La science des hieroglyphes : ou l'art d'exprimer par des figures symboliques, les vertus, les vices, les passions & les moeurs, &c., avec diferentes devises historiques...
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LA SCIENCE DES HIEROGLYPHES, OU LArt dexprimer par des Figures Symboliques ,les Vertus, les Vices, les Pallions &les Mœursj&c. avec diferentes Devifes Hiftorique^r Ouvrage utile aux ^Peintres ,aux Statuaires ,aux Graveurs ®aux Amateurs des Arts qui dépendent du Defein. ALA HATE, Chez JAQUES VAN DEN KIEBOOM. MDCCXXXVI.
AVERTISSEMENT DU LIBRAIRE. Ndes Savans qui 'viennent quelquefois dans ma ,boutique ,s'aui fa de dire unjour qu'une Tréface eft la véritable Sauce d'un Livre. Je retins ce mot,refolu d'en profiter dans l'occafion. Lors que j'eus fait Vaquifition de l'Ouvrage que je publie aujourd'hui ,je fus fcandalifé de n'y trouver pour toute Préface qiiun maigre Difcours ,qui ne répondoit aucunement àla matière ,&àla bonté de l'Ouvrage. Le Livre me parut être en cet état,ce que feroit un plat d'excellent Toifion ,dont la Sauce ne vaudroit rien. J'eus recours àmon Savant qui fe fit un fcrupule de m'accorder une autre Lreface que je lui demandois avec infiance. Voyant que je ne pouvois l'engager àme rendre ce fervice, qui efi pourtant aujourd'hui fort àla mode dans la Librairie , je le priai au moins de me mettre aufait de la Science des .. ”1**Hie- -
IV AVERTISSEMENT. Hiéroglyphes dont j'avoisfort feu d'idée. Voici àpeuprès ce qu'il me dit. J'en chargeai foigneufement ma mémoire ,car j'avoue que ma fcience ne s'étend point jusqueslà. Je ne ferai donc que répéter de mon ?nieux ce qu'il m'aprit en cette occafion. s? Les Egyptiensfe font appliquez, de bonne heure aux fcien- 5> ces. Ils yavoient fait de très-grands progrès. Leurs „Sages ont été les maîtres des plus illujlres Thilofophes „ou Légiflateurs qiiait eu la Grece. Ces derniers avoient „été puifer en Egypte le favoir qui les rendit fi refpec- „tables àleur Latrie. Mais les Frétrès Egyptiens qui „étoient les dépofitaires de la fcience nationale ,n'aimoient „pas àla communiquer au Leuple. Ils avoient des Figures ,, qu'ils appelloient Sacrées &dont ils fe fèrvoient pour ex- „primer leur doctrine d'une manière myflerieufè. C'efi „dans ces figures facrées, (car le mot de Hiéroglyphe ne 5> fignifie que cela)qu étoient renfermées la Religion ,laLhi - s» lofophie »en un mot, toutes les Etudes des Egyptiens. Ils „n'en donnoient pas la clef àtout le monde. Ou peut mê- „me dire qu'elle eft perdue &que faute de l'avoir confervée, ,, il yaaujourd'hui, fur des Lyramides &autres anciens „monumens d'Egypte ,des chofes que l'on n'entend plus. „En vain des Savans ont ejfayé de les expliquer ;Leurs 3,Explications ne font que des conjectures, des divinations „ingenieufès àla vérité ;maisfans certitude. „On aappellé enfuite Hiéroglyphiques les figures qui 5, par des atrïbuts choifis &propres àla qualité que Ion veut
avertissement. V „veut caratferi/er ,defignent une Science ,un Vice, une Ver - „tu, ou tout autre fujet que l'on fepropofe. Ceji en quoi les „habiles ‘Peintres ,Sculpteurs ,Graveurs ,autres Artijles „Jemblables ont réiiffi. Mais pour ne point tomber dans „l'obfcurité , 0// 0/? convenu de l'nfage 3de la valeur des „fgties. On en adonné des explications qui Jont entre les „wa/w *0/tf /<? &que chacun peut confulter tou- „/fjles fois qu'il ejl en peine de /avoir quelle Vertu ,ou „^«0/0»avoulu peindre d'une manière fymbolique. „Cejl àquoi peut fervir votre Livre. ‘Vu Italien ,entre au- „très , 0»^jto un qui na pas été inconnu àvotre Auteur ; „mais il donne fort dans le moral. Votre Auteur cft plus „court ;fon Livre contient diverfes chofes que Ripa napoint „dites. Je voulus mettre mon Homme en une efpece de necejfité de me dire ce qu'il penfoit de l’Ouvrage en gros 3des Vers qui yfont in ferez, mais il m'interrompit brusquement ,en me difant qu'il ne jugeoit jamais d'un ouvrage fur une tellure faite couramment. ,, Le Tublie ,me dit-il,vous aprendra „lui-même de rejle fl l'ouvrage eji bon. Dans quelques „mois vous ferez en état d'en juger,par le débit, jouant aux vers ,ils nont, nilefublime de Corneille ,ni le délicat de „Racine, ni lexactitude de Boileau ,ni la richejfe de rimes de ,, Mr. Roujfeau ;il yades rimes négligées que l'on potir- „roit jujlifier par l'exemple de Mr. Voltaire :àcela près „les vers contiennent des véritez utiles 13 quiconque nj cher-
VI AVERTISSE MENT. „chercheroit que Vin(trublion toute nuè^y trouveroit fon comp- 3> te en bien des endroits. " dprès avoir parlé de la forte,il fe tût. Il ne me fut pas pojfible déen aracher rien de plus &il me congédia poliment. Arrivé chez moi,fécrivis au plutôt ce qu'il m'a - voit dit ;SJ l'allai communiquer àun homme de Lettres de ma connoijfance.Je fus bien furpris ,lorsqu'il me dit : 33 h' ous vouliez une ‘Préfacé; en voilà une toutefaite. Im~ „primez ce que vous venez de me dire ;le Public fera fa- ,, tisfait de Vous ;££> vous ferez quite envers lui. " . Je l'ai cru ,il refie à/avoir fi les Letteurs auront four moi l'indulgence qu'on m'a promife de leur part. i. Amor
4.. poitrine, tenant d’une main un Calice environné de Rayons, &de l’autcril dent un Cœur enfiamé &percé ,quiell le véritable fymbole de l'Amour Divin. 2.Artifice. Ces beaux traits ,cette main ,cette riche parure. "Font voir tout ce que l'Art ajoute a le Nature. Homme très beau ,richement vêtu d’un habit en broderie ,aiantla main droitç appuyée fur une viz ;&de la gauche jl montre une Ruche pleine d’Abeilles ,quireprefente que ces animaux quoi-que petit font grands dans leur conduite, ayant leurs Chefs, leur ordres, leur économies ,d’où fe forme entr’eux une efpecc de Royauté. 3- Affie vertueux. L'éclat que donne une valeur fuprime , EJl le plus riche Diadème. Homme de très bonne mine couronné de rayons avec une Guirlande d’amaranthe,armé d’armes dorées, fous un manteau Impérial brillant d’or il perce d’une lance qu’il tient de la main droit un ferpent ,de la gauche il tient un livre ,&fous un de fes pieds il aune tête de mort; C’efi: pour montrer que lors que l’on excelle dans les armes ou dans les lettres ,que Malgré Caron qui le prenddansfa barque Leur nom e/ leur vertu thriomphent de la Parque, 4.Amour de vortUi La vertu toutefeule CT fans autre opulence , Aux hommes vertueux tient lieu de Recompenfe. Enfant nud ,aiflé ,&couronné de Lauriers, ayant trois Guirlandes. en fes mains reprefentans les trois vertus Cardinalquifontla Julllce, la Prudence, de la Tempérance. 5 . Abondance Le luxe ,les plaifirs vla magnificence , Sont les vrais fruits de l'abondance. Elle fe reprefente parune belle Femme couronnée de fleurs, ayant une robe verte brochéed'or, tenant de fa main drqjteune corne d’Amalthée avec dds fruits ,& dans la gauche desépysde plufieurs fortes degrains tombant parterre, quicfUefymbole de l’Abondance. 6 . Avril. Tout plaît ,tout rit aux yeux dans ce Printems de l'àge On feroit trop heureux fi l'on était plus fage. Jeune &très beau garçon couronné de Mirte, vêtu de verd avec des ailes au dos ,tenant de la main droite le ligne du Taureau entouré de fleurs ,&de la gauche une Corbeille pleine de fruits. 7. Amour du prochain. Secourir /on Prochain ,foulager fa mijere , Efi l'Efét d'un amour généreux O1 fincere. Le voicy peint par une Homme reié" vant charitablement un Pauvre tombé ,& lui donnant l’aumône ,ayant un Pélican àfon côté qui s’ouvre la poitrine àcoups de bec pour en-tirer dü fang pour la fubü- Itance de fes Petits. 8. Amour envers Dieu. On ne trouve qu'en Dieu ces char* mantes donneurs Capables de remplir nos EfprUs CT nos Coeurs. Le faint Amour que nous fommes tous oblige^ de porter àDieu ,ne peut être mieux reprefenté que par cét homme contemplatif: il tient les yeux élevez au Ciel , afin de nous faire fouvenir que c’eft au Ciel où nous devons attacher nos penfées ,pour témoigneri’ardeur de fonzele ;il tient un Reu-
Rouleau où fe lifent ccs paroles LÆTA- MlNl IN DOMINO ,ET GLORIA- MINl OMNES RECTI CORDE, pour nous inviter ici bas àne chercher point de joye qu’en l’Amour de nôtre Dieu , qui elt le vrai Pere de Mifericorde &de Confolation. g. Afïiduité. Un travail a(fdu quelque Unt qu'il puijje être , Avance enfin Pouvrage c?* fe fait bien connaître. On nous reprefente l'affiduité par une vieille femme, qui de fes deux mains tient prés d’elle un Rocher couvert de lierrc,qui montre que fervent par l’affiduité l’on monte proche des Grands; mais que leurs fupport n'elt pas loin d’un Efcueil. 10. Amour de*Rcnommdc, Mon Empire s'étend fur la Terre »O' fur ï'O .de Et d'un vol tris lecer je parcours tout le mond:, C’cft par un Enfant nud que l’on nous le dépeint ,qui cft ailé ,&couronné de lauriers ,tenant en fes deux mains trois Couronnes ,» ayant deux pié d’estauxà fes côtez chargez de femblablcs couronnes, pour*montrer que l’Amour de la renommée elt incoruptible, &ne l’acquiert que par la vertu. 11. Amour de la Gloire Il n'efl point fous le Ciel déplus belle Couronne. Gjut celle que la Gloire donne. On le reprefente comme le precedent couronné de Lauriers, il tient en fes mains pluileurs Couronnes; les Romains donnoient àleurs Capitaines victorieux la Civique qui eff faite d’un Rameau de chefne ,là un Soldat qui avoit fauvé la vie à un Citoy- en dans un Combat l’Obfidionale de gramen ,àcelai qui avoit fauvé toute une Armée. La ^lurale^étoit le prix de celui qui avoit efcaladé le premier une Ville; àla Navalequi eft faite de pointe de Navire, fe donnoit àcelui qui avoit commencé & gagné un Combat Naval. 12. Aftrologie. Ccnfiderer les deux, leurs coursJtur mouvement Efl d'un Efprit Divin* le noble amu. femmt. L’Affrologie nous eff reprefentée fous la figure d’une femme parée d’une belle robe, femée d’étoilles couronnées demême; Elle àun Soleil fur fa poitrine; portant un Sçcptredelamain droite, un Globe celefte de la main gauche ,&un Aigle fous les pieds qui eff le Roy des Oyfeaux,lequel luivnnt les Naturaliltes eft l’animal le plus clairvoyant. 13. Avarice. Que fert d'avîiv tant de liens en partagg Si l'on nenfait un légitimé ufage ? Le vifage maigre de cette Femme avec fa pâleur &la trilteffe avec laquelle on lui voit ferrer cette bource ,&pofer fa main fur le ventre qui elt gros comme celui d’un hydropique, jointe àce loup qui elt auprès d’elle d’une extrême maigreur ,reprefente allez naïvement jufqu’où va l’Avarice de fes Efprits inquiets qui ne s’apiiquentà' autre chofe qu’à d’atraper le bien d’autruj. 14. Agriculture. Quand des dons de Cires nos Campagnes font pleines. On goûte avec platfir le doux fruits de fes peines. Elle eft reprefentée par une belle Femme de village comme l’on peint Cerés vêtue de verd couro'nnée d’épys ,tenant de la main droite le figne du Zodiaque, &de la gauche une Arbriffeau qui commence à fleurir &qui montre l'amour du Laboureur pour les plantes. IS- Art..
<5 15* Art. U» Chef.d' oeuvre de l' Art %facile ingénieux. Surprend également Vl'efprit t$ les jeux. Ceft une Femme agréable, belle &ingenieule vetaëdeverd, tenant d’une main un marteau, un burin, &un pinceau, & de l’autre s’apuyant fur un pieu fiché en terre, pour foûtenir une jeune plante qui l’environne du bas en haut pour montrer que l’Art fuplée àla Nature. i. Bonté. Mon Caraftére efl la fidélité , La Jufiice ,l'intégrité : Sur tout ma patience ànulle autre fécondé , Me rend (endre pour tout la mande. ^’Eftune DéeiTe avqp une robe de Gav"ze d’or, couronnée d’une Guirlande de Riie ,tenant une Pélican entre fes bras;& àfon côté elle aun Arbre verd fur le bord d’unRuififeau ,qui efl un emblème allégorique de la bonté qui conflfle dans la bonne qualité comme la Foy, la|uflice, l’Intégrité ,la Patience &c. 2. Bénignité. Cet deux bras que, je tiens ouvert , Montrent qu'il n'efl point d'hommeen ce va/le Univers , Dont je ne fois émeùe en voyant fa mifere : Aujft fuis-je fans fiel ,toujours prête àbien faire. Elle efl ici repreferitée par une très belle Femme avec des cheveux blonds couronnez d’or, &un foleil audefîus ,ayant une robe fort riche ,les bras ouverts, tenant de fa main droite une branche d’Efpines qui eft un fymbole de la bénignité ;elle tient fa main gauche apuyée fur un fauteüil ,& derrière elle il yaun Eléphant ,qui efl le plus noble des animaux, &qui n’a point de fiel. 3. Bonheur des Mîferîcordieuï, Affilée des maux qui touchent mon Prochain , Et fur tout de fon indigence ; Je partage avec luy non pain , Et lui fan éprouver pur tout mon ajfiflançt* La Mifericorde eft toûjours fe.nfîblement touchée des affliélions de fon Prochain ;voilà pourquoy on la reprefente par un femme charitable , qui donne du pain àdeux petits Enfans, pour montrer que la première qualité de cette Vertu ,efl de donner àmange &àboire aux Neceffiteux. 4. Bîenveüillance. lln'tflrien dans i* Hymen qui ne paroifje doux , Lors que l'amour efl mutuelle : Alcione mourut pour fon Royal Epoux , Et cét Epoux fut mort pour elle. Cet emblème ne fe peut mieux expliquer que par l’union mutuelle qu’il ydoit avoir entre deuxperfonnes mariées; elle eft ici reprefentée par une Femme agréable , couronnée de fueilles ce vigne &d’ormeaux entrelaffées, &tenant un Alcion étroitement contre fon fein. C'eft une allufionde la fable d’Alciône femme de Ceix RoydeThrace ,qui aiantapris la mort de fon mari arrivée fur la mer ,s’y précipita du regrét qu’elle en eut. y. Le Bonheur des Pauvres. Les biensfiont les Mortelsfont leur unique idole N'ont rien d'attrayant pour mon cœur ; J'aime la pauvreté ,le Cielfait mon bonheur, Cefl dans le Ciel que je m'envole. C’efl la premicredes Béatitudes qui nous efl reprefentée par un Enfant vêtu d’une robe qui montre le peu de cas qu’il fait des honneurs du inonde; il regarde le Ciel ,&par fon bas âge on peut facilement juger que fon Cœur innocent n’ellftjfceptiblequedelaFoy ,&des bonnes imprefïïons que ion amepoiïede ,jie pouvant diffimuler fon inclination naturelle ,qui efl d’afpirer vers le Lien defonorigine, dont il attend toute fiffélicité. * *. <5. Beauté
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6 . Beauté des Femmes. Les attraits dent je fuis pourvue I M'ont élevé jadis fur ffunon, c? Pallas'. Parts, qui me vid toute nui Leur refufa la Pomme ,c?" ne balança pas. Elle eft peinte nuë ,parce que les Femmes ordinairement fe piquent de la beauté de leur corps ;*& fi elles ne montrent que leurs gorges ,c’cft qu’elles fbnt-rctenuës par une modeftie civile; elle efi; couronnée d’une Guirlande de Lys &de Violettes ,qui font deux Hiéroglyphes de la Beauté ;elle porte un Dard pour montrer qu’il eftimpofîible de la voir fans êtrebleffé ;le Miroir que l’on luy fait tenir montre que plus l’on voit un objet beau & aimable ,plus on defire la jouiflance ; on l’afiied fur un Dragon pour montrer, qu'il eft dangereux d’attacher fes regards fur de tels Charmes ,&que les fuites en font dangereufes. 7. Le bonheur de ceux qui font nets de cœur. L'Innocence c? la Pureté Font Punique bonheur des hommes'. Mais helas !au fteele cil nous pommes Qui s'ocupe àchercher cette félicité ? C’eft une Femme que l’on counoit être defolée par les larmes que l’on lui voit répandre fur un Cœur qu’elle tient de la main droite; ce qui reprefentc la Puretéfqui fuivant les faintes Lettres eft prife l’Innocence :Et cette netteté de Cœur confi- Ite àne l’avoir jamais fouillée d’aucune tache, pour pouvoir pofleder un véritable Contentement. 8. Le bonheur de ceux qui fouffrêne pour là juftice. Cette Croix que tu vois te paroit accablante y J'en porte une bi nplus pefar.te. Et qui me navre de douleur ; •C'efl celle que je porte au dedans de mon coeur. La plus pefante des croix que cette femme fupporte ,n'eft point celle qu'el- A le tient en la main ,puis que ce n’eft qu’un fymbole.de la perfecution pour la Religion qui eft la plus noble partie de la Juftice ;Mais la croix quelle porte en fon Coeur en voyànt fes Enfans tuez àfes pieds ,eft la plus déplorable ,& la plus fenfible de cette vie, où il ne refte que l’efperance ;&fi nous avons part aux fouffrances, nous aurons part aux confolation. # 9. Le bonheur de ceux qui procurent la Paix. De tout les biens* de la Nature, Rien n'égale celui d’une folide Paix : Heureux qui ne la rompt jamais , Et plus heureux ,qui la procure. Celle àqui vous voyez ici tenir dans fa main droite une branche dOlivier, & fouler aux pieds des Arcs, des Boucliers &des Epées, ne fe peut mieux prendre que pour la Paix ,qui n’eft jamais fi recommandable que lors qu’on fe l’acquiert par fon mérite ,&par fa propre vertu :Et il eft encore plus Glorieux de triompher fur fes paffiorrs vitieufes que fur fes Ennemis. 10. Le bonheur de ceux qui ont faim &foif de Jultice. Que nos Moeurs fotent fans avarice r Fuyons toute ’Cupiait i , Et mtprifant Ut biens avec leur vanité , Siyons faim cr foif de Juflue. Vous voyez ici la Juftice tenant de fa main droite une Epée flamboyante ,&de la gauche une Ballance ,que Je diable lui voudroit arracher des mains; cette épée nous montre que ceux qui ont faim cr iotf de venu, fe doivent armer d’un St. Zele, qui eft une Epée invincible. 11.Le bonheur de ceux qui pleurent leurs pechez. Dieu qui permet le mal ,veut que l'on sen repente , Il punit en fon ire une artte impénitente: Il n'eft que les coeurs defolez. , qui Vieufajfe grâce, (jr qui foitnt confiiez. Voiez
