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De l'économie politique moderne : discours fondamental sur la population

Herrenschwand, Jean Frédéric (1715-1796)

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#4 Ress FA di % » A DISCOURS FONDAMENTAL ! ! SsUE # 14 LA POPULATION. | DE LA Re Re CNT ROUE Eyema. nd L'OûQ IXÉE 7 F. à RE 4 ; _ » Pa % Lear ‘ À € : Vie “& Gus NE nc ; | DR : RE aEuer: 2 > sn reg eert csresrememste * RS A4 | sr dd L'ÉCONOMIE POLITIQUE | MODERNE. hu DISCOURS FONDAMENTAL SUR JL AB-O PU-L+A TI ON. Pan HERRENSCHWAN D. "x ns A LDARIS, PÉSEXTR QE Chez Manapax, Libraire , rue du Cimetière André - des « Arts. PT Po PO Ru STE - L'an IR de lg République, ie CE (A 4 ve PERTE MER x [3 SE M. à DE a ent an hs mp AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR. ire : . Ass REMENT sil ect permis à un Traducteur de vanter l'original dont il essaye de transmettre les beautés dans sa langue ».à plus forte raison doit-il être permis à un Editeur de vanter l'ouvrage qu’il donne. pour la pre miére fois, ou qu'il réimprime : celui de M. Herrenschwand » Médecin Suisse ,. connu par d’autres écrits sur. sa profession , est un des meilleurs livres qui ayent paru sur PÉconémie Politique ; mais c’est 4 Londres qu'il a été publié, nous ne savons trop pourqUG1 ; en conséquence il manquoit en France et l'on s’en est bien apperçu lorsqu'il a été question d'entretenir les Elèves de l'École Nor< male de la partie dont il-traite. Nous avons donc-cru faire une chose utile, et agréable à nos concitoyens, en leur donnantun livre écric dans leur langue qui traire si essentiellement. de la France, et qui Jui aésigne une place si distinguée parmi les nations de l’Europe , lors=. qu'il parle de ses ressources physiques. L'auteur , qui s'yconnoît, met la France au PtéMier rang ; et les arts de la paix que nous. À ? + 2: 12 36 TS KR ATPRALEE Air Ivrérèr pe L'Ancewr. Est un des plus importants objets de l’'Economie#politiqne , P+ 105.— Ilse divise eu deux espèces , p. 106. —<— Iutérêt légal. Par qui déterminé , p idem. —— D'où nait: la nécessité dé le fixer, p. 107. —— Règles que le souverain doit suivre en le fixant , dem et Suiv, ——= #_ A LA ® , CE Intérêt dn marché: par qui déterminé , P-10., el ; SUIp. —— Taux dé l'intérêt dans chaque mode de la prospérité des’nations , p.116. — I] ne dépend point entièrement de la masse d'argent circulante : pP:1 17: (Preuvestirées de l'exemple de la Chine et dela France, p. f18. )=— Il seroit toujours l’effet nécessaire et la mesure exacte dela prospérité des nations , si son.cours naturel n’étoit point troublé , -P:149:—11 l’a toujours été par les homme d'Etat, p. idem. —— Ses variations en Angleterre > P' 125 el Suip. —— Il n'a point varié en Ftance pendant 120 ans , Zdem. ART . | IncAnpr. Raison qui l'ont empêchée d'imiter l’éxemple des Etats-Unis , p. 73. “ . Lavenpy. Erreur qu'il commit en fixant l'intérêt lé: gal » P+ 109- Luxz (Le) énerve dans l'homme là faculté de pro-. créer en raison directé : de: son étendue , p.189. est préjudiciable à la population des consommateurs, et favorable À celle des autres classes > P+ 190. —— Est une condition essentielle dans l'Economie politique moderne , 239. = Sens qu’il faut attacher au mot luxe , p. idem: nent Le = 200 + Lycurçus. Son système d'Economie »>P: 30 et 37 Macnines. Effets. que produit leur introduction dans les travaux sur uné nation à prospérité progressive , arrêtée , ou rétrograde, p. 243. = Elles peuvent être introduites sous trois proportions dif-. {érentes ; différens ‘effets qui en résultent, p, 244. Leur trop grande multiplication nuit inoins dans Pagriculture que dans les manufactures , P* 247. Maxuracrures. Ce qu'elles ont le plus à craindre, Y : . P+ 814 -—— Deux choses leursont indispénsablement. nécessaires , Pr 112% Masuracrumimks Lemaigtien de leur classe, / & DES MATIERES. 13 *st l’essence du systéme moderne d'Economie politique , p. 45 et 66. — Hÿ ne peuvent être maintenus que sous deux conditions, bi. ——Leur sort dans une nation > selon que sa prospérité est progressive , stationnaire ou rétrograde , p. 82 es 83. Malheurs auxquels l'interruption du commerce extérieur les réduit , P+ 148. — Ils sont , dans une nation, comme le canal par lequel son numéraire circule , p. 165. —— Leur population particulière est une quantité variable , p. 188. — Elle détermine la population totale de la nation > P+ 191. MantiaAces. Effets des enconragemens extraofdivaires qui leur sont donnés dans l’un ou l’autre des trois modes de prospérité , p.232 , 233 ef suiv. Muzripricarion. Deux conditions lui sont essenntiellement nécessaires > Pe 2: —=Se6s limites sont de deux espèces , p. 3. Nations de l'Europe, Tort qu’elles se sont fait en ‘ Vouant trop de capitaux au Commerce extérieur : P: 97 €t 98. —= Moyen bien simple qu’elles ont pour juger de leur population et de leur prospérité, © P+192: — Les nations ont, comme les individus , trois âges, la jeunesse , l'âge fait ; Ja vieillesse ; P: 224 ef suiv.—— Leur intérêt est d’arriver à {? fait naturel le plus tard péssible , P: 231. Necker, Manière dont il a conduit l'Economie politique de France, p. 141. — Analyse de ses prin= cipes et de ses opérations , P- 204 ef suiv. Nourairure (La) de.l’homme $e distingue en naturelle , artificielle et mixte , en actuelle et en POssie ble , p. 2 ; —— elle a dés limites » ibid. Panrrace pes TERRES (Le) en portians modiques , conseillé par la plûpart des Ecrivains. Funestes conséquences qui en dérivent, p.20, 31,154 et suiv. Pasteurs (Peuples) se maintiennent sur une nourriture mixte ;\ p. 9. — Avantages qu’ils ont sur les Peuples chasseurs , Pe11:—— Leur population est infiniment plus considérable > ibid. — Ils vivent réunis et campés, zbrd. ; et sont redoutables aux Tations civilisées ,,p. 12, — Limites de leur popu- LA âge AP di Aù 6 fi es. AE né | st à Éc” ù5 ANRE © à LD x $ ji" ft Di à nie mn doll nr Mi dd à à A PL 14 FE AACHÈL TE lation, zbid. =— Ils tiennent le second rang dans la grande division déflespèce humaine , 2074. Prrr. Son système de taxes ; funestes conséquences de ce système ; son inexpérience , p. 199 ef sui. Porocnz. Grande exportation de grains qu’elle fait annuellement : ce qu'il en fâut conclure, p. 180. Popurartox (La )est le degré dela multiplication de l'espèce, p.3, =—réelle où apparenté, 7b/d.=—Son signe caractéristique chez les nations modernes ; pe191—; considérée comme une machine ayant un principe actif et deux rouages, p: 194. —— Son principe actif, 2b#d.-—Ce principe peut être affecté directement:danssa puissance : (trois mañières"dont il peut l'être) , p:197 ; ——indirectement dans lPundes deux rouages : (trois manières dont 'ilpeut l’être) ; p+ 198 ; indirectement encore dans lé second rouage : (trois manières dont il peut l'être), p. 303 Ponrs rranés (Lés) nuisent»à l’industrie nationale , P- 87 » 94. ——Ils sont des receptaclés de fraude P: 103. HR 4 men L 1 Price, (Le D'})refuté, p.124 , 1671et suiv, ProcrearioN (La)-de l'espèce humaine;-paroît sans bornes, p. 2. = Effets qui en résulient-cheziles Peuples chasseurs, p:6 3: chezles Peuples pasteurs, p:7 3; —— ché lés nations purement agricoles, p.14, 16 ef suiv.; 53, 4o cfsuiné; —chèz Îles nations agricoles et manufacturières ; dans:les trois modes de prospérité..p. 113, aw4e#267: Prorrrs Des FoNDs. Leur rapport avec les salaires rest le signe caractéristique des degrès de prospérité, p.111 * cé qu'ils sont dans les divers modes de cette prospérité , p 1117 @f Suiv. Phosrenrré (La) des nations est ou progressive , où arrêtée, owrétrograde , p. 83 ; —— est difficile à maintenir quand les progrès sont trop rapides, p-2313—-et la moindre diminution qu’elle éprouve ‘estune calamité’, p/232: A dr A Puissance (La) des-nations est divisée en parfaite et impatfaite, p.266 ; est composée de deux élémens, 70id. : Im € Sr e vÉ Ræenzes (Les) des terres sont.en raïon directe du dénude tannins gi pe DIE Se M 4 IE RES: 15 “superflu de subsistances que le cultivateur peut ven- D: 220 s227. *: dre, p.178. -- Effets que produit leur accroissement , Romaine, Coujecture sur la cause qui a fait naître et entretenu chéz eux Pesprit de conquêtes D A Russie (La) fait les effotts les plus louablés pour faire fleurir chez elle l’industrie , p. 33.—— $es-ef- forts seront vains : pourquoi, ibid. SALAIRE. Rapport qu’il doit avoir avec les profits , Aprttis en Son taux dans les divers modes de pros- - périté:, p.143 ef suite. :° E ro : SmiTrn,(Adam) combattu, P: 78 ét ÿye __ Cité s P:152, 254 256, « Sruanr. (Chev. Jac.) Cité, p. 172. SYSTÈME D’Acricurrure (Les) se réduisent à trois principaux , p. 16. SYSTÈME D'AGRICULTURE ABSOLUE (Le) entraîne nécessairement un genre de vie très-simple , p. 19; — étoit celui des premiers Romains, Di agre ——— seul genre de commerce qu’il comporte , p.27. — Il n'exclut point la tyrannie , p. 33. Svrsrime (Le) D'Acnrcurrune RELATIVE , fondé - sur l’esclavage, p. 28. ——Etoit celui de LacédémOne, p. 16.——Il se divise en deux modes distincts, p. 29. —JL’un nécessittant Ja plus grande simplicité de vie, l’autre compatible avec le plus grand luxe , 2bid. Ce système et celui de tous qui a le moins d’inconvénients et qui est le plus durable RTC HEN SYsrTÊME (Le) p'AcricuLTuRE RELATIVE, fondé Sur Un système de manufactures, est celui des nations modernes p. 16: +— est le plus téméraire -qu’on ait pu imaginer, P: 41. —-Mais il est le plus favorable à la liberté’, P+ 33. ——Essence de ce système, p. 45: ——Son méchanisme, p. 183 et 184. à » P YF Tax£s (Les) portent. sur les manufactures directe ment.ou indirectement , p. 81. —Leur effet dans lun et l’autre cas, P- 62 et suiv. l'étendue ne, 16 TABLE DES MATIERES. dont elles sont susceptibles est en raison directe de la circulation générale, p. 165 ; ——et par consé- 3 - = quent en raison dirècte de la population des manufacturiers , p. 166. ——T'ort qu’elles font à la population dans deux cas , p. 108. ‘+ .Tremrze, (Le Chev.) Cité, p. 185. ; & 182: | TrAvAïIL, sa division : en quoi elle ressemble aux machines, en quoi elle en différe, p. 251. 2=Proportion selon laquelle elle augmente les pouvoirs productifs : hypothèse à. cet égard, p+2524 Ou peut appréciers par elles les degrés de-prospérité d’une nation, p. 254. LE 7 Y | | | | Youna; (Arthur) p. 157 etsuive : - Fin de la Table des Matières. \ TRES TN EN AT UC TE te VE NE 17 ee Gt as -SÉ tt “4 « . PTT OUR ES, 7 WA 1 d \ > 2 : : , BD 6 APE mp at ga areas ge TeSe Lr 0 ÉÉ SR RER MOIS D AE 0 D RON RTS DAT Bo a M 2 M t DISCOURS. ! 222227 DC iOLD ie LA POPULATION. dit St PR LAN C I de E s. Lomme n'des besoins que la nature ui: impose ÿ etilen a qu’il se donne lui- -même volontairement ; 5les uns sont ses besoins »atureis et ont des limites ; les, 2: F autres sont ses besoins artificiels et n’ont point de. bornes ; maïs le sujet » que je vais traiter, m° oblige de considérer les besoins de l'homae + sous üñ autre point de vue. L° espece ‘humaine se nourrit tirdée végétaux et sur la Chair des animaux et l’on peut distinguer sa noura riture en naturelle, en artificielle et en mixte; je regarderai comme nourriture naturelle celle ) qui est le produit du seul travail de la nature ; Comme nour. riture artificielle celle ) qui est le Scbuit du seul travail de l'homme ; comme nourriture mixte celle , qui est le proluit du trayail de l’homme combiné avec celui de la nature, Dans la nourriture naturelle tout. est l'ouvrage de la nature , végétaux et animaux ; dans la nourriture artificielle tout est l'ouvrage de fou > végétaux et animaux; dans la nourriture mixte l’homme laisse à la nature le soin des vépétaux et se charge de celui des animaux, ‘D’après cette division de la nourriture de Pespece Ë Fr he e EE —: (2) humaine,, je distinguerai les besoins de l’homme em besoins naturels , en besoins artificiels et en besoins mixtes 3 j’appellerai les besoins de l’homme naturels; lorsqu %] les satisfait sur une nourriture naturelle ; artificiels , lorsqu? il les satisfait sur une nourriture | artificielle ; mixtes; lorsqu'il les satisfait sur une nourriture mixte. de n'établis gotte distinction des besoins de l’hom-= , que dans. l'unique(vue de découvrir leur influence sur da population de l’espece humaine ; Car dans la réalité l'homme peut se contenir dans tai bornes des besoins naturels sur toute espece de nourriture. Je distinguerai encore la nourriture de l'espece humaine en nourriture actuelle et en nourriture possible ; par nourriture actuelle j'entends celle , que l'espece humaine se trouve avoir en sa possession dans un moment quelconque et par nourriture possible celle , qu’il est au pouvoir de l’espece humaine de se procurer au de 1à de sa nourriture actuelle. Deux conditions sont essentiellement nécessaires pour la multiplication de l’espece humaine ; la procréation et la nourriture ; la procréation donne l'existence , la nourriture la maintient et l’espece humaine ne peut multiplier; que dans la proportion de sa nourriture , quelque productive que puisse être sa procréation. | La procréation de Pespece humaine paroit être gans bornes ; sa nourriture au contraire à des limites ; tant que la procréation n’a pas atteint les limites de la nourriture ; lespece humaine est susceptible de multiplication ; ; mais au moment où la PL OT PRE an bé Re ee CCG, (33 procréation a atteiut les limités de la nütriiiufe ÿ lespecé hfmaine. cesse d’être susceptible de multiplis cation à tel degré que la procréation puisse franchir ces limites, Les limites de la multiplication de l’espece"humaine sont de deux especes ; physiques.ou morales ; elles sont physiques , lorsqué la procréation a Host l'éspece humaine à à la pleine proportion de toute sa nour= ‘riture possible ; elles sotit morales , lorsque des Ur obstacl s quelconques empêchent la procréation de porter T'espece humaine , soit à la pleine pr'opoftion de toute sa nourriture actuelle , S6iPR La pleine proportion de toute sa nourriture possible ; dans le’ pre mier cas l’espece humaine est dans une incapacité physique et dans le second dans une incapacité mo rale de multiplier davantage. La population de l’espece humaine est le degré de sa multiplication; elle est ou réelle ou apparente & réelle , lorsqu'elle est contenue dans les limites de Ja nourriture ; apparente , lorsqu’elle a excedé les limites de la nourriture et la différence éntré la po= pulation : apparente et la population réelle donne la mesure de l'excès de procréation, #4 espece nine se trouve répandue sur la surface de la terre sous.trois grands modes d'association ; qui la divisent en trois elasses distinctes et presque ex trois especes différentes ; la premiere dé ces classes est formée par les le chasseurs ; la seconde par les peuples pasteurs ; la troisieme par les peuples cultivateurs : ; il faut voir quels sont les degrés de population , dont ces trois grandes divisions de f’ess pcce humaine sont susceptibles, B a # VAN, O7 | US CO POPULATION: DES. PEUPLES CHASSEURS. L ES peuples chasseurs, se maintiénnent sur une. nourriture naturelle ; ils vivent sûr les productions spontanées de la terre et.principalèment sur la chair des animaux sauvages ; ils laissent par conséquent à la nature le soin de tout; des végétaux et des animaux et leurs besoins sont purement naturels ; la masse de leur nourriture dépend du nombre des animaux sauvages , sur la chair desquels ils se maintiennent et le nombre des animaux sauvages dépend de la masse des végétaux , que la nature produit pour leur nourriture ; ainsi la population des peuples chasseurs dépend définitivement de la masse des végétaux, que la mature produit pour la nourriture a animaux sauvages. De tous les végétaux , que la terre est,capable de produire, les végétaux de la-ndture sont ceux ; qui offrent le moins de nourriture aux hommes et aux animaux ; soit qu’on les considére dans la quantité ; dans laquelle la nature les produit , soit qu'on les apprécie dans la substance qu elle leur donne ; une population fondée sur les productions spontanées de la terre est donc nécessairement le plus bas degré de population ; dont l’espece humaine puisse être susceptible et telle est la population des peuples chaséeurs. La foible subsistance, que la nature séme pour ns rm D D | | | 1 LS dl RER RE Te _ om 2 M (5 » es peuples surun vaste espace ; les force, nécessaires ment de se distribuer sur le territoire , qu ls occu= pent , en petites peuplades et de se séparer à des distances proportionées à la possibilité et à la. facilité de pourvoir à leurs besoins; s’ils se réumissoient en" semble en trop grand nombre, ils seroient obligés de cherchér leur uourriture à des distances trop considérables, et s’ils ne mettoient pas des distances assez grandes entre leurs peuplades , elles se nuiroient les unes aux autres pour leur subsistance. - Cette dispersion des peuples chasseurs. et l'embarras, où ils sont, de se rassembler en grandes masses, les rendent incapables de former ou de réaliser des. projets de conquêtes sur les nations civilisées, et c’est par cette raison , que le voisinage de ces peuples ne peut jamais être redoutable à ces nations. Les Européens , qui.se sont, établis sur le continent de lP'Amé rique septentrionale , originairement tout habité par des peuples chasseurs , n’ont pas eu de peine à faire fuir devant eux ces peuples, et les feront fuir plus loin encore , à mesure qu’ils étendront vers eux leurs frontieres, | Les peuples chasseurs multiplient naturellement. jusqu’à la pleine proportion de la masse des pro ductions. spontanées de la terre, qui maintient les animaux sauvages , sur la chair desquels,ils se nourrissent et ils sont dans l'incapacité physique de multipher au de là ; cette masse des productions spontanées de la terre étant la représentation de toute leur nourriture possible, . La population des peuples chasseurs ne subsiste, : B 3 éd re RE. ee Cie) , “à subsistance ; les peuples pastéurs doivent donc être formidables , non seulement aux nations civilisées : qui les ont pour voisins, mais à toutes les natione et les annales. du genre humainles montrent tels dans tous les tems 3 il n° y a point de trône ni de domination en Asie, en Europe, en Afrique, que les Tartares * et les. Arabes , les deux grands peuples pasteurs de la terre ,yn’ayent renversés, et probablement l'Amérique septentrionale ne séroit pas devenue si facilement le partage des Européens, siau lien des peuples chas- # seurs ils ÿ avoient rencontrés des peuples pasteurs. La population des peuples pasteurs étant circonsciite dans la masse des végétaux , que la terre produit pour la nourriture de leurs animaux , ils sont dans Vincapacité physique: de multiplier au de là ; mais lorsque, l'excès de procréation porte leur nombre au de là de ces limites , au lieu de détruire le surabondant de leur population ; ou de donner au cours de. la nature le tems de le détruire ,un chef se détache, avec des forces suffisantes, attaque et réduit en servitude quelque nation civilisée et laisse après lui dans. l'abondance le peuple dontil s’est séparé. C’est ainsi que les peuples pasteurs > placés au, second: rang dans la grande division de l’espece hu maine ; moitié maintenus par le travail de la nature et moitié par leur propre travail ; moitié barbares et. moitié policés , s’élevent tôt ou tard au premier rang et deviennent des nations entierement civilisées; tandis, _que les peuples chasseurs ; maintenus, comme les, | animaux, par le seul travail de la nature, paroissent. être incapables de ‘sortir de leur barbarie et de. s'élever en rang par eux-mêmes, Le tree rame 2 > D Re es pre à Frot @ tee Re ee EYES LA 13) P.O'PU L À TION PEUPLES GULTIVATEURS. 7 : Ea S peuples cultivateurs seriniemtent Sur une nourriture : artificielle ; ; ils vivent sur leurs propres’ végétaux et sur leurs propres animaux et Jeurs bee. soins Sont purement artificiels ; dans ce nouvel 6r2. dre de choses la nature n’a plus rien à fournir que ses forces ; Car'après avoir perdu ses animaux. avec les peuples pasteurs, elle perd ses végétaux avec les peuples cultivateurs, qui non seulément la dispensent d'en produire pour éüx , mais Te réduisent en art leur destruction. Ce systéme de nourriture des peuples cultivateurs est üne perfection Zi système de nourriture des peuples pasteurs et une derniere! perfection de celui des. peuples chasseurs, en ce qu’il ve laisse plus à la nature aucune influence sur la popalation de l'es pece huine ÿ Sous ce système de nourriture artificielle l'éspece humaine devient susceptible du plus baut degré de multiplication 3 mais dans sa marche il présente des irréguliarités et des contradictions, que n'offre mi le’ système - dé nourriture Sséllé des péuples chasseurs y ni 183 système de-nourriture mixte des peuples pasteurs. - Les peuples chasseurs , ainsi que les peuples pas- 1eutS ; multiplient uniformement jusques à la pleine (14 ) proportion de la masse de-leur noufrituré , sans qu’ aucun obstacle les arrête dans les progrès desle ur multiplication et lorsque l’excès de procréation les porte au de là des limites de” cette nourriture , un remede périodique , Soit naturel l soit anticipé, corrige ces écarts et ramene leur’ population dans les limites de leur nourriture. >. IF n’en est pas dire. des peuples cultivatours ÿ $ la masse de leur subsistance ne forme pas nécessairement dans tous-les cas la mesure de leur population ; ; leur, multiplication. peut s'arrêter au milieu d’une nourriture surabondante ; leur population peut diminuer sans la moindre au ta dans leur subsistance ; leur procréation ‘peut devenir excès longtems avant qu’elle ait atteint les limites de la nourriture; en un mot une foule d'obstacles peuvent les . mettre dans l'incapacité morale de multiplier , soit à la pleine proportion de toute leur nourriture actuelle , soit à la pleine proportion de toute leur nourriture possible et ce qu’ils gagnent du côté de la posulation , ils le erdent du, côté de l’ordre et de la PE , P régularité , aus la DAEUTE met dans toutes ses opérations. ‘ 1%" 0? .… .Les peuples: cultivateurs, en so à la nature ses végétaux , pour les soumettre à leurs, propres soins ; lesaméliorent et les multi plient pour ainsi dire indéfiniment ; Pagrisulture devient pOur eux Une source intarissable de subsistance et la nature, qui fait un si foible usage de ses forces en.faveur des pen- .ples. chasseurs et des peuples pasteurs , les prodigue - et les abandonne sans réserve aux peuples cultivas … RAR ans SN < (18) teurs ,; pour les appliquer à, leur*gré à la perfectionset à la multiplication de leurs végétaux. Le regne végétal esttla Figletion de toute: la multiplication de l'espece humaine , des peuples cultivateurs ,. comme des peuples, eue et des peuples pasteurs 5.tous y FURSRE médiatement ou im médiatement la totalité de Îeur subsistance ; ainsi plus les peuples cultivateurs enleyeront de végétaux à la nature pour les approprier à à l’agriculture ,: plus ils. multiplieront le fond de leur subsistance et les . moyens de leur population et ils ne césseront d'être capables de multiplier davantage ; que lorsque d’un côté -1ls auront enrichi l’agriculture de tous les vé- £gétaux de la nature, susceptibles d’être convertis en nourriture subtsantielle ; soit pour les hommes , soit pour les animaux ; et que de l’autre ils auront porté l’agriculture au dernier degré de perfection. Les peuples cultivateurs ont. le“pouvoir de faire naître leur subsistance , pour ainsidire, par tout où ils le choisissent et cette subsistance est de plus transportable aux plus grandes distances ee ils -onf par conséquent l'avantage de pouvoir. réunir leur population. par tout et pour ainsi dire en aussi grandes masses qu'ils jugent à propos; cette situation des peuple cultivateurs , totalement opposée. à celle des deux autres divisioris de l’espece humaine ; leur, donne la liberté de suivre ; dans la maniere de se maintenir et de pourvoir à leurs besoin, des systèmes différens les uns des autres et cette diversité de systêmes , en faisant disparoitre parmi eux cette uniformité, qui regne de ‘peuple chasseur à peuple chas- Î mm (16) seuret de peuple pasteur à peuple pasteur ; les transe forme en apparence en autant d'especes de. peuples différens. | . Cependant les systêmes sur lesquels les nations agricoles ont pu fonder leur maintien et pourvoir à leurs besoins peuvent sé réduire à trois principaux ; ou les terres d’une nation se*tronvent partagées entre toutés. ses familles et chacune cultive sa portion librement pour sa propre subsistance ; où les terres d’une nation fe se trouvent appropriées qu’à une par=- tie der ces famiiles et le testé de lanation , réduit en esclavage ; est forcé de les cultiver pour la subsistan« ce de la nation entiere ; ou les terressd'une nation ne se trouvént appropriées qu’à Une partie de ses fa milles et le reste dela natïon voue librement son traval à la production des nécessités et des commodités dela vie , distinctes de la nourriture , pour les échanger contre sa subéistance avec les propriétaires des terres et-les engager par là’ à produire la subsistance de la nation entiere. se Le! premier de ces systèmes est un syalèrde d’agri-. culture absolue ; il étoit celui de l’ancienne Rome. Le second ést un'systême d'agriculture rélative fondé sur un système d’esclavage ; il étoit celni de Lacédémone. Le troisieme est un sysiême d'agriculture re= lative , fondé sur un système de manufactures; il est celui des nations modernes de Europe. .