Full text
EP
ŒORNEILLESS
À
V
E
€
DES
COMMENTAIRES,
ET
AUTRES
MORCEAUX
INTÉRESSANS
Nouvelle
Edition,
augmentée.
F
æ:
#
À
È
7%,
+
+
AA
É
F4.
LE
ES
EE
ss
jé
Z
Fa
#4
+
el
&
Here
FRS
ER
ERERON
FvVeRLEeU
ES
à
_
_
P,
Cornell
Tome
VL
A
eee
Cnenenenenens
Ce
à
ER
1h
ne
faut
guère
en
croire
fur
un
ouvrage
ni
lanteur,
ni
Les
amis,
encor
moins
les
critiques
précipitées
qu'on
€
Fait
dans
la
nouveauté.
En
vain
Corxeille
dit
dans
fa
préface,
que
cette
piéce
égale,
ou
pañe
la
meilleure
des,
fieanes.
En
vain
Fontenelle
fait
l'éloge
d'Orhons
le
tems
feul
ef
juge
fouverain
;
il
a
banni
cette
piéce
du
théatre.
Il
y
en
a
fans
doute
une
raifon
qu'il
faut
chercher;
je
nen,
connais
point
de
meilleure
Mie
on
veut
mettre
la
politique
fur-le
théatre,
il
faut
la
traiter
comme
Racine,
y
jetter
de
grands
intérêts,
des
paflions
vraies,
&
de
grands
mouvemens
d’éloquence;
&
que
rien
weft
plus
néceffaire
qu'un
ftile
pur,
noble,
coulant
&
égal,
qui
fe
foutienne
d'un
bout
de
la
piéce
à
l’autre.
Voilà
tout
ce
qui
manque
à
Ofhon.
|
Avouons
que
cette
tragédie
neft
qu'un
arrangement
de
fa-
mille ;
on
ne
Sy
intérefle
pour
perfonne
;
il
y
eft
beaucoup
parlé
d'amour,
&
cet
amour
mème
refroidit
le
lecteur.
Lorf-
que
ce
reflort
qui
devrait
attacher,
a
manqué
fon
effet,
la.
piéce
eft
perdue.
Il
eft
dit
dans
lhiftoire
du
théatre,
»
Particle
Othon,
que
Corneille
refit
trois
fois
le
cinquiéme
actes
jai
de
la
peine
à
le
croire;
mais
fi
la
chofe
eft
vraie,
elle
prouve
qu'il
falait
le
refaire
une
quatriéme
fois,
ou
plutôt
quil
était
impofñble
de
.
, 5
. ,
.
LA
tirer
un
cinquiéme
acte
intérefant
d’un
fujet
ainfi
arrange.
=)
Corneille
ne
refñt
pas
trois
fois
la
première
fcène
du
premier
À
i)}
ié
us
ST
A
SH
“eS
ui
Ru
à
LE
1
:æ
Et
détruit
d’autant
plus,
que
plus
on
le
voit
croître,
Ce
que
l'on
doit
d'amour
aux
vertus
de
fon
maitre.
OTHON.
Ceux
qu’on
Voit
S’étonner
de
ce
nouvel
amour
,
N'ont
jamais
bien
concu
ce
que
c’eft
que
la
cour.
Un.
homme
tel
que
moi
jamais.
ne
s’en
détache
5
Il
n’eff
point
de
retraite
-ou
d'ombre:
qui
le
cache
Et
fi
du
fouverain
la
faveur
reft
pour
lui,
I
faut,
où
qu'il
périfle,
ou
qu'il:
prenne
un
apui.
Quand
le
monarque
agit
par
fa
propre
conduite,
Mes
pareils
fans
périls
£e
rangent
à
{a
fuites
Le
mérite
&
le
fang
nous
y
font
difcerner
:
ES
Ma
15.0
ss
22
Œ
1
È
Roi
2
+
ns
œ
—
aile
—-
so
.
no
SEE
A
Et
que
de
fon
pouvoir
les
grands
dépofitaires
comme,
Je
mérite
©
le
Jeng
font
un
éclat
_€#
vous:
On
ne
dit
point
»
faire.
un
éclat
b)
Je
les
Doyais
Îous
Éyois
Te.
]
Coy-
;
“eille
n'a‘jamais
fait
quatre
vers
plus.
forts,
‘plus
pleins,
plus
füblimes;
&.
c'eft
en
partie
ce
qui
juftifie
la
liberté
que
je
prends
de
préférer
cette
expofi-
tion
à
celles
de
toutes
fes
autres
pié-
.
ces.
À
la
vérité,
il
y
a
quelques
vers
familiers
&
négligés
dans
cette
première
|
foène,
‘quelques
expreflions
vicieufes,
dans
quelqu'un.
|
dans
cette
métaphore.
rapide
du
mot
dévorer;
tout
autre
terme
elñt
été
Fai-
c)
À
qui
dévorerait
ce
règne
d'un
m0o-
ment.
|
La
beauté
de
ce
vers
confifte
ble:
c'eft
à
un
de
ces
mots
que
Def
Préaux
apellait
frouvé,
Racine
eft
plein
OBS
To
ma
Et
tous
trois
à
lenvi
de
ces
expreffions
dont
il
a
enrichi
la
langue.
Mais
qu'arrive-til
?
Bientôt
ces
termes
neufs
&
originaux,
em-
ployés
par
les
écrivains
les
plus
mé-
dioeres,
perdent
leur
premier
éclat.
qui
les
diftinguait
;
ils
deviennent
familiers
5
alors
les
hommes
de
génie
font
obligés
de
chercher
d’autres
exprefions,
qui
neille.
TRAGÉDIE.
Acre
L
Dans
mon
gouvernement
j’en
établis
les
loix;
Et
je
fus
le
premier
qu’on
vit
au
nouveau
prince
Donner
toute
une
armée,
&
toute
une
province:
Ainfi
je
me
comptais
de
fes
premiers
fuivans
;
Mais
déja
Vinius
avait
pris
les
devans;
Martian
l’affranchi,
dont
tu
vois
les
pillages
,
Avait
avec
Lacus
fermé
tous
les
pañages;
On
naprochait
de
lui
que
fous
leur
bon
plaifir.
J’eus
donc
pour
m’y
produire
un
des
trois
à
‘choifir.
b)
Je
les
voyais
tous
trois
fe
hâter
fous
un
maître,
Qui
chargé
d'un
long
âge
FOSSES
SOUS
7
|
a
peu
de
tems
à
Pêtres
ER
ardemment
c)
À
qui
dévorerait
ce
règne
d’un
moment.
J'eus
horreur
des
apuis
qui
reftaient
feuls
à
prendte.
J'efpérai
quelque
tems
de
m’en
pouvoir
défendre
;
Mais
quand
Nymphidius
dans
Rome
affafliné
-
Fit
place
au
favori
qui
l'avait
condamné,
Que
Lacus
par
fa
mort
fut
préfet
du
prétoire,
Que
pour
couronnement
d’une
action
fi
noire
Les
mêmes
afläflins
furent
encor
percer
Varron,
Turpilian,
Capiton,
&
Macer,
Je
vis
qu'il
était
tems
de
prendre
mes
melures,
fouvent
ne
font
pas
fi
heureufes.
C'ef
ce
qui
produit
le
ftile
forcé
&
fauvage
dont
nous
fommes
inondés.
Il
en
eft
à
peu
près
comme
des
modes:
on
in-
ente
pour
une
princefle
une
parure
nouvelle,
toutes
es
femmes
l'adoptent;
on
veut
enfuite
rencherir,
@&
on
inven-
te
du
bizarre
plutôt
que
de
lPagréable.
B
a
has
RTS
Le
=.
.
—
Vveves
es
esse
Qu'on
perdait
de
Néron
toutes
les
créatures.
Et
que
demeure
feul
de
toute
cette
cour,
À
moins
d'un
protecteur
J'aurais
bientôt
mon
tour.
Je
choïfis
Vinius
dans
cette
défiance;
Pour
plus
de
fweté,
j'en
cherchai:
Palliance.
Les
autres
n’ont
ni
fœur,
ni
fille
à
me
donner;
Et-
deux
fans
ce
grand
nœud
tout
eft
à
foupconner.'
ALBI
N.
:
Vos
vœux
furent
tecûs
?
OTHO
N.
Oui
;
déja
fn
_—_—..
gi
me
deftinée,
-0
fvertit
EEE
Si
ces
rivaux.
d'étRE
“h'on
Livni
Un
maître
qui
fans
eux
nofe
rien.
confentir..
ÂALBEN.
Aïnfi
tout
votre
amour
neft
qu'une
politique;
:
Et
le
cœur
ne
fent
point
ce
que
la
—
explique
?
9.
T
ON:
D
ne
de.
fentit
pas,
Albin,
du
premier
Jour
3
Mais
cette
politique
eft
devenue
amour;
-
Toutnren
plaît,
tout
m'en
charme,
&
mes
premiers
fcrupules
Près
dun
f
cher
o
objet
pañlent
pour
ridicules.
_Vinius.
eft
conful,
Vinius
eft
ne
I
a
de
la
naiffance;
&
s'il
eft
agiffant,
S'il
fuit
des
favoris
la
pente
trop
commune
..
Plautine
hait
en
lui
ces
foins
de
{à
fortune:
4)
la
face
des
dieux,
|
eft
ce
qu'on
apelle
une
chevilles
il
ne
S'agit
point
lei
de
dieux
&
d’autels.
Ces
malheu-
reux
Hémiftiches,
qui
ne
difent
rien.
parce
qu'ils
femblent
en
trop
dire
;
n’ont
“été
que
trop
fonvent
imités..
PAS
DE
RAS
RH
EDR
|
FES
Fe
ie
RE
D
IE.
Acre
[L
Son
cœur
eft
noble
&
grand.
ALBIN.
—
ee
Quoi
qu'elle
ait
de
vertu,
Vous
devriez
dans
l’ame
être
un
peu
combattu.
La
niéce
de
Galba
pour
dot
aura
l'empire,
Et
vaut
bien
que
pour
elle
à
ce
prix
on
foupire:
Son
oncle
doit
bientôt
lui
choifir
un
époux.
Le.
mérite
&
le
fang
font
un
éclat
en
vous,
Qui
pour
y
joindre
encor
celui
du
diidème
.
.
|
©
T
H
O
N.
-
=
Quand
mon
cœur
fe
pourrait
fouftraire
à
ce
que
j'aime,
Et
que
pour
moi
Camille
aurait
tant
de
bonté,
|
Que
je
dûffé
efpérer
de
ii
cie
cast
Si,
comme
tu
le
dis,
fa
main
doit
faire
un
maître,
Aucun
de
nos
tyrans
n’eft
encor
las
de
l’ètre;
Etce
ferait
tous
trois
les
attirer
fur
moi,
-
Qu’afpirer
fans
leur
ordre
à
recevoir
fa
foi.
Sur-tout
de
Vinius
le
fenfible
courage
Ferait
tout
pour
me
perdre
après
un
tel
outrage,
Et
fe
vengerait
mème
d)
à
la
face
des
dieux,
Si
javais
fur
Camille
ofé
tourner
les
yeux.
RE
Penfez-y
toutefois,
ma
fœur
eft
auprès
d'elle;
Je
puis
vous
y
fervir,
l’occafon
eft
belle;
Tout
autre
amant
que
vous
s’en
laiflerait
charmer:
-
Et
je
vous
dirais
plus,
fi
vous
ofiez
Paimer.
=
_
OTHON
ee.
Porte
à
d’autres
qu’à
moi
cette
amorce
inutiles
.
Mon
cœur
tout
à
Plautine.,
eft
fermé
pour
Camille.
—
|
B=33
La
beauté
de
Pobjet,
la
honte
de
changer,
Le
fuccès
incertain,
l’infaillible
danger,
Tout
fait
à
tes
projets
d’invincibles
obftacles.
ALBI
N.
Seigneur,
e)
en
moins
de
rien
il
fe
fait
des
miracles,
À
ces
deux
grands
rivaux
peut-être
il
ferait
doux
D'ôter
à
Vinius
un
gendre
tel
que
vous;
:
Et
fi
lun
par
bonheur
à
Galba
vous
propole
. .
.
Ce
meft
pas
qu'après
tout
j'en
fache
aucune
chofe:
Je
leur
fuis
trop
fufpet
pour
s’en
fer
à
moi;
Mais
fi
je
vous
puis
dire
enfin
ce
que
jen
croi,
Je
vous
propoferais
fi
j'étais
en
leur
place,
:
Aucun
deux
e
que
tu
veux
qu
1Ë
=
e)
En
moins
de
rien
il
Je
fait
des
mi-
racles
;
eft
un
vers
comique:
mais
ces
petits
défauts
qui
rendraient
une
mau-
vaife
fcène
encor
plus
mauvaife,
n'em-
pêchent
pas
que
celle-ci
ne
foit
claire,
vigoureufe,
attachantes
trois
mérites
très
rares
dans
les
expoñtions.
Cette
première
fcène
d'Ofhoz
prouve
que
Cormeille
avait
encor
beaucoup
de
génie.
Je
crois
qu'il
ne
ui
a
manqué
que
d'être
févère
pour
lui-même
&
d’a-
voir
des
amis
févères.
Un
homme
ca-
pable
de
faire
une
telle
fcène
pouvait
affürémént
faire
encor
de
bonnes
piéces.
Cet
un
très
grand
malheur,
il
fant
le
redire,
que
perfonne
ne
l'avertit
qu’il
choififfait
mal
fes
fujets
,
que
ces
dif
fertations
politiques
métaient
pas
pro-
pres
au
théatre,
qu'il
falait
parler
au
a
rene
nn
ae
ans
dre
dde
*
cœur,
obferver
les
règles
de
la
langue,
s'exprimer
avec
clarté
&
avec
élésan-
ce, ne
jamais
rien
dire
de
trop,
pré-
férer
le
fentiment
au
raïifonnement:
il
le
pouvait
;
il
ne
Pa
fait
dans
ancune
dé
fes
dernières
piéces.
Elles
donnent
de
grands
regrets.
f)
La
piéce
commence
à
faiblir
dès
cette
feconde
fcène.
On
voit
trop
que
la
tragédie
nefera
qu'une
intrigue
de
cour,
une
cabale
pour
donner
un
{uc-
-cefeur
à
Gulba.
C'eft
là
de
quoi
four-
niv
une
douzaine
de
lignes
à
un
hif-
-
torien,
&
quelques
pages
à
des
écri-
vains
d’anecdotes;
mais
ce
n’eft
pas
là
un
fujet
de
tragédie.
Ofhon
e®
beau-
coup
moins
théatral
que
Sophorishe,
&
bien
moins
heureux
encor
que
Sertorius.
Agéfilas
qui
fuit,
eft
moins
théatral
en-
Ni
LA
TRAGE
Ils
voudront
par
ce
choix
Je
ee
Laifez
nous
feuls,
Albin
Ati
VINIUS,
RS
Re
Pope
pens
SERRES
SERRES
PRE
re
VIN
cot
qu
Othon.
Le
fccès
eft
prefque
tou-
jours
dans
le
fujet;
ce
qui
le
prouve,
c'eft
que
Théodore,
Sophonisbe,
lu
Toi-
Jon
d'or,
Pertburite,
Othon;:
Agéfiles,
Suyena,
Puichérie,
Bérénice,
Aïtila,
pié-
avec
tant
de
plaifr.
Ce
font
quelque-
fois
les
mêmes
beautés,
&@
toujours
les
mêmes
défauts
dans
Pélocution.
Par-
tout
vous
trouverez
des
penfées
fortes,
&
des
idées
alembiquées,
dela
hauteur
Se
de
la
familiatité
;
dé
l'amour
mélé.de
politique,
quelques
vers
heureux
;
&
beaucoup
de
mal
faits;
des
raifonne-
DIE.
Acre
L
Et
s'ils
peuvent
jamais
trouver
quelque
douceur
À
faire
que
Galba
choififfe
un
fuccefleur,
Et
n’en
propoferont
que
de
leur
dépendance.
Mais
Vinius
que
}apercois
venir
.
..
Ce
:
:
or
+
J
Ê
crois
que
vous
m’aimez,
feigneur,
&
que
ma
fille
ë
$
:
_
»
F
=
:
Æ
£
£
ces
que
le
public
a
profcrites
,
font
écri-
mens,
désconteftations,
des
bravades.
:
ES
PS7
mm
NA
7e
Re
:
RTS
IIS.
fe
mettre
en
affurance,
je
veux
lentretenir.
NE
IL
LUS.
Ii
eft
impoñlible
de
ne
pas
reconnaître
la
même
main.
D'où
peut
donc
venir
la
différence
du
fuccès,
fi
ce
n’eft
du
Fonds
même
du
deflein
?,
Les
défants
de
ftile
qui
ne
fe
remarquent
pas
dans
le
beau
fpectasle
du
cinquiéme
acte
de
Rodogune
,
fe
Font
féntir
quand
le
fujet
ne
less
couvre
pas
>
quand.
lPefprit
du
:
fpeateur
refroidi
a
la
liberté
d’exa-
miner
la
diction,
l'inconvenance,
l'ir-
régularité
des
phrafes,
les
folécifmes.
Je
fais
bien
qu'Ocdipe
était
un
très
-
beau
_fujet;
mais
ce
n’eit
pas
le
fujet
de
S0-
phocke
que
Corneille
a
traité,
c’eft
l'a-
mour
dé
Théfée-&
de
Dircé,
mélé/avec
la
fable
d'Oedipe.
C'eft
une
froide
po-
“litique_
jointe
à
un
froid
amour,
qui
rend
tant
de
piéces
infipides.
7
Biij
PSS
VS
ed
ae
ei
ever
Ps
g)
Vous
fait
prendre
intérèt
en
toute
la
famille.
Il
en
faut
.une
preuve,
&
non
pas
feulement
Qui
confifte
aux
devoirs
dont
s’emprefle
un
amant!
Il
la
faut
plus
{olide,
il
la
faut
d’un
grand
homme
.
D'un
cœur
digne
en
effet
de
commander
à
Rome.
Il
faut
ne
plus
laimer.
—_
OTHON.
_
—
Quoi,
pour
preuve
d'amour
.:.
VINIUS.
Il
faut
faire
encor
plus,
feieneur,
€
en
ce
grand
jour,
1H
faut
aimer
ailleurs.
O
T
H
O
N.
EE
es
SERRE
QE
dire
?
;
E
fais
qu’à
fon
hymen
tout
Votre
cœur
afpire
;
:
Mais
elle,
&
vous,
&
moi,
nous
allons
tous
péfir;
Et
votre
change
feul
nous
peut
tous
fecourir.
Vous
me
devez,
feigneur,
peut-être
quelque
chofe:
Sans
moi,
fans
mon
crédit
qu’à
leurs
deffeins
j'opote,
:
Lacus
&
Martian
vous
auraient
peu
fouffert;
=
Il
faut
à
votre
tour
rompre
un
Coup
qui
me
perd
;
Et
qui,
fi
votre
cœur
ne
s’arrache
à
Plautine
,
7
Vous
envelopera
tous
deux
en
ma
ruine.
=
OT
HO
N.
Pas
le
De
doux
efoir
de
mes
vœux
acceptés
,
&)
Une
fille
qui
fait
prendre
inférlt
en
|
nos
nous
regardons.
Une
mérité
qu'os
toute
It
fasnille.
Des
devoirs
dort.
Sesi-
|
voit
trop
sanifelle.
Du
turaulte
excité
preffe
ua
amant.
Galba:
qui
sefufe
Jon
or-
Pirellias.
qui
arrive
avec
Ja
force
unie.
dre
à
l'effet
dé
nos
vœux.
De
l'air
dont
|
Ce
qwu'ila
de
vieux
corps.
De
qui
Je
l'im-
ns
—
réfuire.
TRAG
ED
TE.
Acre
2
ne
sera
res
Mordomnér
que
je
change”
Et
vousimème
!
VINIUS.
1.
:
“Écoutez.
L'honneur
que
ous.
fait
votre
illufre
bhyménée
,
Des
deux
que
jai
nommés
tient
l'ame
ff
gènée,
Que
jufaw’ici
Galba,
qu'ils
obfédent
tous
deux;
_
À
refufé
fon
ordre
à
Peffet
de
nos
vœux.
:
L’obftacle
qu'ils
y
font
vous
peut
montrer
fans
peine
Quelle
eft
pour
vous
&
moi
leur
envie
&
Jeur
haine;
Et
qu'aujourd'hui,
de
lair
dont
nous
nous
regardons,
ee
nous
Pirée
fi
nous
ne
_
Re
ct
Ur
_—_
ondement
CLENCUE
,
je:
me
au
ele.
Galba
vieil
&
café,
qui
fe
voit
{ans
enfans,
Croit
qu'on
méprife
en
lui
la
faibleffe
des
ans;
Et
qu’on
ne
peut
aimer
à
fervir
fous
un
maitre
Qui
n'aura
pas
le
tems
de
le
bien
reconnaître.
Ï1
voit
de
toutes
parts
du
tumulte
excité.
Le
foldat
en
Syrie
eff
prefque
revolté.
‘:
Vitellius
avance
avec
fa
force
unie,
Des:
troupes
de
Ja
Et
de
la
Germanie:
_
Ce
qu'ila
de
vieux
<
j
re
avec
enn
US
3.
Tous
les
prétoriens
murmurent
contre
lni.
De
leur
Nymplidius
lindiene
facrifice
Re
qui
fe
Pimmmola
leur
Fe
_.
juftices
auoln.
-
Rarmeïñer
Les
efprits
par
un
jeune
empereur.
Il
ira
du
côté
de
Lacus.
Ces
+
us
un
Un
œil
Vas.
Une
prin-
Îlu
remis
exprès
à
tantôt
d'en
ce
le
qui
ef
shife
à
Jourire.
|.
Tout
cela.
ef
à
la
-vérité
très
detnee
Le
fonds”
au
Éoours
“de
Virius
eft
raifnnable
es
mais
ce
n'eft
pas
afTez.
$
_
Nous-ferons
-pareilenoml
.
Galba
pour
cette
niéce
de
vous
devoir
Pempire.
Sans
PlautineLa-
“mou
meft
un
poion.
Jine.
Les
douceurs
di
pouvoir
Jouverain
meJjont
d'afreux
tourmens,
s'il
m'en
come
nu
fn&in.
Vous
voulez
que
fe
révne
,
9
Je
ne
Jüis
qu'aimer.
|
Je
ne
remarquerai
Il
le
fait,
&
prétend
par
un
jeune
empereur
Ramener
les
cfprits,
&
calmer
leur
fureur,
Ïl
efpère
un
pouvoir
ferme,
plein
&
tranquille,
S'il
nomme
pour
Céfar
un
époux
de
Camille;
Mais
il
balance
encor
fur
ce
choix
d’un
époux,
Et
je
me
puis,
feigneur,
m'aflurer
que
{ur
vous.
J'ai
donc
pour
ce
grand
choix
vanté
votre
courage,
Et
Lacus
à
Pifon
a
donné
fon
fuffrage.
Martian
n’a
parlé
qu'en
termes
ambigus,
Mais
fans
doute
il
ira
du
côté
de
Lacus;
Et
l'unique
remède
eft
de
gagner‘
Camille.
Si
fa
voix
eft
pour
nous,
la
leur
eft
aura
de
la
bonté.
Il
à
remis
exprès
à
tantôt
d’en
réfoudre.
De
nos
têtes
fur
eux
détournez
cette
fondre,
Je
vous
le
dis
encor,
contre
ces
grands
jaloux,
Je
ne
me
puis,
feigneur,
raflurer
que
fur
vous.
De
votre
premier
choix
quoi
que
je
doive
attendre,
Je
vous
aime
encor
mieux
pour
maître
que
pour
gendre
;
Et
je
ne
vois
Pour
nous
qu'un
naufrage
certain,
S'il
nous
faut
recevoir
un
prince
de
leur
main.
Le
bonheur
#'alfaf
Ceres
inutile.
®
ES
OTHON.
b)
IL
ef
d'autres
romains
qui
feront
ravis
ils
font
en
paitie
le
fujet
de
Ia
piéce
Oïhon
eft
amoureux
;
car,
quoi
qu'on
en
difc,
encor
une
fois,
il
n'y
a
au-
cun
des
héros
de
Corseille
qui
ne
le
faits
mais
il
Gt
amoureux
froidement.
n'a
d'abord
demandé
la
fille
de
Vinius
que
par
politique;
il
n'a
pas
de
ces
que
ces
étranges
vers
dans
cette
loène
;
k
pafions
violentes,
qui
feules
réuMflent
:
O
THON.
Ah!
feigneur,
fur
ce
point
c’eft
trop.
de
Contance.
Ceft
vous
tenir
trop
für
de
mon
obéiffance.
Je
ne
prens
plus
de
loix
que
de
ma
paflions
Plautine
eft
objet
feul
de
mon
ambition;
Et
fi
votre
amitié
me
veut
détacher
d’elle,
La
haine
de
Lacus.
me.
ferait
moins
cruelle.
Que
m'importe
après
tout,
fi
tel
et
mon
malheur,
De
mourir
par
{on
ordre
,
ou
mourir
de
Le
2
VIN
TU
S.
Seigneur,
un
grand.
courage
,
à
célaue
5
point
il
aime
,
se
toujours
au
befoin
>oféder.
foi
ue
AVait
pour
vous
ar
moins
autant
Et
quand
on
vous
Vôta
vous
n’en
mourütes
pas.
0
THON.
|
Non,
feigneur,
Mais.
Poppée
était
une
‘infidelle,
Qui
n’en
voulait
qu'au
trône,
&
qui
nv’aimait
moins
qu’elle.
Ce
peu
qu'elle
eut
d'amour
ne
fit
du
lit
d'Othon
Qu'un
degté
pour
monter
à
celui
de
Néron;
Elle
ne
m'époufa
qu'aën
de
sy
produire,
D'y
ménager
fa
place
au
hazard
de
né
miires
Auf
jen
fus
banni
ous
un
titre
d'honneur,
Êt
pour
ne
me
plus
voir
on
me
fit
gouverneur.
Mais
jadore
Plautine,
&
je’
règne
en
fon
ame:
Nous
ordonner
d’éteindre
une
fi
belle
flamme
,
Ce.
:
je
nl
ofe
Je
dire.
h)
Ï
ef
d'autres
romains,
PR
SR
=
(2
ner
Le
refus
dun
empire.
“H
à
com-
pafaitre
dans
la
premiére
fcène;
&
le
>
mencé
par
‘étaler
a
profondeur
d’un
|!
même
homme
qui
fe
fera
nommer
em
-
Ÿ
-courtifan
habile;
il
parleà
préfentcom-
|
pereur,
&
qui
détrônera
Galbe,
renon-
ER
me
nn
jeune
homme
pañfionné
&-ten-
|
ce
ici
à
l'empire.
Le
fpc@ateur
ne
croit
»)
P,
Corneille.
Tome
VI.
é
+)
L
nn
mn
ne
memes)
all
théatre,
&
qui
féules
ne
pardon-
|
dre.
Il
Aénert
le
cara&ère
qu'ilafait
+
|
Seigneur,
qui
fauront
mieux
apuyer
vos
deffeins;.
If
en
eft
dont
le
cœur
pour
Camille
foupire,
Et
qui
feront
ravis
de
vous
devoir
l'empire.
-
VINIUS.
Je
veux
que
cet
efpoir
à
d’autres
foit
permis
;
Mais
êtes-vous
fort
für
qu'ils
foient
de
nos
amis?
RATE
nujeux
que
moi
s'ils
plairont
à
à
Camille
?
OTHON..
Et
croyez-vous
pour
moi
qu'elle
foit
plus
facile
2
Pour
moi,
que
d'autres
vœux
.
.
.
+
MINTOUS
&
és
À
nc
VOUS
tien
célet
.
=
Sorur
avec
Galba
—.
ouier
par
Les
J'ai
voulu
fur
ce
point
preffentir,
fa
penfée
;
J'en
ai
nommé
plufeurs
pour.qui
je
lai
preflée,
À
leurs
noms,
un
grand
froid,
un
front
trifte
,
un
œil
bas,
.
M'ont
fait
voir
auff-tôt
qu
ils
ne
lui
plaifaient
pas:
Au
vôtre
elle
a
rougi,
puis
seft
mile
à
fourire..
Et
m'a
foudain
quitté.
fans
me
vouloir
rien
dire,
.
C'eft
à
vous
qui
favez
ce
que
c
’eit
que
d'aimer,
À
juger.
de
Jon
cœur
ce
qu'on
doit
préfumer,
©
THON.
Je
n'en
veux
rien
juger,
Horse
&
fans.
.
L'amour
m'eft
un
poifon,
le
bonheur
m
’afafines
Et
toutes
les
douceurs
du
pouvoir
fouverain.
Me
font
d'affreux
tourmens,
s’il
m'en
coûte
fa
main.
pas.
Un
des
meilleurs
connaifleurs,
en
|
que
la
piéce
ne
foit
froides
&
il
ne
fe.
é
lifant
Othos
pour
la
première
fois,
dit
|
trompa
point.
En
effét,
ces
craintes
DOSSIER
guère
à,
cet
amour,
il
ne
s'y
intérefle
|
à
cette
feconde
fcène,
Il
eft
impoffible
RAGÉD
IE:
AGre
L
“9
m4
VAN
EU
De
tant
de
fermeté
aurais
lame
ravie,
Si
cet
excès
d'amour
nous
aurait
la
vie;
Mais
il
nous
faut
le
trône,
où
renoncer
au
jour;
Et
quand
nous
périrons,
que
fervira
l'amour
?.
O
T
HO
N.
À
de
vaines
frayeurs
un
noir
foupcon
vous
livre.
Pifon
n’eft
point
cruel,
&
nous
laiffera
vivre.
VINIUS.
Il
nous
laiffera
vivre,
&
je
vous
ai
nommé!
Si
de
nous
voir
dans
one
il
n
ce
D
allarmé
Nos
commu
prendront
da
conduite.
Rte
Vendr
Seigneur,
quand
pour
l’empire
on
s’eft
vü
dates
;
Il
faut,
quoi
qu'il
arrive,
ou
périr,
ou
régner.
Le
poftume
Agrippa
vécut
peu
fous
Tibère
:
|
|
Néron
wépargna
point
le
fang
de
fon
beau-frère;
Et
Pifon
vous
perdra
par
la
même
raïfon,
Si
vous
ne
vous
hâtez
de:
prévenir
Pifon.
Il
n’eft
point
de
milieu
qu’en
faine
politique
.
.
OATAH-O
Ni
she
20
Ét.
TPamour-eft.la
où-tout
mon
cœur
s
“plu.
Rien
ne
vous
a
fervi,
feigneur
;
de:
me:nommer:
Vous
voulez
que
je
régne,
&
je
ne
fais
—
Je
pourrais
favoir
plus,
fi
Paftre
qui
domine
Me
voulait
färe
un
jour
régnér
avec
Plautine;
dont
à
que
“montre
Vinins
Fe
ce
qui
.
des
périls
He
&
véritables
1e
Fe
__
arriver
un.
jour
;
ne
font
point
un
-
Hrassqie
,
fans
quoi
tout
languit,
ont
Mais
dérober
fon
ame
à
de
fi
doux
apas
,
Pour
attacher
fa
vie
à
ce
qu'on:n’aime
pas!
VENEUS
|
Hé
bien,
fi
cet
amour
a
fur,
vous
tant
de
force;
Régnez:
qui
fait
des
loix
peut
bien
faire
un
divorce.
Du
trône
on
confidère
enfin
fes
vrais
amiss
Et.quand.
vous
pourez
tout,
tout
vous
fera
permis.
S
CE
N
E
TI11L
PLAUTINE,
TINIUS,
OTHON.
a
pas,
see
noû
ñ
pas,
quoi
que
le
ein
nv
envoie;
_
Je
ne
veux
rien
tenir
d’une
honteufe
voie;
Et
cette
lâcheté
qui
me
rendrait
fon
cœur.
Sentirait
le
tyran,
&
non
pas
l’empereur.
À
votre
füreté,
puifque
le
péril
prefe.
J’immolerai:
ma
flamme,
&
toute
ma
tendreffes.
Et.4).
je-vaincrai
l’horreurd'un
fi
cruel
devoir,
!
Pour
conferver
le
jourfà
qui
mé
l'a
fit
voir:
Mais
ce
qu’à
mes
défirs
je
fais
de
violence
,:
Fuit
les
honteux
apas
d’une:
indignei
dpérancez
:
©
2)
Cette
troifiéme
fcène
juftifie
déja
|
ce
qu'on
doit
prévoir,
que
ce
n
’eft
pas.
à
une
tragédie.
porte,
père,
&
elle
vient
interrompre
fon
pour
dire
en
vers
durs
&
obfenrs,
qu'elle
ne
voudrait
point
un:
jour
épou-
fer
fon
amant,
fi
cet
amant
marié
à
une
autre
ne
pouyoit
revenir
à
elle
que
Plautine
écontait
à
R.
ne,
qu'une
fille,
pat
un
divorce.
Non-feulement
ceft
manquer
À
à
la
bienféance,
mais
quel
fai-.
ble
intérét..
quel
froid
fujet
d'une
fcè-
-
qui
fans
étreapellée,
vient
dire
à
à
fon
père
devant
fon
amant,
ce
qu
elle
ferait
Un.
jour,
fi.
ce
Froid
amant
voulait
léponfer
en
troifiémes
nôces
!
Elle
ferait
en
est.
la
troifiéme
TRAGÉDIE
Acre
Et
la
vertu
qui
domte
&
bannit
mon
amour,
N'en
fouffrira
jamais
qu'un
vertueux
retour,
.
-O:T-H
ON:
Ah,
que
cette
vertu
m'aprète.un
dur.
fuplice!
Seigneur,
&
le
moyen
que
je
vous
obéiffe
?
Voyez,
&
s’il
fe
peut,
pour
voir
tout
mon
tourment,
l).Quittez
vos
yeux
de
père,
&
‘prenez-en
d’amant.
VINIUS.
L'eftime
de
mon
fang
ne
m’eft
pas
interdite
;
Je
lui
vois
des
attraits,
je
lui
vois
du
mérites
Je
crois
qu'elle
en
a
mème
aflez
pour
RE
-
Si
quelqu”
un
nous
perdai
a
ePar-à
nos
ennemis
la
Et
fa
perte
par-là
devient
D
ebiec
Je
vois
de
plus,
feigneur
,
que
je
n’obtiendrai
rien,
Tant
que
votre
œil
bleffé
rencontrera
le
fien
,
Que
le
tems
fe
va
perdre
en
repliques
frivoles
;
Et
pour
les
éviter,
j’achève
en
trois
paroles.
Si
vous
manquez
le
trône,
il
faut
périr
tous
trois,
ie
attendez
cet
ordre
à
votre
choix.
Je
me
remets
à
vous
de
ce
qui
vous
regardes
—
:
Mais.enma.fille..&
.moi-la:
gloire
fe
‘hazard
;
:De
fes”
a
&-
des
miens
je
fuis
maître:
abfolu
3:
|
Le
A’
Ofhon,.,
qui
Vépouferait
après
|
retour.
|
Ce
font
Ià
des.
RS
qui
avoir.
répudié
Poppée.
&.
Camille.
:
afaibliraient
les
plus
beaux
fentimens.
k)
Vaincre
l'horreur
d'us
cruel.
devoir.
1)
Quittez
vos
yeux
de
père
£T
prenez-
Ce
qu'à.
fes.
défirs
elle
fait
de
violence.
en
d'amant.
Ï
Ce
vers
ne
prépare
pas
Four.
fuir,
des
opus.
Donteux:
d'une
efpérance
nn
intérêt
tragique,
&
ce
défaut
re-
sudigne.
La
vertu
qui
domie.
£T
banuit
La-
|
vient
fouvent
dans
toutes.
ces
dernièrés
rs
Et
qui
n'en
Jouffre
qu'un
vertueux
ee.
C
ii]
__
0.
nemenc
me
Et
j'en
difpoferai
comme
jai
réfolu.
Je
ne
crains
point
la
mort,
mais
je
hais
l'infamie
D’en
recevoir
la
loi
d’une
main
ennemie
;
Et
je
faurai
verfer
tout
mon
fang
en
Romain,
Si
le
choix
que
j'attens
ne
me
retient
la
main.
C’eft
dans
une
heure
ou
deux
que
Galba
fe
déclare.
Vous
favez
Pun
&
lautre
à
quoi
je
me
prépare,
Réfolvez-en
enfemble.
m)
Recbuez-en
Pexemple.
|
Oibon
qui
veut
fe
tner
ainfi
au
premier
ae
pour
une
crainte
imaginaire,
&
pour
une
mai-
trefle
,
excite
plutôt
Le
rire
que
la
ter-
reurs
rien
n'eft
jamais
plus
mal
recu
au
théatre
qu'un
defefpoir
mal
placé,
|
&
qu'on
n'attendait
pas
d’un
homme
qui
na
d’abord
parlé
que
de
politique.
Ajoutons
que
cette
fcène
entre
Ofhoz
&
Ploutine
eft
très
faible.
Je
remarque
que
|
Plautine
confeille
ici
à
Ofhon
précité-
Y
7
ment
la
même
chofé
qu'Afalide
à
Bnjazet
mais
quelle
différence
de
fituation,
de
fentimens
&
de
file!
Bajazet
elt
réelle-
ment
en
danger
de
fa
vie,
&
Ofhon
ne
court
ici
qu'un
danger
chimérique.
P/4-
tine
eft
raifonnenfe
&
froide.
Æéulide
ef
touchante,
&
a
autant
de
délicatefle
que
d'amour.
Enfin,
ce
qui
elt
de
la
plus
grande
importance,
Les
vers
de
Corneille
ne
valentrien,
&
ceux
de
Ra-
cine
font
patfaits
dans
leurgenre.
Com-
e
nobl
à
ao
s
Lefpoir
comparez
aux
vers
d'ÆAfalide
ces
vers
de
Plautine
:
tre:
ainié.
*
Qu'un
tel
évarement.
Il
Je
croit
mal
CUITS
Et
que
de
votre
cœur
vos
yeux
indé-
pendans
Triomphent
comme
moi
des
troubles
du
dedans.
|
SCENE
17.
OTHON,
PLAUTINE
OTHON.
Ars
donc,
feigneur
;
Tant
qu'ils
ont
du
courage,
elt
toujours
en
leurs
mains.
Et
pour
vous
&
pour
moi,
fût-il
digne
d’un
temple,
Il
n’eft
pas
encor
tems
de
men
donner
l'exemple.
.
Il
faut
vivre,
&
l’amour
vous
y
doit
obliger,
Pour
me
fauver
un
père,
&
pour
me
protéger.
*
Quand
vous
voyez
ma
vie
à
la
vôtre
attachée,
parez,
(rien
ne
forme
plus
le
goût)
p
se
Et
n'afpire
qu'au
bien
d'aimer
€9
d'é-
"
Confervez
moi
toujours
l'efime
&
l'a-
miitié.
C'eft
Le
file,
c'eft
la
di@ion
qui
Fait
tout
dans
les
foènes
où
le
fpettateur
cft
affez
tranquille
pour
réfléchir
fur
les
vers;
&
encor
eft-il
néceflaire
de
ne
point
négliger
la
di@ion
dans
Les
fi-
tuations
les
plus
Frapantes
du
théatre.
En
un
mot,
il
faut
toujours
bien
éorire.
.
SU
Faut-il
que
malgré
moi
votre
ame
effarouchée,
Pour
m'ouvrir
le
tombeau
hâte
votre
trépas,
Et
m’avance
un
deftin
où
je
ne
confens
pas
?
=
O.T
HO
N..
|
Quand
il
faut
m’arracher
tout
cet
amour
de
lame,
Puis-je
que
dans
mon
fang
en
éteindre
la
amme
?
Puis-je
fans
le
trépas.
..
PLAUTINE.
|
Et
vous
ai-je
ordonné,
D’éteindre
tout
l'amour
que
je
vous
ai
donné?
_
Si
Pinjufte
rigueur
de
notre
deftinée
:
Ne
permet
plus
lefpoir
d’un
heureux
hyménée,
S'élèvent
au-deflus
du
commerce
des
fens.
Plus
la
famme
en
eft
pure,
&
plus
elle
eft
durable
;
Il
rend'de
fon
objet
le
cœur
inféparable
;
I
a
de
vrais
plaifirs
dont
fon
cœur
eft
charmé,
Et
n’afpire
qu’au
bien
d'aimer
&
d’être
aimé.
-
OTHON.
|
Qu'un
tel
épurement
demande
un
grand
courage!
Qu'il
eft
même
aux
plus
grands
d’un
difficile
ufage!
Madame,
permettez
que
je‘
dife
à
mon
tour
Que
tout
ce
que
l'honneur
peut
fouffrir
à
Pamour
,
Un
amant
le
fouhaite,
il
en
veut
l’efpérance,
Et
fe
croit
mal
aimé,
s'il
n’en
à
l'affurance.
te
re
4e
PLAUTINE.
quel
mauvais
goût!
C'était
l'efprit
du
n)
Il
Et
un
autre
amour.
|
Encor
des
_tems,
dit-on;
mais
il
faut
dire
encor
£)
G
differtations
métaphyfiques
fur
l'amour:
FACE
SU
$
D
TRAGÉDIE.
Acre
LI
2$
4
|
cé
PLAUTINE-
ë)
Aimez
moi
toutefois
fans
l’attendre
de
mot,
4
%
Et
ne
m’enviez
point
l'honneur
que
j'en
recoi.
à
Quelle
gloire
à
Plautine
,
6
ciel,
de
pouvoir
dire,
PS
Que
le
choix
de
fon
cœur
fut
digne
de
l’empire
!
E)
Qu'un
héros
deftiné
pour
maître
à
l'univers
)
:
Voulut
borner
fes
vœux
à
vivre
dans
fes
fers!
HE
Et
qu’à
moins
que
d’un
ordre
abfolu
d’elle-mème,
ë
Il
aurait
renoncé
pour
elle
au
diadème!
ei
:)
OTHON.
ee
S
Ah,
qu'il
faut
aimer
peu
pour
fait
fon.bonheur…
(&
“Pour
tirer
vanité
dun
fi
fatal
rl
SA
Si
vous
m’aimiez,
madame,
il
vous
ferait
fenfible
)
Et
la
néceflité
de
le
porter
ailleurs,
Vous
aurait
fait
déja
partager
mes
douleuts.
De
voir
qu’à
d’autres
vœux
mon
cœur
fût
acceffible;
G
Mais
tout
mon
defefpoir
n’a
rien
qui
vous
alarme.
|
Ç
Vous
pouvez
perdre
Othon
fans
verfer
une
larme.
Ÿ
)
À
Vous
en
témoignez
joie,
&
vous-mème
afpirez
(4
È
À
tout
Pexoës
ee
maux
qui
me
font
don
ë)
ee
Se.
FTEULINL
C&
Ê
votre
aveuglement
a
pour
moi
d'injuftice!
ë)
Pour
épargner
vos
maux
Jj'augmente
mon
fuplice
;
C&
Je
fouffre,
&
c’eft
pour
vous
que
j'ofe
m'impofer
S
La
gène
de
lonfte
,
&
de
le
déguiler,
|
00
0
—.
d
Ê
à
&
m7
que
la
nation
françaife
eft
la
feule
qui
|
prit.
Cela
eft
bien
pis
que
Les
concefti
(
FA
ait
eu
cette
malheureufe
efpèce
d’ef.
|
qu'on
reprochait
aux
Italiens.
V2
Le.
Corneille.
Tome
VI
D
,
réremensrsnss
26
_
Tout
ce
que
vous
fentez,
je
le
fens
dans
mon
ame;
Jai
mêmes
déplaifirs
comme
j'ai
mème
flamme;
Jai
mème
defefpoir,
mais
je
fais
les
cacher,
Et
paraître
infenfible
afin
de
moins
toucher.
Faîtes
à
vos
defirs
pareille
violence,
Retenñez
-en
l'éclat,
fauvez-en
Paparences
Au
péril
qui
nous
prefle
immoler
le
dehors,
Et
pour
vous
faire
aimer
montrez
d’autres
tranfpoïts,
Je
ne
vous
défens
point
une
douleur
muette,
Pourvû
que
votre
front
n’en
foit
point
l'interprète.
Et
que
de
votre
cœur
vos
yeux
indépendans,
Lriomphent
c
gomme
moi
des
ARTE
ee
dedans.
5
Suivez,
pallez
l'exemp
e,
&
Dore
Game.
Un
vifage
content,
un
vifage
none
Qui
lui
laife
accepter
ce
que
vous
offrirez,
Et
ne
démente
rien
de
ce
que
vous
direz.
OTHON-
Hélas!
madame,
hélas!
que
pourrais-je
lui
dire
?:
PERUTINE.
y
va
de
ma
vie,
ül
y
va
de
lempire;.
Réglez
vous
là-deffus.
Le
tems
fe
perd,
feigneur.
Adieu,
donnez
la
main,
mais
gardez
moi
le
cœur;
Ou
fi
c'eft
trop
pour
moi,
donnez
&
lun
&
Pautres,
Emportez
mon
amour,
&
retirez
le
vôtre:
Mais
dans
ce
trifte
état
fi
je
vous
fais
pitié,
Confervez
moi
toujours
l'eftime
&
l'amitié;
Æt
n'oubliez
jamais,
quand
vous
ferez
le
maître.
À
as
SC
EN
E
TT.
MARTIAN,
PLAUTINE,
FLAVIE.
PLAUTINE.
ÿ
Ue
venez
-
Vous
m'aprendre
?
d)
MARTIAN.
-
Que
de
votre
feul.
choix
lempire
va
dépendre
,
|
Madame,
=
ne
ES
DRESSÉ
ROUE
"PLU
LINE
Quoi,
Galba
voudrait
fuivre
mon
choix
?
MARTIAN.
:
Non,
mais
de
fon
confeil
nous
ne
fommes
que
trois;
Et
fi
pour
votre
Othon
vous
voulez
mon
fufrage,
Je
vous
le
viens
offrir
avec
un
humble
hommage.
Avec
?
PLAUTINE.
MARTIAN.
Avec
des
vœux
fincères
&
foumis,
tre
de
l’empereur
qui
la
demande
en
matiage
:
ce
trait
eft
contre
la
bienféan-
ce,
&
contrela
taifon.
Ce
qui
eftbien
plus
extraordinaire,
c'eft
que
Æertian
…
à
qui
Plautine
Fait
le
plus
fanglant
ou-:
trage,
en
ki
reprochant
très-mal-à-pro-
pos
fa
naïiffance,
lui
dife
enfuite,
Æa-
P.
Corneille.
Tome
VI.
dame
,
encor
un
coup
,
Jouffrez
que
je
vous
aime.
L'amour
de
ce
miniftre,
les
ré-
ponfes
de
Plautine,
&
tout
ce
dialogue,
révoltent,
&
refroidiflent.
Ce
n’eft
1à
ni
peindre
les
hommes
comme
ils
font,
.
|
ni
comme
ils
doivent
être,
ni
les
faire
parler
comme
ils
doivent
parler,
-
Qui
feront
encor
plus
fi
l'efpoir
m’eft
permis.
ee
ie
Quels
vœux,
&
quel
efpoir
?
MARTIAN.
Cet
important
fervice
;
Qu'un
fi
profond
refpe&
vous
offre
en
facrifice.
.
PEAUTINE,
Hé
bien
,
il
remplira
mes
defirs
les
plus
doux;
Mais
pour
reconnaiffance
enfin,
que
voulez
-
vous
?
MARTIA
N.
La
gloire
d’être:
aimé.
PL
A
CUTI
N
5
RP
_
RL
ET
RD
PR
NE
RTS
x
7
RSR
SSSR
2
_
De
vous,
madame
PLAUTINE.
De
moi-même
?
.MARTIAN.
De
vous;
j'ai
des
yeux,
&
mon
ame,
,
:
PRÉSUIINE
Votre
ame,
en
me
faïfant
cette
civilité,
e)
Devrait
l'accompagner
de
plus
de
vérité.
On
na
pas
grande
foi
pour
tant
de
déférence
,
Eorfqu'on
voit
que
la
fuite
a
fi
peu
d’aparence.
‘:
L'offre
fans
doute
eft
belle,
&
bien
digne
d’un
prix
;
e)
Une
ame
qui
fuit
une
civilité.
Le
|
changé
de
=.
&
l'autre
qui
repli
mûl
qui
vient
à
un
vieux
miniftre
d'état,
que,
qu'il
a
l'oreille
du
grand
maitre.
|.
(
&
c’eft
le
mal
d'amour;
)
&
Plautine
Que
dire
d’un
tel
dialogue?
On
.
qui
répond
à
ce
miniftre,
945
n'a
point
À
obligé
de
faire
un
commentaire.
Que
AŸ
RS
m8
7
©
g
>
pes
Mu
Ru
TRAGÉDIS
Am
IL
3
Mais
en
le
choififfant
vous
vous
êtes
mépris.
Si
vous
me
connaifliez
,;
vous
feriez
_
.
MARTIAN.
Hélas
!
mon
mal
ne
vient
que
de
vous
trop
connaître.
Mais
vous
même,
après
tout,
ne
vous
sn
pas».
Quand
vous
croyez
fi
peu
l'effet
de
vos
apas.
Si
vous
daigniez
favoir
quel
eft
votre
mérite
,
Vous
ne
douteriez
point
de
Pamour
qu'il
excite..
Othon
m'en
fert
de
preuve:
il
n'avait
rien
aimé
,
Depuis
que
de
Poppée
il
s'était
vi
charmé;
Bien
que
d'entre
fes
bras
Née
Pont
enlevée,
À
vous
feule
_—
dû
lPhonneur
de
leffacer.
Vous
feule
d'un
coup
d'œil
emportâtes
la
gloire
D'en
faire
évanouir
la
plus
douce
mémoire
,
Et
d’avoir
fh
réduire
à
de
nouveaux
fouhaits
Ce
cœur
impénétrable
aux
plus
charmans
objets.
Et
vous
vous
étonnez
que
pour
vous
je
foupire!
PELAUTINE.
Je
m'étonne
bien
plus
que
vous
me
Pofiez
dire.
_Je
nétonne
de
voir
qu'il
ne
vous
Houvient
plus
Que
lheureux
Martian
fut
l’efclave
Icélus,
-
Qu'il
a
changé
de
nom
fans
changer
de
vifage.
#
iéé
commentaire,
au
moins
.
à
faire
-
menait
à
quelque
chofe
de
tragique,
connaître
que
fon
auteur
rend
juftice
:
elle
pourrait
faire
impreflion.
Remar-
il
né
connaît
aucune
occafon
où
lon
|
quons
encor
que
de
la
hauteur
n'eft
=
doive
déguifer
la
vérité.
Ploutine
mon-
|
pas
de
la
grandeur.
—
tre
de
la-hanteurs
&
cette
hauteur
1
©
=
ee
=
2
NAS
A
Le
MARTIAN.
Ceft
ce
crime
du
fort
qui
m’enfle
le
courage.
Lorfqu’en
dépit
de
lui
je
fuis
ce
que
je
fuis,
On
voit
ce
que
je
vaux,
voyant
ce
que
je
puis.
Un
pur
hazard
fans
nous
règle
notre
nâifance
;
Mais
comme
le
mérite
eft
en
notre
puiflance,
La
honte
d'un
deftin
qu’on
vit
mal
aflorti,
|
Fait
d'autant
plus
d'honneur
quand
on
en
ef
Lorti.
Quelque
tache
en
mon
fang
que
laiffent
mes
ancètres
;
Depuis
que
nos
Romains
ont
accepté
des
maîtres,
Ces
maîtres
ont
toujours
fait
choix
de
mes
pareils.
Pour
les
PSS
É
&
les
fecrets
confeils.
.
ont
mis
sé
terre
.
_.
politique
3.
as
Patrobe,
Policlète,
&
Narcifle
se
Pallas,
Ont
dépofé
des
rois,
&
donné
des
états.
On
nous
élève
au
trône
au
fortir
de
nos
chaînes.
Sous
Claude
on
vit
Félix
le
mari
de
trois
reines.
Et
quand
Pamour
en
moi
vous
préfente
un
époux
,.
Vous
me
traitez
d’efclave,
&
d’indigne
de
vous!
.
Madame,
en
quelque
rang
que
vous
ayez
pû
naître,
Ceft
beaucoup.
que
d’avoir
l'oreille
du
grand
maître.
Vinius
eft
conful,
&
Lacus
eft
préfets
Je
ne
fuis
lun
ni
Pautre,
&
fuis
plus
en
effets
Et
de
ces
confulats,
&
de
ces
préfectures
,
Je
puis
quand
il
me
plait
faire
des
créatures:
Galba
n'écoute
enfin,
&
c
ef
être
aujourd’hui,
:
Quoique
fans
ces
grands
noms,
le
premier
d’après
li
se
PEACTINE.
Pardonnez
done,
feigneur
,
fi
je
me
fuis
méprifes
PR
PISTES
RONE
WE
TRAGÉD
LE.
AcTe
IL
Mon
orgueil
dans
vos
fers
n’a
rien
qui
Pautorife.
Je
viens
de
me
connaître,
&
me
vois
à
mon
tour
Indigne
des
honneurs
qui
fuivent
votre
amour.
*
Avoir
brifé
ces
fers,
fait
un
degré
de
gloire
Au-deflus
des
confuls.,
des
préfets
du
prétoires
Et
fi
de
cet
amour
je
n’ofe
être
le
prix,
Le
refpe“t-m'en
empèche;
&
non
plus
le
mépris.
On
n'avait
dit
pourtant
que
fouvent
la
nature
Gardait
en
vos
pareils
{a
première
teinture,
_
Que
ceux
de
nos
Céfars
qui
les
ont
écoutés,
Ont
tous
fouillé
leurs
noms
par
quelques
lâchetés;.
C'eft
ce
qui
me
faifait
y
fouhaiter
Othon;
Mais
à
ce
que
j'aprens
ce
fouhait
m’eft
pas
bon.
Laiflons
-
en
faire
aux
dieux,
&
faites
vous
juftice;
D'un
cœur
vraiment
Romain
dédaignez
le
caprice,
‘Cent
reines
à
l’envi
vous
prendront
pour
époux;
Félix
en
eut
bien
trois,
&
valait
moins
que
vous.
MARTIAN.
Madame,
encor
un
coup,
fouffrez
que
je
vous
aime,
Songez
que
dans
ma
main
j'ai
le
pouvoir
fuprème,
Quentre
Othon
&
Pifon
mon
fuffrage
incertain,
Suivant
qu'il
penchera
va
faire
un
fouverain,
Je
n'ai
fait
jufqu'ici
qu’empècher
l'hyménée,
|
Qui
d'Othon
avec
vous
eût
joint
la
deftinée.
*
Jaurais
pù
hazarder
quelque
chofe
de
plus;
Ne
m'y
contraignez
point
à
force
de
refus.
Quand
vous
cédez
Othon,
me
fouffrir
en
f
place.
27.
Et
que
pour
dérober
l'empire
à
cette.
RE
L'univers
à
beloin
qu'un
vrai
héros
y
monte.
+)
-_
(F&
2
28
OO
T
H
O
N,
Peut-être
ce
Le
faire
plus
d’une
grace;
Car
de
vous
voir
à
lui
ne
Pefpérez
jamais.
SEEN
E
IIT
PLAUTINE,
LACUS,
MARTIAN,
FLAVIE.
2
LICUS.
|
|
G
Ni
enfin
F%-
Galba
s'accorde
à
vos
fouhaits;
.
.
Et
j'ai,
RHNAETR
{ur
de
SU
des
cette
ÉRERE
De
vous
avec
Othon
il
confented
pee
PLAUTINE
à
Mon
Qu'en
dites-vous,
feisneur?
Pourez-vous
bien
fouffrir
Cet
hymen
que
Lacus
de
fa
part
vient
m’offrir
?
Le
grand
maître
a
parlé,
voudrez
-vous
l’en
dédire,
Vous
qu'on
voit
après
lui
le
premier
de
l'empire
?
Dois-je
me
ravaler
jufques
à
cet
époux
?
=
Ou
dois-je
par
votre
ordre
afpirer
jufqu’à
vous
?
BAC
US.
Quelle
énigme
ef
ceci,
madame
?
PL
À
U
+
I
N
—
te
ame
Me
faifait
tout
à
Pheure
un
préfent
de
fa
flamme
;
Ï
m'affurait
qu
’Othon
;
jamais
ne
m’obtiendrait,
Ç
&
f)
Tout
ce
qu'on
peut
remarquer,
{
barbarifme,
&
une
exprefion
bafñle
-
ERA
c'eft
que,
J'ai
tant
fait
fur
lui,
ef
un
À
que
le,
qu'en
dites-vous
?
de
Plautine
eft
FOR
UES
FCO
G
|
D
ro:
Acte
IL
39
52
ne
=
z
Et
difait
à
demi
qu'un
refus
nous
perdrait.
Ç
Vous
m'ofez
cependant
aflurer
du
contraire;
2
,
Et
je
ne
fais
pas
bien
quelle
réponfe
y
faire.
Ç
Comme
en
de
certains
tems
il
fait
bon
s'expliquer,
F2)
En
d’autres
il
vaut
mieux
ne
s'y
point
embarquer.
e
Grands
minifires
d'état,
accordez
vous
enfemble,
+
Et
je
pourai
vous
dire
après
ce
qui
m’en
femble.
—
Ci.
:
\
Ous
aimez
donc
Plautine,
&
c’eft
là
cette
foi.
-
Qui
contre
Vinius
vous
attachait
à
moi
?
MAR
FITAN.
pi
Le
yeux
de
Plautine
ont
pour
moi
quelque
charme.
Y
trouvez-vous,
feigneur,
quelque
fujet
d'alarme?
Le
moment
bienheuteux
qui
m'en
ferait
Lépoux,
Réunirait
part
moi
Vinius
avec
vous.
Par-là
de
nos
trois
cœurs
l'amitié
reffaifie,.
En
déracinerait
&
haine
&
jaloufe.
Le
pouvoir
de
tous
trois
par
tous
trois
afermi.:
une
ironie
comique;
que
Ja
grande
ame
|
bourgeois
;
&
que
Le.
feène
ef
ts
C
_
;
fais
un
préfent
de
fa
flamime,
eft
très-
|
froide,
FE
Vicieux;
qu'#
fait
bon
s'expliquer,
eft
_.
à
Aurait
ponr
nœud
commun
fon
gendre
en
votre
ami;
Et
quoi
que
contre
vous
il
ofât
entreprendre.
.
.
ÉARGUS.
Vous
feriez
mon
ami,
mais
vous
feriez
fon
gendre;
Ê
Et
c’eft
un
faible
apui
des
intérêts
de
cour
(
x
Qu’une
vieille
amitié
contre
un
nouvel
amour,
SS
°
.
Ê
/
à)
Quoi
que
veuille
exiger
une
femme
adorée,
9
La
réfiftance
eft
vaine,
ou
de
peu
de
durée;
ES
ÆElle
choïfit
fes
tems,
&
les
choifit
fi
bien,
À
)
_
Qu'on
fe
voit
hors
d'état
de
lui
refufer
rien.
C
Vous-mème
êtes-vous
für
que
ce
nœud
la
retienns
AN
D'ajouter,
s’il
le
faut,
votre
perte
à
la
mienne
?
ù
:
_Trouvent
de
fe
rejoindre
aifément
le
fecret.
Othon
n’a
pas
pour
elle
éteint
toutes
fes
flammes;
11
fait
comme
aux
maris
on
arrache
Îles
femmes
;
Cet
art
fur
fon
exemple
eft
commun
aujourd’hui,
Et
{on
maitre
Néron
l'avait
apris
de
lui.
Après
tout,
je
me
trompe,
ou
près
de
cette
belle...
;
J'efpère
en
Vinius,
fi
je
n’efpère
en
elle
;
Et
lofte
pour
Othon
de
lui
donner
ma
voix,
Soudain
en
ma
faveur
emportera
fon
choix.
LACUS.
g.)
Le
portrait
d'Ofhon
eft
très-beau
|
Janter
egerat,
gratus
Neroni
æmulatione
dans
cette
fcène.
Il
ef
permis
à
unau-
|
/uxus
—
in
provincinn
Jpecie
legationis
teur
dramatique
d'ajouter
des
traits
aux
|
Jépofuifs;
comiter
adininiflrata
prouincin.
caractères
qu'il
dépeint,
&
d'aller
plus
Son
enfance
fut
parèffeufe
,
fa
jeuneffe
loin
que
l’hiftoire.
Tucite
dit
d'Othon,
|
débauchée.
Il
plut
à
Méoz
en
imitant
/f
"+
Pueritian
incuriosè,
adolefcentium
petu-
|
fes
vices
&
fon
luxe.
S'étant
exilé
Ÿ
à
:
:
£
lui-même
dans
la
Luftanie,
dont
il
|
fantes
font,
l'amitiérelaife
detrois
cœurs,
_
était
SOHVCRRQUrS
il
s’y
comporta
avec
que
ce
nœud
la
retienne
d'ajouter
,
où
près
-
humanité.
|
de
cette
belle,
&
quelques
autres
ex-
.
Cette
fcène
.
intéreffante
‘{
elle
:|
‘preflions
quine
font
ni
affez
nobles
:
__S
de.
grands.
événemens.
.
Les,
!
ni
aflez
correctes.
TRAGÉDIE
ACTE
IL
ax
Æ
A
CUS.
Quoi,
vous
nous
donneriez
vous-même
Othon
pour
maître
?
MARTI
AN.
Et
quel
autre.
dans
a
eft
plus
digne
de
lêtre
?
EL
À
G-USS.
Ah,
pour
en
être
digne,
äl
left,
&
plus
que-touss
Mais
auf
pourtout
dire,
il
en
fait
trop
pour
nous
:
Il
fait
trop
ménager
fes
vertus
&
fes
vices,
g)
Il
était
fous
Néron
de
toutes
fes
délices
:.
Et
la
Lufitanie
à
vû
ce
mème
Othon
Gouverner
en
Ccfar,
&
juger
en
Caton.
-
Tout
favori
dans
Rome,
&
tout
maître
.en.provinces
De
lâche
courtifan
1
s'y
Montra
grand
prince
;
Et
fon
ame
ployante
attendant
l'avenir,
Sait
faire
également
fa
cour,
&
la
tenir.
Sous
un
tel
fouverain
nous
fommes
peu
de
chofe;
Son
foin
jamais
fur
nous
tout-à-fait
ne
repofe:
Sa
main
feule
départ
{es
libéralités
;
Son
choix
feul
diftribue
états
&
dignités.