8 Voiez cét homme joignant les mains regardant le Ciel, &verfant des larmes; il nous montre fecrétement que bien heureux font ceux qui jneufint leurs propres offertes , &celles de leurs prochains feules ,qu'sis feront conjolez. &sjaqucrront une joye perdurable. 12. Le bonheur des Débonnaires. Cù reporte ta rage ,homme digne de foudre Ton Dieu t'apptrçoit bien de fon Trône éternel^ Et s'il ne te portait un amour paternel , Son bras vangeur t' aurait déjà réduit en poudre. La douceur des F.fprits débonnaires , eft reprefentée par une fille qui eft un Symbolle d’une Ame pure, &fans Mali-* ce contre fon Prochain ,exempt d’aigreur &d’amertume qui font les marques d’une félicité Eternelle., toureues, pour montrer que la chafleté eft ennemie de l’ordure ,de I’oifivete ,s’éloignant des objets qui ]apeuvent faire pecher, ann d ocre maitrefle de fes paillons. 1J- Concorde invincible. La force des Rois de la terre Liguezpourjaunntr les ,ff rts a'une guerre Ne confi/le qu’en l'union } Lis LHijtotre de Geryon. Ceft Je Symbole Ieplus convenableaela Concorde invincible ,que' la figure de Leuon arme, qui atrois vifages, la tête environnée d’une Couronne d’or, fixbras, h, autant de jambes ;il tient une Lance dune main, d’une autre une Epée nuë ,& une troifiéine unSçeptre, ayant les trois autres mains pofées fur un Bouciler. 13. Calomnie. Si tu veux triompher du vice. Gjui tache àfurmonter ton cœur, T):fit toi de tout , ep* tu feras vainquer: Mais il yfaut la force ,il yfaut l'artifice. . Elle nous eft reprefentée par une femme en colere, empoignant par les cheveux un petit Enfant ,qui luy demande pardon , pour nous montrer que la Calomnie déchiré les chofes les plus innocentes ;elle porte une torche, qui manifefle que cette furie qui eft engendrée par une haine fecrete ,ne refpire que la vengence ;elle à un Bafilic pour Hyrogliphique ,pour nous 'montrer que comme cét Animal tuë de loin par fa veuë ,de mêmes la Calomnie ruine par fa méchante.langue ,ceux qu’elle fe propofe de perdre. /14. Chafleté. I; Lf voile dont tu vois que je couvre met yeux , Sert àme garantir des embûches des hommes. Faibles ,fragiles que nous jommes , Leurs regards pleins defeu font trop pernicieux. La Chafleté nous eft dépeinte vêtue de Wanc, la tête voilée, tenant un Sçeptre de la main droite, &de la gauche deuxtourt. Comcdie. Je joins quand il me plaifi ,Pa. gréable Àl'utile. Je me fay traveflir de toutes les façons, tt fans trop échauffer ma bile, je cenfure la Cour ^la Campaenc* la Ville • Et mimeen badinant je donne des lepus , £^Ous ne la mettons pas ici pour un vice ,mais pource qu’étant fur le Théâtre elle yexpofe les vices des hommes ,afin que par f’exemple d’autrui ils aient horreur du Crime &qu’ils corrigent leurs mœurs ; élis porte une fiute d’une main &de l’autre un Marque ;l’un fignifie l’Harmonie & l’autre l’Imitation. 2. Concupifcence. D. Zque le feu de la Coneupifterice , Fmbrazt quelque jeune Cœur , On peut bien due ,adieu prtt.hnee r aldieu repos ,rubéfié honneur ; aiprés vient te rtmors ,la honte €7 l’indigence. LEmblème de la concupifcence fe reprefente fous la figure d’une Femme prefque nue ,d’autant que le propre de ce vice c’elt
c’eft de ne fe dépouiller pas feulement le Corps des biens de la fortune, mais encore l'Ame de l’Honneur, de la liberté ,de la Prudence &de la fagefle ;fes cheveux font artiftement mis tenant d’une maïqune Perdrix qu’elle careiTe ;l’on luy reprefente un Crocodile fous elle ,qui avec la Perdrix ce font ces deux Animaux favorits à caufe de leur inconfiance. 3. Confcience. J'jy des épines peur les Coeurs, Vent la conduite tjl inju/le CT' mechante ; Mais je referve un Champ de fieurs , Peur un Coeur droit ,peur une Ame innocente. Vous la voyez regarder un Cœur fixement qu’elle tient dans fes mains, au deffous duquel eft écrit ,la propre Confcience • elle ales pieds nuds entre un pré feméde’ fleurs ,ex un champ plein d’efpines. C’eft pour ncfüs montrer qu’il yatoûjours deux chemins fecréts dans nôtre Cœur fort differents ,que nous fuivons fuivant que nôtre Ame eft bien ou mal difpofée. 4Convention. le doux commerce des Amis. Fais tous le bonheur de la -vie , Les plus charmans platftrs n'ont rien qui (oit e.'.quis , Sans celui de la Compagnie. C’eft par un jeune homme defort bonne mine que l’on nous le dépeint le vifage riantjUeil habillé de verd, ayantfur fa tête une CRIîrlande de Laurier ,&en la main droite un rouleau où eft eferit Malheur à ttluyijs.se/ifeul: c’eft pour nous montrer qu’une Convention honnête c’eft la chofe du Monde le plus agréable: il porte en fa main gauche un Caducée àl’entour duquel iont enlacez deux rameaux differents , l’un de Myrte, &l’autre de Grenadier! qui font les fymbolesde l’union ,&répréfentenc 1’amitié mutuelle. 5- Curîofité. Jl efi ben quelquefois d'être un peu curieux , Mais l'excez en tfl demafiable ; Tel ne ferait pas mifera-.le , ’ . Si dans un certain cas ,tl eûtfermé les yeux. Celle qui la reprefente afur fa robe quantité d’oreilles &des grenouilles, les cheveux heriffez,les bras en hauc.la tefte en dehors,&des ailes au dos,comme fi elle vouloit guetter de toutes parts ,par un defir déréglé; la gernouille yeft àcaufe de fes grands yeux ,c’eft pourquoy les Egyptiens la prenoient pour le fymbole de la Curiofité; pour les oreilles elles n’ont pas befoin d’explication. 6. Connoiflance. Heureux qui peut avoir la feiente en partage , C'eft un bon lot ,c'efl un riche talent , Pourveu qu'en devenant favant On faffe voir qu'on eft plus Sage. L’on luy fait tenir un flambeau d’une main pour fienifier que comme les yeux du Corps ont ffefoin de lumière pour voir , ceux de l’ame de môme ont auffi befoin de s’aquerir l’intelligence neceffaire ;voilà pourquoy on luy fait tenir un livre pour montrer que l’on ne peut avoir de connoiflance fans avoir veu ou ouï. 7. Concorde politique. Les plus petits des Potentats , Vevienncnt Grands par la Concorde ; Mais les plus floriffans Etats Se ruinent par la DiJcorde. La Concorde efl proprement une union mutuelle de volontez,on la peint jeune fille veftuë àl’antique, couronnée d’une*Guir- lande defleurs& de fruits ,àcaufequel’on luy donne l’honneur d’avoir demeflé Je BChaos;
*4 elle eft fufceptible aux inftru&ions ;le miroir qu’elle porte fur la fimplicité de fes habits ,&fes bras étendus ne font pas de moindres Emblèmes, pour montrer qu’elle eft prête àreçevoir ce qu’on lui oppofe. 15. de L’obeiflance. En imitant David grand Prophète &grand Roy , Gravons dans notre coeur cette Divine Loy , Que le grand Dieu du Ciel alaiffé pour les hommes-, * Car qui ne l’accomplit ne doit point efperer D'entrer dedans le Ciel ,oit tous tant que nous fommes Devons pour fes beautezfeulement afpirer. Elle nous eft reprefentée par une Femme d’un air délibéré prête àmarcher,habillée d’un bleu Celefte.ayant les brffs étendus,tenant de la main droite les Tables de la Loy , au milieu d’un Cœur pour montrer qu’elle eft prête d’acomplir fes Commandements, * ï? toi? Æ» i*!?s 1. Economie. Jadis l'Economie êtoit un nom chéri Et de la femme &du mari. Tout change ,point de régie en ce Siecle barbare ; L'un eft prodigue cr l'autre avare. r*•, .. Cette venerable Dame afur la tëfte une Couronne d’Olivier ,ep fa main gauche un Compas, en la droite une Baguette ,& àfon cofté un Timon de Navire ,véritable fymbole pour conduire une maifon Suivant fon revenu. 2. Egalité. Jefuis toujours la même, en tout temps ,en tout lieu , Je tiens égale la Balance , Je ne prends nul parti, mais ce \ufle milieu Eftplus mai aifé qu'on ne penfe. Elle eft répréfentéeparune femme de moyen âge, tenant une Balance de la main droite ,&de la gauche le nid d'une Hirondelle,qurdonne àmanger àfes petits; tout le monde convient que la Balance eft le vray fymbole de la juftice qui péfe équitablement les aftions de tout le monde pour rendre àchacun juftice. Les Egyptiens ont pris l’Hirondelle , pour le même fymbole ,difant que cét Oyfeau vray Pere de famille partage également la portion de fes petits. 3. Eloquence. Bien fouvent dans le Champ de Mars J'ai fait ce que n’ont pu Us grands Capitaines. Il n'eft rien plus confiant. Quelquefois Us Cefart Sont moins forts que Us Demoflhenes, Ce n’eft pas fans raifons que pour exprimer fes divers effects ,on le peint armée d’un Morion ,environné d’une Couronne d’or, d’unCorcelet, &d’une efpée qu’elle porte àfon cofté; outre que de l’un de fes bras qu’elle arctroulîez jufques au coude ,elle empoigne la foudre, &de l’autre elle tient un livre ouvert, audeftiis duquel eft une orloge de fable. 4Etude. Ce Livre que je lis avec attachement , Cette Lampe ,ce Coq ,toute ma Contenance, Sont pour te faire voir ,quefans la vigilancef On ésudie vainement. L’Action où vous voyez ce jeune homme affis écrivant àla clarté d’une Lampe; ayant un vifage pafle, un habillement modeile.un Livre ouvert ,un Coq àfon côté ; montre allez l’inclination de l’Etude. f. Efperonce. Le plus fameux dei Conquérant , Le Conquérant par excellence , Alexandre ,donna tous àfes Courtisait Et ne (e referva que la feule efperance. Peut on reprefenter Pefperance dans un plus beaux jour que par une Dame vêtue de verd, Couronnée d’une Guirlande de fleurs ,&qui tient en fes mains un petit A- mour.
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ï5 inour, àqui elle donne la mamelle? 6.Eternité. L’Impie dans fon coeur plein d’incrédulité Se moque de l’ Eternité, Monflre ,du genre humain zy l’horreur çyla honte , Tu jpauras quelque jour, que ce n’efl pas un conte. L’Eternité nous cil ici répréfentée foiîs la figure d’une belle Dame, avec une belle Cbevelurée parié, luy tombant fur les efpaules: Et des deux Collez où devroïent être les hanches ,ce font deux demy Cercles qui fe pliant àdroit, &àgauche, forment un Cercle uniforme fur fa teile ;elle ade plus deux boules d’or en fes mains qu’elle tient hauiTées ,&le corps couvert d’une belle toile d’Azur. 7. Exil. Exilez, tous tant que nous fommes. Pourquoi murmurons. notes dettes mauxpaffa • fiers f il eft une autre vie :zp* ce vafie Univers Eft un Exil pour tous les hommes. La figure de ce Pèlerin tenant un Bourdon d’une main ,&de l’autre un Faucon , nous explique ajléz qu’il n’efl pas fedentaimais il ne nous repréfente pas qu’il ya ait de deux fortes d’Exil, l’un volontaire &l’autre publiq. 8- Expérience. L’Experience efl tout ;cette grande Maitreffe Rendfubtils les moins pénétrans , Ectatre les ignorant : Et jaelle le Sage erre prefque fans ceffe. Femme âgée vefluë de gaze d’or ,tenant de la main droite un Carré Géométrique, & de la gauche une baguette ,avec un Rouleau àl’entour où font écrits les mots rmm mupitra ,c’eU adire Um,atre/fe dis thofet : de plus elle aàles pieds une pierre de touche, &de l’autre cêté un vafe d'où s’évaporent des flammes. 9.Eraton. Sans aimer ,àl’amour je mefuis divtüée Mes Chanfons embrafent les coeurs , Ma Lyre efl toujours enjouée: Et je charme Apollon zy les Mu/es mes Soeurs. Elle efl reprefentée par une fille agréable &de belle humeur, elle efl couronnée de Myrte &de Rofe ,fymbole de l’amour pour avoir eité confacrée àVenus &àCupidon; elle tient en fa main droite une Lyre, en la gauche un archet *&prés d’elle un petit Amour avec des ailles, un arc &un flambeau alumé. 10. Euterpe. Une douce zy tendre Muftque Eft le fpavoir dont je me pique. Et je fais ttntenir les Rochers zy les F.attx Du doux-fon de mes Chalumeaux. On la reprefente couronnée d’nne guirlande de fleurs, aiant àfes pïés des hautbois &autres inflruments ,&tenant Sdeux mains une longue flûte dont elle joue. ir. Education. Dans la conduite des enfans , Tout dépend des commencement. Un atbre dansle temps qu’il eftjeune zy tout tendre , Prend fans peine les plis qu’on lui veut faire prendre. Elle fe répréfente par une femme bien née, &dans la force de fon âge; elle efl éclairez d’un rayon Celefle, elle ale fein découvert, inflruit un Enfant &tient une verge d’une main, &de l'autre une jeune Plante ; les Rayons qui lui viennent d'en haut, montrent que c’eft de là que vient le plus puiflant fecotirs ,fon fein découvert montre que celuy qui enfeigne ne doit rien cacher ;la verge qu’elle tient ,qu’il faut joindre le châtiment àla remontrance; & la plante où elle porte la main ,qu’il faut plier la plante quand elle efl jeune. 12. Election.
12. Ele&ion. La vertu bien fouvent efl L'objet du mépris. L’homme aveugle qu'il efi lui préféré Uvice. Mais tomme avec le temps il ne connott le prix , Il faut enfin qu’il la choifsjje. C’eft une femme que fon âge &fa mine rendent venerable, ayant devant die un Cœur, qui pend au b°nt d’une chaîne , un Ecriteau qui dit VlRTUrLM EL CO ,qui lignifie qu’il n’y apas de meilleure Eleétion que celle que l’on fait de la vertu dont le chefneeft ici le fymbole ,a caufe de fa force &de fes profondes racines ;comme au contraire ,il nyapoint de pire choix que celui du vice ,représenté par le Serpent. 13. Equité. Tous les hommes me font égaux 1 le pefe leurs vertus ,je pefe leurs défauts ; Et fans avoir jamais d'égard al'apparence. 'Je punis ,ou je recompenfe. L’explication de cette figure efl affez claire d’elle même; elle reprefente l’Equité ,fous la perfonne d’une femme vêtue de blanc, qui tient d’une main une balance ,& de l’autre un Plomb ou une fonde; la blancheur de fa robe efl un myfterieux fymbole de l’intégrité dont elle fe fert àjuger des mérités d’autruy ,pour lefquelles elle ordonne des recompenfes ou des punitions fans fe biffer jamais corrompre. jq.Etoufement de mauvaifes penfées. Point Je tendreffe paternelle : Etouffefans remords comme un Monfire naiffant Toute penfée Criminelle : C'ejl un Parricide innocent. L’Enfant que cét homme tient en fes mains ,pour écrafer -comme les autres qui fe voyent abattus àfes pieds, efl un Emblème des mauvaifes penfées qu’il faut eftouffes en leur Nailfance ,de peur qu’elles ne s’enracinent, &ne prennent pied toûjours plusavant. Quant àla pierre triangulaire ,elle efl une figure deJefus Chrift,pour montrer conformément àces paroles du Pfeaume 36- Heureux qui tiendra cz qui tfer afera les enfans contre la pierre ;qu’il faut eftimer véritablement heureufela condition de ceux qui s’abfliennent des vices * &qui brifent leurs premiers mouvements contre cette pierre myfterieufe ,qui efl: la bafe inébranlable de nôtre ame. 15 Efpion. Impénétrable atoussepénétre les autres^ Je me cache de vous ,imèecillet Humains , Vous n'avez, fçeu jamais aucun de mes deffeins , Comme je fuis tout yeux, je connois tous les vôtres. Il ne fe peut mieux répréfenter que par une Homme qui fe couvre le vifage de fon Manteau tout femé d’yeux &d’oreilles , avec cela on luy fait tenir en main une lanterne fourde ;outre cela il ades Ailles aux pieds &un Chien qui marche devant luy. G-jfêy *) çmGWù 6^1*c 1. Foi Chrétienne. Quoi que je fois un Don de Dieu Des feuis Prédefltnez;le lot cr le partage ; Je brille dans un Coeur en tout tems ,en tout lieu. Quand des Ecrits Divins on fait un bon ufage. pi.le efl ici répréfentée par une Vierge ‘“'vêtue de blanc ,ayant les Epaules dér couvertes pour montrer que l’Evangile fe doit prêcher intelligiblement ;elle tient de la main droite une croix &un livre ouvert, regardant fixement tous les deux; elle porte aufTi fa main gauche prés de fon Oreille ,voulant fignifler qu’il yadeux moyens pouf s’inflruire en la foy chrétienne; Lavoir l’ouye &la lefture. 2. Feu, De quatre Elemens que nous fommes , Je fuis celui ,fans en excepter rien , Qui fais le plus de mal aux Hommes , Et qui leur fats le plus de bien.
