Oeuvres complètes
Full text
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LR:
PA
HORACE,
JUVENAL,
PERSE,
SULPICIA,
TURNUS,
CATULLE,
PROPERCE,
GALLUS
ET
MAXIMIEN,
TIBULLE,
PHÈDRE,
SYRUS.
ŒUVRES
COMPLÈTES.
=
ds
è
nou
st
OEUVRES
COMPLÈTES
D'OR
DE
JUVÉNAL.
DE
PERSE,
DE
SULPICIA,
DE
TURNUS,
DE
GATULEE,
DE
PROPERCE,
DE
GALLUS
ET
MAXIMIEN,
DE
TIBUI
LE,
DE
PHÈDRE
ET
DE
SYRUS
AVEC
LA
TRADUCTION
EN
FRANÇAIS
PURLIÉES
_
D
NISARD.
Sous
|
DIRECTION
DE
M.
PROFESSEUR
D'ÉLOQUENCE
LATINE
AU
COLLÉGE
DE
FRANCE
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Cu
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PARIS,
J.
J.
DUBOCHET,
LE
CHEVALIER
ET
COMP.,
ÉDITEURS
RUE
RICHELIEU,
N°
60.
GARNIER
FRÈRES,
LIBRAIRES,
PALAIS-NATIONAL,
215,
ET
RUE
RICHELIEU,
10
re
18
50.
2e,
PS
“
ep
Sr
RIRES
te
SOSCOSCOSCSCDCDcocoscocococcscsccssecesscssscece
D'HORACE
ET
DE
VIRGILE.
Au
déclin
de
la,
république,
presque
au:
débat
des
guerres
civiles
d'où
sortit
l'empire,
naissaient
ensemble
;
ou
peus’en
faut,
dans
une
égale
obseu-
rité,
deux
enfants
appelés
à
être
un
jour,
par
leur
génie,
la
principale
décoration
du
gouvernement
impérial;
deux
poëtes
dont
les
vers
impérissables
devaient
survivre
bien
des
siècles
à
la
Rome
de
marbre
qu'Auguste
se
vanta
de
laisser
après
lui;
dont
la
gloire,
croissant
d'âge
en
âge,
devait
effacer,
dans
la
po-térité,
les
grandeurs
qu'ils
avaient
chan-
tées
et
parmi
lesquelles
l'histoire
négligea
longtemps
de
les
compter
;
ces
héritiers
detoutesles
grâces
an-
.
tiques
,
qui
ont
tant
ajouté
à
l'héritage
,
et
auxquels
il
a
été
doñné
de
servir
de
précurseurs,
de
précep-
teurs
à
l'imagination
moderne.
Des
circonstances
toutes
pareilles,
qu'on
croirait
disposées
par
quel-
que
providence
poétique,
les
préparèrent
de
loin
à
ce
grand
rôle,
et,
quand
il
en
fut
temps,
les
ame-
nèrent
sur
l'éclatant
théâtre
où
ils
ne
se
doutaient
guère,
où
nul
n'eût
pu
penser
qu’ils
allaient
le
com-
mencer
ensemble.
Les
fables
de
la
mythologie,
aux-
quelles
eux-mêmes
quelquefois,
avant
leurs
ingé-
nieux
et
élégants
panégyristes,
les
Politien
et
les
Pontanus
!,
ont
emprunté
l'expression
allégorique
de
cette
haute
fortune
littéraire,
n’ont
rien,
dans
leur
merveilleux
consacré
,
qui
nésoit
plus
ordinaire
que
le
simple
récit
de
ces
circonstances
Virgile
et
Horace
ne
devaient
lejour
,
le
premier,
qu'à
un
très-petit
propriétaire
des
environs
de
Man-
toue;
le
second,
encore
moins
favorisé
du
sort,
qu'à
un
affranchi
de
Vénuse,
en
Appulie,
vivant
d'un
bien
et
d’un
emploi
également
médiocres.
Mais
,
nous
le
savons
du
père
d'Horace
et
nous
pou-
vons
l'affirmer
de
celui
de
Virgile,
jamais
pères
ne
‘Hor.,
Od.,
I,
vu,
153
LL,
1v,
9
sqq.
—
Ponfan.,
Uran.
H;
Politian.,
Mant.,
etc,
se
montrèrent
plus
jaloux
de-développer
l'heureux
naturel
de
leurs
enfants
par
une
éducation
libérale
£
‘üt
cette
éducation
n'ennoblir
en
eux
que
leur
âme
et
les
laisser
d'ailleurs
à
l'humilité
de
leur
condition
première.
Avec
nos
idées
d'aujourd'hui
fort
aristo-
cratiques
,
je
le
crains,
sur
la
convenance
de
mesu-
rer
exactement
à
Chacun,
selon
le
rang
qui
l'attend
dans
la
société
et
même
la
profession
qu'il
y
doit
exercer,
sa
part
d'éducation,
les
pères
de
nos
deux
grands
poëtes
se
fussent
contentés
,
Pour
leurs
fils,
de
l'honneur
d'étudier,
dans
les
petites
écoles
de
Mantoue
et
de
Vénuse,
avec
les
nobles
fils
des
cen-
turions
,
les
éléments
d'une
science
assurément
fort
applicable
et
alors
très
en
crédit,
les
éléments
du
caleul
?,
Ils
eurent
l'ambition
de
Les
faire
participer,
quoi
qu'en
pussent
penser
et
dire
les
utilitaires
du
temps
?,
aux
inutilités
d’une
culture
plus
intellec-
tuelle
et
plus
morale.
