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Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, et des Juifs, pour servir d'introduction a l'histoire ecclesiastique de M. L'Abbé Fleury. tome troisième

Calmet, Augustin (O.S.B.) (1672-1757)

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< Seam Ÿ DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT: " JUIFS; POUR SERVIR D'INTRODUCTION | à l'Hiftoire Ecclefaftique de M. l'Abbé F LEUR Y. Par le R. P.:D,. À UGU STIN CALMET, Ré Dieux Bénédidin, : - Abbé de Senones. NOUVELLE ÉDITION CORRIGÉE. - TOME TROISIÈME ESS SELS A PARIS, QUAI DES AUGUSTINS, Chez PIrERREALEXANDRE MARTIN, à l'Ecude France. DE L’ANCIE NS à — : à gl z De & : à d A" eZ HA À 4 2 < FA RE e LS & A . c ; É A s f TE S TAME \ T : ; Le 4 6 % Fit / Li 4 #£ : Adue. ÀS à £ 2 » 74 Me ru LIVRE SEPTIEME. CS AVTES l'E dras & de NERÉ- Deus lan da [mie , jufqu'aux Maccabées , nous n’a- ci cel de a s-blis d'A: re facrée Ar oug mort deNéhémie, voi plus d Auteurs Aacrés que nous jufqu'en ; in puiflions fuivre dans FHifloire. Nous ef l'année du pars ee : fage d'Alexandre =" férons obligés de prendre dans Jo- craft. feph & dans les autres Ecrivains ce: qui pourra fer AS . = NN ae A ADS Vir à remplir ce vuide, &àfuppléer à ce défaut. La nation Juive failoit alors fi peu de figure dans le monde , que les Hiftoriens étrangers Pont pref- qu'éntierement oubliée. Le Grand-Prêtre Eliacib , Tome HI À 2 Hisromrs DE L'Anc. TESTAMENT. ane, dontonaparlé fous Néhémie, eut pour füuccefleuf 358œ © Judas. À Judas fucceda Jean, ou Jonathan Grand Prêtre. (4) Celui-ci par fon imprudence , attira fur le Temple & fur fa Nation une difgrace:, dont voi- ci l’occañon. Bagofés Gouverneur de la Judée pour … le roi Artaxercés Mnémon, ou de bonne memoire, ou même Artaxercés Ochus; car F'Hiftorien Juifne nousdit pas lequel c’étoit ; étoit ami de Jefus, frere du Grand-Prètre Jean , & il lui promit de lui faire : voirie louve PO er F Appuyé de cette efpérance, Jefus fe prit de que+ * " relle avec fon frere dans le Temple. Des paroles on Mort de Jefus Se, 7 4 > $ , tué dans le Tem- en Vift AUX COUPS; tellement que Jefus futtue par ple par le Grand- ‘ . PA jen fn fon frere dans ce même lieu. La profanation d'un su endroit fi facré fit horreur à tous les gens de bien - &Dieuentira la vengeance par le même Bagolés qui y avoit donné-açcahon, I voulut entrerdans le faint Lieu ; & comme les Prêtres s'appofoient à {on entreprife, il leur crioit: Quoi : vous avez ofé commettre un meurtre au milieu de vôtre Temple, & vous voulez nous en interdire l'entrée? Sommes- nous donc plus impurs que ce cadavre , qui eft Etant donc entré malgré eux , f Teur fit porter pendant fept ans la peine de leur réfiffance, & ik les contraignit de lui payet chaque jour cinquante … dragmes (@) pour chaque agneau qu'ils immoloient dans le Temple. Au Grand-Pontife Jean fucce de Jaddus qui eut un frere nommé Manañfé , lequel époufa Nicafo, fille de Sanaballat , que le dernier Ga) Foféph. Antig- Lxr.c. 7. | vingt livres & quelques fols, Le . . {b) Les cinquante D etonel dragme vauthuitfols&undeniern, ADirvRE SEPTIVME ; Darius , furnommé Codomanus, avoit envoyé pout rx. Gouverneur à Samarie. Ce Sanaballat eft fort diffé 3580. rent d'un autre de même nom, qui étoit Chef des Samaritains fous le gouvernement de Néhémie, Le premier étoit Oronite, ou d'Oronaïn, villé de pays de Moab ; & le fecond étoit Chutéen d’ori- _…— gine , felon Jofeph. Horror | Artaxercés Ochus après avoir domté la Phénicie à; qu monde; & l'Egypte, emmena un grand.nombre de captifs + + au-delède PEuphrate ; entr'autres une grande mul- titude de Juifs tirés de l'Egypte, qu'il ft conduire dans lHircanie , fur la mer Cafpienne, (4) où l'on a crû qu'ils étoient encore plufeurs fiécles après. Cependantles Grecs,quicherchoient depuis long- tems Poccafon de fe venger dés maux que Xércés roi de Perfe avoit faits dansleur pays, trouverent dans Philippe roi dé Macédoine , un fujet propreà executer ce deflein. Dans une aflemblée quifetintà As qu monde, Corinthe , les Grecs d’un commun confentement, j557: avanJ.c lui défererent le commandement de leurs troupes contre les Perfes , & réfolurent de lui fournir une Armée proportionnée à la grandeur de cette entres ee rite. ( » Dés l’année füuiva te PE: fppe itpafñleren An du Monde, Afe dans le pays qui obéifloit aux Perfes, fois 457 ES héraux, avec ordre de rendre la liberté aux villes Grecques qui étoient dans ce pays. Mais cette mê- me année , Philippe fut mis à mort dans da folem= | nité d’un mariage qu'ilfaifoit entre Cléopatre fa. fille , & Alexandre fils du rot d'Epire. Alexandre le (a) Syacell, ex Jul. Africano | (b) Diois à 4, 4 Obmpx TO @ Hecataus Abderira apud Fo-|@ Fuflin. L 9. | {tph., Lx. contra Appion, : À 1j xo Hisromté DE L'Anc.. TEST AMENTS. To, fi favorablement les Juifs, jugerent à propos de: 328 d'origine ; mais que Les PRÉRICIET 3672. avant © fR dire aufli Juifs d'origine & de religion. Car: telle étoit la coûtume de ces peuples : lorfqu'ils- voyoient que les affaires des Juifs étoient en mau— vais état, ils foûtenoient qu'ils mavoient aucun rapport avec eux: mais aufli-tôt: que. les Juifs: étoient dans la profperité’, ils fe déclaroient hau- tement leurs freres & leurs alliés, difant qu'ils étoient comme-eux defcendus: d Abraham & de . Jicob, comme étantfls.d'Ephraim c de Manafté fils de Jofeph. Ils vinrent donc promtement & avec grand appareil , à la rencontre d'Alexandre. qui étoit à peine forti du territoire de Jerufalem.. ls avoient avec eux ceux de. leurs gens, qui avoient fervi fous Alexandre au fiége de Tÿr. Le toi loüa leur empreflement &. leur zele.. Alors ils le priérent-d'honorer leur ville de fa prefence. Il leur promit qu'il le féroit à fon retour. Es lui: demanderent aufli qu'il lui plût les exemter de payer le tribut la feptiéme. année ; puifqu'ils ne cultivoient point la terre cette année-là, non plus que les Juifs, Le roi leur demanda de quelle nation ls étoient: ils répondirent qu'ils étoient Hébreux "Abpellorent 4 . LA Sichémites. Le roi répliqua : Etes-vous Juifs? Ils répondirent : Non. Alexandre. leur répondit: Je n'ai accordé cètte grace qu'aux Juifs : à votre égard je me ferai inftruire, &je verrai à monre— our plus. à loifir ce qu'il. conviendra.faire. Ainfi illes renvoya.. | | | = Quant au Temple bâti par Manaflé fur le mont Garizim , il fubfifta même après la mort d'Aléxans Sr 7 . MOINE TE Buirie Ne IT ‘dre : & tous ceux qui étoient convaincus à Jeru=: 4, qu Monde, _-falem de quelque grand crime contre la loi, ne 393-222: ©: ‘manquoient point de fe fauver à Sichem, pour =. _n’être pas recherchés :par les Prêtres , ou par les Juges de Jerufalem ; fe plaignant, comme c'eft l’érdiniaire, qu'on avoit «employé contre eux le menfonge & la calomnie. Environ dix ans après le départ d'Alexandre, Jaddus mourut, & laïfla _ le fouvérain pontificat à Onias don fils. Alexandre arraqua énfuite la ville de Gaze, qui £toit défenduë par une garnifon Perfanne, Ille prit après un fiége de deux mois ; après quoi il “entra en Egypte, & la conquit avec une facilité farprenante, étant favorilé des Esvptiens, qui ne -pouvoient foufftir l'infolence & l’avarice-des Per- _{es, ni le mépris qu'ils faifoient de leurs <dieux. De-fà il vinedans laPhénicie ; où il apprit que les Samaritains dans une émeute populaire voient brûlé la maïfon où étoit Andromaque gouverneur de la province. Cet attentat irrita étrangement Alexandre , qui affeétionnoit An _dromaque. Il ftmourir tous les Samaritains qui de la ville de Samarie, & mit en leur place une colonie de Macedoniens , donnant le furplus des terres aux Juifs avec lexemtion du tribut {b). Les Samaritains qui échaperent à ce malheur, {e retirerent à Sichèm,; qui devint par là la .capi- = tale de leur Nation. | = (a à Q: Cart. l,4 6.8, Eufib. | :(b) Hecatens Abderira apud Fo- “œhrone, Cedrem — feph,l, 2contra 2 P1063: : Bi 12 Hisroëmr pe v'ANc. TESTAMENT, . Alexandre craignant que les huit mille Sama: 3673: avaneJ. C. ritains qu'il avoit dans fon armée ne priflent part . à la querelle de leurs compatriotes, & n’entraflent dans leur mécontentement, les envoya dans la _Thebaïde la province d'Egypte la plus reculée, & leurs y afligna des terres à cultiver. De [Ait fe rendit à Tyr, où après avoir facrifié à Hercule Tyrien, il donna ordre à fes gens de marcher vers l'Euphrate ;’ pour chercher Darius, & pour le combattre par toutotil pourroit être. Darius de fon côté amafla des troupes de toutes parts, & fe retira du côté de Ninive. Alexandre pañla l'Euphrate à Tapfague, il pafla aufi le Tigre, fans trouver aucune réfiftance. Enfinle combat {e donna entre les deux rois le premier Octobre, à Gauganule fur le Tigre; Darius perdit la bataille, œ senfuit.sAlexandre..marcha droit à. Babylone, . de-l il alla à Sufes, & enfuite à Pérfepolis. Cris NV Darius s'étant retiré à Ecbatanes en Médie > Darius ef va. ramaila des troupes, dans le deffein d’y livrer un Pan qu none nouveau combat à Alexandre. Mais Beflus & Nar- rant les pourfuivoit; ou de le tuer, & d’ufurper le royaume, s'il leur donnoit le loïfir de fe fauver, Alexandre arriva à Ecbatanes cinq jours après le : départ de Beflus; il fe mit à le pourfuivre avec une diligence prefque incroyable. Beflus & fes complices ayant appris qu'Alexandre étoit proche, _ prefenterent un cheval à Darius, & l’exhorterent . à fe fauver; mais il le refufa, Alors ils le percereng »- Livre SEerrTirur = © de coups de fléches, & le laïflerent leul Sade. M i-mort dans fon chariot, après avoir blefé Les ee chevaux qui lemenoient. Pour eux, ils prirent la fuite; &les chevaux quiconduifoient le char de Darius, ayant quitté Le grand chemin, vinrent fe réndre dans un valon où il y avoit une fontaine, Un Macédonien nommé Polyftrate , étant conduit par hazard à cette fontaine pour {e défalterer, trouva le char de Darius arrêté; les chevaux de- mmi-morts, & le Prince qui refpiroitencore un peu. Polyftrate ayant appris de lui-même qui il étoit, lui donnaà boire dans fon cafque ; & Darius en Jui prefentant la main, le pria de recommander à, Alexandre la vengeance de fon fans, & de lui rendre graces de ce qu'il avoit fait à {a mere, à {à femme, & à fes enfans ; en difant cela, il expira. Ainfi mourat Darius Codomanus le dernier roi de la monarchie des Perfes fondée par Cyrus. Elle avoit duré deux cens fix ans. Le refte des guerres d'Alexandre ne HE Ci rm point PHiftoire{acrée. Nous appr _d'Hécatée, cité par Jofeph (a) que ce.princ à Baby Ar le tem lus , & a an e ‘a rât 3 CT p- yant ordonné à fes troupes de nettoyer : A 7 re. 368r. ayant J, C mourut la même année, de la maniere que chacun 552. (a) ZFofeph. ex Hecatgo ie de CO) ae Maccab, 1. 2,3. 4, CORITA APpi0n, P. 1048, 1049. | à - | di Bij | x4 Hisromme DE L'ANC. TESTAMENT, +" donne le précis de fa vie, & de fa mort, en ces seu. avant Je © Lermes + Alexandre fils de Philippe, qui fut premie- rement roi de la Grece, vainquit Darius rot des .Per- fés, & des Medes , donna plufieurs batailles , prit les villes les plus fortes ; € tua les rois de la terre. I pal]a jufqwa l'extrémité du monde, s'enrichit des dépoialles #imaque-dans.la-Lhrac Sc datis les Provinces VOI- fines. La Judée fe trouvant fituée entre la Syrie &c : ._@ Quidam apud Curr, l x: T (b) Quint, Curt..l X, Ladies Diodor. L, 20.p. 774 | aka, en . Livre SEpTiEME - 0 ne nous parle guéres que de ces deux Monarchiés ar mone. voifines de la Judée. Cette province alors fort bor- Ne. as née, & peu confiderable, fit partie du gouverne- ment de Syrie & de Phénicie. Perdiccas &.Anti=- pater la donnerent d'abord à Laomedon de: My filenes, Ptolemée. fils de Lagus, qui la trouvoit à: fa bienfeance, luifit offrir de l’argent pour la lui ce der; mais n'ayant pô réuflir par cetre voye., il en-- voya contre lui Nicanor un de fes Généraux, qui fx la conquête-de la Syrie &'de la Phénicie, (a): Prolemée vint lui-même à Jerufalem, @) &: y. étant entré un jour de Sabbar, fous prétexte : de dévotion ; comme ayant deffein d'y offrir: des facrifices, s’en rendit aifément le maître, par-- ce que les Juifs ne fe défioient nullement de fui, & qu'ils n'ofoient prendre les armes, à caufe du repos du Sabbat. Mais ce‘prince n'ufa pas de cet :avantage avec la modération & la clémence. qu'on attendoit de lui: il traita les Juifs comme. eurs.de léur ferment, .il leur confa la garde de plufieurs forterefles de l'Egypte, & leur donna droit de Bourgeoïfie dans Alexandrie , avec les: mêmes privileges dont les Mäcédoniens joüifloient. Mais ce ne-fut qu'après les avoi-engagé à lui pro- “mettre. par ferment qu'ils fui garderoient, à lui : (a) Voyez Diodor. & Appian. | in Attic, p. $. - : Fe _ te-Spriac.-p, 125, © Pawfans À (D) Joféph. Antig. Lxitie. 1, T6. Hisroirg DE L'ANc. TESTAMENT, An du Monde, © à {es heritiers, une fidelité inviolable.. er "0" Arillée (a).ajoûte que le nombre de ceux que 316, fe roi emmena de Judée en Egypte, étoit de rès de cent mille hommes , entre lefquels il choifit pour fon fervice, & pour la garde de fes places trente mille hommes des plus forts ; & à l'égard des autres qui n’étoient point en état de fervir, comme les vieillards, les femmes & les enfans , il les abandonna comme caprifs à {es foldats; qui des. lui avoient demandé pour les aider dans les travaux de là milice. Il en mit plufieurs dans la province de Cyréne, (3. tant pour la garder , que pour la cultiver & la peupler, Appian (c) dit que Ptolomée . démolie les murs de Jerufalem; & qu'ayant laiflé de.bon- nes garnifons en Syrie, il s'embarqua, & retour- na dans{on Royaume. Il en ufa dans la fuite avec tant de bonté envers les Juifs, (d)-que plufieurs aflerent de [eur plein gré en Egypte ) attirés par la fertilité du pays, &. par les privileges que le roi leur y donnoit.. : : Pendant ce tems ,.les Juifs de Judée, & les Samaritains étoient dans des conteftations conti- nueElTes + Foccatre SR impie t-bati u fur le mont Gariz La ES Li A Ve > LC depuis peu mor im s Les Juifs fo tenant que le Temple de Jerufalem étojg Le vrai & unique dans lequel il ft permis de facrifier, & les Samaritains au contraire prétendant que Jnterpr. ee )Faph. bb. 2. emtra Ap-| (à) Fab, Ang ans from. à Lot : (a).Ariflans Libell. de Tor] (c) Appian. Syriae. 119 21. Gariziné : , LIVRE SESTIF ME 1 4 Garizim devoit lemporter fur celui de Jerufa- RTE nat ane ns An du Monde ; lem > parce que Jofué y avoit facrifié lorfqu'il Fe avant J. C, entra dans la terre promife. Antigone roi de la haute’ Afe , fe rendit maître. de {a Phénicie & de la Syrie , environ cinq ans après que Ptolemée fils de Lagus s'en étoit fai- #. Mais y ayant laiflé {on fils Démétrius > qui de- puis fut furnommé Pobhorcetés; où l'Afliégeur ; ce jeune Prince livra la bataille à Ptolemée près de la villerde Gaze ; if la perdit, & fut obligé de fe 3 ‘retirer dans la Syrie ; & d'abandonner le -Phéni- cie à Prolemée, qui en peu-de tems fe rendit maître des meilleures villes de ce pays. (a) Ainfi la Judée retourna de nouveau fous la puiflance de Ptolemée roi d'Egypte. Mais Antigone reprit bientôt le deflus, & les Provinces, dont on vient de parler | furent Pendant plufeurs années un fujet de difpute, & de guerre entre Antigone roi de la haute Afie , & Seleucus roi Syrie, & Ptolemée roi d'Egypte. Les partifans de Ptole- i nero, An du Monde; 3692, ayant J. C+ 4 mée foûtenoient que ce Prince n'avoit entrepris de e de FAñfe., . ju à cond ItiOn que do vrie creu ê, ke Phénicie demeureroient en propre à Ptolemée.s ceux de Seleucus au ‘contraire prétendoient, que Prolemée n'avoit point eu d'autre interêt dans cette guerre, que d'aider Seleucus à faire la con- quête de ces Provincésssqui devoient faire une partie confidérable de fes Etats; d’où vient auffi quaprès la victoire remportée {ur Antigone , mettre Seleucus en pofleflion du royaum _ D . Ps RER ie et nl SA Ve OT , & la @ Diodor. _ an. 1, Olymp, 117. Vide & Foféph. contra 2p= pion. l. 1. p. 1048. Tome LIL C Éd 18 Hisromë pre L'ANC. TESTAMENT; © AadaMonte, Lylimaque & Caffander avoient prononcé que ces | C: Provinces devoient appartenir à Seleucus. (a) Et en effet il en joüit , &-les Juifs lui payoïent par in un tribut de trois cens talens d'argent; () enforte toutefois qu'ils fe gouvernoient par leurs. propre loix, & qu'ils #avoient point d'autres _ Gouverneurs ; que leurs Grands-Prêtres. Cnar. VI. - Prolemée, fils de Eagus roi d'Egypte ; eut RARE Se fuccefleur {on fils Prolemée F - fürnommé er Philadelphe. Iy a beaucoup d'apparence qu'après pren. avanr J, © Ja mort de Seleucus Nicanor il fe rendit maître _— de la’ Paleftine ; car nôus voyons dans lhiftoire de la Verfon des Septante , qui fut éntreprile fous fon regne, qu'il étoit Souverain des Juifs, Be & qu'il avoit pour eux beaucoup de bonté. (eo) 724 aan. C, CE Prince aimoit les lettres ; il entreprit de faire dans Alexat rie la Bibliotheque la plusnombreu- fe, &la mieux choïfie qu'il pourroit. Il chargea Démetrius Phalereus du: choix des livrés, & du Re foin de Jui en faire venif de toutes parts. Le | Monde ; 3727. fOÏ Jui ayant un jour demandé combien il avoit avant JC. 275. GE} ramañlé de volumes , Demetrius fui répon- _ditqu'ilen. avoit déjà, deux cens mille, & qui efperoit bien-tôt d'en avoir jufqu'a cinq ce ns mile le > & qu'il avoit appris qu'il y en avoit chez les Juifs un bon nombre , qui contenoient leurs Loix, & qui méritoient d'avoir leu’ place dans là Bibliothèque ; mais qu'étant écrits en langage . CA) Pide Viér. ad an. MT (© Vide Libdl. Ariféeide 3721: avant J. C. 2TOES |) LAX. Tnrerpp. ex Fofeph. XIE _ (b) Sulpire Seuer. L, 21 hiff, | Anrig. ©. 2. : ns > > : f 5 + x ; re SAS See LrVRE S£éPrirEMSeR & en caractere Hebreux, il faudroit les faire tra duire en Grec; que la chofe avoit quelque diffi- culté, que l'on pourroit cependant furmonter; fi lé roi vouloit entrer dans ce deflein. | Prolomée écouta cette propofition avec plaifr; -An. du Mondes 3727.avant J.C, 27 3° _& dit à Demetrius Phalereus d'écrire au grand prêtre des Juifs de lui faire traduire ces. livres d'Hebreu en Grec. Cependant un certain Ariftée grand ami des Juifs, qui demeuroïent en Egypte, qui avoit envie depuis long-tems de leur proz curer la liberté de s'en retourner dans leur pays, prit cette occafion pour en parlerau roi. -Il coms muniqua fon deflein à deux de fes amis, Sofibius & André & les pria de lappuyer auprès du roi, lorf- qu'il Jui en feroit la propofñtion. Ariftée parla donc à Philadelphe, & lui dir, qw'on ne pouvoit _aflez louer Le zélé, qu'il témoignoit pour COM muniquer aux Grecs la connoïflance des loix des Juifs, en les faifant traduire en leur langue. Mais qu'il feroit digne de: fa magnificence royale de rendre en même-tems la liberté à un grand nombre de Juifs, qui étoient caprifs:dansidot coup.de bienveillance, & lui demanda : combien Croyez-vous qu'il:y ait des Juifs dans mes états qui ayentbefoin-de-cette lib erté LAriflée ; Sofibitis. &c André qui étoient préfens , lui répondirent qu'il DR AO EX pe S pouvoit- y'en avoir fix vinet-mille. Eft-ce donc- . 1 peu de chofe ,; leur dit-il, 8æcomptez-vousice- 12 pour une petite liberalité ? Maistous Les affiftans lui ayant remontré , que cela étoir digne de grandeur & de fa magnificence, & re | Ÿ 1] | 0 Hisroime De L'ANc. TESTAMENT, Tanda Monde, Cela‘au grand dieu qui l’avoit placé fur le trône; gra LC M y confentit, & leur dit que quand ils donne- roient Le prêt aux foldats:; ils comptaffent à cha- cun d'eux outre: leur prêt ordinaire, cent vingt _ dragmes pour chaque captifs Hebreu qu'ils pour- roient avoir , afin qu'ils le miflent en liberté. Les cent vingt dragmes font trente. ficles. d'argent, (a) où quarante-huitdivres douze fols fix deniers, quieft le:prix d’un efclave ; felon la loi de Moyde.. (b) La fomme que le roi donna-pour le rachat de de ces captifs, monta à plus de quatre cens ta- lens, felon Jofeph & Ariftée. Ils parlent appa: rement des. talens: attiques , qui valoient deux mille quatre cens livres. Aiïnfi les quatre cens ta- lens faifoient neuf cens foixante mille livres. : … Le roi choifit parmi ces Juifs , dont il venoit de-payer la rançon ;-ceux qui étoient les mieux faits, les plus jeunes & les plus robuftes, pour les faire fervir dans: fes armées, &il donna à. d’au- tres des: emplois dans fa maïfon. Il envoya tout le refte en Judée, & fit écrire en même-tems à Jerufalém au grand-prêtre Eleazar, qu'il envoyât ensEgyprefix hommes. de chaque tribu bien int truits dans les deux langues, pour traduire d'Hé* breu en Grec les loix & écritures des Juifs. IH lui ft aufli fçavoir ce qu'il venoit de’ faire en fa veur des Juifs , qui étoient captifskem Egypte, & lui-envoyaun préfent de cing-cens talens d’or, pour en- faire des coupes : & des:‘patéres: pour lufage du temple 38: grand nombre -de: pierres. () Ee ficle vaut quatre drag- ko (b) Evan RC) = CURE ÉrVRE S'epvTrremEetl. 0 précieufes pour d’autres ornemens. Il ajoûta cent And Monde. talens pour acheter des viétimes , & pour les ‘en re aütres frais des facrifices , qui devoient être offerts ” “pour lui. André & Ariflée dont nous avons par- lé , furent chargés de toute cette commiflon. Eléazar reçut la lettre du roi avec le refpect Ce la reconnoiflance convenable , & lui récrivit qu'il envoyeroit & le texte de la re , & fix hommes de chaque tribu capables de la bien traduire : mais qu'il füpphoit le roi de renvoyer l'original ds Ja Toi, après qu'il en auroit fait faire la traduction. : i ofeph décrit la table d'or que le roï fit faire pour l'ufage du temple, apparemment pour être. mife dans le faint, afin quon ÿ offrit les parfums au foir & au matin, La table étoit de deux cou- dées de long, & d'une coudée & demie de haut, & d'une coudée de large, » ayant un rebord où- vragé de la hauteur d'une paume ; avec des fleu- rons de {culpture d'une figure triangulaire hi égaux & fi juftes, que de quelque côté qu’on les He Pr ils failoient RTE ne. k même à des dti qui snpanoient autour du sat & tout autour de la table, il y avoit quantité : d'autres pierres précieufes. taillées en ovale, & entremêlées d'ouvrage de relief. On y avoitre- préfenté diverfes fortes de fruits , de grappes de: raifin, d'épis de bled‘, de grenades , avec ‘des pierres-précieufes de 1e couleur, & enchañlées: dans l’or. Le deflus de {a table écoit travaillé d'une maniere également admirable par la: richefle des: ii 92 HisrorRe DE L'ANC. TESTAMENT, Tan du Mondesmétaux & des pierreries , & par l'excellence du 37 a JC travail, C'étoit le fleuve Méandre, dont les di- vers tours & détours étoit repréfentés par quan- tité de belles pierres précieufes. La’‘gravûre & les ornemens des pieds étoient d'une beauté & d'une délicatefle furprenante. On y voyoit du liere, & des feps de vigne entremêlés d’une ma- niere fi fine, que lorfque le ventles faïfoit mou- voir, les yeux y étoient trompés, & les prenoient, non pas pour un ouvrage-del'art, mais de la nature. Li Le roi fit aufli prefent au Temple de deux grands vafes d’or , en forme de coupes , qui étoient taillés en écailles; & on y avoit enchaflé depuis le pied jufqu’en haut , divers rangs de pierres pré: cieufes, Les bords de ces vafes étoient enrichis _ de fleurs &-defeps: de-vigne entremêlés enfem- ble ; & chacun de ces vafes contenoit deux gran- des mefures, Il y ajoûta deux coupes d’argenttrès- polies &très-luifantes ; outre trente autres vafes or- nés de pierres précieufes , & des gravures très-ri- chès &très-délicates. On employa à cet ouvrage plus-de cingmille pierres précieufes , & le Roife donnoit ! ee fouvent. a peine d'aller lui-même vifiter les ouvriers, pour leur donner de lémulation, & Hs .exciter à-bien fie ie Eee --Les foixante & douze Interprétes arriverent à. Alexandrie le jour même:que le roi avoit gagné une bataille navale contre le roi Antigone, Pro- lermée eut tant de.joie de leur arrivée, qu'il-deur dit qu'il compteroit déformais ce jour comme ‘un dés plus heureux de fa vie, & qu'il vouloic tant Fc LS Livre SEpTrrMEr 23 qu'il vivroic en conferver la mémoire ; comme n TN d’un jour heureux. Il leur fit donner des logemens GTA JC. fort propres ; & Nicanor qui étoit chargé de 14” part du roi dérecevoir les Etrangers , donna com- mifhion à Dorothée d’avoir foin de leur nourriture. _ Le roi les entretint fouvent, & les fit manger à {a table durant douze jours, ne pouvant fe laf- fer de leur faire des queftions, & d’entendre leurs réponfes. Enfin il les fit conduire dans fIfle du Phare, par une chauffée longue de fept ftades , & par le pont qui joint l'ifle à la terre ferme, de une maifon aflife fur le rivage de la mer, du cÔté du feptentrion , & fi éloignée de tout be que rien ne {es pouvoit troubler dans leur travail: & il les pria de travailler à ouvrage pour lequel ils étoient venus. Îls le firent avec-toute Faffetion & l'afliduité’ inaginables; pour "rendre leur tra- duétion très-exacte. Quand leurouvrage fut ache- vÉ, Démetrius de Phalere affembla tous les Juifs . qui fe trouverent à Alexandrie, & leur lût cette _tradudtionen la prefence des firante & douze joe Ils EURE louerent for Dee _metrius d'avoir > defléin au r61: & Deme- trius re “trs ex faire toutes bre d'inpééaag tions contré ceux qui y féroient Le moindre chan- gement, foit en. ee en tranfpofant, où en ré- tranchant. : Le roi {efit He ae ces Lines Fe 7 & FT. ne pouvoit fe lafler d'admirer Là prudence , ocits fs gefle du legiflateur qui les avoit établies. Un jour qu'il s’en entretenoit avec Demetrius , il lui de- manda comment il fe .pouvoit faire qu'aucun 24 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, run hiftorien, ni aucun poëte Grec n’eut fait mention, n du Monde. 3727. avan Ce de ces loix fi divines. Demetr us lui répondit que c'étoit pour cela même qu'elles étoient divines, que perfonne n'avoit ofé. l’entreprendre, & que ceux qui l’avoient ofé faire en, avoient été châtiés de Dieu. Que Teopompe ayant voulu en inferer quelque chofe dans fon hiftoire,, avoit perdu l’ef- prit pour trente jours,.-& n'étoit revenu à fon bon _{ens, qu'après s'être humilié , & après avoir recon- nu fa faute. Que-Theodecte ayant mêlé quelque chofe qu'il avoit tiré de-ces livres dans une trage- die ; perditaufli-tôt la vûé , & ne la recouvra qu'a- près avoir demandé pardon à Dieu de fa faute. Alors - Le roi renvoya les interprétes, après les avoirin= vité de le venir fouvent revoir, & après leur avoir. donné à chacun, trois paires d’habits, deuxtalens d'or ;.une.coupe d'untalent, & des lits pour s’af- feoir à table. Il envoya aufi au grand facrifica- teur Eleazar , dix lits de table , dont les Pieds étoient d'argent , un vafe detrente talens, dix ro- bes de pourpre ; une très-belle couronne d’or, cent pieces de toile de fin lin, divers vaifleaux pour boire, & enfin des encenfoirs, & des cou- Voilà le précis es qu'on Éd ee =. Ç Cars dans Jofeph, & dans Ariftobule cité par Eufebe,. Ca) Philon (b) parle auffi de cette verfon de l’écri- ture procurée par Ptolemée Philadelphe , & faite par les. plus habiles Juifs qui fuflent alors. Il dit. La) Arifobul, Fudens apud Eu |(b) Phil. L, 2, vita Mois. Seb, prapar, Evangil, SE à: de œils Livre SEPTIFME LE qu'ils la firent dans l'ifle de Pharos,& qu'en memoi- CES re d'un fi grand bienfait, on celebre tous les ans une 3727: avant J, Ci fête, où non feulement Les Juifs,mais auffi les étran- 7? _&ers vont dans cette ille , & y pañlent le jour dans des actions de graces, & dans des feflins de ré- jouiflance. Saine Juftin Le martyr (a) nous apprend encore une autre particularité , qui eft que chacun des foixante & dix Interprétes fut enfermé, & tra- vailla dans une cellule faite exprès, afin qu'il pôt vaquer. à fon ouvrage avec moins de diftraction ; & que le roi avoit même défendu qu’on les laiffät parlerles uns aux autres, afin qu'on püût mieux ju- ger de leur capacité, & de leur fidelité dans {a traduction, en les mettant en parallele lesunsavec les autres. Qu'après que l’ouvrage fut achevé, le roi fit lire leurs interprétations, qui fe trouverent f1 exactement femblables; qu'elles ne différoient pas même d'un feul mot. Ptolemée regarda*cela Comme un prodige, & traita les Interpréres com- me des hommes divins. Saint Juflin ajoûte qu'il a vû les ruines de ces cellules dans l'ifle de Pharos,. & quil aappris ce qu'il en dit, des perfonnes. du ES Saint Cyrille de Jerufalem parle auffi de ces cel- Jules. Et faint Irenée & faint Clement d'Alexan- drie croyent que la tradu@tion des Septante fut inf- pirée du faint Efprit à ceux qui la compoferent, Saint Épiphane () ditque les foixante & dix In- _terprétes demeuroient enfermés depuis le matin * (a) Fuflin. Marwyr. Admonir | (b) Epiphan. libide Ponderib, ad, Gracos. | CE Menfuris, _JelL 1) * An du Monde, 3727. ayant J. €, 273. 26 -HistrofRke DE L'ANc. TESTAMENT, jufqu'au foir, deux à deux, dans trente-fix cellules de l'ifle de Pharos, & que tousles foirs on les rame- noit fouper au palais du roi dans trente-fix nafel- les, toûjours deux à deux ; & qu'après le fouper ; on les mettoit coucher dans trente-fix chambres; en forte qu'ils ne puflent conferertous enfemble. Le roi leur fournifloit descopiftes pour mettre au net leur traduction. Leurs cellules étoient bâties de maniere , qu'elles ne prenoïent dujour que par en haut, & n’avoientaueunes fenêtres par où ils puf- {ent ni rien donner, ni rien recevoir du dehors. On donnoit aux deux Interprétes qui étoient dans chaque cellule, un livre de l'Ecriture à interpré- ter. Parexemple, la Genefe à deux, l'Exodeà deux autres, & ainfi du refte. Lorfque deux de cesin= terprétes avoient traduit un de ces livres , on le faoitpaflerdansunesautre cellule, où on le tradut- foit de même, jufqu'à ce que les vingt-deux livres Canoniques, & même apocriphes , furent en- tierement traduits, & quil y en eût trente-fix co- pies de chacun. ee : Eorfque l'ouvrage fut achevé ;; le roi étant affis S RE . 5 TR = fur fon trône, fe fit lire les trente-fix traductions autre tenoit l'original Hebreu. Et lorfque lun de ces lecteurs lifoit une periode, ou un chapitre, tous les autres trouvoient la même chofe en pro- pres termes dans leurs exemplaires ; enforte que quand fun avoit omis, changé ou ajoûté quelque chofe, l'autre Interpréte lavoit de même omis, changé ou ajoûté. Ainfi il parut vifiblement que le funt Efprit avoit préfidé à cette traduction, & LIVRE SEPTiEME: 27 qu'il avoit dirigé ces Interprétes. C'eft ce que dit {aint Epiphane. 3727. avant J. Ce Mais nous fommes obligés d’avertir Le le@teur, que la plûpart des circonftances rapportées par Âriftée, & après lui par Jofeph, par faint Jufün, par faint Epiphane, & par les autres, ne font nul- fementaflürées. Plufieurs fçavans critiques (a) trai- tent même de fable toute cette hiftoire de la ver- fion des Ecritures par les Septante. Ils veulent, que tout ce que lon en peut aflürer de vrai, fe _reduife à dire que vers le tems de Ptolemée Phi- ladelphe, un peu plûtôt, ou un peu plus tard, on fiten Egypte la traduction de cinq livres de Moy- {e, d'Hebreu en Grec. Que l’auteur de cette tra- duétion eft inconnu , mais qu'on fçait qu'il eff dif- férent de celui, ou de ceux qui ont mis en Grec les autres livres defEerituré. Ces critiques pour nifte. Demetrius de Phalere, bien loin d'être ue cetécrivain le veut Croire ; fut releomé parus -& obligé de fe faire mourir par la morfure d’un afpic. Pcolemée Philadelphe , dont Ariftée faitun roi fage , fçavant, religieux &-pieux, étoit au rap- port des autres hiftoriens, un prince perdu de luxe % de mollefle , chargé de-crimes, meurtrier de _ (a) Henri de Valois ; le Car- Scaliger , M, Hody , M, Van- inal Bona, M, Menage, Jofeph | dale, &c. À D ; ‘” An du monde, &727. avant J. C, 273 28 HiToiRE DE L'ANC. TESTAMENT, {es freres, époux de fà propre fœur. La victoire qu'il dit que Philadelphe avoit remportée fur Antigone , ne regarde point Philadelphe: elle étoit arrivée long-tems auparavant fous le regne Cap. VIE. de Prolemée fils de Lagus, pere de.Philadelphe. Demetrius Phalereus cite Hecatée Abderite com- meun auteurancien, quoiqu'il fait du même tems que lui. Tout le refte de la narration d'Ariftée eft Îi peu vraifemblable , qu'il n’eft perfonne qui ne remarque aifémentque.ceit une piece fabuleufe. En voilà plus qu'il n'en faut pour détruire toute l'autorité qu'on pourroit lui donner. Le lecteurne rious fçaura pas mauvais gré d'avoir rapporté .un peuau long cette hiftoire , quoique faufle , à caufe de fon antiquité, & du credit qu'elle a acquis dans plufieurs efprits. : Commeles Juifs.étoient difperfés dans prefque PrivilegesdesJuis toutes Les provinces d'orient, & qu'ilsavoient dans dans l'Egypte » & dans la Syrie, plufieurs occafons fignalé leur fidelité dans le {er- vice d'Alexandre le grand; lesrois fes fuccefleurs, fur tout ceux d'Egypte & de Syrie, leur donnerent des marques de leur confiance & de leur eftime, Nous l'avons vû jufqu'ici dans Îa conduite des rois dE ste Où: SR - as ER Re de: re” des . preuves dans la faite. Pour les rois de Syrie, Jofeph. afsäre que Seleucus Nicanor fondateur du royau= me des Seleucides en Afe , leur accorda. droit de bourgeoïfie danstoutes les villes qu'il bâtit en PA- fie, dans celle de Syrie, & en particulier à An= tioche , qu'il rendit capitale de {on royaume. Ce prince leur avoit même afligné une certaine fom- me qui devoit leur être fournie par le maître du ER RCE Seb Er me & de la Samarie, à huit mille talens. Mais-Jo2 nes feph Îeur ayant reproché de s'entendre enfemble 2* pour donner fi peu, il en offrit deux fois autant, & s'engagea de plus de laïfler au profit du roi les confifcations , dont ces fermiers vouloient profiter. Le roi vit avec plaïfir que Jofeph aug | mentât ainfi {on revenu : mais il lui demanda quelle caution il lui donneroit. Il lui répondit de bonne grace , qu'il lui en donneroit de telles , quil me pourroit les refufer. IL ajoûta : Mes cau< tions , Sire, {eront votre: majeité & la reine, qui tous deux répondrez pour moi. Le prince fourir; & lui adjugea ces tributs, fans fui demander caus tion. Ainfi ceux qui étoient venus de Syrie, sèm à rent Les premiers, qui mépriferent {es ordres. Ils _ne fe contenterent pas de refufer de pay _cune difficulté, Ceux de Scythopolis voulurent: : E i 36 Hisrorte DE L'Anc. TESTAMENTS Rime. (UiVre.J'exemple de Ceux d'Afcalon :; mais if [es grrr araat.C traita comme il avoit fait Les premiers, & envoyæ de même au roi ce qui provenoit de leur confif- cation. Mais en faifant le profit du roi, il ne né- pligeoit point fes propres intérêts ; il ft de grands préfens à ceux qui étoient en-faveur auprès du roi; &. aux principaux de fa cour. | Jofeph pañlà vingt-deux ans dela forte ;: dans une grande profpérité; il eut fept fils d'une fem- me , & un: huitième, nommé Hircan, d'une au= tre femme, qui était fille de Solime fon frere , &c qu'il avoit époufée, croyant prendre pour femme: une danfeufe , qui lui avoit plû dans la cour du. roi Ptolemée. Solime au lieu de lui donner certe: danfeufe qu'il fouhaiteit ,. mit dans fon lit fa pro- pre fille, qui devint mere d'Hircan.. Son pere: eut pourlusunestendreffe particuliere, parce qu'à lui trouva plus d'efprit & de conduite, qu'à fes: autres: fils. : Ptolemée roi d'Egypte , on en fi de grandes ré ioit volontiers, & que dix mille dragmes lui. Aifoient, parce qu'ilne vouloit pas faire beaucoup - Lave SEfTIrrME, yà _. de dépenfe. Qu'à l'égard des préfens , qu'il feroït an du Monde; obligé de faire au roi, il pourroit lui fairé donner 377 °°" LE dans Alexandrie l'argent néceflaire, pour acheter “quelque chofe de rare, & de grand prix, pour le préfenter au prince de fa part. Jofeph écrivit donc à Arion, qi étoit celui qui manioit tout l'argent, qu'il envoyoit de Sy- rie à Alexandrie pour payer les tributs, & par les mains de qui pañloïent tous les ans environ trois mille talens. (4) IL lui écrivit de donner à fon fils dix talens. (2) Hircan partit avec ces lettres, 6 au lieu. de dix talens, en demanda mille. Arion les refufa, & lui dit quelques paroles défobli- geantes , qui obligerent Hircan de le mettre en prifon. Arion en fit porter fes plaintes par fa fem- me à {a reine qui en parla au roi. Mais Hircan. lui répondit f..pertinemment ; qu'Arion voyant. quil. ne devoit plus efpérer de protection de ce. côté-là, donna à Hircan les mille talens qu’il de- cons, { ES ES le rent chacun un talent, ou deux mille fix cens. quatre - vingt-huit livres, sil s'agit du talent. _(b) Les dix talèens Hébreux - font 48671, liv. 17. fols 6. d. à 4867, liv. 3. fols $. deniers. lent. Mais à ne prendre le ta- | le talent , ou 24000, livres à lent qu’à 2400: liv. les trois nulle | 2400. liv. le talent. telens.ne font que 7200000. iv. ! E üj (a) Les trois mille talens Frs * … breux font r460r$62. liv. 10. - fols,à4867. liv..3. fols le ta- 48 Histothe BE LANG TESTAMENT, An du Monde, egyptien ; où feulement deux mille quatré cens 377% avant JC livres, fi c'eft du talent Attique. A quelques jours _ de-lRà, le roi faifant un feflin aux principaux de fes provinces , envoya dire à Hircan de s'y trou- ver, & on le plaça au plus bas lieu, à caufe de fon âge. LeS'autres conviés pour fe divertir mi- rent devant lui les os des viandes, qu'ils avoient mangées , fans qu'il témoignât de s’en fâcher. Sur uoi un nommé Triphon , qui divertifloit le roi par fes railleries..lui.dit: Vous voyez, Sire, la quantité d'os qu'il y a devant Hirean; vous pou vez juger par-là de quelle maniere fon pere ron- ge la Syrie. Ces paroles firent rire Le roi ; mais Hircan fans s'embarrafler , répondit : Il ne faut pas , Sire, s'étonner de voir devant moi tous ces os : car les chiens mangent les os avec la chair, comme Vous voyez qu'ont fait ceux-ci, en mon trant les autres conviés, puifqu'il n’en eft refté aucun devant êux : mais Comme je fuis homme, je me contente de manger la chair, & je life . Jes os. es ee 2 Le lendemain , Hircan alla voir ceux qui étoient en plus grande faveur auprès du roi, & s’énquie difpofoient de faire au roi Ils fui répondirent … que les uns donneroïent douze talens, & les au tre plus ou moins, chacun felon leur pouvoir, Il feignit d'en être fâché, & dit que tout ce qu'il pourroit faire feroit d'en donner cinq. Mais le jour étant arrivé, ceux qui firent les plus grands. prefens au roi, ne pañlérent pas vingt talens : % Hircan offrit à ce prince les cent jeunes hom= = 3 À PR S : LEMRE SErTiru…s 39 mes dont nous avons parlé, qui lui prefenterent Mo: encore chacun un talent ; & à la reine les cent dj 2 jeunes filles ; qui luioffrirent de même chacune un talent. Toute la cour fut furprife d’une f gran- de liberalité. Il ft aufli de grands prefens à tous - ceux qui étoient en crédit auprès du roi, afin qu'ils lui menageaflent la protection de fa majefté. Pto- lemée fenfible à fa générofité , lui dit de lui de- mander ce qu'il voudroit : mais Hircan lui répoñ= dit qu'il ne défiroit autre chofe , finon qu'il lui plût d'écrire en {a faveur à {on pere & à {es fre. res. Le roi lui fit expedier les lettres qu'il deman- doit; & après lui avoir fait de grands prefens, il le renvoya. a . Ses freres jaloux de l'honneur qu'il s'étoit ac- quis, & irrités de la grande dépenfe qu'il avoit faite à Alexandrie, allérent au-devant de lui pour Le tuer, fans que fon pere fe mît en peine de les empêcher, tant il étoit en colere de ce qu'il avoit fait en Egypte. Mais Hircan fe défendit fi vaillam- ment, quil y en eut deux de tués, & plufeurs LÉERS 4 il fe retira. au-delà du Jourdain, & s'occupa à re cevoir les tributs qui étoient dûs par les Barba- res ; c'eft-à-dire les Arabes , les Moabites, les Ammonites , & quelques autres peuples de ces . cantons. Peu de temsäprès mourut Jofeph pere Sa. -d'Hircan, homme d'un grañdefprit, qui {çût ti- 3753. avant J. €, rerles Juifs défla pauvreté où ils étoient, pour les mettre en état de vivre à leur aife. Il avoit été vingt-deux ans Intendant des tributs qui fe SRE de ceux qui les accompagnoient. Etant arrivé àJe= 36 Hisrote DE L'ANC. TESTAMENT, Ts levoient dans la Phénicie, dans la Judée & danë 3785, avant J. C. la Samarie. : A Le grand-prètre Onias IT. étoit mort «environ ee rang. dx Ou douze ans auparavant , & avoit laïflé la préneOnill, fouveraine facrificature à Simon Il. Pendant ce tems, Antiochus le grand regnoit en Alie , & Pto- iemée Evergétes en Egypte. Après la mort de Jo- feph; la divifion de fes enfans caufa de fort grands troubles dans Jerufalem:; car & le grand-prètre _ Simon & le peuple favorifoientles aînés contre Hir- can, qui étoit Le plus jeune. De maniere que celui- ci ne jugea pas à propos de retourner à Jerufalem, ais il demmeura au-delà du Jourdain, où il fai- {oit continuellement la guerre aux Arabes. Il y bâtitun château extrèmement fort , dont les murs. de dehors, depuis le pied jufqu'à l'entablement, étoient demarbre-blanc.,.