Le feu eft un des Eleraens le plus dangereux &le plus neceftaire :fon hyerogliphe le plus convenable ,eft reprefenté par nneFemme affile, foutenant un vafe plein de feu de fes deux mains; àfescôtez elle a pour fymboles une Salamandre &des Pyralies ,animaux qui vivent dans le feu; elle aauffi un Phœnix, &le Soleil qui lui darde fes rayons fur fa tête. 3. Force d’Amour par Mer &par Terre. Cepetit Dieu fans Arc ,fansflèches , fans flambeau, Des cœurs qu'il ableffez veut avoir une effrande : Il montre fon pouvoir fur la terre & Jur l'eau. En montrant fon Poiffon ,en montrant fa Guirlande. Cét Emblème eft répréfenté de diverfe façons, maisilfemblequeceluy que voici lui convienne le mieux ;c’eft un Cupidon tenant d’une main une couronne de fleurs de laurier &de chêne, &de l’autre un poffion. 4. Fraude. Ces têtes de different âge. Cet deux Cœurs ,ce Mafqut en mes mains , En un mot tout mon équipage , Fait voir que je ne tends qu’à tromper les humains. Femme àdeux têtes l’une vieille &l'autre jeune fur un même col; elletient deux cœurs de la main droite, &un mafque de la gauche pour montrer fa Diffimulation: on lui fait une queue d’efeorpion ,pour montrer fon venin en place des pieds :Elle ades ferres d’Aigles pour montrer qu’à l’exemple de cét oyfeau de proye, elle n’a d’autre but que d’attraper le bien d’autruy. .5. Foy d’Amitié. Si la Foy regnoit ici bas, Chacun aimerait fes femblables ; Mais comme Me n'y régné pas On vsid p<4 d'amis véritables. Elle nous eft reprefentée par une vieille femme ,àcaufe que l’on tient qu’elles font plus foigneufes de garder leur foy que les jeunes; on la couvre d’un voile, &elle en tient un autre de la main pour montrer qu’elle aime véritablement. 6. Fermeté. J'arrête le plus fier de tous les A- nimaux , D'étotles crd’ Azur je fuis toute brillante , Je fuis faite pour les travaux ; Rien ne m'efl difficile ,&rien ne m'épouvante. Le fymbole de la fermeté eft reprefenté par une femme vêtue d’une Robe de couleurs celeftes brillantes d’Eftoiles ,pour montrer fa fermeté ,arrêtant un taureau qui fuivant les Naturaliftes, eft le plus fort des animaux. 7. Flaterie. Vn fiateur efl toujours extrême ; Tout ce qu'il lotte eft beau, jamais de laids portraits : Mais c'eft un langage qu'on aime ; On hume ce poifon ,on l'avale à longs traits. C’eft une femme vêtue agréablement, &qui joue d’une flûte ,ayant un Cerf à fes pieds qui eft un des animaux qui reiïemble le plus aux âmes foibles qui fe laiflent aller facilement dans le piege du flateur ;mais la ruche qui eft auprès d’elle leur aprend que bientôt ils auront de douces amertumes. 8. Force. C'étoient les plus forts autrefois , Qu'on choififfoit pour être Rois. Aujourd’hui la vertu ,c’eft la force Majeure : La raifon du plus fort eft toujours la meilleure. CElle
i8Elle eft reprefentée comme la Décffe Pallas dont le vifage eft d’une perfonne robufte, le corps fort, la taille grande, les épaules larges, les membres nerveux, le teint brun.l'œiiil brillant &hardy, tenant de la main droite une laqce &un rameau de chêne ,de l’autre un Ecu fur lequel on voit un Lion qui combat un Sanglier :fa Lance répréfente la force terreftre, &le rameau la celefte; les deux animaux répréfentent laforce du Corps &celle de l’efprit ; le Sanglier fe précipite àchaque rencontre, au contraire le Lion combat avec pru-, dence. g. Fermeté d’Amour. Un Amour paffagere eft comptée pour rien. Un Amant tendre o1-véritable Eft ferme ,confiant, immuable. peut cejfer d'aimer n'a jamais aimé bien. Cét hierogliphe eft repréfenté par line femme aflife fur un cube richement vêtue, pour montrer que quoi que l’amour foit ordinairement volage ,elle eft riche par 1a Conftancc ;elle joint les deux mains ,ayant fur fa tête deux Ancres en forme de Croix, un cœur au milieu, avec un Rouleau où font ces parolles refolution immuable ,les deux Ancres répréfentent le ferme apuy d’un Cœur amoureux uny par la foy qui eft répréfentée par fes mains jointes. 13. Félicité Mondaine. Les Telicitez de la terre Ne font que pure vanité ; Comme elles ont l'éclat du Verre , Elles ont la fragilité. L’on nous la répréfente par une femme .fuperbement vêtue, couronnée d’or , tenant un Sceptre en main appuyée fur une plante fleurie, &de l’autre main elle tient un balfln plein de pierreries &depieces d’or. m. Fideliré. Etre noble,être riche,être jeune,être belley Ce font des traits Jort éclatons: Mais avoir tous ces traits &n'itrt pas ftdelle , On eft fille pendant leng-temps. Il ne feroit pas befoin d’explication à cét emblème, fi ce n’étoit pour luivre l’ordre scar perfonne ne doute que ce ne foit une femme vêtue de blanc tenant un cachet d’une main ;une Clef de l’autre ,ayant un chien àfes pieds qui font les trois premiers fymboles de la fidelité. 12. Faveur. Combien de Courtifans vieilliffent à la Cour , Qjti fe veymt privez, par des gens fans mérité : Je le fçai ,dit l' Amant qu'un Concurrent dépite , La Laveur eft aveugle ,aujfi bien que l'Amour. La faveur nous eft repréfentéc par un jeune homme avec des ailles au dos, répréfentans par métaphore le vol de l’efprit ;il ales yeux &les pieds fur une Roue ,qui montre que la fortune diltribue fes faveurs par un caprice du hazard. 13. Franc Arbitre. Adrejfez vos avis àtout autre qu'à moy. Caritides du temps ,Ccnfeillers Mercenaires ; Je fuis libre ,0*ma feule Loy , Efi de faire jeul mes affaires. Jeune homme vêtue en Roy ,aiant 1habillement très fuperbe &de divers couleurs avec une Couronne d’or fur la tête, tenant un Sçeptre de la main droite, au bout duquel eft une lettre V. 24.Fe-
*1 V
6. Humanité. *Rien ne peut égaler mon affabilité , Douce ,fiaieufe ,populaire , Je\m'exprime avec tant de debonnairete, Que je n’ai qu’à parler pour plaire. Ce qu’on appelle Humanité ,fe peut appellcraiiiTi Courtoifie, puisque c’eft proprement une inclination ,pour plaire àautruy ;Elle eft répréfentée par une Dame vécue de couleur celcfte ,tenant de fa main droite une chaifne d’or ,pour montrer que les âmes généreufes femblent s’attacher entre elles par de mutuels offices qu’elles fe rendent. 7. Horographie. Nos crimes font que jufiement , En douleurs nôtre âge s'envole , Comme une heure qui fonne ,ou comme une parole , Quinaijl cr meurt enl’airprefqueen même moment. C’eft la peinture d’une jeune femme qui afur fa tête une horloge de fable, tenant de la main droite un quadran folâtre fur lequel le foîeil darde fes rayons ,&par l’ombre du Style vous voyez que les heures fe renouvellent, dans fa main gauche ,Elle tient une régie &un Compas ,Inflruments neceffaires pour former les diviftons des Lignes :Elle eft vêtue de couleur célefte. 3.Heréfie. Ce n’efl pas par l’Antiquité , G^u'on, di/tingue l’erreur avec la vérité , t* Herrfie la plus mortelle EJ! prefque aujft vieillejpu elle. L’Heréfie ,c’eft une Erreur de l’Efprit ,àlaquefk la volonté s’attache fans vouloir faire attention àla raifon ;Elle eft-peinte vt die, pour montrer qu’il ya. eu de tout -teins des Hérétiques qui ne veulent fuivre que leur fens réprouvé &la doftrine des hommes ;il fort de fa bouche des flammes reprefentant cette faufie doétrine, de même les cheveux efpars &ce divorce ferpent qui fort d’un livre qu’elle tient en main. 9. Honneur. L’Honneur &la Vertu marchent toujours enfemble , Elles ont chacune leur Temple. Dans celui de l’honneur on n’eft point reconnu , Que l'on n’ait vifsté celui de la vertu. Ce Guerrier couronné de palme portant une chaîne d’or au Col, tenant une Lance &un Efcuiïon où font peints deux Temples avec ces mots, hic terminus haret ,répréfente l’honneur qui eft fils de la victoire ;les deux Temples qui font dénoncez par la devife, nous montrent que l’honneur &la vertu font infcparables. 10. Honnêteté. Je cache fous ce voile épais Tout mes charmes ,tous mes attraits : La vertu d’une femme ejl ce qui la rend belle , Mais ce »*efi pas teûjctirs ce que l’on cherche en elle. Elle eft répréfentée par une Dame modeftement vêtue qui marque la modération de fon ame ,puis qu’ayant les yeux voilez, elle montre que la chafteté fuie les objets par où la concupifcence pourroit entrer dans fon cœur. 11. Hîpocrifie. Ane juger de moi que par l’exterieur Je ferais un Vasffeau de grâce : Mais je fuis fans vertu ,lâche ,double de cœur ; Et fs je fais le bien ,ce n’ejl que par grimace. U
2+ Il n’y arien de .plus difficile àconnoiflre dans ce flécle ,que l’Hipocrifie ; car àvoir cette femme pafle couverte d’un voile noir ,porter une robe rapiécée ,tenant d’une main un chapelet &un livre de prières qu’elle regarde avecattention ,&de l’autre main donnant l’aumone àun Pauvre ,on diroit être un véritable exemple de vertu; cependant je m’apperçois que c'eft un loup ravivant fous la figure d’un agneau ,puis qu’on luyvoit des pieds d’une bête feroce. 12. Homicide. Je ne refpire que fureur ; Que (an g ,que meurtre ,que carnage. Nefois donc pas furpris ,fs mon corps^ mon vsJâge , Si mon air même fait horreur. Il eft reprefenté par un homme de mauvaife mine ,couvert d’un manteau rouge qui marque la Cruauté ,tenant d’une main un Coutelas nud ,de l’autre main une tête qn’il vient de couper :Il a un vifage effroyable, pour montrer que le meurtre efi odieux àtous les hommes. 13. Hydrographie. Jefuis une Sfience àplufteurs inconnue , Voici ce que je fais :je montre quelles Mers Entourent ce vafe Univers , Quelsfont leursnoms 1leurs bras ,quelle efi leur étendue, La figure eft celle d’une vieille femme vêtue d’une robe de gaze d’argent , fymbole de l’eau, &de fon mouvement ; le principal objet de cet Art confinant en la defcription des Mers dont elle prend les dimenGons avec la bouflole qui eft àfes pieds; fa tête eft entourée d’Etoiles ;de la main droite, Elle tient une carte marine, &de la gauche un navire. 14 L’Hyver. L’hyver froid ç? tremblant tout couvert de giapons , Par (t’etranges dégâts vient défoler la Terre , il dépouille les champs de fruits &de moijfons , Faifant aux animaux une efroyable guerre. Vous trouverez I’yver encore répréfenté ailleurs; je vous diray qu’il yen aqui le reprefentent par un Vulcanprez de fa forge ,d’autres par Eole lafcharit d’une grote des vents Impétueux. iy. Humilité. En tout temps difpofée àtout événement Je fuis tranquille ,je fuis calme y jfe m’élève comme la Palme , Dans mon plus grand abaiffement. Celle àqui vous voyez tenir une palme àla main, vous montre que I’Humilite, mérité comme cette plante que plus on l’abaifle *plus Elle s’élève; elle afous fes pieds une Couronne, pour montrer le mépris qu’elle fait des grandeurs de la Terre &méprifant jufqu’à fon propre mérite. 1. Incelleft. Rien que de grand ne fait mes occupations, Et maître de ces P0(fions , Dont chaque Mortel efi efdave , Je les mâtine 1je les brave. T’lntelleft eft icf peint fous la figure d’un jeune homme àcaufe qu’elle
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ne vieillit point. Il aune Couronne fur fa tète d'où s’exhale une Flame. 11 tient un fçeptre répréfentant l'empire qu'il afurfes pallions, il regarde fixement un Aigle pour montrer que la vivacité de fon entendement n’eft qu’aux chofes hautes. %. Innocence. J4fait comme un Agneau ,fans venin ce fans fiel. Et tms maint pures de tout crème , Je les iitve vers UCiel , Qhi détend l’ Innocent que Pmjuflitt opprime. Elle apour Emblème une jeune fille couronnée de Palmes ,en aélion de laver les mains dans un Bafiïn ,aux pieds de laquelle cil couché un Agneau ;Hyerogliphc que tous les Auteurs ont pris pour lépréfenter l’Innocence. 3. Invocation. Le feuvtrain Maître du monde , Out void tout ,qui peut tout,àqui tout eflfournis , Eft le ftulfur lequel tout mon efpcir fejende , JePin vaque ccrainspeu mesplusfiers ennemis. C’eft une Femme qui a les mains jointes, qui regarde le Ciel pour montrer que le fecours qu’elle attend doit venir d’enhaut: on lui voit fortir de fa tête &de fa bouche, des flammes qui dénotent l’ardeur de Ion zelc, &de fa priere. 4Infïruttion. L'exemple tjl un prédicateur , £mt perfua le mieux que toute PEloquence. On fuit mieux te que fait un /âge Précepteur , Que les Pteteftes qu'il avance. Ceft un homme de probité avec une robe longue tenant un Miroir, &un écriteau avec ces paroles ,Infrites ,ta u;us tris ,où il fe confids’e foy-même pour montrer qu’en l’Ecole de la Vertu il faut que les Sçavans fe nettoyent enx-inêmes pour donner plus de poids àleurs inllrucüons. Imagination. 25 Tout objet quel qu'il fait ,efl de ma dépendance, Mon Domaine s’étend des deuxjufqu'aux EH- fers , Et je puisparcourir fans nulle refit)ance , D'un clin d’oeil tous Us Coins de ce vajt Univers, L’Imagination efl: un mouvement qui fe fait par les fens :on la répréfente par une femme vêtue d’une Robe de couleur changeante, pour montrer qu’elle efl: lu fceptiblc àtoutes fortes d’objets qui luy font prefentez: elle aune coëffure bizarre, ayant les cheveux heriflez, des ailles, &diverfes petites ligures qui lui forment une Couronne. 6 . Inftindt naturel. Si j'agisfans façon ,fi je parle fans fard , Si l’on ne void en moy qu’équité, que droitUr M'en foyezpas furpris^je ne dois rien àPArty Et je dois tout àla Nature. 1! efl peint en jeune graçon ,pource qu’il eft toujours égal :il eft nud &femble courir ,pour montrer qu’il n’agit que par lui même :il ale vifage voilé, pour faire croire que l’Inftinft eft une des chofes de la nature les plus cachées ;il tient en fa main droite la fleur du Soleil qui eft l’Embleme le plus convenable, 7. Intelligence. Ce n'efl pas tout d'un coup qu'on aquiert ce talent , 6jui nous rend penttrans c? fages. On rampe ,on fait cent personnages , C’eft par là qu’on devient habile,intelligent. C’eft une Femme vêtue de gaze d’or pour la diftingacr du commun ;elle eft couronnée d’unp guirlande ,tenant une Sphere d’une main ,&un Serpent de l’autre; ce qui nous fignifie qu’avant que de pouvoir venir àune haute Intelligence il faut ramper. 8. Inclination. C’eft ts azeupUqu: j’agis , JD Parce
2SParce que fagh par câprier ; C'efl pur bazardfi ie choifis y e -Plutôt la venu que le vice. r* Elle efl répréfentée ieune àcaufe qu’elle elt inconfiante ,portant fon efprit auL- fî-tôt aux chofes mauvaifes qu’aux bonnes; elle elt vêtue de noir &de blanc; fur la tête elle aJeux étoilles differentes ,l’une de Jupiter ,&l'autre de Saturne ,l’une benigne ,&l’autre paifîble ;elle tient des rofes d’une main ,&de l’autre des elpines avec des aides au pied. 9. Inconftance. Les Vagues ,c7l’Aftre qui luit , Pendant les horreurs de la nuit , Sont mon image z? mon embleme , Car je ne fuis jamais la même : C’eft une Femme vêtue de bleu ,pour imiter les vagues de la mer; qui marque fon inconftance ,elle fondent une Lune que nous voyons le plus muable des Affres, 10. Jeufne. Lors qu'on joint àla vigilence , Une fage cr fainte abfiinence , On triomphe aijiment du monde zsr de la chair: On brave la mort ,(V l'Enfer. Voici l’Embleme du Jeufne ,un homme Robufle dans la fleur de fon âge : il marche fur un Crocodile pour marquer fon mépris pour le vice-; il tient un Poifibn en main qui efl le fytnbole de l’abllinence ,ayant un lièvre fous fon bras ; animal qui dort les yeux ouverts ,figniiiant que du Jeufne vienfla vigilence. 11. Invention. Jette les 'jeux de toutes parts , Tu ne trouveras rien qui me foit comparable. Etant Mere de tous les Arts, Tout Pünivers m'tji redevable. Cette Maitreiïe des Arts efl vétuë d’.une Robe blanche, fur quoy efl écrit Non alite» de. Elle afur fa tête deux aiderons pour montrer qu’elle n’a rien de bas; Elle tient d’une main l’image de la Nature, &de l’autre un Rouleau, où efl écrit ad operam. 12. Injure. Ces cheveux tous éparr, ces verges en mes maitti Font voir ce que font les Humains: Du moment que quelqu’un les offenjé , Ils ne rejpirent que vengeance. Par la poflure de cette Femme ,il efl aifé de juger qu’elle n’eft pas en état de conter des douceurs; ces cheveux efpars , comme une Bacchante ;cette main fur le flanc, &l’autre tenant des verges; ce font les véritables fymboles d’une langue injure ufe. 13. Juftice. jFai beaucoup de féveriii , J’ai plus encore d’équité: il faut que bon juge att l’ame cr les mains pures , S'il veut punir le crime &venger les injures. Cét embleme de Juflicc efl reprefenté par une vierge couronnée, couverte d’une robe d’or ,portant àfon col un riche Joyau pour montrer que c’efl une vertu ineftimable. Elle tient un oeil en main, fymbole de la pénétration. 14. Juflice inviolable. Afftfe fur mon Tribunal , Rien ne peut m'éblouir ,rien ne ptut me fur* prendre , Rois &Bergers ,tout mefl égal , Je ne rends àihacun que ce qu’il leur faut rendre. Elle efl reprefentée par une Femme majeflueufe, qui pour montrer qu elle efl la Reype des Vertus porte fur fa telle une Couronne Royale ,tient de la main droite une épée qui enfile une Couronne &tient une Balance de l’autre pour pefer.
SEVTLLA
peTcr les bonnes ou mauvaifes aftions ;elle aun chien &un ferpent àfes côtez; Emblème de la fidelité &de la prudence. ij. Juilice rigoureufe. Aux cris du Malfaiteur je fuis inexorable , Stvere au dernier point je ne pardonne r;en ; Mortels ,foytz tous gens de bien , Je n'aurois rien pour vous d’hideux, ni d’effroyable. Elle ne peut être mieux reprefentéeque fous la forme d'un fquelette couronné , couvert dun drap blanc ,cette figure effroyable s'apuyant de la main droite fur une épée, &de la gauche tenant une Balance ,pour montrer que comme la mort ne favorife perfonne ,un Juge rigoureux n’écoute point les exeufes des Criminels. xJ&Ê&cc xJSfèSac igg-* i. Janvier. En ce renouveau de l'année Von Je regale de prefents Bijoux ,Confiture ,ruban! s Occupent de Janvier la premièrejournée. Janvier emprunte fon nom du Dieu Janus ,&divers Auteurs le représentent avec deux vifages pour nous montrer qu’il regarde le paffé &l’avenir ;on lui donne des ailles ,qui nous marquent que lors qu’il eff paffé ,fon retour n’eit que comme un vol ;fon habit btenc &le ftgne du Verfeur d'eau que l'on luy fait porter, dénotent la neige «St le frimât qui fe répand en plus grande abondance dans ce mois que dans les autres. Le Soleil recommençant ànous faire renaître les beaux jours ,les Européens ont ..a7 choify le premier jour de ce mois pour fe témoigner amitié. 2. Février. "Dans ce temps de divertiffements , Un chacun veut paraître habille ; Les bals cr les deguijermn: s , Occupent sla Cour l# Ville. Ce mois aété nommé Février par Numa Pompiltus ,àcaufe d’une fièvre maligne qui regnoit de fon temps. Ace même mois le Soleil paffe fous le figne celefte du Verfeur d’Eau ;c’eft pourquoi on luy fait porter le poiffbn ,animal aquatique , qui nous lignifie les eaux &les pluyes qui noyent les Campagnes. 3. Mars. Tout efi maigre en cettefaifon, Ou le jeufne nous mortifie ; Ft pour jouttnir nôtre vie On n'a que legume ou poijjcn, Pluficurs Anciens commencent l’année par le mois de Mars ;on le peint en jeune guerrier vêtu de couleur tannée qui eff compofé de rouge &de noir ;le noir lignifie la terre ;le rouge la vertu du foleil qui la réchaufe &fait pouffer les plantes &ranime toutes choies. Il ades aifles au dos, tenant de fa main droite le figne du Piclier, &de la gauche une taffe de fruits précoces. 11 aau heaume fur fa tête avec une mine fevere ,pour avoir été dédié par Romulus àfon pere Mais qui lui donna le même nom. Par toute la Chrétienté c’eft le temps où fe fait un Carême. 4. Avril. Le Cielfavorable ànos vaux , Reprend une face nouvelle -, Et des chiens la troupefi telle , Nous va rendre àla cha/je heureux. Avril nous eff peintjeune Garçon avec une D2Guir-
33 La Libéralité fe rcpréfentc par une "Femme qui ales yeux un peu enfoncez, le front carré, le nez aquilin, ayant une robe blanche, un Aigle fur la tête, un Compas dans une main, avec une corne d’Abondancc renverfée, d’où s’cpandent divers Joyaux :Elle en tient une autre pleine de fruits &de fleurs- 4. Libre Arbitre. Chacun fe fait fête d'un titre , Jfhit n'efl quelquefois que du vent : Le titre le plus beau ,te meilleur ,le plus grand, C'cft d’être indépendant ,d'avoir fon franc arbitre. Il efl dépeint par un jeune Homme vêtu en Roy ,d’un habit de diverfes couleurs, ayant une Couronne d’or ,&un Sçeptre en main, au dclïus duquel efl la Lettre Y. 5. Logique. Sans mey les plusfçavans n'ont qu'un léger fçavoir, x«, ist mille queflionsje fuis prompte àrepondre, Je prouve que le blanc efl noir ? Et ce n’efl que par moy que l'on me peut confondre. Elle nous efl répréfentée par une jeune Femme ,qui ales cheveux épars , pour montrer qu’elle lé négligé ,afin de s’adonner àla fçience. Elle tient un bouquet de fleurs en lu main droite, avec ce mot au dclfus ,Vetum &Falfum : Delà main gauche elle tient un Serpent, qui nous répréfente que la Prudence avec l’Etude, nous découvre la vérité & étouffe le Menfonge, G. Louange. Oh me profane àtous ,tant le (iecle ejl étrange* E_,en nefl plut tommu 1que Cencens. Et rien de plut rare en ce temps, la véritable LoUarge, Elle n’efl pas mal répréfentée par la beauté de cette Femme,jointe à la propreté de fa Robe blanche, portant fur le iein un Joyau de jafpg luifant &de couleur verte, àla tête une guirlande de rofes, en la main droite uneTrompette dont elle fonne ;Et de la main gauche qu’elle tend, elle fcmble faire ligne, & montrer quelque Perfonnc en particulier: Ce qui dénoté parfaitement que la Beauté efl ordinairement loüéc, Son Habillement répréfente la pureté ;La Pierre qu’elle porte, en efl un fymbole, &fa Trompette la iplendeur, 7. Le Printemps. De toutes les faifons je fuis la plus charmante : Dés que je reprends mes attraits, La Nature devient brillante. Et plus aimable que jamais. La faifon la plus belle de toute l'Année nous efl bien répréfentée par cette Jhcmme jeune &belle, portant une Guirlande de fleurs pour Couronne ,tenant deux bouquets de diverfes fleurs ;ce qui montre le renouvcllcmcyt de toutes les Plantes. 8. L'Eftc. Si le brillant Phcebus fe rendait plus traitable. Et qu'on pût adoucir l'effet de fes Soyfons, Cette faifon ferait incomparable. Par le fruit que l'on doit tirer defes nioifjons. Il ne peut êire mieux depeinr ,que par une jeune Idie couronnée d’Epys, vêtue de jaune ,quLnous répréfeute lu Moilfon. Elle tient une Torche allumée jointe àfa jeuneflé, pour réprélenter le Soleil &l’Armée dans fa force. *E9. L’Au.