… . SYSTÈME nn He do À A 2 I (17) SV SE TES ME D'AGRICULTURE ABSOLUE. Dans une nation ; qui a Fe uns système d'agriculture absolue , chaque individu se trouve nécessairement obligé de pourvoir à tous ses besoins lui-même ét de cette circonstance résulte , que la nation entieré est forcée de vivre dans un état de simplicité , C’ést à dire , est dans Pimpossibilité de se donner des besoins superflus ; car l'obligation de l’homme de se procurer. toutes les nécessité, de la vie par son propre travail et la simplicité de sa vie sont inséparables lune de l’autre ; le superflu n'étant pas au pouvoir de l’homme lorsque tout son travail suffit à péine pour lui donner le nécessaire. Dans un état de vie aussi simple la procréation mulüpliera les hommes dans une progression non inter rompue ; les hommes multiplieront dans la même pro=: HOROR leur subsistance et la population de la nation nes ’arrêtera , que lorsqne Ja terre refu.era toute aug mentation ultérieure de subsistance , soit parce que le degré de perfection du sysème de culture de la nation n'en pourra plus admettre, soit parce que la nation au ra porté l’agriculture sur toute l’étendué de son térritoire au dernier deoré de perfection ; dans le premier cas la nation se trouvera dans une incapacité morale, dansile second dans une incapacitité physique de mul. tiplier davantage. € (18) Aussitôt que la nation aura multiplié jusques à Ÿa pleine proportion de toute sa subsistance , soit actuelle, soit possible ; sa population réelle sera déterminée , ‘ c'est à. dire , ne sera plus susceptible d’accroissement ; mais la procréation ne la laissera pas dans ses limites naturelles , elle la portera au de là et dès lors , l'excès de :procréâtion étant sans: subsistance appropriée ; la wation sera réduite à la nécessité ; ou de se délivrer , soit continuellement , soit périodiquement , de l’exce-. dent de:sa population ; ou de souffrir. un partage illiste de. la même masse de subsistance entre sa population réelle et l'excès continuellement croissant de 5a pppulation apparente: ‘8j dans chaque nation les homine s 'expatriofent ré guliérément dans la fhéme proportion qu ’jlsnaitroient de trop , la Pilänes entre la “population et la:subsistance des nations nesçroit jamais subvertie:; du moins tant que la terre offriroit aux hommes un refuge quelque: part; -inais. les! nations sont souvent longtems à s'appercevoir de l'excès d de leur BRIE et plus longtems encore à y remédier: Lorsque dans une nation ; sous un systéme d'abriculture absolue ; la procréation commence à multiplier les bouches aude là dé la proportion de leur j justé nourriture ; les individus dans les fanhilles se soumettent graduellement à diviser etsubdiviser entre eux la même portion de nourriture et les inconvéniens de ce partage ne sont pas d’abord fort sensibles ; mais la nourriture des hommes décroissant on et ee en raison de leur multiplication , ie moment arrive enfin où la misere devient insupportable, d'agn Alors il devient tems pour la mation de recourir au - seul moyen capable. de la garantir des suites fatales de sa situation ,. c ’est à dire .s il devient tems pour. elle d'éloigner de. son sein une parie, de ses hommes , soit dans la proportion de l excès : de sa popularion 4 Soit dans une plus grande proportion encore et de les envoyer chercher Jeur subsistance dans quelqu’autr eterritoire, soit brépars d’ay ance pour les recevoir , soit d’une retraite probable : pour. "eux 5 5 par cet expédient la nation $ Auvera une multitude de : vies et rétablira chez elle l'abondance » du moins pour quelque tems. et; jusqu'à ce qu’un nouvel excès de procréation vienne laréduire a aux mêmes extremités et la forcer de TECOU , rir au même expédient, C'est àdes pareils excès de procréation que les colonies Romaines ont du leur origine , et s'il étoit pOSSi ble de regarder comme des excès de procréation sur leur terre natale ces malheureuses victimes de l’avarice de PEurope , que l’ Amérique enleve sans cesse à l'Afrique > On pourroit les envisager comme des colonies violemment établiés etPinhumanité exercée envers eux auroit au moins l'avantage de leur conserver la vie. Mais si la pation, au lieu de soulager son Éerr sitéire, périodiquement de l'excès de sa population, laissoit à la procréation son libre cours, sa Mmisere sans cesse. progressive la conduiroit t6t ou tard à à la même. révolution que subissent” nécessairement es peuples chas. "seurs dans le cours indéfini d de leur multiplication ; : la famine et la mortalité viendroïent enfin suppléer au défaut de colonies et opérer une destrucüon si grande (YIJ : C 2 î + NOT | dans la nation , que l'abondance DÉS Pat are pas tage de ceux qui auroient survécu à la. calamité et 7% | qui maltiplieroient de nouveau sans S arrêter ; jusqu'à ce que le né € enchaisement de causes vint ren Ouv eller les mêmes xiaux (TS lé même ‘remede. Deux circons: ances s hâtent ou retardent le: moment , où une nation, sous un BEA d'agriculture absolue, arrive au terme deysa population réelle ét par consé-, vent au com cement de sa multiplication abusive,sl'une est la nature sou système de culture et l’autre Ia proportion dans la division de ses terres. Plus le système de culture de la nation sera par rfait ouimpar- - fait et plus ses Lerres seront dans l origine partagées en grandes ou en petites portiôns , plus tard ou plutôt la natiou arrivera à l'incapacité morale où physique de multiplier PATenAg ét par conséquent plus tard on plutôt sa procréation déviendra exCÈS. Le partage des terres en portions iodiques est le: sys! ême favori d'un grand nombre de personnes , qui ont écrit sur l'Econëmie politique ; mais ce sys'ême paroit n être pas réfléchi, même dans le cas des nations purement agricoles ; et le recommanter à ces nations seroit leur recommander d'amener sur elles plus Hrome piement la miscre et la de: Je veux bien. pour ün moment accorder ;. comme absolument vrai ; que plus la terre est partagée cn petites propriétés , mieux elle est cultivée ; car c’est sur ce principes qe les partisans de ce système se plication, continuelle des individus dans les familles d'un nation sous un systême d'agriculture ab: olue , » ba Se tt et ES LÉ he ST dm CS dé fondent ; mais ilne prennent pas garde que la multi” A dan M LT EE Apt 5 Vos LU ME PR EN RTL D + RME NE et ET à re. RP RE PS TR EE - tnt - ns (21) ou. plutôr fa subdivision naturelle des grandes familles en petite ,.doit nécessairement t0t.ou tard opérer une culture aussi parfaite sur les.grandes portions de terres, que celle , qu'auroient .pu recevoir dans l'origine les Petites en obligeant ces-familles de s'étendre gra duellement et par conséquent d'étendre définitivement leur culture jusques sur le dernier pouce de la grande portion de terre. e IL est donc parfaitement iudifférent, quant à. la masse finale de subsistance , au’une nation ) SOUS un système d'agriculture absolue , peut se promettre de son territoire | que ée tertitoire soit, dès l’origine Partagé en propriétés modiques ; ou qu’il soit d’abord divisé en grandes propriétés et ensuite graduellement del et dans le cours naturel des choses subdiviséen petites; car cette différence dans le partage des terres ne peut avoir l’autre effet pour la nation , que de la faire arriver plutôt cu plus tard à la masse finale de sa subsistance ; mais il n’est pas indifférent pour le bien-être a ration , ni mème pour celui des autres nations , qu'elle suive plutôt lune que l’autre de ces deux manieres de diviser ses terres. Une longue exemption de misere est certainement un bien pour une nation ; or il est de tonte évidence, qu’une nation, sous un systême d'agriculture absolue, jouira plus surement de cet avantage sous le système des grandes divisions de terres, que sous celui des petites et que dé: son premier établissement même il Yaudroit mieux pour elle, si la proportion de ses hommes se trouvoit considérable , relativement à l’é6- tendue et à la fertilité de son territoire ; d’édestiner C 3 ( 26). éonsomme et-use nécessairement dans la variété de ses besoins, approche de cellede: sa stricte subsistance ; par conséquent : unenation agricole , qui adopteroit le plan de se pourvoir de toutesles manufactures de premiere nécessité chez-d’autres nations, _seroit obligée , pour maintenir ce commerce, de demander à la terre un superflu de subsistance égal àsa propre consommation et quoique l'expérience prouve qu’il seroit au pouvoir de la nation d’ébtenir de la terre , du moins pour quelque tems , un pareil su> péri de subsistance ; seroit-il en son! pouvoir de le multiplier peut être dix fois au de là de sa propre consommation ,; pour répondre à la proportion qu’exigeroientles manufactures de-luxe, et n'est-il pas-évident que dans tous les:cas son:commerce, avec d’autres. nations ne pourroit jamais embrasser que. les seules manufactures de premiere nécessité ? À / © Mais la nation ne resteroit pas même long-tems en. état de disposer d’un superflu de subsistance suffisant ‘pour se procurer chez d’autres nations les seules manufactures de premiere nécessité. Dans le progrès continuel de sa population, Ja proportion de sa propre subsistance augmenteroit nécessairement en raison directé' de sa multiplication et en même raison diminue roit la proportion de son superflu ; dans cette double progression, croissante d’un côté et décroissante de’ l'autre , le moment arriveroit enfin, où la nation consommeroit elle-même toute sa subsistance , sans laisser aucun superflu ; alors ses importations'de manufactures de premiere nécessité, qui auroient gradueilement diminué avec la diminution ‘du superflu sd » RE RG TR mn Can) | desa snbsistance, cesseroient totalement avec l’anéantissementide ce superflu et les individusxle la nation se trouveroient forcés de reprendre sur eux le soin de pourvoir eux-mêmes à tous leurs besoins. Le seul commerce qu’une nation, sous un système d'agriculture absolue , pourroit entreprendre et maintenir avec d’autres nations sur un pied durable, seroit celui du superflu de ses matieres premieres brutes, si ses besoinsn’enabsorboient parla totalité , et le seu “rétour qu'il ui conviendroit de prendre enéchange de ces matiéres premieres brutes seroit de la subsise tañce. Par le moyen d’un pareil commerce la nation se conserveroit plus long-tems dans l'abondance ; retardéroit l'excès de sa procréation et arriveroit plus tard à la misere et. par conséquent plus tard à. la nécessité de fonder des colonies, as p_ à | #4 La nv SYSTÈME D'AGRICULTURE RELATIVE | “ » « FONDÉ SUR UN SYSTÈME D'ESCLAVAGE. \ \ Sr la terre n’avoit jamais récompensé le travail du cultivateur , que de sa seule subsistance , toutes les nations agricoles n’auroient eu qu’un seul et même systême à suivre, celui d’une agriculture absolie ; alors dans toutes ses divisions Pespece humaine auroit vécu dans un état de simplicité et les peuples cultivateurs , pasteurs et Chasseürs n'auroient essentiellement différé les uns des autres, que dans les degrés de leur population. Mais l’expérience prouve que , sur la plus grande partie de la surface de la terre, le cultivateur est capable d'opérer par son travail une quantité de subsistance supérieure à ses propres besoins, et c’est sur ce fondement que les hommes ont pu se reposer les uns sur les autres , pour la production de leur subsistance et que les nations ont pu établir leur maintien sur des systèmes d'agriculture relative. RER : Le système d’agriculture absolue et le systéme d'agriculture rélative, fondé sur un système d’ esclavage, se ressemblent parfaitement dans leur objet principal et ne different l’un de l’autre que dans la maniere de le remplir; dans l’un et l’autre système une subsistance certaine se trouve appropriée à tous Les individus de la nation , seulement sous le système d’agrintm ati "2 RS NRNENEEE 7. t sn mcm we. manette rot es te SC - | (29) culture absolue la subsistance dé la nation est le:produit du travail libre de toute la nation et sous lé sys tème d'agriculture rélative fondé surun système d’esclavage, la subsistance de la nation est losproduit du travail forcé d’une partie de Ja nation ; sous l’un: des deux systèmes l'individü cultive Hbrement sa propre térre et Pour sa prop'e subsistance ; sous l’autre lindividu cultive forcément la terre d'un autre ; pour sa propre substance et celle d’un autre. ns Le systéme d'agriculture rélative , fondé sur un. Système d’esclavage , admet une subdivision et se partage en deux branches différentes, c’est dire, unëé… nation sous un système d’agriculture rélative , fondé sur un système d’esclavage , peut être considérée sous deux modes distincts , qui la transforment en deifx nations éntierement dissembläbles: sous l’un des deux modes elle est forcée de vivre dans le dernier degré ù de simplicité; sous l'autre elle devient câpable de vivre dans le plus haut degré de lüxe et une seule circonstance détermine pour “elle Pune ou l’autre deces deux situations ; la disposition au travail ou la dis- Position à l’oisiveté dans la partié libre de la nation, Si le caractere de la partie libre de la nation la porte naturellement À Poisiveté, ou si une institution civile lui interdit le travail, la partie esclave sera chargée elle seule de PourYoir, par son travail, non seulement à la nourriture , mais à toutes les. autres nécessités de la nation entiere , et éommevle produit du travail de chaque nation. toutes choses égales , $St en raison directe ‘du nombre desthômmes ) qui 1:%» # D: Li PINS MONET d - travaillent ; > il est ut que la simplicité à de vis d’une nation sous un système à d'agriculture nélative fondé sur un système d’e sclavage , dans laquelle les individus Libres rie travaillent point , doit naturelle- & , -nation :sous um système xl agriqulture absolue ; dans. . Jagrolsstens les indivaidus travaillent. L “Ce ‘degré de. Simplicité de vie , auguel se trouve | À ‘nécessairement nant une nation sous un syslème | d’as iculture rélatise ; \ fondé sur un système d’escla- : vage , dans laquelle la partie libre ne:travaille: point y 3 est: eutierement confirmé par l'exemple dela Répude È : _Hlique que Lycurgue avoit fondée à Sparte exacté- | = ment sur les: principes de;ce-systême;, et dans laquelle. | offisaitique la simplicité de vie: de la nation ne différoit: à guerés-de celle de fai plus basse division de D cs ie à Again bgn£ ti 0 TA k , Mais qüand on “snppoerait. Ja partie evclite: ‘de Ja EE ratibn capable par son travail de fournir à la partie LÀ lement les nécessités , mais # librétamplement , nom seu les Snperfluités de la viet, des obstacles bien difficiles’ x à vaincre’ s *opposeroïent à Lintroduction” du luxe dans ‘la nation. La force peut commander: les bras, mais elle nétcommande point! Pandustrie ; il n'est pas de l'intérêt de l’esclave , .qui reçoit.sa nourriture en retour. d’unvtravail reglé etien quelque façon dinité , dese soumettre, pour l& même nourriture dam travail “arbitraireet ‘par sa nature sans bornes', c’est à dire: de multipliér) sa tâche indéfiniment au de là de celles quiluivaut son nécessaire pour ne rièn° recevoir d'a D APT OUT EU PTT ST 100. “ment être plus.gtarde "que la simplicité de vie d’une plas quece même nécessaire, dont il est sûr daiis «‘ i 1 | | = ER DT Te in à Gide à VS ct Ene De je de ve (a) ie ‘s tousles cas €t rien ne semble pouvoir rendre l'ésclave industrieux que la certitude de recevoir, en retour de son industrie | ou un équivalent, ou: la liberté 3 c’est À dite, que la certitude de cesser d’être esclave. : Si les colonies , que les nations*de l’Europe ont établies dans le nouveau monde , avoient eu toutes le malheur d'être fondées et maintenues sur UD sistême d'esclavage , ‘comme le sont celles des isles de. * ce vaste continent , Pindustrie n'auroit prebable. ment jamais.pris racine dans ces colonies ; une dépendance absolue de leurs métropoles auroit été leur, partage » et l'Amérique n’auroit pas montré sitôt des nalions florissantes. | | Lee è ’ L'Europe pendant toute la durée de la constitution. | féodale de ses Souyerneémens étoit sah$ industrie ; les. classés inférieures d'hommes n'étoient Pas’à la vérité ésclaves sous des liens aussi étroits que Îles esclaves des nations anciennes; mais elles étoient esclaves sous toute Ja force des deux conditions qui caractérisent essentiellement ce misérable état de l'homme. Les ; serfs n’avoient ni liberté ni propriété ; tout ée qu'ils aCquéroient par leur travail étoit acquis au seigneur, qui avoit le droit de les vendre avec Ja terre , à la2 quelle ils appartenoient et de Les réclamer comme son bien , lorsqu'ils s’enfuyoient, 2 : Les campagnes regorgeoient d'hommes et cette su- | rabondance de cultivateurs sen: #éduisant. propor- -* tionnéllement le travail de chacun, laissoit à tous du tems de reste > nOn pas pour employer à quelqu’autre genre de travail , mais Pour passer dans loisiveté ; AUroit = ji] été naturel qu'ils eussent voué leurs Le ° (32) : mens libres à exercer leur industrie pour un maîtré qui se seroit approprié le surcroit de leur travail , sans améliorer pour “cela leur sort, ni leur donner en retour aucun équivalent ? ? Dans les villes les home mes avoient un peu de liberté. et ce; peu de liberté avoit proportionnellement développé un peu d’indus= trie ” si Pon peut appéller de ce nom les simples né Ste de là viétun peu mieux, fagonnées. € et mieux adaptées aux besoins des hommes. Une Ge espece d d'esclavage , sous laquelle les hommes ont 25 «AS malheureusementencore trop chez la plupart des nations, est l'esclavage qui provient de l'instabilité -ou de L'application : arbitraire des loix sur la liberté et la propriété des individus ; ‘l'homme dans ce cas “n'est pas un esclare comme létoit Tesclave sous le système des anciens , : ou, le serf sous le système féo- ‘dal ; iln est forcément. attaché à La personne ni à la Le terrende qui qué ce Soit et il nt censé jouir en plein . de sa liberté er de sa propriété ; mais si un pouvoir arbitraire peut à tout instant le priver de cette Hiberté et de cette propriété ; en quoi differe sa condition dé celle de l’eselave proprement ait? En ce que l’esclave proprement dit est un esclaye certain et lui un esclave probable; et € est Cette fatale probabilité, que l'homme a contre lui et qui lui fait craindre sans cesse de se voir ravir tôt ou tard le fruit de son travail, qui oppose | les plus grands obstacles aux progrès de l'industrie dans les gouvernemens arbitraires. On n’a qu’a jeter les yeux sur le tableau de l'Europe et l'on verra, si dans chaque nation les progrès de té opprimés “dans-:fous Les téins et le‘sont : Re See nn nn de M OR D rene Sms irire nn ee (33) de l'industrie ne sont pas en proportiof éxacte deg degrés de protection et de sureté , que les loix accordent à la liberté et à la propriété des honimes. Vouloir faire fleurir l’industrie sous un gouvernement arbitraire , C’est vouloir à Ja fois des choses contra: dictoires et par conséquent limpossible ; il n’y a point de milieu , il faut ou que le pouvoir cède , ou que l’industrie languisse ; et si l’industrie prospere 3 c’est le signe le plus certain , que le pouvoir s’est adouci dans le droit ou dans le fait. Voilà l'avantage précieux, que l’industrie procure à l'humanité ; celui de commander au pouvoir arbitraire ; de le forcer de se contenir dans les strictes limites de la justice et de le punir de ses moindres écarts dans l'endroit le plus sensible, Le systême d’agriculturé absolue n'exclut point la tyrannie ; le systéme d'agriculture rélative ; fondé sur un système d’esclavage, est par son essence vi \ inême un exercice continuel de tyrannie $ ce n’est que dans les 1etranchemens de l’industrie » c’est à dire ; sous un\systême d'agriculture rélative , fondé Sur un systéme de manufactures ; que la liberté de Phomme peut être en sureté. Îl existe en Europe ; ou plutôt sur la terre, un état colossal {1) qui montre les inténtions les plus louables Pour le bonheur de ses peuples et qui fait les plus grands efforts pour introduite et faire fleutir parmi eux l’industrie ; mais cet Etat peut-il se persuader sérieusement que sous le pouvoir le plus arbitrairé P P “Economie politique moderne puisse être applicable TE (1) La Russie. 