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Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : contenant la géographie, l'histoire, la fable, et les antiquités... ; T.XII

Sabbathier, François

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ARE RS DICTIONNAIRE | DES AUTEURS CLASSIQUES, GRECS bT LATINS, TANT SACRÉS QUE PROFANES. TOME DOUZIE ME. SES 3 DICTIONNAIRE | HOUR L'INTELLIGENCE. - DES AUTEURS CLASSIQUES, GRECISE TLATINS, - TANT SACRÉS QUE PROFANES, CONTENANT LA GÉOGRAPHIE, L'HISTOIRE, LA FABLE ET LES ANTIQUITÉS. = DEDLE- A MONSEIGNEUR LE ID UC DE CHOISE UT, Par M. SABBATHIER , Profeffeur au College de Chélons “fur-Marne , ; 6 Secrétaire perpétuel de l’Académie de la même Piles _ TOME DOUZIÉME. A PARTS, Chez DELALAIN, Libraire, rue de la Comédie on, M. DCC. 7 XXII. Avec Approbation & Privilege du Roë, { 6 CO d'autrai. Mais, dans ces aïfnées d'innocence & de paix, on fon- geoit moins à évaluer la matiere des: échanges, qu’à s’en aider té- ciproquement, Avant & après le Déluge, les échanges durent fe multiplier avec la population ; alors l'abondance ou la rareté de certaines produc- tions , foit de l’art ou della nature, en augmenterent où diminuerent l'équivalent ; Péchangé en nature. devint emibarraflants L'inconvénient s'accrut encore avec le Commerce, c'eft-à-dire , Jorfque la formation dés fociétés éut diftingué les propriétés, & äppotté des modifications à l’épa- lité abfolue qui regnoit entre les hommes. La fubdivifion inégale des propriétés par le partage des énfans , les différences dans le ter- roir ; dans les forces & dans l’in- duftrie, occafionnerent un fuper- flu de befoiñ chez les uns de plus que chez les autres. Ce fuperflu dut être payé par le travail de ceux qui en avoient befoin , ou par de nouvelles commodités in- ventées par l’art; fon ufage fut borné cependant tant queleshom- mes fe contenterent de ce qui étoit fiupe > ne Sujets à l'inquftice, ils avoient eu befoin de Légiflateurs. La con- fiance établit des Juges, le refpe& les diflingua , & bientôt la crainte tes fépara deleursfemblables. L'ap: pareil & la potnpe furent un des appanages de ces hommes puif- fans ; les chofes rares furent def tiñées à leur ufage , & le luxe fut: connu, il devint l’objer de l’am- Bition des inférieürs ; parce que C O chacun aime à fe diftinguer. La. cupidité anima l'induftrie. Pour fé procurer quelques fuperfluités, on enimapgina de nouvelles, on par- courut la terre pour en’découvrirs L’extrême inégalité qui fe trouvoit entre les hommes. pafla jufque dans leurs befoiné. Les échanges en nature devin- . tent réellement impofhbles. L'on convint de donner aux marchan- difes une mefure commune. L'or, argent, le cuivre, furent choifis pour-les repréfenter. Alors il y eut deux fortes de richefles;les richef- fes naturelles, c’efl-à-dire, les produétions de l’agriculture & de l'induftrie ; les richefles de con- vention où les métaux. Ce changement n’alréra point la nature du Commerce, quicon- fifte toujouts dans l'échange d'une denrée; foit pouf une autre, foit pour dés métaux. On peut le re- garder comme une feconde épo= que du Commerce, ; 2°, L’Afe qui avoir été le ber- _ ceau du genre humain, fe vit peu- plée bien avant que les autres par: ues du monde fuflent connues. Elle fut aufli le premier théatre du Commerce des grands Em- pires, & d’un luxe dont le nôtre eft effrayé. de Les vaftes conquêtes des Affy-. fiens dans ces riches contrées, le luxe de leurs "Rois, &les mer- veilles de Babylone , nous font garants d'une grande perfeétion dans les arts ; & par conféquent d'un grand Commerée ; mais, il paroït qu'il: étoit borné à $'inté- rieur de fes Etats & à leurs pro- duétions “à CO Les Phéniciens , habitans d’une petite contrée de la Syrie, oferent les premiers franchir la barriere que les mers oppofoient à leur cu- Pidiré, & s'approprier les denrées de tous les peuplés, afin d’acqué- rir ce qui en faifoit la mefure. Les richefles de l'Orient, de : PAfrique, & de l'Europe , fe raf- femblerent à Tyr &.à-Sidon, d’où leurs vaifleaux répandoient dans chaque contrée du monde le fu- perflu des autres. Ce Commerce, dont les Phéniciens n’étoienc en quelque façon que les commif- fionnaires, puifqu'ils n’y fournif- foient que très-peu de produc- tions de leur crû, doit être dif- tingué de celui des nations qui tra- quent de leurs propres denrées; _ainf, il a été appellé commerce | d'œconomie; ça été celui de pref= que tous les anciens navigateurs. Les Phéniciens s’ouvrirent par les ports d'Élath & d’Afongaber ur la mer rouge , le Commerce des côtes orientales de PAfrique, abondantes en or,& celui de l’Ara- bie fi renommée par fes parfums. Leur colonie de Tyle, dans une ifle du golfe Perfique , nous indi- que qu'ils avoient étendu leur tra- c furces côtes, Par la navigation de la Médi- terranée , ils établirenc des Colo- mies dans toutes fes ifles, en Gre- ce, le long des côtes de l'Afri- que ; en Efpagne, La découverte de ce dernier Pais fut fa principale fource de leurs richefles ; outre les cotons, les laines, les fruits , le fer & le plomb qu'ils en retiroient , les mi- nes d’or & d'argent de l’Andalou- : GO 7 fie ; les rendoient maîtres du prix & de la préférence des denrées de tous les paiïs. Ils pénétrerent dans l’'Océanle long des côtes, & allerent cher- cher l’étain dans les ifles Cafiré- rides. [ls remonterent même juf- qu'à Thule, que l’on croit com- munément être l'Irlande. Tyr effaça par fa fplendeur & par fon Commerce tontes les au< tres villes des Phéniciens. Enor- gueïllie de fa lonpue profpérité, elle ofa fe liguer contre fes anciens maîtres. Toutes les forces de Na buchodonofor, roi de Babylone, fuffirent à peine à la foumertre, après un fiege de treize ans. Le vainqueur ne détruifit que fes mu- railles & fes édifices ; les effets les plus précieux avoient été tranf- portés dans une ifle à une demi- liene de la côte. Les Tÿriens y fonderent une nouvelle ville, à laquelle J'aétiviré du Commerce donna bientôtplus de réputation que l’ancienfiéf'en avoit eu. Carthag: lonie des Tyriens, fuivit à peu près le même plan, & s’érendit le long des côtes occi- dentales de l'Afrique, Pour ac- croître même fon Commerce gé- néral, & ne le partager qu'avec fa métropole , elie devint con- quérante. | La Grece cependant, par fon induftrie & fa population, vint à figurer parmi les Puiffances. L'in- vafion des Perfes lui apprit à con- noître fes forces & fes avantages; fa marine la rendit redoutable à fon tour aux maîtres de l’Afie; mais , remplie de divifions ou de projets de gloire, elle ne fongea 1 8 € O point à étendre fon Commerce. Celui d'Athènes ; la plus puif- fante des villes maritimes de la Grece ; fe bornoit prefqu'à fa fubfftance , qu'elle tiroit de la Grece même & du Pont-Euxin, Corinthe , par fa fituation, fut lentrepôt des marchandifes de l'Afie & de l'Italie ; mais, fes marchands ne tenterent aucune navigation éloignée. Elle s’enri= chit cependant par l'indifférence des autres Grecs pour le Com- merce , & par les commodités qu'elle lui offroit , beaucoup plus - que par fon induftrie. Les habitans de Phocée, colo- nie d'Athènes , chaflés de leur pais , fonderent Marfeille fur les côtes méridionales des Gaules, Cette nouvelle République , for- cée par la flérilité de fon territoi- re de s'adonner à la pêche & au Commerce , y réuffit ; elle donna même l'alarme à Carthage, dont elle repoufla vi at les atta- ques. Alexandre par être le chef des s que leur maitre. À leur tête il fonda un nouvel Empire far la ruine de celui des Perfes. Les fuites de fa conquête forment la troifième époque du Commerce. 3-2 Quatre grands événemens contribuerent. à la révolution qu'éprouva le commerce fous le regne de ce Prince. Îl détruifit la ville de Tyxr, & la navigation de la Syrie fut anéan- tie avec elle. L'Égypte , qui jufqu'alors en- nemie des étrangers , s'étoit fuffi à elle-même, communiqua avec CO les autres peuples après fa con= quête. La découverte des Indes & celle de Ja mer qui eft au midi de ce pais, en ouvrirent le Com- merce. : Alexandrie, bâtié à l'entrée de l'Égypte, devint la clef du Com- merce des Indes, & le centre de celui de l'Occident. Après la mort d'Alexandre , les Ptolémées , fes fuccefleurs en Égypte, fuivirent affidument les vues de ce Prince; ils s’en aflure- rent le fuccès par leurs flottes fur la mer Rouge & fur la Méditer- ranée. Pendant ces révolutions, Ro- me jettoit les fondemens d’une domination encore plus vañte. Les petites Républiques com- merçantes s’appuyerent de fon alliance contre lés Carthaginois dont elles minoient fourdement l'Empire maritime. L'intérêt com. mun les unifloit. Rhodes déjà célebre par fon Commerce, & plus encore par la fagefle de fes loix pour les gens de mer, fut de ce nombre. Mar- feille ; l'ancienne alliée des Ro- mains , leur rendit de grands fer- vices par fes colonies en Efpagne: réciproquement foûtenue par eux, elle accrut toujouts fa richefle & fon crédit, jufqu'aux tems où, forcée de prendre parti dans leurs guerres civiles ; elle fe vit leur fujette. Lors de fon abaiflement, Arles , Narbonne, & les autres colonies Romaines dans les Gau- les ; démembrerent fon Com- mertce, Enfin ; le génie de Rome pré EnE, valut. Le Commerce de Carthage fat enfeveli fous fes ruines, Bien- tôt, l'Efpagne, la Grece, l'Afie & l'Égypte à fon cour , furent des provinces Romaines. Mais, la maîtrefle de l’univers dédaigna de s'enrichir autrement que par les tributs qu’elle impofoit aux na- tions vaincues; elle fe contenta de favorifer le Commerce des peuples qui le faifoient fous fa proteftion. La navigation qu’elle entretenoit pour tirer des grains de l'Afrique, ne peut être regar- dée que comme un objet de Po- lice. Le fiege de l'Empire, transféré à Byzance, n’apporta par confé- quent prefqu’aucun changement au Commerce de Rome ; mais, la fituation de cêtte ville, rebâtie par Conftantin fur le détroit de l'Hellefpont, y en établir un con- fidérable. Il fe foûtint long-tems. depuis fous les empereurs Grecs, & même il trouva grace devant la politique deftruétive des Turcs. … La chûte de l'empire d'Occident par linondation des peuples du Nord & les invañons des Sar- rafins , forment une quatrième époque pour le Commerce. 4.9 Il s’anéantit comme les autres arts fous le joug de la Bar- barie ; réduit prefque par tout à la- circulation intérieure, nécef- faire dans un païs où il y a des bommes , il fe réfugia en Italie. Ce pais conferva une navigation, & fit feul le Commerce de l'Eu- rope. ee Ce 70 COMMILITON,, Commiito, foldat d’une centurie. Les Géné- raux s’en fervoient volontiers; ce terme revient à celui de camara- de dont nous nous fervons au- jourd’hui. Quand ils vouloient Ôter à ce mot l’air de familiarité , & lui faire prendre un caraétère de dignité, d'honneur, & de re- ligion, ils y ajoûtoient l’épithete de Sacratus , qui rappelloit au foldat fon ferment. Ceux, qui au- ront jetté les yeux fur lonvrage original, que M. le Maréchal de Saxe a laiflé fous le titre de Mes réveries , fentiront toute l'impor- tance de ces reflources fi peures en apparence. RE COMMISSION , Commiffo, terme , dont nous avons fait notre verbe commettre. C'étoit chez les Anciens l’aétion de mettre pu- bliquement aux prifes deux Gla- diateurs , deux Lutreurs , deux Poëtes, &c. pour difputer le prix de l’habileté. COMMODE [ L. AuRÈLE COMMODE ANTONIN |, L. Au-. ‘ relius Commodus Antoninus;Em- pereur des Romains. Voyez Lu- cius, COMMODÈVES, (2) nom de certaines divinités champêtres. C'eft tout ce que nous en fçavons. COMMODIEN , Commodia- nus, (b) épithete que l'empereur Commode donnoit au Sénat, quoiqu'il le hait mortellement, tant il y avoit d'inconféquence &c de contradi@tion dans les vues, ou plutôt dans les fantaïfies de cet (a) Mém: de l'Acad. des nfcripr, &f (3) Crév. Hift, des Emp. Tom. IV, Bell. Lett, Tom, VII, p 363 48 p. 502: à fuiv, 10 CO Empereur infenfé, I] vouloit voir fon nom par tout. Le Sénat fat donc appellé Commodien lt ville de Rome, colonie Commo- dienne ; les légions & les armées, ‘Commodiennes ; le jour , où tour cela fut réglé & arrêté, Commo- dien ; enfin, le fiecle où il vivoit, & quil prétendoit être le fiecle d'or , il l'appella Commodien. COMMODIEN , Commodia- ZU$ , (a) Poëte Chrétien > Qui flo- rifloit au commencement du qua- trième fiecle, fous l'empire de Conftantin. I] s’appelle lui-même Commodianus , & par. allufion Gazæus, & fe donne la qualité de mandiant de Jefus-Chrift, Il dit qu’il avoit été engagé dans les erreurs des Payens , & qu'il s’étoit converti en lifant la loi des Chré- tiens. Ï a fait. un Ouvrage. intitulé {nftruélions | comme en façon de vers, dans lefquels il n’a gardé ni mefure ni cadence , & a feule- ment obiérvé que chaque ligne comprit un fens achevé, & qu’elle commençât par acroftiche : en- forte que toutes les lettres du titre de chaque ftrophe fe trouvent de faite au commencemeut de cha- que vers, & qu'en prenant les premières lettres des vers , on trouve le titre entier. Il y combat les Payens & les Juifs, & y don- ne d'excellentes inftruétions aux Chrétiens,catéchamenes fideles ê& pénitens. Le ftyle de fon ouvrage eft dur ; mais la morale en eft ex cellente; il porte les hommes àem: braffer une pauvreté volontaire: Il n’y a, parmi les Anciens, que Gennade qui ait parlé de cet * Auteur & de fon Ouvrage, avec le pape Gélafe , qui le met au nombre des livres apocryphes ; peut-être parce qu'il fuit lopinion de Papius, de Tertullien & de EaGtance , fur le regne de mille ans. Cet ouvrage a été lonig-temis dans l’obfcurité, Le P. Sirmond l'ayant trouvé dans un ancien manufcrit, M. Rigaud fe fervit de fa copie pour le donner au public en 1650. M, Davies l'a donné en 1711 à Cambridge , à - la fin de fon édition de Minucius Félix. On ne peut douter que l'ouvrage de Commodien ne {oit un ancien ouvrage. COMMONES | Commoni ÿ Kopuoyol , (b) peuple de la Nar- bonnoife | felon Ptolémée ; qui range fous ce nom Marfaille & plufieurs autres lieux le long de la côte , jufqu'à Fréjus incfve- ment, [l n’eft point connu d'ail: - leurs. M, de Valois aimeroit mieux que Ptolémée eût nommé en'cette place les Cenomani , que Caton le : cenfeur , au rapport de Pline ; difoit avoir habité ptope Maff- liam , in Volcis. On {çait par Tire-Live, que les Phocéens qui fonderent Mar{eille ; fürent fecou fus par les Salyes, habitans du pais ; par les Gaulois, que Bello- vèle conduifoit.en Italie. L'hflo> tien nomme parmi eux les Au lerci, ce qui peut défigner des _ (a) Crév. Hift. des Emp. Fom. VI} pag. 175, Tit, Liv. L, V,c. 24 L XXL . P-_369: ; eo (ë) Ptolem, L, IL c, 10. Plin, T. 1, | d'Anvill, 26. NoOtic, de la Gaul, par: M, N CO Cenomani., dont quelque déta- chement aura pris le parti de s'é- tablir dans le même canton que venoient occuper des étrangers. Quant à la mention qui eft faite ici des V’olce, on ne fçauroit dou- ter que les Arecomict n'aient poflédé des terres au de-làa du Rhône ; maïs, on a peine à croi- re que ces pofleffions s’étendif- fent jufqu’à Marfeille & au de:-là. Quoi qu'il en foit, M. d'Anville dit qu’il n’a point hazardé de fup- primer les Commones de Ptole- mée. Il faut les regarder, ajoûte- t-il, comme faifant partie de la nation des Salyes, dont le nom s’eft étendu jufqu’à la côte. On. lit dans Tite-Live, en parlant du pere de Scipion l’Africain: Pre- ter oram Étrurie, Ligurumque , € inde Salyum , mox pervenit Maf- flliam. COMMOTACUEUM , oz COMMENTACULUM , où Com- METACULUM, petit bâton que les Flamines avoient à là main, & avec lequel ils écartoient le peuple dans leurs facrifices. COMMOTIES ,; Commotie , ñom des nymphes qui habitoient le lac Cutilienfis. Comme il y avoit dans ce lac une ile flotran- te, on donna à ces déefles l’épr- thete ou le furnom de Commo- es. : : : _COMMUN,, Communis ; épithete que l’on donnoit à plu- feurs divinités, mais fur tout à Mars , à Bellone &àla Vidtoire, parce que fans aucun épard pour le culte qu’on leur rendoit, elles (a) Cicer, Orat, pro Q. Ligar, C, 29e CO: FE protégeoïent indiftinétement ami & l'ennemi. Les Latins appel- loient encore Du communes ; ceux que les Grecs nommoient &Covor ; ils n’avoient aucun département particulier au ciel ; on les hono- roit toutefois fur la terre d'un culte qui-leur étoit propre ; telle étoit Cybele. On donnoit aufh l'épithete de Communs aux dieux reconnus de toutes les nations; comme le Soleil, la Lune , Plu= ton, Mars, &c. COMMUNICATION , (2) figure de Rhétorique, par laquelle: l’orateur , für de la bonté de fa caufe., ou afleétant de l'être, s'en rapporte fur quelque point à la la décifion des juges , des audi- teurs , même à celle de fon ad= verfaire. Cicéron l’employe fou- vent ainfi dans l’oraifon pour Q: Ligarius : Qu'en penfez- vous, dit-il à Céfar ?. Croyez-vous que. je fois fort embarraflé à. défendre Q. Ligarus ? Vous femble-t-il que je fois uniquement occupé de fa Juflification ? Ce qu'il dit après avoir pouflé vivement Q. Fubé- ron , qui étoit l’accufateur de Q. Ligarius. Et dans celle pour Caius Rabirius, il s’adrefle ainfi à La- biénus fon adverfaire : Qu'euffrez- vous fait dans une occafion aujfr délicate , vous qui priîtes la fuite par lâcheté, tandis que la fureur 6 la méchanceté de Saturnin vous. appelloient d’un côté au Capitole, éque d’un autre les Confuls implo= roient votre fecours pour la défenfe de la patrie & de la liberté ? Quel- le aurorité auriez-vous refpebiée ? 12 Co Quelle voix auriez-vous écontée ? Quel parti auriez-vous embraffe ? Aux ordres de qui vous feriez- vous foumis ? Cette fisure peut produire un très-bon effet, pour- vu qu’elle foit placée à propos. COMON, Comon, Kouav, (a) chef des Mefléniens, eutla prin- cipale part à l'expédition de l'ifle “deSphaltérie. Dans la fuite, les Mefléniens ayant été chaflés de :Naupaêlte par les habitans de La. cédémone, pañlerent les uns en Sicile, les autres à Rhégium chez leurs compatriotes, & d’autres en plus grand nombre chez les Évef- pérites, peuples de Libye , qui fe Voyant continuellement harcelés par les barbares de leur voifnage, invitoient volontiers les Grecs à venir s'établir dans leur pais, Ceux, qui prirent le parti d'aller en Libye , eurent pour chef Co- on, [ eut uñ jour un fonge fort ex- traordinaire. Il lui fembla qu'il étoit couché avec fa mere, qui . Pourtant n'étoit plus au monde, êt qu'en fe levant il l'avoit laïflée pleine de vie; d'où il augura que Jui & fes Mefléniens pourroient revenir à Naupale par le fecours des Athéniens, qui alors étoient fort puiffans fur mer. Plufieurs au- tres fonges sembloient aufli an- noncer le rétabliflement de Mef- fène. Et en effet, peu d’années après, les Lacédémoniens ne pu- rent éviter à Leuétres le malheur dont ils étoient menacés depuis Jong-tems; car, l'oracle qui fut. rendu à Ariflodème, finifloit par ces deux vers : (a) Pauf, Pr 264 ; 266% ES La fortune à fon gré difpenfe fes faveurs, Tantôt l’un , tantôt l’autre éprou= ve fes rigueurs. La Pythie vouloit dire qu’Arifto- dème & les Mefléniens feroient vaincus , mais que les Lacédémo- niens le feroient auf à leur tour. Les Thébains, ayant donc rem- porté une grande & mémorable viétoire fur les Lacédémoniens , à Leuêtres, députerent auf - tôt en Italie, en Sicile, chez les Évefpérites, & par tout où il Y avoit des Mefléniens , pour les inviter à revenir dans le Pélopon- nèfe. [l n’eft pas croyable avec quel empreflement ces fugitifs accouturent tous ,. également tranfportés d'amour pour leur patrie , & de haine contre Lacé- démone. COMPARAISON, Compa- ratio , figure de rhétorique & de poele ;, qui fert à l’ornement & à l'éclairciflement d’un difcours ou d’un poëme. Les Comparaifons font appel- lées par Longin & par d’autres Rhéteurs, icones, c’eft-à-dire , images ou reflemblances. Telle eft cette image, pareil 4 La fou- dre, 1] frappe, &c. Il fe jette com= ne un lion, &c. : Toute Comparaïfon eft donc une efpece de métaphore. Mais, voici la différence. Quand Ho- mère dit qu’'ÆAchille va comme un lion, c'eft une Comparaifon; mais quand il dit du même héros: Ce lion s’élançoit , c'eft une méta- phore. Dans la Comparaïfon ce C O héros reffemble au dion ; & dans la métaphore, le héros eft un lion. On voit par-là que quoique la Comparaïfon fe contente de nous apprendre à quoi une chofe ref- femble , fans indiquer fa nature, elle peut cependant avoir lavan- tage au-deffus de la métaphore, d'ajoûter, quand elle eft jufte, un nouveau jour à la penfée. Pour rendre une Comparaïfon jufte , il faut; 1.° Que la chofe que l'on y employe, foit plus connue , ou plus aifée à conce- voir, que celle qu’on veut faire _ connoître; 2,° Quäl y aic un rapport convenable entre l’une & l'autre ; 3.° Que la Comparaifon foit courte autant qu'il eft pofhble, & relevée par la juftefle des ex- preffons, Ariftote reconnoït dans fa rhétorique , que f les Compa- raïfons font un grand-ornement dans un ouvrase, quand elles font juites, elles le rendent ridi- cule, quand elles ne le font pas. Ïl en rapporte cet exemple: Ses Jambes font tortues ainfi que le per= fil. Non feulement,les Comparaïfons Een être juites, mais elles ne oiventètre ni bafles, nitriviales , ni ufées ,ni miles fans nécefhté, ni trop. étendues, ni trop fouvent répétées. Elles doivent être bien choifies. On peut les tirer de tou- tes fortes de fujets, & de tous les ouvrages de la nature. Les dou- bles comparaifons, qui font nobles &t bien prifes, font un bel effet en poëfie; mais, en profe, l’on ne doit s’en fervir qu'avec beau- coup de circonfpettion. Les cu- fieux peuvent s’inftruire plus am- €o 13 plement dans Quintilien. ; Quoique nous adoptions les Comparaifons dans toutes fortes d’écrits en profe , il eft pourtant vrai que nous les goûtons encore davantage dans ceux qui tracent la peinture des hommes, de leurs pañhons, de leurs vices & de leurs vertus, _. COMPARATIF, Compara- tivus , terme de Grammaire. Pour bien entendre ce terme, äl faut obferver que les objets peu- vent être quahfiés ou abfolument fans-aucun rapport à d’autres ob- jets, on relativement, c’eft-à- dire, par rapport à d’autres ob- jets. Lorfque l’on qualifie un objet abfolument, l'adjectif qualificatif eft dit être au pofitif., Ce pre- mier degré eft appellé poñri, parce qu'il eft comme la première … pierre, qui eft pofée pour fervir de fondement aux autres degrés de qualification. Ces degrés font appellés communément degrés de comparaifon : Céfar étoit vaillant, le foleil eft brillant ; vaillant & brillant font au pofitif. Quand on qualifie un objet re- lativement à un autre ou à d'au- tes; alors il y a entre ces objets où un rapport d'égalité, ou un rapport de fupériorité, ou enfin un rapport de prééminence. _. S'il y a un rapport d'égalité, l'adjeétif qualificatif eft toujours. regardé comme étant at-pofitif ; alors, l’épalité eft marquée par des adyerbes æque ac , tam qguam ita ut, & en François par axtant que, aufli que : Céfar étoit auffr brave qu’ Alexandre l'avoir été : fi ï4 eO-- nous étions plus proche des étoiles, elles nous parottroient auffi bril- Jantes que le foleil ; aux équinoxes les nuits font anfft longues que les Jours. Lorfqu’on obferve un rapport de plus, ou un rapport dé moins dans la qualité de deux chofes comparées , alors ladje&tif, qui énonce ce rapport , eft dit être au Comparatif; c’eft le fecond degré ‘de qualification, ou , comme on dit, de comparafon: Perrus eff doëior Paulo , Pierre eft plus -fçavant que Paul ; Ze foleil eff plus brillant que la lune ; où l’on voit qu'en Latin le Comparatif eft dif- tingué du pofñtif, par une termi- natfon particulière , & qu’en Fran. çois il eft diftingué par l'addition du mot plus où du mot moins. Enfin, le troifième degré eft appellé fuperlatif. Ce moteft for- mé de deux mots Latins fuper, au-deflus, & latus', porté ; aïnf le füperlatif marque la qualité portée au fuprême degré de plus où de moins. Ily a deux fortes de faperlatifs <n François; 1.9 Le fuperlatif abfoln que nous formons avec les mots frès , fort, extrémement ». & ‘quand il y a admiration, avec. bien: "Il eff bien raifonnable. Très vient du Latin ter, trois fois, trés-grand , c'eft-à-dire,‘frois fois grand ; fort eft un abrégé de for- tement, s 2.9 Nous avons encore le fu- perlatif relatif: 17 eff le plus rai- fonrable dés fes freres, 2e = Nous n'avons en François de Comparatif en un feul mot que, meilleur, pire & moindres | CO -» Notre langue, dit le pere » Bouhours, n’a point pris de fu- » perlatifs du Latin; elle n’en a. » point d'autre que généraliffime, » qui eft tout François, & que à » M. le Cardinal de Richelieu fit. » de fon autorité, allant com- » mander les armées de France -» en Îralie, finous en croyons M, » de Balzac. « Nous avons emprunté des [ta- liens cinq ou fix termes de dignités, dont nous nous fervons en certai- nes formules, & auxquels nous nous contentons de donner une terminaifon Françoife , qui n’em- pêche pas de recoanoître fon ori- gine Latine ; tels font, révérendif- Jime ; Uuftriflime , excellentiffime, ernLIMerLt1/f11n1e. Ïl y a bien de l'apparence , que file Compäratif & le fuperlatif des Latins n'avoient pas été dif- timgués da poñtif par des termi- naïfons particulières , comme le rapport d'égalité ne left point, il. y a, dis-je, bien de l'apparence que les termes de Comparatif & de fuperlatif nous feroient ins connus. Les Grammairiens ont obferyé ‘qu'en Latin le Comparatif & le fuperlarif fe forment du cas en du pofitif . en ajoûtant or pour le mafculin & pour le féminin, & us pourle genre neutre, On ajoû- te Jimus au cas en i, pour former le faperlatif; ainf, on dir: fanc- us, [anti ; fanéior, fancius, Jandiffémus ; fortis , fortis , fort; fortior, fortius, foruffimus. Les adje@ifs , donc le poñtif eft terminé en er, forment auf leur Comparatif du caseni, pulcher, . C O pulchri, pulchrior ; pulchrius ; mais , le fuperlatif fe forme en ajoûtant rimus au nominatif maf- culin du poñitif, pulcher, pulcher- FIMUSs Les adjectifs en /s fuivent la regle générale pour. le Compara- tif, ue , facilis, facili, fa- cilior, facilius; humilis, humilrs, humil:, humilior, humilius ; fr- milis.,fimilis , fémili, fimilior, ft milius ; mais, au fuperlatif , on dit facillimus, humillimus, /fi- millimus ; d’autres fuivent la re- gle générale , utilis , utilior, uti- Liimuss 2e - Plufiéurs noms adje@ifs n'ont ni Comparatif, ni fuperlatifs ; tels font: romanus", patrius , duplex, lesitimus, claudus', unicus, dif. par; egenus , &c. Quand on vent exprimer un degré de Comparai- fon, & quele pofitif n'a ni Com- paratif, ni fuperlatif, on fe fert de magis pour marquer le Com- paratif, @& de vz/ldè-ou de maxi. nè pour le fuperlatif, : On-peut auffi s’en fervir avec les adje&tifs qui ont un Compa- #atif@& un fuperlatif. On dit fort bien, magis doëtus, & valdi ou maxime dofus. Les noms adje@ifs , qui ont au pofitif une voyelle avant us, com- me arduus, plus, n'ont point or- dinairement de Comparatif, ni de fuperlatif, On évite ain le bâille- “ment, que feroit la rencontre de plufieurs voyelles de fuite, fi on difoit, arduior, piior ; on dit plu- #tÔt magis arduus, Mmagis pius ; cependant , on dit päffimus , qui ‘n’eft pas fi rare que prior, Ce mot pilfrmus étoit nouveau du tems de CO L: Cicéron. Marc - Antoine ne hazardé , Cicéron le lui reprocha en plein Sénat. On trouve pa/k- nus dans les anciennes Infcrip- tions ; @& dans les meilleurs Au- : teurs poftérieurs à Cicéron. Ain- fi, ce mot-qui commençoità s’in- troduire dans-le tems de Cicéron, fur enfuite autorifé par lufage. Ï} ne fera pas inutile d’obferver ‘les quatre adje@tifs fuivans, o- nus, malus, magnus parvus 3 is. n'ont ni Comparatif ni faperlaz tifqui dérivent d'eux-mêmes. On y fupplée par d’autres mots qui ont chacun une origine particuhè- re. Bonus, bon, a, au Compa- ratif , melior , meilleur , & au {u- perlatif, opéimus , fort bon. Mz- lus, mauvais, a, au Comparatif, pejor,pire , plus mauvais, & au fuperlatif , peffimus , très-mauvais. Magnus, grand, a, au Compa- ratit, #4j0r, plus grand, d'où vient majeur , & au fuperlatif, maximus, très -grand. Parvus, petit, a , au Comparatif, wznor, plus petit, de-là mineur, & au fuperlauf, mnimus, fort peur. Voffius croit que #elior vient «de mapis velim , où malim ; Mar- tinius & Faber le font venir de mé, qui veut dire cure eff, gratum et , uenérw, cura. Quand une chofe eft meilleure qu'une autre, onen a plus de foin, elle nous eft plus chere ; mea cura,. fe difoit en Latin de ce qu’on ai- moit, Perrotus dit que rrelior eft ‘une contraétion de #e/lirior , plus doux que le miel, commeona dit zeronior , plus cruel que Né- ron. Plaute a dit pœztor , ples Carthaginois, c'eft-a-dire , plus 22 C O tus , KéuŸaærce, fleuve de Thra- ce, dont parle Hérodote. Foyez Biftonis. COMPSE ; Compfa , Koua, (a) ville d'Italie, fituée vers la fource du fleuve Aufdus, dans le pais des Hirpins. Après la ba- taille de Cannes, Annibal fat appellé dans ce païs par Sratius, qui lui promettoit de lui livrer la ville de Compfe. Deux ou trois ans après , le bruit courut que dans un temple de Jupiter Vici- linus, fitué dans le territoire de cette ville, l’on avoit vu des f- gures de vaifleaux de guerre, & entendu le bruit des armes des {ol- dats qui les montoient, , Pendant la guetre civile, Mi- lon qui avoit pris le parti de Pom- pée , voulut s'emparer de Comp- fe; mais , il fût tué d’un coup de pièrre, qu'on lui jetta de deflus les murailles, fur quoi ileft bon d'obferver-que Glandorp ayant Ju dans Jules Céfar au fujet de cet évenement Cofam in agro Tu- rino , a très-bien corrigé , Comp- Jam in agro Hirpino. Le nom moderne eft Confa: mais, cette ville qui avoit le titre d'Archevêché , étoit déjà réduite à très-peu de chofe , lorfqu’en 1694 , le 8e feptembre, un trem- blement de terre la ruina entière ment , avec toutes les villes, bourgs & villages de ce diocèfe; enforte qu'on ne peut pas même Ca) TiteLiv.E. XXII. c: r, E, XXIV. ; . € O reconnoitre-le lieu/où - étoit à Métropole. L’Archevêque réf- doit avant cet événement au châ- teau de S. Menua. | Î] convient d'obfervèr que Pto-. lémée donne la ville de Comple aux Lucaniens. Comme elle étoit fur les confins de ce peuple & des Hirpins, elle a pu appartenir tan- tôt auxuns, tantôt aux autres. Les. habitans font appellés Compfains. dans Pline. ; COMPULTERIE , Compuls feria ; (h) ville d'Italie dans la. Campanie, Cette ville, durant la. feconde guerre Punique , ayant abandonné le parti des Romains, fe déclara en faveur des Cartha-. ginois. Mais, Fabius la reprit de. force. Il y prit en même tems. ceux qu'Annibal y avoit mis en. garnifon, & un grand nombre de Campaniens. » Près de Calatia au de-[à du » Vulturne étoit , dit Mattheo » Égitio, la Compulteria des An. » ciens, que les Géographes ont. » cherchée en vain jufqu'à cette » heure, parce qu'ils ont ignoré » qu'à-une petite lieue de Caïazza ».1l y a une abbaye , qui dans les » vieilles chartres eft appellée » Santa Maria ad Cubulrere ; ce » qui. marque aflez clairement »_ que Compulteria’ a été dans cet. » endroit. « | COMUM , Comum , Kôuw.. (c) ville d'Italie, qui,\ au rapport (e) Juit. L. XX. c. $&. Plin. Tom. L © 20; 49. Cæf. de Bell. Civil. L. II, | p. 174. Prolem. L. 1IL. c. 1. Strab. pag p:-6or. Plin. Tom..I..pag. 167. Piolem. EI. c. r. Vell. Paterc, L, II: c, 68. (@) Tir. Liv. L. XXIII, c, 39. E. XXIV,Gc.20 SE RD re 192 3 204, 206, 213. Tit. Liv. L. HI, c: 36. Roll. Hif, Anc. Tom, VI, pags 370 » 37% C O de Juflin , fat bâtie par les Gau- “lois, lorfque ces peuples eurent paflé les. Alpes fous la conduite de Brennus. Il y a d’autres fenti- mens fur la fondation de cette ville. Pline rapporte ceux de Ca- ton & de! Cornélius Alexander, dont l’un attribuoit l’origine de cette ville aux Orobiens, & l’au- tre aux Grecs, quis’étoient établis dans les montagnes des environs. La ville de Comum, felon Pto- lémée , appartenoit aux Infu- briens ; & elle étoit fituée, fui- vant Strabon, fur le bord du lac Larius au pied des Alpes. Ce ne fut au commencement qu’une ville médiocre, Les Rhétiens , qui ha- bitoient au-deflus de cette ville du côté de l'Orient , l'ayant rui- née, elle fut rétablie par Pom- peius Strabon. , pere du grand Pompée. Enfuite, C. Scipion y envoya une colonie d'environ trois mille hommes. Céfar y en envoya encore une autre de cinq mille hommes, dont cinq cens,, étoienc des Grecs très-illuftres. Il leur accorda le droit de bourgeoi- fie ; cependant, ces Grecs ne fixerent point leur demeure à Co- mum. Mais , ils laiflerent leur ñom à cette colonie, enforte que tous les habitans s’appellerent de- puis Néocomiens , ou nouveaux Comiens , & la ville Novoco- mum, Cette ville a produit de grands Hommes. Le poëte Cécilius, à qui Catulle adrefle fa trente-fixiè- me épigramme , étoit natif de Comum. Pline le jeune, qui a écrit des lettres, neveu de Pline, auteur de l’Hiftoire Naturelle, en CO 2 étoit aufh, au rapport de — dans les vies des Hommes illuf- tres. Paul Jove y prir encore naïf. fance , aufi-bien que Benoît Jove, dela même famille. C’eft aufli la patrie du. pape Innocent XI , de la maiïfon Odefcalchi. Les habitans. de Comum ; n'ayant point de maître chez eux pour inftruire leurs enfans, étoient obligés de les envoyer dans d’au- tres villes. Pline, qui avoit pour fa patrie un cœur de fils &c de pere , fit fentir aux habirans quel avantage ce feroit pour la jeu- neffe d'être élevée dans Comum même, » Où, dit-il aux parens, » leur trouver un féjour plus » agréable que la patrie? où for= : » mer leurs mœurs plus färement » que fous les yeux ües peres & » des meres ? où {es-entretenir à » moins de frais que chez-vous ? » neft-il pas plus convenable » que vos enfans recoivent l'é- » ducation dans le lieu même, » où ils ont recu la naiflance., & » qu'ils s’accoûtument dès l'en- » fance à fe plaire , à fe fixer » dans leur pais natal ? .