ii. Le Vent d’Occident. p. L’Automne. Le brillant du Printemps r, arien de comparable Siux riebeffes que je produis : Il ades fleurs ,Çy j'ai des fruits : On préféré toûjours*rutile << l' agreabh. C’efl fous la figuré d’une Femme, que l’Embonpoint &fon fuperbe habillcment rendent remarquable ,parce qu'ris montrent que c’efl la plus riche Saifon de l’Année. Elle efl couronnée dune Guirlande de Pampre,&tient de la main droite un gros Raiiin, &de la gauche une Corne d’Abondancc pleine de fruits. 10. L’Hyvcr. La *difette ,le froid ,la neige, les glaçons, Sont de cette Saifon le plus bel appanage, Liais quand on e(l fourré ,dans ue chaudes maifons, Il me paroit qu’on peut fe moquer de forage. Quoy que l’Hyvcr foit encore répréfenté ailleurs,je vous diray que ce temps de frimats fc palfe fouvent parmy les Gens de condition fans en recevoir d’incommodité. C’cfl pourquoy clic efl icy répréfentée par une Femme qui mange d’un pâté proche d’un bon feu. ii. Le Vent d’Orient. Je viens de cer heureux climats, Où nait tous les matins l'Aurore ; Si les fleurs naifjent fous mes pas , Ç'cfl que je fuis ami de Flore. Il nous efl répréfenté par uti jeune More, àeaufe de la proximité des E- thiopiens qui font au Levant. Il ades ailes au dos &aux pieds, Symbole de la legercté. Un Soleil levant paroit derrière luy, comme pour nous prognoftiquer de la pluye. Hmarche fur des Nuages, ayanr aux mains dÎYCrlçS fleutS qu’il parfeme où il paiTc. Jffnay que forti du fond de l'eau, Où P’-rbus Uus lesfuir sVa trouver fon tombeau. Les fleur <font tous mesfoins ,je leur donne la vie. Fi le Cigneflans moy ferait fans mélodie. On nous le dépeint ,comme le precedent, avec dc« Ailes au dos AdcsTalonnieres, pour marquer la vîreflc. L’on tient que la force de fon haleine produit des fleurs, &fait que les Cigncs en ont le chant plus doux. 13 . Le Vent de Midy. Je ferois importun ,fl je fouflois fans ceffe, Quoy qu’il en foit pourtant, je donne au Laboureur, la pluye qu'il fouhaite avec que tant d'ardeur« Après une incommode (y longue féchcreffe. Communément il dl répréfenté parun Homme robufle, tenant un Arrofoir de la main droite, pour montrer fon inclination àla pluye. Il ales joués enflées, pour faire là force &fa violence. Il a aufli dcs'Ailcs au dos. • 1 4. Le Vent de Bize ou de Nord. Je me vais peindre ici d'ttn feul coup de pinceau, Je fuis un airpetry de frimats (y déglacé. Je fais faire laide grimace, Aqui tente kme voir le nex. hors du manteau. Il efl répréfenté par un Hommed’âge couché fur des nuages obfcurs, &fur des Frimats ,pour montrer que ce vent efl ordinairement iroid &fcc :Mais fouvent il elt modéré àfon pafTagc de la Zone torride, &couvre l’air de Nuage, &le convertit en pluye. 15 . Le Solllice d’Eilé. De* que 'eUcuche àcertein point. Vins Upiits fort de ma carrière,
SE.VtL.LA
Iljdut que je tourne en arriéré, Le Soleil ne s'arrête point. L’on ne paît mieux le répréfenterque par la Figure d’un Homme dans la force de f£m couvert feulement d’une Echarpe couleur de pourpre ;Symbole joint avec fi nudité, de l’cxcefhvc chaleur. Il cfl en aâion de rébronffer en arrière, àcaufc que le Soleil ne s’arrête point :Mais lors qu’il atouché le cercle Equinoxial ,il recule. Il porte fut fi tête un cercle de bleu Turquie. , où le voyait neuf Etoiles ,lequel efl nommé communément le Tropique du Cancer. Mtient de la main gauche un Globe qui cfl oblcur par en bas ,&.de la gauche une Ecrcvillc, &aux pieds quatre Ailes, deux blanches &deux noires. i. Manfuetude. Veux -tu charmer tous les Mortels, Leur être agréable, leur plaire, Ft t’attirer par tout îles honneurs immortels ! Sois doux, affable f<7 débonnaire. Llç nous cfl rc'préfentéc par* une Femme dune fige avancé ,qui doit avoir modère fes pafïion*. Elle pofe jûi main droite fur un îTîcphant ,fymhole de la modération. Elle porte une Couronne d’Olivier qui cfl le prix de ccuc vertu. z. Mariage. Informer. •vous des moeurs plus quedela rieheffc, ** Si dans le noeud d' Hymen vous cherchez ,e repos. Qu-a.t-il ?Qu’a -1-elle ?Jo tdeux mots, Qui n'ont jtm.ais produit ni douceur ,ni ten- Il nous cfl répréfenté par une Femme fuperbement vêtue ,ayant -un joug fur le col ,pour montrer que cefl un fardeau que l’Homme s’impofe pour le foûm’ettrc aux caprices d’une Femme. Aufil luy fait -on porter une Entrave au pied ,marque d’Elclavagc, Elle toule aux pieds une vipere ,pour marquer qu’il faut fuir les Voluptez brutales de •cét Animal qui tue le Serpent dans fes embraflemciis. 3. Mathématique. if n‘e(l point d'^drt t^al au mien, Cequej'rsy démontré nul ne le peut eombalre e Je prouve ,<7 je prouve*fi bien, <S)tion douterait plutôt que deux (7 deux font quatre. Cette Sçienec nous cfl répréfentée par une Femme qui aune Robbc trani parente ,qui fim voir que les Dctnonllrations font li paires, qu’on ne.les fçauroit contredire. Elle porte des ailes àfa tête, pour marquer que fon Efprit s’élève aux chofes celeflcs. Le Compas dont elle trace diva Ils figures ,dénote qu’elfe ne fait rien àla volée: Le Globe qu’elle tient dune main, comprenant le cercle &une defeription de la Terre, fait voir que nous n’avons aucune connoifÛDce certaine des dimeulionsde 1un ni de l’autre' ,qui ne toit tonuée lur la ration Mathématique. E2, 4- M<
36 4. Méditation. rcux tu que ta lecture àcoup feus te profite : fur l'heure CT médité. Beaucoup fifat fm; réfléchir , Mais cela ne fait que blanchir. On la peint d’un âge meur ,àd'un vifiige modefte ;qualité?, requîtes àla profefilon Elle ell alîife tenant un Livre fermé, avec un air pcnlTf, pour montrer qu’elle réfléchie fur ce qu’elle vient de lire ,afin de difeerner ce qui luy cfl profitable. f. Mcdccine. Je ne faifur quoi l'on fe fonde , Mais je fers de jouet tant aux Petits ,qu'aux Grands: Cependant admirez la folie des gens : Du moment que lon ale moindre mal du mondey On veut de mes Ingrédient. La Médecine cfl repréfentée par'une Femme âgée, peut-être pour s’accommoder au Proverbe qui dit ,Vieux Médecin (g feune <Jpouquaire. Son Talent doit être de connoître les Maladies &les mo} ens de les guérir. L’on la couronne de Laurier, Arbre qui fert àdiverfes maladies. Elle tient en la main un Coq, &en la gauche un bâton noueux ,environné^ dun Serpent ,^potir marquer qu en cét Art il faut beaucoup devioi— lence. b 5. Mémoire. L'on ne fe fouvient que du mal, L‘ingratitude régné au monde. L'injure fe grave en métal. Et le bien fait s'écritfur l'onde. Ce n’elf pas lâns ration ,qu’on luy donne icy deux Vifages, parce quec’clt un don particulier de la Nature ;Elle elt vciuë" dune rooe noire ,coulent cm ale plus de durée :Elle porte d’ure main un Livre, &de l’autre une Plume pour montrer que la Mémoire fc perfectionne par l’Ecriture àpar la Le£lu- 7- Mémoire des Bienfaits rcceus. Un cœur généreux O1lien fait. Ci oit que la Gratitude efl la Vertu fuprême : Il soublieoit plutôt luymême, d'oublier un jeuï bienfait. Ehc cfl repréfentée parunc Fille agréable portant une Couronne de Genévre. Plante qui ne vicllit point &ne fe pourrit jamais ;Ses. feuilles ne tombent pas non plus; Et pour troifiéme propriété’ les grains étant difiilcz, fortifient la Mémoire. Elle aàlès .cotez un JLdon &un Aigle ,Animaux ennerriis de 1Ingratitude. Le clou qu’elle tient marque qu’une ame bien née enfonce un bienfait reçeu ,dans fa Mémoire, aufil avant qu’on peut enfoncer un grand clou dans du bois. B. Mérite. Tout efl aujourd'hui corrompu. On ne connaît plus la vertu. On ne donne rien (tu mérité , Pas la Charge la plus petite. L’on le répréfente par un Homme licitement vcfiu, qui/e tient debout fur la pointe d’un Rocher, &qui aune Couronne de Laurier fur la telle ,l’un des bras armé &1autre nud» <3t qui tient un Livre &un Sçeptrc, 9. Mefure. L'Ouvrage que i'on fait fans poids &fans, mefure, 'Liefl pas un Ouvrage qui dure. . Cette Femme iûgeaieufc ne fc fait pas
pas moins remarquer par fon habillement modefte, que par fa bonne mine. Elle aen là main droite la melurc d’un pied Romain ,&la gauche t’équierre &le compas ,fous les pieds le carre Géométrique, &à côté de fa Robe le niveau avec fon Plomb. io. Metaphyfique. fene m’occupe [oint de fobjets temporels. Comme font la plupart des aveugles Mortels. Je la 'rces objets frivoles CT ftutelles, Pour en contempler de réels , Je Vous parler des biens &des objets celefles. On la reprefente .par une Femme qui ales yeux bandez, pour marquer quelle ferme les yeux àtous les objufts qui attirent les Créatures apres la vanit^ de la Terre. La Couronne &le Sçcptrc qu’elle porte ,montre qu’elle cil la Reyne desSçicnces qui s’acquiercnt par la Lumière naturelle. L'Horloge &le Ci lobe qui font àles pieds ,font voir qu’elle méprife tout ce qui efl fujet aux Révolutions. u. Mifericorde. Je tiens les bras ouverts pour marquer ma Clemenee , Et la pitié que j'ay pour les manx qu’on rtffent-, Je fais du bien àtous fans faire différence Entre le Petit ,CT le Grand. Nous la dépeignons par une Femme qui àle teint extrêmement blanc, le nez un peu aquilin ;Phifionomie de la Mifericorde. Elle afur fa tête une Guirlande d’Olivier. Elle ales bras ouverts, comme pdur les étendre aux affligez :dans fa main droite elle tient un rameau de cedre ,àfcs pieds efl une corneille; Hycrogliphede la Compaflîon. 12. ModefKe. les femmes, non plus que les JL„mmts Ne me ccanotffer.t point dans le fecle cù nous femmes . Chez, les uns plus de point d’honneur i Chez, les autres plus de pudeur. C’efl une Vierge qui nous la reprefente qui efl vetuë de blanc, fymbole de l’Innocence, Elle cft coiffée d'un Ample couvrec^ef ,ayant une ccintured’or, pour marquer quelle àcnchainé toutes les Paillons déréglées Elle baille la veuë ,&tient de la main droite un Sçcptre myflcricux avec un œil au dcflùs. 13. Mort. La Mort d'un coup fatal toutes chofès moîsfonnei Et l’eMrret fouverain veut que fa rigueur r.e connoiffe fer* fonne , Efl écrit en airain.. Comme on yarrive par divers moyens, auflt la depeint-on de diverfes maniérés. Cclle-cy efl reprefentéc par unfquclcte, couvert d’un riche manteau de brocard ;dautant qu’avec la même main dont elle dépouillé les Grands de leurs biens, elle guérit les Pauvres de leurs maux. Elle ell déguifée d’un beau Mafque ,parce qu’elle ne fc montre pas àtous avec un même vifage. •- 14. Mufîque. Je chaffe la Mélancolie, Et calme la dtulemr des maux les plus aigus. Les effets de l' Harmonie ^iprtchent de ceux de Bdéchus. Cette Figure n’a pas befoin d’explication pour être enterduë, c’cft une E3Femme
*8 Femme qui regarde fixement un Livre ouvert qu’elle tient d’une main ,&une Plume pour corriger là Tablature, ayant pour céfoetfer àtes pieds un Luth, une viole &des Flûtes pour en accorder l’Harmonie avec celle de ta voix. if. Meîpomcne. Je porte d’une main les Ornement Royaux , Et de'l'mtre un Poignard :Mais en Voicy il calife. La chute des Cefars,des f^ois ,CT des Héros , Ejï letrijle fujet que Ma Lire m'impose. Cette ncuvie'me Mufc efl d’un maintien grave, parce que le fu jet de la Tragédie le requiert. Elle efl richement vetuë; tenant de la main gauche,* des Couronnes &des Sçcptrcs joints enfemblc, fi de la droite un Poignard fuivant quelques uns. C’cft elle qui ainvente la Tragédie &la Mulique. i. Nature. J># cent Etres divers tesfermes differentes Sont comme autant d’habits d>r> ie change toujours. La matière efl 'toujours confiante, Mais la forme périt ,quand (lie afait fan cours. fS’Eîl une Femme nue qui 'nous la reprefente. Car comme le Principe d’Ari- (toic fe divilë en aétif & en pafiîf , dont l’un eft .appelle Forme, de l’autre Matière ;PAcUf «il exprimé par le? m.immelles de ectte Femme ,pleines de lait, ce qui fait former la matière. Le Pafllf fc rcptefcntc par le vautour qu’elle tient fur fa main »oifeau fort glouton ,étant certain que par la ma. ticrc quis’cmcut& s’altcre ;font dVtrutcs peu àpeu toutes les chofcs coruptibles, z. NeccTntc. Je ne reconnais pfiint de Le,y , Jefuis moy même une Loy fouverahte $ Je gouverne ou plutôt j'en traîne Tous ceux qui dépendent de moy. La Neccflitc n’a point de Loy, Elle n’a point de confeil àpiendre, il faut availcr la pillule, &voicy Ion véritable portrait. C’ell une Femme maigre qui tient de la main droite un marteau, & de te gauchie une poignée de doux; cela reprefetitan tqu’il n’y aplus de remede lors que le clou cft enfoncé. ]1 yadiverfes fortes de ncccfiité; L’on dit parexemple, en Proverbe ,la lèectjjiiê ebofle le Loup du Beis. Le mot de nccemté s’aplique aufti à la pauvreté &à l’indigence qui donne la gène à l’elprit ,&fait fouvent revivre les Arts alToupis. 4. Noblcfîè. La Tfoblejje efl fans dente un bien très précieux , Ce n'eft pas le fa qui la donne : 2del'attcns pas du ranç qu'ont tenu tes Ayeux , Il faut payer de ta performe. On la trouve icprefentéc en diverfes maniérés, tenant formage de Mincrue dune main, &unc#lance de l’autre, ve'tuë d’une robe l’onguc avec deux Couronnes en bas. Il yen aqui la rcprëlentent suffi avec ünc Etoile fur la tête, tenant un Sçeptre en main, pour donner àconnôtreque la véritable nobleficnaillde U vertu aua Courage illuilre, ,4. Noncha-
ment des chofes neceflâîres àla 'vie, mais encore celles qui font ncceffaircs pour l’acquifition des vertus, d’où vient que fouvent les meilleurs Efprits dcmcjrcnt en fevelis dans la’ bouë. 6 . Pechc. Iefnis encor plus effroyable, Q/e je ne partis àvos yeux Oit ne peut concevait rien de plus odieux » Ni rien de plus abominables. Cet Enncmy de l’Ame, cfl reprefente par ton Homme effroyable àvoir ,étant nud &aveugle ,ôc ayant fur la tecc des couleuvres au lieu de cheveux ,afou côté gauche un ver qui luy ronge le coeur de la conlfience, qui ne meurt point. Aumilieu du corps il adeux fèrpensqui le tiennent étroitement ferré. Il femblc marcher par des rochers prêts àcrouler fuivant fes démérites* 7. Pénitence. €)ue je fers lâchement min divin Rjtdempteur l Je [ens quk tout moment je pechc &je J*of- fenfe * Mais comme il faut pourtant s'attirer fa faveur ,» Je confeffe mon crime ,(T je fuis pénitence. Lavoicy figurée par une Femme extremer maigre &mélancolique qui manifefte fa contrition par fbnvifage blcsme, &qui fait paroitre faConfcfîîon parla fixation de fes yeux vers le ciel d’où elle efperc fon pardon. Elle efl: mal vêtue tenant une Difcipline en une main ,un poiffon en l’autre, ayant un Gril àfon. côté, &une croix devant elle. 8. Péril. Le deflin d’un mortel efl peu digne d'envie »- Il nait dans les dangers ,il ypajfe fe vie , Ses plaifirs les plus doux font fes fleurs du Frintems , 6)ui cachent fouvent des ferpens. Tout le monde convient ,que les Dangers de la vié font grands :Mais celuy de' ce jeune Homme eft extraordinare. Il fevoit fur les fleurs qu’il teale aux pieds ;dans le même temps il fc tourne &fe voit menacé d’un péril inévitable. Il marche fur un ferpent qui luy mord la jambe par derrière. S’il veut aller plus avant ,il voit un prccîpice devant luy ,&de l’autre un furieux Torrent qui l’épouvante, dans cette facheufè extrémité if n’a pour tout appuy qu’un foible rofeau qui montre la fragilité de nôtre vie. 9. Perfpective. Quoi que mon Mit fait tout Phyfique , Comme cela paroit àdes yeux clair voyons , Le vulgaive yfoubfonne une vertu Magi~ que : Tout efl fur natures aux yeux des ignorant. C’efl une Dame extrêmement belle &qui porte au col une chaîne d’or, où pend un oe’il :.au lieu de joyau Elle tient de la maj§ droite une régie un équierre ,un plomb ,un miroir ;& de l’autre deux Livres qui ont pour titre Ptefoméc &vitellion. Le miroir qu’elle porte ,démontré qu’elle tire fon fçavoir de la veuë qui fait voir ce que l’Efprit ne peut comprendre fans cette 4belle fçicncc. 10. Perfection. Pcrfonne n'efl parfait ,la chofe efi impoffihle t, Ce n'efl qu'en l’autre vie ,ou l’on peut être tet , le fuis cette lie inaceefjible , Où n'aborde jamais aucun homme mortel.1 Sa figare efl celle d’une belle Dame vctüê' de "Gaze d’or qui ale fein découvert ,&le corps dans le zodiaque.- Pour être plus libre en fon Aâion, elle ales bras rétrouffez julqu’au coude ,& fait un cercle entier avec uncompas qui efl le fymbole de la Perfedion. Si elle découvre fa gorge ,c’eft pour montrer ce degré de perfedion de pouvoir nourrir autruy. 11. Perfuafion. Fai le fecret par mes eareffes , Par mes précautions ,mime par des airejfis Dont je me fers quand il efl tems, D’enchaîner ùcoup feur tous ceux que j’entreprens, Y*'c7