634) à un amas informe de peuples en partie chasseurs, en partie pasteurs et dans leur plus haute station culitivatèurs sous un système d’esclavage ? Les grands encouragemens que cet Etat prodigue au succès de ses vues pourront bien attirer chez lui passagerement des étrangers ; mais ni l'exemple de ces étrangers, ni ses propres-mésures ne feront jamais sur ses peuples des impressions solides, tant qu’il poursuivra son plan sur les principes d’une marche aussi irréguliere et dans des dimensions aussi monstrueuses. Mais si la partie libre d’une nation ) SOUS UN SYS= tême d'agriculture rélative fondé sur un systéme d’esclayage , se livre au travail , un changement total dens sa situation devient la conséquence immédiate de cette circonstance , et dès ce moment elle acquiert le pouvoir , non seulement de suppléer aux nécessités de la ‘vie , qui lui manquent dans son état d’oisiveté ,. mais de se donner tous les genres de superfluités dont le luxe peut se nourrir; car la partie esclave de la nation étant forcée de cultiver la terre et de pourvoir elle seule toute la nation de subsistancé et de matieres premieres ; les manufactures formeront l’objet naturel du travail de la partie libre ; qui dès lors se crééra une multitude de besoins et y adaptera sous toutes sortes de formes les matiergs premières , que soh territoire sera capable de produire. Au moment même où les matieres premieres , que le territoire de la nation seroit capable de produire , ne suffiroient plus au travail de la partie libre , elle pourroit s’en procurer chez d’autres nations, en échange de ses manufactures et alors aidée dans les “ 2 einem ms tétanie de mé ns on Te PET PSE PA ER I ES ——————— CO DT | TT OT... (35) Pouvoirs productifs de son travail par lintroduction des machines , par la division et la subdivision ‘du trayail ; par tous les moyens qui peuvent én faciliter et abréser les opérations, rien ne pourroit l’empêcher de porter ses/nanufactures au dernier degré de perfection , de les multiplier bien au de là de ses propres besoins et de fonder sur son superflu le commerce le plus étendu avec d’autres nations. Un pareil système , s’il étoit possible d’écarter les regards de la malheureuse condition qui lui sert de fondement , ou si l’on Pouvoit au moins n’envisager dans l’esclave qu’un homme nourri, maintenu et traité avec humanité pour un travail raisonnable , présenteroit sans contredit au bonheur de l’espece humaine le système d'Economie politique le plus exempt d’inconvéniens et le plus durable, Dans toutes les révolutions que subiroit la prospérité de la nation, dans le déclin de son commerce , dans le déclin de ses manufactures , dans l’anéantissement même total de ce commerce et de ces manufactures, le grand obj:t final de toute nation » la subsistance et les nécessités de la vie , restéroient invariablement assurées à chaque individu. si Quoique les annales des nations, que le tems a laissé venir jusqu’à nous , ne nous en tracent aucune précisément sous ce système , 1l n’en est pas moins vrai , qu'il ne renferme rien dans ses conditions , qui ne le rende praticable , et il faut bien que" Lycurgué lait regardé comme tel 1 Ou.que dans les contrées Qu'il a parcouru , pour s’instruire dans la science de l'Economie politique , il l'ait vu réalisé quelque parts D 2 (42) ples cultivateurs ; qui suivant ‘un système d’agriculture absolue » Pourvoyant tous eux-mêmes à leur nourritures par des moyens simples , naturels'et en leur pouvoir et par conséquent sans avoir besoin de l'intervention, ni des sollicitudes d'aucun agent intermédiaire ; quânt aux individus des peuples cultivaz teurs , qui suivant un sistêème d'agriculture rélative 3 fondé sur un systéme d'esclavage ,la force, » Ce moyen si facile 1 Si vuide de génie et pa conséquent si fort à la oveée de toutes les capacités , est le seul ex}, édient RTE S Re A ET ; une Es d'individus ne peuvent # a Le jouir. de eut subsistance «que, par des moyens compliqués , artificiels , hors de leur pouvoir, et totale= ment dépendans des lumiere es et des. vertus de l’'hom. me d'Elat , qui se charge pour. eux d’une. tâche aussi hérissée de difficultés ; aussi sérieuse et aussi responsable. Le nd : 1a #1 Fun l'A] {4 # 162 Il y a près de trois siecles, que.lesnations de l’Europe ont cessé d’être des nations purement agricoles et a ’elles ont commencé. à monter. leur Economie poli- _tique sur les principes d’ un. système. d'agriculture rÉélative, , fondé sur,un système de manufactures ; mais dans ce long intervalle de tems, une, science aussi im _portante et aussi précieuse à l'humanité s’est laissé dévancer. infiniment à par: toutes les autres branches pe eh Ê de connoissances ; que les hommes ont cultivées avec D1IS! tant de succès. f x : Fe | Éxiste-tsi une nation en n Europe ; qui ait porté Va- ee (43) griculture sur toute l’étéhdue de son territoire au der nier degré de perfection et qui n'ait pas reslé considérablement en arriere dans la route qui conduit à cette perfection? En existe-t-il une qui soit un seul instant sans avoir devant ses yeux le spectacle affligeant d’une partie, de ses manufacturiers gémissant dans la misere, tantôt dans une branche,tantôt dans une autre, ét pour ainsi dire successivement danstoutes ? En existe-t-il une dont la prospérité mal assurée ne soit pas dans un cours perpétuel de vicissitudes , et, s’il est permis de s’exprimer ainsi , dans un flux et reflux continuel de hausse et.de baisse aux moindres événemens? Enfu eu existe-t-il. une dont l'Economie politique ne présenté pas dans sonensemble une foule de déterminations fausses, contradictoires et destructives ; et si le contrairde tant demaux et de tant d'imperfections eut été depuis long” tems la conséquence d’un système d'Economie politique fondé sur les vrais principes , n’est-il pas naturel d’inférer de là.que les nations de l'Europe n'ont pu continuellement être frustrées de l'effet ,-sans avoir été continuellement dans l'erreur sur les moyens ? Dans les. principes de l'Economie politique: moderrte, une:nation., doit être -considérée, comme composée.degirois grandes classes d'hommes; de cultivateurs ,.: de manufacturiers et de consommateurs. Les cultivateurs travaillent la terre et fournissent la! nation de subsistance et de, matieres premieres brutes; ? les mavufacturiers travaillent: les matieres premieres brutes et fournissent la nation de manufactures ;-les consommateurs ne travaillent point et se fournissent . e . desubsistances chez les cultivateurs, de manufactures + 43 (44) chez les manufacturiers , én“retour d’un équivalent ; qu'ils ont constamment d'avance dans leurs mains. Quoique ces trois grandes classes d'hommes consomment chacune leur proportion de subsistanceret ‘de manufactures ; le: développement clair et facile des principes généraux de l'Ecoromie politique modérne m'oblige de faire une fiction ; c'est-à«dire , de supposer que la classe des manufacturiers est la seule , qui consomme le supperflu de subsistance des cultivateurs et la classe des consommateurs la seule qui consomme le superflu de manufacturiers, ou ce qui est la même choe, de regarder la consommation de subsistance ; que font ensemble les manufacturiers et les con _sommateurs , comme entierement concentrée dans celle des manufacturiers et la consommation de manufac+ turés, que font ensemble les cultivateurs et les consommateurs , se entiéremrent concentrée dans cekles des consommateurs. Dans le nombre des classes dont je viens de faire lénumération , je n’ai point compris celle des commerçans, parce que dans les principes de l'Économie politique moderne cette classe d'hommes ne : forme pas ure classe constitutive ; ; mais seulément représentative ; les fonctions du commerçant étant d&représentér tour à tour le cultivateur ; 16 manufacturier ét le consommateur ; car pour évitér, à’ ces trois ’claëses d'hommes Pembarras de se chercher les unes: les autres, et sur tout à "celles des cultivatèurs et des\ manufacturiers l'inconvénient de se déplacer et d’interrompre leurs travaux ; le commerçant sé présente au cultivateur } «Comme 8 ‘il étoit le manufacturier tte no nnnenetinntnni in à = _——— GE TEA = TS, QC EL LR CS / | (48 au manufacturier , comme s’il étoit le consommateur; au consommateur , comme sil étoit le manufacturier; etau manufacturier , comme s’il étoit Le cultivateur, chaque individu de la nation le paye de ses peines et de ses risques et les besoins de tous sont satisfaits avec plus de certitude et de célérité. Toute l'essence du système d’agriculturæ# rélative ; fondé sur.un système de manufactures , consiste dans le maintien complet et imperturbable de la classe des manufacturiers ;, c’est le point capital de l'Homme ‘d'Etat; il se charge d’être le pere d’une multitude d’orphelins, qui n’ont point de pain assuré; qui lui offrent de le mériter par leur travail et qui ne peuvent le tenir que de ses mains; les deux autres classes se maintiendroient ; pour ainsi dire , sans lui, l’une étant la source de la subsistance et l’autre étant pourvue de moyens propres pour se la procurer. Or les marufacturiers ne peuvent être maintenus que sous deux conditions ; la premiere , que les consommateurs consomment leur superflu de manufactures , en retour d’un équivalent universellement acceptable ; la seconde , qu’en retour de cet équivalent universellement acceptable ils puissent se procurer chez les cultivateurs leur subsistance. Ainsi la classe des manufacturiers se trouve placée entre la classe des consommateurs et la classe des cultivateurs et dépend d’elles entierement pour sa subsistance ; mais dans des degrés différens , c’est-à-dire , plus d de l'un# que de l’autre , plus de la classe des consommateurs, 3 que de celle des cultivateurs ;,car sans Péquivalent des consommateurs. il est impossible à la classe des / (46) manufacturiers de se procurer sa subsistance chez les cultivateurs et avec l'équivalent des consommateurs elle est certaine de se-la procurer. Je dis que les manufacturiers sont certains de se procurer leur subsistance chez les cultivateurs en - retour de l'équivalent qu'ils reçoivent des consommateuts pour leurs mavufactures; mais c'est À condition que l’homme d'État laissera les cultivateurs parfaitement libres de combiner leurs opérations dans leurspropres principes, et qu'il ne cherchera point à _les troubler dans la poursuite de Jeurs travaux ; en opp FAnt à leur.intérêt naturel-un:intérêt artificiel de . sa propre combinaison. L'intérêt naturel des cultivateurs est d’opérer le plus grand superflu de subsistance possible ,; s'ils ont Ja “certitude de le vendre ; par conséquent dans le cours tiaturel des choses ils ne laisseront jamais manquer ‘les manufacturiers de subsistance , quelques grands que puissent être leurs besoins , tant que les maânufacturiers seront en état de la payer , etqu’il restérà un pouce de terre à cultiver sur le territoire de la nation ; l'homme d'État peut se reposer sur _ cette vérité et avoir l'esprit parfaitement tranquille sur un objet qui a occasionné et occasionne éncore chéz bien des nations des sollicitudes si déplacées et des mesures si déraisonnables. ‘ Mais en même tems 1l faut que Pen d'État se pénétre bien intimément de deux autres vérités la . premiere , qu'il n’y aura jamais de subsistance dans la nation ; si les cultivateurs n’en produisent pas plus que la nation n’a besoin ; la seconde ; que “les eh Sn &° É as ce garer ne en mer mm - , ue. (47) cultivateurs ne produiront jamais plus de subsistancé que la nation n’a besoin , s’il ne leur est pas permis d'exporter le surplus librement à d’autres nations. Ce n’est pas comme branche lucrative de commerte , que l’homme d'Etat doit envisager l'exportation de surplus de subsistance , mais sous le double point de vue d'assurer invariablement à la nation sa pleine subsistance et d’avoir continuellement une avance de subsistance toute prête, pour l'augmentation fature de population , que sa bonne conduite doit nécessai… rement epérer; et quand il seroit obligé de se charger d’une partie et même de la totalité des fraix de l’ex= : portation de ce surplus de subsistance , pour en facis ‘liter la vente > il ne pourroit jamais payer trop cher deux avantages aussi inappréciables, Les priucipes de l'Economie politique modérne étoient ‘encore si peu développés en France dans la derniere partie du siecle passé, qu’un ministre de ce grand Etat (), qui a laissé après lui une réputation méritée à bien des égards, avoit imaginé de fairele bien des manufacturiers et des manufactures , en fermant aux cultivateurs, non seulement les portes du royaume , mais les portes des provinces , pour la vente de leur superflu de subsistance; cette double interdiction s’étoit présentée à son esprit comme un moyen, infaillible d'assurer aux manufacturiers une subsistance tou- Jours abondante et par conséquent toujours à bon marché , c'est-à-dire, ila cru pouvoir se persuader qu’en rétrécissant le marché.des cultivateurs pour la . - Î f î (1) M. Colbert, (48) vente de leur superflu de subsistance , il devoit nés cessairement résuller d’un pareil système , que les manufacturiers ne manqueroient jamais de pain, qu'ils le mangeroïent constamment à un prix modéré; et qu'ils modéreroiènt en conséquence le prix de lu ‘main d'œuvre, au grand avantage des manufactures et du commerce; mais tout le contraire est arrivé; et il étoit impossible, que tout le contraire n’arrivât pas ; l’agriculture s’est trouvé dérangée à pure perte pour les manufactures. L'homme d’Etat peut bien contratier ; mais jamais anéantir l'intérêt naturel des hommes ; au moment où les cultivateurs de la France se sont trouvés stric- ° Ci. APP ONE en D via À tement limités à | approvisionnement des seuls manu<: faeturiers de la nation, il étoit naturel pour eux de chercher à proportionner leur superflu de subsistance le plus strictement possible à cet approvisionnement ; en produire dävantage auroit été leur ruine. Mais la chance des saisons se refusant au calcul des hommes, il étoit moralement impossible que leur su perflu de subsistance ne se trouvât pas continuellement, soit au dessus, soit au dessous des besoins des manufacturiers ÿ par conséquent un, cours irré+ gulier dans le produit des récoltes ; un cours irré+ gulier dans le prix du pain , les deux plus grands maux que l’agriculture et les manufactures d’une nation puissent éprouvef , devoient être et ont été le malheureux partage de la France , pendant toute la durée de ses fausses mesures. Si le jugement du ministre ; que je viens de citer ; l’avoit mieux servi et que ses suçcesseurs eussent en« | suite (49 y suite -invariablèment, adéhérés aux - bons principes. j qu'illeur auroit tracés ; best difficile de dire , où l& . prospérité de la Fiance!serseroit arrêtée. Uae-pôpu- lation de quarantesmillions et vnerevenn publie net de deux milliards ne rempliroient peut-être, pas en core la mesure des avañtages ,; dont elle jouiroit au- LS fe CE jourd’hui ; car lorsqu'on sait calguler les données. de DENT lanature et la force des vrais principes ; on. voit Évie. démment les germes d’une pareille grandeur dans le sein de ce, superbe, Etat. Dans ce moment même et. sur le pied de sa population actuelle la France 3 CON sidérée. dans, un parfaite épalité avec l'Angleterre , devroit ayoiri un reyenu Suble net de Près. d'un mil- : an 39102. liard et demi., l'Angleterre jouissant de ce revenu PRE 272 : dans Li proportion de sa Population. de yat 148 rot + LE] Une différence aussi -énorme n’est! certainement ps, à la louange des hommes, d'Etat..qui , ônt, conduit l'Economie politique de la. France. camil est impossible'de ne pas accorder que, ce que l'Angleterre a, pu opérer Avec des avantages naturels ix nférieurs 3 la France auroit dû l'opérer bien plus tilement avec, des avantages paturels supérieurs; avec le sol: le plus riche!, lesméilleur,, le plus industrieux et le plus frugal des peuples. Pas-bien long - tems après que la France fut affligée ‘d’an système aussi contraire à la ‘saine raison, PAngleterre en. embrassa un:dans des:prineipes totalement. ppposés ; non seulement elle ouvrit à ses culti. . vateurs,. les portes des provinces : et du royaume » pour la vente de-leur superflu de subsistance ; mais elle fut si convaincue que d’un pareil système résulteroit E (50) imfailliblement le bien de ses manufacturiers et de #es manufactures qu’elle en força ; pour ainsi dires Pexécution , ën promettant des récompenses considérables à tous ceux qui exporteroient des grains à l’étranger. At "Depuis ce tems l'Angleterre jouit des heureux fruits de la sagesse de ses mesures ; sous son nouveau système le prix nominal des grains a sensiblement diminué de ce qu'il étoit sous l'ancien, quoique le pix dé toutes choses ait graduellement aupmenté ; les cldsses inférieures de sès hommes qui sous l'andien système ne se nourrissoient que sur les moindres sortes de grains , mangent du pain dé froment sous Je nouveau ; à lirrépularitédans les prix a succédé la régularité et aux disettes une abondance si suivie due, dépuis V’établissement du nouveau système ; il y deu peu d'années où l'Angleterre n’ait pas exporté dés grains à l'étranger ; et qu’il est prouvé que depuis 1697 jusques'en 1765, dans un intervalle de 68 ans , ses importations de grains de l'étranger , pour Ja consommation nationale ,; n’ont pas monté toutes énsemble à la huitieme partie de la consommation d'une seule année , c’est-à-dire, pas seulement à six semaines de subsistance. Dans les observations que je viens de faire'sur la France et l'Angleterre , je n’ai voulu que montrer le contraste dans le choix des moyens ;' par lesquels ces deux Etats voisins ont chérché presque en même tems à obtenir la même fin, c’est-à-dire , je n’ai eu d’autré objet, que celui de faire voir combien les moyens de l'un ont été judicieux; car quoique le système Ân- (51) glois ait été prisé et presque universellement recoms mandé par tous ceux qui en ont parlé comme le système le plus parfait que l'Economie politique puisse présenter sur Ja police des grains , je suis bien loin de lui accorder ce haut ur de perfection et de le proposer aux autres nations comme un modele à sui vre dans toutes ses circonstances: Le système Anglois sur la police des grains a été parfaitement bien vu dans ses principes , mais il n’a pas été parfaitement bien combiné dans son exécution, et les mains qui ont travaillé le chef-d'œuvre y ont laissé des imperfections. Une de ces imperfections est qu'il coûte cher et a très-souvent coûté fort cher à l'Etat sans nulle nécessité ; car les mêmes effets auroient pu être opérés avec des dépenses beaucoup moins considérables, et quoique cet inconvénient ne soit pas un mal national , puisque la dépense ne se fait pas hors de la nation , il est cependant un mal, puisque tout excès dans les M. publiques ra vient nécessairement un surcroit de charges sur les peuples ; quien définitif payent tout. Mais le grand défaut de ce système est d'exposer la nation au risque continuel de voir exporter sous le nom de superflu de subsistance une partie de son nécessaire , présent ou futur, et je n’ai nul doute qu’un mal aussi grand n'ait eu lieu dans bien des exportations de grains que l’Angleterre a faite depuis Porigine de son nouveau système. Les bornes que je me suis prescrites dans ce discours ne me permettent pas d'établir la démonstration de ce que j'ayance sur des preuves incontestables , comme E 2 | 4 à î F (58) \ Lorsque des consommateufs étrangers arrivent à une nation pour se pourvoir chez elle de manufactures, c’est leur fropre intérêt qui les lui amene ; lorsqu'ils la quittent pour se pourvoir ailléurs , c’est leur propre intérêt qui les éloigne d’elle , et dans l’un et l’autre cas cet intérêt des consommateurs étrangers n’a qu’un seul et unique objet , celui de chercher les manufactures chez la nation qui à qualité égale les fournit au meilleur marché ; voilà le mobile des relations de commerce entre les nations 3 c’est ce rappoit entre le prix et la qualité dés manufactures qui attire ou repousse les consommateurs étrangers, qui favorise où détruit la rivalité des nations , en un mot , qui détermine les révolutions heureuses et malheureuses dans le commerce extérieur des mantfactures ; et comme ce rapport’ tient à une infinité de circonstances , qu'il se ressent en bien ou en mal de toutes les déterminations de l’homme d'Etat , qu'il est affecté par les causes les plus’ éloignées et les plus imperceptibles , il est par sa nature nécessaire- “ment sujet à des variations continuelles et assujettit malheureusement à toutes ses variations de sort les / manufacturiers. s Ce rapport entre le prix et la qualité des manufac-. tures étant un des grands principes de l'Economie politique moderne et la cause directe des succès et des revers qu’éprouve le commerce extérieur des manucd factures , il mérite d’être distingué par un nom particulier, et je l’appéllerai rapport caractéristique du prix à la qualité ; je supposerai ce râpport composé , Comme tous Îles autres rapports , de deux termes, EE UE rm ét ramitirttrtssiiminitiéientihéieitrstetisienmentetts minué d’un tiers ; eu le tems de.se préparer à se passer d’eux. ‘ | (59) d'un antécédent et d'un conséquent ; et je reparderai le prix des manufactures comme le terme antécédent et la qualité des manufactures comme le terme Cconséquent de ce rapport. Si le rapport caractéristique du prix à la qualité des manufactures d’une nation se trouve dans un tems quelconque comme 2 à 3 et, que dans la suite il se change en 3à 3 ouenz à2 ; dans le premier changement la qualité des manufactures de la nation aura resté la même, mais leur prix aura augmenté de moitié; dans le second changement le prix des manufactures aura resté le même ; mais leur qualité aura dicette maniere de voir les choses simplifiera à La fois le langage et le raisonnement. Une nation qui manquê.de manufactures peut bien s'engager de s’en pourvoir chez une autre qui en A plus qu’elle ne consomme / et de lui donner la préférence sur toutes les autres nations ; jamais censée s’engager de Jui donner la préférence sur elle-même , et ses engagemens deviennent nuls an moment où ellese détermine ét se trouve en état de se suffire à elle-même. L'intérêt du commerce et de aujourd’hui si entierement l’attenmais elle n’est l’industrie occupe tion de tousles gouvérnemens qu’une nation favorisée par un traité de commerce ne doit se regarder que momentanément favorisée , et seulement jusqu’à ce que la nation que ses manufacturiers fournissent ait | C'est ainsi que sont devenus éuccessivement nuls ces innombrables traités de commerce que les villes Anséatiques et la Hollande avoient contractés avec toutes les na- ‘ N moin: 2:12. op. de LS, Le fus de «+ pd Du à. gb DANSE EU EE. = Rte" * CR ne 5 2 EURE dc: de 5 CS {60 .) tions de d'Europe et dont la durée ne pouvoit avoir, d'autre garanti ie que Tignorance ou la négligence des pire qui les avoient accordés. 4 L'homme d'Etat doit done: regarder tout commerce extérieur de manufactures comme ur commerce in certain, & par conséquent RACE consommateurs étrangers de manufactures comme des consommateurs précaires ; quelque grand que puisse être dans le moment Pintérêt de snations de se pourvoir de préférence chez ses manufacturiers 3. et quelques bien cimentés qüe puissent être ses traités de commerce avec les” nations que ses manufacturiers fourniront ; car A moment viendra où la préférence et les traités césséront ; la préférence , par La. détérioration , ‘soit absolne , Soit rélative , qui sera arrivée dans le rapport caractéristique du prix à la qualité dés manufactures s les traité5 ; par le parti qu'aurônt pris les pe de se livrer elles-mêmes au travail. des manufactures. ; le dernier de ces deux inconvériens sera inévitable, mais. le premi iér sera presque dans tous les cas l'effet ou de la néoligence de l'homme d'Etat à feilleiiéur le cours naturel des choses ; ou de ses fausses déterminations dans les différentes branches dé l'Economie politique. Lorsque Je commerce A 5 CE d’üne branche de manufactures dinsinue graduellement ou cesse subitement , les mannfactutiers ci-dévant occupés à fournir cette branche de manufactures tombent , ou graduellement, ou tous à la fois sur les Brés de l’hotime d'Etat; etne peuvent tomber Sur les bras dé persontie ; autre, parco que C’est lai seul qui s’ést chargé du -devcir sérieux, de les conduire et de DURUL à leur \ (6) maintien, ét s’il n’a ni le taleht nt l'attension de léur remplacer à tdms les consommateurs étrangers qu'ils auront perdus j il faut de nécessité absolue , ou qu’ils s'expatrient pour aller chercher-lexr ssubsistance;ail= :} Ieurs, où qu'ils demandent leurpainide porte en porte, où qu'ils périssent de misere-; car dès cs moment,les cultivatcurs ou né produiront plus leur subsistances ou lexporterünt, tro ar p ia Hn 1U0SIQMIOT S "Les nations se glorifient des exportations de grains qu'ellès font à l'étranger; et s’habituent à les regarder comme des préuves manifèstes der l'état florissant de leur agriculture et de labondärice dont ellésjouissent 3 . mais comment savent -elles queces exportations de grains ne sont pas plutôs-des preuxes: manifestes de la misere qui regne chez elles:? Comment savent. elles que sousilé nom de:superfluice est: pasile pur nécessaire qu'elles exportént ZIle mot superflu de subsistänée Sappore nécessairement tous'les individus.de’ la nation complétément nourris:ç.ilest, impossible dolui donner unäutre sens ; méis si les. circonstances .malheureuses dans lesquelles.la négligence ou l'igiorance de l’homme d'Etat jetténtiles elasses inférieures de.sa mation, privént les uns destout moyen,de se, pourvoir .de grains et: ne permeltenb aux Auires de s’en procus ref au prix-d'exportationsque le quart, _ trois quarts de’ leurs: besoins ,;:n'estrçe. pas, la totalité ‘de Lx subaistande des ns} lesstnoisiquarts ; Ja moitié ; le quart:de la subsistance dessantres.