Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, et des Juifs, pour servir d'introduction a l'histoire ecclesiastique de M. L'Abbé Fleury. tome troisième
Full text
<
Seam
Ÿ
DE
L'ANCIEN
ET
DU
NOUVEAU
TESTAMENT:
"
JUIFS;
POUR
SERVIR
D'INTRODUCTION
|
à
l'Hiftoire
Ecclefaftique
de
M.
l'Abbé
F
LEUR
Y.
Par
le
R.
P.:D,.
À
UGU
STIN
CALMET,
Ré
Dieux
Bénédidin,
:
-
Abbé
de
Senones.
NOUVELLE
ÉDITION
CORRIGÉE.
-
TOME
TROISIÈME
ESS
SELS
A
PARIS,
QUAI
DES
AUGUSTINS,
Chez
PIrERREALEXANDRE
MARTIN,
à
l'Ecude
France.
DE
L’ANCIE
NS
à
—
: à
gl
z
De
&
:
à
d
A"
eZ
HA
À
4
2
<
FA
RE
e
LS
&
A
.
c
;
É
A
s
f
TE
S
TAME
\
T
:
;
Le
4
6
%
Fit
/
Li
4
#£
:
Adue.
ÀS
à £
2
»
74
Me
ru
LIVRE
SEPTIEME.
CS
AVTES
l'E
dras
&
de
NERÉ-
Deus
lan
da
[mie
,
jufqu'aux
Maccabées
,
nous
n’a-
ci
cel
de
a
s-blis
d'A:
re
facrée
Ar
oug
mort
deNéhémie,
voi
plus
d
Auteurs
Aacrés
que
nous
jufqu'en
;
in
puiflions
fuivre
dans
FHifloire.
Nous
ef
l'année
du
pars
ee
:
fage
d'Alexandre
="
férons
obligés
de
prendre
dans
Jo-
craft.
feph
&
dans
les
autres
Ecrivains
ce:
qui
pourra
fer
AS
.
=
NN
ae
A
ADS
Vir
à
remplir
ce
vuide,
&àfuppléer
à
ce
défaut.
La
nation
Juive
failoit
alors
fi
peu
de
figure
dans
le
monde
,
que
les
Hiftoriens
étrangers
Pont
pref-
qu'éntierement
oubliée.
Le
Grand-Prêtre
Eliacib
,
Tome
HI
À
2
Hisromrs
DE
L'Anc.
TESTAMENT.
ane,
dontonaparlé
fous
Néhémie,
eut
pour
füuccefleuf
358œ
©
Judas.
À
Judas
fucceda
Jean,
ou
Jonathan
Grand
Prêtre.
(4)
Celui-ci
par
fon
imprudence
,
attira
fur
le
Temple
&
fur
fa
Nation
une
difgrace:,
dont
voi-
ci
l’occañon.
Bagofés
Gouverneur
de
la
Judée
pour
…
le
roi
Artaxercés
Mnémon,
ou
de
bonne
memoire,
ou
même
Artaxercés
Ochus;
car
F'Hiftorien
Juifne
nousdit
pas
lequel
c’étoit
;
étoit
ami
de
Jefus,
frere
du
Grand-Prètre
Jean
,
&
il
lui
promit
de
lui
faire
:
voirie
louve
PO
er
F
Appuyé
de
cette
efpérance,
Jefus
fe
prit
de
que+
*
"
relle
avec
fon
frere
dans
le
Temple.
Des
paroles
on
Mort
de
Jefus
Se,
7 4
>
$
,
tué
dans
le
Tem-
en
Vift
AUX
COUPS;
tellement
que
Jefus
futtue
par
ple
par
le
Grand-
‘
.
PA
jen
fn
fon
frere
dans
ce
même
lieu.
La
profanation
d'un
su
endroit
fi
facré
fit
horreur
à
tous
les
gens
de
bien
-
&Dieuentira
la
vengeance
par
le
même
Bagolés
qui
y
avoit
donné-açcahon,
I
voulut
entrerdans
le
faint
Lieu
;
&
comme
les
Prêtres
s'appofoient
à
{on
entreprife,
il
leur
crioit:
Quoi
:
vous
avez
ofé
commettre
un
meurtre
au
milieu
de
vôtre
Temple,
&
vous
voulez
nous
en
interdire
l'entrée?
Sommes-
nous
donc
plus
impurs
que
ce
cadavre
,
qui
eft
Etant
donc
entré
malgré
eux
,
f
Teur
fit
porter
pendant
fept
ans
la
peine
de
leur
réfiffance,
&
ik
les
contraignit
de
lui
payet
chaque
jour
cinquante
…
dragmes
(@)
pour
chaque
agneau
qu'ils
immoloient
dans
le
Temple.
Au
Grand-Pontife
Jean
fucce
de
Jaddus
qui
eut
un
frere
nommé
Manañfé
,
lequel
époufa
Nicafo,
fille
de
Sanaballat
,
que
le
dernier
Ga)
Foféph.
Antig-
Lxr.c.
7.
|
vingt
livres
&
quelques
fols,
Le
.
.
{b)
Les
cinquante
D
etonel
dragme
vauthuitfols&undeniern,
ADirvRE
SEPTIVME
;
Darius
,
furnommé
Codomanus,
avoit
envoyé
pout
rx.
Gouverneur
à
Samarie.
Ce
Sanaballat
eft
fort
diffé
3580.
rent
d'un
autre
de
même
nom,
qui
étoit
Chef
des
Samaritains
fous
le
gouvernement
de
Néhémie,
Le
premier
étoit
Oronite,
ou
d'Oronaïn,
villé
de
pays
de
Moab
;
&
le
fecond
étoit
Chutéen
d’ori-
_…—
gine
,
felon
Jofeph.
Horror
|
Artaxercés
Ochus
après
avoir
domté
la
Phénicie
à;
qu
monde;
&
l'Egypte,
emmena
un
grand.nombre
de
captifs
+
+
au-delède
PEuphrate
;
entr'autres
une
grande
mul-
titude
de
Juifs
tirés
de
l'Egypte,
qu'il
ft
conduire
dans
lHircanie
,
fur
la
mer
Cafpienne,
(4)
où
l'on
a
crû
qu'ils
étoient
encore
plufeurs
fiécles
après.
Cependantles
Grecs,quicherchoient
depuis
long-
tems
Poccafon
de
fe
venger
dés
maux
que
Xércés
roi
de
Perfe
avoit
faits
dansleur
pays,
trouverent
dans
Philippe
roi
dé
Macédoine
,
un
fujet
propreà
executer
ce
deflein.
Dans
une
aflemblée
quifetintà
As
qu
monde,
Corinthe
,
les
Grecs
d’un
commun
confentement,
j557:
avanJ.c
lui
défererent
le
commandement
de
leurs
troupes
contre
les
Perfes
,
&
réfolurent
de
lui
fournir
une
Armée
proportionnée
à
la
grandeur
de
cette
entres
ee
rite.
(
»
Dés
l’année
füuiva
te
PE:
fppe
itpafñleren
An
du
Monde,
Afe
dans
le
pays
qui
obéifloit
aux
Perfes,
fois
457
ES
héraux,
avec
ordre
de
rendre
la
liberté
aux
villes
Grecques
qui
étoient
dans
ce
pays.
Mais
cette
mê-
me
année
,
Philippe
fut
mis
à
mort
dans
da
folem=
|
nité
d’un
mariage
qu'ilfaifoit
entre
Cléopatre
fa.
fille
,
&
Alexandre
fils
du
rot
d'Epire.
Alexandre
le
(a)
Syacell,
ex
Jul.
Africano
|
(b)
Diois
à
4,
4
Obmpx
TO
@
Hecataus
Abderira
apud
Fo-|@
Fuflin.
L
9.
|
{tph.,
Lx.
contra
Appion,
:
À
1j
xo
Hisromté
DE
L'Anc..
TEST
AMENTS.
To,
fi
favorablement
les
Juifs,
jugerent
à
propos
de:
328
d'origine
;
mais
que
Les
PRÉRICIET
3672.
avant
©
fR
dire
aufli
Juifs
d'origine
&
de
religion.
Car:
telle
étoit
la
coûtume
de
ces
peuples
:
lorfqu'ils-
voyoient
que
les
affaires
des
Juifs
étoient
en
mau—
vais
état,
ils
foûtenoient
qu'ils
mavoient
aucun
rapport
avec
eux:
mais
aufli-tôt:
que.
les
Juifs:
étoient
dans
la
profperité’,
ils
fe
déclaroient
hau-
tement
leurs
freres
&
leurs
alliés,
difant
qu'ils
étoient
comme-eux
defcendus:
d
Abraham
&
de
.
Jicob,
comme
étantfls.d'Ephraim
c
de
Manafté
fils
de
Jofeph.
Ils
vinrent
donc
promtement
&
avec
grand
appareil
,
à
la
rencontre
d'Alexandre.
qui
étoit
à
peine
forti
du
territoire
de
Jerufalem..
ls
avoient
avec
eux
ceux
de.
leurs
gens,
qui
avoient
fervi
fous
Alexandre
au
fiége
de
Tÿr.
Le
toi
loüa
leur
empreflement
&.
leur
zele..
Alors
ils
le
priérent-d'honorer
leur
ville
de
fa
prefence.
Il
leur
promit
qu'il
le
féroit
à
fon
retour.
Es
lui:
demanderent
aufli
qu'il
lui
plût
les
exemter
de
payer
le
tribut
la
feptiéme.
année
;
puifqu'ils
ne
cultivoient
point
la
terre
cette
année-là,
non
plus
que
les
Juifs,
Le
roi
leur
demanda
de
quelle
nation
ls
étoient:
ils
répondirent
qu'ils
étoient
Hébreux
"Abpellorent
4
.
LA
Sichémites.
Le
roi
répliqua
:
Etes-vous
Juifs?
Ils
répondirent
:
Non.
Alexandre.
leur
répondit:
Je
n'ai
accordé
cètte
grace
qu'aux
Juifs
:
à
votre
égard
je
me
ferai
inftruire,
&je
verrai
à
monre—
our
plus.
à
loifir
ce
qu'il.
conviendra.faire.
Ainfi
illes
renvoya..
|
|
|
=
Quant
au
Temple
bâti
par
Manaflé
fur
le
mont
Garizim
,
il
fubfifta
même
après
la
mort
d'Aléxans
Sr
7
.
MOINE
TE
Buirie
Ne
IT
‘dre
:
&
tous
ceux
qui
étoient
convaincus
à
Jeru=:
4,
qu
Monde,
_-falem
de
quelque
grand
crime
contre
la
loi,
ne
393-222:
©:
‘manquoient
point
de
fe
fauver
à
Sichem,
pour
=.
_n’être
pas
recherchés
:par
les
Prêtres
,
ou
par
les
Juges
de
Jerufalem
;
fe
plaignant,
comme
c'eft
l’érdiniaire,
qu'on
avoit
«employé
contre
eux
le
menfonge
&
la
calomnie.
Environ
dix
ans
après
le
départ
d'Alexandre,
Jaddus
mourut,
&
laïfla
_
le
fouvérain
pontificat
à
Onias
don
fils.
Alexandre
arraqua
énfuite
la
ville
de
Gaze,
qui
£toit
défenduë
par
une
garnifon
Perfanne,
Ille
prit
après
un
fiége
de
deux
mois
;
après
quoi
il
“entra
en
Egypte,
&
la
conquit
avec
une
facilité
farprenante,
étant
favorilé
des
Esvptiens,
qui
ne
-pouvoient
foufftir
l'infolence
&
l’avarice-des
Per-
_{es,
ni
le
mépris
qu'ils
faifoient
de
leurs
<dieux.
De-fà
il
vinedans
laPhénicie
;
où
il
apprit
que
les
Samaritains
dans
une
émeute
populaire
voient
brûlé
la
maïfon
où
étoit
Andromaque
gouverneur
de
la
province.
Cet
attentat
irrita
étrangement
Alexandre
,
qui
affeétionnoit
An
_dromaque.
Il
ftmourir
tous
les
Samaritains
qui
de
la
ville
de
Samarie,
&
mit
en
leur
place
une
colonie
de
Macedoniens
,
donnant
le
furplus
des
terres
aux
Juifs
avec
lexemtion
du
tribut
{b).
Les
Samaritains
qui
échaperent
à
ce
malheur,
{e
retirerent
à
Sichèm,;
qui
devint
par
là
la
.capi-
=
tale
de
leur
Nation.
|
=
(a
à
Q:
Cart.
l,4
6.8,
Eufib.
|
:(b)
Hecatens
Abderira
apud
Fo-
“œhrone,
Cedrem
—
feph,l,
2contra
2
P1063:
:
Bi
12
Hisroëmr
pe
v'ANc.
TESTAMENT,
.
Alexandre
craignant
que
les
huit
mille
Sama:
3673:
avaneJ.
C.
ritains
qu'il
avoit
dans
fon
armée
ne
priflent
part
.
à
la
querelle
de
leurs
compatriotes,
&
n’entraflent
dans
leur
mécontentement,
les
envoya
dans
la
_Thebaïde
la
province
d'Egypte
la
plus
reculée,
&
leurs
y
afligna
des
terres
à
cultiver.
De
[Ait
fe
rendit
à
Tyr,
où
après
avoir
facrifié
à
Hercule
Tyrien,
il
donna
ordre
à
fes
gens
de
marcher
vers
l'Euphrate
;’
pour
chercher
Darius,
&
pour
le
combattre
par
toutotil
pourroit
être.
Darius
de
fon
côté
amafla
des troupes
de
toutes
parts,
&
fe
retira
du
côté
de
Ninive.
Alexandre
pañla
l'Euphrate
à
Tapfague,
il
pafla
aufi
le
Tigre,
fans
trouver
aucune
réfiftance.
Enfinle
combat
{e
donna
entre
les
deux
rois
le
premier
Octobre,
à
Gauganule
fur
le
Tigre;
Darius
perdit
la
bataille,
œ
senfuit.sAlexandre..marcha
droit
à.
Babylone,
.
de-l
il
alla
à
Sufes,
&
enfuite
à
Pérfepolis.
Cris
NV
Darius
s'étant
retiré
à
Ecbatanes
en
Médie
>
Darius
ef
va.
ramaila
des
troupes,
dans
le
deffein
d’y
livrer
un
Pan
qu
none
nouveau
combat
à
Alexandre.
Mais
Beflus
&
Nar-
rant
les
pourfuivoit;
ou
de
le
tuer,
&
d’ufurper
le
royaume,
s'il
leur
donnoit
le
loïfir
de
fe
fauver,
Alexandre
arriva
à
Ecbatanes
cinq
jours
après
le
:
départ
de
Beflus;
il
fe
mit
à
le
pourfuivre
avec
une
diligence
prefque
incroyable.
Beflus
&
fes
complices
ayant
appris
qu'Alexandre
étoit
proche,
_
prefenterent
un
cheval
à
Darius,
&
l’exhorterent
.
à
fe
fauver;
mais
il
le
refufa,
Alors
ils
le
percereng
»-
Livre
SEerrTirur
=
©
de
coups
de
fléches,
&
le
laïflerent
leul
Sade.
M
i-mort
dans
fon
chariot,
après
avoir
blefé
Les
ee
chevaux
qui
lemenoient.
Pour
eux,
ils
prirent
la
fuite;
&les
chevaux
quiconduifoient
le
char
de
Darius,
ayant
quitté
Le
grand
chemin,
vinrent
fe
réndre
dans
un
valon
où
il
y
avoit
une
fontaine,
Un
Macédonien
nommé
Polyftrate
,
étant
conduit
par
hazard
à
cette
fontaine
pour
{e
défalterer,
trouva
le
char
de
Darius
arrêté;
les
chevaux
de-
mmi-morts,
&
le
Prince
qui
refpiroitencore
un
peu.
Polyftrate
ayant
appris
de
lui-même
qui
il
étoit,
lui
donnaà
boire
dans
fon
cafque
;
&
Darius
en
Jui
prefentant
la
main,
le
pria
de
recommander
à,
Alexandre
la
vengeance
de
fon
fans,
&
de
lui
rendre
graces
de
ce
qu'il
avoit
fait
à
{a
mere,
à
{à
femme,
&
à
fes
enfans
;
en
difant
cela,
il
expira.
Ainfi
mourat
Darius
Codomanus
le
dernier
roi
de
la
monarchie
des
Perfes
fondée
par
Cyrus.
Elle
avoit
duré
deux
cens
fix
ans.
Le
refte
des
guerres
d'Alexandre
ne
HE
Ci
rm
point
PHiftoire{acrée.
Nous
appr
_d'Hécatée,
cité
par
Jofeph
(a)
que
ce.princ
à
Baby
Ar
le
tem
lus
,
&
a
an
e
‘a
rât
3
CT
p-
yant
ordonné
à
fes
troupes
de
nettoyer
:
A
7
re.
368r.
ayant
J,
C
mourut
la
même
année,
de
la
maniere
que
chacun
552.
(a)
ZFofeph.
ex
Hecatgo
ie
de
CO)
ae
Maccab,
1.
2,3.
4,
CORITA
APpi0n,
P.
1048,
1049.
|
à
-
|
di
Bij
|
x4
Hisromme
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
+"
donne
le
précis
de
fa
vie,
&
de
fa
mort,
en
ces
seu.
avant
Je
©
Lermes
+
Alexandre
fils
de
Philippe,
qui
fut
premie-
rement
roi
de
la
Grece,
vainquit
Darius
rot
des
.Per-
fés,
&
des
Medes
,
donna
plufieurs
batailles
,
prit
les
villes
les
plus
fortes
;
€
tua
les
rois
de
la
terre.
I
pal]a
jufqwa
l'extrémité
du
monde,
s'enrichit
des
dépoialles
#imaque-dans.la-Lhrac
Sc
datis
les
Provinces
VOI-
fines.
La
Judée
fe
trouvant
fituée
entre
la
Syrie
&c
:
._@
Quidam
apud
Curr,
l
x:
T
(b)
Quint,
Curt..l
X,
Ladies
Diodor.
L,
20.p.
774
|
aka,
en
.
Livre
SEpTiEME
-
0
ne
nous
parle
guéres
que
de
ces
deux
Monarchiés
ar
mone.
voifines
de
la
Judée.
Cette
province
alors
fort
bor-
Ne.
as
née,
&
peu
confiderable,
fit
partie
du
gouverne-
ment
de
Syrie
&
de
Phénicie.
Perdiccas
&.Anti=-
pater
la
donnerent
d'abord
à
Laomedon
de:
My
filenes,
Ptolemée.
fils
de
Lagus,
qui
la
trouvoit
à:
fa
bienfeance,
luifit
offrir
de
l’argent
pour
la
lui
ce
der;
mais
n'ayant
pô
réuflir
par
cetre
voye.,
il
en--
voya
contre
lui
Nicanor
un
de
fes
Généraux,
qui
fx
la
conquête-de
la
Syrie
&'de
la
Phénicie,
(a):
Prolemée
vint
lui-même
à
Jerufalem,
@)
&:
y.
étant
entré
un
jour
de
Sabbar,
fous
prétexte
:
de
dévotion
;
comme
ayant
deffein
d'y
offrir:
des
facrifices,
s’en
rendit
aifément
le
maître,
par--
ce
que
les
Juifs
ne
fe
défioient
nullement
de
fui,
&
qu'ils
n'ofoient
prendre
les
armes,
à
caufe
du
repos
du
Sabbat.
Mais
ce‘prince
n'ufa
pas
de
cet
:avantage
avec
la
modération
&
la
clémence.
qu'on
attendoit
de
lui:
il
traita
les
Juifs
comme.
eurs.de
léur
ferment,
.il
leur
confa
la
garde
de
plufieurs
forterefles
de
l'Egypte,
&
leur
donna
droit
de
Bourgeoïfie
dans
Alexandrie
,
avec
les:
mêmes
privileges
dont
les
Mäcédoniens
joüifloient.
Mais
ce
ne-fut
qu'après
les
avoi-engagé
à
lui
pro-
“mettre.
par
ferment
qu'ils
fui
garderoient,
à
lui
:
(a)
Voyez
Diodor.
&
Appian.
|
in
Attic,
p.
$.
-
:
Fe
_
te-Spriac.-p,
125,
©
Pawfans
À
(D)
Joféph.
Antig.
Lxitie.
1,
T6.
Hisroirg
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
©
à
{es
heritiers,
une
fidelité
inviolable..
er
"0"
Arillée
(a).ajoûte
que
le
nombre
de
ceux
que
316,
fe
roi
emmena
de
Judée
en
Egypte,
étoit
de
rès
de
cent
mille
hommes
,
entre
lefquels
il
choifit
pour
fon
fervice,
&
pour
la
garde
de
fes
places
trente
mille
hommes
des
plus
forts
;
&
à
l'égard
des
autres
qui
n’étoient
point
en
état
de
fervir,
comme
les
vieillards,
les
femmes
&
les
enfans
,
il
les
abandonna
comme
caprifs
à
{es
foldats;
qui
des.
lui
avoient
demandé
pour
les
aider
dans
les
travaux
de
là
milice.
Il
en
mit
plufieurs
dans
la
province
de
Cyréne,
(3.
tant
pour
la
garder
,
que
pour
la
cultiver
&
la
peupler,
Appian
(c)
dit
que
Ptolomée
.
démolie
les
murs
de
Jerufalem;
&
qu'ayant
laiflé
de.bon-
nes
garnifons
en
Syrie,
il
s'embarqua,
&
retour-
na
dans{on
Royaume.
Il
en
ufa
dans
la
fuite
avec
tant
de
bonté
envers
les
Juifs,
(d)-que
plufieurs
aflerent
de
[eur
plein
gré
en
Egypte
)
attirés
par
la
fertilité
du
pays,
&.
par
les
privileges
que
le
roi
leur
y
donnoit..
:
:
Pendant
ce
tems
,.les
Juifs
de
Judée,
&
les
Samaritains
étoient
dans
des
conteftations
conti-
nueElTes
+
Foccatre
SR
impie
t-bati
u
fur
le
mont
Gariz
La
ES
Li
A
Ve
>
LC
depuis
peu
mor
im
s
Les
Juifs
fo
tenant
que
le
Temple
de
Jerufalem
étojg
Le
vrai
&
unique
dans
lequel
il
ft
permis
de
facrifier,
&
les
Samaritains
au
contraire
prétendant
que
Jnterpr.
ee
)Faph.
bb.
2.
emtra
Ap-|
(à)
Fab,
Ang
ans
from.
à
Lot
:
(a).Ariflans
Libell.
de
Tor]
(c)
Appian.
Syriae.
119
21.
Gariziné
:
,
LIVRE
SESTIF
ME
1
4
Garizim
devoit
lemporter
fur
celui
de
Jerufa-
RTE
nat
ane
ns
An
du
Monde
;
lem
>
parce
que
Jofué
y
avoit
facrifié
lorfqu'il
Fe
avant
J.
C,
entra
dans
la
terre
promife.
Antigone
roi
de
la
haute’
Afe
,
fe
rendit
maître.
de
{a
Phénicie
&
de
la
Syrie
,
environ
cinq
ans
après
que
Ptolemée
fils
de
Lagus
s'en
étoit
fai-
#.
Mais
y
ayant
laiflé
{on
fils
Démétrius
>
qui
de-
puis
fut
furnommé
Pobhorcetés;
où
l'Afliégeur
;
ce
jeune
Prince
livra
la
bataille
à
Ptolemée
près
de
la
villerde
Gaze
;
if
la
perdit,
&
fut
obligé
de
fe
3
‘retirer
dans
la
Syrie
;
&
d'abandonner
le
-Phéni-
cie
à
Prolemée,
qui
en
peu-de
tems
fe
rendit
maître
des
meilleures
villes
de
ce
pays.
(a)
Ainfi
la
Judée
retourna
de
nouveau
fous
la
puiflance
de
Ptolemée
roi
d'Egypte.
Mais
Antigone
reprit
bientôt
le
deflus,
&
les
Provinces,
dont
on
vient
de
parler
|
furent
Pendant
plufeurs
années
un
fujet
de
difpute,
&
de
guerre
entre
Antigone
roi
de
la
haute
Afie
,
&
Seleucus
roi
Syrie,
&
Ptolemée
roi
d'Egypte.
Les
partifans
de
Ptole-
i
nero,
An
du
Monde;
3692,
ayant
J.
C+
4
mée
foûtenoient
que
ce
Prince
n'avoit
entrepris
de
e
de
FAñfe.,
.
ju
à
cond
ItiOn
que
do
vrie
creu
ê,
ke
Phénicie
demeureroient
en
propre
à
Ptolemée.s
ceux
de
Seleucus
au
‘contraire
prétendoient,
que
Prolemée
n'avoit
point
eu
d'autre
interêt
dans
cette
guerre,
que
d'aider
Seleucus
à
faire
la
con-
quête
de
ces
Provincésssqui
devoient
faire
une
partie
confidérable
de
fes
Etats;
d’où
vient
auffi
quaprès
la
victoire
remportée
{ur
Antigone
,
mettre
Seleucus
en
pofleflion
du
royaum
_
D
.
Ps
RER
ie
et
nl
SA
Ve
OT
,
&
la
@
Diodor.
_
an.
1,
Olymp,
117.
Vide
&
Foféph.
contra
2p=
pion.
l.
1.
p.
1048.
Tome
LIL
C
Éd
18
Hisromë
pre
L'ANC.
TESTAMENT;
©
AadaMonte,
Lylimaque
&
Caffander
avoient
prononcé
que
ces
|
C:
Provinces
devoient
appartenir
à
Seleucus.
(a)
Et
en
effet
il
en
joüit
,
&-les
Juifs
lui
payoïent
par
in
un
tribut
de
trois
cens
talens
d'argent;
()
enforte
toutefois
qu'ils
fe
gouvernoient
par
leurs.
propre
loix,
&
qu'ils
#avoient
point
d'autres
_
Gouverneurs
;
que
leurs
Grands-Prêtres.
Cnar.
VI.
-
Prolemée,
fils
de
Eagus
roi
d'Egypte
;
eut
RARE
Se
fuccefleur
{on
fils
Prolemée
F
-
fürnommé
er
Philadelphe.
Iy
a
beaucoup
d'apparence
qu'après
pren.
avanr
J,
©
Ja
mort
de
Seleucus
Nicanor
il
fe
rendit
maître
_—
de
la’
Paleftine
;
car
nôus
voyons
dans
lhiftoire
de
la
Verfon
des
Septante
,
qui
fut
éntreprile
fous
fon
regne,
qu'il
étoit
Souverain
des
Juifs,
Be
&
qu'il
avoit
pour
eux
beaucoup
de
bonté.
(eo)
724
aan.
C,
CE
Prince
aimoit
les
lettres
;
il
entreprit
de
faire
dans
Alexat
rie
la
Bibliotheque
la
plusnombreu-
fe,
&la
mieux
choïfie
qu'il
pourroit.
Il
chargea
Démetrius
Phalereus
du:
choix
des
livrés,
&
du
Re
foin
de
Jui
en
faire
venif
de
toutes
parts.
Le
|
Monde
;
3727.
fOÏ
Jui
ayant
un
jour
demandé
combien
il
avoit
avant
JC.
275.
GE}
ramañlé
de
volumes
,
Demetrius
fui
répon-
_ditqu'ilen.
avoit
déjà,
deux
cens
mille,
&
qui
efperoit
bien-tôt
d'en
avoir
jufqu'a
cinq
ce
ns
mile
le
>
&
qu'il
avoit
appris
qu'il
y
en
avoit
chez
les
Juifs
un
bon
nombre
,
qui
contenoient
leurs
Loix,
&
qui
méritoient
d'avoir
leu’
place
dans
là
Bibliothèque
;
mais
qu'étant
écrits
en
langage
.
CA)
Pide
Viér.
ad
an.
MT
(©
Vide
Libdl.
Ariféeide
3721:
avant
J.
C.
2TOES
|)
LAX.
Tnrerpp.
ex
Fofeph.
XIE
_
(b)
Sulpire
Seuer.
L,
21
hiff,
|
Anrig.
©.
2.
:
ns
>
>
:
f
5
+
x
;
re
SAS
See
LrVRE
S£éPrirEMSeR
&
en
caractere
Hebreux,
il
faudroit
les
faire
tra
duire
en
Grec;
que
la
chofe
avoit
quelque
diffi-
culté,
que
l'on
pourroit
cependant
furmonter;
fi
lé
roi
vouloit
entrer
dans
ce
deflein.
|
Prolomée
écouta
cette
propofition
avec
plaifr;
-An.
du
Mondes
3727.avant
J.C,
27
3°
_&
dit
à
Demetrius
Phalereus
d'écrire
au
grand
prêtre
des
Juifs
de
lui
faire
traduire
ces.
livres
d'Hebreu
en
Grec.
Cependant
un
certain
Ariftée
grand
ami
des
Juifs,
qui
demeuroïent
en
Egypte,
qui
avoit
envie
depuis
long-tems
de
leur
proz
curer
la
liberté
de
s'en
retourner
dans
leur
pays,
prit
cette
occafion
pour
en
parlerau
roi.
-Il
coms
muniqua
fon
deflein
à
deux
de
fes
amis,
Sofibius
&
André
&
les
pria
de
lappuyer
auprès
du
roi,
lorf-
qu'il
Jui
en
feroit
la
propofñtion.
Ariftée
parla
donc
à
Philadelphe,
&
lui
dir,
qw'on
ne
pouvoit
_aflez
louer
Le
zélé,
qu'il
témoignoit
pour
COM
muniquer
aux
Grecs
la
connoïflance
des
loix
des
Juifs,
en
les
faifant
traduire
en
leur
langue.
Mais
qu'il
feroit
digne
de:
fa
magnificence
royale
de
rendre
en
même-tems
la
liberté
à
un
grand
nombre
de
Juifs,
qui
étoient
caprifs:dansidot
coup.de
bienveillance,
&
lui
demanda
:
combien
Croyez-vous
qu'il:y
ait
des
Juifs
dans
mes
états
qui
ayentbefoin-de-cette
lib
erté
LAriflée
;
Sofibitis.
&c
André
qui
étoient
préfens
,
lui
répondirent
qu'il
DR
AO
EX
pe
S
pouvoit-
y'en
avoir
fix
vinet-mille.
Eft-ce
donc-
.
1
peu
de
chofe
,;
leur
dit-il,
8æcomptez-vousice-
12
pour
une
petite
liberalité
?
Maistous
Les
affiftans
lui
ayant
remontré
,
que
cela
étoir
digne
de
grandeur
&
de
fa
magnificence,
&
re
|
Ÿ
1]
|
0
Hisroime
De
L'ANc.
TESTAMENT,
Tanda
Monde,
Cela‘au
grand
dieu
qui
l’avoit
placé
fur
le
trône;
gra
LC
M
y
confentit,
&
leur
dit
que
quand
ils
donne-
roient
Le
prêt
aux
foldats:;
ils
comptaffent
à
cha-
cun
d'eux
outre:
leur
prêt
ordinaire,
cent
vingt
_
dragmes
pour
chaque
captifs
Hebreu
qu'ils
pour-
roient
avoir
,
afin
qu'ils
le
miflent
en
liberté.
Les
cent
vingt
dragmes
font
trente.
ficles.
d'argent,
(a)
où
quarante-huitdivres
douze
fols
fix
deniers,
quieft
le:prix
d’un
efclave
;
felon
la
loi
de
Moyde..
(b)
La
fomme
que
le
roi
donna-pour
le
rachat
de
de
ces
captifs,
monta
à
plus
de
quatre
cens
ta-
lens,
felon
Jofeph
&
Ariftée.
Ils
parlent
appa:
rement
des.
talens:
attiques
,
qui
valoient
deux
mille
quatre
cens
livres.
Aiïnfi
les
quatre
cens
ta-
lens
faifoient
neuf
cens
foixante
mille
livres.
:
…
Le
roi
choifit
parmi
ces
Juifs
,
dont
il
venoit
de-payer
la
rançon
;-ceux
qui
étoient
les
mieux
faits,
les
plus
jeunes
&
les
plus
robuftes,
pour
les
faire
fervir
dans:
fes
armées,
&il
donna
à.
d’au-
tres
des:
emplois
dans
fa
maïfon.
Il
envoya
tout
le
refte
en
Judée,
&
fit
écrire
en
même-tems
à
Jerufalém
au
grand-prêtre
Eleazar,
qu'il
envoyât
ensEgyprefix
hommes.
de
chaque
tribu
bien
int
truits
dans
les
deux
langues,
pour
traduire
d'Hé*
breu
en
Grec
les
loix
&
écritures
des
Juifs.
IH
lui
ft
aufli
fçavoir
ce
qu'il
venoit
de’
faire
en
fa
veur
des
Juifs
,
qui
étoient
captifskem
Egypte,
&
lui-envoyaun
préfent
de
cing-cens
talens
d’or,
pour
en-
faire
des
coupes
:
&
des:‘patéres:
pour
lufage
du
temple
38:
grand
nombre
-de:
pierres.
()
Ee
ficle
vaut
quatre
drag-
ko
(b)
Evan
RC)
=
CURE
ÉrVRE
S'epvTrremEetl.
0
précieufes
pour
d’autres
ornemens.
Il
ajoûta
cent
And
Monde.
talens
pour
acheter
des
viétimes
,
&
pour
les
‘en
re
aütres
frais
des
facrifices
,
qui
devoient
être
offerts
”
“pour
lui.
André
&
Ariflée
dont
nous
avons
par-
lé
,
furent
chargés
de
toute
cette
commiflon.
Eléazar
reçut
la
lettre
du
roi
avec
le
refpect
Ce
la
reconnoiflance
convenable
,
&
lui
récrivit
qu'il
envoyeroit
&
le
texte
de
la
re
,
&
fix
hommes
de
chaque
tribu
capables
de
la
bien
traduire
:
mais
qu'il
füpphoit
le
roi
de
renvoyer
l'original
ds
Ja
Toi,
après
qu'il
en
auroit
fait
faire
la
traduction.
:
i
ofeph
décrit
la
table
d'or
que
le
roï
fit
faire
pour
l'ufage
du
temple,
apparemment
pour
être.
mife
dans
le
faint,
afin
quon
ÿ
offrit
les
parfums
au
foir
&
au
matin,
La
table
étoit
de
deux
cou-
dées
de
long,
&
d'une
coudée
&
demie
de
haut,
&
d'une
coudée
de
large,
»
ayant
un
rebord
où-
vragé
de
la
hauteur
d'une
paume
;
avec
des
fleu-
rons
de
{culpture
d'une
figure
triangulaire
hi
égaux
&
fi
juftes,
que
de
quelque
côté
qu’on
les
He
Pr
ils
failoient
RTE
ne.
k
même
à
des
dti
qui
snpanoient
autour
du
sat
&
tout
autour
de
la
table,
il
y
avoit
quantité
:
d'autres
pierres
précieufes.
taillées
en
ovale,
&
entremêlées
d'ouvrage
de
relief.
On
y
avoitre-
préfenté
diverfes
fortes
de
fruits
,
de
grappes
de:
raifin,
d'épis
de
bled‘,
de
grenades
,
avec
‘des
pierres-précieufes
de
1e
couleur,
&
enchañlées:
dans
l’or.
Le
deflus
de
{a
table
écoit
travaillé
d'une
maniere
également
admirable
par
la:
richefle
des:
ii
92
HisrorRe
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
Tan
du
Mondesmétaux
&
des
pierreries
,
&
par
l'excellence
du
37
a
JC
travail,
C'étoit
le
fleuve
Méandre,
dont
les
di-
vers
tours
&
détours
étoit
repréfentés
par
quan-
tité
de
belles
pierres
précieufes.
La’‘gravûre
&
les
ornemens
des
pieds
étoient
d'une
beauté
&
d'une
délicatefle
furprenante.
On
y
voyoit
du
liere,
&
des
feps
de
vigne
entremêlés
d’une
ma-
niere
fi
fine,
que
lorfque
le
ventles
faïfoit
mou-
voir,
les
yeux
y
étoient
trompés,
&
les
prenoient,
non
pas
pour
un
ouvrage-del'art,
mais
de
la
nature.
Li
Le
roi
fit
aufli
prefent
au
Temple
de
deux
grands
vafes
d’or
,
en
forme
de
coupes
,
qui
étoient
taillés
en
écailles;
&
on
y
avoit
enchaflé
depuis
le
pied
jufqu’en
haut
,
divers
rangs
de
pierres
pré:
cieufes,
Les
bords
de
ces
vafes
étoient
enrichis
_
de
fleurs
&-defeps:
de-vigne
entremêlés
enfem-
ble
;
&
chacun
de
ces
vafes
contenoit
deux
gran-
des
mefures,
Il
y
ajoûta
deux
coupes
d’argenttrès-
polies
&très-luifantes
;
outre
trente
autres
vafes
or-
nés
de
pierres
précieufes
,
&
des
gravures
très-ri-
chès
&très-délicates.
On
employa
à
cet
ouvrage
plus-de
cingmille
pierres
précieufes
,
&
le
Roife
donnoit
!
ee
fouvent.
a
peine
d'aller
lui-même
vifiter
les
ouvriers,
pour
leur
donner
de
lémulation,
&
Hs
.exciter
à-bien
fie
ie
Eee
--Les
foixante
&
douze
Interprétes
arriverent
à.
Alexandrie
le
jour
même:que
le
roi
avoit
gagné
une
bataille
navale
contre
le
roi
Antigone,
Pro-
lermée
eut
tant
de.joie
de
leur
arrivée,
qu'il-deur
dit
qu'il
compteroit
déformais
ce
jour
comme
‘un
dés
plus
heureux
de
fa
vie,
&
qu'il
vouloic
tant
Fc
LS
Livre
SEpTrrMEr
23
qu'il
vivroic
en
conferver
la
mémoire
;
comme
n
TN
d’un
jour
heureux.
Il
leur
fit
donner
des
logemens
GTA
JC.
fort
propres
;
&
Nicanor
qui
étoit
chargé
de
14”
part
du
roi
dérecevoir
les
Etrangers
,
donna
com-
mifhion
à
Dorothée
d’avoir
foin
de
leur
nourriture.
_
Le
roi
les
entretint
fouvent,
&
les
fit
manger
à
{a
table
durant
douze
jours,
ne
pouvant
fe
laf-
fer
de
leur
faire
des
queftions,
&
d’entendre
leurs
réponfes.
Enfin
il
les
fit
conduire
dans
fIfle
du
Phare,
par
une
chauffée
longue
de
fept
ftades
,
&
par
le
pont
qui
joint
l'ifle
à
la
terre
ferme,
de
une
maifon
aflife
fur
le
rivage
de
la
mer,
du
cÔté
du
feptentrion
,
&
fi
éloignée
de
tout
be
que
rien
ne
{es
pouvoit
troubler
dans
leur
travail:
&
il
les
pria
de
travailler
à
ouvrage
pour
lequel
ils
étoient
venus.
Îls
le
firent
avec-toute
Faffetion
&
l'afliduité’
inaginables;
pour
"rendre
leur
tra-
duétion
très-exacte.
Quand
leurouvrage
fut
ache-
vÉ,
Démetrius
de
Phalere
affembla
tous
les
Juifs
.
qui
fe
trouverent
à
Alexandrie,
&
leur
lût
cette
_tradudtionen
la
prefence
des
firante
&
douze
joe
Ils
EURE
louerent
for
Dee
_metrius
d'avoir
>
defléin
au
r61:
&
Deme-
trius
re
“trs
ex
faire
toutes
bre
d'inpééaag
tions
contré
ceux
qui
y
féroient
Le
moindre
chan-
gement,
foit
en.
ee
en
tranfpofant,
où
en
ré-
tranchant.
:
Le
roi
{efit
He
ae
ces
Lines
Fe
7
&
FT.
ne
pouvoit
fe
lafler
d'admirer
Là
prudence
,
ocits
fs
gefle
du
legiflateur
qui
les
avoit
établies.
Un
jour
qu'il
s’en
entretenoit
avec
Demetrius
,
il
lui
de-
manda
comment
il
fe
.pouvoit
faire
qu'aucun
24
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
run
hiftorien,
ni
aucun
poëte
Grec
n’eut
fait
mention,
n
du
Monde.
3727.
avan
Ce
de
ces
loix
fi
divines.
Demetr
us
lui
répondit
que
c'étoit
pour
cela
même
qu'elles
étoient
divines,
que
perfonne
n'avoit
ofé.
l’entreprendre,
&
que
ceux
qui
l’avoient
ofé
faire
en,
avoient
été
châtiés
de
Dieu.
Que
Teopompe
ayant
voulu
en
inferer
quelque
chofe
dans
fon
hiftoire,,
avoit
perdu
l’ef-
prit
pour
trente
jours,.-&
n'étoit
revenu
à
fon
bon
_{ens,
qu'après
s'être
humilié
,
&
après
avoir
recon-
nu
fa
faute.
Que-Theodecte
ayant
mêlé
quelque
chofe
qu'il
avoit
tiré
de-ces
livres
dans
une
trage-
die
;
perditaufli-tôt
la
vûé
,
&
ne
la
recouvra
qu'a-
près
avoir
demandé
pardon
à
Dieu
de
fa
faute.
Alors
-
Le
roi
renvoya
les
interprétes,
après
les
avoirin=
vité
de
le
venir
fouvent
revoir,
&
après
leur
avoir.
donné
à
chacun,
trois
paires
d’habits,
deuxtalens
d'or
;.une.coupe
d'untalent,
&
des
lits
pour
s’af-
feoir
à
table.
Il
envoya
aufi
au
grand
facrifica-
teur
Eleazar
,
dix
lits
de
table
,
dont
les
Pieds
étoient
d'argent
,
un
vafe
detrente
talens,
dix
ro-
bes
de
pourpre
;
une
très-belle
couronne
d’or,
cent
pieces
de
toile
de
fin
lin,
divers
vaifleaux
pour
boire,
&
enfin
des
encenfoirs,
&
des
cou-
Voilà
le
précis
es
qu'on
Éd
ee
=.
Ç
Cars
dans
Jofeph,
&
dans
Ariftobule
cité
par
Eufebe,.
Ca)
Philon
(b)
parle
auffi
de
cette
verfon
de
l’écri-
ture
procurée
par
Ptolemée
Philadelphe
,
&
faite
par
les.
plus
habiles
Juifs
qui
fuflent
alors.
Il
dit.
La)
Arifobul,
Fudens
apud
Eu
|(b)
Phil.
L,
2,
vita
Mois.
Seb,
prapar,
Evangil,
SE
à:
de
œils
Livre
SEPTIFME
LE
qu'ils
la
firent
dans
l'ifle
de
Pharos,&
qu'en
memoi-
CES
re
d'un
fi
grand
bienfait,
on
celebre
tous
les
ans
une
3727:
avant
J,
Ci
fête,
où
non
feulement
Les
Juifs,mais
auffi
les
étran-
7?
_&ers
vont
dans
cette
ille
,
&
y
pañlent
le
jour
dans
des
actions
de
graces,
&
dans
des
feflins
de
ré-
jouiflance.
Saine
Juftin
Le
martyr
(a)
nous
apprend
encore
une
autre
particularité
,
qui
eft
que
chacun
des
foixante
&
dix
Interprétes
fut
enfermé,
&
tra-
vailla
dans
une
cellule
faite
exprès,
afin
qu'il
pôt
vaquer.
à
fon
ouvrage
avec
moins
de
diftraction
;
&
que
le
roi
avoit
même
défendu
qu’on
les
laiffät
parlerles
uns
aux
autres,
afin
qu'on
püût
mieux
ju-
ger
de
leur
capacité,
&
de
leur
fidelité
dans
{a
traduction,
en
les
mettant
en
parallele
lesunsavec
les
autres.
Qu'après
que
l’ouvrage
fut
achevé,
le
roi
fit
lire
leurs
interprétations,
qui
fe
trouverent
f1
exactement
femblables;
qu'elles
ne
différoient
pas
même
d'un
feul
mot.
Ptolemée
regarda*cela
Comme
un
prodige,
&
traita
les
Interpréres
com-
me
des
hommes
divins.
Saint
Juflin
ajoûte
qu'il
a
vû
les
ruines
de
ces
cellules
dans
l'ifle
de
Pharos,.
&
quil
aappris
ce
qu'il
en
dit,
des
perfonnes.
du
ES
Saint
Cyrille
de
Jerufalem
parle
auffi
de
ces
cel-
Jules.
Et
faint
Irenée
&
faint
Clement
d'Alexan-
drie
croyent
que
la
tradu@tion
des
Septante
fut
inf-
pirée
du
faint
Efprit
à
ceux
qui
la
compoferent,
Saint
Épiphane
()
ditque
les
foixante
&
dix
In-
_terprétes
demeuroient
enfermés
depuis
le
matin
*
(a)
Fuflin.
Marwyr.
Admonir
|
(b)
Epiphan.
libide
Ponderib,
ad,
Gracos.
|
CE
Menfuris,
_JelL
1)
*
An
du
Monde,
3727.
ayant
J.
€,
273.
26
-HistrofRke
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
jufqu'au
foir,
deux
à
deux,
dans
trente-fix
cellules
de
l'ifle
de
Pharos,
&
que
tousles
foirs
on
les
rame-
noit
fouper
au
palais
du
roi
dans
trente-fix
nafel-
les,
toûjours
deux
à
deux
;
&
qu'après
le
fouper
;
on
les
mettoit
coucher
dans
trente-fix
chambres;
en
forte
qu'ils
ne
puflent
conferertous
enfemble.
Le
roi
leur
fournifloit
descopiftes
pour
mettre
au
net
leur
traduction.
Leurs
cellules
étoient
bâties
de
maniere
,
qu'elles
ne
prenoïent
dujour
que
par
en
haut,
&
n’avoientaueunes
fenêtres
par
où
ils
puf-
{ent
ni
rien
donner,
ni
rien
recevoir
du
dehors.
On
donnoit
aux
deux
Interprétes
qui
étoient
dans
chaque
cellule,
un
livre
de
l'Ecriture
à
interpré-
ter.
Parexemple,
la
Genefe
à
deux,
l'Exodeà
deux
autres,
&
ainfi
du
refte.
Lorfque
deux
de
cesin=
terprétes
avoient
traduit
un
de
ces
livres
,
on
le
faoitpaflerdansunesautre
cellule,
où
on
le
tradut-
foit
de
même,
jufqu'à
ce
que
les
vingt-deux
livres
Canoniques,
&
même
apocriphes
,
furent
en-
tierement
traduits,
&
quil
y
en
eût
trente-fix
co-
pies
de
chacun.
ee
:
Eorfque
l'ouvrage
fut
achevé
;;
le
roi
étant
affis
S
RE
.
5
TR
=
fur
fon
trône,
fe
fit
lire
les
trente-fix
traductions
autre
tenoit
l'original
Hebreu.
Et
lorfque
lun
de
ces
lecteurs
lifoit
une
periode,
ou
un
chapitre,
tous
les
autres
trouvoient
la
même
chofe
en
pro-
pres
termes
dans
leurs
exemplaires
;
enforte
que
quand
fun
avoit
omis,
changé
ou
ajoûté
quelque
chofe,
l'autre
Interpréte
lavoit
de
même
omis,
changé
ou
ajoûté.
Ainfi
il
parut
vifiblement
que
le
funt
Efprit
avoit
préfidé
à
cette
traduction,
&
LIVRE
SEPTiEME:
27
qu'il
avoit
dirigé
ces
Interprétes.
C'eft
ce
que
dit
{aint
Epiphane.
3727.
avant
J.
Ce
Mais
nous
fommes
obligés
d’avertir
Le
le@teur,
que
la
plûpart
des
circonftances
rapportées
par
Âriftée,
&
après
lui
par
Jofeph,
par
faint
Jufün,
par
faint
Epiphane,
&
par
les
autres,
ne
font
nul-
fementaflürées.
Plufieurs
fçavans
critiques
(a)
trai-
tent
même
de
fable
toute
cette
hiftoire
de
la
ver-
fion
des
Ecritures
par
les
Septante.
Ils
veulent,
que
tout
ce
que
lon
en
peut
aflürer
de
vrai,
fe
_reduife
à
dire
que
vers
le
tems
de
Ptolemée
Phi-
ladelphe,
un
peu
plûtôt,
ou
un
peu
plus
tard,
on
fiten
Egypte
la
traduction
de
cinq
livres
de
Moy-
{e,
d'Hebreu
en
Grec.
Que
l’auteur
de
cette
tra-
duétion
eft
inconnu
,
mais
qu'on
fçait
qu'il
eff
dif-
férent
de
celui,
ou
de
ceux
qui
ont
mis
en
Grec
les
autres
livres
defEerituré.
Ces
critiques
pour
nifte.
Demetrius
de
Phalere,
bien
loin
d'être
ue
cetécrivain
le
veut
Croire
;
fut
releomé
parus
-&
obligé
de
fe
faire
mourir
par
la
morfure
d’un
afpic.
Pcolemée
Philadelphe
,
dont
Ariftée
faitun
roi
fage
,
fçavant,
religieux
&-pieux,
étoit
au
rap-
port
des
autres
hiftoriens,
un
prince
perdu
de
luxe
%
de
mollefle
,
chargé
de-crimes,
meurtrier
de
_
(a)
Henri
de
Valois
;
le
Car-
Scaliger
,
M,
Hody
,
M,
Van-
inal
Bona,
M,
Menage,
Jofeph
|
dale,
&c.
À
D
;
‘”
An
du
monde,
&727.
avant
J.
C,
273
28
HiToiRE
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
{es
freres,
époux
de
fà
propre
fœur.
La
victoire
qu'il
dit
que
Philadelphe
avoit
remportée
fur
Antigone
,
ne
regarde
point
Philadelphe:
elle
étoit
arrivée
long-tems
auparavant
fous
le
regne
Cap.
VIE.
de
Prolemée
fils
de
Lagus,
pere
de.Philadelphe.
Demetrius
Phalereus
cite
Hecatée
Abderite
com-
meun
auteurancien,
quoiqu'il
fait
du
même
tems
que
lui.
Tout
le
refte
de
la
narration
d'Ariftée
eft
Îi
peu
vraifemblable
,
qu'il
n’eft
perfonne
qui
ne
remarque
aifémentque.ceit
une
piece
fabuleufe.
En
voilà
plus
qu'il
n'en
faut
pour
détruire
toute
l'autorité
qu'on
pourroit
lui
donner.
Le
lecteurne
rious
fçaura
pas
mauvais
gré
d'avoir
rapporté
.un
peuau
long
cette
hiftoire
,
quoique
faufle
,
à
caufe
de
fon
antiquité,
&
du
credit
qu'elle
a
acquis
dans
plufieurs
efprits.
:
Commeles
Juifs.étoient
difperfés
dans
prefque
PrivilegesdesJuis
toutes
Les
provinces
d'orient,
&
qu'ilsavoient
dans
dans
l'Egypte
»
&
dans
la
Syrie,
plufieurs
occafons
fignalé
leur
fidelité
dans
le
{er-
vice
d'Alexandre
le
grand;
lesrois
fes
fuccefleurs,
fur
tout
ceux
d'Egypte
&
de
Syrie,
leur
donnerent
des
marques
de
leur
confiance
&
de
leur
eftime,
Nous
l'avons
vû
jufqu'ici
dans
Îa
conduite
des
rois
dE
ste
Où:
SR
-
as
ER
Re
de:
re”
des
.
preuves
dans
la
faite.
Pour
les
rois
de
Syrie,
Jofeph.
afsäre
que
Seleucus
Nicanor
fondateur
du
royau=
me
des
Seleucides
en
Afe
,
leur
accorda.
droit
de
bourgeoïfie
danstoutes
les
villes
qu'il
bâtit
en
PA-
fie,
dans
celle
de
Syrie,
&
en
particulier
à
An=
tioche
,
qu'il
rendit
capitale
de
{on
royaume.
Ce
prince
leur
avoit
même
afligné
une
certaine
fom-
me
qui
devoit
leur
être
fournie
par
le
maître
du
ER
RCE
Seb
Er
me
&
de
la
Samarie,
à
huit
mille
talens.
Mais-Jo2
nes
feph
Îeur
ayant
reproché
de
s'entendre
enfemble
2*
pour
donner
fi
peu,
il
en
offrit
deux
fois
autant,
&
s'engagea
de
plus
de
laïfler
au
profit
du
roi
les
confifcations
,
dont
ces
fermiers
vouloient
profiter.
Le
roi
vit
avec
plaïfir
que
Jofeph
aug
|
mentât
ainfi
{on
revenu
:
mais
il
lui
demanda
quelle
caution
il
lui
donneroit.
Il
lui
répondit
de
bonne
grace
,
qu'il
lui
en
donneroit
de
telles
,
quil
me
pourroit
les
refufer.
IL
ajoûta
:
Mes
cau<
tions
,
Sire,
{eront
votre:
majeité
&
la
reine,
qui
tous
deux
répondrez
pour
moi.
Le
prince
fourir;
&
lui
adjugea
ces
tributs,
fans
fui
demander
caus
tion.
Ainfi
ceux
qui
étoient
venus
de
Syrie,
sèm
à
rent
Les
premiers,
qui
mépriferent
{es
ordres.
Ils
_ne
fe
contenterent
pas
de
refufer
de
pay
_cune
difficulté,
Ceux
de
Scythopolis
voulurent:
:
E
i
36
Hisrorte
DE
L'Anc.
TESTAMENTS
Rime.
(UiVre.J'exemple
de
Ceux
d'Afcalon
:;
mais
if
[es
grrr
araat.C
traita
comme
il
avoit
fait
Les
premiers,
&
envoyæ
de
même
au
roi
ce
qui
provenoit
de
leur
confif-
cation.
Mais
en
faifant
le
profit
du
roi,
il
ne
né-
pligeoit
point
fes
propres
intérêts
;
il
ft
de
grands
préfens
à
ceux
qui
étoient
en-faveur
auprès
du
roi;
&.
aux
principaux
de
fa
cour.
|
Jofeph
pañlà
vingt-deux
ans
dela
forte
;:
dans
une
grande
profpérité;
il
eut
fept
fils
d'une
fem-
me
,
&
un:
huitième,
nommé
Hircan,
d'une
au=
tre
femme,
qui
était
fille
de
Solime
fon
frere
,
&c
qu'il
avoit
époufée,
croyant
prendre
pour
femme:
une
danfeufe
,
qui
lui
avoit
plû
dans
la
cour
du.
roi
Ptolemée.
Solime
au
lieu
de
lui
donner
certe:
danfeufe
qu'il
fouhaiteit
,.
mit
dans
fon
lit
fa
pro-
pre
fille,
qui
devint
mere
d'Hircan..
Son
pere:
eut
pourlusunestendreffe
particuliere,
parce
qu'à
lui
trouva
plus
d'efprit
&
de
conduite,
qu'à
fes:
autres:
fils.
:
Ptolemée
roi
d'Egypte
,
on
en
fi
de
grandes
ré
ioit
volontiers,
&
que
dix
mille
dragmes
lui.
Aifoient,
parce
qu'ilne
vouloit
pas
faire
beaucoup
-
Lave
SEfTIrrME,
yà
_.
de
dépenfe.
Qu'à
l'égard
des
préfens
,
qu'il
feroït
an
du
Monde;
obligé
de
faire
au
roi,
il
pourroit
lui
fairé
donner
377
°°"
LE
dans
Alexandrie
l'argent
néceflaire,
pour
acheter
“quelque
chofe
de
rare,
&
de
grand
prix,
pour
le
préfenter
au
prince
de
fa
part.
Jofeph
écrivit
donc
à
Arion,
qi
étoit
celui
qui
manioit
tout
l'argent,
qu'il
envoyoit
de
Sy-
rie
à
Alexandrie
pour
payer
les
tributs,
&
par
les
mains
de
qui
pañloïent
tous
les
ans
environ
trois
mille
talens.
(4)
IL
lui
écrivit
de
donner
à
fon
fils
dix
talens.
(2)
Hircan
partit
avec
ces
lettres,
6
au
lieu.
de
dix
talens,
en
demanda
mille.
Arion
les
refufa,
&
lui
dit
quelques
paroles
défobli-
geantes
,
qui
obligerent
Hircan
de
le
mettre
en
prifon.
Arion
en
fit
porter
fes
plaintes
par
fa
fem-
me
à
{a
reine
qui
en
parla
au
roi.
Mais
Hircan.
lui
répondit
f..pertinemment
;
qu'Arion
voyant.
quil.
ne
devoit
plus
efpérer
de
protection
de
ce.
côté-là,
donna
à
Hircan
les
mille
talens
qu’il
de-
cons,
{
ES
ES
le
rent
chacun
un
talent,
ou
deux
mille
fix
cens.
quatre
-
vingt-huit
livres,
sil
s'agit
du
talent.
_(b)
Les
dix
talèens
Hébreux
-
font
48671,
liv.
17.
fols
6.
d.
à
4867,
liv.
3.
fols
$.
deniers.
lent.
Mais
à
ne
prendre
le
ta-
|
le
talent
,
ou
24000,
livres
à
lent
qu’à
2400:
liv.
les
trois
nulle
|
2400.
liv.
le
talent.
telens.ne
font
que
7200000.
iv.
!
E
üj
(a)
Les
trois
mille
talens
Frs
*
…
breux
font
r460r$62.
liv.
10.
-
fols,à4867.
liv..3.
fols
le
ta-
48
Histothe
BE
LANG
TESTAMENT,
An
du
Monde,
egyptien
;
où
feulement
deux
mille
quatré
cens
377%
avant
JC
livres,
fi
c'eft
du
talent
Attique.
A
quelques
jours
_
de-lRà,
le
roi
faifant
un
feflin
aux
principaux
de
fes
provinces
,
envoya
dire
à
Hircan
de
s'y
trou-
ver,
&
on
le
plaça
au
plus
bas
lieu,
à
caufe
de
fon
âge.
LeS'autres
conviés
pour
fe
divertir
mi-
rent
devant
lui
les
os
des
viandes,
qu'ils
avoient
mangées
,
fans
qu'il
témoignât
de
s’en
fâcher.
Sur
uoi
un
nommé
Triphon
,
qui
divertifloit
le
roi
par
fes
railleries..lui.dit:
Vous
voyez,
Sire,
la
quantité
d'os
qu'il
y
a
devant
Hirean;
vous
pou
vez
juger
par-là
de
quelle
maniere
fon
pere
ron-
ge
la
Syrie.
Ces
paroles
firent
rire
Le
roi
;
mais
Hircan
fans
s'embarrafler
,
répondit
:
Il
ne
faut
pas
,
Sire,
s'étonner
de
voir
devant
moi
tous
ces
os
:
car
les
chiens
mangent
les
os
avec
la
chair,
comme
Vous
voyez
qu'ont
fait
ceux-ci,
en
mon
trant
les
autres
conviés,
puifqu'il
n’en
eft
refté
aucun
devant
êux
:
mais
Comme
je
fuis
homme,
je
me
contente
de
manger
la
chair,
&
je
life
.
Jes
os.
es
ee
2
Le
lendemain
,
Hircan
alla
voir
ceux
qui
étoient
en
plus
grande
faveur
auprès
du
roi,
&
s’énquie
difpofoient
de
faire
au
roi
Ils
fui
répondirent
…
que
les
uns
donneroïent
douze
talens,
&
les
au
tre
plus
ou
moins,
chacun
felon
leur
pouvoir,
Il
feignit
d'en
être
fâché,
&
dit
que
tout
ce
qu'il
pourroit
faire
feroit
d'en
donner
cinq.
Mais
le
jour
étant
arrivé,
ceux
qui
firent
les
plus
grands.
prefens
au
roi,
ne
pañlérent
pas
vingt
talens
:
%
Hircan
offrit
à
ce
prince
les
cent
jeunes
hom=
=
3
À
PR
S
:
LEMRE
SErTiru…s
39
mes
dont
nous
avons
parlé,
qui
lui
prefenterent
Mo:
encore
chacun
un
talent
;
&
à
la
reine
les
cent
dj
2
jeunes
filles
;
qui
luioffrirent
de
même
chacune
un
talent.
Toute
la
cour
fut
furprife
d’une
f
gran-
de
liberalité.