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î Voicy une Figure que vous trouver» bizarre, voyant une Femme liée avec des cordes d'or. Elle eft habillée modeftement*, mais elle aune coiffure étrange ;où Eft attachée une Langue • Symbole de laPerfuafion* Il yaauffi un oeil ,qui eft une fenêtre par -où l’Ame voit ce que la langue aprononcé Elle tient dans fes mains une corde d’or ,àlaquelle eft attaché un Animal, à3têtes ,àfavoir d’un chien ,d’un chat &d’un finge. Gela fignific que trois chofcs font neceffaircs àceluy qui veut perfuader, le chien par fes careftcs, le Singe par fes rufes, &le chat par Ion attention. 12. Pieté. Celui dont je fuis le partage. Se peut dire heureux an tout fens, Il poffede les biens prefens y Et le Ciel efl fon héritage. Cet Emblème eft reprefenté dans les anciennes Médaillés par une trèsbelle Femme qui ale teint fort blanc, &des flammes au lieu de Cheveux ,pourmontrer que lors que l’on s’exerce àla Pieté l’efprit s’embrafe de l’Amour de Dieu. Elle a des Ailes au dos, reprcfcntcntcnt la vitefte-de cette vertu par deftus toutes les autres. La main gauche qu’elle tient fur fon coeur ,marque que le l’Homme doüé de cette vertu ,donne fans affeétation des preuves de fa Charité :En fa droite eft une Corne d’ Abondance, d’où tombent diverfes chofes fervant àla vie humaine. Son Habillement eft rouge* 13. Prééminence de rang. Le Mérité qui vient uniquement du fang JL'efi qu'un Mérité imaginaire : C'ejt la Vertu qui fait le rang , Tout le refte n'ejt que thimere. Elle nous eft démontrée par une Femme majcftuenfe ,qui afur fa tête rOifcau qu’on appelle le Roitelet, Su ne s’élance en haut pour ôter àfon Rival la place qu’il aprife. 14. Predeftination. Je fuis un Myflerc profond , Oü l’efprit humain fe confond: Mais feais-tu ce qu'ilfaut Ravoir de ce Myftert L’adorer ,le croire ,CT bien faire. Il n’eft point de beauté comparable à cette Vierge; qui rfapour cacher fa nudite qu’un voile d’argent, qui eft un myftere caché non feulement aux Hommes, mais aux Anges &àl’Eglifc même. Elle ales yeux tournez vers leCiel pour marcher fur les Voyes de Dieu. Sa main droite eft fur fon fein :Et de la gauche elle tient une Hermine ,Animal qui reprefetite la pureté, aimant mieux mourir que de fc faillir, 15. Plaifir. Fui le plaifir le plus charmant , C'efi une Sirene traitrejje , Qw/' te berce agréablement , Tour t'endormir dans la moleffë. Il eft reprefenté par une Garçon qui ales cheveux frifez &parfumez ,aveô une Guirlande de myrthe ,enrichie de Perles ,marque de lafivefeté, de molleffe &de mœurs efféminées. Il ale Corps à.demy nud, &des ailes au dos pour marquer que rien ne s’évanouit tans que la volupté, fl joue de la Harpe pour plairre àVenus. Il ades Brodequins d’or pour montrer le mépris qu’il fait de ce métal, afin d’aflouvir lès appétits déréglez. La Syrcne qui eft àles pieds, fait voir que comme les Mariniers qui fc laiflent aller àla douceur de fon chant ,font perdus ;de même nôtre jeune Garçon fe ruine Iots qu’il fe laiffe aller aux apas des Plaifirs i? ‘^§5* cfe* cÊ? rîp cfe 1. Pcrieverunec. Scais tu ce que e'ed qu'un Chrétien} Cejl un Homme que fait le bien Et qui per[lèveront jamais ne fe' relâche } Qu'il naît veu la fin de fa tâche . ONla peint en jeune Pallas tenant d’une main une mèche qui brûle Fajuf-
4-t jufqu'au bout ,Ade l’autre un ferpent qui fe mord la queue. RMeeft encore reprefentée ailleurs par un Enfant élevé en l’air qui fe tient d'un main àune brache de Palme, pour montrer que la vertu n’eft jamais fi forte que lorsqu’il cfl queftton de refificr au vice. z. Philofophie. Çjioy qu'on m'ait dreffé des Autels Chtx cer.t Peuples divers ,même dans tous les Ages , Le plus Grand Nombre des Mortels Sont éclairez fans être Sages. Elle cfl: icy dépeinte en Femme majeflueufe avec un habillement ambigu , comme pour s’élever ou pour s’ahaillcr. Elle tient un Septre d’une main, &un Livre de l’autre pour montrer que les Hommes de haute naiflancc ne doivent •point négliger cette mere des Arts Libcriaux ,cette Maitrcflc des bonnes mœurs date Régie de la vie, cette foutee de tous biens, &ce Guide des Ames vertueux, puisqu’Ellc pénétre jufqucs dans les lieux les plus myflerieux. 3. Poëfie. f'immortalije la mémoire "Des Grands ,des Conquérons ,des Princes &des Rjois , Mes nourriffons pourtant, pouraton bien le croire , Ont péri de mifere O43e faim quelque fois. Rienn’excedc la beauté decette Décflè. Elle eft peinte jeune, parce qu*jl n'y apoint d’Homme qui ne foit charmé de fa douceur :Elle eft Couronne de Laurier, Les mamcles nues', &de même que fi elles étoient pleines de lait, fignifient l'abondance de fes penfées. Elle aune Robe de couleur ccleilc femée d’étoiles ,fymbole de la Divinité, Elle tient de la main gauche une Lyre , 6c en*!a droite une maniéré de Hautbois pour fignifier la Genre Lyrique &le Paftoral. 4. Pratique; Tout le monde connaît le bien , L'Evangile en ce point s'explique fans nuage , Mais la Théorie n'ejl rien. Il faut la Pratique CT l’u/agc. L’on la peint icy vielle, la tête penchée en bas, regardant cette partie de l’Univers que l’on foule aux pieds, à quoy cfl fujctc la ViellefTc qui s’aflujé- • Ait aifement àunePratique nfitéc, étant ennemie de la Théorie: Elle aen une main un Compas qui eft le Symbole de la Raifon. Elle tient la pointe en bas, &la Théorie en haut pour montrer que les Régies font du ciel, &les autres de la Terre ,&par conlcquent fujettes àvarier. y. Prélature. Vous qui nous conduifés ,&qui guidez nos pas , Marche* &Vivez en Apôtres , Vos defauts ,illujlres Prélats , Se Voyent plutôt que les Nôtres. C’cft des Egyptiens que nous tenons cét Hiéroglyphe d’un Homme âgé te* naut de la main droite ,une Horloge, fymbole àrégler les mouvemens d’autruy ,pour montrer ,Qu’un Prélat doit avoir une Conduite réglée, àcaufè que chacun l’obferve: Il tient de la main gauche un Soleil éclipfé avec ces mors, Non nifi cùm defecit SpeSatorem babet , pour fignifier que le Soleil n’eft regardé que lors qu’il s’éclipfe 4De même un Prélat qui fe laifle obfcurtir par quelque defaut ,eft regardé d’un oeil de feandale. ' 6. Per-
6 . Prévoyance. Chacun feait par expérience , _ Qu'il ejl de certains ,maux ,qu en peut prévenir, On amanqué de prévoyance , JV’en manquons pas àt'avenir. Cette Femme àdeux têtes qui porte d’une main nn Compas ouvert ,lemblc vouloir mefurCr les qualités &1ordre des Temps ,àcaflfe de fes deux têtes , dont l’une femblc regarder le pâlie ,et l’autre l’avenir :Elle afur l’autre main l’oifeau de fauconnerie qu on appelle Efmcrillon ,vray Symbole de la 1revo- yancc. 41 avifée ne précipite jamais rien ,afin d’cxecuter avec Jugement. Elle aauprès d’elle, un Cerf, animal qui rumine. Elle tient en fa main gauche, un Miroir pour montrer qu’il faut aprendre à fe connoître; Et elle aen fa main droite une Flèche avec un Kcmore ,pour montrer qu’il yade la prudence àfaire du bien d'abord qu’on leîpcüt. q.Pudicité. femmey, méprifons la beauté , Ou'elle ne (oit plus nôtre Idole C’efl un bien qui fe perd, bien fune(le &frie vole : Nos traits les plus brillcns ,c'eft la pudicité. 7. Prix. Aujourd'huy la Vertu nefl qu'un nom Chimérique , On la regarde avec mépris, Heureux pourtant qui la pratique , Celui-là peut conter qu'il remporte un grand Prix. Sa Figure cfl celle d’un Hommevêtu de blanc avec une ceinture d’or ,&démontre la vérité fuivie de la vertu. 11a une Palme de la main droite avec un Rameau de chefnc ,&de la gauche une Guirlande ,qui lignifie que le 1nx adeux parties principales ,1Honneur &l’Utilité. 8. Prudence. C’eft une Fille vêtue de blanc, qui. marque fes chafies intentions. Elle a fur la tête, un voile, pour montrer qu’une honnefle Femme doit plutôt cacher fa beauté ,que la faire voir. Elle tient en la main droite un lis Symbole de la Pudicité. Sous un fes pieds clic foule une Tortue ,pour dire qu’une Femme ne doit point fortir de deffous fon toit ,non plus que cét animal. 10. Raifon. ConfulteK moy dans vos affaires , Tous mes avis font de faijon, Je fuis un guide (itr ,ors ne s’écarte gueres, Quand on conjulte la raifon. Je conte pour rien la fcience ,^ L'efprit même le plus brillant, Lors que l'efprit cfl fans Prudence Et le favoir fans jugement. Elle eft reprefentée par une Femmeà deux Vifages ,qui afur fa tête un Heavmc doré, pour fignifîcr que l’Homncprévoit l’avenir &cvucles embûches. File cft environnée d’une Guirlande de Mcuricr, pour montrer qu’une perfonne Elle cfti reprefentée àpeu prés comme Pallas, tenant de la main dreflte une Epée nue, pour exterminer les Vices qui luy font la guerre. Son Heaume avec la couronne d’or ,montre que l’avantage que ce Métal afur les autres, cfl comparé àla vertu qu’ala Raifon fur l’amc des Hommés. Te la main gauche elle tient un Lion àqui clic amis un frein, pour montrer fon empire fur les Palpons :Eli clic porte devant fon cfl0-
4â’ eftomach une mankre de Plaftron femé de Notes d’Arithmctiquc. xx. Railon d’Etat. , Dans une [âge République , Chez un habile Politique , La fouveraine Loy n'eff que la politique } Tout s'y fait par raifon d’Etat , On la peint par une Femme armée & aguerrie ,pour montrer que celuy qui agit par les Raifons Politiques tient toutes les autres indifférentes. Elle aune Jupe verte fèmée d’yeux &d’oreilles, pour nous faire connoître qu’elle veut tout voir &oiiir. La baguette qu’elle tient de la main gauche, marque fa domination fouueraine. Sa main droite cil appuyée fur la tête d’un Lion, pour montrer qu’à l’cxempU de ce fuperbe Animal les Grands ne tâchent qu’à fc feiré des fujets. 12. Rébellion. O» void bien amon air que je hais lefclavage, je l'haborre en mon césar ,CT j’en fais vanité , Et pour parler tout fcanc ,j'enrage Jëhi'cn aime en général fi peu la liberté. Avoir la mine de ce jeune Homme, on connoit qu’il foufîrc avec peine l’Empire d’autruy, &que fon Sang bouillant luy fait tout entreprendre. Il cil armé d’un Corcelct& d’un javelot ,pour montrer qu’il eff toujours en état d’attaquer ou de défendre. 11 porte pour cimier la figure d’un Chat ,Symbole quon portoit anciennement dans les Drapeaux pour marque de liberté- 11 foule aux pieds un joug rompu. 13 . Réconciliation d’Amour. On [e brouille aifément avec ce que lon aime , Mass que c'eft un piaifir ‘extrême , Que celuy que goûte Un Ornant Dans un tendre acommodement ? La voicy reprefentée fous^ la figure d’une jeune fille, qui porte àfon col un beau faphirde couleur ccleflc ,Symbole de Réconciliation, étant prefenté, foit qu’il foit accepté ou refufé. Elle tient de la main droite une coupe, & de la gauche deux Amours qu’elle veut faire boire cnfcmble, leur recommandant de ne plus fe brouiller, &d’abandonner pour cét effet la jaloufie. 14. Religion. fe fuis véritablement Reyne , Etant du Souverain la fille fouveraine, .Ceux qui mefervent toutefois Tl’ont pour partage que des croix. Elle eff reprefentée par une Femme voilée .parce qu’elle atoujours été fccretc. De la main droite, elle tient du feu ,de la gauche une croix &un Livre, Baniére de la véritable Religion. Le Livre eft celuy de la Ste. Ecriture par lequel elle s’établis dans les arne, de le feu eli le fymbole de la dévotion, qu’elle yallume, àfon côté cft un Eléphant le plus religieux de tous les Animaux. 15. Reformation, Le profane adit de tout temps Que je fuis un peu trop aufiere, l’en conviens :mais je fuis Une prudente mere , Qui [jait tenir bas fes enfans. Elle eff peinte en Femme vielle Gmplcmcnt vétué ,&qui tient àla yiain droite une paire ferpe ,Infirumenr propre au jardinier pour couper les branches inutiles :Elle s’en 1ère de même pour retrancher les abus &les mauvaifes cou-
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coutumes. Elle tient de la main gauche un Livre ouvert où fe Iifent ces paroles . Que les Loix fans périr font toujours , défendues. Et par les ^Accident ne font jamais perdus. qu’il eoufe en fon cœur. Il fèmbles lancer un Javelot ,comme pour femer la zizanie dans le Public, fon Habillement de.„ diverfes couleurs reprefente l’Ambition, la Jaloufie‘& l’inegalité de fon humeur violante. $.Santé. Je fuis un bien ineflimable . Sans moy pauvres Mortels ,vous le [entez tous bien , Le plus riche efl plus miferable que celuy qui na du tout rien. 1. Repentance. Je fens mille remords ,qui comme des épines, Verfuit mon cœur atous momens , Je Vois que j’ai péché ,Seigneurs ,je me repens , Mais c'efl par un effet de tes faveurs divines. Ettc Figure n’a pas befoin d’explication; puis que l’on fçait que la Couronne d’épines, le cilice &le cœur enflammé que porte le Pecheur repentant, font autent de témoignages ,de zele &de mortification volontaire :car le regrer qu’il ad’avoir offenfé fon Créateur, & le fecret remords de la Confçience ne fe font pas moins fentis àl’amc pénitente, que les Epines au Corps qui en cfl piqué. 2. Rumeur. Elle efl reprefentéeparune Femme qui eflàlafkurdc fon âge, ayant en la main droite un coq ,fymbolede la Vigilance, &en la gauche un bâton n’oiieux, où s'entortille un Serpent. 4. Sanpience. Le Livre que je tiens efl la Sainte Ecriture , Quand on puife dans cette eau pure. Le fidelle-ejl certain d’arriver au vrai but Puis qu’il devient fage àfalut. Sa figure efl celle d’une jeune Fille t qui dans l’obfèurité de la nuit tient de la main droite une Lampe allumée. Sa jeuneire commande aux Aftres, qui ne ne la peuvent faire viellir .ni luy oflcr l’Intelligence que la clarté qu’elle porte aéclairée dans fon entendement, en diffipent les tenébres du vjcc. Elle tient les Livres des faintes. Ecritures qui conduis fent les Ames au falut. La Difcorde aux crains de Couleuvres , refie fatale aux Potentats , Ne finit fes tragiques oeuvres gii'en lû fin meme des Etats. Ce qu’on appelle rumeur, Difcorde ou Temulte ,efl reprefente par un Horn! me en fureur, ayant un Serpent fur fon Heaume, fymbolcdcs percieux deflèias 5. Sapience Divine. Le brille d’un éclat qui n’a point depareil. Ma clarté le difpute Àcelle du Soleil : Mais nen fois point furpris ,celete d’origine , Ma lumière eft toute divine C’efl une Dame qui nous la reprefente dans la modefiie; &que fes regares merveilleux rendent vénérable. Elle efl véreêL
t,. Ambitieux. Voyez-vous ce Tantale nu milieu dit fefiins , Qui meurt àtout moment ,four trop aimer la vie ; Scachez,Ambitieux qu'ayant la même envie , Vous aurez, les mêmes deflins. Damoclès que tu vois afTis en un feftin fur un lit magnifique, ayant au delfus de fa tête une épée nue qui ne tenoit qu’à un petit fil, étoit uncourtifan de Denysle Tyran ,qui eft le véritable emblème des Ambitieux. Denis le fait fervir avec la derniere magnificence,les mets les plus exquis, &les inftrumens de Mufique font employez, mais dans fion élévation il eft dansdes terreurs mortelles qui lui font defirer les douceurs dont il joüiifoit dans la médiocre condition. 3. Ame Iuftc. Dujufle on voidfortirfans ceffe des douceurs , Qui touchent les efprits ,&quigagnent les coeurs : Etfour cette ratfon on les compare aux Rofes. Videur defes vertus fe refond en tous lieux , OnPaâmtre ,on lafent toujours en Mutes chofes , 51 Etmême cette odeur sexhalejufqu aux deux. Cette main qui tient un bouquet de Rofes eft leSymbole de famé iufte, car comme les rofes furpailenten odeur toutes les autres fleurs ,auffi font elles comparées aux Juftes dans les Ecrits facrez. Tachons donc de nous mettre en état que notre amc exhale une odeur agréable devant Dieu. 4. Ame née pour les foufïrances. Nos cœursfont douezfur la croix. Nous voulons imiter le Sauveur adorable , Quivoulut bienfouffrirfur un femblabié bois , Par un amour qui neut ,ninaurade femblabte. ** Ces tro^ coeurs clouez fur cette croix ,font voir que le nôtre doit être attaché àcelle de Jefus-Chrift, en laquelle nous devons mettre nôtre amour, comme en ia choie qui en eft laplusdigne. 5. Ame Droite. Lejujleporte àDieu fes inclinations , C'eft f<Mr lui feul qu'ri fait toutesfes aBions» GAnfi
5*-, Aujjî la main du Cielles drejfe &les dirige. Par la corde c' leplomb ellet vont àleur but,. Car »'allantpas bien droit ce niveau les corrige Et le met en état d'ajfurerfonfalut. Cette main dans le Ciel tenant un plomb au bout d’un corde îu qu’elie fait tomber perpendiculairement dans le coeur ,reprefente le coeur de l’ame droite ,de qui toutes les inclinations,les penfées &les defirs vont direftementà Dieu ,qui les conduit &les dirige par le niveau de fon amour. C. Ami. L'homme receut également. Le bien &le malenpartage: EtDie» l'afait exprej]ément , Afin quefa vivante image , Dûtauxfaim d’un ami fon acompliffement. . Ces deux hommes font femblables. Il faut cela pour qu’ils foient véritablement amis. Onvoid pourtant beaucoup de vertu d’un côté ,êe beaucoup de vices de l’autre ,corn me on les void par ce que contiennent les badins de cette balance. Mais que fait l’ara il il vient au fecours du parti le plus foible, &femet lui-mê- me du côté de la balance qui cft le moins pefant, &par fon contrepoids donne l’égalité' aux chofes inégales. 7. Amitié. L'amitié brûle defa flamme , 'ions ceux quifont clignes dujour; Les hommes qui n'ontpoint d'amour, Sont des corps qui viventfans cime. L’homme eft née pour aimer, ceux qui font ici reprefentez fe tiennent par la main &s’embrafl’ent. Ils quittent l’un pour l’autre ce qui peut nuire àleur amour, les honneurs, les richeflês ,&les plaifirs. Pourveu qu’ils fe pofledent l’un l’autre, ils crayent pofléder toutes chofcs. S. Amour. L’amourporte un bandeau ,fculpareil àfoi-même : On ne voidau travers-rien qui ne femble beau. Quiconque veut aimer doit porter ce bandeau , Ettrouver tout parfait en lachofe qu'il aime. Ccperequine void point les défauts defes en fans quoi que difgratiez delà nature,eft*le véritable Emblème de ceux qui aiment bien. Comme celui-ci cherche en la beauté du vifage de quoi oppofer àla difformité de
