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Cours de physique expérimentale et théorique : formant la derniere partie d'un cours complet de philosophie, précédé d'un précis de mathématiques qui lui sert comme d'introduction. Tome second

Sauri, Jean, Abad

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l PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE. . THÉORIQUE. É > 23 DES Y COURS PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE ET THÉORIQUE; For m4xr la derniere Partie d'un Cours Complet de Philofophie, précédé d'un Précis de Mathématiques qui lui fers - comme d'Introduétion, Par MlAbbéSAUR T, Correfpondane de l’Académie Royale des Sciences de Montpellier, _—. FF 3,% TOME SECOND# YA 2 . 4 PARIS, Chez 12 R O U L L É 3 Libraire A : __ Notre-Dame, vis vis Le Quai de Gévres. M. DCC. LXXVIL Avec Approbation > C Privilese du Roi 6 pr; SAVEURS rence entre les faveurs, afin que Îles animaux puflent éviter les alimens, jee l , r - G . nufrbles ; car en général aucun ali MENT pernicieux ref d’un: goût gra cieux , & celui qui eft propre à notre nourriture, n’eft pas d’un goût défa- gréable ; il ne s’agit pas ici de Ja! gloutonnerie, qui peut rendre nuif- ble Paliment le-plus flutaire » ni des, fofliles ; que la nature N'a point offeit. aux hommes, mais que Part a cher. ché; nides mets COmpofés, danslef. quels ont peut méler du poifon. Les. #PIMAUX , Qui ne peuvent rien ap= doïvent vivre de végétaux, qui font | mélangés d’efpeces nutfibles | ont. teçu des Papilles plus longues , & une langue plus Clégamment conf. truite que les hommes > Qui n’en n’avoient pas befoin. Ce qne les ani- Maux digerent eft bon pour les nour- TK, tandis que les fubftances qu'ils RER RGEPANCET 7. rar vases E TRES SO DE URSS. 4 ne digerent pas, leur font nuifibles. Delà certains alimens font fains pour quelques animaux, & des poi- fons pour,d’autres. . 6, L'odorat nous fert auffr à de tinguer les alimens nuifibles, à nous prévenir fur le danger qu'il y a fou* vent de les goûter, à éviter la pour- rijure qui eft très-dangereufe dans les ältmens , & à nous faire découvrir ceux qui font utiles & agréables, Les hômimes abandonnés à eux-mêmes, ont paru avoir la délicatelle de Por gane néceflaire pour diflinguer de oin les qualités des alimens; & il n'eft guere de moyen plus für pour juger de la vertu médicinale des plantes, que le témoignage combiné du goût &.de l’odorat; c’efl pour cela , fans doute ; que le Créateur a placé dans les animaux Porgane de Podorar aux environs de celui du goût; c’eft encore pour cela que les animaux 4 qui font obligés de chercher au loin leur proie, & qui doivent diftinguer parmi plufieurs plantes qui fe ref- femblent, celles qui leur font nui- fibles ou falutaires, ont lodorat très- fin & très-fubtil. Cer organe a fon À 4 % ; 8 bBEs Saveurs fiege dans une membrane pulpeufe, molle | vafculaire, Papillaire , po- reufe, à laquelle fe difiribue un ailez grand nombre de nerfs qui tapiflent toute la cavité interne des narines, arrofée d’un mucus infipide , fade, Vilqueux , fluide lorfqwik eft récent, _deftiné à préferver de la féchereffe les nerfs qui s’y diflribuent en aflez grand nombre. Ce imucus, qui humede de - Tous. côtés la membrane olfadive , Eil produit par les artères des nar- tiñes ; quile dépofent en partie dans des conduits cylindriques qui y {ont en grand nombre, & en Partie dans des véficules arrondies qui font vi fibles. # L'air rempli de Particules très - f- pes, invifibles , volatiles, falines : huïleufes, qui s’échappent des COIps odorans , attiré dans les narines pen- dant Pinfpiration > dépofe ces molé- -cules für des nerfs nuds & mols, qui tranfmettent jufqu’au fenforiuns des impreffions qui font difäinguer 3 lame différens genres de fels & d'huiles, Plus les Corps abondent en païties falines. fulfareutes ; que Ja chaleur volatilife, Plus ils font odo- E Te Dr O DE URSS 9 trans : Peau, qui ne contient rien de femblable , -ne fauroit exciter aucune fenfation d’odeur. Les parties odo- rantes font très-fenfibles , puifqu'un grain de ‘mufc peut rempli une chambre de fon odeur pendant plu- fleurs années fans perdre fenfiblement de fon poids. L'huile mélée avec le fel fait Podeur comme la faveur ; mails le goût nous fait plutôt diftin- guer les parties fixes ; & Podorat les parties volatiles , qui s'appliquent fur des nerfs mols & nuds, qui paroif> fent les ’attirer avec plus où moins de: violence. ee -. = : - Et comme ces nerfs font fortirri- tables , il n’eft pas furprenant que les odeurs les affectent ficilement. C’eft en conféquence que certaines odeurs peuvent faire revenir ft efficacement. ceux qui fe trouvent mal, où qui ont été fubmrergés. C’eft delà encore que les parties volatiles acres.exitent un éternuement violent, que Fodeur des médicamens purgatifs Tâche le ventre. Les éternuemens trop -fré- quens deviennent nuïfibles, & lon elt expofé à perdre la vue, à caufe de la communication qu'il y a entre À 5 10 DES SAvEURS &c. Jes nerfs des yeux & ceux de lodo= fat. * - & CHAPITRE IL | DU SON. 7. ON peu confidérer le fon dans le corps fonore, dans le milieu , qui _ en eft le véhicule : c'eft Pair ; où enfin dans Porgane de lonie, C’eft Pourquoi, pour entendre un fon, H eft nécefläire qu’il exifle dans un Corps qui réfonne , un mouvement de tremblement ou de frémifflement tranfmis aux particules de Pair, & par fon moyen jufqu’à Poreille de Paudi- teur. En effet, Les corps ne réfon- ment pas, à moins qu'ils ne foient frappés , & ceux qui téfonnent le plus font les corps durs & clafliques , dont les parties d’abord fléchies par : . Une percuffon, reprennent leur pre- mier état par leur force élaftique, & font des ofcillations plus ou moins grandes. C’eft ce qui arrive à une corde de violon bien tendue, qu'on | DU: S ON TE fléchit par le moyen d’un coup d’on- gle; car alors elle fait des vibrations fonores , qui ceflent tout à coup fi on touche la corde avec le doigt, ou avec un autre corps folide. Il eft vifible que cette corde ne peut fe courber en arc, à moins qu'elle ne s’allonge, & que fes parties ne s’élor: gnent un peu les unes des autres ; elle ne peut fe raccourcir en repre-. nant fa premiere fituation, à moins que fesmolécules ne fe rapprochent: d’où il fuit que toute la corde & fes plus petites molécules doivent être agitées par des vibrations alternatt- ves. Quand on approche la main d’une cloche immobïle, qui fonne, on fent un certain frémiflement dans les parties de cette cloche. Bien plus, f lon place une cleche de verre entre deux planchés paralelles, dont lune porte une vis, dont la pointe foit très-peu éloïgnée de la cloche, quand on frappera la cloche, on entendra un certain frémiffement du verre, qui frappera la pointe de la vis dans fes vibrations alterna- tives ; car. les zones circulaires de cette cloche prennent alternative- A0 12 DU. So. ment une figure ovale, dont Le petie. diametre fe trouve d’abord dans la dretion de La Percuflion , & le. grand dans une ftuation pérpendi- Culaire aäw premier: Si une: corde: dinfirument n'eft pas aflez tendue ; Où ft étant affez tendue ele ef agi. tée par ladion d’un archer enduit de fuif, elle fait des vibrations fans. Produire aucun fon; Parce qu’alors. - Petites parties ne font pas des. vibrations fafifantes POur commu niquér à Pair le mouvement que Je. fon demande, C’eft Pour la même Rifon que les branches dune pin- cette rapprochées d’abord par lation: des doigts, & livrées enfuite à elles mêmes , font des Yibrations fans. rendre aucun fon 5 Mais fr en ofcil. ant arnf elles rencontrent un Corps. dur , elles réfonnent auf -tôt, Si on frotte tn archet avee-de la réfine., Le frottement qu’il produira enfüite fur une corde de violon, COMMuniquers. : aux molécules de cette corde un:mou vement de vibration trés-propre: pour le fon. Prenez un verre à boiretrès= Hunee ; & pañez far {on bord, en: le frottant ,. votre doigt un pen \ DAS ON mouillé, vous entendrez un fon plus ou moins confrdérable ; 5 & ce fon iera felon [a quantité d’eau que Téndra le verre; l’on remarquera aufli que Peau frémira à la furface, & qu'il s’en élancera de fort petites gouttes , qui s’éleveront à différentes | hauteurs : cette expérience efl agréa- ble à voir. Ces expériences nous font comprendre queélefon n’eft pas pro- duit par le feul mouvement ofcilla- toire du corps total, mais plutôt par le. frémillement. de fes particules, Cell Ia raifon pour laquelle les -COTPS MOUS & peu élafiiques., dont les parties font peu propres au mou- vement vibratorre, font très-peu fo- nores. Néanmoïns certains. corps pe propres à réfonner, peuvent parleur . mélange, former un corps très-fono- re, comme il arrive lorfqu'on fait des cloches, en mélant le cuivre avec l'étain, Tout ce qui peut em- pêcher. ou diminuer le mouvement de vibration nuiteau fon. Ceft pour- quof les tymbres des ‘horloges cou- verts de neige, les tambours CO verts d’un ieea on tès-pen =. nores, 14 DU Sox. On fait ceffer fubitement le fon: une cloche en 1: touchant avéc la Nain Où avec quelqu’autre camps, | . Parce qu'on intérrompt fes YWbra- tions, Ceft pour obvier à cet INcOn- venient, que les horlogers ont tou- jours foin que Îles marteaux des tym- bres , foient relevés fubitement après le coup, par un reflort ,. de peur qu'en reflant trop long -temps ap- pliqués fur le corps fonore, ils ne Huifent à la beauté du fon. Une cloche frappée avec un morceau de bois verd rend un fon plus foible, qu'en. la frappant avec un marteau de fer, Parce que le bois plus mou 7€ peut vibrer les parties de la cloche avec affez de force. Les clo- ches fendues raïfonnent très - mal ; Parce que les bords de 1a fente, en fe frappant alternativement, nüifent aü Mouvement de vibration, de Ia même maniere à peu près qu’un Corps qu'on appliqueroit extérieure- ment, Mais les angiens Inftrumens rendent ordinairement un fon plus Pur, parce que Les fucs qui étoient répandus entre leurs fibres, fe font diffipés peu à pen, & leurs molécu- & l ñ pu SON 15 ies font devenues plus propres au frémiflement. Quelquefois auffi les inftrumens brifés & racommodés, rendent des fons-plus aigus, ce qui aroît venir de ce que leurs fibres on plus courtes ; or -Pon fait que les cordes plus courtes ren- dent des fons plus aigus. Le mou- vement de frémiflement pañle des particules du corps fonore dans celles de l'air environnant, dont les molécules ofcillent comme une cor- de de muffque. On ne fauroit ré- voquer en doute que Pair ne foit le véhicule du fon ; car ft on renferme dans la machine de Boyle une mon- tre à réveil bien ifolée, & quine puifle pas communiquer fes vibra- tions à la machine, le fon que ce corps rend , diminue à proportion qu’on tire l'air; & quand on a épuilé cet air, on n'entend plus aucun fon. M. Zanotti, après des expérien- ces auf délicates au’ingénieufes , penfe que la force du fon eft com- me le produit de fon élafticité mul- tipliée par la denfité. Aïnfi, en fup- pofant que Pélafticité foit repréfentée par 6, & la denfité par $, la force 2e DU: $ -GN. On connoïîtra avec aflez d’exaditude Ja diftance qui nous fépare du lieu où a foudre vient d’être produite ; mais | la foudre ne parcourt pas un grand } efpace fans fe difMiper. É Selon M. de Mairan, un fon plus aïgu doit fe propager avec un peu. plus de vitelle qu’un fon plus grave* maïs les obfervations des Accadéms. ciens de Florence, de Derham, & de Caffini font voir qu'un fon plus fort ou plus foible, plus aigu ou plus. obtus, parcourt les mêmes efpaces en temps égaux. Si nous en croyons | Derham, le fon defcend avec moins | de vitefle du fommet d’une mon, tagne vers fon pied, qu'il ne monte du pied vers le fommer de la même | montagne ; maïs les obfervations de | Cafini, & celles que les Phyficiens | Efpagnoïs & Francois ont faites au | Pérou, ne s'accordent Pas avec ce |! fentiment, Ë Le vent favorable à Ia dire@ion k du fon accélere fà vitefle ; un vent | contraire le retarde, Le: fon fe pro- | page aufi beaucoup plus loin fie | vent ef favorable; car alors on entend le fon de certaines cloches aflez | DU S ON: 22 élorgnées, & l’on cefle de les enten- dre , Torfque ‘le vent eft contraire. Mais fi on pointe un canon, la vitefle du fon demeure la même, dans quel- que direttion que fe fafle l’explo- fion par rapport à Pobfervateur , ainf que Derham la remarqué auffi-bien que les Phyficiens Efpagnols &Fran- çois qui ont fait le voyage du Pérou. - Un fon plus fort en abforbe un plus foïble ; c’eft la raifon pour laquelle lorfqu’on eft auprès d’une groffe clo- che qu’on fait fonner, ‘on n’entend point parler celui qui eft près de nous: cependant ff on produit tout à 1a fois . dans un petit endroit différens fons qui ne foïent pas trop bruyans, on pourra les difinguer aflez aifément: c’eft pour cette raïfon que nous pouz vons juger aflez bien fr les fons d’un concert font diffonnans ou harmoniques, 11. Toutce qui peut communiquer un mouvement de frémiflement aux particules de Pair, peut produire de fon: telles font les cordes *& les clo ches, les flûtes & les trompettes dans lefquelles’on fouffe delair, Lorfqu’on pince une corde bientendue:@& qu’on da féchit à une petite profondeur, ele 24 DU: SO: fe rétablit par fa force élaftique ; maïs étant parvenue à fa premiere fituation naturelle, elle pafle an - delà par le mouvement acquis, & fait ainft plu. fieurs allées & venues, jnfqu’à ce que! tout fon mouvement foit éteint pat 1a réfiftance de Pair, Si l’on fait ainf Ê ofciller une corde de mufque , ten- due par un poids, on trouvera qu’en la chiant à des très-petites profon-! deurs , fes vibrations, quoiqu’inéga- les en‘étendue, fe feront cependant en temps égaux, comme il arrive aux petites vibrations d’un pendule : ce qui vient de ce que lorfque. la pro- fondeurde l'inflexion eft plus grande, la force élaftique qui agit pour réta- - blir la corde dans fa premiere fitua- tion, augmente dans le même Tap= port. Si lon fait ofciller deux cor- des homogenes de même diametre. tendues par des poids égaux, mais | inégalement Iongues, on trouvera k qu’elles feront des vibrations dont les £ nombres feront en raifon inverfe de Ë leur longueur; ainf une corde d’une Ë toife de longueur, fera 9 vibrations | dans le temps qu'une corde de Otor- | es n’en fera qu’une, Si les cordes ne : _different | D-.U:8 O:N: ER different que par leurs diametres, célle quiaura un diametre 9 fois plus grand que l’autre ne fera , qu’une vi- bration, pendant que Pautre en fera 9. Enfin fi les cordes ne different que par les poids qui les tendent, celle qui fera tendue par un poids o fois plus grand, fera 3 vibrations dans le temps que Pautre n’en fera qu’une, enforte que dans ce cas les nom- bres des vibrations de chaque corde, font dans Je rapport des racines des poids tendans, Mais pour que ces expériences foient plus faciles à faire, on doit choïfir des cordes d’une cer= taime longueur ; comme par exemple, de 96 pieds, ou même plus longues; car alors les vibrations pourront être facilement comptées ; mais Ces Vi- brations doïvenr être très-petites, Or on fait qu'une corde de 96picds, peut faire une ofcillation dans une fecon- de (1). Le fon eft d'autant plus aTgu que là corde qui le produit fait un _ (T1) Quoique ce que nous allons dire dans cette note, ne foit pas abfolument né- ceffaire pour lintelligence de la queftion que fOUS traitons ; nous croyons cependant faire plaifir à un grand nombre de Ledteurs > C9 Tome IT, 26 DU SON plus grand nombre de vibrations dans le même temps, & d’autant plus. grave qu’elle en fait moins. II ne q E faut pas croire qu’on puifle rendre! ST expliquant d'une maniere qui nous paroît aflez claire, le rapport qu'il y a entre les. petites vibrations des cordes de mufique de même matiere, à raifon de leur longueur, de leur tenfion & de leur diametre. Suppo- fons deux cordes homogenes :44B, ab, - (Jig: 1 ) attachées aux points fixes A & a , & pañlant fur deux poulies B,5, & dont les dia. metres & les poids tendans P &p foient égaux, Si l’on applique au milieu de ces cordes dés puiffances flexiflantes égales, il eft évident que la corde la plus longue fèra flexie à une. profondeur M m, d'autant plus grande que cette Corde eft plus longue , de maniere que f'la corde À B eft 9 fois plus longue que & D, la profondeur M m fera 9 fois plus grande que la profondeur f:; en effét la ES) corde À B ne peut faire équilibre À la pui£ | fance flexiffante, à moins que l'angle AmB, ne foit épal à Pañgle a + b ; or pour cela , il ef néceflaire que les triangles Am B, a t b foient | femblables, un étant en grand ce que l’au- + tre eff en petit; & parce que À B vaut 94 fois ab, M m doit äuffi valoir 9 fois fr.-Cefi! pofé lation des poids P & p , pouvant être Ë confidérée comme uniforme pendant la refti: à tution des cordes, à caufe que le temps de | chaque vibration ef très-petit , nous pou- | vons füppofer que la force reflituante ft | conftante, qu'elle eftla même dans les deux | D'US $.0:w … #7 le fon aufi aigu qu'on le you- droit. Si nous en croyons le fameux Haller, (Elémens de Phyfologie;, tradu&ion de M. Bordenave, 2°.partie, cordes ; mais dans la plus grande , elle doit faire mouvoir une mafle nonuble ; ainf elle doit lui communiquer une viteffe o fois plus petite. Si nous fuppofons donc qué Pefpacé ft eft repréfenté par r ligne, cet efpace étant décrit par une force comme tr , fera décrit dans un temps repréfenté par 1, & la force qui agit pour rétablir la corde 4B, fera parcourir Îa neîlvieme partie d’une ligne dans un temps comme r ; & parce que les efpaces parcourus par l’aétion d’une force accélératrice conftanté, font comme les quarrés des temps , elle fera parcourir un efpace 8r fois plus grand ou 9 lignes, dans un temps comme 9,.c’efl-à-dire que le temps d’une demi-ofcillation de la corde À B, fera 9 fois plus grand que celui d’une domi-ofcillation dans la corde ab; ainfi les temps des ofcillations entieres, feront entreux comme 9 & r, où comme les longueurs des, cordes ; ce qui arrivera de même quelles que foient ces longueurs; C'eft pourquoi la corde a b fera 9 vibrations dans le temps que l’autre n’en fera qu'une, Suppofons maintenant que les poids ten- dans P & p, foient entr'eux comme 1& 4; le premier étant d’une livre , par exemple, & le fecond de 4 livres, & que les cordes de . même matiere foient également longues & 2 28 DU S one page 38 E le fon Je plus aigu qu’on : pue entendre, demande 7520 of- cilfationspar feconde » & le plus gravé. E - En exIge 30. M, Sauveur penfe que. également grolles ; il eft vifble que la même | ultérieure, fera le MÊMe ; & én füuppofant | que fon a@tion eft uniforme Pendant la refii. qui dure très -peu de temps , la corde 48. devra parcourir un efPace comme r ; dans nn fémps comme 1, &un efbace comme 4, | dans un temps SOMME, randis que lautr À corde qui n’a qu’un efpace comme r à par- | courir, (6 rétablira dans uà temps comme | 1; ainfi la feconde corde fera deux vibra- à tions , tandis que la Premiere n’en fera L qu'une ou ce qui revient au même, ces deux cordes feront. des Vibrations dont les nombres feront dans les Tapports des racines L 2 & 1 des poids tendans, & cela aura lieu .de même dans les autres Cas. | Nous avons confidéré le reffort des cordes; | comme étant le même pendant tout le temps de la reflitution quoique ce reflorr diminue À Proportion que Ïa corde fe rétablir ; mais . Du $ 6M 29 lé fon Teplus aigu que nous puïfions entendre, eft produit par une corde qui peut faire 6400 vibrations par feconde, tandis que le plus grave il faut remarquer 19. que le temps de la ref titution eff très-court, & que les chofes fe pañlent, du moins fenfblernent, comme fi la force reflituante étoit conftament la mé- me qu'au commencement de la refitu- tion, 2°, Que lon peut , fi l’on yeüt ; Cüncevoir une force moyenne entre celle qui agit au commencement de la refirution & celle qui à lieu dans l’état de repos, & regarder cette force comme une force refti: tuante dont l’afion feroit uñiforme; & l'or firera de cetre fuppoñition les mêmes confié: quences que nous avons déjà rirées de l'autre, | Suppofons à préfént que les cordes À + ab de même maticre, également longues & tendues par des poids égaux, ont des diametres qui foient entreux comme 2 & r ; alors la corde 4 B pourra être confidérée <omme compolée de quatre cordons , dont chacun feroit égal à la corde a b;(car les cordes font des cylindres, & les cylindres de mémelon- gueur font comme les quarrés des diametres, enforte que fi un cylindre de plomb pefe une livre, un autre cylindre du même métal, de même longueur, & dont le diametre éroit 2 fois plus grand, pefera 4 livres; ) mais alors chacun de ces cordons étant tendu par le quart du poids P, que je fuppofe de 4 livres, fera 4 fois moins tendu ‘que la B3 3o DU Sox. demande feulement 12 vibrations & demie dans le même temps, Le même. ylcienayant fu Pputé combien une. corde de mufque Parcourt d’efpace | Re corde ab, tendue par le poids p de 4 livres s c'eft pobrquoi la force qui pourra flexir la. Corde 4 D 5 dne Profondeur comme 43 ce cordon c tendu par un poidscomme x, fera fléchi à une Profondeur comme 4, la corde 4, tendue parun poids comme 4, étant fé. dire , que la corde 4 Ô fera 2 vibrations dans | € temps que le cordon c n’en fera qu’unes | or les autres cordons de la corde AB, &. Vera de même en fuppofant que ces cordes ont d’autres diametres différens, pourvu ue Jeurs longueurs & leurs poids tendans foient égaux, pu Son Es e dans un certain temps, lorfqu’elle eft vibrée avec plus de force, & com- bien elle en parcourt lorfque fes vi- brations font moins promptes, tandis cependant qu’elle donne le mêmeton, il a trouvé que cette corde parcourë en une feconde un efpace 72 fois plus grand dans le premier cas que dans le fecond; de forte qu'une même corde peut produire un fon 72 - fois plus fort , quoiqu’elle donne toujours le même ton. Cependant, dans les fortes inflexions le‘ reffort d’une corde d’inftrument réagit dans un rapport plus grand que celui qui eft entre ces inflexions ; enforte que dans une grande inflexion, elle exé- cute fes vibrations plus promptement que fi on la touchoït plus doucement, & qu’on lui fit prendre une imflexion Les Géometres, pour exprimer ce que tous venons d'établir dans cette note, difenc que le nombre des vibrations des cordes de même matiere, font en raifon direéle des ra- cines des poids tendans, €» en raifon inverfe des diametres 5 des longueurs de ces cordes. Au refle, nous avons traité cette matiere d'une maniere plus favante dans le cin- quieme volume de notre Cours complet de Mathématiques. - | B 4 38 pu So x; tube ; & dans Les flûtes traverfiéres ; la Bouche femble imiter une efpece de bec. L'air contenu dans le corps de Ka flûte, forme comme une efpece | tons qui different d'une o@ave , EXcitent le fentiment de {a Proportion de 1 À 2; une Guinte excite celui de la proportion de z | 4 35 & une tierce majeure. celui de la pro=. Portion , où du Tapport ; ( car ces termes font ici fynonimes )»de4à s, On comprend donc l’ordre qui fe trouve dans quelque | harmonie , quand on connoît toutes les Proportions qui régnent entre les tons dont "harmonie ef Compofée ; & c’eft le juge- ment des orerlles qui conduit à cetteson- noiffance. Ce jugement étanr plus ou moins lPautre, füur-tout quand les rapports entre les LOns font exprimés par des nombres un peu Srands. Cependant il ye des Mufciens qui | Penfent que les fons diflonans & diffans les ticuliere de l'organe, Ils aflurent d’ailleurs que lame ne compte pas les degrés des Confonnances, & ne fe plait pas dans leur fa- È cilité. D'autres aflurent que le plaifir que caufe la mufque, vient de la proportion qu'ont entr’eux les fons barmoniques, Si ce rapport eft aifé à (aifr comme ceux de 1 à 2, de2à3, les ns, difent-ils > feront agréaa p u S Oo. Ke 55 de corde d’une certaine longueur & groffeur, tendue par le poids ou la prelion de Pathmofphere; or cette preffion doit s’eftimer par la hauteur bles. Mais fi ce rapport ef difficile à faifr, ils feront. défagreables & difcordans. Ar veugle né auquel M. Chefeiden donna la vue, en lui abattanr la cataraëte, trouvoit agréable les formes régulieres & unies , Mais les corps pointus & irréguliers lui étoient défagréables; il en eft demème, ajoutent-t-ilss du plaifir des fons. : _ Outrel’harmonie, la mufique renferme enco- reunautre objet fufceptible d'ordre, qui eftla amefure par laquelle onaffigne à chaque ton une _ certaine durée: & la perception de la mefure confife dans la connoiffance de la durée de tous lestons.&-des proportions qui en naïllent, comme fi unton dure deux fois , trois fois où quatre fois plus qu'un autre, Le rambour & \a timbale nous fourniflent une mufque où la feule mefure a lieu , puifque tous les tons font égaux entreuxs; & K,il ny a point d'harmonie; comme il y a aufli une mufque où la feule harmonie a lieu, à l’exclufion de la mefure ; mais une mufque parfaite réunit l'harmonie & la mefure. Main- . tenant celui qui entend une mufique, & qui comprend toutes les proportions furlefquelles, tant l'harmonie que la mefüre eft fondée, a cer- tainement la plus. parfaite connoiffance de, cette mufique qu'il foit poffible phyfiquement d'avoir, pendans qu'un autre qui n'apper= 20 Du Son. du mercure dans Le barometre, Maïs: parce que les filets 4ériens > QUI COM* pofent cette corde, font également tendus par [a preffion de Pathmof. | Soit ces proportions qu’en Partié ou point du tout, n'ÿ Comprend rien ou en à une Connoïffänce imparfaite, Mais le plaifir fur lequel roule cette queftion, eft encore bieñ différent de cette connoïffance | dont on ‘vient de parler: quoiqu’on puille avancer hardiment qu’une Mufique produit plus de plaifr,, quand on en à une certaine con- noïflänce ; car la feule connoiffance de tou- tes les:proportions qui repnent dans une mu fique, tant à l'égard de l’harmonie que de la mefure, ne fume Pas encore pour exciter le fentiment du plaifir : il faut quelque chofe de plus. Pour fe Convaincre que la feule Perception de toutes les Proportions d'uñe mufique n’eft pas füfifante, on n’a qu'à fort fimple qui ne Marche que par des odaves , où la percep- tion des Proportions eft certainement la plus aifée; cependanr il s’en faut beaucoup que Cette mufque caufe du plaifir, quoique ce- Mais qui exige quelque peine ; i] faut > Pour -ainfi dire, que cette Connoiffance nous coûte quelque chof&, Mais une diffonnance dont ‘la Proportion confifte en des plus prands nombres, eft plus difcile À être comprile. DU $ O 7 phere, quel que foit le diametre de la flûte ; H eft vifible que les fons doivent être d'autant plus graves que les flûtes font pluslongues,& d'autant Re cependant une fuite de diffonnances placées fans choix & fans: deffein, ne plaira pas Il eft donc néceffaire que le compoñteur ait faivi dans {à compoñtion un certain plan ou deflein , qu’il ait exécuté par des propor- tions réelles & perceptibies; & alors, lorf- qu’un connoifleur entend cette piece, & qu'outre les proportions il en comprend lé plan & le deffein même que le compoñteur a eu en vue, il éprouve cette fatisfation qui eft le plaifir dont une belle mufque frappe les oreilles intelligentes. Ce plaifir vient donc de ce que lame devine , pour ainf dire, les vues &jes fentimens du com: poñteur, dont l’exécution, en tant qu'on la juge heureufe, remplit lefprit d'une agréable fatisfaion. C’eft à peu près une _ femblable fatisfadtion qu'on reflent en voyant une belle pantomime , où on peut deviner par les gefles & les attions, les fentimens & les difcours qui font repréfentés , en fuppofant d’ailleurs qu'on exécute un beau deflein : dès qu’on a deviné le fens d'une énigme propofée, & qu'on reconnoit qu'ik eit parfaitement exprimé dans la propof- tion de l'énigme, on en reflent un grand plaifir; au lieu que les énigmes plates & mal digérées n’en caufent aucun, Fels font 42 DU S Oo Plus aïgus qû’elles font plus courtes; ce qui s'accorde très-bien avec lex. Périence., On a auf Obfervé que le {on des Aûtes ef plus aigu pendant 1 peut-être les vrais Principes, für lefquels {ont fondés les jugemens fur Ja beauté des Pieces de Mufique, À ce raifons on pourroit doux, & dans les nerfs un ébranlement ca comme quand on fait commencer en même tués aflez près les unes des autres, & dont les longueurs font entr'elles comme 16, 9 4 ; de maniere que le premier faifant 4 vi Prations, le fecond en fait 3, & le troifieme :, dans le même témps : 9%. de leurs fils caufent na fentiment agréable, | dont les nombres font comme 43 3, 23 de forte qu’il ya une efbece d’analogie entre l’or- £ane de l’ouie &celni de la vue. Mais comme Ceci ne regarde plus a Phyfique , nous ren- Voyons ceux denos Leeurs Qui voudront con- noître plus particulierement Pourquoi cer- taines chofes Plaifent aux uns tandis qu'elles déplaifnt aux autres ; à ce que ROUS ayons dit fur cette matiere dans notre Méraphyfique » dans le Chapitre de la Sym Du SON. 43 un temps ferein & fort chaud, parce qu’alors l'air étoit-plus élaftique; le fon doit être plus foïble, par un temps de neige, parce que les vibrations 5 aériennes font amorties par les flocons de neige qu'elles rencontrent, qui, n’ctant pas élafliques , ne peuvent réa» gir contre Pair qui les frappe. La force. des fons dépend de fa force pathie & de VAnthipatie, où ils trouve= ront peut-être des chofes qui leur feront plaifir. On dit que la mufique guérit ceux qui ont été piqués par la tarentule , qui eff une efpece de grofle araignée , aflez com= mune en Italie, dont le venin caufe quelque= fois la mort. Quand on s’apperçoit que quel- qu'un a cette maladie, on effaie en fa pré- _fence différens airs, fur différens inftru- mens , jufqu'à ce qu'on ait trouvé éelui qui convient pour la guérifon ; on le re- gonnoit à certains gefles & à certains mouvemens cadencés quefair le malades Ces agitations ,; cette efpece de danfe & ces fauts excitent ordinairement une tranfpiration falutaire , qui étant renou= vellée de temps en temps, diffipe tont le venin : mais je ne garantis pas cette hifloire. Cependant, fi l'on en croit l'Hiftoire de l'A- cadémie des Sciences ( an. 1708, page 22 à on à vu des gens attaqués de fievres chau- des, être touchés d'un air de violon , fe lever, fauter, fuer, de farigue & être ZUÉTISa A4 DU S a N: ayec laquelle Pair eft lancé dans + flûte, & du Tapport qu’il y a entr 1a longueur &% le diametre de Pinftrut ment. Si l'on fouffe Op lentement. dans Ia flûte, on ne produira aucun {on ; mais fi Pon fouflle avec trop deb violence , le fon fera Plus aïgu qu'il ne doit être; ce qu'on doit attribuer à la trop grande promptitudes avec | laquelle la corde aérienne fait alors + f] fes OfCillations , comme quand on! pince avec trop de force une cords de mufique fort tendue, qui rend un ! {on plus aigu, que quand on lui fait | faire, des vibrations MOINS profons |: des (r), (1) Les ffites nous offrent encore quañs | tité de différences à examiner, dés anches, comme les haut bois : quard nous fouMons dans cette anche, & que nous en pinçons les levres avec les nôtres, nous les ébranlons , nous leur COMmmuniquons des yiz rations , & Par Ce moyen nous Produifons les mêmes vibrations dans Pair contenu dans fe Corps de la flûte ; f l’on bouche tons 5: les trous Ton Communique ces OfCillations À toute la male d'air renfermée dans le tuyau ; de. Les unes ont :| Mo à dl à D de ET RIT NRDRES TE ATET DU 9 ON, 4$ 14. Fout le monde connoit le porte - voix, qui eft un inflrument par le moyen duquel on peut fe faire entendre difln@ement à d’aflez gran- ébranler ; ainf le fon fera alors fort grave; mais fi on ouvrè le dernier trou de cet inftrument, la colonne d’air qu'il faudra mettre en mouvement » fera moins confidé- rable ; car ce fera, comme ffle corps de la flûte devenoit-plus court à proportion: & f l'on fouflle avec un peu plus de force, les ofcillations de la colonne d’air en devien- dront plus rapides, on entendra un fon plus aigu; & ce fon deviendra encore de plus en plus aigu, à proportion qu'on débous chera les trous qui font au deflus, proche de l'embouchure ; mais on doit faire atten- tion que ces fons dépendent auf de la force plus ou moins grande avec laquelle on fouffle dans l’inftrument, Les flûtes qu’on appelle douces , & celles qu'on nomme sra- verfieres ; «n’ont point d’anches, Mais il ya derriere le bec d’une flüte douce une petite fente, & lorfqu'on fouffle par cebec, l'air va frapper la languette placée defriere le bec : cet air divifé par le tranchant de certe lanpuette, s'échappe en’partie par cette ouverture, tandis que l’autre partie pénetre dans le corps de la füte, & la languette reçoit un mouvement de vibration qu’elle communique à l'air renferme dans l’inftru- ment ; & lorfque cet air ne peut s'échapper ‘ que par l'ouverture inférieure de linftru 46 pu So. des diftances. Plufieurs attribuent | loire de fon invention à Morlland, & d’autres à Kircher. Voici une mé thode qu’on peut fuivre dans fa conf: truction : donnez à l’inflrument une longueur g a de 4 pieds 8 pouce (fig. 3), & divifez - la de maniere que la partie g e foit de 32 pouces, la partie ec de 16, & la partie c 4 de 8, conftruifez enfuite Le tube avec une lame métallique , de fer blanc, par exemple, de maniere que Ja bow che de celui qui-parle puiffe s’appli- quer exadement à lembouchure, b k qui doit recevoir le fon qui en. fort ; le plus petit demi-diametre de la trompette parlante, doit être d’un. pouce, f e de deux pouces, c d de À # À É = = + b ment, & que tous les trous de la flûte font bouchés, les ofcillations de l'air font fort | lentes; mais elles deviennent très-promptés | f l’on ouvre l’orifice d’enbaut. Dans la flûte à traverfiere, la différence des fons dépend | fur-tout de l'embouchure : cette ouverture | devient tantôt plus petite , tantôt plis | grande, felon la maniere différente dont on la tourne vers les levres: mais la force Ë avec laquelle on fouffle contribue encore À | çerte différence. : DU BU So nv 7 quatre , a m de 8 (1). La trom- pette doit étre dirigée vers celui de _qui l'on veut fe faire entendre; on doit prononcer lentement toutes les fylabes ; il ne faut Pas trop crier, afin que Particulation foit plus dif tinde, Enfin celui qui parle doit pren- dre autant qu'il peut le ton que Ia trompette rend quand elle éft frappée. L'augmentation du fon dépend dela : < x LA os £ (1) Haze & Gravefande penfent que la forme la plus parfaite d’une trompette par- Jante, eft la figure parabolique ; parce que dans cette figure les rayons fonores SU qui partent de l’embouchure f; où doit fe trouver le foyer de la parabole, fe refez chiffent parallélement à l'axe fx, (fig 4); & afin que rien ne puifle trotbler Peñet que doit produire linffrument > On doit avoir foin de recourber la partie la plus large pour-que la trompétte devienne plus large. M. Haze veut qu'elle foit compo- fée de deux parties dont une foit élliptique, & l’autre parabolique (fo. s ), & qu'elles aient un foyercommun en b , afin que les rayons qui _ partent de l’embochure , placée au prèmier foyer de la portion élliptique, érant réfle- chis de tous Les points es, f,-d, c, fe croi- fent en D, pour êtré enfuite réfléchis paralle. lement de tous les Points L, li, & de la partie parabolique, S4 DU Sox. eft compofée de deux lames mincés | & élafiques, qu’on peut faire de. bois où de métal : elles forment un. Petit tuyau par un de leurs bouts 5! par l’autre elles font plates, & s'ap- | prochent de fort près. Lorfque le. {ouffle de la bouche où Le vent d’un | fouflet met l'anche en jeu, les deux | lames Battent l’une contre l’autre | vec une grande vitefle, & produi- : fent un fon qui paroïît continu, Ce: | pendant puifque ce fon vient des : Coups multipliés d’une lame fur Pau . tre , il eft évident qu'il ÿ a un petit | intervalle entre les battemens, & | par conféquent entre Les vibrations de Pair qui donnent le fon. La voix de la plupart des infe@es ellproduite par une méchanique aflez | femblable à celle d’une anche ; & lon ne doit pas croire que le bour- donnement des mouches, le cri des cigales , celui des grillons & des Ë fauterelles parte de la bouche de ces: petits animaux. Dans les uns , ceft un certain battement des ailes ; dans les autres, c’eft le jeu de quelque | _efbèce de tambour qu'ils ont quel * Quefoïis dans le ventre » Comme la D w.S O Ni av gigale ; & d'autrefois fur Ie dos , comme on peut l’obferver dans cer: taines fauterelles qui fe retirent dans les buiffons , & qui n’ont point daïles, = Le fon fera clair fi les vibrations de l'air ne font pas interrompues & empéchées ; il fera: rauque fi les vE brations font interrompues ; 1l feta doux fi les vibrations des différentes parties du corps fonore font unrfor- nés ; il aura dé l’âprété ft ces vibra- tions ne font pas uniformes (1). (1) On remarquedans certains corps des ens droits par lefquels , fi on vient à les toucher ; ils rendent des fons clairs & diftinéts , tandis que ces fons feroient confus , fi on les touchoit en d'autres endroits. Si deux cordes font montées. fur un infirument de mufque ou far deux, mais aflez proches lun de l'autre; lorfqwon pincera celle qui doit donner l'oc- taveraigue ; l’autre réfonnera; & on ob- feryera au milieu de fa longueur un nœud ou un endroit immobile; mais les autres parties de cetre corde frémiront. On remar- quera de même différens nœuds où points immobiles fitués en différentes parties des cordes montées à différentes oétaves, qui feront que les différentes parties de ces cordes donneront Puniffon , lorfqu'on pincera celle qui peut rendre le fon le plus aigu. 4 56 DU S 6.w 1 16. Si l’on Prend cinq cordes que. nôûs défignerons Par 4,b,c,d,e,de IMâniere que là corde 4 puifle rens - dre Ia douzieme an deffus de 2, ç fi On peut en quelque façon rendre raifon | de ces Phénomenes , en difant que les : ondes fonores produites par une Corde ve-… Corde; mais fon Mouvement (era interrompu j des harmoniques | de même diametre , tene | dues par des forces égales, mais non pas. SY %. ». F réfonne fait trois ofcillations » tandis que ‘autre n’en Pêut faire qu’une » la feconde fe divifera en trois partiés égales, ayant déux points de TéPos ; C'elt peut. tre I. FRANS ANTENNES TE RETT TT p uU S Oo N- 7 la dix-feptieme majeure au deffus de a, d , ladouzieme au deflous dea&e, & la dix-feptieme majeure au deflous de a ; fi on pince alors la corde a, raifon pour laquelle une oreille exercée, peut entendre un concert entier, lorfqu'on pince une corde Îongue & fort tendue ;. car alors non feulement on diffingue le fon principal qui répond au frémiflement total de la corde , mais encore les füns particuliers plus aigus qui viennent des parties divifées de la même corde, On pré- tend qu'une oreille bien exercée peut en- tendre 43 tons dans une oëtave. Sauveur penfe qu'on peut appercevoir dix oftaves, & Euler 8 Si on applique un peigne mince au milieu d'une corde, elle rendra Vottave du ton qu'elle auroit produit fans cet obffacle, pourvu que le mouvement de Varchet foit doux : mais fi lon prefle trop fortement l’archet, le peigne n'étant plus en état de faire obflacle aux vibrations natu- relles de la corde, elle donnera le même fon qu’elle auroit produit fans l'application du peigne, En général, pourvu que l’obfta- cle par lequel on veut diviferæinf la corde, foit mince, afin que les ofcillations paffer d’une partie À l’autre , qu’en mé la corde (it divifée,de maniere qu foient des parties aliquores exatt la corde, c'efl-à-diré, des moitiés, des tiers, des quarts, &c. comme fi Von met- toit le peigne au tiers de la longueur d’une C5 + $8 2: Du Sox les autres quatre réfonneront, fan qu'on les touche > & On verra aül quatre nœuds fur Ia corde e, & der! \ fur la corde 4, Ces phénomenes pa toïflent être une Loi de Là nature, À corde; l’on entendra dans tous ces cas quel. ques tons de mufique , produits par les del parties de la corde, La longueur d’unt, corde faitqu’une de fes parties commence}. d’ofciller, tandis que l’autre ef encore en. repos, On remarque auf qu'il y a des cor. des qui ne font Pas propres aux tons har. Moniques : fi on les tend, le fon devient. plus aigu qu'il ne faut; fi on les reläche® tant foit peu, il devient tout de fuite trop obtus, En examinant ces cordes avec attens. tion, on s’apperçoit fouvent que leur grof. feur n’ef pas égale, qu’elles ont comme. d’efpeces de nœuds: & c'eft-là peut-être he Caufe qui divife les ofcillations dans le! cordes longues, de maniere qu'on peut ets. tendre plufieurs tons. M, de la Grange penfk que peut-être certaines parties confonnes de | tout Pinftrument peuvent COnCourir à ce, de femblable dans un flapeoler, & ne peut fférentes impulfons # enfermée dans {à cavité en par- | s, dé maniere qu’outresle ton al qui répond À tonte Ja longueur | de l’inffrument , on peut auffi produire d'au: | Îres tons “harmoniques fecondaires 2 Ë pu SON. s9 & lon peut connoitre par-là tous les fons harmoniques. _ On comprend , par ce que lon vient de dire, pourquoi lon voit frémir les verres à boire, les vitres, & même les maifons ; pourquoi nous fentons dans nos membres & dans nos os un certain frémiflement , lorfque certains corps réfonnent. En effet, felon ce que nous venons de dire, tous les corps qui font à lu- niflon, ou à la quinte, où à la merce aïgue du corps qui réfonne , doivent xéfonner en même temps. 