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Théatre de P. Corneille : avec des commentaires, et autres morceaux intéressans ; T.VI

Corneille, Pierre (1606-1684); Voltaire (1694-1778); Fontenelle, Bernard le Bovier de (1657-1757); Shakespeare, William (1564-1616).; Racine, Jean (1639-1699)

Abstract

t. 1. Médée. Le Cid. Cinna. Jules César, tragédie de Shakespear. -- t. 2. Horace. Polyeucte, martyr. Le menteur. La suite du Menteur. -- t. 3. Pompée. Théodore. Rodogune. Androméde. -- t. 4. La comédie fameuse, Héraclius, empereur d'Orient. D. Sanche d'Aragon. Nicoméde. Pertharite, roi des Lombards. -- t. 5. Oedipe. La toison d'or. Sertorius. Sophonisbe. -- t. 6. Othon. Agésilas. Attila. Bérénice, tragédie de Racine. Bérénice, comédie héroique de Corneille. Pulchérie. -- t. 7. Suréna, général des Parthes. Ariane. Le comte d'Essex. Mélite. Clitandre. La veuve. -- t. 8. La Galerie du Palais. La suivante. La Place Royale. L'illusion. Trois discours. Vie de Pierre Corneille, par Bernard de Fontenelle son neveu. Réponse de l'Editeur á un detracteur de Corneille. Discours de P. Corneille á sa réception á l'Académie Française.

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EP ŒORNEILLESS À V E € DES COMMENTAIRES, ET AUTRES MORCEAUX INTÉRESSANS Nouvelle Edition, augmentée. F æ: # À È 7%, + + AA É F4. LE ES EE ss jé Z Fa #4 + el & Here FRS ER ERERON FvVeRLEeU ES à _ _ P, Cornell Tome VL A eee Cnenenenenens Ce à ER 1h ne faut guère en croire fur un ouvrage ni lanteur, ni Les amis, encor moins les critiques précipitées qu'on € Fait dans la nouveauté. En vain Corxeille dit dans fa préface, que cette piéce égale, ou pañe la meilleure des, fieanes. En vain Fontenelle fait l'éloge d'Orhons le tems feul ef juge fouverain ; il a banni cette piéce du théatre. Il y en a fans doute une raifon qu'il faut chercher; je nen, connais point de meilleure Mie on veut mettre la politique fur-le théatre, il faut la traiter comme Racine, y jetter de grands intérêts, des paflions vraies, & de grands mouvemens d’éloquence; & que rien weft plus néceffaire qu'un ftile pur, noble, coulant & égal, qui fe foutienne d'un bout de la piéce à l’autre. Voilà tout ce qui manque à Ofhon. | Avouons que cette tragédie neft qu'un arrangement de fa- mille ; on ne Sy intérefle pour perfonne ; il y eft beaucoup parlé d'amour, & cet amour mème refroidit le lecteur. Lorf- que ce reflort qui devrait attacher, a manqué fon effet, la. piéce eft perdue. Il eft dit dans lhiftoire du théatre, » Particle Othon, que Corneille refit trois fois le cinquiéme actes jai de la peine à le croire; mais fi la chofe eft vraie, elle prouve qu'il falait le refaire une quatriéme fois, ou plutôt quil était impofñble de . , 5 . , . LA tirer un cinquiéme acte intérefant d’un fujet ainfi arrange. =) Corneille ne refñt pas trois fois la première fcène du premier À i)} ié us ST A SH “eS ui Ru à LE 1 :æ Et détruit d’autant plus, que plus on le voit croître, Ce que l'on doit d'amour aux vertus de fon maitre. OTHON. Ceux qu’on Voit S’étonner de ce nouvel amour , N'ont jamais bien concu ce que c’eft que la cour. Un. homme tel que moi jamais. ne s’en détache 5 Il n’eff point de retraite -ou d'ombre: qui le cache Et fi du fouverain la faveur reft pour lui, I faut, où qu'il périfle, ou qu'il: prenne un apui. Quand le monarque agit par fa propre conduite, Mes pareils fans périls £e rangent à {a fuites Le mérite & le fang nous y font difcerner : ES Ma 15.0 ss 22 Œ 1 È Roi 2 + ns œ — aile —- so . no SEE A Et que de fon pouvoir les grands dépofitaires comme, Je mérite © le Jeng font un éclat _€# vous: On ne dit point » faire. un éclat b) Je les Doyais Îous Éyois Te. ] Coy- ; “eille n'a‘jamais fait quatre vers plus. forts, ‘plus pleins, plus füblimes; &. c'eft en partie ce qui juftifie la liberté que je prends de préférer cette expofi- tion à celles de toutes fes autres pié- . ces. À la vérité, il y a quelques vers familiers & négligés dans cette première | foène, ‘quelques expreflions vicieufes, dans quelqu'un. | dans cette métaphore. rapide du mot dévorer; tout autre terme elñt été Fai- c) À qui dévorerait ce règne d'un m0o- ment. | La beauté de ce vers confifte ble: c'eft à un de ces mots que Def Préaux apellait frouvé, Racine eft plein OBS To ma Et tous trois à lenvi de ces expreffions dont il a enrichi la langue. Mais qu'arrive-til ? Bientôt ces termes neufs & originaux, em- ployés par les écrivains les plus mé- dioeres, perdent leur premier éclat. qui les diftinguait ; ils deviennent familiers 5 alors les hommes de génie font obligés de chercher d’autres exprefions, qui neille. TRAGÉDIE. Acre L Dans mon gouvernement j’en établis les loix; Et je fus le premier qu’on vit au nouveau prince Donner toute une armée, & toute une province: Ainfi je me comptais de fes premiers fuivans ; Mais déja Vinius avait pris les devans; Martian l’affranchi, dont tu vois les pillages , Avait avec Lacus fermé tous les pañages; On naprochait de lui que fous leur bon plaifir. J’eus donc pour m’y produire un des trois à ‘choifir. b) Je les voyais tous trois fe hâter fous un maître, Qui chargé d'un long âge FOSSES SOUS 7 | a peu de tems à Pêtres ER ardemment c) À qui dévorerait ce règne d’un moment. J'eus horreur des apuis qui reftaient feuls à prendte. J'efpérai quelque tems de m’en pouvoir défendre ; Mais quand Nymphidius dans Rome affafliné - Fit place au favori qui l'avait condamné, Que Lacus par fa mort fut préfet du prétoire, Que pour couronnement d’une action fi noire Les mêmes afläflins furent encor percer Varron, Turpilian, Capiton, & Macer, Je vis qu'il était tems de prendre mes melures, fouvent ne font pas fi heureufes. C'ef ce qui produit le ftile forcé & fauvage dont nous fommes inondés. Il en eft à peu près comme des modes: on in- ente pour une princefle une parure nouvelle, toutes es femmes l'adoptent; on veut enfuite rencherir, @& on inven- te du bizarre plutôt que de lPagréable. B a has RTS Le =. . — Vveves es esse Qu'on perdait de Néron toutes les créatures. Et que demeure feul de toute cette cour, À moins d'un protecteur J'aurais bientôt mon tour. Je choïfis Vinius dans cette défiance; Pour plus de fweté, j'en cherchai: Palliance. Les autres n’ont ni fœur, ni fille à me donner; Et- deux fans ce grand nœud tout eft à foupconner.' ALBI N. : Vos vœux furent tecûs ? OTHO N. Oui ; déja fn _—_—.. gi me deftinée, -0 fvertit EEE Si ces rivaux. d'étRE “h'on Livni Un maître qui fans eux nofe rien. confentir.. ÂALBEN. Aïnfi tout votre amour neft qu'une politique; : Et le cœur ne fent point ce que la — explique ? 9. T ON: D ne de. fentit pas, Albin, du premier Jour 3 Mais cette politique eft devenue amour; - Toutnren plaît, tout m'en charme, & mes premiers fcrupules Près dun f cher o objet pañlent pour ridicules. _Vinius. eft conful, Vinius eft ne I a de la naiffance; & s'il eft agiffant, S'il fuit des favoris la pente trop commune .. Plautine hait en lui ces foins de {à fortune: 4) la face des dieux, | eft ce qu'on apelle une chevilles il ne S'agit point lei de dieux & d’autels. Ces malheu- reux Hémiftiches, qui ne difent rien. parce qu'ils femblent en trop dire ; n’ont “été que trop fonvent imités.. PAS DE RAS RH EDR | FES Fe ie RE D IE. Acre [L Son cœur eft noble & grand. ALBIN. — ee Quoi qu'elle ait de vertu, Vous devriez dans l’ame être un peu combattu. La niéce de Galba pour dot aura l'empire, Et vaut bien que pour elle à ce prix on foupire: Son oncle doit bientôt lui choifir un époux. Le. mérite & le fang font un éclat en vous, Qui pour y joindre encor celui du diidème . . | © T H O N. - = Quand mon cœur fe pourrait fouftraire à ce que j'aime, Et que pour moi Camille aurait tant de bonté, | Que je dûffé efpérer de ii cie cast Si, comme tu le dis, fa main doit faire un maître, Aucun de nos tyrans n’eft encor las de l’ètre; Etce ferait tous trois les attirer fur moi, - Qu’afpirer fans leur ordre à recevoir fa foi. Sur-tout de Vinius le fenfible courage Ferait tout pour me perdre après un tel outrage, Et fe vengerait mème d) à la face des dieux, Si javais fur Camille ofé tourner les yeux. RE Penfez-y toutefois, ma fœur eft auprès d'elle; Je puis vous y fervir, l’occafon eft belle; Tout autre amant que vous s’en laiflerait charmer: - Et je vous dirais plus, fi vous ofiez Paimer. = _ OTHON ee. Porte à d’autres qu’à moi cette amorce inutiles . Mon cœur tout à Plautine., eft fermé pour Camille. — | B=33 La beauté de Pobjet, la honte de changer, Le fuccès incertain, l’infaillible danger, Tout fait à tes projets d’invincibles obftacles. ALBI N. Seigneur, e) en moins de rien il fe fait des miracles, À ces deux grands rivaux peut-être il ferait doux D'ôter à Vinius un gendre tel que vous; : Et fi lun par bonheur à Galba vous propole . . . Ce meft pas qu'après tout j'en fache aucune chofe: Je leur fuis trop fufpet pour s’en fer à moi; Mais fi je vous puis dire enfin ce que jen croi, Je vous propoferais fi j'étais en leur place, : Aucun deux e que tu veux qu 1Ë = e) En moins de rien il Je fait des mi- racles ; eft un vers comique: mais ces petits défauts qui rendraient une mau- vaife fcène encor plus mauvaife, n'em- pêchent pas que celle-ci ne foit claire, vigoureufe, attachantes trois mérites très rares dans les expoñtions. Cette première fcène d'Ofhoz prouve que Cormeille avait encor beaucoup de génie. Je crois qu'il ne ui a manqué que d'être févère pour lui-même & d’a- voir des amis févères. Un homme ca- pable de faire une telle fcène pouvait affürémént faire encor de bonnes piéces. Cet un très grand malheur, il fant le redire, que perfonne ne l'avertit qu’il choififfait mal fes fujets , que ces dif fertations politiques métaient pas pro- pres au théatre, qu'il falait parler au a rene nn ae ans dre dde * cœur, obferver les règles de la langue, s'exprimer avec clarté & avec élésan- ce, ne jamais rien dire de trop, pré- férer le fentiment au raïifonnement: il le pouvait ; il ne Pa fait dans ancune dé fes dernières piéces. Elles donnent de grands regrets. f) La piéce commence à faiblir dès cette feconde fcène. On voit trop que la tragédie nefera qu'une intrigue de cour, une cabale pour donner un {uc- -cefeur à Gulba. C'eft là de quoi four- niv une douzaine de lignes à un hif- - torien, & quelques pages à des écri- vains d’anecdotes; mais ce n’eft pas là un fujet de tragédie. Ofhon e® beau- coup moins théatral que Sophorishe, & bien moins heureux encor que Sertorius. Agéfilas qui fuit, eft moins théatral en- Ni LA TRAGE Ils voudront par ce choix Je ee Laifez nous feuls, Albin Ati VINIUS, RS Re Pope pens SERRES SERRES PRE re VIN cot qu Othon. Le fccès eft prefque tou- jours dans le fujet; ce qui le prouve, c'eft que Théodore, Sophonisbe, lu Toi- Jon d'or, Pertburite, Othon;: Agéfiles, Suyena, Puichérie, Bérénice, Aïtila, pié- avec tant de plaifr. Ce font quelque- fois les mêmes beautés, &@ toujours les mêmes défauts dans Pélocution. Par- tout vous trouverez des penfées fortes, & des idées alembiquées, dela hauteur Se de la familiatité ; dé l'amour mélé.de politique, quelques vers heureux ; & beaucoup de mal faits; des raifonne- DIE. Acre L Et s'ils peuvent jamais trouver quelque douceur À faire que Galba choififfe un fuccefleur, Et n’en propoferont que de leur dépendance. Mais Vinius que }apercois venir . .. Ce : : or + J Ê crois que vous m’aimez, feigneur, & que ma fille ë $ : _ » F = : Æ £ £ ces que le public a profcrites , font écri- mens, désconteftations, des bravades. : ES PS7 mm NA 7e Re : RTS IIS. fe mettre en affurance, je veux lentretenir. NE IL LUS. Ii eft impoñlible de ne pas reconnaître la même main. D'où peut donc venir la différence du fuccès, fi ce n’eft du Fonds même du deflein ?, Les défants de ftile qui ne fe remarquent pas dans le beau fpectasle du cinquiéme acte de Rodogune , fe Font féntir quand le fujet ne less couvre pas > quand. lPefprit du : fpeateur refroidi a la liberté d’exa- miner la diction, l'inconvenance, l'ir- régularité des phrafes, les folécifmes. Je fais bien qu'Ocdipe était un très - beau _fujet; mais ce n’eit pas le fujet de S0- phocke que Corneille a traité, c’eft l'a- mour dé Théfée-& de Dircé, mélé/avec la fable d'Oedipe. C'eft une froide po- “litique_ jointe à un froid amour, qui rend tant de piéces infipides. 7 Biij PSS VS ed ae ei ever Ps g) Vous fait prendre intérèt en toute la famille. Il en faut .une preuve, & non pas feulement Qui confifte aux devoirs dont s’emprefle un amant! Il la faut plus {olide, il la faut d’un grand homme . D'un cœur digne en effet de commander à Rome. Il faut ne plus laimer. —_ OTHON. _ — Quoi, pour preuve d'amour .:. VINIUS. Il faut faire encor plus, feieneur, € en ce grand jour, 1H faut aimer ailleurs. O T H O N. EE es SERRE QE dire ? ; E fais qu’à fon hymen tout Votre cœur afpire ; : Mais elle, & vous, & moi, nous allons tous péfir; Et votre change feul nous peut tous fecourir. Vous me devez, feigneur, peut-être quelque chofe: Sans moi, fans mon crédit qu’à leurs deffeins j'opote, : Lacus & Martian vous auraient peu fouffert; = Il faut à votre tour rompre un Coup qui me perd ; Et qui, fi votre cœur ne s’arrache à Plautine , 7 Vous envelopera tous deux en ma ruine. = OT HO N. Pas le De doux efoir de mes vœux acceptés , &) Une fille qui fait prendre inférlt en | nos nous regardons. Une mérité qu'os toute It fasnille. Des devoirs dort. Sesi- | voit trop sanifelle. Du turaulte excité preffe ua amant. Galba: qui sefufe Jon or- Pirellias. qui arrive avec Ja force unie. dre à l'effet dé nos vœux. De l'air dont | Ce qwu'ila de vieux corps. De qui Je l'im- ns — réfuire. TRAG ED TE. Acre 2 ne sera res Mordomnér que je change” Et vousimème ! VINIUS. 1. : “Écoutez. L'honneur que ous. fait votre illufre bhyménée , Des deux que jai nommés tient l'ame ff gènée, Que jufaw’ici Galba, qu'ils obfédent tous deux; _ À refufé fon ordre à Peffet de nos vœux. : L’obftacle qu'ils y font vous peut montrer fans peine Quelle eft pour vous & moi leur envie & Jeur haine; Et qu'aujourd'hui, de lair dont nous nous regardons, ee nous Pirée fi nous ne _ Re ct Ur _—_ ondement CLENCUE , je: me au ele. Galba vieil & café, qui fe voit {ans enfans, Croit qu'on méprife en lui la faibleffe des ans; Et qu’on ne peut aimer à fervir fous un maitre Qui n'aura pas le tems de le bien reconnaître. Ï1 voit de toutes parts du tumulte excité. Le foldat en Syrie eff prefque revolté. ‘: Vitellius avance avec fa force unie, Des: troupes de Ja Et de la Germanie: _ Ce qu'ila de vieux < j re avec enn US 3. Tous les prétoriens murmurent contre lni. De leur Nymplidius lindiene facrifice Re qui fe Pimmmola leur Fe _. juftices auoln. - Rarmeïñer Les efprits par un jeune empereur. Il ira du côté de Lacus. Ces + us un Un œil Vas. Une prin- Îlu remis exprès à tantôt d'en ce le qui ef shife à Jourire. |. Tout cela. ef à la -vérité très detnee Le fonds” au Éoours “de Virius eft raifnnable es mais ce n'eft pas afTez. $ _ Nous-ferons -pareilenoml . Galba pour cette niéce de vous devoir Pempire. Sans PlautineLa- “mou meft un poion. Jine. Les douceurs di pouvoir Jouverain meJjont d'afreux tourmens, s'il m'en come nu fn&in. Vous voulez que fe révne , 9 Je ne Jüis qu'aimer. | Je ne remarquerai Il le fait, & prétend par un jeune empereur Ramener les cfprits, & calmer leur fureur, Ïl efpère un pouvoir ferme, plein & tranquille, S'il nomme pour Céfar un époux de Camille; Mais il balance encor fur ce choix d’un époux, Et je me puis, feigneur, m'aflurer que {ur vous. J'ai donc pour ce grand choix vanté votre courage, Et Lacus à Pifon a donné fon fuffrage. Martian n’a parlé qu'en termes ambigus, Mais fans doute il ira du côté de Lacus; Et l'unique remède eft de gagner‘ Camille. Si fa voix eft pour nous, la leur eft aura de la bonté. Il à remis exprès à tantôt d’en réfoudre. De nos têtes fur eux détournez cette fondre, Je vous le dis encor, contre ces grands jaloux, Je ne me puis, feigneur, raflurer que fur vous. De votre premier choix quoi que je doive attendre, Je vous aime encor mieux pour maître que pour gendre ; Et je ne vois Pour nous qu'un naufrage certain, S'il nous faut recevoir un prince de leur main. Le bonheur #'alfaf Ceres inutile. ® ES OTHON. b) IL ef d'autres romains qui feront ravis ils font en paitie le fujet de Ia piéce Oïhon eft amoureux ; car, quoi qu'on en difc, encor une fois, il n'y a au- cun des héros de Corseille qui ne le faits mais il Gt amoureux froidement. n'a d'abord demandé la fille de Vinius que par politique; il n'a pas de ces que ces étranges vers dans cette loène ; k pafions violentes, qui feules réuMflent : O THON. Ah! feigneur, fur ce point c’eft trop. de Contance. Ceft vous tenir trop für de mon obéiffance. Je ne prens plus de loix que de ma paflions Plautine eft objet feul de mon ambition; Et fi votre amitié me veut détacher d’elle, La haine de Lacus. me. ferait moins cruelle. Que m'importe après tout, fi tel et mon malheur, De mourir par {on ordre , ou mourir de Le 2 VIN TU S. Seigneur, un grand. courage , à célaue 5 point il aime , se toujours au befoin >oféder. foi ue AVait pour vous ar moins autant Et quand on vous Vôta vous n’en mourütes pas. 0 THON. | Non, feigneur, Mais. Poppée était une ‘infidelle, Qui n’en voulait qu'au trône, & qui nv’aimait moins qu’elle. Ce peu qu'elle eut d'amour ne fit du lit d'Othon Qu'un degté pour monter à celui de Néron; Elle ne m'époufa qu'aën de sy produire, D'y ménager fa place au hazard de né miires Auf jen fus banni ous un titre d'honneur, Êt pour ne me plus voir on me fit gouverneur. Mais jadore Plautine, & je’ règne en fon ame: Nous ordonner d’éteindre une fi belle flamme , Ce. : je nl ofe Je dire. h) Ï ef d'autres romains, PR SR = (2 ner Le refus dun empire. “H à com- pafaitre dans la premiére fcène; & le > mencé par ‘étaler a profondeur d’un |! même homme qui fe fera nommer em - Ÿ -courtifan habile; il parleà préfentcom- | pereur, & qui détrônera Galbe, renon- ER me nn jeune homme pañfionné &-ten- | ce ici à l'empire. Le fpc@ateur ne croit ») P, Corneille. Tome VI. é +) L nn mn ne memes) all théatre, & qui féules ne pardon- | dre. Il Aénert le cara&ère qu'ilafait + | Seigneur, qui fauront mieux apuyer vos deffeins;. If en eft dont le cœur pour Camille foupire, Et qui feront ravis de vous devoir l'empire. - VINIUS. Je veux que cet efpoir à d’autres foit permis ; Mais êtes-vous fort für qu'ils foient de nos amis? RATE nujeux que moi s'ils plairont à à Camille ? OTHON.. Et croyez-vous pour moi qu'elle foit plus facile 2 Pour moi, que d'autres vœux . . . + MINTOUS & és À nc VOUS tien célet . = Sorur avec Galba —. ouier par Les J'ai voulu fur ce point preffentir, fa penfée ; J'en ai nommé plufeurs pour.qui je lai preflée, À leurs noms, un grand froid, un front trifte , un œil bas, . M'ont fait voir auff-tôt qu ils ne lui plaifaient pas: Au vôtre elle a rougi, puis seft mile à fourire.. Et m'a foudain quitté. fans me vouloir rien dire, . C'eft à vous qui favez ce que c ’eit que d'aimer, À juger. de Jon cœur ce qu'on doit préfumer, © THON. Je n'en veux rien juger, Horse & fans. . L'amour m'eft un poifon, le bonheur m ’afafines Et toutes les douceurs du pouvoir fouverain. Me font d'affreux tourmens, s’il m'en coûte fa main. pas. Un des meilleurs connaifleurs, en | que la piéce ne foit froides & il ne fe. é lifant Othos pour la première fois, dit | trompa point. En effét, ces craintes DOSSIER guère à, cet amour, il ne s'y intérefle | à cette feconde fcène, Il eft impoffible RAGÉD IE: AGre L “9 m4 VAN EU De tant de fermeté aurais lame ravie, Si cet excès d'amour nous aurait la vie; Mais il nous faut le trône, où renoncer au jour; Et quand nous périrons, que fervira l'amour ?. O T HO N. À de vaines frayeurs un noir foupcon vous livre. Pifon n’eft point cruel, & nous laiffera vivre. VINIUS. Il nous laiffera vivre, & je vous ai nommé! Si de nous voir dans one il n ce D allarmé Nos commu prendront da conduite. Rte Vendr Seigneur, quand pour l’empire on s’eft vü dates ; Il faut, quoi qu'il arrive, ou périr, ou régner. Le poftume Agrippa vécut peu fous Tibère : | | Néron wépargna point le fang de fon beau-frère; Et Pifon vous perdra par la même raïfon, Si vous ne vous hâtez de: prévenir Pifon. Il n’eft point de milieu qu’en faine politique . . OATAH-O Ni she 20 Ét. TPamour-eft.la où-tout mon cœur s “plu. Rien ne vous a fervi, feigneur ; de: me:nommer: Vous voulez que je régne, & je ne fais — Je pourrais favoir plus, fi Paftre qui domine Me voulait färe un jour régnér avec Plautine; dont à que “montre Vinins Fe ce qui . des périls He & véritables 1e Fe __ arriver un. jour ; ne font point un - Hrassqie , fans quoi tout languit, ont Mais dérober fon ame à de fi doux apas , Pour attacher fa vie à ce qu'on:n’aime pas! VENEUS | Hé bien, fi cet amour a fur, vous tant de force; Régnez: qui fait des loix peut bien faire un divorce. Du trône on confidère enfin fes vrais amiss Et.quand. vous pourez tout, tout vous fera permis. S CE N E TI11L PLAUTINE, TINIUS, OTHON. a pas, see noû ñ pas, quoi que le ein nv envoie; _ Je ne veux rien tenir d’une honteufe voie; Et cette lâcheté qui me rendrait fon cœur. Sentirait le tyran, & non pas l’empereur. À votre füreté, puifque le péril prefe. J’immolerai: ma flamme, & toute ma tendreffes. Et.4). je-vaincrai l’horreurd'un fi cruel devoir, ! Pour conferver le jourfà qui mé l'a fit voir: Mais ce qu’à mes défirs je fais de violence ,: Fuit les honteux apas d’une: indignei dpérancez : © 2) Cette troifiéme fcène juftifie déja | ce qu'on doit prévoir, que ce n ’eft pas. à une tragédie. porte, père, & elle vient interrompre fon pour dire en vers durs & obfenrs, qu'elle ne voudrait point un: jour épou- fer fon amant, fi cet amant marié à une autre ne pouyoit revenir à elle que Plautine écontait à R. ne, qu'une fille, pat un divorce. Non-feulement ceft manquer À à la bienféance, mais quel fai-. ble intérét.. quel froid fujet d'une fcè- - qui fans étreapellée, vient dire à à fon père devant fon amant, ce qu elle ferait Un. jour, fi. ce Froid amant voulait léponfer en troifiémes nôces ! Elle ferait en est. la troifiéme TRAGÉDIE Acre Et la vertu qui domte & bannit mon amour, N'en fouffrira jamais qu'un vertueux retour, . -O:T-H ON: Ah, que cette vertu m'aprète.un dur. fuplice! Seigneur, & le moyen que je vous obéiffe ? Voyez, & s’il fe peut, pour voir tout mon tourment, l).Quittez vos yeux de père, & ‘prenez-en d’amant. VINIUS. L'eftime de mon fang ne m’eft pas interdite ; Je lui vois des attraits, je lui vois du mérites Je crois qu'elle en a mème aflez pour RE - Si quelqu” un nous perdai a ePar-à nos ennemis la Et fa perte par-là devient D ebiec Je vois de plus, feigneur , que je n’obtiendrai rien, Tant que votre œil bleffé rencontrera le fien , Que le tems fe va perdre en repliques frivoles ; Et pour les éviter, j’achève en trois paroles. Si vous manquez le trône, il faut périr tous trois, ie attendez cet ordre à votre choix. Je me remets à vous de ce qui vous regardes — : Mais.enma.fille..& .moi-la: gloire fe ‘hazard ; :De fes” a &- des miens je fuis maître: abfolu 3: | Le A’ Ofhon,., qui Vépouferait après | retour. | Ce font Ià des. RS qui avoir. répudié Poppée. &. Camille. : afaibliraient les plus beaux fentimens. k) Vaincre l'horreur d'us cruel. devoir. 1) Quittez vos yeux de père £T prenez- Ce qu'à. fes. défirs elle fait de violence. en d'amant. Ï Ce vers ne prépare pas Four. fuir, des opus. Donteux: d'une efpérance nn intérêt tragique, & ce défaut re- sudigne. La vertu qui domie. £T banuit La- | vient fouvent dans toutes. ces dernièrés rs Et qui n'en Jouffre qu'un vertueux ee. C ii] __ 0. nemenc me Et j'en difpoferai comme jai réfolu. Je ne crains point la mort, mais je hais l'infamie D’en recevoir la loi d’une main ennemie ; Et je faurai verfer tout mon fang en Romain, Si le choix que j'attens ne me retient la main. C’eft dans une heure ou deux que Galba fe déclare. Vous favez Pun & lautre à quoi je me prépare, Réfolvez-en enfemble. m) Recbuez-en Pexemple. | Oibon qui veut fe tner ainfi au premier ae pour une crainte imaginaire, & pour une mai- trefle , excite plutôt Le rire que la ter- reurs rien n'eft jamais plus mal recu au théatre qu'un defefpoir mal placé, | & qu'on n'attendait pas d’un homme qui na d’abord parlé que de politique. Ajoutons que cette fcène entre Ofhoz & Ploutine eft très faible. Je remarque que | Plautine confeille ici à Ofhon précité- Y 7 ment la même chofé qu'Afalide à Bnjazet mais quelle différence de fituation, de fentimens & de file! Bajazet elt réelle- ment en danger de fa vie, & Ofhon ne court ici qu'un danger chimérique. P/4- tine eft raifonnenfe & froide. Æéulide ef touchante, & a autant de délicatefle que d'amour. Enfin, ce qui elt de la plus grande importance, Les vers de Corneille ne valentrien, & ceux de Ra- cine font patfaits dans leurgenre. Com- e nobl à ao s Lefpoir comparez aux vers d'ÆAfalide ces vers de Plautine : tre: ainié. * Qu'un tel évarement. Il Je croit mal CUITS Et que de votre cœur vos yeux indé- pendans Triomphent comme moi des troubles du dedans. | SCENE 17. OTHON, PLAUTINE OTHON. Ars donc, feigneur ; Tant qu'ils ont du courage, elt toujours en leurs mains. Et pour vous & pour moi, fût-il digne d’un temple, Il n’eft pas encor tems de men donner l'exemple. . Il faut vivre, & l’amour vous y doit obliger, Pour me fauver un père, & pour me protéger. * Quand vous voyez ma vie à la vôtre attachée, parez, (rien ne forme plus le goût) p se Et n'afpire qu'au bien d'aimer €9 d'é- " Confervez moi toujours l'efime & l'a- miitié. C'eft Le file, c'eft la di@ion qui Fait tout dans les foènes où le fpettateur cft affez tranquille pour réfléchir fur les vers; & encor eft-il néceflaire de ne point négliger la di@ion dans Les fi- tuations les plus Frapantes du théatre. En un mot, il faut toujours bien éorire. . SU Faut-il que malgré moi votre ame effarouchée, Pour m'ouvrir le tombeau hâte votre trépas, Et m’avance un deftin où je ne confens pas ? = O.T HO N.. | Quand il faut m’arracher tout cet amour de lame, Puis-je que dans mon fang en éteindre la amme ? Puis-je fans le trépas. .. PLAUTINE. | Et vous ai-je ordonné, D’éteindre tout l'amour que je vous ai donné? _ Si Pinjufte rigueur de notre deftinée : Ne permet plus lefpoir d’un heureux hyménée, S'élèvent au-deflus du commerce des fens. Plus la famme en eft pure, & plus elle eft durable ; Il rend'de fon objet le cœur inféparable ; I a de vrais plaifirs dont fon cœur eft charmé, Et n’afpire qu’au bien d'aimer & d’être aimé. - OTHON. | Qu'un tel épurement demande un grand courage! Qu'il eft même aux plus grands d’un difficile ufage! Madame, permettez que je‘ dife à mon tour Que tout ce que l'honneur peut fouffrir à Pamour , Un amant le fouhaite, il en veut l’efpérance, Et fe croit mal aimé, s'il n’en à l'affurance. te re 4e PLAUTINE. quel mauvais goût! C'était l'efprit du n) Il Et un autre amour. | Encor des _tems, dit-on; mais il faut dire encor £) G differtations métaphyfiques fur l'amour: FACE SU $ D TRAGÉDIE. Acre LI 2$ 4 | cé PLAUTINE- ë) Aimez moi toutefois fans l’attendre de mot, 4 % Et ne m’enviez point l'honneur que j'en recoi. à Quelle gloire à Plautine , 6 ciel, de pouvoir dire, PS Que le choix de fon cœur fut digne de l’empire ! E) Qu'un héros deftiné pour maître à l'univers ) : Voulut borner fes vœux à vivre dans fes fers! HE Et qu’à moins que d’un ordre abfolu d’elle-mème, ë Il aurait renoncé pour elle au diadème! ei :) OTHON. ee S Ah, qu'il faut aimer peu pour fait fon.bonheur… (& “Pour tirer vanité dun fi fatal rl SA Si vous m’aimiez, madame, il vous ferait fenfible ) Et la néceflité de le porter ailleurs, Vous aurait fait déja partager mes douleuts. De voir qu’à d’autres vœux mon cœur fût acceffible; G Mais tout mon defefpoir n’a rien qui vous alarme. | Ç Vous pouvez perdre Othon fans verfer une larme. Ÿ ) À Vous en témoignez joie, & vous-mème afpirez (4 È À tout Pexoës ee maux qui me font don ë) ee Se. FTEULINL C& Ê votre aveuglement a pour moi d'injuftice! ë) Pour épargner vos maux Jj'augmente mon fuplice ; C& Je fouffre, & c’eft pour vous que j'ofe m'impofer S La gène de lonfte , & de le déguiler, | 00 0 —. d Ê à & m7 que la nation françaife eft la feule qui | prit. Cela eft bien pis que Les concefti ( FA ait eu cette malheureufe efpèce d’ef. | qu'on reprochait aux Italiens. V2 Le. Corneille. Tome VI D , réremensrsnss 26 _ Tout ce que vous fentez, je le fens dans mon ame; Jai mêmes déplaifirs comme j'ai mème flamme; Jai mème defefpoir, mais je fais les cacher, Et paraître infenfible afin de moins toucher. Faîtes à vos defirs pareille violence, Retenñez -en l'éclat, fauvez-en Paparences Au péril qui nous prefle immoler le dehors, Et pour vous faire aimer montrez d’autres tranfpoïts, Je ne vous défens point une douleur muette, Pourvû que votre front n’en foit point l'interprète. Et que de votre cœur vos yeux indépendans, Lriomphent c gomme moi des ARTE ee dedans. 5 Suivez, pallez l'exemp e, & Dore Game. Un vifage content, un vifage none Qui lui laife accepter ce que vous offrirez, Et ne démente rien de ce que vous direz. OTHON- Hélas! madame, hélas! que pourrais-je lui dire ?: PERUTINE. y va de ma vie, ül y va de lempire;. Réglez vous là-deffus. Le tems fe perd, feigneur. Adieu, donnez la main, mais gardez moi le cœur; Ou fi c'eft trop pour moi, donnez & lun & Pautres, Emportez mon amour, & retirez le vôtre: Mais dans ce trifte état fi je vous fais pitié, Confervez moi toujours l'eftime & l'amitié; Æt n'oubliez jamais, quand vous ferez le maître. À as SC EN E TT. MARTIAN, PLAUTINE, FLAVIE. PLAUTINE. ÿ Ue venez - Vous m'aprendre ? d) MARTIAN. - Que de votre feul. choix lempire va dépendre , | Madame, = ne ES DRESSÉ ROUE "PLU LINE Quoi, Galba voudrait fuivre mon choix ? MARTIAN. : Non, mais de fon confeil nous ne fommes que trois; Et fi pour votre Othon vous voulez mon fufrage, Je vous le viens offrir avec un humble hommage. Avec ? PLAUTINE. MARTIAN. Avec des vœux fincères & foumis, tre de l’empereur qui la demande en matiage : ce trait eft contre la bienféan- ce, & contrela taifon. Ce qui eftbien plus extraordinaire, c'eft que Æertian … à qui Plautine Fait le plus fanglant ou-: trage, en ki reprochant très-mal-à-pro- pos fa naïiffance, lui dife enfuite, Æa- P. Corneille. Tome VI. dame , encor un coup , Jouffrez que je vous aime. L'amour de ce miniftre, les ré- ponfes de Plautine, & tout ce dialogue, révoltent, & refroidiflent. Ce n’eft 1à ni peindre les hommes comme ils font, . | ni comme ils doivent être, ni les faire parler comme ils doivent parler, - Qui feront encor plus fi l'efpoir m’eft permis. ee ie Quels vœux, & quel efpoir ? MARTIAN. Cet important fervice ; Qu'un fi profond refpe& vous offre en facrifice. . PEAUTINE, Hé bien , il remplira mes defirs les plus doux; Mais pour reconnaiffance enfin, que voulez - vous ? MARTIA N. La gloire d’être: aimé. PL A CUTI N 5 RP _ RL ET RD PR NE RTS x 7 RSR SSSR 2 _ De vous, madame PLAUTINE. De moi-même ? .MARTIAN. De vous; j'ai des yeux, & mon ame, , : PRÉSUIINE Votre ame, en me faïfant cette civilité, e) Devrait l'accompagner de plus de vérité. On na pas grande foi pour tant de déférence , Eorfqu'on voit que la fuite a fi peu d’aparence. ‘: L'offre fans doute eft belle, & bien digne d’un prix ; e) Une ame qui fuit une civilité. Le | changé de =. & l'autre qui repli mûl qui vient à un vieux miniftre d'état, que, qu'il a l'oreille du grand maitre. |. ( & c’eft le mal d'amour; ) & Plautine Que dire d’un tel dialogue? On . qui répond à ce miniftre, 945 n'a point À obligé de faire un commentaire. Que AŸ RS m8 7 © g > pes Mu Ru TRAGÉDIS Am IL 3 Mais en le choififfant vous vous êtes mépris. Si vous me connaifliez ,; vous feriez _ . MARTIAN. Hélas ! mon mal ne vient que de vous trop connaître. Mais vous même, après tout, ne vous sn pas». Quand vous croyez fi peu l'effet de vos apas. Si vous daigniez favoir quel eft votre mérite , Vous ne douteriez point de Pamour qu'il excite.. Othon m'en fert de preuve: il n'avait rien aimé , Depuis que de Poppée il s'était vi charmé; Bien que d'entre fes bras Née Pont enlevée, À vous feule _— dû lPhonneur de leffacer. Vous feule d'un coup d'œil emportâtes la gloire D'en faire évanouir la plus douce mémoire , Et d’avoir fh réduire à de nouveaux fouhaits Ce cœur impénétrable aux plus charmans objets. Et vous vous étonnez que pour vous je foupire! PELAUTINE. Je m'étonne bien plus que vous me Pofiez dire. _Je nétonne de voir qu'il ne vous Houvient plus Que lheureux Martian fut l’efclave Icélus, - Qu'il a changé de nom fans changer de vifage. # iéé commentaire, au moins . à faire - menait à quelque chofe de tragique, connaître que fon auteur rend juftice : elle pourrait faire impreflion. Remar- il né connaît aucune occafon où lon | quons encor que de la hauteur n'eft = doive déguifer la vérité. Ploutine mon- | pas de la grandeur. — tre de la-hanteurs & cette hauteur 1 © = ee = 2 NAS A Le MARTIAN. Ceft ce crime du fort qui m’enfle le courage. Lorfqu’en dépit de lui je fuis ce que je fuis, On voit ce que je vaux, voyant ce que je puis. Un pur hazard fans nous règle notre nâifance ; Mais comme le mérite eft en notre puiflance, La honte d'un deftin qu’on vit mal aflorti, | Fait d'autant plus d'honneur quand on en ef Lorti. Quelque tache en mon fang que laiffent mes ancètres ; Depuis que nos Romains ont accepté des maîtres, Ces maîtres ont toujours fait choix de mes pareils. Pour les PSS É & les fecrets confeils. . ont mis sé terre . _. politique 3. as Patrobe, Policlète, & Narcifle se Pallas, Ont dépofé des rois, & donné des états. On nous élève au trône au fortir de nos chaînes. Sous Claude on vit Félix le mari de trois reines. Et quand Pamour en moi vous préfente un époux ,. Vous me traitez d’efclave, & d’indigne de vous! . Madame, en quelque rang que vous ayez pû naître, Ceft beaucoup. que d’avoir l'oreille du grand maître. Vinius eft conful, & Lacus eft préfets Je ne fuis lun ni Pautre, & fuis plus en effets Et de ces confulats, & de ces préfectures , Je puis quand il me plait faire des créatures: Galba n'écoute enfin, & c ef être aujourd’hui, : Quoique fans ces grands noms, le premier d’après li se PEACTINE. Pardonnez done, feigneur , fi je me fuis méprifes PR PISTES RONE WE TRAGÉD LE. AcTe IL Mon orgueil dans vos fers n’a rien qui Pautorife. Je viens de me connaître, & me vois à mon tour Indigne des honneurs qui fuivent votre amour. * Avoir brifé ces fers, fait un degré de gloire Au-deflus des confuls., des préfets du prétoires Et fi de cet amour je n’ofe être le prix, Le refpe“t-m'en empèche; & non plus le mépris. On n'avait dit pourtant que fouvent la nature Gardait en vos pareils {a première teinture, _ Que ceux de nos Céfars qui les ont écoutés, Ont tous fouillé leurs noms par quelques lâchetés;. C'eft ce qui me faifait y fouhaiter Othon; Mais à ce que j'aprens ce fouhait m’eft pas bon. Laiflons - en faire aux dieux, & faites vous juftice; D'un cœur vraiment Romain dédaignez le caprice, ‘Cent reines à l’envi vous prendront pour époux; Félix en eut bien trois, & valait moins que vous. MARTIAN. Madame, encor un coup, fouffrez que je vous aime, Songez que dans ma main j'ai le pouvoir fuprème, Quentre Othon & Pifon mon fuffrage incertain, Suivant qu'il penchera va faire un fouverain, Je n'ai fait jufqu'ici qu’empècher l'hyménée, | Qui d'Othon avec vous eût joint la deftinée. * Jaurais pù hazarder quelque chofe de plus; Ne m'y contraignez point à force de refus. Quand vous cédez Othon, me fouffrir en f place. 27. Et que pour dérober l'empire à cette. RE L'univers à beloin qu'un vrai héros y monte. +) -_ (F& 2 28 OO T H O N, Peut-être ce Le faire plus d’une grace; Car de vous voir à lui ne Pefpérez jamais. SEEN E IIT PLAUTINE, LACUS, MARTIAN, FLAVIE. 