&. ornés de figures d'a- nimaux plus grands que Îe naturel, en fculpture. Il l'environna d'un large & profond foflé plein d'eau , & fit tailler dans un roc de la montagne woifine ; plufeurs grandes cavernes, dont l'entrée étoit fi étroite, qu'il ny pouvoit pañer qu'une perfonnesèsla fois, afin de sy fauver, sil étoie forcé par fes freres. CET perbebaument étoit.f- tué près d'Hefebon, ville célébre par {es belles . ‘eaux, dont Hircan profita pour orner fes jardins. 8e fa maifon. Il lui donna le nom de“Lyr ou Ro Fée tone il y détetr pendant les fept dernieres ans commeng à re nées que Seleucus Philopator san en Syrie , fai ner l'an du mond 7 Fe fant continuellement la guerre dux Arabes. Mais, Antiochus Epiphanes étant monté fur le trône de Syrie, Hircan redoutant fa grande puillance, Livré SEerTir ur ÂX _& craignant de tomber vif entre fes mains, & EI d'être féverement puni pour la guerre qu'il avoir 5795 artJ © faite de fon chef aux Arabes, il {e tua lui-même, ee _& ce prince fe faïfit de tous fes biens. | . Maïs iffaut retourner à Antiochus Le grand, que Amos à lhiftoire de Jofeph & d'Hircan nous a oblipé Fes tas dt d'interrompre. Après la mort de Seleucus, fur- ne 37 | nommé le Foudre, le royaume de Syrie apparte- noit au jeune Antiochus, fils de Seleucus Calli- nicuss#on frere : mais l’armée qui étoit en Sy- rie, demandapour roi Antiochus, qui fut depuis furnommé le Grand , & qui étoit alors à Babylo= ne. Il vint donc en Syrie, & fe trouva maître de prefque toute l'Afie qui eft au-delà du mont . aurus. La Célé-Syrie, la Phenicie dc la Judée an du Monte, obéifloient toûjours au roi d'Egypte, qui étoit #7" alors Prolemée Philôpator, fils & fuccefleur d’'E- ProieméeEver- us ; Fe ne getes mourut l’am ver getes. Antiochus avoit TOUJOUrS eu des VUES fur du monde 3783, ment à {à bienféance. Theodote gouverneur de RESTE FRERE DE La a Een > Er — 42 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, An du Monde, de, Tyr & quelques autres places fe rendirent. “ sance gp put prendre Dora, quoiqu il leût afliégée, parce que la place étoit très-forte d'afliete, & qu'elle recevoit du fecours de Nicolas général de l’armée de Philopator ; : 1 n’attaqua pas même a Sidon mais il étoit maître de prefque tout Le pays. 14 On fit une trève de quatre mois entre les deux rois; & le printems fuivant, la guerre recommen= 2 Fe remporta divers avantages ; il prit la ville de Philoteria fur la mer de Lyberiade : la ville d'Ytabirium, fituée fur Le mont Thabor, Rabbath-Ammon capitale des Ammonites, plu fieurs autres villes, tant en-deçà , qu . le Jourdain, comme Pella , Camus, Gepher, Ga- - dare : il ft hiver {es troupes dans la Paleftine, L 4) pour être plus à portée de commencer dé Eure à campagne contre Prolemée Phi- pie , qui de fon côté faifoit de grands prépa “And Monte, 'atifs pour foûtenir cette guerre. Dès le commen- 2 Ne CU de printems , les deux rois fe trouverent. aux environs de Raphia avec leurs armées. Ils fu= : du gnd jours en PE & le sun jour. aille. Anne us quoique plus Dre en Home + & plus grand capitaine, la perdit, & fut obli de fe retirer en Syrie. (2) Prolemée Philopa ‘or reprit aifément toutes les villes, qu'Antio+ Chus lui avoit enlevée ; & les peuples de la Céle . Syrie naturellement pie attachés aux rois d’ Egyp- : *, fe rendirent à à lenvi, & n “oublierent aucune / ue 0 Vide à - 2. = hp DEvRE SERTIEME 2 43 forte d'honneur, dont ils s'imaginerent pouvoir Axa mots farce a roi d'Egypte. (a). Ils. lui.pre- ARS {enterent des couronnes, luié érigerent des autels, & lui offrirent des re comme à un Dieu, Philopator de fon côté vifitant toutes les villes, Îes exhorta à la fidelité, combla de dons les tem- ples de leurs dieux, & n'ômit rien pour s ‘attacher les peuples. Les Juifs l'envoyerent A D dh EG; + part du Sénat fur @ victoire, & lui offrirent de. poeme ptite riches prefens. Mais le roi he témoigna qu'il de fe dam vouloit aller en perfonne à Jerufalem. (b) Il ytemris vint en effet , & offrit au Dieu très-haut des facri- fices en a. de grace pour fa victoire. Toute pafla d’abord dans la décence, & le refpeæ conve= : nableà ce ce faint lieu. Mais le prince touché d’ad- miration du bel” Ordre, & de la magnificence qu'il remarquoit dans le temple, voulutentrer dans l'in- cerieur du lieu faint, Les prêtres lui remontrerent, que les Juifs & les Prêtres eux-mêmes n’avoient pas cette liberté ; que c'étoit un privilege réfer- nd-prêtre feu, SE Encore = me d une Pa po étrangere ne devoit point y pré- tendre. On lui fit voir l'endroit de la loi. qui le défend, & on alla même. jufqu’à lui dire, que s'il lentreprenoït, ilpourroit lui en arriver quelque chofe de fâcheux : touteela.ne fut pas capable de : moderer l'envie du roizil protefta qu'il-entreroit de gré ou de ee Alors les pièues prolternés (6) Pbb. lib. se =. == {b) + Maccab. ce. F ÿ \ Ad Histoiré DE L'ANc. TESTAMENT; s a rai wrdonna aq donnant fous de g idoles ; il défendit duifant au rang des plus vils habirans du pays, avec menaces de mettre à mort ceux qui mobéis toient pa LIVRE SEPTIFME 25 de préferer la dégradation , & la fervitude auvio Er. lement des loix dé Dieu, furent marqués avec un 3757: aa). Gs fer chaud, qui répréfentoit une feüille de lierre, ec comme pour témoigner qu'ils étoient devenus efclaves du dieu Baccus. Ceux au contraire qui voulurent obéir au roi, en fe faifant initier aux myfteres profanes des faux dieux, conferverent ou obtinrent de nouveau le droit de bourgeoïfie à Alexandrie, &celui d’avoir entrée au palais du roi. Laplüpart demeurerent fermes dans la religion de leurs peres, mais d’autres préfererent les bon nes graces du roi à leur devoir, Philopator indigné de” voir que le plus grand nombre des Juifs du pays ne s'étoient pas mis en peine , ni de {es me- naces, ni de fes ordres, rélolut de les faire tous périr:H-donna donc contre eux un édit en ces termes : » Le roi Ptolemeée Philopator à tous fes » généraux, & aux foldats qui font dans l'Egypte, » falut & profperité : Pour nous , nous nous por- »tons bien, & nos affaires font en un état flo- » riflant, Après notre expedition en Afe, qui, » réufli, par la fave 6 die jar VOTrE Va= _» leur & fage conduite; nous étions réfolus detraiz L'ISRREE LEE ns > dans chaque ville , nous fommesallés à Jerufa- » [em , & nous avons voulu honorer de notre pre- » fence le temple des Juifs, ce peuple infen{é & » méchant, Mais après nous avoir recüûs avec des | E ii ee An. du Monde» 3787. avant J, C: 213 _»quin 46 Historme DE L'ANC. TESTAMENT, » honneurs féints, & lorfque nous avons vouli entrer dans leur temple, & de l'orner de prefens » dignes de notre magnifcence , ils nous en ont refufé l'entrée, avec cette hauteur & cette info » lence qui leur eft comme naturelle. : # » Nous avons bien voulu, par un effet de notre bonté, ne pas ufer contre eux de violence ; mais » pour eux, ils ont dans cette occañon . Voir » leur mauvaife difpoftion envers nous , étant » les feuls de tous les peuples qui s'oppolent aux » rois & aux puiflances les plus legitimes. Nous » fommes donc revenus triomphans en Esypte, » & avons continué de donner à nos-peuples des » preuves de notre bienveillance ; & pour faire » connoître à ceux même de cette nation qui font. »en Esypee , que nous voulions oublier linfulte savoie été faite, nous avons entrepris » en Énndennon des fervices qu'ils nous ont » rendus dans nos armées, de leur faire quitter. » leur religion , & leur avons offert de leur accor- _» der le droit de bourgeoifie à à Alexandrie, & de. » » diet » entrés dans nos defleins , S'imaginant que vain: smile volonté contre nous, pour préven » leur donner part à Fhonneur des prêtres de nos. € JEU j AIS SERA | pris tout cek en un Mauvais. » avec opiniâtreté . droit de botrgeoite que nous. » [eur offrions, témoignant même de l'horreur: » & de l'averfion contre ceux des leurs. qui fon » Cus par leur obftination , nous nous défiftero » enfin de nos juites Holadons Fe - _» C'eft pourquoi étant bien inlarrad de (a SZ Livre SEPTIE ME. » leurs deffeins perfides , & pour empêcher que » quelque jour ils ne fe joignent à nos ennemis, » nous avons ordonné qu'auflitôt que vous aurez » reçû ces lettres, vous nous envoyiez à la même An du Monde: 3787. avant J, Ce 213 «heure ceux qui demeurent parmi Vous, avec » leurs femmes & leurs enfans chargés de chaînes, » afin de Îéur faire fouffrir ici les tourmens qu'ils » ont mérités. Et quiconque aura caché un Juif, » de quelque âge qu'il foit , fera foûmis à la peine » dela baftonade ; avec toute fa maifon ; & qui- » conque les découvrira , aura pour recompenfe » la confifcation de tous les biens du coupable, » & outre cela deux mille dragmes de la liberalité » du roi ; & s'il eft efclave, il fera mis en liberté, » & aura une couronne. Et tous les lieux où lon Juifs en témoignerent leur joye. On en preffa > : si de chaîne Femmes , je & vieux, fans diftinction, & on les embarqua fur le Nil, pour être conduits à Alexandrie. Ils fax _rent traités pendant tout le voyage avec la der= niere inhumanité, & on leur fit tous les mauvais _ traitemens qu'on auroit fait à des criminels d'E- tat. Etant arrivés à Schédia , qui eff comme le port d'Alexandrie , environ à quatre lieuës de cette ville, on les y débarqua, & ils furent ex- poiés dans l’'Hyppodrome ; à découvert , fans au= À | 48 Hisromns De L'ANG TESTAMENT, Tanda onde, Cuñe communication avec ceux de Îa ville. Fouz pre tetes Juifs d'Alexandrie fortoient fecrettement de la ville, & alloient confoler leurs freres. Mais le roi en ayant été informé, ordonna qu'on les chaffät tous de la ville, & qu'on les enfermûr dans l'Hyppodrome avec Îles autres. Il comman- da enfuite que l’on fit‘un dénombrement exact, & qu'on drefsât un rôle de ceux qui devoient être mis à mort. . Les officiers du roi travaillerent quarante jours à faire ce dénombrement ; & après cela ils furenc obligés de venir déclarer qu'ils ne pouvoient ache- ver ce travail, tant le nombre des Juifs étoit grand dans l'Egypte. Le roi crut d'abord que ces officiers s'étoient laiflés gagner par argent ; mais, enfuite ayant vû leurs resiïltres remplis, & leurs plumesuféessilfut.convaincu de la vérité de leur rapport; & il fit venir Hermoh gouverneur de. fes éléphans, & lui dit, de donner le lendemain” aux éléphans beaucoup de vin pur pañlé fur des paquets d’encens, afin d'ôter le fentiment à ces divertir avec fes amis , & Hermon exécuta ce qui. Jui avoit été commandé. Mais le lendemain, qui. _étoit le jour deftiné pour l'exécution des Juifs, le. roi dormit fort tard, & on n'ofa l’éveiller que … vers trois heurs après-midi , lorfqu'il étoit tems LiIvRE SEPTIEME. 40. de fe mettre à table pour manger. Le roi fe leva} ©&naunouc. & ne penfa qu'à faire bonne chere avec ceux cor avoit invités. D Cependant comme on demeura à table bien avant dans la nuit, le roi envoya querir Hermon, & lui demanda pourquoi on avoit laiflé pañler le jour fans exécuter fes ordres contre les Juifs. Her- mon lui répondit, que tout avoit été préparé pour cela, mais que le roi n’ayant pas paru, on n’a- voit ofé rien faire. Prolemée ordonna donc de nouveau, que l’on difposât toutes chofes pour le {upplice de ces malheureux. Hermon n'y marqua pas; & le lendemain dès le point du jour, il fe trouva dans le grand parvis du palais, avec les éléphans tout armés. Le roi fe leva de très-grand matin, & ne fe fouvenant plus des ordres qu'il _avoit donné laveille;-demanda ce que cela vou- loit dire, & réprimanda fortement Hermon d’a- * changement qui s & = Le:meéme Jour qui étoient à table avec lui, prirent la liberté de lui dire: Jufquà quand votre majefté veut-elle ex Q . s a Lé nous tenter. ? Déjà trois fois vous avez commandé Tome IIL. G .. jo HisToime DE L'Anc. TESTAMENT, “An. du Monde, la même chofe ; & lorfqu'il s'agit de l’exécu- rw Cron, vous changez de réfolution, Alors Ptole- mée fit ferment que le lendemain il envoyeroit au tombeau tous les Juifs écrafés fous les: genoux | des éléphans, qu'après cela il iroit en Judée, & mettroit, tout à feu & à fang, raferoit les villes, brüleroit le temple de Jerufalem, dont on lui. avoit refufé Pentrée , & extermineroit les prêtres qui y facrifioient. Hermon prépara fes éléphans, les enyvra, & les mit en furie, puis ayant averti le roi , il les mena à l'Hyppodrome. Philopator avec toute fa cour sy rendit aufli » & les Juifs voyant de loin la poufliere qui s'élevoit, à caufe de la multitude qui accouroit à ce fpe@acle , & entendant le bruit qui {e faifoit, ne douterent plus que leur derniere heure ne fût venuë, ils re- doublerent-leurs. cris, & fe dirent adieu, priant le Seigneur avec de nouvelles inflances de les regarder dans fa miféricorde. = | _ Le roi étant arrivé avec les éléphans , le Dieu. . . fentant devant cette li . ) fraveus œlesrensdie fut fifi d’un tremblem RS ent de tout le corps, en. . =) forte qu'il ne pouvoit fe foûtenir. Les éléphans te | tournerent contre ceux qui les conduifoient &. qui les environnoient , & Îes foulerent aux pieds. Ée cœur de Ptolemée fut tout d’un coup changé. - Sa cofere fe tourna en miféricorde. ; & toute {on _indignation fe répandit contre ceux qui n’avoient fat qu'exécuter fes ordres. Il les accufa de vouloir ETS SRen A ee LirvRé SEPTIFME + 5 attenter à {à vie & à fa royauté , & ordonna qu'on déliât promptement Les Juifs , & qu'on Les _ remit en liberté. Etant enfuite rentré dans la ville, il leur fit donner du vin & des viandes pour faire des feftins pendant fept jours. Après cela il les renvoya chacun dans leur demeure , écrivit en leur faveur aux gouverneurs des provinces d'Egypte, & défendit-qu'on leur fit aucun reproche de tout ce qui étoit arrivé, les déchargeant à pur & à mener An du Monde, 3787. ayant J. C. 21% plein des calomnies & accufations formées contre Les Juifs avant leur départ, prirent la liberté de demander au roi, qu'il Leur fût permis de tirer vengeance de ceux de leurs freres, qui avoient fi lichement abandonné les loix de leurs ancêtres; lui remontrant que des gens, qui pour un vil in- terêt, avoient p& manquer de foi à leur Dieu, ne féroient pas capables de conferver la fidélité à leur roi. Philopator leur accorda la permiflion qu'ils demandoient ; & au fortir du palais, ils mi- rent à mort tout ce qu'ils trouverent d'apoñtats de leur Religion. On en compta ce jour-là juf- qu'à trois cens-de.tués.. De-là.,.ils-fe rendirent à Rofette, autrement Ptolemaide, à foixante mille d'Alexandrie , vers lorient, fur une des embou- chûres du Nik, où ils devoient s'embarquer pour s'en retourner dans leur pays. Ils réfolurent dy demeurer fept jours enxéjoüiflance , pour rendre graées à Dieu de leur délivrance. Ils y érigerent une colomne en mémoire de cet événement, & y bâtirent un lieu de prieres. Enfin ils partirent, & arriverent heureufement chacun chez eux, On | G ï & LA : 52. HisToiRE DE r'Anc. TESTAMENT, TAn du Monde, leur rendit tous leurs biens, qui avoient été con- 37 we © fifqués au profit du roi, ils inftituerent une fête en: mémoire de cette heureufe délivrance; & ils l'ont célebrée pendant plufieurs fiecles. a Ce, KE Les Egyptiens enflés de fa victoire qu'ils avoient Révolte des E- l'emportée contre Ântiochus le Grand à Raphia, Phiopar, ne daignoient plus obéïr à leur roi Philopator. Ils fe revolterent contre li, & le roi fut obligé de. leur faire la guerre. Les Juifs à qui il venoit de rendre la liberté”, le fervirent dans cette occa- fion avec une fidélité f conflante , que l'on en compta foixante mille de tués dansune bataille que ce prince livra à fes fujets rebelles. (a) An du Monde, Quelques années après , Philopator mourut ,; D LC Liflant pour tucceteur fon fl Ptolemée Epipha- 200 ] P U U S P P : nes , âgé feulement de quatre ou cinq ans. Alors Antiochus.le Grand, roi de Syrie, & Philippe rot de Macédoine , prirent enfemble des mefures pour fe rendre maîtres des états de ce jeune prince, dans le deffein de les partager entre eux, & mê— me de le faire mourir , pour mieux aflürer leur conquête, ou plûtôt leur ufurpation, (b) Philippe devoit entrer en Egypte, & Antiochus devoir at. taquer la Syrie &.la Phénicie 3%:Chacun-devoit demeurer maître de ce qu'il aur oit pris. En effet, Antiochus fe jetta fur la Célé-Syrie & fur la Phé= nicie, & s'en rendit maître. Il la conferva quel= que terms : mais enfin Prolemée Epiphanes envoya. En ce pays avec une armée Scopas général de fes. (a) Eufeb. in Chronic. Fornand. | (B) Poljb. L 15. Livs, L 31e. Fide. Cler ad. an, 3789 Fuji 30 7 | LIVRE SEPTIEME. | troupes, qui battit Antiochus, reprit plufeurs vil- les de [a Syrie & de la Phénicie, réduifit toute la Judée à l'obéifflance du roi d'Egypte; prit plu- fieurs des principaux chefs de Parmée d'Antiochus, & revint victorieux en Egypte. (a) : Mais cette conquête, qui avoit été fi rapide & fi facile , ne fut pas de longue durée. L'année fuivante Antiochus entra dans la Célé-Syrie, li- Vra la bataille à Scopas vers les fources du Jour- dain, le battit, & fit rentrer fous fon obéiflance les villes, que Scopas avoit prifes Pété précédent. Il reprit la Batanée, la Samaïie, les villes d'A- bila & de Gadare. Scopas qui s'étoit fauvé du combat avec dix mille hommes, {e retira à Sidon, où Antiochus lafliégea, & l'obligea de fe rendre forcé par la famine. (4) Les Juifs abandonnerent le parti de Ptolémée Epiphanes, & embraflerent celui d'Antiochus le Grand ; reçcûrent dans Je- An du Monde, 3806, avant J, C- 1940 Te An du Monde; 3807. avant J, C- 193. _rufalem fon armée & {es éléphans , & aiderent de tout leur pouvoir fes généraux , qui affiégerent la garnifon que Scopas y avoit laïflée dans la cita- delle. EASEPON PIN HR PERRET Se ES A AIM 2 LA Aa fn: £ its | \ PE PASS AT nFée S ta taire, crut devoir leur en témoigner fa reconnoif- fance par une lettre adreflée à Prolemée, général de {es troupes, dans laquelle après avoir rapporté ce que les Juifs avoient fait pour fon fervice dans cette occalon , il déclare qu'il a deflein de réta- blir la ville de Jerufalem dans {on ancienne (a) Fofeph. L 12. Anrig. c. à. Lef. Fnffin. Hieronym. in Dan. P ge ce 3 RATE ÆHieronym. in Dan. xx, EXT, - (b) Polib. in Excerptis, Va- G ii 6o Hirorre DE L'ÂANcC. TESTAMENT, An du Monde, la fomme de cet argent confiftoit en quatre cens "3828. avant J.C, 172 : div. dénotre: mo! nano 10: talens d'argent, & deux cens talens d'or; (a) & que pour lüi il ne pourroit jamais fe refoudre. à mettre la main fur cet argent, pour en frauder les proprietaires, qui l’avoient confé dans le Tem- ple , qui étoit en veneration par toute laterre, Heliodore infiftant fur les ordres précis qu'il ‘avoit reçûs du roi, prétendit que tout cet argent {eroit tranfporté à Antioche; & pour executer fa commifhon , il entra dans d. temple, & voulut {e faire ouvrir Le tréfor. Le grand-prêtre & tous lesautres miniltres du temple s’y oppoferent. Tout le peuple accourutau temple ,& adreffant fes prie res au Tout- puiffant, lui demandoit avec inftan- ce qu'il confervât la fainteté de {à maifon. En mê- . me-tems que les gens d'Heliodore fe mirent ende- : Vois.de:forcer.les portes du tréfor , la vertu du Se:i- . gneuf Le fit fentir fur eux. Ils ne: tout d'un coup frappés d'une frayeur qui les renverfa, &. qui les mit hors d'eux-mêmes. On vit paroître un homme à cheval , faperbement vêtu, qui fondant javéc impetuofité fur Héliodore, le: rappa rude- -ment des pieds. de devant ; a. celui gi Le mon toit, le ménacoir de-moït;-avec-des- tou tes: han ee :Vit.: es de même tems. deux, jeunes hommes pleins de force & de beauté, brillans de gloire, &-richement vêtus, qui {e te- nant aux deux x .CÔtés. d'Heliodore, le foüetroiene ls; is Éuetes is sd de + 4867. div. 3. fols 9. den, &le ta- lent d’or fur de 69532 L, “lite D {ols, : Fe a Le. 400! Labns 1946872. liv. &, les 200. talens d’or, font 1139006256. Yerà prendre ++ ie FE L< ee. Lrvre SÉPTIEME 61 “chacun de fon coté , & le frappoient fans relâche. an au Monde, 3828. avant JC 17 2e ‘che, à qui il raconta tout ce qui lui étoit arrivé pour entirer ces tréfors, il répondit : Si vous avez quelque ennemi, ou quelqu'un dont vous défiriez vous défaire, vous pouvez l’y envoyer, & vous le verrez revenir déchiré de coups, fi néanmoins il enrevient; car il y a véritablement quelque ver- tu divine dans ce temple. : - Simon intendant du temple , dont on. à déja à F ze e PET 2 ° - parlé , qui avoit été la premiere caufe de tout ceci, voyant que fon coup étoit manqué , en voulut H ii Au du Monde, “3828. avant J. C. 472 62 HISTOIRE DE L'ANc. TESTAMENT, rejetter la faute fur Onias, difant que c'étoit fui qui avoit appellé Heliodore, & avoit été l’occa- fion de tous ces maux. La dE alla fi foin, qu'il “y eut dü monde de tué dans la ville par les amis de Simon. Onias craignant les fuites de cette que= relle, & voyant qu'Appollonius Gouverneur de | la Syrie & de la Phenicie, fecondoit & favoriloit. Simon , il alla trouver le roi à Antioche, pour dé=. truire ès calomnies de Simon, & pour arrêter fes dangereufes entreprifes. Le roi re & Simon fut envoyé en exil. (4) Pendant qu Oftss étoit à Antioche, Seleucus Philopator mourut. Ce prince quelque tems avant fa mort, avoit envoyé à Ro= me fon fils Demetrius , pour y demeurer en Ôtage en la place de fon frere Antiochus , qui y étoit de= : ie quator Ze ans. _Antiochus étant en chemin , {on frere Seleucus he mis à mort par les 2 que lui avoit dreflées Heliodore. Celui-ci vouloit ufurper le. royaume , mais il en fut empêché par Antiochus Épiphates , qui appuyé par les rois Ecumenés &. Attale , entra lui-même en pofleffion des états de {on frere. (à) Il NES dans Le LS comme unñe.. divinité fecourable au momeneawil fem loitque les” étrangers devoiene sen tendie les maitres, | C'eft ce qui lui fit donner le furnom de Diwe apparoit ; en Grec, Dieu Epiphanés. Mais Il de - couvrit bien-tôt Le fond de fon mauvais naturel, & les mêmes peuples qui Favoient d'abord recu. comme un Dieu favorable, Île regarderent de- | pe cb. in Chronic. - _(b) Vide Appiar. Syriac, p. 1 T6. 117 | puis comme un furieux, & un infenfé, qui étoit ‘An du Monde, venu pour le malheur de ce royaume. Les J dif nn furent ceux qui reflentirent les plus fâcheux effets de à violence & de fà fureur, & ce furent leurs _ divifions domeftiques, & l'ambition de quelques- uns d’entre-eux, qui y donnerent DECO | Car Jafon, fils du grand-prètre Simon I. &,CH. XIV. frere d'Onias LIL. qui avoit alors la fouveraine fa- ee crificature , étant venu à Antioche ; s'offrit de nano donner au roi Antiochus Epiphanés , (a) trois cens foixante talens d'argent par an , & outre Lie 3,2 cela quatre-vingt talens pour d'autres revenus ; à avan J. C. 171. condition qu’il lui accorderoit la dignité de grand- prêtre, à laquelle étoit attachée alors celle de gouverneur de fa nation. Il offrit de plus cent cinquante talens , f on vouloit donner à ceux de Jerufalem le droit de bourgeoïfie d’Antioche , & la liberté d'établir une Académie, ou une Gym- nafe à Jerufalem, pour les exercices publics, com- me il fe pratiquoit dans les principales villes de. la Grece. Le premier objet de Jafon étoit de dé- truire l’antipathie qui étoit entre Les Juifs & ls Amen, Etrangers;-écdeumertresenshonneur-dans f na- ir. tion, Les exercices qui étoient alors les plus efti- més dans la Grece. Il fut fecondé par plufeurs perfonnes de J erufalem, (?) qui dirent : Allons, & faifons alliance avec les nations, car depuis _ que nous nous fommeswæetirés d'avec elles , nous fommes tombés en beaucoup de maux. Ee roi accorda donc à Jafon, & à tous ceux de fon parti, Live SEPTIEME © 7 (2. Macecab, IVe 7e 8.9 -(b) 1, Aaccab. 1. 12. 33. CC, we ; An du Monde, 3330. ayant J.C, 170e neur d'Hercules, & le roi y étoit en perfonne. 64 Hisrorre p£ L'Anc. TESTAMENT, ce qu'ils demandoient , & aufli-tôc ils bâtirent: dans Jerufalem des lieux d'exercices , tant pour les jeunes garçons, que pour les hommes faits ;: ils effacerent, autant qu'il fut en leur pouvoir , les marques de la circoncifion, par le fecours de la medecine , qui fournit pour cela certains moyens qui ne font pasinconnus aux anciens ; comme dans ces exercices ils combattoient nuds, ils crurent qu'il y avoit quelque honte à paroître circoncis. Ils renoncerent ainfi à l'alliance fainte, & quit- terent abfolument la Religion de leurs peres; ils fe joignirent aux nations infidelles, & fe vendirent pour faire le mal. - e Jafon abolit Les privileges que la bonté des rois: de Syrie avoit accordés à la ville & au temple » … il renverfa les loix de fon pays , pour en établir de nouvelles, & il faifoit pafler les jeunes gens qui vouloient entrer dans les lieux d'exercice, qu'il avoit établis fous le nom de perafus, qui étoit une efpece de bonnet confacré à Bacchus, & qui . marquoit que l’on fe confacroit à cette faufle Di- vinité. À l'exemple de Jafon, intrus dans la di- gnité de grand-pontife, les autres prètres mépri= fant le-temple.&.les.exercices.de leur.facré mi niflere, accouroient aux exercices , & recher= . choient avec empreflement de remporter les prix. qu'on y propofoit. Ils mettoient en cela le fou= verain honneur, & il y avoit entre eux une extrè- me émulation pour cela On célebra en ce tems-{à à Tyr des jeux. qui fe faifoient de cinq en cinq ans, en lhon= . LIVRE SEPTIEME. ‘6 (a) Jafon pour faire fa cour à Antiochus ; & pour. marquer fon attachement à ces cérémonies profa- nes, y envoya des hommes aufhi impies que lui-mèê- me, pour y offrir cent dragmes dar . , qui de- voientêtre employées au facrifice d'Hercules. Mais l'intention de Jafon ne fut pas fuivie en cela. Ses dé- putés crurent apparemment faire mieux leur cour, en donnant cet argent pour aider à la conftruc- tion des vaifleaux pour le roi, ou pour appareiller les galères qui devoient en jeux dans cette occafion. Dans ce même-tems Cléopatre, reine d'Esy- pte , fœur d’'Antiochus Epiphanés , & mere de Ptolemée Philometor , étant morte , fon fils. Philo- metor monta {ur le trône d'Egypte, & commen- ça à prendre lui-même Le gouvernement de es états , qui avoit été juiqu'alors entre Les mains de fa mere, à caufe de fon bas à âge. Antiochus Epi- phanés fon oncle , envoya en Egypte Apollo- _nius, fils de Mnefthée, pour affifler à la cérémo- nie de fa premiere rico dans le trône de es . peres. (2) Mais jpolos trouva | ifpofés ec trot du royaume De | prétendoient que ce prin= ce détenoit la Célé- -Syrie & la Phénicie, qui de voient appartenir au roi leur maître, comme ayant été cedées par Antiochus le Grand pour le doüaire de la reine Cléopatre Re file. 5 mere du jeune roÿ Philometor. en .. AU @): 2, Maccab, IV. 20, 21. | <(b)2. Maëcab. IV. 21. 23. Éc. . _. ; | Tome IL Ï An du Monde 3831. avant J. C; 169. 66 TYisToiRe DE L'ANc. TESTAMENT, és XV. Antiochus informé de ces difpofitions des ofh- Antiotlus Ep CIE du roi d'Egypte, prit la réfolution de lui Perd la guerre, & de demander qu'on lui défé- la régence & Île gouvernement d'Egypte, en 3832. avan J. ©. attendant que fon neveu fût en état de la gou- = verner par lui-même. Il vint de Tyr à Joppé, & de Joppé il alla àJ erufalem , où il fut recu ma- - gnifiquement par J afon, & par toute la ville. IE y fit {on entrée à la lumiere des flambeaux, de parmi les acclamations publiques, .& retourna de- BR en Phénicie avec fon armée. : _ Andu Monde, Trois ans après que Jafon eut acheté [a fou- a an JC Léraine Sacrificature , il envoya à Antioche Me- nelaüs, frere de Simon, de la tribu de Benjamin, dont on a parlé ci-devant, (a) pour porter au tot les fommes qu'il s'éroit engagé de payer tous les ans, & pour {çavoir fes intentions fur des affaï- res très-importantes , quil devoit lui communt- quer. Mais Menelaüs ayant gagné les bonnes gra- ces du roi, par la imaniere flatteufe dont il re- leva fa puiflance , trouva moyen de fe faire don- ner la {ouveraine Sacrificature , en offrant trois. cens talens d'argent | avoit donné. IlrevintaJ grande dignité, n'ayant à (a) 2. JMaccab..xv. 23, 24. | c. 6. où il eft aflez contraire à. ‘@°c. H'faut comparer cet endroit PAuteur du quatriéme des Mac: avec Jofeph. Antiq. liv. x£x, | cabées. a VERRE Ervar SEBTIEME - Le es voyes aufli injuftes & aufli irrégulieres, ne fe mit pas en peine d'envoyer au roi les fommes qu’il s3æavaxy. a Jui avoit promifes » quoique Softrate , qui com- ie mandoit de la part du roi dans la forterefle de _ Jerufalem, le preflàt d’en faire le payement, par- ce qu'il étoit chargé de f'intendance des tributs de la Judée. (a) C’elt pourquoi ils furent tous deux mandés à Antioche. Menelaüs fut dépoüillé de la charge de grand-prêtre; Lyfimaque fon frere fut chargé d’en faire les fonctions; & Soltrate fut obligé de donner le gouvernement de la cita- delle à Cratés, qui avoit été gouverneur de Cypre, Cependant les affaires fe brouilloïent de plus À one, en plus entre Philometor roi d'Egypte, & Antio- £7 #7 © 7 chus Epiphanés roi de Syrie. Les prineipaux ofh- ciers-du-roi d'Egypte réfolurent d'employer la for- ce, pour obliger Epiphanés de reftituer la Célé- Syrie au roi leur maître. Les deux rois envoyerent à Rome des ambafladeurs : Antiochus, pour fe plaindre de ce que Ptolemée l'attaquoit fans fujet, & vouloit le dépoüiller d’une partie de fes états; & Prolemée , pour renouveller l'alliance avec.les | | tx princes Le ren- contrerent entre Pelufe & le mont Cafeus, fur les frontieres d'Egypte ; & le combat s'étant donné, Antiochus remporta la victoire, & entrant dans Î’E- SyPpte ; il vint à Memphis, : ’v fit reconnoître ré- gent du royaume de fon neveu , & parcourant tout de pays, il s'en rendit maître ; fanstrouver aucune réfifance. (c) Dans ce même-tems Prolemée, fils & Fes 5 x. (a) 2. Maccab. 1V. 28. FL (c) Hicronymt. in Dan. X1. 6% {b) Polyb. Legar. 72, * | Porphyrie, 1 68 Hisrorre DE L'ANC: TESTAMENT, Tan du Monde, de Dorymene , embrafa le parti d'Antiochus Ep 3e sat) C bhanés, & lui remit lifle de Cypre ; & pour ré- compenfe Antiochus le gratifia du gouvernement de la Célé-Syrie & de la Phénicie. (a) -Antiochus étoit à peine revenu à Antioche 3. qu'il fut obligé d'accourir en Cilicie, pour appai- fer une {édition qui s'étoit allumée à Tharfe & à Mallo. Ces deux villes ayant été données à An- tiochide concubine du roi, les habitans en con- çurent tant dindignation, qu'ils fe révolterent , & prirent les armes, Menelaus croyant que lab- {ence du roi étoit pour lui une occafion favorable, fit prendre dans le temple de Jerufalem par fon frere Lyfimaque , qui y avoit été laiflé comme. fon vice-gérant, plulieurs vafes très-précieux , &c en fit vendre une partie à Tyr & dans les villes. voifines, &-donna les autres à Andronique , que le roi avoit laiflé à Antioche , pour la gouver+ ner en fon abfence. Le but de Menelaüs étoit. de gagner Andronique, afin qu'il lui fit rendre f& dignité, dont Lyfimaque fon frere n'étoit revètw que par provifion, & de fatisfaire à ce quil de voit encore d'arrerages au tréfor du roi. Cette RE a: vds Jerufalem, qui en donnerent avis à Onias II. qui étoit encore à Antioche, depuis la fin du re one de Seleucus. Onias étant informé du facri+. Jege de Lyfimaque, en ft des reproches à Mene-. laus ; & le menaça dem informer le roi. Ce. pendant Onias fe tenoit dans Pafle de Daphné» 2 Maccab, Varia, 8, x 73, LS SES = | Lave SrPTtEeMe 69. près d'Antioche, craignant que Menelaüs ne Le ft GX VI. tuer. : Mort du grand- Andronique ; que Menelaüs avoit mis dans Co interêts, & quil avoit rendu complice de fon 5554 JC: crime, en lui faifant part de ce qu'il avoit enlevé du temple , étant averti des difcours d'Onias ; fe laiffa aifément perfuader par Menelaüs qu'il fal- doit s’en défaire. IL alla au bois de Daphné, où fe tenoit Onias ; il lui parla , & lui promit avec ferment, qu'il ne [ui feroit aucun mal. Il l'attira ainfi de l'afile fous je ne fçai quel prétexte , &e le tua aufli-tôt, fans aucune confidération pour. a juftice , & fans {e mettre en peine de fon fer- ment. Toute la ville, tant les Juifs , que les tele oué Onias. mille hommes, aufquels: il donna pour capitaine un nommé Tyran, également avancé en âge & : _ : XL üj 70 HisroiRe DE L'ANC, TESTAMENT, Ari one, confommé en malice. Ces troupes comimirent plus éputés de Jerufas. Îem furent condamnés à mort. L'injuftice de cette. condamnation indigna les Payens. mêmes, & les. Lyriens témoignerent leur générofité envers ces innocens mis à mort, en leur donnant une fe -pulture honorable. Cependant Menelaüs fe mains reñoïit en autorité par la faveur des grands, qui évoient dans la cour d'Antiochus, en leur difii= Livre SEPTLEME ve buant de grofles fommes, qu'il extorquoit de fes concitoyens par fes concuflions. Antiochus {e préparoiït alors à porter pour Îa feconde fois la guerre en Egypte. Or il arriva (a) que l’on vit dans toute la ville de Jerufalem pen- dant quarante jours , des hommes à cheval qui œoüroient en l'air, qui paroïfloient habillés de drap d’or, armés de lances comme des troupes de cavalerie, & des chevaux rangés par efcadrons, qui s'avançoient comme pour combattre les uns contre les autres. On remarquoit des combats de _ main à main, des boucliers agités, une multitude An du Monde, 3834. avant J.C. 166 het Prodiges dans l'air à Jerufalem l'an du Monde 3834. a- vant J.C, 166, de gens armés de cafques & d'épées nuës. On voyoit de toute part des dards lancés, des armes d’or toutes brillantes, & des cuirafles de toute forte. Ces prodiges jetterent la terreur dans tous les efprits. Of ne doutoit pas que cela ne défignât quelque guerre ; Mais dans l'incertitude du fuccès _& de l’évenement, tout Le monde prioit Le Sei= _ neur d'en détourner les funeftes fuites, ou detour- ner cette guerre à l'avantage du pays. : + une grande flotte. Il livra fa bataille à fon neveu: Ptolemée Philametor, & le mir en fuite. Il prit plufeurs villes , @) & s’attacha enfin au fiége d'A- fexandrie. Comme il y étoit , il fe répandit à Je- rufalem un faux bruit qu'ilavoitété tué, Jafonqui avoir été dépolé du fouverain pontificat parce prin- ce, & qui s'éroit refugié chez Les Ammonites, crut (2) 2: Maccab, V. 3,2: 3, os (b) 1. Maccabs 1, 16. 19% LS 72 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT; | * none, avoir trouvé une occafon favorable de reprendre sta want) C fa premiere dignité. Il accourut à Jerufalem avec : environ mille foldats, attaqua la ville, & l’empor- ta, maluré la réfiflance des bourgeois. Menelaüs {e fuva dans la citadelle , & laïffa toute la vils le expofée à la cruauté de Jafon , qui y ft un - grand carnage de fes concitoyens. Mais cela ne lui fervi pas à rentrer dans fon gouverne ment ; il {e vit bien-tôt obligé de fe fauver.de nouveau auprès d'Aretas roi des Ammonites ; & étant devenu fufpect à ce prince, il n'ofa demeuz rer plus long-tems auprès de lui, &c fut contraint, de fe fauver de ville en ville, odieux à toutle. monde, comme un traître à fa patrie, & comme un ennemi public. (a) IL fe retira en Egypte, & de-là à Lacedemone , où il crût pouvoir trouver quelque reflource, à caufe de la parenté qu'on - fuppofoit être entre ces deux peuples. Mais il y. a apparence quil n’y püt demeurer en füreté, . puifque l'auteur du fecond livre des Maccabées dit qu'après fa mort il fut jetté à la voirie, & ne. fut ni pleuré, ni enfeveli, n'ayant pas même été mis dans Les tombeaux des étrangers; grace que, l'on ne refufe à perfonn ni) a . Lorfque le roi Antiochus Epiphanés eut achevé fa campagne en Egypte, il revint à Jerufalem, réfolu de punir feverement les Juifs de ce qu'ils sétoient, difoit-on, réjouis lorfque la nouvelle de fa mort étoit arrivée dans leur ville, & de. £e qu'ils avoient pris les armes à loccafion de \ © a Maccab, v. 5 CR 7 A a — l’entreprife x Livre SEPTIEME, | Tentreprife de Jafon , qui s'étoit faifi de la ville. Les An du Monde, Juifs informés de fes mauvaifes difpofitions con- 6% © tre eux, lui fermerent les portes, (a) & foûtinrent le fiege pendant quelquetems. Mais quelques-uns de ceux qui le favorifoient dans la ville, lui ayant ouvert les portes, il y entra tout en fureur, & or- donna à {es foldats de:faire main bafñle fur tous ceux qu'ils rencontreroient. Ces ordres furent exe- cutés avec tant d'inhumanité, qu'en l’efpace de trois jours, on compta quarante mille morts, &c _ autant de captifs, (b) qui furent vendus pour ef- claves. Antiochus monta enfuite au temple du Sei- gneur , conduit par l'impie Menelaus ; & prenant avec fes mainsles vafes facrés que les autres rois avoient offerts & confacrés au culte du Seigneur, il les manioit indignement, & les profanoit. I! prit l'Autel d'or, où lon offroit le parfum, le chandelier d’or , avec tous les inftrumens qui lui @ fers Ko 3 OC [eur (@ (ami Ÿ æ) Ed Es in, @ (oje) js © si © + FO © [er a. ® Es es) tab} ) bo © (oje) O Cor SU se F$ & * (a) 2 Maccab. v. 11. Foféph. (c) Vide 1. Maccab. 