Ils
s’épuisèrent
en
sacrifices
pour
que
ces
jeunes
gens,
de
si
belle
espérance,
ne
manquassent
point
à
leur
avenir,
pour
qu'ils
pussent
aller
chercher
hors
de
leur
ville
natale,
à
Crémone,
à
Milan
et
à
Naples,
à
Rome
et
à
Athe-
nes
;
les
leçons
de
maîtres
dignes
d'eux,
et,
comme
s'ils
eussent
été
de
race
équéstre
ou
Patricienne,
perdre
savemment
leur
temps
à
acquérir,
par
l'é-
tude
des
lettres
grecques,
cet
amour
du
vrai,
du
|
beau
et
de
l’honnête,
qui
est
bien
pourtant
de
quel
que
usage
dans
la
vie,
même
pour
qui
n’en
doit
pas
tirer,
comme
ils
firent,
des
trésors
de
poésie.
Cependant
Virgile,
après
avoir
parcouru
le
cercle
entier
des
connaïssances
permises
alors
à
sa
curio.
sité,
après
avoir
hésité
plus
d’une
fois
entre
sa
voca.
tion
littéraire
et
ses
penchants
philosophiques,
après
avoir
essayé
tour
à
tour
de
la
poésie
familière
et
da
!
Hor.,
Sat.,
I,
vi,
72
sqq.;
ad
Pison.,
325
844.
?Hor.,
S'al.,
1,
vi,
83
sq.
vi
D'HORACE
la
poésie
sérieuse
,
de
limitation
de
Catulle
et
de
Lu-
erèce,
dont
la
gloire
récente
le
préoccupait,
avaitenfin
rencontré
le
genre,
à
peu
près
nouveau
à
Rome,
où
devait
éclater
son
originalité;
et,
sous
l'inspira-
tion
des
muses
champêtres
qui
l’ava'ent
doué
de
si
gracieux
et
si
délicats
agréments,
rendu
,
on
le
sup-
pose,
à
ses
foyers
rustiques,
il
préludait,
sur
les
bords
du
Mineïus
et
dans
la
campagne
d’Andès,
aux
scènes
de
ses.
Bucoliques,
aux
leçons
de
ses
Géorgi-
ques;
peut-être
rêvait-il
déjà
un
temps
où,
plus
bardk
,
il
échangerait
ses
pipeaux
contre
la
trompette
de
l'épopée.
Pour
Horace,
à
cette
époque
,
beureux
habitant
d'Athènes,
je
m'imagine
qu'il
y
vivait
comme
son
condisciple,
le
fils
de
Cicéron
:,
et
en
général
comme
cette
colonie
de
jeunes
gens
distin-
gués
que
Rome
y
entretenait,
studieusement
et
joyeusement
tout
ensemble
;
que,
déjà
éclectique
dans
sa
philosophie
comme
dans
ses
mœurs,
il
en-
tremélait
ses
promenades,
sous
les
graves
ombrages
de
l'Académie,
de
visites
au
jardin
d'Épicure
;
que
ses
premiers
essais,
si
dès
lors
il
s'essayait
aux
vers,
expression
naïve,
plus
que
naïve
probablement,
de
son
goût
pour
les
plaisirs
et
les
saillies
de
son
esprit
caustique
,
laissaient
percer
quelques
lueurs
de
cette
facile
et
aimable
sagesse
qu'il
professa
depuis
avec
tant.
de
charme
et
sous
tant
de
formes
,
la
chantant
iyriquement
dans
ses
odes,
oubienen
développant,
en
discutant
les
principes
dans
l'abandon,
familie-
rement
poétique,
de
ces
entretiens
que
nous
nom-
nons
ses
suires
et
ses
épitres.
Tandis
que,
inconnus
l'un
à
l'autre,
Virgile
et
Horace
oubliaient
,
dans
ces
loisirs,
avec
la
liberté
de
leur
âge,
les
grands
événements
qui
tenaient
lunivers
partagé
entre
Pompée
et
César
,
entre
les
meurtriers
du
dictateur
et
son
héritier,
le
flot
de
Ja
guerre
civile
les
emporta
eux-mêmes,
mais
pour
les
jeter
ensemble
au
port
qu'ils
ne
devaient
plus
quit-
ter.