2 LICUS. | | G Ni enfin F%- Galba s'accorde à vos fouhaits; . . Et j'ai, RHNAETR {ur de SU des cette ÉRERE De vous avec Othon il confented pee PLAUTINE à Mon Qu'en dites-vous, feisneur? Pourez-vous bien fouffrir Cet hymen que Lacus de fa part vient m’offrir ? Le grand maître a parlé, voudrez -vous l’en dédire, Vous qu'on voit après lui le premier de l'empire ? Dois-je me ravaler jufques à cet époux ? = Ou dois-je par votre ordre afpirer jufqu’à vous ? BAC US. Quelle énigme ef ceci, madame ? PL À U + I N — te ame Me faifait tout à Pheure un préfent de fa flamme ; Ï m'affurait qu ’Othon ; jamais ne m’obtiendrait, Ç & f) Tout ce qu'on peut remarquer, { barbarifme, & une exprefion bafñle - ERA c'eft que, J'ai tant fait fur lui, ef un À que le, qu'en dites-vous ? de Plautine eft FOR UES FCO G | D ro: Acte IL 39 52 ne = z Et difait à demi qu'un refus nous perdrait. Ç Vous m'ofez cependant aflurer du contraire; 2 , Et je ne fais pas bien quelle réponfe y faire. Ç Comme en de certains tems il fait bon s'expliquer, F2) En d’autres il vaut mieux ne s'y point embarquer. e Grands minifires d'état, accordez vous enfemble, + Et je pourai vous dire après ce qui m’en femble. — Ci. : \ Ous aimez donc Plautine, & c’eft là cette foi. - Qui contre Vinius vous attachait à moi ? MAR FITAN. pi Le yeux de Plautine ont pour moi quelque charme. Y trouvez-vous, feigneur, quelque fujet d'alarme? Le moment bienheuteux qui m'en ferait Lépoux, Réunirait part moi Vinius avec vous. Par-là de nos trois cœurs l'amitié reffaifie,. En déracinerait & haine & jaloufe. Le pouvoir de tous trois par tous trois afermi.: une ironie comique; que Ja grande ame | bourgeois ; & que Le. feène ef ts C _ ; fais un préfent de fa flamime, eft très- | froide, FE Vicieux; qu'# fait bon s'expliquer, eft _. à Aurait ponr nœud commun fon gendre en votre ami; Et quoi que contre vous il ofât entreprendre. . . ÉARGUS. Vous feriez mon ami, mais vous feriez fon gendre; Ê Et c’eft un faible apui des intérêts de cour ( x Qu’une vieille amitié contre un nouvel amour, SS ° . Ê / à) Quoi que veuille exiger une femme adorée, 9 La réfiftance eft vaine, ou de peu de durée; ES ÆElle choïfit fes tems, & les choifit fi bien, À ) _ Qu'on fe voit hors d'état de lui refufer rien. C Vous-mème êtes-vous für que ce nœud la retienns AN D'ajouter, s’il le faut, votre perte à la mienne ? ù : _Trouvent de fe rejoindre aifément le fecret. Othon n’a pas pour elle éteint toutes fes flammes; 11 fait comme aux maris on arrache Îles femmes ; Cet art fur fon exemple eft commun aujourd’hui, Et {on maitre Néron l'avait apris de lui. Après tout, je me trompe, ou près de cette belle... ; J'efpère en Vinius, fi je n’efpère en elle ; Et lofte pour Othon de lui donner ma voix, Soudain en ma faveur emportera fon choix. LACUS. g.) Le portrait d'Ofhon eft très-beau | Janter egerat, gratus Neroni æmulatione dans cette fcène. Il ef permis à unau- | /uxus — in provincinn Jpecie legationis teur dramatique d'ajouter des traits aux | Jépofuifs; comiter adininiflrata prouincin. caractères qu'il dépeint, & d'aller plus Son enfance fut parèffeufe , fa jeuneffe loin que l’hiftoire. Tucite dit d'Othon, | débauchée. Il plut à Méoz en imitant /f "+ Pueritian incuriosè, adolefcentium petu- | fes vices & fon luxe. S'étant exilé Ÿ à : : £ lui-même dans la Luftanie, dont il | fantes font, l'amitiérelaife detrois cœurs, _ était SOHVCRRQUrS il s’y comporta avec que ce nœud la retienne d'ajouter , où près - humanité. | de cette belle, & quelques autres ex- . Cette fcène . intéreffante ‘{ elle :| ‘preflions quine font ni affez nobles : __S de. grands. événemens. . Les, ! ni aflez correctes. TRAGÉDIE ACTE IL ax Æ A CUS. Quoi, vous nous donneriez vous-même Othon pour maître ? MARTI AN. Et quel autre. dans a eft plus digne de lêtre ? EL À G-USS. Ah, pour en être digne, äl left, & plus que-touss Mais auf pourtout dire, il en fait trop pour nous : Il fait trop ménager fes vertus & fes vices, g) Il était fous Néron de toutes fes délices :. Et la Lufitanie à vû ce mème Othon Gouverner en Ccfar, & juger en Caton. - Tout favori dans Rome, & tout maître .en.provinces De lâche courtifan 1 s'y Montra grand prince ; Et fon ame ployante attendant l'avenir, Sait faire également fa cour, & la tenir. Sous un tel fouverain nous fommes peu de chofe; Son foin jamais fur nous tout-à-fait ne repofe: Sa main feule départ {es libéralités ; Son choix feul diftribue états & dignités. Du timon qu'il embrafle il fe fait le feul guide’, Confulte: & réfout feul, écoute & feul décide; : Et quoi que nos emplois: ‘puiflent faire de bruit + Si-tôt qu’il nous veut perdre, un coup d'œil nous détruit. Voyez d’ailleurs Galba, quel pouvoir il nous laifle, P. | Corneille, Tome VL = : le En quel pofte fous lui nous da mis fa faiblefle. S Nos ordres réglent tout, nous donnons, retranchons ; ([ Rien n’eft exécuté dès que nous l’empéchons: | > Comme par un de nous il faut que tout s’obtienne, s Nous voyons notre cour plus gtoffe que la fienne : É. Et notre indépendance irait au dernier point, £ | . Si Pheureux Vinius ne la partageait point: sis (4 % Notre unique chagrin eft qu'il nous la difpute ë) L'âge met cependant Galba: près de fa chûte; | TS De peur qu'il nous entraine il faut un autre apui, à Mais il le faut pour nous aufi faible que lui. 4 H nous en faut Sa un qui fatisfait des titres, & a: 7 uprèn Pifon : a SE SRE : lef Prit abattus 72 h) S'il a grande naiMance, il a peu de vertu, . ë Non de cette vertu qui détefte le crime; 9) Sa probite févère eft digne qu’on l’eftime, G Elle a tout ce qui fait un grand homme de bien, — Mais en un fouverain c’elt peu de chofe, ou rien, 72 TH faut de la prudence, il faut de la lumiere, G Il faut de la vigueur adroite autant que fière, _ S Quispénètre , éblouifle & fème des apas. .. NE À faut mille vertus enfin qu'il n'aura pas. - - Ÿ Lui- mème il nous priera d’avoir foin de l’empire, 7 Et faura feulement ce qu’il nous plaira dire: _ << Plus nous Vy tiendrons bas, plus il nous mettra haut ee. b) S'il à grande naiflance. Une vi | Es Ceff à Juftement. = Moquons rD0 du “) gueur ciroite 7 fière qui sème des apas. | yefle. Il nous devra Le tout. Si vient > RS ROBOT UQUE RASE ERRONÉE) e TRAGÉDIE Aors IL À _ É Et Ge jà juftement le maitre qu'il nous faut. MARTIAN. Mais, feigneur, fur le trône élever un tel homme, : C'eft mal fervir l'état, & faire oprobre à Rome. LACUS. Et qu'importe à tous deux de Rome & de létat ? Qu'importe qu'on leur voye où plus ou moins d'éclat ? Faifons nos füretés, & moquons noué du refke. Point, point de bien public, sil nous devient funefte. De notre grandeur feule ayons des cœurs jaloux; Ne vivons que pour NOUS & ne papiers qu nous, + : vous le d dis encor à mettre tre Othon.lur..nos. sis dt à ru DES EE Ceft nous Nvrere tous Si nous l'en voulons croire, il nous devra le tout : Mais de ce grand projet s'il vient par nous à bout ; Vinius en aura lui feul tout l'avantage. Comme äl la propofé, ce fera fon ouvrages Et Ja mort, ou Pexil, ou les abaiflemens , Seront- pour vous & moi fes vrais remercimens, MARTIAN. e votre füreté veut que Pifon domine : Obtenez-en pour moi qu'il maffure Plautine Je vous promets pour lui mon fuffrage à ce prix. La violence eft juite après de tels mépris. Commençons à jouir par-là de fon empire, - Et voyons s'il eft homme à nous ofer dédire. “de parler font ou vicieufes ou ign0- par nous à bout, &c. Il n'eft pas né- pie 7 t D _cefaire de dire que toutes ces façons NANTES i) Quoi, votre amour toujours fera fon capital Des attraits de-Plautine & du nœud conjugal ? Hé bien, il faudra voir qui fera plus utile D'en croire, . .: mais voici la princefle Camille, SCEN : J E vous rencontre enfemble ici fort #) à propos, Et voulais à tous deux vous dire quatre mots. Si J'en crois certain bruit que je ne puis vous taire : Vous poufféz un peu loin lorgueil du miniftère. On dit que fur mon rang vous étendez fa loi, … Et que vous vous mèlez de difpofer de moi, MARTI-AN Nous ,: madame ? : sas Le + AMEL ER Faut-il que je vous ché, cette fcéne promettait. une Cornélie. Casnille emploie cette f- k) À propos, & Quaire Mois, auraient | gure froide de l'ironie, qu'il faut em- 2) Quoi! votre amour toujours fera fon | gâté le rôle de Cornélie. Mais une fille capital £ÿc. 1 Cela feul_ fufirait pour qui vient parler ainf de LA ne — avilir un héros, & détruit tont ce que, | à deux miniftres, eft bien loin d'être * TRAGÉDIE AcTEe IL 4$ Moi, dont Galba prétend faire une impératrice ? D EACUS. | L'un & l'autre fait trop quel refpeét vous eft dû, . | CAMILLE Le crime en eft plus grand, fi vous l’avez perdu. Parlez, qu'’avez-vous dit à Galba l’un & l'autre ? MAR T I AÀ N. Sa penfée a voulu s’affurer fur la nôtres. Et s'étant propofé le choix d'un fuccefleur, Pour laifler à l'empire un digne poffeñeur, Sur ce don Rate si E du se. Et ne favez-vous point, & Vinius, & vous, Que ce grand fuccefleur doit être mon époux ? Que le don de ma main fuit ce don de Pempire ? Galba par vos confeils voudrait - il s’en dédire : = L A GUS. fl cf or le mème, & nous avons parlé Suivant ce qu'à tous deux le ciel à révélé. : En ces occafions, lui qui tient les couronnes: Infpire les avis ‘fur le choix des perfonnes. Nous avons crû d’ailleurs pouvoir fans attentat Faire vos intérèts de ceux de tout l’état. ployer fi fobrement. Elle parle en bour-, . font Érales. Ces fautes trop geoife, en parlant de lempire. Je Jais | fouvent repétées font caufe que cette N ce qui mejkor opres je M'aime un peu moi- | pièce ‘admirablément commencée, fai SN mme; je mai pas grande envie. L'infi- | blit de fcène en fcène, & ne peut es _ midité de lintrigue, & la baffle de être repréfentée. 2 ee | F 11} >] 6) deceseceueuesceseur. O T H © N, Vous tie voudriez pas.en avoir de contraires. | G AMBIL:LE Vous n'avez, vous, mi lui, penfé qu’à vos affaires; Et nous offtir Pifon celt affez témoigner. .. EACUS. Le trouvez-vous, madame, indigne de régner 2. Ïl à de la vertu , de lefprit, du courage; Il a de Elu. .. | CAMILLE. De plus, il a votre fuffrage, Et c’eft aflez de quoi mériter mes refus. Par refpect de {on fang , je ne dis rien de plus. == RES ë RE Ze. Aimeriez-vous Othon que Vinius propofe ? Othon dont vous favez que Plautine difpofe, Et qui n’afpire ici qu'à lui donner fa foi? CAMILLE. = Qu'il brûle encor pour elle, ou la quitte pour moi, Ce n’eft pas votre affaire, & votre exaditude Se charge en ma faveur de trop d'inquiétude. | EL AC US. Mais lPempereur confent qu’il l’époufe aujourd'hui ; Et moi-même je viens de lobtenir pour lui. CAMILLE. Vous en a-t-il prié? dites, ou.fi l'envie. ..: LAC US Un véritable ami w’attend point qu’on le prie. CAMIEERE Cette amitié me charme, & je dois avouer = EE . TT D SR SSII D — Ç _ Qu’Othon a jufqu'ici tout lieu de s’en louer, À À | Que lPheureux contretems d'un fi rare fervice, .. É CG “LAC US. “ 4 Madame. . . «4 | CAMILLE. Ç À Croyez moi, mettez bas l'artifice. < & re Ne vous hazardez point à faire un empereur. | G < Galba connait l'empire, & je connais mon Cœur. * ) Je fais ce qui nveft propre, il voit ce qu'il doit faire; ( É G Et quel prince à l'état eft le plus falutaire. k < Si le ciel vous infpire, il aura foin de nous, À) Fe fur far ce point nous accorder fans.vous. | re e Si Pifon vous déplait; il en eft quelques autres. . : ÿ & : CAMILLE - | FX . £ } N’attachez point ici mes intérêts aux vôtres. S Es Vous avez de Pefprit, mais j'ai des yeux perçans. 9 Ç Je vois qu’il vous eft doux d’être les tout-puiffans ; (CE (à Et je n’empèche point qu'on ne vous continue ) > e Votre toute -puifance au point qu’elle eft venue; - Ê Lo) _ Mais quant à cet. époux, vous me ferez plaifir K 5 De trouver bon qu'enfin je puifle le choifir. Ÿ à ) Je m'aime un peu moi- mème, & n'ai pas grande envie É CG De vous facrifier le repos de ma vie. + Ÿ 5 M RL A ee ( | Puifqu’il doit avec vous régir tout lunivers. . . - + COUR LEE 7 Faut-il vous dire encot que j'ai des yeux ouverts ? à) 48 MPOoTEON, RIRES Ce” 1 vois jufqu'en vos cœurs, & m'obitine à me taire ; ; . Maïs: je pourrais enfin dévoiler le myftère. MART IA N. Si l’empereur nous croit. ….. CA MILLE, - _ Sans doute il vous croira , Sans doute je prendrai époux qu’il m'offrira, Soit qu'il plaife à mes yeux, foit qu il me choque en Pame ; ji fera votre maître, & je ferai fa femme; T6 tem me donnera fur lui quelque pouvoir, Et vous pourez alors vous en apercevoir. Voilà les quatre mots que j'avais à vous dire. EE es ini 5. C EN E VI LACUS, MARTIAN. MARTIAN. = - GC couroux que Pifon fous attire, — : és . Vous vous en allarmez? Laifons La EE | Et ne nous perdons pas de crainte. = pétir. M ART 1 AN. Vous voyez quel orgueil contre tous. l'intérefe. RCE POS 4 d'a 22 A tt Acre IL LACUS. Plus elle m'en fait voir, plus je vois fa faiblele. Faifons régner Pifon, & malgré çe couroux, Vous verrez qu'elle-mème aura befoin de nous. Fin du fecond aête. = — ur Tome VA Ge e Te BE EE ON ESF. RE M I EL CAMILLE, Ë {IL £. & ALBIANE. ne LL ALBIANE Oui madame. Galba choifit Pifon, & vous êtes fa femme, Ou pour en mieux parler, l’efclave de Lacus.. À moins d’un éclatant & généreux refus. É AMI LLCE. Et que devient Othon ? ACBIANE. a) L’intrigue n’eit pas ici plus in- téreflante & plus tragique qu'auparavant. Cette confidente qui aprend à fa mai- trefle qu'elle va être femme de P7/0n, & que fon amant Ofhor fera facrifié, pourrait émouvoir le fpectateur, fi le péril d’Ofbon était bien certain. Mais, qui a dit à cette confidente qu'un jour. Pifon étant Céfar, fe déferait d’Orhon ? Vous allez voir fà tète s Premiérement Cuwille devrait aprendre . fon mariage de là bouche de l'empe- | reur @& non de celle d’une confiden- [tes @ ce ferait du moins une efpèce. . de fituation, une petite furprife, quel. que chofe de reMfemblant à un coup de théatre, & Comille efpèrant d'obte- nit Ofhon de l’empereur, recevait ino. pinément. de la bouche de lempereur. _ EN eee eu ere TRAGÉDIE. Âcre De vos: trois ennemis affermir la conquête, Je veux dire aflurer votre amain à Pifon , Et l'empire aux tyrans qui font régner {or -nom. : Car comme il n'a pour lui qu'une fuite d’ancètres; Lacus & Martian vont être nos vrais maitres ; Ét Pifon ne fera qu’un idole facré, Qu'ils tiendront fur d'autel pour répondre à leur gré. Sa probité ftupide autant comme farouche , À prononcer leurs loix aflervira: fa bouche ; Et le premier arrèt quils. lui. feront ‘donnet ; Les défera d'Othon qui les pate énonce : IL.eft fans doute à plaindre, Si VOUS. Vabandonnez à tout. ce qu'il doit craindre; Mais comme enfin la mort finira fon ennui, Je crains fort de vous voir plus à plaindre que lui. CAMILL É … | L'hymen fur un époux donne quelque ee. AL BIANE . + | Oéavie à péri fx cette “confiance. a celles de votre forte. — 155 je n'avais fait enbardir votre amunt, il ne vous aurait fuivante, qui dit que les princeffes doi- | pas, parlé fe. -Ceft une - “prineeffe qui vent faire les avances, jetteraient du. répond , Ta le creis donc qu'il maine? froid fur le rôle de Phèdre, “& fur les | Le lecteur fent affez, qu'us devoir qui 14 tragédies d’ Andromaque Sc d'Zphigénse. k-pale du: coté de: l'amour — Je faire en la. < à Troifiémement, s'il ya quelque chofe À courcun accès pour un plus digne, amor > — dau comique & d'au infipide, qu'une en un mot, tout ce dialogue, nef pas Suivante qui dit, C’ef la gène où réduit À ce qu'on doit attendre dans une Fragédie. Pordre d'en époufer un autre. Secondement , de longs difcouts d’une DAS EPTE QESEPA STE PIN CAENTEEN PAR ER SR IEEE ALT L dé: PET PR RE NRA A TR D TT IP PAIE Zn) pr 4, PRES SOIT OT ELITE E CESS #3 LE Hd foire Le Ds GE Li DL ed ft ed con édité, F3 y Lg re AN Len deb ji ll TE Po A CES AN (EN Mag ie A ACTES N’atelle que Pifon qui foit digne de Rome? Êt dans tous fes états n’en faurait-on voir deux, Que puiflent vos bontés hasarder à mes vœux? Néron fit aux vertus une cruelle guerre; S'il en a dépeuplé les trois parts de la terre, Et fi pour nous donner de dignes empereurs » Pifon feul avec vous échape à fes fureurs, _ T eft d'autres héros dans un fi vafte empire, ‘Il en eft qu'après vous on fe plairait délire, Et qui fauraient mêler, fans vous faire rougir, port de gagner les cœurs au grand att de régir. Le or: gant un due ÉRIC ÿ. Souvent on s’en deg + OÙ Et puifque ce grand choix me doit faire un époux , T1 ferait bon qu'il eût quelque chofe de doux, Qu'on vit eu fa perfonne également paraitre Ees graces à d’un amant, & les hauteurs d’un maîtres Et qu'il fût aufi propre à donner de l'amour; Qu'àa faire, ici trembler fous lui toute fa cour. Souvent un peu d'amour dans les cœurs des monarques : Accompagnc allez bien leurs plus illuftres marques, Ce n’elt pas. qu'après tout je penfe à réfifter, Paime à vous obéir, feigneut, fans contelter. Pour prix d'un. facrifice où mon cœur fe difpofe. Permettez qu'un époux me doive quelque chofe.. Dans cette fervitude où fe plait mon défir , C’eft quelque liberté qu un où deux à choifir. Votre Pifon peut-être aura de quoi me plaire. Quand il ne fera plus un mari néceffaire ; ; Et fon amour pour moi fera plus affure. ST ENS À RON CIN PE EP SP POP RENTE M) SPORTS OT PTT TRAGÉDIE. Acrs IL S'il voit à quels rivaux je Paurai préféré, GARE A. Ce - yaifonnement dans fa déj licateñle, À vos tendres refpects mèle beaucoup. d’adrefe. Si le refus n’eft juite , il eft doux & civil. : Parlez donc, & fans feinte;s Othon vous plairait.il? On me la propofé, qu'y trouvez-vous à dire ? Eé AM ELAAE T'avez-vous cru d'abord indigne de Lenpiee — ? TE . vertu pe falide &.toute _inébranlabl ds Nous fera, comme Augufte, un fiécle incomparable, Où lautre par Néron dans le vice abimé, Raménera ce luxe où fa main Pa formé, Et tous les attentats de linfame. licence , Dontil ofa fouiller la fuprème puiffance. CAMEL LE. Othon -près d'un, tel maître à fi {e. ménager, - ee 2 J ufqu'à ce que. le tem tems LS , ait p Pen dégager. Qui fait faire fa cour fe fait aux. mœurs du prince; : Mais il fut tout à {oi quand il fut eñn province; = Et fa haute vertu. par d'illuftres effets , Y diffipa foudain ces vices contrefaits. * Chaque jour à fous vous croi à renommée : : _. Mais Pifou n'eut jamais de: charge. : ni. durées. | Etre -Conime d a vécu a ici fans” ; ER On ne fait ce qu'il vaut que fur fa bonne foi. Je veux croire en faveur des héros de fa race, Qu'il en a les vertus, qu'il en fuivra la trace, Qu'il en égalera les plus illuftres noms; . Mais j'en croirais bien mieux de grandes actions. Si dans un long exil il a paru fans vice, La vertu des bannis fouvent n’eft qu ’artifice. Sans vous avoir fervi vous l'avez ramené, . Mais l'autre eft le premier qui vous ait couronné. Dès qu'il vit deux partis, il fe rangea du vôtre: Ainfi l’un vous doit tout, & vous devez à l’autre. GALBA endrez.…d eloin, de dci ve li | Et comme pour Pempire 1 il ut un autre ap “ee Vous croirez que Pifon eft plus digne de Rome ; Pour ne _plus en douter fufit que je Le nomme: CAMICL ÊE: Pour Rome & fon empire , après vous Je le croi... Mais je doute fi Pautre eft moins de moi. GALPRA Doutez en, un tel doute eft bien digne d’une ame Qui voudrait de Néron revoit le fécle nm Et qui voyant qu "Othon lui reffemble le mieux. $ c) Si on faifait.paraître un vieillard Nes parlons gr il fera d’autres. £ LE] . : « = de comédie , entre fa niéce &un amant femmes guères s'exprimer autrement que dans | Otezles noms, tonte cette tragédien'eft 27 cette foêne, qu'une comédie fans intérêt, & auf 8 ARTS , £ SRE qu'elle veut époufer, on ne pourrait. A qui Pifon en vain Ee. = doit one 1 et LL LÉ let sie a SEA Ed ps ft CS Lt à 2 TS ml 7 Pol 4 & 5 CAMILLE | à Choififfez de vous-mème, & je ferme les veux. A Que vos feules bontés de tout mon fort ordonnent; Ç _… Je me donne en aveugle à qui qu’elles me donnent. a | Mais quand vous confultez Lacus & Martian, 7 Un époux de leur main me parait un tyran; N Et fi jofe tout dire, en cette conjecture, | t* Je regarde Pifon comme leur créature, £ Qui régnant par leur ordre, & leur prétant L. VOIX» Me forcera moi-mème à recevoir leurs lois. Je ne veux point d'un trône où je fois leur captive > Où leur pouvoir; m ’enchaînes & - quoi qu'il en arrive. Jaime rene Nr di qui toe d Rtre HET | Qu'un mari qui le foit, & fouffre Un gouverneur. . G À L B À. Ce well pas mon deffein de contraindre les ames. c) N’en parlons plus; dans Rome il fera d’autres femmes: À qui Pifon en vain woffrira pas fa foi. Votre main eft à vous. mais lempire eft à moi. froidement écrite que durement. Je | qu'iteft mauvais, en montrant auxétran- ie le répète, on a voulu un commentaire | gers & aux jeunes.gens. porno nE cf. ù _ - fur toutes les piéces de Corneille; mais, fi mauvais ? — que dire d’un. mauvais ouvrage, finon = GAL B À, 0 THON, CAMILLE, ALPBEN 4 | GAL B À. e Or. >. eft-il bienr vrai que vous aimiez Camille 2 Z D) -O T H © N. : Cette témérité nv'eft fans doute inutile: Mais fi j’ofais, feigneur, dans mon fort adouci Son amour près de moi : vous js tels offices, Que je vous en fais don pour prix de vos fervices. Ainfi, bien qu’à Lacus j’aye aècordé pour vous, Qu’aujourd’hui de Plautine on vous fera Pépoux, L'illuftre & digne ardeur d’une flamme fi belle Men fait révoquer l’ordre , & vous obtient pour elle. O0 THON. Vous m'en voyez de joie interdit & confus. Quand je me prononçais moi-même un promt refus, Que j'attendais l'effet d'une. jufte colère, Je fuis affez heureux pour ne pas vous déplaires Et loin de condamner des vœux trop élevés .… £ PSE 3 À NUE re SES : d Le vice de cette fcène cf la fuite | niex coller SL vous l'airéz ; : dosi des défauts précédens. La petite ironie | ane ouf. Sor-cœr djpiré à vote y- de Gulba, Ejt-il bien orai que vous ai- ner d'une felle forces “Choïfifles dés chara ges à cosmuns Jentimens. Ta VOUS cire quelle aura oué mon bien. V a-t-il dans tout vela un feüt MOT qui ne foit mé- | Vous favez mal encor = à vous lui devez. Son cœur de telle force à votre hymen _ Que pour mieux être à vous il renonce à à l'empire. Choififez donc enfemble à communs fentimens , Des charges dans ma cour, où des gouvernemens, Vous n'avez qu'à parler. © T-H 6 N. Seigneur, fi là prince. a : GALB A. | | Pifon n’en voudra pas dd ma Fr . - Je hae - nommé _Céfr, pour. le. faire -empei eur. —. Vous Ver Si , répons ME té cœur. Adieu, -pour obferver. la forme accoutumée, Je le vais de ma main préfenter. à l’armée. Pour Camille, en faveur de cet heureux lien , Tenez vous affuré qu’elle aura tout mon biens Te la fais dès ce jour mon unique héritiere. me pour le Fonds convenable au feui genre COMIque ? Es (I & LS pis PS F4 — 3 COPA SC EN E r. OTHON, CAMILLE, ALBIN, ALBIANE | C À MELLE. — Vous pouvez voir par-là mon ame toute entière, e ) Seigneur, & je voudrais en vain la déeuifer, Après ce que pour vous l'amour me fait oler. Ce ds, Galba pou: moi MEGEERI le se S vous Br Quoi donc, Mode ; On vous coûterait l'enpirer Ïl fait mieux ce qu'il vaut, & n’eft pas d’un tel prix, Qu'il le faille acheter par ce noble mépris. Il fe doit opofer à cet effort d’eftime, Où s’abaiffe pour lui ce cœur trop magnanime ; Et par un mème effort de magnanimité , Rendre une ame fi haute au trône mérité. e) Cette fcène fort du ton de la co- médie; mais limpreffion déja reçue, empêche le fpeateur de voir de l’élé- vation dans un fujet, qui, pendant près : de trois actes, n'a prefque rien eu de noble & de grand. artificieux que tient Ofhoz pour fe dé- barrafler de l'amour de Cawille, toutes Tous les difcours : fes craintes de l'avenir, ne peuvent | faire naître d'autre fentiment que celui de l'indifférence. Cuille à la fin de la fcène eft jaloufe de Plautine , mais elle eft froidement jaloufe. Ofbos ne peut guères intérefer perfonne en parlant de fa: première femme Poppée, qui à été maitrefle de Néror, . Cuinille peut- FRS TRAGÉDIE Acte IL ° & lo) EE D'un fi parfait amour quelles que foient les caufes... | CAMTLÉLE. Je ne fais point, feigneur, faire valoir les chofes ; : Et dans ce pfomt fuccès dont nos cœurs font charmés, Vous me devez bien moins que vous ne préfumez. Il femble que pour vous je renonce à l'empire, Et qu'un amour aveugle ait fà me le prefcrire. Je vous aime, il eft vrai; maïs fi l'empire eft doux, Je crois m’en affurer quand je me donne à vous... Tant que vivra Galba, le refpect de fon âge, Du moins aparemment , ROUE fon füffrage, Pifon croira régner, maispeutétre Qu'un jour Rome Le ermettre ie choint à Lori. tour : À faire ui empereur alors quoi qui l’excite, Qu'elle en veuille la race , ou chercher le mérite, Notre union aura des voix de tous côtés, Puifque jen ai le fang, & vous les qualités. Sous un nom fi fameux qui vous rend préférable ; L'héritier de Gaïlba fera confidérabie; On aimera ce titre en un fi digne époux Et pee à a moi fi lon me voit : à vous. ne: wi fu DES : 2 2 ur ii elle intéreffer davantage, en difant [ cable. Tout mangue quand l'intérêt qu'elle ne Jait point faire valoir les chofes, | ma: nque. C’eft précifément ce que dit qu'elle ne Juit pas quel amour elle a pu _ de Phifloire du #héotre français donner; mais qu'Ofhon aime à saïfou- | à l'article Orhon: La partie de plus né- ner fur Pempire? elle l'y trouve allez fort, | ceffaire y monques l'intérêt ef l'awe d'une _ ET même Pure for ce —. montrer qu'il con- piéce, € Le fpeétatenr n'en prend ici pour nait ce que L etipère a d'arnorce ? aucun des perfonnages. = Je crois que cet a@e était imprati. : : Pr eur Tome VI ee. + * Ah! madame, quittez cette vaine efpérance, : (= _& De nous voir quelque jour remettre en la balance. , ë) S'il faut que de Pifon on accepte la loi, Ÿ. Rome, tant qu'il vivra, n'aura plus d'yeux pouf moi. 6 Elle a beau murmurer contre un indigne maitre ; Elle en fouffre, pour lâche ou méchant qu il puifle ètre. PS Tibère était cruel, Caligule brutal, NS * Claude faible, Néron en. forfaits fans égal. = L) I fe perdit lui-même à force de grands crimes ; È Mais le refte a pañé pour princes légitimes. 5) Claude même, ce Claude s & fans cœur, & fans Yeux; 7 ayant __—. nue Fe — > ne & Pallas e A Firent fous fon aveu régner la barbarie, ee G Il régna toutefois, bien qu'il fe fit hair, Jufqu’à ce que Néron fe fâcha d'obéir; 72 Et celmonftre ennemi de la vertu Romaine > Na fuccombé que. tard fous la commune h: aine. - 9 Par ce qu'ils ont ofé jugez ue vos eus KR Ce qu'ofera Pilon gouverné par Lacus. ; * IL aura. peine a voir, lui qui pour vous foupire , ie - Que votre hymen chez mot Jaifle un droit à Pempire.… ?) Chacun fur ce penchant voudra faire fa cour , | Et le pouvoir. fuprème enhardit bien. lamout, | -Si Néron qui m'aimait of m'ôter. Poppée, Jugez, pour reflaifir votre main ufarpée see _ Quel fcrupule on aura du plus. noir attentat, Contre un rival enfemble & d'amour & d'état. Il met point ni dexil, ni de Luftanie, Dewsueseseunass FX ST C7 TRAGÉDIES: Acrr LIL € Ç _ Qui dérobe à Pifon le refte de ma vie; Et je fais trop la cour pour douter un moment , 1 Ou des foins de fa haine, où de l'événement. G . CAMILIÉ | A » Et oc à ce grand cœur qu'on croyait intrépide ! e Le péril, comme un autre, à mes yeux lintimide ! à Et pour monter au trône, & pour me pofñéder, Son efpoir le plus beau n’ofe rien hazarder! F1 redoute Pifon ! Dites moi donc, de grace, Si d'aimer en lieu mème on vous a vû Paudace , Si pour vous & pour Le + trône sh He ch => Se À quel droit one vons ra cette Fe le Pour quilui difputa ce trône & fa maîtrelfe ? Et quil veuille oublier, fe voyant fouverain., _ Que vous pouvez dans lame en garder le deffein? Ne vous y trompez plus ; il a vü dans cette ame _ Et votre ambition, & toute votre flamme; Et peut tout contre vous, à moins que contre ‘lui Mon hymen chez Galba vous aflure un apui. Hé bien, il me : Sa haine fera douce à mon ame enflammée; Et tout mon fang na rien que je. veuille épargner, Si ce weft que parlà que vous pouvez régnei. : Permettez “cependant à à cet amour fincère De vous redire encor ce qu'il n'ofe vous taire. En Pétat qu'eft Pifon, il vous faut aujourd’hui = Renoncer à à l'empire, ( où Je prendre : ‘vec nie = Avant qu’en décider, penfez-y bien, madame; : Ceft votre intérêt feul qui fait parler ma flamme. Il eft mille douceurs dans un grade fi haut, Où peut-être avez-vous moins penfé qu'il ne faut, Peut-être en un moment ferez-vous détrompée ; Et fi j’ofais encor vous parler de Poppée, Je dirais que fans doute elle m'aimait un peu, Et qu'un trône alluma bientôt un autre feu. Le ciel vous a fait lame & plus grande, & plus belle; Mais vous êtes princefle, & femme enfin comme elle. L’horreur de voir une autre au rang qui VOUS eft dû ; Et le jufte chagrin d’avoir trop defcendu, Prefferom éttesame.dedesrendre... Mëme au plus faible elpoir de le pouvoir reprendre. Les yeux ne veulent pas en tout tems fe fermer; Mais l’empire en tout tems a de quoi les charmer. Re L'amour pañle, ou languit, & pour fort qu'il puifle être, De la foif de régner il n’eft pas toujours maitre. CAMIELE Je ne fais quel amour je vous ai pû donner, Seigneur, mais fur Pempire 1l aime à raifonner: Je ly trouve-aflez fort, & même d’une force À montrer qu'il connait tout ce qu’il a d’amorce; Et qu'à ce qu'il me dit touchant un fi grand choix, Il a daigné penfer un peu plus d’une fois. : Je veux croire avec vous qu’il eft ferme & fineère, Qu'il me dit feulement ce qu'il wofe me taire; Mais à parler fans feinte … . , . OTHON. Ah! madame , ‘croyez. : SPRINT EE —— | L TRAGÉDIE Acre IIL | CAMILLE. Oui, j'en croirai Pifon à qui vous menvoyez; Et vous, pour vous donner quelque peu plus de joie, Vous en eroirez Plautine à qui je vous renvoie. Je n’en fuis point jaloufe, & le dis fans couroux; Vous maimez que l'empire, & je n’aimais que- vous. N’én apréhendez tien, je fuis femme, & princefle , Sans en avoir pourtant l’orgueil ni la faiblefe ; Et votre aveuglement me fait trop de pitié, Pour laccabler encor de mon inimitié. RS RE Enr A ee Se ere PRES SE - ER TR RS RE RATE SRE RE AR DE : : RUE ON EÊ VL OTHON, ALBIN. OTHON. Qc je vois d’apareils, Albin, pour ma ruine? ALBI N. - Seigneur, tout eft perdu, fi vous voyez Plautine. Allons-y toutefois: le trouble où “je me voi Ne peut fouffrir d'avis que d'un cœur tout à moi. Fin du iroifiéme 0ûe. Pme GO NE. PK EU LA Dr OTHON, PLAUTINE conféille ? 4) - ÿ Pour trouver un remède aux maux que je prévoi. Je ne fais que pleurer, je ne fais que vous plaindre, Le.feul-choix de Pifon nous donne tout à craindre. Mon père vous a dit qu'il ne laifle à tous trois Que Pefpoir de mourir enfemble à notre choix: ee Et nous craignons de plus une amante irritée, _ D'une offre en moins d’un jour recûüe & retractée D'un hommage où la fuite a f peu répondu, . Et d’un trône qu'en vain pour vous elle a perdu, Pour vous avec ce trône elle était adorables que Por ne le faffe mourir un jour, n'a rien de réel, comme on l'a déja Aa remarqué. Tout Pédifice de la piéce JY a ) Cette fcène pourrait faire quelque effet, fi Ofhon était véritablement en danger ; mais cette crainte prématurée, ÉNROO NP ke ass T R AGÉDIE ÂAcrs LV. Pour vous elle y renonce, & wa plus rien d’aimable, Où ne portera point un fi jufte COUTOUX , La honte de fe voir fans empire & fans ee Honte d'autant plus grande, & d'autant plus Î enfible, Qu'elle s’y promettait un retour infaillibles Et que fa main par vous croyait trop regagner Ce que fon cœur pour vous paraiffait dédaigner ! OTEÉON. Je nai donc qu'à mourir? Je lai voulu, madame — Quand je l'ai pû fans crime, en faveur de ma flamme; - Et RE L LR vouloir» quand votre A cruel Vous n'avez nr de _ ur à Coniles Graces à nos malheurs . ce crime eft inutile. Je mourrai tout à VOUS ; & fi pour obéir fai paru mal aimer, j'ai femblé vous trahir. Ma main par ce même ordre à vos yeux enhardie Lavera dans mon fang ma faufle ui N’enviez pas, madame, à mon fort inhumain La gloire de finir du moins en vrai Rornain. Après qu'il vous a plû. de me tendre incapable Des douceurs de mou Ï = amant “véritable. PLAUTINE. Bien join d’en condamner la noble pañon, J y veux borner ma joie & mon ‘ambition, tombe par cette feule raifons & je. éloigné ne doit faire le nœud d'une NN crois que cet une loi quine fouffre au- tragédie. a : cune exception, que jamais un danger | ; ee ,e A Pour de moindres malheurs on renonce à la vie, Soyez fûr de ma part de l'exemple d'Arrie ; J'ai la main auf ferme, & le cœur aufli gra nd Et quand il le faudra, je fais comme on s'y prend, Si vous daignez, feigneur, jufquesià vous contraindre, Peut-être efpérerais-je en voyant tout à craindre, - Camille eft irritée, & fe peut apaifer, OTHON. Me condamneriez-vous, madame, à l’époufer? PÉELUTINE. : Que n’y puis-je moi-même opofer ma défenfe ? Der ñ vos jours enfin n’ont point d'autre affurance; P int LGntre AVE ess Ah courons à mort j ; Ou fi pour Péviter il faut nous faire effort, Subiflons de Lacus toute la tyrannie, \ Avant que me foumettre à cette ignominie, J'en faurai préférer les plus barbares coups À l'aront de me voir fans empire & fans vous; Aux hontes dun hymen qui me rendrait infame, . Puifqu’on fait pour Camille un crime de fa flamme, Et qu'on lui vole un trône en haine d’une foi Qu'a voulu fon amour ne promettre qu’à moi. Non que pour moi fans vous ce trône eût aucuns charmes ; Pour vous je le cherchais, mais non pas fans alarmes; Et f tantôt Galba ne m’eût point dédaigné, J'aurais porte le fceptre, & vous auriez régné, Vos feules volontés, mes dignes fouveraines , / ROSES TSETERTS 73 G PRAGÉDIE Acre IV. æ) S D'un empire fi vale auraient tenu les rènes. À Vos loix . . . S C'eft donc à moi de vous faire empereur. Ÿ G pi ADTEINE. K Je Pai pa, les moyens d’abord m'ont fait horreur; à Mais je faurai la vaincre, & me donnant moi-même , £ Vous aflurer enfemble & vie & diadème, à Et réparer par-là le crime d’un orgueil Q Qui vous dérobe un trône, & vous ouvre un cercueil. Fr Ÿ De Martian pour vous j'aurais eu le fuffrage, . € Si j'avais pü fouffrir fon MOINE a 4) | son. AMOUT + _ Le Nr Re = RSS — RS SE e. RE a Martian fe connaîtrait fi peu, } Que d'ofer 5... ê PE A ET I NE. À 2 Ïl na pas encor éteint fon feu: 7 Et 4 choix de Pifon quelles que foient les caufes, S Je n'ai qu’à dire un mot pour brouiller bien des chofes. +) OTHON. e EVE vous ravaleriez jufques à Pécouter ? 2 >) | _PiAUTIINS. | 7 Pour : vous j'irai, feigneur, jufques à ao N) O FH ON É Confultez votre gloire, elle faura vous dire . . . Ç = PLAUTINE. 9) Qu'il ef de mon devoir de vous rendre l'empire. ee OT HO N. AN - Qu'un front encor marqué des fers qu'il a portés... : Ce — P. Corneille. Tome AR - _— - : EC Du rcscnuscnett, G 7 2. © TH ON, a #) PLAUTINE à À droit de me charmer s’il voit vos füretés, Ê OF HO N. 4 En concevez-vous bien toute lignominie ? Ce PLAUTINE Je n’en puis voir, feigneur, à vous fauver la vie. 1) N O FIFO:N. RÉ E "époufer à ma vüe, & pour comble d’ennui . . à ë) PEAUTINE. Ti Donnez vous à Camille, ou je me donne à fui, E) OTHO NN. A | Périfons, périflons, madame, l’un pour lautre, GG Avec. RARES SERRE avec RUE Le se ee ë) Rendez vous toute à moi, comme moi tout à vous: 5 Où fi pour conferver en vous tout ce que J'aime , 5 Mon malheur vous obftine à vous donner vous-même ;. Pass Du moins de votre gloire ayez un foin égal, EN Et ne me préférez qu'un illuftre rival. & | Jen mourrai de douleur, mais en mourrais de rage. E Si vous me préfériez un refte d’efclavage. | = ë) — ee Ÿ b) Le conful Vénus vient ici apren- | Virus des perfonnages froids & innti. E) dre À Ofhon une: grande nouvelle. Une | les; ai l’un ni VPautre, n'ont eucla 72 partie de l’armée défire Ofhos pour em- <Ÿ/ moindre part au grand changement qui QE +. pereur ; mais cela même rend Ofhos & | fe vy faire dans l'empire romain. Ce 4 = À È OS OUDOEUS TES Le VINIUS, OTHON, PL AUTINE : = OTHON H! feigneur, empèchez que Plautine... b) VINELS — - cent — Vous empècherez tout. fi _yous. avez du-cœur. RÉSSe Maleré “de nos deftins la rigueur importune , Le ciel met en vos mains toute notre fortune. PLAUTINE Seigneur, que dites - vous ? VEN IUS à | Ce que je viens de voir, ES Que pour être empereur il na qu'à le vouloir . . 1) OTHON. & = Ah! fsncur. pis d'empire, à moins ce avec Plautine, S CRAN ES E Saififlez vous un trône où le ciel vous deftine; E) £t pour choifir vous-mème avec qui le remplir, 7æ À vos heureux deftins aidez à s’accomplir. S - L'armée a vu Pifon, mais avec un murmure :) : font quatre foldats qui font venus aver- [ du tout. Ceft un défaut capital, qu'il D ; tir J’znius des fentimens de l'armée ; les | faut éviter dans ue Buse que ce Ce perfonnages principaux n’ont rien fait À puifle être, | Qui femblait mal goûter ce qu'on vous fait d'injure, Galba ne l’a produit qu'avec févérité, Sans faire aucun efpoif de libéralité. Il pouvait, fous l’apas d’une feinte promefe, Jetter dans les foldats un moment d’alégrefle ; Mais il a mieux aimé hautement protelter Qu'il favait les choifir, & non les acheter. Ces hautes duretés à contretems pouflées Ont rapellé l’horreur des cruautés paflées Lorfque d’Efpagne à Rome il fema fon chemin : De Romains immolés à {on nouveau deftin, Et gui SERRE de RS du fouillé es Re Auf don le tems qu'a _ Plon, > Is ont de rang en rang fait coutit votre nom. Quatre des plus zélés font venus me le dire, Et mont promis pour vous les troupes & l'empire. Courez donc à la place où vous les trouverez ; Suivez les dans leur Camp, & vous en aflurezs Un tems bien pris peut tout. - OTHON. Qui ma. . : VEINES me Sans dicount faites ce du el en. faire» Un moment de féjour peut tout déconcerter, Et le moindre foupçon vous va faire arrêter. OTHON. : Avant que de partir fouffrez que je = Si. oct. aftre contraire e TRAGÉDIÉ Aore IV. D Souvent-elle dit plus qu’elle ne penfe ire. — CAMILCTÉE, La mienne ne dit passtont ce que vous penfez. PLAUTINE Sur tout ce it je penfe elle s'explique aflez. + ÉANETETLE. « Souvent trop d'intérêt que l'amour force à prendre, Entend plus qu'on ne dit, & qu'on ne doit entendre. Si vous faviez quel eft mon plus ardent defit. . à PLAUTINE. Ei D'Othon & de Plon + vous dome : à | choif Et its “évrteres , S'il ar cf ie vous jt renvoie ; Mon amour, je l'avoue, en poura, murmuter : Mais vous favez qu'au vôtre il aime à déférer, CE Je pourai me pañler de cette déférence. PLAUTI NE. Sans doute, & toutefois fi jen crois l’aparence..: Brifons — » ce RUE dericnerai _. Sue ein que je. Vois. VOUS. entretiendra mieux: Agréez ma retraite, & fouffrez que jévite . Un efclave infolent de qui Pamour m'irrite.. d) le, Roxane à Aftalide, ïl n'emploie point ces froides ironies, ces petits re- % proches comiques, ce ton bourgeois, _ ces exprefons de la convetfation la plus familiére. J fait parler ces Fem- - mes avec noble & avet: aucas Il touche le cœur, il arrache, même quelquefois des larmes; mais que Cor- ucille ef loin d'en faire ne CAMILLE. MARTIAN, Ÿ | ALBIANE . Û A” : + CAMIÈLE gs :) Ce qu ’elle me dit, Martian, . vous l’aimez 2 S MARTIAN. Masse fes fiers FES mes AE à en ni charmés. Ç RE Si encore 2) Galba s’eft Haiffé vaincre, &. Pifon vous adore. VE GANPEE LES Le 5) De votre haut crédit: c'eft donc un pur effet ? | f | MARTIAN. es Ne défavouez point ce que mon zèle a fait. Ÿ Mes foins de l’empereur ont fléchi la colère, : + Et renvoyé Plautine obéir chez fon père. | S Notre nouveau Céfar la voulait époufer ; a : :) Mais j'ai fu le réfoudre à s’en défabufer; G Et Galba que le fang preffe pour {à famille, | 4 | Permet à Vinius de mettre ailleurs Te <> 4% L'un vous rend la couronne, & l’autre tout fon cœur. 6 Voyez mieux quelle en eft la gloire, & Re re Quelle félicité vous vous étiez ôtée ; Par une averfion un peu précipitées Et pour vos intérêts dignez confidérer, . A APR ET ERREURS PAPAS ENT ES DERPRNEPRSE PTS ERAPRENNEER RCE ETORERKT D] < e TRAGÉDIE Acre IV. & :) ( | (e | CAMILLE. à ) Je vois quelle ef ma faute, & puis la réparer ; - Æ É Mais je veux, car jamais on ne na vüe ingrate, &) G Que ma reconnaiffance auparavant irons : A & 2 Et waccorderai rien qu'on ne vous fañe heureux. e G Vous aimez, dites-vous, cet objet rigoureux; 8 4) Et Pifon dans fa main ne verra point la mienne, «= CC Qu'il nait réduit Plautine à vous donner la fienne ; à Ne Si pourtant le mépris qu’elle fait de vos feux, ps Ne vous a pù contraindre à former d’autres vœux. KA a 4 AhY madame ; Phymen. a de fi do uces chaines, Æ Qu'il lui faut peu de tems pour calmer bien des haïnes; #) Et du moins mon bonheur faurait avec éclat e% Vous venger de Plautine, & punir un ingrat. ë) CAMIL — E. «, Je lavais préféré, cet ingrat, à l'empire, Je lai dit, & trop haut pour m'en pouvoir dédire ; Et l'amour qui m'aprend le faible des amans, Unit vos plus doux vœux à mes reffentimens, Pour me faire ébaucher ma vengeance en. Plautine» : Êt Pachever bien - tôt par fa propre ruine. MARTI AN. Ah, fi vous la voulez, je fais des bras tout prêts; Et é tant de chaleur pour tous vos intérêts. . ÉCAMILILCE Ah, que c’eft me donner une fenfble joie! Ces bras que vous m offrez faites que je les voie, . Que je leur donne l'ordre , & prefcrive le tems. Ré Je veux qu'aux yeux d’Othon vos defirs foient contens, Que Jui-mème il ait vû l’hymen de fa maîtrefe Livrer entre vos bras l'objet de fa tendrefe, Qu'il ait ce defefpoir avant que de mourir: Après, à fon trépas vous me verrez courir. Jufques-là gardez vous de rien faire entreprendre. Du.pouvoir qu'on me rend vous devez tout attendre. Allez vous préparer à ces heureux momens ; : Mais n'exécutez rien fans mes commandemens. e) * €) qu'elle eft aufh froide que les autres ? CAMILLE, ALBITANE, AE BLANE, Ous voulez perdre Othon! vous le pouvez, madame. GAME LE. + - Que tu pénètres mal dans le fond de mon ame! - . De fon läche rival voyant le noir projet, J'ai fà par cette adrefe en arrèter l’efet, . M'en rendre la maitrefle; & je ferai ravie - S'il peut favoir les foins que je prens de fa vie Va me chercher ton frère, & fai que de ma part Que dire de cette. feène, finon À» Camille croit tromper ne & Mor- D/4 fian croit tromper Cumille , fans qu'il y & > , ; ; £ Sousse... TRA G ÉD TE. Acere IV. l4 Il aprenne par lui ce qu'il court de hazard, À quoi va Pexpofer fon aveugle conduite ; Et qu'il meft plus pour lui de falat qu'en la fuite : C'eft tout ce qu'à l'amour peut foufrir mon. couroux. ALBTIANE. Du couroux à l'amour le retour ferait doux. SCENE Vis CAMILLE, ROLL. ALBIANE. À. RU E ELLE. H, madame, aprenez quel malheur nous menace, Quinze ou vinst révoltés au milieu de la place Viennent de proclamer Othon pour empereur, : | CAMILLE Et de leur infolence Othoï ma point d'horreur , Lui qui fait qu'aufli-tôt ces tumultes avortent ? R UTILE. - Ils le ménent au camp, ow plutôt ils EY. D ortent : Et ce qu'on voit de peuple autour d’eux nn Frémit de leur audace, & les laiffe pañier. | ÉAMILLE L'empereur le fait-il £ | - ait encot le moindre danger pour per- | ‘ nemert, fans qu'il y ait eu nn : feut * {onne, fans quil y ait eu aucun. ÉVÉ- ee _ moment d'intérèt.. Oui, madame, il vous mandes Et pour un promt remède à ce qu’on apréhende. Pifon de ces mutins va courir fur les pas, Avec ce qu’on poura lui trouver de foldats. CAMILLE. Puifqu'Othon veut périr, confentons qu'il périfle; Allons preffer Galba pour fon jufte fuplice. Du couroux à l'amour fi le retour eft doux, On repañle aifément de l’amour au couroux. f} Fin du quatriéme aëte. ACTE f) Aucun perfonnage n'agit dans la Othon, confent tout d’un coup qu'on lui. € piéce. Un fabälterneaprendà Camille, | fafle couper la tête & prononce une ma- PJ. que quinze ou vingt foldats ont procla- | xime de comédie furle retour de l'amour x mé Ofbons & Camille quitaimait cet l: au çouroux, & du couroux à l'amour. IVe RSR LeL ee es es re cs »] S TRAGEDIE. Acre V. © LÉTE SCENE PREMIERE. * GALBA, CAMILLE, RUTILE, ALP LAVE Re Dee DRE ne FE 2 Es ne + :G A LB À. ] E vous le dis encor, redoutez ma vengeance, Pour peu que vous foyez de fon intelligence. On ne pardonne point en matière d'état; Plus on chérit la main, plus on haïit l'attentat; Et lorfque la fureur va jufqu’au facrilège , Le fexe ni le fang n’ont point de privilège. CAMILEE Cet indigne foupcon ferait bientôt détruit , Si vous voyiez du crime où doit aller le fruit. Othon qui pour Plautine au fond du cœur foupire 8) Le cinquiéme ace eft abfolument avec elle fes raïfons, & fe trompe, dans le goût des quatre premiers, @& comme un vicillard de comédie qu'on fort au-deffons d'eux; aucun perfonnage prend pour dupe; & le ftile n'eft ni _ magit, & tons difentent. Le vieux plus net, ni plus pur, ni plus noble . Galbs ayant menacé fa niéce, difoute : que dans ce qu'on a déja. Iù. - - P. Corneille. Tome VL M REC Vases. 