Il
ft
aufli
de
grands
prefens
à
tous
-
ceux
qui
étoient
en
crédit
auprès
du
roi,
afin
qu'ils
lui
menageaflent
la
protection
de
fa
majefté.
Pto-
lemée
fenfible
à
fa
générofité
,
lui
dit
de
lui
de-
mander
ce
qu'il
voudroit
:
mais
Hircan
lui
répoñ=
dit
qu'il
ne
défiroit
autre
chofe
,
finon
qu'il
lui
plût
d'écrire
en
{a
faveur
à
{on
pere
&
à
{es
fre.
res.
Le
roi
lui
fit
expedier
les
lettres
qu'il
deman-
doit;
&
après
lui
avoir
fait
de
grands
prefens,
il
le
renvoya.
a
.
Ses
freres
jaloux
de
l'honneur
qu'il
s'étoit
ac-
quis,
&
irrités
de
la
grande
dépenfe
qu'il
avoit
faite
à
Alexandrie,
allérent
au-devant
de
lui
pour
Le
tuer,
fans
que
fon
pere
fe
mît
en
peine
de
les
empêcher,
tant
il
étoit
en
colere
de
ce
qu'il
avoit
fait
en
Egypte.
Mais
Hircan
fe
défendit
fi
vaillam-
ment,
quil
y
en
eut
deux
de
tués,
&
plufeurs
LÉERS
4
il
fe
retira.
au-delà
du
Jourdain,
&
s'occupa
à
re
cevoir
les
tributs
qui
étoient
dûs
par
les
Barba-
res
;
c'eft-à-dire
les
Arabes
,
les
Moabites,
les
Ammonites
,
&
quelques
autres
peuples
de
ces
.
cantons.
Peu
de
temsäprès
mourut
Jofeph
pere
Sa.
-d'Hircan,
homme
d'un
grañdefprit,
qui
{çût
ti-
3753.
avant J.
€,
rerles
Juifs
défla
pauvreté
où
ils
étoient,
pour
les
mettre
en
état
de
vivre
à
leur
aife.
Il
avoit
été
vingt-deux
ans
Intendant
des
tributs
qui
fe
SRE
de
ceux
qui
les
accompagnoient.
Etant
arrivé
àJe=
36
Hisrote
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
Ts
levoient
dans
la
Phénicie,
dans
la
Judée
&
danë
3785,
avant
J.
C.
la
Samarie.
:
A
Le
grand-prètre
Onias
IT.
étoit
mort
«environ
ee
rang.
dx
Ou
douze
ans
auparavant
,
&
avoit
laïflé
la
préneOnill,
fouveraine
facrificature
à
Simon
Il.
Pendant
ce
tems,
Antiochus
le
grand
regnoit
en
Alie
,
&
Pto-
iemée
Evergétes
en
Egypte.
Après
la
mort
de
Jo-
feph;
la
divifion
de
fes
enfans
caufa
de
fort
grands
troubles
dans
Jerufalem:;
car
&
le
grand-prètre
_
Simon
&
le
peuple
favorifoientles
aînés
contre
Hir-
can,
qui
étoit
Le
plus
jeune.
De
maniere
que
celui-
ci
ne
jugea
pas
à
propos
de
retourner
à
Jerufalem,
ais
il
demmeura
au-delà
du
Jourdain,
où
il
fai-
{oit
continuellement
la
guerre
aux
Arabes.
Il
y
bâtitun
château
extrèmement
fort
,
dont
les
murs.
de
dehors,
depuis
le
pied
jufqu'à
l'entablement,
étoient
demarbre-blanc.,.&.
ornés
de
figures
d'a-
nimaux
plus
grands
que
Îe
naturel,
en
fculpture.
Il
l'environna
d'un
large
&
profond
foflé
plein
d'eau
,
&
fit
tailler
dans
un
roc
de
la
montagne
woifine
;
plufeurs
grandes
cavernes,
dont
l'entrée
étoit
fi
étroite,
qu'il
ny
pouvoit
pañer
qu'une
perfonnesèsla
fois,
afin
de
sy
fauver,
sil
étoie
forcé
par
fes
freres.
CET
perbebaument
étoit.f-
tué
près
d'Hefebon,
ville
célébre
par
{es
belles
.
‘eaux,
dont
Hircan
profita
pour
orner
fes
jardins.
8e
fa
maifon.
Il
lui
donna
le
nom
de“Lyr
ou
Ro
Fée
tone
il
y
détetr
pendant
les
fept
dernieres
ans
commeng
à
re
nées
que
Seleucus
Philopator
san
en
Syrie
,
fai
ner
l'an
du
mond
7
Fe
fant
continuellement
la
guerre
dux
Arabes.
Mais,
Antiochus
Epiphanes
étant
monté
fur
le
trône
de
Syrie,
Hircan
redoutant
fa
grande
puillance,
Livré
SEerTir
ur
ÂX
_&
craignant
de
tomber
vif
entre
fes
mains,
&
EI
d'être
féverement
puni
pour
la
guerre
qu'il
avoir
5795
artJ
©
faite
de
fon
chef
aux
Arabes,
il
{e
tua
lui-même,
ee
_&
ce
prince
fe
faïfit
de
tous
fes
biens.
|
.
Maïs
iffaut
retourner
à
Antiochus
Le
grand,
que
Amos
à
lhiftoire
de
Jofeph
&
d'Hircan
nous
a
oblipé
Fes
tas
dt
d'interrompre.
Après
la
mort
de
Seleucus,
fur-
ne
37
|
nommé
le
Foudre,
le
royaume
de
Syrie
apparte-
noit
au
jeune
Antiochus,
fils
de
Seleucus
Calli-
nicuss#on
frere
:
mais
l’armée
qui
étoit
en
Sy-
rie,
demandapour
roi
Antiochus,
qui
fut
depuis
furnommé
le
Grand
,
&
qui
étoit
alors
à
Babylo=
ne.
Il
vint
donc
en
Syrie,
&
fe
trouva
maître
de
prefque
toute
l'Afie
qui
eft
au-delà
du
mont
.
aurus.
La
Célé-Syrie,
la
Phenicie
dc
la
Judée
an
du
Monte,
obéifloient
toûjours
au
roi
d'Egypte,
qui
étoit
#7"
alors
Prolemée
Philôpator,
fils
&
fuccefleur
d’'E-
ProieméeEver-
us
;
Fe
ne
getes
mourut
l’am
ver
getes.
Antiochus
avoit
TOUJOUrS
eu
des
VUES
fur
du
monde
3783,
ment
à
{à
bienféance.
Theodote
gouverneur
de
RESTE
FRERE
DE
La
a
Een
>
Er
—
42
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
de,
Tyr
&
quelques
autres
places
fe
rendirent.
“
sance
gp
put
prendre
Dora,
quoiqu
il
leût
afliégée,
parce
que
la
place
étoit
très-forte
d'afliete,
&
qu'elle
recevoit
du
fecours
de
Nicolas
général
de
l’armée
de
Philopator
;
:
1
n’attaqua
pas
même
a
Sidon
mais
il
étoit
maître
de
prefque
tout
Le
pays.
14
On
fit
une
trève
de
quatre
mois
entre
les
deux
rois;
&
le
printems
fuivant,
la
guerre
recommen=
2
Fe
remporta
divers
avantages
;
il
prit
la
ville
de
Philoteria
fur
la
mer
de
Lyberiade
:
la
ville
d'Ytabirium,
fituée
fur
Le
mont
Thabor,
Rabbath-Ammon
capitale
des
Ammonites,
plu
fieurs
autres
villes,
tant
en-deçà
,
qu
.
le
Jourdain,
comme
Pella
,
Camus,
Gepher,
Ga-
-
dare
:
il
ft
hiver
{es
troupes
dans
la
Paleftine,
L
4)
pour
être
plus
à
portée
de
commencer
dé
Eure
à
campagne
contre
Prolemée
Phi-
pie
,
qui
de
fon
côté
faifoit
de
grands
prépa
“And
Monte,
'atifs
pour
foûtenir
cette
guerre.
Dès
le
commen-
2
Ne
CU
de
printems
,
les
deux
rois
fe
trouverent.
aux
environs
de
Raphia
avec
leurs
armées.
Ils
fu=
:
du
gnd
jours
en
PE
&
le
sun
jour.
aille.
Anne
us
quoique
plus
Dre
en
Home
+
&
plus
grand
capitaine,
la
perdit,
&
fut
obli
de
fe
retirer
en
Syrie.
(2)
Prolemée
Philopa
‘or
reprit
aifément
toutes
les
villes,
qu'Antio+
Chus
lui
avoit
enlevée
;
&
les
peuples
de
la
Céle
.
Syrie
naturellement
pie
attachés
aux
rois
d’
Egyp-
:
*,
fe
rendirent
à
à
lenvi,
&
n
“oublierent
aucune
/
ue
0
Vide
à
-
2.
=
hp
DEvRE
SERTIEME
2
43
forte
d'honneur,
dont
ils
s'imaginerent
pouvoir
Axa
mots
farce
a
roi
d'Egypte.
(a).
Ils.
lui.pre-
ARS
{enterent
des
couronnes,
luié
érigerent
des
autels,
&
lui
offrirent
des
re
comme
à
un
Dieu,
Philopator
de
fon
côté
vifitant
toutes
les
villes,
Îes
exhorta
à
la
fidelité,
combla
de
dons
les
tem-
ples
de
leurs
dieux,
&
n'ômit
rien
pour
s
‘attacher
les
peuples.
Les
Juifs
l'envoyerent
A
D
dh
EG;
+
part
du
Sénat
fur
@
victoire,
&
lui
offrirent
de.
poeme
ptite
riches
prefens.
Mais
le
roi
he
témoigna
qu'il
de
fe
dam
vouloit
aller
en
perfonne
à
Jerufalem.
(b)
Il
ytemris
vint
en
effet
,
&
offrit
au
Dieu
très-haut
des
facri-
fices
en
a.
de
grace
pour
fa
victoire.
Toute
pafla
d’abord
dans
la
décence,
&
le
refpeæ
conve=
:
nableà
ce
ce
faint
lieu.
Mais
le
prince
touché
d’ad-
miration
du
bel”
Ordre,
&
de
la
magnificence
qu'il
remarquoit
dans
le
temple,
voulutentrer
dans
l'in-
cerieur
du
lieu
faint,
Les
prêtres
lui
remontrerent,
que
les
Juifs
&
les
Prêtres
eux-mêmes
n’avoient
pas
cette
liberté
;
que
c'étoit
un
privilege
réfer-
nd-prêtre
feu,
SE
Encore
=
me
d
une
Pa
po
étrangere
ne
devoit
point
y
pré-
tendre.
On
lui
fit
voir
l'endroit
de
la
loi.
qui
le
défend,
&
on
alla
même.
jufqu’à
lui
dire,
que
s'il
lentreprenoït,
ilpourroit
lui
en
arriver
quelque
chofe
de
fâcheux
:
touteela.ne
fut
pas
capable
de
:
moderer
l'envie
du
roizil
protefta
qu'il-entreroit
de
gré
ou
de
ee
Alors
les
pièues
prolternés
(6)
Pbb.
lib.
se
=.
==
{b)
+
Maccab.
ce.
F
ÿ
\
Ad
Histoiré
DE
L'ANc.
TESTAMENT;
s
a
rai
wrdonna
aq
donnant
fous
de
g
idoles
;
il
défendit
duifant
au
rang
des
plus
vils
habirans
du
pays,
avec
menaces
de
mettre
à
mort
ceux
qui
mobéis
toient
pa
LIVRE
SEPTIFME
25
de
préferer
la
dégradation
,
&
la
fervitude
auvio
Er.
lement
des
loix
dé
Dieu,
furent
marqués
avec
un
3757:
aa).
Gs
fer
chaud,
qui
répréfentoit
une
feüille
de
lierre,
ec
comme
pour
témoigner
qu'ils
étoient
devenus
efclaves
du
dieu
Baccus.
Ceux
au
contraire
qui
voulurent
obéir
au
roi,
en
fe
faifant
initier
aux
myfteres
profanes
des
faux
dieux,
conferverent
ou
obtinrent
de
nouveau
le
droit
de
bourgeoïfie
à
Alexandrie,
&celui
d’avoir
entrée
au
palais
du
roi.
Laplüpart
demeurerent
fermes
dans
la
religion
de
leurs
peres,
mais
d’autres
préfererent
les
bon
nes
graces
du
roi
à
leur
devoir,
Philopator
indigné
de”
voir
que
le
plus
grand
nombre
des
Juifs
du
pays
ne
s'étoient
pas
mis
en
peine
,
ni
de
{es
me-
naces,
ni
de
fes
ordres,
rélolut
de
les
faire
tous
périr:H-donna
donc
contre
eux
un
édit
en
ces
termes
:
»
Le
roi
Ptolemeée
Philopator
à
tous
fes
»
généraux,
&
aux
foldats
qui
font
dans
l'Egypte,
»
falut
&
profperité
:
Pour
nous
,
nous
nous
por-
»tons
bien,
&
nos
affaires
font
en
un
état
flo-
»
riflant,
Après
notre
expedition
en
Afe,
qui,
»
réufli,
par
la
fave
6
die
jar
VOTrE
Va=
_»
leur
&
fage
conduite;
nous
étions
réfolus
detraiz
L'ISRREE
LEE
ns
>
dans
chaque
ville
,
nous
fommesallés
à
Jerufa-
»
[em
,
&
nous
avons
voulu
honorer
de
notre
pre-
»
fence
le
temple
des
Juifs,
ce
peuple
infen{é
&
»
méchant,
Mais
après
nous
avoir
recüûs
avec
des
|
E
ii
ee
An.
du
Monde»
3787.
avant J,
C:
213
_»quin
46
Historme
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
»
honneurs
féints,
&
lorfque
nous
avons
vouli
entrer
dans
leur
temple,
&
de
l'orner
de
prefens
»
dignes
de
notre
magnifcence
,
ils
nous
en
ont
refufé
l'entrée,
avec
cette
hauteur
&
cette
info
»
lence
qui
leur
eft
comme
naturelle.
:
#
»
Nous
avons
bien
voulu,
par
un
effet
de
notre
bonté,
ne
pas
ufer
contre
eux
de
violence
;
mais
»
pour
eux,
ils
ont
dans
cette
occañon
.
Voir
»
leur
mauvaife
difpoftion
envers
nous
,
étant
»
les
feuls
de
tous
les
peuples
qui
s'oppolent
aux
»
rois
&
aux
puiflances
les
plus
legitimes.
Nous
»
fommes
donc
revenus
triomphans
en
Esypte,
»
&
avons
continué
de
donner
à
nos-peuples
des
»
preuves
de
notre
bienveillance
;
&
pour
faire
»
connoître
à
ceux
même
de
cette
nation
qui
font.
»en
Esypee
,
que
nous
voulions
oublier
linfulte
savoie
été
faite,
nous
avons
entrepris
»
en
Énndennon
des
fervices
qu'ils
nous
ont
»
rendus
dans
nos
armées,
de
leur
faire
quitter.
»
leur
religion
,
&
leur
avons
offert
de
leur
accor-
_»
der
le
droit
de
bourgeoifie
à
à
Alexandrie,
&
de.
»
»
diet
»
entrés
dans
nos
defleins
,
S'imaginant
que
vain:
smile
volonté
contre
nous,
pour
préven
»
leur
donner
part
à
Fhonneur
des
prêtres
de
nos.
€
JEU
j
AIS
SERA
|
pris
tout
cek
en
un
Mauvais.
»
avec
opiniâtreté
.
droit
de
botrgeoite
que
nous.
»
[eur
offrions,
témoignant
même
de
l'horreur:
»
&
de
l'averfion
contre
ceux
des
leurs.
qui
fon
»
Cus
par
leur
obftination
,
nous
nous
défiftero
»
enfin
de
nos
juites
Holadons
Fe
-
_»
C'eft
pourquoi
étant
bien
inlarrad
de
(a
SZ
Livre
SEPTIE
ME.
»
leurs
deffeins
perfides
,
&
pour
empêcher
que
»
quelque
jour
ils
ne
fe
joignent
à
nos
ennemis,
»
nous
avons
ordonné
qu'auflitôt
que
vous
aurez
»
reçû
ces
lettres,
vous
nous
envoyiez
à
la
même
An
du
Monde:
3787.
avant
J,
Ce
213
«heure
ceux
qui
demeurent
parmi
Vous,
avec
»
leurs
femmes
&
leurs
enfans
chargés
de
chaînes,
»
afin
de
Îéur
faire
fouffrir
ici
les
tourmens
qu'ils
»
ont
mérités.
Et
quiconque
aura
caché
un
Juif,
»
de
quelque
âge
qu'il
foit
,
fera
foûmis
à
la
peine
»
dela
baftonade
;
avec
toute
fa
maifon
;
&
qui-
»
conque
les
découvrira
,
aura
pour
recompenfe
»
la
confifcation
de
tous
les
biens
du
coupable,
»
&
outre
cela
deux
mille
dragmes
de
la
liberalité
»
du
roi
;
&
s'il
eft
efclave,
il
fera
mis
en
liberté,
»
&
aura
une
couronne.
Et
tous
les
lieux
où
lon
Juifs
en
témoignerent
leur
joye.
On
en
preffa
>
:
si
de
chaîne
Femmes
,
je
&
vieux,
fans
diftinction,
&
on
les
embarqua
fur
le
Nil,
pour
être
conduits
à
Alexandrie.
Ils
fax
_rent
traités
pendant
tout
le
voyage
avec
la
der=
niere
inhumanité,
&
on
leur
fit
tous
les
mauvais
_
traitemens
qu'on
auroit
fait
à
des
criminels
d'E-
tat.
Etant
arrivés
à
Schédia
,
qui
eff
comme
le
port
d'Alexandrie
,
environ
à
quatre
lieuës
de
cette
ville,
on
les
y
débarqua,
&
ils
furent
ex-
poiés
dans
l’'Hyppodrome
;
à
découvert
,
fans
au=
À
|
48
Hisromns
De
L'ANG
TESTAMENT,
Tanda
onde,
Cuñe
communication
avec
ceux
de
Îa
ville.
Fouz
pre
tetes
Juifs
d'Alexandrie
fortoient
fecrettement
de
la
ville,
&
alloient
confoler
leurs
freres.
Mais
le
roi
en
ayant
été
informé,
ordonna
qu'on
les
chaffät
tous
de
la
ville,
&
qu'on
les
enfermûr
dans
l'Hyppodrome
avec
Îles
autres.
Il
comman-
da
enfuite
que
l’on
fit‘un
dénombrement
exact,
&
qu'on
drefsât
un
rôle
de
ceux
qui
devoient
être
mis
à
mort.
.
Les
officiers
du
roi
travaillerent
quarante
jours
à
faire
ce
dénombrement
;
&
après
cela
ils
furenc
obligés
de
venir
déclarer
qu'ils
ne
pouvoient
ache-
ver
ce
travail,
tant
le
nombre
des
Juifs
étoit
grand
dans
l'Egypte.
Le
roi
crut
d'abord
que
ces
officiers
s'étoient
laiflés
gagner
par
argent
;
mais,
enfuite
ayant
vû
leurs
resiïltres
remplis,
&
leurs
plumesuféessilfut.convaincu
de
la
vérité
de
leur
rapport;
&
il
fit
venir
Hermoh
gouverneur
de.
fes
éléphans,
&
lui
dit,
de
donner
le
lendemain”
aux
éléphans
beaucoup
de
vin
pur
pañlé
fur
des
paquets
d’encens,
afin
d'ôter
le
fentiment
à
ces
divertir
avec
fes
amis
,
&
Hermon
exécuta
ce
qui.
Jui
avoit
été
commandé.
Mais
le
lendemain,
qui.
_étoit
le
jour
deftiné
pour
l'exécution
des
Juifs,
le.
roi
dormit
fort
tard,
&
on
n'ofa
l’éveiller
que
…
vers
trois
heurs
après-midi
,
lorfqu'il
étoit
tems
LiIvRE
SEPTIEME.
40.
de
fe
mettre
à
table
pour
manger.
Le
roi
fe
leva}
©&naunouc.
&
ne
penfa
qu'à
faire
bonne
chere
avec
ceux
cor
avoit
invités.
D
Cependant
comme
on
demeura
à
table
bien
avant
dans
la
nuit,
le
roi
envoya
querir
Hermon,
&
lui
demanda
pourquoi
on
avoit
laiflé
pañler
le
jour
fans
exécuter
fes
ordres
contre
les
Juifs.
Her-
mon
lui
répondit,
que
tout
avoit
été
préparé
pour
cela,
mais
que
le
roi
n’ayant
pas
paru,
on
n’a-
voit
ofé
rien
faire.
Prolemée
ordonna
donc
de
nouveau,
que
l’on
difposât
toutes
chofes
pour
le
{upplice
de
ces
malheureux.
Hermon
n'y
marqua
pas;
&
le
lendemain
dès
le
point
du
jour,
il
fe
trouva
dans
le
grand
parvis
du
palais,
avec
les
éléphans
tout
armés.
Le
roi
fe
leva
de
très-grand
matin,
&
ne
fe
fouvenant
plus
des
ordres
qu'il
_avoit
donné
laveille;-demanda
ce
que
cela
vou-
loit
dire,
&
réprimanda
fortement
Hermon
d’a-
*
changement
qui
s
&
=
Le:meéme
Jour
qui
étoient
à
table
avec
lui,
prirent
la
liberté
de
lui
dire:
Jufquà
quand
votre
majefté
veut-elle
ex
Q
.
s
a
Lé
nous
tenter.
?
Déjà
trois
fois
vous
avez
commandé
Tome
IIL.
G
..
jo
HisToime
DE
L'Anc.
TESTAMENT,
“An.
du
Monde,
la
même
chofe
;
&
lorfqu'il
s'agit
de
l’exécu-
rw
Cron,
vous
changez
de
réfolution,
Alors
Ptole-
mée
fit
ferment
que
le
lendemain
il
envoyeroit
au
tombeau
tous
les
Juifs
écrafés
fous
les:
genoux
|
des
éléphans,
qu'après
cela
il
iroit
en
Judée,
&
mettroit,
tout
à
feu
&
à
fang,
raferoit
les
villes,
brüleroit
le
temple
de
Jerufalem,
dont
on
lui.
avoit
refufé
Pentrée
,
&
extermineroit
les
prêtres
qui
y
facrifioient.
Hermon
prépara
fes
éléphans,
les
enyvra,
&
les
mit
en
furie,
puis
ayant
averti
le
roi
,
il
les
mena
à
l'Hyppodrome.
Philopator
avec
toute
fa
cour
sy
rendit
aufli
»
&
les
Juifs
voyant
de
loin
la
poufliere
qui
s'élevoit,
à
caufe
de
la
multitude
qui
accouroit
à
ce
fpe@acle
,
&
entendant
le
bruit
qui
{e
faifoit,
ne
douterent
plus
que
leur
derniere
heure
ne
fût
venuë,
ils
re-
doublerent-leurs.
cris,
&
fe
dirent
adieu,
priant
le
Seigneur
avec
de
nouvelles
inflances
de
les
regarder
dans
fa
miféricorde.
=
|
_
Le
roi
étant
arrivé
avec
les
éléphans
,
le
Dieu.
.
.
fentant
devant
cette
li
.
)
fraveus
œlesrensdie
fut
fifi
d’un
tremblem
RS
ent
de
tout
le
corps,
en.
.
=)
forte
qu'il
ne
pouvoit
fe
foûtenir.
Les
éléphans
te
|
tournerent
contre
ceux
qui
les
conduifoient
&.
qui
les
environnoient
,
&
Îes
foulerent
aux
pieds.
Ée
cœur
de
Ptolemée
fut
tout
d’un
coup
changé.
-
Sa
cofere
fe
tourna
en
miféricorde.
;
&
toute
{on
_indignation
fe
répandit
contre
ceux
qui
n’avoient
fat
qu'exécuter
fes
ordres.
Il
les
accufa
de
vouloir
ETS
SRen
A
ee
LirvRé
SEPTIFME
+
5
attenter
à
{à
vie
&
à
fa
royauté
,
&
ordonna
qu'on
déliât
promptement
Les
Juifs
,
&
qu'on
Les
_
remit
en
liberté.
Etant
enfuite
rentré
dans
la
ville,
il
leur
fit
donner
du
vin
&
des
viandes
pour
faire
des
feftins
pendant
fept
jours.
Après
cela
il
les
renvoya
chacun
dans
leur
demeure
,
écrivit
en
leur
faveur
aux
gouverneurs
des
provinces
d'Egypte,
&
défendit-qu'on
leur
fit
aucun
reproche
de
tout
ce
qui
étoit
arrivé,
les
déchargeant
à
pur
&
à
mener
An
du
Monde,
3787.
ayant
J.
C.
21%
plein
des
calomnies
&
accufations
formées
contre
Les
Juifs
avant
leur
départ,
prirent
la
liberté
de
demander
au
roi,
qu'il
Leur
fût
permis
de
tirer
vengeance
de
ceux
de
leurs
freres,
qui
avoient
fi
lichement
abandonné
les
loix
de
leurs
ancêtres;
lui
remontrant
que
des
gens,
qui
pour
un
vil
in-
terêt,
avoient
p&
manquer
de
foi
à
leur
Dieu,
ne
féroient
pas
capables
de
conferver
la
fidélité
à
leur
roi.
Philopator
leur
accorda
la
permiflion
qu'ils
demandoient
;
&
au
fortir
du
palais,
ils
mi-
rent
à
mort
tout
ce
qu'ils
trouverent
d'apoñtats
de
leur
Religion.
On
en
compta
ce
jour-là
juf-
qu'à
trois
cens-de.tués..
De-là.,.ils-fe
rendirent
à
Rofette,
autrement
Ptolemaide,
à
foixante
mille
d'Alexandrie
,
vers
lorient,
fur
une
des
embou-
chûres
du
Nik,
où
ils
devoient
s'embarquer
pour
s'en
retourner
dans leur
pays.
Ils
réfolurent
dy
demeurer
fept
jours
enxéjoüiflance
,
pour
rendre
graées
à
Dieu
de
leur
délivrance.
Ils
y
érigerent
une
colomne
en
mémoire
de
cet
événement,
&
y
bâtirent
un
lieu
de
prieres.
Enfin
ils
partirent,
&
arriverent
heureufement
chacun
chez
eux,
On
|
G
ï
&
LA
:
52.
HisToiRE
DE
r'Anc.
TESTAMENT,
TAn
du
Monde,
leur
rendit
tous
leurs
biens,
qui
avoient
été
con-
37
we
©
fifqués
au
profit
du
roi,
ils
inftituerent
une
fête
en:
mémoire
de
cette
heureufe
délivrance;
&
ils
l'ont
célebrée
pendant
plufieurs
fiecles.
a
Ce,
KE
Les
Egyptiens
enflés
de
fa
victoire
qu'ils
avoient
Révolte
des
E-
l'emportée
contre
Ântiochus
le
Grand
à
Raphia,
Phiopar,
ne
daignoient
plus
obéïr
à
leur
roi
Philopator.
Ils
fe
revolterent
contre
li,
&
le
roi
fut
obligé
de.
leur
faire
la
guerre.
Les
Juifs
à
qui
il
venoit
de
rendre
la
liberté”,
le
fervirent
dans
cette
occa-
fion
avec
une
fidélité
f
conflante
,
que
l'on
en
compta
foixante
mille
de
tués
dansune
bataille
que
ce
prince
livra
à
fes
fujets
rebelles.
(a)
An
du
Monde,
Quelques
années
après
,
Philopator
mourut
,;
D
LC
Liflant
pour
tucceteur
fon
fl
Ptolemée
Epipha-
200
]
P
U
U
S
P
P
:
nes
,
âgé
feulement
de
quatre
ou
cinq
ans.
Alors
Antiochus.le
Grand,
roi
de
Syrie,
&
Philippe
rot
de
Macédoine
,
prirent
enfemble
des
mefures
pour
fe
rendre
maîtres
des
états
de
ce
jeune
prince,
dans
le
deffein
de
les
partager
entre
eux,
&
mê—
me
de
le
faire
mourir
,
pour
mieux
aflürer
leur
conquête,
ou
plûtôt
leur
ufurpation,
(b)
Philippe
devoit
entrer
en
Egypte,
&
Antiochus
devoir
at.
taquer
la
Syrie
&.la
Phénicie
3%:Chacun-devoit
demeurer
maître
de
ce
qu'il
aur
oit
pris.
En
effet,
Antiochus
fe
jetta
fur
la
Célé-Syrie
&
fur
la
Phé=
nicie,
&
s'en
rendit
maître.
Il
la
conferva
quel=
que
terms
:
mais
enfin
Prolemée
Epiphanes
envoya.
En
ce
pays
avec
une
armée
Scopas
général
de
fes.
(a)
Eufeb.
in
Chronic.
Fornand.
|
(B)
Poljb.
L
15.
Livs,
L
31e.
Fide.
Cler
ad.
an,
3789
Fuji
30
7
|
LIVRE
SEPTIEME.
|
troupes,
qui
battit
Antiochus,
reprit
plufeurs
vil-
les
de
[a
Syrie
&
de
la
Phénicie,
réduifit
toute
la
Judée
à
l'obéifflance
du
roi
d'Egypte;
prit
plu-
fieurs
des
principaux
chefs
de
Parmée
d'Antiochus,
&
revint
victorieux
en
Egypte.
(a)
:
Mais
cette
conquête,
qui
avoit
été
fi
rapide
&
fi
facile
,
ne
fut
pas
de
longue
durée.
L'année
fuivante
Antiochus
entra
dans
la
Célé-Syrie,
li-
Vra
la
bataille
à
Scopas
vers
les
fources
du
Jour-
dain,
le
battit,
&
fit
rentrer
fous
fon
obéiflance
les
villes,
que
Scopas
avoit
prifes
Pété
précédent.
Il
reprit
la
Batanée,
la
Samaïie,
les
villes
d'A-
bila
&
de
Gadare.
Scopas
qui
s'étoit
fauvé
du
combat
avec
dix
mille
hommes,
{e
retira
à
Sidon,
où
Antiochus
lafliégea,
&
l'obligea
de
fe
rendre
forcé
par
la
famine.
(4)
Les
Juifs
abandonnerent
le
parti
de
Ptolémée
Epiphanes,
&
embraflerent
celui
d'Antiochus
le
Grand
;
reçcûrent
dans
Je-
An
du
Monde,
3806,
avant
J,
C-
1940
Te
An
du
Monde;
3807.
avant
J,
C-
193.
_rufalem
fon
armée
&
{es
éléphans
,
&
aiderent
de
tout
leur
pouvoir
fes
généraux
,
qui
affiégerent
la
garnifon
que
Scopas
y
avoit
laïflée
dans
la
cita-
delle.
EASEPON
PIN
HR
PERRET
Se
ES
A
AIM
2
LA
Aa
fn:
£
its
|
\
PE
PASS
AT
nFée
S
ta
taire,
crut
devoir
leur
en
témoigner
fa
reconnoif-
fance
par
une
lettre
adreflée
à
Prolemée,
général
de
{es
troupes,
dans
laquelle
après
avoir
rapporté
ce
que
les
Juifs
avoient
fait
pour
fon
fervice
dans
cette
occalon
,
il
déclare
qu'il
a
deflein
de
réta-
blir
la
ville
de
Jerufalem
dans
{on
ancienne
(a)
Fofeph.
L
12.
Anrig.
c.
à.
Lef.
Fnffin.
Hieronym.
in
Dan.
P
ge
ce
3
RATE
ÆHieronym.
in
Dan.
xx,
EXT,
-
(b)
Polib.
in
Excerptis,
Va-
G
ii
6o
Hirorre
DE
L'ÂANcC.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
la
fomme
de
cet
argent
confiftoit
en
quatre
cens
"3828.
avant
J.C,
172
:
div.
dénotre:
mo!
nano
10:
talens
d'argent,
&
deux
cens
talens
d'or;
(a)
&
que
pour
lüi
il
ne
pourroit
jamais
fe
refoudre.
à
mettre
la
main
fur
cet
argent,
pour
en
frauder
les
proprietaires,
qui
l’avoient
confé
dans
le
Tem-
ple
,
qui
étoit
en
veneration
par
toute
laterre,
Heliodore
infiftant
fur
les
ordres
précis
qu'il
‘avoit
reçûs
du
roi,
prétendit
que
tout
cet
argent
{eroit
tranfporté
à
Antioche;
&
pour
executer
fa
commifhon
,
il
entra
dans
d.
temple,
&
voulut
{e
faire
ouvrir
Le
tréfor.
Le
grand-prêtre
&
tous
lesautres
miniltres
du
temple
s’y
oppoferent.
Tout
le
peuple
accourutau
temple
,&
adreffant
fes
prie
res
au
Tout-
puiffant,
lui
demandoit
avec
inftan-
ce
qu'il
confervât
la
fainteté
de
{à
maifon.
En
mê-
.
me-tems
que
les
gens
d'Heliodore
fe
mirent
ende-
:
Vois.de:forcer.les
portes
du
tréfor
,
la
vertu
du
Se:i-
.
gneuf
Le
fit
fentir
fur
eux.
Ils
ne:
tout
d'un
coup
frappés
d'une
frayeur
qui
les
renverfa,
&.
qui
les
mit
hors
d'eux-mêmes.
On
vit
paroître
un
homme
à
cheval
,
faperbement
vêtu,
qui
fondant
javéc
impetuofité
fur
Héliodore,
le:
rappa
rude-
-ment
des
pieds.
de
devant
;
a.
celui
gi
Le
mon
toit,
le
ménacoir
de-moït;-avec-des-
tou
tes:
han
ee
:Vit.:
es
de
même
tems.
deux,
jeunes
hommes
pleins
de
force
&
de
beauté,
brillans
de
gloire,
&-richement
vêtus,
qui
{e
te-
nant
aux
deux
x
.CÔtés.
d'Heliodore,
le
foüetroiene
ls;
is
Éuetes
is
sd
de
+
4867.
div.
3.
fols
9.
den,
&le
ta-
lent
d’or
fur
de
69532
L,
“lite
D
{ols,
:
Fe
a
Le.
400!
Labns
1946872.
liv.
&,
les
200.
talens
d’or,
font
1139006256.
Yerà
prendre
++
ie
FE
L<
ee.
Lrvre
SÉPTIEME
61
“chacun
de
fon
coté
,
&
le
frappoient
fans
relâche.
an
au
Monde,
3828.
avant
JC
17
2e
‘che,
à
qui
il
raconta
tout
ce
qui
lui
étoit
arrivé
pour
entirer
ces
tréfors,
il
répondit
:
Si
vous
avez
quelque
ennemi,
ou
quelqu'un
dont
vous
défiriez
vous
défaire,
vous
pouvez
l’y
envoyer,
&
vous
le
verrez
revenir
déchiré
de
coups,
fi
néanmoins
il
enrevient;
car
il
y
a
véritablement
quelque
ver-
tu
divine
dans
ce
temple.
:
-
Simon
intendant
du
temple
,
dont
on.
à
déja
à
F
ze
e
PET
2
°
-
parlé
,
qui
avoit
été
la
premiere
caufe
de
tout
ceci,
voyant
que
fon
coup
étoit
manqué
,
en
voulut
H
ii
Au
du
Monde,
“3828.
avant
J.
C.
472
62
HISTOIRE
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
rejetter
la
faute
fur
Onias,
difant
que
c'étoit
fui
qui
avoit
appellé
Heliodore,
&
avoit
été
l’occa-
fion
de
tous
ces
maux.
La
dE
alla
fi
foin,
qu'il
“y
eut
dü
monde
de
tué
dans
la
ville
par
les
amis
de
Simon.
Onias
craignant
les
fuites
de
cette
que=
relle,
&
voyant
qu'Appollonius
Gouverneur
de
|
la
Syrie
&
de
la
Phenicie,
fecondoit
&
favoriloit.
Simon
,
il
alla
trouver
le
roi
à
Antioche,
pour
dé=.
truire
ès
calomnies
de
Simon,
&
pour
arrêter
fes
dangereufes
entreprifes.
Le
roi
re
&
Simon
fut
envoyé
en
exil.
(4)
Pendant
qu
Oftss
étoit
à
Antioche,
Seleucus
Philopator
mourut.
Ce
prince
quelque
tems
avant
fa
mort,
avoit
envoyé
à
Ro=
me
fon
fils
Demetrius
,
pour
y
demeurer
en
Ôtage
en
la
place
de
fon
frere
Antiochus
,
qui
y
étoit
de=
:
ie
quator
Ze
ans.
_Antiochus
étant
en
chemin
,
{on
frere
Seleucus
he
mis
à
mort
par
les
2
que
lui
avoit
dreflées
Heliodore.
Celui-ci
vouloit
ufurper
le.
royaume
,
mais
il
en
fut
empêché
par
Antiochus
Épiphates
,
qui
appuyé
par
les
rois
Ecumenés
&.
Attale
,
entra
lui-même
en
pofleffion
des
états
de
{on
frere.
(à)
Il
NES
dans
Le
LS
comme
unñe..
divinité
fecourable
au
momeneawil
fem
loitque
les”
étrangers
devoiene
sen
tendie
les
maitres,
|
C'eft
ce
qui
lui
fit
donner
le
furnom
de
Diwe
apparoit
;
en
Grec,
Dieu
Epiphanés.
Mais
Il
de
-
couvrit
bien-tôt
Le
fond
de
fon
mauvais
naturel,
&
les
mêmes
peuples
qui
Favoient
d'abord
recu.
comme
un
Dieu
favorable,
Île
regarderent
de-
|
pe
cb.
in
Chronic.
-
_(b)
Vide
Appiar.
Syriac,
p.
1
T6.
117
|
puis
comme
un
furieux,
&
un
infenfé,
qui
étoit
‘An
du
Monde,
venu
pour
le
malheur
de
ce
royaume.
Les
J
dif
nn
furent
ceux
qui
reflentirent
les
plus
fâcheux
effets
de
à
violence
&
de
fà
fureur,
&
ce
furent
leurs
_
divifions
domeftiques,
&
l'ambition
de
quelques-
uns
d’entre-eux,
qui
y
donnerent
DECO
|
Car
Jafon,
fils
du
grand-prètre
Simon
I.
&,CH.
XIV.
frere
d'Onias
LIL.
qui
avoit
alors
la
fouveraine
fa-
ee
crificature
,
étant
venu
à
Antioche
;
s'offrit
de
nano
donner
au
roi
Antiochus
Epiphanés
,
(a)
trois
cens
foixante
talens
d'argent
par
an
,
&
outre
Lie
3,2
cela
quatre-vingt
talens
pour
d'autres
revenus
;
à
avan
J.
C.
171.
condition
qu’il
lui
accorderoit
la
dignité
de
grand-
prêtre,
à
laquelle
étoit
attachée
alors
celle
de
gouverneur
de
fa
nation.
Il
offrit
de
plus
cent
cinquante
talens
,
f
on
vouloit
donner
à
ceux
de
Jerufalem
le
droit
de
bourgeoïfie
d’Antioche
,
&
la
liberté
d'établir
une
Académie,
ou
une
Gym-
nafe
à
Jerufalem,
pour
les
exercices
publics,
com-
me
il
fe
pratiquoit
dans
les
principales
villes
de.
la
Grece.
Le
premier
objet
de
Jafon
étoit
de
dé-
truire
l’antipathie
qui
étoit
entre
Les
Juifs
&
ls
Amen,
Etrangers;-écdeumertresenshonneur-dans
f
na-
ir.
tion,
Les
exercices
qui
étoient
alors
les
plus
efti-
més
dans
la
Grece.
Il
fut
fecondé
par
plufeurs
perfonnes
de
J
erufalem,
(?)
qui
dirent
:
Allons,
&
faifons
alliance
avec
les
nations,
car
depuis
_
que
nous
nous
fommeswæetirés
d'avec
elles
,
nous
fommes
tombés
en
beaucoup
de
maux.
Ee
roi
accorda
donc
à
Jafon,
&
à
tous
ceux
de
fon
parti,
Live
SEPTIEME
©
7
(2.
Macecab,
IVe
7e
8.9
-(b)
1,
Aaccab.
1.
12.
33.
CC,
we
;
An
du
Monde,
3330.
ayant
J.C,
170e
neur
d'Hercules,
&
le
roi
y
étoit
en
perfonne.
64
Hisrorre
p£
L'Anc.
TESTAMENT,
ce
qu'ils
demandoient
,
&
aufli-tôc
ils
bâtirent:
dans
Jerufalem
des
lieux
d'exercices
,
tant
pour
les
jeunes
garçons,
que
pour
les
hommes
faits
;:
ils
effacerent,
autant
qu'il
fut
en
leur
pouvoir
,
les
marques
de
la
circoncifion,
par
le
fecours
de
la
medecine
,
qui
fournit
pour
cela
certains
moyens
qui
ne
font
pasinconnus
aux
anciens
;
comme
dans
ces
exercices
ils
combattoient
nuds,
ils
crurent
qu'il
y
avoit
quelque
honte
à
paroître
circoncis.
Ils
renoncerent
ainfi
à
l'alliance
fainte,
&
quit-
terent
abfolument
la
Religion
de
leurs
peres;
ils
fe
joignirent
aux
nations
infidelles,
&
fe
vendirent
pour
faire
le
mal.
-
e
Jafon
abolit
Les
privileges
que
la
bonté
des
rois:
de
Syrie
avoit
accordés
à
la
ville
&
au
temple
»
…
il
renverfa
les
loix
de
fon
pays
,
pour
en
établir
de
nouvelles,
&
il
faifoit
pafler
les
jeunes
gens
qui
vouloient
entrer
dans
les
lieux
d'exercice,
qu'il
avoit
établis
fous
le
nom
de
perafus,
qui
étoit
une
efpece
de
bonnet
confacré
à
Bacchus,
&
qui
.
marquoit
que
l’on
fe
confacroit
à
cette
faufle
Di-
vinité.
À
l'exemple
de
Jafon,
intrus
dans
la
di-
gnité
de
grand-pontife,
les
autres
prètres
mépri=
fant
le-temple.&.les.exercices.de
leur.facré
mi
niflere,
accouroient
aux
exercices
,
&
recher=
.
choient
avec
empreflement
de
remporter
les
prix.
qu'on
y
propofoit.
Ils
mettoient
en
cela
le
fou=
verain
honneur,
&
il
y
avoit
entre
eux
une
extrè-
me
émulation
pour
cela
On
célebra
en
ce
tems-{à
à
Tyr
des
jeux.
qui
fe
faifoient
de
cinq
en
cinq
ans,
en
lhon=
.
LIVRE
SEPTIEME.
‘6
(a)
Jafon
pour
faire
fa
cour
à
Antiochus
;
&
pour.
marquer
fon
attachement
à
ces
cérémonies
profa-
nes,
y
envoya
des
hommes
aufhi
impies
que
lui-mèê-
me,
pour
y
offrir
cent
dragmes
dar
.
,
qui
de-
voientêtre
employées
au
facrifice
d'Hercules.
Mais
l'intention
de
Jafon
ne
fut
pas
fuivie
en
cela.
Ses
dé-
putés
crurent
apparemment
faire
mieux
leur
cour,
en
donnant
cet
argent
pour
aider
à
la
conftruc-
tion
des
vaifleaux
pour
le
roi,
ou
pour
appareiller
les
galères
qui
devoient
en
jeux
dans
cette
occafion.
Dans
ce
même-tems
Cléopatre,
reine
d'Esy-
pte
,
fœur
d’'Antiochus
Epiphanés
,
&
mere
de
Ptolemée
Philometor
,
étant
morte
,
fon
fils.
Philo-
metor
monta
{ur
le
trône
d'Egypte,
&
commen-
ça
à
prendre
lui-même
Le
gouvernement
de
es
états
,
qui
avoit
été
juiqu'alors
entre
Les
mains
de
fa
mere,
à
caufe
de
fon
bas
à
âge.
Antiochus
Epi-
phanés
fon
oncle
,
envoya
en
Egypte
Apollo-
_nius,
fils
de
Mnefthée,
pour
affifler
à
la
cérémo-
nie
de
fa
premiere
rico
dans
le
trône
de
es
.
peres.
(2)
Mais
jpolos
trouva
|
ifpofés
ec
trot
du
royaume
De
|
prétendoient
que
ce
prin=
ce
détenoit
la
Célé-
-Syrie
&
la
Phénicie,
qui
de
voient
appartenir
au
roi
leur
maître,
comme
ayant
été
cedées
par
Antiochus
le
Grand
pour
le
doüaire
de
la
reine
Cléopatre
Re
file.
5
mere
du
jeune
roÿ
Philometor.
en
..
AU
@):
2,
Maccab,
IV.
20,
21.
|
<(b)2.
Maëcab.
IV.
21.
23.
Éc.
.
_.
;
|
Tome
IL
Ï
An
du
Monde
3831.
avant
J.
C;
169.
66
TYisToiRe
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
és
XV.
Antiochus
informé
de
ces
difpofitions
des
ofh-
Antiotlus
Ep
CIE
du
roi
d'Egypte,
prit
la
réfolution
de
lui
Perd
la
guerre,
&
de
demander
qu'on
lui
défé-
la
régence
&
Île
gouvernement
d'Egypte,
en
3832.
avan
J.
©.
attendant
que
fon
neveu
fût
en
état
de
la
gou-
=
verner
par
lui-même.
Il
vint
de
Tyr
à
Joppé,
&
de
Joppé
il
alla
àJ
erufalem
,
où
il
fut
recu
ma-
-
gnifiquement
par
J
afon,
&
par
toute
la
ville.
IE
y
fit
{on
entrée
à
la
lumiere
des
flambeaux,
de
parmi
les
acclamations
publiques,
.&
retourna
de-
BR
en
Phénicie
avec
fon
armée.
:
_
Andu
Monde,
Trois
ans
après
que
Jafon
eut
acheté
[a
fou-
a
an
JC
Léraine
Sacrificature
,
il
envoya
à
Antioche
Me-
nelaüs,
frere
de
Simon,
de
la
tribu
de
Benjamin,
dont
on
a
parlé
ci-devant,
(a)
pour
porter
au
tot
les
fommes
qu'il
s'éroit
engagé
de
payer
tous
les
ans,
&
pour
{çavoir
fes
intentions
fur
des
affaï-
res
très-importantes
,
quil
devoit
lui
communt-
quer.
Mais
Menelaüs
ayant
gagné
les
bonnes
gra-
ces
du
roi,
par
la
imaniere
flatteufe
dont
il
re-
leva
fa
puiflance
,
trouva
moyen
de
fe
faire
don-
ner
la
{ouveraine
Sacrificature
,
en
offrant
trois.
cens
talens
d'argent
|
avoit
donné.
IlrevintaJ
grande
dignité,
n'ayant
à
(a)
2.
JMaccab..xv.
23,
24.
|
c.
6.
où
il
eft
aflez
contraire
à.
‘@°c.
H'faut
comparer
cet
endroit
PAuteur
du
quatriéme
des
Mac:
avec
Jofeph.
Antiq.
liv.
x£x,
|
cabées.
a
VERRE
Ervar
SEBTIEME
-
Le
es
voyes
aufli
injuftes
&
aufli
irrégulieres,
ne
fe
mit
pas
en
peine
d'envoyer
au
roi
les
fommes
qu’il
s3æavaxy.
a
Jui
avoit
promifes
»
quoique
Softrate
,
qui
com-
ie
mandoit
de
la
part
du
roi
dans
la
forterefle
de
_
Jerufalem,
le
preflàt
d’en
faire
le
payement,
par-
ce
qu'il
étoit
chargé
de
f'intendance
des
tributs
de
la
Judée.
(a)
C’elt
pourquoi
ils
furent
tous
deux
mandés
à
Antioche.
Menelaüs
fut
dépoüillé
de
la
charge
de
grand-prêtre;
Lyfimaque
fon
frere
fut
chargé
d’en
faire
les
fonctions;
&
Soltrate
fut
obligé
de
donner
le
gouvernement
de
la
cita-
delle
à
Cratés,
qui
avoit
été
gouverneur
de
Cypre,
Cependant
les
affaires
fe
brouilloïent
de
plus
À
one,
en
plus
entre
Philometor
roi
d'Egypte,
&
Antio-
£7
#7
©
7
chus
Epiphanés
roi
de
Syrie.
Les
prineipaux
ofh-
ciers-du-roi
d'Egypte
réfolurent
d'employer
la
for-
ce,
pour
obliger
Epiphanés
de
reftituer
la
Célé-
Syrie
au
roi
leur
maître.
Les
deux
rois
envoyerent
à
Rome
des
ambafladeurs
:
Antiochus,
pour
fe
plaindre
de
ce
que
Ptolemée
l'attaquoit
fans
fujet,
&
vouloit
le
dépoüiller
d’une
partie
de
fes
états;
&
Prolemée
,
pour
renouveller
l'alliance
avec.les
| |
tx
princes
Le
ren-
contrerent
entre
Pelufe
&
le
mont
Cafeus,
fur
les
frontieres
d'Egypte
;
&
le
combat
s'étant
donné,
Antiochus
remporta
la
victoire,
&
entrant
dans
Î’E-
SyPpte
;
il
vint
à
Memphis,
:
’v
fit
reconnoître
ré-
gent
du
royaume
de
fon
neveu
,
&
parcourant
tout
de
pays,
il
s'en
rendit
maître
;
fanstrouver
aucune
réfifance.
(c)
Dans
ce
même-tems
Prolemée,
fils
&
Fes
5
x.
(a)
2.
Maccab.
1V.
28.
FL
(c)
Hicronymt.
in
Dan.
X1.
6%
{b)
Polyb.
Legar.
72,
*
|
Porphyrie,
1
68
Hisrorre
DE
L'ANC:
TESTAMENT,
Tan
du
Monde,
de
Dorymene
,
embrafa
le
parti
d'Antiochus
Ep
3e
sat)
C
bhanés,
&
lui
remit
lifle
de
Cypre
;
&
pour
ré-
compenfe
Antiochus
le
gratifia
du
gouvernement
de
la
Célé-Syrie
&
de
la
Phénicie.
(a)
-Antiochus
étoit
à
peine
revenu
à
Antioche
3.
qu'il
fut
obligé
d'accourir
en
Cilicie,
pour
appai-
fer
une
{édition
qui
s'étoit
allumée
à
Tharfe
&
à
Mallo.
Ces
deux
villes
ayant
été
données
à
An-
tiochide
concubine
du
roi,
les
habitans
en
con-
çurent
tant
dindignation,
qu'ils
fe
révolterent
,
&
prirent
les
armes,
Menelaus
croyant
que
lab-
{ence
du
roi
étoit
pour
lui
une
occafion
favorable,
fit
prendre
dans
le
temple
de
Jerufalem
par
fon
frere
Lyfimaque
,
qui
y
avoit
été
laiflé
comme.
fon
vice-gérant,
plulieurs
vafes
très-précieux
,
&c
en
fit
vendre
une
partie
à
Tyr
&
dans
les
villes.
voifines,
&-donna
les
autres
à
Andronique
,
que
le
roi
avoit
laiflé
à
Antioche
,
pour
la
gouver+
ner
en
fon
abfence.
Le
but
de
Menelaüs
étoit.
de
gagner
Andronique,
afin
qu'il
lui
fit
rendre
f&
dignité,
dont
Lyfimaque
fon
frere
n'étoit
revètw
que
par
provifion,
&
de
fatisfaire
à
ce
quil
de
voit
encore
d'arrerages
au
tréfor
du
roi.
Cette
RE
a:
vds
Jerufalem,
qui
en
donnerent
avis
à
Onias
II.
qui
étoit
encore
à
Antioche,
depuis
la
fin
du
re
one
de
Seleucus.
Onias
étant
informé
du
facri+.
Jege
de
Lyfimaque,
en
ft
des
reproches
à
Mene-.
laus
;
&
le
menaça
dem
informer
le
roi.
Ce.
pendant
Onias
fe
tenoit
dans
Pafle
de
Daphné»
2
Maccab,
Varia,
8,
x
73,
LS
SES
=
|
Lave
SrPTtEeMe
69.
près
d'Antioche,
craignant
que
Menelaüs
ne
Le
ft
GX
VI.
tuer.
:
Mort
du
grand-
Andronique
;
que
Menelaüs
avoit
mis
dans
Co
interêts,
&
quil
avoit
rendu
complice
de
fon
5554
JC:
crime,
en
lui
faifant
part
de
ce
qu'il
avoit
enlevé
du
temple
,
étant
averti
des
difcours
d'Onias
;
fe
laiffa
aifément
perfuader
par
Menelaüs
qu'il
fal-
doit
s’en
défaire.
IL
alla
au
bois
de
Daphné,
où
fe
tenoit
Onias
;
il
lui
parla
,
&
lui
promit
avec
ferment,
qu'il
ne
[ui
feroit
aucun
mal.
Il
l'attira
ainfi
de
l'afile
fous
je
ne
fçai
quel
prétexte
,
&e
le
tua
aufli-tôt,
fans
aucune
confidération
pour.
a
juftice
,
&
fans
{e
mettre
en
peine
de
fon
fer-
ment.
Toute
la
ville,
tant
les
Juifs
,
que
les
tele
oué
Onias.
mille
hommes,
aufquels:
il
donna
pour
capitaine
un
nommé
Tyran,
également
avancé
en
âge
&
:
_
:
XL
üj
70
HisroiRe
DE
L'ANC,
TESTAMENT,
Ari
one,
confommé
en
malice.
Ces
troupes
comimirent
plus
éputés
de
Jerufas.
Îem
furent
condamnés
à
mort.
L'injuftice
de
cette.
condamnation
indigna
les
Payens.
mêmes,
&
les.
Lyriens
témoignerent
leur
générofité
envers
ces
innocens
mis
à
mort,
en
leur
donnant
une
fe
-pulture
honorable.
Cependant
Menelaüs
fe
mains
reñoïit
en
autorité
par
la
faveur
des
grands,
qui
évoient
dans
la
cour
d'Antiochus,
en
leur
difii=
Livre
SEPTLEME
ve
buant
de
grofles
fommes,
qu'il
extorquoit
de
fes
concitoyens
par
fes
concuflions.
Antiochus
{e
préparoiït
alors
à
porter
pour
Îa
feconde
fois
la
guerre
en
Egypte.
Or
il
arriva
(a)
que
l’on
vit
dans
toute
la
ville
de
Jerufalem
pen-
dant
quarante
jours
,
des
hommes
à
cheval
qui
œoüroient
en
l'air,
qui
paroïfloient
habillés
de
drap
d’or,
armés
de
lances
comme
des
troupes
de
cavalerie,
&
des
chevaux
rangés
par
efcadrons,
qui
s'avançoient
comme
pour
combattre
les
uns
contre
les
autres.
On
remarquoit
des
combats
de
_
main
à
main,
des
boucliers
agités,
une
multitude
An
du
Monde,
3834.
avant
J.C.
166
het
Prodiges
dans
l'air
à
Jerufalem
l'an
du
Monde
3834.
a-
vant
J.C,
166,
de
gens
armés
de
cafques
&
d'épées
nuës.
On
voyoit
de
toute
part
des
dards
lancés,
des
armes
d’or
toutes
brillantes,
&
des
cuirafles
de
toute
forte.
Ces
prodiges
jetterent
la
terreur
dans
tous
les
efprits.
Of
ne
doutoit
pas
que
cela
ne
défignât
quelque
guerre
;
Mais
dans
l'incertitude
du
fuccès
_&
de
l’évenement,
tout
Le
monde
prioit
Le
Sei=
_
neur
d'en
détourner
les
funeftes
fuites,
ou
detour-
ner
cette
guerre
à
l'avantage
du
pays.
:
+
une
grande
flotte.
Il
livra
fa
bataille
à
fon
neveu:
Ptolemée
Philametor,
&
le
mir
en
fuite.
Il
prit
plufeurs
villes
,
@)
&
s’attacha
enfin
au
fiége
d'A-
fexandrie.
Comme
il
y
étoit
,
il
fe
répandit
à
Je-
rufalem
un
faux
bruit
qu'ilavoitété
tué,
Jafonqui
avoir
été
dépolé
du
fouverain
pontificat
parce
prin-
ce,
&
qui
s'éroit
refugié
chez
Les
Ammonites,
crut
(2)
2:
Maccab,
V.
3,2:
3,
os
(b)
1.
Maccabs
1,
16.
19%
LS
72
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT;
|
*
none,
avoir
trouvé
une
occafon
favorable
de
reprendre
sta
want)
C
fa
premiere
dignité.
Il
accourut
à
Jerufalem
avec
:
environ
mille
foldats,
attaqua
la
ville,
&
l’empor-
ta,
maluré
la
réfiflance
des
bourgeois.
Menelaüs
{e
fuva
dans
la
citadelle
,
&
laïffa
toute
la
vils
le
expofée
à
la
cruauté
de
Jafon
,
qui
y
ft
un
-
grand
carnage
de
fes
concitoyens.
Mais
cela
ne
lui
fervi
pas
à
rentrer
dans
fon
gouverne
ment
;
il
{e
vit
bien-tôt
obligé
de
fe
fauver.de
nouveau
auprès
d'Aretas
roi
des
Ammonites
;
&
étant
devenu
fufpect
à
ce
prince,
il
n'ofa
demeuz
rer
plus
long-tems
auprès
de
lui,
&c
fut
contraint,
de
fe
fauver
de
ville
en
ville,
odieux
à
toutle.
monde,
comme
un
traître
à
fa
patrie,
&
comme
un
ennemi
public.
(a)
IL
fe
retira
en
Egypte,
&
de-là
à
Lacedemone
,
où
il
crût
pouvoir
trouver
quelque
reflource,
à
caufe
de
la
parenté
qu'on
-
fuppofoit
être
entre
ces
deux
peuples.
Mais
il
y.
a
apparence
quil
n’y
püt
demeurer
en
füreté,
.
puifque
l'auteur
du
fecond
livre
des
Maccabées
dit
qu'après
fa
mort
il
fut
jetté
à
la
voirie,
&
ne.
fut
ni
pleuré,
ni
enfeveli,
n'ayant
pas
même
été
mis
dans
Les
tombeaux
des
étrangers;
grace
que,
l'on
ne
refufe
à
perfonn
ni)
a
.
Lorfque
le
roi
Antiochus
Epiphanés
eut
achevé
fa
campagne
en
Egypte,
il
revint
à
Jerufalem,
réfolu
de
punir
feverement
les
Juifs
de
ce
qu'ils
sétoient,
difoit-on,
réjouis
lorfque
la
nouvelle
de
fa
mort
étoit
arrivée
dans
leur
ville,
&
de.
£e
qu'ils
avoient
pris
les
armes
à
loccafion
de
\
©
a
Maccab,
v.
5
CR
7
A
a
—
l’entreprife
x
Livre
SEPTIEME,
|
Tentreprife
de
Jafon
,
qui
s'étoit
faifi
de
la
ville.
Les
An
du
Monde,
Juifs
informés
de
fes
mauvaifes
difpofitions
con-
6%
©
tre
eux,
lui
fermerent
les
portes,
(a)
&
foûtinrent
le
fiege
pendant
quelquetems.
Mais
quelques-uns
de
ceux
qui
le
favorifoient
dans
la
ville,
lui
ayant
ouvert
les
portes,
il
y
entra
tout
en
fureur,
&
or-
donna
à
{es
foldats
de:faire
main
bafñle
fur
tous
ceux
qu'ils
rencontreroient.
Ces
ordres
furent
exe-
cutés
avec
tant
d'inhumanité,
qu'en
l’efpace
de
trois
jours,
on
compta
quarante
mille
morts,
&c
_
autant
de
captifs,
(b)
qui
furent
vendus
pour
ef-
claves.
Antiochus
monta
enfuite
au
temple
du
Sei-
gneur
,
conduit
par
l'impie
Menelaus
;
&
prenant
avec
fes
mainsles
vafes
facrés
que
les
autres
rois
avoient
offerts
&
confacrés
au
culte
du
Seigneur,
il
les
manioit
indignement,
&
les
profanoit.
I!
prit
l'Autel
d'or,
où
lon
offroit
le
parfum,
le
chandelier
d’or
,
avec
tous
les
inftrumens
qui
lui
@
fers
Ko
3
OC
[eur
(@
(ami
Ÿ
æ)
Ed
Es
in,
@
(oje)
js
©
si
©
+
FO
©
[er
a.