Il
n'est
pas
peu
honorable
pour
Horace,
que
Bru-
{us
,
Cachant
dans
les
écoles
d'Athènes,
sous
une
apparence
de
curiosité
philosophique,
ses
projets
de
guerre
contre
les
triumvirs,
et
y
recrutant,
parmi
les
auditeurs
de
Théomneste
et
de
Cratippe,
des
vengeurs
à
la
république
?,
ait
jeté
les
yeux
sur
‘un
si
jeune
homme,
et
que,
tout
fils
d'affranchi
qu'il
était,
I
lui
ait
confié
le
commandement
d’une
de
ces
légions
qui
succombèrent
,
dans
les
champs
de
Phi-
lipoes,
à
la
fortune
bien
plus
qu'au
bras
victorieux
d'Octave.
Cet
honneur
qui
lui
fit
des
envieux
etqu'il
porta
plus
dignement,
j'aime
à
le
penser,
qu’on
ne
le
suppose
d'après
des
vers
qui
ne
sont
point
du
tout
aveu
de
sentiments
tim
des,
qu’on
n’avoue
point,
mais
un
souvenir
enjoué
de
ses
anciennes
épreuves,
‘
Cic.,
Epist.
ad
Alt.,
XII,
24,
27;
XIII,
1,
24:
XV,
45,
15,
26.
Cf.
ad
Fam.
XVL,
21.
2Plut.,
Brut,
XXVTHIT,
mais
une
allusion
maligne
aux
échecs
militaires
des
poëtes
lyriques
ses
prédécesseurs,
cet
honneur
,
on
croit
qu'il
le
paya
de
la
perte
de
son
chétif
patri-
moine
*
confisqué
au
profit
des
vétérans,
précisé-
ment
quand
Virgile
était
chassé
par
eux
de
ce
champ
paternel
qui
s'était
tronvé
trop
voisin
de
Crc-
mone.
Par
suite
de
cette
commune
disgrâce,
ils
se
rencontrèrent
à
Rome,
où
le
tribun
de
Brutus,
ra-
mené
par
une
amnistie,
était
réduit
à
exercer
,
dans
les
bureaux
de
la
questure,
les
modestes
fonctions
de
scribe,
où
l'exilé
de
Mantoue,
recueilli
aux
envi-
rons
dans
la
petite
maison
des
champs
d’un
de
ses
maitres,
le
philosophe
Syron
?,
venait
réclamer
de
la
pitié
des
maîtres
du
monde
la
restitution
de
son
petit
domaine.
Tout
les
rapprochait,
tout
dut
con-
spirer
à
les
unir
:
même
détresse,
convenance
des
caractères,
conformité
du
goût
et
du
talent,
admi-
ration
mutuelle
pour
ces
vers,
leur
passe-temps
au-
trefois,
maintenant
leur
consolation
et
leur
espoir
;
ces
vers,
audacieux
enfants
de
la
pauvreté,
qui,
osant
s’exposer
au
grand
jour
et
solliciter
pour
leurs
auteurs,
leur
concilièrent
bientôt
les
plus
illustres
patronages,
et
les
firent
arriver,
entretant
de
rivaux
surpris
et
consternés,
non-seulement
à
cette
hon-
nête
aisance
dont
se
fût
contentée
leur
ambition
,
mais
à
ce
qu'ils
n'avaient
ni
souhaité
ni
cherché,
au
comble
de
la
faveur.
C'étaient
des
courtisans
de
nouvelle
espèce
que
ces
deux
hommes
qui,
simples
de
cœur
comme
de
manières,
sans
cupidité
et
sans
intrigue,
se
refu-
saient
à
la
richesse,
aux
emplois,
au
crédir
,
à
toutes
les
servitudes,
ne
voulaient
que
la
médiocrité,
avec
le
croit
d’en
jouir
selon
leur
goût
dans
un
champé-
ire
et
studieux
asile
;
que
le
palais,
que
fà
ville
n’ar-
rétaient
guère,
qu'on
ne
gardait
pas
bien
long-
temps,
qu'on
ne
rappelait
pas
si
vite,
qu'il
fallait
disputer
au
plaisir
de
vivre
chez
eux
et
pour
eux.
Avec
cet
esprit
de
réserve
et
d'indépendance,
ils
n
en
faisaient
que
mieux
leur
chemin
auprès
de
Mé-
cène
qui,
lui-même
gouvernant
l'état
par
ses
seuls
Conseils,
se
gardait
soigneusement
des
embarras
Ofcrels
du
pouvoir,
et,
vivant
parmi
les
affaires
en
simple
particulier,
se
faisait
dans
Rome
comme
une
lointaine
retraite
?.
[Is
n’en
plaisaient
que
plus
à
Au-
suste,
qui
se
délassait
volontiers
du
magnifique
en-
nui
de
la
grandeur
impériale
dans
la
simplicité
de
son
intérieur.
Autant
ils
s'étaient
convenus
l'un
à
l’autre,
autant
ils
se
trouvèrent
convenir
à
ce
mi-
nistre,
à
ce
prince,
que
le
sort
avait
faits
leurs
pa:
trons
,
et
dontils
firent
leurs
amis.
Ils
s’est
conservé
d'intéressants
témoignages
d'ane
amitié
qui
rapprochait
des
furtunes
si
diverses,
et
dont
l’histoire
des
lettres
n'offrirait
point
un
second
“Hor.,
Epist.,
U,
11,
49
CRETE
2Virg.,
Cataiect.,
X.