-qu’on exporte sous le faux nom de superfhi fiet:n'est-ce pas souvent et aux dépens de la. : : à : , subsistance d’une foule,ëe maiheureux que l’homme Lil Ritt sous cette criminelle, apparence : | (62) d'Etat usurpe la, gloire de faire fleurir l'agriculture | de’ sa nation % 2: L'homme d’Etat:a deux grands devoirs à remplir dans’la conduite du commerce extérieur des manufacaamiait ete tures de sa nation; le: premier ; d’être continuelle-* inent instruit des circonstances de chaque branche de cé commerce; le second, d’être continuellement prêt à remplacer aux manufacturiers les consommateurs étrangers par qui ils se trouveroient abandonnés ; sans la ii stricte observation de ces deux devoirs it ne séroit pas possible que les manufacturiers qui travail : lent pour des consommateurs PÉRAPRSES 3 pussent : être en sureté dans.ses mains, | | | | | Pour être parfaitement instruit des circonstances du | commerce extérieur des manufactures de sa nation, il faut que l'homme d'Etat'ait ces circonstances sans cesse sous ses yeux dans des tableaux de récapitulatién rédigés avec la plus exacte fidélité, et que dans chaque bravche de commerce il porte son attention principalement sur deux choses ; sur le rapport caräctéristique du prix à la qualité des manufactures et sur lé degré détendue de la branche de commerce ; mais ce ne sera pas assez qu'il veille sur le rappott caraëtéristique du prix à la qualité des manufactures de sa nation ; il faut en même tems qu'il ait les yeux ouverts sur le rapport, caractéristique du prix à la qualité des manufactures établies chez des nations rivales, afin de le suivre dans ses variations et çon- «Server au sien dans tous les cas la supériorité. ' ; Si dans une branche du commerce extérieur des Ù manufactures l’homme d'État trouve le rapport ca- minent de perdre. (63 ) ractéristique du prix à la qualité détérioré dans Vun ou l’autre de ses termes , il faut que dans la variété des causes qui peuvent avoir donné lieu à cette détérioration , il cherche à découvrir celle à laquelle le mal doit être attribué ; si c’est une taxe injudicieusement imposée , une cherté de denrées trop long-tems subsistante , l'insuffisance des bras dans les manufactures, la trop grande concurrence des consommateurs nationaux avec les consommateurs étrangers » la fraude des manufacturiers ; en un mot, telle que puisse être cette cause qui aura altéré , soit le terme antécédent , soit le terme conséquent du rapport ca ractéristique du prix à la qualité des manufactures ; + il faut qu ‘1 la détruise et qu il restitue ce rapport \ promptement à sa juste proportion > 58 ’il veut sauver la branche de commerce qu ils sera dans un danger im- Si l'homme d’Etat trouve la branche de commerce dans un déclin sensible, sans que le rapport caracté— ristique du’ prix à la qualiüé des manufactures ait éprouvé la moindre détérioration , ni dans son terme antécédent , ni dans son terme conséquent ; il peut être sûr qu'il a eu un lévénement contre lui dans le dehors , c’est-à-dire ; ou que les consommateurs étrangers auront commencé à se fournir de manufactures Chez eux , ou qu’une révolution heureuse arrivée dans le rapport caractéristique du prix à la qualité des manufactures d'une nation rivale aura commencé à des attirer chez elle ; dans Le premier cas la branche de commerce sera perdue ; mais dans le second, l’homme : d'Etat aura des moyens infaillibles pour la conserver, (64) sil saît en faire usage et si sa négligence n’a pas laisté fous les manufactures ‘de la nation riv se bu long: tems deleur avantage. Mais lorsque l'homme d'État se verra d’un Côté sans espérance de pouvoir retenir les consommateurs étrangers d’une branche de manufactures etde l'antre sans apparence probable de pouy où les remplacer à teme par d’autres consommateurs étr ange rs , leceul pé Fti qui lui restera a prendre , sera de me aux conisommateurs, étrangers perdus des conrommaleurs natio=- nauxz ; qu “il doit regarder dans tous les cas comme son dernier refupé ; - LA est vrai qu ‘alors les HQE nominale de la nation ; Mat d préterveront Paé diminution sa richessé npos ils vivront, toutes les classes dela ration se conserveront dans leurs FAR GORE PAARTE relles ; le grand objet final du sy: {ême d'agriculture PAPAS fondé sur-un système de mavufactures, sera rempliet l'homme d'Etat restera préparé à saisir la premiere : occasion que les circonstances lui présenteront pour regagner sisdit la même:, sut une noux Rte” branche de conimercedansile dehors: Le remplacement des consommateurs étrangers par ‘des cénsominateurs nationaux n’est jamais fa potsible M à l'homme d'Elat, lorsque sa capacité égale son devoir. ÿ mais ce rémplacement n’est pas également facile dans tous les cas, ét sa” difficulté doit être considérée : comime étant en raïéon cômposée de l'étendue de la branche qui se ds) J'eridu degré dans lequel'elle cé perd. # ONCE": CEE de | : M +2 care { 65 j Si l’on suppose l'étendue de deux branches dy coms merce extérieur des manufactures d’une nation comme 1000 et 100 et que les deux branches de commerce,.où déclinent graduellemement au même degré ou cessent à la fois subitement, la difficulté de remplacer par des comommatesirs nationaux Tes consommateurs étrangers perdus dans la branche de commerce comme 1000 ; doit être regardée comme dix fois plus grande que Ja difficulté de remplacer par des consommateurs nationaux les consommateurs étrangers perdus dans la branche de commerce comme 100, et si l on supposoit _ le déclin annuel de la branche de commerce comme 1000 d’un dixieme pendant que le déclin ‘annuel dé la bran chede commerce comme 100 ne seroit” que d'un vingtieme, le remplacement deviendroitivingt fois plus difficile! dans : P'nIeEs cas que dans le # | dernier. Or comme la difficulté plus 0 ou moins grande de remplacer des consommateurs étrangers par des con= sommateurs nationaux est la même chose que lé risque plus ou moins grand « de laisser ‘dans l'intervalle’ des manufacturiers sans pain, “ilest évident qu’il est de l'intérêt des manufacturiers, et par conséquent de la nation entiere ; que. l'homme d'État donne à un grand nombre de branches médiocres de commerce Fa préférence sur un petit nombre de grandes branches. Cë principe doit être reg; ardé comme un des ie esséntiels de l'Économie politique moderne ét comme un des plus sûrs garants du maintien facile de ce Système, quoiqu ‘aucune pation ne J’ait connu ou du moins régulierement pratiqué j jusqu'ici. F (66) Une grande branche de:commerce extérieur, des manufactures est l’avant-courèur certain d’une calamité , soit pour la génération même qui l'entreprend , soit pour celles qui lui succéderont , et l’homme d’État qui par trop d’encouragemens force trop de capitaux dans une branche de ce commerce , ou qui souffre que les individus la portent d’eux - mêmes à une étendue trop considérable, agit comme feroit un empirique qui par des remedes forcés donneroit à un homme pendant quelque tems-une apparence extraordinaire de vigueur et de santé mais au prix d’une longue suite d’infirmités. Le malheur est, que la plûpart des hommes d'État n’ont ni assez de capacité, ni assez de vertu pour opérer le bonheur d’une nation jusques dans ses généragions futures. - Le principe que je viens d'établir est si évident, qu'ilest imposible de n’en pas admettre la vérité. Car s’il est vrai que tout commerce extérieur de manufactures, est. par S +6t'ou tard se perd ; s'ilest vrai que le maintien im= perturbable des manufacturiers est la base sur laquèlle pose tout édifice de l'Économie politique moderne ; s’il est frai qu'à lawperte d’une branche du commerce extérieur des manufactures, les manufacturiers restent sans pain, si les consommateurs perdus ne leur sont pas remplacés à tems par d’autres consom= mateurs ; s’il est vrai que plus une branche du a nature un commerce incertain qui commerce extérieur des manufactures est grande , plus il devient difficile de préserver les manufacturiers de la misere , lorsqu'elle vient à manquer, il est de toute évidence que chaque branche du commerce extérieur RE A = - er - (67) des manufactures doit être -proportionnée de maniere que sa perte ne puisse dans aucun cas opposer des obstacles insurmontables au maintien des manufacfuriers, « L’Angleterre présente airedrah ai ün exemple bien sérieux des maux que prépare et cause à un État-un commerce extérieur des manufactures porté dans une L4 , s proportion excessive vers un même point; d’innom= brables bras étoient occupés chezelle à fournir de matufactures ses colonies sur le continent de l’Amérique septentrionale, et cette branche: de, commerce avoit attiré à elle une masse de capitaux d’autant plus grande, que l'Angleterre “en jouissoit exclusivement, Sans concurrence de la part des'autres nations, et pour ainsi dire sans concurrénce de la part de ses colonies elles-mêmes; qu’elle avoit eu soin d'empêcher de travailler librement leurs propres matieres premierese Une révolution a détaché ces colonies de son empire en les rendant indépendantes , et dès ce moment ces nouvelles nations ont non seulement ouvért leurs ports aux manufactures de l’Europe entiere , mais s’empres- ‘sent elles-mêmes d'encourager tous les genres d’industrie dans leur propre sein. Sous le désavantage d’une concurrence aussi universelle, la saine raison défend à l’Angleterre de sa flatter de conserver avec les États unis de l'Amérique le même commerce de manufactures qu'elle faisoit » avec euxt, lorsqu'ils étoient sous le-joug de sa domina* tion; elle a beau se former une baute opinion de la supériorité de ses manufactures sur celles des autres nations de l’Europe et même être fondée dans son opis Fa . id à ses colonies placées dans des territoires Sabbe bles’ au sien les productions naturelles et artificielles , qu’elles ne peuvent pas se procurer dans leurs territoires pour recevoir. d'elles en retour leurs propres productions, elle forme un système naturel et juste, parce que dans ce commerce l'avantage est récipro= que des deux côtés, et le maintien d’un paeilgystème est susceptible d’une longue durée. Mais lorsqu’une mere patrie forme le systéme de fournir à ses colonies placées dans des’ territoires semblables au sien des édnonons naturelles et artificielles qu’elles peuveit se procurer dans leurs territoires ; en les obligeant en même tems de borner leur travail et leur industrie aux seules productions qu ‘il lui convient de récevoir d'elles en retour , elle forme un système violent et injuste, parce que dans ce commerce l’avantage n’est pas réciproque des deux côtés, et il est mo- _ ralement impossible qu ‘un système aussi contraire à la liberté naturelle puisse durer plus long-tems que la nécessité de le supporter. C'étoit sur les principes du dernier de ces deux sys- , têmes que l'Angleterre avoit gouverné ses. colonies établies sur le continent de PAmérique septentrionale dans des territoires en plus grande partie semblables au sien; et, malheureusement pour elle, ce système lui avoit paru dans tous les tems si naturel et si peu dangereux dans ses conséquences que, bier loin de songer àren adoucir les conditions , elle avoit cru pouvoir sans risque en aggrayer le poids sur les colonies ; mais une expérience fatale lui a appris ce que la raison auroit dû lui faire prévoir, ; NS (75) # ° * . . Q Q v Ce ne'sont point ses ennemis qui lui ont fait perdre ses colonies; ses ennemis les lui ont seulement fait. / perdre plutôt, car tôt ou tard elles se seroient soustrait à sa dépendance de ses propres forces. Ce ne sont point ses ennemis qui ont mis les armes à la main à l'Irlande, et qui lui ont inspiré des résolutions semblables à celles des colonies ; c’est le même système qui a opéré le mal de partet d'autre, qui est devenu aussi insupportable à une nation isolée au de là d’un petit bras de mer, qu’à treize nations unies au de là de l'océan ; il est probable que l'Irlande , ‘au lieu de forcer l'Angleterre de changer de sÿstème à son égard, auroit pris la conduiggdes colonies pour parfait modele de la sienne , si ce parti avoit pu s’accorder avec sa situation locale, ; Les nations de l’Europe s’empressent à l’envi les uns des autres d'offrir leurs manufactures aux Etats unis de l'Amérique , et chacune d’elles s’efforce de gagner la préférence sur ses rivales; mais la plus malheureuse de toutes seroit certainement celle qui se croiroit la plus heurense , c’est-à-dire, celle qui réussiroit à supplanter les autres dans ce commerce. Pour entreprendre une branche de commerce aussi considé= rable , elle seroit nécessairement obligée de dépouiller ses anciennes branches de commerce de leurs capitaux; car le commerce ne se fait pas sans Capitaux; et le même capital ne. peut pas servir à la fois à deux branches de commerce différentes ; elle seroit par conséquent forcée de renoncer à une grande proportion de son commerce actuel , et de souffrir que d’autres nations s’en enrichissent 3° tout commerce népligé 4 [°° TEXES (76) L par une nation ‘étant promptement saisi par les au tres. di : à . ; Mais quel seroit l’objet de cette nouvelle destination de ses c capitaux ? De fournir à un commerce pré Caire , sans fondement solide et sans durée probable ; car tel sera indubitablement le commerce de manufactures que les nations de l'Europe feront avec les Ftats unis de l'Amérique qui tôt ou tard introduiront Chez | eux tous les genres de manufactures qui non seulement perfectionneront et multiplieront les matieres premieres que leur propre sol sera capable de produire , mais quise procureront ; aussi bien que les nations de l’Europe , les matges premieres des sols ÉTARESES ct qui travailleront'toutes ces matieres premieres, non seulement avec Les bras qu’ils formeront euxèmêmes, mais avec les bras tout formés que lignosance des nn d'Etat, l oppréssion des gouvernemens et l'intolérance des Léliiirs feront. fuir chez eux d'Europe: Je reviens à mon sujet après une longue ; mais je né pense pas inutile digression, ra Je crois avoir prouvé d’une maniere claire ‘et par le raisonnement et par les faits que libertéet protection , cette double maxime; qu'un cri universel a consacré en dogme dans l'Économie politique moderne , m'est point applicable dans toute son étendue au commerce extérieur des manufactures, et que le bien des tations exige que proportion et protection lui soit substitué. Que dans tous les tems les entrepreneurs. de manufacturés et les commercans ayent réclamé en leur faveur liberté et pratection d’une maniere illimitée et qu’ils ayenteu l’art dans chaque nation de trom- _ (77) per l’homme d’Etat et de lui faire prendre leur intétêt particulier pour l’intérét général n’a rien qui doive surprendre ; ceux qui entendoient bien leur intérêt devoient naturellement l'emporter sur celui qui entendoit mal le sien ; inais que depuis plus d’un siecle un prine cipe aussi tops ait reçu la sanction de tous ceux qui ont écrit sur l'Economie politique ; que dans tous : les esprits il ait acquis la force d’axiome et que les hommes les plus éclairéssmême l’ayent pris les uns des autres sans examen ; est certainement fait pour étonner et fait voir avec quelle circonspection om doit se permettre d’avancer des maximes générales dans une science encore si peu approfondie. Libertéet protection n’est parfaitement applicable qu'à l'Economie politique d’use nation qui comme la Chine seroit sans commerce extérieur ; ce n’est que dans une telle nation, que le travail A l'industrie se balanceroient naturellement dans toutes leurs branches et que les mOindres écarts se corrigeroient prom- RÉVRCEE d’eu« mêmes. L'homme d'Etat pourroit laisser aux individus la plus libre disposition de leurs capitaux ; dans l’agriculture comme dans les manufactures , sans avoir le moindre inconvénient à craindre de l'abus de cette liberté ; s’il atrivoit au cultivateur de mettre trop de prairies en champs , outropde champs en vignes et à l'entrepreneur de manufactures d’em-. ployer trop de capitaux dans une branche particuliere de l’industrie , le défant de consommation de leurs'productions surabondantes et! l’avilissement du prix de ces productions les avertiroient bien vite ;, l'un et l’autre, de leurs erreurs, et leur intérêt les raméneroit ll | (78) d'eux-mêmes et sans l'intervention de l’homme d'Etat aux justes proportions que l’ordre général des besoins de la nation leur dicteroit, + à Mais l’homme d’Etat à une conduite bien différente à tenir , lorsqu'il joint le commerce extérieur au com: : merce intérieur de sa nation ; une seule branche du commerce extérieur , non surveillée et abandonnée à elle-même ä seroit capable de renverser l’ordre naturel dans l’agriculture et dans les manufactures ,'et de troubler touté l'harmonie du commerce intérieur , le premier et Le plus essentiel commerce de toute nation. Ces considérations importantes paroissent avoir totalement échappé à ceux qui se sont occupés à développer les principes de l'Economie politique moderne ; ils ont confondu ensemble le commerce extérieur et le commerceintérieur , et ont appliqué à tous les deux ce qui n’est applicable qu’à un seul. Un auteur Anglois (1) du premier rang en Europe parmi les hommes qui ont voué leurs travaux à l'Économie politique et qui a répandu sur bien des parties de cette science des lumieres qui lui méritent la réconnoissance de ses semblables et la mienne en particulier, puisque j'en ai considérablement profité, a cependant plus que personne envisagé la liberté indéfinie dans toutes les branches de l’industrie et du commerce comme Île grand principe de l'Économie politique mp-. derne. Je ne choisrai dans tout son ouvrage qu’un seul exemple, et un exemple bien simple, pour lui prouver les conséquences dangereuses de ce principe , lorsqu'il . (1) Le Dr. Adèn Smith (79) estappliqué au commerce extérieur ; même des pros ductions de la terre. Il semble blämer la France d’avoir apporté des restrictions aux progrès de la plantation des vignes, et regarder cette précaution comme déplacée , parce que les champs et les vignes se seroient tenus naturelle- . ment en équilibre et dans une juste proportion ; oui cértainement , si les chgmps et les vignes de la France n’avoient été destinés qu’à sa seule consommation; ni les champs n’auroient alors pu primer les‘vignes, ni les vignes primer les champs; mais cette parfaite égalité entre les champs et les vignes cesse absolument au moment où le commerce extérieur entre en ligne de compte. Les vignes de la France ont toute l'Europe pour maréhé , parce que la France ne peut être rivalisée par aucune nation de PEurope , pour ses vins et ses eauxde-vie ; ses champs au contraire n’ont qu’une partie de Europe pour marché, parce qu’il ny a qu’une partie de l’Europe qui manque de grains , etdans ce marché borné la part de la France est encore limitée par celles de toutes les nations qu’elle à pour rivales dans cette branche de commerce ; auroit - il été possible que dans cet état des choses les champs eussent pu lutter Contre un ennemi aussi redoutable que les vignes et se conserver avec lui dans l'égalité sous des circonstances aussi défavorables ? Ne pouvoit-il pas devenir de l’intérêtdes propriétaires des terres de la France de planter une trop grande proportion de ce royaume. en vignes et de le réduire par conséquent à l’état précaire de vivre sur une subsistance étrangere # Le particulier LÉ CP ns TUE d'A ‘suivreave ‘"{07Le Dr, Franklin, DUR 1 HE DT {69 ) voitsil autre chose dans ses Hécultione de commerce que les conséquences qu’elles peuvent avoir pour, lui ; et songet-il un seul instant aux conséquences qu ’elles peuvent avoir pour la nation , et n’est-:l pas de toute évidence que les individus d’une nation: peuvent trouver le plus grand avantage à entreprendre et à pourec ardeur des branches de commerce fatales à la mation? ka é é : Peu gouverner en matiere d’indéstrie et de commerce ét laisser les choses suivre leur pente naturelle est une maxime qu’ un auteur François et après lui TL'hôntmé célèbre (1) qui a eu ünesi grande part à la révolhtion de l'Amérique, auroient voulu introduire dans l'Économie politique moderne; mais ne pouvoientils pas avec autant de fondement dire peu de boussole “en mer et laisser aller. le vaisseau au gré des vents -Ceux:qui publient des ouvrages sur l'Économie politi- e que devroient. se, pénétrer de, toute l'importance de la 4âche qu’ils eutreprenent et ne jamais perdre de vue que. les doctrines qu %l cherchent à répandre. peuvent tôt ou tard arriver à des hommes d'État destitués de lumieres propres, et devenir pour eux, si elles ne sont pas certaines , des guides infideles dans. la conduite des peuples. , ou, ce qui est la même chose , ils ne devoient jamais perdre de, vue que : des millions de leurs-semblables peuvent: devenir Les victimes. dé leurs erreurs. » A près avoir donné une idée des maux que l’homme d'Etat peut causerà sa nation par sa négligence àrveilf ; à * ÿ x { 30 de 4 ah tte ere fete A 7 ' ; ( gi x! { 7$ ler sur le cours naturel des choses , je devrois parler de ceux dont il peut se rendre coupable par ses proprés faits ; mais comme ce discours n’est destiné qu'aux principes généraux et non à l’universalité des principes de PEconomie politique moderne; et que Les fausses déterminations par lesquelles l’homme d'Etat peut nuire aux manufacture de sa nation sont malheureusement en plus grand nombre que la plüpart des hommes d'Etat ne paroissent s’en douter ; je n’en tracerai ici que quelques-unes , me réservant le développement des autres dans les discours, où je pourrai les indiquer plus naturellement. Ÿ Le plus grand danger dont les manufactures d’une nation, puissent être menacées est célui qui a son principe dans un faux système de taxation , et cepen= dant des taxe: destructives sont l’erreur la plus come mune des hommes d'Etat. Les taxes portent sur les manufactures , soit directement , soit indirectement ; directement ; lorsqu'elles sont assises sur les manufac= tures elle:-mêmes : ; indirectement, lorsqu'elles sont assises sur les necessités de la vie qui entrent dans composition du maintien du manufacturier ; dans le premier cas elles détériorent nécessairement et dans le second presque toujours le rapport Caractéristique du prix à la qualité des manufactures, et'attaquent par conséquént le système de l'Economie politique moderne jusques dans ses premiers fondemens. Si la taxe sur les manufactures est directe, elle aug- Mente necessairément le terme aniécédent du rapport. Caractéristique du paix à la qualité et communément , dans une plus grande proportion que celle de lataxe , G DFE, + parce que dans la vhpart des cas lentrepre eneur de ma nufactures ajoute au montant de la taxe ; non seule ment l'intérêt de la somme qu’il avance pour la payer, mais le profit qu'une pareille somme Jui auroit valu en Sert: comme capital dans ses entreprises ; 5 - nais si la taxe surles manufactures est indirecte , elle:n rffecte pas nécessairement dans tous les cas le terne anté cédent du u rapport caractéristique du prix à la qualité comme la plûpart de ceux qui ont écrit sur l'Economie politique ont paru le croire , et jamais, elle ne l’affecte dans l& progression absurde dont un auteur Anglais (1) ; trop accrédité parmi les Ecrivains { ‘des autres nations, a tracé la marche, Dans. nue nation qui avance continuellement dans. sa prospérité, le sort du manufacturier s'étend at de là des simplés necessités de la vie, c'est -à- dire , Le: manufacturier. est dans l’aisance et le degré de son aisance est toujours proportionné au degré dans lequel. la nation avance dans sa prospérité Dans une pation qui n’ayance nine décline dans sa prospérité, le sort du manufacturier he ‘s'étend qu'aux simples nécessités de la vie, c'est-à-dire, le manufacturier n’a que le nécessaire et point d’aisance. Dans ure nation qui décline continuellement dans sa prospéri= ! » le sort du manufacturier ne s'étend pas jusques aux simples nécessités de la vie, c’est-à-dire, le: manufacturier est dans la misere et le degré de sa misere est toujours proportionné au degré dans lequel Ja nation décline dans sa prospérité 3 ces vécités que j'anticipe ici, seront développées dans la suite de ce discours ; j'appellerai la premiere, des trois nations une a (a L Le Chéy, Matthew Decker, \ \ CERN, hâtion à prospérité progressive , la seconde une nätioti \ ‘ PAL ,7r L. Fay Q 3 à a prospérité arrètee ; la troisieme une nation à pros« périté rétrograde, F est clair que dans uné nation à prospérité pro | gréssive le manufacturier peut supporier jusqu'à un certain dégré des taxes sur les nécessités de la vie r sans éprouver d'autre mal qüe de tomber de l'aance au nécessairé ; mais qu il ne peut dansaucun degré les supporter-dans une nation à prospérité arrêtée 5 sans tomber du nécessaire à la misere ; et dans une. nation à prospérité rétrograde ; sans tomber de la misere à l'impossibilité absolue de-subsister ; d'oùil ré« sulte, quie les taxes sur les nécessités de Ja vie né détériorent pas nécessairement le rapport caractéristique du prix à la qualité des manufactures dans une na tion à prospérité -progressive ; mais qu'elles le détèriorent nécessairement dans les nations À prospérité arrêtée et à prospérité rétrograce , en forçant le mafacturier d'augmenter le prix nominal de son salaire. Dans le cours naturel des choses la conséquence immédiate de l'augmentation du prix des manufactures d’une nation est” une diminution dans leur consommation nationale ; y parce que dans toute nation il existe dans tous les instans une proportion plus ôt moins grande de familles qui n’ont que les facultés Strictément nécessaires peur se procurer au prix AC tuel les manufactures dont elles ont besoin*, et qui Par conséquent sont forcées d'en consommer moins au Moment où leur prix augmente. Quant aux COnsOM… Mateurs étrangers ; probablement une pareille diminution auroit lieu parmi eux , si, comme les consom= .G2 ax Tdi dl Mind LE or br «ss (go) qu’il peut faire travailler et maintenir les manufacturiers, il est clair que le nombre des manufacturiers que l'entrepreneur de manufactures devient capable. de faire travailler et de maintenir ; est dans tous les cas en raison directe des capitaux qu'il reçoit des mains du commerçant ; et par conséquent que les c4=. pitaux du commerçant sont le fondement du maintien des manufacturiers et le principe actif de l’industrie, Je m’écarterois trop du sujet de ce discours , si je cherchois à développer dans toute leur étendue les effets qu’opèrent en bien ou en mal sur Pindustrie dune nation les quatre especes de commerce dont je viens de parler; savoir, le commerce intérieur, le commerce extérieur de gonsommation direct, le commerce # Ù extérieur de consommation circuiteux et le commerce extérieur de transport; je me coutenterai donc d’indiquer seulement ces effets, en traçant la marche générale que suivent les capitaux datis chaque espece de commerce, et j ’observérai une fois pour toutes CAL par capitaux dans les mains de l’entre épreneur dé manufaclures j’entends un nombré proportionné de manufacturiers actacllement maintenus et vouant leur travail à l’augmentation de la richesse réelle, l’un étant la même chose que l’autre. / Voici la marche des capitaux dans le commerte intérieur; no Les Capitaux passent des mains du commerçant dans les mains de l'entrepreneur national de manufactures ; 20 ils reviennent dans les mains dn commerçant par les mains du consommateur national; 30 des mains du’ commerçant ils retournent dans les mains de l’entreprerieur national de manufactures; 4° P (91) ils reviennent dans les mains du commerçant par les mains du consommateur national; 50 des mains du. commerçant ils retournent dans les mains de Ventre- :, preneur national de manufactures ; 69 ils reviennent dans les mains du commerçant par les mains du corsommateur national ; 70 des mains du commerçant ils retournent dans les mains de l'entrepreneur national de manufactures ; 8o ils reviennent dans les mains du commerçant par les mains du consommaieur nationäl 1 et ainsi de suite. Voici la marche des capitaux dans le commerce extéricur de consommation direct; 10 Les capitaux passent des mains du commerçant dans les mains de l'entrepreneur national de ‘manufactures; 20: ils reviennent dans les mains du commerçant par les mains du consommateur étranger ; 30 des mains du. COM merçant ils passent dans les mains de l’entrepreneur étranger de manufactures; 40 ils reviennent dans les Mains du comimerçant par les mains du CORSREAREENR national; 50 des mains du commerçant ils retournent dans les mains de l'entrepreneur national de manufactures ; 6, ils reviennent dans les mains du commnierçant par les mains du consommateur étranger; 70 des mains du commerçant ils retournent dans les mains de l’entreépreneur étranger de manufactures ; Gogils reviennent dans les mains du commercant par les mains du consommateur national et ainsi de suite. Voici la marche des capitaux dans le commerce ex- [HE LÉ ‘ d : térieur de consommation cirCuiteux ; 1° Les capitaux passent des mains du commerçant dans les mains de. ? 