Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : contenant la géographie, l'histoire, la fable, et les antiquités... ; T.XII
Full text
ARE
RS
DICTIONNAIRE
|
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
GRECS
bT
LATINS,
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES.
TOME
DOUZIE
ME.
SES
3
DICTIONNAIRE
|
HOUR
L'INTELLIGENCE.
-
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
GRECISE
TLATINS,
-
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES,
CONTENANT
LA
GÉOGRAPHIE,
L'HISTOIRE,
LA
FABLE
ET
LES
ANTIQUITÉS.
=
DEDLE-
A
MONSEIGNEUR
LE
ID
UC
DE
CHOISE
UT,
Par
M.
SABBATHIER
,
Profeffeur
au
College
de
Chélons
“fur-Marne
,
;
6
Secrétaire
perpétuel
de
l’Académie
de
la
même
Piles
_
TOME
DOUZIÉME.
A
PARTS,
Chez
DELALAIN,
Libraire,
rue
de
la
Comédie
on,
M.
DCC.
7
XXII.
Avec
Approbation
&
Privilege
du
Roë,
{
6
CO
d'autrai.
Mais,
dans
ces
aïfnées
d'innocence
&
de
paix,
on
fon-
geoit
moins
à
évaluer
la
matiere
des:
échanges,
qu’à
s’en
aider
té-
ciproquement,
Avant
&
après
le
Déluge,
les
échanges
durent
fe
multiplier
avec
la
population
;
alors
l'abondance
ou
la
rareté
de
certaines
produc-
tions
,
foit
de
l’art
ou
della
nature,
en
augmenterent
où
diminuerent
l'équivalent
;
Péchangé
en
nature.
devint
emibarraflants
L'inconvénient
s'accrut
encore
avec
le
Commerce,
c'eft-à-dire
,
Jorfque
la
formation
dés
fociétés
éut
diftingué
les
propriétés,
&
äppotté
des
modifications
à
l’épa-
lité
abfolue
qui
regnoit
entre
les
hommes.
La
fubdivifion
inégale
des
propriétés
par
le
partage
des
énfans
,
les
différences
dans
le
ter-
roir
;
dans
les
forces
&
dans
l’in-
duftrie,
occafionnerent
un
fuper-
flu
de
befoiñ
chez
les
uns
de
plus
que
chez
les
autres.
Ce
fuperflu
dut
être
payé
par
le
travail
de
ceux
qui
en
avoient
befoin
,
ou
par
de
nouvelles
commodités
in-
ventées
par
l’art;
fon
ufage
fut
borné
cependant
tant
queleshom-
mes
fe
contenterent
de
ce
qui
étoit
fiupe
>
ne
Sujets
à
l'inquftice,
ils
avoient
eu
befoin
de
Légiflateurs.
La
con-
fiance
établit
des
Juges,
le
refpe&
les
diflingua
,
&
bientôt
la
crainte
tes
fépara
deleursfemblables.
L'ap:
pareil
&
la
potnpe
furent
un
des
appanages
de
ces
hommes
puif-
fans
;
les
chofes
rares
furent
def
tiñées
à
leur
ufage
,
&
le
luxe
fut:
connu,
il
devint
l’objer
de
l’am-
Bition
des
inférieürs
;
parce
que
C
O
chacun
aime
à
fe
diftinguer.
La.
cupidité
anima
l'induftrie.
Pour
fé
procurer
quelques
fuperfluités,
on
enimapgina
de
nouvelles,
on
par-
courut
la
terre
pour
en’découvrirs
L’extrême
inégalité
qui
fe
trouvoit
entre
les
hommes.
pafla
jufque
dans
leurs
befoiné.
Les
échanges
en
nature
devin-
.
tent
réellement
impofhbles.
L'on
convint
de
donner
aux
marchan-
difes
une
mefure
commune.
L'or,
argent,
le
cuivre,
furent
choifis
pour-les
repréfenter.
Alors
il
y
eut
deux
fortes
de
richefles;les
richef-
fes
naturelles,
c’efl-à-dire,
les
produétions
de
l’agriculture
&
de
l'induftrie
;
les
richefles
de
con-
vention
où
les
métaux.
Ce
changement
n’alréra
point
la
nature
du
Commerce,
quicon-
fifte
toujouts
dans
l'échange
d'une
denrée;
foit
pouf
une
autre,
foit
pour
dés
métaux.
On
peut
le
re-
garder
comme
une
feconde
épo=
que
du
Commerce,
;
2°,
L’Afe
qui
avoir
été
le
ber-
_
ceau
du
genre
humain,
fe
vit
peu-
plée
bien
avant
que
les
autres
par:
ues
du
monde
fuflent
connues.
Elle
fut
aufli
le
premier
théatre
du
Commerce
des
grands
Em-
pires,
&
d’un
luxe
dont
le
nôtre
eft
effrayé.
de
Les
vaftes
conquêtes
des
Affy-.
fiens
dans
ces
riches
contrées,
le
luxe
de
leurs
"Rois,
&les
mer-
veilles
de
Babylone
,
nous
font
garants
d'une
grande
perfeétion
dans
les
arts
;
&
par
conféquent
d'un
grand
Commerée
;
mais,
il
paroït
qu'il:
étoit
borné
à
$'inté-
rieur
de
fes
Etats
&
à
leurs
pro-
duétions
“à
CO
Les
Phéniciens
,
habitans
d’une
petite
contrée
de
la
Syrie,
oferent
les
premiers
franchir
la
barriere
que
les
mers
oppofoient
à
leur
cu-
Pidiré,
&
s'approprier
les
denrées
de
tous
les
peuplés,
afin
d’acqué-
rir
ce
qui
en
faifoit
la
mefure.
Les
richefles
de
l'Orient,
de
:
PAfrique,
&
de
l'Europe
,
fe
raf-
femblerent
à
Tyr
&.à-Sidon,
d’où
leurs
vaifleaux
répandoient
dans
chaque
contrée
du
monde
le
fu-
perflu
des
autres.
Ce
Commerce,
dont
les
Phéniciens
n’étoienc
en
quelque
façon
que
les
commif-
fionnaires,
puifqu'ils
n’y
fournif-
foient
que
très-peu
de
produc-
tions
de
leur
crû,
doit
être
dif-
tingué
de
celui
des
nations
qui
tra-
quent
de
leurs
propres
denrées;
_ainf,
il
a
été
appellé
commerce
|
d'œconomie;
ça
été
celui
de
pref=
que
tous
les
anciens
navigateurs.
Les
Phéniciens
s’ouvrirent
par
les
ports
d'Élath
&
d’Afongaber
ur
la
mer
rouge
,
le
Commerce
des
côtes
orientales
de
PAfrique,
abondantes
en
or,&
celui
de
l’Ara-
bie
fi
renommée
par
fes
parfums.
Leur
colonie
de
Tyle,
dans
une
ifle
du
golfe
Perfique
,
nous
indi-
que
qu'ils
avoient
étendu
leur
tra-
c
furces
côtes,
Par
la
navigation
de
la
Médi-
terranée
,
ils
établirenc
des
Colo-
mies
dans
toutes
fes
ifles,
en
Gre-
ce,
le
long
des
côtes
de
l'Afri-
que
;
en
Efpagne,
La
découverte
de
ce
dernier
Pais
fut
fa
principale
fource
de
leurs
richefles
;
outre
les
cotons,
les
laines,
les
fruits
,
le
fer
&
le
plomb
qu'ils
en
retiroient
,
les
mi-
nes
d’or
&
d'argent
de
l’Andalou-
:
GO
7
fie
;
les
rendoient
maîtres
du
prix
&
de
la
préférence
des
denrées
de
tous
les
paiïs.
Ils
pénétrerent
dans
l’'Océanle
long
des
côtes,
&
allerent
cher-
cher
l’étain
dans
les
ifles
Cafiré-
rides.
[ls
remonterent
même
juf-
qu'à
Thule,
que
l’on
croit
com-
munément
être
l'Irlande.
Tyr
effaça
par
fa
fplendeur
&
par
fon
Commerce
tontes
les
au<
tres
villes
des
Phéniciens.
Enor-
gueïllie
de
fa
lonpue
profpérité,
elle
ofa
fe
liguer
contre
fes
anciens
maîtres.
Toutes
les
forces
de
Na
buchodonofor,
roi
de
Babylone,
fuffirent
à
peine
à
la
foumertre,
après
un
fiege
de
treize
ans.
Le
vainqueur
ne
détruifit
que
fes
mu-
railles
&
fes
édifices
;
les
effets
les
plus
précieux
avoient
été
tranf-
portés
dans
une
ifle
à
une
demi-
liene
de
la
côte.
Les
Tÿriens
y
fonderent
une
nouvelle
ville,
à
laquelle
J'aétiviré
du
Commerce
donna
bientôtplus
de
réputation
que
l’ancienfiéf'en
avoit
eu.
Carthag:
lonie
des
Tyriens,
fuivit
à
peu
près
le
même
plan,
&
s’érendit
le
long
des
côtes
occi-
dentales
de
l'Afrique,
Pour
ac-
croître
même
fon
Commerce
gé-
néral,
&
ne
le
partager
qu'avec
fa
métropole
,
elie
devint
con-
quérante.
|
La
Grece
cependant,
par
fon
induftrie
&
fa
population,
vint
à
figurer
parmi
les
Puiffances.
L'in-
vafion
des
Perfes
lui
apprit
à
con-
noître
fes
forces
&
fes
avantages;
fa
marine
la
rendit
redoutable
à
fon
tour
aux
maîtres
de
l’Afie;
mais
,
remplie
de
divifions
ou
de
projets
de
gloire,
elle
ne
fongea
1
8
€
O
point
à
étendre
fon
Commerce.
Celui
d'Athènes
;
la
plus
puif-
fante
des
villes
maritimes
de
la
Grece
;
fe
bornoit
prefqu'à
fa
fubfftance
,
qu'elle
tiroit
de
la
Grece
même
&
du
Pont-Euxin,
Corinthe
,
par
fa
fituation,
fut
lentrepôt
des
marchandifes
de
l'Afie
&
de
l'Italie
;
mais,
fes
marchands
ne
tenterent
aucune
navigation
éloignée.
Elle
s’enri=
chit
cependant
par
l'indifférence
des
autres
Grecs
pour
le
Com-
merce
,
&
par
les
commodités
qu'elle
lui
offroit
,
beaucoup
plus
-
que
par
fon
induftrie.
Les
habitans
de
Phocée,
colo-
nie
d'Athènes
,
chaflés
de
leur
pais
,
fonderent
Marfeille
fur
les
côtes
méridionales
des
Gaules,
Cette
nouvelle
République
,
for-
cée
par
la
flérilité
de
fon
territoi-
re
de
s'adonner
à
la
pêche
&
au
Commerce
,
y
réuffit
;
elle
donna
même
l'alarme
à
Carthage,
dont
elle
repoufla
vi at
les
atta-
ques.
Alexandre
par
être
le
chef
des
s
que
leur
maitre.
À
leur
tête
il
fonda
un
nouvel
Empire
far
la
ruine
de
celui
des
Perfes.
Les
fuites
de
fa
conquête
forment
la
troifième
époque
du
Commerce.
3-2
Quatre
grands
événemens
contribuerent.
à
la
révolution
qu'éprouva
le
commerce
fous
le
regne
de
ce
Prince.
Îl
détruifit
la
ville
de
Tyxr,
&
la
navigation
de
la
Syrie
fut
anéan-
tie
avec
elle.
L'Égypte
,
qui
jufqu'alors
en-
nemie
des
étrangers
,
s'étoit
fuffi
à
elle-même,
communiqua
avec
CO
les
autres
peuples
après
fa
con=
quête.
La
découverte
des
Indes
&
celle
de
Ja
mer
qui
eft
au
midi
de
ce
pais,
en
ouvrirent
le
Com-
merce.
:
Alexandrie,
bâtié
à
l'entrée
de
l'Égypte,
devint
la
clef
du
Com-
merce
des
Indes,
&
le
centre
de
celui
de
l'Occident.
Après
la
mort
d'Alexandre
,
les
Ptolémées
,
fes
fuccefleurs
en
Égypte,
fuivirent
affidument
les
vues
de
ce
Prince;
ils
s’en
aflure-
rent
le
fuccès
par
leurs
flottes
fur
la
mer
Rouge
&
fur
la
Méditer-
ranée.
Pendant
ces
révolutions,
Ro-
me
jettoit
les
fondemens
d’une
domination
encore
plus
vañte.
Les
petites
Républiques
com-
merçantes
s’appuyerent
de
fon
alliance
contre
lés
Carthaginois
dont
elles
minoient
fourdement
l'Empire
maritime.
L'intérêt
com.
mun
les
unifloit.
Rhodes
déjà
célebre
par
fon
Commerce,
&
plus
encore
par
la
fagefle
de
fes
loix
pour
les
gens
de
mer,
fut
de
ce
nombre.
Mar-
feille
;
l'ancienne
alliée
des
Ro-
mains
,
leur
rendit
de
grands
fer-
vices
par
fes
colonies
en
Efpagne:
réciproquement
foûtenue
par
eux,
elle
accrut
toujouts
fa
richefle
&
fon
crédit,
jufqu'aux
tems
où,
forcée
de
prendre
parti
dans
leurs
guerres
civiles
;
elle
fe
vit
leur
fujette.
Lors
de
fon
abaiflement,
Arles
,
Narbonne,
&
les
autres
colonies
Romaines
dans
les
Gau-
les
;
démembrerent
fon
Com-
mertce,
Enfin
;
le
génie
de
Rome
pré
EnE,
valut.
Le
Commerce
de
Carthage
fat
enfeveli
fous
fes
ruines,
Bien-
tôt,
l'Efpagne,
la
Grece,
l'Afie
&
l'Égypte
à
fon
cour
,
furent
des
provinces
Romaines.
Mais,
la
maîtrefle
de
l’univers
dédaigna
de
s'enrichir
autrement
que
par
les
tributs
qu’elle
impofoit
aux
na-
tions
vaincues;
elle
fe
contenta
de
favorifer
le
Commerce
des
peuples
qui
le
faifoient
fous
fa
proteftion.
La
navigation
qu’elle
entretenoit
pour
tirer
des
grains
de
l'Afrique,
ne
peut
être
regar-
dée
que
comme
un
objet
de
Po-
lice.
Le
fiege
de
l'Empire,
transféré
à
Byzance,
n’apporta
par
confé-
quent
prefqu’aucun
changement
au
Commerce
de
Rome
;
mais,
la
fituation
de
cêtte
ville,
rebâtie
par
Conftantin
fur
le
détroit
de
l'Hellefpont,
y
en
établir
un
con-
fidérable.
Il
fe
foûtint
long-tems.
depuis
fous
les
empereurs
Grecs,
&
même
il
trouva
grace
devant
la
politique
deftruétive
des
Turcs.
…
La
chûte
de
l'empire
d'Occident
par
linondation
des
peuples
du
Nord
&
les
invañons
des
Sar-
rafins
,
forment
une
quatrième
époque
pour
le
Commerce.
4.9
Il
s’anéantit
comme
les
autres
arts
fous
le
joug
de
la
Bar-
barie
;
réduit
prefque
par
tout
à
la-
circulation
intérieure,
nécef-
faire
dans
un
païs
où
il
y
a
des
bommes
,
il
fe
réfugia
en
Italie.
Ce
pais
conferva
une
navigation,
&
fit
feul
le
Commerce
de
l'Eu-
rope.
ee
Ce
70
COMMILITON,,
Commiito,
foldat
d’une
centurie.
Les
Géné-
raux
s’en
fervoient
volontiers;
ce
terme
revient
à
celui
de
camara-
de
dont
nous
nous
fervons
au-
jourd’hui.
Quand
ils
vouloient
Ôter
à
ce
mot
l’air
de
familiarité
,
&
lui
faire
prendre
un
caraétère
de
dignité,
d'honneur,
&
de
re-
ligion,
ils
y
ajoûtoient
l’épithete
de
Sacratus
,
qui
rappelloit
au
foldat
fon
ferment.
Ceux,
qui
au-
ront
jetté
les
yeux
fur
lonvrage
original,
que
M.
le
Maréchal
de
Saxe
a
laiflé
fous
le
titre
de
Mes
réveries
,
fentiront
toute
l'impor-
tance
de
ces
reflources
fi
peures
en
apparence.
RE
COMMISSION
,
Commiffo,
terme
,
dont
nous
avons
fait
notre
verbe
commettre.
C'étoit
chez
les
Anciens
l’aétion
de
mettre
pu-
bliquement
aux
prifes
deux
Gla-
diateurs
,
deux
Lutreurs
,
deux
Poëtes,
&c.
pour
difputer
le
prix
de
l’habileté.
COMMODE
[
L.
AuRÈLE
COMMODE
ANTONIN
|,
L.
Au-.
‘
relius
Commodus
Antoninus;Em-
pereur
des
Romains.
Voyez
Lu-
cius,
COMMODÈVES,
(2)
nom
de
certaines
divinités
champêtres.
C'eft
tout
ce
que
nous
en
fçavons.
COMMODIEN
,
Commodia-
nus,
(b)
épithete
que
l'empereur
Commode
donnoit
au
Sénat,
quoiqu'il
le
hait
mortellement,
tant
il
y
avoit
d'inconféquence
&c
de
contradi@tion
dans
les
vues,
ou
plutôt
dans
les
fantaïfies
de
cet
(a)
Mém:
de
l'Acad.
des
nfcripr,
&f
(3)
Crév.
Hift,
des
Emp.
Tom.
IV,
Bell.
Lett,
Tom,
VII,
p
363
48
p.
502:
à
fuiv,
10
CO
Empereur
infenfé,
I]
vouloit
voir
fon
nom
par
tout.
Le
Sénat
fat
donc
appellé
Commodien
lt
ville
de
Rome,
colonie
Commo-
dienne
;
les
légions
&
les
armées,
‘Commodiennes
;
le
jour
,
où
tour
cela
fut
réglé
&
arrêté,
Commo-
dien
;
enfin,
le
fiecle
où
il
vivoit,
&
quil
prétendoit
être
le
fiecle
d'or
,
il
l'appella
Commodien.
COMMODIEN
,
Commodia-
ZU$
,
(a)
Poëte
Chrétien
>
Qui
flo-
rifloit
au
commencement
du
qua-
trième
fiecle,
fous
l'empire
de
Conftantin.
I]
s’appelle
lui-même
Commodianus
,
&
par.
allufion
Gazæus,
&
fe
donne
la
qualité
de
mandiant
de
Jefus-Chrift,
Il
dit
qu’il
avoit
été
engagé
dans
les
erreurs
des
Payens
,
&
qu'il
s’étoit
converti
en
lifant
la
loi
des
Chré-
tiens.
Ï
a
fait.
un
Ouvrage.
intitulé
{nftruélions
|
comme
en
façon
de
vers,
dans
lefquels
il
n’a
gardé
ni
mefure
ni
cadence
,
&
a
feule-
ment
obiérvé
que
chaque
ligne
comprit
un
fens
achevé,
&
qu’elle
commençât
par
acroftiche
:
en-
forte
que
toutes
les lettres
du
titre
de
chaque
ftrophe
fe
trouvent
de
faite
au
commencemeut
de
cha-
que
vers,
&
qu'en
prenant
les
premières
lettres
des
vers
,
on
trouve
le
titre
entier.
Il
y
combat
les
Payens
&
les
Juifs,
&
y
don-
ne
d'excellentes
inftruétions
aux
Chrétiens,catéchamenes
fideles
ê&
pénitens.
Le
ftyle
de
fon
ouvrage
eft
dur
;
mais
la
morale
en
eft
ex
cellente;
il
porte
les
hommes
àem:
braffer
une
pauvreté
volontaire:
Il
n’y
a,
parmi
les
Anciens,
que
Gennade
qui
ait
parlé
de
cet
*
Auteur
&
de
fon
Ouvrage,
avec
le
pape
Gélafe
,
qui
le
met
au
nombre
des
livres
apocryphes
;
peut-être
parce
qu'il
fuit
lopinion
de
Papius,
de
Tertullien
&
de
EaGtance
,
fur
le
regne
de
mille
ans.
Cet
ouvrage
a
été
lonig-temis
dans
l’obfcurité,
Le
P.
Sirmond
l'ayant
trouvé
dans
un
ancien
manufcrit,
M.
Rigaud
fe
fervit
de
fa
copie
pour
le
donner
au
public
en
1650.
M,
Davies
l'a
donné
en
1711
à
Cambridge
,
à
-
la
fin
de
fon
édition
de
Minucius
Félix.
On
ne
peut
douter
que
l'ouvrage
de
Commodien
ne
{oit
un
ancien
ouvrage.
COMMONES
|
Commoni
ÿ
Kopuoyol
,
(b)
peuple
de
la
Nar-
bonnoife
|
felon
Ptolémée
;
qui
range
fous
ce
nom
Marfaille
&
plufieurs
autres
lieux
le
long
de
la
côte
,
jufqu'à
Fréjus
incfve-
ment,
[l
n’eft
point
connu
d'ail:
-
leurs.
M,
de
Valois
aimeroit
mieux
que
Ptolémée
eût
nommé
en'cette
place
les
Cenomani
,
que
Caton
le
:
cenfeur
,
au
rapport
de
Pline
;
difoit
avoir
habité
ptope
Maff-
liam
,
in
Volcis.
On
{çait
par
Tire-Live,
que
les
Phocéens
qui
fonderent
Mar{eille
;
fürent
fecou
fus
par
les
Salyes,
habitans
du
pais
;
par
les
Gaulois,
que
Bello-
vèle
conduifoit.en
Italie.
L'hflo>
tien
nomme
parmi
eux
les
Au
lerci,
ce
qui
peut
défigner
des
_
(a)
Crév.
Hift.
des
Emp.
Fom.
VI}
pag.
175,
Tit,
Liv.
L,
V,c.
24
L
XXL
.
P-_369:
;
eo
(ë)
Ptolem,
L,
IL
c,
10.
Plin,
T.
1,
|
d'Anvill,
26.
NoOtic,
de
la
Gaul,
par:
M,
N
CO
Cenomani.,
dont
quelque
déta-
chement
aura
pris
le
parti
de
s'é-
tablir
dans
le
même
canton
que
venoient
occuper
des
étrangers.
Quant
à
la
mention
qui
eft
faite
ici
des
V’olce,
on
ne
fçauroit
dou-
ter
que
les
Arecomict
n'aient
poflédé
des
terres
au
de-làa
du
Rhône
;
maïs,
on
a
peine
à
croi-
re
que
ces
pofleffions
s’étendif-
fent
jufqu’à
Marfeille
&
au
de:-là.
Quoi
qu'il
en
foit,
M.
d'Anville
dit
qu’il
n’a
point
hazardé
de
fup-
primer
les
Commones
de
Ptole-
mée.
Il
faut
les
regarder,
ajoûte-
t-il,
comme
faifant
partie
de
la
nation
des
Salyes,
dont
le
nom
s’eft
étendu
jufqu’à
la
côte.
On.
lit
dans
Tite-Live,
en
parlant
du
pere
de
Scipion
l’Africain:
Pre-
ter
oram
Étrurie,
Ligurumque
,
€
inde
Salyum
,
mox
pervenit
Maf-
flliam.
COMMOTACUEUM
,
oz
COMMENTACULUM
,
où
Com-
METACULUM,
petit
bâton
que
les
Flamines
avoient
à
là
main,
&
avec
lequel
ils
écartoient
le
peuple
dans
leurs
facrifices.
COMMOTIES
,;
Commotie
,
ñom
des
nymphes
qui
habitoient
le
lac
Cutilienfis.
Comme
il
y
avoit
dans
ce
lac
une
ile
flotran-
te,
on
donna
à
ces
déefles
l’épr-
thete
ou
le
furnom
de
Commo-
es.
:
:
:
_COMMUN,,
Communis
;
épithete
que
l’on
donnoit
à
plu-
feurs
divinités,
mais
fur
tout
à
Mars
,
à
Bellone
&àla
Vidtoire,
parce
que
fans
aucun
épard
pour
le
culte
qu’on
leur
rendoit,
elles
(a)
Cicer,
Orat,
pro
Q.
Ligar,
C,
29e
CO:
FE
protégeoïent
indiftinétement
ami
&
l'ennemi.
Les
Latins
appel-
loient
encore
Du
communes
;
ceux
que
les
Grecs
nommoient
&Covor
;
ils
n’avoient
aucun
département
particulier
au
ciel
;
on
les
hono-
roit
toutefois
fur
la
terre
d'un
culte
qui-leur
étoit
propre
;
telle
étoit
Cybele.
On
donnoit
aufh
l'épithete
de
Communs
aux
dieux
reconnus
de
toutes
les
nations;
comme
le
Soleil,
la
Lune
,
Plu=
ton,
Mars,
&c.
COMMUNICATION
,
(2)
figure
de
Rhétorique,
par
laquelle:
l’orateur
,
für
de
la
bonté
de
fa
caufe.,
ou
afleétant
de
l'être,
s'en
rapporte
fur
quelque
point
à
la
la
décifion
des
juges
,
des
audi-
teurs
,
même
à
celle
de
fon
ad=
verfaire.
Cicéron
l’employe
fou-
vent
ainfi
dans
l’oraifon
pour
Q:
Ligarius
:
Qu'en
penfez-
vous,
dit-il
à
Céfar
?.
Croyez-vous
que.
je
fois
fort
embarraflé
à.
défendre
Q.
Ligarus
?
Vous
femble-t-il
que
je
fois
uniquement
occupé
de
fa
Juflification
?
Ce
qu'il
dit
après
avoir
pouflé
vivement
Q.
Fubé-
ron
,
qui
étoit
l’accufateur
de
Q.
Ligarius.
Et
dans
celle
pour
Caius
Rabirius,
il
s’adrefle
ainfi
à
La-
biénus
fon
adverfaire
:
Qu'euffrez-
vous
fait
dans
une
occafion
aujfr
délicate
,
vous
qui
priîtes
la
fuite
par
lâcheté,
tandis
que
la
fureur
6
la
méchanceté
de
Saturnin
vous.
appelloient
d’un
côté
au
Capitole,
éque
d’un
autre
les
Confuls
implo=
roient
votre
fecours
pour
la
défenfe
de
la
patrie
&
de
la
liberté
?
Quel-
le
aurorité
auriez-vous
refpebiée
?
12
Co
Quelle
voix
auriez-vous
écontée
?
Quel
parti
auriez-vous
embraffe
?
Aux
ordres
de
qui
vous
feriez-
vous
foumis
?
Cette
fisure
peut
produire
un
très-bon
effet,
pour-
vu
qu’elle
foit
placée
à
propos.
COMON,
Comon,
Kouav,
(a)
chef
des
Mefléniens,
eutla
prin-
cipale
part
à
l'expédition
de
l'ifle
“deSphaltérie.
Dans
la
fuite,
les
Mefléniens
ayant
été
chaflés
de
:Naupaêlte
par
les
habitans
de
La.
cédémone,
pañlerent
les
uns
en
Sicile,
les
autres
à
Rhégium
chez
leurs
compatriotes,
&
d’autres
en
plus
grand
nombre
chez
les
Évef-
pérites,
peuples
de
Libye
,
qui
fe
Voyant
continuellement
harcelés
par
les
barbares
de
leur
voifnage,
invitoient
volontiers
les
Grecs
à
venir
s'établir
dans
leur
pais,
Ceux,
qui
prirent
le
parti
d'aller
en
Libye
,
eurent
pour
chef
Co-
on,
[
eut
uñ
jour
un
fonge
fort
ex-
traordinaire.
Il
lui
fembla
qu'il
étoit
couché
avec
fa
mere,
qui
.
Pourtant
n'étoit
plus
au
monde,
êt
qu'en
fe
levant
il
l'avoit
laïflée
pleine
de
vie;
d'où
il
augura
que
Jui
&
fes
Mefléniens
pourroient
revenir
à
Naupale
par
le
fecours
des
Athéniens,
qui
alors
étoient
fort
puiffans
fur
mer.
Plufieurs
au-
tres
fonges
sembloient
aufli
an-
noncer
le
rétabliflement
de
Mef-
fène.
Et
en
effet,
peu
d’années
après,
les
Lacédémoniens
ne
pu-
rent
éviter
à
Leuétres
le
malheur
dont
ils
étoient
menacés
depuis
Jong-tems;
car,
l'oracle
qui
fut.
rendu
à
Ariflodème,
finifloit
par
ces
deux
vers
:
(a)
Pauf,
Pr
264
;
266%
ES
La
fortune
à
fon
gré
difpenfe
fes
faveurs,
Tantôt
l’un
,
tantôt
l’autre
éprou=
ve
fes
rigueurs.
La
Pythie
vouloit
dire
qu’Arifto-
dème
&
les
Mefléniens
feroient
vaincus
,
mais
que
les
Lacédémo-
niens
le
feroient
auf
à
leur
tour.
Les
Thébains,
ayant
donc
rem-
porté
une
grande
&
mémorable
viétoire
fur
les
Lacédémoniens
,
à
Leuêtres,
députerent
auf
-
tôt
en
Italie,
en
Sicile,
chez
les
Évefpérites,
&
par
tout
où
il
Y
avoit
des
Mefléniens
,
pour
les
inviter
à
revenir
dans
le
Pélopon-
nèfe.
[l
n’eft
pas
croyable
avec
quel
empreflement
ces
fugitifs
accouturent
tous
,.
également
tranfportés
d'amour
pour
leur
patrie
,
&
de
haine
contre
Lacé-
démone.
COMPARAISON,
Compa-
ratio
,
figure
de
rhétorique
&
de
poele
;,
qui
fert
à
l’ornement
&
à
l'éclairciflement
d’un
difcours
ou
d’un
poëme.
Les
Comparaifons
font
appel-
lées
par
Longin
&
par
d’autres
Rhéteurs,
icones,
c’eft-à-dire
,
images
ou
reflemblances.
Telle
eft
cette
image,
pareil
4
La
fou-
dre,
1]
frappe,
&c.
Il
fe
jette
com=
ne
un
lion,
&c.
:
Toute
Comparaïfon
eft
donc
une
efpece
de
métaphore.
Mais,
voici
la
différence.
Quand
Ho-
mère
dit
qu’'ÆAchille
va
comme
un
lion,
c'eft
une
Comparaifon;
mais
quand
il
dit
du
même
héros:
Ce
lion
s’élançoit
,
c'eft
une
méta-
phore.
Dans
la
Comparaïfon
ce
C
O
héros
reffemble
au
dion
;
&
dans
la
métaphore,
le
héros
eft
un
lion.
On
voit
par-là
que
quoique
la
Comparaïfon
fe
contente
de
nous
apprendre
à
quoi
une
chofe
ref-
femble
,
fans
indiquer
fa
nature,
elle
peut
cependant
avoir
lavan-
tage
au-deffus
de
la
métaphore,
d'ajoûter,
quand
elle
eft
jufte,
un
nouveau
jour
à
la
penfée.
Pour
rendre
une
Comparaïfon
jufte
,
il
faut;
1.°
Que
la
chofe
que
l'on
y
employe,
foit
plus
connue
,
ou
plus
aifée
à
conce-
voir,
que
celle
qu’on
veut
faire
_
connoître;
2,°
Quäl
y
aic
un
rapport
convenable
entre
l’une
&
l'autre
;
3.°
Que
la
Comparaifon
foit
courte
autant
qu'il
eft
pofhble,
&
relevée
par
la
juftefle
des
ex-
preffons,
Ariftote
reconnoït
dans
fa
rhétorique
,
que
f
les
Compa-
raïfons
font
un
grand-ornement
dans
un
ouvrase,
quand
elles
font
juites,
elles
le
rendent
ridi-
cule,
quand
elles
ne
le
font
pas.
Ïl
en
rapporte
cet
exemple:
Ses
Jambes
font
tortues
ainfi
que
le
per=
fil.
Non
feulement,les
Comparaïfons
Een
être
juites,
mais
elles
ne
oiventètre
ni
bafles,
nitriviales
,
ni
ufées
,ni
miles
fans
nécefhté,
ni
trop.
étendues,
ni
trop
fouvent
répétées.
Elles
doivent
être
bien
choifies.
On
peut
les
tirer
de
tou-
tes
fortes
de
fujets,
&
de
tous
les
ouvrages
de
la
nature.
Les
dou-
bles
comparaifons,
qui
font
nobles
&t
bien
prifes,
font
un
bel
effet
en
poëfie;
mais,
en
profe,
l’on
ne
doit
s’en
fervir
qu'avec
beau-
coup
de
circonfpettion.
Les
cu-
fieux
peuvent
s’inftruire
plus
am-
€o
13
plement
dans
Quintilien.
;
Quoique
nous
adoptions
les
Comparaifons
dans
toutes
fortes
d’écrits
en
profe
,
il
eft
pourtant
vrai
que
nous
les
goûtons
encore
davantage
dans
ceux
qui
tracent
la
peinture
des
hommes,
de
leurs
pañhons,
de
leurs
vices
&
de
leurs
vertus,
_.
COMPARATIF,
Compara-
tivus
,
terme
de
Grammaire.
Pour
bien
entendre
ce
terme,
äl
faut
obferver
que
les
objets
peu-
vent
être
quahfiés
ou
abfolument
fans-aucun
rapport
à
d’autres
ob-
jets,
on
relativement,
c’eft-à-
dire,
par
rapport
à
d’autres
ob-
jets.
Lorfque
l’on
qualifie
un
objet
abfolument,
l'adjectif
qualificatif
eft
dit
être
au
pofitif.,
Ce
pre-
mier
degré
eft
appellé
poñri,
parce
qu'il
eft
comme
la
première
…
pierre,
qui
eft
pofée
pour
fervir
de
fondement
aux
autres
degrés
de
qualification.
Ces
degrés
font
appellés
communément
degrés
de
comparaifon
:
Céfar
étoit
vaillant,
le
foleil
eft
brillant
;
vaillant
&
brillant
font
au
pofitif.
Quand
on
qualifie
un
objet
re-
lativement
à
un
autre
ou
à
d'au-
tes;
alors
il
y
a
entre
ces
objets
où
un
rapport
d'égalité,
ou
un
rapport
de
fupériorité,
ou
enfin
un
rapport
de
prééminence.
_.
S'il
y
a
un
rapport
d'égalité,
l'adjeétif
qualificatif
eft
toujours.
regardé
comme
étant
at-pofitif
;
alors,
l’épalité
eft
marquée
par
des
adyerbes
æque
ac
,
tam
qguam
ita
ut,
&
en
François
par
axtant
que,
aufli
que
:
Céfar
étoit
auffr
brave
qu’
Alexandre
l'avoir
été
:
fi
ï4
eO--
nous
étions
plus
proche
des
étoiles,
elles
nous
parottroient
auffi
bril-
Jantes
que
le
foleil
;
aux
équinoxes
les
nuits
font
anfft
longues
que
les
Jours.
Lorfqu’on
obferve
un
rapport
de
plus,
ou
un
rapport
dé
moins
dans
la
qualité
de
deux
chofes
comparées
,
alors
ladje&tif,
qui
énonce
ce
rapport
,
eft
dit
être
au
Comparatif;
c’eft
le
fecond
degré
‘de
qualification,
ou
,
comme
on
dit,
de
comparafon:
Perrus
eff
doëior
Paulo
,
Pierre
eft
plus
-fçavant
que
Paul
;
Ze
foleil
eff
plus
brillant
que
la
lune
;
où
l’on
voit
qu'en
Latin
le
Comparatif
eft
dif-
tingué
du
pofñtif,
par
une
termi-
natfon
particulière
,
&
qu’en
Fran.
çois
il
eft
diftingué
par
l'addition
du
mot
plus
où
du
mot
moins.
Enfin,
le
troifième
degré
eft
appellé
fuperlatif.
Ce
moteft
for-
mé
de
deux
mots
Latins
fuper,
au-deflus,
&
latus',
porté
;
aïnf
le
füperlatif
marque
la
qualité
portée
au
fuprême
degré
de
plus
où
de
moins.
Ily
a
deux
fortes
de
faperlatifs
<n
François;
1.9
Le
fuperlatif
abfoln
que
nous
formons
avec
les
mots
frès
,
fort,
extrémement
».
&
‘quand
il
y
a
admiration,
avec.
bien:
"Il
eff
bien
raifonnable.
Très
vient
du
Latin
ter,
trois
fois,
trés-grand
,
c'eft-à-dire,‘frois
fois
grand
;
fort
eft
un
abrégé
de
for-
tement,
s
2.9
Nous
avons
encore
le
fu-
perlatif
relatif:
17
eff
le
plus
rai-
fonrable
dés
fes
freres,
2e
=
Nous
n'avons
en
François
de
Comparatif
en
un
feul
mot
que,
meilleur,
pire
&
moindres
|
CO
-»
Notre
langue,
dit
le
pere
»
Bouhours,
n’a
point
pris
de
fu-
»
perlatifs
du
Latin;
elle
n’en
a.
»
point
d'autre
que
généraliffime,
»
qui
eft
tout
François,
&
que
à
»
M.
le
Cardinal
de
Richelieu
fit.
»
de
fon
autorité,
allant
com-
»
mander
les
armées
de
France
-»
en
Îralie,
finous
en
croyons
M,
»
de
Balzac.
«
Nous
avons
emprunté
des
[ta-
liens
cinq
ou
fix
termes
de
dignités,
dont
nous
nous
fervons
en
certai-
nes
formules,
&
auxquels
nous
nous
contentons
de
donner
une
terminaifon
Françoife
,
qui
n’em-
pêche
pas
de
recoanoître
fon
ori-
gine
Latine
;
tels
font,
révérendif-
Jime
;
Uuftriflime
,
excellentiffime,
ernLIMerLt1/f11n1e.
Ïl
y
a
bien
de
l'apparence
,
que
file
Compäratif
&
le
fuperlatif
des
Latins
n'avoient
pas
été
dif-
timgués
da
poñtif
par
des
termi-
naïfons
particulières
,
comme
le
rapport
d'égalité
ne
left
point,
il.
y
a,
dis-je,
bien
de
l'apparence
que
les
termes
de
Comparatif
&
de
fuperlatif
nous
feroient
ins
connus.
Les
Grammairiens
ont
obferyé
‘qu'en
Latin
le
Comparatif
&
le
fuperlarif
fe
forment
du
cas
en
du
pofitif
.
en
ajoûtant
or
pour
le
mafculin
&
pour
le
féminin,
&
us
pourle
genre
neutre,
On
ajoû-
te
Jimus
au
cas
en
i,
pour
former
le
faperlatif;
ainf,
on
dir:
fanc-
us,
[anti
;
fanéior,
fancius,
Jandiffémus
;
fortis
,
fortis
,
fort;
fortior,
fortius,
foruffimus.
Les
adje@ifs
,
donc
le
poñtif
eft
terminé
en
er,
forment
auf
leur
Comparatif
du
caseni,
pulcher,
.
C
O
pulchri,
pulchrior
;
pulchrius
;
mais
,
le
fuperlatif
fe
forme
en
ajoûtant
rimus
au
nominatif
maf-
culin
du
poñitif,
pulcher,
pulcher-
FIMUSs
Les
adjectifs
en
/s
fuivent
la
regle
générale
pour.
le
Compara-
tif,
ue
,
facilis,
facili,
fa-
cilior,
facilius;
humilis,
humilrs,
humil:,
humilior,
humilius
;
fr-
milis.,fimilis
,
fémili,
fimilior,
ft
milius
;
mais,
au
fuperlatif
,
on
dit
facillimus,
humillimus,
/fi-
millimus
;
d’autres
fuivent
la
re-
gle
générale
,
utilis
,
utilior,
uti-
Liimuss
2e
-
Plufiéurs
noms
adje@ifs
n'ont
ni
Comparatif,
ni
fuperlatifs
;
tels
font:
romanus",
patrius
,
duplex,
lesitimus,
claudus',
unicus,
dif.
par;
egenus
,
&c.
Quand
on
vent
exprimer
un
degré
de
Comparai-
fon,
&
quele
pofitif
n'a
ni
Com-
paratif,
ni
fuperlatif,
on
fe
fert
de
magis
pour
marquer
le
Com-
paratif,
@&
de
vz/ldè-ou
de
maxi.
nè
pour
le
fuperlatif,
:
On-peut
auffi
s’en
fervir
avec
les
adje&tifs
qui
ont
un
Compa-
#atif@&
un
fuperlatif.
On
dit
fort
bien,
magis
doëtus,
&
valdi
ou
maxime
dofus.
Les
noms
adje@ifs
,
qui
ont
au
pofitif
une
voyelle
avant
us,
com-
me
arduus,
plus,
n'ont
point
or-
dinairement
de
Comparatif,
ni
de
fuperlatif,
On
évite
ain
le
bâille-
“ment,
que
feroit
la
rencontre
de
plufieurs
voyelles
de
fuite,
fi
on
difoit,
arduior,
piior
;
on
dit
plu-
#tÔt
magis
arduus,
Mmagis
pius
;
cependant
,
on
dit
päffimus
,
qui
‘n’eft
pas
fi
rare
que
prior,
Ce
mot
pilfrmus
étoit
nouveau
du
tems
de
CO
L:
Cicéron.
Marc
-
Antoine
ne
hazardé
,
Cicéron
le
lui
reprocha
en
plein
Sénat.
On
trouve
pa/k-
nus
dans
les
anciennes
Infcrip-
tions
;
@&
dans
les
meilleurs
Au-
:
teurs
poftérieurs
à
Cicéron.
Ain-
fi,
ce
mot-qui
commençoità
s’in-
troduire
dans-le
tems
de
Cicéron,
fur
enfuite
autorifé
par
lufage.
Ï}
ne
fera
pas
inutile
d’obferver
‘les
quatre
adje@tifs
fuivans,
o-
nus,
malus,
magnus
parvus
3
is.
n'ont
ni
Comparatif
ni
faperlaz
tifqui
dérivent
d'eux-mêmes.
On
y
fupplée
par
d’autres
mots
qui
ont
chacun
une
origine
particuhè-
re.
Bonus,
bon,
a,
au
Compa-
ratif
,
melior
,
meilleur
,
&
au
{u-
perlatif,
opéimus
,
fort
bon.
Mz-
lus,
mauvais,
a,
au
Comparatif,
pejor,pire
,
plus
mauvais,
&
au
fuperlatif
,
peffimus
,
très-mauvais.
Magnus,
grand,
a,
au
Compa-
ratit,
#4j0r,
plus
grand,
d'où
vient
majeur
,
&
au
fuperlatif,
maximus,
très
-grand.
Parvus,
petit,
a
,
au
Comparatif,
wznor,
plus
petit,
de-là
mineur,
&
au
fuperlauf,
mnimus,
fort
peur.
Voffius
croit
que
#elior
vient
«de
mapis
velim
,
où
malim
;
Mar-
tinius
&
Faber
le
font
venir
de
mé,
qui
veut
dire
cure
eff,
gratum
et
,
uenérw,
cura.
Quand
une
chofe
eft
meilleure
qu'une
autre,
onen
a
plus
de
foin,
elle
nous
eft
plus
chere
;
mea
cura,.
fe
difoit
en
Latin
de
ce
qu’on
ai-
moit,
Perrotus
dit
que
rrelior
eft
‘une
contraétion
de
#e/lirior
,
plus
doux
que
le
miel,
commeona
dit
zeronior
,
plus
cruel
que
Né-
ron.
Plaute
a
dit
pœztor
,
ples
Carthaginois,
c'eft-a-dire
,
plus
22
C
O
tus
,
KéuŸaærce,
fleuve
de
Thra-
ce,
dont
parle
Hérodote.
Foyez
Biftonis.
COMPSE
;
Compfa
,
Koua,
(a)
ville
d'Italie,
fituée
vers
la
fource
du
fleuve
Aufdus,
dans
le
pais
des
Hirpins.
Après
la
ba-
taille
de
Cannes,
Annibal
fat
appellé
dans
ce
païs
par
Sratius,
qui
lui
promettoit
de
lui
livrer
la
ville
de
Compfe.
Deux
ou
trois
ans
après
,
le
bruit
courut
que
dans
un
temple
de
Jupiter
Vici-
linus,
fitué
dans
le
territoire
de
cette
ville,
l’on
avoit
vu
des
f-
gures
de
vaifleaux
de
guerre,
&
entendu
le
bruit
des
armes
des
{ol-
dats
qui
les
montoient,
,
Pendant
la
guetre
civile,
Mi-
lon
qui
avoit
pris
le
parti
de
Pom-
pée
,
voulut
s'emparer
de
Comp-
fe;
mais
,
il
fût
tué
d’un
coup
de
pièrre,
qu'on
lui
jetta
de
deflus
les
murailles,
fur
quoi
ileft
bon
d'obferver-que
Glandorp
ayant
Ju
dans
Jules
Céfar
au
fujet
de
cet
évenement
Cofam
in
agro
Tu-
rino
,
a
très-bien
corrigé
,
Comp-
Jam
in
agro
Hirpino.
Le
nom
moderne
eft
Confa:
mais,
cette
ville
qui
avoit
le
titre
d'Archevêché
,
étoit
déjà
réduite
à
très-peu
de
chofe
,
lorfqu’en
1694
,
le
8e
feptembre,
un
trem-
blement
de
terre
la
ruina
entière
ment
,
avec
toutes
les
villes,
bourgs
&
villages
de
ce
diocèfe;
enforte
qu'on
ne
peut
pas
même
Ca)
TiteLiv.E.
XXII.
c:
r,
E,
XXIV.
;
.
€
O
reconnoitre-le
lieu/où
-
étoit
à
Métropole.
L’Archevêque
réf-
doit
avant
cet
événement
au
châ-
teau
de
S.
Menua.
|
Î]
convient
d'obfervèr
que
Pto-.
lémée
donne
la
ville
de
Comple
aux
Lucaniens.
Comme
elle
étoit
fur
les
confins
de
ce
peuple
&
des
Hirpins,
elle
a
pu
appartenir
tan-
tôt
auxuns,
tantôt
aux
autres.
Les.
habitans
font
appellés
Compfains.
dans
Pline.
;
COMPULTERIE
,
Compuls
feria
;
(h)
ville
d'Italie
dans
la.
Campanie,
Cette
ville,
durant
la.
feconde
guerre
Punique
,
ayant
abandonné
le
parti
des
Romains,
fe
déclara
en
faveur
des
Cartha-.
ginois.
Mais,
Fabius
la
reprit
de.
force.
Il
y
prit
en
même
tems.
ceux
qu'Annibal
y
avoit
mis
en.
garnifon,
&
un
grand
nombre
de
Campaniens.
»
Près
de
Calatia
au
de-[à
du
»
Vulturne
étoit
,
dit
Mattheo
»
Égitio,
la
Compulteria
des
An.
»
ciens,
que
les
Géographes
ont.
»
cherchée
en
vain
jufqu'à
cette
»
heure,
parce
qu'ils
ont
ignoré
»
qu'à-une
petite
lieue
de
Caïazza
».1l
y
a
une
abbaye
,
qui
dans
les
»
vieilles
chartres
eft
appellée
»
Santa
Maria
ad
Cubulrere
;
ce
»
qui.
marque
aflez
clairement
»_
que
Compulteria’
a
été
dans
cet.
»
endroit.
«
|
COMUM
,
Comum
,
Kôuw..
(c)
ville
d'Italie,
qui,\
au
rapport
(e)
Juit.
L.
XX.
c.
$&.
Plin.
Tom.
L
©
20;
49.
Cæf.
de
Bell.
Civil.
L.
II,
|
p.
174.
Prolem.
L.
1IL.
c.
1.
Strab.
pag
p:-6or.
Plin.
Tom..I..pag.
167.
Piolem.
EI.
c.
r.
Vell.
Paterc,
L,
II:
c,
68.
(@)
Tir.
Liv.
L.
XXIII,
c,
39.
E.
XXIV,Gc.20
SE
RD
re
192
3
204,
206,
213.
Tit.
Liv.
L.
HI,
c:
36.
Roll.
Hif,
Anc.
Tom,
VI,
pags
370
»
37%
C
O
de
Juflin
,
fat
bâtie
par
les
Gau-
“lois,
lorfque
ces
peuples
eurent
paflé
les.
Alpes
fous
la
conduite
de
Brennus.
Il
y
a
d’autres
fenti-
mens
fur
la
fondation
de
cette
ville.
Pline
rapporte
ceux
de
Ca-
ton
&
de!
Cornélius
Alexander,
dont
l’un
attribuoit
l’origine
de
cette
ville
aux
Orobiens,
&
l’au-
tre
aux
Grecs,
quis’étoient
établis
dans
les
montagnes
des
environs.
La
ville
de
Comum,
felon
Pto-
lémée
,
appartenoit
aux
Infu-
briens
;
&
elle
étoit
fituée,
fui-
vant
Strabon,
fur
le
bord
du
lac
Larius
au
pied
des
Alpes.
Ce
ne
fut
au
commencement
qu’une
ville
médiocre,
Les
Rhétiens
,
qui
ha-
bitoient
au-deflus
de
cette
ville
du
côté
de
l'Orient
,
l'ayant
rui-
née,
elle
fut
rétablie
par
Pom-
peius
Strabon.
,
pere
du
grand
Pompée.
Enfuite,
C.
Scipion
y
envoya
une
colonie
d'environ
trois
mille
hommes.
Céfar
y
en
envoya
encore
une
autre
de
cinq
mille
hommes,
dont
cinq
cens,,
étoienc
des
Grecs
très-illuftres.
Il
leur
accorda
le
droit
de
bourgeoi-
fie
;
cependant,
ces
Grecs
ne
fixerent
point
leur
demeure
à
Co-
mum.
Mais
,
ils
laiflerent
leur
ñom
à
cette
colonie,
enforte
que
tous
les
habitans
s’appellerent
de-
puis
Néocomiens
,
ou
nouveaux
Comiens
,
&
la
ville
Novoco-
mum,
Cette
ville
a
produit
de
grands
Hommes.
Le
poëte
Cécilius,
à
qui
Catulle
adrefle
fa
trente-fixiè-
me
épigramme
,
étoit
natif
de
Comum.
Pline
le
jeune,
qui
a
écrit
des
lettres,
neveu
de
Pline,
auteur
de
l’Hiftoire
Naturelle,
en
CO
2
étoit
aufh,
au
rapport
de
—
dans
les
vies
des
Hommes
illuf-
tres.
Paul
Jove
y
prir
encore
naïf.
fance
,
aufi-bien
que
Benoît
Jove,
dela
même
famille.
C’eft
aufli
la
patrie
du.
pape
Innocent
XI
,
de
la
maiïfon
Odefcalchi.
Les
habitans.
de
Comum
;
n'ayant
point
de
maître
chez
eux
pour
inftruire
leurs
enfans,
étoient
obligés
de
les
envoyer
dans
d’au-
tres
villes.
Pline,
qui
avoit
pour
fa
patrie
un
cœur
de
fils
&c
de
pere
,
fit
fentir
aux
habirans
quel
avantage
ce
feroit
pour
la
jeu-
neffe
d'être
élevée
dans
Comum
même,
»
Où,
dit-il
aux
parens,
»
leur
trouver
un
féjour
plus
»
agréable
que
la
patrie?
où
for=
:
»
mer
leurs
mœurs
plus
färement
»
que
fous
les
yeux
ües
peres
&
»
des
meres
?
où
{es-entretenir
à
»
moins
de
frais
que
chez-vous
?
»
neft-il
pas
plus
convenable
»
que
vos
enfans
recoivent
l'é-
»
ducation
dans
le
lieu
même,
»
où
ils
ont
recu
la
naiflance.,
&
»
qu'ils
s’accoûtument
dès
l'en-
»
fance
à
fe
plaire
,
à
fe
fixer
»
dans
leur
pais
natal
?
.«
Il
offrit
de
contribuer
du
tiers
à
fonder
les
appointemens
des
maitres,
&
crut
devoir
laifler
les
parens
chargés
du
refte,
pour
les
rendre
plus
attentifs
à
choifir
de
bons
maîtres
par
la
néceffité
de
la
contributfon,
&
par
l'intérêt
de
placer
utilement
leur
dépenfe.
Il
ne
borna
pas-là
fon
bienfait
;
car
,
comme
il
le
dit
ailleurs
la
libéralité
ne
fçait
point
s'arrêter,
&
plus
on
en
fait
ufage
,
plus
on
en
fent
la
beauté.
Il
ÿ
fonda
une
bibliotheque
,
avec
-
des
penfons-annuelles
pour
uq
iv
naar
Chen
ET
AS
ME
CE
di
"
24,
CO
certain
nombre
de
jeunes
gens
de
famille,
à
qui
leur
mauvaife
fortune
avoir
refufé
les
fecours
néceffaires
pour
étudier.
Il
avoit
accompagné
la
dédicace
de
cette
bibliotheque
d'un
difcours,
qu'il
prononça
en
préfence
feulement
des
principaux
de
la
ville,
On
l'appelle
aujourd’hui
Come
ou
Como,
ville
épifcopale
dans
le
Milanez.
Aurefte,
on
prétend
qu'ii
faut
diftinguer
entre
l’an-
cienne
&
la
nouvelle
ville
de
Come,
&
qu’il
y
a
une
demi-lieue
de
l’une
à
l’autre.
-
COMUS
,
Comus
,
Kouos
,
(2)
dieu
des
feftins.
Comme
le
Paganifme
avoit
des
dieux
qui
préfidoient
à
toutes
les
aétions
de
la
vie,
il
falloit
bien
qu'il
y
en
eûtun
pour
les
feftins
&
la
bonne
chere,
qui
font
une
des
plus
fé-
rieufes
occupations
de
bien
des
gens.
Comus
cependant,
dont
la
fonétion
étoit
d'y
préfider
,
ne
nous
feroit
prefque
connu
que
de
nom,
fans
Philoftrate
qui
en
fait
mention
dans
un
de
fes
ta-
bleaux,
Cet
Auteur
peint
ce
dieu,
comme
étant
à
la
porte
de
la
chambre
de
deux
jeunes
époux,
qui
communique
à
une
falle
où
fe
donnent
le
feftin
&
le
bal.
Jeu-
:
ne
&
rempli
vin,
la
face
enlu-
minée
,
1l
dort
de
bout,
&
avan-
ce
la
tête
qui
eft
couronnée
de
rofes,
&
{on
cou
demeure
caché.
Il
paroïtappuyé
de
la
main
gau-
che
far
un
pieu,
mais
le
fommeil
Jui
fait
lâcher
prife
;
&
comme
‘il
chancelle
,
la
torche
allumée,
ta)
Myth.
par
M.
PAbb.
Ban,
T.I,
De
34%:
Le
V,
p.
263.
&
Juive
CO
qu'il
tient
de
la
droite,
femble
lui
tomber
de
la
main.
Comus,
craignant
de
fe
brûler
,
femble
approcher
la
jambe
gauche
de
la.
droite,
tourne
la
torche
vers
la
gauche
,
&
cherche
à
en
évitet
la
vapeur
;
en
éloignanit
la
main
des
genoux.
La
tête
étant
baiflée,
on
voit
peu
fon
vifage
;
mais,
là.
lumière
qui
tombe
fur
le
refte
du
corps,
le
laifle
appercevoir
;
por-
trait
de
fantaifie
,
comme
tous
les
:
autres
de
cet
Auteur;
mais,
il
eft
|
aifé
d'y
appercévoir
le
dieu
de
la
joie
&
des
feftins,
Quelques
Mytholopues
déri-
vent
le
nom
de
Comus
du
mot
XœuaCev
,
Comeffari
;
manger,
fai=
à
re
bonne
chere
;
mais,
d’autres
le
font
venir,
peut-être
avec
autant
de
raifon
,
d’une
efpèce
de
chan-
fon,
que
les
Anciens
appelloient
Comos.
Car,
fi
l’on
mange
&
boit
dans
les
feftins
joyeux,
il
eft
auffi
ordinaire
qu’on
y
chante
;
&
comme
on
avoit
des
chanfons
pour
les
différens
états
de
la
vie,
il
y
en
avoit
pour
les
repas
&
pour
les
feflins
qui
s’appelloient
|
du
nom
que
l’on
vient
de
dire,
Vigénere
,
fçavant
commentateur
de
Philoftrate
,
s’eft
donné
la
pei-
ne
d'expliquer
toutes
les
attitudes
da
dieu
dontil
eft
queftion
;
mais,
outre
qu'elles
ne
font
que
le
fruit
de
l'imagination
de
Philoftrate,
elles
font
aifées
à
entendre.
CONCAMERATA
SUDA-.
TIO.
(2)
On
appelloit
ainfi
dans,
les
thermes
,
le
lien
où
l’on
pre
noit
la
dernière
difpoñtion
pour
(ë)
Suppl,
à
PAntiq.
expl.
par
D
Bern,
de
Montf,
Tom,
I,
pag,
168,
ot
CO
les
baïns.
C’éroit
la
chambre
chaude.
CONCANA
,
Concana,
(a)
Korxaræ
,
ville
d'Efpagne
au
pais
des
Cantabres
dans
la
partie
mé-
ridionale
de
l’Afturie.
C’eft
ce
que
nous
apprend
Ptolémée,
D'autres
éditions
de
ce
Géogra-
phe
lifent
Coucana.
Les
habitans
de
cette
ville
font
hommés
dans
Horace.
Ce
Poëte
employe
leur
nom
en
fingulier
:
Latum
equino
fanguine
Conca-
LM,
Acron,
Eambin
&r
autres
fça-
vans
Commentateurs
l’entendent
‘
d'un
peuple
Efpagnol.
Torrentius
blâme
Lambin
d’avoir
eu
le
mê-
me
fentiment;
&
comme
il
avoit
lu
que
les
anciens
Scythes
&
les
Tartares
d'aujourd'hui
fe
faifoient
un
régal
de
boire
du
fang
de
che-
val,
il
a
prétendu
que
le
Conca-
nus
d'Horace
étoit
un
peuple
de
Scythie.
M.
Dacier
appuie
le
fen-
timent
de
Torrentius,
comme
s’il
ne
pouvoit
pas
y
avoir
eu
en
Efpagne,
dont
la
plüpart
des
peu-
ples
étoient
encore
barbates
du
tems
d'Horace
,
des
pems
qui
au-
roient
eu
pour
le
fang
de
cheval
le
même
goût
que
les
Scythes.
Mais,
plufieurs
chofes
détermi-
nent
à
chercher
en
Efpagne
le
Concanus
d'Horace
,
c'eft
que
l'on
fçait
qu'il
y
avoit
une
ville
nom-
mée
Concana,
&
on
ne
le
fçait
pas
de
la
Scythie.
De
plus,
Silins
Italicus
parle
certainément
d’un
peuple
Efpagnol
dans
ces
vers:
CO»
2$
Nec
x
qui
Maffageten
monftrans
…
feritate
parentem
Cornipedis
fufa
fatiaris,
Conca-
71e,
VEN.
Ortélius,
qui
fe
trompe
rare=
ment
dans
le
choix
des
opinions,
croit
qu’il
ne
faut
point
chercher
le
Concanus
d'Horace,
ni
celui
de
Silius
Italicus
ailleurs
qu'en
Efpagne,
dans
la
ville
de
Concana
nommée
par
Ptolémée.
Cette
ville
s'appelle
préfente=
ment
Santillane,
nom
qui,
dit-
on,
fignifie
fainte
Julienne.
CONCANTI,
Concanus.
Voyez
Concana.
-CONGESSION
,
Concefho
figure
de
Rhétorique,
par
laquelle
l'orateur
,
für
de
la
bonté
de
fa
eaufe
,
femble
accorder
quelque
chofe
à
fon
adverfaire,
mais
pour
en
tirer
foi-même
avantage,
où
pour
prévenir
les
incidens
inutiles,
par
lefquels
on
pourroit
l'arrêter.
Par
exemple
:
Je
neveux
pas
con-
tefler
La
réalité
du
contrat
;
mais;
je
me
récrie
contre
Jon
injufhice;
c’eft
contre
elle
que
j'implore
le
fe-
cours
des
loix.....
ile
eft
belle,
il
eff
vrai
;
mais
,
ne
devroit-elle
_
pas
témoigner
au
ciel
[a
reconnoiïf-
fance
des
faveurs
qu'il
lux
a
pro=
diguées
,
par
un
vertucux
ufage
de
fa
beaute
?
Cette
figure
eft
très-fréquente
dans
les
plaidoyers
de
Cicéron.