99 O T H O N, “Othon qui me dédaigne à moins que de l'empire; Que celle qu’en foi-mêème il ne donne qu'à foi. S'il en fait fa conquête , & vous peut détrôner, Laquelle de nous deux voudra-t-il couronner ? Pourrais-je de Pifon confpirer la ruine, Qui m’arrachant du trône y porterait Plautine ? Croyez mes intérèts, fi vous doutez de moi; Et für de tels garans afluré de ma foi, Tournez fur Vinius toute la défiance Dont veut ternir ma gloire une injufte croyance. . GiLES Vinius. par fon zèle eft trop juftifié. Voyez ce qu'en un se: il m'a facrifié. Il n'offre Othon pour y wi fouh Je le rens à fa file : _ aime à . reprendre : Je la veux pour Pifon , mon vouloir eft Suivi: — Je vous mets en fa place, & l’en trouve ravi Son ami fe révolte, il preffe ma colère; Il donne à Martian Plautine à ma prières Et je foupconnerais un crime dans. les VŒUX D'un homme qui s'attache à tout ce que je veux ? CA. MI LL E: Qui veut également tout ce qu'on lui propofe, Dans le fecret du cœur fouvent veut autre chofe;. Et maitre de fon ame il m'a point d'autre foi = GA LE B À: Cet hymen toutefois eft l'épreuve dernière D’une foi toujours pure. inviolable > Cntières. fouhaitait pour gendre ; ; Reese eue nn TRAGÉDIE. Acre V. O7 CAMICLE. Vous verrez à l'effet comment elle agira, Seigneur, & comme enfin Plautine obéira. Sûr de fa réfiffance , & fe flattant peut-être De voir bientot ici fon cher Othon le maître, : Dans l’état où pour vous il a mis l'avenir, Ïl promet aifément plus qu’il ne veut tenir. G À L B A. Le devoir défunit l'amitié la plus forte, Mais l'amour aifément fur ce devoir Pemporte, | Et fon feu, qui. jamais ne s'éteint. qu'à demi, Intérefle un amant autrement qu'un ami. Japerçois. Vinius. Qu'on m’amène fa fille; J'en punirai le crime en toute la famille, : Si jamais je puis voir par où n’en point douter; Mais aufli jufques-là j'aurais tort d’éclater. Je vois d’ailleurs Lacus. mas neue = À : _ _ c. A | G causa, . GAMIL LE, VINIUS, :) LACUS, ALBIANE. | » =. _. -_H: bien, quelles nouvelles 2- ; a) . Quaprenez- vous tous deux du camp de nos rebelles ? : s O ÎT ©Æ ON, CRE ES Que du perf Fa conftern: Ë b) Après tous Îès mauvais vers pré- cédens que nous n'avons point repris nous ne dirons rien des foldats de la. Marine & des Illiriens qui {e font avec chaleur joints aux prétoriens. Mais nous: remarquerons que cette foène pouvait être: auf belle que. celle d’'Auguffe » de Cinna, |. & de Maxime, & qu'elle n'eft qu'une foè-.| ; ne froide: : de come. VI N 1 U S$.. Que ceux de la marine & les Hlyriens b) Se font avec chaleur joints aux Prétoriens ; Et que des bords du Nil les troupes rapellées Seules par leurs fureurs ne font point ébranlées. LiCUS | Tous ces mutins ne font que de fimples foldats ; Aucun des chefs ne trempe en leurs vains attentats x Ainf ne craignez rien d’une mañle d'armée Où déja ja difcorde eft peut - être allumée. Si-tôt qu'on y faura que le peuple à grands cris. Veut que de ces complots les auteurs foient P de SRE il demande la tête, Et vous l'avez. is ; . von y ds VOIT ;: Pour rendre” d'un coup d'œil chacun à fon devoir. G À L B A. Irons-nous, Vinius, hâter par ma préfence L'effet d’une fi douce & fi jufte efpérance ? VENELUS. Ne hazardez, feigneur, que dans lextrémité. Le redoutable effèt de votre autorité Alors qu'il réufit, tout fait ju us lui pee qu ’elle eff écrite de ce file familier, bas, obfcur ; incorrectauquel Corneille s'était “accoûtirmé. C’eft qu’il n’y à ni nobleffe. dans les fentimens , ni éloquence dans. les difcours, ni rien qui attache. On a.dit quelquefois que Corusélle ne: cherchait pas à faite de beaux vers. Que. SIROP NOM aueuese.: ne c'eft- 0 FRERE Veunenuesress, G | TRAGÉDIE Acre V. 93. à 5 À Sr ee Mais ai ec il manque, il n'eft plus de remède. Il faut pour déployer le fouverain pouvoir, Sûreté toute entiére, ou profond defefpoir; Et nous ne fommes pas , feigneur, à ne rien feindre En état d’ofer tout, non plus que de tout craindre. Si lon court au grand crime avec avidité, Laiflez-en rallentir limpétuofité ; D'elle -mème elle avorte, & la peut des fuplices: Arme contre le chef fes plus zélés complices. Un falutaire avis agit avec lenteur. LACUS. Re Un. véritable prince agit avec “hauteur; — Et je ne. concois. _point cet fa Quand on couronne Don. de le Écenrie faire. Si l’on court au grand crime avec avidité, Ïi en faut réprimer Pimpétuofité .. Avant que les efprits qu'un. . effroi balance S'y puifent. enhardir fur notre nonchalance Et prennent le deflus de ces confeils prudens, Dont: on cherche leffet quand il mwen eff, plus tems.. VINIUS. | 2 Vous détruirez tou; U 4 at les vôtres s. Le feul ton de à en infpire d’autres;. Et tant que vous aurez ce rare & haut crédit. EE — la grandeur des fentimens l’occupaittout | bouche de tous les connaiffeurs. Le entier. Mais il #y4 nulle grandeur | grand mérite de Corneille elt d'avoir fait dans aucune dé ces dernieres piéces: Et | detrès beaux vers dans fes premiérés pié- - quand aux vers. El Faut. les, faire ex- | ces. C'eft-à-dire , - d'avoir exprimé de , cellens où ne, fe point mêler d'écrire. |, très belles penfées en vers correits &. - Cana ne pañle à la pofférité qu’à caufe | harmonieux. : de Les beaux vers: - Ils font: dans la ; ee ee Rte eu ere beueus. pi + OT H'ON) Je waurai qu'à parler pour être contredit. Pifon, dont l’heureux choix eft votre digne ouvrage , Ne ferait que Pifon s'il eût eu mon fuffrage, _ Vous n'avez foulevé Martian contre Othon Que parce que ma bouche a proféré fon nom; Êt verriez comme un autre une preuve affez claire De combien notre avis eft le plus falutaire, = Si vous aviez fait vœu d'être jufqu'au trépas L’ennemi des confeils que vous ne donnez Re LAC US. Et vous, l'ami d'Othon, c’eft tout dire, & peut-être, Qui le voulait pour gendre, & l’a choifi pour maître ; Ne fait TRI ESS QE ce en EVER FER _ce cho y ï N ï U $: J'étais l'ami d’'Othon, & le tenais à gloire, Jufqu’à Pindignité d’une ation foire, Que d’autres nommeront leffet du defefpoir , Où la malgré mes foins plongé votre pouvoir, Je Pai voulu pour gendre, & choifi pour l'empire ; À lun ni l'autre choix vous n'avez pù foufcrire. -Par- à de tout l’état le bonheur s'agrandit ; Et vous ee auf comme il vous one G À TL. B À Qu'un prince ef . and d de ceux qu’ a écoute Le zèle cherche à prendre une diverfe route, … Et que Pattachement qu'ils ont au. propre. fens: Poufle jufqu’à Paigreur des confeils différens ! nr Ne me trompai-je point, & puis-je nommer 2e Cette haine à tous deux obftinément fidèle, ë TRS Sen mn à CITE SR S mr" 0 A Qui peut- ètre en dépit. . maux qu'elle prévoit, a" _ Seule en mes intérèts Le confulte & fe. croit? Faites mieux, & croyez en ce péril extrème $ Vous, que Lacus me fert, vous, que Vinius m'aime : à Ne haïflez qu'Othon, & fongez qu aujourd’hui : Vous navez à parler tous deux que contre lui. ; … YINFCS. £) J'ofe donc vous redire , en ferviteur fincère , | @ Qu'il fait mauvais pouifer. tant de gens en colère, Ê } Qu'il faut donner aux bons, pour s’entre - foutenir » Le tems de fe remettre, & de. fe réunir; — Et laifler AUX. méchans. celui. de. reconnaitre Quelle et ui ‘de prendre à fon maître. Pifon peut cependant amufer leur fureur De vos teflentimens leur donner la terreur, Y joindre avec adrefle un efpoir de clémence 3 x Et s’il vous faut enfin aller à fon fecours, Au moindre répentir. d'une. telle infolence , Ce qu’on veut à préfent, on le poura toujours. AC US. J'en doute, & crois parler en ferviteur fincère . . Moi qui n'ai point d'ami dans lé parti contraire. = Attendrons-nous, Scigneur , que Pifon repouñé. Nous vienne enfevelir fous l'etat renverfe, Qu'on defcende en la place en bataille rangée. Qu'on tienne en ce palais votre cour afiiégée,- = Que jufqu* an. capitole Othon aille À vos yeux De l'empire ufurpé rendre graces. aux dieux? Et que le front paré de votre diadème , = 2% _— Ce traître trop heureux ordonne de vous-même pes Douresmncsene, 96 ee | D Fe Afons, Se » Seigneur les armes à LB: main, Soutenir le fénat & le peuple Romain : : : é Cherchons aux yeux d'Othon un trépas à leur tète à Pour lui plus odieux, & pour nous _plus honnête ; ” Et par ea noblé effort allons lui témoigner. . . G ÉGAL DA | & Hé bien, ma niéce, hé bien , eftil doux de régner ? Eft-il doux de tenir le timon d’un empire , Pour en voir les foutiens toujours fe contredire ? CAMILLE. Plus on voit aux avis de contrariétés , Plus. à LL un bon choix on reçoit de c lartés. Mais je Suis à à Pifon, feigneur,, & vous relpede ; Et ne puis toutefois retenir ces deux mots, Que fi l'on m'avait crue on ferait en repos. Plautine qu’on amène aura même penfée : D'une vive douleur elle paraît bleflée, .. .c) ù Se c ) Galba dit, Eh bien ,-quelles nou. Un J'alutaire avis agit quec lenteur. Ce velles ? Cet empereur au lieu er com- | n ci pas certainement dans le moment me il le doit, demande ce qui fe pañfe, d'une crie auf forte, quand on pro- comme un nouvellifte. Z%wus lui don- - clame un autre empereur , que ‘la len- ne le confeil de perfifter à ne tien faire; | teur eft-falutaire. Gu/ba ne fait à quoi confeil vifiblement ridicule, IL Lui dit ; fe. Afterminer, » & fe. contente. de faire RIT RS IST S SR UROREREENES G : | 5 SOS N © IP. LÉ À) GALBA, GAMILLE, VINIUS, € | 'LAGUS, PLAUTINE, RUXILE, À} ALBIANE. — | 6 PLNAUTENE 52 E ne m'en défens point , madame, Othon eff mort; É De quiconque entre ici c’eft le commun raport; Et fon trépas pour vous waura pas tant de charmes, Qu'à vos JEUX: comme aux miens il n’en coûte des larmes. GAL Bb À Dit-elle vrai, Rutile, ou men flattai-je en vain? RUFDLE Seigneur, le bruit eft grand, & l’auteur inceftain. Tous veulent qu il foit mort, & c'eft la voix publique ; ; Mais comment, & par qui, c'elt ce qu'aucun n explique. GAL B À. Allez, allez, Lacus, vous-même prendre foin. _ De nous en faire voir un affuré témoins — Et fi de ce ‘grand coup Pauteur LR peut connaitre. + €) remarquer à fa niéce qu il ef trifte de | précifément parce qu'elle n'eft qu'hif- régner quand Îles minifres pt se torique , parce qu'elle n'eft point pré- contrarient. : |parée, ‘parce que c'eft un fimple men- c) Gala demandait e fonge d’un nommé AÆiticus, qu'il falait des nouvelles. On lui en donne une | ne pas employer un dénouement fi def- fauffe. Ieft vrai que cette faufle nou | titué d'art & d'intérêt. : : - ele ef raportée dans Tacite mais c’eft _. . P. 7 Tome VI < N : SC:E NE Ir. GALBA, VINIUS, LACUS, CAMILLE, PLAUTINE, MARTIAN, ATTIEUS. RUTILE, ALBIANE, | MARTIAN.. U’on ne le cherche plus, vous le voyez paraître. Seigneur, c’elt par {à main qu’un rebelle puni, . . GALBA. | icus ce grand. trouble a fini! ra 2 ei pouffée, & les dieux l'ont conduites - Et c’eft à vous, fcigneur, d’en arrèter la fuite , _D'’empècher le défordre , & borner les rigueurs Où contre des vaincus s’emportent des vaiñqueurs. ee ER — Courons. y. Cependant. confolez vous , Plautine, … Ne penfez qu'à l'époux que mon choix vous deftine ; Vinius vous le donne , & vous l’accepterez, | Quand vos Premiers foupirs feront évaporés. C'eft à vous, Martian, que je la laiffe en garde: Comme c’eft votre main ‘que on hymen regarde Ménagez fon efprit, &ne laigrilez pas d) Cet Æiticus, qui n’eft pas ün per- : dénouement, en Failant accroire qu'il a fonnage de la piéce, vient en faire le | tüé Ofhor. Ce pourrait être tout an RCOUCURE aus sus | PRAGEÉDIFE Act V. 99 rer Vous pouvez, Vifius, ne fuivre point mes pas; Et la vieille amitié ; pour peu qu 1 vous en refte.. HMINIUS. Ah, Ce une amitié , feigneut, de je dételte. Mon cœur eft tout à vous, & ma point et d'amis ; Qu’autant qu’on les a vüs à Vos ordres foumis. G À L B À, ue mais gardez vous de . de complafance. CAMILLE. = Madame, & Je retourne _ mon parement Rendre graces aux dieux d’un tel événement. d) plus 1e. a Ga Menteur: Le _ Cnil dit un . mot d'ironie. ARE NN vieux Galba croit cette faufleté. Ilcon- | fine, & va dans fon snesente — = fille à Plautine :d'évaporer lès aus = os: A MARTIAN, PLAUTINE, AT TICUS | ÉEACUTIENS —. Aie y renfermer les pleurs qui vous échapent. Les defaftres d’Othon ainf que moi vous frapent ; Et fi l'on avait crû vos {ouhaits les plus doux , Ce g nd jour le «NErrait couronner avec vous. - EE CRRE Voilà, voilà le ruit de mravoit trop aimée — Voilà quel cft l'effet. | | MARTIAN | Si Votre ame enflammée, . : PLAUTINE Vil efclave, eft-ce à toi de troubler.ma douleur ? | ER -ce à toi de vouloir adoucir mon malheur ? À toi, de qui l'amour m'ofe en ofir un pire ? MART IA N. Il eft jufte d’abord qu'un fi grand cœur foupire . Mais il eft jufte auf de ne pas trop pleurer Une perte facile, & prête à téparer. e) Non-feulement Plautine demeure À état Martian ; mais ce grand miniftre : fur la fène, & s’occupe à répondre d'état, qui devrait avoir partout des / par des injures à l'amour du miniftre ferviteurs & des émiffaires , ne fait rien $ ST CLEA — TO e TRAGDDIE Are V. x _ Ileft tems qu'un fujet à fon prince fidelle EÈ Remplifle heureufement la place d’un rebelle; ST | Un monarque le veut; un père en eft d’accord. G … Vous devez pour tous deux vous faire un peu d'effort, 4) Et bannir de ce cœur la honteufe mémoire G D'un amour criminel qui fouille votre gloire. ) | PLAUTINE. s - Le. tu ne vaux pas que pour te démentir ce Je daigne m’abaifler jufqu’a te repartir. D'une plus. agréable, encor r que trifte idées 5 _ N'interroms plus mes pleurs. à MARTIAN. tr Tournez vers les VEUX. ë) " | ( | ‘4 rl 6 =. Tai-toi, laifle en repos une ame poñédée Après la mort d’Othon, que pouvez-vous de mieux? e) x de ce qui s'eftpaffé. Il croit une fanffe S nouvelle, lui qui devrait avoir tout fait À À j pour être informé de la vérité. Il ef pris pour dupe par cet Aéficrs , COMME $ Pempereur. - Fr de E N ii) ne. 108 Se CE ON FE CIXx. OTHON, PLAUTINE, FLAVIE. OTHON. Ah. favez-vous les crimes de Lacus ? PLATINE J'aprens en ce moment que mon père n’efk plus, Fuyez, feigneur, fuyez un objet de triftefe ; D'un jour fi beau pour vous goûtez mieux l’alégreffé. Vous êtes empereur ,.épa ennui. “Peer s-épargnez. vous. lennt De voir qu'un père... ss OTHON è : Hélas, je füis plus mort que lui ;, Et fi votre bonté ne .me rend une vie Qu'en lui perçant le cœur un traître ma ravie . Je ne reviens ici qu’en malheureux amant. Faire hommage à vos yeux de mon dernier moment. Mon amour pour vous feule a cherché la victoire, Ce mème amour fans vous n’en peut foufrir la gloire ;; Et n’accepte le nom de maitre des. Romains. térêt qui parut régner dans a piéce. | vraifemblabte , bien-conduite, bien écri:. te. Les pafions y parlaient, & c’en fut: | aflez, Les. acteurs s’animèrent; ils por=- tèrent dans l'ame du fpeateur un at . tendriffèment auquel il n'était. pas ac=- Le public était las de tragédies en rat. fonnemens, & de héros differtateurse. Les cœurs fe laïflérent toucher par LA4/- trate, fans examiner f la piéce était Que pour mettre avec moi l'univers en vos mains. _ Céft àfvous d’ordonnér ce qui lui refte à faire. PLAUTINE, C'eft à moi de gémir, & de pleurer mon père. Non que je vous impute, en ma vive douleur. Les crimes de Lacus, & _ notre en Mais. enfin. . OT HO N, Achevez, s'il = peut , en: He . Nos feux. . PLAUTINE. . ro s Ne. _preflez point un -trouble qui Vous voyez mon devoir, & connaiflez ma foi: En ce funefte état répondez NOUS :pour: moi: Adieu, feigneur. OTHON. De grace, encor une parole. Mode. eoutumé. Les excellens ouvrages de | Rien ne prouve-mienx qu’il faut inté linimitable Racine n’avaient pointencor | refler, puifque l'intérét le plus mal & TAfirate furent fuivies avec _tranfport. | depuis D années. TRAGÉDIE Acre V. 109 "paru. Les véritables rontes du cœur | amené échauffa tout le public, que des. = étaient ignorées, celles que préfentait | intrigues froides de politique sue S CE. NB Do DARNNOD Bt OTHON, ALBINe - Se i A L.BIN. O vous attend, Seigneur, au PE si Et le fénat en corps vient exprès d'y monter , Pour jurer fur: vos loix aux yeux de Jupiter. O FHON. J'y cours, mais quelque honneur, Albin, qu’on m'y detre. : .Gommeil n'aurait RER moi rieñ de doux fans Plautine, _ SoL ffrez.d = moinsique. j'aille . veur de mon feu , . Prendre pour y courir fon ordre où fon aveu; Afin qu'à mon retour, lame un peu plus tranquille, Je puiffe faire effort à confoler Camille , Et lui jurér:moi-mème, en ce malheureux jour > Une amitié fidèle au défaut de l'amour. dé Fin di cinquième & dernier Ale, pouce ns: | sGrsiLAs r ééé. — 6 : SR Fè = 4 5) | ee L ÉDITEUR. Ac GES SILAS neft guères connu dans le monde 1 par le mot de Defpréaux : J'ai ui l'Agéfilas ; bélas ü. ‘eut tort fans doute. de faire imprimer. dans Les. ouvrages, de le dire. Fa tragédie d’Agéfilas ef vrages de Corneille : le public commençait à {e d dégouter. On trouve dans une lettre manufcrite d’un homme de ce tems- là, qu'il s'éleva un murmure très - dans le par- terre, à ces vers d'Aglaride. Hélas !.... je n'entens pas des mieux, Comme il Faut qu'un hélas s'explique ; Et lorfqu'on fe retranche au langage des veux, Je Juis muette à la replique, Ce mème parterre avait. paie dans Le piéce "do, à des Vers beaucoup plus répréhentibles . en faveur des beautés des prentières fcènes; mais il _ avait point de pareilles béautés “dans Ævéfilas: on fit fentir à Corneille qu'il vicilliffait. 1 don. . nait un ouvrage de théatre prelque tous les ans, depuis 1625. -Si-vous en exceptez Pintervalle entre Pertharite & Oedipe, il travaillait trop vite, & était épuiles Plaignons le trilte état. de à fortune, qui ne répondait: je L Ru métite . & qui La fofcait à travailler, Fe Comnille. Tome VL = es D & rue Ce: mot qui n’en valait pas la peine; mais il. n'eut pas tort _£) fe un des plus faibles ou- 114 cn que a ture ds vers qu àL niploss -dans Agéfilas , nuifit beaucoup au fuccès de cette tragédie. Je ctois, au contraire, que. cette nouveauté aurait téufl, & : & qu’on aurait prodigue les louanges à ce génie fi fécond | & fi varié, s'il mavait pas entiérement négligé dans Agé- : (eS flas,. -comme. dans des piéces a ” a & le ftile. : Ci Les vers irréguliers pourraient faire un très bel effet dans € une tragédie; ils exigent à la vérité un rithme différent de d } celui des vers alexandrins & des vers de. dix fillabes; ils de- e mandent un art fingulier: vous pouvez voir quelques exeme S pl de la PRESS de ce gaie dans Quinaule, Tout perfide qu 1 7 #01 “Be Cœ + ie Il me, laife mourante, il veut que je périffe. Je revois à regret la clarté qui me luif. L'horreur de l'éternelle nuit | Cède à l'horreur de mon Juplice.. &r..&e. Toute cette Îcène bien déclamée remuera les cœuts autant | que fi elle était bien chantée; & la mufique même de cette admirable fcène n’eft qu’une déclamation notée. Il e& donc prouvé que cette mefure de vers pourrait por ter dans la tragédie une beauté nouvelle dont Je un a be- foin pour varier l'uniformité du théatre. Le lecteur doit trouver bon qu’on ne Be aucun commen- taire fur une piéce qu’on ne devrait pas. mème imprimer : il ferait mieux, fans doute , qu’on ne publiât que les bons ou- Vrages des bons auteurs; mais. le public veut tout avoir, foit par une vaine curiofité, foit par une malignité fecrette, qui : aime à repaitre fes yeux des fautes des grands hommes, Ke Es = Hewewesnsecaveur ue DE L'ÉDITEUR. 115 -La tragédie dAgèf las -efk à la vérité. très-froide, &aufi mal écrite que mal “conduite: : Il y a pourtant quelques endroits où on retrouve encor un refte de Corneille. Le xoi Apéfilas dit. à pie - En tirant toute à vous la Juprème puifance ; Vous me lailez des titres vains.. On s'empreffe à vous woir, on s'efforce à vous Plaire ; On croit lire en vos yeux ce qu'il faut qu'on efpèrei - On penfe avoir tout fait quand on vous a parlé. Mon palais près du vôtre eft un lieu défolé. Général en idée, €Ÿ monarque en peinture, - De ces illufires noms pourrais-je faire cas, Si les füleit porter». moins sonne. Agéflas, es Que comine votre créature , Et montrer avec pompe au refle des humains, En ma propre grandeur l'ouvrage de vos mains? Si vous m'avez fait roi, Lyfander, je veux l'être. Soyez moi bon Jujet , je vous ferai bon maître; Mais ne prétendez plus partager avec moi Ni la puifance, ni l'emploi. Si vous croyez qu'un fceptre accable qui le porte, À moins qu'il prenne une aide à Joufenir Jon poids ; Laiflez difcerner à mon choix Quelle main à raider pourrait être allez forte. Vous aurez bonne paré à des ermplois Je Ji doux ;. Quand vous pourez m'en Zaifer foires Mais Joyez für aufli d'un Juccès tout contraire, Tant que vous ne voudrez les tenir que de vous. il y a beaucoup de fautes de diction dans ces vers, fi le file eft faible, du moins les penfées font fortes, fages , vraies, fans enflure, & fans amplification de rhétorique. Qu'il me foit permis de dire ici qué dans mon enfance, Île père de Tournemine jéfuite , pattifan outré de Corweile, + en- EUR, N : nent de Racine, qu'il regardait: comme “janfénifte, me :faifait *) ; rémarquer ce morceau, qu'il préférait à toutes les piéces de #% Racine” C'éfbainfi que là prévention corromt :le goût, com-: S me elle altère le jugement dans toutes les actions de la vie. : Ÿ E9 JL: ne faut que parcourir les vies d'Agéfilas & de Eyfander (3 chez Plutarque, pour déméler ce qu'il y.a d'hiftorique dans 2) cette tragédie. La manière dont je lai traitée na point d’e- 7 xemple parmi nos Français, ni dans ces précieux feftes de à l'antiquité qui font venus jufqu’à nous; & ceft ce qui mela D fait choifir. Les premiers qui ont travaillé pour Île théatre , ont travaillé fans exemple; & ceux qui les ont fuivis y ont fait voir quelques nouveautés de tems en tems. - Nous n'avons pas moins de privilège. Ainfi nôtre Horace qui nous recom- mande tant la le@ure des poëtes Grecs par ces paroles : _ pos" exemplarin Grect NoGurna verfate manu, verfate diurna : | ne laife pas de louer hautement les Romains d'avoir ofé quit- ter les traces de ces mêmes Grecs, & pris d’autres routes. Nil intentatum nofiri liquere poëra, 2 minimum meruere decus; vefligia Graca Auf deferere. : _—… Leurs régles font bonnes, mais leur méthode n’eft pas de notre fiécle ; & qui s’attacherait à ne marcher que fur leurs pas , ferait fans doute peu. de progrès. & divertirait mal. fon ; auditoire. On court, à la vérité, quelque rique de s'égarers & mème on s'égare affez fouvent, quand on s'écarte du che- min battu; mais on ne s'égare pas toutes Îles fois qu'on s’en écarte. Quelques-uns en arrivent plus tôt où ils prétendent, & chacun peut hazarder à fes périls. fs SÉQN t G Q À G És IL AS, roi de Sparte. | 4 À | | | $ 4 L'YSANDER, fameux capitaine de Sparte, -. COT YŸY S, roi de Paphlagonie. | É Se È SPITRIDATE ; grand feigneur Perfan, as %Ÿ MANDANE, fœur de Spitridate S S; e ELPINICE., > 'Æ 6 filles de Lyfander. à : G AGLATIDE, = ) Ç ; F | 1. 45 ; É | & J X-E N O Ç L E S 5 FRS s ei S CL É 0 N, orateur Grec matil d'Halicitnafe, &) ET4 La Jine ef à Ephefe, | S IN PRUS QU A y a @) ‘2 R KE if Ji © Ji EE [LU ( INTUNNTU ERAAENN TATTNIEEUEAETT TER Q LULU ÊT Cranelol IDERS Re TR ne Re et ie tee tnt ot ‘tout-ce S miain Je-rémets: ee <i 1 trurururerusenceus Ar Ÿ D AGEÉESIL AS, de Ce Dis. ot * Se — à . ELPINICE, AGLATIDE. D $ Ÿ M 7e LATIDE. R 5 À À fœur, depuis un mois nous voilà dans Ephete , à Prètes à recevoir ces illuftres époux, - É | Que Lyfander mon père a {à choifir pour nous ; S Et ce choix bienheureux n’a rien qui ne vous plaite. 8 Ÿ Dites moi toutefois, & parlons librement ; x =. Vous fembletil que votre amant. 2 Cherche avec tant + ardeur _votre : chère préfence ? = e Et trouvez-vous qu is montre, attendant ce grand } jour , Ed - Cette obligeante impatience Gé ) Que donne, à ce qu ’on dit, le véritable amour? € ELPINICE. — ; Cotys eft roi, ma fœur; & comme fa couronne | CG \ Parle fufifamment pour lui, ë : En =. ë Affuré de mon cœur que fon trône lui donne, SH De le trop demander il s’épargne ennui, & - Ce me doit être affez qu’en fecret il foupire, Es Que je puis deviner ce qu’il craint de trop dires. Et que moins {on ‘amour a d’importunité, Plus il a de fincérité. Mais vous ne dites rien de votre Spitridate; Prend-il autant de peine à mériter Vos feux, Que l’autre à retenir mes vœux? iGCLAÉT IDE Ceft environ ainfi que fon amour éclate : Il nobféde à peu près comme l’autre vous fert. - On dirait que tous deux agifflent de concert , : Qu’ils-ont juré de n’ètre importuns lun ni l’autre : Ils en font grand fcrupule, & la fincérité ) Ne met pas {on bonheur en l’affiduité. Ce n’eft pas qu'à vrai dire il ne foit excufable. Je préparai pour lui dès Sparte une froideur, _ Qui dès l’abord était capable D’éteindre la plus vive ardeur; Et j'avoue entre nous que lorfqu’il me néclise, ‘Qu'il fe montre à fon tour fi froid, fi retenu , Loin de m'offenfer il m'oblige, Êt me remet un cœur qu'il n’eût pas obtenu. | EÉEPENICE _ J'admire cette antipatie , Qui vous Pa fait haïîr avant que de le voir; Et croirais que fa vüe aurait eu le pouvoir - D’en diffiper une partie. ire Car enfin, Spitridate a l'entretien charmant . bosccsceccoucececn TRAGÉDIE. Acre IL L'œil vif, lefprit aifé, le cœur bon, l’ame belle. À tant de qualités sil joignait un vrai zèle . . ACLCATIDE. Ma fœur, il nef pas roi comme left votre. amant, - É EPA NTC'E: Mais au parti des Grecs il unit deux provinces; Et ce Perfe vaut bien la: plüpart de nos princes. AG EVA T I D E Il n'eft pas roi, vous dise, & c'eft un grand défaut : Ce neft point avec vous que je le diffimule. à peut-être le cœur trop hauts - Et lorfqu’on vous deftine un roi pour votre époux. J'en veux un aufli-bien que vous. J'aurais quelque chagrin à vous traiter de reine, À vous voir dans un trône aflife en fouveraine, S'il me falait ramper dans un deeré plus bas; Et Je porte une ame aflez vaine Pour vouloir jufques-là vous fuivre pas à pas. Vous êtes mon ainée, & c’eft un avantage Auffi veux-je céder le pas devant à lPâge, Mais je ne puis fouffrir autre inégalité. ÉLPAÆNTCE Vous êtes donc jaloufe, & ce trône vous gêne ; Où da main de Cotys a droit de me placer? : _ Mais fi je renoncçais au rang de fouveraine - Voudriez - vous y renoncer ?. AG LATTDE. Non, pas fi-tôt, j'ai quelque vüe P. Corneille. Tome VI __ - Mais äuffi-bien que vous je fors du fang d'Hercule; Qui me fait VOUS devoir grande ‘civilités ts 4 DA Housse: eueves a à GE $ Ti A sea Le AR IE _ Qui me peut encor amufer. Mariez vous, ma fœur; quand vous ferez poutvüe, On trouvera peut-être un roi pour mrépoufer. J'en aurais un déja, m'était ce rang d'aince, Qui demandait pour vous ce qu l voulait noffrir, Ou s'il eût reconnu qu'un, père eût pù fouffrir : Qu’à lPhymen avant vous on me vit deftinée. Si ce roi jufqu'ici ne s’eft point déclaré, Peut-être qu'après tout il wa que différé, . : Qu'il attend votre hymen pour rompre fon filence. Je penfe avoir encor ce qui le- fut charmer; : hé sil PET vous en faite entière confidence, Que dites-vous, ma “four? vous aime ? AGLATIDE. Je vous dis qu'il m’aimait, & que fa paflion Pourrait bien être encor la mème; Mais cet amufement de mon ambition ee Peut n'être qu'une illufion. _ Ce prince tient fon trône, & fa haute puiflance ; De ce mème héros dont nous tenons le jour; Et fi ce n’était lors que par reconnaiflance. Qu'il me témoignait de l'amour . _ Puis-je être fans inquiétude, Quand il n’a plus pour lui que de l’ingratitude? Qu'il n’écoute plus rien qui vienne de fa part? Je ne fais fi fa flamme eft pour moi fäble, où forte; Mais la reconnaiffance morte, L'amour doit courir grand hazard. LRAGÉDIE Acre I ÆELPINICE. Ah! sil n'avait voulu que par reconnaiffance Etre gendre: de Lyfander, - Son choix aurait fuivi l’ordre de la naiffance, . Et Sparte au lieu de vous l’eût vi me demander: Mais pour mettre chez nous l’éclit de fa couronne, Attendre que l’hymen n'ait engagée ailleurs, C’eft montrer que le cœur s'attache à la perfonne: Ayez, ayez pour lui des fentimens meilleurs. Ce cœur qu'il vous donna, ce choix qui confidère Autant & plus encor la fille que le père, Feront que le deyoi bientôt fon tours Et pour vous faire feoir où vos defirs ARTE Vous verrez, & dans peu, comme. pour vous confpirent La reconnaiflance & l'amour. AGTATEIDE Vous voyez cependant qu’à peine il me regarde; Depuis notre arrivée il ne m'a point: parlé ; _ Êt quand fes yeux vers moi fe tournent par mégarde... : | EL PIN-EC.E Comme avec Jui mon père a apcuss démèlé, - Cette petite néglig enges … a Qui vous fait douter de {a se Vient de leur méfntellisence Et dans le fond del’ame il vit fous votre oi, ICLATIDE a À tous hazards, ma fœur, comme j'en fais mal ee. Si vous me pouviez faire un don de votre amants Je crois que je pourrais l'accepter fans murmure. Vous venez de parler du mien fi dignement . — Si - 124. 4 CG É Sr LL: S; ÆELPINICE. Aimeriez-vous Cotys, ma fœur ? AGLATID'E. Moi? nullement. ELPINTCE. Pourquoi donc vouloir qu'il vous aime? > AGTIATIDE. Les hommages qu'Agéfilas Daigna rendre en fecret au peu que J'ai d’apas, Mont fi bien imprimé l'amour du diadème, Que pourvû qu'un amant foit roi, Il SE trop aimable BOT moi. cet. la première idée: on F pa "de acer, Il la fdélement gardée, Et rien ne peut plus lefacer. -LEÉPENFCE , Chacune à fon humeur: la grandeur fouveraine. Quelque main qui vous l'offre eft digne de vos feux: Et vous üe ferez “point. dheureux Qui de vous ne fafle _une reine. Moi, je méblouis moins de là fplendeur du rang 5 Son éclat au refpect plus qu’à Pamour m'invite : Cet heureux avantage ou du {ort, où du fang... Ne tombe pas toujours fur le plus de mérite. Si Mon cœur, fi mes yeux en étaient confultés , Leur choix irait à Ja perlonne; — 5 Et les hautes vertus, les rares qualités. L’emporteruient für la couronne. .. Voyez s'il fut jamais un amant plus à plaindre, Voyez. avec Coty Mais à vous dire tout, je crains qu'Agéfilas : Qu'auff-bien que ma fœur j'écoute mon devoirs. : T ACÉDLE dore DL 32 Il faut vous voir aimer ailleurs. Un cœur plus accablé de mortelles douleurs. \ C'eft un malheur fans doute égal au trépas même, Que d’attacher fa vie à ce qu'on n'aime pass Et voir en d’autres mains pañler tout ce qu'on aime ; Ceft un malheur encor plus grand que le trépas. ELPINICE. Je vous en plains, feigneur, & ne puis davantage. Je ne fais aimer, fi. hair; : Mais dès qu'un père ue ÿ + en “mon courage Toute P'imprellion Voudraient rendre à ma Sœur l'hommage qu'il me rend. Tout doit ètre à mon père affez indifférent, Pourvû que vous & lui vous demeuriez fes gendres. N°y refufe l’aveu qui vous 6 néceffaire : C'eft notre fouverain. S PIT-RIDATE. S'il en dedit un père ; Peut-être. aije-une. Æ qu'il.n'en dédira pas Ce grand prince pour elle a tant de complaifance ; Qu'à fa moindre prière il ne refufe riens | Et fi fon cœur voulait s'entendre 4vec le mien. . : ÉLPINICE Repofez vous , - figneur . fur mon obciffance , Et contentez vous de favoir Allez trouver Cotys , - & fans aucun forupule. . RE pts RH FL AR HELENE me HOL rs Pa | Ca As Len RSRLC RSR RS ere: 5 S is ŸS EE k, E 2. NE x — S PÉSRRTDA FL. ë) 2 Perdriez-vous pour moi fon trône fans ennui ? + “ ELPINICE KE C Le voilà qui paraît. Quelque ardeur qui vous brûle, Ÿ ts Mettez d’accord mon père, Agéfilas, & ini SN . CL NE rr. | 6 COTYS, SPITRIDATE. S Comme elle difparait, feisneur, à mon abord, à EE ès SPITRIDATE Si votre ame, feigneur, en eft mal fatisfaite, 4 É Mon fort ef bien à plaindre autant que votre fort, - S | CGOTFTYS. | = F% Ah ! s’il n’était honteux de matiquer de promefe P) : SPREÉPRÉDÉTE D Si la foi fans rougir pouvait fe dégager !: G CO T y D NN Qu'une autre de mon cœur ferait bientôt maîtreffet :) SI Dir. = SN. Que je ferais ravi comme vous de Change s) Re SN Elpinice pour moi montre une telle glace _ t) Que je me tiendrais für de fon confentement, _ S TRE POUR CSesecesre ee RAGE DIC Aa I SP RE DATE - Aglatide verrait qu’une autre prit fa place, Sans en murmufreér un moment. POTTLS Que nous fert qu’en fecret lune & l’autre eñpagée Peut-être ainfi que nous porte fon cœur ailleurs ? Pour voir notre infortune entrelles partagée , Nos deftins n’en font pas meilleurs, SPECREDATE Elles aiment ailleurs, ces belles dédaigneufes Et peut-être en. dépit du fort. = I fait un. moyen, & de. les rendre. heureufes ; - Et de nous rendre heureux par un commun accotd, GO TYS; Souffrez donc qu'avec vous tout mon cœur fe déploie. Ab, fi vous le vouliez, que mon fort ferait doux ! Vous feul me pouvez mettre au comble de ma joie. SERA DATE, : Et ma félicité dépend toute de vous. COTYS. Vous me pouver donner lobjet qui me poffède. | SPÉEREDAIL Vous me pouvez donner celui de tous mes vœux. Elpinice me charme. GO T-YS. | Et fi je vous la cède ?: SPITRIDA-TE, . Je céderat de mème ÂAglatide à vos feux. : SN COrYS. 5 Aplatide . figneur ? Ce neft pas là m entendre; - ee | ; SU PS SES 5 L 2. 7e NesR Re eue eut CD] . — | | N G 14 PL GS AS, # CG | - Et vous ne feriez rien pour moi, S à \ SPISRIDALE. _ as SA Ne vous devez-vous pas à Lyfander pour gendre? : ©) G COEYS, 1 : ED Qui, mais l'amour ici me fait une autre (oi. É Ç SPITRIDITE … &) FA L'amour! Il n’en faut point écouter qui le blefle, € & 2 Et qui nous Ôte fon api, : É @ L’échange des deux fœurs na rien qui l'intérefe, 6 | À Nous n’en ferons pas moins à lui; _( & & Mais de porter ailleurs la main qui leur eft dûe, & S Seigneur, au dernier point ce fera lirriter, & | ff Si je n’en juge mal, fa faveur n’eft pas grande, à Seigneur , auprès d'Agéfilas ; 24 I wobtient prefque rien de quoi qu'il [ui demande, NEA SAT RIDATE. S Je vois qu’afñlez fouvent il ne l'écoute pass _ f Ë Mais pour un différend frivole, E) Dont nous ignorons le fecret, F4 Ce prince avoûrait.il un amour indifcret. a D'un tel manquement de parole? = FA Lui qui lui doit fon trône, & cet illuftre rang Ç D'unique général des troupes de la Grèce : 4 Pourraitil le haïr avec tant de bañefe, f% Qu'il pût autorifer ce mépris de fon fang ?. + È Si nous manquons de foi, qu'aurait-il lieu de croire? En aurions-nous pour lui plus que pour Lyfander? ,. ÉROROR OR US USÉES 68 TRAGÉDIE. Acte L 135 à ; Penfez-y bien, feigneur, avant qu'y hazarder Nos füretés, & votre gloire. | CG:OT-YS. Et fi ce différend que vous craignez fi peu, Lui fait pour notre hymen refufer fon aveu Z SPIFRIDATE. Ma fœur n’a qu'à parler, je nven tiens für par elle. CO ETS. Seigneur, lPaimerait-il ? s PER ÉDÈTE E. =. Il la trouve aflez belle I en parle avec. joie - &fe plait à ja voir; Je tâche d’affermir ces douces aparences; Et fi vous voulez tout favoir, Je penfe avoir de quoi flätter mes efpérances. Prenez-y part, feigneur, pour lintérèt commun. Quand nous aurons tous deux Lifander pour beau-père, Ce roi s'allie à vous, s'il devient mon beau-frère. Et nous aurons ainfi deux apuis au lieu d’un. CO FT Y S. E + Mandane . cohent " FSPATRTDATE Mandane eft trop bien née, Pour dédire un devoir qui la met fous ma loi, CCS _ _ Et vous avez donné pour elle votre foi ? SPITFRED A FE. ee mais à dire vrai, je la tiens pour donnée, | EOTYS- - h ne A donnez point, {eigneur, fi vous m se à Se Snosccsuscreres Se 7) Se - r S x 4 136 AGESTLAS, . Mandane a tout mon cœur, mes yeux en font chatmés ; Et ce n’eft qu'à ce prix que je vous rens juftice. S PLÆF-R TD AT.E Elpinice ne rend votre foi qu'à fa fœur, Et ce n'eft qu’à ce prix qu’elle-mème {e donne, s GOTMS | Hélas , & fi l'amour autrement en ordonne , Le moyen d’y forcer mon cœur ? SPLTRIDATE Rendez-vous-en le maître. : COTYS A - 2 Où fi vous aimez Elpinice. = ) (f S du vôtre ? 