Du
timon
qu'il
embrafle
il
fe
fait
le
feul
guide’,
Confulte:
&
réfout
feul,
écoute
&
feul
décide;
:
Et
quoi
que
nos
emplois:
‘puiflent
faire
de
bruit
+
Si-tôt
qu’il
nous
veut
perdre,
un
coup
d'œil
nous
détruit.
Voyez
d’ailleurs
Galba,
quel
pouvoir
il
nous
laifle,
P.
|
Corneille,
Tome
VL
=
:
le
En
quel
pofte
fous
lui
nous
da
mis
fa
faiblefle.
S
Nos
ordres
réglent
tout,
nous
donnons,
retranchons
;
([
Rien
n’eft
exécuté
dès
que
nous
l’empéchons:
|
>
Comme
par
un
de
nous
il
faut
que
tout
s’obtienne,
s
Nous
voyons
notre
cour
plus
gtoffe
que
la
fienne
:
É.
Et
notre
indépendance
irait
au
dernier
point,
£
|
.
Si
Pheureux
Vinius
ne
la
partageait
point:
sis
(4
%
Notre
unique
chagrin
eft
qu'il
nous
la
difpute
ë)
L'âge
met
cependant
Galba:
près
de
fa
chûte;
|
TS
De
peur
qu'il
nous
entraine
il
faut
un
autre
apui,
à
Mais
il
le
faut
pour
nous
aufi
faible
que
lui.
4
H
nous
en
faut
Sa
un
qui
fatisfait
des
titres,
&
a:
7
uprèn
Pifon
:
a
SE
SRE
:
lef
Prit
abattus
72
h)
S'il
a
grande
naiMance,
il
a
peu
de
vertu,
.
ë
Non
de
cette
vertu
qui
détefte
le
crime;
9)
Sa
probite
févère
eft
digne
qu’on
l’eftime,
G
Elle
a
tout
ce
qui
fait
un
grand
homme
de
bien,
—
Mais
en
un
fouverain
c’elt
peu
de
chofe,
ou
rien,
72
TH
faut
de
la
prudence,
il
faut
de
la
lumiere,
G
Il
faut
de
la
vigueur
adroite
autant
que
fière,
_
S
Quispénètre
,
éblouifle
&
fème
des
apas.
..
NE
À
faut
mille
vertus
enfin
qu'il
n'aura
pas.
-
-
Ÿ
Lui-
mème
il
nous
priera
d’avoir
foin
de
l’empire,
7
Et
faura
feulement
ce
qu’il
nous
plaira
dire:
_
<<
Plus
nous
Vy
tiendrons
bas,
plus
il
nous
mettra
haut
ee.
b)
S'il
à
grande
naiflance.
Une
vi
|
Es
Ceff
à
Juftement.
=
Moquons
rD0
du
“)
gueur
ciroite
7
fière
qui
sème
des
apas.
|
yefle.
Il
nous
devra
Le
tout.
Si
vient
>
RS
ROBOT
UQUE
RASE
ERRONÉE)
e
TRAGÉDIE
Aors
IL
À
_
É
Et
Ge
jà
juftement
le
maitre
qu'il
nous
faut.
MARTIAN.
Mais,
feigneur,
fur
le
trône
élever
un
tel
homme,
:
C'eft
mal
fervir
l'état,
&
faire
oprobre
à
Rome.
LACUS.
Et
qu'importe
à
tous
deux
de
Rome
&
de
létat
?
Qu'importe
qu'on
leur
voye
où
plus
ou
moins
d'éclat
?
Faifons
nos
füretés,
&
moquons
noué
du
refke.
Point,
point
de
bien
public,
sil
nous
devient
funefte.
De
notre
grandeur
feule
ayons
des
cœurs
jaloux;
Ne
vivons
que
pour
NOUS
&
ne
papiers
qu
nous,
+
:
vous
le
d
dis
encor
à
mettre
tre
Othon.lur..nos.
sis
dt
à
ru
DES
EE
Ceft
nous
Nvrere
tous
Si
nous
l'en
voulons
croire,
il
nous
devra
le
tout
:
Mais
de
ce
grand
projet
s'il
vient
par
nous
à
bout
;
Vinius
en
aura
lui
feul
tout
l'avantage.
Comme
äl
la
propofé,
ce
fera
fon
ouvrages
Et
Ja
mort,
ou
Pexil,
ou
les
abaiflemens
,
Seront-
pour
vous
&
moi
fes
vrais
remercimens,
MARTIAN.
e
votre
füreté
veut
que
Pifon
domine
:
Obtenez-en
pour
moi
qu'il
maffure
Plautine
Je
vous
promets
pour
lui
mon
fuffrage
à
ce
prix.
La
violence
eft
juite
après
de
tels
mépris.
Commençons
à
jouir
par-là
de
fon
empire,
-
Et
voyons
s'il
eft
homme
à
nous
ofer
dédire.
“de
parler
font
ou
vicieufes
ou
ign0-
par
nous
à
bout,
&c.
Il
n'eft
pas
né-
pie
7
t
D
_cefaire
de
dire
que
toutes
ces
façons
NANTES
i)
Quoi,
votre
amour
toujours
fera
fon
capital
Des
attraits
de-Plautine
&
du
nœud
conjugal
?
Hé
bien,
il
faudra
voir
qui
fera
plus
utile
D'en
croire,
.
.:
mais
voici
la
princefle
Camille,
SCEN
:
J
E
vous
rencontre
enfemble
ici
fort
#)
à
propos,
Et
voulais
à
tous
deux
vous
dire
quatre
mots.
Si
J'en
crois
certain
bruit
que
je
ne
puis
vous
taire
:
Vous
poufféz
un
peu
loin
lorgueil
du
miniftère.
On
dit
que
fur
mon
rang
vous
étendez
fa
loi,
…
Et
que
vous
vous
mèlez
de
difpofer
de
moi,
MARTI-AN
Nous
,:
madame
?
:
sas
Le
+
AMEL
ER
Faut-il
que
je
vous
ché,
cette
fcéne
promettait.
une
Cornélie.
Casnille
emploie
cette
f-
k)
À
propos,
&
Quaire
Mois,
auraient
|
gure
froide
de
l'ironie,
qu'il
faut
em-
2)
Quoi!
votre
amour
toujours
fera
fon
|
gâté
le
rôle
de
Cornélie.
Mais
une
fille
capital
£ÿc.
1
Cela
feul_
fufirait
pour
qui
vient
parler
ainf
de
LA
ne
—
avilir
un
héros,
&
détruit
tont
ce
que,
|
à
deux
miniftres,
eft
bien
loin
d'être
*
TRAGÉDIE
AcTEe
IL
4$
Moi,
dont
Galba
prétend
faire
une
impératrice
?
D
EACUS.
|
L'un
&
l'autre
fait
trop
quel
refpeét
vous
eft
dû,
.
|
CAMILLE
Le
crime
en
eft
plus
grand,
fi
vous
l’avez
perdu.
Parlez,
qu'’avez-vous
dit
à
Galba
l’un
&
l'autre
?
MAR
T
I
AÀ
N.
Sa
penfée
a
voulu
s’affurer
fur
la
nôtres.
Et
s'étant
propofé
le
choix
d'un
fuccefleur,
Pour
laifler
à
l'empire
un
digne
poffeñeur,
Sur
ce
don
Rate
si
E
du
se.
Et
ne
favez-vous
point,
&
Vinius,
&
vous,
Que
ce
grand
fuccefleur
doit
être
mon
époux
?
Que
le
don
de
ma
main
fuit
ce
don
de
Pempire
?
Galba
par
vos
confeils
voudrait
-
il
s’en
dédire
:
=
L A
GUS.
fl
cf
or
le
mème,
&
nous
avons
parlé
Suivant
ce
qu'à
tous
deux
le
ciel
à
révélé.
:
En
ces
occafions,
lui
qui
tient
les
couronnes:
Infpire
les
avis
‘fur
le
choix
des
perfonnes.
Nous
avons
crû
d’ailleurs
pouvoir
fans
attentat
Faire
vos
intérèts
de
ceux
de
tout
l’état.
ployer
fi
fobrement.
Elle
parle
en
bour-,
.
font
Érales.
Ces
fautes
trop
geoife,
en
parlant
de
lempire.
Je
Jais
|
fouvent
repétées
font
caufe
que
cette
N
ce
qui
mejkor
opres
je
M'aime
un
peu
moi-
|
pièce
‘admirablément
commencée,
fai
SN
mme;
je
mai
pas
grande
envie.
L'infi-
|
blit
de
fcène
en
fcène,
&
ne
peut
es
_
midité
de
lintrigue,
&
la
baffle
de
être
repréfentée.
2
ee
|
F
11}
>]
6)
deceseceueuesceseur.
O
T
H
©
N,
Vous
tie
voudriez
pas.en
avoir
de
contraires.
|
G
AMBIL:LE
Vous
n'avez,
vous,
mi
lui,
penfé
qu’à
vos
affaires;
Et
nous
offtir
Pifon
celt
affez
témoigner.
..
EACUS.
Le
trouvez-vous,
madame,
indigne
de
régner
2.
Ïl
à
de
la
vertu
,
de
lefprit,
du
courage;
Il
a
de
Elu.
..
|
CAMILLE.
De
plus,
il
a
votre
fuffrage,
Et
c’eft
aflez
de
quoi
mériter
mes
refus.
Par
refpect
de
{on
fang
,
je
ne
dis
rien
de
plus.
==
RES
ë
RE
Ze.
Aimeriez-vous
Othon
que
Vinius
propofe
?
Othon
dont
vous
favez
que
Plautine
difpofe,
Et
qui
n’afpire
ici
qu'à
lui
donner
fa
foi?
CAMILLE.
=
Qu'il
brûle
encor
pour
elle,
ou
la
quitte
pour
moi,
Ce
n’eft
pas
votre
affaire,
&
votre
exaditude
Se
charge
en
ma
faveur
de
trop
d'inquiétude.
|
EL
AC
US.
Mais
lPempereur
confent
qu’il
l’époufe
aujourd'hui
;
Et
moi-même
je
viens
de
lobtenir
pour
lui.
CAMILLE.
Vous
en
a-t-il
prié?
dites,
ou.fi
l'envie.
..:
LAC
US
Un
véritable
ami
w’attend
point
qu’on
le
prie.
CAMIEERE
Cette
amitié
me
charme,
&
je
dois
avouer
=
EE
.
TT
D
SR
SSII
D
—
Ç
_
Qu’Othon
a
jufqu'ici
tout
lieu
de
s’en
louer,
À
À
|
Que
lPheureux
contretems
d'un
fi
rare
fervice,
..
É
CG
“LAC
US.
“
4
Madame.
.
.
«4
|
CAMILLE.
Ç
À
Croyez
moi,
mettez
bas
l'artifice.
<
&
re
Ne
vous
hazardez
point
à
faire
un
empereur.
|
G
<
Galba
connait
l'empire,
&
je
connais
mon
Cœur.
*
)
Je
fais
ce
qui
nveft
propre,
il
voit
ce
qu'il
doit
faire;
(
É
G
Et
quel
prince
à
l'état
eft
le
plus
falutaire.
k
<
Si
le
ciel
vous
infpire,
il
aura
foin
de
nous,
À)
Fe
fur
far
ce
point
nous
accorder
fans.vous.
|
re
e
Si
Pifon
vous
déplait;
il
en
eft
quelques
autres.
.
:
ÿ
&
:
CAMILLE
-
|
FX
.
£
}
N’attachez
point
ici
mes
intérêts
aux
vôtres.
S
Es
Vous
avez
de
Pefprit,
mais
j'ai
des
yeux
perçans.
9
Ç
Je
vois
qu’il
vous
eft
doux
d’être
les
tout-puiffans
;
(CE
(à
Et
je
n’empèche
point
qu'on
ne
vous
continue
)
>
e
Votre
toute
-puifance
au
point
qu’elle
eft
venue;
-
Ê
Lo)
_
Mais
quant
à
cet.
époux,
vous
me
ferez
plaifir
K
5
De
trouver
bon
qu'enfin
je
puifle
le
choifir.
Ÿ
à
)
Je
m'aime
un
peu
moi-
mème,
&
n'ai
pas
grande
envie
É
CG
De
vous
facrifier
le
repos
de
ma
vie.
+
Ÿ
5
M
RL
A
ee
(
|
Puifqu’il
doit
avec
vous
régir
tout
lunivers.
.
.
-
+
COUR
LEE
7
Faut-il
vous
dire
encot
que
j'ai
des
yeux
ouverts
?
à)
48
MPOoTEON,
RIRES
Ce”
1
vois
jufqu'en
vos
cœurs,
&
m'obitine
à
me
taire
;
;
.
Maïs:
je
pourrais
enfin
dévoiler
le
myftère.
MART
IA
N.
Si
l’empereur
nous
croit.
…..
CA
MILLE,
-
_
Sans
doute
il
vous
croira
,
Sans
doute
je
prendrai
époux
qu’il
m'offrira,
Soit
qu'il
plaife
à
mes
yeux,
foit
qu
il
me
choque
en
Pame
;
ji
fera
votre
maître,
&
je
ferai
fa
femme;
T6
tem
me
donnera
fur
lui
quelque
pouvoir,
Et
vous
pourez
alors
vous
en
apercevoir.
Voilà
les
quatre
mots
que
j'avais
à
vous
dire.
EE
es
ini
5.
C
EN
E
VI
LACUS,
MARTIAN.
MARTIAN.
=
-
GC
couroux
que
Pifon
fous
attire,
—
:
és
.
Vous
vous
en
allarmez?
Laifons
La
EE
|
Et
ne
nous
perdons
pas
de
crainte.
=
pétir.
M
ART
1
AN.
Vous
voyez
quel
orgueil
contre
tous.
l'intérefe.
RCE
POS
4
d'a
22
A
tt
Acre
IL
LACUS.
Plus
elle
m'en
fait
voir,
plus
je
vois
fa
faiblele.
Faifons
régner
Pifon,
&
malgré
çe
couroux,
Vous
verrez
qu'elle-mème
aura
befoin
de
nous.
Fin
du
fecond
aête.
=
—
ur
Tome
VA
Ge
e
Te
BE
EE
ON
ESF.
RE
M
I
EL
CAMILLE,
Ë
{IL
£.
&
ALBIANE.
ne
LL
ALBIANE
Oui
madame.
Galba
choifit
Pifon,
&
vous
êtes
fa
femme,
Ou
pour
en
mieux
parler,
l’efclave
de
Lacus..
À
moins
d’un
éclatant
&
généreux
refus.
É
AMI
LLCE.
Et
que
devient
Othon
?
ACBIANE.
a)
L’intrigue
n’eit
pas
ici
plus
in-
téreflante
&
plus
tragique
qu'auparavant.
Cette
confidente
qui
aprend
à
fa
mai-
trefle
qu'elle
va
être
femme
de
P7/0n,
&
que
fon
amant
Ofhor
fera
facrifié,
pourrait
émouvoir
le
fpectateur,
fi
le
péril
d’Ofbon
était
bien
certain.
Mais,
qui
a
dit
à
cette
confidente
qu'un
jour.
Pifon
étant
Céfar,
fe
déferait
d’Orhon
?
Vous
allez
voir
fà
tète
s
Premiérement
Cuwille
devrait
aprendre
.
fon
mariage
de
là
bouche
de
l'empe-
|
reur
@&
non
de
celle
d’une
confiden-
[tes
@
ce
ferait
du
moins
une
efpèce.
.
de
fituation,
une
petite
furprife,
quel.
que
chofe
de
reMfemblant
à
un
coup
de
théatre,
&
Comille
efpèrant
d'obte-
nit
Ofhon
de
l’empereur,
recevait
ino.
pinément.
de
la
bouche
de
lempereur.
_
EN
eee
eu
ere
TRAGÉDIE.
Âcre
De
vos:
trois
ennemis
affermir
la
conquête,
Je
veux
dire
aflurer
votre
amain
à
Pifon
,
Et
l'empire
aux
tyrans
qui
font
régner
{or
-nom.
:
Car
comme
il
n'a
pour
lui
qu'une
fuite
d’ancètres;
Lacus
&
Martian
vont
être
nos
vrais
maitres
;
Ét
Pifon
ne
fera
qu’un
idole
facré,
Qu'ils
tiendront
fur
d'autel
pour
répondre
à
leur
gré.
Sa
probité
ftupide
autant
comme
farouche
,
À
prononcer
leurs
loix
aflervira:
fa
bouche
;
Et
le
premier
arrèt
quils.
lui.
feront
‘donnet
;
Les
défera
d'Othon
qui
les
pate
énonce
:
IL.eft
fans
doute
à
plaindre,
Si
VOUS.
Vabandonnez
à
tout.
ce
qu'il
doit
craindre;
Mais
comme
enfin
la
mort
finira
fon
ennui,
Je
crains
fort
de
vous
voir
plus
à
plaindre
que
lui.
CAMILL
É
…
|
L'hymen
fur
un
époux
donne
quelque
ee.
AL
BIANE
.
+
|
Oéavie
à
péri
fx
cette
“confiance.
a
celles
de
votre
forte.
—
155
je
n'avais
fait
enbardir
votre
amunt,
il
ne
vous
aurait
fuivante,
qui
dit
que
les
princeffes
doi-
|
pas,
parlé
fe.
-Ceft
une
-
“prineeffe
qui
vent
faire
les
avances,
jetteraient
du.
répond
,
Ta
le
creis
donc
qu'il
maine?
froid
fur
le
rôle
de
Phèdre,
“&
fur
les
|
Le
lecteur
fent
affez,
qu'us
devoir
qui
14
tragédies
d’
Andromaque
Sc
d'Zphigénse.
k-pale
du:
coté
de:
l'amour
—
Je
faire
en
la.
<
à
Troifiémement,
s'il
ya
quelque
chofe
À
courcun
accès
pour
un
plus
digne,
amor
>
—
dau
comique
&
d'au
infipide,
qu'une
en
un
mot,
tout
ce
dialogue,
nef
pas
Suivante
qui
dit,
C’ef
la
gène
où
réduit
À
ce
qu'on
doit
attendre
dans
une
Fragédie.
Pordre
d'en
époufer
un
autre.
Secondement
,
de
longs
difcouts
d’une
DAS
EPTE
QESEPA
STE
PIN
CAENTEEN
PAR
ER
SR
IEEE
ALT
L
dé:
PET
PR
RE
NRA
A
TR
D
TT
IP
PAIE
Zn)
pr
4,
PRES
SOIT
OT
ELITE
E
CESS
#3
LE
Hd
foire
Le
Ds
GE
Li
DL
ed
ft
ed
con
édité,
F3
y
Lg
re
AN
Len
deb
ji
ll
TE
Po
A
CES
AN
(EN
Mag
ie
A
ACTES
N’atelle
que
Pifon
qui
foit
digne
de
Rome?
Êt
dans
tous
fes
états
n’en
faurait-on
voir
deux,
Que
puiflent
vos
bontés
hasarder
à
mes
vœux?
Néron
fit
aux
vertus
une
cruelle
guerre;
S'il
en
a
dépeuplé
les
trois
parts
de
la
terre,
Et
fi
pour
nous
donner
de
dignes
empereurs
»
Pifon
feul
avec
vous
échape
à
fes
fureurs,
_
T
eft
d'autres
héros
dans
un
fi
vafte
empire,
‘Il
en
eft
qu'après
vous
on
fe
plairait
délire,
Et
qui
fauraient
mêler,
fans
vous
faire
rougir,
port
de
gagner
les
cœurs
au
grand
att
de
régir.
Le
or:
gant
un
due
ÉRIC
ÿ.
Souvent
on
s’en
deg
+
OÙ
Et
puifque
ce
grand
choix
me
doit
faire
un
époux
,
T1
ferait
bon
qu'il
eût
quelque
chofe
de
doux,
Qu'on
vit
eu
fa
perfonne
également
paraitre
Ees
graces
à
d’un
amant,
&
les
hauteurs
d’un
maîtres
Et
qu'il
fût
aufi
propre
à
donner
de
l'amour;
Qu'àa
faire,
ici
trembler
fous
lui
toute
fa
cour.
Souvent
un
peu
d'amour
dans
les
cœurs
des
monarques
:
Accompagnc
allez
bien
leurs
plus
illuftres
marques,
Ce
n’elt
pas.
qu'après
tout
je
penfe
à
réfifter,
Paime
à
vous
obéir,
feigneut,
fans
contelter.
Pour
prix
d'un.
facrifice
où
mon
cœur
fe
difpofe.
Permettez
qu'un
époux
me
doive
quelque
chofe..
Dans
cette
fervitude
où
fe
plait
mon
défir
,
C’eft
quelque
liberté
qu
un
où
deux
à
choifir.
Votre
Pifon
peut-être
aura
de
quoi
me
plaire.
Quand
il
ne
fera
plus
un
mari
néceffaire
;
;
Et
fon
amour
pour
moi
fera
plus
affure.
ST
ENS
À
RON
CIN
PE
EP SP
POP
RENTE
M)
SPORTS
OT
PTT
TRAGÉDIE.
Acrs
IL
S'il
voit
à
quels
rivaux
je
Paurai
préféré,
GARE
A.
Ce
-
yaifonnement
dans
fa
déj
licateñle,
À
vos
tendres
refpects
mèle
beaucoup.
d’adrefe.
Si
le
refus
n’eft
juite
,
il
eft
doux
&
civil.
:
Parlez
donc,
&
fans
feinte;s
Othon
vous
plairait.il?
On
me
la
propofé,
qu'y
trouvez-vous
à
dire
?
Eé
AM
ELAAE
T'avez-vous
cru
d'abord
indigne
de
Lenpiee
—
?
TE
.
vertu
pe
falide
&.toute
_inébranlabl
ds
Nous
fera,
comme
Augufte,
un
fiécle
incomparable,
Où
lautre
par
Néron
dans
le
vice
abimé,
Raménera
ce
luxe
où
fa
main
Pa
formé,
Et
tous
les
attentats
de
linfame.
licence
,
Dontil
ofa
fouiller
la
fuprème
puiffance.
CAMEL
LE.
Othon
-près
d'un,
tel
maître
à
fi
{e.
ménager,
-
ee
2
J
ufqu'à
ce
que.
le
tem
tems
LS
,
ait
p
Pen
dégager.
Qui
fait
faire
fa
cour
fe
fait
aux.
mœurs
du
prince;
:
Mais
il
fut
tout
à
{oi
quand
il
fut
eñn
province;
=
Et
fa
haute
vertu.
par
d'illuftres
effets
,
Y
diffipa
foudain
ces
vices
contrefaits.
*
Chaque
jour
à
fous
vous
croi
à
renommée
:
:
_.
Mais
Pifou
n'eut
jamais
de:
charge.
:
ni.
durées.
|
Etre
-Conime
d
a
vécu
a
ici
fans”
;
ER
On
ne
fait
ce
qu'il
vaut
que
fur
fa
bonne
foi.
Je
veux
croire
en
faveur
des
héros
de
fa
race,
Qu'il
en
a
les
vertus,
qu'il
en
fuivra
la
trace,
Qu'il
en
égalera
les
plus
illuftres
noms;
.
Mais
j'en
croirais
bien
mieux
de
grandes
actions.
Si
dans
un
long
exil
il
a
paru
fans
vice,
La
vertu
des
bannis
fouvent
n’eft
qu
’artifice.
Sans
vous
avoir
fervi
vous
l'avez
ramené,
.
Mais
l'autre
eft
le
premier
qui
vous
ait
couronné.
Dès
qu'il
vit
deux
partis,
il
fe
rangea
du
vôtre:
Ainfi
l’un
vous
doit
tout,
&
vous
devez
à
l’autre.
GALBA
endrez.…d
eloin,
de
dci
ve
li
|
Et
comme
pour
Pempire
1
il
ut
un
autre
ap
“ee
Vous
croirez
que
Pifon
eft
plus
digne
de
Rome
;
Pour
ne
_plus
en
douter
fufit
que
je
Le
nomme:
CAMICL
ÊE:
Pour
Rome
&
fon
empire
,
après
vous
Je
le
croi...
Mais
je
doute
fi
Pautre
eft
moins
de
moi.
GALPRA
Doutez
en,
un
tel
doute
eft
bien
digne
d’une
ame
Qui
voudrait
de
Néron
revoit
le
fécle
nm
Et
qui
voyant
qu
"Othon
lui
reffemble
le
mieux.
$
c)
Si
on
faifait.paraître
un
vieillard
Nes
parlons
gr
il
fera
d’autres.
£
LE]
.
: «
=
de
comédie
,
entre
fa
niéce
&un
amant
femmes
guères
s'exprimer
autrement
que
dans
|
Otezles
noms,
tonte
cette
tragédien'eft
27
cette
foêne,
qu'une
comédie
fans
intérêt,
&
auf
8
ARTS
,
£
SRE
qu'elle
veut
époufer,
on
ne
pourrait.
A
qui
Pifon
en
vain
Ee.
=
doit
one
1
et
LL
LÉ
let
sie
a
SEA
Ed
ps
ft
CS
Lt
à
2
TS
ml
7
Pol
4
&
5
CAMILLE
|
à
Choififfez
de
vous-mème,
&
je
ferme
les
veux.
A
Que
vos
feules
bontés
de
tout
mon
fort
ordonnent;
Ç
_…
Je
me
donne
en
aveugle
à
qui
qu’elles
me
donnent.
a
|
Mais
quand
vous
confultez
Lacus
&
Martian,
7
Un
époux
de
leur
main
me
parait
un
tyran;
N
Et
fi
jofe
tout
dire,
en
cette
conjecture,
|
t*
Je
regarde
Pifon
comme
leur
créature,
£
Qui
régnant
par
leur
ordre,
&
leur
prétant
L.
VOIX»
Me
forcera
moi-mème
à
recevoir
leurs
lois.
Je
ne
veux
point
d'un
trône
où
je
fois
leur
captive
>
Où
leur
pouvoir;
m
’enchaînes
&
-
quoi
qu'il
en
arrive.
Jaime
rene
Nr
di
qui
toe
d
Rtre
HET
|
Qu'un
mari
qui
le
foit,
&
fouffre
Un
gouverneur.
.
G
À
L
B
À.
Ce
well
pas
mon
deffein
de
contraindre
les
ames.
c)
N’en
parlons
plus;
dans
Rome
il
fera
d’autres
femmes:
À
qui
Pifon
en
vain
woffrira
pas
fa
foi.
Votre
main
eft
à
vous.
mais
lempire
eft
à
moi.
froidement
écrite
que
durement.
Je
|
qu'iteft
mauvais,
en
montrant
auxétran-
ie
le
répète,
on
a
voulu
un
commentaire
|
gers
&
aux
jeunes.gens.
porno
nE
cf.
ù
_
-
fur
toutes
les
piéces
de
Corneille;
mais,
fi
mauvais
?
—
que
dire
d’un.
mauvais
ouvrage,
finon
=
GAL
B
À,
0
THON,
CAMILLE,
ALPBEN
4
|
GAL
B
À.
e
Or.
>.
eft-il
bienr
vrai
que
vous
aimiez
Camille
2
Z
D)
-O
T
H
©
N.
:
Cette
témérité
nv'eft
fans
doute
inutile:
Mais
fi
j’ofais,
feigneur,
dans
mon
fort
adouci
Son
amour
près
de
moi
:
vous
js
tels
offices,
Que
je
vous
en
fais
don
pour
prix
de
vos
fervices.
Ainfi,
bien
qu’à
Lacus
j’aye
aècordé
pour
vous,
Qu’aujourd’hui
de
Plautine
on
vous
fera
Pépoux,
L'illuftre
&
digne
ardeur
d’une
flamme
fi
belle
Men
fait
révoquer
l’ordre
,
&
vous
obtient
pour
elle.
O0
THON.
Vous
m'en
voyez
de
joie
interdit
&
confus.
Quand
je
me
prononçais
moi-même
un
promt
refus,
Que
j'attendais
l'effet
d'une.
jufte
colère,
Je
fuis
affez
heureux
pour
ne
pas
vous
déplaires
Et
loin
de
condamner
des
vœux
trop
élevés
.…
£
PSE
3
À
NUE
re
SES
:
d
Le
vice
de
cette
fcène
cf
la
fuite
|
niex
coller
SL
vous
l'airéz
;
:
dosi
des
défauts
précédens.
La
petite
ironie
|
ane
ouf.
Sor-cœr
djpiré
à
vote
y-
de
Gulba,
Ejt-il
bien
orai
que
vous
ai-
ner
d'une
felle
forces
“Choïfifles
dés
chara
ges
à
cosmuns
Jentimens.
Ta
VOUS
cire
quelle
aura
oué
mon
bien.
V
a-t-il
dans
tout
vela
un
feüt
MOT
qui
ne
foit
mé-
|
Vous
favez
mal
encor
=
à
vous
lui
devez.
Son
cœur
de
telle
force
à
votre
hymen
_
Que
pour
mieux
être
à
vous
il
renonce
à
à
l'empire.
Choififez
donc
enfemble
à
communs
fentimens
,
Des
charges
dans
ma
cour,
où
des
gouvernemens,
Vous
n'avez
qu'à
parler.
©
T-H
6
N.
Seigneur,
fi
là
prince.
a
:
GALB
A.
|
|
Pifon
n’en
voudra
pas
dd
ma
Fr
.
-
Je
hae
-
nommé
_Céfr,
pour.
le.
faire
-empei
eur.
—.
Vous
Ver
Si
,
répons
ME
té
cœur.
Adieu,
-pour
obferver.
la
forme
accoutumée,
Je
le
vais
de
ma
main
préfenter.
à
l’armée.
Pour
Camille,
en
faveur
de
cet
heureux
lien
,
Tenez
vous
affuré
qu’elle
aura
tout
mon
biens
Te
la
fais
dès
ce
jour
mon
unique
héritiere.
me
pour
le
Fonds
convenable
au
feui
genre
COMIque
?
Es
(I
&
LS
pis
PS
F4
—
3
COPA
SC
EN
E
r.
OTHON,
CAMILLE,
ALBIN,
ALBIANE
|
C
À
MELLE.
—
Vous
pouvez
voir
par-là
mon
ame
toute
entière,
e
)
Seigneur,
&
je
voudrais
en
vain
la
déeuifer,
Après
ce
que
pour
vous
l'amour
me
fait
oler.
Ce
ds,
Galba
pou:
moi
MEGEERI
le
se
S
vous
Br
Quoi
donc,
Mode
;
On
vous
coûterait
l'enpirer
Ïl
fait
mieux
ce
qu'il
vaut,
&
n’eft
pas
d’un
tel
prix,
Qu'il
le
faille
acheter
par
ce
noble
mépris.
Il
fe
doit
opofer
à
cet
effort
d’eftime,
Où
s’abaiffe
pour
lui
ce
cœur
trop
magnanime
;
Et
par
un
mème
effort
de
magnanimité
,
Rendre
une
ame
fi
haute
au
trône
mérité.
e)
Cette
fcène
fort
du
ton
de
la
co-
médie;
mais
limpreffion
déja
reçue,
empêche
le
fpeateur
de
voir
de
l’élé-
vation
dans
un
fujet,
qui,
pendant
près
:
de
trois
actes,
n'a
prefque
rien
eu
de
noble
&
de
grand.
artificieux
que
tient
Ofhoz
pour
fe
dé-
barrafler
de
l'amour
de
Cawille,
toutes
Tous
les
difcours
:
fes
craintes
de
l'avenir,
ne
peuvent
|
faire
naître
d'autre
fentiment
que
celui
de
l'indifférence.
Cuille
à
la
fin
de
la
fcène
eft
jaloufe
de
Plautine
,
mais
elle
eft
froidement
jaloufe.
Ofbos
ne
peut
guères
intérefer
perfonne
en
parlant
de
fa:
première
femme
Poppée,
qui
à
été
maitrefle
de
Néror,
.
Cuinille
peut-
FRS
TRAGÉDIE
Acte
IL
°
&
lo)
EE
D'un
fi
parfait
amour
quelles
que
foient
les
caufes...
|
CAMTLÉLE.
Je
ne
fais
point,
feigneur,
faire
valoir
les
chofes
;
:
Et
dans
ce
pfomt
fuccès
dont
nos
cœurs
font
charmés,
Vous
me
devez
bien
moins
que
vous
ne
préfumez.
Il
femble
que
pour
vous
je
renonce
à
l'empire,
Et
qu'un
amour
aveugle
ait
fà
me
le
prefcrire.
Je
vous
aime,
il
eft
vrai;
maïs
fi
l'empire
eft
doux,
Je
crois
m’en
affurer
quand
je
me
donne
à
vous...
Tant
que
vivra
Galba,
le
refpect
de
fon
âge,
Du
moins
aparemment
,
ROUE
fon
füffrage,
Pifon
croira
régner,
maispeutétre
Qu'un
jour
Rome
Le
ermettre
ie
choint
à
Lori.
tour
:
À
faire
ui
empereur
alors
quoi
qui
l’excite,
Qu'elle
en
veuille
la
race
,
ou
chercher
le
mérite,
Notre
union
aura
des
voix
de
tous
côtés,
Puifque
jen
ai
le
fang,
&
vous
les
qualités.
Sous
un
nom
fi
fameux
qui
vous
rend
préférable
;
L'héritier
de
Gaïlba
fera
confidérabie;
On
aimera
ce
titre
en
un
fi
digne
époux
Et
pee
à
a
moi
fi
lon
me
voit
:
à
vous.
ne:
wi
fu
DES
:
2
2
ur
ii
elle
intéreffer
davantage,
en
difant
[
cable.
Tout
mangue
quand
l'intérêt
qu'elle
ne
Jait
point
faire
valoir
les
chofes,
|
ma:
nque.
C’eft
précifément
ce
que
dit
qu'elle
ne
Juit
pas
quel
amour
elle
a
pu
_
de
Phifloire
du
#héotre
français
donner;
mais
qu'Ofhon
aime
à
saïfou-
|
à
l'article
Orhon:
La
partie
de
plus
né-
ner
fur
Pempire?
elle
l'y
trouve
allez
fort,
|
ceffaire
y
monques
l'intérêt
ef
l'awe
d'une
_
ET
même
Pure
for
ce
—.
montrer
qu'il
con-
piéce,
€
Le
fpeétatenr
n'en
prend
ici
pour
nait
ce
que
L
etipère
a
d'arnorce
?
aucun
des
perfonnages.
=
Je
crois
que
cet
a@e
était
imprati.
:
:
Pr
eur
Tome
VI
ee.
+
*
Ah!
madame,
quittez
cette
vaine
efpérance,
:
(=
_&
De
nous
voir
quelque
jour
remettre
en
la
balance.
,
ë)
S'il
faut
que
de
Pifon
on
accepte
la
loi,
Ÿ.
Rome,
tant
qu'il
vivra,
n'aura
plus
d'yeux
pouf
moi.
6
Elle
a
beau
murmurer
contre
un
indigne
maitre
;
Elle
en
fouffre,
pour
lâche
ou
méchant
qu
il
puifle
ètre.
PS
Tibère
était
cruel,
Caligule
brutal,
NS
*
Claude
faible,
Néron
en.
forfaits
fans
égal.
=
L)
I
fe
perdit
lui-même
à
force
de
grands
crimes
;
È
Mais
le
refte
a
pañé
pour
princes
légitimes.
5)
Claude
même,
ce
Claude
s
&
fans
cœur,
&
fans
Yeux;
7
ayant
__—.
nue
Fe
—
>
ne
&
Pallas
e
A
Firent
fous
fon
aveu
régner
la
barbarie,
ee
G
Il
régna
toutefois,
bien
qu'il
fe
fit
hair,
Jufqu’à
ce
que
Néron
fe
fâcha
d'obéir;
72
Et
celmonftre
ennemi
de
la
vertu
Romaine
>
Na
fuccombé
que.
tard
fous
la
commune
h:
aine.
-
9
Par
ce
qu'ils
ont
ofé
jugez
ue
vos
eus
KR
Ce
qu'ofera
Pilon
gouverné
par
Lacus.
;
*
IL
aura.
peine
a
voir,
lui
qui
pour
vous
foupire
,
ie
-
Que
votre
hymen
chez
mot
Jaifle
un
droit
à
Pempire.…
?)
Chacun
fur
ce
penchant
voudra
faire
fa
cour
,
|
Et
le
pouvoir.
fuprème
enhardit
bien.
lamout,
|
-Si
Néron
qui
m'aimait
of
m'ôter.
Poppée,
Jugez,
pour
reflaifir
votre
main
ufarpée
see
_
Quel
fcrupule
on
aura
du
plus.
noir
attentat,
Contre
un
rival
enfemble
&
d'amour
&
d'état.
Il
met
point
ni
dexil,
ni
de
Luftanie,
Dewsueseseunass
FX
ST
C7
TRAGÉDIES:
Acrr
LIL
€
Ç
_
Qui
dérobe
à
Pifon
le
refte
de
ma
vie;
Et
je
fais trop
la
cour
pour
douter
un
moment
,
1
Ou
des
foins
de
fa
haine,
où
de
l'événement.
G
.
CAMILIÉ
|
A
»
Et
oc
à
ce
grand
cœur
qu'on
croyait
intrépide
!
e
Le
péril,
comme
un
autre,
à
mes
yeux
lintimide
!
à
Et
pour
monter
au
trône,
&
pour
me
pofñéder,
Son
efpoir
le
plus
beau
n’ofe
rien
hazarder!
F1
redoute
Pifon
!
Dites
moi
donc,
de
grace,
Si
d'aimer
en
lieu
mème
on
vous
a
vû
Paudace
,
Si
pour
vous
&
pour
Le
+
trône
sh
He
ch
=>
Se
À
quel
droit
one
vons
ra
cette
Fe
le
Pour
quilui
difputa
ce
trône
&
fa
maîtrelfe
?
Et
quil
veuille
oublier,
fe
voyant
fouverain.,
_
Que
vous
pouvez
dans
lame
en
garder
le
deffein?
Ne
vous
y
trompez
plus
;
il
a
vü
dans
cette
ame
_
Et
votre
ambition,
&
toute
votre
flamme;
Et
peut
tout
contre
vous,
à
moins
que
contre
‘lui
Mon
hymen
chez
Galba
vous
aflure
un
apui.
Hé
bien,
il
me
:
Sa
haine
fera
douce
à
mon
ame
enflammée;
Et
tout
mon
fang
na
rien
que
je.
veuille
épargner,
Si
ce
weft
que
parlà
que
vous
pouvez
régnei.
:
Permettez
“cependant
à
à
cet
amour
fincère
De
vous
redire
encor
ce
qu'il
n'ofe
vous
taire.
En
Pétat
qu'eft
Pifon,
il
vous
faut
aujourd’hui
=
Renoncer
à
à
l'empire,
(
où
Je
prendre
:
‘vec
nie
=
Avant
qu’en
décider,
penfez-y
bien,
madame;
:
Ceft
votre
intérêt
feul
qui
fait
parler
ma
flamme.
Il
eft
mille
douceurs
dans
un
grade
fi
haut,
Où
peut-être
avez-vous
moins
penfé
qu'il
ne
faut,
Peut-être
en
un
moment
ferez-vous
détrompée
;
Et
fi
j’ofais
encor
vous
parler
de
Poppée,
Je
dirais
que
fans
doute
elle
m'aimait
un
peu,
Et
qu'un
trône
alluma
bientôt
un
autre
feu.
Le
ciel
vous
a
fait
lame
&
plus
grande,
&
plus
belle;
Mais
vous
êtes
princefle,
&
femme
enfin
comme
elle.
L’horreur
de
voir
une
autre
au
rang
qui
VOUS
eft
dû
;
Et
le
jufte
chagrin
d’avoir
trop
defcendu,
Prefferom
éttesame.dedesrendre...
Mëme
au
plus
faible
elpoir
de
le
pouvoir
reprendre.
Les
yeux
ne
veulent
pas
en
tout
tems
fe
fermer;
Mais
l’empire
en
tout
tems
a
de
quoi
les
charmer.
Re
L'amour
pañle,
ou
languit,
&
pour
fort
qu'il
puifle
être,
De
la
foif
de
régner
il
n’eft
pas
toujours
maitre.
CAMIELE
Je
ne
fais
quel
amour
je
vous
ai
pû
donner,
Seigneur,
mais
fur
Pempire
1l
aime
à
raifonner:
Je
ly
trouve-aflez
fort,
&
même
d’une
force
À
montrer
qu'il
connait
tout
ce
qu’il
a
d’amorce;
Et
qu'à
ce
qu'il
me
dit
touchant
un
fi
grand
choix,
Il
a
daigné
penfer
un
peu
plus
d’une
fois.
:
Je
veux
croire
avec
vous
qu’il
eft
ferme
&
fineère,
Qu'il
me
dit
feulement
ce
qu'il
wofe
me
taire;
Mais
à
parler
fans
feinte
…
.
,
.
OTHON.
Ah!
madame
,
‘croyez.
:
SPRINT
EE
——
|
L
TRAGÉDIE
Acre
IIL
|
CAMILLE.
Oui,
j'en
croirai
Pifon
à
qui
vous
menvoyez;
Et
vous,
pour
vous
donner
quelque
peu
plus
de
joie,
Vous
en
eroirez
Plautine
à
qui
je
vous
renvoie.
Je
n’en
fuis
point
jaloufe,
&
le
dis
fans
couroux;
Vous
maimez
que
l'empire,
&
je
n’aimais
que-
vous.
N’én
apréhendez
tien,
je
fuis
femme,
&
princefle
,
Sans
en
avoir
pourtant
l’orgueil
ni
la
faiblefe
;
Et
votre
aveuglement
me
fait
trop
de
pitié,
Pour
laccabler
encor
de
mon
inimitié.
RS
RE
Enr
A
ee
Se
ere
PRES
SE
-
ER
TR
RS
RE
RATE
SRE
RE
AR
DE
:
:
RUE
ON
EÊ
VL
OTHON,
ALBIN.
OTHON.
Qc
je
vois
d’apareils,
Albin,
pour
ma
ruine?
ALBI
N.
-
Seigneur,
tout
eft
perdu,
fi
vous
voyez
Plautine.
Allons-y
toutefois:
le
trouble
où
“je
me
voi
Ne
peut
fouffrir
d'avis
que
d'un
cœur
tout
à
moi.
Fin
du
iroifiéme
0ûe.
Pme
GO
NE.
PK
EU
LA
Dr
OTHON,
PLAUTINE
conféille
?
4)
-
ÿ
Pour
trouver
un
remède
aux
maux
que
je
prévoi.
Je
ne
fais
que
pleurer,
je
ne
fais
que
vous
plaindre,
Le.feul-choix
de
Pifon
nous
donne
tout
à
craindre.
Mon
père
vous
a
dit
qu'il
ne
laifle
à
tous
trois
Que
Pefpoir
de
mourir
enfemble
à
notre
choix:
ee
Et
nous
craignons
de
plus
une
amante
irritée,
_
D'une
offre
en
moins
d’un
jour
recûüe
&
retractée
D'un
hommage
où
la
fuite
a
f
peu
répondu,
.
Et
d’un
trône
qu'en
vain
pour
vous
elle
a
perdu,
Pour
vous
avec
ce
trône
elle
était
adorables
que
Por
ne
le
faffe
mourir
un
jour,
n'a
rien
de
réel,
comme
on
l'a
déja
Aa
remarqué.
Tout
Pédifice
de
la
piéce
JY
a
)
Cette
fcène
pourrait
faire
quelque
effet,
fi
Ofhon
était
véritablement
en
danger
;
mais
cette
crainte
prématurée,
ÉNROO
NP
ke
ass
T
R
AGÉDIE
ÂAcrs
LV.
Pour
vous
elle
y
renonce,
&
wa
plus
rien
d’aimable,
Où
ne
portera
point
un
fi
jufte
COUTOUX
,
La
honte
de
fe
voir
fans
empire
&
fans
ee
Honte
d'autant
plus
grande,
&
d'autant
plus
Î
enfible,
Qu'elle
s’y
promettait
un
retour
infaillibles
Et
que
fa
main
par
vous
croyait
trop
regagner
Ce
que
fon
cœur
pour
vous
paraiffait
dédaigner
!
OTEÉON.
Je
nai
donc
qu'à
mourir?
Je
lai
voulu,
madame
—
Quand
je
l'ai
pû
fans
crime,
en
faveur
de
ma
flamme;
-
Et
RE
L
LR
vouloir»
quand
votre
A
cruel
Vous
n'avez
nr
de
_
ur
à
Coniles
Graces
à
nos
malheurs
.
ce
crime
eft
inutile.
Je
mourrai
tout
à
VOUS
;
&
fi
pour
obéir
fai
paru
mal
aimer,
j'ai
femblé
vous
trahir.
Ma
main
par
ce
même
ordre
à
vos
yeux
enhardie
Lavera
dans
mon
fang
ma
faufle
ui
N’enviez
pas,
madame,
à
mon
fort
inhumain
La
gloire
de
finir
du
moins
en
vrai
Rornain.
Après
qu'il
vous
a
plû.
de
me
tendre
incapable
Des
douceurs
de
mou
Ï
=
amant
“véritable.
PLAUTINE.
Bien
join
d’en
condamner
la
noble
pañon,
J
y
veux
borner
ma
joie
&
mon
‘ambition,
tombe
par
cette
feule
raifons
&
je.
éloigné
ne
doit
faire
le
nœud
d'une
NN
crois
que
cet
une
loi
quine
fouffre
au-
tragédie.
a
:
cune
exception,
que
jamais
un
danger
|
;
ee
,e
A
Pour
de
moindres
malheurs
on
renonce
à
la
vie,
Soyez
fûr
de
ma
part
de
l'exemple
d'Arrie
;
J'ai
la
main
auf
ferme,
&
le
cœur
aufli
gra
nd
Et
quand
il
le
faudra,
je
fais
comme
on
s'y
prend,
Si
vous
daignez,
feigneur,
jufquesià
vous
contraindre,
Peut-être
efpérerais-je
en
voyant
tout
à
craindre,
-
Camille
eft
irritée,
&
fe
peut
apaifer,
OTHON.
Me
condamneriez-vous,
madame,
à
l’époufer?
PÉELUTINE.
:
Que
n’y
puis-je
moi-même
opofer
ma
défenfe
?
Der
ñ
vos
jours
enfin
n’ont
point
d'autre
affurance;
P
int
LGntre
AVE
ess
Ah
courons
à
mort
j
;
Ou
fi
pour
Péviter
il
faut
nous
faire
effort,
Subiflons
de
Lacus
toute
la
tyrannie,
\
Avant
que
me
foumettre
à
cette
ignominie,
J'en
faurai
préférer
les
plus
barbares
coups
À
l'aront
de
me
voir
fans
empire
&
fans
vous;
Aux
hontes
dun
hymen
qui
me
rendrait
infame,
.
Puifqu’on
fait
pour
Camille
un
crime
de
fa
flamme,
Et
qu'on
lui
vole
un
trône
en
haine
d’une
foi
Qu'a
voulu
fon
amour
ne
promettre
qu’à
moi.
Non
que
pour
moi
fans
vous
ce
trône
eût
aucuns
charmes
;
Pour
vous
je
le
cherchais,
mais
non
pas
fans
alarmes;
Et
f
tantôt
Galba
ne
m’eût
point
dédaigné,
J'aurais
porte
le
fceptre,
&
vous
auriez
régné,
Vos
feules
volontés,
mes
dignes
fouveraines
,
/
ROSES
TSETERTS
73
G
PRAGÉDIE
Acre
IV.
æ)
S
D'un
empire
fi
vale
auraient
tenu
les
rènes.
À
Vos
loix
.
.
.
S
C'eft
donc
à
moi
de
vous
faire
empereur.
Ÿ
G
pi
ADTEINE.
K
Je
Pai
pa,
les
moyens
d’abord
m'ont
fait
horreur;
à
Mais
je
faurai
la
vaincre,
&
me
donnant
moi-même
,
£
Vous
aflurer
enfemble
&
vie
&
diadème,
à
Et
réparer
par-là
le
crime
d’un
orgueil
Q
Qui
vous
dérobe
un
trône,
&
vous
ouvre
un
cercueil.
Fr
Ÿ
De
Martian
pour
vous
j'aurais
eu
le
fuffrage,
.
€
Si
j'avais
pü
fouffrir
fon
MOINE
a
4)
|
son.
AMOUT
+
_
Le
Nr
Re
=
RSS
—
RS
SE
e.
RE
a
Martian
fe
connaîtrait
fi
peu,
}
Que
d'ofer
5...
ê
PE
A
ET
I
NE.
À
2
Ïl
na
pas
encor
éteint
fon
feu:
7
Et
4
choix
de
Pifon
quelles
que
foient
les
caufes,
S
Je
n'ai
qu’à
dire
un
mot
pour
brouiller
bien
des
chofes.
+)
OTHON.
e
EVE
vous
ravaleriez
jufques
à
Pécouter
?
2
>)
|
_PiAUTIINS.
|
7
Pour
:
vous
j'irai,
feigneur,
jufques
à
ao
N)
O
FH
ON
É
Confultez
votre
gloire,
elle
faura
vous
dire
.
.
.
Ç
=
PLAUTINE.
9)
Qu'il
ef
de
mon
devoir
de
vous
rendre
l'empire.
ee
OT
HO
N.
AN
-
Qu'un
front
encor
marqué
des
fers
qu'il
a
portés...
:
Ce
—
P.
Corneille.
Tome
AR
-
_—
-
:
EC
Du
rcscnuscnett,
G
7
2.
©
TH
ON,
a
#)
PLAUTINE
à
À
droit
de
me
charmer
s’il
voit
vos
füretés,
Ê
OF
HO
N.
4
En
concevez-vous
bien
toute
lignominie
?
Ce
PLAUTINE
Je
n’en
puis
voir,
feigneur,
à
vous
fauver
la
vie.
1)
N
O
FIFO:N.
RÉ
E
"époufer
à
ma
vüe,
&
pour
comble
d’ennui
.
.
à
ë)
PEAUTINE.
Ti
Donnez
vous
à
Camille,
ou
je
me
donne
à
fui,
E)
OTHO
NN.
A
|
Périfons,
périflons,
madame,
l’un
pour
lautre,
GG
Avec.
RARES
SERRE
avec
RUE
Le
se
ee
ë)
Rendez
vous
toute
à
moi,
comme
moi
tout
à
vous:
5
Où
fi
pour
conferver
en
vous
tout
ce
que
J'aime
,
5
Mon
malheur
vous
obftine
à
vous
donner
vous-même
;.
Pass
Du
moins
de
votre
gloire
ayez
un
foin
égal,
EN
Et
ne
me
préférez
qu'un
illuftre
rival.
&
|
Jen
mourrai
de
douleur,
mais
en
mourrais
de
rage.
E
Si
vous
me
préfériez
un
refte
d’efclavage.
|
=
ë)
—
ee
Ÿ
b)
Le
conful
Vénus
vient
ici
apren-
|
Virus
des
perfonnages
froids
&
innti.
E)
dre
À
Ofhon
une:
grande
nouvelle.
Une
|
les;
ai
l’un
ni
VPautre,
n'ont
eucla
72
partie
de
l’armée
défire
Ofhos
pour
em-
<Ÿ/
moindre
part
au
grand
changement
qui
QE
+.
pereur
;
mais
cela
même
rend
Ofhos
&
|
fe
vy
faire
dans
l'empire
romain.
Ce
4
=
À
È
OS
OUDOEUS
TES
Le
VINIUS,
OTHON,
PL
AUTINE
:
=
OTHON
H!
feigneur,
empèchez
que
Plautine...
b)
VINELS
—
-
cent
—
Vous
empècherez
tout.
fi
_yous.
avez
du-cœur.
RÉSSe
Maleré
“de
nos
deftins
la
rigueur
importune
,
Le
ciel
met
en
vos
mains
toute
notre
fortune.
PLAUTINE
Seigneur,
que
dites
-
vous
?
VEN
IUS
à
|
Ce
que
je
viens
de
voir,
ES
Que
pour
être
empereur
il
na
qu'à
le
vouloir
.
.
1)
OTHON.
&
=
Ah!
fsncur.
pis
d'empire,
à
moins
ce
avec
Plautine,
S
CRAN
ES
E
Saififlez
vous
un
trône
où
le
ciel
vous
deftine;
E)
£t
pour
choifir
vous-mème
avec
qui
le
remplir,
7æ
À
vos
heureux
deftins
aidez
à
s’accomplir.
S
-
L'armée
a
vu
Pifon,
mais
avec
un
murmure
:)
:
font
quatre
foldats
qui
font
venus
aver-
[
du
tout.
Ceft
un
défaut
capital,
qu'il
D
;
tir
J’znius
des
fentimens
de
l'armée
;
les
|
faut
éviter
dans
ue
Buse
que
ce
Ce
perfonnages
principaux
n’ont
rien
fait
À
puifle
être,
|
Qui
femblait
mal
goûter
ce
qu'on
vous
fait
d'injure,
Galba
ne
l’a
produit
qu'avec
févérité,
Sans
faire
aucun
efpoif
de
libéralité.
Il
pouvait,
fous
l’apas
d’une
feinte
promefe,
Jetter
dans
les
foldats
un
moment
d’alégrefle
;
Mais
il
a
mieux
aimé
hautement
protelter
Qu'il
favait
les
choifir,
&
non
les
acheter.
Ces
hautes
duretés
à
contretems
pouflées
Ont
rapellé
l’horreur
des
cruautés
paflées
Lorfque
d’Efpagne
à
Rome
il
fema
fon
chemin
:
De
Romains
immolés
à
{on
nouveau
deftin,
Et
gui
SERRE
de
RS
du
fouillé
es
Re
Auf
don
le
tems
qu'a
_
Plon,
>
Is
ont
de
rang
en
rang
fait
coutit
votre
nom.
Quatre
des
plus
zélés
font
venus
me
le
dire,
Et
mont
promis
pour
vous
les
troupes
&
l'empire.
Courez
donc
à
la
place
où
vous
les
trouverez
;
Suivez
les
dans
leur
Camp,
&
vous
en
aflurezs
Un
tems
bien
pris
peut
tout.
-
OTHON.
Qui
ma.
.
:
VEINES
me
Sans
dicount
faites
ce
du
el
en.
faire»
Un
moment
de
féjour
peut
tout
déconcerter,
Et
le
moindre
foupçon
vous
va
faire
arrêter.
OTHON.
:
Avant
que
de
partir
fouffrez
que
je
=
Si.
oct.
aftre
contraire
e
TRAGÉDIÉ
Aore
IV.
D
Souvent-elle
dit
plus
qu’elle
ne
penfe
ire.
—
CAMILCTÉE,
La
mienne
ne
dit
passtont
ce
que
vous
penfez.
PLAUTINE
Sur
tout
ce
it
je
penfe
elle
s'explique
aflez.
+
ÉANETETLE.
«
Souvent
trop
d'intérêt
que
l'amour
force
à
prendre,
Entend
plus
qu'on
ne
dit,
&
qu'on
ne
doit
entendre.
Si
vous
faviez
quel
eft
mon
plus
ardent
defit.
.
à
PLAUTINE.
Ei
D'Othon
&
de
Plon
+
vous
dome
:
à
|
choif
Et
its
“évrteres
,
S'il
ar
cf
ie
vous
jt
renvoie
;
Mon
amour,
je
l'avoue,
en
poura,
murmuter
:
Mais
vous
favez
qu'au
vôtre
il
aime
à
déférer,
CE
Je
pourai
me
pañler
de
cette
déférence.
PLAUTI
NE.
Sans
doute,
&
toutefois
fi
jen
crois
l’aparence..:
Brifons
—
»
ce
RUE
dericnerai
_.
Sue
ein
que
je.
Vois.
VOUS.
entretiendra
mieux:
Agréez
ma
retraite,
&
fouffrez
que
jévite
.
Un
efclave
infolent
de
qui
Pamour
m'irrite..
d)
le,
Roxane
à
Aftalide,
ïl
n'emploie
point
ces
froides
ironies,
ces
petits
re-
%
proches
comiques,
ce
ton
bourgeois,
_
ces
exprefons
de
la
convetfation
la
plus
familiére.
J
fait
parler
ces
Fem-
-
mes
avec
noble
&
avet:
aucas
Il
touche
le
cœur,
il
arrache,
même
quelquefois
des
larmes;
mais
que
Cor-
ucille
ef
loin
d'en
faire
ne
CAMILLE.
MARTIAN,
Ÿ
|
ALBIANE
.
Û
A”
:
+
CAMIÈLE
gs
:)
Ce
qu
’elle
me
dit,
Martian,
.
vous
l’aimez
2
S
MARTIAN.
Masse
fes
fiers
FES
mes
AE
à
en
ni
charmés.
Ç
RE
Si
encore
2)
Galba
s’eft
Haiffé
vaincre,
&.
Pifon
vous
adore.
VE
GANPEE
LES
Le
5)
De
votre
haut
crédit:
c'eft
donc
un
pur
effet
?
|
f
|
MARTIAN.
es
Ne
défavouez
point
ce
que
mon
zèle
a
fait.
Ÿ
Mes
foins
de
l’empereur
ont
fléchi
la
colère,
:
+
Et
renvoyé
Plautine
obéir
chez
fon
père.
|
S
Notre
nouveau
Céfar
la
voulait
époufer
;
a :
:)
Mais
j'ai
fu
le
réfoudre
à
s’en
défabufer;
G
Et
Galba
que
le
fang
preffe
pour
{à
famille,
|
4
|
Permet
à
Vinius
de
mettre
ailleurs
Te
<>
4%
L'un
vous
rend
la
couronne,
&
l’autre
tout
fon
cœur.
6
Voyez
mieux
quelle
en
eft
la
gloire,
&
Re
re
Quelle
félicité
vous
vous
étiez
ôtée
;
Par
une
averfion
un
peu
précipitées
Et
pour
vos
intérêts
dignez
confidérer,
.
A
APR
ET
ERREURS
PAPAS
ENT
ES
DERPRNEPRSE
PTS
ERAPRENNEER
RCE
ETORERKT
D]
<
e
TRAGÉDIE
Acre
IV.
&
:)
(
|
(e
|
CAMILLE.
à
)
Je
vois
quelle
ef
ma
faute,
&
puis
la
réparer
;
-
Æ
É
Mais
je
veux,
car
jamais
on
ne
na
vüe
ingrate,
&)
G
Que
ma
reconnaiffance
auparavant
irons
:
A
&
2
Et
waccorderai
rien
qu'on
ne
vous
fañe
heureux.
e
G
Vous
aimez,
dites-vous,
cet
objet
rigoureux;
8
4)
Et
Pifon
dans
fa
main
ne
verra
point
la
mienne,
«=
CC
Qu'il
nait
réduit
Plautine
à
vous
donner
la
fienne
;
à
Ne
Si
pourtant
le
mépris
qu’elle
fait
de
vos
feux,
ps
Ne
vous
a
pù
contraindre
à
former
d’autres
vœux.
KA
a
4
AhY
madame
;
Phymen.
a
de
fi
do
uces
chaines,
Æ
Qu'il
lui
faut
peu
de
tems
pour
calmer
bien
des
haïnes;
#)
Et
du
moins
mon
bonheur
faurait
avec
éclat
e%
Vous
venger
de
Plautine,
&
punir
un
ingrat.
ë)
CAMIL
—
E.
«,
Je
lavais
préféré,
cet
ingrat,
à
l'empire,
Je
lai
dit,
&
trop
haut
pour
m'en
pouvoir
dédire
;
Et
l'amour
qui
m'aprend
le
faible
des
amans,
Unit
vos
plus
doux
vœux
à
mes
reffentimens,
Pour
me
faire
ébaucher
ma
vengeance
en.
Plautine»
:
Êt
Pachever
bien
-
tôt
par
fa
propre
ruine.
MARTI
AN.
Ah,
fi
vous
la
voulez,
je
fais
des
bras
tout
prêts;
Et
é
tant
de
chaleur
pour
tous
vos
intérêts.
.
ÉCAMILILCE
Ah,
que
c’eft
me
donner
une
fenfble
joie!
Ces
bras
que
vous
m
offrez
faites
que
je
les
voie,
.
Que
je
leur
donne
l'ordre
,
&
prefcrive
le
tems.
Ré
Je
veux
qu'aux
yeux
d’Othon
vos
defirs
foient
contens,
Que
Jui-mème
il
ait
vû
l’hymen
de
fa
maîtrefe
Livrer
entre
vos
bras
l'objet
de
fa
tendrefe,
Qu'il
ait
ce
defefpoir
avant
que
de
mourir:
Après,
à
fon
trépas
vous
me
verrez
courir.
Jufques-là
gardez
vous
de
rien
faire
entreprendre.
Du.pouvoir
qu'on
me
rend
vous
devez
tout
attendre.
Allez
vous
préparer
à
ces
heureux
momens
;
:
Mais
n'exécutez
rien
fans
mes
commandemens.
e)
*
€)
qu'elle
eft
aufh
froide
que
les
autres
?
CAMILLE,
ALBITANE,
AE
BLANE,
Ous
voulez
perdre
Othon!
vous
le
pouvez,
madame.
GAME
LE.
+
-
Que
tu
pénètres
mal
dans
le
fond
de
mon
ame!
-
.
De
fon
läche
rival
voyant
le
noir
projet,
J'ai
fà
par
cette
adrefe
en
arrèter
l’efet,
.
M'en
rendre
la
maitrefle;
&
je
ferai
ravie
-
S'il
peut
favoir
les
foins
que
je
prens
de
fa
vie
Va
me
chercher
ton
frère,
&
fai
que
de
ma
part
Que
dire
de
cette.
feène,
finon
À»
Camille
croit
tromper
ne
&
Mor-
D/4
fian
croit
tromper
Cumille
,
fans
qu'il
y
&
>
,
;
;
£
Sousse...
TRA
G
ÉD
TE.
Acere
IV.
l4
Il
aprenne
par
lui
ce
qu'il
court
de
hazard,
À
quoi
va
Pexpofer
fon
aveugle
conduite
;
Et
qu'il
meft
plus
pour
lui
de
falat
qu'en
la
fuite
:
C'eft
tout
ce
qu'à
l'amour
peut
foufrir
mon.
couroux.
ALBTIANE.
Du
couroux
à
l'amour
le
retour
ferait
doux.
SCENE
Vis
CAMILLE,
ROLL.
ALBIANE.
À.
RU
E
ELLE.
H,
madame,
aprenez
quel
malheur
nous
menace,
Quinze
ou
vinst
révoltés
au
milieu
de
la
place
Viennent
de
proclamer
Othon
pour
empereur,
:
|
CAMILLE
Et
de
leur
infolence
Othoï
ma
point
d'horreur
,
Lui
qui
fait
qu'aufli-tôt
ces
tumultes
avortent
?