Nous
n’en
citerons
que
ce
traif
de
la
cinquième
Verrine:
Eflo
eripe
hereditatents
propinquis
;
præ-
dare
in
bouis
alienis
,
everte
le=
a)
Prolem,
L,
IL,
ç,
6
Hora.
L,
HI,
Ode
4.
v.
24:
f
/
/
EN
26
CO
ges
,
OC.
num
etiam
amicum
bo
mis
extirbare
oportuit
?
ec.
CONCHOREÉIDE,
(a)
titre
d'un
Poème
qu'il
y
atout
lieu
d’at-
tribuer
à
Pancrate
l’Arcadien
;
&
on
croit
que
ce
Poëme
pouvoit
:
rouler
fur
les
coquillages.
CONCIONATRICES
,
(2)
E
wravoraoucar
,
titre
d’une
comé-
die
d’Ariftophane.
Le
deffein
de
cette
comédie
eft
bizarre
&
hardi,
comme
celui
de
prefque
toutes
les
pieces
de
cet
Auteur
;
la
conduite
eft
naturelle,
Fexécution
pleine
de
fel
&
d'agré-
ment.
L’Auteur
n'a
manqué
au-
eune
des
fituations
heureufes
&
des
contraftes
plaifans
,
que
fon
fujee
pouvoit
lui
fournir;
&
l'en
y
retrouve,
comme
dans
fes
au-
tres
comédies,
cette
éloquence
mâle
&
nerveufe,
qui
a
fervi
de
modele
aux
orateurs
Les
plus
{-
FIEUX.
On
croit
ordinairement
que
toute
cette
comédie
ne
tend
qu’à
tourner
en
ridicule
le
gouverne-
ment
d'Athènes.
Samuél
petit,
fçavant
critique,
qui
paroît
avoir.
fait
une
étude
particulière
de
ce
Poëte,
y
a
été
trompé.
Après
avoir
établi
que
la
comédie,
dont
x}
s’agit,
doit
avoir
été
jouée
la
quatrième
année
de
la.
96€
Olym.
piade,
fous
l’Archonte
Démoftra-
:
te,
il
ajoûte
que
ce
fut
probable
ment
dans
les
Panathénées,
qui
fe
célébroient
au
mois
Hécatom-
béon,
dans
lequel
les
Arshontes
&
les
Prytanes
entroient
en
char-
ge.
Aufh
,
continue-t-il
,
toute
+
VS
(y
Mém.
de
l'Acad.
Bel},
Lett.
Tom,
KIT,
p.283,
|
C
O
cette
piece
roule
fur
l’adminifs
tration
de
la
République
pendant
cette
année.
Îl
faut
convenir
quil
s’y
trouve
plufieurs
allufions
a
gouvernementgénéral
d'Athènesss
mais,
ces
allufions
n’en
font
pa.
la
principale
partie,
elles
ne
pa:
roiflent:
venir
qu'indirettement,
&
comme
en
paflant.
Le
Poëte
femble
rout
occupé
d'imaginer
une
nouvelle
République,
donrke
principe
fondamental
fera
la
com
munauté
des
biens,
&
par
deut.
conféquences
néceflaires,
la
com.
muüunauté
des
femmes
&
celle
ds.
enfans.
C'eft
cette
idée
qu'il
atta-.
que;
tout
le
jeu
de
la
piece
né
vai
qu'à
en
faire
fentir
le
ridicule,
Or,s
ces
principes
étoient
tont-à-fai.
étrangers
au
gouvernement
d'A.
thènes
;
mais,
ils
font
établis
dans
la
république
de
Platon
;
&
certe).
comédie
n’a
d'autre
objet
que
dé
critiquer,
au
moins
fur
cet
artis
cle
;
la
république
dont
Platon
avoit
dreflé
le
plan,
C'eft
la
pen-.
fée
d’un
ancien
Grammairien.
À.
femble
,
dit-il,
qu
Ariftophant
s'eff.propofé
ici
de,
critiquer
les.
Philofophes
;
à
qui
il
en
vouloit,\
&
en
particulier
de
tourner
en-ri-.
dicule
la
république
de
Platon.
Cette
réflexion
jette
un
jour
mer:
veilleux
fur
toute
la
piece.
Il
y
2.
plus,
le
Poëte
s'exprime
fur
la.
communauté
de
biens
,
de
fem-
mes
&
d’enfans
,
à
peu
près
dans.
les
mêmes
termes
que
le
Philofo=.
phe.
Voici
donc
en
deux
mots
le
fujet
de
cette
piece.
|
Les
femmes
d'Athènes
,
en:
des
Infcript,
El
(E)
Mém.
de
lAcad,
des
Infcript.
&
|:
Be
I,
Lette
T,
XXX,
p.29,
dfrivs
CO
nuyées
de
fe
voir
gouvernées
par
les
hommes,
forment
le
deffein
de
fe
fouftraire
à
cette
domina-
tion
,
&
veulent
commander
à.
leur
tour.
Une
d’entr’elles
,
nom-
VER
7
074
mée
Praxagora,
femme
avifée
&
entreprenante
,
comme
fon
nom
le
fait
entendre
,
les
autorife
dans”
cette
idée,
&
leur
repréfente
élo-
quemment
que
les
chofes
en
iront
beaucoup
mieux.
En
conféquence
elle
donne
le
projet
d'une
nou-
velle
République
;
elle
en
drefle
les
flatuts
,
&
établit
pour
princi-
pe
fondamental
,
que
tous
Îles
citoyens
apporteront
dans
la
place
publique
leurs
biens
en
commun,
_
en
forte
que
perfonne
ne
pourra
plus
pofléder
rien
en
particulier;
elle
veut
même
qué
les
femmes
&
les
enfans
foient
en
commun,
à
condition
cependant
que,
quant
aux
femmes
,
on
ne
pourra
fon-
ger
à
celles
qui
ont
la
jeunefle
&
la
beauté
en
partage,
qu'après
les
vieilles
&
les
laides.
Cette
con-
dition
donne
lieu
à
plufieurs
fcè-
nes
tout-à-faic
plaifantes
,
quiter-
minent
la
piece.
Voilà
le
fujet
de
certe
comédie.
…
-CONCEAVE,
Conclave,
(a)
Ce
qu'on
appelloit
Conclave
étoir
un
lieu
fecret,
&
qu’on
fermoit
_à
clef
felon
Donäat.
Ce
nom
fe
prenoit
auf
pour
un
quartier
dé
maiïfon,
divifé
en
plufeurs
chambres
fermées
à
clef,
qui
ré-
pondoient
à
la
falle
à
manger.
Conclave
fe
prend
encore
dans
une
fignification
plus
générale,
pour
un
lieu
renfermé.
C’eft
ainfi
que
l'a
pris
Cicéron,
quand
il
dit
CE
O
27
que
le
Conclave
où
Scopas
don-
noit
à
fouper
,
tomba
fur
les
con-
vives.
Quintilien
&
Valère.
Ma-
xime,
qui
rapportent
la
même
Hiftoire,
au
lieu
de
Conclave,
fe
fervenc
du
mot
de
Friclinium.
CONCLUSION,
Conclufio
,
terme
de
philofophie.
C’eft
ainfi
qu'on
appelle
la
propofñtion
qu’on
avoit
à
prouver,
&
qu'on
déduit
des
prémifles.
On
donne
auffi
le
même
nom
gé-
néralement
en
logique,
métaphy-
fique,
morale,
&
phyfique
fcho=
laftique
,
aux
différentes
propofi=
tions
qu'on
y
démontre,
&
aux
démonfirations
qu'on
employe
à
cet
effet.
Ainfi,
l’exiflence
de
Dieueft
une
Conclufion
de
mé-
taphyfique,
On
intitule
en
ce
fens
les
thefes
qui
ne
font
que
des
po-
fitions
de
philofophie
,
rédigées
par
paragraphes
:
Conclufions.
de
philofophie
;
Conclufiones
philofo=
hie.
-
CONCLUSION,
Corclufos
terme
de
rhétorique.
C’eft
la
der-
nière
partie
du
difcours
,
celle
qui
la
termine.
Elle
comprend
elle-
même
deux
parties,
où
pour
mieux
direellea
deux
fortes
de
fonétions;
la
première
confifte
à
faire
une
courte
récapitulation
des
principa-
les
preuves
;
la
feconde
confifte
à
exciter
dans
l'ame
des
Juges
où
des
auditeurs,
les
fentimens
qui
peuvent
conduire
à
la
perfuafon,
La
première
partie
demande
beau-
coup
de
précifion
,
d'adteffe,
&
de
difcernement,
pour
ne
dire
que
ce
qu'il
faut,
&
pour
rappel-
ler
en
peu
de
mots
&
par
des
(a)
Antiq.-expl.
par
D.
Bern.
de
Montf,
Tom,
IN,
P:
1014
28
Eo
—-
tours
variés
l'eflentiel
&
la
fub-
ance
des
preuves
qu’on
a
dé-
ployées
dans
le
difcours.
Mais
;
Péloquence
réferve
fa
plus
grande
force
pour
la
feconde
partie
;
c'eft
par
le
fecours
du
pathérique
qu'elle
domine
&
qu'elle
triom-
he.
F
CONCOLÉROS
,
Concole-
708
;
(a)
nom
qu’Eufebe
donne
à
Sardanapale,
=
CONCORDANCE
»
terme
€
grammaire.
Pour
bien
entendre
ce
terme,
il
faut
obferver
que
felon
le
fyflême
commun
des
Grammairiens,
la
Syntaxe
fe
divife
en
deux
ordres,
l’un
de
conve-
hance
,
l’autre
de
régime,
La
fyntaxe
de
convenance
,
c'eft
l’uniformité
ou
reflemblance
qui
doit
fe
trouver
dans
la
même
Propofition
ou
dans
la
même
énonciation,
entre
ce
que
les
Grammairiens
appellent
les
acci-
dens
des
mots
;
tels
fonc
le
genre,
les
cas
[
dans
les
langues
qui
ont
des
cas
},
le
nombre
&
la
per-
fonne;
c'eft-à-dire
.
que
fi
un
fübflantif
&
un
adjectif
font
un
fens
partiel
dans
une
propofition,
A
qu'ils
concourent
enfemble
à.
former
le
fens
total
de
cette
pro-
Pofition,
ils
doivent
être
an
même
genre
;
au
même
nombre,
&
au
imême
cas.
C’eft
ce
que
nous
appellons
uniformité
d’accidens
:
c'eft
ce
qu’on
appelle
d’ordi-
aire
Concordance
ou
accord.
Les
Grammairiens
diftinguent
plufieurs
fortes
de
Concordan-
ces.
=
1.9
La
Concordance
ou
con-
CO:
venañce
de
l’adje@if
avec
foi
fubfantit;
Deus
Sondtus
,
Die
Saint
;
Santa
Marin
>
Saint
Marie.
“74
2.8
La
Concordance
du
relatl
avec
l’antécédent
;
Deus
quen
adoramus
,le
Dieu
que
nous
ado:
rons,
3.°
La
Concordance
du
nomi:
fatif
avec
fon
verbe
;
Petrus
lepi,
Pierre
lit;
Perrus
&
Paulus
les
Sunt,
Pierre
&
Paul
lifent.
L
4.©
La
Concordance
du
ref.
ponfif
avec
l'interrogatif,
c’eft-à
dire,
de
la
réponfe
avec
la
de
mande
;
D,
Quis
te
redemit
?
R.
Chriftus,
:
5°
À
ces
Concordances,
la
.
méthode
de
P,
R,
en
ajoûte
en-
à
core
une
autre,
qui
eft
celle
des
l'accufatif
avec
linfinitif;
Petrum
effe
dotfum
;
ce
qui
fait
un
fens
à
qui
eft,
ou
le
fujec
de
la
propofi-\
tion
,
ou
le
terme
de
lation
d'un.
verbe.
è
À
l'égard
de
[a
fyntaxe
‘de
rés.
gime,
répir,
<difent
les
Gram-
mairiens
,
c’eft
lorfqu’un
mot
en
-
oblige
un
autre
à
occuper
telle
ou
…
telle
place
dans
le
difcours
,
‘ou
qu'il
jui
impofe
la
loi
de
prendre
une
telle
terminaifon,
&
non
pas
une
autre,
C’eft
ain
que
amo
ré-
+
git,
gouverne
l’accufacif
,
&c
que
les
prépoñitions
de
,
ex
»
Pro
,
Gt
Bouvernent
l’ablatif.
:
Ce
qu'on
dit
communément
fur
ces
deux
fortes
de
fyntaxes
,
ne
Paroït
qu'un
langage
métaphori-
que
,
qui
n'éclaire
pas
l'efprit
des
Jeunes
sens,
&
qui
les
accoûtume
SIRFET
EE
C4)
Mém,
de
l'Acad,
des
Infcript,
&
Bell,
Let,
Tom,
If,
pag,
346.
“
CO
à
prendre
des
mots
pour
des
cho-
fes.
Il
eft
vrai
que
l'adjectif
doit
convenir
en
genre
,
en
nombre
&
en
cas
avec
fon
fubflantif;
mais
pourquoi?
Voici,
ce
femble,
ce
qui
pourroit
être
utilement
fubfti-
tué
au
langage
commun
des
Grammairiens,
Il
faut
d’abord
établir
comme
un
principe
certain,
que
les
mots
n’ont
entreux
de
rapport
gram-
matical,
que
pour
concourir
à
former
un
{ens
dans
la
même
pro-
pofñtion
,
&
felon
la
conftruétion
pleine
;
car,
enfin,
les
terminai-
fons
des
mots
&
les
autres
fignes
que
la
grammaire
a
trouvés
éta-
blis
en
chaque
langue,
ne
font
que
des
fignes
du
rapport,
que
l’efprit
conçoit
entre
les
mots,
felon
le
fens
particulier
qu’on
veutluifaire
exprimer.
Or,
dès
que
l’enfemble
des
mots
énonce
un
fens,
il
fait
une
propofition
où
une
énoncia-
tion.
Ainfi,
celui
qui
veut
faire
en-
tendre
la
raifon
grammaticale
de
quelque
phrafe,
doit
commencer
par
ranger
les
mots
felon
l’ordre
fucceffif
de
leurs
rapports,
par
lefquels
feuls
on
apperçoit,
après
que
la
phrafe
eft
finie,
comment
chaque
mot
concourt
à
former
le
fens
total.
Enfuite
,
on
doit
exprimer
tous
les
mots
fous-entendus.
Ces
mots
font
la
caufe
pourquoi
un
mot
énoncé
a
une
telle
terminaifon
ou
une
telle
poñtion
plutôt
qu’une
autre.
Æd
Cafloris
,
il
eft
évident
que
la
caufe
de
génitif
Cafloris
n'eft
pas
ad,
c'eft
ædem
qui
eft
fous-entendu
;
44
ædem
Caftoris
,
au
temple
de
Caftor.
Voilà
ce
CO
29
que
l’on doit
entendre
par
faire
la
conftruétion;
c’eft
ranger
les
mots
felon
l’ordre
par
lequel
feul
ils
font
un
fens.
Il-eft
vrai
que
felon
la
conf-
truétion
ufuelle,
cet
ordre
eft
fou-
vent
interrompu;
mais,
obfer-
vez
que
l’arrangement
le
plus
élé-
gant
ne
formeroit
aucun
fens,
fi
après
que
la
phrafe
eft
finie
,
l'ef-
prit
n’appercevoit
l’ordre
dont
nous
parlons.
Serpentem
vidi.
La
terminaifon
de
/erpentem
annonce
l’objet
que
je
dis
avoir
vu;
au
lieu
qu’en
françois
la
potion
de
ce
mot
qui
eft
après
le
verbe
,
eft
le
figne
qui
indique
ce
que
j'ai
vu.
Il
faut
remarquer
qu'il
n’y
a
que
deux
fortes
de
rapports
entre
les
mots,
relacivement
à
la
con{-
truétion
;
fçavoir
,
le
rapport,
ou
raifon
d'identité
,
&
le
rapport
de
détermination.
1.9
À
l'égard
du
rapport
d'i-
dentité
,
il
eft
évident
que
le
qua-
liicatit
ou
adje@tif,
aufli-bien
que
le
verbe,
ne
font
au
fond
que
le
fubftantif
même,
confidéré
avec
la
qualité
que
l’adje@if
énonce
,
ou
avec
la
manière
d'être,
que
le
verbe
attribue
au
fubftantif;
ainfi,
l'adjeétif
&
le
verbe
doivent
énoncer
les
mêmes
accidens
de
grammaire
,
que
le
fubftantif
a
énoncés
d'abord;
c’eft-à-dire
<
que
fi
le
fubftantif
eft
au
fingulier,
l'adjeétif
&
le
verbe
doivent
être
au
fingulier,
paifqu'ils
ne
font
que
le
fubftantif
même
confidéré
fous
telle
ou
telle
vue
de
l’efprit.
I
en
eft
de
même
du
genre,
de
la
perfonne
&
du
cas
dans
leslan-
gues
qui
ont
des
cas,
Tel
eft
l’ef
fet
du
rapport
d'identité,
&
c’eft
20
CO
ce
qu’on
appelle
Concordance.
2.9
À
légard
du
rapport
de
détermination
,
comme
nos
ne
‘pouvons
pas
communément
énon-
cer
notre
penfée
tout
d’un
coup
,
en
une
feule
parole,
la
néceflité
de
l’élocution
nous
fait
recourir
à
plufieurs
mots,
dont
l’un
ajoûre
à
la
fignification
de
l’autre,
ou
la
reftreint
&
la
modifie;
enforte
:
qu’alors
c’eft
l’enfemble
qui
forme
le
fens
que
nous
voulons
énoncer.
Le
rapport
d'identité
n’exclac
pas
le
rapport
de
détermination.
Quand
on
dit
Fhomme
feavant
,
ou
le
/cavant
homme,
fcavant
modifie
,
détermine
homme;
cependant
,
il
y
a
un
rapport
d1-
dentité
entre
homme
&
fçavant,
puifque
ces
deux
mots
n’énoncent
qu'un
même
individu
,
qui
pour-
roit
être
exprimé
en
un
feul
mot,
dolor
,
docteur.
Mais,
le
rapport
de
détermi-
nation
fe
trouve
fouvent
fans
celui
d'identité.
Diane
étoit
fœur
d’A-
pollon,
il
y
a
un
rapport
d'iden-
titéentre
Diane
&
Jœur
;
ces
deux
mots
ne
font
qu'un
feul
&
même
individu
;
&
c’eft
pour
cette
feule
raifon
qu'en
Latin
ils
font
au
mé-
me
cas,
&c.
Diana
erat
foror.
Mais,
il
nya
qu'on
rapport
de
détermination
entre
/Ͼr&
Apol-
lon.
Ce
rapport
eft
marqué
en
Latin
par
la
terminaifon
du
géni-
tif,
deftinée
à
déterminer
un
nom
d’efpèce
,
foror
Apollinis
;
au
Leu
qu’en
François
le
mot
d’Æ4po/lon
eft
mis
en
rapport
avec
/œur
par
la
prépoñition
de
;
c'eft-à-dire
,
que
cette
prépofñtion
fait
connoi-
tre
que
le
mot
qui
la
fuit,
déter-
mine
le
nom
quila
précede,
NI:
ue
CO
Pierre
aime
la
vertu
;
1
y
4
Concordance
au
rapport
d'identis,
té
entre
Pierre
&
aime;
&
il
ya.
rapport
de
détermination
entré.
aime
@
vertu
En
François
@
rapport
eft
marqué
par
la
place
où
poñtion
du
mot;
ainfi,
vertu
et
après
aime
;
au
lieu
qu'en
Latin
cs
rapport
eft
indiqué
par
la
termi-…
naifon
vzrrutem
,
&
il
eft.
indifé=.
rent
de
placer
le
mot
avant
où,
après
le
verbe.
Cela
dépend,
où
du
caprice
&
du
goûr
particulier,
de
Écrivain,
où
de
l’harmonie
du
concours
plus
où
moins
agréa=
ble
des
fyllabes
des
mots
qui
pré
cédent
où
qui
fuivent,
ë
Îl
y
a
autant
de
{ortes
de
rap.
ports
de
détermination,
qu'il
vas
de
queftions
qu’un
mot
à
détermi«
ner
donne
lieu
de
faire;
par.
exemple,
Ze
Roi
a
donné,
Ke.
quoi
?
Unepenfion,
Voilà
la
dé.
termination
de
la
chofe
donnée}.
mais,
Comime
penfon
eft
un
nom’.
appellatif
on
d’efpèce
;
on
le
dé-
termine
encore
plus
précifément
|
en
ajoûtant,
wre
penfion
de
ceñt
|
pifioles
;
c’eft
la
détermination
du
nom
appellatif
où
d’efpece,
On
|
demande
encore
4
qui?
On
ré.
pond
,
4
N.
C’eft
la
détermination
-
de
la
perfonne
4
gui;
c’eft
le
rap
port
d'attribution,
Ces
trois
fortes
«
de
déterminations
font
auf
direc-
tes
l’une
que
l’autre,
LS
RE
OLA
NAN
EE
1.9
Un
nom
détefmine
un
nom
d’efpece,
foror
Apollonis,
2,9
Un
nom
détermine
uñ
verbe
40
Deum,
3.2
Enfin,
un
nom
détermine
une
prépofition,
4
morte
Cafariss
|
depuis
la
mort
de
Céfir,
—
-
:
y
SPAS
CO
Pour
faire
voir
que
ces
prin-
cipes
font
plus
féconds
,
plus
lumineux
,
&
même
plus
aifés
à
faïfirque
ce
qu'on
dit
communé-
ment,
faifons-en
la
comparaifon
&
l'application
à
la
regle
commu-
ne
de
Concordance
entre
l'inter-
ropatif
&
le
refponff..
Le
réfponff,
dit-on
,
doit
être
au
même
cas
que
l'interrogatif.
D.
Quiste
redemir?
R.
Chrif-
tus.
Chriflus'
et
au
nominatif,
dit-on,
parce
que
l'interrogation
qui
eft
au
nominatif,
D.
Cujus
eff
liber
?
R.
Petri,
Petri
eft
au
génitif,
parce
que
cujus
eftau
péniif,
Cette
regle
,
ajoûte-t-on,
a
deux
exceptions.
‘1.°
Si
vous
tépondez
par
un
pronom
,
ce
pronom
doit
être
au
nominatif.
D.
Cuyjus
eft
liber
?
R.
Meus.
2,° Stle
refponff
eft
un
nom
de
prix,
on
le
met
à
l'ablacif.
D.
Quanti
emifti
?
R,
Decem
af}:
bus.
Selon
nos
principes,
ces
trois
mots
guis
te
redemit,
font
un
fens
particulier,
avec
lequel
les
mots
de
la
réponfe
n’ont
aucun
rapport
grammatical,
Si
l’on
répond
CArif.
tus,
c'eft
que
le
répondant
a
dans
lefprit
Chriflus
redemit
me
;
ainñ,
Chrillus
eft
au
nominatif,
non
à
caufe
de
quis,
mais
parce
que
Chrifluseft
le
fajet
de
la
propoñ-
tion
du
répondant
qui
auroit
pu
s’énoncer
par
la
voix
pañive
,
ou
donner
quelqu'autre
tour
à
fa
ré.
:
ponfe
fans
en
altérerle
fens.
D.
Cujus
eff
liber
?
Ri
Perri,
c’efl-à-dire,
hic
eft
Liber
Petri.
D.
Cujus
ef
liber?
R,
Meus
,
C
O
3x
c'elt-à-dire,
hic
Jiber
eff
liber
MEUSe
D.
Quant:
emifi
?
R,
Decem
affibus.
Voici
la
conitrution
de
la
demande
&
celle
de
la
ré-
ponfe.
D.
Pro
pratio
quanti
ris
emifèt
?
R.
Erni
pro
decem
affibus.
Les
mots
étant
une
fois
trou-
vés,
&
leur
valeur,
auffi-bien
que
leur
deflination
,
&r
leur
em-
ploi
étant
déterminés
par
l'ufage,
l'arrangement
que
l’on
en
fait
dans
la
propoftion
,
felon
l'ordre
fuc-
ceflif
de
leur
relation,
eftia
ma-
nière
la
plus
fimple
d'analyfer
la
penfée.
Nous
fcavons
bien
qu'il
y
a
des
Grammairiens,
dont
l’efprit
eft
af-
{ez
peu
philofophique
pour
défap-
prouver
la
pratique
dont
nous
parlons,
comme
f
cette
pratique
avoit
d'autre
but
que
d'éclairer
le
bon
ufage
,
&
de
le
faire
fuivre
avec
plus
de
lumière,
&
par
con
féquent
avec
plus
de
goût;
car,
autrement,on
n’a
que
des
obferva-
tions
méchaniques
qui
ne
produi-
fent
qu’une
routine
aveuole,
&
dont
ne
il
réfulte
aucun
gain
pour
l'efprit.
Prifcien,
Grammairien
célebre,
qui
vivoit
à
la
fin
du
Ve
fiecle,
dit
que
comme
il
y
a
dans
l'Écri-
ture
une
raïfon
de
l’arrangement
des
lettres
pour
en
faire
des
mots,
il
y
a
également
une
raïfon
de
l'ordre
des
mots
pour
former
les
fens
particuliers
du
difcoars,
&
que
c'eft
séparer
étrangement
que
d’avoir
une
autre
penfée.
Sicut
reffa
ratio
fcripture
docet
litterarum
congruam
jun&uram
,
ic
etiam
reélam
orationis
cOmpofe-.
38
CO
péché.
Cependant
le
baptême
de
S.
Jean
ne
remettoit
pas
réelle-
ment
lés
péchés
ainfi
confeffés
;
il
en
promettoit
feulement
le
par-
don,
qu'ils
recevroient
dans
le
baptême
de
Jefus-Chrift.
Il
ne
fe
contentoit
pas
de
cette
Confeflion,
&
de
la
douleur
intérieure
qui
de-
voit
l'accompagner
;
il
demandoit
de
dignes
fruits
de
pénitence,
Jefés-Chrif
dit,
qu’il
confeffera
devant
fon
pere
,
qui
eft
dans
les
cieux
,
celui
qui
l'aura
généreu-.
fement
confeflé
devant
les
hom-
mes.
S.
Paul
loue
Timothée
d'a.
voir
confeflé
une
bonne
Confef-
fon,
c'eft-à-dire,
d’avoir,
au
pé-
ril
de
fa
vie,
rendu
unilluftre
té-
moipnage
à
la
vérité.
Le
même
Apôtre
dit
que
Jefus-
Chrift
a
ren-
du
une
bonne
Confeflion
devant
Ponce
Pilate.
Nous
donnons
le
nom
de
Con-
feflion
à
la
déclaration
publique
ou
particulière
que
l’on
fait
de
fes
péchés
à
un
miniftre
qui
a
le
pouvoir
d'abfoudre,
pour
en
re-
cevoir
la
pénitence
&
l’abfolu-
tion.
La
Confeffion
doit
être
vraie,
entière,
détaillée,
&
tout
ce
qui
s'y
dit
doit
être
enfeveli
dans
un
profond
filénce
,
fous
les
peines
.
les
plus
rigoureufes
contre
celui
:
qui
fera
convaincu
de
l'avoir
ré-
vélé,
Elle
eft,
de
droit
divin,
né-
ceffaire
à
ceux
qui
font
tombés
après
le
baptême.
Elle
étoir
au-
trefois
publique
;
mais,
lÉglife
;
pour
de
très-fortes
raifons,
ne
.
l'exige
plus
depuis
un
grand
nom-
bre
de
fiecles,
&
n’a
retenu
que
Ja
Confeflion
auriculaire.
CONFESSION
;
Conffro.
CO
Ce
terme
a
une
fignification
que
l’on
doit
remarquer
pour
l'intelli:
gence
de
l'Hifloire.
Les
Anciens
ont
ainfi
appellé
lés
fépulcres
où
tombeaux
des
Martyrs,
appéllés
aufh
quelquefois
Confefleurs
,
parce
qu'ils
avoient
confeflé
pu:
bliquement
la
religion
Chrétienne,
La
Confeflion
de
Saint
Pierre
à
Rome
étoit
fermée
avec
deux
clefs
;
&
lorfque
les
Papes
en:
voyoient
aux
Rois
&
aux
Princes
de
la
limure
des
chaînes
de
S,.
Pierre
,
ils
l’enfermoient
dans
une
clef
d'or
creufe,
femblable
à
celle
dont
le
fépulcre
de
ce
chef
des.
Apôtrés
étoit
férmé.
CONFIRMATION
,
Confr:
matio
,;
terme
de
Rhétorique
C’eft
la
partie
d’un
difcours
felon.
la
divifion
des
Anciens,
dans
la=…
quelle
l’orateur
doit
prouver
pat.
loix,
raifon
,
autorité
où
autres
moyens,
la
vérité
des
faits
où
des
propofitions
qu'il
a
avancées
|
foit
dans
la
narration,
foit
dans
fa
divifion.
C’eft
ce
que
nous
appel-
lons
preuves
&
moyens.
La
Confirmation
eft
direéte
où
indireéte
;
la
première
renferme
ce
que
l’orateur
a
avancé,
pour
fortihier
{a
caufe
ou
développer
fon
fujet
;
la
feconde,
qu’on
ap=
pelle
autrement
confutation
où
réfotation
,
ef
la
réplique
ant.
objeétions
de
la
partie
adverfe.
On
comprend
quelquefois
ces
deux
parties
fous
le
titre
général
de
contention.
a
Cette
partie
eft
comme
l'ame
de
l’oraifon
;
c'eft
fur
elle
qu'eft
fondée
la
principale
force
des
ar.
gumens
;
cet
pourquoi
Ariftote
l'appelle
rirris
,
fides
,
ce
qui
fait
CO
impreffion
fur
lefprit
des
audi-
teurs
,
&
concilie
leur
créance
à
l'orateur.
C’eft
la
partie
la
plus
effenrielle
de
l’éloquence
;
toute
l’adreffe
&
toute
la
force
de
l’art
y
font
renfermées
,
car
elle
con-
fifte
principalement
à
convaincre
&
à
émouvoir.
Dans
touces
les:
queftions
qu’on
ÿ
traite
;
il
faut
,
autant
qu'ileft
poffible
;
remonter
à
un
principe
lumineux,
le
pré-
fenter
à
fes
auditeurs
par
tous
les
côtés
qui
peuvent
le
faire
connoi-
tre,
@&
nele
point
quitter
qu'on:
ne
lait
placé
dans
fon
véritable.
jour.
On
doit
defcendre
enfuite
aux
conféquences
par
un
chemin
droit,
&
par
des
liaifons
naturelles,
enforte
que
l'on
voyela
conclufion
naître
du
principe
établi
dans
“Je
commencement.
Ainfi,
le
but
de
la
confirmation,
eft
de
prou-
ver
une
chofe
qui
paroit
douteu-
fe,
par
une
autre
qui
eft
tenue
pour
certaine,
L
La
forme
des
preuves
ef
diffé-
rente,
@&
l’art
de
l'orateur
con-
fifte
à
entre-méler
les
enthymêmes
aux
exemples
,
aux
induétions
,
aux
dilemimes,
&
à
les
revêtir
de
figures,
pour
ne
leur
pas
donner
un
air
uniforme
qui
déplairoit
in-
failliblemenr.
Mais
,
en
raflem-
‘blanr
tous
les
argumens
qui
éta-
bliffent
fa
caufe
,
l’orateur
doit
être
attentif
à
les
arranger
dans
un
ordre
convenable
,
en
mettant
au
commencement
&
à
la
fin
les
meilleures
preuves
,
&
les
plus
foibles
dans
le
milieu
;
c’eft
le
fentiment
de
Cicéron
dans
le
trai-
té
de
l’orateur.
C
O:
3
CONFIRMATION
,;
_
matio,
(a)
facrement
de
la
nou-
velle
Loi,
qui,
outre
le
carattère
ineffaçable
,
confère
à
l’homme
baptifé
des
graces
fpéciales
pour
confeffer
courageufement
la
foi
de
Jefus-Chrift
;
c’eft
la
définition
qu’en
donnent
quelques
Théolo-
iens
Catholiques.
Ils
font
divifés
fur
ce
qui
conf-
titue
la
matière
efléntielle
de
ce
facrement.
Les
uns
veulent
que
ce
foit
la
feule
impofñtion
des
mains,
&
que
l’onction
du
Saint
Chrême
ne
foit
que
matière
acci=
dentelle
ou
intégrante
;
c’eft
le
fentiment
du
P.
Sirmond
&
de
M.
de
Sainte-Beuve.
Les
autres,
comme
Grépoire
de
Valence
,
foû-
tiennent
que
les
Apôtres
em-
ployoïent
&
l'impoftion
des
mains
&
l'onétion
du
Saint
Chrême
;
mais
que
l’onétion
eft
devenue
par
l'ufage
matière
eflentielle,
&
lim
poftion
des
mains
matière
acci-
dentelle.
D'autres
réuniflent
en
quelque
forte
ces
deux
fenumens,,
en
foûtenant
que
l’impoñtion
des
mains
&
l’onétion
du
Saint
Chre-
me
font
également
matière
effen-
tielle.
Enfin,
un
quatrième
fenui-
ment
veut
que
Jefus-Chrift
ait
inftitué
l’une
&
l'autre
comme
matière,
en
laiflant
à
l'Églife
à
ufer
felon
fa
fagefle
de
l’une
ou
de
l’autre.
De
ces
fehtimens
le
troifième
eftle
plus
généralement
fuivi.
2
Parmi
les
Grecs
&
dans
tout
l'Orient,
on
donne
ce
facrement
immédiatement
après
le
baptèmes
mais,
dans
l'églife
d'Occidenr,
Ca)
Aëtu,
Apoñt,
c.
8.
y,
14:
@
fequ
@,
164
Vs
44s
&
fi
c.
19-
Ve.
6
Æ
iv
Re
40
CO
on
le
réferve
jufqu'à
ce
que
les
enfans
aient
atteint
l’âge
de
rai-
fon.
Quoïqu’on
trouve
des
preuves
très-fortes
de
fon
exiftence
dans
les
Aëtes
des
Apôtres,
&
de
fa
pratique
ou
adminiftration
dans
Tertullien
;
dans
Saint
Cyprien,
.
dans
Saint
Jérôme
&
dans
Saint
Auguftin,
les
Luthériens
&
les
Calviniftes
n’ont
pas
laïffé
que
de
le
retrancher
du
nombre
des
Sa-
cremens.
:
Il
paroït,
par
toute
Antiquité,
que
les
Évêques
ont
toujours
été
en
droit
de
conférer
le
Sacrement
de
Confirmation.
S.
Cyprien
&
la
plûpart
des
Peres
marquent
très
diftinétement
la
tradition
&
l'ufa-
ge
de
la
Confirmation,
par
l'im-
pofition
des
Prélats
de
l'Églife
e
depuis
les
Apôtres
jufqu'à
évx,
M.
Fleury
&
la
plûüpart
des
Théo-
logiens
modernes
établiflent
com-
me
un
caractère
diftin@ifentre
les
fonétions
des
prêtres
ou
des
dia-
cres
,
&
celles
des
Évêques,
que
les
premiers
puiflént
adminiftrer
le
baptême
,
au
lieu
qu'il
n’ap-
partient
qu'aux
Évêques
de
‘con-
férer
la
Confirmation
en
qualité
de
fucceffeurs
des
Apôtres,
Il
eft
certain
que
parmi
les
Grecs,
le
prêtre
qui
donne
le
baptême
,
confère
aufli
la
Con-
firmation;
&
Luc
Holfténius
affa
re
que
cet
ufage
eft
fi
ancien:
dans
l'Églife
Orientale,
que
le
pouvoir
de
confirmer
eft
devenu
comme
ordinaire
aux
Prêtres
qui
l'ont
reçu
des
Évêques.
De-là.
pour
ne
pas
condamner
la
prati=
que
de
cette
Églife
,
les
Théolo-
giens
penfent
que
lÉvêque
eft
le:
+
\
CO
miniftre
ordinaire
de
la
Confr.
mation,
&
queles
Prêtres
peus.
vent
[a
donner
,
:&
l'ont
fouvent
donnée
comme
miniftres
extra-
ordinaires
,
&
par
délégation.
-
La
Confirmation
eft
un
des.
trois
Sacremens:
qui
impriment
carattère.
|
-
On
donnoit
autrefoisla
Confr..
ation
aux
fêtes
folemnelles
de
Pâque
&
de
la
Pentecôte
00
aux
approches
de
la
perfécution.
Le
Concile
de
Rouen
prefcrit
que
-
celui
qui
donne
la
Confirmation,
&
ceux
qui
la
reçoivent,
foient
à
jeun.
Sur
les
cérémonies,
qui
ap-
Païtiennent
à
l'adminiftration
de
ce
Sacrement,
on
peut
voir
les
anciens
rituels
&
les
Théologiens
…
qui
en
ont
traité.
Fe
Dans
les
commencemens
dù
Chriflianifme
,
la
Confirmation
-
étoit
ordinairement
accompagnée,
de
dons
&
de
graces
miraculeu-
fes,
&
de
dons
extérieurs
du
Saint-Efprits
comme
du
don
des
langues
&
de
prophétie,
du
don.
des
miracles,
du
don
de
guérir
les
maladies.
-C’eft
ce
qui
parut
manifeftement
an
baptême
de
Corneille
,
le
Saint-Efprit
étant.
defcendu
fur
ceux
qui
comme
lui,
demandoient
à
être
baprifés,
&
ayant
prévenu
l'impoñtion
des:
Mains
,
par
une
difpen{ation
ex-
traordinaire
de
la
providence.
Les
Juifs,
qui
étoient
venus
à
Céfa-
rée
avec
Saint
Pierre,
en
furent
étonnés
;
&
ils
virent
avec
ad-
miration
ces
Payens
qui
par-
loient
diverfes.
langues
,
&
qui
glorifioient
Dieu
,
comme
ceux
qui
avoient
été
baptifés,
&
ceux
qui
avoient.recu
l'impoftion
des
Eo
mains.-
Lorfque
les
Apôtres
fu-
rent
yenus
à
Samarie,
pour
Con-
firmer
les
fideles
qui
avoient
cru
à
la
prédication
de
Philippe,
ils
leur
impoferent
les
mains,
&
leur
.
donnerent
le
Saint-Efprit.
Alors,
Simon
le
magicien,
ayant
vu
les
effets
merveilleux
de
l'impoftion
de
leurs
mains,
leur
préfenta
de
l'argent,
afin
qu'ils
lui
accordaf-
fent
aufh
le
pouvoir
de
donner
le
Saint-Efprit.
Enfin,
Saint
Paul
dans
fes
Épitres
,
parle
très-fou-
vent
de
ces
dons
furnaturels
ac-
cordés
aux
fideles
par
l'impoñtion
des
mains
;
&
il
paroït
par
les
Peres
que
cela
a
fubfifté
dans
l'É-
glife
jufqu'au
troifième
&
qua-
trième
fiecles.
CONFRONTATION
,
(2)
terme
qui
fignifie
la
repréfenta-
tion-d'une
perfonne
ou
d'une
cho-
fe
vis-à-vis
d'une
autre.
.
C'étoit
la
coûtume
chez
les
Hébreux,
que
les
témoins
miflent
les
mains
fur
la
tête
de
celui
con-
tre
lequel
ils
avoient
dépofé
au
fujet
de
quelque
crime;
ce
qu'ils
pratiquoient
en
conféquence
d’un
précepte
du
Lévitique.
C'eft
de-
_
là
que
dans
l'hiftoire
de
Sufanne,
il
ef
dit
que
les
deux
vieillards,
qui
faccuferent
,
mirent
leurs
.
mains
fur
fa
tête.
Cela
fervoit
de
confirmation
de
leur
dépofition
,
&
tenoit
lieu
chez.
eux
de
la
Con-
frontation
dont
on
ufe
aujour-
d'hui.
:
Nous
lifons
dans
Dion
Cafius
que
du
tems
de
l'empereur
Clau-
CG)
Levit.
c.
24.
v.
14
ee
(5)
Mém.
de
l’Acad.
des
Inférñip,
&
Bell.
Lett.
Tom.
V.p,
316
,
316,
Tom.
|206,
@
fiv.
VIe
pag.
626.
dr
fuïu..
Tom.
X.
pags
Co
4x
de
,
un
foldat
ayant
accufé
de
confpiration
Valérius.
Afiaticus
prit
à
la
Confrontation
pour
Va-
lérius
Afaticus
un
pauvre
hom-
me
qui
éroic
tout
chauve;
ce
qui
fait
voir
que
la
Confrontation
étoit
auf
ufitée
chez
les
Romains,
&
que
pour
éprouver
la
fidélité
des
témoins
,
on
leur
confrontoit
quelquefois
une
autre
perfonne
au
lieu-de
laccufé.
On
en
ufa
de
même
dans
ua
concile
des
Âriens
,
où
S,
Atha-
nafe
fut
accufé
par
une
femme
de
lavoir
violée.
Timothée,
prêtre,
fe
préfentanc
à
elle,
&
feignant
d’être
Athanafe,
découvrit
la
four-
berie
des
Ariens
&
l'impofture
de
cette
femme.
Le
recollement
des
témoins
n'étoit
point
en
ufage
chez
les
Romains,
mais
on
y
pratiquoit
la
Confrontation.
ie
.
CONFUCIUS
;,
Confucius
,
(b)
fameux
Philofophe
Chinois,
naquit.
felon
quelques-uns,
Pan
sso,
&
felon
d'autres
l'an
483
avantla
nailfance
de
Jefus-Chrift,
dans
le
royaume
de
LA,
quiet.
maintenant
la
province
de
Xan-
tung.
Îl
étoit,
fi
lon
en
croit
les
Chinois,
d’une
famille
illuttre,
qui
tiroit
fon
origine
de
Ti-1,
vingt-feptième
Empereur
de
Îa
He
race,
&
fon
pere
Xoleam-
hé
avoit
une
charge
-confidérable
dans
le
royaume
de
Sum.
Dès
fa
jeunefle
il
s’aquit
beaucoup
de
re-
putarion
parmi
les
Chinois
,
à
cau-.
fe
de
la
vivacité
de
fon
efprit,
&
392,
292.
Tom.
XIÏT.
pag.
123
S16:
Tom.
XIV.
pag,
59,
Tom,
X
VINS
pag,
*
3
E-O
de
la
folidité
de
fon
jugement.
Étant
mandarin,
&
employé
dans
le
gouvernement
du
royaume
de
E&,
il
fit
bientôt
connoître
com-
Bien
il
eft
important
que
les
Rois
foient
philofophes
,
ou
qu'ils
aient
des
Philofophes
pour
miniftres.
Éa
fcience
des
mœurs
&
la
poli-
tique
,
dont
il
avoit
pénétré
les
fecrets
,
le
firent
beaucoup
admi-
rer
dans
la
conduite
de
l'État
&
_dans
l’établifflement
des
loix,
Le
défordre
néanmoins
fe
gliffa
dans
B
cour
du
Prince,
à
l'occafion
de
plufieurs
belles
filles
que
le
roi
de
Xi
envoya
au
roi
de
Lû,
pour
Feféminer
par
cec
artifice,
&
pour
lui
faire
quitter
le
foin
de
fon
royaume.
Confucius,
voyant
que
Fe
Roi
n'écoucoit
plus
fes
confeils,
fe
défit
de
fa
charge,
quitta
la
cour,
&
fe
retira
dans
le
royaume
de
Süm.
ÎE
fit
profeffion
publique
d'en-
feigner
la
Philofophie
morale
;
&
fa
tépatation
lui
attira
plus
de
trois
mille
difciples
,
dontil
y
en
eut
foixante-douze
qui
furpafferent
les
autres
en
fcience
&
en
probité,
&
pour
qui
les
Chinois
ont
encore
à
préfentr
une
vénération
parti-
culière,
Confucius
divifa
fa
doc-
trine
en
quatre
parties,
&
fes
dif-
ciples
en
pareil
nombre
de
clafles.
Le
premier
ordre
étoit
de
ceux
qui
s’étudioient
à
acquérir
ce
qu'on
appelle
les
vertus
morales,
qui
font
l’honnêre
homme.
Le
fecond
rang
éroit
de
ceux
qui
apprénoient
l'art
de
raifonner
&
l’éloquence.
”
Dans
la
troiñième
clafle
on
traitoit
du
gouvernement
de
l'État
&
du
devoir
des
Magiitrats.
La
qua-
trième
claffe
s’occupoit
à
difcou-
E
O
rir
noblement
fur
tout
ce
qui
re:
garde
là
fcience
des
mœurs.
Ce
fçavant
Homme
avoit,
dit-on,
beaucoup
de
modeftie,
&
déclas
roit
hautement
qu'il
n'étoit
pa
l'inventeur
de
fa
do@rine,
mais
qu’il
Pavoit
tirée
de
fes
prédécefs
feurs
&
principalement
des
rois
Y20
&
Xun,
qui
l’'avoient
de-
vancé
de
plus
de
1500
ans.
|
On
conte
qu'il
afluroit
qu'ily
avoit
dans
le
païs
d'Occident
un
homme
refpeétable
,
nommé
Si:
fam-ren-ximgin,
dont
on
ne
dit.
rien
davantage
;
que
l’an
66
après
la
naiffance
de
Jefus-Chrift
l'em-
pereur
Mimti
envoya
des
am.
baffadeurs
en
Occident
pour
cher:
cher
ce
perfonnage;
mais
qu’étant.
arrivés
dans
une
ifle
proche
de
la
mer
Rouge,
ils
s’arrêterent
à
con.
fidérer
une
fameufe
idole
nom.
mée
Fé
,
repréfentant
un
Philo®
fophe
qui
vécut
dans
les
Indes
;00
ans
avant
Confucius.
Ils
empor-,
terent
cette
idole
dans
la
Chine,
avec
des
inftru@ions
fur
le
culte
qu'on
lui
rendoit.
Mais
,
c’eftune.
hiftoire
qui
n'a
aucun
fondement;.
&
le
Sage
ou
le
Saint
que
Confu::
cius
veut
qu'on
attende,
&
dont.
il
dit
qu'il'ne
viendra
peut-être
qu'après
cent
fiecles
,
devoit
ap*
prouver
les
loix,
lés
maximes
&ela
:
doctrine
des
rois
de’la
Chine,
qui
{ont
bien
éloignées
de
celles
du
Chriftianifme.
On
dit
que
ce
Philofophe
,
pré-
voyant
la
fin
de
fes
jours,
&le
défordre
hortible
de
la
cour
di
roi
de
Lû,
chanta
ces
vers
en:
tremêlés
de
foupirs
:
Montagne
immenfe
;.
où
es-tu
tombée?
Le,
grande
machine
ef
renverfees
les
SES.
hommes
-fages
6
les
vertueux
ont
manqué,
Les
Rois,
ajoûta-t-il,
re
fuivent
pas
mes
maximes
;
je
ñe
fuis
plus
utile
au
monde
;
ainfi,
il
ejt
tems
que
j'en
forte,
11
tomba
dans
une
léthargie
qui
dura
fept
jours
,
&
mourut
enfin
âgé
de
73
ans
On
Penterra
dans
le
royaume
de
Eù,
où
1l
étoit
re=
rourné
avec
fes
difciples
,
proche
de
la
ville
de
Kio-fa
,
fur
le
bord
de
la
rivière
de
Sû.
Son
tombeau
eft
dans
l'Académie
même
où
il
faïfoit
fes
leçons
,
laquelle
eft
fer-
méelde
muraillescommeun
bourg.
Il
ne
laïffa
point
d’enfans
vivans,
maïs
un
peuit-fils,
qui
foûtint
fa
maïfon.
Ses
defcendans
ont
tou-
jours
été
en
grand
honneur
chez
les
Chinois.
——
Depuis
plus
de
deux
mille
ans,
ce
Philofophe
a
toujours
été
en
grande
vénération
dans
la
Chine;
&t
perfonne
n’eft
élevé
à
Ja
qua-
lité
de
Mandarin
&
aux
charges
de
la
robe
,
qu'après
avoir
été
reçu
doéteur
felon
la
doûtrine
de
Confucius.
Dans
toutes
les
villes
il
y
a
des
palais
qui
lui
font
con-
facrés
;
&
lorfque
quelqu'un
des
officiers
de
la
robe
pañle
devant,
il
defcend
de
fon
palanquin
,
&
fait
quelques
pas
à
pied,
pour
rendre
honneur
àx
fa
mémoire.
Sur
le
frontifpice
des
palais
qui
lui
font
confacrés
,
on
voit
fes
éloges
en
grandes
lettres
d'or,
avec
de
femblables
titres:
Az
grand
mar-
tre;
à
l'illufiré
\
au
fage
roi
des
lettres:
Dans
ces
éloges
,
les
Chi-
nois
n’emploient
jamais
celui
d'Yun
,
qui
eft
un
nom
defliné
aux
idoles
;
.par
où
ils
donnent
à
connoitre
que
la
doétrine
de
Con-
PES
3
facius
condamnoit
raclée
fl
reftoit
encore
en
1646
un
de
fes
defcendans
,
qui
tenoit
un
rang
confidéräble
dans
PÉtat
;
&
Xan-
chi,
roi
Fartare
,
qui
conquit
ka
Chine
,
le
reçut
avec
beaucoup
d'honneur.
Ceux
de
cette
famille
font
mandarins-nés
|
&
ont
ua
privilege
qui
ne
leur
eft
common
qu'avec
les
Princes
du
fang,
de
ne
payer
aucun
tribut
à
FEmpe-
reur.
Outre
cela,
tous
ceux
qui
reçoivent
le
titre
de
doéteur
,
doi-
vent
faire
un
préfent
au
manda-
rin
de
la
race
de
Confucius.
Pour
fe
former
une
idée
de
ja
doétrine
de
Confucius,
on
peut
confulter
ce
que
nous
avons
dit
de
la
Philofophie
des
Chinois
fous
Particle
de
ce
peuple.
On
attribue
plufieurs
ouvrages
à
notre
Philo-
fophe,
&
entrautres
un
qui
eff
intitulé
Chou
-
King,
un
autræ
qu'on
connoit
fous
le
titre
de
Tchune-Tféou.
Confucius
avoit
écrit
fous
ce
titre
les
Annales
du
royaume
de
Lou
où
de
LA
fa
pa-
trie.
Ïl
ne
nous
refte
qu'un
frag-
ment
de
cet
ouvrage
de
Confu-
cius,
&
même
qu'un
fragment
affez
peu
étendu
;
mais
,
il
et
extrémement
important
,
parce
qu'il
contient
les
dates
précifes
de
35
éclipfes
de
Soleil.
Ces
éclipfes,
vérifiées
par
le
calcul
aftronomi-
que
des
Tables
modernes,
fixent
la
chronologie
Chinoïfe
depuis
l'an
720
jufqu’à
l'an
481.
Un
autre
ouvrage
qu’on
donne
à
Confucius,
c’eft
le
Xi-Kim,
ou
le
livre
des
Odes,
qui
com-
prend
un
recueil
d'anciennes
poë-
fes
rimées,-compofées
par
les
anciens
Empereurs,
raflemblées
CO.
44
Confucius
lui-même
;
plu-
fieurs
font
du
tems
des
empereurs
Yao
&
Xune.
CONEUTATION,
Confuta-
#0.
C’eft
une
partie
du
difcours
,
qui,
felon
la
divifion
des
Anciens,
confifle
à
répondre
aux
objeftions
de
fon
adverfaire
,
&
à
réfoudre
fes
difficultés.
On
réfute
les
obje@ions,
foit
en
attaquant
&
détruifant
les
prin-
cipes
fur
lefquels
l’adverfaire
a
fondé
fes
preuves,
foit
en
mon-
frant
que
de
principes
vrais
en
eux-mêmes
,
il
a
tiré
de
faufles
conféquences.
On
découvre
les
faux
raifonnemens
de
fon
adver-
faire,
en
faifant
voir
tantôt
qu'il
a
prouvé
autre
chofe
que
ce
qui
étoit
en
queftion,
tantôt
qu'il
a
_
abufé
de
l'ambiguité
des
termes,
où
qu'il
a
tiré
une
conclufion
ab-
folue
&
fans
reftrition,
de
ce
qui
n’étoit
vrai
que
par
accident,
ou
à
quelques
égards,
&c.
On
peut
de
même
développer
les
faux
raïfonnemens
dans
lef-
quels
l'intérêt,
la
pafion,
l’enté-
tement,
&c.
l'ont
jetté
;
relever
avec
adrefle
tout
ce
que
l’animo-
fité
&
la
mauvaife
foi
lui
ont
fait
hazarder.
Quelquefois
il
eft
de
Fart
de
l’orateur
de
tourner
les
objeétions,
de
forte
qu'elles
pa-
roiflent
où
ridicules,
ou
ihcroÿa-
bles,
ou
contradi@oires
entr'elles
>
on
étrangères
à
Ja
queftion.
Il
ya
aufh
des
occafons
où
le
ridicule
qu'on
répand
fur
les
preuves
de
ladverfaire,
produit
un
meilleur
efet
,
que
fi
l’on
s’attachoit
à
les
a).
Antiq.
expliq:
par
-D.-
Bern.
de
-Montf,
Tom.
II.
p.
149.
&>
fuiv.
Mém,
É
0:
Fà
combattre
férieufement.
Cat
partie
du
difcours
comporte
k
plaifanterie,
pourvu
qu’elle
fol
fine
,
délicate,
&
ménagée
à
pro
OS.
a
CONGE,
Congius,
(a)
foi
de
mefure
Romaine.
Le
Conx
Romain
étoit
la
mefure,
ordinait
à
laquelle
les
autres
mefuresi
rapportoient.
Une
plus
gratit
mefure
,
qui
étoit
l'amphore,
à
qui
ne
fe
prend
que
rarement
poli
une
mefure,
tenoit
huit
Congés,
le
Conge
tenoit
fix
feftiers
,
cel
a-dire,
douze
hemines
ou
dem
fefliers.
É.
On
trouve
plufieurs
Congà.
fur
les
monumens.
Celui
que
ep
du
Molinet
a
donné
,
&
quiatt
fait
fur
le
modele
de
celui
du
pa
lais
Farnèfe,
n’a
pas
la
même
mé.
fure
que
l'original
;
il
eft
plus
pet.
pour
le
moins
de
moitié.
Le
P.d.
Molinet
l’a
fait
graver
plus
perit,
afin
qu'il
tint
moins
de
place
da,
fonlivre.Le
P.Bonanni
nous
a
dot
né
un
Conpe
tel
qu'il
eft
dansl
cabinet
du
college
Romain;ce
Co
ge
eft
antique;tout
femblable
poit
la
grandeur,pour
la
forme
&
pol
Finfcription
à
celui
du
palais
Far
nèfe.
Il
a,
dit-il,
un
pied
&
haut
;
le
pied
Romain
n’a
qu'or
ze
de
nos
pouces
;
&
en
effer,@.
Conge
,
comme
le’P.
Bonanni
là
donné
,
a
onze
pouces
de
haut
ei
le
mefurant
par
dedans.
Le
fens
di
lnfcription
eft:
Ce
Conge
d'un
mefure
exatte,
qui
contient
L
Poids
de
dix
livres,
à
été
mis
dl
capitole
au
fixième
Confulat
dt
FRE
PAcad.;,des
Infcript.
&
Bell,
Let
Tom.
VIIL,
p.
373,
©
fuiv,
ONE.
CO
l'empereur
Vefpafien
;
&
au
qua=
trième
de
fon
fils
Tite-Céfar.
=
Lucas
Pœtus
dit
qu'il
a
une
fois
rempli
d'eau
le
Conge
du
palais
Farnèfe
,
pour
voir
fi
cette
eau
feroit
du
poids
de
dix
livres,
&
que
l'ayant
enfuite
peféë,
le
poids
monta
à
nenf
livres
fix
on-
ces
&
demie,
Ces
vafes
fe
con-
fervent
toujours
avec
la
rouille
ou
le
vernis
qu’ils
ont
contraëté
;
il
eft
impoflble
que
cette
rotille
n'ôte
quelque
chofe
de
la
capacité
du
vaifleau.
M.
Fabrettiremarque
de
plus
que
Lucas
Pœtns
n'ayant
pas
rempli
ce
Conge
entièrement
jufqu’au
haut,
comme
il
Pavoue
lui-même,
il
ne
fant
pas
s’éton-
ner
s'il
ny
trouva
pas
le
poids
jufte
;
il
Jaifla
vuide
tout
le
cou,
&t
la
partie
la
plus
reflerrée
,
qui
auroït
fans
doute
fait
tout
le
poids
requis,
&
même
quelque
chofe
par
de-là
,
s’il
l'avoit
tonte
rem-
plie.
Cependant,
c’eft
de
ces
for-
tes
d'exemples
pris
peu
exadte-
ment,
qu'il
conclut
que
l’once
Romaine
d'aujourd'hui
pefe
un
fcrupule
&
quatre
grains
plus
que
l'ancienne;
ce
qui
paroît
être
faux.
Il
y
en
a
qui
croyent
que
le
Conge
Romain
étoit
le
mêmé
que
le
Chus
où
le
Choa
Atrique.
D'autres
cependant
diftisguent
ces
deux
mefures.
CONGÉ.
(2)
C’éroitancienne-
ment;
comme
aujourd’hur,
une
permifhon
donnée
aux
foldars
de
s’abfenter
de
l’armée
on
de
quit-
ter
tout-à-fait
le
fervice.
Of
en
(a)
Mém.
de
l’Acad,
des
Infcript,
Tom.
XIX,
p.
418,
410,
CO
diftinguoit
de
plufieurs
fortes
chez
les
Romäins
,
comme
parmi
nous.
=
Le
Congé
abfolu,
mérité
par
‘âge
&
le
fervice,
&
accordé
aux
Vétérans,
fe
nommoit
Miffo
Jufla
&
honefla
;
ils
pouvoient
en
conféquence
difpofer
librement
de
leurs
perfonnes.
Le,Congé
à
rems,
étoit
appellé
Commeatus
;
quiconque
abandon
noit
l'armée
fans
cette
précaution,
étoit
puni
comme
déferteur,
c’eft-
a-cire
,
battu
de
verges,
&
vendu
comme
efclave,
=
Il
y
avoit
une
efpèce
de
Con=
gé
abfolif,
qui,
quoique
différent
du
premier,
ne
laifloit
pas
que
d'être
de
quelque
confidération
,
parce
que
les
Généranx
laccor-
‘doïent
pour
raïfon
de
bleffüres
;
de
maladies
&
d’infirmirés.
Tite
Live
&
Ulpien
en
font
mention
fous
lé
titre
de
Mo
Caufarite
Ce
Congé
n’excluoit
pas
ceux
qui
Pavoient
obtenu,
des
récompen=
{es
militaires.
ee
La
troifième
efpèce
de
Congé
étoit
dé
pure
faveur,
gratiofa
Mif=
Jo
;
les
Généraux
l’accordoient
à
ceux
qu'is
vouloient
Ménager
;
mais
;
pour
peu
que
la
république
en
fouffrit,
ou
que
les
Cenfeurs
faflent
de
mauvaife
humeur,
cet=
te
grace
étoit
bientôt
révoquée.
Enfin
,
il
y
avoit
une
quatrième
efpèce
de
Concé,
véritablement
infamante,-{urpis
©
1gn0Minio{z
Mifio.
C'éft
ainfi
qu'au
rapport
d'Hirtius
Panfa,
dans
l'Hifloire
de
la
guerre
d'Afrique
,
Céfar,
en
&
Bell,
Lett.
Tom,
IV.
Pe200,
&
fuie,
46
Co
préfence
de
tous
les
Tribuns
&de
tous
les
Centurions
chafla
de
fon
armée
À.
Aviénus
,
homme
tur-
bulent
,.&
qui
avoit
commis
des
exaétions
,
comme
mauvais
ci-
toyen
&
mauvais
officier.
Sous
les
Empereurs,
Augufte
“fit
deux
degrés
du
Congé
légitime;
iappella
le
premier
Exauctoratio,
pavilege
accordé
aux
foldats
qui
avoient
fervi
le
nombre
d'années
prefcrit
par
la
loi,
&
en
vertu
duquel
ils
étoient
dépagés
de
leur
ferment
&
affranchis
des
gardes,
des
veilles
,
des
fardeaux
,
en
un
mot
de
toute
charge
militaire,
ex-
cepté
de
combattre-contre
l'enne-
mi.