1. 23: de Bello,l. 1.6.1. & 1.6. p.929. | 24. 25. & 2, Marcab, NW. 15, (b) DE Maccab.Y. TI, 14, 16. 17: ( Tome III. K æ 74 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, me, : Diodore de Sicile. (4) raconte que Geiprince: sa-avant JC étant entré dans le, plus facré du temple, où il n'y avoit que le grand-prêtre qui pût entrer, y trouva, une ftatue de pierre d'un homme avec une grande barbe, tenant un livre en main , & monté fur un âne. Il crut que c'étoit Moyfe lesiflateur des Juifs, & fondateur de leur nation & de la ville de Jerufalem. Que ce prince voulant ôter la cau- fe de la haine ‘univerfelle, que toutes les nations portoient aux Juifs, entreprit de détruire leurs loix. C’eft pourquoi il facrifia à la flatue de Moyfe une grande truie fur l'autel qui étoit à découvert, c'eft- a-dire, fur l'autel des holocauftes, qui étoit au milieu du parvis des prêtres ; il y fit répandre du fang de la truie , & fit fouiller & effacer leurs li- vres facrés avec du jus, où l’on avoit fait cuire de la chair de certe victime : il ft manger de cette viande au grand-prêtre, &auxautres Juifs, & étei- gnit la lampe qui brûloit jour & nuit dans le tem- ple. Voilà ce que dit cet auteur, en fuivant les faux bruits que les payens répandoïent contre les Juifs ; dont ilsne connoïfloient que très-imparfai= tement & l’hiftoire & les loix. _ = Mais d'autres mieux inftruits, comme Polybe, Nicolas de Damas, Strabon, Timagenes, Apollo- dore , Caftor le Chronographe, (4) rendent plus de juftice aux Juifs, & reconnoiflent qu Antio= - chus ayant befoin d'argent, à caufe du gros tri- But qu'il payoït aux Romains, attaqua fans fujet les Phot. Biblier. Cod. 234 + | Appion. (2) Diodor. Sical. L 34, & | {b) Apud Joftph.l 2. contra 0 Livre SEPTIEME. von Juifs, qui étoient fes amis & fes alliés, pilla leur Aodu Monde, temple , & en emporta de grandes richeffes. Jo- D Doi feph (a) reconnoît que ce prince ne {fe contenta pas de dépoüiller le temple de fes vafes précieux & de fes richefles, mais qu'il Le fouilla encore, en immolant des porcs fur l'autel, & en répandant dans le lieu faint le boüillon de ces chairs ; qui pañloient pour impures parmi les Hébreux, Mais les livres des Maccabéesne rapportent pas cette particularité. - | . En partant pour s'en retourner à Antioche , Cr. XVII. (b) Antiochus laiffa à Jerufalem pour gouverneur, Perfécurion d'An- 14 A ‘1° ; tiochus Epiphanés ou plûtôt pour perfecuteur , Philippe natif de Phry= contre les Juifs gie, & avec lui Menelaüs, qui ne cedoit à per- nt - {onne en cruauté. Il laïffa aufli Andronique à Sa- 16$« marie, bienperfuadé qu'ils continueroient à exer- cer contre Les Juifs toutes les cruautés qu'il avoit <<) Fofeph. bb. 13.c.16%An- | (c) Polyb. Legar. 80. 81. 82, 1iq. Se . fée Diodor, Sicul,in Excerpt. Var (b) 2, Maccab, v. 21, Ce. lef. p.320. E* Le K 96 Hisrommr DE L'ANC. TESTAMENT, An du Monde, Quelque tems après Philometor vint fe remettre 35aal C {ous [a protection de fon frere Evergetes, & les Alexandrins reconnurent les deux freres pour roisz de maniere que Philometor & Evergetes regne- rent quelque tems de concert. Mais enfin les ha- bitans d'Alexandrie las des diflolutions de Philo- metor, le chaflerent, & ne voulurent reconnot- tre pour roi que fon frere Evergetes. Antiochus prenant la défenfe de Philometor, entreprit de le rétablir fur le trône. Il entra en Egypte, & mit le fiege devant Alexandrie. Il fut obligé de tever le fiége : mais il rétablit Philometor à Mem- phis, & remit fous fon obéiflance le refte de l'E- gypte, à l'exception d'Alexandrie, qui étoit en- tre les mains d’Evergetes. IL mit une garnifon de es troupes à Pelufe, afin de fe réferver toüjours la clef de l'Egypte ; après quoi il {e-retira en Sy= tie, (a) se . + à ee Bien-tôt après les deux freres Philometor &c Evergetes fe reconcilierent, & regnerent de nou- veau enfemble à Alexandrie; ce qui irrita extrè- É di More mement Antiochus Epiphanés. () I mit fur pied Te une grande armée ,& s'avança vers l'Egypte. Etant. à Rinocorure, les ambafladeurs de Phifometor le vinrent prier de ne pas venir attaquer-un princes qui n'étoit {ur be trône , que parce qu'il y avoitré- tabli lui-même ; & que s’il 'étoit fait quelque cho fe qui lui eût déplà., il étoit prêt de fui faire don: _nertoute fatisfaction. Antiochus répondit qu'il ne + . @) Pide Liv. l,. 44 4$. L - lib. 45. {b) Poll. Leger, 84, & Li | :., : Livre SEPTIEME. L fe retireroit point, qu'ilne lui cedät l'ifle de Cypres me d'un certain nombre de jours qu'il marqua. (a). La réponfe de Philometor ne fut pas favora- ble : & comme Antiochus s'avançoit vers Alexan- drie , il rencontra les légats Romains ; qui lui pre- fenterent les lettres du fenat, qui lui défen- doient de faire la guerre au roi d'Egypte. ‘Antio= chus les lt, & répondit qu'il en: délibereroit avec fes amis : mais le légat Popilius ayant tracé fur le fble un cercle autour de lui, lui dit qu'il eût à répondre avant de fortir de ce cercle. Antiochus étonné, répondit qu'il exécuteroit les ordres du fénat. Ainfi il fe retira en Syrie , & laifla l'Egypte en paix. HS D .… Cependantil envoya en Judée un nommé Apol- ler‘ les villes de la Judée, de faire main-bafle fur tout le peuple , de réferver feulement les femmes _ & les jeunes. enfans, pour les. vendre. (b): Apol- “onius vint donc à Jerufalem ; en apparence ayee ‘EPOS. jufqu aëL étoient dans (a) Livius, lib, 45 (b)2.-Maccab. v, 24.1, Maccab, T.30%. K re An du Monde ; Pelue , & tout fon territoire ; & cela dans le ter url. Ce A Polo ef en ess Le ES , voyé en Judéepar: Îonius, intendant des tributs, avec une armee doc vingt-deux mille hommes : il lui ordonna de pil- 78 Hisromme DE L'Anc. TESTAMENT; noue, abattre les maifons & les murailles, & emmena un #87 al orand nombre de captifs d'entre les femmes & les enfans qu'ils avoient épargnés. Jofeph en compte jufqu'à dix mille. (a) Alors on vicle temple aban- donné, des facrifices interrompus , le lieu faint profané & foulé aux pieds des Gentils; & cette. profanation dura trois ans & demi. Les ofhciers d'Antiochus bâtirent dans la cité de David, & près dutemple , une citadelle, qu'ils fortifierent par de bonnes tours @& de fortes murailles ; ils y laifle- rentune grofle garnifon, qui faïfant fouvent des {orties fur céuxqui alloient au temple ;, les mal- traitoit, les dépoüilloit & les tuoit : de maniere que Les Juifs n’ofanc plus y aller, & voyant le lieu faint profané & fouillé, fe retirerent de J erufalems &la ville devint la demeure des Gentils & des GE xvur, Ce fu vers ce tems-lèque parut J efus fils de _ Jef flsde Si Sirach, auteur def Ecclefaftique. L'auteur vivoit, l'Ecclefafiique, autañt qu'on en peut juger par divers traits répanx dus dans fon ouvrage ; dans.un tems où la nation des. Juifs étoit dans loppreflion ; (c) il Joué le grand-prêtre Simon IT. comme un homme mort ‘depuis long-tems: (d):Jiefus-perit-fils de Pauteur, traduifit fon ouvrage d'Hebreu en Grec fous Pto= Lèmée Evergetes IL (6) Aïinf Jefus fils de Sirach a vêcu fous le reone d'Antiochus Epiphanés per- un x écuteur des Juifs, & fous:le Pontificat d'Onias er ENST ES Nero ASE ss #+ re. Ta 4 Fa DE RUR ASE SES EE EE RE D NP RE EE + = : < a [ER = # en nl © re = (b) 1. Maccab. 1.35.40. | (e) Ecch. Fiat (©) Eccl. xexv. xxx vi. | + Ta + Le :Luvre SEPTIÉMEorHI 6) - … Après lui; on préfenta devant Antiochus fept a 5 freres (a) avec leur meré , qui témoignerént Au ace une conftance inébranlablé dans les tourmens fres Maccabées. EL (92, Maccab, SEM 10 24 eg. FES Li An du Monde, 86 Hisrorke DE L'ANC. TESTAMENT, ferai rien. Après quoi il fut traité comme fon fre- 3837: avast J, C re; & étant prèt de rendre l'efprir, il dit au roi : 63° Vétsinous fairés perdre la vie prefente ; mais le roi du monde nous reflufcitera un jour pour la vie étérnelle. On prit enfuite de troifiéme, & on lui dit de donner fa langue , qu'il prefenta: aufli-tôt, en difant : J'ai reçû de Dieu les membres de mon Corps, maisje Les méprile maintenantpour la défen= fe de fes 16% , parce que jelpere qu'il me les rendra un jour dans une autre vie. On lui coupa la langue , & il étendit fes mains, qu'en lui coupa de même, de forte que le’roi & tous les aflifz. tans admiroient le: courage derce jeune homme, qui régardoit fans crainte les plus affreux fuppli= cés. Le quatrième : fut tourmenté comme fes trois. frères; & étant prêt de rendre lefprie, il dit : I vaut mieux: Louffrir la mort-de la part des hom- mes, que de vivre en violant la loi de Dieu , puif qu'un jour Dieu nous rendra la vie, en nous reflufcitant: car pour vous, ajoûtatil, en parlant à Antiochus, vous he e refuloiterez Fa 1e A vie. On prit {e- Sion 5 re on . tourmenta comme fes freres. Alors regardant: Antiochus, il lui dit: Vous faites à préfent ce que vous vou lez, parce que vous avez reçû la püifflance parmi la bétmes , quoique vous ne foyiez vous-mê= me qu un homme mortel : mais ñe vous imagi= À nez pas que Dieu ait abandonné notre nationg. attendez feulement un peu, & vous verrez quelle eft fa grandeur de- fa puiflance., & de quelle nas niere il Vous accablera vous, & votre race, Après Êz ? RES re & - LivRE -SERTIEME AI. 97 fui, on amena le fixiéme; & lorfquil étoit. prèt de mourir dans les tourmens, il dit au roi : Ne vous trompez pas, en voyant les maux que nous fouffrons ; c’eft la jufte peine de nos pechés con- tre notre Dieu: mais ne vous flattez pas de de- meurer impuñi, après avoir entrepris de combat- tre contre Le Tout-puiflant. Cependant leur mere voyant périr fes enfans à fes yeux, loin de les plaindre ; ou de s'abandonnét aux pleurs , les en- re re 3837.@vant J.C. F63. courageoit , leur parlant Hebreu, & les faifanrs fouvenir que Dieu étoit leur pere & leur créateur, & qu'il leur rendroit un-jour une meilleure vie, en récompenfe de celle qu'ils méprifoient alors pour lui. EE Antiochus admirant la générofité de ces Mar- tyrs, & craignant de: fe confefler vaincu par des enfans; entreprit de gagner au moins le feptiéme des fépt freres par {es carefles & par fes proimefles, puifqu'il n'avoit pû furmonter les fix autres par fes menaces & par fes tourmens. I lui promic donc avec ferment qu'il le rendroit riche & heu- _reux, qu'il le mettroit au rang.de fes favoris, & qu'il le combleroit d'honneur, sil vouloit aban- donner les loix de {es peres. Comme lé jeune homme méprifoit . les offres du roi, on fit venir {à mere, & le-roi Fexhorta à infpirér à fon fils des {entimens plus fluräires. Mais au lieu de ce que Je roi attendoit d'elle, elle s’approcha de lui , & lui diten Hebreu, afin que lesafliflans ne: len- tendiflent point; car ceci { pañloit à Antioche, où Fon parloit Grec : Mon fils, ävez pitié de MOI, qui Vous ak porté neuf mois dans mon foin, RS eee An du Monde, 3837. avañt J.C. 263 Q9 Elisrome D£ L'ANC. TESTAMENT, qui vous ai nourri de mon lait pendant trois ans ; & qui vous anélevé jufqu'à l'âge où vous êtes; confiderez le ciel & la terre , qui font les ouvra= ges de Dieu, aufli-bièn que tous les hommes ; fouffrez courageufement les tourmens & la mort; ainfi qu'ont fait vos freres, afin que je vous reçoi= ve de nouveau avec eux dans la réfurrection que ous attétdons 2 20) Senna Cote D Liorfqu'elle parloit encore, ce jeune homme s'é- cria : Qu'attendez-vousde moi! Je n'obéis point au commandement duroi, mais à la loi de Dieu qui nous a été donnée par Moyfe. Pour vous, qui êtes la caufe de tous les fupplices dont on nous accable , vous n’éviterez pasla vengeance de Dieu. f Si nous fouffrons à prefent quelque chofe , c’eft la main.de Dieu qui nous frappe ,àcaufe de nos pez . chés. S'il nous châtie ; c’eft pour nous rendre meil leurs, &c pour nous corriger : mais après celailren= dra de nouveau fes bonnes graces à fes ferviteurs, Mais pour vous; ne vous {éduifez point par de vaines efperances ; vous n'échapperez point au ju» gement de Dieu, qui peut tout, & qui voit tout, Mes freres que vous avez fait mourir font entrés ET ETES dans la jouiflance de là vie ét nelle, qui leur a été promile :.mais ‘pour VOUS ; VOUS fouffrirezau jugement de Dieu la peine que votre orgueil'a ineritée. J'abandonne volontiers comme-més fre- res, mon corps & ma vie pour la défenfe des loix de mes peres, enconjurant Dieu de regarder en- fin notre nation d'un œil de pitié, & de: vous contraindre par a force de {a main vengerelle, à réconnoître qu'il elt le feul vrai Dieu. J'efpere | | que Linv et SR TI EME © 0 que la colere du tout- -puiffant , qui eft juitement D tombée füurfon peuple, finira à ma mort, & à cel Des le de mes freres. ee Le roi en colere or qu on . traitât en- core plus cruellement que fes freres; & ce jeu- ne homme mourut au milieu des fapplices avec une conftance admirable. Lamere qui étoit là, mourut la derniere: Le livre intitulé : De l'Empire de la Raïon , porte quelle fe-jetta dans un bucher allumé qui étoit (à, fans vouloir permettre qu'au- - cun homme la touchàt. Le traducteur Latin dit: Won la traina, qu'on :la déchira , qu'en lui arra- cha les en ee & qu après li avoir fait fouf- frir le fapplice du foüer, on.la jetta dans une chau= diere boüillante, oùelle: expira. Jofeph fils de Gorion, & le-traduéteur Arabe racontent qu'a- près le martyre de fes fepe fils , elle fe mit au mi- Heu de leurs corps, qui étoient couchés par-ter- re, qu'élevant fes mains au ciel, elle demanda à Dieu qu'il la tirât du monde; &. qu’ en même-tems elle tomba morte fur fes enfansi NE à _. ge. pue LE his prêtre . da te de. CxXXTL oyan: tJa-défolatiomde laivillefainte, &. Mains fs , Al refufentés obéir Frs: aa E de J Le aux ordres d'An= . tiochus, l'an duk 8e Le retira à Modo. Lie firuée près de Diofpo= Monde 3837 2° 6 lis; environ à: dix: lieues: de ‘Jerufalem , vers le ane À Er Vüute, nord. Matthatias avoit cinq-fils; Jean, furnommé ‘7 Gaddi: Simon, furnémmé: Dhabs Judas} appellé Mu e: za) fornommé’A baron: & Jona- Lu funommé ao € dei ds anis “(2 Maccab. ne aise Ses pa ol t fn DE Tome I M go. Histoire pr nr ANC. 'FESTAMENT, An da Monde, dans toutes les villes du pays pour contraindre le 3837. avant J.C, 363. peuple à facrifier aux faux dieux , vinrent à Mo- din, & s'adreflant à Matthatias, comme au plus confiderable de la ville ils lui dirent: Vous êtes le premier , le plus grand & le plus confideré de cette ville ; venez donc le premier exécu- ter les ordres du roi, comme ont fait toutes les nations, Îles hommes de Juda & ceux de Jeru<. falem, & vous ferez vous & vos fils , mis au rang | des amis du rot, & comblés d'honneur & de riz. chefles. Mais Matthatias hauffant la voix , leur ré- pondit : Quand toutes les nations obéiroient ay roi Antiochus, & que tout Hraët abandonneroit k loi de Dieu , pour {e foumettre aux ordres d’An< _tiochus , nous obéirons tofjours mes enfans, mes freres & moi, à la loide nos peres; & à Dieu ne plaifé que:nous en: ufons autrement ; nousn'o= béirons point awroi Antiochus, & nous ne vio= lerons point la loi de notre Dieu. Comme il: cefoit de parler, un certain Juifsae vança pour facrifier auxidoles devanttoutle mon- : de ; für l'autel qu'on avoit dreflé à Modin. Mat thatias le vit, &c fut faifi de douleur : il DT) Dar sr 9 = 2% SRE Le A2 Ed ER PES E + ue : 0 FRofin Apollon, &les Elébreux | x.) sde Apelles 3 | Philippe, 1 0 Livre SEPTIFTME. OT avoit envoyé pour contraindre les Juifs à facri- fier , il renverfa l'autel, & cria à haute voix dans la ville : Quiconque eft zelé pour la loi demeurer ferme dans l'alliance du Seigneur , me luive :-d-en même-tems äl s'enfuit avec fes fils fur les montagnes , abandonnant tout ce qu'ils avoient dans la ville. Alors plufieurs qui cher- choient à vivre {elon la loi & la juitice, fe reti- rerent aufli. dans les déferts avec leurs femmes, leurs enfans & leurs beftiaux, pour fe mettre à couvert des maux qui Les menaçoient de tous cô- veu: An du Monde, 3837. avant j. Ce 163: tés. Les officiers du roi qui étoient à Jerufalem, marcherent aufli-tôt contre eux ,-& les attaquerent le jour du Sabbat. Ils les fomimerent d'obéir au roi, & de fe rendre : mais les Juifs ne leur répon- dirent rien, ils ne jetterent pas une feule pierre contre eux, & ne férmerent pas l'entrée des ca- vérnes où ils étoient ;mais dirent : Mourons tous dans da fimplicité de notre cœur, & le ciel & la terre feront. témoins que nous mourons innocens. Ils fe laiflerent donc tuer fans réfiflance , eux, À TL ° =. .. 5 4 2 L'Enfe = Ex 1 JCTEE EC T0 Si Tr ou ré _ leurs femmes & leurs enfans; & _ À jufqu'à mille perf Matthatias & {es fils en reçurent la nouvelle, & firent un grand deuil de leur perte, Alorsils - fe dirent les uns aux autres : Sinous faïfons tous : comme ñ05 freres ont fait, & que nous ne nous défendions point co ntre les nations qui nous-atta- quent 5 elles nous. extermineront en peu de.tems de defflus. la serre. Is prirent donc ce jour-là cet- te réfolution : Qui que ce foit qui nous attaque le jour du Sabbat , ne faifons point de difficulté M j 92 HISTOIRE DE L'ANC. TESTAMENT, au Moda dE combartre contre lui, de peur qu'on ne nous faite 3937 een RC tous péMfé Comme font péris nos freres dans les antres Fe éfert, = . Æ _ © Alors les Affidéens, qui étoient sic plus pieux, & les plus vaillans d'Ifraël, s'affemblerent avec eux, & tous ceux qui avoient du zele pour la loi, ou qui fe voyoient menacés par les officiers du. roi, {e ; joignirent à Matthatias, & fortifierent leur troupe, de maniere qu'ils fe trouverent affez forts pour attaquer ceux de leurs freres qui avoient apof tafñé en abandonnant la loï de leurs peres, & ils en tuerent un grand nombre. Tout le refte s’en- fuit vers les nations pour y trouver leur füreté. Mais Matchatias alloit par tout le pays détruifant en tout lieu les autels qu on avoit érigés aux faux _ dieux, & faifant recevoir la circoncifion aux en- fans, à quijufques-là on n'avoir ofé la donner: Dieu donna d'heureux faccès à leur valeur, & à leur zele. Ils délivrerent la Loi de l’aflervifflement des nations , & de Foppreflion du roi, & ils ee rent les méchans & les. prévaricateurs, Le Ca, XXII, Mattathias aprèsavoir gouverné pendant un a Mort de Mauha- le petit refte des gens de bien, qui avoient foû- tias. Judas Mac- cabée, lan du tenu les intérêts de Dieu. &cides is religion contre Jane C5. # les impies, tomba malade, & fe fentant près de nt le Vu fa mort, 4 dit à fes. fils : (a) Le regne de For gueil s’elt affermi. Voici le tems du châtiment & de la ruine, de lindignation & de la colere de - Dieu far nous. Soyez donc, mes enfans, les vrais | zelatéurs de fa loi, & donnez vos Vies por: alliance A Z ET @x + Maccab.. "er LUE = S Fe : . Livre SEPTIEME 93 de vos peres, & vous recevrez une gloire éter- nelle. Souvenez-vous des œuvres de vos ancé- tres. Rappellez en votre mémoire l’obéiffance d’A- braham , la fidelité & l'innocence de J ofeph, le zele ardent de Phinées notre pere ; Le courage de An du Monde, 3838. avant J. C. 162. Jofué, la conftance de Caleb, la clemence de Da- vid, l’ardeur d'Elie, la foi d’Ananias, d'Azarias & de Mifaël au milieu des flammes, la fimplicité & l'innocence de Daniel dans la foffe aux lions. Que tous ces exemples vous affermiflent dans la con= fiance, que tous ceux qui efperent en Dieu, ne feront point confondus. Ne craignez pas les me- paces de l’homme pécheur, parce que toute {a gloire n’eft que de l’ordure, & qu'il n'eft lui-me- me que la pâture des vers. Il s'éleve aujourd'hui, & il difparoîtra demain , & retournera dans la ter- re d'où il eft forti. Pour vous, mes enfans ,armez- vous de courage & de force pour la défenfe de la loi, parce que c’eft elle qui vous comblera de gloire. Vous voyez ici Simon votre frere, je fçai qu'il eft homme de confeil, écoutez-le, & il vous tiendra Heu de pere. Judas Ma été homme de valeur & de chef de vos troupes. Rafflemblez autour de vous tous les défenfeurs de la loi, & vengez votre peu- ple de fes ennemis. ‘Après cela il les benit, & fut géuni à fes PÉTÉSS ee Il avoit cent quarante-fix ans lorfawil mourut, Ses enfans lenterrerent dans le fepulcre de {es péres à Modin, & tout Ifraél le pleura, & ft an grand deuil àfa mort. (a) Judas Maccabée fon (a) 5, Maccab. JAI. EI. 2, + Oc M ii nduite, qu'il foit - -_ o4 Hisromms DE V'ANC, TESTAMENT, one, fils, lui fucceda dans le commandement des trou= re pes, & tous fes freres avéc des Ifraëlites fideles # fe joignirent à lui, & {e mirent à parcourir toutes les villes de Juda, & à en chaffer tous les impies qui avoient abandonné la loi du Seigneur. Judas fut la terreur des méchans, & la confolationdes bons ; ih détourna la colere de Dieu de deflus Hraël, & {a ® mémoire fera éternellement en benédiction. IL raflembla jufqu'à fix mille hommes , (a) & il affer< mit dans la vraie religion ceux que la perfécution avoit ébranlés. 11 chaffoit petit à petit les enne- mis des villes & des bourgades, & les attaquant féparément & à l'improvilte, il en fit périr plus fieurs, & fe faifit de quantité de poftes importans: de maniere que {à réputation fe répandit bien-tôt dans tout le pays. | > Apollonius-gouverneur du pays de J udée & de _ Samarie, craignant les fuites de ces petites guer« res crut qu'il falloit opprimer Judas, avant qu'il {e far fortifié davantage. Il fe häta d'aflembler une armée aflez nombreufe, compolée de Samaritans & des nations circonvoifines, pour aller attaquer Judas. Celui-ciétant averti de ces préparatifs, mar- cha contre Apollonius, le battit, Le tua, mit en. déroute fon armée , fit périt un grand nombre des. ennemis, remporta de riches dépouilles, & entre autres l'épée d’Apollonius, dont il fe fervit toûs jours depuis dans la guerre, _ Scron général de l'armée de Célé-Syrie, crt qu'il acquereroitune grande gloire par la défaite _ (b)2. AMaccab. vurt. Le de Er Dre Livré SEPTLIEME de Judas & des fiens, El s'avança avec fes trou- an dnmonée, pes jufqu'à Bethoron : il étoit foutenu par un gros 56° _— renfort d'Ifraëlites apoftats , qui regardoient Mac- | cabée comme leur plus grand ennemi. Judas mar- cha à leur rencontre avec une aflez petite troupe, qui ayant vû l’armée ennemie ; fut troublée de leur grand nombre. Etils dirent à Judas : Comment pourrons-nous combattre des ennemis qui font {5 forts & fi nombreux, nous quifommes en fi petit nombre, & avec cela fatigués du jeûne d'aujour- d'hui? Car Judas avoit accoûtumé de fe préparer ‘au combat par la priere & par le jeûne. Mais il leur _meles craignez point. Auffi-côcil fe jetta fur Fen- nemi. Seron fus renverfé , & fon armée mife en ‘déroute. Judasles. ourfuivit depuis da defcente de Bethoron juiqu'a la plaine ét huit cens hommes ‘des ennemis demeurerent fur la place: Le refte fe fauva chez les Philiftins. Antiochus ayant appfi — : e appris ces mauvaifes nouvel Dour “les, raflembla routes: les croupes de fs êtes, & EE ren léva de nouvelles ; "& les: ayant payées pour ie & va un an, il leur commanda de fe tenir prêtes à tout dieu, La du e Monde, 3839: a* ÉYÉNÉMENS = (a) Cependan € comme il. s'app erçut vant J.C. 166. “EL. Maccab. 111. 27.38 es = 96 HisToire DE L'ANC. TESTAMENT, — . que l’argent de fes tréfors étoit épuifé, tant par 5 onde [es fommés qu'il venoit de diftribner à fes trou 16e. pes , que par les folles dépenfes qu'il avoit faites l’année précédente dans des jeux publics qu'il donna à Antioche , (a) & par la diminution de fes revenus ; car la Judée ne lui fournifloit plus rien , & les autres villes que l’on perfécutoit de aimême, & que l’on contraignoit à quitter leur ancienne Religion, ne fe trouvoient plus difpo- {ées à payer les tributs comme auparavant ; il prit donc la réfolution d'aller dans la Perfe, & de pañler l'Euphrate , pour ramaffer de l'argent dans les-provinces qui lui obéifloient, Il prit avec lui la moitié de fon armée, & laiffa l’autre partie à Lyfas , à qui il confia le gouvernement de tou- tes les provinces qui font entre l'Euphrate & fe” Nil, & la conduite de fon fils Antiochuüs Eupa- cor, I] lui ordonna avant fon départ d’exterminer la nation des Juifs, & de difiribuer leur pays à dés peuples étrangers. > = Antiochus étant donc’ parti d'Antioche , pañla l’Euphrate, & parcourut Les proyinces qui étoient de fa domination. Cependant Philippe, officier du roi dans la Judée. informa Prolemée, fils de Doryménes , gouverneur de la Célé-Syrie & de la Phenicie, du progrès de Judas, & de la necefñlité qu'il y avoit d'envoyer un promt fecours dans le pays. Lyfias régent du royaume en {a place d’An- tiochus Epiphanés, ayant réçu ces avis , envoya ES =: Étay Wide Diodor. Sicul. in Excerptis V'alefi. Polb. apnd Atbet hr DE + œ lu À Fr. 12 SE à . ee | : 42) ; | : promtemenf ES 5 LIVRE SEPTIPME | promtement à Prolemée, Nicanor & Gorgias ; qui étoient deux capitaines très-expérimentés , & il leur donna quarante mille hommes de pied, & fept mille chevaux , avec ordre d’entrer dans la Judée de la ruiner e rement, & de faire périr tous-les Juifs que S.à y rencontreroit. Ces généraux s'avancerent donc avec leurs troupes , & vinrent camper près d'Emmaüs, dans la plai- ne, à vingt-deux milles de Lydda. Les marchands de pays Voifins prirent beaucoup d'or & d'argent, & vinrent au camp des Syriens , dans le deffein ent An du Monde, ue avant J. C, {61% d y achetter des efclaves Ifraëlites; car ils ne dou- toient pas quon nen prit: un très-grand nombre, & qu on ne les donnât à vil prix. Ils avoient même fait provifion de cordes & de liens, pour les attacher. Et Nicanor (a) pour attirer un plus grand nombre de marchands , leur avoit fait dire qu'il leur donneroït quatre-vingt-dix efclaves pour un talent , ou deux mille quatre cens livres, ef- pérant avec la fomme qui en devoit revenir au roi, de payer le tribut de deux mille talens quil devoit aux Romains. Mais les chofes tournerent tout autrement qu'il : ne lavoit prévê. Judas étant informé des ordres d'Antiochus, & de l'approche de l’armée ennemie, en avertit fes troupes ; & ayant raflemblé fix ou Fe mille hom- mes, il les exhorta à combattre vaillamment , fans née la multitude de leurs ennemis, Le rap- pellant dans la mémoire les merveilles, que Dieu aVoit se dans là défaite de l'arméc de “{a) 2. Maccab. vi1r. 10! 11... 34. Tome lIIL N 92 HISTOIRE DE L'ANC. TESTAMENT, An du Monde, Sennachérib, & depuis peu encore dans la dé. à Te 3559. avant]. C: fite de fix-vingt mille Galates ou Gaulois, par une armée de fix mille Juifs. Après les avoir ainfi encouragés à prendre la défenfe de leur peuple, de leur loi & de la Religion de leurs peres, comme Jerufalem étoit alors à la puiflance des nations idolâtres, que le temple étoitprofané, & qu'on n'y faifoit plus aucun exercice de la vraye Reli- gion, ils vinrent à Mafpha , ville fituée.à cinq ou {x lieuës de Jerufalem., vers le midi; car Mafpha avoit été anciennement un lieu d'oraifon & de dévotion dans Ifraël, avant que le temple fût bâti. Y étant tous enfemble, ils jeñnerent & fe revêti- rent de cilices: ils fe mirent de la cendre fur leurs têtes, & déchirent leurs vêtements ; ils étendirent devant Dieu les livres de la loi, comme pour le prier de conferver fa parole & {es ordonnances: ils en lürent quelque chofe , & ce fut Eleazar, frere de Judas, qui fit cette lecture : ils appor- térent les orneméns facerdotaux, qu'on avoit fau- vés du pillage du temple ; ils offrirent les prémi- ces & les décimes ; ils firent venir les Nazaréens _quiavoient accompli leurs vœux , & élevant leurs voix, ils pouflerent leurs cris jufqw'au ciel , en difant : Que ferons-nous à ces Nazaréens, & où les menerons-nous ? C’eft que pour accomplir leurs vœux , ils devoient fe préfenter au temple, .& offrir des facrifices ; ce que.la loi ne permet- toit pas de faire hors de Jerufalem. Ils ajoûterent : Votre fanétuaire a été fouillé & foulé-aux pieds: vos prêtres font dans les larmes & dans l’humilia- tion. Vous voyez que ces nations fe font aflemblées 4 Livre SEÉPTIEME &S © pour nous perdre ; vous fçavez les defléins qu'ils 45 au monde; ont formés contre nous. Et comment pourrons 3639-%%nt JC: nous leur réfifter, fi vous-même, ô mon Dieu; — ne nous afliftez ? En même-téms les prêtres firent retentir les trompettes, comme pour faire reflou- venirle Seigneur du fecours quil avoit promis dans detelles occafons à fon peuple. (a) Après cela Judas ne negligeant rien de ce qui étoit en fon pouvoir, établit des ofhciers pour commander l'armée d'Ifraël ; il partagea fes trot pes en bataillons, & en compagnies; & nomma des tribuns, des capitaines & des décurions pou commander chacun la troupe qui lui étoit com fiée , fous le commandement général des premiers officiers. Il dit à tous ceux qui venoient debätir des maïfons , d’époufer desfemmes, & planter des vignes , & à tous ceux qui étoient timides , de re+ tourner chacun dans leurs maifons, felon la loi. (b) Enfin il fe mit en marche, & vint camper près d'Emmaüs , & donna ordre à fes gens de {e cemir prêts pour combattre Le lendemain au ma ins Car, ajoûta-t-il, il vaut mieux livrer notre vie; que de voir les maux de notre p 7 deftruction des chofes faintes. (c) Au refte, que la volonté de Dieu s’accompliffe. ” … Alors Gorgias. croyant poüvoir furprendre J UC, XXIV. das pendant la nuit , & tailler en pieces fa petite Viaoire de Judas armée , fans qu'elle pût lui échapper, partit fur ee foir avec un détachement,de cinq inille hommes ux-de notre peuple, & la (a) Num. x. 9. — (c) 1. Aaccab. 1. =} Dour. xX-0. Près : | Ni 100 Hisroire DE L'Anc, TESTAMENT, | AndaMonde, de pied, & de mille chevaux choifis ; & ayant pris. 3839. avant J. 161, G: pour guides des troupes, qui avoient été en garni- {on dans la forterefle de Sion, & qui connoïfloient le pays, il marcha droit au camp d’Ifraël: mais Judas ayant eu avis de fa marche, décampa au mi- heu de lanuit, & profitant de l’abfence de Gor- gias , qui étoit un général très-experimenté , il s'a- Vança vers Emmaüs. Cependant Gorgias étant ar- . rivé au camp de Judas, & l'ayant trouvé abandon- hé, crut que Judas avoit pris la fuite , & il fe mit à le chercher dans les montagnes. Mais Judas ayant partagé fa petite armée er quatre Corps, compofés chacun de quinze cens hommes, en donna le commandement à fes trois freres, Si= mon,, Jofeph & Jonathas; il prit pour mot du Qué, par le [écours de Dieu; & s'étant mis à la tête de crois mille hommes , qui n’étoient nullement bien armés , il attaqua Nicanor, lui tua neuf mille hommes, mit fon armée en fuite , lui tua encore _ dans la déroute trois mille hommes, & les pour- fuivit jufqu'à Gazera, ou Gadera, &jufqu'à Azoth . & Jamnia ; qui étoient du pays des Philiflins. Après cette victoire, J udas retourna au camp des ennemis > & dit à {es gens de ne fe point laifler Æmporter au défir du butin, parce qu'il leur reftoit encore des ennemi$à combattre ; car il ne dou- _Hoit point que Gorgias ne dût bien-ét revenir | - pour les attaquer. Judas parloit encore, lorfqu'on vit_paroître fur le haut des montagnes quelques. troupes ennemies ; & Gorgias ayant vê quelecamp étoit pris , que Judas y avoit mis le feu, car la fu- mée en montoit encore vers Le ciel, & que l’armée — GE TN RE SEP TIEME dE JO À d'Ifraël.étoit prête à le bien recevoir, il nejugea An. du Monte, pas à propos de defcendre dans la plaine , & de 7m he tenter Le combat ; ilmarcha vers la campagne des Vuls: 165: Philiftins , &_ alla rejoindre les reftes de Farmée de Nicanor, Alors Juddéfentra dans le camp des Syriens , en prit toutes les dépoüilles, & l'argent des marchands qui étoient venus pour acheter les prifonniers Hébreux ; il fit même un détacheïnent de quelque troupes pour pourfuivre cesmarchands; mais Comme le foir , où commençoit le repos du Sabbat, approchoit, ils furent obligés de revenir au camp, fans avoir pü les atteindre. Ils fe con- tenterent d’amafler les armes, & le butin pris fur ennemi, attendant que le Sabbat fût pañlé pour le partager. (a) ee a - Après le Sabbat,‘ils firent-entre eux le partage des dépotilles, & en envoyerent aux veuves, aux orphelins, aux malades, & rendirent à Dieu de folemnelles actions de graces pour la victoire qu'il leur avoit accordée, & pour la protection, dont il les avoit favorifés contre leurs ennemis. Ils at- _ taquerent enfuite dans-différentes rencontres Ti- _ mothée, & Bacchide généraux des troupes Syrien- nes , & leur tuerent plus de vingt mille hommes: (b) ils fe rendirent maîtres de plufieurs places for. ces, & firent un grand butin, qu'ils partagerent éga- lement entre les malades, les orphékins , Les veu- ves & les vieillards ; en quoi ils portoient la chofe: àune plus orande perfection que la loi même (0 ne (2) 2. Maccab vI 11,28. 20. È (ce) Mur, XEX TE. 27. 6 D) 2, Maccab, V1 I 30. 32: Ÿ | roz Hisrothe: DE L'ANG TESTAMENT, ane, le demande, puifqu'elle wordonne que de dons ee pue pers part à ceux qui font demeurés pour garder le bagage , comme à ceux qui ont été aucombat, _ Is -ramaflerent avec foin Les armes de leurs enne= mis, & les mirenten réfrve dans des lieux avan: tageux , & porterent le refte des dépotilles à Je- rufalem , où ils fe rétablirent après la défaire de | Nicaor, quoique le temple & la citadelle fuflent encore au pouvoir des ennemis. Ils tuerent aufli Philarque, un des officiers de Timothée, qui avoit fait beaucoup de maux aux Juifs. Pendant qu'ils rendoient graces à Dieu dans Jerufalem pour les victoires qu'ils avoient remportées, ils apprirent qu'un certain Callifthenes, qui avoit brûlé Les por _tes facrées du temple , s'étoit fauvé dans une cer: Cu. XXV. Nicanor, ce taine maïifôn :ils y mirent le feu, & il y fut con- | F3 homme couvert de a qu'il prétendoit prendre à.la guerre, M se ee. = ot Re 20 nr > ayantété Vaincu, COMME MOUS Favons-dit , s'en- ant J, C. 160. a = fuit à travers le pays , après avoir jetté fes armes & les marques de géneral, & arriva feul à Antio= ni che comme un fugitif, chargé-de confufion pour da perte de fon armée. EH reconnut alors que les Juifs fous la proteétion de Dieu, font invincibles. Lyfas ayant appris la perte de l’armée qu'il avoit envoyée en Judée , en fut fort confterné ; & uivante il vinten perfonne dans ce pays à. la tête de foixante mille hommes de pied, & de e ‘1 mille chevaux de troupes choifes. (a) Il D A TE 2 + <— x à À rimes ,: qui Lyfas marche avoit fait venir mille marchands, pour leur vendre | PR Re D RC : LAINE Seb TrIm MmorI 2 prit fa route le long de la méditerranée, & en- “An da Monde, fuite par la partie méridionale de Juda, que Jon idee connoiïfloit alors: fous lé ‘nom d'Idumée. Judas Vws 1% ayant appris {a marche , alla à fa rencontre ju qu'à la forterefle de Bethfure, près d'Eleuthéro- polis & de Lebna. Il n’avoit que dix mille hom- mes avec lui : mais après avoir invoqué le nom du Seigneur, il fondit fur l'ennemi ; & lui tua d'a bord cinq mille hommes, & mit Le refte de l'ar- mée en déroute. Lyfias voyant que les Juifs com- battoient comme des gens réfolus de vaincre ; où de mourir, défefperant deles réduire avec les forces qu'il avoit alors , quoiqu'elles fuflent inf- niment fuperieures , reprit le chemin d’Antioche, dans le deflein de revenir quelque jour avec plus de-troupes qu'auparavant, 46 2 ©: . Alors Judas & fes freres dirent : Voilà nos en- Juds pre le temple, qui avoit LA été profanés. 2 nemis défaits; allons maintenant purifier & re- profané, les portes b > parvis rempli … d'épines & d'arbrifléaux , comme on en voit dans un bois & dans une montagne déferte’; Les cham- bres & les appartemens qui étoient autour du temple, tout détruits. Alors ils déchirerent leurs vêtemens , jétterent de la cendre fur leurs têtes, fe profternerent le vifagé contre terre, & firent un grand deiil. ‘Ils firent retentir les trompettes dont ils fe fervoient à la guerre , & poullerent leurs cris jufqu'au Ciel. Judas ayant enfuite pofté fes gens, qui étoient armés, entre la forterefle .- An. du Monde, 3840. avant J. C. 160. rio. Yistorre DE L'ANC. TESTAMENT, point d'égard à cette pénitence peu fincere. An tiochus fentant fes forces diminuer , & fe voyant près de fa fin, appella Philippe, le plus intime de fes amis, lui remit fon diadême , fon anneau & fon manteau royal, & lui donna Le gouverne- ment ou la régence de tous fes états, pendant la minorité de fon fils Eupator , qui n'avoit encore que neuf ans. Ainfi mourut Antiochus Epiphanés dans une terre étrangere, dans la ville de Tabes, frontiere de la Babylonie. ï Un peu avant fa mort, il avoit écrit aux Juifs une lettre fort foumife, en ces termes : (a) » Le » roi Antiochus, aux Juifs, fes bons citoyens : » Salut, fanté & profperité. Si vous êtes en fanté, » vous & vos enfans, & fr tout vous réüflit com » me vous le fouhaitez, nous en rendons graces » à Dieu. Pour moi, étant dans la langueur , à » caufe de cette grande maladie dont j'ai été fur- » pris en venant de Perfe, maïs étant rempli de » bonté pour vous, jai crû néceflaire de prendré «le foin convenable des interêts communs de » mesétats. Ce n’eft pas que je défefpere de ma » fanté ; j'ai au contraire une grande confiance » que je reviendrai: de ma maladie. Ayant donc » confideré que mon pere , lorfqu'il étoit avec » fon armée dans les provinces de de-là l'Euphra: » te, avoit défigné celui qui devoit regner après : » Jui, afin que s'il arrivoit quelque malheur, où »-que lon. vint publier quelque fâcheufe nouyel- » le, nul nen püôt être troublé dans le TOYaumMe ; Mach ein © ee : æ Livre SErTIP ME %X $ fçachant qui étoit celui qu'il avoit laïffé héritier » de {a couronne 3 informé d’ailleurs que les prin- » ces mes voifins obfervent les tems , qui font fa- » vorables à leurs defféins ; & {e préparent à pro- » fiter des conjonctures qui Îeur font propres ; fai » défigné mon fils Antiochus pour regner après » moi. Je l'ai déja recommandé avant mon départ » à plufeurs d'entre vous , & je lui ai encore écrit » la lettre ci-jointe en votre faveur. ( Certe lettre » eft pegdué. ) Je vous prie donc, & vous con- » jure qu'en reconnoiflance des graces que vous > avez recüës de moi en public & en particulier, » vous gardiez la fidelité que vous devez à moi & “+ An du Mondes -3840. avant C, J- 160, » à mon fils ; car j'efpere qu'en fuivant mes inten— » tions., il {e conduira avec tant de douceur & » de moderation , que vous {erez fatisfaits des tiochus écrivit aux Juifs, oies Philippe que ce prince avoit établi gouverneur de Syrie , & de toutes les provinces qui lui étoient foumifes, au lieu d'aller à Antioche prendre pof- fefion de fon gouvernement, fu o retirer en Egypte auprès de Prolemée Philome- tor, parce que Lyfas qui avoit été laïflé gouver- neur du jeune prince Antiochus Eupator ; Favoit fait reconnoître pour roi, & s'étoit fait donner da ré gencé & le gouvernement du royaume, à l'ex- clufion de Philippe ; &t au préjudice des dernieres volontés d'Antiochus Epiphanés. Philippe donc sen alla en Ecypte avec-le-corps d'Antiochus Epiphanés, dans le deflein de, demander du {e- cours à Prolemée#Philometor , pour faire valoir © marques de fabonté. » Telle fur la lettre qu'An- ligé de fe tra Histoire pr L'ANC. TESTAMENT ; ao, on droit fur la Syrie, &-pour obliger Lyfias à 3840. avt JC. quitter Le gouvernement : mais il ne put rien ob- tenir alors auprès du roi d'Egypte. Nous verrons furla fin de l'an du monde 3847. ce que fit Phi- lippe pour. fe faire reconnoître dans la Syrie. :. Lyfias outre la régence génerale des états d'Eu- pator, reçut en particulier le gouvernement de la Célé-Syrie & de la Phénicie:; qui comprenoit auf celui de la Judée &: de la Samarie ; parce . que Prolemée fils de Doryménes, qui avoit eu ce gouvernement fous Antiochus Epiphanés , & qui avoittoûjours été du fentiment, qu'il falloit faire juftice aux. Juifs, & les laïfler en liberté, étant devenu fufpect, & voyant qu'on ne lui donnoit pas un emploi proportionné à Les fervices , s’étoit fair mourir, en prenant du poifon. (a), - . CRT “Timothée, qui avoit été battu par Judas ( b) À X VIT. peu de tems après la victoire remportée fur Nici= En nor , ayant [evé une nouvelle armée de troupes — ss MÉtAOeLe &% aflemblé de la cavalerie d’Afe, — vint en Judée, s'imaginant pouvoir s’en rendre maître ‘par les armes. (c).Mais Maccabée & lés fiens monterent au temple, {e profternerent au. pied de l'Autel ; implorerent le fecours. de Dieu, &, ayant pris les armes, fortirent.de Jerufalem, & marcherent contre l'ennemi. Le f{oleil com mençoit à fe lever. lorfque Les deux: armées fe trouverent en préfence. Les uns avoient pour eux a protection du Tout-puiflanc, garant de leur £ CEE EL Le ess LORS Æ 2) rs gs £ + + ‘ SR PE Le = . =: (a) 2 Maccabsxotu ta. 156] (Oh Méccabexiaas e c) 2. Maccab, V11 1.30». |‘: ER < 485 Lo ce LRU E SOERTIE ME. LES viétoire & du fuccès de leurs armes : Les autres …. n’avoient que leur courage & leur grand nombre. 