R
UTILE.
-
Ils
le
ménent
au
camp,
ow
plutôt
ils
EY.
D
ortent
:
Et
ce
qu'on
voit
de
peuple
autour
d’eux
nn
Frémit
de
leur
audace,
&
les
laiffe
pañier.
|
ÉAMILLE
L'empereur
le
fait-il
£
|
-
ait
encot
le
moindre
danger
pour
per-
|
‘
nemert,
fans
qu'il
y
ait
eu
nn
:
feut
*
{onne,
fans
quil
y
ait
eu
aucun.
ÉVÉ-
ee
_
moment
d'intérèt..
Oui,
madame,
il
vous
mandes
Et
pour
un
promt
remède
à
ce
qu’on
apréhende.
Pifon
de
ces
mutins
va
courir
fur
les
pas,
Avec
ce
qu’on
poura
lui
trouver
de
foldats.
CAMILLE.
Puifqu'Othon
veut
périr,
confentons
qu'il
périfle;
Allons
preffer
Galba
pour
fon
jufte
fuplice.
Du
couroux
à
l'amour
fi
le
retour
eft
doux,
On
repañle
aifément
de
l’amour
au
couroux.
f}
Fin
du
quatriéme
aëte.
ACTE
f)
Aucun
perfonnage
n'agit
dans
la
Othon,
confent
tout
d’un
coup
qu'on
lui.
€
piéce.
Un
fabälterneaprendà
Camille,
|
fafle
couper
la
tête
&
prononce
une
ma-
PJ.
que
quinze
ou
vingt
foldats
ont
procla-
|
xime
de
comédie
furle
retour
de
l'amour
x
mé
Ofbons
&
Camille
quitaimait
cet
l:
au
çouroux,
&
du
couroux
à
l'amour.
IVe
RSR
LeL
ee
es
es
re
cs
»]
S
TRAGEDIE.
Acre
V.
©
LÉTE
SCENE
PREMIERE.
*
GALBA,
CAMILLE,
RUTILE,
ALP
LAVE
Re
Dee
DRE
ne
FE
2
Es
ne
+
:G
A
LB
À.
]
E
vous
le
dis
encor,
redoutez
ma
vengeance,
Pour
peu
que
vous
foyez
de
fon
intelligence.
On
ne
pardonne
point
en
matière
d'état;
Plus
on
chérit
la
main,
plus
on
haïit
l'attentat;
Et
lorfque
la
fureur
va
jufqu’au
facrilège
,
Le
fexe
ni
le
fang
n’ont
point
de
privilège.
CAMILEE
Cet
indigne
foupcon
ferait
bientôt
détruit
,
Si
vous
voyiez
du
crime
où
doit
aller
le
fruit.
Othon
qui
pour
Plautine
au
fond
du
cœur
foupire
8)
Le
cinquiéme
ace
eft
abfolument
avec
elle
fes
raïfons,
&
fe
trompe,
dans
le
goût
des
quatre
premiers,
@&
comme
un
vicillard
de
comédie
qu'on
fort
au-deffons
d'eux;
aucun
perfonnage
prend
pour
dupe;
&
le
ftile
n'eft
ni
_
magit,
&
tons
difentent.
Le
vieux
plus
net,
ni
plus
pur,
ni
plus
noble
.
Galbs
ayant
menacé
fa
niéce,
difoute
:
que
dans
ce
qu'on
a
déja.
Iù.
-
-
P.
Corneille.
Tome
VL
M
REC
Vases.
99
O
T
H
O
N,
“Othon
qui
me
dédaigne
à
moins
que
de
l'empire;
Que
celle
qu’en
foi-mêème
il
ne
donne
qu'à
foi.
S'il
en
fait
fa
conquête
,
&
vous
peut
détrôner,
Laquelle
de
nous
deux
voudra-t-il
couronner
?
Pourrais-je
de
Pifon
confpirer
la
ruine,
Qui
m’arrachant
du
trône
y
porterait
Plautine
?
Croyez
mes
intérèts,
fi
vous
doutez
de
moi;
Et
für
de
tels
garans
afluré
de
ma
foi,
Tournez
fur
Vinius
toute
la
défiance
Dont
veut
ternir
ma
gloire
une
injufte
croyance.
.
GiLES
Vinius.
par
fon
zèle
eft
trop
juftifié.
Voyez
ce
qu'en
un
se:
il
m'a
facrifié.
Il
n'offre
Othon
pour
y
wi
fouh
Je
le
rens
à
fa
file
:
_
aime
à
.
reprendre
:
Je
la
veux
pour
Pifon
,
mon
vouloir
eft
Suivi:
—
Je
vous
mets
en
fa
place,
&
l’en
trouve
ravi
Son
ami
fe
révolte,
il
preffe
ma
colère;
Il
donne
à
Martian
Plautine
à
ma
prières
Et
je
foupconnerais
un
crime
dans.
les
VŒUX
D'un
homme
qui
s'attache
à
tout
ce
que
je
veux
?
CA.
MI
LL
E:
Qui
veut
également
tout
ce
qu'on
lui
propofe,
Dans
le
fecret
du
cœur
fouvent
veut
autre
chofe;.
Et
maitre
de
fon
ame
il
m'a
point
d'autre
foi
=
GA
LE
B
À:
Cet
hymen
toutefois
eft
l'épreuve
dernière
D’une
foi
toujours
pure.
inviolable
>
Cntières.
fouhaitait
pour
gendre
;
;
Reese
eue
nn
TRAGÉDIE.
Acre
V.
O7
CAMICLE.
Vous
verrez
à
l'effet
comment
elle
agira,
Seigneur,
&
comme
enfin
Plautine
obéira.
Sûr
de
fa
réfiffance
,
&
fe
flattant
peut-être
De
voir
bientot
ici
fon
cher
Othon
le
maître,
:
Dans
l’état
où
pour
vous
il
a
mis
l'avenir,
Ïl
promet
aifément
plus
qu’il
ne
veut
tenir.
G
À
L
B
A.
Le
devoir
défunit
l'amitié
la
plus
forte,
Mais
l'amour
aifément
fur
ce
devoir
Pemporte,
|
Et
fon
feu,
qui.
jamais
ne
s'éteint.
qu'à
demi,
Intérefle
un
amant
autrement
qu'un
ami.
Japerçois.
Vinius.
Qu'on
m’amène
fa
fille;
J'en
punirai
le
crime
en
toute
la
famille,
:
Si
jamais
je
puis
voir
par
où
n’en
point
douter;
Mais
aufli
jufques-là
j'aurais
tort
d’éclater.
Je
vois
d’ailleurs
Lacus.
mas
neue
=
À
:
_
_
c.
A
|
G
causa,
.
GAMIL
LE,
VINIUS,
:)
LACUS,
ALBIANE.
|
»
=.
_.
-_H:
bien,
quelles
nouvelles
2-
;
a)
.
Quaprenez-
vous
tous
deux
du
camp
de
nos
rebelles
?
:
s
O
ÎT
©Æ
ON,
CRE
ES
Que
du
perf
Fa
conftern:
Ë
b)
Après
tous
Îès
mauvais
vers
pré-
cédens
que
nous
n'avons
point
repris
nous
ne
dirons
rien
des
foldats
de
la.
Marine
&
des
Illiriens
qui
{e
font
avec
chaleur
joints
aux
prétoriens.
Mais
nous:
remarquerons
que
cette
foène
pouvait
être:
auf
belle
que.
celle
d’'Auguffe
»
de
Cinna,
|.
&
de
Maxime,
&
qu'elle
n'eft
qu'une
foè-.|
;
ne
froide:
:
de
come.
VI
N
1
U
S$..
Que
ceux
de
la
marine
&
les
Hlyriens
b)
Se
font
avec
chaleur
joints
aux
Prétoriens
;
Et
que
des
bords
du
Nil
les
troupes
rapellées
Seules
par
leurs
fureurs
ne
font
point
ébranlées.
LiCUS
|
Tous
ces
mutins
ne
font
que
de
fimples
foldats
;
Aucun
des
chefs
ne
trempe
en
leurs
vains
attentats
x
Ainf
ne
craignez
rien
d’une
mañle
d'armée
Où
déja
ja
difcorde
eft
peut
-
être
allumée.
Si-tôt
qu'on
y
faura
que
le
peuple
à
grands
cris.
Veut
que
de
ces
complots
les
auteurs
foient
P
de
SRE
il
demande
la
tête,
Et
vous
l'avez.
is
;
.
von
y
ds
VOIT
;:
Pour
rendre”
d'un
coup
d'œil
chacun
à
fon
devoir.
G
À
L
B
A.
Irons-nous,
Vinius,
hâter
par
ma
préfence
L'effet
d’une
fi
douce
&
fi
jufte
efpérance
?
VENELUS.
Ne
hazardez,
feigneur,
que
dans
lextrémité.
Le
redoutable
effèt
de
votre
autorité
Alors
qu'il
réufit,
tout
fait
ju
us
lui
pee
qu
’elle
eff
écrite
de
ce
file
familier,
bas,
obfcur
;
incorrectauquel
Corneille
s'était
“accoûtirmé.
C’eft
qu’il
n’y
à
ni
nobleffe.
dans
les
fentimens
,
ni
éloquence
dans.
les
difcours,
ni
rien
qui
attache.
On
a.dit
quelquefois
que
Corusélle
ne:
cherchait
pas
à
faite
de
beaux
vers.
Que.
SIROP
NOM
aueuese.:
ne
c'eft-
0
FRERE
Veunenuesress,
G
|
TRAGÉDIE
Acre
V.
93.
à
5
À
Sr
ee
Mais
ai
ec
il
manque,
il
n'eft
plus
de
remède.
Il
faut
pour
déployer
le
fouverain
pouvoir,
Sûreté
toute
entiére,
ou
profond
defefpoir;
Et
nous
ne
fommes
pas
,
feigneur,
à
ne
rien
feindre
En
état
d’ofer
tout,
non
plus
que
de
tout
craindre.
Si
lon
court
au
grand
crime
avec
avidité,
Laiflez-en
rallentir
limpétuofité
;
D'elle
-mème
elle
avorte,
&
la
peut
des
fuplices:
Arme
contre
le
chef
fes
plus
zélés
complices.
Un
falutaire
avis
agit
avec
lenteur.
LACUS.
Re
Un.
véritable
prince
agit
avec
“hauteur;
—
Et
je
ne.
concois.
_point
cet
fa
Quand
on
couronne
Don.
de
le
Écenrie
faire.
Si
l’on
court
au
grand
crime
avec
avidité,
Ïi
en
faut
réprimer
Pimpétuofité
..
Avant
que
les
efprits
qu'un.
.
effroi
balance
S'y
puifent.
enhardir
fur
notre
nonchalance
Et
prennent
le
deflus
de
ces
confeils
prudens,
Dont:
on
cherche
leffet
quand
il
mwen
eff,
plus
tems..
VINIUS.
|
2
Vous
détruirez
tou;
U
4
at
les
vôtres
s.
Le
feul
ton
de
à
en
infpire
d’autres;.
Et
tant
que
vous
aurez
ce
rare
&
haut
crédit.
EE
—
la
grandeur
des
fentimens
l’occupaittout
|
bouche
de
tous
les
connaiffeurs.
Le
entier.
Mais
il
#y4
nulle
grandeur
|
grand
mérite
de
Corneille
elt
d'avoir
fait
dans
aucune
dé
ces
dernieres
piéces:
Et
|
detrès
beaux
vers
dans
fes
premiérés
pié-
-
quand
aux
vers.
El
Faut.
les,
faire
ex-
|
ces.
C'eft-à-dire
,
-
d'avoir
exprimé
de
,
cellens
où
ne,
fe
point
mêler
d'écrire.
|,
très
belles
penfées
en
vers
correits
&.
-
Cana
ne
pañle
à
la
pofférité
qu’à
caufe
|
harmonieux.
:
de
Les
beaux
vers:
-
Ils
font:
dans
la
;
ee
ee
Rte
eu
ere
beueus.
pi
+
OT
H'ON)
Je
waurai
qu'à
parler
pour
être
contredit.
Pifon,
dont
l’heureux
choix
eft
votre
digne
ouvrage
,
Ne
ferait
que
Pifon
s'il
eût
eu
mon
fuffrage,
_
Vous
n'avez
foulevé
Martian
contre
Othon
Que
parce
que
ma
bouche
a
proféré
fon
nom;
Êt
verriez
comme
un
autre
une
preuve
affez
claire
De
combien
notre
avis
eft
le
plus
falutaire,
=
Si
vous
aviez
fait
vœu
d'être
jufqu'au
trépas
L’ennemi
des
confeils
que
vous
ne
donnez
Re
LAC
US.
Et
vous,
l'ami
d'Othon,
c’eft
tout
dire,
&
peut-être,
Qui
le
voulait
pour
gendre,
&
l’a
choifi
pour
maître
;
Ne
fait
TRI
ESS
QE
ce
en
EVER
FER
_ce
cho
y
ï
N
ï
U
$:
J'étais
l'ami
d’'Othon,
&
le
tenais
à
gloire,
Jufqu’à
Pindignité
d’une
ation
foire,
Que
d’autres
nommeront
leffet
du
defefpoir
,
Où
la
malgré
mes
foins
plongé
votre
pouvoir,
Je
Pai
voulu
pour
gendre,
&
choifi
pour
l'empire
;
À
lun
ni
l'autre
choix
vous
n'avez
pù
foufcrire.
-Par-
à
de
tout
l’état
le
bonheur
s'agrandit
;
Et
vous
ee
auf
comme
il
vous
one
G
À
TL.
B
À
Qu'un
prince
ef
.
and
d
de
ceux
qu’
a
écoute
Le
zèle
cherche
à
prendre
une
diverfe
route,
…
Et
que
Pattachement
qu'ils
ont
au.
propre.
fens:
Poufle
jufqu’à
Paigreur
des
confeils
différens
!
nr
Ne
me
trompai-je
point,
&
puis-je
nommer
2e
Cette
haine
à
tous
deux
obftinément
fidèle,
ë
TRS
Sen
mn
à
CITE
SR
S
mr"
0
A
Qui
peut-
ètre
en
dépit.
.
maux
qu'elle
prévoit,
a"
_
Seule
en
mes
intérèts
Le
confulte
&
fe.
croit?
Faites
mieux,
&
croyez
en
ce
péril
extrème
$
Vous,
que
Lacus
me
fert,
vous,
que
Vinius
m'aime
:
à
Ne
haïflez
qu'Othon,
&
fongez
qu
aujourd’hui
:
Vous
navez
à
parler
tous
deux
que
contre
lui.
;
…
YINFCS.
£)
J'ofe
donc
vous
redire
,
en
ferviteur
fincère
,
|
@
Qu'il
fait
mauvais
pouifer.
tant
de
gens
en
colère,
Ê
}
Qu'il
faut
donner
aux
bons,
pour
s’entre
-
foutenir
»
Le
tems
de
fe
remettre,
&
de.
fe
réunir;
—
Et
laifler
AUX.
méchans.
celui.
de.
reconnaitre
Quelle
et
ui
‘de
prendre
à fon
maître.
Pifon
peut
cependant
amufer
leur
fureur
De
vos
teflentimens
leur
donner
la
terreur,
Y
joindre
avec
adrefle
un
efpoir
de
clémence
3
x
Et
s’il
vous
faut
enfin
aller
à
fon
fecours,
Au
moindre
répentir.
d'une.
telle
infolence
,
Ce
qu’on
veut
à
préfent,
on
le
poura
toujours.
AC
US.
J'en
doute,
&
crois
parler
en
ferviteur
fincère
.
.
Moi
qui
n'ai
point
d'ami
dans
lé
parti
contraire.
=
Attendrons-nous,
Scigneur
,
que
Pifon
repouñé.
Nous
vienne
enfevelir
fous
l'etat
renverfe,
Qu'on
defcende
en
la
place
en
bataille
rangée.
Qu'on
tienne
en
ce
palais
votre
cour
afiiégée,-
=
Que
jufqu*
an.
capitole
Othon
aille
À
vos
yeux
De
l'empire
ufurpé
rendre
graces.
aux
dieux?
Et
que
le
front
paré
de
votre
diadème
,
=
2%
_—
Ce
traître
trop
heureux
ordonne
de
vous-même
pes
Douresmncsene,
96
ee
|
D
Fe
Afons,
Se
»
Seigneur
les
armes
à
LB:
main,
Soutenir
le
fénat
&
le
peuple
Romain
:
:
:
é
Cherchons
aux
yeux
d'Othon
un
trépas
à
leur
tète
à
Pour
lui
plus
odieux,
&
pour
nous
_plus
honnête
;
”
Et
par
ea
noblé
effort
allons
lui
témoigner.
.
.
G
ÉGAL
DA
|
&
Hé
bien,
ma
niéce,
hé
bien
,
eftil
doux
de
régner
?
Eft-il
doux
de
tenir
le
timon
d’un
empire
,
Pour
en
voir
les
foutiens
toujours
fe
contredire
?
CAMILLE.
Plus
on
voit
aux
avis
de
contrariétés
,
Plus.
à
LL
un
bon
choix
on
reçoit
de
c
lartés.
Mais
je
Suis
à
à
Pifon,
feigneur,,
&
vous
relpede
;
Et
ne
puis
toutefois
retenir
ces
deux
mots,
Que
fi
l'on
m'avait
crue
on
ferait
en
repos.
Plautine
qu’on
amène
aura
même
penfée
:
D'une
vive
douleur
elle
paraît
bleflée,
..
.c)
ù
Se
c
)
Galba
dit,
Eh
bien
,-quelles
nou.
Un
J'alutaire
avis
agit
quec
lenteur.
Ce
velles
?
Cet
empereur
au
lieu
er
com-
|
n
ci
pas
certainement
dans
le
moment
me
il
le
doit,
demande
ce
qui
fe
pañfe,
d'une
crie
auf
forte,
quand
on
pro-
comme
un
nouvellifte.
Z%wus
lui
don-
-
clame
un
autre
empereur
,
que
‘la
len-
ne
le
confeil
de
perfifter
à
ne
tien
faire;
|
teur
eft-falutaire.
Gu/ba
ne
fait
à
quoi
confeil
vifiblement
ridicule,
IL
Lui
dit
;
fe.
Afterminer,
»
&
fe.
contente.
de
faire
RIT
RS
IST
S
SR
UROREREENES
G
:
|
5
SOS
N
©
IP.
LÉ
À)
GALBA,
GAMILLE,
VINIUS,
€
|
'LAGUS,
PLAUTINE,
RUXILE,
À}
ALBIANE.
—
|
6
PLNAUTENE
52
E
ne
m'en
défens
point
,
madame,
Othon
eff
mort;
É
De
quiconque
entre
ici
c’eft
le
commun
raport;
Et
fon
trépas
pour
vous
waura
pas
tant
de
charmes,
Qu'à
vos
JEUX:
comme
aux
miens
il
n’en
coûte
des
larmes.
GAL
Bb
À
Dit-elle
vrai,
Rutile,
ou
men
flattai-je
en
vain?
RUFDLE
Seigneur,
le
bruit
eft
grand,
&
l’auteur
inceftain.
Tous
veulent
qu
il
foit
mort,
&
c'eft
la
voix
publique
;
;
Mais
comment,
&
par
qui,
c'elt
ce
qu'aucun
n
explique.
GAL
B
À.
Allez,
allez,
Lacus,
vous-même
prendre
foin.
_
De
nous
en
faire
voir
un
affuré
témoins
—
Et
fi
de
ce
‘grand
coup
Pauteur
LR
peut
connaitre.
+
€)
remarquer
à
fa
niéce
qu
il
ef
trifte
de
|
précifément
parce
qu'elle
n'eft
qu'hif-
régner
quand
Îles
minifres
pt
se
torique
,
parce
qu'elle
n'eft
point
pré-
contrarient.
:
|parée,
‘parce
que
c'eft
un
fimple
men-
c)
Gala
demandait
e
fonge
d’un
nommé
AÆiticus,
qu'il
falait
des
nouvelles.
On
lui
en
donne
une
|
ne
pas
employer
un
dénouement
fi
def-
fauffe.
Ieft
vrai
que
cette
faufle
nou
|
titué
d'art
&
d'intérêt.
:
:
-
ele
ef
raportée
dans
Tacite
mais
c’eft
_.
.
P.
7
Tome
VI
<
N
:
SC:E
NE
Ir.
GALBA,
VINIUS,
LACUS,
CAMILLE,
PLAUTINE,
MARTIAN,
ATTIEUS.
RUTILE,
ALBIANE,
|
MARTIAN..
U’on
ne
le
cherche
plus,
vous
le
voyez
paraître.
Seigneur,
c’elt
par
{à
main
qu’un
rebelle
puni,
.
.
GALBA.
|
icus
ce
grand.
trouble
a
fini!
ra
2
ei
pouffée,
&
les
dieux
l'ont
conduites
-
Et
c’eft
à
vous,
fcigneur,
d’en
arrèter
la
fuite
,
_D'’empècher
le
défordre
,
&
borner
les
rigueurs
Où
contre
des
vaincus
s’emportent
des
vaiñqueurs.
ee
ER
—
Courons.
y.
Cependant.
confolez
vous
,
Plautine,
…
Ne
penfez
qu'à
l'époux
que
mon
choix
vous
deftine
;
Vinius
vous
le
donne
,
&
vous
l’accepterez,
|
Quand
vos
Premiers
foupirs
feront
évaporés.
C'eft
à
vous,
Martian,
que
je
la
laiffe
en
garde:
Comme
c’eft
votre
main
‘que
on
hymen
regarde
Ménagez
fon
efprit,
&ne
laigrilez
pas
d)
Cet
Æiticus,
qui
n’eft
pas
ün
per-
:
dénouement,
en
Failant
accroire
qu'il
a
fonnage
de
la
piéce,
vient
en
faire
le
|
tüé
Ofhor.
Ce
pourrait
être
tout
an
RCOUCURE
aus
sus
|
PRAGEÉDIFE
Act
V.
99
rer
Vous
pouvez,
Vifius,
ne
fuivre
point
mes
pas;
Et
la
vieille
amitié
;
pour
peu
qu
1
vous
en
refte..
HMINIUS.
Ah,
Ce
une
amitié
,
feigneut,
de
je
dételte.
Mon
cœur
eft
tout
à
vous,
&
ma
point
et
d'amis
;
Qu’autant
qu’on
les
a
vüs
à
Vos
ordres
foumis.
G
À
L
B
À,
ue
mais
gardez
vous
de
.
de
complafance.
CAMILLE.
=
Madame,
&
Je
retourne
_
mon
parement
Rendre
graces
aux
dieux
d’un
tel
événement.
d)
plus
1e.
a
Ga
Menteur:
Le
_
Cnil
dit
un
.
mot
d'ironie.
ARE
NN
vieux
Galba
croit
cette
faufleté.
Ilcon-
|
fine,
&
va
dans
fon
snesente
—
=
fille
à
Plautine
:d'évaporer
lès
aus
=
os:
A
MARTIAN,
PLAUTINE,
AT
TICUS
|
ÉEACUTIENS
—.
Aie
y
renfermer
les
pleurs
qui
vous
échapent.
Les
defaftres
d’Othon
ainf
que
moi
vous
frapent
;
Et
fi
l'on
avait
crû
vos
{ouhaits
les
plus
doux
,
Ce
g
nd
jour
le
«NErrait
couronner
avec
vous.
-
EE
CRRE
Voilà,
voilà
le
ruit
de
mravoit
trop
aimée
—
Voilà
quel
cft
l'effet.
|
|
MARTIAN
|
Si
Votre
ame
enflammée,
.
:
PLAUTINE
Vil
efclave,
eft-ce
à
toi
de
troubler.ma
douleur
?
|
ER
-ce
à
toi
de
vouloir
adoucir
mon
malheur
?
À
toi,
de
qui
l'amour
m'ofe
en
ofir
un
pire
?
MART
IA
N.
Il
eft
jufte
d’abord
qu'un
fi
grand
cœur
foupire
.
Mais
il
eft
jufte
auf
de
ne
pas
trop
pleurer
Une
perte
facile,
&
prête
à
téparer.
e)
Non-feulement
Plautine
demeure
À
état
Martian
;
mais
ce
grand
miniftre
:
fur
la
fène,
&
s’occupe
à
répondre
d'état,
qui
devrait
avoir
partout
des
/
par
des
injures
à
l'amour
du
miniftre
ferviteurs
&
des
émiffaires
,
ne
fait
rien
$
ST
CLEA
—
TO
e
TRAGDDIE
Are
V.
x
_
Ileft
tems
qu'un
fujet
à
fon
prince
fidelle
EÈ
Remplifle
heureufement
la
place
d’un
rebelle;
ST
|
Un
monarque
le
veut;
un
père
en
eft
d’accord.
G
…
Vous
devez
pour
tous
deux
vous
faire
un
peu
d'effort,
4)
Et
bannir
de
ce
cœur
la
honteufe
mémoire
G
D'un
amour
criminel
qui
fouille
votre
gloire.
)
|
PLAUTINE.
s
-
Le.
tu
ne
vaux
pas
que
pour
te
démentir
ce
Je
daigne
m’abaifler
jufqu’a
te
repartir.
D'une
plus.
agréable,
encor
r
que
trifte
idées
5
_
N'interroms
plus
mes
pleurs.
à
MARTIAN.
tr
Tournez
vers
les
VEUX.
ë)
"
|
(
|
‘4
rl
6
=.
Tai-toi,
laifle
en
repos
une
ame
poñédée
Après
la
mort
d’Othon,
que
pouvez-vous
de
mieux?
e)
x
de
ce
qui
s'eftpaffé.
Il
croit
une
fanffe
S
nouvelle,
lui
qui
devrait
avoir
tout
fait
À
À
j
pour
être
informé
de
la
vérité.
Il
ef
pris
pour
dupe
par
cet
Aéficrs
,
COMME
$
Pempereur.
-
Fr
de
E
N
ii)
ne.
108
Se
CE
ON
FE
CIXx.
OTHON,
PLAUTINE,
FLAVIE.
OTHON.
Ah.
favez-vous
les
crimes
de
Lacus
?
PLATINE
J'aprens
en
ce
moment
que
mon
père
n’efk
plus,
Fuyez,
feigneur,
fuyez
un
objet
de
triftefe
;
D'un
jour
fi
beau
pour
vous
goûtez
mieux
l’alégreffé.
Vous
êtes
empereur
,.épa
ennui.
“Peer
s-épargnez.
vous.
lennt
De
voir
qu'un
père...
ss
OTHON
è
:
Hélas,
je
füis
plus
mort
que
lui
;,
Et
fi
votre
bonté
ne
.me
rend
une
vie
Qu'en
lui
perçant
le
cœur
un
traître
ma
ravie
.
Je
ne
reviens
ici
qu’en
malheureux
amant.
Faire
hommage
à
vos
yeux
de
mon
dernier
moment.
Mon
amour
pour
vous
feule
a
cherché
la
victoire,
Ce
mème
amour
fans
vous
n’en
peut
foufrir
la
gloire
;;
Et
n’accepte
le
nom
de
maitre
des.
Romains.
térêt
qui
parut
régner
dans
a
piéce.
|
vraifemblabte
,
bien-conduite,
bien
écri:.
te.
Les
pafions
y
parlaient,
&
c’en
fut:
|
aflez,
Les.
acteurs
s’animèrent;
ils
por=-
tèrent
dans
l'ame
du
fpeateur
un
at
.
tendriffèment
auquel
il
n'était.
pas
ac=-
Le
public
était
las
de
tragédies
en
rat.
fonnemens,
&
de
héros
differtateurse.
Les
cœurs
fe
laïflérent
toucher
par
LA4/-
trate,
fans
examiner
f
la
piéce
était
Que
pour
mettre
avec
moi
l'univers
en
vos
mains.
_
Céft
àfvous
d’ordonnér
ce
qui
lui
refte
à
faire.
PLAUTINE,
C'eft
à
moi
de
gémir,
&
de
pleurer
mon
père.
Non
que
je
vous
impute,
en
ma
vive
douleur.
Les
crimes
de
Lacus,
&
_
notre
en
Mais.
enfin.
.
OT
HO
N,
Achevez,
s'il
=
peut
,
en:
He
.
Nos
feux.
.
PLAUTINE.
.
ro
s
Ne.
_preflez
point
un
-trouble
qui
Vous
voyez
mon
devoir,
&
connaiflez
ma
foi:
En
ce
funefte
état
répondez
NOUS
:pour:
moi:
Adieu,
feigneur.
OTHON.
De
grace,
encor
une
parole.
Mode.
eoutumé.
Les
excellens
ouvrages
de
|
Rien
ne
prouve-mienx
qu’il
faut
inté
linimitable
Racine
n’avaient
pointencor
|
refler,
puifque
l'intérét
le
plus
mal
&
TAfirate
furent
fuivies
avec
_tranfport.
|
depuis
D
années.
TRAGÉDIE
Acre
V.
109
"paru.
Les
véritables
rontes
du
cœur
|
amené
échauffa
tout
le
public,
que
des.
=
étaient
ignorées,
celles
que
préfentait
|
intrigues
froides
de
politique
sue
S
CE.
NB
Do
DARNNOD
Bt
OTHON,
ALBINe
-
Se
i
A
L.BIN.
O
vous
attend,
Seigneur,
au
PE
si
Et
le
fénat
en
corps
vient
exprès
d'y
monter
,
Pour
jurer
fur:
vos
loix
aux
yeux
de
Jupiter.
O
FHON.
J'y
cours,
mais
quelque
honneur,
Albin,
qu’on
m'y
detre.
:
.Gommeil
n'aurait
RER
moi
rieñ
de
doux
fans
Plautine,
_
SoL
ffrez.d
=
moinsique.
j'aille
.
veur
de
mon
feu
,
.
Prendre
pour
y
courir
fon
ordre
où
fon
aveu;
Afin
qu'à
mon
retour,
lame
un
peu
plus
tranquille,
Je
puiffe
faire
effort
à
confoler
Camille
,
Et
lui
jurér:moi-mème,
en
ce
malheureux
jour
>
Une
amitié
fidèle
au
défaut
de
l'amour.
dé
Fin
di
cinquième
&
dernier
Ale,
pouce
ns:
|
sGrsiLAs
r
ééé.
—
6
:
SR
Fè
=
4
5)
|
ee
L
ÉDITEUR.
Ac
GES
SILAS
neft
guères
connu
dans
le
monde
1
par
le
mot
de
Defpréaux
:
J'ai
ui
l'Agéfilas
;
bélas
ü.
‘eut
tort
fans
doute.
de
faire
imprimer.
dans
Les.
ouvrages,
de
le
dire.
Fa
tragédie
d’Agéfilas
ef
vrages
de
Corneille
:
le
public
commençait
à
{e
d
dégouter.
On
trouve
dans
une
lettre
manufcrite
d’un
homme
de
ce
tems-
là,
qu'il
s'éleva
un
murmure
très
-
dans
le
par-
terre,
à
ces
vers
d'Aglaride.
Hélas
!....
je
n'entens
pas
des
mieux,
Comme
il
Faut
qu'un
hélas
s'explique
;
Et
lorfqu'on
fe
retranche
au
langage
des
veux,
Je
Juis
muette
à
la
replique,
Ce
mème
parterre
avait.
paie
dans
Le
piéce
"do,
à
des
Vers
beaucoup
plus
répréhentibles
.
en
faveur
des
beautés
des
prentières
fcènes;
mais
il
_
avait
point
de
pareilles
béautés
“dans
Ævéfilas:
on
fit
fentir
à
Corneille
qu'il
vicilliffait.
1
don.
.
nait
un
ouvrage
de
théatre
prelque
tous
les
ans,
depuis
1625.
-Si-vous
en
exceptez
Pintervalle
entre
Pertharite
&
Oedipe,
il
travaillait
trop
vite,
&
était
épuiles
Plaignons
le
trilte
état.
de
à
fortune,
qui
ne
répondait:
je
L
Ru
métite
.
&
qui
La
fofcait
à
travailler,
Fe
Comnille.
Tome
VL
=
es
D
&
rue
Ce:
mot
qui
n’en
valait
pas
la
peine;
mais
il.
n'eut
pas
tort
_£)
fe
un
des
plus
faibles
ou-
114
cn
que
a
ture
ds
vers
qu
àL
niploss
-dans
Agéfilas
,
nuifit
beaucoup
au
fuccès
de
cette
tragédie.
Je
ctois,
au
contraire,
que.
cette
nouveauté
aurait
téufl,
&
:
&
qu’on
aurait
prodigue
les
louanges
à
ce
génie
fi
fécond
|
&
fi
varié,
s'il
mavait
pas
entiérement
négligé
dans
Agé-
:
(eS
flas,.
-comme.
dans
des
piéces
a
”
a
&
le
ftile.
:
Ci
Les
vers
irréguliers
pourraient
faire
un
très
bel
effet
dans
€
une
tragédie;
ils
exigent
à
la
vérité
un
rithme
différent
de
d
}
celui
des
vers
alexandrins
&
des
vers
de.
dix
fillabes;
ils
de-
e
mandent
un
art
fingulier:
vous
pouvez
voir
quelques
exeme
S
pl
de
la
PRESS
de
ce
gaie
dans
Quinaule,
Tout
perfide
qu
1
7
#01
“Be
Cœ
+
ie
Il
me,
laife
mourante,
il
veut
que
je
périffe.
Je
revois
à
regret
la
clarté
qui
me
luif.
L'horreur
de
l'éternelle
nuit
|
Cède
à
l'horreur
de
mon
Juplice..
&r..&e.
Toute
cette
Îcène
bien
déclamée
remuera
les
cœuts
autant
|
que
fi
elle
était
bien
chantée;
&
la
mufique
même
de
cette
admirable
fcène
n’eft
qu’une
déclamation
notée.
Il
e&
donc
prouvé
que
cette
mefure
de
vers
pourrait
por
ter
dans
la
tragédie
une
beauté
nouvelle
dont
Je
un
a
be-
foin
pour
varier
l'uniformité
du
théatre.
Le
lecteur
doit
trouver
bon
qu’on
ne
Be
aucun
commen-
taire
fur
une
piéce
qu’on
ne
devrait
pas.
mème
imprimer
:
il
ferait
mieux,
fans
doute
,
qu’on
ne
publiât
que
les
bons
ou-
Vrages
des
bons
auteurs;
mais.
le
public
veut
tout
avoir,
foit
par
une
vaine
curiofité,
foit
par
une
malignité
fecrette,
qui
:
aime
à
repaitre
fes
yeux
des
fautes
des
grands
hommes,
Ke
Es
=
Hewewesnsecaveur
ue
DE
L'ÉDITEUR.
115
-La
tragédie
dAgèf
las
-efk
à
la
vérité.
très-froide,
&aufi
mal
écrite
que
mal
“conduite:
:
Il
y
a
pourtant
quelques
endroits
où
on
retrouve
encor
un
refte
de
Corneille.
Le
xoi
Apéfilas
dit.
à
pie
-
En
tirant
toute
à
vous
la
Juprème
puifance
;
Vous
me
lailez
des
titres
vains..
On
s'empreffe
à
vous
woir,
on
s'efforce
à
vous
Plaire
;
On
croit
lire
en
vos
yeux
ce
qu'il
faut
qu'on
efpèrei
-
On
penfe
avoir
tout
fait
quand
on
vous
a
parlé.
Mon
palais
près
du
vôtre
eft
un
lieu
défolé.
Général
en
idée,
€Ÿ
monarque
en
peinture,
-
De
ces
illufires
noms
pourrais-je
faire
cas,
Si
les
füleit
porter».
moins
sonne.
Agéflas,
es
Que
comine
votre
créature
,
Et
montrer
avec
pompe
au
refle
des
humains,
En
ma
propre
grandeur
l'ouvrage
de
vos
mains?
Si
vous
m'avez
fait
roi,
Lyfander,
je
veux
l'être.
Soyez
moi
bon
Jujet
,
je
vous
ferai
bon
maître;
Mais
ne
prétendez
plus
partager
avec
moi
Ni
la
puifance,
ni
l'emploi.
Si
vous
croyez
qu'un
fceptre
accable
qui
le
porte,
À
moins
qu'il
prenne
une
aide
à
Joufenir
Jon
poids
;
Laiflez
difcerner
à
mon
choix
Quelle
main
à
raider
pourrait
être
allez
forte.
Vous
aurez
bonne
paré
à
des
ermplois
Je
Ji
doux
;.
Quand
vous
pourez
m'en
Zaifer
foires
Mais
Joyez
für
aufli
d'un
Juccès
tout
contraire,
Tant
que
vous
ne
voudrez
les
tenir
que
de
vous.
il
y
a
beaucoup
de
fautes
de
diction
dans
ces
vers,
fi
le
file
eft
faible,
du
moins
les
penfées
font
fortes,
fages
,
vraies,
fans
enflure,
&
fans
amplification
de
rhétorique.
Qu'il
me
foit
permis
de
dire
ici
qué
dans
mon
enfance,
Île
père
de
Tournemine
jéfuite
,
pattifan
outré
de
Corweile,
+
en-
EUR,
N
:
nent
de
Racine,
qu'il
regardait:
comme
“janfénifte,
me
:faifait
*)
;
rémarquer
ce
morceau,
qu'il
préférait
à
toutes
les
piéces
de
#%
Racine”
C'éfbainfi
que
là
prévention
corromt
:le
goût,
com-:
S
me
elle
altère
le
jugement
dans
toutes
les
actions
de
la
vie.
:
Ÿ
E9
JL:
ne
faut
que
parcourir
les
vies
d'Agéfilas
&
de
Eyfander
(3
chez
Plutarque,
pour
déméler
ce
qu'il
y.a
d'hiftorique
dans
2)
cette
tragédie.
La
manière
dont
je
lai
traitée
na
point
d’e-
7
xemple
parmi
nos
Français,
ni
dans
ces
précieux
feftes
de
à
l'antiquité
qui
font
venus
jufqu’à
nous;
&
ceft
ce
qui
mela
D
fait
choifir.
Les
premiers
qui
ont
travaillé
pour
Île
théatre
,
ont
travaillé
fans
exemple;
&
ceux
qui
les
ont
fuivis
y
ont
fait
voir
quelques
nouveautés
de
tems
en
tems.
-
Nous
n'avons
pas
moins
de
privilège.
Ainfi
nôtre
Horace
qui
nous
recom-
mande
tant
la
le@ure
des
poëtes
Grecs
par
ces
paroles
:
_
pos"
exemplarin
Grect
NoGurna
verfate
manu,
verfate
diurna
:
|
ne
laife
pas
de
louer
hautement
les
Romains
d'avoir
ofé
quit-
ter
les
traces
de
ces
mêmes
Grecs,
&
pris
d’autres
routes.
Nil
intentatum
nofiri
liquere
poëra,
2
minimum
meruere
decus;
vefligia
Graca
Auf
deferere.
:
_—…
Leurs
régles
font
bonnes,
mais
leur
méthode
n’eft
pas
de
notre
fiécle
;
&
qui
s’attacherait
à
ne
marcher
que
fur
leurs
pas
,
ferait
fans
doute
peu.
de
progrès.
&
divertirait
mal.
fon
;
auditoire.
On
court,
à
la
vérité,
quelque
rique
de
s'égarers
&
mème
on
s'égare
affez
fouvent,
quand
on
s'écarte
du
che-
min
battu;
mais
on
ne
s'égare
pas
toutes
Îles
fois
qu'on
s’en
écarte.
Quelques-uns
en
arrivent
plus
tôt
où
ils
prétendent,
&
chacun
peut
hazarder
à
fes
périls.
fs
SÉQN
t
G
Q
À
G
És
IL
AS,
roi
de
Sparte.
|
4
À
|
|
|
$
4
L'YSANDER,
fameux
capitaine
de
Sparte,
-.
COT
YŸY
S,
roi
de
Paphlagonie.
|
É
Se
È
SPITRIDATE
;
grand
feigneur
Perfan,
as
%Ÿ
MANDANE,
fœur
de
Spitridate
S
S;
e
ELPINICE.,
>
'Æ
6
filles
de
Lyfander.
à
:
G
AGLATIDE,
=
)
Ç
;
F |
1.
45
;
É
|
&
J
X-E
N
O
Ç
L
E
S
5
FRS
s
ei
S
CL
É
0
N,
orateur
Grec
matil
d'Halicitnafe,
&)
ET4
La
Jine
ef
à
Ephefe,
|
S
IN
PRUS
QU
A
y
a
@)
‘2
R
KE
if
Ji
©
Ji
EE
[LU
(
INTUNNTU
ERAAENN
TATTNIEEUEAETT
TER
Q
LULU
ÊT
Cranelol
IDERS
Re
TR
ne
Re
et
ie
tee
tnt
ot
‘tout-ce
S
miain
Je-rémets:
ee
<i
1
trurururerusenceus
Ar
Ÿ
D
AGEÉESIL
AS,
de
Ce
Dis.
ot
*
Se
—
à
.
ELPINICE,
AGLATIDE.
D
$
Ÿ
M
7e
LATIDE.
R
5
À
À
fœur,
depuis
un
mois
nous
voilà
dans
Ephete
,
à
Prètes
à
recevoir
ces
illuftres
époux,
-
É
|
Que
Lyfander
mon
père
a
{à
choifir
pour
nous
;
S
Et
ce
choix
bienheureux
n’a
rien
qui
ne
vous
plaite.
8
Ÿ
Dites
moi
toutefois,
&
parlons
librement
;
x
=.
Vous
fembletil
que
votre
amant.
2
Cherche
avec
tant
+
ardeur
_votre
:
chère
préfence
?
=
e
Et
trouvez-vous
qu
is
montre,
attendant
ce
grand
}
jour
,
Ed
-
Cette
obligeante
impatience
Gé
)
Que
donne,
à
ce
qu
’on
dit,
le
véritable
amour?
€
ELPINICE.
—
;
Cotys
eft
roi,
ma
fœur;
&
comme
fa
couronne
|
CG
\
Parle
fufifamment
pour
lui,
ë
:
En
=.
ë
Affuré
de
mon
cœur
que
fon
trône
lui
donne,
SH
De
le
trop
demander
il
s’épargne
ennui,
&
-
Ce
me
doit
être
affez
qu’en
fecret
il
foupire,
Es
Que
je
puis
deviner
ce
qu’il
craint
de
trop
dires.
Et
que
moins
{on
‘amour
a
d’importunité,
Plus
il
a
de
fincérité.
Mais
vous
ne
dites
rien
de
votre
Spitridate;
Prend-il
autant
de
peine
à
mériter
Vos
feux,
Que
l’autre
à
retenir
mes
vœux?
iGCLAÉT
IDE
Ceft
environ
ainfi
que
fon
amour
éclate
:
Il
nobféde
à
peu
près
comme
l’autre
vous
fert.
-
On
dirait
que
tous
deux
agifflent
de
concert
,
:
Qu’ils-ont
juré
de
n’ètre
importuns
lun
ni
l’autre
:
Ils
en
font
grand
fcrupule,
&
la
fincérité
)
Ne
met
pas
{on
bonheur
en
l’affiduité.
Ce
n’eft
pas
qu'à
vrai
dire
il
ne
foit
excufable.
Je
préparai
pour
lui
dès
Sparte
une
froideur,
_
Qui
dès
l’abord
était
capable
D’éteindre
la
plus
vive
ardeur;
Et
j'avoue
entre
nous
que
lorfqu’il
me
néclise,
‘Qu'il
fe
montre
à
fon
tour
fi
froid,
fi
retenu
,
Loin
de
m'offenfer
il
m'oblige,
Êt
me
remet
un
cœur
qu'il
n’eût
pas
obtenu.
|
EÉEPENICE
_
J'admire
cette
antipatie
,
Qui
vous
Pa
fait
haïîr
avant
que
de
le
voir;
Et
croirais
que
fa
vüe
aurait
eu
le
pouvoir
-
D’en
diffiper
une
partie.
ire
Car
enfin,
Spitridate
a
l'entretien
charmant
.
bosccsceccoucececn
TRAGÉDIE.
Acre
IL
L'œil
vif,
lefprit
aifé,
le
cœur
bon,
l’ame
belle.
À
tant
de
qualités
sil
joignait
un
vrai
zèle
.
.
ACLCATIDE.
Ma
fœur,
il
nef
pas
roi
comme
left
votre.
amant,
-
É
EPA
NTC'E:
Mais
au
parti
des
Grecs
il
unit
deux
provinces;
Et
ce
Perfe
vaut
bien
la:
plüpart
de
nos
princes.
AG
EVA
T
I
D
E
Il
n'eft
pas
roi,
vous
dise,
&
c'eft
un
grand
défaut
:
Ce
neft
point
avec
vous
que
je
le
diffimule.
à
peut-être
le
cœur
trop
hauts
-
Et
lorfqu’on
vous
deftine
un
roi
pour
votre
époux.
J'en
veux
un
aufli-bien
que
vous.
J'aurais
quelque
chagrin
à
vous
traiter
de
reine,
À
vous
voir
dans
un
trône
aflife
en
fouveraine,
S'il
me
falait
ramper
dans
un
deeré
plus
bas;
Et
Je
porte
une
ame
aflez
vaine
Pour
vouloir
jufques-là
vous
fuivre
pas
à
pas.
Vous
êtes
mon
ainée,
&
c’eft
un
avantage
Auffi
veux-je
céder
le
pas
devant
à
lPâge,
Mais
je
ne
puis
fouffrir
autre
inégalité.
ÉLPAÆNTCE
Vous
êtes
donc
jaloufe,
&
ce
trône
vous
gêne
;
Où
da
main
de
Cotys
a
droit
de
me
placer?
:
_
Mais
fi
je
renoncçais
au
rang
de
fouveraine
-
Voudriez
-
vous
y
renoncer
?.
AG
LATTDE.
Non,
pas
fi-tôt,
j'ai
quelque
vüe
P.
Corneille.
Tome
VI
__
-
Mais
äuffi-bien
que
vous
je
fors
du
fang
d'Hercule;
Qui
me
fait
VOUS
devoir
grande
‘civilités
ts
4
DA
Housse:
eueves
a
à
GE
$
Ti
A
sea
Le
AR
IE
_
Qui
me
peut
encor
amufer.
Mariez
vous,
ma
fœur;
quand
vous
ferez
poutvüe,
On
trouvera
peut-être
un
roi
pour
mrépoufer.
J'en
aurais
un
déja,
m'était
ce
rang
d'aince,
Qui
demandait
pour
vous
ce
qu
l
voulait
noffrir,
Ou
s'il
eût
reconnu
qu'un,
père
eût
pù
fouffrir
:
Qu’à
lPhymen
avant
vous
on
me
vit
deftinée.
Si
ce
roi
jufqu'ici
ne
s’eft
point
déclaré,
Peut-être
qu'après
tout
il
wa
que
différé,
.
:
Qu'il
attend
votre
hymen
pour
rompre
fon
filence.
Je
penfe
avoir
encor
ce
qui
le-
fut
charmer;
:
hé
sil
PET
vous
en
faite
entière
confidence,
Que
dites-vous,
ma
“four?
vous
aime
?
AGLATIDE.
Je
vous
dis
qu'il
m’aimait,
&
que
fa
paflion
Pourrait
bien
être
encor
la
mème;
Mais
cet
amufement
de
mon
ambition
ee
Peut
n'être
qu'une
illufion.
_
Ce
prince
tient
fon
trône,
&
fa
haute
puiflance
;
De
ce
mème
héros
dont
nous
tenons
le
jour;
Et
fi
ce
n’était
lors
que
par
reconnaiflance.
Qu'il
me
témoignait
de
l'amour
.
_
Puis-je
être
fans
inquiétude,
Quand
il
n’a
plus
pour
lui
que
de
l’ingratitude?
Qu'il
n’écoute
plus
rien
qui
vienne
de
fa
part?
Je
ne
fais
fi
fa
flamme
eft
pour
moi
fäble,
où
forte;
Mais
la
reconnaiffance
morte,
L'amour
doit
courir
grand
hazard.
LRAGÉDIE
Acre
I
ÆELPINICE.
Ah!
sil
n'avait
voulu
que
par
reconnaiffance
Etre
gendre:
de
Lyfander,
-
Son
choix
aurait
fuivi
l’ordre
de
la
naiffance,
.
Et
Sparte
au
lieu
de
vous
l’eût
vi
me
demander:
Mais
pour
mettre
chez
nous
l’éclit
de
fa
couronne,
Attendre
que
l’hymen
n'ait
engagée
ailleurs,
C’eft
montrer
que
le
cœur
s'attache
à
la
perfonne:
Ayez,
ayez
pour
lui
des
fentimens
meilleurs.
Ce
cœur
qu'il
vous
donna,
ce
choix
qui
confidère
Autant
&
plus
encor
la
fille
que
le
père,
Feront
que
le
deyoi
bientôt
fon
tours
Et
pour
vous
faire
feoir
où
vos
defirs
ARTE
Vous
verrez,
&
dans
peu,
comme.
pour
vous
confpirent
La
reconnaiflance
&
l'amour.
AGTATEIDE
Vous
voyez
cependant
qu’à
peine
il
me
regarde;
Depuis
notre
arrivée
il
ne
m'a
point:
parlé
;
_
Êt
quand
fes
yeux
vers
moi
fe
tournent
par
mégarde...
: |
EL
PIN-EC.E
Comme
avec
Jui
mon
père
a
apcuss
démèlé,
-
Cette
petite
néglig
enges
…
a
Qui
vous
fait
douter
de
{a
se
Vient
de
leur
méfntellisence
Et
dans
le
fond
del’ame
il
vit
fous
votre
oi,
ICLATIDE
a
À
tous
hazards,
ma
fœur,
comme
j'en
fais
mal
ee.
Si
vous
me
pouviez
faire
un
don
de
votre
amants
Je
crois
que
je
pourrais
l'accepter
fans
murmure.
Vous
venez
de
parler
du
mien
fi
dignement
.
—
Si
-
124.
4
CG
É
Sr
LL:
S;
ÆELPINICE.
Aimeriez-vous
Cotys,
ma
fœur
?
AGLATID'E.
Moi?
nullement.
ELPINTCE.
Pourquoi
donc
vouloir
qu'il
vous
aime?
>
AGTIATIDE.
Les
hommages
qu'Agéfilas
Daigna
rendre
en
fecret
au
peu
que
J'ai
d’apas,
Mont
fi
bien
imprimé
l'amour
du
diadème,
Que
pourvû
qu'un
amant
foit
roi,
Il
SE
trop
aimable
BOT
moi.
cet.
la
première
idée:
on
F
pa
"de
acer,
Il
la
fdélement
gardée,
Et
rien
ne
peut
plus
lefacer.
-LEÉPENFCE
,
Chacune
à
fon
humeur:
la
grandeur
fouveraine.
Quelque
main
qui
vous
l'offre
eft
digne
de
vos
feux:
Et
vous
üe
ferez
“point.
dheureux
Qui
de
vous
ne
fafle
_une
reine.
Moi,
je
méblouis
moins
de
là
fplendeur
du
rang
5
Son
éclat
au
refpect
plus
qu’à
Pamour
m'invite
:
Cet
heureux
avantage
ou
du
{ort,
où
du
fang...
Ne
tombe
pas
toujours
fur
le
plus
de
mérite.
Si
Mon
cœur,
fi
mes
yeux
en
étaient
confultés
,
Leur
choix
irait
à
Ja
perlonne;
—
5
Et
les
hautes
vertus,
les
rares
qualités.
L’emporteruient
für
la
couronne.
..
Voyez
s'il
fut
jamais
un
amant
plus
à
plaindre,
Voyez.
avec
Coty
Mais
à
vous
dire
tout,
je
crains
qu'Agéfilas
:
Qu'auff-bien
que
ma
fœur
j'écoute
mon
devoirs.
:
T
ACÉDLE
dore
DL
32
Il
faut
vous
voir
aimer
ailleurs.
Un
cœur
plus
accablé
de
mortelles
douleurs.
\
C'eft
un
malheur
fans
doute
égal
au
trépas
même,
Que
d’attacher
fa
vie
à
ce
qu'on
n'aime
pass
Et
voir
en
d’autres
mains
pañler
tout
ce
qu'on
aime
;
Ceft
un
malheur
encor
plus
grand
que
le
trépas.
ELPINICE.
Je
vous
en
plains,
feigneur,
&
ne
puis
davantage.
Je
ne
fais
aimer,
fi.
hair;
:
Mais
dès
qu'un
père
ue
ÿ
+
en
“mon
courage
Toute
P'imprellion
Voudraient
rendre
à
ma
Sœur
l'hommage
qu'il
me
rend.
Tout
doit
ètre
à
mon
père
affez
indifférent,
Pourvû
que
vous
&
lui
vous
demeuriez
fes
gendres.
N°y
refufe
l’aveu
qui
vous
6
néceffaire
:
C'eft
notre
fouverain.
S
PIT-RIDATE.
S'il
en
dedit
un
père
;
Peut-être.
aije-une.
Æ
qu'il.n'en
dédira
pas
Ce
grand
prince
pour
elle
a
tant
de
complaifance
;
Qu'à
fa
moindre
prière
il
ne
refufe
riens
|
Et
fi
fon
cœur
voulait
s'entendre
4vec
le
mien.
.
:
ÉLPINICE
Repofez
vous
,
-
figneur
.
fur
mon
obciffance
,
Et
contentez
vous
de
favoir
Allez
trouver
Cotys
,
-
&
fans
aucun
forupule.
.
RE
pts
RH
FL
AR
HELENE
me
HOL
rs
Pa
|
Ca
As
Len
RSRLC
RSR
RS
ere:
5
S
is
ŸS
EE
k,
E
2.
NE
x
—
S
PÉSRRTDA
FL.
ë)
2
Perdriez-vous
pour
moi
fon
trône
fans
ennui
?
+
“
ELPINICE
KE
C
Le
voilà
qui
paraît.
Quelque
ardeur
qui
vous
brûle,
Ÿ
ts
Mettez
d’accord
mon
père,
Agéfilas,
&
ini
SN
.
CL
NE
rr.
|
6
COTYS,
SPITRIDATE.
S
Comme
elle
difparait,
feisneur,
à
mon
abord,
à
EE
ès
SPITRIDATE
Si
votre
ame,
feigneur,
en
eft
mal
fatisfaite,
4
É
Mon
fort
ef
bien
à
plaindre
autant
que
votre
fort,
-
S
|
CGOTFTYS.
|
=
F%
Ah
!
s’il
n’était
honteux
de
matiquer
de
promefe
P)
:
SPREÉPRÉDÉTE
D
Si
la
foi
fans
rougir
pouvait
fe
dégager
!:
G
CO
T
y
D
NN
Qu'une
autre
de
mon
cœur
ferait
bientôt
maîtreffet
:)
SI
Dir.
=
SN.
Que
je
ferais
ravi
comme
vous
de
Change
s)
Re
SN
Elpinice
pour
moi
montre
une
telle
glace
_
t)
Que
je
me
tiendrais
für
de
fon
confentement,
_
S
TRE
POUR
CSesecesre
ee
RAGE
DIC
Aa
I
SP
RE
DATE
-
Aglatide
verrait
qu’une
autre
prit
fa
place,
Sans
en
murmufreér
un
moment.
POTTLS
Que
nous
fert
qu’en
fecret
lune
&
l’autre
eñpagée
Peut-être
ainfi
que
nous
porte
fon
cœur
ailleurs
?
Pour
voir
notre
infortune
entrelles
partagée
,
Nos
deftins
n’en
font
pas
meilleurs,
SPECREDATE
Elles
aiment
ailleurs,
ces
belles
dédaigneufes
Et
peut-être
en.
dépit
du
fort.
=
I
fait
un.
moyen,
&
de.
les
rendre.
heureufes
;
-
Et
de
nous
rendre
heureux
par
un
commun
accotd,
GO
TYS;
Souffrez
donc
qu'avec
vous
tout
mon
cœur
fe
déploie.
Ab,
fi
vous
le
vouliez,
que
mon
fort
ferait
doux
!
Vous
feul
me
pouvez
mettre
au
comble
de
ma
joie.
SERA
DATE,
:
Et
ma
félicité
dépend
toute
de
vous.
COTYS.
Vous
me
pouver
donner
lobjet
qui
me
poffède.
|
SPÉEREDAIL
Vous
me
pouvez
donner
celui
de
tous
mes
vœux.
Elpinice
me
charme.
GO
T-YS.
|
Et
fi
je
vous
la
cède
?:
SPITRIDA-TE,
.
Je
céderat
de
mème
ÂAglatide
à
vos
feux.
:
SN
COrYS.
5
Aplatide
.
figneur
?
Ce
neft
pas
là
m
entendre;
-
ee
|
;
SU
PS
SES
5
L
2.
7e
NesR
Re
eue
eut
CD]
.
—
|
|
N
G
14
PL
GS
AS,
#
CG
|
-
Et
vous
ne
feriez
rien
pour
moi,
S
à
\
SPISRIDALE.
_
as
SA
Ne
vous
devez-vous
pas
à
Lyfander
pour
gendre?
:
©)
G
COEYS,
1
:
ED
Qui,
mais
l'amour
ici
me
fait
une
autre
(oi.
É
Ç
SPITRIDITE
…
&)
FA
L'amour!
Il
n’en
faut
point
écouter
qui
le
blefle,
€
&
2
Et
qui
nous
Ôte
fon
api,
:
É
@
L’échange
des
deux
fœurs
na
rien
qui
l'intérefe,
6
|
À
Nous
n’en
ferons
pas
moins
à
lui;
_(
&
&
Mais
de
porter
ailleurs
la
main
qui
leur
eft
dûe,
&
S
Seigneur,
au
dernier
point
ce
fera
lirriter,
&
|
ff
Si
je
n’en
juge
mal,
fa
faveur
n’eft
pas
grande,
à
Seigneur
,
auprès
d'Agéfilas
;
24
I
wobtient
prefque
rien
de
quoi
qu'il
[ui
demande,
NEA
SAT
RIDATE.
S
Je
vois
qu’afñlez
fouvent
il
ne
l'écoute
pass
_
f
Ë
Mais
pour
un
différend
frivole,
E)
Dont
nous
ignorons
le
fecret,
F4
Ce
prince
avoûrait.il
un
amour
indifcret.
a
D'un
tel
manquement
de
parole?
=
FA
Lui
qui
lui
doit
fon
trône,
&
cet
illuftre
rang
Ç
D'unique
général
des
troupes
de
la
Grèce
:
4
Pourraitil
le
haïr
avec
tant
de
bañefe,
f%
Qu'il
pût
autorifer
ce
mépris
de
fon
fang
?.
+
È
Si
nous
manquons
de
foi,
qu'aurait-il
lieu
de
croire?
En
aurions-nous
pour
lui
plus
que
pour
Lyfander?
,.
ÉROROR
OR
US
USÉES
68
TRAGÉDIE.
Acte
L
135
à
;
Penfez-y
bien,
feigneur,
avant
qu'y
hazarder
Nos
füretés,
&
votre
gloire.
|
CG:OT-YS.
Et
fi
ce
différend
que
vous
craignez
fi
peu,
Lui
fait
pour
notre
hymen
refufer
fon
aveu
Z
SPIFRIDATE.
Ma
fœur
n’a
qu'à
parler,
je
nven
tiens
für
par
elle.
CO
ETS.
Seigneur,
lPaimerait-il
?
s
PER
ÉDÈTE
E.
=.
Il
la
trouve
aflez
belle
I
en
parle
avec.
joie
-
&fe
plait
à
ja
voir;
Je
tâche
d’affermir
ces
douces
aparences;
Et
fi
vous
voulez
tout
favoir,
Je
penfe
avoir
de
quoi
flätter
mes
efpérances.
Prenez-y
part,
feigneur,
pour
lintérèt
commun.
Quand
nous
aurons
tous
deux
Lifander
pour
beau-père,
Ce
roi
s'allie
à
vous,
s'il
devient
mon
beau-frère.
Et
nous
aurons
ainfi
deux
apuis
au
lieu
d’un.
CO
FT
Y
S.
E
+
Mandane
.
cohent
"
FSPATRTDATE
Mandane
eft
trop
bien
née,
Pour
dédire
un
devoir
qui
la
met
fous
ma
loi,
CCS
_
_
Et
vous
avez
donné
pour
elle
votre
foi
?
SPITFRED
A
FE.
ee
mais
à
dire
vrai,
je
la
tiens
pour
donnée,
|
EOTYS-
-
h
ne
A
donnez
point,
{eigneur,
fi
vous
m
se
à
Se
Snosccsuscreres
Se
7)
Se
-
r
S
x
4
136
AGESTLAS,
.
Mandane
a
tout
mon
cœur,
mes
yeux
en
font
chatmés
;
Et
ce
n’eft
qu'à
ce
prix
que
je
vous
rens
juftice.
S
PLÆF-R
TD
AT.E
Elpinice
ne
rend
votre
foi
qu'à
fa
fœur,
Et
ce
n'eft
qu’à
ce
prix
qu’elle-mème
{e
donne,
s
GOTMS
|
Hélas
,
&
fi
l'amour
autrement
en
ordonne
,
Le
moyen
d’y
forcer
mon
cœur
?
SPLTRIDATE
Rendez-vous-en
le
maître.
:
COTYS
A
-
2
Où
fi
vous
aimez
Elpinice.
=
)
(f
S
du
vôtre
?
2
J'y
ferai
mon
effort,
à
jé
vous
parle
en
vain;
Et
du
moins
fi.
ma
fœur
vous
dérobe
à
toute
autre,
Je
ferai
maître
de
ma
main.
EOTYS.
Je
ne
le
puis
celer,
qui
que
l’on
me
propofe,
Toute
autre
que
Mandane:
ef
pour
noi
mème
chofe,
SPIFRIDATE
Il
vous
eft
donc
facile,
&
doit
mème
être
doux,
Puifqu'enfin
EÉlpinice
aime
un
autre
que
vous
;
—
De
lui
préférer
qui
vous
aime
;
:
_
Et
du
moins
vous
auriez
l'honneur
,
Par
un
peu
d'effort
{ur
vous-même
,
De
faire
le
commun
bonheur.
ÉOTTYS.
Je
ferais
trois
heureux
qui
m
mocdhient
de
l'être!
pére
NA
rt
YA
Æ
Es
RL
APR
TSL
7
NES
RMRS
Rd
es
Re
Rs
Rd
es
TRAGÉDIE.
Acrs
L
‘ag
À
LE
J'ofe,
j'ofe
vous
faire
une
plus
jufte
loi:
:
ë)
_
Ou
faites
mon
bonheur
dont
vous
êtes
le
maître
,
(>
Ou
demeurez
tous
trois
malheureux
comme
moi.