Pour
cet
effet
,
{éparés
des
autres
troupes,
@&
vivant
fous
un
étendart
particulier
,
vexillum
ve
#eranorum
,
ils
attendoient
qu'il
7
plür
à
l'Empereur
deles
renvoyer
.
avec
Ja
récompenfe
qui
leur
avoit
été
folemnellement
promife
;
&
c’étoit
le
fecond
degré
qu'ils
ap-
pelaïent
plena
Mifo.
Augufte
y
avoit
attaché
une
récompenfe
cer-
taine.&
réglée-foit
en
argent,foit
en
fonds
de
terre,
pour
empêcher
les
murmures
&
les
féditions.
-
CONJONCTION,
Conjunc-
io
y
terme
de
grammaire,
Les
Conjonétions
font
de
petits
mots
qui
marquent
que
l’efprit
outre
la
perception
qu’il
a
de
deux
ob-
jets,
apperçoit
entre
ces
objets
un
rapport
ou
d’acompagnement,
ou
d'oppofition,
ou
de
quelqu'autre
efpèce.
L’efprit
rapproche
alors
en
Jui-même
ces
objets,
&
les
con-
fidere
l’un
par
rapport
à
l’autre,
felon
cette
vue
particulière,
Or,
le
mot,
qui
n’a
d'autre
office
que.
de
marquer
cette
confidération
«=
€
O
relative
de
l'eéfprit,
eft
appel
Conjonétion.
Par
exemple,
fi
l'on
dit
qu
Cicéron
&
Quintilien
font
Les
Au
teurs
les
plus
judicieux
de
l’Ani
quité,
on
porte
de
Quintilien!}
même
jugement
que
l’on
énon
de
Cicéron;
voilà
le
motifqi
fait
que
l'on
räflemble
Cicént
avec
Quintilien.
Le
mot
qui
mat
que
cette
liaifon,
eft
la
Conjowt
tion.
à
Il
en
eft
de
même
fi
l’on
val
marquer.
quelque
rapport
d'opp
fition
ou
de
difconvenance
;
pl
exemple
,
quand
on
dit:
Qu'il}
4
un
avantage
réel
à
être
inftrüil
&t
que
l’on
ajoûte
enfuite
fans
at
cune
liaifon,,
qu'il
ne
faut
pas
qu
la
fcience
infpire
de
lorgueil}.
l'on
énonce
deux
fens
fépartsi
mais,
fi
on
veut
rapprocher.
deux
fens,
&
en
former
l’unt
ces
enfembles
qu’on
appelle
pé*
riode
,
on
apperçoit
d’abord
del
la
difconvenance
,
&-une
foi
d'éloignement
&
d’oppoñtion
qu
doit
fe
trouver
entre
la
fciencel
l’orgueil.
Voilà
le
motif
qui
fait
réunires
deux
objets,
c’eft
pour
en
mit
quer
la
.difconvenance
;-ainf
,
&
les
raflemblant
,.on
énoncera
tt
te
idée
accefloire
par
la
Conjont:
tion
ais
;
on
difa
donc
qwil}
a
un
avantage
réel
à
être
inftruil
mais.qu'ilne-faut
pas
que
cet
avaw.
tage
infpire
de
l’orgueil,
Ce
ml
rapproche
les
deux
propofitioi
ou
membres
de
la
période,
&
{6
met
en
oppofition.
Ainf,
la
valeur
de
la
Comjont:
tion
confifte
à
lier
des
mots
pil
une
nouvelle
modification
ou.id#
CO
accefloire
ajoûtée
à
Fun
par
rap-
‘port
à
l’autre.
…
Les
anciens
Grammairiens
ont
balancé
s'ils
placeroient
les
Con-
jonctions
au
nombre
des
parties
du
difcours
;
&
cela,
par
la
raïfon
que
les
Conjonétions
ne
répréfen-
tent
point
d'idées
de
chofes.
Mais,
qu'eft-ce
qu'être
partie
du
dif-
cours
?
dit
Prifcien
;
finon
énoncer
quelque
conception,quelque
affec-
tion
où
mouvement
intérieur
de
.
d'efprit.
Il
eft
vrai
que
les
Con-
Jon@ions
n'énoncent
pas
comme
font
les
noms
des
idées
d'êtres
ou
réels
ou
métaphyfques;
mais,
elles
expriment
l’état
ou
affeétion
de
l’efprit
entre
une
idée
&
une
autre
idée,
entre
une
propofñtion
&
une
autre
propoftion.
Ainfi,
les
Conjonétions
fuppofent
tou-
jours
deux
idées
&
deux
propoñ-
tions
,
&
elles
font
connoître
l’ef-
pece
d'idée
accefloire
que
l’efprit
Concoit
entre
l’une
&
l’autre.
Si
l'on
ne
regarde
dans
les
Con-
jon@ions
que
la
feule
propriété
de
lier
un
fens
à
un
autre
fens,
on
doit
reconnoître
que
ce
fervice
deur
eft
commun
avec
bien
d’au-
tres
mots.
1.9
Le
verbe,
par
exemple,
lie
l’attribnt
au
fujet;
les
pronoms
lui
,elle
eux,
le,
la,
les
,
leur
lient
une
propofñtion
à
nee
propofñtion.
Maïs,
ces
mots
tirent
leur
dénomination
d’un
autre
emploi
qui
leur
eft
plus
particu-
lier,
Te
2.
Il
y
a
aufhi
des
adjeifs
relatifs,
qui
font
l'office
de
Con-
Jonétion;
tel
eft
le
relatif
gui,
Le-
quel,
laquelle
;
car
,
outre
que
ce
mot
rappelle
&
indique
l'objet
CO
47
dont-on
a
parlé,
il
joint
encore
êt
unit
une
autre
propoftion
à
cer
objet,
il
identifie
même
cette
nou-
velle
propoñtion
avec
l'objet:
Dieu
que
nous
adorons,
eff
tout
puflant.
Cet
attribut,
ef?
vous
puflant,
eft
affirmé
de
Dies,
en
tant
qu'il
eft
celuique
nous
ado-
ons.
Tel,
quel
,
talis
qualis
;tantus
quantus
;
101
,
quots
&c.
font
auffi
l'office
de
Conjonétion.
3.°
Il
y
a
dés
adverbes
qui,
outre
la
propriété
de
marquer
une
circonftance
de
tems
ou
de
lieu,
fuppofent
de
plus
quelque
autre
penfée
qui
précede
la
propoñition
où
ils
fe
trouvent,
Alors,
ces
ad-
verbes
font
auf
l'office
de
Con-
jonttion;
tels
font
4fn
que.
On
trouve
dans
quelques
anciens,
&
l’on
dit
même
encore
aujourd'hui
dans
certaines
provinces,
4
cette
fin
que,
ad
hunc
finem
fecundim
quem
,
où
l’on
voit
la
prépoñtion
&
le
nom
qui
font
l’adverbe,
&
de
plus
l’idée
accefloire
de
liaifon
&
de
dépendance.
Il
en
eft
de
mé-
me
de,
à
caufe
que,
propteres
quôd,
parce
que,
quia
;
encore,
adhuc;
déja,
Jam
;
&ec.Ces
mots
doivent
être
confidérés
comme
adverbes
conjonétifs
,
puifqu'ifs
font
en
même
tems
l'office
d'ad-
verbe
&
celui
de
Conjondion.
C'eft
du
fervice
des
mots
dans
la
phrafe
qu’on
doit
tirer
leur
déno-
.mination:
À
l'égard
des
Conjon@ions
pro-
prement
dires
,
il
y
en
a
d’autane
de
fortes,
qu'il
y
a
de
différences
“dans
les
points
de
vue,
fous
lef_
quels
notre
efprit
obferve
un
rap-
port
entre
un
mot
&
un
autre
CO
Æ
amare
,
ces
deux
lettres
à,
#m,
font
les
radicales
où
immua-
bles;
fi
à
ces
deux
lettres
j'ajoûre
o,
je
forme
amo.
Or,
en
difant
amo,
je
fais
Connoître
que
je
juge
de
moi,
je
mattribue
le
fenui-
ment
d'aimer
;
je
marque
donc
en
même
tems
ja
voix,
le
mode,
le
tems,
le
nombre,
la
perfonne.
Nos
faifons
ici
en
paflant
cet-
te
obfervation
,
pour
faire
voir
qu'outre
la
propriété
de
marquer
la
voix,
lé
mode
,
la
perfonne,
-&c.
&
outre
la
valeur
particulière
de
chaque
verbe,
qui
énonce
ou
l'eflence
,
ou
l'exiftence,
ou
quel-
‘qu'aétion,
ou
quelque
fentiment,
Sc.
le.verbe
marque
encore
l’ac-
tion
de
l’efprit
qui
applique
cette
valeur
à
un
fujet,
{oit
dans
les
pro-
poñtions,foit
dans
les
fimples
énon-
Ciations
;
&
c'eft
ce
qui
difflingue
le
verbe
des
autres
mots,
qui
ne
font
que
de
fimples
dénominations.
Mais,revenons
au
motConjugaifon.
On
peut
aufh
regarder
ce
mot
comme
un
terme
métaphorique,
tiré
de
l'attion
d'atteler
les
ani-
maux
fous
le
jour
;
au
même
char,
à
la
même
charrue;
ce
qui
emporte
l'idée
d'aflemblase.
de
_haïfon,
&
de
jondion.
Les
an-
ciens
Grammairiens
fe
font
fervis
indifféremment
du
mot
de
Con-
jugaifon,
&
de
celui
de
Déclinai-
fon,
foit
en
parlant
d’un
verbe,
foit
en
parlant
d'un
nom;
mais
aujourd'hui
,
on
emploie
decli-
ratio
@
declinare,
‘quand
il
s'agit
-des
noms;
&
on
fe
fert
de
Coz-
jJugatio
&-de
Conjugare
,
quand
left
queftion
des
verbes
—
=
-
Les
Grammairiens
de
chaque
langue
ont
obfervé
qu'il
y
avoit
:
ET
a+
Re
CO
des
verbes
qui
énoncoient
les
mo:
des,
les
tems
,
les
nombres,
&
les
perfonnes,
par
certaines
ter
minaifons,
&
que
d’autres
verbes
de
la
même
langue
avoient
dé
terminaifons
toutes
différentes
,
pour
marquer
les
mêmes
modes,
les
mêmes
tems,
les
mêmes
nom.
bres
,
&
les
mêmes
perfonnes,
Alors,
les
Grammairiens
ont
fait
autant
de
clafles
différentes
de
ces
verbes,
qu'il
y
a
de
variétés
en.
tre
leurs
terminaifons,
qui,
mal.
gré
leurs
différences,
ont
cepen-.
dant
une
égale
deflination
pat.
rapport
autems,
au
nombre,
&
à
la
perfonne.
Par
exemple,
amo,
amavl,
amatum
,
amare
;
Jaime
Jai
aimé,
aimé,
aimer
;
mono,
mOnuUI
;
MON
,
MOnCrE,
AVere
tir
;
/epo,
legi
,
leélun
,
legere,
;
lire;
audio
,
audivi,
auditum,
audire
,
entendre,
Ces
quatrefor-.
tes
de
terminaifons
différentes
en.
ir'elles,
énoncent
également
dé.
vues
de
l'efprit
de
même
efpèce
|
Armavi,
Jai
aimé;
monui,
Ja.
finguler
&
au
tems
paflé
de
l'in:
_dicatif,
[l
n'y
a
de
différence
que
dans
l'a@tion
que
l'on
attribue
à
à
chacune
de
ces
premières
perfons
nes;
&
cette
ation
eft
marquée
à
par
les
lettres
radicales
du
verbe
am,
mOn,
lep,
aud.
Parmi
les
veghes
Latins,
[es
bas
ont
Îeurs
terminaifons
fem-
blables
à
celles
d’emo,
les
autres
à
celles
de
moneo,
d’autres
à
cel-
les
d'audio.
Ce
font
ces
claflés
différentes
,
que
les
Grammai-
averti;
/eoi,
J'ai
lu
>
audivi
,
Ja
entendu.
L'on
voit
que
ces
difié-
rentes
terminaifons
marquent
épa
lement
la
première
perfonne
al
CO
riens
ont
appellées
Conjugaïfons.
Ïls
ont
donné
un
HR
:
mapad'e:yui,
exemplar,
c'eft-à=
dire,
un
modèle
à
chacune
de
ces
différentes
clafles
;
ainfi
,
amare
eft
le
paradigme
de
vocare,
de
nuntiare,
&
de
tous
les
autres
verbes
terminés
en
are
;
c'eft
la
première
Conjugaifon.
Monere
doit
être
le
paradigme
de
la
feconde
Conjugaïfon,
felon
les
Rudimens
de
la
méthode
de
P.
R.
à
caufe
de
fon
fupin
moni-
um
;
parce
qu'en
effet,
il
y
a
dans
cette
Conjugaifon
un
plus
grand
nombre
de
verbes
qui
ont
leur
fupin
terminé
en
zum
,
qu'il
n
y
en
a
quile
terminent
comme
doflum,.
Lepere
eft
le
paradigme
de
la
troïlième
Conjugaifon;
&
enfin
audire
,
celui
de
la
quatrième.
À
ces
quatre
Conjugaifons
des
verbes
Latins,
quelques
Gram-
mairiens
pratiques
en
ajoûtent
une
cinquième
,
quils
appellent
mixte,
parce
qu'elle
eft
compofée
de
la
troïfième
&
de
la
quatrième;
c'eft
celle
des
verbes
en
ere
,
10
;
ils
lui
donnent
accipere
,
accipio
pour
paradipme.
Il
y
a
en
effet
dans
ces
verbes
des
terminaifons
qui
fuivent
lepere
;
&
d’autres
au-
dire.
On
dit
audior,
audiris
;
au
lieu
qu'on
dit
accipior
;
acciperis,
comme
legeris
,
&
l’on
dit
acci-
Pluntur,
comme
audiuntur,
&c.
Ceux
des
verbes
Latins,
qui
füivent
quelqu'un
de
ces
paradig-
mes,
font
dits
être
réeuliers
;
&
céux
,
qui
ont
des
terminaifons
particulières
,
font
appellés
ano-
maux,
c'eft-à-dire
,
irréguliers
[
Racine
à
privatif
;
&
ru
»
CO
rèole
|,
comme
féro,
fers,
fert
;
-volo
,
vis,
vult,
&c.,
Onen
fait
des
liftes
particulières
dans
les
Rudimens.
D'autres
font
feule-
ment
défedtifs
;
c’eft-à-dire,
qu'ils
manquent
ou
de
prétérit
où
de
füupin,
de
quelque
mode
,
ou
de
quelque
tems
;
ou
de
quelque
perfonne
,
comme
oporfet
;
pœni-
ter,
pluit
,
&c.
_
Untrès-pgrand
nombre
de
ver-
bes
s’écartent
de
leur
paradigme,
ou
à
leur
prétérit,
ou
à
leur
fupin;
mais,
ils
confervent
toujours
l’a-
_nalogie
Latine
;
par
exemple
,
fonare
fait
au
prétérit
fonui,
plu-
+Ôt
que
fonavi
;
dare
fait
dedi
,
&
non
pas
davi,
&c.
On
fe
con-
tente
d’obferver
ces
différences
,
fans
pour
cela
regarder
ces
verbes
comme
des
verbes
anomaux.
Au
refte,
ces
irrégularités
apparentes
viennent
de
ce
que
les
Grammai-
riens
n'ont
pas
rapporté
ces
pré
-
térits
à
leur
véritable
origine;
car,
fonui
vient
de
fonere
,
de
la
troi-
fième
Conjugaifon,
&
non
pas
de
fonare
;
dedi
eft
une
fyncope
de
dedidi
prétérit
de
dedere.
Tuli,
latum
;
ne
vient
point
de
fero.
Tuli
qu'on
prononçoit
tou,
vient
de
tollo
;
fufluli
vient
de
fuflulo
;
&
latum
vient
de
re»
par
fyncope
de
rardw
,
fuffero
,
fuftineo.
L'auteur
du
Novitius
dit
que
latum
vient
du
prétendu
verbe
inufité.,
lare,
Lo
:
mais,
il
n'en
/
rapporté
aucune
autorité.
:C'eft
ainfi
que
fui
ne
vient
point
du
verbe
/#m.
Nous
avons
de
pareilles
pratiques
en
Fran-
ÇOis;
Je
Vas,
J'ai
clé,
JIrai,
ne
viennent
point
d'a//er,
Le
pre-
IV
6
GO
=.
vient
de
vadere,
le
fecond
de
l'Tralien
ffato
,
&
le
troifième
du
Latin
ge
S'il
eût
été
pofhble
que
les
lan-
gues
euflenr
été
le
réfultat
d’une
-aflemblée
générale
de
la
nation,
&
qu'après
bien
des
difcuffions
&
des
raifonnemens,
les
Philofo-
È
A
phes
y
euflent
été
écoutés,
&
euffent
eu
voix
délibérative
;
il
eft
vraifemblable
qu'il
y
auroit
eu
plus
d’umformité
dans
les
lan-
gues.
Il
ny
auroit
eu
,
par
exem-
ple,
qu'une
feule
Comugaifon,
&t
un
feul
paradigme,
pour
tous
les
verbes
d'une
langue.
Mais,
comme
les
langues
n'ont
été
for-
mées
que
par
une
forte
de
mé-
_taphyfique
d'inftiné&t
&
de
fenti-
ment
,
s'il,
eft
permis
de
parler
ainfi
;
il
n’eft
pas
éionnant
qu'on
n'y
trouve
pas
une
analogie
bien
exacte,
&
qu'il
y
ait
des
irrégu-
larités.
Par
exemple,
nous
défi-
gnons
la
même
vue
de
l’efprit
par
plus
d'une
manière
;
foit
que
la
nature
des
letttes
radicales
qui
forment
le
mot,
amènent
cette
différence
,
ou
par
la
feule
raïfon
du
Caprice
&
d’un
nfage
aveugle
;
ainfi
,
nous
marquons
la
pre-
mière
perfonne
au
fingulier
,
quand
nous
difons
j’aime
:
nous
défignons
auffi
cette
première
perfonne
en
difant
je
finis,
ou
“bien
Je
reçois
,
ou
je
prends
|
&c.
Ce
font
ces
différentes
fortes
de
terminaïons
,
auxquelles
les
ver-
bes
font
aflujettis
dans
une
lan-
gue,
qui
font
les
différentes
Con.’
…jJugaïfons,
comme
nous
l'avons
déjà
obfervé,
Il
y
a
dés
lanpues
,
où
les
différentes
vues
de
l'efprit,
font
marquées
par
des
particules,
CO
dont
les
unes
précédent,
&
d'a
tres
fuivent
les
radicales.
Qu'im:
porte
comment,
pourvu
que
li
vues
de
l'efprit
foient
diftingués
avec
nètteté,
&
que
l’on
apprens
ne
par
ufage
à
connotre
les
fl:
gnès
de
ces
diftin@tions
?
Parrhi
fes
Auteurs
qui
on
compofé
des
Grammaires
pour.
la
langue
hébraïque
,
les
uns
comptent
fept
Conjugaifons,
d'a
tres
huit.
Mafclef
n’en
veut
que
cinq
;
&
il
ajoûte
qu'à
park.
éxaltement,ces
cinq
devroient
ête.
réduites
à
trois.
rs
Nous
nous
contenterons
d'ob
ferver
ici
que
les
verbes
hébreu.
ont
voix
adive
&
voix
paflve.
Es
ont
deux
nombres,
le
fingulin
&
le
pluriel
;
1ls
ont
trois
perfon.
nes,
Gt
en
conjüguant
,
on
com-
mence
par
la
troifième
pérfonne,.
parce.
que
les
deux
autres
font
formées
de
celle-là,
par
l'addition
de
quelques
lettres:
|
En
hébreu
,
les
verbes
ont
trois.
genres,
comme
les
noms,
le
gen
re
mafculin,
le
genre
féminin,
&.
le
genre
commun
;
enforte
que.
l’on
corinoît,
par
la
terminaifon
di
verbe
,
fi
l'on
patle
d'un
nom
mafculin,
où
d'un
nom
féminin;
mais
,
dans
tous
les
tems
;
la
pie.
mière
perfonne
elt
toujours
di.
genre
commun,
Au
refte
,
ls.
kébreux
n'ont
point
de
gene.
neutre;
mais,
lorfque
14
même.
terminai{on
fert
épalement
pourk
mafculin
;
ou
pour
le
féminin,
on
dit
que
Le
mot
eft
du
genre
com-
mun;
c’eft
ainfi
que
l’on
dit
en
Latin
ic
adolefcens
>,
ce
jeun.
Romme
,
&c
kec
adolefcens
,
cet
jeune
fille;
ciyis
bonus,
bonci:
|
CS
toyen
,
cvs
bonz
,;
bonne
ci-
toyenne;
&
c'eft
ainfi
que
nous
difons
age
,
utile
,
fidele,
tant
au
mafculin
qu'au
féminin.
On
pour-
roit
dire
aull
qué
dañs
les
autres
langues
,
telles
que
le
Grec,
le
Latin,
le
François,
&c.
toutes
les
terminaifons
des
verbes
dans
les
tems
énoncés
par
un
feul
mot,
font
du
genre
commun;
ce
qui
ne
figniieroit
autre
chofe
,
finon
qu'on
fe
fert
également
de
cha
cune
dé
ces
terminaifons
;
foit
qu'on
parle
d'uh
nom
mafculin,
ou
d'un
noi
féminin.
-
de
Les
Grecs
ont
trois
efpèces
de
verbes
par
rapport
à
la
Conjugai-
fon;
chaque
verbe
ef
rapporté
à
fon
efpèce
,
füivarit
la
términaifon
du
thême,
On
appelle
thême
,
en
_
termes
de
Grammaire
grecque,
la
première
perfonne
du
préfent
dé
lindicatif,
Ce
mot
vient
de
Tifmu
;
porno,
parce
que
c'eft
de
cette
première
perfonne
que
l’on
forme
les
autres
tems
:
ain,
l'on
pole
d'abord
,
pour
ainfi
dire
,
ce
préfent,
afin
de
parvenir
aux
fot-
mations
régulières
des
autrestems.
La
première
efpèce
de
Conju-
gaifon
eft
celle
des
verbes
qu'on
appelle
barytons,
de
Cœpde
gra
ve,
êt
de
rére,
ton,
accent,
Parce
que
ces
verbes
étoient
pro-
noncés
avec
l’accent
grave
fur
la
dernière
fyllabe;
&
quoique
au-
Jourd'hui
cer
accent
ne
fe
marque
point,
on
les.
appelle
pourtant
toujours
barytonss
rlæ,
sendo
:
T'Tte,
verbero,
font
des
verbes
barytons.
a
.
La
feconde
force
de
Conjugai-
fon,
eft
celle
des
verbes
circon-
flexes.
Ce
font
des
verbes
bary-
CO
7
tohs’,
qui
fouffrent
contraétion
en
quelques-unes
de
leurs
terminai-
fons
,
&
alors
ils
font
marqués
d'un
accent
circonflexe
;
par
exem-
ple,
dyardo,
armo
,
eft
le
barya
ton,
&
dyare
le
circonflexe.
Les
barytons
&
les
circonflexes
fonc
également
terminés
en
+
à
la
pretnière
perfonne
du
préfent
de
l'indicatif,
La
troifième
efpèce
de
verbes
Grecs
,
eft
celle
des
verbesen
ar,
parce
qu’en
effet
ils
font
terminés
En
gi;
qu.
fume
fais.
I!
y
a
fix
Conjugaifons
des
ver-
bes
bärytons;
elles
ne
font
diftin-
güées
entrelles
que
parles
lettres
Gui
précédent
la
terminailon.
On
diftingue
trois
Conjugai-
fons
des
verbes
circonflexes
;
la
première
eft
des
bäryrons
en
<w
;
la
feconde
de
ceux
en
aw.
&
la
troifième
de
ceux
en
0.
Ces
trois
fortes
de
verbes
deviennent
cir-
Conflexes
par
la
contrattion
en
&.
On
diftingue
quatre
Conjugai-
fons
des
verbes
en
ur
;
&
ces
quatre,
jointes
à
celles
des
verbes
barytons
&
à
celles
des
circon-
flexes
,
cela
fait
treize
Conjugai-
fons
dans
les
verbes
Grecs.
.
Tel
eft
le
fyflême
commun
des
Grammairiens
;
mais,
la
mé-
thode
de
P.R,
réduit
ces
treize
Conjugaifons
à
deux
;
l’une
des
verbes
en
«qu'elle
divife
én
deux
efpèces,
celle
des
verbes
qui
Conjugüent
fans
contraction
,
&
ce
font
les
barytons;
celle
de
ceux
qui
font
conjugués
avec
contrac-
tion
;
&
alors
ils
font
appellés
circonflexes.
L'autre
Conjugai-
fon
des
verbes
Grecs
eit
celle
des
verbes
en
x,
58
CO
Il
y
a
quatre
obfervations
à
faire
pour
bien
conjuguer
les
ver-
bes
Grecs;
1.°
il
faut
obferver
la
terminaifon.
Cette
terminaifon
eft
marquée,
ou
par
une
fimple
let-
tre,
ou
par
plus
d'une
lettre.
2.9
La
figuration
,
c'eft-à-dire,
la
lettre
qui
précede
la
terminai-
_:
fon.
On
l'appelle
aufi
caratérif-
tique,
ou
lettre
de
marque.
On
doit
faire
une
attention
particu-
lière
à
cette
lertre,
au
préfent,
au
prétérit
parfait,
@c
au
futur
de
l'indicatif
actif
;
parce
que
c’eft
de
ces
trois
tems
que
les
autres
font
formés,
La
{ubdivifion:des
Con-
jugaifons
;
&
la
diftinétion
des
tems
des
verbes,
fe
tirent
de
cet-
te
lettre
figurative
ou
cara@térif-
tique.
3.7
La
voyelle
ou
la
diph-
thongue
qui
précedent
la
termi-
paifon.
4°
Enfin
,
il
faut
obferver
Paugment.
Les
lettres,
que
l'on
ajoûte
avant
Ja
première
fyllabe
‘du
thême
da
verbe
,
où
le
chan-
gement
qui
fe
fait
au
commence-
ment
du
verbe
,
lorfqu’on
change
une
breve
en
une
longue,
eft
ce
qu'on
appelle
augment;
ainfi,
il
a
deux
forres
d'augmens.
1.°
L'augment
fyllabique,
qui
fe
fait
en
certains
tems
des
verbes
qui
commencent
par
une
confonne
;
par
exemple,
rvœre
,
verbero
,
eff
le
thôême
fans
auvgment
;
mais,
dans
érürror,
verberabam,
c'elt
laugment
{yllabique
,
qui
ajoûte
une
fyllable
de
plus
à
5710.
.
29,
L'augment
temporel
fe
fait
dans
les
verbes
qui
commencent
Par
une
voyelle
breve,
que
l’on
change
en
une
longue;
parexem.
_
CO
ple,
epvo,
traño,
ÿpuor
,
trale
bam.
fe
Ainfi,
non
feulement
les
ver.
bes
Grecs
ont
des
terminaifoi
différentes
,
comme
les
verbi
Latins
;
mais
de
plus
,
ils
oi
laugment
qui
fe
fair
en
certaï.
tems,
&
au
commencement
(l
mot.
Voilà
une
première
différent
entre
les
verbes
Grecs
,
&
li
verbes
Latins,
:
—
_2.°
Les
verbes
Grecs
ont.
mode
de
plus;
c’eft
l’optatif
qi,
en
Grec
a
des
terminaifons
pas
ticulières
,
différentes
de
cellesd
fubjonétif
;
ce
qui
n’eft
past
Larin.
:
3.9
Les
verbes
Grecs
0,
le
duel,
au
lieu
qu’en
Latin,
t
nombre
eft
confondu
avec
le
pli
riel.
À
Les
verbes
Grecs
ont
un
pli
grand
nombre
de
tems
;
ils
oi
deux
aoriftes
,
deux
futurs,
&tui
l
paulo-poft
fatur
dans
le
fens
pit
ff
,
à
quoi
les
verbes
Latins
fux
pléent
par
des
adverbes.
5-°
Enfin,
les
Grecs
n'ontils
fupins
ni
gérondifs
propremtll
dits
;
mais,
ils
en
font
bien
dé
dommagés
,
par
les
difiérent
terminaons
de
l'infnitif,
&
pi
les
différens
participes.
Il
y
ai
infnitif
pour
le
tems
préfent,
ll
autre
pour
le
futur
premier
,
us
autre
pour
le
futur
fecond,
ll
autre
pour
le
premier
aorifte,
ll
autre
pour
le
fecond
aorifte,
autre
pour
le
prétérit
parfait,
€
fin
il
y
en
a
un
autre
por
paulo-poft
futur,
&
de
plus,
il]
a
autant
de
participes
particuléfl
pour
chacun
de
ces
tems-la,
€
O
_
À
légard
du
François,
à
faut
d'abord
obferver
que
tous
nos
verbes
font
terminés
à
l’infinitif,
Ouener,
ouen/,
OUeno/r,
où
enre
>;
ainfi,
ce
feul
mot
techni-
que
er-ir-oir-re
,
énonce
par
cha-
cune
de
fes
fyllables
chacune
de
nos
quatre
Conjugaifons
géné-
rales.
Ces
quatre
Conjugaifons
gé-
nérales
font
enfuite
fubdivifées
en
d’autres
,
à
caufe
des
voyelles,
ou
des
diphthongues
,
ou
des
con-
fonnes
qui
précedent
la
terminai-
fon
générale;
par
exemple,
er
_eft
une
terminaïfon.
générale
;
mais
,
{1
er
eft
précédé
de
fon
mouillé
foible,
comme
dans
ez-
VO-Ver,
ennu-yer,
ce
{on
apporte
quelques
différences
dans
la
Con-
jugaïfon;
il
en
eft
de
même
dans
re
;
ces
deux
lertres
font
quelque.
fois
précédées
de
confonnes
,
comme
dans
vaincre
,
rendre
,
battre
,
&cc.
Nous
croyons
que
plutôt
que
de
fatiguer
l'efprit
&
la
mémoire
de
règles
,
il
vaut
mieux
donner
un
paradigme
de
‘chacune
de
ces
quatre
Conjugaifons
générales,
mettre
enfuite
au-deflus
une
lifte
alphabétique
des
verbes
que
l'ufage
a
exceptés
de
la
règle.
ous
croyons
aufh
que
l’on
peut
s’épargner
la
peine
de
fe
fa-
-Hguer
après
les
obfervations
que
les
Grammairiens
ont
faites
fur
les
formations
des
tems;
la
feule
infpetion
du
patadigme.
donne
lieu
à
chacun
de
faire
fes
remar-
ques
fur
ce
point.
ee
D'ailleurs
,
les
Grammairiens
Ca)
Plut.
Tom.
Ip.
2,
CO
59
ne
s'accordent
point
fur
ces
for-
mations,
Les
uns
commencent
par
linfioiuf
;
1l
y
en
a
qui
tirent
les
formations
de
la
première
per-
fonne
du
préfent
de
l'indicatif;
d’autres
,
de
la
feconde
,
&c.
l’ef-
fentiel
eft
de
bien
connoïre
la
f-
gnification
,
l'ufage
&
le
fervice
d'un
mot.
Amufez-vous
enfuite
tant
qu'il
vous
plaira
,
à
obferver
les
rapports
de
filiation
on
de
pa-
ternité
que
ce
mot
peut
avoir
avec
d’autres.
Nous
croyons
pou-
voir
nous
difpenfer
ici
de
ce
dé-
tail,
que
l’on
trouvera
dans
Îles
Grammaires
Françoifes.
CONNIDAS,
Connidas
,
(a)
Kowid'ac
,
avoit
été
précepteur
du
roi
Théfée.
Les
Athéniens
lui
fa-
crifioient
tous
lesans
un
bélier,
le
jour
qui
précédoit
la
fête
de
Thé-
fée;
honorant
ainfi,
avec
plus
de
raifon
&
de
juftice,
la
mémoire
de
celui
qui
avoit
formé
leur
Prince,
que
celle
de
Silanion
&
de
Parrhafius
,
qui
n’en
avoient
fait
que
des
ftatues
&
des
por-
traits.
Ce
facrifice
du
bélier,
que
les
Athéniens
offroient
toutes
les
sn-
nées
au
gouverneur
de
Théfée,
a
donné
lieu
au
proverbe
Kwmce
Tpopéix
@réricev,
le
bélier
a
payé
l'éducation,
pour
dire
que
les
peu-
ples
ne
fçauroient
marquer
trop
de
reconnoïflance
à
ceux
qui-ont
bien
élevé
leurs
Princes,
&
que
toutes
les
récompenfes
ne
font
rien
,
fi
on
ne
les
regarde
comme
des
dieux.
Voici
un
bel
exemple
de
la
reconnoiflance
qui
leur
eft
due.
Plus
de
treize
cens
ans
après
2
60
CO
offroïent
encore
des
facrifices
à
fon
Gouverneur.
CONNIDIES
,
Conridiz,
(a)
fêtes
qui
fe
célébroient
à
Athènes
la
veille
de
la
fête
de
Théfée
,
en
Fhonneur
dé
Connidas,
Voyez
l’article
précédent.
CONNUS,
Connus,
()
nom
que
portoit
le
maître
qui
apprit
à
Socrate
à
jouer
du
luth.
CONON
,
Coron,
Kiev.
(c)
Jun
des
plus
intimes
amis
de
So-
Jon.
Voyez
Clinias
,
autre
intime
ami
de
Solon.
CONON
,
Conox
3
Koruy,
{d)
célebre
capitaine
ÂAthénien,
fils
de
Timothée
,
entra
dans
le
gouvernement,
lorfque
les
Athé-
niens
etoient
déjà
engagés
dans
la
guerre
du
Péloponnèfe,
où
il
ren-
dit
de
grands
fervices
à
fa
patrie.
Îl
y
commanda
leur
infanterie
en
qualité
de
Préteur;
&
ayant
été
*
fait
Général
de
leur
flotte
,
il
ft
fur
mer
dés
actions
d'un
fi
grand
éclat,
que
les
Athéniens
l'hono-
rerent
de
l'emploi
le
plus
confidé-
table
qu'ils
euflent
à
donner,
en
le
faifant
feul
Gouverneur
de
tou-
tes
lesifles
qu'ils
poflédoient.
Il
fignala
fon
nouveau
gouverne-
ment
par
la
prife
de
Phares,
colo-
nie
des
Lacédémoniens.
Il
fut
en-
core
revêtu
de
la
qualité
de
Pré-
teur
fur
la
fn
de
là
guerre
du
Pé-
Joponnèfe,
L'an
406
avant
l'Ére
Chrétien.
(a)
Anviq.
expl.
par
D.
Bern.
de
Montf.
Tom,
IL.
pag.213.
(b)
Cicer.
ad
Amic.
L:
IX,
Epiit.
23.
-
(ce)
Plur.
T.
I.
p.
86
,
87.
(d)
Corn.
Nep.
in
Conon.
&
r.
&
eg:
in
chabr.
©
2.
in
Timoth,
c.
x.
Plut,
Tom,
I,
pag.
438:
439;
1021.
la
mort
de
Théfée,
les
Athéniens
CO
fe,
Conon
eut
ordre
d’allef
pi
dte
à
Samos
le
commandent.
de
la
flotte.
Son
premier
foinls
dè
radouber
les
vaifleaux
,
al
quels
il
joignit
ceux
que
leslh
lui
envoÿerent.
En
un
mot,
il
toutes
fes
diligences
pour
ré
fa
flotte
égale
à
celle
des
énnet
Les
Spartiates,
de
leur
côté,
voyerent
Callictatidas
prendi
commandement
de
leur
arméel.
vale,
à
la
place
de
Lyfant
Qui
avoit
fait
{on
tems.
Coll
_étoit
dans
le
deflein
de
fc
Méthymne;
mais,
la
trou
prife,
il
vint
mouiller
à
ul
ces
petites
ifles
qui
portoienti.
femble
le
nom
de
Cent.
Aÿi
découvert
dès
le
leñdemainto
la
flotte
des
ennemis,
qui
fümi
foit
la
fienne
du
double
,
il
net
pas
qu'il
y
eût
de
la
prudent,
lattaquer,
du
moins
en
cetf
droit.
Ainfi,
il
Gt
force
de
wi
pour
aller
plus
loin,
&
cepet
il
accrocha
en
paflant
quel
vaïfleaux
ennemis.
Il
comptoll
rifquer
le
combat
avec
plust
vantage
,
à
la
Hauteur
de
Mi
lène,
parce
que
s'il
avoit
led
fus,
il
auroit
plus
d’efpace
pi
pourfuivre
les
vaincus;
&
fil
contraire
,
il
perdoit
la
batailk,
trouveroit
une
retraite
dalil
port.
s
/
Ayant
donc
fäit
rentrer
daill
flotte
tous
les
foldats
defcei.
aux
cent
ifles
,
il
fit
ramer
d
Diod,
Sicul.
pag.
356
,
370.
&|
Xenoph.
pag.
&
te
n
C.
5,6.
L.
VI,
c.
1,
@
feg.
Paul
fl
2.
&
feq.
Roll.
Hift.
Anc.
Tom.ll
S13.
fai.
Tom.
HI.
p.
69.
Mémi|
l’'Acad,
des
Infcript,
&
Bell.
Lett,
M
Vs
Dear
Se
C
O
lentement
pour
donner
lieu
aux
Spartiates
de
le
joindre,
Les
Spar-
tiates,
au
contraire,
s’avançoient
en
diligence,
dans
l’efpoir
de
fe
faifir
de
quelques
vaifleaux
à
la
ueue
de
la
flotte
Athénienne.
Ca
prit
alors
de
l'avance;
mais
,
les
vaifleaux
Eacédémo-
miens,
foutenus
de
rameurs
yi-
goureux,
le
pourfuivirent
avec
tant
d'efforts,
qu'ils
fe
lafferent
eux-mêmes,
&
fe
trouverent
trèséloignés
de
leur
flotte.
Co-
non
,
quife
vic
fort
près
de
Mi
_tylène
,
&
qui
s’apperçut
de
cet
épuifement
des
rameurs,
&
de
cette
féparation
de
la
flotte
enne-
mie,
fit
aufi-tôt
lever
l’étendart
rouge;
c’étoit
le
fignal
convenu
avec
tous
les
capitaines
de
vaif-
feaux.
Les
Athéniens
fe
tourne-
rent
en
même
tems
contre
leurs
ennemis
qui
les
touchoient,
Il
s'é-
te,
&
toutes
les
trompettes
fon-
nerent
la
charge.
Les
Spartiates,
éronnés
de
ce
premier
choc,
fe
bâterent
de
rejoindre
leurs
vaif-
feaux
les
moins
avancés,
pour
faire
face
tous
enfemble
à
l’enne-
_
mi.
Mais,
comme
la
vivacité
de
l'attaque
leur
en
laïfloit
à
peine
le
tems
,
ils
fe
trouvoient
dès
le
com-
.
Mmencement
du
combat
dans
une
efpece
de
défordre,
&
ne
pou-
voient.parvenir
à
fe
mettre
en
li-
gne
avec
leurs
derniers
vaifleaux.
Conon
profita
habilement
de
cet
avantage.
Îl
ferroit
les
vaifleaux
de
près;
il
les
empéchoit
de
fe
joindre
;
il
heurtoit
lès
uns
de
fa-
çon
à
les
entrouvrir,
&
faïoit
tomber
les
rames
des
autres,
Ce-
pendant
,
auçun
des
vaifleanx
Op-
.G
O
6x
pofés
à
Conon
ne
recula.
Ils
main-
tenoient
À
force
de
rames
leur
pouppe
à
fa
place,
jufqu’à
ce
que
leurs
vaifleaux
les
plus
éloignés
fuflent
arrivés.
Mais
,
l’aifle
gau-
che
des
Athéniens
fit
céder
la
partie
à
qui
elle
avoit
affaire;
&
l'ayant
mife
en
fuite,
elle
la
pour-
fuivit
long
-tems.
Cependant
,
tous
les
vaifleaux
Lacédémoniers
s'étant
enfin
réunis,
Conon
ap-
préhenda
leur
grand
nombre.
Il
s’abflint
de
pourfuivre
ceux
qui
fuyoient,
&
fe
retira
dans
Mity-
lène
avec
quarante
vaifleaux.
La
flotte
de
Sparte,
s'étant
auffi
raf-
femblée
,|
environna
de
toutes
parts
les
vaiffeaux
d'Athènes
,
qui
-s’étoient
féparés
les
uns
des
autres
dans
la
pourfuite
de
cette
partie
des
ennemis
,
fur
laquelle
ils
avoient
eu
de
l'avantage,
On
leur
:
_ferma
le
retour
dans
Mitylène,
leva
un
cri
général.
dans
leur
flot-
où
ils
comptoient
de
rejoindre
Conon
,
&t
on
les
contraignit
d'é-
chouer
fur
la
côte.
L'équipage
cotmprit
alors
qu'il
n’avoit
plus
d'autre
reflource
que
de
fe
jetter.
fur
le
rivage;
ainfi,
abandonnant
les
bâtimens
aux
Spartiates
,
il
fe
fauva
par
terre
&
à
pied
dans
Mitylène.
Callicratidas,
en
cette
rencon-
tre,
fe
trouva
avoir
faitune
prife
de
trente
vaifleaux
,
dont
la
perte
avoit
ruiné
Ja
flotte
ennemie;
ainfi,.il
fongea
à
pourfuivre
fa
viétoire
,
&il
s’avança
jufqu'à
Mi-
tylène
pour
l’affiéger.
Conon
fe
voyant
enfermé
par
terre
&c.par
mer,
fans
efpérance
de
fecours,
&
fans
vivres,
trouva
le
moyen
de
faire
fçavoir
à
Athènes
l’extrême
danger
où
il
étoit,
On
fit
des
ef-
62
GO
=
forts
extraordinaires
pour
le
dé-
gager
,
&
en
moins
d'un
mois,
on
équipa
une
flotte
de
cent
dix
galè-
res
,
où
l’on
embarqua
tous
ceux
qui
étoient
en
état
de
porter
les
armes,
tant
libres
qu'efclaves,
avec
plufieurs
cavaliers.
Quand
elle
fat
arrivée
à
Samos
,
quaran-
te
galères
des
alliés
s’y
joignirent,
$
toutes
enfemble
firent
route
vers
les
ïfles
arginufes,
fituées
entre
Mitylène
&
Cumes,
I
s’y
lvra
un
combat
dont
l'iffue
ne
fut
point
favorable
aux
Lacédémo-
niens,
Conon,
délivré
ain
du
blocus
,
fe
joignit
à
la
flotte
vic-
torieufe
,
qui
regagna
aufli-
tôt
Samos.
Quelque
tems
après,
fe
don-
ga
14
bataille
d'Æpos
-
Potamos,
où
Lÿfandre
remporta
une
vic-
toire
complette
fur
les
Athéniens,
Conon,
felon
Cornélius
Népos,
ne
fe
trouva
point
à
cette
ation
navale
;
&
l’on
pourroir
bien,
ajoûte-t-il,
attribuer
à
fon
ab-
fence
une
partie
de
cette
malheu-
reufe
affaire.
En
effet,
pourfuit
Cornélius
Népos,
comme
il
avoit
une
expérience
confommée
dans
_les
armes,
&
qu'il
étoit
auff
vigi-
lant
qu'habile
capitaine
;
on
étoit
perfuadé
que
fa
feule
préfence
au-
roit
changé
le
fort
des
armes,
&
que
jamais
les
Athéniens
n’au-
roïent
reçu
un
fi
cruel
échec
fous
le
commandement
de
Conon.
Mais
,
Xénophon,
Plutarque
,
Diodore
de
Sicile
font
d’un
f{en-
timent
bien
contraire,
puifqu'ils
aflurent
que
Conon
fe
fauva
de
cet.
te
bataille,
avec
quelques
oalères,
du
nombre
defquelles
étorr
la
ga-
ière
facrée,
nommée
la
Paralen-
CO
ne,
@&
qu'il
fe
retira
en
Chypre;
à
auprès
d'Évagoras
,
roi
de
Sale
mine
&
fon
ancien
ami.
La
trifie
vue
de
fa
patrie
défo-
lée,.&
près
de
tomber
fous
hi
à
domination
de
fes
ennemis
qui
ka
4
tenoient
afhépée,
ne
lui
permit
Site
penfer
à
fa
propre
fûreté,
k
RPRISINS
NTI
mais
lengagea
à
chercher
le!
moyens
de
tirer
fes
concitoyens
|
de
l’oppreflion.:
Dans
ce
deflein,
+
il
fe
rendit
auprès
dePharnabaze,
À
Satrape
d'Tonie.
&
de
Lydie,
qui.
avoit
avec
cela
l'honneur
d'être
&
gendre
&
proche
parent
du
roi
de
»
Perfe.
Difficultés,
travaux
,
dangers,
rien
ne
le
détourna
de
l’emprefle:
ment
qu'il
avoit
de
fe
metre
ef
crédit
auprés
de
ce
Seigneur,
pour
en
faire
un
puiflant
appui
aix
Athéniens
;
mais,
voici
la
con-
jondture
la
plus
favorable
quil
pôt
éfpérer.
Les
Lacédémoniens,
enflés
de
la
viétoire
qu'ils
venoient
de
remporter
fur
les
Athéniens,
ayant
rompu
Île
traité
quil
avoient
fait
avec
le
roi
Artaxerxe,
envoyerent
une
armée
en
Afe,
fous
le
commandement
d’Agél-
laüs,à
la
follicitation
de
Tiffapher-
|
nes,
qui,
après
avoir
été
fort
avant
dans
les
bonnes
graces
de
fon
mai.
tre
,
s'étoir
révolte
contre
Int,
&
avoir
fait
une
ligue
avec
les
Lacé-
|
démoniens.
Quoiqué
Pharnabæ
|
baze
eût
le
titre
de
Général
des
troupes
que
les
Perfes
oppoferent
à
Apéfilaüs
,
on
peut
dire
que
commandement
étoit
en
effer
en.
|
tre
les
mains
de
Conon,
qui
dif-
|
pofoit
de
tout
avec
une
autorité
abfolue,
I}
donna
de
grandesin-
|
quiétudes
à
Agéfilaüs,
qui
étoit
|
RAR
PRIT
PET
AENENTEDT
TRE
DREAM
TE
APREPAPETRERE
PART
AE
ERP
TITENR
ER"
HT
a
CO
pourtant
Je
plus
grand
capitaine
-
de
la
Grece;
il
rompitfes
mefures,
&
lé
traverfa
dans
la
plüpart
de
fes
deffeins.
[Il
eft
même
certain
que
fans
la
valeur
&
l'expérience
de
Conon
,
Agéfilaüs
auroit
enle-
vé
au
roi
de
Perfe
toutes
les
pro-
vinces
de
l’Afie
jufqu’au
mont
Tau-
rus,
La
guerre,
que
les
Béouiens
&
les
Athéniens
venoient
de
dé-
.
clarer
aux
Lacédémoniens
,
ayant
obligé
ceux-ci
de
rappeller
Agé-
filaus
,
Conon
ne
quitta
point
les
)
g
P
#
1
.
généraux
Perfans,
&
continua
de
leur
rendre
de
grands
fervices.
-
Conon,
chargé
par
Pharnabaze
de
la
commiffion
d'aller
informer
le
Roi
des
intelligences
que
Tiffa-
phernes
entretenoit
avec
les
en-
nemis,
étant
arrivé
à
la
cour
de
Perfe,
fe
préfente
felon
la
coûtu-.
me
du
pais,
au
Chiliarque
ou
ca-
pitaine
des
gardes,
nommé
Ti-
thrauftes
,
qui
occupoit
le
premier
‘rang
de
l'Empire
;
&
comme
l'on
ne
pouvoic
être
admis
à
l'honneur
de
voir
le
Roi,
que
par
l’entremife
de
ce
grand
officier
,
il
lui
fait
de-
Mmander
audience.
Tithrauftes
fe
prêta
volontiers
à
tout
ce
que
fouhaitoit
Conon
;
mais,
1l
lui
repréfenta
qu'il
falloit,
avant
tout
fe
déterminer
fur
l’un
de
ces
deux
partis,
ou
de
fe
pré-
fenter
lui-même
devant
le
Roi,
où
de
lui
faire
rendre
par
écrit
la
commiffion
dont
il
étoit
chargé.
Sivous
paroiffez
devant
le
Prince,
ajoûta-til,
z/
faut
vous
réfoùdre
&
vous
profterner
aux
pieds
de
for
trône
,
6
perfonne
n'eft
difpenfé
de
ce
devoir.
Si
vous
avez
quelque
répugnance
à
le
faire,
vous
pou-
VE?
me
communiquer
VOS
POUVOITS
CO
63
par
écrit
;
je
traiterat
pour
_.
avec
le
Rot
,
&
Je
vous
ferai
obte-
nir
ce
que
vous
demandez.
Ce
n’eft
pas
Seigneur
,
répondit
Conon
,
que
je
fente
aucune
répu-
gnance
a
rendre
au
Roi
les
plus
grands
refpeéts
qui
foient
dûs
à
fz
Majeflé
;
je
craïndrois
feulement
qu'ayant
l'honneur
d'être
membre
d'une
république,
qui
eft
accodtumee
à
donner
la
loi
aux
autres
peuples,
je
ne
fille
une
chofe
dont
le
déshon-
neur
pht
réjaillir
fur
elle,
en
vio=
lant
fes
coétumes
pour
m'affujettir
a
celles
des
étrangers.
Là-deflus
Conon
prit
le
parti
que
cet
officier
lui
avoit
indiqué,
qui
étoit
de
lui
donner
par
écrit
ce
qu'il
avoit
à
communiquer
au
Roi.
Le
témoignage
d'un
homme
d’un
aufh
grand
poids
que
l'étoit
Conon,
fit
une
f
vive
imprefhon
fur
l’efprit
du
Roi,
que
dès
ce
moment
il
déclara
Tiffaphernes
rebelle
,
donna
ordre
de
tirer
ven-
geance
des
Lacédémoniens
com-
me
infratteurs
de
la
paix;
8"
pour
fournir
aux
frais
de
cette
guerre,
il
chargea
Conon
de
choifir
lui-
même
celui
qu'il
jugeroit
le
plus
capable
d’adminiftrer
les
deniers
deitinés
pour
cette
entreprife.
Co-
non
s’excufa
de
cette
commifhon
dont
le:
Prince
vouloit
l'honorer,
&
lui
repréfenta
que
fa
Majefté,
devant
être
mieux
informée
que
perfonne
du
mérite
de
fes
fujets,
feroit
mieux
ce
choix
qu’un
étran-
ger
,
qui
n’étoit
point
au
fait
des
affaires
du
royaume
;
que
cepen-
dant,
s’il
avoit
un
confeil
à
lui
don-
ner,
il
prenoit
la
liberté
de
lui
dire
que
perfonne
ne
lui
paroifloit
plus
digne
de
cet
emploi.que
Phars
ae
ro
CO
On
peut
s'en
former
uneidée
dans
Tacite
,
en
lifant
tout
ce
que
dit
cet
Hiflorien
,
au
füjet
de
la
mort
de
Germanicus,
des
honneurs
qu'on
lui
avoit
refufés
&
des
murmures
du
peuple
à
cette
occa-
fion.
On
plaçoit
l'image
du
Prin-
ce
furun
lit;
on
chantoit
des
vers
en.
fon
honneur
;
on
faifoit
fon
éloge
funébre
;
on
le
pleuroit,
en-
fin-on
contrefaifoit
au
moins
la
douleur,
C’eftce
que
Facite
ex-
prime
par
ces
mots:
Prepoftam
toro
effigiem,
6
laudationem,
€
lacrymas
,
&
doloris
imitamenta.
C'eft
ainfi
que
les
Romains
con-
facroïent
après
la
mort
dans
le
ciel
le
nom
des
Princes,
qui
fouvent
avoient
lé
plus
mal
gouverné
la
terre,
Îl
y
4
apparence
que
c’étoit
une
vaine
cérémonie,
dont
le
peuple
même
n’éroit
point
la
da-
pe;
du
moins,
il
eft
certain
que
les
grands
ne
létoient
pas
,
&
quelquefois
ceux
qui
en
devoient.
être
l’objer
,
s’en
mocquoienthau-
tement.
Vefpañen
,.
devenant
vieux
&
infirme,
plaïfantoit
d'a-
vance
fur
fon
Apothéofe
future,
@t
difoit
à
fes
courtifans:
17
me
fernble
que
je
commence
à
devenir
Dieu.
C'eftainf
qu'on
doit
traiter
la
fuperftition
du
peuple.
Il
eft:
vrai
que
ce
n’eft
pas
le
moyen
de
le
corriger,
du
moins
d'abord
;
“mais
,
la
Inmière
fe
répand
peu
à
peu,
&
la
vérité
chafle
le
men-
fonge.
An
La
Confécration
ou
Apothéofe
du
Prince,
lui
valoit
l’épithète
de
divus
qui
équivaut
à
celle
de
Dieu.
C'eft
ainf
que
l’on
trouve
divus
Ca)
Numer,
c-r1,
V:
163.17,
CO:
Aupufus
;
divus
Vefpafianus,
&ce
ais,
comme
la
Confécration
étoit
une
pure
cérémonie,
l'épi-.
thète
divus
n'étoit
auffi
apparem-
ment
qu'une
épithète
d'honneur,
une
efpèce
de
titre
qu'on
accor=
doit
an
mort
,
&
qui
n’engageoit
les
vivans
à
rien
;
&
s'il
étoit
per:
mis
de
parler
ainfi,
il
eft
fort
vraïfemblable
que
les
Romains.
aimoient
mieux
divus
INero,
c'elt-
ä-dire,
Néron
mort,
que
vivus
Nero.
Ce
qu'il
y
a
de
fingulier,
&tce
qui
prouve
que
le
mot
divus.
étoit
une
pure
épithète
de
céré=
monie,
c’eft
que,
même
après
que.
les
Empereurs
eurent
embrañlé
le
Chriftianifme,
ils
conferverent.
encore
ce
titre
äffez
long
-
tems,
CONSEILLER
,
Confiliarius,
(a)
celui
qui
eft
établi
pour
donnet
fon
confeil
fur
quelque
matière.
L'origine
des
Confeillers
pro-
prement
dits,
qui
affftent
le
prin-
cipal
Juge
de
leurs
confeils,
eft
fort
ancienne
;
elle
remonte
juf-.
qu’au
tems
des,
Hébreux.
Dieu,
ayant
établi
Moïfe
pour
conduc-
teur
&
Juge
de
fon
peuple,
lui
ordonna
de
fe
choïfir
un
Confeil,
qui
feroit
compofé
de
foixante-dix
des
anciens
&
maîtres
du
peuple,
&.
de
les
amener
à
l'entrée
du
Tabernacle
de
l'alliance,
oùils
de-
meureroient
avec
Jui.
Moife
ayant
exécuté
cet
ordre
divin,
le
Sei-
gneur,
dit
l’Écriture,
defcendit
dans
la
nuée,
parla
à
Moïfe,
prit
de
l’efprit
qui
étoit
en
lui,
&
le
donna
à
ces
foixante-dix
hommes.
Ainf;
les
premiers
Confeillers
ferent
d'inftitution
divine
,
de
mé
C
O
me
que
les
Jupes,
&
reçurent
de
Dieu
la
grace
du
même
efprit
dont
Moïfe
étoit
rempli.
On
les
nomma
Zekenim,
ceft.à-dire
,
Juges
du
peuple
,
Seziores
;
d'où
l’on
a
fait
enfuite
le
titre
de
Se-
natores
,
pour
marquer
que
la
fa-
gefle
&
l'expérience
qui
fetrou-
:
vent
dans
un
âge
avancé
,
eft
né-
ceffaire
aux
Juges
&
a
ceux
qui
les
affiftent
de
leurs
confeils.
_Moife
&
ceux
qui
fuccéderent
dans
la
fonétion
de
Juges
,
eurent
toujours
de
même
des
Confeillers;
&
ce
confeil
fuprême
qui
fut
dans
la
fuite
nommé
Sanhedrin,
a
fub-
fité
dans
Jérufalem
tant
que
l’é-
tat
des
Juifs
a
fubffté.
Les
autres
villes
des
Juifs
avoient
auf
deux
fortes
de
Con-
feillers,
les
uns
prépofés
pour
l'adminiftration
des
affaires
com-
Munes
;
les
autres,
qui
étoient
au
nombre
de
fept
dans
chaque
ville,
rendoient
la
juftice
en
première
‘inftance,
&
l'appel
de
leurs
ja-
por
étoit
porté
au
Sanhedrin,
IS
étoient
élus
par
le
peuple
,
qui
prenoït
ordinairement
ceux
qui
étoient
diftingués
par
leur
fagefle
&
leur
probité
;
on
y
ajoûta
dans
la
fuite
deux
Lévires,
parce
que
ceux
de
cette
tribu
étoient
les
plus
verfés
dans
l'étude
des
loix.
‘eft
peuc-être
à
limitation
de
cet
ancien
ufage,
qu’eft
venu
long-
tems
après
celui
d'admettre
un
certain.
nombre
de
Confeillers-
clercs
dans
les
fieges
Royaüx.
[l
y
eut
auffi
toujours
des
Con-
feïllers
chez
les
Grecs,
pour
ren-
dre
la
juftice
;
le
nom
qu’on
leur
donnoit
du
tems
des
Rois,
figni-
oit
amis
du
Roi;
&
en
effet
ils
O0:
-
7E
rendoient
la
juftice
avec
Imi
;
&
quand
il
étoit
abfent
,
l'un
deux
préfdoit
à
fa
place.
Sous
les
Archontes
,
les
Con-
feillers
prirent
un
nom
équivalent
à
celui
d'affleffeurs.
Du
tems;
des
républiques
de
la
Grece,
les
Athéniens
avoient
deux
tribunaux
fupérieurs
;
l’un
s’appel-
loit
le
Sénat
des
cinq
cent,
qui
étoit
pour
le
gouvernement
civil
&
la
manutention
des
loix.L’autre
étroit
ce
fameux
aréopage
,
où
préfidoit
un
des
Archontes
;
&
qui
étoit
compofé
de
trois
cens
Confeillers
,
qu'on
appelloit
Aréo-
pagires.
Îls
connoiffoient
de
la
olice,
des
masières
criminelles
3
&t
de
quelques
autres
affaires
pri
vilégiées.
Î|
y
avoit
encore
alors
’
dans
la
Grece
huit
autres
Tribu-
naux
compofés
chacun
d'un
pré-
fident
&
de
plufeurs
Confeillers
,
dont
le
nombre
étoit
de
deux
jufqu’à
cinquante.
Ceux-ci
étoient
fimplement
nommés
affefleurs
;
ils
devoient
être
âgés
de
trente
ans,
gens
de
bien
&
fans
aucun
=
reproche
;
d’une
famille
notable
de
citoyens.
On
ny
admettoit
point
ceux
qui
étoient
comptables
au
tréfor
public;
&
avant
que
de
les
recevoir
,
ils
étoient
examinés
far
leur
conduite
paflée
devant
le
Sénat
des
cinq
cent.
Le
premier
Magiftrat
ou
Préfident
incerro-
eoit
les
parties
&
les
témoins.
fe
procès
étant
ainfi
inftruir,
le
juge
le
donnoit
à
fes
aflefleurs
pour
examiner,
&
enfuite
ils
lui
donnoient
confeil
pour
le
juge=
ment.
Îl
y
eut
pareillement
des
Con-
feillers
chez
les
,
dès
le
1V
72.
CO
tems
de
Îeur
établiffement.
Ro=
mulus
fe
forma
un
confeil
de
plu-
fieurs
nobles
citoyens,
dont
il
prenoit
l’avis
dans
les
affaires
qu'il
avoit
à
décider.
Il
les
nomimä
Sénateurs.
C'eft
de
ces
premiers
Confeillers
on
Sénateurs
,
que
toutes
les
antres
familles
Patricien-
nes
tiroient
leur
orgine
&
leur
no-
bleffe.
Les
Rois,
fuccefleurs
de
Ro-
mulus,
&
après
eux
les
Confuls
,
rendirent
de
même
la
juftice
avec
leurs
Confeillers
ou
Sénateurs
;
le
peuple
connoïfloit
cependant
de
certaines
affaires
,
&
alors
chacun
opinoit
où
bien
l'aflemblée
éta-
bliffoit
un
confeil
pour
juger
l’af-
faire.