®
Es
es)
tab}
)
bo
©
(oje)
O
Cor
SU
se
F$
&
*
(a)
2
Maccab.
v.
11.
Foféph.
(c)
Vide
1.
Maccab.
1.
23:
de
Bello,l.
1.6.1.
&
1.6.
p.929.
|
24.
25.
&
2,
Marcab,
NW.
15,
(b)
DE
Maccab.Y.
TI,
14,
16.
17:
(
Tome
III.
K
æ
74
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
me,
:
Diodore
de
Sicile.
(4)
raconte
que
Geiprince:
sa-avant
JC
étant
entré
dans
le,
plus
facré
du
temple,
où
il
n'y
avoit
que
le
grand-prêtre
qui
pût
entrer,
y
trouva,
une
ftatue
de
pierre
d'un
homme
avec
une
grande
barbe,
tenant
un
livre
en
main
,
&
monté
fur
un
âne.
Il
crut
que
c'étoit
Moyfe
lesiflateur
des
Juifs,
&
fondateur
de
leur
nation
&
de
la
ville
de
Jerufalem.
Que
ce
prince
voulant
ôter
la
cau-
fe
de
la
haine
‘univerfelle,
que
toutes
les
nations
portoient
aux
Juifs,
entreprit
de
détruire
leurs
loix.
C’eft
pourquoi
il
facrifia
à
la
flatue
de
Moyfe
une
grande
truie
fur
l'autel
qui
étoit
à
découvert,
c'eft-
a-dire,
fur
l'autel
des
holocauftes,
qui
étoit
au
milieu
du
parvis
des
prêtres
;
il
y
fit
répandre
du
fang
de
la
truie
,
&
fit
fouiller
&
effacer
leurs
li-
vres
facrés
avec
du
jus,
où
l’on
avoit
fait
cuire
de
la
chair
de
certe
victime
:
il
ft
manger
de
cette
viande
au
grand-prêtre,
&auxautres
Juifs,
&
étei-
gnit
la
lampe
qui
brûloit
jour
&
nuit
dans
le
tem-
ple.
Voilà
ce
que
dit
cet
auteur,
en
fuivant
les
faux
bruits
que
les
payens
répandoïent
contre
les
Juifs
;
dont
ilsne
connoïfloient
que
très-imparfai=
tement
&
l’hiftoire
&
les
loix.
_
=
Mais
d'autres
mieux
inftruits,
comme
Polybe,
Nicolas
de
Damas,
Strabon,
Timagenes,
Apollo-
dore
,
Caftor
le
Chronographe,
(4)
rendent
plus
de
juftice
aux
Juifs,
&
reconnoiflent
qu
Antio=
-
chus
ayant
befoin
d'argent,
à
caufe
du
gros
tri-
But
qu'il
payoït
aux
Romains,
attaqua
fans
fujet
les
Phot.
Biblier.
Cod.
234
+
|
Appion.
(2)
Diodor.
Sical.
L
34,
&
|
{b)
Apud
Joftph.l
2.
contra
0
Livre
SEPTIEME.
von
Juifs,
qui
étoient
fes
amis
&
fes
alliés,
pilla
leur
Aodu
Monde,
temple
,
&
en
emporta
de
grandes
richeffes.
Jo-
D
Doi
feph
(a)
reconnoît
que
ce
prince
ne
{fe
contenta
pas
de
dépoüiller
le
temple
de
fes
vafes
précieux
&
de
fes
richefles,
mais
qu'il
Le
fouilla
encore,
en
immolant
des
porcs
fur
l'autel,
&
en
répandant
dans
le
lieu
faint
le
boüillon
de
ces
chairs
;
qui
pañloient
pour
impures
parmi
les
Hébreux,
Mais
les
livres
des
Maccabéesne
rapportent
pas
cette
particularité.
-
|
.
En
partant
pour
s'en
retourner
à
Antioche
,
Cr.
XVII.
(b)
Antiochus
laiffa
à
Jerufalem
pour
gouverneur,
Perfécurion
d'An-
14
A
‘1°
;
tiochus
Epiphanés
ou
plûtôt
pour
perfecuteur
,
Philippe
natif
de
Phry=
contre
les
Juifs
gie,
&
avec
lui
Menelaüs,
qui
ne
cedoit
à
per-
nt
-
{onne
en
cruauté.
Il
laïffa
aufli
Andronique
à
Sa-
16$«
marie,
bienperfuadé
qu'ils
continueroient
à
exer-
cer
contre
Les
Juifs
toutes
les
cruautés
qu'il
avoit
<<)
Fofeph.
bb.
13.c.16%An-
|
(c)
Polyb.
Legar.
80.
81.
82,
1iq.
Se
.
fée
Diodor,
Sicul,in
Excerpt.
Var
(b)
2,
Maccab,
v.
21,
Ce.
lef.
p.320.
E*
Le
K
96
Hisrommr
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
Quelque
tems
après
Philometor
vint
fe
remettre
35aal
C
{ous
[a
protection
de
fon
frere
Evergetes,
&
les
Alexandrins
reconnurent
les
deux
freres
pour
roisz
de
maniere
que
Philometor
&
Evergetes
regne-
rent
quelque
tems
de
concert.
Mais
enfin
les
ha-
bitans
d'Alexandrie
las
des
diflolutions
de
Philo-
metor,
le
chaflerent,
&
ne
voulurent
reconnot-
tre
pour
roi
que
fon
frere
Evergetes.
Antiochus
prenant
la
défenfe
de
Philometor,
entreprit
de
le
rétablir
fur
le
trône.
Il
entra
en
Egypte,
&
mit
le
fiege
devant
Alexandrie.
Il
fut
obligé
de
tever
le
fiége
:
mais
il
rétablit
Philometor
à
Mem-
phis,
&
remit
fous
fon
obéiflance
le
refte
de
l'E-
gypte,
à
l'exception
d'Alexandrie,
qui
étoit
en-
tre
les
mains
d’Evergetes.
IL
mit
une
garnifon
de
es
troupes
à
Pelufe,
afin
de
fe
réferver
toüjours
la
clef
de
l'Egypte
;
après
quoi
il
{e-retira
en
Sy=
tie,
(a)
se
.
+
à
ee
Bien-tôt
après
les
deux
freres
Philometor
&c
Evergetes
fe
reconcilierent,
&
regnerent
de
nou-
veau
enfemble
à
Alexandrie;
ce
qui
irrita
extrè-
É
di
More
mement
Antiochus
Epiphanés.
()
I
mit
fur
pied
Te
une
grande
armée
,&
s'avança
vers
l'Egypte.
Etant.
à
Rinocorure,
les
ambafladeurs
de
Phifometor
le
vinrent
prier
de
ne
pas
venir
attaquer-un
princes
qui
n'étoit
{ur
be
trône
,
que
parce
qu'il
y
avoitré-
tabli
lui-même
;
&
que
s’il
'étoit
fait
quelque
cho
fe
qui
lui
eût
déplà.,
il
étoit
prêt
de
fui
faire
don:
_nertoute
fatisfaction.
Antiochus
répondit
qu'il
ne
+
.
@)
Pide
Liv.
l,.
44
4$.
L
-
lib.
45.
{b)
Poll.
Leger,
84,
&
Li
|
:.,
:
Livre
SEPTIEME.
L
fe
retireroit
point,
qu'ilne
lui
cedät
l'ifle
de
Cypres
me
d'un
certain
nombre
de
jours
qu'il
marqua.
(a).
La
réponfe
de
Philometor
ne
fut
pas
favora-
ble
:
&
comme
Antiochus
s'avançoit
vers
Alexan-
drie
,
il
rencontra
les
légats
Romains
;
qui
lui
pre-
fenterent
les
lettres
du
fenat,
qui
lui
défen-
doient
de
faire
la
guerre
au
roi
d'Egypte.
‘Antio=
chus
les
lt,
&
répondit
qu'il
en:
délibereroit
avec
fes
amis
:
mais
le
légat
Popilius
ayant
tracé
fur
le
fble
un
cercle
autour
de
lui,
lui
dit
qu'il
eût
à
répondre
avant
de
fortir
de
ce
cercle.
Antiochus
étonné,
répondit
qu'il
exécuteroit
les
ordres
du
fénat.
Ainfi
il
fe
retira
en
Syrie
,
&
laifla
l'Egypte
en
paix.
HS
D
.…
Cependantil
envoya
en
Judée
un
nommé
Apol-
ler‘
les
villes
de
la
Judée,
de
faire
main-bafle
fur
tout
le
peuple
,
de
réferver
feulement
les
femmes
_
&
les
jeunes.
enfans,
pour
les.
vendre.
(b):
Apol-
“onius
vint
donc
à
Jerufalem
;
en
apparence
ayee
‘EPOS.
jufqu
aëL
étoient
dans
(a)
Livius,
lib,
45
(b)2.-Maccab.
v,
24.1,
Maccab,
T.30%.
K
re
An
du
Monde
;
Pelue
,
&
tout
fon
territoire
;
&
cela
dans
le
ter
url.
Ce
A
Polo
ef
en
ess
Le
ES
,
voyé
en
Judéepar:
Îonius,
intendant
des
tributs,
avec
une
armee
doc
vingt-deux
mille
hommes
:
il
lui
ordonna
de
pil-
78
Hisromme
DE
L'Anc.
TESTAMENT;
noue,
abattre
les
maifons
&
les
murailles,
&
emmena
un
#87
al
orand
nombre
de
captifs
d'entre
les
femmes
&
les
enfans
qu'ils
avoient
épargnés.
Jofeph
en
compte
jufqu'à
dix
mille.
(a)
Alors
on
vicle
temple
aban-
donné,
des
facrifices
interrompus
,
le
lieu
faint
profané
&
foulé
aux
pieds
des
Gentils;
&
cette.
profanation
dura
trois
ans
&
demi.
Les
ofhciers
d'Antiochus
bâtirent
dans
la
cité
de
David,
&
près
dutemple
,
une
citadelle,
qu'ils
fortifierent
par
de
bonnes
tours
@&
de
fortes
murailles
;
ils
y
laifle-
rentune
grofle
garnifon,
qui
faïfant
fouvent
des
{orties
fur
céuxqui
alloient
au
temple
;,
les
mal-
traitoit,
les
dépoüilloit
&
les
tuoit
:
de
maniere
que
Les
Juifs
n’ofanc
plus
y
aller,
&
voyant
le
lieu
faint
profané
&
fouillé,
fe
retirerent
de
J
erufalems
&la
ville
devint
la
demeure
des
Gentils
&
des
GE
xvur,
Ce
fu
vers
ce
tems-lèque
parut
J
efus
fils
de
_
Jef
flsde
Si
Sirach,
auteur
def
Ecclefaftique.
L'auteur
vivoit,
l'Ecclefafiique,
autañt
qu'on
en
peut
juger
par
divers
traits
répanx
dus
dans
fon
ouvrage
;
dans.un
tems
où
la
nation
des.
Juifs
étoit
dans
loppreflion
;
(c)
il
Joué
le
grand-prêtre
Simon
IT.
comme
un
homme
mort
‘depuis
long-tems:
(d):Jiefus-perit-fils
de
Pauteur,
traduifit
fon
ouvrage
d'Hebreu
en
Grec
fous
Pto=
Lèmée
Evergetes
IL
(6)
Aïinf
Jefus
fils
de
Sirach
a
vêcu
fous
le
reone
d'Antiochus
Epiphanés
per-
un
x
écuteur
des
Juifs,
&
fous:le
Pontificat
d'Onias
er
ENST
ES
Nero
ASE
ss
#+
re.
Ta
4
Fa
DE
RUR
ASE
SES
EE
EE
RE
D
NP
RE
EE
+
=
:
<
a
[ER
=
#
en
nl
©
re
=
(b)
1.
Maccab.
1.35.40.
|
(e)
Ecch.
Fiat
(©)
Eccl.
xexv.
xxx
vi.
|
+
Ta
+
Le
:Luvre
SEPTIÉMEorHI
6)
-
…
Après
lui;
on
préfenta
devant
Antiochus
fept
a
5
freres
(a)
avec
leur
meré
,
qui
témoignerént
Au
ace
une
conftance
inébranlablé
dans
les
tourmens
fres
Maccabées.
EL
(92,
Maccab,
SEM
10
24
eg.
FES
Li
An
du
Monde,
86
Hisrorke
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
ferai
rien.
Après
quoi
il
fut
traité
comme
fon
fre-
3837:
avast
J,
C
re;
&
étant
prèt
de
rendre
l'efprir,
il
dit
au
roi
:
63°
Vétsinous
fairés
perdre
la
vie
prefente
;
mais
le
roi
du
monde
nous
reflufcitera
un
jour
pour
la
vie
étérnelle.
On
prit
enfuite
de
troifiéme,
&
on
lui
dit
de
donner
fa
langue
,
qu'il
prefenta:
aufli-tôt,
en
difant
:
J'ai
reçû
de
Dieu
les
membres
de
mon
Corps,
maisje
Les
méprile
maintenantpour
la
défen=
fe
de
fes
16%
,
parce
que
jelpere
qu'il
me
les
rendra
un
jour
dans
une
autre
vie.
On
lui
coupa
la
langue
,
&
il
étendit
fes
mains,
qu'en
lui
coupa
de
même,
de
forte
que
le’roi
&
tous
les
aflifz.
tans
admiroient
le:
courage
derce
jeune
homme,
qui
régardoit
fans
crainte
les
plus
affreux
fuppli=
cés.
Le
quatrième
:
fut
tourmenté
comme
fes
trois.
frères;
&
étant
prêt
de
rendre
lefprie,
il
dit
:
I
vaut
mieux:
Louffrir
la
mort-de
la
part
des
hom-
mes,
que
de
vivre
en
violant
la
loi
de
Dieu
,
puif
qu'un
jour
Dieu
nous
rendra
la
vie,
en
nous
reflufcitant:
car
pour
vous,
ajoûtatil,
en
parlant
à
Antiochus,
vous
he
e
refuloiterez
Fa
1e
A
vie.
On
prit
{e-
Sion
5
re
on
.
tourmenta
comme
fes
freres.
Alors
regardant:
Antiochus,
il
lui
dit:
Vous
faites
à
préfent
ce
que
vous
vou
lez,
parce
que
vous
avez
reçû
la
püifflance
parmi
la
bétmes
,
quoique
vous
ne
foyiez
vous-mê=
me
qu
un
homme
mortel
:
mais
ñe
vous
imagi=
À
nez
pas
que
Dieu
ait
abandonné
notre
nationg.
attendez
feulement
un
peu,
&
vous
verrez
quelle
eft
fa
grandeur
de-
fa
puiflance.,
&
de
quelle
nas
niere
il
Vous
accablera
vous,
&
votre
race,
Après
Êz
?
RES
re
&
-
LivRE
-SERTIEME
AI.
97
fui,
on
amena
le
fixiéme;
&
lorfquil
étoit.
prèt
de
mourir
dans
les
tourmens,
il
dit
au
roi
:
Ne
vous
trompez
pas,
en
voyant
les
maux
que
nous
fouffrons
;
c’eft
la
jufte
peine
de
nos
pechés
con-
tre
notre
Dieu:
mais
ne
vous
flattez
pas
de
de-
meurer
impuñi,
après
avoir
entrepris
de
combat-
tre
contre
Le
Tout-puiflant.
Cependant
leur
mere
voyant
périr
fes
enfans
à
fes
yeux,
loin
de
les
plaindre
;
ou
de
s'abandonnét
aux
pleurs
,
les
en-
re
re
3837.@vant
J.C.
F63.
courageoit
,
leur
parlant
Hebreu,
&
les
faifanrs
fouvenir
que
Dieu
étoit
leur
pere
&
leur
créateur,
&
qu'il
leur
rendroit
un-jour
une
meilleure
vie,
en
récompenfe
de
celle
qu'ils
méprifoient
alors
pour
lui.
EE
Antiochus
admirant
la
générofité
de
ces
Mar-
tyrs,
&
craignant
de:
fe
confefler
vaincu
par
des
enfans;
entreprit
de
gagner
au
moins
le
feptiéme
des
fépt
freres
par
{es
carefles
&
par
fes
proimefles,
puifqu'il
n'avoit
pû
furmonter
les
fix
autres
par
fes
menaces
&
par
fes
tourmens.
I
lui
promic
donc
avec
ferment
qu'il
le
rendroit
riche
&
heu-
_reux,
qu'il
le
mettroit
au
rang.de
fes
favoris,
&
qu'il
le
combleroit
d'honneur,
sil
vouloit
aban-
donner
les
loix
de
{es
peres.
Comme
lé
jeune
homme
méprifoit
.
les
offres
du
roi,
on
fit
venir
{à
mere,
&
le-roi
Fexhorta
à
infpirér
à
fon
fils
des
{entimens
plus
fluräires.
Mais
au
lieu
de
ce
que
Je
roi
attendoit
d'elle,
elle
s’approcha
de
lui
,
&
lui
diten
Hebreu,
afin
que
lesafliflans
ne:
len-
tendiflent
point;
car
ceci
{
pañloit
à
Antioche,
où
Fon
parloit
Grec
:
Mon
fils,
ävez
pitié
de
MOI,
qui
Vous
ak
porté
neuf
mois
dans
mon
foin,
RS
eee
An
du
Monde,
3837.
avañt
J.C.
263
Q9
Elisrome
D£
L'ANC.
TESTAMENT,
qui
vous
ai
nourri
de
mon
lait
pendant
trois
ans
;
&
qui
vous
anélevé
jufqu'à
l'âge
où
vous
êtes;
confiderez
le
ciel
&
la
terre
,
qui
font
les
ouvra=
ges
de
Dieu,
aufli-bièn
que
tous
les
hommes
;
fouffrez
courageufement
les
tourmens
&
la
mort;
ainfi
qu'ont
fait
vos
freres,
afin
que
je
vous
reçoi=
ve
de
nouveau
avec
eux
dans
la
réfurrection
que
ous
attétdons
2
20)
Senna
Cote
D
Liorfqu'elle
parloit
encore,
ce
jeune
homme
s'é-
cria
:
Qu'attendez-vousde
moi!
Je
n'obéis
point
au
commandement
duroi,
mais
à
la
loi
de
Dieu
qui
nous
a
été
donnée
par
Moyfe.
Pour
vous,
qui
êtes
la
caufe
de
tous
les
fupplices
dont
on
nous
accable
,
vous
n’éviterez
pasla
vengeance
de
Dieu.
f
Si
nous
fouffrons
à
prefent
quelque
chofe
,
c’eft
la
main.de
Dieu
qui
nous
frappe
,àcaufe
de
nos
pez
.
chés.
S'il
nous
châtie
;
c’eft
pour
nous
rendre
meil
leurs,
&c
pour
nous
corriger
:
mais
après
celailren=
dra
de
nouveau
fes
bonnes
graces
à
fes
ferviteurs,
Mais
pour
vous;
ne
vous
{éduifez
point
par
de
vaines
efperances
;
vous
n'échapperez
point
au
ju»
gement
de
Dieu,
qui
peut
tout,
&
qui
voit
tout,
Mes
freres
que
vous
avez
fait
mourir
font
entrés
ET
ETES
dans
la
jouiflance
de
là
vie
ét
nelle,
qui
leur
a
été
promile
:.mais
‘pour
VOUS
;
VOUS
fouffrirezau
jugement
de
Dieu
la
peine
que
votre
orgueil'a
ineritée.
J'abandonne
volontiers
comme-més
fre-
res,
mon
corps
&
ma
vie
pour
la
défenfe
des
loix
de
mes
peres,
enconjurant
Dieu
de
regarder
en-
fin
notre
nation
d'un
œil
de
pitié,
&
de:
vous
contraindre
par
a
force
de
{a
main
vengerelle,
à
réconnoître
qu'il
elt
le
feul
vrai
Dieu.
J'efpere
|
|
que
Linv
et
SR
TI
EME
©
0
que
la
colere
du
tout-
-puiffant
,
qui
eft
juitement
D
tombée
füurfon
peuple,
finira
à
ma
mort,
&
à
cel
Des
le
de
mes
freres.
ee
Le
roi
en
colere
or
qu
on
.
traitât
en-
core
plus
cruellement
que
fes
freres;
&
ce
jeu-
ne
homme
mourut
au
milieu
des
fapplices
avec
une
conftance
admirable.
Lamere
qui
étoit
là,
mourut
la
derniere:
Le
livre
intitulé
:
De
l'Empire
de
la
Raïon
,
porte
quelle
fe-jetta
dans
un
bucher
allumé
qui
étoit
(à,
fans
vouloir
permettre
qu'au-
-
cun
homme
la
touchàt.
Le
traducteur
Latin
dit:
Won
la
traina,
qu'on
:la
déchira
,
qu'en
lui
arra-
cha
les
en
ee
&
qu
après
li
avoir
fait
fouf-
frir
le
fapplice
du
foüer,
on.la
jetta
dans
une
chau=
diere
boüillante,
oùelle:
expira.
Jofeph
fils
de
Gorion,
&
le-traduéteur
Arabe
racontent
qu'a-
près
le
martyre
de
fes
fepe
fils
,
elle
fe
mit
au
mi-
Heu
de
leurs
corps,
qui
étoient
couchés
par-ter-
re,
qu'élevant
fes
mains
au
ciel,
elle
demanda
à
Dieu
qu'il
la
tirât
du
monde;
&.
qu’
en
même-tems
elle
tomba
morte
fur
fes
enfansi
NE
à
_.
ge.
pue
LE
his
prêtre
.
da
te
de.
CxXXTL
oyan:
tJa-défolatiomde
laivillefainte,
&.
Mains
fs
,
Al
refufentés
obéir
Frs:
aa
E
de
J
Le
aux
ordres
d'An=
.
tiochus,
l'an
duk
8e
Le
retira
à
Modo.
Lie
firuée
près
de
Diofpo=
Monde
3837
2°
6
lis;
environ
à:
dix:
lieues:
de
‘Jerufalem
,
vers
le
ane
À
Er
Vüute,
nord.
Matthatias
avoit
cinq-fils;
Jean,
furnommé
‘7
Gaddi:
Simon,
furnémmé:
Dhabs
Judas}
appellé
Mu
e:
za)
fornommé’A
baron:
&
Jona-
Lu
funommé
ao
€
dei
ds
anis
“(2
Maccab.
ne
aise
Ses
pa
ol
t
fn
DE
Tome
I
M
go.
Histoire
pr
nr
ANC.
'FESTAMENT,
An
da
Monde,
dans
toutes
les
villes
du
pays
pour
contraindre
le
3837.
avant
J.C,
363.
peuple
à
facrifier
aux
faux
dieux
,
vinrent
à
Mo-
din,
&
s'adreflant
à
Matthatias,
comme
au
plus
confiderable
de
la
ville
ils
lui
dirent:
Vous
êtes
le
premier
,
le
plus
grand
&
le
plus
confideré
de
cette
ville
;
venez
donc
le
premier
exécu-
ter
les
ordres
du
roi,
comme
ont
fait
toutes
les
nations,
Îles
hommes
de
Juda
&
ceux
de
Jeru<.
falem,
&
vous
ferez
vous
&
vos
fils
,
mis
au
rang
|
des
amis
du
rot,
&
comblés
d'honneur
&
de
riz.
chefles.
Mais
Matthatias
hauffant
la
voix
,
leur
ré-
pondit
:
Quand
toutes
les
nations
obéiroient
ay
roi
Antiochus,
&
que
tout
Hraët
abandonneroit
k
loi
de
Dieu
,
pour
{e
foumettre
aux
ordres
d’An<
_tiochus
,
nous
obéirons
tofjours
mes
enfans,
mes
freres
&
moi,
à
la
loide
nos
peres;
&
à
Dieu
ne
plaifé
que:nous
en:
ufons
autrement
;
nousn'o=
béirons
point
awroi
Antiochus,
&
nous
ne
vio=
lerons
point
la
loi
de
notre
Dieu.
Comme
il:
cefoit
de
parler,
un
certain
Juifsae
vança
pour
facrifier
auxidoles
devanttoutle
mon-
:
de
;
für
l'autel
qu'on
avoit
dreflé
à
Modin.
Mat
thatias
le
vit,
&c
fut
faifi
de
douleur
:
il
DT)
Dar
sr
9
=
2%
SRE
Le
A2
Ed
ER
PES
E
+
ue
:
0
FRofin
Apollon,
&les
Elébreux
|
x.)
sde
Apelles
3
|
Philippe,
1
0
Livre
SEPTIFTME.
OT
avoit
envoyé
pour
contraindre
les
Juifs
à
facri-
fier
,
il
renverfa
l'autel,
&
cria
à
haute
voix
dans
la
ville
:
Quiconque
eft
zelé
pour
la
loi
demeurer
ferme
dans
l'alliance
du
Seigneur
,
me
luive
:-d-en
même-tems
äl
s'enfuit
avec
fes
fils
fur
les
montagnes
,
abandonnant
tout
ce
qu'ils
avoient
dans
la
ville.
Alors
plufieurs
qui
cher-
choient
à
vivre
{elon
la
loi
&
la
juitice,
fe
reti-
rerent
aufli.
dans
les
déferts
avec
leurs
femmes,
leurs
enfans
&
leurs
beftiaux,
pour
fe
mettre
à
couvert
des
maux
qui
Les
menaçoient
de
tous
cô-
veu:
An
du
Monde,
3837.
avant
j.
Ce
163:
tés.
Les
officiers
du
roi
qui
étoient
à
Jerufalem,
marcherent
aufli-tôt
contre
eux
,-&
les
attaquerent
le
jour
du
Sabbat.
Ils
les
fomimerent
d'obéir
au
roi,
&
de
fe
rendre
:
mais
les
Juifs
ne
leur
répon-
dirent
rien,
ils
ne
jetterent
pas
une
feule
pierre
contre
eux,
&
ne
férmerent
pas
l'entrée
des
ca-
vérnes
où
ils
étoient
;mais
dirent
:
Mourons
tous
dans
da
fimplicité
de
notre
cœur,
&
le
ciel
&
la
terre
feront.
témoins
que
nous
mourons
innocens.
Ils
fe
laiflerent
donc
tuer
fans
réfiflance
,
eux,
À
TL
°
=.
..
5
4
2
L'Enfe
=
Ex
1
JCTEE
EC
T0
Si
Tr
ou
ré
_
leurs
femmes
&
leurs
enfans;
&
_
À
jufqu'à
mille
perf
Matthatias
&
{es
fils
en
reçurent
la
nouvelle,
&
firent
un
grand
deuil
de
leur
perte,
Alorsils
-
fe
dirent
les
uns aux
autres
:
Sinous
faïfons
tous
:
comme
ñ05
freres
ont
fait,
&
que
nous
ne
nous
défendions
point
co
ntre
les
nations
qui
nous-atta-
quent
5
elles
nous.
extermineront
en
peu
de.tems
de
defflus.
la
serre.
Is
prirent
donc
ce
jour-là
cet-
te
réfolution
:
Qui
que
ce
foit
qui
nous
attaque
le
jour
du
Sabbat
,
ne
faifons
point
de
difficulté
M
j
92
HISTOIRE
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
au
Moda
dE
combartre
contre
lui,
de
peur
qu'on
ne
nous
faite
3937
een
RC
tous
péMfé
Comme
font
péris
nos
freres
dans
les
antres
Fe
éfert,
=
.
Æ
_
©
Alors
les
Affidéens,
qui
étoient
sic
plus
pieux,
&
les
plus
vaillans
d'Ifraël,
s'affemblerent
avec
eux,
&
tous
ceux
qui
avoient
du
zele
pour
la
loi,
ou
qui
fe
voyoient
menacés
par
les
officiers
du.
roi,
{e
;
joignirent
à
Matthatias,
&
fortifierent
leur
troupe,
de
maniere
qu'ils
fe
trouverent
affez
forts
pour
attaquer
ceux
de
leurs
freres
qui
avoient
apof
tafñé
en
abandonnant
la
loï
de
leurs
peres,
&
ils
en
tuerent
un
grand
nombre.
Tout
le
refte
s’en-
fuit
vers
les
nations
pour
y
trouver
leur
füreté.
Mais
Matchatias
alloit
par
tout
le
pays
détruifant
en
tout
lieu
les
autels
qu
on
avoit
érigés
aux
faux
_
dieux,
&
faifant
recevoir
la
circoncifion
aux
en-
fans,
à
quijufques-là
on
n'avoir
ofé
la
donner:
Dieu
donna
d'heureux
faccès
à
leur
valeur,
&
à
leur
zele.
Ils
délivrerent
la
Loi
de
l’aflervifflement
des
nations
,
&
de
Foppreflion
du
roi,
&
ils
ee
rent
les
méchans
&
les.
prévaricateurs,
Le
Ca,
XXII,
Mattathias
aprèsavoir
gouverné
pendant
un
a
Mort
de
Mauha-
le
petit
refte
des
gens
de
bien,
qui
avoient
foû-
tias.
Judas
Mac-
cabée,
lan
du
tenu
les
intérêts
de
Dieu.
&cides
is
religion
contre
Jane
C5.
#
les
impies,
tomba
malade,
&
fe
fentant
près
de
nt
le
Vu
fa
mort,
4
dit
à
fes.
fils
:
(a)
Le
regne
de
For
gueil
s’elt
affermi.
Voici
le
tems
du
châtiment
&
de
la
ruine,
de
lindignation
&
de
la
colere
de
-
Dieu
far
nous.
Soyez
donc,
mes
enfans,
les
vrais
|
zelatéurs
de
fa
loi,
&
donnez
vos
Vies
por:
alliance
A
Z
ET
@x
+
Maccab..
"er
LUE
=
S
Fe
:
.
Livre
SEPTIEME
93
de
vos
peres,
&
vous
recevrez
une
gloire
éter-
nelle.
Souvenez-vous
des
œuvres
de
vos
ancé-
tres.
Rappellez
en
votre
mémoire
l’obéiffance
d’A-
braham
,
la
fidelité
&
l'innocence
de
J
ofeph,
le
zele
ardent
de
Phinées
notre
pere
;
Le
courage
de
An
du
Monde,
3838.
avant
J.
C.
162.
Jofué,
la
conftance
de
Caleb,
la
clemence
de
Da-
vid,
l’ardeur
d'Elie,
la
foi
d’Ananias,
d'Azarias
&
de
Mifaël
au
milieu
des
flammes,
la
fimplicité
&
l'innocence
de
Daniel
dans
la
foffe
aux
lions.
Que
tous
ces
exemples
vous
affermiflent
dans
la
con=
fiance,
que
tous
ceux
qui
efperent
en
Dieu,
ne
feront
point
confondus.
Ne
craignez
pas
les
me-
paces
de
l’homme
pécheur,
parce
que
toute
{a
gloire
n’eft
que
de
l’ordure,
&
qu'il
n'eft
lui-me-
me
que
la
pâture
des
vers.
Il
s'éleve
aujourd'hui,
&
il
difparoîtra
demain
,
&
retournera
dans
la
ter-
re
d'où
il
eft
forti.
Pour
vous,
mes
enfans
,armez-
vous
de
courage
&
de
force
pour
la
défenfe
de
la
loi,
parce
que
c’eft
elle
qui
vous
comblera
de
gloire.
Vous
voyez
ici
Simon
votre
frere,
je
fçai
qu'il
eft
homme
de
confeil,
écoutez-le,
&
il
vous
tiendra
Heu
de
pere.
Judas
Ma
été
homme
de
valeur
&
de
chef
de
vos
troupes.
Rafflemblez
autour
de
vous
tous
les
défenfeurs
de
la
loi,
&
vengez
votre
peu-
ple
de
fes
ennemis.
‘Après
cela
il
les
benit,
&
fut
géuni
à
fes
PÉTÉSS
ee
Il
avoit
cent
quarante-fix
ans
lorfawil
mourut,
Ses
enfans
lenterrerent
dans
le
fepulcre
de
{es
péres
à
Modin,
&
tout
Ifraél
le
pleura,
&
ft
an
grand
deuil
àfa
mort.
(a)
Judas
Maccabée
fon
(a)
5,
Maccab.
JAI.
EI.
2,
+
Oc
M
ii
nduite,
qu'il
foit
-
-_
o4
Hisromms
DE
V'ANC,
TESTAMENT,
one,
fils,
lui
fucceda
dans
le
commandement
des
trou=
re
pes,
&
tous
fes
freres
avéc
des
Ifraëlites
fideles
#
fe
joignirent
à
lui,
&
{e
mirent
à
parcourir
toutes
les
villes
de
Juda,
&
à
en
chaffer
tous
les
impies
qui
avoient
abandonné
la
loi
du
Seigneur.
Judas
fut
la
terreur
des
méchans,
&
la
confolationdes
bons
;
ih
détourna
la
colere
de
Dieu
de
deflus
Hraël,
&
{a
®
mémoire
fera
éternellement
en
benédiction.
IL
raflembla
jufqu'à
fix
mille
hommes
,
(a)
&
il
affer<
mit
dans
la
vraie
religion
ceux
que
la
perfécution
avoit
ébranlés.
11
chaffoit
petit
à
petit
les
enne-
mis
des
villes
&
des
bourgades,
&
les
attaquant
féparément
&
à
l'improvilte,
il
en
fit
périr
plus
fieurs,
&
fe
faifit
de
quantité
de
poftes
importans:
de
maniere
que
{à
réputation
fe
répandit
bien-tôt
dans
tout
le
pays.
|
>
Apollonius-gouverneur
du
pays
de
J
udée
&
de
_
Samarie,
craignant
les
fuites
de
ces
petites
guer«
res
crut
qu'il
falloit
opprimer
Judas,
avant
qu'il
{e
far
fortifié
davantage.
Il
fe
häta
d'aflembler
une
armée
aflez
nombreufe,
compolée
de
Samaritans
&
des
nations
circonvoifines,
pour
aller
attaquer
Judas.
Celui-ciétant
averti
de
ces
préparatifs,
mar-
cha
contre
Apollonius,
le
battit,
Le
tua,
mit
en.
déroute
fon
armée
,
fit
périt
un
grand
nombre
des.
ennemis,
remporta
de
riches
dépouilles,
&
entre
autres
l'épée
d’Apollonius,
dont
il
fe
fervit
toûs
jours
depuis
dans
la
guerre,
_
Scron
général
de
l'armée
de
Célé-Syrie,
crt
qu'il
acquereroitune
grande
gloire
par
la
défaite
_
(b)2.
AMaccab.
vurt.
Le
de
Er
Dre
Livré
SEPTLIEME
de
Judas
&
des
fiens,
El
s'avança
avec
fes
trou-
an
dnmonée,
pes
jufqu'à
Bethoron
:
il
étoit
foutenu
par
un
gros
56°
_—
renfort
d'Ifraëlites
apoftats
,
qui
regardoient
Mac-
|
cabée
comme
leur
plus
grand
ennemi.
Judas
mar-
cha
à
leur
rencontre
avec
une
aflez
petite
troupe,
qui
ayant
vû
l’armée
ennemie
;
fut
troublée
de
leur
grand
nombre.
Etils
dirent
à
Judas
:
Comment
pourrons-nous
combattre
des
ennemis
qui
font
{5
forts
&
fi
nombreux,
nous
quifommes
en
fi
petit
nombre,
&
avec
cela
fatigués
du
jeûne
d'aujour-
d'hui?
Car
Judas
avoit
accoûtumé
de
fe
préparer
‘au
combat
par
la
priere
&
par
le
jeûne.
Mais
il
leur
_meles
craignez
point.
Auffi-côcil
fe
jetta
fur
Fen-
nemi.
Seron
fus
renverfé
,
&
fon
armée
mife
en
‘déroute.
Judasles.
ourfuivit
depuis
da
defcente
de
Bethoron
juiqu'a
la
plaine
ét
huit
cens
hommes
‘des
ennemis
demeurerent
fur
la
place:
Le
refte
fe
fauva
chez
les
Philiftins.
Antiochus
ayant
appfi
—
:
e
appris
ces
mauvaifes
nouvel
Dour
“les,
raflembla
routes:
les
croupes
de
fs
êtes,
&
EE
ren
léva
de
nouvelles
;
"&
les:
ayant
payées
pour
ie
&
va
un
an,
il
leur
commanda
de
fe
tenir
prêtes
à
tout
dieu,
La
du
e
Monde,
3839:
a*
ÉYÉNÉMENS
=
(a)
Cependan
€
comme
il.
s'app
erçut
vant
J.C.
166.
“EL.
Maccab.
111.
27.38
es
=
96
HisToire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
—
.
que
l’argent
de
fes
tréfors
étoit
épuifé,
tant
par
5
onde
[es
fommés
qu'il
venoit
de
diftribner
à
fes
trou
16e.
pes
,
que
par
les
folles
dépenfes
qu'il
avoit
faites
l’année
précédente
dans
des
jeux
publics
qu'il
donna
à
Antioche
,
(a)
&
par
la
diminution
de
fes
revenus
;
car
la
Judée
ne
lui
fournifloit
plus
rien
,
&
les
autres
villes
que
l’on
perfécutoit
de
aimême,
&
que
l’on
contraignoit
à
quitter
leur
ancienne
Religion,
ne
fe
trouvoient
plus
difpo-
{ées
à
payer
les
tributs
comme
auparavant
;
il
prit
donc
la
réfolution
d'aller
dans
la
Perfe,
&
de
pañler
l'Euphrate
,
pour
ramaffer
de
l'argent
dans
les-provinces
qui
lui
obéifloient,
Il
prit
avec
lui
la
moitié
de
fon
armée,
&
laiffa
l’autre
partie
à
Lyfas
,
à
qui
il
confia
le
gouvernement
de
tou-
tes
les
provinces
qui
font
entre
l'Euphrate
&
fe”
Nil,
&
la
conduite
de
fon
fils
Antiochuüs
Eupa-
cor,
I]
lui
ordonna
avant
fon
départ
d’exterminer
la
nation
des
Juifs,
&
de
difiribuer
leur
pays
à
dés
peuples
étrangers.
>
=
Antiochus
étant
donc’
parti
d'Antioche
,
pañla
l’Euphrate,
&
parcourut
Les
proyinces
qui
étoient
de
fa
domination.
Cependant
Philippe,
officier
du
roi
dans
la
Judée. informa
Prolemée,
fils
de
Doryménes
,
gouverneur
de
la
Célé-Syrie
&
de
la
Phenicie,
du
progrès
de
Judas,
&
de
la
necefñlité
qu'il
y
avoit
d'envoyer
un
promt
fecours
dans
le
pays.
Lyfias
régent
du
royaume
en
{a
place
d’An-
tiochus
Epiphanés,
ayant
réçu
ces
avis
,
envoya
ES
=:
Étay
Wide
Diodor.
Sicul.
in
Excerptis
V'alefi.
Polb.
apnd
Atbet
hr
DE
+
œ
lu
À
Fr.
12
SE
à
.
ee
|
:
42)
;
|
:
promtemenf
ES
5
LIVRE
SEPTIPME
|
promtement
à
Prolemée,
Nicanor
&
Gorgias
;
qui
étoient
deux
capitaines
très-expérimentés
,
&
il
leur
donna
quarante
mille
hommes
de
pied,
&
fept
mille
chevaux
,
avec
ordre
d’entrer
dans
la
Judée
de
la
ruiner
e
rement,
&
de
faire
périr
tous-les
Juifs
que
S.à
y
rencontreroit.
Ces
généraux
s'avancerent
donc
avec
leurs
troupes
,
&
vinrent
camper
près
d'Emmaüs,
dans
la
plai-
ne,
à
vingt-deux
milles
de
Lydda.
Les
marchands
de
pays
Voifins
prirent
beaucoup
d'or
&
d'argent,
&
vinrent
au
camp
des
Syriens
,
dans
le
deffein
ent
An
du
Monde,
ue
avant
J.
C,
{61%
d
y
achetter
des
efclaves
Ifraëlites;
car
ils
ne
dou-
toient
pas
quon
nen
prit:
un
très-grand
nombre,
&
qu
on
ne
les
donnât
à
vil
prix.
Ils
avoient
même
fait
provifion
de
cordes
&
de
liens,
pour
les
attacher.
Et
Nicanor
(a)
pour
attirer
un
plus
grand
nombre
de
marchands
,
leur
avoit
fait
dire
qu'il
leur
donneroït
quatre-vingt-dix
efclaves
pour
un
talent
,
ou
deux
mille
quatre
cens
livres,
ef-
pérant
avec
la
fomme
qui
en
devoit
revenir
au
roi,
de
payer
le
tribut
de
deux
mille
talens
quil
devoit
aux
Romains.
Mais
les
chofes
tournerent
tout
autrement
qu'il
:
ne
lavoit
prévê.
Judas
étant
informé
des ordres
d'Antiochus,
&
de
l'approche
de
l’armée
ennemie,
en
avertit
fes
troupes
;
&
ayant
raflemblé
fix
ou
Fe
mille
hom-
mes,
il
les
exhorta
à
combattre
vaillamment
,
fans
née
la
multitude
de
leurs
ennemis,
Le
rap-
pellant
dans
la
mémoire
les
merveilles,
que
Dieu
aVoit
se
dans
là
défaite
de
l'arméc
de
“{a)
2.
Maccab.
vi1r.
10!
11...
34.
Tome
lIIL
N
92
HISTOIRE
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
Sennachérib,
&
depuis
peu
encore
dans
la
dé.
à
Te
3559.
avant].
C:
fite
de
fix-vingt
mille
Galates
ou
Gaulois,
par
une
armée
de
fix
mille
Juifs.
Après
les
avoir
ainfi
encouragés
à
prendre
la
défenfe
de
leur
peuple,
de
leur
loi
&
de
la
Religion
de
leurs
peres,
comme
Jerufalem
étoit
alors
à
la
puiflance
des
nations
idolâtres,
que
le
temple
étoitprofané,
&
qu'on
n'y
faifoit
plus
aucun
exercice
de
la
vraye
Reli-
gion,
ils
vinrent
à
Mafpha
,
ville
fituée.à
cinq
ou
{x
lieuës
de
Jerufalem.,
vers
le
midi;
car
Mafpha
avoit
été
anciennement
un
lieu
d'oraifon
&
de
dévotion
dans
Ifraël,
avant
que
le
temple
fût
bâti.
Y
étant
tous
enfemble,
ils
jeñnerent
&
fe
revêti-
rent
de
cilices:
ils
fe
mirent
de
la
cendre
fur
leurs
têtes,
&
déchirent
leurs
vêtements
;
ils
étendirent
devant
Dieu
les
livres
de
la
loi,
comme
pour
le
prier
de
conferver
fa
parole
&
{es
ordonnances:
ils
en
lürent
quelque
chofe
,
&
ce
fut
Eleazar,
frere
de
Judas,
qui
fit
cette
lecture
:
ils
appor-
térent
les
orneméns
facerdotaux,
qu'on
avoit
fau-
vés
du
pillage
du
temple
;
ils
offrirent
les
prémi-
ces
&
les
décimes
;
ils
firent
venir
les
Nazaréens
_quiavoient
accompli
leurs
vœux
,
&
élevant
leurs
voix,
ils
pouflerent
leurs
cris
jufqw'au
ciel
,
en
difant
:
Que
ferons-nous
à
ces
Nazaréens,
&
où
les
menerons-nous
?
C’eft
que
pour
accomplir
leurs
vœux
,
ils
devoient
fe
préfenter
au
temple,
.&
offrir
des
facrifices
;
ce
que.la
loi
ne
permet-
toit
pas
de
faire
hors
de
Jerufalem.
Ils
ajoûterent
:
Votre
fanétuaire
a
été
fouillé
&
foulé-aux
pieds:
vos
prêtres
font
dans
les
larmes
&
dans
l’humilia-
tion.
Vous
voyez
que
ces
nations
fe
font
aflemblées
4
Livre
SEÉPTIEME
&S
©
pour
nous
perdre
;
vous
fçavez
les
defléins
qu'ils
45
au
monde;
ont
formés
contre
nous.
Et
comment
pourrons
3639-%%nt
JC:
nous
leur
réfifter,
fi
vous-même,
ô
mon
Dieu;
—
ne
nous
afliftez
?
En
même-téms
les
prêtres
firent
retentir
les
trompettes,
comme
pour
faire
reflou-
venirle
Seigneur
du
fecours
quil
avoit
promis
dans
detelles
occafons
à
fon
peuple.
(a)
Après
cela
Judas
ne
negligeant
rien
de
ce
qui
étoit
en
fon
pouvoir,
établit
des
ofhciers
pour
commander
l'armée
d'Ifraël
;
il
partagea
fes
trot
pes
en
bataillons,
&
en
compagnies;
&
nomma
des
tribuns,
des
capitaines
&
des
décurions
pou
commander
chacun
la
troupe
qui
lui
étoit
com
fiée
,
fous
le
commandement
général
des
premiers
officiers.
Il
dit
à
tous
ceux
qui
venoient
debätir
des
maïfons
,
d’époufer
desfemmes,
&
planter
des
vignes
,
&
à
tous
ceux
qui
étoient
timides
,
de
re+
tourner
chacun
dans
leurs
maifons,
felon
la
loi.
(b)
Enfin
il
fe
mit
en
marche,
&
vint
camper
près
d'Emmaüs
,
&
donna
ordre
à
fes
gens
de
{e
cemir
prêts
pour
combattre
Le
lendemain
au
ma
ins
Car,
ajoûta-t-il,
il
vaut
mieux
livrer
notre
vie;
que
de
voir
les
maux
de
notre
p
7
deftruction
des
chofes
faintes.
(c)
Au
refte,
que
la
volonté
de
Dieu
s’accompliffe.
”
…
Alors
Gorgias.
croyant
poüvoir
furprendre
J
UC,
XXIV.
das
pendant
la
nuit
,
&
tailler
en
pieces
fa
petite
Viaoire
de
Judas
armée
,
fans
qu'elle
pût
lui
échapper,
partit
fur
ee
foir
avec
un
détachement,de
cinq
inille
hommes
ux-de
notre
peuple,
&
la
(a)
Num.
x.
9.
—
(c)
1.
Aaccab.
1.
=}
Dour.
xX-0.
Près
:
|
Ni
100
Hisroire
DE
L'Anc,
TESTAMENT,
|
AndaMonde,
de
pied,
&
de
mille
chevaux
choifis
;
&
ayant
pris.
3839.
avant
J.
161,
G:
pour
guides
des
troupes,
qui
avoient
été
en
garni-
{on
dans
la
forterefle
de
Sion,
&
qui
connoïfloient
le
pays,
il
marcha
droit
au
camp
d’Ifraël:
mais
Judas
ayant
eu
avis
de
fa
marche,
décampa
au
mi-
heu
de
lanuit,
&
profitant
de
l’abfence
de
Gor-
gias
,
qui
étoit
un
général
très-experimenté
,
il
s'a-
Vança
vers
Emmaüs.
Cependant
Gorgias
étant
ar-
.
rivé
au
camp
de
Judas,
&
l'ayant
trouvé
abandon-
hé,
crut
que
Judas
avoit
pris
la
fuite
,
&
il
fe
mit
à
le
chercher
dans
les
montagnes.
Mais
Judas
ayant
partagé
fa
petite
armée
er
quatre
Corps,
compofés
chacun
de
quinze
cens
hommes,
en
donna
le
commandement
à
fes
trois
freres,
Si=
mon,,
Jofeph
&
Jonathas;
il
prit
pour
mot
du
Qué,
par
le
[écours
de
Dieu;
&
s'étant
mis
à
la
tête
de
crois
mille
hommes
,
qui
n’étoient
nullement
bien
armés
,
il
attaqua
Nicanor,
lui
tua
neuf
mille
hommes,
mit
fon
armée
en
fuite
,
lui
tua
encore
_
dans
la
déroute
trois
mille
hommes,
&
les
pour-
fuivit
jufqu'à
Gazera,
ou
Gadera,
&jufqu'à
Azoth
.
&
Jamnia
;
qui
étoient
du
pays
des
Philiflins.
Après
cette
victoire,
J
udas
retourna
au
camp
des
ennemis
>
&
dit
à
{es
gens
de
ne
fe
point
laifler
Æmporter
au
défir
du
butin,
parce
qu'il
leur
reftoit
encore
des
ennemi$à
combattre
;
car
il
ne
dou-
_Hoit
point
que
Gorgias
ne
dût
bien-ét
revenir
|
-
pour
les
attaquer.
Judas
parloit
encore,
lorfqu'on
vit_paroître
fur
le
haut
des
montagnes
quelques.
troupes
ennemies
;
&
Gorgias
ayant
vê
quelecamp
étoit
pris
,
que
Judas
y
avoit
mis
le
feu,
car
la
fu-
mée
en
montoit
encore
vers
Le
ciel,
&
que
l’armée
—
GE
TN
RE
SEP
TIEME
dE
JO
À
d'Ifraël.étoit
prête
à
le
bien
recevoir,
il
nejugea
An.
du
Monte,
pas
à
propos
de
defcendre
dans
la
plaine
,
&
de
7m
he
tenter
Le
combat
;
ilmarcha
vers
la
campagne
des
Vuls:
165:
Philiftins
,
&_
alla
rejoindre
les
reftes
de
Farmée
de
Nicanor,
Alors
Juddéfentra
dans
le
camp
des
Syriens
,
en
prit
toutes
les
dépoüilles,
&
l'argent
des
marchands
qui
étoient
venus
pour
acheter
les
prifonniers
Hébreux
;
il
fit
même
un
détacheïnent
de
quelque
troupes
pour
pourfuivre
cesmarchands;
mais
Comme
le
foir
,
où
commençoit
le
repos
du
Sabbat,
approchoit,
ils
furent
obligés
de
revenir
au
camp,
fans
avoir
pü
les
atteindre.
Ils
fe
con-
tenterent
d’amafler
les
armes,
&
le
butin
pris
fur
ennemi,
attendant
que
le
Sabbat
fût
pañlé
pour
le
partager.
(a)
ee
a
-
Après
le
Sabbat,‘ils
firent-entre
eux
le
partage
des
dépotilles,
&
en
envoyerent
aux
veuves,
aux
orphelins,
aux
malades,
&
rendirent
à
Dieu
de
folemnelles
actions
de
graces
pour
la
victoire
qu'il
leur
avoit
accordée,
&
pour
la
protection,
dont
il
les
avoit
favorifés
contre
leurs
ennemis.
Ils
at-
_
taquerent
enfuite
dans-différentes
rencontres
Ti-
_
mothée,
&
Bacchide
généraux
des
troupes
Syrien-
nes
,
&
leur
tuerent
plus
de
vingt
mille
hommes:
(b)
ils
fe
rendirent
maîtres
de
plufieurs
places
for.
ces,
&
firent
un
grand
butin,
qu'ils
partagerent
éga-
lement
entre
les
malades,
les
orphékins
,
Les
veu-
ves
&
les
vieillards
;
en
quoi
ils
portoient
la
chofe:
àune
plus
orande
perfection
que
la
loi
même
(0
ne
(2)
2.
Maccab
vI
11,28.
20.
È
(ce)
Mur,
XEX
TE.
27.
6
D)
2,
Maccab,
V1
I
30.
32:
Ÿ
|
roz
Hisrothe:
DE
L'ANG
TESTAMENT,
ane,
le
demande,
puifqu'elle
wordonne
que
de
dons
ee
pue
pers
part
à
ceux
qui
font
demeurés
pour
garder
le
bagage
,
comme
à
ceux
qui
ont
été
aucombat,
_
Is
-ramaflerent
avec
foin
Les
armes
de
leurs
enne=
mis,
&
les
mirenten
réfrve
dans
des
lieux
avan:
tageux
,
&
porterent
le
refte
des
dépotilles
à
Je-
rufalem
,
où
ils
fe
rétablirent
après
la
défaire
de
|
Nicaor,
quoique
le
temple
&
la
citadelle
fuflent
encore
au
pouvoir
des
ennemis.
Ils
tuerent
aufli
Philarque,
un
des
officiers
de
Timothée,
qui
avoit
fait
beaucoup
de
maux
aux
Juifs.
Pendant
qu'ils
rendoient
graces
à
Dieu
dans
Jerufalem
pour
les
victoires
qu'ils
avoient
remportées,
ils
apprirent
qu'un
certain
Callifthenes,
qui
avoit
brûlé
Les
por
_tes
facrées
du
temple
,
s'étoit
fauvé
dans
une
cer:
Cu.
XXV.
Nicanor,
ce
taine
maïifôn
:ils
y
mirent
le
feu,
&
il
y
fut
con-
|
F3
homme
couvert
de
a
qu'il
prétendoit
prendre
à.la
guerre,
M
se
ee.
=
ot
Re
20
nr
>
ayantété
Vaincu,
COMME
MOUS
Favons-dit
,
s'en-
ant
J,
C.
160.
a
=
fuit
à
travers
le
pays
,
après
avoir
jetté
fes
armes
&
les
marques
de
géneral,
&
arriva
feul
à
Antio=
ni
che
comme
un
fugitif,
chargé-de
confufion
pour
da
perte
de
fon
armée.
EH
reconnut
alors
que
les
Juifs
fous
la
proteétion
de
Dieu,
font
invincibles.
Lyfas
ayant
appris
la
perte
de
l’armée
qu'il
avoit
envoyée
en
Judée
,
en
fut
fort
confterné
;
&
uivante
il
vinten
perfonne
dans
ce
pays
à.
la
tête
de
foixante
mille
hommes
de
pied,
&
de
e
‘1
mille
chevaux
de
troupes
choifes.
(a)
Il
D
A
TE
2
+
<—
x
à
À
rimes
,:
qui
Lyfas
marche
avoit
fait
venir
mille
marchands,
pour
leur
vendre
|
PR
Re
D
RC
:
LAINE
Seb
TrIm
MmorI
2
prit
fa
route
le
long
de
la
méditerranée,
&
en-
“An
da
Monde,
fuite
par
la
partie
méridionale
de
Juda,
que
Jon
idee
connoiïfloit
alors:
fous
lé
‘nom
d'Idumée.
Judas
Vws
1%
ayant
appris
{a
marche
,
alla
à
fa
rencontre
ju
qu'à
la
forterefle
de
Bethfure,
près
d'Eleuthéro-
polis
&
de
Lebna.
Il
n’avoit
que
dix
mille
hom-
mes
avec
lui
:
mais
après
avoir
invoqué
le
nom
du
Seigneur,
il
fondit
fur
l'ennemi
;
&
lui
tua
d'a
bord
cinq
mille
hommes,
&
mit
Le
refte
de
l'ar-
mée
en
déroute.
Lyfias
voyant
que
les
Juifs
com-
battoient
comme
des
gens
réfolus
de
vaincre
;
où
de
mourir,
défefperant
deles
réduire
avec
les
forces
qu'il
avoit
alors
,
quoiqu'elles
fuflent
inf-
niment
fuperieures
,
reprit
le
chemin
d’Antioche,
dans
le
deflein
de
revenir
quelque
jour
avec
plus
de-troupes
qu'auparavant,
46
2
©:
.
Alors
Judas
&
fes
freres
dirent
:
Voilà
nos
en-
Juds
pre
le
temple,
qui
avoit
LA
été
profanés.
2
nemis
défaits;
allons
maintenant
purifier
&
re-
profané,
les
portes
b
>
parvis
rempli
…
d'épines
&
d'arbrifléaux
,
comme
on
en
voit
dans
un
bois
&
dans
une
montagne
déferte’;
Les
cham-
bres
&
les
appartemens
qui
étoient
autour
du
temple,
tout
détruits.
Alors
ils
déchirerent
leurs
vêtemens
,
jétterent
de
la
cendre
fur
leurs
têtes,
fe
profternerent
le
vifagé
contre
terre,
&
firent
un
grand
deiil.
‘Ils
firent
retentir
les
trompettes
dont
ils
fe
fervoient
à
la
guerre
,
&
poullerent
leurs
cris
jufqu'au
Ciel.
Judas
ayant
enfuite
pofté
fes
gens,
qui
étoient
armés,
entre
la
forterefle
.-
An.
du
Monde,
3840.
avant
J.
C.
160.
rio.
Yistorre
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
point
d'égard
à
cette
pénitence
peu
fincere.
An
tiochus
fentant
fes
forces
diminuer
,
&
fe
voyant
près
de
fa
fin,
appella
Philippe,
le
plus
intime
de
fes
amis,
lui
remit
fon
diadême
,
fon
anneau
&
fon
manteau
royal,
&
lui
donna
Le
gouverne-
ment
ou
la
régence
de
tous
fes
états,
pendant
la
minorité
de
fon
fils
Eupator
,
qui
n'avoit
encore
que
neuf
ans.
Ainfi
mourut
Antiochus
Epiphanés
dans
une
terre
étrangere,
dans
la
ville
de
Tabes,
frontiere
de
la
Babylonie.
ï
Un
peu
avant
fa
mort,
il
avoit
écrit
aux
Juifs
une
lettre
fort
foumife,
en
ces
termes
:
(a)
»
Le
»
roi
Antiochus,
aux
Juifs,
fes
bons
citoyens
:
»
Salut,
fanté
&
profperité.
Si
vous
êtes
en
fanté,
»
vous
&
vos
enfans,
&
fr
tout
vous
réüflit
com
»
me
vous
le
fouhaitez,
nous
en
rendons
graces
»
à
Dieu.
Pour
moi,
étant
dans
la
langueur
,
à
»
caufe
de
cette
grande
maladie
dont
j'ai
été
fur-
»
pris
en
venant
de
Perfe,
maïs
étant
rempli
de
»
bonté
pour
vous,
jai
crû
néceflaire
de
prendré
«le
foin
convenable
des
interêts
communs
de
»
mesétats.
Ce
n’eft
pas
que
je
défefpere
de
ma
»
fanté
;
j'ai
au
contraire
une
grande
confiance
»
que
je
reviendrai:
de
ma
maladie.
Ayant
donc
»
confideré
que
mon
pere
,
lorfqu'il
étoit
avec
»
fon
armée
dans
les
provinces
de
de-là
l'Euphra:
»
te,
avoit
défigné
celui
qui
devoit
regner
après
:
»
Jui,
afin
que
s'il
arrivoit
quelque
malheur,
où
»-que
lon.
vint
publier
quelque
fâcheufe
nouyel-
»
le,
nul
nen
püôt
être
troublé
dans
le
TOYaumMe
;
Mach
ein
©
ee
:
æ
Livre
SErTIP
ME
%X
$
fçachant
qui
étoit
celui
qu'il
avoit
laïffé
héritier
»
de
{a
couronne
3
informé
d’ailleurs
que
les
prin-
»
ces
mes
voifins
obfervent
les
tems
,
qui
font
fa-
»
vorables
à
leurs
defféins
;
&
{e
préparent
à
pro-
»
fiter
des
conjonctures
qui
Îeur
font
propres
;
fai
»
défigné
mon
fils
Antiochus
pour
regner
après
»
moi.
Je
l'ai
déja
recommandé
avant
mon
départ
»
à
plufeurs
d'entre
vous
,
&
je
lui
ai
encore
écrit
»
la
lettre
ci-jointe
en
votre
faveur.
(
Certe
lettre
»
eft
pegdué.
)
Je
vous
prie
donc,
&
vous
con-
»
jure
qu'en
reconnoiflance
des
graces
que
vous
>
avez
recüës
de
moi
en
public
&
en
particulier,
»
vous
gardiez
la
fidelité
que
vous
devez
à
moi
&
“+
An
du
Mondes
-3840.
avant
C,
J-
160,
»
à
mon
fils
;
car
j'efpere
qu'en
fuivant
mes
inten—
»
tions.,
il
{e
conduira
avec
tant
de
douceur
&
»
de
moderation
,
que
vous
{erez
fatisfaits
des
tiochus
écrivit
aux
Juifs,
oies
Philippe
que
ce
prince
avoit
établi
gouverneur
de
Syrie
,
&
de
toutes
les
provinces
qui
lui
étoient
foumifes,
au
lieu
d'aller
à
Antioche
prendre
pof-
fefion
de
fon
gouvernement,
fu
o
retirer
en
Egypte
auprès
de
Prolemée
Philome-
tor,
parce
que
Lyfas
qui
avoit
été
laïflé
gouver-
neur
du
jeune
prince
Antiochus
Eupator
;
Favoit
fait
reconnoître
pour
roi,
&
s'étoit
fait
donner
da
ré
gencé
&
le
gouvernement
du
royaume,
à
l'ex-
clufion
de
Philippe
;
&t
au
préjudice
des
dernieres
volontés
d'Antiochus
Epiphanés.