STaoit.,
Ann.,
XIV,
55.
ET
DE
VIRGILE,
exemple.
Louis
XIV,
il
est
vrai,
payait
les
grands
poëtes
qui
illustraient
son
règne
par
des
égards
dé-
licats,
d’un
prix
bien
au-dessus
même
des
marques
de
sa
munificence
:
mais
admit-il
jamais
Racine
ou
Despréaux
à
ce
commerce
intime
et
familier
qui
se
révèle
dans
les
débris
de
la
correspondance
d’Au-
gusteavec
Virgile
et
Horace
?
Cette
correspon-
dance,
aussi
active
qu'affectueuse,
que
n’interrom-
paient
ni
les
affaires,
ni
les
voyages,
venait
les
chercher
dans
leurs
champs
et
parmi
leurs
livres,
non-seulement
de
Rome,
mais
des
provinces
éloi-
gnées,
où
de
grands
intérêts
appelaient
l'empereur.
Il
s'y
informait,
avec
un
bienveillant
intérêt,
de
leurs
travaux.
Tantôt,
et
cela
au
plus
fort
de
la
guerre
des
Cantabres,
lorsque
retentissaient
autour
du
camp
romain
ces
chants
barbares
que
nous
avons
encore,
Auguste
trouvait
le
temps
de
demander
à
Virgile
des
nouvelles
de
son
Enéide
commencée,
suppliant,
menaçant
sur
le
ton
de
l'amitié,
pour
que
le
poëte,
qui
s’y
refusait
respectueusement,
lui
en
fit
connaître
quelque
chose?
Tantôt
il
se
plaignait
à
Horace
de
ne
pointrencontrer
son
nom
parmi
ceux
des
heureux
core
peRte
anale
noÈt
adres-
sait
ses
épêtres.
«
Sachez,
lui
mandait-il,
que
jes
suis
fâché
contre
vous
de
ce
que,
dans
les
ouvrages
de
ce
genre,
ce
n'est
point
avec
moi
que
vous
causez
de
préférence.
Avez-vous
peur
de
vous
faire
tort
auprès
de
la
pos-
térité,
en
y
laissant
paraître
que
vous
êtes
mon
ami
?
»
:
_[rasci
me
tibi
scito,
quod
non
in
plerisque
ejus-
modi
scriptis
mecum
potissimum
loquaris.
An
wve-
reris
ne
apud
posteros
infame
tibi
sit,
quodvidearis
familiaris
nobis
esse
5?
D'autres
fois
il
lui
écrivait
:
«
Usez
des
droits
que
vous
avez
sur
moi,
comme
si
vous
étiez
devenu
mon
commensal
;
et
vous
le
seriez,
je
le
voulais,
si
votre
santé
eût
permis
que
nous
vécussions
ensemble
de
cette
manière.
»
Sume
tibi
aliquid
juris
apud
me
,
tanquam
si
con-
victor
mihi
fueris
:
quoniam
id
usus
mihi
tecum
esse
volui,
si
per
valétudinem
tuam
fieri
potuis-
set
7.
«
Notre
cher
Septimius
pourra
vous
dire,
comme
d’autres,
quel
souvenir
je
conserve
de
vous.
L'oc-
casion
s’est
offerte
de
m’exprimer
devant
lui
snr
votre
compte.
Si
vous
avez
cru
devoir
mépriser
mon
amitié
,
je
ne
vous
paie
point
du
même
mépris.
»
Tui
qualem
habeam
memoriam
poteris
ex
Septi-
mio
quoquenoStro
udire;
nam
incidit,
utillo
coram
feret
a
me
lui
mentio.
houe
enim
Si
tu
Superbus
lHMuê,
de
Orat.
XLI,
28.
*Donat.,
Virg.
Fit,
—
Macrob.,
Sat,,
1,
24,
&Snet.,
Horal.
Vit.
+
[hid.
,
OL:
—
Glaudian.,
Epist.
ad
Olybr.,
VIH
amiciliam
nostram
sprevisté,
ideo
nos
quoque
àv0v-
TEpopoyouuèy
À,
Lettres
charmantes
,
en
vérité,
où
les
rangs
sont
intervertis,
où
les
rôles
sont
a
où
c’est
l’em-
pereur
qui
ou.
le
poëte!
Ainsi
traités
par
leur
souverain,
et
quel
souverain
|
l'homme
devant
qui
s'inclinait
l'univers,
Virgile
et
Horace
ne
sont-ils
pas
moins
coupables
qu'on
ne
le
dit
quelquefois
de
ne
lui
avoir
pas
assez
ménagé
des
louanges
qui
n'é-
taient
pas
sans
quelque
vérité,
sans
quelque
utilité
surtout,
qui
avaient
leur
raison
politique;
de
lui
avoir
rendu,
dans
leurs
vers,
un
culte
qui
pouvait
s’autoriser
des
usages
du
temps,
se
justifier
par
de
publiques
et
d'officielles
apothéoses
?