5040 avant J e: Lorfqu'on en fut venu aux mäins , Les ennemis vi- | rent paroître dans le ciel cinq hommes fur des chevaux ornés de freins d'or , & fervans de gui- des aux-Juifs Deux re eux marchant aux deux côtés de Judas, le couvroient de leurs ar- mes, & le défendoient des traits des ennemis. Les autres lançoient des traits & des foudres contre ceux qui lui difputoient fa victoire ; frappoient d'aveuglement les ennemis, Îles mettoient en dé- fordre, & les renverfoient devant lui. Il y eut vingt-cinq mille cinq cens hommes & fix cens _chevaux de tués. Timothée prit la fuite, & gagna Gazera, forterefle fameule dans le pays des Phi- liftins ; où commandoit. Chéréas. Maccabée y afliegea pendant quatre jours. Ceux qui étoient dans la place , l’outrageoient par leurs infultes , * & proféroient des paroles abominables. Mais dès . Je matin du cinquiéme jour , vingt jeunes hom- mes de l'armée des Juifs, irrités par ces blafphé- mes, S ‘approcher ent de la muraille, nonte- rent avec une intrépidité royable, ” j étant montés enfuite, commencerent à mettre le feu aux tours & aux portes, & brûlerent tout vifs ces blafphémateurs. Ils pillerent la place pendant deux }; jours ; & ayant trouvé Timothée dans une citerne, où il s'étoit caché, ils le tuerent avec . {on . Chéreas & Apollophanés. Après cela ils révinrent à Jerufalem , rendant graces à Dieu de cette heureufe victoire. Les nations qui étoient dans Le pays de Galaad, Tome II 114 Historrr DE FANC. TESTAMENT, | “An du Monde, € Eft-à-dire ; les Arabes, lés Ammonites & Îles sara © Moabites , (4) s'aflemblerent pour exterminer les Juifs de leur pays ; car depuis Fédit qu'Antiochus Confpiracion des avoit publié contre eux, on fe croyoit tout per- Rdede-hle Jour mis à leur égard. Mais les Juifs mformés de {eur de jan réfolution, le retirerent à Datheman, qui étoit is. avan je aPparemment quelque fortereffe du pays ; en mê- nn me-tems ils envoyerent des lettres à Judas Mac- cabée , & à fes freres, pour leur dire de venir promptement à leur fecours ; que les ennemis sé roient aflemblés en grand nombre , ayant à leur tête le capitaine Timothée ; qu'ils avoient déjx tué plufeurs de leurs freres ; qu'ils avoient taillé eñ pieces tous les Juifs qui étoient dans le can-. ton de Tob , ou Tubin, au nombre de près de mille hommes ; qu'ils avoient emmenés captifs leurs femmes & leurs enfans, & avoient pillé . leurs biens. CT s _ . On liloit encore ces lettres, lorfqu'il vint des envoyés de la part des Juifs de Galilée ; ils avoient leurs habits déchirés, & apportoient des nouvelles toutes femblables aux premieres ; difant que ceux de Ptolemaïde, de Fyr & de Sidon, s'étoient affemblés pour les faire périr, & que tou- te à Galilée étoit pleine d'étrangers , qui avoient confpiré leur perte. Judas & tout le peuple avant reçu ces nouvelles , tinrent une grande affemblée pour déliberer fur ce qu'il y avoit à faire dans ces conjondures. Il fut réfolu que Judas & Jo- nathas fon frere iroient au-delà du J ourdain, pour "278 £ _ {e) à Le Maccab. Ve 9» 10. &c. : Livas SEPTIEME Ai fecourir ceux qui étoient dans le pays de Galaad , _. & que Simon fon autre frere, iroit dans la Gali- 84 avan JC. lée pour délivrer leurs fretes , qui étoient mena- . cés d'une perréentiere. Ils laiflerent dans la Ju- dée pour la garde du pays; Jofeph & Azariss, avec défenfe de combattre jufqu'à leur retour. Si- _mon-prit trois mille hommes pour aller en Gäli- lée , & Judas en prit huit mille pour aller au pays de Galaad. DD DOS er ce Simon étant arrivé dans Ja Galilée, livra plu- fieurs petits combats aux nations ennemies ; il Les batrit & les pourfuivit jufqu'aux portes de Ptole- _maïde, leur tua environ trois mille hommes , & remporta de riches dépouilles. il prit tous les Juifs qui étoient dans la Galilée , tant au-deçcà, quau- delà du Jourdain, & les emmenaen J udée ; avec leurs femmes & leurs enfans. Judas Maccabée de Ton côté , & Jonathas fon frere ayant pañlé le Jourdain , apparemment à Bethfan , marcherent trois jours dans les déferts ; & les Nabathéens ; ‘peuples Arabes, qui n'étoient point entrés dans __ le complot de ceux qui vouloient faire main-bañe : fur les Juif it Venus Es. Re ifs, Étant vi … us à devant feux, & les - ayant reçûs dans un efprit de paix, leur raconte- rent ce qui éroit arrivé à leurs freres de Galaad, & leur dirent que plufeurs sétoient. enfermés . dans Barafa, dans Bofor , Alimas, Cafphor, (a) Mageth, Carnaim, qui étoient toutes de grandes & fortes villes ; que les ennemis les tenoient en- côrevafliegés dans les autres villes de Galaad, Cr Apparemment se en que Chasbon ; où Héfébon, dont 31 eft parlé un peu après. Re Se Pi 116 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, “An du Monde, qu'ils étoient réfolus de marcher dès le lendemain 3e al C contre ces villes, de les forcer; & de faire péri en un jour tous les Juifs qui s'y trouveroient. Judas ayant reçu cet avis, marcha aufli-tôt avec fon armée contre Bofor, furprit la ville, la brûla, fit pañler au fil de l'épée tous les mâles qu'il y trouva, & enleva tout le butin. De-là il partie. pendant la nuit pour fe rendre à la fortereffe de. Datheman ; où plufieurs Juifs s'étoient réfugiés, Et au point du jour on apperçut une infinité de. gens qui portoient des échelles, & des machines pour {e fair de la forterefle ; & pour prendre Ceux qui étoient dedans. Les ennemis monterent à l’aflaut, & l'attaque commença avec de grands cris de part & d'autre, de Alors Judas partagea fon armée en troïs corps, … s'avança contre Les ennemis en ordre de bataille, & lorlqu'il fut à portée, fes troupes firent reten- tir leurs trompettes, &.pouflerent des cris vers Dieu ; en invoquant fon fecours. Les gens de Timothée, qui attaquoient la forterefle , compris, | rent au{li-tôt que c'étoit Maccabée. Ils quitterent l'attaque, & prirent la fuite. Judas Les pourfuivit , en ft un fort grand carnage, & il en demeura ce jour-là fur la place près de huit mille. Ayant ainf délivré fes freres , il marcha contre Mafpha. Illa: força , y tua tous Les mâles, en remporta les dé-« poüilles , & brûla [a ville. Il fe rendit maître en fuite de Cafbon , de Mageth, de Bofor & des autres villes de Galaad.s =: Re … Pendant que Judas faïfoit ces exploits dans le pays de Galaad, & que Simon fon frere délivroir L'ÉVRE SÉEPTIBMTr. 117 Îes Juifs de la Galilée, Jofeph & Azarias , qui An. du Monde, ayoient étédlaiflés à la garde de la Judée, ayant a no S appris les heureux fuccès des autres , nn aufli fe diftinguer , & rendre leur nom célebre par quelque victoire importante contre les na- tions voilines & ennemies des Juifs. Ils donne- rent donc leurs ordres à leur armée, & ils s'avan- cerent vers Jamnia, dans le pays des Philiftins. Gorgias fortit de la ville avec fon armée , les at- aqua, les mit en fuite, & en tua environ deux mille. Voilà ce que coûta la temerité dé ces deux énéraux. - Judas revint de fée me à Le Jour- ——— dain chargé de gloire, & enrichi des dépoüilles _ ee de fes ennemis. Sa réputation voloit par tout , & na a tout Lfraël vint au devant de lui avec de grandes 7446. -acclamations. (4) Cependant Lyfas (b) gouver- neur & régent du royaume de Syrie, fous la mi- norité du jeune Eupator, fenfblement touché de Taffront qu'il avoit reçu dans fa premiere expédi-. tion contre la Judée, aflembla quatre-vingt mille hommes de pied, a à cavalerie & les éléphans, & march: Juifs, {e flattanc de {es challer de Jerufalem, de donner la ville à -:habiter aux nations, de piller le temple, & de “vendre la grande Sacrificature. Rempli de cés randes efperances , il vint par h: partie. méridio- nalé de Juda, l’autre route n'étant pas aifée “pour “la cavalerie & pour Îles éléphans , à caufe dés défilés & des montagnes. Etant arrivé à Bechfure : ta) 1 bac Ve Ur Do. &) 2. Maccab, xt. f.. 12 Pi 18 Hlisrorre DE L'ANC. TESTAMENT, RE lieuës de Jerufalem, vers le midi, il en fi 159 5841 avant J. C. Je fiege.. Judas &c tout le peuple s'adrefferent à Dieu par la priere , & lui demanderent avec lar- més d'envoyer fon bon Ange pour le falut d'If£ raël. Après.quoi Maccabée exhorta {es gens à le fuivre , & à expofer leur vie pour le falut de leurs freres. | = =. _ Comme ils marchoient avec un courage aflûré, il parut au fortir de Jerufalem un homme à che: wal , qui étoit à leurtête, qui étoit vêtu de blanc, avec des’ armes d'or, ayant une lance à la main, dont il fembloit menacer les ennemis. Alors les Juifs sanimerent d’une nouvelle ardeur, & ren- dirent graces au Tout-puiflant de ce fecours qu'il Leur envoyoit. Ils aflerent droit aux ennemis, fe jetterent fur eux avec une impetuolité pareïlle à celle des lions qui fondent fur leur proye , taille: rent en pieces onze mille hommes de leur infan- terie, & feize cens chevaux. Le refte fut mis eñ déroute. Plufeurs furent bleflés , & abandonne- rent leurs armes , pour fe fauver avec plus de fa: cilité. ee 4. Lyfas n’efperant plus de réduire les Juifs par la force , leur fit parler , & leur promit de confentir à coutes les juftes conditions de paix qu'on lui " = propoieroit, & quil perfuaderoit au roi de faire alliance & amitié avec eux. Maccabée écouta les _propoftions de Lyfas, Of écrivit au roi, & on ‘ui envoya les demandes des Juifs. Ilaccorda tout 3 LS + C : : r 1° 7 ° e \ = 6 ce qu'on fui avoit demandé, & il écrivit à Lylias en ces termes : « Le roi Antiochus, à Lyfas {on _» frere: Salut, Le roi notre pere ayantété transferé = F. & Livre SEPTIFME. TT - $ entre les Dieux, notre intention eft que CEUX Andu Monde, » qui demeurent dans notre royaume, vivent en 4" — » paix ; & s'appliquent tranquillement à leurs af= 5 faires : & comme nous avons appris, que les ÿ Juifs n'ont pù confentir au défir qu'avoit mon » pere de les faire pañler aux céremonies des » Grecs, mais qu'ils veulent conferver leurs an- 5 ciennes coûtumes : & qu'ils nous demandent » qu'il leur foit permis de vivre felon leurs loix : » C'eft Pourquoi défirant que ce peuple vive en 5 paix comme les autres de notre obéiflance, 5 nous avons ordonné que leur temple leur fera 5 rendu, afin qu'ils vivent felon fes coûtumes de _»leurs ancêtres. Vous ferez donc bien d'en- 5 voyer vers eux, afin que connoïflant notre bon- » ne-volonté , ils reprennent courage, & qu'ils _ » appliquent à ce qui regarde leur interèt parti- » culier. » Voilà quelle fut la lettre du roïà Eyhas. — Tf écrivit aux Juifs en cette maniere : « Le roi fi. Ménelaüs FE à ; & nous à dit que vous fe" » riez bien-aifes de venir trouver vos gens , qui 5 font auprès de nous. Nous avons donc accordé > un pañleport à Ceux qui voudront venirici, de- » puis ce jour, jufqu'au 30. du mois Xantique. (a) » Et nous permettons aux Juifs d'ufer de feurs »viandes, & de vivre felon leurs loik comme au »-paravant, fans qu'on puilie leur faire la moindre . @) Ce mois Xantique répond à Avril & May. An du Monde, 3841. avant J, C. 159 ro Hrsrorne DE L'ANcC. TESTAMENT, » peine pour le pañlé. Nous avons aufli envoyé » Ménelaüs, afin qu'il en confere avec eux. Adieu. » L'an 148. (a) le 15. du mois Xantique. » Cette lettre contient une amniftie génerale de tout-le pañfé, & un fauf-conduit ou pañeport pour les Juifs , qui auroient befoin d'aller au camp de Ly- fias, où même à la cour du roi, quoique le terme depuis le 15. du mois Xantique, jufqu'au 30. du, même mois, ne foit pas fufffant pour aller jufqu'à Antioche, & pour y négocier. (b) Mais lé roi pouvoit être dans la Phénicie. L'on voit que Mé- nelaüs vouloit être compris dans cette paix, com me Grand-prêtre des Juifs, IL étois alors auprès du Roi. … ei Enfin Lyfias ayant reçu les lettres du roi, écri- vit aux Juifs que le roi leur accordoit ce qu'ils des mandoient, leur promit fes bons fervices , s'ils demeuroient fidéles au roi, & leur envoya des députés pour conférer avec eux fur Les autres cho- | fes qui pouvoient encore faire quelques dificul- tés. Dans ce même tems les Légats Romains, qui étoient envoyés par le Sénat vers Eupator à An=. tioche , firent dire aux Juifs qu'ils envoyaflent, leurs députés auprès de ce prince, & qu'ils leur écriviflent leurs prétentions , afin qu'ils en confe- raffent, & qu'ils Les appuyaflent auprès d'Eupator. Voici la copie de leur lettre aux Juifs : « Quintus » Memmius & Titus Manilius, Légats des Ro- Fe 2 a » mains, au peuple des Juifs : Sälur. Nous vous. * (a) L'an 148. de l'Ere des | 1. Macab. VI. 20. p. 89. 90. Séleucides , revient à Pan du M. | (b) D’AntiocheaJ erufalem il 384r. Voyez le commentaire fur | y a près de 140. ou 1 so. lieués. . __ … accordons DIRES PDT ENTER IER IE ETS ET RIRES ESEETENT Lavacr -Sébrrrarmres: 109 | > accordons les mêmes chofes que Lyfias parent Ai qu onde » du roi vous a accordées, & nous ratifions tout 354542 7€ » ce qu'il à fait avec vous. Et à l'égard des arti- _» cles qu'il a .erû devoir être rapportés au roi, en- » voyezau plôtôt quelqu'un des vôtres, après en » avoir bien déliberé entre vous, afin que nous » repréfentions vos interêts felon ce qui vous fera » plus avantageux ; car. nous devons inceflam- » ment nous rendre à Antioche. C'eft pourquoi » hâtez-vous de nous récrire, afin qué nous foyons » informés de vos prétentions. Portez-vous bien, » L'an 148. le 15. du mois Xantique.» Lyfias sen retourna aufli alors à Antioche, afin de sy trou- ver lorfque les Légats Romains y feroient arrivés. (a) Onne fçait pas la fuite de cette négociation. Mais on {çait que la paix qui avoit été faite par l’entremife de Lyfias entre les Juifs & le roi An- tiochus Eupator , ne fut pas de longue durée. Les généraux des troupes Syriennes, & les gouver- neurs des provinces voifines des Juifs ne cefloient de les inquieter. Timothée , Apollonius fils de Gennée, différent d’un. autre Apollonius fils de canor gouverneur de Cypre, les harceloient con- tinuellement. -Il arriva encore une autre chofe qui. ruaute de ceux troubla leur paix. Ceux de Joppé inviterent Îes dejoppé conrre les Juifs qui demeuroient dans leur ville , de monter Eee Le avec leurs femmes & leurs enfans fur des barques *”* quils leur avoient préparées. Les Juifs qui vi- voient dans une entiere afsürance , n'ayant aucun (a) 2: Maccab. xIE, I, Tome IL | 0 | Andu Monde, 3841: avant J. C. 159 722 HisrorRe DE L'ANc. TESTAMENT, démêlé avec ceux de la ville, entrerent dans ces barques , fans fe défier de rien : mais lorfqu'ils furent avancés en pleine mer, ceux de Joppé en noyerent environ deux cens. Judas ayant appris cette cruauté & cette perfidie, marcha contre ces meurtriers , & brûla leur port pendant la nuit, mit le feu à leurs barques , & fit pafler au fil de l'épée ceux qui Sétoient échappés des flammes. Après cela il fe retira, réfolu de revenir une autre fois pour exterminer tous ceux qui étoient dans la Juifs qui demeuroient dans leur ville, il les pré- vint , les furprit pendant [a nuit, & brüla lew port avec leurs vaifleaux ; de forte que la lumiere du feu fut vûe jufqu'à Jerufalem, quoique éloi- _ gnée de deux cens quarante ffades, c’eft-à-dire, de dix lieués. Etant parti de Jamnia, il marcha contre Timothée : mais à peine eut-il fait neuf ftades, c’eft-à-dire, onze cens cinquante pas’, qu'il fut attaqué par une troupe d’Arabes de cinq mille hommes de pied, & de cinq cens chevaux. Après un rude combat, les Arabes voyant qu'ils ne pouvoient fui réfifter , lui demanderent com- poñtion, & lui promirent de lui donner des pé- turages, & de l'aider en toutes chofes. Judas leur donna les mains, & ils fe retirerent. De-[à il paf L Jourdan, & attaqua la ville de Chafbin ou Efebon, forte par fes ponts & par {es hautes murail- | les , &'habitée par des peuples ramafñlés. Elle évoit bien munie d'armes & de provifions, & ceux de & = SET Mais ayant appris que les habitans de Jamnia vouloient ufer d’une femblable perfidie envers les Livret SEPTIEME 123% dedans fe fant trop dans la bonté de leurs murail- A du Monde: les, dx dans l'abondance de leurs vivres, fe dé- 357" ee fendoient néoligemment , & difoient à Judas des injures mêlées de blafphômes & de paroles dé- teflables. Mais Judas ayant invoqué le nom du Tout-puiflant , prit la ville, & y fit un carnage effroyable ; de forte que l'étang d'auprès , qui avoit deux cEns cinquante pas de large , étoit tout rouge du fang des morts. - | | . Etant parti de-là, il alla à Characa, apparem- Gi xxx ment Charac-Moab , connue dans les Geogra- yiaciede Judas phes, au fecours des Juifs qui étoient appellés - Tubiéniens, ou habitans du pays de Tob. Ils s'é- aval. C:152. toient renfermés dans la forterefle de Characa, & Timothée géneral des ennemis, navoit pû les y forcer. Il fut dons obligé de fe retirer ; après avoir laiffé garnifon dans un lieu fort d'afliete , fitué dans le même canton. Mais Dofithée & So- fipatre , deux. capitaines de l'armée de Judas, ayant été détachés pour attaquer cette garnifon , prirent leur fort, & y tuerent dix mille hommes. Cependant Judas ayant pris {ix mille hommes & les ayant partagés fous différens chefs ; marcha contre Timothée. Celui-ci après fa défaite, dont on.a parlé plus haut, (4) avoit aflemblé une nou- velle armée d'Arabes & d'autres peuples ramaflés, compolée de fix-vingt mille hommes de pied, & de deux mille cinq cens chevaux ; (2) & ayant mis les femmes, les enfans & tout le bagage dans la ville de Carnaïm, où Aftaroth-Carnaïm, qui (a) Voyez 1. Maceab. V. 343$: (b) Le Maccab. V. 37. œ fa: Qi 124 Hitorre Dr LANC. TESTAMENT, Tan da Monde, étoit une place au-delà du Jourdain de très-diffici: 3841 avantJ. € Je accès, il fe campa à Raphon, ou peut-être Sa- phon , au-delà, & au nord du torrent de Jaboc, Judas envoya pour les reconnoître, & on lui rap porta que l’armée de Timothée étoit très-nombreu- fe, & compolée de toutes les nations qui étoient dans les pays circonvoifins ; & que Timothée étoit difpolé à pañler le torrent, & à le venir at taquer. LE Auflitôt Judas commanda à fes troupes de mar cher contre eux. Or Timothée avoit dità fes gens: Si Maccabée pañle le torrent , -& nous attaque le premier, il aura l’avantage : mais s'il nous laifle paf {er le torrent, & qu'ilattende quenous l’attaquions, il fera battu. Lorfque Judas fut arrivé au bord du. torrent, il ordonna aux Scribes , qui faifoient à peu près la fonction de maréchaux de camp, de faire pañfertout Le monde, & de ne laiffer per- fonne au-delà du torrent. En même-tems il pa£ fa lui-même, & fut fuivi de toute fon armée, Les ennemis ne püûrent foûtenir le choc; ils pris rent tous la fuite , jetterent leurs armes, & fe fau- verent dans le temple de Carnaïm. Judas les pour. fuivit, prit la ville de Carnaïm, brûla le temple d'A tergata ou de la Lune , & tous ceux qui s'y étoient retirés, ruina Îa ville, & y tua vingt-cinq mille . hommes, fans compter trente mille {oldats, qui avoient été tués dans le combat, tant par l'épée des Juifs ; que parce qu'ils fe percçoïient Fun l’au= tre ; dans Îe trouble dont ils étoient faifis. (a) 42) 2 Aaccab, x11, 22, 23. 24, Ge. ee = CAENCRE SEPTIEME TU OS : Timothée s'étant fauvé dé la bataille ,tombaen- is te Les mains de Dofithée & dé Sofipatre , (4) ca- 3841, avant J. c pitaines de Parmée dé Judas. Timothée les con- _ _ jura avec de grandes ihtances de lui fäuver la vie, difant qu'il'avoit fait prifonniers plufeurs Juifs, qui perdroient par fa mort l'efperance de recou- vrer la liberté ; & leur ayant promit avec ferment de leurrendre ces prifonniers, ils le laïfferent aller, fans lui faire aucun mal, dans la vûé de garantir US — - Alors Judas ayantrafflemblé tout ce qu'il y avoit de Juifs dans Le pays de Galaad , avec leurs femmes: & leurs enfans, & tous leurs effets, il fes amena en Judée. Et étant arrivés à Ephron, qui eft au- delà du Jourdain, vis-à-vis Bethfan, & tellement fitué, qu'on ne peut fe détourner nià droite, ni à gauche, mais quibfaut féceflairement pañler par fe milieu ; ils trouverent que ceux de la ville en avoient fermé les portes, & les avoient même mu- rées , pour les empêcher de paffer. Judas envoya _ d'abord leur demander paflage dans des termes feroit aucun tort : mais ces gens ne voulurent point Jui ouvrir. < « Alors Judas fit publier dans le camp que cha- cun eût à attaquer la ville par Pendroit où il étoit. On s'attacha donc aux murailles ; & après un aflaut opiniâtré, qui dura tout le jour & toute lanuit, La ville fut prife &c faccagée. Judas fit pafler tous Les mâ- ls au fil de Pépée , détruifit la ville jufqu’aux fon 2. < 9 2 HMaccab. XI, 24 _ Qi > 126. Histoire DE L'ANcC. TESTAMENT ; An da Monde, demens , & emporta tout le butin qui s'y trouva. Fe Ils pañlèrent enfuitede Jourdain dans la grande. plaine qui eft vis-à-vis Bechfan ; c’eft-à-dire au gué. qui.eft au-déflous de Bethfan, & entrerent dans la grande plaine, qui s'étend le long du Jourdain. Etant à Bethfan, les Juifs qui y demeuroient, té- moignerent à Judas la maniere pleine de bonté avec laquelle Les Gentils qui en étoient, les mat- tres, les avoienttoûjours traités même däns leurs difgraces. Judas en rendit graces à ceux de Scy= thopolis, & les exhorta à continuer de bien vivre avec fes frerés. … . en. Or dans toute la marche, Judas étoit à l’arrieres garde de fon armée , ralliant les derniers, & en courageant le peuple dans le chemin , jufqu'à ce qu'ils fuflent dans les terres de Judas. Ils arrive- rent à Jerufalem environ la Pentecôte, ils mon terent au temple du Seigneur, y offrirent des hos locauftes en actions de graces de ce qu'ils étoient: tous revenus , fans qu'un feul eût été tué. . Après lafête de la Pentecôte, Judas & fes frez res marcherent contre Gorgias , qui étoit gous verneur de Fidumée. Leur armée n’étoit que de trois milléhommes de pied, & de quatre cens che=. vaux, Les deux armées étant venuës aux mains, quelque peu de Juifs demeurerent fur la place. Un, certain cavalier de l’armée de Judas, nommé Do. fithée, fort vaillanchomme, fe faifit de Gorgiass & comme il le voulait prendre vif, un autre cavalier. ennemi fe jerta fur lui , lui coupa l'épaule , & dons na lieu à Gorgias de fe fauver à Marefa, près d'E«. leutheropolis, La troupe des Juifs qui étoit coma Le 2 Livre SEPTIFMr 127 +. ‘inandée par Efdrin, ou Efdras, fe trouvant extré- 4,4, Monde, mement fatiguée & épuifée ; Judas s'adrefla au Fe avant J, C. Seigneur , afin qu'il fui plût leur envoyer fon {e- cours; en même-tems élevantfa voix, & chantant des hymnes & des cantiques en Hébreu, le Sei- gneur lui accorda Îa victoire , & les foldats de Gorgias prirent la fuite. Judas ayant enfuite raf- Æemblé. {es gens, les ramena à Odollam, quiné- toit pas loin du lieu du combat; ils sy purifierent, & y célebrerentle Sabbat, qui étoit le jour fuivant. Le premier jour de la femaine qui fuivit le repos = ‘du Sabbat, Judas vint avec les fiens pour empor- EH XXX. ter les corps de ceux qui avoient été tués dans la As pre bataille, & pour leur rendre les devoirs de la fe- se pulture. Or ils trouverent fous les habits de ceux qui avoient été tués dans le combat, des chofes qui avoient été confacrées aux idoles qui étoient dans Jamnia ; (a) foit qu'auparavant , dans quel- es des ennemis ; toûjours ‘a loi défend de prendre +" aux idoles. (b) Tout le monde reconnut donc alors clairement que c’avoit été là la caufe de leur mort. C’eft pourquoi tous benirent le jufte jugement de Dicu, qui avoit découvertce qu'onavoit voulu ca- cher; & fe mettant en prieres, ils conjurerent le Seigneur d'oublier Le péché qui avoit été commis. -— Mais Judas profita de cette occafon pourex- (a) 2, Maccab, xIT. 40. g feg. (Pb) Deur, VII, 25. 26, & «128 Histoire DE L'ANc. TESTAMENT, An du Monde, horter le peuple à {e conferver fans peckié, (4) ee Duo voyoient. devant leurs.yeux ce qui étoit arrivé à leurs freres; & ayant fait faire une quête -Pour ces perfonnes qui. étoient mortes, il en re- _cueillit douze mille dragmes- d'argent, () quäl. envoya à Jerufalem, afin qu'on y offrit un facrifice . “pour les péchés decesperfonnes quiétoientmortes, montrant aflez par là qu'ilavoirde bons & religieux entimens touchantla réfurre@tion des morts, Car sil n'avoit pas efperé que ceux qui étoient morts, reflufciteroient un jour, il n’auroit eu garde d'en ufer ainfi, & il auroït regardé comme une chofe vaine & fuperflue de prier pour eux. Ainfiil con- fideroit qu'une grande recompentfe étoit réfervée à ceux qui étoient morts dans La pieté, & que cell unefainte &faluraire penfée de prièr pour les morts, afin qu'ils. foient délivrés de leurs pechés. .… Judas marcha enfuite (c) avec fes freres contre les enfans d'Efau, qui s étoient rendus maîtres de Ja partie meridionale de la Judée, pendant que Jes Juifs avoient été dans la captivité de Babylo- | ne. Tl forçala ville d'Hebron , dont les Iduméens sétoientfaifs, brûla Les murs & les tours qui la dé fendoient, & réduifit fous fon obéifance toutes les villes & bourgades qui dépendoient d'Hebron, _ Après cela il vint dans le pays des Philiflins, & de-fà dans la Samarie. Dans ces expéditions , il y eut quelques prêtres de tués, parce qu'ils ses Bagerent témerairement , & fans ordre dans Je ee C2 Macean are ee nn le dde |-482$. lv. _ : … M) Les douze mille dragmes | (c) 2. Aaccab. v, 65.68. Livre SEPTIEME. 12 Jui, & qu'il faifoit pañler pour la caufe & le boute- feu de cette guerre. Le roi étant arrivé à Antio- che, relégua Ménelaüs à Berée, & le fit préci- iter dans une tour pleine de cendres , où il fut étouffé. (a) Il donna la fouveraine Sacrificature à Alcime, ou lacime, qui étoit de la race d'Aaron, mais non pas de la famille des grands-prètres , Lyfias ayant perfuadé au roi qu'il étoit expédient de faire fortir cette dignité de cette famille. (D Onias fils d'Onias LIL. legitime heritier de la charge de grand-prêtre , voyant que la facrifica- ture, qui jufques-R avoit été dans fa maïfon, étoit pañlée dans celle d'un autre ; n'efperant plus de la pouvoir recouvrer ; fe retira en Egypte, où il {çût fi bien gagner l'amitié du roi Ptolemée Philome- tor, & de la reine Cléopatre fon époufe, qu'ils lui permirent dans la fuite de bâtir un temple fur le modele de celui de Jerufalem , dans la préfec- ture d'Heliopolis , où il pût exercer les fonétions de grand-prêtre pour les Juifs du pays. Il expo- foit dans fon placet au roi Philometor, ( c) qu'ayant remarqué des temples bâtis par les Juifs en Fhon- neur du vrai Dieu dans di 5 endroits, com- me dans la Célé-Syrie, dans la Phenicie, & à Leontopolis en Egypte ; ôc ces divers temples cau- fant uñe efpece de {chifime parmi ceux de fa na- tion, il avoit formé le deflein, fous le bon plai- fr duroi , pour réunir les efprits , & pour les tenir * (a) 2. Maccab. xrtt. 4: 8, | 15. © hb. Ex 85" | Fofeph. Antiq. L 12.0. 15. (c) Fofeph. Antiqg. lib. 13. €. (b) Foféph, Antiq. L XATe €: 6. an ë aa esrerenennnsahe es An du Monde, 3841. avant J. ©. 159 a Le grand-prêtre Onias bätit le tem- ple d'Onion dans PÉPyptes. = An du Monde, 3841. avant J. €, 259 136 Histoire DE L'ANc. TESTAMENT, An du Monde, plus attachés au fervice & à la fidelité qu’ils de- 1. voient à fa majefté , de conftruire un temple qui. 159. fût commun à tous les Juifs de l'Egypte. Qu'à cet effet il fupplioit le roi de lui permettre de nettoyer la place d’un ancien temple abandonné, & qui n'é- toit dédié à aucun Dieu, dans le bourg de Buba- {te, & de le confacrer au Dieu d'Ifraël. IL ajoûtoit que ce qui l’avoit principalement déterminé à ce- la, étoit une prophetie du Prophete [faïe, (a) qui prédifoit que‘le Dieu des Juifs auroit un jour un temple confacré à fon honneur dans PEgypte. Le roi luiaccorda ce qu'il demandoit. Ce temple fut nommé Onion, & le lieu où il étoit bâti, de- vint dans Îa fuite la ville capitale du Nome de: liopolis. Mais ceci n'arriva pas fitôt : il fallut du tems pour meriter la confiance & les bonnes orax ces de Philometor; & Onias ne les mérita que par fes fervices, comme nous Le verrons {ous l'an du Monde 3854. | | Antiochus Eupator étant arrivé à Antioche, trou: va que Philippe s'y étoit établi, & vouloit s'y main- tenir, comme régent du royaume, à l’exclufon de Lyfas La ville fut donc afliégée, & prife de . force ; & Philippe étant tombé entre les mains du roi, éme mort, EP + Cependant Demetrius fils de Seleucus Philopa= tor, à qui le royaume de Syrie appartenoit de droit , puifqu'Antiochus Epiphanés frere du même Seleucus, n'y étoit parvenu que par une ufurpation | (a) Jai. xx. 19. 20: + | Fab. Antig L si : _ 1. ï (D) 2 Marsa, Ni, 63E | es É | manifefte } Livre SEPTIEME. 137 nanifelte , & qu’ainfi fon fils Antiochus Eupatorny . avoit aucun droit legitime : Demetrius, dis-je, étoit Re Le toûjours à Rome , & penfoit à faire revivre fon droit, & à remonter {ur Le trôné de fon pere. Dés fannée précedente , après la mort d'Antiochus Epiphanés, il avoit fait quelque tentative pour ob- tenir du fénat Romain qu'il fût rétabli dans fon royaume. Mais le fénat avoit eu des raifons de po- litique pour ne le pas écouter , jugeant qu'il leur étoit plus avantageux de laifler ce royaume entre les mains d'Eupator, qui n’étoit qu'un enfant, que de le remettre à Seleucus, qui avoit alors vingt-. trois ans. Mais l'année fuivante Seleucus trouva une autre occafon qui lui parut plus commode. 5 ans. € Cneius Otavius, un des légats Romain qui avoient ‘5? été envoyés en Syrie pour brûler les vaifléaux du roi Eupator, & pour faire tuer les éléphans qu'il * mourrifloit au-delà du nombre qui étoit marqué dans le traité de paix entre les Romains & Antio- chus le Grand; ce légat ayant été aflafiné à Lao- dicée, Lyfas envoya à Rome, pour témoigner au fénat que Le roi Eupator n'avoit aucune part à ce MeEULTEe ns | Mais le fénat ne rendit aucune réponfe aux am ——— _ baffädeurs du roi ; ce qui fit comprendre à Deme- C- XXXIT. trius qu'il étoit tems de penfer à lui-même. li DOS donc la réfolution de s'enfuir fecrettement de Ro- { Syrie, & fait ; 2 : ë = eue . mourir Eupator. me ; ce qu'il exécuta , & arriva à Antioche. Antio- chus Eupator fon neveu, & Lyfias étant VENUS AU devant de lui , il les fit tuer, & fe rendat ainfi mat- re d'Antioche & du royaume de Syrie. (a) a ? (a) Vide 1. Maccah, VIX, . , 4 © 2, Macçab, xIV. 12% À Tome IL, An du Monde; 3840. 738 HiIsToiRe DE L'ANC. TESTAMENT, nn. Alcime qui, comme nous l'avons vû , avoit re= RES à ù d'Antiochus Eupator k dignité de grand-pré- tre , mais navoit pü s'en mettre en poñleflion pai- fble, à caufe des crimes dont il s’étoit foüillé, & ar n de la haine que les Juifs lui partoient, vint à An- F4: avant JC, tioche > ayant avec Jui quelque Juifs impies & fé- Vule.16. ‘ ditieux, pour demander au nouveau roi Demetrius Soter la confirmation de la charge de grand-prêtre, (a) & pour accufer les Maccabées , ou les Afmo- néens d'avoir fait périr ceux qui étoient attachés aux interèts du roi , & d'avoir chaffé de leur patrie ceux qui n'étoient point de leur parti. Le roi écou- ta Alcime , & le renvoya en Judée, lui confirma la grande facrificature , & lui donna Bacchide avec une armée, pour le rétablir dans fa dignité. ———— Bacchide & Alcime étant arrivés en Judée, en- : Violences de Bac - se x . chide. &d'Alime Voyerent à Judas & à fes freres, pour leur faire ds." * des propofitions de paix, dans le deflein de les farprendre : mais Judas fe défia de leur parole, & ne voulut point écouter leurs propoñtions. Ce- pendant quelques-uns de la compagnie des Afii. déens, qui étoit une efpece de fecte de gens, qui faifoient profeflion d’une pieté particuliere, vin= re rent trouver -Alcime & Bacchide, pour tâcher de faire [a paix avec eux : car ils difoient : C'eft un prêtre de la raced’ Aaron; ilne noustrompera point. Âlcime les reçût en apparence dans des fentimens de paix ; & leur promit avec ferment qu'il ne leur feroit fait aûcun mal : mais aufli-tôt qu'ils furent arrivés , 1l*en fit arrêter foixante, & Îes fr mourir. Polyb. Legar tige + =) rMaccab, vi. +. É Livre SEPTIEME 139 Ce qui ayant été divulgué , le peuple difoit RE . nya ni verité, M juftice parmi eux, puifqu ils ont ue avant J. C, violé la parole qu'ils avoient donnée, & le Le ment qu'ils avoient fait. (a) Ce qui fut caufe que plufeurs fe retirerent de la ville de Jerufalem, craignant une pareille violence. s Bacchide étant parti de Jerufalem, conduifit fon armée jufqu'à Bethfetha, ou Befeth, & ayant fait arrêter plufieurs Juifs de ceux qui avoient quitté fon parti, & quelques-uns du peuple, il les mit à mort, & les fit jetter dans une grande citerne. Après cela ayantremis toute la province entre les mains d’Alcime, & lui ayant laïflé des troupes pour sy foûtenir, il retourna à Antioche vers le roi Demetrius. Alcime ft tout ce qu'il püt pour fe maintenir dans la dignité de grand-prètre; il raffembla autour de foi un grand nombre de Juifs brouillons & mécontens, qui fe fentant les plus fort comme étant foûtenus par les troupes du roi, firent de grands maux dans le pays, & y tue- _rent bien du monde. Mais Judas pour les reprimer, _& pour venger le fang de fes freres , alla de tous _côtés dans la Judée ,; & châtia les déferteurs de {on parti; enforte que depuis ce tems , ils n'ofe- rent plus faire de courfes dans le pays. Alcime voyant que Judas étoit le plus fort dans la Judée, & que pour lui il ne devoit pas {e pro- mettre d'approcher jamais du faint Autel , les Juifs ayant reconnus Judas pour grand-prètre , il sen retourna à Antioche, () portant au roi une cou- (a) 1. Aaccab. vi. TOsse 19. € 2, Macot. XIV, 34 4e (b) 2. AMaccab, NI. 25. 26, | S à 140 Hisrotre DE L'Anc. TESTAMENT, An da Monde, ronne d’or , une branche de palmier ,& d’autres Fa 0e ©) branches d'arbres aufli d’or, que l’on croyoit qu'il avoit prifes au temple. Il ne dit rien d’abord an roi : mais un jour Demetrius l'ayant fait venir au confeil, & lui ayant demandé quelles étoient donc les vüës des Juifs, & fur quels fondemens ils s’appuyoient pour foûtenir ainfi leur révolte, Alcime les accufa de plüfieurs chefs, & dit au roi que ceux des Juifs qui fe nommoient Afl- déens, & qui fe piquoient d’être les plus zelés défenfeurs des loix de leur pays , ayant Judas Mac- cabée à leur tête, entretenoient la guerre, & fo- mentoient la divifion dans le pays. Il ajoûta que pour lui, ayant toûjours été très-attaché au roi, les Juifs du parti de Judas ne pouvoient fe réfou- dre à le reconnoître pour grand-prêtre , qui étoit une dignité hereditaire dans fà famille : que le refte de la nation étoit auf opprimé par la puiffance de ce parti, & qu'ils imploroient le fecours de fa clemence contre Judas, qui étoit le principal ennemi de la paix, & le plus oppolé aux volon- tés du roi. : a es Smis d'Alcime, & les ennemis de Judas a mMetrius en Colére > ENVOYA Nicañor en Judée avee de bonnes troupes: pour £ fafir de Judas, pour. diffiper le parti qui lui étoit attaché » & pour faire recevoir Alcime en qualité de grand-prêtre. Alors les payens que Judas avoit chaflés de la Judée, vinrent en foule fe joindre à Nicanor, & groffir #on armée, efperant que l’arrivée de ce général _rétabliroit leurs affaires. (4) Le bruit de la venuë (a) 2. Maccab, xxv, 11,..16. Livre SEPTIEME T4f | de Nicanor s'étant répandu, les Juifs fideles alle- ne rent au temple du Seigneur, fe couvrirent la-tête 3843: avan J. €. de poufliere,& demanderent à Dieu par d'inftantes. prieres ; qu'il lui plûc proteger & défendre le peu ple qu'il avoit choïfi. Nicanor s'avança jufqu'au château de Deflau ; & Simon frere de Judas, ayant voulu attaquer l'ennemi, ne {e trouva pas en état de lui tenir tête ; il fe retira effrayé par l'arrivée imprévüe d’une fi puiflante armée. Maïs comme Nicanor connoifloit la valeur de G xxx. Judas & de fes gens , il n'ofa hazarder un com- ue bat. C’eft pourquoi il envoya trois députés, Po- fidonius , Theodofius & Matthias, pour faire à ps Alime, Judas & à fes freres quelques propofitions de paix. Cette déliberation dura quelque tems; & Judas ayant expolé devant tout le peuple les propafi- tions que lui faifoit Nicanor , tous furent d'avis d'accepter la paix, & de faire un accommode- ment C'eft pourquoi les deux généraux prirent un jour pour en conferer enfemble en fecret, & on _ {eur porta à chacun une chaïfe; où ils:s' firent. Cependant comme Judas craignoit qu'on ne lui quelque violence, il fit tenir des gens armés dans certains poltes, afin qu'ils Le puffent fecourir enicas de befoin. Mais la conference fe paña fort tranquillement: & Nicanor demeura à Jerufalem, “où il ne fit rien contre l'équité. IL congedia mé- me les troupes qu'il avoit levées , & vêcut avec Judas dans une grande amitié, jufques-là qu’il ex- horta à fe marier, & à fonger à avoir des en- fans. (a) | - () 2 Maccab, PS ATREUTS S iÿ 142 Histore DE L'ANC. TESTAMENT, An du Monde, Mais Alcime voyant la bonne intelligence qui 45, aa C: étoitentre Nicanor & Judas, alla trouver le roiDé. metriuss & luidit que Nicanortrahifloit les interêts du royaume, qu'il avoit établi Judas grand-prêtre, contre l'ordre du roi. Démetrius aigri par ces ca- lomnies, écrivit à Nicanor qu'il trouvoit fort mau- vais qu'il eût ainf fait à fon infçû la paix avec Ju- das , & qu'il dui commandoit de l'envoyer ince£ famment chargé de chaînes à Antioche. Nicanor fut fenfblement affligé de l'ordre que le roi lui donnoit ; car n'ayant aucun jufte fujet de fe plain- -dre de Judas, il ne pouvoit fe réloudre à violer - l'accord qu'il avoit fait avec lui. Mais comme il ne pouvoit réfifter à l’ordre du roi, il cherchoit une occafion favorable pour {e faïfir de Judas. Celui ci s'apperçut du froid, & d’un certain air de du= reté & de fierté que Nicanor n'avoit pas accou- tumé d'avoir à fon égard ; il s’en défia , & ayant aflembié près de lui quelques-uns de fes gens, il fe: déroba. de Nicahor.. je +. a Lorfque Nicanor eut {cû que Judas avoit eu l'habileté de Le prévenir, il diffimula d’abord fon dépit , -& ayant afflemblé une puiflante armée, äl vintà Jerufalem, dans le defléin.de furprendre Judas & fes freres. Il députa vers eux, & leurft dire : « Je ne füis point venu pour vous faire la » guerre , Mais pour traiter de paix; venez avec » peu de monde , & je me trouverai-enun certain » endroit, où nous parleront d'accommodement, IL vint donc trouver Judas au rendez-vous, & ils _ 1e faluerent comme amis : Mais Judas ayant re- onnu qu'il ne venoit que pour le farprendre , il es Sr £ LIVRE SEPTHEME 0 143 fe le voulut point voir. Nicanor s'apperçut bien An à Monde, que fon deffein étoit découvert ; il fit avancer Les 157 © troupes vers Caphar-Salama. Le combat fe donna au même lieu. Cinq mille hommes du côté de Nicanor demeurerent fur la place ; & les Juifs voyant qu'ils ne pouvoient faire tête à une fi grof- _ fe armée , fe retirerent dans la ville de David, ou dans le temple. Si doom el -_ Après cela Nicanor monta fur la montagne de Sion, & quelques-uns des prêtres le vinrent faluer avec un efprit de paix, & lui montrerent les ho= — locauftes qui s'offroient pour le roi : maisil les méprifa, les railla , & les traita comme des per- fonnes profanes. En même-tems il leur comman- da de lui remettre Judas entre les mains. Mais Si on ne me {on art 2 Alors les prêtres élevantles mains vers le ciel, invoqueérent le Seigneur, proteéteur de leur na sion, & le conjurerent de garantir de la profana- (a) Vide 2, Maccab. x1V. 15... 