Philippe
donc
sen
alla
en
Ecypte
avec-le-corps
d'Antiochus
Epiphanés,
dans
le
deflein
de,
demander
du
{e-
cours
à
Prolemée#Philometor
,
pour
faire
valoir
©
marques
de
fabonté.
»
Telle
fur
la
lettre
qu'An-
ligé
de
fe
tra
Histoire
pr
L'ANC.
TESTAMENT
;
ao,
on
droit
fur
la
Syrie,
&-pour
obliger
Lyfias
à
3840.
avt
JC.
quitter
Le
gouvernement
:
mais
il
ne
put
rien
ob-
tenir
alors
auprès
du
roi
d'Egypte.
Nous
verrons
furla
fin
de
l'an
du
monde
3847.
ce
que
fit
Phi-
lippe
pour.
fe
faire
reconnoître
dans
la
Syrie.
:.
Lyfias
outre
la
régence
génerale
des
états
d'Eu-
pator,
reçut
en
particulier
le
gouvernement
de
la
Célé-Syrie
&
de
la
Phénicie:;
qui
comprenoit
auf
celui
de
la
Judée
&:
de
la
Samarie
;
parce
.
que
Prolemée
fils
de
Doryménes,
qui
avoit
eu
ce
gouvernement
fous
Antiochus
Epiphanés
,
&
qui
avoittoûjours
été
du
fentiment,
qu'il
falloit
faire
juftice
aux.
Juifs,
&
les
laïfler
en
liberté,
étant
devenu
fufpect,
&
voyant
qu'on
ne
lui
donnoit
pas
un
emploi
proportionné
à
Les
fervices
,
s’étoit
fair
mourir,
en
prenant
du
poifon.
(a),
-
.
CRT
“Timothée,
qui
avoit
été
battu
par
Judas
(
b)
À
X
VIT.
peu
de
tems
après
la
victoire
remportée
fur
Nici=
En
nor
,
ayant
[evé
une
nouvelle
armée
de
troupes
—
ss
MÉtAOeLe
&%
aflemblé
de
la
cavalerie
d’Afe,
—
vint
en
Judée,
s'imaginant
pouvoir
s’en
rendre
maître
‘par
les
armes.
(c).Mais
Maccabée
&
lés
fiens
monterent
au
temple,
{e
profternerent
au.
pied
de
l'Autel
;
implorerent
le
fecours.
de
Dieu,
&,
ayant
pris
les
armes,
fortirent.de
Jerufalem,
&
marcherent
contre
l'ennemi.
Le
f{oleil
com
mençoit
à
fe
lever.
lorfque
Les
deux:
armées
fe
trouverent
en
préfence.
Les
uns
avoient
pour
eux
a
protection
du
Tout-puiflanc,
garant
de
leur
£
CEE
EL
Le
ess
LORS
Æ
2)
rs
gs
£
+
+
‘
SR
PE
Le
=
.
=:
(a)
2
Maccabsxotu
ta.
156]
(Oh
Méccabexiaas
e
c)
2.
Maccab,
V11
1.30».
|‘:
ER
<
485
Lo
ce
LRU
E
SOERTIE
ME.
LES
viétoire
&
du
fuccès
de
leurs
armes
:
Les
autres
….
n’avoient
que
leur
courage
&
leur
grand
nombre.
5040
avant
J
e:
Lorfqu'on
en
fut
venu
aux
mäins
,
Les
ennemis
vi-
|
rent
paroître
dans
le
ciel
cinq
hommes
fur
des
chevaux
ornés
de
freins
d'or
,
&
fervans
de
gui-
des
aux-Juifs
Deux
re
eux
marchant
aux
deux
côtés
de
Judas,
le
couvroient
de
leurs
ar-
mes,
&
le
défendoient
des
traits
des
ennemis.
Les
autres
lançoient
des
traits
&
des
foudres
contre
ceux
qui
lui
difputoient
fa
victoire
;
frappoient
d'aveuglement
les
ennemis,
Îles
mettoient
en
dé-
fordre,
&
les
renverfoient
devant
lui.
Il
y
eut
vingt-cinq
mille
cinq
cens
hommes
&
fix
cens
_chevaux
de
tués.
Timothée
prit
la
fuite,
&
gagna
Gazera,
forterefle
fameule
dans
le
pays
des
Phi-
liftins
;
où
commandoit.
Chéréas.
Maccabée
y
afliegea
pendant
quatre
jours.
Ceux
qui
étoient
dans
la
place
,
l’outrageoient
par
leurs
infultes
,
*
&
proféroient
des
paroles
abominables.
Mais
dès
.
Je
matin
du
cinquiéme
jour
,
vingt
jeunes
hom-
mes
de
l'armée
des
Juifs,
irrités
par
ces
blafphé-
mes,
S
‘approcher
ent
de
la
muraille,
nonte-
rent
avec
une
intrépidité
royable,
”
j
étant
montés
enfuite,
commencerent
à
mettre
le
feu
aux
tours
&
aux
portes,
&
brûlerent
tout
vifs
ces
blafphémateurs.
Ils
pillerent
la
place
pendant
deux
};
jours
;
&
ayant
trouvé
Timothée
dans
une
citerne,
où
il
s'étoit
caché,
ils
le
tuerent
avec
.
{on
.
Chéreas
&
Apollophanés.
Après
cela
ils
révinrent
à
Jerufalem
,
rendant
graces
à
Dieu
de
cette
heureufe
victoire.
Les
nations
qui
étoient
dans
Le
pays
de
Galaad,
Tome
II
114
Historrr
DE
FANC.
TESTAMENT,
|
“An
du
Monde,
€
Eft-à-dire
;
les
Arabes,
lés
Ammonites
&
Îles
sara
©
Moabites
,
(4)
s'aflemblerent
pour
exterminer
les
Juifs
de
leur
pays
;
car
depuis
Fédit
qu'Antiochus
Confpiracion
des
avoit
publié
contre
eux,
on
fe
croyoit
tout
per-
Rdede-hle
Jour
mis
à
leur
égard.
Mais
les
Juifs
mformés
de
{eur
de
jan
réfolution,
le
retirerent
à
Datheman,
qui
étoit
is.
avan
je
aPparemment
quelque
fortereffe
du
pays
;
en
mê-
nn
me-tems
ils
envoyerent
des
lettres
à
Judas
Mac-
cabée
,
&
à
fes
freres,
pour
leur
dire
de
venir
promptement
à
leur
fecours
;
que
les
ennemis
sé
roient
aflemblés
en
grand
nombre
,
ayant
à
leur
tête
le
capitaine
Timothée
;
qu'ils
avoient
déjx
tué
plufeurs
de
leurs
freres
;
qu'ils
avoient
taillé
eñ
pieces
tous
les
Juifs
qui
étoient
dans
le
can-.
ton
de
Tob
,
ou
Tubin,
au
nombre
de
près
de
mille
hommes
;
qu'ils
avoient
emmenés
captifs
leurs
femmes
&
leurs
enfans,
&
avoient
pillé
.
leurs
biens.
CT
s
_
.
On
liloit
encore
ces
lettres,
lorfqu'il
vint
des
envoyés
de
la
part
des
Juifs
de
Galilée
;
ils
avoient
leurs
habits
déchirés,
&
apportoient
des
nouvelles
toutes
femblables
aux
premieres
;
difant
que
ceux
de
Ptolemaïde,
de
Fyr
&
de
Sidon,
s'étoient
affemblés
pour
les
faire
périr,
&
que
tou-
te
à
Galilée
étoit
pleine
d'étrangers
,
qui
avoient
confpiré
leur
perte.
Judas
&
tout
le
peuple
avant
reçu
ces
nouvelles
,
tinrent
une
grande
affemblée
pour
déliberer
fur
ce
qu'il
y
avoit
à
faire
dans
ces
conjondures.
Il
fut
réfolu
que
Judas
&
Jo-
nathas
fon
frere
iroient
au-delà
du
J
ourdain,
pour
"278
£
_
{e)
à
Le
Maccab.
Ve
9»
10.
&c.
:
Livas
SEPTIEME
Ai
fecourir
ceux
qui
étoient
dans
le
pays
de
Galaad
,
_.
&
que
Simon
fon
autre
frere,
iroit
dans
la
Gali-
84
avan
JC.
lée
pour
délivrer
leurs
fretes
,
qui
étoient
mena-
.
cés
d'une
perréentiere.
Ils
laiflerent
dans
la
Ju-
dée
pour
la
garde
du
pays;
Jofeph
&
Azariss,
avec
défenfe
de
combattre
jufqu'à
leur
retour.
Si-
_mon-prit
trois
mille
hommes
pour
aller
en
Gäli-
lée
,
&
Judas
en
prit
huit
mille
pour
aller
au
pays
de
Galaad.
DD
DOS
er
ce
Simon
étant
arrivé
dans
Ja
Galilée,
livra
plu-
fieurs
petits
combats
aux
nations
ennemies
;
il
Les
batrit
&
les
pourfuivit
jufqu'aux
portes
de
Ptole-
_maïde,
leur
tua
environ
trois
mille
hommes
,
&
remporta
de
riches
dépouilles.
il
prit
tous
les
Juifs
qui
étoient
dans
la
Galilée
,
tant
au-deçcà,
quau-
delà
du
Jourdain,
&
les
emmenaen
J
udée
;
avec
leurs
femmes
&
leurs
enfans.
Judas
Maccabée
de
Ton
côté
,
&
Jonathas
fon
frere
ayant
pañlé
le
Jourdain
,
apparemment
à
Bethfan
,
marcherent
trois
jours
dans
les
déferts
;
&
les
Nabathéens
;
‘peuples
Arabes,
qui
n'étoient
point
entrés
dans
__
le
complot
de
ceux
qui
vouloient
faire
main-bañe
:
fur
les
Juif
it
Venus
Es.
Re
ifs,
Étant
vi
…
us
à
devant
feux,
&
les
-
ayant
reçûs
dans
un
efprit
de
paix,
leur
raconte-
rent
ce
qui
éroit
arrivé
à
leurs
freres
de
Galaad,
&
leur
dirent
que
plufeurs
sétoient.
enfermés
.
dans
Barafa,
dans
Bofor
,
Alimas,
Cafphor,
(a)
Mageth,
Carnaim,
qui
étoient
toutes
de
grandes
&
fortes
villes
;
que
les
ennemis
les
tenoient
en-
côrevafliegés
dans
les
autres
villes
de
Galaad,
Cr
Apparemment
se
en
que
Chasbon
;
où
Héfébon,
dont
31
eft
parlé
un
peu
après.
Re
Se
Pi
116
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
“An
du
Monde,
qu'ils
étoient
réfolus
de
marcher
dès
le
lendemain
3e
al
C
contre
ces
villes,
de
les
forcer;
&
de
faire
péri
en
un
jour
tous
les
Juifs
qui
s'y
trouveroient.
Judas
ayant
reçu
cet
avis,
marcha
aufli-tôt
avec
fon
armée
contre
Bofor,
furprit
la
ville,
la
brûla,
fit
pañler
au
fil
de
l'épée
tous
les
mâles
qu'il
y
trouva,
&
enleva
tout
le
butin.
De-là
il
partie.
pendant
la
nuit
pour
fe
rendre
à
la
fortereffe
de.
Datheman
;
où
plufieurs
Juifs
s'étoient
réfugiés,
Et
au
point
du
jour
on
apperçut
une
infinité
de.
gens
qui
portoient
des
échelles,
&
des
machines
pour
{e
fair
de
la
forterefle
;
&
pour
prendre
Ceux
qui
étoient
dedans.
Les
ennemis
monterent
à
l’aflaut,
&
l'attaque
commença
avec
de
grands
cris
de
part
&
d'autre,
de
Alors
Judas
partagea
fon
armée
en
troïs
corps,
…
s'avança
contre
Les
ennemis
en
ordre
de
bataille,
&
lorlqu'il
fut
à
portée,
fes
troupes
firent
reten-
tir
leurs
trompettes,
&.pouflerent
des
cris
vers
Dieu
;
en
invoquant
fon
fecours.
Les
gens
de
Timothée,
qui
attaquoient
la
forterefle
,
compris,
|
rent
au{li-tôt
que
c'étoit
Maccabée.
Ils
quitterent
l'attaque,
&
prirent
la
fuite.
Judas
Les
pourfuivit
,
en
ft
un
fort
grand
carnage,
&
il
en
demeura
ce
jour-là
fur
la
place
près
de
huit
mille.
Ayant
ainf
délivré
fes
freres
,
il
marcha
contre
Mafpha.
Illa:
força
,
y
tua
tous
Les
mâles,
en
remporta
les
dé-«
poüilles
,
&
brûla
[a
ville.
Il
fe
rendit
maître
en
fuite
de
Cafbon
,
de
Mageth,
de
Bofor
&
des
autres
villes
de
Galaad.s
=:
Re
…
Pendant
que
Judas
faïfoit
ces
exploits
dans
le
pays
de
Galaad,
&
que
Simon
fon
frere
délivroir
L'ÉVRE
SÉEPTIBMTr.
117
Îes
Juifs
de
la
Galilée,
Jofeph
&
Azarias
,
qui
An.
du
Monde,
ayoient
étédlaiflés
à
la
garde
de
la
Judée,
ayant
a
no
S
appris
les
heureux
fuccès
des
autres
,
nn
aufli
fe
diftinguer
,
&
rendre
leur
nom
célebre
par
quelque
victoire
importante
contre
les
na-
tions
voilines
&
ennemies
des
Juifs.
Ils
donne-
rent
donc
leurs
ordres
à
leur
armée,
&
ils
s'avan-
cerent
vers
Jamnia,
dans
le
pays
des
Philiftins.
Gorgias
fortit
de
la
ville
avec
fon
armée
,
les
at-
aqua,
les
mit
en
fuite,
&
en
tua
environ
deux
mille.
Voilà
ce
que
coûta
la
temerité
dé
ces
deux
énéraux.
-
Judas
revint
de
fée
me
à
Le
Jour-
———
dain
chargé
de
gloire,
&
enrichi
des
dépoüilles
_
ee
de
fes
ennemis.
Sa
réputation
voloit
par
tout
,
&
na
a
tout
Lfraël
vint
au
devant
de
lui
avec
de
grandes
7446.
-acclamations.
(4)
Cependant
Lyfas
(b)
gouver-
neur
&
régent
du
royaume
de
Syrie,
fous
la
mi-
norité
du
jeune
Eupator,
fenfblement
touché
de
Taffront
qu'il
avoit
reçu
dans
fa
premiere
expédi-.
tion
contre
la
Judée,
aflembla
quatre-vingt
mille
hommes
de
pied,
a
à
cavalerie
&
les
éléphans,
&
march:
Juifs,
{e
flattanc
de
{es
challer
de
Jerufalem,
de
donner
la
ville
à
-:habiter
aux
nations,
de
piller
le
temple,
&
de
“vendre
la
grande
Sacrificature.
Rempli
de
cés
randes
efperances
,
il
vint
par
h:
partie.
méridio-
nalé
de
Juda,
l’autre
route
n'étant
pas
aifée
“pour
“la
cavalerie
&
pour
Îles
éléphans
,
à
caufe
dés
défilés
&
des
montagnes.
Etant
arrivé
à
Bechfure
:
ta)
1
bac
Ve
Ur
Do.
&)
2.
Maccab,
xt.
f..
12
Pi
18
Hlisrorre
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
RE
lieuës
de
Jerufalem,
vers
le
midi,
il
en
fi
159
5841
avant
J.
C.
Je
fiege..
Judas
&c
tout
le
peuple
s'adrefferent
à
Dieu
par
la
priere
,
&
lui
demanderent
avec
lar-
més
d'envoyer
fon
bon
Ange
pour
le
falut
d'If£
raël.
Après.quoi
Maccabée
exhorta
{es
gens
à
le
fuivre
,
&
à
expofer
leur
vie
pour
le
falut
de
leurs
freres.
|
=
=.
_
Comme
ils
marchoient
avec
un
courage
aflûré,
il
parut
au
fortir
de
Jerufalem
un
homme
à
che:
wal
,
qui
étoit
à
leurtête,
qui
étoit
vêtu
de
blanc,
avec
des’
armes
d'or,
ayant
une
lance
à
la
main,
dont
il
fembloit
menacer
les
ennemis.
Alors
les
Juifs
sanimerent
d’une
nouvelle
ardeur,
&
ren-
dirent
graces
au
Tout-puiflant
de
ce
fecours
qu'il
Leur
envoyoit.
Ils
aflerent
droit
aux
ennemis,
fe
jetterent
fur
eux
avec
une
impetuolité
pareïlle
à
celle
des
lions
qui
fondent
fur
leur
proye
,
taille:
rent
en
pieces
onze
mille
hommes
de
leur
infan-
terie,
&
feize
cens
chevaux.
Le
refte
fut
mis
eñ
déroute.
Plufeurs
furent
bleflés
,
&
abandonne-
rent
leurs
armes
,
pour
fe
fauver
avec
plus
de
fa:
cilité.
ee
4.
Lyfas
n’efperant
plus
de
réduire
les
Juifs
par
la
force
,
leur
fit
parler
,
&
leur
promit
de
confentir
à
coutes
les
juftes
conditions
de
paix
qu'on
lui
"
=
propoieroit,
&
quil
perfuaderoit
au
roi
de
faire
alliance
&
amitié
avec
eux.
Maccabée
écouta
les
_propoftions
de
Lyfas,
Of
écrivit
au
roi,
&
on
‘ui
envoya
les
demandes
des
Juifs.
Ilaccorda
tout
3
LS
+
C
:
:
r
1°
7
°
e
\
=
6
ce
qu'on
fui
avoit
demandé,
&
il
écrivit
à
Lylias
en
ces
termes
:
«
Le
roi
Antiochus,
à
Lyfas
{on
_»
frere:
Salut,
Le
roi
notre
pere
ayantété
transferé
=
F.
&
Livre
SEPTIFME.
TT
-
$
entre
les
Dieux,
notre
intention
eft
que
CEUX
Andu
Monde,
»
qui
demeurent
dans
notre
royaume,
vivent
en
4"
—
»
paix
;
&
s'appliquent
tranquillement
à
leurs
af=
5
faires
:
&
comme
nous
avons
appris,
que
les
ÿ
Juifs
n'ont
pù
confentir
au
défir
qu'avoit
mon
»
pere
de
les
faire
pañler
aux
céremonies
des
»
Grecs,
mais
qu'ils
veulent
conferver
leurs
an-
5
ciennes
coûtumes
:
&
qu'ils
nous
demandent
»
qu'il
leur
foit
permis
de
vivre
felon
leurs
loix
:
»
C'eft
Pourquoi
défirant
que
ce
peuple
vive
en
5
paix
comme
les
autres
de
notre
obéiflance,
5
nous
avons
ordonné
que
leur
temple
leur
fera
5
rendu,
afin
qu'ils
vivent
felon
fes
coûtumes
de
_»leurs
ancêtres.
Vous
ferez
donc
bien
d'en-
5
voyer
vers
eux,
afin
que
connoïflant
notre
bon-
»
ne-volonté
,
ils
reprennent
courage,
&
qu'ils
_
»
appliquent
à
ce
qui
regarde
leur
interèt
parti-
»
culier.
»
Voilà
quelle
fut
la
lettre
du
roïà
Eyhas.
—
Tf
écrivit
aux
Juifs
en
cette
maniere
:
«
Le
roi
fi.
Ménelaüs
FE
à
;
&
nous
à
dit
que
vous
fe"
»
riez
bien-aifes
de
venir
trouver
vos
gens
,
qui
5
font
auprès
de
nous.
Nous
avons
donc
accordé
>
un
pañleport
à
Ceux
qui
voudront
venirici,
de-
»
puis
ce
jour,
jufqu'au
30.
du
mois
Xantique.
(a)
»
Et
nous
permettons
aux
Juifs
d'ufer
de
feurs
»viandes,
&
de
vivre
felon
leurs
loik
comme
au
»-paravant,
fans
qu'on
puilie
leur
faire
la
moindre
.
@)
Ce
mois
Xantique
répond
à
Avril
&
May.
An
du
Monde,
3841.
avant
J,
C.
159
ro
Hrsrorne
DE
L'ANcC.
TESTAMENT,
»
peine
pour
le
pañlé.
Nous
avons
aufli
envoyé
»
Ménelaüs,
afin
qu'il
en
confere
avec
eux.
Adieu.
»
L'an
148.
(a)
le
15.
du
mois
Xantique.
»
Cette
lettre
contient
une
amniftie
génerale
de
tout-le
pañfé,
&
un
fauf-conduit
ou
pañeport
pour
les
Juifs
,
qui
auroient
befoin
d'aller
au
camp
de
Ly-
fias,
où
même
à
la
cour
du
roi,
quoique
le
terme
depuis
le
15.
du
mois
Xantique,
jufqu'au
30.
du,
même
mois,
ne
foit
pas
fufffant
pour
aller
jufqu'à
Antioche,
&
pour
y
négocier.
(b)
Mais
lé
roi
pouvoit
être
dans
la
Phénicie.
L'on
voit
que
Mé-
nelaüs
vouloit
être
compris
dans
cette
paix,
com
me
Grand-prêtre
des
Juifs,
IL
étois
alors
auprès
du
Roi.
…
ei
Enfin
Lyfias
ayant
reçu
les
lettres
du
roi,
écri-
vit
aux
Juifs
que
le
roi
leur
accordoit
ce
qu'ils
des
mandoient,
leur
promit
fes
bons
fervices
,
s'ils
demeuroient
fidéles
au
roi,
&
leur
envoya
des
députés
pour
conférer
avec
eux
fur
Les
autres
cho-
|
fes
qui
pouvoient
encore
faire
quelques
dificul-
tés.
Dans
ce
même
tems
les
Légats
Romains,
qui
étoient
envoyés
par
le
Sénat
vers
Eupator
à
An=.
tioche
,
firent
dire
aux
Juifs
qu'ils
envoyaflent,
leurs
députés
auprès
de
ce
prince,
&
qu'ils
leur
écriviflent
leurs
prétentions
,
afin
qu'ils
en
confe-
raffent,
&
qu'ils
Les
appuyaflent
auprès
d'Eupator.
Voici
la
copie
de
leur
lettre
aux
Juifs
:
«
Quintus
»
Memmius
&
Titus
Manilius,
Légats
des
Ro-
Fe
2
a
»
mains,
au
peuple
des
Juifs
:
Sälur.
Nous
vous.
*
(a)
L'an
148.
de
l'Ere
des
|
1.
Macab.
VI.
20.
p.
89.
90.
Séleucides
,
revient
à
Pan
du
M.
|
(b)
D’AntiocheaJ
erufalem
il
384r.
Voyez
le
commentaire
fur
|
y
a
près
de
140.
ou
1
so.
lieués.
.
__
…
accordons
DIRES
PDT
ENTER
IER
IE
ETS
ET
RIRES
ESEETENT
Lavacr
-Sébrrrarmres:
109
|
>
accordons
les
mêmes
chofes
que
Lyfias
parent
Ai
qu
onde
»
du
roi
vous
a
accordées,
&
nous
ratifions
tout
354542
7€
»
ce
qu'il
à
fait
avec
vous.
Et
à
l'égard
des
arti-
_»
cles
qu'il
a
.erû
devoir
être
rapportés
au
roi,
en-
»
voyezau
plôtôt
quelqu'un
des
vôtres,
après
en
»
avoir
bien
déliberé
entre
vous,
afin
que
nous
»
repréfentions
vos
interêts
felon
ce
qui
vous
fera
»
plus
avantageux
;
car.
nous
devons
inceflam-
»
ment
nous
rendre
à
Antioche.
C'eft
pourquoi
»
hâtez-vous
de
nous
récrire,
afin
qué
nous
foyons
»
informés
de
vos
prétentions.
Portez-vous
bien,
»
L'an
148.
le
15.
du
mois
Xantique.»
Lyfias
sen
retourna
aufli
alors
à
Antioche,
afin
de
sy
trou-
ver
lorfque
les
Légats
Romains
y
feroient
arrivés.
(a)
Onne
fçait
pas
la
fuite
de
cette
négociation.
Mais
on
{çait
que
la
paix
qui
avoit
été
faite
par
l’entremife
de
Lyfias
entre
les
Juifs
&
le
roi
An-
tiochus
Eupator
,
ne
fut
pas
de
longue
durée.
Les
généraux
des
troupes
Syriennes,
&
les
gouver-
neurs
des
provinces
voifines
des
Juifs
ne
cefloient
de
les
inquieter.
Timothée
,
Apollonius
fils
de
Gennée,
différent
d’un.
autre
Apollonius
fils
de
canor
gouverneur
de
Cypre,
les
harceloient
con-
tinuellement.
-Il
arriva
encore
une
autre
chofe
qui.
ruaute
de
ceux
troubla
leur
paix.
Ceux
de
Joppé
inviterent
Îes
dejoppé
conrre
les
Juifs
qui
demeuroient
dans
leur
ville
,
de
monter
Eee
Le
avec
leurs
femmes
&
leurs
enfans
fur
des
barques
*”*
quils
leur
avoient
préparées.
Les
Juifs
qui
vi-
voient
dans
une
entiere
afsürance
,
n'ayant
aucun
(a)
2:
Maccab.
xIE,
I,
Tome
IL
|
0
|
Andu
Monde,
3841:
avant
J.
C.
159
722
HisrorRe
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
démêlé
avec
ceux
de
la
ville,
entrerent
dans
ces
barques
,
fans
fe
défier
de
rien
:
mais
lorfqu'ils
furent
avancés
en
pleine
mer,
ceux
de
Joppé
en
noyerent
environ
deux
cens.
Judas
ayant
appris
cette
cruauté
&
cette
perfidie,
marcha
contre
ces
meurtriers
,
&
brûla
leur
port
pendant
la
nuit,
mit
le
feu
à
leurs
barques
,
&
fit
pafler
au
fil
de
l'épée
ceux
qui
Sétoient
échappés
des
flammes.
Après
cela
il
fe
retira,
réfolu
de
revenir
une
autre
fois
pour
exterminer
tous
ceux
qui
étoient
dans
la
Juifs
qui
demeuroient
dans
leur
ville,
il
les
pré-
vint
,
les
furprit
pendant
[a
nuit,
&
brüla
lew
port
avec
leurs
vaifleaux
;
de
forte
que
la
lumiere
du
feu
fut
vûe
jufqu'à
Jerufalem,
quoique
éloi-
_
gnée
de
deux
cens
quarante
ffades,
c’eft-à-dire,
de
dix
lieués.
Etant
parti
de
Jamnia,
il
marcha
contre
Timothée
:
mais
à
peine
eut-il
fait
neuf
ftades,
c’eft-à-dire,
onze
cens
cinquante
pas’,
qu'il
fut
attaqué
par
une
troupe
d’Arabes
de
cinq
mille
hommes
de
pied,
&
de
cinq
cens
chevaux.
Après
un
rude
combat,
les
Arabes
voyant
qu'ils
ne
pouvoient
fui
réfifter
,
lui
demanderent
com-
poñtion,
&
lui
promirent
de
lui
donner
des
pé-
turages,
&
de
l'aider
en
toutes
chofes.
Judas
leur
donna
les
mains,
&
ils
fe
retirerent.
De-[à
il
paf
L
Jourdan,
&
attaqua
la
ville
de
Chafbin
ou
Efebon,
forte
par
fes
ponts
&
par
{es
hautes
murail-
|
les
,
&'habitée
par
des
peuples
ramafñlés.
Elle
évoit
bien
munie
d'armes
&
de
provifions,
&
ceux
de
&
=
SET
Mais
ayant
appris
que
les
habitans
de
Jamnia
vouloient
ufer
d’une
femblable
perfidie
envers
les
Livret
SEPTIEME
123%
dedans
fe
fant
trop
dans
la
bonté
de
leurs
murail-
A
du
Monde:
les,
dx
dans
l'abondance
de
leurs
vivres,
fe
dé-
357"
ee
fendoient
néoligemment
,
&
difoient
à
Judas
des
injures
mêlées
de
blafphômes
&
de
paroles
dé-
teflables.
Mais
Judas
ayant
invoqué
le
nom
du
Tout-puiflant
,
prit
la
ville,
&
y
fit
un
carnage
effroyable
;
de
forte
que
l'étang
d'auprès
,
qui
avoit
deux
cEns
cinquante
pas
de
large
,
étoit
tout
rouge
du
fang
des
morts.
-
|
|
.
Etant
parti
de-là,
il
alla
à
Characa,
apparem-
Gi
xxx
ment
Charac-Moab
,
connue
dans
les
Geogra-
yiaciede
Judas
phes,
au
fecours
des
Juifs
qui
étoient
appellés
-
Tubiéniens,
ou
habitans
du
pays
de
Tob.
Ils
s'é-
aval.
C:152.
toient
renfermés
dans
la
forterefle
de
Characa,
&
Timothée
géneral
des
ennemis,
navoit
pû
les
y
forcer.
Il
fut
dons
obligé
de
fe
retirer
;
après
avoir
laiffé
garnifon
dans
un
lieu
fort
d'afliete
,
fitué
dans
le
même
canton.
Mais
Dofithée
&
So-
fipatre
,
deux.
capitaines
de
l'armée
de
Judas,
ayant
été
détachés
pour
attaquer
cette
garnifon
,
prirent
leur
fort,
&
y
tuerent
dix
mille
hommes.
Cependant
Judas
ayant
pris
{ix
mille
hommes
&
les
ayant
partagés
fous
différens
chefs
;
marcha
contre
Timothée.
Celui-ci
après
fa
défaite,
dont
on.a
parlé
plus
haut,
(4)
avoit
aflemblé
une
nou-
velle
armée
d'Arabes
&
d'autres
peuples
ramaflés,
compolée
de
fix-vingt
mille
hommes
de
pied,
&
de
deux
mille
cinq
cens
chevaux
;
(2)
&
ayant
mis
les
femmes,
les
enfans
&
tout
le
bagage
dans
la
ville
de
Carnaïm,
où
Aftaroth-Carnaïm,
qui
(a)
Voyez
1.
Maceab.
V.
343$:
(b)
Le
Maccab.
V.
37.
œ
fa:
Qi
124
Hitorre
Dr
LANC.
TESTAMENT,
Tan
da
Monde,
étoit
une
place
au-delà
du
Jourdain
de
très-diffici:
3841
avantJ.
€
Je
accès,
il
fe
campa
à
Raphon,
ou
peut-être
Sa-
phon
,
au-delà,
&
au
nord
du
torrent
de
Jaboc,
Judas
envoya
pour
les
reconnoître,
&
on
lui
rap
porta
que
l’armée
de
Timothée
étoit
très-nombreu-
fe,
&
compolée
de
toutes
les
nations
qui
étoient
dans
les
pays
circonvoifins
;
&
que
Timothée
étoit
difpolé
à
pañler
le
torrent,
&
à
le
venir
at
taquer.
LE
Auflitôt
Judas
commanda
à
fes
troupes
de
mar
cher
contre
eux.
Or
Timothée
avoit
dità
fes
gens:
Si
Maccabée
pañle
le
torrent
,
-&
nous
attaque
le
premier,
il
aura
l’avantage
:
mais
s'il
nous
laifle
paf
{er
le
torrent,
&
qu'ilattende
quenous
l’attaquions,
il
fera
battu.
Lorfque
Judas
fut
arrivé
au
bord
du.
torrent,
il
ordonna
aux
Scribes
,
qui
faifoient
à
peu
près
la
fonction
de
maréchaux
de
camp,
de
faire
pañfertout
Le
monde,
&
de
ne
laiffer
per-
fonne
au-delà
du
torrent.
En
même-tems
il
pa£
fa
lui-même,
&
fut
fuivi
de
toute
fon
armée,
Les
ennemis
ne
püûrent
foûtenir
le
choc;
ils
pris
rent
tous
la
fuite
,
jetterent
leurs
armes,
&
fe
fau-
verent
dans
le
temple
de
Carnaïm.
Judas
les
pour.
fuivit,
prit
la
ville
de
Carnaïm,
brûla
le
temple
d'A
tergata
ou
de
la
Lune
,
&
tous
ceux
qui
s'y
étoient
retirés,
ruina
Îa
ville,
&
y
tua
vingt-cinq
mille
.
hommes,
fans
compter
trente
mille
{oldats,
qui
avoient
été
tués
dans
le
combat,
tant
par
l'épée
des
Juifs
;
que
parce
qu'ils
fe
percçoïient
Fun
l’au=
tre
;
dans
Îe
trouble
dont
ils
étoient
faifis.
(a)
42)
2
Aaccab,
x11,
22,
23.
24,
Ge.
ee
=
CAENCRE
SEPTIEME
TU
OS
:
Timothée
s'étant
fauvé
dé
la
bataille
,tombaen-
is
te
Les
mains
de
Dofithée
&
dé
Sofipatre
,
(4)
ca-
3841,
avant
J.
c
pitaines
de
Parmée
dé
Judas.
Timothée
les
con-
_
_
jura
avec
de
grandes
ihtances
de
lui
fäuver
la
vie,
difant
qu'il'avoit
fait
prifonniers
plufeurs
Juifs,
qui
perdroient
par
fa
mort
l'efperance
de
recou-
vrer
la
liberté
;
&
leur
ayant
promit
avec
ferment
de
leurrendre
ces
prifonniers,
ils
le
laïfferent
aller,
fans
lui
faire
aucun
mal,
dans
la
vûé
de
garantir
US
—
-
Alors
Judas
ayantrafflemblé
tout
ce
qu'il
y
avoit
de
Juifs
dans
Le
pays
de
Galaad
,
avec
leurs
femmes:
&
leurs
enfans,
&
tous
leurs
effets,
il
fes
amena
en
Judée.
Et
étant
arrivés
à
Ephron,
qui
eft
au-
delà
du
Jourdain,
vis-à-vis
Bethfan,
&
tellement
fitué,
qu'on
ne
peut
fe
détourner
nià
droite,
ni
à
gauche,
mais
quibfaut
féceflairement
pañler
par
fe
milieu
;
ils
trouverent
que
ceux
de
la
ville
en
avoient
fermé
les
portes,
&
les
avoient
même
mu-
rées
,
pour
les
empêcher
de
paffer.
Judas
envoya
_
d'abord
leur
demander
paflage
dans
des
termes
feroit
aucun
tort
:
mais
ces
gens
ne
voulurent
point
Jui
ouvrir.
<
«
Alors
Judas
fit
publier
dans
le
camp
que
cha-
cun
eût
à
attaquer
la
ville
par
Pendroit
où
il
étoit.
On
s'attacha
donc
aux
murailles
;
&
après
un
aflaut
opiniâtré,
qui
dura
tout
le
jour
&
toute
lanuit,
La
ville
fut
prife
&c
faccagée.
Judas
fit
pafler
tous
Les
mâ-
ls
au
fil
de
Pépée
,
détruifit
la
ville
jufqu’aux
fon
2.
<
9
2
HMaccab.
XI,
24
_
Qi
>
126.
Histoire
DE
L'ANcC.
TESTAMENT
;
An
da
Monde,
demens
,
&
emporta
tout
le
butin
qui
s'y
trouva.
Fe
Ils
pañlèrent
enfuitede
Jourdain
dans
la
grande.
plaine
qui
eft
vis-à-vis
Bechfan
;
c’eft-à-dire
au
gué.
qui.eft
au-déflous
de
Bethfan,
&
entrerent
dans
la
grande
plaine,
qui
s'étend
le
long
du
Jourdain.
Etant
à
Bethfan,
les
Juifs
qui
y
demeuroient,
té-
moignerent
à
Judas
la
maniere
pleine
de
bonté
avec
laquelle
Les
Gentils
qui
en
étoient,
les
mat-
tres,
les
avoienttoûjours
traités
même
däns
leurs
difgraces.
Judas
en
rendit
graces
à
ceux
de
Scy=
thopolis,
&
les
exhorta
à
continuer
de
bien
vivre
avec
fes
frerés.
…
.
en.
Or
dans
toute
la
marche,
Judas
étoit
à
l’arrieres
garde
de
fon
armée
,
ralliant
les
derniers,
&
en
courageant
le
peuple
dans
le
chemin
,
jufqu'à
ce
qu'ils
fuflent
dans
les
terres
de
Judas.
Ils
arrive-
rent
à
Jerufalem
environ
la
Pentecôte,
ils
mon
terent
au
temple
du
Seigneur,
y
offrirent
des
hos
locauftes
en
actions
de
graces
de
ce
qu'ils
étoient:
tous
revenus
,
fans
qu'un
feul
eût
été
tué.
.
Après
lafête
de
la
Pentecôte,
Judas
&
fes
frez
res
marcherent
contre
Gorgias
,
qui
étoit
gous
verneur
de
Fidumée.
Leur
armée
n’étoit
que
de
trois
milléhommes
de
pied,
&
de
quatre
cens
che=.
vaux,
Les
deux
armées
étant
venuës
aux
mains,
quelque
peu
de
Juifs
demeurerent
fur
la
place.
Un,
certain
cavalier
de
l’armée
de
Judas,
nommé
Do.
fithée,
fort
vaillanchomme,
fe
faifit
de
Gorgiass
&
comme
il
le
voulait
prendre
vif,
un
autre
cavalier.
ennemi
fe
jerta
fur
lui
,
lui
coupa
l'épaule
,
&
dons
na
lieu
à
Gorgias
de
fe
fauver
à
Marefa,
près
d'E«.
leutheropolis,
La
troupe
des
Juifs
qui
étoit
coma
Le
2
Livre
SEPTIFMr
127
+.
‘inandée
par
Efdrin,
ou
Efdras,
fe
trouvant
extré-
4,4,
Monde,
mement
fatiguée
&
épuifée
;
Judas
s'adrefla
au
Fe
avant
J,
C.
Seigneur
,
afin
qu'il
fui
plût
leur
envoyer
fon
{e-
cours;
en
même-tems
élevantfa
voix,
&
chantant
des
hymnes
&
des
cantiques
en
Hébreu,
le
Sei-
gneur
lui
accorda
Îa
victoire
,
&
les
foldats
de
Gorgias
prirent
la
fuite.
Judas
ayant
enfuite
raf-
Æemblé.
{es
gens,
les
ramena
à
Odollam,
quiné-
toit
pas
loin
du
lieu
du
combat;
ils
sy
purifierent,
&
y
célebrerentle
Sabbat,
qui
étoit
le
jour
fuivant.
Le
premier
jour
de
la
femaine
qui
fuivit
le
repos
=
‘du
Sabbat,
Judas
vint
avec
les
fiens
pour
empor-
EH
XXX.
ter
les
corps
de
ceux
qui
avoient
été
tués
dans
la
As
pre
bataille,
&
pour
leur
rendre
les
devoirs
de
la
fe-
se
pulture.
Or
ils
trouverent
fous
les
habits
de
ceux
qui
avoient
été
tués
dans
le
combat,
des
chofes
qui
avoient
été
confacrées
aux
idoles
qui
étoient
dans
Jamnia
;
(a)
foit
qu'auparavant
,
dans
quel-
es
des
ennemis
;
toûjours
‘a
loi
défend
de
prendre
+"
aux
idoles.
(b)
Tout
le
monde
reconnut
donc
alors
clairement
que
c’avoit
été
là
la
caufe
de
leur
mort.
C’eft
pourquoi
tous
benirent
le
jufte
jugement
de
Dicu,
qui
avoit
découvertce
qu'onavoit
voulu
ca-
cher;
&
fe
mettant
en
prieres,
ils
conjurerent
le
Seigneur
d'oublier
Le
péché
qui
avoit
été
commis.
-—
Mais
Judas
profita
de
cette
occafon
pourex-
(a)
2,
Maccab,
xIT.
40.
g
feg.
(Pb)
Deur,
VII,
25.
26,
&
«128
Histoire
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
horter
le
peuple
à
{e
conferver
fans
peckié,
(4)
ee
Duo
voyoient.
devant
leurs.yeux
ce
qui
étoit
arrivé
à
leurs
freres;
&
ayant
fait
faire
une
quête
-Pour
ces
perfonnes
qui.
étoient
mortes,
il
en
re-
_cueillit
douze
mille
dragmes-
d'argent,
()
quäl.
envoya
à
Jerufalem,
afin
qu'on
y
offrit
un
facrifice
.
“pour
les
péchés
decesperfonnes
quiétoientmortes,
montrant
aflez
par
là
qu'ilavoirde
bons
&
religieux
entimens
touchantla
réfurre@tion
des
morts,
Car
sil
n'avoit
pas
efperé
que
ceux
qui
étoient
morts,
reflufciteroient
un
jour,
il
n’auroit
eu
garde
d'en
ufer
ainfi,
&
il
auroït
regardé
comme
une
chofe
vaine
&
fuperflue
de
prier
pour
eux.
Ainfiil
con-
fideroit
qu'une
grande
recompentfe
étoit
réfervée
à
ceux
qui
étoient
morts
dans
La
pieté,
&
que
cell
unefainte
&faluraire
penfée
de
prièr
pour
les
morts,
afin
qu'ils.
foient
délivrés
de
leurs
pechés.
.…
Judas
marcha
enfuite
(c)
avec
fes
freres
contre
les
enfans
d'Efau,
qui
s
étoient
rendus
maîtres
de
Ja
partie
meridionale
de
la
Judée,
pendant
que
Jes
Juifs
avoient
été
dans
la
captivité
de
Babylo-
|
ne.
Tl
forçala
ville
d'Hebron
,
dont
les
Iduméens
sétoientfaifs,
brûla
Les
murs
&
les
tours
qui
la
dé
fendoient,
&
réduifit
fous
fon
obéifance
toutes
les
villes
&
bourgades
qui
dépendoient
d'Hebron,
_
Après
cela
il
vint
dans
le
pays
des
Philiflins,
&
de-fà
dans
la
Samarie.
Dans
ces
expéditions
,
il
y
eut
quelques
prêtres
de
tués,
parce
qu'ils
ses
Bagerent
témerairement
,
&
fans
ordre
dans
Je
ee
C2
Macean
are
ee
nn
le
dde
|-482$.
lv.
_
:
…
M)
Les
douze
mille
dragmes
|
(c)
2.
Aaccab.
v,
65.68.
Livre
SEPTIEME.
12
Jui,
&
qu'il
faifoit
pañler
pour
la
caufe
&
le
boute-
feu
de
cette
guerre.
Le
roi
étant
arrivé
à
Antio-
che,
relégua
Ménelaüs
à
Berée,
&
le
fit
préci-
iter
dans
une
tour
pleine
de
cendres
,
où
il
fut
étouffé.
(a)
Il
donna
la
fouveraine
Sacrificature
à
Alcime,
ou
lacime,
qui
étoit
de
la
race
d'Aaron,
mais
non
pas
de
la
famille
des
grands-prètres
,
Lyfias
ayant
perfuadé
au
roi
qu'il
étoit
expédient
de
faire
fortir
cette
dignité
de
cette
famille.
(D
Onias
fils
d'Onias
LIL.
legitime
heritier
de
la
charge
de
grand-prêtre
,
voyant
que
la
facrifica-
ture,
qui
jufques-R
avoit
été
dans
fa
maïfon,
étoit
pañlée
dans
celle
d'un
autre
;
n'efperant
plus
de
la
pouvoir
recouvrer
;
fe
retira
en
Egypte,
où
il
{çût
fi
bien
gagner
l'amitié
du
roi
Ptolemée
Philome-
tor,
&
de
la
reine
Cléopatre
fon
époufe,
qu'ils
lui
permirent
dans
la
fuite
de
bâtir
un
temple
fur
le
modele
de
celui
de
Jerufalem
,
dans
la
préfec-
ture
d'Heliopolis
,
où
il
pût
exercer
les
fonétions
de
grand-prêtre
pour
les
Juifs
du
pays.
Il
expo-
foit
dans
fon
placet
au
roi
Philometor,
(
c)
qu'ayant
remarqué
des
temples
bâtis
par
les
Juifs
en
Fhon-
neur
du
vrai
Dieu
dans
di
5
endroits,
com-
me
dans
la
Célé-Syrie,
dans
la
Phenicie,
&
à
Leontopolis
en
Egypte
;
ôc
ces
divers
temples
cau-
fant
uñe
efpece
de
{chifime
parmi
ceux
de
fa
na-
tion,
il
avoit
formé
le
deflein,
fous
le
bon
plai-
fr
duroi
,
pour
réunir
les
efprits
,
&
pour
les
tenir
*
(a)
2.
Maccab.
xrtt.
4:
8,
|
15.
©
hb.
Ex
85"
|
Fofeph.
Antiq.
L
12.0.
15.
(c)
Fofeph.
Antiqg.
lib.
13.
€.
(b)
Foféph,
Antiq.
L
XATe
€:
6.
an
ë
aa
esrerenennnsahe
es
An
du
Monde,
3841.
avant
J.
©.
159
a
Le
grand-prêtre
Onias
bätit
le
tem-
ple
d'Onion
dans
PÉPyptes.
=
An
du
Monde,
3841.
avant
J.
€,
259
136
Histoire
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
plus
attachés
au
fervice
&
à
la
fidelité
qu’ils
de-
1.
voient
à
fa
majefté
,
de
conftruire
un
temple
qui.
159.
fût
commun
à
tous
les
Juifs
de
l'Egypte.
Qu'à
cet
effet
il
fupplioit
le
roi
de
lui
permettre
de
nettoyer
la
place
d’un
ancien
temple
abandonné,
&
qui
n'é-
toit
dédié
à
aucun
Dieu,
dans
le
bourg
de
Buba-
{te,
&
de
le
confacrer
au
Dieu
d'Ifraël.
IL
ajoûtoit
que
ce
qui
l’avoit
principalement
déterminé
à
ce-
la,
étoit
une
prophetie
du
Prophete
[faïe,
(a)
qui
prédifoit
que‘le
Dieu
des
Juifs
auroit
un
jour
un
temple
confacré
à
fon
honneur
dans
PEgypte.
Le
roi
luiaccorda
ce
qu'il
demandoit.
Ce
temple
fut
nommé
Onion,
&
le
lieu
où
il
étoit
bâti,
de-
vint
dans
Îa
fuite
la
ville
capitale
du
Nome
de:
liopolis.
Mais
ceci
n'arriva
pas
fitôt
:
il
fallut
du
tems
pour
meriter
la
confiance
&
les
bonnes
orax
ces
de
Philometor;
&
Onias
ne
les
mérita
que
par
fes
fervices,
comme
nous
Le
verrons
{ous
l'an
du
Monde
3854.
|
|
Antiochus
Eupator
étant
arrivé
à
Antioche,
trou:
va
que
Philippe
s'y
étoit
établi,
&
vouloit
s'y
main-
tenir,
comme
régent
du
royaume,
à
l’exclufon
de
Lyfas
La
ville
fut
donc
afliégée,
&
prife
de
.
force
;
&
Philippe
étant
tombé
entre
les
mains
du
roi,
éme
mort,
EP
+
Cependant
Demetrius
fils
de
Seleucus
Philopa=
tor,
à
qui
le
royaume
de
Syrie
appartenoit
de
droit
,
puifqu'Antiochus
Epiphanés
frere
du
même
Seleucus,
n'y
étoit
parvenu
que
par
une
ufurpation
|
(a)
Jai.
xx.
19.
20:
+
|
Fab.
Antig
L
si
:
_
1.
ï
(D)
2
Marsa,
Ni,
63E
|
es
É
|
manifefte
}
Livre
SEPTIEME.
137
nanifelte
,
&
qu’ainfi
fon
fils
Antiochus
Eupatorny
.
avoit
aucun
droit
legitime
:
Demetrius,
dis-je,
étoit
Re
Le
toûjours
à
Rome
,
&
penfoit
à
faire
revivre
fon
droit,
&
à
remonter
{ur
Le
trôné
de
fon
pere.
Dés
fannée
précedente
,
après
la
mort
d'Antiochus
Epiphanés,
il
avoit
fait
quelque
tentative
pour
ob-
tenir
du
fénat
Romain
qu'il
fût
rétabli
dans
fon
royaume.
Mais
le
fénat
avoit
eu
des
raifons
de
po-
litique
pour
ne
le
pas
écouter
,
jugeant
qu'il
leur
étoit
plus
avantageux
de
laifler
ce
royaume
entre
les
mains
d'Eupator,
qui
n’étoit
qu'un
enfant,
que
de
le
remettre
à
Seleucus,
qui
avoit
alors
vingt-.
trois
ans.
Mais
l'année
fuivante
Seleucus
trouva
une
autre
occafon
qui
lui
parut
plus
commode.
5
ans.
€
Cneius
Otavius,
un
des
légats
Romain
qui
avoient
‘5?
été
envoyés
en
Syrie
pour
brûler
les
vaifléaux
du
roi
Eupator,
&
pour
faire
tuer
les
éléphans
qu'il
*
mourrifloit
au-delà
du
nombre
qui
étoit
marqué
dans
le
traité
de
paix
entre
les
Romains
&
Antio-
chus
le
Grand;
ce
légat
ayant
été
aflafiné
à
Lao-
dicée,
Lyfas
envoya
à
Rome,
pour
témoigner
au
fénat
que
Le
roi
Eupator
n'avoit
aucune
part
à
ce
MeEULTEe
ns
|
Mais
le
fénat
ne
rendit
aucune
réponfe
aux
am
———
_
baffädeurs
du
roi
;
ce
qui
fit
comprendre
à
Deme-
C-
XXXIT.
trius
qu'il
étoit
tems
de
penfer
à
lui-même.
li
DOS
donc
la
réfolution
de
s'enfuir
fecrettement
de
Ro-
{
Syrie,
&
fait
;
2
:
ë
=
eue
.
mourir
Eupator.
me
;
ce
qu'il
exécuta
,
&
arriva
à
Antioche.
Antio-
chus
Eupator
fon
neveu,
&
Lyfias
étant
VENUS
AU
devant
de
lui
,
il
les
fit
tuer,
&
fe
rendat
ainfi
mat-
re
d'Antioche
&
du
royaume
de
Syrie.
(a)
a
?
(a)
Vide
1.
Maccah,
VIX,
.
,
4
©
2,
Macçab,
xIV.
12%
À
Tome
IL,
An
du
Monde;
3840.
738
HiIsToiRe
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
nn.
Alcime
qui,
comme
nous
l'avons
vû
,
avoit
re=
RES
à
ù
d'Antiochus
Eupator
k
dignité
de
grand-pré-
tre
,
mais
navoit
pü
s'en
mettre
en
poñleflion
pai-
fble,
à
caufe
des
crimes
dont
il
s’étoit
foüillé,
&
ar
n
de
la
haine
que
les
Juifs
lui
partoient,
vint
à
An-
F4:
avant
JC,
tioche
>
ayant
avec
Jui
quelque
Juifs
impies
&
fé-
Vule.16.
‘
ditieux,
pour
demander
au
nouveau
roi
Demetrius
Soter
la
confirmation
de
la
charge
de
grand-prêtre,
(a)
&
pour
accufer
les
Maccabées
,
ou
les
Afmo-
néens
d'avoir
fait
périr
ceux
qui
étoient
attachés
aux
interèts
du
roi
,
&
d'avoir
chaffé
de
leur
patrie
ceux
qui
n'étoient
point
de
leur
parti.
Le
roi
écou-
ta
Alcime
,
&
le
renvoya
en
Judée,
lui
confirma
la
grande
facrificature
,
&
lui
donna
Bacchide
avec
une
armée,
pour
le
rétablir
dans
fa
dignité.
————
Bacchide
&
Alcime
étant
arrivés
en
Judée,
en-
:
Violences
de
Bac
-
se
x
.
chide.
&d'Alime
Voyerent
à
Judas
&
à
fes
freres,
pour
leur
faire
ds."
*
des
propofitions
de
paix,
dans
le
deflein
de
les
farprendre
:
mais
Judas
fe
défia
de
leur
parole,
&
ne
voulut
point
écouter
leurs
propoñtions.
Ce-
pendant
quelques-uns
de
la
compagnie
des
Afii.
déens,
qui
étoit
une
efpece
de
fecte
de
gens,
qui
faifoient
profeflion
d’une
pieté
particuliere,
vin=
re
rent
trouver
-Alcime
&
Bacchide,
pour
tâcher
de
faire
[a
paix
avec
eux
:
car
ils
difoient
:
C'eft
un
prêtre
de
la
raced’
Aaron;
ilne
noustrompera
point.
Âlcime
les
reçût
en
apparence
dans
des
fentimens
de
paix
;
&
leur
promit
avec
ferment
qu'il
ne
leur
feroit
fait
aûcun
mal
:
mais
aufli-tôt
qu'ils
furent
arrivés
,
1l*en
fit
arrêter
foixante,
&
Îes
fr
mourir.
Polyb.
Legar
tige
+
=)
rMaccab,
vi.
+.
É
Livre
SEPTIEME
139
Ce
qui
ayant
été
divulgué
,
le
peuple
difoit
RE
.
nya
ni
verité,
M
juftice
parmi
eux,
puifqu
ils
ont
ue
avant
J.
C,
violé
la
parole
qu'ils
avoient
donnée,
&
le
Le
ment
qu'ils
avoient
fait.
(a)
Ce
qui
fut
caufe
que
plufeurs
fe
retirerent
de
la
ville
de
Jerufalem,
craignant
une
pareille
violence.
s
Bacchide
étant
parti
de
Jerufalem,
conduifit
fon
armée
jufqu'à
Bethfetha,
ou
Befeth,
&
ayant
fait
arrêter
plufieurs
Juifs
de
ceux
qui
avoient
quitté
fon
parti,
&
quelques-uns
du
peuple,
il
les
mit
à
mort,
&
les
fit
jetter
dans
une
grande
citerne.
Après
cela
ayantremis
toute
la
province
entre
les
mains
d’Alcime,
&
lui
ayant
laïflé
des
troupes
pour
sy
foûtenir,
il
retourna
à
Antioche
vers
le
roi
Demetrius.
Alcime
ft
tout
ce
qu'il
püt
pour
fe
maintenir
dans
la
dignité
de
grand-prètre;
il
raffembla
autour
de
foi
un
grand
nombre
de
Juifs
brouillons
&
mécontens,
qui
fe
fentant
les
plus
fort
comme
étant
foûtenus
par
les
troupes
du
roi,
firent
de
grands
maux
dans
le
pays,
&
y
tue-
_rent
bien
du
monde.
Mais
Judas
pour
les
reprimer,
_&
pour
venger
le
fang
de
fes
freres
,
alla
de
tous
_côtés
dans
la
Judée
,;
&
châtia
les
déferteurs
de
{on
parti;
enforte
que
depuis
ce
tems
,
ils
n'ofe-
rent
plus
faire
de
courfes
dans
le
pays.
Alcime
voyant
que
Judas
étoit
le
plus
fort
dans
la
Judée,
&
que
pour
lui
il
ne
devoit
pas
{e
pro-
mettre
d'approcher
jamais
du
faint
Autel
,
les
Juifs
ayant
reconnus
Judas
pour
grand-prètre
,
il
sen
retourna
à
Antioche,
()
portant
au
roi
une
cou-
(a)
1.
Aaccab.
vi.
TOsse
19.
€
2,
Macot.
XIV,
34
4e
(b)
2.
AMaccab,
NI.
25.
26,
|
S
à
140
Hisrotre
DE
L'Anc.
TESTAMENT,
An
da
Monde,
ronne
d’or
,
une
branche
de
palmier
,&
d’autres
Fa
0e
©)
branches
d'arbres
aufli
d’or,
que
l’on
croyoit
qu'il
avoit
prifes
au
temple.
Il
ne
dit
rien
d’abord
an
roi
:
mais
un
jour
Demetrius
l'ayant
fait
venir
au
confeil,
&
lui
ayant
demandé
quelles
étoient
donc
les
vüës
des
Juifs,
&
fur
quels
fondemens
ils
s’appuyoient
pour
foûtenir
ainfi
leur
révolte,
Alcime
les
accufa
de
plüfieurs
chefs,
&
dit
au
roi
que
ceux
des
Juifs
qui
fe
nommoient
Afl-
déens,
&
qui
fe
piquoient
d’être
les
plus
zelés
défenfeurs
des
loix
de
leur
pays
,
ayant
Judas
Mac-
cabée
à
leur
tête,
entretenoient
la
guerre,
&
fo-
mentoient
la
divifion
dans
le
pays.
Il
ajoûta
que
pour
lui,
ayant
toûjours
été
très-attaché
au
roi,
les
Juifs
du
parti
de
Judas
ne
pouvoient
fe
réfou-
dre
à
le
reconnoître
pour
grand-prêtre
,
qui
étoit
une
dignité
hereditaire
dans
fà
famille
:
que
le
refte
de
la
nation
étoit
auf
opprimé
par
la
puiffance
de
ce
parti,
&
qu'ils
imploroient
le
fecours
de
fa
clemence
contre
Judas,
qui
étoit
le
principal
ennemi
de
la
paix,
&
le
plus
oppolé
aux
volon-
tés
du
roi.
:
a
es
Smis
d'Alcime,
&
les
ennemis
de
Judas
a
mMetrius
en
Colére
>
ENVOYA
Nicañor
en
Judée
avee
de
bonnes
troupes:
pour
£
fafir
de
Judas,
pour.
diffiper
le
parti
qui
lui
étoit
attaché
»
&
pour
faire
recevoir
Alcime
en
qualité
de
grand-prêtre.
Alors
les
payens
que
Judas
avoit
chaflés
de
la
Judée,
vinrent
en
foule
fe
joindre
à
Nicanor,
&
groffir
#on
armée,
efperant
que
l’arrivée
de
ce
général
_rétabliroit
leurs
affaires.
(4)
Le
bruit
de
la
venuë
(a)
2.
Maccab,
xxv,
11,..16.
Livre
SEPTIEME
T4f
|
de
Nicanor
s'étant
répandu,
les
Juifs
fideles
alle-
ne
rent
au
temple
du
Seigneur,
fe
couvrirent
la-tête
3843:
avan
J.
€.
de
poufliere,&
demanderent
à
Dieu
par
d'inftantes.
prieres
;
qu'il
lui
plûc
proteger
&
défendre
le
peu
ple
qu'il
avoit
choïfi.
Nicanor
s'avança
jufqu'au
château
de
Deflau
;
&
Simon
frere
de
Judas,
ayant
voulu
attaquer
l'ennemi,
ne
{e
trouva
pas
en
état
de
lui
tenir
tête
;
il
fe
retira
effrayé
par
l'arrivée
imprévüe
d’une
fi
puiflante
armée.
Maïs
comme
Nicanor
connoifloit
la
valeur
de
G
xxx.
Judas
&
de
fes
gens
,
il
n'ofa
hazarder
un
com-
ue
bat.
C’eft
pourquoi
il
envoya
trois
députés,
Po-
fidonius
,
Theodofius
&
Matthias,
pour
faire
à
ps
Alime,
Judas
&
à
fes
freres
quelques
propofitions
de
paix.
Cette
déliberation
dura
quelque
tems;
&
Judas
ayant
expolé
devant
tout
le
peuple
les
propafi-
tions
que
lui
faifoit
Nicanor
,
tous
furent
d'avis
d'accepter
la
paix,
&
de
faire
un
accommode-
ment
C'eft
pourquoi
les
deux
généraux
prirent
un
jour
pour
en
conferer
enfemble
en
fecret,
&
on
_
{eur
porta
à
chacun
une
chaïfe;
où
ils:s'
firent.
Cependant
comme
Judas
craignoit
qu'on
ne
lui
quelque
violence,
il
fit
tenir
des
gens
armés
dans
certains
poltes,
afin
qu'ils
Le
puffent
fecourir
enicas
de
befoin.
Mais
la
conference
fe
paña
fort
tranquillement:
&
Nicanor
demeura
à
Jerufalem,
“où
il
ne
fit
rien
contre
l'équité.