Et
tous
ces
hommages,
si
respectueux
et
si
tendres
,
au
déposi-
taire
de
sa
puissance,
au
dispensateur
de
ses
bien-
faits,
ce
vœu
de
partager
ses
dangers
dans
les
com-
bats,
ceite
protestation
de
ne
point
survivre
au
trépas
dont
le
menace
la
maladie,
tout
cela
ne
trou-
ve-t-il
pas
son
apologie,
son
explication,
dans
la
re-
commandation
dernière
de
Mécène
à
Auguste
:
«
Soüvenez-vous
d'Horace
comme
de
moi-même
?
»
_Horatii
Flacci,
ut
mei
esto
memor?;
surtout
dans
Ja
mort
du
poëte
qui,
dégageant
la
foi
de
ses
vers,
suivit
de
si
près
au
tombean
son
bienfaiteur.
Ne
rabaissons
pas
si
facilement
de
si
grands
esprits,
de
si
nobles
cœurs,
au
niveau
commun
dela
com-
plaisance
et
de
la
flatterie,
et,
dans
ces
hyperboles
mêmes
qu'imposent
à
la
louange
contemporaine
des
convenances
dont
la
postérité
n’est
pas
toujours
un
bonjuge,
sachons
discerner,
quand
elle
s’y
rencon-
tre,
l'expression
sincère
de
la
reconnaissance,
du
dévouement,
de
l'amitié.
C'était
une
situation
bien
favorable
au
génie
que
celle
qui,
plaçant
Virgile
et
Horace
au-dessus
des
soins
ordinaires
de
la
fortune,
de
l'ambition
des
succès
vulgaires,
du
besoin
de
complaire
aux
fan-
taisies
de
la
modeet
aux
exigences
descoteries
,
leur
permit
de
rechercher
seulement,
sans
trouble
im-
portun
,
sans
vain
empressement
,
dans
le
recueille-
ment
de
la
solitude,
la
durable
gloire
qui
s'obtient
par
la
poursuite
des
vraies
et
pures
beautés
littérai-
res.
Familiers
de
la
grandeur,
mais
en
même
temps
fidèles
amants
de
la
nature,
hantant
les
palais
et
plus
souvent
les
bois,
ils
furent
élevés
sans
emphase
et
simplesavec
dignité;
ils
eurent
des
pensées
et
un
langage
propres
à
charmer
toutes
les
conditions
,
à
intéresser
toujours
l'humanité.
Leur
goût,
qui
par-
ticipait
à
la
modération
de
leur
caractère,
leur
fit
rencontrer,
sans
effort,
ce
sage
milieu
qui
préserve
de
tout
excès
le
style
aussi
bien
que
la
conduite,
les
retint
dans
ces
étroites
et
utiles
limites,
bientôt
franchies
après
eux,
et
même
de
leur
temps,
par
la
recherche
ambitieuse
de
l'effet.
4
Suet.,
2
id.
Hora!.
Pit.
Vyil
Il
y
a
pour
les
littératures
un
moment
,
moment
tardif
et
court,
où
les
langues
polies,
assonplies
par
l'exercice,
se
prêtent
à
l'expression
la
plus
vive
|
et
la
plus
juste
de
conceptionselles-mêmes
élaborées
par
le
long
travail
des
esprits.
Il
en
était
ainsi
de
la
littérature
latine,
quand
Virgile
et
Horace
vinrent
cueillir,
sur
ce
rameau
autrefois
détaché
du
vieux
tronc
homérique,
ét
que
deux
siècles
de
culture
avaient
accoutumé
au
ciel
et
à
la
terre
du
Latium,
les
fruits
mürs
enfin
de
la
poésie.
Tout
ce
que
l'é-
popée
de
Nævius
et
d'Ennius,
la
tragédie
de
Paca-
vius
et
d'Attius,
la
comédie
de
Plaute
et
de
Térence,
la
satire
de
Lucilius,
les
efforts
de
poëtes
de
tous
:
genres,
avaient
accumulé,
dans
le
trésor
poétique
des
Romains
,
d'acceptions
fortes,
de
nuances
déli-
cates,
d’'analogies
naturelles,
de
tours
élégants,
de
mouvements
heureux,
d'images
frappantes,
d’har-
monieuses
combinaisons
de
paroles,
cette
précision
de
formes,
cet
art
de
composition,
soupçonnés,
ren-
contrés
par
la
facile
inspiration
de
Lucrèce,
cher-
chés
et
trouvés
par
le
savant
travail
de
Catulle,
toût
cela,
grâce
à
l'opportunité
de
leur
venue,
leur
échut
en
partage
et
entra
dans
la
composition
de
leur
gé-
nie,
à
peu
près
comme,
dans
le
même
temps,
les
divers
pouvoirs
de
la
constitution
républicaine
se
ras-
semblaient
dans
la
seule
main
et
formaient
l’absolue
puissance
de
leur
impérial
protecteur.