ë)
S+IITRIDATES.
6%
Hé
bien,
époufez
Elpinice
;
à
Je
renonce
à
tout
mon
bonheur,
=
2
Plutôt
que
de
me
voir
complice
Ce
D'un
manquement
de
foi
qui
vous
perdrait
d'honneur.
D
-
COTTS
>
1%
Rendez
vous
à
votre
Aglatide,
»)
Puifque
votre
cœur
endurci
Veut
fuivre
obftinément
un
faux
devoir
pour
guide.
S
Je
ferai
malheureux,
vous
le
ferez
auffi,
4
ee
Fin
du
premier
afe,
Ÿ
ERÉCOROCOTÈEC
$
128
.
CG.
É
s
&
LA:
à
.
&Z
=
|
_-
GR
SAIT
SC
E
NE.
LP
R
EMI
PRE
{à
SPITRIDATE,
MANDANE
(
=
<
k,
bit
de
rudes
chaines?
’
En
Perfe
il
neft
point
de
fujets,
Ce
ne
font
qu’efclaves
abjets,
Qu’écrafent
d’un
coup
d’œil
les
tètes
fouveraines,
Le
monarque
,
ou
plutôt
le
tyran
général,
N'y
fuit
pour
loi
que
fon
caprice.
N'y
veut
point
d’autre
règle
,
&
point
d'autre
juftice:,
‘
Et
fouvent
mème
impute
à
crime
capital
Le
plus
rare
mérite
&
le
plus
grand
fervice.
H
abat
à
fes
pieds
les
plus
hautes
vertus,
S’immole
infolemment
les
plus
illuftres.
vies,
Et
ne
laifle
aujourd’hui
que
des
cœurs
abattus.
À
couvert
de
fes
tyrannies.
Vous
autres,
s’il
vous
daigne
honorer
de
fon
lit,
Ce
font
indignités
ésales
;
La
gloire
s’en
partage
entre
tant
de
rivales,
|
Qu’elle
eft
moins
un
honneur
qu’un
fujet
de
dépit,
TRAGÉDIE
Acre
IL
39
Toutes
n’ont
pas
le
nom
de
reines,
Mais
toutes
portent
mèmes
chaines,
Et
toutes,
à
parler
fans
fard,
Servént
à
fes
plaifirs
fans
part
à
fon
empire;
Et
même
en
fes
plaifirs
elles
n’ont
autre
part,
Que
celle
qu’à
fon
cœur
brutalement
infpire
Ou
le
caprice,
ou
le
hazard.
Voilà,
ma
fœur,
à
quoi
vous
avait
deftinée
,
À
quel
infame
honneur
vous
avait
condamnée
Pharnabafe
fon
lieutenant;
T1
aurait
fait
de
vous
un
préfent
à
fon
prince,
Si
pour
nous
affranchir
mon
foin
le
prévenant
;
|
N’eût
à
fa
tyrannie
arraché
ma
province.
La
Grèce
a
de
plus
faintes
loix,
Elle
a
des
peuples
&
des
rois
Qui
gouvernent
avec
juftice
:
La
raifon
y
préfide,
&
la
fage
équité;
Le
pouvoir
fouverain
par
elles
limité,
N'y
laifle
aucun
droit
de
caprice.
L'hymen
de
fes
rois
mème
y
donne
cœur
pour
cœur;
Et
fi
vous
aviez
le
bonheur
Que
lun
d'eux
vous.
offrit
Ton
trône
avec
fon
ame
;
Vous
feriez,
par
ce
nœud
charmante
Et
reine
véritablement,
Et
véritablement
fa
femme.
MANDANE.
Je
veux
bien
l’efpérer,
tout
eft
facile
aux
dense
:
Et
peut-être
que
de
bons
yeux
En
auraient
déja
vû
quelque
flatteufe
marque;
.
Mais
il
en
faut
de
bons
pour
faire
un
fi
grand
choix.
S
ij
7
==
<
A/S
STISS
AIS
—
>
Sn
SZ
Neseuereutenurursrt)
@
mo
RC
Esp.
(à
51
le
roi.
dans
la
Perfe
eft
un
peu
trop
monarque,
S
En
Grèce
il
eft
des
rois
qui
ne
font
pas
trop
rois.
LS
Il
en
eft
dont
le
peuple
eft
le
fuprème
arbitre.
€
Il
en
eff
d’attachés
aux
ordres
d’un
fénat.
£
j
en
eft
qui
ne
font
enfin
fous
ce
grand
titre
(
Que
premiers
fujets.
de
l’état.
=)
Je
ne
fais
fi
le
ciel
pour
régner
m'a
fait
naître;
rs
Et
quoi
qu’en
ma
faveur
j'aye
encor
va
paraître.
C
Je
doute
fi
l’on
m'aime
,
où
non:
3
À)
Mais
je
pourrais
être
aflez
vaine,
e
Pour
dédaigner
le
nom
de
reine
,
à
)
Que
n'offrirait
un
roi
qui
n’en
eût
que
le
nom
&
RS
BL
LR
LD
D.A
TE.
:
F4
Vous
ouvrent
fort
les
yeux
fur
ce
que
vous
valez,
G
MANDANE.
2)
Je
répons
fimplement
à
ce
que
vous.
me
dites
5
Et
parle
en
général,
comme
vous
me
parlez.
G
SARL
RINDATE
&.
Cependant,
&
des
rois,
&
de
leur
différence...
F:
Je
vous
trouve
en
effet
plus
inftruite
que
moi.
ë
MANDANE.
3
Puifque
vous
mordonnez
qu'ici
j'efpère.un
roi
=
K
Ï
eft
jufte,
feigneur,
que
quelquefois
jy
pente.
4
SPERRID
À
TK.
€
N'y
penfez-vous
point
trop?
<)
.
=
MANDANE
ee
E
fe
lasse
tit
à
vous
S
À
régler
mes
defrs
für
le
choix
d'un
ÉpPOUX
;
:
e
Mon
devoir
n’en
fera
point
d'autre:
A
OO
SONO
UEETÉ
)
ART
eue
ever
rccue.
wi
-
es
TRAGÉDIE.
Acre
IL
à
_
Mais
quand
vous
daignérez
choifir
pour
une
fœur,
À
x
Daignez
fonger,
de
grace,
à
faire
fon
bonheur.
ee
-:
Mieux
que
vous
n'avez
fait
le
vôtre.
S
|
&
D'ün
.
que
vous
m'aviez
vous-même
tant
loue,
d)
Votre
cœur
&
vos
yeux
vous
ont
défavoué
;
À
Et
fi,}ai
comme
vous
quelques
pentes
fecrettes
..
4
Seigneur,
fiic'eft
ainfi
que
vous
les
rencontrez.
Jugez,
par
le
trouble
où
vous
êtes,
:
De
l’état
où
vous
me
mettrez.
SPIFREDA
ITS
Je
le
vois
bien,
ma
fœur,
il
faut,
vous
c.
faire.
z
Qui
choifit
mal
-pour
foi
choifit.
mal
pour
autrui;
Et
votre
cœur
initruit
par
le
malheur
d’un
frère,
À
déja
fait.
fon
choix.
fans
Jui.
MAN
D:AN
E.
Peut-être,
mais
enfin
vous
fuis-je
néceñaire
?.
Parlez,
il
neft
défirs,
ni
tendres
fentimens
..
Que
je
ne
facrifñie
à
vos
contentemens.
-
Fautäl
donner
:ma
main
pour
celle
d'Elpinice
?
SPELRIEDALE.
|
Qse
Er
de
m'en
PUS
“un
entier
ferifce
À
qui
pour
mon
ue
vous
L
donner
?
Cotys
me
la
demande,
Agéfilas
l’efpère.
MANDANE.
Agéfilas..
En
Et.
1e
favez-vous.
bien
?
2
SR
EN
Ds
AL.
Parler
de:
vous
fans
celle,
aimer
votre
cntretiene
2
Vous
donner
tout
crédit,
ne
chercher
qu'à
à
VOUS
plaire.
…
G
a
|
|
MAND
ANE.
EE
:
2)
Ce
font
civilités
envers
une
étrangère,
x
Qui
font
beaucoup
d'éclat,
&
ne
prononcent
rien.
S
\
©
{l
jette
pardà
des
amorces
“)
E
J
À
ceux
qui
comme
nous
voudront
grofhir
fes
forces
;
N
G
Mais
quelque
haut
crédit
qu'il
me
donne
en
fa
cour,
Ÿ
;
Ê
)
De
toute
fa
conduite
1l
eft
fi
bien
le
maitre,
Ç
&
Qu’au
fimple
nom
d’hymen
vous
verriez
difparaître
Ÿ
E
Tout
ce
qu’en
fes
faveurs
vous
prenez
pout
amour,
(4
EF
LA
SPÉPRIDAFE.
S
Q
Vous
penchez
vers
Cotys,
&
favez
qu'Elpinice
“)
£)
Ne
veut
point
être
à
moi
qu'il
ne
{oit
à
fa
fœut?
LE
:
ts
-
—
>
:
Ÿ
&
de
vous
po
LA
SPITRIDATE.
Ê
É:
Et
Lyfander
poura
fouffrir
cette
injuftice
?
Ê
MANDANE.
&
Lyfander
eft
fi
mal
auprès
d'Agéfilas
,
ES
Que
ce
fera
beaucoup
s’il
en
obtient
un
gendre
-
74
Et
peut.être
fans
moi
ne
l’obtiendra-t-il
pas;
Pour
deux,
il
aurait
tout,
s’il
ofait
y
prétendre.
Mais,
feigneur
,
le
voici,
tâchez
de
preflentir
SPÉRRIDATEÉE
N
Ce
qu’en
votre
faveur
il
pourrait
confentir.
:
LA
Ma
fœur
;
Vous
êtes
plus
adroite
;
3
Souffrez
que
je
ménage
un
moment
de
retraite
:
2.
J'aurais
trop
à
rougir,
pour
peu
que
devant
moi
6
Vous
fiffiez
deviner
de
ce
manque
de
foi.
à
ee.
FOURS
=
D.
TRAGÉDIE.
Acve
IL
143
)
SCENE
IT,
Ç
LYSANDER,
SPITRIDATE,
MANDANE,
CLEON.
LISÉNDE
KR.
Qi
‘en
matière
d’hyménées
.
L'importune
langueur
des
affaires
trainces
_Attire
afflez
fouvent
de
ficheux
‘embarras
_
Jai
voulu
qu'à
loifir
vous
puiflez
:
voir
mes
filles,
Avant
que
demander
l’aveu
d'Agéfilas
Sur
l'union
de
nos
familles.
Dites
moi
donc,
feigneur,
ce
qu'en
jugent
vos
yeux»
Cils
laiffent
votre
cœur
d'accord
de
vos
promefles.
Et
fi
vous
y
fentez
plus
d’aimables
tendreffes
Que
de
juftes
defirs.
de
pouvoir
choïfir
mieux.
Parlez
avec
franchife,
avant
que
je
m'expofe
À
des
refus
prefque
aflurés
,
Que
j’eftimerai
peu
de
chofe,
Quand
vous.
ferez.
plus
déclarés.
Etn
nee
point
Pemportement
d’un
père
;
Je
fais
trop
que
l'amour
de
fes
droits
eft
jaloux
Qu'il
difpofe
de
nous
fans
nous,
Que
les
plus
beaux
objets
ne
font
pas
fürs
de
plaire.
L'aveugle
fympathie
eft
ce
qui
fait
agit
La
plüpart
des
feux
qu'il
excite;
-
Il
ne
lattache
pas
toujours
au
vrai
mérite
5.
=
Et
quand
il
la
dénie,
on
n’a
point
à
rougir
msn.
59
\
|
-.
|
2
4
è
&
}
|
Ë
7,
te
;
es,
ï
ù
SE
a
SPITDTRID
AT
E
Ÿ
&
Puifque
vous
le
voulez,
je
ne
puis
me
défendre,
:
|
1e
FA
Seigneur,
de
vous
parler
avec
fincérité.
#)
C
Ma
foule
ambitioneft
d’être
votre
gendre
3°
+
PA
£)
Maisf
aprenez
de
grace
une
autre
vérité
:
S
Ca
Ce
bonheur
que
j'attens,
cette
gloire
où
j'afpire,
“)
à)
Et
qui
rendrait
mon
fort
égal
au
fort
des
dieux,
(
É
É
N'a
pour
objet.',
.
.
feigneur,
je
tremble
à
vous
le
dire,
à
G
Ma
faux
Vous
lexpliquera
mieux.
W%
+
(2
SCENE
Tir
|
ë)
49
LYSANDER,
M
D
NE,
CLEON.
\
à
|
|
(L
%
$9
LYSANDER
S
S
Qc:
veut
dire,
madame,
une
telle
retraite?
L)
“
CÛ
Se
plaintil
d'Aglatide,
&
la
jeune
indiferète
2
Se
Répondrait-elle
mal
aux
honneurs
qu'il
lui
fait?
NS
C
“
5)
À
MANDANE.
HS
ET
“Éay
répond
,
feigneur
,
ainfi
qu’il
le
fouhaite,
S
G
Et
je
Ven
vois
fort
fatisfaits
|
,
|
#)
>
Mais
je
ne
vois
pas
bien
que
par
les
fympaties
,
(
+
Li;
Dont
vous
venez
de
nous
parler,
à)
#Y
Eeurs
ames
foient
fort
aflorties,
4
Ni
que
Pamour
encor
ait
daigné
s'en
mêler.
EE
à)
q
ee
:
=
8
DS
G
Ce
n’eft
pas
qu'il
n’afpire
à
fe
voir
votre
gendre,
€)
se
7
)
Qu'il
ny
mette
ue
&
borne
fes
_
S
S
NE
ES
f
ANA
EN
Es
ve
TRAGEDIE
Acre
IL
14
4
Æ
.
Mais
puifque
par
fon
ordre
il
me
faut
vous
Paprendre,
ES
Elpinice
eft
l’objet
de
fes
plus
chers
defirs,
4%.
LV
AiNDIR
—
à)
r
Elpinice!
Et
fa
main
n’eft
plus
en
ma
puiflance.
—
MANDANE.
GS
Je
fais
qu'il
n'eft
plus
tems
de
vous
la
demander
RSR
Mais
je
vous
répondrais
de
fon
obéifance,
Si
Cotys
la
voulait
céder.
Que
fait-on
fi
l'amour,
dont
ja
bizarrerie
Se
joue
aflez
fouvent
du
fond
de
notre
cœur,
N’aura
point
fait
au
fien
mème
fuperchetie
?
S'il
ny
préfére
point
Aglatide
à
fa
fœur?
Cet
échange,
feigneur,
p:
urraitil
vous
déplaire,
S'il
les
rendait
tous
quatre
heureux
?
ÉYSANDER:
Madame,
doutez-vous
de
la
bonté
d’un
père?
|
MANDANE.
Voyez
donc
fi
Cotys
fera
plus
rigoureux.
Je
vous
laiffe
avec
lui,
de
peur
que
ma
préfence
N'empèche
une
fincère
&
pleine
confiance.
Ceres
j
S
Ce
EN
EL
2)
MANDANE,
LYSANDER,
COTYS,
:
CÉEON
ur,
ne
cachez
plus
le
véritable
amour
Dont
l’idée
en
fecret
vous
fate,
Jai
dit
à
Lyfander
celui
de
Spitridate
,
Dites
le
vôtre
à
votre
tour.
MANDANE
4
Cow
SEisne
à
CENE
._.
LYSANDER,
COTYS,
CLEON.
|
CO
RSS
ee
Puirnrette
vous
la
dit,
pourrais-je
vous
le
taire
?
Jugez,
feioneur,
de
mes
ennuis
;
Une
autre
qu'Elpinice
à
mes
yeux
a
{à
plaire;
Et
laimer
eft
un
crime
en
Pétat
où
je
fuis.
LYSANDER.
Ne
traitez
point,
feigneur,
ce
nouveau
feu
de
crime
;;
_
Le
choix
que
font
les
yeux
eft
le
plus
légitime
;
Et
comme
un
beau
defir
ne
peut
bien
s’allumer
,
S'ils
n'infiruifent
le
cœur
de
ce
qu'il
doit
aimer.
.
CORRE
D
TRAGEDIE
Acre
IL
x47
a
Ceft
ôter
à
l'amour
tout
ce
qu'il
a
d’aimable,
Que
les
tenir
captifs
fous
une
aveugle
foi;
Et
le
don
le
plus
favorable
Que
ce
cœur
fans
leur
ordre
ofe
faire
de
foi,
Ne
fut
jamais
irrévocable.
:
EO
ES.
Seigneur,
ce
weft
point
par
mépris
;
(eS
Ce
n’eft
point
qu'Elpinice
aux
miens
n
’ait
paru
belle
;
S
-
Mais
enfin,
le
dirai-je
?
Oui,
feigneur,
on
ma
L
pris
»
|
On.
m'a
volé
ce
cœur
que
j'aportais
pour
elle.
D’autres
yeur
malgré
moi
s’en
font
faits
les
tyrans
:
3
Ep
Et
ma
f
rmée
oUr
MA
défenfe
;
ee
Ce
lâche
qui
:
s’eft
sit
de
leur
intelligence
Les
a
foudain
reçûs
en
juftes
conquérans.
LYSANDER.
_
Laiffez
leur
garder
leur
conquête.
Peut-être
qu
"Elpinice
avec
plaifir
s’aprète
À
vous
laifler
ailleurs
trouver
un
fort
plus
doux,
Quand
un
autre
pour
elle
a
d’autres
yeux
que
vous;
Qu'elle
cède
ce
cœur
à
celle
qui
le
vole,
Et
qu'en
ce
mème
inftant
q
:
le
Surprenait,
Un
pargil
attentat
fur
f
prop:
le
Lui
dérobait
celui
qu
elle
vous
re
Surtout,
ne
craignez
rien
du
côté
d'Aglatides
Je
puis
répondre
d'elle
;
&
CUENT
j'aurai
parlé,
_
Vous
verrez
tout.
fon
CŒUT
;
où
mon
pouvoir
préfide
,
Vous
Be
de
celui
qu’elle
vous
a
volé.
COTYS
-
Ah!
nn
,
pour
ce
vol
je
ne
me
plains
p:
pas
d
elle.
T
1j
48.
EG
ESiIL
AS,
EYSANDER
Et
de
qui
donc?
ee
:
GOT
YS.
L'amour
s’y
fert
d’une
autre
main,
LYSANDER.
L'amour!
—
COFSS
Oui,
cet
amour
qui
me
rend
infidelle
…
}
|
LYSANDER.
|
Seigneur,
du
nom
d'amour
n’abufez
point
en
vain;
Dites,
d'Agéfilas
la
haine
infatiables
Ceft
elle
dont
l’aigreur
auprès
de
vous
m'accable
Et
qui
de
jour
en
jour
s’animant
contre
moi,
COT
YS.
Ah,
s’il
y
va
de
votre
gloire.
Ma
parole
eft
donnée,
&
düffai-je
en
mourir,
Je
la
tiendrai,
feigneur,
jufqu’au
dernier
{oupirs
Mais
quoi
que
la
furprife
ait
pù
vous
faire
croire,
N’accufez
point.
Agéfilas
—
D'un
crime
de
mon
cœur
que
même
il
ne
fait
pas,
Mandane
qui
m’ordonne
à
vos
yeux
de
le
dire,
Vous
montre
affez
parlà
quel
fouverain
empire
_
L'amour
lui
donne
fur
ce
cœurs
Ne
confidérez
point
fi
j'aime,
ou
fi
lon
m'aimes
En
matiéte
d'honneur
ne
voyez
que
vous-même,
Et
difpoféz
de
moi
comme
veut
cet
honneur.
EVYSRNDER
L'amourle
fera
mieux;
ce
que
j'en
viens
d’aprendre:
Moffre
un
fujet
de
joie
où
j'en
voyais
d’ennui:
DORO
PNA
TRAGEDIE
ACTE
Époufer
la
fœur
de
mon
gendre
C'eft
le
devenir
comme
lui.
|
Aglatide
d'ailleurs
n’eft
pas
fi
délaïffée
;
Que
votre
exemple
n'aide
à
lui
trouver
un
toi;
Et
pour
peu
que
le
ciel
réponde
à
ma
penfée,
=
Ce
fera
plus
de
gloire
&
plus
d’apui
pour
moi.
Auf
ferai-je
plus;
je
veux
que
de
moi-mème
Vous
teniez
cet
objet
qui
vous
fait
foupirer;
Et
Spitridate,
à
moins
que
de
m'en
aflurer
.
N’obtiendra
jamais
ce
qu’il
aime.
Je
veux
dès
aujourd’hui
favoir
d'Agéfilas
;
S'il
poura
confenti
>
double
hyménées
=
Dont
mp
était
donnée.
Sa
haine
aparémment
ne
m'en
avoüra
pas:
Si
pouttant
par
bonheur
il
m’en
laïffe
le
maitre,
J'en
uferai,
feigneur;
comme
je
le
promets;
Sinon,
vous
lui
ferez
connaître
-
Vous-mème
quels
font
vos
fouhaits.
COTYS.
Âh,
que
Mandane
&
moi
n’avons-nous
mille
vis.
-
Seigneur.
s-
pour
vous
les
immolet
?
Car
je
rie
Rurais
plus
Vous.
Je
dx
mulet,
Nos
ames
en
feront
également
ravies.
Souffrez
lui
donc
fa
part
en
ces
raviffèmens,
.
Et
pardonnez,-de
grace
,
à
mon
impatience
|
LYSANDER.
Allez,
on
m'a
vû
jeune,
&
par
expérience
Je
fais
ce
qui:
fe
pañle
au
cœur
des
vrais
amanss.
GES
EE
AS,
Cet
lois
»
&
du
devoir
la
ben
idée
.
er
AGE
ATADES-
k
Que
dites-vous,
ma
qu'ofez-vous
hazarder?
Vous
qui
tantôt.
E
:
P
T
NICE:
Ma
fœur,.
laiflez
moi
vous
aider.
.
Ainf
que
vous
m'avez
aidée.
A
GEL
ATFIDE.
Pour
bien
m
aider
à
dire
ici
mes
fentimens
5
Vous
vous
prenez
trop
mal
aux
vôtres
;
Et
fi
je
fuis
jamais
réduite
aux
truchemens,
Il
m'en
faudrait
bien
chercher
d’autres.
Seigneur
,
quoi
qu
ile
en
AE
joil
guele
je
luis.
J'acceptais
Spitr
idate
av
uelques
De
ce
petit
chagrin
le
ciel
m'a
er
=
Saïs
que
mon
ame
foit
changée.
Mon
devoir
régne
encor
fur
mon
ambition:
Quoi
que
vous!
mi
’ordonniez,
j'obéirai
.
fans
peines
Mais
de
mon
inclination
Je
MOUÉTAL
fille,
ou
vivrai
reine.
EE
PTNTEE.:
ni
.
ma
‘fœur,
dites
qu
‘Agéfilas..
AGE
ATEIDE
Ah
;
feigneur,
ne
l'écoutez
pas,
Ce
qu’elle
vous
veut
dire
eft
une
bagatelle
;
=
—
-Et°
Mèrne
;
5
Sal
le
faut,
je
la
dirai
mieux
qu'elle.
ETS
AND
Ë
KR.
Di
donc
:
Agéfilas?:
|
À
G
L
AT
à
D
E.
=
Maimait
jadis
Un
per,
1
4
j
RTE
TRAGEDIE.
Ace
IL
De
vous
en
demander
Paveu
N'attendait
qu'après
l’'hyménée
-
.
De
cette
aimable
&
chère
ainée.
Mais
s’il
attendait
là
que
mon
tour
arrivé
—
Autorifât
à
ma
conquête
La
flamme
qu’en
réferve.
il
tenait
toute
prète,
Son
amour
el
encor.
ici
plus
réfervés
;
Et
foit
que
dans
Ephefe
un
autre
objet
me
pale,
a
que
par
complaifance
il
cède
à
Jon
rival,
r.
I
me
fait
à
fent
la
grace
De
ne
m'en
re
bien
ni
al
L.:Y..S.-A.
N
D
E
K.
Sa
haine
pour
ton
père.
à
cet
amour
Sopoles
Mais
n'importe,
il
eft
bon
que
j'en
fois
averti:
Jagirai
d'autre
forte
avec
cette
lumière;
_
Du
moins
lui-mème
à
Sparte
il
m’en
fit
confidence;
Et
s'il
me
difait
vrai,
fa
noble
impatience
…
D'un
pareil
changement
ne.
cherche
point
la
caufe;
Et
fuivant
qu
aujourd’hui
nous
laurons
plus
entiète
;
Nous
verrons
à
prendre
parti,
à
SCENE,
Vit
ELPINICE,
AGLATIDE.
ÉLPINICE
M.
fœur
,
‘je
vous
admire,
&ne
faurais
Cet
inépuifablé
enjoùïment,
Qui
d'un
chagrin
trop
jufte
a
de
quoi
vous
défendre,
Que
vous
êtes
fi
DLÉS
de
vous
voir
fans
amant.
ü
dt
af
nd
t
La
<
Re
œufs
.
Je
fais
comme
il
faut
vivre,
&
men
trouve
fort
bien
;
La
joie
eft
bonne
à
mille
chofes,
Mais
le
chagrin
n’eft
bon
à
rien.
Ne
perds-je
pas
aflez
fans
doubler
l'infortune,
Et
perdre
encor
le
bien
d’avoir
Pefprit
égal?
Perte
fur
perte
‘et
importuné,
Et
je
m'aime
un
peu
trop
pour
me
traiter
fi
mal.
Soupirer
quand
le
fort
nous
rend
une
injuftice,
C'eft
lui
prèter
une
aide
à
nous
faire
un
fuplice.
Pour
moi,
qui
ne
puis
pas
fouffrir
tant
de
pouvoir.
Le
bien
que
je
me
veux
met
fa
haine
à
pis
faire,
Mais
allons
rejoindre
mon
pere,
Jai
quelque
chofe
encor
à
lui
faire
favoir.
Fin
du
Second
aile,
Pay
LE
4
CCE
_
AGESILAS,
RSS
€
LI
|
C0
Lo
HE
SCAN
LR
Lo
LEeRE
LAS
END
XENOCLES.
x
S.
À.
N.
D.
E
R
Fe
E
ne
RS
on
furpris
qu'à
ces
deux
D
mens
Vous
refufñez,
feigneur,
votre
confentement
;
J'aurais
eu
tort
d'attendre
un
meilleur
traitement
Pour
le
fang
odieux
dont
mes
filles
font
nées.
Il
eft
le
fang
d'Hercule
en
elles
comme
el
VOUS
»
Et
méritait
par-là
quelque
deftin
plus
doux
;
Mais
s’il
vous
peut
donner
un
titre
légitime.
Pour
etre
leur
maitre,
&
leur
roi,
Ceft
pour
lune
&
pour.
l'autre
une
efpèce.
de
crime,
Que
de
lavoir
recû
de
Ho
J'avais
crû
toutefois
que
Pexil
volontaire,
Où
lamour
paternel
près
d'elles
m'eût
réduit
,
Moi
qui
de
mes
travaux
ne
vois
plus
d'autre
fruit
Que
le
malheur
de
vous
déplaire,
=
.
Comme
il
délivrerait
vos
yeux
.
D'une
infuportable
préfence,
À
mes
ie
prefque
ufés
obtiendrait
la
licence
(5
ss
+
-D'aller
finir
fous
d’autres
cieux.
sans
S
2
à\
C'était
là
mon
defléin;
mais
cette
mème
envie
:
ç
Ev
Qui
me
fait
près
de
vous
un
fi
malheureux
fort,
e
Ne
faurait
endurer,
ni
l'éclat
de
ma
vie,
,
2)
Ni
l'obfourité
de
ma
mort.
|
5
CG
;
_AGESILAS
|
N
C
Ce
n'eft
pas
d'aujourd'hui
que
lenvie
&
la
haine
Va
4
Ont
perfécuté
les
héros.
K
e
=
Hercule
en
fert
d'exemple,
&
l’hiftoire
en
eft-pleine:
2)
4
E
Nous
ne
pouvons
fouffrir
qu’ils
meurent
en
repos.
ù
S
Cependant
cet
exil,
ces
retraites
paifbles,
L
\
Cet
unique
fouhait
d’y
terminer
leurs
jours,
NZ
Sont
des
mots
bier
|
hoi
is
à
remplir
leurs
difcours;
Ÿ
e
Hs
ont
toujours
leur
grace,
ils
toujours
plaufibles
;
d
4)
*
Mais
îls
ne
font
pas
vrais
toujours:
Cx
..
Et
fouvent
des
périls,
ou
cachés
ou
vifibles,
FN
Forcent
notre
prudence
à
nous
mieux
aflurer
É
Qu'ils
ne
veulent
que
figurer.
Je
ne
m'étonne
point
qu'avec
tant
de
lumières
Le
Vous
ayez
prévû
mes
refus
;
€
Mais
je
m'étonne
fort
que
les
ayant
prévüs,
FA
Vous
wen
ayez
pù
voir
les
raifons
bien
entières.
7
Vous
êtes
un
grand
homme,
&
de
plus,
mécontent.
à
J'avoñrai
plus
encor,
vous
avez
lieu
de
létre:
£
Ainfi
de
ce
repos,
où
Votre
ennui
prétend,
€
Je
dois
prévoir
en
roi
quel
défordre
peut
naître;
À
)
Et
regarde
en
quels
lieux
il
vous
plait:
de
porter
G
Des
chagrins
qu’en
leur
tems
on
peut
voir
éclater.
À
Ceux
qüe
prend
pour
exil,
où
choifit
pour
afyle,
-
|
POCKET
À
RAGE
DIR
Acre
AIT
Ce
deffein
d’une
mort
tranquile,
Des
Perfes
&
des
Grecs:
féparent
les
états.
L'afliéte
en
eft
heureufe,
&
l'accès
difficile
;
Leurs
maîtres
ont
du
cœur,
leurs
peuples
ont
des
bras;
Ils
viennent
de
nous
joindre
avec
une
puiffance
À
beaucoup
efpérer,
à
craindre
beaucoup
d'eux;
Et
c’eft
mettre.
en
leurs
mains
une
étrange
balance
,
Que
de
mettre
à
leur
tète
un
guerrier
fi
fameux.
C'eft
vous
qui
les
donnez
lun
&
l’autre
à
la
Grèce:
L'un
fut
ami
de
Perfe,
&
l’autre
fon
fujet.
À
Le
fervice
eft
bien
grand,
mais
aufli
je
confefe.
=>
Qu'on
:
peut
ne.
pas
bien
voir
tout
le
fond
du
projet.
Votre
intérèt
s’y
mele
en
les
prenant
pour
gendres;
Et
fi
par
des
liens,
&
fi
forts,
&
fi
tendres,
Vous
pouvez
aujourd’hui
les
attacher
à
vous,
Vous
vous
les
donnez
plus
qu’à
nous.
Si
malgré
le
fecours,
fi
malgré
les
fervices
Qu'un
ami
doit
à
l'autre,
un
fujet
à
fon
toi,
Vous
les
avez
tous
deux
arrachés
a
leur
foi,
Sans
aucun
droit
fur
eux,
fans
aucuns
bons
chics
;
Avec
quelle
facilité
a
N’immoleront-ils
point
une
1
onde
À
votre
courage
irrité,
|
Quand
vous
ferez
agir
toute
l’autorité
De
lPamour
conjugale,
&
de
la
paternelle!
Et
que
loccafion
aura
d’heureux
momens
Qui
fattent
vos
reflentimens
;
Vous
ne
nous
laiflez
aucun
gage;
|
Votre
fang
tout
entier
pañle
avec
vous
chez
eux.
P.
Corneille.
Tome
VI.
Voyez
donc
ce
projet’comme
je
l’envifage
,
Et
dites
fi
pour
nous
il
n’a
rien
de
douteux.
Vous
avez
jufqu'ici
fait
paraître
un
vrai
zèle,
Un
cœur
fi
généreux,
une
ame
fi
fidèle,
Que
par
toute
la
Grèce
on
vous
loue
à
Penvi
:
Mais
le
tems
quelquefois
infpire
une
autre
envie.
Comme
vous
Thémiftocle
avait
fort
bien
fervi…
Et
dans
là
cour.
de
Perfe
il
a
fini
fa
vie.
EYSANDER
Si
C’elt
avec
raïfon
que
je
fuis.
mécontent...
Si
vous-mème
avouez
que
j'ai
lieu
de
me
plaindre;
Et
f
D
ce
point
on
me
croit
joe.
Que
mes
reffenti
raindre
;
&
Ofcrnis
-
je.
vous.
demander
e
Ce
que
vous
à
fait
Lyfander..
Pour
leur
donner
ici
chaque
jour
de
quoi
naître.
Seigneur;
&
sil
eft
vrai
qu’un
homme
tel
que
moi.
Quand
il
eft
mécontent.,
.
peut.
ARR
fon
roi.
Pourquoi.
me
forcez-
vous.
à
l'être
—
Quelque
avis.
que
je
donne;
+
ef.
point.
ne
Quelque
emploi
que
j’embrafle,
3
is
foudain
ôté:.
Me
choifir
pour:
apui;.
Ceft
courir
à
fa
perte.
Vous
changez
en
tous
lieux.
les.
ordres
que
+
is
3,
Et
comme
sil
falait
agir
à
guerre
ouverte.
Vous.
détruifez.
tous.
mes,
amis:
:
Cés
amis
dont
pour
vous.
je
gagnai
les
fufrages.….
Quand
il
flut
aux
Grecs.
élire
un
général,
Eux
qui
vous.
ont
foumis.
les
plus
nobles
courages..
=
Et
fait
ce
haut
pouvoir
qui
leur
eft
fi
fatal.
Eeur
feu]
amour
pour
moi
les
livre
à
leur
ruines.
.
:
ne
CÉDIES
des
IIL
46
;
-
]
leur
coûte
l'honneur,
l'autorité,
le
bien:
Cependant
plus
jy
fonge,
&
plus
je
m'examine,
Moins
je
trouve,
feigneur
,
à
me
reprocher
rien.
GES
I:
LAS.
Dites
tout,
vous
avez
la
mémoire
trop
bonne
Pour
avoir
oublié
que
vous
me
fites
roi,
Lorfqu’on
balança
ma
couronne
Entre
Léotychide
&
moi.
Peut-être
n'ofez-vous
me
vanter
un
fervice
.
Qui
ne
me
rendit
que
jufice,
Puifque
nos
loix
voulaient,
ce
qu'il
fut
maintenir
;
_
Mais
moi
qui
l'ai
reci
x
men
fouvenir.
Vous
m'avez
donc
Vous
m'avez
de
la
Grece
Contre
celui
de
Perfe
établi
général;
Et
quand
je
fens
dans
l'ame
une
ardeur
qui
me
prefle
-
De
ne
m'en
revancher
pas
mal,
À
peine
fommes-nous
arrivés
dans
Ephèle,
Où
de
nos
alliés
j'ai
mis
le
rendez-vous,
Que
fans
confidérer
fi
jen
ferai
jaloux,
:
Ou
s’il
fe
peut
que
je
m'en
taife,
.
”
Vous
vous
faififlez
par
vos
mains:
-
De.
-plus.
que
votre-
:_récompente
;
Et
tirant
toute
à
vous
la
fuprème
ne.
:
Vous
me
laifez
des
titres
vains.
On
s’emprefle
à
vous
voir,
on
s'efforce
à
vous
plaire
;
On
croit
lire
en
vos:
yeux
ce
qu'il
faut
qu’on
efpère
;
On
penfe
avoir
tout
fait
quand
on
vous
a
parlé
Mon
palais
près
du
votre
elt
un
lieu
défolé
;
Et
le
généralat,
.comme
Je
diadème,
NY
C
5
+
G
É.S
FE
As,
5)
=
—
e
_
Mérige
fous
votre
ordre
un
fantôme
éclatant,
$
:
En
coloffe
détat
qui
de
vous
feul
attend
L’ame
qu'il
n’a
pas
de
lui-même
,
Et
que
vous
feul
faites
aller
Où
pour
vos
intérèts
il
le
faut
étaler.
Général
en
idée,
&
monarque
en
peinture
;
:
“A
De
ces
illufires
noms
pourrais-je
faire
cas,
s
S'il
les
falait
porter
moins
comme
Agéfilas.
Que
comme
votre
créature,
Et
montrer
avec.
pompe
au
refte
des
humains
;
En
ra
propre
grandeur
louvrage
de
vos
mains’?
Si
vous
m'avez
fait
roi,
Lyfander,
je
veux
l'être:
Soyez
:
moi
bon
ROSES
ie
vous
s
ferai
bon
_maîtres
Ni
la
püiffance,
ni
Pemp
Of.
Si
Vous
croyez
qu'un
fceptre
accable
qui
le
porte,
À
moins
qu'il
prenne
une
aide
à
foutenir
fon
BOIS
»
Laiffez
difcerner
à
mon
choix
Quelle
main
à
nvaider
poutre
ètre
aflez
forte,
Vous
aurez
bonne
part
à
à
des
emplois
‘doux;
Quand
vous
pourez
m'en
lniffer-
faire
,
Mais
foyez
für
aufli
d’un
fuccés
tout
contraire
,
Tant
que
vous
ne
voudrez
les’
tenir
que
de
vous,
Je
pañle
à
vos
amis
qu'il
ma
fau
détruire.
-
Si
dans
votre
vrai
rang
je
voulais
vous
réduite.
Et
d'un
pouvoir
furpris:
faper
les
fondemens,
—
Is
étaient
tout
à
vous,
&
pat
réconnaifflance
,
D’en
avoir
recû
leur
puiffance
,
Îls
ne
confidéraient
que
vos
commandemens.
Vous
feul
les
aviez
faits
fouverains
dans
leurs.
villes
x
JA
SUQUS
vase
eues
TRAGÉDIE
Acte
IIL
ren
=
Et
jy
verrais
encor
mes
ordres
inutiles,
À
moins
que
d'avoir
mis
leur
tyrannie.
à
bas,
Et
changé
comme
vous
la
face
des
états.
:
.
Chez
tous
nos
Grecs
Afiatiques
Votre
pouvoir
naiflant
trouva
des
républiques
,
_
Que
fous
votre
cabale
il
vous
plut
affervir:
_
La
vieille
liberté,
fi
chère
à
leurs
ancètres,
Y
fut
partout
forcée
à
recevoir
dix
maîtres
;
Et
dès
qu'on
murmurait
de
fe
la
voir
ravir,
On
voyait
par
votre
ordre
immoler
les
plus
braves
-
À
Pempire
de
vos
efclaves.
Fe
tiré.
de
ce
joug
op
En
leur
premier
ai.
Et
la
gloire
D
AB
par
gts
.
te
caufes
À
produit
des
effets
plus
doux
&.plus
aimés.
_Pai
fait
à
votre
exemple
ici.
des_créatures.
Mais
fans
verfer
de
fang,
fans.
caufer
de
murmures
Et
comme
vos
tyrans
ne
de
vous
la
loi,
Comme
ils
étaient
à
vous,
les
peuples
font
à
moi.
Voilà
quelles
raifons
Ôtent
à
vos
fervices
Ce
qu'ils
vous
femblent
mériter
Re
Dont
vous
avez
.
e
Lee
Si
d’abord
elles
ont
quelque
chofe
d’étrange,
Repañlez-les
deux
fois
au
fond
de
votre
cœur;
Changez
,
fi
vous
pouvez,
de
conduite
&
d’humeur;
Mais
n’efpérez
pas
que
je
change.
LYSANDER
si
ne
m'eft
pas
permis
d’efpérer
xidn
de
tel.
|
2
ii}
—
Du
moins,
graces
aux
dieux,
je
ne
vois
dans
vos
plaintes
Que
des
raifons
d'état,
&
de
jaloufes
craintes
,
Qui
me
font
malheureux,
&
non
pas
crianinel.
Non,
foigneur,
que
je
veuille
être
affez
téméraire,
Pour
ofer
d’injuftice
accufer
mes
malheurs.
L'action
la
plus
belle
a
diverfes
couleurs
;
Et
lorfqu’un
roi
prononce,
un
fujet
doit
fe
taire.
Je
voudrais
feulement
vous
faire
fouvenir
Que
j'ai
près
de
trente
ans
commandé
nos
armées
,
Sans
avoir
amafñlé
que
ces
nobles
fumées
Qui
gardent
les
noms
de
finir.
Sparte,
pour
qui
j'allais
de
viétoire
en
victoire,
Ma
toujours
vû
pour.
ARTE:
men
RARES
que
la
en
Et
faire
en
fon
€
des
€
Des
peuples
ubjugués
|
par
mes
eniene
Vous
mème
le
favez,
que
quoi
qu'on
m'ait
vû
faire,
Mes
filles
n’ont
pour
dot
que
le
nom
de
leur
père
;
Tant
il
eft
vrai,
feieneur,
qu’en
un
fi
long
emploi
J'ai
tout
fait
pour
l'état,
&
n'ai
rien
fait
pour
moi.
Dans
ce
mañque
de
bien
Cotys
&
Spitridate
Se
L'un
roi,
l'autre
en
pouvoir
égal
peut-être
aux
rois,
Mont
aflez
eflimé
pour
y
borner
leur
choix;
Et
quand
de
les
pourvoir
un
doux
—
me
flatte,
Vous
fémblez
m’envier
un
bien
Qui
fait
ma
fécompenfe
,
&
ne
vous
coûte
rien.
ES
.
RÉÉMIT
AS
Se
ee
ü
nous
feraît
honteux
que
des
mains
ctrangères
Vous
payaflent
pour
nous
de
ce
qui
vous
eft
dû,
Tôt
ou
tard
le
mérite
a
{es
juftes
falaires,
Et
fon
prix
croit
{ouvent,
plus
il
eft
attendu.
poor
RÉ
ODOROUOUA
FRA
G
ÉDIE
Acs
AIL
167
5
Va
D'ailleurs,
m’aurait-on
pas
quelque
heu
de
vous
dire,
)
|
Si
je
vous
permettais
d'accepter
ces
partis
,
-
4
Ë
Qu'amenant
avec
nous
Spitridate
&
Cotys,
à
Vous
auriez
fait
pour
vous
plus
que
pour
notre
empire
?
Ps
Que
vos
feuls
intérêts
vous
auraient
fait
agir
?
S
Et
pourriez-vous
enfin
l'entendre
fans
rougir
?
Vos
filles
font
d’un
fang
que
Sparte
aime,
&
révère
LE
Affez
pour
les
payer
des
fervices
d'un
père.
Je
veux
bien
en
répondre,
&
moi-même
au
beloin
J'en
.
mon
Eee
>
&
rs
tout
le
ot
=
ur
,
QU'Un
mot
f
For
ble
ë
Pour
finir
envers
vous
mes
importunités
;
Et
je
ne
craindrai
plus
qu'aucun
malheur
m’accable,
Puifque
vous
avez
ces
bontés.
glatide
fur-tout
aura
l'ame
ravie
De
perdre
Un
époux
à
ce
px;
Êt
moi,
poùr
me
venger
de
vos
plus
durs.
mépris.
Je
veux
tout
de
nouveau
vous
confacer
ma
vie.
CP
ON
E
-1IL
AGESILAS,
XENOCLES.
I
CÉSIEAS
Du
peu
d'amour
que
jeus
Aglatide
a
parlé
;
Son
père
qui
la
fh
dans
fon
ame
s’en
fatte
3
Et
fur
ce
vain
efpoir
il
part
tout
confolé
Du
refus
que
j'en
fais
aux
vœux
de
Spitridate.
Tu
las
vû,
Xénocles
,
tout
d’un
coup
s’adoucir,-
Oui,
mais
enfin
,
Tout
foumis
qu'il
paraît,
aprenez
q
nfpire
,
Et
par
où
fa
vengeance
efpère
y
réuflir.
Ce
confident
choifi,
Cléon
d'Halicarnafe,
Dont
Péloquence
a
tant
d'éclat,
Lui
vend
une
harangue
à
renverfer
l'état,
Et
le
mettre
bientôt
lui-mème
en
votre
place.
En
voici
la
copie:
&
je
la
viens
d’avoir
:
D'un
des
fiens
fur
qui
l'or
me
donne
tout
pouvoir,
De
l'efclave
Damis,
qui
fert
de
fecretaire
A
cet
orateur
mercenaire,
Et
plus
mercenaire
que
lui,
Pour
être
mieux
payé
vous
la
livre
aujourd'hui.
On
y
foutient,
feigneur,
que
notre
république
Va
bientôt
voir
fes
rois
devenir
fes
tyrans,
À
moins
que
d'en
choifir
de
trois
ans
en
trois
ans
;
Et
non
plus
fuivant
l’ordre
antique
,
-
Qui
règle
ce
-choix
par
le
fang
ÿ
Mais
qu’indifféremment
elle
doit
à
ce
rang
Elever
le
mérite
&
les
rares
fervices.
*
J'ignore
quels
font
les
complices
;
Mais
il
poura
d’Ephèfe
écrire
à
fes
amis;
Et
foudain
le
paquet
entre
vos
mains
remis
Vous
infiruira
de
toutes
chofes.
Cependant
j'ai
fait
mon
devoir.
Vous
voyez
le
deffein,
vous
en
favez
les
caufess
Votre
perte
en
dépend.
»
ceft
à
vous
d'y
pourvoir.
_—
LÉ
AS
ss
d
lire.
le
vrai,
laffair
…
|
Tai
Pois
à
déméler
ce
qu’
il
faut
que
je
fafle,
Tant
la
confufion
de
mes
raifonnemens
Etonne
mes
reflentimens,
a
Lyfander
m'a
fervis
jaurais
une
ame
ingrate,
Si
je
méconnaiffais
ce
que
je
tiens
de
lui;
la
fervi
l'état,
&
fi
fon
crime
éclate,
Il
y
trouvera
de
l'apui.
Je
fens
que
ma
reconnaiflance
Ne
cherche.
qu'un
moyen
de
le
mettre
à
couvert
5
Mais
enfin
il
y
va
de
toute
ma
e
;
Si
je
ne
le
perds,
il
me
perd.
Ce
que
veut
lintérêt,
la
prudence
ne
l'ofe
;
Tu
peux
juger
par-là
du
défordre
où
je
fuis.
Je
vois
qu'il
faut
le
perdre,
&
plus
je
m'y
difpofe,
Plus
je
doute
fi
je
le
puis
Sparte
eft
un
état
populaire,
Qui
ne
donne
à
fes
rois
qu'un
pouvoir
limité;
P.
Corneille.
Tome
VI.
<
|
PF
GES
TE,
On
peut
y
tout
dire,
&
tout
faire,
Sous
ce
grand
nom
de
liberté.
|
Si
je
fuis
fouverain
En
tête
d’une
armée,
Je
n’ai
que
ma
voix
au
fénat
Il
faut
y
rendre
compte,
&
tant
de
renommée
Y
peut
avoir
déja
quelque
ligue
formée,
Pour
autorifer
l'attentat.
Ce
prétexte
flatteur
de
la
caufe
publique,
ee
Dont
il
le
couvrira
,
fi
je
le
mets
au
jour,
TFournera
bien
des
yeux
vers
cette
politique
,
Qui
met
chacun
en
droit
de
régner
à
fon
tour.
Cet
cho
y
Du
aiche
pu
dun
conee
Se
promettront
ie
d'heur
à
mieux
choïfir
leur
tems,
ÂAinfi
de
toutes
parts
le-péril
m’environne,
Si
je
veux
le
puni,
j’expofe
ma
couronne;
Et
fi
je
lui
fais
grace,
ou
veux
Le
;
Je
dois
craindre.
.
X
É
N
©
G.
L:
E
Se
Cotys,
feigneur,
vous
peut
parler.
AGÉSILAS.
Voyons
quelle
eft
fa
flamme,
avant
que
de
réfoudre,
S'il
nous
faudra
lancer
ou
retenir
la
foudre,
S
C
E
À
L'ile
COTYS,
AGÉSILAS,
KENOCLES.
Se
vous
Fe
.
feigneur,
plus
mon
ami
qu'amant
;
Vous
me
voudrez
du
mal
avec
quelque
juftice
;
-
Mais
vous
m’ètes
trop
cher
pour
fouffrir
aifément
-
Que
VOUS
VOUS
attachiez
au
père
d'Elpinice.
’er
:
d
homme
&
moi
Ce
qu'on
voit
de
ee
préparé
aucune
haine;
Mais
c'eft
aflez
pour
voir
cet
hymen
avec
peine,
Qu'an
fujet
déplaife
à
fon
roi.
D'ailleurs,
je
n'ai
pas
crû
votre
ame
fort
éprife
;
Sans
lavoir
jamais
vüûüe,
elle
vous
fut
promile;
Et
la
foi
qui
ne
tient
qu’à
la
raifon
d'état,
Souvent
n’eft
qu’un
devoir
qui
gène,
tyrannife,
Et
fait
fur
tout
le
cœur
un
fecret
attentat.
COT
Ys.
ee
|
Seigneur,
la
perfonne
eff
aimable.
Je
promis
de
l'aimer
avant
que
de
la
voir
,
Et
fentis
à
fa
vûüe
un
accord
agréable
|
Entre
mon
cœur
&
mon
devoir.
La
froideur
toutefois
que
vous
montrez
au
père
Men
donne
un
peu
pour
elle,
&
me
la
rend
moins
chère
:
-
|
_
Non
que
jofe
après
vos
refus
Vous
affurer
encor
que
je
ne
l'aime
plus.
++
)
e_—
“Avec
ma
ce
il
nous
re
VOtE
,
Vous
dégagez
ma
foi,
mon
devoir
,
mon
honneur
;
Mais
fi
vous
en
voulez
dégager
tout
mon
cœur,
Il
faut
Dee
à
quelque
:
autre.
AGÉSILAS.
à
Choifi
Ge,
choififez,
&
s'il
eft
Le
objet
À
Sparte
,‘
où
dans
toute:
la
Grèce,
_
Qui-puifle
de.
ce
cœur.mériter
5
tendiefle…
-<.
=.
Tenez
vous
für
dun
promt
effet.
…
En
eftil
qui
vous
touche,
en
eltil
qui
vous
plaife
?
COTTYS.
|
Il
en
eft,
oui,
feigneur
,
il
en
eft
dans
Ephèfe
;
Et
pour
faire
en
ce
cœur
naître
un
nouvel
amouf;
L'écht
&
ne
vertus
de
Piluftre
|
:
7
AGES
LILAS
Que,
dites-vous,
feigneur?
&
quel
eft
ce
defir
?
ee
pe
toute
la
Grèce
on
vous
donne
à
choifir,
|
Vous
choififfez
une
Perfane
!
Poe
bicn,
de
grace,
&
ne
nous.
-forcez:
pas.
_
Nous
qui
vous
aimons,
à
connaître
Que
preffé:
d’un
amour
qui
ne
vient
pas
de
naître,
Vous
ne
venez
à
moi
que.
pour
fuivre
les
pas.
=
O
ES
-
_—
Mon
amour
en.
ces.
Jieux
ne
“cherchait
qu
Elpinice
3
5
Mes
yeux
ont.
rencontré
Mandane
par
hazard
;.
Et
quand,
ce
même
:
amour
de
vos
froideurs
ombre
S’eft
voulu
pour
vous
plaire.
attacher
autre
part,
Les
fiens
ont
attiré
toute
la
déférence
=
Que
j'ai
crû
devoir
rendre
à
votre
averfion:
Et);
je
Pai
regardée
>
après
votre
alliance,
Bien
moins
Perfane
de
naiflance
,
Que
Grécque
pat
adoption.
AGÉSILAS,
Ce
font
tre
que
l’amour
vous
függère,
:
<
Dont
nous
voyons
pour
nous
les
fuccès
incertains.
-
Ne
pourriez-vous,
feigneur
,
d’une
amitié
fi
chère
Mettre
le
grand
dépôt
en
de
plus
füres
mains?
Paufanias
_&
moi
nous
avons
des
parentes;
ee
—.
Et
jamais
un
vrai
roi
ne
fait
un
digne
choix
,
si
ne
se
au
fng
des-rois.
CZ
…
on
fe
fait
des
régles
différentes.
Spitridate
a
du
nom,
@&
de
la
qualité;
Sans
trône
il
a
d’un
roi
le
pouvoir
en
partage,
:
Votre
Grèce
en
recoit
un
pareil
avantages
Et
le
fang
n’y
met
pas
tant
d'inégalité,
Que
l’amour
où
fa
fœur
m'engage,
Ravale
fort
ma
dignité.
Se
peut-il:
qu'en
laimant
ma
gloire
fe
hazarde,
|
Après
l'exemple
d'un
grand
roi,
Que.
tout
grand.
nil
ét,
l'eflime,
&
le
regarde
-
Avec
les
.
mèmes
yeux
que
moi
?
Si
ce
be
n'eft
point
faux,
mon
mal
ct
fans
remède
>
Car
enfin
c’eft
un
roi
dont
il
me
faut
Papui.
Adieu,
feisneur,
je
la
lui
cède,
Mais
je
ne
la
cède
qu’à
lui.
Ds
S
CE
N°
E
IP.
AGESILAS,
XÉNOCLES.
D
AGÉSILAS.
|
Où
faitil,
Xénoclès,
d’où
fait-il
que
je
l'aime
?
Je
ne
l'ai
dit
qu’à
toi,
m'auras-tu
découvert
?
XÉNOCLES.
Si
j'ofe
vous
parler,
feigneur,
à
cœur
ouvert,
Il
ne
le
fait
que
de
vous
mème
L'éclat
de
ces
faveurs,
dont
vous
envelopez
De
vôtre
faux
fecret
le
chatouilleux
myllère,
s
-
Dit
fi
haut
malgré
vous
ce
que
vous
penfez
taire,
Que
vous
êtes
ici
le
feul
que
vous
trompez.
De
fi
brillans
dehors
font
un
grand
jour
dans
l’ame3
Et
quelque
illufion
qui
puiffle
vous
flatter
,
Plus
ils
déguifent
votre
flamme,
Plus
au
travers
du
voile
ils
la
font
éclater.
AGÉSILAS.
Quoi,
la
civilité,
l'accueil,
la
déférence,
Ce
que
pour
le
beau
fexe
on
a
de
complaifance
,
_
Ce
qu’on
lui
rend
d'honneur,
tout
pañle
pour
amour
?
KÉNOELES
Il
eft
bien
malaifé
qu'aux
yeux
de
votre
cour
Il
pañle
pour
indifférence;
Et
c’eft
l’en
avouer
aflez
ouvertement,
Que
refufer
Mandane
aux
vœux
d’un
autre
amant.
Mais
qu'importe,
après
tout
?
Si
du
plus
grand
courage
nr
mEMmEmSmemens
ss
—
FPE
SPITRIDATE,
MANDANE.
SPIIRIDR
TS
L
eft
tems
de
réfoudre
avec
quel
artifice
Vous
pourez
en
venir
à
bout,
_
Vous,
ma
fœur,
qui
tantôt.
me
répondiez._
de
+
tout
;
.
Si
javais
le
cœur
d'Elpinice,
H
eft
à
moi
ce
CŒUL
»
_fon
filence
le
dit;
Son
adieu
le
fait.
voir,
AR
fuite
le
protélte
3
Et
fi
je
mobtiens
pas
le
refte,
Vous
manquez
de
parole,
ou
du
moins
de
crédits.
MANDANE.
Si
le
don
de
ma
main
vous.
peut
donner
la
fienne
Je
vous
facrifierai
tout
ce
que
j'ai
promis
5
Mais
vous,
répondez-vous.que
ce
don
vous
l’obtienne,.
Et
qu'il
mette
d'accord
de
fi
fiers
ennemis
?
Le
roi.
qui
vous.
refufe
à
Lyfander.
pour
gendre
»
Y
confentira-t-il
-G-vous.
m'offrez
à
lui?
Et
s'il
peut
à
ce:
prix
le
permettre
aujourd’hui.
Lyfander
voudra-t-il
fe
rendre
?
|
Lui
qui
ne
vous
remet
votre
première
foi.
=
Qr
en
faveur
de
l’amour
que
Cotys.
fait
paraître
;
_
Ne
vous
fait-il
pas
cette
lois
|
Que
fans
le.
rendre
heureux,
vous
ne.
le
fauriez
ètre?
_SPITREDATCE
Cotys
de
cet
efpoir
of6.
en
vain
fe
flatter
LT
s.
sp
Cr
VAS
RS
VA
OP
L'amour
d’Agéfilas
à
fon
amour
s’opofe.
MANDAN
E.
Et
fi
vous
ne
penfez
à
le
mieux
écouter,
Lyfander
d'Elpinice
en
fa
faveur
difpefe,
SPRERRTOATE.
Ne
me
cachez
rien,
vous
l’aimez,
MANDANE.
Comme
vous
aimez
Elpinice.
SPEFFR
DATÉE
Mais
vous
m'avez
promis
un
entier
facrifice.
MANDANE.
|
Oui,
s’il
peut
être
utile
aux
vœux
que
vous
formez.
Que
ne
peut
point
un
Ho
MAN
D
A
N
E
Quels
droits
n’a
point
un
père?
SPEIFREIDATE
Host
four
!
MANDANE
Impitoyable
frère,
Qui
voulez
que
jéteigne
un
feu
digne
de
moi,
Et
ne
fauriez
vous
faire
une
pareille
loi!
É
SPITRI
D
AT
E.
_
Hélas!
confidérez
.
M
A
N
D
A
N
E.
Confidérez
vous
-
.
-
SPÉFRIDATE
Que
jaime,
&
que
je
fuis
aimé,
MANDANE.
Que
je
fuis
aimée,
&
que
Le
ds
7
Ru
DA
Y/
TRES
éme
RSS
SNS
RIRE
Re
eRrensres
_
TRAGÉDIE
Acre
IV.
S
PI
TRE
D
À
TE
N'égalez
point
au
mien
un-feu
mal
allumé.
Le
fexe
vous
aprend
à
régner
fur
vos
ames.
|
MANDANE.
Dites
qu'il
nous
aprend
à
renfermer
nos
flammes.
Dites
que
votre
ardeur
à
force
d’éclater
S’exhale,
fe
diffipe,
ou
du
moins
s’exténue.
Quand
la
notre
groflit
fous
cette
retenue,
Dont
le
joug
odieux
nefert
qu’à
l’irriter.
Je
vous
parle,
feigneur,
avec
une
ame
ouverte;
_
Et
fi
je
vous
voyais
capable
de
ee
Si
quand
Pamour
domine
eHevétait
de
Rifon.…
SÉTTLRIDAT
É.
|
Ah,
fi
quelque
lumière
enfin
vous
eft
offerte
,
Expliquez
vous,
de
grace,
&
pour
le
commun
bien:
E)
Vous
ni
moine
négligeons
rien.
4
MANDANE.
a
Notre
amour
à
tous
deux
ne
rencontre
qu
“obftacles
Prefque
impoffibles
à
forcer:
=
Et
fi
pour.
nous
le
ciel
n’eft
prodigue.
EL
miracles,
Nous
efpérons
en
Vain
nous
en
débarrafler.
Tirons
nous
une
fois
de
cette
fervitude,
Qui
nous
fait
un
deftin
fi
rude,
Bravons
Agéfilas,
Cotys,
&
Lyfander
:
Qu'ils
‘s'accordent
fans
nous
s'ils
peuvent
s'accorder,
.
Dirai-je
tout?
ceons
d'aimer
&
de
prétendre
,
Et
nous
cefferons
d'en
dépendre,
SPITRIDATE.
N’aimer
plus!
Ah,
ma
fur!
RCE
STE
RE)
CAE
:
|
\
CS
Bas
D
G-E
5
+
&
A:+6,
Ÿ
Ç
a
MANDANE.
J'en
foupire
à
mon
tour;
À
Lo)
Mais
un
grand
cœur
doit
être
au
deffus
de
l'amour.
-
C
Quel
qu’en
foit
le
pouvoir,
quelle
qu’en
foit
l’atteinte,
&
ù
Deux
ou
trois
foupirs
étoufés
,
|
x
Un
moment
de
murmute,
une
heure
de
contrainte,
&
Un
orgueil
noble
&
ferme,
&
vous
en
triomphez.
Ée
N’avons-nous
fecoué
le
joug
de
notre
prince
Ne
Que
pour
ehoïfir
des
fers
dans
une
autre
province
?
A
)
|
Ne
cherchons-nous
que
illufires
tyrans
;
C7?
Dont
les
chaines
plus
glorieufes
ES
Soumettent
nos
deftins
aux
obfcurs
différens
4
_
De
leurs
haines
myftérieufes
?
|
&
\
Ne
cherchons
-nous
ici
que
les
occafons
ED
De
fournir
de
matière
à
leurs
divifions
,
F
Et
de
nous
impofer
un
plus
rude
efclavage
5
Par
la
néceflité
d'obtenir
leur
fuffrage
?
x
Puifque
nous
y
cherchons
tous
deux
la
liberté,
Ç
Tächons
de
la
goûter
feisneur,
en
füreté.
|
SZ.
Réduilons
nos
fouhaits
à
la
caufe
publique.
€
N'aimons
plus
que
par
politique;
A
}
Et
dans
la
conjonture
où
le
ciel
nous
à
mis,
%
Faifons
des
protecteurs,
fans
faire
d’ennemis.
Ç
À
quel
propos
aimer,
quand
ce
n’eft
que
déplaire
É
À
qui
nous
peut
fuire
ou
fervir2
NS
S'il
nous
en
faut
Papui,
pourquoi
nous
le
ravir?
ca
)
Pourquoi
nous
attirer
fa
haine
&
fa
colère
?
z
SPITRIDAFES
:)
Oui,
ma
fœur,
&
j'en
fuis
daccord;
%
Agéfilas
ici
maître
de
notre
fort,
‘a.
s
+
;
—
|
A
_
TRAGEDIE.
ATV.
Peut
nous
la.
Perfane
irritée,
:
Et
nous
laifler
rentrer,
malgré
tout
notre
effort,
Sous
la
captivité
que
nous
avons
quittée.
Cotys
ni
Lyfander
ne
nous
foutiendront
pas,
S'il
faut
que
fa
colère
à
nous
perdre
s’aplique.
Aimez,
aimez-le
donc,
du
moins
par
politique,
Ce
redoutable
Agéfilas.
M
À
NN
DANE.
Too
vous
que
je
le
prévienne,
Et
qu’en
dépit
de
la
pudeur
-
D'un
amour
commandé.
l'obéiffante
ardeur
Ofe
faire
éclater
ma
flamme
avant
la
fienne?