« Il offrit de contribuer du tiers à fonder les appointemens des maitres, & crut devoir laifler les parens chargés du refte, pour les rendre plus attentifs à choifir de bons maîtres par la néceffité de la contributfon, & par l'intérêt de placer utilement leur dépenfe. Il ne borna pas-là fon bienfait ; car , comme il le dit ailleurs la libéralité ne fçait point s'arrêter, & plus on en fait ufage , plus on en fent la beauté. Il ÿ fonda une bibliotheque , avec - des penfons-annuelles pour uq iv naar Chen ET AS ME CE di " 24, CO certain nombre de jeunes gens de famille, à qui leur mauvaife fortune avoir refufé les fecours néceffaires pour étudier. Il avoit accompagné la dédicace de cette bibliotheque d'un difcours, qu'il prononça en préfence feulement des principaux de la ville, On l'appelle aujourd’hui Come ou Como, ville épifcopale dans le Milanez. Aurefte, on prétend qu'ii faut diftinguer entre l’an- cienne & la nouvelle ville de Come, & qu’il y a une demi-lieue de l’une à l’autre. - COMUS , Comus , Kouos , (2) dieu des feftins. Comme le Paganifme avoit des dieux qui préfidoient à toutes les aétions de la vie, il falloit bien qu'il y en eûtun pour les feftins & la bonne chere, qui font une des plus fé- rieufes occupations de bien des gens. Comus cependant, dont la fonétion étoit d'y préfider , ne nous feroit prefque connu que de nom, fans Philoftrate qui en fait mention dans un de fes ta- bleaux, Cet Auteur peint ce dieu, comme étant à la porte de la chambre de deux jeunes époux, qui communique à une falle où fe donnent le feftin & le bal. Jeu- : ne & rempli vin, la face enlu- minée , 1l dort de bout, & avan- ce la tête qui eft couronnée de rofes, & {on cou demeure caché. Il paroïtappuyé de la main gau- che far un pieu, mais le fommeil Jui fait lâcher prife ; & comme ‘il chancelle , la torche allumée, ta) Myth. par M. PAbb. Ban, T.I, De 34%: Le V, p. 263. & Juive CO qu'il tient de la droite, femble lui tomber de la main. Comus, craignant de fe brûler , femble approcher la jambe gauche de la. droite, tourne la torche vers la gauche , & cherche à en évitet la vapeur ; en éloignanit la main des genoux. La tête étant baiflée, on voit peu fon vifage ; mais, là. lumière qui tombe fur le refte du corps, le laifle appercevoir ; por- trait de fantaifie , comme tous les : autres de cet Auteur; mais, il eft | aifé d'y appercévoir le dieu de la joie & des feftins, Quelques Mytholopues déri- vent le nom de Comus du mot XœuaCev , Comeffari ; manger, fai= à re bonne chere ; mais, d’autres le font venir, peut-être avec autant de raifon , d’une efpèce de chan- fon, que les Anciens appelloient Comos. Car, fi l’on mange & boit dans les feftins joyeux, il eft auffi ordinaire qu’on y chante ; & comme on avoit des chanfons pour les différens états de la vie, il y en avoit pour les repas & pour les feflins qui s’appelloient | du nom que l’on vient de dire, Vigénere , fçavant commentateur de Philoftrate , s’eft donné la pei- ne d'expliquer toutes les attitudes da dieu dontil eft queftion ; mais, outre qu'elles ne font que le fruit de l'imagination de Philoftrate, elles font aifées à entendre. CONCAMERATA SUDA-. TIO. (2) On appelloit ainfi dans, les thermes , le lien où l’on pre noit la dernière difpoñtion pour (ë) Suppl, à PAntiq. expl. par D Bern, de Montf, Tom, I, pag, 168, ot CO les baïns. C’éroit la chambre chaude. CONCANA , Concana, (a) Korxaræ , ville d'Efpagne au pais des Cantabres dans la partie mé- ridionale de l’Afturie. C’eft ce que nous apprend Ptolémée, D'autres éditions de ce Géogra- phe lifent Coucana. Les habitans de cette ville font hommés dans Horace. Ce Poëte employe leur nom en fingulier : Latum equino fanguine Conca- LM, Acron, Eambin &r autres fça- vans Commentateurs l’entendent ‘ d'un peuple Efpagnol. Torrentius blâme Lambin d’avoir eu le mê- me fentiment; & comme il avoit lu que les anciens Scythes & les Tartares d'aujourd'hui fe faifoient un régal de boire du fang de che- val, il a prétendu que le Conca- nus d'Horace étoit un peuple de Scythie. M. Dacier appuie le fen- timent de Torrentius, comme s’il ne pouvoit pas y avoir eu en Efpagne, dont la plüpart des peu- ples étoient encore barbates du tems d'Horace , des pems qui au- roient eu pour le fang de cheval le même goût que les Scythes. Mais, plufieurs chofes détermi- nent à chercher en Efpagne le Concanus d'Horace , c'eft que l'on fçait qu'il y avoit une ville nom- mée Concana, & on ne le fçait pas de la Scythie. De plus, Silins Italicus parle certainément d’un peuple Efpagnol dans ces vers: CO» 2$ Nec x qui Maffageten monftrans … feritate parentem Cornipedis fufa fatiaris, Conca- 71e, VEN. Ortélius, qui fe trompe rare= ment dans le choix des opinions, croit qu’il ne faut point chercher le Concanus d'Horace, ni celui de Silius Italicus ailleurs qu'en Efpagne, dans la ville de Concana nommée par Ptolémée. Cette ville s'appelle préfente= ment Santillane, nom qui, dit- on, fignifie fainte Julienne. CONCANTI, Concanus. Voyez Concana. -CONGESSION , Concefho figure de Rhétorique, par laquelle l'orateur , für de la bonté de fa eaufe , femble accorder quelque chofe à fon adverfaire, mais pour en tirer foi-même avantage, où pour prévenir les incidens inutiles, par lefquels on pourroit l'arrêter. Par exemple : Je neveux pas con- tefler La réalité du contrat ; mais; je me récrie contre Jon injufhice; c’eft contre elle que j'implore le fe- cours des loix..... ile eft belle, il eff vrai ; mais , ne devroit-elle _ pas témoigner au ciel [a reconnoiïf- fance des faveurs qu'il lux a pro= diguées , par un vertucux ufage de fa beaute ? Cette figure eft très-fréquente dans les plaidoyers de Cicéron. Nous n’en citerons que ce traif de la cinquième Verrine: Eflo eripe hereditatents propinquis ; præ- dare in bouis alienis , everte le= a) Prolem, L, IL, ç, 6 Hora. L, HI, Ode 4. v. 24: f / / EN 26 CO ges , OC. num etiam amicum bo mis extirbare oportuit ? ec. CONCHOREÉIDE, (a) titre d'un Poème qu'il y atout lieu d’at- tribuer à Pancrate l’Arcadien ; & on croit que ce Poëme pouvoit : rouler fur les coquillages. CONCIONATRICES , (2) E wravoraoucar , titre d’une comé- die d’Ariftophane. Le deffein de cette comédie eft bizarre & hardi, comme celui de prefque toutes les pieces de cet Auteur ; la conduite eft naturelle, Fexécution pleine de fel & d'agré- ment. L’Auteur n'a manqué au- eune des fituations heureufes & des contraftes plaifans , que fon fujee pouvoit lui fournir; & l'en y retrouve, comme dans fes au- tres comédies, cette éloquence mâle & nerveufe, qui a fervi de modele aux orateurs Les plus {- FIEUX. On croit ordinairement que toute cette comédie ne tend qu’à tourner en ridicule le gouverne- ment d'Athènes. Samuél petit, fçavant critique, qui paroît avoir. fait une étude particulière de ce Poëte, y a été trompé. Après avoir établi que la comédie, dont x} s’agit, doit avoir été jouée la quatrième année de la. 96€ Olym. piade, fous l’Archonte Démoftra- : te, il ajoûte que ce fut probable ment dans les Panathénées, qui fe célébroient au mois Hécatom- béon, dans lequel les Arshontes & les Prytanes entroient en char- ge. Aufh , continue-t-il , toute + VS (y Mém. de l'Acad. Bel}, Lett. Tom, KIT, p.283, | C O cette piece roule fur l’adminifs tration de la République pendant cette année. Îl faut convenir quil s’y trouve plufieurs allufions a gouvernementgénéral d'Athènesss mais, ces allufions n’en font pa. la principale partie, elles ne pa: roiflent: venir qu'indirettement, & comme en paflant. Le Poëte femble rout occupé d'imaginer une nouvelle République, donrke principe fondamental fera la com munauté des biens, & par deut. conféquences néceflaires, la com. muüunauté des femmes & celle ds. enfans. C'eft cette idée qu'il atta-. que; tout le jeu de la piece né vai qu'à en faire fentir le ridicule, Or,s ces principes étoient tont-à-fai. étrangers au gouvernement d'A. thènes ; mais, ils font établis dans la république de Platon ; & certe). comédie n’a d'autre objet que dé critiquer, au moins fur cet artis cle ; la république dont Platon avoit dreflé le plan, C'eft la pen-. fée d’un ancien Grammairien. À. femble , dit-il, qu Ariftophant s'eff.propofé ici de, critiquer les. Philofophes ; à qui il en vouloit,\ & en particulier de tourner en-ri-. dicule la république de Platon. Cette réflexion jette un jour mer: veilleux fur toute la piece. Il y 2. plus, le Poëte s'exprime fur la. communauté de biens , de fem- mes & d’enfans , à peu près dans. les mêmes termes que le Philofo=. phe. Voici donc en deux mots le fujet de cette piece. | Les femmes d'Athènes , en: des Infcript, El (E) Mém. de lAcad, des Infcript. & |: Be I, Lette T, XXX, p.29, dfrivs CO nuyées de fe voir gouvernées par les hommes, forment le deffein de fe fouftraire à cette domina- tion , & veulent commander à. leur tour. Une d’entr’elles , nom- VER 7 074 mée Praxagora, femme avifée & entreprenante , comme fon nom le fait entendre , les autorife dans” cette idée, & leur repréfente élo- quemment que les chofes en iront beaucoup mieux. En conféquence elle donne le projet d'une nou- velle République ; elle en drefle les flatuts , & établit pour princi- pe fondamental , que tous Îles citoyens apporteront dans la place publique leurs biens en commun, _ en forte que perfonne ne pourra plus pofléder rien en particulier; elle veut même qué les femmes & les enfans foient en commun, à condition cependant que, quant aux femmes , on ne pourra fon- ger à celles qui ont la jeunefle & la beauté en partage, qu'après les vieilles & les laides. Cette con- dition donne lieu à plufieurs fcè- nes tout-à-faic plaifantes , quiter- minent la piece. Voilà le fujet de certe comédie. … -CONCEAVE, Conclave, (a) Ce qu'on appelloit Conclave étoir un lieu fecret, & qu’on fermoit _à clef felon Donäat. Ce nom fe prenoit auf pour un quartier dé maiïfon, divifé en plufeurs chambres fermées à clef, qui ré- pondoient à la falle à manger. Conclave fe prend encore dans une fignification plus générale, pour un lieu renfermé. C’eft ainfi que l'a pris Cicéron, quand il dit CE O 27 que le Conclave où Scopas don- noit à fouper , tomba fur les con- vives. Quintilien & Valère. Ma- xime, qui rapportent la même Hiftoire, au lieu de Conclave, fe fervenc du mot de Friclinium. CONCLUSION, Conclufio , terme de philofophie. C’eft ainfi qu'on appelle la propofñtion qu’on avoit à prouver, & qu'on déduit des prémifles. On donne auffi le même nom gé- néralement en logique, métaphy- fique, morale, & phyfique fcho= laftique , aux différentes propofi= tions qu'on y démontre, & aux démonfirations qu'on employe à cet effet. Ainfi, l’exiflence de Dieueft une Conclufion de mé- taphyfique, On intitule en ce fens les thefes qui ne font que des po- fitions de philofophie , rédigées par paragraphes : Conclufions. de philofophie ; Conclufiones philofo= hie. - CONCLUSION, Corclufos terme de rhétorique. C’eft la der- nière partie du difcours , celle qui la termine. Elle comprend elle- même deux parties, où pour mieux direellea deux fortes de fonétions; la première confifte à faire une courte récapitulation des principa- les preuves ; la feconde confifte à exciter dans l'ame des Juges où des auditeurs, les fentimens qui peuvent conduire à la perfuafon, La première partie demande beau- coup de précifion , d'adteffe, & de difcernement, pour ne dire que ce qu'il faut, & pour rappel- ler en peu de mots & par des (a) Antiq.-expl. par D. Bern. de Montf, Tom, IN, P: 1014 28 Eo —- tours variés l'eflentiel & la fub- ance des preuves qu’on a dé- ployées dans le difcours. Mais ; Péloquence réferve fa plus grande force pour la feconde partie ; c'eft par le fecours du pathérique qu'elle domine & qu'elle triom- he. F CONCOLÉROS , Concole- 708 ; (a) nom qu’Eufebe donne à Sardanapale, = CONCORDANCE » terme € grammaire. Pour bien entendre ce terme, il faut obferver que felon le fyflême commun des Grammairiens, la Syntaxe fe divife en deux ordres, l’un de conve- hance , l’autre de régime, La fyntaxe de convenance , c'eft l’uniformité ou reflemblance qui doit fe trouver dans la même Propofition ou dans la même énonciation, entre ce que les Grammairiens appellent les acci- dens des mots ; tels fonc le genre, les cas [ dans les langues qui ont des cas }, le nombre & la per- fonne; c'eft-à-dire . que fi un fübflantif & un adjectif font un fens partiel dans une propofition, A qu'ils concourent enfemble à. former le fens total de cette pro- Pofition, ils doivent être an même genre ; au même nombre, & au imême cas. C’eft ce que nous appellons uniformité d’accidens : c'eft ce qu’on appelle d’ordi- aire Concordance ou accord. Les Grammairiens diftinguent plufieurs fortes de Concordan- ces. = 1.9 La Concordance ou con- CO: venañce de l’adje@if avec foi fubfantit; Deus Sondtus , Die Saint ; Santa Marin > Saint Marie. “74 2.8 La Concordance du relatl avec l’antécédent ; Deus quen adoramus ,le Dieu que nous ado: rons, 3.° La Concordance du nomi: fatif avec fon verbe ; Petrus lepi, Pierre lit; Perrus & Paulus les Sunt, Pierre & Paul lifent. L 4.© La Concordance du ref. ponfif avec l'interrogatif, c’eft-à dire, de la réponfe avec la de mande ; D, Quis te redemit ? R. Chriftus, : 5° À ces Concordances, la . méthode de P, R, en ajoûte en- à core une autre, qui eft celle des l'accufatif avec linfinitif; Petrum effe dotfum ; ce qui fait un fens à qui eft, ou le fujec de la propofi-\ tion , ou le terme de lation d'un. verbe. è À l'égard de [a fyntaxe ‘de rés. gime, répir, <difent les Gram- mairiens , c’eft lorfqu’un mot en - oblige un autre à occuper telle ou … telle place dans le difcours , ‘ou qu'il jui impofe la loi de prendre une telle terminaifon, & non pas une autre, C’eft ain que amo ré- + git, gouverne l’accufacif , &c que les prépoñitions de , ex » Pro , Gt Bouvernent l’ablatif. : Ce qu'on dit communément fur ces deux fortes de fyntaxes , ne Paroït qu'un langage métaphori- que , qui n'éclaire pas l'efprit des Jeunes sens, & qui les accoûtume SIRFET EE C4) Mém, de l'Acad, des Infcript, & Bell, Let, Tom, If, pag, 346. “ CO à prendre des mots pour des cho- fes. Il eft vrai que l'adjectif doit convenir en genre , en nombre & en cas avec fon fubflantif; mais pourquoi? Voici, ce femble, ce qui pourroit être utilement fubfti- tué au langage commun des Grammairiens, Il faut d’abord établir comme un principe certain, que les mots n’ont entreux de rapport gram- matical, que pour concourir à former un {ens dans la même pro- pofñtion , & felon la conftruétion pleine ; car, enfin, les terminai- fons des mots & les autres fignes que la grammaire a trouvés éta- blis en chaque langue, ne font que des fignes du rapport, que l’efprit conçoit entre les mots, felon le fens particulier qu’on veutluifaire exprimer. Or, dès que l’enfemble des mots énonce un fens, il fait une propofition où une énoncia- tion. Ainfi, celui qui veut faire en- tendre la raifon grammaticale de quelque phrafe, doit commencer par ranger les mots felon l’ordre fucceffif de leurs rapports, par lefquels feuls on apperçoit, après que la phrafe eft finie, comment chaque mot concourt à former le fens total. Enfuite , on doit exprimer tous les mots fous-entendus. Ces mots font la caufe pourquoi un mot énoncé a une telle terminaifon ou une telle poñtion plutôt qu’une autre. Æd Cafloris , il eft évident que la caufe de génitif Cafloris n'eft pas ad, c'eft ædem qui eft fous-entendu ; 44 ædem Caftoris , au temple de Caftor. Voilà ce CO 29 que l’on doit entendre par faire la conftruétion; c’eft ranger les mots felon l’ordre par lequel feul ils font un fens. Il-eft vrai que felon la conf- truétion ufuelle, cet ordre eft fou- vent interrompu; mais, obfer- vez que l’arrangement le plus élé- gant ne formeroit aucun fens, fi après que la phrafe eft finie , l'ef- prit n’appercevoit l’ordre dont nous parlons. Serpentem vidi. La terminaifon de /erpentem annonce l’objet que je dis avoir vu; au lieu qu’en françois la potion de ce mot qui eft après le verbe , eft le figne qui indique ce que j'ai vu. Il faut remarquer qu'il n’y a que deux fortes de rapports entre les mots, relacivement à la con{- truétion ; fçavoir , le rapport, ou raifon d'identité , & le rapport de détermination. 1.9 À l'égard du rapport d'i- dentité , il eft évident que le qua- liicatit ou adje@tif, aufli-bien que le verbe, ne font au fond que le fubftantif même, confidéré avec la qualité que l’adje@if énonce , ou avec la manière d'être, que le verbe attribue au fubftantif; ainfi, l'adjeétif & le verbe doivent énoncer les mêmes accidens de grammaire , que le fubftantif a énoncés d'abord; c’eft-à-dire < que fi le fubftantif eft au fingulier, l'adjeétif & le verbe doivent être au fingulier, paifqu'ils ne font que le fubftantif même confidéré fous telle ou telle vue de l’efprit. I en eft de même du genre, de la perfonne & du cas dans leslan- gues qui ont des cas, Tel eft l’ef fet du rapport d'identité, & c’eft 20 CO ce qu’on appelle Concordance. 2.9 À légard du rapport de détermination , comme nos ne ‘pouvons pas communément énon- cer notre penfée tout d’un coup , en une feule parole, la néceflité de l’élocution nous fait recourir à plufieurs mots, dont l’un ajoûre à la fignification de l’autre, ou la reftreint & la modifie; enforte : qu’alors c’eft l’enfemble qui forme le fens que nous voulons énoncer. Le rapport d'identité n’exclac pas le rapport de détermination. Quand on dit Fhomme feavant , ou le /cavant homme, fcavant modifie , détermine homme; cependant , il y a un rapport d1- dentité entre homme & fçavant, puifque ces deux mots n’énoncent qu'un même individu , qui pour- roit être exprimé en un feul mot, dolor , docteur. Mais, le rapport de détermi- nation fe trouve fouvent fans celui d'identité. Diane étoit fœur d’A- pollon, il y a un rapport d'iden- titéentre Diane & Jœur ; ces deux mots ne font qu'un feul & même individu ; & c’eft pour cette feule raifon qu'en Latin ils font au mé- me cas, &c. Diana erat foror. Mais, il nya qu'on rapport de détermination entre /œær& Apol- lon. Ce rapport eft marqué en Latin par la terminaifon du géni- tif, deftinée à déterminer un nom d’efpèce , foror Apollinis ; au Leu qu’en François le mot d’Æ4po/lon eft mis en rapport avec /œur par la prépoñition de ; c'eft-à-dire , que cette prépofñtion fait connoi- tre que le mot qui la fuit, déter- mine le nom quila précede, NI: ue CO Pierre aime la vertu ; 1 y 4 Concordance au rapport d'identis, té entre Pierre & aime; & il ya. rapport de détermination entré. aime @ vertu En François @ rapport eft marqué par la place où poñtion du mot; ainfi, vertu et après aime ; au lieu qu'en Latin cs rapport eft indiqué par la termi-… naifon vzrrutem , & il eft. indifé=. rent de placer le mot avant où, après le verbe. Cela dépend, où du caprice & du goûr particulier, de Écrivain, où de l’harmonie du concours plus où moins agréa= ble des fyllabes des mots qui pré cédent où qui fuivent, ë Îl y a autant de {ortes de rap. ports de détermination, qu'il vas de queftions qu’un mot à détermi« ner donne lieu de faire; par. exemple, Ze Roi a donné, Ke. quoi ? Unepenfion, Voilà la dé. termination de la chofe donnée}. mais, Comime penfon eft un nom’. appellatif on d’efpèce ; on le dé- termine encore plus précifément | en ajoûtant, wre penfion de ceñt | pifioles ; c’eft la détermination du nom appellatif où d’efpece, On | demande encore 4 qui? On ré. pond , 4 N. C’eft la détermination - de la perfonne 4 gui; c’eft le rap port d'attribution, Ces trois fortes « de déterminations font auf direc- tes l’une que l’autre, LS RE OLA NAN EE 1.9 Un nom détefmine un nom d’efpece, foror Apollonis, 2,9 Un nom détermine uñ verbe 40 Deum, 3.2 Enfin, un nom détermine une prépofition, 4 morte Cafariss | depuis la mort de Céfir, — - : y SPAS CO Pour faire voir que ces prin- cipes font plus féconds , plus lumineux , & même plus aifés à faïfirque ce qu'on dit communé- ment, faifons-en la comparaifon & l'application à la regle commu- ne de Concordance entre l'inter- ropatif & le refponff.. Le réfponff, dit-on , doit être au même cas que l'interrogatif. D. Quiste redemir? R. Chrif- tus. Chriflus' et au nominatif, dit-on, parce que l'interrogation qui eft au nominatif, D. Cujus eff liber ? R. Petri, Petri eft au génitif, parce que cujus eftau péniif, Cette regle , ajoûte-t-on, a deux exceptions. ‘1.° Si vous tépondez par un pronom , ce pronom doit être au nominatif. D. Cuyjus eft liber ? R. Meus. 2,° Stle refponff eft un nom de prix, on le met à l'ablacif. D. Quanti emifti ? R, Decem af}: bus. Selon nos principes, ces trois mots guis te redemit, font un fens particulier, avec lequel les mots de la réponfe n’ont aucun rapport grammatical, Si l’on répond CArif. tus, c'eft que le répondant a dans lefprit Chriflus redemit me ; ainñ, Chrillus eft au nominatif, non à caufe de quis, mais parce que Chrifluseft le fajet de la propoñ- tion du répondant qui auroit pu s’énoncer par la voix pañive , ou donner quelqu'autre tour à fa ré. : ponfe fans en altérerle fens. D. Cujus eff liber ? Ri Perri, c’efl-à-dire, hic eft Liber Petri. D. Cujus ef liber? R, Meus , C O 3x c'elt-à-dire, hic Jiber eff liber MEUSe D. Quant: emifi ? R, Decem affibus. Voici la conitrution de la demande & celle de la ré- ponfe. D. Pro pratio quanti ris emifèt ? R. Erni pro decem affibus. Les mots étant une fois trou- vés, & leur valeur, auffi-bien que leur deflination , &r leur em- ploi étant déterminés par l'ufage, l'arrangement que l’on en fait dans la propoftion , felon l'ordre fuc- ceflif de leur relation, eftia ma- nière la plus fimple d'analyfer la penfée. Nous fcavons bien qu'il y a des Grammairiens, dont l’efprit eft af- {ez peu philofophique pour défap- prouver la pratique dont nous parlons, comme f cette pratique avoit d'autre but que d'éclairer le bon ufage , & de le faire fuivre avec plus de lumière, & par con féquent avec plus de goût; car, autrement,on n’a que des obferva- tions méchaniques qui ne produi- fent qu’une routine aveuole, & dont ne il réfulte aucun gain pour l'efprit. Prifcien, Grammairien célebre, qui vivoit à la fin du Ve fiecle, dit que comme il y a dans l'Écri- ture une raïfon de l’arrangement des lettres pour en faire des mots, il y a également une raïfon de l'ordre des mots pour former les fens particuliers du difcoars, & que c'eft séparer étrangement que d’avoir une autre penfée. Sicut reffa ratio fcripture docet litterarum congruam jun&uram , ic etiam reélam orationis cOmpofe-. 38 CO péché. Cependant le baptême de S. Jean ne remettoit pas réelle- ment lés péchés ainfi confeffés ; il en promettoit feulement le par- don, qu'ils recevroient dans le baptême de Jefus-Chrift. Il ne fe contentoit pas de cette Confeflion, & de la douleur intérieure qui de- voit l'accompagner ; il demandoit de dignes fruits de pénitence, Jefés-Chrif dit, qu’il confeffera devant fon pere , qui eft dans les cieux , celui qui l'aura généreu-. fement confeflé devant les hom- mes. S. Paul loue Timothée d'a. voir confeflé une bonne Confef- fon, c'eft-à-dire, d’avoir, au pé- ril de fa vie, rendu unilluftre té- moipnage à la vérité. Le même Apôtre dit que Jefus- Chrift a ren- du une bonne Confeflion devant Ponce Pilate. Nous donnons le nom de Con- feflion à la déclaration publique ou particulière que l’on fait de fes péchés à un miniftre qui a le pouvoir d'abfoudre, pour en re- cevoir la pénitence & l’abfolu- tion. La Confeffion doit être vraie, entière, détaillée, & tout ce qui s'y dit doit être enfeveli dans un profond filénce , fous les peines . les plus rigoureufes contre celui : qui fera convaincu de l'avoir ré- vélé, Elle eft, de droit divin, né- ceffaire à ceux qui font tombés après le baptême. Elle étoir au- trefois publique ; mais, lÉglife ; pour de très-fortes raifons, ne . l'exige plus depuis un grand nom- bre de fiecles, & n’a retenu que Ja Confeflion auriculaire. CONFESSION ; Conffro. CO Ce terme a une fignification que l’on doit remarquer pour l'intelli: gence de l'Hifloire. Les Anciens ont ainfi appellé lés fépulcres où tombeaux des Martyrs, appéllés aufh quelquefois Confefleurs , parce qu'ils avoient confeflé pu: bliquement la religion Chrétienne, La Confeflion de Saint Pierre à Rome étoit fermée avec deux clefs ; & lorfque les Papes en: voyoient aux Rois & aux Princes de la limure des chaînes de S,. Pierre , ils l’enfermoient dans une clef d'or creufe, femblable à celle dont le fépulcre de ce chef des. Apôtrés étoit férmé. CONFIRMATION , Confr: matio ,; terme de Rhétorique C’eft la partie d’un difcours felon. la divifion des Anciens, dans la=… quelle l’orateur doit prouver pat. loix, raifon , autorité où autres moyens, la vérité des faits où des propofitions qu'il a avancées | foit dans la narration, foit dans fa divifion. C’eft ce que nous appel- lons preuves & moyens. La Confirmation eft direéte où indireéte ; la première renferme ce que l’orateur a avancé, pour fortihier {a caufe ou développer fon fujet ; la feconde, qu’on ap= pelle autrement confutation où réfotation , ef la réplique ant. objeétions de la partie adverfe. On comprend quelquefois ces deux parties fous le titre général de contention. a Cette partie eft comme l'ame de l’oraifon ; c'eft fur elle qu'eft fondée la principale force des ar. gumens ; cet pourquoi Ariftote l'appelle rirris , fides , ce qui fait CO impreffion fur lefprit des audi- teurs , & concilie leur créance à l'orateur. C’eft la partie la plus effenrielle de l’éloquence ; toute l’adreffe & toute la force de l’art y font renfermées , car elle con- fifte principalement à convaincre & à émouvoir. Dans touces les: queftions qu’on ÿ traite ; il faut , autant qu'ileft poffible ; remonter à un principe lumineux, le pré- fenter à fes auditeurs par tous les côtés qui peuvent le faire connoi- tre, @& nele point quitter qu'on: ne lait placé dans fon véritable. jour. On doit defcendre enfuite aux conféquences par un chemin droit, & par des liaifons naturelles, enforte que l'on voyela conclufion naître du principe établi dans “Je commencement. Ainfi, le but de la confirmation, eft de prou- ver une chofe qui paroit douteu- fe, par une autre qui eft tenue pour certaine, L La forme des preuves ef diffé- rente, @& l’art de l'orateur con- fifte à entre-méler les enthymêmes aux exemples , aux induétions , aux dilemimes, & à les revêtir de figures, pour ne leur pas donner un air uniforme qui déplairoit in- failliblemenr. Mais , en raflem- ‘blanr tous les argumens qui éta- bliffent fa caufe , l’orateur doit être attentif à les arranger dans un ordre convenable , en mettant au commencement & à la fin les meilleures preuves , & les plus foibles dans le milieu ; c’eft le fentiment de Cicéron dans le trai- té de l’orateur. C O: 3 CONFIRMATION ,; _ matio, (a) facrement de la nou- velle Loi, qui, outre le carattère ineffaçable , confère à l’homme baptifé des graces fpéciales pour confeffer courageufement la foi de Jefus-Chrift ; c’eft la définition qu’en donnent quelques Théolo- iens Catholiques. Ils font divifés fur ce qui conf- titue la matière efléntielle de ce facrement. Les uns veulent que ce foit la feule impofñtion des mains, & que l’onction du Saint Chrême ne foit que matière acci= dentelle ou intégrante ; c’eft le fentiment du P. Sirmond & de M. de Sainte-Beuve. Les autres, comme Grépoire de Valence , foû- tiennent que les Apôtres em- ployoïent & l'impoftion des mains & l'onétion du Saint Chrême ; mais que l’onétion eft devenue par l'ufage matière eflentielle, & lim poftion des mains matière acci- dentelle. D'autres réuniflent en quelque forte ces deux fenumens,, en foûtenant que l’impoñtion des mains & l’onétion du Saint Chre- me font également matière effen- tielle. Enfin, un quatrième fenui- ment veut que Jefus-Chrift ait inftitué l’une & l'autre comme matière, en laiflant à l'Églife à ufer felon fa fagefle de l’une ou de l’autre. De ces fehtimens le troifième eftle plus généralement fuivi. 2 Parmi les Grecs & dans tout l'Orient, on donne ce facrement immédiatement après le baptèmes mais, dans l'églife d'Occidenr, Ca) Aëtu, Apoñt, c. 8. y, 14: @ fequ @, 164 Vs 44s & fi c. 19- Ve. 6 Æ iv Re 40 CO on le réferve jufqu'à ce que les enfans aient atteint l’âge de rai- fon. Quoïqu’on trouve des preuves très-fortes de fon exiftence dans les Aëtes des Apôtres, & de fa pratique ou adminiftration dans Tertullien ; dans Saint Cyprien, . dans Saint Jérôme & dans Saint Auguftin, les Luthériens & les Calviniftes n’ont pas laïffé que de le retrancher du nombre des Sa- cremens. : Il paroït, par toute Antiquité, que les Évêques ont toujours été en droit de conférer le Sacrement de Confirmation. S. Cyprien & la plûpart des Peres marquent très diftinétement la tradition & l'ufa- ge de la Confirmation, par l'im- pofition des Prélats de l'Églife e depuis les Apôtres jufqu'à évx, M. Fleury & la plûüpart des Théo- logiens modernes établiflent com- me un caractère diftin@ifentre les fonétions des prêtres ou des dia- cres , & celles des Évêques, que les premiers puiflént adminiftrer le baptême , au lieu qu'il n’ap- partient qu'aux Évêques de ‘con- férer la Confirmation en qualité de fucceffeurs des Apôtres, Il eft certain que parmi les Grecs, le prêtre qui donne le baptême , confère aufli la Con- firmation; & Luc Holfténius affa re que cet ufage eft fi ancien: dans l'Églife Orientale, que le pouvoir de confirmer eft devenu comme ordinaire aux Prêtres qui l'ont reçu des Évêques. De-là. pour ne pas condamner la prati= que de cette Églife , les Théolo- giens penfent que lÉvêque eft le: + \ CO miniftre ordinaire de la Confr. mation, & queles Prêtres peus. vent [a donner , :& l'ont fouvent donnée comme miniftres extra- ordinaires , & par délégation. - La Confirmation eft un des. trois Sacremens: qui impriment carattère. | - On donnoit autrefoisla Confr.. ation aux fêtes folemnelles de Pâque & de la Pentecôte 00 aux approches de la perfécution. Le Concile de Rouen prefcrit que - celui qui donne la Confirmation, & ceux qui la reçoivent, foient à jeun. Sur les cérémonies, qui ap- Païtiennent à l'adminiftration de ce Sacrement, on peut voir les anciens rituels & les Théologiens … qui en ont traité. Fe Dans les commencemens dù Chriflianifme , la Confirmation - étoit ordinairement accompagnée, de dons & de graces miraculeu- fes, & de dons extérieurs du Saint-Efprits comme du don des langues & de prophétie, du don. des miracles, du don de guérir les maladies. -C’eft ce qui parut manifeftement an baptême de Corneille , le Saint-Efprit étant. defcendu fur ceux qui comme lui, demandoient à être baprifés, & ayant prévenu l'impoñtion des: Mains , par une difpen{ation ex- traordinaire de la providence. Les Juifs, qui étoient venus à Céfa- rée avec Saint Pierre, en furent étonnés ; & ils virent avec ad- miration ces Payens qui par- loient diverfes. langues , & qui glorifioient Dieu , comme ceux qui avoient été baptifés, & ceux qui avoient.recu l'impoftion des Eo mains.- Lorfque les Apôtres fu- rent yenus à Samarie, pour Con- firmer les fideles qui avoient cru à la prédication de Philippe, ils leur impoferent les mains, & leur . donnerent le Saint-Efprit. Alors, Simon le magicien, ayant vu les effets merveilleux de l'impoftion de leurs mains, leur préfenta de l'argent, afin qu'ils lui accordaf- fent aufh le pouvoir de donner le Saint-Efprit. Enfin, Saint Paul dans fes Épitres , parle très-fou- vent de ces dons furnaturels ac- cordés aux fideles par l'impoñtion des mains ; & il paroït par les Peres que cela a fubfifté dans l'É- glife jufqu'au troifième & qua- trième fiecles. CONFRONTATION , (2) terme qui fignifie la repréfenta- tion-d'une perfonne ou d'une cho- fe vis-à-vis d'une autre. . C'étoit la coûtume chez les Hébreux, que les témoins miflent les mains fur la tête de celui con- tre lequel ils avoient dépofé au fujet de quelque crime; ce qu'ils pratiquoient en conféquence d’un précepte du Lévitique. C'eft de- _ là que dans l'hiftoire de Sufanne, il ef dit que les deux vieillards, qui faccuferent , mirent leurs . mains fur fa tête. Cela fervoit de confirmation de leur dépofition , & tenoit lieu chez. eux de la Con- frontation dont on ufe aujour- d'hui. : Nous lifons dans Dion Cafius que du tems de l'empereur Clau- CG) Levit. c. 24. v. 14 ee (5) Mém. de l’Acad. des Inférñip, & Bell. Lett. Tom. V.p, 316 , 316, Tom. |206, @ fiv. VIe pag. 626. dr fuïu.. Tom. X. pags Co 4x de , un foldat ayant accufé de confpiration Valérius. Afiaticus prit à la Confrontation pour Va- lérius Afaticus un pauvre hom- me qui éroic tout chauve; ce qui fait voir que la Confrontation étoit auf ufitée chez les Romains, & que pour éprouver la fidélité des témoins , on leur confrontoit quelquefois une autre perfonne au lieu-de laccufé. On en ufa de même dans ua concile des Âriens , où S, Atha- nafe fut accufé par une femme de lavoir violée. Timothée, prêtre, fe préfentanc à elle, & feignant d’être Athanafe, découvrit la four- berie des Ariens & l'impofture de cette femme. Le recollement des témoins n'étoit point en ufage chez les Romains, mais on y pratiquoit la Confrontation. ie . CONFUCIUS ;, Confucius , (b) fameux Philofophe Chinois, naquit. felon quelques-uns, Pan sso, & felon d'autres l'an 483 avantla nailfance de Jefus-Chrift, dans le royaume de LA, quiet. maintenant la province de Xan- tung. Îl étoit, fi lon en croit les Chinois, d’une famille illuttre, qui tiroit fon origine de Ti-1, vingt-feptième Empereur de Îa He race, & fon pere Xoleam- hé avoit une charge -confidérable dans le royaume de Sum. Dès fa jeunefle il s’aquit beaucoup de re- putarion parmi les Chinois , à cau-. fe de la vivacité de fon efprit, & 392, 292. Tom. XIÏT. pag. 123 S16: Tom. XIV. pag, 59, Tom, X VINS pag, * 3 E-O de la folidité de fon jugement. Étant mandarin, & employé dans le gouvernement du royaume de E&, il fit bientôt connoître com- Bien il eft important que les Rois foient philofophes , ou qu'ils aient des Philofophes pour miniftres. Éa fcience des mœurs & la poli- tique , dont il avoit pénétré les fecrets , le firent beaucoup admi- rer dans la conduite de l'État & _dans l’établifflement des loix, Le défordre néanmoins fe gliffa dans B cour du Prince, à l'occafion de plufieurs belles filles que le roi de Xi envoya au roi de Lû, pour Feféminer par cec artifice, & pour lui faire quitter le foin de fon royaume. Confucius, voyant que Fe Roi n'écoucoit plus fes confeils, fe défit de fa charge, quitta la cour, & fe retira dans le royaume de Süm. ÎE fit profeffion publique d'en- feigner la Philofophie morale ; & fa tépatation lui attira plus de trois mille difciples , dontil y en eut foixante-douze qui furpafferent les autres en fcience & en probité, & pour qui les Chinois ont encore à préfentr une vénération parti- culière, Confucius divifa fa doc- trine en quatre parties, & fes dif- ciples en pareil nombre de clafles. Le premier ordre étoit de ceux qui s’étudioient à acquérir ce qu'on appelle les vertus morales, qui font l’honnêre homme. Le fecond rang éroit de ceux qui apprénoient l'art de raifonner & l’éloquence. ” Dans la troiñième clafle on traitoit du gouvernement de l'État & du devoir des Magiitrats. La qua- trième claffe s’occupoit à difcou- E O rir noblement fur tout ce qui re: garde là fcience des mœurs. Ce fçavant Homme avoit, dit-on, beaucoup de modeftie, & déclas roit hautement qu'il n'étoit pa l'inventeur de fa do@rine, mais qu’il Pavoit tirée de fes prédécefs feurs & principalement des rois Y20 & Xun, qui l’'avoient de- vancé de plus de 1500 ans. | On conte qu'il afluroit qu'ily avoit dans le païs d'Occident un homme refpeétable , nommé Si: fam-ren-ximgin, dont on ne dit. rien davantage ; que l’an 66 après la naiffance de Jefus-Chrift l'em- pereur Mimti envoya des am. baffadeurs en Occident pour cher: cher ce perfonnage; mais qu’étant. arrivés dans une ifle proche de la mer Rouge, ils s’arrêterent à con. fidérer une fameufe idole nom. mée Fé , repréfentant un Philo® fophe qui vécut dans les Indes ;00 ans avant Confucius. Ils empor-, terent cette idole dans la Chine, avec des inftru@ions fur le culte qu'on lui rendoit. Mais , c’eftune. hiftoire qui n'a aucun fondement;. & le Sage ou le Saint que Confu:: cius veut qu'on attende, & dont. il dit qu'il'ne viendra peut-être qu'après cent fiecles , devoit ap* prouver les loix, lés maximes &ela : doctrine des rois de’la Chine, qui {ont bien éloignées de celles du Chriftianifme. On dit que ce Philofophe , pré- voyant la fin de fes jours, &le défordre hortible de la cour di roi de Lû, chanta ces vers en: tremêlés de foupirs : Montagne immenfe ;. où es-tu tombée? Le, grande machine ef renverfees les SES. hommes -fages 6 les vertueux ont manqué, Les Rois, ajoûta-t-il, re fuivent pas mes maximes ; je ñe fuis plus utile au monde ; ainfi, il ejt tems que j'en forte, 11 tomba dans une léthargie qui dura fept jours , & mourut enfin âgé de 73 ans On Penterra dans le royaume de Eù, où 1l étoit re= rourné avec fes difciples , proche de la ville de Kio-fa , fur le bord de la rivière de Sû. Son tombeau eft dans l'Académie même où il faïfoit fes leçons , laquelle eft fer- méelde muraillescommeun bourg. Il ne laïffa point d’enfans vivans, maïs un peuit-fils, qui foûtint fa maïfon. Ses defcendans ont tou- jours été en grand honneur chez les Chinois. —— Depuis plus de deux mille ans, ce Philofophe a toujours été en grande vénération dans la Chine; &t perfonne n’eft élevé à Ja qua- lité de Mandarin & aux charges de la robe , qu'après avoir été reçu doéteur felon la doûtrine de Confucius. Dans toutes les villes il y a des palais qui lui font con- facrés ; & lorfque quelqu'un des officiers de la robe pañle devant, il defcend de fon palanquin , & fait quelques pas à pied, pour rendre honneur àx fa mémoire. Sur le frontifpice des palais qui lui font confacrés , on voit fes éloges en grandes lettres d'or, avec de femblables titres: Az grand mar- tre; à l'illufiré \ au fage roi des lettres: Dans ces éloges , les Chi- nois n’emploient jamais celui d'Yun , qui eft un nom defliné aux idoles ; .par où ils donnent à connoitre que la doétrine de Con- PES 3 facius condamnoit raclée fl reftoit encore en 1646 un de fes defcendans , qui tenoit un rang confidéräble dans PÉtat ; & Xan- chi, roi Fartare , qui conquit ka Chine , le reçut avec beaucoup d'honneur. Ceux de cette famille font mandarins-nés | & ont ua privilege qui ne leur eft common qu'avec les Princes du fang, de ne payer aucun tribut à FEmpe- reur. Outre cela, tous ceux qui reçoivent le titre de doéteur , doi- vent faire un préfent au manda- rin de la race de Confucius. Pour fe former une idée de ja doétrine de Confucius, on peut confulter ce que nous avons dit de la Philofophie des Chinois fous Particle de ce peuple. On attribue plufieurs ouvrages à notre Philo- fophe, & entrautres un qui eff intitulé Chou - King, un autræ qu'on connoit fous le titre de Tchune-Tféou. Confucius avoit écrit fous ce titre les Annales du royaume de Lou où de LA fa pa- trie. Ïl ne nous refte qu'un frag- ment de cet ouvrage de Confu- cius, & même qu'un fragment affez peu étendu ; mais , il et extrémement important , parce qu'il contient les dates précifes de 35 éclipfes de Soleil. Ces éclipfes, vérifiées par le calcul aftronomi- que des Tables modernes, fixent la chronologie Chinoïfe depuis l'an 720 jufqu’à l'an 481. Un autre ouvrage qu’on donne à Confucius, c’eft le Xi-Kim, ou le livre des Odes, qui com- prend un recueil d'anciennes poë- fes rimées,-compofées par les anciens Empereurs, raflemblées CO. 44 Confucius lui-même ; plu- fieurs font du tems des empereurs Yao & Xune. CONEUTATION, Confuta- #0. C’eft une partie du difcours , qui, felon la divifion des Anciens, confifle à répondre aux objeftions de fon adverfaire , & à réfoudre fes difficultés. On réfute les obje@ions, foit en attaquant & détruifant les prin- cipes fur lefquels l’adverfaire a fondé fes preuves, foit en mon- frant que de principes vrais en eux-mêmes , il a tiré de faufles conféquences. On découvre les faux raifonnemens de fon adver- faire, en faifant voir tantôt qu'il a prouvé autre chofe que ce qui étoit en queftion, tantôt qu'il a _ abufé de l'ambiguité des termes, où qu'il a tiré une conclufion ab- folue & fans reftrition, de ce qui n’étoit vrai que par accident, ou à quelques égards, &c. On peut de même développer les faux raïfonnemens dans lef- quels l'intérêt, la pafion, l’enté- tement, &c. l'ont jetté ; relever avec adrefle tout ce que l’animo- fité & la mauvaife foi lui ont fait hazarder. Quelquefois il eft de Fart de l’orateur de tourner les objeétions, de forte qu'elles pa- roiflent où ridicules, ou ihcroÿa- bles, ou contradi@oires entr'elles > on étrangères à Ja queftion. Il ya aufh des occafons où le ridicule qu'on répand fur les preuves de ladverfaire, produit un meilleur efet , que fi l’on s’attachoit à les a). Antiq. expliq: par -D.- Bern. de -Montf, Tom. II. p. 149. &> fuiv. Mém, É 0: Fà combattre férieufement. Cat partie du difcours comporte k plaifanterie, pourvu qu’elle fol fine , délicate, & ménagée à pro OS. a CONGE, Congius, (a) foi de mefure Romaine. Le Conx Romain étoit la mefure, ordinait à laquelle les autres mefuresi rapportoient. Une plus gratit mefure , qui étoit l'amphore, à qui ne fe prend que rarement poli une mefure, tenoit huit Congés, le Conge tenoit fix feftiers , cel a-dire, douze hemines ou dem fefliers. É. On trouve plufieurs Congà. fur les monumens. Celui que ep du Molinet a donné , & quiatt fait fur le modele de celui du pa lais Farnèfe, n’a pas la même mé. fure que l'original ; il eft plus pet. pour le moins de moitié. Le P.d. Molinet l’a fait graver plus perit, afin qu'il tint moins de place da, fonlivre.Le P.Bonanni nous a dot né un Conpe tel qu'il eft dansl cabinet du college Romain;ce Co ge eft antique;tout femblable poit la grandeur,pour la forme & pol Finfcription à celui du palais Far nèfe. Il a, dit-il, un pied & haut ; le pied Romain n’a qu'or ze de nos pouces ; & en effer,@. Conge , comme le’P. Bonanni là donné , a onze pouces de haut ei le mefurant par dedans. Le fens di lnfcription eft: Ce Conge d'un mefure exatte, qui contient L Poids de dix livres, à été mis dl capitole au fixième Confulat dt FRE PAcad.;,des Infcript. & Bell, Let Tom. VIIL, p. 373, © fuiv, ONE. CO l'empereur Vefpafien ; & au qua= trième de fon fils Tite-Céfar. = Lucas Pœtus dit qu'il a une fois rempli d'eau le Conge du palais Farnèfe , pour voir fi cette eau feroit du poids de dix livres, & que l'ayant enfuite peféë, le poids monta à nenf livres fix on- ces & demie, Ces vafes fe con- fervent toujours avec la rouille ou le vernis qu’ils ont contraëté ; il eft impoflble que cette rotille n'ôte quelque chofe de la capacité du vaifleau. M. Fabrettiremarque de plus que Lucas Pœtns n'ayant pas rempli ce Conge entièrement jufqu’au haut, comme il Pavoue lui-même, il ne fant pas s’éton- ner s'il ny trouva pas le poids jufte ; il Jaifla vuide tout le cou, &t la partie la plus reflerrée , qui auroït fans doute fait tout le poids requis, & même quelque chofe par de-là , s’il l'avoit tonte rem- plie. Cependant, c’eft de ces for- tes d'exemples pris peu exadte- ment, qu'il conclut que l’once Romaine d'aujourd'hui pefe un fcrupule & quatre grains plus que l'ancienne; ce qui paroît être faux. Il y en a qui croyent que le Conge Romain étoit le mêmé que le Chus où le Choa Atrique. D'autres cependant diftisguent ces deux mefures. CONGÉ. (2) C’éroitancienne- ment; comme aujourd’hur, une permifhon donnée aux foldars de s’abfenter de l’armée on de quit- ter tout-à-fait le fervice. Of en (a) Mém. de l’Acad, des Infcript, Tom. XIX, p. 418, 410, CO diftinguoit de plufieurs fortes chez les Romäins , comme parmi nous. = Le Congé abfolu, mérité par ‘âge & le fervice, & accordé aux Vétérans, fe nommoit Miffo Jufla & honefla ; ils pouvoient en conféquence difpofer librement de leurs perfonnes. Le,Congé à rems, étoit appellé Commeatus ; quiconque abandon noit l'armée fans cette précaution, étoit puni comme déferteur, c’eft- a-cire , battu de verges, & vendu comme efclave, = Il y avoit une efpèce de Con= gé abfolif, qui, quoique différent du premier, ne laifloit pas que d'être de quelque confidération , parce que les Généranx laccor- ‘doïent pour raïfon de bleffüres ; de maladies & d’infirmirés. Tite Live & Ulpien en font mention fous lé titre de Mo Caufarite Ce Congé n’excluoit pas ceux qui Pavoient obtenu, des récompen= {es militaires. ee La troifième efpèce de Congé étoit dé pure faveur, gratiofa Mif= Jo ; les Généraux l’accordoient à ceux qu'is vouloient Ménager ; mais ; pour peu que la république en fouffrit, ou que les Cenfeurs faflent de mauvaife humeur, cet= te grace étoit bientôt révoquée. Enfin , il y avoit une quatrième efpèce de Concé, véritablement infamante,-{urpis © 1gn0Minio{z Mifio. C'éft ainfi qu'au rapport d'Hirtius Panfa, dans l'Hifloire de la guerre d'Afrique , Céfar, en & Bell, Lett. Tom, IV. Pe200, & fuie, 46 Co préfence de tous les Tribuns &de tous les Centurions chafla de fon armée À. Aviénus , homme tur- bulent ,.