25. CL. Macéab, VII. 33: A 7e — + 144 Histoie DE L'ANC. TESTAMENT: Tan du Monde, tion ce faint lieu, qui venoit d'être purifié, & qui san G étoit à peine forti des mains des Gentils. « Sei- » gneur, dirent-ils, qui avez choifi cette maïfon, » afin que votre nom y fût invoqué, & qu'elle 5 fût une maïfon d’oraïfon pour votre peuple, » faites éclater votre vengeance contre cet hom- » me, & contre fon armée; qu'ils tombent fous, » le tranchant du glaive. Souvenez-vous de fes » blafphèmes & de fes menaces, & ne permet: » tez point qu'il fubfifte long-tems fur la terre. ES 0e tems-là (4) on accufa auprès de Nicanor AXXIV. LS des Sérteuts de Jerufalem, nommé Rhäfis, Martyre du faint ë , , vicllard Rhais, @ on-le Îüi défera apparemment comme grand partifan de Judas, comme oppofé au gouverne- ment royal, & comme exceflivement zelé pour les loix de {on pays. C’étoit un viellard de gran- de réputation, & qu'on appélloit le pere des Juifs , à caufe de laffé@tion qu'il leur portoit. Il ménoit depuis long-tems dans e Judaïfme une vie très-pure , & éloignée de toutes les fouillures du paganifme , & il étoit prêt d'abandonner {on corps & fa vie, pour y perfeverer jufqu'à la fin, _ ayant déja autrefois été appellé en jugement de- me, & trop'oppolé à la volonté du roi. Nicanor donc voulant donner des marques publiques dé la haine qu'il avoit contre Les Juifs, envoya cinq . €ens foldats pour le prendre : car il croyoit que sil obligeoit cet homme à renoncer à f religion, il feroit un grand mal aux Juifs. Lorfque ces gens 6 2. Maccab, xaN. 37. A . s'efforçoient ( Lire SEPTIEME 27 s’efforçoient d'entrer dans fa maifon , d'en rompre An duMonte, la porte, & d'y mettre le feu, fe voyant fur le he. point d'être pris, il fe donna un grand coup d'é- V#&1fr pée, aimant mieux mourir courageufement , que de fe voir affujetti aux pécheurs, & de foufirir des outrages indignes de fa naïflance. . Mais parce que dans la précipitation où il étoit, il ne .s'étoit pas porté un coup mortel, lorfqw'il vit tous ces foldats entrer dans fà demeure , il courut avec une fermeté incroyable fur le toit de fa maifon, & fe précipita du haut en bas fur le / peuple ; & tous s'étant retirés promtement, pour n'être pas accablés par fa chûte , ilcomba la cèce la premiere ; & comme il refpiroit encore, il fitun nouvel effort,& fe releva ; & des ruifleaux de fang coulant de tous côtés , à caufe des grandes playes qu'il s’étoit faites, il pafla en courant au travers du peuple, monta furune pierre efcarpée , quoiqu'il eût prefque perdu tout fon fang, il tira fes entrail- les hors de fon corps, & les jetta avec fes deux mains fur le peuple, invoquant le Dominateur de la vie , afin qu'il Le reflüufcitât un jour. Il mourut de cette forte, laifflant un grand exemple d'une in- trepidité peu imitable, & qu'on ne peut juftifies dans lesregles de labonne morale, qu'en fuppofant qu'il ne füivit en cela que le mouvement du Saint- + Nicanor ayant appris que Judas étoit dans les _ terres de la Samarie,réfolut de Faller attaquer avec toutes fes forces le jour du Sabbat, (a) Et com- _{)r Maccab. vi 1. 39. G feg. 2, Maccab, XV. per toturm Tome I, | L 146 Hisrome pe L'Axc, TESTAMENT, Andu Monde, Me les Juifs qui étoient dans fon armée, le prioient 3843. avant J. C. 157. avant l'Ere Vulg: 161, de rendre honneur à ce faint jour , & de réverer celui qui voit toutes chofes , ce malheureux leur demanda s'il y avoit dans le ciel un Dieu puiflane qui eût commandé de célébrer le jour du Sabbat, Ils lui répondirent que Le Dieu vivant, Maître & Créateur du ciel & de la terre, avoit commandé qu'on honorût le feptiéme jour. Il leur répondie: » Et moi je fuis puiflant fur la terre , & je vous or- » donne de prendre les armes pour le fervice du _» roi, & pour obéir à fes ordres. » Il ne püt tou- tefois exécuter ce qu'il avoit refolu. Dieu lui re- fufa la victoire , dont il s'étoit trop infolemment flatté. IL alla fe camper à Bethoron, & Judas s’a- vança à Aderfa, à quatre milles de Bethoron. Ce dernier mettant en Dieu toute fa confiance , il ex- hortoit fes gens à tout efperer du fecours du Tout- puiflant; & leur ayant donné des inftructions ti- rées de la loi & des prophétes, & les ayant fait fouvenir des combats qu'ils avoient foûrenus au- paravant , il leur infpira un courage & une ardeur toute nouvelle. Il leur rapporta enfuite une vifon qu'il avoit eûe, & qui l’avoit comblé de joie. Il luifembloit qu'il voyoit Onias, qui avoit été grand- prêtre , lequel étendoit fes mains, & prioit pour tout le peuple Juif: Qu'enfüuite avoit paru un autre. homme , vénérable par {on âge , tout éclatant de gloire, & environné de majefté : & qu'Onias avoit _ dit en le montrant : » C’eft-à le véritable ami de » fes freres, & du peuple d'Ifraël : c'eft-là J éremie, _ » ce prophéte de Dieu, celui qui prie beaucoup. » pour ce peuple, & pour la ville fainte, » Qu'en Lives SErPTIEME 147 mâme-tèms Jérémie étandentla main, avoit donné An du Monde, S À À = rs à 8 : : ; à Judas une épée d’or, & lui avoit dit : » Prenez cet- étoit mort , jetterent Juifs en tuerent 148 HISTOIRE DE L'ANc. TESTAMENT, ‘Ar du Monde, de leurs peres , c’eft-à-dire en Hebreu : carle Grece CARS don langue que lon parloit plus _communé: ment dans le pays, à caufe de la domination des. Grecs. Judas commanda que on coupt la tête de cegé+ néral , avec le bras, la main & l'épaule , & qu'on les portät en triomphe à Jerufalem. Ÿ étant arrivé avec fon armée, il Les fit voir aux Juifs, $& même aux Grecs qui étoient dans la citadelle. I] leur dit: » Voilà » {a tête de linfolent Nicanor, & voilà cette main » qu'il a ofé étendre avec menaces contre la mai- » fon du Seigneur, difant qu'il la raferoit & la profa- » neroit. » J udas fit fufpendre cette main vis-à-vis le temple , & ayant fait couper la langue de cet im= pie par petits morceaux, il la donna à manger aux oïleaux ; il fit aufli fufpendre la tête de Nicanor au haut de la forterefle, afin qu'elle fût expofée aux yeux de tout le monde , comme.un figne vifble du fecours de Dieu. I fut arrêté d’un commun con= fentement, que l’on feroit célébrer dans la fuite des tems la mémoire de cette victoire Le 13. du mois Adar , qui répond à nos mois de Fevrier & de Mars. La Fête inftituée ce jour-là fut négligée dans la fuite, & enfin entierement abandonnée: Telle fut la fin de Nicanor , après laquelle les Hé: breux demeurerent maîtres de la ville finte — … La Judée fut depuis quelque tems en paix; & C XXXV. Jrdas toûjours attentif aux interêts de {à nation ; ayant appris quelle étoit la puiffance des Romains; Feu avant). Ge & la grande & fidelle protection qu'ils donnoient 157 à leurs amis , réfolut de rechercher leur alliance contre le roi Demetrius Soter, (a) qui vouloit op- OL Maccab, V117, | — | eOLiveEe SÉPTIEME .,149 primer la liberté des Juifs. Judas choïfit donc Eu- ee — An. du Mondé;, A poleme fils de Jean, & Jafon fils d'Eleazar,, & 35550 Lie F7 “avant l’Bré les envoya à Rome, pour faite amitié & alliance Vuis: 165: avec le fénat & Le peuple Romain. Ces deux am- baladeurs étant arrivés à Rome ; entrerent dans le fénat, & expoferent le fujet de leur voyage. Leur demande fut agréée des fenateurs; & voici en fubftance ceauils firentgraver fur l'airain , & qu'ils envoyerent à Jex falem , afin qu'il y demeurût comme un monument de la paix & de l'alliance qui étoit entre les deux peuples : Que les Romains traiteront les Juifs comme un peuple ami & allié: Que sil farvient aux Romains, ou à leurs alliés quelque guerre ; les Juifs leur rendront tous les fervices dontils feront capables , & ne fourniront aucun fecours ni d'hommes, ni d'armes, ni d’ar= gent, nide provifions à leurs ennemis : Et que réciproquement sil furvient une guerre aux Juifs, les Romains les aideront de tout leuf pouvoir, & ne donneront aucun fecours d'hommes, d'armes, _ de cet accor 1mun confentements & que ce q é de cette forte, demeurera. ferme & ftable. Et comme Judas & les Juifs s'étoient plaints au fénat des maux que leur faifoit Démetrius Soter, les Romains écrivi- rent à ce prince qu'il eût à traiter avec plus de moderation les Juifs leurs alliés, & que s'ils ve- noient de nouveau fe plaindre de fes violences, ils leur feroient rendre juftice, & attaqueroient la Syrie par terre & par mer. | | Ti emis: Qu'à retrancher xSo. HISTOIRE DE L'ANC. TESTAMENT, Bacchidevienen Pendant que les ambafladeurs de Judas étoierr De sil donne à à Jeur voyage de Rome ;, & qu'ils follicitoient bataille à Judas , {?,[{; y : lard Mass L'alliance dont nous venons de parler, Démetrius avant PAGE Soter ayant appris la mort de Nicanor, & la dé- 161. faite de {on armée , envoya de nouveau en Judée Bacchide , avec Alcime grand-prêtre des Juifs, (a) & l'aile droite de fon armée, c'eft-à-dire, l'élite de fes troupes : car comme le prince com- mandoit d'ordinaire l'aile droite, il y mettoit aufli ce qu'il y-avoit de meilleur parmi fes foldats, L'armée étoit de vingt mille-hommes de pied, & de deux mille chevaux. Ils vinrent d’abord dans la Galilée, & camperent à Méfaloth : de-là ils vinrent à Arbéles, à neuf milles de Légion : & ayant pris cette ville , ils y tuerent un grand nom- bre de Juifs. Ils s’'avancerent enfuite jufqu'à Jeru- falem : mais ayant appris que Judas. n'y. étoit. point ; & qu'il s'étoit retiré aux environs de Bé- thel, ou de Léfen, ils yallèrent, & camperent #7 à Béroth , ou Béer, ou Bérée , dans la Tribu de - Benjamin. Judas navoit que trois mille hommes m. SA choifis, Îefquels voyant une fi grande multitude 2) d'ennemis, furent faifis de crainte ; & plufeurs {e .. vf Hdrérent dé campssenfore qu'il ne lui refta que à huit cens foldats. a | | Judas voyant {on armée fi affoiblie, & la né- ceflité où il étoit de combattre, fon cœur en fit. Comme abattu, parce que le tems ne lui pérmet- toit pas de raffembler un plus grand nombre de oldats. M ne laiffa pas d'encourager fes gens, & CA _ G@) x Maccab. IX, I, 2 Re LivRE SEPTIEME. "IST de les animer au combat ; mais ils lui repréfente- rent qu'ils étoient en trop petit nombre ; qu’il étoit de la prudence d'attendre quelque nouveau ren- fort, & de differer la bataille. Judas leur répon- dit : Dieu nous garde d’en ufer ainfi, & de fuir devant nos ennemis : fi notre heure elt vente, mourons courageufement pour nos freres, & ne foüillons point notre gloire par une action fi là- che. L'armée ennemie fortit de fon camp parta- gée en deux corps. .Les archers & les frondeurs marchoient devant l'armée ; & le premier rang étoit compofé de tout ce qu'il y avoit de plus vaillans foldats. Bacchide étoit à l'aîle droite. Les trompettes tant du côté de Bacchide, qüe du côté de Judas, commencerent à fonner , & les mon- tagnes retentirent de leur bruit. Le combat dura depuis le matin jufqu'au foir. Judas voyant que faîle droite étoit la plus forte, fit un effort avec les plus vaillans de fes troupes, pour la forcer: ils rompirent cette aîle , & la pourfuivirent jufqu'à Azot. Mais l'aîle gauche ayant en- 1 as & Îes ger : opiniâtré ; tomba mort fur un tas d'ennemis qu'il avoit tués. Ses gens fe retirerent m & vinrent à Jerufafem. : … Aufli-tôt que la nouvelle de panduë, ce fut un deuil général de tout Hraël pendant plufieurs jours. On difoit publiquement en fon honneur ce cantique lugubre : Commence eft-il tombé , cet homme invincible, qui fuvoit Îe peuple d’Ifraël ! Jonathas & Simon fes freres An du Monde, 3843. avant J. C. 157. avant l’Ere Vulg. 161 “Fudas accablé par Mort de Judas accabée. fa mort y fut ré 1x2: Livre SÉPTIEME. An du Monde, €mporterent fon corps du champ de bataille, & FE cree lenfevelirent à Modin dans le tombeau de fon WWE" 184 pere. Les autres guerres de Judas ne font pas toutes écrites dans ce qui nous refte de monumens , pars ce qu'elles font en trop grand nombre. (4) Et telle fut la fin de ce héros, qui défendit jufqu'à [a mort la religion & la liberté de fon peuple. CXXx VI, Après la mort de Judas, tout ce qu'il y avoit Jonathas fuccege de Méchans s'éleverent de toutes parts dans If fans le ponvae AÉLACUDNEE comme le pays étoit affligé d'une for ment dupeuple. grande famine , le peuple n'ayant point de ref. {ource, reconnut Bacchide pour gouverneur du pays » & Le foümit à lui. Ce général avoit fous li d'autres lieutenans , ou fous - gouverneurs ; qui. failoient une très-exaéte recherche ‘des amis de Judas , & leur faifoient fouffrir toutes fortes d'in- fultess Dans cette extrémité , les amis de Judas s'aflemblerent , & dirent à Jonathas , furnommé Apphus , {on frere : Depuis que votre frere Judas eft mort , nous n'avons perfonne qui tienne tête à nos ennemis, & qui s’oppofe aux entreprifes de Bacchide ; c’eft pourquoinousvous avons choïf pour être notre prince & notre général en {à pla ce danstoutes. nos guerres. Jonathas accepta le commandement du peuple ; & Bacchide en étant informé, cherchoit à le faire périr : mais Jonathas % Simon fon frere, avec tous ceux de leur parti, fe rerirerent près de Thécué , dans un défert qui eit fur le lac Afphaltique , ou fur le mer morte. De-R ils pañlerent le Jourdain ; & Bacchide les + (a) x. Maccab. IX, 22 : (b) 1, Maccabs 1x. PR . — {uvit CURE SPL EE MAO RE Lrivit avec toute-fon armée, dans la réfolution ans Monde, de leur livrer le combat au jour du Sabbat, pré- Er fumant qu'ils ne voudroient pas fe défendre ce "Er jour-là. : Fe ie. | Jonathas en étant averti, envoya fon frere Jean, farmnommé Gaddis, vers les Nabathéens, qui étoient fes amis &c fes alliés , pour les prier de vouloir bien retirer chez eux leur bagages & leurs équipages ; qui étoient grañds ; & qui ne | pouvoient que les embarrafler dans la guerre qu'ils avoient à foûtenir. Mais il arriva que les fils de Jambri de Médaba étant fortis de leur ville, tom- berent fur Jean, le prirent; le tuerent, 6c Jui:en- leverent tout ce qu'il avoit, & qu'il menoit dans Je pays des Nabathéens. (a) J onathas trouva bien- tôt occafon de s'en venger. .On lui-dit que les fils de Jambri faifoient un mariage célébre, & qu'ils menoient de Nédabat à .Médaba une: nouvelle époufe , fille d'un des premiers princes de GhRès aan, ou plûtôt des Arabès du pays. Ils allerent ” donc fe mettre .enembufcade derriere une mon- _tagne; & ayant vû venir le nouveau. marié avec Les amis & {es parens, aufon de Jours < RE STE ens} aufon des tambours & des inftrumens de mufique , accompagné de beau- coup de monde en.armes, ils {ortirent .de leur embufcade, & fondant fur eux; ils en tuerent un grand nombre, & le refte s'enfuit fur Les monta- gnes. Ils emporterent toutes leurs dépotilles , & vengerent ainfi le fang de. leurs freres. - IBacchide ayant appris ce qui s'étoit paflé, vint (2)°Fafph.. Ansiqee bib, 13. cute «s Tome lil. : V An du Monde, 38,5 2: avant J, C. 148. avant l'Ere Vulg. 152, 1060 HistToiRE BE L'ANC. TESTAMENT, » tre, afin quil y mette une garnifon de fes gens, » De’plus, jaccorde la liberté à tous les Juifs qui 5 ont été emmenés captifs du pays de Juda, & > qui fe trouveront dans tout monroyaume. Jeiles »'affranchis de tout tribut, & des charges qu'ils » devoient pour leurs beftiaux. Je veux que toutes » les fêtes folemnelles, les jours de’ Sabbat, les » premiers jours du mois, les Fêtes houvellemeng » infütuées , Les troïs jours de devant une Fête ‘fo: » Jemnelle, & les trois jours d’après, foient jours. » d'immunité pour tous les Juifs quifont dans mon » royaume ; que dans ces jours-là il ne foit permis » à perfonne de les appeller en juftice , ni de lex » faire aucune peine, pour quelque affaire que ce » puifle être, à Liu ; } TE _» J'ordonne de plus que l’on faffe entrer dans > mes troupes. trente mille Juifs, qui feront en: » tretenus comme les autres troupes du roi; & que » de leur nombre on en choïfira pour être mis » dans'les fortereffes , dont on leur confiera la gare » de: fon choifira aufli du nombre des Juifs: des » perfonnes à qui lon confiera ladire@tion desi£. » faires du royaume qui font les plus importantes, » & qui demandent le plus de fidelité, Que leurs » chefs foient pris d’entre eux ,.& qu'ils continuent » à vivre felon leurs loix, comme le roi l’a-permis » à ceux qui font dans le pays'de Juda. Queles »trois cantons dont on a parlé ; & qui ont été junis au pays de Juda, foientregardés comme » faifant partie de la Judée, joüiffant des mêmes _» privilèges , & obéiflant comme tout le refle au »prand-prètres fe donne auf Prolemaïde , & fon — — | » territoire Livre SEPTIEME. . » territoire en pur don au temple de J erufalem; à Monde; » pour fubvenir à toute la dépenfe néceñaire à Pen- 5 ho »tretien des chofes faintes. Je promets de faire Vale 252 _»payer au profit du temple tous les ans quin- : »ze mille ficles d'argent, (4) à prendre fur les droits du roi, & fur les revenus qui m appartien- > nent. : _» J'ordonne que ceux qui gouvernoient mes f- »# nances les années paflées , payent pour les ouvra- » ges de [a maifon du Seigneur tous les arrerages _» qu'ils doivent. Je remets aux prêtres les cinq mille > ficles qui fe prenoient chaque année fur leurs re- » venus. Je veux que tous ceux qui fe refugieront » au temple pour dettes de deniers royaux , jouit- » fent de l'azile, non feulement dans le temple, » mais aufli dans tout fon territoire ; & que non- » feulement leurs perfonnes, mais aufli leurs biens, _» & leurs effets foient privilegiés, & demeurent »en füreté. Enfin on donnera de mon épargne (a) Environ vingt-quatre mille trois cens trénte-cing livres dix fols _ de notre monnoye, Tome LL. X RS eee ÂAn du Monde, 3852. avant. J.C. 148. avant lEre Vule. 152, 162: Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, dente. Ils ne voulurent donc point recevoir cets te lettre, & ils demeurerent dans les engagemens qu'ils avoient pris avec Alexandre Ballés. Celui-ci ayant mis fur pied une grande armée compoiée de. troupes Syriennes, qui défertoient à Démetrius, & de troupes auxiliaires qui lui furent fournies par: les rois d'Egypte, & de Pergame, & par les Juifs, il Hivra la bataille à Démetrius. L’aîle gauche de l’armée de Démetrius battit l’aîle droite d’Alexan- dre Ballés : mais l'aile droite du même Déme- trius, où il commandoiten perfonne, plia, & Jui feul réfifla quelque tems aux ennemis qui l'en= vironnoient de toutes parts; enfin s'étant jetté dans un bourbier , il tomba de cheval , & fu percé de fléches, combattant courageufement | jufqu'au dernier foupir, (4) Il avoit reoné douze . ans. sé Alexandre Ballés 1e voyant ainfi maître du royaume de Syrie , demanda à Philométor roi d'Egypte, fa fille Cléopatre en mariage, Les deux rois fe rendirent à Ptolémaïde , où le mariage {6 aux deux rois, & en fur fort bien reçu. uns de fes ennemis, d Quelques à 9 Zéfin. 14. 35. Appian. Syriac. p 131 Jafiph dote L PAS « a 1. Maccab, x, So. fit. Alexandre y invita Jonathas , qui y vint avec un fomptueux équipage. Il ft de grands préfens Îoux du bonheur de leur patrie, préfenterent des. - Mémoires contre Jonathas : mais Alexandre ne voulut point les écouter, & déclara publique- ment qu'il défendoit à tout le monde de l’accuier, Livre SEPTIEME Le 2 ou de former des plaintes contre lui: ce qui dé= and monter concerta fes ennemis , & les obligea de s'enfuir. RE pee Jonathas parutdans cette céremonie revêtu de la Vus: 555 pourpre ; il s'aflit auprès du roi ;. il fut recu au nombre de fes amis , & établi chef & général de l'armée du roi en Judée, & grand-maître-d'hôtel de {à maïfon. Après cela Jonathas revint à Jeru- lé. @) ei Cependant les Juifs étoient en confideration dans l'Egypte. Le roi Ptolemée Philométor & … la reine Cléopatre fon époufe & fa fœur , leur avoient confié la garde de leurs principales for- er terelles, & avoient donné le commandement de leurs troupes à Onias & Dofithée, (4) C'elt ce _ même Onias aui obtint du roi Philométor la per- million de bâtir un temple en Fhonneur du vrai Jieu , dans le territoire d'Heliopolis , comme nous l’avons dit ci-devant. Ce temple étoit bâti avec de très- érig {ur le modele de patrie, orna ce temple de riches pré- fens + mais il n’y fit point de chandelier à fept branches ; il fe contenta d'une lampe. d'or fu _penduë à une chaîne d'or, & qui brûloic dans l'interieur du temple. Il fit environner tout. le ter- = _ D). ii 10 60... . 66. | (c). Ffephrcde Bello, Ub. 7. (b) Yofeph. lib. 2. contra | c. 30. in Latino. de Antiq Appion, pe 1004 _ Gb, x3. co, 6, © lib. 14.0, 14. | | À 1] 164. HiTOIRE DE LANC. TESTAMENT, An. du Monde, rain qui appartenoit au temple d’une bonne mu- ere Giles de briques , avec des portes de pierres. Le . roi Philométor, quoiqu'il eût d'abord quelqué fcrupule (4) fur l'érection de ce temple dans un: lieu impur, & rempli d'animaux immondes, ce- pendant comme Onias lui eut repréfenté ; que le prophete Éfaïe avoit prédit, qu'un: jour Le Seigneur auroit un temple en Egypte, y confentit, & lui afligna même une certaine quantité de terre pour lentretien des prêtres & du lieu faint. 154 Onias trouva des prêtres & des Lévites qui Pi miterent dans fa prévarication ; caf of ne peut. donner un autre nom à l’entreprife qu'il ft d’éris ger de fon propre mouvement, & fans aucun oË dre particulier de Dieu, un temple dans une terre étrancere ; contre la difpofition f exprefle des. loix de Moïfe. Auff les Juifs de Jerufalem regar derent les prêtres du temple d'Onias en Egypte, comme ceux qui dans {a terre de Juda avoient crifié fur les hauts lieux. (2) On ne leur permets voit point lorfquils revenoient, de manger les hofties pour le péché , ni d'offrir les holocauftes fur l'autel ; mais feulement de fervir dans les moindres minifteres de la maifon de Dieu, & de recevoir leur fubfiftance des revenu des revenus communs du temple. (c) Et quant à fa prophetie d'Ifaïe, (d) fur laquelle fe fondoit Onias , elle ne regardoit que fe tems de lévangile ; auquel if devoit y avoir (a) Fofeph. Antig.L. XXE. … 6 | (c) 4. Rep. se . | (D) Mira trail. Minhor, ce. | (d) fai, xxx, #8 19. Livre SEPTIÉÈMÉ. OR dans l'Egypte un autel dédié au Seigneur, & un and Monde monument dreflé en fon honneur {ur Les frontie- he res de ce pays. . no. Vers ce même tems if y eut à Alexandrie une eroffe difpute entre les J uifs & les Samaritans. (a } Les premiers foutenotent que le temple de Jeru- falem étoir le feul légitime ; & les autres préten- doient que c'étoit celui de Garizim. La caufe fut portée devant Philométor en fon confeil ; & Le oi commença par ordonner que les Avocats qui perdroient leur caufe, feroient punis de mort. Ées parties s'engagerent par ferment en préfence du roi, & fous peine de la vie, de ne produire que des témoignages de leur loi pour foutenir leurs prétentions. Les Samaritains choiïfirent pour leurs avocats Sabée & Théodofe ; & les Juifs ; Andro- nique fils de Mefalam. Andronique parla le pre- _ mier, & montra par des preuves tirées de la loi, & par la fuite non interrompuë des pontifes ; &c par le _refpect que fes rois d'Égypte avoient eu pour le temple de Jerufalem, y envoyant de magnifiques éfens, tandis qu'ils ne penfoient pas même à ui de LE t l'antiquité & la füperiorité du temple de J erufalem. A quoi ik ajouta encore d’autres raifons , qui perfuaderent tellement ie roi & fon confeil , qu'il déclara que le temple de J erufalem étoit & le plus ancien, & de plus légitime ; &°en même-tems il condamna à _ mortSabée & Théodofe, | . GE fut fous le même reone de Ptolemée Philo: {) Fofeph.. Antiq, L-xÂTI, ©, Gz oi 166 Histoire DE L'Anc. TESTAMENT, TAn du Monde, Métor, que parut en Egypte Ariftobule , philoz 549355 fophe Peripatéicien , & Juif de religion, qui C. XXXVIII adrefla au même prince un commentaire quil Arifobule Juif, aVOIt Compolé fur les livres de Movyfe. Saint Cle- mn ment d'Alexandrie en cite un long . fragment , üré de à préface, (a) où. il difoit que Platon avoit eu connoïffarice des loix des Juifs, & qu'il en avoit fort étudié les expreflions. Il difoit auffi que Pythagore avoit donné à fes difciples plufeurs. maximes tirées des livres de Moïfe. Il ajoutoir ‘ qu'avant Démetrius Phaléreus, & avant même le regne d'Alexandre Le Grand, & celui des Perfes,. on avoit traduit en langues étrangeres les princi- paux points de l’hiftoire des Hebreux ; leur fortie. d'Egypte , la conquête de la Paleftine, leurs loix, & ce qui leur étoit arrivé de plus remarquable, C'eit ce que dit cet auteur : mais il n'en donne. aucune preuve certaine ; &. la chofe eft affuré- ment fort douteufe. _ . . Alexandre Ballés ne fe vit pas plûtôt en pofle£ fion du royaume de Syrie , qu'il fe plongea dans toutes fortes de débauches, laiffant tout Le foin de fes affaires à Ammonius fon favori, qui abu=. fant de fon crédit, fc mourir plufieurs perfonnes de confidération, & attira fur fon maître la haine & le mépris des peuples. Démetrius Soter au com- mencement de la guerre, avoit envoyé fes deux fils Démetrius, furnommé depuis Nicanor, & An: tiochus, furnommé Sidéres : illes avoit envoyés. à Cnide dans la Carie, pour les mettre à couvert ss © 2 ASE ve # (e) Pide apud Clement, Alex. L, 1. Srromar, p. Te DEMSEr Livre SEPTIEME. 16 pendant les troubles dont fon royaume étoit agi té. (a) Démetrius Nicanor, fils aîné de Soter, 3856. avan J. C. à Pate À . . , 144. avant lEre ayant appris la négligence ; &c les infamies d'Ale- Vi 148. xandre Ballés, sembarqua, & aidé de quelques troupes qu'il avoit reçües de Lafthenes Crétois , äl vint dans la Cilicie. Alexandre étoit alors dans la Phenicie. Dès qu'il fut informé de Pentreprife de Démerrius , il fe hâta de retourner à Antioche; pour s'oppofer à ce jeune prince. En-même-tems Apollomius , à qui Alexandre avoit confié le gouvernement de la Célé-Syrie, fe fouleva con= tre fon prince, & fe donna à Démetrius. Apollo- nius affembla une puiflante armée, & marcha con- | tre Jonathas & les Juifs, qui demeuroient fermes dans alliance d'Alexandre Ballés. _ Apollonius s'avançajufqu'à Jamnia , & n'ofant a a ee +, Combat re s'engager dans les montagnes, envoya défier Jo- pions, &Jo- . nathas, & lui fit dire qu'il ne demeuroit dans es montagnes, que parce quil n'ofoit paroïtre en pleine campagne. (2) Jonathas accepta le défi; & ayant p « mille hommes de troupes choi- Simon elque renfort, Ils allerent camper près la Ville ro : & ceux de cette ville lui fermerent les portes, parce quil y avoit dedans une garnifon du parti d'Apollonius. Jonathas Voyant qu'on lui avoit refufé l'entrée de la ville, l’afliegea : mais Les habitans ne fe fentant pas aflez forts avec. leur garnifon pour lui réfif- rer, fe rendirent ; & Jonathas entra dans Joppé. (D a. 3 TT Ere.l 27 0) 1, Macéab, x 78, 86 168 HistTorre DE L'ANC. TESTAMENT, aa Apollonius l'ayant appris ; marcha contre lui avec 3856. avant J. C trois mille chevaux , & huit mille hommes de pied, Virus. Il fit mine d'abord d'aller vers Azoth, du côté du | midi : mais enfuite retournant fur fes pas, il vous lut fe jetter dans la plaine ; parce qu'ayant beau: coup de cavalerie, il efperoit vaincre aifément Jonathas dans une rafe campagne. Jonathas |s. fuivit vers Azoth , & l'obligea à donner bataille, Or Apollonius en quittant fon camp de Jamni “pour aller vers Azoth, y avoit laiflé mille che. +aux , ne doutant pas que Jonathas ne le dût fui “vre ; & comptant que ces mille hommes le pren: droient par derriere, pendant que lui-même latta. queroit de front , il {e flattoit de le pouvoir battre aifément, | a . Mais la valeur des troupes de Jonathas rendit tout cela inutile. Ilrengea fes troupes en quarté oblong , à la maniere de la Phalange Macedo- nienne : & faïfant face de tous côtés, il foutint pendant prefque tout le jour l’effort des ennemis, & fur tout de la cavalerie , qui ne cefla de lancer contre lui beaucoup de traits. Sur [é{oir Jonathas, ayant remarqué que la cavalerie ennemie étoit fort fatiguée, fr avancer fes troupes , donna fu l'infanterie des ennemis , laquelle étant abandon née de la cavalerie , fut bien-tôt rompué. Elle prit confufément la fuite ; & s'étant jettée préc pitamment dans le temple de Dagon, qui étoit à Azoth, Jonathas entra en même-tems dans la vil le, y mit le feu, la pilla, & brûla le temple de Dagon avec tous ceux qui sy étoient refugiés. Îl n'épargna pas non plus les villes des environs, ft pau ? : Livée SEPTIE ME À 169 | par tout un riche butin, & s'étant avancé Vers s an du Monte, Afcalon, pour en faire de même, ceux de HR ville vinrent au- devant de lui, & lesreçurent Vue: r5: avec de grands honneurs. On compta dans cètte affaire près de huit mille hommes , tant tués par l'épée, que brûlés dans Le temple & dans {a ville d’Azoth. | : Après cette victoire, J onathas retourna glorieux à Jerufalem. Le Roi Alexandre Ballésinformé des heureux fuccès de fes armes , le combla de nou- veaux honneurs. Il lui envoya une agraffe d'or, tellé qu'on la donnoit communément aux parens du roi. Elle {e portoit fur l'épaule, & elle fervoit à atta- cher le manteau en cet endroit. Alexandre lui donna de plus la ville d’Accaron, afin qu'il Ja pofledât en propre. (a) Cependant Prolemée Phi- lométor roi d'Egypte, leva une armée , en appa- rence pour fecourir Alexandre Ballés fon gendre: mais fa vraye intention étoit de le détrôner, € de fe rendre maître de fes états. Comme ilsa- vançoit vers la Syrie, étant arrivé pres d'Azoth 3556. avan 1. C: on lui montra le temple de Dagon, qui avoit été Fe à = brûlé, les ruines de la ville d’Azoth , (b) plufieurs corps qui étoient encore fur la terre, & gran nombre d’autres -de l’armée d’Apollonius, quon. avoit exprès amafñlés en monceaux le long du che- min, pour les faire voir au roi en pallant, & pour lui rendre odieux Jonathas auteur de tout cela. Mais le roi ne répondit rien : & Jonathas étant venu le jour même , ou Le lendemain trouver le + (a) 1. Maccab. x, 87, 89, 09 (b) x. Alaccabs XI. I. 2. :. FC Tome Il. RE EE PR An du Monde, 33858 avant J. C. 142. avant l'Ere Vule. 146. 170 Hisrorme pe L'Anc. TESTAMENT, roi à Joppé, ilen fut fort bien recû : il accom- pagna même ce prince jufqu'au fleuve Eleuthere + & aprèsgela il revint à Jerufalem. | | Philométor comme beau-pere , & principalallié: du roi, qui fut recû fans difficulté dans toutes les villes duroyaume d'Alexandre Ballés , qui {e trou- verent fur fa route , depuis l'Egypte jufqu'à Seleu- cie , à lembouchure de l’Oronte. Par tout il mi des garnifons , & fe rendit maître des places, fous. prétexte de les gardér pour fon gendre. Alors il dé- couvrit le mauvais deflein qu’il avoit formé contre Alexandre. Il fe plaignit qu Ammonius, qui gou- vernoit le royaume fous le nom & l'autorité d’A- lexandre , l'avoit voulu faire tuer en trahifon à Pto. lémaïde : il le demanda à Alexandre, pour en fai: re juitice. Alexandre le lui ayant refufé , Philo- métor lui reprit {a fille Cleopatre , qu'il lui avoit donnée pour femme, & l’offricà Demetrius Nica- nor ; fils de Demetrius Soter. Le mariage ayant été conclu; ces deux princes Philométor & Nicanor allérent droità Antioche, dontles peuples s'étoient guifé en. femme pour fe fuver, fut pris & tué. Prolemée étant entré à Ar bourgeois d'Antioche d'oublier ce que le roi De- foulevés, à caufe des mauvais traitemens qu'ils tré à Ancioche, & ayant été re- connu pour roi par le peuple, mit fur fa tête les metrius Soter avoit fait contre eux, & de rece- voir Demetrius Nicanor fon gendre pour leur roi, avoient reçûs d'Ammonius. Celui-ci s'étant dé- deux diadèmes, de Syrie & d'Egypte, & pria les difant que pour lui il étoit content du royaume Egypte, & qu'il cedoit volontiers celui de Syrie Livre SEPTIEME. 171 à fon gendre , qui en étoit le legitime héritier. (@) An du More, Cependant Alexandre Ballés étoit en Ole qui étoit la feule provinte de fes états qui lui fûc Vu r46 demeurée fidelle. 11 y afembla une grande armée, & vinten Syrie, failant le dégât par tout jufques aux portes d’Antioche. Prolemée & Démetrius Nicanor marcherent contre lui, & le battirent fur Le fleuve Oenoparas. Alexandre fe fauva dans _ l'Arabie auprès du roi Zabdiel, quipeu de jours > aprèsle tua , & envoya fa tête à Prolemée. (D) BR rcuinre Demetrius Nicanor demeura maître de la Syrie. 3h52 avan Lt Mais trois jours après que Prolemée eut reçû la Vis tête d'Alexandre Ballés fon ennemi , il mourut lui même des bleflures qu'il avoit reçüës dans la ba- taille contre ce prince. ne Cleopatre {œur & époufe de Ptolemée Philo- métor , voulant conferver Le royaume à fon fils, contre les entreprifes de Prolemée Evergetes ou Phyfcon frere de fon mari, fe fervit d'Onias, le même qui avoit bâti le temple d'Onion en Egypte, & dont on à parlé ci-devant. -Efle lui confia le commandement de fes troupes. Onis s'oppofa à Phyfcon avec un aflez petit nombre de Juifs : (c) & ce prince s'étant déja faifi d'Alexandrie , & ayant _forcé la reine {a fœur à l’époufer, Onias prit Je parti de cètte princefle ; & Prolemée Phyfcon _ voulant attaquer Onias, & ayant condamné-tous Juifs d'Alexandrie à être écrafez fous lespieds de {es éléphans , Dieu permit que ceséléphans au lieu (a) V'ide Fafiph. ani. lc { (D) 1. Maccabe xav. 17. €. 8. Fuffin |, 35. 1. Maccab. (c) Fofeph. lib. 2, contra AP XI. Dre 13 À Dion. p. 1064. te 172 Histoire DE L'ANc. TESTAMENT, Anda Monde, de fe jetter fur les Juifs, firent mourir plufieurs des 4 avant fes, amis du roi ; & un homme d’un regard terrible ayant Vug. apparu au roi, lui fit défenfe de faire la moindre peine aux Hebreux. Ainf Ptolemée rentra dans lui- même , & pardonna aux Juifs, en étant aufi prié par Irene la plus aimée de fes concubines. Les Juifs d'Alexandrie faifoient une fête en mémoire de leur délivrance de ce danger, encore autems de Jofeph, qui nous raconte cette hiftoire : mai je crains qu'il ne l'ait confonduë avec celle qui are riva du tems de Philopator, & que nous avorm rapportée fous l'an du Monde 37606. 6448 ———— Legrand-prêtre Jonathas profitant de [a foibléf. C. XXXIX, £ de Demetrius Nicanor, qui n'étoit pas trop bien . eo lee affermi fur Le trône de Syrie , entreprit le fige de Mon a la citadelle de Sion, qui étoit toûjours occupée Cr. _ parles troupes Syriennes. Il fic faire pour cela plus Jieurs machines, & commença à battre la place, Mais quelque faux Juifs ennemis de leur patrie, allerent trouver le roi , & l'informerent de l entrez prie de Jonathas Demetrius accourut aufli-tôt à Prolemaïde, & manda à Jonathas de y venir trouver. Jonathas fans difcontinuer le fiége, prit avec lui quelques prêtres & quelques fenateurs, & alla avec eux s'expofer au péril de la cole- re du roi. Il ui porta quantité d'or & d'argent, % d'autres riches prefens , & {çût par là gagner fes bonnes graces : enforte que fes ennemis & des accufateurs furent obligés de fe taire. Le roi Je traita avec grand honneur, le confirma dans l grande facrificature, & le ft le premier de tous. Les amis, Jonathas promit au roi trois cens talens _ É E er ca | Livre, SEPTIE ME, OR d'argent, (a) & obtint de lui limmunité & lafran- Ki iu Monte, chife pour la Judée, & pour les trois Toparchies Nm qui y avoient été jointes ; fçavoir, celles de Lidda, Vub: 145 d’Apharema & de Ramatha. @) Demetrius fit donc expedier des lettres en fa- veur des Juifs, conçüës-en cestermes:» Leroi De- » metrius, à fon frere Jonathas, & à toute la na- »tion des Juifs: falut. Nous vous envoyons copie sde la lettre que nous écrivons à Lafthene notre » pere, (c) touchant ce quivous regarde , afin que » vous en foyiez informés. Le roi Demetrius , à » Lafthene fon pere ; falut. Nous avons réfolu de » faire du bien aux Juifs ;rqui font nos amis, &c >» qui nous confervent la fidelité qu'ils nous doi- » vent. Nous avons donc ordonné qué les trois »ceux qui facriñient » royaux que le roi percevoit ci-devant } des fruits » de la terre & des arbres, les -décimes & les tri- » buts qui lui appartenoient ; comme auffi le droit ; Te te 5 £ » que lon trot fur les lacs des falines, & lés cou- (a) Les trois cens talens, à -(c) Lafthéne eft ce Grétois qui 2400. lv. Pun, font 72000. li- | contribua tant à mettre Déme- “yres. “tius fur le trône, en lui donnañt: {b) 1 Maccab. IX POX . 