Qu’on
me
permette
de
compléter
la
comparaison,
en
faisant
remarquer
que
ces
deux
royautés,
pro-
duites
à
la
fois
par
une
double
anarchie,
dans
un
temps
où
la
faiblesse
de
l’état
d’une
part,
de
l’autre
le
trop
facile
usage
de
formes
poétiques
devenues
la
propriété
commune,
favorisaient
toutes
les
entre-
prises
de
l'ambition
politique,
toutes
les
prétentions
de
la
médiocrité
littéraire;
que
ces
deux
royautés,
dis-je,
également
nécessaires
et
inévitables,
se
res-
semblaient
encore
par
un
soin
égal
à
se
cacher
sous
des
dehors
modestes.
Auguste
ne
paraissait
pas
plus
indifférent
à
la
domination
vers
laquelle
il
s’avançait
par
un
progrès
constant
et
sûr
,
que
Virgile
et
Ho-
race
à
cette
primauté
qu'on
se
disputait
autour
d'eux,
et
qu'ils
s’assuraient
loin
de
ces
rivalités
bruyantes
,
par
tout
ce
que
la
patience
et
le
travail
peuvent
ajouter
au
génie.
Ils
se
firent
ainsi,
soit
mo-
destie
réelle,
soit
conscience
de
leur
valeur,
(etles
plus
simples
se
doutent
toujours
un
peu
de
ce
qu'ils
valent),
une
place
tout
à
fait
à
part
parmi
les
poëles
de
leur
âge,
et
au
moment
où,
l'éloquence
ayant
comme
péri
dans
la
ruine
de
la
vie
publique,
la
poé-
sie
était
restée
le
premier
intérêt
de
la
société
ro-
maine.
Quelques
années
auparavant,
Catulle
et
Lu-
crèce
s'apercevaient
à
peine
à
côté
de
Cicéron.
Maintenant
les
héritiers
du
grand
orateur,
les
Mes-
sala,
les
Pollion,
disparaissaient
à
leur
tour,
devant
cette
gloire
poétique
dont
ils
avaient
protésé
les
humbles
débuts.
D'HORACE
Gette
gloire,
de
bonne
heure
sans
rivale.
s'isola
de
plus
en
plus
en
traversant
les
siècles
:
par
eile
seule,
un
dernier
et
mystérieux
rayon
de
l’antique
poésie
pénétra
dans
les
ténèbres
du
moyen
âge;
par
elle
se
rallurma
,
chez
les
modernes
,
le
flambeau
de
ces
lettres
qu’on
a
longtemps
honorées
du
nom
,
au-
jourd'hui
décrié,
de
lettres
classiques,
de
celles
dont
les
monuments,
conformes
aux
grandes
et
im-
muables
règles
de
l'art,
semblent
appelés,
par
un
consentement
universel,
à
en
offrir
la
perpétuelle
leçon.
Telle
est,
telle
du
moins
a
été
jusqu’à
présent
la
destinée
de
ce
petit
nombre
de
pages,
sauvées
avec
les
grands
noms
de
leurs
auteurs
du
naufrage
des
temps,
et
devenues,
pendant
des
siècles,
non-seule-
ment
l'inspiration
des
esprits
d'élite,
mais
la
com-
mune
nourriture
de
tous
les
esprits
ordinaires.
Ho-
race,
comme
pour
expier
,
pour
racheter
les
empor-
tements
de
son
orgueil
lyrique,
disait
modestement
à
son
livre
d'épêtres,
trop
pressé
de
se
produire
:
«
Prends
garde,
tu
ne
plairas
pas
toujours;
tu
ne
seras
pas
toujours
jeune.
Un
temps
viendra
où,
né-
gligé
de
Rome,
relégué
dans
ses
faubourgs,
ta
vieil-
lesse
bégayante
enseignera
aux
petits
enfants
les
éié-
ments
du
langage,
»
Carus
eris
Romæ,
donec
te
deserat
ætas..
Hoc
quoque
te
manet,
ut
pueros
elementa
docentem
Occupet
extremis
in
vicis
balba
senectus
:.
Gette
menace
badine
s’est
accomplie
bien
glorieu
sement
pour
le
poëte
qui
se
l'était
à
lui-même
adres-
sée,
et
pour
celui
qu'il
nous
faut
toujours
lui
associer.
Ils
ont
eu
véritablement
le
privilége
d'apprendre
à
toutes
les
générations
,
non
pas
précisément
à
lire,
mais
à
sentir
et
à
penser,
ils
ont,
s’il
est
permis
de
détourner
à
un
usage
profane
une
sainte
parole,
illu-
miné
deleur
pure
lumièretouteintelligence
venant
en
ce
monde.
Leurs
vers,
appris
dès
l'enfance,
et
gardés
comme
en
dépôt,
revenaient,
par
intervalles
,
char-
mer
d’un
souvenir
de
poésie
les
prosaïques
travaux
de
Pâge
mûr,
et,
à
âge
où
tout
s’oublie,
la
mémoire
défaillante
se
ranimait
pour
les
redire
encore,
pour
s’en
enchanter
une
dernière
fois,
Comme
on
boit
d'un
vin
vieux
qui
rajeunit
les
sens?.
N'était-ce
là
qu’une
superstition
de
collége?