2 J'y ferai mon effort, à jé vous parle en vain; Et du moins fi. ma fœur vous dérobe à toute autre, Je ferai maître de ma main. EOTYS. Je ne le puis celer, qui que l’on me propofe, Toute autre que Mandane: ef pour noi mème chofe, SPIFRIDATE Il vous eft donc facile, & doit mème être doux, Puifqu'enfin EÉlpinice aime un autre que vous ; — De lui préférer qui vous aime ; : _ Et du moins vous auriez l'honneur , Par un peu d'effort {ur vous-même , De faire le commun bonheur. ÉOTTYS. Je ferais trois heureux qui m mocdhient de l'être! pére NA rt YA Æ Es RL APR TSL 7 NES RMRS Rd es Re Rs Rd es TRAGÉDIE. Acrs L ‘ag À LE J'ofe, j'ofe vous faire une plus jufte loi: : ë) _ Ou faites mon bonheur dont vous êtes le maître , (> Ou demeurez tous trois malheureux comme moi. ë) S+IITRIDATES. 6% Hé bien, époufez Elpinice ; à Je renonce à tout mon bonheur, = 2 Plutôt que de me voir complice Ce D'un manquement de foi qui vous perdrait d'honneur. D - COTTS > 1% Rendez vous à votre Aglatide, ») Puifque votre cœur endurci Veut fuivre obftinément un faux devoir pour guide. S Je ferai malheureux, vous le ferez auffi, 4 ee Fin du premier afe, Ÿ ERÉCOROCOTÈEC $ 128 . CG. É s & LA: à . &Z = | _- GR SAIT SC E NE. LP R EMI PRE {à SPITRIDATE, MANDANE ( = < k, bit de rudes chaines? ’ En Perfe il neft point de fujets, Ce ne font qu’efclaves abjets, Qu’écrafent d’un coup d’œil les tètes fouveraines, Le monarque , ou plutôt le tyran général, N'y fuit pour loi que fon caprice. N'y veut point d’autre règle , & point d'autre juftice:, ‘ Et fouvent mème impute à crime capital Le plus rare mérite & le plus grand fervice. H abat à fes pieds les plus hautes vertus, S’immole infolemment les plus illuftres. vies, Et ne laifle aujourd’hui que des cœurs abattus. À couvert de fes tyrannies. Vous autres, s’il vous daigne honorer de fon lit, Ce font indignités ésales ; La gloire s’en partage entre tant de rivales, | Qu’elle eft moins un honneur qu’un fujet de dépit, TRAGÉDIE Acre IL 39 Toutes n’ont pas le nom de reines, Mais toutes portent mèmes chaines, Et toutes, à parler fans fard, Servént à fes plaifirs fans part à fon empire; Et même en fes plaifirs elles n’ont autre part, Que celle qu’à fon cœur brutalement infpire Ou le caprice, ou le hazard. Voilà, ma fœur, à quoi vous avait deftinée , À quel infame honneur vous avait condamnée Pharnabafe fon lieutenant; T1 aurait fait de vous un préfent à fon prince, Si pour nous affranchir mon foin le prévenant ; | N’eût à fa tyrannie arraché ma province. La Grèce a de plus faintes loix, Elle a des peuples & des rois Qui gouvernent avec juftice : La raifon y préfide, & la fage équité; Le pouvoir fouverain par elles limité, N'y laifle aucun droit de caprice. L'hymen de fes rois mème y donne cœur pour cœur; Et fi vous aviez le bonheur Que lun d'eux vous. offrit Ton trône avec fon ame ; Vous feriez, par ce nœud charmante Et reine véritablement, Et véritablement fa femme. MANDANE. Je veux bien l’efpérer, tout eft facile aux dense : Et peut-être que de bons yeux En auraient déja vû quelque flatteufe marque; . Mais il en faut de bons pour faire un fi grand choix. S ij 7 == < A/S STISS AIS — > Sn SZ Neseuereutenurursrt) @ mo RC Esp. (à 51 le roi. dans la Perfe eft un peu trop monarque, S En Grèce il eft des rois qui ne font pas trop rois. LS Il en eft dont le peuple eft le fuprème arbitre. € Il en eff d’attachés aux ordres d’un fénat. £ j en eft qui ne font enfin fous ce grand titre ( Que premiers fujets. de l’état. =) Je ne fais fi le ciel pour régner m'a fait naître; rs Et quoi qu’en ma faveur j'aye encor va paraître. C Je doute fi l’on m'aime , où non: 3 À) Mais je pourrais être aflez vaine, e Pour dédaigner le nom de reine , à ) Que n'offrirait un roi qui n’en eût que le nom & RS BL LR LD D.A TE. : F4 Vous ouvrent fort les yeux fur ce que vous valez, G MANDANE. 2) Je répons fimplement à ce que vous. me dites 5 Et parle en général, comme vous me parlez. G SARL RINDATE &. Cependant, & des rois, & de leur différence... F: Je vous trouve en effet plus inftruite que moi. ë MANDANE. 3 Puifque vous mordonnez qu'ici j'efpère.un roi = K Ï eft jufte, feigneur, que quelquefois jy pente. 4 SPERRID À TK. € N'y penfez-vous point trop? <) . = MANDANE ee E fe lasse tit à vous S À régler mes defrs für le choix d'un ÉpPOUX ; : e Mon devoir n’en fera point d'autre: A OO SONO UEETÉ ) ART eue ever rccue. wi - es TRAGÉDIE. Acre IL à _ Mais quand vous daignérez choifir pour une fœur, À x Daignez fonger, de grace, à faire fon bonheur. ee -: Mieux que vous n'avez fait le vôtre. S | & D'ün . que vous m'aviez vous-même tant loue, d) Votre cœur & vos yeux vous ont défavoué ; À Et fi,}ai comme vous quelques pentes fecrettes .. 4 Seigneur, fiic'eft ainfi que vous les rencontrez. Jugez, par le trouble où vous êtes, : De l’état où vous me mettrez. SPIFREDA ITS Je le vois bien, ma fœur, il faut, vous c. faire. z Qui choifit mal -pour foi choifit. mal pour autrui; Et votre cœur initruit par le malheur d’un frère, À déja fait. fon choix. fans Jui. MAN D:AN E. Peut-être, mais enfin vous fuis-je néceñaire ?. Parlez, il neft défirs, ni tendres fentimens .. Que je ne facrifñie à vos contentemens. - Fautäl donner :ma main pour celle d'Elpinice ? SPELRIEDALE. | Qse Er de m'en PUS “un entier ferifce À qui pour mon ue vous L donner ? Cotys me la demande, Agéfilas l’efpère. MANDANE. Agéfilas.. En Et. 1e favez-vous. bien ? 2 SR EN Ds AL. Parler de: vous fans celle, aimer votre cntretiene 2 Vous donner tout crédit, ne chercher qu'à à VOUS plaire. … G a | | MAND ANE. EE : 2) Ce font civilités envers une étrangère, x Qui font beaucoup d'éclat, & ne prononcent rien. S \ © {l jette pardà des amorces “) E J À ceux qui comme nous voudront grofhir fes forces ; N G Mais quelque haut crédit qu'il me donne en fa cour, Ÿ ; Ê ) De toute fa conduite 1l eft fi bien le maitre, Ç & Qu’au fimple nom d’hymen vous verriez difparaître Ÿ E Tout ce qu’en fes faveurs vous prenez pout amour, (4 EF LA SPÉPRIDAFE. S Q Vous penchez vers Cotys, & favez qu'Elpinice “) £) Ne veut point être à moi qu'il ne {oit à fa fœut? LE : ts - — > : Ÿ & de vous po LA SPITRIDATE. Ê É: Et Lyfander poura fouffrir cette injuftice ? Ê MANDANE. & Lyfander eft fi mal auprès d'Agéfilas , ES Que ce fera beaucoup s’il en obtient un gendre - 74 Et peut.être fans moi ne l’obtiendra-t-il pas; Pour deux, il aurait tout, s’il ofait y prétendre. Mais, feigneur , le voici, tâchez de preflentir SPÉRRIDATEÉE N Ce qu’en votre faveur il pourrait confentir. : LA Ma fœur ; Vous êtes plus adroite ; 3 Souffrez que je ménage un moment de retraite : 2. J'aurais trop à rougir, pour peu que devant moi 6 Vous fiffiez deviner de ce manque de foi. à ee. FOURS = D. TRAGÉDIE. Acve IL 143 ) SCENE IT, Ç LYSANDER, SPITRIDATE, MANDANE, CLEON. LISÉNDE KR. Qi ‘en matière d’hyménées . L'importune langueur des affaires trainces _Attire afflez fouvent de ficheux ‘embarras _ Jai voulu qu'à loifir vous puiflez : voir mes filles, Avant que demander l’aveu d'Agéfilas Sur l'union de nos familles. Dites moi donc, feigneur, ce qu'en jugent vos yeux» Cils laiffent votre cœur d'accord de vos promefles. Et fi vous y fentez plus d’aimables tendreffes Que de juftes defirs. de pouvoir choïfir mieux. Parlez avec franchife, avant que je m'expofe À des refus prefque aflurés , Que j’eftimerai peu de chofe, Quand vous. ferez. plus déclarés. Etn nee point Pemportement d’un père ; Je fais trop que l'amour de fes droits eft jaloux Qu'il difpofe de nous fans nous, Que les plus beaux objets ne font pas fürs de plaire. L'aveugle fympathie eft ce qui fait agit La plüpart des feux qu'il excite; - Il ne lattache pas toujours au vrai mérite 5. = Et quand il la dénie, on n’a point à rougir msn. 59 \ | -. | 2 4 è & } | Ë 7, te ; es, ï ù SE a SPITDTRID AT E Ÿ & Puifque vous le voulez, je ne puis me défendre, : | 1e FA Seigneur, de vous parler avec fincérité. #) C Ma foule ambitioneft d’être votre gendre 3° + PA £) Maisf aprenez de grace une autre vérité : S Ca Ce bonheur que j'attens, cette gloire où j'afpire, “) à) Et qui rendrait mon fort égal au fort des dieux, ( É É N'a pour objet.', . . feigneur, je tremble à vous le dire, à G Ma faux Vous lexpliquera mieux. W% + (2 SCENE Tir | ë) 49 LYSANDER, M D NE, CLEON. \ à | | (L % $9 LYSANDER S S Qc: veut dire, madame, une telle retraite? L) “ CÛ Se plaintil d'Aglatide, & la jeune indiferète 2 Se Répondrait-elle mal aux honneurs qu'il lui fait? NS C “ 5) À MANDANE. HS ET “Éay répond , feigneur , ainfi qu’il le fouhaite, S G Et je Ven vois fort fatisfaits | , | #) > Mais je ne vois pas bien que par les fympaties , ( + Li; Dont vous venez de nous parler, à) #Y Eeurs ames foient fort aflorties, 4 Ni que Pamour encor ait daigné s'en mêler. EE à) q ee : = 8 DS G Ce n’eft pas qu'il n’afpire à fe voir votre gendre, €) se 7 ) Qu'il ny mette ue & borne fes _ S S NE ES f ANA EN Es ve TRAGEDIE Acre IL 14 4 Æ . Mais puifque par fon ordre il me faut vous Paprendre, ES Elpinice eft l’objet de fes plus chers defirs, 4%. LV AiNDIR — à) r Elpinice! Et fa main n’eft plus en ma puiflance. — MANDANE. GS Je fais qu'il n'eft plus tems de vous la demander RSR Mais je vous répondrais de fon obéifance, Si Cotys la voulait céder. Que fait-on fi l'amour, dont ja bizarrerie Se joue aflez fouvent du fond de notre cœur, N’aura point fait au fien mème fuperchetie ? S'il ny préfére point Aglatide à fa fœur? Cet échange, feigneur, p: urraitil vous déplaire, S'il les rendait tous quatre heureux ? ÉYSANDER: Madame, doutez-vous de la bonté d’un père? | MANDANE. Voyez donc fi Cotys fera plus rigoureux. Je vous laiffe avec lui, de peur que ma préfence N'empèche une fincère & pleine confiance. Ceres j S Ce EN EL 2) MANDANE, LYSANDER, COTYS, : CÉEON ur, ne cachez plus le véritable amour Dont l’idée en fecret vous fate, Jai dit à Lyfander celui de Spitridate , Dites le vôtre à votre tour. MANDANE 4 Cow SEisne à CENE ._. LYSANDER, COTYS, CLEON. | CO RSS ee Puirnrette vous la dit, pourrais-je vous le taire ? Jugez, feioneur, de mes ennuis ; Une autre qu'Elpinice à mes yeux a {à plaire; Et laimer eft un crime en Pétat où je fuis. LYSANDER. Ne traitez point, feigneur, ce nouveau feu de crime ;; _ Le choix que font les yeux eft le plus légitime ; Et comme un beau defir ne peut bien s’allumer , S'ils n'infiruifent le cœur de ce qu'il doit aimer. . CORRE D TRAGEDIE Acre IL x47 a Ceft ôter à l'amour tout ce qu'il a d’aimable, Que les tenir captifs fous une aveugle foi; Et le don le plus favorable Que ce cœur fans leur ordre ofe faire de foi, Ne fut jamais irrévocable. : EO ES. Seigneur, ce weft point par mépris ; (eS Ce n’eft point qu'Elpinice aux miens n ’ait paru belle ; S - Mais enfin, le dirai-je ? Oui, feigneur, on ma L pris » | On. m'a volé ce cœur que j'aportais pour elle. D’autres yeur malgré moi s’en font faits les tyrans : 3 Ep Et ma f rmée oUr MA défenfe ; ee Ce lâche qui : s’eft sit de leur intelligence Les a foudain reçûs en juftes conquérans. LYSANDER. _ Laiffez leur garder leur conquête. Peut-être qu "Elpinice avec plaifir s’aprète À vous laifler ailleurs trouver un fort plus doux, Quand un autre pour elle a d’autres yeux que vous; Qu'elle cède ce cœur à celle qui le vole, Et qu'en ce mème inftant q : le Surprenait, Un pargil attentat fur f prop: le Lui dérobait celui qu elle vous re Surtout, ne craignez rien du côté d'Aglatides Je puis répondre d'elle ; & CUENT j'aurai parlé, _ Vous verrez tout. fon CŒUT ; où mon pouvoir préfide , Vous Be de celui qu’elle vous a volé. COTYS - Ah! nn , pour ce vol je ne me plains p: pas d elle. T 1j 48. EG ESiIL AS, EYSANDER Et de qui donc? ee : GOT YS. L'amour s’y fert d’une autre main, LYSANDER. L'amour! — COFSS Oui, cet amour qui me rend infidelle … } | LYSANDER. | Seigneur, du nom d'amour n’abufez point en vain; Dites, d'Agéfilas la haine infatiables Ceft elle dont l’aigreur auprès de vous m'accable Et qui de jour en jour s’animant contre moi, COT YS. Ah, s’il y va de votre gloire. Ma parole eft donnée, & düffai-je en mourir, Je la tiendrai, feigneur, jufqu’au dernier {oupirs Mais quoi que la furprife ait pù vous faire croire, N’accufez point. Agéfilas — D'un crime de mon cœur que même il ne fait pas, Mandane qui m’ordonne à vos yeux de le dire, Vous montre affez parlà quel fouverain empire _ L'amour lui donne fur ce cœurs Ne confidérez point fi j'aime, ou fi lon m'aimes En matiéte d'honneur ne voyez que vous-même, Et difpoféz de moi comme veut cet honneur. EVYSRNDER L'amourle fera mieux; ce que j'en viens d’aprendre: Moffre un fujet de joie où j'en voyais d’ennui: DORO PNA TRAGEDIE ACTE Époufer la fœur de mon gendre C'eft le devenir comme lui. | Aglatide d'ailleurs n’eft pas fi délaïffée ; Que votre exemple n'aide à lui trouver un toi; Et pour peu que le ciel réponde à ma penfée, = Ce fera plus de gloire & plus d’apui pour moi. Auf ferai-je plus; je veux que de moi-mème Vous teniez cet objet qui vous fait foupirer; Et Spitridate, à moins que de m'en aflurer . N’obtiendra jamais ce qu’il aime. Je veux dès aujourd’hui favoir d'Agéfilas ; S'il poura confenti > double hyménées = Dont mp était donnée. Sa haine aparémment ne m'en avoüra pas: Si pouttant par bonheur il m’en laïffe le maitre, J'en uferai, feigneur; comme je le promets; Sinon, vous lui ferez connaître - Vous-mème quels font vos fouhaits. COTYS. Âh, que Mandane & moi n’avons-nous mille vis. - Seigneur. s- pour vous les immolet ? Car je rie Rurais plus Vous. Je dx mulet, Nos ames en feront également ravies. Souffrez lui donc fa part en ces raviffèmens, . Et pardonnez,-de grace , à mon impatience | LYSANDER. Allez, on m'a vû jeune, & par expérience Je fais ce qui: fe pañle au cœur des vrais amanss. GES EE AS, Cet lois » & du devoir la ben idée . er AGE ATADES- k Que dites-vous, ma qu'ofez-vous hazarder? Vous qui tantôt. E : P T NICE: Ma fœur,. laiflez moi vous aider. . Ainf que vous m'avez aidée. A GEL ATFIDE. Pour bien m aider à dire ici mes fentimens 5 Vous vous prenez trop mal aux vôtres ; Et fi je fuis jamais réduite aux truchemens, Il m'en faudrait bien chercher d’autres. Seigneur , quoi qu ile en AE joil guele je luis. J'acceptais Spitr idate av uelques De ce petit chagrin le ciel m'a er = Saïs que mon ame foit changée. Mon devoir régne encor fur mon ambition: Quoi que vous! mi ’ordonniez, j'obéirai . fans peines Mais de mon inclination Je MOUÉTAL fille, ou vivrai reine. EE PTNTEE.: ni . ma ‘fœur, dites qu ‘Agéfilas.. AGE ATEIDE Ah ; feigneur, ne l'écoutez pas, Ce qu’elle vous veut dire eft une bagatelle ; = — -Et° Mèrne ; 5 Sal le faut, je la dirai mieux qu'elle. ETS AND Ë KR. Di donc : Agéfilas?: | À G L AT à D E. = Maimait jadis Un per, 1 4 j RTE TRAGEDIE. Ace IL De vous en demander Paveu N'attendait qu'après l’'hyménée - . De cette aimable & chère ainée. Mais s’il attendait là que mon tour arrivé — Autorifât à ma conquête La flamme qu’en réferve. il tenait toute prète, Son amour el encor. ici plus réfervés ; Et foit que dans Ephefe un autre objet me pale, a que par complaifance il cède à Jon rival, r. I me fait à fent la grace De ne m'en re bien ni al L.:Y..S.-A. N D E K. Sa haine pour ton père. à cet amour Sopoles Mais n'importe, il eft bon que j'en fois averti: Jagirai d'autre forte avec cette lumière; _ Du moins lui-mème à Sparte il m’en fit confidence; Et s'il me difait vrai, fa noble impatience … D'un pareil changement ne. cherche point la caufe; Et fuivant qu aujourd’hui nous laurons plus entiète ; Nous verrons à prendre parti, à SCENE, Vit ELPINICE, AGLATIDE. ÉLPINICE M. fœur , ‘je vous admire, &ne faurais Cet inépuifablé enjoùïment, Qui d'un chagrin trop jufte a de quoi vous défendre, Que vous êtes fi DLÉS de vous voir fans amant. ü dt af nd t La < Re œufs . Je fais comme il faut vivre, & men trouve fort bien ; La joie eft bonne à mille chofes, Mais le chagrin n’eft bon à rien. Ne perds-je pas aflez fans doubler l'infortune, Et perdre encor le bien d’avoir Pefprit égal? Perte fur perte ‘et importuné, Et je m'aime un peu trop pour me traiter fi mal. Soupirer quand le fort nous rend une injuftice, C'eft lui prèter une aide à nous faire un fuplice. Pour moi, qui ne puis pas fouffrir tant de pouvoir. Le bien que je me veux met fa haine à pis faire, Mais allons rejoindre mon pere, Jai quelque chofe encor à lui faire favoir. Fin du Second aile, Pay LE 4 CCE _ AGESILAS, RSS € LI | C0 Lo HE SCAN LR Lo LEeRE LAS END XENOCLES. x S. À. N. D. E R Fe E ne RS on furpris qu'à ces deux D mens Vous refufñez, feigneur, votre confentement ; J'aurais eu tort d'attendre un meilleur traitement Pour le fang odieux dont mes filles font nées. Il eft le fang d'Hercule en elles comme el VOUS » Et méritait par-là quelque deftin plus doux ; Mais s’il vous peut donner un titre légitime. Pour etre leur maitre, & leur roi, Ceft pour lune & pour. l'autre une efpèce. de crime, Que de lavoir recû de Ho J'avais crû toutefois que Pexil volontaire, Où lamour paternel près d'elles m'eût réduit , Moi qui de mes travaux ne vois plus d'autre fruit Que le malheur de vous déplaire, = . Comme il délivrerait vos yeux . D'une infuportable préfence, À mes ie prefque ufés obtiendrait la licence (5 ss + -D'aller finir fous d’autres cieux. sans S 2 à\ C'était là mon defléin; mais cette mème envie : ç Ev Qui me fait près de vous un fi malheureux fort, e Ne faurait endurer, ni l'éclat de ma vie, , 2) Ni l'obfourité de ma mort. | 5 CG ; _AGESILAS | N C Ce n'eft pas d'aujourd'hui que lenvie & la haine Va 4 Ont perfécuté les héros. K e = Hercule en fert d'exemple, & l’hiftoire en eft-pleine: 2) 4 E Nous ne pouvons fouffrir qu’ils meurent en repos. ù S Cependant cet exil, ces retraites paifbles, L \ Cet unique fouhait d’y terminer leurs jours, NZ Sont des mots bier | hoi is à remplir leurs difcours; Ÿ e Hs ont toujours leur grace, ils toujours plaufibles ; d 4) * Mais îls ne font pas vrais toujours: Cx .. Et fouvent des périls, ou cachés ou vifibles, FN Forcent notre prudence à nous mieux aflurer É Qu'ils ne veulent que figurer. Je ne m'étonne point qu'avec tant de lumières Le Vous ayez prévû mes refus ; € Mais je m'étonne fort que les ayant prévüs, FA Vous wen ayez pù voir les raifons bien entières. 7 Vous êtes un grand homme, & de plus, mécontent. à J'avoñrai plus encor, vous avez lieu de létre: £ Ainfi de ce repos, où Votre ennui prétend, € Je dois prévoir en roi quel défordre peut naître; À ) Et regarde en quels lieux il vous plait: de porter G Des chagrins qu’en leur tems on peut voir éclater. À Ceux qüe prend pour exil, où choifit pour afyle, - | POCKET À RAGE DIR Acre AIT Ce deffein d’une mort tranquile, Des Perfes & des Grecs: féparent les états. L'afliéte en eft heureufe, & l'accès difficile ; Leurs maîtres ont du cœur, leurs peuples ont des bras; Ils viennent de nous joindre avec une puiffance À beaucoup efpérer, à craindre beaucoup d'eux; Et c’eft mettre. en leurs mains une étrange balance , Que de mettre à leur tète un guerrier fi fameux. C'eft vous qui les donnez lun & l’autre à la Grèce: L'un fut ami de Perfe, & l’autre fon fujet. À Le fervice eft bien grand, mais aufli je confefe. => Qu'on : peut ne. pas bien voir tout le fond du projet. Votre intérèt s’y mele en les prenant pour gendres; Et fi par des liens, & fi forts, & fi tendres, Vous pouvez aujourd’hui les attacher à vous, Vous vous les donnez plus qu’à nous. Si malgré le fecours, fi malgré les fervices Qu'un ami doit à l'autre, un fujet à fon toi, Vous les avez tous deux arrachés a leur foi, Sans aucun droit fur eux, fans aucuns bons chics ; Avec quelle facilité a N’immoleront-ils point une 1 onde À votre courage irrité, | Quand vous ferez agir toute l’autorité De lPamour conjugale, & de la paternelle! Et que loccafion aura d’heureux momens Qui fattent vos reflentimens ; Vous ne nous laiflez aucun gage; | Votre fang tout entier pañle avec vous chez eux. P. Corneille. Tome VI. Voyez donc ce projet’comme je l’envifage , Et dites fi pour nous il n’a rien de douteux. Vous avez jufqu'ici fait paraître un vrai zèle, Un cœur fi généreux, une ame fi fidèle, Que par toute la Grèce on vous loue à Penvi : Mais le tems quelquefois infpire une autre envie. Comme vous Thémiftocle avait fort bien fervi… Et dans là cour. de Perfe il a fini fa vie. EYSANDER Si C’elt avec raïfon que je fuis. mécontent... Si vous-mème avouez que j'ai lieu de me plaindre; Et f D ce point on me croit joe. Que mes reffenti raindre ; & Ofcrnis - je. vous. demander e Ce que vous à fait Lyfander.. Pour leur donner ici chaque jour de quoi naître. Seigneur; & sil eft vrai qu’un homme tel que moi. Quand il eft mécontent., . peut. ARR fon roi. Pourquoi. me forcez- vous. à l'être — Quelque avis. que je donne; + ef. point. ne Quelque emploi que j’embrafle, 3 is foudain ôté:. Me choifir pour: apui;. Ceft courir à fa perte. Vous changez en tous lieux. les. ordres que + is 3, Et comme sil falait agir à guerre ouverte. Vous. détruifez. tous. mes, amis: : Cés amis dont pour vous. je gagnai les fufrages.…. Quand il flut aux Grecs. élire un général, Eux qui vous. ont foumis. les plus nobles courages.. = Et fait ce haut pouvoir qui leur eft fi fatal. Eeur feu] amour pour moi les livre à leur ruines. . : ne CÉDIES des IIL 46 ; - ] leur coûte l'honneur, l'autorité, le bien: Cependant plus jy fonge, & plus je m'examine, Moins je trouve, feigneur , à me reprocher rien. GES I: LAS. Dites tout, vous avez la mémoire trop bonne Pour avoir oublié que vous me fites roi, Lorfqu’on balança ma couronne Entre Léotychide & moi. Peut-être n'ofez-vous me vanter un fervice . Qui ne me rendit que jufice, Puifque nos loix voulaient, ce qu'il fut maintenir ; _ Mais moi qui l'ai reci x men fouvenir. Vous m'avez donc Vous m'avez de la Grece Contre celui de Perfe établi général; Et quand je fens dans l'ame une ardeur qui me prefle - De ne m'en revancher pas mal, À peine fommes-nous arrivés dans Ephèle, Où de nos alliés j'ai mis le rendez-vous, Que fans confidérer fi jen ferai jaloux, : Ou s’il fe peut que je m'en taife, . ” Vous vous faififlez par vos mains: - De. -plus. que votre- :_récompente ; Et tirant toute à vous la fuprème ne. : Vous me laifez des titres vains. On s’emprefle à vous voir, on s'efforce à vous plaire ; On croit lire en vos: yeux ce qu'il faut qu’on efpère ; On penfe avoir tout fait quand on vous a parlé Mon palais près du votre elt un lieu défolé ; Et le généralat, .comme Je diadème, NY C 5 + G É.S FE As, 5) = — e _ Mérige fous votre ordre un fantôme éclatant, $ : En coloffe détat qui de vous feul attend L’ame qu'il n’a pas de lui-même , Et que vous feul faites aller Où pour vos intérèts il le faut étaler. Général en idée, & monarque en peinture ; : “A De ces illufires noms pourrais-je faire cas, s S'il les falait porter moins comme Agéfilas. Que comme votre créature, Et montrer avec. pompe au refte des humains ; En ra propre grandeur louvrage de vos mains’? Si vous m'avez fait roi, Lyfander, je veux l'être: Soyez : moi bon ROSES ie vous s ferai bon _maîtres Ni la püiffance, ni Pemp Of. Si Vous croyez qu'un fceptre accable qui le porte, À moins qu'il prenne une aide à foutenir fon BOIS » Laiffez difcerner à mon choix Quelle main à nvaider poutre ètre aflez forte, Vous aurez bonne part à à des emplois ‘doux; Quand vous pourez m'en lniffer- faire , Mais foyez für aufli d’un fuccés tout contraire , Tant que vous ne voudrez les’ tenir que de vous, Je pañle à vos amis qu'il ma fau détruire. - Si dans votre vrai rang je voulais vous réduite. Et d'un pouvoir furpris: faper les fondemens, — Is étaient tout à vous, & pat réconnaifflance , D’en avoir recû leur puiffance , Îls ne confidéraient que vos commandemens. Vous feul les aviez faits fouverains dans leurs. villes x JA SUQUS vase eues TRAGÉDIE Acte IIL ren = Et jy verrais encor mes ordres inutiles, À moins que d'avoir mis leur tyrannie. à bas, Et changé comme vous la face des états. : . Chez tous nos Grecs Afiatiques Votre pouvoir naiflant trouva des républiques , _ Que fous votre cabale il vous plut affervir: _ La vieille liberté, fi chère à leurs ancètres, Y fut partout forcée à recevoir dix maîtres ; Et dès qu'on murmurait de fe la voir ravir, On voyait par votre ordre immoler les plus braves - À Pempire de vos efclaves. Fe tiré. de ce joug op En leur premier ai. Et la gloire D AB par gts . te caufes À produit des effets plus doux &.plus aimés. _Pai fait à votre exemple ici. des_créatures. Mais fans verfer de fang, fans. caufer de murmures Et comme vos tyrans ne de vous la loi, Comme ils étaient à vous, les peuples font à moi. Voilà quelles raifons Ôtent à vos fervices Ce qu'ils vous femblent mériter Re Dont vous avez . e Lee Si d’abord elles ont quelque chofe d’étrange, Repañlez-les deux fois au fond de votre cœur; Changez , fi vous pouvez, de conduite & d’humeur; Mais n’efpérez pas que je change. LYSANDER si ne m'eft pas permis d’efpérer xidn de tel. | 2 ii} — Du moins, graces aux dieux, je ne vois dans vos plaintes Que des raifons d'état, & de jaloufes craintes , Qui me font malheureux, & non pas crianinel. Non, foigneur, que je veuille être affez téméraire, Pour ofer d’injuftice accufer mes malheurs. L'action la plus belle a diverfes couleurs ; Et lorfqu’un roi prononce, un fujet doit fe taire. Je voudrais feulement vous faire fouvenir Que j'ai près de trente ans commandé nos armées , Sans avoir amafñlé que ces nobles fumées Qui gardent les noms de finir. Sparte, pour qui j'allais de viétoire en victoire, Ma toujours vû pour. ARTE: men RARES que la en Et faire en fon € des € Des peuples ubjugués | par mes eniene Vous mème le favez, que quoi qu'on m'ait vû faire, Mes filles n’ont pour dot que le nom de leur père ; Tant il eft vrai, feieneur, qu’en un fi long emploi J'ai tout fait pour l'état, & n'ai rien fait pour moi. Dans ce mañque de bien Cotys & Spitridate Se L'un roi, l'autre en pouvoir égal peut-être aux rois, Mont aflez eflimé pour y borner leur choix; Et quand de les pourvoir un doux — me flatte, Vous fémblez m’envier un bien Qui fait ma fécompenfe , & ne vous coûte rien. ES . RÉÉMIT AS Se ee ü nous feraît honteux que des mains ctrangères Vous payaflent pour nous de ce qui vous eft dû, Tôt ou tard le mérite a {es juftes falaires, Et fon prix croit {ouvent, plus il eft attendu. poor RÉ ODOROUOUA FRA G ÉDIE Acs AIL 167 5 Va D'ailleurs, m’aurait-on pas quelque heu de vous dire, ) | Si je vous permettais d'accepter ces partis , - 4 Ë Qu'amenant avec nous Spitridate & Cotys, à Vous auriez fait pour vous plus que pour notre empire ? Ps Que vos feuls intérêts vous auraient fait agir ? S Et pourriez-vous enfin l'entendre fans rougir ? Vos filles font d’un fang que Sparte aime, & révère LE Affez pour les payer des fervices d'un père. Je veux bien en répondre, & moi-même au beloin J'en . mon Eee > & rs tout le ot = ur , QU'Un mot f For ble ë Pour finir envers vous mes importunités ; Et je ne craindrai plus qu'aucun malheur m’accable, Puifque vous avez ces bontés. glatide fur-tout aura l'ame ravie De perdre Un époux à ce px; Êt moi, poùr me venger de vos plus durs. mépris. Je veux tout de nouveau vous confacer ma vie. CP ON E -1IL AGESILAS, XENOCLES. I CÉSIEAS Du peu d'amour que jeus Aglatide a parlé ; Son père qui la fh dans fon ame s’en fatte 3 Et fur ce vain efpoir il part tout confolé Du refus que j'en fais aux vœux de Spitridate. Tu las vû, Xénocles , tout d’un coup s’adoucir,- Oui, mais enfin , Tout foumis qu'il paraît, aprenez q nfpire , Et par où fa vengeance efpère y réuflir. Ce confident choifi, Cléon d'Halicarnafe, Dont Péloquence a tant d'éclat, Lui vend une harangue à renverfer l'état, Et le mettre bientôt lui-mème en votre place. En voici la copie: & je la viens d’avoir : D'un des fiens fur qui l'or me donne tout pouvoir, De l'efclave Damis, qui fert de fecretaire A cet orateur mercenaire, Et plus mercenaire que lui, Pour être mieux payé vous la livre aujourd'hui. On y foutient, feigneur, que notre république Va bientôt voir fes rois devenir fes tyrans, À moins que d'en choifir de trois ans en trois ans ; Et non plus fuivant l’ordre antique , - Qui règle ce -choix par le fang ÿ Mais qu’indifféremment elle doit à ce rang Elever le mérite & les rares fervices. * J'ignore quels font les complices ; Mais il poura d’Ephèfe écrire à fes amis; Et foudain le paquet entre vos mains remis Vous infiruira de toutes chofes. Cependant j'ai fait mon devoir. Vous voyez le deffein, vous en favez les caufess Votre perte en dépend. » ceft à vous d'y pourvoir. _— LÉ AS ss d lire. le vrai, laffair … | Tai Pois à déméler ce qu’ il faut que je fafle, Tant la confufion de mes raifonnemens Etonne mes reflentimens, a Lyfander m'a fervis jaurais une ame ingrate, Si je méconnaiffais ce que je tiens de lui; la fervi l'état, & fi fon crime éclate, Il y trouvera de l'apui. Je fens que ma reconnaiflance Ne cherche. qu'un moyen de le mettre à couvert 5 Mais enfin il y va de toute ma e ; Si je ne le perds, il me perd. Ce que veut lintérêt, la prudence ne l'ofe ; Tu peux juger par-là du défordre où je fuis. Je vois qu'il faut le perdre, & plus je m'y difpofe, Plus je doute fi je le puis Sparte eft un état populaire, Qui ne donne à fes rois qu'un pouvoir limité; P. Corneille. Tome VI. < | PF GES TE, On peut y tout dire, & tout faire, Sous ce grand nom de liberté. | Si je fuis fouverain En tête d’une armée, Je n’ai que ma voix au fénat Il faut y rendre compte, & tant de renommée Y peut avoir déja quelque ligue formée, Pour autorifer l'attentat. Ce prétexte flatteur de la caufe publique, ee Dont il le couvrira , fi je le mets au jour, TFournera bien des yeux vers cette politique , Qui met chacun en droit de régner à fon tour. Cet cho y Du aiche pu dun conee Se promettront ie d'heur à mieux choïfir leur tems, ÂAinfi de toutes parts le-péril m’environne, Si je veux le puni, j’expofe ma couronne; Et fi je lui fais grace, ou veux Le ; Je dois craindre. . X É N © G. L: E Se Cotys, feigneur, vous peut parler. AGÉSILAS. Voyons quelle eft fa flamme, avant que de réfoudre, S'il nous faudra lancer ou retenir la foudre, S C E À L'ile COTYS, AGÉSILAS, KENOCLES. Se vous Fe . feigneur, plus mon ami qu'amant ; Vous me voudrez du mal avec quelque juftice ; - Mais vous m’ètes trop cher pour fouffrir aifément - Que VOUS VOUS attachiez au père d'Elpinice. ’er : d homme & moi Ce qu'on voit de ee préparé aucune haine; Mais c'eft aflez pour voir cet hymen avec peine, Qu'an fujet déplaife à fon roi. D'ailleurs, je n'ai pas crû votre ame fort éprife ; Sans lavoir jamais vüûüe, elle vous fut promile; Et la foi qui ne tient qu’à la raifon d'état, Souvent n’eft qu’un devoir qui gène, tyrannife, Et fait fur tout le cœur un fecret attentat. COT Ys. ee | Seigneur, la perfonne eff aimable. Je promis de l'aimer avant que de la voir , Et fentis à fa vûüe un accord agréable | Entre mon cœur & mon devoir. La froideur toutefois que vous montrez au père Men donne un peu pour elle, & me la rend moins chère : - | _ Non que jofe après vos refus Vous affurer encor que je ne l'aime plus. ++ ) e_— “Avec ma ce il nous re VOtE , Vous dégagez ma foi, mon devoir , mon honneur ; Mais fi vous en voulez dégager tout mon cœur, Il faut Dee à quelque : autre. AGÉSILAS. à Choifi Ge, choififez, & s'il eft Le objet À Sparte ,‘ où dans toute: la Grèce, _ Qui-puifle de. ce cœur.mériter 5 tendiefle… -<. =. Tenez vous für dun promt effet. … En eftil qui vous touche, en eltil qui vous plaife ? COTTYS. | Il en eft, oui, feigneur , il en eft dans Ephèfe ; Et pour faire en ce cœur naître un nouvel amouf; L'écht & ne vertus de Piluftre | : 7 AGES LILAS Que, dites-vous, feigneur? & quel eft ce defir ? ee pe toute la Grèce on vous donne à choifir, | Vous choififfez une Perfane ! Poe bicn, de grace, & ne nous. -forcez: pas. _ Nous qui vous aimons, à connaître Que preffé: d’un amour qui ne vient pas de naître, Vous ne venez à moi que. pour fuivre les pas. = O ES - _— Mon amour en. ces. Jieux ne “cherchait qu Elpinice 3 5 Mes yeux ont. rencontré Mandane par hazard ;. Et quand, ce même : amour de vos froideurs ombre S’eft voulu pour vous plaire. attacher autre part, Les fiens ont attiré toute la déférence = Que j'ai crû devoir rendre à votre averfion: Et); je Pai regardée > après votre alliance, Bien moins Perfane de naiflance , Que Grécque pat adoption. AGÉSILAS, Ce font tre que l’amour vous függère, : < Dont nous voyons pour nous les fuccès incertains. - Ne pourriez-vous, feigneur , d’une amitié fi chère Mettre le grand dépôt en de plus füres mains? Paufanias _& moi nous avons des parentes; ee —. Et jamais un vrai roi ne fait un digne choix , si ne se au fng des-rois. CZ … on fe fait des régles différentes. Spitridate a du nom, @& de la qualité; Sans trône il a d’un roi le pouvoir en partage, : Votre Grèce en recoit un pareil avantages Et le fang n’y met pas tant d'inégalité, Que l’amour où fa fœur m'engage, Ravale fort ma dignité. Se peut-il: qu'en laimant ma gloire fe hazarde, | Après l'exemple d'un grand roi, Que. tout grand. nil ét, l'eflime, & le regarde - Avec les . mèmes yeux que moi ? Si ce be n'eft point faux, mon mal ct fans remède > Car enfin c’eft un roi dont il me faut Papui. Adieu, feisneur, je la lui cède, Mais je ne la cède qu’à lui. Ds S CE N° E IP. AGESILAS, XÉNOCLES. D AGÉSILAS. | Où faitil, Xénoclès, d’où fait-il que je l'aime ? Je ne l'ai dit qu’à toi, m'auras-tu découvert ? XÉNOCLES. Si j'ofe vous parler, feigneur, à cœur ouvert, Il ne le fait que de vous mème L'éclat de ces faveurs, dont vous envelopez De vôtre faux fecret le chatouilleux myllère, s - Dit fi haut malgré vous ce que vous penfez taire, Que vous êtes ici le feul que vous trompez. De fi brillans dehors font un grand jour dans l’ame3 Et quelque illufion qui puiffle vous flatter , Plus ils déguifent votre flamme, Plus au travers du voile ils la font éclater. AGÉSILAS. Quoi, la civilité, l'accueil, la déférence, Ce que pour le beau fexe on a de complaifance , _ Ce qu’on lui rend d'honneur, tout pañle pour amour ? KÉNOELES Il eft bien malaifé qu'aux yeux de votre cour Il pañle pour indifférence; Et c’eft l’en avouer aflez ouvertement, Que refufer Mandane aux vœux d’un autre amant. Mais qu'importe, après tout ? Si du plus grand courage nr mEMmEmSmemens ss — FPE SPITRIDATE, MANDANE. SPIIRIDR TS L eft tems de réfoudre avec quel artifice Vous pourez en venir à bout, _ Vous, ma fœur, qui tantôt. me répondiez._ de + tout ; . Si javais le cœur d'Elpinice, H eft à moi ce CŒUL » _fon filence le dit; Son adieu le fait. voir, AR fuite le protélte 3 Et fi je mobtiens pas le refte, Vous manquez de parole, ou du moins de crédits. MANDANE. Si le don de ma main vous. peut donner la fienne Je vous facrifierai tout ce que j'ai promis 5 Mais vous, répondez-vous.que ce don vous l’obtienne,. Et qu'il mette d'accord de fi fiers ennemis ? Le roi. qui vous. refufe à Lyfander. pour gendre » Y confentira-t-il -G-vous. m'offrez à lui? Et s'il peut à ce: prix le permettre aujourd’hui. Lyfander voudra-t-il fe rendre ? | Lui qui ne vous remet votre première foi. = Qr en faveur de l’amour que Cotys. fait paraître ; _ Ne vous fait-il pas cette lois | Que fans le. rendre heureux, vous ne. le fauriez ètre? _SPITREDATCE Cotys de cet efpoir of6. en vain fe flatter LT s. sp Cr VAS RS VA OP L'amour d’Agéfilas à fon amour s’opofe. MANDAN E. Et fi vous ne penfez à le mieux écouter, Lyfander d'Elpinice en fa faveur difpefe, SPRERRTOATE. Ne me cachez rien, vous l’aimez, MANDANE. Comme vous aimez Elpinice. SPEFFR DATÉE Mais vous m'avez promis un entier facrifice. MANDANE. | Oui, s’il peut être utile aux vœux que vous formez. Que ne peut point un Ho MAN D A N E Quels droits n’a point un père? SPEIFREIDATE Host four ! MANDANE Impitoyable frère, Qui voulez que jéteigne un feu digne de moi, Et ne fauriez vous faire une pareille loi! É SPITRI D AT E. _ Hélas! confidérez . M A N D A N E. Confidérez vous - . - SPÉFRIDATE Que jaime, & que je fuis aimé, MANDANE. Que je fuis aimée, & que Le ds 7 Ru DA Y/ TRES éme RSS SNS RIRE Re eRrensres _ TRAGÉDIE Acre IV. S PI TRE D À TE N'égalez point au mien un-feu mal allumé. Le fexe vous aprend à régner fur vos ames. | MANDANE. Dites qu'il nous aprend à renfermer nos flammes. Dites que votre ardeur à force d’éclater S’exhale, fe diffipe, ou du moins s’exténue. Quand la notre groflit fous cette retenue, Dont le joug odieux nefert qu’à l’irriter. Je vous parle, feigneur, avec une ame ouverte; _ Et fi je vous voyais capable de ee Si quand Pamour domine eHevétait de Rifon.