& qui avoit commis des exaétions , comme mauvais ci- toyen & mauvais officier. Sous les Empereurs, Augufte “fit deux degrés du Congé légitime; iappella le premier Exauctoratio, pavilege accordé aux foldats qui avoient fervi le nombre d'années prefcrit par la loi, & en vertu duquel ils étoient dépagés de leur ferment & affranchis des gardes, des veilles , des fardeaux , en un mot de toute charge militaire, ex- cepté de combattre-contre l'enne- mi. Pour cet effet , {éparés des autres troupes, @& vivant fous un étendart particulier , vexillum ve #eranorum , ils attendoient qu'il 7 plür à l'Empereur deles renvoyer . avec Ja récompenfe qui leur avoit été folemnellement promife ; & c’étoit le fecond degré qu'ils ap- pelaïent plena Mifo. Augufte y avoit attaché une récompenfe cer- taine.& réglée-foit en argent,foit en fonds de terre, pour empêcher les murmures & les féditions. - CONJONCTION, Conjunc- io y terme de grammaire, Les Conjonétions font de petits mots qui marquent que l’efprit outre la perception qu’il a de deux ob- jets, apperçoit entre ces objets un rapport ou d’acompagnement, ou d'oppofition, ou de quelqu'autre efpèce. L’efprit rapproche alors en Jui-même ces objets, & les con- fidere l’un par rapport à l’autre, felon cette vue particulière, Or, le mot, qui n’a d'autre office que. de marquer cette confidération «= € O relative de l'eéfprit, eft appel Conjonétion. Par exemple, fi l'on dit qu Cicéron & Quintilien font Les Au teurs les plus judicieux de l’Ani quité, on porte de Quintilien!} même jugement que l’on énon de Cicéron; voilà le motifqi fait que l'on räflemble Cicént avec Quintilien. Le mot qui mat que cette liaifon, eft la Conjowt tion. à Il en eft de même fi l’on val marquer. quelque rapport d'opp fition ou de difconvenance ; pl exemple , quand on dit: Qu'il} 4 un avantage réel à être inftrüil &t que l’on ajoûte enfuite fans at cune liaifon,, qu'il ne faut pas qu la fcience infpire de lorgueil}. l'on énonce deux fens fépartsi mais, fi on veut rapprocher. deux fens, & en former l’unt ces enfembles qu’on appelle pé* riode , on apperçoit d’abord del la difconvenance , &-une foi d'éloignement & d’oppoñtion qu doit fe trouver entre la fciencel l’orgueil. Voilà le motif qui fait réunires deux objets, c’eft pour en mit quer la .difconvenance ;-ainf , & les raflemblant ,.on énoncera tt te idée accefloire par la Conjont: tion ais ; on difa donc qwil} a un avantage réel à être inftruil mais.qu'ilne-faut pas que cet avaw. tage infpire de l’orgueil, Ce ml rapproche les deux propofitioi ou membres de la période, & {6 met en oppofition. Ainf, la valeur de la Comjont: tion confifte à lier des mots pil une nouvelle modification ou.id# CO accefloire ajoûtée à Fun par rap- ‘port à l’autre. … Les anciens Grammairiens ont balancé s'ils placeroient les Con- jonctions au nombre des parties du difcours ; & cela, par la raïfon que les Conjonétions ne répréfen- tent point d'idées de chofes. Mais, qu'eft-ce qu'être partie du dif- cours ? dit Prifcien ; finon énoncer quelque conception,quelque affec- tion où mouvement intérieur de . d'efprit. Il eft vrai que les Con- Jon@ions n'énoncent pas comme font les noms des idées d'êtres ou réels ou métaphyfques; mais, elles expriment l’état ou affeétion de l’efprit entre une idée & une autre idée, entre une propofñtion & une autre propoftion. Ainfi, les Conjonétions fuppofent tou- jours deux idées & deux propoñ- tions , & elles font connoître l’ef- pece d'idée accefloire que l’efprit Concoit entre l’une & l’autre. Si l'on ne regarde dans les Con- jon@ions que la feule propriété de lier un fens à un autre fens, on doit reconnoître que ce fervice deur eft commun avec bien d’au- tres mots. 1.9 Le verbe, par exemple, lie l’attribnt au fujet; les pronoms lui ,elle eux, le, la, les , leur lient une propofñtion à nee propofñtion. Maïs, ces mots tirent leur dénomination d’un autre emploi qui leur eft plus particu- lier, Te 2. Il y a aufhi des adjeifs relatifs, qui font l'office de Con- Jonétion; tel eft le relatif gui, Le- quel, laquelle ; car , outre que ce mot rappelle & indique l'objet CO 47 dont-on a parlé, il joint encore êt unit une autre propoftion à cer objet, il identifie même cette nou- velle propoñtion avec l'objet: Dieu que nous adorons, eff tout puflant. Cet attribut, ef? vous puflant, eft affirmé de Dies, en tant qu'il eft celuique nous ado- ons. Tel, quel , talis qualis ;tantus quantus ; 101 , quots &c. font auffi l'office de Conjonétion. 3.° Il y a dés adverbes qui, outre la propriété de marquer une circonftance de tems ou de lieu, fuppofent de plus quelque autre penfée qui précede la propoñition où ils fe trouvent, Alors, ces ad- verbes font auf l'office de Con- jonttion; tels font 4fn que. On trouve dans quelques anciens, & l’on dit même encore aujourd'hui dans certaines provinces, 4 cette fin que, ad hunc finem fecundim quem , où l’on voit la prépoñtion & le nom qui font l’adverbe, & de plus l’idée accefloire de liaifon & de dépendance. Il en eft de mé- me de, à caufe que, propteres quôd, parce que, quia ; encore, adhuc; déja, Jam ; &ec.Ces mots doivent être confidérés comme adverbes conjonétifs , puifqu'ifs font en même tems l'office d'ad- verbe & celui de Conjondion. C'eft du fervice des mots dans la phrafe qu’on doit tirer leur déno- .mination: À l'égard des Conjon@ions pro- prement dires , il y en a d’autane de fortes, qu'il y a de différences “dans les points de vue, fous lef_ quels notre efprit obferve un rap- port entre un mot & un autre CO Æ amare , ces deux lettres à, #m, font les radicales où immua- bles; fi à ces deux lettres j'ajoûre o, je forme amo. Or, en difant amo, je fais Connoître que je juge de moi, je mattribue le fenui- ment d'aimer ; je marque donc en même tems ja voix, le mode, le tems, le nombre, la perfonne. Nos faifons ici en paflant cet- te obfervation , pour faire voir qu'outre la propriété de marquer la voix, lé mode , la perfonne, -&c. & outre la valeur particulière de chaque verbe, qui énonce ou l'eflence , ou l'exiftence, ou quel- ‘qu'aétion, ou quelque fentiment, Sc. le.verbe marque encore l’ac- tion de l’efprit qui applique cette valeur à un fujet, {oit dans les pro- poñtions,foit dans les fimples énon- Ciations ; & c'eft ce qui difflingue le verbe des autres mots, qui ne font que de fimples dénominations. Mais,revenons au motConjugaifon. On peut aufh regarder ce mot comme un terme métaphorique, tiré de l'attion d'atteler les ani- maux fous le jour ; au même char, à la même charrue; ce qui emporte l'idée d'aflemblase. de _haïfon, & de jondion. Les an- ciens Grammairiens fe font fervis indifféremment du mot de Con- jugaifon, & de celui de Déclinai- fon, foit en parlant d’un verbe, foit en parlant d'un nom; mais aujourd'hui , on emploie decli- ratio @ declinare, ‘quand il s'agit -des noms; & on fe fert de Coz- jJugatio &-de Conjugare , quand left queftion des verbes — = - Les Grammairiens de chaque langue ont obfervé qu'il y avoit : ET a+ Re CO des verbes qui énoncoient les mo: des, les tems , les nombres, & les perfonnes, par certaines ter minaifons, & que d’autres verbes de la même langue avoient dé terminaifons toutes différentes , pour marquer les mêmes modes, les mêmes tems, les mêmes nom. bres , & les mêmes perfonnes, Alors, les Grammairiens ont fait autant de clafles différentes de ces verbes, qu'il y a de variétés en. tre leurs terminaifons, qui, mal. gré leurs différences, ont cepen-. dant une égale deflination pat. rapport autems, au nombre, & à la perfonne. Par exemple, amo, amavl, amatum , amare ; Jaime Jai aimé, aimé, aimer ; mono, mOnuUI ; MON , MOnCrE, AVere tir ; /epo, legi , leélun , legere, ; lire; audio , audivi, auditum, audire , entendre, Ces quatrefor-. tes de terminaifons différentes en. ir'elles, énoncent également dé. vues de l'efprit de même efpèce | Armavi, Jai aimé; monui, Ja. finguler & au tems paflé de l'in: _dicatif, [l n'y a de différence que dans l'a@tion que l'on attribue à à chacune de ces premières perfons nes; & cette ation eft marquée à par les lettres radicales du verbe am, mOn, lep, aud. Parmi les veghes Latins, [es bas ont Îeurs terminaifons fem- blables à celles d’emo, les autres à celles de moneo, d’autres à cel- les d'audio. Ce font ces claflés différentes , que les Grammai- averti; /eoi, J'ai lu > audivi , Ja entendu. L'on voit que ces difié- rentes terminaifons marquent épa lement la première perfonne al CO riens ont appellées Conjugaïfons. Ïls ont donné un HR : mapad'e:yui, exemplar, c'eft-à= dire, un modèle à chacune de ces différentes clafles ; ainfi , amare eft le paradigme de vocare, de nuntiare, & de tous les autres verbes terminés en are ; c'eft la première Conjugaifon. Monere doit être le paradigme de la feconde Conjugaïfon, felon les Rudimens de la méthode de P. R. à caufe de fon fupin moni- um ; parce qu'en effet, il y a dans cette Conjugaifon un plus grand nombre de verbes qui ont leur fupin terminé en zum , qu'il n y en a quile terminent comme doflum,. Lepere eft le paradigme de la troïlième Conjugaifon; & enfin audire , celui de la quatrième. À ces quatre Conjugaifons des verbes Latins, quelques Gram- mairiens pratiques en ajoûtent une cinquième , quils appellent mixte, parce qu'elle eft compofée de la troïfième & de la quatrième; c'eft celle des verbes en ere , 10 ; ils lui donnent accipere , accipio pour paradipme. Il y a en effet dans ces verbes des terminaifons qui fuivent lepere ; & d’autres au- dire. On dit audior, audiris ; au lieu qu'on dit accipior ; acciperis, comme legeris , & l’on dit acci- Pluntur, comme audiuntur, &c. Ceux des verbes Latins, qui füivent quelqu'un de ces paradig- mes, font dits être réeuliers ; & céux , qui ont des terminaifons particulières , font appellés ano- maux, c'eft-à-dire , irréguliers [ Racine à privatif ; & ru » CO rèole |, comme féro, fers, fert ; -volo , vis, vult, &c., Onen fait des liftes particulières dans les Rudimens. D'autres font feule- ment défedtifs ; c’eft-à-dire, qu'ils manquent ou de prétérit où de füupin, de quelque mode , ou de quelque tems ; ou de quelque perfonne , comme oporfet ; pœni- ter, pluit , &c. _ Untrès-pgrand nombre de ver- bes s’écartent de leur paradigme, ou à leur prétérit, ou à leur fupin; mais, ils confervent toujours l’a- _nalogie Latine ; par exemple , fonare fait au prétérit fonui, plu- +Ôt que fonavi ; dare fait dedi , & non pas davi, &c. On fe con- tente d’obferver ces différences , fans pour cela regarder ces verbes comme des verbes anomaux. Au refte, ces irrégularités apparentes viennent de ce que les Grammai- riens n'ont pas rapporté ces pré - térits à leur véritable origine; car, fonui vient de fonere , de la troi- fième Conjugaifon, & non pas de fonare ; dedi eft une fyncope de dedidi prétérit de dedere. Tuli, latum ; ne vient point de fero. Tuli qu'on prononçoit tou, vient de tollo ; fufluli vient de fuflulo ; & latum vient de re» par fyncope de rardw , fuffero , fuftineo. L'auteur du Novitius dit que latum vient du prétendu verbe inufité., lare, Lo : mais, il n'en / rapporté aucune autorité. :C'eft ainfi que fui ne vient point du verbe /#m. Nous avons de pareilles pratiques en Fran- ÇOis; Je Vas, J'ai clé, JIrai, ne viennent point d'a//er, Le pre- IV 6 GO =. vient de vadere, le fecond de l'Tralien ffato , & le troifième du Latin ge S'il eût été pofhble que les lan- gues euflenr été le réfultat d’une -aflemblée générale de la nation, & qu'après bien des difcuffions & des raifonnemens, les Philofo- È A phes y euflent été écoutés, & euffent eu voix délibérative ; il eft vraifemblable qu'il y auroit eu plus d’umformité dans les lan- gues. Il ny auroit eu , par exem- ple, qu'une feule Comugaifon, &t un feul paradigme, pour tous les verbes d'une langue. Mais, comme les langues n'ont été for- mées que par une forte de mé- _taphyfique d'inftiné&t & de fenti- ment , s'il, eft permis de parler ainfi ; il n’eft pas éionnant qu'on n'y trouve pas une analogie bien exacte, & qu'il y ait des irrégu- larités. Par exemple, nous défi- gnons la même vue de l’efprit par plus d'une manière ; foit que la nature des letttes radicales qui forment le mot, amènent cette différence , ou par la feule raïfon du Caprice & d’un nfage aveugle ; ainfi , nous marquons la pre- mière perfonne au fingulier , quand nous difons j’aime : nous défignons auffi cette première perfonne en difant je finis, ou “bien Je reçois , ou je prends | &c. Ce font ces différentes fortes de terminaïons , auxquelles les ver- bes font aflujettis dans une lan- gue, qui font les différentes Con.’ …jJugaïfons, comme nous l'avons déjà obfervé, Il y a dés lanpues , où les différentes vues de l'efprit, font marquées par des particules, CO dont les unes précédent, & d'a tres fuivent les radicales. Qu'im: porte comment, pourvu que li vues de l'efprit foient diftingués avec nètteté, & que l’on apprens ne par ufage à connotre les fl: gnès de ces diftin@tions ? Parrhi fes Auteurs qui on compofé des Grammaires pour. la langue hébraïque , les uns comptent fept Conjugaifons, d'a tres huit. Mafclef n’en veut que cinq ; & il ajoûte qu'à park. éxaltement,ces cinq devroient ête. réduites à trois. rs Nous nous contenterons d'ob ferver ici que les verbes hébreu. ont voix adive & voix paflve. Es ont deux nombres, le fingulin & le pluriel ; 1ls ont trois perfon. nes, Gt en conjüguant , on com- mence par la troifième pérfonne,. parce. que les deux autres font formées de celle-là, par l'addition de quelques lettres: | En hébreu , les verbes ont trois. genres, comme les noms, le gen re mafculin, le genre féminin, &. le genre commun ; enforte que. l’on corinoît, par la terminaifon di verbe , fi l'on patle d'un nom mafculin, où d'un nom féminin; mais , dans tous les tems ; la pie. mière perfonne elt toujours di. genre commun, Au refte , ls. kébreux n'ont point de gene. neutre; mais, lorfque 14 même. terminai{on fert épalement pourk mafculin ; ou pour le féminin, on dit que Le mot eft du genre com- mun; c’eft ainfi que l’on dit en Latin ic adolefcens >, ce jeun. Romme , &c kec adolefcens , cet jeune fille; ciyis bonus, bonci: | CS toyen , cvs bonz ,; bonne ci- toyenne; & c'eft ainfi que nous difons age , utile , fidele, tant au mafculin qu'au féminin. On pour- roit dire aull qué dañs les autres langues , telles que le Grec, le Latin, le François, &c. toutes les terminaifons des verbes dans les tems énoncés par un feul mot, font du genre commun; ce qui ne figniieroit autre chofe , finon qu'on fe fert également de cha cune dé ces terminaifons ; foit qu'on parle d'uh nom mafculin, ou d'un noi féminin. - de Les Grecs ont trois efpèces de verbes par rapport à la Conjugai- fon; chaque verbe ef rapporté à fon efpèce , füivarit la términaifon du thême, On appelle thême , en _ termes de Grammaire grecque, la première perfonne du préfent dé lindicatif, Ce mot vient de Tifmu ; porno, parce que c'eft de cette première perfonne que l’on forme les autres tems : ain, l'on pole d'abord , pour ainfi dire , ce préfent, afin de parvenir aux fot- mations régulières des autrestems. La première efpèce de Conju- gaifon eft celle des verbes qu'on appelle barytons, de Cœpde gra ve, êt de rére, ton, accent, Parce que ces verbes étoient pro- noncés avec l’accent grave fur la dernière fyllabe; & quoique au- Jourd'hui cer accent ne fe marque point, on les. appelle pourtant toujours barytonss rlæ, sendo : T'Tte, verbero, font des verbes barytons. a . La feconde force de Conjugai- fon, eft celle des verbes circon- flexes. Ce font des verbes bary- CO 7 tohs’, qui fouffrent contraétion en quelques-unes de leurs terminai- fons , & alors ils font marqués d'un accent circonflexe ; par exem- ple, dyardo, armo , eft le barya ton, & dyare le circonflexe. Les barytons & les circonflexes fonc également terminés en + à la pretnière perfonne du préfent de l'indicatif, La troifième efpèce de verbes Grecs , eft celle des verbesen ar, parce qu’en effet ils font terminés En gi; qu. fume fais. I! y a fix Conjugaifons des ver- bes bärytons; elles ne font diftin- güées entrelles que parles lettres Gui précédent la terminailon. On diftingue trois Conjugai- fons des verbes circonflexes ; la première eft des bäryrons en <w ; la feconde de ceux en aw. & la troifième de ceux en 0. Ces trois fortes de verbes deviennent cir- Conflexes par la contrattion en &. On diftingue quatre Conjugai- fons des verbes en ur ; & ces quatre, jointes à celles des verbes barytons & à celles des circon- flexes , cela fait treize Conjugai- fons dans les verbes Grecs. . Tel eft le fyflême commun des Grammairiens ; mais, la mé- thode de P.R, réduit ces treize Conjugaifons à deux ; l’une des verbes en «qu'elle divife én deux efpèces, celle des verbes qui Conjugüent fans contraction , & ce font les barytons; celle de ceux qui font conjugués avec contrac- tion ; & alors ils font appellés circonflexes. L'autre Conjugai- fon des verbes Grecs eit celle des verbes en x, 58 CO Il y a quatre obfervations à faire pour bien conjuguer les ver- bes Grecs; 1.° il faut obferver la terminaifon. Cette terminaifon eft marquée, ou par une fimple let- tre, ou par plus d'une lettre. 2.9 La figuration , c'eft-à-dire, la lettre qui précede la terminai- _: fon. On l'appelle aufi caratérif- tique, ou lettre de marque. On doit faire une attention particu- lière à cette lertre, au préfent, au prétérit parfait, @c au futur de l'indicatif actif ; parce que c’eft de ces trois tems que les autres font formés, La {ubdivifion:des Con- jugaifons ; & la diftinétion des tems des verbes, fe tirent de cet- te lettre figurative ou cara@térif- tique. 3.7 La voyelle ou la diph- thongue qui précedent la termi- paifon. 4° Enfin , il faut obferver Paugment. Les lettres, que l'on ajoûte avant Ja première fyllabe ‘du thême da verbe , où le chan- gement qui fe fait au commence- ment du verbe , lorfqu’on change une breve en une longue, eft ce qu'on appelle augment; ainfi, il a deux forres d'augmens. 1.° L'augment fyllabique, qui fe fait en certains tems des verbes qui commencent par une confonne ; par exemple, rvœre , verbero , eff le thôême fans auvgment ; mais, dans érürror, verberabam, c'elt laugment {yllabique , qui ajoûte une fyllable de plus à 5710. . 29, L'augment temporel fe fait dans les verbes qui commencent Par une voyelle breve, que l’on change en une longue; parexem. _ CO ple, epvo, traño, ÿpuor , trale bam. fe Ainfi, non feulement les ver. bes Grecs ont des terminaifoi différentes , comme les verbi Latins ; mais de plus , ils oi laugment qui fe fair en certaï. tems, & au commencement (l mot. Voilà une première différent entre les verbes Grecs , & li verbes Latins, : — _2.° Les verbes Grecs ont. mode de plus; c’eft l’optatif qi, en Grec a des terminaifons pas ticulières , différentes de cellesd fubjonétif ; ce qui n’eft past Larin. : 3.9 Les verbes Grecs 0, le duel, au lieu qu’en Latin, t nombre eft confondu avec le pli riel. À Les verbes Grecs ont un pli grand nombre de tems ; ils oi deux aoriftes , deux futurs, &tui l paulo-poft fatur dans le fens pit ff , à quoi les verbes Latins fux pléent par des adverbes. 5-° Enfin, les Grecs n'ontils fupins ni gérondifs propremtll dits ; mais, ils en font bien dé dommagés , par les difiérent terminaons de l'infnitif, & pi les différens participes. Il y ai infnitif pour le tems préfent, ll autre pour le futur premier , us autre pour le futur fecond, ll autre pour le premier aorifte, ll autre pour le fecond aorifte, autre pour le prétérit parfait, € fin il y en a un autre por paulo-poft futur, & de plus, il] a autant de participes particuléfl pour chacun de ces tems-la, € O _ À légard du François, à faut d'abord obferver que tous nos verbes font terminés à l’infinitif, Ouener, ouen/, OUeno/r, où enre >; ainfi, ce feul mot techni- que er-ir-oir-re , énonce par cha- cune de fes fyllables chacune de nos quatre Conjugaifons géné- rales. Ces quatre Conjugaifons gé- nérales font enfuite fubdivifées en d’autres , à caufe des voyelles, ou des diphthongues , ou des con- fonnes qui précedent la terminai- fon générale; par exemple, er _eft une terminaïfon. générale ; mais , {1 er eft précédé de fon mouillé foible, comme dans ez- VO-Ver, ennu-yer, ce {on apporte quelques différences dans la Con- jugaïfon; il en eft de même dans re ; ces deux lertres font quelque. fois précédées de confonnes , comme dans vaincre , rendre , battre , &cc. Nous croyons que plutôt que de fatiguer l'efprit & la mémoire de règles , il vaut mieux donner un paradigme de ‘chacune de ces quatre Conjugaifons générales, mettre enfuite au-deflus une lifte alphabétique des verbes que l'ufage a exceptés de la règle. ous croyons aufh que l’on peut s’épargner la peine de fe fa- -Hguer après les obfervations que les Grammairiens ont faites fur les formations des tems; la feule infpetion du patadigme. donne lieu à chacun de faire fes remar- ques fur ce point. ee D'ailleurs , les Grammairiens Ca) Plut. Tom. Ip. 2, CO 59 ne s'accordent point fur ces for- mations, Les uns commencent par linfioiuf ; 1l y en a qui tirent les formations de la première per- fonne du préfent de l'indicatif; d’autres , de la feconde , &c. l’ef- fentiel eft de bien connoïre la f- gnification , l'ufage & le fervice d'un mot. Amufez-vous enfuite tant qu'il vous plaira , à obferver les rapports de filiation on de pa- ternité que ce mot peut avoir avec d’autres. Nous croyons pou- voir nous difpenfer ici de ce dé- tail, que l’on trouvera dans Îles Grammaires Françoifes. CONNIDAS, Connidas , (a) Kowid'ac , avoit été précepteur du roi Théfée. Les Athéniens lui fa- crifioient tous lesans un bélier, le jour qui précédoit la fête de Thé- fée; honorant ainfi, avec plus de raifon & de juftice, la mémoire de celui qui avoit formé leur Prince, que celle de Silanion & de Parrhafius , qui n’en avoient fait que des ftatues & des por- traits. Ce facrifice du bélier, que les Athéniens offroient toutes les sn- nées au gouverneur de Théfée, a donné lieu au proverbe Kwmce Tpopéix @réricev, le bélier a payé l'éducation, pour dire que les peu- ples ne fçauroient marquer trop de reconnoïflance à ceux qui-ont bien élevé leurs Princes, & que toutes les récompenfes ne font rien , fi on ne les regarde comme des dieux. Voici un bel exemple de la reconnoiflance qui leur eft due. Plus de treize cens ans après 2 60 CO offroïent encore des facrifices à fon Gouverneur. CONNIDIES , Conridiz, (a) fêtes qui fe célébroient à Athènes la veille de la fête de Théfée , en Fhonneur dé Connidas, Voyez l’article précédent. CONNUS, Connus, () nom que portoit le maître qui apprit à Socrate à jouer du luth. CONON , Coron, Kiev. (c) Jun des plus intimes amis de So- Jon. Voyez Clinias , autre intime ami de Solon. CONON , Conox 3 Koruy, {d) célebre capitaine ÂAthénien, fils de Timothée , entra dans le gouvernement, lorfque les Athé- niens etoient déjà engagés dans la guerre du Péloponnèfe, où il ren- dit de grands fervices à fa patrie. Îl y commanda leur infanterie en qualité de Préteur; & ayant été * fait Général de leur flotte , il ft fur mer dés actions d'un fi grand éclat, que les Athéniens l'hono- rerent de l'emploi le plus confidé- table qu'ils euflent à donner, en le faifant feul Gouverneur de tou- tes lesifles qu'ils poflédoient. Il fignala fon nouveau gouverne- ment par la prife de Phares, colo- nie des Lacédémoniens. Il fut en- core revêtu de la qualité de Pré- teur fur la fn de là guerre du Pé- Joponnèfe, L'an 406 avant l'Ére Chrétien. (a) Anviq. expl. par D. Bern. de Montf. Tom, IL. pag.213. (b) Cicer. ad Amic. L: IX, Epiit. 23. - (ce) Plur. T. I. p. 86 , 87. (d) Corn. Nep. in Conon. & r. & eg: in chabr. © 2. in Timoth, c. x. Plut, Tom, I, pag. 438: 439; 1021. la mort de Théfée, les Athéniens CO fe, Conon eut ordre d’allef pi dte à Samos le commandent. de la flotte. Son premier foinls dè radouber les vaifleaux , al quels il joignit ceux que leslh lui envoÿerent. En un mot, il toutes fes diligences pour ré fa flotte égale à celle des énnet Les Spartiates, de leur côté, voyerent Callictatidas prendi commandement de leur arméel. vale, à la place de Lyfant Qui avoit fait {on tems. Coll _étoit dans le deflein de fc Méthymne; mais, la trou prife, il vint mouiller à ul ces petites ifles qui portoienti. femble le nom de Cent. Aÿi découvert dès le leñdemainto la flotte des ennemis, qui fümi foit la fienne du double , il net pas qu'il y eût de la prudent, lattaquer, du moins en cetf droit. Ainfi, il Gt force de wi pour aller plus loin, & cepet il accrocha en paflant quel vaïfleaux ennemis. Il comptoll rifquer le combat avec plust vantage , à la Hauteur de Mi lène, parce que s'il avoit led fus, il auroit plus d’efpace pi pourfuivre les vaincus; & fil contraire , il perdoit la batailk, trouveroit une retraite dalil port. s / Ayant donc fäit rentrer daill flotte tous les foldats defcei. aux cent ifles , il fit ramer d Diod, Sicul. pag. 356 , 370. &| Xenoph. pag. & te n C. 5,6. L. VI, c. 1, @ feg. Paul fl 2. & feq. Roll. Hift. Anc. Tom.ll S13. fai. Tom. HI. p. 69. Mémi| l’'Acad, des Infcript, & Bell. Lett, M Vs Dear Se C O lentement pour donner lieu aux Spartiates de le joindre, Les Spar- tiates, au contraire, s’avançoient en diligence, dans l’efpoir de fe faifir de quelques vaifleaux à la ueue de la flotte Athénienne. Ca prit alors de l'avance; mais , les vaifleaux Eacédémo- miens, foutenus de rameurs yi- goureux, le pourfuivirent avec tant d'efforts, qu'ils fe lafferent eux-mêmes, & fe trouverent trèséloignés de leur flotte. Co- non , quife vic fort près de Mi _tylène , & qui s’apperçut de cet épuifement des rameurs, & de cette féparation de la flotte enne- mie, fit aufi-tôt lever l’étendart rouge; c’étoit le fignal convenu avec tous les capitaines de vaif- feaux. Les Athéniens fe tourne- rent en même tems contre leurs ennemis qui les touchoient, Il s'é- te, & toutes les trompettes fon- nerent la charge. Les Spartiates, éronnés de ce premier choc, fe bâterent de rejoindre leurs vaif- feaux les moins avancés, pour faire face tous enfemble à l’enne- _ mi. Mais, comme la vivacité de l'attaque leur en laïfloit à peine le tems , ils fe trouvoient dès le com- . Mmencement du combat dans une efpece de défordre, & ne pou- voient.parvenir à fe mettre en li- gne avec leurs derniers vaifleaux. Conon profita habilement de cet avantage. Îl ferroit les vaifleaux de près; il les empéchoit de fe joindre ; il heurtoit lès uns de fa- çon à les entrouvrir, & faïoit tomber les rames des autres, Ce- pendant , auçun des vaifleanx Op- .G O 6x pofés à Conon ne recula. Ils main- tenoient À force de rames leur pouppe à fa place, jufqu’à ce que leurs vaifleaux les plus éloignés fuflent arrivés. Mais , l’aifle gau- che des Athéniens fit céder la partie à qui elle avoit affaire; & l'ayant mife en fuite, elle la pour- fuivit long -tems. Cependant , tous les vaifleaux Lacédémoniers s'étant enfin réunis, Conon ap- préhenda leur grand nombre. Il s’abflint de pourfuivre ceux qui fuyoient, & fe retira dans Mity- lène avec quarante vaifleaux. La flotte de Sparte, s'étant auffi raf- femblée ,| environna de toutes parts les vaiffeaux d'Athènes , qui -s’étoient féparés les uns des autres dans la pourfuite de cette partie des ennemis , fur laquelle ils avoient eu de l'avantage, On leur : _ferma le retour dans Mitylène, leva un cri général. dans leur flot- où ils comptoient de rejoindre Conon , &t on les contraignit d'é- chouer fur la côte. L'équipage cotmprit alors qu'il n’avoit plus d'autre reflource que de fe jetter. fur le rivage; ainfi, abandonnant les bâtimens aux Spartiates , il fe fauva par terre & à pied dans Mitylène. Callicratidas, en cette rencon- tre, fe trouva avoir faitune prife de trente vaifleaux , dont la perte avoit ruiné Ja flotte ennemie; ainfi,.il fongea à pourfuivre fa viétoire , &il s’avança jufqu'à Mi- tylène pour l’affiéger. Conon fe voyant enfermé par terre &c.par mer, fans efpérance de fecours, & fans vivres, trouva le moyen de faire fçavoir à Athènes l’extrême danger où il étoit, On fit des ef- 62 GO = forts extraordinaires pour le dé- gager , & en moins d'un mois, on équipa une flotte de cent dix galè- res , où l’on embarqua tous ceux qui étoient en état de porter les armes, tant libres qu'efclaves, avec plufieurs cavaliers. Quand elle fat arrivée à Samos , quaran- te galères des alliés s’y joignirent, $ toutes enfemble firent route vers les ïfles arginufes, fituées entre Mitylène & Cumes, I s’y lvra un combat dont l'iffue ne fut point favorable aux Lacédémo- niens, Conon, délivré ain du blocus , fe joignit à la flotte vic- torieufe , qui regagna aufli- tôt Samos. Quelque tems après, fe don- ga 14 bataille d'Æpos - Potamos, où Lÿfandre remporta une vic- toire complette fur les Athéniens, Conon, felon Cornélius Népos, ne fe trouva point à cette ation navale ; & l’on pourroir bien, ajoûte-t-il, attribuer à fon ab- fence une partie de cette malheu- reufe affaire. En effet, pourfuit Cornélius Népos, comme il avoit une expérience confommée dans _les armes, & qu'il étoit auff vigi- lant qu'habile capitaine ; on étoit perfuadé que fa feule préfence au- roit changé le fort des armes, & que jamais les Athéniens n’au- roïent reçu un fi cruel échec fous le commandement de Conon. Mais , Xénophon, Plutarque , Diodore de Sicile font d’un f{en- timent bien contraire, puifqu'ils aflurent que Conon fe fauva de cet. te bataille, avec quelques oalères, du nombre defquelles étorr la ga- ière facrée, nommée la Paralen- CO ne, @& qu'il fe retira en Chypre; à auprès d'Évagoras , roi de Sale mine & fon ancien ami. La trifie vue de fa patrie défo- lée,.& près de tomber fous hi à domination de fes ennemis qui ka 4 tenoient afhépée, ne lui permit Site penfer à fa propre fûreté, k RPRISINS NTI mais lengagea à chercher le! moyens de tirer fes concitoyens | de l’oppreflion.: Dans ce deflein, + il fe rendit auprès dePharnabaze, À Satrape d'Tonie. & de Lydie, qui. avoit avec cela l'honneur d'être & gendre & proche parent du roi de » Perfe. Difficultés, travaux , dangers, rien ne le détourna de l’emprefle: ment qu'il avoit de fe metre ef crédit auprés de ce Seigneur, pour en faire un puiflant appui aix Athéniens ; mais, voici la con- jondture la plus favorable quil pôt éfpérer. Les Lacédémoniens, enflés de la viétoire qu'ils venoient de remporter fur les Athéniens, ayant rompu Île traité quil avoient fait avec le roi Artaxerxe, envoyerent une armée en Afe, fous le commandement d’Agél- laüs,à la follicitation de Tiffapher- | nes, qui, après avoir été fort avant dans les bonnes graces de fon mai. tre , s'étoir révolte contre Int, & avoir fait une ligue avec les Lacé- | démoniens. Quoiqué Pharnabæ | baze eût le titre de Général des troupes que les Perfes oppoferent à Apéfilaüs , on peut dire que commandement étoit en effer en. | tre les mains de Conon, qui dif- | pofoit de tout avec une autorité abfolue, I} donna de grandesin- | quiétudes à Agéfilaüs, qui étoit | RAR PRIT PET AENENTEDT TRE DREAM TE APREPAPETRERE PART AE ERP TITENR ER" HT a CO pourtant Je plus grand capitaine - de la Grece; il rompitfes mefures, & lé traverfa dans la plüpart de fes deffeins. [Il eft même certain que fans la valeur & l'expérience de Conon , Agéfilaüs auroit enle- vé au roi de Perfe toutes les pro- vinces de l’Afie jufqu’au mont Tau- rus, La guerre, que les Béouiens & les Athéniens venoient de dé- . clarer aux Lacédémoniens , ayant obligé ceux-ci de rappeller Agé- filaus , Conon ne quitta point les ) g P # 1 . généraux Perfans, & continua de leur rendre de grands fervices. - Conon, chargé par Pharnabaze de la commiffion d'aller informer le Roi des intelligences que Tiffa- phernes entretenoit avec les en- nemis, étant arrivé à la cour de Perfe, fe préfente felon la coûtu-. me du pais, au Chiliarque ou ca- pitaine des gardes, nommé Ti- thrauftes , qui occupoit le premier ‘rang de l'Empire ; & comme l'on ne pouvoic être admis à l'honneur de voir le Roi, que par l’entremife de ce grand officier , il lui fait de- Mmander audience. Tithrauftes fe prêta volontiers à tout ce que fouhaitoit Conon ; mais, 1l lui repréfenta qu'il falloit, avant tout fe déterminer fur l’un de ces deux partis, ou de fe pré- fenter lui-même devant le Roi, où de lui faire rendre par écrit la commiffion dont il étoit chargé. Sivous paroiffez devant le Prince, ajoûta-til, z/ faut vous réfoùdre & vous profterner aux pieds de for trône , 6 perfonne n'eft difpenfé de ce devoir. Si vous avez quelque répugnance à le faire, vous pou- VE? me communiquer VOS POUVOITS CO 63 par écrit ; je traiterat pour _. avec le Rot , & Je vous ferai obte- nir ce que vous demandez. Ce n’eft pas Seigneur , répondit Conon , que je fente aucune répu- gnance a rendre au Roi les plus grands refpeéts qui foient dûs à fz Majeflé ; je craïndrois feulement qu'ayant l'honneur d'être membre d'une république, qui eft accodtumee à donner la loi aux autres peuples, je ne fille une chofe dont le déshon- neur pht réjaillir fur elle, en vio= lant fes coétumes pour m'affujettir a celles des étrangers. Là-deflus Conon prit le parti que cet officier lui avoit indiqué, qui étoit de lui donner par écrit ce qu'il avoit à communiquer au Roi. Le témoignage d'un homme d’un aufh grand poids que l'étoit Conon, fit une f vive imprefhon fur l’efprit du Roi, que dès ce moment il déclara Tiffaphernes rebelle , donna ordre de tirer ven- geance des Lacédémoniens com- me infratteurs de la paix; 8" pour fournir aux frais de cette guerre, il chargea Conon de choifir lui- même celui qu'il jugeroit le plus capable d’adminiftrer les deniers deitinés pour cette entreprife. Co- non s’excufa de cette commifhon dont le: Prince vouloit l'honorer, & lui repréfenta que fa Majefté, devant être mieux informée que perfonne du mérite de fes fujets, feroit mieux ce choix qu’un étran- ger , qui n’étoit point au fait des affaires du royaume ; que cepen- dant, s’il avoit un confeil à lui don- ner, il prenoit la liberté de lui dire que perfonne ne lui paroifloit plus digne de cet emploi.que Phars ae ro CO On peut s'en former uneidée dans Tacite , en lifant tout ce que dit cet Hiflorien , au füjet de la mort de Germanicus, des honneurs qu'on lui avoit refufés & des murmures du peuple à cette occa- fion. On plaçoit l'image du Prin- ce furun lit; on chantoit des vers en. fon honneur ; on faifoit fon éloge funébre ; on le pleuroit, en- fin-on contrefaifoit au moins la douleur, C’eftce que Facite ex- prime par ces mots: Prepoftam toro effigiem, 6 laudationem, € lacrymas , & doloris imitamenta. C'eft ainfi que les Romains con- facroïent après la mort dans le ciel le nom des Princes, qui fouvent avoient lé plus mal gouverné la terre, Îl y 4 apparence que c’étoit une vaine cérémonie, dont le peuple même n’éroit point la da- pe; du moins, il eft certain que les grands ne létoient pas , & quelquefois ceux qui en devoient. être l’objer , s’en mocquoienthau- tement. Vefpañen ,. devenant vieux & infirme, plaïfantoit d'a- vance fur fon Apothéofe future, @t difoit à fes courtifans: 17 me fernble que je commence à devenir Dieu. C'eftainf qu'on doit traiter la fuperftition du peuple. Il eft: vrai que ce n’eft pas le moyen de le corriger, du moins d'abord ; “mais , la Inmière fe répand peu à peu, & la vérité chafle le men- fonge. An La Confécration ou Apothéofe du Prince, lui valoit l’épithète de divus qui équivaut à celle de Dieu. C'eft ainf que l’on trouve divus Ca) Numer, c-r1, V: 163.17, CO: Aupufus ; divus Vefpafianus, &ce ais, comme la Confécration étoit une pure cérémonie, l'épi-. thète divus n'étoit auffi apparem- ment qu'une épithète d'honneur, une efpèce de titre qu'on accor= doit an mort , & qui n’engageoit les vivans à rien ; & s'il étoit per: mis de parler ainfi, il eft fort vraïfemblable que les Romains. aimoient mieux divus INero, c'elt- ä-dire, Néron mort, que vivus Nero. Ce qu'il y a de fingulier, &tce qui prouve que le mot divus. étoit une pure épithète de céré= monie, c’eft que, même après que. les Empereurs eurent embrañlé le Chriftianifme, ils conferverent. encore ce titre äffez long - tems, CONSEILLER , Confiliarius, (a) celui qui eft établi pour donnet fon confeil fur quelque matière. L'origine des Confeillers pro- prement dits, qui affftent le prin- cipal Juge de leurs confeils, eft fort ancienne ; elle remonte juf-. qu’au tems des, Hébreux. Dieu, ayant établi Moïfe pour conduc- teur & Juge de fon peuple, lui ordonna de fe choïfir un Confeil, qui feroit compofé de foixante-dix des anciens & maîtres du peuple, &. de les amener à l'entrée du Tabernacle de l'alliance, oùils de- meureroient avec Jui. Moife ayant exécuté cet ordre divin, le Sei- gneur, dit l’Écriture, defcendit dans la nuée, parla à Moïfe, prit de l’efprit qui étoit en lui, & le donna à ces foixante-dix hommes. Ainf; les premiers Confeillers ferent d'inftitution divine , de mé C O me que les Jupes, & reçurent de Dieu la grace du même efprit dont Moïfe étoit rempli. On les nomma Zekenim, ceft.