la taille ,&trouve dans une taille bien faite de quoi recompenfer la laideur du vifage :Ainfi un veritabî cami regarde toujours fonami par fes bonnes qualités»* &ne s’attache point aux méchantes. Amour miiet. Lefilence e/l un bien fuprême ; C'e fl la vertu du Sage ,&celle d'un Amant. Quineparle que rarement , N'offencc jamais ce qu il aime. Onne doit jamais parler mal d’un ami. C’eltce qui eil icireprefentce par le Dieu du Silence, qui toujours miiet ,&toujours maître de foi , commande àtoutes les pallions qui peuvent troubler l'harmonie de la veritableamitié II ades ailes, pour montrer qu’il emprunte fon activité de l’amour ,&qu’il vole lors qu’il s’agit de fervir un ami. 10. Amour pour la croix. eVO" **;*‘'* Mon coeur &mapenfèe ont la croixpour objet » Tous deux tendent Àcefujet : Ce boisfanscejfe lesa/femble. Quandmapenféey courtjefens mouvoir mon coeur , Inflpërabkment ils vont tous deux enfemble , Sur cette croix adorer mon Sauveur. n Cette croix portant un coeur an milieu, &desPenféesà chacun de bouts ,lignifie que toutes nos penfées que tous nos défi rs ,que tout notre amour doivent être en nôtre Sauveur qui acte Crucifié pour nous. 11. Amour des Ennemis Pourplaire àton divin Sauveur , Tu dois ère flneer e&d'ejprn &de cœur , Etmarcherfinalement ,commefait la colombe , Avoir de l' amour,point defiel, Relever ton prochain ,Ion que tu vois qu'il tombe, C'e fl le moyen d'aller au ciel. Ces deux Colombes font le Symbole de la fimplicité &delà fincerite qui doivent régner dans toutes nos a&ions ,&que comme ces animaux n’ont point de fiel , l’homme véritablement Chrétien, doit aimer &pardonner fon prochain quoiqu’il l’ait oftenfé. 11, Avare. Cet Avare aux livres, déteintes Metfon bonheur enfon argent , G5Ce-
54 Cependant le chagrin lui donne des atteintes, Et comme des vautours des entrailles rongeant , Il meurt centfois le jour de foubçons de cramtes. ' Cet homme que tu vois efl un vieux Ufurier,qui tient d’une main les Regillres de l’argent qu’on lui aporte ,avec les interets. Il craint qu’on le vole. Il regarde Tes propres enfans comme autant d’Harpies. &des Vautours qui le déchirent. *3, Avarice. Non, ilnefl pas befoin d'inventer un fipplice , Pour punir ce Brutal de fon avidité. Ils'efl fait fon Bourreaupar excès d’avarice , Et feait bienfe punir comme il amérité. Elle efl reprefentée par un Gueux au mileu de grands biens ,qui meurt de foif &de faim :&fi quelque fois il accorde àfou ventre quelque nourriture, ce n’efl que de ces alimens dont fe nourriflént àpeine les plus milerables. 14. Avarice infatiable. Retranche le défit qui t'agite Cote trouble. Borne ta convoitife, où finit ton pouvoir , Plus l' Hydropique boitplus Jet foiflui redouble ; Plus l’Avare ades biens ,plus il en veut avoir. Elle nefeauroit mieux être reprefentée que par cet Hydropique, qui étant brûlé d’un feu qui ne peut être éteint croit qu’à force déboire il recevra quelque foulagement. Plus il boit &plus il veut boire. Ainfi en efl-il de l’Avarice qui ne icauroit .être raflafîée. 15. Aveuglement. Ne te vante jamais ,ni d’efprit }ni d’etdrefle , Pour avoir plus volé que nontfait tes Ayeux ; Midas était tout d'or ,çjy malgré fa r'tchejfe , fl Pa ff aPoUr tin Ane aujugement des Dieux. Cet homme que tu vois efl le Dieu des Richefles, &cette femme la Sotife ,qui coiffe ce Dieu du plus ample de fes bonnets ridicules, &lui met entre les mains le feeptre grotes avec lequel d‘e commande àla plus grande partie de rDnivers. t. An.
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ï. Autorité d’ Amour. Le pouvoirde Vamour s'étendjnf ques aux deux , Rien ne refifle àfa puiffance , Ce Dieu ,le pluspetit des Dieux Efl centfois plus grand qu'on ne penfe. ILnous eft reprefentée icy par un petit Cupidon fans Armes mais acompagné de Mercure tenant Ton Caduce pour marquer fon Eloquence. Il tient Hercule de la main droite, affin que vous ne foyez pas furpris des vidoires, qu’il remporte de toutes parts. 2. Arrogance. L'ignorance &forgueilJè fuivent pas àpas y Vois-tu cet Orgueilleux ?Il efl plein d'ignorance: C'eft pour cette raifon que Ion peint l'Arrogance , Avec le bonnet deMsdas. On la peint par une Femme fuperbe qui tient fur Ton bras un Paon qui eft le Symbole de l’orgueil , on luy fait porter des Oreilles d'Ane, pour marquer ion ignorance ,eüe 55 tient fa main droit étendue, haufant un de Tes doits,comme pour montrer Ton humeur obftinée àfoutenir fon opinion qui la fait palier pour vi- Lieufe, 3. Ambition. Mon Régné efl de tout tems. Dans les Siècles paflez, , Tout de même que dans le notre , On najamais dit ;Ceft allez. On tiendra ce langage encore dans un autre. L’ambition eft un «petit déréglé de parvenir aux grandeurs par toutes fortes de voyes,clle eft habilliez de vert, ayant fur fa tefte divers couronnes &autre marques d’honneur qui acompagnent les hautes dignitez. Elle ades ailles pour montrer fon avidité àvoler par deflus les autres, lamere orageufe 2cle Lion qui fuit derrière elle ,montre que ce vice eft fujefte àbien des révolutions. 4. Aveuglement d’Efprit. Avoir ce que les hommesfont. Et les diverspanchans qu'ils ont , On diroit que chacun radote , Et qu'ils font fous tous tant qu'ils fônt. Ils lefont en effet ;chacun àfa marote. On lereprefente par une femme qui eft dans un Jardin ou elle montre une Taupe d'une main, cec ardfnïd qui n’a point de yeux eft je —-‘Sym-
Symbole de aveuglément d’efpritr, de l’autre cofié Te font des Tulipes dont.plufieurs curieux font idolâtres* ce gui .paiTe pour un aveuglement. 5. Architecture Militaire. Si chacun dans ce monde ètoit content duJten , QjieJur le bien d’autrui mlneprétendit rien , Je deviendrais de nul ufage : Mais quel Prince aujourd'hui vitfans prétentions ? Fortifiez-vous donc ;il cfl d'un Prince fa£e> Deprendre fes précautions. Elle apour emblème une Dame ferieufe 6e virile ,parce qu’en matière de fortifier il ne doit avoir rien qui fente la molcffe, fa robe eflde divers couleurs, marquant les divers qualités requifeà cette fcience, elle porte une chaine d'or le plus noble des meteaux où pende un Diament pour montrer que l’induftrie efi le plus beaux joyau du Prince ,puis qu’elle kmet àcouvert des coups de fes ennemis,de la main droite elle tient un Infiniment propre àtirer des plans, &de la-gau- che un tableau reprefentantun Fort de figure hexagone ,au deflus duquelle efl une Hirondelle ,&afes pieds elle ades inftrumens propre à remuer la terre. 6.Altimétrie. Ame voir me furer de loin cette hauteur , On dirait que fagispar des fecrets magiques. Ignorant, voulez-vous n'être plus dans te» reur ; Apprenez les Mathématiques. On la reprefentc jeuneFil!e,pour fie pas dégénérer des qualitez de fa Mère, elle obfervc pointuellement toutes les dimantions qu’elle luy à montré, tenant pour cet effet un Quarré Géométrique dont on fefert pour prendre la hauteur d’une Tour. 7. Aftrologie. y'e vais dupair certainement , Avec les plus belles Sciences , jfe monte dans le Firmament, fe conrnv defesfeux îordre &le mouvement. Leurs vertus &’ leurs influences. Cette Reine des belles connoiffances couronnée d’etoilles ,&qui en afa Robe toute femée ,n’a pas fans raifon nnfoleil devant elle, un feeptre en l’une des mains ,un Globe celefie en l’autre ,6e un Aigle a fes pieds, pour montrer qu’elle à toujours les yeux fixes aconfiderer le cours des Affres, dont elle Tait toute fon efiude en la recherche des plus curieux 6c des plus nobles fecrets qui dépendent de leurs influences. t. Ari-
8. Aritmetique. Je fiùsplus néceffaire aux humains 'qu'on ne penje , Chacun devrait me conjulter; Tel e/l ai* bout de l'an au bout de fa finance , Parce qu'il ne fçait pas compter. On i’arcprefente par une belle & agréable Femme reprefentans la perfection «les nombres ,elle efl vêtue d’une Robe femée de Notes deMufique où efl: eferit ,Par ht ImtaR,il yàun piédeflalle fur laouellc elle tient un livre ouvert, dont elle confldere les nombres qui lont les chemins pour venir àla connoiflance de la Mathématique, de la Mufique, de la Géométrie &autre chofes femblables. 9. Afie. Or yParfums ,en moi tout abonde, Jefuis ,comméra dit un fameux Efcrîvain , Des quatre Parties du monde , La plus utile au genre humain. L’Afie nous efl: reprefentéc par une Femme fuperbement vêtue ayant une RobechamarcedePiereries,fymbole de l'abondance de fon pays. Elle tient de fa main droite divers Aromates, de la gauche elle tient un Encenfoir d’où s’exhalent des agréables parfums qui croilTent fur les lieux comme les belles fleurs qui forment &couronne, les Cosmographes la font pafler pourune troiuéme partie du Monde ,quoy que par fon étendue elle peut faire prés delà moitié; elle eft ainfi apellé d’une fille de Thetis &de l’ Océan ,elle àaufli un Chameau prés d’elle. io. Afrique. Mille MoH/lres affreux fe rencontrent chez, moi y Mais jets enfuis pasplus nffreufe. Quelle efl la terre ajfez, heureuje. Qui napoint des Monflres chez,foi i En confiderant cette Femme morne, on la juge d’abord \friquaine: Elle efl; prelque toute nuë,àcaufe que cePais-ld n’a pas grande Richefles, fes cheveux font crépus, ayant pour cimier une tefte d’Elephant ,&un collier de corail tenant un feorpion de la main gauche ,&de la droite une corne d’abandance pleine d’épies, outre qu’elle efl; fuivie par un Lion &par un Serpent. L’Afrique fait une des quatre parties du monde, &apris Ion nom d’un desDefcendans d’Abraham, nommé Afer. n. Europe. Sije nai point tous lestrefors. Et tous les parfums de TAfie t Je ne lui porte point envie-. Mes peuples font robuftes ,forts. Ils ont la valeur en partage , Et les autres leurfont hommage. Cette Partie du Monde aeflé nommée l’Europe par d’Agenor Roy H"des
JS des Phœniciens àcaufe que fa fille fut enlevée par Jupiter Umenée en l’Ifle de Cretej Eüeeftpeinte en Reine fuperbement vëtuë de divers couleurs pour marquer fies diverfes richeifies. Elle porte fur fa telle une riches couronnes» &aiïife au milieux de deux cornes d’ Abondance, l'une, plainde fruits, l’autre de raifms, pour ymarquer fa fertilité. Elle tient de la main droit un Temple àcaule que dedans fon etenduë efl la vraye Religion, de lagauche elle tient un fceptre, Symbole de fa puiflance. Elle aprés d’eîle un cheval de divers fortes d’Armes ,des Couronnes, des livres. Globes, Compas ,Réglés autre Inftrumms pour marquer qu’elle emporte la prix entoure les plus nobles fcicncesr rp. L’Amérique. Avant que Chriflophe Colomb , Eut pajfé le Pôle Autarcique , Croire que fexiflois ,cétoit être Hérétique. Vn Pape ,qui d’ailleurs enfavoit af fez, long , Oz,a le décider par un Bref autentique. Cette derniere partie du Monde nouvellement decouverte par Americ Vespua Florentin. Elleeft reprefen - téepar une Femme qui aletientolivaftre ,le vifage effroyable,elle apour toute habillement une maniéré de charpeartiftemsnt fait de p’ùme Sc de coton, elle porte une fléché d’une main &tient un Arc en l’autre,utî carquois àfies pieds &un Lézard comme unCrocodüe avec une tête humaine arachée de fon corps,pour marquer que ce barbare ferafafie de chaire humaine ,comme font aulîi les lézards de fe Pais là. i3. Beauté Celefte. Rien ne fe void en aucun lieu , Qui ne J'oit formé d'une idée Qu’engendre la Beautéde Dieu , Etfon Amou) par quija raifon efl guidée. Il efl: impofllble àl'homme de bien reprefencer une beautc celefte,cependant Cille la faut définir par métaphore, elle n’eft autre chofe qu’une lumiereVe.plandiffante, vous la voyez icy peinte comme une An^es entourez de Rayons, qui vouseblourfe& qui tient un Lis d’une main &une Globe de l’autre. 14. Bon augure. Les Pref%ges dans la Mature Sont des chimères en unfens , AIdis rien narrive al’avanture Il efl certains evenemens t Que je tiens defort ban augure , Quoi qu'en dijent certaines gens. L’on reprefente le bon Augure par un jeune homme veftu de verd, Symbole de l’elperance, il afur fa telle unétoi'e cela jointe au Cignc qu’elle tient entre fiés bras, animal qui pour fon extrême blancheur 5c
chain par fa langue que Ton ne peut faire par Tes Armes de la main gauche, elle tient un Rat animal qui n’cft propre qu’à nuire. 15. Duel. Evitez» defien loin toutes ces Bourreaux infâmes , Qui vantent des Duels les lois pleines d'horreur , Et livrent aux Démons &leurs corps &leurs âmes y Pour ssne vanité qu ils nomment Point d’honneur. C’eft icypropremcnt où les Hommes s’écartent le plus de leur devoir, car pour une bagatelle ils fe donnent des rendez-vous pour fe battre comme des defefperez le plusfouvant pour une œillade, un mal entendu où autre chofe femblablc ,&non contans de fe proftituer eux memes entrainent avec eux la perte de leurs meilleurs amis en les priant de les fervir de fécond. 1. Théologie. pl^s éclairée que les autres , Je pénétre ,japrofondis j 53 Ce que nous, ont latffè dans leurs divins Ecrits , Les 'Prophètes les Apôtres ; J'exphque leurs faits çr leurs ditls. m CEft une Femme àdeux vifages i’un vieux, l’autre jeune ,le jeune regarde le Ciel, l’autre la 1er- re ,pour repreienter Tagreable& l’çnnuy. •Elle eft aflife fur un Globe d’azur feméed’Etoiles. Elle tient le bord de fa robe proche de terre , pour montrer, qucette divine fçi~ encc ne fonge point aux chofes baffes. Elle aune roue auprès d’elle, f) mbole de la Théologie ,car comme elfe ne touche que par la plus bafle partie de .la circonférence quand elle cil en mouvement, dememe le Iheologien ne fe doit fervir du fens que par mefure, 2. Théorie. La Pratique fait tout ,ceft ce que chacun dit ; L'Axiome eft certain &vrai fans contredit , 'Cependant, quoi que ton en d>e , Aveque la iPraticque il faut la Liseorie. Elle eft peinte en jeune Femme qui regarde le Ciel de fembiedefeendre du degré, pour nous faire connoitre que les chofes intelligibles s - acquieront par degré, &qu il taut du temps àï’efprit humain pour fe perfeéuonner. Elle aune robe bleu *'ré-
celcfle qui borne nôtre veue. Sur fa. tete eft un Compas ouvert, infiniment propre àla Théorie, pour mefurer les chofes &les ajufter. S•Tutelle. ysvis au milieu des mondains , Sans participer àleurs vices , yecours aufft .bien qu'eux miferables humains , Sur le panchant des précipices : friais le ciel qui me garde &quiguide mes pas , Ptiit que je ne trébuché pas. C’eft une Femme vêtue de rouge» Symbole d’amour &de Charité. Elle tient un Livre de compte au deflous d’une balance avec le mot Computa. De la main droit elle tient le bord de fa robe ,dont elle femble vouloir couvrir un Enfant, qui dort à fes pieds, au. deffus duquel fe voit un petit lézard, animal qui ala propriété d’evçiller àla confervation de l’Homme qui dort àla Campagne. Elle aauffi un Coq ,pour montrer qu un Tuteur efl obligé d’être vigilant àconferver le bien defonPupil. Uyadiverfes Médaillés frapées'à /•i £e fujet. 4, Valeur. Soyez, dans la venu confiant &magnanime. Et que le péché féal étonne vôtre coeur: Si vous pouvez, mourir en évitant le crime , Vous acquerrez, le mm d'un iUuftre vainqueur. Elle eft reprefentée par un Homme dun âge viril ,temps propre à foûtenir fa valeur par la force de fon corps &par celle de Ion efprit. Il tient en la main droite un fçeptre , pour montrer que la Prééminence eft deiieà la valeur, de la couionne de laurier, qui eft autour de fon fçeptre de la main gauche, il careiî'é un Lion ,pour montrer que la Valeur vient jufqu’à s’aflujettir Iss courages, lés plus barbares. •4 4. Vanité. Fuyez, la vanité^ ce n'eft que vaine Gloire , Devant Dieu, lorgueilleux eft ungrand •criminel : Et gravant vôtre nom au Temple de memoire\, Penfez, àne pas perdre un Royaume éternel. Elle paroit icÿ jeune Fille richement vêtue avec un vifage fardé ,ne fongeant qu’à plaire àautruy ,&à faire parler d’elle. Elle aune Taffs fur fa tête, &: un cœur au milieu. 6.Vergogne honnête. Chacun regarde avec horreur. Ilimpudence &Teffronterie ; Mais rien ne gagne tant le coeur , Qu'une