Les
Confuls,
fe
trouvant
aflez
occupés
du
gouvernement
de
l’é-
tat,
établirent
le
Préteur
pour
rendre
la
juftice
en
leur
place.
On
ñe
lui
donna
point
de
Confeillers;
mais,
il
choififfoit
lui-même,
pour
chaque
affaire
,
des
Juges
qui
fai-
foient
près
de
lui
la
fonétion
de
Confeillers,
Il
ne
les
prenoit
d’a-
bord
que
parmi
les
Sénateurs
ou
les
Chevaliers
;
enfuite
,
il
y
ad-
mit
auf
des
Plébéiens.
Le
Préteur
forma
encore
une
autre
claffe
de
Confeillers,
qu'il
tira
d'entre
ceux
quis’appliquoient
à
l'étude
des
loix,
&
qui
pren:
noient
le
titre
de
Jurifconfultes
,
parce
qu’on
les
confultoit
fouvent
fur
les
procès
qui
étoient
à
juger,
Ilen
prit
cinq
des
plus
habiles
dans
chacune
des
trente-cinq
Tri-
bus;
ce
qui
faifoit
en
tout
cent
oixante-quinze,
On
les
appela
Cependant
par
abréviation
les
Cen-
tumvirs,
Lorfque
le
Préteur
avoit
“
CC
à
décider
quelque
queftion
de
droit
,
il
prenoit
des
Juges
où
Confeillers
parmiles
Centumvirs
au
lieu
que
pour
les
queftions
de
fait,
il
prenoit
des
Juges
dans
les
trois
ordres
de
citoyens
indif-
féremment.
=
Les
Proconfuls
,
Préteurs
où
Préfidens,
qui
étoient
les
Gouver-
neurs
&
Magiftrats
des
Provinces,
avoient
aufli
la
liberté
de
choifr
eux-mêmes
leurs
Affeffeurs
où
Confeillers,
ls
en
prenoient
à
Rome
ou
dans
les
provinces
;
mais
,
fi
c'étoit
dans
leur
gouver-
nement
,.ces
Affeffeurs
devoient
être
changés
au
bout
de
quatre
mois
,
&
il
falloit
enfuite
qu'ils
en
fiffent
venir
d’ailleurs,
Les
uns
&
les
autres
devoient
être
choifs
parmi
ceux
qui
avoient
étudié
les
loix
;
ils
affiftoient
le
Magiftratde
leurs
confeils
dans
les
jugemens,
&
le
repréfentoient
en
(on
abfen-
ce.
C'eft
pourquoi,
on
les
qua=
lifoit
Cozfiliaris
&
Comites
Ma
giftratuum,
Le
Magiftrat
leur
ren-.
voyoit
l'inftruétion
&
l'examen
des
procès
;
mais,
il
étoic
obligé
de
juger
lui-même,
ce
qu'il
far
foit
fur
le
rapport
&
l'avis
de
fes
Confeillers.
Se
On
voit
par
ce
qui
vient
d’être
dit,
que
chez
les
Romains
les
fim-
ples
Confeillers
ou
Affeffeurs
des
Mapgiftrats
n’étoient
point
eux-.
mêmes
confidérés
comme
Magif-
trats;
ce
n'éroitque
des
Affeffeurs,
que
[le
Mapgiftrat
appelloit
pour
l’aider
de
leurs
confeils,
&
qui
|
par
eux
-
mêmes
n'avoient
aucun
caractère
d'oficiers
publics.
-
GONSENTES
T
les
Dieux],
CO
Di
Confentes.
(a)
Les
Dieux
Confentes
étoient
chez
les
Ro-
mains,
certains
Dieux
du
premier
ordre.
Leur
nom
étoit
pris
de
l’an-
cien
verbe
Confo,
qui
fignifioit
Confeiller
ou
Confulter;
d'où
étoit
auf
venu
le
nom
du
Dieu
Gonfus.
D'autres
les
appelloient
Confentes
pour
Confentientes
,
parce
qu’ils
avoient
droit
de
don-
ner
jeur
confentement
aux
déli-
bérations
céleftes.
Ces
divinités
éroientau
nombre
de
douze
,
fix
Dieux
&
fix
Déef-
fes;
&
leurs
douze
ftatues
enri-
_chies
d’or
étoient
élevées
dans
la
grande
place
de
Rome,
fuivant
le
témoignage
de
Varron.
Les
fix
Dieux
étoient
Jupiter
,
Neptune,
Apollon,
Mars,
Mercure
&
Val-
cain,
Les
fix
Déefles
étoient
Jo-
non,
Minerve,
Vénus,
Diane,
Cérès
&
Vefta.
Chacune
de
ces
divinités
préfidoit
à
un
mois
de
l'année;
fcavoir,
Minerve
au
mois
de
Mars,
Vénus
au
mois
d'Avril,
Apollon
au
mois
de
Mai,
Mer-
_cüre
au
mois
de
Juin,
Jupiter
au
mois
de
Juillet,
Cérès
au
mois
de
_
d'Août
,
Vulcain
au
mois
de
Septembre,
Mars
au
mois
d'Oc-
tobre
,
Diane
au
mois
de
Novem-
bre,
Vefta
au
mois
de
Décembre,
Junon
au
mois
de
Janvier,
&c
Neptune
au
mois
de
Février.
Le
poëte
Manilius,
dans
le
fecond
livre
de
fes
Aflronomiques,
donne
A
à
chacune
des
conftellations
du
Zodiaque
,
la
divinité
qui
préfide
.
à
fon
mois,
pour
avoir
le
foin
de
régler
fes
mouvemens,
&
de
(a)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern.
de
XCVI,
de
friv.
Le
(Sie,
73
nous
difpenfer
fes
influences;
fça-
voir
,
Minerve
au
Bélier,
Vénus
au
Taureau,
Apollon
aux
Gé-
maux,
Mercure
au
Cancer,
Ju-
piter
au
Lion,
Cerès
à
la
Vierge,
“Vulcain
à
la
Balance,
Mars
au
Scorpion,
Diane
au
Sagittaire,
Veftaau
Capricorne
,
Junon
au
Verfeau,
Neptune
aux
Poiflons.
Il
y
avoit
encore
douze
divi=
nités
,
que
les
Anciens
reconnoif-
foient
pour
celles
qui
avoient
le
{oin
particulier
des
chofes
nécef-
faires
à
une
vie
tranquille
&
heu-
reufe.
Jupiter
&
la
Terre
étoient
révérés
comme
les
proteéteurs
de
tout
ce
qui
étoit
à
notre
ufage
;
le
Soleil
&
la
Lune,
comme
les
mo-
dérateurs
des
tems
;
Cérès
&
Bac-
chus
comme
les
difpenfateurs
du
boire
&
du
manger;
Bacchus
&c
Flore
comme
les
confervateurs
des
fruits:
Minerve
&
Mercu-
re
comme
les
proteéteurs
des
beaux
arts
qui
perfeétionnent
l’ef-
prit,
&
du
négoce
qui
entretient
&
augmente
les
richefles
:&t
enfin,
Vénus
&
le
Succès
,
comme
les
auteurs
de
notre
bonheur
&
de
notre
joie,
par
le
don
d’une
fécon-
de
lignée,
&
par
laccomplife-
ment
de
nos
vœux.
Les
Grecs
joignirent
à
ces
douze
divinités,
‘Alexandre
le
Grand,
comme
le
Dieu
des
conquêtes.
Mais,
il
ne
fut
pas
reconnu
par
les
Romains,
qui
ayoient
tranfporté
Îles
douze
autres
de
Grece
en
Italie,
où
ils
étoient
adorés
dans
un
temple
commun
,
qui
leur
avoit
été
con-
facré
à
Pife.
==
Montf,
Tom,
1,
Difcours
prélim.
pag
CO
L’Infüitution
des
douze
Dieux
Confentes
venoit
d'Égypte;
&
le
Scholiafte
d'Apollonius
dit
que
c'étoientles
douze
fignes
du
Zodia-
que
qu’on
appelloit
Gsc26
Ccuaæiouc,
Mais
,ileft
vrai
qu'onne
fçait
pas
fort
exa@tement
l’hiftoire
de
l’ido-
lâtrie
d'Égypte.
Hérodote,
qui
en
étoit
bien
initruit
,
n’a
pas
ofé
en
parler
clairement
;
&
tous
ceux
qui
l'ont
fuivi,
ne
fe
font
atrachés
qu'à
des
allégories,
où
n'ont
pu
fatisfaire
leur-curiofité
&
la
nôtre,
.
parce
que
les
Égyptiens
aflujettis
premièrement
aux
Perfes
,
&
en-
fuite
aux
Prolémées,
ne
conferve-
rent
pas
leur
religion
en
fon
entier,
&
y
introduifirent
beaucoup
de
chofes
étrangères.
CONSENTIE
,
Confentia
,
(a)
Korcerria
,
ville
d'Italie,
fituée
fur
le
bord
du
fleuve
Crathis,
au
pais
des
Bruttiens.
Strabon
dit
qu’elle
étoit
la
capitale
de
ce
peu-
_ple.
Ce
fut
en
cetre
ville
que
l’on
apporta
une
partie
du
corps
d'A-
léxandre,
roi
d'Épire,
après
qu'il
eut
été
divifé
par
les
ennemis,
en-
tre
les
mains
defquels
il
étoit
tom-
bé,
Une
femme
prit
foin
deramaf-
fer
les
os
de
ce
Prince
infortuné
,
&
les
renvoya
à
fonarmée,
qui
les
fittranfporter
en
Épire.
Pline
parle
des
vins
de
Confentie,
qui
avoient
de
la
célébrité.
Cette
ville
s'appelle
préfente-
ment
Cofenza
dans
la
Calabre
Ci-
térieure.
C’eft
le
fiege
dan
Ar-
chevêèque
,
&
lune
des
princi-
pales
villes
du
royaume
de
Na-
ples.
Des
Ca)
Strab.
pag.
256,
Tir,
Liv.
L.
VIIT,
C2q.Prolem,
LHC,
x,
Pin,
T6m,1,
Ps
158,
717,
GC
O
CONSENTIE
![
le
terntoire
}
de],
Confentinus
Ager.
(b)
[fit
ravagé
-par
les
Romains
260
ans
avant
J.
C.
ne
CONSENTIE
,
Confentia
,
Koïveyria.
(c)
Tite-Live
met
une
ville
de-ce
nom
dans
la
Eucanie,
&
la
compte
parmi
celles
qui
fu-
rent
prifes
par
Alexandre
,
roi
d'Épire.
Mais,
on
croit
qu'il
s'eft
gliffé
en
cet
endroit
une
faute
dans
le
texte
de
Tite-Live
,
&
|
qu'ainfi,
au
lieu
de
Confentie,
il
faut
lire
Potentie.
:
CONSENTIES
,
Confentia,
fêtes
inftituées
en
l'honneur
des
dieux
Confentes
,
par
plufeurs
familles
ou
compagnies,
qui,
cons.
courant
à
la
folennité
de
ces
fêtes
à
frais
communs,
marquoient
la
vénération
particulière
qu'elles
portoient
à
ces
divinités.
Îl
paroit
qu'on
ne
s'eft
pas
contenté
de
|
trouver
un
feul
fondement
au
|
nom
de
ces
fêtes,
&
qu’on
a
vou=.
lu
qu'elles
s’appellaffent
Confen-
|
ties,
parce
quil
y
avoit
fociéré
de
dieux,
&
fociété
d'adorateurs.
|
CONSENTINS
,
Confentint,
|
(d)
peuples
d’entre
les
Bruttiens.
Ils
étoienc
ainfi
appellés
de
leur
|
ville
nommée
Confentie.
Les
con
|
fentins,
durant
la
feconde
guerre
Punique
,;
avoient
embraflé
le
|
parti-d'Annibal
;
mais,
dèsl’an-
|
néé
fuivante,
ils
rentrerent
dans.
|
l'amitié
des
Romains.
Voyez
Con:
|
fentie.
-
|
CONSERVATRICE
,
Cor-
fervatrix
,
furnom
qu’on
donnoit
|
à
Junon,
&
fous
lequel
elle
et
(6)
Fit.
Liv.
L,
XXVIIT.
cc.
1x,
|
|
|
|
(ce):
Tir.
Liv.
L.
VIII,
C.
24,
(d)
Tir,
Liy,
EL,
XXV,c.
1,
ECO
défignée
dans
les
médailles
pat
un
cerf,
parce
que
de
cinq
biches
aux
cornes
d'or,
&
plus
grandes
que
des
taureaux
,
que
Diane
pourfuivoit
un
jour
dans
les
plai-
nes
de
Theffalie,
elle
men
prit
que
quatre,
&
la
cinquième
qui
fut
fauvée
par
Junon
devint
le
fymbole
de
cette
déeffe,
fous
le
nom
de
Junon
Confervatrice,
‘CONSIDIUS
[
Q.1,
(a)
G.
Confidius
,
tribun
du
peuple,
lan
de
Rome
278,
futun
zèlé
partifant
.
dela
loi
Agraire.
De
concert
avec
T.
Génucius
,
il
appella
en
juge-
ment
T.
Ménénius,
&
le
fit
con-
damner,
malgré
tous
les
eflorts
des
Sénateurs.
Nos
deux
accufa-
teurs
firent
cependant
paroitre
quelque
modération
dans
la
peine
à
laquelle
ils
conclurent
contre
lui;
car,
quoiqu’ils
euffent
d’abord
demandé
qu'il
fût
puni
de
mort,
ils
fe
bornerent
à
une
amende
de
deux
mille
pièces
de
monnoie.
fais;
il
n'en
fut
pas
quitte
à
fi
bon
marché
;
car,
le
chagrin
qu'il
en
conçut,
le-jetta
dans
une
lan-
gueur
dont
il
mourut
quelque
tems
CH
CONSIDIUS
Q.1,
Q.
Coz-
fidius
;
(b)
Sénateur
fort
avancé
en
âge.
Un
jour
que
Céfar
fe
plagnoit
de
ce
que
la
plüpart
des
-
Sénateurs
s’abfencoient
des
affem-
blées,
Q.
Confidius
lui dit
que
lon
s'abfentoit
;
parce
qu'on
crai-
gnoit
fes
armes-&t
fes
foldats.
£t
Pourquoi
donc,
reprit
Céfar
,
/z
même
crainte
ne
vous
a-t-elle
pas
retenu.chez
vous
?
C’eft,
repartit
(a)
Tit.
Liv.
L.
IL
c,
58e
(è)Plut.
Tom.
I.
p.
°7ta4
CITÉ,
sin.
|
Rom,
T,
VI,
p,
578.
CO
7s
Q.
Confidius
avec
liberté
,
que
le
peu
de
vie
qui
me
refle
à
efpérer
»
ne
mérite
pas
que
je
le
ménage.
CONSIDIUS
[
C.
Î
LON-
GUS,
C.
Confidius
Longus,
(c)
officierquicommandoit
dans
Adru-
mète
ville
d'Afrique,
lorfque
Cé-
far
vint
fe
retrancher
devanc
cette
ville.
Il
tint
ferme
contre
les
atta-
ques
de
l'ennemi.
L.
Plancus,
l’un
des
lieutenans
de
Céfar
,
ayant
eu
permifhon
de
traiter
avec
C.
Confidius
Longus,
pour
tâcher
de
le
ramener
à
la
raïfon,
lui
dépé-
cha
un
prifonnier,
qui
ne
lui
eut
pas
plutôt
préfenté
fa
lettre,
que
Confidius
Longus
lui
demanda
d’où
il
venoit;
&
dès
qu'il
eut
ré-
pondu
du
camp
de
Céfar,
il
le
fit
tuer
fur
l'heure
,
s'écriant
qu'il
ne
reconnoifloit
point
de
général
dans
tout
l'empire
Romain
que
Scipion,
&
lui
renvoya
fa
lettre
toute
ca-
chetée.
Céfar
;
après
avoir
de-
meuré
un
jour
&
une
nuit
devant.
la
ville,
comme
il
vit
que
©.
Confidius
Longus
ne
faifoit
point
de
réponfe,
&
que
le
refte
de
fes
troupes
n’arrivoit
point
,
ne
jugea
pas
à
propos
de
s'arrêrer
au
fiège
d'Adrumète
,
qui
étoit
une
place
forte
&
bien
munie.
C.
Confidius
Longus,
ayant
eu
nouvelle
que
Céfar
envoyoit
des
troupes
au
feconrs
de
la
ville
d'Acille,
fous
la
conduite
de
C.
Meflius
,
tâcha
de
le
prévenir
avec
huit
cohortes,
&
de
furpren=
dre
la
place.
Mais,
ayant
appris
que
le
fecours
y
étoit
entré
,
il
s'en
retourna
fans
rien
faire
;
Ce=
çc)
Cæf.
de
Bell.
Civil.
EL.
M:
p.
551.
Hirt.
Panf,
de
Bell.
Afric,
pag.
752.
€
fea.
Cicer,
Orat,
pro
Q,.
Eigar,
©,
34
76
CO
|
pendant
depuis,
ayant
obtent
de
la
cavalerie
de
Labiénus
,
il
y
re-
vint
mettre
le
fiége,
Après
plu-
feurs
atraques
inutiles
,
voyant
qu'il
avançoit
peu
,
&
que
les
afhiépés
avoient
brûlé
à
diverfes
fois
fes
ouvrages,
il
gâta
ou
con-
fuma
par
le
feu
fes
munitions,
fur
Ja
nouvelle
de
la
défaite
de
La-
biénus
,
&
fe
retira
à
Adrumète
par
les
terres
de
Juba,
après
avoir
farfé
à
Scipion
nne
partie
de
fes
FONDÉS
sé
Lorfque
ce
dernier
fut
défait,
€,
Confidius
Longus
étoit
dans
Tifdre,
avec
une
garnifon
de
Gé-
tuliens
&
de
Gladiateurs,
outre
Ja
fuite
ordinaire,
Ayant
appris
la
défaite
de
Scipion
&
l'approche
de
Domitius,
il
défefpéra
de
pou-
_
voir
garder
la
place
,
&
s'enfuit
“fecrétement
avec
quelques
Gétn-
liens
,
qui
l’évorgerent
en
chemin,
pour
avoir
l'argent
qu'il
empor-
toit
avec
lui.
Ce
GC.
Confidius
Longus
eft
celui
dont
parle
Cicéron
dans
fa
herangue
pour
Q.
Ligarius,
Il
étoit
proconful,
felon
cet
ora-
ent
Se
CONSIDIUS
[
P.7,
P.
Con-
fidins
,
(a)
officier
qui
avoit
fervi
d'ebord
fous
I.
Sylla,
&
enfnite
fous.
M:
Craflus;
&
comme
on
le
croyoit
pour
cette
raïfon
fort
expérimenté
dans
le
métier
de
la
guerre,
Céfar,
au
commence-
ment
de
fon
expédition
dans
les
Granles
,
lui
donna
la
conduite
des
coureurs.
Mais,
P.
Confidius,
ne
tarda
pas
à
donner
des
preuves
@
Cæf.
de
Bell,
Gall,
L,T,
pag.
20;
ZE
F
À
CO
qu'il
métoit
rien
moins
qu'un
bof
|
guerrier,
La
frayeur
lui
troubla
|
tellement
la
vue
à
la
première
|
occafion
,
qu'il
crüt
avoir
vu
œ@h
qu'il
n'avoit
pas
vu
certainement,
}
&t
fit
en
conféquence
un
faux
rap-
port
,
qui
nuifit
beaucoup
aux
|
opérations
que
lon
s’étoit
pro=
&
ofé
de
faire.
et:
CONSIDIUS
NONIANUS,
|
Confidius
Nonianus
,
(b)
ofñcier
&
Romain,
dont
parle
Cicéron
dans
p
Ja
douzième
lettre
du
feizième
li
k
vre
à
fes
amis.
Il
nous
appreñd
|
qu’on
lui
‘avoit
donné
le
gouver:
à
nement
de
la
Gaule
Cifalpine,
Il
+
eft
furnommé
Nonianus,
parc
|
qu’il
étoit
par
adoption
de
la
fa-
}
mille
Confidia,
dans
la
familk
Noniana.
Comme
il
n’avoit
point
|
été
conful,
la
province
de
la
Gat-
le
Cifalpine
fut
faite
Prétorienne
k
a
caufe
de
lui.
C’eft
le
même
que
|
Cicéron
appelle
Quintus
Conf
dius
l’aîné,
ou
le
vieillard,
dans
la
|
vingt-quatrième
lettre
du
fecond
livre
à
Atticus,
S
CONSIDIUS,
Confidius,
|
certain
Romain,
dont
Cicéron
L
fait
mention
dans
la
douzième
let:
À
tre
du
premier
livre
à
fes
amis,
Pendant
la
conjuration
de
Catili
na,
la
confufion
fut
fi
grande,
|
que
les
plus
riches
ne
pouvoient
k
trouver
de
quoi
payer
les
intérêts
de
ce
qu'ils
devoient
,
non
pa
même
en
vendant
du
bien
à
vil
prix.
Confidius,
à
quiil
y
a
ap-
parence
que
tout
le
monde
de-
voit,
vu
les
fommes
exhorbitan-
tes
qu'il
népocioit,
touché
de
cette
(6)
Cicer,
ad
Amic:
L.
XVI.-Epift
XIT,
ad
Attic.
L,
II.
Epift,
XXIV,
NS
(SAS)
difette
générale
,
déclara
publi-
guement
quil
ne
demanderoit
à
“perfonne
,
ni
intérêt,
ni
principal,
tant
que
le
trouble
dureroit,
&cil
en
fut
remercié
par
un
Sénatus-
confulte
fair
exprès.
CONSIDIUS
{
L.T,
Z.
Con-
fidius
,
(a)
Préteur
avec
Sextus
.
Saktius.
Cicéron
nous
apprend
que
_
ces
deux
Préteurs
furent
chargés
de
conduire
une
colonie
;
&
il
leur
reproche
de
s'être
décorés
de
ce
tre
,
au
lieu
de
celui
de
Dunmvirs
que
prenoient
toujours
ceux
qui
étoient
chargés
de
la
conduite
d’une
colonie.
CONSIDIUS
ÆQUUS,
(b)
Confidius
Æquus,
Chevalier
Ro-
main,
fut
condamné
par
l'autorité
de
Drufus,
&
en
vertu
d’un
arrêt
du
Sénat,
l'an
de
J.-C.
21,
pour
avoit
accufé
fanflement
de
crime
de
lèze-majefté
le
Préteur
Magius
Cécilianus.
-
*
CONSIDIUS
PROCUEUS,
Confidius
Proculus.
Voyez
Pro-.
culus.
.
CONSITOIRE,
Confificrium,
Étoit
le
confeil
intime
&
fecret
des
Empereurs
Romains.
.
Le
mot
Conjifloire,
qui
vient
du
Latin
Conjffere,
fignioit
pro-
prèment
le
lieu
où
s'affembloit
ce
confeil,
Enfuite,
ona
pris
le
nom
du
lieu,
où
il
fe
tenoit
pour
le
CO
7
avoient
ce
titre,
étant
au-deflusde
confeil
même,
&
on
a
appellé
de-là
Comnites
Confiftoriant,
ceux
qui
étoient
de
ce
confeil
;
1lsétotent
décorés
du
titre
de
wir?
Spetabt-
Les,
qui
étoit
le
fecond
degré
dans
l'ordre
de
la
noblefle
,
ceux
qui
(a)
Cicer.
Orat.
de
Lege
Agrar.
in
Rull.
ce.
91.
:
(6)
Tacit,
Annal,
L.
If,
©
27s
ceux
que
lon
qualifoit
CZarifrms,
&
précédés
feulement
par
ceux
qui
avoient
le
titre
dillufires
ou
fuperilluftres,
qui
n’étoit
accorde
qu'aux
premiers
officiers
de
l'Em
pire.
Ces
comtes
où
confeillers
da
Confifloire
étoient
épanx
en
tout
aux
proconfals
pour
les
honneurs
:
&
privilèges.
Ces
mêmes
off-
ciers,
leurs
femmes
,
enfans
,
fer
vireurs
&
fermiers
,
jouifloient
auffi
des
mêmes
privilèces
ex
plaidant
,
foïit
en
demandant
ou
défendant,
que
l'empereur
Zénon
avoit
accordés
aux
clarifhimes
rinces
de
l’école.
CONSISTOIRE
DU
PA-
LAIS
,
Confiflorium
Palatü.
(c})
Il
eft
parlé
de
ce
Confifloire
dans
le
livre
d'Efther.
L’Hébreu
l’ap-
pelle
la
maifon
du
royaume.
Il
y
avoit,
felon
D.
Calmet,
trois
pièces
principales
dans
l'ap=
partement
du
roi
de
Perfe.
La
première
étoit
le
parvis
extérieur,
atrium
exterius
,
Où
{e
tenoïienr
les
courtifans
qui
venoient
à
la.
cour
;
la
feconde,
la
falle,
ou
le
parvis
intérieur,
afrium
interius,
où
il
étoit
défendu
d'entrer
fous.
eine
de
la
vie,
à
moins
que
l'on
ny
fût
appellé;
la
troifième
étoit
Je
cabinet,
ou
une
efpèce
de
ré-
duit
,
ou
d'alcove,
où
fe
voyoit
le
trône
du
Rot,
nommé
Con/fto-
_rium
Palatii,
où
Bajilica
Repis.
|
Pour
ce
qui
regarde
les
difié-
rens
Confiftoires
,
où
lieux
dans
lefquels
les
Hébreux
rendorent
la
juffice,
nous
en
parleronsfousle
Ce)
Eflhe
ce
de
le
Ci
ge
We
LeCe
6.
Vs
&s
Se
Le
HT
:
78
co
titre
de
fanhedrin,
où
tribunal.
CONSIVA,
Confiva,
(a)
épithète
donnée
à
la
déeffle
Ops
par
Feflus.
Ses
fêtes,
qu’on
ap-
pelloit
Opéconfives
,
fe
célé-
brotent
le
25
d’Août.
Ops
Confi-
ve
prefidoit
a
la
fertilité
des
Cam-
agnes.
CONSIVIUS,
Confivius,
(b)
l'un
des
furnoms
donnés
à
Janus,
On
le
furnommoit
ainfi
4
Con/e-
rendo
,
c'eft-à-dire,
à
caufe
de
la
propagation
du
genre
humain,
dont
Janus
étoit
regardé
comme
l'auteur.
La
fon@ion
de
Janus
Confivius
confiftoit
à
préfider
à
la
conception
des
hommes
qu’il
fa-
vorifoit
à
fa
manière,
dontonne
nous
inftruit
point.
L’aéte
de
la
génération
avoit
paru
aux
anciens
de
telle
importance,
qu'ils
avoient
placé
au
tour
de
ceux
qui
$’en
oc-
cupoïent
;
un
grand
nombre
de
dieux
&
de
déefles,
dont
les
fonc-
tions
feroient
d’un
détail
contraire
à
l'honnêteté.
ie
CONSOMMATION
,
Coz-
fummatio
,
(c)
terme
Synonyme
à
accomplifiement.
C’eft
en
ce
fens
que
Jefus-Chrift
dit
avant
que
d'expirer
:
Tout
eff
confom-
"mé,
OMinia
confummata
funt
:
c’eft-
à-dire
,
tout
eft
accompli.
Mais,
ce
terme
a
encore
d’au-
tres
acceptions.
Îl
marque
fouvent
les
derniers
malheurs
,
comme
on
peut
le
voir
dans
Ifaïe,
dans
Jé-
rémie
,
dans
Ézéchiel,
dans
Da-
mél,
dans
les
Pfeaumes,
&ce,
-
CONSONNANCE,
Confon-
(4)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern.
-Montf,
Tom,
H,
pag.
140,
G)
Antig.
expl.
par
D,
Bern,
CO
nantia
,
terme
de
Grammaire
où
,
pour
parler
plus
jufte,
de)
Rhétorique,
|
On
entend
par
Confonnance
hi!
refflemblance
des
fons
des
moil
dans
la
même
phrafe
ou
période,
|
Les
Confonnances
ont
de
la
gra:
|
ce
en
Latin,
pourvu
qu’on
ni
fafle
pas
un
ufage
trop
fréqueit|
dans
le
même
difcours,
&
qu'elles
|
fe
trouvent
dans
une
poñition
con.
|
venable
en
l’un
&
én
l’autre
dé!
membres
relatifs.
Par
exemple,
f
|
non
præfidio
inter
pericula
,
tamin
\
folatio
inter
adyerfa.
La
Confor-
|
nanceïentre
fo/atio
&
prefidio,
|
eft
également
au
milieu
de
l’une
|
&
de
läutre
incife
:
elle
y
eft
pla
|
cée
comme
un
hémitiche
;
autre:
ment
elle
ne
feroit
pas
fenfble,
Voici
un
exemple
de
Confonnanc
à
la
fin
desincifes
,
f£ne
invidi
culpa
pletlatur
,
6
fine
culpa
invi
dia
ponatur.
En
voici
encore
autre
,
726710
potef}
alter:
dare
ma»
trimonium
,
nif
quem
penes
fit
par
trimonium,
Cette
figure
a
de
la
grace,
dit
Quintilien,
accedit
6
ex
ülla
figura
gratia
;
fur
toit
quand
la
Confonnance
fe
fait
{en-
tir
en
des
poñtions
égales
,
11
|
-quibus
Initia
fententiarum
©
fines
|
confentiunt.
Paribus
cadant
,
&
eodem
definant
modo.
Les
Rhéteuts
donnent
divers
noms
à
cette
fieure,
felon
la
dif-
férente
forte
de
Confonnance,
&
felon
la
variété
de
la
pofition
des
|
mots.
Îls
appellent
paranomalit
la
Confonnance
qui
réfolte
du
je
|
des
mots
par
la
différence
dé
de}
Montf,
Tom.
I.
pag.
27,
28,
de
(ce)
Joann,
c,
19,
v,
28,
CE
O.
quelques
lettres
;
par
exemple
,
incæptio
eft
amentium,
haud
aman-
tium.
C’eft
un
projet
d’infentés
,
&
non
de
perfonnes
qui
s'aiment
&
qui
ont
le
fens
commun,
Cè»
leélum
petis
,
de
letho
cogita.
Dans
ces
occafions
,
la
Confonnance
eft
appellée
paranomafie
de
wapa,
près,
proche,
&
de
érux,
nom,
c'eft-à-dire,
jeu
entre
les
mots,
à
caufe
de
l'approximation
de
ons.
Îl
y
a
encore
/filiter
definens
,
fimiliter
cadens.
U
fuffit
de
com-
prendre
ces
différentes
manières
fous
le
nom
général
de
Confon-
nance.
L'ufage
de
cette
figure
deman-
de
du
goût
&
de
la
finefle.
La
tefflemblance
de
fons
en
des
mots
trop
proches,
&
dont
il
y
en
a
plus
de
deùx
qui
fe
reffemblent,
produit
plutôt
une
cacophonie
qu'une
Confonnance;
tel
eft
cet
sxemple
:
=
O
fortunatam
natam
me
confule
=
Romaml!.
:
Cette
figure,
mife
en
œuvre
à
propos
,
a
de
la
grace
en
Latin
>
felon
Quintilien
;
mais,
pourquoi
na-t-elle
pas
le
même
avantage
en
François
?
On
pourroit
peut-
être
croire
que
c’eft
par
la
même
rafon,
que
Quintilien
dit
que
les
hémiftiches
des
vers
Latins
font
déplacés
dans
la
profe.
Quand
les
Latins
lifoient
la
profe
,
ils
étoient
fuïpris
d'y
trouver
des
moitiés
de
vers
ou
des
vers
entiers,
qui
y
paroïfflent
comme
fuite
du
difcours
&
non
comme
citation.
Von
erat
locus
his
;
vitium
eff
apud
nos
fi
quis
poëtica
vulgaribus
mifceat.
Cet
confondre
les
différens
gen-
4
f
2
CO
7
res
d'écrire;
c’eft
tomber,
Le
dans
le
défaut
dont
parle
Horace
au
commencement
de
fa
Poëri-
que:
Æumano
capitt,
&tc.
verfum
in
orafione
fari
multo
fædiffimum
ef.
Comme
la
rime
ou
Confon-
nance
n'entre
point
dans
la
ftruc-
ture
des
vers
Latins,
cette
Con-
si
“
G
SR
fonnance
,
loin
de
les
blefler,
flattoit
l'oreille,
pourvu
quil
n'y
eût
point
d'affectation
,
&
que
l'ufage
n’en
fût
pas
trop
fréquent;
reproche
que
l’on
fait
à
faint
Au-
guftin.
Mais
,
en
François,
comme
Îa
rime
entre
dans
le
méchanifme
de
nos
vers,
nous
ne
voulons
Îa
voir
que
là,
&
rous
fommes
bleflés
,
comme
les
Larins
l'é-
toient,
lorfque
deux
mots
de
mé-
me
fon
fe
trouvent
l'un
auprès
de
l'autre;
par
exemple,
les
beaux
efprits
pour
prix,
&tc.
fi
Cicéron
;
Gtc.
mais
mème,
&C.
que
quand
;
&c.
jufqu’a
quand,
&c.
Un
de
nos
bons
Auteurs
,
parlant
de
la
bibliotheque
d'Athènes,
dit
94e
dans
la
fuite,
Sylla
la
pilla,
ce
qui
pouvoit
être
facilement
évité
en
s'exprimant
par
la
voie
paflive,
Vaupelas
&
le
P.
Bouhours
difent
ue
nous
devons
éviter
enprofe,
non
feulement
les
rimes,
maïs
encore
les
Confonnances
,
telles
que
celle
qui
fe
trouve
entre
/o/ei/
&x
immortel.
RE
-
On
convient
que
ce
font-là
des
minuties,
auxquelles
les
Lelteurs
judicieux
ne
prennent
pas
garde.
Cependant,
il
faut
avouer
que
fi.
un
Écrivain
évitoit
ces
négli-
gences
,
l'ouvrage
né
perderoit
rien
de
fa
valeur
intrinfeque.
Nous
ajoûterons
que
les
Con-
86
et
un
fon
mouillé
fort,
&
le
y.qu'on
nomme
ve
qui
eft
un
fon
mouillé
foible.
\
|
Comme
le
caraëtère
de
Zmouï-
lé
nous
manque,
notre
orthogra-
phe
n'eft
pas
uniforme
dans
la
manière
de
défigner
ce
fon
;
tan-
tôt
nous
l’indiquons
par
un
feul/,
tantôt
par
deux
/},
quelquefois
par
/4.
On
doit
feulement
obfer-
ver
que
/
mouillé.eft
prefque
tou-
jours
précédé
d'un
z
;
mais
que
cet
Z
n'eft
pas
pour
cela
la
mar-
que
caraéteriftique
du
Z
mouillé,
comme
on
le
voit
dans
civil,
nil,
exil,
fil,
file,
vil,
vile,
où
le
n'eft
point
mouillé,
non
plus
que
dans
achille
>
pupille,
tranquille,
qu’on
féroit
mieux
de
n’écrire
que
par
un
feul
/.
Ïl
faut
obferver
qu’en
plufeurs
mots
l’z
fe
fait
enrendre
dans
la
fyllabe
avant
le
fon
mouillé,
com-
me
dans
péril,
on-entend
l’;
en-
faite
le
fon
mouillé
pé-ri.2.
Îlya,
au
contraire,
plufieurs
mots
où
left
muet;
c’eft-à-di-
re,
qu'il
n’y
efl
pas
entendu
fe-
parément
du
fon
mouillé
;
il
ef
confondu
avec
ce
fon
,
ou
plutôt;
ou
il
n’y
eft
point
quoiqu'on
l'é-
crive
,ouileft
bien
foible,
comme
dans
famille,
cheville.
à
Le
fon
mouillé
de
Zeft
auf
marqué
dans
quelques
noms
pro=
pres
par-/}
;
comme
dans
Milhaud
ville
du
Rouergue.
Le
peuple.
de
Paris
change
le
mouillé
fort,
en
mouillé
foible.
H
‘prononce
f-ye,
an
lien
de
75/e
ÿ
Verfa-yes,
pour
Verfailles,
Cette
Prononciation
a
donné
lieu
à
quel-
ques
Grammairiens
modèrnes,,
d'obférver
ce
mouillé
foible.
En
SE
EE
O
effet,
1l
y
a
bien
de
la
différence
entre
la
prononciation
de
jen
dans
mien
tien,
&c.
&
celle
de
moy-
en
pay-en
>-4-YeUX.,
a-Yant,
Pa-yone,
Ma-yance,
PBla-ye,
ville
de
Guienne,
fa-yance,
em-
plo-yons
à
l'indicatif,
afin
que
nous
emplo-i-yons
,
que
vous
ai.
yez,
que
vous
/o-i-yez
au
fub:
jon@if.
La
ville
de
No-yor,
le
duc
de
Ma-yene
,
le
chevalier
Ba-yard,
la
Ca-yene
;
fo-yer,
bo-yaux.
Ces
Grammairiens
di-
fent
que
ce
fon
mouillé
eft
une
Confonne.
=
Mais
,
il
ne
s’agit
point
de
dif-
puter
fur
le
nom
;
l’effentiel
efl
de
bien
diftinguer
&
de
bien
pro-
noncer
cette
lettre.
On
peut
re-
garder
ce
fon
ye
dans
les
exem-
ples
ci-deflus,
comme
un
fon
mixte,
qui
paroit
tenir
de
la
voyelle
&
de
la
Confonne,
&
faire
une
clafle
à
part.
Ainfi,
en
ajoûtant
leche
&
les
à
deux
fons
mouillés
gz
&
/l,
aux
|
quinze.premières
Confonnes;
cha
|
fait
dix
-
huit
Confonnes,
fans
=,
=
at
compter
le
À
afpiré
,
nile
mouillé
foible
ou
fon
mixte
ye.
!
|
à
Ë
je
ë
b
Ê
è
È
É
:
Ë
È
Ë
PRESS
ENENNORTICEE
TONI
POELE
Nons
allons
finir
par
une
divi
|
fion
remarquable
entre
les
Con
|
fonnes.
Dépuis
M.
l'abbé
de
Dan
DRE
geau,
nos
Grammairiens.les
divi:
|
fent
en
foibles
&
en
fortes;
c'ell-
|
àä-dire,
que
le
même
Organe
|
pouffé
par
un
raouvement
doux,
produit
une
Confonne
foible,
&
|
que
s'il
a
un
mouvement
plus
fort
|
&
plus
appuyé,
il
fait
entendit
|
use
Confonne
forte.
Ainf,
B
el
la
foible
de
P
,
&
P
eft
la
fortede
B.
Voici
quelques
exemples
des
Confonnes
foibles
&
des
Confon:
’
È
£
Bb
C
Ô
nes
fortes
,
oppofées
les
unes
aux
autres.
Confonnes
C
onfonnes
fortes
foibles.
B.
D
Baiïpner.
Peigner.
Bécher.
Pécher.
=D;
T,
Danfer.
Tanfer.
Dater.
Tüter.
_
Ggue
Cdur.K,ouQ;que.
Gage.
Cage.
Gand.
Caen.
“Pres
“Ch,che.
Japon.
Chapon.
Jatte,
Chatte.
F,
ve.
+
|
Valoir.
Falloir.
,
Vendre.
Fendre.
7
»
Ze
S
A
fe
Zele.
Selle.
Zone.
Sonne,
de
fonner.
Ye
mouillé
Ll.
mouillé
fort.
foible..
=
…
Payen.
Paille.
…
Blaye
villes
Verfailles,
Parce
détail
des
Confonnes
foi-
bles
&
des
Confonnes
fortes,
il
paroïit
qu'il
n'y
a
que
les
deux
lettres
nazales
77,
7
;
&
les
deux
liquides
,
Z,
r;
dont
le
fon
ne
change
point
d’un
plus
foible
en
An
plus
fort,
ni
d’un
plus
forten
ua
plus
foible;
&
ce
qu'il
y
a
de
témarquable
à
l'égard
de
ces
EC
O
87
quatre
lettres
,
felon
l’obfervation
que
M,
Harduin
a
faite
dans
un
méinoire
dont
nous
avons
parlé,
c'eft
qu’elles
peuvent
fe
lier
avec
chaque
efpèce
de
Confonnes,
foit
avec
les
foibles
,
foit
avec
les
for-
tes,
fans
apporter
aucune
altéra-
tion
à
ces
lettres.
Par
exemple,
imbibé
,
voilà
le
77
avant
une
foi-
ble;
impitoyable,
le
voilà
avant
une
forte.
Nous
ne
prétendons
pas
dire
que
ces
quatre
Confonnes
foient
immuables
;
elles
fe
chan-
gent
fouvent
,
fur
tout
entr’elles,
:
Nous
difons
feulement
qu'elles
peuvent
précéder
où
fuivre,
in-
différemment
où
une
letire
foible
ou
une
lettre
forte.
C’eft
peut-
être
par
cette
raïfon
que
les
An-
ciens
ont
donné
le
nom
de
liquides
à
ces
quatre
Confonnes
,
7,
Re
Au
lieu
qu’à
l'égard
desautres,
fi
une
foible
vient
à
être
fuivie
d'une
forte,
les
organes
prénant
la
difpofition
requife
pour
articuler
cette
lettre
forte,
font
prendre
Île
fon
fort
à
la
foible
qui
précede
;
en
forte
quecelle
qui
doit
être
pro-
noncée
la
dernière
fthange
celle
qui
eft
avant
en
une
lettre
de
fon
efpèce
,
la
forte
change
la
foible
en
forte,
&
la
foible
fait
que
la
forte
devient
foible.
C'eft
ainfi
que
nous
avons
vu
.
qüe
le
x
vaut
tantôr
cf”,
quifont
deux
fortes,
&
tantôt
g7,
qui
font
deux
foibles.
C’eft
par
Ia
même
raifon
qu'au
prétérit,le
b
de
feribo
fe
change
en
p,
à
caufe
d’une
lettre
forte
qui
doit
fuivre
;
ainfi
;
on
dit
fcribo
,
fcripft,
[erip-
tum.
M.
Harduin
eft
entré
à
ce
fujet
dans
un
détail
fort
exact
par
F
iv
Ÿ
58
CO
rapport
à
la
langue
Françoife
;
&
il
obferve
que,
quoique
nous
écri-
vions
abfent,
fi
nous
voulons
y
prendre
garde
,
nous
trouverons
ue
nous
prononçons
apfene.
CONSORANNES,
Confo-
anni
ÿ
(a)
peuples
des
Gaules
,
que
Pline
met
au
nombre
de
ceux
qui
habitoient
l’Aquitaine.
.
ans
la
Notice
des
provinces
de
la
Gaule,
la
cité
des
Conforan-
nes,
Civitas
Conforannorum,
eft
une
de
celles
de
la
Novempopula=
nie.
Le
pais
conferve
le
nom
de
Conferans,
quoique
Pufage
foit
de
prononcer
Couferans
;
&
la
ville
a
porté
le
même
nom,
fous
lequel
elle
eft
citée
par
Grégoire
de
Tours,
avec
Vicus
Juli[
Aire]
&
Laputdum
[
Bayone
],
dans
l'accord
des
Rois
Gontram:
&
Childebert.
Elle
a
quitté
ce
nom
pour
prendre
celui
d’un
de
fes
Évêques
,
Saint
Lyzier,
Lyce-
.
rlus,
où
plutôt
Glycerius,
felon
qu'il
fe
lit
dans
les
foutcriptions
du
Concile
d’Aode,en
+06.
M.
de
Valois
rapporte
un
paflfage
que
lui
fournit
la
vie
de
ce
Prélat:
Obiit
1n
temitorio
Tolofano
ue
Civitate
que
vocatur
Coferanis
five
Aujtria
;
&
il
tire
cette
dé-
nomination
d'Auftria,
du
vent
qui
fouffle
4h
Aufiro.
Peut-être
étoit-elle
propre
à
cette
ville,
avant
que
d'être
défignée
par
ce-
lui
du
peuple
dont
elle
étoit
ca-
pitäle
,
comme
on:
fçait
que
beau.
conp
de
villes
du
même
rang
ont
ainfi
changé
dé
nom.
Ce
qu'il
y
a
de
plus
digne
de
femarque
dans
ce
paflage,
c'eft
2
Ca)
lin,
T,
I,
p.
145:
226,
Notic,
de
la
Gaul,
par
M,
d’Anvil,
CO
de
voir
les
Confotannes
In
Lefrito'
rio
Tolofano
;
tandis
que
certe
cié
eft
rangée
dans
la
Novempopule-
|
nié,
comme
fon
fiege
épifcopal
el
\
encore
fuffragant
d’Aufch,
me:
à
De
=
CRETE"
tropole
de
cette
province.
Doit:
oninférer
de-là,
que
les
Confo:
|
rannés
pouvoierit
être
partagés
|
entre
[a
province
Narbonnoife
&
A
l’Aquitaine
?
Pline
nomme
6!
Confuaranes
dans
la
Narbonnoiïle!
In
ora
regio
Sardonum
,
dit
-il,
intufque
Confuaranorum.
Or
,
ces
|
Confuaranes
étant
ainfi
plus
avant
|
dans
les
terres
que
le
diftri@
des
|
Sardones,
il
pent
en
réfulter
qu'il
|
foient
tellement
voifins
des
Con-
forannes,qu’on
ne
trouve
point
de
différence
affez
marquée
dans
la
dénomination,
pour
en
faire
deux
au
lieu
d’one,
&
ne
pas
voir
fim-
|
plement
différentes
leçons
de
la
même
dénomination,
Plufieurs
Sçavans
,
à
la
tête
defquels
eft
M,
|
de
Marca,
veulent
néanmoins
établir
des
Confuaranes,
qui
foient
différens
des
Conforannes,
dif-
tinétion
que
M.
de
Valois
n’a
pas
jugé
à
propos
de
faire.
e
nelt
point
un
argumeit
propre
à
féparer
les
Confuarane
d'avec
les
Conforannes,
de
dire
|
que
ces
noms
fe
trouvent
partagés
|
entre
l’Aquitaine
&
la
Narbon-
|
noife.
Car,
on
trouvera
qu'il
eñ
Ë
eft
de
même
des
Rutenes,
dam
|
Pline,
fans
qu'on
puifle
l’accufet
|
de
méprife
fur
leur
compte,
puif
|
que
Céfar
diflingue
des
Ruteni
|
Provinciales,
{onmis
aux
Romains,
|
d'avec
les
Rutenes,
qui
armerent
contre
les
Romains
dans
la
ligue
Ë
&
U
:
À
Ë
DE
ne
GAMES
2
PE
LRU THÉ
AEE
CE
LES
nr
D
HIS
AE
ARC
LEE
LCA
TT
E
Ë
&
RSFT
CO
des
nations
Gauloifes.
Nous
üi-
tons
même
des
Conforannes
,
_
avec
M.
d’Anville,
qu'on
ne
.
fçauroit
les
placer
dans
l’Aquitai-
ne
,
avant
l'arrangement
des
pro-
vinces
de
la
Gaule
fait
par
Au-
pufte.
[!
faut
croire
que
l’Aquitai-
neavoit
été
entamée
de
plein
pied
à
la
province
Romaine
,
vers
les
Pyrénées,
avant
la
conquête
du
refte
de
la
Gaule
par
Céfar,
puif-
que
Pompée,
à
fon
retour
de
la
guerre
d'Efpagne
contre
Sertorius
&
fes
partifans,
plaça
les
Conve-
nes
dans
l’Aquitaine;
or,
par
la
pofition
connue
des
Convenés,
les
Conforannes
fe
trouvoient
en-
veloppés
ou
renfermés
entre
les
:
Convenes
&
les
cantons
méridio-
aux
de
cette
province
qui
a
été
nommée
Narbonnoife.
Dans
cette
pofition,
il
eft
aifé
de
voir
qu'il
._aétéun
tems
où
les
Conforannes
ontpu
être
confondus
avec
ce
qui
dépendoit
de
cette
province,
&
flotter
du
moins
entr'elle
&
l’A-
quitaine
,
en
forte
que
leur
nom
puiffe
fe
trouver
placé
également
d'un
côté
comme
de
l’autre.
M.
d'Anville
finit
par
dire
qu'il
lui
a
paru
hazardeux
d’infcrire
fur
la
carte
le
nom
de
Con/uarani
{e-
parément
des
Corforanni,
dans
‘une
place
qu'on
ne
fçauroit
aflu-
rer
être
déterminée.
Pour
déférer
cependant
au
témoignage
de
l’au-
teur
de
la
vie
de
Saint
Lyzier,
par
rapport
au
territorium
Tolofanum,
il
a
cru
devoir
étendre
le
nom
des
Conforannes
au
de-là
des
limites
de
leur
diocèfe
auel,
en
prenant
fur
celui
de
Pamiez,
quieft
un
dé-
GC
O
89
membrément
de
l’ancien
diocèfe
de
Touloufe.
|
CONSTANCE
[
Fravrus
VALÈRE
CONSTANCE
CHLORE;
Flavius
Valerius
Conflantius
Chloz
rus,
Voyez
Valère.
CONSTANCE
[
Fravius
Juze
|,
Flavius
Julius
Conflan-
ins
,
fils
de
Conftance
Chlore.
“Voyez
Jule.
CONSTANCE
F
Fravius
Juce
|,
Flavius
Julius
Conflans
tius,
fils
de
Conftantin
le
Grands
Voyez
Jule.
CONSTANCE
|
Fravius
ConsrTance
GALLUS
|,
Flavius
Conftantius
Gallus.
Voyez
Gal-
lus.
CONSTANCE,
Conflantius
;
{a)
natif
de
Nyfle,
ville
de
Ser-
vie,
&
Général
des
armées
Ro=
maines,
fut
le
bouclier
de
PEmpi-
re
contre
les
tyrans
dans
le-cin=
quième
fiecle
,
pendant
le
répne
de
l’empereur
Honorins.
Il
vain
quit
Conftantin,
Conftans,
Gé--
ronce
,
Jovin,
&
un
grand
nom=
-
bre
d’autres,en
412,
&
les
années
fuivantes.
Il
chafla
aufliles
Goths
,
des
Gaules;
mais
,
dans
la
fuite,
il
les
invita
à
y
revenir,
&
pour
s’aflurer
une
paix
durable
avec
eux
,
il
leur
donna
tout
le
pais
fi-
tué
entre
les
Pyrénées
,
la
Garon-
ne
&
la
mer.
Eten
41$,ilenvoya
le
rebelle
Attalus
à
l'Empereur.
Honorius
lui
fit
époufer,en
417,
fa
fœur
Galla
Placidia,
veuve
d’Ataulphe
,
&
l’aflocia
même
à
l'Empire,le
8
Février
de
l'an
425.
Conftance
ne
pofléda
cette
dignité
qu'environ
fept
mois;
car,
il
(4)
Mém,
de
l'Acad,
des
Infcript,
&
Bell,
Lett,
T,
VIIS,
pag:
430
»
431»
S1Sa
90
C
O
mourut
en
{fon
troifième
Corfalat,
d'une
douleur
de
côté,
le
2
Sep-
tembre
de
la
même
année,
Il
eut
de
Placidia,
Valentinien,
qui
fat
depuis
Empereur
&
le
II
de
ce
nom,
&t
une
fille
nommée
Jufta
Gratiana
Honoria.
CONSTANCE
,
Conflantius,
contemporain
&
ami
de
Sidoine
Apollinaire.
CONSTANCE,
Conftantia,
(2)
fille
de
Conftance
Chlore
&
de
Théodora.
Cette
Princefle
époufa
Licinius,
qui
fe
révolta
contre
fon
frere
l’empereur
Conf-
tantin
le
Grand,
&
dont
elle
eut
un
autre
Licinius
;
qui
fut
Céfar.
Après
la
dernière
bataille
que
Conftantin
gagna
fur
fon
mari,
elle
demanda
la
grace
du
dernier
quai
lui
fut
accordée.
Mais,
Lici-
nius
s'en
étant
rendu
indigne
par
fes
intelligences
avec
les
Barbares,
qu'il
avoit
deflein
de
porter
à
la
révolte,
fut
étranglé
en
325.
Alors,
Conftance
ne
fongea
plus
qu'à
gagner
la
confiance
de
l’'Em-
pereur
fon
frere,
en
quoi
elle
réuf-
fit
aflez
bien,
fur
tout
après
la
mort
de
Sainte
Hélène.
Eufebe
de
:
Nicomédie,
Arien,
fçut
fradroi-
tement
captiver
l’efprit
de
cette
Princefle
;
qu'à
fa
confidération,
elle
devint
la
prote@rice
d’Arius.
:
On
ditmême
que
Conftantin
étant
venu
la
vifiter
au
lit
de
la
mort,
pour
fçavoir
fi
elle
n'avoit
point
de
grace
à
lui
demander,
avant
que
de
mourir,
elle
lui
avoit
feu-
lement
recommandé
un
eccléfaf-
tique
,
qu'on
aflure
être
le
même
Ca)
Crév.
Hift.
des
Emp.
Tom.
VI.
p.
218:
264,
©
fniv.
CO
qu'Eufebe
|
ou
felon
d'autres!
È
Arius.
re,
qu'on
nomme
aufh
Conftan-
tine
,
étoit
fiancée
à
ce
Gallicanus
|
qui
fe
convertit
à
la
foi
Catholi-
|
que,
après
une
viétoire
qu'ilrem=
À
porta
miraculeufement
fur
les
à
Scythes.
Elle
fut
guérie
d’une
ma:
ladie
fâcheufe
,
par
les
prieres
de
|
Sainte
Agnès,
&
pour
en
témoi=
|
gner
fa
reconnoiffance
;
elle
voua
|
fa
virginité
à
Dieu.
L'autre,
|
qu'Ammien
Marcellin
aflure
avoit
|
époufé
Annibalien,
&
puis
Gallus,
À
qui
fut
créé
Céfar,
étoit
fi
mt-
chante,
qu’on
lui
donna
le
nom
dé
È
Mégère.
-
CONSTANCE,
Conflantia,
fille
de
Jule
Conftance
&
de
Fauftine,
&
petite
fille
de
Conf
tantin
le
Grand
,
fut
mariée
à
l’empereur
Gratien,
CONSTANCE,
Conftantia,
(b)
Déefle
des
Romains.
On
trouve
quelquefois
la
Conftance
fur
les
médailles
impériales.
Dans
un
revers
de
Tibère,
c’eft
une
femme
qui
tient
la
pique
de
la
main
droite
,
&
une
corne
d'abondance
de
la
gauche.
Affife
dans
une
mé-
daille
de
Claude,
elle
leve
Ja
main
droite
;
&
haufle
le
doigt.
En
ha:
bit
militaire,
le
cafque
en
tête
dans
une
médaille
du
même
Em-
pereur,
elle
tient
une
pique
dela
gauche,
&
porte
de
même
la
main
droite
jufqu’à
la
hauteur
du
vifa-
ge,
en
levant
un
doigt,
(6)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern,
de
Montf,
Tom.
I.
p.
358,
CONSTANCE,
Conftantis,
|
nom
commun
à
deux
filles
de
»
Conftantin
le
Grand.
La
premiè:
À
DE
ARE
AS
<
CO
CONSTANCE
,
Conftantia,
vertu
par
laquelle
nous
perfiftons
dans
notre
attachement
à
tout
ce
que
nous
croyons
devoir
regarder
comme
vrai,
beau,
bon,
décent
&
honnête.
DRE
e
CONSTANT
[FLavius
Juce
|,
Flavius
Julius
Conflans,
5
de
Conftantin
le
Grand.
Voyez
nes
CONSTANT
[Fravius
CLauDE
|,
Flavius
Claudius
Conflans.
Voyez
Flavius.
:
CONSTANTIN
[
Fravius
VaréRel],
Flavius
Valerius
Conflantinus.
Voyez
Valère.
CONSTANTIN
[
Fravius
CLAUDE
À;
Flavius
Claudius
Conflantinus.
Fils
du
précédent,
fat
furnommé
Junior,
le
Jeune.
=
Voyez
Junior.
CONSTANTIN
[
Fravius
CrauDe
|]
,
Flavius
Claudius
Conftantinus
,
fils
de
Conftance
Chlore,
fut
auffi
furnommeé
Ju-
nior
le
Jeune.
Voyez
Junior,
.
CONSTANTIN
{
Fravius
Craupe
|,
Ælavius
Claudius
Conflantinus
,
foldat
de
Fortu-
ne,
qui
fut
proclamé
Empereur.
Voyez
Flavius.
CONSTANTINE
,
Conftan-
tina.
Voyez
Cirte.
=
CONSTANTINE
,
Conftlan-
tina
;
ville
d'Afe
dans
la
Phéni-
cie,
felon
Eufebe
&
Callifte.
:
CONSTANTINE
,
Conflan-
tna
;
autre
ville
d'Afie
dans
la
(a)
Crév.
Hift.
des
Emp.
Tom.
VI,
G)
Hift,
du
bas
Emp.
par
M.
le
Beau
|
Rss
1.
p.
480.
&
fiv.
Crev.
Hit
des
mp.
Te
VI,
p.313.
d
friv.
Mém,
de
220.
OE
Méfopotamie
,
felon
la
Notice
de
Empire.
CONSTANTINE,
Conflan-
tina,
(a)
fœur
de
l'Empereur
Claude
IL.
On
croit
qu’elle
don-
na
fon
nom
à
l'empereur
Conf
tance
Chlore,
qui
étoit
fon
petit
neveu.
CONSTANTINOPLE,
(6)
Conflantinopolis,
ville
fameufe
d'Europe
,
connue
des
Anciens
fous
le
nom
de
Byzance.
On
peut
voir
fous
l’article
de
ce
der=
nier
om
,;
ce
qüe
nous
avons
dit
de
cette
ville.
I
ne
nous
refte
ici
qu'à
la
faire
connoître
depuis
qu
elle
eut
pris
le
nom
de
Conftanti-
nople.
Ce
que
nous
allons
rapor-
ter,
pour
remplir
cet
objet,
&ft:
extrait
pour
la
plus
grande
parue
de
l'excellente
hiftoire
du
bas-Eim-
pire,
par
M.
le
Beau.
I,
Nous
fçavons
certainement
en
quel
tems
Conftantinople
fut
achevée
&
dédiée;
mais;
on
né
convient
pas
du
tems
où
elle
fut
commencée.
Selon
quelques
Au-
teurs
,
ce
fut
dès
lan
trois
cens
vingt-cinq;
felon
d'autres,
feule=
ment
à
la
ia
detrois
cens
vingt-
neuf,
Ce
qui
nous
paroït
plus
pro:
bable,
c'eft
que
Conftanun
étant
forti
de
Romeen
trois
cens
vingt=
fix
avec
le
projet
formé
de
don-
ner
une
rivale
à
cette
ville,
il
fut
occupé
l’année
fuivante
à
chercher
L
Re
.
ÿ
-
un
lieu
propre
a
l'exécution
ds.
fon
deflein
;
&
qu'après
un
pre-
mier
éffai,
bientôt
abandonné,
il
l'Acad:
des
Infeript,
&
Bell,
-Lert.
Tom
VIH,
p.602:
&
fuivs
ET,
-XVIL.
p.558.
d'fuiv.
T.XX.p:
553
Te
XXXI.
Pe
200,
©
Juive
;
#
62
CO
fe
fixa
au
terrein
de
Byzance
;
où
ayant
commencé
à
bâtir
en
trois
cens
vingt-huit
,
il
continua
avec
ardeur
,
&
acheva
prefque
l’ou-
vrape
l’année
fuivante
;
en
forte
que
la
ville
fut
en
état
d'être
dé-
diée
au
mois
de
Mai
trois
cens
trente.
Cette
circonftance
nous
détermine
à
rangér
fous
lan
trois
cens
vinpt-neuf
tout
ce
qui
regar-
de
la
fondation
de
Conftantinople,
PEmpereur
étant
Conful
pour
la
hüitième
fois,
&
fon
fils
aîné
pour
Ja
quatrième.Il
pafla
la
plus
gran-
de
partie
de
ces
deux
années
dans
le
voifinage
de
fon
nouvel
établif-
fement,
afin
de
pouvoir
aifément
«fe
tranfporter
fouvent
fur
le
lieu
même
pour
diriger
&
animer
les
travaux,
Si
Fon
confulte
les
règles
d'une
fage
politique,
on
ne
peut
s'em-
pêcher
de
blâmer
Conftantin
d’a-
Voir
entrepris
de
bâtir
une
nou-
velle
capitale,
&
de
divifer
les
forces
de
l’Empire
,
dans
un
tems
où
ce
prand
corps,
fatigué
de
la
“longueur
des
guerres
civiles,
épuifé
par
la
tyrannie
&
le
luxe
de
tant
de
Princes
qui
l'avoient
en
même
tems
accablé,
avoit
be-
foin
de
réunir
&
de
concentrer
fes
efprits,
pour
leur
donner
un
nou-
veau
reflorts
cette
diftraétion
ne
Pouvoit
que
difiiper
un
refte
de
chaleur.