… SÉTTLRIDAT É. | Ah, fi quelque lumière enfin vous eft offerte , Expliquez vous, de grace, & pour le commun bien: E) Vous ni moine négligeons rien. 4 MANDANE. a Notre amour à tous deux ne rencontre qu “obftacles Prefque impoffibles à forcer: = Et fi pour. nous le ciel n’eft prodigue. EL miracles, Nous efpérons en Vain nous en débarrafler. Tirons nous une fois de cette fervitude, Qui nous fait un deftin fi rude, Bravons Agéfilas, Cotys, & Lyfander : Qu'ils ‘s'accordent fans nous s'ils peuvent s'accorder, . Dirai-je tout? ceons d'aimer & de prétendre , Et nous cefferons d'en dépendre, SPITRIDATE. N’aimer plus! Ah, ma fur! RCE STE RE) CAE : | \ CS Bas D G-E 5 + & A:+6, Ÿ Ç a MANDANE. J'en foupire à mon tour; À Lo) Mais un grand cœur doit être au deffus de l'amour. - C Quel qu’en foit le pouvoir, quelle qu’en foit l’atteinte, & ù Deux ou trois foupirs étoufés , | x Un moment de murmute, une heure de contrainte, & Un orgueil noble & ferme, & vous en triomphez. Ée N’avons-nous fecoué le joug de notre prince Ne Que pour ehoïfir des fers dans une autre province ? A ) | Ne cherchons-nous que illufires tyrans ; C7? Dont les chaines plus glorieufes ES Soumettent nos deftins aux obfcurs différens 4 _ De leurs haines myftérieufes ? | & \ Ne cherchons -nous ici que les occafons ED De fournir de matière à leurs divifions , F Et de nous impofer un plus rude efclavage 5 Par la néceflité d'obtenir leur fuffrage ? x Puifque nous y cherchons tous deux la liberté, Ç Tächons de la goûter feisneur, en füreté. | SZ. Réduilons nos fouhaits à la caufe publique. € N'aimons plus que par politique; A } Et dans la conjonture où le ciel nous à mis, % Faifons des protecteurs, fans faire d’ennemis. Ç À quel propos aimer, quand ce n’eft que déplaire É À qui nous peut fuire ou fervir2 NS S'il nous en faut Papui, pourquoi nous le ravir? ca ) Pourquoi nous attirer fa haine & fa colère ? z SPITRIDAFES :) Oui, ma fœur, & j'en fuis daccord; % Agéfilas ici maître de notre fort, ‘a. s + ; — | A _ TRAGEDIE. ATV. Peut nous la. Perfane irritée, : Et nous laifler rentrer, malgré tout notre effort, Sous la captivité que nous avons quittée. Cotys ni Lyfander ne nous foutiendront pas, S'il faut que fa colère à nous perdre s’aplique. Aimez, aimez-le donc, du moins par politique, Ce redoutable Agéfilas. M À NN DANE. Too vous que je le prévienne, Et qu’en dépit de la pudeur - D'un amour commandé. l'obéiffante ardeur Ofe faire éclater ma flamme avant la fienne? On dit que je lui plais, qu’il foupire en fecret, Qu'il retient, qu'il combat fes defirs à regret; Et cette vanité qui nous eft naturelle, Veut croire ainfi que vous qu'on en juge affez bien : Mais enfin cet un feu fans aucune étincelle. Je crois ce qu'on en dit, &. n’en fais encor rien. S'il m° _— un - filence cf la MERS certaine. Qu'il voit qu’en m wépoufant , s’ xL peut m° d'y Dre reine, Il ne peut lui donner de rois; Que fa gloire... S P EERTDATE, Ma fœur, l'amour vaincra , fans doute; Ce héros eft à vous, quelques loix qu'il redoute; Et fi par la prière il ne les peut fléchir, Ses victoires auront de quoi l’en affranchir. Ces loix, ces mêmes loix s’impoferont filence P. Corneille. Tome VI. : À a À Pafpe de tant de vertus; ; Ou Sparte l’avoûra d'un peu de violence, Après. tant d'ennemis à fes pieds abattus. MANDANE. Celt vous: fatter beaucoup. en faveur dElpinice, Que ce prince > après tout, ne vous. peut. accorder ; Sans une éclatante. injuftice, . À moins que vous. ayez l'aveu de Lyfander. D'ailleurs, en exiger un hymen qui le gène ». Et lui faire des loix au milieu de {à Cour , N’eft-ce point hautement lui demander fa haine : Quand vous lui promettez l’objet de fon amour ? PI TR. DRE Si vous à aimer : ne que jaime. à MANDANE | Si vous aviez, mon frère, aimer comme je Re. Vous fauriez ce que c'eft que s’immoler foi-mème = Et faire violence à de fi doux fouhaits, I vous en parle en vain. “Allez, frère barbare .. Voir à quoi Lyfander £e réfoudra POUÉ Vous. Et fi d’Agéfilas la Aamme fe déclare, Pen mourrai, mais je m'y réfous. TRAGEDTE ACTE IV. :87 SPITRIDATE, MANDANE, | AGLATIDE. | Vo “RGLATIDE à Oùs : me | rit mais vous Fo quitte, Après tant dé froïideurs pour mon peu ne mérite. Eft-ce vous mal fervir que reprendre ma foi ? | ee Non, mais le pouvez-vous à moins que je Ja rende? Et fi je vous la -rens , favez-vous à quel prix? S P ITRI DATE. Je ne crois pas pue. Vous cette > perte fi grande. ; 1 _vos mépris, Moi, des mépris pour oo. SPLITS) D à LE …— ch ainfi que j'apelle Un feu £ bien promis CE fi mal allumé. = AGIT IDE Si je ne vous aimais, je vous aurais aime; Mon devoir m'en était un garant trop Adelle. 2 ul pe Re Ga É Sr & E A: SA SPIFTREDIÉEE Il ne vous répondait que d’agir un peu tard, Et laifait beaucoup, au. hazard. Votre ordre cependant vers une autre me chafle : _ Et vous avez quitté la place à votre [ œur. t A GE À F EC D:E: Si je an ai ur de quoi remplir a place : = Ne me devez-vous point de qüoi : remplir mon cœur? SÉTERPDIEEÉ J'en fuis au defefpoir, mais je n'ai point de frère, > Que je puiffe à mon tour vous prier, d'accepter. AGLATIDS Si vous n'en avez point pat qui me fatisfaire, Vous avez : un u vous_ pen eut acquitter, . : Elle a trop. Un amant, ER flamme heureufe Me renvoyait celui dont elle ne veut plus, Je ne füis point d'huineur fâcheute Et m'accommoderais bientôt de fes refus. = S PT L É RDA CE, De tout mon cœux je Pen conjure » : Envoyez lui Cotys, où même Agéfilas, | Ma fœur, & prenez foin d’apailer ce murmure. Qui cherche à n’imputer des fentimens ingrats. Je vous laiffe entre vous faire ce grand partage Et vais chez Lyfander voir. quel fera le mien. QE Madame, Vous voyez, je ne puis davantage , ; à Et qui fait ce qu il ae n ou plus garant de rie. 1 SZ TRAGEDIE Acre IV 189 t) | = Ÿ _ € = N E 2 Sr S AGLATIDE, MANDANE 5 V AG LA + FD E. 7 : Ous pourez-Vous réfoudre à payer pour ce frère, S Madame , & de deux rois daignant en choifir un, 1@ Me donner en fa place, ou Île plus, importun 4 a Ou le moins digne de vous _ 7 — AE — D A N E HE À G L À T ID E. : Je n’entens pas des mieux Comme il faut qu'un hélas s'explique; Et lorfqu'on fe retranche au langage des yeux. Je fuis muette à la replique. MANDANE, = Pourquoi mieux expliquer quel eft mon déplaifir? l. ne LE fait que trop entendre. HOLITIDÉE Si javais comme vous de deux tois à “choifir ; Mes déplaifirs auraient peu de chofe à prétendre. Parlez donc, & de bonne foi, | G Acquittez par ce choix Spitridate envers moi, à Es font tous deux-à VOUS. MANDANE. - Je n'y fuis pas moi-mème. ‘# 100 = À G É S ji L A Sr £J | z ÉCLATIDÉ Qui des deux eft l’aimé ? MANDA NE. Qu'importe Jeqüel ‘j'aime, Si le plus digne amour, de quoi qu'il foit d'accord, Ne peut décider de mon fort? CR SR Ainfi je dois perdre efpérance a D'obtenir de vous aucun d'eux? MANDANE. Donnez moi votre indifférence, Et je vous les donne tous deux. C'en Far “un eu trop, le Qu'il en Du ètre he avare. MANDANE. Il eft grand, mais bien moins que la félicité De votre infenfbilité. AGLiTEDE = Ne me prenez point tant pour une ame infenfbles Je lai tendre, & qui fouffre aifément de beaux feux : : Mais je fais ne vouloir que ce qui m'eft pofüble Quand je ne puis ce que Je veux. MAN D AN E. Laiffez donc faire au ciel, au tem, : à Sa fortune, - Ne veuillez que ce qu "ils voudront 3 | Et fans prendre d'attache, où d'idée importune, Attendez en repos les cœurs qui fe rendront. $& Fe IGLi ID. Il men pouriait coûter mes plus belles années , TRAGÉDIE. Acre. IV. Avant qu ainfi deux rois en devinflent le prix; Et j'aime mieux borner mes bonnes deftinées Au plus digne de Vos mépris. Se MA N D'ÉNR — | Donnez moi donc, madame, un cœur Comme le vôtre; Et je vous les rédonne une feconde fois; Ou fi c'eft trop de l’un & lautre, - Laïffez n'en le rebut, & ‘prenezen le choix. ÉCLiTIL Si vous leur ordonniez : à tous deux de m'en croire ; Et que. Pobéiffance eût pour. eux quelque apas , Peut-être. que mon. choix. fatisferait : ma gloire, Et qu enfin : mon rebut ic vous déplairait pas. M AND ANE. Qui peut vous .aflurer -de cette. obtiflance ? Les rois mème en amour favent mal obéir, Et les plus enflammés s'efforcent de hair, Si-tôt qu’on prend fur eux un peu trop de puiffance. À G E À. T 1 D EF. Je vois bien ce que ch, vous voulez tout garder. Il eft honteux de. rendre une de. vos. conquêtes ; Et quoi qu'au plus heureux le cœur veuille accorder > L'œil règne avec plaifir fur deux fi grandes têtes, Mais craignez que je n ’ufe auf de tous mes droits. Peut-être en ai-je encor de garder quelque empire Sur l’un & l’autre de ces rois, = Bien qu'à Penvi a vous l'un & Pautre foupire 3. Et fi jen laifle faire à mon efprit jaloux, _ Quoique la jaloufe affez peu m'inquiéte. MAGIE IS TE DAS Je ne fais s'ils pourront l’un ni l’autre pout vous Tout ce que votre cœur fouhaite. SeGE :N:sBrc BL #% COTYS, MANDANE, AGLATIDE. ÂAGLATIDE «à Corys. rigueur: vous le favez, ma fœur a votre LOT à Et ne vous la rend que pour moi. . Ufezen comn vous femble ; De ne vous la rendre jamais, À moins d'un roi qui vous reflemble, SCENE vis COTYS, MANDANE. É …. MAN DEN EE Etrange contretems que prend {à belle humeur; Et la froide galanterie , . | D’affeéter par bravade à. tourner fon malheur En importune raillerie! Se Son cœur l’en défavoue, & murmurant tout bas. GCOTYS. SOC | —e o ESS. Que cette belle humeur foit véritable -ou inte : Tout ce qu’elle en prétend ne nvallarmerait ne Si le pouvoir d’Agéfilas Ne me portait dans l’ame une D jufte crainte, Pourez-vous l'aimer ? : MANDAN E. Non. COTES. _Pourez-vous lépoufer ? | M ANDAN Es: - | Von. dites moi, puis-je m'en excufer? Et quel bras, quel fecours apeller à mon aide, Lorfqu’un frère me donne, & qu'un amant me cède? COT YSs. N'imputez point à crime une civilite, Qu’ici de général voulait lautorité. MANDANE. Souffrez moi donc, feigneur , la mème déférence Qu'ici de nos deftins demande Papas _— CeOLrYS. Vo. de par ns , & d’un ton. ee Faire voir qu'on pénètre au cœur du plus puiffant, Qu'on fait de fes refus la plus fecrette caufe, Ce n’eft pas tant céder l’objet de fon amour, Que prefler un rival de paraître en plein jour, Et montrer qu'a fes vœux hautement on s’opofe. MANDANE. Que fert de s'opofer aux vœux d’un tel rival, + noue Tome VL Qui n’a qu'à nous protéger mal Pouf nous livrer à notre perte ? . « ? Serait-il d’un grand cœur de chercher à périr, Quand il voit une porte ouverte À régner avec gloire aux dépens d’un foupir ? : CO FXS. 4h, ie change vous plait. : MANDANE Non, fRigneur > je vous aime; Mais je dois à mon frère, À ma gloire, à vous-mème. D'un rival fi puiffant fi nous perdons lapui, Pouro: SÉRÉE du Perfan nous défendre fans lui ? Lefpoir Le la vieille alliance - Flatre- votre amour, & vos DOVE defféins. Si vous ne remettez fa proie entre fes mains, Oferez-vous y prendre aucune confiance ? Quant à mon frère & moi, files dieux irrités Nous font jamais rentrer deffous fà tyrannie, Come il nous traitera defclaves révoltés , Le fuplice lattend, & moi Pignominie. Ceft ce que je faurai prévenir par ma mort ; Mais jufques-là, feigneur, permettez moi de vivres Et que par un illuftre & rigoureux effort, Acceptant les malheurs où. mon. defin me livre, Un facrifice entier de mes vœux les plus doux =. Fañle la füreté de mon frère & de vous. COTES. Cette füreté malheureufe À qui vous immolez Votre amour & le mien, Peut-elle être fi précieufe Hu mn PAS me J ue SRE — Qu'il faille Pacheter de mOh unique bien ? Et faut-il que Pamour garde tant de mefures Avec tant d’intérèts qui lui font tant d’injures ? Laïfez, laiflez périr ce déplorable roi, À qui ces intérèts dérobent votre foi. Que fert que vous l'aimiez? & que fait votre flamme Qu'augmenter {on ardeur pour croître fes malheurs , Si malgré le don de votre ame Votre raifon vous livre ailleurs ? - Armez vous de dédains 3: rendez, s’il eft poffble , Votre perte pour lui moins “grande ou moins 0 = ÉE par pitié d'un cœur tro emment. épris» _ Etcignez-en Ja Aamme à force e mépris. MANDANE. L’éteindre! Ah, fe peut-il que vous m'ayez aimée ? | EOTYS. ue fi digne flamme en un cœur allumée. . MAND A NE. Non , non, vous men feriez des fermens fuperflus. Vouloir ne plus aimer, c’eft déja naimer plus ; Et qu peur naimer plus ne fut jus = D'une paffon véritable. - ÉOLIT S. L'amour au delefpoir peut-il encor charmer ? MANDANE. | L'amour au defefpoir fait gloire encor d'aimer, I en fait de fouffrir, & fouffre avec confiance » Voyant l'objet aimé partager fa fouffrance. pal regarde fes maux comme un doux fouvenit Bbii- De Punion des cœurs qui ne furait finir; Et comme naimer plus, quand lefpoir abandonne, C’eft aimer fes plaifirs, & non pas la perfonne, Il fuit cette baflefle, & s'afformit f bien, Que toute fa douleur ne fe reproche rien. COFYS. Quel injufte tourment, quel injufte fuplice Succède au doux efpoir qui nrofait tout offtir! : MANDANE. Et moi, feisneur, & moi » n’ai-je rien à fouffrir? Ou m'y condamnet-on avec plus de juftice ? Si vous perdez l’objet de votre palfon , Epoufez-vous celui de NORRIS Attache-t-on Ours à d'aulfi rudes chaines? | Et fouffrez-vous enfin la moitié de mes peines ? Cependant mon amour aufa tout fon éclat , Eu dépit du fuplice où je fuis condamnée ; Et fi notre tyran par faxime d'état Ne sinterdit mon hyménée — Je veux qu'il ait la joie, en recevant ma main, D'entendre que du cœur vous êtes fouverain ; Et que les déplaifirs dont ma flamme ef fuivie Ne cefferont qu’avec ina vie. | Âllez, feicneur, défendre aux Vôtres de durer, Ennuyez vous de foupirer, Craignez de trop foufrir, & tfouVez en vous-même : ‘ ÿ - RS < 2 £ L'art de ne plus aimer dés qu'on perd ce qu’on aime, Se Je fouffrirai pour vous, & ce nouveau malheur , De tous mes maux le plus funefte , EX . Re dé La £ ZX À < CT PTE à 3 $ PSS FES e | > Z{ L RÉRRÉRECORE È A PRAGEDTIE cr IV. 107 Le D'un trait afez perçant armera ma douleur , Pour trancher de mes jours le “déplorable refte. COL TS. Que dites. 0e, madame ?° & par quel oo. SH É LN EL VII GOTYS, AA APR GRAS picridate, à … & de vous Drient. De vouloir avec eux conférer un moment. MANDANE. Allez , feigneur, allez, puifqu’ ils vous en convient, : Aiîmez, cédez, fouffrez, & voyez fi les dieux Voudront vous infpirer quelque chofe de mieux, Fin du quatriéme aëte. 7 G-E SR AAS, . À (@ T- E Y° SCENE PREMIERE AGESILAS, KENOCLES.- | LINOCLES si E rer À V & lune & l'autre lettre Que Pef ami nt de mettre: Vous y verrez, feigneur, quels font les attentats... [AU lui donne deux lettres dont il lis linfcription. ] | 4 >; ? AGESILAS. ; ù AU SÉNATEUR CRATÉS, À L'ÉPHORE ARSIDAS. 4} Spitridate & Cotys font de l'intelligence ? XÉNOCÉLES. Non, il s’eft caché d'eux en cette conférence; I a plaint leur malheur, & de tout fon pouvoir ; Mais fa prudence enfin tous deux vous les renvoie, = Sans leüf donner aucun efpoir D'’obtenir que de vous ce qui ferait leur joie. AGÉSILAS. Par cette déférence il croit les mieux aigrir; Et rejettant fur moi ce qu'ils ont à fouffrir.. .” ÈS } sont M Ex V, 109 X É NOCLES.. Vous avez. mandé- Spitridate : lee ir GES TL LS Gardons qu’à fes yeux rien néclate. a _ AGESILAS Ÿ - À ca , feigneur , a-t-elle encor vos VŒUX 2. DRE — Non, feigneur , mais enfin ils ne vont pas loin d'elles Et fa fœur a fait naître une flamme nouvelle =” la pl jace des premiers es | AGÉSILAS. - Élpinicé ? . . SPITRIDATE Elle-mème. AGÉSIEAS Ainfi toujours pour gendre: Vous vous donnez à Lyfander ? = GPEETRIDATE _. _ Sefgneur, contre l'amour peut-on bien fe défendre ? = peine attaque-til qu’on brûle de fe rendre. Allez, elle eft à vous, fi Mandane ef à moi. Ce que pour Lyfander je.femble avoir de haine, . Fera place aux douceurs de cette double chaine, Dont vous ferez le nœud commun ; Et cet heureux hymen accompagné du votre, Vous rendant entre nous garant de lun vers l'autre , ; Réduira nos trois cœurs en un Madame , parlez donc. — SPITRIDAT E. Seigneur . l'obéiffance { S'exprime aflez par le filence, À Trouvez bon que je puifle aprendre à Lyfander 1 La grace .qu'à ma flamme il vous plait d'accorder. à RCE NE 1P ( AGÉSILAS, MANDANE, XENOCLES AGÉSILAS 1 Ex puis-je pour la mienne efpérer une ; K Madame ! ? ou ne fera-ce en effet ose ue ee & : MANDANE. . 1 . je croirais vous es re Et n’avoir pas pour vous une ame afez. royale; ji Si je vous cachaïis rien des juftes fentimens Que minfpire le ciel pour deux rois mes amans. J'ai vù que vous m'aimiez, & fans autre nr re | RE VE à DRE, x aX ; s s- rs 5 L 4 ” A S D 4 2/5 de 4 LE £ 7 F. = ( # : - Ve JE , " à ES PU. : + RER CN TE TES TRAGEDIE Acrk V. ARS J'en ai crû vos faveurs qui m'ont fi peu “coûté. J'en ai crû vos bontés, & laffiduité ( Qu’aporte à me chercher votre ardeur inquiète. Ma gloire y voulait confentir, Mais ma teconnaiffance a pris foin de la vôtre. Vos feux la hazardaient, & pour les amorttir J'ai réduit mes defirs à pancher vers un autre. Pour m'époufer , vous le pouvez, Je ne Fur former de vœux plus élevés ; Mais avant que jurer ma conquête affez haute, De l'œil dont il faut voir ce que vous vous devez ; Voyez : ce qu* elle lonne, ou plutét « ce qu elle Ôte. Votre Sparte fi haut porte fa royauté, Que tout fang étranger la fouille > & la profane; Hioue. de ce trône où vous êtes monté, - V faire féoir uné Perfane. Ceft pour elle une étrange & dure nouveauté ; Et tout votre pouvoir né peut my donner place. Que vous n’y renonciez pour toute Votre ace, Vos: éphores peut-être feront encor ur Et fi votre fén: - ) Si de me voir leur reine . & dns ; Ils marrachent d’un trôné où votre choix m'élève. Penfez bien à la fuite avant que d'achever; Et f ce font périls que vous deviez braver , Vous les voyez ff bien que j'ai ranvaie grâce 4" De vous én faire Louvenit: … Mais mon zèle a voulu cette indiferète ‘audace s = Et moi, je mai pas crù devoir la retenir. … Que la fuite, après tout, vous flatte ou vous traverfe, IR VGr sreus Ma gloire eft Dr pareille aux yeux = nn + S'il voit qu’une Perfane au vainqueur de la Pertes. Donne.à fon tour des-loix, & l'arrète-en fes fers, : Comme votre intérèt m'eft plus confidérable, Je tâche de vous rendre à des deftins meilleurs. Mon amour peut vous perdre, & je nattache ailleurs, Pour être pour vous moins aimable. } vois ce que devait un cœur reconnaiffant, Quant au refte, parlez en maître, Vous êtes ici: tout-puiffant. AGÉSTLAS. us ne ingrat , fi ceft B reconnaitre 2 ? MANDAN Seigneur , il eft donné, la main n’eft pas donnée, Et Pinclination ne fait pas l’hyménée. Au défaut de ce cœur je vous offre une Fe Sincère, inviolable , &. digne enfin PR ee Voyez fi ce partage aura pour vous des es — Contre l'amour d'un roi c’eft aflez raifonner.… J'aime, & vais toutefois attendre fans allarmes se © qu'il lui. plaira m'ordonner.… Je fais un. facrifice affez noble, aflez ample … .. . S'il en veut. un en ce grand jour; - _— ; Et s'il peut Le réfoudre a vaincre on amour , J'en donne à fon grand cœur un aflez haut exemple. Qu'il écoute {a. gloire ; ou. fuive on defr, Qu'il £e fafe. grace, où juftice, TRAG ÉDIIE Acte V. Je me tiens prète à tout; &. lui laife à choifir De l'exemple où. du ficrifice.. D EN ÊGE SA LAS, ie CLES. RG SE ASE jen» Que Perfine : mm _ Poe un " Ft choix Efil Des haut mérite? à vertu plus rare ? Cependant mon deftin à ce point eft amer, Que plus elle mérite 5 & moins” Je dois Paimer ; Et que plus Les vertus ont dignes de Phommage. E Que rend. toute mon ame à à cet iluitre objet, Plus je la dois fermer À tout autre projet ; Qu'à celui d’égaler fa grandeur de courage. XÉNOCLES. | Puifqu’ un ligne amour fait grace à der, : + n'a à plus lieu de Le contraindre. ee Vous devenez par-là maitre de tout - Pétat; Et ce grand homme à vous ; vous 1 avez plus à à craindre Ni déphotés , ni de fénat. : RON LH AS Je men fuis.pas encor. d'accord. avec moi-même. — . Corneille Tome VL M G-É SHISE À. S, Q Jaime, mais après tout, je hais autant que jaimes Et ces deux pañlions qui régnent tout à tour. Ont au fond de mon cœur fi peu d'intelligence, Qu’a peine immole-t1l la vengeance à Pamour , Qu'il voudrait immoler Pamour à la vengeance, Entre ce digne objet, & ce digne ennemi, a Mon ame incertaine & flottante > Quoi que l’un me promette, & quoi que Vautre attente ; Ne fe peut ni domter,. ni croire qu’à demi ; Et plus des deux côtés je la fens balancée , Plus je vois clairement que fi je veux régner, Moi qui de Lyfander vois toute la penfée, IL le faut tout-à-fait ou perdre où Jepnee. Qu'il ee 4 . “XÉNOCLES Qu’ il ferait Maghanime , De vaincre, & la vengeance, & l'amour à la fois! - À G É SILAS, Il faudrait, Xénocles , une ame plus. habite. XÉN OC LES. Ïl ne faut que vouloir, tout eft poffible à aux rois. AGÉSILAS. Ah, fi je pouvais tout, dans l’ardeur qui. me +. Pour ces deux paflions qui. partagent. mes VŒux ; . Peut-être aurais-je Ja. faiblefe -D'obéir à toutes les deux. LYSANDÉR ae il vous a plû difpofer d'Élpinice Nous devons elle & moi beaucoup à vos bontés ; Et je ferai ravi qu’elle vous obeie 7 Pourvû que dé Cotys les vœux foient acceptés, J'en ai donné. parole, il y va de ma gloire. Fe : Spitridate fans lui ne faurait être “heureux ; se Et donner mon aveu, ils ne le font tous deux, C'eft faire à mon honneur une tache trop noire. Vous pouvez nous parler en roi. Ma fille vous doit plus qu'à mois Commandez, elle ef prète, & je faurai me taire, N'exigez rien de plus d'un père. Il a tenu toujours vos ordres à bonheur ; | Mais rendez lui cette juftice, | De fouffrir qu'il emporte au tombeau cet honneur ; - Gi fait Vunique prix-de-trente ans de fervice. ÉGÉSILAS. Oui, vous l'y porterez, & du moins de ma part Ce précieux honneur ne court aucun hazard. On a votre parole, & J'ai donné la mienne 3 Et pour faire aujourd’hui que l’une & Pautre tienne, JL faut vaincre un amour qui m'était aufli doux Que votre gloire leit pour vous, _ = Un amour dont lefpoir ne voyait plus d’obffacle: Mais enfin il eft beau de triompher, de foi, Et de s’accorder ce miracle, Quand on. peut. hautement donner à tous Ja. «loi ; Et que le jufte foin dé combler notre gloire Demande notre cœur pour dernière vidoire, Un roi né pour. Pécl lat des grandes actions : ‘ Domte jurqu'è fes. pations, = = rte or. point roi; S il ñe fai 1 ie Que lui-même = Le plus illuftre eflai de fon pouvoir Suprême. La Xénocles. ] Allez dire à Cotys que Mandane eft à Jui ; Que fi mes feux aux fiens ne > l'ont pas accordée ; Oyez de plus. : on [1 parle bas à Xénocles qui Lors. ] sÉEN E AGRSILAS, LYSANDER | acbsruas Hi vos. mécontentemens. Me feront-ils | encor à. craindre { . — Et vous. fouviendrez vous auv ais traitemens _— Qui vous avaient donné tant de lieu de vous plaindre ? | "LYSANDER. Je vous ai dit, feigneur , que j'étais tout à vous ; Et jy fuis d'autant plus, que malgré Paparence ; — Je trouvé. des bontés qui pañent Pefpérance, Où je n'avais crû “voir que des foupcons jaloux. D Et que va devenir. ne doëte harangue, Qui du f annoblir le Le _—… Seigneur. A — ÉS = LÉ A $. _Nous fommes feuls , us chañfé Xénocles : Parlons confidemment. Que venez-vous d'écrire À l'éphore Arfidas, au “Lénateur Cratès ? 7 vous défère affez pour n en vouloir rien “lire : _ = Avec moi. n wapréhendéz 1 rien … : D d ii ij. N'a rien qu'un plein fuccès n’eût rendu légitime, Tout eft encor fermé. Voyer. :L.Y S À N.DE RK. Je fuis coupable, Parc qu’on me trahit, que l’on vous fert trop bien; Et que par un effort de prudence admirable, Vous avez fù prévoir de quoi ferait capable, Après tant de mépris, un cœur comme le mien. Ce deffein toutefois ne pañflera pour crime _ Que parce qu’il eft fans effet; _ Et ce qu’on va nommer forfait Tout devient glorieux pour qui peut lobtenir, Et. su le manque eft à punir. : | AGESTEAS Non, non, j'auais plus fait peut-être en votre _. Il eft naturel aux grands cœurs De fentir vivement de pareilles rigueurs ; Et vous m'offenferiez de douter de ma grace, Comme roi je la donne, & comme ami difret Je vous affure du Lecret. — Je remets en vos mains tout ce qui vous peut nuire, Vous m'avez trop fervi pour m'en trouver ingrats Et d'un trop grand foutien je priverais Petat, Pour des refentimens. où j'ai fà vous réduire, Ma puiffance établie, & mes droits confervés Ne me laifent point d'yeux pour voir votre “entreprife. Dites. moi. feulement avec mème franchile, : Vous dois-je encor bien plus que vous ne me devez? LVYSANDERN Avez-vous pû, feigneur, me devoir quelque chofe ? 08 em É ni fert le mieux fon roi ne fait que fon devoir. 2 . En vous de tout létat J'ai défendu la caufe, Quand je Pat fait tomber deflous votre pouvoir. N Le zèle eft tout de feu quand ce grand devoir preffe; £) Et comme à le moins fuivre on s’en acquitte mal, € Le mien vous fervit moins qu’il ne fervit la Grèce, ; Quand j'en fus ménager les cœurs avec adreñle , 7. ——. Pour vous en faire général. 3 Je vous dois cependant & la vie, & ma gloire; Et lorfqu'un deffein malheureux Peut me coûter le jour, & fouiller ma mémoire ; La magnanimité de ce cœur généreux. — R | AGÉSILAS. = Reprochez moi plutôt toutes mes injuftices , Que de plus ravaler de fi rares fervices. - Elles ont fait le crime, & jen tire ce bien, Que jai pû m'acquitter ; & ne vous dois plus rien  préfent que Ja gratitude - Ne peut pañer pour dette en qui s’eft acquitté , Vos fervices payés d’un traitement fr rude, Vont recevoir de moi Ce qu’ ils ont mérité. S'ils ont “ti conferver un trône en ma nie. Fy veux par mon hymen faire fcoir votre fille, C'eft ainfi qu'avec vous Je puis le partager. LYSANDER. … Seigneur, à ces bontés de je. n’ofais attendre , Que puis-je "AGÉSILAS Jugez-en comme il en faut juger, Se AGESILAS, - Et fur-tout commencez nn Que les rois font jaloux du fouverain pouvoir, Qu'ils aiment qu’on leur doive, & ne peuvent devoir, Que rien à leurs fujets n’acquiert l'indépendance , Qu'ils réglent à leur choix Pemploi des plus grands cœurs; . Qu'ils ont pour qui les fett des graces, des faveurs, Et qu'on n’a jamais droit fur leur reconnaiffance. Prenons dorénavant vous & moi pour objet Les devoirs qu'il faudra l’un. à. a nous rendre; N'oubliez pas ceux d'un fujet, - Et j'aurai foin de ceux d’un gendre. SC EN # > “PRE 4 AGE SILAS , AGLATIDE. RS à KENOC LE Se. À & LE À T L D ae Su: un. ordre, 1 ee. viens étonnée &. es | De voir que. tout d'un Coup un roi m ele ones Qui me daignait à peine honorer d’un regard. AGÉSILAS Sortez d'étonnement, Les tems changent , madame , Et l’on 14 pas toujours mêmes yeux, ‘ni même ame Pourriez-vous de ma main accepter un époux ? | AGLATIDÉ Si mon père y confent, mon devoir me lordonne, Ce me fera trop d'heur de le tenir de vous. Mais avant que favoir quelle en eff la perfonne, Pourrais-je vous parler avec la liberté Que me fouffrait à Sparte un feu trop écouté, Alors qu’il vous plaifait, ou m’aimer, ou me dire Qu'en votre cœur mes yeux s'étaient fait un empire ? Non que jy penfe encor; j'aprens de vous, feigneur, Qw on change avec le tems dame, d'yeux, & de cœur. AGESIL AS. Rapellez ces beaux } jours pour me parler fans feindre ; Mais fi vous É pouvez , madame , épargnez moi. - A GLATID he _Ce ferait . railon que j'oferais m'en + L'amour doit être libre, & vous êtes mon roi. Mais puifque jufqu’à vous vous n'avez fait prétendre, : N'obligez. point, feigneur , cet efpoir à defcendre, Ét ne me faites point de Joix : Qui profanent Phonneur de votre premier choix. J'y trouvais pour moi tant de gloire, J'en chéris à tel point la flatteufe mémoire , Que je regarderais comme un indigne époux Quiconque n'offrirait un moindre rang que vous. Si cet orgueil à quelque crime , : Il n'en faut accufer que votre trop d’eftimess… : - Ce font des fentimens que je ne puis trahir. P. Corneille. Tome VI SNS Apres cela parlez, c’eft à moi d’obéir. HOSTILE AS. & Je parlerai, madame, avec même franchife. & Vaime à voir cet orgueil que mon choix autorife É À dédaigner les vœux de tout autre qu'un roi: - e _ J'aime cette hauteur en un jeune courage; 4 ) Et vous n'aurez point lieu de vous plaindre de moi, cs Si votre heureux deftin dépend de mon fuffrage. ce DER ON : D D RO IDIR COPYS, ATÉE, MANDANE, CR AGLATIDE J CORSFS: de ne. \ : / = À . Éigneur . à vos bontés nous venons confacrer;. 2 À - Et Mandane & moi, notte vie, KE EE Lee 2 Fi > De pareilles faveurs, feigneur, nous font rentrer. à Pour vous faire voir mème envie, a) — À CS Be ee % Je vous.ai fait juffice à tous, - NS Et je crois que ce‘jour vous doit être aflez doux: £ ) Qui de tous vos fouhaîts æ votre gré décide; À \ Dm ms me “ Be ge. rss, RE 4 ; RSC ÉRSS ESTTRERKE" | PRAGÉDIEÉ Acte V. 219 Mais pour le rendre encor. plus, doux & plus charmant, _ Sachez que Sparte, voit fa reine en ÂAglatide, À qui le ciel en moi rend fon premier amant. AGE ATPÉDE. C'eft me faire, feigneur , des furprifes nouvelles. : AGÉSILAS Rendons nos cœurs, madame, à des flammes fi belles: Et tous enfemble allons préparer ce beau jour, : Qui par un triple hymen couronnera l'amour. Fin du cinquiéme ©3 dernier aïe. | RSC UULOU I L A, DE RS E OTRACLDIE — - — —. 6 2. Le Êe iii ë) A & Rd TRIER neveu eurseuewrsese: é Ù PR É FA C E DE ÉDITEUR i A TTiLca parut malheureufement la même année qu’ Ardroma- que. La comparaifon ne contribua pas à faire remonter Cor- neille à ce haut point de gloire où il s'était éleve; il baifait, TN & Racine s'élevait ; c'était alors le tems de la retraite, il de-- vait prendre. ce parti. honorable. La plaifanterie. de Defpréaux : ). dus de foin : J'ai on l'Agéfilas ,; hélas ! Mais après l'Attila 3 hola ! Peut oller au parterre attaquer Attilas: Et f le roi des Hans ne lui flaite Poreille > Traiter de Pi de fyots tous les vers de Corneille. ; > avait regardé ces vers comme un éloge; mais quel poëte trouvera jamais bon qu’on traite {es vers de Vifigots, furtout lorf qu'ils. font. en effet durs & obfcurs pour la plapart? La dü- ca reté &-la fécherefle dans l’exprefñon. font affez communément le partage de la vieillefe ; il arrive alors à notre elprit ce qui eu juiqu’alors.. — vers entraient dans la mémoire des ipec- devait lavertit de ne plus travailler, ou de travailler avec On-coinait CRC CE : - -On à. prétendu e car -que ne prétend-on. que. re arrive à nos fibres. Race dans la force de fon âge, né avec _ un cœur tendre, un efprit flexible, une oreille harmonieufe.. donnait à la langue françaife un charme qu’elle m'avait point + . SNA à a, A Æ ee sy 224 _ Phi À GE tateurs, comme un jour doux entre dans les yeux. Jama les nuances des pañlions ne furent exprimées avec ut coloris plus riaturel & plus vrais jamais on ne fit de vers plus cou- lans, & en même tems plus exacts. | Il ne faut pas s'étonner fi le ftile de cie , devenu en- cor plus incorre& & plus raboteux dans fes dernières piéces, rebutait les efprits que Racine enchantait, & qui devenaient par cela mème plus difficiles. Quel commentaire peut-on faire fur ÆAfrila, a cof#bat de ère, encor plus que de bras; fur la terreur de fon bras, qui bi donne pour nouveaux compagnons les “Alnins, les Francs, 6 Les Bourguignonss {ur un Ardaric, & fur un Palamir, deux pré. tendus tois. qu'on traite comme des officiers fubaiternes ; ; fur n cet Ardaric qui eft amoureux. & qui S'écrie : Qu'un roi eft heureux, lorfque le ciel lui donne La main d'une fi rare &9 Ji belle perfoune | &c. ? La mème railon qui m'a empèché d'entrer dans aucun .dé- tail fur Avéfilas, m atrète pour A#a; & les leeurs qui pou- . ront lire ces piéces, me pardonneront fans doute de smablte. mir des remarques ; je {uis für du moins qu ils ne me pardon- neraient pas d'en avoir fait. Je dirai feulement dans cette préfice , qu'il eft très-vraifem- blable que cet Æxila, très peu connu des hiftoriens était un. homme dun. mérite rare dans fon métier de brigand. Un. capitaine.de la nation des Huns qui force l’empereur Théodofe à lui: payer tribut , qui favait difcipliner fes armées, les recruter chez. fes ennemis mêmes, & nourrir la guerre par la guerre; unhom-. me qui marcha en Vainqueur de Conffantinople aux portes de Ro-… me, & qui dans un règne de dix ans fut la terreur de l’Europe : entière, a | on: SZ RIT. PSE FES Te) % SR RS NS | poccce OR ? à PT Tiba, TRAGEDIE. ACTE PREMIE R. SRÉNE PREMIERE CATTILA, OCTAR, | des. . ATTELL A. = Lu. font pas venus, nos deux rois; ou on leur die = Qu’ is & font. trop. attendre, & qu'Attila s'ennuie, Quelors que JéLes. mande. ils doivent fe hâter. CD OCTAR. 7 Mois» Signer, quel bef it de es en confulter? __ Pourquo re hyr prendre pour arbitres, _ Eux . vont de ur trône ici que de vains titres; _ Et que vous ne lailfez au nombre des vivans, Que oi trainer partout deux rois pour vos fuivans? ATTIL A. = : Jon Pris. onde feul , Oûar , @& les apelle, eo Non fous aucun efpoir . lumiere nouvelles — Je crois voir avant eux € qu’ ils méclaireiront - Et m'être oo dit tout ce qu'ils me diront : | FF) Des. = ES ER / MEN % à SR RES LR _— ja! Ÿ + 4 s1 Éee. AS à #x Re RASE ice = Mais de ces . Durs au. que je préfère, Sa gloire eft un affront pour l’autre, & pour fon frère; Et je veux attirer d'un ff julte couroux Sur l’auteur du confeil les plus dangereux coups, Affurer une excufe à ce manque d'eflime, Pouvoir s'il eft Lo livrer une victime ; Et c’eft ce qui m'oblige à « confulter ces Pour faire à. “leu: périls. éclatt | Car enên j'aimerais un. prétexte a IDE pertes — Jen prendrais hautement l’occafñon offerte ; : Ce titre en eux me choque, & je ne fais pourquoi - Un roi que je commande ofe Le nommer TOÏ. n Us prennent droit tous a de me » traiter x d'égi… OCTAL — Mais : ne le ne que pour ces deux princes, - Votre ame irrélôlue : aux imcns Ou fe vers e où LUS dl : a pris quelque pente > ruse Veeseueter ru TRAGEDIE Acte L 29 Entre fes ennemis rompre: liatélgences. - Y jeter du défordre & de la définit. E Etne rien “hazarder , , qu'on nait de toutes parts, - Autant. qu'il eft poflible, enchainé les bazards. ne Nous étions auffi forts qu'à préfent nous le fommes, - Quand je fondis en Gaule avec cinq cent mille hommes. Dès-lors, sil ten fouvient, je voulus , mais en vain , D'avéc. le Vifgoth détacher le Romain. — >. ie deux foins qui me érdirent ; EUX aucuns nées _ ÉE n'ayant pa femer entr” _Je me vis en ee avec Loue mes forces. <K TEÈ a Quant à l'amour, apren que mon plus doux fouci N’eft... Mais Ardaric entre, & Velamir aufli, ATTILA, ARDARIC, VALAMIR, ie. ; am Vous voyez en mon camp les éclatantes marques Et prefque fur les pas de mes at _Foffenfe un empereur, ou : le plus grand des rois. SIC EN LIT OCTAR, Gardes. puifance, — Qui rangez tant dot . - mon an Et de qui les confeils, le grand cœur & la main, Me rendent formidable à tout le genre humain ; Que de ce vafte effroi Nous donnent deux onarques, En Gaule Mérouée, à Rome Pempereur, EE Ont crû par mon hymen éviter ma fureur. La paix avec tous deux en même tems traitée, . Se trouve avec. tous deux à. ce prix arrètée; . ee Les leurs sont amené deux princefles lei ù — Le choix m'en embartale , il eft tems de le Rires Depuis leur arrivée en vain je le diffère ; I faut enfin réfoudre, & quel que foit ce choix À: LORS Les 4 Je le dis le plus grand, non qwencor la victoire Ait porté Mérouée à ce comble de gloire; Mais fi de nos devins l’oracle w’eft point faux, Sa grandeur doit atteindre aux degrés les plus hauts; Et de fes fuccefleurs l'empire inébranlable . Sera de fécle en fiécle enfin. fi redoutable, Qu'un jour tonte la terre en técevra des loix; On tremblera du moins au nom de leurs François. Vous donc, qui connaifflez de combien d'importance ER pour nos grands projets Pune & lautre alliance, Prètez moi des clartés pour bien voir aujourd’hui De laquelle ils auront où plus ou moins d’apuis. Qui des deux honoré. par. ‘ces euds domeftiques À Nous vengera le mieux des champs Catalauniques ; Et qui des deux enfin déchà d’un tel efpoir, Je plus à craindre à qui veut tout pouvoir. = HR DiRIC : En. Pétat où le ciel a mis votre puiflance, - Nous mettrions en vain leurs forces en balance: Tout ce. qu'on y peut voir où de plus où Le MOINS » l moindre de vos. foins. : pour nous. ue ; Ov ls craignent tous deux, &. n ’ofent plus vous nuire. Ainfi, fans perdre tems à vous inquiéter, Vous n'avez que Vos YEUX, feigneur, à confulter, _ Laiflez aller ce choix du côté du mérite, _ Pour qui , fur leur rapoït, Pamour vous folicite. Croyez ce qu'avec eux votre cœur réfoudra ; . Et de ces potentats s ’offenfe qui —— : =. Corneille. Tome NL | CS. | : à FRITES mA SE 2 À TILL: A, FD - ee |: MT LE À D La amour chez Âttila n’eft pas un bon fufftage; Œ: Ce qu'on m'en donnerait me tiendrait lieu d’outrages S Et tout exprès ailleurs je porterais ma foi, NA _ De peur qu'on n'eût pardà trop de pouvoir fur moi. Ç Les femmes qu’on adore -ufurpent un empire , < à Que jamais un mari n’ofe ou ne peut dédire : … ei Ceft au commun des, rois à fe plaire en leurs fers. Eù ) Non à ceux dont le nom fait trembler Punivers. d Que chacun de leurs yeux aime à fe faire efclave, C Moi, je ne veux les voir qu’en tyrans que je brave: LA Et par quelques attraits qu’ils captivent un cœur, % Le mien en dépit d'eux eft tout à ma -srandeur.… $ < Parlez donc feulement. du choix Je: plus utile, SR. Du couroux à domter où. plus ou moins facile 5, S | Et ne me dites point que de chaque côté ce Vous voyez comme lui peu d’inégalité, > En matière détat, ne füt-ce qu'un atôme,. Ç Sa perte quelquefois importe d'un royaume ;. de I neft fcrupule exatt qu'il ny faille garder, SN) Et le moindre avantage à droit de décider. 