IL
congedia
mé-
me
les
troupes
qu'il
avoit
levées
,
&
vêcut
avec
Judas
dans
une
grande
amitié,
jufques-là
qu’il
ex-
horta
à
fe
marier,
&
à
fonger
à
avoir
des
en-
fans.
(a)
|
-
()
2
Maccab,
PS
ATREUTS
S
iÿ
142
Histore
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
Mais
Alcime
voyant
la
bonne
intelligence
qui
45,
aa
C:
étoitentre
Nicanor
&
Judas,
alla
trouver
le
roiDé.
metriuss
&
luidit
que
Nicanortrahifloit
les
interêts
du
royaume,
qu'il
avoit
établi
Judas
grand-prêtre,
contre
l'ordre
du
roi.
Démetrius
aigri
par
ces
ca-
lomnies,
écrivit
à
Nicanor
qu'il
trouvoit
fort
mau-
vais
qu'il
eût
ainf
fait
à
fon
infçû
la
paix
avec
Ju-
das
,
&
qu'il
dui
commandoit
de
l'envoyer
ince£
famment
chargé
de
chaînes
à
Antioche.
Nicanor
fut
fenfblement
affligé
de
l'ordre
que
le
roi
lui
donnoit
;
car
n'ayant
aucun
jufte
fujet
de
fe
plain-
-dre
de
Judas,
il
ne
pouvoit
fe
réloudre
à
violer
-
l'accord
qu'il
avoit
fait
avec
lui.
Mais
comme
il
ne
pouvoit
réfifter
à
l’ordre
du
roi,
il
cherchoit
une
occafion
favorable
pour
{e
faïfir
de
Judas.
Celui
ci
s'apperçut
du
froid,
&
d’un
certain
air
de
du=
reté
&
de
fierté
que
Nicanor
n'avoit
pas
accou-
tumé
d'avoir
à
fon
égard
;
il
s’en
défia
,
&
ayant
aflembié
près
de
lui
quelques-uns
de
fes
gens,
il
fe:
déroba.
de
Nicahor..
je
+.
a
Lorfque
Nicanor
eut
{cû
que
Judas
avoit
eu
l'habileté
de
Le
prévenir,
il
diffimula
d’abord
fon
dépit
,
-&
ayant
afflemblé
une
puiflante
armée,
äl
vintà
Jerufalem,
dans
le
defléin.de
furprendre
Judas
&
fes
freres.
Il
députa
vers
eux,
&
leurft
dire
:
«
Je
ne
füis
point
venu
pour
vous
faire
la
»
guerre
,
Mais
pour
traiter
de
paix;
venez
avec
»
peu
de
monde
,
&
je
me
trouverai-enun
certain
»
endroit,
où
nous
parleront
d'accommodement,
IL
vint
donc
trouver
Judas
au
rendez-vous,
&
ils
_
1e
faluerent
comme
amis
:
Mais
Judas
ayant
re-
onnu
qu'il
ne
venoit
que
pour
le
farprendre
,
il
es
Sr
£
LIVRE
SEPTHEME
0
143
fe
le
voulut
point
voir.
Nicanor
s'apperçut
bien
An
à
Monde,
que
fon
deffein
étoit
découvert
;
il
fit
avancer
Les
157
©
troupes
vers
Caphar-Salama.
Le
combat
fe
donna
au
même
lieu.
Cinq
mille
hommes
du
côté
de
Nicanor
demeurerent
fur
la
place
;
&
les
Juifs
voyant
qu'ils
ne
pouvoient
faire
tête
à
une
fi
grof-
_
fe
armée
,
fe
retirerent
dans
la
ville
de
David,
ou
dans
le
temple.
Si
doom
el
-_
Après
cela
Nicanor
monta
fur
la
montagne
de
Sion,
&
quelques-uns
des
prêtres
le
vinrent
faluer
avec
un
efprit
de
paix,
&
lui
montrerent
les
ho=
—
locauftes
qui
s'offroient
pour
le
roi
:
maisil
les
méprifa,
les
railla
,
&
les
traita
comme
des
per-
fonnes
profanes.
En
même-tems
il
leur
comman-
da
de
lui
remettre
Judas
entre
les
mains.
Mais
Si
on
ne
me
{on
art
2
Alors
les
prêtres
élevantles
mains
vers
le
ciel,
invoqueérent
le
Seigneur,
proteéteur
de
leur
na
sion,
&
le
conjurerent
de
garantir
de
la
profana-
(a)
Vide
2,
Maccab.
x1V.
15...
25.
CL.
Macéab,
VII.
33:
A
7e
—
+
144
Histoie
DE
L'ANC.
TESTAMENT:
Tan
du
Monde,
tion
ce
faint
lieu,
qui
venoit
d'être
purifié,
&
qui
san
G
étoit
à
peine
forti
des
mains
des
Gentils.
«
Sei-
»
gneur,
dirent-ils,
qui
avez
choifi
cette
maïfon,
»
afin
que
votre
nom
y
fût
invoqué,
&
qu'elle
5
fût
une
maïfon
d’oraïfon
pour
votre
peuple,
»
faites
éclater
votre
vengeance
contre
cet
hom-
»
me,
&
contre
fon
armée;
qu'ils
tombent
fous,
»
le
tranchant
du
glaive.
Souvenez-vous
de
fes
»
blafphèmes
&
de
fes
menaces,
&
ne
permet:
»
tez
point
qu'il
fubfifte
long-tems
fur
la
terre.
ES
0e
tems-là
(4)
on
accufa
auprès
de
Nicanor
AXXIV.
LS
des
Sérteuts
de
Jerufalem,
nommé
Rhäfis,
Martyre
du
faint
ë
,
,
vicllard
Rhais,
@
on-le
Îüi
défera
apparemment
comme
grand
partifan
de
Judas,
comme
oppofé
au
gouverne-
ment
royal,
&
comme
exceflivement
zelé
pour
les
loix
de
{on
pays.
C’étoit
un
viellard
de
gran-
de
réputation,
&
qu'on
appélloit
le
pere
des
Juifs
,
à
caufe
de
laffé@tion
qu'il
leur
portoit.
Il
ménoit
depuis
long-tems
dans
e
Judaïfme
une
vie
très-pure
,
&
éloignée
de
toutes
les
fouillures
du
paganifme
,
&
il
étoit
prêt
d'abandonner
{on
corps
&
fa
vie,
pour
y
perfeverer
jufqu'à
la
fin,
_
ayant
déja
autrefois
été
appellé
en
jugement
de-
me,
&
trop'oppolé
à
la
volonté
du
roi.
Nicanor
donc
voulant
donner
des
marques
publiques
dé
la
haine
qu'il
avoit
contre
Les
Juifs,
envoya
cinq
.
€ens
foldats
pour
le
prendre
:
car
il
croyoit
que
sil
obligeoit
cet
homme
à
renoncer
à
f
religion,
il
feroit
un
grand
mal
aux
Juifs.
Lorfque
ces
gens
6
2.
Maccab,
xaN.
37.
A
.
s'efforçoient
(
Lire
SEPTIEME
27
s’efforçoient
d'entrer
dans
fa
maifon
,
d'en
rompre
An
duMonte,
la
porte,
&
d'y
mettre
le
feu,
fe
voyant
fur
le
he.
point
d'être
pris,
il
fe
donna
un
grand
coup
d'é-
V#&1fr
pée,
aimant
mieux
mourir
courageufement
,
que
de
fe
voir
affujetti
aux
pécheurs,
&
de
foufirir
des
outrages
indignes
de
fa
naïflance.
.
Mais
parce
que
dans
la
précipitation
où
il
étoit,
il
ne
.s'étoit
pas
porté
un
coup
mortel,
lorfqw'il
vit
tous
ces
foldats
entrer
dans
fà
demeure
,
il
courut
avec
une
fermeté
incroyable
fur
le
toit
de
fa
maifon,
&
fe
précipita
du
haut
en
bas
fur
le
/
peuple
;
&
tous
s'étant
retirés
promtement,
pour
n'être
pas
accablés
par
fa
chûte
,
ilcomba
la
cèce
la
premiere
;
&
comme
il
refpiroit
encore,
il
fitun
nouvel
effort,&
fe
releva
;
&
des
ruifleaux
de
fang
coulant
de
tous
côtés
,
à
caufe
des
grandes
playes
qu'il
s’étoit
faites,
il
pafla
en
courant
au
travers
du
peuple,
monta
furune
pierre
efcarpée
,
quoiqu'il
eût
prefque
perdu
tout
fon
fang,
il
tira
fes
entrail-
les
hors
de
fon
corps,
&
les
jetta
avec
fes
deux
mains
fur
le
peuple,
invoquant
le
Dominateur
de
la
vie
,
afin
qu'il
Le
reflüufcitât
un
jour.
Il
mourut
de
cette
forte,
laifflant
un
grand
exemple
d'une
in-
trepidité
peu
imitable,
&
qu'on
ne
peut
juftifies
dans
lesregles
de
labonne
morale,
qu'en
fuppofant
qu'il
ne
füivit
en
cela
que
le
mouvement
du
Saint-
+
Nicanor
ayant
appris
que
Judas
étoit
dans
les
_
terres
de
la
Samarie,réfolut
de
Faller
attaquer
avec
toutes
fes
forces
le
jour
du
Sabbat,
(a)
Et
com-
_{)r
Maccab.
vi
1.
39.
G
feg.
2,
Maccab,
XV.
per
toturm
Tome
I,
|
L
146
Hisrome
pe
L'Axc,
TESTAMENT,
Andu
Monde,
Me
les
Juifs
qui
étoient
dans
fon
armée,
le
prioient
3843.
avant
J.
C.
157.
avant
l'Ere
Vulg:
161,
de
rendre
honneur
à
ce
faint
jour
,
&
de
réverer
celui
qui
voit
toutes
chofes
,
ce
malheureux
leur
demanda
s'il
y
avoit
dans
le
ciel
un
Dieu
puiflane
qui
eût
commandé
de
célébrer
le
jour
du
Sabbat,
Ils
lui
répondirent
que
Le
Dieu
vivant,
Maître
&
Créateur
du
ciel
&
de
la
terre,
avoit
commandé
qu'on
honorût
le
feptiéme
jour.
Il
leur
répondie:
»
Et
moi
je
fuis
puiflant
fur
la
terre
,
&
je
vous
or-
»
donne
de
prendre
les
armes
pour
le
fervice
du
_»
roi,
&
pour
obéir
à
fes
ordres.
»
Il
ne
püt
tou-
tefois
exécuter
ce
qu'il
avoit
refolu.
Dieu
lui
re-
fufa
la
victoire
,
dont
il
s'étoit
trop
infolemment
flatté.
IL
alla
fe
camper
à
Bethoron,
&
Judas
s’a-
vança
à
Aderfa,
à
quatre
milles
de
Bethoron.
Ce
dernier
mettant
en
Dieu
toute
fa
confiance
,
il
ex-
hortoit
fes
gens
à
tout
efperer
du
fecours
du
Tout-
puiflant;
&
leur
ayant
donné
des
inftructions
ti-
rées
de
la
loi
&
des
prophétes,
&
les
ayant
fait
fouvenir
des
combats
qu'ils
avoient
foûrenus
au-
paravant
,
il
leur
infpira
un
courage
&
une
ardeur
toute
nouvelle.
Il
leur
rapporta
enfuite
une
vifon
qu'il
avoit
eûe,
&
qui
l’avoit
comblé
de
joie.
Il
luifembloit
qu'il
voyoit
Onias,
qui
avoit
été
grand-
prêtre
,
lequel
étendoit
fes
mains,
&
prioit
pour
tout
le
peuple
Juif:
Qu'enfüuite
avoit
paru
un
autre.
homme
,
vénérable
par
{on
âge
,
tout
éclatant
de
gloire,
&
environné
de
majefté
:
&
qu'Onias
avoit
_
dit
en
le
montrant
:
»
C’eft-à
le
véritable
ami
de
»
fes
freres,
&
du
peuple
d'Ifraël
:
c'eft-là
J
éremie,
_
»
ce
prophéte
de
Dieu,
celui
qui
prie
beaucoup.
»
pour
ce
peuple,
&
pour
la
ville
fainte,
»
Qu'en
Lives
SErPTIEME
147
mâme-tèms
Jérémie
étandentla
main,
avoit
donné
An
du
Monde,
S
À
À =
rs
à
8
:
:
;
à
Judas
une
épée
d’or,
&
lui
avoit
dit
:
»
Prenez
cet-
étoit
mort
,
jetterent
Juifs
en
tuerent
148
HISTOIRE
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
‘Ar
du
Monde,
de
leurs
peres
,
c’eft-à-dire
en
Hebreu
:
carle
Grece
CARS
don
langue
que
lon
parloit
plus
_communé:
ment
dans
le
pays,
à
caufe
de
la
domination
des.
Grecs.
Judas
commanda
que
on
coupt
la
tête
de
cegé+
néral
,
avec
le
bras,
la
main
&
l'épaule
,
&
qu'on
les
portät
en
triomphe
à
Jerufalem.
Ÿ
étant
arrivé
avec
fon
armée,
il
Les
fit
voir
aux
Juifs,
$&
même
aux
Grecs
qui
étoient
dans
la
citadelle.
I]
leur
dit:
»
Voilà
»
{a
tête
de
linfolent
Nicanor,
&
voilà
cette
main
»
qu'il
a
ofé
étendre
avec
menaces
contre
la
mai-
»
fon
du
Seigneur,
difant
qu'il
la
raferoit
&
la
profa-
»
neroit.
»
J
udas
fit
fufpendre
cette
main
vis-à-vis
le
temple
,
&
ayant
fait
couper
la
langue
de
cet
im=
pie
par
petits
morceaux,
il
la
donna
à
manger
aux
oïleaux
;
il
fit
aufli
fufpendre
la
tête
de
Nicanor
au
haut
de
la
forterefle,
afin
qu'elle
fût
expofée
aux
yeux
de
tout
le
monde
,
comme.un
figne
vifble
du
fecours
de
Dieu.
I
fut
arrêté
d’un
commun
con=
fentement,
que
l’on
feroit
célébrer
dans
la
fuite
des
tems
la
mémoire
de
cette
victoire
Le
13.
du
mois
Adar
,
qui
répond
à
nos
mois
de
Fevrier
&
de
Mars.
La
Fête
inftituée
ce
jour-là
fut
négligée
dans
la
fuite,
&
enfin
entierement
abandonnée:
Telle
fut
la
fin
de
Nicanor
,
après
laquelle
les
Hé:
breux
demeurerent
maîtres
de
la
ville
finte
—
…
La
Judée
fut
depuis
quelque
tems
en
paix;
&
C
XXXV.
Jrdas
toûjours
attentif
aux
interêts
de
{à
nation
;
ayant
appris
quelle
étoit
la
puiffance
des
Romains;
Feu
avant).
Ge
&
la
grande
&
fidelle
protection
qu'ils
donnoient
157
à
leurs
amis
,
réfolut
de
rechercher
leur
alliance
contre
le
roi
Demetrius
Soter,
(a)
qui
vouloit
op-
OL
Maccab,
V117,
|
—
|
eOLiveEe
SÉPTIEME
.,149
primer
la
liberté
des
Juifs.
Judas
choïfit
donc
Eu-
ee
—
An.
du
Mondé;,
A
poleme
fils
de
Jean,
&
Jafon
fils
d'Eleazar,,
&
35550
Lie
F7
“avant
l’Bré
les
envoya
à
Rome,
pour
faite
amitié
&
alliance
Vuis:
165:
avec
le
fénat
&
Le
peuple
Romain.
Ces
deux
am-
baladeurs
étant
arrivés
à
Rome
;
entrerent
dans
le
fénat,
&
expoferent
le
fujet
de
leur
voyage.
Leur
demande
fut
agréée
des
fenateurs;
&
voici
en
fubftance
ceauils
firentgraver
fur
l'airain
,
&
qu'ils
envoyerent
à
Jex
falem
,
afin
qu'il
y
demeurût
comme
un
monument
de
la
paix
&
de
l'alliance
qui
étoit
entre
les
deux
peuples
:
Que
les
Romains
traiteront
les
Juifs
comme
un
peuple
ami
&
allié:
Que
sil
farvient
aux
Romains,
ou
à
leurs
alliés
quelque
guerre
;
les
Juifs
leur
rendront
tous
les
fervices
dontils
feront
capables
,
&
ne
fourniront
aucun
fecours
ni
d'hommes,
ni
d'armes,
ni
d’ar=
gent,
nide
provifions
à
leurs
ennemis
:
Et
que
réciproquement
sil
furvient
une
guerre
aux
Juifs,
les
Romains
les
aideront
de
tout
leuf
pouvoir,
&
ne
donneront
aucun
fecours
d'hommes,
d'armes,
_
de
cet
accor
1mun
confentements
&
que
ce
q
é
de
cette
forte,
demeurera.
ferme
&
ftable.
Et
comme
Judas
&
les
Juifs
s'étoient
plaints
au
fénat
des
maux
que
leur
faifoit
Démetrius
Soter,
les
Romains
écrivi-
rent
à
ce
prince
qu'il
eût
à
traiter
avec
plus
de
moderation
les
Juifs
leurs
alliés,
&
que
s'ils
ve-
noient
de
nouveau
fe
plaindre
de
fes
violences,
ils
leur
feroient
rendre
juftice,
&
attaqueroient
la
Syrie
par
terre
&
par
mer.
|
|
Ti
emis:
Qu'à
retrancher
xSo.
HISTOIRE
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
Bacchidevienen
Pendant
que
les
ambafladeurs
de
Judas
étoierr
De
sil
donne
à
à
Jeur
voyage
de
Rome
;,
&
qu'ils
follicitoient
bataille
à
Judas
,
{?,[{;
y
:
lard
Mass
L'alliance
dont
nous
venons
de
parler,
Démetrius
avant
PAGE
Soter
ayant
appris
la
mort
de
Nicanor,
&
la
dé-
161.
faite
de
{on
armée
,
envoya
de
nouveau
en
Judée
Bacchide
,
avec
Alcime
grand-prêtre
des
Juifs,
(a)
&
l'aile
droite
de
fon
armée,
c'eft-à-dire,
l'élite
de
fes
troupes
:
car
comme
le
prince
com-
mandoit
d'ordinaire
l'aile
droite,
il
y
mettoit
aufli
ce
qu'il
y-avoit
de
meilleur
parmi
fes
foldats,
L'armée
étoit
de
vingt
mille-hommes
de
pied,
&
de
deux
mille
chevaux.
Ils
vinrent
d’abord
dans
la
Galilée,
&
camperent
à
Méfaloth
:
de-là
ils
vinrent
à
Arbéles,
à
neuf
milles
de
Légion
:
&
ayant
pris
cette
ville
,
ils
y
tuerent
un
grand
nom-
bre
de
Juifs.
Ils
s’'avancerent
enfuite
jufqu'à
Jeru-
falem
:
mais
ayant
appris
que
Judas.
n'y.
étoit.
point
;
&
qu'il
s'étoit
retiré
aux
environs
de
Bé-
thel,
ou
de
Léfen,
ils
yallèrent,
&
camperent
#7
à
Béroth
,
ou
Béer,
ou
Bérée
,
dans
la
Tribu
de
-
Benjamin.
Judas
navoit
que
trois
mille
hommes
m.
SA
choifis,
Îefquels
voyant
une
fi
grande
multitude
2)
d'ennemis,
furent
faifis
de
crainte
;
&
plufeurs
{e
..
vf
Hdrérent
dé
campssenfore
qu'il
ne
lui
refta
que
à
huit
cens
foldats.
a
| |
Judas
voyant
{on
armée
fi
affoiblie,
&
la
né-
ceflité
où
il
étoit
de
combattre,
fon
cœur
en
fit.
Comme
abattu,
parce
que
le
tems
ne
lui
pérmet-
toit
pas
de
raffembler
un
plus
grand
nombre
de
oldats.
M
ne
laiffa
pas
d'encourager
fes
gens,
&
CA
_
G@)
x
Maccab.
IX,
I,
2
Re
LivRE
SEPTIEME.
"IST
de
les
animer
au
combat
;
mais
ils
lui
repréfente-
rent
qu'ils
étoient
en
trop
petit
nombre
;
qu’il
étoit
de
la
prudence
d'attendre
quelque
nouveau
ren-
fort,
&
de
differer
la
bataille.
Judas
leur
répon-
dit
:
Dieu
nous
garde
d’en
ufer
ainfi,
&
de
fuir
devant
nos
ennemis
:
fi
notre
heure
elt
vente,
mourons
courageufement
pour
nos
freres,
&
ne
foüillons
point
notre
gloire
par
une
action
fi
là-
che.
L'armée
ennemie
fortit
de
fon
camp
parta-
gée
en
deux
corps.
.Les
archers
&
les
frondeurs
marchoient
devant
l'armée
;
&
le
premier
rang
étoit
compofé
de
tout
ce
qu'il
y
avoit
de
plus
vaillans
foldats.
Bacchide
étoit
à
l'aîle
droite.
Les
trompettes
tant
du
côté
de
Bacchide,
qüe
du
côté
de
Judas,
commencerent
à
fonner
,
&
les
mon-
tagnes
retentirent
de
leur
bruit.
Le
combat
dura
depuis
le
matin
jufqu'au
foir.
Judas
voyant
que
faîle
droite
étoit
la
plus
forte,
fit
un
effort
avec
les
plus
vaillans
de
fes
troupes,
pour
la
forcer:
ils
rompirent
cette
aîle
,
&
la
pourfuivirent
jufqu'à
Azot.
Mais
l'aîle
gauche
ayant
en-
1
as
&
Îes
ger
:
opiniâtré
;
tomba
mort
fur
un
tas
d'ennemis
qu'il
avoit
tués.
Ses
gens
fe
retirerent
m
&
vinrent
à
Jerufafem.
:
…
Aufli-tôt
que
la
nouvelle
de
panduë,
ce
fut
un
deuil
général
de
tout
Hraël
pendant
plufieurs
jours.
On
difoit
publiquement
en
fon
honneur
ce
cantique
lugubre
:
Commence
eft-il
tombé
,
cet
homme
invincible,
qui
fuvoit
Îe
peuple
d’Ifraël
!
Jonathas
&
Simon
fes
freres
An
du
Monde,
3843.
avant
J.
C.
157.
avant
l’Ere
Vulg.
161
“Fudas
accablé
par
Mort
de
Judas
accabée.
fa
mort
y
fut
ré
1x2:
Livre
SÉPTIEME.
An
du
Monde,
€mporterent
fon
corps
du
champ
de
bataille,
&
FE
cree
lenfevelirent
à
Modin
dans
le
tombeau
de
fon
WWE"
184
pere.
Les
autres
guerres
de
Judas
ne
font
pas
toutes
écrites
dans
ce
qui
nous
refte
de
monumens
,
pars
ce
qu'elles
font
en
trop
grand
nombre.
(4)
Et
telle
fut
la
fin
de
ce
héros,
qui
défendit
jufqu'à
[a
mort
la
religion
&
la
liberté
de
fon
peuple.
CXXx
VI,
Après
la
mort
de
Judas,
tout
ce
qu'il
y
avoit
Jonathas
fuccege
de
Méchans
s'éleverent
de
toutes
parts
dans
If
fans
le
ponvae
AÉLACUDNEE
comme
le
pays
étoit
affligé
d'une
for
ment
dupeuple.
grande
famine
,
le
peuple
n'ayant
point
de
ref.
{ource,
reconnut
Bacchide
pour
gouverneur
du
pays
»
&
Le
foümit
à
lui.
Ce
général
avoit
fous
li
d'autres
lieutenans
,
ou
fous
-
gouverneurs
;
qui.
failoient
une
très-exaéte
recherche
‘des
amis
de
Judas
,
&
leur
faifoient
fouffrir
toutes
fortes
d'in-
fultess
Dans
cette
extrémité
,
les
amis
de
Judas
s'aflemblerent
,
&
dirent
à
Jonathas
,
furnommé
Apphus
,
{on
frere
:
Depuis
que
votre
frere
Judas
eft
mort
,
nous
n'avons
perfonne
qui
tienne
tête
à
nos
ennemis,
&
qui
s’oppofe
aux
entreprifes
de
Bacchide
;
c’eft
pourquoinousvous
avons
choïf
pour
être
notre
prince
&
notre
général
en
{à
pla
ce
danstoutes.
nos
guerres.
Jonathas
accepta
le
commandement
du
peuple
;
&
Bacchide
en
étant
informé,
cherchoit
à
le
faire
périr
:
mais
Jonathas
%
Simon
fon
frere,
avec
tous
ceux
de
leur
parti,
fe
rerirerent
près
de
Thécué
,
dans
un
défert
qui
eit
fur
le
lac
Afphaltique
,
ou
fur
le
mer
morte.
De-R
ils
pañlerent
le
Jourdain
;
&
Bacchide
les
+
(a)
x.
Maccab.
IX,
22
:
(b)
1,
Maccabs
1x.
PR
.
—
{uvit
CURE
SPL
EE
MAO
RE
Lrivit
avec
toute-fon
armée,
dans
la
réfolution
ans
Monde,
de
leur
livrer
le
combat
au
jour
du
Sabbat,
pré-
Er
fumant
qu'ils
ne
voudroient
pas
fe
défendre
ce
"Er
jour-là.
:
Fe
ie.
|
Jonathas
en
étant
averti,
envoya
fon
frere
Jean,
farmnommé
Gaddis,
vers
les
Nabathéens,
qui
étoient
fes
amis
&c
fes
alliés
,
pour
les
prier
de
vouloir
bien
retirer
chez
eux
leur
bagages
&
leurs
équipages
;
qui
étoient
grañds
;
&
qui
ne
|
pouvoient
que
les
embarrafler
dans
la
guerre
qu'ils
avoient
à
foûtenir.
Mais
il
arriva
que
les
fils
de
Jambri
de
Médaba
étant
fortis
de
leur
ville,
tom-
berent
fur
Jean,
le
prirent;
le
tuerent,
6c
Jui:en-
leverent
tout
ce
qu'il
avoit,
&
qu'il
menoit
dans
Je
pays
des
Nabathéens.
(a)
J
onathas
trouva
bien-
tôt
occafon
de
s'en
venger.
.On
lui-dit
que
les
fils
de
Jambri
faifoient
un
mariage
célébre,
&
qu'ils
menoient
de
Nédabat
à
.Médaba
une:
nouvelle
époufe
,
fille
d'un
des
premiers
princes
de
GhRès
aan,
ou
plûtôt
des
Arabès
du
pays.
Ils
allerent
”
donc
fe
mettre
.enembufcade
derriere
une
mon-
_tagne;
&
ayant
vû
venir
le
nouveau.
marié
avec
Les
amis
&
{es
parens,
aufon
de
Jours
<
RE
STE
ens}
aufon
des
tambours
&
des
inftrumens
de
mufique
,
accompagné
de
beau-
coup
de
monde
en.armes,
ils
{ortirent
.de
leur
embufcade,
&
fondant
fur
eux;
ils
en
tuerent
un
grand
nombre,
&
le
refte
s'enfuit
fur
Les
monta-
gnes.
Ils
emporterent
toutes
leurs
dépotilles
,
&
vengerent
ainfi
le
fang
de.
leurs
freres.
-
IBacchide
ayant
appris
ce
qui
s'étoit
paflé,
vint
(2)°Fafph..
Ansiqee
bib,
13.
cute
«s
Tome
lil.
:
V
An
du
Monde,
38,5
2:
avant
J,
C.
148.
avant
l'Ere
Vulg.
152,
1060
HistToiRE
BE
L'ANC.
TESTAMENT,
»
tre,
afin
quil
y
mette
une
garnifon
de
fes
gens,
»
De’plus,
jaccorde
la
liberté
à
tous
les
Juifs
qui
5
ont
été
emmenés
captifs
du
pays
de
Juda,
&
>
qui
fe
trouveront
dans
tout
monroyaume.
Jeiles
»'affranchis
de
tout
tribut,
&
des
charges
qu'ils
»
devoient
pour
leurs
beftiaux.
Je
veux
que
toutes
»
les
fêtes
folemnelles,
les
jours
de’
Sabbat,
les
»
premiers
jours
du
mois,
les
Fêtes
houvellemeng
»
infütuées
,
Les
troïs
jours
de
devant
une
Fête
‘fo:
»
Jemnelle,
&
les
trois
jours
d’après,
foient
jours.
»
d'immunité
pour
tous
les
Juifs
quifont
dans
mon
»
royaume
;
que
dans
ces
jours-là
il
ne
foit
permis
»
à
perfonne
de
les
appeller
en
juftice
,
ni
de
lex
»
faire
aucune
peine,
pour
quelque
affaire
que
ce
»
puifle
être,
à
Liu
;
}
TE
_»
J'ordonne
de
plus
que
l’on
faffe
entrer
dans
>
mes
troupes.
trente
mille
Juifs,
qui
feront
en:
»
tretenus
comme
les
autres
troupes
du
roi;
&
que
»
de
leur
nombre
on
en
choïfira
pour
être
mis
»
dans'les
fortereffes
,
dont
on
leur
confiera
la
gare
»
de:
fon
choifira
aufli
du
nombre
des
Juifs:
des
»
perfonnes
à
qui
lon
confiera
ladire@tion
desi£.
»
faires
du
royaume
qui
font
les
plus
importantes,
»
&
qui
demandent
le
plus
de
fidelité,
Que
leurs
»
chefs
foient
pris
d’entre
eux ,.&
qu'ils
continuent
»
à
vivre
felon
leurs
loix,
comme
le
roi
l’a-permis
»
à
ceux
qui
font
dans
le
pays'de
Juda.
Queles
»trois
cantons
dont
on
a
parlé
;
&
qui
ont
été
junis
au
pays
de
Juda,
foientregardés
comme
»
faifant
partie
de
la
Judée,
joüiffant
des
mêmes
_»
privilèges
,
&
obéiflant
comme
tout
le
refle
au
»prand-prètres
fe
donne
auf
Prolemaïde
,
&
fon
—
—
|
»
territoire
Livre
SEPTIEME.
.
»
territoire
en
pur
don
au
temple
de
J
erufalem;
à
Monde;
»
pour
fubvenir
à
toute
la
dépenfe
néceñaire
à
Pen-
5
ho
»tretien
des
chofes
faintes.
Je
promets
de
faire
Vale
252
_»payer
au
profit
du
temple
tous
les
ans
quin-
:
»ze
mille
ficles
d'argent,
(4)
à
prendre
fur les
droits
du
roi,
&
fur
les
revenus
qui
m
appartien-
>
nent.
:
_»
J'ordonne
que
ceux
qui
gouvernoient
mes
f-
»#
nances
les
années
paflées
,
payent
pour
les
ouvra-
»
ges
de
[a
maifon
du
Seigneur
tous
les
arrerages
_»
qu'ils
doivent.
Je
remets
aux
prêtres
les
cinq
mille
>
ficles
qui
fe
prenoient
chaque
année
fur
leurs
re-
»
venus.
Je
veux
que
tous
ceux
qui
fe
refugieront
»
au
temple
pour
dettes
de
deniers
royaux
,
jouit-
»
fent
de
l'azile,
non
feulement
dans
le
temple,
»
mais
aufli
dans
tout
fon
territoire
;
&
que
non-
»
feulement
leurs
perfonnes,
mais
aufli
leurs
biens,
_»
&
leurs
effets
foient
privilegiés,
&
demeurent
»en
füreté.
Enfin
on
donnera
de
mon
épargne
(a)
Environ
vingt-quatre
mille
trois
cens
trénte-cing
livres
dix
fols
_
de
notre
monnoye,
Tome
LL.
X
RS
eee
ÂAn
du
Monde,
3852.
avant.
J.C.
148.
avant
lEre
Vule.
152,
162:
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
dente.
Ils
ne
voulurent
donc
point
recevoir
cets
te
lettre,
&
ils
demeurerent
dans
les
engagemens
qu'ils
avoient
pris
avec
Alexandre
Ballés.
Celui-ci
ayant
mis
fur
pied
une
grande
armée
compoiée
de.
troupes
Syriennes,
qui
défertoient
à
Démetrius,
&
de
troupes
auxiliaires
qui
lui
furent
fournies
par:
les
rois
d'Egypte,
&
de
Pergame,
&
par
les
Juifs,
il
Hivra
la
bataille
à
Démetrius.
L’aîle
gauche
de
l’armée
de
Démetrius
battit
l’aîle
droite
d’Alexan-
dre
Ballés
:
mais
l'aile
droite
du
même
Déme-
trius,
où
il
commandoiten
perfonne,
plia,
&
Jui
feul
réfifla
quelque
tems
aux
ennemis
qui
l'en=
vironnoient
de
toutes
parts;
enfin
s'étant
jetté
dans
un
bourbier
,
il
tomba
de
cheval
,
&
fu
percé
de
fléches,
combattant
courageufement
|
jufqu'au
dernier
foupir,
(4)
Il
avoit
reoné
douze
.
ans.
sé
Alexandre
Ballés
1e
voyant
ainfi
maître
du
royaume
de
Syrie
,
demanda
à
Philométor
roi
d'Egypte,
fa
fille
Cléopatre
en
mariage,
Les
deux
rois
fe
rendirent
à
Ptolémaïde
,
où
le
mariage
{6
aux
deux
rois,
&
en
fur
fort
bien
reçu.
uns
de
fes
ennemis,
d
Quelques
à
9
Zéfin.
14.
35.
Appian.
Syriac.
p
131
Jafiph
dote
L
PAS
«
a
1.
Maccab,
x,
So.
fit.
Alexandre
y
invita
Jonathas
,
qui
y
vint
avec
un
fomptueux
équipage.
Il
ft
de
grands
préfens
Îoux
du
bonheur
de
leur
patrie,
préfenterent
des.
-
Mémoires
contre
Jonathas
:
mais
Alexandre
ne
voulut
point
les
écouter,
&
déclara
publique-
ment
qu'il
défendoit
à
tout
le
monde
de
l’accuier,
Livre
SEPTIEME
Le
2
ou
de
former
des
plaintes
contre
lui:
ce
qui
dé=
and
monter
concerta
fes
ennemis
,
&
les
obligea
de
s'enfuir.
RE
pee
Jonathas
parutdans
cette
céremonie
revêtu
de
la
Vus:
555
pourpre
;
il
s'aflit
auprès
du
roi
;.
il
fut
recu
au
nombre
de
fes
amis
,
&
établi
chef
&
général
de
l'armée
du
roi
en
Judée,
&
grand-maître-d'hôtel
de
{à
maïfon.
Après
cela
Jonathas
revint
à
Jeru-
lé.
@)
ei
Cependant
les
Juifs
étoient
en
confideration
dans
l'Egypte.
Le
roi
Ptolemée
Philométor
&
…
la
reine
Cléopatre
fon
époufe
&
fa
fœur
,
leur
avoient
confié
la
garde
de
leurs
principales
for-
er
terelles,
&
avoient
donné
le
commandement
de
leurs
troupes
à
Onias
&
Dofithée,
(4)
C'elt
ce
_
même
Onias
aui
obtint
du
roi
Philométor
la
per-
million
de
bâtir
un
temple
en
Fhonneur
du
vrai
Jieu
,
dans
le
territoire
d'Heliopolis
,
comme
nous
l’avons
dit
ci-devant.
Ce
temple
étoit
bâti
avec
de
très-
érig
{ur
le
modele
de
patrie,
orna
ce
temple
de
riches
pré-
fens
+
mais
il
n’y
fit
point
de
chandelier
à
fept
branches
;
il
fe
contenta
d'une
lampe.
d'or
fu
_penduë
à
une
chaîne
d'or,
&
qui
brûloic
dans
l'interieur
du
temple.
Il
fit
environner
tout.
le
ter-
=
_
D).
ii
10
60...
.
66.
|
(c).
Ffephrcde
Bello,
Ub.
7.
(b)
Yofeph.
lib.
2.
contra
|
c.
30.
in
Latino.
de
Antiq
Appion,
pe
1004
_
Gb,
x3.
co,
6,
©
lib.
14.0,
14.
|
|
À
1]
164.
HiTOIRE
DE
LANC.
TESTAMENT,
An.
du
Monde,
rain
qui
appartenoit
au
temple
d’une
bonne
mu-
ere
Giles
de
briques
,
avec
des
portes
de
pierres.
Le
.
roi
Philométor,
quoiqu'il
eût
d'abord
quelqué
fcrupule
(4)
fur
l'érection
de
ce
temple
dans
un:
lieu
impur,
&
rempli
d'animaux
immondes,
ce-
pendant
comme
Onias
lui
eut
repréfenté
;
que
le
prophete
Éfaïe
avoit
prédit,
qu'un:
jour
Le
Seigneur
auroit
un
temple
en
Egypte,
y
confentit,
&
lui
afligna
même
une
certaine
quantité
de
terre
pour
lentretien
des
prêtres
&
du
lieu
faint.
154
Onias
trouva
des
prêtres
&
des
Lévites
qui
Pi
miterent
dans
fa
prévarication
;
caf
of
ne
peut.
donner
un
autre
nom
à
l’entreprife
qu'il
ft
d’éris
ger
de
fon
propre
mouvement,
&
fans
aucun
oË
dre
particulier
de
Dieu,
un
temple
dans
une
terre
étrancere
;
contre
la
difpofition
f
exprefle
des.
loix
de
Moïfe.
Auff
les
Juifs
de
Jerufalem
regar
derent
les
prêtres
du
temple
d'Onias
en
Egypte,
comme
ceux
qui
dans
{a
terre
de
Juda
avoient
crifié
fur
les
hauts
lieux.
(2)
On
ne
leur
permets
voit
point
lorfquils
revenoient,
de
manger
les
hofties
pour
le
péché
,
ni
d'offrir
les
holocauftes
fur
l'autel
;
mais
feulement
de
fervir
dans
les
moindres
minifteres
de
la
maifon
de
Dieu,
&
de
recevoir
leur
fubfiftance
des
revenu
des
revenus
communs
du
temple.
(c)
Et
quant
à
fa
prophetie
d'Ifaïe,
(d)
fur
laquelle
fe
fondoit
Onias
,
elle
ne
regardoit
que
fe
tems
de
lévangile
;
auquel
if
devoit
y
avoir
(a)
Fofeph.
Antig.L.
XXE.
…
6
|
(c)
4.
Rep.
se
.
|
(D)
Mira
trail.
Minhor,
ce.
|
(d)
fai,
xxx,
#8
19.
Livre
SEPTIÉÈMÉ.
OR
dans
l'Egypte
un
autel
dédié
au
Seigneur,
&
un
and
Monde
monument
dreflé
en
fon
honneur
{ur
Les
frontie-
he
res
de
ce
pays.
.
no.
Vers
ce
même
tems
if
y
eut
à
Alexandrie
une
eroffe
difpute
entre
les
J
uifs
&
les
Samaritans.
(a
}
Les
premiers
foutenotent
que
le
temple
de
Jeru-
falem
étoir
le
feul
légitime
;
&
les
autres
préten-
doient
que
c'étoit
celui
de
Garizim.
La
caufe
fut
portée
devant
Philométor
en
fon
confeil
;
&
Le
oi
commença
par
ordonner
que
les
Avocats
qui
perdroient
leur
caufe,
feroient
punis
de
mort.
Ées
parties
s'engagerent
par
ferment
en
préfence
du
roi,
&
fous
peine
de
la
vie,
de
ne
produire
que
des
témoignages
de
leur
loi
pour
foutenir
leurs
prétentions.
Les
Samaritains
choiïfirent
pour
leurs
avocats
Sabée
&
Théodofe
;
&
les
Juifs
;
Andro-
nique
fils
de
Mefalam.
Andronique
parla
le
pre-
_
mier,
&
montra
par
des
preuves
tirées
de
la
loi,
&
par
la
fuite
non
interrompuë
des
pontifes
;
&c
par
le
_refpect
que
fes
rois
d'Égypte
avoient
eu
pour
le
temple
de
Jerufalem,
y
envoyant
de
magnifiques
éfens,
tandis
qu'ils
ne
penfoient
pas
même
à
ui
de
LE
t
l'antiquité
&
la
füperiorité
du
temple
de
J
erufalem.
A
quoi
ik
ajouta
encore
d’autres
raifons
,
qui
perfuaderent
tellement
ie
roi
&
fon
confeil
,
qu'il
déclara
que
le
temple
de
J
erufalem
étoit
&
le
plus
ancien,
&
de
plus
légitime
;
&°en
même-tems
il
condamna
à
_
mortSabée
&
Théodofe,
|
.
GE
fut
fous
le
même
reone
de
Ptolemée
Philo:
{)
Fofeph..
Antiq,
L-xÂTI,
©,
Gz
oi
166
Histoire
DE
L'Anc.
TESTAMENT,
TAn
du
Monde,
Métor,
que
parut
en
Egypte
Ariftobule
,
philoz
549355
fophe
Peripatéicien
,
&
Juif
de
religion,
qui
C.
XXXVIII
adrefla
au
même
prince
un
commentaire
quil
Arifobule
Juif,
aVOIt
Compolé
fur
les
livres
de
Movyfe.
Saint
Cle-
mn
ment
d'Alexandrie
en
cite
un
long
.
fragment
,
üré
de
à
préface,
(a)
où.
il
difoit
que
Platon
avoit
eu
connoïffarice
des
loix
des
Juifs,
&
qu'il
en
avoit
fort
étudié
les
expreflions.
Il
difoit
auffi
que
Pythagore
avoit
donné
à
fes
difciples
plufeurs.
maximes
tirées
des
livres
de
Moïfe.
Il
ajoutoir
‘
qu'avant
Démetrius
Phaléreus,
&
avant
même
le
regne
d'Alexandre
Le
Grand,
&
celui
des
Perfes,.
on
avoit
traduit
en
langues
étrangeres
les
princi-
paux
points
de
l’hiftoire
des
Hebreux
;
leur
fortie.
d'Egypte
,
la
conquête
de
la
Paleftine,
leurs
loix,
&
ce
qui
leur
étoit
arrivé
de
plus
remarquable,
C'eit
ce
que
dit
cet
auteur
:
mais
il
n'en
donne.
aucune
preuve
certaine
;
&.
la
chofe
eft
affuré-
ment
fort
douteufe.
_
.
.
Alexandre
Ballés
ne
fe
vit
pas
plûtôt
en
pofle£
fion
du
royaume
de
Syrie
,
qu'il
fe
plongea
dans
toutes
fortes
de
débauches,
laiffant
tout
Le
foin
de
fes
affaires
à
Ammonius
fon
favori,
qui
abu=.
fant
de
fon
crédit,
fc
mourir
plufieurs
perfonnes
de
confidération,
&
attira
fur
fon
maître
la
haine
&
le
mépris
des
peuples.
Démetrius
Soter
au
com-
mencement
de
la
guerre,
avoit
envoyé
fes
deux
fils
Démetrius,
furnommé
depuis
Nicanor,
&
An:
tiochus,
furnommé
Sidéres
:
illes
avoit
envoyés.
à
Cnide
dans
la
Carie,
pour
les
mettre
à
couvert
ss
©
2
ASE
ve
#
(e)
Pide
apud
Clement,
Alex.
L,
1.
Srromar,
p.
Te
DEMSEr
Livre
SEPTIEME.
16
pendant
les
troubles
dont
fon
royaume
étoit
agi
té.
(a)
Démetrius
Nicanor,
fils
aîné
de
Soter,
3856.
avan
J.
C.
à
Pate
À
.
.
,
144.
avant
lEre
ayant
appris
la
négligence
;
&c
les
infamies
d'Ale-
Vi
148.
xandre
Ballés,
sembarqua,
&
aidé
de
quelques
troupes
qu'il
avoit
reçües
de
Lafthenes
Crétois
,
äl
vint
dans
la
Cilicie.
Alexandre
étoit
alors
dans
la
Phenicie.
Dès
qu'il
fut
informé
de
Pentreprife
de
Démerrius
,
il
fe
hâta
de
retourner
à
Antioche;
pour
s'oppofer
à
ce
jeune
prince.
En-même-tems
Apollomius
,
à
qui
Alexandre
avoit
confié
le
gouvernement
de
la
Célé-Syrie,
fe
fouleva
con=
tre
fon
prince,
&
fe
donna
à
Démetrius.
Apollo-
nius
affembla
une
puiflante
armée,
&
marcha
con-
|
tre
Jonathas
&
les
Juifs,
qui
demeuroient
fermes
dans
alliance
d'Alexandre
Ballés.
_
Apollonius
s'avançajufqu'à
Jamnia
,
&
n'ofant
a
a
ee
+,
Combat
re
s'engager
dans
les
montagnes,
envoya
défier
Jo-
pions,
&Jo-
.
nathas,
&
lui
fit
dire
qu'il
ne
demeuroit
dans
es
montagnes,
que
parce
quil
n'ofoit
paroïtre
en
pleine
campagne.
(2)
Jonathas
accepta
le
défi;
&
ayant
p
«
mille
hommes
de
troupes
choi-
Simon
elque
renfort,
Ils
allerent
camper
près
la
Ville
ro
:
&
ceux
de
cette
ville
lui
fermerent
les
portes,
parce
quil
y
avoit
dedans
une
garnifon
du
parti
d'Apollonius.
Jonathas
Voyant
qu'on
lui
avoit
refufé
l'entrée
de
la
ville,
l’afliegea
:
mais
Les
habitans
ne
fe
fentant
pas
aflez
forts
avec.
leur
garnifon
pour
lui
réfif-
rer,
fe
rendirent
;
&
Jonathas
entra
dans
Joppé.
(D
a.
3
TT
Ere.l
27
0)
1,
Macéab,
x
78,
86
168
HistTorre
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
aa
Apollonius
l'ayant
appris
;
marcha
contre
lui
avec
3856.
avant
J.
C
trois
mille
chevaux
,
&
huit
mille
hommes
de
pied,
Virus.
Il
fit
mine
d'abord
d'aller
vers
Azoth,
du
côté
du
|
midi
:
mais
enfuite
retournant
fur
fes
pas,
il
vous
lut
fe
jetter
dans
la
plaine
;
parce
qu'ayant
beau:
coup
de
cavalerie,
il
efperoit
vaincre
aifément
Jonathas
dans
une
rafe
campagne.
Jonathas
|s.
fuivit
vers
Azoth
,
&
l'obligea
à
donner
bataille,
Or
Apollonius
en
quittant
fon
camp
de
Jamni
“pour
aller
vers
Azoth,
y
avoit
laiflé
mille
che.
+aux
,
ne
doutant
pas
que
Jonathas
ne
le
dût
fui
“vre
;
&
comptant
que
ces
mille
hommes
le
pren:
droient
par
derriere,
pendant
que
lui-même
latta.
queroit
de
front
,
il
{e
flattoit
de
le
pouvoir
battre
aifément,
|
a
.
Mais
la
valeur
des
troupes
de
Jonathas
rendit
tout
cela
inutile.
Ilrengea
fes
troupes
en
quarté
oblong
,
à
la
maniere
de
la
Phalange
Macedo-
nienne
:
&
faïfant
face
de
tous
côtés,
il
foutint
pendant
prefque
tout
le
jour
l’effort
des
ennemis,
&
fur
tout
de
la
cavalerie
,
qui
ne
cefla
de
lancer
contre
lui
beaucoup
de
traits.
Sur
[é{oir
Jonathas,
ayant
remarqué
que
la
cavalerie
ennemie
étoit
fort
fatiguée,
fr
avancer
fes
troupes
,
donna
fu
l'infanterie
des
ennemis
,
laquelle
étant
abandon
née
de
la
cavalerie
,
fut
bien-tôt
rompué.
Elle
prit
confufément
la
fuite
;
&
s'étant
jettée
préc
pitamment
dans
le
temple
de
Dagon,
qui
étoit
à
Azoth,
Jonathas
entra
en
même-tems
dans
la
vil
le,
y
mit
le
feu,
la
pilla,
&
brûla
le
temple
de
Dagon
avec
tous
ceux
qui
sy
étoient
refugiés.
Îl
n'épargna
pas
non
plus
les
villes
des
environs,
ft
pau
?
:
Livée
SEPTIE
ME
À
169
|
par
tout
un
riche
butin,
&
s'étant
avancé
Vers
s
an
du
Monte,
Afcalon,
pour
en
faire
de
même,
ceux
de
HR
ville
vinrent
au-
devant
de
lui,
&
lesreçurent
Vue:
r5:
avec
de
grands
honneurs.
On
compta
dans
cètte
affaire
près
de
huit
mille
hommes
,
tant
tués
par
l'épée,
que
brûlés
dans
Le
temple
&
dans
{a
ville
d’Azoth.
|
:
Après
cette
victoire,
J
onathas
retourna
glorieux
à
Jerufalem.
Le
Roi
Alexandre
Ballésinformé
des
heureux
fuccès
de
fes
armes
,
le
combla
de
nou-
veaux
honneurs.
Il
lui
envoya
une
agraffe
d'or,
tellé
qu'on
la
donnoit
communément
aux
parens
du
roi.
Elle
{e
portoit
fur
l'épaule,
&
elle
fervoit
à
atta-
cher
le
manteau
en
cet
endroit.
Alexandre
lui
donna
de
plus
la
ville
d’Accaron,
afin
qu'il
Ja
pofledât
en
propre.
(a)
Cependant
Prolemée
Phi-
lométor
roi
d'Egypte,
leva
une
armée
,
en
appa-
rence
pour
fecourir
Alexandre
Ballés
fon
gendre:
mais
fa
vraye
intention
étoit
de
le
détrôner,
€
de
fe
rendre
maître
de
fes
états.
Comme
ilsa-
vançoit
vers
la
Syrie,
étant
arrivé
pres
d'Azoth
3556.
avan
1.
C:
on
lui
montra
le
temple
de
Dagon,
qui
avoit
été
Fe
à
=
brûlé,
les
ruines
de
la
ville
d’Azoth
,
(b)
plufieurs
corps
qui
étoient
encore
fur
la
terre,
&
gran
nombre
d’autres
-de
l’armée
d’Apollonius,
quon.
avoit
exprès
amafñlés
en
monceaux
le
long
du
che-
min,
pour
les
faire
voir
au
roi
en
pallant,
&
pour
lui
rendre
odieux
Jonathas
auteur
de
tout
cela.
Mais
le
roi
ne
répondit
rien
:
&
Jonathas
étant
venu
le
jour
même
,
ou
Le
lendemain
trouver
le
+
(a)
1.
Maccab.
x,
87,
89,
09
(b)
x.
Alaccabs
XI.
I.
2.
:.
FC
Tome
Il.
RE
EE
PR
An
du
Monde,
33858
avant
J.
C.
142.
avant
l'Ere
Vule.
146.
170
Hisrorme
pe
L'Anc.
TESTAMENT,
roi
à
Joppé,
ilen
fut
fort
bien
recû
:
il
accom-
pagna
même
ce
prince
jufqu'au
fleuve
Eleuthere
+
&
aprèsgela
il
revint
à
Jerufalem.
|
|
Philométor
comme
beau-pere
,
&
principalallié:
du
roi,
qui
fut
recû
fans
difficulté
dans
toutes
les
villes
duroyaume
d'Alexandre
Ballés
,
qui
{e
trou-
verent
fur
fa
route
,
depuis
l'Egypte
jufqu'à
Seleu-
cie
,
à
lembouchure
de
l’Oronte.
Par
tout
il
mi
des
garnifons
,
&
fe
rendit
maître
des
places,
fous.
prétexte
de
les
gardér
pour
fon
gendre.
Alors
il
dé-
couvrit
le
mauvais
deflein
qu’il
avoit
formé
contre
Alexandre.
Il
fe
plaignit
qu
Ammonius,
qui
gou-
vernoit
le
royaume
fous
le
nom
&
l'autorité
d’A-
lexandre
,
l'avoit
voulu
faire
tuer
en
trahifon
à
Pto.
lémaïde
:
il
le
demanda
à
Alexandre,
pour
en
fai:
re
juitice.
Alexandre
le
lui
ayant
refufé
,
Philo-
métor
lui
reprit
{a
fille
Cleopatre
,
qu'il
lui
avoit
donnée
pour
femme,
&
l’offricà
Demetrius
Nica-
nor
;
fils
de
Demetrius
Soter.
Le
mariage
ayant
été
conclu;
ces
deux
princes
Philométor
&
Nicanor
allérent
droità
Antioche,
dontles
peuples
s'étoient
guifé
en.
femme
pour
fe
fuver,
fut
pris
&
tué.
Prolemée
étant
entré
à
Ar
bourgeois
d'Antioche
d'oublier
ce
que
le
roi
De-
foulevés,
à
caufe
des
mauvais
traitemens
qu'ils
tré
à
Ancioche,
&
ayant
été re-
connu
pour
roi
par
le
peuple,
mit
fur
fa
tête
les
metrius
Soter
avoit
fait
contre
eux,
&
de
rece-
voir
Demetrius
Nicanor
fon
gendre
pour
leur
roi,
avoient
reçûs
d'Ammonius.
Celui-ci
s'étant
dé-
deux
diadèmes,
de
Syrie
&
d'Egypte,
&
pria
les
difant
que
pour
lui
il
étoit
content
du
royaume
Egypte,
&
qu'il
cedoit
volontiers
celui
de
Syrie
Livre
SEPTIEME.
171
à
fon
gendre
,
qui
en
étoit
le
legitime
héritier.
(@)
An
du
More,
Cependant
Alexandre
Ballés
étoit
en
Ole
qui
étoit
la
feule
provinte
de
fes
états
qui
lui
fûc
Vu
r46
demeurée
fidelle.
11
y
afembla
une
grande
armée,
&
vinten
Syrie,
failant
le
dégât
par
tout
jufques
aux
portes
d’Antioche.
Prolemée
&
Démetrius
Nicanor
marcherent
contre
lui,
&
le
battirent
fur
Le
fleuve
Oenoparas.
Alexandre
fe
fauva
dans
_
l'Arabie
auprès
du
roi
Zabdiel,
quipeu
de
jours
>
aprèsle
tua
,
&
envoya
fa
tête
à
Prolemée.
(D)
BR
rcuinre
Demetrius
Nicanor
demeura
maître
de
la
Syrie.
3h52
avan
Lt
Mais
trois
jours
après
que
Prolemée
eut
reçû
la
Vis
tête
d'Alexandre
Ballés
fon
ennemi
,
il
mourut
lui
même
des
bleflures
qu'il
avoit
reçüës
dans
la
ba-
taille
contre
ce
prince.
ne
Cleopatre
{œur
&
époufe
de
Ptolemée
Philo-
métor
,
voulant
conferver
Le
royaume
à
fon
fils,
contre
les
entreprifes
de
Prolemée
Evergetes
ou
Phyfcon
frere
de
fon
mari,
fe
fervit
d'Onias,
le
même
qui
avoit
bâti
le
temple
d'Onion
en
Egypte,
&
dont
on
à
parlé
ci-devant.
-Efle
lui
confia
le
commandement
de
fes
troupes.
Onis
s'oppofa
à
Phyfcon
avec
un
aflez
petit
nombre
de
Juifs
:
(c)
&
ce
prince
s'étant
déja
faifi
d'Alexandrie
,
&
ayant
_forcé
la
reine
{a
fœur
à
l’époufer,
Onias
prit
Je
parti
de
cètte
princefle
;
&
Prolemée
Phyfcon
_
voulant
attaquer
Onias,
&
ayant
condamné-tous
Juifs
d'Alexandrie
à
être
écrafez
fous
lespieds
de
{es
éléphans
,
Dieu
permit
que
ceséléphans
au
lieu
(a)
V'ide
Fafiph.
ani.
lc
{
(D)
1.
Maccabe
xav.
17.
€.
8.
Fuffin
|,
35.
1.
Maccab.
(c)
Fofeph.
lib.
2,
contra
AP
XI.
Dre
13
À
Dion.
p.
1064.
te
172
Histoire
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
Anda
Monde,
de
fe
jetter
fur
les
Juifs,
firent
mourir
plufieurs
des
4
avant
fes,
amis
du
roi
;
&
un
homme
d’un
regard
terrible
ayant
Vug.
apparu
au
roi,
lui
fit
défenfe
de
faire
la
moindre
peine
aux
Hebreux.
Ainf
Ptolemée
rentra
dans
lui-
même
,
&
pardonna
aux
Juifs,
en
étant
aufi
prié
par
Irene
la
plus
aimée
de
fes
concubines.
Les
Juifs
d'Alexandrie
faifoient
une
fête
en
mémoire
de
leur
délivrance
de
ce
danger,
encore
autems
de
Jofeph,
qui
nous
raconte
cette
hiftoire
:
mai
je
crains
qu'il
ne
l'ait
confonduë
avec
celle
qui
are
riva
du
tems
de
Philopator,
&
que
nous
avorm
rapportée
fous
l'an
du
Monde
37606.
6448
————
Legrand-prêtre
Jonathas
profitant
de
[a
foibléf.
C.
XXXIX,
£
de
Demetrius
Nicanor,
qui
n'étoit
pas
trop
bien
.
eo
lee
affermi
fur
Le
trône
de
Syrie
,
entreprit
le
fige
de
Mon
a
la
citadelle
de
Sion,
qui
étoit
toûjours
occupée
Cr.
_
parles
troupes
Syriennes.
Il
fic
faire
pour
cela
plus
Jieurs
machines,
&
commença
à
battre
la
place,
Mais
quelque
faux
Juifs
ennemis
de
leur
patrie,
allerent
trouver
le
roi
,
&
l'informerent
de
l
entrez
prie
de
Jonathas
Demetrius
accourut
aufli-tôt
à
Prolemaïde,
&
manda
à
Jonathas
de
y
venir
trouver.
Jonathas
fans
difcontinuer
le
fiége,
prit
avec
lui
quelques
prêtres
&
quelques
fenateurs,
&
alla
avec
eux
s'expofer
au
péril
de
la
cole-
re
du
roi.
Il
ui
porta
quantité
d'or
&
d'argent,
%
d'autres
riches
prefens
,
&
{çût
par
là
gagner
fes
bonnes
graces
:
enforte
que
fes
ennemis
&
des
accufateurs
furent
obligés
de
fe
taire.
Le
roi
Je
traita
avec
grand
honneur,
le
confirma
dans
l
grande
facrificature,
&
le
ft
le
premier
de
tous.
Les
amis,
Jonathas
promit
au
roi
trois
cens
talens
_
É
E
er
ca
|
Livre,
SEPTIE
ME,
OR
d'argent,
(a)
&
obtint
de
lui
limmunité
&
lafran-
Ki
iu
Monte,
chife
pour
la
Judée,
&
pour
les
trois
Toparchies
Nm
qui
y
avoient
été
jointes
;
fçavoir,
celles
de
Lidda,
Vub:
145
d’Apharema
&
de
Ramatha.
@)
Demetrius
fit
donc
expedier
des
lettres
en
fa-
veur
des
Juifs,
conçüës-en
cestermes:»
Leroi
De-
»
metrius,
à
fon
frere
Jonathas,
&
à
toute
la
na-
»tion
des
Juifs:
falut.
Nous
vous
envoyons
copie
sde
la
lettre
que
nous
écrivons
à
Lafthene
notre
»
pere,
(c)
touchant
ce
quivous
regarde
,
afin
que
»
vous
en
foyiez
informés.
Le
roi
Demetrius
,
à
»
Lafthene
fon
pere
;
falut.
Nous
avons
réfolu
de
»
faire
du
bien
aux
Juifs
;rqui
font
nos
amis,
&c
>»
qui
nous
confervent
la
fidelité
qu'ils
nous
doi-
»
vent.
Nous
avons
donc
ordonné
qué
les
trois
»ceux
qui
facriñient
»
royaux
que
le
roi
percevoit
ci-devant
}
des
fruits
»
de
la
terre
&
des
arbres,
les
-décimes
&
les
tri-
»
buts
qui
lui
appartenoient
;
comme
auffi
le
droit
;
Te
te
5
£
»
que
lon
trot
fur
les
lacs
des
falines,
&
lés
cou-
(a)
Les
trois
cens
talens,
à
-(c)
Lafthéne
eft
ce
Grétois
qui
2400.
lv.
Pun,
font
72000.
li-
|
contribua
tant
à
mettre
Déme-
“yres.