17. Lorgane de la voix peut être comparé à un inftrument à cordes; car l'expérience a appris au fameux Ferrein, que les deux leyres de la glotte , (qui eft une fente ovale par où l'air entre dans la trachée-artere pour fe rendre dans Îe poumon ),ne battent point l'une contre l’autre à la maniere d’une anche; mais que cha- une d’elles frottée par Pair qui vient des poumons , raïfonne à la maniere d'une corde fur laquelle on traîne un archet, Ce Médecin a reconnu que les bords de ces deux levres GC 6 en 60 DU Sox. | font formés Par dés cordons tend: NEUX , { qu'on PEUt appeller des: cordes vocales ), attachés de par & d'autre à des Cartilages , qui enles: tendant ävec plus ou moins de force, les rendent Propres à produire des fons plus où moins aigus, Ce Savant ayant adapté un foufler à des tra! chées toutes fraîches » l'air qu'ifie | - Pafler avec Précipitation Par la glorte, \ rendit des fons, & fes conjedures | devinrent des vérités évidentes. ë Î ÿ à des gens, Qui par habitude ou | Par Une certaine difpofition d'orvas 4 nes, produifent une voix fourde & 4 _ étouflée, qui fe forme par le frémife ent delair qui entre dans la trachée 2 | on lesappelle Veniriloques, mais im ; P'oprement ; car ils ne parlent pas du Ë ventre, I] y a un Ventriloque à Saint | Germain, à quatre lièues de Paris L qui à l’art de Modifier tellement VOIX , que ceux qui font auprès de lui, & qui né {ont pas fur leur &garde , Penfent qu’elle vient d’un | endroit éloïgné. Nous JEnvoyons | ceux de nos lecteurs, qui voudront | en fayoir davantage fur cette ma: | Sd ; Du S o N. ét tiere, à un petit Ouvrage Imtitulé Hidroftope & le Ventriloque (x), dans lequel nous avons tâché de rendre raïfon des différens phénomenes qu'on obferve dans les ventriloques. Au refle, ce que nous venons de dire concernant la voix humaine, ne s'accorde nullement avec lopinion de Dodard, qui admettoit, à la vé- tité, un frémifflement dans les levres. de la glotte ; maïs 1 penfoit que ce frémiflement n’influoit fur la variété des tons , que d’une maniere fecon- daire, & que toute la mélodie de la voix dépendoit de la différente ouverture dé la glotte. Mais Férrein a obfervé qu’en changeant cette ou verture ; [a tenfron des fibres reftänt (1) Cet Ouvrage fut imprimé en 1772, à l'occafon du jeune Provençal, qui voyoit, dit-on, à travers la terre. L’Auteur entre= prit d'expliquer ce phénomne, en fuppo- fant toutefois qu'il. exifloit; car quoiqu'il leût appris par les nouvelles publiques & par la gazette, il n'ignorait pas que le charlatanifime en impofe fouvent à des gens Qui n'y regardent pas d’aflez près : (Voyez les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1741; page 409), On le trouve à Paris chez Valade, + 62 vu Son: la même, le ton étoit le même ; &@ ce ton change lorfque la tenfion des, fibres elt différente. La voix ne de. vient articulée que par les modifica-. tions qu’elle reçoit dans Ia bouche, par les dents, la langue , les levres, les joues, Le palais. Le nez contri. Pue auffi à Ia beauté de Ha VOIX ;\ Car On n’aïme point à entendre quel. | qu'un qui parle les natines bou. chées; on dit alors qu’il parle du nez, expreflion tout-à-fait impropre, | puilque c’eft précifement quand on, n’en parle point qu’on s’attire un tel. reproche (1). | _ 18, Les Phyfciens cherchent de: puis long - tEMpS par quel moyen NOUS pouvons entendre en même F4 temps d’une maniere diflin&e, tant | de fonsdifférens, M. de Mairan penle que les molécules de Pair font des’| (1) Conrad Amman > Médecin d’Amfter : dam, enféignoit dans le dernier fiecle aux | muets de naïlance , à produire tous les mot: vemens néceflaires pour prononcer les lets | tres; & lingénieux Pereyre. enfeigne mai | tenant à Paris avec le plus grand füccès Ê l'art de parler aux ourds & muets de | naïflance, | ser D u, $ Oo. K 63 afflemblages fortuits des parties plus fubtiles , qui fe joignent & fe fépa- rent par mille caufes différentes, pour former des molécules tantôt plus grandes , tantôt plus petites, capables, par conféquent, de tranf- mettre des fons plus graves ou plus aigus , felon la nature du corps qui réfonne ; mais il paroît qu’on doit placer cette opinion dans la claffe des hypothefes ingenieufes, plutôt que dans celle des vérités phyfiques. En effet, les molécules de Pair font féparées entr’elles, ne {e touchent nullement, & il n’y aaucune raifon folide qui puiffe nous faire croire que les particules qui le compofent puñflent fe féparer ou fe réunir f facilement pour former des molécu- les de tant de différens diametres qu’il feroit néceffaire , pour produire & tranfmetre fans confufon, tous les différens tons que nous pouvons difinguer féparement ou enfemble, D’aleurs, pourquoi les mêmes parties de lair ne. pourroïent-elles. pas produire les difflérens tons ? Sup- pofons qu’un certain ton demande 64 vibrations dans un temps donné, 70 pu Sox, placé en : ( fig. 7 ), l’obferw teur étant enp, à peu de diftäné, du corps fonore ; cet obfervateu. entendra dabord le*fon dired qui parviendra à fon oreille, en fuivan. da Tigne t: p ; mais le fon fe prop _gera aufñli felon Ja diréäion + m, &. rencontrant en m Pobftacle c d ile. réfléchira felon Ia Tone mp, & pa. roîtra venir du point #, en fuppo: * fant Ia ligne mn égale à Ia lignék mt; de {orte qu'il mettra autant. de temps à parvenir en p , quesil étoit parti du point nr, & qu'il n’eit) rencontré aucun obflacle fur fon. chemin, Si Pefpace n p et alu. grand, on pourra aifément diftine. guer le fon réfléchi du fon dire& 1] €e qui n'arrivera pas ff cet efpaceel | fort petit ; car alors le fon direû fe. confondra avec le fon réfléchi, &! on n’entendra qu'un feul {on, St : l'obfervateur eft très-proche du corps | fonore, & que l'obftacle s’en trot F ve éloïgné d'environ $35 pieds, ik ÿ aura environ une feconde d’inter: valle entre Ia perception du font dire, & celle du fon réfléch: 5 & À par conféquent tous les mots que | pu S 06 x. 7x — quelqu'un prononceroïit pendant cet intervalle, feroïent rendus par l'écho lorfque cette perfonne cefferoit de parler. Il y a des échos qui ne pro- noncent qu'une fyllabe , ( on les appelle mono/fyllabes ); ceux qu'on nomme polifyllabes, rendent plu- fieurs fyHabes, ce qui dépend de la diffance de lobflacle qui réfléchit le fon relativement au corps fonore, & à Vobfervateur, Lorfque les mu- ficiens jouent prefliffimo, ils exécu- tent ordinairement fur le violon 9 ou 10 fons dans une feconde ; & on ne fauroit diftinguer les fons s’ils fe fuccédoïent avec plus de rapidité; de forte qu'une oreille habituée à entendre la mufique , ne peut diftin- guer l’écho du fon dire&, que lorf. que le fon réfléchi ne fuccede pas plus promptement au fon direë , que Îles fons fe fuivent dans un con- _ cert. Merfenne demande 69 pieds de diflance entre le corps fonore & l'obflacle , pour qu’on puifle diftin- guer un écho monofyllabe; mais pour le même écho, Morion exige 90 pieds de Londres de diftance en- tre le corps fonote & l'obflacle : H 72 DU $ ox. demande 105 pieds de diftance pou un ccho de deux fyllabes : 160. pieds pour un de 3 fylabes : 18) pieds pour un de 4 fyllabes : 20) pieds pour un de 5 fyllabes : si] ‘a avoit des obflacles difpofés à des di! tances différentes d’un homme qi. parleroit, enforteque Iesplus éloïgnil fuflent plus hauts que les plus pré tous étant difpofés de maniereue réfléchir le fon vers le même endroit, on entendroit alors différentes repét : titions fucceflives de Pécho : mal. comme Îa voix paroît ordinairemell. plus foible & moins claire Jorfqu’elk. vient dun endroit plus éloïgné hi répétition qui viendroit de l'échol plus voifin, feroit claire ; les autié. deviendroient baffes de plus en plust enforte que fi dans cette fappof tion on prononçoit lexclamatioll ah , les échos répéteroient cette ft Rbe, dont le fon s’affoibliroit de. plus en plus; ce qui repréfenteroi| affez bien les gémiffemens d’un mo} ribond. Maïs ff un -obflacte a un). figure concave, propre à réfléchi} un grand nombre de molécules d’ai Vers un même endroit, l'écho qui Ë S réfulter | DU S:0.K: GE réfultefa, pourra être plus fort que celui qui doit fon origine à un obf tacle moins éloigné, dont Ia figure eft différente. Les murs paralelles fortélevés, produifent des échos re. doublés, commeïl y en à eu autre- fois dans le Château de Simonette ,: dont Miffon & Kirker ont donné la defcription : il y avoit une fenêtre d’où celui qui parloit, entendoit 40 fois fes paroles. Celui de Woftoc répete diflinement 17 fyllabes pen- dant le jour, & 20 pendant la nuit; ce qui vient , fans doute, de ce que pendant la nuit Ie mouvement de frémiflement des molécules de Pair Et moins interrompu que pendant le jour, où Pair reçoit différens mouvemens qui fe troublent lun l'autre, Il paroît même que tous les fons que nous entendons, font com. pofés du fon primitif produit par Le corps ébranlé, & des fons fecon- daires produits Par des corps envi- Tonnans, ébranlés par les fecouffes élafliques du fon pümitif, Les mu- railles, les vieux remparts des villes, les édifices , Les rochers, les mon-: tagnes, les cavernes , les hauteurs Tome IE, =. D y S on fituées de l’autre coté d’une riviere’. >] les champs couverts de certaines. plantes qui montent fort haut, les. nuées mêmes peuvent réfléchir les. {ons, & produire un écho, De ? viennent ces terribles coups de ton! nerre, dont les éclats répétés reten- tient avec tant de bruit : f on tire [le canon orfque le temps ef ferein , on n’entend ordinairement qu'un feul coup; mais le coup &@ fait entendre plufeurs fois Iorfque le ciel.eft couvert de nuages, Dans le grand nombre des arbres qui trouvent dans une forêt, il sen. trouve toujours un certain nombre difpofés les uns par rapport aux autres en figure concâve, & pro: pre à renvoyer Île fon du même côté. If nef donc pas furprenant que. les forûts produifent lécho, Les rochers peuvent étre difpofes | de même, & de plus avoir dsl cavernes ; ce qui doit encore pr® | huire lécho, - Les obférvations font voir quil y a des échos de mer comme dés L échos de terre. Des coups de fufil | tirés fur des oïfeaux de mer , op DRE TT PP PENRTER TPS PORTES ER ETUI EE IT - bu Son. 7 Été répétés par des groffes vagues placées fous Ie vent du vaiffeau d’où partoit Ie coup. Des paroles forte- ment prononcées dans un porte-voix, ont été répétées très- difindement par le côté convexe des voiles de plufieurs vaifleaux, qui pafloïent au vent du vaifleau d’où venoit la voix, Îl faut du vent pour produire des échos en pleine mer ; car lorfque le vent ne fouffle pas , Fa mer eft calme où peu agitée, & les voiles des vaifleaux n’étant pas enflées , ne peuvent réfléchir le fon, ni par. conféquent occafionner des échos marins. Voyons maintenant en peu de mots Comment Ile fon fe tranf. met jufqu’à l’organe de louie, 22. L’oreïlle extérieure qui a Îa forme d’une efpece d’entonnoir ou de pavillon, formé Par un cartilage claflique, eft terminée par Îa con- que qui forme lPembouchure du Conduit auditif, qui eft terminé in térieurement par la membrane du lYmpan , compofée de plufieurs lames, & dans laquelle on n’a pu jufquw’ict découvrir aucun trou natu- rel, de maniere que le Palläge de D > | 6. DU. SO. Ni | la fumée par cette voie eft une f&. ble. On trouve derriere cette meme! brane une cavité, dans laquelle s’ow. vre un canal qu’on appelle Ia rompu d'Eufiache, ( qui fe termine par une. ouverture ovale derriere les nark nes, dans la cavité du gofier ), pat. Je même moyen duquel Ia caïfle du, tambour communique avec lair den la bouche. L’Auteur de la natureak placé quatre offelets dans cette + vité, favoir, le marteau , l’enclume, l’étrier , & los orbiculaire : le marteau Ë adhere à la membrane du tympar, par fon manche, fa tête repofe fur l’enclume, dont Ia longue branche. reçoit le quatrieme offelet placé fur! Pétrier, auquel il communique lil fecouffes qu’il a reçues. La bafe de! Pétrier s'adapte exaement fur w! trou conforme à fa figure, & qu’on. appelle Ta fenétre ovale , derriere 4 uelle fe trouve une autre cavité qu’on. appelle labyrinthe , ou oreïlle interne F À cette cavité répond Ia fenétrek ovale dont nous venons de parler, | auMfi-bien que [a fénérre ronde, fer \ mce par une membrane mince, qui empêche que Tair ne pañle deh| Du Son. 77 câvité dutympan dans le labyrinthe. Le milieu de cette derniere cavité, greufée dans cet os dur, que les * Anatomiftes appellent los pétreux , prend le nom de vefhbule. On trou- ve dans cette cavité trois canaux demi-circulaires , qui s'ouvrent dans le vellibule par cinq orifices, avec un noyau offeux quon appelle.le limaçon : ce limaçon forme deux pires & demi, & va toujours en diminuant ; mais fon canal fpiral eft partagé en deux loges, par une cloï- - {on fpirale qui fe prolonge dans la cas vité du canal. La portion molle du nerf auditif entre dans los pierreux, {e difiribue en partie au veftibule , aux canaux femi-circulaires, & en paitie au limaçon dont un des orifi- ces s'ouvre dans le veftibule, & l'autre dans la fenêtre ronde, Mais la partie dure du nerf acouftique , fe rend par différens rameaux à la membrane du tympan , à oreille ex- terne, & aux parties voifines (1). (1) On nous permettra de faire une de éription plus étendue en faveur de ceux qui aiment l'anatomie, L’oreille externe «bc D 3 = Ê 78 D U S 0 x. Ë Le fon excité dans l'air, Va fraps pet dabord Poreille externe & la. conque, d’où il pañle dans le CON | duit auditif pour ébranler Ia ue | | (ir. 8 yet élaftique & à une figure | propre à ramafler le fon, le réfléchir, & le conduire dans le canal auditif cd, en, partie offeux, en partie cartilagineux & terminé par Ja membrane 4 du tambour. | qui n’eft elle-même percée d'aucun trou C’eft fur cette membrane que repofe leh manche 4 d’un offèiet qu'on nomme le mar Ë eau & qui lui e& adhérent, Le marteau s'articule avec un autre oflelet e appellé! lenclume, & l’enclume avec un autre ofle, let 1 orbiculaire ou lenticulaire , qui ef lui-même articulé avec un offelet 2 quoi, appelle lérrier. Le célebre Albin à décrit ces quatres offelets , (qu’il n’efl pas aifé de à bieñ repréfenter dans une petite figure }, avtc Ê beaucoup d’exaitude, Le marteau a tros à muftles qui fervent à rendre & à relâcher ki | membrane du tambour : derriere cetre mem: k. brane ef placéeune cavité confidérable de figue h re ovale quoiqu’irréguliere. Dans cetre cavité | s’ouvre la trompe d'Euflache dont la partie | qui répond à la bouche ef la plus large: à enforre que l’air peut pafler de la bouche | & des narines dans la caifle du tambours à & lorfque la trompe d'Enfache eft obftruce, | il en réfüulte une efpece de furdité, Si quel | qu’un mer dans [a bouche un tube à l’autre u extrémité duquel un autre homme parle à voix balle, celui qui tient l'extrémité du | FIFA TEE 2 canal dans la bouche, entendra diflin@ement le fon, quoiquune perfonne intermédiaire . placée auprès du canal ne puifle rien en: tendre. À cette même cavité, maisen allant du côté du cervau, répond a fenêtre ronde € la fenêtre ovale, qui four routes les deux fermées par une membrane ; de maniere que la bafe de léciier repofe far celle de la fenêtre ovale, On rencontre d’abord dans le Jabyrinthe le Veñlibule formé par une cavité irréguliere, creufée dans cet os que les Anatomiles ap=. pellent os pierreux, Dans cette cavité sou vrent les cinq orifices des trois canaux femis circulaires K, ï, h creufés intérieurement, de même que l’orifice du Façon +, qui €ft un conduit fair comme une vis qui auroit deux fpires & demi, terminé par - une pointe. Ce conduit eft partagé par une _cloifon très - mince NM (fig. 9), en deux autrès canaux dont l’un répond à la fenéc tre ronde qui eft à l'oppofite du centre de a membrane du tambour, & l’autre s'ouvre dans Île veflibule, Cette efpece de corde .. qui pafle fur la membrane du tambour , ef un rameau de nerf qui doit fon origine à la cinquieme paire. Le nerf auditif eft compofé de deux par- æies, dont l’une fe nomme portion dure, & & DE S ON. 79. brañe du tympan. Cette membrane met en mouvement l'air de [a cavité du tambour, dont le frémiflement fe communique, par le moyen des 860 Dr L'OPTrour: : miere direde, qui vient d'un objet. vifible jufqu’à Poil, fans éprouver. ni réflexion ni réfradion. Mais fans NOUS embarrafler de toutes ces dif : tindions, nous regarderons optique : comme la fcience de Ia lumiere, | foit direde, foit réfléchie ; foit ré k fratée, . CHAPITRE PREMIER, TR REPRISE RESRTETES .… De la Nature de 14 Lumiere. 24 Érue apprend que ka. lumiere fe réfléchit comme les COrpS à parfaitement élaftiques , en faifant È Pangle de réflexion égal à celui d’in- Ë cidence. Mais fi un rayon de lumiere … Ja X fig 10 ) pafle de l'air dans fie verre, an lieu de fuivre la diredion À £, prendra le chemin 4m. Si du À point a comme centre avec le rayon | a f, on décrit un are de cercle fnit, | & que des points m &.+ on abaiffe Jes Perpendiculaires mn ,tr , furla ligne hf ; qui el elle-même perpendicu: LL laire à la furface réfringente } d, É) per’ O?TIQUE 87 on trouvera que ces lignes font tou- jours dans un même rapport, de maniere qué f la lumiere pafle de Pair dans le verre, la ligne t r fera à la ligne m n à peu près comme 3 à 2; mais fi la lumiere pañle de Paix dans l'eau, ce rapport fera comme 4 à 3. Heft vifible que la lignetr eft le finus de l'angle # a f que fait le rayon incident avec la perpendi- culaire h f, & que la ligne m n eft le finus de l'angle de réfraétion formé par le rayon réfradé m a & la même perpendiculaire; c’efl pourquotr les Phyficiens difent que quand la lumiere palle de l'air dans l'eau ou dans le verre , le finus de l’angle d'incidence & de réfraëlion font toujours dans un rap- port confiant. Si la lumiere pafle du verre dans Pair, le finus d'incidence fera à celui de réfraion , comme 2. à 3 ; il fera comme 3 à 4, ft la Tumiere pafle de l’eau dans Pair. Sx la lumiere pafle de l’eau dans lair , de maniere que l'angle d'incidence foiït d'environ so degrés, elle ne péné- trera pas dans l’a, maïs de la fur- face de l'air il fe réfléchira & ren- trera dans l’eau ; un rayon de lumiere F 88 D+x L’'OrrTrqur. TEntrera aufli dans le verre, au lt € pénétrer l’air, f langle d'in. dence ‘eft de plus de 48 degrés 34 minutes , parce que le finus de Pangl. de réfra@ion étant: celui d'incident COMME. 4 2 ice nus fero plus grand que le finus total où ki 7,907» Ce qui eft impoffible. Maiïsi , l'angle d'incidence eft précifément ( 48-déprés 30 minntes ; comme } TaYON vaut I fois & demie ce fau) le finus de l’angle de réfra@ion [en égal au finus total 3 c’eft pourquoil TaYOn réfradé rafera La furface di verre b d, en faïfant un angle droit. 2vecune ligne perpendiculaire à cetit furface, _” 4 Ieft aifé, dans notre théorie , dx. Pliquer pourquoi un rayon de ln _Mmiere f2 qui pale de Vair dans Peau Ou dans Ie verre b pad, abandonne le chemin f: pourfuiyre la ligne am, car fi le mouvement d’un globule)E eft exprimé par la ligne fa, diago, nale du retanÿle x [u 4, On pou} facilement décompofer ce NOUS ment en deux autres ; Pun perpen-h diculaïre à Ja furface b d., & laut! parallele à la même furface. La forct Là Dr L’'OP TIQUE 89 _ perpendiculaire fu feraaugmentéepar Ja force attraive du milieu b pq d qui _ agit fur le globule lorfqu’il fe trouve auprès de la furface b d, tandis que la force parallele n’eft nullement augmentée : ainfi Ie globule f'étant arrivé en 4, abandonnera la ligne ft &c ‘ s’approchéra de Ia perpendiculaire a f, en fuivant la direction am. Maïs fi ce même rayon rebroufloit fon che- min en fuivant la direction ma, lorf- ” qu’il feroit arrivé auprès de 2 , la force _attradive du milieu b p qd étant plus _ grande que celle de l'air, poufferoit ce rayon vers la furface b d, & lui feroit fuivre la diredion a f. 3. Lesobjets ne deviennent vifibles que par le moyen d’un fluide fubtil. qu'ils envoient ou qu'ils réfléchiffent vers nos yeux, Ce fluide forme des _ lignes droites que nous appellons'des rayons de lumiere , qui vont en s’écar- tant les uns des autres comme les tayons d'une fphere, à proportion qu'ils s’élorgnent du point réfléchif- fant, où de l'objet lucide. I eft cer- tain que Îa lumiere ne parvient pas de l’objet lucide jufqu’à nous dans un inflant mdivifible. On fait en effet A que Îa terre r { fig. 11) tourne tour du foleït / avec Jupiter m don. l’obite renferme celle de notre globe Le premier fitellite p de Jupta toume autour de fà planete dans. lefpace d'environ 42 heures ; de. maniere que nous Le perdons de vue, lor{qu’il fe trouve derriere Ju piter pat rapport à nous: cell ce qu’on appelle à une éclipfe, Les Aftronomes ont re! Marque que l’éclipfe arrive plus tard. d'environ un quart d'heure, lorfque! da terre {e trouve ens , que lorfqu’elle} eft Située en ». Mais dans le premiet | cas le foleïl étant placé entre Jupiter & la terre, Ia lumiere qui vient dt} fatellite jufqu'à nous, doit parcourit & Île diametre de l'orbite terreftre ; a lieu que la terre étant en n entre k | foleïl & Jupiter, la lumiere n’efl oble | gée de parcourir que la diftance mi \ qu'il y à entre Jupiter & Ia terre. | C’eft pourquoi dans le premier cas, ‘Ia lumiere parcourt a ligne n r de plus que dans le fecond ; & cette ligne étant d'environ foixante-huit | miMions de lieues, [a luiniere met environ un quart d'heure à parcourt À gét efpace ; & par conféquent ellé : a pr L'O2TTreUr 91 emploie un demi-quart d'heure à parcourir là diflance f + du foleil à la terre, ou trente-quatre millions de lieues. C’eft la raifon pour laquelle une écliple du fatellite p qui feroit apperçue aujourd'hui à 10 heures du foir, f. la terre étoit en n, ne laïffera qu'environ à 10 heures & un quart la terre étant en t (1). | Defcartes prétend que le foleil eft un amas de matiere fubtile, dont lagitation communique un mouve- ment en ligne droite aux globules du fecond élément parfaitement durs , (1) Cafini & Maraldi douterent ong- temps de la vérité que nous venons d'éra= blir; parce qu’il y a beaucoup d’inégalités dans les fatellites, ( dont il faut tenir compte quand on veut calculer leurs éclipfes avec exadtitude), qui avoient été négligées dans les Tables de Cafini. Quelquefois ces iné- galités fe détruifent mutuellement, le plus fouvent, elles produifent une erreur. Mais fi lon a égard à la propagation de la lu= miere , aux inégalités du mouvement que les attrations des fatellites de Jupiter & du Soleil, peuvent produire dans les viteiles , & à la figure dés orbites de ces mêmes fatele lites, on trouvera un accord admirable en- tre l’obfervation & la théorie. RUE 92 DFE L'OrTrQUE. qui rempliflent les efpaces célefit & qui fe touchent immédiatémentés uns les autres, Dans cette hypotheks les lignes de ces globules feroïeït. comme des verges de fer, dont une. extrémité ne peut avancer d’un côté, | fans que l’autre ne parcoure un églk efpace & Ia PTOpagation de la lumiete feroit inffantanée & non pas Juccfh Je. Pour fe tirer de cet embaräs les faccefleurs de Defcartes ont Emil ginéqueles globules lumineux étoientk élafliques ; & Moliere à fubftituéib ces globules des petits tourbillons duk fecond élément ; maïs. il admet le } plein parfait comme Défcartes on faïfant pas réflexion que des globulsk Où même des petits tourbillons GEAR tiques ne pourroient être comprimés. ni {e dilater vers les côtés , à moi qu'on r’admette du vuïde ; enforte que dans cette opinion comme dans & celle de Defcartes, La Propagation de h la lumiere feroit inflantanée & n01 4 fuccefive. 7 4. Seguy penfe que Îes efpacts célefles font remplis de fluide igné, & que la lumiere confifte dans un Mouvement de vibration quele fofei ve SE Ca A CR CSS ME. L'ORTIQUE 07 lui communique. Le célebre Euler foutient qu’une matiere élaftique, très- rare & très-poreufe eft répandue dans Les efpaces céleftes depuis les étoiles & le {oleïl jufqu'à nous, & que la lumiere confifte dans les impulfions Ou vibrations que Îes corps lucides communiquent à cette matiere, II n'explique pas d’une maniere fatisfai- ante, pourquoi la lumiere paflant de l'air dans le verre, fe réfrade en. S’approchant de la perpendiculaire, tandis qu'une pierre fe réfrade en s’en éloïgnant. II foutient aufi que * es vibrations de l’æcher , ( qu’il nous donne comme une matiere fort élaf- que, fans s'embarraffer de nous: dé- velopper la caufe de cette élaticité), fe tranfinettant avec beaucoup plus de facïlité dans l'air que dans le verre : ou dans Veau, de maniere que la vitefle de [a lumiere diminue sdans les milieux plus denfes, Pourquoi. donc la lumiere pañlänt de l’eau dans Pair, fous un angle d'incidence de so degrés 'eftelle réfléchie de la fur- face de Pair & rentre dans l'eau? {1} 72 - (1) 11 y a encore d’autres phénomenes tels SE DE TL -OPTTro UE | D'autre côté, dans hypothefe À Seguy & d’Euler , la lumiere dev mettre en toute forte de fens. Cl la raifon pour laquelle le fon qu palle à travers un trou de fa port. d’une chambre fermée, eft entend de tous les angles de Ia chambre, comme ff le corps fonore étoit placih Peau fe tranfmetrent au - delà dit Obflacles, comme les vibrations quel. le fon produit dans Vair: la mémt chofe arriveroit aux ondes luminel fes” qui fe tranfinettroient juiquis nous , lorfque le foleil eft fous l'hoïs Zon, & nous jouirions d’un jou. éternel. Lorfqu'on introduit un rayoik de lumiere dans une chambre un pa + LISE que Îes accès de facile réflexion & de fadhh tranfmiffion, dont nous traiterons dans la fuite, É que cet Auteur célebre sef difpenfé pr à demment d'examiner, abandonnant tout € à que fon fyflème ne Pouvoit préfenter heu h reufement,. .,, Et que defperat ; traf à nirefcere polfe , relinquir, 4h _ Horat, Art Pot Là Dé L'ODT ro Ur. o$ . Obfcure par le moyen d’un trou fait au volet d’une fenêtre , & qu’on fe place de côté, onapperçoïit ce rayon ; parce que es particules lumineufes font réfléchies en différens fens par l'air & les corpufcules qui voltigent dans ce fluide; c’eff*la raifon pour laquelle f on fait pafler un rayon de lumiere à travers un tube de verre dont on a pompé Pair, celur qui refte ne réfléchit qu'une très-petite quan= tité de lumiere. S- La plus petite étincelle de In- miere produite dans l’athmofphere , Peut être vue de tous les points de R furface, Si on place un COrPS Opas que entre lPoœil & létincelle, elle difparoît ; ce qui démontre qu’on la _Voit par des efpeces de rayons con- duits en ligne droite de Pétincelle JuQqu'à Pœil : a ténuité de ces rayons. eft étonnante ; car f on fait un trou. À une carte avec une épingle, un obfervateur couché furte dos, pourra, En regardant au travers de ce trou : diffnguer tous. les objets qui rem- pliffent lhémifphere célefte. Mais pour voir tant d'objets différens . Heft nécefläire que la multitude pref. 102 DE L'OPTIQUE, les bleus, les indigo & les viole, dont le mélange, ainfi que nous le. verrons dans la fuite, donne la cou. leur blanche , rien n'empêche de fuppofer que les forces répulfives | qui produifent lémifion de la hi à miere, agiflent un peu différemment! fur des molécules différentes » Cl eur communiquant une vitelle un! peu différente, quoique nous ne. puiflions pas nous appercevoir dk cette différence, Mais sil s’agit del rayons d'une même efpece, Ja vitel| fe doit être à très-peu près la mt. me, parce que Parc répulff qui k, produit eft le même. Si la fermer. tation du corps lucide vient à we. _rier, la quantité de lumiere qui a fortira ne fera pas toujours la mêmes | & c'eft peut-être Ja raifon pour & | quelle Ia grandeur apparente de cer. F taines étoiles fixes augmente & dr | minue, ainfiique Pont remarqué les | Aftronomes (1}. Ë RER \(1) M. Newton prétend que les points | € matiere s’attirent dans les petits ae | tervalles ; maïs que les diflances venant à à être un peu augmentées , la répulfon qi | l DE L'OPTIQUE. 103 8. Lorfque les globules lumineux traverfent un milieu, comme Pair ou l'eau, par exemple, les parties de ce milieu agiflent par leurs for- ces attradives & répulfves, fur dif- férentes parties de ces corpufcuies, dérangent leur mouvement redili- gne, & leur font décrire une efpece de courbe qui va en ferpentant ; mais comme ces ferpentemens font très-petits, la lumiere nous paroît décrire une gré Aro 9. La lumiere n’eft pas homo- gene , chaque rayon blanc étant compofé de fept autres rayons qui n'ont pas la même réfrangibilité. En- troduifez un rayon de lumiere dans une chambre obfcure , par le moyen d'un trou rond de la groffeur d’une plume à écrire, fait au volet d'une produit l’émiffion de la lumiere, fuccede à Vattrattion. Il eft bien difficile d’expli- quer dans ce fyflême l’origine & la caufe des vibrations, Car f les points fe trouvent dans-les diffances. où l’attra@tion a lieu , üls s’approcheront pour former une mañle.folide, Si au contraire ils fe trouvent dans des diffances de répulfion, ils fe diffiperont , & il ny aura point de vibrations dans la matiere lucide. : E 4 104 DE L'OrTiiQ ur. fenêtre ( fx 12); # vous réces vez ce rayon fur un carton paralell | au volet de la fenêtre , il peindi un cercle Blanc. Prenez enfuite ui prime triangulaire de verre, dont On voit la coupé tranfverfale a ° D EP, placez ce prifme de ma. niere que Je rayon folaire rencon | tre obliquement la face D E:«œ YayON aprés avoir traverfé le prifme, ira peindre fur un papier MN (où. far a muraille oppofée) ,: placé à la diflance ‘d’environ 16:.pieds, - - une image MN, environ cinq fois + plus longue , mais de la même fargeuwr que s'il ny avoit point de prifme Cette tnage . fera terminée fupéz rieurement & inférieurement par | deux demi-circonférences de cerclé, & latéralement par deux lignes drok | tes, Le fpeûre M N reprélente fept couleurs différentes , de maniere . que le rayon rouge occupe lextré- mité inférieure N; viennent enfuite Ÿ + è par ordre, l'orange , le Jaune: le verd , le bleu, Pindiso: où le pour= pre, & le violer. Cette ‘expérience démontre évidemment qu'un rayon blanc de lumiere efl compolé de se ’ DÉ L:OPTDIQ UE 10$ fept rayons différens: ; dont lé rougé qui s’écarte le moins de la diredion ÉI, eft le moins réfrangible , tan- dis que le violet, qui parvient en M, fait le plus grand angle de ré- fradion., &!, s’écarte le plus de. Ja ligne droite , qu'il auroit fuivie fans Pinterpoñtion du prifme. L’inter- valle qu occupe, le rouge dans le fpetre, contient toutes les nuances du rouge; on trouve auf toutes les nuances du ] jaune dans Pintervalle jaune, &c, ; - Mariotte. & Rizzeti prétendent avoir. obfervé que les couleurs dont nous veñons de parler ne font pas immuables, & qu'on peut les chan- ger par une feconde réfration, Mais Martotte, habile d’ailleurs , a manqué de dextérité ou d'attention en fai- fant ces expériences, ou bien ül s’eft fervi de prifimes imparfaits,, parfemés de bulles & de fillons. En effet, les. expériences de Newton ont été répétées avec grand foïn- par les Académies de Londres, de Paris, en Hollande. en Iralie, en Alle- magne, & toujours avec le même. fuccès, Celt donc fans raifon qu’elles. ES 106 DE L’'Or Trou 1 font rejettées comme faufles , paru ou deux Particuliers , qui ont puk tromper facilement: faute de bo! infirumens , Ou par quelque circonti tance qui Jes à empêché de réuffir| Au refle, quand nous difons qu'un. rayon blanc de lumiere contienl fept filets différens ; Yun rouge: l'autre jaune, l’autre orangé, &0h nous prétendons feulement que kb filet rouge , par exemple, a la pro k _ priété de faire une certaine imprek fon fur l'organe de la vue & fall nerfs, à laquelle PAuteur de La | ture a attaché la fenfation du Touge | tandis qu’il a attaché la fenfationdi È violet à l’impreffion que produit k Û filet | que nous nommons ray violer ; Ge. : 7-42) On peut remarquer que, quoique | le fpeëre 3 N parole terminé # ï iéralement par des lignes droites, | il eft néanmoins compofé de diff | rens cercles des fept couleurs , «doit. HOUS venons de parler, qui {oi à tellement mélés ‘entreux, & enf k grand nombre, que les extrémités Ë æ de leurs circonférences paroïflent fe ioucher , & former des lignes droites, | DE L”O 56 TrQ.u r 107 Le brifme ne fait autre chofe que féparer des rayons, qui par letir mé- knge formoient la couleur blanche. En effet, f lon fait un trou à un carton où à un papier qui reçoit le fpedre M N, pour laïffer paffet le faifceau rouge, afin de le faire tomber fur un autre prifme, ü ref tera toujours rouge , quelque nom» bre de réflexions ou.de réfrattions qu'il fouffre; feulement il saffoi- blira, parce que plufeurs de fes globules ferorit diffipés par Îles ré- flexions ,; ou abforbés dans Îes ré- fradions. Ce que l'on vient de dire dusrayonrouge, doit s'entendre éga- lement de lorangé, du jaune, &c. *°$i lon touine.lé ptifime D E P d’une certaine maniere, on pourra faire paroître fur le carton K L le feul rayon violet, qui eft le plus réfran- gible de tous; & en continuant de totrner, les autres fe placeront fuc- ceflivement fur le même carton KL, & lon pourra même, en con- tnuant de tourner , faire monter le Yäyon rouge juiques en r , où !l pallera par un trou convenable d’en- vison 3 lignes de diametre. Sr alors 408 DE L’.Or vre vu BE . on le reçoit farun Prifne e:dp;ilint peindre far un antre carton-m n., une mage rouge j.. Ét: quelque, nombre. de prifmes qu'iltraverfe ;: & de quel que couleur que foïent c verds, bieus , &c. fa couleur reflet! inaltérable (1). Ces expériences. prot £ RENTE Der FCI > (1) La lumiere réfléchie de: def ah objets, fe réfrañe & fe décompofe en peh ant par le prifine : c'eff la raifon |poith laquelle les corps placés à une certaiith diflance ,. paroiflent- bordés.: de, conleus. vives, & quelquefois comme chamarrés 1h différens endroits de leur furfaces Si JobiaL .