Conftantinople
formée
&
nourrie
aux
dépens
de
Rome,
fans
pouvoir
jamais
l'évaler
en
vi-
gueur
&
en
puiflance,
ne
fervir
qu'à
laffoiblir.
Mais,
les
raifons
d'État
céderent
au
goût
particu-
lier
du
Prince,
à
l'éloignement
quil
avoit
conçu
pour
Rome
&
pour
fes
fuperflitions,&
peut-être
CO
auf
à
l'ambition
d’être
regardé
|
comme
fondateur
d’un
nouvelem.
à
pire,
en
tranfportant
le
fiepe
de
|
l’ancien.
Cette
réfolution
étant
|
une
fois
bien
arrêtée,
il
s’agifloit
de
choifir
dans
la
vafte
écendue
de
fa
domination,
l'emplacement
de.
fa
ville
impériale.
La
Perfe
étoit
|
alors
la
feule
puiflance
qui
pit
|
donner
de
l'inquiétude
aux
Ro:
à
mains
,
&
Conftantin
prévoyoi
à
que
Sapor
ne
reftéroit
pas
long:
|
tems
en
paix.
Îl
crut
donc
quil
|
falloït
reculer
vers
POrientle
cen.
à
tre
de
fes
forces,
&
oppofer
une
barrière
plus
voifine
à
un
fire
doutable
ennemi.
Le
bruit
avoit
couru
autrefois
que
Jules
Céfar
vouloit
tranfpor-
porter
à
Troye
toute
la
fplendeur
de
Rome;
ce
fut
auffi
la
première
vue
de
Conftantin.
Le
fouvenit
de
Troye
étoit
toujours
cher
aux
Romains
d'Europe,
chez
lefquels
il
avoit
pris
naïflance
,
regardoïent
cette
.
Ville
comme
la
patrie
de
leurs
an:
cêtres.
D'ailleurs
,
il
fe
laifla
fans
doute
enchanter
par
la
beauté
&
la
renommée
des
rivages
de
l'Hel:
lefpont,
plus
embellis
encore
par
la
poëfñe
d'Homère
que
par
la
nature
|
&
où
tout
lui
rappelloit
des
idées
héroïques.
Il
traça
donc
l'enceinte
de
fa
ville
entre
les
deux
promontoires
de
Rhétée
&
_de
Sipée
,
près
du
tombeau
d'A-
jax
;
&c
il
en
jetta
les
fondemens.
Les
murailles
fortoient
déjà
de
la
terre
,
quand
une
vifion
célefte,
felon
Sozomène
,
ou
fa
propre
réflexion,
lui
firent
abandonnet
l'entreprife,
&
préférer
l’affiette
de
Byzance,
Les
navigateurs
ap:
;
@&
les
Dardaniens
|
CRDP
ER
FREIEASPECPRETIENTENENNIREREENRONETONTEE
ENTIER
SIENS
EE
EPINPRNERT
TERERPAET
EEE
EETENN
EIRE
DE
NSFIIESEENPR
RENNENENNES
PEN
NENEEIE
CUT
C
O
percevoient
encore
Jong
-
tems
après
les
portes
de
cette
ville
commencée
fur
une
hauteur.
Les
Grecs,
jaloux
des
merveil-
les
qui
ont
ennobli
la
naïflance
de
Rome,
font
ici
ufage
de
leur
fé-
.condité
dans
l'invention.
[ls
pro-
menent
le
Leéteur
de
miracle
en
nurace.
Nous
nous
difpenfons
d'en
rapporter
aucun
;
il
n’en
fal-
loi
point
d'autre
pour
attirer
Conftantin
à
Byzance,
que
l'ad-
murable
fituation
de
cette
ville
;
elle
eft
unique
dans
l'univers.
Si-
tuée
fur
un
côteau
dans
unifthme,
à
la
pointe
de
l'Europe
&
à
la
vue
de
l’Afie,
dont
elle
n’étoit
féparée
que
par
an
détroit
de
fept
flades
,
elle
joignoit
les
avantages
de
la
freté
&
du
commerce
avec
toutes
les
faveurs
de
la
nature
&
les
charmes
de
la
perfpettive.
Cétoit
la
clef
de
l'Europe
&
de
lAfie,
du
Pont-Euxin
&
de
la
mer
Égée.
Les
vaifleaux
ne
pou-
voient
pafler
d’une
mer
dans
l’au-
tre
fans
le
congé
des
Byzantins.
Baignée
au
midi
par
la
Proponti-
de,
à
lorient
par
le
Bofphore
,
au
féptentrion
par
un
petit
golfe
nommé
Chryfocéras
ou
la
corne
d'or
,‘élle
ne
tenoit
au
continent
que
par
le
côté
occidental.
La
température
du
climat
,
la
fertilité
de
la
terre,
la
beauté
&
la
com-
modité
de
deux-ports,
tout
con-
tibnoit
à
en
faire
un
féjour
déli-
ceux,
Les
porffons,
&
fur
tout
les
thons,
qui
viennent
en
affluence
du
Pont-Euxin
dans
la
Proponti-
de,
effrayés
d’une
roche
blanche
qui
s'élève
prefque
à
fleur
d’eau
du
côté
de
Chalcédoine,
&
fe
rejetant
vers
Byzance,
y
procu-
CO
93
roient
une
pêche
abondante,
La
ville
avoit
quarance
flades
de
cir-
cuit,
c'eft-à-dire,
près
de
deux
lieues,
avant
qu’elle
eut
été
rui-
née
par
l’empereur
Septime
Sé-
vère.
IE
Conftantin
la
prolongea
de
quinze
flades,
&
la
ferma
d'une
muraille
qui
devoit
s'étendre
du
golfe
à
la
Propontidé,
mais
qui
ne
fut
achevée
que
par
Conftance.
Cette
enceinte
reçut
dans
la
fuite
divers
accroiflemens
fous
Théo-
dofe
le
Grand,
Théodofe
le
jeu-
ne,
Héraclius
&
Léon
l’Armé-
nien.
Une
defcription
de
Conf-
tantinople
,
qu’on
croit
faite
entre
le
regne
du
grand
Théodofe
&
ce-
lui
de
Juflinien
,
donne
à
cette
ville
quatorze
mille
foixante-quin-
ze
pieds
de
longueur,
en
droie
ligne,
depuis
la
porte
d'or
à
loc-
cident,
jufqu’à
la
pointe
la
plus:
orientale
fur
le
Bofphore,
&
fix
mille
cent
cinquante
pieds
de
lar-
seur,
apparemment
à
fa
bafe
du
triangle
du
côté
de
l'occident.
Le
terrein
,
femblable
à
celui
de
Ro-
me,
fe
partageoit
en
fept
colli-
nes.
=
L'empereur
s'efforça
autant
qu'il
put
d'achever
cette
confor=
mié,
en
imitant
dans
la
nouvelle
Rome
tous
les
ornemens
&t
toutes
les
commodités
de
l’ancienne.
If
fit
élever
un
capitole,
conftruire
des
Palais
,
des
aquéducs
,
des
thérmes,
des
portiques,
un
atfenal,
deux grands
édifices
pour
les
af
femblées
du
Sénat,
deux
autres
bâtimens
qui
fervoient
de
tréfor;
l'un
deftiné
pour
les
deniers
pu-
blics,
l'autre
pour
renfermer
les
revenus
patrimoniaux
du
prince,
CO
grandes
places
faifoient
une
des
principales
beantés
de
la
ville.
L'une
quarrée,
entourée
de
portiques
à
deux
rangs
de
colom-
nes
,
fervoit
comme
d’avant-cour
cominone
à
la
grande
éplife
&
au
palais
de
l'Empereur,
dont
les
deux
façades
s’élevoient
à
l'oppo-
fite
l’un
de
l’autre.
Cette
place
s’appelloit.
l’Augufléon
,
parce
qu'il
y
ft
pofer
fur
une
colomne
la
-ftatue
d'Hélène,
qu'il
avoit
hono-
rée
du
titre
d'Augufte,
On
voyoit
au
milieu
le
milliaire
d'or.
Ce
m'étoit
pas
comme
à
Rome
une
fimple
colomne
de
pierre
pofée
fur
une
bafe
&
furmontée
d’un
globe
doré
;
c’éroit
une
arcade
élevée
&
décorée
de
flatues.
L'üfage
en
étoit
de
même
qu’à
“Rome.
Fous
les
grands-chemins
de
l'Empire
y
devoient
aboutir,
&
c’étoit
le
point
d’où
l’on
partoit
pour
compter
les
diflances.
L’au-
“tre
place
étoit
ronde,
payée
de
larges
pierres;
elle
faifoic
le
cen-
tre
de la
ville,
&
portoit
le
nom
de
Conftanun.
Elle
étoit
environ-
née
d'un
portique
à
deux
étages,
coupé
en
deux
demi-cercles,
par
-
deux
grandes
arcades
de
marbre
-
de
Proconèfe,oppofées
l’une
à
l’au-
tre,
Les
autres
colomnes
étoient
garnies
de
flatues.
Il
y
en
avoit
encore
un
grand
nombre
dans
la
place
même.
Au
milieu
étoit
une
fontaine
,
fur
laquelle
s’élevoit
la
figure
du
bon
Pafteur
|,
comme
fur
toutes
les
autres
fontaines
de
la
ville;
mais,
celle-ci
étroit
de
plus
décorée
d’un
grouppede
bren-
ze,
repréfentant
Daniel
dans
la
fofle
aux
lions.
Le
plus
bel
ornement
de
cette
cé
que
Conftantin
avoit
enfeyel
€
O
place
étoit
la
fameufe
colomne
de»
Porphyre
,
venue
de
Rome
,
fm!
laquelle
étoit
élevée
l'image
de
Conftantin,
couronnée
de
rayons
|
C'étoit
une
figure
d’Apollon
qu'on
|
avoit
apportée
d'Ilium
;
on
ny
ayoit
fait
d'autre
changement,
que
à
de
lui
donner
le
nom
du
pr
|
Ge
fur
dans
cette
flatue
qu'il
rene
ferma
une
partie
de
la
vraie
croix
Les
Grecs
parlent
encore
de
plus
à
fieurs
reliques
qu'il
fit
dépofer
fous
la
bafe.
Une
infcription
dé:
&
claroit
que
Conftantin
mertoitfa
|
ville
fous
la
protection.
de
Jefus:
Chrift.
Cette
colomne
fut
en
gran
à
de
vénération
dans
les
fiécles
fui
!
vans.
Tous
les
ans,
au
premier
de
|
Septembre,
où
commençoit
l'an:
À
née
des
Grecs,
le
Patriarche
ac:
À
compagné-du
clergé
y
venoiten
»
proceflion
avec
l'Empereur
;
&
\
les
Âriens
ne
manquerent
pas
dé
+
taxer
les
Chrériens
d’idolätrie,
|
comme.
fi-ces
hommages
fe
rap-
|
portoient
à
la
ftatue
de
Conftan-
tin.
Celle-ci
fat
renverfée
parun
orage
fous
Alexis
Comnène
;
on
la
remplaça
d’une
croix.
Quel.
ques
Grecs
fuperfliieux
ont
avan:
au-deffous
le
Palladium
qu’il
avoit
fecrérement
enlevé
de
Rome
C'eût
été
faire
un
mélange
monf
trueux
du
facré
&
du
prophane
Cette
colomne
fe
voir
encore
à
Conftantinopie
;
elle
eft
à
la
vérité
fort
endommagée;
maïs,
un
{ça
vant-
Voyageur
a
conclu
des
pro
portions
de
ce
qui
en
refte,
qu'elle
devoit-avoir
de
hauteur
plus
de
quatre-vingt-dix
pieds,
non
com
compris
le
chapiteau
ni
la
bafe.
.
Deux
palais
s'éieyoienr
at
PRE
PETER
SERPENT
RNE
EEE
RENENR
PIREPTER
RP
PENSER
PES
PRPÉENEN
ND
SETTENENEERERE
IRON
ENENPIN
SEE
REED
EMEPE
D
SIRNENINININPEIPE
TP
EN
ERIREE
it
CO
£
deux
extrémités
de
la
ville.
L'un
fitué
au
bord
de
la
mer
,
à
peu
près
à
l'endroit
où
eft
aujourd’hui
le
férail
,
s’appelloit
le
grand
pa-
lais.
Il
ne
cédoit
à
celui
de
Rome,
ni
par
la
beauté
ni
par
la
pran-
deur
de
l'édifice
,
ni
par
la
variété
des
ornemens
intérieurs.
Dans
la
falle
principale,
enrichie
de
lam-
bris
dorés,
au
milieu
du
plafond,
étoit
attachée
une
grande
croix
d'or
rayonnante
de
pierreries.
À
lautre-bout
de
la
ville,
du
côté
de
l'occident,
étoit
un
autre
palais
nommé
la
Magnaure.
Conftantin
fitencore
bâtir
près
de
l'Hippo-
_dtome,
un
fallon
fuperbe,
deftiné
aux
feflins
que
les
Empereurs
fai-
foient
à
leur
cour
dans
les
grandes
cérémonies
,
comme
à
leur
cou-
tonnnement,
à
celui
de
leurs
fem.
mes
&
de
leurs
enfans,
&
aux
principales
fêtes
de
l’année.
L'Em-
pereur
&
les
convives
y
étoient
aflis
à
table
&
fervis
en
argente-
rie;
mais,
au
feftin
de
Noël,
ils
}
.
à
<
à
:
:
étoient
couchés
à
l'antique
&
fer-
vis
en
vaiflelle
d’or.
Outre
les
ouvrages
dont
il
fut
l'Auteur,
&
dont
une
defcription
complette
demanderoit
un
gros
volume,
il
aupmenta
tous
Ceux
qu'il
trouva
fubfftans,
excepté
la
prifon
qu'il
laiffa
pete
&
étroite.
le
ne
fut
agrandie
que
par
le
cruel
Phocas,
qui
eût
voulu
y
renfermer
tout
l'Empire.
Sévère
avoit
déjà
bâti
l'Hippodrome,
le
théâtre
,
l'amphithéâtre,
les
bains
d'Achille
,
les
thermes
de
ZLeuxip-
pe
Conftantin
rendit
ces
édifices
dignes
de
la
grandeur
de
fa
ville.
Îl'ajoûta
à
P'Hippodrome
des
pro-
Menoirs
;
des
degrés
&
d'autres
CO
95
embellifflemens.
Comme
il
fou-
haitoit
d’abolir
les
fpeftacles
des
gladiateurs
,
l'amphithéâtre
ne
fut
plus
deftiné
qu’à
des
combats
con-
tre
les
bêtes
;
&
dans
la
fuite
le
Chriftianifme
ayant
peu
à
peu
détaché
les
peuplées
de
ce
diver-
tiffement
fouvent
enfanglanté
,
toujours
dangereux
,
ce
lieu
ne
fervit
plus
qu'à
l'exécution
des
criminels.
Les
thermes
de
Zeuxip-
pe
devinrent
les
plus
belles
du
monde,
par
le
grand
nombre
de
colomnes
&
de
flatues
de
marbre
&
de
bronze
dont
il
les
enrichit.
Ces
flatues,
dont
on
peut
dire
que
Conftantinople
fut
peuplée,
éroient
celles
des
dieux
des
payens,
que
Conftantin
avoit
enlevées
de
leurs
temples.
On
voyoit
entre
autres,
ces
anciennes
idoles,
fi
long-tems
les
objets
d’une
adora-
ration
infenfée;
l’Apollon
Pythien
&
celui
de
Sminthe
,
avec
les
trépieds
de
Delphes,
les
mufes
de
lPHélicon,
ce
Pan
fi
célebre
que
Paufanias
&
les
villes
de
la
Grece
avoient
confacré
après
la
vidoire
remportée
fur
les
Perfes,
Cybele
placée
par
les
Argonautes
fur
le
mont
Dindyme,
la
Minerve
de
Linde,
lAmphitrite
de
Rhodes,
&
fur
tout
celles
qui
avoient
au-
trefois
rendu
des
oracles,
&
qui,
devenues
muettes,
ne
recevoient
plus,
au
lieud’encens,
que
da
mé-
pris
&
des
railleries.
Pour
purger
fa
ville
de
toute
idolâtrie
;
ikabattit
les
temples
des
dieux,
ou
les
confacra
au
culre
du
Dieu
véritable.
H
bâut
pla-
fieurs
Éelifes.
Celle
de
fa
Paix
étoït
ancienne
;
Confiantin
l’aug-
imenta
&
l’embellit.
Elle
fur
la
102
CO
ni
temples
,
ni
{latues,
ni
mai-
fons
,
mais
réduifit
tout
en
cen-
dres
;
de
forte
qu'il
fallut
prefque
la
rebâtir
toute
entière.
Lorfque
Juftinien
pouvernoit
l'Empire,
en-
viron
l'an
557,
un
furieux
trem-
blement
de
terre
la
ruina
prefque
toute.
Îl
commença
durant
la
nuit
avec
une
violence
extrême.
On
entendit
un
mupifflement
épou-
vantable
fous
la
terre;
&
lorfqu'l
cefloit
,
l'air
étoit
agité
de
tour-
billons
horribles
,;
de
plufieurs
vents
qui
fe
choquoient
avec
un
bruiteffroyable.
Plufieurs
temples
“fürent
renverfés
;
ce
qui
donna
fujet
à
Juflinien
de
les
rebâtur
plus
magnifiques
qu’ils
n'étoient.
Procope
à
décrit
exatement
celui
de
faïnte
Sophie,
qui
étoit
une
des
merveilles
del'architeQure.
-
Ces
fléaux
ne
font
pas
les
feuls
qui
aient
défolé
cette
malheureu-
_
fe
ville,
La
colère
du
ciel
l’a
pln-
fieurs
fois
afigée
par
celui
de
la
guerre.
Elle
avoit
été
fouvent
rétabli.
ls
revinrent
à
cette
noue
velle,
attaquerenc
la
ville,
le
ven:
dredi
de
la
Pafion
,
qui
étoit
le
9
Avril,
&
la
prirent
le
londi
r2,
l'an
6712
deb
Grecs,
indidion
LA
qui
eit
l'an
1204
de
J.
C.
Bau-
douin
Comte
de
Flandre
fut
em
pereur
de
Conflantinople.
Henri,
Pierre,
Robert
&
Bandowin
Il
l'ont
été
après
lui.
Michel
Paléo-
lopue
furprit
Conftantinople
fur,
ce
dernier,
le
25
Juiller
de
l'an
À
1267,
qui
étoit
l'an
des
Grecs
6769,
indiétion
4.
Il
n'y
avoit
pas
deux
cens
ans
que
cette
malheureufe
ville
étoit
rentrée
fous
la
domination
des
Grecs.
lorfqu’elle
fut
affiégée
par
Mahomer
IL,
fultan
des
Turcs,
fous
le
règne
de-Conftantin
Pa-
léologue,
dit
Dracofes,
Ce
Prince
fut
tué,
&
après
fa
mort,
il
ny
eut
plus
de
réfiftance
dans
Cont-
-tantinople
,
où
les-
Turcs
entre-
rent
en
même
tems
du
côté
du
port.
Il
sv
fit
durant
les
trois
affiépée
paf
les
Sarrafins
&
par
Jours
,
que
le
Sultan
leur
avoit
Ë
d'autres
Barbares,
&
avoir
auf
.
donnés
pour
la
faccager,
tout
ce
Ë
été
prife
plus
d’une
fois,
comme
qu'on
peuts’'imaginer-de
plus
abo-.
F
par
Conftantin
Copronyme,
en
minable
,
entontes
fortes
de
cruau
|
744,
&
par
les
Françoïsen
1203.
tés,
de
violences,
&._de
facrilé-
Ë
Ces
derniers
la
garderent
58
ans,
ges,
à
la
réferve
de
l'incendie
que
|
fous
cinq
Empereurs:
Alexis
l'An-
Mahomet
avoir
très-étroitement
F
ge,
ditle
Tyran,
avoit
dérrôné
défendu.
Tous
les
Schifmatiques,
|
Tfaac
l'Ange
en
1195,
&
s'étoit
|
quis’étoient
réfugiés
dans
letem-
|
mis
fur
le
trône,
Alexis,
fils
d'I-
ple
de
fainte
Sophie
,
comme
dans
|
faac
,
implora
le
fecours
des
Fran-
-un
afyle,
y
furent
maffacrés
où
|
çois
&
des
Vénitiens
qui
alloient
:
faits
efclaves.
Le
fameux
Noti-
;
dans
la
terre
Sainte,
&
qui
pri-
ras
,
qui
avoit
dit
publiquement
|
“rent
Conflantinople
après
huit
qu'il
aimoit
mieux
voir
arborerle
|
*
jours
de
fiège
,
le
8
Juillet
del'an
-
torban
des
Turcs,
quele
chapeau
|
4203.
L'année
fuivanre
,
Alexis
de
Rome
dans
Confantinople;
!
«
Ducas
Murzuphle
,
fit
fhoutir
trouva
le
moyen
de
s’échappets
|
:
T'Emperéur
que
les
croifés
avoient
-
&
de
fe
préfenter
au
Sultan
avec
|
|
Ë
ï
CO
tous
fes
tréfors
;
mais,
1l
fut
reçu
comme
un
traître,
&
Mahomet
dès
le
matin
lui
ft
trancher
la
té-
te,
&
à
fes
deux
fils.
Le
vainqueur
fe
défit.encore
de
la
plüpart
des
grands
de
l'Empire,
&
{€
fit
ren-
dre
Galata,
que
les
Génois
te-
noient
depuis
long-tems.
Il
y
eut
néanmoins
un
bon
nombre
d'é-
trangers
,
qui
pendant
que
les
Turcs
faccageoient
la
ville,
trou-
verent
le
moyen
de
fe
fauver
fur
cinq
vaifleaux.
:
-Conftantinople
ne
fut
pas
prife
aux
fêtes
de
la
Pentecôte,
comme
quelques-uns
l’ont
écrit,
mais
le
mardi
d’après
le
dimanche
de
la
Trinité,
1124
ans
&
18
jours
de-
puis
fa
dédicace
en
l'an
330.
Cette
perte
arriva
l'an
des
Grecs
6967,
&
857
de
l'Hépire,
&
de
J.
C.
1453:
Onuphre
,
Scaliger,
Mer-
cator
&
quelques
autres
mettent
la
prife
de
cette
ville
en
l’an
1452;
Mais
,
cette
opinion
n'eft
pas
fuivie.
L'image
de
Jefus-Chrift
fut
couverte
de
boue
&
de
fuie,
On
la
mit
fur
une
croix,
où
ces
mots
étoient
écrits
en
gros
caractère
:
C'efl
ici
le
Dieu
des
Chrétiens.
Après
les
trois
jours
,
pendant
lefquels
la
ville
fut
expofée
au
pillage
,
le
Sulcan
fit
cefler
le
dé-
-
fordré,
&
promit
fa
proteétion
à
tous
ceux
qui
voudroient
y
reve-
ir,
&
même
l'exercice
libre
de
la
religion
aux
Chrétiens.
Pour
la
repeupler
il
fit
venir
aufli
à
Con(-
tantinople
les
habitans
du
petit
empire
de
Trébizonde,
&
d’au-
tres
villes
de
l'Afe.
Ayant
fait
fon
entrée
en
triomphe
dans
cette
(ere)
103
ville
qu’il
choififloit
pour
le
fiege
de‘fôn
Empire,
il
alla
au
temple
de
fainte
Sophie
,
qu'il
ft
changer
en
mofquée
,
&
ordonna
des
ré-
jouiffances
publiques,
pour
célé-
brer
fa
victoire.
-
Depuis
que
les
Turcs
en
font
maîtres,
on
peut
dire
qu'ils
l’ont
entierement
ruinée.
À
la
réferve
d’une
partie
du
temple
de
fainte
Sophie,
du
refte
de
la
colomne
de
Porphyre
,
&
de
quelques
autres
ruines
du
palais
des
Blaquernes,
&
de
deux
ou
trois
aucres
,
il
n'y
a
prefque
plus
dans
Conftantino-
ple
de
vefliges
de
la
ville
de
Conftantin,
que
la
place
où
elle
fut
autrefois
entre
les
trois
mers,
Et
hormis
les
mofquées
qui
font
fuperbes
,
les
ferrails
,
les
carvan-.
feras,
&
les
bains
publics,
qui
font
aflez
raifonnables
,
elle
n’eft
plus
qu’un
amas
confus
de
caba-
nes,
plutôt
que
de
maïfons
,
tant:
elles
font
bafles
&
mal
baties.
-
On
dit
que
les
Turcs
nomment
aujourd'hui
cette
ville
Sramboul
;
quant
à
nous
François,
nous
ne
la
.
connoiïflons
que
fous
le
nom
de
Conftaäntinople,
&
je
penfe
qu'il
en
eft
de
même
des
autres
peu-
les
de
l'Europe.
CONSTELLATUS,
(+)
ter-
me
qui
fe
trouve
dans.un
paffage
de
Trébellius
Pollion.
Voici
ce
paflage:
Nam
cum
cingula
[ua
plerique
militantium
qui
ad
con-
vivium
venerant
,
ponerent
hor4
convivii,
Saloninus
puer
his
au-
ratos
conftellatofque
balteos
ra-
puiffe
perhibetur.
C'eft-à-
dire;
»
Un
jour
que
la
plûpait
des
off.
(4)
Mém,
de
PAcad,
des
Infcript.
&
Bell,
Lerr.
Tom,
IT,
pag
353:
©
fuiva
G
iv
104
CO
|
»
ciers
qui
étoient
chez
l'empe-
»
reur
Gallien,
quittoient
leurs
»
ceinturons
où
baudriers,
avant
»
que
de
fe
mettre
à
table,
Salo-
»
nien,
fils
de
ce
Prince
,
leur
en-
»
leva
ces
baudriers
dorés
&
»
conftellés.
«
On
demande
ce
que
Trébellius
Pollion
entend
par
ces
mots,
des
baudriers
conftellés,
H
eft
étonnant
que
Cafaubon,
qui
a
commenté
cet
Auteur,
n'ait
tien
dit
fur
cet
endroit,
Saumaife,
en
récompenfe,
qui
l'a
examiné
fort-au
long,
s'eft
cru
obligé
de
Corriger
le
mot
de
Cozftellaros.,
&
voici
fur
quoi
il
fe
fonde.
Plus
d’une
raifon,
dit-il,
me
rend
ce
-
mot.
fufpeét.
Je
croyois
d'abord
que
Auteur
entendoit
par
Conf
tellatos
balteos
|
des
ceinturons
étoilés,
flellatos,
c'eft-à-dire,
en-
richis
d'or,
d'argent,
où
de
quel-
que
autre
matière.
Mais,
le
mot
auratos
diroit
aflez.
D'ailleurs,
on
dit
fort
bien
en
latin
qu'une
chofe
eft
étoilée
d'or
,
d'argent,
ou
de
pierre
précieufe,
ffe/latus
auto,
arpento,
pemmis,
&c.
com-
me
dans
Virpile
:
....?
flellatus
iafpide
fulva
Enfis
erat.
Maïs,
on
ne
dit
point
flellatus
feul
,
fans
ajoûter
le
nom
de
Ja
matière
dont
la
chofe
eft
ornée,
I!
ajoûte-que
le
manufcrit
Palatin
n'a
pas
Conftellatos
,
mais
Cofu-
latos
,
d'où
on.a
fait
Conffellatos,
&t
qu'il
croiroit
que
Coflilatos
ane
roit
été
mis
pour
po/älatos
ou
puflulatos,-c'eft-a-dire,
puffulis,
vel
bullis
argenteis
diflinélos
,
or-
nés
de
plaques
ou
de
bulles
d’ar-
gent.
Puflula
fe
difoit
du
bon
ar-
}
CO
gent,
d'où
vient
puffuletum
at:
gentum
;
ainf,
il
faudroit
dire
que
ces
ceinturons
dorés
étoient
de
plus
ornés
de
plaques
d'argent
ou
d'or,
puflulis
aut-bullis
arpenteis
vel
aurers.
3
Voilà
le
précis
de
la
note
de
Saumaife,
dont
il
femble
quil
n'ait
pas
été
entièrement
fatisfait,
puifqu'il
la
finit
par
ces
termes:
videant
acutiores
an
verum
dixe=
rimus
;
&
f:
non
videmur
dixiffe,
ipfi
dicant.
Tout
le
monde
fçait
qu'il
n'a
pas
coûtume
d’être
fi
peu
décifif.
;
Quoi
qu'il
en
foit
,
toute
la
dif.
ficulté
conffte
à
expliquer
le
mot
Conftellatos
,
&
non
à
le
corrigér,
Nous
croyons
avec
M.
Baudelor,
que
Conflellatos
fignifie
chargés
de
pierres
précieufes,
ou
de
lames
d'argent
ou
d’or,
fur
lefquelles
étoient
gravées
quelques
figures
myftérieufes.
de
fignes
céleites,
fuivant
les
idées
fuperftitieufes
de
+
la
Théologie
payenne
,
ou
qui
avoient
été
fabriquées
fous
l’af-
pet
de
certaines
Conftellations.
On
croyoit
communiquer
pat
cette
cérémonie
aux
pierres
où
aux
métaux,
des
qualités
pro-
pres
;
ou
à
préferver
des
dangers,
ou
à
guérir
des
maladies
,
ou
à
procurer
d’autres
avantages.
On
étoit
fi
prévenu
dans
le
Paganif-
me
de
la
puïfance
des
afres
fur
les.cotps
fublunaires
,
que
tout
étoit
plein
de
gens
dont
l'étude
ë
l'occupation
étoient
de
compofer
de
ces
fortes
de
phyla@ères
ou
préfervatifs,
On.
y
avoit
recours
en
toutes
fortes
de
rencontres,
auffi-bien
qu'en
toutes
fortes
de
profeffons,
RTC
TETE
TPE
SPP
SORCIER
GET
EAN
TITRE
ENTER
PPS)
RASE
IDE
ENAETE
re
ME
arr
T'ASIN
CREER
2
(Er
0)
D'ailleurs,
les
anciens
Auteurs
donnent
fi
fréquemment
aux
bau-
-
driers
cette
efpèce
d'ornement
,
qu'il
eft
difficile
d'imaginer
que
ce
1e
füt
qu’un
fimple
ornement,
&
qu'on
ne
s’en
fervit
pas,
où
con
tre
les
maladies,
ou
contre
les
dangers
,
où
pour
acquérir
de
la
gloire,
où
pour
d’autres
avantages.
ll
convenoit
de
mettre
les
Talif-
Mans
dans
les
baudriers
,
parce
que
le
baudrier
étoit
la
marque
de
Ja
profeffion
militaire,
comme
le
difent
nos
loix,
&
commelere.
Marque
Servius
Ones
qui
mili-
lant,dit
cec
Auteur,
curé:
funt,
ur.
déprecinéti
ac
ftrenui
dicuntur
C'E-
toit
en
quelque
façon
la
principa-
le
pièce
de
l’armure
;
d'où
vient
que
les
Grecs
ont
appellé
éy*avouc
les
foldats
&
ceux
qui
étoient
bra-
ves,
.
Qu'on
ne
dife
point
qu'il
ne
sel
Point
confervé
de
ces
bijoux
d'ot
où
d'argent,
dont
on
ornoit
les
baudriers.
De
toutes
les
pier-
rés
qui
nous
réffent
aujourd'hui,
&
fur
lefquelles
on
trouve
des
fi-
gnes
célefles
gravés,
il
y
en
a
faucoup
dont
la
forme
&
la
groffeur
font
voir
qu’on
les
em-
Ployoïr
à
d’autres
chofes
qu’à
en
faire
des
bagues,
On
ne
peut
pas
douter
non
plus
que
ces
pierres,
tMpreintes
de
fignes
céleftes
,
feuflent
été
fabriquées
fuivant
és
regles
pratiquées
dans
les
my.
éres
de
Samothrace
,
ou
de
l'af-
(ere)
705
trologie
judiciaire.
Il
y
a
même
fujet
de
croire
que
du
tems
de
Gallien
,
plus
que
dans
aucun
au-
tre,
l'ufage
de
ces
pierres
s’étoit
multiplié.
La
misère
où
l'on
vivoit
fous
ce
Prince,
faïfoit
rechercher
avec
plus
d'empreflement
ces
for-
tes
de
fecours
,
dont
l’ufage
étoit
même
fi
commun
auparavant,
comme
on
peut
l'attefter
par
plu=.
fieurs
témoignages.
CONSTRATÆ
NAVES.
(z)
On
nommoit
ainfi
certains
vaifleaux
de
guerre,
du
nombre
de
ceux
qu'on
appelloit
vaïfleaux
longs.
:
CONSUALIES,
Confualia,
Koisæræ.
(b)
fêtes
que
l'on
avoit
établies
à
Rome
en
l'honneur
du
.
dieu
Confus.
On
les
célébroit
vers
le
dix-huit
du
mois
d'Août,
parce
que
ce
fut
en
ce
jour
&
à
l'occa=
fion
de
ces
fêtes
,
que
Romulus
fit
enlever
les
filles
des
Sabins.
Ce
jour-là,
les
chevaux
&
les
mulets
ne
travailloient
point;
les
jeux,
les
facrifices
,
faifoient
partie
de
la
folemnité.
Les
Confualies
éroient
auf
en
ufage
en
Arcadie
;
&
on
les
y
appelloit
hippocrateies,
—
CONSUARANES,
Confua=
rant,
nom
d'un
peuple
Gaulois.
Voyez
Conforannes.
=
CONSUL,
Conful,
(c)
pre-
_mier
Magiftrat
de
la
république
Romaine,après
l’expuifion
de
Tar-
quin
le
fuperbe..…
ee.
Cette
magiftrature
commenca
(a)
Antiq,
expliq.
par
D.
Bern,
deyT,
INT.
p.
gr.
T.
IV.
p,
22.
dr
fiv.
T.
Montf£
T,
1v.
P.
245:
(è)-
Plut.
Tom.
I.
p.26.
Myth,
par
M.
’Abb,
Ban.
Tom,
I.
pag.
529
539:
2
(6)
Mém.
de
l'Acad.
des
Infce
&
€ll,
Lett,
Tom.
I,
pag,
64
;
68.
&
fuiv.
V:
p.300,
&
faiv.T.
VI.
p.19
&
frive
T.
VII.
p.
363.
dr
fuiv.
T.
XII.
p,
26.
>
fuiv,
Tom,
XIV:
p.126.
dr
fuir,
T.
XVI.
pas.
d'furu.
T,
XXIV.
p.
289
.
où
faivs
Z
TO6
€
O.
l'an
de
Rome
245.
On
créoitrous
les
ans
deux
Confuls,
qui
gou-
verapient
enfemble
la
République.
EL.
Jünius
Brutus
&
L.
Tarqui-
nius
Collatinus,
mari
de
Lucrece,
furent
les
premiers
honorés
de
cette
dignité.
Qu'il
fut
doux
au
peuple,
qui
avoit
fervi
jufqu'alors
comme
un
elclave
,
de
fe
voir
aflemblé
par
centuries,
en
comi-
ces,
fe
choififfant
lui-même
des
mapgiftrats
annuels,
amovibles
,
tirés
de
la
mafle
commune
par
fa
voix,
&
ÿ
retombant
au-bout
de
l'année
!
Cette
éleétion
fat
con-
duite
par
uninterrex,
felon
quel-
ques-uns,
felon
d'antres,
par
un
préfet
de
la
ville.
Mais
,
ces
deux
fonétions
qu’on
vit
réunies
dans
la
perfonne
de
Sp.
Lucrétius
Tircé-
.
pétinus
,
n'étant
point
incompati-
bles,
celui
qui
préfida
aux
pre-.
miers
comices
libres
du
peuple
Romain,
put
les
exercer
enfem-
‘ble.
Les
deux
premiers
Confuls
ne
finirent
point
leur
année;
le
peuple
caffa
L.
Tarquinius
Colla-
tinus
qui
[ui
parut
plus
ennemi
du
Roi
que
de
la
royauté;
&
L.Ju-
nius
Bratus
&
Arunx,
fils
de
Tar-
quin
,
s’entretuerent
à
coups
de
lance.
Le
nom
de
Conful
rappelloit
fans
ceffe
à
ce
Magiftrat
fon
pre-
mier
devoir,
&
les
limites
de
fa
charge
;
c'elt
qu'il
n'étoit
que
le
confeiller
du
peuple
Romain,
&
qu'il
devoit
en
toute
occafion
lui
donner
le
confeil
qui
lui
fembloit
le
plus
avantageux
pour
le
bien
public.
On
créa
deux
Confuls,
&
on
rendit
leur
dignité
annuelle,
afin
qu'il
ne
reflàt
pas
même
:
l'ombre
de
l'autorité
royale,
dont
6
O
les
cataétères
particuliers
font
lu:
nité
&
la.
perpétuité.
Ils
ne
te
noient
leur
autorité
que
du
peu-
à
ple,
&
le
peuple
ne
voulut
point
À
qu'ils
puflent,
fans
fon
confente-
k
ment
,
ni
faire
battre
de
vergés,
h
ni
mettre
à
mort
un
citoyem
Ro=
à
main.
Il
paroît
cependant
que
cts
\
limites
n'étoient
point
encore
alé
À
étroites
pour
prévenir
les
vexa:
k
tions
,
puifque
dès
l’an
260,
cel:
à-dire,
quinze
ans
après
Îa
créas
tion
des
Confuls,
le
peuple
ft»
obligé
de
fe
faire
des
protecteurs
dans
les
tribuns.
L'autorité
ds}
Confuls
ceffa
l'an
302;
onla
rem:
k
plaça
par
celle
des
décemviis,
elle
reprit
l'an
306
;
elle
cefla
er
core
en
310.
La
République
lt
\
alors
fes
tribuns
militaires,
Con
À
fulari
poteflate
;
après
plufieurs
L
révolutions
,
le
confulat
rétabli
dura
depuis
l’année
388
de
Rom
|
jufqu'en
541
de
J.
C.
qu'il
fini
dans
la
perfonne
de
FI.
Bafiliu,
dernier
Confal,
qui
l'étoit
fan
collepue.
Ce
fut
Juftinien
qui
el
abolitienom
&
la
charge
;
cell
innovation
lui
attira
la
haine
pl:
blique.
La
durée
du
confulat
il
de
1037
où
1049
ans.
Cette
dignité
ne
conferva
pref
b
que
rien
de
fes
prérogatives
fois
h
Jules
Céfar
&
fes
fucceffeurs.
Lt
L
Empereurs
la
conférerent
à
qu
Ë
bon
leur
fembloit
;
on
n’en
éroi
&
revêtu
quelquefois
que
pour
tr0f
}
mois,
fix
mois,
un
mois,
PIusul
,
homme
étoit
vil,
plus
fon
conlu-
à
lat
duroit,
Avant
‘ces
tems
malheuteli,
\
l'éleétion
des
Confuls
fe
faifoit
Ë
dans
le
champ
de
Mars.
Un
d
Confuls
en
charge
étoit
le
pré}
en
RE
ouCpE
pre
pe
or
ct
de
76
3
en
ET
RRTER
SERA
sr
—,
PEACE
TAPIE
SENTIR
IN
D
FRET
NITEOZ
SF
LP
NES
PPT
€
O
dent
des
comices
;
il
les
oùvroit
en
ces
termes:
Que
res
mihi,ma-
giflratuique
meo
,
populo
plebique
Romana
feliciser
eveniat,
Confu-
les
deéfigno.
Le
peuple
accompa-
gnoit
jufque
chez
eux,
avec
des
acclamations,les
Confuls
défignés.
La
défignation
(e
faifoit
ordinai-
rement
à
la
fin
du
mois
de
Juillet
;
les
fonétions
ne
commencerent
du
moins
à
compter
depuis
l'an
599
où
600
,
qu'au
premier
de
Janvier.
On
accordoit
ce
tems
aux
compétiteurs.
Si
l'on
parve-
Soit
à
démontrer
que
la
défigna-
tion
étroit
illégitime
,
qu'il
y
avoit
eu
de
la
brigue,
des
largefles,
des
COrruptions
,
de
menées
bafles
,
le
Confol
défipné
étoit
exclus.
.Ce
réplement
étoit
trop
face
pour
quil
durât
long-tems
,
&
que
lobfervation
en
für:
rigoureufe.
Au
premier
de
Janvier,
le
peu-
ple
s'affembloit
devant
la
maifon
des
:Confuls
défignés
;
il
les
ac-
CoMpagnoit
au
Capitole
;
chaque
Confül
y
facrifoit
un
bœuf:
on
{
rendoit
de-là
au
Sénat;
l’on
des’
Confuls
prononçoit
un
dif-
Cours
de
remerciment
au
peuple.
Sous
les
Empereurs
il
fe
faifoit,
ans
Cette
cérémonie,
des
diftri-
butions
de
monnoie
d'or
&
d'ar-
gent,
Îl
y
eut
juiqu'à
cent
livres
door
deffinées
à
cet
emploi.
Va-
Lens
&
Marcien
abolirent
cet
ufa-
8e,
Juflinien
le
rétablit
avec
la
refrittion,
qu'on
ne
diftribueroit
que
de
petites
pièces
d'argent.
AS,
les
défordres
occañonnés
Par
cette
efpèce
de
largefle,
qui
-&xcluoit
encore
da
confülar
quel-
ques
honnêtes
gens
qui
avoient
Plus
de
mérite
que
d'écus,
com-
3-
ni
=
E
O
107
me
cela
arrive
allez
fouvent,
la
fit
entièrement
fupprimer
:
par
l'empereur
Léon.
On
donna
feu-
lement
un
repas
aux
Sénateurs
&
aux
Chevaliers,
&
on
leur
en-
voya
quelques
préfens
qui
s’ap-
pellerent
#unera
Confularia.
Les
Confols
juroïient
immédia-
tement
après
leur
élection,
de
ne
tien
entreprendre
contre
les
loix.
Ts
haranguoient
le
peuble
aux
roftres
;
ils
avoient
prêté
ferment
devant
le
Conful
à
leur
défigna=
tion;
à
leur
entrée
en
charge
ils
2
(w)
le
prétoient
devant
le
peuple.
Tout
ce
cérémonial
duroit
cinq
jours
au
plus.
Les
Confuls
furent
d'abordtous
patriciens
;
mais,
le
peuple
obrint
par
force,
en
388,
qu'il
y
en
au
roit
toujours
un
de
fon
ordre.
L.
Sextus
Latéranus
fut
le
premier
de
cette
création.
On
ne
pouvoit
briguer
le
cot-
falat
avant
quarante-un
ans,
&
même
quarante-trois.
Céfar
en-
freignit:
cette
loi
appellée
Lx
annuaria
,
en
nommant
Conful
Dolabella,
qui
n'étoit
âgé
que
de
vingt-cinq
ans.
Les
Empereurs
“qui
lui
faccéderert
;
firent
des
Confuls
qui
n'avoient
pas
même.
de
la
barbe
;
ils
poufferent
l’abus
jufqu’à
défigner
leurs
enfans,avant
qu'ils
euffent
l’ufage
de
la
parole.
Dans
ces
tems
où
la
dignité
de
_Conful
n'étoit
qu'un
vain
nom.
il
étoit
affez
indifférent
à
qui
on
la
conférât.
On
n'avoir
aupara=
vant
dérogé
à
cette
fage
inftiru-
tion
que
dans
des
cas
extraordi-
naires,
en
faveur
de
perfonnages
diftingués,
tel
que
le
fils
adoptif
de
Marius,
qui
entra
en
charge
à
>
ESS
:
CO
_
Vingt-fix
ans,
&
Pompée
à
trente.
quatre
,
avant
que
d'avoir
été
quefteur.
1]
falloit
avoir
été
préteur
pour
être
Conful;
il
y
avoit
même
un
interflice
de
deux
ans,
fixé
entre
le
confulat
&
la
dignité
préto-
rienne;
&
un
interftice
de
dix
ans
entre
la
fortie
du
confulat
&
la
rentrée
dans
la
même
fonétion.
Ee
peuple
s'étoit
déjà
relâché
du
premier
de
ces
ufages
fous
Ma-
rins
;
les
Empereurs
foulerent
aux
pieds
l’un
&
lantre;
&
le
peuple,
à
qui
ils
avoient
appris
à
foufrir
de
plus
prandes
avanies,
n’avoit
garde
de
fe
récrier
contre
ces
ba-
gatelles,
Ées
faifceaux
furent
originai-
rement
les
marques
de
la
dignité
-confulaire
;
les
Confuls
en
avoient
Chacun
douze,
qui
étoient
portés
devant
eux
par
autant
de
lieurs.
On
ne
les
baifloit
que
devant
les
veftales,
Cet
appareil
efaroucha
le
peuple
;
il
craipnit
de
ne
s'être
débarrafé
d'un
tyran,
que
pour
s’en
donner
deux;
il
fallut
lui
fa-
crifièr
une
partie
de
cette
often-
tation
de
fouveraineté,
On
por-
toit
des
faifceaux
devant
un
des
Confüuls
;
l’antre
n’étoit
précédé
que
par
des
leurs.
Îls
eurent
alternativement
de
mois
en
mois
les
liéteurs
&
les
faifceaux.
Après
Ja
mort
de
Brutus,
Valérius
dont
le
peuple
fe
méfioit,
détermina
même
fon
colleoue
à
quitter
les
faifceaux
dans
la
ville,
&
à
les
faire
baifler
dans
les
affemblées.
-
La
loi
Julia
décerna
dans
la
faite
les
faifceaux
av
plus
agé
des
Con-
fols;
ils
appartinrent
auffi
de
pré.
“férénce
où
à
celui
qui
avoit
le
te,
qui
reftoit
le
premier
jourdeh
roient
pas
le
moindre
degré
das»
d'un
tribun,
Îl
ÿ
avoit
des
cite
À
étendoit
leurs
privilèges
;
viderent
à
‘re
quid
detrimenti
refpublica
cup
CO
plus
d'enfans,
ou
à
celui
quiavoth
encore
fa
femme,
ou
à
celui
quk
avoit
déjà
été
Conful.
Lorfquelsh
haches
furent
fupprimées,
polth
diftimguer
le
Confal
en
fondtion,h
de
{on
collegue
,
on
porta
les
fa»
ceaux
devant
celui-là,
&
onkk
porta
derrière
l’autre.
Sous
l&h
Empereurs
,
le
confulat
eut
dih
intervalles
d'éclat;
&
on
lui
con,
ferva
quelquefois
les
faifceaux.
À
La
chaire
curule
fut
encoreutt}
marque
de
la
dignité
confulaire,
ILE
ne
faut
pas
oublier
la
toge
prétel-
|
leur
magiftrature
devant
les
Pé,
nates
,
&
qui
fe
tranfportoit
R\
jour
füivant
au
Capitole,
poutyh
être
expofée
à
la
vue
du
peupkih
le
bâton
d'ivoire
terminé
parlah
gle
;
&
fous
les
Empereurs;la
tof
à
peinte
ou
fleurie,
les
lauriers
ah
tour
des
faifceaux
,
les
fouliss
brodés
en‘or
,
&
d’autres
or
À.
mens
qui
décoroient
le
Confiltl
fes
yeux
&
aux
yeux
de
la
mi?
titude
,
mais
qui
ne
lui
conf
torité.
=
Le
pouveir
du
confulat
fut
trés
k
étendu
dans
les
commencemens;
|
il
autorifoit
à
déclarer
la
guerre,
à
|.
faire
la
paix,
à
former
des
alla
à
ces,
&
même
à
punir
de
moftul}
citoyen.
Mais
bientôt,
onappeli}
du
jugement
des
Confuls
à
cl
h
du
peuple,
&.l’on
vit
leurs
f@ish
tences
fufpendues
par
le
veramis
k
Ë
=
=
x
l
à
conftances
importantes,
où
ln,
DT
TRP
RTE
EETERE)
Ë
ret.
Mais,
ils
ne
furent
jami
difpenfés
de
rendre
compte
de
lelt
|
PAM
PAPE
RRE
PATRONS
RATS
ETENT
EE
CE
Ô
tonduite,
Si
les
Confuls
étoient
fi
peuts
en
apparence
devant
le
peuple,
ils
n’en
étoient
pas
moins
grands
aux
yeux
des
étrangers,
&
ils
ont
eu
des
Rois
parmi
leurs
cliens,
Les
autres
magiftrats
leur
étoient
fubordonnés
,
excepté
les
tribuns
du
peuple;
ils
comman-
doient
en
chef
à
la
guerre
,
alors
is
punifloient
de
mort
;
ils
in-
fluoient
beaucoup
dans
les
élec-
tions
des
tribuns
,
des
centurions,
des
préfets,
&c,
ils
étoient
tour-
Puiflans
dans
les
provinces
;
ils
avoient
droit
de
convoquer
le
peuple
;
ils
faifoient
des
loix
;
ils
leur
impofoient
leurs
De
;
is
técevoient
les
dépêches
des
pais
éloignés
;
ils
convoquoient
les
au-
tres
mapiftrats
;
ils
donnoient
au-
dience
aux
envoyés
;
ils
propo-
foïient
dans
les
affemblées
ce
qui
leur
paroïfloit
convenable
;
ils
re-
cueilloient
les
voix.
Sous
les
Em-
Péreurs
,*
ils
affranchifloient
les
éfclaves
;
ils
avoient
l'infpection
du
commerce
&
de
fes
revenus
;
ils
préfidoient
aux
fpeltacles
,
&ec,
Auparavant,
l’un
d'eux
reftoit
or-
dinarement
à
Rome,
à
la
tête
du
Énat
&
des
affaires
politiques;
l'autre
commandoitles
armées.
Leur.mapifirature
étant
de
peu
de
durée,
&
chacun
fe
propofent
de
fixer
la
mémoire
de
fon
année
Par,
quelque
chofe
d’important,
on
vit
&
l’on
dut
voir
par
ce
feul
moyen,
les
édifices
fomptueux,
les
aChons
les
plus
éclatantes,
les
loix
les
plus
fages,
les
entrepnifes
les
plus
importantes
fe
muluplier
à
Finfini;
telle
fut
la
fource
de
la
fblendeur
du
peuple
Romain
dans
ome
;
la
jaloufie
du
peuple
&
l'in-
CO
109
_
quiétude
de
fes
maîtres,
qui,
pour
n'en
être
pas
dévorés
au-dedans,
étoient
obligés
de
le
lâcher
au-
dehors
fur
des
ennemis
qu'ils
lui
préfentoient
fans
cefle,
furent
la
fource
de
fes
guerres,
de
fes
triom.
phes
,
&
de
fa
puiflance
prodi-
gieufe
au-dehors.
Après
l'année
du
confulat
,
le
Conful
fafoit
une
harangue
aux
roftres;
il
juroit
avoir
rempli
f-
délement
fes
fonétions
;
lorfque
le
peuple
en
éroit
mécontent,
1l
li
interdifoit
ce
ferment;
&
Cicéron,
nonobftant
tout
le
bruit
qu'il
ft
de
fon
conjulat
,
efluya
cette
injure
publique,
On
pafloit
communément
du
confulat
à
la
dignité
de
proconful,
&
à
un
gouvernement
de
provin
ce.
Les
gouvernemens
fe
tiroient
au
fort,
à
moins
que
les
Confuls
\
_ne
priflent
entr'eux
des
arrange-
mens
particuliers
;
Ce
qui
s’appel-
loit
parare
cum
collepz
où
com=
parare.
C’eft-là
qu'ils
fe
dédom-
mageoient
des
dépenfes
qu'ils
avoient
faites
pendant
leur
confu-
lat,
Les
pauvres
provinces,
pil-
les,
défolées
,
payoient
tout
;
&
tel
Romain
s’étoit
illuftré
à
la
rête
des
affaires,
qui
alloit
fe
désho-
norer
en
Ale,
ou
ailleurs,
par
des
concuflions
épouvantables.
La
création
&
la
fucceffion
des
Confuls
font
dans
la
chronologie
des
époques
très-fûres.
On
a
vu
plus
haut
ce
que
c’étois
que
l'état
de
Conful
défigné.
Il
y
eut
fous
Jules
Céfar
des
Confuls
honoraires,
Conful
honorarins
:
c'éroient
quelques
particuliers
qu’il
plaifoit
à
l'Empereur
d'illuftrer
,
de
tes
gens
qui
croyoient
fotte=
*10
€
O
|
ment
qu'il
dépendoit
d’un
homme
d'en
faire
un
autre
grand.
L'Em-
pereur
leur
conféroit
les
marques
&
le
rang
de
la
dignité
confulaire.
Ges
titulaires
font
bien
dignes
d'avoir
pour
inflituteur
un
tyran.
Ea
race
en
fut
perpéruée
par
les
fucceileurs
de
Jules
Céfar.
Celui
des
deux
Confuls
qui
étoit
de
fervice
,
&
devant
qui
l’on
portoit
les
frifceaux
,
dans
le
tems
où
on
les
diftinguoit
en
les
faifant
porter
devant
ou
derrière,
s’ap-
pélloit
Corful
major.
Il
ÿ
en
a
qui
prétendent
que
lépithere
de
major
a
une
autre
origine,
&
qu'on
la
donnoit
à
celui
qui
avoit
été
le
premier
défipné.
Le
Confül
qui
entroit
en
charge
le
premier
Jan-
viér,
S'appelloit
Conful
ordina-
rius,
pour
le
diitinguer
de
celui
qui
y
entroit
dans
Je
courant
de
l'année.
Lorfqu’un
des
deux
Con-
fuls
ordinaires
venoit
à
mourir
,
où
à
être
dépofé
,
celui
qui
le
remplaçoit
s’appelloit
/ufedus.
Il
ÿ
en
ent
fous
l'empereur
Com-
mode
Jufqu'à
vingt-cinq
dans
la
même
année.
C'étoit
une
petite
manœuvre
par
laquelle
on
parve-
noit
à
s'attacher
beaucoup
de
gens,
qui
faifoient
aflez
de
cas
de
cet
éclat
d'emprunt,
&
affez
peu
d'eux-mêmes,
pour
fe
vendre
à
ce
rix.
CONSULAT
DES
VILLES
MUNICIPALES.
Voyez
Muni-
pales.
@
ee
CONSULS
DES
MAR-
CHANDS.
Ce
font
ceux
d’entre
…
des
Marchands
que
lon
choift
pour
faire-pendant
un
an
la
fonc-
_
onde
Jupes
dans
une
jurifdiCtion
-
Confulaire.
On
trouvé
dans
l'An.
=
CO
tiquité
des
vefliges
de
femblable
!
jurifdiéfions,
Les
Grécs
avoient
entrer
|
certains
Jages
qu'ils
appellorent
Yavrod
un
;
jus
dicentes
naufis,
\
qui
fe
tranfportoient
eux
même
b
fur
lé
port,
entroient
dans
l&
|
différends des
particuliers
,
&
les
à
terminoient
fur
le
champ,
fansau-
À
cune
procédure
ni
formalité,
afn
À
que
le
commerce
ne
fût
pointre
|
tardé,
1:
Démofthèné,
dans
fon
orailon
|
TpoG
A’rotoupior
»
@
encore
en
|
celle
qu’il
fit
contre
Phormion,
|
fait
mention
de
certains
Jugesint
|
titués
feuleñnent
pour
juger
les
à
caufes
des’
Marchands;
ce
qui
à
prouve
qu'il
y
avoit
des
efpècesdk
|
Jüges
Confulaires
à
Athènes
&à
h
Rome,
:
Ï
y
avoit
à
Rome
plufeus
à
Corps
de
métier,
tels
que
lesbou-
À
chers,
les
boulangers,
&
autres
à
femblables
|
qui
ävoient
chacit
4
leurs
Jurés,
appellés
Primates
pros
L
felionum
,
qui
étoient
Juges
des
L
différends
entre
les
gens
de
leur
À
corps,
auxquels
il
n’étoir
pas
pet:
à
tis
de
décliner
leur
jurifdiétion;
+
ainfi
qu'il
eft
dit
dans
la
loi
VII,
L
au
Code
de
jurifdifione
omni
:
Judicum
:
&
dans
la
loi
première,
à
au
titre
de
Monopoliis.
—,
«
Cet
ufage
de
déférer
le
juges
À
ment
des
affaires
de
chaque
pro:
feffion
à
des
gens
qui
en
font,
ef
|
fondé
fur
ce
principe
que
Valere-
à
Maxime
pofe,
que
fur:
chaque
att
à
il
faut
s’en
Tappoôrtér
à
ceux
qui
ÿ
Ë
font
experts
,
plutôt
qu'à
tout
à
autre
perfonne
;
arris
fuæ
‘quibufe
È
que
péritis
de
cadem
arte
polis
À
dim
Cuipiam
credendum,
Ce
qi
À
à
C
O
eftauff
conforme
à
plufieurstextes
de
droit.
_
CONSUS,
Confus,
K@ooc
,
(a)dieu
des
Romains.
Écoutons
.
Plutarque
au
fujer
de
ce
Dieu.
»
Romalus
fit
courir
le
bruit
qu'il
»
avoit
trouvé
fous
terre
l'autel’
»
d'uncertain
Dieu
qu’on
appel-
»
loit
Confus;
foit
que
ce
füt
le
»
Dieu
du
Confeil,
car
les
Ro-
mains
appellent
confeil,
les
»
aflemblées
où
lon
délibere,
»
&
contuls
,
les
premiers
magif-
»
trats,
comme
confeillers;
foit
»
que
ce
fùt
Neptune
équéftre
,
#
carcet
autel
eft
dans
le
grand
»
cirque,
&
on
le
vient
toujours
»
enterré,
excepté
pendant
les
»
jeux
où
fe
font
les
courfes
de
»
chevaux.
D'autres
difent
en
»
général
que
les
confeils
devant
»
être
ténus
fecrets,
c'elt
avec
»
beaucoup
de
raifon
que
l'autel
»
du
Dieu
qui
les
donne,
ef
enu
»
couvert
&
caché.
«
…
Confus
n’eft
pas
un
nom
propre.
Îl
étoit
défendu
de
divulguer
le
Véritable
nom
de
ce
Dieu.
On
ne
lé
défignoit
que
par
cet
autre
nom
qui
marquoit
unattribut.
fl
y
avoit
des
fêtes
érablies
en
l'honneur
du
dieu
Confus
On
les
nommoit
Confualies.
Voyez
Confualies.
CONTADESDE
;
Contadef-
dus,
Koyrad'emSos
;
(6)
fleuve
de
Thrace,
Hérodote
dit.
qu'il
fe
dé-
charge
dans
l'Agriane.
:
CONTE
,
Fabula.
C'eft
un
récit
fabuleux
en
profe
ou
en
vers,
dontle
mérite
principal
confifte
dans
la
variété
&
la
vérié
des
|
(3)
Plut
T.
TL
p.25,
26%
+
()
Herod,
L,
IV.
c.
9Q.
C
O
TE
peintures
,
la
finefle
de
la
plaïfan-
terie
,
la
vivacité
&
la
convenan-
ce
duftyle,
le
contrafte
piquant
des
évenèmens.
Il
y
a
cette
difié-
rence
entre
le
Conte
&
la
Fable,
que
la
Fable
ne
contient
qu’un
{eul
&
unique
fait
,
renfermé
dans
un
certain
efpace
déterminé,
&
achevé
dans
un
feul
tèms,
dont
la
fin
eft
d'amener
quelque
axiome
de
morale,
&
d’en
rendre
la
vé-
rité
fenfible;
au
lieu
qu'il
ny
a
dans
le
Conte
ni
unité
de
tems,
ni
unité
d'aGtion
,
ni
unité
de
lieu,
&
que
fon
but
eft
moins
d'inftrui-
re
que
d’amufer.
La
Fable
eft
fou-
vent
un
monologue
où
une
fcène
de
comédie
;
le
Ée
eft
üne
fni-
te
de
comédies
enchaînées
les
unes
aux
autres.