“tius
fur
le
trône,
en
lui
donnañt:
{b)
1
Maccab.
IX
POX
.
30»
d'abord-des
troupes.
Yi
174
Hisrdire
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
»
ronnesque
l’on
nous
apportoit
tous
les
ans.
Nous
Fer
LES
»
leur
accordons
toutes
ces
chofes,
&.
voulons
"#&
45%
»que
notre
conceflion
demeure
fermé
pour
toûs
»
jours.
Ayez
donc
foin
de
faire
une
copie
de
cet
»
Ordonnance,
&
qu'elle
foit
donnée
à
Jonathas,
»
&
expalée
fur
la
montagne
fainte
en
un
lieu
qui
»
foit
à
la
vûe
de
tout
le
monde.
(a)
|
Or
Demetrius
voyant
que
fon
royaume
étoit
paiñble
,
&
que
rien
ne
luiréfiftoit,
congédia
tous.
te
fon
armée,
&
ne
retint
que
les
troupes
étrans
geres,
qu'il
avoiteuës
dès
Le
commencement,
&
qui
lui
avoient
principalèment
aidé
à
faire
la
conqué-
te
des
états
de
fes
peres;
ce
qui
lui
attira
la
haine
de
toutes
les
troupes
qui
avoient
fervi
fous
fes
ayeux,
&
qui
étoient
toûjours
entretenués
à
leurs
dépens,
même
en
tems
de
paix.
Un
nommé
Dio-
dote,
appellé
depuis
Tryphon,
qui
avoit
été
of-
cier
d'Alexandre
Ballés,
voyant
les
mauvaifes
dif.
pofitions
desveterans
de
Syrie,
que
l'on
avoit
caf
{és,
alla
trouver
Elmachuél
roi
des
Arabes
.
qui
nourrifloit
un
jeune
fils
d'Alexandre
Ballés,
&ele
prefla
de
lui
donner
cet
enfant,
pour
lui
faire
rene
dre
le
royaume
de
fon
pere.
Elmachuël
lui
refila
près
du
jeune
Antiochus
fils
de
Ballés.
.
honcar
Cependant
Jonathas
envoya
vers
Demetrius,
vient
Demers
POUT
le
prier
de
chaffer
ceux
qui
occupoientenco:
nn
re
la
citadelle
deSion
,
(4)
&
les
autres
forterefles
Po,
7
©
du
pays;
parce
qu'ils
faïfoient
beaucoup
de
maux
dans
Îe
pays.
Demetrius
accorda
à
Jonathas
tout
-
(a)
1.
Maccab.
x1.
30.38.
(b)
x.
Maccab.
xx.
A1.
G
fig.
|
Î
Livré
SEPTIEME
+
14.
à
>
p
|
ce
qu'il
demandoit,
lui
promit
de
Le
combler
d'hon-
Andu
Monde,
neur
lui
&
fon
peuple
:
maisen
même-tems
ile
PSS
pria
de
lui
envoyer
de
fes
troupes,
pour
Le
fecou-
Ve
145:
ir;
parce
que
dés
fujets,
ceux
d'Antioche,
s’é-
|
toient
foulevés
contre
lui.
Jonathas
aufli-tôt
en-
voya
à
Antioche
trois
mille
hommes
de
très-bon-
_
nes
troupes.
Le
roi
fe
fentant
fortihié
par
ces
{ol-
dats
étrangers
qu'il
avoit
aflemblé
auprès
de
fa
perfonne,
entreprit
de
punir
la
révolte
de
ceux
d'Antioche
,
en
leur
ôtant
les
armes
:
mais
non-
feulement
ils
n’obéirent
point:
ils
allerent
même
au
nombre
de
fix-vinet
mille
hommes
aflieger
le
roi
dars
fon
palais.
Dans
cette
occafon
tous
les
Juifs,
tant
ceux
qui
étoientarrivés
de
J
erufalem,
que
ceux
qui
étoient
habitués
à
Antioche,
prirent
{a
défenfe
du
roi,
fe
jetterent
dans
{a
ville
,
&
mi-
rent
à
mort
en
un
jour
jufquà
cent
mile
hom-
mes.
Alors
ceux
d'Antioche
poferent
Îles
armes,
&
demanderent
mifericorde.
Les
Juifs
acquirent
dans
cette
occafion
une
grande
gloire
&
une
gran-
de
réputation
de
valeur
dans
tout
Le
royaume
;
&
eux
qui
éroient
venus
de
J
A
LELOUrNEr
ne
tint
aucune
des
promefles
qu'il
——
avoit
faite
à
Jonathas.
Il
laifa
dans
la
civadelle
La
GE
.
garnifon
qui
y
étoir,
&
prétendit
que
les
Juifs
phon
come
De
devoient
luipayer
lesmêmestributs
,
qu'ils
avoient
auf
valeun-
payésà
fes
prédecefleurs.
D'un
autre
none
d'Antioche
étrangement
irrités
de
la
feverité
que
le
de
Sie.
roi
avoit
exercée
contre
eux,
{€
répandirent
dans
toute
la
Syrie,
parce
que
durant
leur
{édition
la
plus
grande
partie
LÉ
ville
avoit
été
confumée
176
HISTOTRE
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
ue
De
les
Hammes
,
&
infpirerent
par
tout
l'efprit
de
3860
avant
J.C.
révolte
&
de
mécontentement
dont
ils
étoient
140
avant
l'Ere
-
;
;
:
Vule.
144.
-
remplis.
Demetrius
loin
de
fe
moderer,
&
de
les
ramener
par
la
douceur,
les
irrita
de
nouveuu
par
fa
cruauté
,
&
par
{es
vexations.
De
forte
que
Try-
phon
voyant
toutés
chofes
difpofées
à
un
fouleve-
ment
général
,
vint
en
Syrie
,
menant
avec
lui
le
jeune
Antiochus,
fils
d'Alexandre
Ballés,
&
le
fs
reconnoître
pour
roi.
Les
anciennes
troupes
ue
Demetfius
avoit
congediées
,.
vinrent
en
foule
{e
ranger
fous
ce
jeune
roi;
&
Demetrius
ayant
voulu
rifquer
une
bataille,
la
perdit,
&
fut
obligé
de
fe
fauver
à
Seleucie.
Par
cettevictoiré
le
jeune
Antiochus,
furnommé
le
Dieu,
fe
rendit
maï-
.
re
d'Antioche,
(a)
.
|
Alors
il
écrivit
à
Jonathas,
pour
l’attirer
dans
{on
parti.
Il
le
confirma
dans
la
grande
facrifica-
ture
,
&
lui
donna
le
gouvernement
des
quatre
villes,
qui
font
apparemment
Prolémaïde
,
Lidda,
Ramatha
&
Apharéma
,
où
Ephræm.
Il
lui
en-
voya
de
plus
des
vafes
d’or
pour
fon
fervice,
&
lui
accorda
le
privilege
de
pouvoir
boire
dans
une
coupe
d'or,
de
fe
revêtir
de
pourpre,
&
de
porter
l’agraffe
d'or.
Il
établit
Simon
frere
de
Jo-
nathas,
gouverneur
de
toute
la
côte,
depuis
Tvyr,
jufqu'aux
frontieres
d'Egypte.
Jonäthas
envoya
|
des
députés
à
Antiochus,
pour
le
remercier
de
.
toutes
ces
faveurs
,
pour
lui
offrir
fes
fervices,
&
-æ
pour
lui
dire
qu'il
alloit
de
toutes
fes
forces
faire
*
(a)
1.
Alaccab,
x.
S4
O
Jeg.
T,
Liv.
55.
Jofeph.
Antiq.
L
A3:
Ce
9e
Ces
+
Lirwomes
SEPT
EME
F7.
la
guerre
à
Demetrius
leur
ennemi
commun.
En
effet
il
amafla
des
troupes
,
pañla
le
Jourdain,
&
re
commença
à
attaquer
Les
généraux
de
Demetrius.
Val.
rit
©
Il
réduifit
à
l'obéiffance
d'Antiochus
les
villes
de
ce
pays-là.
Puis
il
revint
dans
le
pays
des
Philif
tins,
fe
préfenta
devant
Afcalon,
qui
lui
ouvrit
es
portes.
Mais
étant
allé
à
Gaze,
cette
ville
lui
refufa
l'entrée.
Jonathas
lafliegea
;
brüla
fes
fau-
bourgs
,
&
fit
le
ravage
dans
le
pays.
Ceux
de
Gaze
demanderent
la
paix
;
&
Jonathas
la
leur
ac-
corda
,
après
qu'ils
eurent
donné
des
ôtages,
quil.
envoya
à
Jerufalem.
Il
parcourut
ainfi
tout
le
pays,
&
le
réduifit
à
l’obéiflance
du
jeune
Antio-
chus,
depuis
Gaze
jufqu'à
Damas.
ee
…
Les
officiers
de
Demetrius
pour
faire
diverhon,
&
pour
empêcher
Jonathas
de
donñer
du
fecours
à
Antiochus,
vinrent
avec
une
armée
faire
fou-
lever
contre
lui
la
ville
de
Cadés
en
Galilée.
Jo-
ac
de
G
il
aMa
dans
la
d'Azor.
Il
y
trouva
les
ennemis
qui
ve-
noient
à
lui,
&
qui
avoient
placé
des
:
em-
bufcades
dans
les
montagnes
,
pour
le
prendre
par
derrière.
Aufli-tôt
que
ces
troupes
qui
étoient
cachées
parurént,
les
gens
dé
Jonathas
prirent
la
fuite
:
&
Jonathas
demeura
feul
avec
Matthatias
“8e
udas
fils
de
Calphi
général
de
fon
armée.
(a)
C1.
Maccab.-x1.
70:
Mais
|
rerent
avec
cinquante
hommes
Jofeph
Antiq.
[.
xtrr.
0.
dit
|
des
plus
braves,
querlésifrois
capitaines
démeu-
JR
ee
|
D
I
+
Z
178
Hisrore
DE
'ANc.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
En
mêème-tems
il
déchira
fes
vêtemens,
fe
mit
de
Fe
avan
'Exe
la
poufliere
fur
la
tête,
&
fit
fa
priere.
Enfuite
il
Ve
marcha
aux
ennemis
avec
tant
de
fierté,
qu'il
les
mit
tous
en
déroute.
Ses
gens
qui
avoient
fui,
le
voyant
combattre,
le
vinrent
rejoindre,
&
pour-
fuivirent
avec
lui
Les
ennemis
jufqu'à
Cadés
I
de-
meura
fur
la
place
en
ce
jour-là
trois
mille
hom-
mes
de
l'armée
des
étrangers.
Après
cela
Jona=
thas
revint
à
Jerufalem.
|
|
———
Alors
voyant
que
les
circonflances
du
tems
CHa.
XLT.
étoient
favorables
aux
affaires
de
fa
nation,
il
en-
Jonathas
renou-
\.
So
,
ten
>
velle
l'alliance
VOya
à
Rome
&
à
Lacédemone
des
députés
pour
ae
ain
renouveller
l'alliance
&
l'amitié
avec
ces
républi-
.
ques.
IT
choïfit
pour
cela
Numénius
fils
d'Antio-
chus
,
&
Antipater
fils
de
Jafon.
Il
leur
remit
des.
lettres
pour
le
fénat
Romain,
&
leur
dit
de
re-
pañler
à
leur
retour
par
Lacédemone
,
&
d'y
ren-
dre
d'autres
lettres
qu’il
leur
donna
pour
les
Epho-
res.
Etant
arrivés
à
Rome,
ils
préfenterent
au
£-
pat
les
lettres
de
Jonathas,
&
expoferent
le
fujee
de
leur
députation.
Le
fenat
les
reçut
fort
bien,
leur
donna
1
Patentes
adreflées
aux
gouverneurs
des
provinces
de
leur
domination,
afin
qu
ils
leur
ourniflent
des
voitures
&
des
-efcortes
pour
re-
tourner
frement
en
leur:
pays.
©
—
Ils
pafferent
par
Lacédémone”
&
voici
la
co.
pie
de
la
lettre
qu'ils
préfenterent
aux
Sénateurs:
»
Jonathas
grand-prêtre
&
les
anciens
de
la
na-
»ton,
les
prêtres
&
le
refle
du
peuple
Juif
,
»
aux
Lacédémoniens
leurs
freres
:
flut,
I
y
4
»
déja
long-tems
qu'Arius
roi
de
Lacédémone,
»
Envoya
des
lettres
au
grand-prêtre
Onias,
2
Lrvre
SEeTrPME
+
r8;
Etant
arrivé
à
Bafcaman
>
il
y
tua
Jonathas
&
fes
deux
fils,
&
s’en
retourna
en
Syrie.
On
ignore
:
LÉ
Se
An'du
Monde,
3861.
avant
J.
C.
139.
avant
l’'Ere
la
fituation
“
cette
ville
de
Bafcaman.
Simon
Vulg
143.
ayant
{çû
la
mort
de
fon
frere
&
de
fes
neveux,
envoya
querir
leurs
os,
&
les
enfevelit
à
Modin
dans
le
tombeau
de
fes
peres.
Tout
Iraël
fit
un
grand
deuil
à
leur
mort,
&
Simon
fit
élever
fur
le
“épulcre
de
fon
pere
&
de
fes
freres
un
édifice,
qu
on
voyoit
de
fort
loin
,
&
qui
étoit
bâti
de
pierres
polies
de
tous
côtés.
Il
y
ft
drefler
fept
pyramides
;
une
pour
fon
pere,
une
pour
fa
me-
re,
&
quatre
pour
fes
freres
;
&
tout
autour
du
or
»
il
y
avoit
un
portique
foutenu
de
co-
Jomnes
,
fur
lefquelles
il
fit
mettre
des
armes
&
des
navires
er
fepulcre,
qui
étoient
vües
de
loin
par
ceux
qui
navigeoient
fur
la
mer
Méditerranée.
Ce
tombeau
fubfifta
long-tems.
On
le
voyoit
en-
çore
du
tems
d'Eufebe
&
de
faint
Jerôme.
Les
Romains
&
les
Lacédemoniens
(
a)
ayant
appris
la
maniere
dont
Jonathas
avoit
été
mis
à
mort,
en
furent
très-indignés
;
&
Simon
leur
cayant
fait
{çavoir
par
fes
envoyés
qu'il
avoit
été
-choïfi
pa
frere,
ils
renouvellerent
avec
lui
l'alliance
qu'ils
avoient
faite
avec
Judas
&
avec
Jonathas.
Les
mêmes
députés
repaflerent
aufli
par
Lacédemone,
-y
préfenterent
les
lettres
de
Simon
,
&
rapporte-
rent
les
répontes
du
fénat
Romain
&
dés
Lacéde-
-moniens
à
J
erufalem
,
où
elles
furent
Iûés
en
pré-
fence
de
toute
la
multitude.
Alors
Simon
travailla
e
1.
Maccab,
x1Y.
16.
174
Tome
III,
|
A
à
par
le
peuple
pour
fucceder
Jonathas
{on-
-
e
186
HisrorRe
Dr
L'ANc.
TESTAMENT,
andunone,
à
fortifier
les
villes
de
la
Judée,
&
à
y
amañler
ue
ee
des
vivres
&
des
provifions,
pour
les
mettre
en
Vulg
143.
état
de
réfiftänce
en
cas
de
guerre.
|
sde
Cependant
Tryphon
fit
périr
le
jeune
Antio
de
chus,
en
le
faifant
tailler
par
des
médecins
qu'il
Anicchw.
Ty-
aVOit
corrompus
,
&
qui
firent
accroire
au
peuple
pre
que
ce
jeune
prince
étoit
tourmenté
de
la
pierre,
Tryphon
prit
donc
le
diadème,
&
fe
fit
recon-
noître
pour
roi
de
Syrie.
En
même
-
tems
Se
mon
envoya
à
Demetrius
Nicanor
roi
de
Syrie,
qui
avoit
été
dépouillé
de
prefque
tous
fes
états
par
Tryphon,
pour
le
reconnoître,
&
pour
lui
demander
qu'il
accordât
limmunité
à
la
Judée,
(a)
&
qu'il
confirmät
les
privileges
des
Juifs.
De-
metrius
lui
récrivit
en
ces
termes
:
«
Le
roi
De-
>»
metrius
,
à
Simon
grand-prêtre,
&
ami
des
rois,
».&
au
Sénat,
&
à
tout
le
peuple
des
Juifs
;
falut.
»
Nous
avons
reçu
la
couronne
&
la
palme
d'or
»
que
vous
nous
avez
envoyées,
&
nous
fommes
»
difpofés
à
faire
avec
vous
une
paix
folide
&
du-
»
rable,
&
d'écrire
à
nos
intendans
que
nous
vous.
»
accordons
les
exemptions
que
vous
demandez.
»
Les
places
que
vous
avez
fortifiées
feront
à
vous;
»
&
nous
vous
accordons
une
amniftie
générale
»
de
tout
ce
qui
pourroit
s'être
fait
contre
nous
>»
jufqu'aujourd'hui.
Nous
déchageons
de
la
cou-
»
ronne
que
vous
nous
deviez,
&
de
tous
Les
au-
-»
tres
impôts
que
l’on
devoit
payer
dans
Jerufa-
_»lem.
S'il
fe
trouve
parmi
vous
des
gens
propres
.»
pour
nous
fervir
dans
les
armées,
ils
pourront
1
_@
1,
Maccab.
x11
1:
34.350
ES
Livre
SEPTIEME.
187
»
être
enrôlés
dans
nos
troupes
;
&
nous
voulons
»
qu'il
y
ait
entre
nous
une
bonne
&
folide
paix.
à
Aipf
la
Judée
fut
enfin
délivrée
du
joug
des
La
judie
eftré-
étrangers,
&
remife
en
une
parfaite
liberté
l'an
a
170.
des
Grecs,
&
du
monde
3861.
Et
depuis
re,
ce
tems,
dans
les
actes
publics
on
écrivit:
Fait.
de
telle
année,
fous
le
grand-prêtre
Simon
chef
&
prince
des
Juifs.
Vers
ce
tems-là,
la
ville
de
Gaza
fe
révolta.
Simon
l'alla
affieger
:
il
la
battit
long-tems
avec
les
machines
de
guerre
dont
on
fe
fervoit.en
ce
tems-là,
&
fe
rendit
enfin
maître
d'une
tour,
Alors
ceux
de
la
ville
vinrent
fur
Les
murailles
avec
leurs
femmes
&c
leurs
enfans,
ayant
leurs
habits
déchirés,
&
jettant
de
grands
cris,
&
ils
imploroient
la
clémence
de
Simon.
Ce
géné-
ral
touché
de
compañlion,
leur
conferva
la
vie,
&
fe
contenta.de
les
chañer
de
leur
ville.
Il
y
entra
enfuite,
en
chantant
des
hymnes,
&
bé-
niffant
le
Seigneur
;
&
après
avoir
purifié
la
ville
de
toutes
fes
impuretés,
&
fur
tout
des
idoles
qui
y
étoient,
il
y
fit
demeurer
des
J
uifs
attachés
à
la
loi,
il
en
rétablit
les
fortifications,
&
il
sy
bâtir
à
lui-même
une
demeure
,
où
il
alloit
fou-
vent,
pour
contenir
les
peuples
de
la
côte
dont
il
avoit
Le
gouvernement.
Les.troupes
Syriennes
,
qui
étoient
dans
la
ci
ne
Re
RE
ane
An
du
Monde,
tadelle
de
Jerufalem
,
ayant
été
invefties
pendant
3562.
avant!
C.
deux
ans,
fans
pouvoir
rien
tirer
du
dehors,
fu-
Vire.
_
rent
enfin
contraintes
faute
de
vivres
,
de
fe
ren-
dre
à
Simon.
(4)
Elles
lui
demanderent
compo-
=
sf
=
(a)
x.
Maccab,
XIII
49,
©
feq.
|
À
a
fi]
An
du
Monde,
3862.
avant
J.C.
238.
avant
l'Ere
Vule.
142.
193
HISTOIRE
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
fition
,
&
il
la
leur
accorda.
Il
entra
dans
la
for<
térefle,
&
la
nettoya
de
toutes
fouilles
contraires
à
la
loi.
Elle
avoit
été
entre
les
mains
des
étran-
gers
pendant
vingt-cinq
ans.
Simon
en
prit
pof-
feflion
avec
toutes
les
marques
ordinaires
de
ré-
jouifance.
Les
troupes
Juives
y
entrerent
ayant
des
palmes
à
la
main,
chantant
des
hymnes
&
des
cantiques,
&
joüant
de
toutes
fortes
d'inftru-
mens
de
mufque.
Simon
ordonna
que
dans
la
fuite
on
célébreroit
ce
jour-là
tous
les
ans
avec
de
grandes
réjoüiflances,
comme
étant
le
jour
auquel
Jerufalem
avoit
été
affranchie
du
joug
des
Gentils.
Cette
citadelle
ne
demeura
pas
long-
tems
en
fon
entier.
Jofeph
(4)
raconte
que
Simon
ayant
repréfenté
au
peuple
les
maux
qu'elle
avoit
caufés
à
la
ville,
&
le
danger
qu’il
y
avoit
quelle
ne
devint
un
jour
fatale
à
leur
liberté,
il
les
en-
gagea
aifément
à
entreprendre
de
la
démolir.
Ils
y
travaillerent
pendant
trois
ans
fans
relâche,
la
raferent
,
&
applanirent
la
hauteur
für
laquelle
elle
étoit
bâtie.
Mais
nous
croyons
que
cela
n’ar-
riva
que
quelques
années
après
;
car
à
trois
ans
de-là
Antiochus
Sidétés
répetoit
cette
citadelle,
comme
ayant
été
ufurpée
par
Simon.
(ë)
Après
|
cela
Simon
fortifia
la
montagne
du
temple,
qui
_étoit
près
de
fa
forterefle
,
&
y
habita
avec
{es
ens.
u
|
_
Et
comme
il
étoit
chargé
du
gouvernement
de
toute
la
côte
maritime
depuis
Tyr
jufqu'aux
fron-
ticres
d'Egypte,
il
déclara
fon
fils
Jean
Hircañ
(2)
Fofiph.
Anrig.
L
XI11.6,11,
(D)
1,
Maccab.xv.
28,
LES
:
Livre
SEPTIFME.
189
|
pénéral
de
toutes
fes
troupes,
&
lui
dit
de
fixer
an
du
Monte,
demeure
à
Gazare,
ou
Gadare,
pour
tenir
les
;
.
ennemis
en
refpect.
(a)
L'année
fuivante
,
le
peu-
Ÿ#
1°
ple
Juif
fenfble
à
tout
ce
que
Simon
&
fes
freres
avoient
fait
en
favewr
de
leur
nation
,
()
rélolut
folemnelle
tenuëé
dans
la
pla-
dans
une
affemblée#
ce
de
Jerufalem,
de
dreffer
un
monument
publie
de
fà
gratitude
envers
la
famille
des
Maccabées
ou
Afmonéens.
On
écrivit
donc
fur
des
tables
d'airain,
&
l'on
mit
dans
une
des
galeries
du
tem-
ple
l'infcription
faivante
:
«
Le
dix-huitiéme
jour
>
du
mois
Elul,
lan
cent
foixante
&
douze,
&
»
la
troifiéme
année
du
grand-prêtre
Simon,
cette
»
leur
nation,
pour
la
défenfe
du
faint
temple
&
|
(a)
1.
Maccab.
x1II.
54.
(b)
1.
Aaccab.
xIV.
25.
La
Vulgate
ht:
Le
peuple
Romain:
Mais
la
fuite
demande
qu’on
l’ex-
plique
du
peuple
Juif.
Le
Grec
&
le
Syriaque
lifent
fimplement:
Le
peuple.
:
(c)
Afar-mel,
eft
apparem-
ment
le
même
qu’
4/ar-melle,
le
parvis
de
Mello,
qui
étoit
une
place
de
Jerufalem.
2.
Rez.
v.
9.
À
a
ii]
|
An
du
Monde,
3863.
avant
J.
C.
137.
avant
l’Ere.
Vuig.
141
190
Histoire
pr
L'ANc.
TrstAMENT,
les
ennemis,
avoit
fortifié
les
villes
de
Juda,
&.
en
particulier
Bethfura,
&
y
avoit
mis
une
gar-
nifon
de
Juifs,
comme
aufli
à
Joppé
&
à
Gadara,
Ils
reconnoifloient
de
plus
que
de
{on
tems,
&
par
fa
valeur,
la
Judée
&
lville
de
Jerufalem
avoient
été
délivrées
de
lofpreflion
des
Gen.
tils.
.
Cet
acte
fut
donc
mis
dans
le
temple,
pour
{ervir
de
monument
à
Simon
&
à
{es
enfans,
dit
l'écriture.
Ce
qui
infinué
que
Le
peuple
avoit
def£
ein
que
la
dignité
de
grand-prêtre
&
de
prince
des
Juifs,
ft
héreditaire
dans
{a
famille,
com-
me
elle
le
fut
en
effet
jufqu'au
tems
du
premier
Hérode.
Perfonne
ne
méritoit
mieux
ces
marques
d'honneur
&
de
reconñoiflance
que
Simon,
puif
que
par
fa
fage
conduite,
durant
tout
{on
gou=
vernement
,
Le
pays
de
Juda
demeura
paiñble
;
_au
lieu
que
dans
le
même
tems
la
Syrie
étoit
tou-
te
en
feu
par
les
guerrescontinuelles
qui
y
étoient
allumées
entre
les
divers
compétiteurs
de
la
cou-
ronne,
Simon
n'ayant
jamais
cherché
qu'à
faire
du
bien
à
f
nation
,
des
Juifs
virent
avec
plaifr
f
puiflance
&
fa
gloire
s'augmenter
de
plus
en
plus,
tantqu'il
vêcut.
Entre
les
a@ions
glorieu-
les
qu'il
ft,
on
remarquéMla
prife
de
Joppé,
qu'il
deftina
à
fervir
de
port
aux
Juifs,
&
pour
aller
aux
.
iles
&
aux
pays
de-delà
les
mers.
Il
étendit
les
limites
de
fes
états
,
&
foumit
toute
la
Judée
à
fà
*
domination.
Chacun
cultivoit
alors
{à
terre
en
paix.
Les
campagnes
étoient
couvertes
de
fro-
ment,
&
les
arbres
chargés
de
fruits.
Les
vieil-
lards
aflis
dans
les
places
publiques
,
traitoient
de
LL
Livre
SEPTIEME.
191
ce
qui
étoit
avantageux
au
pays.
Les
jeunes
hom-
mes
fe
paroient
d'habillemens
magnifiques,
&
d'armes
de
prix.
Simon
diftribuoit
des
vivres
dans
les
places
fortes,
&
y
mettoit
des
machines
de
guerre.
Chaeun
fe
tenoit
paifiblement
aflis
fous
fa
vigne
&
fous
fon
figuier
,
&
vivoit
fans
aucune
crainte.
Nul
ennemi
n'ofoit
les
attaquer.
Les
rois
mêmes
redoutoient
{à
puiflance,
&
{on
nom
vola
jufqu'aux
extrémités
de
la
terre.
IL
protegea
les
pauvres
de
fon
peuple,
&
fut
zelé
pour
l'obfer-
vation
des
loix
de
fes
freres.
Il
extermina
Les
mé-
chans,
&
pourfuivit
les
apoftats
éc
les
déferteurs
de
la
religion.
Il
rétablit
la
gloire
du
temple,
&
multiplia
les
vafes
facrés.
Voilà
l'éloge
que
lé-
criture
à
donné
à
Simon
Maccabée,
(a)
où
lon
voit
le
vrai
caractere
d’un
bon
prince.
|
…
Tryphon
qui
s'étoit
défait
du
jeune
Antiochus
le
Dieu
,
fils
d'Alexandre
Ballés,
regnoit
fouve-
rainement
à
Antioche,
pendant
que
Demetrius
|
Nicanor
étoit
à
Séleucie,
confervant
une
petite
partie
de
fes
états.
Nicanor
voyant
que
les
villes
de
fon
obéïffance
l’abandonnoïen
infenfiblement
des
unes
après
les
autres,
&
que
la
nor
h:
où
il
vivoit
,
le
rendoit
méprifable
à
fes
peuples,
il
réfolut
d'aller
faire
la
guerre
aux
Parthes,
y
étantinvité
par
Les
Grecs
qui
étoient
au-delà
de
JEuphrate
,
&
qui
lui
envoyerent
plufieurs
am-
baflades
pour
l'y
déterminer.
Il
eut
d'abord
d'afez
grands
avantages
contre
Les
Parthes
:
mais
enfin
ayant
été
pris
en
trahifon
,
il
tomba
entre
les
(a)
1,
Maccab.
XV.
4
eq.
ES
An
du
Monde,
3863.
avant
J.
€.
137.
avant
l'Ere
Vulg.
145.
CH.
XLIIT.
Demetrius
Nica-
nor
fait
la
guerre
aux
Parthes.
a
nonchalance
102
Histoire
DE
L'Anc.
TESTAMENT,
“An
du
Monde,
mains
de
fes
ennemis,
qui
lui
firent
fouffrir
plu:
Fe
fieurs
indignités.
Tryphon
délivré
de
la
crainte
de
cet
ennemi,
s’'abandonnoit
fans
ménagement
à
toutes
fortes
de
débauches
;
&
les
{oldats
Sy-
riens
indignés
de
fa
honteufe
conduite,
{e
dons
nerent
à
Cléopatre,
époufe
de
Demetrius
Nica-
nor
,
laquelle
étoit
demeurée
à
Séleucie.
Cette
princefle
envoya
offrir
le
royaume
à
Antiochus
Sidétés
frere.
de
fon
époux,
&
fils
de
Demetrius
Soter
,
lui
promettant
même
de
l'époufer,
puif-
qu'elle
ne
comptoit
plus
de
revoir
Demetrius
Nicanor
fon
époux,
qui
étoit
captif
chez
les
Parthes
cos
ee
—
Anochs
étoit
alors
dans
Fifle
de
Rhodes.
siocus
au
grand-
C'eft
de-[à
qu'il
écrivit
à
Simon,
&
à
toute
la
nas
a
tion
des
Juifs
la
lettre
fuivante
:
(a)
«
Le
roi
An-
roue
»
tiochus,
à
Simon
grand-prêtre
,
&
à
la
nation
|
»
des
Juifs
;
falut.
Des
hommes
Corrompus
s'étant
»
rendus
maîtres
du
royaume
de
mes
peres,
jai
»
réfolu
d'y
rentrer,
&
de
my
rétablir.
C’eft
pour-
»
quoi
j'ai
levé
une
grande
armée
,
&
j'ai
fait
conf
»truire
des
vaifleaux
de
guerre.
Dans
le
deflein
»
que
j'ai
pris
de
me
venger
de
mes
ennemis,
&
>
de
vous
donner
des
marques
de
mon
amitié,
je
»
Vous
remets
tous
les
tribus
que
{les
rois
mes
pré-
_»
decefleurs
vous
ont
remis,
&
je
vous
confirme
»
dans
toutes
les
immunités
qu'ils
vous
ont
accors
»
dées.
Je
vous
permets
de
faire
battre
monnoye
»
à
votre
coin
dans
votre
pays.
J’ordonne
que
Je-
»
rufalem
foit
une
ville
fainte
&
libre,
&
que
…
)
Tr
Maccab,
xv.
1,
2.
3.
Ces
.
:
|
|
ee
Vous
.
ÉsVhe
SPPTLÈME
10
5
vous
demeuriez
maître
de
toutes
les
ares
que
»
vous
avez
fait
faire
M@&
de
toutes
Les
places
que
»
vous
avez
rétablies
,
&
que
vous
occupez.
Tou-
»
tes
les
dettes
que
vous
deviez
au
tréfor
du
roi,
»
tant
pour
le
pañlé
,
que
pour
l'avenir,
demeure-
»
ront
abolies
:
Et
lorfque
nous
feront
rentrés
»
dañs
la
pofleflion
de
notre
royaume
;
nous
vous
»
comblerons
de
tant
de
gloire,
vous,
Votre
peu-
»
ple
&
votre
temple,
qu'elle
éclatera
dans
toute
>
faterre.
ps
a
|
Simon
ayant
reçu
cette
lettre,
commença
à
ufer
de
la
liberté
qu'Antiochus
Sidétés
lui
avoit
donnée,
&
fit
battre
de
la
monnoye
à
fon
coin,
PET
d’autres
:
La
premiere,
ou
la
fe-
#If
aël
;
dans
lem.
Dans
quelques-unes
fe
lit
le
nom
de
Son
prince
d'Ifraël.
On
ne
trouve
de
ces
monnoyes
;
que
durant
les
quatre
années
du
gouvernement
de
Simon.
Jean
Hirçan
fon
füccelleur
,
n'en
fit
point
frapper.
Le
caractere
de
ces
ficles
eft
le
Samaritain
ou
Phénicien,
qui
étoit
le
feul'en
ufage
parmi
les
Hébreux
avant
la
captivité
de
Babylone:
Tome
LIL
An
du
Monde,
3864.
avant
J.
C.
136.
avant
l'Ere
Vulg.
140.
194
HITOIRE
DE
L'ÂNcC.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
Car
depuis
Efdras,
on
commença
à
fe
fervir
auf
ét
dun
Lee
des
lettres
Caldéennes
,
@ti
font
aujourd'hui
les
Valg.
140.
{eules
ufitées
chez
les
Juifs
:
les
anciens
caracte-
res
Hébreux
étant
reftés
aux
Samaritains.
À
Cx
xLrv
Cependant
(a)
les
ambafladeurs
que
Simon
Lenre
duconf]
AVOIT
Envoyés
à
Rome,
revinrent
en
Judée,
por-
de
rar
tant
des
lettres
du
conful
Lucius
Calpurnius
Pifo
,
des
Juifs,
l'an
du
+
er
<
p
/
du
Monde,
3865.
écrites
par
ordre
du
fénat
à
Ptolemée
Evergétes
avant
l're
vas
roi
d'Egypte,
à
Demeutrius
Nicanor
roi
de
Syrie,
—
qui
étoit
alors
captif
chez
les
Parthes,
à
Attalus
Philadelphe
roi
de
Pergame,
à.
Ariarathes
roi
de
Cappadoce,
&
à
Arfaces
ou
Mithridates
roi
des
Parthes.
Voici
la
copie
de
l’une
de
ces
lettres,
qui
et
celle
qui
fut
écrite
au
Roi
d'Egypte.
Les
autres
étoient
toutes
de
mêmes,
au
titre
près
:
«
Lucius
»
conful
des
Romains,
au
roi
Ptolemée
+
flut
»
Les
ambafladeurs
des
Juifs,
qui
font
nos
amis,
»
font
Venus
vers
nous,
étant
envoyés
par
le
»
grand-prêtre
Simon,
&
par
le
peuple
Juif,
pour
»
renouveller
Palliance
&
l'amitié
qui
eft
entre
»
nous.
Ils
nous
ont
apporté
un
bouclier
d’or
de.
»
mille
mines,
&
nous
avons
jugé
à
propos
de
le
>
recevoir,
&
d'écrire
aux
rois
&
aux
peuples
de.
»
ne
leur
faire
aucun
tort,
&
de
ne
donner
aucun
»
fecours
à
leurs
ennemis.
Si
donc
quelques
mau-
»
Vais
efprits
font
fortis
de
leur
pays
,
pour
fe
ré-
>
fugier
parmi
vous,
remettez-les
à
Simon
prince
»
des
prêtres,
afin
qu'il
en
fafle
la
juftice
{elon
la
»
loi.
Ceci
regardoit
principalement
les
apofñtats
de
la
religion
Juive
;
que
Simon
pourfuivoit
en
tout
lieu.
D.
ee
>
1,
Maccab,
xv.
15
21
9
Livre
SEPTIEME.
195
:
Les
Romains
écrivirent
de
même
à
tous
Les
Andumonte,
pays
&
à
toutes
les
villes
qui
étoient
dans
Leur
al
PSE
liance
;
à
Lampfaque,
à
Lacédemone
,
à
Délos,
Vus:
13
à
Mindos,
à
Sicyone,
en
Carie,
à
Samos
,
en
Pamphilie
,
en
Lycie,
à
Halycarnafle
,
à
Coo,
à
_
Side,
à
Arade,
à
Rhodes,
à
Phafelides,
à
Gor-
tine
,
à
Gnide,
en
Cypre,
à
Cyrene
;
avertiflant
toutes
ces
villes
&
ces
provinces
que
Les
Juifs
étoient
alliés
&
amis
des
Romains,
&
qu'elles
euflent
à
les
traiter
de
même
comme
amis
&
alliés.
|
1.
:
Antiochus
Sidétés
étant
venu
en
Syrie
,
époufa
Cléopatre
femme
de
fon
frere,
&
fe
vit
bien-tôt
maître
de
toute
la
Syrie
,
par
la
défertion
des
troupes
de
Tryphon,
qui
fe
rendirent
à
lui.
Try-
phon
fe
fauva
avec
peu
de
monde
dans
la
ville
de
Dora
en
Phenicie,
où
Antiochus
le
pourfuivit
en
diligence,
avec
une
armée
de
cent-vingt
mil-
le
hommes
de
pied
,
&
de
huit
mille
chevaux.
La
ville
fut
afiegée,
&
preflée
de
fi
près,
que
Ery-
_phon
ne
pouvoit
tirer
ni
vivres,
ni
fecours
du
dehors.
(a)
Simon
Maccabée
envoya
à
Antiochus
_
à
ce
fiege
un
renfort
de
deux
mille
hommes
choi-
fis,
avec
beaucoup
d'or
&
d'argent,
&
plufeurs
vafes
précieux
:
mais
le
roi
ne
les
voulut
point
recevoir,
(4).&
prétendit
que
Simon
avoit
ufurpé
(a)
1.
Maccab.
xv.
10...
25
|
bien-tôt
les
obligations
quil
lui
(b)
Jofeph
raconte
la
chofe
avoit,
&
fit
marcher
contre
Lu
autrement,
Antiq.
liv.x111.
ch.
|
Cendëbée
avec
des
troupes.
Îl
12.
difänt
qu'Antiochus
envoya
|
ne
dit
rien
de
la
députation
d'A-
demander
à
Simon
des
vivres
&
|
thénobie
vers
Simon,
dont
il
eft
de
l'argent
;
&
que
Simon
lui
en
|
parlé.
1.
Maccab.
xx.
28.
©
[eq
ayant
fait
porter
,
Je
roi
oublia
}
Bbi
135.
avant
l'Ere
196
HISTOIRE
DE
L'ANc.
TESTAMEN
FT,
RUE
la
fouveraine
autorité
,
&
s'étoit
rendu
maître
de
3865.
avant
J.
C.
Joppé
,
de
Gazara
&
de
la
forterefle
de
Jerufalem
Re
aucune
raïon
,
&
qu'il
devoit
lui
remettre
ces
villes,
&
le
dédommager
des
ravages
qu'il
avoit
fait
dans
tout
le
pays.
Ainfi
Antiochus
Ou-
blioit
tout
ce
qu'il
avoit
accordé
à
Simon
par
les
lettres
qu'il
lui
avoit
écrites
de
Rhodes.
Ce
prince
envoya
donc
vers
Simon
à
Jerufi:
lem,
un
de
{es
favoris,
nommé
Athénobie,
pour
lui
dire,
ou
de
rendre
les
villes
qu'il
avoit
prifes,
&%
de
reftituer
Les
tributs
qu'il
avoit
tirés
desterres
qui
font
hors
du
pays
de
Juda
,
ou
de
payer
pour
les
villes
ufurpées
cinquante
talens
d'argent,
&
pour
les
tributs
tirés
hors
de
la
Judée
,
&
les
dé-
gats
faits
en
differens
lieux,
cinquante
autres
ta
lens.
(4)
Athénobie
vint
à
Jerufalem,
&
ayant
vü
la
magnificence
de
la
maifon
de
Simon
,
l’é-
clat
dans
lequel
il
vivoit
,
&
l'argent
qui
brilloit
chez
lui
de
toutes
parts,
il
en
fut
furpris
;
il
lui
expofa
les
ordres
du
roi:
Simon
lui
répondit
:
Qu'il
n’avoit
rien
ufurpé
fur
perfonne
:
mais
quil
s'étoit
remis
en
pofleflion
de
lhéritage
de
fes
pe-
res.
Qu'à
l'égard
de
Joppé
&
de
Gazara
il
étoit
Vrai
qu'il
les
avoit
prifes
,
mais
que
c’étoit
pour
réprimer
ceux
qui
y
demeuroient,
&
quicaufoient
mille
dégats
dans
le
pays.
Qu'au
refte
il
étoit
prêt
de
donner
au
roi
cent
talens
pour
ces
deux
villes.
…
Athénobie
ne
répondit
pas
un
f{eul
mot
à
cela
;
mais
il
s'en
retourna
tout
en
colere
vers
le
roi,
qui
étoit
coûjours
au
fiege.
dé-Dôors.
:
(a)
Les
S
0.
talens
d'argent
à
2400,
iv.
lun,
font
120000.
livres:
Re
à
Livre
SEPTIEME—
19
|
Cependant
T
ryphon
trouva
moyen
de
s'enfuif
Aa
di
Monde,
_
de
cette
ville,
par
le
moyen
d'un
yaïfleau
d'Or-
55
De
pie
thofe,
qui
Le
prit
&
le
tranfporta
à
Apamée
fa
Vue
152:
patrie
;
où
il
avoit
grand
nombre
d'amis
;
&
An-
tiochus
donna
à
Cendebée
le
commandement
de
ira
toute
la
côte
de
la
Phénicie,
&
de
la
Paleftine
;
Ph
gouverneur
de
&
lui
laifla
une
bonne
armée
de
cavalerie
&
d’in-
12
Paleftine,
l'an
ni.
,
:
:
du
M.
3866.
avant
_
fanterie.
Cendebée
commença
par
fortifier
un
lieu
7.
€.
34.
avant
d’une
fituation
avantageufe,
nommé
Gédor,
Dee
il
mit
des
troupes
en
garnifon
pour
faire
des
cour-
fes
dans
le
pays
;
&
étant
arrivé
à
Jamnia,
il
fit
de
grands
ravages
dans
la
Judée,
prit
grand
nom-
bre
de
prifonniers
,
tua
plufieurs
perfonnes
,
&
défola
toute
la
campagne.
(4)
Jean
Hircan
que
Simon
fon
pere
avoit
mis
à
Gazara
pour
la
gar-
der,
accourut
à
Jerufalem,
(2)
pour
donner
avis
à
Simon
de
tout
ce
qu'avoit
fait
Cendebée.
Alors
Simon
ayant
fait
venir
fes
deux
fils
aînés
,
Judas
&
Jean,
qui
fut
depuis
furnommé
Hirean
,
il
leur
dit
qu'il
les
érablifloit
chefs
de
leur
nation
en
fa
place
;
que
fon
grand
âge
ne
lui
permettant
plus
de
conduire
les
armées
,
ni
de
combattre
,
c
évoit
à
eux
à
limitation
de
leurs
oncles,
&
de
lui-mé-
me,
d'expofer
généreufement
leur
vie
pour
leur
loi,
pour
leur
temple
,
&
pour
leur
peuple.
IL
leur
donna
enfuite
fa
bénédiction
;
&
ayant
choiïfi
vingt
mille
hommes
de
pied,
&
de
la
cavalerie,
il
les
envoya
contre
Cendebée,
Les
deux
fils
de
Simon
s'avancerent
jufquà
Modin
,
&
le
lendemain
de
grand
matin
étant
(a)
1.
AMaccab.
xv.
38.
Sc,
(D)
r
Maccab.
XVI.
I.
2.
Ce
:
Bb
ü
103
HisroiRe
DEL
ANC.
TESTAMENT,
An
du
Monde,
defcendus
dans
la
plaine,
il
parut
tout
à
coup
une
3866.
avant
JC.
134.
avant
JEre
Vuls.
n
Pb
138,
grande
troupe
de
gens
armés
qui
venoient
à
eux,
C'éroit
Cendebée
général
des
troupes
Syriennes.
Les
deux
armées
n'étoient
féparées
que
par
un
torrent.
Les
troupes
de
Jean
EHircan
craignant
d'y
entrer,
Hircan
y
entra
le
premier,
le
pañla
,
&
fut
{uivi
par
tout
fon
monde.
Après
quoi
ilrangeafon
armée
en
bataille,
partagea
fon
infanterie
en
deux
corps
,
&
mit
la
cavalerie
au
milieu.
Aufli-tôt
que
les
trompettes
facrées
eurent{onné
la
charge,
Far-
_mée
ennemie
commandée
par
Cendebée,
prit
la
Mort
du
grand-
prêtre
Simon,
l'an
ÉCANT
allé,
pour
vifiter
les
villes
de
Judée,
&
U
Mo
3069.
avant
>
ne
C.
131.
avan
pour
y
regler
toutes
chofes
,
comme
c’étoit
la
Vulg.
135
fuite;
plufeurs
furent
tués,
ou
bleffés
;
mais
com-
me
il
y
avoit
beaucoup
de
cavalerie,
il
s’en
fauva
un
grand
nombre
dans
la
fortereffe
de
Gédor,
que
Cendebée
avoit
fait
bâtir.
Hircan
les
pour-
fuivit
jufques-là,
&
Judas
fon
frere
fut
bleifé
dans
cette
action.
.Plufieurs
des
ennemis
s'étoient
jet.
tés
dans
des
tours
qui
étoient
dans
la
plaine
d'A-
zoth.
Cendebée
lui-même
y
fit
mettre
le
feu,
&
il
y
eut
deux
mille
hommes
des
ennemis
qui
y
périrent.
Après
cette
heureufe
expédition
,
Jean
Hircan
ramena
l'armée
à
Jerufalem
;
fans
avoit
fouffert
aucune
perte.
.
Ca
KEY
Quelque
tems
après
le
grand-prêtre
Simon,
accompagné
de
Judas
&
de
Mattathias
fes
fils,
coûtume,
il
arriva
à
Jéricho
,
&
fut
recu
par
Pto=
lemée
,
fils
d'Abobus
fon
gendre,
dans
le
château
de
Dog
,
qu'il
avoit
fait
bâtir
&
fortifier.
Ptole-
mée
avoit
été
établi
gouverneur
de
la
plaine
de
Jéricho
par
Simon
;
il
étoit
fort
riche
;
mais
fon
1
Livres
SEPTIEME
:
199
ambition
n'étant
pas
encore
contente
,
il
VOOR
de.
fe
rendre
maitre
de
tout
le
pays
:
&
pour
cet
Se
il
prit
la
réfolution
de
fe
défaire
de
Simon
fon
Vuig
135.
beau-pere.
Ptolemée
ayant
donc
reçu
Simon
&
fes
fils,
leur
fit
un
grand
feflin
;
&
après
qu'ils
eu-
rent
fait
bonne
chere,
il
fit
entrer
dans
la
fale
des
meurtriers
qu'il
avoit
apoltés
,
&
cachés
dans
fa
maifon,
lefquels
s'étant
jettés
fur
Simon
&c
fur
fes
deux
fils
,
les
tuerent,
&
avec
eux
quelques-
uns
de
leurs
ferviteurs.
Aufli-tôt
que
Ptolemée
eut
commis
cette
perfidie
;
il
en
écrivit
au
roi
Antio-
chus
Sidétés,
&
le
pria
de
lui
envoyer
promte-
ment
une
armée
,
lui
promettant
de
lui
remettre
le
pays
avec
toutes
les
villes
que
Simon
avoit
ufurpées
,
&
de
lui
payer
un
tribut,
pourvû
qu'il
Pétablit
gouverneur
de
la
Judée.
En
mème-tems
il
écrivit
à
Jean
Hircan
qui
étoit
à
Gazara
,
de
le
venir
trouver;
&
il
fit
folliciter
les
officiers
de
l'armée
des
Juifs,
de
fe
joindre
à
lui,
leur
pro-
mettant
de
l'or,
de
l'argent
&
de
orands
préfens.
11
fit
aufli
partir
du
monde
pour
fe
rendre
maître
|
de-Jerufalem
,
&
de
la
montagne
du
temple.
-.
Mais
toutes
les
mefüres
que
Ptolemée
avoit
prifes
avec
tant
de
précautions,
ne
lui
fervirent
de
rien,
Un
homme
de
Simon
échappé
du
maflacre
|
accourut
à
Gazara,
&
informa
Hirean_
de
tout
ce
_
quivenoit
d'arriver,
&
lui
dit
que
Ptolemée
avoit
|
auf
réfolut
de
Le
défaire
de
lui,
&
qu'il
avoit
envoyé-pour
cela
des
gens
qui
dévoient
bient-tôt
arriver.
En
effet
ces
gens
vinrent
,
&
Jean
Hhrean
:
es
arrêta,
&
les
fit
mourir.
(4)
Alors
fans
perdre
ténuëé
dans
les
Livres
facrés
&
ca-
*
(a)
Ta
finit
le
premier
Livre
noniques
de
l’ancien
Teftament.
des
Maccabées,
&
l'hiftoire
con-
200
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
ee
de
tems
,
il
alla
à
Jerufalem
,
(a)
où
il
entra
,
eff
3969.
avant
J.
C.
même
tems
que
Prolemée
avec
fes
gens
fe
pré-
A
fenta-pour
y
entrer
aufli
par
une
autre
porte.
On
|
ferma
Les
portes
à
Ptolemée,
&
Hircan
fut
recon-
nu
de
tout
le
peuple
comme
fuccefleur
de
Simon.
Il
prit
pofeflion
de
la
dignité
de
grand-prêtre,
&
de
prince
de
fa
nation
;
&
après
avoir
offert
des
facrifices
au
Seigneur,
il
fe
mit
à
la
tête
de
l’armée,
&
alla
aflieger
Ptolemée
dans
la
forte-
refle
de
Dog.
Jofeph
(4)
raconte
que
Prolemée
dans
le
feftin
dont
on
a
parlé,
ne
fit
tuer
que
Si-
mon,
&
quil
retint
prifonnier
{à
veuve
&
fes
deux
fils
;
&
qu'Hircan
étant
venu
l’aflieger
dans.
{on
château
de
Dog,
ou
Dagon,
comme
il
l’ap-
pelle,
aufli-tôt
qu'Hircan
s'approchoit
des
murails
les,
&
prefloit
les
afliegés,
Ptolemée
faifoit
ame-
ner
fur
les
murs
{a
mere
&
fes
deux
freres,
&
les
frappant
cruellement
à
coup
de
verges,
menaçoit
de
les
précipiter,
silne
fe
retiroit.
A
cette
vüë
le
courage
d'Hircan
fe
ralentifloit
;
mais
f@
mere
lui
faifant
figne
de
la
main,
l'encourageoit
,
&
l'exhortoit
à
continuer
fon
entreprife
avec
encore
plus
de
vigueur,
pour
venger
Le
fang
de
fon
p=
re,
&
faire
fouffrir
à
Prolemé
dla
peine
de
Mais
Hircan
ne
pouvant
sy
réfoudre,
en
voyant
le
fupplice
dont
étoient
ménacés
{à
mere
&
fes
freres,
ce
fiege
tira
enlongueur,
&
la
fep-
tiéme
année,
ou
l’année
Sabbatique
,
qui
eft
pour
les
Juifs
une
année
de
repos,
étant
venué,
déroba
-
(a)
Zoféph.
l,
XIII.
G,
14.
IS.
(b)
Fofcph.
loco
citato,
c.
14.
2
érbait
ads
à
tt
hé
der
te
5
22
+
PRO
P
PUS
D
D
TRUE
UE
PO
RS
U
LE
DEEE
DO
PA
SRE
TA
Re
0
se
Cond:
e
ai
|
Livre
SEPTIEME.
207
Ptolemée
à
la
vengeance
d'Hircan.
Ce
traitre
ayant
tué la
mere
&
les
deux-freres
d'Hircan
“ee
retira
vers
Zenon
,
furnommé
Cotylas,
qui
avoit
ufurpé
la
tyrannie
dans
la
ville
de
Philadelphie,
au-delà
du
Jourdain.
C'eft
ce
qu'on
lit
dans
Jo-
feph.
Mais
de
fort
habiles
gens
(a)
révoquent
en
doute
toutes'ces
particularités
du
fiege
de
Dos,
ou
Dagon,
dont
le
vrai
livre
des
Maccabées
ne
dit
rien
;
ils
remarquent
même
qu'il
y
a
entre
Jo-
{eph,&
ce
livre,
une
contradiction
manifelte
,
en
ce
que
lhiftorien
J
uif
veut
que
la
mere
&
les
freres
d'Hircan
ayent
été
épargnés
par
Ptolemée
,
lorfqu’il
mit
à
mort
Simon
;
au
lieu
que
le
premier
des
Maccabées
dit
expreflement
que
Simon,
ce
{es
deux
fils
Judas
&
Mattathias,
furent
tués
avec
lui.
D'ailleurs
il
n'y
avoit
aucune
loi
qui
obligeàt
les
Juifs
à
né
pas
faire
la
guerre
dans
l’année
Sab-
batique.
Le
quatrième
livre
des
Maccabées,
chap.
1.
raconte
encore
la
chofe
un
peu
autrement.
Il
dit
que
Jean-reçut
le
furnom
d'Hircan,
après
avoir
vaincu,
&
tué
de
fa
main
un
fameux
capitaine
de
-
cenom
ment
Cendet
qui
ef
Cendebée,
qui
pou-
voit
être
natif
d'Hircanie.
Que
Jean
Hircan
ayant
appris
que
Prolemée
avoit
fait
tuer
Simon
fon
pe-
re,
Le
fauva
à
Gaza,
de
peur
de
tomber
entre.
fes
mains
;
que
ceux
de
Gaza
ayant
reçû
Hircan
,
fet-
_c'eft
apparemment
Ce
.
merentleurs
portes
à
Ptolemée
,
qui
fut
contraint
de
f
retirer
dans
(à
forterefle
de
Dagon,
avec
la
mere
&
les
deux-freres
de
Jean
Hircan
qu'il
avoit
LA
(a)
Salian
Annal.
ad
an.
M.3919.
S
Uffer.
ad
an.
M.
3860.
Tome
LIL.
CC
LT
ERERR
An-du
Monde,
869.
avant
J.
C-
31.
avant
l'Ere
Vulg.
155.
F
Ch
XEVI
y,
202
HISTOIRE
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
Andu
Monde,
Pris.
Qu'Hircan
ayant
été
reconnu
pour
grand-
Fan
avant
Pe
Prêtre
,.&
pour
prince
des
Juifs
,
alla
afleger
“#&135
Prolemée
dans
Dagon
;
qu'étant
fur
le
point
de
{e
rendre
maître
de
la
place,
Pcolemée
fitamener
fur
les
murailles
la
mere
&
les
deux
freres
d'Hir-
can
,
&
les
fit
tourmenter
cruellement
en
{à
pré-
{ence.
Hircan
en
fut
attendri
;
&
fa-mere
l’exhor.
!
tant
à
continuer,
il
s’approcha
des
mufailles.
Mais
Prolemée
menaçant
de
les
précipiter,
s'il
conti-.
nuoit
le
fiege,
il
fe
retira
dans
fon
camp
:
&
la
fête
des
tabernacles
étant
venuë,
il
fur
obligé
d'aller
à
Jerufalem,
pour
faire
les
fonctions
de
fà
Charge
dans
cette
folemnité
:
ce
qui
donna
lieu
à
Prolemée
de
fe
fauver
en
un
lieu
où
Hircan
ne
le
pouvoit
fuivre
:
ayant
auparavant
tué
la
mere
&
les
deux
freres
du
grand-prêtre
Hircan
{on
beau-frere,
G
:
.
L'année
fuivante
,
Antiochus
Sidétés
vint.en
idée
avec
une
puifante
armée,
&
après
avoir
ler
par
Antiochus
fait
le
dégât
dans
{a
Campagne;
afliegea
Hircan
a
dans
Jurufalem.
(a)
L'auteur
du
quatriéme
livre
des
Maccabées
dit
qu'il
trouva
beaucoup
de
réfi£
tance
de
Îa
part
des
aflegés
;
qu'il
fe
campa
vers.
la
partie
{eptentrionale
de
la
ville,
&.fit
bâtir:
cent
trente
tours
,
(4)
fur
lefquelles
il
plaça
fes.
{a)
Foféph.
Anrig,
L.x112,
16.
[
une
grande
pluye
remédia
;
qu'il
Ÿ
4
Maccab,
11.
ft
environner
la
ville
desdeux
;
.
»
3"
»
e
A
;
SRE
2
(b)
Jofeph
dit
qu'il
ny
avoit
|
grands
foflés
,
pour
Ôtér
aux
af-
QUE
CENT
tours
;
à
trois
étages,
|
flerés
toute
communication
avec
‘
22
:
/
Lave
:
È
;
nt
s
PET)
Qu'il
Partagea
fon
armée
en
fept
|
ceux
de
dehors.
Particularités
Corps,
qu’il
fut
fort
incommodé
qui
ne
fe
lifent
pas
dans
le
qua-
par
le
manquement
d’eau,
auquel
triéme
des
Maccabées.
-
à
EX
RER
ss
“.
|
.
s
=
|
Livre
SEÉDTIEME.
203
:
: é
°
lé
+
cn
|
foldats
pour
battre
la
ville,
&
pour
ÉloÏgNEMECUX
3
au
Monde,
|
qui
défendoient
lesmurailles.
Comime
on
travail-
1870
avant
J.C:
:
*
130
avant
l'Ere
loit
à
faper
les
murs,
on
trouva
que
les
fonde-
Vulgizs
mens
en
étoient
pofés
fur
du
bois;
Antiochus
y
fit
mettre
le
feu,
&
il
tomba
un
fort
grand
pan
de
la
muraille,
Mais
les
afliegés
s'étant
mis
{ur
la
brêche
,
arrêterent
l'effort
des
ennemis,
qui
VOU-
loient
entrer
dans
la
ville.
En
même-tems
Hircan
fit
une
fortie
fur
les
afliegeans,
leur
tua
beaucoup
de
monde,
&
obligea
Antiochus
&
fes
gens
de
{e
retirer
aflez
loin
de
la
ville.
Alors
Hircan
re-
vint,
&
détruifit
les
tours
qui
avoient
été
élevées
|
par
Antiochus.
Ce
prince
étoit
campé
à
deux
fta-
des,
ou
deux
cens
cinquante
pas
-du
temple.
Jofeph
ajoute
une
particularité
que
nous
ne
Ji-
fons
pas
ailleurs
,
qui
eft
qu'Antiochus
ayant
en-
velopé
toute
la
ville
par
un
double
foflé
fort
large,
&
fort
profond,
en
forte
que
perfonne
ne
|
pouvoit
rien
porter
dans
la
ville
,
Hircan
crai-
gnant
que
la
multitude
du
peuple
qui
étoit
dans
Jerufatem,
ne
l'affamäc,
mit
dehors
les
bouches
|
inutiles
:
mais
Antiochus
les
empêcha
de
gagner
la
campagne.
Ainfi
ils
demeurerent
errans
dans
l'enceinte
qui
étoit
entre
les
murs
de
la
ville,
&
à
les
foflés
des
ennemis
,
fans
recevoir
aucun
e-
|
_
cours;-&
périffant
miférablement.
Mais
la
fête
_
des
tabernacles
étant
arrivée
,
les
afliegés
couchés
de
compaflion
de
leurs
concitoyens,
les
firent
tous
rentrer
dans
la
ville
;
&
Le
grand-prêtre
Hlir-
can
pria
le
roi
de
lui
accorder
une
trêve
de
fept
jours
,
pour
pouvoir
folemnifer
cette
fête,
En
ceci
fe
quatriéme
livre
des
Maccabées
fe
réünit
avec
|
|
Cci
:
L
.
.
210
HisTorRE
DE
L’ANc.
TESTAMENT
;
|
Tan
du
Monde.
Cabées
;
pour
les
exhorter
de
fe
conformer
à
eux
35%.
avant
J.
C.
dans
la
célébration
de
la
dédicace
du
temple
de
120
avant
l’'Ere
?
5
,
=
Vale.