€f grand & àflez près, lés /coulears di Paroiflent: qu'aux _ bords s :s1b ef oi al k\ difance d'environ 12.pieds, ‘il parolt colo dans toute fa furface. On rendra rail à de ces phénomenes > fon fait attention que. Torfque l’objet peut être Compris däng Pan: gle que forment les rayons ivioress] & hs FOUSes , alors toutes les Couleurs: doive | emeurer contigues les unes. aux aprés | fans inferruption 5 mais sl ex cede cét an es les bords - oppofés doivent Paroffrél! A colorés, Fun en: rouge & jaune, Pautre ef Violet bleu & Verd : l’efpace. intermédiaire fe voit comme à Ja ue fimple , parce qu'il S'y trouve des rayôns de.toures les efpects PR CT Lo ce DE L’'O P CrQ ÛE 105- vent: que les couleurs :ne:-dépen- dent. point des réflexions, ou .des réfractions que foufrent les rayons. folaires en traverfant différens mi- lieux, commele prétendoït Defcartes. À Pégard du noir, il eft vifible que ce n'eft pas une, couleur, maïs plu- tot-une. privation de lumiere; äinf lès corps ;qui ne réfléchiffent pas allez, de Iumiere, paroïffent noirs. IE y a des rayons qui, par leur mélan- ge; donnent une couleur moyenne : le faifceau rouge étant mêlé au fai£- ceau jaune | produit lorangé ; Le faifceau jaune mêlé avec le bleu 5 donne la-couleur verte; & du mê-: lange du faifceau bleu avec le violet. réfute le pourpre, qui eft une cou. leur, moyenne entre le violet & le: bleu, Mais ces couleurs qui dépens, : dent, d'un mélange, ne. font pas: fnmples.comme les prifmätiques ; car. on-peut, les décompofer en faifant: ASE formément éclairée ; carantremenrles parties: les plus illuminées font comme autant d’ob Jets: particiiliers de chacun defquels on peut ” affurer tout: ce qu'on ivient de: dire due: objet en général. fe 4 | 110 DE L’'OrpTrTraus | pañler lesrayons qui Les donnent àtt& vers un prifine ; ce :qui n'arrive pal aux couleurs primitives qui font feule ment au nombre de fept, & qui était, mêlées dans le foyer d’un verre ardent, à travers duquel on les aura faitpafler,| donneront ja couleur blanche, - SE après avoir regardé le fokll pendant long-temps, on ferme fubi! temént les yeux ; où ff l'on entil dans un lieu obfcur , on‘éprouvelti\ imprefions de. fa couleur rouge ; | Orangée, jaune, verte , &c.; elle ne peuvent avoir d'autre origitt, ‘que le rayon folaire, qui avoit at | Paravant pénétré dans l'œil, Lotk| qu'un petit rayon de lumiere pal, à travers un petit trou, on oblet| ve , dit-on, comme des fils très! déliés de différentes couleurs :: ai} relle , tous ces.rayons colorés était k _IMéêlés les uns avec les autres, à felon une certaine lot, doivent pro. duire une impreflion compofée für! l'organe de la vue, & occafonntl k à notre efprit une fenfation difé | rente de celle que chaque rayoi Ë de ces conleurs pourroit exciter sil Ë étoit feul , comme il arrive à-peu pi à pr L'OrTIrdU£. tff dans cun certain bruit produit par différens fons mêlés & confondus les uns avec les autres. E 10. Les couleurs qui fe réfrac- tent le plus , font celles qui fe ré- fléchiflent plus faclement; de ma- niere que le violet eft réfléchi fous un angle , fous lequel le bleu, par exemple, eft tranfimis, C'eft pour- quoi ft le rayon rouge & le violet pañlent fous le même angle, du ver- _re dans Île vuide ou dans Pair ; comme le finus de l'angle de ré- fraction du violet eft plus grand que celui du rouge, le rayon violet fera attiré avec plus de force par le ver- re qui lobligera de changer fa dire&tion , & de rentrer dans fon fein, Suppofons que la figure 13 repréfente un plan mobile 4 B, percé d’un petit trou O, à travers lequel on fait pafler fucceffivement différens rayons colorés, pour les faire tomber fort obliquement fu le prifme M, & fous le même an- gle d'incidence; on remarquera que les uns font réfléchis vers C, tandis que Îles autres paflent encore vers E, & que ceux qui font réfkéchis 218 DE L'OrPrrTrQUE., ler d'argent qu’on a fait chauffer | auparavant , ils recommenceront à _ luire: on remarque la même chofe Torfqu’on les plonge dans l’eau chau- de ; maïs on fait bientôt difparoître Teur lumiere en les jettant dans l’eau froide, & on la fait reparoître de nou- veau en Îes échauffant avec l’haleine: ils ceffent encore de briller f on les replonge dans l’eau froide : mais après les avoir aïinfi réchauffés &. refroïdis plufieurs fois , leur lumiere qui s’eft afoiblie à chaque fois, s’éteint tout-à-fait, & on ne peut plus réufMir à les faire briller, quoi- qu'on les échauffe. I paroît donc que Ja lumiere eft différente du feu. D'autre côté le feu efl nourri par Vhuile, tandis que tout principe bui- eux, liquide, affoiblit Ia Jumiere, S'il ne la détruit point. La Iumiere pénetre rapidement Les corps dia: phanes , le feu les pénetre lente- ment, Le vent ne repoufle point Ja lumiere, & ne Ia déplace point; maïs l'air agit fur la flamme, & Ja détermine à s'élever , tandis que Ja Fumiere du foleil, comme celle de tous les corps lumineux , fe dirige DE L’'OPTrQUux 119 en toutes fortes de fens. Comme le feu qui fe fait remarquer fous Ia forme de flamme, differe en chaleur & en couleur , fuivant la nature de fon aliment, Ia lumiere qui provient des différens corps embrafés, n’eft point femblable dans tous.ces corps: elle paroît être un corps d’une na- ture toute particuliere. Ses ryors condenfés au foyer d'un verre brû- Jnt, & dirigés fur un refort de montre, fixé par une de fes extré- mités dans un morceau de bois, mettent en vibration l’autre extré- mité de ce reflort (1). La famiere qu'un corps opaque réfléchit, fait toujours Pangle de ré- flexion: égal à celui d'incidence , ce qui démontre que la vitefle de la lumiere eft la même avant & après Fa réflexion. 14. Le bois des vieux arbres, Ia chair des animaux terrefres , plu- feurs poiflons , lorfqu’ils fe pour- riffent, les endroits qu’on arrofe fré- uemment d'urine, jettent une belle lumiere pendant la nuit. Les mou- ches qui volent pendant Ia nuit dans DUO 18 Pre an ne UNE Se DONS RES Ar EE SE DE ETS RCA _ (1) Hifk de J’Acad. Royale, ann. 1708, er es H504D EL -OPT rQ Ù ë.. TAlemagne & dans Pltalie, les yeux de plufieurs animaux, des “farabées gros comme des abeilles, mais fur-tout les mouches des Antilles, qui font mu: nies de quatre aïles, ‘d'où fort une lue miere fort éclatante, ont la même pros pricté. Si l'on met dans un verre ces [ea | rabées qu'on trouve dans l'Afrique, ‘aux environs du fleuve Gambiss, qui font d’un rouge brun, & applatis, on peut lire auf facilement pendant à nuit, que fi of étoit éclairé avec une chandelle (1). Si on renferme en Italie trois fcarabées Inifans dans un tube de verre-banc , ïls donneront ‘aflez de lumiere pour “éclairer tous les objets d’une chambre. L’éclar des carabéés & des mouches diminue dorfque ces infedtes font malades, «& is ceffent de‘fuirefi-tôt qu’ils font rOrts. - Lorfqu ls font effort pour. …. 1:)6 M. ‘de Res parle d'une efpect .de mouche qu’on trouve aux Antilles, dans les Indes, & que Mlle. Merian a décrite parmi les infeétes de Surinam. Les habitans “du pays s’en éclairent , dit le P, du Tertre, -(dans fon Hijloire des Antilles )\, tant n aller & venir > que pour travailler pendant la nuit; le même animal fert pendant 1j jours; après quoi on le renouvelle. . voler ; DE L'OPTrQwE. r72r voler, on voit la lumiere fortir fur- tout de leur ventre, Les vers qu’on trouve dans les huîtres font lumi- neux , auffi-bien qu'une humeur vif _queufe qui fe trouve dans le gofier de certains poiïflons. Les couteaux de mer, fur-tout , font fort lumi- neux, & ces poiflons continuent de briller, même après leur mort, Si on les plonge dans du vin, du vi- naigre , de l’efprit de vin, de l’urine, de la folution de fel de faturne , de la folution de vitriol, &c. leur lue miere s’éteint ; mais cela n'arrive pas fi on Les jette dans l’eau , dans le fait, dans l'huile, dans l'huile de tartre , ou dans lefprit de [el am- moniac. Si on les plonge dans une eau trop chaude, leur lumiere s’af- foiblit ; cela arrive aufli ft l'eau, quoique chaude , ne left pas ju£ qu'à un certain point; enforte qu'il ÿ aun certain degré de chaleur qui eft plus favorable à la lumiere de ces poiflons (1). + 15. La mer battue & agitée devient (1) Ce font des coquillages vivalves, qui. ent [a forme d’un manche de couteau, | Tome IE, 122 DE L'OPTIQUE Jumineufe dans certains temps : ce phénomene dépendroit-il des petits infedtes femblables à des chenilles, ou de plufieurs efpeces qui fe raf fembleroient promptement & en grande quantité; enforte que Ia mer chargée de ces animaux, feroit Jui neufe, lorfque fa furface feroit agk tte, & que le rivage battu par {6 flots chargés de ces infectes,paroïtroit comme embrafé, aïnf qu’on la ob- {ervé dans le Bréfil? Maïs ces anr ‘maux vénant à périr & ceflant de répandre la lumiere, la mer perdit tout fon éclat. Les obfervations de Linnæus, Goflellinr, &c. paroïflent confirmer cette idée; c’eft pour ceh que l’eau de la mer filtrée ne donne plus de lumiere; maïs celle qui ef encore dans le filtre, conferve un. bel éclat ;° & fi l’on en expofe quel- que goutte fous {a lentille d'un mi _ crofcope, on y voit nager une quai tité prodigieufe de petits animaux 6. I y a des corps qui ne deviet- ment lumineux & n’abforbent la lu- _miere qu'après avoir été expofés al - foyer d’un miroir, où d’un verre a dent: d’autres deviennent lumineux pr 1 OrTi.our. 123 étant expofés à l’ardeur du foleïl, Il y en a qu'il fufit d’expofer au grand air pendant le jour, que le ciel foit ferein ou nébuleux. Il y en à d’autres qui s’imbibent de lumiere , lors même qu'ils font renfermés fous des verres: l’on en voit auf qu’il fufüt de placer dans Peau, dans le lait, ou dans du vinaïgre. En général tous les corps échauflés par un feu moderé, s’imbibent plus aifément de lumiere, Les bols, de quelque couleur qu’ils foïent , toutes les incruftations qui fe forment dans les canaux des fon- taines, toute efpece de marbre quel- conque, tous les fables, le talc, le fpath, amiante , les agates, les fta- _…dadtites ; les jafpes, les opales , Ponix, _ da pierre calaminaïire , les cryflaux de roche , les dendrites, les belemni- tes, les cailloux, Paimant , l’æmatite, toutes les terres, toutes les pierres précieufes , tous les fels naturels, tous les fucs gras, le fuccin, le fou- fre , Parfenic blanc, lorpiment fof- file , Pivoire foflile, toutesles pétri- fications , la tutie, du côté qu’elle eft mégale & raboteufe , &c. toutes ces Aubftances abforbent la matiere de la Fr 2 126 p EE L'OPTIQUE nes, le jus de viandes épaïff ; un jaune d'œuf defléché, le fromage , la férofité du fang épaïilie, des grumeaux de fang,, les chairs defféchées, la maïn d'un homme vivant en hiver & 1lorf qu'il gele, les calculs des reïns & de la vefe , le bezoar ; les pierres d’écre- viffe , &c. Cependant les métaux, le cinnabrée , [le zinc, les marcaflites, lejayet, le pétrole, les bitumes , là térébenthine liquide & le benjoin ne deviennent point phofphoriques par le procédé que nous venons d’indis QUER, 5: FE | _- 18. Maïs pourquoi les corps s’ims bibent-ils d’une plus grande quantité de lumiere pendant un jour même nébuleux, que fi on les avoit expofés à une flamme artificielle très -claire? Cela viendroit-1l de ce que là lumiere du jour feroit plus denfe que'celle de toute flamme que nous puiffions: : produire , ou de ce que cétte efpece de flamme artificielle eft toujours em- barraflée de parties hétérogenes qui la rendent moins propre à pénétrer dans les pores des corps que la lumiere du folerl qui eft plus pure? * «19, L'art prépare aufi plufieurs FRE RG EEE RE | DE LOPTIQUE 127 corps qui s’Imbibent de lumiere & qui deviennent Jumineux dans Îles ténebres, On doit compter parmi ces corps toutes les pierres calcinées, & {a pierre de Boulogne (x).Selon Lemery, cette pierre étant expofée à la {u- miere du jour, lorfque le foleil eft fur le point de fe coucher , rend enfuite une lumiere plus vive, &-elle brille davantage lorfque le ciel eft nébuleux & pluvieux , que par un temps ferein; mais les rayons de la June lui communiquent un éciat modique. Ce phofphore contient un foufre fort fubtil & trèsmobile, qui _exefce une forte action fur la lumiere qu'il renferme; de maniere qu'il blan- chit la furface d’un morceau de laï- ton fur laquelle on le pofe. I Prille avec plus d’éclatspendant un temps pluvieux & nébüleux, parce qu'un peu d'humidité produit dans fes par- ties une efpece de fermentation très- propre à donner du mouvement à [a lumiere quelles contiennent. oo (x ) On donne le nom de phofvhore à toutes les fubflances capables de répandre de la lu- miere dans les ténebres : telles que font les F 4 328 DE L'OrTrqur: L'on doit encore ranger parmi cés fübflances Peau de chaux vive mêlée avec l'huile de vitriol, étanr diftillée cryflallifée & diftillée enfaite, toutes me ee mt vers luifans, le bois pourri, la pierre de Boulogne , &c. La pierre de Boulogne ef tendre, pefante , cryftallifée , ne fait aucune effervefcence avec les acides > avant d'avoir été calcinée avec le conta@ des charbons, Ces qualités la font ranger par Margraff au nombre des {paths fufibles pefans , avec d'au tant plus de raifon que tous ces fpaths pré= parés avec la pierre de Boulogne, devien- nent phofphoriques, Pour donner la vertu phofphorique à ces pierres, on choifit celles qui font les plus nettes, les plus friables, les plus pefantes, les plus cryflallines , qui s’effeuillent lorfqw'on les brife. On les fit roupir dans un creufet, on les réduit en poudre dans un mortier de verre ou de porphyre ; & c’eft à tort que Lemery pré- tend qu’il eft néceffaite d'employer un mor- tier de bronze. Les pierres ayant été ainf réduites en poudre, on en forme une pâte avec du mucilage de gomme adragan, & on en fait des gâteaux minces de lépaiffeur environ d’une lame de couteau > qu'on fait deflécher en employant une aflez grande chaleur fur la fin, On allume du charbon dans un fougneau de réverbere ordinaire, rempli à peu près jufqu’aux trois quarts de fa hauteur , ayant eu foin de pofer les gateaux de pierre à plat fur ce charbon. On acheve DE L'OPT:QÛE 129 les pierres diffloutes dans les acides & enfuite calcinées, le phofphore de Baudouin, fait aveg la craie &Pefprit de nitre, La lumiere de ces diverfes de remplir le fourneau avec du charbon noir , on le couvre de fon dôme dont le tuyau doit refter ouvert; on laifle confumer tout le charboti & refroidir le fourneau ; & les pierres font alors calcinées. Si on les nettoie par le moyen du vent que produit un foufa flet , de la cendre dont elles font couvertes, qu’on les expofe à la lumiere du jour, (fe- Ton Scherffer, on ne doit pas les expofer aux rayons folaires ), pendant quelques minutes, qu’on les porte enfuite dans un lieu obfcur, on les verra briller comme des charbons - ardens , fur-tout fi on s’eft tenu foi-même dans l’obfcurité , ou fi l’on a eu foin de fermer les yeux pendant quelque-temps afin de dilater la prunelle. Margraff obferve que fi après la calcination à travers les charbons , on calcine de nouveau ces pierres pendant une bonne demi-heure , leur propriété phof=… phorique en devient plus vive. Si l’on en croit M, du Fay, toutes les pierres calcaires peuvent devenir phofphoriques par la calci- nation ; avec cette différence feulement que celles qui font purement calcaires, ont befoin d’une calcination plus forte ou de plufeurs calcinations réitérées, tandis que celles qui contiennent l’acide. telles que les gypfes, les félénites , les fpaths, le deviennent par une fule calcination plus PR au 5 1226 DE L'OrTroqus. même des diamans qui brillent pens dant quatre heures. Les corps qui ont la faculté dabforber la Iumiere & de la mieux retenir ; peuvent là mm charbon à la fois par la porte de la chape: La cornue doit être bien lutée à un ballon de moyenne grandeur , percé d’un petit trou, & à moitié rempli d’eau : on fe fert pour cela du [ut gras ordinaire , bien aflu- Jetti par des bandes de linge chargées delit de chaux & de blanc d'œuf. L’échancrure du fourneau par où pañle la cornue, doit être aufli bien fermée par de la rerre à four, Enfin on éleve un petit mur de briques entre le fournéau & le ballon, pour garantir ce . Vaïffeau de la chaleur le plus qu'il ef poffible», « Toutes ces: chofes ayant été préparéesla | veille du jour qu’on fe propofe de faire la diffillation , of eft en état de procéder à cette opération , dont le refle eft très-facile, On échauffe la cornue par degrés environ per- dant une heure & demie , alors on augmente la chaleur jufqu’à faire bien rougir la cor: nue, & le phofphore commence à pafler en vapeurs fumineufes: la cornue étant prefque rouge-blanc , le phofphore pañle en gouttes qui tombent & fe figent dans l’eau du récin pient : on foutient ce degré de chaleur ,ju£ qu'à ce que la cornue étant rouge-blanc; ons’apperçoive qu’il ne pañle plus rien. Cette opération dure environ cinq heures pour une cornue de a contenance de deux pintes où mème plus. ». DE L'OPTIQUE. 137 perdre , lorfqu’on les expofe Jong- temps à l’adron du feu,ainfr qu'on peut le remarquer dans les cryftaux, les émeraudes, &c. La vertu phofpho- PRES SE MR RE RE EE « Le phofphore ne pañle pas pur dans cette diftillation ; mais on le purifie des matieres charbonneufes ou fuligineufes dont il eft noirci, en le diftillant une feconde fois dans une petite cornue de verre à laquelle on ajoute un petit récipient à moitié plein d'eau. Cette rectification ne demande qu’une chaleur très- modérée, le phofphore une fois formé étant très-volatil , tandis que les matieres fuligi- neufes dont il eft fouillé, ne peuvent être élevées qu'à laide d’une grande chaleur. Aïnf elles reftent au fond de la cornue, & le-phofphore pañle très-pur. On a coutume de le réduire après cela en petits bâtons pour la commodité des expériences, ce qui fe fait en l'introduifant dans des tubes de verre qu’on plonge dans de l’eau un peu plus que tiede. Cette chaleur très-douce fuffit pour liquéfier le phofphore, qui eft prefque aufli friable que du fuif; fes parties fe réuniflent & prennent la forme du tube qui leur fert de moule : on en fait fortir le phofphore ainf moulé , après lavoir laiflé totalement refroidir & figer : 1! faut, pour pouvoir retirer com- modément le phofphore de cestubes ou mou- les, qu’ils aient de la dépouille , c’eft=à-dire, qu’ils foient de figure un peu conique ; & toutes ces opérations doivent fe faire toujours dans l’eau, pour éviter linflammation du phofphore ». 138.DE L.O-PTIQUF rique réfide pendant plufieurs années | dans la colophone ; le pain la perd | au bout d'un jour, & la gomme ara bique dans fix jours ; mais en faifant Ce phofphore fe diffout dans les huiles & | liqueurs inflammables ; & ces liqueurs buis leufes phofphoriques font toujours lumineu- fes, fur-tout lorfqw’elles font un peu échauf | fées & qu’elles ont une libre communication avec l’air; fon accide diflout entierement le zinc, & cette diflolution exhale une odeur féride. Ce même acide traité par la fufon avec l’étain, le plomb, & fur-tout le fer & le zinc qui font des fubffances dont le à phlosiftique et très-abondant & très-dévé loppé, orme du phofphore. M. Margrañà obtenu une aflez grande quantité de tré beau phofphore en difillant au grand fu l’acide phofphorique avec du zinc. Le même Chymiite a encore obfermé que beaucoup de matieres végétales & fur-tout les graints contiennent affez de cet acide. pour produité | os ri TPE TERRE du phofphore lorfqu’on les poufle au grand | feu dans les vaifleaux clos. Cet acide R |! forme-t-il dans les regnes végetalouanima, | & pafle-t-il du premier. dans le fecond? ! Quoi qu’il en foit , c’eft toujours dans Puriné où il s'en trouve la plus grande quantita Pour dégager l’acide phofphorique, ilfüf fit de faire brûler le phofphore, car 6 principe inflammable fe diffipant parlacom | buftion , l'acide refte libre; ce qui prouÿt que ce réfidu efl un acide , c’eft fa faveurs DE LOPTIQUE 139 chauffer ces corps & les expofant aufr à la lumiere du jour, ïls redevien- dront lumineux. Si le phofphore de Baudouin, la chaux de fpath reftent = 5 & la propriété qu'il a de rougir les couleurs bleues des végétaux. On écritfur la muraille d’un lieu obfcur avec un bâton-de phofphore , & l'écriture fe lit auffi-tôt tracée en caraéteres de feu. On enduit un objet avec une diffolution de. phofbhore dans unehuile., & cet objet paroit tout rayonnant de lumiere dans un lieu té= nébreux, principalement fi l'air eft un peu échauffé, On éteint une bougie ; & on l’a rallume-for le champ en appliquant fur la - meche encore chaude la pointe d’un couteau. à laquelle on attache avec du fuif un petit _ morceau de phofphore. Enfin , c’eftune fubf= tance par le moyen de laquelle les Phyf- ciens peuvent faire des opérations capables d'en impofer beaucoup aux ignorans. Calcinez une certaine quantité d'écailles d'huitres ordinaires; en les tenant pendant. demi-heure fur un feu ‘bien foutenu. Lorfe que vos écailles feront réduites en poudre, féparez-en la partie la plus pure en les cri= blant, Vous mêlerez cette poudre avec un: quart de foufre , & vous mettrez le mê- lange dans un creufet d’un pouce & demi de profondeur , que vous remplirez prefque jufqu’aux bords : vous le placerez fur le plus: grand feu, où vousle:tiendrez rouge au moins pendant une heure, après quoi. vous le. laif= O0 DE L'OrTireur. dans les ténebres deux où trois ferai nes, ils perdent {eur éclat; mai f on Îles expofe trois Où quatre jours à la lumiere du foleil, & qwonks. place enfaite fur un fourneau bia. échauñé, ils redeviendront lumineux, Peut-on dire que les corps repouk ferez refroidir. Vous couperez ou vous br ferez la matiere froide dont vous broyere les parties les plus brillantes, qui, f lopé ration eft bien faite, vous rendront une pox dre blanche que vous mettrez dans une boy: teille fermée hermétiquemenr., Quelques par ties de ce phofphore, lorfquelles ont été expo fées à l'air pendant 2 ou 3 fecondes , & qu'on les tranfporte fur le champ dans une chane bre obfcure , donnent aflez de lumiere pour | faire diffinguer les heures à une montre, | Pourvu qu'on ait fermé les yeux ou qu'on | ait refté dans un endroit peu éclairé pen | dant 2 ou 3 minutes. Par uneexpérience rapportée dans le Journal Anglois du 15 Février 1776, le phofbhore donne toujours la même lumiere non cojorce, quoiqu'il ait été expofé fucceflivement an différens rayons colorés du Prifme ; cepen- dant la lumiere eft plus ou moins éclatante, felon la couleur des rayons auxquels il 4 été expofé. Ce qui vient fans doute de çe que les rayons quiont leplus de force , ébran: lent avec plus de violence les particules du phofphore, & produifent une agitation plus confidérable dans la Jumiere qu'il renferme LA DE L'O PT ro v r TAT fent la [lumiere au dehors, ou que fa lumiere fe difipe d'elle-même en tendant à fe mettre en équilibre ,» OÙ que Phumidité répandue dans lath- mofphere ; éteint Ia lumiere dans les corps qu’elle pénetre 2 20. Les métaux expofés à Ia Iu- micre du foleïl ne deviennent point lumineux , mais le fer imprégné d'une grande quantité de matiere jgnée acquiert un. grand éclat. Cela Paroït venir de ce que ce métal réfifle à la lumiere & non à la matiere ignée, quoïque celle-ci contienne beaucoup de lumiere, Dans la ville de Gamron en Arabie, les étoiles fixes D'étincellent point; ce qu’on attribue \ 4 R pureté de Pair : cette lumiere, felonles obfervations de M. de Ia Cons damine ; étincelle moins au Perou, depuis Guajaquil jufqu’à Lima qu'en France, Les étoiles étincellent vive= ment en Hollande , orfque le temps ef ferein & très-froid pendant lhi- Ver, & elles nétincellent point quand On les regarde avec un télefcope. Cet effet. ne dépend-il pas de Ia vivacité de la lumiere & de Padi- Vité avec laquelle elle agit fur nos 142 DE L'OPTIQUE veux? ou faut - il Pattribuer au mot vement continuel des vapeurs & dé particules de Pair ? | Quoïque la lumiere du foréil | tienne les fept couleurs prifmatiqués, | il ne s'enfuit point que celle dune, flamme quelconque où d’un com qui brûle ,foit compofée dés rayon colorés, tels que ceux qui nousyier nent du foleïl', où que les coùlti foïent répandues dans Ia mêmepit portion dans les rayons de différents flammes. Le foufre ordinaire dont une flamme bleue qui abonde pt conféquent en rayons bleus, & l5 vifages de ceux qui fontautout cette flamme paroïflent d’une pilet effrayante. Sr lon fait brüler di! “un endroit obfcur de Pefprit de 1 qu’on a eu foin de Bien faire cha fer auparavant, ou dans lequelont jetté ; tandis qu’il étoit fur lefeu,d el ammoniac ou de Palüun, & qn "01 le remue pendant quelque temp avec un bâton; les objets rougf placés à quelque diflance dela me paroîtront d’un rouge fale; oï “ verra diflin@ement les corps Blé & les jaunes ; mais à peine on pouf Rerceerrere ? DE L'OPTreQuEr 143 diflinguer ceux qui font verds ou bleus. Sï on jette dans de l’efprit de vin qu'on vient: de retirer de deflus le feu, une grande quantité de nitre où de fel marin & qu’on 1e remue fortement avec un bâton, lorfqu’on aura allumé cette liqueur, les hom- mes, fur-tout ceux dont le vifage eft vermeïl & fort rouge,parofîtront pâles & livides: les objets verds parot- tront d’une autre couleur rude ap- prochante de celle de l'olive ; Les Touges auront une couleur obfcure- ment livide, Le blanc tirera fur le jeune, les corps jaunes conferveront. leur couleur : mais le pourpre & lindigo le plus foncé ne pourra fe diflinguer du noir qu'avec peine, & le bleu pâle paroîtra gris. 21. Melville à remarqué , en exa- minant ces phénomenes à travers le Prifme , que lorfqw’on avoit mis du felammoniac, des cendres gravelées Où de lalun dans l’efprit de vin, la . Hamme de ce fluide donnoit des rayons de toutes les couleurs, mais en quantité différente ; de maniere. “que Îés rayons jaunes étotent les plus äbondans ; & que les rouges furpaf- 144 DE L'OPTIQUE foïent en nombre les verds & [es | bleus. II a encore obfervé que lot |! qu'on.avoit mis du-nitre ou du fel marin dans Pefprit de vin, fa flamme | répandoît des rayons bleus, quoique | fort pâles; mais lorfque cet efprit | n’étoit chargé que de nitre, là flamme contenoit beaucoup de rayons verds. Si lefprit de vin étoit chargé de fel marin, les rayons verds ctoïent foit. päles. Si lon combinoit ces deux. fels enfemble & qu'on agitât forte: ment la liqueur, la flamme ne don- noït point de rayons rouges, qu fe faifoïent cependant remarquer aufli-tôt que lefprit de vin étoit tranquille ; enforte qu’onvoyoitalos | les objets rouges fous leurs propres | couleurs ; maïs. ff on agitoit de note | veau le mélange, les rayons rouges cefloient de paroître. | Un trou fait dans une planche & qui donne paflage aux rayons , paroiït jaune dans toute fon étendue ; Ia cou- leur néanmoïns eft mêlée d’un peu de verd & de bleu; ce qui vient de ce que les rayons jaunes font plus abondans dans ces expériences. La flamme du camphre & du zinc el très- DE L'OrTreur. 145 trés-blanche ; mais : larfenic mêlé avec le zinc produit une flamme qu£ tire fur lebleu. Le cuivre jaune chauffé au point de donner de la flamme , jette une lumiere verte ; mais le zinc mélé avec lorpiment produit une flamme noire (1). Sinousen croyons le favant Beccaria, lorfqu’on plonge fous le fuc luifant des couteaux de mer, où fous du lait mélé avec de ce füc, un morceau de bois peint avec toutes les couleurs de l'iris , on voit diftintement le blanc , Le jaune & le bleu, tandis qu’on n’appercoit tout au plus que confufément les autres couleurs ; cela vient, f nous ‘en croyons un habile Phyficien , de ce que Ia lumiere du fac des cou. : teaux de mer contient principale ment des rayons jaunes & bleus, & que cette lumiere ne renferme que trés-peu d’autres rayons, 22. Les rayons du foleil féparés par Le puifine ne font jamais obferver des lumieres noires ; & delà lon peut conclure que Ie noir n’eft pas Une véritable couleur, aïnfi que nous (1) Hi de V'Acad, Royale ; anne 17444 Tome II, G SAS DE Lai | 1670 x. : femblable à celle de la gelée de viande : elle ef connue fous le nom humeur vitrée. Du côté de cette hu PEUT, ON femarque un canal circu- laïre qui entoure le cryflallin; je Vappellerai Je canal de Perif, parce qu'il à été découvert par ce fameux Anatomifle : il paroît devoir fon or: gine à la tunique de | humeur vitrée, qui en, cet endroit ef compofée de deux feuillets, dont Pintérieur ren- ferme lhumeur vitrée, tandis que Pextérieur recouvre une portion du ctyflallin, Haller penfe que ce cercle Cellulaire, qui fe tmméfe lorfqu'on ÿ infinne de Pair ; doit fon Origine à la rétine, qui Poflérieurement sé loigne un peu de fa membrane vi tice, & fe continne antérieurement avec la capfule du cryflallin , qu’on auroit tort de mettre au nombre des humeurs ; car ell compolé de lames qui fe fuccedent en for- mant des feuillets entre lefquels ä y a une liqueur trar{parente » qui de- vient naturellement jaune dans fl! vieïllefle. SO: L’œil eft mu en différens fens par différens mufcles, dont les uns FSI OPEN TT MTS DE LA Visron. 249 font appellés droits, & les autres obli- ques. Voyons maintenant comment R fait la vifons $1, Plus la prunelle ef ample , (& fes dimenfions peuvent devenir doubles dans les ténebres), plus elle tranfmet des rayons rcflécliis par le même point d’un objet. Pour voir diftindement , nous avons befoin d’un certain nombre de rayons , dont Vadion fur la rétine ne foit ni trop forte, ni trop foible; ©elt la raifont Pour laquelle nous modifions la lu- miere qui pénetre dans nos YEUX, en dilatant ou en contradant là pru- nelle, T1 paroît qu’une trop forte Iu- miere irrite les fibres de liris, ou plutôt ellé irrite Ia rétine, & par ce Moyen liris ; car [a rétine eft plus irritable que Piris (1), & cette irri- tätion occafionne la contradion de la prunelle, Les TaÿONSs arrivant de: laïr, qui eft un fluide extrêmement füubtil, traverfent la cornée dont Ia force réfradive eff quatre foïs plus grande que celle de l'eau ; enforte qu'ils s’approchent beaucoup de 1a (1) Commentar. Gothing. , v. 2, Pe133e L " 2$0 DE E A Vrsron. perpendiculaire , paflent enfuite dans Phumeur aqueufe, qui eft en très- petite quantité , prefque femblable à l’eau, % beaucoup plus légere. en COnVérgeant un peu moins: mais leur convergence augmente en entrant dans le cryftallin; çar on fait voir Par certaines expériences, que la for- ce de réfraion dans cette lentille eft égale à celle du diamant , dans lequelle finus de lan gle de réfradion eft moitié du finus de angle d’incr dence. Les rayons convergent donc beaucoup en paflant par fa furface an- térieure, & fur-tout par lapoftérieure, qui elt très-convexe, Paflant delà dans l’humeur vitrée, plus denfe que l'eau, puifqu’elle va au foñd, mais moins denfe que le cryflallin , con- UÜnuent à fe rapprocher de [à per- pendiculaire , jufqu’à ce que dans un œil bienconflitué, ces TaYONS ar- #ivant d’un point de vifion diflinde (fig. 45 ), ils peignent fur la rétine l'image de Pojet B C renverfée ; parce qu’ils fe font néceflairement croifés, On peut obferver cétte ima- ge dans un œil de vean, auquel on à Ôté la partie fupérienre de la felé- PP PP eee TE ET AD ES NE NEC ES eme" " ITR Deere ner arr RCE rS L15 2 0 DE LA VISION sr rotique, Lorfque le cryflallin eft dé- truit, où quand on la tiré de lœil par opération de R catarade, lhu- meur vitrée réunit les rayons, mais plus foïblement, Si les rayons qui partent du point B fe réuniflent avant d'arriver à la rétine, ou s'ils ne ten- dent à fe réunir qu’au-delà de la ré- tine, ilsne pourront peindre en blima- ge du point B, qui par Conféquent fera confufe ; car pour là vifion dif. tinéte, l’image doit être peinte fur la rétine dans le plus petit efpace pollible, Ea rétine étant compofée de deux membranes, lune inté- rieure & vafculaire, qui recoit lhu- meur vitrée , l’autre extérieure & méduHaire, ( ce qui eft contre le fentiment de prefque tous les Phyfi- ciens ), ne peut-on pas dire que la Partie vafculaire fur laquelle fe pei- guent les images des objets, défend les fibres médullaires , qui font fort délicates, & les empêche de vaciller, quoïqu'en même temps elle leur communique affez de mouvement pour tranfmettre l'impreflion jufqu’au fenforium? Ne peut-on pas dire que a membrane antérieure du chaton du L 6 252 DE LA Vrcron cryffallin Comprime allez fortement cette lentille contre Phumeur vitrée, & en exprime la liqueur qu’elle con- tient entre fes feuillets > ou bien, PENt-On penfer que le liquide de capfule étant preilé, fe porte dansle canal de Perir , qui eft vuide ou dila- table , de maniere que Ta liqueur comprimée fe retire dans fà cavité? Peut-on croire que la membrane de la capfule venant à fe relâcher, lé laflicité des lames du Cryflallin fafit POUr rétablir cette Jeatille dans fa premiere figure , pour développer & étendre fa capfale » afin que l’hy- mêur fe faifant jour entre fes mem: branes, abandonne le canal de Peur? Où bien eflil plus probable que le changement de figure du cryftallin ef dû à Padion de Ia membrane de la caplule, & non à celle dés pro- ces ciliaires , qui #ottent far fon. Contour? Les différens changemens Qui arrivent à l'œil relativement aux dimenfions de Ja Pupille, à la figure du cryflallin, à difance à Ia réti= ne; & peut-être même relativement à la convexité de 1 Cornée , -qui : augmente, diton, Par ladion des >+ DE LA Visron. 252 mufcles qui compriment l'œil, & le portent en devant, font reflerrées dans des bornes plus où moins étroi- tes qui dépendent de la fruétüre de Pœil, de fa flexibilité, de âge, de l'exercice qu’on à coutume de faire, - Dans les hommes qui font dans l'u- fage de confidérer des petits objets, comme Îes peintres, les gens de let- tres, [es graveurs , les horlogers, _Îes yeux fe contradent ; ils devien- NENt myopes ; enforte que ces gens-là ne peuvent plus voir diflinc- tement les objets éloignés. Mais ceux QUE , cCommegles navigateurs & les Chaffeurs, fônt dans l'habitude de confidérer des objets fort éloignés , ont les proces ciliaires fort relâchés , & diflinguent difficilement les petits Objets placés à une petite diflance. On fera donc très-bien de s'accou- tumer à regarder habituellement de grands objets fort éloïgnés, & de petits corps placés à une petite dif- tance : ceft le confeil que donne Raïnazzini, dans fon Traité des Ma- ladies des Artifans. 52. Les rayons qui arrivent des lieux très-diflans , & qui peuvent 2$4 DE LA Visron. palier pour paralleles , fe réuniroient dans Phumeur vitrée avant que d’ar- river à Îa rétine ; maïs le cryftallin. s’approchant alors de la rétine, Île point de concours des rayons pour: ra tomber fur cette membrane; car. enfin lœiïl qui raffemble fur Ja rétine les rayons qui viennent de la diflance de 8 pouces, réunira en deça de cette membrane ceux qui viennent de la diflance de 4 pieds. I étoit donc convenable que les veux fu£ fent mobiles, & fufceptibles d’un changement de figure. Les forces : qui réuniflent les ray@ns, font dif férentes dans diférens individus 0 quelquefois même dans les yeux du même homme, dont lun eft prefbyte, & l’autre myope. II y a des hommes qui ont la coméé plus convexe & plus denfe, Je cryftallin pareïllement plus folide & plus convexe, œil plus long, Ce font ces vices réunis où féparés , qui font qu’on ne peui voir les objets diflintement qu’à une petite diftance. L’iris eft fenfible à une petite lumiere dans les perfon- nes qui ont ce défaut; & parce quelles clignent les yeux, on les ap- Cr ereremeernrerte st SET So eme qenngeen prntgr anre DE EX VESFOoN: 26e pelle myopes. Dans ces yeux le point de vifion diflindte fe trouve entre un & fept pouces de diflance de Pœil. Dans un œil bien conflitué 5 _Yifion eft confufe lorfque les objets font trop voifins de la cornée; parce que les rayons s’éparpillant fur Ia rétine , ne fe réuniflent dans aucun endroit. L’age donne quelque efpece de guérifon aux myopes, car tous Es enfans le font; mais avec l'âge l'œil eft applani par la force des par- tes folides, ïl devient plus court, & la force réfrmgente du cryflallin & de la cornée diminue, 53. Les prefbytes ont un défaut contraire aw premier, ne voyant dif tin@ement les objets que dans des diftances très- éloignées, &.ce défaut qui eff très - fréquent . paroît Incura- ble, fur-tout dans les vieillards. Dans ce Cas le cryftallin & [a cornée font MOINS convexes, & la force de ré- fration des humeurs de lœil eft moins confidérable : enforte que les TaYONS arrivent à la rétine avant de s'être réunis, & rendent la vifion confufé : on diflingne Bien les objets éloignés, dont les rayons arrivent à 256 DE LA Visron: prefque paralleles à l'œil, Le point de la vifion diflin&e des prefbytes, el entre 30 & IS pouces. On con- feïlle à ceux qui ont ce défaut de la vue, de fe fervir de tuyaux noir is, dont l'ufage attendre {a rétine, & qui font arriver à Poil Les rayons paralleles, en abforbant les autres, On peut encore faire ufage d’une lentille convexe de verre, qui en faïfant Cconverger Îles rayons , les réunit plus Promptement à un foyer, & fur la rétine même. L'âge ne ail fe aucun efpérance de guéri{on , ïl augmenté au contraire le mal. = 54: L’oœil bien confitué voit dif: tinttement les objets affez prochss & aflez éloignés, On regarde comme bon celui qui peut lire exactement à un pied de diftance, Mais es hu- meurs doivent être limpides, Ia pu- pile fenfible, Ia rétine, ni trop dure ni 1rop tendre, & lœ:l doit être trés-mobile, Mais Pour quelle rai- fon lame ne voit-elle qu'un feul & unique oBjet , quoique fon ima- 8€ foit peinte féparement dans chaque œil? Cet effet paroît venir de lha- bitude que nous ayons acquife , & { Rp DE LA Visron. 