30» d'abord-des troupes. Yi 174 Hisrdire DE L'ANc. TESTAMENT, An du Monde, » ronnesque l’on nous apportoit tous les ans. Nous Fer LES » leur accordons toutes ces chofes, &. voulons "#& 45% »que notre conceflion demeure fermé pour toûs » jours. Ayez donc foin de faire une copie de cet » Ordonnance, & qu'elle foit donnée à Jonathas, » & expalée fur la montagne fainte en un lieu qui » foit à la vûe de tout le monde. (a) | Or Demetrius voyant que fon royaume étoit paiñble , & que rien ne luiréfiftoit, congédia tous. te fon armée, & ne retint que les troupes étrans geres, qu'il avoiteuës dès Le commencement, & qui lui avoient principalèment aidé à faire la conqué- te des états de fes peres; ce qui lui attira la haine de toutes les troupes qui avoient fervi fous fes ayeux, & qui étoient toûjours entretenués à leurs dépens, même en tems de paix. Un nommé Dio- dote, appellé depuis Tryphon, qui avoit été of- cier d'Alexandre Ballés, voyant les mauvaifes dif. pofitions desveterans de Syrie, que l'on avoit caf {és, alla trouver Elmachuél roi des Arabes . qui nourrifloit un jeune fils d'Alexandre Ballés, &ele prefla de lui donner cet enfant, pour lui faire rene dre le royaume de fon pere. Elmachuël lui refila près du jeune Antiochus fils de Ballés. . honcar Cependant Jonathas envoya vers Demetrius, vient Demers POUT le prier de chaffer ceux qui occupoientenco: nn re la citadelle deSion , (4) & les autres forterefles Po, 7 © du pays; parce qu'ils faïfoient beaucoup de maux dans Îe pays. Demetrius accorda à Jonathas tout - (a) 1. Maccab. x1. 30.38. (b) x. Maccab. xx. A1. G fig. | Î Livré SEPTIEME + 14. à > p | ce qu'il demandoit, lui promit de Le combler d'hon- Andu Monde, neur lui & fon peuple : maisen même-tems ile PSS pria de lui envoyer de fes troupes, pour Le fecou- Ve 145: ir; parce que dés fujets, ceux d'Antioche, s’é- | toient foulevés contre lui. Jonathas aufli-tôt en- voya à Antioche trois mille hommes de très-bon- _ nes troupes. Le roi fe fentant fortihié par ces {ol- dats étrangers qu'il avoit aflemblé auprès de fa perfonne, entreprit de punir la révolte de ceux d'Antioche , en leur ôtant les armes : mais non- feulement ils n’obéirent point: ils allerent même au nombre de fix-vinet mille hommes aflieger le roi dars fon palais. Dans cette occafon tous les Juifs, tant ceux qui étoientarrivés de J erufalem, que ceux qui étoient habitués à Antioche, prirent {a défenfe du roi, fe jetterent dans {a ville , & mi- rent à mort en un jour jufquà cent mile hom- mes. Alors ceux d'Antioche poferent Îles armes, & demanderent mifericorde. Les Juifs acquirent dans cette occafion une grande gloire & une gran- de réputation de valeur dans tout Le royaume ; & eux qui éroient venus de J A LELOUrNEr ne tint aucune des promefles qu'il —— avoit faite à Jonathas. Il laifa dans la civadelle La GE . garnifon qui y étoir, & prétendit que les Juifs phon come De devoient luipayer lesmêmestributs , qu'ils avoient auf valeun- payésà fes prédecefleurs. D'un autre none d'Antioche étrangement irrités de la feverité que le de Sie. roi avoit exercée contre eux, {€ répandirent dans toute la Syrie, parce que durant leur {édition la plus grande partie LÉ ville avoit été confumée 176 HISTOTRE DE L'ANC. TESTAMENT, ue De les Hammes , & infpirerent par tout l'efprit de 3860 avant J.C. révolte & de mécontentement dont ils étoient 140 avant l'Ere - ; ; : Vule. 144. - remplis. Demetrius loin de fe moderer, & de les ramener par la douceur, les irrita de nouveuu par fa cruauté , & par {es vexations. De forte que Try- phon voyant toutés chofes difpofées à un fouleve- ment général , vint en Syrie , menant avec lui le jeune Antiochus, fils d'Alexandre Ballés, & le fs reconnoître pour roi. Les anciennes troupes ue Demetfius avoit congediées ,. vinrent en foule {e ranger fous ce jeune roi; & Demetrius ayant voulu rifquer une bataille, la perdit, & fut obligé de fe fauver à Seleucie. Par cettevictoiré le jeune Antiochus, furnommé le Dieu, fe rendit maï- . re d'Antioche, (a) . | Alors il écrivit à Jonathas, pour l’attirer dans {on parti. Il le confirma dans la grande facrifica- ture , & lui donna le gouvernement des quatre villes, qui font apparemment Prolémaïde , Lidda, Ramatha & Apharéma , où Ephræm. Il lui en- voya de plus des vafes d’or pour fon fervice, & lui accorda le privilege de pouvoir boire dans une coupe d'or, de fe revêtir de pourpre, & de porter l’agraffe d'or. Il établit Simon frere de Jo- nathas, gouverneur de toute la côte, depuis Tvyr, jufqu'aux frontieres d'Egypte. Jonäthas envoya | des députés à Antiochus, pour le remercier de . toutes ces faveurs , pour lui offrir fes fervices, & -æ pour lui dire qu'il alloit de toutes fes forces faire * (a) 1. Alaccab, x. S4 O Jeg. T, Liv. 55. Jofeph. Antiq. L A3: Ce 9e Ces + Lirwomes SEPT EME F7. la guerre à Demetrius leur ennemi commun. En effet il amafla des troupes , pañla le Jourdain, & re commença à attaquer Les généraux de Demetrius. Val. rit © Il réduifit à l'obéiffance d'Antiochus les villes de ce pays-là. Puis il revint dans le pays des Philif tins, fe préfenta devant Afcalon, qui lui ouvrit es portes. Mais étant allé à Gaze, cette ville lui refufa l'entrée. Jonathas lafliegea ; brüla fes fau- bourgs , & fit le ravage dans le pays. Ceux de Gaze demanderent la paix ; & Jonathas la leur ac- corda , après qu'ils eurent donné des ôtages, quil. envoya à Jerufalem. Il parcourut ainfi tout le pays, & le réduifit à l’obéiflance du jeune Antio- chus, depuis Gaze jufqu'à Damas. ee … Les officiers de Demetrius pour faire diverhon, & pour empêcher Jonathas de donñer du fecours à Antiochus, vinrent avec une armée faire fou- lever contre lui la ville de Cadés en Galilée. Jo- ac de G il aMa dans la d'Azor. Il y trouva les ennemis qui ve- noient à lui, & qui avoient placé des : em- bufcades dans les montagnes , pour le prendre par derrière. Aufli-tôt que ces troupes qui étoient cachées parurént, les gens dé Jonathas prirent la fuite : & Jonathas demeura feul avec Matthatias “8e udas fils de Calphi général de fon armée. (a) C1. Maccab.-x1. 70: Mais | rerent avec cinquante hommes Jofeph Antiq. [. xtrr. 0. dit | des plus braves, querlésifrois capitaines démeu- JR ee | D I + Z 178 Hisrore DE 'ANc. TESTAMENT, An du Monde, En mêème-tems il déchira fes vêtemens, fe mit de Fe avan 'Exe la poufliere fur la tête, & fit fa priere. Enfuite il Ve marcha aux ennemis avec tant de fierté, qu'il les mit tous en déroute. Ses gens qui avoient fui, le voyant combattre, le vinrent rejoindre, & pour- fuivirent avec lui Les ennemis jufqu'à Cadés I de- meura fur la place en ce jour-là trois mille hom- mes de l'armée des étrangers. Après cela Jona= thas revint à Jerufalem. | | ——— Alors voyant que les circonflances du tems CHa. XLT. étoient favorables aux affaires de fa nation, il en- Jonathas renou- \. So , ten > velle l'alliance VOya à Rome & à Lacédemone des députés pour ae ain renouveller l'alliance & l'amitié avec ces républi- . ques. IT choïfit pour cela Numénius fils d'Antio- chus , & Antipater fils de Jafon. Il leur remit des. lettres pour le fénat Romain, & leur dit de re- pañler à leur retour par Lacédemone , & d'y ren- dre d'autres lettres qu’il leur donna pour les Epho- res. Etant arrivés à Rome, ils préfenterent au £- pat les lettres de Jonathas, & expoferent le fujee de leur députation. Le fenat les reçut fort bien, leur donna 1 Patentes adreflées aux gouverneurs des provinces de leur domination, afin qu ils leur ourniflent des voitures & des -efcortes pour re- tourner frement en leur: pays. © — Ils pafferent par Lacédémone” & voici la co. pie de la lettre qu'ils préfenterent aux Sénateurs: » Jonathas grand-prêtre & les anciens de la na- »ton, les prêtres & le refle du peuple Juif , » aux Lacédémoniens leurs freres : flut, I y 4 » déja long-tems qu'Arius roi de Lacédémone, » Envoya des lettres au grand-prêtre Onias, 2 Lrvre SEeTrPME + r8; Etant arrivé à Bafcaman > il y tua Jonathas & fes deux fils, & s’en retourna en Syrie. On ignore : LÉ Se An'du Monde, 3861. avant J. C. 139. avant l’'Ere la fituation “ cette ville de Bafcaman. Simon Vulg 143. ayant {çû la mort de fon frere & de fes neveux, envoya querir leurs os, & les enfevelit à Modin dans le tombeau de fes peres. Tout Iraël fit un grand deuil à leur mort, & Simon fit élever fur le “épulcre de fon pere & de fes freres un édifice, qu on voyoit de fort loin , & qui étoit bâti de pierres polies de tous côtés. Il y ft drefler fept pyramides ; une pour fon pere, une pour fa me- re, & quatre pour fes freres ; & tout autour du or » il y avoit un portique foutenu de co- Jomnes , fur lefquelles il fit mettre des armes & des navires er fepulcre, qui étoient vües de loin par ceux qui navigeoient fur la mer Méditerranée. Ce tombeau fubfifta long-tems. On le voyoit en- çore du tems d'Eufebe & de faint Jerôme. Les Romains & les Lacédemoniens ( a) ayant appris la maniere dont Jonathas avoit été mis à mort, en furent très-indignés ; & Simon leur cayant fait {çavoir par fes envoyés qu'il avoit été -choïfi pa frere, ils renouvellerent avec lui l'alliance qu'ils avoient faite avec Judas & avec Jonathas. Les mêmes députés repaflerent aufli par Lacédemone, -y préfenterent les lettres de Simon , & rapporte- rent les répontes du fénat Romain & dés Lacéde- -moniens à J erufalem , où elles furent Iûés en pré- fence de toute la multitude. Alors Simon travailla e 1. Maccab, x1Y. 16. 174 Tome III, | A à par le peuple pour fucceder Jonathas {on- - e 186 HisrorRe Dr L'ANc. TESTAMENT, andunone, à fortifier les villes de la Judée, & à y amañler ue ee des vivres & des provifions, pour les mettre en Vulg 143. état de réfiftänce en cas de guerre. | sde Cependant Tryphon fit périr le jeune Antio de chus, en le faifant tailler par des médecins qu'il Anicchw. Ty- aVOit corrompus , & qui firent accroire au peuple pre que ce jeune prince étoit tourmenté de la pierre, Tryphon prit donc le diadème, & fe fit recon- noître pour roi de Syrie. En même - tems Se mon envoya à Demetrius Nicanor roi de Syrie, qui avoit été dépouillé de prefque tous fes états par Tryphon, pour le reconnoître, & pour lui demander qu'il accordât limmunité à la Judée, (a) & qu'il confirmät les privileges des Juifs. De- metrius lui récrivit en ces termes : « Le roi De- >» metrius , à Simon grand-prêtre, & ami des rois, ».& au Sénat, & à tout le peuple des Juifs ; falut. » Nous avons reçu la couronne & la palme d'or » que vous nous avez envoyées, & nous fommes » difpofés à faire avec vous une paix folide & du- » rable, & d'écrire à nos intendans que nous vous. » accordons les exemptions que vous demandez. » Les places que vous avez fortifiées feront à vous; » & nous vous accordons une amniftie générale » de tout ce qui pourroit s'être fait contre nous >» jufqu'aujourd'hui. Nous déchageons de la cou- » ronne que vous nous deviez, & de tous Les au- -» tres impôts que l’on devoit payer dans Jerufa- _»lem. S'il fe trouve parmi vous des gens propres .» pour nous fervir dans les armées, ils pourront 1 _@ 1, Maccab. x11 1: 34.350 ES Livre SEPTIEME. 187 » être enrôlés dans nos troupes ; & nous voulons » qu'il y ait entre nous une bonne & folide paix. à Aipf la Judée fut enfin délivrée du joug des La judie eftré- étrangers, & remife en une parfaite liberté l'an a 170. des Grecs, & du monde 3861. Et depuis re, ce tems, dans les actes publics on écrivit: Fait. de telle année, fous le grand-prêtre Simon chef & prince des Juifs. Vers ce tems-là, la ville de Gaza fe révolta. Simon l'alla affieger : il la battit long-tems avec les machines de guerre dont on fe fervoit.en ce tems-là, & fe rendit enfin maître d'une tour, Alors ceux de la ville vinrent fur Les murailles avec leurs femmes &c leurs enfans, ayant leurs habits déchirés, & jettant de grands cris, & ils imploroient la clémence de Simon. Ce géné- ral touché de compañlion, leur conferva la vie, & fe contenta.de les chañer de leur ville. Il y entra enfuite, en chantant des hymnes, & bé- niffant le Seigneur ; & après avoir purifié la ville de toutes fes impuretés, & fur tout des idoles qui y étoient, il y fit demeurer des J uifs attachés à la loi, il en rétablit les fortifications, & il sy bâtir à lui-même une demeure , où il alloit fou- vent, pour contenir les peuples de la côte dont il avoit Le gouvernement. Les.troupes Syriennes , qui étoient dans la ci ne Re RE ane An du Monde, tadelle de Jerufalem , ayant été invefties pendant 3562. avant! C. deux ans, fans pouvoir rien tirer du dehors, fu- Vire. _ rent enfin contraintes faute de vivres , de fe ren- dre à Simon. (4) Elles lui demanderent compo- = sf = (a) x. Maccab, XIII 49, © feq. | À a fi] An du Monde, 3862. avant J.C. 238. avant l'Ere Vule. 142. 193 HISTOIRE DE L'ANC. TESTAMENT, fition , & il la leur accorda. Il entra dans la for< térefle, & la nettoya de toutes fouilles contraires à la loi. Elle avoit été entre les mains des étran- gers pendant vingt-cinq ans. Simon en prit pof- feflion avec toutes les marques ordinaires de ré- jouifance. Les troupes Juives y entrerent ayant des palmes à la main, chantant des hymnes & des cantiques, & joüant de toutes fortes d'inftru- mens de mufque. Simon ordonna que dans la fuite on célébreroit ce jour-là tous les ans avec de grandes réjoüiflances, comme étant le jour auquel Jerufalem avoit été affranchie du joug des Gentils. Cette citadelle ne demeura pas long- tems en fon entier. Jofeph (4) raconte que Simon ayant repréfenté au peuple les maux qu'elle avoit caufés à la ville, & le danger qu’il y avoit quelle ne devint un jour fatale à leur liberté, il les en- gagea aifément à entreprendre de la démolir. Ils y travaillerent pendant trois ans fans relâche, la raferent , & applanirent la hauteur für laquelle elle étoit bâtie. Mais nous croyons que cela n’ar- riva que quelques années après ; car à trois ans de-là Antiochus Sidétés répetoit cette citadelle, comme ayant été ufurpée par Simon. (ë) Après | cela Simon fortifia la montagne du temple, qui _étoit près de fa forterefle , & y habita avec {es ens. u | _ Et comme il étoit chargé du gouvernement de toute la côte maritime depuis Tyr jufqu'aux fron- ticres d'Egypte, il déclara fon fils Jean Hircañ (2) Fofiph. Anrig. L XI11.6,11, (D) 1, Maccab.xv. 28, LES : Livre SEPTIFME. 189 | pénéral de toutes fes troupes, & lui dit de fixer an du Monte, demeure à Gazare, ou Gadare, pour tenir les ; . ennemis en refpect. (a) L'année fuivante , le peu- Ÿ# 1° ple Juif fenfble à tout ce que Simon & fes freres avoient fait en favewr de leur nation , () rélolut folemnelle tenuëé dans la pla- dans une affemblée# ce de Jerufalem, de dreffer un monument publie de fà gratitude envers la famille des Maccabées ou Afmonéens. On écrivit donc fur des tables d'airain, & l'on mit dans une des galeries du tem- ple l'infcription faivante : « Le dix-huitiéme jour > du mois Elul, lan cent foixante & douze, & » la troifiéme année du grand-prêtre Simon, cette » leur nation, pour la défenfe du faint temple & | (a) 1. Maccab. x1II. 54. (b) 1. Aaccab. xIV. 25. La Vulgate ht: Le peuple Romain: Mais la fuite demande qu’on l’ex- plique du peuple Juif. Le Grec & le Syriaque lifent fimplement: Le peuple. : (c) Afar-mel, eft apparem- ment le même qu’ 4/ar-melle, le parvis de Mello, qui étoit une place de Jerufalem. 2. Rez. v. 9. À a ii] | An du Monde, 3863. avant J. C. 137. avant l’Ere. Vuig. 141 190 Histoire pr L'ANc. TrstAMENT, les ennemis, avoit fortifié les villes de Juda, &. en particulier Bethfura, & y avoit mis une gar- nifon de Juifs, comme aufli à Joppé & à Gadara, Ils reconnoifloient de plus que de {on tems, & par fa valeur, la Judée & lville de Jerufalem avoient été délivrées de lofpreflion des Gen. tils. . Cet acte fut donc mis dans le temple, pour {ervir de monument à Simon & à {es enfans, dit l'écriture. Ce qui infinué que Le peuple avoit def£ ein que la dignité de grand-prêtre & de prince des Juifs, ft héreditaire dans {a famille, com- me elle le fut en effet jufqu'au tems du premier Hérode. Perfonne ne méritoit mieux ces marques d'honneur & de reconñoiflance que Simon, puif que par fa fage conduite, durant tout {on gou= vernement , Le pays de Juda demeura paiñble ; _au lieu que dans le même tems la Syrie étoit tou- te en feu par les guerrescontinuelles qui y étoient allumées entre les divers compétiteurs de la cou- ronne, Simon n'ayant jamais cherché qu'à faire du bien à f nation , des Juifs virent avec plaifr f puiflance & fa gloire s'augmenter de plus en plus, tantqu'il vêcut. Entre les a@ions glorieu- les qu'il ft, on remarquéMla prife de Joppé, qu'il deftina à fervir de port aux Juifs, & pour aller aux . iles & aux pays de-delà les mers. Il étendit les limites de fes états , & foumit toute la Judée à fà * domination. Chacun cultivoit alors {à terre en paix. Les campagnes étoient couvertes de fro- ment, & les arbres chargés de fruits. Les vieil- lards aflis dans les places publiques , traitoient de LL Livre SEPTIEME. 191 ce qui étoit avantageux au pays. Les jeunes hom- mes fe paroient d'habillemens magnifiques, & d'armes de prix. Simon diftribuoit des vivres dans les places fortes, & y mettoit des machines de guerre. Chaeun fe tenoit paifiblement aflis fous fa vigne & fous fon figuier , & vivoit fans aucune crainte. Nul ennemi n'ofoit les attaquer. Les rois mêmes redoutoient {à puiflance, & {on nom vola jufqu'aux extrémités de la terre. IL protegea les pauvres de fon peuple, & fut zelé pour l'obfer- vation des loix de fes freres. Il extermina Les mé- chans, & pourfuivit les apoftats éc les déferteurs de la religion. Il rétablit la gloire du temple, & multiplia les vafes facrés. Voilà l'éloge que lé- criture à donné à Simon Maccabée, (a) où lon voit le vrai caractere d’un bon prince. | … Tryphon qui s'étoit défait du jeune Antiochus le Dieu , fils d'Alexandre Ballés, regnoit fouve- rainement à Antioche, pendant que Demetrius | Nicanor étoit à Séleucie, confervant une petite partie de fes états. Nicanor voyant que les villes de fon obéïffance l’abandonnoïen infenfiblement des unes après les autres, & que la nor h: où il vivoit , le rendoit méprifable à fes peuples, il réfolut d'aller faire la guerre aux Parthes, y étantinvité par Les Grecs qui étoient au-delà de JEuphrate , & qui lui envoyerent plufieurs am- baflades pour l'y déterminer. Il eut d'abord d'afez grands avantages contre Les Parthes : mais enfin ayant été pris en trahifon , il tomba entre les (a) 1, Maccab. XV. 4 eq. ES An du Monde, 3863. avant J. €. 137. avant l'Ere Vulg. 145. CH. XLIIT. Demetrius Nica- nor fait la guerre aux Parthes. a nonchalance 102 Histoire DE L'Anc. TESTAMENT, “An du Monde, mains de fes ennemis, qui lui firent fouffrir plu: Fe fieurs indignités. Tryphon délivré de la crainte de cet ennemi, s’'abandonnoit fans ménagement à toutes fortes de débauches ; & les {oldats Sy- riens indignés de fa honteufe conduite, {e dons nerent à Cléopatre, époufe de Demetrius Nica- nor , laquelle étoit demeurée à Séleucie. Cette princefle envoya offrir le royaume à Antiochus Sidétés frere. de fon époux, & fils de Demetrius Soter , lui promettant même de l'époufer, puif- qu'elle ne comptoit plus de revoir Demetrius Nicanor fon époux, qui étoit captif chez les Parthes cos ee — Anochs étoit alors dans Fifle de Rhodes. siocus au grand- C'eft de-[à qu'il écrivit à Simon, & à toute la nas a tion des Juifs la lettre fuivante : (a) « Le roi An- roue » tiochus, à Simon grand-prêtre , & à la nation | » des Juifs ; falut. Des hommes Corrompus s'étant » rendus maîtres du royaume de mes peres, jai » réfolu d'y rentrer, & de my rétablir. C’eft pour- » quoi j'ai levé une grande armée , & j'ai fait conf »truire des vaifleaux de guerre. Dans le deflein » que j'ai pris de me venger de mes ennemis, & > de vous donner des marques de mon amitié, je » Vous remets tous les tribus que {les rois mes pré- _» decefleurs vous ont remis, & je vous confirme » dans toutes les immunités qu'ils vous ont accors » dées. Je vous permets de faire battre monnoye » à votre coin dans votre pays. J’ordonne que Je- » rufalem foit une ville fainte & libre, & que … ) Tr Maccab, xv. 1, 2. 3. Ces . : | | ee Vous . ÉsVhe SPPTLÈME 10 5 vous demeuriez maître de toutes les ares que » vous avez fait faire M@& de toutes Les places que » vous avez rétablies , & que vous occupez. Tou- » tes les dettes que vous deviez au tréfor du roi, » tant pour le pañlé , que pour l'avenir, demeure- » ront abolies : Et lorfque nous feront rentrés » dañs la pofleflion de notre royaume ; nous vous » comblerons de tant de gloire, vous, Votre peu- » ple & votre temple, qu'elle éclatera dans toute > faterre. ps a | Simon ayant reçu cette lettre, commença à ufer de la liberté qu'Antiochus Sidétés lui avoit donnée, & fit battre de la monnoye à fon coin, PET d’autres : La premiere, ou la fe- #If aël ; dans lem. Dans quelques-unes fe lit le nom de Son prince d'Ifraël. On ne trouve de ces monnoyes ; que durant les quatre années du gouvernement de Simon. Jean Hirçan fon füccelleur , n'en fit point frapper. Le caractere de ces ficles eft le Samaritain ou Phénicien, qui étoit le feul'en ufage parmi les Hébreux avant la captivité de Babylone: Tome LIL An du Monde, 3864. avant J. C. 136. avant l'Ere Vulg. 140. 194 HITOIRE DE L'ÂNcC. TESTAMENT, An du Monde, Car depuis Efdras, on commença à fe fervir auf ét dun Lee des lettres Caldéennes , @ti font aujourd'hui les Valg. 140. {eules ufitées chez les Juifs : les anciens caracte- res Hébreux étant reftés aux Samaritains. À Cx xLrv Cependant (a) les ambafladeurs que Simon Lenre duconf] AVOIT Envoyés à Rome, revinrent en Judée, por- de rar tant des lettres du conful Lucius Calpurnius Pifo , des Juifs, l'an du + er < p / du Monde, 3865. écrites par ordre du fénat à Ptolemée Evergétes avant l're vas roi d'Egypte, à Demeutrius Nicanor roi de Syrie, — qui étoit alors captif chez les Parthes, à Attalus Philadelphe roi de Pergame, à. Ariarathes roi de Cappadoce, & à Arfaces ou Mithridates roi des Parthes. Voici la copie de l’une de ces lettres, qui et celle qui fut écrite au Roi d'Egypte. Les autres étoient toutes de mêmes, au titre près : « Lucius » conful des Romains, au roi Ptolemée + flut » Les ambafladeurs des Juifs, qui font nos amis, » font Venus vers nous, étant envoyés par le » grand-prêtre Simon, & par le peuple Juif, pour » renouveller Palliance & l'amitié qui eft entre » nous. Ils nous ont apporté un bouclier d’or de. » mille mines, & nous avons jugé à propos de le > recevoir, & d'écrire aux rois & aux peuples de. » ne leur faire aucun tort, & de ne donner aucun » fecours à leurs ennemis. Si donc quelques mau- » Vais efprits font fortis de leur pays , pour fe ré- > fugier parmi vous, remettez-les à Simon prince » des prêtres, afin qu'il en fafle la juftice {elon la » loi. Ceci regardoit principalement les apofñtats de la religion Juive ; que Simon pourfuivoit en tout lieu. D. ee > 1, Maccab, xv. 15 21 9 Livre SEPTIEME. 195 : Les Romains écrivirent de même à tous Les Andumonte, pays & à toutes les villes qui étoient dans Leur al PSE liance ; à Lampfaque, à Lacédemone , à Délos, Vus: 13 à Mindos, à Sicyone, en Carie, à Samos , en Pamphilie , en Lycie, à Halycarnafle , à Coo, à _ Side, à Arade, à Rhodes, à Phafelides, à Gor- tine , à Gnide, en Cypre, à Cyrene ; avertiflant toutes ces villes & ces provinces que Les Juifs étoient alliés & amis des Romains, & qu'elles euflent à les traiter de même comme amis & alliés. | 1. : Antiochus Sidétés étant venu en Syrie , époufa Cléopatre femme de fon frere, & fe vit bien-tôt maître de toute la Syrie , par la défertion des troupes de Tryphon, qui fe rendirent à lui. Try- phon fe fauva avec peu de monde dans la ville de Dora en Phenicie, où Antiochus le pourfuivit en diligence, avec une armée de cent-vingt mil- le hommes de pied , & de huit mille chevaux. La ville fut afiegée, & preflée de fi près, que Ery- _phon ne pouvoit tirer ni vivres, ni fecours du dehors. (a) Simon Maccabée envoya à Antiochus _ à ce fiege un renfort de deux mille hommes choi- fis, avec beaucoup d'or & d'argent, & plufeurs vafes précieux : mais le roi ne les voulut point recevoir, (4).& prétendit que Simon avoit ufurpé (a) 1. Maccab. xv. 10... 25 | bien-tôt les obligations quil lui (b) Jofeph raconte la chofe avoit, & fit marcher contre Lu autrement, Antiq. liv.x111. ch. | Cendëbée avec des troupes. Îl 12. difänt qu'Antiochus envoya | ne dit rien de la députation d'A- demander à Simon des vivres & | thénobie vers Simon, dont il eft de l'argent ; & que Simon lui en | parlé. 1. Maccab. xx. 28. © [eq ayant fait porter , Je roi oublia } Bbi 135. avant l'Ere 196 HISTOIRE DE L'ANc. TESTAMEN FT, RUE la fouveraine autorité , & s'étoit rendu maître de 3865. avant J. C. Joppé , de Gazara & de la forterefle de Jerufalem Re aucune raïon , & qu'il devoit lui remettre ces villes, & le dédommager des ravages qu'il avoit fait dans tout le pays. Ainfi Antiochus Ou- blioit tout ce qu'il avoit accordé à Simon par les lettres qu'il lui avoit écrites de Rhodes. Ce prince envoya donc vers Simon à Jerufi: lem, un de {es favoris, nommé Athénobie, pour lui dire, ou de rendre les villes qu'il avoit prifes, &% de reftituer Les tributs qu'il avoit tirés desterres qui font hors du pays de Juda , ou de payer pour les villes ufurpées cinquante talens d'argent, & pour les tributs tirés hors de la Judée , & les dé- gats faits en differens lieux, cinquante autres ta lens. (4) Athénobie vint à Jerufalem, & ayant vü la magnificence de la maifon de Simon , l’é- clat dans lequel il vivoit , & l'argent qui brilloit chez lui de toutes parts, il en fut furpris ; il lui expofa les ordres du roi: Simon lui répondit : Qu'il n’avoit rien ufurpé fur perfonne : mais quil s'étoit remis en pofleflion de lhéritage de fes pe- res. Qu'à l'égard de Joppé & de Gazara il étoit Vrai qu'il les avoit prifes , mais que c’étoit pour réprimer ceux qui y demeuroient, & quicaufoient mille dégats dans le pays. Qu'au refte il étoit prêt de donner au roi cent talens pour ces deux villes. … Athénobie ne répondit pas un f{eul mot à cela ; mais il s'en retourna tout en colere vers le roi, qui étoit coûjours au fiege. dé-Dôors. : (a) Les S 0. talens d'argent à 2400, iv. lun, font 120000. livres: Re à Livre SEPTIEME— 19 | Cependant T ryphon trouva moyen de s'enfuif Aa di Monde, _ de cette ville, par le moyen d'un yaïfleau d'Or- 55 De pie thofe, qui Le prit & le tranfporta à Apamée fa Vue 152: patrie ; où il avoit grand nombre d'amis ; & An- tiochus donna à Cendebée le commandement de ira toute la côte de la Phénicie, & de la Paleftine ; Ph gouverneur de & lui laifla une bonne armée de cavalerie & d’in- 12 Paleftine, l'an ni. , : : du M. 3866. avant _ fanterie. Cendebée commença par fortifier un lieu 7. €. 34. avant d’une fituation avantageufe, nommé Gédor, Dee il mit des troupes en garnifon pour faire des cour- fes dans le pays ; & étant arrivé à Jamnia, il fit de grands ravages dans la Judée, prit grand nom- bre de prifonniers , tua plufieurs perfonnes , & défola toute la campagne. (4) Jean Hircan que Simon fon pere avoit mis à Gazara pour la gar- der, accourut à Jerufalem, (2) pour donner avis à Simon de tout ce qu'avoit fait Cendebée. Alors Simon ayant fait venir fes deux fils aînés , Judas & Jean, qui fut depuis furnommé Hirean , il leur dit qu'il les érablifloit chefs de leur nation en fa place ; que fon grand âge ne lui permettant plus de conduire les armées , ni de combattre , c évoit à eux à limitation de leurs oncles, & de lui-mé- me, d'expofer généreufement leur vie pour leur loi, pour leur temple , & pour leur peuple. IL leur donna enfuite fa bénédiction ; & ayant choiïfi vingt mille hommes de pied, & de la cavalerie, il les envoya contre Cendebée, Les deux fils de Simon s'avancerent jufquà Modin , & le lendemain de grand matin étant (a) 1. AMaccab. xv. 38. Sc, (D) r Maccab. XVI. I. 2. Ce : Bb ü 103 HisroiRe DEL ANC. TESTAMENT, An du Monde, defcendus dans la plaine, il parut tout à coup une 3866. avant JC. 134. avant JEre Vuls. n Pb 138, grande troupe de gens armés qui venoient à eux, C'éroit Cendebée général des troupes Syriennes. Les deux armées n'étoient féparées que par un torrent. Les troupes de Jean EHircan craignant d'y entrer, Hircan y entra le premier, le pañla , & fut {uivi par tout fon monde. Après quoi ilrangeafon armée en bataille, partagea fon infanterie en deux corps , & mit la cavalerie au milieu. Aufli-tôt que les trompettes facrées eurent{onné la charge, Far- _mée ennemie commandée par Cendebée, prit la Mort du grand- prêtre Simon, l'an ÉCANT allé, pour vifiter les villes de Judée, & U Mo 3069. avant > ne C. 131. avan pour y regler toutes chofes , comme c’étoit la Vulg. 135 fuite; plufeurs furent tués, ou bleffés ; mais com- me il y avoit beaucoup de cavalerie, il s’en fauva un grand nombre dans la fortereffe de Gédor, que Cendebée avoit fait bâtir. Hircan les pour- fuivit jufques-là, & Judas fon frere fut bleifé dans cette action. .Plufieurs des ennemis s'étoient jet. tés dans des tours qui étoient dans la plaine d'A- zoth. Cendebée lui-même y fit mettre le feu, & il y eut deux mille hommes des ennemis qui y périrent. Après cette heureufe expédition , Jean Hircan ramena l'armée à Jerufalem ; fans avoit fouffert aucune perte. . Ca KEY Quelque tems après le grand-prêtre Simon, accompagné de Judas & de Mattathias fes fils, coûtume, il arriva à Jéricho , & fut recu par Pto= lemée , fils d'Abobus fon gendre, dans le château de Dog , qu'il avoit fait bâtir & fortifier. Ptole- mée avoit été établi gouverneur de la plaine de Jéricho par Simon ; il étoit fort riche ; mais fon 1 Livres SEPTIEME : 199 ambition n'étant pas encore contente , il VOOR de. fe rendre maitre de tout le pays : & pour cet Se il prit la réfolution de fe défaire de Simon fon Vuig 135. beau-pere. Ptolemée ayant donc reçu Simon & fes fils, leur fit un grand feflin ; & après qu'ils eu- rent fait bonne chere, il fit entrer dans la fale des meurtriers qu'il avoit apoltés , & cachés dans fa maifon, lefquels s'étant jettés fur Simon &c fur fes deux fils , les tuerent, & avec eux quelques- uns de leurs ferviteurs. Aufli-tôt que Ptolemée eut commis cette perfidie ; il en écrivit au roi Antio- chus Sidétés, & le pria de lui envoyer promte- ment une armée , lui promettant de lui remettre le pays avec toutes les villes que Simon avoit ufurpées , & de lui payer un tribut, pourvû qu'il Pétablit gouverneur de la Judée. En mème-tems il écrivit à Jean Hircan qui étoit à Gazara , de le venir trouver; & il fit folliciter les officiers de l'armée des Juifs, de fe joindre à lui, leur pro- mettant de l'or, de l'argent & de orands préfens. 11 fit aufli partir du monde pour fe rendre maître | de-Jerufalem , & de la montagne du temple. -. Mais toutes les mefüres que Ptolemée avoit prifes avec tant de précautions, ne lui fervirent de rien, Un homme de Simon échappé du maflacre | accourut à Gazara, & informa Hirean_ de tout ce _ quivenoit d'arriver, & lui dit que Ptolemée avoit | auf réfolut de Le défaire de lui, & qu'il avoit envoyé-pour cela des gens qui dévoient bient-tôt arriver. En effet ces gens vinrent , & Jean Hhrean : es arrêta, & les fit mourir. (4) Alors fans perdre ténuëé dans les Livres facrés & ca- * (a) Ta finit le premier Livre noniques de l’ancien Teftament. des Maccabées, & l'hiftoire con- 200 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, ee de tems , il alla à Jerufalem , (a) où il entra , eff 3969. avant J. C. même tems que Prolemée avec fes gens fe pré- A fenta-pour y entrer aufli par une autre porte. On | ferma Les portes à Ptolemée, & Hircan fut recon- nu de tout le peuple comme fuccefleur de Simon. Il prit pofeflion de la dignité de grand-prêtre, & de prince de fa nation ; & après avoir offert des facrifices au Seigneur, il fe mit à la tête de l’armée, & alla aflieger Ptolemée dans la forte- refle de Dog. Jofeph (4) raconte que Prolemée dans le feftin dont on a parlé, ne fit tuer que Si- mon, & quil retint prifonnier {à veuve & fes deux fils ; & qu'Hircan étant venu l’aflieger dans. {on château de Dog, ou Dagon, comme il l’ap- pelle, aufli-tôt qu'Hircan s'approchoit des murails les, & prefloit les afliegés, Ptolemée faifoit ame- ner fur les murs {a mere & fes deux freres, & les frappant cruellement à coup de verges, menaçoit de les précipiter, silne fe retiroit. A cette vüë le courage d'Hircan fe ralentifloit ; mais f@ mere lui faifant figne de la main, l'encourageoit , & l'exhortoit à continuer fon entreprife avec encore plus de vigueur, pour venger Le fang de fon p= re, & faire fouffrir à Prolemé dla peine de Mais Hircan ne pouvant sy réfoudre, en voyant le fupplice dont étoient ménacés {à mere & fes freres, ce fiege tira enlongueur, & la fep- tiéme année, ou l’année Sabbatique , qui eft pour les Juifs une année de repos, étant venué, déroba - (a) Zoféph. l, XIII. G, 14. IS. (b) Fofcph. loco citato, c. 14. 2 érbait ads à tt hé der te 5 22 + PRO P PUS D D TRUE UE PO RS U LE DEEE DO PA SRE TA Re 0 se Cond: e ai | Livre SEPTIEME. 207 Ptolemée à la vengeance d'Hircan. Ce traitre ayant tué la mere & les deux-freres d'Hircan “ee retira vers Zenon , furnommé Cotylas, qui avoit ufurpé la tyrannie dans la ville de Philadelphie, au-delà du Jourdain. C'eft ce qu'on lit dans Jo- feph. Mais de fort habiles gens (a) révoquent en doute toutes'ces particularités du fiege de Dos, ou Dagon, dont le vrai livre des Maccabées ne dit rien ; ils remarquent même qu'il y a entre Jo- {eph,& ce livre, une contradiction manifelte , en ce que lhiftorien J uif veut que la mere & les freres d'Hircan ayent été épargnés par Ptolemée , lorfqu’il mit à mort Simon ; au lieu que le premier des Maccabées dit expreflement que Simon, ce {es deux fils Judas & Mattathias, furent tués avec lui. D'ailleurs il n'y avoit aucune loi qui obligeàt les Juifs à né pas faire la guerre dans l’année Sab- batique. Le quatrième livre des Maccabées, chap. 1. raconte encore la chofe un peu autrement. Il dit que Jean-reçut le furnom d'Hircan, après avoir vaincu, & tué de fa main un fameux capitaine de - cenom ment Cendet qui ef Cendebée, qui pou- voit être natif d'Hircanie. Que Jean Hircan ayant appris que Prolemée avoit fait tuer Simon fon pe- re, Le fauva à Gaza, de peur de tomber entre. fes mains ; que ceux de Gaza ayant reçû Hircan , fet- _c'eft apparemment Ce . merentleurs portes à Ptolemée , qui fut contraint de f retirer dans (à forterefle de Dagon, avec la mere & les deux-freres de Jean Hircan qu'il avoit LA (a) Salian Annal. ad an. M.3919. S Uffer. ad an. M. 3860. Tome LIL. CC LT ERERR An-du Monde, 869. avant J. C- 31. avant l'Ere Vulg. 155. F Ch XEVI y, 202 HISTOIRE DE L'ANc. TESTAMENT, Andu Monde, Pris. Qu'Hircan ayant été reconnu pour grand- Fan avant Pe Prêtre ,.& pour prince des Juifs , alla afleger “#&135 Prolemée dans Dagon ; qu'étant fur le point de {e rendre maître de la place, Pcolemée fitamener fur les murailles la mere & les deux freres d'Hir- can , & les fit tourmenter cruellement en {à pré- {ence. Hircan en fut attendri ; & fa-mere l’exhor. ! tant à continuer, il s’approcha des mufailles. Mais Prolemée menaçant de les précipiter, s'il conti-. nuoit le fiege, il fe retira dans fon camp : & la fête des tabernacles étant venuë, il fur obligé d'aller à Jerufalem, pour faire les fonctions de fà Charge dans cette folemnité : ce qui donna lieu à Prolemée de fe fauver en un lieu où Hircan ne le pouvoit fuivre : ayant auparavant tué la mere & les deux freres du grand-prêtre Hircan {on beau-frere, G : . L'année fuivante , Antiochus Sidétés vint.en idée avec une puifante armée, & après avoir ler par Antiochus fait le dégât dans {a Campagne; afliegea Hircan a dans Jurufalem. (a) L'auteur du quatriéme livre des Maccabées dit qu'il trouva beaucoup de réfi£ tance de Îa part des aflegés ; qu'il fe campa vers. la partie {eptentrionale de la ville, &.fit bâtir: cent trente tours , (4) fur lefquelles il plaça fes. {a) Foféph. Anrig, L.x112, 16. [ une grande pluye remédia ; qu'il Ÿ 4 Maccab, 11. ft environner la ville desdeux ; . » 3" » e A ; SRE 2 (b) Jofeph dit qu'il ny avoit | grands foflés , pour Ôtér aux af- QUE CENT tours ; à trois étages, | flerés toute communication avec ‘ 22 : / Lave : È ; nt s PET) Qu'il Partagea fon armée en fept | ceux de dehors. Particularités Corps, qu’il fut fort incommodé qui ne fe lifent pas dans le qua- par le manquement d’eau, auquel triéme des Maccabées. - à EX RER ss “. | . s = | Livre SEÉDTIEME. 203 : : é ° lé + cn | foldats pour battre la ville, & pour ÉloÏgNEMECUX 3 au Monde, | qui défendoient lesmurailles. Comime on travail- 1870 avant J.C: : * 130 avant l'Ere loit à faper les murs, on trouva que les fonde- Vulgizs mens en étoient pofés fur du bois; Antiochus y fit mettre le feu, & il tomba un fort grand pan de la muraille, Mais les afliegés s'étant mis {ur la brêche , arrêterent l'effort des ennemis, qui VOU- loient entrer dans la ville. En même-tems Hircan fit une fortie fur les afliegeans, leur tua beaucoup de monde, & obligea Antiochus & fes gens de {e retirer aflez loin de la ville. Alors Hircan re- vint, & détruifit les tours qui avoient été élevées | par Antiochus. Ce prince étoit campé à deux fta- des, ou deux cens cinquante pas -du temple. Jofeph ajoute une particularité que nous ne Ji- fons pas ailleurs , qui eft qu'Antiochus ayant en- velopé toute la ville par un double foflé fort large, & fort profond, en forte que perfonne ne | pouvoit rien porter dans la ville , Hircan crai- gnant que la multitude du peuple qui étoit dans Jerufatem, ne l'affamäc, mit dehors les bouches | inutiles : mais Antiochus les empêcha de gagner la campagne. Ainfi ils demeurerent errans dans l'enceinte qui étoit entre les murs de la ville, & à les foflés des ennemis , fans recevoir aucun e- | _ cours;-& périffant miférablement. Mais la fête _ des tabernacles étant arrivée , les afliegés couchés de compaflion de leurs concitoyens, les firent tous rentrer dans la ville ; & Le grand-prêtre Hlir- can pria le roi de lui accorder une trêve de fept jours , pour pouvoir folemnifer cette fête, En ceci fe quatriéme livre des Maccabées fe réünit avec | | Cci : L . . 210 HisTorRE DE L’ANc. TESTAMENT ; | Tan du Monde. Cabées ; pour les exhorter de fe conformer à eux 35%. avant J. C. dans la célébration de la dédicace du temple de 120 avant l’'Ere ? 