124
Jerufalem
;
qui
avoit
été
faite
par
Judas
Maccabée,
après
qu'il
eut
reconquis
le
temple
,
&
qu'il
l’eut
purifié
des
foüillures
que
les
nations
y
avoient
faites,
|
-
Pendant
ce
tems
le
royaume
de
Syrie
&
celui
d'Egypte
furent
partagés
par
des
broüilleries
&
des
divifions
prefque
continuelles;
ce
qui
donna
lieu
à
Jean
Hirean
de
s'affermir
dans
{à
nouvelle
:
monarchie
,
&
d'amafler
des
fommes
prodigieufes,
par
les
tributs
qu'il
tiroit
de
la
Judée.
Alexandre
Zébina
étant
devenu
maître
de
la
Syrie,
ft
allian-
ce
avec
Hircan
:
mais
il
fut
tué
dans
une
bataille
par
Antiochus
Gryphus
,
fils
du
roi
Antiochus.
Et.
le
même
Antiochus
Gryphus
fe
difpofantà
mar-
cher
contre
Hircan,
en
fut
empêché
par
la
nou-
velle
qu'il
reçût
que
fon
frere,
nommé
Antiochus
comme
lui,
levoit
des
troupes
à
Cizique
,
pour
le
venir
attaquer
en
Syrie.
Pendant
la
guerre
que
fe
faifoient
les
deux
freres,
Hircan
joüifloit
d’une.
profonde
paix
;
&
agifloit
en
fouverain
,
fans
&
mettre
en
peine
de
donner
du
fecours
ni
à
l'un,
nià
l’autre
de
ces
deux
princes.
Il
entreprit
de
ré-
duire
Samarie
,
(a)
&
d'aflujettir
les
Samaritains,
(2)
ayant
déja
quelques
années
auparavant
pris
:
-
Sichem,
&
démoli
le
temple
de
Garizim.
ec
ee
Lircan
s'engagea
dans
cette
guerre,
pour
ven-
riains,
ger
les
injures
que
les
Samaritains
avoient
faites
à
(@)
Zoféph.
Anrig.
lib.
xrx1.
(b)
4.
Aaccab.
x.
Fo/ephr
|
Aug.
Lxuin
cie
:
DE
È
FRS
7
De
nue
LE
Livre
SEPTIEME.
2TI
ceux
de
Marifla
,
qui
étoient
amis
&
alliés
des
An
du
Monde,
Juifs
&
de
leur
nation,
demeurant
dans
la
Ju-
55$
x
Fe
dée
,
quoique
fujets
aux
rois
de
Syrie.
Marifla
dont
Ÿ#e
11e:
nous
parlons
ici
,
eft
la
même
que
Maréfa,
à
deux
milles
d'Eleuthéropolis.
Hircan
avoit
pris
Maréfa
dans
la
guerre
qu'il
fit
aux
Iduméens
*
mais
de-
puis
cecems
elle
étoit
rombée
fous
la
domination
des
Syriens.
(a)
Il
attaqua
Samarie
de
toutes
fes
forces,
&
avec
une
ardeur
extraordinaire.
Il
ft
environner
La
ville
d’un
mur
&
d'un
double
foifé,
dans
l'étenduë
de
quatre-vingt
ftades,
ou
de
dix
_
mille
pas,
qui
font
environ
quatre
jieuës.
La
ville
fut
bien-tôt
réduite
àune
telle
famine
,
que
Les
ha-
_bitans
furent
contrains
de
manger
des
chofes
les
plus
foüillées
fuivant
leurs
préjugés,
comme
font
des
animaux
morts
d'eux-mêmes.
Dans
cette
ex-
trêmité
ils
eurent
recours
au
roi
de
Syrie
,
&
le
prierent
de
leur
envoyer
un
prompt
fecours.
Cependant
le
jour
du
jeûne
folemnel,
ou.
de
l’expiation
,
qui
fe
célébre
au
commencement
de
l'année
civile,
étant
venu,
le
grand-prêtre
Jean
Hircan
fut
obligé
de
s’en
retourner
à
Jerufalem,
pour
y
faire
les
fonctions
de
fa
charge.
IL
faiffa
à
{es
deux
fils
Antigone
&
Ariftobule
,
la
conduite
du
fiege
de
Samarie.
Pendant
fon
abfence
,
An-
tiochus
de
Cizique
roi
de
Syrie,
vint
au
fecours
de
Samarie.
Mais
Ariflobule
étant
allé
à
faren-
contre
avec
fes
troupes,il
Le
mit
en
fuice,&
Île
pour-
fuivit
jufqu'à
Scythopolis,
où
il
eut
aflez
de
peine
de
fe
fauver.
Ariftobule
étant
revenu
au
fiege
de
la
ville,
la
prefla
encore
plus
qu'auparavant
:
en-
(a)
Fofeph.
Anrig.
L
XLI
Ge
F7
Ddi
212
Hisrorre
DE
L'Anc.
TestaMenr,
“And
Monde,
[0rte
que
ceux
de
Samarie
recoururent
de
nouveau
3894.
avant
J,C.
106.
aÿant l'Ere
Vule.
110.
_
qui
lui
étoit
apparu
en
fonge
lequel
de
fes
enfans
à
la
protection
d’Antiochus
,
qui
fit
venir
d'Egyp-
te
fix
mille
hommes,
pour
au
moins
faire
diver-
fion,
&
obliger
les
Juifs
de
quitter
ce
fiege,
afin
devenir
défendre
leur
pays,
où
ces
troupes
Egyp.
tiennes
commettoient
mille
dégâts.
Ptolemée
La:
thure
fils
de
la
reine
Cleopatre
;
conduifit
Jui-mê-
me
ce
fecours,
contre
l'intention
de
fà
mere
>
qui
ht
ce
qu'elle
put
pour
l'en
difluader.
Après
avoir
perdu
plufieurs
des
fiens
,
par
les
embufcades
que
les
Juifs
lui
drefferent
,
il
{e
retira
à
Tripoli,
laif-
fant
la
conduite
de
cette
guerre
à
Calimandre
&
à
Epicrate.,
Le
premier
s'engagea
témérairement
dans
un
combat
,
où
il
fut
défait
&
tué
;
&
Epi-
crate
s'étant
laiflé
corrompre
par
de
largent,
re-
mit
entre
les
mains
des
Juifs
Scythopolis,
&
quel.
ques
autres
places;
fans
avoir
donné
aucune
af.
fiftance
aux
Samaritains.
Ainf
Hircan
après
une
année
de
fiege,
prit
Samarie,
a
pilla
,
la
ruina
entierement,
en
jetta
les
démolitions
&
les
ma=
teriaux
dans
Îe
torrent
qui
pañloit
au
pied
de
cet
te
ville;
&
la
réduifit
en
tel
état,
qu'il
ne
paroif
foit
pas
qu'il
y
eût
jamais
eu
de
ville
en
cet
en=
SR
—
Se
4
On
raconte
des
chofes
fort
fingulieres
de
J
can
Hircan.
On
aflüre
qu'il
avoit
des
communications
/
familieres
avec
Dieu,
&
qu'il
étoit
favorifé
de
vi-
fons
extraordinaires.
Il
avoit
une
amitié
particu-
liere
pour
Ariftobule
&
Antigone,
les
deux
plus
âgés
de
fesfils
;
(4)
&
un
jour
il
demanda
à
Dieu
©
Fofcph.
Anti,
2
Le
ES
LxI11,6
20.
Hrvar
SÉébTIEMÉ
fui
faccederoit.
Dieu
lui
fit
connoître
,
en
ui
ER
one,
prelentant
le
vifage
d'Alexandre,
qui
näquit
biens
5
ei
rot
après,
que
ce
feroit
Jui
qui
regneroit.
Le
dé:
"MF
"9
plaifir
qu'il.en
eut
le
porta
à
le
faire
nourrir
dans
la
Galilée.
Mais
il
ne
put
empêcherque
ce
que
Dieu
lui
avoit
prédit,
n’arrivât
:
Alexandre
fut
élevé
far
Le
trône
après
la
mort
d'Ariftobule
fon
frere
ainé
,
comme
on
le
verra
ci-après.
On
dit
auffi
(4)
que
le
même
jour
que
fes
deux
fils
An-
_
tigone
&
Ariflobule
avoient
battu
Antiochus
de
Cyzique
roi
de
Syrie,
&c
l'avoient
repouflé
juf-
qu'à
Scychopolis,
Hircan
qui
étoit
alors
dans
lin
térieur
du
temple,
où
il
offroit
l'encens
,
ouitune
voix
qui
lui
dit
que
{es
fils
avoïent
remporté
la
vidtoire
contre
ce
prince
;
qui
étoit
venu
pour
donner:
du-fecouts
àSamariese
sets
_
C'eft
au
tems'de
ce
grand-prètre
que
lon
rap-
Cn.
XLVHL
porte
origine
des
trois
fectes
principales
qui
Se
LE
étoient
en
réputation
-chez-les
Juifs;
celles
des
Pharifens
des
EF
éniens,
&
des
Sa<
Pharifiens,
des
Saducéens
,
&
des
Efléniens:
où
ducéens.
°
SR:
LS
.
F
SÉ
ES
2
appelle
Le
quatriéme
livre
\
19
_Fimitation
des
fectés
que
Fon
voyoir
parmi
:
es
Grecs,
que
les
Juifs
s'aviferent
de
fe
partager
auflt
(a)
Idem
Anriq.
L
XTLE,
6
18%
(D)
Jofepb.
Anriq.
RIT
9
|
11}
214
HIistTOIRe
DE
LANC.
TESTAMENT,
”
Andu
Monde,
en
différens
partis.
Les
Pharifiens
avoient
aflez
3e
aan
Cr
de
rapportaux
Stoiciens
;
les
Saducéens
aux
Epicu-
Val.
110
riens;
&
Les
Efléniens
approchoient-plus
des
Py-
thagoriciens
,
&
ils
pafloient
pour
plus
parfaits
|
que
ni
Les
Pharifiens,
nile
Saducéens.
Il
ya
beau,
coup
d'apparence
que
c’eft
des
Efléniens
dont
il
eft
parlé
dans
les
livres
des
Maccabées
,
(4)
fous
le
nom
de
Syragogue
des
Affidéens
;
&
fi
cela
eff,
il
faut
mettre
leur
origine
au
moins
dèstle
tems
de
Mattathias,
pere
de
Judas
&
des
premiers
Mac:
cabées,
Quoi
qu'il
en
foit,
comme
nous
ne
fça-
vons
pas
au
vrai
l'origine
de
ces
trois
fetes,
nous
ne
pouvons
manquer
de
les
placer
ici.
Le
lecteur
eft
aflüré
qu'alors
elles
exiftoient,
&
étoient
bien
connuës
&
diftinguées
dans
le
pays.
“aisé
.
Seëtes
des
Ph
On
ignore
l’auteur
de
Ja
fecte
des
Pharifiens,
aie
Leur-nom.
dérive
d’une:
racine
Hébraïque,
qui
fignife
diviler,
féparer
;
parce
qu'ils
fe
diftinguoient
du
refte
des
[fraëlites
par
une
maniere
de
vivre
-
plus
exacte
,
&
plus
pure.
Ils
admettoient
le
deflin:
(b)
mais
de
telle
maniere
qu'ils
laiffoient
à
l’hom-
me
la
liberté
de
faire,
ou
de
ne
point
faire
le
bien
ou
le
mal.
Ils
n'étoient
point
bornés
à
une
où
plufieurs
famille
;
il:y
avoit
des
Pharifiens
de
tou
ses
les
tribus.
Ils
s'acquirent
d’aflez
bonne
heure
_
beaucoup
d'autorité
dans
leur
nation.
Le
peuple
qui
fe
laïffe
aifément
prendre
aux
apparences
d'une
vertu
auftere
&
d'une
{cience
finguliere
,
concçût
une
hauteidée
du
mérite
des
Pharifiens,
dont
l’ex-
>
33e
XIV,
Go
nat
is
o
LA
cl
A
|
x
Lo
|
Érvas
SEPTIF
MX
51$
terleur
étoit
fort
compolé
,
la
nourriture
fort
fim=
Année
incenaine:
.
ple
&
fort
frugale
,
&
attachement
aux
obferva-
tions
céremomelles
de
la
loi
ponctuel
jufqu'au
fcru-
pule.
Les
traditions
des
anciens
étoient
chez
eux
en
grande
réputation
&
en
grand
honneur.
Ils
les
faivoient
à
la
lettre;
&
par
Là
furchargeoient
les
Joix
de
Moyfe
d’une
infnité
d'obfervances
fuper-
flitieufes,
inutiles,
&
fouvent
même
contraires
au
véricable
efprit
de
la
loi.
Notre
Sauveur
dans
l'Evangile
{4)
leur
a
fouvent
fait
des
reproches
de
leur
hypocrifie,
de
leur
orgüeil,
de
leur
fuper-
flition
,
&
de
leur
efprit
de
domination.
Ils
jeû-
noient
beaucoup
,
&
affectoïent
de
paroiître
jeû=
neurs.
Ils
faifoienc
de
fongues
&
fréquentes
prie-
res
;
mais
ils
Les
faifoient
en
lieu
public,
&
à
la
vûe
de
tout
le
monde.
Ils
donnoïent
de
grandes
aumônes
:
mais
ils
fonnoient
de
la
trompette,
pour
en
avertir
Le
public.
:
LÉ
-
Les
franges
de
leurs
manteaux
étoient
us
lon
gues
que
celles
des
autres
Juifs;
&
il
y
en
avoit
qui
parun
efprit
de
penitence,
ou
plûtôt
d’often-
tation
;
y
atrachoient
des
épines,
pourfe
mortifiers
_&
pour
sex
enfer
au
Citer
à
penfer
aufli
fouvent
à
Dieu,
que
les
pointes
de
cés
épines
venoient
leur
fro-
ter
contre
les
jambes.
(4)
Les
phylacteres
où
bandes
de
parchemin
qu’ils
portoient
fur
le
front
&
fur
leurs
poignets,
étoienc
plus
grandes
que
celles
des
autres.
Ces
phylaéteres
étoient
des
bandes
de
parchemin
,
où
lon
écrivoit
certaines:
(a)
Matth.
v.
20.
VI1.
29:
|
(b)
Hieronym.in
Matr,.XX1ITe
XVI.
II-XXI11.
2.
Cpallim.
|
27.
}
216
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
Année
incrane.
Paroles
de
la.
loi,
pour
obéir
au
précepte
mal
én-
tendu
de
Moyfe,
(4)
qui
ordonne
d’avoir
la
loi
de
Dieu
fur
le
front
&
fur
le
poignet,
de
s’en
:
fairecomme
des
braflelets
&
des
couronnes;
c'eft-
à-dire,
de
ne
l’oublier
jamais,
&
d’en
he
{on
plus
cher
objet
&
{on
“
riche
ornement.
Ils
{e
lavoient
ee
les
mains,
depuis
l’extré-
mité
des
doigts
juiqu'
au
Coude
,ou
depuis
le
cou-
de
jufqu'aux
extrémités
des
doiges.
Ils
enufoient
ainfi
toutes
lés
fois
qu'ils
revenoient
dela
ruë
ou
de
{a
place
publique
dans
leurs
maifons.
(4)
Les
Pharifiens
croyoient
Fame
immortelle
,
(c)
&
l’exiftence
des
Efprits
&
des
Anges.
Ils
ad-
mettoient
une
efpece
de
metempiycofe
des
ames
des
gens
de
bien.
Celles
des
méchans
étoient
re-
leguées
dans
des
cachots
ténébreux,
&
étoient
condamnées
à
à.
y
être
éternellement
tourmentées,
Ils
croyoient
aufli
la
réfurrection
des
morts
,
&
he
toutes
les
conféquences
de.
ce
fenti-
ment.
On
verra.
dans
la
fuite
de
cette.
hifloire,
&
dans
la
vie
de
notre
Seigneur
|
d’autres
particu-
larités
fur
cette
fecte,
Saint
Jerôme.(d)
ne
met
l
origine
des
Pharifiens
qu
’aflez
tard,
puilqu’
il
veut
quelle
foit
venué
de:
la.
féparation.
des
écoles
d'Hillel
&
de
Schammaï,
qui
vivoient
peu
de
cems
avant
Jefus-Chrif.
Il
avoit
reçh
ce
fentiment
des
Hébreux,
qui
rapportent
aufli
à
Hillel
l'ori-
Fi
du
Pharizaifine.
Mais
il
eft
certain
qu
il
fut
-
(a)
Exod.
X111.
16,
Dent,
en
2.
de
Béllo,
&.
#r.
D
il.
10.
+
|r2
@Anrig
LI18-c2:.
—
dre
de
Le
ds
|
(9)
Re
in
Ifei,
VI
L
|
—.
3
|
Livre
SEPTIEME
917
la
faire
-venir
de
plus
haut.
Il
y
a
encore
aujour-
Année
incertaine,
_
d'hui
des
Pharifiens
en
grand
nombre
parmi
les
Juifs;
&
la
plüpart
de
ceux
qui
fe
diftinguent
par
leurs
études
dans
cette
nation,
font
de
cette
fecte.
Ils
font
moins
rigides
qu'autrefois
;
maisils
ontles
mêmes
idées
fur
l'immortalité
de
l'ame
,
l’exiften-
ce
des
Anges
&
des
démons,
la
metempfycofe
,
&
la
liberté
de
Fhomme.
:
Les
Saducéens
reconnoiïfloïent
pour
auteur
de
leurfecte
un
nommé
Sadok.
Les
Juifs
racontent
CH.
XLIX.
que
Sadok
fut
difciple
d’Antigone
Socheus,
qui
de
hu
fucceda
non
dans
la
charge
de
grand-prêtre
,
mais
"crane.
dans
la
tradition
de
la
doétrine
,
au
grand-prêtre
Simon
le
Jufte,
fuccefleur
d'Onias
L.
&
qui
fut
Les
Pharifiens
pour
rendre
cette
fete
odieufe,
_enfeignent
que
Sadok
étoit
un
fchifmatique
qui
s'étoit
féparé
du
grand-prêtre
Simonle
Juite,
&
d'Añtigone
Socheus
fon
difciple,
&
du
refte
de
{a
nation
des
Juifs,
qui
foutenoient
que
le
temple
de
Jerufalem
étoit
le
lieu
que
le
Seigneur
avoit
Tome
LL
|
Eee
|
‘Année
incertaine,
RS
018
Uisrore
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
choifi';
pendant
que
lui
Sadok
avec
Boëthus,
au
tre
difciple
d’Antigone
,
&
plulieurs
autres
mau-
vais
Juifs,
favorifoient
le
fchifme
des
Samaritains,
&
approuvoient
le
culte
qu'ils
rendoïent
au
Sei-
gneur
fur
la
montagne
de
Garizim.
Mais
Jofeph
_ne
leur
fait
aucun
reproche
fur
cet
article,
il
nous
LUE
les
reprefente
vivans
au
milieu
des
autres
Juifs,
&
poñledans
les
principaux
emplois
de
leur
na-
tion
,
tant
dans
le
temple
,
que
dansle
gouverne:
ment
politique.
=
|
|
La
principale
erreur
des
Saducéens
rouloit
fur
lexiftence
des
Anges,
fur
Fimmortalité
de
lame,
fur
la
réfurrection
future,
fur
les
peines
&
les
re-
compenfes
de
l'autre
vie.
Ils
nioient
tout
cela
,
&
ils
n’admettoient
poirtt
les
traditions
des
anciens,
ni
leurs
explications
de
la
loi,
dont
les
Pharifiens
faifoient
leur
capital.
Les
plus
riches
des
Juifs
,
&
les
plus
diftingués
par
leurs
emplois
&
par
leur
naïf
fance
;
étoientfouvent
du
nombre
des
Saducéens.
Ces
gens
étoient
rigoureux
vengeurs
du
crime,
&
exacts
à
remplir
les
devoirs
de
la
vie
prefente,
comme
ne
comptant
pour
rien
tout
ce
que
l'on.
difoit
d’une
autre
vie
,
après
celle-ci.
Jofeph
(a)
…
remarque
toutefois
que
fouvent
dans
le
souver-
nement
civil
,
pour
ne
fe
pas
rendre
infupporta-
bles
au
peuple
,
ils
fe
conformoient
aux
maximes
&
aux
fentimens
des
Pharifiens,
qui
dominoient.
par
leur
grand
nombre.
On
accufe
les
Saducéens
de
n'avoir
pas
rècu
tous
les
livres
de
l'écriture
;
fais
feulement
le
pentateuque,
ou
les
livres
de
NES”
Sr
=
DER
Se
$
Lives
SEPTIEME
:
91
Moiïle
:
mais
cette
accufation
n’eit
pas
affez
bien
fondée.
Ils
nioient
le
deftin,
&
fe
mocquoient
de
ceux
qui
tenoient,
que
la
Providence
avoit
quelque
part
à
ce
qui
nous
arrive,
ou
à
ce
que
nous
faïfons.
Ils
foutenoient
que
nous
fommes
abfolument
les
maîtres
de
faire,
ou
de
ne
pas
faire
tout
ce
qu'il
nous
plaît,
en
bien
ou
en
mal;
que
nous
fommes
la
feule
caufe
de
notre
bon-
Année
incertaine:
heur,
ou
de
notre
malheur;
quil
ne
nous
arrive
ni
bien
ni
mal,
qu'autant
que
nous
nous
l'attirons
par
le
bon
ou
mauvais
ulage
que
nous
faifons
de
notre
liberté.
|
Les
Saducéens
ont
fubfifté
long-tems,
&
{ub-
|
fiftent
encore
aujourd’hui,
quoiqu’en
petit
nombre.
Les
Juifs
modernes
les
regardent
comme
des
hé-
rctiques,
&
des
deftruéteurs
des
fondemens
de
_
Ja
loi
:
mais
aficiennement
ils
étoient,
comme
qui
donna
occafon
à
cette
rupture.
(4)
Hbrcan
ft
un
jour
un
grand
feftin
aux
principaux
des
Pha=
(a)
Fofeph.
Antiqg.
bib.
xaïT.
ec.
18.
-
Éci
920
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
….
Année
inceraine,
lifiens
:
&
quand
il
vit
qu'après
avoir
fait
bonne
chere
,
ils
commençoient
à
être
un
peu
gais,
4
-
leur
dit
que
puifqu'il
étoit
dans
leur
fentiment,
&
qu'ils
fçavoient
qu'il
n’avoit
point
de
plus
grand.
défir
que
de
marcher
dans
les
voies
de
la
jufice,
ils
étoient
obligés
de
l'avertir
de
ce
qu'il
y
avoit
dans
fa
conduite
de
contraire
à
Îa
loi,
afin
quil
s'en
corrigeût,
|
..
Les
conviés
lui
donnerent
fur
cela
de
grandes
loüanges
,
&
il
en
témoigna
beaucoup
de
joye,
Mais
Fun
d'eux,
nommé
Eléazar,
qui’
étoit
un
fort
méchant
homme,
prenant
la
parole,
lui
dit:
Si
vous
défirez,
comme
vous
le
dites,
que
l’on
vous
parle
franchement,
&
felon
la
vérité,
don-
nez
une
preuve
de
votre
vertu,
en
renonçant
à.
fa
grande
Sacrificature
,
&
contentez-vous
de
la.
qualité
de
prince
du
peuple.
Hircan
lui
demanda
pourquoi
il
fui
failoit
cette
propofñtion
?
C’eft,
tépondit-il,
que
nous
avons
appris
de
nos
an
Ciens,
que
votre
mere
a
été
efclave
fous
Le
regne
d'Antiochus
Epiphaness
Comme
ce
bruit
étoit
faux
,
Hircan
s'en
tint
très-offenfé
,
&
les.
Pharifiens
qui
étoient
du
feftin,
ne
témoignerent
pas
Fêtre
moins
que
lui.
Alors
Jonathas,
Fun
des
plus
intimés
amis
d'Hircan,
&
qui
étoit
de
la
fete
dés
Saiducéens
,
entiérement
oppofée
à
celle-des
Pharifiens
,
lui
dit
que
c’avoit
été
du
confente-
“ment
des
autres
Pharifiens,
qu'Eléazar
fui
avoit
_ténu
ce
difcours
:
&
qu'il
feroit
aifé
de
s’en
con-
Vaincre,
en
leur
demandant
de
quelle
forte
ils
_eftimoient
qu'on
le
devoit
punir.
>
…
Hircan
leur
demanda
donc
ce
qu'ils
penfoient
x
Lives
SEPTIEME
297
:
"
PRET
e
mnrngernersese
EEE
de
l'outrage
qu'Eléazar
venoit
de
lui
faire
,
&
Année
inçertaine,
|
quelle
peine
:
méritoit.
Comme
ils
ne
font
pas
fort
févéres
dans
la
punition
des
crimes,
ils
fui
dirent
qu'ils
croyoient
qu'il
méritoit
feulement
la
prifon
&
le
foüet
;
parce
qu'ils
ne
jugéoient
pas
que
la
médifance
rendit
un
homme
digne
de
mort.
Cette
réponfe
ft
croire
à
Hircan
qu'ils
avoient
eu
part
au
difcours
d'Eléazar,
&
que
ce
n’étoit
qu'à
leur
follicitation
qu'il
avoit
ainfi
par=
té
;:
&il
en
fut
fiirrité,
J
onathas
aigriflant
encore
_
{on
efprit,
que
non-feulement
il
renonça
à
Îa
.
fecte
des
Pharihiens
,
pour
embtafler
celle
des
Sa=
_ducéens,
mäis
ül
abolit
encore
tous
leurs
{as
tuts,
&
fit
punir
ceux
qui
Les
obfervoient.
Ce
qui
le
rendit,
&
fes
enfans
très
-
odieux
à
tout
le
peuple.
.
_
La
fecte
des
Efféniens
eft
peut-être
a
plus
an-
_cienne
de
celles
qui
étoient
connues
chez
les
Juifs,
füppolé,
comme
nous
Pavons
dit,
que
ce
foient
eux
qui
font
nommés
Aflidéens
dans
les
Jivres
des
Maccabées
.
Is
faifoient
profeflion
d'a
me
vie
plus
parfaite,
plu
pénitente
plus
rétirée
_
“que
Les
autres
set
es
Jus
,
ils
mentroient
point
dans
les
emplois
du
gouvernement
;
&
ne
fe
mêloient
que
des
affaires
de
leur
fete,
&
de
leur
obfervance.
Ils
vivent
entre
eux
dans
une
très-srande
union,
dit
J
ofephe.
(a)
Ils
ont
hor-
reur
de
la
volupté,
comme
d'un
poifon
dañgereux.
Hls
s'étudient
à
une
exacte
continence,
&
à
ré-
a
Car.
E,
Origine
des
Efé-
mens,
Leurs
pra-
tiques
&
leurs
fer
timens.
Annéeirs
certaine,
.
fifter
à
l'attrait
du
plaïfir.
lis
ne
s'engagent
point
(@)
Foféph.
lib,
2,
de
Béllo,
F2
ee.
Ee
uj
€
Aa
ets
marque
SO
RESTE
ro)
Année
incertaine
222
Histoire
DEL
ANC.
TESTAMENT,
dans
le
mariage
;
mais
ils
élevent
les
enfans
des
autres,
comme
s'ils
étoient
à
eux
,
&
leur
in{pi-
rent
de
bonne-heure
leur
efprit
&
leurs
maxis
mes.
Ce
n'eft
pas
qu'ils
ayent
horreur
du
maria.
ge,
ou
qu'ils
le
croyent
défendu
:
mais
ils
on.
pour
principe,
que
l’on
doit
toûjours
être
en
gar..
de
contre
lintempérance,
&
contre
l'infidélité
des
femmes.
[ls
méprifent
les
richefles,
&
pof
dedent
tout
en
commun,
fans
que
lun
foit
plus
riche
que
l’autre.
C’eftparmi
eux
une
loi
inviola-
ble
de
renoncer
à
la
proprieté
de
tout
bien
,
&
de
mettre
dans
la-{ocieté
tout
ce
qu'ils
pofledent,
Ainfi
ils
vivent
comme
freres
dans
une
parfaite
égalité,
—.
Le
L'huile
&
les
parfums
font
regardés
chez
eux
comme
chofes
impures
,
&
ils
{e
purifient
après
en.
avoir
feulement
touché
par
hazard,
comme
s'ils
avoient
touché.une
chofe
{ouillée,
Ils
{e
font
honneur
de
l'auflerité
qui
paroît
fur
leur
exté-
rieur
;
mais
ils
évitent
la
mal-propreté,
&
ont
toüjours
des
habits
bien
blancs.
Ils
ont
des
dif
|
penfateurs
qui
ont
foin
de
leurs
biens,
&
qui
les
diftribuent
à
chacun
felon
{on
befoin.
Leur
de-
:
meure
n'elt
point
en
un
feul
lieu;
il
yen
a
dans
différens
endroits
du
pays.
Ils
reçoivent
ceux
de
leur
fecte
dans
leurs
maifons,
&
leur
font
part
de
tout
ce
qu'ils
ont.
Ainfi
en
voyage
ils
ne
portent
jamais
de
provifons
:
ils
ont
feulement
quelques
armes
pour
fe
défendre
contre
les
voleurs.
Dans
chaque
ville
il
y
à
un
homme
établi
pour
avoir
foin
de
leurs
hôtes,
&
pour
leur
fournir
{es
ha-
bits
&
lesautres
chofes
néceflires,
Les
enfans
|
-
Drive
SEFTIEME
2
|
qu'ils
élevent
font
tous
vêtus
&
traités
de
même,
;,
ayant
un
feul
maître
pour
tous.
Ils
ne
changent
point
d'habits
,
que
les
leurs
ne
foient
entiere-
ment
ufés.
Ils
ne
vendent
ni
n’achettent
rien
en-
tre
eux
;
tout
leur
commerce
fe
fait
par
échange,
Jun
donnant
ce
qui
lui
et
fuperflu
,
pour
rece-
voir
ce
dont
il
a
befoin:
&
même
fans
échange,
11
leur
eft
permis
de
prendre
ce
qui
leur
eft
né-
…
ceflaire,
ét
d'ufer
de
ce
qui
eft
à
leur
bienféance
chez
leurs
confreres,
comme
du
leur.
Ils
font
tous
profeflion
d'une
grande
pieté
en=
vers
Dieu,
&
ne‘parlent
pas
avant
le
lever
du
_
foleil
:
{eulement
ils
prononcent
certaines
pries
res
,
qu'ils
ont
reçüëés
de
leur
peres,
comme
pour
inviter
cet
aftre
à
fe
lever,
après
quoi,
chacun
eft
envoyé
au
travail
fuivant
la
volonté
de
leuf
fupérieur.
Après
avoir
travaillé
jufqu'à
la
cinquié-
me
heure
du
jour,
c'eft-à-dire
jufqu'à
une
heure
avant
midi,
ils
s'aflemblent
de
nouveau
tous
en=
femble,
&
fe
ceignant
avec
des
linges
blancs
,
ne
peut
entrer.
dans
leur
réfec-
ee
rend
graces
à
Dieu
auteur
de
tout
bien.
Puis
ils
quittent
leurs
habits
blancs,
qu'ils
regar-
ils
fe
baïignent
tous
dans
{eau
froide
;
après
quoi,
née
incertaine,
:
224
Hisrorre
DE
L'Anc.
TESTAMENT,
Année
ncane
dent
comme
des
habits*facrés,
&
retournent
a
travail
comme
auparavant.
Ils
travaillent
jufqu'au.
foir
;
&
alors
ils
{e
raflemblent
au
lieu
où
ils
prennent
leurs
repas,
&
font
manger
avec
eux
leurs
hôtes
,
s'il
leur
en
eft
furvenu
quelques-
DES
à
À
sn
ie
La
dépendance
où
ils
font
à
l'égard
de
leur
chef,
ne
les
empêche
pas
de
faire
du
bien
à
leur
prochain
:
mais
ils
ne
peuvent
rien
donner
à
leurs
parens
fans
l’agrément
de
leurs
fupérieurs.
:
Ils
font
très-religieux
obfervateurs
de
leur
parole
,
&
leurs
fimples
promefles
font
aufli
inviolables
que
les
fermens
les
plus
facrés.
Ils
évitent
le
jurés
ment
comme
le
parjure
même.
Ils
étudient
avec
foin
les
ouvrages
des
anciens,
&
y
cherchent
ce
qui
peut
perfectionner
leur
ame,
&
{ervir
à
la
confervation
de
la
fanté.
De-là
vient
qu'ils
font
f
habiles
dans
la
connoiffance
des
remédes,
des
racines,
des
fimples
&
des
métaux.
Ils
ont
un
très-grand
foin
des
malades,
&
ne
fouffrent
pas
que
rien
leur
manque.
Ils
n’accordent
point
in
différemment
l'entrée
de
leur
fecte
à
tous
ceux
qui
la
demandent
;
ils
éprouvent
les
poftulans
un
toute
leur
maniere
de
vie.
Ils
Îeur
don
‘une
bêche
,
une
large
ceinture
pour
Le
bain,
&
un
habit
blanc.
.
E
:
Si
le
poftulant
donne
des
marques
de
fà
perfé
vérance,
on
J'admet
premierement
au
réfedtoire
&
au
bain
:
mais
on
ne
le
recoit
dans
la
maïfon,
quaprès
une
ou
deux
années
d'épreuves.
Avant
_qué
deladmettre
à
recevoir
fa
nourriture
avec
Les
SO
aus,
_
faméparhac
Livre
SEPTIFME
82
.
autres
;
on
lui
fait
promettre
avec
des
fermens
Année
inceraine
horribles
de
fervir
&
d’adorer
Dieu
dans
une
pieté
parfaite
;
d’obferver
les
loix
de
la
juftice
envers
tout
le
monde,
de
ne
faire
tort
à
perfonne,
de
fuir
les
méchans,
de
proteger
les
gens
de
bien,
de
garder
la
foi
envers
tous
,
&
fur
tout
envers
les
princes
;
de
conferver
la
modération
envers
fes
freres,
sil
fe
trouve
élevé
à
un
dégré
fupé-
rieur
;
de
ne
fe
diftinguer
nt
par
la
fomptuofité
de
fes
habits,
ni
par
aucune
autre
chofe.
Il
s'engage
de
ne
réveler
jamais
les
fecrets
de
fa
feéte,
de
n'enfeigner
pas
ce
qu'il
a
appris
de
{es-maîtres!,
fi
ce
n’eft
à
fes
confreres;
:&
de
conferver
précieux
fement
les
livres
de
la
fecte
&
les
noms
des
SE
-
|
—
Si
quelqu'un
tombe
dans'une
faute
notable,
ils
le
chaffent
de
leur
focieré
;
&
‘celui
qui
eft
ainft
cheflé,
meurt
d'ordinaire
d’une
maniere
mifera-
ble:
car
étant
lié
par
les
fermens
dont
on
vient
de
parler,
il
ne
peut
recevoir
la
nourriture
d'au
_cun
étranger;
en
forte
qu'il
eftobligé
de
brouter
‘comme
une
bête,
jufqu'àce
qu'ibfoït:con-
fumé
par
la
dife
.
Quelquefois
les
Ffléniens
touchés
de
compañlion
,
les
retirent
chez
eux,
&
leur
accordent
le
pardon.
Lorfqu'ils
déliberent
fur
quelque
affaire
,
ls
s'aflemblent
d'ordinaire
au
nombre
de
cent,
&
péfent
la
cho-
_
fe
avec
grande
maturité
;
après
quoi
leur
réfolu-
tion
demeure
ferme
&
irrévocable.
Après
Dieu,
ils
ont
un-très-grand
refpect
pour
Moïle
&
pour
lés
vieillards.
Dans
les
afflemblées
ils
n’oferoient
cracher
ni
devant
eux,
ni
à
leur
droite.
Le
jour
Tome
HI.
F£f
lherb:
.226
Historre
DE
r'AKc.
TESTAMEKT,
Année
incertaine.
du
Sabbat
non-feulement
ils
n’allument
point
de
feu;
&
ne
préparent
point
à
manger
;
mais
mê-
ine
ils
ne
remuënt
rien
de
fa
place,
&
ne
fe
dé
Chargent
pas
des
fuperfluités
de
[a
nature.
Les
aûtres
jours,
lorfqu'ils
veulent
fatisfaire
à
ce
de-
Voir,
ils
fe
retirent
dans
des
lieux
fort
écartés
$
&
après
avoir
creufé
une
fofle
de
la:
profondeur
d'un
pied
,
avec
une
bêche
qu'ils
portent
avec
eux
;
ils
fe
baiflent
&
fatisfont
à
leur
befoin,
fe
couvrant
décemment
tout
autour,
comme
sils
avoient
peur
de
termir
&
de
foüiller
les
rayons
du
foleil.
Après
cela
ilsrempliflent
le
trou
avec
de
la
terre,
&
fe
purifient
de
cette
ation
,
comme
d'une
foüillure.
Ils
font
partagés
en
quatre
clafles
:
&
ceux
qui
“ont
dans
les
dernieres
,
{e
croyent
fi
fort
au
deflous
dés
autres
,
que
s'ils
en
avoient
{eulement
touché
un,
äls
sen
purifiefoient
,
comme
s'ils
avoient
touché
une
chofe
{ainte
dont
il
ne.
leur
_‘auroit
pas
été
permis
d’aprocher.
Ils
vivent
d’or-
dinaire
fort
long
-tems,
&
plufieurs
atteignent
lâge
de
cent
ans
;
ce
qu'on
attribué
à
lafimplicité
.
de
leur
nourriture,
&
au
bon
réglement
de
leur
de
félicité
au-delà
de
l'océan,
femblable
à
peu
wie.
Ils
font.
paroître:une
fermet
extraordinaire
dans.les
maux,
Ils
croyent
les
ames
immortelles,
-&
enfeignent
qu'elles
defcendent
du
lieu
le
plus
élevé
de
l'air,
dans
les
corps,
pour
les
animer,
-&
quà
la
mortelles
retournent.
avec
rapidité
au
lieu
d'où
elles
étoient
venuës,
comme
fortant
d'une
longue
&
trifte
captivité,
Ils
croyent
que
les
ames
des
gens
de
bien
habitent
dans
un
lie
&
-
£
Æ.
Lives
Seitremm.
27
près
à
ce
qué
les
poëtes
profanes
nous
racontent
Knc
mcoraux
des
champs
Elifiens
;
&
que
celles
des
méchans
ont
releguées
dans
des
lieux
d'horreur
,
où
elles
fouffrent
des
peines
éternelles.
Plufieurs
d’entre
eux
ont
le
don
dé
prophétie
;
ce
que
l’on
attribue
à
la
lecture
continuelle
qu
ls
Fontdes
livres
faints
&
des
prophétes
,
&
à
la
maniere
fimple
&
fus
gale
dont
ils
vivent:
Ils
n'ont
point
d'efclaves
;
regardant
l’efclavage
comme
une
injure
faite
à
la
la
nature
humaine.
Il
y
en
a
parmi
eux
qui
s'en<
gagent
dans
le
mariage,
&
c’elt
la
feule
chofe-er
quoi
ils
different:
des
autres
Efléniens
:
mais
ils
ne
Sy
engagent
qu'après
avoir
éprouvé
pendant
trois
ans
fi
les
perfonnes
qu'ils
prennent,
font
de
boñ-
ne
fanté
,
&
propres
à
leur
donner
des
enfans
bien
fains.
Hs:ne-s’approchent
plus
de
leurs
fem
mes,
dès
qu'elles:font
devénuës
groffes.
Ils-reconnoiflent
que
Dieu
gouverne
toutes
chofes
;
&
que
rien
n'arrive
en
ce
monde
que
par
&
volonté.
Ils
ne
vont
po
au
Et
avec:
les
autres.
Hfiaëlites
;
rt
fire:
Fe
|
ces
fangl:
| |
Murs
€
ames,
;
pour
es
Pr
enter
à
er
comme
une
_
victime
d'agréable
odeur.
Ils
craignent
aufli
de
{e
fouiller
dans
Les
afflemblées,
de
religion
qui
sy
font,
&
où
il
fe
trouveun
fi
grand
nombre
de
_
perfonnes,
dont
la
vie
eff
infiniment
moins
pure
+
la
leur,
Ils°s
‘appliquent
2
à
l'agriculture,
&
à
©
Vide
oh
cph,
.
l,
18,6.
2.0
Philo,
Gb,
quod
om
nis
probus
Le
P#876,
|
Ffi
+
+
mt
A
ET
D
AR
ESS
Année
incertaine.
L
528
HisToifif
DE
L'ANG
TESTAMENT,
:
d'autres
métiers
paiñbles
;
qui
les
éloignent
du
grand
commerce
du
monde.
Leurs
études
n’ont
pour
objet
ni
la
logique,
ni
la
phyfique;
mais
la
morale
&
les
livres
de
Moïfe.
|
-
Ils
s'affemblent
les
jours
de
Sabbat
dans
leurs
Synagogues
.
où
chacun
eft
aflis
felon
fon
rang
&
fon
âge.
Un
de
la
compagnie
fait
la
leëture,
&
un
autre
des
plus
inftruits
en
fait
l'explication,
Ts
fe
fervent
beaucoup
de
paraboles
,
d’allégo-
ries
&
de
fymboles,
à
la
maniere
des
anciens.
Il
y
a
des
femmes
qui
füivent
le
même
inftitur,
&
qui
ont
à
proportion
le
même
noviciat,
les
mêmes
épreuves,
&
les
mêmes
exercices.
Elles
affiftentaux
inftruétions
qui
{e
font
en
commun
le
_
jour
du
Sabbat
,
dans
la
même
Synagogue
avec
les
_
hommes,
mais
féparées
d'eux
par
un
mur
de
trois
ou
quatre
coudées
de
haut’
afin
qu’elles
puiffent
entendre
la
voix
de
celui
qui
parle,
fans
être
vüés.
On
les
admetaufli
à
la
table
commune.
Les
hom-
mes
font
à
la
droite,
&
les
femmes
à
la
gauche,
couchés
fur
de
gros
tapis
de
table
,
üffu
d’une
ma-
üere
dure
&
grofliere.
Les
époufes
des
Efféniens
qui
ne
renoncent
pas
au
mariage
,
fuiventle
même
genre
de
vie
qu
(a)
Voyez
à
la
tête
du
com-
|
Differtation
fur
les
feétes
des
mentaire
fur
faint
Marc,
notre
|
Juifs,
| |
|
Luca
fprém
Livre
à
:
Divne-
HuiTrEue
2
bre
de
trente
mille
hommes,
tant
de
cavalerie,
:AnduMondes
que
d'infanterie.
Il
aborda
à
Sycamine
:
mais
ceux
os
de
Prolémaïde
ne
voulurent
pas
le
recevoir,
&
VE
Re
_n'écouterent
pas
même
fes
ambañfladeurs.
Cepen-
dant
Zoïle,
petit
Tyran,
qui
s'étoit
emparé
de
Do-
ra,
&
ceux
de
Gaze
demanderent
du
fecours
à
Lathure
contre
Alexandre
&
fes
troupes,
qui
ayant
quitté
le
fiése
de
Ptolémaide
,
faifoient
le
dégât
dans
les
dépendances
de
ces
villes.
Alexandre
of-
frit
quatre
censtalens
à
Lathure,
à
condition
qu'il
Jui
livreroit
Zoiïle
&
la
ville
de
Dora.
|
l'fut
repouflé
_
deréfiflance
,
prirent
la
fuite;
&
il
en
fut
tué
trente
-
Mille,
ou
même
cinquante
mille,
fi
lon
en
croit
=.
_{)
Anti.
lib,
x
TI.
21,
:
Ggi
{
236
Histoire
pe
L'ANc.
Tesramenr,
An
du
Monde,
Limagene.
Le
refte
fut
pris,
ou
fe
fauva
par
là
3900.
avant
Jj.
C.
100.
avant
l'Ere
Vulg.
104
fuite.
|
|
Prolemée
après
cetre
vitoire,
s'étant
retiré
{ur
le
f{oir
en
quelques
bourgs
de
la
Judée
,
&
les
ayant
trouvés
pleins
de
femmes
&
d'enfans
commanda
à
fes
{oldats
de
les
égorger
,
de
Les
mettre
en
pieces,
&
de
les
jetter
dans
des
chau-
dieres
d’eau
boüillante
;
afin
que
les
Juifs
échap-
pés
de
la
bataille
venant
en
ces
lieux
,
cruflent
que
leur
ennemis
mangeoient
de
la
chair
humai-
ne,
&
en
conçuflent
une
plus
grande
frayeur.
C'eft
ce
que
Jofeph
rapporte
après
Strabon
&
Nicolas
de
Damas.
Le
quatriéme
livre
des
Maccabées
(a)
ajoûte
à
cette
hiftoire
quelques
particularités,
&
en
omet
d'autres.
Il
dit,
par
exemple,
qu'Alexandre
attaqua
le
prince
qui
commandoit
dans
Sidon
;
À
quille
battit
;
parce
qu'il
avoit
voulu
engager
La-
thure
à
fe
liguer
avec
lui
contre
les
Juits.
Cléopatre
voyant
les
heureux
fuccès
de
Ptole
mée
Lathure,
&
craignant
qu'après
avoir
aflujetti
la
côte
de
la
Palefline,
&
pris
la
ville
de
Gaze,
il
entreprit
d’entrer
en
Egypte,
leva
une
puiflante
armée,
dont
elle
donna
la
conduite
à
Helcias
&
Ananias,
Juifs
de
nation,
(4)
&
fils
d'Onias
fon
dateur
du
temple
d'Onionà
:
éHopo
eux
|
généraux
entrerent
en
Syrie,
&
Helcias,
lun
des
deux,
mourut
dans
la
Célé-Syrie
:
pourfuivant
La-
thure.
Celui-ci
fcachant
que
la
reine
Cléopatre
fa
mere
étoit
occupée
au
fiége
de
Prolémaïde
,
fe
jetta
(a)
4
Maccab.
Arab,
in
Bibl,
(b)
Fofeph,
Amig,
Bb,
x
an
Jaian
0,
28.p,30,
31,
Got,
-
7
-
Livre
HuiTirue.
7
dans
l'Egypte,
croyant
la
trouver
fans
défenfe
:
An
du
Monée
;
mais
il
fut
fruftré
de
fon
efperance
,
&
fut
obligé
Re
de
retourner
en
Paleftine,
où
il
pañla
lhiver
dans
Vule-10+
là
ville
de
Gaze.
Cependant
Cléopatre
ayant
pris
Prolémaide
,
Alexandre
Jannée
rof
des
Juirs,
ly
vint
trouver
avec
des
prefens.:
Quelques-uns
des
gens
de
Cléopatre
confeilloient
à
cette
prin-
celle
de
s'emparer
de
la
Judée
:
mais
Ananias
Jui
confeilla
le
contraire
,
en
lui
difant
qu'elle
ne
pou-
voit
avec
juftice
dépoiller
un
prince,
qui
avoit
fait
alliance
avec
elle;
&
que
fi
elle
le
faifoit,
il.
=
n'y
auroit
un
feul
de
tous
Les
Juifs
qui
ne
devint
fon
ennemi.
Ces
raifons
la
perfuaderent,
&
elle
renouvella
l'alliance
avec
Alexandre
Jannée
dans
la
ville
de
Scythopolis.
a
Alexandre
fe
voyant
délivré
de
la
crainte
de
EE
Ptolemée
Lathure,
(a)
attaqua
Gadara,
&
la
prit
—
2.
:
:
=:
Différentes
guer-
après
un
fiege
de
dix
mois.
Ïf
prit
enfuite
Amath,
res
d'Alexandre
(b)
qui
étoit
le
plus
fort
des
châteaux
fitués
fur
le
ie
Jourdain.
Il
ne
jouit
pas
long-tems
de
cette
con=
quête
;
car
Théodore
fils
de
Zenon,
qui
avoit
mis
dans
ce
château
tout
ce
qu'il
avoit.
de-plus
pré
cieux,
étant
tombé
fur
l'armée
d'Alexandre
,
dans
le
tems
qu'elle
y
penfoit
Le
moins,
lui
tua
dix
mille
hommes,
&
prit
tout
le
bagage
d'Alexandre.
Ce
prince
fans
s'étonner
de
cette
perte,
afhiegea
&
prit
les
villes
de
Raphia
&
d’Anthédon,
fur
les
bords
de
la
Méditerranée.
=
(a)
Amrig.
Gb.
xr1t.c.
21.
|
ravant
Amath.
Vide
Foféph.
4n=
Pb
238
HistorRe
DE
L'ANG
TEesTAMENT,
An
du
Monde,
3903.
avant
J.
C.
97.
avant
lEre
Vule.
107.
:
Quelques
années
après
;
Alexandre
irrité
de
L'infidélité
de
ceux
de
Gaze,
qui
s'étoient
donnés
à
Ptolemée
Lathure,
réfolut
de
s'en
venger.
Il
leva
une
armée,
&
alla
ravager
leurs
pays,
&
af
fieger
leur
ville.
Apollodote
qui
les
commandoit,
attaqua
de
nuit
Alexandre
avec
deux
mille
{ol-
dats
,
&
mille
ferviteurs
qu'il
avoit
raffemblés,
Tant
que
la
nuit
dura
,
il
eut
toûjours
l'avantage;
parce
que
les
Juifs
croyoient
que
c’étoit
Ptole-
mée
Lathure
qui
étoit
venu
au
fecours
de
Gaze:
|
mais
auflil-tôt
que
le
jour
parut,
s'étant
ap-
perçüs
de
leur
erreur,
ils
reprirent
courage,
&
chargerent
fi
vivement
Apollodote,
qu'ils
lui
tue-
rent
mille
hommes
fur
la
place,
Les
afliegés
ne
perdirent
pas
toutefois
courage
,
{e
fiant
fur
le
{ez
des
Maccabées
,
ch.
28.
Ce
Li-
cours
qu'Arétas
roi
des
Arabes
leur
faifoit
efpé-
ter,
(a)
Mais
Apollodote
ayant
été
tué
en
trahi-
{on
,
{a
ville
fut
prife.
Alexandre
entra
dans
Gaze,
en
apparence
avec
un
efprit
de
paix
:
mais
ily
envoya
enfuite
des
troupes,
à
qui
il
permit
d’exer-
cer
toutes
fortes
de
cruautés
,
pour
châtier
ce
peuple.
Ils
firent
main-bafle
fur
tout
ce
qu'ils
ren-
Ccontrerent
:
mais
il
en
coûta
la
vie
à
plulieurs
fol
des
habitans
mourut
les
Alexandre
revint
à
Jerufalem,
après
avoir
ruiné
|
la
ville,
&
après
avoir
employé
un
an
entier
à
Lé
£ette
expédition.
-
En
ce
même-tems
il
vit
troubler
fon
regne
par
Le
(a)
Comparez
le
quatriéme
|
vre
porte
qu’Alexandre
pritaprès
|
RS
Livre
Murrtre
ME,
339
fa
haine
que
le
peuple
avoit
pour
lui
:
Car
un
jour
étant
prêt
d'offrir
les
facrifices
en
qualité
de
_grand-prêtre
;
dans
la
fête
des
Fabernacles,
où
lon
porte
des
rameaux
de
palmiers
&
de
citro-
niers
;
le
peuple
ne
fe
contenta
pas
de
lui
jetter
des
citrons
à
la
tête,
mais
on
loutragea
de
pa-
roles,
en
difant
qu'ayant
été
captif,
il
étoit
in-
digne
de
l'honneur
du.
facerdoce,
&
ne
méritoit
as
d'offrir
des
facrifices
à
Dieu.
Ce
qui
le
mit
en
relle
fureur,
qu'il
en
fit
tuer
fix
mille,
&
réprima
ainfi
cette
multitude
mutinée.
Et
pour
prévenir
à
favenir
de
pareils
inconvéniens
,
il
ft
faire
une
clôture
de
bois,
qui
envelopoit
le
temple
in-
térieur
&
l'autel
,
&
tout
le
cerrain
où
tes
prêtres
En
dé
An.
du
Monde,
3906.
avant
J.
C..
94.
avant
lVEre
Vulg.
28.
feuls
ont
droit
d'entrer.
Il
prit
à
fa
foide
des
{ol--.
dats
Pifidiens
&
Ciliciens,
parce
qu’il
ne
vouloit
pas
fe
fervir
des
Syriens.
El
ruina
Amath,
fans
que
Théodore
osät
en
venir
aux
mains
avec
lui.
Il
Se
ty
1e
ml
oué
par
un
grand
nombre
de
€ha
détroit
fort
ferré
,
&
fort
diffi-
cile
à
pañler,
il
eut
grande
peine
à
{e
fauver
à
_
Jerufilem.
On
ne
fçait
pas
précifément
le
tems
_
deces
guerres
:
mais
on
fçait
qu'Alexandre
étoit
un
prince
fort
belliqueux
,
&
fort
entreprenant
,
qui
fut
prefque
roûjours
en
armes
contre
fes:
voifins.
:
| —
—
Etant
de
retour
à
Jerufalem
,
fes
fujets
lui
_
firent
la
guerre
pendant
fix
ans.
I
n'en
tua
pas
5
Vers
l'an
du
M.
3908.
avant
J.C.
93.
avant
l'Ere
Vulg,
97,
240
HITOYRE
DE
L
ANc.
TESTAMENT,
moins
de
cinquante
mille,
(4)
&
quoiqu'il
fit
ce
quil
put
pour
fe
remettre
bien
avec
eux,
leur
animofité
étoit
fi
grande,
que
ce
qui
fembloit
de-
voir
les
adoucir,
ne
fervoit
qu'à
les
aigrir
davan-
tage
,
jufques-là
qu'un
jour
leur
ayant
demandé
ce
qu'ils
vouloient
donc
qu'il
fit
pour
les
contenter,
ils
s'écrierent
tous
qu'il
n’avoit
qu'à
fe
tuer.
Ils
envoyerent
enfuite
demander
du
fecours
à
De-
metrius
Eucérus
roi
de
Syrie
contre
Alexandre,
Eucérus
avoit
tant
de
fes
troupes,
que
des
Juifs
Qui
s'étoient
joints
à
lui
,
une
armée
de
trois
mille
chevaux,
&
de
quarante
mille
hommes
de
pied,
(8)
Alexandre
marcha
contre
lui
avec
fix
mille
deux
cens
foldats
étrangers
,
qu'il
avoit
pris
à
fà
lolde,
&
vingt
mille
Juifs
qui
lui
étoient
demeu-
rés
fidéles.
Ces
deux
princes
firent
tous
leurs
ef
forts;
Demetrius,
pour
débaucher
les
Grecs
qui
étoient
avec
Alexandre
,
pour
faire
rentrer
dans
fon
parti
les
Juifs
qui
s'étoient
rangés
auprès
de
Demetrius
:
mais
ni
lun
ni
l’autre
ne
réüflit
dans
fon
deffein.
Il
en
fallut
venir
à
une
bataille.
De-
metrius
{a
gagna,
&
Alexandre
fut
obligé
de
s'enfuir
dans
les
montagnes.
Alors
la
compaflion
de
fa
mauvaile
fortune
changea
les
cœurs
de
pl
leurs
Juifs
de
larmée
de
De
mikle.
_()
Le
quatriéme
des
Macca-
|
caufa
entre
eux
une
inimitié
ir
bées,
ch.
29.
dit
que
cette
guer-
|
réconciliable.
Alexandre
tâcha
re
domeftique
étoit
entre
les
Pha-
inutilement
de
les
réconcilier,
is
rifiens
&les
Saducéens
;
&
com-
_demeuterent
dans
leur
inimItié
>
-
appellerent
Demetrius
roi
de
me
Alexandre
foutenoit
le
parti
|
&
des
Pharifiens,
il
en
fit
mouriren
|
Syrie
contre
lui,
fix
ans
cinquante
mille,
Ce
qui
|.
(b)
Antiq
l,
XIII.
€.
227
=
Lot
TUNVRE
HuiTiI
ME
34T
fallerent
trouver
;
&
cette
défertion
allarma
fi
=vesrandu
fort
Demetrius
,
quil
Le
tetra.
(d)
.
:
Re
|
_.
Cependant
les
Juifs
continuoient
toûjours
de
Vak:
sr.
faire
la
guerre
à
leur
roi:
mais
ils
furent
Dattus
par
tout.
Il
contraignit
les
plus
mutins
de
fe
retirer
à
:Béthon,
où
il
les
força,
-&
les
envoya
à
Jerufa-
lem
;
&
pour
fe
venger
des
outrages
qu'ils
lui
avoient
faits,
il
en
fit
crucifier
huit
cens
devant
_
fes
yeux,
&
fit
égorger
en
leur
préfénce,
pen-
_
dant
qu'ils
vivoient
encore,
Leurs
femmes
&
leurs
enfans.
Et
pendant
ce
tems,
Alexandre
failoit
un
feftin
à
fes
concubines
dans
un
lieu
foït
élevé,
&
d'où
l’on
pouvoit
découvrir
de
loin,
Huitmille
foldats
de
ceux
qui
avoient
pris
Les
armes
contre
lui,
£e
retirerent
la
nuit
fuivante
,
&
ne
parurent
plus
dans
le
pays
durant
fon
regne
,
qui
fut
toû-
jours
dépuis
fort
païfible.
Durant
cette
guerre
in-
_
teftine,
il
fut
fouvent
expofé
au
danger
de
per-
dre
da
vie
;
&
fes
fujets
révoltés
le
contraignirent
de
rendre
au
roi
des
Arabes
les
places
qu'il
avoit
conquifes
dans
le
pays
des
Moabites
&
des
Ga-
ladires,
de
peur
quil
ne
fe
joignit
à
ces
ré-
b
é
Î
es
|
ee
he
és
FrPE
—
+
=
Antiochus,
furnommé
Denys,
roi
de
Syrie;
ayant
fait
une
irruption
dans
la
Judée
avec
huit
arme
/
(a)
Le
même
quatriéme
des
|
battit
,
&
le
tua
;
&
qu’enfuite
il
Maccabées
,
dit
qu'Alexandre
|
revint
à
Jerufalem,
où
il
fut
très
donna
la
bataille
à
Demetrius,
|
bien
reçu
par
fes
fujets.
Qu'il
fe
&
qu'il
le
vainquit
;
qu'il
le
pour-
|
rendit
maître
de
l’'Idumée,
des
fuivit
à
Antioche,
qu'il
l'y
tint
|
pays
de
Moab,
d’Ammon,
&
affiegé
pendant
trois
ans
>
&
que
|
des
Philiftins,
&
des
Arabes
qui
Demetrius
étant
forti
de
la
ville
|
font
dans
les
montagnes,
avec
fon
armée,
Alexandre
le
D
Tome
HI,
|
HR
242
Histoire
DE
L'Anc.
TESTAMENT,
An
da
Moude,
Mille
hommes
de
pied
&
huit
cens
chevaux
,
Ale-
LE
Xandre
fit
faire
un
grand
retranchement
depuis
Vale:
8fe
Capharfabé
,
nommée
depuis
Antipatride,
juf-.
qu'à
Joppé,
qui
étoit
le
ri
endroit
par
où
lon
pouvoit
entrer
dans
la
Judée
avec
une
armée,
(4)
ILy
ajoûta
un
mur
avec
des
forts
de
bois
de
dif
tance
en
diftance,
Mais
Antiochus
brûla
ces
tours
ou
ces
forts,
&
pañla
en
Arabie,
Il
battit
d'abord
les
Arabes
:
mais
enfin
il
fat
tué
dans
une
bataille
qu'il
leur
livra,
étant
allé
foutenir
une
des
aîles.
rar
de
fon
armée,
qui
étoit
fort
ébranlée.
Arétas
roi
n
du
Monde,
:,
PR
à
Er
:
\
39%0.avaxt].
C
d'Arabie,
regna
enfuite
dans
la
Célé-Syrie,
oùil
Vues
fab
appelé
ou.
de
Damas.
()
Il
entra
Vulg.
84.
ut
appellé
par
ceux
-
(8)
Il'entra
en
Judée,
vainquit
Alexandre
près
d'Adida
,
&
s’en
retourna
après
avoir
traité
avec
lui.