Lafontaine
excelle.
dans
les
deux
genres,
quoiqu'il
ait
quelques
Fables
de
trop,
&
quelques
Contes
trop
lorgs.
CONTÉNEBRA
,
Contene-
bra
,
(ce)
ville
d'Italie
au
pais
des
Tarquiniens
dans
la
Tofcane.
Cette
ville
fut
prife
par
les
Ro-
mains,
l'an
de
Rome
367.
Elle
fe
défendit
pendant
quelques
jours,
Mais,
l'armée
Romaineayant
eté
partagée
en
fix
corps,
dont
cha-
cun
cravailloit
pendant
fix
heures,
puis
fe
repofoit
tandis
que
les
cinq
autres
donnoient
l’aflaut
chacun
à
leur
tour;
ces
attaques
qui
n'é-
toienc,
interrompues
ni
jour
ni
nuit,
épuiferent
enfin
la
patience
&
le
courage
des
habitans,
que
jeur
petit
nombre
expofoit
fans
relâche
aux
mêmes
fatigues
&
aux
imêmes
combats
contre
des
|
Ge)
Tit.
Liv,
L,
VI,
©
4
1178
CO
conventions
facio
ut
facias
;
par
exemple
;
quand
un
marchand
fait
pour
un
autre
des
emplettes
dans
un
lieu
,
à
condition
que
l'autre
marchand
en
fera
pareille
ment
pour
lui
dans
quelqu'autre
endroit.
:
Toutes
ces
différentes
fortes
de
conventions
chez
les
Romains
ne
formoient
point
par
elles-mêmes
de
Contrat
proprement
dit;
ce
n'étoient
que
de
fimples
pates
;
mais,
lorqu'une
des
parties
avoit
commencé
à
exécuter
la
conven-
tion,
elle
devenoit
aufh-tôt
un
Contrat
innommé,
&
produifoit
une
action
telle
qu’on
l'a
expli-
quée
ci-devant
;
cette
ation
ap-
partenoit
à
celui
qui
avoit
exécuté
la
convenrion
,
&
tendoit
à
obli-
ger
l’autre
de
faire
le
femblable
de
fa
part;
&
comme
il
pouvoit
arriver
qu'il
ne
fût
plus
à
tems
de
demander
l'exécution
de.
la
con-
vention,
où
quil
ne
voulût
pas
fe
jetter
dans
l'embarras
d’une
li-
quidation
de
dommages
&
inté-
rêts
,
il
lui
étoit
auf
permis
de
fe
départir
de
la
convention,
faute
d'avoir
été
exécutée
par
l’autre
:
&
pour
répéter
ce
qu'il
Int
avoit
donné
,
il
avoit
une
aétion
appel-
le
conditio
caufé
daté
,
caufé
non
fecuté
;
a@tion
qui
naïfloit
de
l'équité
naturelle
,
&
non
pas
du
Contrat
,
puifqu'elle
tendoit
au
contraire
à
le
faire
réfonudre.
La
difinétion
des
Contrats
in-
nommés
d'avec
les
Contrats
nom-
més
,
&
des
différentes
a@ions
que
les
uns
&
les
autres
produi-
foïent,
n'eft
point
admife
parmi
nous.
Tous
les
Contrats
y
font
innommés
;
c'eft-à-dire,
quilny
CO
a
aucune
différence
entr'eux
quant
à
leur
forme,
ni
quant
à
leur
effet;
-&
que
l'aétion
qui
en
réfulte
dé-
pend
des
termes
de
la
convention,
n'y
ayant
point
non
plus
parmi
nous
de
formule
particulière
pour
chaque
aétion.
CONTRATS
LIBELLAT
RES,
Contractus
Libellarn,
feu
dationes
ad
Libellam.
Un
Contrat
libellaire
étoit,
chez
les
Romains,
une
efpèce
de
bail
à
cens
d'un
héritage,
Ce
bail
étoit
perpétuel;
mais
,
il
différoit
du
bail
à
location
perpétuelle
,
appellé
auf
Contrat
perpétuel
,
Contraëlus
perpetua-
rius
feu
locatio
perpetua,
en
€
que
la
redevance
du
Contratli-
bellaire
étoit
plus
petite
que
cell
de
location
perpétuelle
;
car,
li
bella
fignifie
une
pièce
d'argent
Les
Romains
ufoient
de
ce
mot
Dibella
,
&
non
du
terme
de
cens
comme
parmi
nous;
parce
qua
Rome,
le
cens
étoit
un
droit
de
fouveraineté
qui
ne
pouvoit
ap-
partenir
qu'au
fifc.
La
commié
&
la
réverfion
n'avoient
pot
heu
dans
ce
Contrat
comme
dans
lemphytéofe,
Loifean
trouve
qu
ce
Contrat
revenoit
beaucoup
celui
que
la
Novelle
VII
appelle
colonarium
jus.
M.
Cujas
expli-
que
très-bien
la
nature
de
&
Contrat
libellaire
,
far
letitrell
du
livre
premier
des
fiefs.
CONTRATS
NOMMÉS,
étoient,
chez
les
Romains,
ceui
à
chacun
defquels
le
droit
avol
attribué
un
nom
propre,
qui
K
diftinguoit
les
uns
des
autres,
des
Contrats
innommés
qui
n4
voient
point
de
nom
propre.
Ainl
l'on
mettoit
au
nombre
des
Cor:
À
PPT
RNSRTEMENERENNPETENNPIRNER
PRNCETERIEES
CENT
DE
SEPDRR
CRETE
DOIETATPTEDERIIRNE
AEPNPTMETETEPTERITRTEE
AE
RETIENS
TBE
ITR
Pre
seras
TEE
ADDED
A7
PEE
E:0:
trats
nommés
le
prêt
,
le
commo-
dat,
le
dépôt,
le
gage,
la
ftipu-
lation
proprement
dite
,
l’obliga-
tion
qui
fe
contraéte
par
écrit,
la_
vente,
lé
louage,
la
fociété,
&
le
mandat.
La
permutation
8e
la
tranfac-
tion
n'étoient
pas
des
Contrats
nommés
,
parce
que
ces
noms
convenoient
à
plufieurs
fortes
d'affaires
,
&
que
l’attion
qu'ils
produifoient,
fuivant
le
droit
ci-
vil,
n'étoit
pas
propre
à
une
feule
forte
de
convention.
L'origine
des
Contrats
nommés
Vient
de
ce
que
les
Jurifconfultes,
qui
compoferent
la
loi
des
douze
Tables,
choifirent
les
conventions
qui
leur
parurent
les
plus
ordi-
aires
&
les
plus
nécéflaires
pour
le
commerce
de
la
fociété
civile,
donnerent
à
chacune
de
ces
conventions
un
nom
propre,
pour
l
difinguer
des
autres
,
dont
ils
abändonnerent
l'exécution
à
la
bonne
foi
des
parties,
ne
croyant
pas
jufte
que
celui
qui
auroit
pro-
Mis
trop
légèrement.quelque
cho-
fe,
pût
être
‘contrainc
de
l’exé-
cuter,
=
Ceux
qui
interpréterent
la
loi
des
douze
Tables,
crurent
de-
voir
fuppléer
à
cette
loi,
en
ajoû-
lant
que
les
autres
conventions
ne
laïfleroient
pas
de
produire
Une
obligmion
civile,
lorfqw'elles
auroient
une
caufe
légitime,
&
;
.
1°
quelles
feroient
exécutées
par
:
lune
des
parties;
mais,
comme
ils
ne
donnerent
point
de
nom
Particulier
à
chacune
de
ces
con-
Yentons
,
elles
furent
appellées
Contrats
innommés
;
&
de-là
Vint
la
diftinion
des
Contrats
C
O
119
nommés
&c
des
Contrats
innom-
més.
CONTRATS
PERPÉ-
TUELS.
C'eft
en
général
tout
Contrat
qui
eft
fait
pour
perpé-
tuelle
demeure
,
&
non
pour
un
tems
feulement
;
ainfi,
la
vente
eft
un
Contrat
perpétuel
,
au
lieu
que
la
location
eft
un
Contrat
à
tems.
Il
yavoit
,
chez
les
Romains,
une
efpèce
particulière
de
Con-
trat
appellé
perpétuel,
Contrac-
LUS
perpetuarius
,
qui
étoit
un
bail
à
location
perpétuelle
;
c’eft
pour-
quoi,
on
l’appelloit
aufli
Zocario
perpetua,
C’eft
de
ce
Contrat
qu'il
eft
parlé
en
la
Loi
X.
au
Code
de
locato
conduëlo.
L.
1.
&
au
Digefte
f
ager
veétigalis,
&c.
Au
commencement
ce
Contrat
étoit:
différent
de
l'emphytéofe,
parce
que
celle-ci
étoit
alors
feulement
a
tems
;
mais,
depuis
que
l’on
eut
admis
l’'emphytéofe
perpe-
tuelle
,
il
n’y
eut
plus
de
différen-
ce
entre
cette
forte
d'emphytéofe
&
le
Contrat
perpétuel,
on
de
location
perpétuelle.
Ce
même
Contrat
eft
encore
ufité
au
parle-
ment
de
Touloufe,
fous
le
titre
le
bail
à
locaterie
perpétuelle.
CONTRATS
SUPERFI-
CTAIRES
,
Contratlus
Superf-
ciarit.
Chez
les
Romains
,
c’étoit
le
bail
à
rente
d’une
place
que
l’on
donnoit
à
la
charge
de
bâtir,
à
condition
que
le
preneur
jouiroit
de
la
maïfon
par
lui
bâtie
tant
qu’elle
dureroit,
&
qu’étant
rui-
née
&
démolie,
la
place
retour-
neroit
franchement
à
fon
ancien
maitre
,
lequel
en
conferveroit
même
coujours
le
ee
dire®,
IV
120
CO
.
pour
raifon
de
quoi
on
lui
payoit
pendant
le
bail
une
certaine
rede-
vance
appellée
/o/erium
,
quod
pro
folo
penderetur,
&
non
pas
f«la-
rlum
,
Comme
quelques
vieux
in-
terpretes
l'ont
lu.
CONTRATS
[
Les
],
étoient
fous
la
protection
de
la
déefle
Foi.
Voyez
Foi.
CONTREBIE
,
Contrebie
,
(a)
ville
d'Efpagne.
Tite-Live,
Velleius
Parerculus,
Valere
Maxi-
me
&
Florus
en
font
mention,
Tire-Live
fait
connoître
qu'elle
étoit
aux
frontières
de
la
Celribé-
rie.
Îl
paroit
que
dans
un
paflage
de
Valere
maxime
,
il
faur
lire
contrebia
&
non
pas
Centobrica
,
arce
que
Velleius
Paterculus
&
“lorus
qui
racontent
la
même
“Hifioire
dont
il
y
eft
queftion
,
nornment
la
ville
Contrebie.
CONTRÉE,
petit
païs,
qui
fait
partie
d’un
plus
grand
pais,
&L
qui
a
fes
bornes
&
fes
limites.
_Ainf,
le
païs
de
Caux,
le
Vexin,
le
Roumoïs,
&c.
font
des
Con-
trées
de
la
Normandie.
CONTRE
-POINT
,
terme
-de
mufique.
C'eft
à
peu
près
la
même
chofe
que
compoñtion,
fi
ce
n'eft
que
compoftion
peut
fe
“dire
de
l'invention
des
chants
&
d'une
feulé
partie,
&
que
Contre-
point
ne
fe
dit
que
de
l'invention
de
l'harmonie
&
d’une
compofñ-
tion
à
deux
ou
plufieurs
parties
differentes.
|
Une
grande
queftion,
c’eft
de
fçavoir
&
le
Contre-boint
à
été
connu
des
Grecs
&
des
Romains.
Il
y
en
a
qui
tiennent
pour
l'afir-
CO
mative,
&
d’autres
pour
{a
nég:
tive
;
für
quoi
on
peut
confuhet
les
Mémoires
de
l’Académie
des
Belles
Lettres,
&
particulière
ment
le
huitième
volume
,
où
l'on
trouve
un
difeous
dans
lequel
cetre
matière
eft
difcutée
aflez
au
|
long.
CONTRE-SENS
,
vice
dans
lequel
on
tombe,
quand
le
dit
cours
rend
une
autre
penfée
que
celle
qu'on
a
dans
l’efprir,
ou
que
l'Auteur
qu'on
interprete
y
avoit
Ce
vice
naît
toujours
d’un
défaut
de
Logique,
quand
on
écrit
de
fon
propre
fond
;
où
d'ignorance,
foit
de
la
matière
,
foit
de
la
langue,
quand
on
écrit
d’après
un
autre.
_
Ce
défaut
eft
particulier
abx
traduétions.
Avec
quelque
fon
qu'on
travaille
un
Auteur
ancien,
|
il
eft
difficile
de
ne
faire
aucun
Contre-fens.
Les
ufages,
les
all
fions
à
des
faits
particuliers,
les
|
différentes
acceptions
des
mots
de
|
la
langue
,
&
une
infnité
d’autres
|
circonitances
,
peuvent
y
donné
|
lieu.
R
_Î
y
a
une
autre
‘efpèce
&
!
Contre-fens
dont
on
a
moins
par
|
le,
&
qui
eft
pourtant
plus
blà-
k
mable
encore,
parce
qu'il
ef,
|
pour
ainfi
dire,
plus
incurable;
|
c’eft
celui
qu’on
fait
en
s’écartatt
|
du
génie
&
du
caractère
.de
fon
}
Auteur.
La
tradudion
reffemble
\
alors
à
un
portrait
qui
rendrol
groflièréement
les
traits
fans
re
|
dre
la
phyfonomie,
où
en
k
|
rendant
autre
qu’elle
n’eft,
ce
qui
k
eft
encore
pis.
Par
exemple,
une
|
traduétion
de
Tacite,
dont
le
ù
€)
Tit,
Liv.
L.
XL,
c.
33,
Vell,
Paterc.
EL,
IT,
cc,
$.
Fior,
pag.
82.
UT
R
OTTIT
60
:
flyle
ne
feroit
point
vif
&
ferré,
quoique
bien
écrire
d’ailleurs,
fe-
toiten
quelque
mañière
un
Con-
tre-fens
perpétuel,
&
ainfi
des
autres.
Que
de
traduétions
font
dans
le
cas
dont
nous
parlons
,
fur
tout
la
plüpart
de
nos
traduc-
tions
de
poëtes
!
-
CONTRITION
,
Conrririo.
(a)
Ce
terme
vient
du
verbe
coz-
terere
,
qui
fionifie
broyer
,
brifer.
Ceft
une
métaphore
empruntée
des
corps,
pour
marquer
l'état
d'une
ame
que
fon
repentir
déchi-
te
&
pénetre
de
la
plus
vive
dou-
leur;
ce
que
les
Coups
rédoublés
dun
marteau
font
fur
le
fer
pour
l'amollir,
la
douleur
le
fait
;
pour
ainfl
dire
,
fur
l'ame,
pour
la
con-
vertir,
:
Ce
terme
eft
afleQ@é
À
la
reli-
_
fon,
pour
exprimer
le
fentiment
de
l'ame
qui
revient
de
(es
égare-
mens,
&
qui
pafle
de
l’état
du
[A
1
A
.
+
péché
à
celui
de
la
grace
;
&
il
ft
confacré
par
le
langage
des
écritures.
Scindite
corda
vellre.
Cor
contritum
6
kumiliatum,
Deus
non
defpicies.
eft
à
remarquer
que
dans
2
-prefque
tous
les
endroits
de
l'É-
Criture
où
fe
rencontrent
les
ter-
Mes
conterere
&
Contririo,
ils
f-
gnifient
brifer,
humiliation,
dou-
leur,
ruine,
deftruion.
Parexem-
ple,
Ja
Contrition
&
le
malheur
font
dans
la
voie
des
méchans
:
Ct-à-dire
;
Dieu
les
brifera
,
&
lésaccablera
de
difgraces,
La
Con.
On
eff
précédée
par
Porgueil
;
celt-à-dire,
l’orgueil
&
l'éléva-
tion
font
d'ordinaire
fuivies
de
la
EC
O
12£
difgrace
&
de
la
chûte,
&c.
Le
Concile
de
Trente
définit
ainfi
la
Contrition
en
général
:
Contritio
eft
animi
dolor
ac
detef-
tatio
de
peccaro
commiffo
,
cum
Propofito
non
peccandi
de
cætero
:
définition
qui
convient
à
la
Con-
trition
,
telle
qu’elle
a
été
nécef-
faire
dans
tous
les
tems,
pour
obtenir
la
rémuiffion
des
péchés.
Mais
,
fous
la
loi
évangélique,
elle
exige
de
plus
le
vœu
de
rem-
plir
tout
ce
qui
eft
néceffaire
pour
recevoir
dignement
le
facrement
de
Pénitence,
C’eft
ce
que
les
an-
ciens
Scholaftiques
onc
exprimé
par
cette
définition
rapportée
dans
faint
Thomas:
Cotritio
ef?
dolor
de
peccato
affümptus
,
cum
pro-
pofito
confitendi
€
farisfaciendi.
Les
conditions
ou
propriétés
de
la
Contrition
en
général
font,
qu'elle
foit
libre
,
furnaturelle
,
vraie,
fincere,
vive
&
véhémenre,
Elle
doit être
libre;
ceft
un
_aéte
de
la
volonté,
&
non
un
{en-
timent
extorqué
par
les
remords
de
la
Confcience,
comme
la
eñ-
feigné
Luther,
qui
a
prétendu
-qué
la
crainte
des
peines’
éternel-
les
&
la
Contrition,
loin
de
dif-
pofer
l’homme
à
la
grace,
ne
fer-
voient
qu'à
le
rendre
hypocrite
&t
pécheur
de
plusen
plus;
doc-
trine
affreufe,
réprouvée
par
le
Concile
de
Trente.
Elle
doit
être
furnaturelle
,
tant
à
raifon
de
la
grace,
fans
le
fecours
de
laquelle
on
ne
peut
avoir
de
véritable
Contrition
de
fes
péchés,
qu'à
raifon
du
motif
qui
l'excite.
Quelques
cafuiftes
relâchés
ayant
.
Ce)
Pfaim,
13.2
3,,
Pfalm,
50.
v.
19.
Proverb,
c.
16,
Ve
18,
Joci,
Cr
Ze
Vs
134
22
CO:
ävancé
que
l’attrition
conçue
par
un
motif
naturel
,
pourvu
qu'il
foit
honnête,
fufhit
dans
le
facre-
ment
de
pénitence
,
l’aflemblée
générale
du
Clergé
de
France
,en
5700
,
cenfura
cette
propofition,
comrhe
hérétique.
Ea
Contrition
doit
être
vraie
&
-
fincère
;
une
Contrition
faufle
,
mais
qu'on
croiroit
vraie
,
ne
fe-
roit
nullement
fufifante,
ni
pour
recevoir
la
grace
du
Sacrement,
mi
pour
recevoir
le
Sacremene.
même.
:
Enfin,
elle
doit
être
vive
&
véhémente
,
foit
quant
à
l'appré-
cation,
c'eft-à-dire,
quant
à
la
difpoftion
du
cœur,
de
préférer
PDieu
à
tout,
&
d'aimer
mieux
mourir
que
de
l’offenfer
;
{oit
Quant
a
l'intention
ou
à
la
vivacité
du
fentiment
qui
porte
l’ame
vers
Dieu,
&
qui
l’éloigne
du
péché
:
-
foit
quant
à
l'extenfion
ou
à
l’uni-
verfalité
;
car,
la
Contrition,
pour
être
bonne,
doit
s'étendre
à
tous
fes
péchés
qu'on
a
commis,
fans
en
excepter
aucun.
La
Contrition
eft
néceffaire
pour
le
péché
;
elle
eft
de
précep-
te.
Mais,
quand
ce
précepte
obli-
ge-t-il
?
C'eft
un
point
fur
lequel
‘PÉglife
n'a
rien
décidé.
Le
femti-
ment
le
plus
für
dans
la
pratique,
eft
qu'il
faut
détefter
le
péché
dès
qu'on
l’a
commis
,
&
s’en
purifier
Je
platôt
qu'il
eft
poffible,
par
le
facrement
de
Pénitence.
Voilà
ce
que
la
plus
faine
par-
tie
des
l'héologiensenfeigne
für
la
Contrition
en
général
;
&
il
n'ya
guere
de
partage d'opinions
à
cet
égard,
ce
n'eft
de
la
part
des
CE
O
Auteurs
relâchés
,
dont
les
opi:
nions
ne
fonc
pas
loi.
Tous
les
Théologiens
diftin-
_.
guent
encore
deux
fortes
de
Con-
crition
;
l’une
qu'ils
appellent
par:
faire
,
&
qui
retient
le
nom
de
Contrition;
l’autre
impatfaie,
&
qu'ils
nomment
attrition,
La
Contrition
parfaite
eft
celle
qui
eft
conçue
par
le
moüfde
l'amour
de
Dieu
ou
dela
charité
proprement
dite
;
&
elle
fufit
pour
réconcilier
le
pécheur
avec
Dieu
,
même
avant
la
réception
actuelle
du
facrement
de
Péniten-
ce
,
mais
toujours
avec
le
vœl
ou
le
défir
de
recevoir
ce
Sacre-
ment;
vœu
ou
défir
que
renfer-
me
la
Contrition
parfaite.
Ce
font
les
termes
du
Concile
de
Trente,
Selon
le
même
Concile,
l'atiri:
tion
où
la
Contrition
imparfaite
eft
une
douleur
&
une
déteftarion
du
péché
,
conçue
par
la
confidé-
ration
de
la
laideur
du
péché
,
ol
par
la
crainte
des
peines
de
l'en:
|
fer;
&
le
Concile
déclare
quel
elle
exclud
la
volonté
de
péchtr,
&
fi
elle
renferme
l’efpérance
du,
pardon
,
non
feulement
elle
nt
rend
pas
l'homme
hypocrite
-plus
pécheur
qu’il
n’étoit,
comit
Pavoit
avancé
Luther,
mas
qu'elle
eff
même
un
don
de
Die
&
un
mouvement
du
Saint-Efpnit,
qui
n'habite
pas
encore
à
la
vérité
dans
le
pénitent
,
maïs
qui
l'excité
à
fe
convertir,
Le
Concile
ajott
que
quoique
l’atrition
par
elle:
même
&
fans
le
facrement
à
pénitence
,
ne
puiffe
juftifier
le
pé:
cheur
,
elle
le
difpofe
cependantä
obtenir
la
grace
de
Dieu
dansk
facrement
de
Pénirence,
ALT
TENTE
DES
EL
A
|
CO
CONTUBERNALES
,
nom
qu'on
donnoit
aux
divinités
qu'on
adoroit
dans
un
même
temple.
CONTUBERNALES.
(4)
Cétoit
à
peu
près
la
même
chofe
que
ceux
qu'on
appelloit
comites.
ne
faut
pas
confondre
le
fens
de
ce
mot
avec
celui
qu'on
lui
don-
noit,
quand
en
parlant
de
plu-
fieurs
divinités
adorées
dans
un
même
temple
,
on
les
appeltoit
Contubernales.
CONTUBERNIUM
,
Cor-
tubernium
;
()
nom
que
l’on
don-
n0it
dans
un
camp
Romain
à
cha-
que
tente
qui
fervoit
pour
dix
{ol-
dats
avec
leur
chef.
On
donnoit
auf
ce
nom
à
l’alliance
des
efcla-
Yes,
parce
qu'elle
étoit
moins
re-
gardée
comme
un
véritable
ma-
fage,
que
comme
une
fimple
co-
abitation
;
c’eft
pourquoi,
au
lieu
de
s'appeller
mari
&
femme,
les
éftlaves
fe
difoient
feulement
Con-
tuberhales,
.
CONVENES
,
Convenæ
,
(c)
Kovérær,
peuple
des
Gaules
dans
quitaine,
au
pied
des
monts
Pyrénées.
.
La
ville
des
Convenes
s’appella
abord
Lugdunum;
elle
prit
dans
l
fuite
le
nom
du
peuple.
Saint
érôme
fait
mention
de
cette
ville,
aù
fujet
de
Vigilance
,
qui
en
étoit
Ofipinaire,
»
Un
homme,
dit-il,
»
forti
de
ces
gengramaflés
&
de
»
ces
brigands
que
Pompée
,
A
on
3
après
la
conquête
de
l'Efpagne,
»
ft
defcendre
des
Pyrénées,
&
(a)
Coût.
des
Rom,
par
M.
Nieup.
Pas.
218.
(6):
Coût.
des
Rom.
par
M.
Nieup.
P.
28$
5
321,
322%.
()
Strab,
p.
190,
Ptolem,
L.
HE,
©,
7.
CO
123
»
obligea
de
demeurer
enfemble,
»
&
de
former
une
ville,
qui,
a
»
caufe
de
cela
,
fut
nommée
»
Convenæ
,
ne
dément
point
fon
»
orioine,
quand
il
défole
l'Églife
»
de
Dieu
,
&
il
convient
aux
»
defcendans
des
Vettons,
des
»
Arebaces
&
des
Celtibériens,
»
de
ravager
lés
Églifes
des
Gau-
»
les.
«
On
auroit
de
la
peine
à
accor-
der
ici
faiñt
Jérôme
avec
lui-
même.
Car,
fi
ces
brigands
&'ces
gens
rameflés
furent
tirés
des
Py-
‘rénées
pour
former
la
ville
de
Coz-
venæ
,
Comment
peuvent-ils
être
defcendus
des
Vettons,
des
Âre-
baces
&
des
Celtibériens;
car,
les
Celtibériens
&
les
Arebaces
ou
Arevaces
étoient
des
peuples
de
l'Efpagne
#
arragonnoife,
qui
habitoient
le
long
du
Duéro,
éloignés
par
conféquent
des
Pyré-
nées
,
ainfi
que
les
Vettons
qui
demeuroient
dans
la
Lufitanie,
1l
faut
donc
s'en
tenir
à
dire
que
ces
peuples
ramaffés,
dont
parle
faint
Jérôme
;
étoient
des
habitans
de
la
forêt
des
Pyrénées
,
qui
fépare
l'Efpagre
_de
l'Aquitaine
,
gens
accoûtumés
à
détroufler
les
paf-
fans,
&
tels
que
furent
dans
fa
fuite
les
Bandouliers
;
que
leur
nombre
avoit
été
actru
de
pla-
fieurs
efclaves
fupitifs
&
autres
fcélérats
,;
&
que
tous
ces
gens
réunis
enfemble
defcendoient
de
temsentems
des
montagnes,
&
infeftoient
les
campagnes
par
leurs
Plin.
T,
Ï.
p.
226.
Notic.
de
la
Gaul.
par
M.
d'Anvill.
Mém.
de
PAcad.
des
Infcript.
&
Bell.
Lett.
Tom,
V.
pag.
291
,
292,
Te
VIT,
pe
352
124
co
incurfions
&
leurs
brigandages:
En
effet,
les
hiftoires
nous
ap-
prennent
qu'ils
ne
manquoient
Jamais
d’attaquer
l'arrière
-
garde
des
armées
Romaines
qui
pafloient
en
Efpagne,
&
qu'il
étoit
comme
impoffble
de
les
détruire,
tant
à
caufe
de
la
viteffe
avec
laquelle
ils
fe
fauvoient
,
que
parce
qu'ils
ayoient
des
retraites
dans
les
mon-
tagnes
qu'eux
feuls
connoifloient.
Pompée
les
attaqua#cependant
fi
vivement
à
fon
retour
d'Efpagne,
qu'ils
demanderent
quartier
;
mais,
il.
ne
le
leur
accorda,
qu’à
condition
qu'ils
laifferoient
les
montagnes,
&
S'établiroient
dans
la
campagne
voifine.
Ils
y
formerent
donc
la
ville
qui
fut
nommée
Convene,
-
du
ramas
de
ces
différens
habitans.
Ainf,
de
brigands
ils
devinrent
des
citoyens
réglés
par
des
loix
;
d'efclaves
ils
devinrent
maitres
;
d'habitans
des
montagnes
,
ils
de-
_
vinrent
habitans
de
la
campagne,
&
d'Efpagnols
ils
devinrent
Aqui-
tains.
On
pourroit
former
une
difi-
culté,
&
demander
comment
il
fe
peut
faire
que
Pompée
le
Grand
ait
fondé
cette
ville
dans
PAqui-
taine,
@
y
ait
pu
donner
à
fes
nouveaux
habitans
des
terres
à
cultiver,
puifque
dans
ce
tems-là
l'Aquitaine
n’avoit
pas
encore
fubi
le
joug
des
Romains?
Mais,
la
difficulté
cefle
,
lorfque
l’on
fait
attention
que
Pompée
avoit
alors
les
armes
à
la
main,
&
de.
plus
revenoit
triomphant
de
l'Efpagne
qu'il
avoit
foumife
;
ainf,les
villes
-
d'Aquitaine
fouffrirent
en
cette
oc-
Cañon
ce
qu'elles
n’étoient
pas
en
état
d'empêcher.
CO
La
fituation
de
cette
ville
ar
gagea
les
Gaulois
à
la
nommtt}
Lugdunum,
mot
qui
figniñeen
Gaulois
montagne.
Cette
vile
effettivement
étoit
fituée
fur
ue!
haute
montagne,
autour
de
laqueh}
le
règnoit
une
vallée
fort
profon}
de.
Du
pied
de
cette
montapi}
fortoit
une
fontaine
très-abondan:
\
te
,
dont
la
fource
avoit
été
ren-k
fermée
dans
une
tour
très-forte
|
qu'on
y
avoir
élevée,
&
les
ha}
bitans
y
defcendoient
par
un
fou
|
terrein,
pour
y
prendre
leur
pro:
|
vifon
d’eau.
Strabon
&
Ptolémét
}
appellent
cette
ville
Convenari
|
urbs
Lugdunum
,
&
la
mette}
aux
pieds
des
Pyrénées.
Suivait,
l'itinéraire
d'Antonin
,
elle
étoi
|
à
foixante-un
milles
d'Acqs,
4,
quarante-deux
de
Lefcar
,
&a}
foixante-nèuf
de
Touloufe.
On:
|
fre
Panvinius,
au
lieu
de
Zugdu”
num,
écrit
Ludunium
&t
lui
dont
le
titre
de
colonie;
en
quoïilpië
tend
s'appuyer
fur
le
témoignagt
|
de
Ptolémée
;
mais
il
y
a
erreur,
car,
ce
dernier
s’eft
contenté
de.
dire
Lugdunum
Convenarum
,
&
\
de
lui
donner
le
nom
de
vilk,
|
mais
jamais
celui
de
colonie.
À
la
fin!
cette
ville
a
eu
lefoit
de
la
plûpart
de
celles
des
Gaules,
elle
à
perdu
fon
nom
prop
4
pris
celui
du
pais
dont
el
e
étolt
la
capitale.
Sidonius
Apollinait
la
nomme
fiffblement
Convenes
Grégoire
de
Tours
écrit
tant
Convenæ
&
tantôt
urbs
Convé
nica.
Les
anciennes
Notices
des
villes
|
&
provinces
des
Gaules
lui
dot:
nent
ordinairement
le
quatrième
rang.
parmi
les
douze
villes
dé
RE
RE
|
‘CO
Novempopulanie
;
quelques-uns
néanmoins
ne
lui
donnent
que
le
cinquième
,
&
Robert
lui
donne
le
troiñième.
Mais,
les
Notices
modernes
&
Gervañus
Tillebe-
rienfis,
à
l'exemple
des
Anciens,
là
mettent
au
quatrième
rang.
On
voit,
parmi
les
fignatures
du
Concile
d'Agde
,
tenu
l’an
506,
unSzavis
Epifcopus
de
Convenis
;
Parmi
celles
du
fecond
Concile
dOrléans,un
Præ/dius
Epifcopus
Convenarum
;
&
parmi
les
fouf-
prions
du
cinquième
fynode
d'Orléans,
un
Amelius
Epifcopus
Ecclefie
Convenice.
Le
pais
,
où
les
Convenes
s’é-
tendirent
après
leur
établiffement,
porte
le
nom
de
Comminge
;
&
dans
une
Notice
de
la
Gaule,
dont
on
a
trouvé
le
manufcrit
dans
k
bibliotheque
de
Thou
,
le
nom
|
Civitas
Convenarum
,
eft
fuivi
dcétte
addition,
22
ef?
Commu-
he.
Ifne
faut
pourtant
pas
con-
fondre
ce
que
l’on
comprend
au-
Jurd'hui
fous
le
nom
de
haut
&
de
bas-Comminge
,
avec
le
dio-
cèle
de
Comminge
,
qui
eft
moins
étendu,
:
CONVERSION
,
figure
de
étorique
,
qui
confifle
à
termi-
ner
les
divers
membres
d’une
pé-
_Hode
par
les
mêmes
tours
,
COM-
Me
dans
cet
endroit
de
Cicéron
:
Doletis
tres
exercitus
P.
C.
inter-
fs
?
Inrerfecit
Antonins.
Defi-
dératis
clariffimos
cives
?
Eos
vo-
ie
eripuit
-Antonius.
Autoritas
Us
ordinis
|
Senatés
|
afflida
ef?
Aflixit
Antonius.
SR
n
appelle
encore
en
Rhéto-
CO
135$
rique
Converfion,
l’art
de
retour-
ner
ou
de
retorquer
un
argument
contre
fon
adverfaire,
ou
de
le:
montrer
par
des
côtés
oppofés,
en
changeant
le
fujet
en
attribut,
&
l'attribnt
en
fujet.
Il
y
a
auff
des
Converfions
d’argumens
d’une
figure
à
une
autre,
&
des
propo-
fitions
générales
aux
particulières,
__CONVICTOLITANES,
(2)
Convittolitanes
,
jeune
feicneur
Éduen,
d'un
grand
crédit
parmi
ceux
de
fa
nation.
Comme
un
au-
tre
feigneur
nommé
Cottus
lui
difputoit
la
fouveraineté
,
on
eut
recours
à
Céfar
,
pour
mettre
fin
à
ce
différent,
Ce
Général,
après.
avoir
examiné
la
chofe
avec
beau
coup
de
foin,
prononça
en
faveur
de
Conviétolitanes,
&
confirma
fon
éleétion
qui
avoit
été
faite
par
les
prêtes
fuivañt
la
coûtume
du
pais.
Mais
,
Convictolitanes
oublia
bientôt
ce
bienfait
de
Céfar.
Cor-
rompu
par
l'argent
des
Arvernes,
il
parla
à
quelques-uns
de
la
jeu-
nefle,
&
leur
repréfenta
qu'étant
nés-pour
commander
&
dans
une
ville
Hibre,
il
leur
étoit
honteux
de
fervir
;
qu’il
n’y
avoit
plus
que
les
Éduens
qui
retardaflent
la
li-
berté
des
Gaules,
&
qui
retinffent
les
autres
par
leur
autorité
;
&
que
s'ils
abandonnoiïent
les
Romains
,
ils
feroient
contraints
de
fe
retirer:
qu’il
ne
pouvoit
nier,
qu'il
n’eûct
quelque
obligation
à
Céfar
d'avoir
prononcé
en
fa
faveur,
quoiqu'il
-
eût
le
droit
de
fon
côté:
mais.
qu'il
devoit
encore
plus
à
fa
pa-
trie,
Pourquoi
la
contraindre
à
(0)
Cæf,
de
Bel,
Gaïl,
L,
VIL.
p.
301,
&
fem
726
CO
venir
répondre
de
fes
aHons
de-
vant
les
Romains,
plutôt
que
les
Romains
devant
elle
?
Ces
jeunes
Seigneurs
touchés
de
ces
remon-
trances
&
de
l’autorité
de
celui
qui
parloit,
s’offrent
pour
chefs
de
Pentreprife,
de
forte
qu’on
ne
penfe
plus
qu’à
l’exécuter.
CONVICTRIX
,
(2)
terme
qui
fé
trouve
employé
pour
zxor
dans
un
monument.
CONVIVE
,
Conviva
,
(b)
celui
qui
eft
invité,
&
qui
aflifte
en
conféquence
à-un
repas,
à
un
feftin
avec
d’autres
perfonnes.
Dans
les
repas
des
Romains
il
y
avoit
des
convives,
des
ombres
&
des
parañtes
;
les
derniers
écoient
appellés
ou
tolérés
par
le
maitre
de
la
maïfon,
&
les
om-
bres
étoient
amenés
par
les
con-
vives,
tels
qu'étoient
chez
Naf-
diénus,
un
Nomentanus
,
un
Vif
cus
Turinus
,
un
Varius,
&
les
autres,
quos
Maæcenas
adduxerat
umbras.
On
leur
deftinoit
le
der-
nier
des
trois
lits,
c'eft-à-dire,
ce-
lui
qui
étoit
à
la
gauche
du
lit
du
milieu.
Fe
Les
convives
fe
rendoient
aux
repas,
à
la
fortie
du
bain
,
avec
une
robe
qui
ne
fervoit
qu’à
cela,
&
qu'ils
appelloient
veflis
cæna-
torla
,
triclinaria
,
convivalis.
Elle
étoit
pour
le
plus
fouvent
blan-
che,
fur
tout
dans
les
jours
de
quelque
folemnité
;
&
c'étoit,
aufh-bien
chez
les
Romains
que
chez
les
Orientanx
,
une
indif-
crétion
puniflable
de
fe
préfenter
dans
la
falle
du
feftin
fans
cette
ça)
Suppl.
à
l’Antiq.
exp!
par
D,
Bern.
de
Montf.
Tom.
V,
pag.
101,
()
Mém.
de
PAcad,
des
Infcripr.
&|
CO
robe.
Cicéron
fait
un
crimei
Vatinius
d'y
être
venu
en
habl
noir,
quoique
le
repas
fe
donni
à
l’occafion
d'une
cérémonie
ft:
nèbre.
Capitolin
raconte
que
Mk:
ximin
le
fils
,
encore
jeune,
ayail|
été
invité
à
la
table
de
l’emperut
Alexandre
Sévère
,
&
n'ayal|
point
d'habit
de
table,
on
lui}
donna
un
de
la
garderobe
à
l'Empereur.
Cet
habit
étoit
ur}
efpèce
de
draperie
qui
ne
tenl,
prefque
à
rien,
comme
il
paroi!
dans
les
marbres
,
&
qui
ét,
pourtant
différente
du
palliumdtk
Grecs.
Martial
reproche
à
Lufuk
d'en
avoir
,
plus
d’une
fois,
rem
porté
chez
lui
deux
ac
lieu
dumk
de
la
maifon
où
il
avoit
foupé
L
Il
étoit
ordinaire
d’ôter
leslolk
hers
aux
hommes
conviés
à
lik
repas,
de
leur
laver
on
parfum
les
pieds,
quand
ils
venoienti
prendre
leurs
places
far
les
qui
leur
étoient
deftinés,
On
añl
raifon
de
ne
pas
expofer
à
laboï
&
à
la
poudre
les
étoffes
préciel:
fes
dont
ces
lits
éroient
couvert,
Mais,
une
chofe
qui
parolik
ici
fort
bizarre,
c'eft
que
lotfih
tems
même
après
le
fiecle
dt!
gufle,
ce
n'étoit
point
encor!k
mode
que
l’on
fournit
des
fertith
tes
aux
convives,
ils
en
appt
toient
de
chez
eux.
1.
Tout
le
monde
érant
rangé
fi
vant
l’ordre
établi
par
un
malt
des
cérémonies,
prépolé
à
lo
fervation
de
cet
ordre
,
on
appui}
toir
des
coupes
qu’on
plaçoit
tt!
vant
chaque
convive.
Suétonél
Pe
335%
&
juni
FITRTERE
ETES
—
PAPE
CLS
V6
jôgé
Bell,
Lett.
Tom,
I,
|
XIIL,
p,
478
|
£
CO
|
qu'un
feigneur
de
Ja
cour
de Clan.
_
de
ayant
été
foupconné
d'avoir
volé
la
coupe
d’or
qu’on
lui
avoit
fervie,
fut
encore
invité
pour
le
lendemain
;
mais
qu’au
lieu
d’une
Coupe
d'or
,
telle
qu’on
en
fervoit
aux
autres
convives,
on
ne
lui
frvit
qu’un
gobelet
de
terre,
Après
la
diftribution
des
cou-
pes,
on
commencoit
le
premier
fervice
du
repas.
Dans
les
gran-
des
fêtes
les
efclaves,
tant
ceux
de
la
maifon
,
que
ceux
que
les
particuliers
avoient
amenés
étre
qui
demeuroient
debout
aux
pieds
de
leurs
maîtres
,
étoient
couron-
nés
de
fleurs
&
de
verdure
auffi-
bien
que
les
convives,
&
il
n'y
avoit
rien
alors
qui
n'infpirât.
la
Joie,
Quand
un
ami,
un
parent,
un
Voifin,
n'avoir
pu
venir
a
unre-
pas
où
il
avoit
été
invité,
on
lui
fn
énvoyoit
des
portions
;
&
c’eft
Ce
qui
s'appelloit
partes
mitrere
,
Qu
de
menfa
mittere.
Pendant
le
repas,
les
convives
aVoïent
coûtume
de
boire
à
la
lent
des
uns
&
des
autres
,
de
fe
Préfenter
la
coupe
;,
&
de
faire
%s
fouhaits
pour
le
bonheur
de
EUrS
amis
;
ginfi,
la
coupe
pafloic
de
main
en
main
,
depuis
la
pre-
tière
place
jufqu'à
la
dernière.
Uénal
dit
que
rarement
les
ri-
ches
faifoient
cet
honneur
aux
Pauvres,
&
que
les
pauvres
n’au-
TOlént
pas
été
bien
venus
à
pren-
dre
Cite
liberté
avec
les
riches.
toit
n'éanmoins
,
au
rapport
d
Varron,
on
engagement
pour
tous
les
convives
,
lorfque
pour
Conferver
l'ancien
ufage
,
on
fai-
loit
un
Roi,
€
O
127
Au
moment
que
les
convives
étoient
prêts
à
fe
féparer
,
ils
&-
nifloient
la
fête
par
des
libations
&
par
des
vœux
pour
la
profpé-
rié
de
leur
hôte,
&
pour
celle
de
l'Empereur.
Les
Anplois
fui-
vent
cet
ufape.
Enfin,
les
conyives,
en
prenant
congé
de
leur
hôte
,
recevoient
de
lui
de
petits
préfens,
qui
d’un
mot
grec
étoient
appellés
zpop4o-
reta,
Entre
les
exemples
que
nous
en
fournit
l’hiftoire,
celui
de
Cléo-
pâtre
eft
d’une
prodigalité
finga-
lière.
Après
avoir
fait
un
fuperbe
feflin
à
Marc-Antoine
&
à
fes
officiers
dans
la
Cilicie
,
elle
leur
donna
les
lits
,
les
courte-pointes,
les
vafes
d'or
&
d'argent,
les
cou-
pes
qu'on
avoit
mifes
devant
cha
cun
d'eux,
avec
tout
ce
qui
avoit
fervi
au
repas.
Elle
y
ajoûta
en-
core
des
litières
pour
les
reporter
chez
eux,
avec
les
porteurs
mé
mes,
&
des
efclaves
maures,
pour
les
reconduire
avec
des
flambeaux,
Les
Empereurs
Vérus
&
Éliosa-
bale
copierent
Cléopâtre
;
mais,
ils
n'ont
depuis
été
copiés
par
per.
fonne.
Nous
ne
connoiflons
point
ce
genre
de
magnificence.
Quand
le
doge
de
Venife
fait
la
cérémonie
ftérile
d’époufer
la
mer,
ilne
don-
ne
de
fa
vaïflelle
d'argent
à
aucun
convive
;
&
s’il
paroît
en
faire
ua
ufage
plus
fort,
la
jetter
dans
la
mer,
ce
n'eft
que
par
fiétion
;
on
a
foin
de
placer
des
filets
pour
la
retenir
;
1l
n'en
perd
pas
une
feule
ièce.
CONVIVIA
TEMPESTIVA.
On
appelloit
ainfi
à
Rome
les
foupers
que
l’on
commençoit
plu.
tôt
qu'à
l'ordinaire,
foit
par
gour-
134
C
O
Ptoiémée,
étoit
parallele
à
Cop-
tos.
Car
Strabon
dit
peu
après
:
la
petite
ville
de
Myos
Hormus,
c'eft-a-dire
,
le
port
de
la
fouris,
n'eft
pas
loin
de
Bérénice
;
or,
ce
port
en
étoit
très-éloigné
,
puif-
que
Ârrien,
dans
un
de
fes
péri-
ples,
en
met
la
diftance
de
dix-
huit
cens
flades.
On
a
une
médaille
de
Trajan
avec
l'empreinte
d'Ofris,
avec
ce
mot
KONTHT.
c'eft-à-dire,
Komryrv,
des
habitans
de
Cop-
tos.
Stace
,
dans
fa
Thébaïde
,
dit:
-
%
+
+
«
+
Melius
vyotis
mareotica
furmat
Coptos
,
&
ærifoni
lugentia
flumi-
na
Nils,
I
ne
faut
pas
expliquer
ce
mot
Tareotica,
comme
fi
Coptos
eût
été
voiline
du
Palus-Maréotide.
Cette
épithete
ne
fignifie
qu'É-
gyprienne
en
général,.
:
La
ville
de
Copros
fut
prife
fous
l'empereur
Probus,
par
un
des
lieutenans
de
ce
Prince,
lan
de
J.
C.280.'
COPULE
,
eft
dans
un
juge-
ment,
le
terme
ou
figne
qui
mar-
que
la
comparafon
ou
liaifon
que
Vefprit
fait
de
l'atrribut
&
du
fujer,
Quelquefois
la
Copule
&
lPatrri-
but
font
renfermés
dans
un
feul
mot;
mais,
il
ny
a
aucune
pro-
_pofition
qu'on
ne
puiffe
convertir
de
manière
à
les
féparer.
Aïnfi,
dans
Die
exifle,
exifle
contient
la
Copule-&
l'artribut,
qu’on
dif.
tinguera
en
difant,
Diey
eft
exif-
(a)
Myth.
par
M:
l’Abb.
Ban.
Tom
€
Ô
tant.
C'eft
fur
la
Copule
quetom-
be
toujours
la
négation
ou
l’afñr-
mation
qui
fait
la
qualité
de
la
propofition
;
les
autres
aflirma-
tions
ou.
négations
modifent
le
fujer
ou
l'attribut,
mais
ne
dérer-
minent
point
la
propoñtion
à
être
affirmative
on
négative,
Ge
font
les
verbes
auxiliaires
qui
fervent
de
Copules
grammaticales
dans
les
jugemens.
COQ
,
Gallus
9
À'aeur
op
(a)
étoit
confacré
à
Mars,
à
À
pollon,
&
à
Efculape.
Il
l’étoit
aufh
à
Minerve
,
déefle
tutélaire
des
Himéréens.
Ces
peuples
avoient,
parune
fuite
néceflaire
,
une
efpe-
ce
de
vénération
religieufe
pour
cet
oïifeau
,
juiques-la
qu'ils
en
faifoientvolontiers
graver
la
figt-
re
fur
leurs
médailles
;
aufh
nous
en
refte-t-il
une
qui
a
pour
type
un
Coq,avec
ce
mot
|MEPAION,
Le
Coq
n'étoit
confacré
à
Miner-
we
,
felon
M.
l'abbé
Banier,
que
pour
marquer
la
vigilance
de
cette
déeffe,
&
nous
apprendre
quel
véritable
fagefle
ne
s'endort
ja
mais.
COQUILLAGE.
C'étoit
un
mets
;
dont
les
Grecs
&
les
Romains
faifoient
grand
cas,
Îk
étoient
fi
délicats
fur
le
choix
des
Coquillages,
qu'ils
diftinguoïent,
à
ce
qu'on
dit
,
au
premier
coup
de
dent,
le
rivage
où
ils
avoient
été
pêchés.
le
Coquillage
eft
plu-
tÔtun
Zritamentum
gule,
qu'un
véritable
aliment.
-
COQUILLAGES.
(5)
Pline
range
toutes
les
efpèces
de
Cor
«FIV.
p.
soo.
Le
P:
458:
Tom.
IV.
pag,
4
Mém.
de
PR
YAcad,
des
Infcript,
&
Bell,
Letr,
Tom,
()
Roll.
Hift,
Anc.
Tom,
V,
p.546:
S47s
Pts
LERITIT
TS
I
A
NN
MOI
TS
PT
Ve
UE
A
IT
AT
PTT
DPI
TT
DURE
CO
quillages
qui
donnent
la
teinture
pourpre,
fous
deux
genres
,
dont
le
premier
comprend
les
petites
efpèces
de
Buccinum
,
ainf
appel-
lé
parce
que
la
coquille
de
ce
poiffon
a
quelque
reflemblance
avec
un
cors-de-chafle
;
&
le
fe-
cond
comprend
les
Coquillages
qui
portent
le
nom
de
pourpre
comme
la
teinture
qu’ils
fournif-
fent,
On
croit
que
ce
dernier
gen-
te
s'appelloit
auffi
Murex,
Voyez
Buccinum
&
Murex.
COQUILLE.
Les
Anciens
avoient
des
inftrumens
de
muf-
que
faits
de
Coquille.
On
en
voit
dans
les
ancièns
monumens.
Ils
font
tournés
en
fpirale
,
&
fe
ter-
minent
en
pointe.
CORA,
Cora,
Ke
:
(a)
|
ville
d'Italie
au
pais
des
Volfques.
Les
habitans
,
au
rapport
de
Pli-
ne
,
rapportoient
leur
origine
à
Dardanus
le
Troyen.
Les
Ro-
iains
en
avoient
fait
une
colonie,
qui
fe
révalta
l'an
de
Rome
251,
&
prit
le
parti
des
Aurunces.
Nous
fommes
inftruits
de
cette
circonftance
par
Tite-Live,
qui
appelle
le
territoire
de
Cora
Cora-
nus
Aper.
Cette
ville
s'eft
main-
ténue
Jufqu'à
nos
jours,
&
fé
nomme
aujourd'hui
Coré-dans
la
Campagne
de
Rome,
…
-CORA
,
Cora
,
Kopa
,(b)
autre
ville
d'Italie,
fituée
fur
un
Pr'omontoire
de
Tofcane
,
felon
quelques
exemplaires
de
Tacite;
G@)
Plin,
T.
I.
p.
155.
Strab.
p.
237.
Tit.
Liv,
L,
IL
©
16.
L.
VIU,
ce
19.
LE:
XXVIL,
c.
9.
Virg.
Æneid,
L,
VI.
Vs
977$,
:
.
:
(#)
Tacit,
Annal,
L,
IT.
c»
39,
°
CO
135
mais
Jufle-Lipfe
a
très-bien
vu
qu'il
falloit
lire
Cofa.
CORA,
Cora,
(c)
terme
qui
fe
lit
dans
une
infcription
confa-
crée
par
les
femmes
initiées
aux
myftères
d'Éleufs
,
&
rapportée
par
Meurfius:
SACRATÆ
APUD
ÉLEUSI-
NAM.
DEO
BACCHO
CERERI
ET
CORÆ.
se
Le
mot
Cora
,
qui
eft
latimifé
dans
ceure
infcniption,
eft
par
ex-
cellence
le
nom
de
Proferpine
,
du
grec
Képy,
qui
fignifie
fille,
Ce
nome
trouve
fur
quantité
de
médailles
frappées
en
Side,
où
lon
prétend
que
Proferpine
avoic
été
enlevée,
&
dont
elle
devint
la
divinité
tutélaire.
On
dir-Kopn
ou
Képa
fur
les
médailles
de
Sicile,
parce
que
le
dorique
y
étoit
en
ufage,
&
que
dans
ce
dialecte,
le
changement
de
l’'H
en
À
eft
un
changement
ordinaire,
CORACES,Coracz
Kooawor,
(a)
nom
que
les
Scythes
donnerénr.
à
Orefte
&
à
Pylade.
Ce
terme
f-
gnifioit
dans
leur
langue
la
même
chofe
que
Dieux
qui
préfident
à
l'amitié.
CORACES,
Coraces,
Kopd=
#or,
(e).
nom-que
l’on
donnoit
à
quelques
miniftres
de
Mythras.
C'eft
pour
cela
que
les
fêtes
Mi.
thriaques
{e
trouvent
quelquefois
appellées
fur
les
marbres
Coraci-
ques.
Ce
nom
veut
dire
les
cor-.
cc)
Mém.
de
l'Acad,
des
Infcripr,
&
Bell.
Lect.
Tom.
IV.
p.
658.
(d)
Lucian.
T.
IL
p.
53
(e)-Antiq,
expl.
par
D.
Bern.
ds
Montf,
Tom,
Il,
p.
17:
1V
136
6
O
beaux,
oïfeaux
confacrés
à
Mi-
thras.
CORACÉSIUM,
Coracefum,
Kesæutoror
,
(a)
ville
de
l'Afe
mineure
dans
la
Cikicie,
au
rap
port
de
Pline.
Strabon
lui
donne
le
nom
de
forterefle,
gpoupior,
:&
la
mer
à
l’extrémité
du
païs,
I]
dit
qu'elle
eft
fituée
fur
une-roche
ef-
carpée.
Les
autres,
comme
Pline,
&c.
en
font
une
ville.
Tite-Live
en
fait
mention.
Ptolémée
dit
Co-
racenfium,
&
la
met
la
première
de
la
Cilicie
nontagnenfe,
en
ve-
nant.de
la
Pamphylie.
Une
Noti-
ce
de
Léon
le
Sage
lit
Coraciffium,
qui
eft
la
même
ville,
entre
les
villes
épifcopales
de
la
Pamphylie,
-
Comme
elle
étoit
aux
confins
des
provinces
de
Lycie
,
de
Pam-
phyhe
&
de
Cilicie,
elle
a
puêtre
diverfement
attribuée
à
l'une
ou
à
l’autre,
Niger
dit
que
c'eft
à
pré-
fent
Scandeloro.
CORACIQUES,
Coracia
,
(2)
fêres
en
l'honneur
de
Mithras,
ainfi
nommées,
de
ce
que
quel-
_ques
miniftrés
de
ce
Dieu
étoient
appellés
Coraces,
Poyez
Coraces,
CORAGUS,
Coragus
,
Kipa=
oc.
Voyez
Dioxippe,Athlete.
CORAINS
,
Coran,
habitans.
de
la
ville
de
Cora.
Voyez
Cora.
CORANUS
AGER.
Foyer
Cora.
=
:
GORANUS,
Coranus,
(c)
certain
perfonnage,
dont
parle
Horace
dans
fes
Satyres.
Il
avoit
(4)
Plut,
Tom,
I.
p.
633
Plin.
T.
I.
p.
270.
Strab.
p.
667,
668.
Prolem,
I.
Vic.
$.
Tit.
Liv.
L,
XXXIIL.
€.
30.
(ë)
Antiq.
expl,
par
D.
Bern.
de
Montf.
Tom,
H,
pag,
17.
{c)=Horat.
L.
Il.
Satyr.
5.
y.
57,
Ja:
Juven,
Satyr,
16.
y.
54
Se
C
O
un
débiteur,
qui,
pour
fe
difpen£r.
de
le
payer,
lui
donna
fa
fille
en
.
Mariage.
Juvénal
introduit
auf
un
per-
fonnage
du
même
nom
dan:
fes
Satyres.
-
CORAS,
Coras,
(d\)
lun
des
capitaines
de
l’armée
de
Turnus,
étoit
forti
de
la
ville
d'Argos.il
‘fonda
,
avec
Catille
fon
frere,
à
ville
de
Tibur,
qui
fut
ainfi
nom-
mée
de
Tiburte
leur
frere.
À
la
tête
de
fes
foldats,il
avoit
coûtume
de
percer
les
bataillons
ennemis.
Ïl
donna
en
plufieurs
occafons
de
grandes
preuves
de
courage,
CORASICE
,
Corafce,
nom
d’une
Nymphe.
CORAX,
Corax,
Koo+?
,
(e)
montagnes
de
Grèce
dans
l'Étolie,
Strabon
dit
que
c’eft
la
plus
gran:
de
du
païs,
&
qu'elle
eft
conripue
au
mont
ta.
Tite-Live
la
met.
entre
Callipolis
&
Naupade,
&
ajoûte
qu'elle
eft
très-haute.
Pto-
lémée
nomme
cetté
montagne
Co:
rax
felon
les
divers
exemplaires,
Quelques-uns
prétendent
qu'elle
garde
encore
le
nom
de
Coraxas,
C'eft
la
montagne
fituée
auprès
de
Lépante,
dans
la
Livadie,
CORAX,
Corax
,
Képaë,
(f)
Montagne
que
Ptolémée
met
en-
tre
la
Sarmatie
Afiatique
&
la
Colchide.
C'étoit
fur
cette
mon-
tagne
que
l’on
prenoit
les
bornes
de
ces
païs,
-
CORAX,
Cora,
(g)
Képaës
(d)
Virg.
Æneïd:
L,
VII.
v.
670.
Ÿ
fea.
L.
XL.
v,
465
;
604.
-
Ce)
Strab.
pag.
417,450.
Ptolem.
L
MT,
©.
15.
Tir,
Liv.
EL.
XXXVI,
c,
30
LE.
XXXVIL
€.
4
(F}
Prolem.
L:-V,
c.
9,
(g)
Puolem,
L,
V.
cg
sr
sed
art
RS
nd
ts
ir
au
il
ira
La
a
LR
Lot
à
LA
LUE
:
EO-
fleuve
d'Afie
dans
la
Sarmatie,
au
tapport
de
Ptolémée.
a
CORAX,
Corax,
Kopaë,
(a)
‘pfomontoire
de
la
Cherfonèfe
Taurique,
felon
Ptolémée.
On
ne
fçait
pourquoi
Ortélius
en
faicune
vile.
Le
Grec
porte
Kcpa£
éupor.
Suidas
met
dans
{a
Béotie,
un
lieu
du
nom
de
Corax:
CORAX
[
La
pierre
ou
la
roche
de
|,
Coracis
Petra,
(b)
Képirc
mérpe.
Homère
parle
de
Laroche
de
Corax
dans
l'Odyffée,
&
la
met
près
de
la
fontaine
d'A-
réthufe,
C'étoit
fur
cette
roche,
fe-
Jonce
Poëte,
que
paifloient
les
troupeaux
d'Ulyffle,
où
ils
fe
noürrifloient
du
fruit
des
chênes,
Madame
Dacier
dans
fes
re-
marques
fur
l'Odyffée
,
dit
que
la
roche
de
Corax,
qu'elle
nomme
la
roche
Coracienne,
fut
ainf
nommée
à
caufe
de
l'accident
d’un
Jeune
homme
appellé
Corax,
qui
s
ÿ
tua,
en
pourfuivant
un
lièvre.
Sa
mere
Aréthufe
,
ajoûte
Mada-
me
Dacier,
au
défefpoir
de
la
mort
de
fon
fils
;
fe
jetta
dans
une
ontaine
voifine
,
où
elle
fe
noya,
&la
fontaine
fat
appellée
de
fon.
fom.
CORAX,,
Corax
3
(c)
Kipaë,
fs
de
Coronus
&
petit-fils
d'A-
pollon
&
de
Chryforte,
faccéda
à
fon
pere
au
royaume
de
Sicyo-
né,
Après
un
regne
de
trenteans,
étant
mort
fans
enfans,
il
eut
pour
ficcefleur
Epopée
,
qui
étoit
venu
de
Theffalie
peu
de
terms
aupara-
)
Ptolem.
L.
HIL.
c.
6.
…
()
Homer,
Odyf
L,
XIE.
v.
407.
(c)
Pauf.
P+
95.
4)
Cicer,
Brut,
c,
2a
de
Orat.
L,
El
CO.
157.
vant.
Corax
vivoit
quinze
cens
ans
avant
Jefus-Chrift.
a
CORAX,
Corax,
Kopaë,
(4)
-Orateur
qui
avoit
été
le
favori
&
le
principal
minifre
d’abord
de
Gélon,
&
enfuite
d'Hiéron
fon
frere
&
fon
fuccefleur.
L'autorité
prefque
fans
bornes
qu’il
avoit
ac-
quife
fur
leur
efprit,
fut
le
fruit
de
fa
fouplefle
,
de
fa
dextérité
&
d’une
éloquence
pleine
d'artifice.
Il
eut
beaucoup
à
craindre,au
mo-
ment
de
la
révolution,
de
l'envie
&
de
la
haine
que
fon
exceflive
fa-
veur
lui
avoit
attirées.