257 quiaous a appris qu'il n'y avoit vé- titablement qu'un feul objet, quoi- que fon image fàt double. Le gout & le taët nous apprenant que Pobjet eft feul & unique , quoiqu'il fe pei- gne dans chacun de nos yeux, l'ame dans plufieurs autres circonftances , jugera qu’un objet eft fimple , quoi- qu'il y ait une double repréfentation au fond des yeux, fur-tont lorfque ce feront les fibres correfpondantes de la rétine qui recevront Pimpref= fon, Enforte que fi on conçoit un petit cercle décrit dans chaque œil fur la rétine, de maniere que les extrémités des axes optiques foient Je centre de ce petit cercle, alors les images qui viendront fe perdre dans les mêmes parties de ce cercle, Où dans leurs parties oppofées, ne repréfenteront à lame qu’une feule image ; ainfi ft dans l'œil droit l;- mage eft à une certaine diflance du centre de ce cercle du côté du nez, & que dans l'œil gauche l’image foit à la même diflance du centre du cer- ele correfpondant, fituée du côté du nez, Ou du côté des temples, on ne verra dans ces deux cas qu’un feul 264 : DE LA Vrsrow. SI nous en croyons Photion, le Philofophe, Afclépiodote diftinguoit _ Îes Objets pendant la nuit. Pline affure là même chofe de Tibere, Plutarque de Marius , Fabrice d’A: quapendente nous apprend Ja même chofe d'un citoyen de*Pife, Willis parle d’une perfonne à qui cela ai- rivoit lorfqu’elle avoit buy beau Coup de vin, Boyle confirme la même chofe au fujét d'une perfonne de diftinäion , qui étoit en prifon, qui le premier Jour ne vit rien dans fa prifon ; mais qui bientôt après diflinguoit tous les objets qui Venvironnoïent, On obferva la même chofe dans un homme dont l'œil avoit été bleffé par la Tupture d’une <orde- d’un inftrument de mufique: cet homme voyoit très-bien de cet: œil pendant ‘la nuit, Pendant Ja nuit Ja plus obfcure, il ÿ à toujours une lumiere très-foible à la vérité , mais qui étoit fufifante Pour ébranler la rétine délicate des perfonnes dont nous, venons de parler, | . Laciartéavec laquellenous voyons es objets, dépend de plufieurs cau- fes, 1°, De la plus grande quantité de Jumiere L D DE BA: Visrron, 26$ Jumiere que l’objet envoie à nos yeux, ce qui dépend en partie de fà diflance ; car la vivacité de la lu- miere eft en raïfon inverfe du quarré des diflances, comme nous Pavons dit atlleurs, 2°, La clarté dépend de la trafparence de lathmofphere , de - La couleur de l’objet, comme. par exemple, s’il eft Blanc ou d'une cou- leur vive, 3°. Elle vient de Ia Ma niere dont l'objet eft éclairé, DIEUX il fera éclairé, & plus on le verra difimtement. I peut fe faire auf que la figurede l’objet foit telle, qu’il ré- #échiffe une grande quantité de lu- miere vers Pœil. 4°, Plus la pupille ef ouverte, plus les rayons tranf. nus au fond de l'œil font nom- breux, La clarté vient: encore de la tranfparence -& de Ja pureté des trois humeurs de l'œil ; de Îa bonne: conflitution de la rétine & du nerf optique, & enfin de la ma- Diere dont on regarde un. objet, foït avec [es deux yeux, foit avecun feul ; car 1] paroît que la clarté avec az quelle on le voit dans Ie premier Cas, eft à celle avec laquelle on Ie voit dans le fecond , comme 1 3 font Tome IT. 266 pe La Vrsron. à 12 (1). La prunelle des myo: pes & des enfans étant plus grande que celle des vieillards, fes myopes & les enfans doivent voit les ‘objets plus clairement que les hommes d’un certain Âge, D'autre ‘côté les humetürs de lœil font moins Timpides dans les vierllards ; Ieur ré tine eft plus dure & plus calleufe; & plus on avance èn âge, plus là (1) On peut en quelque forte rendre raifon de ce phénomene, f l’on fait attention avec moi que l’angle que forment les nerfs optiques à leurrencontre , avant d’entrer dans le cerveau eft fort grand, & peut-être d’envis Ton 116 degrés, Celapofé , fi nousexprimons “par 12 la force communiquée à chaque nerf, ou le mouvement que chaque nerf tran£ met, la force -réfultante fera exprimée par a diagonale d'un parallélogramme dont les eotés , qui expriment les mouvemens ou les Forces des nerfs, font égaux, & dont l’angle €ft peut-être d'environ rr6 degrés.-Mais les côtés étantexpriméschacun par 12 la diago- Male fera exprimée par 13 ; & il femble que la vivacité de la fenfation doit répon- dre à la force de l'impreffion. Ainf, en voyantun objet parle moyen de deux yeux, on doit le voir comme sil étoit éclairé par 13 lumiéres , tandis qu'on le voit avec un feul œil, éomme s’il n’étoit éclairé que par 12 lumieres égales, pepe Tr PT TE DUR TT UT TES TUE RMI nl CONS UNENNNE ! DE LA Vrsro-x: 267 pupille diminue, parce que Ja fecré- tion de l'humeur aqueufe ‘devient moins abondante : [a pupille même peut fe férmer tout-à-fait à Ja fuite d'une plaie qui a procuré lPévacua- tion de humeur aqueufe, On dit que nous voyons diftinc- tement un objet, lorfqu’il nous pa- roit bien ternuné, que nous diflin- 8"Ons parfaitement fes différentes Parties & que nous pouvons juger fainement de leurs couleuts & de ‘leur ftuation. Pour que:la vifion foi diflinée, il eft. néceffrire que les TaÿOons , qui, ainfi que nous l'avons déjà dit, partent de chaque point d’un objet, concourent en un même Point fur la rétine, après avoir ‘tra- verf Tes humeurs de l'œil. La vifion fera fort diftinde lorfque Pimage fera grande, relativement à cet objet, C’eft pour cela que nous voyons moins diflinâement les objets trop éloignés que ceux qui font plus près; & que’ [es myopes diflin guent mieux Les objets que les prefbytes, Les ob- jets ne doivent être nitrop peu, ni trop éclairés; [a Jumiere du foleil nous bleffe la vue, nous empêche de le M 2 1 268 D LA VESTrON. fixer & defe bien diftinguer, à moins que nous ne nous fervions d’un petit trou fait à un lame de métal, où que nous le régardions à travers un verre enfumé, ou à travers un verre plan , d'une certaine épaifleur & coloré, foit qu'il foit bleu, jaune, verd, rouge : on peut fur-tout, pat le moyen d’un verre bleu, diftin- guer très-bien [es taches répandues fur la furface de Ia lune ; mais les rayons jaunes & rouges qui pañent à travers un verre jaune ou rouge, introduifent trop de lumiere dans Poil, pour qu'on puifle voir bien diflinétement les taches du foleïl ou ‘celles de la lune (r). Si es objetsne | font pas allez éclairés , la lumiere | n'ébranle pas fufifamment Ia ré- | (1) L’aveuglement de nuit , très-commun chez les Nations qui habitent les pays chauds, où le foleil paroît dans fon plis grand éclat, & aux vieillards, doit fon oris gine à,la callofté de la rétine: celui du jour e remarque dans ceux qui ont les yeux enflammés où extrémement fenfbles, & dans les jeunes gens. d'un témpérament vifs dans lefquels la rétine eff trop fenfible, Les animaux dont la pupille eft grande & dilz D Gi mures table & la rétine tendre , voient pendañt DE LA Vrsron 369 ne, & lon ne peut les voir dif- tinétement. Plus nous regardons d'ob- jets à Ia fois, moins difinéement nous les voyons ; parce que les dif- férentes impreffions que font les Tayons qui partent de ces objets, fe nuifent mutuellement : c’efl pour cela que nous voyons plus diftintement un tableau en le regardant à travers’ un tube noirci, que lorfque nousle Voyons fans Ie fecours de cet inftru- ment, Si les cils de nos paupieres font noirs, ïls abforbent prefque touteda [umiere qui tombe fur eux & ne La réfléchiflent point dans les JEUX comme ceux qui font blancs s. amf ceux dont les cils font noirs ,. la nuit. Le nerf optique ne pouyant pas- être fuflfamment ébranlé par des puiflances Plus petites ; auffi-rôt après qu'il a éprouvé les’ effets des plus grandes, nous ne devons pas voir orfque nous pañlons d'un lieu fort clair dans un lieu fort obfcur : bien plus, nous devons fentir de la douleur-dans les yeux, lorfque Nous paflons füubitemenr d’un lieu obfcur dans un lieu bien éclairé 5 parce que la Pupille, qui dans ce moment ef ‘très-ou—) Verte, laïffe paffer une trop grande quantité € lumiere qui affe&te très-vivement la rétine, dont les ébranlemens qui avoient lieu dans l'obfcurité étoient extrémement foibles, M 3 29@ DE LA Vrs 1 0: doivent voir plus diflinäement. que S'ils les avorent blancs. Les objets opaques qui ont un mouvement trop rapide, comme un boulet de canon, qui fe meut dans Pair, forment dans pos yeux des mages qui fe diflipent très - promptement ; enforte que les fibres nerveufes en font à peine ébran- lées ; auffi nous ne voyons pas fort diflinétement ces fortes de corps. Si la rétine devient calleufe , les objets paroîtront confus ; ce fera la même chofe fi [es humeurs de Pœil s’épai- fifflent & deviennent moins trahfpa- rentes. On deviendra même entiere- ment aveugle, fi le nerf optique eft comprimé , paralyfé : ou roïipu en- tre le /enforium commune &oœït: cela arrivera auf ft les humeurs de Poil abforbent Ja lumiere que les objets renvoient, ou fi le cryflallin perd fa tranfparence , comime on l’obferve dans la catara@te, Une trop grande chaleur peut"deflécher les fibres de Jarétine & les rendre calleufes. Les. oïfeleurs aveuglentJes oifeaux dont ils font ufage pour attirer es autres, en approchant de leurs yeux un fer rouge. Souvent les ennemis. aveu- glent leurs prifonniers par un fem- | æ D£tta Virsron 275 blable artifice; ils réuffiffent auf pat le moyen du foleil,, ÿ5. Le point d’un objet paroîtra double, f les rayons quien partent ne concourent pas au même point de la rétine : foit a un petit trou fait à. une carte b c (fn. 46 ), foit pa- reïllement une autre carte fm, dans laquelle on ait fait deux trous nr & d, de maniere que ces deux trous nexce- dent pas Ja grandeur de la pupille, Si on s’éloïgne à Îa diflance d'environ 20 pouces d'une chandelle ; placée derriere la carte b c, par le trou 4 de laquelle Ia fumiere puïfle pafler, & qu'on place Ia carte f m auprès de l'œil, enforte que la lumiere QUE. aura pailé par le trou de la premiere _caïte, puiffe auf pañler par les trous ñ & d de ja feconde, les rayons de lumiere venant à concourir fur fe même point J de la rétine; on ne verra qu’un feul trou en « : mais fl on daifle la chandelle & Ja pre- miere carte dans la même pofition , tandis qu’on approchera l'œil, ainfi que la carte f m de la carte b c; les rayons de lumiere qui viennent du trou 4, & qui pañlent à travers + ù 272 DE LA Visron: les trous d & n, ne pouvant fe réu- nir qu’au-delà de Ja rétine: Vimage de ces deux trous viendra fe peindre fur la rétine à h ( fic, 47 ), & lon verra deux fois le trou ; favoir, enc&enb: maïs {1 on ferme le trou inférieur n, Je trou fupérieur b difharoîtra ; parce que ce trou elt vu par le rayon qui. pañle par le trou 7, Si laiflant la chandelle & Ia premiere carte dars là même fituation , on éloigne Pœil & la: carte f m, à une plus grande diflance que dans le premier cas. ON remarquera alors que les rayons de fumiere tranfinis par le trou a, & enfuite parles trous n & d , fe réuni: Tontau point T (fig. 47, P), avant d'éz tre parvenus jufqu'à la rétine ; & ces rayons fe développant en ki; feront que Fil verra deux fois le ou a en b & en c. Si on ferme alors le trou füupérieur 4, le trou c difparoîtra; maïs f on ferme fetrou inférieur 2, le trou & ceflera être yifible, | Selon que Ia flrudure des yeux eft différente, & que les lobjets font Plus ou moins grands, leur diftance à Pœil doit être différente pour que la vifion {oit diftinde, nn due ER RENE BEA VrstTOon PTS "56: L'anple optique n’elt autre chofe que längle que forment Iés rayons Vifüels qui partént des éxtrémités de l'objet, & qui fe réuniffent au cen= tre du cryflallin; ceft par Îé moyen de cet añgle que nous mefurons a grandeur apparente des Objets éloi- gnés. Ceux que nous voyons fous- des angles égaux, nous. paroïffent égaux , & deffinent des images égales für la rétine : ceux au contraire que Nous voyons fous un plus grand an- gle , païoiffent plus grands que ceux que nous voyons fous un plus petit angle. Mais il: fatt bien difimguer là grandeur apparente d’un objet de celle que nous lui attribuons en le Voyant : car cette derniere dépend auf du jugement que nous en por- tons, Nous fommes dans l'habitude de confidérer & de voir des objets. GE font autour de nous, & nous Jügeons aflez Bien de lèur grandeur : af nous eflimons aflez jufte Ia S'andeur d’un homme, & nous la Jigeons Ja même, quoïque cet hom- me {oit à une diflance double | uiple, quadruple ; cependant les dimenfions de fon image peinte fux 3. 28G DE-1 A :V I Sr 0 N°! pofe qu'on fit’ fort près , ‘ne nous! parût beaucoup plus : grand que le dernier , f nous en jugions feule- ment par les Yeux; & fi parle tou= cher nous n’avions pas pris Phabitu= de de juger également. grande mÉ= me objet, où des objets femblables à différentes diflances ; nous favont que le dernier foldat: eft un foldat comme le premier; dès-lors nousle. Jugeons. de la même grandeur, com- me nous jugertons que le premier feroit toujours de la même grandeur, quand ïl pafleroit de la tête: à là quete de la file; & comme nous ayons habitude de juger Le même objet toujours également grand à toutes les diflances ordinaires auxquelles NOUS pouvons en reconnoître. aifé- ment la forme » nous ne nous tro: POns Jamais fur cette grandeur que quand Ta difiance devient: top gran de, ou bien lorfque Vintervalle de cette diflance nefl pas-dans la direc tion ordinaire ; car. une diftance cefle. d'être ordinaire Pour nous toutes les fois qw’elle devient trop grande ; où bien qu’au lieu de la. mefurer “hori< ZOntalement , nous la-mefurons: de haut en bas, ou du bas en haut, Les DE LA Virsron 287 premieres idées de la comparaïfon de grandeur entre les Objets nous font venues en mefurant , Toit avec la main, foit avec le corps en mar- chant, la diflance de ces objets rela- tivement à nous & entr'eux ; toutes ces expériences, par lefquelles nous avons rectifié les idées de grandeur que nous en donnoït Ie fens de la vue, ayant été faites horizontale- ment, nous n'avons pu acquérir la: même habitude de juger de 1a gran- deur des objets élevés ou abaïflés au deffous de nous; parce que ce n’eft Pas dans cette diredion que nous les avons mefurés par le toucher; & C'ell par cette raifon, & faute d’ha- bitude à juger des diflances dans cette diredion, qne lorfque nous NOUS trouvons au deflus d’une tour élevée, nous jugeons les hommes &: les animaux qui font au deflous beau- Coup plus petits que nous ne les Jugerions en effet à une diftance. égale qui feroit horizontale, c’eft-à- dire, dans la diretion. ordinaire. IE en eft de même d’un coq ou d’une boulle qu’on voit au deffas d’un clo- cher : ces objets nous paroïflent être beaucoup plustpetits-que nous ne les 282 DE LA Vréro x: jugerions être en effet, f nous les’ voyions dans fa diredion ordinaire & à la même diftance horizontale. ment, à laquelle nous les voyons verticalement, Tout le monde fait qu’en vOya= geant pendant la nuit, on prend fou vent un buïflon dont on eft près, pour un grand arbre dont on ef loin, & réciproquement on prend un grand arbre éloigné pour un Puiflon qui eft voifin ; de même, dit le Naturalifte Francois, fr on ne con: noît pas les objets par leur forme ; & qu'on ne puifle avoir par ce moyen aucune idée de diflance , on £e trom- pera encore néceflirement ; une mouche qui paflera avec rapidité à quelque pouce de diflance de nos YEUX ; NOUS paroïîtra dans ce cas être. un oïfeau , qui en feroit à une très, grande diflance; un cheval qui feroit fans mouvement dans le milieu d’une campagne, & qui feroit dans une at- tütude femblable , par exemple, à celle d’un mouton, ne nous parofîtra pas plus gros qu’un mouton, tant que nous ne réconnoîtrons pas que c'eft un cheval; mais dès que nous Vaurons reconnu, il nous paroïtra L TRE nn D eur RER DE LA Vrsron. 283 dans Vinflant gros comme un che- val, & nous rectifierons far le champ notre premier jugement. Toutes les fois qu’on fe trouvera donc dans les lieux inconnus où lon ne pourra juger de la diflance, & où lon ne pourra reconnoître Ia forme des chofes , à caufe de lobfcurité, on fera en danger de tomber à tout. inflant dans lerreur au fujet des ju- gemens que lon fera fur les objets qui fe préfenteront ; c’eft delà que vient la frayeur & lefpece de crainte intérieure que l’obfcurité de la nuit fait fentir à prefque tous les hom.. mes ; c’eft fur cela qu’eft fondée l'apparence des fpedres & des figures gigantefques & épouvantables que tant de gens difent avoir vues ::on leur répond communément que ces figures étorent dans leur imagination; cependant eHes pouvoïent être réel- lement dans leurs yeux , & ileft pof- fble qu’ils aïtent en effet vu ce qu'ils difent avoir vu; car il doit arriver’ néceflairement, toutes les fois qu’on ne pourra juger d’un objet que par l'angle qu'il forme dans l'œil, que cet objet inconnu groffira & gran- dira à mefure qu'il en fera plus voi- 284 DE LA Vrstow: fin, & que s’'i à paru d’abord aù _{pedateur qui ne Peut reconnoître ce qu'il voit, ni juger à quelle dif tance 1] le voit, que s’il a art = dis: ») q P >) je, d’abord de fa hauteur de quel- ques pieds, lorfqu’il étoit à Ja dif: tance de 20 ou 30 pas, ïl doit pa- roitre haut de plufieurs toifet , lorf- qu'il n’en fera plus éloïygné que de quelques pieds ; ce qui doit en efet létonner & leffrayer , jufqu'à ce qu'enfin il vienne à toucher l’ob. jet, où à le reconnoître 3 Car dans Pinflant même qu’il TecOnnoitra ce quec’eftque cet objetqui lui paroifloit gigantefque, ildimmuera tout:à COUP, & nelui paroîtra plus avoir que fa grandeur réelle; mais f on fuit, ou. qu'on rofe approcher, il ef certain. qu'on maura d'autre idée de cet Objet que celle de l’image qu’il for- moît dans l'œil , & qu’on aura réelle ment vu une, figure gigantefque ou! épouvantable par Ia grandeur & par 1a forme. Le Ptéjugé des fpeûres et donc fondé dans::1a nature ; & ces 2PParences ne dépendent pas, comMm- me Île croientles Philofophes , uni- quement de l'imagination. Lorfque nous ne pouvons prens: en Re dnbe saut étions Li LA LA DE LA Vrsron. 28 dre une idée de Ia diflance par la comparaïfon de lintervalle intermé=s diaire qui elt entre nous & les ob- jets , ajoute cet Auteur célebre , nous tâchons de reconnoître la forme de ces objets pour juger de leur grandeur ; mais Jorfque nous con- noïllons cette forme, & qu’en même temps nous voyons plufieurs objets femblables, & de cette même forme, nous, Jugeons que ceux qui font les plus éclairés, font les plus voifins ï -& que ceux qui nous paroïflent es plus obfcurs, font les plus éloignés; & ce Jugement produit quelquefois dés erreurs & des apparences fingu- lieres. Dans une file d'objets. dif- pofés fur une ligne droite, comme le font, par exemple, les lanternes fur Le chemin de Verfailles en ar- rivant à Paris, de Ja proximité où de l'éloignement defquelles nous ne _POuvons juger que par le plus oule à notre œil , il arrivé fouvent que lon voit toutes ces lanternes à droï.. te, au lieu de les voir à gauche où elles font réellement, lorfqu’on les régarde de loin, comme d’un dem. quart de lieue. Ce changement de moins de lumiere qu’elles envoient 286 DE LA Vrsron. fituation de gauche à droite, eftuñe “apparence trompeufe, & qui el Produite par la caufe que nous ve- nons d'indiquer; car comme le (ec. tateur n’a aucune autre indice de la diflance où ül eft de ces Janternes, que la quantité de lumiere qu’elles luï envoient , il juge que Ja plus brillante de ‘ces Jumieres «eft La pre: miere , & celle de Jaquelle il eft Le plus voiïfin : or s'il arrive que Îles premieres lanternes foient plus obf cures ; ou feulement fi dans {a file de ces lumieres il s’en trouve une feule qui foït plus brillante & plus vive que les autres, :cette’ lumiere plus vive paroîtra au fpedateur comme frelleétoit la premiere-de {à file ; & 11 jugera dès-lors que les autres , Qui <ependant Ia précedent réellement, la fuivent au contraire. Or cette tranfpofition apparente ne peut fe faire, ou plutét fe marquer , que par ce changement de leur fituation de gauche à droite ; car juger devant ce qui elt derriere dans ue longue ile ,c'eftvoir à droitece quieftà gau- che ; ou à gauche-ce qui ft à droite, Quand on ne fait ufage que d’un feulœiïl , on ne peut nullement jus Fi DE LA Visron 28» ger de Ia diflance des objets ; parce qu'alors l'angle D 4 C ne fe forme pas. Néanmoins ceux qui n’ont lufage que d'uf feulœïl, apprennent à la lon. | gue à juger des diflances: parce que peu à peu is s’accoutument à faire ‘attention au mouvement des parties intérieures de l'œil ; & l'on fait que les diflances du cryflallin à La rétine font plus grandes lorfque les objets font plus proches : nous jügeons encore que les objets qui paroïflet grands, font plus près de nous que quand ils nous paroïffent petits. On juge Æncoré de la diflince des objets par a vivacité de 4a lumiere , & par celle de leur image ; c’eft pour cela ‘que TOUS jugeons plus proches de nous quelles ne 4e {ont réellement, les MOntagnes couvertes de néige. Nous portons un jugement femblable des Objets Blancs & des flambeaux que NOUS Voyons à une certaine diftance . Pendant Ja nuit; ice qui vient de ce que lair qui les environne ; forme üne efpece dathmofphere éclairée , qui nef pas fenfible à ne pétite : diflance, Peut-on dire que nous “Voyons Les étoiles brillantes plus S'andes , parce que nous confoñdons 288 DE LA Vrsron: les aftres avec les athmofpheres lu mineufes qui les environnent 3 que les rayons qui viennent de ces ath. -MmOfpheres étant affoiblis par les ver- res des lunettes, ne peuvent pas faire une impreffion fuMfante fur la rétine; & que d’ailleurs [a pupille qui fe contracte lorfque nous regardons à travers ces inflrumens, ne permet pas que l'image qui fe peint au fond de Pœiïl, foit auf grande ; dé maniere que dans ce cas les étoïles doivent paroïître plus petites , comme Pexpé- rience ne permet pas d'en douter? N’efl-ce pas en contradant fortement {a rétine que certains aigles peus vent regarder fixement le foleil , tan: dis que Phomme qui n’a pas Ja facilité de rétrécir f fort la prunelle, na pas le même avantage. Les oifeaux de nuit, dans fefquels la pupille eft très ample, ne peuvent regarder cet aftre, . Nous jugeonsencore de 1a diftance | des objets, en les-confidérant de dif: férens endroits ou bien par les corps _Antermédiaires , Jeurs intervalles & Jeurs granleurs apparéntes, Les nues, les planetes , les étoiles nous paroif- fent à, la même diflance, parce ques nous rer rs ere PT Ernie DE LA Vrstonx, 289 ROUS ne voyons aucun COfps inter médiaire entre ces Objets, & que Nous ne pouvons point juger de Pin- tervalle qui les {épare, La lune paroit plus grande à lhorizon, que quand elle eft vers Le méridien; parce que. lès montagnes & Ies objets fitués entre Ja lune & nous , nous font juger fa diflance , & Par conféquent à grandeur apparente plus grandes que quand elle eft au méridien ; on obferve. en effet en regardant cet aftre par le Moyen dun tube qui empêche de voir les objets intermédiaires on : obferve, dis-je, que fa grandeur ap- Parente eft alors la même que dans : leméridien : on faitauff que les arbres .Œui forment [es allées Paralleles dune P'omenade, nous Paroïffent fe Trap- Procher d’un côté, lorfque nous fom- Mes. placés vers l'autre extrémité, Tome IT, 296 DE LA Vrstro Ne _faïre une révolution ; tous les objets €nVironnans ui Paroïtront fe mou- Voir en fens contraire 5 & ce mou- vement apparent fübffterà encore pendant quelque temps lorfqu'il cel. fera de fe MOUVOIr ; parce que le frémiflement produit dans les fibril 1es de la rétine fubfifte encore quel- que temps, ce qui donneune certaine durée au mouvement ‘apparent des Objets. Si quelqu'un regarde fixement le foleil, & qu'il ferme enfuite Jes yeux , il verra néanmoins encore li mage de cet aflre fous la foïme d’une tache de couleur louge ; cette couleur changera enfuite ‘en jaune, bientôtenverd, & enfm en bleu, & bientôt il ne verra plus rien, Cette obfervation prouve que Îles rayons rouges agiflent avéc le plus de vio- lence fur Ja rétine ; que les. jaunes Ont moins de force: & queles rayons bleus font encore plus foibles, Les poiffons mont point d'humeur aqueufe , & eur cryflallin eft fphéri- que, La raïfon en eft que lhumeur aqueufe feroit inutile -dans Ces.ani- maux ;'car les rayons devroïent pañfer de l'eau où is nagent dans l'humeux DE LA Visro x. 297 âqueufe de leur œil, ce qui fe feroit fans réfradion, C’eft Pourquor, afin que la réfradion des rayons qui fe fait en trois fois dans l’homme , fe fit en deux fois dans les yeux des poïflons, il falloit que leur cryftallin fût plus convexe. que Île nôtre j. Car nous ne pouvons voir les objets que: confufément fous Peau, ainfi que le favent les DOS ner 59 Lorfque nous regardons objet a avec l'œil droit C | fig: 49), nous le rapportons au POintp; mais fr nous le regardons avec Toi gauche D, nous-le rapportons au point x. Sr nous le confidérons des deux yeux ä da fois, nous le verrons dans un Point b intermédiaire entre p & x. Cela ne viendroit-il pas de ce que NOUS rapportons les objets à lextré- mité de Ja ligne , felon laquelle Les Taÿons qui les deffinent dans nos yeux parviennent à organe, & de ce que lame corrige le jugement qui nous Porte à croire que l'objet eft en p & h x, En prenant pour cela un point b auquel aboutiroient les droites tirées de Ja rétine en paflant par le milieu du cryflallin > Les enfans nouveaux S. 298 DE LA Vrsron. nés ne peuvent, dit-on, diflinguet les objets pendant les 4 ou s pre- mieres femaïnes après leur naïflance, Cela vient . felon plufieurs, de ce que leur cornée eft trop lâche & trop épallfe & qu’elle touche prefque iris. Maïs ne peut-on pas dire qu'il faut un certain temps à l’homme pour apprendre à voir, ainfi que Le prouve lobfervation de Chefelden ( 1 }. ( x} M. Chefelden, fameux Chirurpien de Londres, dit M. de Buffon, ayant fait Vopération de la cataraëte à un jeune homme de 13 ans, aveugle de naïflance,& ayant réuffi à lui donner le fens de la vue, obferva la maniere dont ce jeune homme commençoit à voir, & publia enfuite dans les Tranfàc- tions Philofophiques, n° 402 , & dans le $5me article du Tarler , les remarques quil avoit faires à ce fujet. Ce jeune homme, quoiqu’aveugle , ne l’étoit pas abfolument & entierement ; comme la cécité proveroit d’une catarate > il étoit dans Le cas de tous les aveugles qui peuvent toujours difins uer le jour de la nuit ; il diflinguoic même. à une forte lumiere le noir, le blanc, &le rouge vif qu'on appelle écarlate ; mais il ne Voyoit ni n’entrevoyoit en aucune façon la forme des chofes; on ne lui fit lopération d’abord que fur l’un des yeux. Lorfqw'il vit pour la premiere fois, il étoit fi éloigné de Pouvoir juger en aucune façon des difanz DE LA Vrsron, 299 Si pendant la nuit nous plaçons à Une certaine diflance entre notre œïl & la lumiere d’une chandelle une aiguille à coudre, elle nous paroïtra ces, qu'il croyoit que tous les objets indifs féremment touchoient fes yeux ( ce fut lexpreffion dont il: fe fervit }; comme les chofes qu’il palpoit , touchoient fà peau. Les dbjets qui lui étoient Jes plus agréables , étoient ceux dont la forme étoit unie & la figure régulicre., quoiqu'il ne pt encore former aucun jugement fur leur forme , ni dire pourquoi ‘ils Jui paroiflent plus agréa= bles que les autres : il n'avoir eu pendant le temps de fon aveuglement , que des idées f foibles des couleurs; qu’il pouvoit alors difinguer à une forte lumiere , qu’elles n’a voient pas lflé des traces fufifäntes pour qu'il püt les reconnoître ; lorfqu’il les vie en eflèt ; il difoit que ces couleurs qu'il Voyoïit, n'étoient pas les mêmes que celles qu'il avoit vues autrefois: il ne connoifloit la forme d'aucun objet; & il ne difinguoir aucune chofe d'une autre , quelque diffé- rentes qu’elles puflent être de figure ou de Brandeur: Jorfqu’on lui montro:t les chofes _ qu'il connoifloit auparavant par le toucher, il les regardoit avec attention & les obfervoit avec foin pour les reconnoître une autre fois : Mais comme il avoit trop d'objets à retenir àla fois, il en oublioit la plus grande partie ; & dans le commencement qu'il apprenoit (comme il difoit) à voir & à connoître les 300 DE LA Visron. tranf{parente & rougie: par le feu: Ce phénomene paroit dépendre de lins flexion que la lumiere foufre en paf fant le Iong des côtés. de cette.ai- : objets , il oublioit mille chofes pour une qu'il rétenoit ; il étoit fort fürpris que les chofés qu'il avoit le mieux aimées, n’étoient pas celles qui étoient plus agréables à fes yeux & il s’attendoit à trouver les plus belles, les perfonnes qu'il aimoir le mieux, Il fe paffa Plus de deux mois avant qu'il püt. recon- noïtre que les tableaux repréfentoient des corps folides ; jufquw’alors ilne fes avoit con ! fidérés que comme. des. plans. différemment colorés, & des furfaces diverffiées par La va rieté des couleurs : mais lorfqu’il commença à reconnoître que ces tableaux repréfentoient des corps folides, il-s’attendoit À trouver en effèr des corps folides en-touchant la roile du. tableau 5: & il fut extrémement étonné ; lorfqu'’en touchant -Jes- parties, qui par la fumiere & les ombres lui paroïffoient rondes &inégales , il les trouva plates & unies comme le refte ; il demandoir quel étoit donc le fens quile trompoit , fi c’étoit la vue où £ c'étoir le toùcher. On lui Montra alors. un petit portrait de fon pere ,-qui-étoit: dans la boite de la montre de f mere; il dit qu’il con noifloit bien que c’étoit la reflemblance de fon pere ; mais’il demandoit avec un prând étonnement comment il. voir poflible qu’u vifage auf large pût tenir-dans un f petit lieu; que cela lui paroïffoit aufi impoffible DR rs VERS DONS: 50, guille , qui efttelle que fon ombre devient très-petite ou nulle ; enforte qu’elle paroït tranfinettre plufieurs rayons de fumiere, ou qu’elle paroît tranfparente ou rougie par lalumiere. que de faire tenir un boiffeau dans une pinte. Dans les commençcemens il ne pouvoit fup- Porter qu'une très-petite lumiere, & il voyoit tous les objets extrêmement gros; mais à mefüre qu’il voyoit des chofes plus grofles. tneflet , il jugéoit les premieres plus petites 3: il «croyoit qu'il n’y: avoit rien au-delà des limites de ce qu'il voyoit »1l favoit bien que la chambre. dans läquelle il étoir, ne faifoit qu'une partie de la maifon , cependant il ne Pouvoit concevoir comment la maifon pou- voit paroïtre plus grande que. fa chambre. Avant qu'on lui eût fait l'opération , il n’ef- PéTOI pas un grand plaifir du nouveau fens qu'on lui-promettoit, & il n’étoit touché que de l'avantage qu’il auroit de pouvoir appren- dre à lire & À écrire il difoit, par exem- ple, qu'ilne pouvoit pas avoir plus de plaifr fe promener dans le jardin ; lorfqu’il auroit ce fèns, qu'il en avoit, parce qu'il sy pro. Menoit librement & aifément, & qu'il en. Connoifloit tous les différens : endroits ; ".. avoit même très-bien remarqué que fon état: de cécité lui avoit donné un avantage fur les autres hommes »AVañtage qu'il conferva lon g= mp$s après avoir obtenuéle fens de la vue, qui éroit d'aller Ja nuit- plus aifément & plus ûrement que ceux qui voient, Mais lorf 302 DE LA Visron, 60. Les couleurs que M. de Bufon | appelle accidenrelles, & que Jurin ay où. qu'il eut commencé à fe fervir de ce nou= Veau fens, il étoit tranfporté de joies il ifoit que chaque nouvel objet étoir un délice nouveau, & que fon plaifir étoit f Srand qu'il ne Pouvoit l’exprimer, Un an très-belle & très-étendue ; i] parut enchanté de ce fpe&acle > & il appelloit ce payfage Une nouvelle facon de voir, On Jui fit la beaucoup plus grands qu’il ne les voyoit dé autre, mais cependant pas aufli grands qu'il les avoit vus du Premier œil ; & lorfqu’il Teépardoit le même objét des deux yeux à la fois , il difoit que cet objet lui paroifoit une fois plus grand qu'avec fon premier œil tout feul ; mais il ne le Voyoit pas double Ou du moins on ne Peut pas s’aflürer qu'il eût vu d’abord les objets doubles, lorfqu'on lui procura lPufage de fon fecond œil, . + € même Chefelden rapporte, dans fon Anatomie, qu’un homme étant devenu louche na à Re . DE LA Visron. 303 auffi remarquées, paroiflent dé- pendre de la difpofition aduelle de notre organe. Ayant mis un petit quarré rouge fur le milieu d’un car- ton blanc, f nous regardons fixe- ment & pendant long-temps ce quarré, nous obferverons autour de fa circonférence une couronne d’un bleu pâle : f. nous détournons un peu la vuepour la jeter fur le carton blanc , nous verrons difinéement fur ce car- ton fe même quarré, mais d’une couleur verte tirant fur le bleu. Si on trace fur un papier blanc un quarré d’unrouge fort vif & qu’onle regarde attentivement, on obfervera autour de fà circonférence une couronne Verte ; la couleur qui eft au milieu du quarré paroîftra bientôt changée : On verra les côtés d’un rouge plus foncé ; ces côtés fe diviferont enfuite en deux : on verra une croix d’un rouge très-foncé , &le quarré paroûtra femblable à une fenêtre dont la croi- fée feroit garnie de quatre panneaux blancs. On obfervera après cela un reclangle d'un rouge très-foncé qui aura même hauteur, maïs moins de. largeur que le quarré ; maisalors l'œil 304. DE LE A Vrsron.. étant extrémement fatigué , on ne. POurra plus confidérer ce quarré, a lumiere renvoyée par un objet, peint. fon image fur la partie mem braneufe de la rétine. Cette partie ébranle fa partie veloutée dont les fibrilles continuent à être agitées par limpreffion continuelle de la lumiere: le mouvement fe communique len- “ement de proche en proche aux fbrilles Jatcrales adjacentes ; mais il €ft moindre dans ces fibrilles que dans Celles qui répondent à Pimage de objet. Delà f Pimage ‘ef deffinée c rouge. les-parties qui environs nent étant moins fortement afledtées, feront paroître du verd ou du blanc. Si image étoit Peinte en jaune, les Couleurs ambiantes qui doivent être moins fenfibles , fe feroïent remar- quer fous Ja couleur d’un bleu pale; % limage d’une tache verte feroit entourée dune couleur Purpurine de maniere que les couleurs qui en- vironnent Pimage, feront toujours moins vives &moinsclaires que. celles {ous Ilefquelles nous voyons cette même image, FRE M. Monges ayant fixé le foleil DELA Vrsio 30$ autant qu'il Jui fut poMible , ferma les ÿeux , appliquant les deux mains deflüs, afin que la lumiere extérieure ne pût nuire; infenfiblement il vit difparoître le difque rou ge; lerouge étant difparu, lorangé fuccéda 5 Celui-ci fit place au jaune, qui bien- tôt s’évanouit pour ne laifler äp- percevoir que le verd,, ‘puis le bleu, Pindigo ,; & enfin Île violet ; celutrci difparut à {on tour, & ce Phyficien ne vit plus rien, Les faif. ceaux de lumiere ayant frappé vive- ment & long-temps Ie nerf optique, le tendent pour ainf dire au dernier degré, ce qui occafionne la fenfation du rouge. Mais à Proportion que la fatigue de l'œil diminue, la tenfion diminue également, & le ton des couleurs baïfle dans la même propor- tion : au rouge fuccédera donc l’o- rangé; à Porangé le faune ; puis Je verd,:puis le bleu, puis Pindigo & le: violet, :Enfin -la tenfion: ceffänt tout-à-fait, ce nerf tranquille ES ébranlement & rendu à fon premier état, n'occafionnera plus Ia fenfation de quelque couleur déterminée, Ce qui paroît confirmer que Je phéno- ‘312 BE LA Vrsron, pendant. tranfparente, fi l’on verfe deffus de l'huile de térébenthine. Le vinaigre & l'huile d'olive font deux Jiquides tranfparens ; maïs leur mê- lange forme une efpece de faufle blanche , qui eft prefque opaque. L'eau eft naturellement tranfparente; mais fes vapeurs forment des nuages opaques. Le papier Blanc devient tranfparent lorfqu’on limbibe d'huile d'olive. Tous les métaux réduits en petites lames minces font tranfpa rens, ainfi que toute tranché de bois quelconque; maïs lorfque la lumiere tombe fur un miroir de verre, une partie eft réfléchie par 1a furface an. térieure ; celle qui eft réfléchie par la furface poflérieure revient vers lan- térieure , & s'échappe du moins en partie; 1 y en a cependant une grande quantité qui eft réfléchie vers la furface poftérieure , d’où elle elt de nouveau réfléchie vers lantérieure, & ainfi de fuite; mais à proportion que ie nombre des répercuffions augmen- te , les images formées par Ia furface poftérieure , diminuent de vivacité, & les dernieres images ne peuvent plus être fenfibles. E L'opacité EE DE LA Vrsron. 313 L'opacité d'un corps confifte en ce que fa quantité de lumiere qu’il tranf- met ne peut faire une impreffion fénfiblé far Ia rétine. I] ÿ a toute ap- Parence néanmoïns qu’il n’y ên a au- cun parfaitement opaque, tous laiflant pafler plus où moins de lumiere. 