à-dire , Juges du peuple , Seziores ; d'où l’on a fait enfuite le titre de Se- natores , pour marquer que la fa- gefle & l'expérience qui fetrou- : vent dans un âge avancé , eft né- ceffaire aux Juges & a ceux qui les affiftent de leurs confeils. _Moife & ceux qui fuccéderent dans la fonétion de Juges , eurent toujours de même des Confeillers; & ce confeil fuprême qui fut dans la fuite nommé Sanhedrin, a fub- fité dans Jérufalem tant que l’é- tat des Juifs a fubffté. Les autres villes des Juifs avoient auf deux fortes de Con- feillers, les uns prépofés pour l'adminiftration des affaires com- Munes ; les autres, qui étoient au nombre de fept dans chaque ville, rendoient la juftice en première ‘inftance, & l'appel de leurs ja- por étoit porté au Sanhedrin, IS étoient élus par le peuple , qui prenoït ordinairement ceux qui étoient diftingués par leur fagefle & leur probité ; on y ajoûta dans la fuite deux Lévires, parce que ceux de cette tribu étoient les plus verfés dans l'étude des loix. ‘eft peuc-être à limitation de cet ancien ufage, qu’eft venu long- tems après celui d'admettre un certain. nombre de Confeillers- clercs dans les fieges Royaüx. [l y eut auffi toujours des Con- feïllers chez les Grecs, pour ren- dre la juftice ; le nom qu’on leur donnoit du tems des Rois, figni- oit amis du Roi; & en effet ils O0: - 7E rendoient la juftice avec Imi ; & quand il étoit abfent , l'un deux préfdoit à fa place. Sous les Archontes , les Con- feillers prirent un nom équivalent à celui d'affleffeurs. Du tems; des républiques de la Grece, les Athéniens avoient deux tribunaux fupérieurs ; l’un s’appel- loit le Sénat des cinq cent, qui étoit pour le gouvernement civil & la manutention des loix.L’autre étroit ce fameux aréopage , où préfidoit un des Archontes ; & qui étoit compofé de trois cens Confeillers , qu'on appelloit Aréo- pagires. Îls connoiffoient de la olice, des masières criminelles 3 &t de quelques autres affaires pri vilégiées. Î| y avoit encore alors ’ dans la Grece huit autres Tribu- naux compofés chacun d'un pré- fident & de plufeurs Confeillers , dont le nombre étoit de deux jufqu’à cinquante. Ceux-ci étoient fimplement nommés affefleurs ; ils devoient être âgés de trente ans, gens de bien & fans aucun = reproche ; d’une famille notable de citoyens. On ny admettoit point ceux qui étoient comptables au tréfor public; & avant que de les recevoir , ils étoient examinés far leur conduite paflée devant le Sénat des cinq cent. Le premier Magiftrat ou Préfident incerro- eoit les parties & les témoins. fe procès étant ainfi inftruir, le juge le donnoit à fes aflefleurs pour examiner, & enfuite ils lui donnoient confeil pour le juge= ment. Îl y eut pareillement des Con- feillers chez les , dès le 1V 72. CO tems de Îeur établiffement. Ro= mulus fe forma un confeil de plu- fieurs nobles citoyens, dont il prenoit l’avis dans les affaires qu'il avoit à décider. Il les nomimä Sénateurs. C'eft de ces premiers Confeillers on Sénateurs , que toutes les antres familles Patricien- nes tiroient leur orgine & leur no- bleffe. Les Rois, fuccefleurs de Ro- mulus, & après eux les Confuls , rendirent de même la juftice avec leurs Confeillers ou Sénateurs ; le peuple connoïfloit cependant de certaines affaires , & alors chacun opinoit où bien l'aflemblée éta- bliffoit un confeil pour juger l’af- faire. Les Confuls, fe trouvant aflez occupés du gouvernement de l’é- tat, établirent le Préteur pour rendre la juftice en leur place. On ñe lui donna point de Confeillers; mais, il choififfoit lui-même, pour chaque affaire , des Juges qui fai- foient près de lui la fonétion de Confeillers, Il ne les prenoit d’a- bord que parmi les Sénateurs ou les Chevaliers ; enfuite , il y ad- mit auf des Plébéiens. Le Préteur forma encore une autre claffe de Confeillers, qu'il tira d'entre ceux quis’appliquoient à l'étude des loix, & qui pren: noient le titre de Jurifconfultes , parce qu’on les confultoit fouvent fur les procès qui étoient à juger, Ilen prit cinq des plus habiles dans chacune des trente-cinq Tri- bus; ce qui faifoit en tout cent oixante-quinze, On les appela Cependant par abréviation les Cen- tumvirs, Lorfque le Préteur avoit “ CC à décider quelque queftion de droit , il prenoit des Juges où Confeillers parmiles Centumvirs au lieu que pour les queftions de fait, il prenoit des Juges dans les trois ordres de citoyens indif- féremment. = Les Proconfuls , Préteurs où Préfidens, qui étoient les Gouver- neurs & Magiftrats des Provinces, avoient aufli la liberté de choifr eux-mêmes leurs Affeffeurs où Confeillers, ls en prenoient à Rome ou dans les provinces ; mais , fi c'étoit dans leur gouver- nement ,.ces Affeffeurs devoient être changés au bout de quatre mois , & il falloit enfuite qu'ils en fiffent venir d’ailleurs, Les uns & les autres devoient être choifs parmi ceux qui avoient étudié les loix ; ils affiftoient le Magiftratde leurs confeils dans les jugemens, & le repréfentoient en (on abfen- ce. C'eft pourquoi, on les qua= lifoit Cozfiliaris & Comites Ma giftratuum, Le Magiftrat leur ren-. voyoit l'inftruétion & l'examen des procès ; mais, il étoic obligé de juger lui-même, ce qu'il far foit fur le rapport & l'avis de fes Confeillers. Se On voit par ce qui vient d’être dit, que chez les Romains les fim- ples Confeillers ou Affeffeurs des Mapgiftrats n’étoient point eux-. mêmes confidérés comme Magif- trats; ce n'éroitque des Affeffeurs, que [le Mapgiftrat appelloit pour l’aider de leurs confeils, & qui | par eux - mêmes n'avoient aucun caractère d'oficiers publics. - GONSENTES T les Dieux], CO Di Confentes. (a) Les Dieux Confentes étoient chez les Ro- mains, certains Dieux du premier ordre. Leur nom étoit pris de l’an- cien verbe Confo, qui fignifioit Confeiller ou Confulter; d'où étoit auf venu le nom du Dieu Gonfus. D'autres les appelloient Confentes pour Confentientes , parce qu’ils avoient droit de don- ner jeur confentement aux déli- bérations céleftes. Ces divinités éroientau nombre de douze , fix Dieux & fix Déef- fes; & leurs douze ftatues enri- _chies d’or étoient élevées dans la grande place de Rome, fuivant le témoignage de Varron. Les fix Dieux étoient Jupiter , Neptune, Apollon, Mars, Mercure & Val- cain, Les fix Déefles étoient Jo- non, Minerve, Vénus, Diane, Cérès & Vefta. Chacune de ces divinités préfidoit à un mois de l'année; fcavoir, Minerve au mois de Mars, Vénus au mois d'Avril, Apollon au mois de Mai, Mer- _cüre au mois de Juin, Jupiter au mois de Juillet, Cérès au mois de _ d'Août , Vulcain au mois de Septembre, Mars au mois d'Oc- tobre , Diane au mois de Novem- bre, Vefta au mois de Décembre, Junon au mois de Janvier, &c Neptune au mois de Février. Le poëte Manilius, dans le fecond livre de fes Aflronomiques, donne A à chacune des conftellations du Zodiaque , la divinité qui préfide . à fon mois, pour avoir le foin de régler fes mouvemens, & de (a) Antiq. expl. par D. Bern. de XCVI, de friv. Le (Sie, 73 nous difpenfer fes influences; fça- voir , Minerve au Bélier, Vénus au Taureau, Apollon aux Gé- maux, Mercure au Cancer, Ju- piter au Lion, Cerès à la Vierge, “Vulcain à la Balance, Mars au Scorpion, Diane au Sagittaire, Veftaau Capricorne , Junon au Verfeau, Neptune aux Poiflons. Il y avoit encore douze divi= nités , que les Anciens reconnoif- foient pour celles qui avoient le {oin particulier des chofes nécef- faires à une vie tranquille & heu- reufe. Jupiter & la Terre étoient révérés comme les proteéteurs de tout ce qui étoit à notre ufage ; le Soleil & la Lune, comme les mo- dérateurs des tems ; Cérès & Bac- chus comme les difpenfateurs du boire & du manger; Bacchus &c Flore comme les confervateurs des fruits: Minerve & Mercu- re comme les proteéteurs des beaux arts qui perfeétionnent l’ef- prit, & du négoce qui entretient & augmente les richefles :&t enfin, Vénus & le Succès , comme les auteurs de notre bonheur & de notre joie, par le don d’une fécon- de lignée, & par laccomplife- ment de nos vœux. Les Grecs joignirent à ces douze divinités, ‘Alexandre le Grand, comme le Dieu des conquêtes. Mais, il ne fut pas reconnu par les Romains, qui ayoient tranfporté Îles douze autres de Grece en Italie, où ils étoient adorés dans un temple commun , qui leur avoit été con- facré à Pife. == Montf, Tom, 1, Difcours prélim. pag CO L’Infüitution des douze Dieux Confentes venoit d'Égypte; & le Scholiafte d'Apollonius dit que c'étoientles douze fignes du Zodia- que qu’on appelloit Gsc26 Ccuaæiouc, Mais ,ileft vrai qu'onne fçait pas fort exa@tement l’hiftoire de l’ido- lâtrie d'Égypte. Hérodote, qui en étoit bien initruit , n’a pas ofé en parler clairement ; & tous ceux qui l'ont fuivi, ne fe font atrachés qu'à des allégories, où n'ont pu fatisfaire leur-curiofité & la nôtre, . parce que les Égyptiens aflujettis premièrement aux Perfes , & en- fuite aux Prolémées, ne conferve- rent pas leur religion en fon entier, & y introduifirent beaucoup de chofes étrangères. CONSENTIE , Confentia , (a) Korcerria , ville d'Italie, fituée fur le bord du fleuve Crathis, au pais des Bruttiens. Strabon dit qu’elle étoit la capitale de ce peu- _ple. Ce fut en cetre ville que l’on apporta une partie du corps d'A- léxandre, roi d'Épire, après qu'il eut été divifé par les ennemis, en- tre les mains defquels il étoit tom- bé, Une femme prit foin deramaf- fer les os de ce Prince infortuné , & les renvoya à fonarmée, qui les fittranfporter en Épire. Pline parle des vins de Confentie, qui avoient de la célébrité. Cette ville s'appelle préfente- ment Cofenza dans la Calabre Ci- térieure. C’eft le fiege dan Ar- chevêèque , & lune des princi- pales villes du royaume de Na- ples. Des Ca) Strab. pag. 256, Tir, Liv. L. VIIT, C2q.Prolem, LHC, x, Pin, T6m,1, Ps 158, 717, GC O CONSENTIE ![ le terntoire } de], Confentinus Ager. (b) [fit ravagé -par les Romains 260 ans avant J. C. ne CONSENTIE , Confentia , Koïveyria. (c) Tite-Live met une ville de-ce nom dans la Eucanie, & la compte parmi celles qui fu- rent prifes par Alexandre , roi d'Épire. Mais, on croit qu'il s'eft gliffé en cet endroit une faute dans le texte de Tite-Live , & | qu'ainfi, au lieu de Confentie, il faut lire Potentie. : CONSENTIES , Confentia, fêtes inftituées en l'honneur des dieux Confentes , par plufeurs familles ou compagnies, qui, cons. courant à la folennité de ces fêtes à frais communs, marquoient la vénération particulière qu'elles portoient à ces divinités. Îl paroit qu'on ne s'eft pas contenté de | trouver un feul fondement au | nom de ces fêtes, & qu’on a vou=. lu qu'elles s’appellaffent Confen- | ties, parce quil y avoit fociéré de dieux, & fociété d'adorateurs. | CONSENTINS , Confentint, | (d) peuples d’entre les Bruttiens. Ils étoienc ainfi appellés de leur | ville nommée Confentie. Les con | fentins, durant la feconde guerre Punique ,; avoient embraflé le | parti-d'Annibal ; mais, dèsl’an- | néé fuivante, ils rentrerent dans. | l'amitié des Romains. Voyez Con: | fentie. - | CONSERVATRICE , Cor- fervatrix , furnom qu’on donnoit | à Junon, & fous lequel elle et (6) Fit. Liv. L, XXVIIT. cc. 1x, | | | | (ce): Tir. Liv. L. VIII, C. 24, (d) Tir, Liy, EL, XXV,c. 1, ECO défignée dans les médailles pat un cerf, parce que de cinq biches aux cornes d'or, & plus grandes que des taureaux , que Diane pourfuivoit un jour dans les plai- nes de Theffalie, elle men prit que quatre, & la cinquième qui fut fauvée par Junon devint le fymbole de cette déeffe, fous le nom de Junon Confervatrice, ‘CONSIDIUS [ Q.1, (a) G. Confidius , tribun du peuple, lan de Rome 278, futun zèlé partifant . dela loi Agraire. De concert avec T. Génucius , il appella en juge- ment T. Ménénius, & le fit con- damner, malgré tous les eflorts des Sénateurs. Nos deux accufa- teurs firent cependant paroitre quelque modération dans la peine à laquelle ils conclurent contre lui; car, quoiqu’ils euffent d’abord demandé qu'il fût puni de mort, ils fe bornerent à une amende de deux mille pièces de monnoie. fais; il n'en fut pas quitte à fi bon marché ; car, le chagrin qu'il en conçut, le-jetta dans une lan- gueur dont il mourut quelque tems CH CONSIDIUS Q.1, Q. Coz- fidius ; (b) Sénateur fort avancé en âge. Un jour que Céfar fe plagnoit de ce que la plüpart des - Sénateurs s’abfencoient des affem- blées, Q. Confidius lui dit que lon s'abfentoit ; parce qu'on crai- gnoit fes armes-&t fes foldats. £t Pourquoi donc, reprit Céfar , /z même crainte ne vous a-t-elle pas retenu.chez vous ? C’eft, repartit (a) Tit. Liv. L. IL c, 58e (è)Plut. Tom. I. p. °7ta4 CITÉ, sin. | Rom, T, VI, p, 578. CO 7s Q. Confidius avec liberté , que le peu de vie qui me refle à efpérer » ne mérite pas que je le ménage. CONSIDIUS [ C. Î LON- GUS, C. Confidius Longus, (c) officierquicommandoit dans Adru- mète ville d'Afrique, lorfque Cé- far vint fe retrancher devanc cette ville. Il tint ferme contre les atta- ques de l'ennemi. L. Plancus, l’un des lieutenans de Céfar , ayant eu permifhon de traiter avec C. Confidius Longus, pour tâcher de le ramener à la raïfon, lui dépé- cha un prifonnier, qui ne lui eut pas plutôt préfenté fa lettre, que Confidius Longus lui demanda d’où il venoit; & dès qu'il eut ré- pondu du camp de Céfar, il le fit tuer fur l'heure , s'écriant qu'il ne reconnoifloit point de général dans tout l'empire Romain que Scipion, & lui renvoya fa lettre toute ca- chetée. Céfar ; après avoir de- meuré un jour & une nuit devant. la ville, comme il vit que ©. Confidius Longus ne faifoit point de réponfe, & que le refte de fes troupes n’arrivoit point , ne jugea pas à propos de s'arrêrer au fiège d'Adrumète , qui étoit une place forte & bien munie. C. Confidius Longus, ayant eu nouvelle que Céfar envoyoit des troupes au feconrs de la ville d'Acille, fous la conduite de C. Meflius , tâcha de le prévenir avec huit cohortes, & de furpren= dre la place. Mais, ayant appris que le fecours y étoit entré , il s'en retourna fans rien faire ; Ce= çc) Cæf. de Bell. Civil. EL. M: p. 551. Hirt. Panf, de Bell. Afric, pag. 752. € fea. Cicer, Orat, pro Q,. Eigar, ©, 34 76 CO | pendant depuis, ayant obtent de la cavalerie de Labiénus , il y re- vint mettre le fiége, Après plu- feurs atraques inutiles , voyant qu'il avançoit peu , & que les afhiépés avoient brûlé à diverfes fois fes ouvrages, il gâta ou con- fuma par le feu fes munitions, fur Ja nouvelle de la défaite de La- biénus , & fe retira à Adrumète par les terres de Juba, après avoir farfé à Scipion nne partie de fes FONDÉS sé Lorfque ce dernier fut défait, €, Confidius Longus étoit dans Tifdre, avec une garnifon de Gé- tuliens & de Gladiateurs, outre Ja fuite ordinaire, Ayant appris la défaite de Scipion & l'approche de Domitius, il défefpéra de pou- _ voir garder la place , & s'enfuit “fecrétement avec quelques Gétn- liens , qui l’évorgerent en chemin, pour avoir l'argent qu'il empor- toit avec lui. Ce GC. Confidius Longus eft celui dont parle Cicéron dans fa herangue pour Q. Ligarius, Il étoit proconful, felon cet ora- ent Se CONSIDIUS [ P.7, P. Con- fidins , (a) officier qui avoit fervi d'ebord fous I. Sylla, & enfnite fous. M: Craflus; & comme on le croyoit pour cette raïfon fort expérimenté dans le métier de la guerre, Céfar, au commence- ment de fon expédition dans les Granles , lui donna la conduite des coureurs. Mais, P. Confidius, ne tarda pas à donner des preuves @ Cæf. de Bell, Gall, L,T, pag. 20; ZE F À CO qu'il métoit rien moins qu'un bof | guerrier, La frayeur lui troubla | tellement la vue à la première | occafion , qu'il crüt avoir vu œ@h qu'il n'avoit pas vu certainement, } &t fit en conféquence un faux rap- port , qui nuifit beaucoup aux | opérations que lon s’étoit pro= & ofé de faire. et: CONSIDIUS NONIANUS, | Confidius Nonianus , (b) ofñcier & Romain, dont parle Cicéron dans p Ja douzième lettre du feizième li k vre à fes amis. Il nous appreñd | qu’on lui ‘avoit donné le gouver: à nement de la Gaule Cifalpine, Il + eft furnommé Nonianus, parc | qu’il étoit par adoption de la fa- } mille Confidia, dans la familk Noniana. Comme il n’avoit point | été conful, la province de la Gat- le Cifalpine fut faite Prétorienne k a caufe de lui. C’eft le même que | Cicéron appelle Quintus Conf dius l’aîné, ou le vieillard, dans la | vingt-quatrième lettre du fecond livre à Atticus, S CONSIDIUS, Confidius, | certain Romain, dont Cicéron L fait mention dans la douzième let: À tre du premier livre à fes amis, Pendant la conjuration de Catili na, la confufion fut fi grande, | que les plus riches ne pouvoient k trouver de quoi payer les intérêts de ce qu'ils devoient , non pa même en vendant du bien à vil prix. Confidius, à quiil y a ap- parence que tout le monde de- voit, vu les fommes exhorbitan- tes qu'il népocioit, touché de cette (6) Cicer, ad Amic: L. XVI.-Epift XIT, ad Attic. L, II. Epift, XXIV, NS (SAS) difette générale , déclara publi- guement quil ne demanderoit à “perfonne , ni intérêt, ni principal, tant que le trouble dureroit, &cil en fut remercié par un Sénatus- confulte fair exprès. CONSIDIUS { L.T, Z. Con- fidius , (a) Préteur avec Sextus . Saktius. Cicéron nous apprend que _ ces deux Préteurs furent chargés de conduire une colonie ; & il leur reproche de s'être décorés de ce tre , au lieu de celui de Dunmvirs que prenoient toujours ceux qui étoient chargés de la conduite d’une colonie. CONSIDIUS ÆQUUS, (b) Confidius Æquus, Chevalier Ro- main, fut condamné par l'autorité de Drufus, & en vertu d’un arrêt du Sénat, l'an de J.-C. 21, pour avoit accufé fanflement de crime de lèze-majefté le Préteur Magius Cécilianus. - * CONSIDIUS PROCUEUS, Confidius Proculus. Voyez Pro-. culus. . CONSITOIRE, Confificrium, Étoit le confeil intime & fecret des Empereurs Romains. . Le mot Conjifloire, qui vient du Latin Conjffere, fignioit pro- prèment le lieu où s'affembloit ce confeil, Enfuite, ona pris le nom du lieu, où il fe tenoit pour le CO 7 avoient ce titre, étant au-deflusde confeil même, & on a appellé de-là Comnites Confiftoriant, ceux qui étoient de ce confeil ; 1lsétotent décorés du titre de wir? Spetabt- Les, qui étoit le fecond degré dans l'ordre de la noblefle , ceux qui (a) Cicer. Orat. de Lege Agrar. in Rull. ce. 91. : (6) Tacit, Annal, L. If, © 27s ceux que lon qualifoit CZarifrms, & précédés feulement par ceux qui avoient le titre dillufires ou fuperilluftres, qui n’étoit accorde qu'aux premiers officiers de l'Em pire. Ces comtes où confeillers da Confifloire étoient épanx en tout aux proconfals pour les honneurs : & privilèges. Ces mêmes off- ciers, leurs femmes , enfans , fer vireurs & fermiers , jouifloient auffi des mêmes privilèces ex plaidant , foïit en demandant ou défendant, que l'empereur Zénon avoit accordés aux clarifhimes rinces de l’école. CONSISTOIRE DU PA- LAIS , Confiflorium Palatü. (c}) Il eft parlé de ce Confifloire dans le livre d'Efther. L’Hébreu l’ap- pelle la maifon du royaume. Il y avoit, felon D. Calmet, trois pièces principales dans l'ap= partement du roi de Perfe. La première étoit le parvis extérieur, atrium exterius , Où {e tenoïienr les courtifans qui venoient à la. cour ; la feconde, la falle, ou le parvis intérieur, afrium interius, où il étoit défendu d'entrer fous. eine de la vie, à moins que l'on ny fût appellé; la troifième étoit Je cabinet, ou une efpèce de ré- duit , ou d'alcove, où fe voyoit le trône du Rot, nommé Con/fto- _rium Palatii, où Bajilica Repis. | Pour ce qui regarde les difié- rens Confiftoires , où lieux dans lefquels les Hébreux rendorent la juffice, nous en parleronsfousle Ce) Eflhe ce de le Ci ge We LeCe 6. Vs &s Se Le HT : 78 co titre de fanhedrin, où tribunal. CONSIVA, Confiva, (a) épithète donnée à la déeffle Ops par Feflus. Ses fêtes, qu’on ap- pelloit Opéconfives , fe célé- brotent le 25 d’Août. Ops Confi- ve prefidoit a la fertilité des Cam- agnes. CONSIVIUS, Confivius, (b) l'un des furnoms donnés à Janus, On le furnommoit ainfi 4 Con/e- rendo , c'eft-à-dire, à caufe de la propagation du genre humain, dont Janus étoit regardé comme l'auteur. La fon@ion de Janus Confivius confiftoit à préfider à la conception des hommes qu’il fa- vorifoit à fa manière, dontonne nous inftruit point. L’aéte de la génération avoit paru aux anciens de telle importance, qu'ils avoient placé au tour de ceux qui $’en oc- cupoïent ; un grand nombre de dieux & de déefles, dont les fonc- tions feroient d’un détail contraire à l'honnêteté. ie CONSOMMATION , Coz- fummatio , (c) terme Synonyme à accomplifiement. C’eft en ce fens que Jefus-Chrift dit avant que d'expirer : Tout eff confom- "mé, OMinia confummata funt : c’eft- à-dire , tout eft accompli. Mais, ce terme a encore d’au- tres acceptions. Îl marque fouvent les derniers malheurs , comme on peut le voir dans Ifaïe, dans Jé- rémie , dans Ézéchiel, dans Da- mél, dans les Pfeaumes, &ce, - CONSONNANCE, Confon- (4) Antiq. expl. par D. Bern. -Montf, Tom, H, pag. 140, G) Antig. expl. par D, Bern, CO nantia , terme de Grammaire où , pour parler plus jufte, de) Rhétorique, | On entend par Confonnance hi! refflemblance des fons des moil dans la même phrafe ou période, | Les Confonnances ont de la gra: | ce en Latin, pourvu qu’on ni fafle pas un ufage trop fréqueit| dans le même difcours, & qu'elles | fe trouvent dans une poñition con. | venable en l’un & én l’autre dé! membres relatifs. Par exemple, f | non præfidio inter pericula , tamin \ folatio inter adyerfa. La Confor- | nanceïentre fo/atio & prefidio, | eft également au milieu de l’une | & de läutre incife : elle y eft pla | cée comme un hémitiche ; autre: ment elle ne feroit pas fenfble, Voici un exemple de Confonnanc à la fin desincifes , f£ne invidi culpa pletlatur , 6 fine culpa invi dia ponatur. En voici encore autre , 726710 potef} alter: dare ma» trimonium , nif quem penes fit par trimonium, Cette figure a de la grace, dit Quintilien, accedit 6 ex ülla figura gratia ; fur toit quand la Confonnance fe fait {en- tir en des poñtions égales , 11 | -quibus Initia fententiarum © fines | confentiunt. Paribus cadant , & eodem definant modo. Les Rhéteuts donnent divers noms à cette fieure, felon la dif- férente forte de Confonnance, & felon la variété de la pofition des | mots. Îls appellent paranomalit la Confonnance qui réfolte du je | des mots par la différence dé de} Montf, Tom. I. pag. 27, 28, de (ce) Joann, c, 19, v, 28, CE O. quelques lettres ; par exemple , incæptio eft amentium, haud aman- tium. C’eft un projet d’infentés , & non de perfonnes qui s'aiment & qui ont le fens commun, Cè» leélum petis , de letho cogita. Dans ces occafions , la Confonnance eft appellée paranomafie de wapa, près, proche, & de érux, nom, c'eft-à-dire, jeu entre les mots, à caufe de l'approximation de ons. Îl y a encore /filiter definens , fimiliter cadens. U fuffit de com- prendre ces différentes manières fous le nom général de Confon- nance. L'ufage de cette figure deman- de du goût & de la finefle. La tefflemblance de fons en des mots trop proches, & dont il y en a plus de deùx qui fe reffemblent, produit plutôt une cacophonie qu'une Confonnance; tel eft cet sxemple : = O fortunatam natam me confule = Romaml!. : Cette figure, mife en œuvre à propos , a de la grace en Latin > felon Quintilien ; mais, pourquoi na-t-elle pas le même avantage en François ? On pourroit peut- être croire que c’eft par la même rafon, que Quintilien dit que les hémiftiches des vers Latins font déplacés dans la profe. Quand les Latins lifoient la profe , ils étoient fuïpris d'y trouver des moitiés de vers ou des vers entiers, qui y paroïfflent comme fuite du difcours & non comme citation. Von erat locus his ; vitium eff apud nos fi quis poëtica vulgaribus mifceat. Cet confondre les différens gen- 4 f 2 CO 7 res d'écrire; c’eft tomber, Le dans le défaut dont parle Horace au commencement de fa Poëri- que: Æumano capitt, &tc. verfum in orafione fari multo fædiffimum ef. Comme la rime ou Confon- nance n'entre point dans la ftruc- ture des vers Latins, cette Con- si “ G SR fonnance , loin de les blefler, flattoit l'oreille, pourvu quil n'y eût point d'affectation , & que l'ufage n’en fût pas trop fréquent; reproche que l’on fait à faint Au- guftin. Mais , en François, comme Îa rime entre dans le méchanifme de nos vers, nous ne voulons Îa voir que là, & rous fommes bleflés , comme les Larins l'é- toient, lorfque deux mots de mé- me fon fe trouvent l'un auprès de l'autre; par exemple, les beaux efprits pour prix, &tc. fi Cicéron ; Gtc. mais mème, &C. que quand ; &c. jufqu’a quand, &c. Un de nos bons Auteurs , parlant de la bibliotheque d'Athènes, dit 94e dans la fuite, Sylla la pilla, ce qui pouvoit être facilement évité en s'exprimant par la voie paflive, Vaupelas & le P. Bouhours difent ue nous devons éviter enprofe, non feulement les rimes, maïs encore les Confonnances , telles que celle qui fe trouve entre /o/ei/ &x immortel. RE - On convient que ce font-là des minuties, auxquelles les Lelteurs judicieux ne prennent pas garde. Cependant, il faut avouer que fi. un Écrivain évitoit ces négli- gences , l'ouvrage né perderoit rien de fa valeur intrinfeque. Nous ajoûterons que les Con- 86 et un fon mouillé fort, & le y.qu'on nomme ve qui eft un fon mouillé foible. \ | Comme le caraëtère de Zmouï- lé nous manque, notre orthogra- phe n'eft pas uniforme dans la manière de défigner ce fon ; tan- tôt nous l’indiquons par un feul/, tantôt par deux /}, quelquefois par /4. On doit feulement obfer- ver que / mouillé.eft prefque tou- jours précédé d'un z ; mais que cet Z n'eft pas pour cela la mar- que caraéteriftique du Z mouillé, comme on le voit dans civil, nil, exil, fil, file, vil, vile, où le n'eft point mouillé, non plus que dans achille > pupille, tranquille, qu’on féroit mieux de n’écrire que par un feul /. Ïl faut obferver qu’en plufeurs mots l’z fe fait enrendre dans la fyllabe avant le fon mouillé, com- me dans péril, on-entend l’; en- faite le fon mouillé pé-ri.2. Îlya, au contraire, plufieurs mots où left muet; c’eft-à-di- re, qu'il n’y efl pas entendu fe- parément du fon mouillé ; il ef confondu avec ce fon , ou plutôt; ou il n’y eft point quoiqu'on l'é- crive ,ouileft bien foible, comme dans famille, cheville. à Le fon mouillé de Zeft auf marqué dans quelques noms pro= pres par-/} ; comme dans Milhaud ville du Rouergue. Le peuple. de Paris change le mouillé fort, en mouillé foible. H ‘prononce f-ye, an lien de 75/e ÿ Verfa-yes, pour Verfailles, Cette Prononciation a donné lieu à quel- ques Grammairiens modèrnes,, d'obférver ce mouillé foible. En SE EE O effet, 1l y a bien de la différence entre la prononciation de jen dans mien tien, &c. & celle de moy- en pay-en >-4-YeUX., a-Yant, Pa-yone, Ma-yance, PBla-ye, ville de Guienne, fa-yance, em- plo-yons à l'indicatif, afin que nous emplo-i-yons , que vous ai. yez, que vous /o-i-yez au fub: jon@if. La ville de No-yor, le duc de Ma-yene , le chevalier Ba-yard, la Ca-yene ; fo-yer, bo-yaux. Ces Grammairiens di- fent que ce fon mouillé eft une Confonne. = Mais , il ne s’agit point de dif- puter fur le nom ; l’effentiel efl de bien diftinguer & de bien pro- noncer cette lettre. On peut re- garder ce fon ye dans les exem- ples ci-deflus, comme un fon mixte, qui paroit tenir de la voyelle & de la Confonne, & faire une clafle à part. Ainfi, en ajoûtant leche & les à deux fons mouillés gz & /l, aux | quinze.premières Confonnes; cha | fait dix - huit Confonnes, fans =, = at compter le À afpiré , nile mouillé foible ou fon mixte ye. ! | à Ë je ë b Ê è È É : Ë È Ë PRESS ENENNORTICEE TONI POELE Nons allons finir par une divi | fion remarquable entre les Con | fonnes. Dépuis M. l'abbé de Dan DRE geau, nos Grammairiens.les divi: | fent en foibles & en fortes; c'ell- | àä-dire, que le même Organe | pouffé par un raouvement doux, produit une Confonne foible, & | que s'il a un mouvement plus fort | & plus appuyé, il fait entendit | use Confonne forte. Ainf, B el la foible de P , & P eft la fortede B. Voici quelques exemples des Confonnes foibles & des Confon: ’ È £ Bb C Ô nes fortes , oppofées les unes aux autres. Confonnes C onfonnes fortes foibles. B. D Baiïpner. Peigner. Bécher. Pécher. =D; T, Danfer. Tanfer. Dater. Tüter. _ Ggue Cdur.K,ouQ;que. Gage. Cage. Gand. Caen. “Pres “Ch,che. Japon. Chapon. Jatte, Chatte. F, ve. + | Valoir. Falloir. , Vendre. Fendre. 7 » Ze S A fe Zele. Selle. Zone. Sonne, de fonner. Ye mouillé Ll. mouillé fort. foible.. = … Payen. Paille. … Blaye villes Verfailles, Parce détail des Confonnes foi- bles & des Confonnes fortes, il paroïit qu'il n'y a que les deux lettres nazales 77, 7 ; & les deux liquides , Z, r; dont le fon ne change point d’un plus foible en An plus fort, ni d’un plus forten ua plus foible; & ce qu'il y a de témarquable à l'égard de ces EC O 87 quatre lettres , felon l’obfervation que M, Harduin a faite dans un méinoire dont nous avons parlé, c'eft qu’elles peuvent fe lier avec chaque efpèce de Confonnes, foit avec les foibles , foit avec les for- tes, fans apporter aucune altéra- tion à ces lettres. Par exemple, imbibé , voilà le 77 avant une foi- ble; impitoyable, le voilà avant une forte. Nous ne prétendons pas dire que ces quatre Confonnes foient immuables ; elles fe chan- gent fouvent , fur tout entr’elles, : Nous difons feulement qu'elles peuvent précéder où fuivre, in- différemment où une letire foible ou une lettre forte. C’eft peut- être par cette raïfon que les An- ciens ont donné le nom de liquides à ces quatre Confonnes , 7, Re Au lieu qu’à l'égard desautres, fi une foible vient à être fuivie d'une forte, les organes prénant la difpofition requife pour articuler cette lettre forte, font prendre Île fon fort à la foible qui précede ; en forte quecelle qui doit être pro- noncée la dernière fthange celle qui eft avant en une lettre de fon efpèce , la forte change la foible en forte, & la foible fait que la forte devient foible. C'eft ainfi que nous avons vu . qüe le x vaut tantôr cf”, quifont deux fortes, & tantôt g7, qui font deux foibles. C’eft par Ia même raifon qu'au prétérit,le b de feribo fe change en p, à caufe d’une lettre forte qui doit fuivre ; ainfi ; on dit fcribo , fcripft, [erip- tum. M. Harduin eft entré à ce fujet dans un détail fort exact par F iv Ÿ 58 CO rapport à la langue Françoife ; & il obferve que, quoique nous écri- vions abfent, fi nous voulons y prendre garde , nous trouverons ue nous prononçons apfene. CONSORANNES, Confo- anni ÿ (a) peuples des Gaules , que Pline met au nombre de ceux qui habitoient l’Aquitaine. . ans la Notice des provinces de la Gaule, la cité des Conforan- nes, Civitas Conforannorum, eft une de celles de la Novempopula= nie. Le pais conferve le nom de Conferans, quoique Pufage foit de prononcer Couferans ; & la ville a porté le même nom, fous lequel elle eft citée par Grégoire de Tours, avec Vicus Juli[ Aire] & Laputdum [ Bayone ], dans l'accord des Rois Gontram: & Childebert. Elle a quitté ce nom pour prendre celui d’un de fes Évêques , Saint Lyzier, Lyce- . rlus, où plutôt Glycerius, felon qu'il fe lit dans les foutcriptions du Concile d’Aode,en +06. M. de Valois rapporte un paflfage que lui fournit la vie de ce Prélat: Obiit 1n temitorio Tolofano ue Civitate que vocatur Coferanis five Aujtria ; & il tire cette dé- nomination d'Auftria, du vent qui fouffle 4h Aufiro. Peut-être étoit-elle propre à cette ville, avant que d'être défignée par ce- lui du peuple dont elle étoit ca- pitäle , comme on: fçait que beau. conp de villes du même rang ont ainfi changé dé nom. Ce qu'il y a de plus digne de femarque dans ce paflage, c'eft 2 Ca) lin, T, I, p. 145: 226, Notic, de la Gaul, par M, d’Anvil, CO de voir les Confotannes In Lefrito' rio Tolofano ; tandis que certe cié eft rangée dans la Novempopule- | nié, comme fon fiege épifcopal el \ encore fuffragant d’Aufch, me: à De = CRETE" tropole de cette province. Doit: oninférer de-là, que les Confo: | rannés pouvoierit être partagés | entre [a province Narbonnoife & A l’Aquitaine ? Pline nomme 6! Confuaranes dans la Narbonnoiïle! In ora regio Sardonum , dit -il, intufque Confuaranorum. Or , ces | Confuaranes étant ainfi plus avant | dans les terres que le diftri@ des | Sardones, il pent en réfulter qu'il | foient tellement voifins des Con- forannes,qu’on ne trouve point de différence affez marquée dans la dénomination, pour en faire deux au lieu d’one, & ne pas voir fim- | plement différentes leçons de la même dénomination, Plufieurs Sçavans , à la tête defquels eft M, | de Marca, veulent néanmoins établir des Confuaranes, qui foient différens des Conforannes, dif- tinétion que M. de Valois n’a pas jugé à propos de faire. e nelt point un argumeit propre à féparer les Confuarane d'avec les Conforannes, de dire | que ces noms fe trouvent partagés | entre l’Aquitaine & la Narbon- | noife. Car, on trouvera qu'il eñ Ë eft de même des Rutenes, dam | Pline, fans qu'on puifle l’accufet | de méprife fur leur compte, puif | que Céfar diflingue des Ruteni | Provinciales, {onmis aux Romains, | d'avec les Rutenes, qui armerent contre les Romains dans la ligue Ë & U : À Ë DE ne GAMES 2 PE LRU THÉ AEE CE LES nr D HIS AE ARC LEE LCA TT E Ë & RSFT CO des nations Gauloifes. Nous üi- tons même des Conforannes , _ avec M. d’Anville, qu'on ne . fçauroit les placer dans l’Aquitai- ne , avant l'arrangement des pro- vinces de la Gaule fait par Au- pufte. [! faut croire que l’Aquitai- neavoit été entamée de plein pied à la province Romaine , vers les Pyrénées, avant la conquête du refte de la Gaule par Céfar, puif- que Pompée, à fon retour de la guerre d'Efpagne contre Sertorius & fes partifans, plaça les Conve- nes dans l’Aquitaine; or, par la pofition connue des Convenés, les Conforannes fe trouvoient en- veloppés ou renfermés entre les : Convenes & les cantons méridio- aux de cette province qui a été nommée Narbonnoife. Dans cette pofition, il eft aifé de voir qu'il ._aétéun tems où les Conforannes ontpu être confondus avec ce qui dépendoit de cette province, & flotter du moins entr'elle & l’A- quitaine , en forte que leur nom puiffe fe trouver placé également d'un côté comme de l’autre. M. d'Anville finit par dire qu'il lui a paru hazardeux d’infcrire fur la carte le nom de Con/uarani {e- parément des Corforanni, dans ‘une place qu'on ne fçauroit aflu- rer être déterminée. Pour déférer cependant au témoignage de l’au- teur de la vie de Saint Lyzier, par rapport au territorium Tolofanum, il a cru devoir étendre le nom des Conforannes au de-là des limites de leur diocèfe auel, en prenant fur celui de Pamiez, quieft un dé- GC O 89 membrément de l’ancien diocèfe de Touloufe. | CONSTANCE [ Fravrus VALÈRE CONSTANCE CHLORE; Flavius Valerius Conflantius Chloz rus, Voyez Valère. CONSTANCE [ Fravius Juze |, Flavius Julius Conflan- ins , fils de Conftance Chlore. “Voyez Jule. CONSTANCE F Fravius Juce |, Flavius Julius Conflans tius, fils de Conftantin le Grands Voyez Jule. CONSTANCE | Fravius ConsrTance GALLUS |, Flavius Conftantius Gallus. Voyez Gal- lus. CONSTANCE, Conflantius ; {a) natif de Nyfle, ville de Ser- vie, & Général des armées Ro= maines, fut le bouclier de PEmpi- re contre les tyrans dans le-cin= quième fiecle , pendant le répne de l’empereur Honorins. Il vain quit Conftantin, Conftans, Gé-- ronce , Jovin, & un grand nom= - bre d’autres,en 412, & les années fuivantes. Il chafla aufliles Goths , des Gaules; mais , dans la fuite, il les invita à y revenir, & pour s’aflurer une paix durable avec eux , il leur donna tout le pais fi- tué entre les Pyrénées , la Garon- ne & la mer. Eten 41$,ilenvoya le rebelle Attalus à l'Empereur. Honorius lui fit époufer,en 417, fa fœur Galla Placidia, veuve d’Ataulphe , & l’aflocia même à l'Empire,le 8 Février de l'an 425. Conftance ne pofléda cette dignité qu'environ fept mois; car, il (4) Mém, de l'Acad, des Infcript, & Bell, Lett, T, VIIS, pag: 430 » 431» S1Sa 90 C O mourut en {fon troifième Corfalat, d'une douleur de côté, le 2 Sep- tembre de la même année, Il eut de Placidia, Valentinien, qui fat depuis Empereur & le II de ce nom, &t une fille nommée Jufta Gratiana Honoria. CONSTANCE , Conflantius, contemporain & ami de Sidoine Apollinaire. CONSTANCE, Conftantia, (2) fille de Conftance Chlore & de Théodora. Cette Princefle époufa Licinius, qui fe révolta contre fon frere l’empereur Conf- tantin le Grand, & dont elle eut un autre Licinius ; qui fut Céfar. Après la dernière bataille que Conftantin gagna fur fon mari, elle demanda la grace du dernier quai lui fut accordée. Mais, Lici- nius s'en étant rendu indigne par fes intelligences avec les Barbares, qu'il avoit deflein de porter à la révolte, fut étranglé en 325. Alors, Conftance ne fongea plus qu'à gagner la confiance de l’'Em- pereur fon frere, en quoi elle réuf- fit aflez bien, fur tout après la mort de Sainte Hélène. Eufebe de : Nicomédie, Arien, fçut fradroi- tement captiver l’efprit de cette Princefle ; qu'à fa confidération, elle devint la prote@rice d’Arius. : On ditmême que Conftantin étant venu la vifiter au lit de la mort, pour fçavoir fi elle n'avoit point de grace à lui demander, avant que de mourir, elle lui avoit feu- lement recommandé un eccléfaf- tique , qu'on aflure être le même Ca) Crév. Hift. des Emp. Tom. VI. p. 218: 264, © fniv. CO qu'Eufebe | ou felon d'autres! È Arius. re, qu'on nomme aufh Conftan- tine , étoit fiancée à ce Gallicanus | qui fe convertit à la foi Catholi- | que, après une viétoire qu'ilrem= À porta miraculeufement fur les à Scythes. Elle fut guérie d’une ma: ladie fâcheufe , par les prieres de | Sainte Agnès, & pour en témoi= | gner fa reconnoiffance ; elle voua | fa virginité à Dieu. L'autre, | qu'Ammien Marcellin aflure avoit | époufé Annibalien, & puis Gallus, À qui fut créé Céfar, étoit fi mt- chante, qu’on lui donna le nom dé È Mégère. - CONSTANCE, Conflantia, fille de Jule Conftance & de Fauftine, & petite fille de Conf tantin le Grand , fut mariée à l’empereur Gratien, CONSTANCE, Conftantia, (b) Déefle des Romains. On trouve quelquefois la Conftance fur les médailles impériales. Dans un revers de Tibère, c’eft une femme qui tient la pique de la main droite , & une corne d'abondance de la gauche. Affife dans une mé- daille de Claude, elle leve Ja main droite ; & haufle le doigt. En ha: bit militaire, le cafque en tête dans une médaille du même Em- pereur, elle tient une pique dela gauche, & porte de même la main droite jufqu’à la hauteur du vifa- ge, en levant un doigt, (6) Antiq. expl. par D. Bern, de Montf, Tom. I. p. 358, CONSTANCE, Conftantis, | nom commun à deux filles de » Conftantin le Grand. La premiè: À DE ARE AS < CO CONSTANCE , Conftantia, vertu par laquelle nous perfiftons dans notre attachement à tout ce que nous croyons devoir regarder comme vrai, beau, bon, décent & honnête. DRE e CONSTANT [FLavius Juce |, Flavius Julius Conflans, 5 de Conftantin le Grand. Voyez nes CONSTANT [Fravius CLauDE |, Flavius Claudius Conflans. Voyez Flavius. : CONSTANTIN [ Fravius VaréRel], Flavius Valerius Conflantinus. Voyez Valère. CONSTANTIN [ Fravius CLAUDE À; Flavius Claudius Conflantinus. Fils du précédent, fat furnommé Junior, le Jeune. = Voyez Junior. CONSTANTIN [ Fravius CrauDe |] , Flavius Claudius Conftantinus , fils de Conftance Chlore, fut auffi furnommeé Ju- nior le Jeune. Voyez Junior, . CONSTANTIN { Fravius Craupe |, Ælavius Claudius Conflantinus , foldat de Fortu- ne, qui fut proclamé Empereur. Voyez Flavius. CONSTANTINE , Conftan- tina. Voyez Cirte. = CONSTANTINE , Conftlan- tina ; ville d'Afe dans la Phéni- cie, felon Eufebe & Callifte. : CONSTANTINE , Conflan- tna ; autre ville d'Afie dans la (a) Crév. Hift. des Emp. Tom. VI, G) Hift, du bas Emp. par M. le Beau | Rss 1. p. 480. & fiv. Crev. Hit des mp. Te VI, p.313. d friv. Mém, de 220. OE Méfopotamie , felon la Notice de Empire. CONSTANTINE, Conflan- tina, (a) fœur de l'Empereur Claude IL. On croit qu’elle don- na fon nom à l'empereur Conf tance Chlore, qui étoit fon petit neveu. CONSTANTINOPLE, (6) Conflantinopolis, ville fameufe d'Europe , connue des Anciens fous le nom de Byzance. On peut voir fous l’article de ce der= nier om ,; ce qüe nous avons dit de cette ville. I ne nous refte ici qu'à la faire connoître depuis qu elle eut pris le nom de Conftanti- nople. Ce que nous allons rapor- ter, pour remplir cet objet, &ft: extrait pour la plus grande parue de l'excellente hiftoire du bas-Eim- pire, par M. le Beau. I, Nous fçavons certainement en quel tems Conftantinople fut achevée & dédiée; mais; on né convient pas du tems où elle fut commencée. Selon quelques Au- teurs , ce fut dès lan trois cens vingt-cinq; felon d'autres, feule= ment à la ia detrois cens vingt- neuf, Ce qui nous paroït plus pro: bable, c'eft que Conftanun étant forti de Romeen trois cens vingt= fix avec le projet formé de don- ner une rivale à cette ville, il fut occupé l’année fuivante à chercher L Re . ÿ - un lieu propre a l'exécution ds. fon deflein ; & qu'après un pre- mier éffai, bientôt abandonné, il l'Acad: des