Qfaunt pudeur hormête, &quelamodejlie. Nous la figurons par une Iüic agréable qui ales yeux penchez en bas , marque de la modeftie. L^es *es joues vermeilles ,pour montier a Pudeur. Une Tête d’ Eléphant orme fa coiffure, parce que ceft 1A- nimal le plus honteux. Elle tient de la main droite un Faucon qui aa coeur extrêmement noble, &en a gauche un rouleau, où font écntsccs deux mots Pyzoria p*cul. 7.Vérité. Agitiez, &parlez.fans aucune furprife. Et ne dijfamuiez.jamais la vente ; Vousplaidez an Grand Dieu qu* chet n lafranchi fa. Et qui veut qu'on agijje avec fincerité. Elle eft reprefentée par une bAuté nue, pour montrer fa naïfveté. Elle tient de la main droite un Soleil, quelle tient comme Dieu,fource de vérité ide la main gauche elctient le Livre facré avec une brandie de Palme. Elle foule un Gloie terreftre àfes pied?, pour nous aire voir que la vérité eft au défions le toutes chofes. 8.Vertu. Le ciel qui meforma de fasfeux lesplus beaux , Me rend tous Us Mortels égaux. .Mes bienfaits mont aqutsunfouverain 65 Empirt : Mats Véclat dont mon corps fa trouve revêtu , N'eft rien pourtant au prix de ma Venu. Cette jeune 'Fille qui nenaroitpas moins agréable que belle, eil la vraye image de la Vertu. Elle ades Ailes, pdur montrer quelle s’cleve fur le commun. Elle tient une Pi. que de la main droite ,marque de de fa Prééminence fur la vice, le la «rauche elle tient une couronne de Laurier, &aun foleil au milieu cio fon fein. Vertu Héroïque Qu'un Héros efa content ,C7 quil trouve d'appas , Afa tenir tranqutlU au dejfusdes oj - fenfas ! Pouvoir Iebien vanger ,CT nefavanger pas , C'eft laplus douce des vengeances. Elle eft icy reprefentée par un Hercule veftude la peau d’un Lion.- Il tient une Maffuë de la main droite ,&de la ‘gauche trois Pommes d’or cueillies dans le jardin desHefperides: Par où font reprefentees trois fortes de vertus Héroïques, attribuées àce dompteur des monllrcs; la première eft la Modération ,_la fécondé la Tempérance ,le troiüeme le généraux* mépris des \engeances ,&des voluptés deUcieu- ’fcs. jil. vte
66 m* 10. Vie courte. Le temps cTun infenfible cours y Nous porte àla fin de nos jours'* C'cfl ànôtre fage conduite , Sans murmurer de ce defaut, De nous confoler defafuite , En la ménageant comme il faut. On la reprefente'par une Femme qui afur fa tête une Guirlande de fleurs, &fur* le fein la figure de l' Hemorobion, petit Animal volatil ,qui meurt dés qu’il eft ncz :En la main droite elle tient une branche de laurier -avec ces mots àl’entour , Elle s'évanouît CT fe pajje en un jour. 11. Vie longue. Nos Peres autrefois vivaient prés de mille ans , Mais aujourd'hui les defiinèes , Ont borné nôtre vie aquatre vingts années , Parce que nous finîmes méchans. .Confile toi pourtant ,bidelle. Nous attendons au ciel une vie éternelle. La figure eft celle d’une vielle Femme vêtue àl’antique. Elle s’appuye de la main droite fur la tête d’un Cert, &de la gauche, elle tient une Corneille ,les deux Animaux qui fuivont les Hiftoriensf, vivent le plus long - temps. iî. Vigilance, Nousfinîmes expofez, tousdes jours aux combats : Ayons donc comme bons Soldats * De la valeur ,delà pvudencê ,. Et fur tout de la vigilante. Cette figure fè trouve encore expliquée ailleurs. De plus, tout le monde fçait que laLampe,!e Lievre &laGrue font de vrays fymboles de la vigilance. Mais comme il yen ade diverfes fortes, on en fait divers Tableaux. 13. Virginité. #* Rien négale ici bas une vie fans tâche , C'eft àce feul bien que s’attache Vheame qui fonpire après l'éternité : Que de nos corps mortels la mort je rnffafie , Il vaut bien mieux perdre la vie. Que deperdre fapureté. La figure efl celle d’une belle fille, vêtué de blanc, couronnée d’une Guirlande, &qui d’une façon agreable s'étreint ie milieu du corps d’une ceinture de laine blanche. 14. Volonté. Helasl vous ne pouvez, rien faire de .vous-même , Si
Si Dieu n'étend fur mus. fa divine bonté , Mais vous favortfânt defa grâceJuprême. Il donne la vigueur àvôtre volonté. m Elle eft figurée par une Fille aveugle ,àcaufe qu’elle* n’avoit rien de foy-même ,&quelle flote toujours entre l’elperance St la crainte. Elle ades ailes au dos &aux pieds, pour eftrc plus prompt àfcdctâcher de la Terre, pour voler au ciel. Elle eft habillée de couleur changeante. 15. Zele. Afervir vôtre Dieu montrez-vous plein de zele, Donne tout vôtre coeur àla dévotion. En tout temps ,en tout lieu, foyez à Dieu fidele ; Chacun peut être àluy dans fi Frofefftm. Il eft icy reprefentée par un Hom me habillé en Prêtre,qui de la main droite tient une dilcipline, &de la gauche une lampe allumée. 6? ï.Cetarité ou vitefle. De tous les défautsla lenteur Eft le plus prejudiciable , sm vite, fois de!;, ,fois tout rempli d'ardeur, La viHoire eft inévitable. La defeription de cette peinture eft tirée de Picrius enfesfigurcshicrogiiphiques.oùil depeipd la vitefle telle qu’on la voit icy, la fondre en main n'y ayant rien de plus prompt, elle aun efprévicr prés de fa telle qui eft l’oifeau qui ale vol plus vifte, elle aaufli un Dauphin àfes pieds , qui eft le poifon qui nage le plus ville. 2. Confiance. Il faloit que celui portât armé le Jein , De trois ramparts d’airain , Qtti le premier de tous fur la merinconfiante , Confiafi barqueflotante. *11 feroit difficile d’en faire un tableau plus naturel que celuy-cy.ceft une Femme qui foutient un navire des deux mains, de qui regarde fixe- I2ment
68 ment pour nous montrer que la confiance, prtfiïppofe la connoitîance d’- un danger &le moyen de les éviter. % 3. Confeil. Rien ne rcuijit kce Prince , Hperd Province après Province'. S'il tache àles revendre ,il nen vient point apeut , C'eft fon Confetl qui gâte tout. Il ncuseft reprefentée par un vit1- lard qui abîanchy fous diverfes expériences :il eft veftu d’une Robe longue d’efcarlatte,& porte une chaîne cl’or àTon cou, où pend un coeur qui cil la plus noble partie du corps, qui vit le premier, &meurt la dernierejen fa main droite il tient un livre ,pour nous montrer, que la lecture eft neccflàirc en tout âge pour le hibou qu’il tient de la main gauche ,c’eft le fymbole de la méditation. 4. Corredion. Mon air ,mon feul afpeSl impriment la terreur > Attjjt na hais-je rien ft fort que Tindulgence, * On rend fage par la rigueur , Omperd tout par trop de clemence. * C’eft la figure.d’une Fille mélancolique affife, tenant de la main droite une plume dont elle corrige un livre, qui eft un ade de prudence , de la main gauche elle tient un fouet qui eft tableau de la corredion 5, Cûurtoifie. l'ai debarbartfè mille peuples divers^ Je régné par tout l'Univers, Les.Nations les plus altieres ,m S'accommodent de mes maniérés: 4• Elle nous eft reprefentée par une belle Dame quia le'dondu corps,de famé, &de la fortune, qui eft l’- Empire de la Courtoifie ,Elle eft couronnée, Sc porte le manteau Royal feme d’hermines. Elle eft vêtue de blanc, pour marquer quelle eft fans fard ,eftendans les bras comme pour accueillir tout le Monde,& répand àpleine mains des pièces d’or &des pierreries. 6. Concorde pacifique. L'Abondance &la Paix , Ne fe quittent jamais , Ce font deux foeurPaimables foutes pleines d'attraits , Quifont inséparables. ;• Elle apour emblème une femme couronnée d’olivier limbolc de la paix tenant d’une mafn un vafe plein de feu, pour montrer fon ardente charité; elle porte une corne d’abondance, pour marquer que la concorde enrichit les Eftats qui par leur prudence entretiennent la paix. 7. Caïïiope. Mes termes énergiques , Sont
vrir de faux prétextes les actions noires, afin deles mieux authorifer: avec cela, elle porte d’une main un petit Temple, au deiïus duquel fe voit une Colombe ,une Bourfe de l’autre ,&ces paroles àl’entour INTUITU PRETII. Par où il eft enfeigné ,que l’Eglife étant gouvernée par le Saint Elprit, c’éll de îuy que viennent tous les biens Eccleliaftiques ,dont le Simomaque tache de profiter, lorsqu’il les met àprix d’argent. ç. Superftition. #. La fuperflition fera toujours demife ; L’Idolâtre en convient &en pare l'E- gltfe. Cette vielle qui afur la telle une Chouette, un cercle d’Etoilles en une main ,en l’autre une Chandelle allumée ,un Lièvre fous l'on bras gauche T&àfes pieds un Chat huant, & une Corneille, tous animaux de mauvais augure. 9 10.Superbe. L'orgueil ,eft aujji fot ,comme il eft incommode , C'efl pourtant le vice ala mode. Elle efi peinte des plus vives couleurs dans ce Tableau ,où le voit repréfentée une jeune Damerichement veftuë, portant un Paon d’une main, &de l’autre un Miroir, où elle fe regarde, ce que j’expîiquerois en vain, puifque toutes ces chofes parlent d’elles mêmes ,&(ont autant de marques d’orgueil ii. Simetrie. Vne ju/le proportion , Nous garantit entout de la conjufion, Mais qu'ilfaut a'art &d'indufine Pour garder cette Simetrie. La Simetrie fignifie une jufte 6c une convenable melure ,qui le fait de toutes fçrtes de chofes ;elle eft ici figurée par une Femme de singulière beauté ,bien proportionnée en toutes les parties de fou corps ,dont le milieu fe couvre d’une écharpe bleüe, feméed’Eftoiles, qui reprefente les fept Planètes. Elle adevant elle la ftatuë d’une Venus toute nue, dont elle prend les proportions avec un Compas 6c une Régie qu’elle tient enfes deux mains. 12.Tcrpficore. Ne foyez, pas furpris fi je marche en cadence , fe le dois :finventai la Danfe. Elle cft couronnée d’une Guirlande ,&tient une Harpe ,au fou de laquelle elle iemblcdanfer. KCette
#Cette guirlande, comme j* ay dit cy-devant, étoit ordinaire aux Mu- {es ,&faites de plumes de diverfes couleurs, qui fembloient eftre un Trophée de laVfttoire de ces belles Vierges fur les Syrénes, par deft'us lefquelles elles remportèrent le prix àchanter. 13. Thalie. •m Chacun aime la Comedie , Acaufe des charmes quelle a, Et chacun doit aimer Thalie > Carcefl elle qui l'inventa. On /apeint avec la vifagefolaftre &lafeif, ayant furfatefte une guirlandeide Lierre, une mafque en chaque main ,&*des brodequins aux pieds, anciennes chauflures des Comédiens. L’on attribue àcette Mufe l’invention de la Comédie, ainfi que le témoigne Virgile. iq- Tentation.' Nous devons tous tant que nous fommes , Rejtjler aux tentations : Fuyons pour cet effet certains lieux , certains hommes , Et certaines occaftons. Elle apour Emblème une jeune Femme, qui tient d’une naain un Rechaud plein de feu, &ue l’autre un petit bafton ,dentelle remue les charbons ,afin que la flamme s’y prenne :car dans le fens où le mot de Tenter fe doit prendre icy ,il fi-* gnifie fomenter une chofe ,qui a d’clle-meme peu de force, bien qu’- elle foit capable d’en avoir allez, & de réduire en adelesdifpofitionsou de l’efprit ou du corps. 15. Tardiveté. Ce qu aujourd'hui tu peux ,àdemain ne différé ,, Nous le fai fons pour Vordinaire : Mais en cela nousfommes tous De véritables fous. Il eft difficile de faire voir un Emblème de Tardiveté plus propre & plus naturel que celuy -cy ,représenté par une Femme couronnée d’une branche de Meurier, &montée fur une Tortue ,qui eft de tous les Animaux celuy qui va le moins Viftc ;comme le Meurier eft le plus tardif de tous les arbres àporter de fruits. 1. Poly-
>i.Polymnye. Ce qiu je veux montrer ,&rendre mhnifefte , On le voit! dans mes yeux ,dans mon air ,dans mon gefle. On peint cette Mufe veftuë d’une Robe blanche ,ayant la main droite hauflée en aétion de haranguer, de la gauche elle tient un rouleau, où eft écrit Je mot Suadere: fur fa telle il yàdes Pierreries quirepre* (entent lesrichefles de fon efprit,qui paroit toujours avec celât dans la mémoire, dans la prononciation & l’invention qui conviennent àfon Art. 1, Poème Lyrique. Jè dis en peu de mots tout ce que je veux dire , Et je le,chante fur ma Lyre. Sa figure eft celle d’une jeune Femme ,qui tient de la main gauche une Lyre ,8c de la droite an Archct. Son habillement eft de plufieurs couleurs mais agréable àvoir ,& 3lîez étroit, pour montrer que dans une feule chofe le Poëte Lyrique en refferre plufieurs autres. 3. Poème Héroïque. Je ne chante que les Héros , Que leurs expions ,que leurs travaux , Que leurs revers ,que leurs Meta-, morphofes : Mon chant n'a pour objet que les plus grandes chofes. On le dépeint habillé Royalement ,avec un maintien grave, une guirlande de Laurier fur latefte, un Cornet àbouquin en la main droite, &ces mots àla gauche: Nonniji grandia canto :qui fignifient ,que fes Vers ont pour objet les chofes les plus grandes. 4. Poëme Paftoral. Quoi que mon chant n'ait rien que de vulgaire , Quun Berger ,ou qu'une Bergere , Me Prêtent leur langue &leur voix , J'ai toute fois accès dans les Pmlaisdes Rois , Et fai le bonheur de leur plaire. Il eft reprefenté par un jeune. Berger, d’une beauté naturelle &fans fard, tenant d’une main une flufte àfept tuyaux ,.& de l’autre une houlette, avec cette Divife :Paflorumcarmina ludo ,comme s’il diloit : Je m’entretiens des Chanfons difs Bergers K2S- Poy
5- Poème Satyrique. Lors que je trouve un fot ,je risàfes dépens , Voila quel efl mon carallere. On abeau dire ,on abeau faire • On raillera toujours ,on l’a fait de tout tems. On le dépeint fans habillement, avec le vifage d’un rieur, un Thyrfe en la main gauche, &un E- criteau en la droite, où fe lifent ces paroles: Irridens cufpide figo: comme s’il vouloit dire» àpeu prés ,je raille &picqite tout enfemble. 6. Pardon. Du fang que fai verjé j'entend la voix qui prie , Et monte jufques dans les deux : fai fans ceffe devant les yeux-, Cet homme dont mon fer vient de trancher la vièy Pardonne-moi ,Grand Dieu, ce forfait odieux. * Il nous cft reprefentée par l’action d’un jeune Homme àdemy nud, qui venant de fe battre en duel, & detiier ion ennemy ,enefi touché d’une fecréte repentance: ce qui t'ait qu’il rompt àmême temps Ton E- pée qui afait le meurtre ,&que regardant le Ciel, il demande pardon à,Dieu. j. peine perdue. Cette affaire’ efi-elle impofstble? Cefl en vain que tu l'entreprens ; C'ejl vouloir l'Océan tarir;avec un crible , Prendre la Lune avec la dents ; Ou pourmieux m'expliquer encore y C'ejl vouloirfaire blanc un More. Cette figure n’a pas befoin d’être expliquée ,puis que la cjiofe qu’- elle démontré eft fi véritable, qu’elle adonné lieu au Proverbe qui dit; Que laver le Corps d’un More, pour le faire devenir blanc ,on n’y perd quelalefcive. %Perfidie. Tous les hommesfont infdéliés ; Perfides ,lâches ,inconflans-, Difent les femmes de ce tems ; On en peut bien dire autant d'elles. Ellqvous efl: marquée par cette figure d’une Femme artificieufe, qui tient en chaque main un Serpent , fymbolc .d’une extrême perfidie. ç. Pareflfe. Le plaifir que produit une douce mcllejfe , Dit bEJclave de la pareffe , Efl tunique qui jne Juffit , Et tout aune méfait dépit. Elle apour Emblème une vielle Femme nonchalamment affife.furune Pierre, s’appuyant la tefte fur fa main
mam gauche ,avec ces mots àl’entour ,TORPET INERS. ATes pieds le voyant des Quenoiiilles rompues, elle tient suffi en main le poi{k>nappellé 7o/'*»7/^, fymbolcde la parefle. * 10. Prodigalité. Par une aveuglefrenejîe , M'oubliant moi-même j& les miens ‘Je mefais un plaijîr de dijsiper mes, biens. Quefl-ce que des mortels chacun àfa manie y- VAvare, idolâtre lesfitns. Vous en avez ici l’Emblème en la perfonne d’une Femme qui àles yeux bandez, &qui tient àdeux mains une corne d’abondance renverfée ,d’où fe pandent pellcmefle des pièces d’or &d’argent*, par où il eft lignifie qu’elle eft aveugle en fa profufion. il. Planimctrie. C'ejl par, moi que le Géomètre Apprene àmejurer les Plans , Sans moi l'on ne/l jamais grand maître , Dans les Travaux de Mars ,ft prifez, en ce temps. Par le mot dePîanimetrie,fcdoit entendre cette connoiffance Géométrique, par le moyen de laquelle on peut mefurer la longueur &la largeur de toutes fortes de furfaces ,ce qui me femble aflez bien reprefenté ^,67 par cette Femme, qui tient d’une main le Ballon de Jacob, Inflrumentpropre pour cette opération. 12. Peinture. Il n'efl rien apres la nature , De plus parfait que la Peinture ; Aufft te fut un Dieu ,qui de fes propres mains , L’enfeigna jadis aux Humains. Il nous faudroit un volume pour nous de peindre cette noble proteffion, mais je me contenteray de vous la reprefenter par une belle jeune Femme ,ayant les cheveux noirs 8c crefpus ,la bouche couverte d’un Bandeau, &au cou une'chaine d’or où pend un mafque. Elle tient d’une main plufieurs pinceaux avec ce mot pour devile, IMIT AI IO ,&de l’autre un Tableau, &pour habillement une Robe de couleur changeante. 13. Regret. Un pêcheur que le ciel redrejfe , Connoit de fon crime l'horreur , Il gémit &pleure fans cejfe , Et fanstreve ,fon ame en reffent la fureur. Les Regrets des fautes paflees fe montre par une Dame affligée, qui ale<oeur rongé de'vers ,îymboles des fecrets remords de faConfcience. Elle ales yeux fixés vers le ciel, &baignez de larmes ,qui font les marque^ de la douleur. Et parmy les ge-
78 gefnes &les tortures que luy donnent fes offenfes ,elle attend toute ion afiiillance de fon Sauveur. 14. Rcllitution. C'ift en vain qu on gémit four unvol qu'on afait , La douleur pour tegrandforfait, N'efl pas feul ce qui vend le ciel doux propice , Dieu veut un plus grand facrifice , Frape ton coeur ,pleure ,gémis » Mais rends tous tes biens malacquis.. Cette Femme qui Te tenant debout entre une cadette &un fac d’argent ,compte d’une main à l’autre, celuy qu’elle vient de prendre lignifie que la reftitution du bien mal acquis Te doit faire volontairement &fans yavoir du regret ,puifque fans elle le pêché n’efl point remis , &que c’efl par elle même qu’il le faut réparer. 15. Rome viétorieufe. Maitreffe de tout l'Univers , f'ai veu mille peuples divers , Subir le joug pefant ,que tout vainqueur impofe. Vous lefeavez,,peuplesfournis , Voir CT vaincre les ennemis , Fut aRome lanCw ebofe. Elle efl reprérentée afîîfe fur trois Boucliers ,avec une lance àla main gauche; 3e derrière elle le voit une vidoirô aillée, tenant une Palme, & qui couronne de laurier cette fuperbe Ville, Reine de toutes les autres: pour avoir Triomphe par fes Armes fur tous les peuples de la Terre. 1. Férocité. La douceur efl ce qui me touche , Voila les attraits qu’il mefaut : Je ne trouve rien defifot , Qu'une Beautéfiere&farouche. LEvoicyreprefentée par une jeune Dame, pleine de fougue, &armée de toutes pièces, d’autant que lés armes rendent ordinairement ceux qui les portent plushardy &plus violent ,elle tient un bâton de chefne avec la main droite, &portant la gauche fur la telle d’un Tygre furieux. Elle ell peinte jeune, parce que le fang prédomine àcet age-là, rend les Hommes ardens àtout entreprendre fans rien craindre, la bâton de chefne &le Tygre eft le fymbole des choies indomptables. .2. Ge-