16 James de verre, formant 9 : jignes d'épaifleur , ne laiflent päller qu'un 7 de lumiere. Une tranche d’eau marine de 10 pieds, abforbe Îes + de la lumiere qui fa pénetre ; Mais il paroît que Pair ef environ 58290 fois plus tranfparent que l’eau de la mer; de maniere que S8230 Pieds d’air n’abforbent qu'environ les = de la lumiere qui pénetre dans ce fluide ; mais 80 lames de verre for- nant une épaifleur de 4ç + lignes ne laiffent pafer aucune lumiere fenfible, Si nous conceyons qu’un faifceau de lumiere compofé d’un celfain nom- bre de fiers rencontre une tran- che d'eau, & qu'il perde en par- Courant un pied, la dixieme partie de fes rayons, il perdra,.en parcourant la feconde tranche de même épaïiffeur, la dixieme partie de ceux qui fe font Préfentés à lentrée de la feconde Tome II, (® 314 DELA Vrsro x. tranche, & ainfi de fuite, M. Bov- guer prétend avoir trouvé , par des expériences; 1°. Que la lumiere du foleil eft environ trois cens mille fois plüs forte que celle de La lune, lorfqu’elle eft pleine, & dans f moyenne diflance àlaterre; 2°, Que la lumiere du foleil n’eft plus fenfble lorfqu’elle eft diminuée 1000 000 000 000 fois ; enforte qu’un COYpS et véritablement opaque, lorfquil ne tranfmet que la 1000 000 009 000 me partie de la lumiere du fo- le ; 3°. Que de 10009 rayoïf qui partant d’un aftre, viendroientjufqu'à notre œïl s'ils ne rencontrotent pas notre athmofphere , il n’en arrive qu'autant qu'il 'eft indiqué par R “Fable fuivante, dans laquelle o dé- figne que laflre eft à l'horizon. rs xD CA EE eme ner 7 PET rime gr rnnenranseennanhainnis senmmes memes À ET RU RE nr RE TE PE LA Vis-rox. SES CA | Devrés À Nombre Deprés de Haureurf des de Hauteur apparente, | Rayons. |anparenre. . Selon ce favant célebre, une ligne d’épaiffeur de verre détruit Z de lumiere 5 mais M, de Buflona Houvé, en fe fervant ‘du vêrre de Saint-Gobein , différent fans doute de celui qu’a employé M. Bouguer, qu'une ligne d’écaifleur d’un tel verre Re diminue {a lumiere que d’envi- 9n >; que deux ligues ne Ia dimi- O 2 F0 DELA VrsTos nuent pastout-à fait d'un, &tos | _ glaces de deux lignes , moins dei; | & ce dernier Auteur aflure que h | Jumiere ne diminue que d'un peu plus de moitié, en traverfant une épaifleur de 6 lignes de verte de Bohême. : Ii eft bon de remarquer que {a Jumiere qui fort d’un corps opaque “peut avoir perdu une partie de fa vitefle par Pinégalité des forces atr tradives & répullives des molécules } de ce corps , qui lont fait errer dans des labyrinthes innombrables, &, | qui ne Jui permettant pas de fe diri- ger dans un certain fens, Ia difper- fent de tous côtés, de maniere qu'elle. ne peut faire aucune imprefhion fen- - fible fur la rétine : telle paroît être, fa véritable caufe de lopacité: La sranfparence au contraire, tire fon origine non feulement des por droits, ( qui fe trouvent dans tous Jes corps , } maïs principalement de Pho- mogéneité des parties qui exerçant des forces égales fur [es globules um | _neux, leur permettent de fortir el ligne droite, de fe diriger dans ct” tains fens, de maniere qu'à leur Rb à a | | … TOME 11. PL.T. Page 316, |) Le me ne RS ass 227 > UE ENS MN SP IE EPE | 7 ee © ee qe ed tee omutmube ee M Eds ET eee po $ ge TA y KES à + PAG ons Giant vèn 8 da ani D hé re P PR b R TE ELLE ne er Nos LS 2 = de CE 3 2 LPLI Dige 316 ne TIL-PL. TITI Page 816, Z y si Re =; = L | QUI 322 ASTRONOMIE PHYSIQUE: cle qui pañle par le milieu de l'axe: du monde, ou par le centre del'uni- . vers, & dont le plan foit perpendis cülaire à Ia ligne qui joint Les deux poles , ce cercle, qu’on nomme équa= teur , féparera la fphere célefte & le globe de la terre, en deux hémif. pheres égaux , lun feptentrionak, l'autre méridronal, Lorfque le foleil paroïît parcourif cé cercle, ce qui arrive aux équinoxes , les jours font égaux aux nuits par toute la terre, . L'équateur étant à égale diftance de lun & de l’autre pole, lés poles du monde feront en même temps ceux de Péquateur ; car on appelle en général poles d'un cercle les deux points de la fphere qui font le plus éloïgnés de ce cercle, on ceux qui font fitués fur une ligne perpendi- culaire au même cercle & paffant pat fon centre, C’eft pourquoi le zénith eftle pole de l'horizon ; il en eft de même d’un autre cercle ; fon pole en €lt toujours éloïgné de 90 degrés en tout fens. Mais il ne s’agitici que des grands cercles de fa fphere : ce font ceux qui ont le même centre que la fphere ; tels font l'horizon & Péqua- l Ê Ë | ASTRONOMIE Pays IQUE, 327 teur. La Tigne qui pale par les deux Poles d’un cercle s'appelle auf en. général Pave de ce cercle. Cetteligne elt toujours perpendiculaire au plan de ce cercle; mais.le diametre elt tiré dans le plan même du cercle. 6. Le méridien eftun grandicercle de Ja fphere qui pale par les deux poles du monde auffi-bien que par le zénith & le nadir, Partageantle ciel & Ia terre en deux hémifpheres égaux, Pün- oriental & l'autre. occidental. IL eft ainfappellé, Parce qu’il marque le mi. lieu du jour, quand le foleil y arrive . chaque point de ce cercle étant éga- lement éloigné de l'horizon à droite & à gauche. Le méridien d’un lieu ftué plus à lorient ou à l'occident que Paris, eft différent du méridien décetre Ville ; de naniere que filon avance de 15 degrés vers lorient, le zénith de l’'ébfervateur avancera de la même quantité auffi-bien que: fon méridien, Ainfi de Breft Paris: ya 7 degrés dont Paris eft plus Otiéntal que Breft, Mais quand on va ditetement vers Le nord ou vers le füd, on ne change point de méri- in, Tous les méridiens de différens O ç 324 ASTRONOMIE PHYSIQUE. : lieux de Ta terre fe réuniffent & fe coupent aux deux poles du monde; & ils font tous coupés en parties : égales par Péquateur dont le plan eft à égale diflance des deux poles : ils. font tous perpendiculaires à ce cercle, Mais quand un obferyateur placé dans un endroit fixe ; parle du méridien. _il entend Ie méridien du lieu où il eft, celui qui pañle par fon zénith & que l’on confidere comme fixe aull bien que l'horizon. La hauteur. d’un aftre,comme nous. avons déjà dit ci-deflus er). fe mefure par un are d’un cercle ver- tical, qui va de aftre à l'horizon. Soit un obfervateur défigné par 0: (fig. 2), dont? eftle zénith, & HOR, horizon, qui eft umicercle dont nous, ne repréfentons iei que Îe diametre ;, 1 Von décrit le demi-vertical H 7 RS qui pafle par le zénith, z R fera un quart de cercle ; enforte qu’une étoile | qui feroit fituée en 7, auroit 90 de- | grés de hauteur ; f elle étoit fituée en À, de maniere que angle 4 OR fût de 45 degrés, lare 4 R ou: la hauteur de létoïle feroit de 4s de- grés, Suppofons que l’obferyateur 0: ASTRONOMIE PHYSrQUE. 32ÿ foït muni d’un quart de cerclé B O D, de bois où de métal, divifé en 90. degrés , en plaçant un des côtés B O Verticalement , au moyen d’un fi à plomb, & mettant enfnite l'œil au centre O, il remarquera fur quel point C répond laftre 4; le nombre de degrés compris entre C & D fur fon inftrument, fera égal au nombre de degrés de l'arc 4 R du vertical célefte qui marque la hauteur de laflre au deffus de l’horizon : enforte que f Parc D C eft de 45 degrés, la hau- teur de laftre À fera auffi de 45 de- grés: fi une étoile “toit placéeena, 0 trouveroit [a diftance qu’il y a entre cette étoïle & laftre A, eh. mefurant l'arc de cercle ç C compris entre Jes deux rayons vifuels © 4 ; OA car f Parc c Ceft de 20 de. grés, l'arc célefte correfpondant 4 4 ‘fera auf de 20 degrés : or les Aftro- nomes fe fervent pour mefurer les. mOouvemens apparens & relatifs des: aftres , de degrés, minutes ou fecon-' des, ou de portions de cercles , &ils. mefurent auffi les diflances apparen- tes des aftres par les degrés, minu- fes & fecondes d’un arc de. cercle 326 ASTRONÔOMIE Pavsique: dont le centre d’où partent les rayons vifuels efl Pœïl du fpedateur, Si deux rayons vifuels menés Pun au bord fupérieur & l’autre au bord Inférieur de [a lune fituée près de l'horizon, forment un angle d’un demi-degré où de 30 minutes, on dira que la lune a un diametre de 30 minutes où d’n _demi-degré, * Les Affronomes emploient d’une autre maniere le quart de cercle dont ils £ fer: VEnt pour mefurer les hauteurs ; ils placent - un des côtés O B ( fig. 3 ), de maniére qu'il foit dirigé vers Paltre 4; au centre O de PMinifrument ef fufpendu librement un £l à plomb O D; dans ce cas Parc F G du quart de cercle compris entre le fil à plomb&le | rayon O G'aura autant de degrés que l’arc À R qui mefüre [a hauteur de laflre au deffus de l’horizon; en effét la ligne ver< ticale Z © D fair avec le rayon vifuel qui va du point B, (où ef fitué le fpeétateur dans cette maniere d’obferver J-alatre 4 wn angle, qui eft mefuré par l'arc Z 4 d’un côté, & de l’autré par l’are B F qui a lé’ même ‘nombre de degrés; car les deux | angles BOF, ZO Aétant Oppofés-au fon met, font égaux, ainf que nous Payons fait. Voir dans notre Précis des Mathématiques : c’eft ce que nous appellerons la diffance a zénith, Mais cette diffance crant connues on l'ôtera du quart de cercle Z A R ; OÙ de 90 degrés, & il reflera la hauteur 4 R 3 ASTRONOMYE Paysiqux. 327. & cette hauteur fera mefurée par l'arc FG . du quart de cercle. Suppofons que la difance aù zénith défignée par l'arc B Fou par Z À fit de so degrés, Otant 50 degrés de 99 deprés , il reftera 49 degrés pour la valeur de larc FG ou de l'arc 4 R: & la hauteur. de l’affre À fera de 40 degrés. 7: Tandis que La fphereentieretour- ne fur fon axè P R (ft8.4), chaque pointde l'équateur E Q décrit un grand cercle de Ia fphere; maïsles points qui “font plus près du pole, commele point À; par exemple, décrivent des cer. cles plus petits quila coupent en par- tes Inégales, ls ont leur centre hors de celui de Ia fphere, fur Paxe PR , ls font paralleles à l'équateur, & on les nomme fimplement des paralleles: tel ef le cercle À B qnia fon centre au point D de l'axe PR, & qui paroît ovale dans a figure, parce que nous fuppofons qu’il eft vu en perfpedive. * de côté. Pendant la révolution de _ lafphere, chaque point du ciel placé hors de l'équateur, décrit un paral- lele d'autant plus petit que ce point €f plus éloïgné de Péquateur: tous. les paralleles 4 B font coupés em deux parties éoales par le méridien PAMR B; le plan de ce cercle les 328 Asrrokomrre PHysrour, traverfe par le centre, & les partage Par conféquent en deux parties éga- les, Si le parallele 4 B que décrit une étoile eft tout entier au deflus de Phorizon H O, elle paffera deux fois le jour aw méridien, d’abord en A4 & enfuite 12 heures après en B:; fa plus grande élévation 4 def de l'horizon, fera dans fon PAR fupé- rieur en À, & fa plus petite hauteur dans fon pañlage inférieur en B, Mais - f Le parällele de l'étoile fe trouve n'avoir qu’une petite partie au deflus de lhorizon , comme le parallele M NL, ( dont on na repréfenté ict -que Ja moitié }, Ja partie fupérieure M N élevée fur l'horizon , fera moins confidérable que la partie invifible: N L cachée par horizon, & on ne: verra Pétoïle que pendant la plus petite partie de 24 heures, Deux grands cercles de la fphere ayant le même centre , fe coupent à ce point, & leur commune fedion eft un dia: mette CommMUR: mais: il ef de {a nature du diametre de couper Île cer- cle en deux parties égales ; ainfi le plan de chaque grand cercle eñ coupé pat l’autre fuivantfon diametre même & en parties égales, Pere * “eme nrns ASTRONOMIE PHYSIQUE. 329 : 8. Le principe que nous avons déjà établi, fufñt pour trouver la hauteur du pole par Le moyen des étoiles. Prenons une étoile fituée prés du pole nord. P, en À, par. exemple, (fs. 4 ); ft cette étoile eft à 2 degrés du pole , Îes arcs 4 BP & P B feront chacun de deux de- grés, & l'arc entier À P B fera de 4 degrés. Ceft pourquoi l'étoile étant au méridien en 4, dans la païtie fupérieure de fon parallele , aura une hauteur H 4 au deffus de l'horizon ; plus grande de 4 degrés que la hau- teur B H de cette même étoile, lorf que 12 heures âprès elle fera au deflous du pole; & Ia différence B 4 de ces deux hauteurs fera de 4 de- grés. Suppofons maintenant qu’on ait obfervé Ia hauteur de l'étoile en À, & fa hauteur en B; ïl faudra Pour ayoïr la hauteur du pole P, divifer en deux parties égales la dif- _férence B 4 des deux hauteurs. On ajoutera Ja moitié P B de cette dif férence avec la petite hauteur H R de Pétoile ; La fomme donnera Ia fauteur H P du pole. Si une étoile Oblérvée à Paris, a d’abord 47 degrés se hauteur, & 12 heures après S} de- 330 AsTroNomtE PHysiQuE, grés , on prendra 2 degrés , moîtié de Ia différence 45 ce fera la dif. tance de létoïle au pole ; ces 2 des grés ajoutés à la plus petite hauteur, (47 degrés), de Pétoile, donneront la hauteur du pole, qui fera pat corféquent de 49 degrés. On trou- vera le même réfuitat en prenant la moitié de la fomme des deux hau-. @urs 47 & çr degrés; car cette moitié vaut. 49 degrés ; c’eft ainf que. les étoiles voifines du pole fer: Vent à trouver fa hauteur, La hau+ teur du pole étant connue » celle de léquateur, fera facile à trouver. Soit Q, Péquatus, a hautetr au def: fus -de l'horizon H O', eft mefurée par Parc O E du méridien, qui pañle nécellirement par Je zénith Z, Tous les points de l'équateur étant égale- ment diflans des deux poles P,R, le. point Æ doit Partager en deux par- ties égales Le demi - cercle P E R; ainf larc P E eft un Quart de cercle, & vaut par conféquent -00 degrés, D'autre côté » Phorizon H O ,; qui. eft un grand cercle de la fphere, coupant le méridien , qui eft aufñf UN autre grand cercle de Ia fphere, en parties égales ; fi du demi-cercle ou M 1 + ASTRONOMIE. PHYSIQUE. 337 du demi-méridien H P O, l’on retran- che Parc E P quieft un quart de ce cle, Hreflera.deux arcs H P, EO qui pris enfemble , vaudrontun quart de cercle ou 90 degrés; c’eft pourquoi ide 90 degrés, l'on retranche la hauteur H P du pole, ïl reflera Ia auteur Ë © de lPéquateur ; mais f _lepole P eft fuppofé celui du nord, & que lobfervateur {oit placé en- deça de l'équateur 4e point © de lhorizon fera. fitué du côté du midi. Les Aflronomes difent que la hauteur du pole H P, ef le complément de la: hauteur E O de l'équateur; cefl-à- dire, que la hauteur du pole eft ce qi manque à celle de l'équateur . pour valoir 90 degrés(r}:le zénith Z étant toujours élorgné de lhorizon de 90 degrés, les arcs Z O, Z H feront chacun un quart de cercle:; Ceft pourquoi fa hauteur H P du pole, eft le complément de la dif tance P Z du pole au zénith; carces (1) I ef bon de fe rappeller que- nous avons dit dans notre Précis de Mathémati- ques & ailleurs, que le comp'ement d'un arc ef ce qui lui manque pour loir 90 degrés, & que le füpplément ef ce Qui lui manque : Rour valoir un demi- cercle ou.180 degnés. 238 ASTRONOMIE PHYSIQUE. pendiculaires à l'équateur, & pañfent: tous par les poles de la terre qui font auffr les poles de Péquateur terreftre, Tous les lieux qui font fitués fur un même méridien, ont la mème longi- tude, dont les deorés fe comptent fur léquateur, en allant d’occident en orient, depuis le premier méri- dien jufqu’à celui du lieu dont il s’a- git; de maniere que fi Parc de léqua- teur compris entre le premier méri- dien & celui d’une Ville donnée, eftde 20 degrés, la longitude de cette ville fera de 20 degrés. Le premier me ridien d’où lon part pour compter les Iongitudes , effune chofe arbitraire & de pure convention. La Béclaration du 25 Avril 1634 la fixe pour Î6s Géographes François, à l’extrémité de lifle de Fer, Ia plus occidentale. des iles Canaries, Le Bourg princr pal de cette ifleeft à 19 degrés $3 minutés 4ç fecondes à loccidentde Paris; mais M.de l'Ifle, fameux Géo graphe , ayant fuppofé pour plus de facilité & en nombres ronds, que Paris étoit à 20 degrés de longitude les Géographes de France ont fui fon exemple; :c’eft pourquoi dansk ASTRONOMIE PHYSIQUE. 339 plupart de nos Cartes, on établit le premier méridien à 20 degrés du méridien de Paris, du côté de Poc- cident; & lon continue de compter les Ilongitudes terreftrés vers lorient jufqu'à 360. degrés, en faïfant tout: le tour de la terre; néanmoins les Aftronomes François lont..unñe autre maniere de compter les longitudes : ‘is prennent, non pas en degrés, mais en temps, Ja différence des méri- diens où la différence des longitudes entre Paris & les autres lieux; 1ÿ degrés de longitude font une heure, parce que le foleil faifant en appa- rence le tour de la terre en 24 heu- res, parcourt en une heure la - par- tie de fon cercle ou 15 degrés; un depré fait 4 minutes de temps. Un obfervateur qui s’avanceroit à 1 degrés de Paris du côté de lorient, compteroit une heure de plus qu'à Paris ; & comme Vienne en Autri-- che eft à environ 15 degrés à lorient de Paris, le foleïl arrive au méridien de Vienne une heure: plutôt qu’à ce- lutde Paris, de maniere qu'oncompte midi à Vienne lorfqu'il n'éft encore qu'onze heures du matin à Paris 5 P 2 : . B40 ASTRONOMIE PHYSIQUE. & il eft midi une heure plutôt à Vienne qu'à Paris. C’eft pourquoi un obfervateur qui avance de 1$ degrés vers lorient, va au devant du foleil, & Ie voit une heure plus tôt. En continuant d'avancer am vers lorient de 15 en 15 degrés, il gagneroitune heure à chaque fois; & s’il faifoit le tour entier du globe, il auroït gagné 24 heures en arrivant, à Paris, de maniere qu'il compteroit un jour dé plus-que les Parifiens; il feroit au Jeudi, tandis que les Par fiens feroïent encore au. Mercredi Un autrè obfervateur qui s'avance: roit de 15 degrés du côté de locci: dent ,compteroit une heure de moins qu'à Paris; de maniere qu'il compte: roit r1 heures, lorfque les Parifiens comptent midi; àinft le foleïl fe le- veroïit une heure plus tard pour Jui que pour Paris, En continuant de: vancer ainfr vers l’oueft de 15 ent degrés , il perdroit une heure à cha que fois; & revenant à Paris apré avoir fait le tour du monde, 11 n€ compteroit que Jeudi lorfque 6 Parifiens feroïent au Vendredi. On xemarque cette fingularité dans le ASTRONOWrE PHYSIQUE. 354$ maniere de compter, toutes les fois qu'on voit arriver un-vaifleau qui a fait le tour du monde, Les habitans des ifles de Ja mer du fud ; qui-font éloignés d’un demi-cercle ou de 12 eures de notre méridien >; VOoient les voyageurs qui viennent des Indes & ceux qui leur. viennent de PAmé- tique, compter différemment les Jours .de;la femaine: car fuppofant qu'il el Mardi à midi pour Paris, ceux qui lont dans les Indes, difent Qu'il ya {x heures que Mardi eft commencé : & ceux qui font en Amérique difent qu'il s’en faut au contraire de plufieurs heures, Dampierre étant allé à Min danao par l'ouelt » troüva qu'on ÿ COMmptoit un jour de plus que lui, Les Portugais établis à Macao, ville Maritime de la Chine, comptent un jour de plus que Îles Efpagnols ne Comptent aux Philippines . : quoi qu'ils foient peu éloïgnés les uns des autres : les premiers font au Lundi, tandis que les feconds ne comptent que le Dimanche; cela vient de ce que les Portugais de Macao y font allés par lorient » & que les Efpa- &nols font allés aux Philippines par : FF. + 342 ASTRONOMIE PHysrour: Poccident , en partant de PArméri- que & traverfant la mer du Sud. On peut fe fervir des éclipfes de Tune pour trouver Ia longitude d’un lieu. Suppofons, par exemple, qu'il foit onze heures précifes du foir à Vienne en Autriche, lorfqu’on ÿ-Ob- ferve le commencement d’une écliple de Tune, & qu’on remarque Île même commencement à Paris à dix heures précifes, nous ferons afürés qu'il y a une heure de temps de différence entré la capitale de l'Autriche & celle de la France, & qu’on compte une heure de plus dans cette premiere Ville ; d'où nous concluerons que Vienne eft à 15 deorés à l’orient de Paris ; de maniere que fa longitude €ft plus grande de 15 degrés que celle de Paris. Si on obfervoit le commencement de Ja même écliple à neuf héures du foir dans un lieu plus occidental que Vienne en Au triche, on pourroit aflurer: que le méridien de ce lieu ef cloïgné de 30 degrés de celui de Vienne, dont la Tongitude feroit plus grande de 30 degrés que celle de ce lieu, | “ ASTRONOMIE PHvsique, 34% 12. Le mouvement diurne com- mun à tous les aftres , par lequel ïls paroïflent aHer d’orient en occident’, n'ell pas le feul qu’on ait obfervé dans les planetes. Tous lès mois fa lune change de figure, & fait Le tour du ciel dans un fens contraire à celuÿ du mouvement général ; de maniere . qu'elle à un mouvement propre & réel d’occident en orient , par lequel elle faitune révolution entiere autour de la terre dans Pefpace de 27 jours & quelques heures, en avançant tous les Jours vers lorient d'environ 13 degrés. La June paroît tantôt ronde Où pleine, quelques jours après elle reflemble à un demi-cercle , & cette “Pparence ou phafe eft appellée je dernier quartier de La lune ; quelques JOUS aprés continuant de fe rappro- . ‘cher du foleil, elle paroît le matin à lorient avant le lever du foleit, les cornes vers le haut oppolées à cet aftre ; bientôt après elle diminue tellement à nos yeux , que fe per- dant dans Les rayons du foleïl, elle difparoît totalement pendant 3 ou 4 Jours, & Pon dit alors qu’elle eft nouvelle, Ee reparoît enfuite le for 4 B44 AsTRONOMrE PHysiQuE. vers l'occident après le coucher du foleil, fous la forme d'un croiffant «ont les pointes font toujours vers le haut ou oppoltes au foleil ; maïs en continuant d'avancer vers l’orient par fon mouvement propre, elle aug mente de grandeur, & acquiert h forme d’un demi - cercle lorfqu’elle ell en quadrature avec le foleil, dont elle eft alors éloïgnée de 90 degrés ; l'arc de cercle qui mefure l'angle for- mé par deux lignes tirées de l'œil de Pobfervateur au centre du foleil & à celui de fa June, étant dans ce cas de 90 degrés ; c’eft ce qu’on appelle le premier quartier. Enfin 7 à 8 jours après ; elle reparoît pleine, ronde & lumineufé, commeelle étoit un mois auparavant , elle pale au meri- dien à minuit, & lon voit qu’elle eft oppofée au foleil, qui fe trouve alors dans Ia partie inférieure du même méridien. Nous rendrons raifon dans Ta fuite de toutes ces apparences dif- férentes de Ia lune. 13. Quoique le foleil par: fon mouvement journalier , { qui nel qu'apparent, comme nous le verrons dans {a fuite }, fafle une révolution ren ASTRONOMIE PHYSIQUE. 34$ d’orient en occident , il paroît encore : avoir un mouvement d’occident en orient, par lequel il fe rapproche de Jour en jour des étoiles qui font plus Orentales que lui : ce mouyement eft d'environ 1 degré chaque, jour; & : au bout d’environ 365 joursonrevoit létoïle vers. occident, à la même heure & au même endroit où elle paroïlloit l'année précédente à pareil jour; enforte que le foleil eft revenu fe placer au même point par rapport à l'étoile, après avoir fait une révo- lution entiere : c’eft ce qu’on appelle lemouvement annuel (x }. Par ce mou- Vément apparent , le foleïl décrit un - orbite qu’on appelle écliptique, parce que la lune eft toujours dans le plan de cet orbite ou à trés-peu près, lorf qu'il y a éclipfe de foleil ou de June, On peut remarquer que lorfque le oleileflarrivé en été au point le plus oo . (1) Ces deux mouvemens font très-bien Exprimés dans ces quatre vers d'Ovide : _Adde quod afidué rapitur vertigine cælum , . Sideraque altatrahit, celerique volumine torquer : Nitor in adverfüim ; nec me (qui cætera) vincir mpetus ; &* rapido contrarius evehor orbi. S Metam, 13 PS 346 ASTRONOMIE PHYSIQUE: . près du pole feptentrionai, fa hauteur méridienne eft plus grande que celle de Péquateur d'environ 23 : degrés, & qu'elle eft plus petite de [a même quantité que celle de ce cercle, lorf qu'en hiver cet aftre fe trouve le plus éloïgné qu'ileft poflible de Péquateur, Nous pouvons ici confidérer Péclipti que, comme un cerele qui coupe lé- quateur en deux points, qu’on appellé les points équinoxiaux , & qui fait avec ce cercle un angle d'environ 23 : de- grés ; mais cet angle n’eft pas, dit-on, invariable ; & il diminué d’environ une minute tous les cent ans. Maïs les Mathématiciens font voir que cette diminutron , (frelle a lieu, } ne peut jamais devenir bien confidérable, & que cet angle , après avoir un peu diminué “augmentera de nouveau. Lorfque le foleil décrit l'équatetr, left 12 heures au deffus de horizon, & 12 heures au deflous , c’eft-à-drre que le jour ef alors égal à Ja nuit: les deux jours auxquels cela arrivé NES font appellés les jours des équinoxes. L’équinoxe du printemps arrive le 20 de Mars, & celui d'automne le 23 de Septembre, Les points de RTE tre one“ <= RES TI TIRÉS RE RRTEe EL rsA er es RAT CRE er ASTRONOMIE PHYSIQUE. 347 Pécliptique fitués entre les équinIoxes, & dans lefquels fe trouve le foleil Jorfqu’il eft le plus éloïgné de Péqua- teur, ont été appellés fol/fices, comme qui diroit ffarion du foleil ; parce que cet aftre étant arrivé à ce plus grand éloignement, femble être quelques jours à [a même diflance de Péqua- teur, fans s’en éloigner, nt fans s’en rapprocher fenfiblement. Le folffice d'été artive le 21 de Jum ; & lé Jolffice dhiver le 21 Décembre. Le jour du folflice d'été Je foleil décrit par fon mouvement diurne le paral: léle Le plus élorgné de Péquateur du côté du pole nord qu’il puifle décrires Ce parallele eft appellé le tropique du Cancer, parce que ce jour-là le foleit entre dans fa conflellation qw’on ap= Pelle le ffgne du Cancer ou de l'Ecre= vife (1). Le jour du foifice -d’hiver (1) Une Confellation eft un amas d’é- toiles plus ou moins confidérable. Pour repréfenter les confellations , on 2 peint des figures dans lefquelles. ces étoiles fetrouvent renfermées ; ainf , les étoiles de la conftel- lation Gu'on nomme la grande ourfe, font rénférmées dans une figure qui repréfente Cét animal. Les Aflronomes conçoivent, une bande circulaire qui entoure la fphere célefte, P 6 LA 354 ASTRONOMIE PHystour, de: Péquateur, de même les cercles de latitude ; quand il s’agit des af tres, font des cercles qui paflent tous par les poles de Péclintique, Ils fer- vent aufli à connoître la longitude d’un affre; car cette longitude et Parc de lécliptique compris entre léquinoxe du Printemps , & le point de Pécliptique auquel répond le cér- cle de latitude fur lequel fe trouve l'aftre. L’afcenfion droire d’un aftre eft l'arc de Péauateur Compris entre le premier point du figne du belier & le méridien où fe trouve Pañtre ; & lon appelle déclinaifon d’un aflre la diflance de cet aflre à Péquateur, c'eft-à-dire, l'arc du méridien com- pris entre cet aftre & Péquateur. Ceux de nos fedeurs qui auront entre Îles mains cette machine in- génieufe, qu'on appelle /phere, où plutôt /phere armillaire parce qu'elle eft compofte de plufieurs cercles évuidés énforme d’atmilles, cel a-dire , d'anneaux où de colliers ,N'atr TORt pas de peine à fe former une idée claire des grands & des petits cercles de Ia fphere. L’horizon ef réptéfenté par le cercle HO L( fig | ASTRONOMIE PHYSIQUE, 325$ _ $), pofé fur des foutiens qui font attachés au pied de la fhere. Le ‘méridien eft le cercle R 47 P N, éle; VÉ verticalement, & retenu dans une entaïile faite au pied de Pinitrument, & dans deux autres entailles faites far Vhorizon au nord & au midi. Les cercles mobiles forment un affem- blage ou efpece de charpente qui tourne fur Ja Egre R°P : cette _ digne repréfente Pare du monde. On ÿ voit l'équateur, le zodiaque ; Véclip- tique, & les deux colures, qui font des méridiens , dont lun pafle ‘par les points folfficiaux ; on le nomme le colure des folflices ; Vautre pafñfe pat TS points équinoxiaux ,; % prend le n0m de colure des équinoxes. Ony Fémarque les deux tropiques & les deux cercles polaires » QUE font éloi- gnés des poles de 23 ; degrés, un ef fitué du côté du pole auftral : on le nomme cercle polaire aufiral : mais le cercle polaire feptenirional ; € fitué du côté du pole nord. L’in- Yention de Ia fphere armillaire eft très ancienne : on: Pattribue à Atlas, qe l’on croit avoir vécu 1600 ans avant Jefus-Chrift, à Hercule & à 356 AsTRoNOMIE PHYSIQUE. Mufeus ; mais il eft plus naturel de penfer quelle vient de Babylone où d'Egypte, La fphere d’Archimes de, fi fimeufe dans l'antiquité, étoit . un planetaite où une machine pros Pre à repréfenter auf le mouvemeit des pfanetes dans un globe de verre, Avant de parler des pofitions de la fphere, nous croyons devoir diré quelque chofe de a lumiere crépuf culaire, & de la réfraction des-rayons à travers athmofhhere, La réfrädion fait que les rayons du {oléil fe plient en traverfant Pair, de maniere àat river vers nous plutôt qu'ils n’y fe Toïent venus par Ja. ligne. droite ; « cette réfradion ef telle que quand le bord fupérieur du foleil ef vai. tablement à l'horizon, enforte qu'il ne faffe que paroître , le difque ‘en: tier étant encore fous l'horizon, la réfradion léleve aflez , pour qui paroïlle tout entier au deflus, cell: à-dire, qu’alors fon bord inférieur paroit toucher Phorizon, & l'effet de Ia réfradion égale à peu près ha grandeur même du diametre folaire, ÏI faut 4 à ÿ minutes dans nos ci- Mats, pour que le foleil s’éleye ds TARA 7 ARE FLEX ASTRONOMIE PHYSIQUE. 357 a quantité d’un demi-degré , enfor- te que la durée du jour artificiel, y eft augmentée de plus d’un demi- quart d'heure, par cet effet de la ré- fradion ; elle devient beaucoup plus. confidérable en avançant vers les zones glaciales ; & fous le pole mé- me on a, par le feul effet de la ré- fration , environ 67 heures de jour, plus qu’on n’auroit fans elle (1). La (1) Les aftres paroiffent fe lever plutôt & fe coucher plus tard qu’ils ne le devroient sil, ny avoit point de réfra@ion, Les réfrac= tions font inconflantes , & fujettes à toutes les variations de l’athmofphere : elles font plus grandes quand l’air eft plus humide, plus denfe, plus ftoid; & fi l’on en excepte le Voifinage de l'horizon ou des vapeurs, & d'autres caufès accidentelles & locales, don- nent aux rayons qui ont une dire@ion pref- que horizontale, des inflexions irrégulieres ; Ja réfraêtion augmente d’un vingt-feptieme de fa quantité moyenne, lorfque le mer- cure fe leve d’un pouce dans le barometre, Qu que la liqueur defcend de 10 degrés dans un thermometre gradué felon les principes de M. Réaumur. La réfra@ion fait paroitre le foleil ovale à fon lever & à fon coucher; çar étant plus grande au bord inférieur qu’au bord fupérieur, elle fait paroître ces deux bords plus rapprochés, & par conféquent elle fait paroître Le diamerre vertical plus petit 358 ASTRONOMIE PHYSrQUE: lumiere crépufculaire augmente en- core Îa durée du jour : cette lumiere douce & tranquille de l'aurore qui EN = e ù 1 augmente peu à peu le matin ayant le ever du foleil , & qui diminue le foir dès que cet aftre eft couché, eft produite par [a difperfion des rayons dans la mañle de l'air qui les réfi- chit de toutes parts, Le crépufoule dure toute la nuit au mois de Juin à Paris, & dans les Pays qui ont plus de 48 degrés 30 minutes de latitude; que lhorizontal ; la même chofe a lieu pour la lune. Les réfra@ions font d’aurant plus _ petites que laftre ef plus près du zénith; car au zénith elle eff nulle, parce que les rayons fumineux entrent alors perpendicu- fairement dans Pathmofphere. Les Aflrono- mes ont remarqué qu’à compter depuis 20 degrés au deflus de l'horizon , les réfraétions font entr’elles comme les tangentes des dif tances au zénith. La réfradion horizontale * ef en Europe, & méme en Laponie de 22 minutes & demie ; elle n’eft, felon les ob= fervations de M. Bouguer, que de 27 mi- nutes au Pérou. La réfradion fair paroître Tes objets terreftres plus élevés qu’ils ne le font. Ea lumiere du foleil en entrant dans Vathmofphere , fe difperfe ; ‘& lorfque cet afîre €ft à l'horizon, fà lumiere ef envi- Ton quinze ou feize cens fois moindre que Jor(qu’il eft au zénith, reparer pnnr oo ASTRONOMIE PHYSIQUE, 359 la durée du crépufcule au pole eft de 7 femaines ; mais nous ferons abflra@ion de ces caufes , en parlant des circonflances du jour artificiel dans les différentes poñtions de 1a/ fphere (1). Au refte, nous entendons (1) On a remarqué que Ja lumiére cré- pufculaire commence le matin lorfque le foleil na plus qu'environ 18 degrés à mon- ter pour parvenir à l'horizon, & quelle cefle le {oir lorfqu’il eff parvenu à 18 degrés au deffous; ainf, il meft pas nuit clofe pour un lieu de la terre, lorfque le-foleil à minuit efé Moins de 18 deprés au deffous de l'horizon. Cette umiere fait qu’on n'apperçoit ordinairement PUS » que quand le foleil eff à $ degrés au deffous de l'horizon ; quelquefois cepen- ft, on voit cette planete en plein jour. nne voit Mercure & Jupiter que quand le foleil eff à 10 dégrés au deflous de l’ho- z0n; & l'on ne difingue Mars, Saturne, & les étoiles les plus brillantes, que quand cet aflre eft à environ 11 ou 12 degrés au deffous du plan de l'horizon; cependant Sirius, l'étoile la plus belle du frmament, fe voir _€n plein jour dans les pays méridionauxe À Pépard des étoiles les moins Jumineufes, on ne Îles apperçoit à la vue fimple, que and le crépufculeeft fini ; mais il eft aifé de C0mprendre que fa durée dépend beaucoup € la pureté de Pair, qui n’eft pas la même en différens temps, & en différens lieux de fa terre, 360 ASTRONOMIE PHYSIQUE. pa jour artificiel la durée du temps qui s’écoule depuis que le centre du oleil fe trouve fur le bord oriental de lhorizon, jufqu’à ce qu’il foit at rivé dans la partie occidentale du plan du même cercle. 16, La fphere peut être droire. oblique ou parallele, {elon que lé quateur eft perpendiculaire à Phort zon, qu'illui eft oblique ou paralle- le, Aïnfr ceux dont l’horizon el coupé perpendiculairement par lé quateur, ont la fphere droite : tels font. Les habitans de Quito dans PAmérique méridionale ; [à les deux poles font toujours dans lhorizon HO (| fig. 6) tous les cercles P À paralleles à l'é quateur Ë F7, | cercles dont on.n repréfenté fci que le diametre }, font coupés par l'horizon en deux parties égales, que le foleil parcourt cha cune en 12 heures. C’eft pourquoi les jours font égaux aux nuits pen: dant toute l’année. Le foleil pale deux fois Pannée par le zénith, favoir, le 20 Mars, & le 23 Septembre, Jours auxquels il décrit lPéquateur ; car lPéquateur pañle toujours par Îe zénith des peuples qui habitent | À ASTRONOMIE PHYSIQUE, 36x: la ligne; ils ont comme deux étés & deux printemps ; car on ne doit Pas parler d'hiver dans des pays où le foleïl lance fes rayons prefque toujours perpendiculairement ou a trés-peu près. On remarque néan- moins que la chaleur qui eft extrême fur les rivages de Ia mer & dans les fonds ; fe change en une température agréable Iorfqu'on stleve à Ia hau- teur de 1200 où rs00 toifes au deffus du niveau de océan, tandis que fur les montagnes fort élevées on éprouve, à la hauteur de 2500 toifes où au-delà, nn froid Infuppor- table, accompagné d’une neige pet- pétuelle, : Dans Ia fphere droite ombre dif. Paroit totalement à Theure de midi dans les deux jours des équinoxes 5 Parce que le foleïl eft alors au zénith, On a le foleil du coté du midi, &lom- bre du côté du nord, depuis le 23. Septembre jufqu'au 20 Mars : mais On a Îe foleil du côté du nord, & ombre du côté du midi pendant les fix autres mois de l’année. On y voit I foleil & tous les aftres s'élever Pérpendiculairement au deflus de Tome II, Q 362 ASTRONOMIE PHVSrQUE. | Phorizon : toutes les étoiles mom tent au deflus de ce cercle dans l'e£ pace de 24 heures, puifqw'en ft fant leur révolution, elles font 12 heures {ur horizon, & 12 heures au deflous, 17. Les peuples qui habitent les pays fitués entre l'équateur & les por les, ont Ia /phere oblique. ; parce que, : Féquateur coupe Ieur horizon ob quement, & fous un angle qui n’el pas droit. Les paralleles à l'équateur dont coupés en parties inégales par Phorizon ; Je jour neft égal à Ia nuit que le 20 Mars & le 23 Septembre, jours des équinoxess parce que le foleil décrit alors l'équateur, qui el toujours conpé en parties égales par Vhorizon: dans Les pays feptentrio: naux, on a les plus Jongs jours pe dant que le foleil paroît dans les fix premiers fignes, le belier, le tau- reau, les gémeaux, Pécrevife, Ie lion & la vierge; car alors à dés clinaifon eft boréale, & il décrit des paralleles comme 4 2 (fie 0e qui ont leur plus grande portion “A D'au déflus de l'horizon ; mas 1 eft évident qu'il ef jour pendait ASTRONOMIE PHYSIQUE. 363 _ que le-foleil décrit cette portion; & _& qu'il eff nuit pendant tout le temps que le foleïl emploie à décrire {a portion inférieure B D de {on cer- cle diurne , fituée au deflus de Pho- rizon, Mais dans les pays méridio- naux, fitués au-delà de l'équateur , les plus longs jours arrivent quand le foleil eft dans Les fix derniers f- gnes , qui font Les fignes méridio- naux , parce que les. paralieles: que . décrit alors cet aftre , ont leur plus grande portion fituée au deffis de l'horizon, En effet , l'axe du monde PR (fi. 8}, pañle pär le centre detous les paralleles, & fa Partie mé ridionale C R eft élevée au deflüs de Phorizon OH, dans les pays méri- dionaux ; de maniere que Îles paral- _Idles'que le foleil décrit » Quand il ell au-delà de Péquateur, ayant leur cêntre au deflus de horizon, ont leurs arcs divrnes plus grands que leurs arcs noëurnes. Ainf les jours y font plus longs que les nuits, quand le foleil eft dans les fignes:méridio= Taux, Mais quand le foleïl décrit quelque parallele 4 R , fituc en-deçà de l'équateur du côté du polenordP, Q 2 370 ASTRONOMIE Pavsreur. tayons s’éloïgnent de la verticale où de la ligne de notre zénith, & plus _1a chaleur diminue. H_eft cependant Bon de remarquer que la hauteurdu foleil en été eft plus grande que celle de lPéquateur; mais en hiver il sa: baïlle de la même qnantite, & line _ galité n’en devient que plus grande pour les faifons. Auf l'on a vu au Sénégal, fur Ja côte d'Afrique, le thermometre: divifé à Ia façon de M. de Réaumur, monter à plus de 38 degrés au deflus de la congella tion. Maïs à Paris il ne monte ordi: Nairement qu'à 28. où: 29 degrés dans les plus grandes chaleurs. Dans a Siberie, il ne monte pas fr haüt pendant Pété;:& pendant l'hiver il defcend jufqu’à 30 degrés au deflous di terme de {a glace, tandis qu'à Paris Le plus grand froïd de 1709 n'a pas été plus de 1ÿ degrés : au deflous du tèrme de ta congellation: le froid de 1776 étoit à peu près égal à celui de 1700. On éprouve des chaleurs brülantes furles côtes d'Afrique, parce que les fables sé chauffent plus facilement que les fo- rêts & les terreins humides, & parce ASTRONOMIE PHYSIQUE. 371 Qu'on y eft prefque au niveau de la mer. Le Canada-eft plus froïd que la France, parce que ce pays eft cou: vert de boïs , moins defléché, moins cultivé, Une des principales caufes de la chaleur de Pété, eft la durée du temps que le folcil paroit. fur Yhorizon , & Ia diredion de. {es fayons , qui approche plus d'être perpendiculaire. au plan de notre horizon vers midi, & qui traverfe une moindre quantité d'air, L’éloi- ghement & Ja proximité du foleil influe bien moins fur la chaleur. : cat cet aflre éft moins éloigné de notre globe au mois de : Décembre qu'au mois de Juin; la différence peut aller à environ 370 fois le diametre de la terre, c’eft-à-dire 3 à plus d’un million de lieues , ce qui d'empêche.pas que nous n’ayions notre hiver dans le temps même _où Le foleïl eft plus près de nous, 20. Les Géographes divifent toute R furface de la terre en chmars : ils entendent par climat une partie de Ia . furface terreftre, c'eft-à-dire, une zone Où une bande comprife entre deux ‘Cercles paralleles à l'équateur; on a Q 6 572 ASTRONoMIE PHysrour, accoutumé de donner à cette zone, une largeur telle que le plus Jong _ jour fur le parallele qui eft le plus près du pole, furpañle d’une demi- heure le plus ‘long jour fur le pa rallele qui eft Le plus près. de lé quateur ; c’eft aïnfi qu'on compte 24 climats, depuis l'équateur ju qu'à l’un & autre tropique ; mais depuis chaque tropique jufqu'a pole voifin , on compte fix climats, qu'on appelle climats de mois. Ils fon tels que le plus Iong jour fr 1e parallele Ie plus près du pole exce- de d’un mois le plus one jour fur le parallele le plus près de Péquateur. Voïci deux Tables, dont la premiere contient Pélévation du pole, & la dûrée du plus Iong jour pour ce= ui des 24 climats d'heure fitués. du côté dn pole boréal; tandis que k feconde fait voir quelle ef la latitude qui convient aux climats de moin _AsTRONOMTe Paysrour, 373. ee Plus lonss | Elévarion CLIMATSs. jours du Pole pour la fin | pour ia fin du Climat. | du Climat. _ [Heur. Min. Degr. Min. Premier, 12 20 8 25 | Second. 