Ceux-.
là
ne
le
croiront
pas,
qui
auront
pénétré
par
l'étude
dans
le
secret
de
la
perfection
infinie
dont
ils
ont
marqué
leurs
œuvres,
œuvres
courtes
et
pleines
de
sens,
où
les
idées
sont
si
justes
et
les
sentiments
si
vrais.
Horace
n’a
rien
prescrit
aux
autres
,
dans
son
Art
poétique,
qu'il
n'eñt
auparavant
pratiqué,
et
Virgile
avec
lui.
Chez
eux,
même
respect
de
la
lan-
gue,
même
souci
de
l'enrichir
par
des
emprunts
dis-
1
Hor.
Epist.,
1,
xx,
10
sqq.
?
Volt.,
Éptire
à
Horace.
ET
DE
VIRGILE,
crels
;
même
art
à
tirer
parti
des
mots,
à
les
renou-
veler
par
la
place,
par
le
voisinage,
par
d'adroites
_
alliances
;
même
sobriété
dans
le
choix
des
détails
,
même
harmonie
dans
la
disposition
de
l’ensemble
;
une
hardiesse
contenue,
une
parure
modeste,
une
variété
sans
bigarrure
et
sans
désordre,
une
régu-
larité
qui
se
cache
sous
un
air
d’aisance
et
d'abandon,
une
précision
exempte
de
sécheresse,
qui
ne
mar-
que
pas
si
scrupuleusement
les
contours
,
qu’ellen’y
laisse,
à
dessein
,
un
peu
dece
vague
qui
favorise
la
rêverie,
quelque
chose
d’inachevé
qu'aime
à
com-
pléter
l'imagination.
Tous
ces
mérites,
et
ce
ne
sont
pas
les
seuls,
leur
sont
communs,
quelque
diffé-
rence
que
mettent
entre
eux
leur
humeur,
le
tour
de
leur
génie,
le
caractère
des
genres
auxquels
ils
se
sont
appliqués.
|
Une
telle
perfection.
ils
ne
latenaient
pas
tout
en-
tière
des
Grecs
qui,
venus
les
premiers,
avaient
dû
enlever
Jes
grâces
naïîves,
négligées,
familières,
le
libre
et
abondant
naturel
de
l'inspiration
sponta-
née,
ne
laissant
à
leurs
successeurs
d’autre
gloire
que
“celle
de
choisir
parmi
leurs
inventions
;
de
les
ordonner,
de
les
polir,
de
les
revêtir
de.
formes
d'un.
travail
plus
raffiné,
qui
leur
donnât
à
Rome
une
_
originalité
nouvelle,
et
chez
ces
nations,
issues
de
Rome,
et
initiées
par
elle,
souvent
par
elle
seule,
aux
lettres
antiques,
une
seconde
vie.
Je
répète
prosaïquement
ce
qui
a
été
dit
par
un
très-ingé-
nieux
critique,
en
vers,
que
son
amitié
m'a
rendus
propres.
La
muse
des
Latins,
c'est
de
la
Grèce
encore;
Son
miel
est
pris
des
fleurs
que
l’autre
fit
éclore.
N'ayant
pas
eu
du
ciel,
par
des
dons
aussi
beaux,
Grappes
en
plein
soleil,
vendange
à
pleins
coteaux
:
-
Cettemuse,
moins
prompte
et
plus
indusfrieuse
5
‘Travailla
le
nectar
dans
sa
fraude
pieuse
,
Le
scella
dans
l'amphore,
et
là,
sans
plus
l'ouvrir,
Jusque
sous
neuf
consuls
lui
permit
de
mürir.
Le
nectar,
condensant
ses
vertus
enfermées
,
À
propos
redoubla
de
douceurs
consommées
,
Prit
une
saveur
propre,
un
goût
délicieux,
Digne:en
tout
du
festin
des
pontifes
des
dieux.
Et
ceux
qui
du
Taygète
absents
on
d'Érymanthe,
Ne
peuvent,
thyrse
en
main
ét
couronnés
d'acanthe,
En
pas
harmonieux,
dès
l'aube,
y
vendanger,
-Se
rabattent-plus
bas,
à
ce
prochain
verger,
Où
le
maître
leur
sert
la
liqueur
enrichie
Dans
sa
coupe
facile
et
toujours
rafrafchie..
1.
Si
nos
deux
poëtes
redisaient
les
Grecs
,
ils
le
fai-
saient
assurément
avec
plus
de
liberté
que
les
au-
tres
écrivains
de
leur
temps,
à
en
juger
par
les
accès
de
bonne
et
de
mauvaise
humeur
que
donnait
a
Horace
le
sot
bétail”
des
imitateurs.
Ils
ne
parlent
l'un
et
l’autre
que
d'échapper
à
cette
servile
compa-
gnie,
que
d'éviter
le
sentier
battu
où
elle
se
presse
:
‘M,
Salnte-Beuve
,
Pensées
d’'Août,
page
185.
#’La
Fontaine,
Épttre@
Huet.