23 . lentréprencur national de manufactures; 20 ils re- ( 92) viennent dans les mains du commerçant par les mains du consommateur étranger; 30 des mains du commier- : çant ils passent dans les:mains de l'entrepreneur étranger de manufactures ; 40 ils reviennent dans les mains du commerçant par les mains du consommateur étranger; 59 des mains du commerçant ils retournent dans les mains de l’entrepreneur étranger dermanufactures; 6o ils reviennent dans les mains du commerçant par les mains du cotédbmateuriétrangers 79 des mains du commercant ils retournent dans les mains dé l’en-. trepreneur étranger de manufactures; 80 ils reviennent : dans les mains du commerçant par les mains du consommateur étranger et ainsi de suite, jusqu’à ce que la nation consomme elle-même la totalité des manu- * factures étrangeres. Voici la marché des capitaux dans le’ commerce extérieur de transport; 10 Les capitaux passent dés mains du commerçant dans les mains de l’entrepreneur étranger de manufactures; 20 ils reviennent dans les mains du cemmerçant par les mains du consommateur étranger ; 30 des mains du commerçant ils retournent dans les mains de l'entrepreneur étranger de manufactures ; 40 ils reviennent dans’ les mains du commerçant par les mains du consommateur étrangers 5o des mains du commerçant ils retournent dans les mains de l'entrepreneur étranger de manufactures ; 60 ils reviennent dans les mains du commerçant par les - ger ; jo des mains.du commerçant ils retournent dans les mains de l’entremains du consommateur étran preneur étranger de manufactures ; 8o ils reviennent dans les mais du commerçant par les mains du con- 2 (93 | sommateur étranger et ainsi de suite, jusqu’à ce que le commerçant retire ses Capitaux de ce commerce. II ne faut que jeter les yeux sur ces quatre marches générales de commerce, pour voir évidemment que le commerce intérieur fait venir les capitaux du commers dant quatre fois dans les mains de l’entrepreneur national de manufactures, pendant que dans le mème nombre de circulations il ne les reçoit par le commerce extérieur de consommation direct que deux fois;par 2 le commerce extérieur de consommation circuiteux qu’une fois et jamais par le commerce extérieur de transport; ou , ce qui est la même choce, pour voir évidemment que l’industrie nationale se trouve encouragée par les quatre especes de commerce dans la pro- Portion des nombres 4,2, 2, 0. " * Mais les entouragemens que le commerce extérieur de consommation direct et le commerce extérieur de Consommation circuiteux donnent à l’industrie natiomale sont encore au dessous de ceux que les marches de Capitaux montrents car de ces encouragemens il faut déduire la différence entre la célérité des circulations dans le commerce intérieur et.leur lenteur inévi= table dans le commeïce extérieur, e 'est--dire, entre 14 célérité avéc laquelle les capitaux reviennent dans les mains de l'entrepreneur national de manufactures par le Commerce intérieur, et. la lenteur avec laquelle il Les recoit par le commerce extérieur, Cet exposé trace à l’homme d'État box naturel dans lequel il doit encourager et protéger les quatre espèces de commerce dans sa nation, s'il veut être fidélle: aux vrais principes de l'Economie politique C4) moderne et ne point nuire aux progrès de Pindietrie nationale. Le grand ét le premier ohjet de son attens ton doit être le commerce intérieur; le commerce extérieur Üé consommation direct vient après; ensuite le commerce extérieur de consommation circuiteux, et il ne doit permettre à sa nation le commerce extérieur de transport qué lorsque d’un côté le commerce intérieur et le commerce extérieur de consommation direct et circuiteux auront absorbé dans toutes leurs bran= ches tous les capitaux dontils pouvoient être susceptibles avec le secours des plus grands encouragemens, et que de l'autre il restera encore dans les mains descominerçans des capitaux non employés. Lorsque l'homme d'État intervertit cet ordre naturelsdu commerce par l'établissement prématuré de Ports francs, sh conduite tend directement à faire descendre sa nation du degré de prospérité dont elle jouit au moment où les Ports francs s'ouvrent. Car les commerçans nationaux ; pour pouvoir entre; rue. dre le commerce extérieur de-transport auquel ils seront invités par les Ports francs, seront obligés de retirer graduellement leurs capitaux, soit des branches du commerce intérieur, soit de celles du com merce extérieur de consommation ; dès lors les entrepréneurs nationaax de manufactures ne recevant plus les mêmes capitaux des mains des comnierçans ne pourront plus maintenir le’ même nombre dé marufacturiers, et les manufactures , la richesse réelle, le commerce intérieur et le commerce entérieur de con: : sommation tomberont nécessairement dans la proportion des capitaux qui auront été ainsi détournés. de { GR Pindustrie nationale pour favoriser l'industrie étrangere: L'Europe n'a montré jusqu'ici qu’une seule nation Sous les cireonstances qui justifient et appellent le. commerce extérieur de transport , c’est la Hollande ; les immenses capitaux que les commerçans de cette ation possedent , excèdent non seulément tout ce que son commerce intérieur et son commerce extérieur de consommation direct et circuiteux sont capables absorber ; mais le surabondant de ces capitaux qui reste encore dans les mains des commerçans, paroit Sürpasser si fort tout ce qu'ils sont en état d'employer dans le commerce extérieur de transport, qu’on les Yoit réduit à la nécessité d’en placer une grande pro Portion à simple intérêt dans les fonds publics des Aütres nations. Mais les autres nations de l'Europe .sont toutes si, loin encore d’avoir des capitaux de reste À destiner au Commerce extérieur de transport, que les plus avan- _cées même sont encore considérabléement en arriere pour les capitaux quexiseroit leur seul commerce in térieur. Dans toute nation sous le système de PES nome politique moderne , le commerce intérieur et Pagriculture marchent inséparablement du même pas, c’est-à-dire , les progrès” de l’une suivent les progrès dé lautre immédiatement comme l'effet suit sa cau- SE ÿ ainsi c’est dans l’agriculture qu'il faut chercher la vraie mesure de l’étendie du commerce intérieur de chaque nation et la preuve démonstrative de la Suffisänce ou dé l'insuffisance des capitaux qu’elle Voue À ce commerce. MAD | L'Angleterre est la nation de l’Europe qui } après la Hollande , a le plus de capitaux dans le commerce , et la France celle qui en a le plus, après l'Angleterre ÿ mäis pour se convaincre comhien les capitaux que ces deux nations vouent à leur commerce intérieur sont encore an dessous de Ceux que ce comà k s e 4 , 51 #1] » merce exigeroit , il n’y a qu’à jeter les yeux sur leur agricullure. Non seulement il reste à l’une et à lautre malion une grande prop atrtion de terres incultes a mais en Angleterre une partie et en France presque l’universalité des terres cultivées le sont encore sous un systême de culture très-imparfait, et l'on est fondé de croire que jusqu’ici l'agriculture de l'Angleterke est à peine arrivée aux deux tiers et celle de la France à la moitié de ce que l’une et l’autre pour-, roient et devroient être, et qu’il s’en faut par conséguent d’un.tiers en Angleterre et de moitié en France que le commerce intérieur &it reçu les capitaux qu’il demanderoit. CRE 3 Les ki NT Cette différence seroit bien plus grande encore , 54 : elle étoit calculée sur exemple de la Chine, la seule nation £ agric ok de Ÿ terre chez laquelle le commerce intérieur jouisse de tous les capitaux qu'il est capable de recevoir , et la seule par conséquent chez laquelle Pagricul! ure ait dû arriver et. soit arrivée aux derniers termes de toute augmentation possible. Par le pou voir irrésistible que les capitaux ont sur les bras des hommes ; la Chine est non seulement parvenue à eus tiver de la maniere la plus complete jusques au der= | nier pouce de sa surface naturelle, mais à cultiver, même une plus grande surface qu’elle n’avoit reçb ’ Ÿ - des s SE. PP eee TS J ) X MES | 0m) des mains de la nature, en créant sur toute l'étendue : . de son immense territoire ces innombrables élévations artificielles que le travail et l'industrie ont su rendre : aussi fertiles que les terres naturelles. Si en Angleterre et en France l’agriculture est en2 m4 core: si éloignée de sa perfection ; ce n’est pas. tant faute de capitaux dans les mains de ces deux nations, que parce que dans lemploi de, leurs capitänx elles se .sont écartées de Vordre naturel : :-d’abord.en vouant . des capitaux au commerce ne transport pour lequel aucune des deux nations n’étoit encore müre , et ensuite en vouant une trop grande proportion ‘de Capitaux au commerces extérieur de consommation direct et circuiteux X. Quelques contraires que puissent _paroîtré ces assértions aux opinions généralement reçuës , il n’est pas possible devoir les choses autre ment, lorsqu'on les juge sur les vrais principes de” l'Economie politique modérne , C'est-à-dire , sur la vraie essence d’ün systêmé d'agriculture rélative fondé .Sur un systême de manufactures dans lequel l’industrie nationale est nécessairement la grande fin ver ‘ laquel! e tout doit tendre et à laquelle tout doit être subordonné, ' En vouant une trop grande proportion de leurs capitaux au commerce extérieur les nations de l’Europe ont non seulement appauvri sans cesse leur industrie nationale , maiselles lui ont fait partager continuellement toutes les vicissitudes auxquelles le commerce ex. térieur est nécessairement sujet par sa nature , etc’est dans ces deux circonstances principalement qu’il faut Chercher la raison pourquoi ces nations ont avancé : H nl 4 “4 E. $ | É : + “ (98 ) 1 gyec tant de lenteur, tant dedifficulté et tant d'irrépu-, fa ritédans leur prospérité ; pourquoi elles sont encore si arrièrées dans leur agriculture et dans leur population pourquoi le territoire de l’Europe ne produit pas la moitié dela subsistance et ne montre par conséquent pas la moitié des hommes qu il seroit capable de produire et de montrer; en un mot pourquoi les nations dé l'Europe n’ont fait jusqu'ici que monter et descendre alternativement d’un degré de prospérité à un autre ; sans jamais s ’élever sensiblement au dessus - - de la médiocrité. mass ù * Par le commerce intérieur une nation augmente sa richesse réelle , par le commerce extérieur elle augmente sa richesse nominale, mais nécessairement aux dépens de sa richesse réelle ; voilà en deux mots les effets na- “tnrels des deux especes de commerce sur la prospérité ÿ des nations ; car les avantages exagerés dont on voudroit rendre l'industrie natiotrale redevable à des ba- È lanc “eulés comme ils auroient dû l'être. Les torts que le j _ commerce extérieur fait à à l'industrie nationale sont “en raison des capitaux qu il lui enleve pour en favo- _riser l’industrie étrangere ; les bénéfices que Pindustie vationale peut. recevoir du ‘coinmerce extérieur sont en raison dés capitaux qu “lui apporte par des balances fav RMS ; mais comme däns tous ‘les cas ‘Ja balance de commerce doit naturéllemient être fort ?_ inférieure aux capitaux qui la prodyisent , il'est non seulement évident'que les torts que le commerce extérieur fait à l’industrie nationale sont dans tous les cas beaucoup plus grands que les bénéfices qu'il:peut Ô . \ * es de commerce “favorables n'ont jamais été cal pe à € 99 ) Lui procurer , mais que plus la balance de commerce est grande ; c’est-à-dire , plus le conimerce extérieur qui la donne est grand, plus grands aussi sont les torts que çe commerce fait à l’industrie nationale. : L'erreur qui a porté. les hommes si universellement à regarder!le commerce exlérienr comme le plus puissant moyen d'avancer, l'industrie. nationale, et pour ainsi-dire «comme l'objet final de toute l'Economie politique moderne ,-a son fondement dans une -opi- mion également contraire à la raison et À lexpérience. On s’est persuadé que l'industrie. d’une nation ne: pouvoit::staccroitre qu’en proportion des pieces : de métal qui circuloient chez elle ; sur cette fausse idée les hommes d'Etat ont. cru. -n’avoir, autre chose à faire pour avancer la prospérité des nations, que de ! chercher à à multiplier ces pieces de métal ; le com= merce extérieur ; à défaut de mines d’or ou: dont , s’est présenté comme la ressource la plus naturelle et la plus certaine ; dès lors toute l'attention des hommes d'Etat s’est dirigée vers ce commerce, et des balances de commerce favorables sont rs la « grande et presque l'unique fin de toutes leurs me« sures. , Mais dans Lui maniere de Voir et de | juger, on est bien loin des véritables notions qu’on doit se former des fonctions de l'argent dans le commerce, et de sa‘ Proportion avec les hesoins de l'industrie nationale. La richesse , qui en ‘définitif circule dans tout commerce, est incontestablement la richesse réelle, c'est. d-dire, ce.sont les productions de-la terre et.les marufactures et la richesse. nominale où les pieces de Er % fn k (106) comme tel, en deux classes générales ; ; en hommes qui destinent la machine de circulation empruntée à cir= culer les productions de la terre et les manufactures pour leur propre RER et sans aucune vue de profit , et en hommes qui deïtinent la machine de circulation empruntée à circuler les productions dela terre et les manufactures pour la consommation des autres 1 et dans la vue de tirer un piofit de cette ciréulations la premiere des deux classes est formée principalement par les consommateurs,la seconde par les commerçans, les entrepreneurs de manufactures et les fermiers. * L'intérét de l'argent se divise en deux especes , en intérêt de la loi et en intérêt du marché, ou, ce qui. eët la même chose , en intérêt légal et en intérêt courant. L'intérêt légal est déterminé par le souverain qui fixe le tauxile plus haut auquel il veut qu'il soit permis de prêter et d'emprunter ; : l'intérêt courant est déterminé par des circonstances que je vais graduellement ‘développer 4 Si l argent n'étoit jamais emprunté que par des commerce ans , des entrepreneurs, de manufactures et des-fermiers ; son intérêt au marché seroit toujours le plus juste que les circonstances ‘admettroient , c'està-dire, il seroit toujours le plus bas possible ; car les -commeréans, les entrepreneurs de manufactures et! les fermiers n’empruhtant point l'argent pour le des- _tiner “sous la forme de-revenu à leur propre consom+, mation, mais pour le’destiner sous la forme de capital à la consommation dés autres et en tirer un profit; le profit ordinaire que l'argent emprunté leur vaudroit dans leurs différentes entreprises » régleroit nécessai= ë, à \ (107) remênt dans tous les cas l'intérêt, qu'ils pourroient - Consentir de payer aux prêteurs. : ; Les souverains n’auroient donc jamais été dans la \ nécessité de fixer un taux à l'intérêt de l'argent, Si 1 , ‘ . y »! j 1 argent n’avoit jamais été emprunté que par des com- Merçans, des entrepreneurs. de manufactures et des fermiers ; mais les consommateurs qui souvent sont des dissipateurs, se mêlant et empruntant en concurrence avec les commerçans ," les entrepreneurs de manufactures et les fermiers et n’ayant à calculer dans leurs emprunts que la satisfaction de leurs desirs et jamais des profits, si les souverains n’avoient pas eu l'attention de fixer un taux À l'intérêt de l'argent, cet : intérêt auroit pu monter et se soutenir à des taux s1 exorbitans qu’il seroit devenu impossible aux commerçans, aux entrepreneurs de manufactures et aux fermiers ; si essentiels à la prospérité des nations, d'entrer en concurrence avec les consommateurs et de se procurer des capitaux par des emprunts. Quelle est la régle que le souverain doit observer LA dans la fixation de l'intérêt légal de l’argent ? De ne jamais devancer , mais toujours suivre de près l'intérêt du marché; car s’il devançoit l’intérêét du marché, , 3 À ME Cest-à-dire, s’il fixoit l'intérêt légal au dessous de: l'intérêt courant, non seulement sa loi seroit sans cesse éludée , mais il ouvriroïit nécessairément la porte à Pusure, au grand détriment des commérçans, des ‘Entrepreneurs de manufactures et des fermiers, pare que dans ce cas les prêteurs ne manqueroient jamais de faire payer aux emprüunteurs les risques auxquels ils s’exposeroient en prêtant au dessus de l’intérèt fixé Par la loi, = (108) — Mais le souverain ne peut-il pas fixer l'intérêt légal de l'argent au taux précis de l'intérêt du marché ? La prudence ne le lui permet pas; car comme l'intérêt du marché est par sa nature variable et dépend d’un grand nombre. de-circonstances qui tantôt peuvezt le hausser au dessus ét tantôt le baisser au dessous de ce qu'il étoit; si le souverain fixoit l'intérêt légal au taux précis de l'intérêt du marché dans un tems déterminé cel intérèt légal pourroit dans un autre tems se trou-. ver au dessous de l’intérèt du marché , et dès ce moment la loi s'éluderoit comme dans le cas précédent et Pusure prendroit la place. de l'intérêt légal. En suivant de près l'intérêt du marché ; c’est-à-dire , en fixant l'intérêt légal un. peu aù dessus de l'intérêt . courant, le souverain évite tous les incoyvéniens À d’abord il laisse une marge raisonnable aux variations de l'intérêt du marché et se met par conséquent à Pabri du risque de voir tomber l'intérêt légal au dessous de l'intérêt courant » ensuite il assure aux com* merçans ; aux entrepreneurs de manufactures et aux fermiers , dans la plüpart des emprunts, la préférence sur les consommateurs ; au grand avantage de l’agriculture et des manufactures. Carles commerçans, les entrepreneurs de manufactures et Les fermiers étant universellement estimés plus prudens dans le ména* gement de leurs affaires que les consommateurs; cetté ‘circonstance compenseroit dans l'esprit de la plûpart des prêteurs la petite différence d'intérêt qu’ils pour= roient gagner en prétant leur argent au taux légal aux consommateurs et les détermineroit à le prèter plutôf eu taux du marché aux commerçans ; aix entreprô ver AT PO y = À SO TEE | (109) Û neurs de manufactures et aux fermiers; ce qui n'arriveroit pas aussi généralement, si le souverain laissoit Une marse trop grande entre l'intérêt légal.et l'intérêt Courant, ? 2 "ET y à vingt ans qu’un ministre (1) des finances en rance , peu familiarisé avec les vrais principes en. matiere d'intérêt , s’étoit persuadé que l'intérêt. légal de l'argent pouvoit se fixer à volonté;.et.en partant de, cette opinion il:a cru pouvoir nr ét réduire. celui de-la’ France au dessous de l'intérêt du marché,. heureusement pour cet Etat, une, détermination aussi peu éclairée n’a pas eu le tenis de produire tous les mauvais effets qui en âuroient infailliblement résulté, Parce qu’on a eu ‘soin d’y-remédier .promptement, en remontant l'intérêt légal à:son-ancien taux. L'intérêt de l'argent agit-il sur la prospérité des nations comme cause, ou est-il déterminé par cette prospérité comme effet ? Cette question importante partage-les opinions et n’est.point encore parfaitement décidée dans l'Economie politique moderne ; comme il est essentiel de bien entendre avant, de prononcer, je vais’ en préparer la solution , en traçant la marche naturelle de l'intérêt de l’rgent dans les grandes cir- Constances des nations. Dans toute nation complétement montée sur: le Système de l'Economie politique moderne , ce. sont les commerçans , les entrepreneurs de manufactures et les fermiers qui déterminent le taux de l'intérèt de largent ; car comme ils sont les plus grands et les plus . (1) M. Laverdy, LS te dr Se 2213 GNT DOS 2e di ER ni 4 Ë si ' = "7" : " ++ M A * à . | À | 2 - (aro) R, er fréquens emprimtétrs, ce ‘sont eux qui déterminent le 4 - taux de l'intérêt du marché; et comme dans tous les cas Pintérêt légal suit où doit suivre de près l'intérêt rant, il est clair qu’en déterminant l'intérêt du | pts, (hp dus 4 cou # . : marchéils déterminent en même tems l'intérêt de la à oi siqiet à aitir e9t 90 FETE Fa | Plus ou/moins il y'a ‘agagner par-lusage de la ma+ à ehiñe de tirculation!, plus ou moinselle vaut; c'est: A-dité, plusgu moins de profit les:commerçans les entreprénburs défmanufactures, et lesfermiers:sont en état de se procu rer par la irculation de leursicapitaux;, plus ou moins d'intérêtils-sont en.