13 o | 16 25 Tro:fieme. 00 | 2 50 Quaitrieme, | 14 o | 3a 20 Cinquieme, 14 - 30 | 36 28 Sixieme, 15 o | 41 22 Septieme. i$ = 30 |"4s 29 Huitieme. 16 © | 49 Fr Neuvieme. I6-30 51 58 lxieme, À 17 Oo | 54 27 nyieme. 17 30 { 56 37 Douzieme. 18 o | 58 29 réigieme. 1 18 30 | 9 58 luatorzieme, 19 Oo | Gr 18 linxieme, 19-30 1-62 25. elzieme, 20 Oo | 63 22 ix=feptieme, 20 30 | 64 6 ix-huitieme. À 21 O | 64 49 Îx-neuvieme, 21 : 30 | Gÿ 21 inptieme. 22 0-1 6$ 47 Ingt=unieme, | 22 30 | 66 6 ingt-deuxieme. 23 o | 66 2a Vingt-troifieme. | 23 30 | 66 38 ingt quatrieme.] 24 o | 66 30 a ASTRONOMTIE Prysrour | Durée À Climats: Latitude. du plus | de Mois. long jour | : - en Mois, | Depgr. Min, > Premier. 67 30. I Second... - | Go: 30 2 Troifieme. 73 20 3 Quarriene, | 78 20 4 Cinquieme, 84 (o) 5 ( Sixieme. . . | 90 O La connoiïiflance des climats des mois eft plus curieufe qu’utile ; mas il n’en eft pas de même de celle des cinq zones où bandes circulaires dans lefquelles les Géographes ont divilé toute a furface de la terre. La zont torride comprend tous les pays fitués entre les deux tropiques ;: fa largeur et de 47 degrés : Les zones remperêts s'étendent à 43 degrés de chaque tro: pique, en allant vers les poles ; Puné au nord du ‘tropique du Cancer, Vautre au midi du tropique du Ca: pricorne ; les peuples qui les habitent n'ont jamais le foleil à leur zénith, & ne le perdent jamais de vue pendant 24 heures de fuite, Les régions fe æ ASTRONOMIE PaysrQuE, 379 tuées à 6 degrés 30 minutes de latitude boréale, mont l'équateur élevé que 23 degrés 30 minutes; aff quand Je foleil au folftice d'été décrit le tropique du: Cancer ; TE CIE viible fur Phorizon pendant 24 heu: Tes; car ce parallele fe trouve tout entier au deflus de leur horizon, Maïs quand le foleil décrit le tropique du Capricorne, qui ef. tout entier au deflous de l'horizon de ées peuples; qu'il touche feulement en un point, il ne fait que paroître dans l'horizon même au moment du midi. Au. delà de 66 degrés 30 minutes de latitude , en allant vers les poles, il y a des. lieux où la durée du jour eft: égale à celle d’un de nos mois ; il y en a où le jour dure deux mois , t'OÏS mois, quatre mois, cinq mois; & enfin au pole, Ia durée du jour eft de fix MOIS ; maïs aff pendant l'hiver, on a des nuits qui ne font pâs moins longues. Les cercles polaires font des Paralleles placés à 66 degrés 30 mi- Mtes de l'équateur , & à 2 3 degrés 30 minutes des poles, Les zones gla- ciales font comprifes entre ces cerctes & les poles, La zone glaciale fépten- 376 AsTRONOMIE PHysrQUE : _trionale s’étend depuis lértercle pos laïre boréal, jufqu'au pole ardique; la zone placiale antarétique s'étend der puis le cercle polaire méridional, juiqu'au pole antardique, Ces s z0+ nes n'étoient pas inconnues aux an- ciens: Virgile & Ovide.en ont parlé, lun danses Géorgiques, l’autre dans Les Métamorphofes; maisils penfoient que la zone torride & les zones gla- ciales étoïent inhabitables (1). Deux régions de Ja terre, éloignées dia: métralement lune de l'autre, ou pla: Se Êx) Quinque tenent cæelum zone ; quarum una corufco Semper fole rubens , & torrida femper ab igne; | Quam circm extremæ dentré levéque trabuntur j Ceruled glacie concretæ , arque imbribus atris : “Has inter mediamque , duæ mortalibus ægris Munñere concefe divum, & via Jeëla per ambas ; Obliquus qu Je fignorum verteret ordo. Georg, L Utque due dextré cælum, toridemque finifré Parte fecanr {onæ ; quinta eft ardentior illis : Sic onus inclufum numero diffinxit eodem _ Cura Dai, totidemque plage tellure premuntur ; Quarum que medideff, non ef habirabilis efu: Nix tegit alta duas : toridem inter urramgue locwit} . Temperiemque édit, mixta cum frigore flamma, Meram, à ASTRONOMIE PHYSIQUE. 377 cées aux deux extrémités d’une ligne qui pafleroit par Île centre de notre globe, font antipodes une de Pautre: aïnfi Ja ville de Siam dans les Indes, eft à peu près antipode de la ville de Lima au Pérou : Buenos - Aires en Amérique eft antipode de Pekin. Paris a fes antipodes dans la mer du Sud ; PEfpagne a fes antipodes dans la Nouvelle Zelande : c’eft une contrée que lon connoïfloit fort peu avant le voyage autour du Monde de MM. de Bougainville, Banks & Solander, & Cook. Les antipodes ont le même plan pour horizon; mais l’un voit une des faces du plan, & l’autre la face op- pofée ; de maniere qu’un aftre s’éleve pour Pun quand ïl fe couche pour Vautre ; Pun a le jour lorique l’autre ala nuit; l’un éprouve la rigueur de ‘ Thiver, lorfque l'autre eft expofé aux chaleurs de lété, Si l'on perçoit la terre dans l’un de fes diametres, B D { fig. 10), un fpedtateur placé en B, & dont les pieds font oppofés à ceux du fpedateur fitué en D, tomberoït vers le centre C de Ia terre , tandis que le fpettateur placé en D parviendroit aufien C par l’ac- 578 AsTroNomrr Puverous tion de la force attradive de noue globe. Les ignorans ont de Ja peine à comprendre comment les horames placés en D peuvent fe tenir frk terre fans tomber vers le Ciel , ne faifant pas attention qu’un corps placé en F fur Ja ligne AF, tend vers le centre C de la terre, par la même raïfon qu'un corps placé en A; de maniere que deux corps qui s’appro» chent de Ia terfe tombent & defcem dent Pun & Pautre, quoiqu'ils aïllent en deux fens oppofés ; mais un COrpS placé en D monteroit, s’il s’éloïgnoit du-centre € de la terre, en fuivantla Hgne D F, ee 21. H eft bon d’avoir devant es. yeux un globe terreftre artificiel. dans lequel foïent repréfentés la terre, les villes, les contrées & les mers, On re: marquera facilement que la pofñtion d'une villeeft détérminée par falongr- tude & fa latitude, Ainf, en fappofant que la longitude de Paris eft de 20 de- grés, & fa latitude de 49 degrés, on | cherchera fur le globe le demi-méri- dien qui pañlé par le 20° degré de Pés quateur , à compter du premier métis dien , én allant d’occident en orient, ASTRONOMIE PHYSIQUE, 379 êren prenant le parallele qui pañle à “49 degrés de Péquateur, du coté du pole ardique ; car linterception de ce parallele avec le méridien , où plutôt le demi-méridien dont nous venons de parler, donnera la pof- tion de Paris ; on s’y prendra. de même pour placer un autre lieu quelconque, dont on connoîtra foit la longitude , foit la latitude. La Mappemonde n’eft autre chofe que le développement de la furface du globe ; les deux hémifpheres y font répréfentés avec l'équateur ou la li- ligne équinoxiale, ( qu’on doit con- cevoir comme un cercle, quoiqu’elle ait l'apparence d’une ligne droite; ceft fur cette ligne qu’on compte les degrés de longitude, Le point À d'où l’on part ( fs 1r),ef fur Le Premier méridien , & Von va de Ia gauche à Ja droite, dé maniere que la partie. 4 [ B repréfente un demi cercle, & Ia partie b : À Vautre moitié de léquateur ; on y voit les méridiens qui vont fe réunir aux deux poles ; les degrés de ltitude font repréfentés de part & d'autre de {a ligne équinoxia- _384 AsTronomwr PHYSIQUE. il paroît que leur dénomination re: monte à environ 1200 ans avant Je. fus-Chrift, à exception peut-être des noms des 12f gnes du Zodiaque, — eff ro heures du matin à Paris, il n'eft que 9 heures + à Lifbone, + heures + du matin à Quebec, & z heures Z à Compoftelle dans le Mexique, En tournant le globe vers loc: cident, on verra que quand 1l eft ro heures du matin à Paris, ileft midi paflé à Con£ z tantinople, 4 heures = à Siam, 2 heures à à Ifpaham dans la Perf, & 7 heures à Méaco dans le Japon. Pour trouver les antipodes d’un lieu, par exemple, de Paris, on mettra cette Ville fous le grand méridien du globe, & lon comptera le nombre de degrés du, grand méridien , entre Paris & le pole arétique, vers lequel cette Ville eff ftuée : le lieu qui, fous la moitié inférieure du grand méri- dien, fera à égale diffance de l’autre pole, fera les antipodes de Paris, : Concevons dans la fphere droite le démi- tropique du cancer placé au deflus de l’ho- rizon, divifé en 48 parties égales : divifons de même [a moitié du même tropique , fitué au deffous de l'horizon; il eft vifible que deux de ces parties prifes enfemble, répon- dront à une demi-heure, puifque le foleil parcourt ce cercle. dans 24 heures. Cela pofé, il eft vifible que fi l’on éleve le pole de maniere que deux des parties du demi- fropique inférieur montent fur lhorizon, l'on qui ASTRONOMIE Pvysrour. 385 qui paroillent avoir une origine: Egyptienne , & peuvent être plus. anciens, Les Aflronomes modernes Ont ajouté plufeurs’ conftellations aura la hauteur du pole qui répond au pre- miér climat, à la fn duquel le plus grand. jour eft de 12 heures 30 minutes : fi lon. éleye encore dâvantage le pole, afin que deux autres Parties du même demi-cercle , Pune à droite & lautre à gauche , montent für horizon ; on aura l'élévation du pole qui convient au fecond climat ; ainf de fuite : mais parce que dens ces différentes épérations, le tropique coupe l'horizon plus où moins obliquement, il eff vifble que la hauteur du pole n’augmente pas, proportion- nellement au nombre des climats d'heures, qui font beaucoup plus grands du côté de Péquateur, que du cèté des poles, On peut auffi trouver les climats des mois part le moyen du globe : en effét, f l’on leve faccefivement le pole nord, de maniere que fa hauteur aille croiflant depuis 66 de= 8res 30 minutes, jufqu'à 90 degrés, & que féhañt Un crayon dans l’horizos au coin dw nord, on fafle tournerle globe fur fon axe; ce CfaÿGn tracera fur le globe un parallele à ‘Équateur qui Coupera l’écliptique en deux Points, & ÿ Marquera deux parties on deux fegmens, dont le plus petit indiquera Parc de l’écliptique décrit par le foleil pendant tout le temps que cet afire fera cenfé cou Ché, ou fans defcendre au deflous de l'horizon Tome Il, 386 ASTRONOMIE PHYSIQUE. aux anciennes ; & M, de la Caiïlle, après avoir dreffé fon grand Oatas logue des étoïles auftrales en r7$1, a formé 14 nouvelles Conftellations qu'on ne trouve point dans Le Cate: logue de Flamftéed, . On voit dans Ia Table füivante Te nom de toutes les Confiellations tant anciennes que modernes, quon repréfente fur le globe célefte ; elles font au nombre de 100... du lieu donné; en effet, la plus petite partie de l’écliptique, dont nous venons de parler, répond à des paralleles qui font tous placés au deflus de l'horizon du lieu pour lequel on a fait l'opération : c’eft pourquoi, fi cette partie de l’écliptique eft de 30 degrés ; comme le foleil parcourt environ un degré parjour, Ton aura l'élévation du pole qui convient au premier climat de mois; fi cette partie ft de 60 degrés, l’on aura celle qui cons vient à la fin du fecond climat de mois, & C'eftainfi qu'on peut former la table des climats ; mais ces queftions ont plus de rap: port avec la Géographie, qu'avec l’Aftro: Romie, \ SY : Le Scorpion ; ASTRONOMIE PHYSIQUE. 387 a ——————— , Les 12 Conftellations du Zodiaque , avec les Caraëteres qui les repréfentent. Le Belier , Le Taureau, Les Gémeaux, L’Ecréviffe, Le Lion, La Vierge, La Balance , Le Sagitaire , Le Capricorne, Le Verfeau, Les Poiflons , X se Les 23 Conffellations oréales des anciens, La grande Ourfe. a petite Ourfe, € Dragon, éphée. Caffiopée, Andromedes erfée. Pégafe. Le petit Cheval, € Triangle Boréal, te RS lb 8 D0 x + à Orion. Le Cocher. La Chévelure de Bé rénice. Le Bouvier. La Couronne Boréa- ee. Le Serpentaire, on -_ Ophiucus. Le Serpent, Hercule. L’Ai gle. Antinoüs. La Fleche, … La Lyre, Le Cygne, Le Dauphin. TR ee Les 15 Conf'ellations Auffrales des anciens. La Baleine, L’Eridan, Le Lievre, . Le grand Chien, : Le petit Chien, L’Hydre femelle, a Coupe, Le Corbeau, Le Centaure, e Loup, L’Autel.. Le Poiflon auffral, Le Nävire, La Couronne auftrale, 2 89 ASTRONOMIE PHYSIQUE, | Les 22 Conftellations ajoutées par Hevelius , Anthelme, Ro Cas La Girafe, }OU Camé- + léopard. Le Fleuve du Jour- dain, Le Fleuve du Tygre, Le Sceptre & la Fleur sde bys La Colombe, La Licorne ou Mono- CÉros, — La Croix, Le Sextant d'Uranie. Le Rhomboïde, Les Chiens de chañfe, Le petit Lion, Le Linx. Le Renard, LOR- L’Ecu de Sobieski, - Le petit Triangle, Cerbere. Le Rameau. Le Lézard, Le Mont - Ménale. Le Cœur de Char- les IT, ; Le Chêne. de Char- js is At RS Re ere Les 14 Cia 1féellations Auftrales de Theodor Bayer. L'Indiens La Grue. Le Phénix. L’Abeïlle ou la Mous che. Le Triangle auftral, L'Oifeau de Paradis, Le Paon. Le Toucan, L'Hydre mâle : La Dorade, Le Poifflon volant Le Caméléon. Le grand Nuage. Le petit Nuage, Les 14 Conflll ations ‘de WI. de la Caille.: L Attelier du Soul teur. Le Fournean de Chys mie, Le Horloge Affronos mique. Le Réticule Rhom- boiïde. Le Burin du Graveuts Le Chevalet.du Pels tes: Asrronoïe Paysiqué. 389 Ta Boufiole, . | L'Equerre&laReglé, La Machine Pneuma- | Le Télefcope. “TIQUE : : [ Le Microfcope. L’Otansderéflexion, | La Montagne dé la Le Compas. { Table. ë Parmi les étoiles qüi compofent es 100 conftellations, on en diftin- gue de plufieurs grandeurs, du moms apparentes; premiere, feconde, troi- fieme, quatrieme, cinquième, fixie- me, feptieme ; maïs on ne péutaper- cevoir Îes étoïles de [a feptieme gran. deur , fans le fecours dés lunettes d'approche, On compte ordinaire- ment 14 étoiles de la premiere gran- deur; Sirius, ou la gueule du grand chien, l'épaule d'Orion, Rigel, ou le pied d’Orion, Aldebaran, ou. l'œil du taureau; Ta Lyre; Ia Chêvre, Arc- turus, Antarès ou le cœur du Scor- pion, Repulus où le cœur du lion, PEpi de la Vierge, Procyon., Foma- hant, Canopus & Acharnar; mais nous ne voyons jamais ces deux dernieres €n Europe. Le cœur de l’Hydre, Ta queue du Lion, & Ia queue du Cipne, font des étoiles très-brillantes , que plufieurs Aftronomes comptent au R 3 390 ASTRONOMIE PHysiQuE. Tang de celles de Ia premiere grans - deur. On peut facilement, avec un globe ou des cartes céleftes ; comme celles de Senex, d'Hévelius, de Par dies, ou les deux hémifpheres de Robert Vaugondi, s’aligner de pro- che en proche, en partant de la grande Ourfe , & connoître les diffé. rentes conflellations par [eur figure, leur fituation & leurs noms. L’hifloire parle de plufieurs étoiles remarquables qui ont paru & difparu enfuite totalement ; il y ena d’autres qui paroïffent aujourd’hui , quoi- qu’elles n’aïent pas été décrites par les anciens. Homere, Attalus & Ge: minus ne comptoient que fix plétades; maïs Simonide, Varron, Pline, Ars tus, Hipparque, Ptolomée , les met- tent au nombre de fept; & l’on pré- tendit que Ja feptieme avoit difparu avant la deflruétion de Troye, ou du temps d’'Ogisès. Maïs peut-être cette différence eft venue de la difficulté de les difiimguer & de les compterà la vue fimple, L’hifoire raconte plus précifément des aparitions d'étoiles nouvelles au temps d'Hipparque, & fous le regne de l'Empereur Adrien, ASTRONOMIE PHYSIQUE 291 Fortunro Liceti, dans fon Traité de Novis Affris, rapporte que Cüfpinianus . obférva uné étoile nouvelle lan 389, près de lAïgle ; qu'elle parut auf brillante que Vénus pendant trois fe. _maines. La nouvelle étoïle de 1572 €ft très-fameufe : on la vit au com- mencement de Novembre fort écla- tante, comme f: elle fe füt formée . tout-à-coup avec tout fon éclat, qui. furpafloit- celui de Sirius, la plus brillante des étoïles. Dès Ie mois de Décembre de [a même année, elle . commença à diminuer jufqu'au mois de Mars 1574, qu’on la perdit en- tierement de vue. Le 10 O&@obre ‘1604, on vit dans Ie ferpentaire une nouvelle étoile prefque auffi brillante que celle de 1572. On a obfervé dans le Cygne, trois étoiles chan- geantes. MM. Cafini & Maraldi ont trouvé la période du plus grand éclat -de la plus brillante de 405 jours. Cet. aftré à été dans fon plus grand éclat le 27 Août 1776. Êlle y fera le 7 Octobre 1777. On doit obferver, ‘dit M. de Ia Lande, que ces retours font fujets à des imégalités phyf- ques, R 4 392 ASTRONOME PHysrquE: Ricctolf penfoit que peut être 1 ÿ a des ctoïles qui ne font pas lumi neufes dans toute leur étendue 10e _ dont la partie obfcure peut fe tourner vers nous plus ou moins, par leffet de la rotation de Pétoïle für un axe, M. de Maupertuis confidéra les étoi: es changeantes, comme des fphéroï- des fort applatis en formede lentille, Loxfqu’untelaftre nous préfenterafon tranchänt, nous ne pourrons lap- percevoir; mais nous le verrons d'au ‘ant plus ou moins Brillant, qu’il nous Préfentera une plus grande ou une plus petite partie de fon difque. Mais pat quelle canfe phyfique l'étoile nous préfentera tantôt une plus gran de, tantôt une plus petite portion -de fon difque ? C’eft ce qu’il eft fort difficile d'expliquer. On. peut dire néanmoins que f quelque groffe pla mete tournoit autour de létoile dans uneorbiteallongce, dontie plan feroit incliné à celui de Péquateur.de lé toïle, cette planete, en s’approchant de l'étoile, pourra par fon attradion, agir plus puiffämment far une partie de fon difque que fur lantre, & changer ainfi l'inclinaifon du plan de ASTRONOMIE PHYSIQUE. 392 tette étoile. Un autre Philofophe conjedure que les étorles tournent fur un axe ; que quelques - unes ont une moitié obfcure & l’autre moitié lumineufe ; de maniere qu’elles nous préfentent alternativement la partie obfcure & Ia partie lumineufe, Tour le monde connoît Ia voie laëiée ; OÙ cette blancheur irréguliere qui fem- ble faire le tour du Ciel en forme de ceïnture : on l'a appellée Chemin de Saint Jacques, Cercle de Junon, &c. Démocrite & Manilius ont penfé que la blancheur de cette bande célefte étoit produite par un grand nombre d'étoiles trop petites pour étre ap- perçues diftin&ement, Ï faut conve- ni néanmoins que cette opinion ne doit pas être mife au rang des vérités démontrées ; car on voit avec le télefcope des étoïles dans toutes les parties du Ciel, à peu près comme dans [a voie ladée, On remarque aufir dans d’autres parties du Ciel, des petites blancheurs, qu’on prendroit à la vue fimple pour des étoiles*peu brillantes ; maïs. qui dans le télefco- gope paroïffent comme une blan- RP SYsTime mu Monpr. 48$ de la lune rétrograde toûs les ans de 19 degrés 20 minutes , felon M. de la Caïllé. Lorfque orbite d’un fatel- lite embrafle de fort près la planete principale, & que le plan de cette orbite eft peu incliné à celui de Por- be de la planete principale, il eft tyideñt que dans toutes les conjonc- tions inférieures , ce fatéllite doit cacher à l’obfervateur que nous fup- * pofons fur le foleïl, une partie de da furface de a planete , & jetter ficcefivement fon :ombre fur tous les points de cette furface, qui fe trouvent dans Ja route de cette om- bre, ce qui doit y caufer une écliple _de foleit ; ; mais dans toutes les con- jonétions fupérieures ; ce fatellite doit traverfer l'ombre de fa planete, & s’éclipfer. Au contraire lorfquel orbie te d’un fatellite eft fort éonfidérable, Comme font celles du quatrieme & cinquieme fatellite de Saturne, celle du quatrieme farellite de Jupiter, & celle de Ia lune; il eft clair que dans les conjon@ions inférieures, qu fe font loin des nœuds, le fatellite ne peut .cacher au foleil ancune partie de Ja planete , ni par conféquent X 3 486 Sysrime pu Monpr. éclipfer cet aftre; & dans les cOnJOnC: tions füpérieures a planete ne ca- che pas le fatellite au foleil, &i m'ya point d'éclipfe de fatellite : ef pourquoi les éclipfes n'arrivent que lorf- que les fyzygies fe font près des nœuds des orbites de ces fatellites. Les éclip- fes peuvent être plus ou moins con- fidérables , felon la pofition de la plancte & du fatellite, À Pégard'des habitans de la planete, qui font fitués vers les poles , l’éclipfe de foleil n'at- rive que lorfque le fatellite a un peu de latitude, de même dénomini- ton que Îa hauteur du pole, pa rapport à l'horizon de ces habitans. C’elt la raïfon pour laquelle les éclip- fes de foleil ne font confidérables à Paris, dont la hauteur du pole nord eft de 48 degrés gi minutes, que lorfque ia une en conjondion a 30 où 40 minutes de latitudeboréale, Maïs dans les conjonéfions füpérieures écliptiques, lorfque le fatellite s’enfon- ce dans Pombre, fa lumiere paroît s’eBacer, de quelque point du monde qu'il foit vu; c’efl pourquoi les eclip- Jes de fatellires font univerfelles , ntais les éclipfes de foleil ne fe font qua SysTème mu Monpe. 487 l'ésard de quelques habitans de la pla- nee principale. . Leséclipfes de fatellites étant uni- verfelles , commencent & finiffent en même temps pour tous CEUX qui peuvent les appercevoir ; deux ob fervateursne doivent remarquer aucune différence dans les phafes d’une éclip- fe de farellite ; en quelqu’endroit de la furface de la planete qu'ils foient fitués, pourvu que le farellite foit vi- fible d ious deux. M faut cependant faire attention que le mouvement de la lumiere qui n’eft pas inflantané, doit être caufe qu’une éclipfe vue de de différens. points de l'univers, doit paroître arriver d'autant plus tard, que lœil de lobfervateur eft plus éloïgné de la planete ou du fatellite, On obferve en effet, ( dit M. de Ia Caïlle), que toutes chofes d’ailleurs égales, les éclipfes des fatellites de Jupiter , obfervées de deflus la terre; arrivent plus tard d'environ 8 min. de temps , lorfque Jupiter eft près de fes pou avec le foleïl, que lorfqu’il eft en oppofition. Or, cette planete en quadrature eft à Pépard de la terre , à peu près autant éloi- X 4 488 Système nu Move: gnée de Ia terre que du foleil: & lorfqw’elle eft en oppoñition, elle ef plus près de la terre que du folell, de toute la diflance du foleil à la terre ; d’où il fuit que, felon ces ob- fervations , 1a lumiere emploie 8 miï- nutes à parcourir cette diflance ; & qu'ainfi, en fuppofant uniforme le mouvement de [a lumiere, les rayons qui partent du foleil, n’arrivent à la terre qu'au bout d'environ 8 minutés de temps. Mais parce que la lune lt environ 400 fois plus près de la terre que le foleïl, Ta lumiere n’emploie pas une feconde & 1 de temps à venir de la lune à latérre, C’eft pour- quot lon peut fe; difpenfer-d’avoir égard au mouvement de la lumiere, dans Pufage qu’on fait des obferva- tions de Ia lune. Si l'on confidere Ie mouvement des fatellites par rapport aux étoiles, nn obfervateur. placé für le foleil, vérroit Les trois, premiers fatellites de- Saturne. & Ie premier de.Jupi- ter, flationnaires en deux points de leur orbite, favoir , après 1 digrel- fon orientale, & après Ja digreflion occidentale, Ils feroient directs. par | Svsrème pu MoNbr 489 rapport à fut, & leurs mouvéméens fe feroïent felon lordre des fignes, depuis leur flation occidentale, juf- qu'à leur flation orientale, II I6s ver Yoit rétrogrades depuis leur ‘flation orientale , jufqu’à leur ftation occk dentale, Dans leur digreflion ces fellites ont la méme. viteflé que Jeur planete ; mais leur vitefle s’ac- célere depuis un point de flation jufqu'à 14 conjonction fuivante | & delà elle diminue jufqu’à: a flation qui fuit, [s emploient plus de temps d'aller de la digreflion occidentale à la digrefion oriéntale ; que pour revenir de la digreffion offentale à Toccidentale | quoique leur vitefle {oït plus grande dans la conjonttion ‘füpérieure , que dans la conjondion ‘inférieure. Mais la lune, 1e quatrie- me & cinquième fatellites de Satur- ne, les 2e 3e & 4e fatellites de Ju- piter, font toujours direds, & ja- mais flationnaires : nous fuppofons toujours que lobfervateur éft fitué fur Ja furface du foleit, La virefle des fatellites eft fenf- blement uniforme ; parce que leurs otbites font à peu près circulaires, X 5 490 SYSTÈME DU Moxpe _ oudesellipfes qui approchent beaw coup de la figure du cercle. Suppo- fons que-la planete principale f tuée en I fe meut dans l'arc, &:fur vant la dire@ion I K, en tirant du point $S Les tangentes S D, S G, à l’orbe du fatellite , le point G marquera la digreffion occidentale, & le point D Ia digreffion orien- tale. | 1°, ( Dit M, de la Caïlle }, quand le farellire eft en O dans fa conjonc- tion fupérieure , alors la diredion Q À de {on mouvement étant pet- pendieulaire au rayon S O, ou ce qui eft la même chofe, parallele & dans le même fens que la direäton de fa planete, le fatellite rapporté à un point fixe, paroît aller avec mne vitelle égale à la fomme de f vitelle réelle, & de la vitefle réelle de la planete : donc alors la vitelle apparente du, faelite eft direde, & la plus grande qu'il eft poffible. 2°. Quand le fatellite eft en P: entre la conjonétion fupérieure & fa digreffion orientale, alors la direc- tion P Q de fa vitefle étant obliqué an rayon S P, on a la diredion 1 À Sysæème ou MONDE 40 dela planete; d'œil en S ne voit pas la vitefle du fatellite , telle qw’ellé eft réellement; maïs ïl ne fa voit que * comme f elle étoit PF, & par conféquent il a voit plus petite qu’el- Je n’eit : donc le mouvement du fa- tellite paroît dire encore, & égal à PT , plus la vitefle réelle de Ia planete : donc dans ie paflage de Ia conjondion fupérienre à la digref- fon, orientale, le fatellite eft direû ; mais fa vitéfle apparente fe ralentit de plus en plus, parce que fa vitefle réelle devient de plus en plus obli- que à l'œil de lobfervateur. 3° Quand le fatellite eft en D dans la digreffion orientale , alors la direttion DR de fa vitelle étant con fondue avec le rayon S D , le fatel- lite ne doit paroitre fe «mouvoir ; ni füivant.la fuite des fignes I K, nicontre la fuite des fignes 1 M 3 _ Mais comme il refte dans le même rayon S D, 11 paroîtroit.immobile, Si métoit entrainé par fa planete, Donc dans la digreffon-orientale le fatellite eft diré&, &. fa vitefle pa- roît précifément égale à celle de la planete, A — | X 6 à 492 SYSTÈME pu Monpr, 4°. Après que le fatellite a pañf@ la digreflion orientale, & qu’il fe trouve vers , la diredion H Fde fa vitefle réelle eft contre là fite des : lignes; mais comme elle eft oblique au rayon S H, elle ne paroit étre que de Ia quantité H N, & aloisit peut arriver trois cas; où H Nef encore plus petite que la virefle réel. le de Ja planete, felon a fuite des fignes, & par conféquent le fatellé te efl emporté felon la fuite des fi gnes, par excès de la vitefle réelle de a planete, fur la vitefle appa- rente HN du fatellite; on H Nef égale à la viteffe réelle de Ia planete, felon Ja fuite des fignes, & par con: féquent ces deux vitellés fe détrui- fent, & le fatellite paroît immobile ou flationnaire ; ou enfin HNeft plus grande que Ia vitefle réelle de la planete, & par conféquent le fatel- lite paroît rétrograder, ou aller con- ire la fuite des fignes avec une vi: ” teffe égale à l'excès de H N , fur viteffe réelle de la planete. Et parce que fa direétion de Ta vitefle du fa- 1ellite devient de moins en moins oblique au rayon tiré du foleil, en- LS SYSTÈME DU MONDE, 49% Drté qwelle Jui ef perpendiculaire en © dans fa conjondion inférieure ; il fuit que dans le paflage du fätelite, depuis fà digrefMon orientale jufqu’à fa conjonction inférieure, fa vitefle contre Ja fuite des fignes paroit aug- menter, & que fon mouvement eff compôlé de la différence dela vîtefle Melle de la planete, avec la vitefle apparente du fatellite. Donc danse pañlage de la digreion orientale à Ja conjondion inférieure, Je fatellite Paroïtra flationnaire, puis rétrogra- dera en accélérant {à viteffe > 1 {a Vitefle apparente contre la füite des fignes peut devenir égale, & fur- palfer enfuite la vitefle réelle de la planete, & c'eft ce ‘qui arrive au Premier, fecond & troifieme fatel- litede h, & au premier fatellite de % (1) 3 & il ne paroîtra ni flation- naire ni rétrograde , mais fa vitefle Paroïtra feulement diminuer, ft fa Vitefle apparente contre la fuite des fignes ne peut égaler la vitefle réel- (3) On doit fe fouvenir que le carac- tere 7% indique Jupiter, & le caraëtere B $O2 SysTÈme pu Mons, attribuer une f grande différence À lation de Jupiter. Ce retardemen. fenfble qu’on a obfervé, fur-toi. depuis 1770 juiqu'à 1773, dépend peut-être de lattraion de quelque cometé, qui en pañlant très-près de Saturne , aura exercé fon a@ion das un fens oppofé à Ia direction du! mouvement de la planete, . 36. La luñe, dont la mañe nef | qu'environ la foïxante- onzieme pt. tie de celle de Ia terre, aïnfi que nous l’avons prouvé dans le cinquit: me volume de notre Cours complet de Mathématiques , décriroit üne or bite circulaire , ou élliptique 4. tour de Ia teire , fi Tartradion du foleïl ne _ oppofôit. Soit PL ( fig. 39 ), une partie de l'orbite terreftre , P O B l'orbite lunaire que nous fappoferons d'abord circulart, T'Ta terre placée au centre de cette orbite, La lune en conjon@ion ph: cée en C, & le foleil en S. L’attrac tion d’une planete, par rapport ; à une autre planete , pouvant s ’expié mer par une fra@ïon dont le numnée rateur eft la mafle de Ia planete atti ‘rante, & le dénominateur le qua” SYSTÈME DU MONDE. 563 dé la diflance entrele centre du corps attirant & celui de la planéte attirée ; fPon compare la force attradive du foleïl fur la lune en conjonäion au point €, avec la force attradive de l terre fur la même lune, en fuppo- fantles males du foleil &-de la terre, telles que nous le dirons dans Ia fuite, on trouve que Padion du fo- leïl fur Ia lune eft plus grande que celle de la terre fur la même planete. C'eft de-là que plufieurs Savans avorent conclu que le foleïl devroit arracher la lune à la terre, Maïs ils ñe faifoïent pas attention que Ia terre & la lune étant toutes les deux attirées par le foleiïl : la force avec Rquelle cet aftre tend à féparer la June d'avec la terre, n’eft que lexcès de fon attraction par rapport à Ia lu- ne, fur fon attraion par rapport à la terre ; puifqu’en fappofant que la lune & fa terre font égalemene attirées par le foleïl , Ia lune ne fe {e- pareroït jamais de la terre, quelle que fût-la force du foleil; mais l’excès dont nous venons de parler eft plus petit que lattradion quel terre éxerce fur la lune; ainft nous ne $o4 SysTème D6 Monrr « _ devons pasceraindre que Îe foleil nous. l'enleve, : Suppofons maintenant la lune en P dans une des quadratures “elle fera attirée par le foleil felon la Hi- gne PS oblique, au mouvement de la lune, tandis que laterre ef attirée félon Ja ligne S T. Si lon décom- pole la force PS en deux autres, . June PE parallele & égale à la force _S T avec laquelle le folei attire Ja. terre, & l’autre P T dirigée vers la (erre, On verra facilement que cette derniere force pouflant la Tune vers notre globe, augmente fa pefanteur vers la terre. Ainf lattraëtion folaire augmente la pefanteur de la lune vers la terre dans les quadrarures. Maïs la lune fe trouvant en C, la&ion du foleil far. Ia lune dont ïl eft alors moins éloïgné que de Ia terre, di- minue fa gravité fur la terre. Quand la lune fe tronye.en oppofition en O, elle eft. alors plus éloignée du foleil que Ia terre ; celle - ci et plus attirée que Ia {une ; ainfi la gra- vité de la lune. für la terre ef dimi- nuce das Les JYzygies; & augmentée dans les quadratures, Maïs f Ja lune fe trouvé Système Du Monpr. ços trouve entre Îles quadratures & les {yzygies, en B , par exemple ; & fi nous füuppofons que la ligne B D repréfente l’attrattion du foleil fur la lune, on pourra, en faïfant le parallelogramme B FD R , la décom- pofer en deux autres forces EXprI- _mées Punepar B F, parallele & égale à la ligneST, que nous fuppofons repréfenter la force avec laquelle le {oleil attire la terre; ainfi [a feule force B R troublera le mouvement de la Tune. Mais cette force étant oblique au mouvement de Ja lune, On peut la décompofer en B M & B N : la premiere tend à éloïgner la lüpe de la terre, felon Ia direction du rayon veeur T B, tandis que la force B N perpendiculaire au même rayon vecteur, augmente la vitefle de la lune , lorfque celle-ci .va de [a quadrature L à la conjondionC : car alors elle confpire avec la dire@ion du mouvement de la lune, Maïs f la lune alloit de Ia conjon@ion € à la quadrature P , cette même force feroit oppofée au mouvement de cet aftre , & diminueroit fa vitefle, En un mot, en décompofant convena- Tome IL i $06 Système pu Monpr, blement la force du foleil fr k lune fituée entre les fyzygies & les quadratures , on verra .que la vélocité de cette planete doit être accélérée, lorfqu’elle va de la feconde quadrature a la nouvelle lune, & de la premiere gquadaiure à la pleine lune, & qu'elle doit être retardée lorfqu'elle va de la nouvelle lune.a la premiere quadraiure ; © de la pleine lune à la Jeconde qua- drature : c'eff ce qu'on appelle la va. riation de la lune. Mais dans les qua ‘dratures &° Les Jxygies , la forceBN Sévanouiflant, la vitefle neft ni aug- mentée ni diminuée, : : Vers les quadratures le mouvement de la lune eftralenti, & fa grayité dur Ja terre augmentée ; c’eft pour- quoi fon orbite doit s'éloigner da- Vantage des tangentes redilignes , devenix plus. courbe , :& par conft- uent être plus applatie vers les fÿ- zygïes ; ainff elle doit acquérir à figure d’une ellipfe, dont le grand axe feroït dirigé .vers les quadratur +es, & Je petit vers es fyzygies; ce qui, fans doute, doit paroître fut prenant; parce que.la gravité de la June fur laterre étant augmentée dan SYSTEME DU MONDE. so7 les quadratures , & diminuée dans les {yzygies , ïl femble que le contraire devroit arriver ; maïs on doit faire attention qu'en fuppofant la lune en quadrature au point L (fis..20), fon orbite fuppofée d’abord circu- lire , ne peut plus refler telle lorf- que laûion du folerl aura augmenté . Ja tendance de Ia lune vers la terre, Car alors cette planete doit aban- donner Parc circulaire L B, en s’ap- prochant de Ia terre, & décrire l'arc Lr, qui s'éloigne moins de la ligne L P, qui devient par conféquent le grand axe de la nouvelle orbite ; ainfr, quoiqu’en allant vers la con- jon&tion C , la tendance de Ia [une vers [a terre foit diminuée par Pac- tion du foleïl , cependant fon mou- Vement tendant au parallelifme avec 1 ligne L P , la lune fera plus près de la terre dans Ia conjondion C, ‘que fi fon orbite avoit été circulai- re, & ff fa gravité vers la terre n’a- voit pas été augmentée vers les qua- .dratures, Maïs Ia diminution de fa gravité vers [a terre, dans les fyzy- gites, empêchera que l'applatiflement de fon orbite ne fait + confidéra= ‘à 2 08 Svysrime Du Moxnor. ble qu’il lauroit été, fi lon ne con- fidéroit que augmentation de gra- vité dans les quadratures, L'orbite lunaire fe dilare pendat Phiver , e’eft-à-dire , lorfque la terre eft périhélie; parce que le foleïl étant alors plus près de notre globe, fon ation diminue dans les fyzygies la gravité de la fune fur la terre, beau- coup plus que quand notre globe. geft aphélie ; c’eft pourquoi la lune s’éloïgnant encore davantage de li terre, foit dans [a conjon&ion, foit dans Poppoñtion, fon orbite doit fe dilater , & par conféquent le temps de Ia révolution doit devenir plis long. Mais en été, la terre érant aphts lie, € le foleil diminuanr moins tendance de la lune. vers la terre, Porbite lunaire doit fe contraëter , 6 le temps de fa révolution doit ire plus court, | La diminution de Ia gravité de la June fur la terre dans les fyzygies, fait que le mouvement de la lung eft moins fléchi vers les fyzygies: & que par conféquent Porbite lu naire devient plus tard perpendicü laire à {on rayon veteur, & que Ja Sysrème pou MONDE. 