2 —— VALAMILR. CG Seigneur, dans le- penchant. que prennent les: affaires, È + Les: grands. difcours. ici ne font. pas nécelfaires ; ee 5 Ï ne faut que des yeux, & pour tout. découvrir, _ Se Pour décider de tout, on ma qu'à les ouvrir. _— Ê } Un grand deftin commence -un grand deftin s has (e L'empire eft prèt à choit, & la. France s'élève. Fa \ L'une peut avec elle. affermir on. apui , (à Et l’autre en trébuchant Penfevelir fous. Jui. TS SSII ISIN IS ANNEE TRAGÉDIE. Acre L 23$ Vos devins vous lont dit; ny mettez point d’obftacles, Vous qui n’avéz jamais douté de leuts oracles. Soutenir un état chancelant & brifé, C'eft chercher par fa chûte à fe voir écrafé. Apuyez donc la France, & laiflez tomber Romé; Aux grands ordres du ciel prétez ceux d’un grand homme : D'un fi bel avenir avouez vos devins; ÂAvancez le fuccès, & hâtez les deftins. RRDIiRIC. Oui, le ciël, par le choix de ces grands hyménées, À mis entre vos mains. le couts des déftinées 3. Mais sil eft glorieux, feigneur, de le hâter, ° TI left, & plus encor , de fi bien l’arreter, Que la France, en dépit d’un infaillible augure N’aille qu'à pas traïnans vers fa grandeur future , Et que laigle accablé par ce deltin nouveau, Ne puifle trébucher qué fur votre tombeau. Seraitil gloire égale à celle de fufpendre Ce que ces deux états du ciel doivent attendte,. Et de vous faire voir aux plus favans devins Arbitre. des fuccès, > & maître des deftins ? = + ofe vous dire plus. Tout. ce qu'ils vous prédifent , - Avec pleine clarté dans le ciel ils le lifent ; Mais vous aflurent-ils que quelque aftre jaloux N'ait point mis plus d'un fiécle éntre l'effet & vous? _ Ces éclatans retours que font les deftinées, Sont allez rarement Pœuvre de peu d'années ; Et ce qu of vous prédit touchant ces deux états, Peut. ètre un avenir qui ne vous touche pas. : Ge ij . Cependant regardez ce qu’eft encor l'empire ; - : Il chancelle , il fe brife, & chacun le déchire; De fes entrailles mème il produit les tyrans; Mais il peut encor plus que tous fes conquérans. Le.moindre fouvenir des champs Catalauniques. En peut mettre à vos yeux des preuves trop publiques : Singibar, Gondebaut, Mérouée &. Thiéry, Là, fans Aëtius, tous quatre auraient péri . Les romains rent feuls cette grande journée : Uniflez-les à vous par un digne. hyménée.. : Puifque déja fans eux vous pouvez. prefque tout, H n’eft rien dont par eux vous ne veniez à bout. _ Quand de ces nouveaux rois ils vous auront fait maître, Vous verrez à us voudrez. Pêtre.. Et réfoudrez vous feul avec tranquillité = Si vous leur fouftirez encor Pégalité. VALAMIR. L'empire , je l'avoue, eft encor quelque chofe; _ Mais nous ne fommes plus au tems de Théodofe ; ; Et comme dans fa race il ne revit pas bien, —— L'empire eft quelque chofe, & l'empereur nm ’eft rien. - Ses deux fils n’ont rempli les trônes des deux Romes Que d'idoles pompeux, que d'ombres au lieu d'hommes. L’imbécille fierté de ces faux fouverains.. . . Qui nofait à . fon. aide apeller des romains, Parmi des nations qu'ils traitaient de “barbares Empruntait pour régner des perfonnes plus rares s. Et d’un côté Gainas, de l’autre Stilicon, À ces deux majeftés ne laiffant que le nom, On. voyait dominer dune bauteur égale — More L à Un Got.dans un empire, & dans l’autre un Vandale. - Comme de tous côtés on sen eft indigné ; De tous côtés auf pour eux on à régné. Le fecond Théodofe avait pris leur modelle : _ Sa fœur à cinquante ans le tenait en tutelle, Et fut, tant qu'il régna, lame de ce grand :COFpS » Dont elle fait encor mouvoir tous les reflotts. Pour Valentinian, tant qua vécu fa mère, : Il a femblé répondre à ce grand caractere ; T1 a paru régner, mais on voit aujourd’hui Qu'il régnait par fa mère, ou fa mère pour luis Et depuis fon trépas il a trop fait connaître - Que sit eft empereur, Aët is ef maîtres _ Fe Et cen ferait la fœur qu il faudrait obtenir , Si jamais aux romains vous vouliez vous unir. Aurefte, un prince faible, envieux, mol, ftupide. Qu'un. heureux fuccès enfle, un donteux:intimides Qui pour. unique “emploi s attache à fon plaific, Et laiffe le pouvoir à qui s’en peut. fair Mais le grand Mérouée ef un roi magnaninie > Amoureux de la gloire , ardent apres leftime, - “Qui e- permet - aux fiens. d'emploi, aie de: pouvoir ; Qu autant que par fon ordre ils en doivent avoir. Ji fit vaincre & régner, & depuis fa vidoite ; S'il a déja foumis & la Seine, & la Loire; Quand vous voudrez aux fiens joindre vos. combattans La Garonne & l’Arar ne tiendront pas longtems. Alors ces mèmes champs témoins, de notre: “honte, < En. verront. la …. “e De haute & plus es | Æ = 5 SE ie \ ER Et paraïflez plutôt vous faifr de fon bien, Ef ce mème empire a quelque. attrait pour vous, Se détacher de Rome » & Vous tendre les mains. “Sa dot ne peut s'étendre aux. droits d’une: couronne, Et pour glorieux prix d’avoir fü nous venger, Vous aurez avec lui la Gaule à partager ; D'où vous ferez favoir à toute l'Italie Que lors que la prudence à la valeur s'allie, Îl n’eft rien à l'épreuve, & qu'ilelt tems qu'enf£n Et du Tibre & du P6 vous fafliez le deftin. ARDARIC. - Prenez-en donc le droit des mains d’une princeffe , Qui Paporte pour dot à l’ardeur qui vous prefe ; Qu’ufurper des états fur qui ne vous doit rien. Sa mère eut tant de part à la toute-puiffance , : Qu'elle fit à l'empire aflocier Conftance ; La fille a même droit en faveur d’un époux. “Allez la force en main demander ce partage , Que d’un père mourant Jui laiffa le fuffrage : Sous ce prétexte heureux vous verrez des Romains Aëtius net pas fi maître qu'on veut croire, Il a jufque chez lui des jaloux de fà gloire; Et vous aurez pour vous tous ceux qui dans le cœur Sont mécontens du prince, ou las du gouverneur. … Le débris de l'empire à de belles A S'il na plus de héros, il a des héroïnes. Rome vous en offre une & part à ce débris ; Pourriez-vous refufer votre main à ce PER Tdione n’aporte ici que f perfonne ;s ue 2e à Ses Francs n’admettent point de femme à dominer ; - | HR a PRAGEDTE Acte L Mais les droits d'Honorie ont de quoi tout donner. Attachez-les , feigneur, à vous , 4 votre race; Du fameux Théodofe -aflurez vous la place: Rome adore la fœur, le frère eft fans pouvoir; On. haït Aëétius, vous n'avez qu'à vouloir. : À_E FIL A. Eft-ce comme il me faut tirer d'inquiétude, de Que de plonger mon ame en plus d'incertitude ? : G Et pour vous prévaloir de mes. perplexités.. ) Choififlez-vous exprès ces contrariétés ? Plus jentens raifonner, & moins on détermine ; Chacun dans FEI penfée également . *obfine ; … - Et quand par vous je “cherche à ne plus balancer. Vous cherchez lun & l’autre à mieux m'embarrafer! Je ne demande point de fi diverfes routes , Il me faut des clartés, & non de nouveaux doutes; Et quand je vous confie un fort tel que le mien, C’eft m'offenfer tous deux que ne réfoudre rien. VALAMIR. Seigneur, chacun de nous vous. parle comme il penfe. Chacun de ce grand choix vous fait voir l'importance ; Mais nous ne fommes point jaloux de nos avis. Croyez-le, croyez-moi, nous en ferons. ravis; Ils font les purs effets d’une amitié fidèle, 4 - De qui le zèle ardent. À T- T FE A. Unifféz donc ce zèle. Et ne me forcez point à voir dans vos débats É — Plus que je ne veux voir, &... Je n’achève pas. SSSR Dites- moi feulement ce qui vous intérefe) : À protéger ici l’une. & Pautre princefe. Leurs frères vous ontcils, à force de préfens , Chacun de fon côté rendus leurs partifans ? Eft-ce amitié pour l’une, eft-ce haine pour Pautre , - Qui forme auprès de moi fon avis & le vôtre ? Par quel defiein de plaire, où de vous ur Mais derechef, jè veux ne rien aprofondir > Êt croire qu'ou je fuis on n’a pas tant d'audace. Vous , fi vous vous aimez, faites vous une grace, Accordez vous enfemble, & ne conteltez plus, Ou Fe une LS RUES ménager un Eese ni tous de. ce . & cette on. Que vous dites avoir tous deux pour ma grandeur, J'en croirai les efforts qu’on fera pour me plaire , Et veux bien JiRes a tente ma soir, er FE ARDARIC _— N ferons-nous toujours les malheureux objets ? Je dirai que ce jour peut-être n’eft pas loin; _ Souffrez qu'à votre exemple en deux mots je explique. Æ Duc Tome VL ° Hh Ps eme Mr 24 SCEN À 1 AIRDARIC,;VMALAMIS Et verrons-nous toujours qu’il nous traite en Lt V ACTA M ER . Fermons les yeux, _feigneur fur de les À aus, Le ciel en doit un jour effacer jufqu’aux traces ; Mes devins me Pont dit, & s’il en eft beloin, Ils en ont, difentils, un afluré préfage. Je vous confirai plus, ils m'ont dit davantage ; ; Et qu'un Théodoric, qui doit fortir de moi, Commandera dans Rome, & s'en fera le roi; Et c’eft ce qui moblige à parler pour la France > — À preffer Attila d'en choifir É Palliance , = D’époufer fidione, afin que par ce choix I laide à mon hymen Honorie & fes droits. Ne vous opofez plus aux grandeurs d'Edione , Souffrez en ma faveur qu’elle monte à ce trône: Er f jamais pour vous je puis en faire autant. ARDARIC. Vans. le pouvez, feigneur, & dès ce mème inftant. = re SFR Vos aimez, mais ce n’eft qu’ un amour politique; “ Et puilque je vous dois confidence à mon tour. J'ai pour l’autre princefle un véritable amour ; Et c’eft ce qui moblige à parier pour lempire . , AËn qu'on m'abandonne un objet où j'afpire. Une étroite amitié l’un à l’autre. nous joint ; Mais enfin nos defirs ne compatiflent point. Voyons qui fe doit vaincre, & s’ik faut que mon Lame À votre ambition immole cette flammes = _ Ou sil net point plus beau. que votre. Rio Elle-mème s’immole à cette pañion. VALAMIR ne. Et Pautre pour le mien ferait un . faplies Vous aime-t-on £ 2 V A LA M À R. Du moins 1 ie de n'en | Ët vous, feigneur ? À. R D. A R I C. De moins: on me e digne écouter. VX L À: M Ë Re Qu'un mutuel amour eft un trifle avantage, Quand ce que nous aimons. d'un autre ef partage! 2 AY: $ . ARDARIC — À # té nn le tyran. «Riendie, pour attentat: 3 ROBES SES) Ca MRNGCEDEÉE Aôre 1 Cet amour qui fit feul tant de fäifons d'état. Nous n'avons que top : AE Jufau'où va Colère, 5 È Qui n’a pas éparghé lé! fang mème d’un frère; Et combien après lui de rois fes alliés, À fon orgueil barbare il a facrifés. VALAMIR. Les peuples qui fuivaient ces illufires vidimes , Suivent encor fous lui Pimpunité des crimes; Et ce ravage affreux qu'il permet aux foldats, Lui gagne tant de cœurs, lui donne tant de bras Que nos propres fujets fortis de nos provinces = Sont en dépit de nous plus à dui qu'à leurs princes, : ARDARIC. Il femble à fes difcours déja nous foupconner , Et ce font des foupçons qu'il nous faut: détourner. À ce refus qu” al veut difpofons ma princefle, | VILIMIR Pour y porter la mienne il faudra peu d'adreffe. _ ARDARIC — Si Vous perfuadez, quel malheur f Je mien! VALAMIR Et fi lon vous en croit, puis-je efpérer plus rien? ARDARIC- Ab, que ne pouvons-nous ètre heureux l’un & l’autre’ | VALAMIR. An que a’eft mon bonheur plus compatible au à votre? ARDARIS _ Allons des deux côtés chacun faire un effort. - VALAMIR. Allons, & du fuccès laiffons-en faire au fort, , Fin du premier ae. SENS nur coususccus., TRAGEDIE. Âcre IL. 24$ E) S C.E =N PRE M: EE. RE : HONORIE, FLAVIE. 6 - + + | E) T- E ne m'en one point, oui, madame , Oar m'aime 3 1% Tout ce que je vous dis, je l'ai fù de lui-mème : LS [s font rois, mais c’eft tout. Ce titre fans pouvor à N'a rien prefque en tous deux de ce qu 1 doit avoir ; Et le fier Attila chaque jour fait connaître , SE Que s’il n’eft pas leur roi, du moins il eft leur maitre. A | Et qu’ils n’ont en fa cour le rang de fes amis, S Qu'autant qu'à fon orgueil ils sy montrent foumis. A) | Tous deux ont grand. mérite , = -& tous “deux grand courage ;, 1 + Mais ils … à vrai dire, ici comme en Otage, 6 Tandis que leurs foldats en des camps éloignés | ne] Prennent lPordre fous lui de gens qu'il a gagnés; É Et fi de le fervir leurs troupes n'étaient prêtes, | Ces rois, tout rois qu'ils font, répondraïent de leurs tètes.. Son frère ainé Viéda, plus rempli d’équité, Les traitait £ malgré lui d’entière — ; Ï m'a pû le foufftir, & fa jaloufe envie, _ Pour m'avoir plus d’égaux, s’eft immolé fa vie. Le fang qu'après avoir mis ce prince au tombeau On lui voit chaque jour diftiller du cerveau, Punit fon parricide, & chaque jour vient faire Un tribut étonnant à celui de ce frère, Suivant mème qu'il a plus où moins de couroux + Ce fang forme un fuplice, ou plus rude, ou plus doux, S’ouvre une plus féconde, ou plus ftérile veine, Et chaque emportement porte avec lui { peine. HONORIE. Que me fert donc qu’on m'aime ? & pourquoi m'engager À fouférir i ne peut me venger? - L'infolent Àt la me donne une rivale, Par ce choix qu'il balance il la fait mon égale; Et quand pour l'en punir je trois prendre un grand roi, Je ne prens qu’un grand nom qui ne peut rien pour moi. Juge que de chagrins au cœur d’une princeñe, Qui hait également l’orgueil & la faiblelle s = Et de quel œil je puis regarder un amant _ Qui waura que pitié de mon reflentiment, : Qui ne faura qu’aimer, & dont tout le fervice Ne m'aflure aucun bras à me faire jufice.… Jufqu’à Rome Attila m’envoye offrir {à foi > Pour. douter dans fon camp entre Tidione - &. moi, Hélas! Flavie, hélas! f ce doute m'offenfe, Que doit faire une indigne & haute préférence? Et n’eft-ce pas alors le dernier des malheurs, Qu'un éclat impuifant d'invtiles douleurs ? = ? = UE PE, ne CEE R E ERAVEHEE | E) Prévener-le , madame. & montrez à fa honte Combien de tant d’orgueil vous faites peu de - HONORFÉEE. La bravade eft aille, un mot efk bientôt dit: Mais où fuir un tyram que la bravade aigrit ? Retournerai-je à Rome où j'ai laiffé mon frère, Enfammé contre moi de haine & de colère, Et qui fans la terreur d’un nom fi redouté Jamais neût: mis de borne à ma captivité? Moi qui prétens pour dot la moitié F ue = | Ce ferait d’un malheur vous jetter dans un ue _ Ne vous emportez pas contre vous jufques-là 5 _ Il ef d’autres moyens de braver . Époufs Valamir. EH ON o RI E. Effice comme on le brave à One d'époufer un voi dont il fait fon efclave:? EF L: À 7 I E.- Moss vous . — _ 12 Ni © R TI E. Hé Bien. fi jaime Valamir. Je ne veux point de rois qu'on force d’obéir; Et fi tu me dis vrai, quelque rang que je tienne, … Cet hymen pourrait être & fa perte . & la mienne. Mais je veux qu'Attila prefle d’un: antre amour. Endure telle infulte au ee de fa cour: : lidione parlà me verrait à {à fuites — À de honteux refpeds je ny verrais réunis - OCTARK. Vous favez toutefois qu’Attila ne left pas, Et combien fon trop d’heur lui caufe d’embarras, AR DAREC. Ah, puifqu’ila des yeux, fans doute il la préfère. Mais vous vous louez fort auf du roi fon frère; Ne me déguifez rien. Atil des qualités A fe faire admirer ainfi :de tous -cotés ?. Eftce une vérité que ce que jentens dire, Ou fi c'eft fans raifon que l’univers ladmire ? OCT AR. _Jene fais pas, feigneur, ce qu’on vous en a dit; Mais f pour l'admirer ce que j'ai vû fuit, + e l'ai vù dans la paix, je lai vû dans la guerre , Porter. par-tont un front de maître de la SÉGREe. — J'ai và plus d’une fois de fiéres nations Défarmer fon couroux par leurs foumiflons. Jai. vû tous les plaifirs de fon ame héroïque N’avoir rien que d'augufte, & que de magnifique; Et fes illuftres foins ouvrir à fes fujets — L'école de la guerre au milieu de la paix. Par ces délaffemens fa noble inquiétude : De fes juftes defleins faifait l'heureux prélude; … Et fi jofe le dire, il doit nous être doux : Que ce héros les tourne ailleurs que. contre nous. Je lai vû tout couvert de poudre & de fumée Donner le grand. exemple à toute fon armée , Semer par fes périls. Peffroi de toutes parts, Bouleverfer les murs d’un feul de fes regards, Et fur l’orgueil brifé des plus fuperbes tètes FA nonRS Ro nr ri mms JF PRAGÉDIÉ Lex II De fa courfe rapide entafler les. conquêtes. Ne me commandez point de peindre un fi grand roi, Ce que j'en ai vù pañle un homme tel que moi; Mais je ne puis, feigneur, n'empècher de vous dire Combien fon jeune prince eft digne qu’on l’admire. Il montre un cœur fi haut fous un front délicat, Que dans fon premier luftre il eft déja foldat. Le corps attend les ans, mais l’ame eft toute prète. D’un gros de cavaliers il fe met à la tête, Et l'épée à la main anime l’efcadron : Qu’enorgueillit Phonneur de marcher fous on nom. … Tout ce qu'a. d’éclatant la majelté du père, Tout ce qu'ont de charmant les graces de la mère, Tout brille {ur ce front, dont l’aimable fierté _ Porte empreints & ce charme & cette majelté , L'amour & le refpet qu'un fi jeune mérite... Mais la princefle vient, feigneur, & je vous quitte. D CC EN FE VIT ARDARIC, ILDIONE. | ED EO NE. N vous a confulté, feigneur M aprendrez-vous Comment votre Attila difpofe enfin de nous ? | ARDIREC | Comment difpofez-vous vous-mème de mon ame? Attila va choifir; il faut parler, madame ; Si on choix Cu po vou que ferez-vous pour moi? a. + D ONE Tout ce que peut un cœur qu'engage ailleurs ma foi. Ceft devers vous qu’il penche, & fi je ne vous aime Je vous plaindrai du moins à légal de moi-même ; J'aurai mêmes ennuis, j'aurai mèmes douleurs; Mais je n’oublirai point que je me dois ailleurs. AR ARIC 7. foi que peut-être on ef prèt de vous rendre; Si vous aviez du cœur, vous fauriez la reprendre. ILDION_E. Jen ai s’il faut Me vaincre, autant qu’on peut avoir, Et men aurai jamais pour vaincre mon devoir. ARDIRICG — Mais qui s'engage à deux dégage l’un & l'autre, FLDETONE _ Ce ferait fa Tu - _- la vôtre; ë J non. FT à rence Ru e TRAGEDIE Ac II. 257. Et fi je étais pas, feigneur, ce que je fuis, J'en prendrais quelque droit de finir mes ennuis; Mais lefclavage fier d’une haute naifance , Où toute autre peut tout, me tient dans l’impuiflance; Et vidime d'état, Je dois fans reculer Attendre aveuglément qu'on me daigne immoler. ARDARIC. Andre qu’Attila, l’objet de votre haine, Daigne vous immoler à la fierté Lo è LED EONE Qu'un pareil factifice aurait pour moi d'apas! Et que je fouffrirai sil nes r réfout: a 7 D LDIRIC Qu'il ferait glorieux de le faire vous-même, D’en épargner la honte à votre diadème! J'entens celui des Francs, qu’au lieu de maintenir .: ILDIONE. | C’eft à mon here alors de venger &. punir ; Mais ce ieft point à moi. de rompre une alliance Dont il vient d’attacher vos Huns avec fa France , ; Ét me faire par-là du gage de Ja paix Le flambeau d'une guerre à ne finir jamais. Ti faut qu'Attila parle; & puifle être Honorie La plus confidérée, ou moi la moins chérie! Puife-t-il fe réfoudre à me manquer de fai! C'eft tout ce que je puis, & pour vous, & pour moi. S'il vous faut des fouhaits, je n’en fuis point avare; S'il vous faut des regrets, cout mon cœur sy Poe Et veut bien. P. Corneille. Tome VI | _ SKK RU a ni | A R D A R I C. Que feront d’inutiles oh. : Que laifler à tous deux d’inutiles regrets ? Pouvez-vous efpérer qu'Attila vous ur ILDIO NE. Rome eft encot puiflante, il fe peut qu'il la craigne, AR D À KR TC. À moins que pout apui Rome n'ait vos froideurs , Vos yeux lemporteront fur toutes vos grandeurs; Je le fens en moïi-mème, & ne vois point d’empire Qu'en mon cœur d’un regard ilne puifle détruire. Ârmez-les de rigueurs, madame, & par pitié, D'un charme fi funefke ôtez leur la moitié ; C’en fera trop encor, & pour | peu qu ils éclatent ; El n’eft aucun efpoir dont nos. defirs fe flattents. Faites donc davantage, allez jufqu au refus, Où croyez qu'Ardaric déja n’efpère plus, Qu'il ne vit déja plus, & que votre hyménée À déja par vos mains tranché. fa deftinée.. ILDIONE. x Ai-je fi peu de part en de tels ds. 2) Que pour my voir en prendre il faille vos foupirs.? D Me voulez-vous forcer à la Bonte des larmes ? Se NRDARIC 5 2 Si contre tant de maux* vous m’ ’enviez leurs. charmes NS Faites quelque autre grace. à mes fens. allarmés >. é. » Madame, & pour-le moins dites que vous m’aimez.. C ILDIONE ) 2) Ne vouloir pas m’en croire à moins d’un mot fi rude. 4 és C’eft pour une belle ame un peu _ . - 5) TRAGÉDIE. Acre IL 259 De quelques traits pour vous que mon cœur foit frapé, Ce grand mot jufqu'ici ne m'efk point échapé ; > Mais haïr un rival, endurer d’être aimée. Comme vous de ce choix avoir l’ame alarmée: - A votre efpoir flottant donner tous mes fouhaits, À votre efpoir déçà donner tous mes regrets, N’eft-ce point dire trop ce qui fied mal à dire ? | ARDARIC. Mais vous épouferez Attila ? IEDIONE ne —- E mon Cœur EE Que faitil, ce cœur, que m'abufer, Si mème en n’ofant rien il craint de trop ofer? Non, fi vous en aviez , vous fauriez la reprendre, Cette foi, que peut- ètre on eft prèt de vous rendre. Je ne men dédis point, & ma jufte douleur Ne peut vous dire aflez que vous manquez de cœur. IL D EONE . 11 faut donc qu'avec vous tout-à-fait je m'explique ? Écoutez & lar-tont, = feigneur, plus de replique. _Je vous aime. Ce mot me coûte à prononcer; Mais puifqu'il vous plait tant, je veux bien m'y forcer. Permettez toutefois que je vous dife encore, Que fi votre Attila de ce grand choix mhonote, Je recevrai fa main d’un œil auf content, Que fi je me donnais ce que mon cœur prétend. | Non + de fon amour je ne prenne un tel gage Kk ii SU NT È = me SharS EF. Ha RTS 4 Pour le dernier foplic ice & le dernier outrage; . Et que le dur effort d’un fi cruel moment , Ne redouble ma haine & mon refflentiment : Mais enfin mon devoir veut une déférence , Où mème il ne foupconne aucune répugnance, Je lPépouferai donc, & réferve pour moi La gloire de répondre à ce que je me doi. — Jai ma part comme une autre à la haine publique Qu’aime à femer partout fon orgueil tyrannique ; Et le hais d'autant plus, que fon ambition À voulu s’aflervir toute ma nations SA Qu'en dépit des traités & de tout leur myltère, G Un tyran qui déja SE immolé fon frère : M. à + outait_: Aurait peut-être peine he . au mien. Si donc ce trifte choix nvarrache à ce que j'aime . S'il me livre à lhorreur qu'il me fait de lui- mème Sil mattache à la main qui veut tout ficcager ; ED Voyez que d’intérèts, que de maux à venger ! Mon amour, & ma haie, &la caufe commune Crieront à la vengeance, en voudront trois pour une 3. Et: comme J'aurai lors {a vie entre mes mains, Il a lieu de me craindre autant que je vous plains. Âflez d’autres tyrans ont péri par leurs. femmes 3 3: Cette gloire aifément touche les grandes ames j. Et de ce mème coup qui brifera mes RE H eft beau que ma main venge tout Punivers. - Voilà quelle je fuis, voila ce que je _penfe > Voilà ce que: l'amour prépare à à qui l’offenfe. Vous, faites moi juftice; & fongez mieux, ügneur, N êe : = RSS SES ST STE" a TRAGEDIE. AcrTe IL 26: 5 S'il faut me dire encor que je manque de cœur, ë) | ARDARIC- fu. : É Vous préferve le ciel de Pépreuve cruelle Ÿ Où veut un cœur fi grand mettre une ame fi belle? Le Et puifle Attila prendre un efprit aflez doux, ; S Pour vouloir qu’on vous doive autant à lui qu'à vous! © à Fin du fecond ae, PT APS NE RE FPT DU D ET SO 2e te me CE) 4 D) Es TS 4 DES CE ER PA SCENE he Re PT ES PIE PER PE ET UE TT PET TP ER A ENIERTS MT D eee M PRO IEEE TO ES Eu NET HE CORRE # TR TE Ro DT PR PS D D TE PE ee M ET PE NT Te ms AT A AE Fe nn ae m6 à RE RE A AE 3 à # 4 4 PIRE RSI I RÉRE7 ART PATTES Fr PPT AT GES TE CEE /' on CSC ere, cas (Je TES RE é TI G+ ; DiePet LATE LES ES RARE ÉEE GRIS GARE QE Gus UE RE AL LE ; 6 SA 4 RES, À f É ) « RE ! À A gs orme af re a terre iie n fc ee Heat Nm PT, D PDT ner a À CT ilE S GENE BLREMI ER E ATTILA, OCTAR. | T IL À. Ocrax AR, > astu pris Loin. -de- redoubler : Ma. garde ? ? | OCTAR. Oui, feigneur, & déja chacun s’entre-regarde, S’entre-demande à quoi ces ordres que j'ai mis... LE ETIE A Quand on à deux rivaux, marque-t-on dennemis { £ | GEÉTIR Mais, feigneur, jufqu'ici vous en doutez encore. | Al PEE A, Et pour-bien éclaireir ce qu’en effet j'ignore, Je me mets à couvert de ce que de plus noir Infpire à leurs pareils l'amour au defefpoir ; Et ne laiffant pour arme à leur douleur preflante, Qu’une haine fans force. » Une rage impuiflante, Je naffüre un triomphe en ce glorieux jour our leurs. reflentimens comme fur leur amour. RSRTIS <= PRESS PES US ie l'E. Agere IIlL ue: Qu'en difent nos. deux rois ? OCTIR Leurs ames allatmées. De voir par ce renfort leurs tentes enfermées , Affectent de montrer une tranquillité. AE L A De leur tente à la mienne ils ont la liberté. GCTIR Oui , mais feuls , & fans fuite; & quant aux deux princeffes . Que de leurs actions on laiffe encor maitrefles ; On ne permet d'entrer chez elles qu” à Que gens se Et jen bannis park ces rois & Leurs. agens: no N’en ayez plus, feigneur, aucune inquiétudes Je les fais obferver avec exactitude ; . Et de quelque côté qu’elles tournent leurs pas, Jai des yeux tout placés qui ne les manquent pas: On vous rendra bon compte , & des deux rois, & d'elles. AT LITS. Hi fuit fur ce point, apren d’autres nouvelles. Ce grand chef des Romains. lilluftre Aétius, = LE. feul que je craignais, Odar. il ne vit plus. OOCTAR. Qui vous en a défait 2 APTTILL _ Valentinian même. ur qu'il mufurpât jufqu'e à {on diadème , Et preffé des foupcons où j'ai fà l'engager, Lui-mème, à fes yeux même, il Pa fait égorgers. Rome perd en Jui ni plus de LU batailles 3 ÿ. _ FU DR er Si Je me vois l’accès libre Sd de fes murailles ; Et fi jy fais paraitre Honorie & fes droits, Contre un tel empereur j'aurai toutes les voix; Tant. l’efiroi de mon nom, & la haine publique, Qu’attire [ur fa tète une mort fi tragique, Sauront faire aifément, fans en venir aux mains, De Pose d'une fœur, un maître des Romains. O C T À RK. Âinfi donc votre choix tombe fur Honorie ? AP TILA. Jy fais ce que je puis, & ma gloire m'en prie: Mais d’ailleurs, Tidione à pour moi tant d’attraits _ Que mon cœur étonné flotte plus que Jamais. “Je fens combattre encor. “dans ‘cé CŒUT qui Loupire- _ Les droits de la beauté contre ceux de l'empire, L'effort de ma raifon qui foutient mon orgueil, Ne peut non plus que lui foutenir un coup d'œil; Et quand de tout moi-mème il ma rendu le maitre, Pour me rendre à mes fers elle na qu'à paraître. OQ beauté, qui te fais adorer en tous lieux, Cruel poifon de l'ame, & doux charme des YEUX, Que devient, quand tu veux, lautorité fuprème, Si tu prens malgré moi Vempire de moi-même ; Et fi cette fierté qui fait par-tout la loi, y) Ne peut me garantir de la prendre de toi ? = | % Va la trouver pour moi, cette beauté charmantes 6 Du plus utile choix donne lui Pépouvante; | Pour Pobliger à fuir, peig lui bien tout Paffront Que va mon hyménée imprimer fur fon front, Ofe plus , fai lui peur d'une prifon févère, - SOURCE TRAGÉDIE Acre IIL 26 nm nd mere Rem mms er Qui me réponde ici du couroux de fon frère, . Et retienne tous ceux que l’efpoir de fa foi Pourrait en ‘un moment foulever contre moi. Mais quelle ame en effet n’en ferait pas féduite ? Je vois trop de périls, Otar, en cette fuite ; Ses yeux, mes fouverains à qui tout eft foumis, Me fauraient d'un coup d'œil faire trop d’ennemis. Pour en fauver mon cœur prens une autre manière. Fai m'en haïr, pein moi d’une humeur noire & fière; Di lui que jaime ailleurs, & fai lui prévenir La gloire qu'Honorie eft prête d'obtenir. : Fai qu’elle me dédaigne » & me préfère un autre, Cr Qui n'ait pour tout pouvoir qu'un faible emprunt du nôtre : cn) Ardaric, Valamir, ne m'importe des deux. pa Mais voir en d’autres bras l’objet de tous mes vœux! Vouloir qu’à mes yeux mème un autre le poflède ! Ah! le mal eft encor plus doux que le remède, Di lui, fai lui favoir. OCTAR. Quoi, feigneur ? ÀATILLA Je ne fai: Tout ce que j'imagine eft d’un fâcheux effai. OCT AR. À quand remettez-vous , après tout, d’en réfoudre ? À T EF I L À. Octar, je lapercois. Quel nouveau coup de foudre ! © raïifon confondue, orguéil prefque étoufé, > Avant ce coup fatal que n’as-tu triomphé ? P. Corutill. Tome VI . SC EN Ê, II « ILDIONE, ATTILA, OCTAR. ‘) —. ATTIL A. Voir jufqu’en ma tente enlever mes hommages, Madame, c’eft trop loin poufler vos avantages ; Ne vous fufitil point que le cœuf foit à vous ? ELDFTONE C’eft de quoi faire naître un efpoir affez doux. Ce n’efk pas toutefois, feigneur, ce qui m’amène ; Ce font des nouveautés dont j’ailieu d’être en peine. Votre garde eff doublée, & par ün ordre exprès Je vois ici deux rois obfervés de fort près. RETEL À Prenez-vous intérêt ou pour l’un, ou pour l’autre ? ILDIONE. Mon intérèt, feigneur , c’eft d’avoir part au vôtre. J'ai droit en vos périls de m'en mettre en fouci; Etde plus, je me trompe, ou lon m’obferve auf. Vous ferais-je fufpecte ? Et de . À T T : EL À. Se D'être aimée : Med ne vos attraits . Jai Pame charmée , Si jen crois laparence, ont bleflé plus-d’un roi; D’autres. ont un cœur tendre, & des yeux comme moi; Et pour vous & pour moi en préviens lPinfolence , Qui pourrait fur vous-même ufer de violence, . SDS URUN 300 RTS RCI IR a TRAGÉDIE Acre IIL 267 K) ee FE ILDIONE. D Il en eft des moyens plus doux & plus aifés, FF + Si je vous charme autant que vous m'en accufez. D __ A LTTLA — ) | _. 1% Ah, Vous me charmez trop, moi, de qui Pame altière (2 Cherche à voir fous mes pas trembler la terre entière ; ») Moi, qui veux pouvoir tout, fi-tôt que je vous voi, E Malgré tout cet orgueil, je ne puis rien fur moi, #) Je veux, je tâche en vain d'éviter par la fuite: 72 Ce charme dominant qui marche à votre fuite: S Mes plus heureux fuccès ne font qu’enfoncer mieux #) L'inévitable trait dont me percent vos yeux. 4 É _ Un régard imprévûü leur fait une victoire; ( à) Leur moindre fouvenir l’emporte fur ma gloire ; Il s'empare & du cœur, & des foins les plus doux; G Et j'oublie Attila dès que je penfe à vous. | Ÿ | Aura mis fous vos loix toute ma deftinée ? Quand je voudrai punir, vous faurez pardonner , Que pourai-je , madame, après que l’hyménée G Vous refuferez grace où j'en voudrai donner , KE Vous enverrez la paix où je voudrai la guerre, — o Vous faufez par mes mains conduire le tonnerre; | 7 Et tout mon amour tremble à s’accorder un bien à Qui me met en état de ne pouvoir plus rien <) Attentez un peu moins {ur ce pouvoir fuprème, S | Madame, & pour un jour ceflez d’être vous-mème, Ÿ | Ceflez d’être adorable, & laiflez moi choifir __f - Un objet qui m'en laifle aifément reffaifr. se & Défendez à vos yeux cet éclat invincible $) | Avec qui ma fierté devient incompatibles : EN ES ») Êt rendez moi vous-même à moi-mème à ce prix, - (: | ILDILONE. Û Je croyais qu'on me dût préférer Honorie . C Avec moins de douceur & de galanteries S | Et je m'attendais pas une civilité, | 7. Qui malgré cette honte enflit ma vanité. S Ces honneurs près des miens ne font qu'honneurs fivoles; ) | Ils n’ont que des effets, j'ai les belles paroles ; \ | Et fi de fon côté vous tournez tous vos foins, - {) Cet qu’elle a moins d’attraits, & fe fait craindre moins. dé - L'auraiton jamais crû qu'un Attila pût craindre . à Qu'un fi léger éclat eût de quoi Ly contraindre ? Q Ët que de ce grand nom qui remplit tout d’effroi, S Il wofät hazarder tout l’orgueil contre moi? 4 Avant qu'il porte ailleurs ces timides hommages , N Que jufqu'ici j'enlève avec tant d'avantages, ) Aprenez moi, feigneur, pour fuivre vos defleins, { Comme il faut dédaigner le plus grand des humains; à Dites moi quels mépris peuvent le fatisfaire. . Ab, fi je lui déplais à force de lui plaire, Ç Si de fon trop d'amour fa haine eft tout le fruit, s) Prètez moi he en. prètez moi des mépris, 6 Alors qu’on la mérite, où fe voit-on réduit? Allez, feigneur, allez où tant d’orgueil afpire. Honorie a pour dot la moitié de l’empires D'un mérite. penchant c’eft un ferme foutien; Et cet heureux éclat efface tont. _ mien : Je n'ai que ma ne RCE RUES Û TR A GÉDIE. Acte IIL 269 X) ATTILA | ai À \ “4 … Et c’eft plus que Pempire , % +) Plus qu'un droit fouverain {ur tout ce qui refpire. E) Û Tout ce qu'a cet empire, ou de grand, ou de doux, re a) Je veux mettre ma gloire à le tenir de vous. É - ë Faites moi l’accepter, & pour reconnaiflance , | Ë) G Quels climats voulez-vous fous votre cbéiffance ? 72 K*4 . Si la Gaule vous plait, vous la partagerez, EN s J'en offre la conquête à vos yeux adorés, =. L) £ } Et mon amour | LE k a oO — + S _ À quoi que cet amour s Hit, f& é La main du conquérant vaut mieux que fa conquête. SN G A LTÉE A, | s) #2) : Quoi, vous pourriez m'aimer, madame, à votre tour? É . e - Qui sème tant d’horreurs fait naître peu d'amour. &) | . ) Qu’aimeriez-vous en moi?" Je fuis cruel, barbares (=. 7; ‘Je n'ai que ma fierté, que ma fureur de rares. E) K On me craint, on me hait, on me nomme en tout lieu 1% 4 La terreur des mortels, & le fléau de Dieu. > LE È Aux refus que je veux c’eft là trop de matière; » à Et fi ce n’eft aflez d'y joindre la prière, ee 4 : Si rien ne vous réfout à dédaigner ma foi, | S e Apréhendez poür vous, comme je fais pour moi. &) * } Si vos tyrans d’apas retiennent mA franchile, . -- G _ : Je puis Pètre comme eux de qui me tyrannie. | k \ Souvenez Vous enfin que je fuis Attila,- - ( “2 | é _— - ue c’eit dire tout que d'aller jufque-là. - ë) LE. = I L D:FO N-E.. : - as 4 ïi fine donc me réfoudre ? ? Eh bien.jofe. Des ace 3 : : LE 4 Re Ex ne SES FES ES Re Ÿ C7. = 270 Difpenfez moi du relte, il y faut trop d’audace, Je tremble comme un autre à l’afpect d’Attila, Et ne me puis, leigneur, oublier jufque-là. Fobéis, ce mot feul dit tout ce qu'il fouhaite; Si c’eft m'expliquer mal, qu'il en foit l’interprète. J'ai tous les fentimens qu'il lui plait m'ordonner; J'accepte cette dot qu'il vient de me donner. _ Je partage déja la Gaule avec mon frère, Et veux tout ce qu'il faut pour ne vous plus déplaire. Mais ne puis-je favoir, pour ne manquer à tien, À qui vous me donnez, quand j'obéis fi bien? ; ATTIT | Je n’ofe le réfoudre, & de nouveau je tremble, -Sitôt que je conçois tant de chagrins enfemble. Ceft trop que de vous perdre, & vous donner ailleurs, Madame, laiflez moi féparer mes douleurs. _ Souffrez qu'un déplaifir me prépare pour l’autre: Après mon hyménée on aura foin du vôtre. Ce grand eflort déja n’eft que trop rigoureux, Sans. y joindre celui de faire un autre heureux. Souvent un peu de tems fait plus qu’on w'ofe attendre, ÉÉEDIONE Joferai plus que ‘vous, feigneur, & fans en prendre; Et puifque de fon bien chacun peut ordonner, Votre cœuf et à moi: j'oferat le donner; = Mais je ne le mettrai qu’en la main qu’il fouhaite. Vous, traitez moi, de grace, ainfi que je vous traites Et quand ce coup pour vous fera moins rigoureux , Avant que me donner confultez-en mes vœux, mener. Most us eue ess, TRAGÉDIE Acre IIL 271 ë) - Ve é A E) ‘Vous aimeriez quelqu'un! © = FA ILDIONE E) Jufqu’à votre hyménée 4 Mon cœur eft au monarque à qui l’on m'a donnée; (£ | Mais quand par ce grand choix jen perdrai tout efpoir, ) J'ai des yeux qui verront ce qu'il me faudra voir. px 5 6 EE NE LIT Se HONORIE, ATTILA, ILDIONE, S —. OCTAR. iQ Ces: HONORIE : (= E grand choix eft donc fait, feigneur, & pour le faire N Vous avez à ‘tel point redouté ma colère, Ÿ ) Que vous n'avez pas crû vous ‘en pouvoir fauver 4 Ê Sans doubler votre garde, & me faire obferver? - 4 Je ne me jugeais pas en ces lieux tant à craindre; PAS Et d’un tel attentat j'aurais tort de me plaindre , ) Quand je vois que la peur de mes reffentimens | 4 . En commence déja les juftes châtimens. fs ÊED TON E. _ N Que ces ordres nouveaux ne troublent point votre ame; - Pas Cétait moi qu'on craignait, & non pas vous, madame; 1 Et ce glorieux choix qui vous met en couroux, Ÿ ; Ne tombe pas fur moi, madame, c’eft fur vous, ; 6 | {) Ïl ef vrai que fans moi vous n'y pouviez prétendre; Son cœur, tant qu'il m'eût plà, s’en auroit fù défendre ; Il était tout à moi: Ne vous allarmez pas D'aprendre qu'il était au peu que j'ai d'apas; Je vous en fais un don; recevez-le pour gage, Ou de mes amitiés, ou d’un parfait hommage ; Et forte déformais de vos droits & des miens, Donnez à ce grand cœur de plus dignes liens. —-HONORIS. C’eft donc de votre main qu’il pale dans la mienne, Madame, & c’eft de vous qu'il faut que je le tienne? ILDTIONE : Si vous ne le voulez aujourd’hui de ma main, Craignez qu'il foit trop tard de le vouloir demain, Elle l’aimera mieux fans doute de la vôtre ; Seigneur , ou vous ferez ce préfent à quelqu’autre, Pour lui porter ce cœur que je vous avais pris, - Vous m'avez: commandé des refus, des mépris : Souffrez que des mépris le refpe&t me difpenfe, Et voyez pour le refte entière obéiflance. Je vous rens à vous-mème, & ne puis rien, de plus ; Et c’eft à vous de faire accepter mes refus, | OCTO CEE s CENT PRLHIÉERE HONORIE, OCTAR; FLAVIE. se HONORTES À NÉE, fervez moi bien. Si vous aimez Flavie Elle fera-le prix de m'avoir bien fervie, Jen donne ma parole, & fa main eft à vous, Dès que vous m'obtiendrez Valamir pour époux. __ OCrAR. : Je voudrais le pouvoir, jJ'aflurerais ; madame , Sous votre Valamir mes jours avec ma flamme, Bien qu'Attila me traite allez confidemment, Ts dépendent fous lui d'un malheureux moments Î ne fut qu'un foupcon , un dégoût, un caprice ;. Pour en faire à fa haine un foudain facrifice : Ce neft pas un efprit que je porte où je VEUx. Faire un peu plus de-pente au penchant de fes vœux, L’attacher un peu plus au païti qu'ils choififent, Ce n’elt rien qu'avec moi deux mille autres ne puiffents, Maïs propofer de front, ‘ou vouloir doucement». x => Contre ce qu'il réfout tourner fon fentiment… RNA / ES SEA Res a + e ve des MEL ER A en Ve RER LeCRSeUR ARE LE o fa penfée en faveur de la vôtre, : S Ceft ce que nous n'ofons, ni moi, ni pas un autre; É Et fi je hazardais ce contretems fatal, 5 Je me perdrais; madame, & vous fervirais mal. | HONORIE. | | de Mais qui Pattache à moi, quand pour l’autre il foupire ? 2. 5 ‘ | OCTAR. a. Ve La mort d’Aëtius & vos droits fur l'empire, Il croit s'en voir par-là les chemins aplanis , Et tous autres fouhaits de fon cœur font bannise Il aime à conquérir , mais il hait les batailles ; : Il veut que fon nom feul renverfe les murailles : Et plus grand politique encor que grand guerrier, Ï tient que les combats fentent l’avanturier. Il veut que de fes gens le déluge effroyable Atterre impunément les peuples qu’il accable ; Et prodigue de fang , il épargne celui Que tant de combattans expoferaient pour lui, Aïinfi n’efpérez pas. que jamais il relâche, Que jamais il renonce à ce choix qui vous fâche : : Si pourtant je vois jour à plus que je n’attens, Madame, aflurez xous que je prendrai mon tems. | = RARES PS …. CVS ue BRLOCLER ECOLE TRAGÉDIE Acre IV. Se A D 6 HONORIE, FLAVIE “) À | Le N FLAVIE ») E vous êtes-vous point un peu trop déclarée ; ; % Madame, & le chagrin de vous voir préférée, Ÿ | Etouffle-til la peur que marquaient vos difcours, Ve De rendre hommage au fang d’un roi de quatre jours ? +) | HONORIE, 7 Je te Pavais bien dit , que mon ame incertaine De tous les deux côtés attendait mème gène, Flavie, & de deux maux qu’on craint également Celui qui nous arrive cft toujours le plus grand, Celui que nous fentons devient le plus fenfble, D'un choix fi glorieux la honte eft trop vifble 3 Tidione a fi l’art de m'en faire un malheur; La gloire en eft pour elle, & pour moi la douleur: Elle garde pour foi tout l'effet du mérite, = Et me livre avec joie aux “ennuis qu’elle évite, Vois avec quelle infulte & de quelle hauteur Son refus en mes mains réjette un fi grand cœuts Cependant que ravie elle affure à fon ame La douceur d’être toute à l’objet de fa flamme; Car je ne doute point qu'elle n'ait de l'amour. Ardaric qui s'attache à la voir chaque jour, pe Les refpects qu’il lui rend, & les foins qu'il fe donne.… x ._ P. Corneille Tome VI. S némersmensr-s | FLAVÉE Jofe vous dire plus, Attila l'en foupconne; Il eft fier & colère, & s’il fait une fois Qu'Iidione en fecret l’honore de fon choix , Qu’'Ardaric ait fur elle ofé jetter la vüe, Et briguer cette foi qu'à lui feul il croit dûe, Je crains qu’un tel efpoir au lieu de s'afermir — FONORIE. Que n’ai-je donc mieux tù que jaimais Valamir ! Mais quand on eft bravée, & qu’on perd ce qu’on aime, Flavie, eft-on fitôt maitrefle de foi-mêème ? D’Attila, s'il fe peut, tournons l'emportement Ou contre ma rivale, ou contre fon amant 5 Accablons leur amour fous ce que j'apréhende; Promettons à ce prix la main qu’on nous demande; Et faifons que lPardeur de recevoir ma foi L’empèche. d’être ici plus heureufe que moi. Renverfons leur triomphe. Etrange frénéfe ! Sans aimer Ardaric jen conçois jaloufie ! = Mais je me venge, & fuis en ce jufte projet Jaloufe du bonheur, & non pas de Pobijet. : FLAVIE Âttila vient, madame. | HONORIE. | = _ Hé bien, faifons connaître Que le fang des Céfars ne foufre point de maître. . Et peut bien refufer de pleine autorité = k a » ; s Ce qu'une autre refufe avec témérité, Qué. =. SCENE II, - ATTILA, HONORIE, FLAVIE. Re RLTELA E.. s’aprète, madame, & ce grand hyménée Peut -dans une heure ou deux terminer la journée, - Mais fans vous Y contraindre, & je ne Viens que voir Si vous avez mieux vù quel ef votre devoir. EE ON OMR + Mon. devoir ef, feigneur, de foutenir ma gloire, Sur qui va s’imprimer une tache trop noire, Si votre illuftre amour pour fon premier effet Ne venge hautement loutrage qu'on lui fait. Puis-je voir fans rougir qu'à la belle Ildione Vous: demandiez congé de: m'offrir votre trône ? ATTrEX Toujours Jidione, & jamais Attila ! - HONORTIE. Si vous me préférez, feigneur, puniflez-la; Prenez mes intérêts, & preflez votre flamme De remettre en honneur le nom de votre femme, Tidione. le traite avec trop de mépris, Soutrez-en de pareils, ou rendez lui fon prix. À: quel droit voulez-vous qu'un tel manque d’eftime, il eft gloire pour elle; en moi devienne un CHImME ? Nnij | Fe Fesevre PRIS RIT TS RTS RIT CG Sn ÿ) /] : / : 15 Es - RÉ ê —_ Qu’après que nos refus ont tous deux éclate, à £) Le mien foit puniffäable où le fien eft flatté ? 