Infeript, & Bell, -Lert. Tom VIH, p.602: & fuivs ET, -XVIL. p.558. d'fuiv. T.XX.p: 553 Te XXXI. Pe 200, © Juive ; # 62 CO fe fixa au terrein de Byzance ; où ayant commencé à bâtir en trois cens vingt-huit , il continua avec ardeur , & acheva prefque l’ou- vrape l’année fuivante ; en forte que la ville fut en état d'être dé- diée au mois de Mai trois cens trente. Cette circonftance nous détermine à rangér fous lan trois cens vinpt-neuf tout ce qui regar- de la fondation de Conftantinople, PEmpereur étant Conful pour la hüitième fois, & fon fils aîné pour Ja quatrième.Il pafla la plus gran- de partie de ces deux années dans le voifinage de fon nouvel établif- fement, afin de pouvoir aifément «fe tranfporter fouvent fur le lieu même pour diriger & animer les travaux, Si Fon confulte les règles d'une fage politique, on ne peut s'em- pêcher de blâmer Conftantin d’a- Voir entrepris de bâtir une nou- velle capitale, & de divifer les forces de l’Empire , dans un tems où ce prand corps, fatigué de la “longueur des guerres civiles, épuifé par la tyrannie & le luxe de tant de Princes qui l'avoient en même tems accablé, avoit be- foin de réunir & de concentrer fes efprits, pour leur donner un nou- veau reflorts cette diftraétion ne Pouvoit que difiiper un refte de chaleur. Conftantinople formée & nourrie aux dépens de Rome, fans pouvoir jamais l'évaler en vi- gueur & en puiflance, ne fervir qu'à laffoiblir. Mais, les raifons d'État céderent au goût particu- lier du Prince, à l'éloignement quil avoit conçu pour Rome & pour fes fuperflitions,& peut-être CO auf à l'ambition d’être regardé | comme fondateur d’un nouvelem. à pire, en tranfportant le fiepe de | l’ancien. Cette réfolution étant | une fois bien arrêtée, il s’agifloit de choifir dans la vafte écendue de fa domination, l'emplacement de. fa ville impériale. La Perfe étoit | alors la feule puiflance qui pit | donner de l'inquiétude aux Ro: à mains , & Conftantin prévoyoi à que Sapor ne reftéroit pas long: | tems en paix. Îl crut donc quil | falloït reculer vers POrientle cen. à tre de fes forces, & oppofer une barrière plus voifine à un fire doutable ennemi. Le bruit avoit couru autrefois que Jules Céfar vouloit tranfpor- porter à Troye toute la fplendeur de Rome; ce fut auffi la première vue de Conftantin. Le fouvenit de Troye étoit toujours cher aux Romains d'Europe, chez lefquels il avoit pris naïflance , regardoïent cette . Ville comme la patrie de leurs an: cêtres. D'ailleurs , il fe laifla fans doute enchanter par la beauté & la renommée des rivages de l'Hel: lefpont, plus embellis encore par la poëfñe d'Homère que par la nature | & où tout lui rappelloit des idées héroïques. Il traça donc l'enceinte de fa ville entre les deux promontoires de Rhétée & _de Sipée , près du tombeau d'A- jax ; &c il en jetta les fondemens. Les murailles fortoient déjà de la terre , quand une vifion célefte, felon Sozomène , ou fa propre réflexion, lui firent abandonnet l'entreprife, & préférer l’affiette de Byzance, Les navigateurs ap: ; @& les Dardaniens | CRDP ER FREIEASPECPRETIENTENENNIREREENRONETONTEE ENTIER SIENS EE EPINPRNERT TERERPAET EEE EETENN EIRE DE NSFIIESEENPR RENNENENNES PEN NENEEIE CUT C O percevoient encore Jong - tems après les portes de cette ville commencée fur une hauteur. Les Grecs, jaloux des merveil- les qui ont ennobli la naïflance de Rome, font ici ufage de leur fé- .condité dans l'invention. [ls pro- menent le Leéteur de miracle en nurace. Nous nous difpenfons d'en rapporter aucun ; il n’en fal- loi point d'autre pour attirer Conftantin à Byzance, que l'ad- murable fituation de cette ville ; elle eft unique dans l'univers. Si- tuée fur un côteau dans unifthme, à la pointe de l'Europe & à la vue de l’Afie, dont elle n’étoit féparée que par an détroit de fept flades , elle joignoit les avantages de la freté & du commerce avec toutes les faveurs de la nature & les charmes de la perfpettive. Cétoit la clef de l'Europe & de lAfie, du Pont-Euxin & de la mer Égée. Les vaifleaux ne pou- voient pafler d’une mer dans l’au- tre fans le congé des Byzantins. Baignée au midi par la Proponti- de, à lorient par le Bofphore , au féptentrion par un petit golfe nommé Chryfocéras ou la corne d'or ,‘élle ne tenoit au continent que par le côté occidental. La température du climat , la fertilité de la terre, la beauté & la com- modité de deux-ports, tout con- tibnoit à en faire un féjour déli- ceux, Les porffons, & fur tout les thons, qui viennent en affluence du Pont-Euxin dans la Proponti- de, effrayés d’une roche blanche qui s'élève prefque à fleur d’eau du côté de Chalcédoine, & fe rejetant vers Byzance, y procu- CO 93 roient une pêche abondante, La ville avoit quarance flades de cir- cuit, c'eft-à-dire, près de deux lieues, avant qu’elle eut été rui- née par l’empereur Septime Sé- vère. IE Conftantin la prolongea de quinze flades, & la ferma d'une muraille qui devoit s'étendre du golfe à la Propontidé, mais qui ne fut achevée que par Conftance. Cette enceinte reçut dans la fuite divers accroiflemens fous Théo- dofe le Grand, Théodofe le jeu- ne, Héraclius & Léon l’Armé- nien. Une defcription de Conf- tantinople , qu’on croit faite entre le regne du grand Théodofe & ce- lui de Juflinien , donne à cette ville quatorze mille foixante-quin- ze pieds de longueur, en droie ligne, depuis la porte d'or à loc- cident, jufqu’à la pointe la plus: orientale fur le Bofphore, & fix mille cent cinquante pieds de lar- seur, apparemment à fa bafe du triangle du côté de l'occident. Le terrein , femblable à celui de Ro- me, fe partageoit en fept colli- nes. = L'empereur s'efforça autant qu'il put d'achever cette confor= mié, en imitant dans la nouvelle Rome tous les ornemens &t toutes les commodités de l’ancienne. If fit élever un capitole, conftruire des Palais , des aquéducs , des thérmes, des portiques, un atfenal, deux grands édifices pour les af femblées du Sénat, deux autres bâtimens qui fervoient de tréfor; l'un deftiné pour les deniers pu- blics, l'autre pour renfermer les revenus patrimoniaux du prince, CO grandes places faifoient une des principales beantés de la ville. L'une quarrée, entourée de portiques à deux rangs de colom- nes , fervoit comme d’avant-cour cominone à la grande éplife & au palais de l'Empereur, dont les deux façades s’élevoient à l'oppo- fite l’un de l’autre. Cette place s’appelloit. l’Augufléon , parce qu'il y ft pofer fur une colomne la -ftatue d'Hélène, qu'il avoit hono- rée du titre d'Augufte, On voyoit au milieu le milliaire d'or. Ce m'étoit pas comme à Rome une fimple colomne de pierre pofée fur une bafe & furmontée d’un globe doré ; c’éroit une arcade élevée & décorée de flatues. L'üfage en étoit de même qu’à “Rome. Fous les grands-chemins de l'Empire y devoient aboutir, & c’étoit le point d’où l’on partoit pour compter les diflances. L’au- “tre place étoit ronde, payée de larges pierres; elle faifoic le cen- tre de la ville, & portoit le nom de Conftanun. Elle étoit environ- née d'un portique à deux étages, coupé en deux demi-cercles, par - deux grandes arcades de marbre - de Proconèfe,oppofées l’une à l’au- tre, Les autres colomnes étoient garnies de flatues. Il y en avoit encore un grand nombre dans la place même. Au milieu étoit une fontaine , fur laquelle s’élevoit la figure du bon Pafteur |, comme fur toutes les autres fontaines de la ville; mais, celle-ci étroit de plus décorée d’un grouppede bren- ze, repréfentant Daniel dans la fofle aux lions. Le plus bel ornement de cette cé que Conftantin avoit enfeyel € O place étoit la fameufe colomne de» Porphyre , venue de Rome , fm! laquelle étoit élevée l'image de Conftantin, couronnée de rayons | C'étoit une figure d’Apollon qu'on | avoit apportée d'Ilium ; on ny ayoit fait d'autre changement, que à de lui donner le nom du pr | Ge fur dans cette flatue qu'il rene ferma une partie de la vraie croix Les Grecs parlent encore de plus à fieurs reliques qu'il fit dépofer fous la bafe. Une infcription dé: & claroit que Conftantin mertoitfa | ville fous la protection. de Jefus: Chrift. Cette colomne fut en gran à de vénération dans les fiécles fui ! vans. Tous les ans, au premier de | Septembre, où commençoit l'an: À née des Grecs, le Patriarche ac: À compagné-du clergé y venoiten » proceflion avec l'Empereur ; & \ les Âriens ne manquerent pas dé + taxer les Chrériens d’idolätrie, | comme. fi-ces hommages fe rap- | portoient à la ftatue de Conftan- tin. Celle-ci fat renverfée parun orage fous Alexis Comnène ; on la remplaça d’une croix. Quel. ques Grecs fuperfliieux ont avan: au-deffous le Palladium qu’il avoit fecrérement enlevé de Rome C'eût été faire un mélange monf trueux du facré & du prophane Cette colomne fe voir encore à Conftantinopie ; elle eft à la vérité fort endommagée; maïs, un {ça vant- Voyageur a conclu des pro portions de ce qui en refte, qu'elle devoit-avoir de hauteur plus de quatre-vingt-dix pieds, non com compris le chapiteau ni la bafe. . Deux palais s'éieyoienr at PRE PETER SERPENT RNE EEE RENENR PIREPTER RP PENSER PES PRPÉENEN ND SETTENENEERERE IRON ENENPIN SEE REED EMEPE D SIRNENINININPEIPE TP EN ERIREE it CO £ deux extrémités de la ville. L'un fitué au bord de la mer , à peu près à l'endroit où eft aujourd’hui le férail , s’appelloit le grand pa- lais. Il ne cédoit à celui de Rome, ni par la beauté ni par la pran- deur de l'édifice , ni par la variété des ornemens intérieurs. Dans la falle principale, enrichie de lam- bris dorés, au milieu du plafond, étoit attachée une grande croix d'or rayonnante de pierreries. À lautre-bout de la ville, du côté de l'occident, étoit un autre palais nommé la Magnaure. Conftantin fitencore bâtir près de l'Hippo- _dtome, un fallon fuperbe, deftiné aux feflins que les Empereurs fai- foient à leur cour dans les grandes cérémonies , comme à leur cou- tonnnement, à celui de leurs fem. mes & de leurs enfans, & aux principales fêtes de l’année. L'Em- pereur & les convives y étoient aflis à table & fervis en argente- rie; mais, au feftin de Noël, ils } . à < à : : étoient couchés à l'antique & fer- vis en vaiflelle d’or. Outre les ouvrages dont il fut l'Auteur, & dont une defcription complette demanderoit un gros volume, il aupmenta tous Ceux qu'il trouva fubfftans, excepté la prifon qu'il laiffa pete & étroite. le ne fut agrandie que par le cruel Phocas, qui eût voulu y renfermer tout l'Empire. Sévère avoit déjà bâti l'Hippodrome, le théâtre , l'amphithéâtre, les bains d'Achille , les thermes de ZLeuxip- pe Conftantin rendit ces édifices dignes de la grandeur de fa ville. Îl'ajoûta à P'Hippodrome des pro- Menoirs ; des degrés & d'autres CO 95 embellifflemens. Comme il fou- haitoit d’abolir les fpeftacles des gladiateurs , l'amphithéâtre ne fut plus deftiné qu’à des combats con- tre les bêtes ; & dans la fuite le Chriftianifme ayant peu à peu détaché les peuplées de ce diver- tiffement fouvent enfanglanté , toujours dangereux , ce lieu ne fervit plus qu'à l'exécution des criminels. Les thermes de Zeuxip- pe devinrent les plus belles du monde, par le grand nombre de colomnes & de flatues de marbre & de bronze dont il les enrichit. Ces flatues, dont on peut dire que Conftantinople fut peuplée, éroient celles des dieux des payens, que Conftantin avoit enlevées de leurs temples. On voyoit entre autres, ces anciennes idoles, fi long-tems les objets d’une adora- ration infenfée; l’Apollon Pythien & celui de Sminthe , avec les trépieds de Delphes, les mufes de lPHélicon, ce Pan fi célebre que Paufanias & les villes de la Grece avoient confacré après la vidoire remportée fur les Perfes, Cybele placée par les Argonautes fur le mont Dindyme, la Minerve de Linde, lAmphitrite de Rhodes, & fur tout celles qui avoient au- trefois rendu des oracles, & qui, devenues muettes, ne recevoient plus, au lieud’encens, que da mé- pris & des railleries. Pour purger fa ville de toute idolâtrie ; ikabattit les temples des dieux, ou les confacra au culre du Dieu véritable. H bâut pla- fieurs Éelifes. Celle de fa Paix étoït ancienne ; Confiantin l’aug- imenta & l’embellit. Elle fur la 102 CO ni temples , ni {latues, ni mai- fons , mais réduifit tout en cen- dres ; de forte qu'il fallut prefque la rebâtir toute entière. Lorfque Juftinien pouvernoit l'Empire, en- viron l'an 557, un furieux trem- blement de terre la ruina prefque toute. Îl commença durant la nuit avec une violence extrême. On entendit un mupifflement épou- vantable fous la terre; & lorfqu'l cefloit , l'air étoit agité de tour- billons horribles ,; de plufieurs vents qui fe choquoient avec un bruiteffroyable. Plufieurs temples “fürent renverfés ; ce qui donna fujet à Juflinien de les rebâtur plus magnifiques qu’ils n'étoient. Procope à décrit exatement celui de faïnte Sophie, qui étoit une des merveilles del'architeQure. - Ces fléaux ne font pas les feuls qui aient défolé cette malheureu- _ fe ville, La colère du ciel l’a pln- fieurs fois afigée par celui de la guerre. Elle avoit été fouvent rétabli. ls revinrent à cette noue velle, attaquerenc la ville, le ven: dredi de la Pafion , qui étoit le 9 Avril, & la prirent le londi r2, l'an 6712 deb Grecs, indidion LA qui eit l'an 1204 de J. C. Bau- douin Comte de Flandre fut em pereur de Conflantinople. Henri, Pierre, Robert & Bandowin Il l'ont été après lui. Michel Paléo- lopue furprit Conftantinople fur, ce dernier, le 25 Juiller de l'an À 1267, qui étoit l'an des Grecs 6769, indiétion 4. Il n'y avoit pas deux cens ans que cette malheureufe ville étoit rentrée fous la domination des Grecs. lorfqu’elle fut affiégée par Mahomer IL, fultan des Turcs, fous le règne de-Conftantin Pa- léologue, dit Dracofes, Ce Prince fut tué, & après fa mort, il ny eut plus de réfiftance dans Cont- -tantinople , où les- Turcs entre- rent en même tems du côté du port. Il sv fit durant les trois affiépée paf les Sarrafins & par Jours , que le Sultan leur avoit Ë d'autres Barbares, & avoir auf . donnés pour la faccager, tout ce Ë été prife plus d’une fois, comme qu'on peuts’'imaginer-de plus abo-. F par Conftantin Copronyme, en minable , entontes fortes de cruau | 744, & par les Françoïsen 1203. tés, de violences, &._de facrilé- Ë Ces derniers la garderent 58 ans, ges, à la réferve de l'incendie que | fous cinq Empereurs: Alexis l'An- Mahomet avoir très-étroitement F ge, ditle Tyran, avoit dérrôné défendu. Tous les Schifmatiques, | Tfaac l'Ange en 1195, & s'étoit | quis’étoient réfugiés dans letem- | mis fur le trône, Alexis, fils d'I- ple de fainte Sophie , comme dans | faac , implora le fecours des Fran- -un afyle, y furent maffacrés où | çois & des Vénitiens qui alloient : faits efclaves. Le fameux Noti- ; dans la terre Sainte, & qui pri- ras , qui avoit dit publiquement | “rent Conflantinople après huit qu'il aimoit mieux voir arborerle | * jours de fiège , le 8 Juillet del'an - torban des Turcs, quele chapeau | 4203. L'année fuivanre , Alexis de Rome dans Confantinople; ! « Ducas Murzuphle , fit fhoutir trouva le moyen de s’échappets | : T'Emperéur que les croifés avoient - & de fe préfenter au Sultan avec | | Ë ï CO tous fes tréfors ; mais, 1l fut reçu comme un traître, & Mahomet dès le matin lui ft trancher la té- te, & à fes deux fils. Le vainqueur fe défit.encore de la plüpart des grands de l'Empire, & {€ fit ren- dre Galata, que les Génois te- noient depuis long-tems. Il y eut néanmoins un bon nombre d'é- trangers , qui pendant que les Turcs faccageoient la ville, trou- verent le moyen de fe fauver fur cinq vaifleaux. : -Conftantinople ne fut pas prife aux fêtes de la Pentecôte, comme quelques-uns l’ont écrit, mais le mardi d’après le dimanche de la Trinité, 1124 ans & 18 jours de- puis fa dédicace en l'an 330. Cette perte arriva l'an des Grecs 6967, & 857 de l'Hépire, & de J. C. 1453: Onuphre , Scaliger, Mer- cator & quelques autres mettent la prife de cette ville en l’an 1452; Mais , cette opinion n'eft pas fuivie. L'image de Jefus-Chrift fut couverte de boue & de fuie, On la mit fur une croix, où ces mots étoient écrits en gros caractère : C'efl ici le Dieu des Chrétiens. Après les trois jours , pendant lefquels la ville fut expofée au pillage , le Sulcan fit cefler le dé- - fordré, & promit fa proteétion à tous ceux qui voudroient y reve- ir, & même l'exercice libre de la religion aux Chrétiens. Pour la repeupler il fit venir aufli à Con(- tantinople les habitans du petit empire de Trébizonde, & d’au- tres villes de l'Afe. Ayant fait fon entrée en triomphe dans cette (ere) 103 ville qu’il choififloit pour le fiege de‘fôn Empire, il alla au temple de fainte Sophie , qu'il ft changer en mofquée , & ordonna des ré- jouiffances publiques, pour célé- brer fa victoire. - Depuis que les Turcs en font maîtres, on peut dire qu'ils l’ont entierement ruinée. À la réferve d’une partie du temple de fainte Sophie, du refte de la colomne de Porphyre , & de quelques autres ruines du palais des Blaquernes, & de deux ou trois aucres , il n'y a prefque plus dans Conftantino- ple de vefliges de la ville de Conftantin, que la place où elle fut autrefois entre les trois mers, Et hormis les mofquées qui font fuperbes , les ferrails , les carvan-. feras, & les bains publics, qui font aflez raifonnables , elle n’eft plus qu’un amas confus de caba- nes, plutôt que de maïfons , tant: elles font bafles & mal baties. - On dit que les Turcs nomment aujourd'hui cette ville Sramboul ; quant à nous François, nous ne la . connoiïflons que fous le nom de Conftaäntinople, & je penfe qu'il en eft de même des autres peu- les de l'Europe. CONSTELLATUS, (+) ter- me qui fe trouve dans.un paffage de Trébellius Pollion. Voici ce paflage: Nam cum cingula [ua plerique militantium qui ad con- vivium venerant , ponerent hor4 convivii, Saloninus puer his au- ratos conftellatofque balteos ra- puiffe perhibetur. C'eft-à- dire; » Un jour que la plûpait des off. (4) Mém, de PAcad, des Infcript. & Bell, Lerr. Tom, IT, pag 353: © fuiva G iv 104 CO | » ciers qui étoient chez l'empe- » reur Gallien, quittoient leurs » ceinturons où baudriers, avant » que de fe mettre à table, Salo- » nien, fils de ce Prince , leur en- » leva ces baudriers dorés & » conftellés. « On demande ce que Trébellius Pollion entend par ces mots, des baudriers conftellés, H eft étonnant que Cafaubon, qui a commenté cet Auteur, n'ait tien dit fur cet endroit, Saumaife, en récompenfe, qui l'a examiné fort-au long, s'eft cru obligé de Corriger le mot de Cozftellaros., & voici fur quoi il fe fonde. Plus d’une raifon, dit-il, me rend ce - mot. fufpeét. Je croyois d'abord que Auteur entendoit par Conf tellatos balteos | des ceinturons étoilés, flellatos, c'eft-à-dire, en- richis d'or, d'argent, où de quel- que autre matière. Mais, le mot auratos diroit aflez. D'ailleurs, on dit fort bien en latin qu'une chofe eft étoilée d'or , d'argent, ou de pierre précieufe, ffe/latus auto, arpento, pemmis, &c. com- me dans Virpile : ....? flellatus iafpide fulva Enfis erat. Maïs, on ne dit point flellatus feul , fans ajoûter le nom de Ja matière dont la chofe eft ornée, I! ajoûte-que le manufcrit Palatin n'a pas Conftellatos , mais Cofu- latos , d'où on.a fait Conffellatos, &t qu'il croiroit que Coflilatos ane roit été mis pour po/älatos ou puflulatos,-c'eft-a-dire, puffulis, vel bullis argenteis diflinélos , or- nés de plaques ou de bulles d’ar- gent. Puflula fe difoit du bon ar- } CO gent, d'où vient puffuletum at: gentum ; ainf, il faudroit dire que ces ceinturons dorés étoient de plus ornés de plaques d'argent ou d'or, puflulis aut-bullis arpenteis vel aurers. 3 Voilà le précis de la note de Saumaife, dont il femble quil n'ait pas été entièrement fatisfait, puifqu'il la finit par ces termes: videant acutiores an verum dixe= rimus ; & f: non videmur dixiffe, ipfi dicant. Tout le monde fçait qu'il n'a pas coûtume d’être fi peu décifif. ; Quoi qu'il en foit , toute la dif. ficulté conffte à expliquer le mot Conftellatos , & non à le corrigér, Nous croyons avec M. Baudelor, que Conflellatos fignifie chargés de pierres précieufes, ou de lames d'argent ou d’or, fur lefquelles étoient gravées quelques figures myftérieufes. de fignes céleites, fuivant les idées fuperftitieufes de + la Théologie payenne , ou qui avoient été fabriquées fous l’af- pet de certaines Conftellations. On croyoit communiquer pat cette cérémonie aux pierres où aux métaux, des qualités pro- pres ; ou à préferver des dangers, ou à guérir des maladies , ou à procurer d’autres avantages. On étoit fi prévenu dans le Paganif- me de la puïfance des afres fur les.cotps fublunaires , que tout étoit plein de gens dont l'étude ë l'occupation étoient de compofer de ces fortes de phyla@ères ou préfervatifs, On. y avoit recours en toutes fortes de rencontres, auffi-bien qu'en toutes fortes de profeffons, RTC TETE TPE SPP SORCIER GET EAN TITRE ENTER PPS) RASE IDE ENAETE re ME arr T'ASIN CREER 2 (Er 0) D'ailleurs, les anciens Auteurs donnent fi fréquemment aux bau- - driers cette efpèce d'ornement , qu'il eft difficile d'imaginer que ce 1e füt qu’un fimple ornement, & qu'on ne s’en fervit pas, où con tre les maladies, ou contre les dangers , où pour acquérir de la gloire, où pour d’autres avantages. ll convenoit de mettre les Talif- Mans dans les baudriers , parce que le baudrier étoit la marque de Ja profeffion militaire, comme le difent nos loix, & commelere. Marque Servius Ones qui mili- lant,dit cec Auteur, curé: funt, ur. déprecinéti ac ftrenui dicuntur C'E- toit en quelque façon la principa- le pièce de l’armure ; d'où vient que les Grecs ont appellé éy*avouc les foldats & ceux qui étoient bra- ves, . Qu'on ne dife point qu'il ne sel Point confervé de ces bijoux d'ot où d'argent, dont on ornoit les baudriers. De toutes les pier- rés qui nous réffent aujourd'hui, & fur lefquelles on trouve des fi- gnes célefles gravés, il y en a faucoup dont la forme & la groffeur font voir qu’on les em- Ployoïr à d’autres chofes qu’à en faire des bagues, On ne peut pas douter non plus que ces pierres, tMpreintes de fignes céleftes , feuflent été fabriquées fuivant és regles pratiquées dans les my. éres de Samothrace , ou de l'af- (ere) 705 trologie judiciaire. Il y a même fujet de croire que du tems de Gallien , plus que dans aucun au- tre, l'ufage de ces pierres s’étoit multiplié. La misère où l'on vivoit fous ce Prince, faïfoit rechercher avec plus d'empreflement ces for- tes de fecours , dont l’ufage étoit même fi commun auparavant, comme on peut l'attefter par plu=. fieurs témoignages. CONSTRATÆ NAVES. (z) On nommoit ainfi certains vaifleaux de guerre, du nombre de ceux qu'on appelloit vaïfleaux longs. : CONSUALIES, Confualia, Koisæræ. (b) fêtes que l'on avoit établies à Rome en l'honneur du . dieu Confus. On les célébroit vers le dix-huit du mois d'Août, parce que ce fut en ce jour & à l'occa= fion de ces fêtes , que Romulus fit enlever les filles des Sabins. Ce jour-là, les chevaux & les mulets ne travailloient point; les jeux, les facrifices , faifoient partie de la folemnité. Les Confualies éroient auf en ufage en Arcadie ; & on les y appelloit hippocrateies, — CONSUARANES, Confua= rant, nom d'un peuple Gaulois. Voyez Conforannes. = CONSUL, Conful, (c) pre- _mier Magiftrat de la république Romaine,après l’expuifion de Tar- quin le fuperbe..… ee. Cette magiftrature commenca (a) Antiq, expliq. par D. Bern, deyT, INT. p. gr. T. IV. p, 22. dr fiv. T. Montf£ T, 1v. P. 245: (è)- Plut. Tom. I. p.26. Myth, par M. ’Abb, Ban. Tom, I. pag. 529 539: 2 (6) Mém. de l'Acad. des Infce & €ll, Lett, Tom. I, pag, 64 ; 68. & fuiv. V: p.300, & faiv.T. VI. p.19 & frive T. VII. p. 363. dr fuiv. T. XII. p, 26. > fuiv, Tom, XIV: p.126. dr fuir, T. XVI. pas. d'furu. T, XXIV. p. 289 . où faivs Z TO6 € O. l'an de Rome 245. On créoitrous les ans deux Confuls, qui gou- verapient enfemble la République. EL. Jünius Brutus & L. Tarqui- nius Collatinus, mari de Lucrece, furent les premiers honorés de cette dignité. Qu'il fut doux au peuple, qui avoit fervi jufqu'alors comme un elclave , de fe voir aflemblé par centuries, en comi- ces, fe choififfant lui-même des mapgiftrats annuels, amovibles , tirés de la mafle commune par fa voix, & ÿ retombant au-bout de l'année ! Cette éleétion fat con- duite par uninterrex, felon quel- ques-uns, felon d'antres, par un préfet de la ville. Mais , ces deux fonétions qu’on vit réunies dans la perfonne de Sp. Lucrétius Tircé- . pétinus , n'étant point incompati- bles, celui qui préfida aux pre-. miers comices libres du peuple Romain, put les exercer enfem- ‘ble. Les deux premiers Confuls ne finirent point leur année; le peuple caffa L. Tarquinius Colla- tinus qui [ui parut plus ennemi du Roi que de la royauté; & L.Ju- nius Bratus & Arunx, fils de Tar- quin , s’entretuerent à coups de lance. Le nom de Conful rappelloit fans ceffe à ce Magiftrat fon pre- mier devoir, & les limites de fa charge ; c'elt qu'il n'étoit que le confeiller du peuple Romain, & qu'il devoit en toute occafion lui donner le confeil qui lui fembloit le plus avantageux pour le bien public. On créa deux Confuls, & on rendit leur dignité annuelle, afin qu'il ne reflàt pas même : l'ombre de l'autorité royale, dont 6 O les cataétères particuliers font lu: nité & la. perpétuité. Ils ne te noient leur autorité que du peu- à ple, & le peuple ne voulut point À qu'ils puflent, fans fon confente- k ment , ni faire battre de vergés, h ni mettre à mort un citoyem Ro= à main. Il paroît cependant que cts \ limites n'étoient point encore alé À étroites pour prévenir les vexa: k tions , puifque dès l’an 260, cel: à-dire, quinze ans après Îa créas tion des Confuls, le peuple ft» obligé de fe faire des protecteurs dans les tribuns. L'autorité ds} Confuls ceffa l'an 302; onla rem: k plaça par celle des décemviis, elle reprit l'an 306 ; elle cefla er core en 310. La République lt \ alors fes tribuns militaires, Con À fulari poteflate ; après plufieurs L révolutions , le confulat rétabli dura depuis l’année 388 de Rom | jufqu'en 541 de J. C. qu'il fini dans la perfonne de FI. Bafiliu, dernier Confal, qui l'étoit fan collepue. Ce fut Juftinien qui el abolitienom & la charge ; cell innovation lui attira la haine pl: blique. La durée du confulat il de 1037 où 1049 ans. Cette dignité ne conferva pref b que rien de fes prérogatives fois h Jules Céfar & fes fucceffeurs. Lt L Empereurs la conférerent à qu Ë bon leur fembloit ; on n’en éroi & revêtu quelquefois que pour tr0f } mois, fix mois, un mois, PIusul , homme étoit vil, plus fon conlu- à lat duroit, Avant ‘ces tems malheuteli, \ l'éleétion des Confuls fe faifoit Ë dans le champ de Mars. Un d Confuls en charge étoit le pré} en RE ouCpE pre pe or ct de 76 3 en ET RRTER SERA sr —, PEACE TAPIE SENTIR IN D FRET NITEOZ SF LP NES PPT € O dent des comices ; il les oùvroit en ces termes: Que res mihi,ma- giflratuique meo , populo plebique Romana feliciser eveniat, Confu- les deéfigno. Le peuple accompa- gnoit jufque chez eux, avec des acclamations,les Confuls défignés. La défignation (e faifoit ordinai- rement à la fin du mois de Juillet ; les fonétions ne commencerent du moins à compter depuis l'an 599 où 600 , qu'au premier de Janvier. On accordoit ce tems aux compétiteurs. Si l'on parve- Soit à démontrer que la défigna- tion étroit illégitime , qu'il y avoit eu de la brigue, des largefles, des COrruptions , de menées bafles , le Confol défipné étoit exclus. .Ce réplement étoit trop face pour quil durât long-tems , & que lobfervation en für: rigoureufe. Au premier de Janvier, le peu- ple s'affembloit devant la maifon des :Confuls défignés ; il les ac- CoMpagnoit au Capitole ; chaque Confül y facrifoit un bœuf: on { rendoit de-là au Sénat; l’on des’ Confuls prononçoit un dif- Cours de remerciment au peuple. Sous les Empereurs il fe faifoit, ans Cette cérémonie, des diftri- butions de monnoie d'or & d'ar- gent, Îl y eut juiqu'à cent livres door deffinées à cet emploi. Va- Lens & Marcien abolirent cet ufa- 8e, Juflinien le rétablit avec la refrittion, qu'on ne diftribueroit que de petites pièces d'argent. AS, les défordres occañonnés Par cette efpèce de largefle, qui -&xcluoit encore da confülar quel- ques honnêtes gens qui avoient Plus de mérite que d'écus, com- 3- ni = E O 107 me cela arrive allez fouvent, la fit entièrement fupprimer : par l'empereur Léon. On donna feu- lement un repas aux Sénateurs & aux Chevaliers, & on leur en- voya quelques préfens qui s’ap- pellerent #unera Confularia. Les Confols juroïient immédia- tement après leur élection, de ne tien entreprendre contre les loix. Ts haranguoient le peuble aux roftres ; ils avoient prêté ferment devant le Conful à leur défigna= tion; à leur entrée en charge ils 2 (w) le prétoient devant le peuple. Tout ce cérémonial duroit cinq jours au plus. Les Confuls furent d'abordtous patriciens ; mais, le peuple obrint par force, en 388, qu'il y en au roit toujours un de fon ordre. L. Sextus Latéranus fut le premier de cette création. On ne pouvoit briguer le cot- falat avant quarante-un ans, & même quarante-trois. Céfar en- freignit: cette loi appellée Lx annuaria , en nommant Conful Dolabella, qui n'étoit âgé que de vingt-cinq ans. Les Empereurs “qui lui faccéderert ; firent des Confuls qui n'avoient pas même. de la barbe ; ils poufferent l’abus jufqu’à défigner leurs enfans,avant qu'ils euffent l’ufage de la parole. Dans ces tems où la dignité de _Conful n'étoit qu'un vain nom. il étoit affez indifférent à qui on la conférât. On n'avoir aupara= vant dérogé à cette fage inftiru- tion que dans des cas extraordi- naires, en faveur de perfonnages diftingués, tel que le fils adoptif de Marius, qui entra en charge à > ESS : CO _ Vingt-fix ans, & Pompée à trente. quatre , avant que d'avoir été quefteur. 1] falloit avoir été préteur pour être Conful; il y avoit même un interflice de deux ans, fixé entre le confulat & la dignité préto- rienne; & un interftice de dix ans entre la fortie du confulat & la rentrée dans la même fonétion. Ee peuple s'étoit déjà relâché du premier de ces ufages fous Ma- rins ; les Empereurs foulerent aux pieds l’un & lantre; & le peuple, à qui ils avoient appris à foufrir de plus prandes avanies, n’avoit garde de fe récrier contre ces ba- gatelles, Ées faifceaux furent originai- rement les marques de la dignité -confulaire ; les Confuls en avoient Chacun douze, qui étoient portés devant eux par autant de lieurs. On ne les baifloit que devant les veftales, Cet appareil efaroucha le peuple ; il craipnit de ne s'être débarrafé d'un tyran, que pour s’en donner deux; il fallut lui fa- crifièr une partie de cette often- tation de fouveraineté, On por- toit des faifceaux devant un des Confüuls ; l’antre n’étoit précédé que par des leurs. Îls eurent alternativement de mois en mois les liéteurs & les faifceaux. Après Ja mort de Brutus, Valérius dont le peuple fe méfioit, détermina même fon colleoue à quitter les faifceaux dans la ville, & à les faire baifler dans les affemblées. - La loi Julia décerna dans la faite les faifceaux av plus agé des Con- fols; ils appartinrent auffi de pré. “férénce où à celui qui avoit le te, qui reftoit le premier jourdeh roient pas le moindre degré das» d'un tribun, Îl ÿ avoit des cite À étendoit leurs privilèges ; viderent à ‘re quid detrimenti refpublica cup CO plus d'enfans, ou à celui quiavoth encore fa femme, ou à celui quk avoit déjà été Conful. Lorfquelsh haches furent fupprimées, polth diftimguer le Confal en fondtion,h de {on collegue , on porta les fa» ceaux devant celui-là, & onkk porta derrière l’autre. Sous l&h Empereurs , le confulat eut dih intervalles d'éclat; & on lui con, ferva quelquefois les faifceaux. À La chaire curule fut encoreutt} marque de la dignité confulaire, ILE ne faut pas oublier la toge prétel- | leur magiftrature devant les Pé, nates , & qui fe tranfportoit R\ jour füivant au Capitole, poutyh être expofée à la vue du peupkih le bâton d'ivoire terminé parlah gle ; & fous les Empereurs;la tof à peinte ou fleurie, les lauriers ah tour des faifceaux , les fouliss brodés en‘or , & d’autres or À. mens qui décoroient le Confiltl fes yeux & aux yeux de la mi? titude , mais qui ne lui conf torité. = Le pouveir du confulat fut trés k étendu dans les commencemens; | il autorifoit à déclarer la guerre, à |. faire la paix, à former des alla à ces, & même à punir de moftul} citoyen. Mais bientôt, onappeli} du jugement des Confuls à cl h du peuple, &.l’on vit leurs f@ish tences fufpendues par le veramis k Ë = = x l à conftances importantes, où ln, DT TRP RTE EETERE) Ë ret. Mais, ils ne furent jami difpenfés de rendre compte de lelt | PAM PAPE RRE PATRONS RATS ETENT EE CE Ô tonduite, Si les Confuls étoient fi peuts en apparence devant le peuple, ils n’en étoient pas moins grands aux yeux des étrangers, & ils ont eu des Rois parmi leurs cliens, Les autres magiftrats leur étoient fubordonnés , excepté les tribuns du peuple; ils comman- doient en chef à la guerre , alors is punifloient de mort ; ils in- fluoient beaucoup dans les élec- tions des tribuns , des centurions, des préfets, &c, ils étoient tour- Puiflans dans les provinces ; ils avoient droit de convoquer le peuple ; ils faifoient des loix ; ils leur impofoient leurs De ; is técevoient les dépêches des pais éloignés ; ils convoquoient les au- tres mapiftrats ; ils donnoient au- dience aux envoyés ; ils propo- foïient dans les affemblées ce qui leur paroïfloit convenable ; ils re- cueilloient les voix. Sous les Em- Péreurs ,* ils affranchifloient les éfclaves ; ils avoient l'infpection du commerce & de fes revenus ; ils préfidoient aux fpeltacles , &ec, Auparavant, l’un d'eux reftoit or- dinarement à Rome, à la tête du Énat & des affaires politiques; l'autre commandoitles armées. Leur.mapifirature étant de peu de durée, & chacun fe propofent de fixer la mémoire de fon année Par, quelque chofe d’important, on vit & l’on dut voir par ce feul moyen, les édifices fomptueux, les aChons les plus éclatantes, les loix les plus fages, les entrepnifes les plus importantes fe muluplier à Finfini; telle fut la fource de la fblendeur du peuple Romain dans ome ; la jaloufie du peuple & l'in- CO 109 _ quiétude de fes maîtres, qui, pour n'en être pas dévorés au-dedans, étoient obligés de le lâcher au- dehors fur des ennemis qu'ils lui préfentoient fans cefle, furent la fource de fes guerres, de fes triom. phes , & de fa puiflance prodi- gieufe au-dehors. Après l'année du confulat , le Conful fafoit une harangue aux roftres; il juroit avoir rempli f- délement fes fonétions ; lorfque le peuple en éroit mécontent, 1l li interdifoit ce ferment; & Cicéron, nonobftant tout le bruit qu'il ft de fon conjulat , efluya cette injure publique, On pafloit communément du confulat à la dignité de proconful, & à un gouvernement de provin ce. Les gouvernemens fe tiroient au fort, à moins que les Confuls \ _ne priflent entr'eux des arrange- mens particuliers ; Ce qui s’appel- loit parare cum collepz où com= parare. C’eft-là qu'ils fe dédom- mageoient des dépenfes qu'ils avoient faites pendant leur confu- lat, Les pauvres provinces, pil- les, défolées , payoient tout ; & tel Romain s’étoit illuftré à la rête des affaires, qui alloit fe désho- norer en Ale, ou ailleurs, par des concuflions épouvantables. La création & la fucceffion des Confuls font dans la chronologie des époques très-fûres. On a vu plus haut ce que c’étois que l'état de Conful défigné. Il y eut fous Jules Céfar des Confuls honoraires, Conful honorarins : c'éroient quelques particuliers qu’il plaifoit à l'Empereur d'illuftrer , de tes gens qui croyoient fotte= *10 € O | ment qu'il dépendoit d’un homme d'en faire un autre grand. L'Em- pereur leur conféroit les marques & le rang de la dignité confulaire. Ges titulaires font bien dignes d'avoir pour inflituteur un tyran. Ea race en fut perpéruée par les fucceileurs de Jules Céfar. Celui des deux Confuls qui étoit de fervice , & devant qui l’on portoit les frifceaux , dans le tems où on les diftinguoit en les faifant porter devant ou derrière, s’ap- pélloit Corful major. Il ÿ en a qui prétendent que lépithere de major a une autre origine, & qu'on la donnoit à celui qui avoit été le premier défipné. Le Confül qui entroit en charge le premier Jan- viér, S'appelloit Conful ordina- rius, pour le diitinguer de celui qui y entroit dans Je courant de l'année. Lorfqu’un des deux Con- fuls ordinaires venoit à mourir , où à être dépofé , celui qui le remplaçoit s’appelloit /ufedus. Il ÿ en ent fous l'empereur Com- mode Jufqu'à vingt-cinq dans la même année. C'étoit une petite manœuvre par laquelle on parve- noit à s'attacher beaucoup de gens, qui faifoient aflez de cas de cet éclat d'emprunt, & affez peu d'eux-mêmes, pour fe vendre à ce rix. CONSULAT DES VILLES MUNICIPALES. Voyez Muni- pales. @ ee CONSULS DES MAR- CHANDS. Ce font ceux d’entre … des Marchands que lon choift pour faire-pendant un an la fonc- _ onde Jupes dans une jurifdiCtion - Confulaire. On trouvé dans l'An. = CO tiquité des vefliges de femblable ! jurifdiéfions, Les Grécs avoient entrer | certains Jages qu'ils appellorent Yavrod un ; jus dicentes naufis, \ qui fe tranfportoient eux même b fur lé port, entroient dans l& | différends des particuliers , & les à terminoient fur le champ, fansau- À cune procédure ni formalité, afn À que le commerce ne fût pointre | tardé, 1: Démofthèné, dans fon orailon | TpoG A’rotoupior » @ encore en | celle qu’il fit contre Phormion, | fait mention de certains Jugesint | titués feuleñnent pour juger les à caufes des’ Marchands; ce qui à prouve qu'il y avoit des efpècesdk | Jüges Confulaires à Athènes &à h Rome, : Ï y avoit à Rome plufeus à Corps de métier, tels que lesbou- À chers, les boulangers, & autres à femblables | qui ävoient chacit 4 leurs Jurés, appellés Primates pros L felionum , qui étoient Juges des L différends entre les gens de leur À corps, auxquels il n’étoir pas pet: à tis de décliner leur jurifdiétion; + ainfi qu'il eft dit dans la loi VII, L au Code de jurifdifione omni : Judicum : & dans la loi première, à au titre de Monopoliis. —, « Cet ufage de déférer le juges À ment des affaires de chaque pro: feffion à des gens qui en font, ef | fondé fur ce principe que Valere- à Maxime pofe, que fur: chaque att à il faut s’en Tappoôrtér à ceux qui ÿ Ë font experts , plutôt qu'à tout à autre perfonne ; arris fuæ ‘quibufe È que péritis de cadem arte polis À dim Cuipiam credendum, Ce qi À à C O eftauff conforme à plufieurstextes de droit. _ CONSUS, Confus, K@ooc , (a)dieu des Romains. Écoutons . Plutarque au fujer de ce Dieu. » Romalus fit courir le bruit qu'il » avoit trouvé fous terre l'autel’ » d'uncertain Dieu qu’on appel- » loit Confus; foit que ce füt le » Dieu du Confeil, car les Ro- mains appellent confeil, les » aflemblées où lon délibere, » & contuls , les premiers magif- » trats, comme confeillers; foit » que ce fùt Neptune équéftre , # carcet autel eft dans le grand » cirque, & on le vient toujours » enterré, excepté pendant les » jeux où fe font les courfes de » chevaux. D'autres difent en » général que les confeils devant » être ténus fecrets, c'elt avec » beaucoup