509 Tune atteint plus tard fon apogée, qui par conféquent avance alors vers lorient , ou felon l’ordre des fignes. Cependant, lorfque lalune fe trouve vers les quadratures , Padion du {o- lil augmentant la gravité.de cette planete fur la terre, le mouvement de la lune fe fléchit beaucoup plus, & fa direion tend à devenir plutôt perpendiculaire au rayon vecteur ; & par conféquent à faire rétrograder Tapogée. Maïs parce que la dimmu-. tion de Ia gravité de la June vers a terre dans les fyzygies eft plus con- fidérable que fon augmentation dans les quadratures , comme le démon- trent les .Aftronomes , le mouve- ment de l'apogée vers Porient ef plus grand que fa rétrogradation vers occident. C’eft pourquoi la ligne des abfides parcourt lorbite lunaire d'occident en orient, en occupant tantôt les fyzygies, tantôt les qua- dratures (x). (x) La plupart des leéteurs qui entendent un peu les Mathématiques, feront bien aifes de trouver ici une théorie plusdéveloppée des mouvemens dela lune ; les autres peuvent pafler cette note, Soit fuppofé le foleil en S 3 $io Système Du Monps. Les Aflronomes ont remarqué que l'excenrricité de l'orbite lunaire eft la plus petite poffible lorfque la ligne des ablides fe 1rouve dans les quadratures , (fige 40), Ja terre en T, la lune en L, dans une orbite H F K E, fuppofce circu- laire, foit HTK, uné portion de l'orbite terreftre fuppofée aufi circulaire , ayant me- né les autres lignes que repréfente fa figures & confidérant F K comme un rayon de l’or- bite lunaire , au centre de laquelle eft placée la terre T',-la ligne S K , perpendiculaire à l’arc ou à la ligne TK, pent être regardée comme uñe tangente de l'orbite lunaire, dont SD eft une fécante ; ainf, felon ce que nous avons dit dans la troifieme édition de nos Inflitutions Mathématiques, ( Géomt- trie n° 47 ), l'on aura la proportion SL: SK—ST:: ST :S D. Suppofons main tenant que l’on ait ceîte autre proportion ST:SD::SD:SB, l'on aura cette progreflion = SL: ST :S D:SB, ou en renverfant, = S B: SD :ST:SL;donc felon ce que nous avons dit dans la troifiemé édition de nos Inflitutions Mathématiques, (calcul n°80, ) l'on aura S B:ST:: (SB)°:(SD )?; mais, felon ce que nous avons dit dans l'ouvrage cité ( calctl n°79, )lona(SB)?: (SD)::(ST}: (SL)? ; donc S B: ST comme (S T)’: (SL)? Mais parce que la vitefle avec laquelle Ta lune rend vers le foleil, eft à celle avec laquelle Ja: terre tend vers le même aftre, comme le quarré de la diffance Sysrème pu Monpe. Srf & la plus grande poffible , lorfqu'elle occupe les. fyzygies ; cet effet dépend de lation du foleil, qui, en aug- mentant la gravité de la lune vers la S T du foleil à la terre ; au quarré de la diffance S L de la lune au foleil, on pourra exprimer la tendance de la terre vers le foleil par S T, en exprimant celle de la June vers le même aftre,. pat .S B. Cela pofé , menons B 4, parallele à L T, la. force S B de la lune fe décompofera en deux autres forces, c’eft-à-dire en B À &BP—AS, &la force 4 S— BP peur être confidérée comme compofée de deux parties B x & P'x, ou AT & TS. On peut donc confidérer dans la lune trois dif- férentes. forces ; favoir , BA, AT, TS; on met À T & T S:à la place de B:+ & x P, parce que la direétion de ces der nieres forces étant parallele à celle’ de leurs égales, il en doit réfulter le même effet. La force TS, parallele & égale À celle qui poufle le centre dé la terre vers le foleils ne trouble point le mouvement de 4 lune autour de notre globe : il nous refte-done à examingr les effets de* deux forces B 4 & A T3; mais pour ne pas. embraffer trop de difficulrés , nous confidérerons d’abord Porbite lunaire, comme ayant à pew près une figure circulaire, dont le centre feroït occupé par celui de fa terre. La droite $ L fera plus petite ou plus grande que S T', felon que lalune fe trouvera au deffous où au @eflus de —. HS K ; par 4 S18 Système pu Monspr. lexcentricité, puifque le double de Pexcentricité, c’efl-à-dire, la diflance des deux foyers, eft égale. à Ja diffé- | Xence qu’il y a entre la grande & la nn entrer me emmener mener amet lunaire , éloignés chacun de $4 degrés 44 minutes de la fyzygie , dans lefquels la force du foleil fur la june ne trouble point la Bravité de cette planete fur la terre; mais parce que la lune, dans toute {à révolurion, € tantôt pouflée vers la terre ; tantôt Cloi= gnée de notre globe, la force qui tend-à l'éloigner prévaut en général fur la pre- micre, {oit parce qu’elle eft dans les fy- zygies double de la feconde dans les qua- dratures , foit parce qu’elle agit par un plus grand arc; en effet, la force qui tend à rapprocher la lune de la têtre , n'agit de part & d'autre de Ja quadrature > que par uf arc de 35 degrés 16 minutes ; tandis que l'autre force agit par un arc de çA degrés 44 minutes, de part & d'autre des [yzygiese Puifque TL: LC::LC: LI la premiere force fera à la feconde partie de la feconde , comme LT: ; ETS 3 (L C)*, c'efti-dire comime le quarré du rayon au triple quarré du finus de la diffance à la quadrature, ou du co-finus de la diftance à la fyzygie. Maïs fi l’on compare la feconde or: ee avec fes deux parties, (fig. 41,n°r&2,) comme les lignes LC, CT, Î L font entr'elles parce que les lignes LT, LC, CT, les forces repréfentées par les trois premieres lignes , feront entr'elles comme le rayon , le finus &le co-finus de la diflance à la quadrature » SYSTÈME DU MonuDe. 5çIg petite abfde, Suppofons, par exem- ple, que dans la baffe abfide, abftrac- tion faite de Padion du foleïl, la lune tend vers la terre avec une force ou comme le rayon, le co-finus & le finus de la diffance à la fyzygie ; & en regar- dant l'orbite lunaire comme circulaire, la - feconde force C L fera comme le finus de la diffance à la quadrature, où comme le co- finus de là diftance à fa fyzygie ; & parce que ce finus s’évanouit dans les quadratures, la feconde force fera nulle dans les quadratures ; delà elle croïtra continuellement jufqu’à la -fyzygie , où elle devient égale au rayon ; & dans ce point, la premiere force eft à la féconde comme le rayon au triple du rayon, c'eft-à-dire comme 1 : 3. Et comme dans le même eas l’on a CI X LT=LCxCT, à caufe de F L:conf- tante , & que C left le finus, foit de l’are LC, foit de l'arc CT (fe. 41, n°3}, la premiere partie de la feconde force , qui altere la vitefle tangentielle, fera proportionnelle au produit du finus & du co-finus de la diftance à la fyzygie ou à la quadrature ; elle fera auf comme le finus de la même double diftance à la quadrature, & par conféquent elle s’évañouira dans les quadratures : delà , elle croîtra con- tinuellement jufqu’à ce que cette double dif- tance devienne un quart de cercle, ou juf- qu’à ce que cette diffance devienne un odfant s enfuite elle décroitra jufqu'à ce que cette double diffance devienne un demi-cercle ; ou jufqu'à ce que cette diffance devienne 20 Sysréme pu Monpr. comme 16, & avec une force com: me 4 dans Ja haute abfide ; il ef vif ble que [a feconde force fera le quart dela premiere. Suppofons maintenant Donne eee un quart de cercle ; car alors elle s’évanouira, C’eft pourquoi cette force eft nulle dans les fyzygies & les quadratures, & la plus grande - dans les o@ans : l’altération de la vitefle de la lune dans fon orbite qui réfultede l’adion de cette force , s'appelle 14 variation. La viteffe de la lune dans les quadratures, eft plus petite à caufe de l'adion de la pre- miere partie de la deuxieme force qui, dat le premier & le troifieme quart de l’orbite, diminue la vitefle angulaire; elle eft plus grande dans les fyzygies, À caufe de fn aétion contraire dans le fecond & le quatrieme quart de lorbite, Mais parce que-la force qui poufle la lune vers la terre dans ls quadratures , eft plus grande que dans les fj- zÿgies, cette planete, en allant aux quads tures , s'éloigne plus qu’elle n’auroit fait fans laétion de ces forces perturbatrices, & s’ap- proche plus de la terre forfqu’elle revient aux 1yzygies : de maniere qu'en fuppofant que l'orbite de la lune eut dû être circulaire, en ayant égard feulement à la premiere force de projeétion, elle auroit éré changée ef une figure ovale, dont le grand axe. palle par les quadratures ; car l’orbite doit deveni plus courbe 1à où la farce qui poufié la lune vers la terre eft plus grande, & la viteffe de la planete plus petite; puifque plus da lune avance lentement , plus cette force Sysrème pu MONDE. $21 que lation du foleil diminue d’une quantité à peu près égale, de 2, par exemple , la gravité de Ia lune fur la terre, foit dans [a conjonction, agit efficacement pour courber davantage fon . orbite. Réfumons ; il y a une force qui aupmente la pefanteur de la lune vers la terre, & cette force eft exprimée par le rayon de l'orbite lunaire. Il y a une une autre force qui, dans les fyzygies, efl repréfentée par Je triple du rayon, & elle tend à éloigner la lune de la terre avec une force comme 3 , en exprimant par 1 la force dont nous ve- nons de parler ; maïs cette feconde force eft nulle dans les quadratures : ainfi, la force qui poule la June vers la rerre dans les quadra- tures, eft la moitié de celle qui tend à l’en éloigner dans les fyzygies. Cette feconde force, dans les autres points, peut fe décom- pofer en deux parties, dont la premiere al- tere la vitefle de la lune dans fon orbites la retarde en allant de la fyzygie à la qua- drature , & l’accélere en allant de la qua- drature à la fyzygie; & les degrés d’accé- lération ou de retardement , croiflent jufques aux oétans, puis décroiflent : c’elt la varia- tion de la lune. La feconde partie de la feconde force diminue la gravité de la lune vers la terre, & elle eft exprimée par les & moitiés du finus verfe du double de la diftance À la quadrature ; & comme cette force agit en fens contraire de la premiere , & qu’elle lui \ $22 SYSTÈME pu Mowvr: foit dans loppoñtion : il reflera 14 d’un côté & 2 de l’autre ; de manie- . re que la tendance de la lue vers la terre fera maintenant 7 fois plus grande dans la conjondion que dans Poppoñition ; c’eft pourquoi la différence des diffances de la terre à la lune dans Ia conjondtion & lop- pofition, fera maintenant plus con: fidérable qu'elle ne lauroit été fans Padion du foleil, Confidérons la June au point Bde fon orbite { fe. > 9), quieft inclinée au plan de lécliprique d'environ $ degrés 9 minutes; il eftvifible que le parellogramme B R DFne peut pas être couché fur le plan de Péchip: tique, dans lequel fe trouve la terre, le foleil, & la Tgne D R, enforte que la ligne B R qui va de la lune au plan de Pécliptique, doit fe de compofer en deux, lune perpendr Culaïre au plan de l'écliptique, & l’autre couchée fur celui de l'orbite 2 eft égale à ; 3 degrés 16 minutes de la quas drature , il y a quatre points dans l'or bite lunaire, dans lefquels la rendance de la lune vers la tetre n'eft pas altéree pat Vadion du foleils j SysTèmE DU MoNDE. 523 lunaire ; cette derniere force aug-. mentera ou diminuera la vîtefle de la lune dans fon orbite, felon Ia fitua- tion de cette planete, felon la direc- tion de fon mouvement par rap= port aux quadratures & aux fyzygies, de la maniere que nous Pavons ex- pliqué ci-deffus , en fuppofant la fofce B R dans le plan de l'orbite lunaïre, Voyons maintenant ce que doit produire la force perpendiculaire qu plan de lécliptique, force qui eft peu confidérable , relativement à celle qui agit dans le plan de Porbite de a lune. Suppofonsla lune en B (fig. 42), entre la conjondtion & le premier quartier, & décompofons la force BR, dont nous avons déjà parlé, dans les 2 forces BN ,BM, la premiere dans le plan de orbite lunaïre, & qui pro- duira les ‘effets dont nous avons par- lé ci-devant , [a feconde perpendicu- laire au plan de lécliptique h P D L. nous VPappellerons Iaf orce déitur- batrice. Son effet eft de donner à a lune une teñdance continuelle vers le plan de Pécliptique, dont elle tend à [a rapprocher; de maniere que l lune qui n’auroit rencontré Ie plan 524 SYSTÈME pu Monpr* de Vécliptique qu’en P. le rencons tréra en D. Aïnfi le nœud P rétro Sgradera en D, De plus le nouvean Plan de lorbite lunaire fera un angle 8 D Mplus grand que Pangle BP D; aïnfi Pinclinaifon de l'orbite lunaire aura augmenté. Quand la [une pal- fera de loppoñition à la quadrature, la force déturbatrice La pouffera de même vers le plan de Pécliptique, & le lui fera rencontrer plutôt; ainf, le nœud ira pour ainfi dire au devant de Ia lune, & rétrogradera d’orient €n Occident. Lorfque la lune fera en f entre le fecond quartier & la conjondion , la force déturbatrice la Poufléra dans une diredion f b per- pendiculaire au plan de Pécliptique, diminuera la diflance entre le plan de Porbite lunaire & celui de l’éclip- tique ; de maniere que Ia lune pa- Toftra venir d’un nœud 4 , plus éloi- gné de f que le nœud L. Ainf le nœud paroïtra avoir rétrogradé, En général dans le pallage d’une fyzyaie à la quadrature fuivante, le nœud de Ta lune ya en rétrogradant , & Pincli- naïfon de l'orbite en augmentant : mais dans Ie paflage de Ia quadrature 4 la fjrygie fuivante, le nœud de la = SYSTÈME DU MONDE. 525$ lune va en rétrogradant, &’ l'incli- maifon de l'orbite en diminuanr. La force déturbatrice ctant nulle, lorf- que la lune fe trouve fans latitude, c'eft-à-dire , dans le plan de léclip- tique ; & lorfqu’elle fe trouve dans les quadratures, parce que dans le premier cas, la force B R ( fg, 39), fe trouve dans le plan de léclipt que ; & que dans le fecond cas, la ligne BR, quirepréfente cette force, étant couchée fur Ia ligne FB, ou E P parallele à Ia ligne S T', fe trou- ve parallele au plan de lécliprique. Aïnf la tendance de la lune vers le plan de Pécliptique eft alors nulle {1}. (1) Voici à peu près comme M, de Ia Caille traite cette matiere ; mais ceux.quine favent pasles Mathématiques, peuvent pafler cette note. Suppofons que le cercle O DL ( figure 42 p.) repréfente l'orbite lunaire, - le cercle D M N le plan de l’éclipti- que , & L M une perpendiculaire menée fur le plan de l’orbite lunaire , cette force peut être regardee ici comme égale à la force BM( fig. 42). Soit R ( fig. 42 p.) une des quadratures, T À la force que nous ayons défignée par le triple finus de la diftance de ke lune à la quadrature , elle fexa ici == 3 fine 526 Sysrime pu MonwpE, On comprend par ce que now. venons de dire, que l’adion du Ho. £TR : menonsL 4 & du point A la ligne 4P perpendiculaire fur la ligne TP des nœuds, & du point P la perpendiculaire PV far même ligne, W À étant fuppofée perpendicus laire {ur l'écliptique , & faifant W 4-1 M: mais parce que quand Ja lune fe trouve dans ! les nœuds, elle fe trouve auf dans le plan de l'écliprique, la force déturbatrice L Mel nulle &lona L WC pofé, en défignant le finus de Pangle Y P Aparp, le rayon par r, le finus de l'angle LTR pars, celuidel’an gle ATP part, nous avons premie- rément le rayon TR ou T'L:TA::r:3fn LTR—=3x%x; fecondement Je triange TAP donne TA :AP::r:fn. A4 TP=t; ur ‘Semement le triangle } P À donne AP: AV ;:rsfûn APV Ep. Multipliant ces Proportions terme à terme , & divifant enfüite Les terines des 2 premieres raifons par TA. AP, on aura TL:LM::7rt: 3x1p; ai) laugmentation de la force centrale dans Les Quadratures , eft à la force déturbatrice, Somme le cube du rayon eft au triple du produit du finus de la diflance de la lune à la quadrature , par le finus de la diflans ce du nœud à la fyzygie ( placée dans la ligne 4 O ) , par le finus de Pinclinailon de l'orbite Junaire fur le plan de l’écliptiques D'où 1 fuit, premierement que la: forct déturbatrice eff nulle dans trois cas; favoirs quand la lune eft en quadrature, quand la latitude de La lune eft nulle, & quand A & SYSTÈME DU MONDE. 27 Jeil fur la lune, & fur les fatellites ‘de Jupiter & de Saturne, doit dé- ranger Je mouvement de ces aftres ligne des nœuds concourt avec celle des fyzygies; car dans chacun de ces trois cas, un des finus étant nul , le produit total eft nul. En fecond lieu”, que cette force eff Ja, plus grande pofible quand la lune étant dans les fyzygies , elle eft-en même temps dans fes limites , c’efl-à dire , la plus éloignée qu'il eft poflible du plan de l’écliptique 5 puilqu'alors les trois finus font les plus grands. En troifieme lieu, qu’en général cette force ef d'autant plus grande, que la lune ef plus près de la fyzygie, ayant une plus grande latitude. Telles font les conclufons de M. de la Caille : « mais fa métode , dit un Géo- Meire, ne paroît pas exacte ; car en fuppofant A P& PP pérpendiculaires für TP , l'angle V A P que fait le plan de l'orbite lunaire « ayec celui de lécliptique, (voyez nos Infti- tutions Géo, n° 55 ), ne dépend pas de la grandeur de L M= V À, mais du rapport de AP à AV, Maïs ileft clair qu’en fuppofant L M perpendiculaire au plan de l’éclipti- que, & égale à WA, ce quieft ici permis, cetteligne, (à laquelle la force déturbatrice £f proportionnelle , ) fera le finus de l'angle MTL ou de la latitude de la lune ; ce qu’on comprendra aifément , en fuppofant un cercle de Ja latitude qui pafle par le point L, dont le centre foit en T', & dont le plan foit perpene diculaire à celui de Pécliprique : ainf, l’on Soit dire que l'augmentation de la force cen- 534 SYSTÈME DU -Monpe, rétrogradation des nœuds de:la lune; €ft d’autant plus grande que les plans | PCL;P Dh L.font plus écartés, : Auf. lon: a remarqué que la, prér ceflion des :équinoxes varie ‘pendant une période. d’environ:19: ans ,1de maniere qu’elle eft la plus grande; & felon les obfervations de Bradley, d'environ .f8. fecondes en: un an, lôrfque le nœud afcendant de, lauc ne arrive au.premier point du belier; elle eft la plus petite, & d'environ 43 fecondes par an, lorfque le nœud afcendant de la lune atteint le pre- mier point de Ja balance. Enfin elle eft moyenne. .& d'environ. 50 À fecondes par an, lorfque les nœuds de la lune font dans le colure des folftices. HeCSD ent à co La lenteur du mouvement rétro grade des points équinoxiaux , vient de plufieurs caufes. 1°, De la promp- titude du.mouvement périodique de Péquateurterreñtre. qui ne donne pas le temps à la caufe efficiente de produire un effet confidérable, 24 Du peu d’élévation de l'anneau ter- reflre , dont: l’épaifleur diminue à Proportion qu'il s'éloigne de léque- SYSTÈME py MoNDÉ ÿ3F teur, formant ainfr une efpece dé couche plutôt qu'un véritable an- neau. Ajoutons encore, que. cet an- neaui ne peut {é mouvoir qu'en en- trainant le globe :terreftre, ce qui doit diminuer fa vitefle.. : La rétrogradation des points équi- noxiaux, dont la révolution eft dé 25740 ans, donne aux étoïles unmou- vement apparent oppolé, ou d’oc- cident en-orient ; par lequel elles _ paroifflent avancer felon l'ordre des fignes-dans des cercles paralleles à ’écliptique , & faire un révolution “dans l’efpace de 25740 ans. En effer, les points équinoxiaux ne peuvent parcourir fucceflivement la cirecon- fétence de. l’écliptique ; fans que l'axe de l'équateur fe meuve autour de celui de Pécliptique , & par con- féquent, fans que les étoiles ne pa- roiflent aller en fens oppofé, à un obfervateur qui fe -croit immobile fur la terre; maïs parce que les ob- fervations des étoiles ont fait voir qu'à chaque révolution du nœud de das lune , inclinaifon du plan de Véquateur varie à l'égard de celui de l’écliptique ; il eft clair que les. Z 4 | 536 Svsriwe puy Monpr. poles de l'équateur ne décrivent pas un cercle exad autour de ceux de lécliptique, mais ure courbe, dont 1 nef pas aifé de déterminer la na ture, D’autre côté, l'on prétend que Pobliquité de Pécliptique va main. Ténant en diminuant d’environ 46 fecondes par fiecle ; maïs parce que les hauteurs du pole paroïffent être Invariables far Ia terre, on dit que c’eft le pole de Pécliptique qui ferap- proche de celui de l'équateur, Auref- te, cette théorie eft fort. incertaine. 38.,Les: étoïles ont encore ui 7 ouvement apparent qui dépend de la lumiere, qui met, ( comme nous Vavons déjà dir ); environ 8 minu: tes à venir du foleïl à nous , c’eft-à- dire, à Parcourir plus de 34000000 de lieues. If eft certain ; par les prin- cipes de Poptique, que Îa préfence des objets ne fe manifeftant à nous que par limpreflion que Ies rayons de lumiere qui en viennent font dans notre œil nous ne jugeons de Ja figure & de Ja pofition de ces objets que par cette impreffion ; de maniere que nous les croyons placés dans la ligne droite, fuivant laquelle cette C4 SYSTÈME DU MoNnr. s27 impreflion fe fait dans notre rétine; où ce qui revient au même, nous les jugeons fitués à l'extrémité de la droite , felon laquelle fe fait la féadion des fibres de notre rctine, SI la vitelle de Ia lumiere a un rap- port fini avec celle de la terre ; limpreffion du rayon lumineux qui vient d'une étoile, ne fe fat fen- Ur ni dans la! direction du rayon, nf dans celle de Ia terre ; mais fembla- ble à limpreffion d’un coup donné fur un corps mobile, elle fe fera fentir dans la diredion de la diago-. nale d'un parallelogramme formé fur les dire@ions du rayon, & de latar gente à Porbite de la terre , au point où elle fe trouve au moment que le rayon arrive ; car cette tangente eft évidemment Ja direction du mouve- ment actuel dé Ia terre; maïs les Cotés de ce parallelogramme doivent être dans les rapports des vitefles de la fumiere & de la terre. Ainfi*le lieu apparent de cette étoile doit être au point du ciel où cette dia- gonale paroît aboutir. Suppofons que TL Q ( fg. 43 }, repréfente Pécliptique célefte, P fon pole, S Z ÿ 538 SYSTÈME pu Monpr. fon centre où le foleil eft firué: { Nous confidérons ici lécliptique comme circulaire ),.F D C Por- bite de la terre, E une étoïle, Pre: nons fur la tangente C c de l'orbite terreftre une ligne C o, qui Loità Ia longueur de la ligne € B, mence du point C à l'étoile, comme 13 vitefflede la terre dans fon orbite elt à celle de [a lumiere ; le rayon lumi: neux E C , qui part de Pétoile, af fectera l'œil de lobfervateur placé en C, de maniere qu’il paroîtra avoir la dire&ion x C, & lobfervateur verra l’étoile en x. En effet, felon ce que nous yenons de dire;, 11 obfervateur placé en C, doit rap- pote limpreffion qui eft faite dans on œil, dans la diredion € 4 du parallelogramme B 4 0 C, ou à lex trémité x de la diagenale du para lelogramme E x c C, dont le côté C c eft au côté € E, comme fa yitelle de la terre au point C, eftà celle de Ia lumiere qui vient de Tétoile. On peut fuppofer que le parallelogramme E C c x, que nous appellerons le parallelogramme d’aber- ration ; tourne avec la tangente C6 _Sysrème ou Mowpr, s30 autour de [a ligne S E, qui va du foleil à Pétoile; & felon que cette droite eft plus ou moins inclinée au plan de Pécliptique , l'orbite optique décrite annuellement par l'étoile, doit étreplus ou moinsétroite ; car la projeion orthographique de cette orbite au fond du:ciel ‘doit être diffé- rente" felon que les lignes tirées de Vorbite de la terre à lorbite de Pétoile, dont le plan eft toujours parallele à Pécliptique, font plus ou moins inclinées à cette orbite; ce qui eft conforme aux obfervations, & ce qui eft en même temps une nouvelle preuve du mouvement de la terre autour du foleil.’ 39. L’aftre du jourétant attiré parles planetes qui lattirent, doit fe dépla: cer ur peu; mais parce que fa mañlé €ft très-confidérable , relativement à celles des planetes, qui d’ailleurs ne fe trouvant pas toutes du même cô- té, Pattirent en différens fens, fon Mouvement doit être peu confidéra- Ple, & l’orbite qu'il décrit très -pe- tite ; maïs cet aftre tourne fur lui-mê- me d’occident enorient, dans l’efpace de25 jours 14heures8 minutes; & » 540 SysTimMe Du MONDE. ie plan de fon équateur, c’eft-à-dire; du cercle qui eft par - tout égale ment éloïgné des extrémités de fon axe de rotation, eft incliné à Péclip: tique d'environ 7 degrés 36 minutes, comme On Pa reconnu par le mot- “vement de fes taches obfervées ver . 1611, par Scheïner, Jean Fabriciüs, & dont Galilée sattribuoit a pre miere découverte (1). Si Pon en croit CaMfini, lon à vu fur le folei des points plus brillans que le refle de fa furface, & ül appelle facules, _ (1) Il eft aifé de comprendre , que f la direétion de la force impulfive avec laquelle on peut concevoir que le foleil a été lancé dans Pefpace, n’étoit pas perpendiculaire à fa furface | maïs pafloit à quelque diftance de fon centre, il.en a dû réfulter un mou- vement de tranflation, avec un mouvement de rotation autour d’un axe ; comme le dé: montrent les Mathématiciens, Nous avons fait voir dans le cinquieme Volume de notre Cours Complet de Mathématiques, que f Pimpulfon primitive a été appliquée à une diflance du centre de la terre, égale à la 157€ partie de fon rayon, il doit en avoir réfulté le rapport actuel du mouvement diur- ne & annuel. Cette diflance , relativement au centre de Jupiter, doit avoir été de 5 dc {on rayon, SwsTÈME DU MONDE. S4r des taches légeres & foibles que lon apperçoit quelquefois à endroit mé- me où une tache a difparu ; or, les taches font des parties noires qu’on apperçoit de temps en temps fur le foleïl, & qui paroïffent tourner uui- formément, & revenir par rapport à nous au même point du difque folaire en 27 jours 12 heures 20 minutes, quoique la véritable rota-. tion du foleïl foit de 25 jours 14 * Heures 8 minutes ; parce que lorfque cet aftre a fait une révolution fur Jui-même , & qu'un point de fon équateur qui répondoit à une étoile au commencement de fa révolution, eft revenu dans fa premiere fitua- tion par-rapport à la même étoile, il ny eft pas revenu par rapport à un point déterminé de la terre, qui a avancé dans l’écliptique d'environ 2$ degrés ; de maniere qu'il faut environ 2 jours de plus pour que ie même point de léquateur folaire ré- ponde au même point de notre glo- be, Les ombres font des nébulofités blanchâtrés, qui environnent tou- jours les grandes taches; elles pa- roiffent quelquefois jaunätres , & $42 SvstTême pu Monpr:. quelquefois elles fe trouvent toutes feules, & donnent enfuite naïflance à des taches. Hevelins a vu en 1643, une de ces ombres qui occupoit environ le tiers du diametre du {- leil. Les Annales deda F rance impris mées à Paris en 1-88 , aflurent que lan 807, Mercure parut fur Le fo. leil comme une Petite tache notre, qu'on apperçut en France pendant 8 jours ; mais parce que le diametre de cette planete ne peut être vu que fous un angle de 12 fecondes, 29 ne peut pas l'appercevoir à la vue fimple ; ainfi ce ne pouvoit être rien autre chofe qu’une tache, Si lonen croit Abulfaradoe, lan 626, Ia moi. tié du difque du foleil fut obfcurcie depuis Ie mois d'Oûobre jufqu'au mois de Juin; ce-phénomene , eft permis de le croiré, devoit {on Origine à quelques taches confdé Tables du foleil. Les taches n’ont rien de régulier, 4 y en a qui dif: paronffent pendant long-tenips, & réparoïflent au même endroit, Celle qui fut obfervée à la fin de 1676; dura plus de 70 jours, & parut dans chaque révolution, Depuis 169$ élites ste Sysrème ou MonDr. 543 jifqu'à 1700 lon n’en vit aucune ; mais les Volumes de Académie des Sciences ; parlent continuellement de celles qu’on a apperçues depuis 1700 jufqu'à 1710. € : 40. Galilée penfoit que les taches du {oleil font une efpece de fumée , de nuage, où d’écume qui fe forme à la furface de cetaftre , & quinage fur un océan de matiere fluide & fub- ile. M. de la Hire croyoit que fe - font les éminences d’une maffe {o- lide, opaque, qui nage dans la ma- tiere fluide du foleil, & s’y plonge quelquefoïs en entier. On explique par-là d'où vient que l'on voit ces taches fous tant de figures difiéren- tes, pendant qu'elles paroiffent , & pourquot, après avoir difparu pendant , plufieurs révolutions, elles reparoif- ” foïent de nouveau à la même place qu’elles devroient avoirs f: elles euffent continué de fe montrer. On explique par-là les facules, & cette néhulofité blanchâtre dont les taches {ont toujours environnées , &. qui font les parties du corps folide fur lequel il ne refte plus qu'une très- peute couche de ce fluide. Cepen- Le S$0 SvsTÈME pu Mowpr: nutes de la lumiere & de l'ombre, On y remarqueroit auffi des nuages des neiges, qui changeroïent fr face apparente. Les <toiles dont on obferve les: immerfions , paroiffent fouvent pendant quelques fecondes | être entieremênt fur Le difque de h lune. « Il eft probable: que cette ap: parence ell occafionnée par lirradue tion , ou le débordement de lumrere de la lune; tous les Corps Îumineux font ainf. bordés:, -& comme tenté par la Jumiere qui les environne », M. du Sejourpenfe quePathmofphere de Ia lune produit dans la lumiere une inflexion de 4 + fecondes ; mais il n’eft pas encore poffible de rien prononcer de certain fur.cette matiere. 5 HS A Les cometes font des aftres qui ne font vifibles que pendant une partie de leur révolution ; leur lumiere elt toujours foible & douce ; c’efture lumiere du foleil qu’elles réfléchif fent vers nous, Elles fe meuvent dans des orbites elliptiques trés - allongées , elles ne font vifibles que quand elles font vers Le périhélie ; car dans l’aphe: lie élles fonc trop éloignées de nous Sysrème pu MonNDE. 5$5i Elles ont des retours réglés plus ou moims longs ; maïs leur mouvement ne fe fait point dans le zodiaque, comme celui des planetes ; car ces afttes traverfent l’efpace en toutes fortes de fens , ts fe meuvent du nord au midi, du midi au nord, occident à lorient, ou de lorient à d'occident. On leur remarque fouvent des queues qui ont coutume d’être très-brillantes , lorfque les cometes font parvenues au périhélie, qu’elles fe font enfoncées dans l’athofphere folaire, & aw’elles ont été échauffées pat [a chaleur du foleïl; alors leur noyau paroît petit & obfcur, La co- , mete de 1680 avoit au mois de Deé- cembre une queue qui occupoit 70 degrés dans le ciel, tandis que le noyau ne paroifloit pas plus grand qu'une étoile de Ia feconde gran- deur, ee Les planetes n’ont point des queues, parce que le changement de leur dif tance au foleil n'eft pas aflez confide- rable. Quand une comete morte du périhélie vers fon aphélie, elle fe charge de plufieurs particules de Pathmofphere folaire, Ces parties at- # $$2 SYSTÈME pu Monppr: tirées par le noyau de Ja comete, s’attachent à fon athmofphere, &lorl que cet aflre fe trouve vers fon aphélie, ces efpeces de vapeurs per: | dent peu à peu leur chaleur, & le condenfent. Suppofons qu'une comète Cfe meuve dans l'orbite PCBÆDd (fs. 44). dontiebii S occupe un des foyers ; lorfque cet aflre approchera du périhélie P, |. pourra être vifible pour un habitant de la terre , dont l'orbite ef repré- fentée par le cercle F M T°, 1r2a terre.fe trouve placée vers EF, par exemple ; mais ff la terre fe trouve! placée en T, & que Ja comete boit trop près du foleil, la vivacité de kB lumiere de cet aftre empêchera de l'appercevoir. Lorfque la comete aprèsavoir atteint fon périhélie, fera parvenue en € , un obfervateur placé furlaterre fituée en T, pourra lapper- voir facilement ; maïs lorfque Ia co- mete fera remontée vers fon aphélie, & qu'elle fe trouvera au point B, ou même plus éloignée, elle difpa- roitra pour les babitans de la terre; parce qu'un corps trop éloigné cefle d'être vifible, Ainfi nous ne pouvons appercevoir EE RE Sysrème Du Monpr. ÿs3 appercevoir de nouveau la comete, que lorfqu’après avoir pañlé par fon aphélie À, elle fe rapprochéra de {on périhélie. 47. Ï y a des Auteurs qui s’imagi- hentqw'ilexifte environ 300cometes. « Cette affertion finguliere eft-fon- dée fur Ie raïfonnement fuivant : Si depuis x$ ans que l’on obfèrve les cometes avec plus d'attention , l’on en a découvert jufqu'a z$ , il eff proba- ble que Pon en doit découvrir une cha- que année ; & comme la révolution moyenne des cometes dont on a déterminé les périodes , ef denviron 3 fiecles, il y a grande apparence que le nombre des cometes eff d'environ 300 ». L’on fent affez combien ïl feroit aïfé de fépondre à ce raifonnement. Le plus für eft de nous en tenir à ce que nous favons de certain, fans trop chercher à pénétrer des fecrets que le temps feul peut dévoiler. : Lubienitz comptoit 4r$ cometes à l'époque de 1665. IX faut, à la vérité , rabattre un peu de ce cal- cul; car l'Auteur fupplée quelque- fois au filence des Hifloriens ; & comme il étoit perfuadé qu'il n'y Tome IT, * Aa 554 SYSTÈME DU Monpes. : avoit point eu. de grands défaflres fans cometes, & des cometes fans grands défafires , quand ïl voyoit un grand malheur fans, cometes, il : en concluoit que Ia comete avoit été oubhée, & il la reftituoit. Le peuple groffier &.ïgnorant penfe encore dans ce fiecle de lumiere, que les cometes annoncent la moït des Princes , la guere, la peñte, la famine ; les gens inflruits méprifent une opinion fi abfurde, Les cometes dont l'apparition a .été la plus lon- gue, font celles qui ont paru pen- dant fx mois. La premiere, du temps de Néron ; la feconde, du temps de Mahomet; la troifieme , en 1240; lors de Pirruption du fameux Tamer- lan ; & de nos jours. la comete de 1729. La comete qu'on vit après la mort de Demetrius, Roï de Sirie, ( 146. ans. avant Jefus-Chrift ), pa roifloit auM. grofle que le foleil. Celle qu'on obferva à Ia naïflance de Mithridate, répandoit, au.rapport de-Juftin, plus de lumiere que le foleil : la ‘grandeur apparente de la comete de 1006, jettoit autant de lumiere que le quart de la lune pour: roit faire, SYSTÈME DU MONDE. 5 Apollonius le Myndien , Hippo- crate de Chio , Æfchile, Diogene, Democrite , &c. penfoïent que les cometes font des aflres, dont les ré- volutions font conflantes: Cependant Ariflote ; Ptolomée, Tycho, Bacon, Galilée, Hevelius, Longomontanus , Kepler » Ricciolr, les regardoient : comme dés corps nouvellement for- més , & d'une exiflence pañlagere. Mais depuis la découverte de Pat- trattion , on efl én ctat de prédire les Tetours des cometes, & de détermi- ner, du moins à peu près, letemps de leurs révolutions. La comete qui à Part en 1456, à reparu en IS. 1607, 1682 & 1759 ; enforte que fa révolition moyenne elt d’enyi- ton 77 ans. Îl ne faut pas croire ce- pendant que la révolution. d’une co: mete foit rigoureufement conflante, Êt M: Halle, à Poccafon de 1. Comete de 1682, dont nous Vénons de parler, avoit remarqué que le temps de fà révolution pouvoit être altéré par lattradion de Jupiter; & €R annonçant fon retour pour x DE O: I avoit mis une refitidion à fon annonce. M, Clairaut ayant repris À a 2 =- Ys6 Système Du Monpr cette matiere, eft venu à bout, pat des calculs compliqués , dont le dé: tail feroït déplacé dans cet Ouvrage, de déterminer, à un mois près, a derniere révolution de cette co- mete (1). La comete de 1532 pa: roit être Îa même que celle de 1661; on fattend pour 1789 ou 1790. Celle de 1264 & de 1556, elt at- tendue pour 1848. La grande co mete de 1680, fuivant M, Halley, devroit reparoître Pan 2254; il croit que c’eft celle qui parut du temps de Céfar, & elle auroit paru à peu près dans Île temps du déluge. Re (1) Ce fameux Mathématicien trouva que! la révolution de la comete devoit être de 611 jours, plus grande que celle ide 1607 à 1682, dont roo jours pour lation de 5a- turne , & s11 pour celle de Jupiter, Suivant fon calcul , cet aftre devoit pañler par fon périhélie au milieu d'Avril ; dy pafñlale 13. Mars. Peut-être l'attra@ion des autres. corps céleftes & des autres cometes, onf influe fur le temps de fa révolution, Il ef aïfé de comprendre, par ce que nous avons dit ci= deflus, que lation d’une planete fur une comete , qui pañle dans fon voifinage ; peut changer fon orbite , la dilater, l’allonger» & même ralentir où précipiter fa viteile » felon les différentes fituations où ces aftres # trouvent l’un par rapport à l’autre Sysréme Du Monné. $57 Si lon ne compte que pour une feule & même comete celles des années 1456,1531,1082 &1759, ainf que cela eft démontré ; que Von ne compte parcillement que pour une feule comete celles de 1264 & 1556, & celles de 1532 & 1661, ainfi que cela eft tres- probable ; on connoît en tout 63 cometes, dont on a déterminé les orbites, en y comprenant méme ja comete de 1774. De ces 63 co-” metes , 25 font diredes, & 28 font rétrogrades. L’inclinaïfon de leurs Orbites , par rapport au plan de l'écliprique , n’eft pas la même pour toutes. Ît y ena 9, dont Pinclinai- fon ne va pas à plus de 10 degrés; les orbites de 7 autres font inclinées ‘depuis 10 jufqu’à 20 degrés; 3 de- puis 20 degrés jufqu'à 30; 8 de- puis 30 degrés jufqu'à 40 ; 5 de- puis 40 jufqu'à so degrés ; ÿ de- puis so jufqu'à 60 dégrés ; 10 de: puis Co jufqu'à 70 degrés; 9 de- puis 70 jufqu'à 80; 7, enfin, de- puis 80 jufquà 90; 10 feulement ont leursdiflances périhélies plus gran des que la moyenne diflance de la Aa 3 NX 558 SYSTÈME pu Monpr, terre au foleil ; > ont leurs difian.: cés périhélies plus petites. Telles font es 63 cometes calculées juiqu’en 1774 (1). : 6$ cometes paroïflént ordinaire ment environnées d’une efpece de queue, & d’autres fois d’une efpece de chevelure, Ces queues n’ont pas ‘toujours fa même longueur : celle dont parle Juflin, & qui parut à la naïffänce de Mithridare ; OCCUpOIt 45 degrés; elle étoit f: terrible quel le fembloit embrafer tout Le ciel. Si lon en croit Seneque , on vit a (t) Si les planeres & leurs farellites & Meuvent dans le même fens, & À peu près dans le même plan, tandis que les cometés æont point de zodiaque , ce phénomene n'a d'autre caufe que la volonté de lEtre fu- prème, qui a lancé les corps céleftes dans Vefpace, dans des direétions différentes mais convenables à la fin qu’il s’ef propofée, en Créant cet Univers, Les planetes & les co- metés n'ont pas été jettées au hazard dans le vuide immenfe qui nous environne., com- me le penfent les athées; & l’on ne fauroit affez s’éronner qu'un Écrivain ‘dont les ta- lens re font pas Équivoques, penfe que la déterminaifon du mouvement des planetes dans le zodiaque , tient à des caufes parte Cukeres inconnues, SYSTÈME DU Mowps£, $Ss9 vers lan 135 une comete, dont Ja queue couvroit toute la voie ladée Celle de 1744 toit à d’une lumiere en éventail, où d’unc queue divifée en plufeurs branches. : Ces queues paroïffent de différentes grandeurs dans les différens lieux où on les obferve : la comete de 1759 parut à Paris avec une queue d'un ou de deux degrés , tandis qu'à. Montpellier, fuivant M. de Pate, la queue avoit 25 decress le 29 Avrd, la partie la plus Inmineufe étant de 10 degrés. Les queues des cometes font tranfparentes ; ; Car On voit les étoiles au travers. Ces queues font toujours oppofées au foleil , mais on y appercoit fouvent une courbure qui eft, dit-on, l'effet d'une ïllu- fion optique , produite par la pofi- tion de la terre hors du plan de la comete , & par le mouvement de celle-ci, La queue des comeres, fe- Jon Newton, vient de lathmofphe- re propre de chaque comete. Il penfe que les fumées & les vapeurs peuvent s’en éloigner, ou par lim- pulfon des rayons folaires, comme le croyoiït Kepler , ou par la raré- Aa 4 S66 SvstTime pu Monpe, un froid où à une’ chaleur exceMf, Maïs quoique ces effets des cometes foïent polfibles, à réfuite des cal- _Culs du favant M, du Sejour, que la probabilité da danger , relativement aux 63 cometes calculées, eft nulle Où infiniment petite ; à l'égard de celles dont nous ne connoïflons, ni le nombre , ni la mafle , niles cit. .Confiances de [eur mouvement, elles ne-doivent pas troubler {a tranquilité des hommes, en leur infpirant une frayeur imaginaire, L’athée peut craindre Jeur choc ; je ne l’en empé. che pas: pour moi, qui fuis perfue dé que leur route à été tracée par un Etre fouverainement fage & intelli- gent, je penfe que le monde n’en a rien à craindre, & je fuis perfuadé que ces corps fervent, au contraire, à Pharmonie & à la beauté de Pan vers. Ne pourroit-on pas conjecurer que Îles cometes ont été deflinces par lEtre fuprême, à fervir d’alr ment au foleïl, comme le bois fett d’aliment à notre feu ordinaire, aïnf que nous l'avons dit? Comme cesaltres €n entrant dans lathmofphere folaire, doivent ralentir leur mouyement, Pat: SysTème DU MonNDr 567 tradion du foleïl Les précipitera, dit- on, fuccefivement dans cet aftre(1). 