étatet disposés de pâyér pour’ les capitaux qu'ilsémpruntent.et par con ééquent plus ou m oinshants seront l’intérétcourantiet l'intérêt légal dansrunemations Sn T PAPA EE Les comimercänsyles entrepreneursidemanufactures et'lés fermiers doivént:tous indistinctement êtrerconsi- _dérés commeine ‘ciroulänt l’autres capitaux dans leurs entreprises que des capitaux empruntés; car comme ils m'appellent profit que ’ce qui Jeur réste*après/avoir déduit du produit'net de leurs capitaux Pistéréblégal : se-procuter dans tousles cas; ils qu'ils auroient’ pu voir emprunté leurs capitaux soit sont toûs ‘ccrisés à d'eux-mêmes , soit des autres: ii ( N } 91 LEprix total de totte manufacture au moment où t dans des mains du commerçant ‘déduction elle vien re brute, est divisé faite du prix dela matiere premie entre lé mariufactufier ét l'entrepreneur de manufactures ; la park du magufacturier s'appelle:salaire-et lui © * estallonée à raison de son travailla part de l’entres, preneur de manufactures s'appelle profit, et lui estal- . . TCASTD) louée à raison du capital qu'il avarce pour l'achat de la matiere premiere brute et Je maintien du mariufacturier. KES ram Ce partage du prix total d’üne manufacture entre . le manufacturier et l'entrepreneur de manufactures ne se fait pas d’après une proportion fixe; #P varie chez les différentes nations et dans différéntes circon- Stances chez la même nation. Dans une nation on voit de salaire du manufacturier grand et le profit de l’entrepreneur de manufactures modique ; dans une aus tre nation on voit le salaire du manufacturier modique et le profit de’l’entrepreneur de manufactures grand: Dans un tems une natton présente le salaire du manufacturier continuéllement croissant, et le profit de l'en trépreneur de manufactures continuellement décrois- Sant ; dans un autre téms latmême nation présente Je salaire du manufacturier/continuellement décroissant À et le profit de l'entrepréneur de manufactures continuellement croissant. Re ns SE LT Comme ce rapport entre le salaire du manufacturier et le profit de l'entrepreneur de manufacturés est le principe le plus essentiel de l'Eéonomie politique moderne, le résultat heureux ou malheureux de toutes les déterminations de l'homme d'Etat et l'infaillible Caractèristique des degrés de prospérité des riatiôns , il mérite à aussi juste titre > que le rapport du prix à la qualité äe manufactures > d’être distingué par un 20m particulier ; je l'appellerai donc rapport caractè- 'istique du salaire au profit des manufactures , et dans Ce rapport : je supposérai constamment le salaire à Ja | Place dt terme antécédent ; etle profit à la place du tèrme conséquent. a \ { 112 ) Au lieu de-rapport caractéristique du salaire du | profit des manufactures , j'aurois pu dire rapport caractéristique du salaire au profit en général ; parce, que ce rapport embrasse également le salaire et le profit: du laboureur et du fermier ; mais. comme Le rapport caractéristique du salaire au profit dans l’agriculture est naturellement déterminé , ainsi que je. Je ferai voir, par le rapport caractéristique du salaire w au profit dans les manufactures, il n’étoit pas néces- _saire de comprendre les deux rapports ensemble , et. de confondre le déterminé avec le déterminant. M Deux choses sont indispensablement nécessaires dans toute manufacture , des capitaëx.et des bras ; et com me il y a des hommes qui out des capitaux sans bras ; et des hommes qui ont..des bras sans capitaux , c’est de la réunion des moyens de ces deux classes d’hommes que dépend essentiellement le travail. dés manufactures ; les bras cherchent.les capitaux ; les capitaux cherchent les bras , et c’est de la proportion entre les bras et les capitaux ‘que résulte dans touté nation la proportion eutre Le salaire et le profit , ous ce qui est la même chose ,.le rapport caractéristiques du salaire au profit des manufactures. 72 = 1Lorsque dans une nation il y a moins de bras que de capitaux, les bras sont chers ; le terme antécéden? du rapport caractéristique,.du, salaire au profit des ; manufactures devient grand, et le terme conséquenË modique , c'es-à-dire , le manufacturier a un grand salaire , et l'entrepreneur de manufactures un prof modique. Lorsqu’au contraire il:y a dans une nati0h plus de, bras que de capitaux , les bras sont à bon mar” EE ché ; | “3 | | % SE | | é (: 113 ) ché ; le terme antédséEns du rapport caraélèristique du salaire au profit des manufactures devient-mo- dique , et le termeconséquent grand , c'est-à-dire se manufacturier a un salaire modique , et l’entrepre-, . heur de manufactures un ‘grand profit. :: - Dans une nation à: prospérité coftinuellentient Progressive » les capitaux augmentent sans cesse dans une proportion plus grande A: nm ‘augmente h_ population ; il ÿ a sans cesse moins de bras que de capitaux, etl es capitaux cherchent sans cesse les’ bras dans une forte concurrence ; par conséquent le prix des bras augmente continuellement , et le rapport caractèristique du salaire au profit des manufactures va continuellement, en croissant, ou , ce qui est la même chose , le salaire du manufacturier devient continuelln plus grand , et le profit de l'entrepreneur de manufactures continuellement plus modique, La Hollande , l'Angleterre et la France sont des nations à prospérité progressive , c’est-à-dire, des nations qui angmentent continuellement leurs capitaux ; la Hollande dans une plus grande proportion que l’'Angleterre 3 l'Angleterre dans une plus grande proporüon que la France : en conséquence le rapport caraclèristique du salaire au profit des manufactures est plus grand en Hollande qu’en Angleterre ; plus grand en Anpleterre qu’en France , c'est-à-dire PR Hollande le salaire du manufacturier est plus g rand ; @t le profit de l’entrepreneur de manufactures plus modique qu'en Angleterre ; en Angleterre le salaire du. manufacturier est Ta , et le profit de l’entre- Preneur de manufactures plus modique qu’en France, I \ Cai4) «Dans: une nation, à prospérité, ‘arrêtée , les capitaux:restenf continuellemerit les mêmes, sans aug-. mentet mi diminuer ; mais il n'en.est pas de même de lapopulation , la procréation la porte naturellement au-delà de ses justes bornes; ét des bras se trouvent inuellement excèder les capitaux dans une pro- -cont1 de l’excès de procréation et de la portion sensible ;, misere qui en est inséparable , résulte bien une plus grande mortalité ; mais l'excès de mortalité ne compense jamais exactement l'excès de. procréation , et il, reste constamment plus de bras que de capitaux ;. par conséquent les bras sont, forcés de chercher les capitaux en concurrence ; le salaire du manufacturier devient modique., et le. profit de l’entrepreneur de ma- ES nufactures » grande | ar g Ta Chine se déésiénté depuis long-tems comme une | à : nation à prospérité arrètée:, c'est-à-dire, comme une nation, qui. maintient continuellement, son travail et son, industrie :Sur les mêmes capitaux ; et quoique , pour. corriger l'excès de sa procréation d’une manière plusefñcace qu elle ne peut l’attendre du seul cours de laature ,. elle tolère le barbare usage de détruire les Le , elle ne peut, empêcher qu il ne lui reste sans cesse plus de bras que de capitaux : aussi toutes les relations attestent-elles que les profits de ses entre« ‘preneurs.ce manufacturés sont grands,et les salaires de ses manufacturiers simodiques, qu ‘ils suffisent à, peine pour leur. PFOGRTEF les plus strictes nécessités de Ja vie. Dans une nation à prospérité continuellement ré trograde s les capitaux diminuent sans cesse dans un8 plus grande proportion, qué ne diminue la populations il y à sans Cesse plus de bras que de capitaux ; et ; | (@ 135 ) Les bras chérekent.sans. cesse. les: capitaux dans une Rorte conçurrengé; par conséquent le prix des, bras : diminue coutinyellement, et Le rapport caractèristique du salaire au, profit des, mauufactuges va, continuellementen décroissant ».où, ce, fui est Ja même chose », Le,salaire du, manufacturier devient, continuellement blusmodique ;.et:lerprofit de l'entrepreneur de manu. : à r gr. x} 2 EE : Re fcunres(continuelement plus grand. D’après ‘Les témoignage des! Ectisains An gloisteuxmêmes ;, © le Bengale , cé royaumé -naturellement,. si fertile » vtratitrefois: si florissant est réduit aujour= d'hui sous empirerét le:système:avide d’une COMpAË guie-de marchands huü-misérable état d’une;prospérité rétrogräde des capitaux ÿ au! lieu d’être ‘accumulés et Consacrés aumaintiég des brasi, passentsans cesse-ên Europe pour nourrir le, luxe etla corruption , et cè qui en reste dans le! pays se trouve dé plus en plus si disproportionné avec sa population , que les! profits des entrepreneurs de. manufactures et des fermiers , pour ainsitdire tous Européens , sont devenus si .exor- Ÿ + <ù 3 ..J | re ù t+ Ca ‘ bitans ique |les,salaires qu'ils laissent aux manu. facturiers et, aux. laboufeurs jindigens ».ne suffisent plus pour, leur procurer les premiérs besoins dela vie y d'années qui ne pré 1 ie et qu'ily,a peu d'anrées qui ne présentent Je spectacle affseux! de multitudes de ces malheureux Périssant de. faim et, de misère}: a: La raison etiléxpérience prouvent done égalément, que les profits des entrepreneurs de manüfacturesrsont plus grands dans les nationsrà prospérité rétrograde! que dans les nations à prospérité “arrêtée jet plus Brands dans les AO prospéritérarrêtée que dans J a oi x 4 (“120 2) simple usage de Id raison auroit dû faire sentir la contradiction etl'absurdité de vouloir faire prospérer une mation sous des conditions qui en laisseroient néces- : sairement les trois quarts dans, des circonstances bot- _nées et misérables. Henreusement l'Economie politique moderne’, au milieu de tant de défauts qu’elle présente, à au moins cét avantage , Que SOUS ses vrais principes il est de toute impossibilité de faire prospérer réellement une nation , sans faire prospérer universellemeñt totites ses classes , et on ne peut pâs avoir une preuve plus convaincante de l'imperfection de l'Economie politique dure nation ; que de voir les classes inférieures de ses hommes misérable mal nourries, mal vêtues , mal logéés, ! L'exemple de la Chine ne détruit point cette vérité 5 cé n'est pasla titré du système d'agriculture rélative , fondé sur un système de manufactures ; si les classes inférieures des hommes de la Chine sont misérables , c’est a faute de la Chine elle-même ; conime ce ne seroit nf la faute du système d’ agriculture absolue H si une nation, après avoir porté Pagriculture sûr toute * l'étendue de son tettitoice au dernier degré de perfection ; souffroit volontaitenient qu'une procréation indéfinie amenût sur elle Ja:misere: * ; . C'est de la modicité. des profits des entrepreneurs ; et non de la modicité des salaires des ouvriers , qué l'homme d'Etat doit faire son gr andobjét ; c’est alors qu’il est dans l’ordre naturel , que Jui préécrit le système d'Economie politique , sur les principes duquel ‘ilentreprend de conduire sa nation 35 il rémplit cet objet”, il peut se régarder Comme ayant tout fait, parce (123) que pour le remplir il à prodigie usement à faire , et tant qu’il ne fera pas de cet objet la grande fin de toutes ses mesures ,ilpentêtre sûr qu’il ne fera rien _de solide ; ni de durable: pour la prospérité de sa nation. Il n°a pas besoin de se méler des salaires des ouvriers ice n’est pas son affaire , c’est celle des entre- . preneurs et des ouvriers eux-mêmes ; etil peutètre - corivaincu que ; dans le cours naturel des choses , ils en-réglerontile juste taux mieux que lui; son unigne affaire doit être de chercher à réduire les profits des entrepreneurs , de maniere à leur faire trouver le plus grand avantage dans cette réduction. l: Avec un salaire modique et la charge d’une famille; ouvrier est nécessairement dans un état misérable ; au dieu que la situation de l'entrepreneur , n'estjamais plus brillante que lorsque ses profits sont modiques ; sicette modicité de profits est la conséquence dé la prospérité de sa nation, parce qu’alors des entreprises vastes lui fournissent l’occasion de ciréulér tous les capitaux ; qu'ilest capable de commander , et que’des profits modiques, sur une grande proportion de capitaux ; lui laissent un profit total bien supérieur à celui qu'il auroit pu se promettre | d’une circulation de capitaux modiques qui lui auroit procuré! dés profits plus grands : aussi n’est-ce que chez des nations à prospérité fortement progrès” sive , et chez. lesquelles par conséquent les profits sont modiques , qu'on. voit les «entrepreneurs.de tobte e5- pece faire les plus gr “andes et les plus rapides fortunes. | L'intérêt légal de l’argent ra été réduit à 6 p2 en Anpleterre qu’en 1660 , et à 5 p. 5 qu en 1714 3 (124) depuis cette dernieré époque jusqu’au commencement de la grerre de 1755, l'intérêt courant de Mie est graduellement tombé à 42, 4et32 zp£, etle gouvernement a non - seulement emprunté à à 3 P3 » mais le 3 p2 consolidé s’est même élevé jusqu’à 106 . dans l'intervalle -de la paix d’Aix-la-Chapelle à la guerre de 1755. Depuis 1755 jusqu’à présent , Le pro” digienx accroissémeut de la dotte publique, par les deux dernieres guerres , a graduellement rémonté l’intérèt courant de l'argent à 5 pz. : Cette révolution dans l'intérêt courant de l’Angleterre en opéreroit infailliblement une dans le degré de sa prospérité , si elle n’y remédioit pas par le seul moyen capable de rétablir les choses dans leur ordre naturel, celui de mettre la dette nublique dans un coùrs de remboursement ; sans cette mesure il seroit impossible que l'Angleterre pût éviter une détérioration , soit dans le rapport caractèristique du salaire au profit , soit dans le rapport caractèristique du prix à la qualité des manufactures ; car la hausse de l’intérêt courant de l'argent doit être considérée comme une taxe directe sur les manufactures qui» tôt ou tard , oblige les entrepreneurs, pour sauver leurs MORE, ; ou de réduire les salaires des ouvriers , ou de hausser le prix des manufactures , ou d'en falsiñier la qualité. + Un auteur Anglois (1), qui s’est fait Me grande réputation dans sa’patrie , et qui a long-tems cherché (1) Le Dr. Price. metre mimi (125) et cherche encore à guider le gouvernement dans les opérations de finances, n’a pas craint d'avancer dans ses écrits , qu'il étoit indifférent à quel intérêt un Etat empruntät , et même avantageux qu’il empruutàt plutôt à un intérêt haut qu’à un intérêt bas. Absarbé tout entier dans la contemplation des marches d'intérêt composé , il n’a vu ni agriculture , ni mariufactures, ni commerce ; il n’a pas senti que ; dans un Etat comme l'Angleterre , où la dette publique se né gocie et se transfère avec aussi peu de formalité qu’une lettre de change , l'intérêt , que le gouvernement paye enempruntant , commande nécessairément Celui que sont forcés de payer dans leurs emprunts les fer: miers , les entrepreneurs de manufactures et les commerçans , ou du moins influe sur cet intérêt d'une maniere très-sensible. La célérité avec laquelle ses yeux ont vu qu'une dette contractée à un intérêt haut pouvoit se rembourser par l'accumulation de l'intérêt composé , l’a emporté dans son esprit sur toute autre considération. LRO Mais s’il existoit dans la chirurgie ün ra avec le secours duquel il devint possible d'opèrer. lamputation des grands membres dus “corps bumain, avec plus de célérité que, celle des petits, seroit-ce une raison pour regarder comme avantageux à l'homme de se casser plutôt une cuisse qu’un jambe, plutôt un : bras qu’un, doigt, et la maniere plus ou moins malheu: reuse dont ces différentes opérations affecteroient te corps entier de l’homme ne mériteroit-elle âucune attention ? Le même auteur a proposé au gourernemeil des ’ * VAS ETS : (126 ) marches d'intérêt composé dansiüne variété de dimen= sions, pour effectuer graduel lement le remboursement dé la dette publique ; mais éncoie’ici il ha Vuque le ‘ pur mécanisme de l'opération, sans portér un seul instant ses regards sur Ja sitwation sérieuse, où se trouvent l'Etat et la nation. Les ministres auroient été bien coupables d’avoir PAUL subsister le plus ef- , fe ayant des maux de l Angléterre; si pour en délivrer la nation, le témeaé edrété si facile que tout homme imbu des premiers tudimens' de Parithmètique eût _été’aussi capable que l’auteur d'en tracer li marche en peu de tems et dans telle pro portion qu” on L PERt . désiré. £ si p | Le premier qui a dévoloppé en L'Aipléterre : - et je crois en Europe, le moyen d'éteindreune dette perpétuelle, par l'application d d’une somme annuelle continuellement grossie de l'accumulation de lintéréx composé, n’est pas l’auteur dont j je parle ; mais lauteur anonyme d une lettre adressé à un Hempre du, parlement en 2726; dans ce tems là ef même jusques à la BHELEE 17/ 55, ce moyen seul pouvoit parfaitement convenir à l'Etat pouf la libér ation de sa dette, enicore modérée alors ; car les ressources immenses que le gouvernement a trouvé dans la nation depuis 1755 t qui lui ont procuré le funeste avantage de pouvoir NÉ que tripler la dette qui existoit, en 1748 ; ont - Ai En æ prouvé “qu il auroit pu attendre tranquillement l'extinction de cette dette, si immédiatement après la paix d'Aix-la- Chapelle; elle avoit été mise dans un cours de remboursement de 30 à 40 ans par une simple marche d'intérêt composé ; mais ce moyen tout nud 3 + » "M (127) et tel que l'auteur, dont il s’agit, s’est opiniâtré de le proposer ,. a cessé d’être praticable à dater de 1763 et à plus. forte raison à dater de 1583. 4 ‘La guerre ide 1755 a deu et celle de 1775 plus que triplé la dette de 17/83 je suppose qu’à. la fin de Pune ou de l'autre de ces deux guerres, en 1763 où eu, 1763 de gouvernement eût fixérune sominé annuel le,: pour mettre la dette publique dans un cours de remboursement de #o:à 60 ans, et que cette somme an- .muelle ,: avec l'intérêt qu’elle ;auroit continuellement éteint, eût été appliquée inviolablément à l'opération, précisément dans les idées dé l'auteur ; n'est-il pas plus que probable que pendant da durée de cette libér ration et dans le.cours ordinaire des choses, l'Etat se seroit trouyé exposé au rifque d’avoir deux ou trois guerres à soutenir; trois si l’opération. nav Oit cor mencé qu’en 178%, et deux enêore si elle avoit commencé dès 1763 ; «or je demande: si la saine tajson peut permettre! de croire que la: nation. auroit été capable ‘de supporter Pénorme surcharge des taxes qu ’auroient Her. les dépenses, de, deux ou, de :trois nouvelles guerres ; et en supposant mème, qu'à la: rigueur. il eût été possible de Jui ataicher encore tant de taxes, n° est-il pas de toute évidénce Que ce n aüroit pu être qu’à la ruine total de l'Etat ? Destiniez , dit l'auteur én question, au gouverne ment , une, telle somme tous les-gos la libérétion publique dans lés! principes de l'accumulation de lPint térêt composé; et je vous promets que tuile ;ansées, tel mois, tel jour votre dette sera payée: Mais jexise Tour condition, jndispen: able que vous 1egardisz le: + rs (128) sommes vouéea à cette opération Comme la chose la plus sacrét ; que vous n’en ‘détouruiez jamais urê obole dans telle situation que vous puissiez vous trouver, et que vous preniéz pue le parti de multiplier vos emprunts à Pinfini que de toucher à ce dépôt: Quant aux besoins extraordinaires de l'Etat que des guerres futures peuvent occasionner; je n'ai pas cru devoir m’en embarrasser, ni m'occuper un seul instant sérieusement des moyens d’y faire face, parce que j'ai tout naturellement imaginé qu’il étoit aussi facile que juste d'imposer indéfiniment des taxes sur la nation, en attendant qué la fin de l'opération dans 50 ou 60 ans permit de la soulager. N'est-ce par à en derniere analyse la substance des plans dé délibération Îe l’auteur ? n'est-ce pas là directement ou indiréctément le langage qu’il n’a cessé de tenir au gouvernement, et qu'il a même osé tenir à la nation elle-même , en citant lés ministrés devant son tribunal et en lui laissant ignorer les maux affreux dont ses plans devoient Paccabler ? Un pareil langage est-il celui de l'humanité , est-il même celui du bof sens ? Car ne seroit-il pas barbare de vouloir que la, nation fût réduité LE dernieres extrémités de la misère pour ne point troubler le cours de la libération publique , et ne seroit-il pas insensé d’exiger que le, gouvernement res‘ât fidelle à l’exécution d’un plan qui le forceroit nécessairement d’anéantir par les taxes les plus destructives [a prospérité publique dans toutes ses sources. - L'Ecrit anonyme qui a paru en 1726 et qui a été attribué depuis à un directeur de la Banque d’Angleterre RER (129) terre (1) a ct successivement plusieurs s éditions de= Puis sa première publication, et il les méritoit à juste litre ; il devoit par conséquent être assez généralement répand ; cependant l’auteur, qui m’a occupé un moment, a déclaré ;qu'il ne Paxoit connu. qu'à sa quatrième édition ; c'est un malheur , car s’il étoit tombé plutét dans ses. mains, il.se seroit probablement abstenu d'écrire. sur un sujet , que,sa modestie lui auroit fait sentir, que ni lui ni,personné autre ne pouvoit traiter mieux ni plus profondement que ne l’a fait l'auteur de cet Ecrit précieux , et il se seroit sans doute contenté , au lieu de répéter ce que cet Ecrit a si bien dit, de Prendre le parti désintéressé. de le publiér. sans commentaire à la suite de ses propres ou- Yrages , comme a fait en dernier lieu l’auteur de l’excellent Traité des Principes de la Doctrine des Annuités Viageres (e 2 ) Ce. est certainement Das avec plaisir que j'ai. dé: précié,des plans auxquels| leur auteur. à mis une si grande valeur ; mais la vérité m'a forcé de: parler ;.et dans tout, €e que, j’: ai dit 10: ne crois pas m'en être écarté ;.si malgré la pureté de mes intentions ce mal: heur m'étoit arrivé le repenñtir , le plus sincère. et. la réparation la plus authentiqne seroient les consé quences de mon exreur à la moindre preuve. qu’on #] un? en donneroit. Le die : 20 Je sens que je n'ai pu traiter d’illusoires des plans de libération. si généralement applandis, et-cependant (t) Le Ghe! Nathaniel Gould.) : | (2) Le Baron Maseres. : 2e (130) si peu. approfondis dans leurs vraies ‘conséquences s: sans avoir en quelque façon contracté l'obligation d’en montrer de meilleurs. Je m'acquittérois certair nement de ce devoir avec le zèle qui nie porte à tout -ce'qui tend au bién de mes semblables, si la discussion de ce grand objet n’étoit pas trop longue et trop étrangère au sujet principal de ce discours. Mais je veuxfau moins'en dire deux mots, et faire voir sous quel point de vue je l'envisage. g | Si le remboursement de la dette de l'Angleterre n’est regardé que comme un moyen de soulager l'Etat ét là nation dans l'avenir ; et non comme un moyen de'les soulager l'un et l'autre graduellement et eff cacement dans le présent y c’est une opération fausse ét chimérique , Sans utilité réelle et sans stabilité possible et qui né pourroit émaner que d'un ministre) qui ignoreroit la vraie situation de sa patrie, ou ‘qui “céois dans l'opération des vues particulières et étran gères au bien public. Carl est impossible de se dissi’ mulerque: l'Etat touche à l’épuisement de ses ressources, je ne dis pas absolüès, mais rélatives, c'estiàdire, consistantés ‘avec le maintien de la prospérité - générale; parce que la nätiôn ne peut, ni supporter sans inconvenient des taxes nouvelles, ni supporter loông-tems"saris incônVénient le'poids des’ taxes actuel les. Voir les choses autrement, c'est,-je cräis né A les-Voir dans lesvrai:, isré na, rex sf ahp'anss “Of'je'conçois tion seulement qu’il est possible de tourner la libération publique ; depuis le-preimier inf tant qu’elle commencer®it jusqu’à celui de sa pärfanté. + ei :consommation ; an soulagement continuelcde: PEtat € (131) de là nation; mais j'y vois même pour le gouvernement des ressources, des économies et des facilités infiniment au dessus de tout ce qu'il pourroit sé promettre du brillant crédit et de toute autre situation que celle d’une grande dette; parce que ces ressources, ces. économies ét ces facilités tiennént immédiatement à l'opération de la libération d’une dette considérable quiseule peut lesrendre possibles.Quelque paradoxale et improbable que puisse paroître une pareille ässertion, j'ose assurer que je n'avance rien qui në’ soit dans l’exacte vérité, et l’on va en juger par le peu que: les bornes de ce discours me pérmettront d’en déve lopper. | | à Ad L'opération de la libérätiôn publique doit embrasser la totalité de la dette de l'Anglêterre, car si elle n’en embrassoit qu’une partie , il est évident qu’elle 6ppo= seroit un ‘obstacle à la libre amélioration de Pintérét de l'argent , qui dès lors s’arréteroit nécessairement à un taux plus haut que le cours naturel des choses ne le porteroit dans le cas d’une libération totale , Ct cè seroit laisser subsister. volontairement tn très-prand mal national: Si l’on croit qu’il est de l'intérér de l'Etat d’avoir une dette continuellement subsistante , le gousernement jouira d’abord assez long-tems de cet avantage avec la dette actuelle , et il n’aura pas à craindre d’en perdre l’occasion par la suite; parce Qu'il est malheureusement plus facile de faire des det= tes que de les païièr. Les: créanciers publics ne doivent être remboursés Mi AU pair, ni à un taux fixe au dessous du pair. Le remboursement au pair seroit une prodigalité injusti: K. 2 PU 2 (234) monde qui fût assez riche pour être en état d’encou“ rager les mariages extraordinairement au même degrés