On
dit
que
je
lui
plais,
qu’il
foupire
en
fecret,
Qu'il
retient,
qu'il
combat
fes
defirs
à
regret;
Et
cette
vanité
qui
nous
eft
naturelle,
Veut
croire
ainfi
que
vous
qu'on
en
juge
affez
bien
:
Mais
enfin
cet
un
feu
fans
aucune
étincelle.
Je
crois
ce
qu'on
en
dit,
&.
n’en
fais
encor
rien.
S'il
m°
_—
un
-
filence
cf
la
MERS
certaine.
Qu'il
voit
qu’en
m
wépoufant
,
s’
xL
peut
m°
d'y
Dre
reine,
Il
ne
peut
lui
donner
de
rois;
Que
fa
gloire...
S
P
EERTDATE,
Ma
fœur,
l'amour
vaincra
,
fans
doute;
Ce
héros
eft
à
vous,
quelques
loix
qu'il
redoute;
Et
fi
par
la
prière
il
ne
les
peut
fléchir,
Ses
victoires
auront
de
quoi
l’en
affranchir.
Ces
loix,
ces
mêmes
loix
s’impoferont
filence
P.
Corneille.
Tome
VI.
:
À
a
À
Pafpe
de
tant
de
vertus;
;
Ou
Sparte
l’avoûra
d'un
peu
de
violence,
Après.
tant
d'ennemis
à
fes
pieds
abattus.
MANDANE.
Celt
vous:
fatter
beaucoup.
en
faveur
dElpinice,
Que
ce
prince
>
après
tout,
ne
vous.
peut.
accorder
;
Sans
une
éclatante.
injuftice,
.
À
moins
que
vous.
ayez
l'aveu
de
Lyfander.
D'ailleurs,
en
exiger
un
hymen
qui
le
gène
».
Et
lui
faire
des
loix
au
milieu
de
{à
Cour
,
N’eft-ce
point
hautement
lui
demander
fa
haine
:
Quand
vous
lui
promettez
l’objet
de
fon
amour
?
PI
TR.
DRE
Si
vous
à
aimer
:
ne
que
jaime.
à
MANDANE
|
Si
vous
aviez,
mon
frère,
aimer
comme
je
Re.
Vous
fauriez
ce
que
c'eft
que
s’immoler
foi-mème
=
Et
faire
violence
à
de
fi
doux
fouhaits,
I
vous
en
parle
en
vain.
“Allez,
frère
barbare
..
Voir
à
quoi
Lyfander
£e
réfoudra
POUÉ
Vous.
Et
fi
d’Agéfilas
la
Aamme
fe
déclare,
Pen
mourrai,
mais
je
m'y
réfous.
TRAGEDTE
ACTE
IV.
:87
SPITRIDATE,
MANDANE,
|
AGLATIDE.
|
Vo
“RGLATIDE
à
Oùs
:
me
|
rit
mais
vous
Fo
quitte,
Après
tant
dé
froïideurs
pour
mon
peu
ne
mérite.
Eft-ce
vous
mal
fervir
que
reprendre
ma
foi
?
|
ee
Non,
mais
le
pouvez-vous
à
moins
que
je
Ja
rende?
Et
fi
je
vous
la
-rens
,
favez-vous
à
quel
prix?
S
P
ITRI
DATE.
Je
ne
crois
pas
pue.
Vous
cette
>
perte
fi
grande.
;
1
_vos
mépris,
Moi,
des
mépris
pour
oo.
SPLITS)
D
à
LE
…—
ch
ainfi
que
j'apelle
Un
feu
£
bien
promis
CE
fi
mal
allumé.
=
AGIT
IDE
Si
je
ne
vous
aimais,
je
vous
aurais
aime;
Mon
devoir
m'en
était
un
garant
trop
Adelle.
2
ul
pe
Re
Ga
É
Sr
&
E
A:
SA
SPIFTREDIÉEE
Il
ne
vous
répondait
que
d’agir
un
peu
tard,
Et
laifait
beaucoup,
au.
hazard.
Votre
ordre
cependant
vers
une
autre
me
chafle
:
_
Et
vous
avez
quitté
la
place
à
votre
[
œur.
t
A
GE
À
F
EC
D:E:
Si
je
an
ai
ur
de
quoi
remplir
a
place
:
=
Ne
me
devez-vous
point
de
qüoi
:
remplir
mon
cœur?
SÉTERPDIEEÉ
J'en
fuis
au
defefpoir,
mais
je
n'ai
point
de
frère,
>
Que
je
puiffe
à
mon
tour
vous
prier,
d'accepter.
AGLATIDS
Si
vous
n'en
avez
point
pat
qui
me
fatisfaire,
Vous
avez
:
un
u
vous_
pen
eut
acquitter,
.
:
Elle
a
trop.
Un
amant,
ER
flamme
heureufe
Me
renvoyait
celui
dont
elle
ne
veut
plus,
Je
ne
füis
point
d'huineur
fâcheute
Et
m'accommoderais
bientôt
de
fes
refus.
=
S
PT
L
É
RDA
CE,
De
tout
mon
cœux
je
Pen
conjure
»
:
Envoyez
lui
Cotys,
où
même
Agéfilas,
|
Ma
fœur,
&
prenez
foin
d’apailer
ce
murmure.
Qui
cherche
à
n’imputer
des
fentimens
ingrats.
Je
vous
laiffe
entre
vous
faire
ce
grand
partage
Et
vais
chez
Lyfander
voir.
quel
fera
le
mien.
QE
Madame,
Vous
voyez,
je
ne
puis
davantage
,
;
à
Et
qui
fait
ce
qu
il
ae
n
ou
plus
garant
de
rie.
1
SZ
TRAGEDIE
Acre
IV
189
t)
|
=
Ÿ
_
€
=
N
E
2
Sr
S
AGLATIDE,
MANDANE
5
V
AG
LA
+
FD
E.
7
:
Ous
pourez-Vous
réfoudre
à
payer
pour
ce
frère,
S
Madame
,
&
de
deux
rois
daignant
en
choifir
un,
1@
Me
donner
en
fa
place,
ou
Île
plus,
importun
4
a
Ou
le
moins
digne
de
vous
_
7
—
AE
—
D
A
N
E
HE
À
G
L
À
T
ID
E.
:
Je
n’entens
pas
des
mieux
Comme
il
faut
qu'un
hélas
s'explique;
Et
lorfqu'on
fe
retranche
au
langage
des
yeux.
Je
fuis
muette
à
la
replique.
MANDANE,
=
Pourquoi
mieux
expliquer
quel
eft
mon
déplaifir?
l.
ne
LE
fait
que
trop
entendre.
HOLITIDÉE
Si
javais
comme
vous
de
deux
tois
à
“choifir
;
Mes
déplaifirs
auraient
peu
de
chofe
à
prétendre.
Parlez
donc,
&
de
bonne
foi,
|
G
Acquittez
par
ce
choix
Spitridate
envers
moi,
à
Es
font
tous
deux-à
VOUS.
MANDANE.
-
Je
n'y
fuis
pas
moi-mème.
‘#
100
=
À
G
É
S
ji
L
A
Sr
£J
|
z
ÉCLATIDÉ
Qui
des
deux
eft
l’aimé
?
MANDA
NE.
Qu'importe
Jeqüel
‘j'aime,
Si
le
plus
digne
amour,
de
quoi
qu'il
foit
d'accord,
Ne
peut
décider
de
mon
fort?
CR
SR
Ainfi
je
dois
perdre
efpérance
a
D'obtenir
de
vous
aucun
d'eux?
MANDANE.
Donnez
moi
votre
indifférence,
Et
je
vous
les
donne
tous
deux.
C'en
Far
“un
eu
trop,
le
Qu'il
en
Du
ètre
he
avare.
MANDANE.
Il
eft
grand,
mais
bien
moins
que
la
félicité
De
votre
infenfbilité.
AGLiTEDE
=
Ne
me
prenez
point
tant
pour
une
ame
infenfbles
Je
lai
tendre,
&
qui
fouffre
aifément
de
beaux
feux
:
:
Mais
je
fais
ne
vouloir
que
ce
qui
m'eft
pofüble
Quand
je
ne
puis
ce
que
Je
veux.
MAN
D
AN
E.
Laiffez
donc
faire
au
ciel,
au
tem,
:
à
Sa
fortune,
-
Ne
veuillez
que
ce
qu
"ils
voudront
3
|
Et
fans
prendre
d'attache,
où
d'idée
importune,
Attendez
en
repos
les
cœurs
qui
fe
rendront.
$&
Fe
IGLi
ID.
Il
men
pouriait
coûter
mes
plus
belles
années
,
TRAGÉDIE.
Acre.
IV.
Avant
qu
ainfi
deux
rois
en
devinflent
le
prix;
Et
j'aime
mieux
borner
mes
bonnes
deftinées
Au
plus
digne
de
Vos
mépris.
Se
MA
N
D'ÉNR
—
|
Donnez
moi
donc,
madame,
un
cœur
Comme
le
vôtre;
Et
je
vous
les
rédonne
une
feconde
fois;
Ou
fi
c'eft
trop
de
l’un
&
lautre,
-
Laïffez
n'en
le
rebut,
&
‘prenezen
le
choix.
ÉCLiTIL
Si
vous
leur
ordonniez
:
à
tous
deux
de
m'en
croire
;
Et
que.
Pobéiffance
eût
pour.
eux
quelque
apas
,
Peut-être.
que
mon.
choix.
fatisferait
:
ma
gloire,
Et
qu
enfin
:
mon
rebut
ic
vous
déplairait
pas.
M
AND
ANE.
Qui
peut
vous
.aflurer
-de
cette.
obtiflance
?
Les
rois
mème
en
amour
favent
mal
obéir,
Et
les
plus
enflammés
s'efforcent
de
hair,
Si-tôt
qu’on
prend
fur
eux
un
peu
trop
de
puiffance.
À
G
E
À.
T
1
D
EF.
Je
vois
bien
ce
que
ch,
vous
voulez
tout
garder.
Il
eft
honteux
de.
rendre
une
de.
vos.
conquêtes
;
Et
quoi
qu'au
plus
heureux
le
cœur
veuille
accorder
>
L'œil
règne
avec
plaifir
fur
deux
fi
grandes
têtes,
Mais
craignez
que
je
n
’ufe
auf
de
tous
mes
droits.
Peut-être
en ai-je
encor
de
garder
quelque
empire
Sur
l’un
&
l’autre
de
ces
rois,
=
Bien
qu'à
Penvi
a
vous
l'un
&
Pautre
foupire
3.
Et
fi
jen
laifle
faire
à
mon
efprit
jaloux,
_
Quoique
la
jaloufe
affez
peu
m'inquiéte.
MAGIE
IS
TE
DAS
Je
ne
fais
s'ils
pourront
l’un
ni
l’autre
pout
vous
Tout
ce
que
votre
cœur
fouhaite.
SeGE
:N:sBrc
BL
#%
COTYS,
MANDANE,
AGLATIDE.
ÂAGLATIDE
«à
Corys.
rigueur:
vous
le
favez,
ma
fœur
a
votre
LOT
à
Et
ne
vous
la
rend
que
pour
moi.
.
Ufezen
comn
vous
femble
;
De
ne
vous
la
rendre
jamais,
À
moins
d'un
roi
qui
vous
reflemble,
SCENE
vis
COTYS,
MANDANE.
É
….
MAN
DEN
EE
Etrange
contretems
que
prend
{à
belle
humeur;
Et
la
froide
galanterie
,
.
|
D’affeéter
par
bravade
à.
tourner
fon
malheur
En
importune
raillerie!
Se
Son
cœur
l’en
défavoue,
&
murmurant
tout
bas.
GCOTYS.
SOC
|
—e
o
ESS.
Que
cette
belle
humeur
foit
véritable
-ou
inte
:
Tout
ce
qu’elle
en
prétend
ne
nvallarmerait
ne
Si
le
pouvoir
d’Agéfilas
Ne
me
portait
dans
l’ame
une
D
jufte
crainte,
Pourez-vous
l'aimer
?
:
MANDAN
E.
Non.
COTES.
_Pourez-vous
lépoufer
?
|
M
ANDAN
Es:
-
|
Von.
dites
moi,
puis-je
m'en
excufer?
Et
quel
bras,
quel
fecours
apeller
à
mon
aide,
Lorfqu’un
frère
me
donne,
&
qu'un
amant
me
cède?
COT
YSs.
N'imputez
point
à
crime
une
civilite,
Qu’ici
de
général
voulait
lautorité.
MANDANE.
Souffrez
moi
donc,
feigneur
,
la
mème
déférence
Qu'ici
de
nos
deftins
demande
Papas
_—
CeOLrYS.
Vo.
de
par
ns
,
&
d’un
ton.
ee
Faire
voir
qu'on
pénètre
au
cœur
du
plus
puiffant,
Qu'on
fait
de
fes
refus
la
plus
fecrette
caufe,
Ce
n’eft
pas
tant
céder
l’objet
de
fon
amour,
Que
prefler
un
rival
de
paraître
en
plein
jour,
Et
montrer
qu'a
fes
vœux
hautement
on
s’opofe.
MANDANE.
Que
fert
de
s'opofer
aux
vœux
d’un
tel
rival,
+
noue
Tome
VL
Qui
n’a
qu'à
nous
protéger
mal
Pouf
nous
livrer
à
notre
perte
?
. «
?
Serait-il
d’un
grand
cœur
de
chercher
à
périr,
Quand
il
voit
une
porte
ouverte
À
régner
avec
gloire
aux
dépens
d’un
foupir
?
:
CO
FXS.
4h,
ie
change
vous
plait.
:
MANDANE
Non,
fRigneur
>
je
vous
aime;
Mais
je
dois
à
mon
frère,
À
ma
gloire,
à
vous-mème.
D'un
rival
fi
puiffant
fi
nous
perdons
lapui,
Pouro:
SÉRÉE
du
Perfan
nous
défendre
fans
lui
?
Lefpoir
Le
la
vieille
alliance
-
Flatre-
votre
amour,
&
vos
DOVE
defféins.
Si
vous
ne
remettez
fa
proie
entre
fes
mains,
Oferez-vous
y
prendre
aucune
confiance
?
Quant
à
mon
frère
&
moi,
files
dieux
irrités
Nous
font
jamais
rentrer
deffous
fà
tyrannie,
Come
il
nous
traitera
defclaves
révoltés
,
Le
fuplice
lattend,
&
moi
Pignominie.
Ceft
ce
que
je
faurai
prévenir
par
ma
mort
;
Mais
jufques-là,
feigneur,
permettez
moi
de
vivres
Et
que
par
un
illuftre
&
rigoureux
effort,
Acceptant
les
malheurs
où.
mon.
defin
me
livre,
Un
facrifice
entier
de
mes
vœux
les
plus
doux
=.
Fañle
la
füreté
de
mon
frère
&
de
vous.
COTES.
Cette
füreté
malheureufe
À
qui
vous
immolez
Votre
amour
&
le
mien,
Peut-elle
être
fi
précieufe
Hu
mn
PAS
me
J
ue
SRE
—
Qu'il
faille
Pacheter
de
mOh
unique
bien
?
Et
faut-il
que
Pamour
garde
tant
de
mefures
Avec
tant
d’intérèts
qui
lui
font
tant
d’injures
?
Laïfez,
laiflez
périr
ce
déplorable
roi,
À
qui
ces
intérèts
dérobent
votre
foi.
Que
fert
que
vous
l'aimiez?
&
que
fait
votre
flamme
Qu'augmenter
{on
ardeur
pour
croître
fes
malheurs
,
Si
malgré
le
don
de
votre
ame
Votre
raifon
vous
livre
ailleurs
?
-
Armez
vous
de
dédains
3:
rendez,
s’il
eft
poffble
,
Votre
perte
pour
lui
moins
“grande
ou
moins
0
=
ÉE
par
pitié
d'un
cœur
tro
emment.
épris»
_
Etcignez-en
Ja
Aamme
à
force
e
mépris.
MANDANE.
L’éteindre!
Ah,
fe
peut-il
que
vous
m'ayez
aimée
?
|
EOTYS.
ue
fi
digne
flamme
en
un
cœur
allumée.
.
MAND
A
NE.
Non
,
non,
vous
men
feriez
des
fermens
fuperflus.
Vouloir
ne
plus
aimer,
c’eft
déja
naimer
plus
;
Et
qu
peur
naimer
plus
ne
fut
jus
=
D'une
paffon
véritable.
-
ÉOLIT
S.
L'amour
au
delefpoir
peut-il
encor
charmer
?
MANDANE.
|
L'amour
au
defefpoir
fait
gloire
encor
d'aimer,
I
en
fait
de
fouffrir,
&
fouffre
avec
confiance
»
Voyant
l'objet
aimé
partager
fa
fouffrance.
pal
regarde
fes
maux
comme
un
doux
fouvenit
Bbii-
De
Punion
des
cœurs
qui
ne
furait
finir;
Et
comme
naimer
plus,
quand
lefpoir
abandonne,
C’eft
aimer
fes
plaifirs,
&
non
pas
la
perfonne,
Il
fuit
cette
baflefle,
&
s'afformit
f
bien,
Que
toute
fa
douleur
ne
fe
reproche
rien.
COFYS.
Quel
injufte
tourment,
quel
injufte
fuplice
Succède
au
doux
efpoir
qui
nrofait
tout
offtir!
:
MANDANE.
Et
moi,
feisneur,
&
moi
»
n’ai-je
rien
à
fouffrir?
Ou
m'y
condamnet-on
avec
plus
de
juftice
?
Si
vous
perdez
l’objet
de
votre
palfon
,
Epoufez-vous
celui
de
NORRIS
Attache-t-on
Ours
à
d'aulfi
rudes
chaines?
|
Et
fouffrez-vous
enfin
la
moitié
de
mes
peines
?
Cependant
mon
amour
aufa
tout
fon
éclat
,
Eu
dépit
du
fuplice
où
je
fuis
condamnée
;
Et
fi
notre
tyran
par
faxime
d'état
Ne
sinterdit
mon
hyménée
—
Je
veux
qu'il
ait
la
joie,
en
recevant
ma
main,
D'entendre
que
du
cœur
vous
êtes
fouverain
;
Et
que
les
déplaifirs
dont
ma
flamme
ef
fuivie
Ne
cefferont
qu’avec
ina
vie.
|
Âllez,
feicneur,
défendre
aux
Vôtres
de
durer,
Ennuyez
vous
de
foupirer,
Craignez
de
trop
foufrir,
&
tfouVez
en
vous-même
:
‘
ÿ
-
RS
<
2
£
L'art
de
ne
plus
aimer
dés
qu'on
perd
ce
qu’on
aime,
Se
Je
fouffrirai
pour
vous,
&
ce
nouveau
malheur
,
De
tous
mes
maux
le
plus
funefte
,
EX
.
Re
dé
La
£
ZX
À
<
CT
PTE
à
3
$
PSS
FES
e
|
>
Z{
L
RÉRRÉRECORE
È
A
PRAGEDTIE
cr
IV.
107
Le
D'un
trait
afez
perçant
armera
ma
douleur
,
Pour
trancher
de
mes
jours
le
“déplorable
refte.
COL
TS.
Que
dites.
0e,
madame
?°
&
par
quel
oo.
SH
É
LN
EL
VII
GOTYS,
AA
APR
GRAS
picridate,
à
…
&
de
vous
Drient.
De
vouloir
avec
eux
conférer
un
moment.
MANDANE.
Allez
,
feigneur,
allez,
puifqu’
ils
vous
en
convient,
:
Aiîmez,
cédez,
fouffrez,
&
voyez
fi
les
dieux
Voudront
vous
infpirer
quelque
chofe
de
mieux,
Fin
du
quatriéme
aëte.
7
G-E
SR
AAS,
.
À
(@
T-
E
Y°
SCENE
PREMIERE
AGESILAS,
KENOCLES.-
|
LINOCLES
si
E
rer
À
V
&
lune
&
l'autre
lettre
Que
Pef
ami
nt
de
mettre:
Vous
y
verrez,
feigneur,
quels
font
les
attentats...
[AU
lui
donne
deux
lettres
dont
il
lis
linfcription.
]
|
4
>;
?
AGESILAS.
;
ù
AU
SÉNATEUR
CRATÉS,
À
L'ÉPHORE
ARSIDAS.
4}
Spitridate
&
Cotys
font
de
l'intelligence
?
XÉNOCÉLES.
Non,
il
s’eft
caché
d'eux
en
cette
conférence;
I
a
plaint
leur
malheur,
&
de
tout
fon
pouvoir
;
Mais
fa
prudence
enfin
tous
deux
vous
les
renvoie,
=
Sans
leüf
donner
aucun
efpoir
D'’obtenir
que
de
vous
ce
qui
ferait
leur
joie.
AGÉSILAS.
Par
cette
déférence
il
croit
les
mieux
aigrir;
Et
rejettant
fur
moi
ce
qu'ils
ont
à
fouffrir..
.”
ÈS
}
sont
M
Ex
V,
109
X
É
NOCLES..
Vous
avez.
mandé-
Spitridate
:
lee
ir
GES
TL
LS
Gardons
qu’à
fes
yeux
rien
néclate.
a
_
AGESILAS
Ÿ
-
À
ca
,
feigneur
,
a-t-elle
encor
vos
VŒUX
2.
DRE
—
Non,
feigneur
,
mais
enfin
ils
ne
vont
pas
loin
d'elles
Et
fa
fœur
a
fait
naître
une
flamme
nouvelle
=”
la
pl
jace
des
premiers
es
|
AGÉSILAS.
-
Élpinicé
?
.
.
SPITRIDATE
Elle-mème.
AGÉSIEAS
Ainfi
toujours
pour
gendre:
Vous
vous
donnez
à
Lyfander
?
=
GPEETRIDATE
_.
_
Sefgneur,
contre
l'amour
peut-on
bien
fe
défendre
?
=
peine
attaque-til
qu’on
brûle
de
fe
rendre.
Allez,
elle
eft
à
vous,
fi
Mandane
ef
à
moi.
Ce
que
pour
Lyfander
je.femble
avoir
de
haine,
.
Fera
place
aux
douceurs
de
cette
double
chaine,
Dont
vous
ferez
le
nœud
commun
;
Et
cet
heureux
hymen
accompagné
du
votre,
Vous
rendant
entre
nous
garant
de
lun
vers
l'autre
,
;
Réduira
nos
trois
cœurs
en
un
Madame
,
parlez
donc.
—
SPITRIDAT
E.
Seigneur
.
l'obéiffance
{
S'exprime
aflez
par
le
filence,
À
Trouvez
bon
que
je
puifle
aprendre
à
Lyfander
1
La
grace
.qu'à
ma
flamme
il
vous
plait
d'accorder.
à
RCE
NE
1P
(
AGÉSILAS,
MANDANE,
XENOCLES
AGÉSILAS
1
Ex
puis-je
pour
la
mienne
efpérer
une
;
K
Madame
!
?
ou
ne
fera-ce
en
effet
ose
ue
ee
&
:
MANDANE.
.
1
.
je
croirais
vous
es
re
Et
n’avoir
pas
pour
vous
une
ame
afez.
royale;
ji
Si
je
vous
cachaïis
rien
des
juftes
fentimens
Que
minfpire
le
ciel
pour
deux
rois
mes
amans.
J'ai
vù
que
vous
m'aimiez,
&
fans
autre
nr
re
|
RE
VE
à
DRE,
x
aX
;
s
s-
rs
5
L
4
”
A
S
D
4
2/5
de
4
LE
£
7
F.
=
(
#
:
-
Ve
JE
,
"
à
ES
PU.
:
+
RER
CN
TE
TES
TRAGEDIE
Acrk
V.
ARS
J'en
ai
crû
vos
faveurs
qui
m'ont
fi
peu
“coûté.
J'en
ai
crû
vos
bontés,
&
laffiduité
(
Qu’aporte
à
me
chercher
votre
ardeur
inquiète.
Ma
gloire
y
voulait
confentir,
Mais
ma
teconnaiffance
a
pris
foin
de
la
vôtre.
Vos
feux
la
hazardaient,
&
pour
les
amorttir
J'ai
réduit
mes
defirs
à
pancher
vers
un
autre.
Pour
m'époufer
,
vous
le
pouvez,
Je
ne
Fur
former
de
vœux
plus
élevés
;
Mais
avant
que
jurer
ma
conquête
affez
haute,
De
l'œil
dont
il
faut
voir
ce
que
vous
vous
devez
;
Voyez
:
ce
qu*
elle
lonne,
ou
plutét
«
ce
qu
elle
Ôte.
Votre
Sparte
fi
haut
porte
fa
royauté,
Que
tout
fang
étranger
la
fouille
>
&
la
profane;
Hioue.
de
ce
trône
où
vous
êtes
monté,
-
V
faire
féoir
uné
Perfane.
Ceft
pour
elle
une
étrange
&
dure
nouveauté
;
Et
tout
votre
pouvoir
né
peut
my
donner
place.
Que
vous
n’y
renonciez
pour
toute
Votre
ace,
Vos:
éphores
peut-être
feront
encor
ur
Et
fi
votre
fén:
-
)
Si
de
me
voir
leur
reine
.
&
dns
;
Ils
marrachent
d’un
trôné
où
votre
choix
m'élève.
Penfez
bien
à
la
fuite
avant
que
d'achever;
Et
f
ce
font
périls
que
vous
deviez
braver
,
Vous
les
voyez
ff
bien
que
j'ai
ranvaie
grâce
4"
De
vous
én
faire
Louvenit:
…
Mais
mon
zèle
a
voulu
cette
indiferète
‘audace
s
=
Et
moi,
je
mai
pas
crù
devoir
la
retenir.
…
Que
la
fuite,
après
tout,
vous
flatte
ou
vous
traverfe,
IR
VGr
sreus
Ma
gloire
eft
Dr
pareille
aux
yeux
=
nn
+
S'il
voit
qu’une
Perfane
au
vainqueur
de
la
Pertes.
Donne.à
fon
tour
des-loix,
&
l'arrète-en
fes
fers,
:
Comme
votre
intérèt
m'eft
plus
confidérable,
Je
tâche
de
vous
rendre
à
des
deftins
meilleurs.
Mon
amour
peut
vous
perdre,
&
je
nattache
ailleurs,
Pour
être
pour
vous
moins
aimable.
}
vois
ce
que
devait
un
cœur
reconnaiffant,
Quant
au
refte,
parlez
en
maître,
Vous
êtes
ici:
tout-puiffant.
AGÉSTLAS.
us
ne
ingrat
,
fi
ceft
B
reconnaitre
2
?
MANDAN
Seigneur
,
il
eft
donné,
la
main
n’eft
pas
donnée,
Et
Pinclination
ne
fait
pas
l’hyménée.
Au
défaut
de
ce
cœur
je
vous
offre
une
Fe
Sincère,
inviolable
,
&.
digne
enfin
PR
ee
Voyez
fi
ce
partage
aura
pour
vous
des
es
—
Contre
l'amour
d'un
roi
c’eft
aflez
raifonner.…
J'aime,
&
vais
toutefois
attendre
fans
allarmes
se
©
qu'il
lui.
plaira
m'ordonner.…
Je
fais
un.
facrifice
affez
noble,
aflez
ample
…
..
.
S'il
en
veut.
un
en
ce
grand
jour;
-
_—
;
Et
s'il
peut
Le
réfoudre
a
vaincre
on
amour
,
J'en
donne
à
fon
grand
cœur
un
aflez
haut
exemple.
Qu'il
écoute
{a.
gloire
;
ou.
fuive
on
defr,
Qu'il
£e
fafe.
grace,
où
juftice,
TRAG
ÉDIIE
Acte
V.
Je
me
tiens
prète
à
tout;
&.
lui
laife
à
choifir
De
l'exemple
où.
du
ficrifice..
D
EN
ÊGE
SA
LAS,
ie
CLES.
RG
SE
ASE
jen»
Que
Perfine
:
mm
_
Poe
un
"
Ft
choix
Efil
Des
haut
mérite?
à
vertu
plus
rare
?
Cependant
mon
deftin
à
ce
point
eft
amer,
Que
plus
elle
mérite
5
&
moins”
Je
dois
Paimer
;
Et
que
plus
Les
vertus
ont
dignes
de
Phommage.
E
Que
rend.
toute
mon
ame
à
à
cet
iluitre
objet,
Plus
je
la
dois
fermer
À
tout
autre
projet
;
Qu'à
celui
d’égaler
fa
grandeur
de
courage.
XÉNOCLES.
|
Puifqu’
un
ligne
amour
fait
grace
à
der,
:
+
n'a
à
plus
lieu
de
Le
contraindre.
ee
Vous
devenez
par-là
maitre
de
tout
-
Pétat;
Et
ce
grand
homme
à
vous
;
vous
1
avez
plus
à
à
craindre
Ni
déphotés
,
ni
de
fénat.
:
RON
LH
AS
Je
men
fuis.pas
encor.
d'accord.
avec
moi-même.
—
.
Corneille
Tome
VL
M
G-É
SHISE
À.
S,
Q
Jaime,
mais
après
tout,
je
hais
autant
que
jaimes
Et
ces
deux
pañlions
qui
régnent
tout
à
tour.
Ont
au
fond
de
mon
cœur
fi
peu
d'intelligence,
Qu’a
peine
immole-t1l
la
vengeance
à
Pamour
,
Qu'il
voudrait
immoler
Pamour
à
la
vengeance,
Entre
ce
digne
objet,
&
ce
digne
ennemi,
a
Mon
ame
incertaine
&
flottante
>
Quoi
que
l’un
me
promette,
&
quoi
que
Vautre
attente
;
Ne
fe
peut
ni
domter,. ni
croire
qu’à
demi
;
Et
plus
des
deux
côtés
je
la
fens
balancée
,
Plus
je
vois
clairement
que
fi
je
veux
régner,
Moi
qui
de
Lyfander
vois
toute
la
penfée,
IL
le
faut
tout-à-fait
ou
perdre
où
Jepnee.
Qu'il
ee
4
.
“XÉNOCLES
Qu’
il
ferait
Maghanime
,
De
vaincre,
&
la
vengeance,
&
l'amour
à
la
fois!
-
À
G
É
SILAS,
Il
faudrait,
Xénocles
,
une
ame
plus.
habite.
XÉN
OC
LES.
Ïl
ne
faut
que
vouloir,
tout
eft
poffible
à
aux
rois.
AGÉSILAS.
Ah,
fi
je
pouvais
tout,
dans
l’ardeur
qui.
me
+.
Pour
ces
deux
paflions
qui.
partagent.
mes
VŒux
;
.
Peut-être
aurais-je
Ja.
faiblefe
-D'obéir
à
toutes
les
deux.
LYSANDÉR
ae
il
vous
a
plû
difpofer
d'Élpinice
Nous
devons
elle
&
moi
beaucoup
à
vos
bontés
;
Et
je
ferai
ravi
qu’elle
vous
obeie
7
Pourvû
que
dé
Cotys
les
vœux
foient
acceptés,
J'en
ai
donné.
parole,
il
y
va
de
ma
gloire.
Fe
:
Spitridate
fans
lui
ne
faurait
être
“heureux
;
se
Et
donner
mon
aveu,
ils
ne
le
font
tous
deux,
C'eft
faire
à
mon
honneur
une
tache
trop
noire.
Vous
pouvez
nous
parler
en
roi.
Ma
fille
vous
doit
plus
qu'à
mois
Commandez,
elle
ef
prète,
&
je
faurai
me
taire,
N'exigez
rien
de
plus
d'un
père.
Il
a
tenu
toujours
vos
ordres
à
bonheur
;
|
Mais
rendez
lui
cette
juftice,
|
De
fouffrir
qu'il
emporte
au
tombeau
cet
honneur
;
-
Gi
fait
Vunique
prix-de-trente
ans
de
fervice.
ÉGÉSILAS.
Oui,
vous
l'y
porterez,
&
du
moins
de
ma
part
Ce
précieux
honneur
ne
court
aucun
hazard.
On
a
votre
parole,
&
J'ai
donné
la
mienne
3
Et
pour
faire
aujourd’hui
que
l’une
&
Pautre
tienne,
JL
faut
vaincre
un
amour
qui
m'était
aufli
doux
Que
votre
gloire
leit
pour
vous,
_
=
Un
amour
dont
lefpoir
ne
voyait
plus
d’obffacle:
Mais
enfin
il
eft
beau
de
triompher,
de
foi,
Et
de
s’accorder
ce
miracle,
Quand
on.
peut.
hautement
donner
à
tous
Ja.
«loi
;
Et
que
le
jufte
foin
dé
combler
notre
gloire
Demande
notre
cœur
pour
dernière
vidoire,
Un
roi
né
pour.
Pécl
lat
des
grandes
actions
:
‘
Domte
jurqu'è
fes.
pations,
=
=
rte
or.
point
roi;
S
il
ñe
fai
1
ie
Que
lui-même
=
Le
plus
illuftre
eflai
de
fon
pouvoir
Suprême.
La
Xénocles.
]
Allez
dire
à
Cotys
que
Mandane
eft
à
Jui
;
Que
fi
mes
feux
aux
fiens
ne
>
l'ont
pas
accordée
;
Oyez
de
plus.
:
on
[1
parle
bas
à
Xénocles
qui
Lors.
]
sÉEN
E
AGRSILAS,
LYSANDER
|
acbsruas
Hi
vos.
mécontentemens.
Me
feront-ils
|
encor
à.
craindre
{
.
—
Et
vous.
fouviendrez
vous
auv
ais
traitemens
_—
Qui
vous
avaient
donné
tant
de
lieu
de
vous
plaindre
?
|
"LYSANDER.
Je
vous
ai
dit,
feigneur
,
que
j'étais
tout
à
vous
;
Et
jy
fuis
d'autant
plus,
que
malgré
Paparence
;
—
Je
trouvé.
des
bontés
qui
pañent
Pefpérance,
Où
je
n'avais
crû
“voir
que
des
foupcons
jaloux.
D
Et
que
va
devenir.
ne
doëte
harangue,
Qui
du
f
annoblir
le
Le
_—…
Seigneur.
A
—
ÉS
=
LÉ
A
$.
_Nous
fommes
feuls
,
us
chañfé
Xénocles
:
Parlons
confidemment.
Que
venez-vous
d'écrire
À
l'éphore
Arfidas,
au
“Lénateur
Cratès
?
7
vous
défère
affez
pour
n
en
vouloir
rien
“lire
:
_
=
Avec
moi.
n
wapréhendéz
1
rien
…
:
D
d
ii
ij.
N'a
rien
qu'un
plein
fuccès
n’eût
rendu
légitime,
Tout
eft
encor
fermé.
Voyer.
:L.Y
S
À
N.DE
RK.
Je
fuis
coupable,
Parc
qu’on
me
trahit,
que
l’on
vous
fert
trop
bien;
Et
que
par
un
effort
de
prudence
admirable,
Vous
avez
fù
prévoir
de
quoi
ferait
capable,
Après
tant
de
mépris,
un
cœur
comme
le
mien.
Ce
deffein
toutefois
ne
pañflera
pour
crime
_
Que
parce
qu’il
eft
fans
effet;
_
Et
ce
qu’on
va
nommer
forfait
Tout
devient
glorieux
pour
qui
peut
lobtenir,
Et.
su
le
manque
eft
à
punir.
:
|
AGESTEAS
Non,
non,
j'auais
plus
fait
peut-être
en
votre
_.
Il
eft
naturel
aux
grands
cœurs
De
fentir
vivement
de
pareilles
rigueurs
;
Et
vous
m'offenferiez
de
douter
de
ma
grace,
Comme
roi
je
la
donne,
&
comme
ami
difret
Je
vous
affure
du
Lecret.
—
Je
remets
en
vos
mains
tout
ce
qui
vous
peut
nuire,
Vous
m'avez
trop
fervi
pour
m'en
trouver
ingrats
Et
d'un
trop
grand
foutien
je
priverais
Petat,
Pour
des
refentimens.
où
j'ai
fà
vous
réduire,
Ma
puiffance
établie,
&
mes
droits
confervés
Ne
me
laifent
point
d'yeux
pour
voir
votre
“entreprife.
Dites.
moi.
feulement
avec
mème
franchile,
:
Vous
dois-je
encor
bien
plus
que
vous
ne
me
devez?
LVYSANDERN
Avez-vous
pû,
feigneur,
me
devoir
quelque
chofe
?
08
em
É
ni
fert
le
mieux
fon
roi
ne
fait
que
fon
devoir.
2
.
En
vous
de
tout
létat
J'ai
défendu
la
caufe,
Quand
je
Pat
fait
tomber
deflous
votre
pouvoir.
N
Le
zèle
eft
tout
de
feu
quand
ce
grand
devoir
preffe;
£)
Et
comme
à
le
moins
fuivre
on
s’en
acquitte
mal,
€
Le
mien
vous
fervit
moins
qu’il
ne
fervit
la
Grèce,
;
Quand
j'en
fus
ménager
les
cœurs
avec
adreñle
,
7.
——.
Pour
vous
en
faire
général.
3
Je
vous
dois
cependant
&
la
vie,
&
ma
gloire;
Et
lorfqu'un
deffein
malheureux
Peut
me
coûter
le
jour,
&
fouiller
ma
mémoire
;
La
magnanimité
de
ce
cœur
généreux.
—
R
|
AGÉSILAS.
=
Reprochez
moi
plutôt
toutes
mes
injuftices
,
Que
de
plus
ravaler
de
fi
rares
fervices.
-
Elles
ont
fait
le
crime,
&
jen
tire
ce
bien,
Que
jai
pû
m'acquitter
;
&
ne
vous
dois
plus
rien
Â
préfent
que
Ja
gratitude
-
Ne
peut
pañer
pour
dette
en
qui
s’eft
acquitté
,
Vos
fervices
payés
d’un
traitement
fr
rude,
Vont
recevoir
de
moi
Ce
qu’
ils
ont
mérité.
S'ils
ont
“ti
conferver
un
trône
en
ma
nie.
Fy
veux
par
mon
hymen
faire
fcoir
votre
fille,
C'eft
ainfi
qu'avec
vous
Je
puis
le
partager.
LYSANDER.
…
Seigneur,
à
ces
bontés
de
je.
n’ofais
attendre
,
Que
puis-je
"AGÉSILAS
Jugez-en
comme
il
en
faut
juger,
Se
AGESILAS,
-
Et
fur-tout
commencez
nn
Que
les
rois
font
jaloux
du
fouverain
pouvoir,
Qu'ils
aiment
qu’on
leur
doive,
&
ne
peuvent
devoir,
Que
rien
à
leurs
fujets
n’acquiert
l'indépendance
,
Qu'ils
réglent
à
leur
choix
Pemploi
des
plus
grands
cœurs;
.
Qu'ils
ont
pour
qui
les
fett
des
graces,
des
faveurs,
Et
qu'on
n’a
jamais
droit
fur
leur
reconnaiffance.
Prenons
dorénavant
vous
&
moi
pour
objet
Les
devoirs
qu'il
faudra
l’un.
à.
a
nous
rendre;
N'oubliez
pas
ceux
d'un
fujet,
-
Et
j'aurai
foin
de
ceux
d’un
gendre.
SC
EN
#
>
“PRE
4
AGE
SILAS
,
AGLATIDE.
RS
à
KENOC
LE
Se.
À
&
LE
À
T
L
D
ae
Su:
un.
ordre,
1
ee.
viens
étonnée
&.
es
|
De
voir
que.
tout
d'un
Coup
un
roi
m
ele
ones
Qui
me
daignait
à
peine
honorer
d’un
regard.
AGÉSILAS
Sortez
d'étonnement,
Les
tems
changent
,
madame
,
Et
l’on
14
pas
toujours
mêmes
yeux,
‘ni
même
ame
Pourriez-vous
de
ma
main
accepter
un
époux
?
|
AGLATIDÉ
Si
mon
père
y
confent,
mon
devoir
me
lordonne,
Ce
me
fera
trop
d'heur
de
le
tenir
de
vous.
Mais
avant
que
favoir
quelle
en
eff
la
perfonne,
Pourrais-je
vous
parler
avec
la
liberté
Que
me
fouffrait
à
Sparte
un
feu
trop
écouté,
Alors
qu’il
vous
plaifait,
ou
m’aimer,
ou
me
dire
Qu'en
votre
cœur
mes
yeux
s'étaient
fait
un
empire
?
Non
que
jy
penfe
encor;
j'aprens
de
vous,
feigneur,
Qw
on
change
avec
le
tems
dame,
d'yeux,
&
de
cœur.
AGESIL
AS.
Rapellez
ces
beaux
}
jours
pour
me
parler
fans
feindre
;
Mais
fi
vous
É
pouvez
,
madame
,
épargnez
moi.
-
A
GLATID
he
_Ce
ferait
.
railon
que
j'oferais
m'en
+
L'amour
doit
être
libre,
&
vous
êtes
mon
roi.
Mais
puifque
jufqu’à
vous
vous
n'avez
fait
prétendre,
:
N'obligez.
point,
feigneur
,
cet
efpoir
à
defcendre,
Ét
ne
me
faites
point
de
Joix
:
Qui
profanent
Phonneur
de
votre
premier
choix.
J'y
trouvais
pour
moi
tant
de
gloire,
J'en
chéris
à
tel
point
la
flatteufe
mémoire
,
Que
je
regarderais
comme
un
indigne
époux
Quiconque
n'offrirait
un
moindre
rang
que
vous.
Si
cet
orgueil
à
quelque
crime
,
:
Il
n'en
faut
accufer
que
votre
trop
d’eftimess…
:
-
Ce
font
des
fentimens
que
je
ne
puis
trahir.
P.
Corneille.
Tome
VI
SNS
Apres
cela
parlez,
c’eft
à
moi
d’obéir.
HOSTILE
AS.
&
Je
parlerai,
madame,
avec
même
franchife.
&
Vaime
à
voir
cet
orgueil
que
mon
choix
autorife
É
À
dédaigner
les
vœux
de
tout
autre
qu'un
roi:
-
e
_
J'aime
cette
hauteur
en
un
jeune
courage;
4
)
Et
vous
n'aurez
point
lieu
de
vous
plaindre
de
moi,
cs
Si
votre
heureux
deftin
dépend
de
mon
fuffrage.
ce
DER
ON
:
D
D
RO
IDIR
COPYS,
ATÉE,
MANDANE,
CR
AGLATIDE
J
CORSFS:
de
ne.
\
:
/
=
À
.
Éigneur
.
à
vos
bontés
nous
venons
confacrer;.
2
À
-
Et
Mandane
&
moi,
notte
vie,
KE
EE
Lee
2
Fi
>
De
pareilles
faveurs,
feigneur,
nous
font
rentrer.
à
Pour
vous
faire
voir
mème
envie,
a)
—
À
CS
Be
ee
%
Je
vous.ai
fait
juffice
à
tous,
-
NS
Et
je
crois
que
ce‘jour
vous
doit
être
aflez
doux:
£
)
Qui
de
tous
vos
fouhaîts
æ
votre
gré
décide;
À
\
Dm
ms
me
“
Be
ge.
rss,
RE
4
;
RSC
ÉRSS
ESTTRERKE"
|
PRAGÉDIEÉ
Acte
V.
219
Mais
pour
le
rendre
encor.
plus,
doux
&
plus
charmant,
_
Sachez
que
Sparte,
voit
fa
reine
en
ÂAglatide,
À
qui
le
ciel
en
moi
rend
fon
premier
amant.
AGE
ATPÉDE.
C'eft
me
faire,
feigneur
,
des
furprifes
nouvelles.
:
AGÉSILAS
Rendons
nos
cœurs,
madame,
à
des
flammes
fi
belles:
Et
tous
enfemble
allons
préparer
ce
beau
jour,
:
Qui
par
un
triple
hymen
couronnera
l'amour.
Fin
du
cinquiéme
©3
dernier
aïe.
|
RSC
UULOU
I
L
A,
DE
RS
E
OTRACLDIE
—
-
—
—.
6
2.
Le
Êe
iii
ë)
A
&
Rd
TRIER
neveu
eurseuewrsese:
é
Ù
PR
É
FA
C
E
DE
ÉDITEUR
i
A
TTiLca
parut
malheureufement
la
même
année
qu’
Ardroma-
que.
La
comparaifon
ne
contribua
pas
à
faire
remonter
Cor-
neille
à
ce
haut
point
de
gloire
où
il
s'était
éleve;
il
baifait,
TN
&
Racine
s'élevait
;
c'était
alors
le
tems
de
la
retraite,
il
de--
vait
prendre.
ce
parti.
honorable.
La
plaifanterie.
de
Defpréaux
:
).
dus
de
foin
:
J'ai
on
l'Agéfilas
,;
hélas
!
Mais
après
l'Attila
3
hola
!
Peut
oller
au
parterre
attaquer
Attilas:
Et
f
le
roi
des
Hans
ne
lui
flaite
Poreille
>
Traiter
de
Pi
de
fyots
tous
les
vers
de
Corneille.
;
>
avait
regardé
ces
vers
comme
un
éloge;
mais
quel
poëte
trouvera
jamais
bon
qu’on
traite
{es
vers
de
Vifigots,
furtout
lorf
qu'ils.
font.
en
effet
durs
&
obfcurs
pour
la
plapart?
La
dü-
ca
reté
&-la
fécherefle
dans
l’exprefñon.
font
affez
communément
le
partage
de
la
vieillefe
;
il
arrive
alors
à
notre
elprit
ce
qui
eu
juiqu’alors..
—
vers
entraient
dans
la
mémoire
des
ipec-
devait
lavertit
de
ne
plus
travailler,
ou
de
travailler
avec
On-coinait
CRC
CE
:
-
-On
à.
prétendu
e
car
-que
ne
prétend-on.
que.
re
arrive
à
nos
fibres.
Race
dans
la
force
de
fon
âge,
né
avec
_
un
cœur
tendre,
un
efprit
flexible,
une
oreille
harmonieufe..
donnait
à
la
langue
françaife
un
charme
qu’elle
m'avait
point
+
.
SNA
à
a,
A
Æ
ee
sy
224
_
Phi
À
GE
tateurs,
comme
un
jour
doux
entre
dans
les
yeux.
Jama
les
nuances
des
pañlions
ne
furent
exprimées
avec
ut
coloris
plus
riaturel
&
plus
vrais
jamais
on
ne
fit
de
vers
plus
cou-
lans,
&
en
même
tems
plus
exacts.
|
Il
ne
faut
pas
s'étonner
fi
le
ftile
de
cie
,
devenu
en-
cor
plus
incorre&
&
plus
raboteux
dans
fes
dernières
piéces,
rebutait
les
efprits
que
Racine
enchantait,
&
qui
devenaient
par
cela
mème
plus
difficiles.
Quel
commentaire
peut-on
faire
fur
ÆAfrila,
a
cof#bat
de
ère,
encor
plus
que
de
bras;
fur
la
terreur
de
fon
bras,
qui
bi
donne
pour
nouveaux
compagnons
les
“Alnins,
les
Francs,
6
Les
Bourguignonss
{ur
un
Ardaric,
&
fur
un
Palamir,
deux
pré.
tendus
tois.
qu'on
traite
comme
des
officiers
fubaiternes
;
;
fur
n
cet
Ardaric
qui
eft
amoureux.
&
qui
S'écrie
:
Qu'un
roi
eft
heureux,
lorfque
le
ciel
lui
donne
La
main
d'une
fi
rare
&9
Ji
belle
perfoune
|
&c.
?
La
mème
railon
qui
m'a
empèché
d'entrer
dans
aucun
.dé-
tail
fur
Avéfilas,
m
atrète
pour
A#a;
&
les
leeurs
qui
pou-
.
ront
lire
ces
piéces,
me
pardonneront
fans
doute
de
smablte.
mir
des
remarques
;
je
{uis
für
du
moins
qu
ils
ne
me
pardon-
neraient
pas
d'en
avoir
fait.
Je
dirai
feulement
dans
cette
préfice
,
qu'il
eft
très-vraifem-
blable
que
cet
Æxila,
très
peu
connu
des
hiftoriens
était
un.
homme
dun.
mérite
rare
dans
fon
métier
de
brigand.
Un.
capitaine.de
la
nation
des
Huns
qui
force
l’empereur
Théodofe
à
lui:
payer
tribut
,
qui
favait
difcipliner
fes
armées,
les
recruter
chez.
fes
ennemis
mêmes,
&
nourrir
la
guerre
par
la
guerre;
unhom-.
me
qui
marcha
en
Vainqueur
de
Conffantinople
aux
portes
de
Ro-…
me,
&
qui
dans
un
règne
de
dix
ans
fut
la
terreur
de
l’Europe
:
entière,
a
|
on:
SZ
RIT.
PSE
FES
Te)
%
SR
RS
NS
|
poccce
OR
?
à
PT
Tiba,
TRAGEDIE.
ACTE
PREMIE
R.
SRÉNE
PREMIERE
CATTILA,
OCTAR,
|
des.
.
ATTELL
A.
=
Lu.
font
pas
venus,
nos
deux
rois;
ou
on
leur
die
=
Qu’
is
&
font.
trop.
attendre,
&
qu'Attila
s'ennuie,
Quelors
que
JéLes.
mande.
ils
doivent
fe
hâter.
CD
OCTAR.
7
Mois»
Signer,
quel
bef
it
de
es
en
confulter?
__
Pourquo
re
hyr
prendre
pour
arbitres,
_
Eux
.
vont
de
ur
trône
ici
que
de
vains
titres;
_
Et
que
vous
ne
lailfez
au
nombre
des
vivans,
Que
oi
trainer
partout
deux
rois
pour
vos
fuivans?
ATTIL
A.
=
:
Jon
Pris.
onde
feul
,
Oûar
,
@&
les
apelle,
eo
Non
fous
aucun
efpoir
.
lumiere
nouvelles
—
Je
crois
voir
avant
eux
€
qu’
ils
méclaireiront
-
Et
m'être
oo
dit
tout
ce
qu'ils
me
diront
:
|
FF)
Des.
=
ES
ER
/
MEN
%
à
SR
RES
LR
_—
ja!
Ÿ
+
4
s1
Éee.
AS
à
#x
Re
RASE
ice
=
Mais
de
ces
.
Durs
au.
que
je
préfère,
Sa
gloire
eft
un
affront
pour
l’autre,
&
pour
fon
frère;
Et
je
veux
attirer
d'un
ff
julte
couroux
Sur
l’auteur
du
confeil
les
plus
dangereux
coups,
Affurer
une
excufe
à
ce
manque
d'eflime,
Pouvoir
s'il
eft
Lo
livrer
une
victime
;
Et
c’eft
ce
qui
m'oblige
à
«
confulter
ces
Pour
faire
à.
“leu:
périls.
éclatt
|
Car
enên
j'aimerais
un.
prétexte
a
IDE
pertes
—
Jen
prendrais
hautement
l’occafñon
offerte
;
:
Ce
titre
en
eux
me
choque,
&
je
ne
fais
pourquoi
-
Un
roi
que
je
commande
ofe
Le
nommer
TOÏ.
n
Us
prennent
droit
tous
a
de
me
»
traiter
x
d'égi…
OCTAL
—
Mais
:
ne
le
ne
que
pour
ces
deux
princes,
-
Votre
ame
irrélôlue
:
aux
imcns
Ou
fe
vers
e
où
LUS
dl
:
a
pris
quelque
pente
>
ruse
Veeseueter
ru
TRAGEDIE
Acte
L
29
Entre
fes
ennemis
rompre:
liatélgences.
-
Y
jeter
du
défordre
&
de
la
définit.
E
Etne
rien
“hazarder
,
,
qu'on
nait
de
toutes
parts,
-
Autant.
qu'il
eft
poflible,
enchainé
les
bazards.
ne
Nous
étions
auffi
forts
qu'à
préfent
nous
le
fommes,
-
Quand
je
fondis
en
Gaule
avec
cinq
cent
mille
hommes.
Dès-lors,
sil
ten
fouvient,
je
voulus
,
mais
en
vain
,
D'avéc.
le
Vifgoth
détacher
le
Romain.
—
>.
ie
deux
foins
qui
me
érdirent
;
EUX
aucuns
nées
_
ÉE
n'ayant
pa
femer
entr”
_Je
me
vis
en
ee
avec
Loue
mes
forces.
<K
TEÈ
a
Quant
à
l'amour,
apren
que
mon
plus
doux
fouci
N’eft...
Mais
Ardaric
entre,
&
Velamir
aufli,
ATTILA,
ARDARIC,
VALAMIR,
ie.
;
am
Vous
voyez
en
mon
camp
les
éclatantes
marques
Et
prefque
fur
les
pas
de
mes
at
_Foffenfe
un
empereur,
ou
:
le
plus
grand
des
rois.
SIC
EN
LIT
OCTAR,
Gardes.
puifance,
—
Qui
rangez
tant
dot
.
-
mon
an
Et
de
qui
les
confeils,
le
grand
cœur
&
la
main,
Me
rendent
formidable
à
tout
le
genre
humain
;
Que
de
ce
vafte
effroi
Nous
donnent
deux
onarques,
En
Gaule
Mérouée,
à
Rome
Pempereur,
EE
Ont
crû
par
mon
hymen
éviter
ma
fureur.
La
paix
avec
tous
deux
en
même
tems
traitée,
.
Se
trouve
avec.
tous
deux
à.
ce
prix
arrètée;
.
ee
Les
leurs
sont
amené
deux
princefles
lei
ù
—
Le
choix
m'en
embartale
,
il
eft
tems
de
le
Rires
Depuis
leur
arrivée
en
vain
je
le
diffère
;
I
faut
enfin
réfoudre,
&
quel
que
foit
ce
choix
À:
LORS
Les
4
Je
le
dis
le
plus
grand,
non
qwencor
la
victoire
Ait
porté
Mérouée
à
ce
comble
de
gloire;
Mais
fi
de
nos
devins
l’oracle
w’eft
point
faux,
Sa
grandeur
doit
atteindre
aux
degrés
les
plus
hauts;
Et
de
fes
fuccefleurs
l'empire
inébranlable
.
Sera
de
fécle
en
fiécle
enfin.
fi
redoutable,
Qu'un
jour
tonte
la
terre
en
técevra
des
loix;
On
tremblera
du
moins
au
nom
de
leurs
François.
Vous
donc,
qui
connaifflez
de
combien
d'importance
ER
pour
nos
grands
projets
Pune
&
lautre
alliance,
Prètez
moi
des
clartés
pour
bien
voir
aujourd’hui
De
laquelle
ils
auront
où
plus
ou
moins
d’apuis.
Qui
des
deux
honoré.
par.
‘ces
euds
domeftiques
À
Nous
vengera
le
mieux
des
champs
Catalauniques
;
Et
qui
des
deux
enfin
déchà
d’un
tel
efpoir,
Je
plus
à
craindre
à
qui
veut
tout
pouvoir.
=
HR
DiRIC
:
En.
Pétat
où
le
ciel
a
mis
votre
puiflance,
-
Nous
mettrions
en
vain
leurs
forces
en
balance:
Tout
ce.
qu'on
y
peut
voir
où
de
plus
où
Le
MOINS
»
l
moindre
de
vos.
foins.
:
pour
nous.
ue
;
Ov
ls
craignent
tous
deux,
&.
n
’ofent
plus
vous
nuire.
Ainfi,
fans
perdre
tems
à
vous
inquiéter,
Vous
n'avez
que
Vos
YEUX,
feigneur,
à
confulter,
_
Laiflez
aller
ce
choix
du
côté
du
mérite,
_
Pour
qui
,
fur
leur
rapoït,
Pamour
vous
folicite.
Croyez
ce
qu'avec
eux
votre
cœur
réfoudra
;
.
Et
de
ces
potentats
s
’offenfe
qui
——
:
=.
Corneille.
Tome
NL
|
CS.
|
:
à
FRITES
mA
SE
2
À
TILL:
A,
FD
-
ee
|:
MT
LE
À
D
La
amour
chez
Âttila
n’eft
pas
un
bon
fufftage;
Œ:
Ce
qu'on
m'en
donnerait
me
tiendrait
lieu
d’outrages
S
Et
tout
exprès
ailleurs
je
porterais
ma
foi,
NA
_
De
peur
qu'on
n'eût
pardà
trop
de
pouvoir
fur
moi.
Ç
Les
femmes
qu’on
adore
-ufurpent
un
empire
,
<
à
Que
jamais
un
mari
n’ofe
ou
ne
peut
dédire
:
…
ei
Ceft
au
commun
des,
rois
à
fe
plaire
en
leurs
fers.
Eù
)
Non
à
ceux
dont
le
nom
fait
trembler
Punivers.
d
Que
chacun
de
leurs
yeux
aime
à
fe
faire
efclave,
C
Moi,
je
ne
veux
les
voir
qu’en
tyrans
que
je
brave:
LA
Et
par
quelques
attraits
qu’ils
captivent
un
cœur,
%
Le
mien
en
dépit
d'eux
eft
tout
à
ma
-srandeur.…
$
<
Parlez
donc
feulement.
du
choix
Je:
plus
utile,
SR.
Du
couroux
à
domter
où.
plus
ou
moins
facile
5,
S
|
Et
ne
me
dites
point
que
de
chaque
côté
ce
Vous
voyez
comme
lui
peu
d’inégalité,
>
En
matière
détat,
ne
füt-ce
qu'un
atôme,.
Ç
Sa
perte
quelquefois
importe
d'un
royaume
;.
de
I
neft
fcrupule
exatt
qu'il
ny
faille
garder,
SN)
Et
le
moindre
avantage
à
droit
de
décider.
2
——
VALAMILR.
CG
Seigneur,
dans
le-
penchant.
que
prennent
les:
affaires,
È
+
Les:
grands.
difcours.
ici
ne
font.
pas
nécelfaires
;
ee
5
Ï
ne
faut
que
des
yeux,
&
pour
tout.
découvrir,
_
Se
Pour
décider
de
tout,
on
ma
qu'à
les
ouvrir.
_—
Ê
}
Un
grand
deftin
commence
-un
grand
deftin
s
has
(e
L'empire
eft
prèt
à
choit,
&
la.
France
s'élève.
Fa
\
L'une
peut
avec
elle.
affermir
on.
apui
,
(à
Et
l’autre
en
trébuchant
Penfevelir
fous.
Jui.
TS
SSII
ISIN
IS
ANNEE
TRAGÉDIE.
Acre
L
23$
Vos
devins
vous
lont
dit;
ny
mettez
point
d’obftacles,
Vous
qui
n’avéz
jamais
douté
de
leuts
oracles.
Soutenir
un
état
chancelant
&
brifé,
C'eft
chercher
par
fa
chûte
à
fe
voir
écrafé.
Apuyez
donc
la
France,
&
laiflez
tomber
Romé;
Aux
grands
ordres
du
ciel
prétez
ceux
d’un
grand
homme
:
D'un
fi
bel
avenir
avouez
vos
devins;
ÂAvancez
le
fuccès,
&
hâtez
les
deftins.
RRDIiRIC.
Oui,
le
ciël,
par
le
choix
de
ces
grands
hyménées,
À
mis
entre
vos
mains.
le
couts
des
déftinées
3.
Mais
sil
eft
glorieux,
feigneur,
de
le
hâter,
°
TI
left,
&
plus
encor
,
de
fi
bien
l’arreter,
Que
la
France,
en
dépit
d’un
infaillible
augure
N’aille
qu'à
pas
traïnans
vers
fa
grandeur
future
,
Et
que
laigle
accablé
par
ce
deltin
nouveau,
Ne
puifle
trébucher
qué
fur
votre
tombeau.
Seraitil
gloire
égale
à
celle
de
fufpendre
Ce
que
ces
deux
états
du
ciel
doivent
attendte,.
Et
de
vous
faire
voir
aux
plus
favans
devins
Arbitre.
des
fuccès,
>
&
maître
des
deftins
?
=
+
ofe
vous
dire
plus.
Tout.
ce
qu'ils
vous
prédifent
,
-
Avec
pleine
clarté
dans
le
ciel
ils
le
lifent
;
Mais
vous
aflurent-ils
que
quelque
aftre
jaloux
N'ait
point
mis
plus
d'un
fiécle
éntre
l'effet
&
vous?
_
Ces
éclatans
retours
que
font
les
deftinées,
Sont
allez
rarement
Pœuvre
de
peu
d'années
;
Et
ce
qu
of
vous
prédit
touchant
ces
deux
états,
Peut.
ètre
un
avenir
qui
ne
vous
touche
pas.
:
Ge
ij
.
Cependant
regardez
ce
qu’eft
encor
l'empire
;
-
:
Il
chancelle
,
il
fe
brife,
&
chacun
le
déchire;
De
fes
entrailles
mème
il
produit
les
tyrans;
Mais
il
peut
encor
plus
que
tous
fes
conquérans.
Le.moindre
fouvenir
des
champs
Catalauniques.
En
peut
mettre
à
vos
yeux
des
preuves
trop
publiques
:
Singibar,
Gondebaut,
Mérouée
&.
Thiéry,
Là,
fans
Aëtius,
tous
quatre
auraient
péri
.
Les
romains
rent
feuls
cette
grande
journée
:
Uniflez-les
à
vous
par
un
digne.
hyménée..
:
Puifque
déja
fans
eux
vous
pouvez.
prefque
tout,
H
n’eft
rien
dont
par
eux
vous
ne
veniez
à
bout.
_
Quand
de
ces
nouveaux
rois
ils
vous
auront
fait
maître,
Vous
verrez
à
us
voudrez.
Pêtre..
Et
réfoudrez
vous
feul
avec
tranquillité
=
Si
vous
leur
fouftirez
encor
Pégalité.
VALAMIR.
L'empire
,
je
l'avoue,
eft
encor
quelque
chofe;
_
Mais
nous
ne
fommes
plus
au
tems
de
Théodofe
;
;
Et
comme
dans
fa
race
il
ne
revit
pas
bien,
——
L'empire
eft
quelque
chofe,
&
l'empereur
nm
’eft
rien.
-
Ses
deux
fils
n’ont
rempli
les
trônes
des
deux
Romes
Que
d'idoles
pompeux,
que
d'ombres
au
lieu
d'hommes.
L’imbécille
fierté
de
ces
faux
fouverains..
.
.
Qui
nofait
à
.
fon.
aide
apeller
des
romains,
Parmi
des
nations
qu'ils
traitaient
de
“barbares
Empruntait
pour
régner
des
perfonnes
plus
rares
s.
Et
d’un
côté
Gainas,
de
l’autre
Stilicon,
À
ces
deux
majeftés
ne
laiffant
que
le
nom,
On.
voyait
dominer
dune
bauteur
égale
—
More
L
à
Un
Got.dans
un
empire,
&
dans
l’autre
un
Vandale.