42, La reffemblance entre la terre & les autres planetes eft fr frappante, que nous ne pouvons douter qu'elles ne foient habitées comme notre glo- be. Celui qui voudroit fe refufer à cette croyance, ne feroit pas moins inconféquent que celui qui, dans un troupeau de bœufs, ayant vu les uns avoir les entrailles d'animaux, pen- feroient que les utres ne contien- nent que des pierres. Nous voyons fix planetes autour du foleil, elles tour- nent toutes les fix dans des orbites elliptiques ; Jupiter eft applatt comme la terre ; il y a apparence qu’elles ont toutes un mouvement de rotation, des taches, des inégalités, des monta- -gnes. Peut - on fuppofer que l’exif- tence des êtres vivans & penfans foit reffreïnte à notre globe? Sur quoi fe- (1) Comeres que lon craint à Pégal du tonnerre, Ceffez d’épouvanter les Peuples de la terre; Dans un ellipfe immenfe achevez vote cours : Remontez, defcendez près de laftre des jours $. Lancez vos feux, volez, & revenant fans cefe, Bes mondes épuifez, ranimez la vieillefe, $68 Svstrime pu MONDE, roit fondé un pareil Privilege ? Les plus grands Philofophes de l'antiquité Ont penféque les planetes étoient def. tinées àrecevoir des êtres vivans com= me nous & qu'elles étoient habitées, Philolaüs : Nfcetas » Hercelides, en- fcignoïent que lesaflres étoïent autant de mondes ; Metrodore trouvoit qu'il étoit auf abfurde de ne mettre qu'un feul monde dans le vuide infini, que de dire qu’il ne peut croître qu'un feul épi de bled dans unevafte campagne, Chaque étoile Paroît être comme no: tre foleïl, c’eft-à-dire , UN corps lumi- neux & immobile defliné à fervir de centre, à retenir & à éclairer les pla- netes qui l’environnent (1). Bien des gens feront fans doute fur. Pris que nous donnions dés habitans aux planetes ; & Par conféquent aux -Cometes qui font de véritables plane (Q)Ilyatoute apparence non feulement que a lune, les fatellites de Jupiter & ceux de Saturne font habités ; mais encore que l'art néau de cette derniere planete nourrit des êtres animés. Ces êtres ne tombent pas vers Saturne , Parce qu'ils font retenus par la force centrale de Fannean qui les atrire aveg plus de force que Saturnes “ Sysrème ou Monpr. 569 tes. Comment concevoir que des êtres vivans puiflent. habiter un domicile qui pañle pour ainfi dire par les der- nieres extrémités du chaud & du froid. La comete qui a paru en 17$9, & _ dont la période eft d’environ foixanté : dix-fept ans, doit avoir un hiver de RTE] : plus de foixante-dix ans; car à pro- portion qu’elle s'éloigne du foleïi, fa vitefle fe ralentit, & fon mouvement eft très lent vers l’aphélie. La comete de 1680 a éprouvé, comme nous Fa- vons déjà dit, une chaleur très-forte ; & cette chaleur, frelle fuivoit la raïfon renverfée des quarrés des diflances au foleil, auroit été environ 2000 fois plus grande que celle d’un fer rouge ; mais y a apparence que la chaleur ne fuit pas cette proportion, D’autre côté, chaque corps n’eft fufceptible que d'un degré limité de chaleur ; &c le fer une fois rougi, fi vous contt- nuez à l’expofer à un feu violent, fe vitrifie & tombe en cendres ; d’où fuit que f cette comete eùt été 2000 fois plus chaude que le fer rouge, les matieres dont elle eft compofce doi- vent être différentes de toutes celles que nous connoiffons & dont auçune S70 Système pu Monpr. ne réfifleroit à une chaleur de certe force. Aïnfi, foit que cette comete fût dune matiere plus compacte que celle denotre globe, foit qu’elle fût garantie par d’autres circonflances, elle a heu reufement paflé par fon périhélie; & l'onpeut croire que fes habitans auroit pallé avec elle, H faut fans doute qu'ils foient d’un tempérament bien plus vigoureux & d’une conflitution bien différente de la nôtre. Mais pourquoi Youdroit-on que tous les êtres vivans foïent faits comme nous ? N'eft-il pas plus vraifemblable qu'il y a de globe en globe une variété dorganifations & de complexions relatives aux he- foins des peuples quiles habitent, pro: Poïtionées au lieu de leur féjour & aux changemens detempératurequik doivent fubir? N’eft- on pas revenu _du préjugé qui long - temps avoit fai regarder la zone torride & les zon6 glaciales comme inhabitables » N'y a- til auf quedes hommes fur la terre même ? Et ff nous neuffons jamais Vu ni offeaux ni poiflons , ñe regarde rons nous pas les eaux & les ais comme dépeuplés ? Sommes - nous bien certains que le foleil n’a pas fes SYSTÈME DU MoNdr. 78 habitans dont les corps foient faits de quelque fubflance inpénétrable à la flamme? Eft- on afluré que cet aftre na pas fes véyétaux formés d’une _pareïlle fubftance inaltérable au feu, & deftinés à la nourriture des ant maux qui y font leur féjour? Difons donc que fa nature des êtres qui peu- plent les cometes nous eft inconnue ; Mais ne nions pas leurexiftence, & encore moins feur poMbilité. Il eft certain que les habitans des planetes, accoutumés à une température plus douce & plus égale, fe trouveroïient fort mal à leur aïfe, fion Les tranf- plantoït dans des aîlres aflujettis aux viciMitudes extrêmes du chaud & du froid; mais avecuneflrudure de corps différente, nous fupporterions ces vi- ciMitudes & peut-être en vaudrions- nous mieux. El eft certain quenousne connoïffons pas toutes les cometes: & un Savant célebre penfe qu'il y en a au-delà de cinq cens millions dont le périhélie eft plus près du foleïl que celui de Saturne. : Maïs qu’eft-ce qui empêche d'en imaginer encore fort loin au - delà de cette planete ? L’efpace s’aggrandit à 572 Sysrême pu -Moxpr, - mefure qu’on s’éloïgne du Soleil ; & c’eft dans ces régions éloignées que Peuvent farreleursrévolutions les plus grofles cometes ; & même des come. tes à fatellites, à qui Pénormité de. leur mafle, &leur attraction trop puif faute, ne permettroit Pas d’approcher davantage du {oleil, où la place plus étroite demande à être ménagée, Que : deviennent déformais. les planetes Elles femblent perdues dans cette fou. le innombrable de corps céleftes qui : . Environpent le foleil, Que la partie connue de notre fyflême eft petite! Que la terre eft chétive » & que nous fommes peu de chofe, nous qui ram POns fi orgueilleufement far fà fur face ! Les planetes fe meuvent toutes dans le zodiaque, &les plans deleuror bites s’écartent fort peu de celui de l'é: cliptique, Ne POurrions-nous pas pen fer que l’Auteur de l'Univers aarrangé les chofes de cette maniere, pour lai: | aux cometes un efpace plus libre tant au deflüs qu’au deffous du plan de lécliptique, afin de multiplier le nom: bre des cometes ? [left très- apparent Encore que les planetes ne font f éloi- . SYSTÈME DU Monnr. 575 gnées les unes des autres , que pour laifler aux cometes des intervalles à traverfer. Nous auïions tort cepen- dant de penfer que toutes les come- tes font vifibles ; il y en a plufeurs fans doute trop petites & trop éloi- gnées dans Jeur périhélie, pour être apperçues. Î[ y en a d’autres qui paf fent trop près du foleïl, dans des cir- conflances qui nous empêchent de les oblerver. Le nombre de celles qu’on a vues durant les mois d'hiver efl bien plus confidérable que celui des come- tés qui ont été remarqués durant les mois d'été, ce qu’on doit attribuer à a fongueur des nuits d'hiver. Ï peut arriver encore qu'une cos mete, après avoir pañlé par fon péri- hélie, foit détournée de fon chemin Par Pattra@ion des ‘planetes ou de quelqu’autre comete, de maniere que fon orbite s’allongeant confidérable- Ment, elles’éloïgne aflez du foleil pour entrer dans Ie fyftême de quelque étoi- le. Etant arrivée à cette diflance pref: quimmenfe, elle pourra tourner au- tour de cette étoile comme une de 10s planetes tourne autour du foleil ; ou Pien après avoir parcouru une por- ee 74 SYSTÈME pu Monper, tion de fa nouvelle orbite autour de Tétoile, elle changera de route pat Vadion de la force attradive des plane: tes, & des cometes qui appartiennent à cette étoile, entrera enfuite danse {yflême de quelqu’autre étoile, qu'elle. abandonnerapar l'aéion d’unefembh.. ble caufe; elle reviendra après des mil. . lrons d’années fe montrer aux habitans de notre globe aui brillante qu’à fon dernier paflage par le périhélie, J'aime à me figurer ces globes voyageurs per ec Loir nt lis NEC Est plés de Savans occupés à contempler | la nature en grand, comme nous à | contemplons en petit. Léur domicile voguant d’un foleilà l’autre, les meti portée de voir lesmouvemens de cts aflres, & ceux des planetes & des co- metes qui roulent autour d'eux. Noïs pouvons: imaginer que. leur année fe mefure par le chemin. qu'ils font de Î foleiïl en foleïl. Leur hiver tombe al milieu de cette route; leur été dépend | de chaque pañlage par un périhélie: | ils voient renaître {eur printemps à chaque entrée dans un nouveau mor 1 de ; enle quittant commence feura tomne. Leur fépour eftaccommodé à toutes leurs diftances des étoïles fixes, SYSTÈME DU Mons $ç7$ & les différens degrés de chaleur font murit les végétaux & les fruits defti- nésà leur ufage, Des millions d'années s'écouleront pour eux , comme les jours pour les habitans de la terre :. Nous refpirons un moment , & l’er- Teur paroit être notre partage ; Ja fciencè femble leur appartenir, &la longueur de leur vie elt de plufieurs bilions de nos fiecles. : On fait que plufieurs étoiles fixes ont changé de place; & M. Mayer ne doutoit pas que cela n’eut lieu à l’é- gard de toutes es étoiles fans excep- tion; ainft lon pourroit penfer que l'Univers entier fe meut, dans l’ef Pace immenfe autour d’une efpece de centre de gravité qui elt peut-être OCCUPÉ par un corps énorme placé à une diflance plufieurs'billions de fois plus confidérable que n’eft celle qui {pare Le foleil des étoiles, dont celle qui eft la plus voïfine de nous eft plus de quatre cens mille fois plus éloi- gnée de la terre que celle-ci ne l’eft du foleil, I y a apparence que les étoiles fixes font répandues dans le pace à différentes diflances propot- tionnées à Padivité de leur attradion, # $832 AsrroNowrr JuDrcrarRr. on ne manque pas de dire que lafune les a fécondées : fi la terre trop feche 5 fr la difette de fels ‘aériens nutfentà l'accroïfléinent des plantes, on ati fihélie., elle S’éloignéroit de nous à des di£ tances immenfes, & Parcourroit la région des'étoilés fixes , à moins que quelque cafe ne changeñt la diré@ion de fon mouvements 12°, -Soit la terre P (ÂE. a7 ), la lune que ‘je fuppofe lancée dans Pefpace, dans des direions Contraires, mais parallèles, avecdes vitelles PB, Q°C én raifon inverfe de leurs maîles , elles décriront en même ‘rémps dés ellipfes femblables ; (c’efl-à-dire, dont f’üne feraen grand ce que l’autre (era en petit), qui 2UTORt Por foyer commun le centre G de gravité des deux planetes , enfuppofant que Pattra@tion füir [a raifon” dire&edes males at- tirantes, @& la raifon inveïrfe des quarrés des diffances, Cela arriveroit ain dans la fup- Pofñtion qu’on vient de faire, f [a lune & la terre étoient tranfportées dans un même plan aütour du foleil > & que leur centre de gravité feul fût atriré par le foleil. Mais le f6leil trouble Je mouvement de la faune & de la terre, les planeres & les comeres, exercent auf, en S’attirant réciproquement les unes les autres, des a@ions qui rendent leurs érbites irrégulieres ; enforte que les planetés & les cometes ne décrivent pas des ellipfès exadtes , inais feulement des courbes Qui approchent plus où moins d'être eilip- tiques, félon que les forces réunies des POPNIEE SR. ee PEN PSN ENS ASTRONOMIE JUDICIAIRE. 83 bue cet eflet au défaut d'influence de la lune , on ne manque pas d’ap- puyer cette opinion ridicule par des hifloires vraies ou fauffes: on avu dit: me 1% autres planetes & cometes qui les troublent » font moins ou plus grandes par rapport à l'adion du foleil , & à la force tangentielle. Comme la mafle de la lune n’eft qu'environ la 71e partie de celle de la terre, le centre de gravité de ces deux planetes fera fort près de celui de notre globe, & l’on pourra regarder le centre de la terre, comme celut de l'orbite lunaire fuppofée circulaire. De même les centres de Jupiter & de Saturne ne font pas exactement le centre des orbites de leurs fatellites , mais feulemeñit à peu près & fenfblement, 13°. Un corps qui pefe ici 3600 livres, étant tranfporté à la diffance moyenne de Ja lune, re péfercic qu'une livre ; & fi le rayon de la terre écoir double de ce qu'il eft, un corps qui pefe mainte- nant une livre, auroit une pefanteur dou- ble, 14°. La forceg, attirante d'un afître m, par rapport à une planete qui circule autour de cet aftre, efl comme fa mañlem, divilée par le quarré n° de la diffance du corps: attiré au centre de l'afire , c'eft-à- dire, queg = D3 , fi l'on exprime le temps périodique part, l’on aura m=+ 2 ; c’eft-à= dire, que les mafles des aftres font comme les cubes de la diftance entre le centre de ces aftres & de leurs farellites, divifé par le quarré du temps de la révolution des fa- ] B b 4 584 ASTRONOMIE Jubicrarre, on une femme dont le changement de vifage fuivoit ceux de Ia lune; & Bartholin apporte que les taches du vifage d’une autre femme augimen- tellites, Si l’on divife les cubes de ces dif fances par les quarrés des tem Ps périodiques, les quoriens EXprimeront les mañles des Corps £entraux ; & en faifant la diffance D égale au rayon de laftre attirant » les quotiens feront comme les poids d’un même COrps fur les furfices de ces: aftres. Maïs la quan- tité de matiere d’un Corps étant évale au Produit de fon volume par fà denfité, Ja denfité fera égale à Ja quantité de. matiere dvife par le volume 3 qui dans les globes €t proportionel AUX Cubes des diametres C'eit pourquoi , f l'on divifoir les quantités Pondans, ou ce qui revient au même, f Von divifoit les Poids qu’auroit un même Corps fur la furface du foleil, de Jupiter, € Saturne, & de Ja terre, refpectivement par les diimerres de ces aftres ,: on auroit Jeurs denfités, qui felon Sigornhe , font com- me 190600, 9385 > 6567, 39539. Ainf les denfités des planetes {roient en diminuant, -€n S'écartant du foieil ; & fi l’on fuppofoit, en eflét, que Ja denfité de Saturne füt égale à celle de Ja Ferre; Comme cette planete €ft beaucoup moine échauffée par les rayons “du foleil , à caufe de fa Prodipieufe difance à éct afre, que ne left notre globe , le ASTRONOMIE JUDICIAIRE, 68 toient ou diminuoïent felon les phafes dela lune, Peut-être un jour on verra des hommes qui attribueront le fom- seit & Ia veïlle au mouvement du foleït. a froid y détruiroit les plantes & les animaux, S'ils étoient femblables aux nôctes. On peut fémarquer que les cinq fatellites de Saturne ne donnent pas le même réfüultat, Les den- fités de Vénus, de Mercure & de Mats' ne Peuvent pas fe trouver par la même mé- thode, puifque ces planetes n’ont point de fatellites qui tournent autour d’elles , comme Jupiter, Saturne , la terre & le foleil, au- fout duquel tournent différentes planeres, Mais voyant dans les trois planetes, dont les denfités font connues, une augmenta= fon de denfité, quand on approche du foleil, qui fuit le rapport des racines du temps de révolutions moyennes, il femble qu'on peut fuppofer que Ia même loi a lieu POUT, toutes les planetess Le mouvement moyen de Jupiter étant fuppolé — 1, celui € a terre (era environ 11, 86: car la ré- Yolution de la terré autour du foleil , ef Aviron 12 fois plus prompte que celle de üpiter, Or, la racine de 11, 86 eft à peu PTÉS 3 =, & la denfité de la terre eft auf” 4 peu près 3 fois & Lcelle de Jupiter. À Pégard de ja mafle de la lune, j'ai fait Voir >. dans le cinquieme volume du Cours Complet de Mathématiques, qu'elle eft envi- fon la 71e partie de celle de la terre, En BE $86 AsTRONOmMrE Juprcrares, Nous ne prétendons cependant p# que les faïfons de l’année, la chaleur, Je froid , la pureté de Pair n’influent fur Je corps humain, comme l’a remarqué divifant les mañles d’un aftre par les quarrés. de leurs diametres, on trouvera des quotiens | qui font entreux comme les efpaces qi. doivent parcourir dans une feconde les Corps fitués fur a furface des aftres, en obciflat | ä la force artradtive qui fes poufle vers k! centre de ces affres. 55°. Pour trouver ls | rapports des diffances moyennes des planes | au foieil ; on appellera T° &+ les tempspé riodiques des deux planetes; D & d les dit | tences moyennes de ces :planeres ; & l'on fera la proportion T' : # :: 1/D3 : y/à, Si lon connoit donc les trois premiers tér- Mes de cette proportion, on connoitrak Quatrieme , qui fera connoître la diflanced, cherchée ou bien en fera T? + Ca NET le-Quatrieme terme de cet. proportion donnera le cube de la difanc fherchée, & la racine cubique donnera le | difance cherchée, On peut , par le moÿti | de cette proportion , trouver facilement fa diffance moyenne des planetes au foleil, Pourvu quon connoiflè celle de la tent. au foleil. Suppofons que le temps pério* dique de la révolntion de Mercure el de 87 jours, 23 heures, 15 minutes, 33 fecondes , on fera ce remps — t, le temps de la révolution périodique de la tent ss T', la difance moÿenne de la terre 24 ASTRONOMIE JUDICIAIRE. ÿ87 Mead. Car les effets de l’athmofphere dépendent de Ia fituation du foleil, de la lune & de la terre, de Paétion dela _ lunuere, & de lattraüron : & de-la * foleil = [D ; & l’on trouvera facilement Ja difance moyenne d de Mercure à la ter- ré, par la proportion dont nous venons de parler. La même méthode peut s'appliquer aux cometes, Ainfi, en fuppofant la diftance moyenne de la terre au foleil= 1, le temps de la révolution de la comete qui a paru en 1755, de 27937 + jours, on fera comme € temps périodique de la terre, eftà 1, raciñe quarrée du cube de la diftance moyenne de Ja terre au foleil; ainfñ Île temps périodique de la révolution de la co- mete eft à un quatrieme terme, dont la racine cube du quarré donnera la diflance moyenne de la comete au foleil ; & dont le double donnera le grand axe de Porbîte de la comete. M, de la Caille trouve ce grand axe —— 36. 0377 , en fuppofanr celui. de l'orbite terreftre — 2 ; ainfi fa diffance moyenne fera = 18. 0188 :, en fuppofant la diffance moyenne dela terre == 1; mais fi l'on füppofe cette diftince — 34761680 lieues, de 2283 toifes, telles qu'il y en à à peu près 25 au degré d'un gran] cercle de la terre , on multipliera ce nombre par 18.018321, le réfultat donnera cette diflance moyenne de la comete exprimée en lieues, À l'égard de Ja diffance du foleïl à fa terre, onla connoit par le moyen de fà parallaxe Bb 6 588 ASTRONOMIE JUDICIAIRE, fuit que certaines humeurs peuvet fermenter dans certaines faïfons, avec w plus ou moïns de violence, comme on le remarque dans les épileptiques, one lement eee dormi _ horizontale, que le dernier paflage de Vénus | fur la difque (olaire donne d'environ 8 5: condes. M. Lexell la trouve de 8 fecondes, & 53 de feconde. Nous la fappoferons de 8 fecondes & demie dans la Table fuivantes qui contient le réfulrat de prefque toute YAftronomie : nous Ja devons au célebre M. de Lalande. Connaiffant la parallaxe ho- rizontale du foleil ; on aura un sriangle redtangle, dont l’hypothénufe exprimera la diflance du centre. de la terre au foleil, & dont le côté oppofé à l'angle de 8 + fecon: des, fera le rayon de la terre , qui cf de 1432 lieues +. C’eft pourquoi, en faifant Ja proportion, le finus de 8 > fecondes , finus qui eff à peu près égal à fon arc, ef au demi-diametre de la terre, comme le rayon eff à la diftance de la terre au foleil; Xe quatrieme terme fera connoître la difeance moyenne du foleil à la terre. Pour Pintel- ligence de la Table fuivante, on doit re” marquer que les diflances moyennes au foleil de Mars, Jupiter & Saturne font les memes que les diffances moyennes à la terres & que la lettre D dans la feconde & troifieme colonne, indique des dixiemes ; la lettre S des fecondes, la lettre M des minutes, la lettre H des heures, & la lettre Jides jours Enfin, les chiffres qui fonc à la droite d'une TAB Page 588 Qvz contient le Réfukar des Obférvations les plus récentes Jur les Révolutions , les Grandeurs & les Diflances des Planeies. Révol. tropique , ou re- S Fe Denfité par rapport P Révol. fidérale , c. à. d, | Révol. finod.oure-| Grofleur par rapport à la terre > [Plus exa@ement|: 1, terre : celle de LANETES, x Le = S ; ST : PLANETES & = / tour à l’équinoxe, par SAONE Etoiles. | rour à la conjonct, : à peu près, & en décimales. |la terre étant fup- Ans J. H. M. Se D. Ans <ÿ H: M. ° e e e e S> ee 1 ? pofée r, Le Soleil, | r. o, 5.48. 45.5 | I. oo. G. o.1r.2 ** ee. |Le Soleil, Quatorse cent mille fois plus gros, | 1435025 0,25463 La Lune, | o, 27. 7e 43e 4,6 | O. 17. 7, 43. 11, $ 29e 12e 44e 3 | La Lune, ILa quarante - neuvieme de Jaterre, 0,02036 0,68706 Mercure , | o. 87, 23e I 25, 9 | oO. 87. 23e 15°37°0 IIS, 21, 3.22 |Mercure, Sept centiemes, 0,06981 20377 Vénus , 9. 224 16. 41. 32.4 | O0. 214, IG, 49, 12, TMS 7 6 Vénus, |Onze douziemes de la terre , 0,91822 1,27$0 Mars , 132122 18, 27.3 | 1.321,23. 30, 43. 3 1779.22. 28, 26 |Mars ; Trois dixiemes , 0,30155 0572917 Jupiter, Îir. 315, 8, 58° 27: 3 |I1.317. 8, $1. 25. 6 398, 21. 15. 45 |Jupiter, |1470 fois auffi gros que Îa terre, 1479 0,22984 Saturne, 29,164, 7.21. J0e0 129.17614,36. 42.5 378. 2. 8. 8 |Saturne , 1030 fois aufli gros que la terre, 1030 0:10450 Diametres en minutes & fec, Diametres en lieues. {port à la terre, Diametres | Maffe par rap- | Viteffe des graves! Diflance à la terre en lieues Par rapport à [a terre, ét + à leur furface, de 2283 toifes. M. Le Soleil, 3I = ; Pieds, $7,5 323155. | Cent&13 diam. de la terre OU 112,79 |Le Soleil, 365412 | 433,81 Moyenne, Îpes Diftances Moyennes a Terre, 17,0 206$e las. ‘es. 1,000 {La Terre, | x 15,1038 34761680]de Mercure & de Vénus! La Lune, 4,642 782 Un quart, Ou -< du diam, de a terre 0:2730 |La Lune, 0,01399 2,83 + ++. + ffont marquées ici par Mercure, 750 1180, SE Ciqhiemes . e 0,41176 Mercure, 0,14228 12,673 86324|rapport au Soleil ; car, énus, 16,52 278$. | Plus pt d'une 997196 Vénus, {| 1,1707 18,717 13456204 |par rapport à\la terre , Mars, 11,4 1921, | Deux CISCO Se 0,67059 |Mars, 0,21998 7339 25 144250]|elles font les mêmes que Jupiter, 57 32644 | Onze diametres & un tiers . * 15393 (Jupiter, 1Â340,00 39,55 52966122|la diftance du foleil à Ia AUS er 28936. | Dix diametres de 1a terre + + 10,100 [Saturne > 106,90 15,83 1807947o1iterre , ou de 34761680 Ann deB.| 6, 40,6 67518. | Vingt-trois diametres & demi 23,567 | : 331604504|lieues, "4 ASTRONOMIE JUDICIAIRE. 589 _ Îes fous & les manïaques. Maïs les 4 trologues prétendent pouvoir annon- virgule , indiquent des décimales, Les diame- tres exprimés en minutes & fecondes , font tels qu'ils feroient vus à la diftance de la terre au foleit, Dès qu’on connoît la diflance & le diametre apparent d’un aftre , on con- noït facilement le diametre réel. Suppofons que le diametre apparent d’un corps rond, éloigné de 30 millions de lieues, foit de 30 minutes ou d’un demi-depré. Cherchez la longueur de la circonférence d’un cercle, dont le rayon foit de 30000000 lieues; divi- fez-la par 360 degrés, ou par 360. Le _Quotient exprimera la longueur d’un degré; & la moitié de cette longueur exprimera celle du diametre cherché. Avec les diffan ces moyennes, qui font à la fin de la Table, on peut avoir facilement la plus grande & la plus petite diffance de chaque planete à la terre; pour cela on ajoutera la diftance de la planete au folcil, avec celle de laterre 3 la fomme donnera la plus grande diftance. Pour avoir la plus petite, on retranchera, à l’égard de Vénus & de Mercure, leur dif tance au foleil : de celle de la terre au foleit, À l'égard de Mars, Jupiter & Saturne, on retranchera la diffance de la terre au foleil de leur diftance au même aftre. Si l’on divi- fe les diffances des planeres au foleil par 2865, ou par le nombre des fieues que contient le diametre terreftre, on aura ces diflances exprimées en diametres de notre globe, 596 Du Fzrux er REFEUXx que laftre a pañlé & qu'il n’exerce . plus fa force; l’eau qui s’étoit élevée par Padion de cette puiffance étran. gere, reprend fon niveau, & regagne | les rivages &:les lieux qu'elle avoit : été forcée d'abandonner, enfuite, lor£ que la lune pafle au méridien de lan- tipode du Iieu où nous avons fuppole qu'elle à d’abord cleyé les eaux. | même effet arrive ; les eaux, danscet inflant où la lune eft abfente & Ja plus . éloïgnée, s'élevent fenfiblement , ax. tant que dans le temps où elle el Préfente, & {a plus voifine de cette païtie dela mer ; dans le premier ca, Iles eaux s’élevent, parce qu’elles font plus près de laftre que toutes les au- tres parties du globe; & dans le fe . cond cas, c’eft par laraifon contraire, elles ne s’élevent que parce qu'elles en font plus éloïgnées que toutes les autres parties du globe, & l’on voi bien que cela doit produire le même effet, car alors les eaux de cette par- tie étant moins attirées que toutle _refte du globe , elles s’élofgneront nécefläirement du refte du globe, & formeront une éminence dont le fow- Met répondra au point de la moindie DE LA Mer 7? ÿoy adion, c’efl-à-dire , au point du ciel direttement oppofé à celui ou fe trouve : l lune, ou, ce qui revient au même, : au point où elle étoit treize heures auparavant, lorfqu’elle avoit élevé les : eaux la premiere fois ; car lorfqw’elle: ef parvenue à horizon, le reflux étant arrivé , la mer eft alors dans fon état naturel, & les eaux font en équi- libre & de niveau ; mais quand la June : et au méridien oppofé , cet équilibre ne peut plus fubfifier , puifque les eaux de la partie oppoice à la lune étant à la plus grande diftance où elles puiflent être de cet aftre, elles font MOINS attirées que le refte du globe; qui étant intermédiaire , fe trouve être plus voifin de la lune, & dès-lors: leur pefanteur relative, qui les tient. toujours én équilibre & de niveau : les pouffe vers le point oppofé à Ia lüne, pour que cet équilibre fe con- ferve, Ainfi dans les deux cas, lorfque la lune eft au méridien d’un lieu OU au : méridien oppofé, les eaux doivent sé lever à trés-peu près de même quan-- tité, & par conféquent s’abaifler & refluer auf de la même quantité Iorf- que la Tune ef à Phorïzon, à fon cou. : $e8 Du Fzux er Rerrux cher ou à fon lever, On voit bien qu'un mouvement, dont la caufe & Peflet font tels que nous venons de lexpliquer, ébranle néceffairementh. male entiere des mers, & la remue. dans toute fon étendue & dans toute | fa profondeur ; &fi ce mouvement pi roît Infenfible dans les hautes mers, & lorfqu’on eft loi gné des terres, il n'en. cit cependant pas moins réel ; le fond & la furface font remués à peu pré également, & même les eaux du fond que les vents ne peuventagiter, cour me celles de la furface, éprouvent Bien plus régulierement que celles de la furface cette a@ion, & elles ont un mouvement plus réglé &. qui dl toujours alternativement dirigé deh même facon ». re Ainf s'explique le célebre M. Buffon ; mais quoique la maniere don ilrend raifon de ces phénomencs fut .prenans paroïfe très-lumineufe, not croyons qu'il ne féra pas. inutile dé préfenter la caufe du flux & refluxde le mer fous un autre point de vué Suppofons la terre B 2 b 4 (is, 48) -parfattement ronde . mais couvelté : 3 Par-tout d'une couche d'eau dut D dm dim mc PE LA Mer. $99 certaine épailleur ; la lune fituée en mattirera les eaux placéesenn,a,n, avec plus de force que le centre C de la terre, qui eft plus éloignée de cet aîlre, tandis que le point C fera plus attiré que les eaux placées en 4; c’eft pourquor les eaux Hggé > 1 AUTONt plus de tendance vers {a lune que le centre C de Ia terre, & le centre C plus de tendance que les eaux fituées. en 4, Cela fait voir que les eaux pla- cées en z s’éleveront à une certaine hauteur tandis que les eaux À, moins attirées que le centre C, refteront un peu en arriere, la force d'inertie les Féhant un peu éloïgnées, ou ce qui revient au même, les empêchant de refler à Ja même diflance du centre €, [arrivera cependant que, fï la lune & le foleit, (car le foleïl influe auf fur es marces, comme on le verra dans Ja fuite) font placés du même côté : les eaux en À feront un peu moins attirées que le centre C ; mais la diffé- tence d’attradion fera moindre qu’elle ne left, par rapport au point C & aux Eaux fituées en 4. C’eft pourquoi les Eaux feront beaucoup plus élevces en quen T, comme lobfervarion le 600. Du Frux Er Rerrux prouve, À l'égard des eaux fituées en B & b, left évident que f lon décompofe Ia force Bm qui pouflent les eaux B vers la lune, en CM&BCM la feule force B M égale à Cm, agira { pour les élever ; maïs cette force doit: être regardéeseomme égale à celle quis pouffe le centre C vers m: c’eft pou: À quoïelle ne peut produire aucun effet | fenfible, puifqueles eaux ne doivent | s'élever que par la différence des for. | ces qui pouflent ces eaux & le centre C. vers la lune m, D'autre côté ,& force BC, qui prefle les eaux B vers la terre, augmente leur pefanteur & diminue leur hauteur ; enforte que les eaux qui font en quadrature avec la lune, doivent s’abaïfler ; tandis que celles qui font en conjondion ou « Oppofition, doivent s'élever en S’ÉCaI- tant du centre C de la terre. Le globe térrefire , en tournant fur fon axe, tend à éloïgner de Ia lune le fommet r du fphéroïde, tandis que force attradive de cet aftre agit pour le ramener dans la ligne Cm, qui Pafie par le centre de la terre & dela une; enforte que ce fphéroïde ef ©bligé de tourner autour de notre : globe, DE LA Mer. 6OT: {| globe, cequine peut fe faire, à moins que chaque point n n’acquiere une force centrifuge d’autant plus confi- dérable , que le rayon pn du cercle qu'il décrit eft plus grand. L'effet de cette force centrifuge eft d’élorgner chaque point n de l'axe de la ter- ‘re, & de faire prendre au fphéroïde une figure elliptique ou ovale, fem- | blable à celle d'une orange, ou d’un globe un peu applati vers les poles & renflé vers Péquateur. Si la latitude du lieu eft affez con- fidérable pour que la {une ne fe cou- che pas dans certains temps , il n’y aura alors qu'une feule marée dans un Jour, parce que. cet aflre ne s’appro- che alors qu’une fois de l'horizon dans Pefpace de 24 heures. Sous le pole il ny a aucune marée diurne, parce que Ia lune eft à peu près éga- lement éloignée du zénith pendant toute fa journée , de maniere que le fphéroïde aqueux tourne autour du pole fans s'élever plus d’un côté que de l'autre, Dans les lieux quine font pas f proches du pole, il y a deux marées fenfibles ; Pune répond à peu prés au pañlage de a {une par la pars 602 Du Fiux er Rerrux tie fupérieure du méridien, l'autre au pafläge du même aftre par la paitie inférieure, Le foleïl, en agiffant fur les eaux | de la mer qui lui répondent, doit | produire un effet femblable à cel de Ia lune, & contribuer au fux & | reflux de locéan. Si un lieu donné n'elt pas fitué fous l'équateur, lama. rée fupérieure, ou celle qui arrive | lorfque Paftre eft au deffüus de Phori- zon, fera la plus grande quand Paftre pañlera plus près du zénith, ou ce qui révient au même, lorfque la déclinai fon de l'aftre fera du côté dn pole élevé ; maïs la marée inférieure, qui arrive lorfque laftre eft au deflouws de Fhorizon, fera alors plus petite que quand Paftre étoit dans le plan de l'équateur, parce que le point oppofé à Paflre, (ce point forme lex trémité oppofce de lellipfoïde }, fera plus éloigné du zénith que de l'équ teur, lorfque Paftre paffera par la par tie inférieure du méridien, Mais lé vents du fud & de Toueft, qui font plus fréquens & plus violens en Eu- fope après les équinoxes que versie foHüce d'été , paroïffent déranger là DE LA Mer. 683 théorie ; car on a obfervé dans cette partie du monde que les marées font plus grandes en général après les équi- noxes que vers le folftice d'été. _ D'autre côté , la marée du folftice et plus refferrée entre le continent de Amérique & celui de PAfrique , que celles des équinoxes ; enforte qu’elle doit être moins fenfible fur nos côtes. On peut dire encore que la force cen- trifuge fous Ie tropique étant moindre que fous Péquateur, les eaux y font plus pefantes, & obéiflent avec moins de facilité à Padion de l’aftre attirant. On doit dans les marées avoir égard à lation du foleïl ; car dans les [yzy= gies, c’efl-à-dire, dans les pleines & nouvelles lunes, Ie fphéroïde aqueux produit par la force du foleil, & celui qui eft formé par l’attradion lunaire , font dirigés dans le même fens ; & dans ce cas l'allongement du fphé- roïde eft égal à la fomme des allonge- mens particuliers que la June & le foleil peuvent produire féparément, dans les quadratures au contraire, les axes de ces fphéroïdes fe coupent à angles droîts ; enforte que Ie grand axe du fphéroïde folaire étant fitué Cc 2 664 Du Frux et Rerrux | fur la même ligne que le petit axe du | {phéroïde lunaire, le foleil éleveles eaux là où la lune Les abaïfle > & réch proquement ; ainfi les marées des Laye gtes font la fomme des effets des for. | Ces attradives du foleïl & de fa lune; mais les marées des Quadratures en font la différence, Quand la lune &. le foleïl font à quelque diftance Pun de l’autre, fans être ni en quadra: ture ni dans les fyzygies, chacun de ces aflres produitune élévation difié- rente dans nn lieu déterminé, & la fomme de ces élévations donne le bar teur de Ja imarée, Quoique la malle du foleïl Pémporte beaucoup fur cells de la lune, néanmoins comme ce der: nier aftre eft beaucoup plus près de notre globe, fon ation fur les eaux de locéan eft bien plus confidérable que celle du foleil; car felon Newton, fa force de la lune eff à celle du folell à peu près comme 9 font à 23 &M, Daniel Bernoulli, ayant comparé Îes marces des fyzygies qui arrivent à 5, Malo avec celles des quadratures, en avoit conclu quele rapport des forces de Ia lune & du folei , efégal à celui de 13 à A pere Mamie y … Par une méthode dont nous ne pouvons ici développer Îles prin= cipes , NOUS AVONS, conclu ; dans Îe _ tome cinquieme de notre Cours coms plet de Mathématiques , que la force de la lune eft à celle du folerl , com- me $ font à 2 à peu près; enforte que le fommet du fphéroïde aqueux doit approcher environ deux fois & demie plus près de la lrgne qui joint les cen- tres de la lune & de laterre, que de celle qui va du centre de notre globe - à celur du foleil ; & f l'on en croitun favant , le point de la haute mer n’eft mais éloigné de Ia premiere ligne de 1 deprés;.ainf le pañage de lalune ‘au méridien eft la prineipale circonf- tance qui influe fur les temps de Ja haute marée ; & dans une met libre & ouverte .. Pintervalle eñtre le temps . de la haute mer, (n'ayant pas égard à Pinertie des eaux), & le paflage.de la lune au méridien peüt aller jufqu'à une heure trois où quatre minutes environ, lorfque la lune eft apogée, & qu’elle eft éloignée du foleil de 45 degrés. En.effet, lorfque Ia lune eft apogée & éloignée de 15 degrès du méridien, elle emploie environ 63 es 612 Du Frux &r REFLUXx -après le pafläge du foleil & de Ja line parle méridien, ou trois heures après midi, ce qui eft Le temps où ïil doit naturellement arriver ; ainfi la marée n’a pas été retardce par les côtes, mais ele y-eft produite par les eaux qui viennent diretement de Pocéan Il n'en eft pas de même à Oftende, au avre, à Saint-Malo, à Dunkerque; le flux n’arrive dans ces lieux que par les courans qui fe forment fur les rivages, & par conféquent fuccef. fvement 5 lavoir, à fx heures à Saint-Malo, à penf heures au Ha- vre, & à minuit à Oftende. À Dun- Kerque:, la haute mer s’obferve (ou: vent à minuitaux temps des fyzygies; Mais ce flux eft une fuite de celui qui a été produit par le Précédent pañage du foleil & dela lune ax méridien, & qui n'arrive à Dunkerque qu’envi: Ton 12 heures après ce paflage. À Batsham, port du Royaïme de Ton- quin , il y à deux “entrées ; l’une par la mer de la Chine » Entre le Conti- nent &: Manille ; Pautre par l'océan Indien, entre te Continent & l'Ile de Bornéo, Le fux arrive par l’une de ‘eS contrées à lroïfieme heure de DE LA MEr. 613 ladune ; & fix heures après, par l’autre entrée, c’efl-a-dire , à fa neuvieme heure de la lune, à caufe de leur dif- férente fituation. C’eft pourquoi, fi les marées font égales , Pune arri- vant, tandis que l’autre fe retireroit , Peau doit refter tranquille fans aucun mouvement. C’eft aufli ce qui arrive Jorfque la Tune ‘eft dans le plan de léquateur ; parce qu’alors les marées du matin font à peu près égales à cel- les du foir ; maïs fi la lune commence à décliner du même côté de l’équa- teur que Batsham, fitué à vingt de- -grés, cinquante minutes de latitude feptentrionalé , les marées -qui fe fai- vent ne feront point égales ; enforte que celle qui arrive d’un côté furpaf- fera celle qui vient de l’autre côté ; la marée durera 12 heures ; & Pon n'aura qu'un flux & un reflux par jour, Ce fera Ia même chofe, lorfque la lune aura une déclinaifon auftrale, avec cette différence , que dans le pre- mier cas les eaux auront leur plus grande hauteur environ fix heures après le coucher de 1a lune, & qu’el- les feront bafles à fon lever; maïs dans le fecond cas elles feront hautes au le. [Document text truncated for crawler view.]