i. Jeu d’Àmour. Ne jouons pas avec l'amour » Lefripon, tôt ou tard-nous joue un mauvais tour. ILeft icy reprefenté par deux Cupidons, qui font enaétion ,fc renvoyant la balle l’un à1autre fans longer que les Jeux d’amour font dangereux ,puis "qu’ils font fouvent iuccomber les deux parties. 2. L’Air. • Votre ambition eft imntenfe , Mortels ,vous parcourez. 0“terre &ia mer , Tour un bien paflager- Et la mort qui jurvient le moins que l'on ypenfe , Fait que tous vos projets font de projets en l'air. On reprefente l’Air communément par une Femme qui ales cheveux épars ,&qui eft aflife fur un nuage >ou volent divers oifeaux. Elle carelfe d’une main un Paon confucré aJunon ,DéeiTc de lAir, de l’autre main elle tient un Ca- ..a* méléon ,Animal qui fuivant quel' ques Auteurs fe nourrit de l’Air. % 3. L’Eau. Un'eft point d'Element de quatre q*e nous fournies , Plus nécejfiiire au genre humain , Cependant mainte femme ,CT prefque tous les hommes , Me regardent avec dédain. Elle eft figurée par une Femme nue, alfifc fur un Rivage *tenant de la main droite un feeptre ,pour marquer que c’eft àjufte titre qu'on la nomme la Reine des Elemens, elle apuye fa main gauche fur une Urne, d’oii sepand de l’eau en abondance, ayant derrière elle quantité de rofeaux. 4. La Terre. Les Aftronomes de ce temps , AVont mis au nombre des Plunettes. Ils ont raifen '&cesSçavans Qui veulent s'opptfer àleurs raifonnemens , N'ont pas bien chauffé leurs lunette» Car je roule malgré leurs dents. Nous la trouverons reprefentée icy par une Femme vénérable, couronnée de fleurs ,tenant une corne d’Abondance,pleine de toutes fortes de fruits pour la nourriture des créatures vivantes ;de la main droite elle tient, un globe ,pour montrer La*qu’ci-
H qu’elle eft Spherique &immobile, comme les Anciens le prétendoient. .1 y. La Flegmatique. •* Si je fuis parejfeux ,ceft naturelle ~ ,ment. Chacunfuit fin temprrament. On le peint par un Hommegras &replet ,le teint blanc, àcaule de fa parefl'e. C’eft pour cela que l’on met une Tortue àTes pieds ,ik qu’il aune Robe fourrée de peau de Elercau ,animal fort afl'oupi. 6. Le Matin. Jefais àmon lever mille Metamorphofes , D'abord, de ces vives couleurs VAurore peignant toutes chofes , Vient changer en perles fesfleurs , Sur le teint des lis &des rofes. Quelques uns font reprefenté dedans un ciel, femant des fleurs peflemefle,& arofantmême de fes larmes celles que la Terre aproduite ;icy elle” eft peinte ,Femme belle &nue ,ayant furie îommet de la tefte une étoile, reprefentans la clartée que l’Aurore nous donne ;elle tient un dard d’une main, pour. marque de fon ardeur ànous piquer &enflamer ,le cheval Pégale,àqui l’en donne des aifles pour montrer la vitefl'e avec laquelle elle infpire les belles penfées aux bons Efprits. 7. Le Midy. Que l'heure du Midi me paroit et' greable ; Cefl celle où l'on fe met àtable. C’eft Venus &Cupidon qui feront icy lefymtTole du Soleil, qui n’eft jamais li ardentque lors qu’il eft en fon Midy ,de même Venus & Cupidon, brûlent &bleflent enfemble ceux qu’ils atteignent de leurs flechesou de leurs fiâmes dedans le milieu de leurs âges. 8. Le Soir. Les journées les plus charmantes , Ont moins vie charmes que le Soir, Lors que du Firmament les Etoiles brillantes , Commencent àfefaire voir. On ne peut mieux le reprefenter que par une Diane, qui tient d’une main un Arc , &de l’autre de Chiens qu’elle mène en lefle, pour montrer que de toutes les parties du jour, il n’en eft point de plus propre ni de plus favorable aux ChafleCirs,quc le Soir. 9. La Nuit. fenfévélis jujqu'au tetour , De /’ Aftre qui donne le jour , Dans une doucefepulture L’homme ,les animaux ,&toute la nature. C’eft
SJ C'cft Proferpine ,Reine des Enfers qui nous la reprefente, elle eft couronnée de pavots, pour marquer qu’«Ile eft Mere du fommei!,elle tient un Trident avec une torche allumée, pour montrer l’empire qu’elle àfinies tenebres, àtravers desquelles il eft impoflible d’agir ,fi elles ne font diffipées par la clarté. io. Loy Canonique. On void regner dans la vie. Mille &mille déréglernem : Cefl ces abus aufquels je remédie , Mais la plupart du temps, 'Tous mes efforts font impuiff ans. La Loy Canonique nous efl repre-- fenté par une Dame doiiée :d’une beauté hnguliere ,toute billlante de rayons qui luy couronnent la telle ,elle tient de la main droite ùneBalance,oii d’un codé ed une Couronne ,de l’autre un Calice ;de la main gauche elle tient une Mitre fur un Livre ouvert, &un Miroir devant elle Emblèmes delà Foy ,la Judice, la Dignité, laScience, la$agèflequî eft l’illudre éclat delà gloire, qui accompagnent cette Loy, fans laquelle il n’y auroit ny réglé ny conduite dans les plus importantes aétions de la vie. ii. Loy Naturelle. Fat pour autrui ce que tu veux , Juflentent qu’un autre tefaffe. jÇefl la loi du Payen ,la Itt même de ’ceux. Qtii viventfous la grâce. Elle efl écrite dans les coeurs , .Des gens de biens &des pécheurs. Par cette Femme agréable ajïife au milieu d’un Jardin ,6c qui n’ed couverte que depuis la ceinture en bas, cil figurée la Loy naturelle; fa beauté nous apprend ,qu’en la naidance du Monde ,Dieu fit belles &parfaites toutes chofes qui s’y voyent: fa nudité &fa chevelure fans art, qu’il n’y any fard ny déguifement en cette Loy ,elle tient un Compas ,où ed écrit qu’il ne faut point faire aux autres, ce que nous ne voudrions pas qu’ils nous fiffent; elle montre fon ombre de la main gauche, pour marquer quelle fe gouverne avec fon Prochain de telle maniéré, qu’elle fe le rend fcmblable le jardin ,où elle ed reprefenté le Paradis Terrede, d’où elle fut chaflée& reduite àcultiver la Terre. 12. Libéralité. La vertiLdes Grands de la terre fl Soit dans la Paix ,foit dans la guerre , Fut autrefois la libéralité ; Ce tieft plus la leur qualité. Cette figure s’explique allez d’elle même par l'action d’une belié-jeu- ne Dams ,qui delà main droite did ribuc libéralement àdes petits enfans des pièces d’ Or&d’Argent ,&Ses prend dans une coupe qu elle tient de la main gauche. L3*i3- Lo"
%6 13.Loyauté On ne fcait aujour£hui ce que c'ejl .quefranchije , Le nom de Loyauté , Et de fidelité , Efi un nom dont on vit ,un nom que ton rneprîje. Elle fe couvre d’une Robe deliée, tenant d’une main une maniéré de falot ou de lanterne aUumce ,&de l’autre unMafque rompu en divers endroits, pour marquer qu’il eft difficile de n’eftre pas ennemy de ceux qui ont l’amc double, &dont l’amitié n’« cil que feintife .& deguifement. 14. Luxure. Sans Ceres &fans Bacchus , Ilfait froid auprès de Venus. Voicy TEmbleme de la Luxure, fous la figure d’une Femme lafcivement habillée, qui toute penfive ap - puye la telle fur fa main gauche, & tient de la droite un Scorpion ,ayant àcofté un Bouc, &un fep de vigne ,Hyeroglyphe de la paillardise. 15 Mqdifance. Parler incejfamment des Petits &des Grands , Des Magijirats ,des Rois , 'des Morts &des Vivant , En parler mal atoute outrance , C'ejl là la Medifance. On la peint avec deux flambeaux allumée ,qu’elle tient en fes mains, pour donner àconnoiftre que le Médifant eft un vray boutefeu ,&* que fomentant des haines fecretes,il eft caufc que les effets en deviennent publics, &au£fi dangereux que cetsx d’un brazier ardent ,lorsqu’il s’atache àquelque matière Coirbuftiblc apres avoir eftélongtems caché fous la cendre. 1. Tribulations. Si tu veux dans le ciel entrer en triomphant , Eu le doit conquérirJur terre en combattant , C'ejl par là que les Saints ont aquis la couronne , Del'mmortailit.é qui les rend glorieux ; Combats donc pour le ciel ,puisque fefus t'ordonne. Que fur tes pajfiom tu fois vitloneux. L’Emblème de la Tribulation nous eft reprefentée par deux mains, tenant chacun une Couronne, l’une Celefte., &l’autre Terreftre ,pour nous montrer ,que lors que l’on combat en terre pour l’amour de Jefus Chrift ,contre les perfections que l’on nous fait fouffrir pour fon
frtn:
fon nom ,nous aurons la couronne de gloire; nous lavons qu’il yaune voix qui nous dit ,que Perfonne nefera couronné qu'iln’ap auparavant combatu. 2. La \ertu fait les excez. Dans les txtremüez, toujours Ihomme s'égare , L'Avare &le Prodigue ont le meme defaut , Marche comme tu dois :Jamais le fui Icare , Nefût tom'jè fi bas ,s'il n'eut volé haut. Nous lavons que la Vertu pré fuppofe l’adion ,ainfi le repos de la Vertu c’elt le travail. Comme el le eft tousjours en aétion ,nous la trouvons prefentement entre l’Avarice &laProdigalité, leur donnant des leçons ;mais toutes les deux l’otfencent également. La plus vieille dit, qu’elle garde fon argent pour quelque bonne occafion ;&la Prodigue, quelle le répand peur faire paroiftre fa magnificence. 3. Soifde Juftice. Venés Enfants de Dieu de la grâce altérez,, Etancher vofire foif àles canaux facrez, , Dés que Veau nous conduit enl'etemelle vie. Ptir elle nofire coeur ,s'unit àJêfus Chrifl, Et nofire ame en étant d'un faint plaifir rflvie , Nous jtient atachèe &de cerfs &d'Esprit. Cette fontaine d’eau vive rejailliffante par fes divers Canaux ,nous reprefentc d’où diftiiênt les eaux de la Grâce, que JefusChrift commu* nique àceux qui s’en approchent avecdesfentimens d’humilité-,de modeflie &d’un cœurcontrifte. 4. Imprudence. Eviter tout excez, nefi pas chofe facile. Si Cnn nous femble laid ,l'autre nous paroit beau , Ainfi fait l'ignorant qui conduit un vaiffeau , S'il évite carible, ilfejette dans l'Ifie Voicy l’Imprudence cft reprefen-. tée entre l’Avare &la Prodigalité, vices également dangereux. Cependant vous voye que nôtre Imprudent indiferet fe jette du coftc de la Prodigalité, parce quelle luy femble magnanime, fans fonger que le crime cft tousjours crime. 5 . Porte du Ciel. fefus, efi cette Porte ,ilia prefente k tous , Ce(l le chemin du ciel nu'ilprepare pour mus , Et veut nous yfauver exclureperfonne, Maisfi nous abufons de nofire liberté , Et que nous meprifons les grâces qu il mus donne , Notreperteviendra de notre volonté. Cette Porte que vous voyez dépeinte dedans le Ciel, reprelente la Perlor.ne de IefûsChrift, parlemoyen duquel les Cieux nous font ouverts, pour entrer dedans le Paradis, lors qu’il entend la voix de fes Brebis, &qu’elles lui vent ce bon Faneur, ils font fauvees. 6:Na-
SS 6Nature réglé nos defirs. Les Loix qui règlent nos plaiftrs, Ne font point des Loix inhumaines \ La Nature &ECiel ne bornent nos defirs > Qjie de peur d'accroître nospeinés. Vous voyez cette bonne Mcre Nature,. donner àTes Enfans ,à chacun fuivant Tes defirs ;faifant voir qu’elle eft la Lieutcnante de la Providence ,qui àtout fait avec poids, nombre &mefure, &luy à gravé dans le coeur une Loy fecrete, &une régie cachée, avec lefquelles il luy eft impoiïïble de failler ,à moins que corruption des Mceurs n’y viennent faire le degat. 7, Regard Divin. Du rayon d'un des yeux de mon Divin Sauveury J'ay veu partir le dard*qui ma percé le Cœur , Dès le même moment j'ai rejfentila flamey Dufeu de fon amour embrafer mon efprit. Et depuis ce temps là je comtois que mon ame N’a plus d'autres defirs que d'aimer Jefus Chrijl. Cet œil -dont vous voyez fortîr un dard qui perce un cœur ,et le fyrabole d'un regard bénin de Jefus Chrift, lors qu’il apitié d’une Ame contrite &pœnitente. Prefentezi-ui donc votre cœur comme àl’unique objet qui tn doit fairé toutes lesadoi ations ahn qu’il le frappe de fes traits amoureux ,&qu’il l’ entame de fes ardeurs Divines. 8. Haïr le Vice, c’et connoitre la Vertu. Plus le vice efl horrible ,&plus il a d'appas: Il va toujours en marque ,&n’efl rien que feintife; (LAuffi cefl aux rochers qui nepproiffent pas, Que le Nocherfe trompe, &la Barquefe brife. Voicy l’explication de cette fimilitude reprefentee par la Sagefie au milieux d’une bande des voluptycux ,qu’elle harangue avec tant d’ éloquence, qu’elle fçait tirer la vertu du vice, comme une celefte Gouvernante, qui fait par la remontrance rentrer les criminels dans le devoir, &favqir horreur pour foy-mê- mes. p. Cœur Illuminée. Jefus éclairera du feu de fon (imour Le tœur defes enfins,&la nuit (y? le jour ,,, Et Pur communiquantfes celejles lumières s Ils pourront pénétrer par les yeux de la Fcy Ju f~
Ju/ques au plus profond defes/acres mifleres ; Ceflce que/l figuré dam ce cœur que tu voys. La Grâce que Dieu fait aux Hommes en éclairant leurs coeurs, repi cTentée par l’Emblème d’un cœur environne d’une Lumière qui defeend du Ciel, représentant la grâce qu’elle fait àl’Homme d’eclairer fon Cœur &fon Ame, Tune par la railon &l’autre par laFoy. io La vertu eft la fin de l’homme. Dégagés vos ejprits de crainte & d'ejperance , Souffres que la vertu vous rende la raijbn : L'Efclaveejl in/en'jè quicraintfia délivrance , Et le- Malade efi /ou qui hait /a. gueri/on. 0 mCette Emblème nous efi: peinte fous la figure de la vertu fui vie de performes de divers âges, accompagnée du Temps, lefquels ayant fermée l’oreille àla voix du vice, viennent reconnoitre la doétrinc des Docteurs de leur Ame, qui leur reprefentent le premières femencesde la Natpre &de la fagefie qui rendent àla partie fuperieure de l’Ame ,l’empire que fon efclave luÿ aviolemment ufurpé. Î9 il. Paix de Chrift. La paix de Jé/us Chrifi fit gravée dans nos cœurs. En elle /eulement coufifie les douceurs. Que l'on doit defirer en /' une (y1Pau- tre vie , Car la chercher ailleurs ,cefi chercher vainement , Doutes lespaix du monde ont une /in /uivte , D'un malheur qui/cuvent, nous perd fudainement. Voicy une Lmbleme qui efi la pierre de touche de la conloience , elle nous efi reprefentée par un main tenant un cœur au delfous d’un ciel fercin ,où efi gravé, Pas Chrifii,la Paix de Jcfus Chrift faife la joye de nos coeurs, &foit infeparable de nofirc ame. Pour avoir cette Paix &la poffeder, il faut premièrement l’auoir avçc foy-meme par la tranquille de fon Efprit ,àfoufrir avec patience les adverfitez qui nous arrivent ;en fécond lieu il faut avoir la paix avec fon prochain, rendant non feulement le bien pour le bien, maisauffi le bien pour le mal ,en pardonnant fans referve àceux qui nous ont oftenfé ,&enfin en foutirant avec quiétude les maux qui nous arrivent pour le Nom le }efus Chrift.
90 •i 2. En toute condition on peut eftre heureux. En tous lieux la vertu fe trouve. Chacun peut en tendrefa voix; Et Bien fouvent on la découvre, Eelle parmi le bruit du louvre , Qu'elle e/l aufilence des Bois. Cette Emblème efl; reprefentée fous la Figure d’un Roy, d’un Magiftrat &de Diogène, s’epandans lafagefïe qui eft égallemcnt neceflaire àtous les Hommes ,leur eft aufïi également favorable: Elle ade l’amour pour tous quiconque la defire, la poflede, &fi elle nous échappe cen’cft jamais par fa rigueur, ny par fa legereté ,mais par nôtre négligence , ou perfidie ce qui fait qu’un Roy devient Tiran ,qu’un Magiftrat eft inique, ainfi en eft: il des autres conditions. 11. Candeur de’AmeJufte. Comme nous admirons dans le lis la candeur , Et quepar tout ilfait reffentir fon odeur , De meme on voit dsi jufie efclater l'innocence , Vodeur defes vertusfe repend en tous lieux , Et Dieu pour Texalter la met en evidence , Et le fait exaler jufques dedans les deux. La Main qui tient un Lis ,qu'elle porte jufques dans le ciel, reprefenre l’innocence de l’Ame jufie ; car comme le Lis, outre fa beauté, répend Ion odeur jufques au delà des lieux oii il fleurit, de même le juile fait exaler fes vertus fur la terre ,&la candeur de fon Ame efl comme cette belle fleur devant les yeux de Dieu. 14. Guerifon falutairè. . As-tu dans l'un des yeux quelque tache un peu [ombre, Eu veux que l'oculifle en arrête le cours : Eon Ame cependantfoujfre des maux fans nombre , Et tu la vois périr fans luy donner fecours. L’explication de cette Emblème fe trouve renfermée par quatre figures, la première eft un riche ufurier qui pour un mal dedans l’œil fait qu’il crie au fecours, fur quoylafageffe entre avec le temps qui luy offrit affiRance ,mais cet Aveugle volontaire les rébute &fc recrie après l’oculiftes, qui fait fon operation & donne foulagcment àion œil, pendant qu’il laifïc gangrené fon A- mc. 15. L'amejuftc. Le Jufie enfes travaux nefl jamais abatu. Il efl inébranlable ,&fa grande vertu >Fait