de raifon que l'autel » du Dieu qui les donne, ef enu » couvert & caché. « … Confus n’eft pas un nom propre. Îl étoit défendu de divulguer le Véritable nom de ce Dieu. On ne lé défignoit que par cet autre nom qui marquoit unattribut. fl y avoit des fêtes érablies en l'honneur du dieu Confus On les nommoit Confualies. Voyez Confualies. CONTADESDE ; Contadef- dus, Koyrad'emSos ; (6) fleuve de Thrace, Hérodote dit. qu'il fe dé- charge dans l'Agriane. : CONTE , Fabula. C'eft un récit fabuleux en profe ou en vers, dontle mérite principal confifte dans la variété & la vérié des | (3) Plut T. TL p.25, 26% + () Herod, L, IV. c. 9Q. C O TE peintures , la finefle de la plaïfan- terie , la vivacité & la convenan- ce duftyle, le contrafte piquant des évenèmens. Il y a cette difié- rence entre le Conte & la Fable, que la Fable ne contient qu’un {eul & unique fait , renfermé dans un certain efpace déterminé, & achevé dans un feul tèms, dont la fin eft d'amener quelque axiome de morale, & d’en rendre la vé- rité fenfible; au lieu qu'il ny a dans le Conte ni unité de tems, ni unité d'aGtion , ni unité de lieu, & que fon but eft moins d'inftrui- re que d’amufer. La Fable eft fou- vent un monologue où une fcène de comédie ; le Ée eft üne fni- te de comédies enchaînées les unes aux autres. Lafontaine excelle. dans les deux genres, quoiqu'il ait quelques Fables de trop, & quelques Contes trop lorgs. CONTÉNEBRA , Contene- bra , (ce) ville d'Italie au pais des Tarquiniens dans la Tofcane. Cette ville fut prife par les Ro- mains, l'an de Rome 367. Elle fe défendit pendant quelques jours, Mais, l'armée Romaineayant eté partagée en fix corps, dont cha- cun cravailloit pendant fix heures, puis fe repofoit tandis que les cinq autres donnoient l’aflaut chacun à leur tour; ces attaques qui n'é- toienc, interrompues ni jour ni nuit, épuiferent enfin la patience & le courage des habitans, que jeur petit nombre expofoit fans relâche aux mêmes fatigues & aux imêmes combats contre des | Ge) Tit. Liv, L, VI, © 4 1178 CO conventions facio ut facias ; par exemple ; quand un marchand fait pour un autre des emplettes dans un lieu , à condition que l'autre marchand en fera pareille ment pour lui dans quelqu'autre endroit. : Toutes ces différentes fortes de conventions chez les Romains ne formoient point par elles-mêmes de Contrat proprement dit; ce n'étoient que de fimples pates ; mais, lorqu'une des parties avoit commencé à exécuter la conven- tion, elle devenoit aufh-tôt un Contrat innommé, & produifoit une action telle qu’on l'a expli- quée ci-devant ; cette ation ap- partenoit à celui qui avoit exécuté la convenrion , & tendoit à obli- ger l’autre de faire le femblable de fa part; & comme il pouvoit arriver qu'il ne fût plus à tems de demander l'exécution de. la con- vention, où quil ne voulût pas fe jetter dans l'embarras d’une li- quidation de dommages & inté- rêts , il lui étoit auf permis de fe départir de la convention, faute d'avoir été exécutée par l’autre : & pour répéter ce qu'il Int avoit donné , il avoit une aétion appel- le conditio caufé daté , caufé non fecuté ; a@tion qui naïfloit de l'équité naturelle , & non pas du Contrat , puifqu'elle tendoit au contraire à le faire réfonudre. La difinétion des Contrats in- nommés d'avec les Contrats nom- més , & des différentes a@ions que les uns & les autres produi- foïent, n'eft point admife parmi nous. Tous les Contrats y font innommés ; c'eft-à-dire, quilny CO a aucune différence entr'eux quant à leur forme, ni quant à leur effet; -& que l'aétion qui en réfulte dé- pend des termes de la convention, n'y ayant point non plus parmi nous de formule particulière pour chaque aétion. CONTRATS LIBELLAT RES, Contractus Libellarn, feu dationes ad Libellam. Un Contrat libellaire étoit, chez les Romains, une efpèce de bail à cens d'un héritage, Ce bail étoit perpétuel; mais , il différoit du bail à location perpétuelle , appellé auf Contrat perpétuel , Contraëlus perpetua- rius feu locatio perpetua, en € que la redevance du Contratli- bellaire étoit plus petite que cell de location perpétuelle ; car, li bella fignifie une pièce d'argent Les Romains ufoient de ce mot Dibella , & non du terme de cens comme parmi nous; parce qua Rome, le cens étoit un droit de fouveraineté qui ne pouvoit ap- partenir qu'au fifc. La commié & la réverfion n'avoient pot heu dans ce Contrat comme dans lemphytéofe, Loifean trouve qu ce Contrat revenoit beaucoup celui que la Novelle VII appelle colonarium jus. M. Cujas expli- que très-bien la nature de & Contrat libellaire , far letitrell du livre premier des fiefs. CONTRATS NOMMÉS, étoient, chez les Romains, ceui à chacun defquels le droit avol attribué un nom propre, qui K diftinguoit les uns des autres, des Contrats innommés qui n4 voient point de nom propre. Ainl l'on mettoit au nombre des Cor: À PPT RNSRTEMENERENNPETENNPIRNER PRNCETERIEES CENT DE SEPDRR CRETE DOIETATPTEDERIIRNE AEPNPTMETETEPTERITRTEE AE RETIENS TBE ITR Pre seras TEE ADDED A7 PEE E:0: trats nommés le prêt , le commo- dat, le dépôt, le gage, la ftipu- lation proprement dite , l’obliga- tion qui fe contraéte par écrit, la_ vente, lé louage, la fociété, & le mandat. La permutation 8e la tranfac- tion n'étoient pas des Contrats nommés , parce que ces noms convenoient à plufieurs fortes d'affaires , & que l’attion qu'ils produifoient, fuivant le droit ci- vil, n'étoit pas propre à une feule forte de convention. L'origine des Contrats nommés Vient de ce que les Jurifconfultes, qui compoferent la loi des douze Tables, choifirent les conventions qui leur parurent les plus ordi- aires & les plus nécéflaires pour le commerce de la fociété civile, donnerent à chacune de ces conventions un nom propre, pour l difinguer des autres , dont ils abändonnerent l'exécution à la bonne foi des parties, ne croyant pas jufte que celui qui auroit pro- Mis trop légèrement.quelque cho- fe, pût être ‘contrainc de l’exé- cuter, = Ceux qui interpréterent la loi des douze Tables, crurent de- voir fuppléer à cette loi, en ajoû- lant que les autres conventions ne laïfleroient pas de produire Une obligmion civile, lorfqw'elles auroient une caufe légitime, & ; . 1° quelles feroient exécutées par : lune des parties; mais, comme ils ne donnerent point de nom Particulier à chacune de ces con- Yentons , elles furent appellées Contrats innommés ; & de-là Vint la diftinion des Contrats C O 119 nommés &c des Contrats innom- més. CONTRATS PERPÉ- TUELS. C'eft en général tout Contrat qui eft fait pour perpé- tuelle demeure , & non pour un tems feulement ; ainfi, la vente eft un Contrat perpétuel , au lieu que la location eft un Contrat à tems. Il yavoit , chez les Romains, une efpèce particulière de Con- trat appellé perpétuel, Contrac- LUS perpetuarius , qui étoit un bail à location perpétuelle ; c’eft pour- quoi, on l’appelloit aufli Zocario perpetua, C’eft de ce Contrat qu'il eft parlé en la Loi X. au Code de locato conduëlo. L. 1. & au Digefte f ager veétigalis, &c. Au commencement ce Contrat étoit: différent de l'emphytéofe, parce que celle-ci étoit alors feulement a tems ; mais, depuis que l’on eut admis l’'emphytéofe perpe- tuelle , il n’y eut plus de différen- ce entre cette forte d'emphytéofe & le Contrat perpétuel, on de location perpétuelle. Ce même Contrat eft encore ufité au parle- ment de Touloufe, fous le titre le bail à locaterie perpétuelle. CONTRATS SUPERFI- CTAIRES , Contratlus Superf- ciarit. Chez les Romains , c’étoit le bail à rente d’une place que l’on donnoit à la charge de bâtir, à condition que le preneur jouiroit de la maïfon par lui bâtie tant qu’elle dureroit, & qu’étant rui- née & démolie, la place retour- neroit franchement à fon ancien maitre , lequel en conferveroit même coujours le ee dire®, IV 120 CO . pour raifon de quoi on lui payoit pendant le bail une certaine rede- vance appellée /o/erium , quod pro folo penderetur, & non pas f«la- rlum , Comme quelques vieux in- terpretes l'ont lu. CONTRATS [ Les ], étoient fous la protection de la déefle Foi. Voyez Foi. CONTREBIE , Contrebie , (a) ville d'Efpagne. Tite-Live, Velleius Parerculus, Valere Maxi- me & Florus en font mention, Tire-Live fait connoître qu'elle étoit aux frontières de la Celribé- rie. Îl paroit que dans un paflage de Valere maxime , il faur lire contrebia & non pas Centobrica , arce que Velleius Paterculus & “lorus qui racontent la même “Hifioire dont il y eft queftion , nornment la ville Contrebie. CONTRÉE, petit païs, qui fait partie d’un plus grand pais, &L qui a fes bornes & fes limites. _Ainf, le païs de Caux, le Vexin, le Roumoïs, &c. font des Con- trées de la Normandie. CONTRE -POINT , terme -de mufique. C'eft à peu près la même chofe que compoñtion, fi ce n'eft que compoftion peut fe “dire de l'invention des chants & d'une feulé partie, & que Contre- point ne fe dit que de l'invention de l'harmonie & d’une compofñ- tion à deux ou plufieurs parties differentes. | Une grande queftion, c’eft de fçavoir & le Contre-boint à été connu des Grecs & des Romains. Il y en a qui tiennent pour l'afir- CO mative, & d’autres pour {a nég: tive ; für quoi on peut confuhet les Mémoires de l’Académie des Belles Lettres, & particulière ment le huitième volume , où l'on trouve un difeous dans lequel cetre matière eft difcutée aflez au | long. CONTRE-SENS , vice dans lequel on tombe, quand le dit cours rend une autre penfée que celle qu'on a dans l’efprir, ou que l'Auteur qu'on interprete y avoit Ce vice naît toujours d’un défaut de Logique, quand on écrit de fon propre fond ; où d'ignorance, foit de la matière , foit de la langue, quand on écrit d’après un autre. _ Ce défaut eft particulier abx traduétions. Avec quelque fon qu'on travaille un Auteur ancien, | il eft difficile de ne faire aucun Contre-fens. Les ufages, les all fions à des faits particuliers, les | différentes acceptions des mots de | la langue , & une infnité d’autres | circonitances , peuvent y donné | lieu. R _Î y a une autre ‘efpèce & ! Contre-fens dont on a moins par | le, & qui eft pourtant plus blà- k mable encore, parce qu'il ef, | pour ainfi dire, plus incurable; | c’eft celui qu’on fait en s’écartatt | du génie & du caractère .de fon } Auteur. La tradudion reffemble \ alors à un portrait qui rendrol groflièréement les traits fans re | dre la phyfonomie, où en k | rendant autre qu’elle n’eft, ce qui k eft encore pis. Par exemple, une | traduétion de Tacite, dont le ù €) Tit, Liv. L. XL, c. 33, Vell, Paterc. EL, IT, cc, $. Fior, pag. 82. UT R OTTIT 60 : flyle ne feroit point vif & ferré, quoique bien écrire d’ailleurs, fe- toiten quelque mañière un Con- tre-fens perpétuel, & ainfi des autres. Que de traduétions font dans le cas dont nous parlons , fur tout la plüpart de nos traduc- tions de poëtes ! - CONTRITION , Conrririo. (a) Ce terme vient du verbe coz- terere , qui fionifie broyer , brifer. Ceft une métaphore empruntée des corps, pour marquer l'état d'une ame que fon repentir déchi- te & pénetre de la plus vive dou- leur; ce que les Coups rédoublés dun marteau font fur le fer pour l'amollir, la douleur le fait ; pour ainfl dire , fur l'ame, pour la con- vertir, : Ce terme eft afleQ@é À la reli- _ fon, pour exprimer le fentiment de l'ame qui revient de (es égare- mens, & qui pafle de l’état du [A 1 A . + péché à celui de la grace ; & il ft confacré par le langage des écritures. Scindite corda vellre. Cor contritum 6 kumiliatum, Deus non defpicies. eft à remarquer que dans 2 -prefque tous les endroits de l'É- Criture où fe rencontrent les ter- Mes conterere & Contririo, ils f- gnifient brifer, humiliation, dou- leur, ruine, deftruion. Parexem- ple, Ja Contrition & le malheur font dans la voie des méchans : Ct-à-dire ; Dieu les brifera , & lésaccablera de difgraces, La Con. On eff précédée par Porgueil ; celt-à-dire, l’orgueil & l'éléva- tion font d'ordinaire fuivies de la EC O 12£ difgrace & de la chûte, &c. Le Concile de Trente définit ainfi la Contrition en général : Contritio eft animi dolor ac detef- tatio de peccaro commiffo , cum Propofito non peccandi de cætero : définition qui convient à la Con- trition , telle qu’elle a été nécef- faire dans tous les tems, pour obtenir la rémuiffion des péchés. Mais , fous la loi évangélique, elle exige de plus le vœu de rem- plir tout ce qui eft néceffaire pour recevoir dignement le facrement de Pénitence, C’eft ce que les an- ciens Scholaftiques onc exprimé par cette définition rapportée dans faint Thomas: Cotritio ef? dolor de peccato affümptus , cum pro- pofito confitendi € farisfaciendi. Les conditions ou propriétés de la Contrition en général font, qu'elle foit libre , furnaturelle , vraie, fincere, vive & véhémenre, Elle doit être libre; ceft un _aéte de la volonté, & non un {en- timent extorqué par les remords de la Confcience, comme la eñ- feigné Luther, qui a prétendu -qué la crainte des peines’ éternel- les & la Contrition, loin de dif- pofer l’homme à la grace, ne fer- voient qu'à le rendre hypocrite &t pécheur de plusen plus; doc- trine affreufe, réprouvée par le Concile de Trente. Elle doit être furnaturelle , tant à raifon de la grace, fans le fecours de laquelle on ne peut avoir de véritable Contrition de fes péchés, qu'à raifon du motif qui l'excite. Quelques cafuiftes relâchés ayant . Ce) Pfaim, 13.2 3,, Pfalm, 50. v. 19. Proverb, c. 16, Ve 18, Joci, Cr Ze Vs 134 22 CO: ävancé que l’attrition conçue par un motif naturel , pourvu qu'il foit honnête, fufhit dans le facre- ment de pénitence , l’aflemblée générale du Clergé de France ,en 5700 , cenfura cette propofition, comrhe hérétique. Ea Contrition doit être vraie & - fincère ; une Contrition faufle , mais qu'on croiroit vraie , ne fe- roit nullement fufifante, ni pour recevoir la grace du Sacrement, mi pour recevoir le Sacremene. même. : Enfin, elle doit être vive & véhémente , foit quant à l'appré- cation, c'eft-à-dire, quant à la difpoftion du cœur, de préférer PDieu à tout, & d'aimer mieux mourir que de l’offenfer ; {oit Quant a l'intention ou à la vivacité du fentiment qui porte l’ame vers Dieu, & qui l’éloigne du péché : - foit quant à l'extenfion ou à l’uni- verfalité ; car, la Contrition, pour être bonne, doit s'étendre à tous fes péchés qu'on a commis, fans en excepter aucun. La Contrition eft néceffaire pour le péché ; elle eft de précep- te. Mais, quand ce précepte obli- ge-t-il ? C'eft un point fur lequel ‘PÉglife n'a rien décidé. Le femti- ment le plus für dans la pratique, eft qu'il faut détefter le péché dès qu'on l’a commis , & s’en purifier Je platôt qu'il eft poffible, par le facrement de Pénitence. Voilà ce que la plus faine par- tie des l'héologiensenfeigne für la Contrition en général ; & il n'ya guere de partage d'opinions à cet égard, ce n'eft de la part des CE O Auteurs relâchés , dont les opi: nions ne fonc pas loi. Tous les Théologiens diftin- _. guent encore deux fortes de Con- crition ; l’une qu'ils appellent par: faire , & qui retient le nom de Contrition; l’autre impatfaie, & qu'ils nomment attrition, La Contrition parfaite eft celle qui eft conçue par le moüfde l'amour de Dieu ou dela charité proprement dite ; & elle fufit pour réconcilier le pécheur avec Dieu , même avant la réception actuelle du facrement de Péniten- ce , mais toujours avec le vœl ou le défir de recevoir ce Sacre- ment; vœu ou défir que renfer- me la Contrition parfaite. Ce font les termes du Concile de Trente, Selon le même Concile, l'atiri: tion où la Contrition imparfaite eft une douleur & une déteftarion du péché , conçue par la confidé- ration de la laideur du péché , ol par la crainte des peines de l'en: | fer; & le Concile déclare quel elle exclud la volonté de péchtr, & fi elle renferme l’efpérance du, pardon , non feulement elle nt rend pas l'homme hypocrite -plus pécheur qu’il n’étoit, comit Pavoit avancé Luther, mas qu'elle eff même un don de Die & un mouvement du Saint-Efpnit, qui n'habite pas encore à la vérité dans le pénitent , maïs qui l'excité à fe convertir, Le Concile ajott que quoique l’atrition par elle: même & fans le facrement à pénitence , ne puiffe juftifier le pé: cheur , elle le difpofe cependantä obtenir la grace de Dieu dansk facrement de Pénirence, ALT TENTE DES EL A | CO CONTUBERNALES , nom qu'on donnoit aux divinités qu'on adoroit dans un même temple. CONTUBERNALES. (4) Cétoit à peu près la même chofe que ceux qu'on appelloit comites. ne faut pas confondre le fens de ce mot avec celui qu'on lui don- noit, quand en parlant de plu- fieurs divinités adorées dans un même temple , on les appeltoit Contubernales. CONTUBERNIUM , Cor- tubernium ; () nom que l’on don- n0it dans un camp Romain à cha- que tente qui fervoit pour dix {ol- dats avec leur chef. On donnoit auf ce nom à l’alliance des efcla- Yes, parce qu'elle étoit moins re- gardée comme un véritable ma- fage, que comme une fimple co- abitation ; c’eft pourquoi, au lieu de s'appeller mari & femme, les éftlaves fe difoient feulement Con- tuberhales, . CONVENES , Convenæ , (c) Kovérær, peuple des Gaules dans quitaine, au pied des monts Pyrénées. . La ville des Convenes s’appella abord Lugdunum; elle prit dans l fuite le nom du peuple. Saint érôme fait mention de cette ville, aù fujet de Vigilance , qui en étoit Ofipinaire, » Un homme, dit-il, » forti de ces gengramaflés & de » ces brigands que Pompée , A on 3 après la conquête de l'Efpagne, » ft defcendre des Pyrénées, & (a) Coût. des Rom, par M. Nieup. Pas. 218. (6): Coût. des Rom. par M. Nieup. P. 28$ 5 321, 322%. () Strab, p. 190, Ptolem, L. HE, ©, 7. CO 123 » obligea de demeurer enfemble, » & de former une ville, qui, a » caufe de cela , fut nommée » Convenæ , ne dément point fon » orioine, quand il défole l'Églife » de Dieu , & il convient aux » defcendans des Vettons, des » Arebaces & des Celtibériens, » de ravager lés Églifes des Gau- » les. « On auroit de la peine à accor- der ici faiñt Jérôme avec lui- même. Car, fi ces brigands &'ces gens rameflés furent tirés des Py- ‘rénées pour former la ville de Coz- venæ , Comment peuvent-ils être defcendus des Vettons, des Âre- baces & des Celtibériens; car, les Celtibériens & les Arebaces ou Arevaces étoient des peuples de l'Efpagne # arragonnoife, qui habitoient le long du Duéro, éloignés par conféquent des Pyré- nées , ainfi que les Vettons qui demeuroient dans la Lufitanie, 1l faut donc s'en tenir à dire que ces peuples ramaffés, dont parle faint Jérôme ; étoient des habitans de la forêt des Pyrénées , qui fépare l'Efpagre _de l'Aquitaine , gens accoûtumés à détroufler les paf- fans, & tels que furent dans fa fuite les Bandouliers ; que leur nombre avoit été actru de pla- fieurs efclaves fupitifs & autres fcélérats ,; & que tous ces gens réunis enfemble defcendoient de temsentems des montagnes, & infeftoient les campagnes par leurs Plin. T, Ï. p. 226. Notic. de la Gaul. par M. d'Anvill. Mém. de PAcad. des Infcript. & Bell. Lett. Tom, V. pag. 291 , 292, Te VIT, pe 352 124 co incurfions & leurs brigandages: En effet, les hiftoires nous ap- prennent qu'ils ne manquoient Jamais d’attaquer l'arrière - garde des armées Romaines qui pafloient en Efpagne, & qu'il étoit comme impoffble de les détruire, tant à caufe de la viteffe avec laquelle ils fe fauvoient , que parce qu'ils ayoient des retraites dans les mon- tagnes qu'eux feuls connoifloient. Pompée les attaqua#cependant fi vivement à fon retour d'Efpagne, qu'ils demanderent quartier ; mais, il. ne le leur accorda, qu’à condition qu'ils laifferoient les montagnes, & S'établiroient dans la campagne voifine. Ils y formerent donc la ville qui fut nommée Convene, - du ramas de ces différens habitans. Ainf, de brigands ils devinrent des citoyens réglés par des loix ; d'efclaves ils devinrent maitres ; d'habitans des montagnes , ils de- _ vinrent habitans de la campagne, & d'Efpagnols ils devinrent Aqui- tains. On pourroit former une difi- culté, & demander comment il fe peut faire que Pompée le Grand ait fondé cette ville dans PAqui- taine, @ y ait pu donner à fes nouveaux habitans des terres à cultiver, puifque dans ce tems-là l'Aquitaine n’avoit pas encore fubi le joug des Romains? Mais, la difficulté cefle , lorfque l’on fait attention que Pompée avoit alors les armes à la main, & de. plus revenoit triomphant de l'Efpagne qu'il avoit foumife ; ainf,les villes - d'Aquitaine fouffrirent en cette oc- Cañon ce qu'elles n’étoient pas en état d'empêcher. CO La fituation de cette ville ar gagea les Gaulois à la nommtt} Lugdunum, mot qui figniñeen Gaulois montagne. Cette vile effettivement étoit fituée fur ue! haute montagne, autour de laqueh} le règnoit une vallée fort profon} de. Du pied de cette montapi} fortoit une fontaine très-abondan: \ te , dont la fource avoit été ren-k fermée dans une tour très-forte | qu'on y avoir élevée, & les ha} bitans y defcendoient par un fou | terrein, pour y prendre leur pro: | vifon d’eau. Strabon & Ptolémét } appellent cette ville Convenari | urbs Lugdunum , & la mette} aux pieds des Pyrénées. Suivait, l'itinéraire d'Antonin , elle étoi | à foixante-un milles d'Acqs, 4, quarante-deux de Lefcar , &a} foixante-nèuf de Touloufe. On: | fre Panvinius, au lieu de Zugdu” num, écrit Ludunium &t lui dont le titre de colonie; en quoïilpië tend s'appuyer fur le témoignagt | de Ptolémée ; mais il y a erreur, car, ce dernier s’eft contenté de. dire Lugdunum Convenarum , & \ de lui donner le nom de vilk, | mais jamais celui de colonie. À la fin! cette ville a eu lefoit de la plûpart de celles des Gaules, elle à perdu fon nom prop 4 pris celui du pais dont el e étolt la capitale. Sidonius Apollinait la nomme fiffblement Convenes Grégoire de Tours écrit tant Convenæ & tantôt urbs Convé nica. Les anciennes Notices des villes | & provinces des Gaules lui dot: nent ordinairement le quatrième rang. parmi les douze villes dé RE RE | ‘CO Novempopulanie ; quelques-uns néanmoins ne lui donnent que le cinquième , & Robert lui donne le troiñième. Mais, les Notices modernes & Gervañus Tillebe- rienfis, à l'exemple des Anciens, là mettent au quatrième rang. On voit, parmi les fignatures du Concile d'Agde , tenu l’an 506, unSzavis Epifcopus de Convenis ; Parmi celles du fecond Concile dOrléans,un Præ/dius Epifcopus Convenarum ; & parmi les fouf- prions du cinquième fynode d'Orléans, un Amelius Epifcopus Ecclefie Convenice. Le pais , où les Convenes s’é- tendirent après leur établiffement, porte le nom de Comminge ; & dans une Notice de la Gaule, dont on a trouvé le manufcrit dans k bibliotheque de Thou , le nom | Civitas Convenarum , eft fuivi dcétte addition, 22 ef? Commu- he. Ifne faut pourtant pas con- fondre ce que l’on comprend au- Jurd'hui fous le nom de haut & de bas-Comminge , avec le dio- cèle de Comminge , qui eft moins étendu, : CONVERSION , figure de étorique , qui confifle à termi- ner les divers membres d’une pé- _Hode par les mêmes tours , COM- Me dans cet endroit de Cicéron : Doletis tres exercitus P. C. inter- fs ? Inrerfecit Antonins. Defi- dératis clariffimos cives ? Eos vo- ie eripuit -Antonius. Autoritas Us ordinis | Senatés | afflida ef? Aflixit Antonius. SR n appelle encore en Rhéto- CO 135$ rique Converfion, l’art de retour- ner ou de retorquer un argument contre fon adverfaire, ou de le: montrer par des côtés oppofés, en changeant le fujet en attribut, & l'attribnt en fujet. Il y a auff des Converfions d’argumens d’une figure à une autre, & des propo- fitions générales aux particulières, __CONVICTOLITANES, (2) Convittolitanes , jeune feicneur Éduen, d'un grand crédit parmi ceux de fa nation. Comme un au- tre feigneur nommé Cottus lui difputoit la fouveraineté , on eut recours à Céfar , pour mettre fin à ce différent, Ce Général, après. avoir examiné la chofe avec beau coup de foin, prononça en faveur de Conviétolitanes, & confirma fon éleétion qui avoit été faite par les prêtes fuivañt la coûtume du pais. Mais , Convictolitanes oublia bientôt ce bienfait de Céfar. Cor- rompu par l'argent des Arvernes, il parla à quelques-uns de la jeu- nefle, & leur repréfenta qu'étant nés-pour commander & dans une ville Hibre, il leur étoit honteux de fervir ; qu’il n’y avoit plus que les Éduens qui retardaflent la li- berté des Gaules, & qui retinffent les autres par leur autorité ; & que s'ils abandonnoiïent les Romains , ils feroient contraints de fe retirer: qu’il ne pouvoit nier, qu'il n’eûct quelque obligation à Céfar d'avoir prononcé en fa faveur, quoiqu'il - eût le droit de fon côté: mais. qu'il devoit encore plus à fa pa- trie, Pourquoi la contraindre à (0) Cæf, de Bel, Gaïl, L, VIL. p. 301, & fem 726 CO venir répondre de fes aHons de- vant les Romains, plutôt que les Romains devant elle ? Ces jeunes Seigneurs touchés de ces remon- trances & de l’autorité de celui qui parloit, s’offrent pour chefs de Pentreprife, de forte qu’on ne penfe plus qu’à l’exécuter. CONVICTRIX , (2) terme qui fé trouve employé pour zxor dans un monument. CONVIVE , Conviva , (b) celui qui eft invité, & qui aflifte en conféquence à-un repas, à un feftin avec d’autres perfonnes. Dans les repas des Romains il y avoit des convives, des ombres & des parañtes ; les derniers écoient appellés ou tolérés par le maitre de la maïfon, & les om- bres étoient amenés par les con- vives, tels qu'étoient chez Naf- diénus, un Nomentanus , un Vif cus Turinus , un Varius, & les autres, quos Maæcenas adduxerat umbras. On leur deftinoit le der- nier des trois lits, c'eft-à-dire, ce- lui qui étoit à la gauche du lit du milieu. Fe Les convives fe rendoient aux repas, à la fortie du bain , avec une robe qui ne fervoit qu’à cela, & qu'ils appelloient veflis cæna- torla , triclinaria , convivalis. Elle étoit pour le plus fouvent blan- che, fur tout dans les jours de quelque folemnité ; & c'étoit, aufh-bien chez les Romains que chez les Orientanx , une indif- crétion puniflable de fe préfenter dans la falle du feftin fans cette ça) Suppl. à l’Antiq. exp! par D, Bern. de Montf. Tom. V, pag. 101, () Mém. de PAcad, des Infcripr. &| CO robe. Cicéron fait un crimei Vatinius d'y être venu en habl noir, quoique le repas fe donni à l’occafion d'une cérémonie ft: nèbre. Capitolin raconte que Mk: ximin le fils , encore jeune, ayail| été invité à la table de l’emperut Alexandre Sévère , & n'ayal| point d'habit de table, on lui} donna un de la garderobe à l'Empereur. Cet habit étoit ur} efpèce de draperie qui ne tenl, prefque à rien, comme il paroi! dans les marbres , & qui ét, pourtant différente du palliumdtk Grecs. Martial reproche à Lufuk d'en avoir , plus d’une fois, rem porté chez lui deux ac lieu dumk de la maifon où il avoit foupé L Il étoit ordinaire d’ôter leslolk hers aux hommes conviés à lik repas, de leur laver on parfum les pieds, quand ils venoienti prendre leurs places far les qui leur étoient deftinés, On añl raifon de ne pas expofer à laboï & à la poudre les étoffes préciel: fes dont ces lits éroient couvert, Mais, une chofe qui parolik ici fort bizarre, c'eft que lotfih tems même après le fiecle dt! gufle, ce n'étoit point encor!k mode que l’on fournit des fertith tes aux convives, ils en appt toient de chez eux. 1. Tout le monde érant rangé fi vant l’ordre établi par un malt des cérémonies, prépolé à lo fervation de cet ordre , on appui} toir des coupes qu’on plaçoit tt! vant chaque convive. Suétonél Pe 335% & juni FITRTERE ETES — PAPE CLS V6 jôgé Bell, Lett. Tom, I, | XIIL, p, 478 | £ CO | qu'un feigneur de Ja cour de Clan. _ de ayant été foupconné d'avoir volé la coupe d’or qu’on lui avoit fervie, fut encore invité pour le lendemain ; mais qu’au lieu d’une Coupe d'or , telle qu’on en fervoit aux autres convives, on ne lui frvit qu’un gobelet de terre, Après la diftribution des cou- pes, on commencoit le premier fervice du repas. Dans les gran- des fêtes les efclaves, tant ceux de la maifon , que ceux que les particuliers avoient amenés étre qui demeuroient debout aux pieds de leurs maîtres , étoient couron- nés de fleurs & de verdure auffi- bien que les convives, & il n'y avoit rien alors qui n'infpirât. la Joie, Quand un ami, un parent, un Voifin, n'avoir pu venir a unre- pas où il avoit été invité, on lui fn énvoyoit des portions ; & c’eft Ce qui s'appelloit partes mitrere , Qu de menfa mittere. Pendant le repas, les convives aVoïent coûtume de boire à la lent des uns & des autres , de fe Préfenter la coupe ;, & de faire %s fouhaits pour le bonheur de EUrS amis ; ginfi, la coupe pafloic de main en main , depuis la pre- tière place jufqu'à la dernière. Uénal dit que rarement les ri- ches faifoient cet honneur aux Pauvres, & que les pauvres n’au- TOlént pas été bien venus à pren- dre Cite liberté avec les riches. toit n'éanmoins , au rapport d Varron, on engagement pour tous les convives , lorfque pour Conferver l'ancien ufage , on fai- loit un Roi, € O 127 Au moment que les convives étoient prêts à fe féparer , ils &- nifloient la fête par des libations & par des vœux pour la profpé- rié de leur hôte, & pour celle de l'Empereur. Les Anplois fui- vent cet ufape. Enfin, les conyives, en prenant congé de leur hôte , recevoient de lui de petits préfens, qui d’un mot grec étoient appellés zpop4o- reta, Entre les exemples que nous en fournit l’hiftoire, celui de Cléo- pâtre eft d’une prodigalité finga- lière. Après avoir fait un fuperbe feflin à Marc-Antoine & à fes officiers dans la Cilicie , elle leur donna les lits , les courte-pointes, les vafes d'or & d'argent, les cou- pes qu'on avoit mifes devant cha cun d'eux, avec tout ce qui avoit fervi au repas. Elle y ajoûta en- core des litières pour les reporter chez eux, avec les porteurs mé mes, & des efclaves maures, pour les reconduire avec des flambeaux, Les Empereurs Vérus & Éliosa- bale copierent Cléopâtre ; mais, ils n'ont depuis été copiés par per. fonne. Nous ne connoiflons point ce genre de magnificence. Quand le doge de Venife fait la cérémonie ftérile d’époufer la mer, ilne don- ne de fa vaïflelle d'argent à aucun convive ; & s’il paroît en faire ua ufage plus fort, la jetter dans la mer, ce n'eft que par fiétion ; on a foin de placer des filets pour la retenir ; 1l n'en perd pas une feule ièce. CONVIVIA TEMPESTIVA. On appelloit ainfi à Rome les foupers que l’on commençoit plu. tôt qu'à l'ordinaire, foit par gour- 134 C O Ptoiémée, étoit parallele à Cop- tos. Car Strabon dit peu après : la petite ville de Myos Hormus, c'eft-a-dire , le port de la fouris, n'eft pas loin de Bérénice ; or, ce port en étoit très-éloigné , puif- que Ârrien, dans un de fes péri- ples, en met la diftance de dix- huit cens flades. On a une médaille de Trajan avec l'empreinte d'Ofris, avec ce mot KONTHT. c'eft-à-dire, Komryrv, des habitans de Cop- tos. Stace , dans fa Thébaïde , dit: - % + + « + Melius vyotis mareotica furmat Coptos , & ærifoni lugentia flumi- na Nils, I ne faut pas expliquer ce mot Tareotica, comme fi Coptos eût été voiline du Palus-Maréotide. Cette épithete ne fignifie qu'É- gyprienne en général,. : La ville de Copros fut prife fous l'empereur Probus, par un des lieutenans de ce Prince, lan de J. C.280.' COPULE , eft dans un juge- ment, le terme ou figne qui mar- que la comparafon ou liaifon que Vefprit fait de l'atrribut & du fujer, Quelquefois la Copule & lPatrri- but font renfermés dans un feul mot; mais, il ny a aucune pro- _pofition qu'on ne puiffe convertir de manière à les féparer. Aïnfi, dans Die exifle, exifle contient la Copule-& l'artribut, qu’on dif. tinguera en difant, Diey eft exif- (a) Myth. par M: l’Abb. Ban. Tom € Ô tant. C'eft fur la Copule quetom- be toujours la négation ou l’afñr- mation qui fait la qualité de la propofition ; les autres aflirma- tions ou. négations modifent le fujer ou l'attribut, mais ne dérer- minent point la propoñtion à être affirmative on négative, Ge font les verbes auxiliaires qui fervent de Copules grammaticales dans les jugemens. COQ , Gallus 9 À'aeur op (a) étoit confacré à Mars, à À pollon, & à Efculape. Il l’étoit aufh à Minerve , déefle tutélaire des Himéréens. Ces peuples avoient, parune fuite néceflaire , une efpe- ce de vénération religieufe pour cet oïifeau , juiques-la qu'ils en faifoientvolontiers graver la figt- re fur leurs médailles ; aufh nous en refte-t-il une qui a pour type un Coq,avec ce mot |MEPAION, Le Coq n'étoit confacré à Miner- we , felon M. l'abbé Banier, que pour marquer la vigilance de cette déeffe, & nous apprendre quel véritable fagefle ne s'endort ja mais. COQUILLAGE. C'étoit un mets ; dont les Grecs & les Romains faifoient grand cas, Îk étoient fi délicats fur le choix des Coquillages, qu'ils diftinguoïent, à ce qu'on dit , au premier coup de dent, le rivage où ils avoient été pêchés. le Coquillage eft plu- tÔtun Zritamentum gule, qu'un véritable aliment. - COQUILLAGES. (5) Pline range toutes les efpèces de Cor «FIV. p. soo. Le P: 458: Tom. IV. pag, 4 Mém. de PR YAcad, des Infcript, & Bell, Letr, Tom, () Roll. Hift, Anc. Tom, V, p.546: S47s Pts LERITIT TS I A NN MOI TS PT Ve UE A IT AT PTT DPI TT DURE CO quillages qui donnent la teinture pourpre, fous deux genres , dont le premier comprend les petites efpèces de Buccinum , ainf appel- lé parce que la coquille de ce poiffon a quelque reflemblance avec un cors-de-chafle ; & le fe- cond comprend les Coquillages qui portent le nom de pourpre comme la teinture qu’ils fournif- fent, On croit que ce dernier gen- te s'appelloit auffi Murex, Voyez Buccinum & Murex. COQUILLE. Les Anciens avoient des inftrumens de muf- que faits de Coquille. On en voit dans les ancièns monumens. Ils font tournés en fpirale , & fe ter- minent en pointe. CORA, Cora, Ke : (a) | ville d'Italie au pais des Volfques. Les habitans , au rapport de Pli- ne , rapportoient leur origine à Dardanus le Troyen. Les Ro- iains en avoient fait une colonie, qui fe révalta l'an de Rome 251, & prit le parti des Aurunces. Nous fommes inftruits de cette circonftance par Tite-Live, qui appelle le territoire de Cora Cora- nus Aper. Cette ville s'eft main- ténue Jufqu'à nos jours, & fé nomme aujourd'hui Coré-dans la Campagne de Rome, … -CORA , Cora , Kopa ,(b) autre ville d'Italie, fituée fur un Pr'omontoire de Tofcane , felon quelques exemplaires de Tacite; G@) Plin, T. I. p. 155. Strab. p. 237. Tit. Liv, L, IL © 16. L. VIU, ce 19. LE: XXVIL, c. 9. Virg. Æneid, L, VI. Vs 977$, : . : (#) Tacit, Annal, L, IT. c» 39, ° CO 135 mais Jufle-Lipfe a très-bien vu qu'il falloit lire Cofa. CORA, Cora, (c) terme qui fe lit dans une infcription confa- crée par les femmes initiées aux myftères d'Éleufs , & rapportée par Meurfius: SACRATÆ APUD ÉLEUSI- NAM. DEO BACCHO CERERI ET CORÆ. se Le mot Cora , qui eft latimifé dans ceure infcniption, eft par ex- cellence le nom de Proferpine , du grec Képy, qui fignifie fille, Ce nome trouve fur quantité de médailles frappées en Side, où lon prétend que Proferpine avoic été enlevée, & dont elle devint la divinité tutélaire. On dir-Kopn ou Képa fur les médailles de Sicile, parce que le dorique y étoit en ufage, & que dans ce dialecte, le changement de l’'H en À eft un changement ordinaire, CORACES,Coracz Kooawor, (a) nom que les Scythes donnerénr. à Orefte & à Pylade. Ce terme f- gnifioit dans leur langue la même chofe que Dieux qui préfident à l'amitié. CORACES, Coraces, Kopd= #or, (e). nom-que l’on donnoit à quelques miniftres de Mythras. C'eft pour cela que les fêtes Mi. thriaques {e trouvent quelquefois appellées fur les marbres Coraci- ques. Ce nom veut dire les cor-. cc) Mém. de l'Acad, des Infcripr, & Bell. Lect. Tom. IV. p. 658. (d) Lucian. T. IL p. 53 (e)-Antiq, expl. par D. Bern. ds Montf, Tom, Il, p. 17: 1V 136 6 O beaux, oïfeaux confacrés à Mi- thras. CORACÉSIUM, Coracefum, Kesæutoror , (a) ville de l'Afe mineure dans la Cikicie, au rap port de Pline. Strabon lui donne le nom de forterefle, gpoupior, :& la mer à l’extrémité du païs, I] dit qu'elle eft fituée fur une-roche ef- carpée. Les autres, comme Pline, &c. en font une ville. Tite-Live en fait mention. Ptolémée dit Co- racenfium, & la met la première de la Cilicie nontagnenfe, en ve- nant.de la Pamphylie. Une Noti- ce de Léon le Sage lit Coraciffium, qui eft la même ville, entre les villes épifcopales de la Pamphylie, - Comme elle étoit aux confins des provinces de Lycie , de Pam- phyhe & de Cilicie, elle a puêtre diverfement attribuée à l'une ou à l’autre, Niger dit que c'eft à pré- fent Scandeloro. CORACIQUES, Coracia , (2) fêres en l'honneur de Mithras, ainfi nommées, de ce que quel- _ques miniftrés de ce Dieu étoient appellés Coraces, Poyez Coraces, CORAGUS, Coragus , Kipa= oc. Voyez Dioxippe,Athlete. CORAINS , Coran, habitans. de la ville de Cora. Voyez Cora. CORANUS AGER. Foyer Cora. = : GORANUS, Coranus, (c) certain perfonnage, dont parle Horace dans fes Satyres. Il avoit (4) Plut, Tom, I. p. 633 Plin. T. I. p. 270. Strab. p. 667, 668. Prolem, I. Vic. $. Tit. Liv. L, XXXIIL. €. 30. (ë) Antiq. expl, par D. Bern. de Montf. Tom, H, pag, 17. {c)=Horat. L. Il. Satyr. 5. y. 57, Ja: Juven, Satyr, 16. y. 54 Se C O un débiteur, qui, pour fe difpen£r. de le payer, lui donna fa fille en . Mariage. Juvénal introduit auf un per- fonnage du même nom dan: fes Satyres. - CORAS, Coras, (d\) lun des capitaines de l’armée de Turnus, étoit forti de la ville d'Argos.il ‘fonda , avec Catille fon frere, à ville de Tibur, qui fut ainfi nom- mée de Tiburte leur frere. À la tête de fes foldats,il avoit coûtume de percer les bataillons ennemis. Ïl donna en plufieurs occafons de grandes preuves de courage, CORASICE , Corafce, nom d’une Nymphe. CORAX, Corax, Koo+? , (e) montagnes de Grèce dans l'Étolie, Strabon dit que c’eft la plus gran: de du païs, & qu'elle eft conripue au mont ta. Tite-Live la met. entre Callipolis & Naupade, & ajoûte qu'elle eft très-haute. Pto- lémée nomme cetté montagne Co: rax felon les divers exemplaires, Quelques-uns prétendent qu'elle garde encore le nom de Coraxas, C'eft la montagne fituée auprès de Lépante, dans la Livadie, CORAX, Corax , Képaë, (f) Montagne que Ptolémée met en- tre la Sarmatie Afiatique & la Colchide. C'étoit fur cette mon- tagne que l’on prenoit les bornes de ces païs, - CORAX, Cora, (g) Képaës (d) Virg. Æneïd: L, VII. v. 670. Ÿ fea. L. XL. v, 465 ; 604. - Ce) Strab. pag. 417,450. Ptolem. L MT, ©. 15. Tir, Liv. EL. XXXVI, c, 30 LE. XXXVIL €. 4 (F} Prolem. L:-V, c. 9, (g) Puolem, L, V. cg sr sed art RS nd ts ir au il ira La a LR Lot à LA LUE : EO- fleuve d'Afie dans la Sarmatie, au tapport de Ptolémée. a CORAX, Corax, Kopaë, (a) ‘pfomontoire de la Cherfonèfe Taurique, felon Ptolémée. On ne fçait pourquoi Ortélius en faicune vile. Le Grec porte Kcpa£ éupor. Suidas met dans {a Béotie, un lieu du nom de Corax: CORAX [ La pierre ou la roche de |, Coracis Petra, (b) Képirc mérpe. Homère parle de Laroche de Corax dans l'Odyffée, & la met près de la fontaine d'A- réthufe, C'étoit fur cette roche, fe- Jonce Poëte, que paifloient les troupeaux d'Ulyffle, où ils fe noürrifloient du fruit des chênes, Madame Dacier dans fes re- marques fur l'Odyffée , dit que la roche de Corax, qu'elle nomme la roche Coracienne, fut ainf nommée à caufe de l'accident d’un Jeune homme appellé Corax, qui s ÿ tua, en pourfuivant un lièvre. Sa mere Aréthufe , ajoûte Mada- me Dacier, au défefpoir de la mort de fon fils ; fe jetta dans une ontaine voifine , où elle fe noya, &la fontaine fat appellée de fon. fom. CORAX,, Corax 3 (c) Kipaë, fs de Coronus & petit-fils d'A- pollon & de Chryforte, faccéda à fon pere au royaume de Sicyo- né, Après un regne de trenteans, étant mort fans enfans, il eut pour ficcefleur Epopée , qui étoit venu de Theffalie peu de terms aupara- ) Ptolem. L. HIL. c. 6. … () Homer, Odyf L, XIE. v. 407. (c) Pauf. P+ 95. 