1 QG Qu'elle brave à vos yeux ce qu’il faut que je craigne, S < Et qu’elle me condamne à ce qu’elle dédaigne ? LA a (e Pour vous juftifier mes ordres & mes vœux, > & } _ Je croyais qu'il fuffit d’un fimple, Je Le veux; Mais voyez, puifqu'il faut mettre tout en balance, D’Hdione & de vous qui m'oblige, ou m'offenfe. Quand on refus me fert, le vôtre me trahit; Ïl veut me commander, quand le fien m'obéit. = L'un eft plein de refpe@, l’autre eft gonflé d’audace ; Le vôtre me fait honte, &-le fien me fait grace. Faut-il après. cela qu’ aux dépens de fon fang Je mérite l'honneur de vous mettre el mon ee 2. HO NOR E. Ne peut-on Îe venger , à moins qu’on affafline ? Je ne veux point fa mort, ni mème fa ruine; I eft des châtimens plus jules & plus doux, Qui Pempècheront mieux de triompher de nous. Je dis de nous, feigneur, car loffenfe eft commune , - Et ce que vous m'ofrez des deux n’en ferait qu’une. Idione , pour prix de fon manque de foi, Dilpofe arrogamment & de vous & de moi! * Pour prix de la hauteur dont elle m'a bravée. Ke À Ton heureux amant fa main eft: réfervée ; ET Avec qui fatisfaite elle goûte l’apas ( 7 De n'ôter ce que j'aime, & me mettre en vos bras! #) a Quel eft-il cet amant ? $ ut R y y 7 y dy y ERA de SÉROROPEROENSOUESE HONORITE. - Ienotez-vous encore Qu'elle adore Ârdaric, & qu'Ardaric l'adore 2. _ HI TILA Qu'on m’amène Ardaric. Mais de qui favez-vous, = HONOR ÏI E. C’eft une vifon de mes foupcons jaloux, Jen fuis mal éclaircie, & votre orgueil l'avoue, . Ét quand elle me brave, & quand elle vous joue, Mème s'il faut vous croire, on ne vous fert pas mal, Alors qu'on vous dédaigue en faveur d'un rival. D'Ardaric & de moi telle eft la différence, Qu'elle en punit afñez Îa foile préférence. HONORIE. Quoi , S'il peut moins que vous’, ne lui volez-vous pas Ce pouvoir ufurpé fur fes propres foldats ? : Un véritable roi qu’oprime un fort contraire, Tout oprimé qu'A ef, garde fon caractère; Ce nom lui refte entier fous les plus dures loix; . Il eft dans les fers même égal aux plus grands rois, Et la main d'Ardaric fuit à ma rivale, | Pour lui donner plein droit de me traiter d’égale. Si vous voulez punir l’affront qu’elle nous fait, Réduifez-la, feigneur, à lhymen d'un fujet; Ne cherchez point pour elle une plus dure peine, Que de voir votre femme être fa fouveraine; Et je pourai moimème alors vous demander Le droit de m'en fervir, & de lui commander. Nn äj LE Le] N Sn ee _ (*% ATEN E À, : { KT lé Se dame, je faurai lui trouver un fuplice ; 4% ED Agréez cependant pour vous-même Hices : n) CE Et s'il faut un fujet à qui: dédaigne un roi, as A Choififlez dans une heure, ou d'Oar, ou de moi. ( É 4 | HONORIE. : + S D'Odar- où …. 1: à ATTILA LE Les grands cœurs. parlent avec franchife, i f e C’eft une vérité que vous m’avez aprile : VE A4 Songez donc, fans murmure, à cet illuftre ee S G Et remerciez moi de fuivre ainfi vos loix. ’ 2) mHONORIE = C C% Me propoler Odar! . i) K A T T 1 . = | = SA 7 Qu'y. trouvez-vous à dire? | 6 G Sefait-il à vos yeux indigne de l’empire ? ) EJ S'il eft né fans couronne, & n’eut jamais d'états, +) G On monte à ce grand trône encor d’un pas plus bas. Ÿ S On a yü des Céfars, & mème des plus braves, ( e Qui fortaient d’artifans, de bandoliers, d’efclaves : ; 5 ES _- Le tems & leurs vertus les ont rendu fimeux, f% Cv /4 Et notre cher Octar a des vertus comme eux. _. N à Se | i) = }) Va, ne me tourne point Oûar en ridicule, : Ce & Ma gloire pourrait bien l’accepter fans fcrupule , à € Tyran; & tu devrais du moins te fouvenir fl Ë bi 4 Que sil n’en eft pas digne, il peut le devenir. S ® Au défaut dun beau fang il eft de grands fervices ; - FS £) Il eft Le. vœux : foumis, il eft des facrifices, 5 RSR RS mms AS mn md HOCACCLROCOULOUNC $ Lt ACTE IV. 287 6 Il eft des glorieux & furprenans effets, À _Des vertus de héros, & mème des forfaits. L'exemple y peut beaucoup. Inftruit par tes maximes , S Il s’eft fait de ton ordre une habitude aux crimes: Comme ta créature il doit te refflembler. 4 Quand je l’enhardirai, commence de trembler. +) Ta vie eft en mes mains dès qu'il voudra me plaire ; Et rien n’eft für pouf toi, fi je veux qu’il efpère. Ton rival entre, adieu, délibère avec lui. Si ce cher OMtar m'aime, où fera ton apui ? Æ SC É N E IV. ATTEL A. ARDARIC = AFTrEÀ Sieneur. [ur ce grand choix je ceffe d’ètre en peine; Jépoufe dès ce foir la princefle Romaine; : En wai plus qu'à prévoir à qui plus fürement Je puis confier l'autre & fon reflentiment. Le roi des Bourguignons, par ambaflade exprefle, Pour Sigifmond {on fils voulait cette princefle ; Mais nos ambaffadeurs furent mieux écoutés. Pourrait-il nous donner toutes nos füretés ? ARDAÂARIC. Son état fert de borne à ceux de Mérouée ; La . entreux deux ferait bientot nouées Doc RSA 0e RIT FCO | G 2e . 5 LL TR L À, Un mari pour fa femme, un frère pour fa {œur, G Et vous verriez armer d’une pareille ardeur À L'union en ferait trop facile & trop grande, Ç AL LL [À £ Celui des Vifigoths faifait mème demande, £ Comme de Mérouée il eft plus écarté, À Leur union aufait moins de facilité : &J Le Bourguignon d’ailleurs {épare nos provinces , Ç Et fervirait pour nous de barre à ces deux princes, F ARDARIC (é Oui, mais bientôt lui-même entreux deux écrafe. Q Leur ferait à fe joindre un chemin trop aifé; & 7 Et ces deux rois par-là mâiîtres de la contrée, C + D'autant plus fortement et défendraient l'entrée, >) Qu'ils auraient. plus. à perdre , & qu'un juite couroux / % N’aurait plus tant de chefs à liguer contre VOUS, 5 - La princeffle Idione eit orgueilleufe & belle, Le D. Il lui faut un mari qui réponde mieux d'elle, F Dont tous les intérêts aux vôtres foient foumis - Ç Et ne le pas choifir parmi vos ennemis, (x D’une fière beauté la haine opiniitre SK Donne à ce qu’elle haït jufqu'’au bout à combattre ; LP / Êt pour peu que Ja veuille écouter un ÉpOUX. .. e = > À T1IELAX | À D I de. in donc, feigneur, ou Välamir, ou vous; G La pourriez-vous aimer ? parlez fans fatterie, 2) J'aprens ‘que Valamir eft aimé d'Honorie ; 4 11 peut de mon hymen concevoir quelque ennui , e Et je m'aflurerais fur vous plus que fur lui. a /l é Fe - __— ARDARIC. | eu T 7/72 7 7/ à VE. DFA AO AVR SMS MS mm RS RS RS [lauaseueceue. ee, & TRAGÉDIIE dre IV. 289 à) . | AR DB Gen 20 5 +) . C’eft m’honorer, féigneur , de trop de confiance. (C & our E Parlez donc, pourriez-vous goûter cette.allance ? | À. | AR D ARIIC. à) | « Vous favez que vous plaire eft mon plus cher (OU Ÿ. | à AD DE se $ G Qu'on cherche la princefle, & qu'on lamène ici: 4 G Je veux que de ma main vous receviez la fienne. 4% 7 Us Mais dites moi, de grace, attendant qu’elle vienne, _K & Par où me voulez-vous affurer votre foi ? E) ne) Et que feriez-vous prèt d'entreprendre pour moi? 2 ‘à E É Car en&m elle eft belle, elle peut tout féduire, ë | R Et vous forcer vous-:mème à me vouloir détruire. as F9) | RDA RTC: E) | G Fautil vous immoler l’orgueil de Torrifmond? () 4) Faut-il teindre lÂArar du fang de Sigifmond ? 4 È CG Faut-il mettre à vos pieds & lun & l'autre trône ?. SS & Al T ÉFA. : _ Ne difimulez point, vous aimez Idione,. … _ à) Ç Et propofez bien moins ces. “slorieux travaux : . :) +] Contre mes ennemis que contre Vos rivaux. 3 LE | Es _ Ce promt emportement, & ces fubites haines , | K Sont d’un amour jaloux Îles preuves trop certaines : (C& 7 Les foins de cet:amour. font ceux de ma grandeur ; à) à Et fi vous n’aimiez pas , vous auriez moins d’ardeur. Ÿ Comme vers notre amour ce nom le rend coupable; Comme fa perte elt juite encor qu il n'ofe riens ; } Voyez comme un rival ef foudain haiffable, D — P. Corneille. Tome VI. : | ‘Oo - Ÿ | “+ Et fans aller fi loin, délivrez moi du mien. Diférez à punir une offenfe incertaine , Et fervez ma colère avant que votre haine. Serait-il far pour moi d’expofer ma bonté À tous les attentats d’un amant fuplanté ? Vous-mème pourriez-vous époufer une femme, . Et laiffer à fes yeux le maître de fon ame? | AR D AR IEC. S'il était trop à craindre, äl faudrait l’en bannir. | A ET IL à. Quand il eft trop à craindre, il faut le prévenir, C’eft un roi dont les gens mèlés parmi les nôtres Feraient accompagner fon exil de trop d’autres, Qu'on verrait s'opofer aux foins que nous prendrons, Et de nos ennemis groflir les efcadrons. ARDBARIC. Eff.ce un crime pour lui qu’une douce efpérance Que vous pourriez ailleurs porter la préférence ? AT TEE À Oui, pour lui, pour vous-mème , & pour tout autre roi, Cen eft un que prétendre en mème lieu que moi. S'empater d'un efprit dont la foi m’eft promife, Cet furprendre une place entre mes mains remifes Et vous ne feriez pas moins coupable que lui, Si je ne vous voyais d’un autre œil aujourd’hui... , À des crimes pareils J'ai dû mème juftice, Et ne choïfis pour vous qu'un amoureux fuplices Pour un fi cher objet que je mets en vos bras, Eli-ce un prix exceflif qu'un fijufte trépas? TRAGÉDIE. Acre IV. 29r _ ARDI SIC. N © Mais c’eft deshonorer, feigneur, votre hyménée à Que vouloir d’un tel fang en marquer la journée. A TT EE Eftil plus grand honneur que de voir en mon choix Qui je veux à ma flamme immoler de deux rois, Et que du facrifice où s’expiera leur crime, L'un deux foit le miniftre, & l’autre la victime? Si vous nofez par-là fatisfaite vos feux, Craignez que Valamir fe foit moins fcrupuleux , Qu'il ne s’impute pas à tant de barbarie D’accepter à ce prix fon illuffre Honorie ee Et n'ait aucune horreur de fes vœux les plus doux. Si leur entier [uccès ne lui coûte que vous; Car je puis époufer encor votre princelle, Et détourner vers lui l'effort de ma tendrefle, ROSÉ OCUoUo SCIE NE y ILDIONE, ATTILA, ARDARIC Passe A LL FL À Ildione.. Vos refus obligeans ont daigné n’ordonner De confülter vos vœux avant que vous donner; Je m'en fais une loi. Dites moi donc, madame, Votre cœur .d'Ardaric agréraitil la Aamme ? oi EL DILO-NE. | Cef à moi d'obéir ; vous le fouhaitezs Mais, feignéor.; . = . ee ATPÉES Il y fait quelques difficultés, Mais je fais que fur lui vous êtes abfolue. Achevez d'y porter fon ame irréfolue , . Afin que dans ‘ane heure au milieu de ma cour Votre hymen & le mien couronnent ce grand jour, RO RON LV ÿ ARDARIC, ILDIONE: : ILDÉONE. | & D Où viennent ‘ces foupirs ? d’où nait cette triftefle ? 2) Eft-ce que la furprife étonne lallégrefe, É _ Quelle en fufpend l'effet pour le mieux fignaler , | K Et qu'aux yeux du tyran il faut difimuler ? FD Il ef parti, fergneur, fouffrez que votre joie, (EN Souftez que fon excès tout entier Îe déploie , $ Qu'il fafe voir aux miens celui de votre amour. : ARDARIC Vous allez foupirer, madame , à votre tour, À moins que Votre cœur malgré vous fe prépare A-mavoir rien d’humain, ‘non plus que ce barbare. I me choifit pour vous, c’eft un bonheur bien grand, Mais qui doit faire horreur par lé prix qu'il le vend. A recevoir ma main pourriez vous être prète ; =. _ Fil faut qu'à Valamir il en coûte la tète £ | ei ONE Quoi , feigneur ? + SD À R D À R I-C . Attendez à vous en étonnet - © Que vous fachiez la main qui doit lPafafiner. : - Ceft à cet attentat la mienne qu'il deltine . Madame. _ = : — " 2 : G 294 A A, 1 ; ILDIONE. Ceft par vous, feigneur, qu'il l'afaMine 2 ARDARIC. Il me fait fon bourreau pour perdre un autre roi, À qui fait fa fureur la mème offre qu'à moi: Aux dépens de fa tète il veut qu’on vous obtienne: On Jui donne Honorie aux dépens de la mienne ; Sa cruelle faveur m'en a laiflé le choix, | ÉÉ-D EG NE Quel crime voit fa rage à punir en deux rois? ARDARIC. Le crime de tous deux c’eft d’aimer deux princefles , Ceft d’avoir mieux que lui mérité leurs tendrefles. De vos bontés pour nous il nous fait un malheur - Et d’un fujet de joie un excès de douleur. ILDIONE Eft:1 orgueil plus lâche, ou lächeté plus noire ? Il veut que je vous coûte, ou la vie, -ou la gloire, Et ferve de prétexte au choix infortuné D'affafliner vous-même, ou d’être affafiné ! IL vous offre ma main comme un bonheur infigne , Mais à condition de vous.en rendre indigne; Et fi vous refufez par-là de m'acquérir , Vous ne fauriez vous-même éviter de périr ! ee Ï1 eft beau de périr pour éviter un crime ; Quand on meurt pour f gloire, on revit dans l’eftime ; Et triompher ainff du plus rigoureux fort , Ceft s’immortalifer par une illufre mort. _ D —… e S— Ë TRAGEDIE. Acre IV. 20 :) ILDIONE. Cette immortalité qui triomphe en idée, | ( Veut ètre, pour charmer, de plus loin regardée; Et quant à notre amour, ce triomphe eft fatal, . La gloire qui le fuit nous en confole mal. CSSS SSSR SRE? ARDARIC. Vous vengerez ma mort, & mon ame ravie... ILDIONE. Ah, venger une mort n’eft pas rendre une vie » Le tyran immolé me laiffle mes malheurs, Et fon fang répandu ne tarit pas mes pleurs. A RDA RTC. Pour fauver une vie, après tout, périffable , En rendrais-je le refte infame & déteftable ? Et ne vaut-il pas mieux aflouvir fa fureur ; Et mériter vos pleurs, que de vous faire horreur ? LOI ONES Vous men feriez fans doute après cette infamie, Affez pour vous traiter en mortelle ennemie ; Mais fouvent la fortune a d’heureux changemens , Qui préfident fans nous aux grands événements. Le ciel neft pas toujours aux méchans fi propice: Après tant d'indulgence il a de la jufice. | Parlez à Valamir, & voyez avec lui Sil melt aucun remède à ce mortel ennui > — . b ù ERREURS té V4 AT TiCE À, A R D'ASR FC Madame. . : ILDIONE. Allez, feigneur, nos maux & le tems preflent, Et Îlés mèmes périls tous deux vous intéreflent. _. ARDARIC. J'y vais, mais en l’état qu’eft fon fort & le mien, Nous nous plaindrons enfemble, & ne réfoudrons rien. ILDIONE Armez contre un tyran vos plus dangereux charmes , Voyez fi de nouveau vous le pourez domter , Et renverler fur lui ce qu’il ofe attenter. Reprenez en fon cœur votre place ufurpée, Ramenez à l'autel ma viétime échapée, Rapellez ce couroux que fon choix incertain En faveur de ma flamme allumait dans mon fein, Que. tout fembie facile en cette incertitude ! Mais qu'à Pexécuter tout eff pénible & rude! Et qu’aifément le fexe opofe à fa fierté Sa douceur: naturelle & fa timidité ! Rêve, mes triltes yeux, trève aujourd’hui de larmes, Va Quoi, ne donner ma foi que pour être perfide ! à = N’accepter un époux que pour un parricide ! T% Ciel, qui me vois frémir à ce nom feul d'époux , ) Ou ren moi plus barbare, ou mon tyran plus doux, û Fin du quatriäne ae. = à Bus NeLRS Re RS Rd ee eue CRE in en Ÿ £) | à ca De ces fleuves de fang où fe baignait ta rage. N à) RD Voir E ne Er IpA t) CS Que vous perdez des mots injurieux ps 2) A me faire un reproche & doux & glorieux! K G Ce Dieu dont vous parlez, de tems en tems févère, À +) … . de or * coEe C & ais quand à fà fureur il Le. PAYER è EN Elle à pour chaque tems des déluges divers. 0 AZ Jadis de toutes parts faifant regorger l'onde, NA © Sous un déluge d’eaux il abima le monde: S à) Sa main tient en réferve un déluge de feux, . (à Pour le dermier moment de nos derniers neveux; à ED Et mon bras dont il fait aujourd'hui fon tonnerre ; fe É : D'un déluge de fang couvre toute la terre, Û e | HONORFE Ed Lorfque par les tyrans il punit les mortels, ( Ë €: Il réferve fa foudre à ces grands criminels, S 2) Qu'il donne pour fuplice à toute la nature, : d: Jufqu’à ce que leur rage ait comblé la mefure, 6 EN Peut-être qu’il prépare en ce mème moment ÿ Le À À de fi noirs forfaits Péclat du châtiment, a 7 Qu'alors que ta fureur à nous perdre s’aprète, £ É à) Jl tient le bras levé pour te brifer la tête, E ESA Et veut qu'un grand exemple oblige de trembler G € Quiconque déformais t'ofera refflembler.. : À à ATTILA. _ 5 CG Hé bien, en attendant ce changement finiftre à | Ÿ | & J'oferai jufqu'au bout lui fervir de minilire, E ( | Et )) N 1 D. WA À | Roue nrscrussausueus a ce oies Aere V. 320$ Et faire exécuter toutes fes volontés Sur vous. & fur des rois contre moi révoltés. Par des crimes nouveaux je punirai lés vôtres, Et mon tour à périr ne viendra qu'après d’autres. HONORTE. Ton fang, qui chaque jour à longs flots diftillés ; Séchape vers ton frère & fix rois immolés, Te diraitil trop bas que leurs ombres t’apellent? Faut-il que ces avis par moi fe renouvellent ? Voi, voi couler ce fang qui te vient avertir, Tyran, que pois les joindre il faut bientôt partir. : A TTIE À. Ce n’eft rien, & pour moi s'il n’eft point d'autre foudre , J'aurai pour ce départ du tems à ny réfoudre. D’autres vous enverraient leur frayer le chemin, Mais j'en laifferai faire à votre grand deftin ; Et trouverai pour vous quelques autres vengeances, Quand Vhumeur me prendra de punir tant d’offenfes, É Corsreille. “Tome VI. D : ÉE - 3 SC EN -L..Lr. ILDIONE, ATTILA, HONORIE, VALAMIR, À R LR 1 C. OCTAR / | ATTIL À à Idione. O: venez-vous, madame, & qui vous enhardit À vouloir Voir ma mort qu'ici l’on me prédit 2 Venez-vous. de deux rois foutenir la querelle ? 2 Vous révolter . comme eux? me foudroyer comme elle ? Ou mendier Papui de mon jufte couroux Contre votre Ardaric qui ne veut plus de vous ? : ILDION_E. I n’en mériterait ni l'amour ni Peftime, S'il ofait efpérer m’aquérir par un crime. D'un fi jufte refus j'ai de quoi me louer, Et ne viens pas ici pour len défavouer. Non, feigneur, c'eft du mien que j'y viens me dédire, Rendre à mes yeux fur vous leur fouverain empire , Rattacher, réunir votre vouloir au mien, Et reprendre un pouvoir dont vous mufez pas bien, Seigneur, eftce là donc cette reconnaiffance Si hautement promife à mon obéiffance ? J'ai quitté tous les miens fous lefpoir d’être à vous; Par votre ordre mon cœur quitte un efpoir f doux; RVRS AS _. Tr TR TR TRS 4 poses venues eue reus TRAGEDIE Aëre V. 307 Je me réduis au choix qu’il vous a plû me faite, Et votre ordre le mèt hors d'état de me plaire* Mon refpect qui me livré aux vœux dun autre foi, N°y voit pour lui qu'oprobre, & que honte pour moi! Rendez, rendez-le-moi, cet empire fuprème, Qui ne vous laiffait plus difpofer de vous-même: Rendez toute votre ame à fon premier fouhait; Recevez qui vous aime, & fuyez qui vous hait, Honorie a fes droits, mais celui de vous plaire N’eft pas, vous le favez, un droit imaginaire ; Et pour vous apuyer Mérouée a des bras Qui font taire les droits quand il faut des combats. ATTILA, Non, .je.ne. puis plus voir cette ingrate Honorie Qu’avec la même horreur qu'on voit une furie ; Et tout ce que le ciel. a formé de plus doux, Tout ce qu'il peut de mieux, je crois le voir en VOUS. Mais dans votre cœur mème un autre amour MUFEMUTE ; Éorlque.. - {EL D 10 N. _. __ Vous pourriez croire une telle pofure Qu'ai-je dit, qu'ai-je fait que de vous obéir? Et: par où jufques-là. m’aurais-je pü trahir 2: ie à TE EE A. ne ef pour. VOUS. UN. époux adorable. ILDIO NE. 2. main lui donnait ce qu l avait d’ cimables 5 Et je ne l'ai tantôt accepté pour. Spoux à RTS LE ons cumeenran mme Que par cet ordre exprès que j'ai recû de. vous. Vous aviez déja vü qu’en dépit de ma flamme, | Pour vous faire empereur .…. = | À D LIL A | Vous me trompez, madame: Maïs l'amour par vos yeux me fait fi bien domter , Que je ferme les miens pour n’y plus réfifter. N’abufez pas pourtant dun fi puifant empire; a Songez qu'il eft encor d’autres biens où j'afpire, co) Que la vengeance eft douce auffi-bien que lamour ; € Et laïiflez moi pouvoir quelque chofe à mon tour, $ | TLDIONE. (© Seigneur, enfanglanter cette illuftre journée! Q Grace, grace du moins Jufqu’après Ébipménée, Le À on heureux flambeau fouffrez un Pur éclat, à x Et laiflez pour demain les maximes d'état. $ | ATEPLA. ES Vous le ‘voulez, Madame, il faut vous fatisfaire ; S :* Mais ce n’eft que groffir d'autant plus ma colère ; &. } Et ce que par votre ordre elle perd de momens ; 7 Enfle lavidité dé mes reflentimens. N HONORIE. - re Voyez, voyez plutôt, par votre exemple même , $ Seigneur, jufqu’où s’aveugle uni grand cœur quand ilaime; Æ7 Voyez jufqu’où l'amour; qui vous ferme les yeux, . a Force & domte les “HoiS qui réfifient le mieux, 1) Quel empire il fe fait fur lame la plus fière: (e Et fi vous avez vû la mienne trop altière , à) Voyez ce même amour immoler pleinement Son orgueil le plus jufte au falut d’un amant ; & M - | - OO RTE TR A G ÉD E: Avr V, 309 Et toute fa fierté. dans mes larmes éteinte Defcendre à la prière, & céder à la crainte. Avoir à jufques-là réduire mon couroux, Vous doit être, feigneur, un triomphe aflez doux. Que tant d’orgueil domté fufffe pour victime, _ Voudriez-vous traiter votre exemple de crime ? Et quand vous adorez qui ne vous aime pas, D'un réciproque amour condimnet les | Ac PDEeoÂ: a Non. princefle, il vaut mieux nous imiter lun autre. Vous, fuivez mon exémple, & je fuivrai = vôtre. = CN montre Idione à Honorie. | : | Vous condamniez madame à l'hymen dun. fuiet > Rempliffez au lieu d’ellé un fi jufte projet. Je vous l'ai déja dit, & mon refpe fidelle À cette digne loi que vous faifiez pour elle, N'ofe prendre autre tègle à punir vos ie Si Valamir vous plaît, fa vie efl à ce. prix. Difpofez à ce prix d’une main qui m'eft dûes Ocar , ne ee pas Ja. prince | de vie. 5 [ à Udione. | es 4 Vous, qui me commandez de VOUS donner ma foi, Me allons au temple ; & vous; 3 fois, fuivez x MO Qi iij EOCCCCOTÉCCOUUUR G 310 _ TTIL A, b RARE SN AP HONORIE. OCTAR s HO: N Oo R. I &e Ts... + vois, pour, toucher cet otencilleus courage ; J'ai pleuré ; j'ai. prié, j'ai tout mis en ufage, Octar, & pour tout fruit de tant d’abaiflement, Le barbare me traite encor plus fiérement. S'il refte iquelque. <lpoir , c’eft. toi feul qu'il regarde. Prendras-tu. bien ton. tems # ? Tu commandes fa gardes La nuit &le fommeil vont tout mettre en ton choix; Et Flavie eft le prix du falut de deux rois. à ee + OC T-A:R.- EPA Ah, —. -Attila;. depuis votre menace, G Met hors de mon pouvoir left de cette audace, 2) Ce défiant efprit n’agit plus maintenant, a e . Dans toutes fes fureurs »s que par mon lieutenant ; € Ceft par lui qu'aux deux rois il fait Ôter les armes; ee : Et. deux mots en fon ame ont jetté tant d’alarmes, | S Qu’exprès à votre fuite 4 mattache aujourd'hui, \ À _ Pour m'ôter tout moyen de m'aprocher de lui. (e Pour peu que je vous quitte il y va de ma vie; # ) Et sil peut découvrir que j'adore Flavie . . . (x ONCE Ç Il le faura de moi, fi tu ne veux Abit , û Infame , qui ten peux excufer fans rougir 4 HS me mime. RSR SSSR SR ST TRAGEDIE #%cre V. 211 Si tu veux vivre encor, va, cherche du courage. Tu vois ce qu’à toute heure il immole à {a rage; Et ta vertu qui craint de trop paraître au jour, Attend les bras croifés qu'il t'immole à {on tour! Fai périr, où péri, prévien, lâche, ou fuccombe; Venge toute la terre, ou grofi l’hécatombe. Si la gloire fur toi, fi l'amour ne peut rien, Meurs en traître, & du moins fers de victime au mien. CS CHENE Fr VALAMIR, HONORIE, OCTAR. :_HONORIE à Valæir. M qui me rend, feigneur, le bien de votre vüe ? ViLANIs | L'impatient tranfport d’une joie imprévüe. | Notre tyran neft plus. Re = HONORIE: 6 : H eft mort? = VALAMIR. | a COUtEZ . Comme enfin l’ont puni fes propres cruautés, Et comme heureufement le ciel vient de foufcrire À ce que nos malheurs vous ont fait lui prédire. + À peine fortions-nous pleins de trouble & d'horreur, Ee Ex Act HUE à, Qu’Attila recommence à faigner de fureur, Mais avec abondance, & le fang qui bouillonne, Forme un fi gros torrent, que lui-même il s'étonne, Tout furpris qu'il en eft, S'il ne veut s'arrêter | Ditil, ox me payera ce qu'il n'en va coñter. Il demeure à ces mots fans parole, fans force ; Tous fes fens d'avec lui font un foudain divorce; Sa gorge enfle, & du fang dont le cours s’épaiffit, Le pañlage fe ferme, ou du moins s'étrécit. De ce fang renfermé la vapeur en furie, Semble avoir étouffé fa colère & fa vie ; Et déja de fon front la funefte pâleur Nopofait à la mort qu'un refte de chaleur ,. Lorfqu’une illufion. Jui préfente fon ère, Et lui rend tout dun coup la vie & la colère; Il croit le voir fnivi des ombres de fix rois : Qu'il e veut immoler une feconde fois : Mais ce retour fi promt de fa plus noire audace N’eft qu’un dernier effort de la nature lafle, Qui prette à fuccomber fous la mort qui l’atteint) : Jette un plus vif éclat, & tout d’un coup s'éteint. Ceft en vain qu’il fulmine à. cette affreufe vie, Sa-rage qui renait en mème tems le tue; L'impétueufe ardeur de ces tranfports nouveaux À fon fang prifonnier ouvre tous les canaux : Son lancement perce ou romt toutes les veines ; Et ces canaux ouverts font autant de fontaines , Par où lame & le fang fe. prefent de fortir, Pour terminer ë ee e nous en. | garantir, Boncososscmusou : Si RURS s RAS SES SSSR | FRAGEDIÉ-AcrE V 312 Sa vie à longs ruifleaux fe répand fur le fable : Chaque inftant l'affaiblit, & chaque effort l’accable ; Chaque pas rend juftice au fang qu’il a vert, Et fait grace à celui qu'il avait menacé. Ce: m’eft plus qu’en fanglots qu’il dit ce quil croit dire; Il friflonne, il chancèle : il trébuche , il expire; Et fa fureur dernière épuifant tant d'horreurs : Venge enfin lunivers de toutes {es fureurs. NS PSE, a HT à ne SC DERNIERE Ç ARDARIC, VALAMIR, HONORIE, N -ILDIONE, OCR “) —_ S ARDARTIE s) E n’eft pas tout, feigneur, la haine générale, N N'ayant plus à le craindre, avidement s'étale; te Tous brûlent de fervir fous des ordres plus doux, a Tous veulent à lenvi les recevoir de nous. 5 Ce bonheur étonnant, que le ciel nous renvoie, Pas De tant de nations fait la commune joie; ES La fin de nos périls en remplit tous les vœux; | Eu Et pour être tous quatre. au dernier point heureux, S Nous mavons plus qu’à voir notre flamme avouée &) P. Corneille. Tome VI. - Re S S y ue de y RS = = à. ‘4 314 À ETEE À, &c & = ee. _ Ç Du fouverain de Rome & du grand Mérouce: A La princefle des Francs m’impofe cette loi. S | | HONORIE. e Pour moi, je n’en ai plus à prendre que de moi. <) | ARDARIC. (e Ne perdons point de tems en ce retour d’affaires ; A >) Allons donner tous deux des ordres néceflaires , & Remplir ce trône vuide, & voir fous quelles loix ES Tant de peuples voudront nous recevoir pour rois. LA VALAMIR. | G Me le permettez-vous, madame, & puis-je croire Que vous tiendrez enfin ma flamme à quelque gloire? HON ORTE. - - Allez, & nr — aflurez VOUS , feigneur , = Que nos deftins changés n’ont point changé mon cœur. Fin du cinquiéme ©S dernier afe é » ER E NICE TRAGÉDIE DE RACINE 670. PA E EE À G DE L'ÉDITE UK. Le Ux amant & une maitrefle qui fe quittent, ne font pas fans doute un fujet de tragédie. Si on avait propofé. un tel plan à Sophocle ou à Euripide, ils auraient renvoyé à Arifophane. L'amour qui neft qu'amour , qui n'eft point une pañlon ter- rible & funefte, ne femble fait que pour la comédie , pouf la paftorale , où pour. a | D —— - Cependant, Henrierte d'Angleterre, belle fœur de Louis XIV, voulut que Racine & Corneille fiffent chacun une tragédie des adieux de Tirus & de Bérénice. Elle crut qu'une victoire ob- tenue fur l'amour le plus vrai & le plus tendre, annobliffait le fujet: & en cela elles ne fe trompait pas; mais elle ‘avait - encor un intérèt fecret à voir cette victoire repréfentée fur le théatre ; elle fe reflouvenait des fentimens qu’elle avait eu long- tems pour Louis XIV, & du goût vif de ce prince pour elle. Le danger de cette paflion, la crainte -de mettre le trouble dans 6 -l famille royale, les noms de beaufrère & de bellefœur, ) frs > mirent un frein à leurs défirs; mais il refta toujours dans leurs _ cœurs une inclination fecrette, toujours chère à Pun & à \ l'autre. SJ Ce font ces fentimens. qu’elle voulut voir dévelopés fur la 3 foène 3 autant pour fa confolation que pour fon amufement, u Elle charger le marquis de Dongeur, confident de-les amours Sr RSS ITS SL NE PEL PES ARS RS PR RSS, mn EL gts | we. S S # avec le roi, d'engager fecrettement Corneille & Racine à tra- À ) vaillér Pun & lautre fur ce fujet, qui paraifait fi peu fait Es pour la fcène., Les deux piéces furent compofées dans l'an- G née 1670, fans qu'aucun des deux fût qu’il avait un rival. Ce PTE 11 : o , À A À Elles furent jouées en mème tems fur la fin de la même : # À année; celle de Racine à Phôtel de Bourgogne, & celle de (5 Corneille au palais royal, Il eft étonnant que Coreille tomba dans ce piège; il de. E vait bien fentir que le fujet était l’opofé de fon talent. Ey- AN) Zellus ne terrafla point Dares dans ce combat, il s’en faut bien, a La piéce de Corneille tomba; celle de Racine eut trente repré CG fentations de fuites & toutes les fois. qu'il s’eft trouvé un ac- 2) teur & une actrice capables d’intérefler dans les rôles de Titus | & de Bérénice, cet ouvrage dramatique, qui m’eft peut-être ES } pas une tragédie, à toujours excité les aplaudiffemens les plus FA vrais, ce font les larmes. ; 2) Racine fut bien vengé par le fuccès de Bérénice de la chûte de FR Britannicus. Cette eftimable piéce était tombée, parce qu’elle 2 avait paru un peu froide; le cinquiéme acte furtout avait ce 7 défaut; & Néroz qui revenait alofs avec Jumie, & qui fe juf CZ tifait de la mort de Britannicus , faifait un très-mauvais effet. » Néron qui fe cache derrière une tapifferie pour écouter, ne e paraiflait pas un empereur romain. On trouvait que deux À amans, dont Pun eft aux genoux de l’autre, & qui font fur- : d pris énfemble, formaient un coup. de théatre plus comique K à que tragique; les intérèts d’Aprippine,, qui veut feulement avoir È } le premier crédit, ne femblaient pas un:objet afez important: re Narcifle n’était qu'odieux; Bréamnicus & Junie étaient regardés CASA RU mS as men nd mes = E 3 ! ges SDE L'ÉDITEUR. 319 / comme des perfonnages faibles. Ce n’eft qu'avec Îe tems que les connaiffeurs firent revenir le public. On vit que cette pié- ce était la peinture fidèle de la cour de Néon. On admira enfin toute l’énervie de Tacire exprimée dans des vers dignes de Virgile. On comprit que Brianmicus & Junie ne devaient pas avoir un autre caractère. On déméla dans Asrippine des beautés vraies , folides, qui ne font ni gigantefques, ni hors de la nature , & qui ne furprennent point le parterre par des déclamations ampoulées. Le dévelopement du caractère de Né yon fut enfin regardé comme un chef-d'œuvre. que le rôle de Burrus eft admirable d’un bout à l’autre, & quil Britannicus fut ny a rien de ce genre dans toute antiquité. | & D s . - Te LL la piéce des connaifleurs , qui conviennent des défauts, qui aprécient les beautés. Racine pañla de limitation de Tacite à celle de Tibulle. Il fe tira d’un très mauvais pas par un effort de Part, & par la ma- gie enchanterefle de ce flile qui na été donné qu’à lui. Jamais on na mieux fenti quel elt le mérite de la difficulté furmontée. Cette difficulté était extrème; le fonds ne fem- blait fournir que deux ou trois {cènes, & il falait faire cinq _ actes. : | — On ne donnera qu’un léger commentaire fur Îa tragédie de Corneille; il faut avouer qu’elle n’en mérite pas. On en fera fur celle de Racine que nous donnons avant la Bérésice de Cor- meille. Les lecteurs doivent fentir qu’on ne cherche qu'à leur w être utile: ce nef ni pour Corneille, ni pour Racine quon F ccrt, c'eft pour leur art, & pour les amateurs de cet aft fi ) de. =. | ee - On convint . NS nes LAS AE vecu NT À. 7, 7 #4 ee 7 SA... CARE h/ ù DE =} Pat VeELRSRS RG ee es & 30 PRÉFACE DE L'ÉDITEUR. : z . On ne doit pas fe paflionnet pour un nom. Qu'importe Ÿ ; À qui foit l’auteur de la Bérérice qu’on Bt avec plaifir, & celui « ; de la Bérénice qu'on ne lit plus ? C’eft l’ouvrage, & non la à << perfonne qui intérefle la poltérité. Tout elprit de parti doit ; céder au defir de: s’inftruire S i we RAFEON rs ; ET Rare Em mm nn mins ns É Ceff-a-dire, que Titus, qui aimait palionnément Bérénice, E qui » Même, 4-ce qu'on croyait, lui avait promis de l’époufer, la ren- » voya de Rome, ‘malgré lui, €©$ maleré elle , dés Les premiers » Jours de Jon empire”. Cette attion eff très -famenfe dans Phafe _ dore; C2 je l'ai trouvée érés-propre pour le théatre, par la vio- lence des pallions quelle y pouvait exciter. En effet, nous H'avOnS rien de plus touchant dans tous les poètes, que la Jéparation d’Enée © de Didon dons Virgile. Es qui doute que ce qui a ph four- 9 sir allez de matière pour tout un chant d'un poëme héroïque , où À Podion dure plufieurs jours, ne puiffe fufire pour le Jujet d'une tra- ) géde, dont la durée ne doit être que de quelques heures ? I] ef vrai que je nai point poullé Bérénice jufowà fe Tuer comme Didon, K parce que Bérénice 1 ayant pas ic avec Titus les derniers enpare- JO mens que Didon avait avec Enée, elle neft pas oblirée comme elle de à. renoncer à la vie. A cela près, le dernier adieu qw'elle dit à Tirus, : (QI Peffort quelle Je fait pour s'en féparer, nef pas le moins tra- gique de la piéce: ES j'ofe dire qu'il renouvelle offez bien dans le cœur des fpeitateurs, l'émotion que le vefle y avait pA exciter. Ce nf point une néceflité qwil y ait du fong €$ des mors dans une \ tragédie; il faffé que l'atfion en Joit grande, -que les afeurs en P: Corneille. Tome VI. ee. SS PAT VUE AE UE se re Red ee QU CESSE Se veus es) À ous. ee N Ci un DRAC E SAS QG foiené héroiques, que les pallions y foient excitées, CS que tout sy À rellente de cette triliefe majefluenfe qui fait tout . plaifir de la tra- £édie. : Je crus que je pourrais vencontrer joutes ces parties dans T0 fes. Mais ce qui n'en plut davantage, C’eft que je le trouvai ex- trémement Jr mple. I) avait longtems que je voulais effayer ; fe Je. pourrais faire une tragédie avec cette fmplicité d'aëtion qui a été Jr foré du goñt des anciens. Car Cell un des premiers préceptes qw'ils nous ont laiflés. ‘ Que ce que vous ferez, dit Horace, fois on , jours fimple, E3 ne fois qu'un.” Ils ont admiré Ajax de So- phocle, qui weft autre chofe qu Ajax qui fe tue de regret, à caufe de la. Jur eur où il était tombé, apres les refus qu'on lui avait fait des armes d'Achille. He on. admiré. Je Philoctète, dont tout le Ju- _jet ff Uhffe, qu vie pour firprendre Les flèches d’'Hercule. L'Œdipe même, quoique tout plein de reconnoiffances , ef moins chargé de matière que la plus fimple tragédie de nos jours. Nous voyons enfin que les partifans de Térence , qw Pélevent avec raifon au-deffus de tous les poètes comiques , pour Pélésence de fa dihon, € pour la vraifemblance de [es mœurs, ne laïfent pas de confe effer que Plaute à un grand avansage [ur lui, par la finplicité qi ef dans la pläpart des Jujets de Plaute. Er C’eft Jans doute cette Ji- plicité merveillenfe, qui à attiré à ce dernier toutes les lournges | que les anciens li ont données. Combien Ménandre était-il encor À als fi imple , puilque Térence ef obligé. de prendre deux comédies de ce poëte, pour en ie une des Ji ennes ? Et il ne faut point croire que cette régle ne fo fondée que fr > la fantaifie de ceux qui Pont faite. I wy à que le wraifemblable qui souche dans la tragédie. Er quelle vraifemblance ÿ* ‘at-il, qi _& Mhémensmenensrst RACONTENT | : é AGE 5 PREMIER d) NX té 71 L) Q SC Er N + PRE M 1 È K EE” - 1% 2) EN NS à ; 2 G ANTIOCHUS, ARSACE, e 2) A ANTIOCHUS. LE É: RRrÉÈTONS un moment. La pompe de ces lieux, ) G Je le vois bien, Arface , : ef nouvelle à tes yeux. 7æ & A4 Souvent ce cabinet, fuperbe & folitaire, S CZ = Des fecrets de Titus eft le dépofitaire. : = Ÿ S C'eft ici quelquefois qu'il fe cache à fa cour. | € Ê ; Lorfqu'il vient à la reine expliquer fon amour. . ) N là fon apartement cette porte ef prochaine, ee ss a) cette autre nie dans celui de la reine. = E) S a) Et cet autre conduit dans celui de la É il fait voir clairement . combien Punité É reine. 1 Ce détail n'eft “ue inutile ; de lieu GC obfervées à 2 DE ee ë Dheycses CU AS Ron VAN Aateueriue é BERENICE EE 320 RME dre mo ed m6 Va chez elles di lui qu'impottun à regret, J ofe lui demander un entretien fecret. À RS AC E. DS ED D AE AS ARE Le nn San Vous, feigneur, importun ? Vous, cet ami fidelle ; Qu'un foin fi généreux intérefle pour elle 2 Vous, cet: Antiochus , {on amant autrefois ? Vous que l'Orient compte entre fes plus grands rois ? Quoi! déja de Titus D ) époufe en efpérance, Ce rang entrelle & vous met-il tant de diffance ? AN LEO CHUS. Va, dis-je, & c) fans vouloir te charger d’autres foins, Voi fi je puis bientôt lui parler fans témoins. SCENE fateur au fait tout d’un coup. On pourrait dire que Z porpe de ces lieux , & ce cabinet fuperbe , paraïflent des ex- preflions peu convenables à un prince que cette. pompe ne doit point du tout éblouir, & qui eft occupé de toute au- tre chofe que des ornemens d'un cabi- net. J'ai toujours remarqué que la dou- ceur des vers empéchait qu’on ne re- . marquât ce défaut. b) Epoufe en efpérance. ] D orcEon heureufe & neuve, dont Racire enri- chit la: langue, & que par conféquent on critiqua d'abord. Remarquez encof SS TE EXT MAS | SC À NE. IL AN TIOCH US. jeu: d) FH: bien, Antiochus, es-tu toujours le même ? Pourai-je fans trembler lui dire, Je vous aime 2. Mais quoi! déja je tremble , & mon cœur agité Craint autant ce moment que je lai fouhaité. Bérénice autrefois m'ôta toute efpérances Elle m'impofa même un éternel filence. Je me fuis tù cinq ans ; & jufques à \ ce jour, D'un voile d'amitié j'ai couvert mon amour. Dois-je croire qu’au rang où Titus la deftine, Elle m'écoute mieux que dans la Paleftine ? Il l’époufe. Ai-je donc attendu ce moment, Pour me venir encor déclarer fon atmant? Quel fruit me reviendra d’un aveu téméraire ? : Ah! puifqu'il faut partir, partons fans lui déplaire; Retirons nous, fortons, & fans nous découvrir, qu'époufe fupole , éant époufe. C'eftune ellipfe heureufe en poëñe. Ces finef. » es font le charme de la di&ion. - © ) Sans vouloir te charger d'autres /foins.] Ce vers qui ne femble fait que pour la rime, annonce avec att quAwéiochus ai- me Bérénice. - d) Beaucoup de JLedtenrs réprouvent . P. Corneille. Tome VI. ce long monologue. Il n'eft pas natu- rel qu'on Faffé ainfi tout feul l’hiftoire de fes amours, qu’on dife, Je me Juis: th Cinq ansÿ Où m4 imnpolé Jilence ; j'ai couvert ion amour dus voile d'amitié, On pardonne un monologue qui ef un combat du cœur, mais non tune réca- pitulation hiftorique. 