Pour
con-
jurer
l'orage,
il
eut
recours
à
cette
même
éloquence,
qui
lPavoit
fi
bien
fervi
auprès
des
tyrans.
Îl
fe
préfente
avec
confiance
dans
l'af-
femblée
des
Syracufains.
Îl
fcavoit
par
une
longue
expérience,
que
la
multitude
n'a
rien
de
fable,
rien
de
fuivi
dans
fes
penfées,
&
que
felon
l'impulfon
qu’on
lui
donne
,
elle
paffe
rapidement
‘de
la
haine
à
l'amour,
dela
fureur
à
la
tranquillité.
[lefpéra
que
s’f
pouvoit
feulement
-appaifer
les
premières
clameurs,
&
parvenir
à
fe
faire
entendre,
il
ne
lui
feroit
pas
difhcile
de
tourner
à
fon
gré
les.
efprits
,
&
de
les
amener
où
il
voudroit.
Le
caractère
flatteur
&cinfinuant
de
fon
exorde
,
calma
en
effet
les
murmures
que-fa
pré-=
fence
avoit
excités
,
&
difpofa
laflemblée
à
l'écouter
favorable-,
ment.
Il
entra
enfuite
en
matière,
éxpofa
fon
fujet
,
lappuya
de
raifonnemens
fpécieux
qu'il
entrer
c.
45.
L.III,c.
45.
Mém.
de
l’Acad.
des
Infcript,
&
Bell,
LŒt,
Tom,
XV.
P:
164,
&'
friv.
1358
€
O
méêla
de
digrefions
armunfantes
pour
foutenir
l'attention;
après
quoi,
dans
une
courte
récapitula-
tion
,
il
rappella
tout
ce
qu'ilavoit
de
force,
pour
entraîner
fes
audi-
tenrs
déjà
ébranlés,
&
pour
ache-
ver
de
fe
rendre
maître
de
leurs
volontés.
On
voit
ici
le
plan
d'un
difcours
régulièrement
conftruit
quant
à
la
difpoñtion
générale.
Corax
fut-il
l'inventeur
de
cetre
difpofition?
Quand
on
fappoferoit
qu'il
n'en
avoit
point
trouvé
d’e-
xemples
dans
les
Poëres:,
les
feu-
les
lumières
du
bon
fens
auroient
pu
lui
en
découvrir
l’artifice,
Le
principe
en
eft
dans
la
nature
,
qui
nous
indique
elle-même
cette
mé-
thode,
lorfqu'un
vif
intérêt
nous
fait
faire
des
efforts
pour
perfuader
ceux
de
qui
hous
avons
à
craindre
ou
à
efpérer.
C'eft
le
même
prin-
cipe
qui
nous
guide
dans
l’mven-
tion
&
dans
l’arrangement
des
preuves
dont
nous
avons
befoin.
L'imagfnation,
fortement
occupée
de
fon
objet,
devient
féconde
en
moyens
propres
à
convaincre
ou
aimpofer
,
&
n'eft
point
embar-
raflée
d'ailleurs
à
trouver
les
ex-
preflions
&
les
figures
les
plus
ca=
pables
de
remuer
&
d’échauffer
ceux
qui
nous:
écoutent,
Telle
ef
la
fource
où
la
rhétorique
doit
puifer
toutes
fes
richefles,
Les
préceptes
quelle
donne,
n’ont
d'autre
but
que
de
diriger
ces
opérations
de
la
nature,
de
les
aider
quand
elles
font
lentes,
&
de
les
réprimer
quand
on
lesaban-
donne
à
une
aveugle
témérité.
De-là
cetre
maxime
fondamentale
de
la
rhétorique,
que
l’art
ne
doit
co
jamais
fe
montrer
que
fous
la
ref
femblance
de
la
nature,
&
même
qu'il
cefle
d'être
art
dès
qu'il
laïfle
appercevoir.
Corax
triompha
par
fon
élo-
quence
de
la
mauvaife
humeur
dé
fes
concitoyens
,
&
pour
mettre
à
profit
un
fi
heureux
changement,
il
établit
dans
fa
maïfon
une
école
de
rhétorique.
Il
ne
pouvoit
rien
faire
de
plus
agréable
aux
Syrs-
cifains,
dans
un
tems
où
ils
étoient
embarraflés
de
procès
difficilesa
démèêler,
&
pour
lefquels
ils
at-
tendoient
tour
d’un
art
dont
l'ob
jet
eft
de
perfuader.
Eee
Pour
s'accommoder
à
leurs
be:
foins
,
Corax
tourna
tonte
fon
ap:
plication
vers
l'éloquence
du
bar-
reau,
éloquence
dangereufe,
Jorl-
que
fans
fe
foucier
de
la
vérités
elle
ne
vife
qu'à
la
victoire,
&
qu’en
s’attachant
uniquement
auf
fubrilités
de
la
chicane,
elle
ne
préfente
aux
Juges
que
des
vrai
femblances
trompeufes
&
de
cap:
tieufes
probabilités.
Corax
y
Ayo
rapporté
tous
fes
préceptes
;
CE
toit
,
dit
Ariflote,
prefque
la
feule
chofe
qu’il
avoit
enfeignée
dans
fa
rhétorique;
ce
qui
eff
précif:
“ment,
ajoûte-t-1l,
ce
qu'on
4f:
pelle
donner
l'avantage
à
la
matr
vaife
caufe
fur
la
bonne.
De-h
vient
le
mépris
qu’en
a
marqué
Cicéron:
».Ne
cherchons
point,
»
dit-il,
le
véritable
orateur
das
»
l’école
de
votre
Corax,
onnei
»
verra
éclorre
que
d'importin
»
criailleurs
,
dont
le
babil
ne
fr
»
que
nous
étourdir.
&
Tifias,
le
plus
habile
de
fes
di
ciples,
le
fit
repentir
des
leçons
‘de
chicane
qu'il
lui
avoit
donnéti
.
nouvelle
GO
taril
s'en
fervit
contre
lui-même,
pour
fe
défendre
de
payer
les
fa-
lires
qu'il
lui
devoir;
ce
qui
fit
dire,
par
allufion
au
mot
Corax,
qui
en
Grec
fignifie
Corbeau,
que
d'un
auffi
méchant
oïfeau
que
le
corbeau
,
il
ne
pouvoit
{ortir
que
de
méchans
œnfs.
Tifias
lui
fuc-
céda
dans
les
fonctions
d’enfeiener
k
rhétorique
aux
Syracufains:
il
publia
auf
à
{on
exemple,
&
d'après
fes
principes,
un
traité
de
art
de
parler,
beaucoup
plusam-
ple
&
mieux
digéré;
mais,
ilya
moins
de
gloire
à
marcher
fur
les
pas
d'un
puide,
qu’à
fe
faire
une
route.
L'inventeur
a
vancu.les
grandes
difficultés,
&
quelque
peu
de
chemin
qu'il
ait
fait,
les
proprès
de
ceux
qui
font
Venus
après
lui,
ne
lui
font
rien
perdre
de
la
gloire
qui
lui
eft
due.
Cette
réflexion
eft
commune
pour
tous
les
arts
&
pour
toutes
les
{cienees.
:
CORAX
»
Corax
,
Kéroë,
(a)
nom
Mithriaque
,
dont
Saint
Jé-
fôme
fait
mention
dans
fon
épirre
à
Leæta.
CORAX
,
Corax
,
Kcpat
(8)
nom
d'un
des
chevaux
de
l’Athlete:
Clifthène.
Voyez
Clifthène.
CORAZ
AIN
,Corazain.
Voyez
VOrozain..
ee
CORBEAU,
Corax
,
Képaë,
(0)
oifean
confacré
à
Apollon.
La
fable
dit
qu'il
devint
noir
pour
AYOIr
trop
parlé,
&
que
ce
fut
une
Véngeance
d'Apollon,
qui
,
fur
le
(4)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern.
de
Monif,
Ton
TL
ae
174
(b)
Pauf,
p:
362.
S
Myth,
par
M.
PAbb.
Ban.
Tom.
“+R
207,
Antiq,
expl,
par
D.
Bern,
ECO
139
rapport
que
lui
fitle
Corbeau
de
l'isñdéliré
de
Coronis
,
tua
fa
maitrefle,
s’en
repentit,
&
punit
loifeau défateur
,
en
le
privant
de
fa
blancheur.
Le
Corbeau
étoit
particulière
ment
confacré
à
Mithras,
parce
que
ce
Dieu
eft
le
même
qu'A-
poilon.
7
Dans
une
médaille
de
Gordien
le
jeune,
on
voit
Apollon
ayant
à
fa
droite
un
Corbeau,
à
fa
gau-
che
un
trépied.
On
voit
deux
Corbeaux
de
même
avec
un
tré-
pied,
au
rèvers
d'une
médaille
d'Antoine
,
dans
le
recueil
de
Bie
,
&
dans
Oifelius,
F3
(4)
Pline
rapporte
un
fait
fin-
gulier,
arrivé
fous
l'empire
de
Libère
,
lan
de
Jefus-Chrift
36.
Un
jeune
Corbeau
fortant
pour
la
première
fois
de
fon
nid,
qui
étoit
au-deflus
du
temple
de
Caf-
tor
&
de
Pollux,
tomba
en
volant
dans
la
boutique
d’un
cordonnier,
logé
vis-à-vis
du
temple.
Le
cor-
donnier
s’affeétionna
à
cetoifeau,
par
un
principe
même
de
vénéra-
tion
religieufe
pour
le
lieu
d’où
il
lui
venoit,
Il
s’appliqua
à
le
dref-
fer,
&
l’oifeau
docile
profita
fi
bien
des
leçons
de
fon
maître
,
qu'ils’habitua
à
voler
tous
les
ma-
tins
fur
la
tribune
aux
harangues
;
&
là,tourné
vers
la
place
publique,
il
faluoit
d'abord
Tibère,
Germa-
nicus
&
Drufus
,
enfuite
le
peuple
Romain;
&
après
s’être
acquitté
de
ce
devoir
,
il
rentroit
dans
la
de
Montf.
Tom.
I.
pag.
277,
Mém.
de
PAcad.
des
Infcript.
&
Bell.
Lett.
Tom.
XX.
P°
18:
A
=
2
AS.
:
(d)
Plin.
T.
1.
p.
568.
Crév,
Hift,
des
Emp.
3
X,
Pe
602
,
603:
140
CO
bôutique.
Ce
petit
manège
dura
lufieurs
années,
Enfin,
un
voifin
Éloue
fit
périr
l’oifeau
qui
attiroit
tanc
de
célébrité
à
fon
mañre.
Le
peuple
entra
en
fureur
;
le
meur-
trier
fut
chaflé
du
quartier,
&
même
tué.
Les
reprets
de
la
mul-
titude
la
porterent
à
honorer
folle-
ment.le
Corbeau
dont
la
perte
Fafigeoit.
On
lui
fit
des
obféques
en
forme
;
on
le
mit
fur
un
lit
fu-
nébre,
&
couvert
de
fleurs
&
de
couronnes,
précédé
d'un
joueur
de
flûte,
felon
ce
qui
fe
pratiquoit
aux
funérailles
,
il
fut
porté
fur
les
épaules
de
deux
Éthiopiens
au
bûcher
qui
lui
avoit
été
préparé
fürla
voie
Appia,
à
deux
milles
de
la
ville.
Aïnfi,
dit
Pline,
on
célébra
les
funérailles
d’un
oïfean,
dans
une
ville
où
les
Gracques
_ævoient
été
privés
de
la
fépulture;
&
la
mort
d’un
Corbeau
fut
mieux
vengée
que
celle
du
vainqueur
de
Carthage
&
de
Numance.
_
CORBEAU,
Corax,
Kipaë.
(z)
Cet
oifeau
eft
déclaré
impur
par
la
loi
de
Moiïfe.
fl
en
eft
fou.
vent
fait
mention
dans
Écriture.
Noë
ayant
fait
fortit
un
Cor-
beau
de
l'Arche
pour
voir
fi
les
eaux
s'étoient
retirées
de
deflus
la
terre,
cet
animal
ne
revint
point
dans
l'arche,
On
dit
que
quand
le
Corbeau
voit
fes
petits
nouvellement
éclos,
&
couverts
d’un
poil
blanc,
il
en
conçoit
une
celle
averfion,
qu'il
les
abandonne,
&
ne
retourne
à
Ton
nid
,
que
quand
ce
premier
poil
eft
tombé
,
&
qu’ils
commencent
te)
Gene.
c.
8:
v,
y.
Levit.
€.
1x:
v.
|
v.
#5
Reg.
L.
IL
c.
17.
v.
6.
Job.
c.
28.
NV:
4
Palm,
1464
v,
9,
Proverb,
c,
30.
C
O
a
fe
revêtir
d'un
plumage
noi
C'eft
,
dit-on,
à
cela
que
le
Päk
mifte
fait
allufion,
lorfquil
di:
Dieu
donne
la
nourriture
aux
animaux
,
@
aux
petits
du
Uor-
beau,
qui
crient
vers
lui,
Et
Job:
qui
à
préparé
la
nourriture
au
Corbeau,
lorfque
fes
petits
crint
au
Seigneur,
courant
ça
6
li,
parce
qu'ils
n'ont
rien
à
mangs
Mais,
ceux
qui
ont
étudié
le
plis
exatement
la
nature
des
oiïfeaut
&
des
animaux,
ne
conviennet
|
pas
de
ce
fait,
qui
d’ailleurs
atrop
y
l'air
de
fable,
pour
être
cru
fn,
de
bonnes
preuves,
Voflius
dit
que
ce
qui
les
Corbeaux
quittent
quelquefois
leur
nichée
,
c’eft
l'extrême
voræ
|
ci
des
jeunes
Corbeaux,
qu
|
leurs
peres
&
meres
ne
peuvent
fuffire
à
nourrir,
D’autres
veuleit
|
que
cela
vienne
uniquement
d'os
|
bli
de
la
part
des
Corbeaux,
qui
à
ne
penfent
plus
à
retourner
à
leur
nid,
pour
y
nourrir
leurs
petis
|
D'autres
croyent
que
Job
&k
|
Pfalmifte
font
attention
à
ce
qi
|
eft
dit
dans
quelques
Auteurs;qué
les
Corbeaux
chaflent
les
jeunts
L
du
nid
de
très-bonne
heure,
&
les
obligent
de
s'éloigner
du
lieu
|
où
demeurent
leurs
peres
;
&
que
c'eft
dans
ces
occafons
que
k
providence
prend
foin
de
leu
nourriture.
Enfin,
il
y
en
a
d’autrts
qui,fans
y
chercher
plus
de
fnelle,
;
penfent
que
la
providence
s'étend
fur
les
animaux
à
quatre
pieds,&
fur
les
oïfeaux,
qui
crient
à
lutä
leur
manière;
&
que
les
Corbeaix
17.
Gant,
c,
5,
v.
12,
Sophon,
©
#
Va
Xde
fait
que
|
TR
APE
SPEARS
DIN
IE
NET
TES
IPIP
SEPT
TENNIS
NP
RENTE
CO
…
foncmis
dans
les
endroits
que
nous
avons
cités,
au
lieu
des
oifeaux
en
|
général.
_
Le
Prophete
Élie
s’étant
retiré
par
l'ordre
de
Dieu
fur
le
torrent
_
de
Carith,
le
Seigneur
le
fit
nour-
irpendant
quelque
tems
par des
Corbeaux
,
qui
lui
apportoient
le
foir
&
le
matin
;
du
pain
&
de
la
_
chair.Quelquesinterpretes,
au
lieu
|
dés
Corbeaux,
traduifent
les
ter-
mes
de
l'original
par
des
Arabes,
ou
des
Marchands
,ou
même
des
habitans
de
la
ville
d'Arabo
ou
d'Oreb,
près
de
Bethlan.
Pour
ippuyer
ces
traductions,
on
re-
Marque
que
le
Corbeau
étant
un
fau
déclaré
impur
par
la
loi,
__ilnya
pas
d'apparence
que
Dieu
leût
voulu
employer
à
ce
mimif-
tre,
Mais,
malgré
ces
raifons,
Rplûpart
des
Interpretes
&
des
ommentateurs
s’en
tiennent
à
la
vefon
qui
porte
des
Corbeaux.
Siceux
qui
apportoient
de
la
chair
du
pain
à
Éhe,
étoient
des
ommes
,
pourquoi
ne
lui
au-
Ioent-ils
pas
aufli
apporté
de
l'eau
;
lotfque
le
torrent
de
Carith
fut
defféché,
pour
lui
épargner
la
peine
d'aller
chercher
une
autre
fétraite
chez
une
pauvre
veuve
à
Sarepta
2
La
noirceur
du
Corbeau
eft
Pufé
en
proverbe,
Vos
cheveux
font
noirs
comme
le
Corbeau
,
eft-il
dit
dans
le
Cantique
des
Canti-
ques,
On
voit
cependant
des
Cor-
eaux
blancs,
&
ils
ne
font
pas
fares
dans
les
païs
feptentrionaux,
où
la
neige
demeure
long-tems
fur
à
terre,
C.
I4T
On
a
cru
que
le
Corbeau
con-
cevoit
par
le
bec,
mais
c’eft
une
fable.
Le
Corbeau
vit
très
-
long-
tems.
Pline
a
dit
qu'il
vivoit
l’âge
de
neuf
hommes.
Mais.il
convient
que
c’eft
un
conte
;
on
aflure
que
les
Corbeaux
vivent
jufqu’à
cent
ans,
Îls
fe
nourriflent
de
carnage,
&
mangent
les
corps
des
hommes
pendus
&
cruciñiés.
Horace
dit
:
Non
pafces
in
cruce
corvos
;
Et
le
Sage:
Que
Les
Corbeaux
du
torrent
arrachent
les
yeux
dm
fils
qui
fe
mocque
de
[on
pere.
Sophonie
femble
marquer
que
l'on
nourrifloit
des
Corbeaux
fur
la
porte
des
maïfons,
Mais
,
il
marque
plutôt
qu'après
la
défola-
tion
des
peuples
de
l’Idumée
,
des
Moabires
&
des
Ammonites
,
on
verra
des
Corbeaux
fur
leurs
fe-
nêtres
&
fur
les
portes
de
leurs
maifons
ruinées.
_
On
dit
que
cet
oïfeau
apprend
affez
aifément
à
parler,
&
qu'il
imite
la
voix
de
l’homme.
CORBEAU
,
Corax,
Kipaë
,
(z)
machine
de
guerre,
dont
les
Romains,
felon
Polybe
,
fe
fervi.
rent
dans
le
combat
naval
de
Myle
entre
le
conful
Duillius
&
Anni-
bal.
Voici
la
defcripcion
qu’en
don-
ne
cet
Auteur.
»
Une
pièce
de
bois,
ronde,
»
longue
de
quatre
aunes,
grofle
»
de
trois
palmes
de
diametre,
»
étoit
plantée
fur
la
proue
du
3
»
étoit
une
poulie,
&
autour
une
»
échelle
clouée
à
des
planches
»
de
quatre
pieds
de
largeur
fur
La
(4)
Roll,
Hift,
Anc,
T,
I,
p.
169
T.
V.
p.
848
Hif,
Rom,
T,
VIN,
Pe
374
navire
;
au
haut
de
la
poutre”
142
CO
.
»
fix
aunes
de
longueur,
dont
on
»
avoit
fait
un
plancher
percé
au
»
milieu
d'un
trou
oblong
qui
»
embrafloirla
poutre
à
deux
au-
»
nesdel'échelle.
Dés
deux
côtés
»
de
l'échelle
fur
la
longueur,
on
3
avoit
attaché
un
garde.
fou
qui
»
Convroit
juiquanu
genou.
Il
y
»
avoit
au
bout
du
mât
une
efpè-
»
ce
de
pilon
de
fer
pointu
,
aa
»
haut
duquel
étoit
un
anneau;
»
de
forte
que
toute
cette
machine
»
paroifloit
femblable
à
celle
dont
»
on
fe
fert
pour
faire
la
farine,
»
Dans
cet
‘anneau
pañloit
une
»
Corde
avec
laquelle,
par
le
»
moyen
de
la
poulie
qui
étoit
»
au
haut
de
la
poutre,
on
élevoit
»
lés
Corbeaux
lorfque
les
vaif-
»
feaux
s’approchoient
;
&
onies
_»
Jetroit
{ur
les
vaiffleanx
ennemis,
_»
tantôt
du
côté
de
la
proue,
»
tantôt
fur
les
côtés
,
fuivant
les
n
différentes
rencontres.
Quand
-»
les
Corbeaux
accrochoiïent
un
»
navire,
files
denx
étoient
joints
»
par
leurs
côtés,
les
Romains
»
fautoient
dans
le
vaiffeau
enne-
»
mi
d’un
bout
à
l’autre;
s'ils
n'é-
»
toient
Joints
que
par
les
deux
»
proues,
ils
avançoient
deux-}-
»
deux
au
travers
du
Corbeau
;
»
les
premiers
fe
défendoientavec
»
leurs
boucliers
des
coups
qu’on
»
leur
portoit
én
devant:
&
les
»
fuivans,
pour
parer
les
coups
»
portés
de
côté,
appuyoient
leurs
»
boucliers
fur
le
garde-
fon.
H'paroït
par
cette
defcription
,
que
ce
Corbeau
n'étoit
autre
cho-
fe
qu’un
pont
mobile
à
l’enrour
«de
la
poutre,
dont
le
bout
élevé
étoit
garni
de
griffes
propres
à
accrocher
;
que
ce
pilon
de
fer
&
N
+
\
CO
fon
anneau
étoient
attachésauhart
à
du
mat
du
navire
;
&
que
«tb
corde
paffant
par
cet
anneau
&
par
la
poulie
de
la
poutre,
wh
fervoit
qu’à
hauffer
&
baifler
&
h
pont
mobile,
pour
le
laiffer
tom
b
ber
fur
les
vaifleaux
ennemis
&
fervir
de
paflage
aux
Roma
Polybe
confirme
certe
vérité
À
difant:
»
Lorfqu’on
fut
à
l'abor
À
»
dage,
quéles
vaiffeaux
furent
à
»
accrochés
les
uns
aux
autres
pat
à
»
les
Corbeaux
,
les
Romains
»
entrérent
au
travers
de
cat
à
»
inachine,
dans
les
vaifleauxn-
|
»
nemis,
&
ils
fe
batrirent
fût
E
»
leurs
ponts,
«
Ce
qui
démon
clairement
que
ce
Corbeau
tt
$
confiftoit
que
dans
un
pont.
La
defcription
que
fait
M.
h
chevalier
de
Folard
de
ce
Cor
b
béau,
dans
fon
Commentaire
ù
Polybe,
eft
fort
différente:
ile
b
repréfente
en
forme
de
grue,[
mé
h
chine
qui
n'étoit
pas
inconnue
à
;
Polybe
|
pofée
fur
un
mit
élevé
L
fur
le
château
de
proue;
ce
qui
h
ne
Convient
pas
avec
la
poutré®
Polybe.
Sur
ce
mat
M.
le
chevi
À
lier
de
Folard
établit
le
ranchtt
d'une grue,
au
bout
duquel
étoi
à
un
cône
de
fer,
pièce
de
fonte,
|
dit-il,
des
plus
pefantes,
faquelé
|
tombant
de
fon
propre
poids;
perçoit
le
pont
de
proue:
volé
ce
que
M.
le
chevalier
de
Folut
appelle
Corbeau.
ef
difficile
|
concilier
ceite
machine
avec
celk
que
décrit
Polybe.-
+
M.
le
chevalier
de
Folard
patk
dans
fon
fçavant
Commentäitt,
de
plufieurs
efpèces
de
Corbeaus
il
ÿ
En
avoit,
dir-il,
tant
de
divéf
fes
foires,
6c
ils
étoient
fi
différer
|
EX
2)
entreux,
qu'il
ne
fçait
comment
ls
Anciens
n’ont
pas
inventé
différens
noms
pour
empêcher
qu'on
ne
les
confondit
les
uns
avec
les
autres.
M.
le
chevalier
de
Fo-
lard
donne
la
defcription
de
ces
différens
Corbeaux
;
fçavoir,
du
Dauphin,
du
Corbeau
démolif-
feur,
du
loup
,
&
du
Corbeau
à
grifles.
Le
premier
n’étoit,
felon
cet
Auteur,
qu’une
mafle
de
fer
fon-
du,
fufpendu
au
bout
des
antennes
des
vaifleaux
;
on
le
fufpendoit
à
un
des
bouts
des
vergues,
pour
le
-laiffer
tomber
fur
les
vaifleaux
-
ennemis
,
qu'il
perçoit
depuis
le
pont
jufqu’au
fond-de-cale,
.
À
l'égard
du
Corbeau
démolif-
fur,
Vitruve
en
fait
mention
;
mais,
On
ne
peut
guere
com-
:
prendre
ce
que
c’eft
que
cette
machine.»
Ne
feroit-ce
point,
dit
»
M,
le
chevalier
de
Folard,
celle
.
»
dont
parle
Végèce,qu'l
appelle
?
tortue,
au
dédans
de
laquelle
il
*
Y
avoit
une
on
deux
pièces
de
»
bois
arrondies
&
fort
longues,
Pour
pouvoir
atteindre
de
loin,
»
&t
au
bout
defquelles
il
y
avoit
»
des
crocs
de
fer
?
Elles
éroient
5
fufpendues
en
équilibre
comme
»
les
béliers,
&
on
les
poufloit
»
Contre
les
créneaux
,
pour
les
»
accrocher
&
les
tirer
à
bas,
ou
»
les
pierres
ébranlées
par
les
bé-
»
liers.
«
:
Cependant,
Vépèce,
en
par-
lant
de
ce
croc
fafpendu
&
bran-
lnt,
ne
fe
ferr
pas
du
terme
de
Corbean
,
Mais
de
celui
de
faulx.
Voici
le
paffage
de
cet
Auteur
:
On
conftruit
la
tortue
avec
des
»
mémbrares
&
des
madtiers,
&
GAS
+
»
on
la
garantit
du
feu
en
la
re-
»
vêtant
de
cuirs
crûs
,
de
cou-
»
vertures
de
poil,
ou
de
pièces
».
de
laine.
Elle
couvre
une
pou-
»
tre,
armée
à
l’un
de
fes
bouts
»
d’un
fer
crochu
pour
arracher
»
les
pierres
de
la
muraille
;
alors
»
on
donne
le
nom
de
faulx
à
»
cette
poutre;
à
caufe
de
la
f-
»
pure
de
fon
fer.
«_
Pour
le
loup,
M.
le
chevalier
de
Folard
prétend
que
la
machine
à
laquelle
Végèce
donne
ce
nom,
n'étoit
qu'un
Corbeau
à
tenailles
où
à
grifles,
qui
confiftoit
dans
une
efpèce
de
cifeanx
dentelés
&
recourbés
en
manière
de
ténail-
les
,
où
de
deux
faucilles
oppofées
l'une
à
l’autre.
Outre
les
différens
Corbeaux
dont
on
vient
de
parler,
le
{cam
vant
Commentateur
de
Polybe
traite
encore
du
Corbeau
à
lacs-
courans
&
à
pinces,
de
celui
à
cage
,
appellé
le
tollenon
ou
telle-
non,
&
du
polyfparte
ou
Cor-
beau
d’Archimède.
Le
Corbeau
à
lacs-courans
n°6<
toit
autre
chofe
qu’une
efpèce
de
levier,
placé
fur
les
murailles
des
-
villes,
de
manière
qu’une
partie
failloit
en
dehors,
&
que
l’autre
plus
grande
étoit
fur
terrein-plein.
À
la
partie
extérieure
étroit
atra=
chée
une
chaine
ou
une
corde
qui
avoit
un
lac
avec
lequel
on
ef
fayoit
de
faifir
la
tête
du
bélier,
pour
le
tirer
en
haut
&
empêcher
fon
effet,
Le
Corbeau
à
pinces
étoit
à
peu
près
la
même
chofe,
à
l'exception
qu'au
lieu
de
lacs,
il
ÿ
avoit
des
pinces
pour
faifir
le
bélier.
Cere
inachine
ne
diflere
guere
de
celle
246
GO
Magon
,
général
des
Carthagi-
nois,
dans
le
païs
des
Gaulois
[n-
fubriens
,
l’an
de
Rome
549.
-COSCONIUS
[
C.],
C.
Cof-
conius,
(a)
Romain
dont
parle
Cicéron
dans
plufieurs
de
fes
orai-
fons.
Dans
l’une
il
le
dit
préteur,
dans
une
autre,
proconful
en
El-
pagne.
C'eft
fans
doute
le
même
dont
parle
Plutarque
dans
la
vie
de
Céfar.
Selon
cet
Auteur
,
il
fut
tué
dans
une
émeute
,
par
les
fol-
dats
de
Céfar.
COSE,,
Cofa.
Voyez
Coffe.
COSES,
Cofe.
Voyez
Coffe.
COSINGAS
,
Cofingas,
prin-
ce
des
Cerrhéniens,
peuples
de
Thrace,
&
prêtre
de
Junon,
fe-
lon
la
coûtume
du
pais,
s’avifa
d’un
plaifant
artifice
pour
réduire
fes
fujets
rebelles.
Pendant
qu'il
faifoit
attacher
plufieurs
longues
échelles
de
bois
les
unes
aux
au-
tres
,
il
fit
courir
le
bruit
qu'il
alloit
monter
au
ciel
vers
Junon,
our
lui
demander-raifon
de
la
défobéiffance
de
fes
fujets.
Alors
les
Thraces
naturellement
grof-
fièrs
&
flapides,
craignant
que
Cofingas
ne
fit
ce
qu'il
leur
difoit,
lui
demanderent
pardon,
&
s'en-
gagerent
par
ferment
de
lui
ren-
dre
à
l'avenir
une
fidele
obéiffan-
ce.
|
COSINGIS
,
Cofingis
,
fem-
me
de
Nicomede
,
premier
roi
de
Bithynie
,
eft
appellée
Dirizele
par
d’autres.
Voyez
Dirizele.
COSIS
,
Cofis,
Kms
(8)
prince
Albanien,
marcha
contre
(4)
Cicer.
Orar.
pro
A.
Cluent.
c.
#8:
pro
Sylla.
c.
31,
in
Vatin,.
c,
9.
Plut.
T.
Le
pe
732.
(b)
Plut,
T,
pr
638.
CO
Pompée
à
la
tête
d’une
nombreufe
armée.
Ce
Prince,
dès
qu'onen
fut
venu
aux
mains
,
s’attachaau
général
Romain,
&c
courant
fur
lui,
il
lui
lança
fon
javelot,
qui
donna
juftement
au
défaut
de
la
cuirafle
;
mais
Pompée
l'ayant
joint
,
lui
appuya
fa
javeline
avec
tant
de
roideur
qu'il
le
pers
d’outre
en
outre
,
&
le
jetta
mot
aux
pieds
de
fon
cheval.
:
COSMES
,
Cofmi
,
(c)
magie
trats
fouverains
qui
étoient
établis
en
Crète
au
nombre
de
dix,
pouf
maintenir
le
bon
ordre
dans
République
;
&
c’eft
pour
cel
raifon
qu'ils
furent
appellés
Col:
mes,
du
mot
grec
#‘au6
:
ordre.
Ils
étoient
à
vie
,
ne
rendit
compte
à
perfonne
de
leur
admi-
niftration,
&
commandoient
lé
armées
en
tems
üe
guerre.
On
les
choififfoit
par
le
fort,
mais
(eule-
ment
dans
de
certaines
famills,
&
on
tiroit
aufhi
de
ces
mm
familles
les
Sénateurs
qui
10°
moient
le
confeil
public.
Iln’y
a
rien
qui
ait
plus
der
port
aux
Cofmes
de
Crète,
qu
le
confeil
des
dix
établis
x
Venik
avec
cette
différence
feulemenls
que
ces
derniers
ne
commañil
oint
les
armées.
COSMETE
,
Cofmeres
(4)
Kocuwryç,
officier
;
qui
avoit
ln
tendance
de
la
police
far
les
plie
bes
à
Athènes,
Il
avoit
des
li
tenans
où
fous-
Cofmeêtes.
COSMOGONIE.
Ce
fci
formation
de
lu
cience
de
la
formation.
çc)
Roll.
Hift.
Anc
T:
JE
p
Ed
(a)
Recueil
d’Antig.
par
M.
le
d
Cayl,
T.
Il,
p.
217
CO
Vers,
Ce
mot
eft
compofé
de
deux
mots
grecs,
xoues,
monde,
&
Jour
,
Je
mais.
La
Cofmogonie
differe
de
la
Cofmographie
,
en
ce
que
celle-ci
ef
la
fcience
des
parties
de
l'uni-:
Vérs,
fuppoté
tout
formé,
&
tel
que
nous
le
voyons
;
&
elle
diffe-
de
la
Cofmolopie,
en
ce
que
telle-ci
raifonne
fur
l’état
a@uel
R
permanent
du
monde
tout
for-
Me
;
au
lieu
que
la
Cofmoponie
Mine
fur
l'état
variable
du
tion,
De
quelque
manière
qu'on
ima-
ge
la
formation
du
monde,
on
ie
doit
jamais
l'écarter
de
deux
grands
principes
;
1.°
celui
de
la
ation
;
car
il
eft
clair
que
Îa
Matière
ne
pouvant
fe
donner
leriflence
à
elle-même
,
il
faut
Welle
l'ait
reçue
;
2.9
celui
d’une
htelligence
faprême
qui
a
préfidé
on
feulement
à
la
création
,
Mais
ticore
à
l’arrangement
des
parties
Eh
matière
en
vercu
duquel
ce
monde
s’eft
formé.
COSMOGRAPHIE,
fcience
Gi
confifte
à
connoitre
les
diver-
parties
qui
compofenr
enfem-
&
le
monde
&
l'univers,
avec
Frapport
qu’elles
ont
entr'elles.
somme
lPétude
de
la
fphère
Wit
néceffairement
précéder
celle
de
la
géographie
,
les
Géozraphes
:
Mcru
qu'il
étoit
nécefaïre,
avant
tes
chofes,
de
faire
connoiître
vaftes
corps
dont
le
globe
ter-
ie
eft
environné.
Ils
ont
donc
alé
du
ciel
qui
enveloppe
la
Lire
de
tous
côtés
;
&
comme
les
QUetS
les
plus
remarquables
qui
_
VJ
ptéfentent
à
nos
yeux,
font
onde
dans
le
tems
de
fa
fonda-
C
O
247
les
aflres
dont
les
cieux
font
par=
femés
,
&
les
planetes
dont
le
cours
périodique
eft
devenu
d’un
grand
ufage
dans
la
péographie,
on
s’eft
avifé
de
donner
aux
trai-
tés
de
géographie
le
nom
de
Cof:
mographie.
On
voir
même
que
plufieurs
Sçavans
ont
pris
la
qua-
lité
de
Cofmographes
,
fons
la
proteétion
des
princes
qui
les
ex-
citoient
par
leurs
bienfaits
à
cul-
tiver
la
géographie.
Mais
on
a
fenti
dans
la
fuite
que
ce
nom
de
Cofmographie
embrafloit
pla-
fienrs
fciences
qu'il
étoit
bon
de
divifér.
On
a
donc
laiflé
à
l'aftro-
nomie
le
foin
d'obferver
le
cie],
&
on
a
réduit
la
géographie
à
fes
jaftes
bornes
prefcrites
par
fon
nom
,
qui
ne
veut
dire
que
def-
cription
de
la
terre,
au
lieu
que
la
Cofmographie
eft
la
defcription
de
l'univers.
Un
homme
quivou-
droit
mériter
la
qualité
de
Cofino-
graphe,
devroit
Joindre
une
extré-
me
habileté
dans
l'aftronomie
,
à
une
connoiflance très-étendue
de
la
géographie
ancienne
&
moder-
ne,
&
même
de
l’'Hydropraphie
qui
s’applique
à
connoître
l’éten-
due
&
la
profondeur
des
mers,
des
fleuves
,
des
lacs,
&e.
Et
où
trouver
un
SÇavant
qui
poflede
toutes
ces
fciences
er
un
certain
degré
de
perfection
?
Chacune
de-
manderoïit
coute
la
vie
de
quicon-
que
afpireroit
à
y
être
{Cavant,
outre
qu'elles
demandent
chacune
dans
ceux
qui
s’y
attachent,
des
genres
de
vie
très-diférens.
Les
erreurs
groflières
qu’on
a
apper-
çues
&
corrigées
depuis
un
fiè-
cle
,
font
voir
combien
ceux
qui
prenoient
la
qualité
de
Cofmopra+
1V
248
CO
phes
dans
le
quinzième
&
le
fei-
zième
fiècle
,
écoient
éloignés
de
ce
nom
pris
à
la
ripueur
de
{a
fi-
gnificarion.
Ce
nom,
dans
quan-
-tité
de
livres,
ne
fipnifie
que
géo-
graphie
;
&
c'eft
ce
dont
la
plû-
part
des
Jeunes
Er
ont
beloin
d'être
avertis.
Cependant
,
la
_Cofmographie
&
la
géographie
different
l’une
de
l’autre,
comme
le
tout
differe
de
fa
partie.
Le
mot
Cofmographie
eft
com-
pofé
de
ucrucec
,
monde,
&
;p
=
æ
Je
décris,
COSSE
,
Coffa,
Kicoa
(a)
ville
d'lralie
,
fituée
au
pais
des
Étruriens.
»
Cofles
,
dit
Strabon,
»
eft
une
ville
fituée
un
peu
au-
»
deflus
de
la
mer,
für
une
haute
»
colline,
quieft
dans
le
golfe
»
Au-
deffous
de
la
ville
eft
le
»
port
d'Hercule
,
&
rout
auprès
»
un
lac
Marin
;
&
proche
le
»
promonioire
qui
eft
au-deflus
»
du
golfe,
il
y
a
un
lieu
préparé
»
pour
la
pêche
du
Thon;
car
le
#
Thon
n'eft
pas
feulement
friand
»
de
gland,
il
aime
encore
le
poiflon
nommé
Pourpre,
qui
»
eft
près
de
la
terre.
Depuis
la
»
mer
extérieure
Ju{qu
à
la
Sicile,
»
quandon
fait
voile
de
Cofles
»
pour
Ofie,-on
trouve
en
che-
»
min
les
villes
de
Gravifces,
de
»
Pvroes,
d'Alfium
&
de
Frege-
»
nes;
Gravifces
elt
à
trois
cens
»
flades
de
Cofles,
«
Le
nom
de
cetre
ville
s'écrit
di-
veérfement
dans
les
Auteurs.
Straz
C1
lie
9
D
bon
lui-même
l'écrit
en
fingülier.
(a)
Strab,
pag.
222,
226
Plin.
TT.
pag.
160,
160.
Pomp.
Mél.
pag.
137.
Prolem.L.
JIT.c,
x.
Tit.
Liv.
L,
XXII.
&,
11.
L,
XXVII,
c,
10,
L,
XXX,
c.
39,
RIT
EN
a
PS
CO
&
en
pluriel.
Il
dit
donc
Colle
dans
un
endroit,
&
Coffes
dans
un
autre.
Piolémée
lit
Cofles
en
pluriel;
Pline
&
Pomponius-
Me
la
,
Cofle
en
fingulier;
Virgik,
Cotes
en
pluriel
&
avec
une
feule
s
;
Céfar
&
la
table
de
Peutin-
ger
,;
Cofe
en
fingulier
&tavecuie
teule
s.
Le
rexte
de
Tite-Live
va
rie
:
le
port
de
cette
ville
y
eftap:
pelié
portus
Cofanus
&
portusCof:
Janus
;
&les
habitans
Cofans,
Cofanr..
"
Aux
Auteurs
que
l’on
vient
de
citer,
Joignons
Velleius
Patercu:
lus
,
qui
di
:
Coffam
6
Prelum
abhinc
annos
ferme
trecenios
Fabio
Dorfone
&
Claudio
Canine
con
fulibus
|
Coloni
miffr]
;
ce
qu'ars
riva
avant
la
première
guerre
pls
nique.
À
la
requête
des
habitañs,
on
y
envoya
dans
la
fuite
mille
nouveaux
colons,
Il
y
a
bien
de
l'apparence
que-cetie
ville-futré-
parée
par
Auguite
,
&
qu'elle
pit
le
furnom
de
Julia,
commet
plûpart
des
villes
de
l'Étrurie,
Ces
la
fe
voit
dans
une
médaille
&
Nerva
,
fur
laquelle
on
ht
Cof.Ju
Coffz.
Elle
avoir
un
beau
poi
dont
nous
avons
déjà
parle.
Cel
le
même
qui
eft
nommé
le
pot
d'Hercule,
Æerculis
portus,
dans
[-
tinéraire
maritime
&
dans
Strabol
La
colonie
que
lon
avoit
er,
voyée
à
Cofle,
avoit
été
tirée
de
la
ville
de
Voici,
dont
le
peuple
étoit
nommé.
Wolcientes
;
à
que
Pline
nous
apprend.
Cet
ville
de
Cofle
étoit
fur
la
voie
Au
L.
XXXIIT.
€.
24
Cæf.
de
Bell.
CN
L.
I.
pag.
474
Vell,
Patere,
L,
1:
Cr
14
EE
Æneid,
L,
X:
v,
168:
CO
télia
,
felon
Antonin,
entre
Forum
Aurelii
&
le
lac
Aprilis,
à
vingt-
.
cng
milles
de
l’un
,
&
à
vinpt-
deux
alles
de
l’autre.
Mais
entre
Forum
Aurelii
&:Coffa
il
y
avoit
encore
deux
flations
ou
manfions;
favoir,
ad
novas
&
fub
Cofa.
La
table
de
Peuringer
nomme
ce
der-
nier
lieu
Succofa.
Cette
côte
a
bien
changé
de-
puis
Sirabon
;
ce
qu'il
appelle
ün
lac
marin,
&
qui
étoit
enfer-
mé
entre
deux
langues
de
terre
qui
Jofpnoient
le
mont
Argen-
taro
au
continent
,
s’eft
ouvert
un
chemin
vers
lamer,
dans
la
lan-
pue
feptentrionale,
&
il
s’en
eft
formé
un
golfe.
Une
efpèce
de
prefqu'ifle
qui
s'avançoit
vers
le
milieu
du
lac
de
l'Orient
vers
lOccident
,
eft
préfenrement
fort
diminué
,
&
c’eft
la
place
où
eft
Orbitelle.
I
n’y
a
plus
rien
au
lieu
où
étoit
Coffe;
mais
plus,
à
l'O-
tient
il
s'eft
formé
une
nouvelle
ville
des
ruines
de
l'ancienne
,
&
on
la
nomme
Anfedonia.
Le
port
d'Hercule
conferve
fon
ancien
nom,&
eft
nommé
Porto
Hercole,
COSSE,
Coffz:;
Korca
,
ville
d'Italie
au
pas
d'Œnotrie,
flon
Étienne
de
Byzance.
Berké-
lus
applique
mal
à
propos
à
certe
ville
ce
que
Strabon
dir
de
Coffe
en
Étrurie.
C’eft
la
même
que
.
Compfe,
Vozez
Compte:
_COSSÉE
,
Coffez;
païs
qu'ha-
bitoient
les
Cofféens,
Voyez
Cof-
féens,
=
COSSÉENS,
Coflei,
(a)
Koc=
sai,
peuples
d'Afié,
qui
habi-
CO
249
toient
un
canton
de
la
Perfe,
au
rapport
d'Étienne
de
Byzance.
Pline
les
met
à
l'Orient
de
la
Su-
fiane;
&
Piolériée
dans
la
Sufiane
même,
du
côté
de
l’Affyrie.
Pline
ajoûte
qu'au
deflus
des
Cofféens
,
du
côté
du
Septentrion,
étoit
la
Méfabatène.
Polybe
&
Diodore
de
Sicile
difent
que
les
Cofféens
habiioient
dans
les
montagnes
de
la
Médie.
Quinte
-
Curfe
place
aufl
les
Cofiéens
dans
un
pais
de
montagnes.
Enfin,
Arrien
les
fup-
pofe
contigus
à
la
Médie,
dema-
nière
cependant
qu'ils
touchoïent
d'un
côté
au
païs
des
Élyméens.
Nous
apprenons
de
Strabon
que
les
Cofléens
étoient
habiles
à
tirer
de
l'arc,
&
qu'ils
ont
quel-
quefois
mis
fur
pied
jufqu’a
treize
mille
Archers._
Îls
étoient
fort
adonnés
aux
brigandages
;
ainfi
que
tous
les
montapnards
leurs
voifins,parce
que
le
peu
d’étendue
&
la
fférilité
de
leur
pais
les
met-:
toient
dans
la
néceffité
de
vivre
du-
bien
d'autrui,
Ils
s’exerçoient
beaucoup
au
métier
de
la
guerre.
Sélon
Diodore
de
Sicie,
les
Cof-
féens
habitoient
dans
des
caver-
nes,
&
vivoienr
de
glands,
de
champignons
,
&
de
chair
faiée
de.
bêtes
féroces.
Alexandre,
dans
fon
expédition
contre
l’Afie,
ayant
appris
que
les
Cofféens
fongeoient
à
fe
fouftraire
à
fon
empire,
marcha
contr'eux
à
la
tête
de
fonarmée
en
bon
ordre.
Mais,
ces
peuples,
comptant
fur
leur
retraite
efcarpée,
auili-bien
que
fur
leur
propre
courage
;
non
(2)
Plin,
Tom.
I.
p.224.
Prolem,
L.{IV,
c.
12.
Roll.
Hift:
Anc.
T.
JT,
p.
Mic:
3.
Strab,
p:
ça2,
524,
744
Diod.|
701.
Mém,
de
PAcad.
des
Infcripr.
&
Sicul,
Pags
621
;
622
681.
Q.
Curr,
L.
1
Bell.
Lett.
Tom,
IV,
p,
608,
609,
CO
250
feulement
ne
vouloient
point
re-.
connoiïtre-alors
de
maitre
étran-
ger
;
mais
du
tems
même
des
Rois
de
Perfe
,
ils
fe
vantoient
de
n’a-
voir
jamais
éré
foumis
de
force.
Ainf,
dans
la
circonftance
pré-
fente,
ils
ne
s’efrayerent
point
des
menaces
du
roi
de
Macédoi-
ne.
Mais,
Alexandre
fe
faififfant
d'abord
de
tous
les
pafflages
qui
conduifoient
jufqu’à
leur
retraite
,
ravageanttout
le
plat
pais
d’où
ils
tiroient
leurs
provifons,
&
{or-
tant
vidorieux
de
toutes
les
atta-
ques
où
ils
entreprenoient
de
lui
faire
quelque
réfiftance
,
avoit
mis
par
terre
un
grand
nombre
d’en-
tre
eux,
&
en
avoit
pris
vivans
beaucoup
davantage.
Ainfi,
les
Cofféens
battus
par
tour
,
&
s'in-
téreffant
extrémement
à
leurs
cap-
tits,
furent
contraints,
pour
leur
fauver
la
vie,
de
fe
rendre
captits
eux-mêmes.
Se
livrant
donc
au
vainqueur,
ils
obtinrent
la
paix,
en
fe
foumettant
à
toutes
{es
volon-
tés.
Alexandre
n'employa
que
quarante
Jours
à
la
conquête
de
tout
le
païs;
&
ayant
fair
bâtir
des
viles
auffi
habitables
qu'il
y
en
eût.
aücune
autre
part,
dans
un
pais
qui,
avant
fon
arrivée,
ne
ref-
fembloit
qu'à
un
défert
affreux
par
Pinutilité
&
l'inégalité
même
de
fon
terrein
,
il
conduifit
ailleurs
fon
armée,
[l
eft
parlé
des
Cofféens
fous
l'article
de
Baftriane.
L'endroit
mérite
d'être
lu.
Nous
y
renvoyons
le
lecteur
(a)
Plin.
T,
L
p.
rai.
Ptolem.
EL.
M.
C,::63
(#}
Cicer,
Orar.
pro
A.
Cluent.
c,
42.
Co
Plurn-T,
TI.
pe
548.
(4)
Prolem,
L,
IV,
ç,
3.
Pomp.
es
es
Mel:
:
CO
COSSES,
Coffe,
K
7601.
Voyez
Coffe.
COSSÉTANIE
,
Coffetania
,
(a)
contrée
d'Efpagne
dont
les
hab
tans
font
nommés
Co/fetani
,
Co-
fitani
&
Coffetani.
Pline
dit:
La
Coffétanie
contrée.
[ly
metle
Su:
bi,
rivière
qui
pañle
à
Tarragone,
|
il
y
met
auf
cette
ville;
ce
qui
s'accorde
avec
Ptolémée,
&
avec
une
infcription
rapportée
par
Gru-
ter,
où
1l
eft
dit,
TA4R
RAC,
URBS
COSITANOR.
Ptolémée
rt
,
écrit
Kocuraæyor.
:
COSSINIUS
[
L.
],
Z.
Cof-
finius
;
(b)
de
la
ville
de
Tibur,
obtint
le
vitre
de
citoyen
Ro-
main.
ee
COSSINIUS
,
Coffinius,
(c)
Koco/noc
,
lieutenant
Romain,
fut
détaché
avec
de
grandes
forces
contre
Spartacus;
&
peu
s’en
fal-
lat
que
celui-ci
ne
l’enlevär,
com:
me
il
fe
baignoit
aux
bains
de
Sa:
lines,
Coflinius
eut
beaucoup
de
peine
à
fe
fauver.
Spartacus
fe
fai-
fit
d'abord
de
tous
fes
bapages,
&t
le
fuivant
à
la
trace
avec
grand
meurtre
;
il
prit
fon
camp.
Coll:
nius
fut
tué
dans
cette
déroute,
COSSURA
,
Coffura
,
Ke
coup
,
(d)
ifle
de
la
mer
Méüi-
terranée
,
fituée
entre
|
Afrique
&
Ja
Sicile,
Ptolémée
y
met
une
ville
de
même
nom;
&
il
aflure
que
ceteifle,
qu'il
attribue
à
l'A
frique
;
étoit
une
desifles
nom-
3
;
}
_mées
Pélagies,
Pomponins-
Mél
l'appelle
Cofura.
Étienne
de
By-
zance
&
Pline
difent
Cofyra:
Dans
p.
152.
Plin.
T.
I.
pag.
164,
251.
Strab,
{pag.
123,
277,
Mém.
de
PAcad.
dt
Infcripe,
&
Bell,
Lert,
Tom,
IX,
pegt
257;
258
PAT
CO
Strabon,
on
trouve
Cofura
&
Coffura
;
&
dans
Ptolémée
,
Cof-
{yra.
Strabon
met
l'ifle
de
Cofiura
à
moitié
chemin
du
promontoite
de
Lilybée
en
Sicile
à
Afpis,
ville
des
Carthaginoïis.
Tous
les
_
luterpretes
conviennent
que
c’eft
aujourd'hui
Pantalaréa.
Nous
trouvons
dans
les
Mé-
moires
de
l’Académie
des
Infcrip-
tions
&
Belles
Lettres
,
deux
médailles
de
l'ifle
de
Coffura.
On
aflure
que
la
comparaïfon
de
ces
deux
médailles,
dont
les
Types
font
extrémement
femblables
,
prouve
à
n’en
pouvoir
douter,
1,9
Que
les
cara@tères
Puniques
de
l'une
répondoient
aux
caraétè-
res
Latins
de
l'autre,
n’y
ayant
que
cette
feule
différence
entre
elles.
2.9
Que
la
première
de
ces
médailles
ou
monnoies,
avoit
été
frappée
par
les
habitans
de
l'ifle,
lorfqu'elle
étoit
foumife
aux
Car-
thaginois
;
&
la
feconde,
après
que
les
Romains
eurent
renverfé
Carthage.
3.9
Que
les
Grecs,
qui
ne
connurent
cette
ifle
que
long-
_téms
après
les
Phéniciens
,
&
qui
peut-être
ne
la
connurent
que
par
eux,
lui
continuerent
vraifembla-
blement,
&
par
une
efpèce
de
né-
céflité,
le
même
nom
qu'ils
lui
avoient
donné
;
qu'ainfi
ils
la
nom-
merent
Kocupæ
;
&
que
les
Ro-
Mains
qui
fuccéderent
aux
uns
&c
aux
autres
,
l’'appellerent
Coflura,
comme
les
Barbarefqnes
du
voik-
nage
l’appellent
encore
aujour-
d'hui
Kofra,
COSSUS,
Coffus,
montagne
C
O
23€
d'Afe
dans
la
Bichynie,
felon
Étienne
de
Byzance.
-
COSSUS
[
À.
CORNÉLIUS
},
A.
Cornelius
Coffus
,
(a)
tribun
militaire
3
Jan
de
Rome
318.
C'étoit
un
homme
d’une
beauté
fingulière
,
d'une
vigueur
extraor-
dinaire,
d'unetaille
avantageule,
&
d'une,
valeur
qui
étoit
encore
au-deflus
de
fa
bonne
mine
&
de
fes
forces.
Les
Romains
avoient
déclaré
la
guerre
à
Lars
Tolumnius,
roi
des
Veïens,
qui
avoit
fait
tuer
leurs
Ambaffadeurs;
&
pour
la
terminer
heureufement
,
on
éleva
à
la
Diétature
Mamercus
Æmi-
lius.
À
Cornélius
Coflus
fervoit
pendant
certe
guerre
dans
la
cava-
lerie
en
qualité
de
Tribun
militat=
re.
S'étant
apperçu
que
les
Ro-
mains
plioient
par
tout
où
Lars
Tolumnius
paroifloit
,
&
frappé
du
défir
de
tranfmettre
à
fes
def-
cendans
le
nom
qu'il
portoit,
encore
plus
glorieux
qu'il
ne
Fa-
voit
recu
de
fes
ancêtres
,
il
n'eut
pas
plutôt
reconnu
ce
Prince
à
la
randeur
de
fon
courage,
autant
qu'à
l'éclat
de
fes
habits,
que
pouffant
fon
cheval
de
fon
côté
:
N'eft-ce
pas
la,
di-il,
ce
viola-
teur
des
traités
&
du
droit
des
gens
P
Si
les
Dieux
font
jufles,
je
vais
dans
un
moment
ümimoler
cette
vitlime-aux
manes
de
nos
Ambaf-
adeurs.
En
parlant
ainf,
il
fondit
fur
lui
la
lance
à
la
main;
&
du
_
premier
coup,
l'ayant
renverfé
de
deffus
fon
cheval,
il
fauta
lui-
même
en
bas,
&
ayant
une
fe-
(a)
Plut,
T.
I.
p.
30s,
Tir,
Liv,
L,
IV,
c,
19,
20
;
302
31,
Roll,
Hüt,
Rom:
LL
p.
492,
Juin,
\
262
CO
Conde
fois
abattu
avec
fon
botclier
ce
Prince,
qui
tâchoit
de
fe
rele-
ver,
ill'acheva
de
plufieurs
coups,
Aufi-tôt
il
le
dépouilla,
&
mon-
ffant
aux
deux
armées
la
tête
du
Vaincu,
qu'il
avoit
mile
au
bout
de
fa
lance,
il
acheva
par
un
fpec-
tacle
f
effrayant
,
la
défaite
de
fa
Cavalerie,
qui
feule
avoit
retardé
la
vi@oire
des
Romains.
Ayant
enfuite
pañté
le
Tibre
avec
fa
pro-
pre
cavalerie,
il
pilla
tout
le
ter-
ritoire
des
Veiens,
&
retourna
à
Rome
chargé
d'un
riche
butin.
Mamercus
Æmilius
y
rentra
triomphant,
en
conféquence
d’ün
atrêt
du
Sénat,
&
d’un
décret
du
peuple,
Mais,
le
fpe@acle
le
plus
Charmant
pour
les
citoyens
,
fut
À.
Cornéhus
Coflus,
portant
les
dépouilles
opimes
du
Roi
qu'il
avoit
tué
de
fa
main.
C’étoit
un:
plaifir
d'entendre
lés
chanfons
que
les
foldats
faifoient
fur
le
champ
à
fon
honneur
,
l’égalant
à
Romulus
fondateur
de
Rome.
1
ft
Jupi-
ter
Férétrien
une
ofrande
folem-
nelle
des
dépouilles
de
Lars
To-
lümaius,
qu'il
plaça
dans
le
tem-
ple
de
ce
Dieu,
auprès
de
celles
que
Romulus
avoit
remportées
le
Prenuer
|,
@&
qui
feules
étoient
.
alors
appelées
Gpimes.
Tout
le
peuple,
fans
faire
prefque
atten-
*tion
au
char
du
DiGateur
»
avoit
les
yeux
attachés
fur
A.
Cornélius
Coffas,
quieut
prefque
tout
l'hon-
neur
de
cette
journée.
L'opinion
commune
,
du
tems
même
de
Tite
-
Live,
étoit
que
POur
remporter
les
dépouilles
opi-
Ines,
il
falloit
que
ce
fût
un
Gé-
(a)
Titi
Liv,
L,
IV,
©
49,
56.
&
fes.
CO
héral
qui
en
eût
tué
un
autre.
Var:
ron
penfoit
autrement,
[l
eft
conf
tant
qu'A.
Cornélius
Coflus
n'étoit.
alors
que
fimple
officier,
L'Empe-
reur
Augufte
atteftoir
néanmoins,
-
pour
l'avoir
vu
lui-même,
que
le
titre
infcrit
fur
les
dépouilles
d'A.
Cornélius
Coffus,
lui
donnait
la
qualité
de
conful.
Ille
fut
quelques
années
après,
mais
dans
un
tems
où
certainement
il
n’y
eut
point
de
pareil
combat.
Ne
fe
peut-il
pas
faire
que
ce
titre
aura
été
appolé
bien
du
tems
après,
par
quelqu'un
des
défcendans
d'A.
Cornélius
Coflus,
qui
l'aura
appellé
conful,
non
qu'il
le
fût
quand
il
remporta
cette
vitoire
,
maïs
parce
quil
l’avoit
été
depuis
?
Tite-Live,
qui
n'ofoit
pas,
fans
doute
,
réfuter
le
témoignage
d'Augufte,
dont
il
n'étoit
pas
fort
touché,
ne
s’expli-
que
pas
ici
clairement.
COSSUS
[
P.
Cornéuius|,
P.
Cornelius
Coffus,
(a)
fut
du
Tribun
militaire
l'an
de
Rome
340
;
il
le
fut
encore
l’an
347.
Al
eut
cette
année
pour
coilépue
G
Julius
Tolus
&C,
Servilins
Ahala
Le
Sénat,informé
que
les
Volf-
ques
&c
les
Eques
avoient
pris
les
armes
,
ordonna
la
création
d'u
Diétateur.
Mais,
€,
Julius
Julius.
&
P.
Cornélius
Coffus
,.qui
croyoient
que
c'étoic
leur
faire.
injure
,
s'y
oppoferent
fortement;
l'affaire
fur
débattue
avec
beau-
Goup
de
chaleur
centre
ces
deux
Mapgiftrats
&
les
Sénateurs.
Cars
les
premiers
de
cette
compagnie,
s'étant
plaints
inutilement
de
ce
que
les
Tribuns
militaires
mépris
CO
lient
autorité
du
Sénat
,
implo=
|
Krént
à
la
fin
celle
des
Tribuns
du
peuple
,
pour
les
forcer
d'obéir
;
dans
des
conjondures
où
on
avoit
fait
violence
aux
confals
mêmes.
Les
Tribuns
du
peuple,charmés
de
cette
méfintelligence
,
répondirent
qu'on
ne
devoit
attendre
aucun
cours
de
ceux
qu'on
ne
mettoit
4
nombre
ni
des
citoyens
,
ni
des
Mmes
;
que
quand
on
leur
au-
toit
fait
art
des
honneurs,
&
qu'on
les
auroit
admis
au
gouver-
lement
de
la
république
,
ils
pren-
droient
les
mefures
néceffaires
Pour
forcer
les
Magiftrats
d’obéir
Aux
arrêts
du
Sénat
;qu'en
atten-
dant,
les
Patriciens,
quine
refpec-
…
Hiéntniles
loix
,niles
Magiftrats,
_
Pouvoient
aufli
exércer
par
eux-
mêmes
Ja
charge
&
la
puiflance
du
ilbunat,
<=
Ce
démélé
farvenu
f
mal
à
pro-
PS,
dans
un
terns
où
la
républi-
QE
avoit
nn
f
grand
nombre
Ennemis
fur
les
bras
»
Attiroit
te
l'attention
des
citoyens.