4) Cicer, Brut, c, 2a de Orat. L, El CO. 157. vant. Corax vivoit quinze cens ans avant Jefus-Chrift. a CORAX, Corax, Kopaë, (4) -Orateur qui avoit été le favori & le principal minifre d’abord de Gélon, & enfuite d'Hiéron fon frere & fon fuccefleur. L'autorité prefque fans bornes qu’il avoit ac- quife fur leur efprit, fut le fruit de fa fouplefle , de fa dextérité & d’une éloquence pleine d'artifice. Il eut beaucoup à craindre,au mo- ment de la révolution, de l'envie & de la haine que fon exceflive fa- veur lui avoit attirées. Pour con- jurer l'orage, il eut recours à cette même éloquence, qui lPavoit fi bien fervi auprès des tyrans. Îl fe préfente avec confiance dans l'af- femblée des Syracufains. Îl fcavoit par une longue expérience, que la multitude n'a rien de fable, rien de fuivi dans fes penfées, & que felon l'impulfon qu’on lui donne , elle paffe rapidement ‘de la haine à l'amour, dela fureur à la tranquillité. [lefpéra que s’f pouvoit feulement -appaifer les premières clameurs, & parvenir à fe faire entendre, il ne lui feroit pas difhcile de tourner à fon gré les. efprits , & de les amener où il voudroit. Le caractère flatteur &cinfinuant de fon exorde , calma en effet les murmures que-fa pré-= fence avoit excités , & difpofa laflemblée à l'écouter favorable-, ment. Il entra enfuite en matière, éxpofa fon fujet , lappuya de raifonnemens fpécieux qu'il entrer c. 45. L.III,c. 45. Mém. de l’Acad. des Infcript, & Bell, LŒt, Tom, XV. P: 164, &' friv. 1358 € O méêla de digrefions armunfantes pour foutenir l'attention; après quoi, dans une courte récapitula- tion , il rappella tout ce qu'ilavoit de force, pour entraîner fes audi- tenrs déjà ébranlés, & pour ache- ver de fe rendre maître de leurs volontés. On voit ici le plan d'un difcours régulièrement conftruit quant à la difpoñtion générale. Corax fut-il l'inventeur de cetre difpofition? Quand on fappoferoit qu'il n'en avoit point trouvé d’e- xemples dans les Poëres:, les feu- les lumières du bon fens auroient pu lui en découvrir l’artifice, Le principe en eft dans la nature , qui nous indique elle-même cette mé- thode, lorfqu'un vif intérêt nous fait faire des efforts pour perfuader ceux de qui hous avons à craindre ou à efpérer. C'eft le même prin- cipe qui nous guide dans l’mven- tion & dans l’arrangement des preuves dont nous avons befoin. L'imagfnation, fortement occupée de fon objet, devient féconde en moyens propres à convaincre ou aimpofer , & n'eft point embar- raflée d'ailleurs à trouver les ex- preflions & les figures les plus ca= pables de remuer & d’échauffer ceux qui nous: écoutent, Telle ef la fource où la rhétorique doit puifer toutes fes richefles, Les préceptes quelle donne, n’ont d'autre but que de diriger ces opérations de la nature, de les aider quand elles font lentes, & de les réprimer quand on lesaban- donne à une aveugle témérité. De-là cetre maxime fondamentale de la rhétorique, que l’art ne doit co jamais fe montrer que fous la ref femblance de la nature, & même qu'il cefle d'être art dès qu'il laïfle appercevoir. Corax triompha par fon élo- quence de la mauvaife humeur dé fes concitoyens , & pour mettre à profit un fi heureux changement, il établit dans fa maïfon une école de rhétorique. Il ne pouvoit rien faire de plus agréable aux Syrs- cifains, dans un tems où ils étoient embarraflés de procès difficilesa démèêler, & pour lefquels ils at- tendoient tour d’un art dont l'ob jet eft de perfuader. Eee Pour s'accommoder à leurs be: foins , Corax tourna tonte fon ap: plication vers l'éloquence du bar- reau, éloquence dangereufe, Jorl- que fans fe foucier de la vérités elle ne vife qu'à la victoire, & qu’en s’attachant uniquement auf fubrilités de la chicane, elle ne préfente aux Juges que des vrai femblances trompeufes & de cap: tieufes probabilités. Corax y Ayo rapporté tous fes préceptes ; CE toit , dit Ariflote, prefque la feule chofe qu’il avoit enfeignée dans fa rhétorique; ce qui eff précif: “ment, ajoûte-t-1l, ce qu'on 4f: pelle donner l'avantage à la matr vaife caufe fur la bonne. De-h vient le mépris qu’en a marqué Cicéron: ».Ne cherchons point, » dit-il, le véritable orateur das » l’école de votre Corax, onnei » verra éclorre que d'importin » criailleurs , dont le babil ne fr » que nous étourdir. & Tifias, le plus habile de fes di ciples, le fit repentir des leçons ‘de chicane qu'il lui avoit donnéti . nouvelle GO taril s'en fervit contre lui-même, pour fe défendre de payer les fa- lires qu'il lui devoir; ce qui fit dire, par allufion au mot Corax, qui en Grec fignifie Corbeau, que d'un auffi méchant oïfeau que le corbeau , il ne pouvoit {ortir que de méchans œnfs. Tifias lui fuc- céda dans les fonctions d’enfeiener k rhétorique aux Syracufains: il publia auf à {on exemple, & d'après fes principes, un traité de art de parler, beaucoup plusam- ple & mieux digéré; mais, ilya moins de gloire à marcher fur les pas d'un puide, qu’à fe faire une route. L'inventeur a vancu.les grandes difficultés, & quelque peu de chemin qu'il ait fait, les proprès de ceux qui font Venus après lui, ne lui font rien perdre de la gloire qui lui eft due. Cette réflexion eft commune pour tous les arts & pour toutes les {cienees. : CORAX » Corax , Kéroë, (a) nom Mithriaque , dont Saint Jé- fôme fait mention dans fon épirre à Leæta. CORAX , Corax , Kcpat (8) nom d'un des chevaux de l’Athlete: Clifthène. Voyez Clifthène. CORAZ AIN ,Corazain. Voyez VOrozain.. ee CORBEAU, Corax , Képaë, (0) oifean confacré à Apollon. La fable dit qu'il devint noir pour AYOIr trop parlé, & que ce fut une Véngeance d'Apollon, qui , fur le (4) Antiq. expl. par D. Bern. de Monif, Ton TL ae 174 (b) Pauf, p: 362. S Myth, par M. PAbb. Ban. Tom. “+R 207, Antiq, expl, par D. Bern, ECO 139 rapport que lui fitle Corbeau de l'isñdéliré de Coronis , tua fa maitrefle, s’en repentit, & punit loifeau défateur , en le privant de fa blancheur. Le Corbeau étoit particulière ment confacré à Mithras, parce que ce Dieu eft le même qu'A- poilon. 7 Dans une médaille de Gordien le jeune, on voit Apollon ayant à fa droite un Corbeau, à fa gau- che un trépied. On voit deux Corbeaux de même avec un tré- pied, au rèvers d'une médaille d'Antoine , dans le recueil de Bie , & dans Oifelius, F3 (4) Pline rapporte un fait fin- gulier, arrivé fous l'empire de Libère , lan de Jefus-Chrift 36. Un jeune Corbeau fortant pour la première fois de fon nid, qui étoit au-deflus du temple de Caf- tor & de Pollux, tomba en volant dans la boutique d’un cordonnier, logé vis-à-vis du temple. Le cor- donnier s’affeétionna à cetoifeau, par un principe même de vénéra- tion religieufe pour le lieu d’où il lui venoit, Il s’appliqua à le dref- fer, & l’oifeau docile profita fi bien des leçons de fon maître , qu'ils’habitua à voler tous les ma- tins fur la tribune aux harangues ; & là,tourné vers la place publique, il faluoit d'abord Tibère, Germa- nicus & Drufus , enfuite le peuple Romain; & après s’être acquitté de ce devoir , il rentroit dans la de Montf. Tom. I. pag. 277, Mém. de PAcad. des Infcript. & Bell. Lett. Tom. XX. P° 18: A = 2 AS. : (d) Plin. T. 1. p. 568. Crév, Hift, des Emp. 3 X, Pe 602 , 603: 140 CO bôutique. Ce petit manège dura lufieurs années, Enfin, un voifin Éloue fit périr l’oifeau qui attiroit tanc de célébrité à fon mañre. Le peuple entra en fureur ; le meur- trier fut chaflé du quartier, & même tué. Les reprets de la mul- titude la porterent à honorer folle- ment.le Corbeau dont la perte Fafigeoit. On lui fit des obféques en forme ; on le mit fur un lit fu- nébre, & couvert de fleurs & de couronnes, précédé d'un joueur de flûte, felon ce qui fe pratiquoit aux funérailles , il fut porté fur les épaules de deux Éthiopiens au bûcher qui lui avoit été préparé fürla voie Appia, à deux milles de la ville. Aïnfi, dit Pline, on célébra les funérailles d’un oïfean, dans une ville où les Gracques _ævoient été privés de la fépulture; & la mort d’un Corbeau fut mieux vengée que celle du vainqueur de Carthage & de Numance. _ CORBEAU, Corax, Kipaë. (z) Cet oifeau eft déclaré impur par la loi de Moiïfe. fl en eft fou. vent fait mention dans Écriture. Noë ayant fait fortit un Cor- beau de l'Arche pour voir fi les eaux s'étoient retirées de deflus la terre, cet animal ne revint point dans l'arche, On dit que quand le Corbeau voit fes petits nouvellement éclos, & couverts d’un poil blanc, il en conçoit une celle averfion, qu'il les abandonne, & ne retourne à Ton nid , que quand ce premier poil eft tombé , & qu’ils commencent te) Gene. c. 8: v, y. Levit. €. 1x: v. | v. #5 Reg. L. IL c. 17. v. 6. Job. c. 28. NV: 4 Palm, 1464 v, 9, Proverb, c, 30. C O a fe revêtir d'un plumage noi C'eft , dit-on, à cela que le Päk mifte fait allufion, lorfquil di: Dieu donne la nourriture aux animaux , @ aux petits du Uor- beau, qui crient vers lui, Et Job: qui à préparé la nourriture au Corbeau, lorfque fes petits crint au Seigneur, courant ça 6 li, parce qu'ils n'ont rien à mangs Mais, ceux qui ont étudié le plis exatement la nature des oiïfeaut & des animaux, ne conviennet | pas de ce fait, qui d’ailleurs atrop y l'air de fable, pour être cru fn, de bonnes preuves, Voflius dit que ce qui les Corbeaux quittent quelquefois leur nichée , c’eft l'extrême voræ | ci des jeunes Corbeaux, qu | leurs peres & meres ne peuvent fuffire à nourrir, D’autres veuleit | que cela vienne uniquement d'os | bli de la part des Corbeaux, qui à ne penfent plus à retourner à leur nid, pour y nourrir leurs petis | D'autres croyent que Job &k | Pfalmifte font attention à ce qi | eft dit dans quelques Auteurs;qué les Corbeaux chaflent les jeunts L du nid de très-bonne heure, & les obligent de s'éloigner du lieu | où demeurent leurs peres ; & que c'eft dans ces occafons que k providence prend foin de leu nourriture. Enfin, il y en a d’autrts qui,fans y chercher plus de fnelle, ; penfent que la providence s'étend fur les animaux à quatre pieds,& fur les oïfeaux, qui crient à lutä leur manière; & que les Corbeaix 17. Gant, c, 5, v. 12, Sophon, © # Va Xde fait que | TR APE SPEARS DIN IE NET TES IPIP SEPT TENNIS NP RENTE CO … foncmis dans les endroits que nous avons cités, au lieu des oifeaux en | général. _ Le Prophete Élie s’étant retiré par l'ordre de Dieu fur le torrent _ de Carith, le Seigneur le fit nour- irpendant quelque tems par des Corbeaux , qui lui apportoient le foir & le matin ; du pain & de la _ chair.Quelquesinterpretes, au lieu | dés Corbeaux, traduifent les ter- mes de l'original par des Arabes, ou des Marchands ,ou même des habitans de la ville d'Arabo ou d'Oreb, près de Bethlan. Pour ippuyer ces traductions, on re- Marque que le Corbeau étant un fau déclaré impur par la loi, __ilnya pas d'apparence que Dieu leût voulu employer à ce mimif- tre, Mais, malgré ces raifons, Rplûpart des Interpretes & des ommentateurs s’en tiennent à la vefon qui porte des Corbeaux. Siceux qui apportoient de la chair du pain à Éhe, étoient des ommes , pourquoi ne lui au- Ioent-ils pas aufli apporté de l'eau ; lotfque le torrent de Carith fut defféché, pour lui épargner la peine d'aller chercher une autre fétraite chez une pauvre veuve à Sarepta 2 La noirceur du Corbeau eft Pufé en proverbe, Vos cheveux font noirs comme le Corbeau , eft-il dit dans le Cantique des Canti- ques, On voit cependant des Cor- eaux blancs, & ils ne font pas fares dans les païs feptentrionaux, où la neige demeure long-tems fur à terre, C. I4T On a cru que le Corbeau con- cevoit par le bec, mais c’eft une fable. Le Corbeau vit très - long- tems. Pline a dit qu'il vivoit l’âge de neuf hommes. Mais.il convient que c’eft un conte ; on aflure que les Corbeaux vivent jufqu’à cent ans, Îls fe nourriflent de carnage, & mangent les corps des hommes pendus & cruciñiés. Horace dit : Non pafces in cruce corvos ; Et le Sage: Que Les Corbeaux du torrent arrachent les yeux dm fils qui fe mocque de [on pere. Sophonie femble marquer que l'on nourrifloit des Corbeaux fur la porte des maïfons, Mais , il marque plutôt qu'après la défola- tion des peuples de l’Idumée , des Moabires & des Ammonites , on verra des Corbeaux fur leurs fe- nêtres & fur les portes de leurs maifons ruinées. _ On dit que cet oïfeau apprend affez aifément à parler, & qu'il imite la voix de l’homme. CORBEAU , Corax, Kipaë , (z) machine de guerre, dont les Romains, felon Polybe , fe fervi. rent dans le combat naval de Myle entre le conful Duillius & Anni- bal. Voici la defcripcion qu’en don- ne cet Auteur. » Une pièce de bois, ronde, » longue de quatre aunes, grofle » de trois palmes de diametre, » étoit plantée fur la proue du 3 » étoit une poulie, & autour une » échelle clouée à des planches » de quatre pieds de largeur fur La (4) Roll, Hift, Anc, T, I, p. 169 T. V. p. 848 Hif, Rom, T, VIN, Pe 374 navire ; au haut de la poutre” 142 CO . » fix aunes de longueur, dont on » avoit fait un plancher percé au » milieu d'un trou oblong qui » embrafloirla poutre à deux au- » nesdel'échelle. Dés deux côtés » de l'échelle fur la longueur, on 3 avoit attaché un garde. fou qui » Convroit juiquanu genou. Il y » avoit au bout du mât une efpè- » ce de pilon de fer pointu , aa » haut duquel étoit un anneau; » de forte que toute cette machine » paroifloit femblable à celle dont » on fe fert pour faire la farine, » Dans cet ‘anneau pañloit une » Corde avec laquelle, par le » moyen de la poulie qui étoit » au haut de la poutre, on élevoit » lés Corbeaux lorfque les vaif- » feaux s’approchoient ; & onies _» Jetroit {ur les vaiffleanx ennemis, _» tantôt du côté de la proue, » tantôt fur les côtés , fuivant les n différentes rencontres. Quand -» les Corbeaux accrochoiïent un » navire, files denx étoient joints » par leurs côtés, les Romains » fautoient dans le vaiffeau enne- » mi d’un bout à l’autre; s'ils n'é- » toient Joints que par les deux » proues, ils avançoient deux-}- » deux au travers du Corbeau ; » les premiers fe défendoientavec » leurs boucliers des coups qu’on » leur portoit én devant: & les » fuivans, pour parer les coups » portés de côté, appuyoient leurs » boucliers fur le garde- fon. H'paroït par cette defcription , que ce Corbeau n'étoit autre cho- fe qu’un pont mobile à l’enrour «de la poutre, dont le bout élevé étoit garni de griffes propres à accrocher ; que ce pilon de fer & N + \ CO fon anneau étoient attachésauhart à du mat du navire ; & que «tb corde paffant par cet anneau & par la poulie de la poutre, wh fervoit qu’à hauffer & baifler & h pont mobile, pour le laiffer tom b ber fur les vaifleaux ennemis & fervir de paflage aux Roma Polybe confirme certe vérité À difant: » Lorfqu’on fut à l'abor À » dage, quéles vaiffeaux furent à » accrochés les uns aux autres pat à » les Corbeaux , les Romains » entrérent au travers de cat à » inachine, dans les vaifleauxn- | » nemis, & ils fe batrirent fût E » leurs ponts, « Ce qui démon clairement que ce Corbeau tt $ confiftoit que dans un pont. La defcription que fait M. h chevalier de Folard de ce Cor b béau, dans fon Commentaire ù Polybe, eft fort différente: ile b repréfente en forme de grue,[ mé h chine qui n'étoit pas inconnue à ; Polybe | pofée fur un mit élevé L fur le château de proue; ce qui h ne Convient pas avec la poutré® Polybe. Sur ce mat M. le chevi À lier de Folard établit le ranchtt d'une grue, au bout duquel étoi à un cône de fer, pièce de fonte, | dit-il, des plus pefantes, faquelé | tombant de fon propre poids; perçoit le pont de proue: volé ce que M. le chevalier de Folut appelle Corbeau. ef difficile | concilier ceite machine avec celk que décrit Polybe.- + M. le chevalier de Folard patk dans fon fçavant Commentäitt, de plufieurs efpèces de Corbeaus il ÿ En avoit, dir-il, tant de divéf fes foires, 6c ils étoient fi différer | EX 2) entreux, qu'il ne fçait comment ls Anciens n’ont pas inventé différens noms pour empêcher qu'on ne les confondit les uns avec les autres. M. le chevalier de Fo- lard donne la defcription de ces différens Corbeaux ; fçavoir, du Dauphin, du Corbeau démolif- feur, du loup , & du Corbeau à grifles. Le premier n’étoit, felon cet Auteur, qu’une mafle de fer fon- du, fufpendu au bout des antennes des vaifleaux ; on le fufpendoit à un des bouts des vergues, pour le -laiffer tomber fur les vaifleaux - ennemis , qu'il perçoit depuis le pont jufqu’au fond-de-cale, . À l'égard du Corbeau démolif- fur, Vitruve en fait mention ; mais, On ne peut guere com- : prendre ce que c’eft que cette machine.» Ne feroit-ce point, dit » M, le chevalier de Folard, celle . » dont parle Végèce,qu'l appelle ? tortue, au dédans de laquelle il * Y avoit une on deux pièces de » bois arrondies & fort longues, Pour pouvoir atteindre de loin, » &t au bout defquelles il y avoit » des crocs de fer ? Elles éroient 5 fufpendues en équilibre comme » les béliers, & on les poufloit » Contre les créneaux , pour les » accrocher & les tirer à bas, ou » les pierres ébranlées par les bé- » liers. « : Cependant, Vépèce, en par- lant de ce croc fafpendu & bran- lnt, ne fe ferr pas du terme de Corbean , Mais de celui de faulx. Voici le paffage de cet Auteur : On conftruit la tortue avec des » mémbrares & des madtiers, & GAS + » on la garantit du feu en la re- » vêtant de cuirs crûs , de cou- » vertures de poil, ou de pièces ». de laine. Elle couvre une pou- » tre, armée à l’un de fes bouts » d’un fer crochu pour arracher » les pierres de la muraille ; alors » on donne le nom de faulx à » cette poutre; à caufe de la f- » pure de fon fer. «_ Pour le loup, M. le chevalier de Folard prétend que la machine à laquelle Végèce donne ce nom, n'étoit qu'un Corbeau à tenailles où à grifles, qui confiftoit dans une efpèce de cifeanx dentelés & recourbés en manière de ténail- les , où de deux faucilles oppofées l'une à l’autre. Outre les différens Corbeaux dont on vient de parler, le {cam vant Commentateur de Polybe traite encore du Corbeau à lacs- courans & à pinces, de celui à cage , appellé le tollenon ou telle- non, & du polyfparte ou Cor- beau d’Archimède. Le Corbeau à lacs-courans n°6< toit autre chofe qu’une efpèce de levier, placé fur les murailles des - villes, de manière qu’une partie failloit en dehors, & que l’autre plus grande étoit fur terrein-plein. À la partie extérieure étroit atra= chée une chaine ou une corde qui avoit un lac avec lequel on ef fayoit de faifir la tête du bélier, pour le tirer en haut & empêcher fon effet, Le Corbeau à pinces étoit à peu près la même chofe, à l'exception qu'au lieu de lacs, il ÿ avoit des pinces pour faifir le bélier. Cere inachine ne diflere guere de celle 246 GO Magon , général des Carthagi- nois, dans le païs des Gaulois [n- fubriens , l’an de Rome 549. -COSCONIUS [ C.], C. Cof- conius, (a) Romain dont parle Cicéron dans plufieurs de fes orai- fons. Dans l’une il le dit préteur, dans une autre, proconful en El- pagne. C'eft fans doute le même dont parle Plutarque dans la vie de Céfar. Selon cet Auteur , il fut tué dans une émeute , par les fol- dats de Céfar. COSE,, Cofa. Voyez Coffe. COSES, Cofe. Voyez Coffe. COSINGAS , Cofingas, prin- ce des Cerrhéniens, peuples de Thrace, & prêtre de Junon, fe- lon la coûtume du pais, s’avifa d’un plaifant artifice pour réduire fes fujets rebelles. Pendant qu'il faifoit attacher plufieurs longues échelles de bois les unes aux au- tres , il fit courir le bruit qu'il alloit monter au ciel vers Junon, our lui demander-raifon de la défobéiffance de fes fujets. Alors les Thraces naturellement grof- fièrs & flapides, craignant que Cofingas ne fit ce qu'il leur difoit, lui demanderent pardon, & s'en- gagerent par ferment de lui ren- dre à l'avenir une fidele obéiffan- ce. | COSINGIS , Cofingis , fem- me de Nicomede , premier roi de Bithynie , eft appellée Dirizele par d’autres. Voyez Dirizele. COSIS , Cofis, Kms (8) prince Albanien, marcha contre (4) Cicer. Orar. pro A. Cluent. c. #8: pro Sylla. c. 31, in Vatin,. c, 9. Plut. T. Le pe 732. (b) Plut, T, pr 638. CO Pompée à la tête d’une nombreufe armée. Ce Prince, dès qu'onen fut venu aux mains , s’attachaau général Romain, &c courant fur lui, il lui lança fon javelot, qui donna juftement au défaut de la cuirafle ; mais Pompée l'ayant joint , lui appuya fa javeline avec tant de roideur qu'il le pers d’outre en outre , & le jetta mot aux pieds de fon cheval. : COSMES , Cofmi , (c) magie trats fouverains qui étoient établis en Crète au nombre de dix, pouf maintenir le bon ordre dans République ; & c’eft pour cel raifon qu'ils furent appellés Col: mes, du mot grec #‘au6 : ordre. Ils étoient à vie , ne rendit compte à perfonne de leur admi- niftration, & commandoient lé armées en tems üe guerre. On les choififfoit par le fort, mais (eule- ment dans de certaines famills, & on tiroit aufhi de ces mm familles les Sénateurs qui 10° moient le confeil public. Iln’y a rien qui ait plus der port aux Cofmes de Crète, qu le confeil des dix établis x Venik avec cette différence feulemenls que ces derniers ne commañil oint les armées. COSMETE , Cofmeres (4) Kocuwryç, officier ; qui avoit ln tendance de la police far les plie bes à Athènes, Il avoit des li tenans où fous- Cofmeêtes. COSMOGONIE. Ce fci formation de lu cience de la formation. çc) Roll. Hift. Anc T: JE p Ed (a) Recueil d’Antig. par M. le d Cayl, T. Il, p. 217 CO Vers, Ce mot eft compofé de deux mots grecs, xoues, monde, & Jour , Je mais. La Cofmogonie differe de la Cofmographie , en ce que celle-ci ef la fcience des parties de l'uni-: Vérs, fuppoté tout formé, & tel que nous le voyons ; & elle diffe- de la Cofmolopie, en ce que telle-ci raifonne fur l’état a@uel R permanent du monde tout for- Me ; au lieu que la Cofmoponie Mine fur l'état variable du tion, De quelque manière qu'on ima- ge la formation du monde, on ie doit jamais l'écarter de deux grands principes ; 1.° celui de la ation ; car il eft clair que Îa Matière ne pouvant fe donner leriflence à elle-même , il faut Welle l'ait reçue ; 2.9 celui d’une htelligence faprême qui a préfidé on feulement à la création , Mais ticore à l’arrangement des parties Eh matière en vercu duquel ce monde s’eft formé. COSMOGRAPHIE, fcience Gi confifte à connoitre les diver- parties qui compofenr enfem- & le monde & l'univers, avec Frapport qu’elles ont entr'elles. somme lPétude de la fphère Wit néceffairement précéder celle de la géographie , les Géozraphes : Mcru qu'il étoit nécefaïre, avant tes chofes, de faire connoiître vaftes corps dont le globe ter- ie eft environné. Ils ont donc alé du ciel qui enveloppe la Lire de tous côtés ; & comme les QUetS les plus remarquables qui _ VJ ptéfentent à nos yeux, font onde dans le tems de fa fonda- C O 247 les aflres dont les cieux font par= femés , & les planetes dont le cours périodique eft devenu d’un grand ufage dans la péographie, on s’eft avifé de donner aux trai- tés de géographie le nom de Cof: mographie. On voir même que plufieurs Sçavans ont pris la qua- lité de Cofmographes , fons la proteétion des princes qui les ex- citoient par leurs bienfaits à cul- tiver la géographie. Mais on a fenti dans la fuite que ce nom de Cofmographie embrafloit pla- fienrs fciences qu'il étoit bon de divifér. On a donc laiflé à l'aftro- nomie le foin d'obferver le cie], & on a réduit la géographie à fes jaftes bornes prefcrites par fon nom , qui ne veut dire que def- cription de la terre, au lieu que la Cofmographie eft la defcription de l'univers. Un homme quivou- droit mériter la qualité de Cofino- graphe, devroit Joindre une extré- me habileté dans l'aftronomie , à une connoiflance très-étendue de la géographie ancienne & moder- ne, & même de l’'Hydropraphie qui s’applique à connoître l’éten- due & la profondeur des mers, des fleuves , des lacs, &e. Et où trouver un SÇavant qui poflede toutes ces fciences er un certain degré de perfection ? Chacune de- manderoïit coute la vie de quicon- que afpireroit à y être {Cavant, outre qu'elles demandent chacune dans ceux qui s’y attachent, des genres de vie très-diférens. Les erreurs groflières qu’on a apper- çues & corrigées depuis un fiè- cle , font voir combien ceux qui prenoient la qualité de Cofmopra+ 1V 248 CO phes dans le quinzième & le fei- zième fiècle , écoient éloignés de ce nom pris à la ripueur de {a fi- gnificarion. Ce nom, dans quan- -tité de livres, ne fipnifie que géo- graphie ; & c'eft ce dont la plû- part des Jeunes Er ont beloin d'être avertis. Cependant , la _Cofmographie & la géographie different l’une de l’autre, comme le tout differe de fa partie. Le mot Cofmographie eft com- pofé de ucrucec , monde, & ;p = æ Je décris, COSSE , Coffa, Kicoa (a) ville d'lralie , fituée au pais des Étruriens. » Cofles , dit Strabon, » eft une ville fituée un peu au- » deflus de la mer, für une haute » colline, quieft dans le golfe » Au- deffous de la ville eft le » port d'Hercule , & rout auprès » un lac Marin ; & proche le » promonioire qui eft au-deflus » du golfe, il y a un lieu préparé » pour la pêche du Thon; car le # Thon n'eft pas feulement friand » de gland, il aime encore le poiflon nommé Pourpre, qui » eft près de la terre. Depuis la » mer extérieure Ju{qu à la Sicile, » quandon fait voile de Cofles » pour Ofie,-on trouve en che- » min les villes de Gravifces, de » Pvroes, d'Alfium & de Frege- » nes; Gravifces elt à trois cens » flades de Cofles, « Le nom de cetre ville s'écrit di- veérfement dans les Auteurs. Straz C1 lie 9 D bon lui-même l'écrit en fingülier. (a) Strab, pag. 222, 226 Plin. TT. pag. 160, 160. Pomp. Mél. pag. 137. Prolem.L. JIT.c, x. Tit. Liv. L, XXII. &, 11. L, XXVII, c, 10, L, XXX, c. 39, RIT EN a PS CO & en pluriel. Il dit donc Colle dans un endroit, & Coffes dans un autre. Piolémée lit Cofles en pluriel; Pline & Pomponius- Me la , Cofle en fingulier; Virgik, Cotes en pluriel & avec une feule s ; Céfar & la table de Peutin- ger ,; Cofe en fingulier &tavecuie teule s. Le rexte de Tite-Live va rie : le port de cette ville y eftap: pelié portus Cofanus & portusCof: Janus ; &les habitans Cofans, Cofanr.. " Aux Auteurs que l’on vient de citer, Joignons Velleius Patercu: lus , qui di : Coffam 6 Prelum abhinc annos ferme trecenios Fabio Dorfone & Claudio Canine con fulibus | Coloni miffr] ; ce qu'ars riva avant la première guerre pls nique. À la requête des habitañs, on y envoya dans la fuite mille nouveaux colons, Il y a bien de l'apparence que-cetie ville-futré- parée par Auguite , & qu'elle pit le furnom de Julia, commet plûpart des villes de l'Étrurie, Ces la fe voit dans une médaille & Nerva , fur laquelle on ht Cof.Ju Coffz. Elle avoir un beau poi dont nous avons déjà parle. Cel le même qui eft nommé le pot d'Hercule, Æerculis portus, dans [- tinéraire maritime & dans Strabol La colonie que lon avoit er, voyée à Cofle, avoit été tirée de la ville de Voici, dont le peuple étoit nommé. Wolcientes ; à que Pline nous apprend. Cet ville de Cofle étoit fur la voie Au L. XXXIIT. €. 24 Cæf. de Bell. CN L. I. pag. 474 Vell, Patere, L, 1: Cr 14 EE Æneid, L, X: v, 168: CO télia , felon Antonin, entre Forum Aurelii & le lac Aprilis, à vingt- . cng milles de l’un , & à vinpt- deux alles de l’autre. Mais entre Forum Aurelii &:Coffa il y avoit encore deux flations ou manfions; favoir, ad novas & fub Cofa. La table de Peuringer nomme ce der- nier lieu Succofa. Cette côte a bien changé de- puis Sirabon ; ce qu'il appelle ün lac marin, & qui étoit enfer- mé entre deux langues de terre qui Jofpnoient le mont Argen- taro au continent , s’eft ouvert un chemin vers lamer, dans la lan- pue feptentrionale, & il s’en eft formé un golfe. Une efpèce de prefqu'ifle qui s'avançoit vers le milieu du lac de l'Orient vers lOccident , eft préfenrement fort diminué , & c’eft la place où eft Orbitelle. I n’y a plus rien au lieu où étoit Coffe; mais plus, à l'O- tient il s'eft formé une nouvelle ville des ruines de l'ancienne , & on la nomme Anfedonia. Le port d'Hercule conferve fon ancien nom,& eft nommé Porto Hercole, COSSE, Coffz:; Korca , ville d'Italie au pas d'Œnotrie, flon Étienne de Byzance. Berké- lus applique mal à propos à certe ville ce que Strabon dir de Coffe en Étrurie. C’eft la même que . Compfe, Vozez Compte: _COSSÉE , Coffez; païs qu'ha- bitoient les Cofféens, Voyez Cof- féens, = COSSÉENS, Coflei, (a) Koc= sai, peuples d'Afié, qui habi- CO 249 toient un canton de la Perfe, au rapport d'Étienne de Byzance. Pline les met à l'Orient de la Su- fiane; & Piolériée dans la Sufiane même, du côté de l’Affyrie. Pline ajoûte qu'au deflus des Cofféens , du côté du Septentrion, étoit la Méfabatène. Polybe & Diodore de Sicile difent que les Cofféens habiioient dans les montagnes de la Médie. Quinte - Curfe place aufl les Cofiéens dans un pais de montagnes. Enfin, Arrien les fup- pofe contigus à la Médie, dema- nière cependant qu'ils touchoïent d'un côté au païs des Élyméens. Nous apprenons de Strabon que les Cofléens étoient habiles à tirer de l'arc, & qu'ils ont quel- quefois mis fur pied jufqu’a treize mille Archers._ Îls étoient fort adonnés aux brigandages ; ainfi que tous les montapnards leurs voifins,parce que le peu d’étendue & la fférilité de leur pais les met-: toient dans la néceffité de vivre du- bien d'autrui, Ils s’exerçoient beaucoup au métier de la guerre. Sélon Diodore de Sicie, les Cof- féens habitoient dans des caver- nes, & vivoienr de glands, de champignons , & de chair faiée de. bêtes féroces. Alexandre, dans fon expédition contre l’Afie, ayant appris que les Cofféens fongeoient à fe fouftraire à fon empire, marcha contr'eux à la tête de fonarmée en bon ordre. Mais, ces peuples, comptant fur leur retraite efcarpée, auili-bien que fur leur propre courage ; non (2) Plin, Tom. I. p.224. Prolem, L.{IV, c. 12. Roll. Hift: Anc. T. JT, p. Mic: 3. Strab, p: ça2, 524, 744 Diod.| 701. Mém, de PAcad. des Infcripr. & Sicul, Pags 621 ; 622 681. Q. Curr, L. 1 Bell. Lett. Tom, IV, p, 608, 609, CO 250 feulement ne vouloient point re-. connoiïtre-alors de maitre étran- ger ; mais du tems même des Rois de Perfe , ils fe vantoient de n’a- voir jamais éré foumis de force. Ainf, dans la circonftance pré- fente, ils ne s’efrayerent point des menaces du roi de Macédoi- ne. Mais, Alexandre fe faififfant d'abord de tous les pafflages qui conduifoient jufqu’à leur retraite , ravageanttout le plat pais d’où ils tiroient leurs provifons, & {or- tant vidorieux de toutes les atta- ques où ils entreprenoient de lui faire quelque réfiftance , avoit mis par terre un grand nombre d’en- tre eux, & en avoit pris vivans beaucoup davantage. Ainfi, les Cofféens battus par tour , & s'in- téreffant extrémement à leurs cap- tits, furent contraints, pour leur fauver la vie, de fe rendre captits eux-mêmes. Se livrant donc au vainqueur, ils obtinrent la paix, en fe foumettant à toutes {es volon- tés. Alexandre n'employa que quarante Jours à la conquête de tout le païs; & ayant fair bâtir des viles auffi habitables qu'il y en eût. aücune autre part, dans un pais qui, avant fon arrivée, ne ref- fembloit qu'à un défert affreux par Pinutilité & l'inégalité même de fon terrein , il conduifit ailleurs fon armée, [l eft parlé des Cofféens fous l'article de Baftriane. L'endroit mérite d'être lu. Nous y renvoyons le lecteur (a) Plin. T, L p. rai. Ptolem. EL. M. C,::63 (#} Cicer, Orar. pro A. Cluent. c, 42. Co Plurn-T, TI. pe 548. (4) Prolem, L, IV, ç, 3. Pomp. es es Mel: : CO COSSES, Coffe, K 7601. Voyez Coffe. COSSÉTANIE , Coffetania , (a) contrée d'Efpagne dont les hab tans font nommés Co/fetani , Co- fitani & Coffetani. Pline dit: La Coffétanie contrée. [ly metle Su: bi, rivière qui pañle à Tarragone, | il y met auf cette ville; ce qui s'accorde avec Ptolémée, & avec une infcription rapportée par Gru- ter, où 1l eft dit, TA4R RAC, URBS COSITANOR. Ptolémée rt , écrit Kocuraæyor. : COSSINIUS [ L. ], Z. Cof- finius ; (b) de la ville de Tibur, obtint le vitre de citoyen Ro- main. ee COSSINIUS , Coffinius, (c) Koco/noc , lieutenant Romain, fut détaché avec de grandes forces contre Spartacus; & peu s’en fal- lat que celui-ci ne l’enlevär, com: me il fe baignoit aux bains de Sa: lines, Coflinius eut beaucoup de peine à fe fauver. Spartacus fe fai- fit d'abord de tous fes bapages, &t le fuivant à la trace avec grand meurtre ; il prit fon camp. Coll: nius fut tué dans cette déroute, COSSURA , Coffura , Ke coup , (d) ifle de la mer Méüi- terranée , fituée entre | Afrique & Ja Sicile, Ptolémée y met une ville de même nom; & il aflure que ceteifle, qu'il attribue à l'A frique ; étoit une desifles nom- 3 ; } _mées Pélagies, Pomponins- Mél l'appelle Cofura. Étienne de By- zance & Pline difent Cofyra: Dans p. 152. Plin. T. I. pag. 164, 251. Strab, {pag. 123, 277, Mém. de PAcad. dt Infcripe, & Bell, Lert, Tom, IX, pegt 257; 258 PAT CO Strabon, on trouve Cofura & Coffura ; & dans Ptolémée , Cof- {yra. Strabon met l'ifle de Cofiura à moitié chemin du promontoite de Lilybée en Sicile à Afpis, ville des Carthaginoïis. Tous les _ luterpretes conviennent que c’eft aujourd'hui Pantalaréa. Nous trouvons dans les Mé- moires de l’Académie des Infcrip- tions & Belles Lettres , deux médailles de l'ifle de Coffura. On aflure que la comparaïfon de ces deux médailles, dont les Types font extrémement femblables , prouve à n’en pouvoir douter, 1,9 Que les cara@tères Puniques de l'une répondoient aux caraétè- res Latins de l'autre, n’y ayant que cette feule différence entre elles. 2.9 Que la première de ces médailles ou monnoies, avoit été frappée par les habitans de l'ifle, lorfqu'elle étoit foumife aux Car- thaginois ; & la feconde, après que les Romains eurent renverfé Carthage. 