6, | BERENICE DE RACINE, ä Allons loin de fes yeux l’oublier , où mourir. Ê } - quoi! foufrir toujours un tourment qu'elle ignore ? ë Toujours verfer des pleurs qu'il faut que je dévore? Quoi! même en la perdant redouter fon couroux ? se e) Belle reine, & pourquoi vous offenferiez-vous ? < Viens-je vous demander que vous quittiez l'empire, 5) Que vous maimiez ? hélas! je ne viens que vous dire, & Qu’après mètre longtems flatté que mon rival G Trouverait à fes vœux quelque obftacle fatal, 4 Aujourd'hui qu'il peut tout, que votre hymen s’avance, e Exemple infortuné d’une longue conftance, | 2 » Après cinq ans d'amour, & d’efpoir fuperflus, $ f) Je pars, fidèle encor quand je n’efpère plus, S Au lieu de s’offlenfer, elle poura me plaindre. : % Quoi qu'il en foit, parlons, c’eft affez nous contraindre, Et que peut craindre, hélas! un amant fans efpoir, N) Qui peut bien {e réfoudre à ne la jamais voir? Pa e) Belle reine] a ra Poe une ex- en . Cependant la douce harmonie & preflion fade. _deces vers naturels, font qu'on fuporte FA -0#f) Je pars fidèle “encoY pente je rh Antiochus; c'eft furtont dans ces faibles 7) pére plus. ] (Ces amans fidèles, fans | rôles que la belle verfifention ef né f L fuceès & fans efpoir, n'intéreffent ja- ceflaire. | BARRE 4 TR AGÉDIE. Acre L 332 à — = CE SC EN £ IIT 5 | Re | fe ANTIOCHUS, ARSACE. é : ANTLOCHUS, K À rc , entrerons-nous ? . _ | ( a ë) ; ee Seigneur, j'ai và la reine; Fe. Mais pour me faire voir, je n'ai percé qu’à peine ne g ) Les flots. toujours nouveaux d’un peuple adorateur, *) Qu’attire fur fes pas fa prochaine grandeur. : Ce Titus après huit jours d’une retraite aultere, 5) Cefle enfin de pleurer Vefpañen fon père. ; 1 Cet amant fe redonne aux foins de fon amour ; D Et fi jen crois, feigneur, lPentretien de la cour, En Peut-être avant la nuit l'heureufe Bérénice “€ È Change le nom de reine au nom d’impératrice. 5 ÿ) À NTI O CHU S.- > Hélas ! ee < _ ARSACE. ë) Quoi! ce difcours pourrait-il vous troubler? ( E à) g) Les flots toujours nouveaux d'un peu- | écrite, ‘@& conduite de même; car il 72 ple adorateur.} La profe n’eût pü ex- doit y avoir une conduite dans-chaqne 4 È primer cette idée avec la même préci- | fcène comme dans le total de la piéces: S fon, ni fe parer-de la’ beauté de ces-| elle eft même intéreffante, parce qu A#- N figures. Cet À le grand mwrite dela | #ochys ne dit point fon fecret , & lefait (4 _ | ÿ poëñe. -Cètte foène ft parfaitement entendre. E) : Ttij 5) ee 7: in nsmememems ms { eva arereus SRG et 332 BERENICE DERACINE, À AN TIOCH Ü S. Ainf donc fans témoins je ne lui puis parler? ARSACE. Vous la verrez, feigneur. Bérénice eft inftruite ; Que vous voulez ici la voir feule, & fans ie La reine d’un regard a: daigné m’avertir, : Qu’à votre empreflement elle allait confentir: Et fans doute elle attend le moment favorable, Pour difparaître aux yeux d’une cour qui Paccable, ANTIOCÉEES Il fuit. Cependant mastu rien négligé Des ordres importans dont je t'avais chargé ? ARSACE Seigneur , vous connaiflez ma promte obéiffance. Des vaiffleaux dans Ole. armés en diligence, Prèts à quitter le port de momens en momens, N’attendent pour partir que vos commandemens. ne qui renvoyez-vous dans votre Comagène ? ANTROGEUS.…. | Arface, il faut partir, quand jaurai vû la reine, ARSAC Ê Qui doit partir ? _ NT É O C H US. - Moi. ARSLCE, Vous ? À N EL 100 H U S. | ie En fortant du palais , — Je e de Rome, _Aface, & jen Lors pour jamais, = nn seen memes : A R=SACE. A -Je fuis furpris fans doute, & c’eft avec juftice. (= 4 Quoi, depuis fi longtems la reine Bérénice = ES e Vous arrache, feigneur, du fein de vos états? fe : : ). Depuis trois ans dans Rome elle arrête vos pas? ë é Et lorfque cette reine affurant fa conquête, s) | Vous attend pour témoin de cette illuftre fête, La? Lui prépare un éclat qui rejaillit fur vous. .. | 6 Quand Pamoureux Titus devenant fon époux, S 5) - ANTFTIOGHUS. — G é : Arface, laiffe la jouir de fa fortune, 4 À Et quitte un entretien dont le cours m'importune. e . ik | - PRSACE, #) S Je vous enteñs, PEReUr Ces mèmes dignités FS £). Ont rendu Bérénice ingrate à vos bontés. E) Ç L'inimitié fuccède à Pamitié trahie. Le dd ANTIOCHUS. = Æ k Non a 2 à a vi h LÉ NS on, Arface, jamais je ne Pat moins aïe, ÿ NN. RRS CE | 1e VA Quoi donc! De fa grandeur déja trop prévenu > ë ; Le nouvel empereur vous a-til méconnu ? : Ÿ. 2\ Quelque preflentiment de fon indifférence , - = | . A Vous faitil loin de Rome éviter fa préfence ? F4 6 : : ANTIOCHUS. : + 7 Titus n’a point pour moi paru fe démentir;. NE | G Jaurais tort de me plaindre. a) 2) ASSACE , _{S | te : | Et pourquoi donc partir? à) E) | Quel caprice vous tend ennemi de vous-même 2 2 - Tt ii) S ROSES ODICUOC a 334 BÉRENICE DE RACINE, k Le ciel met {ur le trône un prince qui Vous aime ; Ç Un prince qui jadis, témoin de vos combats, La Vous vit chercher la gloire & la mort fur fes pas: Cà Et de qui la valeur, par vos foins fecondée, k | _ Mit enfin fous le joug la rebelle Judée. x Il fe fouvient du jour illuftre & douloureux, < Qui décida du fort d’un long fiége douteux. LEA Sur leur triple rempart les ennemis tranquiles CG Contemplaient fans péril nos affauts inutiles. | / Le bélier impuiffant les menaçait en vain. Cr Vous feul, feigneur, vous feul, une échelle à la main, | à) Vous portâtes la mort jufques fur leurs murailles. ADS Ce jour prefque éclaira vos propres funerailles. E Titus vous embrafa mourant entre mes bras, Lo) _ Et tout le camp vainqueur pleura votre trépas. CG Voici le tems , feigneur, où vous devez attendre De. Le fruit de tant de fang qu'ils vous ont va répandre. (x Si preflé du défir de revoir vos états, se À Vous vous laflez de vivre où vous ne régriez Pas, - F À Faut-il que fans honneur PEuphrate vous revoie 2. e Attendez pour partir que Céfar vous renvoie £ VA Triomphant & chargé des titres fouverains = Qu’ajoute encor aux rois amitié des Romains. à À Rien ne peutil, feigneur ,: changer votre entreprife D Vous ne répondez point. - - CF AN TIOCHU:S. 2) : — Que veuxtu que je dife? | ( J'attens de Bérénice un moment d'entretien. AS) ARSARE ee : (% Hé bien, leigneur ? | nusurunusees sc _TRAGEDIE. Ace L 335 À ANTLOCHUS. | ) ee Son lort décidera du mien, ([& ARSACE - ) Comment ? 5) _ANTIOCGHUS, — | Sur fon hymen j'attens qu’elle s'explique, à Si fa bouche saccorde avec la voix publique, Ç S'il eft vrai qu’on l'élève au trône des Céfars , - È Si Titus a parlé, s’illépoufe, je pars. fe hRSACE _ | S Mais qui rend à vos yeux cet hymen f funefle? as ANTIOCH US. S | Quand nous ferons partis, je te dirai le refte. {= ARSAC E. NS Dans quel trouble, feigneur, jettez-vous mon efprit! L) | 1 ICCEUS. € La reine vient. Adieu, fai tout ce que jai dit. à - — Fe LA ASSISES $ | — OL NN E LE “ É BÉRENICE, ANTIOCHUS. NU HD ce Ç BÉRÉNICE ÿ} e FA Es je me d $ étobe à la joye importune S De tant d'amis nouveaux que me fait la fortune se Je fuis de leurs refpeûs l’inutile longueur, à Pour chercher un ami qui me parle du Cœur. S Il ne faut point mentir , ma jufte impatience CR Vous accufait déja de quelque négligence. @ Quoi! cet Antiochus. difais-je, dont les foins 4 Ont eu tout l'Orient & Rome pour témoins ; 6 Lui que jai vu toujours conftant dans mes traverfes, a # Suivre d'un pas égal mes fortunes diverfes ; G Aujourd’hui que le ciel femble me préfager 4 Un honneur qu'avec vous je prétens partager; Ce mème Antiochus fe cachant à ma vue ; S Me laifle à la merci d'une foule inconnue ? 2) : EN FIOCHUS. G Il eft donc vrai, madame ? & felon ce difcours, à _ L'hymen & D) | _ _ | - b) Aurais choif Jon Cœur, ES cherché | ainfi exprimé ces fentimens, qu’on re- ST. Je vertu. Perfonne avant Racise n'avait | trouve à la vérité dans tous les livres FN. L: RES 2 =, : s PE : < = Fe : AE 2 TRIO SSP CSCENSE # CRC ÉOU TRAGEDIE. ÂAcTE 152 337 L'hymen va fuccéder à vos longues amours ? | BÉRÉNICE - Seigneur, je vous veux bien confier mes allarmes, Ces: jours ont vu mes yeux baignés de quelques larmes. Ce long deuil que Titus impofait à fa cour » Avait mème en fecret fufpendu fon amour. Il n'avait plus pour moi cette ardeur affidue, Lorfqu'il pañait les jours attaché fur ma vue. Muët, chargé de foins, & les larmes aux yeux, Ïl ne me laiMfait plus que de triftes adieux. Jugez de ma douleur, moi dont l’ardeur extrème, Je vous Pai dit cent fois, aime en Jui que lui-même, Moi, qui loin des grandeurs dont il eft revétu, . h}) Aurais choifi fon cœur, & cherché fa vertu ! iNÉLOCHUS … Il a repris pour vous fa tendrefle première ? BÉRÉNICE. Vous flütes fpectateur de cette nuit dernière, Lorfque, pour feconder fes foins religieux , Le fénat a placé fon père entre les dieux. De ce jufte devoir fa piété contente _ A füt. place, feigneur , au foin de fon amante; Et mème en ce moment, fans qu’il m'en ait parlé, Il eft dans le fénat par fon ordre affemblé. La de la Paleftine il étend la frontière, Il y joint l'Arabie, & la Syrie entière; d'amour, & dont le feul mérite confifte dans 1€ choix des mots. Sans cette 1] G “ P, Cornalle. Tome VI D \* - élégance f fine & fi naturelle tout Le- rait langüiflant, a y - Madame, il faut partir. Quel fujet. ., s Vaient en tous lieux Ed. Ce: vers, &.| EN les fuivans, mont pas le mérite qu'on ESS 4 a remarqué dans les notes précédentes. G Un roi, dont % pleurs €T Les Joupirs À * Juivent en tous lieux une reine: ‘Aamoureu- É fe d'un antre, eft à un de perfon OSEO E fi = amis j'en dois croire la Voix, Si jen crois fes fermens redoublés mille fois, Il va fur tant d'états couronner Bérénice, Pour joindre à plus de noms le nom d’impératrice. Il m'en viendra lui-même aflurer en ce Heu. | ANTIOCHUS. Et je viens donc vous dire un éternel és à < BÉRÉNICE. Que dites-vous? Ah ciel! quel adieu! quel esae Fe Prince, vous vous troublez, & changez de vifage! A-NFTOCHUS. 2) Des pleurs 9 mes Joupirs vous Jui À CRÉRÉNTCE — ne ne puis-je favois AN TIOCHUS. IT falait partir fans la revoir. BÉRÉNICE. Que craignez-vous ? Parlez, Seigneur, de ce départ quel eft donc le miftère ? ANTFTTOCUHUS Au moins, fouvenez vous que je cède à vos loix, c’eft trop longtems fe taire, nige, qui exprime en vers faibles &. fiches un amour un peu. ridicule. Si la piéce était éerite de ce ton, elle ne ferait qu’une très faible idée en dia- . logues. Plus le héros qu'on fait parler eft dans une poñtion défagréable & in- digne d'un, héros... plus il faut s’étu- TRAGÉDIE. Acre I 339 RER ERA : ÿ - Et que vous m’écoutez pour la dernière fois. Si dans ce haut degré de gloire & de puiffance , — [|] vous fouvient des lieux où vous prites naifance ; Madame, il vous fouvient que mon cœur en Ges lieux Recut le premier trait qui partit de vos yeux. : Paimai, j'obtins laveu d'Agrippa votre frère: Il vous parla pour moi: peut-être fans colère ; Allez-vous de mon cœur recevoir le tribut : Titus, pour mon malheur, vint, vous vit, & vous plut. JL parut devant vous dans tout léciat d'un homme 3 Qui porte entre Les mains la vengeance de Rome. La Judée en. pâlit. = Le trife Antiochus = = Se compta le premier au nombre des vaincus. Bientôt de mon malheur interprète févère , _ Votre bouche à la mienne ordonna de fe taire. Je difputai longtems , je fis parler mes yeux; i) Mes pleurs & mes foupirs vous fuivaient ei tous l Enfin votre rigueur emporta la balance: iEUXx. Vous fütes nimpoler Pexil, ou le filence : I1 falut le promettre, & même le jurer… Mais, puifqu'en ce moment joie me dédié. dioe à relever par la-beauté du file da faiblefe du fond, Le rôle d'Anio- chus ne peut avoir rien de tragique ; mettez y done. plus de noblefle, plus. de chaleur & plus d'intérêt, s'il eft. poffble. — - _ : En général les déclarations d'amour; _ les maximes d'amour font faites pour We . la comédie. Les déclarations de X7- 5 : phares : d'Hippolite, d'Antiochus, font de + la galanterie , & rien de plus: 66. LÉ * morceaux fe fentent du goût dominant D qui régnait alors. # LIT NE - A BÈRENICE DE RACINE, ) Lorfque vous m’arrachiez cette injuite promelle , Mon cœur faifait ferment de vous aimer fans cefle. BÉRÉNICE. | Ah! que me dites-vous ? LANTEOCES Je me fuis tü cinq ans ; Madame , & vais encor me taire plus longtems. De mon heureux rival j'accompagnai Îles armes 5 J'efpérai de verfer mon fang après mes larmes, Ou qu'au moins jufqu'à vous porté par mille exploits Mon nom pourrait parler, au défaut de ma Voix. Le ciel fembla promettre une fin à ma peine. Vous pleurâtes ma mort, hélas! trop peu certaine, Inutiles périls! quelle était “mon erreur! k) La valeur de Titus furpañlait ma fureur, Il faut qu'à fa vertu mon eftime réponde. : Quoiqu'attendu , madame > à l’émpire du monde ; . Chéri de l'univers, enfin aimé de vous - Il femblait à lui {eul appeller tous les coups: Tandis que fans efpoir, haï, lafé de vivre , 5 Son malheureux rival ne {emblait que le fuivre. | Je vois que votre cœur maplaudit en {ecret ; * Je vois que l’on m’écoute avec moins de regret 5 5 k) Lo valeur de Titus Snpafait 77 À Fureur. T Noïlà à pen près ce qu'un lec- ) teur éclairé. demande. Auiochus Le re. (e lève , & c'eft un grand art de mettre :eft parfaite em fon gente. Si Ame chus ne parlait à que de fon amour, Fil ennuierait; il affädiraits mais tons les accefoires , toutes les circonftances qu'il emploie font nobles & intéref: fantes ; C'eft la gloite de Zi, ce les louanges de 75tys dans fà bouche. à Toute cette tirade où il parle de Titus É oi TRAGEDIE Acre I 24x Et que trop attentive à ce récit funefte, En faveur de Titus vous pardonnez le refte.. Enfin après un fiége auf cruel que lent, Ïl domta les mutins , refte pâle -& fanglant . Des flammes, de la faim, des fureurs inteflines, &z Et laifla leurs remparts cachés fous leurs ruïnes. Rome vous vit, madame, arriver avec lui. Dans l'Orient défert quel devint mon ennui! Je demeurai longtems errant dans Céfarce Lieux charmans, où mon cœur vous avait adorée. Je vous redemandais à vos trifles états; - Je cherchais en pleurant les traces de vos pas: Mais enfin fuccombant à ma mélancolie, Mon defefpoir tourna mes pas vers ltalie. - Le fort m'y réfervait le dernier de fes coups. Titus en m'embraffant m'amena devant vous. Un voile d'amitié vous. trompa Pun & l'autre, Et mon amour devint le confident du vôtre. Mais toujours quelque efpoir flattait mes déplaifirs.. Rome, Vefpañen, traverfaient vos foupirs. … - Après tant de combats Titus cédait peut-être, Vefpañen eft mort, & Titus eft le maitre. SE un fiége fameux dans lhiftoire, c'eft, | l'auteur n’a pu imiter ni l'art de Raci- fans le vonloir, l'éloge de l'amour de | #e, ni le ftile de Racine. Les premiers. Bérénice pour Titus. Vous vous fentez | actes d’Ariane font une faible copie de: alors attaché malgré vous; & malgré | Bérénice. Vous fentirez combien il ef la petiteffe du rôle d'Anfiochus. Vous difficile d’aprocher de cette. élégance. vertez dans Vexamen d'Arisse, que ! continue & de ce file toujours naturel. Vraie % g7 Que ne fuyais-je alors! Jai voulu quelques jours, De fon nouvel empire examitier lé cours ; Mon fort eft accompli; votre gloire s’aprète. ÂAflez d’autres fans moi, témoins de cette fète, À vos heureux tranfports viendront joindre les leurs. Pour moi, qui ne pourrais y mèler que des pleurs, D'un inutile amour trop conftante victime , Heureux dans mes malheurs, den avoit pû fans crime Conter toute l’hifloire aux yeux qui les ont faits, Je pars plus amoureux que je ne fus jamais! BÉRÉNICE. Seigneur, je n'ai pas cru que dans une journée, : Qui doit avec Céfar unir ma deftinée , J fût quelque. moftel qui pût han Se venir à mes yeux déclarer mon amant. Mais de mon amitié mon filence eft un gage. l) J'oublie en fa faveur un difcours qui m'outrage, Je n’en ai point troublé le cours injurieux, Je fais plus. À regret je recois vos adieux. : Le ciel fait qu'au milieu des honneurs qu'il m'envoie, Je m'attendais que vous pour témoin de ma joie, Avec tout l'univers jhonorais vos vertus. Titus vous chériflait, vous admiriez Titus. 1) J'oublie ex Ja Foveur un difèours qui moutrage €c.] Voilà le modèle d'u- ne réponfe noble & décente; ce n’eft point ce langage des anciennes ‘héroï- nés de roman, qu ‘ne déclaration ref _pedtueufe tranfporte d'une colère im- pertinente, Bérénice ménage tout ce qu'elle doit à l'amitié d’Arfochus ; elle intéreffe par: la vérité de fa tendreffe pour l’empereur. Il feimble qu'on en- _terde «Henrietie d'Angleterre: elle-même parlant au marquis de Zardess la po- TS SSSR SRIS TRAGEDIE st I. 243 Cent fois je me fuis fait une douceur extrème, D'entretenir Titus dans un autre lui-mème. _ ANDIOCHUS Et c’eft ce que je fuis. J'évite, mais trop tard, Ces cruels entretiens où je n’ai point de part, Je fuis Titus; je fuis ce nom qui m'inquiète; Ce nom qu’à tous momens votre bouche répète. Que vous dirai-je enfin? Je fuis des yeux diffraits .. Qui me voyant toujours ne me voyent jamais. Adieu, je vais le cœur trop plein de Votre image , Attendre en vous aimant la mort pour mon partage. Surtout ne craignez point qu'une aveugle douleur Rempliffe l'univers du bruit de mon maïlheur. Madame, le feul bruit d’une mort que jimplore Vous fera fouvenir que je vivais encore. Adieu. de ces maximes générales que le fen- timent réprouve. Rien de trop, rien de trop peu. On ne pouvait rendre plus agréable quelque chofe de plus mince. | liteffe de la cour de Zozis XIV., l’a- grément de la langue françaife, la dou- ceur de la verfification la plus natu- relle , le fentiment le plus tendre, tout fe trouve dans ce peu de vers. Point SOCCER 344 BÉRENICE DE RACINE, SCENE . BÉRENICE, PHENICE. PHÉNICE. Ue je le plains! #) Tant de fidélité, | Madame, méritait plus de profpérité. Ne le plaignez-vous pas ? BÉRÉNICE. Cette promte retraite Me life, je lavoue, une douleur fecrète. a HHENICE. ñ) Je Paurais retenu. : | BÉRÉNICE. Qui moi le retenir ? J'en dois perdre plutôt jufques au fouvenir. Tu veux donc que je flatte une ardeur infent&e ? PHÉNICE | Titus n’a point encor expliqué {a penfée. Rome vous voit, madame, avec des yeux jaloux. La rigueur de fes loix m’épouvante pour vous. . | | L'hymen in) Tant de fdélité méritait plus de prof. y n'eft plus ce goût fi fin, fi délicats périté €5c. ] La faibleffe du fujet Le | Phéice parle un peu en foubrette, montre ici dans toute fà mifère; ce 4) Je Paurais retenn , ] eft encor plus : re z DEN EN DEN D = | : £ ONDES ASE ERP nice ! Mais ce défaut eft bientôt réparé Qui tous de mon amant essprunimient par le difcours pafionné de Bérénice. leur éclat Sc: + LE P, Corneille. Tome VI. NE | | TRAGEDIE Acre L 345 9) L'hymen chez les romains n’admet qu’une romaine, ë) Rome hait tous les rois, & Bérénice eft reine, . É BÉRÉNICE. &,) Le tems meft plus, Phénice, où je pouvais trembler. ë) Titus m'aime , il peut tout, il n’a plus qu'à parler. Ÿ Il verra le fénat m'aporter {es hommages, 4 É Et le peuple de fleurs couronner {es images. F De’cette nuit, Phénice, astu vûü la fplendeur ? f+ Tes yeux ne font-ils pas tout pleins de fa grandeur ? ë) | Ces flambeaux , ce bucher, cette nuit enflammée, & : Ces aigles, ces faifceaux, ce peuple, cette armée, | fé Cette foule de rois, ces confuls , ce fénat, ë) Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat ; Pas Cette pourpre, cet or que rehauflait fa gloire, à Et ces lauriers encor témoins de fa victoire : Ÿ, Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts, re Confondre fur lui fenl leurs avides regards : # Ce port majeftueux, cette douce préfence : as Ciel! avec quel refpect, & quelle complaifance, ë) Tous les cœurs en fecret l’afluraient de leur foi! Le À Parle. Peut-on le voir fans penfer comme moi, { É Qu'en quelque obfcurité que le fort leût fait naître. à | Æ - Fa mauvais ; cela eft d’un froid comique: Cette foule de rois, ce co/ul, ce Je- (à & il importe bien ce qu'aurait fait Phé- nat , ) les ; 352 e) Cet amour ef? ardent > À le faut Con- Fefer.] Il y a dans prefque toutes les longtems un terme de mépris. piéces de Racire de ces naïvètés pnéri- PENTICE DERAGINE; Foulèrent à à Lu. piés toutes les loix de . Ont craint cette loi feule, & n’ont point à hos yeux Ÿ Allumé le flambeau d'un hymen odieux. Vous m'avez commandé furtout.d’ètre fincère. De laffranchi Pallas nous avons vu le frère ; Des fers de Claudius Félix encor flétri , Des deux reines, feigneur, devenir le mari ; Et s’il faut _jufqw au bout que je vous obéifle 7 Ces deux reines étaient du fang de Bérénice. Et vous croiriez pouvoir, fans bleffer nos regards, Faire entrer une reine au lit de nos Céfars, Tandis que l'Orient dans le lit de fes reines Voit pañler un elclave au fortir de nos chaînes ? C'eft ce que les Romains peufent de votre amour ; Et je ne répons pas, avant la fin du jour, Que le fénat chargé des vœux de tout Pempire, Ne vous redife ici ce que je viens de dire ; Et que Rome avec Jui tombant à vos genoux ; Ne vous demande un choix digne d'elle & de vous. Vous pouvez préparer, feigneur, votre réponle. EEFUS Hélas ! à quel amour on veut que je renonce !. PAULIN. cule au feul nom de Paulin, qui fut Racine “eût mieux fait d'ailleurs , de choifir un & ce font prefque toujours les | autre confident, & de ne point le.nom- _confidens qui les diféent. … Les critiques. | mer d’un.nom français , tandis qu'il lai£. en prirent occafion de donner du: ridi- Le à Zitus fon nom latin. Ce qui. eft S =. D ÉS . si OPERA NeueRseueueses Sasces ; LPOUARUe ever ve Vaueusr, TRAGSEDIE Aer lk 2e Fe PAULIN. e) Cet amour eft ardent, il le faut confefer. + _ EE US LÉ Plus ardent mille fois que tu ne peux penfer, Ë Paulin. Je me fuis fait un plaifir néceflaire, fl É De la voir chaque jour, de laimer, de lui plaire. | ë) J'ai fait plus. Je n'ai rien de fecret à tes yeux. Pas Jai pour elle cent fois rendu graces aux dieux, D D'avoir choifi mon père au fond de l’Idumée, 2) D'’avoir rangé fous lui lOrient & l’armée, Et foulevant encor le refte des humains, Remis Rome fanglante en fes paifñbles mains. J'ai mème fouhaité la place de mon père; E) Moi, Paulin, qui cent fois, fi le fort moins févère :) _Eût voulu de fa vie étendre les liens, LÉ - Aurais donné mes jours pour prolonger les fiens. E) Tout cela ( qu'un amant fait mal ce qu’il defire! ) Dans lefpoir d’élever Bérénice à l'empire, De reconnaître un jour {on amour & fa foi 5 Et de voir à {es piés. tout le monde. avec moi. É . Malgré tout mon amour, Paulin, & tous fes charmes , ëS . + Après mille fermens apuyés de mes larmes, 4% 0 à e e 0 77: Maintenant que je puis couronner tant attraits, - > Ÿ ee Ex : bien plus digne de remarque, c'eft que f cixe, dont ils fentaient l'extrême mérite 5) les railleurs font toujouts injuftes. S'ils. | dans le fond de leur cœur. Ils ne di- FH relevèrent les mauvais vers qui écha- | faient rien de celle de Corseille qui était 4 pent à Paulin, ils oublièrent qu’il en déja oubliée ; mais ils opofaient l'ancien à NX débite beaucoup d'excellens. Ces rail- mérite de Corneille au mérite préfent + À 1 f PR / + À US s'épuiférent fur la Bérérice de Ra- l de Racine, : É (e _ P. Corneille. Tome VI. y. à Ve mia V4 LTÉE BÉRENICE DE RACINE, Maintenant que je lPaime encor : plus que jamais, Lorfqu'un heureux hymen joignant nos deftinées, * Peut payer en un jour les vœux de cinq années; - Je vais, Paulin... O ciel! puis-je le déclarer ? PAULTN. | Quoi, feigneur ? | er. HLPUS “Pour. jamais je vais. mn en Hépater. Mon cœur en ce moment ne vient pas de de rendre. Si je t'ai fait parler, fi jai voulu t’entendre. Je voulais que ton zele achevât en fecret De confondre un amour qui fe tait à regret. Bérénice a: © la victoire ; Etf ; je. panche. enfin Ôté de’ | * Croi qu’il m'en a couté ; pour » vaincre tant d'amour. = Des Se dont mon cœur faignera plus d’un jour. J'aimais ,: je foupirais dans une paix profonde. à Un autre était chargé de. l'empire du monde, Maitre de mon deftin, libre dans mes oupirs, Se Je ne rendais qu’à moi compte de mes defirse | Mais à peine le ciel eut rapellé mon père, Dès que ma trifte main eut fermé fa paupière, De- mon dimable erreur je fus defabufé ; | Je fentis le fardeau qui “m'était impol ; = Je connus que bis ntôt, loin d’ètre à ce que J'aime, Hi falait, cher Paulin, renoncer à moi-même ;- Et que le choix des dieux, contraire à mes 1e Livrait à l'univers le refte de mes. jours. «Rome obferve. aujourd'hui ma. conduite nouvelle. . Lrorenenen ne. Ÿ CRU se CECRUIRE PRAGÉDIES Ace UE $ ) Qurille honte pour moi! quel préfage pour elle, {) Si dès le premier pas renverfant tous fes droits, Œ Je fondais mon bonheur fur le débris des loix !- LE A RP | à Réfolu d'accomplir ce cruel facrifice, a se Jy voulus préparer la trifte Bérénice. ( Mais par où commencer? Vingt fois depuis huit jours, : ÿ J'ai voulu devant elle en ouvrir le difcours ; Et dès le premier mot ma langue-embarrafée , Dans ma bouche vingt fois a-demeuré glacée. iÈ efpérais. que du moins mon trouble & ma- ie Lui feraient preffentir notre commun mal lheut :. : Mais fans me foupçonner. fenfbl e à mes nn Elle offre fa main pour effayer mes larmes; _ Et ne prévoit rien moins, dans cette obicurites Que la fn d'un amour qu’elle a trop mérité. Enfin jai ce matin rapellé ma conftance. I faut la voir, Paulin, & rompre le filence. dE attens Antiochus . » pour Jui. recommander - Ce dépôt précieux que je ne puis garder. Jufques dans POrient je. veux. qui la remène. ee Demain Rome avec Jui _Verra partir Ja rèine | Elle en. fera bientôt inftruite par ma VOIX ; Et je vais jui parler pour la dernière fois. PIULIN Je n ne pas moins de cet amour de gloire, Qui partout après vous attacha la victoire. ; La Judée afervie, @& les remparts famans, —_ ce ette > noble ardeur éternels MORUMENS ; FRS RSS SSSR RIRE é 336 BERENICE DERACINE, ’ & À) a % Me répondaient aflez que votre grand courage. Xù Ne voudrait pas, fcigneur, détruire fon ouvrage ÿ Saurait bien, tôt ou tard, vaincre {es paflions. G Et qu'un héros, Vainqueur de tant de nations , S FETUS. ë - Ah! que fous de beaux noms cette gloire eft cruelle! S Combien mes triftes yeux la trouveraient plus belle, cz S'il ne falait encor quaffronter le trépas! " EN Que dis-je! Cette ardeur que jai pour fes apas, 4 Bérénice en mon fein l’a jadis allumée. € Tu ne lignores pas; toujours la renommée ) Avec le mème éclat a pas femé mon nom. S'égarait, Cher Paulin , par l’exemple abufee . G Ma jeunefñle nourrie à la cour de Néron A Et fuivait du plaifir la pente trop aifée. CF Bérénice me plut. Que ne fait point un cœur À » Pour plaire à ce qu'il aime , & gagner fon vainqueur ? & | Je prodiguai mon fang. Tout ft place À mes armes. & Je revins triomphant, Mais le fans & les larmes à J'entrepris le bonheur de mille malheureux. _ On vit de toutes parts mes bontés fe répandre. 5 Heureux! & plus heureux que tu ne peux comprendre, À Quand je pouvais paraître à fes yeux fatisfaits, À 6 Ne me fuflifaient pas pour mériter Les vœux. ) ; Chargé de mille cœurs conquis par mes bienfaits! É Je lui dois tout, Paulin. Récompenfe cruelle! £ Tout ce que je lui dois va retomber ur elle. | Je ln vois. , miière fois. | ss F) Depuis cinq ans entiers chaque jour | — Fi crois toujours la voir pour la pres ve ue Soueusws PRIE CRE G TRAGEDIE Acre IL 357 Pour prix de tant de gloire & de tant de vertus, Je lui dirai, Partez, & ne me voyez plus. PAULIN. | Hé quoi, feigneur! hé quoi! cette magnificence, Qui va jufqu'à l'Euphrate étendre fa puifance, | Tant d’honneurs, dont lPexcès a furpris le fénat , Vous laiflentils encor craindre le nom d’ingrat ? Sur cent peuples nouveaux prince commande. TITÈS- Faibles amufemens d’une douleur fi grande! Je connais Bérénice, & ne fais que trop bien, Que fon cœur na jamais demandé que ie mien. Je l'aimai, je lui plus. Depuis cette journée ; (Dois-je dire funelte, hélas! ou fortunée ? ) Sans avoit en aimant d'objet que fon amour, Etrangère dans Rome, inconnue à la cour, Elle pañle fes jours, Paulin, fans rien prétendre ; Que quelque heure à me voir, & le refte à m attendre, Encor fi quelquefois un peu moins afidu , Je pañfe le moment où je fuis attendu, | Je la revois bientôt de pleurs toute. trempées Ma main à les fécher eft longtems occupée. Enfin tout ce qu’amour a de nœuds plus puiflans , . Doux reproches, tranfpoïts fans celle renaiffans , Soins de plaire fans aït , crainte toujours: nouvelle, Beauté, gloire, vertu» je trouve tout en elle. #) pue cing ans entiers chaque jour je la vois, Ces vers font connus de prefque tout y tions; ils font naturels Spin de fen- le monde; on en a fait mille aplica- À timent: mais ce qui lés rend encor Li | state Et crois toujours Es voir pour Ja première . N'y fongeons plus. Allons, cher Paulin, plus; + pente : Plus je fens chanceler ma cruelle conftance, Quelle nouvelle, 6 ciel, je lui vais annoncer! £) Encor un coup, allons, il ny faut plus penter. Je connais mou devoir, c'eft à moi de le fuivre, TITUS, Tr à Ab Pan ! Quoi! b) Je examine point fi jy _pourai furvivre, SCENE IIL DIULIN DE TT LE féigheté, demande às vous. parler. T L + ÜS. s PA CL.I N.. déja vous femblez reculer 2? De vos nobles projets, feigneur, qu'il vous fouvienne, meilleurs , c'eit qu’ils terminent un mor- ceau charmant. Ce n’eft pas une beau- té fans doute de l'Æfsére & de lOedipe | de Sophocle ; mais ; qu'on fe mette à place de l’auteur, qu'on eMaye de faire parler Titus comme Racine y était obli. | cé, & qu'on voie s'il ef poflible de le faire mieux parler. Le grand mérite confifte à repréfenter les hommes, _& les chofes ; comme elles font dans R À la | RTE nature, & dans la belle nature. Raphael À féufit aufli-bien à peindre les graces ane les Faries. = 7. g) Encor un coup, ] eft une façon _parker trop familiére, & prefque bañle., dont Aacine Fait trop fonvent ufage. - b) Je n'exmmine point jy pourai Jur- vivre. | Cette réfolution de l'empereur ne fait attendre « qu'une feule foène. H à peut rénvoyer | _ rénice avec > Antiochu pas LS se Voici le tems. & la picce fera bientôt aie. On con- poura fournir encor quatre actes; il n'y j} a point de nœud, point dobftacle ; point d'intrigue, = maître, dl a pris fon parti, il veut, &-il doit. vouloir que Bérénice parte. R Ge n'eft que dans les {entimens inépui- fables. du cœur : mouvement à Pautre, dans le. dévelo- | pement des plus fecress reforts de l'a- SC EN FE coit très-difficilement comment le fujet L'empereur ef le. dans le paflage, d'un ere etereneset TRAGEDIE Acrs IL PTIT US. Hé bien, voyons la! qu’elle vienne. LT BERENICE, TITUS PAULIN: FHENLE Se _- dd vous offe . De votre {olitude interromt le fecret. Tandis qu'autour de moi votre cour affemblée Retentit des bienfaits dont vous m'avez comblée; Eftl jufte, feieneut, que feule, en cœ montant, Je demeure i) fans voix & fans reffentiment ? = Mais, figneue, Le _ fai nfez pas, fi mon zèle indifcret: ie © cet : ami . fincère - : me, que l’auteur a pü trouver de quoi remplir la carriére. C'eft un mérite pro- digieux, &-dont je crois que lui {cul était capable. 2) Sans voix ES fans ne 6 mot eft le feul employé par Racine qui ait été hors d’ufage depuis lui, Refér- tünent n'eft plus employé que pourex=. primer le fouvenir des ontrages, & - non celui des bienfaits = FOCUS CS USUOUO 360. BERENICE DE RACINE, Du fectet de nos cœurs connait tout le miftère ) Votre deuil eft fini,:rien n'arrête vos pas; Vous êtes feul enfin, & ne me cherchez pas. J'entens que vous m'offrez un nouveau diadème, Et ne puis cependant vous entendre vous-même. Hélas ! plus de repos, feigneur , & moins d'éclat. Votre amour ne peutil paraître qu’au fénat ? Ah Titus! car enfin l'amour fuit la contrainte De tous ces noms, que fuit le refpect & la crainte. De quel foin votre amour va-t-il s’importuner ? N'a-til que des Etats qu'il me puifle donner ? Depuis quand croyez-vous que ma grandeur me touche? Un foupir, un regard, un mot de votre bouche, Voilà l'ambition d’un cœur comme le mien. Voyez moi plus fouvent, & ne me donnez rien. Tous vos momens fontils dévoués à l'empire ? Ce cœur après huit jours n'atil rien à me dire? Qu'un mot va raflurer mes timides efprits! Mais parliez-vous de moi, quand je vous ai furpris? Dans vos fecrets difcours étais-je intéreflée? Seigneur, étais-je au moins préfente à la penfée ? FÉTUS. #) N'en doutez point, madame ; & j'attefte les dieux, Que toujours Bérénice eft préfente à mes VEUX. ee _ L'abfence, S k) N'en doutez point, madame. À Ces | les romains, la valeur de ces termes. (LE mots de #adame & de féigneur, nefont | C’eft une remarque qu'on peut faire fur £ | que des complimens français. On n'em- toutes nos tragédies. Nous ne nous. 6 (4 Ploya jamais chez les grecs, ni chez | fervons point des mots moyeu, mada-: N > . DN \ RSS SSI TRAGEDIE Acre IL 36 L’abfence , ni le tems; je vous le jure encore, Ne vous peuvent ravir ce cœur qui vous adore. BÉRÉNICGE. Hé quoi! vous me jurez une éternelle ardeur, Et vous me la jurez avec cette froideur ! Pourquoi mème du ciel attefter la puifflance ? Faut-il par des fermens vaincre ma défiance ? Mon cœur ne prétend point , feigneur, vous démentir, Et je vous en croirai fur un fimple foupir. T 1 T U S. | : Madame... .. : : HER ÉENTOE Fté bien, feigneur? Mais quoi, fans me répondre , Vous détournez les yeux, & femblez vous confondre! Ne moffrirez-vous plus qu'un vifage interdit ? Toujours la mort d’un père occupe votre efprit ? Rien ne peut-il charmer l'ennui vous dévore? >. + FÉLUS: A Plôt : au ciel que mon père, hélas ; _vécit encore ! Que je vivrais heureux! … BÉRÉNICE. | Seigneur, tous ces regrets De votre piété font de juftes effets. = Mais vos pleurs ont aflez honoré fa mémoire. Vous devez d’autres foins à Rome, à vôtre gloire. me, dans les comédies tirées du grec ; | romaines #adawte; ce vicieux en foi, lufage a permis que nous apellions les. | mais qui cefle de l'être, puifque le tems romains @& les grecs Jeigneur, &@ les | La “autorifé. P. Corneille. Tome VL j CRE G 36 BERENICE DE RACINE; De mon propre intérêt je n’ofe vous parler, Bérénice autrefois pouvait vous confoler. Avec plus de plaifirs vous m'avez écoutée, De combien de malheurs, pour vous perfécutée, Vous ai-je pour un mot facrifié mes pleurs ? Vous regrettez un père, Hélas, faibles au LE Et moi (ce fouvenir me. fait frémir encore ). On voulait. m’arracher de tout ce que jadore! — Moi, dont vous connaiflez le trouble & lé tourment , Quand vous ne me quittez que pour quelque moment! Moi, qui mourrais le jour qu’on voudrait m'interdire De vous. ELLE US Re Madame, hélas! que me venez-vous dire 2 - Quel tems choififfez-vous ? 2 Ah, de grace , arrêtez! Ceit trop pour un ingrat prodiguer vos bontés ! BÉRÉNICE. Pour un ingrat, feigneur ! & le pouvez-vous être ? . Ainfi donc mes bontés vous fatiguent : peut-être? PETUS Non, madame, Jamais, puifqu’il faut vous parler Mon cœur de plus de feux ne, fe entit bruler, Mais . = ae - LÉ REN TO Achevez. | RIT e Se. Héige Le COCO OPONORCOURS 1 Ÿ EN TRAGÉDIE Aere IL. 36 24 Q | FÉTES. ie À — Rome... l'empire. TA BÉRE NICE. : & Hé bien ? À _ TITUS Sortons, Paulin, je ne lui puis rien dire. SC ENS BERENICE, PHENICE. BÉRÉNICE. - Que ! me quitter fi-tôt, & ne me dire rien! Chère Phénice, hélas! quel funefte entretien! Qu'ai-je fait? que veutil? & que dit ce filence ? PHÉNICE. Comme vous je me perds d'autant plus que jy penfe, Mais ne s'offre-til rien à votre fouvenir, Qui contre vous, madame, ait pu le prévenir ? Voyez, examinez. BÉRÉNICE. _ Hélas! tu peux m'en croire. Plus je veux du pañé rapeller la mémoire, - Du jour que je le vis, jufqu’à ce trifte jour , Plus je vois qu'on me peut reprocher trop d'amour. Mais tu nous entendais, Il ne faut rien me taire. — Zzij. RL, EL PL EL, PR SL SET SUR PS sy . CA CR es eue es G 3264 BERENICE DE RACINE, Parle. Nai-je rien dit qui lui puifle déplaire ? Que fais-je ? J'ai peut-être, avec trop de chaleur, Rabaïfle fes préfens, ou blâmé {a douleur. N'eft-ce point que de Rome il redoute la haine ? 1) Il craint peut-être, il craint d'époufer une reine. Hélas! s'il était vrai. ... Mais non, il à cent fois Rafluré mon amour contre leurs dures loix. Cent fois .... Ah! qu'il n’explique un filence fi rude. Je ne refpire pas dans cette incertitude. Moi, je vivrais, Phénice, & je pourrais penfer, Qu'il me néglige, ou bien que jai pu l’offenfer ! Retournons fur Les pas. Mais quand je m’examine, Je crois de ce défordre entrevoir Porigine. Phénice, il aura fu tout ce qui s’eft pañé, L'amour d’Antiochus la peut-être ofenté. Il attend, nat-on dit, le roi de Comagène, | Ne cherchons: point ailleurs. le füjet de ma peine. Sans doute ce chagrin qui vient de m’allarmer ; N'elt qu’un léger foupcon facile à défarmer. Je ne te vante point cette faible victoire, Titus. Ah! plût au ciel, que fans blefler ta gloire , Un rivaï plus puiflant voulût tenter ma foi, Et püt mettre à mes piés plus d’empires que toi, > | Se ee 2 : l) Il craint peut-être, il. craint, d'épou. | yrait dire, Pourquoi Z#ys embarraffé Jer une reine... Mais non. J Sans ce : vient-il de prononcer en foupirant les mais non, ans les affurances que Zius < mots de Rome & re ? Elle fe ra lui a données tant de fois, de n'être | fure fur les promefles qu'on Iui a fai- jamais arrêté par ce fetupule, elle des tes; elle cherche de vaines raifons. IL vrait s'attacher à cette idée; elle de- | ef pardonnable + ce me femble , qu’elle TS TS TNT) AN riques, &fe méprendre. Que de fceptres fans nombre ï pût payer ma = Que ton amour neût rien à donner que ton ame! C'eft alors, cher Titus, qu'aimé, victorieux, Tu verrais de quel prix ton cœur.eft à mes yeux. Allons, Phénice, un mot poura le fatisfaire. Raflurons nous, mon cœur, je puis encor lui plaire, Je me comptais trop. tôt.au rang des malheureux. Si Titus jaloux, Titus eff amoureux, Fin du Jecond ofe, = È - 2 SES mess — EA ee ne.pas. Bérénice, en raïfonnant jufte, aurait plutôt craint Rome que la jalou- craigne que Zifus ne foît inftruit de Va f mont d'Antiochus. Les amans & les con- jurés peuvent, je crois, fur le théatre fe livrer à des craintes un peu chimé- Is font tou- jours. troublés, & le trouble ne raifon- fe de Zitus. Elle aurait dit, Se Titus : m'aime, il forcera les romains à fonf- frir qu'il m ’époufe ; & nonpas; Si Ti “us et jaloux Ts pu GHOUTEUX & = D SY $ 366 BERENICE DE RACINE, À Coton rep. FOSC SCENE p RE M 1 E RE à) TITUS, ANTIOCHUS, ARSACE. | Li. Uorx, prince! vous partiez? Quelle raifon fubite Prelle votre départ, ou plutôt votre fuite? Vouliez-vous me cacher jufques à vos adieux ? Eft-ce comme ennemi que vous quittez ces lieux ? Que diront avec moi, la cour, Rome, l'empire ? Mais comme votre ami que ne puis-je point dire ? De quoi m’accufez-vous ? Vous avais-je fans choix Confondu jufqu’ici dans la foule des rois ? Mon cœur vous fut ouvert tant qu'a vécu mon père, C'était le feul prélent que je pouvais vous faire ; Et lorfqu'avec mon cœur ma main peut s’épancher, Vous fuyez mes bienfaits tout prèts à vous chercher. : Penfez-vous qu'oubliant ma fortune pañlée, a) On n’a d'autre remarque à faire | avec la même éléganee que le refte, & fur cette fcène , finon qu’elle eft écrite avec le même att. Anfochws chargé par [Document text truncated for crawler view.]