5 , = Vale. 124 Jerufalem ; qui avoit été faite par Judas Maccabée, après qu'il eut reconquis le temple , & qu'il l’eut purifié des foüillures que les nations y avoient faites, | - Pendant ce tems le royaume de Syrie & celui d'Egypte furent partagés par des broüilleries & des divifions prefque continuelles; ce qui donna lieu à Jean Hirean de s'affermir dans {à nouvelle : monarchie , & d'amafler des fommes prodigieufes, par les tributs qu'il tiroit de la Judée. Alexandre Zébina étant devenu maître de la Syrie, ft allian- ce avec Hircan : mais il fut tué dans une bataille par Antiochus Gryphus , fils du roi Antiochus. Et. le même Antiochus Gryphus fe difpofantà mar- cher contre Hircan, en fut empêché par la nou- velle qu'il reçût que fon frere, nommé Antiochus comme lui, levoit des troupes à Cizique , pour le venir attaquer en Syrie. Pendant la guerre que fe faifoient les deux freres, Hircan joüifloit d’une. profonde paix ; & agifloit en fouverain , fans & mettre en peine de donner du fecours ni à l'un, nià l’autre de ces deux princes. Il entreprit de ré- duire Samarie , (a) & d'aflujettir les Samaritains, (2) ayant déja quelques années auparavant pris : - Sichem, & démoli le temple de Garizim. ec ee Lircan s'engagea dans cette guerre, pour ven- riains, ger les injures que les Samaritains avoient faites à (@) Zoféph. Anrig. lib. xrx1. (b) 4. Aaccab. x. Fo/ephr | Aug. Lxuin cie : DE È FRS 7 De nue LE Livre SEPTIEME. 2TI ceux de Marifla , qui étoient amis & alliés des An du Monde, Juifs & de leur nation, demeurant dans la Ju- 55$ x Fe dée , quoique fujets aux rois de Syrie. Marifla dont Ÿ#e 11e: nous parlons ici , eft la même que Maréfa, à deux milles d'Eleuthéropolis. Hircan avoit pris Maréfa dans la guerre qu'il fit aux Iduméens * mais de- puis cecems elle étoit rombée fous la domination des Syriens. (a) Il attaqua Samarie de toutes fes forces, & avec une ardeur extraordinaire. Il ft environner La ville d’un mur & d'un double foifé, dans l'étenduë de quatre-vingt ftades, ou de dix _ mille pas, qui font environ quatre jieuës. La ville fut bien-tôt réduite àune telle famine , que Les ha- _bitans furent contrains de manger des chofes les plus foüillées fuivant leurs préjugés, comme font des animaux morts d'eux-mêmes. Dans cette ex- trêmité ils eurent recours au roi de Syrie , & le prierent de leur envoyer un prompt fecours. Cependant le jour du jeûne folemnel, ou. de l’expiation , qui fe célébre au commencement de l'année civile, étant venu, le grand-prêtre Jean Hircan fut obligé de s’en retourner à Jerufalem, pour y faire les fonctions de fa charge. IL faiffa à {es deux fils Antigone & Ariftobule , la conduite du fiege de Samarie. Pendant fon abfence , An- tiochus de Cizique roi de Syrie, vint au fecours de Samarie. Mais Ariflobule étant allé à faren- contre avec fes troupes,il Le mit en fuice,& Île pour- fuivit jufqu'à Scythopolis, où il eut aflez de peine de fe fauver. Ariftobule étant revenu au fiege de la ville, la prefla encore plus qu'auparavant : en- (a) Fofeph. Anrig. L XLI Ge F7 Ddi 212 Hisrorre DE L'Anc. TestaMenr, “And Monde, [0rte que ceux de Samarie recoururent de nouveau 3894. avant J,C. 106. aÿant l'Ere Vule. 110. _ qui lui étoit apparu en fonge lequel de fes enfans à la protection d’Antiochus , qui fit venir d'Egyp- te fix mille hommes, pour au moins faire diver- fion, & obliger les Juifs de quitter ce fiege, afin devenir défendre leur pays, où ces troupes Egyp. tiennes commettoient mille dégâts. Ptolemée La: thure fils de la reine Cleopatre ; conduifit Jui-mê- me ce fecours, contre l'intention de fà mere > qui ht ce qu'elle put pour l'en difluader. Après avoir perdu plufieurs des fiens , par les embufcades que les Juifs lui drefferent , il {e retira à Tripoli, laif- fant la conduite de cette guerre à Calimandre & à Epicrate., Le premier s'engagea témérairement dans un combat , où il fut défait & tué ; & Epi- crate s'étant laiflé corrompre par de largent, re- mit entre les mains des Juifs Scythopolis, & quel. ques autres places; fans avoir donné aucune af. fiftance aux Samaritains. Ainf Hircan après une année de fiege, prit Samarie, a pilla , la ruina entierement, en jetta les démolitions & les ma= teriaux dans Îe torrent qui pañloit au pied de cet te ville; & la réduifit en tel état, qu'il ne paroif foit pas qu'il y eût jamais eu de ville en cet en= SR — Se 4 On raconte des chofes fort fingulieres de J can Hircan. On aflüre qu'il avoit des communications / familieres avec Dieu, & qu'il étoit favorifé de vi- fons extraordinaires. Il avoit une amitié particu- liere pour Ariftobule & Antigone, les deux plus âgés de fesfils ; (4) & un jour il demanda à Dieu © Fofcph. Anti, 2 Le ES LxI11,6 20. Hrvar SÉébTIEMÉ fui faccederoit. Dieu lui fit connoître , en ui ER one, prelentant le vifage d'Alexandre, qui näquit biens 5 ei rot après, que ce feroit Jui qui regneroit. Le dé: "MF "9 plaifir qu'il.en eut le porta à le faire nourrir dans la Galilée. Mais il ne put empêcherque ce que Dieu lui avoit prédit, n’arrivât : Alexandre fut élevé far Le trône après la mort d'Ariftobule fon frere ainé , comme on le verra ci-après. On dit auffi (4) que le même jour que fes deux fils An- _ tigone & Ariflobule avoient battu Antiochus de Cyzique roi de Syrie, &c l'avoient repouflé juf- qu'à Scychopolis, Hircan qui étoit alors dans lin térieur du temple, où il offroit l'encens , ouitune voix qui lui dit que {es fils avoïent remporté la vidtoire contre ce prince ; qui étoit venu pour donner: du-fecouts àSamariese sets _ C'eft au tems'de ce grand-prètre que lon rap- Cn. XLVHL porte origine des trois fectes principales qui Se LE étoient en réputation -chez-les Juifs; celles des Pharifens des EF éniens, & des Sa< Pharifiens, des Saducéens , & des Efléniens: où ducéens. ° SR: LS . F SÉ ES 2 appelle Le quatriéme livre \ 19 _Fimitation des fectés que Fon voyoir parmi : es Grecs, que les Juifs s'aviferent de fe partager auflt (a) Idem Anriq. L XTLE, 6 18% (D) Jofepb. Anriq. RIT 9 | 11} 214 HIistTOIRe DE LANC. TESTAMENT, ” Andu Monde, en différens partis. Les Pharifiens avoient aflez 3e aan Cr de rapportaux Stoiciens ; les Saducéens aux Epicu- Val. 110 riens; & Les Efléniens approchoient-plus des Py- thagoriciens , & ils pafloient pour plus parfaits | que ni Les Pharifiens, nile Saducéens. Il ya beau, coup d'apparence que c’eft des Efléniens dont il eft parlé dans les livres des Maccabées , (4) fous le nom de Syragogue des Affidéens ; & fi cela eff, il faut mettre leur origine au moins dèstle tems de Mattathias, pere de Judas & des premiers Mac: cabées, Quoi qu'il en foit, comme nous ne fça- vons pas au vrai l'origine de ces trois fetes, nous ne pouvons manquer de les placer ici. Le lecteur eft aflüré qu'alors elles exiftoient, & étoient bien connuës & diftinguées dans le pays. “aisé . Seëtes des Ph On ignore l’auteur de Ja fecte des Pharifiens, aie Leur-nom. dérive d’une: racine Hébraïque, qui fignife diviler, féparer ; parce qu'ils fe diftinguoient du refte des [fraëlites par une maniere de vivre - plus exacte , & plus pure. Ils admettoient le deflin: (b) mais de telle maniere qu'ils laiffoient à l’hom- me la liberté de faire, ou de ne point faire le bien ou le mal. Ils n'étoient point bornés à une où plufieurs famille ; il:y avoit des Pharifiens de tou ses les tribus. Ils s'acquirent d’aflez bonne heure _ beaucoup d'autorité dans leur nation. Le peuple qui fe laïffe aifément prendre aux apparences d'une vertu auftere & d'une {cience finguliere , concçût une hauteidée du mérite des Pharifiens, dont l’ex- > 33e XIV, Go nat is o LA cl A | x Lo | Érvas SEPTIF MX 51$ terleur étoit fort compolé , la nourriture fort fim= Année incenaine: . ple & fort frugale , & attachement aux obferva- tions céremomelles de la loi ponctuel jufqu'au fcru- pule. Les traditions des anciens étoient chez eux en grande réputation & en grand honneur. Ils les faivoient à la lettre; & par Là furchargeoient les Joix de Moyfe d’une infnité d'obfervances fuper- flitieufes, inutiles, & fouvent même contraires au véricable efprit de la loi. Notre Sauveur dans l'Evangile {4) leur a fouvent fait des reproches de leur hypocrifie, de leur orgüeil, de leur fuper- flition , & de leur efprit de domination. Ils jeû- noient beaucoup , & affectoïent de paroiître jeû= neurs. Ils faifoienc de fongues & fréquentes prie- res ; mais ils Les faifoient en lieu public, & à la vûe de tout le monde. Ils donnoïent de grandes aumônes : mais ils fonnoient de la trompette, pour en avertir Le public. : LÉ - Les franges de leurs manteaux étoient us lon gues que celles des autres Juifs; & il y en avoit qui parun efprit de penitence, ou plûtôt d’often- tation ; y atrachoient des épines, pourfe mortifiers _& pour sex enfer au Citer à penfer aufli fouvent à Dieu, que les pointes de cés épines venoient leur fro- ter contre les jambes. (4) Les phylacteres où bandes de parchemin qu’ils portoient fur le front & fur leurs poignets, étoienc plus grandes que celles des autres. Ces phylaéteres étoient des bandes de parchemin , où lon écrivoit certaines: (a) Matth. v. 20. VI1. 29: | (b) Hieronym.in Matr,.XX1ITe XVI. II-XXI11. 2. Cpallim. | 27. } 216 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, Année incrane. Paroles de la. loi, pour obéir au précepte mal én- tendu de Moyfe, (4) qui ordonne d’avoir la loi de Dieu fur le front & fur le poignet, de s’en : fairecomme des braflelets & des couronnes; c'eft- à-dire, de ne l’oublier jamais, & d’en he {on plus cher objet & {on “ riche ornement. Ils {e lavoient ee les mains, depuis l’extré- mité des doigts juiqu' au Coude ,ou depuis le cou- de jufqu'aux extrémités des doiges. Ils enufoient ainfi toutes lés fois qu'ils revenoient dela ruë ou de {a place publique dans leurs maifons. (4) Les Pharifiens croyoient Fame immortelle , (c) & l’exiftence des Efprits & des Anges. Ils ad- mettoient une efpece de metempiycofe des ames des gens de bien. Celles des méchans étoient re- leguées dans des cachots ténébreux, & étoient condamnées à à. y être éternellement tourmentées, Ils croyoient aufli la réfurrection des morts , & he toutes les conféquences de. ce fenti- ment. On verra. dans la fuite de cette. hifloire, & dans la vie de notre Seigneur | d’autres particu- larités fur cette fecte, Saint Jerôme.(d) ne met l origine des Pharifiens qu ’aflez tard, puilqu’ il veut quelle foit venué de: la. féparation. des écoles d'Hillel & de Schammaï, qui vivoient peu de cems avant Jefus-Chrif. Il avoit reçh ce fentiment des Hébreux, qui rapportent aufli à Hillel l'ori- Fi du Pharizaifine. Mais il eft certain qu il fut - (a) Exod. X111. 16, Dent, en 2. de Béllo, &. #r. D il. 10. + |r2 @Anrig LI18-c2:. — dre de Le ds | (9) Re in Ifei, VI L | —. 3 | Livre SEPTIEME 917 la faire -venir de plus haut. Il y a encore aujour- Année incertaine, _ d'hui des Pharifiens en grand nombre parmi les Juifs; & la plüpart de ceux qui fe diftinguent par leurs études dans cette nation, font de cette fecte. Ils font moins rigides qu'autrefois ; maisils ontles mêmes idées fur l'immortalité de l'ame , l’exiften- ce des Anges & des démons, la metempfycofe , & la liberté de Fhomme. : Les Saducéens reconnoiïfloïent pour auteur de leurfecte un nommé Sadok. Les Juifs racontent CH. XLIX. que Sadok fut difciple d’Antigone Socheus, qui de hu fucceda non dans la charge de grand-prêtre , mais "crane. dans la tradition de la doétrine , au grand-prêtre Simon le Jufte, fuccefleur d'Onias L. & qui fut Les Pharifiens pour rendre cette fete odieufe, _enfeignent que Sadok étoit un fchifmatique qui s'étoit féparé du grand-prêtre Simonle Juite, & d'Añtigone Socheus fon difciple, & du refte de {a nation des Juifs, qui foutenoient que le temple de Jerufalem étoit le lieu que le Seigneur avoit Tome LL | Eee | ‘Année incertaine, RS 018 Uisrore DE L'ANC. TESTAMENT, choifi'; pendant que lui Sadok avec Boëthus, au tre difciple d’Antigone , & plulieurs autres mau- vais Juifs, favorifoient le fchifme des Samaritains, & approuvoient le culte qu'ils rendoïent au Sei- gneur fur la montagne de Garizim. Mais Jofeph _ne leur fait aucun reproche fur cet article, il nous LUE les reprefente vivans au milieu des autres Juifs, & poñledans les principaux emplois de leur na- tion , tant dans le temple , que dansle gouverne: ment politique. = | | La principale erreur des Saducéens rouloit fur lexiftence des Anges, fur Fimmortalité de lame, fur la réfurrection future, fur les peines & les re- compenfes de l'autre vie. Ils nioient tout cela , & ils n’admettoient poirtt les traditions des anciens, ni leurs explications de la loi, dont les Pharifiens faifoient leur capital. Les plus riches des Juifs , & les plus diftingués par leurs emplois & par leur naïf fance ; étoientfouvent du nombre des Saducéens. Ces gens étoient rigoureux vengeurs du crime, & exacts à remplir les devoirs de la vie prefente, comme ne comptant pour rien tout ce que l'on. difoit d’une autre vie , après celle-ci. Jofeph (a) … remarque toutefois que fouvent dans le souver- nement civil , pour ne fe pas rendre infupporta- bles au peuple , ils fe conformoient aux maximes & aux fentimens des Pharifiens, qui dominoient. par leur grand nombre. On accufe les Saducéens de n'avoir pas rècu tous les livres de l'écriture ; fais feulement le pentateuque, ou les livres de NES” Sr = DER Se $ Lives SEPTIEME : 91 Moiïle : mais cette accufation n’eit pas affez bien fondée. Ils nioient le deftin, & fe mocquoient de ceux qui tenoient, que la Providence avoit quelque part à ce qui nous arrive, ou à ce que nous faïfons. Ils foutenoient que nous fommes abfolument les maîtres de faire, ou de ne pas faire tout ce qu'il nous plaît, en bien ou en mal; que nous fommes la feule caufe de notre bon- Année incertaine: heur, ou de notre malheur; quil ne nous arrive ni bien ni mal, qu'autant que nous nous l'attirons par le bon ou mauvais ulage que nous faifons de notre liberté. | Les Saducéens ont fubfifté long-tems, & {ub- | fiftent encore aujourd’hui, quoiqu’en petit nombre. Les Juifs modernes les regardent comme des hé- rctiques, & des deftruéteurs des fondemens de _ Ja loi : mais aficiennement ils étoient, comme qui donna occafon à cette rupture. (4) Hbrcan ft un jour un grand feftin aux principaux des Pha= (a) Fofeph. Antiqg. bib. xaïT. ec. 18. - Éci 920 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, …. Année inceraine, lifiens : & quand il vit qu'après avoir fait bonne chere , ils commençoient à être un peu gais, 4 - leur dit que puifqu'il étoit dans leur fentiment, & qu'ils fçavoient qu'il n’avoit point de plus grand. défir que de marcher dans les voies de la jufice, ils étoient obligés de l'avertir de ce qu'il y avoit dans fa conduite de contraire à Îa loi, afin quil s'en corrigeût, | .. Les conviés lui donnerent fur cela de grandes loüanges , & il en témoigna beaucoup de joye, Mais Fun d'eux, nommé Eléazar, qui’ étoit un fort méchant homme, prenant la parole, lui dit: Si vous défirez, comme vous le dites, que l’on vous parle franchement, & felon la vérité, don- nez une preuve de votre vertu, en renonçant à. fa grande Sacrificature , & contentez-vous de la. qualité de prince du peuple. Hircan lui demanda pourquoi il fui failoit cette propofñtion ? C’eft, tépondit-il, que nous avons appris de nos an Ciens, que votre mere a été efclave fous Le regne d'Antiochus Epiphaness Comme ce bruit étoit faux , Hircan s'en tint très-offenfé , & les. Pharifiens qui étoient du feftin, ne témoignerent pas Fêtre moins que lui. Alors Jonathas, Fun des plus intimés amis d'Hircan, & qui étoit de la fete dés Saiducéens , entiérement oppofée à celle-des Pharifiens , lui dit que c’avoit été du confente- “ment des autres Pharifiens, qu'Eléazar fui avoit _ténu ce difcours : & qu'il feroit aifé de s’en con- Vaincre, en leur demandant de quelle forte ils _eftimoient qu'on le devoit punir. > … Hircan leur demanda donc ce qu'ils penfoient x Lives SEPTIEME 297 : " PRET e mnrngernersese EEE de l'outrage qu'Eléazar venoit de lui faire , & Année inçertaine, | quelle peine : méritoit. Comme ils ne font pas fort févéres dans la punition des crimes, ils fui dirent qu'ils croyoient qu'il méritoit feulement la prifon & le foüet ; parce qu'ils ne jugéoient pas que la médifance rendit un homme digne de mort. Cette réponfe ft croire à Hircan qu'ils avoient eu part au difcours d'Eléazar, & que ce n’étoit qu'à leur follicitation qu'il avoit ainfi par= té ;: &il en fut fiirrité, J onathas aigriflant encore _ {on efprit, que non-feulement il renonça à Îa . fecte des Pharihiens , pour embtafler celle des Sa= _ducéens, mäis ül abolit encore tous leurs {as tuts, & fit punir ceux qui Les obfervoient. Ce qui le rendit, & fes enfans très - odieux à tout le peuple. . _ La fecte des Efféniens eft peut-être a plus an- _cienne de celles qui étoient connues chez les Juifs, füppolé, comme nous Pavons dit, que ce foient eux qui font nommés Aflidéens dans les Jivres des Maccabées . Is faifoient profeflion d'a me vie plus parfaite, plu pénitente plus rétirée _ “que Les autres set es Jus , ils mentroient point dans les emplois du gouvernement ; & ne fe mêloient que des affaires de leur fete, & de leur obfervance. Ils vivent entre eux dans une très-srande union, dit J ofephe. (a) Ils ont hor- reur de la volupté, comme d'un poifon dañgereux. Hls s'étudient à une exacte continence, & à ré- a Car. E, Origine des Efé- mens, Leurs pra- tiques & leurs fer timens. Annéeirs certaine, . fifter à l'attrait du plaïfir. lis ne s'engagent point (@) Foféph. lib, 2, de Béllo, F2 ee. Ee uj € Aa ets marque SO RESTE ro) Année incertaine 222 Histoire DEL ANC. TESTAMENT, dans le mariage ; mais ils élevent les enfans des autres, comme s'ils étoient à eux , & leur in{pi- rent de bonne-heure leur efprit & leurs maxis mes. Ce n'eft pas qu'ils ayent horreur du maria. ge, ou qu'ils le croyent défendu : mais ils on. pour principe, que l’on doit toûjours être en gar.. de contre lintempérance, & contre l'infidélité des femmes. [ls méprifent les richefles, & pof dedent tout en commun, fans que lun foit plus riche que l’autre. C’eftparmi eux une loi inviola- ble de renoncer à la proprieté de tout bien , & de mettre dans la-{ocieté tout ce qu'ils pofledent, Ainfi ils vivent comme freres dans une parfaite égalité, —. Le L'huile & les parfums font regardés chez eux comme chofes impures , & ils {e purifient après en. avoir feulement touché par hazard, comme s'ils avoient touché.une chofe {ouillée, Ils {e font honneur de l'auflerité qui paroît fur leur exté- rieur ; mais ils évitent la mal-propreté, & ont toüjours des habits bien blancs. Ils ont des dif | penfateurs qui ont foin de leurs biens, & qui les diftribuent à chacun felon {on befoin. Leur de- : meure n'elt point en un feul lieu; il yen a dans différens endroits du pays. Ils reçoivent ceux de leur fecte dans leurs maifons, & leur font part de tout ce qu'ils ont. Ainfi en voyage ils ne portent jamais de provifons : ils ont feulement quelques armes pour fe défendre contre les voleurs. Dans chaque ville il y à un homme établi pour avoir foin de leurs hôtes, & pour leur fournir {es ha- bits & lesautres chofes néceflires, Les enfans | - Drive SEFTIEME 2 | qu'ils élevent font tous vêtus & traités de même, ;, ayant un feul maître pour tous. Ils ne changent point d'habits , que les leurs ne foient entiere- ment ufés. Ils ne vendent ni n’achettent rien en- tre eux ; tout leur commerce fe fait par échange, Jun donnant ce qui lui et fuperflu , pour rece- voir ce dont il a befoin: & même fans échange, 11 leur eft permis de prendre ce qui leur eft né- … ceflaire, ét d'ufer de ce qui eft à leur bienféance chez leurs confreres, comme du leur. Ils font tous profeflion d'une grande pieté en= vers Dieu, & ne‘parlent pas avant le lever du _ foleil : {eulement ils prononcent certaines pries res , qu'ils ont reçüëés de leur peres, comme pour inviter cet aftre à fe lever, après quoi, chacun eft envoyé au travail fuivant la volonté de leuf fupérieur. Après avoir travaillé jufqu'à la cinquié- me heure du jour, c'eft-à-dire jufqu'à une heure avant midi, ils s'aflemblent de nouveau tous en= femble, & fe ceignant avec des linges blancs , ne peut entrer. dans leur réfec- ee rend graces à Dieu auteur de tout bien. Puis ils quittent leurs habits blancs, qu'ils regar- ils fe baïignent tous dans {eau froide ; après quoi, née incertaine, : 224 Hisrorre DE L'Anc. TESTAMENT, Année ncane dent comme des habits*facrés, & retournent a travail comme auparavant. Ils travaillent jufqu'au. foir ; & alors ils {e raflemblent au lieu où ils prennent leurs repas, & font manger avec eux leurs hôtes , s'il leur en eft furvenu quelques- DES à À sn ie La dépendance où ils font à l'égard de leur chef, ne les empêche pas de faire du bien à leur prochain : mais ils ne peuvent rien donner à leurs parens fans l’agrément de leurs fupérieurs. : Ils font très-religieux obfervateurs de leur parole , & leurs fimples promefles font aufli inviolables que les fermens les plus facrés. Ils évitent le jurés ment comme le parjure même. Ils étudient avec foin les ouvrages des anciens, & y cherchent ce qui peut perfectionner leur ame, & {ervir à la confervation de la fanté. De-là vient qu'ils font f habiles dans la connoiffance des remédes, des racines, des fimples & des métaux. Ils ont un très-grand foin des malades, & ne fouffrent pas que rien leur manque. Ils n’accordent point in différemment l'entrée de leur fecte à tous ceux qui la demandent ; ils éprouvent les poftulans un toute leur maniere de vie. Ils Îeur don ‘une bêche , une large ceinture pour Le bain, & un habit blanc. . E : Si le poftulant donne des marques de fà perfé vérance, on J'admet premierement au réfedtoire & au bain : mais on ne le recoit dans la maïfon, quaprès une ou deux années d'épreuves. Avant _qué deladmettre à recevoir fa nourriture avec Les SO aus, _ faméparhac Livre SEPTIFME 82 . autres ; on lui fait promettre avec des fermens Année inceraine horribles de fervir & d’adorer Dieu dans une pieté parfaite ; d’obferver les loix de la juftice envers tout le monde, de ne faire tort à perfonne, de fuir les méchans, de proteger les gens de bien, de garder la foi envers tous , & fur tout envers les princes ; de conferver la modération envers fes freres, sil fe trouve élevé à un dégré fupé- rieur ; de ne fe diftinguer nt par la fomptuofité de fes habits, ni par aucune autre chofe. Il s'engage de ne réveler jamais les fecrets de fa feéte, de n'enfeigner pas ce qu'il a appris de {es-maîtres!, fi ce n’eft à fes confreres; :& de conferver précieux fement les livres de la fecte & les noms des SE - | — Si quelqu'un tombe dans'une faute notable, ils le chaffent de leur focieré ; & ‘celui qui eft ainft cheflé, meurt d'ordinaire d’une maniere mifera- ble: car étant lié par les fermens dont on vient de parler, il ne peut recevoir la nourriture d'au _cun étranger; en forte qu'il eftobligé de brouter ‘comme une bête, jufqu'àce qu'ibfoït:con- fumé par la dife . Quelquefois les Ffléniens touchés de compañlion , les retirent chez eux, & leur accordent le pardon. Lorfqu'ils déliberent fur quelque affaire , ls s'aflemblent d'ordinaire au nombre de cent, & péfent la cho- _ fe avec grande maturité ; après quoi leur réfolu- tion demeure ferme & irrévocable. Après Dieu, ils ont un-très-grand refpect pour Moïle & pour lés vieillards. Dans les afflemblées ils n’oferoient cracher ni devant eux, ni à leur droite. Le jour Tome HI. F£f lherb: .226 Historre DE r'AKc. TESTAMEKT, Année incertaine. du Sabbat non-feulement ils n’allument point de feu; & ne préparent point à manger ; mais mê- ine ils ne remuënt rien de fa place, & ne fe dé Chargent pas des fuperfluités de [a nature. Les aûtres jours, lorfqu'ils veulent fatisfaire à ce de- Voir, ils fe retirent dans des lieux fort écartés $ & après avoir creufé une fofle de la: profondeur d'un pied , avec une bêche qu'ils portent avec eux ; ils fe baiflent & fatisfont à leur befoin, fe couvrant décemment tout autour, comme sils avoient peur de termir & de foüiller les rayons du foleil. Après cela ilsrempliflent le trou avec de la terre, & fe purifient de cette ation , comme d'une foüillure. Ils font partagés en quatre clafles : & ceux qui “ont dans les dernieres , {e croyent fi fort au deflous dés autres , que s'ils en avoient {eulement touché un, äls sen purifiefoient , comme s'ils avoient touché une chofe {ainte dont il ne. leur _‘auroit pas été permis d’aprocher. Ils vivent d’or- dinaire fort long -tems, & plufieurs atteignent lâge de cent ans ; ce qu'on attribué à lafimplicité . de leur nourriture, & au bon réglement de leur de félicité au-delà de l'océan, femblable à peu wie. Ils font. paroître:une fermet extraordinaire dans.les maux, Ils croyent les ames immortelles, -& enfeignent qu'elles defcendent du lieu le plus élevé de l'air, dans les corps, pour les animer, -& quà la mortelles retournent. avec rapidité au lieu d'où elles étoient venuës, comme fortant d'une longue & trifte captivité, Ils croyent que les ames des gens de bien habitent dans un lie & - £ Æ. Lives Seitremm. 27 près à ce qué les poëtes profanes nous racontent Knc mcoraux des champs Elifiens ; & que celles des méchans ont releguées dans des lieux d'horreur , où elles fouffrent des peines éternelles. Plufieurs d’entre eux ont le don dé prophétie ; ce que l’on attribue à la lecture continuelle qu ls Fontdes livres faints & des prophétes , & à la maniere fimple & fus gale dont ils vivent: Ils n'ont point d'efclaves ; regardant l’efclavage comme une injure faite à la la nature humaine. Il y en a parmi eux qui s'en< gagent dans le mariage, & c’elt la feule chofe-er quoi ils different: des autres Efléniens : mais ils ne Sy engagent qu'après avoir éprouvé pendant trois ans fi les perfonnes qu'ils prennent, font de boñ- ne fanté , & propres à leur donner des enfans bien fains. Hs:ne-s’approchent plus de leurs fem mes, dès qu'elles:font devénuës groffes. Ils-reconnoiflent que Dieu gouverne toutes chofes ; & que rien n'arrive en ce monde que par & volonté. Ils ne vont po au Et avec: les autres. Hfiaëlites ; rt fire: Fe | ces fangl: | | Murs € ames, ; pour es Pr enter à er comme une _ victime d'agréable odeur. Ils craignent aufli de {e fouiller dans Les afflemblées, de religion qui sy font, & où il fe trouveun fi grand nombre de _ perfonnes, dont la vie eff infiniment moins pure + la leur, Ils°s ‘appliquent 2 à l'agriculture, & à © Vide oh cph, . l, 18,6. 2.0 Philo, Gb, quod om nis probus Le P#876, | Ffi + + mt A ET D AR ESS Année incertaine. L 528 HisToifif DE L'ANG TESTAMENT, : d'autres métiers paiñbles ; qui les éloignent du grand commerce du monde. Leurs études n’ont pour objet ni la logique, ni la phyfique; mais la morale & les livres de Moïfe. | - Ils s'affemblent les jours de Sabbat dans leurs Synagogues . où chacun eft aflis felon fon rang & fon âge. Un de la compagnie fait la leëture, & un autre des plus inftruits en fait l'explication, Ts fe fervent beaucoup de paraboles , d’allégo- ries & de fymboles, à la maniere des anciens. Il y a des femmes qui füivent le même inftitur, & qui ont à proportion le même noviciat, les mêmes épreuves, & les mêmes exercices. Elles affiftentaux inftruétions qui {e font en commun le _ jour du Sabbat , dans la même Synagogue avec les _ hommes, mais féparées d'eux par un mur de trois ou quatre coudées de haut’ afin qu’elles puiffent entendre la voix de celui qui parle, fans être vüés. On les admetaufli à la table commune. Les hom- mes font à la droite, & les femmes à la gauche, couchés fur de gros tapis de table , üffu d’une ma- üere dure & grofliere. Les époufes des Efféniens qui ne renoncent pas au mariage , fuiventle même genre de vie qu (a) Voyez à la tête du com- | Differtation fur les feétes des mentaire fur faint Marc, notre | Juifs, | | | Luca fprém Livre à : Divne- HuiTrEue 2 bre de trente mille hommes, tant de cavalerie, :AnduMondes que d'infanterie. Il aborda à Sycamine : mais ceux os de Prolémaïde ne voulurent pas le recevoir, & VE Re _n'écouterent pas même fes ambañfladeurs. Cepen- dant Zoïle, petit Tyran, qui s'étoit emparé de Do- ra, & ceux de Gaze demanderent du fecours à Lathure contre Alexandre & fes troupes, qui ayant quitté le fiése de Ptolémaide , faifoient le dégât dans les dépendances de ces villes. Alexandre of- frit quatre censtalens à Lathure, à condition qu'il Jui livreroit Zoiïle & la ville de Dora. | l'fut repouflé _ deréfiflance , prirent la fuite; & il en fut tué trente - Mille, ou même cinquante mille, fi lon en croit =. _{) Anti. lib, x TI. 21, : Ggi { 236 Histoire pe L'ANc. Tesramenr, An du Monde, Limagene. Le refte fut pris, ou fe fauva par là 3900. avant Jj. C. 100. avant l'Ere Vulg. 104 fuite. | | Prolemée après cetre vitoire, s'étant retiré {ur le f{oir en quelques bourgs de la Judée , & les ayant trouvés pleins de femmes & d'enfans commanda à fes {oldats de les égorger , de Les mettre en pieces, & de les jetter dans des chau- dieres d’eau boüillante ; afin que les Juifs échap- pés de la bataille venant en ces lieux , cruflent que leur ennemis mangeoient de la chair humai- ne, & en conçuflent une plus grande frayeur. C'eft ce que Jofeph rapporte après Strabon & Nicolas de Damas. Le quatriéme livre des Maccabées (a) ajoûte à cette hiftoire quelques particularités, & en omet d'autres. Il dit, par exemple, qu'Alexandre attaqua le prince qui commandoit dans Sidon ; À quille battit ; parce qu'il avoit voulu engager La- thure à fe liguer avec lui contre les Juits. Cléopatre voyant les heureux fuccès de Ptole mée Lathure, & craignant qu'après avoir aflujetti la côte de la Palefline, & pris la ville de Gaze, il entreprit d’entrer en Egypte, leva une puiflante armée, dont elle donna la conduite à Helcias & Ananias, Juifs de nation, (4) & fils d'Onias fon dateur du temple d'Onionà : éHopo eux | généraux entrerent en Syrie, & Helcias, lun des deux, mourut dans la Célé-Syrie : pourfuivant La- thure. Celui-ci fcachant que la reine Cléopatre fa mere étoit occupée au fiége de Prolémaïde , fe jetta (a) 4 Maccab. Arab, in Bibl, (b) Fofeph, Amig, Bb, x an Jaian 0, 28.p,30, 31, Got, - 7 - Livre HuiTirue. 7 dans l'Egypte, croyant la trouver fans défenfe : An du Monée ; mais il fut fruftré de fon efperance , & fut obligé Re de retourner en Paleftine, où il pañla lhiver dans Vule-10+ là ville de Gaze. Cependant Cléopatre ayant pris Prolémaide , Alexandre Jannée rof des Juirs, ly vint trouver avec des prefens.: Quelques-uns des gens de Cléopatre confeilloient à cette prin- celle de s'emparer de la Judée : mais Ananias Jui confeilla le contraire , en lui difant qu'elle ne pou- voit avec juftice dépoiller un prince, qui avoit fait alliance avec elle; & que fi elle le faifoit, il. = n'y auroit un feul de tous Les Juifs qui ne devint fon ennemi. Ces raifons la perfuaderent, & elle renouvella l'alliance avec Alexandre Jannée dans la ville de Scythopolis. a Alexandre fe voyant délivré de la crainte de EE Ptolemée Lathure, (a) attaqua Gadara, & la prit — 2. : : =: Différentes guer- après un fiege de dix mois. Ïf prit enfuite Amath, res d'Alexandre (b) qui étoit le plus fort des châteaux fitués fur le ie Jourdain. Il ne jouit pas long-tems de cette con= quête ; car Théodore fils de Zenon, qui avoit mis dans ce château tout ce qu'il avoit. de-plus pré cieux, étant tombé fur l'armée d'Alexandre , dans le tems qu'elle y penfoit Le moins, lui tua dix mille hommes, & prit tout le bagage d'Alexandre. Ce prince fans s'étonner de cette perte, afhiegea & prit les villes de Raphia & d’Anthédon, fur les bords de la Méditerranée. = (a) Amrig. Gb. xr1t.c. 21. | ravant Amath. Vide Foféph. 4n= Pb 238 HistorRe DE L'ANG TEesTAMENT, An du Monde, 3903. avant J. C. 97. avant lEre Vule. 107. : Quelques années après ; Alexandre irrité de L'infidélité de ceux de Gaze, qui s'étoient donnés à Ptolemée Lathure, réfolut de s'en venger. Il leva une armée, & alla ravager leurs pays, & af fieger leur ville. Apollodote qui les commandoit, attaqua de nuit Alexandre avec deux mille {ol- dats , & mille ferviteurs qu'il avoit raffemblés, Tant que la nuit dura , il eut toûjours l'avantage; parce que les Juifs croyoient que c’étoit Ptole- mée Lathure qui étoit venu au fecours de Gaze: | mais auflil-tôt que le jour parut, s'étant ap- perçüs de leur erreur, ils reprirent courage, & chargerent fi vivement Apollodote, qu'ils lui tue- rent mille hommes fur la place, Les afliegés ne perdirent pas toutefois courage , {e fiant fur le {ez des Maccabées , ch. 28. Ce Li- cours qu'Arétas roi des Arabes leur faifoit efpé- ter, (a) Mais Apollodote ayant été tué en trahi- {on , {a ville fut prife. Alexandre entra dans Gaze, en apparence avec un efprit de paix : mais ily envoya enfuite des troupes, à qui il permit d’exer- cer toutes fortes de cruautés , pour châtier ce peuple. Ils firent main-bafle fur tout ce qu'ils ren- Ccontrerent : mais il en coûta la vie à plulieurs fol des habitans mourut les Alexandre revint à Jerufalem, après avoir ruiné | la ville, & après avoir employé un an entier à Lé £ette expédition. - En ce même-tems il vit troubler fon regne par Le (a) Comparez le quatriéme | vre porte qu’Alexandre pritaprès | RS Livre Murrtre ME, 339 fa haine que le peuple avoit pour lui : Car un jour étant prêt d'offrir les facrifices en qualité de _grand-prêtre ; dans la fête des Fabernacles, où lon porte des rameaux de palmiers & de citro- niers ; le peuple ne fe contenta pas de lui jetter des citrons à la tête, mais on loutragea de pa- roles, en difant qu'ayant été captif, il étoit in- digne de l'honneur du. facerdoce, & ne méritoit as d'offrir des facrifices à Dieu. Ce qui le mit en relle fureur, qu'il en fit tuer fix mille, & réprima ainfi cette multitude mutinée. Et pour prévenir à favenir de pareils inconvéniens , il ft faire une clôture de bois, qui envelopoit le temple in- térieur & l'autel , & tout le cerrain où tes prêtres En dé An. du Monde, 3906. avant J. C.. 94. avant lVEre Vulg. 28. feuls ont droit d'entrer. Il prit à fa foide des {ol--. dats Pifidiens & Ciliciens, parce qu’il ne vouloit pas fe fervir des Syriens. El ruina Amath, fans que Théodore osät en venir aux mains avec lui. Il Se ty 1e ml oué par un grand nombre de €ha détroit fort ferré , & fort diffi- cile à pañler, il eut grande peine à {e fauver à _ Jerufilem. On ne fçait pas précifément le tems _ deces guerres : mais on fçait qu'Alexandre étoit un prince fort belliqueux , & fort entreprenant , qui fut prefque roûjours en armes contre fes: voifins. : | — — Etant de retour à Jerufalem , fes fujets lui _ firent la guerre pendant fix ans. I n'en tua pas 5 Vers l'an du M. 3908. avant J.C. 93. avant l'Ere Vulg, 97, 240 HITOYRE DE L ANc. TESTAMENT, moins de cinquante mille, (4) & quoiqu'il fit ce quil put pour fe remettre bien avec eux, leur animofité étoit fi grande, que ce qui fembloit de- voir les adoucir, ne fervoit qu'à les aigrir davan- tage , jufques-là qu'un jour leur ayant demandé ce qu'ils vouloient donc qu'il fit pour les contenter, ils s'écrierent tous qu'il n’avoit qu'à fe tuer. Ils envoyerent enfuite demander du fecours à De- metrius Eucérus roi de Syrie contre Alexandre, Eucérus avoit tant de fes troupes, que des Juifs Qui s'étoient joints à lui , une armée de trois mille chevaux, & de quarante mille hommes de pied, (8) Alexandre marcha contre lui avec fix mille deux cens foldats étrangers , qu'il avoit pris à fà lolde, & vingt mille Juifs qui lui étoient demeu- rés fidéles. Ces deux princes firent tous leurs ef forts; Demetrius, pour débaucher les Grecs qui étoient avec Alexandre , pour faire rentrer dans fon parti les Juifs qui s'étoient rangés auprès de Demetrius : mais ni lun ni l’autre ne réüflit dans fon deffein. Il en fallut venir à une bataille. De- metrius {a gagna, & Alexandre fut obligé de s'enfuir dans les montagnes. Alors la compaflion de fa mauvaile fortune changea les cœurs de pl leurs Juifs de larmée de De mikle. _() Le quatriéme des Macca- | caufa entre eux une inimitié ir bées, ch. 29. dit que cette guer- | réconciliable. Alexandre tâcha re domeftique étoit entre les Pha- inutilement de les réconcilier, is rifiens &les Saducéens ; & com- _demeuterent dans leur inimItié > - appellerent Demetrius roi de me Alexandre foutenoit le parti | & des Pharifiens, il en fit mouriren | Syrie contre lui, fix ans cinquante mille, Ce qui |. (b) Antiq l, XIII. €. 