qu’ils le seroient naturellement par la grande aisance qu une situation aussi heureuse procureroïit aux ouvriers. Uh auteur Anglois (1) bien digne de foi assure . que dans l'Amérique septentrionale ; déjà avant l'êtablissement de son indépendance ; chaque enfant dans. les classes inférieures d’hômmes valoit à ses parens s avant qu'il fût en âge de quitter la maison paternelles cent livres sterling de profit clair.et net, c'est:à-dire, déduction faite de toute dépense, Où est le souverain dont le revenu püt suffire pour récompenser ainsi les mariages ; et cet exemple ne prouve-t-il pas évidem. ment avec quel empressement les hommes doivent naturellement être portés à se marier dans le mode - une prospérité fortement progressive , et combien il seroit superflu de les y encourager PA des moyens artificiels. Le ministre célèbre ( 2 ) qui dans le siècle vus a jetté les fondemens de l’Economie politique de Ja ‘France, et que j'ai déja cité plusieurs fois , a eu doublement tort , lorsqu'il a cherché.a encourager lés inariages par des moyens extraordinaires. D'abord il a fait une chose superflue ; car la France étant alors dans unétat de prospérité assez fortement progressive) les mariages se seroient multisliés d'eux-mêmes et dañs une proportion plus naturelle et plus adaptée aux progrès de la prospérité que n’auroient pu l’opérer des mesures artificielles, Ensuite il a fait une chose absurdés eq (1) :Ec Dr. Adam Smith. ES , (3) Mr. Colbert, (235) car découraser d’un tôtéla multiplication de la subsistance des hommes par un faux système de législation dans l'agriculture ,etde l’autre vouloir encourager la multiplication des hommes par des moyens forcés ,est manifestement contraire à la saine raison, Dans l’état d'ffne prospérité arrêtée l’ou que le néce$saire , et dans l'état d’une prospérité rétrograde il est dans la misère. Encourager les mariages par des moyens forcés tendroit donc directement, -dans le premier des deux modes de prospérité , à réduire les ouvriers du nécessaire à la misère, et dans le second de la misère à l'impossibilité de subsister , c’eit-à-dire , tendroit directement à leur faire le même mal, que j'ai fait voir plus haut , qu’ils éprouveroient dans le cas d’ Yrier n’a une diminution dans leur sort ; par des taxes sur les nécessités dé la vie; car multiplier les bras: c’est diminuer les salaires des ouvriers, et par conséquent faire périr les ouvriers de misère =: Si avant la multiplication des bras leurs salaires leur PrOCuroient à peine l’existance. Si les raisonnemens qne je viens de faire sont , comme je le crois, d’une évidence É à laquelle il est impossible de se refuser , ils étabisser it dans l’Economie politique moderne un principe peu connu , où dumoins peu observé jusqu'ici, me d'Etat ne doit jamais enc des moyens extraordinaires Périté , où sa nation s’écarte de ce princip c'est-à-dire , que l’homourager les mariages par ; dans tel mode de pras puisse se trouver et que lor qu’ik e ; sa détermination devient né- CéSSairement ou superflue , Ou insensée , où inhumain hs $ À L “que méthode que lui dictent les vraies principe # (236) pour la multiplication des mariages ; la plus infaillible et la plus puissante de toutes , c’est de mettre et de maintenir sa nation dans un couts, de praspérité progressive ; cela foit -il peut en toute confiance laisser agir les causes naturelles et être certain que les hommes sauront bien se mariéf sans lui, dans une proportion infiniment plus juste qu’il ne seroit capable de leur tracer et avec une inclination sponta-. née bien supérieure à T'inclination artificielle qu ïE chercheroit à leur inspirer. ‘ La conduite opposée qu'ont tenue sur ce point les nations de PEurope et la persuation , où ont été et sontencore généralement les hommes d’Etat: , que les’ Mariages doivent être encouragés dans tous les tems _etpar tous les” moyens possibles , offrent une nouvélle preuve , combien il règne encore d’obscurité dans l'Economie politique et combien il est essentiel . de développer les vrais principesde cette science, pour les substituer enfin à ce fatal et cruel empirisme ; dans lequel, pour le malheur de l'humanité , les hommes d'État se sont contentés jusqu'ici de puiser leur $. lumières. Lorsque la prospérité d’une nation s’arrête ou commence à rétrograder , la gêne et la misère devien-' nent le partage des classes inféricures d'hommes et dans cette situation malheureuse la raison leur donne un éloignement salutaire pour le mariage ; comme. dans Ha maladie la nature donne à l’homme un éloignement salutaire pour les alimens ; et de tous les sym-. Ptômes du déclin de la prospérité d’une nation il n’y, en a ; je crois, aucun, Qui soit moins équivoque €t ne | (257 ) | plus probable qu’une diminution danses mariages Ces manufacturiers et des cultivateurs. Car dans ces classes simples l'homme ne résiste point volon'airement au vœu de la nature et lorsqu'il ne lui obéit pas , il faut que des motifs plus forts que son peñéhant l'en empêchent , c’est-à-dire , lorsqu'il ne se m il faut qu'il soit forcé au célibat par lim absolue de maintenir une famille s presque toujours dans de les hommes d'Etat ont ch arie* pas”, possibilité cependant, c'est pareilles circonstances que erché à encourager les mar. riages et les Ecrivains sur l'Economie politique à seiller les taxes sur les célibataires. D'un autre côté je crois que dans les principes de l'Economie politique moderne la diminution dans les mariages des consommateurs peut être regardée comme Un symptôme probable des rité d’une nation et circonstance fav con- A Les progrès de la prospé- > j'ose même ajouter ; comme une orable à ces progrès. Car en général le consommateur ne reste célib ataire que dans l’uni. que vue de multiplier ses besoi ns superflus et par conséquent son luxe > eten génér al le consommateur qui se marie, porte l’é Conomie dans 6es dépenses et circonscrit son luxe dans des limites raisonnables , qui est la même chose , en général le co célibataire défense tout son revenu et le . ou ce nsommateur consommamarié ne dépense qu’une partie du sien, et de la résul'e qu'a fortunes égales le consommateur célibataire fait naïtre et vivre plusde manufi cturiers et de cultivateurs que le consomm . LSCFK à ateur marié. Or comme la prospérité 9 à . ne _ d’une nation sous un système d’egriculture relative, TN % CHE fondé Sur un sy P stème de manufactures, se mesure CNET D (238) la population de ses manufacturiers et de ses cultivas turs, il est clair ; que sous ce système le : con: sommateur célibataire coopére en général à la prospér rité d’une pation dans une proportion plus forte que le consommateur marié. | Dans ce que je viens de dire du luxe , je n’ai consi* déré les choses que comme on les voit lorsqu'elles ue se présentent que sous le seul rapport de causes et d'effets ;je ne dis point que ,sous tous les rapports h seroit plus avantageux à une nation sous le systéme de l'Economie politique moderne de-n’avoir que des consommateurs célibataires ; je dirois une grande absurdité et je dirois de plus une chose moralement iw* | possible ; car à tel degré qu’une tation puisse porter son luxe,elle auratoujours plus deconsommateursmariés que de consommateurs célibataires. Mon intention … n’a point été de suivre le luxe dans ses conséquences morales ; je me propose de le faire dans une autre occasion,comme je l'ai déja dit:Il n’y a peut - être point d'idée plus vague dans l'esprit de l’homme que celle du luxe , et c’est la raison ‘pour + quoi Ce sujet a été si imparfaitement traité jusqu'ici. Dansle temsje ferai tous mes efforts pour le tracer dans ses vrais principes j dans l’universalité de ses circonstances; dans ses avan+ tages et dans ses désavantages ; ici j'ai seulement voulit n montrer son étroite connexion avec le sysième de l’Eco* nomie politique moderne et sans prendre suï moi dans ce moment d’être ni son avocat ni son censeur., Que le luxe soit envisagé et proscrit par la morale et par la religion, comme un viceen lui-même et com* me là source de tous les autres vices , je n’en suis p#? L (239 moins obligé de le représenter comme üne condition _essentielle dans l'Economie. politique moderne. Car le fait incontestable est que sans le lux xe ce syistème ne Pourroit ni exister , ni opérér le développement de la - population et la prospérité des nations, Il est certainement au pouvoir des nations de renoncer. à ce Système et de se monter soit sur un système d’ ture absolue , soit un système d'agriculture relative , fondé sur un système d’ésclavage ; mais tant qu’elles resteront montées sur un système d'agriculture relative ; fondé sur un système de manufactures , il faut non-seulement qu’elles tolérent le luxe le favorisent par tous les moyens possibles; qu’elles le regardent comme la puissance créatric et des choses; en un mot _ plus grande population et 1 que du plus grand luxe. agricul- , maisqu’elles e des hommes > qu’elles n’espérent leur eur plus grande prospérité Car pour donner au mot luxe un sens fixe et bannir cette multitude d'idées cifféren s’en forment , je le prends dans s étendue, c’est-à-dire tes que les hommes a signification la plus 13e compose le luxe de tous les t quelconques que l’homme se ux de la nature; s'il n’étoit pas Pris dans ce sens . il seroit impossible de d Où il commenceroit et la ligne de démarcation qui le £épareroit du nécessaire , varieroit autant que l’opinion.des hommes. besoins généralemen donne au-dela de ce éterminer Si l’on pouvoit supposer qu? sous le système de l'Economie politique moderne, la France L » Par exemple, prit tout-à-coup la réscluussit par desmoyens-irrésistibles à baunir de une nation florissante tion et ré .. (240) chez elle le luxe , dès cet instant le systéme d’agri culture relative ; fondé sur un système def manufac” tures , se troüveroit anéanti chez elle et elle retour” * neroit naturellement soit au systèine d'agriculture ab- : ‘solue , soit au système d’agriculturerrelative , fondé sur un système d’esclavagé, ou, ce qui est la mêmé chose, à l’ancien système-féodal ; comme un jardin, qué le travail et l’industrie de l'homme auroit enrichi des fleurs les plus rares et des fruitsles plus exquis, retour neroit nécessairement de lui-même anx fleurs et aux fruits de la nature , s’il cessoit d’être travaillé dans Jes : principes d'un système de culture artificiel. | gemens extraordinaires des étr angers dans sa ‘nation s ni des hommes capables d'introduire .dans la: nation des nouveaux genres d’inlustrie ou de perfectionner mapporteroient à la nation que leurs bras ; diminuer roient le bien-être des manufacturiers et des cultiva* teurs nationaux dans l’état d'une prospérité modéré” ment progressive , les priveroient du nécessaire dans Vétar d’une prospérité arrêtée et aggraveroient leur misère dans l'état d’une prospérité rétrograde. Dans l’état même d’une prospérité fortement ‘pro’ gressive une nation seroit { blâmer de recourir à des des bras étrangers. Car pourquoi.ne pas laisser venir _ces bras d'eux-mêmes du fond:nationel , c'està-dires Le de Les mêmes raisons qui défendent à l’homme d'Etat d'encourager extraordiiairement les mariages lui dé _ fendent aussi de chercher à attirer par des encoura” lorsque ces étrangers ne seront ni des consommateurs; -| les anciens. Car il est manifeste que des étrangers: qui encouragemens extraordinaires pour atlirer chez elle Le jomfsémentthe"— LPS = (241 ) de le multiplication des Hariages qu ’opèréroit hécéss sairement l’excessive aisance des classes inférieures “d'hommes ; et pourquoi dans uné machine sur laquelle le principe actif développéroit la plus grände puissance vouloir encore pousser aux ronages ,; ati risque de forcer le mécanismé et de troubler l’éco: nomie de la machine ? - Antroduire des bras étéangers dans uné nation à pros. périté: fortement progressive né peut avoir d’autré objet que celui. de tempérer les trop rapides progrès dans la-prospérité. Mais pourquoi vouloir anticiper ce qui arriveroit de lui-même naturellement ? Le malheur est que le. commerce extérieur commande toute l'Economie politique dés nations de PEurope et les écarte de tous les côtés des vrais principes pour les _ égarer dans un labyrinthe de fausses routes, Un Gbièt in ntéréssant à considérer dans l’Economie politique moderne ést l'introduction des machines dans les travaux des hommes et le rapport qu’elles Ont avec la population et la prospérité des nations! Je rai trouvé cet objet nulle part ramené à ses premiers principes ; et comme il a été. traité aussi vaguement « que l'ont été la plüpart des autres objets de l’'Economie politique , les machines ont eu le sort qu’elles devoient naturellement avoir ; celni de partager les opi= nions , d'avoir des partisans et des adversaires. L'effet immédiat d’uné machine introduite däns les travaux des homiñes est de rendre uñ petit nombre de bras capables d'exécuter là même masse de travail Qué ne pouvoient exécuter avant l'usage de la machine qu'un grand nombre, et par conséquent de méttre des R | ® (242) SES bras hors de travail. Plus le nombre des hommes que les machines mettent hors de travail est grand , plus elles sont estimées parfaites ; voilàleur désavantage ; Leur avantage est de diminuer le prix des choses et de favoriser la consommation, Je ne les envisagerai que, sous le premier de ces deux rapports, me réservant de les considérer sous le dernier dans une autre place. Dans les vrais principes de l'Economie politique moderne l’ouvrier doit continuellement jouir d’une aie sance au-delà du nécesssaire, parce que dans les vrais principes de l'Economie politique moderne une nation doit continuellement être dans un état de prospérité progressive ; et pour se maintenir invariablement dané cet état , il faut que ses capitaux excèdent continuellemert ses bras. Lorsque les bras sont égaux aux “capitaux , l’ouvrier n’a que le nécessaire et le nécessaire. lui manque , lorsque les bras excèdent les capitaux 3; ainsi tout ce qui tend à multiplier les bras at pair ou au-dessus des capitaux teud à affecter le bienêtre des ouvriers et par conséquent celui d’une nation Les encouragemens extraordinaires donnésaux mariages et aux bras étrangers tendent à opérer une augmentation de bras absolue et les machine opèrent une, augmentation de bras relative ; mais les effets de ‘June et de l’autre de ces deux espèces d’augmentations de bras sont les mêmes , et les machines doiventêtre considérées comme augmentant réellement les bras de toute la quantité qu’elles mettent hors de travail, Ainsi tout ce que j'ai dit contre les encouraÿemens extraordinaires donnés aux mariages où aux bras étrangers dans une nation à prospérité arrêtée O4 (:243 ) : rétrograde , s'applique sans exception aux machines s et l'homme d'Etat qui favoriseroit l'introduction des machines dans les travaux d’une nation à prospérité arrêtée ou rétrograde , commettroit manifestement un acte barbare et homicide: Mais l'introduction des machines dans les travaux des hommes , bien loin d’être réjudiciable doit au , PTE} contraire être regardée commé essentielle au bienêtre d’une nation à prospérité progressive. Car d’un côté les machines multiplient la richesse réelle au-delà des forces humaines et portent la consommation audelà de sés limites naturelles 5 deux circonstances précieuses dans l'Economie politique moderne et de l'autre l'homme d'Etat a° la faculté de diriger à son gré leur introduction ‘dans les travaux des hommes, OU, ce quiest la même chose > ilest le maître absolu d'opérer par leur moyen telle augmentation relative dans les bras qu'il lui plait , dans telle proportion qu'ljuge.convenable et sans avoir À craindre de passer les justes bornes ÿ Comme dans le cas des encouragemens extraordinaires donnés aux mariages ou aux bras étrangers qui n’admettent ni calcul ni propor” tion et qu’il est impossible d’assujettir aux précäautions que le parfait maintien de’ la prospérité d'une nation exige. Dans l'état d'une prospérité progressive il n°y a pas assez de bras, et c’est ce vuide dans:les bras qui donne Une marge pôur les machines , c’est-à-dire , qui rend l'introduction des machines compatible avéc la situation dune nation à prospérité progressive. Dans l’état d’une Prospérité arrêtée ou rétrograde au contraire ; R 2 Cr \ leurs vrais efféts et dans le vrai ordre dans lequelles | xations doivent les iitroduire dans leur Economie po“. | litique , si'elles veulent les faire co-opérer à l'augmentation de leur richesse réblle sans nuire à leur popula= | le tion. J'ai regardé leur introduction dans les travaux des hommes, non seuleinent comme précieuse , mais j'en ai faitun devoir à l’homme d'Etat; d’abord: pour | tempérer les trop rapides et par conséquent-trop dati* gereux progrès dans la population,et ensuite pour opé* rer la plus grande richesse réelle possible. r d Une nation qui arriveroit à l’âge fait naturel, c'est- » à-dire, à sa complete prospérité avec Le seul secours des bras de ses hommes, possèderoit à cette époque infiniment moins de richesse réelle, qu’elle n ’anroit pu | se donnér Jar l’immense quantité de machines, qu’um long cours de prospérité lui auroit permis d'introduire, ; ‘ graduellement dans ses travaux, sans se trouver pour cela avec une’ population-plus considérable. Car les machines ne prennent-pas nécessairement sur la population, parce qu’elles ne prennent rien sur la subsistan-” ce; et lorsque leur introduction-dans les travaux d’une vation est reglée-sur les principes que j’ai établis, elles ne font que ralentir les progrès de la population. sans’ jamais les'arrêteret par conséquent sans empêcher unê nation de: porter sa population à toute l’étendue.que son territoire seroit capäble de maintenir. L'expérience à enseigné aux hommes un moyen d8 multiplier la richésse réelle semblable dans ses effets aux machines, mais sans avoir les mêmes inconveniens. - et par Conséquent sans exiger les mêmes précautions ; . C’est la division du travail: Ce moyen augmente dan? NW + (2513. 4 l'homme les pouvoirs productifs et le rend’ capable d'exécuter dans le même tems une masse de travail beaucoup plus grande qu’il ne seroit capable d’exécuter sans cela. Voilà en quoi la division du travail ressemble aux machines; elle en diffère A en ce qu’elle ne met pas nécessairement des hommes hors de travail. Pour se former une idée de ce moyen présenter,le. travail comme une opér qui dans son ensemble embrasse un moins considérable d'opérations plus si tre elles et dont l’ tion totale du travail. Lorsq sont susceptibles d’être dét de manière à pouvoir il faut se reation complexe ° nombre plus ou mples, liées en. tre: exécutées séparément æt Ptit : l'ex execution successive forme l’exécu.- - ue ces opérations simples: achées les unes des autres. Par.des bras différens , le travail est divisible , dans le, Cas contraire il ne l’est point ;.et plus le nombre des Opérations simples qui peuvent être ainsi détachées unes des autres dans le travail total est grand, plus les, leur séparation augmente les pouvoirs productifs et: Par conséquent:les produits du travail. Le travail général des hommes pou être considéré comme un tout qui dans son ensemble embrasse l'uni-: versalité des matières premières dans les trois rèenes dé la Yature;-etd'après cette idée, j'appellerai division du travail la séparation dx travail tiers, métiers en: leurs Opérations simples. JDans la division du travail les hommes! se partagent entre eux les matères premières dans les trois règnes de la nature ,.non seulement se lon leurs différentes espèces, mais selone les différente "+ A s espèces de trayaux..dont les mêmes esgénéral en arts -et mé) et subdivision du travailla: séparation des arts et: > (252) pèces de matières premières sont susceptibles ; et dans ce partage, ou, ce qui est la même chose dans cette division du travail, il régne une aussi grande variété parmi les nations qu’on en voit régner dans les degrés de leur prospérité. Jusqu'ici on n’a point cherché à découvrir dans quelle proportion la division et la subdivision du tra. vail en augmentent les pouvoirs productifs dans ‘tous les cas ; et il est probable qu’une proportion universel= lement applicable à tous les genres de travaux et à tontes espèces de matières premières seroit impossible | à trouver. Dans certains travaux les effets de la division et de la subdivision du travail sont presque incroyables; dans d’autres ils sont moins grands; mais dans tous Pexpérience les montre considérables, Pour donner une idée de ces efféts, je vais faire une fiction : ; je vais sup” poser qu’en général les pouvoirs Ir eR du travail augmentent en raison arithmétique de la division et de _ la subdivision, c’est-à-dire, qu’ils augmentent comme le nombre des arts et métiers, dans lesquels Le travail gé-* méral est divisé, s’il n’y a que division , et comme le nombre des opérations simples dans Li de les arts et métiers sont subdivisés , s’il y a subdivision. Dañsl cette supposition, je n’exagère rien, et je suis persuadé que dans leurs moindres éffets la division et la subdivi sion du travail excèdent cette proportion. L \ Je suppose quatre nations, À, B, C, D; toutes les quatre montées sur un système d'agriculture relative:; fondé sur un système de: manufactures et em“ ._ Irrassant toutes les quatre dans leur travail général précisément lesmêmes espèces de matières première ‘ { 253 ) et les mêmes sortes de manufactures, Dans la nation À le travail général se trouve divisé en £00 arts et métiers; dans la nation B en 1000 ; dans la nation € en 1500 et dans la nation D en 2000. D’après cette division du travail et la proportion que j’ai établie ; les Quantités demanufactures » que les quatre nations deviendroient capables d'exécuter dans le même tems et ‘ A à nombre égal de bras , seroient donc comm et 3,4; ou ; ce qui est la même chose ; dans le même tems , et avec le même nombre de bras la n ation B deviendroit capable d'exécuter une quan tité de manufactures double, la nation C triple et la nation D quadruple de celle que seroit capable d'exécuter a nation À, Je suppose ensuite les arts et métiers des quatré nations subdivisés ; Savoir , dâns la hation A en quatre opérations plus simples , dans la nation B en Six» dans la nation C en huit et dans la nation D en dix, €n comptant les' métiers les uns dans les autres. D'après cette subdivision du travail et la proportion que j'ai établie , les quantités de manufactures , que les quatre nations deviendroient capables d’exécuter dans le même tems et à nombre égal de bras, seroient donc Comme 1,3,6,10; ou, ce qui-est la même chose , dans le même-tems et avec le même nombre de bras >. la nation B deviendroit capable d’ tité de manufactures triple ; la nation Ddécuple de celle £uter la nation A. exécuter une quanla nation C sextuple et . L L- La que seroit capable d’exé- Quelle prodigieuse différence que peut opérer dans les pouvoirs productifs et dans les produits du travail 7 (254) une circonstance aussi simple que la division du tra vail ! Pourquoi donc les nations n’ont-elles pas toutes. cherché à multiplier leur richesse réelle par un moyeft aussi facile et aussi précieux 2:C'est parce que @M + à = moyen suppose nécessairement le secours d’une-mul titude d’instrumens et d’outils dont l'acquisition dis ‘ pendieuse exige dans les mains des entrepreneurs des | fonds surabondans , et c’est par cette raison qu’on n€ voit la division et la subdivision du travail se déve lopper et s'étendre que chez les nations à prospérité progressive ; ‘graduellement et dans une proportion | modérée chez les nations à prospérité modérément ptogressive ; rapidement et dans la plus grande pros portion chez les nations à prospérité fortement pro gressive. j 7 La division et la subdivision du travail ont une con" nexion si intime avec la prospérité qu’on peut pouf, ainsi diréjapprécier les degrés de cette prospérité paf les degrés dans la division et la subdivision du travail’ Car en général plus on verra le travail d’une nation. .. divisé et subdivisé, plus on la trouvera avancée dar® sa prospérité ; et moins on verra le travail d’une na tion divisé et subdivisé , moins on la trouvera avancés dans sa prospérité. Cette regle s'applique également aux différentes * provinces d’unè même nation. Car lorsque dans uné province on voit peu de division dans le travail, c'est-à dire , lorsqu'on voit le même onvrier exercer à la fois RE plusieurs métiers, soit en