-
Comme
de
tous
côtés
on
sen
eft
indigné
;
De
tous
côtés
auf
pour
eux
on
à
régné.
Le
fecond
Théodofe
avait
pris
leur
modelle
:
_
Sa
fœur
à
cinquante
ans
le
tenait
en
tutelle,
Et
fut,
tant
qu'il
régna,
lame
de
ce
grand
:COFpS
»
Dont
elle
fait
encor
mouvoir
tous
les
reflotts.
Pour
Valentinian,
tant
qua
vécu
fa
mère,
:
Il
a
femblé
répondre
à
ce
grand
caractere
;
T1
a
paru
régner,
mais
on
voit
aujourd’hui
Qu'il
régnait
par
fa
mère,
ou
fa
mère
pour
luis
Et
depuis
fon
trépas
il
a
trop
fait
connaître
-
Que
sit
eft
empereur,
Aët
is
ef
maîtres
_
Fe
Et
cen
ferait
la
fœur
qu
il
faudrait
obtenir
,
Si
jamais
aux
romains
vous
vouliez
vous
unir.
Aurefte,
un
prince
faible,
envieux,
mol,
ftupide.
Qu'un.
heureux
fuccès
enfle,
un
donteux:intimides
Qui
pour.
unique
“emploi
s
attache
à
fon
plaific,
Et
laiffe
le
pouvoir
à
qui
s’en
peut.
fair
Mais
le
grand
Mérouée
ef
un
roi
magnaninie
>
Amoureux
de
la
gloire
,
ardent
apres
leftime,
-
“Qui
e-
permet
-
aux
fiens.
d'emploi,
aie
de:
pouvoir
;
Qu
autant
que
par
fon
ordre
ils
en
doivent
avoir.
Ji
fit
vaincre
&
régner,
&
depuis
fa
vidoite
;
S'il
a
déja
foumis
&
la
Seine,
&
la
Loire;
Quand
vous
voudrez
aux
fiens
joindre
vos.
combattans
La
Garonne
&
l’Arar
ne
tiendront
pas
longtems.
Alors
ces
mèmes
champs
témoins,
de
notre:
“honte,
<
En.
verront.
la
….
“e
De
haute
&
plus
es
|
Æ
=
5
SE
ie
\
ER
Et
paraïflez
plutôt
vous
faifr
de
fon
bien,
Ef
ce
mème
empire
a
quelque.
attrait
pour
vous,
Se
détacher
de
Rome
»
&
Vous
tendre
les
mains.
“Sa
dot
ne
peut
s'étendre
aux.
droits
d’une:
couronne,
Et
pour
glorieux
prix
d’avoir
fü
nous
venger,
Vous
aurez
avec
lui
la
Gaule
à
partager
;
D'où
vous
ferez
favoir
à
toute
l'Italie
Que
lors
que
la
prudence
à
la
valeur
s'allie,
Îl
n’eft
rien
à
l'épreuve,
&
qu'ilelt
tems
qu'enf£n
Et
du
Tibre
&
du
P6
vous
fafliez
le
deftin.
ARDARIC.
-
Prenez-en
donc
le
droit
des
mains
d’une
princeffe
,
Qui
Paporte
pour
dot
à
l’ardeur
qui
vous
prefe
;
Qu’ufurper
des
états
fur
qui
ne
vous
doit
rien.
Sa
mère
eut
tant
de
part
à
la
toute-puiffance
,
:
Qu'elle
fit
à
l'empire
aflocier
Conftance
;
La
fille
a
même
droit
en
faveur
d’un
époux.
“Allez
la
force
en
main
demander
ce
partage
,
Que
d’un
père
mourant
Jui
laiffa
le
fuffrage
:
Sous
ce
prétexte
heureux
vous
verrez
des
Romains
Aëtius
net
pas
fi
maître
qu'on
veut
croire,
Il
a
jufque
chez
lui
des
jaloux
de
fà
gloire;
Et
vous
aurez
pour
vous
tous
ceux
qui
dans
le
cœur
Sont
mécontens
du
prince,
ou
las
du
gouverneur.
…
Le
débris
de
l'empire
à
de
belles
A
S'il
na
plus
de
héros,
il
a
des
héroïnes.
Rome
vous
en
offre
une
&
part
à
ce
débris
;
Pourriez-vous
refufer
votre
main
à
ce
PER
Tdione
n’aporte
ici
que
f
perfonne
;s
ue
2e
à
Ses
Francs
n’admettent
point
de
femme
à
dominer
;
-
|
HR
a
PRAGEDTE
Acte
L
Mais
les
droits
d'Honorie
ont
de
quoi
tout
donner.
Attachez-les
,
feigneur,
à
vous
,
4
votre
race;
Du
fameux
Théodofe
-aflurez
vous
la
place:
Rome
adore
la
fœur,
le
frère
eft
fans
pouvoir;
On.
haït
Aëétius,
vous
n'avez
qu'à
vouloir.
:
À_E
FIL
A.
Eft-ce
comme
il
me
faut
tirer
d'inquiétude,
de
Que
de
plonger
mon
ame
en
plus
d'incertitude
?
:
G
Et
pour
vous
prévaloir
de
mes.
perplexités..
)
Choififlez-vous
exprès
ces
contrariétés
?
Plus
jentens
raifonner,
&
moins
on
détermine
;
Chacun
dans
FEI
penfée
également
.
*obfine
;
…
-
Et
quand
par
vous
je
“cherche
à
ne
plus
balancer.
Vous
cherchez
lun
&
l’autre
à
mieux
m'embarrafer!
Je
ne
demande
point
de
fi
diverfes
routes
,
Il
me
faut
des
clartés,
&
non
de
nouveaux
doutes;
Et
quand
je
vous
confie
un
fort
tel
que
le
mien,
C’eft
m'offenfer
tous
deux
que
ne
réfoudre
rien.
VALAMIR.
Seigneur,
chacun
de
nous
vous.
parle
comme
il
penfe.
Chacun
de
ce
grand
choix
vous
fait
voir
l'importance
;
Mais
nous
ne
fommes
point
jaloux
de
nos
avis.
Croyez-le,
croyez-moi,
nous
en
ferons.
ravis;
Ils
font
les
purs
effets
d’une
amitié
fidèle,
4
-
De
qui
le
zèle
ardent.
À
T-
T
FE
A.
Unifféz
donc
ce
zèle.
Et
ne
me
forcez
point
à
voir
dans
vos
débats
É
—
Plus
que
je
ne
veux
voir,
&...
Je
n’achève
pas.
SSSR
Dites-
moi
feulement
ce
qui
vous
intérefe)
:
À
protéger
ici
l’une.
&
Pautre
princefe.
Leurs
frères
vous
ontcils,
à
force
de
préfens
,
Chacun
de
fon
côté
rendus
leurs
partifans
?
Eft-ce
amitié
pour
l’une,
eft-ce
haine
pour
Pautre
,
-
Qui
forme
auprès
de
moi
fon
avis
&
le
vôtre
?
Par
quel
defiein
de
plaire,
où
de
vous
ur
Mais
derechef,
jè
veux
ne
rien
aprofondir
>
Êt
croire
qu'ou
je
fuis
on
n’a
pas
tant
d'audace.
Vous
,
fi
vous
vous
aimez,
faites
vous
une
grace,
Accordez
vous
enfemble,
&
ne
conteltez
plus,
Ou
Fe
une
LS
RUES
ménager
un
Eese
ni
tous
de.
ce
.
&
cette
on.
Que
vous
dites
avoir
tous
deux
pour
ma
grandeur,
J'en
croirai
les
efforts
qu’on
fera
pour
me
plaire
,
Et
veux
bien
JiRes
a
tente
ma
soir,
er
FE
ARDARIC
_—
N
ferons-nous
toujours
les
malheureux
objets
?
Je
dirai
que
ce
jour
peut-être
n’eft
pas
loin;
_
Souffrez
qu'à
votre
exemple
en
deux
mots
je
explique.
Æ
Duc
Tome
VL
°
Hh
Ps
eme
Mr
24
SCEN
À
1
AIRDARIC,;VMALAMIS
Et
verrons-nous
toujours
qu’il
nous
traite
en
Lt
V
ACTA
M
ER
.
Fermons
les
yeux,
_feigneur
fur
de
les
À
aus,
Le
ciel
en
doit
un
jour
effacer
jufqu’aux
traces
;
Mes
devins
me
Pont
dit,
&
s’il
en
eft
beloin,
Ils
en
ont,
difentils,
un
afluré
préfage.
Je
vous
confirai
plus,
ils
m'ont
dit
davantage
;
;
Et
qu'un
Théodoric,
qui
doit
fortir
de
moi,
Commandera
dans
Rome,
&
s'en
fera
le
roi;
Et
c’eft
ce
qui
moblige
à
parler
pour
la
France
>
—
À
preffer
Attila
d'en
choifir
É
Palliance
,
=
D’époufer
fidione,
afin
que
par
ce
choix
I
laide
à
mon
hymen
Honorie
&
fes
droits.
Ne
vous
opofez
plus
aux
grandeurs
d'Edione
,
Souffrez
en
ma
faveur
qu’elle
monte
à
ce
trône:
Er
f
jamais
pour
vous
je
puis
en
faire
autant.
ARDARIC.
Vans.
le
pouvez,
feigneur,
&
dès
ce
mème
inftant.
=
re
SFR
Vos
aimez,
mais
ce
n’eft
qu’
un
amour
politique;
“
Et
puilque
je
vous
dois
confidence
à
mon
tour.
J'ai
pour
l’autre
princefle
un
véritable
amour
;
Et
c’eft
ce
qui
moblige
à
parier
pour
lempire
.
,
AËn
qu'on
m'abandonne
un
objet
où
j'afpire.
Une
étroite
amitié
l’un
à
l’autre.
nous
joint
;
Mais
enfin
nos
defirs
ne
compatiflent
point.
Voyons
qui
fe
doit
vaincre,
&
s’ik
faut
que
mon
Lame
À
votre
ambition
immole
cette
flammes
=
_
Ou
sil
net
point
plus
beau.
que
votre.
Rio
Elle-mème
s’immole
à
cette
pañion.
VALAMIR
ne.
Et
Pautre
pour
le
mien
ferait
un
.
faplies
Vous
aime-t-on
£
2
V
A
LA
M
À
R.
Du
moins
1
ie
de
n'en
|
Ët
vous,
feigneur
?
À.
R
D.
A
R
I
C.
De
moins:
on
me
e
digne
écouter.
VX
L
À:
M
Ë
Re
Qu'un
mutuel
amour
eft
un
trifle
avantage,
Quand
ce
que
nous
aimons.
d'un
autre
ef
partage!
2
AY:
$
.
ARDARIC
—
À
#
té
nn
le
tyran.
«Riendie,
pour
attentat:
3
ROBES
SES)
Ca
MRNGCEDEÉE
Aôre
1
Cet
amour
qui
fit
feul
tant
de
fäifons
d'état.
Nous
n'avons
que
top
:
AE
Jufau'où
va
Colère,
5
È
Qui
n’a
pas
éparghé
lé!
fang
mème
d’un
frère;
Et
combien
après
lui
de
rois
fes
alliés,
À
fon
orgueil
barbare
il
a
facrifés.
VALAMIR.
Les
peuples
qui
fuivaient
ces
illufires
vidimes
,
Suivent
encor
fous
lui
Pimpunité
des
crimes;
Et
ce
ravage
affreux
qu'il
permet
aux
foldats,
Lui
gagne
tant
de
cœurs,
lui
donne
tant
de
bras
Que
nos
propres
fujets
fortis
de
nos
provinces
=
Sont
en
dépit
de
nous
plus
à
dui
qu'à
leurs
princes,
:
ARDARIC.
Il
femble
à
fes
difcours
déja
nous
foupconner
,
Et
ce
font
des
foupçons
qu'il
nous
faut:
détourner.
À
ce
refus
qu”
al
veut
difpofons
ma
princefle,
|
VILIMIR
Pour
y
porter
la
mienne
il
faudra
peu
d'adreffe.
_
ARDARIC
—
Si
Vous
perfuadez,
quel
malheur
f
Je
mien!
VALAMIR
Et
fi
lon
vous
en
croit,
puis-je
efpérer
plus
rien?
ARDARIC-
Ab,
que
ne
pouvons-nous
ètre
heureux
l’un
&
l’autre’
|
VALAMIR.
An
que
a’eft
mon
bonheur
plus
compatible
au
à
votre?
ARDARIS
_
Allons
des
deux
côtés
chacun
faire
un
effort.
-
VALAMIR.
Allons,
&
du
fuccès
laiffons-en
faire
au
fort,
,
Fin
du
premier
ae.
SENS
nur
coususccus.,
TRAGEDIE.
Âcre
IL.
24$
E)
S
C.E
=N
PRE
M:
EE.
RE
:
HONORIE,
FLAVIE.
6
-
+
+
|
E)
T-
E
ne
m'en
one
point,
oui,
madame
,
Oar
m'aime
3
1%
Tout
ce
que
je
vous
dis,
je
l'ai
fù
de
lui-mème
:
LS
[s
font
rois,
mais
c’eft
tout.
Ce
titre
fans
pouvor
à
N'a
rien
prefque
en
tous
deux
de
ce
qu
1
doit
avoir
;
Et
le
fier
Attila
chaque
jour
fait
connaître
,
SE
Que
s’il
n’eft
pas
leur
roi,
du
moins
il
eft
leur
maitre.
A
|
Et
qu’ils
n’ont
en
fa
cour
le
rang
de
fes
amis,
S
Qu'autant
qu'à
fon
orgueil
ils
sy
montrent
foumis.
A)
|
Tous
deux
ont
grand.
mérite
,
=
-&
tous
“deux
grand
courage
;,
1
+
Mais
ils
…
à
vrai
dire,
ici
comme
en
Otage,
6
Tandis
que
leurs
foldats
en
des
camps
éloignés
|
ne]
Prennent
lPordre
fous
lui
de
gens
qu'il
a
gagnés;
É
Et
fi
de
le
fervir
leurs
troupes
n'étaient
prêtes,
|
Ces
rois,
tout
rois
qu'ils
font,
répondraïent
de
leurs
tètes..
Son
frère
ainé
Viéda,
plus
rempli
d’équité,
Les
traitait
£
malgré
lui
d’entière
—
;
Ï
m'a
pû
le
foufftir,
&
fa
jaloufe
envie,
_
Pour
m'avoir
plus
d’égaux,
s’eft
immolé
fa
vie.
Le
fang
qu'après
avoir
mis
ce
prince
au
tombeau
On
lui
voit
chaque
jour
diftiller
du
cerveau,
Punit
fon
parricide,
&
chaque
jour
vient
faire
Un
tribut
étonnant
à
celui
de
ce
frère,
Suivant
mème
qu'il
a
plus
où
moins
de
couroux
+
Ce
fang
forme
un
fuplice,
ou
plus
rude,
ou
plus
doux,
S’ouvre
une
plus
féconde,
ou
plus
ftérile
veine,
Et
chaque
emportement
porte
avec
lui
{
peine.
HONORIE.
Que
me
fert
donc
qu’on
m'aime
?
&
pourquoi
m'engager
À
fouférir
i
ne
peut
me
venger?
-
L'infolent
Àt
la
me
donne
une
rivale,
Par
ce
choix
qu'il
balance
il
la
fait
mon
égale;
Et
quand
pour
l'en
punir
je
trois
prendre
un
grand
roi,
Je
ne
prens
qu’un
grand
nom
qui
ne
peut
rien
pour
moi.
Juge
que
de
chagrins
au
cœur
d’une
princeñe,
Qui
hait
également
l’orgueil
&
la
faiblelle
s
=
Et
de
quel
œil
je
puis
regarder
un
amant
_
Qui
waura
que
pitié
de
mon
reflentiment,
:
Qui
ne
faura
qu’aimer,
&
dont
tout
le
fervice
Ne
m'aflure
aucun
bras
à
me
faire
jufice.…
Jufqu’à
Rome
Attila
m’envoye
offrir
{à
foi
>
Pour.
douter
dans
fon
camp
entre
Tidione
-
&.
moi,
Hélas!
Flavie,
hélas!
f
ce
doute
m'offenfe,
Que
doit
faire
une
indigne
&
haute
préférence?
Et
n’eft-ce
pas
alors
le
dernier
des
malheurs,
Qu'un
éclat
impuifant
d'invtiles
douleurs
?
=
?
=
UE
PE,
ne
CEE
R
E
ERAVEHEE
|
E)
Prévener-le
,
madame.
&
montrez
à
fa
honte
Combien
de
tant
d’orgueil
vous
faites
peu
de
-
HONORFÉEE.
La
bravade
eft
aille,
un
mot
efk
bientôt
dit:
Mais
où
fuir
un
tyram
que
la
bravade
aigrit
?
Retournerai-je
à
Rome
où
j'ai
laiffé
mon
frère,
Enfammé
contre
moi
de
haine
&
de
colère,
Et
qui
fans
la
terreur
d’un
nom
fi
redouté
Jamais
neût:
mis
de
borne
à
ma
captivité?
Moi
qui
prétens
pour
dot
la
moitié
F
ue
=
|
Ce
ferait
d’un
malheur
vous
jetter
dans
un
ue
_
Ne
vous
emportez
pas
contre
vous
jufques-là
5
_
Il
ef
d’autres
moyens
de
braver
.
Époufs
Valamir.
EH
ON
o
RI
E.
Effice
comme
on
le
brave
à
One
d'époufer
un
voi
dont
il
fait
fon
efclave:?
EF
L:
À
7
I
E.-
Moss
vous
.
—
_
12
Ni
©
R
TI
E.
Hé
Bien.
fi
jaime
Valamir.
Je
ne
veux
point
de
rois
qu'on
force
d’obéir;
Et
fi
tu
me
dis
vrai,
quelque
rang
que
je
tienne,
…
Cet
hymen
pourrait
être
&
fa
perte
.
&
la
mienne.
Mais
je
veux
qu'Attila
prefle
d’un:
antre
amour.
Endure
telle
infulte
au
ee
de
fa
cour:
:
lidione
parlà
me
verrait
à
{à
fuites
—
À
de
honteux
refpeds
je
ny
verrais
réunis
-
OCTARK.
Vous
favez
toutefois
qu’Attila
ne
left
pas,
Et
combien
fon
trop
d’heur
lui
caufe
d’embarras,
AR
DAREC.
Ah,
puifqu’ila
des
yeux,
fans
doute
il
la
préfère.
Mais
vous
vous
louez
fort
auf
du
roi
fon
frère;
Ne
me
déguifez
rien.
Atil
des
qualités
A
fe
faire
admirer
ainfi
:de
tous
-cotés
?.
Eftce
une
vérité
que
ce
que
jentens
dire,
Ou
fi
c'eft
fans
raifon
que
l’univers
ladmire
?
OCT
AR.
_Jene
fais
pas,
feigneur,
ce
qu’on
vous
en
a
dit;
Mais
f
pour
l'admirer
ce
que
j'ai
vû
fuit,
+
e
l'ai
vù
dans
la
paix,
je
lai
vû
dans
la
guerre
,
Porter.
par-tont
un
front
de
maître
de
la
SÉGREe.
—
J'ai
và
plus
d’une
fois
de
fiéres
nations
Défarmer
fon
couroux
par
leurs
foumiflons.
Jai.
vû
tous
les
plaifirs
de
fon
ame
héroïque
N’avoir
rien
que
d'augufte,
&
que
de
magnifique;
Et
fes
illuftres
foins
ouvrir
à
fes
fujets
—
L'école
de
la
guerre
au
milieu
de
la
paix.
Par
ces
délaffemens
fa
noble
inquiétude
:
De
fes
juftes
defleins
faifait
l'heureux
prélude;
…
Et
fi
jofe
le
dire,
il
doit
nous
être
doux
:
Que
ce
héros
les
tourne
ailleurs
que.
contre
nous.
Je
lai
vû
tout
couvert
de
poudre
&
de
fumée
Donner
le
grand.
exemple
à
toute
fon
armée
,
Semer
par
fes
périls.
Peffroi
de
toutes
parts,
Bouleverfer
les
murs
d’un
feul
de
fes
regards,
Et
fur
l’orgueil
brifé
des
plus
fuperbes
tètes
FA
nonRS
Ro
nr
ri
mms
JF
PRAGÉDIÉ
Lex
II
De
fa
courfe
rapide
entafler
les.
conquêtes.
Ne
me
commandez
point
de
peindre
un
fi
grand
roi,
Ce
que
j'en
ai
vù
pañle
un
homme
tel
que
moi;
Mais
je
ne
puis,
feigneur,
n'empècher
de
vous
dire
Combien
fon
jeune
prince
eft
digne
qu’on
l’admire.
Il
montre
un
cœur
fi
haut
fous
un
front
délicat,
Que
dans
fon
premier
luftre
il
eft
déja
foldat.
Le
corps
attend
les
ans,
mais
l’ame
eft
toute
prète.
D’un
gros
de
cavaliers
il
fe
met
à
la
tête,
Et
l'épée
à
la
main
anime
l’efcadron
:
Qu’enorgueillit
Phonneur
de
marcher
fous
on
nom.
…
Tout
ce
qu'a.
d’éclatant
la
majelté
du
père,
Tout
ce
qu'ont
de
charmant
les
graces
de
la
mère,
Tout
brille
{ur
ce
front,
dont
l’aimable
fierté
_
Porte
empreints
&
ce
charme
&
cette
majelté
,
L'amour
&
le
refpet
qu'un
fi
jeune
mérite...
Mais
la
princefle
vient,
feigneur,
&
je
vous
quitte.
D
CC
EN
FE
VIT
ARDARIC,
ILDIONE.
|
ED
EO
NE.
N
vous
a
confulté,
feigneur
M
aprendrez-vous
Comment
votre
Attila
difpofe
enfin
de
nous
?
|
ARDIREC
|
Comment
difpofez-vous
vous-mème
de
mon
ame?
Attila
va
choifir;
il
faut
parler,
madame
;
Si
on
choix
Cu
po
vou
que
ferez-vous
pour
moi?
a.
+
D
ONE
Tout
ce
que
peut
un
cœur
qu'engage
ailleurs
ma
foi.
Ceft
devers
vous
qu’il
penche,
&
fi
je
ne
vous
aime
Je
vous
plaindrai
du
moins
à
légal
de
moi-même
;
J'aurai
mêmes
ennuis,
j'aurai
mèmes
douleurs;
Mais
je
n’oublirai
point
que
je
me
dois
ailleurs.
AR
ARIC
7.
foi
que
peut-être
on
ef
prèt
de
vous
rendre;
Si
vous
aviez
du
cœur,
vous
fauriez
la
reprendre.
ILDION_E.
Jen
ai
s’il
faut
Me
vaincre,
autant
qu’on
peut
avoir,
Et
men
aurai
jamais
pour
vaincre
mon
devoir.
ARDIRICG
—
Mais
qui
s'engage
à
deux
dégage
l’un
&
l'autre,
FLDETONE
_
Ce
ferait
fa
Tu
-
_-
la
vôtre;
ë
J
non.
FT
à
rence
Ru
e
TRAGEDIE
Ac
II.
257.
Et
fi
je
étais
pas,
feigneur,
ce
que
je
fuis,
J'en
prendrais
quelque
droit
de
finir
mes
ennuis;
Mais
lefclavage
fier
d’une
haute
naifance
,
Où
toute
autre
peut
tout,
me
tient
dans
l’impuiflance;
Et
vidime
d'état,
Je
dois
fans
reculer
Attendre
aveuglément
qu'on
me
daigne
immoler.
ARDARIC.
Andre
qu’Attila,
l’objet
de
votre
haine,
Daigne
vous
immoler
à
la
fierté
Lo
è
LED
EONE
Qu'un
pareil
factifice
aurait
pour
moi
d'apas!
Et
que
je
fouffrirai
sil
nes
r
réfout:
a
7
D
LDIRIC
Qu'il
ferait
glorieux
de
le
faire
vous-même,
D’en
épargner
la
honte
à
votre
diadème!
J'entens
celui
des
Francs,
qu’au
lieu
de
maintenir
.:
ILDIONE.
|
C’eft
à
mon
here
alors
de
venger
&.
punir
;
Mais
ce
ieft
point
à
moi.
de
rompre
une
alliance
Dont
il
vient
d’attacher
vos
Huns
avec
fa
France
,
;
Ét
me
faire
par-là
du
gage
de
Ja
paix
Le
flambeau
d'une
guerre
à
ne
finir
jamais.
Ti
faut
qu'Attila
parle;
&
puifle
être
Honorie
La
plus
confidérée,
ou
moi
la
moins
chérie!
Puife-t-il
fe
réfoudre
à
me
manquer
de
fai!
C'eft
tout
ce
que
je
puis,
&
pour
vous,
&
pour
moi.
S'il
vous
faut
des
fouhaits,
je
n’en
fuis
point
avare;
S'il
vous
faut
des
regrets,
cout
mon
cœur
sy
Poe
Et
veut
bien.
P.
Corneille.
Tome
VI
|
_
SKK
RU
a
ni
|
A
R
D
A
R
I
C.
Que
feront
d’inutiles
oh.
:
Que
laifler
à
tous
deux
d’inutiles
regrets
?
Pouvez-vous
efpérer
qu'Attila
vous
ur
ILDIO
NE.
Rome
eft
encot
puiflante,
il
fe
peut
qu'il
la
craigne,
AR
D
À
KR
TC.
À
moins
que
pout
apui
Rome
n'ait
vos
froideurs
,
Vos
yeux
lemporteront
fur
toutes
vos
grandeurs;
Je
le
fens
en
moïi-mème,
&
ne
vois
point
d’empire
Qu'en
mon
cœur
d’un
regard
ilne
puifle
détruire.
Ârmez-les
de
rigueurs,
madame,
&
par
pitié,
D'un
charme
fi
funefke
ôtez
leur
la
moitié
;
C’en
fera
trop
encor,
&
pour
|
peu
qu
ils
éclatent
;
El
n’eft
aucun
efpoir
dont
nos.
defirs
fe
flattents.
Faites
donc
davantage,
allez
jufqu
au
refus,
Où
croyez
qu'Ardaric
déja
n’efpère
plus,
Qu'il
ne
vit
déja
plus,
&
que
votre
hyménée
À
déja
par
vos
mains
tranché.
fa
deftinée..
ILDIONE.
x
Ai-je
fi
peu
de
part
en
de
tels
ds.
2)
Que
pour
my
voir
en
prendre
il
faille
vos
foupirs.?
D
Me
voulez-vous
forcer
à
la
Bonte
des
larmes
?
Se
NRDARIC
5
2
Si
contre
tant
de
maux*
vous
m’
’enviez
leurs.
charmes
NS
Faites
quelque
autre
grace.
à
mes
fens.
allarmés
>.
é.
»
Madame,
&
pour-le
moins
dites
que
vous m’aimez..
C
ILDIONE
)
2)
Ne
vouloir
pas
m’en
croire
à
moins
d’un
mot
fi
rude.
4
és
C’eft
pour
une
belle
ame
un
peu
_
.
-
5)
TRAGÉDIE.
Acre
IL
259
De
quelques
traits
pour
vous
que
mon
cœur
foit
frapé,
Ce
grand
mot
jufqu'ici
ne
m'efk
point
échapé
;
>
Mais
haïr
un
rival,
endurer
d’être
aimée.
Comme
vous
de
ce
choix
avoir
l’ame
alarmée:
-
A
votre
efpoir
flottant
donner
tous
mes
fouhaits,
À
votre
efpoir
déçà
donner
tous
mes
regrets,
N’eft-ce
point
dire
trop
ce
qui
fied
mal
à
dire
?
|
ARDARIC.
Mais
vous
épouferez
Attila
?
IEDIONE
ne
—-
E
mon
Cœur
EE
Que
faitil,
ce
cœur,
que
m'abufer,
Si
mème
en
n’ofant
rien
il
craint
de
trop
ofer?
Non,
fi
vous
en
aviez
,
vous
fauriez
la
reprendre,
Cette
foi,
que
peut-
ètre
on
eft
prèt
de
vous
rendre.
Je
ne
men
dédis
point,
&
ma
jufte
douleur
Ne
peut
vous
dire
aflez
que
vous
manquez
de
cœur.
IL
D
EONE
.
11
faut
donc
qu'avec
vous
tout-à-fait
je
m'explique
?
Écoutez
&
lar-tont,
=
feigneur,
plus
de
replique.
_Je
vous
aime.
Ce
mot
me
coûte
à
prononcer;
Mais
puifqu'il
vous
plait
tant,
je
veux
bien
m'y
forcer.
Permettez
toutefois
que
je
vous
dife
encore,
Que
fi
votre
Attila
de
ce
grand
choix
mhonote,
Je
recevrai
fa
main
d’un
œil
auf
content,
Que
fi
je
me
donnais
ce
que
mon
cœur
prétend.
|
Non
+
de
fon
amour
je
ne
prenne
un
tel
gage
Kk
ii
SU
NT
È
=
me
SharS
EF.
Ha
RTS
4
Pour
le
dernier
foplic
ice
&
le
dernier
outrage;
.
Et
que
le
dur
effort
d’un
fi
cruel
moment
,
Ne
redouble
ma
haine
&
mon
refflentiment
:
Mais
enfin
mon
devoir
veut
une
déférence
,
Où
mème
il
ne
foupconne
aucune
répugnance,
Je
lPépouferai
donc,
&
réferve
pour
moi
La
gloire
de
répondre
à
ce
que
je
me
doi.
—
Jai
ma
part
comme
une
autre
à
la
haine
publique
Qu’aime
à
femer
partout
fon
orgueil
tyrannique
;
Et
le
hais
d'autant
plus,
que
fon
ambition
À
voulu
s’aflervir
toute
ma
nations
SA
Qu'en
dépit
des
traités
&
de
tout
leur
myltère,
G
Un
tyran
qui
déja
SE
immolé
fon
frère
:
M.
à
+
outait_:
Aurait
peut-être
peine
he
.
au
mien.
Si
donc
ce
trifte
choix
nvarrache
à
ce
que
j'aime
.
S'il
me
livre
à
lhorreur
qu'il
me
fait
de
lui-
mème
Sil
mattache
à
la
main
qui
veut
tout
ficcager
;
ED
Voyez
que
d’intérèts,
que
de
maux
à
venger
!
Mon
amour,
&
ma
haie,
&la
caufe
commune
Crieront
à
la
vengeance,
en
voudront
trois
pour
une
3.
Et:
comme
J'aurai
lors
{a
vie
entre
mes
mains,
Il
a
lieu
de
me
craindre
autant
que
je
vous
plains.
Âflez
d’autres
tyrans
ont
péri
par
leurs.
femmes
3
3:
Cette
gloire
aifément
touche
les
grandes
ames
j.
Et
de
ce
mème
coup
qui
brifera
mes
RE
H
eft
beau
que
ma
main
venge
tout
Punivers.
-
Voilà
quelle
je
fuis,
voila
ce
que
je
_penfe
>
Voilà
ce
que:
l'amour
prépare
à
à
qui
l’offenfe.
Vous,
faites
moi
juftice;
&
fongez
mieux,
ügneur,
N
êe
:
=
RSS
SES
ST
STE"
a
TRAGEDIE.
AcrTe
IL
26:
5
S'il
faut
me
dire
encor
que
je
manque
de
cœur,
ë)
|
ARDARIC-
fu.
:
É
Vous
préferve
le
ciel
de
Pépreuve
cruelle
Ÿ
Où
veut
un
cœur
fi
grand
mettre
une
ame
fi
belle?
Le
Et
puifle
Attila
prendre
un
efprit
aflez
doux,
;
S
Pour
vouloir
qu’on
vous
doive
autant
à
lui
qu'à
vous!
©
à
Fin
du
fecond
ae,
PT
APS
NE
RE
FPT
DU
D
ET
SO
2e
te
me
CE)
4
D)
Es
TS
4
DES
CE
ER
PA
SCENE
he
Re
PT
ES
PIE
PER
PE
ET
UE
TT
PET
TP
ER
A
ENIERTS
MT
D
eee
M
PRO
IEEE
TO
ES
Eu
NET
HE
CORRE
#
TR
TE
Ro
DT
PR
PS
D
D
TE
PE
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M
ET
PE
NT
Te
ms
AT
A
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Fe
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ae
m6
à
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RE
A
AE
3
à
#
4
4
PIRE
RSI
I
RÉRE7
ART
PATTES
Fr
PPT
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GES
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GRIS
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fc
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Heat
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ilE
S
GENE
BLREMI
ER
E
ATTILA,
OCTAR.
|
T
IL
À.
Ocrax
AR,
>
astu
pris
Loin.
-de-
redoubler
:
Ma.
garde
?
?
|
OCTAR.
Oui,
feigneur,
&
déja
chacun
s’entre-regarde,
S’entre-demande
à
quoi
ces
ordres
que
j'ai
mis...
LE
ETIE
A
Quand
on
à
deux
rivaux,
marque-t-on
dennemis
{
£
|
GEÉTIR
Mais,
feigneur,
jufqu'ici
vous
en
doutez
encore.
|
Al
PEE
A,
Et
pour-bien
éclaireir
ce
qu’en
effet
j'ignore,
Je
me
mets
à
couvert
de
ce
que
de
plus
noir
Infpire
à
leurs
pareils
l'amour
au
defefpoir
;
Et
ne
laiffant
pour
arme
à
leur
douleur
preflante,
Qu’une
haine
fans
force.
»
Une
rage
impuiflante,
Je
naffüre
un
triomphe
en
ce
glorieux
jour
our
leurs.
reflentimens
comme
fur
leur
amour.
RSRTIS
<=
PRESS
PES
US
ie
l'E.
Agere
IIlL
ue:
Qu'en
difent
nos.
deux
rois
?
OCTIR
Leurs
ames
allatmées.
De
voir
par
ce
renfort
leurs
tentes
enfermées
,
Affectent
de
montrer
une
tranquillité.
AE
L
A
De
leur
tente
à
la
mienne
ils
ont
la
liberté.
GCTIR
Oui
,
mais
feuls
,
&
fans
fuite;
&
quant
aux
deux
princeffes
.
Que
de
leurs
actions
on
laiffe
encor
maitrefles
;
On
ne
permet
d'entrer
chez
elles
qu”
à
Que
gens
se
Et
jen
bannis
park
ces
rois
&
Leurs.
agens:
no
N’en
ayez
plus,
feigneur,
aucune
inquiétudes
Je
les
fais
obferver
avec
exactitude
;
.
Et
de
quelque
côté
qu’elles
tournent
leurs
pas,
Jai
des
yeux
tout
placés
qui
ne
les
manquent
pas:
On
vous
rendra
bon
compte
,
&
des
deux
rois,
&
d'elles.
AT
LITS.
Hi
fuit
fur
ce
point,
apren
d’autres
nouvelles.
Ce
grand
chef
des
Romains.
lilluftre
Aétius,
=
LE.
feul
que
je
craignais,
Odar.
il
ne
vit
plus.
OOCTAR.
Qui
vous
en
a
défait
2
APTTILL
_
Valentinian
même.
ur
qu'il
mufurpât
jufqu'e
à
{on
diadème
,
Et
preffé
des
foupcons
où
j'ai
fà
l'engager,
Lui-mème,
à
fes
yeux
même,
il
Pa
fait
égorgers.
Rome
perd
en
Jui
ni
plus
de
LU
batailles
3
ÿ.
_
FU
DR
er
Si
Je
me
vois
l’accès
libre
Sd
de
fes
murailles
;
Et
fi
jy
fais
paraitre
Honorie
&
fes
droits,
Contre
un
tel
empereur
j'aurai
toutes
les
voix;
Tant.
l’efiroi
de
mon
nom,
&
la
haine
publique,
Qu’attire
[ur
fa
tète
une
mort
fi
tragique,
Sauront
faire
aifément,
fans
en
venir
aux
mains,
De
Pose
d'une
fœur,
un
maître
des
Romains.
O
C
T
À
RK.
Âinfi
donc
votre
choix
tombe
fur
Honorie
?
AP
TILA.
Jy
fais
ce
que
je
puis,
&
ma
gloire
m'en
prie:
Mais
d’ailleurs,
Tidione
à
pour
moi
tant
d’attraits
_
Que
mon
cœur
étonné
flotte
plus
que
Jamais.
“Je
fens
combattre
encor.
“dans
‘cé
CŒUT
qui
Loupire-
_
Les
droits
de
la
beauté
contre
ceux
de
l'empire,
L'effort
de
ma
raifon
qui
foutient
mon
orgueil,
Ne
peut
non
plus
que
lui
foutenir
un
coup
d'œil;
Et
quand
de
tout
moi-mème
il
ma
rendu
le
maitre,
Pour
me
rendre
à
mes
fers
elle
na
qu'à
paraître.
OQ
beauté,
qui
te
fais
adorer
en
tous
lieux,
Cruel
poifon
de
l'ame,
&
doux
charme
des
YEUX,
Que
devient,
quand
tu
veux,
lautorité
fuprème,
Si
tu
prens
malgré
moi
Vempire
de
moi-même
;
Et
fi
cette
fierté
qui
fait
par-tout
la
loi,
y)
Ne
peut
me
garantir
de
la
prendre
de
toi
?
=
|
%
Va
la
trouver
pour
moi,
cette
beauté
charmantes
6
Du
plus
utile
choix
donne
lui
Pépouvante;
|
Pour
Pobliger
à
fuir,
peig
lui
bien
tout
Paffront
Que
va
mon
hyménée
imprimer
fur
fon
front,
Ofe
plus
,
fai
lui
peur
d'une
prifon
févère,
-
SOURCE
TRAGÉDIE
Acre
IIL
26
nm
nd
mere
Rem
mms
er
Qui
me
réponde
ici
du
couroux
de
fon
frère,
.
Et
retienne
tous
ceux
que
l’efpoir
de
fa
foi
Pourrait
en
‘un
moment
foulever
contre
moi.
Mais
quelle
ame
en
effet
n’en
ferait
pas
féduite
?
Je
vois
trop
de
périls,
Otar,
en
cette
fuite
;
Ses
yeux,
mes
fouverains
à
qui
tout
eft
foumis,
Me
fauraient
d'un
coup
d'œil
faire
trop
d’ennemis.
Pour
en
fauver
mon
cœur
prens
une
autre
manière.
Fai
m'en
haïr,
pein
moi
d’une
humeur
noire
&
fière;
Di
lui
que
jaime
ailleurs,
&
fai
lui
prévenir
La
gloire
qu'Honorie
eft
prête
d'obtenir.
:
Fai
qu’elle
me
dédaigne
»
&
me
préfère
un
autre,
Cr
Qui
n'ait
pour
tout
pouvoir
qu'un
faible
emprunt
du
nôtre
:
cn)
Ardaric,
Valamir,
ne
m'importe
des
deux.
pa
Mais
voir
en
d’autres
bras
l’objet
de
tous
mes
vœux!
Vouloir
qu’à
mes
yeux
mème
un
autre
le
poflède
!
Ah!
le
mal
eft
encor
plus
doux
que
le
remède,
Di
lui,
fai
lui
favoir.
OCTAR.
Quoi,
feigneur
?
ÀATILLA
Je
ne
fai:
Tout
ce
que
j'imagine
eft
d’un
fâcheux
effai.
OCT
AR.
À
quand
remettez-vous
,
après
tout,
d’en
réfoudre
?
À
T
EF
I
L
À.
Octar,
je
lapercois.
Quel
nouveau
coup
de
foudre
!
©
raïifon
confondue,
orguéil
prefque
étoufé,
>
Avant
ce
coup
fatal
que
n’as-tu
triomphé
?
P.
Corutill.
Tome
VI
.
SC
EN
Ê,
II
«
ILDIONE,
ATTILA,
OCTAR.
‘)
—.
ATTIL
A.
Voir
jufqu’en
ma
tente
enlever
mes
hommages,
Madame,
c’eft
trop
loin
poufler
vos
avantages
;
Ne
vous
fufitil
point
que
le
cœuf
foit
à
vous
?
ELDFTONE
C’eft
de
quoi
faire
naître
un
efpoir
affez
doux.
Ce
n’efk
pas
toutefois,
feigneur,
ce
qui
m’amène
;
Ce
font
des
nouveautés
dont
j’ailieu
d’être
en
peine.
Votre
garde
eff
doublée,
&
par
ün
ordre
exprès
Je
vois
ici
deux
rois
obfervés
de
fort
près.
RETEL
À
Prenez-vous
intérêt
ou
pour
l’un,
ou
pour
l’autre
?
ILDIONE.
Mon
intérèt,
feigneur
,
c’eft
d’avoir
part
au
vôtre.
J'ai
droit
en
vos
périls
de
m'en
mettre
en
fouci;
Etde
plus,
je
me
trompe,
ou
lon
m’obferve
auf.
Vous
ferais-je
fufpecte
?
Et
de
.
À
T
T
:
EL
À.
Se
D'être
aimée
:
Med
ne
vos
attraits
.
Jai
Pame
charmée
,
Si
jen
crois
laparence,
ont
bleflé
plus-d’un
roi;
D’autres.
ont
un
cœur
tendre,
&
des
yeux
comme
moi;
Et
pour
vous
&
pour
moi
en
préviens
lPinfolence
,
Qui
pourrait
fur
vous-même
ufer
de
violence,
.
SDS
URUN
300
RTS
RCI
IR
a
TRAGÉDIE
Acre
IIL
267
K)
ee
FE
ILDIONE.
D
Il
en
eft
des
moyens
plus
doux
&
plus
aifés,
FF
+
Si
je
vous
charme
autant
que
vous
m'en
accufez.
D
__
A
LTTLA
—
)
|
_.
1%
Ah,
Vous
me
charmez
trop,
moi,
de
qui
Pame
altière
(2
Cherche
à
voir
fous
mes
pas
trembler
la
terre
entière
;
»)
Moi,
qui
veux
pouvoir
tout,
fi-tôt
que
je
vous
voi,
E
Malgré
tout
cet
orgueil,
je
ne
puis
rien
fur
moi,
#)
Je
veux,
je
tâche
en
vain
d'éviter
par
la
fuite:
72
Ce
charme
dominant
qui
marche
à
votre
fuite:
S
Mes
plus
heureux
fuccès
ne
font
qu’enfoncer
mieux
#)
L'inévitable
trait
dont
me
percent
vos
yeux.
4
É
_
Un
régard
imprévûü
leur
fait
une
victoire;
(
à)
Leur
moindre
fouvenir
l’emporte
fur
ma
gloire
;
Il
s'empare
&
du
cœur,
&
des
foins
les
plus
doux;
G
Et
j'oublie
Attila
dès
que
je
penfe
à
vous.
|
Ÿ
|
Aura
mis
fous
vos
loix
toute
ma
deftinée
?
Quand
je
voudrai
punir,
vous
faurez
pardonner
,
Que
pourai-je
,
madame,
après
que
l’hyménée
G
Vous
refuferez
grace
où
j'en
voudrai
donner
,
KE
Vous
enverrez
la
paix
où
je
voudrai
la
guerre,
—
o
Vous
faufez
par
mes
mains
conduire
le
tonnerre;
|
7
Et
tout
mon
amour
tremble
à
s’accorder
un
bien
à
Qui
me
met
en
état
de
ne
pouvoir
plus
rien
<)
Attentez
un
peu
moins
{ur
ce
pouvoir
fuprème,
S
|
Madame,
&
pour
un
jour
ceflez
d’être
vous-mème,
Ÿ
|
Ceflez
d’être
adorable,
&
laiflez
moi
choifir
__f
-
Un
objet
qui
m'en
laifle
aifément
reffaifr.
se
&
Défendez
à
vos
yeux
cet
éclat
invincible
$)
|
Avec
qui
ma
fierté
devient
incompatibles
:
EN
ES
»)
Êt
rendez
moi
vous-même
à
moi-mème
à
ce
prix,
-
(:
|
ILDILONE.
Û
Je
croyais
qu'on
me
dût
préférer
Honorie
.
C
Avec
moins
de
douceur
&
de
galanteries
S
|
Et
je
m'attendais
pas
une
civilité,
|
7.
Qui
malgré
cette
honte
enflit
ma
vanité.
S
Ces
honneurs
près
des
miens
ne
font
qu'honneurs
fivoles;
)
|
Ils
n’ont
que
des
effets,
j'ai
les
belles
paroles
;
\
|
Et
fi
de
fon
côté
vous
tournez
tous
vos
foins,
-
{)
Cet
qu’elle
a
moins
d’attraits,
&
fe
fait
craindre
moins.
dé
-
L'auraiton
jamais
crû
qu'un
Attila
pût
craindre
.
à
Qu'un
fi
léger
éclat
eût
de
quoi
Ly
contraindre
?
Q
Ët
que
de
ce
grand
nom
qui
remplit
tout
d’effroi,
S
Il
wofät
hazarder
tout
l’orgueil
contre
moi?
4
Avant
qu'il
porte
ailleurs
ces
timides
hommages
,
N
Que
jufqu'ici
j'enlève
avec
tant
d'avantages,
)
Aprenez
moi,
feigneur,
pour
fuivre
vos
defleins,
{
Comme
il
faut
dédaigner
le
plus
grand
des
humains;
à
Dites
moi
quels
mépris
peuvent
le
fatisfaire.
.
Ab,
fi
je
lui
déplais
à
force
de
lui
plaire,
Ç
Si
de
fon
trop
d'amour
fa
haine
eft
tout
le
fruit,
s)
Prètez
moi
he
en.
prètez
moi
des
mépris,
6
Alors
qu’on
la
mérite,
où
fe
voit-on
réduit?
Allez,
feigneur,
allez
où
tant
d’orgueil
afpire.
Honorie
a
pour
dot
la
moitié
de
l’empires
D'un
mérite.
penchant
c’eft
un
ferme
foutien;
Et
cet
heureux
éclat
efface
tont.
_
mien
:
Je
n'ai
que
ma
ne
RCE
RUES
Û
TR
A
GÉDIE.
Acte
IIL
269
X)
ATTILA
|
ai
À
\
“4
…
Et
c’eft
plus
que
Pempire
,
%
+)
Plus
qu'un
droit
fouverain
{ur
tout
ce
qui
refpire.
E)
Û
Tout
ce
qu'a
cet
empire,
ou
de
grand,
ou
de
doux,
re
a)
Je
veux
mettre
ma
gloire
à
le
tenir
de
vous.
É
-
ë
Faites
moi
l’accepter,
&
pour
reconnaiflance
,
|
Ë)
G
Quels
climats
voulez-vous
fous
votre
cbéiffance
?
72
K*4
.
Si
la
Gaule
vous
plait,
vous
la
partagerez,
EN
s
J'en
offre
la
conquête
à
vos
yeux
adorés,
=.
L)
£
}
Et
mon
amour
|
LE
k
a
oO
—
+
S
_
À
quoi
que
cet
amour
s
Hit,
f&
é
La
main
du
conquérant
vaut
mieux
que
fa
conquête.
SN
G
A
LTÉE
A,
|
s)
#2)
:
Quoi,
vous
pourriez
m'aimer,
madame,
à
votre
tour?
É
.
e
-
Qui
sème
tant
d’horreurs
fait
naître
peu
d'amour.
&)
|
.
)
Qu’aimeriez-vous
en
moi?"
Je
fuis
cruel,
barbares
(=.
7;
‘Je
n'ai
que
ma
fierté,
que
ma
fureur
de
rares.
E)
K
On
me
craint,
on
me
hait,
on
me
nomme
en
tout
lieu
1%
4
La
terreur
des
mortels,
&
le
fléau
de
Dieu.
>
LE
È
Aux
refus
que
je
veux
c’eft
là
trop
de
matière;
»
à
Et
fi
ce
n’eft
aflez
d'y
joindre
la
prière,
ee
4
:
Si
rien
ne
vous
réfout
à
dédaigner
ma
foi,
|
S
e
Apréhendez
poür
vous,
comme
je
fais
pour
moi.
&)
*
}
Si
vos
tyrans
d’apas
retiennent
mA
franchile,
.
--
G
_
:
Je
puis
Pètre
comme
eux
de
qui
me
tyrannie.
|
k
\
Souvenez
Vous
enfin
que
je
fuis
Attila,-
-
(
“2
|
é
_—
-
ue
c’eit
dire
tout
que
d'aller
jufque-là.
-
ë)
LE.
=
I
L
D:FO
N-E..
:
-
as
4
ïi
fine
donc
me
réfoudre
?
?
Eh
bien.jofe.
Des
ace
3
:
:
LE
4
Re
Ex
ne
SES
FES
ES
Re
Ÿ
C7.
=
270
Difpenfez
moi
du
relte,
il
y
faut
trop
d’audace,
Je
tremble
comme
un
autre
à
l’afpect
d’Attila,
Et
ne
me
puis,
leigneur,
oublier
jufque-là.
Fobéis,
ce
mot
feul
dit
tout
ce
qu'il
fouhaite;
Si
c’eft
m'expliquer
mal,
qu'il
en
foit
l’interprète.
J'ai
tous
les
fentimens
qu'il
lui
plait
m'ordonner;
J'accepte
cette
dot
qu'il
vient
de
me
donner.
_
Je
partage
déja
la
Gaule
avec
mon
frère,
Et
veux
tout
ce
qu'il
faut
pour
ne
vous
plus
déplaire.
Mais
ne
puis-je
favoir,
pour
ne
manquer
à
tien,
À
qui
vous
me
donnez,
quand
j'obéis
fi
bien?
;
ATTIT
|
Je
n’ofe
le
réfoudre,
&
de
nouveau
je
tremble,
-Sitôt
que
je
conçois
tant
de
chagrins
enfemble.
Ceft
trop
que
de
vous
perdre,
&
vous
donner
ailleurs,
Madame,
laiflez
moi
féparer
mes
douleurs.
_
Souffrez
qu'un
déplaifir
me
prépare
pour
l’autre:
Après
mon
hyménée
on
aura
foin
du
vôtre.
Ce
grand
eflort
déja
n’eft
que
trop
rigoureux,
Sans.
y
joindre
celui
de
faire
un
autre
heureux.
Souvent
un
peu
de
tems
fait
plus
qu’on
w'ofe
attendre,
ÉÉEDIONE
Joferai
plus
que
‘vous,
feigneur,
&
fans
en
prendre;
Et
puifque
de
fon
bien
chacun
peut
ordonner,
Votre
cœuf
et
à
moi:
j'oferat
le
donner;
=
Mais
je
ne
le
mettrai
qu’en
la
main
qu’il
fouhaite.
Vous,
traitez
moi,
de
grace,
ainfi
que
je
vous
traites
Et
quand
ce
coup
pour
vous
fera
moins
rigoureux
,
Avant
que
me
donner
confultez-en
mes
vœux,
mener.
Most
us
eue
ess,
TRAGÉDIE
Acre
IIL
271
ë)
-
Ve
é
A
E)
‘Vous
aimeriez
quelqu'un!
©
=
FA
ILDIONE
E)
Jufqu’à
votre
hyménée
4
Mon
cœur
eft
au
monarque
à
qui
l’on
m'a
donnée;
(£
|
Mais
quand
par
ce
grand
choix
jen
perdrai
tout
efpoir,
)
J'ai
des
yeux
qui
verront
ce
qu'il
me
faudra
voir.
px
5
6
EE
NE
LIT
Se
HONORIE,
ATTILA,
ILDIONE,
S
—.
OCTAR.
iQ
Ces:
HONORIE
:
(=
E
grand
choix
eft
donc
fait,
feigneur,
&
pour
le
faire
N
Vous
avez
à
‘tel
point
redouté
ma
colère,
Ÿ
)
Que
vous
n'avez
pas
crû
vous
‘en
pouvoir
fauver
4
Ê
Sans
doubler
votre
garde,
&
me
faire
obferver?
-
4
Je
ne
me
jugeais
pas
en
ces
lieux
tant
à
craindre;
PAS
Et
d’un
tel
attentat
j'aurais
tort
de
me
plaindre
,
)
Quand
je
vois
que
la
peur
de
mes
reffentimens
|
4
.
En
commence
déja
les
juftes
châtimens.
fs
ÊED
TON
E.
_
N
Que
ces
ordres
nouveaux
ne
troublent
point
votre
ame;
-
Pas
Cétait
moi
qu'on
craignait,
&
non
pas
vous,
madame;
1
Et
ce
glorieux
choix
qui
vous
met
en
couroux,
Ÿ
;
Ne
tombe
pas
fur
moi,
madame,
c’eft
fur
vous,
;
6
|
{)
Ïl
ef
vrai
que
fans
moi
vous
n'y
pouviez
prétendre;
Son
cœur,
tant
qu'il
m'eût
plà,
s’en
auroit
fù
défendre
;
Il
était
tout
à
moi:
Ne
vous
allarmez
pas
D'aprendre
qu'il
était
au
peu
que
j'ai
d'apas;
Je
vous
en
fais
un
don;
recevez-le
pour
gage,
Ou
de
mes
amitiés,
ou
d’un
parfait
hommage
;
Et
forte
déformais
de
vos
droits
&
des
miens,
Donnez
à
ce
grand
cœur
de
plus
dignes
liens.
—-HONORIS.
C’eft
donc
de
votre
main
qu’il
pale
dans
la
mienne,
Madame,
&
c’eft
de
vous
qu'il
faut
que
je
le
tienne?
ILDTIONE
:
Si
vous
ne
le
voulez
aujourd’hui
de
ma
main,
Craignez
qu'il
foit
trop
tard
de
le
vouloir
demain,
Elle
l’aimera
mieux
fans
doute
de
la
vôtre
;
Seigneur
,
ou
vous
ferez
ce
préfent
à
quelqu’autre,
Pour
lui
porter
ce
cœur
que
je
vous
avais
pris,
-
Vous
m'avez:
commandé
des
refus,
des
mépris
:
Souffrez
que
des
mépris
le
refpe&t
me
difpenfe,
Et
voyez
pour
le
refte
entière
obéiflance.
Je
vous
rens
à
vous-mème,
&
ne
puis
rien,
de
plus
;
Et
c’eft
à
vous
de
faire
accepter
mes
refus,
|
OCTO
CEE
s
CENT
PRLHIÉERE
HONORIE,
OCTAR;
FLAVIE.
se
HONORTES
À
NÉE,
fervez
moi
bien.
Si
vous
aimez
Flavie
Elle
fera-le
prix
de
m'avoir
bien
fervie,
Jen
donne
ma
parole,
&
fa
main
eft
à
vous,
Dès
que
vous
m'obtiendrez
Valamir
pour
époux.
__
OCrAR.
:
Je
voudrais
le
pouvoir,
jJ'aflurerais
;
madame
,
Sous
votre
Valamir
mes
jours
avec
ma
flamme,
Bien
qu'Attila
me
traite
allez
confidemment,
Ts
dépendent
fous
lui
d'un
malheureux
moments
Î
ne
fut
qu'un
foupcon
,
un
dégoût,
un
caprice
;.
Pour
en
faire
à
fa
haine
un
foudain
facrifice
:
Ce
neft
pas
un
efprit
que
je
porte
où
je
VEUx.
Faire
un
peu
plus
de-pente
au
penchant
de
fes
vœux,
L’attacher
un
peu
plus
au
païti
qu'ils
choififent,
Ce
n’elt
rien
qu'avec
moi
deux
mille
autres
ne
puiffents,
Maïs
propofer
de
front,
‘ou
vouloir
doucement».
x
=>
Contre
ce
qu'il
réfout
tourner
fon
fentiment…
RNA
/
ES
SEA
Res
a
+
e
ve
des
MEL
ER
A
en
Ve
RER
LeCRSeUR
ARE
LE
o
fa
penfée
en
faveur
de
la
vôtre,
:
S
Ceft
ce
que
nous
n'ofons,
ni
moi,
ni
pas
un
autre;
É
Et
fi
je
hazardais
ce
contretems
fatal,
5
Je
me
perdrais;
madame,
&
vous
fervirais
mal.
|
HONORIE.
|
|
de
Mais
qui
Pattache
à
moi,
quand
pour
l’autre
il
foupire
?
2.
5
‘
|
OCTAR.
a.
Ve
La
mort
d’Aëtius
&
vos
droits
fur
l'empire,
Il
croit
s'en
voir
par-là
les
chemins
aplanis
,
Et
tous
autres
fouhaits
de
fon
cœur
font
bannise
Il
aime
à
conquérir
,
mais
il
hait
les
batailles
;
:
Il
veut
que
fon
nom
feul
renverfe
les
murailles
:
Et
plus
grand
politique
encor
que
grand
guerrier,
Ï
tient
que
les
combats
fentent
l’avanturier.
Il
veut
que
de
fes
gens
le
déluge
effroyable
Atterre
impunément
les
peuples
qu’il
accable
;
Et
prodigue
de
fang
,
il
épargne
celui
Que
tant
de
combattans
expoferaient
pour
lui,
Aïinfi
n’efpérez
pas.
que
jamais
il
relâche,
Que
jamais
il
renonce
à
ce
choix
qui
vous
fâche
:
:
Si
pourtant
je
vois
jour
à
plus
que
je
n’attens,
Madame,
aflurez
xous
que
je
prendrai
mon
tems.
|
=
RARES
PS
….
CVS
ue
BRLOCLER
ECOLE
TRAGÉDIE
Acre
IV.
Se
A
D
6
HONORIE,
FLAVIE
“)
À
|
Le
N
FLAVIE
»)
E
vous
êtes-vous
point
un
peu
trop
déclarée
;
;
%
Madame,
&
le
chagrin
de
vous
voir
préférée,
Ÿ
|
Etouffle-til
la
peur
que
marquaient
vos
difcours,
Ve
De
rendre
hommage
au
fang
d’un
roi
de
quatre
jours
?
+)
|
HONORIE,
7
Je
te
Pavais
bien
dit
,
que
mon
ame
incertaine
De
tous
les
deux
côtés
attendait
mème
gène,
Flavie,
&
de
deux
maux
qu’on
craint
également
Celui
qui
nous
arrive
cft
toujours
le
plus
grand,
Celui
que
nous
fentons
devient
le
plus
fenfble,
D'un
choix
fi
glorieux
la
honte
eft
trop
vifble
3
Tidione
a
fi
l’art
de
m'en
faire
un
malheur;
La
gloire
en
eft
pour
elle,
&
pour
moi
la
douleur:
Elle
garde
pour
foi
tout
l'effet
du
mérite,
=
Et
me
livre
avec
joie
aux
“ennuis
qu’elle
évite,
Vois
avec
quelle
infulte
&
de
quelle
hauteur
Son
refus
en
mes
mains
réjette
un
fi
grand
cœuts
Cependant
que
ravie
elle
affure
à
fon
ame
La
douceur
d’être
toute
à
l’objet
de
fa
flamme;
Car
je
ne
doute
point
qu'elle
n'ait
de
l'amour.
Ardaric
qui
s'attache
à
la
voir
chaque
jour,
pe
Les
refpects
qu’il
lui
rend,
&
les
foins
qu'il
fe
donne.…
x
._
P.
Corneille
Tome
VI.
S
némersmensr-s
|
FLAVÉE
Jofe
vous
dire
plus,
Attila
l'en
foupconne;
Il
eft
fier
&
colère,
&
s’il
fait
une
fois
Qu'Iidione
en
fecret
l’honore
de
fon
choix
,
Qu’'Ardaric
ait
fur
elle
ofé
jetter
la
vüe,
Et
briguer
cette
foi
qu'à
lui
feul
il
croit
dûe,
Je
crains
qu’un
tel
efpoir
au
lieu
de
s'afermir
—
FONORIE.
Que
n’ai-je
donc
mieux
tù
que
jaimais
Valamir
!
Mais
quand
on
eft
bravée,
&
qu’on
perd
ce
qu’on
aime,
Flavie,
eft-on
fitôt
maitrefle
de
foi-mêème
?
D’Attila,
s'il
fe
peut,
tournons
l'emportement
Ou
contre
ma
rivale,
ou
contre
fon
amant
5
Accablons
leur
amour
fous
ce
que
j'apréhende;
Promettons
à
ce
prix
la
main
qu’on
nous
demande;
Et
faifons
que
lPardeur
de
recevoir
ma
foi
L’empèche.
d’être
ici
plus
heureufe
que
moi.
Renverfons
leur
triomphe.
Etrange
frénéfe
!
Sans
aimer
Ardaric
jen
conçois
jaloufie
!
=
Mais
je
me
venge,
&
fuis
en
ce
jufte
projet
Jaloufe
du
bonheur,
&
non
pas
de
Pobijet.
:
FLAVIE
Âttila
vient,
madame.
|
HONORIE.
|
=
_
Hé
bien,
faifons
connaître
Que
le
fang
des
Céfars
ne
foufre
point
de
maître.
.
Et
peut
bien
refufer
de
pleine
autorité
=
k
a
»
;
s
Ce
qu'une
autre
refufe
avec
témérité,
Qué.
=.
SCENE
II,
-
ATTILA,
HONORIE,
FLAVIE.
Re
RLTELA
E..
s’aprète,
madame,
&
ce
grand
hyménée
Peut
-dans
une
heure
ou
deux
terminer
la
journée,
-
Mais
fans
vous
Y
contraindre,
&
je
ne
Viens
que
voir
Si
vous
avez
mieux
vù
quel
ef
votre
devoir.
EE
ON
OMR
+
Mon.
devoir
ef,
feigneur,
de
foutenir
ma
gloire,
Sur
qui
va
s’imprimer
une
tache
trop
noire,
Si
votre
illuftre
amour
pour
fon
premier
effet
Ne
venge
hautement
loutrage
qu'on
lui
fait.
Puis-je
voir
fans
rougir
qu'à
la
belle
Ildione
Vous:
demandiez
congé
de:
m'offrir
votre
trône
?
ATTrEX
Toujours
Jidione,
&
jamais
Attila
!
-
HONORTIE.
Si
vous
me
préférez,
feigneur,
puniflez-la;
Prenez
mes
intérêts,
&
preflez
votre
flamme
De
remettre
en
honneur
le
nom
de
votre
femme,
Tidione.
le
traite
avec
trop
de
mépris,
Soutrez-en
de
pareils,
ou
rendez
lui
fon
prix.
À:
quel
droit
voulez-vous
qu'un
tel
manque
d’eftime,
il
eft
gloire
pour
elle;
en
moi
devienne
un
CHImME
?
Nnij
|
Fe
Fesevre
PRIS
RIT
TS
RTS
RIT
CG
Sn
ÿ)
/]
:
/
:
15
Es
-
RÉ
ê
—_
Qu’après
que
nos
refus
ont
tous
deux
éclate,
à
£)
Le
mien
foit
puniffäable
où
le
fien
eft
flatté
?