227 = Lot TUNVRE HuiTiI ME 34T fallerent trouver ; & cette défertion allarma fi =vesrandu fort Demetrius , quil Le tetra. (d) . : Re | _. Cependant les Juifs continuoient toûjours de Vak: sr. faire la guerre à leur roi: mais ils furent Dattus par tout. Il contraignit les plus mutins de fe retirer à :Béthon, où il les força, -& les envoya à Jerufa- lem ; & pour fe venger des outrages qu'ils lui avoient faits, il en fit crucifier huit cens devant _ fes yeux, & fit égorger en leur préfénce, pen- _ dant qu'ils vivoient encore, Leurs femmes & leurs enfans. Et pendant ce tems, Alexandre failoit un feftin à fes concubines dans un lieu foït élevé, & d'où l’on pouvoit découvrir de loin, Huitmille foldats de ceux qui avoient pris Les armes contre lui, £e retirerent la nuit fuivante , & ne parurent plus dans le pays durant fon regne , qui fut toû- jours dépuis fort païfible. Durant cette guerre in- _ teftine, il fut fouvent expofé au danger de per- dre da vie ; & fes fujets révoltés le contraignirent de rendre au roi des Arabes les places qu'il avoit conquifes dans le pays des Moabites & des Ga- ladires, de peur quil ne fe joignit à ces ré- b é Î es | ee he és FrPE — + = Antiochus, furnommé Denys, roi de Syrie; ayant fait une irruption dans la Judée avec huit arme / (a) Le même quatriéme des | battit , & le tua ; & qu’enfuite il Maccabées , dit qu'Alexandre | revint à Jerufalem, où il fut très donna la bataille à Demetrius, | bien reçu par fes fujets. Qu'il fe & qu'il le vainquit ; qu'il le pour- | rendit maître de l’'Idumée, des fuivit à Antioche, qu'il l'y tint | pays de Moab, d’Ammon, & affiegé pendant trois ans > & que | des Philiftins, & des Arabes qui Demetrius étant forti de la ville | font dans les montagnes, avec fon armée, Alexandre le D Tome HI, | HR 242 Histoire DE L'Anc. TESTAMENT, An da Moude, Mille hommes de pied & huit cens chevaux , Ale- LE Xandre fit faire un grand retranchement depuis Vale: 8fe Capharfabé , nommée depuis Antipatride, juf-. qu'à Joppé, qui étoit le ri endroit par où lon pouvoit entrer dans la Judée avec une armée, (4) ILy ajoûta un mur avec des forts de bois de dif tance en diftance, Mais Antiochus brûla ces tours ou ces forts, & pañla en Arabie, Il battit d'abord les Arabes : mais enfin il fat tué dans une bataille qu'il leur livra, étant allé foutenir une des aîles. rar de fon armée, qui étoit fort ébranlée. Arétas roi n du Monde, :, PR à Er : \ 39%0.avaxt]. C d'Arabie, regna enfuite dans la Célé-Syrie, oùil Vues fab appelé ou. de Damas. () Il entra Vulg. 84. ut appellé par ceux - (8) Il'entra en Judée, vainquit Alexandre près d'Adida , & s’en retourna après avoir traité avec lui. Après cela Ale- xandre prit de force la ville de Dion, afliegea Efl ; autrement Gérafa, où Théodore fils de Zé- non, roi ou tyran de Philadephie » aVoit mis tout ce qu'il avoit de plus précieux. Il ft environner la place d'une triple muraille, & enfuite l’'emporta d'aflaut. Il prit aufli Gaulam, Séleucie , la vallée d'Antiochus & Gamala. Et far ce qu'on accufa de plufieurs crimes Demetrius , qui commandoit auparavant dans ces lieux-là, il le dépoiilla de ee principauté. Après avoir employ près de trois ans dans toutes ces expéditions, il s’en retourna avec fon armée à Jerufalem , où tant d'heureux. fuccès le firent recevoir avec grande joe $ Les J uifs pofledoient alors CG) plufieurs villes 2 (a) Foféph. Anrig. L'x11x. €. D _ 23. =. C) Anrig.l, 13,027 Ohamqugmnnt à lo r + ES > Liver HuiTIrrMé 243 dans la Syrie, FIdumée & la Phénicie : fçavoir» An du Mondes {e long du rivage de la mer, la tour de Straton, — Apollonia , J oppé > Jamnia, Azot, Gaze, An- Vus-ie thédon , Raphia, Rhinocorura ; & dans le milieu. de l'Idumée , Adora, & Marifla : outre cela, Sa- marie , les monts de Carmel & de Thabor, Scy-. thopolis , Gadare , la Gaulanite , Séleucie & Ga- bala ; & dans le pays des Moabites, Efébon, Mé- daba, Lemba, Aronas, Télithon & Zara, Au. » lon, furnommé Cilicius , Pella. Cette derniere ville fut détruite , à caufe que les habitans ne pü- rent {e réfoudre d’obferver les loix des Juifs. Ils. offedoient auffi d’autres villes de Syrie aflez con-. fidérables, qui avoient été ruinées. Alexandre s'é-- tant laïflé aller à boire du vin avec excès, tomba. dans une fiévre quarte , qui dura trois ans. Et comme cela ne l’empêchoit point de s'employer dans les travaux de la guerre , fes forces fe trou- verent fi épuifées , qu'il mourut fur la frontiere des Gérafeniens ; durant qu'il'afliegeoit le château. de Ragaba, fitué au-delà du Jourdain. _ La reine Alexandra fon époufe , le voyant à Cuar. IV. l'extrémité ; & prév oyant le malheur où elle ÉTOILE Moredu roi Ale- prête de tomber avec {es enfans, fçachant dans #andre Jannée. La S ; : : : : reine Alexandra lui quelle averfion étoit fon mari parmi les Juifs , faccede dans le Alexandre.la raflura , & lui dit : Si vous voulez.fan du M. 3556. * {uivre mon confeil, vous pourrez vous COnfer ver vanr se Ve. leroyaume, & à vos enfans. Cachez ma mort à Le | mes foldats jufqu'à ce que cette place foit prife ; _& lorfque vous ferez retournée à Jerufalem., ga- gnez les Pharifiens, en leur donnant quelque au- torité. : Ils ont tant dé crédit parmi le peuple, Hhi An du Monde, 3926, avant J, C. 74. avant [’Ere Vule. 78. 244 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, qu'ils lui font aimer ou haïr qui bon lui femble à fans béaucoup confiderer fi c’eft avec raifon ; Où autrement ; Faverfon du peuple pour moi ne vez. nant que de ce que je me lés fuis rendus ennernis.. Lors donc que vous ferez arrivée , faites-les ve mir, montrez-leur mon corps mort, dites-leur que vous êtes prête à Le leur livrer, pour en ufer comme ils le jugeront à propos, en haine des. maux que je leur ai faits. Afürez-les enfuite que vous ne voulez rien faire dans le gouvernement du royaume que par leur confeil : & je vous ré- ponds qu'au Heu de deshonorer ma mémoire , ils: mé feront des funerailles magnifiques, & que vous regnerez avec une entiere autorité, Ayant dit ces. paroles , il rendit l’efprie, âgé de quarante-neuf ans, dont il en avoit regné Vingt-fept - La reine Alexandra ayant pris le châteäu de: Ragaba , & étant retournée à Jerufalem > parle aux Pharifiens de la maniere que fon mari lui avoit dit , & les afsûra qu'elle ne vouloit rien faire fans. leur avis dans la régence du royaume, Alors ils. changérent en affedion pour elle [a haine qu'ils avoient euë contre Alexandre. Ils repréfenterent. Tau peuple les grandes aëlions de ce prince, le: Æ ES loüérent comme un bon roi ; & engagerent le peuple à lui-faire des funérailles plus füperbes qu'à aucun de fes prédécelleurs: : . : + Ce prince laifla-deux fils ; Hircan &-Ariftobu-. Le Le1& ordonna par fon-teflament que da reine férime eroit févente: Hircan ; quiétoit lainé, 2er | D toit peu capablede gouverner, & ne cherchoit “qu'à Vivre en repos. ÂAriltobule au contrairé avoit: + a ES £ < De & RU Son < + RER À Livre HuiTiEe ME, 24$ beaucoup d’efprit, & étoit hardi & entreprenant. = FRS La reine leur mére , qui avoit gagné le peuple , 3926 avan. Ce parce qu'elle avoit toûjours témoigné défaprou- Ve ver Le procédé de fon mari, établit Hircan grand- prêtre. Et pour elle, elle n'avoit, pour ainfi dire, que le nom de reine , laïffant tout faire aux Pha-. _rifens , & commaridant au peuple de leur obéir. Elle leur dit même que fi Jean Hircan fon beau- pere avoit changé quelque chofe dans leurs tra _ditions, ils pouvoient la rétablir. De forte que _ les Pharifiens joüifloient de tous les droits de lai fouveraineté, rappelloient les bannis, délivroient les prifonniers, & gouvernoient avec une fouve- raine autorité. La reine entretenoit des troupes: étrangeres , & étoit aflez puiflante pour {e faire: craindre par les princes fes voifins, qu'elle obli- gea à lui envoyer des Grages. * Les Pharifiens cependant ne demeurerent pas long-tems dans les juftes bornes de la modéra- ion. Ils commencerent à troubler l'état, en vou- fant faire mourir ceux qui avoient confeillé au feu roi de faire crucifier les huit cens hommes dont: en a parlé ci-devant. Ils firent d'abord mourir Diogéne, du nombre des principaux Saducéens ; & continuerent à demander la mort de beau- coup d'autres ;jufquà ce qu enfin les plus confi- dérables de ces perfécurés vinrent trouver la eine dans fon palais , ayanñt à leur tête Poe ——— le, qui faïfoit aflez connoître par {a contenance.3533. pe _ qu'il n'approuvoit pas ce quie faifoit.….Ls remon- Vus. _ frerent à la‘reine les fervices qu'ils avoient ren- dus au feu roi leur maître : Que les bienfaits dont. H h ü rs moe An du Monde, 3933. avant J,C. 67. avant l’Ere Vulg. 71e 2 64T. Historre DE L'Anc. TESTAMEN T, illes avoit honorés , n’étoient que la récompenfe de leurs fervices : Qu'ils la conjuroient de ne per- mettre pas que leurs ennemis les fiflent égorger en pleine paix, comme des victimes de leur in- jufte vengeance : Que jufqu'ici le refpect pour. l'autorité royale Les avoit retenus : mais que fi les. Pharifiens continuoient à abufer de leur pouvoir, ils fupplioient la reine de trouver bon qu'ils al- laflent chercher leur sûreté hors de fes états. Arif- cobule fe joignit à eux, &. ne put s'empêcher de faire des reproches à fa mere d’un procédé f in= jufte , & du pouvoir exceflif qu’elle avoit donné aux Pharifiens. | ne Re Alexandra fe vit embarraflée, & ne trouva point. d'autre moyen d'appaifer ces gens, qui s’étoient fignalés dans les armées fous le feu roi ) que de les éloigner, en leur confiant la garde des prin- cipales forterefles de fes états, (a) à l'exception. de Hircanie, d'Alexandrion & de Machéron, où elle avoit mis tout ce qu'elle avoit de plus pré- cieux. Peu de tems après, elle envoya Ariftobule {on fils avec une armée vers Damas, contre Pto- Maccabées , ch, 32. dit fimple- | Judée, &: que des Efféni lemée Méneus, qui fatiguoit tous {es voifins : mais.il revint., fans avoir rien fait de mémorable, En ce même tems on eut avis que Tigrane roi d'Armenie, étoit entré dans la Syrie avec une armée de cinquante mille hommes, & qu'il vien- droit bien-t6t dans la Judée, Cette nouvelle (a) Le quatriéme livre des |-quelle ville ils voulurent de k ens fa nent que les Suducéens obtin- joignirent à eux, … — -HLivres Durris me 247 jetta l'épouvente dans le pays. La reine Alexan-” 5 monte, dra lui envoya de riches préfens par des ambafla- 394 Ce deurs , qui le trouverent occupé au fiege de Pto- Vu: 7: lemaïde. Tigrane reçut bien les ambafladeurs ; _écouta les prieres qu'ils lui firent d'épargner la Judée , & ils s’en retournerent pleins de bonnes _efpérances. Bien-tôt après quil eut pris Prolé- maïde , il apprit que Lucullus étoit entré dans lArmenie, qu'il pilloit & ravageoit tout le pays. Cette nouvelle le fit réfoudre à s’en retourner promtement. _ . La reine Alexandra tomba enfuite dans ue Ge très-grande maladie ; & fon fils Ariftobule crut nue cer. _ne pouvoir trouver un tems plus favorable à {es oo deffeins. I fortit donc accompagné d’un feul des déc, lan du M. fiens, pour s'en aller dans les places fortes, Om ee avan Pre les amis de fon pere avoient la garde. Il craignoit ‘"*#7* que fi fa mere venoit à mourir, lui & toute fa race ne tombât de nouveau fous la puiflance des Pharifiens ; parce que fon frere Hircan étoit entie- rement incapable de gouverner, Il ne confia fon fecret qu'à fa femme , qu'il laifla à Jerufalem avec fes enfans. Il alla d'abord à Agaba, où Galefte, un des anciens confidens de fon pere, le reçut avec grande joye. Le lendemain la reine s’'apper-. çut de l’abfence d'Ariftobule. Elle ne le {oup- çonna pas d'abord de s'être éloigné à deflein de remuer : mais ayant appris qu'il s’étoit rèndu mat- tre d'une forterefle, & puis d'une autre ; car auf- fi-tôt que la premiere fe fut remife entre fes mains, toutes les autres fe rendirent à lui ; alors la reine & tous Les fiens tomberent dans la conf. - An du .Monde, 4934navant J. C. 66. avant l’Ere Vulg, 7e. - étoit proche du temple. 248 HISTOIRE DE L'ANC. TESTAMENT, ternation, confidérant qu'Ariftobule étoit en état de fe rendre maître du royaume, & craignant qu'il ne fe vengeât dela maniere dont on avoit traité les plus fidéles ferviteurs de fon pere. Dans cet embarras , ils ne trouverent rien de plus à propos que de mette en sûre garde la femme & les enfans d'Ariftobule , dans la forterefle qui t Cependant le parti d'Ariftobule fe: groffifloit de plus en plus ; & en quinze jours il {e vit maître de vingt-deux places. Il prit alors les marques de la dignité royale ; & ne perdit point de tems pour aflembler des troupes. Il en tira du Liban, de la Trachonite , & des princes voifins, qui la£ fifterent volontiers, dans l'efpérance qu'il recon- noîtroit l'obligation qu'il leur avoit de le pla- cer ainfi fur le trône , au préjudice de {on frere: aîné. … ai _. Cependant Hircan accompagné des principaux des Juifs, vint trouver la reine , pour lui deman- der ce qu'elle vouloit qu'on fit dans certe ex- trémité ,; où Ariftobule {e trouvoit maître de prefque tout l’état, par la reddition de tant de places, qui s'étoient données à lui. La reine leur répondit qu'elle fe remettoit à eux de faire tout ce qu'ils jugeroient de plus avantageux pour le ien du royaume ; qu'ils ne manquoient ni de monde , ni de troupes entretenués , ni d'argent, dont il y avoit grande quantité dans Le tréfor pu blic ; que quant à elle , l'état où elle {e trouvoit, ne lui permettoit plus de penfer au gouvernement de l'état, + x uifquelle fe fentoit entierement dé- faillir, cran ET mr Ent. 80 fullir. En achevant ces paroles elle mourut, après — A du Monde, après avoir regné neuf ans, & En avoir vécu for PTE xante & treize. | 26 Vulg. 69. Hircan fon fils aîné, lui fuccéda ;-& elle l'avoit fait reconnoître pour roi dès avant qu'elle mourût. Mais Ariftobule fon frere , affeétoit hautement la royauté , avoit une puiflante armée , & étoit mai- tre des principales forterefles du pays. Il marcha contre Hircan ; & la bataille s'étant donnée près de Jéricho, (a) une grande partie des troupes d'Hircan pañla du côté d'Ariftobule : de forte qu'Hircan fut obligé de fe fauver dans la forterefte de Jerufalem , où la femme & les enfans d'Arif- tobule avoient été mis par l'ordre de la reine Ale- xandra. Le refte de fes gens fe retirerent dans l'enceinte du temple : maisils fe rendirent bien- tôt. On parla enfuite d'accommodement entre les deux freres ; & la paix fut concluë, à condition qu'Hircan fe contenteroit de vivre comme un particulier, avec la jouiflance de fon bien. Ce traité fit dans le temple même. Les deux freres le confirmerent par ferment, ils fe donnerent les mains, sembraflerent en préfence de tout le peu- ple , & après fe retirerent, Ariftobule dans le pa- lais royal, & Hircan dans la maifon où demeu- soit auparavant Ariftobule. Hircan avoit regné trois ans & trois mois, (b) Ariftobule lui fuccéda (a) Zoféph. Anrig..l, 14. c. | ans; & qu'il y a faute dans le x. @ de Bello, L1.c. 4 1 | texte de Jofephe Antiq. |. 256% : (b) An du Monde 3938. | chap. 9. quine mét que trois Uflérius fur cette année montre | mois. : Ain fort-bien qu'Hircan regnà trois | L ome IIL T ñ 250 HISTOIRE DE Er'ANC. TESTAMENT, | mp non-feulement dans la royauté ; mais aufli dane | 3935 avant JC. [a fouveraine facrificature, & il poffeda ces deux Vu re dignités pendant trois ans & trois mois. (a) | Cependant Hircan avoit toûjours fon parti ; & il avoit des Juifs à qui la puiffance & Fhumeur entreprenante d'Ariftobule étoient fafpectes. Hs tâchoient donc d'infpirer à Hirean de la défiance contre fon frere, en lui difant qu'il en vouloit à {a vie. Antipater, Iduméen de naiffance > Le-plus riche & le plus accrédité de fa nation , (4) fils d'un autre Antipater où Antipas, à qui le roi Alexan- _ dre Jannée avoit confié le gouvernement de FI dumée , étoit celui qui prenoit avec plus de_cha- leur le parti d'Hircan contrée Añiftobule. () Hne cefloit de dire en fecret aux principaux des Juifs, qu'il. n'y avoit aucune apparence de laiffer ainf “Hircan dans une condition privée, pendant qu'A: riltobule jotifoit paifiblement de la royauté qu'il avoit injuftement ufurpée. Il difoit à Hircan que fa vie r'étoit pas en sûreté, sil ne {e retiroit prom- tement; ét que les amis: d’Ariftobule ne manque: roient point d’attenter àrfà vie: pour afsûrer le royaume à lufurpateur: Hircan, qui étoit naturel- lement bon, & parefleux, n’ajoutoit pas aifément tances réitérées d’Alntipater, il {e-réfolut à {e-re- urèr auprès d'Arétas roi des Arabes: Antipatér lui - (@) Comparez. AMuccab.c. | (e) Le quatriéme des Mac-. 34 Oùileff ditiqu'Efircan de: | cabées.ch. 35: dit qu'il étoit Meura grand prêtre, &. le fe- | Juif, &defcendu de ceux qui cond après le roi. «= | étoient retournés de Babylone () Auriq, L, Ie | avec le prêtre fdrass = RES TRS Livre Hvwrau sms ofe ft voir la néceflité de cette retraire,, Jui promit nu Monte, de la lui faciliter, lui offrit tout fon fecours; & FR alla enfuite trouver Arétas de da part d'Hircan , 4 pour tirer parole de lui qu'il ne le hvreroit point à fon ennemi. Lorfqu'il eut pris fes afsürances de la part d'Arétas, il revint à Jerufalem ; <& ayant pris Hircan, l'emmena de.nuit, -&c:le conduifir à grandes journées à la ville de Pétra, où leroi des : Arabes téngit da.cour. -hisdsihemonss Ste st Antipater pour ne pas laiffer {on ouvrage äm- parfait, s'employa avec beaucoup d'inftance au- près d’Arétas, pour l’engager à rétablir Hircan dans le royaume de Judée. IL lui ft de grands -prefens, pour le lui perfuader, Hircan aufh le prit du côté de linterèt, & lui promit, sil le--remettoit {ur de trône, .de lui rendre le pays.-&-les douze villes que le roi Alexandre fon pere avoit prifes {ur les Arabes; fçavoir , Médaba, Naballo (a) ; Liviade, "Tharabara, Agalla”() ,-Athon, Zoara (c), Oro- ne (4), Marifa , Ridda (e) ; Lula , &c Oniba. Le roi Arétas touché de ces promelles, marchacon- tre Ariffobule avec une armée de cinquante mil- de hommes, lui livrada E le homn y ataille , & le vainquit. Alorsplufieurs Juifs ferangerent du parti d'Hircan; & Ariftobule {e voyant abandonné,, s'enfuit dans Je temple-de Jerufalem. Arétas d’y ‘afliégéa avec {on armée fortifiée par les Juifs qui s’étoient dofi- ” (a) Apparemment Abel des | mer morte. : = _ vignes. - SE (d) Peut-être Refla, ou Tref- - (b) Lammême que Gälliim, ou | fa, dont Jofephe parle Hiv, 14 _ ÆHgalim, à à. _. - | Antiquit. c. 25. p.497. .B. & & (ce) Lamême que Ségor. dont il eff parlé dans Mur. (d) Autrement Oronaïm furla | xxx111,21. 22. li 252 Histoire DE L'ANc. TESTAMENT, - Aa du Monde» nés à Hircan De maniere qu'Ariftobule demeura 2939, avant J. C 61. avant l’Ere Vule. 65, # ‘avec les feuls facrificateurs. | La fête de Pâque approchant, les principaux des Juifs ne pouvant célébrer cette folemnité à Jerwe falem , & dans Le temple, qui étoit afliégé par Aré- tas ; {e retirerent auprès de leurs freres en Egypte. Alors un certain Onias, qui étoit un homme juite, & {1 cheri de Dieu, qu'itavoit obtenu la pluye dus rant une extrème fécherefle , voyant la guérre ei- vile allumée dans fon pays ; alla fe cacher dans une folitude, Les Juifs le firent chercher: on le trouva, & on f’amena au camp. Le peuple le con- jura que comme il avoit autrefois empêché la fa mine par fes prieres ; il voulät alors faire des im- précations contre Ariftobule & ceux de {à fadion, Il y réfifla long-tems : mais enfin le peuple ly contraignit. El s'adreffa donc à Dieu, & lui parla “en cette forte en prefence de tout le monde: » Grand Dieu, qui êtes le fouverain Monarque » de lunivers, puifque ceux qui font ici prefens, » font votre peuple, & que ceux qui font afliégés, » font vos facrificateurs, n'écoutéz les prieres ni » des uns ni des autres. » [1 n'eut pas plûtôt pronon- cé ces paroles, que quelques Juifs ui étoient pre fens, l'accablerent à coups de pi _ pier ——_— Mais Dieu ne diféra pas à tirer la vengeance d'un tel crime. Le jour de la Pâque étant arrive, auquel on avoit accoûtumé d'offrir dans le temple grand nombre de facrifices, Ariflobule & les fe _crificateurs quiétoient dans le T emple, manquant . de victimes, prierent les Juifs qui les afiéveoient, RNA CRE < ë = | Livres MHuirieme. 7 An. ‘de leur en vendre une certaine quantité. Ceux-ci 4, qu Monde; ‘demanderent mille dragmes pour chaque bête, & 3237: sv L € voulurent qu'on les leur donnût par avance. Ari£- Vule. 65. tobule & les facrificateurs en demeurerent d’ac- cord, & defcendirent le long de la muraille avec ‘une corde , la fomme à quoi cela fe montoit : maïs les affiégeans ayant reçû l'argent, ne fournirent point les victimes, & manquerent à la promefle qu'ils avoient faite. Les prêtre fe voyant ainfi trom- pés, prierent Dieu de châtier ces perfides ; & leur priere fut exaucée à l'heure même. Dieu envoya _ dans toute la contréeun vent fi impétueux, qu'il _“ruina tous les fruits de la terre; enforte que la me- fure de froment fe vendoit onze dragmes, c'et- à-dire trente-neuf fols de notre monnoye. En cetems-là, Pompée après avoir vaincu Tigra= Cap, VI. ne, s’étoit retiré dans la petite Armenie, d'où il en- pompée vient à voya d'abord Gabinius, puis Scaurus en Syrie. Gabi- em nc - nius ayanttouché trois cens talens d’Ariftobule , fe G6r. retira. Scaurus vint d’abord à Damas, &c.de-l il ré- folut d'aller en Judée. (4) Comme il étoiten che- min, ilrencontra des ambafladeurs qui venoient au- devant de lui, de la part d’Ariftobute & d'Hircan, - dont chacunrecherchoit fon alliance, & fui deman- doit du fecours, & offroit quatre cens talens. (4) Le _ quatriéme livre des Maccabées, chap. 36. ditqu'A- __riftobule envoya des prefens à Scaurus; ce que ne fit pas Hircan : Que Scaurusfe mit en chemin pour ve- nir au fecours d'Ariftobule ; mais qu'il fe retira dès. : … (a). ofeph. Anrige l. 14:c. 4. 2400.liv. l'un, font 1200000, (b) Les quatre cens talens , à liv..de notre monnoye. Li üÿ 260 Hisrorme DE L'Axc. TEsramenr, | An du Monde, Ces plates-formes , fi les afliégés ne leur en euf. 3940. ayant j. C. 6 avan fre {ent donné leloifir, en ceflant de travailler le jour Car les Romains l'ayant remarqué, ne lançoient point alors de dards , & ne failoient. aucune attaque, mais Continuoient feulement d'é- ever leurs plattes-formes, & d'avancer leurs ma- chines, dont ils devoient tirer le lendemain. Tels étoient le zele & la fidelité des Juifs à obferver les loix de leurs peres. Les prêtres ne manquerent. pas un feul jour d'offrir à Dieu les facrifices or- dinaires du foir & du matin, fans que le péril , quel- Re du Sabat. (a) que grand qu'il fût Et lorfqu'après tro >pûtles leur faire interrompre, is mois de fiége , le temple fut Pris un jour de jeûne, (4) quoique les Romains :tuaflent tous ceux qu'ils rencontroient , la frayeur “dé la mort ne put empêcher ceux qui étoient oc- Cupés à ces faintes cérémonies , de Îles Continuer: prêts à tout fouffrir , plûtôt que d'abandonner le culte du Seigneur. Pompée fui-même admiroit la conflance & la religion des Juifs, Après que lé temple eut été battu pendant trois mois, & que la plus grande tour eut été ébranlée à coups de beliers, & qu'en tombant elle eut en- traîné avec elle le Mur qui (2) Le quatriéme des Macc. ch. 36. dit que la divifion s’é- tant mife dans Jerufalem, quel- ques-uns de ceux qui tenoient le parti de Pompée, monterent far les murs du temple, & lui ou- vrirent les portes , tué plufieurs prêtres loient défendre, RUE Ses après avoir qui le vou- en € PET (b) An du Monde 304r.au 28, de Cafleu, qui répond au mois de Decembre. C’eft le mêmejour. que la ville avoit été prife s43: ans auparavant par Nabuchodo- nofor, & que 26. ans aprèselle fur encore prife par Sofius, quand. les Juifs fürent réduits fous la do-. mination d'Hérodes. 8 Æsvaer) HuUrvr FEMME: dé Romains entrerentenfoule par la bréche. Le:pre-- 2 ‘3940. avant J C. mier qui y entra; fut Fauftus Cornélius fils de Sy Ja, fuivi de ceux qu'il commandoit. ‘Furius. entra d'un autre côté avec fa compagnie ; & Fabius don- naentre eux deux, & entra auflt avec la fienne. Le temple fut aufli-tôt rempli .de. corps moïts;; ‘une grande partie des Juifs furent tués par Les Ro- mains ; és autres fe tuoient eux-mêmes , ou fe jet- toient dans Les précipices , ou mettoient le feu dans leurs demeures. Douze mille Juifs y périrent. Peu dé Romains y furent tués. Abfaion oncle & ne Monde Go, avant l'Ese Vue beau-pere d’Ariftobule , y fut pris. La fainteré du temple y fut violée d’une étrange forte : car au lieu que les étrangers & les profanes non-feulement nofoient mettre le pied dans le fan@tuaire, mais n'y portoient pas même la vûé, Pompée y: entra avec plufieurs de fa fuite, & vit ce qu'il n’étoit permis de regarder qu'aux feuls facrificateurs. IL ‘y trouva la table: le chandelier & les coupes d'or, ‘une grande quantité de parfums; &. dans le tréfor facré , environ deux mille calens. Sa pieté l'em- _pêcha d'y vouloir toucher : &il ne fit rien dans cette occafñon quine füt digne de fa vertu. E Le lendemain il commanda aux miniftres du temple de le purifier pour.offrir à Dieu des {acri- _ fices , & donna à.Hirean la charge de grand facri- …ficateur , tant, à caufe de l'afhftance qu'il avoit re- cûë de lui durant le fiége, qu'à caufe qu'il avoit empêché les Juifs d'embrafler le parti d'Ariftobu- Le. Il fit enfuite trancher la tête à ceux qui avoient excité la guerre , & donna à Fauftus & aux autres qui avoientles premiers monté fur la breche, des Kki 262 HisToiRe DE L'Anc. TESTAMENT, : an du More, reCompenfes dignes de leur valeur. Quant à {a 3940.avant J C. ville de Jerufalem , il la rendit tributaire aux Ro- 60. avant l'Ere à CÉRS Ja 1 AS SF Sue . Vulg. 64 mains; lui Ota les villes qu'elle avoit conquifes “dans la Célé-Syrie , donna à ces villes des gou= verneurs particuliers; &reflerra ainfi dans {es pre- mierés ‘bornes la puifflance des Juifs. Il rétablie -Gadara en faveur de Demetrius fon affranchi, qui en étoit originaire ; rendit à leurs anciens habi- tans celles de Hippos, Scythopolis, Pella, Dion, Samarie, Mariffa , Azot, Jamnia & Arétufe, dont les Juifs s'étoientmis en poffeflion. Il voulut que les villes maritimes Gaza, Joppé, Dora & la tour de Straton , qui fut depuis nommée Céfarée, de- meuraflent libres, & fiflent partie de la province de Syrie. Ru = | _ Les Juif Que Aïnfi la divifion d'Hircan & d'Ariftobule fu Re caufe que les Juifs perdirent leur liberté , & qu'ils Ke demeurerent aflujettisaux Romains. Ces nouveaux maîtres laiflerenc à Hircan la fouveraine facrifica- ‘ture, & la qualité de prince des Juifs: mais avec défenfe de porter le diadème, & de prendre le nom de roi. (a) Peu de tems après, ils exigerent des Juifs plusde dix mille talens , & transfererent “enfin à deshommes ; dont la naiflance n’étoit nul- lement illuftre, le royaume ; qui avoit toûjours été dans la race facerdotale, depuis le retour de la captivité de Babylone. C’eft ce que nous ver- (a) Anrig. l. 20: 0. 8. Le qua- | le plus jeune des fils d’Ariftobule "triémedes Macc.-ch. 37. ditque |-néput étreipris ; & que tousles Pompée donnale royaume à Hir- | ans Hircan devoit reconnoître can, & qu'il mena Ariflobulé | qu'il tenoit fa dignité des Ro- - chargé de chaînesà Rome, Que | mains. D . TE Ed = SE À Lives HuiriF Me 263 rons dans la fuite. Pompée ayant laiflé à Scaurus -Je gouvernement de la bafle Syrie, depuis l'Eu- phrate, jufqu'aux frontieres d'Egypte, prit fon che- min par la Cilicie , avec deux légions , & senalla à Rome en diligence , menant avec lui Ariftobule prifonnier , {es deux filles & es deux fils, dont l’ai- : né nommé Alexandre, s’échappa, mais le. plus jeune nommé Antigone , arriva à Rome avec {es IŒuS. _. : .. Antipater (4) Fami d'Hircan, dont on a parlé ci-devant, {e ménageoit en habile politique l’ami- tié des Romains, & jettoit par. là les fondemens de la grandeur de fa maïfon. Scaurus ayant marché contre Pétra capitale de l'Arabie Pétrée, () & {on armée manquant de provifions, Antipater par le commandement d'Eircan, Jui fit porter des bleds, & autres chofes nécellaires. Et comme Antipa- ter étoit fort connu d'Arétas roi d'Arabie , Scau- _rus l'envoya vers lui en ambañlade ; & il {eût fi bien menager l’efprit de ce prince, qu'il l'enga- EEE nent An du Monde ;, 3040. avant J. ©. 60. o. avant l'Ere Vulg. 64. gea de donner au-général Romain trois cens tar lens , pour empêcher le dégât de fon pays. Ain cette guerre fut prefque aufli-tôt finie, que com FRONCÉE. One 1 Le Grand Pompéeétant arrivé à Rome, y triom- _pha de tous les rois d'Orient qu'il avoit. vainçus. Ariftobule roi des Juifs, parut dans fon triomphe (a) Ang. L. 146. 9: bule £e faifit de Jerufalem , enfit (b) Le quatrième des Macc. réparer la breche que Pompéey ch. 38. dit qu'Elircan & Antipa- | avoit faite, leva des troupes, & ter étant allés avec Scaurus pour marcha contre Hircan, qui reve- aflujettirles Arabesaux Romains, | noit de la guerre contre ÂArétas, le jeune Alexandre fils d'Arifto- |. lui livra la bataille, & le vainquit. CHap. VIIL. Triomphe de Pompée. Arifto- bule , & fes enfans menés en triom- phe, 4 + An du Monde, 3940. avant J. C. 60. avant l’Ere Vulg 64. ÿ 5 An du Monde, 943. avant J, C, 7° 264 Histoire DE L'ANC. TESTAMENT, au nombre des princes captifs. Appian dit que ce prince fut ris à mort avec Tigrane : mais J ofephe Dion nous apprennent qu'il revint en Judée: & bien-tôtnous le reverrons dans ce pays don- ner de nouvelles inquietudes aux Romains. Dans ce triomphe, Pompée entre les autres dépouilles, porta cette magnifique vigne d’or, qui lui avoir été envoyée par Ariftobule, & qui étoiteftimée cin cens talens, ou un million deux cens mille livres, en prenant le talent fur le pied de deux mille qua- tre cens livres. Pompée confacra cette vigne à Ju: piter Capitolin, comme nous l’apprend Strabon, (a) & comme nous l'avons déja remarqué ci devant. : | Cependant Hircan délivré desinquiétudes que ui donnoit la prefence de fon frere Ariftobule ,{e livra à fon humeur fainéante , & laiffa prefque tout le gouvernement à Antipater, Ce fut apparem- ment ce dernier qui merita à Hircan, par les fer. vices qu'il rendit aux Athéniens , l'honneur que ceux-ci lui firent , en dreffant en {à faveur un de- cret honorable , qui portoit qu'Hircan grand-fe- Crihcateur, & prince des Juifs, ayant totjoursté- moigné (b) une très-grande affection. pour toute a nation des Grecs , & pour les Athéniens en par- ticulier ; enforte qu'il n’avoit perdu aucune occä- fion de leur en donner des preuves , ant par {a maniere dont il avoitrecû leurs ambaffadeurs , que par le foin qu'il avoit eu de les faire reconduire {ü- *ement ; Que Théodore fils de Theodore Simias; (a) Apua Fofeph, Antiqlxivic. $. (b) Anrig. 1, xav. c 16. \ LIVRE CMUIT EME 20 ayant repréfenté au fénat & au peuple d'Athénes An du Monde, quelle étoit la vertu de ce prince, & fon incli- g43 avant} C. nation à rendre fervice à leur nation; il avoitété arrêté de lhonorer d’une couronne d’or, & dg lui drefler une ftatuëé de bronze dans Le temple de Dé- . mus & des Graces , (a) ( peut-être dans le temple des Mufes & des Graces; ) & de faire publier par un héraut dans les lieux des exercices publics de la lutte & de la courfe , & fur le théatre , lorfqu'on y réprefénteroit de nouvelles tragédies ou comé- dies en l'honneur de Bacchus, ou de Cérés , ou des autrés divinités, que cette couronne lui avoit ‘été donnée à caufe de fa vertu. Ils ordonnerent aufli qu'on nommeroïit des ambafladeurs pour fui porter ce decret, & pour l'engager par ces mar- ques de gratitude, à continuer de favorifer les Athéniens, & de leur rendre de bons offices. On verra dans la fuite de certe hiftoire, qu'Hérode fils d'Antipater, donna aufli aux Athéniens plufieurs “marqués de fa liberalité & de fon eftime. _ La Judée demeura allez paifble pendant Îles fept années qui fuivirent la prife d'Ariftobule , fous de gouvernement d'Hircan. Cependant le jeune Alexandre, fils du roi Ariftobule, s'étant échap- pé> comme nous l'avons dit, des mains de ceux : ee qui le condui (a) E» 9 réle S Mas © Ÿ yugisuv. dans la vie de Speufppe, dit - Dansle temple, ou le bois facré - qu'il y avoit dans l’Académie un -du Peuple, & des Graces. Ou | temple des Mufes, où Platon - peut être, dans le remple d’Aca- | plaça auf les ftatués des Graces. demus © des Graces ; Où dans le | [n’y avoit dans Athénes aucun temple des Graces placé dans P.4- | autre temple des Mufes que ce- sadémie. Car Diogene Laërce ? lur-là, Tome IL, | LI 57. avatit l'Ere Vulg. 6r. ou REP ERP Aa 2 Depuis lan 3047. jufqu'à 3947. An du Monde $ 3943. avant J.C. 57. avant JEre ule. 61, 266 Hisrors DE L'ANcC. TESTAMENT, commença à y raflembler des troupes, & à sy faireredouter, par les courfes' qu'il faifoit dansle pays Legrand-prêtre Hircan pour fe mettre à cou- vert de toute infulte , avoit Voulu réparer les murs de Jerufalem, que Pompée avoit abattus : (4) mais. il en avoit été empêché par les Romains, qui étoient les maîtres du pays. Alexandre fe vit bien: tôt à la tête d'une petite armée , compofée dedix mille hommes de pied, & de quinze cens che- vaux. Soûtenu de ces troupes; & favorifé desan- ciens amis de fon pere, il fe mit à fortifier le chà- teau d'Alexandrion, fitué près de Corée, comme aufhi celui de Macheron, vers lesmontagnes d’Ara- bie, & commença à faire des courfes dans la Ju- dée, fans qu'Hircan püc l'empêcher. Mais Gabi- nius étant venu quelque tems auparavant en Syrie, fit marcher contre lui Marc-Antoine avec d’autres P ï ifonniers. Chefs , à qui fe joignirent les Juifs demeurés fide- les aux Romains, commandés par Pitolaus & Mai- chus, & fortifiés par les troupes d'Antipater. Ga- binius les fuivit avec Le refte de l'armée: & Ale- xandre fe retira près de Jerufalem, où la bataille {e donna. Les Romains demeurerent victorieux, Jui tuerent trois mille homm s, & prirent plufeurs Alexandre fe fauva dans le château d'Alexan- drion, où Gabinius l’'afliégea. Les Romains défi- xentun corps de Juifs fort confidérable , qui faifoit garde hors du château; & Gabinius ayant. laiflé des troupes fuMifantes pour continuer Le fiége Sa _ 0) Anrig. dl, 14 co Re TRS TRE RL EE RNES rer ; ; Se . PR 7 F RS PE, PANNE NE RS RARES S SRE SES 22 LENS M Se LR — — Livres HuiTir Me 2,67 vanca avec le refte dans la Judée, & fit rebâtir toutes les villes. qu'il y trouva ruinées. Ainfi Sa- marie, (a) Azot, Scythopolis, Anthédon, Raphia, Dora, Maria, Gaza , & plufeurs autres furent ré- Ru. - An du Monde, 3943. avant 12C: <7. avant PEre à Vulg. 61° parées. Après cela Gabinius retourna au fiége d'A- | lexandrion. Alexandre fe trouvant extrémement preflé , envoya lui demander la paix, (b) & pro- mit de lui rendre non-feulement Alexandrion, mais aufli Hircan & Machéron. Gabinius accepta {es offres, & ruina toutes ces places. - La femme d'Ariftobule , mere d'Alexandre, laquelle étoit affectionnée aux Romains , &e dont le mari & les autres prifonniers étoient en- core arrêtés à Rome, vint trouver Gabinius , & obtint de lui ce qu'elle voulut. Après cela, F7 : N a 1° ce général conduifit à Jerufalem Hircan, qui l'a- voit aflifté dans ce fiége ; & l'ayant remis dans l'exercice de fa charge de grand-prètre, il divifa toute la province en cinq parties , & y établitau- tant de fiéges pour rendre la juftice, Le premier C2 à Jerufalem; le fecond à Gadara; le troifiéme à _ Amath; le quatriéme à Jericho, & le cinquiéma à Séphoris en Galilée. Ainfi les Juifs affranchis de 1 domination des rois, fe trouverent fous un gou- vement ariftocratique. - Ariftobule s'étant échappé de Rome, revinten (a) Samarie avoit été ruinée long-tems auparavant par Jean | #éc. p. 308. Vjfér. ad an. 3979: _ Hircan. Elle porta le nom de (b) Le quatriéme des Macc. Gabinienne depuis que Gabinius | ch. 39. dit que ce fut Alexandra Peut rétablie, & prit enfin celui | femme d'Ariftobule , & mere de Sébafte , lorfqu'Hérodes le | d'Alexandre, qui vint demander -Grand la remit dans un état plus | la paix pour fon fils. LI ÿ foriffant. Voyez Syncell. Chro- æ- 3948. avant J.C. s2. avant l'Ere Vulg. 56. 268 H1iTOIRE DE LANC. TESTAMENT, An da Monde, Judée , dans le deflein d'y rétablir le château d'A: lexandrion, (4) que Gabinius y avoit ruiné aquel= 2 q | ques années auparavant. Mais Gabinius envoya Ci- fenna, Marc-Antoine, & Servilius pour l’'empé- cher de fe failir de cette place, & pour tâcher de le prendre. Plufieurs Juifs fe rendirent auprès d'A- riftobule , tant à caufe de l’eftime & du refpe. qu'ils avoient pour fa perfonne ; que portés par leur inclination naturelle au changement & à [a révol- te. Pitolaus gouverneur de Jerufalem, lui mena mille bons foldats. Il’ lui en vint aufli grand nom- bre d’autres: mais comme la plûpart étoiént mal armés ; il en renvoya plufieurs , & ne retint que huit mille hommes bien armés, & marcha contre. Machéron , pour s'enrendre maître. Les Romains 1e füivirent , le joignirent, l’attaquerent & malgré là brave réfiflance de fa petite armée, ils le bat tirent , & lui tuerent cinq milie hommes. Le refte fe fauva comme il pût; & Ariftobule avec mille hom- mes feulement fe retira à Machéron, dans le def fein de le fortifier. (b) | : .Onne fui en laïffa pas le loïfir, El fut aufi-tôt afliégé ; & après une réfiflance de deux jours, étant bleflé en plufieurs endroits, il fut pris avec fon fils Antigone, & mené à Ga Dinius , qui le ren- voya une feconde fois prifonnier à Rome. Lefé- A | | place, que mille fe fauverent, _ (b) Cette circonftance n’eft | que les autres ne cefferent de fe pas dans le quatriéme des Macc. | défendre jufqu’à ce qu'ils furent €<b. 40. Il y eff dit que Gabinius | tous défaits ; & qu'Ariftobule fut. Tayant attaqué, perdit bien du | bleffé , pris & conduit à Gahi- _ monde, mais qu'il démeyra fept | nius, LE RS @) Foivh. Ang. xxv. e. | mille hommes d’Ariflobule for la cLrver HUITIENES 167 mat mis fes enfans en liberté, & Jesrenvoya en Ju- ” Re Mende dée , dit le quatriéme livre des Maccabées ; parce ame: que Gabinius avoit écrit qu'il Javoit ainfi promis Vue-557 = à leur mere, en confidération des places qu'elle fui avoit remifes entre les mains. Pour Ariftobule 11 detneura à Rome dans les liens. Gabinius avoit concü le deflein de faire la guer- _ re aux Parthes, croyant acquerif des richefles tm- menfes dané cette guerre. Mais comme il avait déja pañlé l'Euphrate ; (a) Ptolemée Aulétés roi d'Egypte ; le vinttrouver avec des lettres de Pom pée , & l'engagea à force d'argent & de promel= fes , à venir en Egypte, pour le rétablir fur Le trô- ne de fes peres , qui étoit occupé par fa fille Bé- rénice ; laquelle avoit d'abord époulé un nommé Séleucus , qui fe difoit defcendu des anciens rois de Syrie; & enfuite Archélaus, qui fe difoit fils dé Mithridates Eupator. On dit que Gabinius reçlûe dix mille talens pour entreprendre cette expédi- tion contre l'Egypte. (b) Antipater par l'ordre d'Hircan, lui fournit pour fon armée du bled, des armes & de l'argent ; & perfuadaaux Juifs quide- meuroiént à Pélx e, & qui éroient comme les QE des de l'entrée de l'Egypte , de favorifer les Ro- mains. Marc-Antoine s'avança vers cettevilleavec . . la cavalerie qu'il commandoit, & s’en rendicmaf. tre, & par là de la clef de l'Egypte du côtéide la Syrie. Gabinius entra enfuite dans le pays, & bat- tt les Egypriens qui vinrent à fa rencontre. : ee ) Jofeph. Antta. he XIV Co E Plurarch, in Anronte: ER s. 11, cero Qrat. pro Rabirio Polthume. EL Lui 270 HISTOIRE DE L'A NC. TESTAMENT: Andu Monde, Voici comme le quatriéme livre des Maccabés: 51 avant Phre Chap. 40. raconte cette affaire. Après le départde Vulgss. Pompée ; les Perfes fe révolterent contre Les Ro- mains. Gabiniusmarcha contreeux, lescombatti, les vainquit , & les réduifit fous l'obéiffènce. Pen- dant ce tems-là , la terre d'Egypte fe révolta contre. Ptolemée fon roi, & le chafla de {à capitale,refufant de payer le tribut aux Romains. Ptolemée écrività Gabinius ; pour le prier d'accourirà {on fecours, & de réduire l'Egypte à l’obéiffance des Romains. Ga binius y:vint donc ; & écrivie à Hircan de le venir trouver avec {es troupes. Antipater s'avança au-de. vant de lui avec fon armée jufqu'à Damas, & le félicita fur fa victoire contre les Parthes. Gabinius lui ordonna de fe rendre en Egypte auprès de Pto- lemée avec fes troupes. Antipater alla, battit les Égyptiens, & en défit un grand nombre. Après quoi Gabinius vine en perfonne en Egyote, & ré- tablit Prolemée fur le trône. De là revint à Jeru- falem , renouvella l'alliance avec Le roi Hircan re sen retourna à Rome. Hi . Pendant que: Gabinius. étoit occupé à la guerre es d'Esypte, Alexandre fils d'Ariftobule , (4) caufoit. fouDIes caules : : G que ke Judée par de nouveaux troubles dans.la Judée, Il y avoitufar. SE riftobule, l'an du PÉ‘Pariorce. 4 Premiere autorité, & avoit attiré . grand nombre de Juifs à fon parti, avec lefquels : ess. il fémit à courir Le pays, & tua autant de Romains - qu'ilen.put rencontrer. Les autres {e retirerent fur la montagne: de:Gazirim.; & il les afié gea. Gabi- _Mius étant de rerour de l'Egypte, trouva les cho- 7 _— A ntiq TE LE ee de XIV ET [Document text truncated for crawler view.]