3.9 Que les Grecs, qui ne connurent cette ifle que long- _téms après les Phéniciens , & qui peut-être ne la connurent que par eux, lui continuerent vraifembla- blement, & par une efpèce de né- céflité, le même nom qu'ils lui avoient donné ; qu'ainfi ils la nom- merent Kocupæ ; & que les Ro- Mains qui fuccéderent aux uns &c aux autres , l’'appellerent Coflura, comme les Barbarefqnes du voik- nage l’appellent encore aujour- d'hui Kofra, COSSUS, Coffus, montagne C O 23€ d'Afe dans la Bichynie, felon Étienne de Byzance. - COSSUS [ À. CORNÉLIUS }, A. Cornelius Coffus , (a) tribun militaire 3 Jan de Rome 318. C'étoit un homme d’une beauté fingulière , d'une vigueur extraor- dinaire, d'unetaille avantageule, & d'une, valeur qui étoit encore au-deflus de fa bonne mine & de fes forces. Les Romains avoient déclaré la guerre à Lars Tolumnius, roi des Veïens, qui avoit fait tuer leurs Ambaffadeurs; & pour la terminer heureufement , on éleva à la Diétature Mamercus Æmi- lius. À Cornélius Coflus fervoit pendant certe guerre dans la cava- lerie en qualité de Tribun militat= re. S'étant apperçu que les Ro- mains plioient par tout où Lars Tolumnius paroifloit , & frappé du défir de tranfmettre à fes def- cendans le nom qu'il portoit, encore plus glorieux qu'il ne Fa- voit recu de fes ancêtres , il n'eut pas plutôt reconnu ce Prince à la randeur de fon courage, autant qu'à l'éclat de fes habits, que pouffant fon cheval de fon côté : N'eft-ce pas la, di-il, ce viola- teur des traités & du droit des gens P Si les Dieux font jufles, je vais dans un moment ümimoler cette vitlime-aux manes de nos Ambaf- adeurs. En parlant ainf, il fondit fur lui la lance à la main; & du _ premier coup, l'ayant renverfé de deffus fon cheval, il fauta lui- même en bas, & ayant une fe- (a) Plut, T. I. p. 30s, Tir, Liv, L, IV, c, 19, 20 ; 302 31, Roll, Hüt, Rom: LL p. 492, Juin, \ 262 CO Conde fois abattu avec fon botclier ce Prince, qui tâchoit de fe rele- ver, ill'acheva de plufieurs coups, Aufi-tôt il le dépouilla, & mon- ffant aux deux armées la tête du Vaincu, qu'il avoit mile au bout de fa lance, il acheva par un fpec- tacle f effrayant , la défaite de fa Cavalerie, qui feule avoit retardé la vi@oire des Romains. Ayant enfuite pañté le Tibre avec fa pro- pre cavalerie, il pilla tout le ter- ritoire des Veiens, & retourna à Rome chargé d'un riche butin. Mamercus Æmilius y rentra triomphant, en conféquence d’ün atrêt du Sénat, & d’un décret du peuple, Mais, le fpe@acle le plus Charmant pour les citoyens , fut À. Cornéhus Coflus, portant les dépouilles opimes du Roi qu'il avoit tué de fa main. C’étoit un: plaifir d'entendre lés chanfons que les foldats faifoient fur le champ à fon honneur , l’égalant à Romulus fondateur de Rome. 1 ft Jupi- ter Férétrien une ofrande folem- nelle des dépouilles de Lars To- lümaius, qu'il plaça dans le tem- ple de ce Dieu, auprès de celles que Romulus avoit remportées le Prenuer |, @& qui feules étoient . alors appelées Gpimes. Tout le peuple, fans faire prefque atten- *tion au char du DiGateur » avoit les yeux attachés fur A. Cornélius Coffas, quieut prefque tout l'hon- neur de cette journée. L'opinion commune , du tems même de Tite - Live, étoit que POur remporter les dépouilles opi- Ines, il falloit que ce fût un Gé- (a) Titi Liv, L, IV, © 49, 56. & fes. CO héral qui en eût tué un autre. Var: ron penfoit autrement, [l eft conf tant qu'A. Cornélius Coflus n'étoit. alors que fimple officier, L'Empe- reur Augufte atteftoir néanmoins, - pour l'avoir vu lui-même, que le titre infcrit fur les dépouilles d'A. Cornélius Coffus, lui donnait la qualité de conful. Ille fut quelques années après, mais dans un tems où certainement il n’y eut point de pareil combat. Ne fe peut-il pas faire que ce titre aura été appolé bien du tems après, par quelqu'un des défcendans d'A. Cornélius Coflus, qui l'aura appellé conful, non qu'il le fût quand il remporta cette vitoire , maïs parce quil l’avoit été depuis ? Tite-Live, qui n'ofoit pas, fans doute , réfuter le témoignage d'Augufte, dont il n'étoit pas fort touché, ne s’expli- que pas ici clairement. COSSUS [ P. Cornéuius|, P. Cornelius Coffus, (a) fut du Tribun militaire l'an de Rome 340 ; il le fut encore l’an 347. Al eut cette année pour coilépue G Julius Tolus &C, Servilins Ahala Le Sénat,informé que les Volf- ques &c les Eques avoient pris les armes , ordonna la création d'u Diétateur. Mais, €, Julius Julius. & P. Cornélius Coffus ,.qui croyoient que c'étoic leur faire. injure , s'y oppoferent fortement; l'affaire fur débattue avec beau- Goup de chaleur centre ces deux Mapgiftrats & les Sénateurs. Cars les premiers de cette compagnie, s'étant plaints inutilement de ce que les Tribuns militaires mépris CO lient autorité du Sénat , implo= | Krént à la fin celle des Tribuns du peuple , pour les forcer d'obéir ; dans des conjondures où on avoit fait violence aux confals mêmes. Les Tribuns du peuple,charmés de cette méfintelligence , répondirent qu'on ne devoit attendre aucun cours de ceux qu'on ne mettoit 4 nombre ni des citoyens , ni des Mmes ; que quand on leur au- toit fait art des honneurs, & qu'on les auroit admis au gouver- lement de la république , ils pren- droient les mefures néceffaires Pour forcer les Magiftrats d’obéir Aux arrêts du Sénat ;qu'en atten- dant, les Patriciens, quine refpec- … Hiéntniles loix ,niles Magiftrats, _ Pouvoient aufli exércer par eux- mêmes Ja charge & la puiflance du ilbunat, <= Ce démélé farvenu f mal à pro- PS, dans un terns où la républi- QE avoit nn f grand nombre Ennemis fur les bras » Attiroit te l'attention des citoyens. En- ï, après que C, Julius lulus & Cornélius Coffus ; pouflés dela “me ambition , & perfuadés Œis avoient tout le mérite nécef- éltent alternativement faic de AEtOIt pas jufte qu'on leur Ôtât Mafon que le: peuple Romain avoir offerte d'acquérir de la Boire » C. Servius Ahaia leur olleoue prit la parole à fon tour, ‘itun difcours > qui lui Mmérita ls plus Brands éloses. Sur le amp, il nomma Diéateur P, (6) Tit, Liv, L, IV: C: 49 >; 6Te 1€ pour foutenir cefte guerre. gs difcours , pour montrer qu'il : Er j CO 253 Cornélius Coflus , qui le choifit lui-même pour maître de fa Cava- lerie ; & il n’y eut perfonne quine Convint , en le comparant avec fes collégues , que pour acquérir da , crédit & de la gloire, il ef quel- quefois plus à propos de ne 1e= chercher ni l’une ni l’autre, La guerre fut moins danserenfe qu'on ne l'avoit cru. Les ennemis furent vaincus auprès d’Antium, dans un feul combar, & même fans beau coup d'effort. L'armée vidorieute ravagea tout le païs des Volfques, força auprès du lac Facin » Un fort où elle fit trois mille Prifonniers, tous les antres Volfques fe tenant renfermés dans leurs murailles fans ofer en fortir pour défendre la campagne. Le Diétaieur ayantfaie voir dans cette guerre, que pour fe fignaler ; il ne lui avoit manqué que l'occafon; rentra dans Rome. plus remarquable par le bonheur qui lavoir accompagné , que par là gloire qu'il avoit acquife, & aufh-tôt il fe démit de ja Dita. ture. en Deux ans après, il fut nommé Tribun militaire pour la troifième fois ; & on Jui donna Pour collé gues Cn, Cornélius Coffus , Nuz mérius Fabius Ambuñlus & L. Va- lérius Potitus. : COSSUS FC. CorNérrvs], Cr. Cornelius Coffus, (a) fut nom mé deux fois Tribun militaire ; La première fois, l'an de Rome 341; & la feconde fois, l'an de Rome 350. Il eur chaque fois Plufieurs collépues. COSSUS f M. Cornéuus], 254 EC Ô M, Cornelius Coffus , (a) fut créé conful avec L. Furius Médullinus, Van de Rome 342. Dès qu'ils fu- rent enñcrés en charge, ils firent rendre un arrêt du Sénat, qui portoit qu'incefflamment les tri- buns demanderoient au peuple qu'on informât contre les Auteurs d'un meurtre commis depuis peu, & que le peuple nommeroit les commiflaires qu'il jugeroit à pro- pos. D'on confentement unanime, Je peuple en chargea les confuls eux-mêmes. Ces Magiftrats ufant d'une douceur extrême, afloupi- rent entièrement cette affaire, par le fupplice d'un petit nombre de gens , qui même fe donnerent vo- Jontairement la mort, fuivant la liberté qu’on leuren laïfla. COSSUS [ En. Cornézius], Cn. Cornelius Coffus, (b) confl Pan de Rome 346,avec L. Furius Médallinus. Il fut fait Fribun mi- litaire trois ans après; charge qu'il eut encore l'an de Rome 354. Il fat envoyé cette année contre les Capénates. Mais , ne trouvant point les ennemis en campagne, il mit tout le pais à feu & à Fa & en enleva beaucoup de butin; il ne prit cependant aucune de leurs villes, ayant ofé ni leur donner l’affaut, ni les afhéger dans les formes. . COSSUS F P. CoRNÉLIUS |, P. Cornelius Coffus, (c) fut créé Tribun militaire l'an de Rome 360. Ayant été chargé de la puer- re contre les Falifques,il ne voulut ni forcer ni afliéger leurs villes ; » ça Tit. Liv. L'IV,c. Sr. (b) Tit, Liv. IV, Ce $4 9 58: L, V. CY 10 5 12» mais ; il fe contenta de défolet leurs campagnes, & d'en enlever tout le butin qu’il put , fans épar- gner ni les arbres fruitiers, ni les moiflons encore en herbe. COSSUS F A. Cornéuits], A. Cornelius Coffus, (d)fatnon mé Dictateur l'an de Rome 370 Certe année fut remarquable pat une guerre impottante au dehors, & par une fédition encore plus confidérable au dedans. uoiqu'A. Cornélius Coflus prévit bien qu'il trouveroit plus de difiiculté à foumettre fes ci: toyens, qu'à réduire fes ennémis; cependant, foit que la guerre ne fouffric point de retardement, foit qu'il voulût donner plus de poids & d'autorité à fa charge, pal viétoire qu'il remporteroit ; & le triomphe dont elle feroit fuivie À n'eut pas plutôt mis une afmiéé fur pied , qu'il la conduifit dans le territoire de Pomptine , où iavoit appris que les Voliques avoient 2 Y ? ordonné à leurs troupes de sal fembler. Malgré les victoires dé Camille , qui avoient fi fort abattl les forces de ces peuples, 1 avoient alors une armée trés-n0M breufe , fans parler des Latins des Herniques qui s’étoienit Joint à eux, avec quelques Circeiens, une grande partie de la colonie Vélitres. Cependant , À, Cofff lius Coflus étant relté ce jour-h dans fon camp , en fortit dès À lendemain ; & après avoir conli* cé les aufpices, & offert un facris fice aux Dieux, pour fe les rendié (ec) Tit. Liv, L. V.c, 24: (4) Tir, Liv. L. VI. € nr & Je Roll, Hift, Rom, , JL, p. 92.0 Ji "» dre ë ï ART, À » épées à fivotables, il aborda les foldats ; quiau fignal qu’il leuravoit donné, Prénoient déjà leurs armes pour combattre; & avec un air de con- fance : » La vidloire eft à nous , » Compagnons , leur dit-il, fi on 7 peut compter fur la réponfe des » Dieux annoncée par leurs Pré- tres & par leurs oracles, Ainfi, avéc l'affurance que doivent % nous infpirer leur protection & » la foibleffe de nos ennemis, jet- ? (ons nos javelots à nos pieds, »& n'armons nos bras ue de » nos épées. Je ne veux pas mé- ‘ me que vous fafliez un pas hors "dla bataille, mais que vous 'attendiez de pied ferme le choc : de l'ennemi. Lorfqu'il aura lan- h cé fes javelors fans beaucoup 0 d'effet, & que vous voyant im- * mobiles dans vos rangs , il » vendra vous Charger en défor- alors faites briller vos fes yeux, & que cha- Gun de vous fe fonvienne que » les Dieux font dans votre parti, & qu'ils vous-ont promis Ja " Miloire. Et vous, T. Quintius, tenez Ja cavalerie prête à fecon- n der les Premiers avantages des 0) lépions, Quand vous verrez les * deux partis OCCupés à combat- ue de près , alors Jâchez vos * Gvaliers contre les Volfques * déjà ébranlés par la valeur de notre infanterie , & en tombant ? ur eux avec effort , achevez de » les Tompre , & de les mettre Héron. « La cavalerie ere” MA Ponduellement fes ordres , a bien que l'infanterie, & le énéral ne trompa point l’ef- Pétance de fes foldats , ni la . CO 255$ fortune celle du Général. Les ennemis fiers de leur nom bre, & ne jugeant des deux ar mées que par les yeux, commen- cerent & finirent le combat avec une égale témérité. Ils fe préfen- terent avec aflez de rélolucion ; Mais, après avoir pouilé les pre- miers cris & lancé leurs Jave= lots , ils perdirent Courage, dès qu'ils fe virent ferrés de près par les Romains, & ne purent fup- porter ni l'éclat de leurs épées, ni l'ardeur qui brilloit dans leurs yeux & fur leurs vifages , & qui témoi- gnoit célle dont ils étoient animés au-dedans, Leur avant.garde avoit déjà plié, & avoit fait pafler la frayeur jufqu’au corps de réferve, lorfque l'orage de la cavalerie Ro maine fondit fur eux, Alors leurs rangs fe rompirent en plufieurs én- droits. Le défordre fe mit par tout; & leur corps de bataille étoit femblable à une mer agitée. Mais , bientôt après, lorfque l’a- Vant-parde eut été taillée en piè- CES; ceux qui fuivoient voyance que le carnage alloit pañfer jufqu'à EUX , prirent ouvertement Ja fuite, Tant qu'ils fe retirerent avec leurs armes & fans fe débander entiè= tement, l’infantérie Romaine ne cela de les pourfuivre, Mais : quand on s’apperçut qu'ils jetroienr leurs armes par terre, & qu'ils fe difperfoient dans Ja Cainpagne, alors les cavaliers fe mirent à Jenrs troufles, Cependant , on les aver- tit de ne pas s’amufer à les tuer ; à-mefure qu'ils tomberoient fous leurs mains, ce qui donneroit je tems à la multitude d'échapper ; qu'ils fe contentaflent de Caracol= 262 CO Combattit ces Barbares & les tailla en pièces; mais qu'il eut le mal- “heur de périr dans l’aétion. CÔTÉ, Latus, Uaewp”. (a) Saint Jean dit que le Côté de J.C. en croix, fut ouvert par un foldat, qui le perça avec fa lance, & qu’il en fortit du fans & de l’eau. On nomme communément ce fol- dat Longin, & on en fait un Saint. Saint Jean ne marque pas lequel des deux côtés fut percé; la ver- fion Arabe & Éthiopienne, & ,J'Évangile de l'enfance de Jefus- Cbrift, traduit de lArabe, & quelques Anciens, lifent le Côté droit ; mais, d'autres croyent qu'on lui perça le Côté gauche. Le poëte Prudens dit qu'il fut percé de part en part, per utrurm. que Latus.. COTHON , Corhon, Killer, Île fituée au milieu d'un des ports de Carthage. Voyez Carthage. COTHON , Corhon , Ko. ifle fituée au midi du Péloponnèfe, * dans le golfe de Lacédémone. Étienne de Byzance la met auprès de l'ile de Cythère. On ne fçait point quel eft le nom moderne de cette 1fle ; M. de la Martinière dit qu’elle n'en a peut-être point. COTHON, Corhon, Kater {b) forte de gobelet laconique, dont Ja forme étoit fur-tout fort van- tée, Il éroit d’un ufage merveil- leux , particulièrement à l’armée, parce que la couleur de la terre , cachoit la vilaine couleur des eaux qu’on étoit quelquefois obligé de boire, & que les bords éroient = {2) Joann. c: 19 v. 34. = ()ePlut, T,1.:p. 45. (:) Antiq. expl, par CE O faits de manière qu'ils retenoient en dedans toute la bourbe & ke limon, & empêchoïent qu'il ne vint à la bonche que ce qu'il y avoit de plus-pur ; ce dont lafa- gefle du Lépiflateur fut la feule caufe; car, les ouvriers n'étant plus occupés aux ouvrages inuti: les &t fuperflus , employerent toute leur induftrie & tout leur art à perfe@tionner les néceflaires. COTHONÉE,, Cothonea, (0) époufa, felon Hygin, Éleufus, duquel elle eut Triptoleme. COTHURNE , Cothurnus, (d) efpèce de chauffure, qui fer- voit à l’un & à l’autre fexe, Le Cothurne étoit compofé de ma- nière qu'il pouvoir fervirindife- remment à chaque pied; parallu- fion à cette circonftance, dansles différends qui arrivoient, onap- pelloit Cothurnes ceux qui na geoient entre deux eaux, & far foient femblant de favorifer les deux partis. Cette chanflure de: vint fort célebre, lorfque Sopho: cle en introduifit Pufage dans l6s trapédies; ce qu'ilfit, parceque le Cothurne ayant la femelle foit haure , il donnoïitune taille avan tageufe aux aéteurs qui repréfen- toient les héros. Il éroit felon quil ques-uns de couleur rouge ; Of n'en peut douter de celui que po” toient les filles Tyriennes, felon Virgile. ee Perfonne n'a mieux décrit À Cothurne que Sidonius Apollinär re, qui dit que le Cochurne avoi une ligature attachée à la femelk Montf. Tom, I. p. 92. (d) Antiq. expl. par D. Bern: de | D. Bern, de Montf, Tom, HI, p, 54 , 62 dr Jui CO _ quipañloit entre les premiers or- teils du pied, & fe divifoit en- faite en deux bandes qui ferroient l'efcarpin. Ces ligatures qui fe croi. foient & fe joignoient fur les jam- bes, approchoïient aflez de la. Campage ; 8 comme Sophocle donna fans doute à fes adteurs une chauflure qui convenoit aux … héros qu'ils repréfentoient , on ne peut douter que ce ne fût ancien- tément une chauffure des rois, des princes & des mapgiftrats de Ja rece, Quoique le Cothurne ap- prochât de la Cempage , chauflu- “re dés chefs des Romains, comme Cétoient certainement deux chauf. füres diftin&tes, il falloit qu’elles diféraffent en quelque chofe. COTINUS, Corinus , l’un des chevaux du Cirque. Voyez Che- Vaux du Cirque. COTISON, Corifo , (a) roi des aces, ayant envahi la Pannonie avec fon armée, fut défait par Cornélius Lentulus » lieutenant d'Aupufle. Abraham Mylius dit que le nom de Cotifo vient de Gotes fon, Cefl-ä-dire, dans la langue Teu- tonique , fils de Dieu, parce que @ roi Dace , fes enfans & les Principaux de fon royaume, vou- loient que l’on crût qu'ils étoient de la race des dieux. COTONES, Cotones, (6) tom que Feftus donne aux fofles que l'on creufoit , pout en faire des ports, Voyez Ports. COTTA , Corta | Kérrac , (3) Horat, L, ILE, Ode 7. v.18. 60 _ 263 gouverneur de Paphlagonie. Voyez Cotys. COTTA , Corta , Korrac nom d'une illuftre famille Romai- ne, qui a produit plufieurs grands Hommes. Nous en avons fait con- noître le plus grand nombre fous le mot d'Aurélius. Voyez Auré- lius. : COTTA [ M. Aurézius ], M. Aurelius Cottz, M; A’upéruoc K'rraç, (c) fut élevé au confu- lat, avec L. Licinius Lucullus, l'an de Rome 678, & avant J. C. 74. Alors, beaucoup de gens pro- poferent de renouveller la guerre contre Mithridate; & M. Aurélius Cotta lui-même dit qu’elle n’étoit pas morte, mais qu'elle dormoit, C'eft pourquoi, quand on tira au fortles Provinces, Lucullus fut très- affigé que la Gaule en de-ça des Alpes lui fût échne, parce qu'elle ne donnoit pas lieu à de grands exploits. Mais, il vint enfin à bout d’obtenir du peuple la con- duite de la guerre contre Mithri- date. Néanmoins, M. Aurélius Cotta fit tanc par fes inftances & par fes prières auprès du Sénat, qu’il fut aufli envoyé , avec une armée de mer, pour garder la Propontide & défendre la Bithy- nie. 5 Pendant que Lucullus étoit oc- Cupé à remédier aux maux qu’a- voient caufés les ennemis ; M. Aurélius Cotta crut que c'étoit pour lui un tems favorable ,-& qu'il devoit profiter de Pabfence de fon collepue, pour faire quel- ç) Plut. T.I.p. 494 & fegs Crév (b) Anriq. expl. par D, Bern, de! Hift, Rom, T. VI, 184. & faiv. ontf, Tom, LV, P28: 24ÿe R iy 264, CO que ation d'éclat. Il fe prépare donc à combattre contre Mirhri- date. Plus on lui annonçoit que Lucullus approchoit, qu'il étoit déjà dans la Phrygie, plus il fe hâtoit de donner la bataille, croyant déjà tenir entre fes mains le triomphe, & voulant empêcher fon collegue d'y avoir part. Mais, left battu. par terre & par mer. Dans le combat naval , il perd foixante de fes vaifleaux avectout l'équipage ; & dans le combat de terre on lui tue quatre mille hom- mes de fes meilleures troupes, & on oblige de fe renfermer dans la - ville de Chalcédoine, d’où il ne -put fe tirer qu'avec le fecours de Lucullus. Mais, la plus grande partie de l’armée prefloit Lucullus de laïfler là M, Aurélius Cotta , & d'entrer dans les états de Mi- thridate, l'aflurant qu'il trouve- roit fa capitale fans défenfe, C'é- toit même le langage de prefque tous les foldats, qui étoienc très- irrités de ce que M. Aurélius Cot- ta, non content de s'être perdu lui-même par fa folle témérité, & d'avoir fait tuer fes meilleures troupes ; empêchoit encore leur armée de remporter une viétoire éclatante, qui s’offroit à eux fans aucun danger, & l’occupoit à aller le fecourir & réparer fa faute. Mais, Lucullus, dans la harangue qu'il fit à fes foldats fur ce fujet, leur dit qu'il aimoit mieux fauver un Romain; que de prendre tout ce qui étoit aux ennemis. L'année fuivante, M. Aurélius -Cotta, voulant réparer J'affront qu'il avoit reçu auprès de Chalcé- doine, vint mettre le fiège devant € O Nicomédie, où s’étoit renfermé Müthridate. Mais, ce Prince, ayant appris que Lucullus venoit auf à lui.en diligence, fortit de la ville & fe mit en mer pour repapner fon royaume. Lucullus,ayant conquis toute la Bithynie , eut une conférence avec - M. Aurélius Gotta, & lui laïfla le foin de faire le “fiège d'Héraclée. Ce fiège dura deux ans. Encore, M, Aurélius Cotra n'eur-il pasla principale part au fuccès. Il avoit mandé Triarius avec fa flot, pour afliéger la place par mer, . , A1 pendant qu'il l’attaqueroit du‘côté de la terre. Triarius vainquit dans un combat naval les Héracléotes, qui étoient fortis en mer au-de- Yant de lui. Cet avantagene fit pas décifif ; le fiège dura encore long-tems, Enfin, la famine, & la maladie qui vint à fa fuite, dé- folant cette malheureufe ville, pour comble de maux, la défian ce fe mit entre le commandant de la garnifon ; que Mithrydate avoit laifiée , & les habitans, Connacorix [ c'étoit le nom de ce commandant |, ne cherchaît qu'à fe tirer de péril, aux dépes de la ville, entra en négociation avec les Romains. Mais, ce fit à Triarius qu'il s’adrela, parc qu'il fe défioit de la perfdie de M. Aurélins Cotta, Triarius fur donc introduit par trahifon dans la ville, : qu'il livra au pillage; & M. At rélins Gotta n'en apprit la nou velle que par ceux des Héracko- tes, qui senfuirent dans fi camp. Îl en fut très irrité ; & pell s'en fallut que les deux générai Romains n’en vinflent à un co: CO bat Enfin , Triarius appaifa le proconfu] & fes foldats, qui n’é- foient pas moins irrités que leur chef, en leur promettant de par- taper avec eux le butin. M. Au- réllus Cotta acheva de ravaper Héraclée. Il emmena grand nom- bre des habitans en captivité: & recherchant tout ce qui avoit pu échapper à Triarius, il ne laiffa rien qui fût de quelque prix, n’é- Pargnant pas même les ofrandes Confacrées dans les temples, & les flatues des dieux. Il-n’oublia Pas fur tout un Hercule que les Héracléoies regardoient comme leur divinité tutélaire, mais qui étoit frop riche pour ne pas exci- ter la cupidité de M. Aurélius Cotta; car, ils lui avoient donné une maflue d’or, avec une peau de lion , & un carquois de même métal, rempli de flèches. Après avoir enlevé toutes les richefles d'Héraclée, M. Aurélius Cotta fr mettre le feu à {a ville, dont la plus grande partie périt ainf par les flammes. Il s'en retourna en- fuite par mer en Italie, laiffant à Locullus ce qu'il avoit eu de trou. pes fous fon commandement. Il fut fort mal reçu à Rome. Les Héracléotes y avoient en- Voyé des ambafladeurs pour fe plaindre de fes violences ; &. les trélors, avec lefquels on le voyoir arriver, quoiqu'il eût perdu une Partie de fon butin parles naufra- ce » dépofoient contre lui. Le énat rendit la liberté aux prifon- mers Héracléotes. Le peuple, de- (a) Plut. T, I. p, 572. : (5) Cæf, de Bell, Gall, L, I, p, 7x, CO 265$ vant qui laffaire fut auff portée, rétablit la ville dans la pofieffion de fon territoire & de {on port, &t défendit qu'aucun habitant für retenu. en efclavage, Avec ces adouciflemens, Héraclée eut bien de la peine à fe relever d'un dé- faftre fi affreux, Pour ce qui eft de M. Aurélius Cotta, il fur per- du de réputation ; & même, f nous en croyons Memnon , hiftorien d'Héraclée , on le priva de la di- gnité de Sénateur. [I méritoit , & par fon impéritie, qui avoit caufé de grandes pertes aux Romains, & par fa cruauté & fon avarice, un traitement plus fIZOUreUX. Mais, ce qui ef bien injuite, c'elt que les envieux & les ennemis de Lucullus faifoient retomber fur ce général, fi digne de toutes fortes de louanges, une partie du décri, que s’étoit attiré fon collepue. (a) Je ne fçais fi ce M. Aurélias Gotta ne feroit pas le même dont. parle Plutarque dans la vie de Ser- torius. [ls étoient dun moins con temporains. Plutarque nous ap- prend que ce M. Aurélias Cotta fut défait par Sertorius far mer, dans le détroit fitué vis-à-vis de la ville de Mellaria. C'eft ce dé- troit que nous nommons aujour- d'hui le détroit de Gibraltar. : COTTA | L. Auruncu- LEIUS |, Z. Auraunculerus Cottr, (5) lieutenant de Céfar dans Îles Gaules. L'an de Rome 698, & avant J. C. 54. Il eut ordre de fe retirer avec Titurius Sabinus fur les terres d'Ambiorix, roi des L. V,p. 180. dr fe. Crév, Hift, Rom T, VI p.169, & fuiv, 266 CO Éburons. Ce Prince ayant de- mandé un jour qu'on luienvoyât quelqu'un avec qui il pût confé- rer, tint un langage fort adroit. Il dit , entr’autres chofes , qu'un corps de Germains avoit pañlé le Rhin , & arriveroit dans deux jours ; que c'étoit à Titurius Sabi- aus & à L. Aurunculeius Cotta à voir s’il leur convenoit de fe reti- rer & d'aller fe joindre ou à La- biénus on à Cicéron ; que pour lui il promettoit avec ferment de leur affurer la liberté des paflages; qu'il s'y porteroit d'autant plus Volontiers, que c'étoit une occa- fion pour lui de gagner double- ment, en fe montrant reconnoif- fant envers Céfar, & en foula- geant fon pais de l’incommodité des quartiers d'hiver. Le difcours d'Ambiorix , rap- porté aux deux lieutenans péné- Taux, Caufa entr'eux partage de fentimens, & en conféquence, une conteftation des plus vives. L. Au. runculeius Cotta ne vouloit point que l’on quittât, fans l’ordre de Céfar , des quartiers d'hiver où il les avoit envoyés. Il prétendoit qu'ayant toutes les provifions né- ceffaires , ils foutiendroient fans peine l'attaque des Germains, au moins jufqu’à ce qu'ils puflent être fecourus par les légions qui étoient dans leur voifinage ; qu’en un mot, il n’y avoit rien de plus honteux ni de plus mal penfé, que de prendre confeil d’an enne- mi fur une démarche de la der- nière importance. Titurius Sabi- nus , au contraire ; qui ajoûtoit une entière foi aux difcours d'Am- biorix , repréfentoit que le dan- ‘CO ger étoit preflant, qu'il n’y avoit pas un moment à perdre, & que l'unique voie de falut étoit de réu- nir. enfemble plufieurs légions, pour les empêcher d’être toutes détruites les unes après les autres, C'étoit dans le confeil de guerre que l'affaire s’apitoit; & lesofnciers fe partageoient aufli-bien que les chefs. Les plus braves & les plus autorifés fuivoient L. Auruncu- leius Cotta.Titurius Sabinus s’opi: miâtra pour fon malheur & pour celui des troupes , qui lui étoient confiées. Il éleva fa voix, afin de pouvoir être entendu des foldats, qui étoient en dehors. » Vous le » voulez, dit-il ayec emporte- -» ment à LL. Aurunculeius Gotta ». @c à ceux qui embrafloient le » même avis ; il faut vous céder. » Mais, ceux qui m'écoutent, sil » arrive une difprace , fçaurontà » qüi s'en prendre. Dans deux » Jours, fi vous y confentiez, re: » joints avec leurs camarades, ils »_n'auroient tous enfemble qu'un » même fort. Vous aimez mieux, » en les tenant écartés & rek- » gués loin des autres, les réduire » à la néceffité de périr par le fer » où par la faim, « Il fe leva en prononçant cé - derniers mots, & le confeil alloit fe féparer. Les officiers fe mettent autour des. deux lieutenans géné- raux , @& les conjurent de fe con: cilier , leur repréfentant que, quel: que parti que l'on prie, foir de de meurer ou de s’en aller , le danger ne pouvoit pas être fort grand; mais que leur difcorde menaçoit les troupes d'une perte certaint: On fe remet à conférer. La déli- one) bération dura jufqu’à minuit. En- fn, L. Aurunculeius Cortta fe “laïffa vaincre ; & l’avis de Titurius Sabinus l'ayant emporté, on don. mordre aux foldats de fe prépa- er à partir à la pointe du jour, Le refle de la nuit fe paffa dans le mouvement & fans dormir, parce que les foldats étoient occupés À faire le choix de ce qu'ils devoient émporter avec eux, & de ce qu'ils pouvoient laifler. On fit, comme leremarque Céfar, tout ce qu'il alloit faire pour ne pouvoir ni refler avec {üreté, ni fe défendre avec fuccès , fuppofé qu'on fût at- taqué dans la route. Des foldats, haraflés par le défaut de fommeil, n'étoient pas en état de faire beau- coup de réfiftance. De plus, com- Méon fe fioit pleinement aux pro- mefles d’Ambiorix , les troupes Marchoient en une longue file, fMmmenant tous leurs gros baga- | ges. Les Éburons s’étoient rendus sttentifs à ce qui fe pafleroit pen- dant la nuir dans le camp des Ro- mains ; & ayant jugé, par le bruit & parle grand mouvement, qu’on £ préparoit à partir , ils fe parta- gtrent en deux corps, & allerent f placer à deux milles , autoër d'un vallon qui étoit fur le che- Min par lequel devoit fe faire la rétraite, Lors donc que les Ro- mains sy furent imprudemment tnpagés, voilà que les Gaulois {ortent de leur:embufcade,& vien- nent fondre fur eux, les prenant Enmêmetems en tête & en queue, iurius Sabinus , qui ne s’atten- doit à rien moins , fut abfolument 1 déconcerté, L. Aurunculeins Cot- Li C O 267 ta ne fut point furpris d'un éve- nement qu'il avoit prévu , & commença à donner fes ordres avec. beaucoup de préfence d’ef-. prit, faifant en même tems les fonétions de général & de foldar. Mais, comme la longueur de la file , que formoient les cohortes, l'embarrafloit, parce qu'il ne pou- voit ni voir d'un bout à l'autre, ni fe tranfporter dans tous les en- droits , où fa préfence étoit né- ceflaire, de concert avec Titurius Sabinus , il ordonna aux foldats d'abandonner les bagages, & de fe ranger en cercle faïfant face de tous côtés. = Ambiorix fe conduifit en habile général. ÆEnfans, s'écria-t-il aux fiens , les bagages font à nous; c’eftle fruit dela viéoire ; ne fon- geons qu'a l’achever. I fut obéi. Les Romains attaqués vivement & preflés par le défavantage des lieux , avoient, malgré l'égalité du nombre, beaucoup de peine à {e défendre. Seulement , lorfau'ils pouvoient joindre l'ennemi & le ferrer de près, ils gardoient leur fupériorité, & en tuoient beau coup. Ambiorix remédia à cet in- convénient, en ordonnant à fes gens de ne fe point trop appro- cher, de fe retirer, lorfque les Romains avanceroient fur eux, & de les accabler de loin d'une nuée de traits. Par cette facon de combattre, les Romains avoient tout le défavantage. Si quelque cohorte fe féparoit du gros, pour donner. fur ceux des ennemis qu’elle voyoit à fa portée, elle ne leur faifoit aucun mal, parce qu'ils fe difipoient dans le moment, & 268 C O elle préféntoit elle-même fes flancs découverts, à ceux qui occupoient les hauteurs de côré & d'autre. Si les Romains fe tenoient tous fer- tés en un peloton, leur valeur de- venoit inutile, & n'avoit point oc- cafion de s'exercer, Le combat fe foutint ainf de- puis la pointe du jour jufqu’à la huitième heure. Enfin, plufieurs des plus braves officiers Romains ayant été bleffés ou tués, & L. Au- runculetus Cotta lui-même ayant reçu un coup de fronde à la bou- che, Tirurius Sabinus, qui avoit été la première caufe du défaftre, par fa timide crédulité, y mit la dernière main par la même voie. Ayant apperçu Ambiorix , qui ammoit les fiens au combat , il lui envoya fon [nterprere, pour le prier de lui faire quartier & à fes foldats. Ambiorix répondit que, s’il vouloit conférer avec lui, rien “ne l’empéchoit ; qu'il efpéroit ob- tenir de fes troupes, qu’elles laif- faffent la vie fauve aux Remains; & que pour ce qui étoit de Titu- rius Sabinus lui-même, il lui don- noit fa parole. qu'il ne lui feroit fait aucun mal. Titurius Sabinus communiqua cette réponfe à L. Aurunculeius Cotta , & voulut lui perfuader d'aller trouver Ambio- rix, Mais L. Aurunculeins Cotta fe tint ferme à refufer de faire une pareille démarche vers un enne- mi, quiavoit les armes àla main, Titurius Sabinus, toujours aveu- gle, toujours fermé aux bons con- feils, prit avec lui ce qu'il trouva CO d'officiers fous fa main, & s’avan- ça vers Ambiorix, qui, le voyant approcher, lui ordonna de mettre bas les armes. Le Romain obéit & commanda à fa fuite d’en faire autant. Le Prince barbare traina exprès l’entretien en longueur, difputant fur les conditions’, afin de donner à fes gens le tems d'en- velopper Titurins Sabinus. Après qu'il l’eut ainfi fait tuer par une horrible perfidie, il revient de nouveau charger les Romains avec fes troupes , qui crioient viétoire; pouffant , {elon leur ufage, d'hor- ribles hurlemens. Ce ne fut plus un combat mais un carnage, L. Aurunculeius Cotta fut tué en combattant, avec la plus grande partie des Romains. Les antres fe retirerent vers le camp d'où is étoient partis. : COTTA [ L. AuRÉLIUS L. Aurelius Cotta, A: Aupiui Kérras, (a) conful l'an de Rome . 687, avec L. Manlius Torquatus Cornélius Népos croit que ce fit fous leur confulat, que T. Pom- ponius Atticus revint à Rome, après que les troubles y eurent été appaifés. COTTA, Cotta, LCTTAGs (P) l’un des interlocuteurs que Cicéron introduit dans fon traité de la nature des dieux. Il forme une objeétion contre la provide: ce , &t allegue comme un exem* ple fcandaleux , le bonheur & Denys l’ancien, tyran de Syra” cufe. » Perfonne, dit-il en fubl- » tance, ne pouffa plus loin E (4) Con, Nep, in T, Pomp. Attic,f (4) Mém. de l’Acad. des Infcrips & : Cr de . Bell, Lett. Tom, XVII, p, 176 E0 “ mépris de la divinité. Denys » faïfoit ploire de fon irréligion ; nil ne fe contentoit pas de dé- » pouiller les autels & les ftatues n mêmes des dieux ; de facrilèges » railleries étoient l’aflaifonne- » ment ordinaire de fes profana- à tions. Cependant, ajoûte Cot- ta , la vengeance divine n’a » point éclaté for cet heureux » criminel ; on ne l’a vu, ni frap- » pé d’un coup de foudre , ni » conduit au tombeau par une n longue & cruelle maladie: il # expira doucement entre les bras » d'un fils, héritier de fa puiffan- » ce, & fes funérailles furent cé- » Kbrées avec une pompe ex- » traordinaire. « La profpérité des méchans a Paru de tout tems , aux incrédules de toutes les fetes, fournir con- tre la providence une difiiculté, dont la folution fe trouve dans la dotirine de l'immortalité de l'ame. COTTA , Corta > KOTTOG » (2) célebre orateur Romain. Du Côté de l'invention il avoit de la Pénétration & de la juftefle d’ef- Pit; fon élocation étoit pure & tulante. Comme la foiblefle de fa poitrine l’obligeoit d'éviter tou- € contention de voix, il avoit loin auf de régler, fur ce peu de force, fon fiyle & fa manière de Compofer. Tout étoit juite, exa@, & de bon goût dans fon difcours. Mais, ce qui étoit le plus admira- ble énni, c’eft que ne pouvant prefque faire ufage du ftyle véhé- ment & impétueux, & fe tron- : (a) Roll, Hift. Anc. T. VI, pag. 337, 38. : W) Mém, de l'Acad, des Infcript, & CO 6 vant hors d'état par conféquent d'entrainer les juges par la force de fon difcours, il fçavoit pour tant les manier avec tant d’adrefle & d'habileté, qu'il produifoit fur leur efprit le même effet par fon éloquence douce & tranquille, que Sulpitius par les traits vifs & en- flammés de la fienne. Il y eut une différence remar- quable entre le fort de Cotta & celui de Sulpitins. Celui-ci périt jeune , au lieu que Cotta vécut juiqu'à un âge avancé, devint conful , & plaida avec Horten- fius, qui: étoit néanmoins beau coup plus jeune que lui. COTTABE, Cottabus, Kér= rabes, efpèce de coupe à boire, . dont les Anciens faifoient ufage. Ce nom lui venoit peut-être du jeu fuivant. COTTABE, Cottabus, (1) KorraGoc, jeu célebre chez les Grecs, d’où il pafla chez d’autres nations. On en attribue l'inven- tion aux Siciliens. Les Grecs avoient tant de goût pour ce jeu, que les riches avoient ordinairement dans leurs maifons une falle qu'ils nommoient le Cot- tabéion, &t qui ne fervoit qu’à cela. Les femmes ; qui étoient exclues de toutes les aflemblées d'hommes, étoient fouvent admi- fes àu Cottabéion , où elles étoient fpeétatrices du Cortabifme, [ c’eft le nom qu’on donnoit à l’a@ion des joueurs | qu’elles animoient par l'intérêt qu'elles y prenoient, & par leurs applaudiflemens. Bell. Lett: Tom. VIT pag. 378, Tom. IX, p. 328 345. 270 CO _ CO Voici en quoi confiftoit ce jeu: teau ou quelqu’autre pièce de fine au milieu du Cottabéion étoit pâuifierie , & fouvent, felon fcellé dans le pavé ou le plancher, compagnie, le droit de baifer on bâton dans une poftion bien perfonne qu'il vouloit. perpendiculaire, Sur ce bâton on ‘en merttoit un autre dans une po- fition horizontale, & à chaque extrêmité de ce dernier bâton, on fufpendoit un petit baflin en forme de balances, de manière qu'il en réfultät un parfait équih- bre. Sous chacun de ces petits baffins, on en merttoit un plus grand, du milieu duquel s'élevoit une forte de petite pyramide, qu'on appelloit manès ; & on _avoit foin qué le petit baflin fuf- pendu fut précifément au-deflus du fommet de cette perite pyra- mide , mais à quelques pouces de diflance. [l faut obferver que le Cottabe étoit ordinairement ac- compagné d’un régal. Les joueurs, une coupe à la main, après avoir bu le vin qu’on y avoit verfé, à la réferve d’une petite quantité qu'ils laïflotent au fond pour fer- vir au jeu, fe rangeoient en cer- cle autour de la petite balance, Alors, chacun à fon tour, jettoit en l'air, le plus haut qu'il étoit pofhble, ce qui éroir refté dans fa coupe, & tächoit de le faire avec tant d’adreffle , que ce peu de vin pt retomber dans un des pe- tits baflins fufpendus, & le firin. a a au bruit qu’elle faifoit en tom pour qu’il en réfultât un fon. Se bant. : Jon que ce fon étoit plus ou moins COTTABEION. Poyez Got fort, on en retiroit relativement tabe. aux plaifirs, des augures plus ou -COTTABISME. Voyez Cot- moins favorables. Le prixduvaine tabe. queur étoit ordinairement un gâ- COTTES D'ARMES; Entre pluñeurs autres manières de jouer le Cotrabe, il y en avoit une autre qui étoit fort ufitée, &. qui avoit lieu dans les feftins. Au deffert , on faifoit apporter un grand baflin plein d’eau, {ur lequel on mettoit plufeurs petits baflins qui y furnageoient. L’adrefle du joueur confifloit alors, en-jettant en l'air ce qui reftoit de vin dans fa coupe, à faire enforte quil retombât aflez fort dans un des petits baflins ; non feulement pour former un fon dont on pit. tirer des augures femblables à ceux du grand jeu, mais encore pour précipiter le petit baffin au fond du grand qui étroit plein d'eau Ï y avoit encore ceci de particus lier dans cette manière de jouer le Cottabe,. que chacun des petits bafhins portoit une marque pro pre à peu près comme les dez à Jouer ; ce qui faifoit de ce jeu.une efpèce de lotterie , de forte que felon la marque ou le nombre di peut baflin qui enfonçoit » le joueur gagnoit plus où moins de pièces de pâriflerie, ou plus où moins de baïfers. On avoit donné le nom de La tax, & à la liqueur lancée, & CO (2) Étoit un habillemént militaire ; qu'on mertoit par-deflus la cuiraf- l, comme un ornement pour diflinguer les différens partis , & le bldat du général. On l'appelloic chez les Anciens , Chlamys , Pa- lüdamentum , Sagum ; & fi l'on éncroit la plûäpart des Auteurs, @n'étoit qu’une draperie ouverte de tous côtés, & qui s’attachoit frl'épaule droite, avec une bou- céou ardillon. Macrobe rapporte que les Anciens comparoient la Mappemonde à une Cotte d’ar- mes, Plutarque ajoûte qu’Alexan- de le Grand vit avec plaiñr le Plan que les archite@tes avoient kit de la ville d'Alexandrie, qui ayoït la figure d'une Cotte d’ar- mes Macédonique. Ce qui prouve tncore que les Cottes d'armes chez les Romains, ainfi que chez ks Grecs, n’étoient qu'une dra- Périe qui n’étoit pas fermée, c’eft que Néron , au rapport de Suéto- , sen fervoit: pour berner & ie fauter en l'air ceux qu'il Incontroit la nuit dans les rues. Un paflage de Suétone déter- mine encore plus précifément la me de Ja Cotte d'armes des Omains. Cet Aureur rapporte . (un centurion étant venu à Ro- me demander le confulat pour fon sénéral, & voyant que fes folli- Mations étoient infructueufes , le- a a Cotte d'armes , & montrant ki garde de fon épée, dic: Voila {quoi vous obliger 4 maccorder "a demande, On voit par ces paro- #, que la Cotte d'armes couvroit (a) Mém, Ton, VI, Pe 7334 CO 27 les armes de cet officier, & qu'il fut obligé de la relever pour faire voir fon épée ; ce qui ne peut pas convenir à la cuiraffe. Cetre Cot- te d'armes , comme nos écharpes à préfent, fervoient à diftinguer les foldats dé chaque parti, Celles des Empereurs & des Généraux d'armée fe nommoient Paluda- mentum, & celies des foldats Sz= gum, Les officiers en avoient de fort longues & de fort riches ; mais, le Général étoit le feul qui eût le privilège d’en porter une de pourpre. Il la prenoit en fortant de la ville, & il la quittoit avant que d’y rentrer. À l'égard des Sayons ou Cottes d'armes des Germains , ils ne leur venoient que jufqu’aux hanches. Tacite dit en parlant de ces peu- ples, segmen omnibus fagum, fbulé, aut fi defit, fpiné confertum. Cla- vier nous a confervé la forme de cette Cotte d'armes, qui étoit une efpèce de manteau qui def- cendoit jufqu'aux hanches, & qni étroit attaché par-devant avecune agrafle ou petite cheville, Nos François néanmoins , quoiqu’ori= gimaires de la Germanie, avoient. coûtume de porter ces manteaux plus long. Le Moine de Saint Gal dit que C'étoit un manteau qui defcendoit par-devant & par der- rière jufqu'à terre, & qu'a peine par les côtés touchoit:il les ge= noux. Dans la fuite la Cotte d’ar= mes des Gaulois, qui éroit bean- coup plus courte, devint à la mo- de , comme plus propre pour la de lAcad, des Infcript, & Bell, Lett, Tom, III. Pag. 272, & faive 278 CO Pompée, à la tête de cinq cens chevaux. Îl y a des-éditions qui portent Cotus , au lieu de Cotys. COTYS, Coiys, Kite, (a) autre roi de Thrace, fils de Rhœ- métalces. Auguite, après la mort de fon pere, partagea la Thrace entre fon oncle Rhefcuporis & lui, 1$ ans avant J. C. Rhefcu- poris regna fur les montagnes, & Cotys fur les plaines les plus voi- fines de la Grece. Ce partage fubfifta entr'eux tant qu'Augufte vécut; mais après fa mort, Rhef- cuporis , prince très-cruel , réfo- lut de perdre fon neveu, & l'af- fafina, après l'avoir fait prifon- nier, dans un feftin. Cette trahi- {on fut vengée par une autre. : Pomponius Flaccus , ami de Rhef- cuporis, fut choifi pour l’attirer à Rome, & on fit tuer ce Prince à Alexandrie , où il avoit été tranf- féré. Son royaume fut partagé entre Rhoœmétalces fon fils, & les fils de Cotys. Ce Cotys eft celui à qui Ovide écrivit quelques élégies, entr'au- tres celle du deuxième livre de Ponto, qui commence ainf : Regia progenies, cui nobilitatis Orig0 , Nomen ab Eumolpi pervenit ufque Cotys, &c. COTYS, Cotys, Kérue (b) autre roi de Thrace, fils du pré- cédent. Après avoir partagé la Thrace avec fon coufin Rhœmé- — (a) Facit. Annal L. IL. c: 64. & Jeg: L.IV.c.6. Crév. Hift. des Emp. Tom. Hs pe 304 d& faiv. - () Tacit, Annal, L, XI, c, 9. Crév, CO talces, il fut obligé de la lui céder par ordre de Caligula , qui hi donna en échange, l'an 38 de J. C., la petite Arménie, & une parue de l'Arabie. On voult l'élire roi de la grande Arménie, l'an 47, mais l'empereur Claude lui défendit d'y penfer. COEYSS Cotys ,:Korvwç, (c) frere de Mithridate, roi du Bof- phore fous l'empire de Claude. Il fut couronné & mis à la place de fon frere, qui avoit intention de fe révolter , & duquel il avoit découvert les deffeins. Comme c'étoit un jeune Prince fans ex- périence , on lui laïffa Julius Aqui- la , Chevalier Romain, à la tête de quelques cohortes. Mais, Mibridate , qui ne far foit pas plus de cas du nouveau Roï que de fon efcorte, fongea à profiter de ces conje@ures:; à ayant foulevé les peuples, & aile ré les déferteurs auprès de lui, 1 compofa du tout une armée avec laquelle il chaffa le roi des Dan- darides , & s’empara de fon trône. Quand Cotys & Julius Aquil eurent appris ces mouvemens, ne. fe croyant pas en étar de réhfter à Mithridate , qui éroit près de fondre fur le Bofphore , d'autant plus que Zorfines , roi des Sora- ques, s’étoit déclaré contreles Ro- mains ; ils eurentrecours à des for- ) ces étrangères , & envoyerent des ambaffadeurs à Eunones, roi des Adorfes, pour l’engager à fe join- dre à eux. Ce Prince accepta; i Hift, des Emp. T. IL. pag: 153. : (c) Tacit, Annal, L. XIE c. 15.» 1& Crév, Hit, des Emp. Tom, IL, p. 214: y [Document text truncated for crawler view.]