En-
ï,
après
que
C,
Julius
lulus
&
Cornélius
Coffus
;
pouflés
dela
“me
ambition
,
&
perfuadés
Œis
avoient
tout
le
mérite
nécef-
éltent
alternativement
faic
de
AEtOIt
pas
jufte
qu'on
leur
Ôtât
Mafon
que
le:
peuple
Romain
avoir
offerte
d'acquérir
de
la
Boire
»
C.
Servius
Ahaia
leur
olleoue
prit
la
parole
à
fon
tour,
‘itun
difcours
>
qui
lui
Mmérita
ls
plus
Brands
éloses.
Sur
le
amp,
il
nomma
Diéateur
P,
(6)
Tit,
Liv,
L,
IV:
C:
49
>;
6Te
1€
pour
foutenir
cefte
guerre.
gs
difcours
,
pour
montrer
qu'il
:
Er
j
CO
253
Cornélius
Coflus
,
qui
le
choifit
lui-même
pour
maître
de
fa
Cava-
lerie
;
&
il
n’y
eut
perfonne
quine
Convint
,
en
le
comparant
avec
fes
collégues
,
que
pour
acquérir
da
,
crédit
&
de
la
gloire,
il
ef
quel-
quefois
plus
à
propos
de
ne
1e=
chercher
ni
l’une
ni
l’autre,
La
guerre
fut
moins
danserenfe
qu'on
ne
l'avoit
cru.
Les
ennemis
furent
vaincus
auprès
d’Antium,
dans
un
feul
combar,
&
même
fans
beau
coup
d'effort.
L'armée
vidorieute
ravagea
tout
le
païs
des
Volfques,
força
auprès
du
lac
Facin
»
Un
fort
où
elle
fit
trois
mille
Prifonniers,
tous
les
antres
Volfques
fe
tenant
renfermés
dans
leurs
murailles
fans
ofer
en
fortir
pour
défendre
la
campagne.
Le
Diétaieur
ayantfaie
voir
dans
cette
guerre,
que
pour
fe
fignaler
;
il
ne
lui
avoit
manqué
que
l'occafon;
rentra
dans
Rome.
plus
remarquable
par
le
bonheur
qui
lavoir
accompagné
,
que
par
là
gloire
qu'il
avoit
acquife,
&
aufh-tôt
il
fe
démit
de
ja
Dita.
ture.
en
Deux
ans
après,
il
fut
nommé
Tribun
militaire
pour
la
troifième
fois
;
&
on
Jui
donna
Pour
collé
gues
Cn,
Cornélius
Coffus
,
Nuz
mérius
Fabius
Ambuñlus
&
L.
Va-
lérius
Potitus.
:
COSSUS
FC.
CorNérrvs],
Cr.
Cornelius
Coffus,
(a)
fut
nom
mé
deux
fois
Tribun
militaire
;
La
première
fois,
l'an
de
Rome
341;
&
la
feconde
fois,
l'an
de
Rome
350.
Il
eur
chaque
fois
Plufieurs
collépues.
COSSUS
f
M.
Cornéuus],
254
EC
Ô
M,
Cornelius
Coffus
,
(a)
fut
créé
conful
avec
L.
Furius
Médullinus,
Van
de
Rome
342.
Dès
qu'ils
fu-
rent
enñcrés
en
charge,
ils
firent
rendre
un
arrêt
du
Sénat,
qui
portoit
qu'incefflamment
les
tri-
buns
demanderoient
au
peuple
qu'on
informât
contre
les
Auteurs
d'un
meurtre
commis
depuis
peu,
&
que
le
peuple
nommeroit
les
commiflaires
qu'il
jugeroit
à
pro-
pos.
D'on
confentement
unanime,
Je
peuple
en
chargea
les
confuls
eux-mêmes.
Ces
Magiftrats
ufant
d'une
douceur
extrême,
afloupi-
rent
entièrement
cette
affaire,
par
le
fupplice
d'un
petit
nombre
de
gens
,
qui
même
fe
donnerent
vo-
Jontairement
la
mort,
fuivant
la
liberté
qu’on
leuren
laïfla.
COSSUS
[
En.
Cornézius],
Cn.
Cornelius
Coffus,
(b)
confl
Pan
de
Rome
346,avec
L.
Furius
Médallinus.
Il
fut
fait
Fribun
mi-
litaire
trois
ans
après;
charge
qu'il
eut
encore
l'an
de
Rome
354.
Il
fat
envoyé
cette
année
contre
les
Capénates.
Mais
,
ne
trouvant
point
les
ennemis
en
campagne,
il
mit
tout
le
pais
à
feu
&
à
Fa
&
en
enleva
beaucoup
de
butin;
il
ne
prit
cependant
aucune
de
leurs
villes,
ayant
ofé
ni
leur
donner
l’affaut,
ni
les
afhéger
dans
les
formes.
.
COSSUS
F
P.
CoRNÉLIUS
|,
P.
Cornelius
Coffus,
(c)
fut
créé
Tribun
militaire
l'an
de
Rome
360.
Ayant
été
chargé
de
la
puer-
re
contre
les
Falifques,il
ne
voulut
ni
forcer
ni
afliéger
leurs
villes
;
»
ça
Tit.
Liv.
L'IV,c.
Sr.
(b)
Tit,
Liv.
IV,
Ce
$4
9
58:
L,
V.
CY
10
5
12»
mais
;
il
fe
contenta
de
défolet
leurs
campagnes,
&
d'en
enlever
tout
le
butin
qu’il
put
,
fans
épar-
gner
ni
les
arbres
fruitiers,
ni
les
moiflons
encore
en
herbe.
COSSUS
F
A.
Cornéuits],
A.
Cornelius
Coffus,
(d)fatnon
mé
Dictateur
l'an
de
Rome
370
Certe
année
fut
remarquable
pat
une
guerre
impottante
au
dehors,
&
par
une
fédition
encore
plus
confidérable
au
dedans.
uoiqu'A.
Cornélius
Coflus
prévit
bien
qu'il
trouveroit
plus
de
difiiculté
à
foumettre
fes
ci:
toyens,
qu'à
réduire
fes
ennémis;
cependant,
foit
que
la
guerre
ne
fouffric
point
de
retardement,
foit
qu'il
voulût
donner
plus
de
poids
&
d'autorité
à
fa
charge,
pal
viétoire
qu'il
remporteroit
;
&
le
triomphe
dont
elle
feroit
fuivie
À
n'eut
pas
plutôt
mis
une
afmiéé
fur
pied
,
qu'il
la
conduifit
dans
le
territoire
de
Pomptine
,
où
iavoit
appris
que
les
Voliques
avoient
2
Y
?
ordonné
à
leurs
troupes
de
sal
fembler.
Malgré
les
victoires
dé
Camille
,
qui
avoient
fi
fort
abattl
les
forces
de
ces
peuples,
1
avoient
alors
une
armée
trés-n0M
breufe
,
fans
parler
des
Latins
des
Herniques
qui
s’étoienit
Joint
à
eux,
avec
quelques
Circeiens,
une
grande
partie
de
la
colonie
Vélitres.
Cependant
,
À,
Cofff
lius
Coflus
étant
relté
ce
jour-h
dans
fon
camp
,
en
fortit
dès
À
lendemain
;
&
après
avoir
conli*
cé
les
aufpices,
&
offert
un
facris
fice
aux
Dieux,
pour
fe
les
rendié
(ec)
Tit.
Liv,
L.
V.c,
24:
(4)
Tir,
Liv.
L.
VI.
€
nr
&
Je
Roll,
Hift,
Rom,
,
JL,
p.
92.0
Ji
"»
dre
ë
ï
ART,
À
»
épées
à
fivotables,
il
aborda
les
foldats
;
quiau
fignal
qu’il
leuravoit
donné,
Prénoient
déjà
leurs
armes
pour
combattre;
&
avec
un
air
de
con-
fance
:
»
La
vidloire
eft
à
nous
,
»
Compagnons
,
leur
dit-il,
fi
on
7
peut
compter
fur
la
réponfe
des
»
Dieux
annoncée
par
leurs
Pré-
tres
&
par
leurs
oracles,
Ainfi,
avéc
l'affurance
que
doivent
%
nous
infpirer
leur
protection
&
»
la
foibleffe
de
nos
ennemis,
jet-
?
(ons
nos
javelots
à
nos
pieds,
»&
n'armons
nos
bras
ue
de
»
nos
épées.
Je
ne
veux
pas
mé-
‘
me
que
vous
fafliez
un
pas
hors
"dla
bataille,
mais
que
vous
'attendiez
de
pied
ferme
le
choc
:
de
l'ennemi.
Lorfqu'il
aura
lan-
h
cé
fes
javelors
fans
beaucoup
0
d'effet,
&
que
vous
voyant
im-
*
mobiles
dans
vos
rangs
,
il
»
vendra
vous
Charger
en
défor-
alors
faites
briller
vos
fes
yeux,
&
que
cha-
Gun
de
vous
fe
fonvienne
que
»
les
Dieux
font
dans
votre
parti,
&
qu'ils
vous-ont
promis
Ja
"
Miloire.
Et
vous,
T.
Quintius,
tenez
Ja
cavalerie
prête
à
fecon-
n
der
les
Premiers
avantages
des
0)
lépions,
Quand
vous
verrez
les
*
deux
partis
OCCupés
à
combat-
ue
de
près
,
alors
Jâchez
vos
*
Gvaliers
contre
les
Volfques
*
déjà
ébranlés
par
la
valeur
de
notre
infanterie
,
&
en
tombant
?
ur
eux
avec
effort
,
achevez
de
»
les
Tompre
,
&
de
les
mettre
Héron.
«
La
cavalerie
ere”
MA
Ponduellement
fes
ordres
,
a
bien
que
l'infanterie,
&
le
énéral
ne
trompa
point
l’ef-
Pétance
de
fes
foldats
,
ni
la
.
CO
255$
fortune
celle
du
Général.
Les
ennemis
fiers
de
leur
nom
bre,
&
ne
jugeant
des
deux
ar
mées
que
par
les
yeux,
commen-
cerent
&
finirent
le
combat
avec
une
égale
témérité.
Ils
fe
préfen-
terent
avec
aflez
de
rélolucion
;
Mais,
après
avoir
pouilé
les
pre-
miers
cris
&
lancé
leurs
Jave=
lots
,
ils
perdirent
Courage,
dès
qu'ils
fe
virent
ferrés
de
près
par
les
Romains,
&
ne
purent
fup-
porter
ni
l'éclat
de
leurs
épées,
ni
l'ardeur
qui
brilloit
dans
leurs
yeux
&
fur
leurs
vifages
,
&
qui
témoi-
gnoit
célle
dont
ils
étoient
animés
au-dedans,
Leur
avant.garde
avoit
déjà
plié,
&
avoit
fait
pafler
la
frayeur
jufqu’au
corps
de
réferve,
lorfque
l'orage
de
la
cavalerie
Ro
maine
fondit
fur
eux,
Alors
leurs
rangs
fe
rompirent
en
plufieurs
én-
droits.
Le
défordre
fe
mit
par
tout;
&
leur
corps
de
bataille
étoit
femblable
à
une
mer
agitée.
Mais
,
bientôt
après,
lorfque
l’a-
Vant-parde
eut
été
taillée
en
piè-
CES;
ceux
qui
fuivoient
voyance
que
le
carnage
alloit
pañfer
jufqu'à
EUX
,
prirent
ouvertement
Ja
fuite,
Tant
qu'ils
fe
retirerent
avec
leurs
armes
&
fans
fe
débander
entiè=
tement,
l’infantérie
Romaine
ne
cela
de
les
pourfuivre,
Mais
:
quand
on
s’apperçut
qu'ils
jetroienr
leurs
armes
par
terre,
&
qu'ils
fe
difperfoient
dans
Ja
Cainpagne,
alors
les
cavaliers
fe
mirent
à
Jenrs
troufles,
Cependant
,
on
les
aver-
tit
de
ne
pas
s’amufer
à
les
tuer
;
à-mefure
qu'ils
tomberoient
fous
leurs
mains,
ce
qui
donneroit
je
tems
à
la
multitude
d'échapper
;
qu'ils
fe
contentaflent
de
Caracol=
262
CO
Combattit
ces
Barbares
&
les
tailla
en
pièces;
mais
qu'il
eut
le
mal-
“heur
de
périr
dans
l’aétion.
CÔTÉ,
Latus,
Uaewp”.
(a)
Saint
Jean
dit
que
le
Côté
de
J.C.
en
croix,
fut
ouvert
par
un
foldat,
qui
le
perça
avec
fa
lance,
&
qu’il
en
fortit
du
fans
&
de
l’eau.
On
nomme
communément
ce
fol-
dat
Longin,
&
on
en
fait
un
Saint.
Saint
Jean
ne
marque
pas
lequel
des
deux
côtés
fut
percé;
la
ver-
fion
Arabe
&
Éthiopienne,
&
,J'Évangile
de
l'enfance
de
Jefus-
Cbrift,
traduit
de
lArabe,
&
quelques
Anciens,
lifent
le
Côté
droit
;
mais,
d'autres
croyent
qu'on
lui
perça
le
Côté
gauche.
Le
poëte
Prudens
dit
qu'il
fut
percé
de
part
en
part,
per
utrurm.
que
Latus..
COTHON
,
Corhon,
Killer,
Île
fituée
au
milieu
d'un
des
ports
de
Carthage.
Voyez
Carthage.
COTHON
,
Corhon
,
Ko.
ifle
fituée
au
midi
du
Péloponnèfe,
*
dans
le
golfe
de
Lacédémone.
Étienne
de
Byzance
la
met
auprès
de
l'ile
de
Cythère.
On
ne
fçait
point
quel
eft
le
nom
moderne
de
cette
1fle
;
M.
de
la
Martinière
dit
qu’elle
n'en
a
peut-être
point.
COTHON,
Corhon,
Kater
{b)
forte
de
gobelet
laconique,
dont
Ja
forme
étoit
fur-tout
fort
van-
tée,
Il
éroit
d’un
ufage
merveil-
leux
,
particulièrement
à
l’armée,
parce
que
la
couleur
de
la
terre
,
cachoit
la
vilaine
couleur
des
eaux
qu’on
étoit
quelquefois
obligé
de
boire,
&
que
les
bords
éroient
=
{2)
Joann.
c:
19
v.
34.
=
()ePlut,
T,1.:p.
45.
(:)
Antiq.
expl,
par
CE
O
faits
de
manière
qu'ils
retenoient
en
dedans
toute
la
bourbe
&
ke
limon,
&
empêchoïent
qu'il
ne
vint
à
la
bonche
que
ce
qu'il
y
avoit
de
plus-pur
;
ce
dont
lafa-
gefle
du
Lépiflateur
fut
la
feule
caufe;
car,
les
ouvriers
n'étant
plus
occupés
aux
ouvrages
inuti:
les
&t
fuperflus
,
employerent
toute
leur
induftrie
&
tout
leur
art
à
perfe@tionner
les
néceflaires.
COTHONÉE,,
Cothonea,
(0)
époufa,
felon
Hygin,
Éleufus,
duquel
elle
eut
Triptoleme.
COTHURNE
,
Cothurnus,
(d)
efpèce
de
chauffure,
qui
fer-
voit
à
l’un
&
à
l’autre
fexe,
Le
Cothurne
étoit
compofé
de
ma-
nière
qu'il
pouvoir
fervirindife-
remment
à
chaque
pied;
parallu-
fion
à
cette
circonftance,
dansles
différends
qui
arrivoient,
onap-
pelloit
Cothurnes
ceux
qui
na
geoient
entre
deux
eaux,
&
far
foient
femblant
de
favorifer
les
deux
partis.
Cette
chanflure
de:
vint
fort
célebre,
lorfque
Sopho:
cle
en
introduifit
Pufage
dans
l6s
trapédies;
ce
qu'ilfit,
parceque
le
Cothurne
ayant
la
femelle
foit
haure
,
il
donnoïitune
taille
avan
tageufe
aux
aéteurs
qui
repréfen-
toient
les
héros.
Il
éroit
felon
quil
ques-uns
de
couleur
rouge
;
Of
n'en
peut
douter
de
celui
que
po”
toient
les
filles
Tyriennes,
felon
Virgile.
ee
Perfonne
n'a
mieux
décrit
À
Cothurne
que
Sidonius
Apollinär
re,
qui
dit
que
le
Cochurne
avoi
une
ligature
attachée
à
la
femelk
Montf.
Tom,
I.
p.
92.
(d)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern:
de
|
D.
Bern,
de
Montf,
Tom,
HI,
p,
54
,
62
dr
Jui
CO
_
quipañloit
entre
les
premiers
or-
teils
du
pied,
&
fe
divifoit
en-
faite
en
deux
bandes
qui
ferroient
l'efcarpin.
Ces
ligatures
qui
fe
croi.
foient
&
fe
joignoient
fur
les
jam-
bes,
approchoïient
aflez
de
la.
Campage
;
8
comme
Sophocle
donna
fans
doute
à
fes
adteurs
une
chauflure
qui
convenoit
aux
…
héros
qu'ils
repréfentoient
,
on
ne
peut
douter
que
ce
ne
fût
ancien-
tément
une
chauffure
des
rois,
des
princes
&
des
mapgiftrats
de
Ja
rece,
Quoique
le
Cothurne
ap-
prochât
de
la
Cempage
,
chauflu-
“re
dés
chefs
des
Romains,
comme
Cétoient
certainement
deux
chauf.
füres
diftin&tes,
il
falloit
qu’elles
diféraffent
en
quelque
chofe.
COTINUS,
Corinus
,
l’un
des
chevaux
du
Cirque.
Voyez
Che-
Vaux
du
Cirque.
COTISON,
Corifo
,
(a)
roi
des
aces,
ayant
envahi
la
Pannonie
avec
fon
armée,
fut
défait
par
Cornélius
Lentulus
»
lieutenant
d'Aupufle.
Abraham
Mylius
dit
que
le
nom
de
Cotifo
vient
de
Gotes
fon,
Cefl-ä-dire,
dans
la
langue
Teu-
tonique
,
fils
de
Dieu,
parce
que
@
roi
Dace
,
fes
enfans
&
les
Principaux
de
fon
royaume,
vou-
loient
que
l’on
crût
qu'ils
étoient
de
la
race
des
dieux.
COTONES,
Cotones,
(6)
tom
que
Feftus
donne
aux
fofles
que
l'on
creufoit
,
pout
en
faire
des
ports,
Voyez
Ports.
COTTA
,
Corta
|
Kérrac
,
(3)
Horat,
L,
ILE,
Ode
7.
v.18.
60
_
263
gouverneur
de
Paphlagonie.
Voyez
Cotys.
COTTA
,
Corta
,
Korrac
nom
d'une
illuftre
famille
Romai-
ne,
qui
a
produit
plufieurs
grands
Hommes.
Nous
en
avons
fait
con-
noître
le
plus
grand
nombre
fous
le
mot
d'Aurélius.
Voyez
Auré-
lius.
:
COTTA
[
M.
Aurézius
],
M.
Aurelius
Cottz,
M;
A’upéruoc
K'rraç,
(c)
fut
élevé
au
confu-
lat,
avec
L.
Licinius
Lucullus,
l'an
de
Rome
678,
&
avant
J.
C.
74.
Alors,
beaucoup
de
gens
pro-
poferent
de
renouveller
la
guerre
contre
Mithridate;
&
M.
Aurélius
Cotta
lui-même
dit
qu’elle
n’étoit
pas
morte,
mais
qu'elle
dormoit,
C'eft
pourquoi,
quand
on
tira
au
fortles
Provinces,
Lucullus
fut
très-
affigé
que
la
Gaule
en
de-ça
des
Alpes
lui
fût
échne,
parce
qu'elle
ne
donnoit
pas
lieu
à
de
grands
exploits.
Mais,
il
vint
enfin
à
bout
d’obtenir
du
peuple
la
con-
duite
de
la
guerre
contre
Mithri-
date.
Néanmoins,
M.
Aurélius
Cotta
fit
tanc
par
fes
inftances
&
par
fes
prières
auprès
du
Sénat,
qu’il
fut
aufli
envoyé
,
avec
une
armée
de
mer,
pour
garder
la
Propontide
&
défendre
la
Bithy-
nie.
5
Pendant
que
Lucullus
étoit
oc-
Cupé
à
remédier
aux
maux
qu’a-
voient
caufés
les
ennemis
;
M.
Aurélius
Cotta
crut
que
c'étoit
pour
lui
un
tems
favorable
,-&
qu'il
devoit
profiter
de
Pabfence
de
fon
collepue,
pour
faire
quel-
ç)
Plut.
T.I.p.
494
&
fegs
Crév
(b)
Anriq.
expl.
par
D,
Bern,
de!
Hift,
Rom,
T.
VI,
184.
&
faiv.
ontf,
Tom,
LV,
P28:
24ÿe
R
iy
264,
CO
que
ation
d'éclat.
Il
fe
prépare
donc
à
combattre
contre
Mirhri-
date.
Plus
on
lui
annonçoit
que
Lucullus
approchoit,
qu'il
étoit
déjà
dans
la
Phrygie,
plus
il
fe
hâtoit
de
donner
la
bataille,
croyant
déjà
tenir
entre
fes
mains
le
triomphe,
&
voulant
empêcher
fon
collegue
d'y
avoir
part.
Mais,
left
battu.
par
terre
&
par
mer.
Dans
le
combat
naval
,
il
perd
foixante
de
fes
vaifleaux
avectout
l'équipage
;
&
dans
le
combat
de
terre
on
lui
tue
quatre
mille
hom-
mes
de
fes
meilleures
troupes,
&
on
oblige
de
fe
renfermer
dans
la
-
ville
de
Chalcédoine,
d’où
il
ne
-put
fe
tirer
qu'avec
le
fecours
de
Lucullus.
Mais,
la
plus
grande
partie
de
l’armée
prefloit
Lucullus
de
laïfler
là
M,
Aurélius
Cotta
,
&
d'entrer
dans
les
états
de
Mi-
thridate,
l'aflurant
qu'il
trouve-
roit
fa
capitale
fans
défenfe,
C'é-
toit
même
le
langage
de
prefque
tous
les
foldats,
qui
étoienc
très-
irrités
de
ce
que
M.
Aurélius
Cot-
ta,
non
content
de
s'être
perdu
lui-même
par
fa
folle
témérité,
&
d'avoir
fait
tuer
fes
meilleures
troupes
;
empêchoit
encore
leur
armée
de
remporter
une
viétoire
éclatante,
qui
s’offroit
à
eux
fans
aucun
danger,
&
l’occupoit
à
aller
le
fecourir
&
réparer
fa
faute.
Mais,
Lucullus,
dans
la
harangue
qu'il
fit
à
fes
foldats
fur
ce
fujet,
leur
dit
qu'il
aimoit
mieux
fauver
un
Romain;
que
de
prendre
tout
ce
qui
étoit
aux
ennemis.
L'année
fuivante,
M.
Aurélius
-Cotta,
voulant
réparer
J'affront
qu'il
avoit
reçu
auprès
de
Chalcé-
doine,
vint
mettre
le
fiège
devant
€
O
Nicomédie,
où
s’étoit
renfermé
Müthridate.
Mais,
ce
Prince,
ayant
appris
que
Lucullus
venoit
auf
à
lui.en
diligence,
fortit
de
la
ville
&
fe
mit
en
mer
pour
repapner
fon
royaume.
Lucullus,ayant
conquis
toute
la
Bithynie
,
eut
une
conférence
avec
-
M.
Aurélius
Gotta,
&
lui
laïfla
le
foin
de
faire
le
“fiège
d'Héraclée.
Ce
fiège
dura
deux
ans.
Encore,
M,
Aurélius
Cotra
n'eur-il
pasla
principale
part
au
fuccès.
Il
avoit
mandé
Triarius
avec
fa
flot,
pour
afliéger
la
place
par
mer,
.
,
A1
pendant
qu'il
l’attaqueroit
du‘côté
de
la
terre.
Triarius
vainquit
dans
un
combat
naval
les
Héracléotes,
qui
étoient
fortis
en
mer
au-de-
Yant
de
lui.
Cet
avantagene
fit
pas
décifif
;
le
fiège
dura
encore
long-tems,
Enfin,
la
famine,
&
la
maladie
qui
vint
à
fa
fuite,
dé-
folant
cette
malheureufe
ville,
pour
comble
de
maux,
la
défian
ce
fe
mit
entre
le
commandant
de
la
garnifon
;
que
Mithrydate
avoit
laifiée
,
&
les
habitans,
Connacorix
[
c'étoit
le
nom
de
ce
commandant
|,
ne
cherchaît
qu'à
fe
tirer
de
péril,
aux
dépes
de
la
ville,
entra
en
négociation
avec
les
Romains.
Mais,
ce
fit
à
Triarius
qu'il
s’adrela,
parc
qu'il
fe
défioit
de
la
perfdie
de
M.
Aurélins
Cotta,
Triarius
fur
donc
introduit
par
trahifon
dans
la
ville,
:
qu'il
livra
au
pillage;
&
M.
At
rélins
Gotta
n'en
apprit
la
nou
velle
que
par
ceux
des
Héracko-
tes,
qui
senfuirent
dans
fi
camp.
Îl
en
fut
très
irrité
;
&
pell
s'en
fallut
que
les
deux
générai
Romains
n’en
vinflent
à
un
co:
CO
bat
Enfin
,
Triarius
appaifa
le
proconfu]
&
fes
foldats,
qui
n’é-
foient
pas
moins
irrités
que
leur
chef,
en
leur
promettant
de
par-
taper
avec
eux
le
butin.
M.
Au-
réllus
Cotta
acheva
de
ravaper
Héraclée.
Il
emmena
grand
nom-
bre
des
habitans
en
captivité:
&
recherchant
tout
ce
qui
avoit
pu
échapper
à
Triarius,
il
ne
laiffa
rien
qui
fût
de
quelque
prix,
n’é-
Pargnant
pas
même
les
ofrandes
Confacrées
dans
les
temples,
&
les
flatues
des
dieux.
Il-n’oublia
Pas
fur
tout
un
Hercule
que
les
Héracléoies
regardoient
comme
leur
divinité
tutélaire,
mais
qui
étoit
frop
riche
pour
ne
pas
exci-
ter
la
cupidité
de
M.
Aurélius
Cotta;
car,
ils
lui
avoient
donné
une
maflue
d’or,
avec
une
peau
de
lion
,
&
un
carquois
de
même
métal,
rempli
de
flèches.
Après
avoir
enlevé
toutes
les
richefles
d'Héraclée,
M.
Aurélius
Cotta
fr
mettre
le
feu
à
{a
ville,
dont
la
plus
grande
partie
périt
ainf
par
les
flammes.
Il
s'en
retourna
en-
fuite
par
mer
en
Italie,
laiffant
à
Locullus
ce
qu'il
avoit
eu
de
trou.
pes
fous
fon
commandement.
Il
fut
fort
mal
reçu
à
Rome.
Les
Héracléotes
y
avoient
en-
Voyé
des
ambafladeurs
pour
fe
plaindre
de
fes
violences
;
&.
les
trélors,
avec
lefquels
on
le
voyoir
arriver,
quoiqu'il
eût
perdu
une
Partie
de
fon
butin
parles
naufra-
ce
»
dépofoient
contre
lui.
Le
énat
rendit
la
liberté
aux
prifon-
mers
Héracléotes.
Le
peuple,
de-
(a)
Plut.
T,
I.
p,
572.
:
(5)
Cæf,
de
Bell,
Gall,
L,
I,
p,
7x,
CO
265$
vant
qui
laffaire
fut
auff
portée,
rétablit
la
ville
dans
la
pofieffion
de
fon
territoire
&
de
{on
port,
&t
défendit
qu'aucun
habitant
für
retenu.
en
efclavage,
Avec
ces
adouciflemens,
Héraclée
eut
bien
de
la
peine
à
fe
relever
d'un
dé-
faftre
fi
affreux,
Pour
ce
qui
eft
de
M.
Aurélius
Cotta,
il
fur
per-
du
de
réputation
;
&
même,
f
nous
en
croyons
Memnon
,
hiftorien
d'Héraclée
,
on
le
priva
de
la
di-
gnité
de
Sénateur.
[I
méritoit
,
&
par
fon
impéritie,
qui
avoit
caufé
de
grandes
pertes
aux
Romains,
&
par
fa
cruauté
&
fon
avarice,
un
traitement
plus
fIZOUreUX.
Mais,
ce
qui
ef
bien
injuite,
c'elt
que
les
envieux
&
les
ennemis
de
Lucullus
faifoient
retomber
fur
ce
général,
fi
digne
de
toutes
fortes
de
louanges,
une
partie
du
décri,
que
s’étoit
attiré
fon
collepue.
(a)
Je
ne
fçais
fi
ce
M.
Aurélias
Gotta
ne
feroit
pas
le
même
dont.
parle
Plutarque
dans
la
vie
de
Ser-
torius.
[ls
étoient
dun
moins
con
temporains.
Plutarque
nous
ap-
prend
que
ce
M.
Aurélias
Cotta
fut
défait
par
Sertorius
far
mer,
dans
le
détroit
fitué
vis-à-vis
de
la
ville
de
Mellaria.
C'eft
ce
dé-
troit
que
nous
nommons
aujour-
d'hui
le
détroit
de
Gibraltar.
:
COTTA
|
L.
Auruncu-
LEIUS
|,
Z.
Auraunculerus
Cottr,
(5)
lieutenant
de
Céfar
dans
Îles
Gaules.
L'an
de
Rome
698,
&
avant
J.
C.
54.
Il
eut
ordre
de
fe
retirer
avec
Titurius
Sabinus
fur
les
terres
d'Ambiorix,
roi
des
L.
V,p.
180.
dr
fe.
Crév,
Hift,
Rom
T,
VI
p.169,
&
fuiv,
266
CO
Éburons.
Ce
Prince
ayant
de-
mandé
un
jour
qu'on
luienvoyât
quelqu'un
avec
qui
il
pût
confé-
rer,
tint
un
langage
fort
adroit.
Il
dit
,
entr’autres
chofes
,
qu'un
corps
de
Germains
avoit
pañlé
le
Rhin
,
&
arriveroit
dans
deux
jours
;
que
c'étoit
à
Titurius
Sabi-
aus
&
à
L.
Aurunculeius
Cotta
à
voir
s’il
leur
convenoit
de
fe
reti-
rer
&
d'aller
fe
joindre
ou
à
La-
biénus
on
à
Cicéron
;
que
pour
lui
il
promettoit
avec
ferment
de
leur
affurer
la
liberté
des
paflages;
qu'il
s'y
porteroit
d'autant
plus
Volontiers,
que
c'étoit
une
occa-
fion
pour
lui
de
gagner
double-
ment,
en
fe
montrant
reconnoif-
fant
envers
Céfar,
&
en
foula-
geant
fon
pais
de
l’incommodité
des
quartiers
d'hiver.
Le
difcours
d'Ambiorix
,
rap-
porté
aux
deux
lieutenans
péné-
Taux,
Caufa
entr'eux
partage
de
fentimens,
&
en
conféquence,
une
conteftation
des
plus
vives.
L.
Au.
runculeius
Cotta
ne
vouloit
point
que
l’on
quittât,
fans
l’ordre
de
Céfar
,
des
quartiers
d'hiver
où
il
les
avoit
envoyés.
Il
prétendoit
qu'ayant
toutes
les
provifions
né-
ceffaires
,
ils
foutiendroient
fans
peine
l'attaque
des
Germains,
au
moins
jufqu’à
ce
qu'ils
puflent
être
fecourus
par
les
légions
qui
étoient
dans
leur
voifinage
;
qu’en
un
mot,
il
n’y
avoit
rien
de
plus
honteux
ni
de
plus
mal
penfé,
que
de
prendre
confeil
d’an
enne-
mi
fur
une
démarche
de
la
der-
nière
importance.
Titurius
Sabi-
nus
,
au
contraire
;
qui
ajoûtoit
une
entière
foi
aux
difcours
d'Am-
biorix
,
repréfentoit
que
le
dan-
‘CO
ger
étoit
preflant,
qu'il
n’y
avoit
pas
un
moment
à
perdre,
&
que
l'unique
voie
de
falut
étoit
de
réu-
nir.
enfemble
plufieurs
légions,
pour
les
empêcher
d’être
toutes
détruites
les
unes
après
les
autres,
C'étoit
dans
le
confeil
de
guerre
que
l'affaire
s’apitoit;
&
lesofnciers
fe
partageoient
aufli-bien
que
les
chefs.
Les
plus
braves
&
les
plus
autorifés
fuivoient
L.
Auruncu-
leius
Cotta.Titurius
Sabinus
s’opi:
miâtra
pour
fon
malheur
&
pour
celui
des
troupes
,
qui
lui
étoient
confiées.
Il
éleva
fa
voix,
afin
de
pouvoir
être
entendu
des
foldats,
qui
étoient
en
dehors.
»
Vous
le
»
voulez,
dit-il
ayec
emporte-
-»
ment
à
LL.
Aurunculeius
Gotta
».
@c
à
ceux
qui
embrafloient
le
»
même
avis
;
il
faut
vous
céder.
»
Mais,
ceux
qui
m'écoutent,
sil
»
arrive
une
difprace
,
fçaurontà
»
qüi
s'en
prendre.
Dans
deux
»
Jours,
fi
vous
y
confentiez,
re:
»
joints
avec
leurs
camarades,
ils
»_n'auroient
tous
enfemble
qu'un
»
même
fort.
Vous
aimez
mieux,
»
en
les
tenant
écartés
&
rek-
»
gués
loin
des
autres,
les
réduire
»
à
la
néceffité
de
périr
par
le
fer
»
où
par
la
faim,
«
Il
fe
leva
en
prononçant
cé
-
derniers
mots,
&
le
confeil
alloit
fe
féparer.
Les
officiers
fe
mettent
autour
des.
deux
lieutenans
géné-
raux
,
@&
les
conjurent
de
fe
con:
cilier
,
leur
repréfentant
que,
quel:
que
parti
que
l'on
prie,
foir
de
de
meurer
ou
de
s’en
aller
,
le
danger
ne
pouvoit
pas
être
fort
grand;
mais
que
leur
difcorde
menaçoit
les
troupes
d'une
perte
certaint:
On
fe
remet
à
conférer.
La
déli-
one)
bération
dura
jufqu’à
minuit.
En-
fn,
L.
Aurunculeius
Cortta
fe
“laïffa
vaincre
;
&
l’avis
de
Titurius
Sabinus
l'ayant
emporté,
on
don.
mordre
aux
foldats
de
fe
prépa-
er
à
partir
à
la
pointe
du
jour,
Le
refle
de
la
nuit
fe
paffa
dans
le
mouvement
&
fans
dormir,
parce
que
les
foldats
étoient
occupés
À
faire
le
choix
de
ce
qu'ils
devoient
émporter
avec
eux,
&
de
ce
qu'ils
pouvoient
laifler.
On
fit,
comme
leremarque
Céfar,
tout
ce
qu'il
alloit
faire
pour
ne
pouvoir
ni
refler
avec
{üreté,
ni
fe
défendre
avec
fuccès
,
fuppofé
qu'on
fût
at-
taqué
dans
la
route.
Des
foldats,
haraflés
par
le
défaut
de
fommeil,
n'étoient
pas
en
état
de
faire
beau-
coup
de
réfiftance.
De
plus,
com-
Méon
fe
fioit
pleinement
aux
pro-
mefles
d’Ambiorix
,
les
troupes
Marchoient
en
une
longue
file,
fMmmenant
tous
leurs
gros
baga-
|
ges.
Les
Éburons
s’étoient
rendus
sttentifs
à
ce
qui
fe
pafleroit
pen-
dant
la
nuir
dans
le
camp
des
Ro-
mains
;
&
ayant
jugé,
par
le
bruit
&
parle
grand
mouvement,
qu’on
£
préparoit
à
partir
,
ils
fe
parta-
gtrent
en
deux
corps,
&
allerent
f
placer
à
deux
milles
,
autoër
d'un
vallon
qui
étoit
fur
le
che-
Min
par
lequel
devoit
fe
faire
la
rétraite,
Lors
donc
que
les
Ro-
mains
sy
furent
imprudemment
tnpagés,
voilà
que
les
Gaulois
{ortent
de
leur:embufcade,&
vien-
nent
fondre
fur
eux,
les
prenant
Enmêmetems
en
tête
&
en
queue,
iurius
Sabinus
,
qui
ne
s’atten-
doit
à
rien
moins
,
fut
abfolument
1
déconcerté,
L.
Aurunculeins
Cot-
Li
C
O
267
ta
ne
fut
point
furpris
d'un
éve-
nement
qu'il
avoit
prévu
,
&
commença
à
donner
fes
ordres
avec.
beaucoup
de
préfence
d’ef-.
prit,
faifant
en
même
tems
les
fonétions
de
général
&
de
foldar.
Mais,
comme
la
longueur
de
la
file
,
que
formoient
les
cohortes,
l'embarrafloit,
parce
qu'il
ne
pou-
voit
ni
voir
d'un
bout
à
l'autre,
ni
fe
tranfporter
dans
tous
les
en-
droits
,
où
fa
préfence
étoit
né-
ceflaire,
de
concert
avec
Titurius
Sabinus
,
il
ordonna
aux
foldats
d'abandonner
les
bagages,
&
de
fe
ranger
en
cercle
faïfant
face
de
tous
côtés.
=
Ambiorix
fe
conduifit
en
habile
général.
ÆEnfans,
s'écria-t-il
aux
fiens
,
les
bagages
font
à
nous;
c’eftle
fruit
dela
viéoire
;
ne
fon-
geons
qu'a
l’achever.
I
fut
obéi.
Les
Romains
attaqués
vivement
&
preflés
par
le
défavantage
des
lieux
,
avoient,
malgré
l'égalité
du
nombre,
beaucoup
de
peine
à
{e
défendre.
Seulement
,
lorfau'ils
pouvoient
joindre
l'ennemi
&
le
ferrer
de
près,
ils
gardoient
leur
fupériorité,
&
en
tuoient
beau
coup.
Ambiorix
remédia
à
cet
in-
convénient,
en
ordonnant
à
fes
gens
de
ne
fe
point
trop
appro-
cher,
de
fe
retirer,
lorfque
les
Romains
avanceroient
fur
eux,
&
de
les
accabler
de
loin
d'une
nuée
de
traits.
Par
cette
facon
de
combattre,
les
Romains
avoient
tout
le
défavantage.
Si
quelque
cohorte
fe
féparoit
du
gros,
pour
donner.
fur
ceux
des
ennemis
qu’elle
voyoit
à
fa
portée,
elle
ne
leur
faifoit
aucun
mal,
parce
qu'ils
fe
difipoient
dans
le
moment,
&
268
C
O
elle
préféntoit
elle-même
fes
flancs
découverts,
à
ceux
qui
occupoient
les
hauteurs
de
côré
&
d'autre.
Si
les
Romains
fe
tenoient
tous
fer-
tés
en
un
peloton,
leur
valeur
de-
venoit
inutile,
&
n'avoit
point
oc-
cafion
de
s'exercer,
Le
combat
fe
foutint
ainf
de-
puis
la
pointe
du
jour
jufqu’à
la
huitième
heure.
Enfin,
plufieurs
des
plus
braves
officiers
Romains
ayant
été
bleffés
ou
tués,
&
L.
Au-
runculetus
Cotta
lui-même
ayant
reçu
un
coup
de
fronde
à
la
bou-
che,
Tirurius
Sabinus,
qui
avoit
été
la
première
caufe
du
défaftre,
par
fa
timide
crédulité,
y
mit
la
dernière
main
par
la
même
voie.
Ayant
apperçu
Ambiorix
,
qui
ammoit
les
fiens
au
combat
,
il
lui
envoya
fon
[nterprere,
pour
le
prier
de
lui
faire
quartier
&
à
fes
foldats.
Ambiorix
répondit
que,
s’il
vouloit
conférer
avec
lui,
rien
“ne
l’empéchoit
;
qu'il
efpéroit
ob-
tenir
de
fes
troupes,
qu’elles
laif-
faffent
la
vie
fauve
aux
Remains;
&
que
pour
ce
qui
étoit
de
Titu-
rius
Sabinus
lui-même,
il
lui
don-
noit
fa
parole.
qu'il
ne
lui
feroit
fait
aucun
mal.
Titurius
Sabinus
communiqua
cette
réponfe
à
L.
Aurunculeius
Cotta
,
&
voulut
lui
perfuader
d'aller
trouver
Ambio-
rix,
Mais
L.
Aurunculeins
Cotta
fe
tint
ferme
à
refufer
de
faire
une
pareille
démarche
vers
un
enne-
mi,
quiavoit
les
armes
àla
main,
Titurius
Sabinus,
toujours
aveu-
gle,
toujours
fermé
aux
bons
con-
feils,
prit
avec
lui
ce
qu'il
trouva
CO
d'officiers
fous
fa
main,
&
s’avan-
ça
vers
Ambiorix,
qui,
le
voyant
approcher,
lui
ordonna
de
mettre
bas
les
armes.
Le
Romain
obéit
&
commanda
à
fa
fuite
d’en
faire
autant.
Le
Prince
barbare
traina
exprès
l’entretien
en
longueur,
difputant
fur
les
conditions’,
afin
de
donner
à
fes
gens
le
tems
d'en-
velopper
Titurins
Sabinus.
Après
qu'il
l’eut
ainfi
fait
tuer
par
une
horrible
perfidie,
il
revient
de
nouveau
charger
les
Romains
avec
fes
troupes
,
qui
crioient
viétoire;
pouffant
,
{elon
leur
ufage,
d'hor-
ribles
hurlemens.
Ce
ne
fut
plus
un
combat
mais
un
carnage,
L.
Aurunculeius
Cotta
fut
tué
en
combattant,
avec
la
plus
grande
partie
des
Romains.
Les
antres
fe
retirerent
vers
le
camp
d'où
is
étoient
partis.
:
COTTA
[
L.
AuRÉLIUS
L.
Aurelius
Cotta,
A:
Aupiui
Kérras,
(a)
conful
l'an
de
Rome
.
687,
avec
L.
Manlius
Torquatus
Cornélius
Népos
croit
que
ce
fit
fous
leur
confulat,
que
T.
Pom-
ponius
Atticus
revint
à
Rome,
après
que
les
troubles
y
eurent
été
appaifés.
COTTA,
Cotta,
LCTTAGs
(P)
l’un
des
interlocuteurs
que
Cicéron
introduit
dans
fon
traité
de
la
nature
des
dieux.
Il
forme
une
objeétion
contre
la
provide:
ce
,
&t
allegue
comme
un
exem*
ple
fcandaleux
,
le
bonheur
&
Denys
l’ancien,
tyran
de
Syra”
cufe.
»
Perfonne,
dit-il
en
fubl-
»
tance,
ne
pouffa
plus
loin
E
(4)
Con,
Nep,
in
T,
Pomp.
Attic,f
(4)
Mém.
de
l’Acad.
des
Infcrips
&
:
Cr
de
.
Bell,
Lett.
Tom,
XVII,
p,
176
E0
“
mépris
de
la
divinité.
Denys
»
faïfoit
ploire
de
fon
irréligion
;
nil
ne
fe
contentoit
pas
de
dé-
»
pouiller
les
autels
&
les
ftatues
n
mêmes
des
dieux
;
de
facrilèges
»
railleries
étoient
l’aflaifonne-
»
ment
ordinaire
de
fes
profana-
à
tions.
Cependant,
ajoûte
Cot-
ta
,
la
vengeance
divine
n’a
»
point
éclaté
for
cet
heureux
»
criminel
;
on
ne
l’a
vu,
ni
frap-
»
pé
d’un
coup
de
foudre
,
ni
»
conduit
au
tombeau
par
une
n
longue
&
cruelle
maladie:
il
#
expira
doucement
entre
les
bras
»
d'un
fils,
héritier
de
fa
puiffan-
»
ce,
&
fes
funérailles
furent
cé-
»
Kbrées
avec
une
pompe
ex-
»
traordinaire.
«
La
profpérité
des
méchans
a
Paru
de
tout
tems
,
aux
incrédules
de
toutes
les
fetes,
fournir
con-
tre
la
providence
une
difiiculté,
dont
la
folution
fe
trouve
dans
la
dotirine
de
l'immortalité
de
l'ame.
COTTA
,
Corta
>
KOTTOG
»
(2)
célebre
orateur
Romain.
Du
Côté
de
l'invention
il
avoit
de
la
Pénétration
&
de
la
juftefle
d’ef-
Pit;
fon
élocation
étoit
pure
&
tulante.
Comme
la
foiblefle
de
fa
poitrine
l’obligeoit
d'éviter
tou-
€
contention
de
voix,
il
avoit
loin
auf
de
régler,
fur
ce
peu
de
force,
fon
fiyle
&
fa
manière
de
Compofer.
Tout
étoit
juite,
exa@,
&
de
bon
goût
dans
fon
difcours.
Mais,
ce
qui
étoit
le
plus
admira-
ble
énni,
c’eft
que
ne
pouvant
prefque
faire
ufage
du
ftyle
véhé-
ment
&
impétueux,
&
fe
tron-
:
(a)
Roll,
Hift.
Anc.
T.
VI,
pag.
337,
38.
:
W)
Mém,
de
l'Acad,
des
Infcript,
&
CO
6
vant
hors
d'état
par
conféquent
d'entrainer
les
juges
par
la
force
de
fon
difcours,
il
fçavoit
pour
tant
les
manier
avec
tant
d’adrefle
&
d'habileté,
qu'il
produifoit
fur
leur
efprit
le
même
effet
par
fon
éloquence
douce
&
tranquille,
que
Sulpitius
par
les
traits
vifs
&
en-
flammés
de
la
fienne.
Il
y
eut
une
différence
remar-
quable
entre
le
fort
de
Cotta
&
celui
de
Sulpitins.
Celui-ci
périt
jeune
,
au
lieu
que
Cotta
vécut
juiqu'à
un
âge
avancé,
devint
conful
,
&
plaida
avec
Horten-
fius,
qui:
étoit
néanmoins
beau
coup
plus
jeune
que
lui.
COTTABE,
Cottabus,
Kér=
rabes,
efpèce
de
coupe
à
boire,
.
dont
les
Anciens
faifoient
ufage.
Ce
nom
lui
venoit
peut-être
du
jeu
fuivant.
COTTABE,
Cottabus,
(1)
KorraGoc,
jeu
célebre
chez
les
Grecs,
d’où
il
pafla
chez
d’autres
nations.
On
en
attribue
l'inven-
tion
aux
Siciliens.
Les
Grecs
avoient
tant
de
goût
pour
ce
jeu,
que
les
riches
avoient
ordinairement
dans
leurs
maifons
une
falle
qu'ils
nommoient
le
Cot-
tabéion,
&t
qui
ne
fervoit
qu’à
cela.
Les
femmes
;
qui
étoient
exclues
de
toutes
les
aflemblées
d'hommes,
étoient
fouvent
admi-
fes
àu
Cottabéion
,
où
elles
étoient
fpeétatrices
du
Cortabifme,
[
c’eft
le
nom
qu’on
donnoit
à
l’a@ion
des
joueurs
|
qu’elles
animoient
par
l'intérêt
qu'elles
y
prenoient,
&
par
leurs
applaudiflemens.
Bell.
Lett:
Tom.
VIT
pag.
378,
Tom.
IX,
p.
328
345.
270
CO
_
CO
Voici
en
quoi
confiftoit
ce
jeu:
teau
ou
quelqu’autre
pièce
de
fine
au
milieu
du
Cottabéion
étoit
pâuifierie
,
&
fouvent,
felon
fcellé
dans
le
pavé
ou
le
plancher,
compagnie,
le
droit
de
baifer
on
bâton
dans
une
poftion
bien
perfonne
qu'il
vouloit.
perpendiculaire,
Sur
ce
bâton
on
‘en
merttoit
un
autre
dans
une
po-
fition
horizontale,
&
à
chaque
extrêmité
de
ce
dernier
bâton,
on
fufpendoit
un
petit
baflin
en
forme
de
balances,
de
manière
qu'il
en
réfultät
un
parfait
équih-
bre.
Sous
chacun
de
ces
petits
baffins,
on
en
merttoit
un
plus
grand,
du
milieu
duquel
s'élevoit
une
forte
de
petite
pyramide,
qu'on
appelloit
manès
;
&
on
_avoit
foin
qué
le
petit
baflin
fuf-
pendu
fut
précifément
au-deflus
du
fommet
de
cette
perite
pyra-
mide
,
mais
à
quelques
pouces
de
diflance.
[l
faut
obferver
que
le
Cottabe
étoit
ordinairement
ac-
compagné
d’un
régal.
Les
joueurs,
une
coupe
à
la
main,
après
avoir
bu
le
vin
qu’on
y
avoit
verfé,
à
la
réferve
d’une
petite
quantité
qu'ils laïflotent
au
fond
pour
fer-
vir
au
jeu,
fe
rangeoient
en
cer-
cle
autour
de
la
petite
balance,
Alors,
chacun
à
fon
tour,
jettoit
en
l'air,
le
plus
haut
qu'il
étoit
pofhble,
ce
qui
éroir
refté
dans
fa
coupe,
&
tächoit
de
le
faire
avec
tant
d’adreffle
,
que
ce
peu
de
vin
pt
retomber
dans
un
des
pe-
tits
baflins
fufpendus,
&
le
firin.
a
a
au
bruit
qu’elle
faifoit
en
tom
pour
qu’il
en
réfultât
un
fon.
Se
bant.
:
Jon
que
ce
fon
étoit
plus
ou
moins
COTTABEION.
Poyez
Got
fort,
on
en
retiroit
relativement
tabe.
aux
plaifirs,
des
augures
plus
ou
-COTTABISME.
Voyez
Cot-
moins
favorables.
Le
prixduvaine
tabe.
queur
étoit
ordinairement
un
gâ-
COTTES
D'ARMES;
Entre
pluñeurs
autres
manières
de
jouer
le
Cotrabe,
il
y
en
avoit
une
autre
qui
étoit
fort
ufitée,
&.
qui
avoit
lieu
dans
les
feftins.
Au
deffert
,
on
faifoit
apporter
un
grand
baflin
plein
d’eau,
{ur
lequel
on
mettoit
plufeurs
petits
baflins
qui
y
furnageoient.
L’adrefle
du
joueur
confifloit
alors,
en-jettant
en
l'air
ce
qui
reftoit
de
vin
dans
fa
coupe,
à
faire
enforte
quil
retombât
aflez
fort
dans
un
des
petits
baflins
;
non
feulement
pour
former
un
fon
dont
on
pit.
tirer
des
augures
femblables
à
ceux
du
grand
jeu,
mais
encore
pour
précipiter
le
petit
baffin
au
fond
du
grand
qui
étroit
plein
d'eau
Ï
y
avoit
encore
ceci
de
particus
lier
dans
cette
manière
de
jouer
le
Cottabe,.
que
chacun
des
petits
bafhins
portoit
une
marque
pro
pre
à
peu
près
comme
les
dez
à
Jouer
;
ce
qui
faifoit
de
ce
jeu.une
efpèce
de
lotterie
,
de
forte
que
felon
la
marque
ou
le
nombre
di
peut
baflin
qui
enfonçoit
»
le
joueur
gagnoit
plus
où
moins
de
pièces
de
pâriflerie,
ou
plus
où
moins
de
baïfers.
On
avoit
donné
le
nom
de
La
tax,
&
à
la
liqueur
lancée,
&
CO
(2)
Étoit
un
habillemént
militaire
;
qu'on
mertoit
par-deflus
la
cuiraf-
l,
comme
un
ornement
pour
diflinguer
les
différens
partis
,
&
le
bldat
du
général.
On
l'appelloic
chez
les
Anciens
,
Chlamys
,
Pa-
lüdamentum
,
Sagum
;
&
fi
l'on
éncroit
la
plûäpart
des
Auteurs,
@n'étoit
qu’une
draperie
ouverte
de
tous
côtés,
&
qui
s’attachoit
frl'épaule
droite,
avec
une
bou-
céou
ardillon.
Macrobe
rapporte
que
les
Anciens
comparoient
la
Mappemonde
à
une
Cotte
d’ar-
mes,
Plutarque
ajoûte
qu’Alexan-
de
le
Grand
vit
avec
plaiñr
le
Plan
que
les
archite@tes
avoient
kit
de
la
ville
d'Alexandrie,
qui
ayoït
la
figure
d'une
Cotte
d’ar-
mes
Macédonique.
Ce
qui
prouve
tncore
que
les
Cottes
d'armes
chez
les
Romains,
ainfi
que
chez
ks
Grecs,
n’étoient
qu'une
dra-
Périe
qui
n’étoit
pas
fermée,
c’eft
que
Néron
,
au
rapport
de
Suéto-
,
sen
fervoit:
pour
berner
&
ie
fauter
en
l'air
ceux
qu'il
Incontroit
la
nuit
dans
les
rues.
Un
paflage
de
Suétone
déter-
mine
encore
plus
précifément
la
me
de
Ja
Cotte
d'armes
des
Omains.
Cet
Aureur
rapporte
.
(un
centurion
étant
venu
à
Ro-
me
demander
le
confulat
pour
fon
sénéral,
&
voyant
que
fes
folli-
Mations
étoient
infructueufes
,
le-
a
a
Cotte
d'armes
,
&
montrant
ki
garde
de
fon
épée,
dic:
Voila
{quoi
vous
obliger
4
maccorder
"a
demande,
On
voit
par
ces
paro-
#,
que
la
Cotte
d'armes
couvroit
(a)
Mém,
Ton,
VI,
Pe
7334
CO
27
les
armes
de
cet
officier,
&
qu'il
fut
obligé
de
la
relever
pour
faire
voir
fon
épée
;
ce
qui
ne
peut
pas
convenir
à
la
cuiraffe.
Cetre
Cot-
te
d'armes
,
comme
nos
écharpes
à
préfent,
fervoient
à
diftinguer
les
foldats
dé
chaque
parti,
Celles
des
Empereurs
&
des
Généraux
d'armée
fe
nommoient
Paluda-
mentum,
&
celies
des
foldats
Sz=
gum,
Les
officiers
en
avoient
de
fort
longues
&
de
fort
riches
;
mais,
le
Général
étoit
le
feul
qui
eût
le
privilège
d’en
porter
une
de
pourpre.
Il
la
prenoit
en
fortant
de
la
ville,
&
il
la
quittoit
avant
que
d’y
rentrer.
À
l'égard
des
Sayons
ou
Cottes
d'armes
des
Germains
,
ils
ne
leur
venoient
que
jufqu’aux
hanches.
Tacite
dit
en
parlant
de
ces
peu-
ples,
segmen
omnibus
fagum,
fbulé,
aut
fi
defit,
fpiné
confertum.
Cla-
vier
nous
a
confervé
la
forme
de
cette
Cotte
d'armes,
qui
étoit
une
efpèce
de
manteau
qui
def-
cendoit
jufqu'aux
hanches,
&
qni
étroit
attaché
par-devant
avecune
agrafle
ou
petite
cheville,
Nos
François
néanmoins
,
quoiqu’ori=
gimaires
de
la
Germanie,
avoient.
coûtume
de
porter
ces
manteaux
plus
long.
Le
Moine
de
Saint
Gal
dit
que
C'étoit
un
manteau
qui
defcendoit
par-devant
&
par
der-
rière
jufqu'à
terre,
&
qu'a
peine
par
les
côtés
touchoit:il
les
ge=
noux.
Dans
la
fuite
la
Cotte
d’ar=
mes
des
Gaulois,
qui
éroit
bean-
coup
plus
courte,
devint
à
la
mo-
de
,
comme
plus
propre
pour
la
de
lAcad,
des
Infcript,
&
Bell,
Lett,
Tom,
III.
Pag.
272,
&
faive
278
CO
Pompée,
à
la
tête
de
cinq
cens
chevaux.
Îl
y
a
des-éditions
qui
portent
Cotus
,
au
lieu
de
Cotys.
COTYS,
Coiys,
Kite,
(a)
autre
roi
de
Thrace,
fils
de
Rhœ-
métalces.
Auguite,
après
la
mort
de
fon
pere,
partagea
la
Thrace
entre
fon
oncle
Rhefcuporis
&
lui,
1$
ans
avant
J.
C.
Rhefcu-
poris
regna
fur
les
montagnes,
&
Cotys
fur
les
plaines
les
plus
voi-
fines
de
la
Grece.
Ce
partage
fubfifta
entr'eux
tant
qu'Augufte
vécut;
mais
après
fa
mort,
Rhef-
cuporis
,
prince
très-cruel
,
réfo-
lut
de
perdre
fon
neveu,
&
l'af-
fafina,
après
l'avoir
fait
prifon-
nier,
dans
un
feftin.
Cette
trahi-
{on
fut
vengée
par
une
autre.
:
Pomponius
Flaccus
,
ami
de
Rhef-
cuporis,
fut
choifi
pour
l’attirer
à
Rome,
&
on
fit
tuer
ce
Prince
à
Alexandrie
,
où
il
avoit
été
tranf-
féré.
Son
royaume
fut
partagé
entre
Rhoœmétalces
fon
fils,
&
les
fils
de
Cotys.
Ce
Cotys
eft
celui
à
qui
Ovide
écrivit
quelques
élégies,
entr'au-
tres
celle
du
deuxième
livre
de
Ponto,
qui
commence
ainf
:
Regia
progenies,
cui
nobilitatis
Orig0
,
Nomen
ab
Eumolpi
pervenit
ufque
Cotys,
&c.
COTYS,
Cotys,
Kérue
(b)
autre
roi
de
Thrace,
fils
du
pré-
cédent.
Après
avoir
partagé
la
Thrace
avec
fon
coufin
Rhœmé-
—
(a)
Facit.
Annal
L.
IL.
c:
64.
&
Jeg:
L.IV.c.6.
Crév.
Hift.
des
Emp.
Tom.
Hs
pe
304
d&
faiv.
-
()
Tacit,
Annal,
L,
XI,
c,
9.
Crév,
CO
talces,
il
fut
obligé
de
la
lui
céder
par
ordre
de
Caligula
,
qui
hi
donna
en
échange,
l'an
38
de
J.
C.,
la
petite
Arménie,
&
une
parue
de
l'Arabie.
On
voult
l'élire
roi
de
la
grande
Arménie,
l'an
47,
mais
l'empereur
Claude
lui
défendit
d'y
penfer.
COEYSS
Cotys
,:Korvwç,
(c)
frere
de
Mithridate,
roi
du
Bof-
phore
fous
l'empire
de
Claude.
Il
fut
couronné
&
mis
à
la
place
de
fon
frere,
qui
avoit
intention
de
fe
révolter
,
&
duquel
il
avoit
découvert
les
deffeins.
Comme
c'étoit
un
jeune
Prince
fans
ex-
périence
,
on
lui
laïffa
Julius
Aqui-
la
,
Chevalier
Romain,
à
la
tête
de
quelques
cohortes.
Mais,
Mibridate
,
qui
ne
far
foit
pas
plus
de
cas
du
nouveau
Roï
que
de
fon
efcorte,
fongea
à
profiter
de
ces
conje@ures:;
à
ayant
foulevé
les
peuples,
&
aile
ré
les
déferteurs
auprès
de
lui,
1
compofa
du
tout
une
armée
avec
laquelle
il
chaffa
le
roi
des
Dan-
darides
,
&
s’empara
de
fon
trône.
Quand
Cotys
&
Julius
Aquil
eurent
appris
ces
mouvemens,
ne.
fe
croyant
pas
en
étar
de
réhfter
à
Mithridate
,
qui
éroit
près
de
fondre
fur
le
Bofphore
,
d'autant
plus
que
Zorfines
,
roi
des
Sora-
ques,
s’étoit
déclaré
contreles
Ro-
mains
;
ils
eurentrecours
à
des
for-
)
ces
étrangères
,
&
envoyerent
des
ambaffadeurs
à
Eunones,
roi
des
Adorfes,
pour
l’engager
à
fe
join-
dre
à
eux.
Ce
Prince
accepta;
i
Hift,
des
Emp.
T.
IL.
pag:
153.
:
(c)
Tacit,
Annal,
L.
XIE
c.
15.»
1&
Crév,
Hit,
des
Emp.
Tom,
IL,
p.
214:
y
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