1
QG
Qu'elle
brave
à
vos
yeux
ce
qu’il
faut
que
je
craigne,
S
<
Et
qu’elle
me
condamne
à
ce
qu’elle
dédaigne
?
LA
a
(e
Pour
vous
juftifier
mes
ordres
&
mes
vœux,
>
&
}
_
Je
croyais
qu'il
fuffit
d’un
fimple,
Je
Le
veux;
Mais
voyez,
puifqu'il
faut
mettre
tout
en
balance,
D’Hdione
&
de
vous
qui
m'oblige,
ou
m'offenfe.
Quand
on
refus
me
fert,
le
vôtre
me
trahit;
Ïl
veut
me
commander,
quand
le
fien
m'obéit.
=
L'un
eft
plein
de
refpe@,
l’autre
eft
gonflé
d’audace
;
Le
vôtre
me
fait
honte,
&-le
fien
me
fait
grace.
Faut-il
après.
cela
qu’
aux
dépens
de
fon
fang
Je
mérite
l'honneur
de
vous
mettre
el
mon
ee
2.
HO
NOR
E.
Ne
peut-on
Îe
venger
,
à
moins
qu’on
affafline
?
Je
ne
veux
point
fa
mort,
ni
mème
fa
ruine;
I
eft
des
châtimens
plus
jules
&
plus
doux,
Qui
Pempècheront
mieux
de
triompher
de
nous.
Je
dis
de
nous,
feigneur,
car
loffenfe
eft
commune
,
-
Et
ce
que
vous
m'ofrez
des
deux
n’en
ferait
qu’une.
Idione
,
pour
prix
de
fon
manque
de
foi,
Dilpofe
arrogamment
&
de
vous
&
de
moi!
*
Pour
prix
de
la
hauteur
dont
elle
m'a
bravée.
Ke
À
Ton
heureux
amant
fa
main
eft:
réfervée
;
ET
Avec
qui
fatisfaite
elle
goûte
l’apas
(
7
De
n'ôter
ce
que
j'aime,
&
me
mettre
en
vos
bras!
#)
a
Quel
eft-il
cet
amant
?
$
ut
R
y
y
7 y
dy
y
ERA
de
SÉROROPEROENSOUESE
HONORITE.
-
Ienotez-vous
encore
Qu'elle
adore
Ârdaric,
&
qu'Ardaric
l'adore
2.
_
HI
TILA
Qu'on
m’amène
Ardaric.
Mais
de
qui
favez-vous,
=
HONOR
ÏI
E.
C’eft
une
vifon
de
mes
foupcons
jaloux,
Jen
fuis
mal
éclaircie,
&
votre
orgueil
l'avoue,
.
Ét
quand
elle
me
brave,
&
quand
elle
vous
joue,
Mème
s'il
faut
vous
croire,
on
ne
vous
fert
pas
mal,
Alors
qu'on
vous
dédaigue
en
faveur
d'un
rival.
D'Ardaric
&
de
moi
telle
eft
la
différence,
Qu'elle
en
punit
afñez
Îa
foile
préférence.
HONORIE.
Quoi
,
S'il
peut
moins
que
vous’,
ne
lui
volez-vous
pas
Ce
pouvoir
ufurpé
fur
fes
propres
foldats
?
:
Un
véritable
roi
qu’oprime
un
fort
contraire,
Tout
oprimé
qu'A
ef,
garde
fon
caractère;
Ce
nom
lui
refte
entier
fous
les
plus
dures
loix;
.
Il
eft
dans
les
fers
même
égal
aux
plus
grands
rois,
Et
la
main
d'Ardaric
fuit
à
ma
rivale,
|
Pour
lui
donner
plein
droit
de
me
traiter
d’égale.
Si
vous
voulez
punir
l’affront
qu’elle
nous
fait,
Réduifez-la,
feigneur,
à
lhymen
d'un
fujet;
Ne
cherchez
point
pour
elle
une
plus
dure
peine,
Que
de
voir
votre
femme
être
fa
fouveraine;
Et
je
pourai
moimème
alors
vous
demander
Le
droit
de
m'en
fervir,
&
de
lui
commander.
Nn
äj
LE
Le]
N
Sn
ee
_
(*%
ATEN
E
À,
:
{
KT
lé
Se
dame,
je
faurai
lui
trouver
un
fuplice
;
4%
ED
Agréez
cependant
pour
vous-même
Hices
:
n)
CE
Et
s'il
faut
un
fujet
à
qui:
dédaigne
un
roi,
as
A
Choififlez
dans
une
heure,
ou
d'Oar,
ou
de
moi.
(
É
4
|
HONORIE.
:
+
S
D'Odar-
où
….
1:
à
ATTILA
LE
Les
grands
cœurs.
parlent
avec
franchife,
i
f
e
C’eft
une
vérité
que
vous
m’avez
aprile
:
VE
A4
Songez
donc,
fans
murmure,
à
cet
illuftre
ee
S
G
Et
remerciez
moi
de
fuivre
ainfi
vos
loix.
’
2)
mHONORIE
=
C
C%
Me
propoler
Odar!
.
i)
K
A
T
T
1
.
=
|
=
SA
7
Qu'y.
trouvez-vous
à
dire?
|
6
G
Sefait-il
à
vos
yeux
indigne
de
l’empire
?
)
EJ
S'il
eft
né
fans
couronne,
&
n’eut
jamais
d'états,
+)
G
On
monte
à
ce
grand
trône
encor
d’un
pas
plus
bas.
Ÿ
S
On
a
yü
des
Céfars,
&
mème
des
plus
braves,
(
e
Qui
fortaient
d’artifans,
de
bandoliers,
d’efclaves
:
;
5
ES
_-
Le
tems
&
leurs
vertus
les
ont
rendu
fimeux,
f%
Cv
/4
Et
notre
cher
Octar
a
des
vertus
comme
eux.
_.
N
à
Se
|
i)
=
})
Va,
ne
me
tourne
point
Oûar
en
ridicule,
:
Ce
&
Ma
gloire
pourrait
bien
l’accepter
fans
fcrupule
,
à
€
Tyran;
&
tu
devrais
du
moins
te
fouvenir
fl
Ë
bi
4
Que
sil
n’en
eft
pas
digne,
il
peut
le
devenir.
S
®
Au
défaut
dun
beau
fang
il
eft
de
grands
fervices
;
-
FS
£)
Il
eft
Le.
vœux
:
foumis,
il
eft
des
facrifices,
5
RSR
RS
mms
AS
mn
md
HOCACCLROCOULOUNC
$
Lt
ACTE
IV.
287
6
Il
eft
des
glorieux
&
furprenans
effets,
À
_Des
vertus
de
héros,
&
mème
des
forfaits.
L'exemple
y
peut
beaucoup.
Inftruit
par
tes
maximes
,
S
Il
s’eft
fait
de
ton
ordre
une
habitude
aux
crimes:
Comme
ta
créature
il
doit
te
refflembler.
4
Quand
je
l’enhardirai,
commence
de
trembler.
+)
Ta
vie
eft
en
mes
mains
dès
qu'il
voudra
me
plaire
;
Et
rien
n’eft
für
pouf
toi,
fi
je
veux
qu’il
efpère.
Ton
rival
entre,
adieu,
délibère
avec
lui.
Si
ce
cher
OMtar
m'aime,
où
fera
ton
apui
?
Æ
SC
É
N
E
IV.
ATTEL
A.
ARDARIC
=
AFTrEÀ
Sieneur.
[ur
ce
grand
choix
je
ceffe
d’ètre
en
peine;
Jépoufe
dès
ce
foir
la
princefle
Romaine;
:
En
wai
plus
qu'à
prévoir
à
qui
plus
fürement
Je
puis
confier
l'autre
&
fon
reflentiment.
Le
roi
des
Bourguignons,
par
ambaflade
exprefle,
Pour
Sigifmond
{on
fils
voulait
cette
princefle
;
Mais
nos
ambaffadeurs
furent
mieux
écoutés.
Pourrait-il
nous
donner
toutes
nos
füretés
?
ARDAÂARIC.
Son
état
fert
de
borne
à
ceux
de
Mérouée
;
La
.
entreux
deux
ferait
bientot
nouées
Doc
RSA
0e
RIT
FCO
|
G
2e
.
5
LL
TR
L
À,
Un
mari
pour
fa
femme,
un
frère
pour
fa
{œur,
G
Et
vous
verriez
armer
d’une
pareille
ardeur
À
L'union
en
ferait
trop
facile
&
trop
grande,
Ç
AL
LL
[À
£
Celui
des
Vifigoths
faifait
mème
demande,
£
Comme
de
Mérouée
il
eft
plus
écarté,
À
Leur
union
aufait
moins
de
facilité
:
&J
Le
Bourguignon
d’ailleurs
{épare
nos
provinces
,
Ç
Et
fervirait
pour
nous
de
barre
à
ces
deux
princes,
F
ARDARIC
(é
Oui,
mais
bientôt
lui-même
entreux
deux
écrafe.
Q
Leur
ferait
à
fe
joindre
un
chemin
trop
aifé;
&
7
Et
ces
deux
rois
par-là
mâiîtres
de
la
contrée,
C
+
D'autant
plus
fortement
et
défendraient
l'entrée,
>)
Qu'ils
auraient.
plus.
à
perdre
,
&
qu'un
juite
couroux
/
%
N’aurait
plus
tant
de
chefs
à
liguer
contre
VOUS,
5
-
La
princeffle
Idione
eit
orgueilleufe
&
belle,
Le
D.
Il
lui
faut
un
mari
qui
réponde
mieux
d'elle,
F
Dont
tous
les
intérêts
aux
vôtres
foient
foumis
-
Ç
Et
ne
le
pas
choifir
parmi
vos
ennemis,
(x
D’une
fière
beauté
la
haine
opiniitre
SK
Donne
à
ce
qu’elle
haït
jufqu'’au
bout
à
combattre
;
LP
/
Êt
pour
peu
que
Ja
veuille
écouter
un
ÉpOUX.
..
e
=
>
À
T1IELAX
|
À
D
I
de.
in
donc,
feigneur,
ou
Välamir,
ou
vous;
G
La
pourriez-vous
aimer
?
parlez
fans
fatterie,
2)
J'aprens
‘que
Valamir
eft
aimé
d'Honorie
;
4
11
peut
de
mon
hymen
concevoir
quelque
ennui
,
e
Et
je
m'aflurerais
fur
vous
plus
que
fur
lui.
a
/l
é
Fe
-
__—
ARDARIC.
|
eu
T
7/72
7
7/
à
VE.
DFA
AO
AVR
SMS
MS
mm
RS
RS
RS
[lauaseueceue.
ee,
&
TRAGÉDIIE
dre
IV.
289
à)
.
|
AR
DB
Gen
20
5
+)
.
C’eft
m’honorer,
féigneur
,
de
trop
de
confiance.
(C
&
our
E
Parlez
donc,
pourriez-vous
goûter
cette.allance
?
|
À.
|
AR
D
ARIIC.
à)
|
«
Vous
favez
que
vous
plaire
eft
mon
plus
cher
(OU
Ÿ.
|
à
AD
DE
se
$
G
Qu'on
cherche
la
princefle,
&
qu'on
lamène
ici:
4
G
Je
veux
que
de
ma
main
vous
receviez
la
fienne.
4%
7
Us
Mais
dites
moi,
de
grace,
attendant
qu’elle
vienne,
_K
&
Par
où
me
voulez-vous
affurer
votre
foi
?
E)
ne)
Et
que
feriez-vous
prèt
d'entreprendre
pour
moi?
2
‘à
E
É
Car
en&m
elle
eft
belle,
elle
peut
tout
féduire,
ë
|
R
Et
vous
forcer
vous-:mème
à
me
vouloir
détruire.
as
F9)
|
RDA
RTC:
E)
|
G
Fautil
vous
immoler
l’orgueil
de
Torrifmond?
()
4)
Faut-il
teindre
lÂArar
du
fang
de
Sigifmond
?
4
È
CG
Faut-il
mettre
à
vos
pieds
&
lun
&
l'autre
trône
?.
SS
&
Al
T
ÉFA.
:
_
Ne
difimulez
point,
vous
aimez
Idione,.
…
_
à)
Ç
Et
propofez
bien
moins
ces.
“slorieux
travaux
:
.
:)
+]
Contre
mes
ennemis
que
contre
Vos
rivaux.
3
LE
|
Es
_
Ce
promt
emportement,
&
ces
fubites
haines
,
|
K
Sont
d’un
amour
jaloux
Îles
preuves
trop
certaines
:
(C&
7
Les
foins
de
cet:amour.
font
ceux
de
ma
grandeur
;
à)
à
Et
fi
vous
n’aimiez
pas
,
vous
auriez
moins
d’ardeur.
Ÿ
Comme
vers
notre
amour
ce
nom
le
rend
coupable;
Comme
fa
perte
elt
juite
encor
qu
il
n'ofe
riens
;
}
Voyez
comme
un
rival
ef
foudain
haiffable,
D
—
P.
Corneille.
Tome
VI.
:
|
‘Oo
-
Ÿ
|
“+
Et
fans
aller
fi
loin,
délivrez
moi
du
mien.
Diférez
à
punir
une
offenfe
incertaine
,
Et
fervez
ma
colère
avant
que
votre
haine.
Serait-il
far
pour
moi
d’expofer
ma
bonté
À
tous
les
attentats
d’un
amant
fuplanté
?
Vous-mème
pourriez-vous
époufer
une
femme,
.
Et
laiffer
à
fes
yeux
le
maître
de
fon
ame?
|
AR
D
AR
IEC.
S'il
était
trop
à
craindre,
äl
faudrait
l’en
bannir.
|
A
ET
IL
à.
Quand
il
eft
trop
à
craindre,
il
faut
le
prévenir,
C’eft
un
roi
dont
les
gens
mèlés
parmi
les
nôtres
Feraient
accompagner
fon
exil
de
trop
d’autres,
Qu'on
verrait
s'opofer
aux
foins
que
nous
prendrons,
Et
de
nos
ennemis
groflir
les
efcadrons.
ARDBARIC.
Eff.ce
un
crime
pour
lui
qu’une
douce
efpérance
Que
vous
pourriez
ailleurs
porter
la
préférence
?
AT
TEE
À
Oui,
pour
lui,
pour
vous-mème
,
&
pour
tout
autre
roi,
Cen
eft
un
que
prétendre
en
mème
lieu
que
moi.
S'empater
d'un
efprit
dont
la
foi
m’eft
promife,
Cet
furprendre
une
place
entre
mes
mains
remifes
Et
vous
ne
feriez
pas
moins
coupable
que
lui,
Si
je
ne
vous
voyais
d’un
autre
œil
aujourd’hui...
,
À
des
crimes
pareils
J'ai
dû
mème
juftice,
Et
ne
choïfis
pour
vous
qu'un
amoureux
fuplices
Pour
un
fi
cher
objet
que
je
mets
en
vos
bras,
Eli-ce
un
prix
exceflif
qu'un
fijufte
trépas?
TRAGÉDIE.
Acre
IV.
29r
_
ARDI
SIC.
N
©
Mais
c’eft
deshonorer,
feigneur,
votre
hyménée
à
Que
vouloir
d’un
tel
fang
en
marquer
la
journée.
A
TT
EE
Eftil
plus
grand
honneur
que
de
voir
en
mon
choix
Qui
je
veux
à
ma
flamme
immoler
de
deux
rois,
Et
que
du
facrifice
où
s’expiera
leur
crime,
L'un
deux
foit
le
miniftre,
&
l’autre
la
victime?
Si
vous
nofez
par-là
fatisfaite
vos
feux,
Craignez
que
Valamir
fe
foit
moins
fcrupuleux
,
Qu'il
ne
s’impute
pas
à
tant
de
barbarie
D’accepter
à
ce
prix
fon
illuffre
Honorie
ee
Et
n'ait
aucune
horreur
de
fes
vœux
les
plus
doux.
Si
leur
entier
[uccès
ne
lui
coûte
que
vous;
Car
je
puis
époufer
encor
votre
princelle,
Et
détourner
vers
lui
l'effort
de
ma
tendrefle,
ROSÉ
OCUoUo
SCIE
NE
y
ILDIONE,
ATTILA,
ARDARIC
Passe
A
LL
FL
À
Ildione..
Vos
refus
obligeans
ont
daigné
n’ordonner
De
confülter
vos
vœux
avant
que
vous
donner;
Je
m'en
fais
une
loi.
Dites
moi
donc,
madame,
Votre
cœur
.d'Ardaric
agréraitil
la
Aamme
?
oi
EL
DILO-NE.
|
Cef
à
moi
d'obéir
;
vous
le
fouhaitezs
Mais,
feignéor.;
.
=
.
ee
ATPÉES
Il
y
fait
quelques
difficultés,
Mais
je
fais
que
fur
lui
vous
êtes
abfolue.
Achevez
d'y
porter
fon
ame
irréfolue
,
.
Afin
que
dans
‘ane
heure
au
milieu
de
ma
cour
Votre
hymen
&
le
mien
couronnent
ce
grand
jour,
RO
RON
LV
ÿ
ARDARIC,
ILDIONE:
:
ILDÉONE.
|
&
D
Où
viennent
‘ces
foupirs
?
d’où
nait
cette
triftefle
?
2)
Eft-ce
que
la
furprife
étonne
lallégrefe,
É
_
Quelle
en
fufpend
l'effet
pour
le
mieux
fignaler
,
|
K
Et
qu'aux
yeux
du
tyran
il
faut
difimuler
?
FD
Il
ef
parti,
fergneur,
fouffrez
que
votre
joie,
(EN
Souftez
que
fon
excès
tout
entier
Îe
déploie
,
$
Qu'il
fafe
voir
aux
miens
celui
de
votre
amour.
:
ARDARIC
Vous
allez
foupirer,
madame
,
à
votre
tour,
À
moins
que
Votre
cœur
malgré
vous
fe
prépare
A-mavoir
rien
d’humain,
‘non
plus
que
ce
barbare.
I
me
choifit
pour
vous,
c’eft
un
bonheur
bien
grand,
Mais
qui
doit
faire
horreur
par
lé
prix
qu'il
le
vend.
A
recevoir
ma
main
pourriez
vous
être
prète
;
=.
_
Fil
faut
qu'à
Valamir
il
en
coûte
la
tète
£
|
ei
ONE
Quoi
,
feigneur
?
+
SD
À
R
D
À
R
I-C
.
Attendez
à
vous
en
étonnet
-
©
Que
vous
fachiez
la
main
qui
doit
lPafafiner.
:
-
Ceft
à
cet
attentat
la
mienne
qu'il
deltine
.
Madame.
_
=
:
—
"
2
:
G
294
A
A,
1
;
ILDIONE.
Ceft
par
vous,
feigneur,
qu'il
l'afaMine
2
ARDARIC.
Il
me
fait
fon
bourreau
pour
perdre
un
autre
roi,
À
qui
fait
fa
fureur
la
mème
offre
qu'à
moi:
Aux
dépens
de
fa
tète
il
veut
qu’on
vous
obtienne:
On
Jui
donne
Honorie
aux
dépens
de
la
mienne
;
Sa
cruelle
faveur
m'en
a
laiflé
le
choix,
|
ÉÉ-D
EG
NE
Quel
crime
voit
fa
rage
à
punir
en
deux
rois?
ARDARIC.
Le
crime
de
tous
deux
c’eft
d’aimer
deux
princefles
,
Ceft
d’avoir
mieux
que
lui
mérité
leurs
tendrefles.
De
vos
bontés
pour
nous
il
nous
fait
un
malheur
-
Et
d’un
fujet
de
joie
un
excès
de
douleur.
ILDIONE
Eft:1
orgueil
plus
lâche,
ou
lächeté
plus
noire
?
Il
veut
que
je
vous
coûte,
ou
la
vie,
-ou
la
gloire,
Et
ferve
de
prétexte
au
choix
infortuné
D'affafliner
vous-même,
ou
d’être
affafiné
!
IL
vous
offre
ma
main
comme
un
bonheur
infigne
,
Mais
à
condition
de
vous.en
rendre
indigne;
Et
fi
vous
refufez
par-là
de
m'acquérir
,
Vous
ne
fauriez
vous-même
éviter
de
périr
!
ee
Ï1
eft
beau
de
périr
pour
éviter
un
crime
;
Quand
on
meurt
pour
f
gloire,
on
revit
dans
l’eftime
;
Et
triompher
ainff
du
plus
rigoureux
fort
,
Ceft
s’immortalifer
par
une
illufre
mort.
_
D
—…
e
S—
Ë
TRAGEDIE.
Acre
IV.
20
:)
ILDIONE.
Cette
immortalité
qui
triomphe
en
idée,
|
(
Veut
ètre,
pour
charmer,
de
plus
loin
regardée;
Et
quant
à
notre
amour,
ce
triomphe
eft
fatal,
.
La
gloire
qui
le
fuit
nous
en
confole
mal.
CSSS
SSSR
SRE?
ARDARIC.
Vous
vengerez
ma
mort,
&
mon
ame
ravie...
ILDIONE.
Ah,
venger
une
mort
n’eft
pas
rendre
une
vie
»
Le
tyran
immolé
me
laiffle
mes
malheurs,
Et
fon
fang
répandu
ne
tarit
pas
mes
pleurs.
A
RDA
RTC.
Pour
fauver
une
vie,
après
tout,
périffable
,
En
rendrais-je
le
refte
infame
&
déteftable
?
Et
ne
vaut-il
pas
mieux
aflouvir
fa
fureur
;
Et
mériter
vos
pleurs,
que
de
vous
faire
horreur
?
LOI
ONES
Vous
men
feriez
fans
doute
après
cette
infamie,
Affez
pour
vous
traiter
en
mortelle
ennemie
;
Mais
fouvent
la
fortune
a
d’heureux
changemens
,
Qui
préfident
fans
nous
aux
grands
événements.
Le
ciel
neft
pas
toujours
aux
méchans
fi
propice:
Après
tant
d'indulgence
il
a
de
la
jufice.
|
Parlez
à
Valamir,
&
voyez
avec
lui
Sil
melt
aucun
remède
à
ce
mortel
ennui
>
—
.
b
ù
ERREURS
té
V4
AT
TiCE
À,
A
R
D'ASR
FC
Madame.
.
:
ILDIONE.
Allez,
feigneur,
nos
maux
&
le
tems
preflent,
Et
Îlés
mèmes
périls
tous
deux
vous
intéreflent.
_.
ARDARIC.
J'y
vais,
mais
en
l’état
qu’eft
fon
fort
&
le
mien,
Nous
nous
plaindrons
enfemble,
&
ne
réfoudrons
rien.
ILDIONE
Armez
contre
un
tyran
vos
plus
dangereux
charmes
,
Voyez
fi
de
nouveau
vous
le
pourez
domter
,
Et
renverler
fur
lui
ce
qu’il
ofe
attenter.
Reprenez
en
fon
cœur
votre
place
ufurpée,
Ramenez
à
l'autel
ma
viétime
échapée,
Rapellez
ce
couroux
que
fon
choix
incertain
En
faveur
de
ma
flamme
allumait
dans
mon
fein,
Que.
tout
fembie
facile
en
cette
incertitude
!
Mais
qu'à
Pexécuter
tout
eff
pénible
&
rude!
Et
qu’aifément
le
fexe
opofe
à
fa
fierté
Sa
douceur:
naturelle
&
fa
timidité
!
Rêve,
mes
triltes
yeux,
trève
aujourd’hui
de
larmes,
Va
Quoi,
ne
donner
ma
foi
que
pour
être
perfide
!
à
=
N’accepter
un
époux
que
pour
un
parricide
!
T%
Ciel,
qui
me
vois
frémir
à
ce
nom
feul
d'époux
,
)
Ou
ren
moi
plus
barbare,
ou
mon
tyran
plus
doux,
û
Fin
du
quatriäne
ae.
=
à
Bus
NeLRS
Re
RS
Rd
ee
eue
CRE
in
en
Ÿ
£)
|
à
ca
De
ces
fleuves
de
fang
où
fe
baignait
ta
rage.
N
à)
RD
Voir
E
ne
Er
IpA
t)
CS
Que
vous
perdez
des
mots
injurieux
ps
2)
A
me
faire
un
reproche
&
doux
&
glorieux!
K
G
Ce
Dieu
dont
vous
parlez,
de
tems
en
tems
févère,
À
+)
…
.
de
or
*
coEe
C
&
ais
quand
à
fà
fureur
il
Le.
PAYER
è
EN
Elle
à
pour
chaque
tems
des
déluges
divers.
0
AZ
Jadis
de
toutes
parts
faifant
regorger
l'onde,
NA
©
Sous
un
déluge
d’eaux
il
abima
le
monde:
S
à)
Sa
main
tient
en
réferve
un
déluge
de
feux,
.
(à
Pour
le
dermier
moment
de
nos
derniers
neveux;
à
ED
Et
mon
bras
dont
il
fait
aujourd'hui
fon
tonnerre
;
fe
É
:
D'un
déluge
de
fang
couvre
toute
la
terre,
Û
e
|
HONORFE
Ed
Lorfque
par
les
tyrans
il
punit
les
mortels,
(
Ë
€:
Il
réferve
fa
foudre
à
ces
grands
criminels,
S
2)
Qu'il
donne
pour
fuplice
à
toute
la
nature,
:
d:
Jufqu’à
ce
que
leur
rage
ait
comblé
la
mefure,
6
EN
Peut-être
qu’il
prépare
en
ce
mème
moment
ÿ
Le
À
À
de
fi
noirs
forfaits
Péclat
du
châtiment,
a
7
Qu'alors
que
ta
fureur
à
nous
perdre
s’aprète,
£
É
à)
Jl
tient
le
bras
levé
pour
te
brifer
la
tête,
E
ESA
Et
veut
qu'un
grand
exemple
oblige
de
trembler
G
€
Quiconque
déformais
t'ofera
refflembler..
:
À
à
ATTILA.
_
5
CG
Hé
bien,
en
attendant
ce
changement
finiftre
à
|
Ÿ
|
&
J'oferai
jufqu'au
bout
lui
fervir
de
minilire,
E
(
|
Et
))
N
1
D.
WA
À
|
Roue
nrscrussausueus
a
ce
oies
Aere
V.
320$
Et
faire
exécuter
toutes
fes
volontés
Sur
vous.
&
fur
des
rois
contre
moi
révoltés.
Par
des
crimes
nouveaux
je
punirai
lés
vôtres,
Et
mon
tour
à
périr
ne
viendra
qu'après
d’autres.
HONORTE.
Ton
fang,
qui
chaque
jour
à
longs
flots
diftillés
;
Séchape
vers
ton
frère
&
fix
rois
immolés,
Te
diraitil
trop
bas
que
leurs
ombres
t’apellent?
Faut-il
que
ces
avis
par
moi
fe
renouvellent
?
Voi,
voi
couler
ce
fang
qui
te
vient
avertir,
Tyran,
que
pois
les
joindre
il
faut
bientôt
partir.
:
A
TTIE
À.
Ce
n’eft
rien,
&
pour
moi
s'il
n’eft
point
d'autre
foudre
,
J'aurai
pour
ce
départ
du
tems
à
ny
réfoudre.
D’autres
vous
enverraient
leur
frayer
le
chemin,
Mais
j'en
laifferai
faire
à
votre
grand
deftin
;
Et
trouverai
pour
vous
quelques
autres
vengeances,
Quand
Vhumeur
me
prendra
de
punir
tant
d’offenfes,
É
Corsreille.
“Tome
VI.
D
:
ÉE
-
3
SC
EN
-L..Lr.
ILDIONE,
ATTILA,
HONORIE,
VALAMIR,
À R
LR
1
C.
OCTAR
/
|
ATTIL
À
à
Idione.
O:
venez-vous,
madame,
&
qui
vous
enhardit
À
vouloir
Voir
ma
mort
qu'ici
l’on
me
prédit
2
Venez-vous.
de
deux
rois
foutenir
la
querelle
?
2
Vous
révolter
.
comme
eux?
me
foudroyer
comme
elle
?
Ou
mendier
Papui
de
mon
jufte
couroux
Contre
votre
Ardaric
qui
ne
veut
plus
de
vous
?
:
ILDION_E.
I
n’en
mériterait
ni
l'amour
ni
Peftime,
S'il
ofait
efpérer
m’aquérir
par
un
crime.
D'un
fi
jufte
refus
j'ai
de
quoi
me
louer,
Et
ne
viens
pas
ici
pour
len
défavouer.
Non,
feigneur,
c'eft
du
mien
que
j'y
viens
me
dédire,
Rendre
à
mes
yeux
fur
vous
leur
fouverain
empire
,
Rattacher,
réunir
votre
vouloir
au
mien,
Et
reprendre
un
pouvoir
dont
vous
mufez
pas
bien,
Seigneur,
eftce
là
donc
cette
reconnaiffance
Si
hautement
promife
à
mon
obéiffance
?
J'ai
quitté
tous
les
miens
fous
lefpoir
d’être
à
vous;
Par
votre
ordre
mon
cœur
quitte
un
efpoir
f
doux;
RVRS
AS
_.
Tr
TR
TR
TRS
4
poses
venues
eue
reus
TRAGEDIE
Aëre
V.
307
Je
me
réduis
au
choix
qu’il
vous
a
plû
me
faite,
Et
votre
ordre
le
mèt
hors
d'état
de
me
plaire*
Mon
refpect
qui
me
livré
aux
vœux
dun
autre
foi,
N°y
voit
pour
lui
qu'oprobre,
&
que
honte
pour
moi!
Rendez,
rendez-le-moi,
cet
empire
fuprème,
Qui
ne
vous
laiffait
plus
difpofer
de
vous-même:
Rendez
toute
votre
ame
à
fon
premier
fouhait;
Recevez
qui
vous
aime,
&
fuyez
qui
vous
hait,
Honorie
a
fes
droits,
mais
celui
de
vous
plaire
N’eft
pas,
vous
le
favez,
un
droit
imaginaire
;
Et
pour
vous
apuyer
Mérouée
a
des
bras
Qui
font
taire
les
droits
quand
il
faut
des
combats.
ATTILA,
Non,
.je.ne.
puis
plus
voir
cette
ingrate
Honorie
Qu’avec
la
même
horreur
qu'on
voit
une
furie
;
Et
tout
ce
que
le
ciel.
a
formé
de
plus
doux,
Tout
ce
qu'il
peut
de
mieux,
je
crois
le
voir
en
VOUS.
Mais
dans
votre
cœur
mème
un
autre
amour
MUFEMUTE
;
Éorlque..
-
{EL
D
10
N.
_.
__
Vous
pourriez
croire
une
telle
pofure
Qu'ai-je
dit,
qu'ai-je
fait
que
de
vous
obéir?
Et:
par
où
jufques-là.
m’aurais-je
pü
trahir
2:
ie
à
TE
EE
A.
ne
ef
pour.
VOUS.
UN.
époux
adorable.
ILDIO
NE.
2.
main
lui
donnait
ce
qu
l
avait
d’
cimables
5
Et
je
ne
l'ai
tantôt
accepté
pour.
Spoux
à
RTS
LE
ons
cumeenran
mme
Que
par
cet
ordre
exprès
que
j'ai
recû
de.
vous.
Vous
aviez
déja
vü
qu’en
dépit
de
ma
flamme,
|
Pour
vous
faire
empereur
.….
=
|
À
D
LIL
A
|
Vous
me
trompez,
madame:
Maïs
l'amour
par
vos
yeux
me
fait
fi
bien
domter
,
Que
je
ferme
les
miens
pour
n’y
plus
réfifter.
N’abufez
pas
pourtant
dun
fi
puifant
empire;
a
Songez
qu'il
eft
encor
d’autres
biens
où
j'afpire,
co)
Que
la
vengeance
eft
douce
auffi-bien
que
lamour
;
€
Et
laïiflez
moi
pouvoir
quelque
chofe
à
mon
tour,
$
|
TLDIONE.
(©
Seigneur,
enfanglanter
cette
illuftre
journée!
Q
Grace,
grace
du
moins
Jufqu’après
Ébipménée,
Le
À
on
heureux
flambeau
fouffrez
un
Pur
éclat,
à
x
Et
laiflez
pour
demain
les
maximes
d'état.
$
|
ATEPLA.
ES
Vous
le
‘voulez,
Madame,
il
faut
vous
fatisfaire
;
S
:*
Mais
ce
n’eft
que
groffir
d'autant
plus
ma
colère
;
&.
}
Et
ce
que
par
votre
ordre
elle
perd
de
momens
;
7
Enfle
lavidité
dé
mes
reflentimens.
N
HONORIE.
-
re
Voyez,
voyez
plutôt,
par
votre
exemple
même
,
$
Seigneur,
jufqu’où
s’aveugle
uni
grand
cœur
quand
ilaime;
Æ7
Voyez
jufqu’où
l'amour;
qui
vous
ferme
les
yeux,
.
a
Force
&
domte
les
“HoiS
qui
réfifient
le
mieux,
1)
Quel
empire
il
fe
fait
fur
lame
la
plus
fière:
(e
Et
fi
vous
avez
vû
la
mienne
trop
altière
,
à)
Voyez
ce
même
amour
immoler
pleinement
Son
orgueil
le
plus
jufte
au
falut
d’un
amant
;
&
M
-
|
-
OO
RTE
TR
A
G
ÉD
E:
Avr
V,
309
Et
toute
fa
fierté.
dans
mes
larmes
éteinte
Defcendre
à
la
prière,
&
céder
à
la
crainte.
Avoir
à
jufques-là
réduire
mon
couroux,
Vous
doit
être,
feigneur,
un
triomphe
aflez
doux.
Que
tant
d’orgueil
domté
fufffe
pour
victime,
_
Voudriez-vous
traiter
votre
exemple
de
crime
?
Et
quand
vous
adorez
qui
ne
vous
aime
pas,
D'un
réciproque
amour
condimnet
les
|
Ac
PDEeoÂ:
a
Non.
princefle,
il
vaut
mieux
nous
imiter
lun
autre.
Vous,
fuivez
mon
exémple,
&
je
fuivrai
=
vôtre.
=
CN
montre
Idione
à
Honorie.
|
:
|
Vous
condamniez
madame
à
l'hymen
dun.
fuiet
>
Rempliffez
au
lieu
d’ellé
un
fi
jufte
projet.
Je
vous
l'ai
déja
dit,
&
mon
refpe
fidelle
À
cette
digne
loi
que
vous
faifiez
pour
elle,
N'ofe
prendre
autre
tègle
à
punir
vos
ie
Si
Valamir
vous
plaît,
fa
vie
efl
à
ce.
prix.
Difpofez
à
ce
prix
d’une
main
qui
m'eft
dûes
Ocar
,
ne
ee
pas
Ja.
prince
|
de
vie.
5
[
à
Udione.
|
es
4
Vous,
qui
me
commandez
de
VOUS
donner
ma
foi,
Me
allons
au
temple
;
&
vous;
3
fois,
fuivez
x
MO
Qi
iij
EOCCCCOTÉCCOUUUR
G
310
_
TTIL
A,
b
RARE
SN
AP
HONORIE.
OCTAR
s
HO:
N
Oo
R.
I
&e
Ts...
+
vois,
pour,
toucher
cet
otencilleus
courage
;
J'ai
pleuré
;
j'ai.
prié,
j'ai
tout
mis
en
ufage,
Octar,
&
pour
tout
fruit
de
tant
d’abaiflement,
Le
barbare
me
traite
encor
plus
fiérement.
S'il
refte
iquelque.
<lpoir
,
c’eft.
toi
feul
qu'il
regarde.
Prendras-tu.
bien
ton.
tems
#
?
Tu
commandes
fa
gardes
La
nuit
&le
fommeil
vont
tout
mettre
en
ton
choix;
Et
Flavie
eft
le
prix
du
falut
de
deux
rois.
à
ee
+
OC
T-A:R.-
EPA
Ah,
—.
-Attila;.
depuis
votre
menace,
G
Met
hors
de
mon
pouvoir
left
de
cette
audace,
2)
Ce
défiant
efprit
n’agit
plus
maintenant,
a
e
.
Dans
toutes
fes
fureurs
»s
que
par
mon
lieutenant
;
€
Ceft
par
lui
qu'aux
deux
rois
il
fait
Ôter
les
armes;
ee
:
Et.
deux
mots
en
fon
ame
ont
jetté
tant
d’alarmes,
|
S
Qu’exprès
à
votre
fuite
4
mattache
aujourd'hui,
\
À
_
Pour
m'ôter
tout
moyen
de
m'aprocher
de
lui.
(e
Pour
peu
que
je
vous
quitte
il
y
va
de
ma
vie;
#
)
Et
sil
peut
découvrir
que
j'adore
Flavie
.
.
.
(x
ONCE
Ç
Il
le
faura
de
moi,
fi
tu
ne
veux
Abit
,
û
Infame
,
qui
ten
peux
excufer
fans
rougir
4
HS
me
mime.
RSR
SSSR
SR
ST
TRAGEDIE
#%cre
V.
211
Si
tu
veux
vivre
encor,
va,
cherche
du
courage.
Tu
vois
ce
qu’à
toute
heure
il
immole
à
{a
rage;
Et
ta
vertu
qui
craint
de
trop
paraître
au
jour,
Attend
les
bras
croifés
qu'il
t'immole
à
{on
tour!
Fai
périr,
où
péri,
prévien,
lâche,
ou
fuccombe;
Venge
toute
la
terre,
ou
grofi
l’hécatombe.
Si
la
gloire
fur
toi,
fi
l'amour
ne
peut
rien,
Meurs
en
traître,
&
du
moins
fers
de
victime
au
mien.
CS
CHENE
Fr
VALAMIR,
HONORIE,
OCTAR.
:_HONORIE
à
Valæir.
M
qui
me
rend,
feigneur,
le
bien
de
votre
vüe
?
ViLANIs
|
L'impatient
tranfport
d’une
joie
imprévüe.
|
Notre
tyran
neft
plus.
Re
=
HONORIE:
6
:
H
eft
mort?
=
VALAMIR.
|
a
COUtEZ
.
Comme
enfin
l’ont
puni
fes
propres
cruautés,
Et
comme
heureufement
le
ciel
vient
de
foufcrire
À
ce
que
nos
malheurs
vous
ont
fait
lui
prédire.
+
À
peine
fortions-nous
pleins
de
trouble
&
d'horreur,
Ee
Ex
Act
HUE
à,
Qu’Attila
recommence
à
faigner
de
fureur,
Mais
avec
abondance,
&
le
fang
qui
bouillonne,
Forme
un
fi
gros
torrent,
que
lui-même
il
s'étonne,
Tout
furpris
qu'il
en
eft,
S'il
ne
veut
s'arrêter
|
Ditil,
ox
me
payera
ce
qu'il
n'en
va
coñter.
Il
demeure
à
ces
mots
fans
parole,
fans
force
;
Tous
fes
fens
d'avec
lui
font
un
foudain
divorce;
Sa
gorge
enfle,
&
du
fang
dont
le
cours
s’épaiffit,
Le
pañlage
fe
ferme,
ou
du
moins
s'étrécit.
De
ce
fang
renfermé
la
vapeur
en
furie,
Semble
avoir étouffé
fa
colère
&
fa
vie
;
Et
déja
de
fon
front
la
funefte
pâleur
Nopofait
à
la
mort
qu'un
refte
de
chaleur
,.
Lorfqu’une
illufion.
Jui
préfente
fon
ère,
Et
lui
rend
tout
dun
coup
la
vie
&
la
colère;
Il
croit
le
voir
fnivi
des
ombres
de
fix
rois
:
Qu'il
e
veut
immoler
une
feconde
fois
:
Mais
ce
retour
fi
promt
de
fa
plus
noire
audace
N’eft
qu’un
dernier
effort
de
la
nature
lafle,
Qui
prette
à
fuccomber
fous
la
mort
qui
l’atteint)
:
Jette
un
plus
vif
éclat,
&
tout
d’un
coup
s'éteint.
Ceft
en
vain
qu’il
fulmine
à.
cette
affreufe
vie,
Sa-rage
qui
renait
en
mème
tems
le
tue;
L'impétueufe
ardeur
de
ces
tranfports
nouveaux
À
fon
fang
prifonnier
ouvre
tous
les
canaux
:
Son
lancement
perce
ou
romt
toutes
les
veines
;
Et
ces
canaux
ouverts
font
autant
de
fontaines
,
Par
où
lame
&
le
fang
fe.
prefent
de
fortir,
Pour
terminer
ë
ee
e
nous
en.
|
garantir,
Boncososscmusou
:
Si
RURS
s
RAS
SES
SSSR
|
FRAGEDIÉ-AcrE
V
312
Sa
vie
à
longs
ruifleaux
fe
répand
fur
le
fable
:
Chaque
inftant
l'affaiblit,
&
chaque
effort
l’accable
;
Chaque
pas
rend
juftice
au
fang
qu’il
a
vert,
Et
fait
grace
à
celui
qu'il
avait
menacé.
Ce:
m’eft
plus
qu’en
fanglots
qu’il
dit
ce
quil
croit
dire;
Il
friflonne,
il
chancèle
:
il
trébuche
,
il
expire;
Et
fa
fureur
dernière
épuifant
tant
d'horreurs
:
Venge
enfin
lunivers
de
toutes
{es
fureurs.
NS
PSE,
a
HT
à
ne
SC
DERNIERE
Ç
ARDARIC,
VALAMIR,
HONORIE,
N
-ILDIONE,
OCR
“)
—_
S
ARDARTIE
s)
E
n’eft
pas
tout,
feigneur,
la
haine
générale,
N
N'ayant
plus
à
le
craindre,
avidement
s'étale;
te
Tous
brûlent
de
fervir
fous
des
ordres
plus
doux,
a
Tous
veulent
à
lenvi
les
recevoir
de
nous.
5
Ce
bonheur
étonnant,
que
le
ciel
nous
renvoie,
Pas
De
tant
de
nations
fait
la
commune
joie;
ES
La
fin
de
nos
périls
en
remplit
tous
les
vœux;
|
Eu
Et
pour
être
tous
quatre.
au
dernier
point
heureux,
S
Nous
mavons
plus
qu’à
voir
notre
flamme
avouée
&)
P.
Corneille.
Tome
VI.
-
Re
S
S
y
ue
de
y
RS
=
=
à.
‘4
314
À
ETEE
À,
&c
&
=
ee.
_
Ç
Du
fouverain
de
Rome
&
du
grand
Mérouce:
A
La
princefle
des
Francs
m’impofe
cette
loi.
S
|
|
HONORIE.
e
Pour
moi,
je
n’en
ai
plus
à
prendre
que
de
moi.
<)
|
ARDARIC.
(e
Ne
perdons
point
de
tems
en
ce
retour
d’affaires
;
A
>)
Allons
donner
tous
deux
des
ordres
néceflaires
,
&
Remplir
ce
trône
vuide,
&
voir
fous
quelles
loix
ES
Tant
de
peuples
voudront
nous
recevoir
pour
rois.
LA
VALAMIR.
|
G
Me
le
permettez-vous,
madame,
&
puis-je
croire
Que
vous
tiendrez
enfin
ma
flamme
à
quelque
gloire?
HON
ORTE.
-
-
Allez,
&
nr
—
aflurez
VOUS
,
feigneur
,
=
Que
nos
deftins
changés
n’ont
point
changé
mon
cœur.
Fin
du
cinquiéme
©S
dernier
afe
é
»
ER
E
NICE
TRAGÉDIE
DE
RACINE
670.
PA
E
EE
À
G
DE
L'ÉDITE
UK.
Le
Ux
amant
&
une
maitrefle
qui
fe
quittent,
ne
font
pas
fans
doute
un
fujet
de
tragédie.
Si
on
avait
propofé.
un
tel
plan
à
Sophocle
ou
à
Euripide,
ils
auraient
renvoyé
à
Arifophane.
L'amour
qui
neft
qu'amour
,
qui
n'eft
point
une
pañlon
ter-
rible
&
funefte,
ne
femble
fait
que
pour
la
comédie
,
pouf
la
paftorale
,
où
pour.
a
|
D
——
-
Cependant,
Henrierte
d'Angleterre,
belle
fœur
de
Louis
XIV,
voulut
que
Racine
&
Corneille
fiffent
chacun
une
tragédie
des
adieux
de
Tirus
&
de
Bérénice.
Elle
crut
qu'une
victoire
ob-
tenue
fur
l'amour
le
plus
vrai
&
le
plus
tendre,
annobliffait
le
fujet:
&
en
cela
elles
ne
fe
trompait
pas;
mais
elle
‘avait
-
encor
un
intérèt
fecret
à
voir
cette
victoire
repréfentée
fur
le
théatre
;
elle
fe
reflouvenait
des
fentimens
qu’elle
avait
eu
long-
tems
pour
Louis
XIV,
&
du
goût
vif
de
ce
prince
pour
elle.
Le
danger
de
cette
paflion,
la
crainte
-de
mettre
le
trouble
dans
6
-l
famille
royale,
les
noms
de
beaufrère
&
de
bellefœur,
)
frs
>
mirent
un
frein
à
leurs
défirs;
mais
il
refta
toujours
dans
leurs
_
cœurs
une
inclination
fecrette,
toujours
chère
à
Pun
&
à
\
l'autre.
SJ
Ce
font
ces
fentimens.
qu’elle
voulut
voir
dévelopés
fur
la
3
foène
3
autant
pour
fa
confolation
que
pour
fon
amufement,
u
Elle
charger
le
marquis
de
Dongeur,
confident
de-les
amours
Sr
RSS
ITS
SL
NE
PEL
PES
ARS
RS
PR
RSS,
mn
EL
gts
|
we.
S
S
#
avec
le
roi,
d'engager
fecrettement
Corneille
&
Racine
à
tra-
À
)
vaillér
Pun
&
lautre
fur
ce
fujet,
qui
paraifait
fi
peu
fait
Es
pour
la
fcène.,
Les
deux
piéces
furent
compofées
dans
l'an-
G
née
1670,
fans
qu'aucun
des
deux
fût
qu’il
avait
un
rival.
Ce
PTE
11
:
o
,
À
A
À
Elles
furent
jouées
en
mème
tems
fur
la
fin
de
la
même
:
#
À
année;
celle
de
Racine
à
Phôtel
de
Bourgogne,
&
celle
de
(5
Corneille
au
palais
royal,
Il
eft
étonnant
que
Coreille
tomba
dans
ce
piège;
il
de.
E
vait
bien
fentir
que
le
fujet
était
l’opofé
de
fon
talent.
Ey-
AN)
Zellus
ne
terrafla
point
Dares
dans
ce
combat,
il
s’en
faut
bien,
a
La
piéce
de
Corneille
tomba;
celle
de
Racine
eut
trente
repré
CG
fentations
de
fuites
&
toutes
les
fois.
qu'il
s’eft
trouvé
un
ac-
2)
teur
&
une
actrice
capables
d’intérefler
dans
les
rôles
de
Titus
|
&
de
Bérénice,
cet
ouvrage
dramatique,
qui
m’eft
peut-être
ES
}
pas
une
tragédie,
à
toujours
excité
les
aplaudiffemens
les
plus
FA
vrais,
ce
font
les
larmes.
;
2)
Racine
fut
bien
vengé
par
le
fuccès
de
Bérénice
de
la
chûte
de
FR
Britannicus.
Cette
eftimable
piéce
était
tombée,
parce
qu’elle
2
avait
paru
un
peu
froide;
le
cinquiéme
acte
furtout
avait
ce
7
défaut;
&
Néroz
qui
revenait
alofs
avec
Jumie,
&
qui
fe
juf
CZ
tifait
de
la
mort
de
Britannicus
,
faifait
un
très-mauvais
effet.
»
Néron
qui
fe
cache
derrière
une
tapifferie
pour
écouter,
ne
e
paraiflait
pas
un
empereur
romain.
On
trouvait
que
deux
À
amans,
dont
Pun
eft
aux
genoux
de
l’autre,
&
qui
font
fur-
:
d
pris
énfemble,
formaient
un
coup.
de
théatre
plus
comique
K
à
que
tragique;
les
intérèts
d’Aprippine,,
qui
veut
feulement
avoir
È
}
le
premier
crédit,
ne
femblaient
pas
un:objet
afez
important:
re
Narcifle
n’était
qu'odieux;
Bréamnicus
&
Junie
étaient
regardés
CASA
RU mS as
men
nd
mes
=
E
3
!
ges
SDE
L'ÉDITEUR.
319
/
comme
des
perfonnages
faibles.
Ce
n’eft
qu'avec
Îe
tems
que
les
connaiffeurs
firent
revenir
le
public.
On
vit
que
cette
pié-
ce
était
la
peinture
fidèle
de
la
cour
de
Néon.
On
admira
enfin
toute
l’énervie
de
Tacire
exprimée
dans
des
vers
dignes
de
Virgile.
On
comprit
que
Brianmicus
&
Junie
ne
devaient
pas
avoir
un
autre
caractère.
On
déméla
dans
Asrippine
des
beautés
vraies
,
folides,
qui
ne
font
ni
gigantefques,
ni
hors
de
la
nature
,
&
qui
ne
furprennent
point
le
parterre
par
des
déclamations
ampoulées.
Le
dévelopement
du
caractère
de
Né
yon
fut
enfin
regardé
comme
un
chef-d'œuvre.
que
le
rôle
de
Burrus
eft
admirable
d’un
bout
à
l’autre,
&
quil
Britannicus
fut
ny
a
rien
de
ce
genre
dans
toute
antiquité.
|
&
D
s
.
-
Te
LL
la
piéce
des
connaifleurs
,
qui
conviennent
des
défauts,
qui
aprécient
les
beautés.
Racine
pañla
de
limitation
de
Tacite
à
celle
de
Tibulle.
Il
fe
tira
d’un
très
mauvais
pas
par
un
effort
de
Part,
&
par
la
ma-
gie
enchanterefle
de
ce
flile
qui
na
été
donné
qu’à
lui.
Jamais
on
na
mieux
fenti
quel
elt
le
mérite
de
la
difficulté
furmontée.
Cette
difficulté
était
extrème;
le
fonds
ne
fem-
blait
fournir
que
deux
ou
trois
{cènes,
&
il
falait
faire
cinq
_
actes.
:
|
—
On
ne
donnera
qu’un
léger
commentaire
fur
Îa
tragédie
de
Corneille;
il
faut
avouer
qu’elle
n’en
mérite
pas.
On
en
fera
fur
celle
de
Racine
que
nous
donnons
avant
la
Bérésice
de
Cor-
meille.
Les
lecteurs
doivent
fentir
qu’on
ne
cherche
qu'à
leur
w
être
utile:
ce
nef
ni
pour
Corneille,
ni
pour
Racine
quon
F
ccrt,
c'eft
pour
leur
art,
&
pour
les
amateurs
de
cet
aft
fi
)
de.
=.
|
ee
-
On
convint
.
NS
nes
LAS
AE
vecu
NT
À.
7,
7
#4
ee
7
SA...
CARE
h/
ù
DE
=}
Pat
VeELRSRS
RG
ee
es
&
30
PRÉFACE
DE
L'ÉDITEUR.
:
z
.
On
ne
doit
pas
fe
paflionnet
pour
un
nom.
Qu'importe
Ÿ
;
À
qui
foit
l’auteur
de
la
Bérérice
qu’on
Bt
avec
plaifir,
&
celui
«
;
de
la
Bérénice
qu'on
ne
lit
plus
?
C’eft
l’ouvrage,
&
non
la
à
<<
perfonne
qui
intérefle
la
poltérité.
Tout
elprit
de
parti
doit
;
céder
au
defir
de:
s’inftruire
S
i
we
RAFEON
rs
;
ET
Rare
Em
mm
nn
mins
ns
É
Ceff-a-dire,
que
Titus,
qui
aimait
palionnément
Bérénice,
E
qui
»
Même,
4-ce
qu'on
croyait,
lui
avait
promis
de
l’époufer,
la
ren-
»
voya
de
Rome,
‘malgré
lui,
۩$
maleré
elle
,
dés
Les
premiers
»
Jours
de
Jon
empire”.
Cette
attion
eff
très
-famenfe
dans
Phafe
_
dore;
C2
je
l'ai
trouvée
érés-propre
pour
le
théatre,
par
la
vio-
lence
des
pallions
quelle
y
pouvait
exciter.
En
effet,
nous
H'avOnS
rien
de
plus
touchant
dans
tous
les
poètes,
que
la
Jéparation
d’Enée
©
de
Didon
dons
Virgile.
Es
qui
doute
que
ce
qui
a
ph
four-
9
sir
allez
de
matière
pour
tout
un
chant
d'un
poëme
héroïque
,
où
À
Podion
dure
plufieurs
jours,
ne
puiffe
fufire
pour
le
Jujet
d'une
tra-
)
géde,
dont
la
durée
ne
doit
être
que
de
quelques
heures
?
I]
ef
vrai
que
je
nai
point
poullé
Bérénice
jufowà
fe
Tuer
comme
Didon,
K
parce
que
Bérénice
1
ayant
pas
ic
avec
Titus
les
derniers
enpare-
JO
mens
que
Didon
avait
avec
Enée,
elle
neft
pas
oblirée
comme
elle
de
à.
renoncer
à
la
vie.
A
cela
près,
le
dernier
adieu
qw'elle
dit
à
Tirus,
:
(QI
Peffort
quelle
Je
fait
pour
s'en
féparer,
nef
pas
le
moins
tra-
gique
de
la
piéce:
ES
j'ofe
dire
qu'il
renouvelle
offez
bien
dans
le
cœur
des
fpeitateurs,
l'émotion
que
le
vefle
y
avait
pA
exciter.
Ce
nf
point
une
néceflité
qwil
y
ait
du
fong
€$
des
mors
dans
une
\
tragédie;
il
faffé
que
l'atfion
en
Joit
grande,
-que
les
afeurs
en
P:
Corneille.
Tome
VI.
ee.
SS
PAT
VUE
AE
UE
se
re
Red
ee
QU
CESSE
Se
veus
es)
À
ous.
ee
N
Ci
un
DRAC
E
SAS
QG
foiené
héroiques,
que
les
pallions
y
foient
excitées,
CS
que
tout
sy
À
rellente
de
cette
triliefe
majefluenfe
qui
fait
tout
.
plaifir
de
la
tra-
£édie.
:
Je
crus
que
je
pourrais
vencontrer
joutes
ces
parties
dans
T0
fes.
Mais
ce
qui
n'en
plut
davantage,
C’eft
que
je
le
trouvai
ex-
trémement
Jr
mple.
I)
avait
longtems
que
je
voulais
effayer
;
fe
Je.
pourrais
faire
une
tragédie
avec
cette
fmplicité
d'aëtion
qui
a
été
Jr
foré
du
goñt
des
anciens.
Car
Cell
un
des
premiers
préceptes
qw'ils
nous
ont
laiflés.
‘
Que
ce
que
vous
ferez,
dit
Horace,
fois
on
,
jours
fimple,
E3
ne
fois
qu'un.”
Ils
ont
admiré
Ajax
de
So-
phocle,
qui
weft
autre
chofe
qu
Ajax
qui
fe
tue
de
regret,
à
caufe
de
la.
Jur
eur
où
il
était
tombé,
apres
les
refus
qu'on
lui
avait
fait
des
armes
d'Achille.
He
on.
admiré.
Je
Philoctète,
dont
tout
le
Ju-
_jet
ff
Uhffe,
qu
vie
pour
firprendre
Les
flèches
d’'Hercule.
L'Œdipe
même,
quoique
tout
plein
de
reconnoiffances
,
ef
moins
chargé
de
matière
que
la
plus
fimple
tragédie
de
nos
jours.
Nous
voyons
enfin
que
les
partifans
de
Térence
,
qw
Pélevent
avec
raifon
au-deffus
de
tous
les
poètes
comiques
,
pour
Pélésence
de
fa
dihon,
€
pour
la
vraifemblance
de
[es
mœurs,
ne
laïfent
pas
de
confe
effer
que
Plaute
à
un
grand
avansage
[ur
lui,
par
la
finplicité
qi
ef
dans
la
pläpart
des
Jujets
de
Plaute.
Er
C’eft
Jans
doute
cette
Ji-
plicité
merveillenfe,
qui
à
attiré
à
ce
dernier
toutes
les
lournges
|
que
les
anciens
li
ont
données.
Combien
Ménandre
était-il
encor
À
als
fi
imple
,
puilque
Térence
ef
obligé.
de
prendre
deux
comédies
de
ce
poëte,
pour
en
ie
une
des
Ji
ennes
?
Et
il
ne
faut
point
croire
que
cette
régle
ne
fo
fondée
que
fr
>
la
fantaifie
de
ceux
qui
Pont
faite.
I
wy
à
que
le
wraifemblable
qui
souche
dans
la
tragédie.
Er
quelle
vraifemblance
ÿ*
‘at-il,
qi
_&
Mhémensmenensrst
RACONTENT
|
:
é
AGE
5
PREMIER
d)
NX
té
71
L)
Q
SC
Er
N
+
PRE
M
1
È
K
EE”
-
1%
2)
EN
NS
à
;
2
G
ANTIOCHUS,
ARSACE,
e
2)
A
ANTIOCHUS.
LE
É:
RRrÉÈTONS
un
moment.
La
pompe
de
ces
lieux,
)
G
Je
le
vois
bien,
Arface
,
:
ef
nouvelle
à
tes
yeux.
7æ
&
A4
Souvent
ce
cabinet,
fuperbe
&
folitaire,
S
CZ
=
Des
fecrets
de
Titus
eft
le
dépofitaire.
:
=
Ÿ
S
C'eft
ici
quelquefois
qu'il
fe
cache
à
fa
cour.
|
€
Ê
;
Lorfqu'il
vient
à
la
reine
expliquer
fon
amour.
.
)
N
là
fon
apartement
cette
porte
ef
prochaine,
ee
ss
a)
cette
autre
nie
dans
celui
de
la
reine.
=
E)
S
a)
Et
cet
autre
conduit
dans
celui
de
la
É
il
fait
voir
clairement
.
combien
Punité
É
reine.
1
Ce
détail
n'eft
“ue
inutile
;
de
lieu
GC
obfervées
à
2
DE
ee
ë
Dheycses
CU
AS
Ron
VAN
Aateueriue
é
BERENICE
EE
320
RME
dre
mo
ed
m6
Va
chez
elles
di
lui
qu'impottun
à
regret,
J
ofe
lui
demander
un
entretien
fecret.
À
RS
AC
E.
DS
ED
D
AE
AS
ARE
Le
nn
San
Vous,
feigneur,
importun
?
Vous,
cet
ami
fidelle
;
Qu'un
foin
fi
généreux
intérefle
pour
elle
2
Vous,
cet:
Antiochus
,
{on
amant
autrefois
?
Vous
que
l'Orient
compte
entre
fes
plus
grands
rois
?
Quoi!
déja
de
Titus
D
)
époufe
en
efpérance,
Ce
rang
entrelle
&
vous
met-il
tant
de
diffance
?
AN
LEO
CHUS.
Va,
dis-je,
&
c)
fans
vouloir
te
charger
d’autres
foins,
Voi
fi
je
puis
bientôt
lui
parler
fans
témoins.
SCENE
fateur
au
fait
tout
d’un
coup.
On
pourrait
dire
que
Z
porpe
de
ces
lieux
,
&
ce
cabinet
fuperbe
,
paraïflent
des
ex-
preflions
peu
convenables
à
un
prince
que
cette.
pompe
ne
doit
point
du
tout
éblouir,
&
qui
eft
occupé
de
toute
au-
tre
chofe
que
des
ornemens
d'un
cabi-
net.
J'ai
toujours
remarqué
que
la
dou-
ceur
des
vers
empéchait
qu’on
ne
re-
.
marquât
ce
défaut.
b)
Epoufe
en
efpérance.
]
D
orcEon
heureufe
&
neuve,
dont
Racire
enri-
chit
la:
langue,
&
que
par
conféquent
on
critiqua
d'abord.
Remarquez
encof
SS
TE
EXT
MAS
|
SC
À
NE.
IL
AN
TIOCH
US.
jeu:
d)
FH:
bien,
Antiochus,
es-tu
toujours
le
même
?
Pourai-je
fans
trembler
lui
dire,
Je
vous
aime
2.
Mais
quoi!
déja
je
tremble
,
&
mon
cœur
agité
Craint
autant
ce
moment
que
je
lai
fouhaité.
Bérénice
autrefois
m'ôta
toute
efpérances
Elle
m'impofa
même
un
éternel
filence.
Je
me
fuis
tù
cinq
ans
;
&
jufques
à
\
ce
jour,
D'un
voile
d'amitié
j'ai
couvert
mon
amour.
Dois-je
croire
qu’au
rang
où
Titus
la
deftine,
Elle
m'écoute
mieux
que
dans
la
Paleftine
?
Il
l’époufe.
Ai-je
donc
attendu
ce
moment,
Pour
me
venir
encor
déclarer
fon
atmant?
Quel
fruit
me
reviendra
d’un
aveu
téméraire
?
:
Ah!
puifqu'il
faut
partir,
partons
fans
lui
déplaire;
Retirons
nous,
fortons,
&
fans
nous
découvrir,
qu'époufe
fupole
,
éant
époufe.
C'eftune
ellipfe
heureufe
en
poëñe.
Ces
finef.
»
es
font
le
charme
de
la
di&ion.
-
©
)
Sans
vouloir
te
charger
d'autres
/foins.]
Ce
vers
qui
ne
femble
fait
que
pour
la
rime,
annonce
avec
att
quAwéiochus
ai-
me
Bérénice.
-
d)
Beaucoup
de
JLedtenrs
réprouvent
.
P.
Corneille.
Tome
VI.
ce
long
monologue.
Il
n'eft
pas
natu-
rel
qu'on
Faffé
ainfi
tout
feul
l’hiftoire
de
fes
amours,
qu’on
dife,
Je
me
Juis:
th
Cinq
ansÿ
Où
m4
imnpolé
Jilence
;
j'ai
couvert
ion
amour
dus
voile
d'amitié,
On
pardonne
un
monologue
qui
ef
un
combat
du
cœur,
mais
non
tune
réca-
pitulation
hiftorique.
6,
|
BERENICE
DE
RACINE,
ä
Allons
loin
de
fes
yeux
l’oublier
,
où
mourir.
Ê
}
-
quoi!
foufrir
toujours
un
tourment
qu'elle
ignore
?
ë
Toujours
verfer
des
pleurs
qu'il
faut
que
je
dévore?
Quoi!
même
en
la
perdant
redouter
fon
couroux
?
se
e)
Belle
reine,
&
pourquoi
vous
offenferiez-vous
?
