
©
les
Prin-
ces.
II.
Remarques
[ur
ce
Decret
,
entierement
conformes
à
celui:
qu'on
fit
peu-aprés
dans
le
IF.
Concile.
de
Latran.
Recit
desin-
cendies
©
des
cruaute?
que
les
Hérétiques
exercérent
contre
les:
Eglifes,
quand
on
fit
ces
Decrets:
des
Inquifitions
&
des
Croifades:
—
contre-eux.
TTL.
Quels
éroient
les
Hérétiques
de'ce
tems-la.
Leur
ignorance,
leur
brutalité,
leurs
violences,
leur
vaine
offentatios
des
Ecritures,
IW.
Les
mêmes
Setles
confufes
©
tumultnenfes
d'Hérétiques
[ous
le
Pape
Gregoire
I
X.
©*
fous.
Alexandre
IV.
qui
les
fulminérent.
W.
Des
proteffations
générales
de
croire
tour:
ce
que
PEglifecroit,
@
de
candarmner
tout
ce
qu’elle
condamne.
WI.
Quel
danger
il
peut
y
avoir
dans
les
proteffations
générales:
-
de
condamner
tout
ce
que
l'Erlife
condamne
;.
ghoï-qu'en
effet
on
Sobffine
à
foutenir
qu'elle
ne
condamne
pas,
ce
qu'elle
condamne
véritablement.
VIT.
De
la
Foi
©
de
la
Confeffion
explicite,
or
implicite
[elon
la
diverfiré.
des
tems,
de
l'age,
G*
des
perfonnes..
…
Continuation.
de
la
doëtrine
de
Gerfon.
WIIL.
Suite
des.
fentimens
de
Gerfon.,
touchant
la
profeffion.
de
Foi
de
ceux
qui
ont
été
dans:
—
guelqueerreur
particuliere.
IX.
La
[agefle
des
Pajleurs
à
tenir
ur:
juffe
milieu
,.pour
ne
pas
inquiéter
les
fimples,
©
pour
ne
pas
JE
laiffer
furprendre
par
des
efprits
franduleux..
Ë
HE
viens
au
Dfoit
Canon
ou
aux
Decretales
Gré--
goriennes,
qui
font
ces
Conftiturions
Canoniquess,
V5,
<
[Document text truncated for crawler view.]