travaillant plusieurs espèces de matières premières ; soit en travaillant iine même espèce de matière première dans différens: genres de {255) manufactures ; on peut prononcer avec la plus grande . probabilité que cette prov rité, ou, ce qui est la Comme lorsqu'on voit ui sion dans le travail d’ ince. jouit du peu de prospémême , de peu de capitaux ; 1e grande division et subdivi= une province on peut. prononcer avec confiance que cette province jouit de beaucoup de prospérité et par conséquent d taux; et c’est d’après ce princi quer Pourquoi le travail est gé visé dans les bouras et dans les villiges que dans les villes , et moins divisé dans les villes ordinaires que dans les villes d'industrie ét de co ce beaucoup de capipe qu’on peut explinéralement moins dimmerce, ° entage de la division et de la subdiv travailajouté à celui des machines donne aux : Prospérité fortement pro riorité sur toute et le bas prix de Cet ay ision du 1ations à gressive une $i grande supés les autres nations pour la perfection. Aucune ; et il n’y à neut- Yaincante des mi dans son indüstri être pas de preuve plus consérables progrès que l’Europe a fait e depuis la découverte des mines de PAmérique > que d’y voir le prix Commun des choses triplé depuis cette époque ÿ tandis que ss la vraie marche du système d'agriculture relative Un Systôme de manufactures s contraire dimi » fondé sur ce prix auroit Gù au nuer uUniversellement sur toutes choses comme fortuitement il à diminué sur quelques-unes. Mais la division et la subd'iy CPèrent des effets si ductifs ne sont prop . manu@c ision du travail qui SUrprerans sur les pouvoirs prorement praticables qne dans les ures | comme l’a parfaitement hien observé (256) | , l'auteur À nglois célèbre (1) que j'ai déjà eùü occasioil ce citer plus d’une fois. Les opérations simples qui : composent l’opération complexe de la culture s0n ‘déjà naturellement si bien détachées les unes des au* ires, que dans tous les tems et chez foutes les na tions pauvres êt riches elles ont été travaillées sépa* ‘rément, soit par les mêmes , soit par différens bras et la nature de l’agriculture ne permet guères de pois, rei ter cette division plus loin , ou du moins d’eépé qu’une plus grande division püt servir à l’augmentas tion des pouvoirs productifs ; et c'est manifestement. par cette raison que lés nations riches qui ont un si grand avantage sur les natios pauvres pour la qua” Jitéeet Le prix de leurs manufactures , n’en ont aucu” sur elles pour la qualité et le prix de leurs grains. £ Le principe de la division du travail met dans tout son jour la nécessité où sont les individus d’une na | tion sous un système d'agriculture absolue de vivré dans la plus grande simplicité. Sous cé système cha que famille est non seulement obligée de pourvoif elle-même à toutes ses manufactures dé prenuièfe né tra“ bles cessité , mais d'y pourvoir dans l’indivision du vail, c'est-à-dire, sous le désavantage des plusifoi pouvoirs productifs et des plus foibles produits ; parc | qu’elle ne peut réclamer à cet égard la co-opératiof 4 du travail de personne. Car du moment où Jon pos4 roit sous le systéme-d'agriculture absolue une seulé | famille qui voueroit som travail aux manufactures / dans la vue d'échanger les produits de son ravai (1) Le Dr, Adam Smith, 7. contré" Es A % . mal à propos.des manhfact (52 / ance,, on renverseroit ce système pour lui substituer le Système d’ contre de la subsist agriculturevrelative , fondé sur un: système de manu plus besoin alors que du tems Pour se développer graduellement dans toute :son étendue. n'avoir Pas saisi les deux systèmes dans leurs vraies éssences-que, Ja plüpart des Ecrivains pohtique les ônt confôndus ensembl factures qui n’auroit, ÿ et c’est pour sur Economie € €t.ont posé si uriers Pr'oprement dits sous le système d'agriculture absolue. ; Les erreurs des hommes d'Etat ne sont pas les seuls maux auxquels sont exposées les nations, elles par des événemens. que..dans il-n’est pas an pouvoir des hommes eMir , et que dans d’autres il ne leur est pas même possible de prévoir, sont la famine " peuvent en éprouver bien des cas d'Etat de prév De ce nombre la peste , les inondations, les grandes incendies , les tremblemens de terre , les dévastations par la guerre. Je ne crois pas inutile d’exa- . miner les effets que des calamités de cette nature peuvent produire Sur la population et la prospé= rité des nations sous le système de l'Economie. politique moderne, et je vai s le faire très succintement. Je diviserai ces grands événemens en deux. classes générales ; en Événemensqui-enlevent des bras , c’est à-dire , qui dépeuplent » €t En événemens qui enlevent des capitaux > C'est-à-dire Lorsque j'aurai fait voir le Pèces_ d’événemens sur la Périté des nations , dépeuplent et appa ; qui appauvyrissent. s effets de ces deux espopulation, et la prosles conséquences de “Ceux qui uvrissent à la fois se manifess S 4 0 (258) teront d’ellés-mêmes. Ce que je vais dire se tour vera probablement encore contraire à l'opinion gé* … mérale ; mais lorsque je crois avoir les. vrais principes pour guides il m'est impossible de ne pas suivre leurs traces. Au reste il est clair que ce que je vais dériver de ces principes, ainsi que tout ce quê j'en ai dérivé jusqu'ici, ne peut être applicable qu'aux nations qui les observeroient inviolablement ; car \ je wai point de théorêmes pour les nations qui dans le. désordre de leur Economie politique s’en écartent--et les blessent. L eeLorsque les événemens qui dépeuplent arriveni A" une nation , il faut nécessairement qu'ils la trou: vént dans l’une de ces trois situations ; dans l'état à d’une prospérité rétrograde ; dans l’état d’une prospérité arrêtée , ou dans l’état d’une prospérité progréssive; on, ce qui est la même chose il faut néces* u sairement qu'ils la trouvent avec une surabondance 2608 À + de bras et les classes inférieures ‘de :ses hommes … dañs la misère; avec Les bras qu’il faut , mais lesn classes inférieures de ses lommées réduites au strich nécessaire ; ou avec un manque de bras et les clas= V4 ses inférieures de ses hommes dans l’aisance. giés érénemens qui dépeuplent arrivent à -urê n dans l'état d’une prospérité rétrograde , les ratio classes inférieures de ses hommes ont. la chance». rw : : pu“de voir leur misère diminuer ; où d’atteindré au fécessaire , où de parvenir même à l’aisance. Le premier de ces trois sorts deviendroitleur parta? ge , si l'événement navoit pas enlevé. autant de bras qu’il y en auroit eu de trop: dans la natioMÿ = , “déceux qu'ils lâissent 1 * vable ; et dan point de vue aussi av salutäires \'rhais de (2599 lé Second vi én avoiténleyé sit en “avoit enlève :dav éténemens qui autant ; le troisième ; äntage.. Mais lorsque les ‘cpeliplent #Hrrivént à ure nation à Prospérité arrétée et’ affectent ça population dans un degré sensible e Paisaitée idéviént le Partage des chasses inférieurérds ses Hommes, re = Dans le cours ordinaire des choses les &y qui dépéuplént < affectent 14 ‘Population dans te” bropôrtion assez fo classes inférieures d’ grade ‘où artétée un pour élever da ratio tement Prôgressi ve. énemens , rarement rte pour procurer aux né nation à prospérité rétro - e grande aisance ; c'est-à-dire , ü à un ‘état de prospérité for- Dans “C6 tas ces événemens se borneñt presque toujours . ot à" adoucir la misère Survivre, ou à leur donner > Ou toût âu plus une aisance raisons le moirdré de ces effets : possiblé de ne pas une nation. le nécessaire » il n’est pas les “regarder comme salütaires à Mais: ils ne 6e présentent pas sous un antapeux , lorsqu'ils arrivent Périté progressive 3 Car dans ces vént non-sénlement cesser d'être, véüir préjudiciables, à des nätions à pros circonstances ils pèu J'ai dit, et plus pément des vrais moderne , plus on j'irai en avant dans, le dévelop= Principes, de l’Economie politique Vérra qu'il est de l'intérêt d’une T Sans cesse les progrès de sa ProSpérité dans des bor jimais les ] MES êvé à % ’ S tation de conteni { nes raisonnables , et de ne aisser devenir trop fortément progressifs. neémens qui déseuplent , exposent ung ité Progréssive à cet inconyé. S 2 \ (266) : ét hou beaucoup plus solide et par conséquent plus | parfaite et plus indépendante qu'elle n'est, Car de a. beau amasser des trésors , cet expédient Appui Vrira son revenu ét celur de ses peuples ‘a pure. per té, et ne le” Aria jamais en Europe de la classe” désavantageuse "T Guissance imparfaite et: ‘déper : dante , dans le sens où je prends ce mot et comme je vais l'expliquer. : ait 28H Sous le système dé l'Economie politique SAS la puissance des nations ést composée -de deux a mens, des hommes et de l’argent ; et sous ce. point € de 1} vue on peut la distinguer en puissance parfaite et en puissance imparfaite ÿ ellé est parfaite, lorsqu’ elle est 4 composée de deux élémens qui la constituent, des hommes et de l'argent ; elle est imparfaite, Irsqu? cle n’est composée que de l’un des deux élémens qui F4 constituent » ou des hommes , où de l'argent. LE 4 sance parfaite peut être considérée comme un puis=ii | sance indépendante ; parce qu elle ne tient ses élémens, Hi que d’elle seule; la puissance imparfaite au contraire. doit être re gardée coinme une puissance dépendante » LE qu'il Pet nécessairement qu’elle tienne Pun de es d'eux élémens, les horimes ou l'argent , d’une autre ] L + 4 puissance. G + 1 ; 4 La seule puissance proprement parfaite et indépeñs dante en Europe est la France , parce qu'elle à les hommes ét Pargent. ‘L'Espagne west encore jusqu'ici. qu’une puissance quasi parfaite et indépendante ; elle - a°les hommes et l'äfsent, mais pas dans une assez stade proportion. L” Angleterre; la E Tollande ; 1 ë . Prusse, la Russie sont des puissances imparfaites”et ET ne { NE “ (267) “dépendantes ; parce qu'elles n'ont pas à la fois, ou du moins dans une proportion égale, les hommes etl'ar- EUR PES CII ne) 7 ES ter lee 1 _. Sent; l’Anpleterre et la Holl hommes ; la Prusse et la Russiesont les hommes Satis argent, et dans une guerre générale. ces nations sont | \! forcées de dépendre les unes des autres > c’estde chercher je complettement de leur puiss unes chez les autres. ande ‘ont l’argent sans à-dire 3 ance les © Une nation qui sous le système d'agriculture relastème de manufactures ; Se trou . Me Ve Le Veroit arrivée à l’âge fait n tive, fondé sur un sy aturel, c'est-à-dire, qui autoit porté sa population àla pleine proportion de toute la subsistance dont son territoire cultivé dans le dernier deoré de perfection aur s’exposeroit À une misère non in prenoit pas les mesur CXistence aussi fatale oit été susceptible, terrompue si elle ne es nécessaires pour prévenir une + Car comime’le maintien de sa Le population exigCroit rigoureusernent tous les ans les | plus Complettes recaltes > lès moindre irrégularités dans le cours des Saisons améneroient avec elles la! fapossible que dans une pas continuellement à dans un dégré plus ou moins sensible. mine, etil sert moralement im Pareille position la nation n'eût | | | souffrir ce.fléan | 1: Les-mraux de la nation s’accroitroient même au dé Jà de cette mesure, Car l’excès de procréation porteroit graduellement Sa population au de là de ses limites | naturelles, et. dés lors les plus abondantes recoltes _mêmes CéSseraient de pouvoir suffire À sa subsistance. | La famine deviendroit Son état habituel, et dans le | Cours naturel des choses rien ne pourroit la’ délivre | d’une situation aussi affreuse que le plus violent de L ; ’ Ù 0 en Europe qui à force de inultiplier les machines, et dei diviser. et suhdiviser le‘travail ne devient capable de / : à 1 (268) Horséntal issante tous les maux; une famine generale 455€: puissant pour lui enlevér non seulement toute l'excès de 88 procréation, mais une partie même de sa population, IDD" réelle. ue £, À Le premier moyen que la nation pourroit employer pour se maintenir dans l’abondance à l’âge fait naturl seroit celui demultiplier ses manufactures au de de ses propres besoins et d’en échanger le superflu aÿe0" d’autres nations contre de la subsistance. Ce moyelM multiplieroit en même tems sa population au de là du degré auquel ses seules forces intérieures lui auroienfh permis de la porter, et il n’y a peut-être pas de natiOf fournir à elle seule toutes les autres nations de m@# nufactures.…. Mais comme ce moyen placeroit nécessairement 6 . deux plus essentielles parties de la nouvelle machine à de la, population ; le principe actif et le rouage dés cultivateurs, hors des mains de l’homme d'Etat, il est évident qu’il ne seroit pas au pouvoir de Ja natioi dé donner à sa marche extérieure la même-régularité et la même certitude dont est susceptible une marche intérieure , et que sans les plus grandes précaution elles se prépareroit dans une situation aussi dépeir dante des maux infiniment plus. grands que. ceuf qu'elle auroit voulu éviter. / La subsistance que la nation recevroit en retour dé, ses manufactures augmenteroit proportionrellemen? sa population aü de là de celle que son territoire seroi | capable de nourrir; dès lors sa population pourroit étr® l NE OS . tique , et de celle quinep ” sistance domestique, ta te (269 ) considérée comme composée de deux parties distinctes de celle qui seroit m aintenue Sur la subsistance domesourroit être maintenue que sur une subsistance étrangère, - Dans cet ordre des choses Ja! qui seroit maintenue sur la sub seroit jamais en é partie de la population sistance domestique ne > . - tat de venir au secours de la partie . Qui seroit nourrie sur une subsistance étr À « R angère, parce ; , RES ; « qu’elle n’auroit Jamais assez de subsistance pour elle même : ÿ mais la partie de la population qui seroit nourre Sur une subsistance étrangère ser oit en état de Venir âu secours de cel! 'e qui seroit nourrie sur la sub nt que ses propres besoins n’ab la subsistance qu’elle recevroit en retour de ses manufacturess sorberoient pas toute des nations étrangères et si jusqu’au moment . Toient épuisé tout le su agriculture auroit pu leur procurer , rien n’avoit trou blé Ja marche du Commerce-extérieur , il est incontestable que sous tous les ra Pports ce c : AVantageux à la nation. où les nations étrangères auperflu de subsistance que leur ommeèrce auroit été Mais au premier manque de subsistance ration défavorable, soit d LS soit dansile produit des recoltes des autres nations , feroit éprouver à la partie de À a population qui se Mamtiendroit sur une subsistance étrangère, la calaqu’une vaans le commerce extérieur ps mité à laquelle cette circo SUrpasseroit toutes celles elle s'étoit abstenue du sistance territoriale de Le Maintien de la part nstance réduiroit la nation qu’elle auroit pu souffrir, si Commerce extérieur. La subla nation déjà insuffisante pour ie de la population à laquelle \ Î 4 70 ÿ : ; | ; NL î elle seroit Uestinée, en cependant l'aniqué ressource de la partie de la population qui n’aur oit pis reçu sa suflisance de subsistance des autres nations famine et la désolation s'accroitroient en raison de ce. déficit de subsistance etila mêmé calamité se rétro proportionnellement sur la nation, à chaque renouvels # lement des mêmes variations , soit dans le commercé extérieur, soit dans le produit des recvlies des autres ( nations. * : Ces risques effrayans auxquels. le commerce esté rieur exposeroit contituellétient une nation arrivée "4 1 Vâge fait naturel qui voudroit faire de ce commerce ui : moyen du subsistance et de population au de là de os. subsistancé et de sa population territoriales, “rt | arr pour elle une raison puissante pour chérchet : à #6 mettre à l'abri des suites fatales de sa situation par a .moyen plus naturel, plus certain et plus prompt, €t œ. moyen seroit celui de former des colonies d’une ici portion convenable de sa population. Quoique sur Je pied de leur Economie politique actuelle, les nations ‘.. … de l'Europe soyent incapables de s'élever à l’âge fait. naturel et qu ‘il semble par conséquent inutile de tracer 3 les régles générales sur lesqueiles il conviendroit à une nation arrivée à cet âge de fonder ses colonies} il est possible que l'Europe suive un jour de meilleurs 0 1 principes et je vais dire un mot à ce sujet. Une nation. arrivéé sous le systême de 'Ecoromiè M politique moderne à l’âge fait naturel caurofs deux régles essentielles à observer dansla formation d' on? colonie ; la première, dé composer sa colonie d'une proportion assez considérable de sa population ; por LE ALERT AA que de capitaux . / \ : plus de capitaux que de bras ; D TO ET SOI I ET JOtssance d’une longe jeuness ê à sa déstination sans CAS 9 1 + °xempter pendant long-tems dela nécessité de recoue Tir au même expédient ; la seconde, ‘de donner à la colonie dans une pr Oportion raisonnable plus de bras : Afin de se conserver elle-même avec ; Par observation de ces deux Principes la nation se renouvelleroit dans la e et la colonie se sépa= reroit de la Mère patrie av ec tous Îes moyens néces= saires pour dev enir Promptement une ration florissante, ‘La colonie emporteroit de capitaux par deux raiso cette répartition laisseroit la nation dans le mode de prospérité le plus parfait » C'est-à-dire, dans le mode d’une prospérité modérément progressive; la seconde ? parce que Ja colonie qui seroit supposée s'établir dans Un PAYS nouveau auroit besoin de plus de bras que de Capitaux, Les br ceux de la colonie Portion de manufacturiéers et de cultivateurs et les caavec elle plus de-bras que ns; la première, parce que aS, tant ceux de la‘ nation que > Seroient composés d'une juste-pro- pi : : , : Pitaux seroient représentés par Les fermiers , les entre- Préneurs de manufactures et les commerçans. | Une taxe générale seroit levée dans les principes Jo . * = d’une Parfaite égalité AU resteroit à La natio seroi iné i iti | roit destiné aux fraix de l'expédition de le celonie. Au Moyen de cette contr sur la partie de la population n,et le produit de cette taxe ibution ; qui ne pourroit jamais tre onéreuse et qui d’ailleurs n’auroit lieu qu’une seule fois S la nation se racheteroit d’une situation in= fniment malheureuse et se pr ocureroit le renouvelleim VTe ent précieux de sa je: CT 2 « r È inesse ; et la colonie arriveroit tre dans la nécessité d’entamer . ._ de fonder des colonies dans les principes que je viens. / 7 Ce72) ses capitaux. La nation fonderoit la capes soit dans uhe parfaite indépendance de son authorité, comme l’ancienne Grèce avoit établi les siennes ; soit dans, | une douce dépendance ) Comme Îa saine raison Fe aie éroit pour une partie de l'Empire qui se trouveroitl P q 14 daus un grand éloignement du centre de la dominä \ tion. arte 5 « Î Quelle prodigieuse différence pour le bien , l'hon-. neur et les progrès de lespèce humaine, entre cette manière de fonder des colonies et la manière désoï#M ; donnée et barbare que les rations de l’Europe ont. pratiquée ,; ou plutôt ont laissé pratiquer au bazardy sans justice et sans humanité, par des associations de brigands et de sesférete abandonnés à eux-mêmes et. dirigés par leur seule férocité. Si depuis deux à trois, | siècles que l’Europe est graduellement sortie de pétat purement agricole pour embrasser Le système d'agri culture relative , fondé sur un système de manu fa0®, tures , elle n’avoit pas eu le malheur de dénaturer co. système, plus d’une nation auroit déjà eu l'avantage d'être arrivée à l’âge fait naturel et d'avoir été en étais de tracer. Cette petite partie de la terre se seroi donné la gloire de peupler successivement tout ce qui. reste inhabité où mal habité sur le globe , et de c0% opérer d’une manière si conforme aux vues de la pr vidénce à la multiplication et au bonheur de l’espécén humaine. à Ce que malheureusement PEurope n’a pas pu; pus malheureusement encore , la Chine ne l’a pas voult. , Cette nation arrivée depuis tant.de siècles à l’âge fait nature (273) matürel ét Tégorceant sans c mais eu l’idée ou du moins innombrables et fertiles jsl Part l'immense Océan Pacifique , et dans le nombre desquelles une Seule, la nouvelle Hollande » auroit été suffisante. Pour recevoir -beut:être pendant vingt siècles:les colonies que 1 à nécessité auroit pu l’obliger F graduellement. La nature frémit de Pexpé- Ient que la Chine à substitué à un moyen aussi facile et aussi glorieux 3 ef on regrette que la providence ait prodigué Ses dons avec tant de profusion à une naton qui en fait un Usage si exécrable, La Chine se met-à r Comme je Jai fait voir de Pâge fait naturel] horrible meurtre des l'autre par les famines sans interruption esse de population, n'à ja4 l'humanité de profiter des 5 que lui offroit de tonte abri, des maux qui deviennent # , les Conséquences immédiates d’une nâtion à d’un côté par enfans qu’elle tolère > et de particulières qu’elle éprouve > tantôt dans ne Province , tantôt % Population et:en EnVOYant tous les ans des colonies que la Chine Maintient sa popusiècles à peu Près au pair de sa aubsis stance et qwélle sera en état de la maintenir à ce taux À Perpétuité. Une nation Politique mo à l'état d’ arrivée sous le SYstème de lFconomie derne à Pâge fait Prématuré, c’est-à-dire ‘ éé ; éprouve proportiond'uxé nation arrivée ÿ Mais avec cette différence , que d (284) pour se délivrer de ces maux elle n’a pas besoin de à £onder des colonies du surabondant de sa population: Elle n’a besoin. pour recouvrer sa jeunesse et se mel tre dans un cours de prospérité progressive ; que d’un à homme d'Etat capable de découvrir les-vices qui 41° xoient. arrêté la machine de la population dans les cas progrès de son mouvement et y porter remède. nécessairement avec une agriculture imparfaite ce qui est la même chose , avec une subsistance 1 rieure à celle que son territoire seroit capable de Pro duire, Or tant qu’il reste à une nation de la subsis ‘tance à créer , il lui reste le pouvoir de créer de hommes , par conséquent de multiplier sa populationi. et lorsqu'une nation ne se donñe pas toute la subsis" tance et tous les-hommes dont son territoire est S0 ceptible, l’unique.conclusion qu’il faut tirer de lèr c'est que la capacité de l'homme d'Etat n’est. point e] proportion avec la grandeur de sa tâche. ( CONCLUSION. - J E vais finir ce discours par quelques observatioft générales sur la population de l’espèce humaine: 5 . les principes sur lesquels j’ai fondé cette doctrine soñf vrais, comme jose le croire ; on doit regarder com également vrai le peu que je vais dire encore , ef qu est une conséquence naturelle de tout ce qui apr ‘4 cédé. . | _Si tous les peuplès: de la terre vivoient dans trés de nature , c’est-à-dire , dans l’état des peuples cha seurs , le produit général de la terre en végétaux A “ Pourroit tous le ‘Les'vé (285) animaux et en hommes seroit de: tous -ceux dont:la , e » PE PE terre est Susceptible le plus petit possible. De siècle - €n siècle et tant que le globe de la terre subsisteroit & 1 e terme MoYyen dela masse.des végétaux, celui de lv Quantité des Animaux et celui dela population de l'es pèce humaine resteroient invariablementrles mêmes , abstraction faite. des grandes révolutions que less face de la terre peut subir. Sous leurs différens,climats les MU Les aire erc Tac hommes,.ne Yarieroient j grandeurs ; de leurs cir AMais ni dans leurs formes ÿ Ni dans leuxs L À . = re ni dans leurs couleurs. : ni dans la moind OnStances. La nature ne.seroit jamais un seul instant Sans, le.reconnoître dans luniversalité.de ses OUYrages , et un Etre qui d’une autre planette S siècles une fois venir inspecter la:terre ; la trouvero avec | taux ; A Là it Perpétuellement dans le même état pes : A É es mêmes espèces et la même quantité de vége avec les ] x ain A d'animaux ; avec les mêmes espèces et la meme, qua tité d'hommes, s - mêmes espèces.et. la même quantité Si tous les Peuples past Végétaux Plus con Peuples de la terre-vivoient dans Pétar É eurs, le produit général de : terré . » n.aninaux et en hommes! seroit béaucotip Sidérable qué dans l'état des peuples chasseurs: gétaux, les animaux et les erojent plus Parfaitement aux MAUX,et aux hommes de teroit nn. ÉSpect sensiblement différent. Mais comme 8 Vépétaux Continueroi ent à être l’ouvrage ée:la nature qui seulement alors voueroit plus de force à. les développer hommes-ne ressemb! végétaux ,; -aux ani , ? a nature,.et la terre présen » la plus grande régularité régneroit néces- LE UNIVERSIDAD DE SEVILLA LIL Eksipa®9 Ÿ DC * fé ee DL