<
Viens-je
vous
demander
que
vous
quittiez
l'empire,
5)
Que
vous
maimiez
?
hélas!
je
ne
viens
que
vous
dire,
&
Qu’après
mètre
longtems
flatté
que
mon
rival
G
Trouverait
à
fes
vœux
quelque
obftacle
fatal,
4
Aujourd'hui
qu'il
peut
tout,
que
votre
hymen
s’avance,
e
Exemple
infortuné
d’une
longue
conftance,
|
2
»
Après
cinq
ans
d'amour,
&
d’efpoir
fuperflus,
$
f)
Je
pars,
fidèle
encor
quand
je
n’efpère
plus,
S
Au
lieu
de
s’offlenfer,
elle
poura
me
plaindre.
:
%
Quoi
qu'il
en
foit,
parlons,
c’eft
affez
nous
contraindre,
Et
que
peut
craindre,
hélas!
un
amant
fans
efpoir,
N)
Qui
peut
bien
{e
réfoudre
à
ne
la
jamais
voir?
Pa
e)
Belle
reine]
a
ra
Poe
une
ex-
en
.
Cependant
la
douce
harmonie
&
preflion
fade.
_deces
vers
naturels,
font
qu'on
fuporte
FA
-0#f)
Je
pars
fidèle
“encoY
pente
je
rh
Antiochus;
c'eft
furtont
dans
ces
faibles
7)
pére
plus.
]
(Ces
amans
fidèles,
fans
|
rôles
que
la
belle
verfifention
ef
né
f
L
fuceès
&
fans
efpoir,
n'intéreffent
ja-
ceflaire.
|
BARRE
4
TR
AGÉDIE.
Acre
L
332
à
—
=
CE
SC
EN
£
IIT
5
|
Re
|
fe
ANTIOCHUS,
ARSACE.
é
:
ANTLOCHUS,
K
À
rc
,
entrerons-nous
?
.
_
|
(
a
ë)
;
ee
Seigneur,
j'ai
và
la
reine;
Fe.
Mais
pour
me
faire
voir,
je
n'ai
percé
qu’à
peine
ne
g
)
Les
flots.
toujours
nouveaux
d’un
peuple
adorateur,
*)
Qu’attire
fur
fes
pas
fa
prochaine
grandeur.
:
Ce
Titus
après
huit
jours
d’une
retraite
aultere,
5)
Cefle
enfin
de
pleurer
Vefpañen
fon
père.
;
1
Cet
amant
fe
redonne
aux
foins
de
fon
amour
;
D
Et
fi
jen
crois,
feigneur,
lPentretien
de
la
cour,
En
Peut-être
avant
la
nuit
l'heureufe
Bérénice
“€
È
Change
le
nom
de
reine
au
nom
d’impératrice.
5
ÿ)
À
NTI
O
CHU
S.-
>
Hélas
!
ee
<
_
ARSACE.
ë)
Quoi!
ce
difcours
pourrait-il
vous
troubler?
(
E
à)
g)
Les
flots
toujours
nouveaux
d'un
peu-
|
écrite,
‘@&
conduite
de
même;
car
il
72
ple
adorateur.}
La
profe
n’eût
pü
ex-
doit
y
avoir
une
conduite
dans-chaqne
4
È
primer
cette
idée
avec
la
même
préci-
|
fcène
comme
dans
le
total
de
la
piéces:
S
fon,
ni
fe
parer-de
la’
beauté
de
ces-|
elle
eft
même
intéreffante,
parce
qu
A#-
N
figures.
Cet
À
le
grand
mwrite
dela
|
#ochys
ne
dit
point
fon
fecret
,
&
lefait
(4
_
|
ÿ
poëñe.
-Cètte
foène
ft
parfaitement
entendre.
E)
:
Ttij
5)
ee
7:
in
nsmememems
ms
{
eva
arereus
SRG
et
332
BERENICE
DERACINE,
À
AN
TIOCH
Ü
S.
Ainf
donc
fans
témoins
je
ne
lui
puis
parler?
ARSACE.
Vous
la
verrez,
feigneur.
Bérénice
eft
inftruite
;
Que
vous
voulez
ici
la
voir
feule,
&
fans
ie
La
reine
d’un
regard
a:
daigné
m’avertir,
:
Qu’à
votre
empreflement
elle
allait
confentir:
Et
fans
doute
elle
attend
le
moment
favorable,
Pour
difparaître
aux
yeux
d’une
cour
qui
Paccable,
ANTIOCÉEES
Il
fuit.
Cependant
mastu
rien
négligé
Des
ordres
importans
dont
je
t'avais
chargé
?
ARSACE
Seigneur
,
vous
connaiflez
ma
promte
obéiffance.
Des
vaiffleaux
dans
Ole.
armés
en
diligence,
Prèts
à
quitter
le
port
de
momens
en
momens,
N’attendent
pour
partir
que
vos
commandemens.
ne
qui
renvoyez-vous
dans
votre
Comagène
?
ANTROGEUS.….
|
Arface,
il
faut
partir,
quand
jaurai
vû
la
reine,
ARSAC
Ê
Qui
doit
partir
?
_
NT
É
O
C
H
US.
-
Moi.
ARSLCE,
Vous
?
À
N
EL
100
H
U
S.
|
ie
En
fortant
du
palais
,
—
Je
e
de
Rome,
_Aface,
&
jen
Lors
pour
jamais,
=
nn
seen
memes
:
A
R=SACE.
A
-Je
fuis
furpris
fans
doute,
&
c’eft
avec
juftice.
(=
4
Quoi,
depuis
fi
longtems
la
reine
Bérénice
=
ES
e
Vous
arrache,
feigneur,
du
fein
de
vos
états?
fe
:
:
).
Depuis
trois
ans
dans
Rome
elle
arrête
vos
pas?
ë
é
Et
lorfque
cette
reine
affurant
fa
conquête,
s)
|
Vous
attend
pour
témoin
de
cette
illuftre
fête,
La?
Lui
prépare
un
éclat
qui
rejaillit
fur
vous.
..
|
6
Quand
Pamoureux
Titus
devenant
fon
époux,
S
5)
-
ANTFTIOGHUS.
—
G
é
:
Arface,
laiffe
la
jouir
de
fa
fortune,
4
À
Et
quitte
un
entretien
dont
le
cours
m'importune.
e
.
ik
|
-
PRSACE,
#)
S
Je
vous
enteñs,
PEReUr
Ces
mèmes
dignités
FS
£).
Ont
rendu
Bérénice
ingrate
à
vos
bontés.
E)
Ç
L'inimitié
fuccède
à
Pamitié
trahie.
Le
dd
ANTIOCHUS.
=
Æ
k
Non
a
2
à
a
vi
h
LÉ
NS
on,
Arface,
jamais
je
ne
Pat
moins
aïe,
ÿ
NN.
RRS
CE
|
1e
VA
Quoi
donc!
De
fa
grandeur
déja
trop
prévenu
>
ë
;
Le
nouvel
empereur
vous
a-til
méconnu
?
:
Ÿ.
2\
Quelque
preflentiment
de
fon
indifférence
,
-
=
|
.
A
Vous
faitil
loin
de
Rome
éviter
fa
préfence
?
F4
6
:
:
ANTIOCHUS.
:
+
7
Titus
n’a
point
pour
moi
paru
fe
démentir;.
NE
|
G
Jaurais
tort
de
me
plaindre.
a)
2)
ASSACE
,
_{S
|
te
: |
Et
pourquoi
donc
partir?
à)
E)
|
Quel
caprice
vous
tend
ennemi
de
vous-même
2
2
-
Tt
ii)
S
ROSES
ODICUOC
a
334
BÉRENICE
DE
RACINE,
k
Le
ciel
met
{ur
le
trône
un
prince
qui
Vous
aime
;
Ç
Un
prince
qui
jadis,
témoin
de
vos
combats,
La
Vous
vit
chercher
la
gloire
&
la
mort
fur
fes
pas:
Cà
Et
de
qui
la
valeur,
par
vos
foins
fecondée,
k
| _
Mit
enfin
fous
le
joug
la
rebelle
Judée.
x
Il
fe
fouvient
du
jour
illuftre
&
douloureux,
<
Qui
décida
du
fort
d’un
long
fiége
douteux.
LEA
Sur
leur
triple
rempart
les
ennemis
tranquiles
CG
Contemplaient
fans
péril
nos
affauts
inutiles.
|
/
Le
bélier
impuiffant
les
menaçait
en
vain.
Cr
Vous
feul,
feigneur,
vous
feul,
une
échelle
à
la
main,
|
à)
Vous
portâtes
la
mort
jufques
fur
leurs
murailles.
ADS
Ce
jour
prefque
éclaira
vos
propres
funerailles.
E
Titus
vous
embrafa
mourant
entre
mes
bras,
Lo)
_
Et
tout
le
camp
vainqueur
pleura
votre
trépas.
CG
Voici
le
tems
,
feigneur,
où
vous
devez
attendre
De.
Le
fruit
de
tant
de
fang
qu'ils
vous
ont
va
répandre.
(x
Si
preflé
du
défir
de
revoir
vos
états,
se
À
Vous
vous
laflez
de
vivre
où
vous
ne
régriez
Pas,
-
F
À
Faut-il
que
fans
honneur
PEuphrate
vous
revoie
2.
e
Attendez
pour
partir
que
Céfar
vous
renvoie
£
VA
Triomphant
&
chargé
des
titres
fouverains
=
Qu’ajoute
encor
aux
rois
amitié
des
Romains.
à
À
Rien
ne
peutil,
feigneur
,:
changer
votre
entreprife
D
Vous
ne
répondez
point.
-
-
CF
AN
TIOCHU:S.
2)
:
—
Que
veuxtu
que
je
dife?
|
(
J'attens
de
Bérénice
un
moment
d'entretien.
AS)
ARSARE
ee
:
(%
Hé
bien,
leigneur
?
|
nusurunusees
sc
_TRAGEDIE.
Ace
L
335
À
ANTLOCHUS.
|
)
ee
Son
lort
décidera
du
mien,
([&
ARSACE
-
)
Comment
?
5)
_ANTIOCGHUS,
— |
Sur
fon
hymen
j'attens
qu’elle
s'explique,
à
Si
fa
bouche
saccorde
avec
la
voix
publique,
Ç
S'il
eft
vrai
qu’on
l'élève
au
trône
des
Céfars
,
-
È
Si
Titus
a
parlé,
s’illépoufe,
je
pars.
fe
hRSACE
_
|
S
Mais
qui
rend
à
vos
yeux
cet
hymen
f
funefle?
as
ANTIOCH
US.
S
|
Quand
nous
ferons
partis,
je
te
dirai
le
refte.
{=
ARSAC
E.
NS
Dans
quel
trouble,
feigneur,
jettez-vous
mon
efprit!
L)
|
1
ICCEUS.
€
La
reine
vient.
Adieu,
fai
tout
ce
que
jai
dit.
à
-
—
Fe
LA
ASSISES
$
|
—
OL
NN
E
LE
“
É
BÉRENICE,
ANTIOCHUS.
NU
HD
ce
Ç
BÉRÉNICE
ÿ}
e
FA
Es
je
me
d
$
étobe
à
la
joye
importune
S
De
tant
d'amis
nouveaux
que
me
fait
la
fortune
se
Je
fuis
de
leurs
refpeûs
l’inutile
longueur,
à
Pour
chercher
un
ami
qui
me
parle
du
Cœur.
S
Il
ne
faut
point
mentir
,
ma
jufte
impatience
CR
Vous
accufait
déja
de
quelque
négligence.
@
Quoi!
cet
Antiochus.
difais-je,
dont
les
foins
4
Ont
eu
tout
l'Orient
&
Rome
pour
témoins
;
6
Lui
que
jai
vu
toujours
conftant
dans
mes
traverfes,
a
#
Suivre
d'un
pas
égal
mes
fortunes
diverfes
;
G
Aujourd’hui
que
le
ciel
femble
me
préfager
4
Un
honneur
qu'avec
vous
je
prétens
partager;
Ce
mème
Antiochus
fe
cachant
à
ma
vue
;
S
Me
laifle
à
la
merci
d'une
foule
inconnue
?
2)
:
EN
FIOCHUS.
G
Il
eft
donc
vrai,
madame
?
&
felon
ce
difcours,
à
_
L'hymen
&
D)
|
_
_
|
-
b)
Aurais
choif
Jon
Cœur,
ES
cherché
|
ainfi
exprimé
ces
fentimens,
qu’on
re-
ST.
Je
vertu.
Perfonne
avant
Racise
n'avait
|
trouve
à
la
vérité
dans
tous
les
livres
FN.
L:
RES
2
=,
:
s
PE
:
<
=
Fe
:
AE
2
TRIO
SSP
CSCENSE
#
CRC
ÉOU
TRAGEDIE.
ÂAcTE
152
337
L'hymen
va
fuccéder
à
vos
longues
amours
?
|
BÉRÉNICE
-
Seigneur,
je
vous
veux
bien
confier
mes
allarmes,
Ces:
jours
ont
vu
mes
yeux
baignés
de
quelques
larmes.
Ce
long
deuil
que
Titus
impofait
à
fa
cour
»
Avait
mème
en
fecret
fufpendu
fon
amour.
Il
n'avait
plus
pour
moi
cette
ardeur
affidue,
Lorfqu'il
pañait
les
jours
attaché
fur
ma
vue.
Muët,
chargé
de
foins,
&
les
larmes
aux
yeux,
Ïl
ne
me
laiMfait
plus
que
de
triftes
adieux.
Jugez
de
ma
douleur,
moi
dont
l’ardeur
extrème,
Je
vous
Pai
dit
cent
fois,
aime
en
Jui
que
lui-même,
Moi,
qui
loin
des
grandeurs
dont
il
eft
revétu,
.
h})
Aurais
choifi
fon
cœur,
&
cherché
fa
vertu
!
iNÉLOCHUS
…
Il
a
repris
pour
vous
fa
tendrefle
première
?
BÉRÉNICE.
Vous
flütes
fpectateur
de
cette
nuit
dernière,
Lorfque,
pour
feconder
fes
foins
religieux
,
Le
fénat
a
placé
fon
père
entre
les
dieux.
De
ce
jufte
devoir
fa
piété
contente
_
A
füt.
place,
feigneur
,
au
foin
de
fon
amante;
Et
mème
en
ce
moment,
fans
qu’il
m'en
ait
parlé,
Il
eft
dans
le
fénat
par
fon
ordre
affemblé.
La
de
la
Paleftine
il
étend
la
frontière,
Il
y
joint
l'Arabie,
&
la
Syrie
entière;
d'amour,
&
dont
le
feul
mérite
confifte
dans
1€
choix
des
mots.
Sans
cette
1]
G
“
P,
Cornalle.
Tome
VI
D
\*
-
élégance
f
fine
&
fi
naturelle
tout
Le-
rait
langüiflant,
a
y
-
Madame,
il
faut
partir.
Quel
fujet.
.,
s
Vaient
en
tous
lieux
Ed.
Ce:
vers,
&.|
EN
les
fuivans,
mont
pas
le
mérite
qu'on
ESS
4
a
remarqué
dans
les
notes
précédentes.
G
Un
roi,
dont
%
pleurs
€T
Les
Joupirs
À
*
Juivent
en
tous
lieux
une
reine:
‘Aamoureu-
É
fe
d'un
antre,
eft
à
un
de
perfon
OSEO
E
fi
=
amis
j'en
dois
croire
la
Voix,
Si
jen
crois
fes
fermens
redoublés
mille
fois,
Il
va
fur
tant
d'états
couronner
Bérénice,
Pour
joindre
à
plus
de
noms
le
nom
d’impératrice.
Il
m'en
viendra
lui-même
aflurer
en
ce
Heu.
|
ANTIOCHUS.
Et
je
viens
donc
vous
dire
un
éternel
és
à
<
BÉRÉNICE.
Que
dites-vous?
Ah
ciel!
quel
adieu!
quel
esae
Fe
Prince,
vous
vous
troublez,
&
changez
de
vifage!
A-NFTOCHUS.
2)
Des
pleurs
9
mes
Joupirs
vous
Jui
À
CRÉRÉNTCE
—
ne
ne
puis-je
favois
AN
TIOCHUS.
IT
falait
partir
fans
la
revoir.
BÉRÉNICE.
Que
craignez-vous
?
Parlez,
Seigneur,
de
ce
départ
quel
eft
donc
le
miftère
?
ANTFTTOCUHUS
Au
moins,
fouvenez
vous
que
je
cède
à
vos
loix,
c’eft
trop
longtems
fe
taire,
nige,
qui
exprime
en
vers
faibles
&.
fiches
un
amour
un
peu.
ridicule.
Si
la
piéce
était
éerite
de
ce
ton,
elle
ne
ferait
qu’une
très
faible
idée
en
dia-
.
logues.
Plus
le
héros
qu'on
fait
parler
eft
dans
une
poñtion
défagréable
&
in-
digne
d'un,
héros...
plus
il
faut
s’étu-
TRAGÉDIE.
Acre
I
339
RER
ERA
:
ÿ
-
Et
que
vous
m’écoutez
pour
la
dernière
fois.
Si
dans
ce
haut
degré
de
gloire
&
de
puiffance
,
—
[|]
vous
fouvient
des
lieux
où
vous
prites
naifance
;
Madame,
il
vous
fouvient
que
mon
cœur
en
Ges
lieux
Recut
le
premier
trait
qui
partit
de
vos
yeux.
:
Paimai,
j'obtins
laveu
d'Agrippa
votre
frère:
Il
vous
parla
pour
moi:
peut-être
fans
colère
;
Allez-vous
de
mon
cœur
recevoir
le
tribut
:
Titus,
pour
mon
malheur,
vint,
vous
vit,
&
vous
plut.
JL
parut
devant
vous
dans
tout
léciat
d'un
homme
3
Qui
porte
entre
Les
mains
la
vengeance
de
Rome.
La
Judée
en.
pâlit.
=
Le
trife
Antiochus
=
=
Se
compta
le
premier
au
nombre
des
vaincus.
Bientôt
de
mon
malheur
interprète
févère
,
_
Votre
bouche
à
la
mienne
ordonna
de
fe
taire.
Je
difputai
longtems
,
je
fis
parler
mes
yeux;
i)
Mes
pleurs
&
mes
foupirs
vous
fuivaient
ei
tous
l
Enfin
votre
rigueur
emporta
la
balance:
iEUXx.
Vous
fütes
nimpoler
Pexil,
ou
le
filence
:
I1
falut
le
promettre,
&
même
le
jurer…
Mais,
puifqu'en
ce
moment
joie
me
dédié.
dioe
à
relever
par
la-beauté
du
file
da
faiblefe
du
fond,
Le
rôle
d'Anio-
chus
ne
peut
avoir
rien
de
tragique
;
mettez
y
done.
plus
de
noblefle,
plus.
de
chaleur
&
plus
d'intérêt,
s'il
eft.
poffble.
—
-
_
:
En
général
les
déclarations
d'amour;
_
les
maximes
d'amour
font
faites
pour
We
.
la
comédie.
Les
déclarations
de
X7-
5
:
phares
:
d'Hippolite,
d'Antiochus,
font
de
+
la
galanterie
,
&
rien
de
plus:
66.
LÉ
*
morceaux
fe
fentent
du
goût
dominant
D
qui
régnait
alors.
#
LIT
NE
-
A
BÈRENICE
DE
RACINE,
)
Lorfque
vous
m’arrachiez
cette
injuite
promelle
,
Mon
cœur
faifait
ferment
de
vous
aimer
fans
cefle.
BÉRÉNICE.
|
Ah!
que
me
dites-vous
?
LANTEOCES
Je
me
fuis
tü
cinq
ans
;
Madame
,
&
vais
encor
me
taire
plus
longtems.
De
mon
heureux
rival
j'accompagnai
Îles
armes
5
J'efpérai
de
verfer
mon
fang
après
mes
larmes,
Ou
qu'au
moins
jufqu'à
vous
porté
par
mille
exploits
Mon
nom
pourrait
parler,
au
défaut
de
ma
Voix.
Le
ciel
fembla
promettre
une
fin
à
ma
peine.
Vous
pleurâtes
ma
mort,
hélas!
trop
peu
certaine,
Inutiles
périls!
quelle
était
“mon
erreur!
k)
La
valeur
de
Titus
furpañlait
ma
fureur,
Il
faut
qu'à
fa
vertu
mon
eftime
réponde.
:
Quoiqu'attendu
,
madame
>
à
l’émpire
du
monde
;
.
Chéri
de
l'univers,
enfin
aimé
de
vous
-
Il
femblait
à
lui
{eul
appeller
tous
les
coups:
Tandis
que
fans
efpoir,
haï,
lafé
de
vivre
,
5
Son
malheureux
rival
ne
{emblait
que
le
fuivre.
|
Je
vois
que
votre
cœur
maplaudit
en
{ecret
;
*
Je
vois
que
l’on
m’écoute
avec
moins
de
regret
5
5
k)
Lo
valeur
de
Titus
Snpafait
77
À
Fureur.
T
Noïlà
à
pen
près
ce
qu'un
lec-
)
teur
éclairé.
demande.
Auiochus
Le
re.
(e
lève
,
&
c'eft
un
grand
art
de
mettre
:eft
parfaite
em
fon
gente.
Si
Ame
chus
ne
parlait
à
que
de
fon
amour,
Fil
ennuierait;
il
affädiraits
mais
tons
les
accefoires
,
toutes
les
circonftances
qu'il
emploie
font
nobles
&
intéref:
fantes
;
C'eft
la
gloite
de
Zi,
ce
les
louanges
de
75tys
dans
fà
bouche.
à
Toute
cette
tirade
où
il
parle
de
Titus
É
oi
TRAGEDIE
Acre
I
24x
Et
que
trop
attentive
à
ce
récit
funefte,
En
faveur
de
Titus
vous
pardonnez
le
refte..
Enfin
après
un
fiége
auf
cruel
que
lent,
Ïl
domta
les
mutins
,
refte
pâle
-&
fanglant
.
Des
flammes,
de
la
faim,
des
fureurs
inteflines,
&z
Et
laifla
leurs
remparts
cachés
fous
leurs
ruïnes.
Rome
vous
vit,
madame,
arriver
avec
lui.
Dans
l'Orient
défert
quel
devint
mon
ennui!
Je
demeurai
longtems
errant
dans
Céfarce
Lieux
charmans,
où
mon
cœur
vous
avait
adorée.
Je
vous
redemandais
à
vos
trifles
états;
-
Je
cherchais
en
pleurant
les
traces
de
vos
pas:
Mais
enfin
fuccombant
à
ma
mélancolie,
Mon
defefpoir
tourna
mes
pas
vers
ltalie.
-
Le
fort
m'y
réfervait
le
dernier
de
fes
coups.
Titus
en
m'embraffant
m'amena
devant
vous.
Un
voile
d'amitié
vous.
trompa
Pun
&
l'autre,
Et
mon
amour
devint
le
confident
du
vôtre.
Mais
toujours
quelque
efpoir
flattait
mes
déplaifirs..
Rome,
Vefpañen,
traverfaient
vos
foupirs.
…
-
Après
tant
de
combats
Titus
cédait
peut-être,
Vefpañen
eft
mort,
&
Titus
eft
le
maitre.
SE
un
fiége
fameux
dans
lhiftoire,
c'eft,
|
l'auteur
n’a
pu
imiter
ni
l'art
de
Raci-
fans
le
vonloir,
l'éloge
de
l'amour
de
|
#e,
ni
le
ftile
de
Racine.
Les
premiers.
Bérénice
pour
Titus.
Vous
vous
fentez
|
actes
d’Ariane
font
une
faible
copie
de:
alors
attaché
malgré
vous;
&
malgré
|
Bérénice.
Vous
fentirez
combien
il
ef
la
petiteffe
du
rôle
d'Anfiochus.
Vous
difficile
d’aprocher
de
cette.
élégance.
vertez
dans
Vexamen
d'Arisse,
que
!
continue
&
de
ce
file
toujours
naturel.
Vraie
%
g7
Que
ne
fuyais-je
alors!
Jai
voulu
quelques
jours,
De
fon
nouvel
empire
examitier
lé
cours
;
Mon
fort
eft
accompli;
votre
gloire
s’aprète.
ÂAflez
d’autres
fans
moi,
témoins
de
cette
fète,
À
vos
heureux
tranfports
viendront
joindre
les
leurs.
Pour
moi,
qui
ne
pourrais
y
mèler
que
des
pleurs,
D'un
inutile
amour
trop
conftante
victime
,
Heureux
dans
mes
malheurs,
den
avoit
pû
fans
crime
Conter
toute
l’hifloire
aux
yeux
qui
les
ont
faits,
Je
pars
plus
amoureux
que
je
ne
fus
jamais!
BÉRÉNICE.
Seigneur,
je
n'ai
pas
cru
que
dans
une
journée,
:
Qui
doit
avec
Céfar
unir
ma
deftinée
,
J
fût
quelque.
moftel
qui
pût
han
Se
venir
à
mes
yeux
déclarer
mon
amant.
Mais
de
mon
amitié
mon
filence
eft
un
gage.
l)
J'oublie
en
fa
faveur
un
difcours
qui
m'outrage,
Je
n’en
ai
point
troublé
le
cours
injurieux,
Je
fais
plus.
À
regret
je
recois
vos
adieux.
:
Le
ciel
fait
qu'au
milieu
des
honneurs
qu'il
m'envoie,
Je
m'attendais
que
vous
pour
témoin
de
ma
joie,
Avec
tout
l'univers
jhonorais
vos
vertus.
Titus
vous
chériflait,
vous
admiriez
Titus.
1)
J'oublie
ex
Ja
Foveur
un
difèours
qui
moutrage
€c.]
Voilà
le
modèle
d'u-
ne
réponfe
noble
&
décente;
ce
n’eft
point
ce
langage
des
anciennes
‘héroï-
nés
de
roman,
qu
‘ne
déclaration
ref
_pedtueufe
tranfporte
d'une
colère
im-
pertinente,
Bérénice
ménage
tout
ce
qu'elle
doit
à
l'amitié
d’Arfochus
;
elle
intéreffe
par:
la
vérité
de
fa
tendreffe
pour
l’empereur.
Il
feimble
qu'on
en-
_terde
«Henrietie
d'Angleterre:
elle-même
parlant
au
marquis
de
Zardess
la
po-
TS
SSSR
SRIS
TRAGEDIE
st
I.
243
Cent
fois
je
me
fuis
fait
une
douceur
extrème,
D'entretenir
Titus
dans
un
autre
lui-mème.
_
ANDIOCHUS
Et
c’eft
ce
que
je
fuis.
J'évite,
mais
trop
tard,
Ces
cruels
entretiens
où
je
n’ai
point
de
part,
Je
fuis
Titus;
je
fuis
ce
nom
qui
m'inquiète;
Ce
nom
qu’à
tous
momens
votre
bouche
répète.
Que
vous
dirai-je
enfin?
Je
fuis
des
yeux
diffraits
..
Qui
me
voyant
toujours
ne
me
voyent
jamais.
Adieu,
je
vais
le
cœur
trop
plein
de
Votre
image
,
Attendre
en
vous
aimant
la
mort
pour
mon
partage.
Surtout
ne
craignez
point
qu'une
aveugle
douleur
Rempliffe
l'univers
du
bruit
de
mon
maïlheur.
Madame,
le
feul
bruit
d’une
mort
que
jimplore
Vous
fera
fouvenir
que
je
vivais
encore.
Adieu.
de
ces
maximes
générales
que
le
fen-
timent
réprouve.
Rien
de
trop,
rien
de
trop
peu.
On
ne
pouvait
rendre
plus
agréable
quelque
chofe
de
plus
mince.
|
liteffe
de
la
cour
de
Zozis
XIV.,
l’a-
grément
de
la
langue
françaife,
la
dou-
ceur
de
la
verfification
la
plus
natu-
relle
,
le
fentiment
le
plus
tendre,
tout
fe
trouve
dans
ce
peu
de
vers.
Point
SOCCER
344
BÉRENICE
DE
RACINE,
SCENE
.
BÉRENICE,
PHENICE.
PHÉNICE.
Ue
je
le
plains!
#)
Tant
de
fidélité,
|
Madame,
méritait
plus
de
profpérité.
Ne
le
plaignez-vous
pas
?
BÉRÉNICE.
Cette
promte
retraite
Me
life,
je
lavoue,
une
douleur
fecrète.
a
HHENICE.
ñ)
Je
Paurais
retenu.
:
|
BÉRÉNICE.
Qui
moi
le
retenir
?
J'en
dois
perdre
plutôt
jufques
au
fouvenir.
Tu
veux
donc
que
je
flatte
une
ardeur
infent&e
?
PHÉNICE
|
Titus
n’a
point
encor
expliqué
{a
penfée.
Rome
vous
voit,
madame,
avec
des
yeux
jaloux.
La
rigueur
de
fes
loix
m’épouvante
pour
vous.
.
|
|
L'hymen
in)
Tant
de
fdélité
méritait
plus
de
prof.
y
n'eft
plus
ce
goût
fi
fin,
fi
délicats
périté
€5c.
]
La
faibleffe
du
fujet
Le
|
Phéice
parle
un
peu
en
foubrette,
montre
ici
dans
toute
fà
mifère;
ce
4)
Je
Paurais
retenn
,
]
eft
encor
plus
:
re
z
DEN
EN
DEN
D
=
|
:
£
ONDES
ASE
ERP
nice
!
Mais
ce
défaut
eft
bientôt
réparé
Qui
tous
de
mon
amant
essprunimient
par
le
difcours
pafionné
de
Bérénice.
leur
éclat
Sc:
+
LE
P,
Corneille.
Tome
VI.
NE
|
|
TRAGEDIE
Acre
L
345
9)
L'hymen
chez
les
romains
n’admet
qu’une
romaine,
ë)
Rome
hait
tous
les
rois,
&
Bérénice
eft
reine,
.
É
BÉRÉNICE.
&,)
Le
tems
meft
plus,
Phénice,
où
je
pouvais
trembler.
ë)
Titus
m'aime
,
il
peut
tout,
il
n’a
plus
qu'à
parler.
Ÿ
Il
verra
le
fénat
m'aporter
{es
hommages,
4
É
Et
le
peuple
de
fleurs
couronner
{es
images.
F
De’cette
nuit,
Phénice,
astu
vûü
la
fplendeur
?
f+
Tes
yeux
ne
font-ils
pas
tout
pleins
de
fa
grandeur
?
ë)
|
Ces
flambeaux
,
ce
bucher,
cette
nuit
enflammée,
&
:
Ces
aigles,
ces
faifceaux,
ce
peuple,
cette
armée,
|
fé
Cette
foule
de
rois,
ces
confuls
,
ce
fénat,
ë)
Qui
tous
de
mon
amant
empruntaient
leur
éclat
;
Pas
Cette
pourpre,
cet
or
que
rehauflait
fa
gloire,
à
Et
ces
lauriers
encor
témoins
de
fa
victoire
:
Ÿ,
Tous
ces
yeux
qu'on
voyait
venir
de
toutes
parts,
re
Confondre
fur
lui
fenl
leurs
avides
regards
:
#
Ce
port
majeftueux,
cette
douce
préfence
:
as
Ciel!
avec
quel
refpect,
&
quelle
complaifance,
ë)
Tous
les
cœurs
en
fecret
l’afluraient
de
leur
foi!
Le
À
Parle.
Peut-on
le
voir
fans
penfer
comme
moi,
{
É
Qu'en
quelque
obfcurité
que
le
fort
leût
fait
naître.
à
|
Æ
-
Fa
mauvais
;
cela
eft
d’un
froid
comique:
Cette
foule
de
rois,
ce
co/ul,
ce
Je-
(à
&
il
importe
bien
ce
qu'aurait
fait
Phé-
nat
,
)
les
;
352
e)
Cet
amour
ef?
ardent
>
À
le
faut
Con-
Fefer.]
Il
y
a
dans
prefque
toutes
les
longtems
un
terme
de
mépris.
piéces
de
Racire
de
ces
naïvètés
pnéri-
PENTICE
DERAGINE;
Foulèrent
à
à
Lu.
piés
toutes
les
loix
de
.
Ont
craint
cette
loi
feule,
&
n’ont
point
à
hos
yeux
Ÿ
Allumé
le
flambeau
d'un
hymen
odieux.
Vous
m'avez
commandé
furtout.d’ètre
fincère.
De
laffranchi
Pallas
nous
avons
vu
le
frère
;
Des
fers
de
Claudius
Félix
encor
flétri
,
Des
deux
reines,
feigneur,
devenir
le
mari
;
Et
s’il
faut
_jufqw
au
bout
que
je
vous
obéifle
7
Ces
deux
reines
étaient
du
fang
de
Bérénice.
Et
vous
croiriez
pouvoir,
fans
bleffer
nos
regards,
Faire
entrer
une
reine
au
lit
de
nos
Céfars,
Tandis
que
l'Orient
dans
le
lit
de
fes
reines
Voit
pañler
un
elclave
au
fortir
de
nos
chaînes
?
C'eft
ce
que
les
Romains
peufent
de
votre
amour
;
Et
je
ne
répons
pas,
avant
la
fin
du
jour,
Que
le
fénat
chargé
des
vœux
de
tout
Pempire,
Ne
vous
redife
ici
ce
que
je
viens
de
dire
;
Et
que
Rome
avec
Jui
tombant
à
vos
genoux
;
Ne
vous
demande
un
choix
digne
d'elle
&
de
vous.
Vous
pouvez
préparer,
feigneur,
votre
réponle.
EEFUS
Hélas
!
à
quel
amour
on
veut
que
je
renonce
!.
PAULIN.
cule
au
feul
nom
de
Paulin,
qui
fut
Racine
“eût
mieux
fait
d'ailleurs
,
de
choifir
un
&
ce
font
prefque
toujours
les
|
autre
confident,
&
de
ne
point
le.nom-
_confidens
qui
les
diféent.
…
Les
critiques.
|
mer
d’un.nom
français
,
tandis
qu'il
lai£.
en
prirent
occafion
de
donner
du:
ridi-
Le
à
Zitus
fon
nom
latin.
Ce
qui.
eft
S
=.
D
ÉS
.
si
OPERA
NeueRseueueses
Sasces
;
LPOUARUe
ever
ve
Vaueusr,
TRAGSEDIE
Aer
lk
2e
Fe
PAULIN.
e)
Cet
amour
eft
ardent,
il
le
faut
confefer.
+
_
EE
US
LÉ
Plus
ardent
mille
fois
que
tu
ne
peux
penfer,
Ë
Paulin.
Je
me
fuis
fait
un
plaifir
néceflaire,
fl
É
De
la
voir
chaque
jour,
de
laimer,
de
lui
plaire.
|
ë)
J'ai
fait
plus.
Je
n'ai
rien
de
fecret
à
tes
yeux.
Pas
Jai
pour
elle
cent
fois
rendu
graces
aux
dieux,
D
D'avoir
choifi
mon
père
au
fond
de
l’Idumée,
2)
D'’avoir
rangé
fous
lui
lOrient
&
l’armée,
Et
foulevant
encor
le
refte
des
humains,
Remis
Rome
fanglante
en
fes
paifñbles
mains.
J'ai
mème
fouhaité
la
place
de
mon
père;
E)
Moi,
Paulin,
qui
cent
fois,
fi
le
fort
moins
févère
:)
_Eût
voulu
de
fa
vie
étendre
les
liens,
LÉ
-
Aurais
donné
mes
jours
pour
prolonger
les
fiens.
E)
Tout
cela
(
qu'un
amant
fait
mal
ce
qu’il
defire!
)
Dans
lefpoir
d’élever
Bérénice
à
l'empire,
De
reconnaître
un
jour
{on
amour
&
fa
foi
5
Et
de
voir
à
{es
piés.
tout
le
monde.
avec
moi.
É
.
Malgré
tout
mon
amour,
Paulin,
&
tous
fes
charmes
,
ëS
.
+
Après
mille
fermens
apuyés
de
mes
larmes,
4%
0
à
e
e 0
77:
Maintenant
que
je
puis
couronner
tant
attraits,
-
>
Ÿ
ee
Ex
:
bien
plus
digne
de
remarque,
c'eft
que
f
cixe,
dont
ils
fentaient
l'extrême
mérite
5)
les
railleurs
font
toujouts
injuftes.
S'ils.
|
dans
le
fond
de
leur
cœur.
Ils
ne
di-
FH
relevèrent
les
mauvais
vers
qui
écha-
|
faient
rien
de
celle
de
Corseille
qui
était
4
pent
à
Paulin,
ils
oublièrent
qu’il
en
déja
oubliée
;
mais
ils
opofaient
l'ancien
à
NX
débite
beaucoup
d'excellens.
Ces
rail-
mérite
de
Corneille
au
mérite
préfent
+
À
1
f
PR
/
+
À
US
s'épuiférent
fur
la
Bérérice
de
Ra-
l
de
Racine,
:
É
(e
_
P.
Corneille.
Tome
VI.
y.
à
Ve
mia
V4
LTÉE
BÉRENICE
DE
RACINE,
Maintenant
que
je
lPaime
encor
:
plus
que
jamais,
Lorfqu'un
heureux
hymen
joignant
nos
deftinées,
*
Peut
payer
en
un
jour
les
vœux
de
cinq
années;
-
Je
vais,
Paulin...
O
ciel!
puis-je
le
déclarer
?
PAULTN.
|
Quoi,
feigneur
?
|
er.
HLPUS
“Pour.
jamais
je
vais.
mn
en
Hépater.
Mon
cœur
en
ce
moment
ne
vient
pas
de
de
rendre.
Si
je
t'ai
fait
parler,
fi
jai
voulu
t’entendre.
Je
voulais
que
ton
zele
achevât
en
fecret
De
confondre
un
amour
qui
fe
tait
à
regret.
Bérénice
a:
©
la
victoire
;
Etf
;
je.
panche.
enfin
Ôté
de’
|
*
Croi
qu’il
m'en
a
couté
;
pour
»
vaincre
tant
d'amour.
=
Des
Se
dont
mon
cœur
faignera
plus
d’un
jour.
J'aimais
,:
je
foupirais
dans
une
paix
profonde.
à
Un
autre
était
chargé
de.
l'empire
du
monde,
Maitre
de
mon
deftin,
libre
dans
mes
oupirs,
Se
Je
ne
rendais
qu’à
moi
compte
de
mes
defirse
|
Mais
à
peine
le
ciel
eut
rapellé
mon
père,
Dès
que
ma
trifte
main
eut
fermé
fa
paupière,
De-
mon
dimable
erreur
je
fus
defabufé
;
|
Je
fentis
le
fardeau
qui
“m'était
impol
;
=
Je
connus
que
bis
ntôt,
loin
d’ètre
à
ce
que
J'aime,
Hi
falait,
cher
Paulin,
renoncer
à
moi-même
;-
Et
que
le
choix
des
dieux,
contraire
à
mes
1e
Livrait
à
l'univers
le
refte
de
mes.
jours.
«Rome
obferve.
aujourd'hui
ma.
conduite
nouvelle.
.
Lrorenenen
ne.
Ÿ
CRU
se
CECRUIRE
PRAGÉDIES
Ace
UE
$
)
Qurille
honte
pour
moi!
quel
préfage
pour
elle,
{)
Si
dès
le
premier
pas
renverfant
tous
fes
droits,
Œ
Je
fondais
mon
bonheur
fur
le
débris
des
loix
!-
LE
A
RP
|
à
Réfolu
d'accomplir
ce
cruel
facrifice,
a
se
Jy
voulus
préparer
la
trifte
Bérénice.
(
Mais
par
où
commencer?
Vingt
fois
depuis
huit
jours,
:
ÿ
J'ai
voulu
devant
elle
en
ouvrir
le
difcours
;
Et
dès
le
premier
mot
ma
langue-embarrafée
,
Dans
ma
bouche
vingt
fois
a-demeuré
glacée.
iÈ
efpérais.
que
du
moins
mon
trouble
&
ma-
ie
Lui
feraient
preffentir
notre
commun
mal
lheut
:.
:
Mais
fans
me
foupçonner.
fenfbl
e
à
mes
nn
Elle
offre
fa
main
pour
effayer
mes
larmes;
_
Et
ne
prévoit
rien
moins,
dans
cette
obicurites
Que
la
fn
d'un
amour
qu’elle
a
trop
mérité.
Enfin
jai
ce
matin
rapellé
ma
conftance.
I
faut
la
voir,
Paulin,
&
rompre
le
filence.
dE
attens
Antiochus
.
»
pour
Jui.
recommander
-
Ce
dépôt
précieux
que
je
ne
puis
garder.
Jufques
dans
POrient
je.
veux.
qui
la
remène.
ee
Demain
Rome
avec
Jui
_Verra
partir
Ja
rèine
|
Elle
en.
fera
bientôt
inftruite
par
ma
VOIX
;
Et
je
vais
jui
parler
pour
la
dernière
fois.
PIULIN
Je
n
ne
pas
moins
de
cet
amour
de
gloire,
Qui
partout
après
vous
attacha
la
victoire.
;
La
Judée
afervie,
@&
les
remparts
famans,
—_
ce
ette
>
noble
ardeur
éternels
MORUMENS
;
FRS
RSS
SSSR
RIRE
é
336
BERENICE
DERACINE,
’
&
À)
a
%
Me
répondaient
aflez
que
votre
grand
courage.
Xù
Ne
voudrait
pas,
fcigneur,
détruire
fon
ouvrage
ÿ
Saurait
bien,
tôt
ou
tard,
vaincre
{es
paflions.
G
Et
qu'un
héros,
Vainqueur
de
tant
de
nations
,
S
FETUS.
ë
-
Ah!
que
fous
de
beaux
noms
cette
gloire
eft
cruelle!
S
Combien
mes
triftes
yeux
la
trouveraient
plus
belle,
cz
S'il
ne
falait
encor
quaffronter
le
trépas!
"
EN
Que
dis-je!
Cette
ardeur
que
jai
pour
fes
apas,
4
Bérénice
en
mon
fein
l’a
jadis
allumée.
€
Tu
ne
lignores
pas;
toujours
la
renommée
)
Avec
le
mème
éclat
a
pas
femé
mon
nom.
S'égarait,
Cher
Paulin
,
par
l’exemple
abufee
.
G
Ma
jeunefñle
nourrie
à
la
cour
de
Néron
A
Et
fuivait
du
plaifir
la
pente
trop
aifée.
CF
Bérénice
me
plut.
Que
ne
fait
point
un
cœur
À
»
Pour
plaire
à
ce
qu'il
aime
,
&
gagner
fon
vainqueur
?
&
|
Je
prodiguai
mon
fang.
Tout
ft
place
À
mes
armes.
&
Je
revins
triomphant,
Mais
le
fans
&
les
larmes
à
J'entrepris
le
bonheur
de
mille
malheureux.
_
On
vit
de
toutes
parts
mes
bontés
fe
répandre.
5
Heureux!
&
plus
heureux
que
tu
ne
peux
comprendre,
À
Quand
je
pouvais
paraître
à
fes
yeux
fatisfaits,
À
6
Ne
me
fuflifaient
pas
pour
mériter
Les
vœux.
)
;
Chargé
de
mille
cœurs
conquis
par
mes
bienfaits!
É
Je
lui
dois
tout,
Paulin.
Récompenfe
cruelle!
£
Tout
ce
que
je
lui
dois
va
retomber
ur
elle.
|
Je
ln
vois.
,
miière
fois.
|
ss
F)
Depuis
cinq
ans
entiers
chaque
jour
|
—
Fi
crois
toujours
la
voir
pour
la
pres
ve
ue
Soueusws
PRIE
CRE
G
TRAGEDIE
Acre
IL
357
Pour
prix
de
tant
de
gloire
&
de
tant
de
vertus,
Je
lui
dirai,
Partez,
&
ne
me
voyez
plus.
PAULIN.
|
Hé
quoi,
feigneur!
hé
quoi!
cette
magnificence,
Qui
va
jufqu'à
l'Euphrate
étendre
fa
puifance,
|
Tant
d’honneurs,
dont
lPexcès
a
furpris
le
fénat
,
Vous
laiflentils
encor
craindre
le
nom
d’ingrat
?
Sur
cent
peuples
nouveaux
prince
commande.
TITÈS-
Faibles
amufemens
d’une
douleur
fi
grande!
Je
connais
Bérénice,
&
ne
fais
que
trop
bien,
Que
fon
cœur
na
jamais
demandé
que
ie
mien.
Je
l'aimai,
je
lui
plus.
Depuis
cette
journée
;
(Dois-je
dire
funelte,
hélas!
ou
fortunée
?
)
Sans
avoit
en
aimant
d'objet
que
fon
amour,
Etrangère
dans
Rome,
inconnue
à
la
cour,
Elle
pañle
fes
jours,
Paulin,
fans
rien
prétendre
;
Que
quelque
heure
à
me
voir,
&
le
refte
à
m
attendre,
Encor
fi
quelquefois
un
peu
moins
afidu
,
Je
pañfe
le
moment
où
je
fuis
attendu,
|
Je
la
revois
bientôt
de
pleurs
toute.
trempées
Ma
main
à
les
fécher
eft
longtems
occupée.
Enfin
tout
ce
qu’amour
a
de
nœuds
plus
puiflans
,
.
Doux
reproches,
tranfpoïts
fans
celle
renaiffans
,
Soins
de
plaire
fans
aït
,
crainte
toujours:
nouvelle,
Beauté,
gloire,
vertu»
je
trouve
tout
en
elle.
#)
pue
cing
ans
entiers
chaque
jour
je
la
vois,
Ces
vers
font
connus
de
prefque
tout
y
tions;
ils
font
naturels
Spin
de
fen-
le
monde;
on
en
a
fait
mille
aplica-
À
timent:
mais
ce
qui
lés
rend
encor
Li
|
state
Et
crois
toujours
Es
voir
pour
Ja
première
.
N'y
fongeons
plus.
Allons,
cher
Paulin,
plus;
+
pente
:
Plus
je
fens
chanceler
ma
cruelle
conftance,
Quelle
nouvelle,
6
ciel,
je
lui
vais
annoncer!
£)
Encor
un
coup,
allons,
il
ny
faut
plus
penter.
Je
connais
mou
devoir,
c'eft
à
moi
de
le
fuivre,
TITUS,
Tr
à
Ab
Pan
!
Quoi!
b)
Je
examine
point
fi
jy
_pourai
furvivre,
SCENE
IIL
DIULIN
DE
TT
LE
féigheté,
demande
às
vous.
parler.
T
L
+
ÜS.
s
PA
CL.I
N..
déja
vous
femblez
reculer
2?
De
vos
nobles
projets,
feigneur,
qu'il
vous
fouvienne,
meilleurs
,
c'eit
qu’ils
terminent
un
mor-
ceau
charmant.
Ce
n’eft
pas
une
beau-
té
fans
doute
de
l'Æfsére
&
de
lOedipe
|
de
Sophocle
;
mais
;
qu'on
fe
mette
à
place
de
l’auteur,
qu'on
eMaye
de
faire
parler
Titus
comme
Racine
y
était
obli.
|
cé,
&
qu'on
voie
s'il
ef
poflible
de
le
faire
mieux
parler.
Le
grand
mérite
confifte
à
repréfenter
les
hommes,
_&
les
chofes
;
comme
elles
font
dans
R
À
la
|
RTE
nature,
&
dans
la
belle
nature.
Raphael
À
féufit
aufli-bien
à
peindre
les
graces
ane
les
Faries.
=
7.
g)
Encor
un
coup,
]
eft
une
façon
_parker
trop
familiére,
&
prefque
bañle.,
dont
Aacine
Fait
trop
fonvent
ufage.
-
b)
Je
n'exmmine
point
jy
pourai
Jur-
vivre.
|
Cette
réfolution
de
l'empereur
ne
fait
attendre
«
qu'une
feule
foène.
H
à
peut
rénvoyer
|
_
rénice
avec
>
Antiochu
pas
LS
se
Voici
le
tems.
&
la
picce
fera
bientôt
aie.
On
con-
poura
fournir
encor
quatre
actes;
il
n'y
j}
a
point
de
nœud,
point
dobftacle
;
point
d'intrigue,
=
maître,
dl
a
pris
fon
parti,
il
veut,
&-il
doit.
vouloir
que
Bérénice
parte.
R
Ge
n'eft
que
dans
les
{entimens
inépui-
fables.
du
cœur
:
mouvement
à
Pautre,
dans
le.
dévelo-
|
pement
des
plus
fecress
reforts
de
l'a-
SC
EN
FE
coit
très-difficilement
comment
le
fujet
L'empereur
ef
le.
dans
le
paflage,
d'un
ere
etereneset
TRAGEDIE
Acrs
IL
PTIT
US.
Hé
bien,
voyons
la!
qu’elle
vienne.
LT
BERENICE,
TITUS
PAULIN:
FHENLE
Se
_-
dd
vous
offe
.
De
votre
{olitude
interromt
le
fecret.
Tandis
qu'autour
de
moi
votre
cour
affemblée
Retentit
des
bienfaits
dont
vous
m'avez
comblée;
Eftl
jufte,
feieneut,
que
feule,
en
cœ
montant,
Je
demeure
i)
fans
voix
&
fans
reffentiment
?
=
Mais,
figneue,
Le
_
fai
nfez
pas,
fi
mon
zèle
indifcret:
ie
©
cet
:
ami
.
fincère
-
:
me,
que
l’auteur
a
pü
trouver
de
quoi
remplir
la
carriére.
C'eft
un
mérite
pro-
digieux,
&-dont
je
crois
que
lui
{cul
était
capable.
2)
Sans
voix
ES
fans
ne
6
mot
eft
le
feul
employé
par
Racine
qui
ait
été
hors
d’ufage
depuis
lui,
Refér-
tünent
n'eft
plus
employé
que
pourex=.
primer
le
fouvenir
des
ontrages,
&
-
non
celui
des
bienfaits
=
FOCUS
CS
USUOUO
360.
BERENICE
DE
RACINE,
Du
fectet
de
nos
cœurs
connait
tout
le
miftère
)
Votre
deuil
eft
fini,:rien
n'arrête
vos
pas;
Vous
êtes
feul
enfin,
&
ne
me
cherchez
pas.
J'entens
que
vous
m'offrez
un
nouveau
diadème,
Et
ne
puis
cependant
vous
entendre
vous-même.
Hélas
!
plus
de
repos,
feigneur
,
&
moins
d'éclat.
Votre
amour
ne
peutil
paraître
qu’au
fénat
?
Ah
Titus!
car
enfin
l'amour
fuit
la
contrainte
De
tous
ces
noms,
que
fuit
le
refpect
&
la
crainte.
De
quel
foin
votre
amour
va-t-il
s’importuner
?
N'a-til
que
des
Etats
qu'il
me
puifle
donner
?
Depuis
quand
croyez-vous
que
ma
grandeur
me
touche?
Un
foupir,
un
regard,
un
mot
de
votre
bouche,
Voilà
l'ambition
d’un
cœur
comme
le
mien.
Voyez
moi
plus
fouvent,
&
ne
me
donnez
rien.
Tous
vos
momens
fontils
dévoués
à
l'empire
?
Ce
cœur
après
huit
jours
n'atil
rien
à
me
dire?
Qu'un
mot
va
raflurer
mes
timides
efprits!
Mais
parliez-vous
de
moi,
quand
je
vous
ai
furpris?
Dans
vos
fecrets
difcours
étais-je
intéreflée?
Seigneur,
étais-je
au
moins
préfente
à
la
penfée
?
FÉTUS.
#)
N'en
doutez
point,
madame
;
&
j'attefte
les
dieux,
Que
toujours
Bérénice
eft
préfente
à
mes
VEUX.
ee
_
L'abfence,
S
k)
N'en
doutez
point,
madame.
À
Ces
|
les
romains,
la
valeur
de
ces
termes.
(LE
mots
de
#adame
&
de
féigneur,
nefont
|
C’eft
une
remarque
qu'on
peut
faire
fur
£
|
que
des
complimens
français.
On
n'em-
toutes
nos
tragédies.
Nous
ne
nous.
6
(4
Ploya
jamais
chez
les
grecs,
ni
chez
|
fervons
point
des
mots
moyeu,
mada-:
N
>
.
DN
\
RSS
SSI
TRAGEDIE
Acre
IL
36
L’abfence
,
ni
le
tems;
je
vous
le
jure
encore,
Ne
vous
peuvent
ravir
ce
cœur
qui
vous
adore.
BÉRÉNICGE.
Hé
quoi!
vous
me
jurez
une
éternelle
ardeur,
Et
vous
me
la
jurez
avec
cette
froideur
!
Pourquoi
mème
du
ciel
attefter
la
puifflance
?
Faut-il
par
des
fermens
vaincre
ma
défiance
?
Mon
cœur
ne
prétend
point
,
feigneur,
vous
démentir,
Et
je
vous
en
croirai
fur
un
fimple
foupir.
T
1
T
U
S.
|
:
Madame...
..
:
:
HER
ÉENTOE
Fté
bien,
feigneur?
Mais
quoi,
fans
me
répondre
,
Vous
détournez
les
yeux,
&
femblez
vous
confondre!
Ne
moffrirez-vous
plus
qu'un
vifage
interdit
?
Toujours
la
mort
d’un
père
occupe
votre
efprit
?
Rien
ne
peut-il
charmer
l'ennui
vous
dévore?
>.
+
FÉLUS:
A
Plôt
:
au
ciel
que
mon
père,
hélas
;
_vécit
encore
!
Que
je
vivrais
heureux!
…
BÉRÉNICE.
|
Seigneur,
tous
ces
regrets
De
votre
piété
font
de
juftes
effets.
=
Mais
vos
pleurs
ont
aflez
honoré
fa
mémoire.
Vous
devez
d’autres
foins
à
Rome,
à
vôtre
gloire.
me,
dans
les
comédies
tirées
du
grec
;
|
romaines
#adawte;
ce
vicieux
en
foi,
lufage
a
permis
que
nous
apellions
les.
|
mais
qui
cefle
de
l'être,
puifque
le
tems
romains
@&
les
grecs
Jeigneur,
&@
les
|
La
“autorifé.
P.
Corneille.
Tome
VL
j
CRE
G
36
BERENICE
DE
RACINE;
De
mon
propre
intérêt
je
n’ofe
vous
parler,
Bérénice
autrefois
pouvait
vous
confoler.
Avec
plus
de
plaifirs
vous
m'avez
écoutée,
De
combien
de
malheurs,
pour
vous
perfécutée,
Vous
ai-je
pour
un
mot
facrifié
mes
pleurs
?
Vous
regrettez
un
père,
Hélas,
faibles
au
LE
Et
moi
(ce
fouvenir
me.
fait
frémir
encore
).
On
voulait.
m’arracher
de
tout
ce
que
jadore!
—
Moi,
dont
vous
connaiflez
le
trouble
&
lé
tourment
,
Quand
vous
ne
me
quittez
que
pour
quelque
moment!
Moi,
qui
mourrais
le
jour
qu’on
voudrait
m'interdire
De
vous.
ELLE
US
Re
Madame,
hélas!
que
me
venez-vous
dire
2
-
Quel
tems
choififfez-vous
?
2
Ah,
de
grace
,
arrêtez!
Ceit
trop
pour
un
ingrat
prodiguer
vos
bontés
!
BÉRÉNICE.
Pour
un
ingrat,
feigneur
!
&
le
pouvez-vous
être
?
.
Ainfi
donc
mes
bontés
vous
fatiguent
:
peut-être?
PETUS
Non,
madame,
Jamais,
puifqu’il
faut
vous
parler
Mon
cœur
de
plus
de
feux
ne,
fe
entit
bruler,
Mais
.
=
ae
-
LÉ
REN
TO
Achevez.
|
RIT
e
Se.
Héige
Le
COCO
OPONORCOURS
1
Ÿ
EN
TRAGÉDIE
Aere
IL.
36
24
Q
|
FÉTES.
ie
À
—
Rome...
l'empire.
TA
BÉRE
NICE.
:
&
Hé
bien
?
À
_
TITUS
Sortons,
Paulin,
je
ne
lui
puis
rien
dire.
SC
ENS
BERENICE,
PHENICE.
BÉRÉNICE.
-
Que
!
me
quitter
fi-tôt,
&
ne
me
dire
rien!
Chère
Phénice,
hélas!
quel
funefte
entretien!
Qu'ai-je
fait?
que
veutil?
&
que
dit
ce
filence
?
PHÉNICE.
Comme
vous
je
me
perds
d'autant
plus
que
jy
penfe,
Mais
ne
s'offre-til
rien
à
votre
fouvenir,
Qui
contre
vous,
madame,
ait
pu
le
prévenir
?
Voyez,
examinez.
BÉRÉNICE.
_
Hélas!
tu
peux
m'en
croire.
Plus
je
veux
du
pañé
rapeller
la
mémoire,
-
Du
jour
que
je
le
vis,
jufqu’à
ce
trifte
jour
,
Plus
je
vois
qu'on
me
peut
reprocher
trop
d'amour.
Mais
tu
nous
entendais,
Il
ne
faut
rien
me
taire.
—
Zzij.
RL,
EL
PL
EL,
PR
SL
SET
SUR
PS
sy
.
CA
CR
es
eue
es
G
3264
BERENICE
DE
RACINE,
Parle.
Nai-je
rien
dit
qui
lui
puifle
déplaire
?
Que
fais-je
?
J'ai
peut-être,
avec
trop
de
chaleur,
Rabaïfle
fes
préfens,
ou
blâmé
{a
douleur.
N'eft-ce
point
que
de
Rome
il
redoute
la
haine
?
1)
Il
craint
peut-être,
il
craint
d'époufer
une
reine.
Hélas!
s'il
était
vrai.
...
Mais
non,
il
à
cent
fois
Rafluré
mon
amour
contre
leurs
dures
loix.
Cent
fois
....
Ah!
qu'il
n’explique
un
filence
fi
rude.
Je
ne
refpire
pas
dans
cette
incertitude.
Moi,
je
vivrais,
Phénice,
&
je
pourrais
penfer,
Qu'il
me
néglige,
ou
bien
que
jai
pu
l’offenfer
!
Retournons
fur
Les
pas.
Mais
quand
je
m’examine,
Je
crois
de
ce
défordre
entrevoir
Porigine.
Phénice,
il
aura
fu
tout
ce
qui
s’eft
pañé,
L'amour
d’Antiochus
la
peut-être
ofenté.
Il
attend,
nat-on
dit,
le
roi
de
Comagène,
|
Ne
cherchons:
point
ailleurs.
le
füjet
de
ma
peine.
Sans
doute
ce
chagrin
qui
vient
de
m’allarmer
;
N'elt
qu’un
léger
foupcon
facile
à
défarmer.
Je
ne
te
vante
point
cette
faible
victoire,
Titus.
Ah!
plût
au
ciel,
que
fans
blefler
ta
gloire
,
Un
rivaï
plus
puiflant
voulût
tenter
ma
foi,
Et
püt
mettre
à
mes
piés
plus
d’empires
que
toi,
>
|
Se
ee
2
:
l)
Il
craint
peut-être,
il.
craint,
d'épou.
|
yrait
dire,
Pourquoi
Z#ys
embarraffé
Jer
une
reine...
Mais
non.
J
Sans
ce
:
vient-il
de
prononcer
en
foupirant
les
mais
non,
ans
les
affurances
que
Zius
<
mots
de
Rome
&
re
?
Elle
fe
ra
lui
a
données
tant
de
fois,
de
n'être
|
fure
fur
les
promefles
qu'on
Iui
a
fai-
jamais
arrêté
par
ce
fetupule,
elle
des
tes;
elle
cherche
de
vaines
raifons.
IL
vrait
s'attacher
à
cette
idée;
elle
de-
|
ef
pardonnable
+
ce
me
femble
,
qu’elle
TS
TS
TNT)
AN
riques,
&fe
méprendre.
Que
de
fceptres
fans
nombre
ï
pût
payer
ma
=
Que
ton
amour
neût
rien
à
donner
que
ton
ame!
C'eft
alors,
cher
Titus,
qu'aimé,
victorieux,
Tu
verrais
de
quel
prix
ton
cœur.eft
à
mes
yeux.
Allons,
Phénice,
un
mot
poura
le
fatisfaire.
Raflurons
nous,
mon
cœur,
je
puis
encor
lui
plaire,
Je
me
comptais
trop.
tôt.au
rang
des
malheureux.
Si
Titus
jaloux,
Titus
eff
amoureux,
Fin
du
Jecond
ofe,
=
È
-
2
SES
mess
—
EA
ee
ne.pas.
Bérénice,
en
raïfonnant
jufte,
aurait
plutôt
craint
Rome
que
la
jalou-
craigne
que
Zifus
ne
foît
inftruit
de
Va
f
mont
d'Antiochus.
Les
amans
&
les
con-
jurés
peuvent,
je
crois,
fur
le
théatre
fe
livrer
à
des
craintes
un
peu
chimé-
Is
font
tou-
jours.
troublés,
&
le
trouble
ne
raifon-
fe
de
Zitus.
Elle
aurait
dit,
Se
Titus
:
m'aime,
il
forcera
les
romains
à
fonf-
frir
qu'il
m
’époufe
;
&
nonpas;
Si
Ti
“us
et
jaloux
Ts
pu
GHOUTEUX
&
=
D
SY
$
366
BERENICE
DE
RACINE,
À
Coton
rep.
FOSC
SCENE
p
RE
M
1 E
RE
à)
TITUS,
ANTIOCHUS,
ARSACE.
|
Li.
Uorx,
prince!
vous
partiez?
Quelle
raifon
fubite
Prelle
votre
départ,
ou
plutôt
votre
fuite?
Vouliez-vous
me
cacher
jufques
à
vos
adieux
?
Eft-ce
comme
ennemi
que
vous
quittez
ces
lieux
?
Que
diront
avec
moi,
la
cour,
Rome,
l'empire
?
Mais
comme
votre
ami
que
ne
puis-je
point
dire
?
De
quoi
m’accufez-vous
?
Vous
avais-je
fans
choix
Confondu
jufqu’ici
dans
la
foule
des
rois
?
Mon
cœur
vous
fut
ouvert
tant
qu'a
vécu
mon
père,
C'était
le
feul
prélent
que
je
pouvais
vous
faire
;
Et
lorfqu'avec
mon
cœur
ma
main
peut
s’épancher,
Vous
fuyez
mes
bienfaits
tout
prèts
à
vous
chercher.
:
Penfez-vous
qu'oubliant
ma
fortune
pañlée,
a)
On
n’a
d'autre
remarque
à
faire
|
avec
la
même
éléganee
que
le
refte,
&
fur
cette
fcène
,
finon
qu’elle
eft
écrite
avec
le
même
att.
Anfochws
chargé
par
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