Après
cela
Ale-
xandre
prit
de
force
la
ville
de
Dion,
afliegea
Efl
;
autrement
Gérafa,
où
Théodore
fils
de
Zé-
non,
roi
ou
tyran
de
Philadephie
»
aVoit
mis
tout
ce
qu'il
avoit
de
plus
précieux.
Il
ft
environner
la
place
d'une
triple
muraille,
&
enfuite
l’'emporta
d'aflaut.
Il
prit
aufli
Gaulam,
Séleucie
,
la
vallée
d'Antiochus
&
Gamala.
Et
far
ce
qu'on
accufa
de
plufieurs
crimes
Demetrius
,
qui
commandoit
auparavant
dans
ces
lieux-là,
il
le
dépoiilla
de
ee
principauté.
Après
avoir
employ
près
de
trois
ans
dans
toutes
ces
expéditions,
il
s’en
retourna
avec
fon
armée
à
Jerufalem
,
où
tant
d'heureux.
fuccès
le
firent
recevoir
avec
grande
joe
$
Les
J
uifs
pofledoient
alors
CG)
plufieurs
villes
2
(a)
Foféph.
Anrig.
L'x11x.
€.
D
_
23.
=.
C)
Anrig.l,
13,027
Ohamqugmnnt
à
lo
r
+
ES
>
Liver
HuiTIrrMé
243
dans
la
Syrie,
FIdumée
&
la
Phénicie
:
fçavoir»
An
du
Mondes
{e
long
du
rivage
de
la
mer,
la
tour
de
Straton,
—
Apollonia
,
J
oppé
>
Jamnia,
Azot,
Gaze,
An-
Vus-ie
thédon
,
Raphia,
Rhinocorura
;
&
dans
le
milieu.
de
l'Idumée
,
Adora,
&
Marifla
:
outre
cela,
Sa-
marie
,
les
monts
de
Carmel
&
de
Thabor,
Scy-.
thopolis
,
Gadare
,
la
Gaulanite
,
Séleucie
&
Ga-
bala
;
&
dans
le
pays
des
Moabites,
Efébon,
Mé-
daba,
Lemba,
Aronas,
Télithon
&
Zara,
Au.
»
lon,
furnommé
Cilicius
,
Pella.
Cette
derniere
ville
fut
détruite
,
à
caufe
que
les
habitans
ne
pü-
rent
{e
réfoudre
d’obferver
les
loix
des
Juifs.
Ils.
offedoient
auffi
d’autres
villes
de
Syrie
aflez
con-.
fidérables,
qui
avoient
été
ruinées.
Alexandre
s'é--
tant
laïflé
aller
à
boire
du
vin
avec
excès,
tomba.
dans
une
fiévre quarte
,
qui
dura
trois
ans.
Et
comme
cela
ne
l’empêchoit
point
de
s'employer
dans
les
travaux
de
la
guerre
,
fes
forces
fe
trou-
verent
fi
épuifées
,
qu'il
mourut
fur
la
frontiere
des
Gérafeniens
;
durant
qu'il'afliegeoit
le
château.
de
Ragaba,
fitué
au-delà
du
Jourdain.
_
La
reine
Alexandra
fon
époufe
,
le
voyant
à
Cuar.
IV.
l'extrémité
;
&
prév
oyant
le
malheur
où
elle
ÉTOILE
Moredu
roi
Ale-
prête
de
tomber
avec
{es
enfans,
fçachant
dans
#andre
Jannée.
La
S
;
:
:
:
:
reine
Alexandra
lui
quelle
averfion
étoit
fon
mari
parmi
les
Juifs
,
faccede
dans
le
Alexandre.la
raflura
,
&
lui
dit
:
Si
vous
voulez.fan
du
M.
3556.
*
{uivre
mon
confeil,
vous
pourrez
vous
COnfer
ver
vanr
se
Ve.
leroyaume,
&
à
vos
enfans.
Cachez
ma
mort
à
Le
|
mes
foldats
jufqu'à
ce
que
cette
place
foit
prife
;
_&
lorfque
vous
ferez
retournée
à
Jerufalem.,
ga-
gnez
les
Pharifiens,
en
leur
donnant
quelque
au-
torité.
:
Ils
ont
tant
dé
crédit
parmi
le
peuple,
Hhi
An
du
Monde,
3926,
avant
J,
C.
74.
avant
[’Ere
Vule.
78.
244
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
qu'ils
lui
font
aimer
ou
haïr
qui
bon
lui
femble
à
fans
béaucoup
confiderer
fi
c’eft
avec
raifon
;
Où
autrement
;
Faverfon
du
peuple
pour
moi
ne
vez.
nant
que
de
ce
que
je
me
lés
fuis
rendus
ennernis..
Lors
donc
que
vous
ferez
arrivée
,
faites-les
ve
mir,
montrez-leur
mon
corps
mort,
dites-leur
que
vous
êtes
prête
à
Le
leur
livrer,
pour
en
ufer
comme
ils
le
jugeront
à
propos,
en
haine
des.
maux
que
je
leur
ai
faits.
Afürez-les
enfuite
que
vous
ne
voulez
rien
faire
dans
le
gouvernement
du
royaume
que
par
leur
confeil
:
&
je
vous
ré-
ponds
qu'au
Heu
de
deshonorer
ma
mémoire
,
ils:
mé
feront
des
funerailles
magnifiques,
&
que
vous
regnerez
avec
une
entiere
autorité,
Ayant
dit
ces.
paroles
,
il
rendit
l’efprie,
âgé
de
quarante-neuf
ans,
dont
il
en
avoit
regné
Vingt-fept
-
La
reine
Alexandra
ayant
pris
le
châteäu
de:
Ragaba
,
&
étant
retournée
à
Jerufalem
>
parle
aux
Pharifiens
de
la
maniere
que
fon
mari
lui
avoit
dit
,
&
les
afsûra
qu'elle
ne
vouloit
rien
faire
fans.
leur
avis
dans
la
régence
du
royaume,
Alors
ils.
changérent
en
affedion
pour
elle
[a
haine
qu'ils
avoient
euë
contre
Alexandre.
Ils
repréfenterent.
Tau
peuple
les
grandes
aëlions
de ce
prince,
le:
Æ
ES
loüérent
comme
un
bon
roi
;
&
engagerent
le
peuple
à
lui-faire
des
funérailles
plus
füperbes
qu'à
aucun
de
fes
prédécelleurs:
: .
:
+
Ce
prince
laifla-deux
fils
;
Hircan
&-Ariftobu-.
Le
Le1&
ordonna
par
fon-teflament
que
da
reine
férime
eroit
févente:
Hircan
;
quiétoit
lainé,
2er
|
D
toit
peu
capablede
gouverner,
&
ne
cherchoit
“qu'à
Vivre
en
repos.
ÂAriltobule
au
contrairé
avoit:
+
a
ES
£
<
De
&
RU
Son
<
+
RER
À
Livre
HuiTiEe
ME,
24$
beaucoup
d’efprit,
&
étoit
hardi
&
entreprenant.
=
FRS
La
reine
leur
mére
,
qui
avoit
gagné
le
peuple
,
3926
avan.
Ce
parce
qu'elle
avoit
toûjours
témoigné
défaprou-
Ve
ver
Le
procédé
de
fon
mari,
établit
Hircan
grand-
prêtre.
Et
pour
elle,
elle
n'avoit,
pour
ainfi
dire,
que
le
nom
de
reine
,
laïffant
tout
faire
aux
Pha-.
_rifens
,
&
commaridant
au
peuple
de
leur
obéir.
Elle
leur
dit
même
que
fi
Jean
Hircan
fon
beau-
pere
avoit
changé
quelque
chofe
dans
leurs
tra
_ditions,
ils
pouvoient
la
rétablir.
De
forte
que
_
les
Pharifiens
joüifloient
de
tous
les
droits
de
lai
fouveraineté,
rappelloient
les
bannis,
délivroient
les
prifonniers,
&
gouvernoient
avec
une
fouve-
raine
autorité.
La
reine
entretenoit
des
troupes:
étrangeres
,
&
étoit
aflez
puiflante
pour
{e
faire:
craindre
par
les
princes
fes
voifins,
qu'elle
obli-
gea
à
lui
envoyer
des
Grages.
*
Les
Pharifiens
cependant
ne
demeurerent
pas
long-tems
dans
les
juftes
bornes
de
la
modéra-
ion.
Ils
commencerent
à
troubler
l'état,
en
vou-
fant
faire
mourir
ceux
qui
avoient
confeillé
au
feu
roi
de
faire
crucifier
les
huit
cens
hommes
dont:
en
a
parlé
ci-devant.
Ils
firent
d'abord
mourir
Diogéne,
du
nombre
des
principaux
Saducéens
;
&
continuerent
à
demander
la
mort
de
beau-
coup
d'autres
;jufquà
ce
qu
enfin
les
plus
confi-
dérables
de
ces
perfécurés
vinrent
trouver
la
eine
dans
fon
palais
,
ayanñt
à
leur
tête
Poe
———
le,
qui
faïfoit
aflez
connoître
par
{a
contenance.3533.
pe
_
qu'il
n'approuvoit
pas
ce
quie
faifoit.….Ls
remon-
Vus.
_
frerent
à
la‘reine
les
fervices
qu'ils
avoient
ren-
dus
au
feu
roi
leur
maître
:
Que
les
bienfaits
dont.
H
h
ü
rs
moe
An
du
Monde,
3933.
avant
J,C.
67.
avant
l’Ere
Vulg.
71e
2
64T.
Historre
DE
L'Anc.
TESTAMEN
T,
illes
avoit
honorés
,
n’étoient
que
la
récompenfe
de
leurs
fervices
:
Qu'ils
la
conjuroient
de
ne
per-
mettre
pas
que
leurs
ennemis
les
fiflent
égorger
en
pleine
paix,
comme
des
victimes
de
leur
in-
jufte
vengeance
:
Que
jufqu'ici
le
refpect
pour.
l'autorité
royale
Les
avoit
retenus
:
mais
que
fi
les.
Pharifiens
continuoient
à
abufer
de
leur
pouvoir,
ils
fupplioient
la
reine
de
trouver
bon
qu'ils
al-
laflent
chercher
leur
sûreté
hors
de
fes
états.
Arif-
cobule
fe
joignit
à
eux,
&.
ne
put
s'empêcher
de
faire
des
reproches
à
fa
mere
d’un
procédé
f
in=
jufte
,
&
du
pouvoir
exceflif
qu’elle
avoit
donné
aux
Pharifiens.
|
ne
Re
Alexandra
fe
vit
embarraflée,
&
ne
trouva
point.
d'autre
moyen
d'appaifer
ces
gens,
qui
s’étoient
fignalés
dans
les
armées
fous
le
feu
roi
)
que
de
les
éloigner,
en
leur
confiant
la
garde
des
prin-
cipales
forterefles
de
fes
états,
(a)
à
l'exception.
de
Hircanie,
d'Alexandrion
&
de
Machéron,
où
elle
avoit
mis
tout
ce
qu'elle
avoit
de
plus
pré-
cieux.
Peu
de
tems
après,
elle
envoya
Ariftobule
{on
fils
avec
une
armée
vers
Damas,
contre
Pto-
Maccabées
,
ch,
32.
dit
fimple-
|
Judée,
&:
que
des
Efféni
lemée
Méneus,
qui
fatiguoit
tous
{es
voifins
:
mais.il
revint.,
fans
avoir
rien
fait
de
mémorable,
En
ce
même
tems
on
eut
avis
que
Tigrane
roi
d'Armenie,
étoit
entré
dans
la
Syrie
avec
une
armée
de
cinquante
mille
hommes,
&
qu'il
vien-
droit
bien-t6t
dans
la
Judée,
Cette
nouvelle
(a)
Le
quatriéme
livre
des
|-quelle
ville
ils
voulurent
de
k
ens
fa
nent
que
les
Suducéens
obtin-
joignirent
à
eux,
…
—
-HLivres
Durris
me
247
jetta
l'épouvente
dans
le
pays.
La
reine
Alexan-”
5
monte,
dra
lui
envoya
de
riches
préfens
par
des
ambafla-
394
Ce
deurs
,
qui
le
trouverent
occupé
au
fiege
de
Pto-
Vu:
7:
lemaïde.
Tigrane
reçut
bien
les
ambafladeurs
;
_écouta
les
prieres
qu'ils
lui
firent
d'épargner
la
Judée
,
&
ils
s’en
retournerent
pleins
de
bonnes
_efpérances.
Bien-tôt
après
quil
eut
pris
Prolé-
maïde
,
il
apprit
que
Lucullus
étoit
entré
dans
lArmenie,
qu'il
pilloit
&
ravageoit
tout
le
pays.
Cette
nouvelle
le
fit
réfoudre
à
s’en
retourner
promtement.
_
.
La
reine
Alexandra
tomba
enfuite
dans
ue
Ge
très-grande
maladie
;
&
fon
fils
Ariftobule
crut
nue
cer.
_ne
pouvoir
trouver
un
tems
plus
favorable
à
{es
oo
deffeins.
I
fortit
donc
accompagné
d’un
feul
des
déc,
lan
du
M.
fiens,
pour
s'en
aller
dans
les
places
fortes,
Om
ee
avan
Pre
les
amis
de
fon
pere
avoient
la
garde.
Il
craignoit
‘"*#7*
que
fi
fa
mere
venoit
à
mourir,
lui
&
toute
fa
race
ne
tombât
de
nouveau
fous
la
puiflance
des
Pharifiens
;
parce
que
fon
frere
Hircan
étoit
entie-
rement
incapable
de
gouverner,
Il
ne
confia
fon
fecret
qu'à
fa
femme
,
qu'il
laifla
à
Jerufalem
avec
fes
enfans.
Il
alla
d'abord
à
Agaba,
où
Galefte,
un
des
anciens
confidens
de
fon
pere,
le
reçut
avec
grande
joye.
Le
lendemain
la
reine
s’'apper-.
çut
de
l’abfence
d'Ariftobule.
Elle
ne
le
{oup-
çonna
pas
d'abord
de
s'être
éloigné
à
deflein
de
remuer
:
mais
ayant
appris
qu'il
s’étoit
rèndu
mat-
tre
d'une
forterefle,
&
puis
d'une
autre
;
car
auf-
fi-tôt
que
la
premiere
fe
fut
remife
entre
fes
mains,
toutes
les
autres
fe
rendirent
à
lui
;
alors
la
reine
&
tous
Les
fiens
tomberent
dans
la
conf.
-
An
du
.Monde,
4934navant
J.
C.
66.
avant
l’Ere
Vulg,
7e.
-
étoit
proche
du
temple.
248
HISTOIRE
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
ternation,
confidérant
qu'Ariftobule
étoit
en
état
de
fe
rendre
maître
du
royaume,
&
craignant
qu'il
ne
fe
vengeât
dela
maniere
dont
on
avoit
traité
les
plus
fidéles
ferviteurs
de
fon
pere.
Dans
cet
embarras
,
ils
ne
trouverent
rien
de
plus
à
propos
que
de
mette
en
sûre
garde
la
femme
&
les
enfans
d'Ariftobule
,
dans
la
forterefle
qui
t
Cependant
le
parti
d'Ariftobule
fe:
groffifloit
de
plus
en
plus
;
&
en
quinze
jours
il
{e
vit
maître
de
vingt-deux
places.
Il
prit
alors
les
marques
de
la
dignité
royale
;
&
ne
perdit
point
de
tems
pour
aflembler
des
troupes.
Il
en
tira
du
Liban,
de
la
Trachonite
,
&
des
princes
voifins,
qui
la£
fifterent
volontiers,
dans
l'efpérance
qu'il
recon-
noîtroit
l'obligation
qu'il
leur
avoit
de
le
pla-
cer
ainfi
fur
le
trône
,
au
préjudice
de
{on
frere:
aîné.
…
ai
_.
Cependant
Hircan
accompagné
des
principaux
des
Juifs,
vint
trouver
la
reine
,
pour
lui
deman-
der
ce
qu'elle
vouloit
qu'on
fit
dans
certe
ex-
trémité
,;
où
Ariftobule
{e
trouvoit
maître
de
prefque
tout
l’état,
par
la
reddition
de
tant
de
places,
qui
s'étoient
données
à
lui.
La
reine
leur
répondit
qu'elle
fe
remettoit
à
eux
de
faire
tout
ce
qu'ils
jugeroient
de
plus
avantageux
pour
le
ien
du
royaume
;
qu'ils
ne
manquoient
ni
de
monde
,
ni
de
troupes
entretenués
,
ni
d'argent,
dont
il
y
avoit
grande
quantité
dans
Le
tréfor
pu
blic
;
que
quant
à
elle
,
l'état
où
elle
{e
trouvoit,
ne
lui
permettoit
plus
de
penfer
au
gouvernement
de
l'état,
+
x
uifquelle
fe
fentoit
entierement
dé-
faillir,
cran
ET
mr
Ent.
80
fullir.
En
achevant
ces
paroles
elle
mourut,
après
—
A
du
Monde,
après
avoir
regné
neuf
ans,
&
En
avoir
vécu
for
PTE
xante
&
treize.
|
26
Vulg.
69.
Hircan
fon
fils
aîné,
lui
fuccéda
;-&
elle
l'avoit
fait
reconnoître
pour
roi
dès
avant
qu'elle
mourût.
Mais
Ariftobule
fon
frere
,
affeétoit
hautement
la
royauté
,
avoit
une
puiflante
armée
,
&
étoit
mai-
tre
des
principales
forterefles
du
pays.
Il
marcha
contre
Hircan
;
&
la
bataille
s'étant
donnée
près
de
Jéricho,
(a)
une
grande
partie
des
troupes
d'Hircan
pañla
du
côté
d'Ariftobule
:
de
forte
qu'Hircan
fut
obligé
de
fe
fauver
dans
la
forterefte
de
Jerufalem
,
où
la
femme
&
les
enfans
d'Arif-
tobule
avoient
été
mis
par
l'ordre
de
la
reine
Ale-
xandra.
Le
refte
de
fes
gens
fe
retirerent
dans
l'enceinte
du
temple
:
maisils
fe
rendirent
bien-
tôt.
On
parla
enfuite
d'accommodement
entre
les
deux
freres
;
&
la
paix
fut
concluë,
à
condition
qu'Hircan
fe
contenteroit
de
vivre
comme
un
particulier,
avec
la
jouiflance
de
fon
bien.
Ce
traité
fit
dans
le
temple
même.
Les
deux
freres
le
confirmerent
par
ferment,
ils
fe
donnerent
les
mains,
sembraflerent
en
préfence
de
tout
le
peu-
ple
,
&
après
fe
retirerent,
Ariftobule
dans
le
pa-
lais
royal,
&
Hircan
dans
la
maifon
où
demeu-
soit
auparavant
Ariftobule.
Hircan
avoit
regné
trois
ans
&
trois
mois,
(b)
Ariftobule
lui
fuccéda
(a)
Zoféph.
Anrig..l,
14.
c.
|
ans;
&
qu'il
y
a
faute
dans
le
x.
@
de
Bello,
L1.c.
4
1
|
texte
de
Jofephe
Antiq.
|.
256%
:
(b)
An
du
Monde
3938.
|
chap.
9.
quine
mét
que
trois
Uflérius
fur
cette
année
montre
|
mois.
:
Ain
fort-bien
qu'Hircan
regnà
trois
|
L
ome
IIL
T
ñ
250
HISTOIRE
DE
Er'ANC.
TESTAMENT,
|
mp
non-feulement
dans
la
royauté
;
mais
aufli
dane
|
3935
avant
JC.
[a
fouveraine
facrificature,
&
il
poffeda
ces
deux
Vu
re
dignités
pendant
trois
ans
&
trois
mois.
(a)
|
Cependant
Hircan
avoit
toûjours
fon
parti
;
&
il
avoit
des
Juifs
à
qui
la
puiffance
&
Fhumeur
entreprenante
d'Ariftobule
étoient
fafpectes.
Hs
tâchoient
donc
d'infpirer
à
Hirean
de
la
défiance
contre
fon
frere,
en
lui
difant
qu'il
en
vouloit
à
{a
vie.
Antipater,
Iduméen
de
naiffance
>
Le-plus
riche
&
le
plus
accrédité
de
fa
nation
,
(4)
fils
d'un
autre
Antipater
où
Antipas,
à
qui
le
roi
Alexan-
_
dre
Jannée
avoit
confié
le
gouvernement
de
FI
dumée
,
étoit
celui
qui
prenoit
avec
plus
de_cha-
leur
le
parti
d'Hircan
contrée
Añiftobule.
()
Hne
cefloit
de
dire
en
fecret
aux
principaux
des
Juifs,
qu'il.
n'y
avoit
aucune
apparence
de
laiffer
ainf
“Hircan
dans
une
condition
privée,
pendant
qu'A:
riltobule
jotifoit
paifiblement
de
la
royauté
qu'il
avoit
injuftement
ufurpée.
Il
difoit
à
Hircan
que
fa
vie
r'étoit
pas
en
sûreté,
sil
ne
{e
retiroit
prom-
tement;
ét
que
les
amis:
d’Ariftobule
ne
manque:
roient
point
d’attenter
àrfà
vie:
pour
afsûrer
le
royaume
à
lufurpateur:
Hircan,
qui
étoit
naturel-
lement
bon,
&
parefleux,
n’ajoutoit
pas
aifément
tances
réitérées
d’Alntipater,
il
{e-réfolut
à
{e-re-
urèr
auprès
d'Arétas
roi
des
Arabes:
Antipatér
lui
-
(@)
Comparez.
AMuccab.c.
|
(e)
Le
quatriéme
des
Mac-.
34
Oùileff
ditiqu'Efircan
de:
|
cabées.ch.
35:
dit
qu'il
étoit
Meura
grand
prêtre,
&.
le
fe-
|
Juif,
&defcendu
de
ceux
qui
cond
après
le
roi.
«=
|
étoient
retournés
de
Babylone
()
Auriq,
L,
Ie
|
avec
le
prêtre
fdrass
=
RES
TRS
Livre
Hvwrau
sms
ofe
ft
voir
la
néceflité
de
cette
retraire,,
Jui
promit
nu
Monte,
de
la
lui
faciliter,
lui
offrit
tout
fon
fecours;
&
FR
alla
enfuite
trouver
Arétas
de
da
part
d'Hircan
,
4
pour
tirer
parole
de
lui
qu'il
ne
le
hvreroit
point
à
fon
ennemi.
Lorfqu'il
eut
pris
fes
afsürances
de
la
part
d'Arétas,
il
revint
à
Jerufalem
;
<&
ayant
pris
Hircan,
l'emmena
de.nuit,
-&c:le
conduifir
à
grandes
journées
à
la
ville
de
Pétra,
où
leroi
des
:
Arabes
téngit
da.cour.
-hisdsihemonss
Ste
st
Antipater
pour
ne
pas
laiffer
{on
ouvrage
äm-
parfait,
s'employa
avec
beaucoup
d'inftance
au-
près
d’Arétas,
pour
l’engager
à
rétablir
Hircan
dans
le
royaume
de
Judée.
IL
lui
ft
de
grands
-prefens,
pour
le
lui
perfuader,
Hircan
aufh
le
prit
du
côté
de
linterèt,
&
lui
promit,
sil
le--remettoit
{ur
de
trône,
.de
lui
rendre
le
pays.-&-les
douze
villes
que
le
roi
Alexandre
fon
pere
avoit
prifes
{ur
les
Arabes;
fçavoir
,
Médaba,
Naballo
(a)
;
Liviade,
"Tharabara,
Agalla”()
,-Athon,
Zoara
(c),
Oro-
ne
(4),
Marifa
,
Ridda
(e)
;
Lula
,
&c
Oniba.
Le
roi
Arétas
touché
de
ces
promelles,
marchacon-
tre
Ariffobule
avec
une
armée
de
cinquante
mil-
de
hommes,
lui
livrada
E
le
homn
y
ataille
, &
le
vainquit.
Alorsplufieurs
Juifs
ferangerent
du
parti
d'Hircan;
&
Ariftobule
{e
voyant
abandonné,,
s'enfuit
dans
Je
temple-de
Jerufalem.
Arétas
d’y
‘afliégéa
avec
{on
armée
fortifiée
par
les
Juifs
qui
s’étoient
dofi-
”
(a)
Apparemment
Abel
des
|
mer
morte.
:
=
_
vignes.
-
SE
(d)
Peut-être
Refla,
ou
Tref-
-
(b)
Lammême
que
Gälliim,
ou
|
fa,
dont
Jofephe
parle
Hiv,
14
_
ÆHgalim,
à
à.
_.
-
|
Antiquit.
c.
25.
p.497.
.B.
&
&
(ce)
Lamême
que
Ségor.
dont
il
eff
parlé
dans
Mur.
(d)
Autrement
Oronaïm
furla
|
xxx111,21.
22.
li
252
Histoire
DE
L'ANc.
TESTAMENT,
-
Aa
du
Monde»
nés
à
Hircan
De
maniere
qu'Ariftobule
demeura
2939,
avant
J.
C
61.
avant
l’Ere
Vule.
65,
#
‘avec
les
feuls
facrificateurs.
|
La
fête
de
Pâque
approchant,
les
principaux
des
Juifs
ne
pouvant
célébrer
cette
folemnité
à
Jerwe
falem
,
&
dans
Le
temple,
qui
étoit
afliégé
par
Aré-
tas
;
{e
retirerent
auprès
de
leurs
freres
en
Egypte.
Alors
un
certain
Onias,
qui
étoit
un
homme
juite,
&
{1
cheri
de
Dieu,
qu'itavoit
obtenu
la
pluye
dus
rant
une
extrème
fécherefle
,
voyant
la
guérre
ei-
vile
allumée
dans
fon
pays
;
alla
fe
cacher
dans
une
folitude,
Les
Juifs
le
firent
chercher:
on
le
trouva,
&
on
f’amena
au
camp.
Le
peuple
le
con-
jura
que
comme
il
avoit
autrefois
empêché
la
fa
mine
par
fes
prieres
;
il
voulät
alors
faire
des
im-
précations
contre
Ariftobule
&
ceux
de
{à
fadion,
Il
y
réfifla
long-tems
:
mais
enfin
le
peuple
ly
contraignit.
El
s'adreffa
donc
à
Dieu,
&
lui
parla
“en
cette
forte
en
prefence
de
tout
le
monde:
»
Grand
Dieu,
qui
êtes
le
fouverain
Monarque
»
de
lunivers,
puifque
ceux
qui
font
ici
prefens,
»
font
votre
peuple,
&
que
ceux
qui
font
afliégés,
»
font
vos
facrificateurs,
n'écoutéz
les
prieres
ni
»
des
uns
ni
des
autres.
»
[1
n'eut
pas
plûtôt
pronon-
cé
ces
paroles,
que
quelques
Juifs
ui
étoient
pre
fens,
l'accablerent
à
coups
de
pi
_
pier
——_—
Mais
Dieu
ne
diféra
pas
à
tirer
la
vengeance
d'un
tel
crime.
Le
jour
de
la
Pâque
étant
arrive,
auquel
on
avoit
accoûtumé
d'offrir
dans
le
temple
grand
nombre
de
facrifices,
Ariflobule
&
les
fe
_crificateurs
quiétoient
dans
le
T
emple,
manquant
.
de
victimes,
prierent
les
Juifs
qui
les
afiéveoient,
RNA
CRE
<
ë
=
|
Livres
MHuirieme.
7
An.
‘de
leur
en
vendre
une
certaine
quantité.
Ceux-ci
4,
qu
Monde;
‘demanderent
mille
dragmes
pour
chaque
bête,
&
3237:
sv
L
€
voulurent
qu'on
les
leur
donnût
par
avance.
Ari£-
Vule.
65.
tobule
&
les
facrificateurs
en
demeurerent
d’ac-
cord,
&
defcendirent
le
long
de
la
muraille
avec
‘une
corde
,
la
fomme
à
quoi
cela
fe
montoit
:
maïs
les
affiégeans
ayant
reçû
l'argent,
ne
fournirent
point
les
victimes,
&
manquerent
à
la
promefle
qu'ils
avoient
faite.
Les
prêtre
fe
voyant
ainfi
trom-
pés,
prierent
Dieu
de
châtier
ces
perfides
;
&
leur
priere
fut
exaucée
à
l'heure
même.
Dieu
envoya
_
dans
toute
la
contréeun
vent
fi
impétueux,
qu'il
_“ruina
tous
les
fruits
de
la
terre;
enforte
que
la
me-
fure
de
froment
fe
vendoit
onze
dragmes,
c'et-
à-dire
trente-neuf
fols
de
notre
monnoye.
En
cetems-là,
Pompée
après
avoir
vaincu
Tigra=
Cap,
VI.
ne,
s’étoit
retiré
dans
la
petite
Armenie,
d'où
il
en-
pompée
vient
à
voya
d'abord
Gabinius,
puis
Scaurus
en
Syrie.
Gabi-
em
nc
-
nius
ayanttouché
trois
cens
talens
d’Ariftobule
,
fe
G6r.
retira.
Scaurus
vint
d’abord
à
Damas,
&c.de-l
il
ré-
folut
d'aller
en
Judée.
(4)
Comme
il
étoiten
che-
min,
ilrencontra
des
ambafladeurs
qui
venoient
au-
devant
de
lui,
de
la
part
d’Ariftobute
&
d'Hircan,
-
dont
chacunrecherchoit
fon
alliance,
&
fui
deman-
doit
du
fecours,
&
offroit
quatre
cens
talens.
(4)
Le
_
quatriéme
livre
des
Maccabées,
chap.
36.
ditqu'A-
__riftobule
envoya
des
prefens
à
Scaurus;
ce
que
ne
fit
pas
Hircan
:
Que
Scaurusfe
mit
en
chemin
pour
ve-
nir
au
fecours
d'Ariftobule
;
mais
qu'il
fe
retira
dès.
:
…
(a).
ofeph.
Anrige
l.
14:c.
4.
2400.liv.
l'un,
font
1200000,
(b)
Les
quatre
cens
talens
,
à
liv..de
notre
monnoye.
Li
üÿ
260
Hisrorme
DE
L'Axc.
TEsramenr,
|
An
du
Monde,
Ces
plates-formes
,
fi
les
afliégés
ne
leur
en
euf.
3940.
ayant
j.
C.
6
avan
fre
{ent
donné
leloifir,
en
ceflant
de
travailler
le
jour
Car
les
Romains
l'ayant
remarqué,
ne
lançoient
point
alors
de
dards
,
&
ne
failoient.
aucune
attaque,
mais
Continuoient
feulement
d'é-
ever
leurs
plattes-formes,
&
d'avancer
leurs
ma-
chines,
dont
ils
devoient
tirer
le
lendemain.
Tels
étoient
le
zele
&
la
fidelité
des
Juifs
à
obferver
les
loix
de
leurs
peres.
Les
prêtres
ne
manquerent.
pas
un
feul
jour
d'offrir
à
Dieu
les
facrifices
or-
dinaires
du
foir
&
du
matin,
fans
que
le
péril
,
quel-
Re
du
Sabat.
(a)
que
grand
qu'il
fût
Et
lorfqu'après
tro
>pûtles
leur
faire
interrompre,
is
mois
de
fiége
,
le
temple
fut
Pris
un
jour
de
jeûne,
(4)
quoique
les
Romains
:tuaflent
tous
ceux
qu'ils
rencontroient
,
la
frayeur
“dé
la
mort
ne
put
empêcher
ceux
qui
étoient
oc-
Cupés
à
ces
faintes
cérémonies
,
de
Îles
Continuer:
prêts
à
tout
fouffrir
,
plûtôt
que
d'abandonner
le
culte
du
Seigneur.
Pompée
fui-même
admiroit
la
conflance
&
la
religion
des
Juifs,
Après
que
lé
temple
eut
été
battu
pendant
trois
mois,
&
que
la
plus
grande
tour
eut
été
ébranlée
à
coups
de
beliers,
&
qu'en
tombant
elle
eut
en-
traîné
avec
elle
le
Mur
qui
(2)
Le
quatriéme
des
Macc.
ch.
36.
dit
que
la
divifion
s’é-
tant
mife
dans
Jerufalem,
quel-
ques-uns
de
ceux
qui
tenoient
le
parti
de
Pompée,
monterent
far
les
murs
du
temple,
&
lui
ou-
vrirent
les
portes
,
tué
plufieurs
prêtres
loient
défendre,
RUE
Ses
après
avoir
qui
le
vou-
en
€
PET
(b)
An
du
Monde
304r.au
28,
de
Cafleu,
qui
répond
au
mois
de
Decembre.
C’eft
le
mêmejour.
que
la
ville
avoit
été
prife
s43:
ans
auparavant
par
Nabuchodo-
nofor,
&
que
26.
ans
aprèselle
fur
encore
prife
par
Sofius,
quand.
les
Juifs
fürent
réduits
fous
la
do-.
mination
d'Hérodes.
8
Æsvaer)
HuUrvr
FEMME:
dé
Romains
entrerentenfoule
par
la
bréche.
Le:pre--
2
‘3940.
avant
J
C.
mier
qui
y
entra;
fut
Fauftus
Cornélius
fils
de
Sy
Ja,
fuivi
de
ceux
qu'il
commandoit.
‘Furius.
entra
d'un
autre
côté
avec
fa
compagnie
;
&
Fabius
don-
naentre
eux
deux,
&
entra
auflt
avec
la
fienne.
Le
temple
fut
aufli-tôt
rempli
.de.
corps
moïts;;
‘une
grande
partie
des
Juifs
furent
tués
par
Les
Ro-
mains
;
és
autres
fe
tuoient
eux-mêmes
,
ou
fe
jet-
toient
dans
Les
précipices
,
ou
mettoient
le
feu
dans
leurs
demeures.
Douze
mille
Juifs
y
périrent.
Peu
dé
Romains
y
furent
tués.
Abfaion
oncle
&
ne
Monde
Go,
avant
l'Ese
Vue
beau-pere
d’Ariftobule
,
y
fut
pris.
La
fainteré
du
temple
y
fut
violée
d’une
étrange
forte
:
car
au
lieu
que
les
étrangers
&
les
profanes
non-feulement
nofoient
mettre
le
pied
dans
le
fan@tuaire,
mais
n'y
portoient
pas
même
la
vûé,
Pompée
y:
entra
avec
plufieurs
de
fa
fuite,
&
vit
ce
qu'il
n’étoit
permis
de
regarder
qu'aux
feuls
facrificateurs.
IL
‘y
trouva
la
table:
le
chandelier
&
les
coupes
d'or,
‘une
grande
quantité
de
parfums;
&.
dans
le
tréfor
facré
,
environ
deux
mille
calens.
Sa
pieté
l'em-
_pêcha
d'y
vouloir
toucher
:
&il
ne
fit
rien
dans
cette
occafñon
quine
füt
digne
de
fa
vertu.
E
Le
lendemain
il
commanda
aux
miniftres
du
temple
de
le
purifier
pour.offrir
à
Dieu
des
{acri-
_
fices
,
&
donna
à.Hirean
la
charge
de
grand
facri-
…ficateur
,
tant,
à
caufe
de
l'afhftance
qu'il
avoit
re-
cûë
de
lui
durant
le
fiége,
qu'à
caufe
qu'il
avoit
empêché
les
Juifs
d'embrafler
le
parti
d'Ariftobu-
Le.
Il
fit
enfuite
trancher
la
tête
à
ceux
qui
avoient
excité
la
guerre
,
&
donna
à
Fauftus
&
aux
autres
qui
avoientles
premiers
monté
fur
la
breche,
des
Kki
262
HisToiRe
DE
L'Anc.
TESTAMENT,
:
an
du
More,
reCompenfes
dignes
de
leur
valeur.
Quant
à
{a
3940.avant
J
C.
ville
de
Jerufalem
,
il
la
rendit
tributaire
aux
Ro-
60.
avant
l'Ere
à
CÉRS
Ja
1
AS
SF
Sue
.
Vulg.
64
mains;
lui
Ota
les
villes
qu'elle
avoit
conquifes
“dans
la
Célé-Syrie
,
donna
à
ces
villes
des
gou=
verneurs
particuliers;
&reflerra
ainfi
dans
{es
pre-
mierés
‘bornes
la
puifflance
des
Juifs.
Il
rétablie
-Gadara
en
faveur
de
Demetrius
fon
affranchi,
qui
en
étoit
originaire
;
rendit
à
leurs
anciens
habi-
tans
celles
de
Hippos,
Scythopolis,
Pella,
Dion,
Samarie,
Mariffa
,
Azot,
Jamnia
&
Arétufe,
dont
les
Juifs
s'étoientmis
en
poffeflion.
Il
voulut
que
les
villes
maritimes
Gaza,
Joppé,
Dora
&
la
tour
de
Straton
,
qui
fut
depuis
nommée
Céfarée,
de-
meuraflent
libres,
&
fiflent
partie
de
la
province
de
Syrie.
Ru
=
|
_
Les
Juif
Que
Aïnfi
la
divifion
d'Hircan
&
d'Ariftobule
fu
Re
caufe
que
les
Juifs
perdirent
leur
liberté
,
&
qu'ils
Ke
demeurerent
aflujettisaux
Romains.
Ces
nouveaux
maîtres
laiflerenc
à
Hircan
la
fouveraine
facrifica-
‘ture,
&
la
qualité
de
prince
des
Juifs:
mais
avec
défenfe
de
porter
le
diadème,
&
de
prendre
le
nom
de
roi.
(a)
Peu
de
tems
après,
ils
exigerent
des
Juifs
plusde
dix
mille
talens
,
&
transfererent
“enfin
à
deshommes
;
dont
la
naiflance
n’étoit
nul-
lement
illuftre,
le
royaume
;
qui
avoit
toûjours
été
dans
la
race
facerdotale,
depuis
le
retour
de
la
captivité
de
Babylone.
C’eft
ce
que
nous
ver-
(a)
Anrig.
l.
20:
0.
8.
Le
qua-
|
le
plus
jeune
des
fils
d’Ariftobule
"triémedes
Macc.-ch.
37.
ditque
|-néput
étreipris
;
&
que
tousles
Pompée
donnale
royaume
à
Hir-
|
ans
Hircan
devoit
reconnoître
can,
&
qu'il
mena
Ariflobulé
|
qu'il
tenoit
fa
dignité
des
Ro-
-
chargé
de
chaînesà
Rome,
Que
|
mains.
D
.
TE
Ed
=
SE
À
Lives
HuiriF
Me
263
rons
dans
la
fuite.
Pompée
ayant
laiflé
à
Scaurus
-Je
gouvernement
de
la
bafle
Syrie,
depuis
l'Eu-
phrate,
jufqu'aux
frontieres
d'Egypte,
prit
fon
che-
min
par
la
Cilicie
,
avec
deux
légions
,
&
senalla
à
Rome
en
diligence
,
menant
avec
lui
Ariftobule
prifonnier
,
{es
deux
filles
&
es
deux
fils,
dont
l’ai-
:
né
nommé
Alexandre,
s’échappa,
mais
le.
plus
jeune
nommé
Antigone
,
arriva
à
Rome
avec
{es
IŒuS.
_.
:
..
Antipater
(4)
Fami
d'Hircan,
dont
on
a
parlé
ci-devant,
{e
ménageoit
en
habile
politique
l’ami-
tié
des
Romains,
&
jettoit
par.
là
les
fondemens
de
la
grandeur
de
fa
maïfon.
Scaurus
ayant
marché
contre
Pétra
capitale
de
l'Arabie
Pétrée,
()
&
{on
armée
manquant
de
provifions,
Antipater
par
le
commandement
d'Eircan,
Jui
fit
porter
des
bleds,
&
autres
chofes
nécellaires.
Et
comme
Antipa-
ter
étoit
fort
connu
d'Arétas
roi
d'Arabie
,
Scau-
_rus
l'envoya
vers
lui
en
ambañlade
;
&
il
{eût
fi
bien
menager
l’efprit
de
ce
prince,
qu'il
l'enga-
EEE
nent
An
du
Monde
;,
3040.
avant
J.
©.
60.
o.
avant
l'Ere
Vulg.
64.
gea
de
donner
au-général
Romain
trois
cens
tar
lens
,
pour
empêcher
le
dégât
de
fon
pays.
Ain
cette
guerre
fut
prefque
aufli-tôt
finie,
que
com
FRONCÉE.
One
1
Le
Grand
Pompéeétant
arrivé
à
Rome,
y
triom-
_pha
de
tous
les
rois
d'Orient
qu'il
avoit.
vainçus.
Ariftobule
roi
des
Juifs,
parut
dans
fon
triomphe
(a)
Ang.
L.
146.
9:
bule
£e
faifit
de
Jerufalem
,
enfit
(b)
Le
quatrième
des
Macc.
réparer
la
breche
que
Pompéey
ch.
38.
dit
qu'Elircan
&
Antipa-
|
avoit
faite,
leva
des
troupes,
&
ter
étant
allés
avec
Scaurus
pour
marcha
contre
Hircan,
qui
reve-
aflujettirles
Arabesaux
Romains,
|
noit
de
la
guerre
contre
ÂArétas,
le
jeune
Alexandre
fils
d'Arifto-
|.
lui
livra
la
bataille,
&
le
vainquit.
CHap.
VIIL.
Triomphe
de
Pompée.
Arifto-
bule
,
&
fes
enfans
menés
en
triom-
phe,
4
+
An
du
Monde,
3940.
avant
J.
C.
60.
avant
l’Ere
Vulg
64.
ÿ
5
An
du
Monde,
943.
avant
J,
C,
7°
264
Histoire
DE
L'ANC.
TESTAMENT,
au
nombre
des
princes
captifs.
Appian
dit
que
ce
prince
fut
ris
à
mort
avec
Tigrane
:
mais
J
ofephe
Dion
nous
apprennent
qu'il
revint
en
Judée:
&
bien-tôtnous
le
reverrons
dans
ce
pays
don-
ner
de
nouvelles
inquietudes
aux
Romains.
Dans
ce
triomphe,
Pompée
entre
les
autres
dépouilles,
porta
cette
magnifique
vigne
d’or,
qui
lui
avoir
été
envoyée
par
Ariftobule,
&
qui
étoiteftimée
cin
cens
talens,
ou
un
million
deux
cens
mille
livres,
en
prenant
le
talent
fur
le
pied
de
deux
mille
qua-
tre
cens
livres.
Pompée
confacra
cette
vigne
à
Ju:
piter
Capitolin,
comme
nous
l’apprend
Strabon,
(a)
&
comme
nous
l'avons
déja
remarqué
ci
devant.
:
|
Cependant
Hircan
délivré
desinquiétudes
que
ui
donnoit
la
prefence
de
fon
frere
Ariftobule
,{e
livra
à
fon
humeur
fainéante
,
&
laiffa
prefque
tout
le
gouvernement
à
Antipater,
Ce
fut
apparem-
ment
ce
dernier
qui
merita
à
Hircan,
par
les
fer.
vices
qu'il
rendit
aux
Athéniens
,
l'honneur
que
ceux-ci
lui
firent
,
en
dreffant
en
{à
faveur
un
de-
cret
honorable
,
qui
portoit
qu'Hircan
grand-fe-
Crihcateur,
&
prince
des
Juifs,
ayant
totjoursté-
moigné
(b)
une
très-grande
affection.
pour
toute
a
nation
des
Grecs
,
&
pour
les
Athéniens
en
par-
ticulier
;
enforte
qu'il
n’avoit
perdu
aucune
occä-
fion
de
leur
en
donner
des
preuves
,
ant
par
{a
maniere
dont
il
avoitrecû
leurs
ambaffadeurs
,
que
par
le
foin
qu'il
avoit
eu
de
les
faire
reconduire
{ü-
*ement
;
Que
Théodore
fils
de
Theodore
Simias;
(a)
Apua
Fofeph,
Antiqlxivic.
$.
(b)
Anrig.
1,
xav.
c
16.
\
LIVRE
CMUIT
EME
20
ayant
repréfenté
au
fénat
&
au
peuple
d'Athénes
An
du
Monde,
quelle
étoit
la
vertu
de
ce
prince,
&
fon
incli-
g43
avant}
C.
nation
à
rendre
fervice
à
leur
nation;
il
avoitété
arrêté
de
lhonorer
d’une
couronne
d’or,
&
dg
lui
drefler
une
ftatuëé
de
bronze
dans
Le
temple
de
Dé-
.
mus
&
des
Graces
,
(a)
(
peut-être
dans
le
temple
des
Mufes
&
des
Graces;
)
&
de
faire
publier
par
un
héraut
dans
les
lieux
des
exercices
publics
de
la
lutte
&
de
la
courfe
,
&
fur
le
théatre
,
lorfqu'on
y
réprefénteroit
de
nouvelles
tragédies
ou
comé-
dies
en
l'honneur
de
Bacchus,
ou
de
Cérés
,
ou
des
autrés
divinités,
que
cette
couronne
lui
avoit
‘été
donnée
à
caufe
de
fa
vertu.
Ils
ordonnerent
aufli
qu'on
nommeroïit
des
ambafladeurs
pour
fui
porter
ce
decret,
&
pour
l'engager
par
ces
mar-
ques
de
gratitude,
à
continuer
de
favorifer
les
Athéniens,
&
de
leur
rendre
de
bons
offices.
On
verra
dans
la
fuite
de
certe
hiftoire,
qu'Hérode
fils
d'Antipater,
donna
aufli
aux
Athéniens
plufieurs
“marqués
de
fa
liberalité
&
de
fon
eftime.
_
La
Judée
demeura
allez
paifble
pendant
Îles
fept
années
qui
fuivirent
la
prife
d'Ariftobule
,
fous
de
gouvernement
d'Hircan.
Cependant
le
jeune
Alexandre,
fils
du
roi
Ariftobule,
s'étant
échap-
pé>
comme
nous
l'avons
dit,
des
mains
de
ceux
:
ee
qui
le
condui
(a)
E»
9
réle
S
Mas
©
Ÿ
yugisuv.
dans
la
vie
de
Speufppe,
dit
-
Dansle
temple,
ou
le
bois
facré
-
qu'il
y
avoit
dans
l’Académie
un
-du
Peuple,
&
des
Graces.
Ou
|
temple
des
Mufes,
où
Platon
-
peut
être,
dans
le
remple
d’Aca-
|
plaça
auf
les
ftatués
des
Graces.
demus
©
des
Graces
;
Où
dans
le
|
[n’y
avoit
dans
Athénes
aucun
temple
des
Graces
placé
dans
P.4-
|
autre
temple
des
Mufes
que
ce-
sadémie.
Car
Diogene
Laërce
?
lur-là,
Tome
IL,
|
LI
57.
avatit
l'Ere
Vulg.
6r.
ou
REP
ERP
Aa
2
Depuis
lan
3047.
jufqu'à
3947.
An
du
Monde
$
3943.
avant
J.C.
57.
avant
JEre
ule.
61,
266
Hisrors
DE
L'ANcC.
TESTAMENT,
commença
à
y
raflembler
des
troupes,
&
à
sy
faireredouter,
par
les
courfes'
qu'il
faifoit
dansle
pays
Legrand-prêtre
Hircan
pour
fe
mettre
à
cou-
vert
de
toute
infulte
,
avoit
Voulu
réparer
les
murs
de
Jerufalem,
que
Pompée
avoit
abattus
:
(4)
mais.
il
en
avoit
été
empêché
par
les
Romains,
qui
étoient
les
maîtres
du
pays.
Alexandre
fe
vit
bien:
tôt
à
la
tête
d'une
petite
armée
,
compofée
dedix
mille
hommes
de
pied,
&
de
quinze
cens
che-
vaux.
Soûtenu
de
ces
troupes;
&
favorifé
desan-
ciens
amis
de
fon
pere,
il
fe
mit
à
fortifier
le
chà-
teau
d'Alexandrion,
fitué
près
de
Corée,
comme
aufhi
celui
de
Macheron,
vers
lesmontagnes
d’Ara-
bie,
&
commença
à
faire
des
courfes
dans
la
Ju-
dée,
fans
qu'Hircan
püc
l'empêcher.
Mais
Gabi-
nius
étant
venu
quelque
tems
auparavant
en
Syrie,
fit
marcher
contre
lui
Marc-Antoine
avec
d’autres
P
ï
ifonniers.
Chefs
,
à
qui
fe
joignirent
les
Juifs
demeurés
fide-
les
aux
Romains,
commandés
par
Pitolaus
&
Mai-
chus,
&
fortifiés
par
les
troupes
d'Antipater.
Ga-
binius
les
fuivit
avec
Le
refte
de
l'armée:
&
Ale-
xandre
fe
retira
près
de
Jerufalem,
où
la
bataille
{e
donna.
Les
Romains
demeurerent
victorieux,
Jui
tuerent
trois
mille
homm
s,
&
prirent
plufeurs
Alexandre
fe
fauva
dans
le
château
d'Alexan-
drion,
où
Gabinius
l’'afliégea.
Les
Romains
défi-
xentun
corps
de
Juifs
fort
confidérable
,
qui
faifoit
garde
hors
du
château;
&
Gabinius
ayant.
laiflé
des
troupes
fuMifantes
pour
continuer
Le
fiége
Sa
_
0)
Anrig.
dl,
14
co
Re
TRS
TRE
RL
EE
RNES
rer
;
;
Se
.
PR
7
F
RS
PE,
PANNE
NE
RS
RARES
S
SRE
SES
22
LENS
M
Se
LR
—
—
Livres
HuiTir
Me
2,67
vanca
avec
le
refte
dans
la
Judée,
&
fit
rebâtir
toutes
les
villes.
qu'il
y
trouva
ruinées.
Ainfi
Sa-
marie,
(a)
Azot,
Scythopolis,
Anthédon,
Raphia,
Dora,
Maria,
Gaza
,
&
plufeurs
autres
furent
ré-
Ru.
-
An
du
Monde,
3943.
avant
12C:
<7.
avant
PEre
à
Vulg.
61°
parées.
Après
cela
Gabinius
retourna
au
fiége
d'A-
|
lexandrion.
Alexandre
fe
trouvant
extrémement
preflé
,
envoya
lui
demander
la
paix,
(b)
&
pro-
mit
de
lui
rendre
non-feulement
Alexandrion,
mais
aufli
Hircan
&
Machéron.
Gabinius
accepta
{es
offres,
&
ruina
toutes
ces
places.
-
La
femme
d'Ariftobule
,
mere
d'Alexandre,
laquelle
étoit
affectionnée
aux
Romains
,
&e
dont
le
mari
&
les
autres
prifonniers
étoient
en-
core
arrêtés
à
Rome,
vint
trouver
Gabinius
,
&
obtint
de
lui
ce
qu'elle
voulut.
Après
cela,
F7
:
N
a
1°
ce
général
conduifit
à
Jerufalem
Hircan,
qui
l'a-
voit
aflifté
dans
ce
fiége
;
&
l'ayant
remis
dans
l'exercice
de
fa
charge
de
grand-prètre,
il
divifa
toute
la
province
en
cinq
parties
,
&
y
établitau-
tant
de
fiéges
pour
rendre
la
juftice,
Le
premier
C2
à
Jerufalem;
le
fecond
à
Gadara;
le
troifiéme
à
_
Amath;
le
quatriéme
à
Jericho,
&
le
cinquiéma
à
Séphoris
en
Galilée.
Ainfi
les
Juifs
affranchis
de
1
domination
des
rois,
fe
trouverent
fous
un
gou-
vement
ariftocratique.
-
Ariftobule
s'étant
échappé
de
Rome,
revinten
(a)
Samarie
avoit
été
ruinée
long-tems
auparavant
par
Jean
|
#éc.
p.
308.
Vjfér.
ad
an.
3979:
_
Hircan.
Elle
porta
le
nom
de
(b)
Le
quatriéme
des
Macc.
Gabinienne
depuis
que
Gabinius
|
ch.
39.
dit
que
ce
fut
Alexandra
Peut
rétablie,
&
prit
enfin
celui
|
femme
d'Ariftobule
,
&
mere
de
Sébafte
,
lorfqu'Hérodes
le
|
d'Alexandre,
qui
vint
demander
-Grand
la
remit
dans
un
état
plus
|
la
paix
pour
fon
fils.
LI
ÿ
foriffant.
Voyez
Syncell.
Chro-
æ-
3948.
avant
J.C.
s2.
avant
l'Ere
Vulg.
56.
268
H1iTOIRE
DE
LANC.
TESTAMENT,
An
da
Monde,
Judée
,
dans
le
deflein
d'y
rétablir
le
château
d'A:
lexandrion,
(4)
que
Gabinius
y
avoit
ruiné
aquel=
2
q
|
ques
années
auparavant.
Mais
Gabinius
envoya
Ci-
fenna,
Marc-Antoine,
&
Servilius
pour
l’'empé-
cher
de
fe
failir
de
cette
place,
&
pour
tâcher
de
le
prendre.
Plufieurs
Juifs
fe
rendirent
auprès
d'A-
riftobule
,
tant
à
caufe
de
l’eftime
&
du
refpe.
qu'ils
avoient
pour
fa
perfonne
;
que
portés
par
leur
inclination
naturelle
au
changement
&
à
[a
révol-
te.
Pitolaus
gouverneur
de
Jerufalem,
lui
mena
mille
bons
foldats.
Il’
lui
en
vint
aufli
grand
nom-
bre
d’autres:
mais
comme
la
plûpart
étoiént
mal
armés
;
il
en
renvoya
plufieurs
,
&
ne
retint
que
huit
mille
hommes
bien
armés,
&
marcha
contre.
Machéron
,
pour
s'enrendre
maître.
Les
Romains
1e
füivirent
,
le
joignirent,
l’attaquerent
&
malgré
là
brave
réfiflance
de
fa
petite
armée,
ils
le
bat
tirent
,
&
lui
tuerent
cinq
milie
hommes.
Le
refte
fe
fauva
comme
il
pût;
&
Ariftobule
avec
mille
hom-
mes
feulement
fe
retira
à
Machéron,
dans
le
def
fein
de
le
fortifier.
(b)
|
:
.Onne
fui
en
laïffa
pas
le
loïfir,
El
fut
aufi-tôt
afliégé
;
&
après
une
réfiflance
de
deux
jours,
étant
bleflé
en
plufieurs
endroits,
il
fut
pris
avec
fon
fils
Antigone,
&
mené
à
Ga
Dinius
,
qui
le
ren-
voya
une
feconde
fois
prifonnier
à
Rome.
Lefé-
A
|
|
place,
que
mille
fe
fauverent,
_
(b)
Cette
circonftance
n’eft
|
que
les
autres
ne
cefferent
de
fe
pas
dans
le
quatriéme
des
Macc.
|
défendre
jufqu’à
ce
qu'ils
furent
€<b.
40.
Il
y
eff
dit
que
Gabinius
|
tous
défaits
;
&
qu'Ariftobule
fut.
Tayant
attaqué,
perdit
bien
du
|
bleffé
,
pris
&
conduit
à
Gahi-
_
monde,
mais
qu'il
démeyra
fept
|
nius,
LE
RS
@)
Foivh.
Ang.
xxv.
e.
|
mille
hommes
d’Ariflobule
for
la
cLrver
HUITIENES
167
mat
mis
fes
enfans
en
liberté,
&
Jesrenvoya
en
Ju-
”
Re
Mende
dée
,
dit
le
quatriéme
livre
des
Maccabées
;
parce
ame:
que
Gabinius
avoit
écrit
qu'il
Javoit
ainfi
promis
Vue-557
=
à
leur
mere,
en
confidération
des
places
qu'elle
fui
avoit
remifes
entre
les
mains.
Pour
Ariftobule
11
detneura
à
Rome
dans
les
liens.
Gabinius
avoit
concü
le
deflein
de
faire
la
guer-
_
re
aux
Parthes,
croyant
acquerif
des
richefles
tm-
menfes
dané
cette
guerre.
Mais
comme
il
avait
déja
pañlé
l'Euphrate
;
(a)
Ptolemée
Aulétés
roi
d'Egypte
;
le
vinttrouver
avec
des
lettres
de
Pom
pée
,
&
l'engagea
à
force
d'argent
&
de
promel=
fes
,
à
venir
en
Egypte,
pour
le
rétablir
fur
Le
trô-
ne
de
fes
peres
,
qui
étoit
occupé
par
fa
fille
Bé-
rénice
;
laquelle
avoit
d'abord
époulé
un
nommé
Séleucus
,
qui
fe
difoit
defcendu
des
anciens
rois
de
Syrie;
&
enfuite
Archélaus,
qui
fe
difoit
fils
dé
Mithridates
Eupator.
On
dit
que
Gabinius
reçlûe
dix
mille
talens
pour
entreprendre
cette
expédi-
tion
contre
l'Egypte.
(b)
Antipater
par
l'ordre
d'Hircan,
lui
fournit
pour
fon
armée
du
bled,
des
armes
&
de
l'argent
;
&
perfuadaaux
Juifs
quide-
meuroiént
à
Pélx
e,
&
qui
éroient
comme
les
QE
des
de
l'entrée
de
l'Egypte
,
de
favorifer
les
Ro-
mains.
Marc-Antoine
s'avança
vers
cettevilleavec
.
.
la
cavalerie
qu'il
commandoit,
&
s’en
rendicmaf.
tre,
&
par
là
de
la
clef
de
l'Egypte
du
côtéide
la
Syrie.
Gabinius
entra
enfuite
dans
le
pays,
&
bat-
tt
les
Egypriens
qui
vinrent
à
fa
rencontre.
:
ee
)
Jofeph.
Antta.
he
XIV
Co
E
Plurarch,
in
Anronte:
ER
s.
11,
cero
Qrat.
pro
Rabirio
Polthume.
EL
Lui
270
HISTOIRE
DE
L'A
NC.
TESTAMENT:
Andu
Monde,
Voici
comme
le
quatriéme
livre
des
Maccabés:
51
avant
Phre
Chap.
40.
raconte
cette
affaire.
Après
le
départde
Vulgss.
Pompée
;
les
Perfes
fe
révolterent
contre
Les
Ro-
mains.
Gabiniusmarcha
contreeux,
lescombatti,
les
vainquit
,
&
les
réduifit
fous
l'obéiffènce.
Pen-
dant
ce
tems-là
,
la
terre
d'Egypte
fe
révolta
contre.
Ptolemée
fon
roi,
&
le
chafla
de
{à
capitale,refufant
de
payer
le
tribut
aux
Romains.
Ptolemée
écrività
Gabinius
;
pour
le
prier
d'accourirà
{on
fecours,
&
de
réduire
l'Egypte
à
l’obéiffance
des
Romains.
Ga
binius
y:vint
donc
;
&
écrivie
à
Hircan
de
le
venir
trouver
avec
{es
troupes.
Antipater
s'avança
au-de.
vant
de
lui
avec
fon
armée
jufqu'à
Damas,
&
le
félicita
fur
fa
victoire
contre
les
Parthes.
Gabinius
lui
ordonna
de
fe
rendre
en
Egypte
auprès
de
Pto-
lemée
avec
fes
troupes.
Antipater
alla,
battit
les
Égyptiens,
&
en
défit
un
grand
nombre.
Après
quoi
Gabinius
vine
en
perfonne
en
Egyote,
&
ré-
tablit
Prolemée
fur
le
trône.
De
là
revint
à
Jeru-
falem
,
renouvella
l'alliance
avec
Le
roi
Hircan
re
sen
retourna
à
Rome.
Hi
.
Pendant
que:
Gabinius.
étoit
occupé
à
la
guerre
es
d'Esypte,
Alexandre
fils
d'Ariftobule
,
(4)
caufoit.
fouDIes
caules
:
:
G
que
ke
Judée
par
de
nouveaux
troubles
dans.la
Judée,
Il
y
avoitufar.
SE
riftobule,
l'an
du
PɑPariorce.
4
Premiere
autorité,
&
avoit
attiré
.
grand
nombre
de
Juifs
à
fon
parti,
avec
lefquels
:
ess.
il
fémit
à
courir
Le
pays,
&
tua
autant
de
Romains
-
qu'ilen.put
rencontrer.
Les
autres
{e
retirerent
fur
la
montagne:
de:Gazirim.;
&
il
les
afié
gea.
Gabi-
_Mius
étant
de
rerour
de
l'Egypte,
trouva
les
cho-
7
_—
A
ntiq
TE
LE
ee
de
XIV
ET
[Document text truncated for crawler view.]