IX
que
d'aller
chercher
loin
d'elle
quelque
désert
qu'ils
se
représentent
sous
des
images
déjà
merveilleuse
ment
exprimées
par
Lucrèce!,
et
il
y
a
quelques
années
heureusement
rassemblées
dans
des
vers
que
j'emprunterai
encore,
pour
varier
cette
disserta-
tion
,
à
la
muse,
hélas!
éteinte
et
oubliée
d’un
an-
cien
ami.
Retraite
impésétrable
et
simple,
Où
l'on
ne
voit,
de
toutes
parts,
Ni-la
trace
de
l'homme
empreinte,
Ni
le
sillon
poudreux
des
chars
;
Monts
inconnus
,
forêts
sauvages
,
Fleuves
sans
nom,
secrets
rivages
,
Remplis
d'un
silence
éternel;
Source
limpide-et
solitaire
Où
l'oiseau
seul
se
désaltère
En
quittant
les
plaines
du
ciel
2.
Écartons
cette
poésie
et
cherchons
à
nous
rendre
compte
de
l'originalité
dont
se
piquent
Virgile
et
Horace.
Ils
la
mettent
à
introduire
dans
la
littéra-
ture
latine
quelque
chose
qu’on
ne
se
soit
pas
en-
core
avisé
d'emprunter
aux
Grecs,
comme
la
pastorale,
les
préceptes
ruraux
de
Théocrite
et
d'Hésiode,
ces
premiers
auteurs
des
Bucoliques
et
des
nes
comme
les
mètres
d’Archiloque,
d'Alcée,
de
Sapho,
d’autres
encore
desquels
dé-
coule
la
‘double
inspiration
lyrique
et
satirique
,
si
bien
louée
par
Politien
,
chez
le
poëte
de
Vénuse,
lorsqu'il
l'a
comparé,
das
lui-même,
par
une
image
spirituellement
continuée,
à
une
dhéilte
ou-
vrière
du
plus
doux
miel,
mais
armée,
pour
sa
dé-
fense,
pour
sa
vengeance,
d’un
cruel
aiguillon
:
Hinc
venusina
favos
dulci
jucunda
susurro
Carpsit
apis,
sed
acu
ferit
frritata
cruento.
L'originalité
consiste
encore
,
pour
Virgile
et
Ho:
rate,
à
renouveler
leurs
emprunts
par
le
mélange
des
modèles.
et
surtout
par
la
nouveauté
des
su-
jets.
Ils
nc.
comme
notre
André
Chénier,
à
faire
des
vers
antiques
sur
des
pensers
nouveau.
Je
n'imagine
point
ce
système,
je
le
trouve
tout
en-
tier,
mais
moins
méthodiquement
exposé,
dans
quelques
vers
d'Horace
:
«
J'ai
osé,
avant
tous,
porter
mes
pas
dans
une
|
route
libre
encore.
Mes
pieds
n’y
ont
point
foulé
de
traces
étrangères.
Qui
croit
en
soi,
guide
les
autres
et
vole
en
tête
de
l’essaim.
Le
premier
j'ai
montré
au
Latium
les
jambes
de
Paros,,
fidèle
aux
nombres
et
à
l'esprit
d’Archiloque
,
non
à
ses
pensées
,
à
ses
paroles
qui
poursuivaient
Lycambe.
Ne
m’honore
point
d’un
moindre
laurier,
pour
avoir
trop
res-
pecté
la-mesure
et
l’artifice
de
ses
vers.
Le
mètre
d’Archiloque
se
mélange
chez
moï
de
celui
de
la
4
Lucret.,
de
Nat.rer.,
IV,
1
sqq.
—Virg.,
Georg.
I,
8;
sqq-,
291
sqq.
—
Horat.
Epist.,
T,
ur,
10;
sq4.
;
XIX,
20,
etc.
2
Charles
Loyson
,
Ode
à
Manszoni,
en
1820.
X
mâle
Sapho,
de
celui
d’Alcée;
l'ordre,
les
idées
diffèrent
:
il
ne
s'agit
plus
de
noircir,
dans
des
poëmes
infamants,
un
beau-père,
d'y
trésser
le
la-
cet
fatal
d'une
épouse.
Ce
poëte,
dont
aucune
bou-
che
encore
n'avait
répété
les
accents,
je
l'ai
redit
sur
la
lyre
latine,
je
l'aï
rendu
populaire
à
Rome.
Apporter
des
choses
nouvelles,
occuper
les
yeux,
courir
dans
les
mains
de
nobles
et
délicats
lecteurs,
voilà
où
je
mets
ma
gloire
{!
»
Quels
étaient
les
sujets
originaux
qui
se
produi-
saient
sous
ces
formes
dérobées
avec
tant
de
discer-
nement
et
d'adresse
à
la
muse
grecque?
Il
serait
long
de
le
dire,
si
leur
variété
ne
pouvait
se
rame-
ner
à
un
seul,
la
peinture,
l’expression
de
Rome
elle-même.
Cette
vie
pastorale
et
agricole
que
Vir-
gile
se
complaisait
à
peindre,
c'était
celle
des
an-
ciens
soldats,
des
anciens
citoyens
de
Rome,
avant
que
le
luxe
n'eût
changé
ses
champs
en
inutiles
jardins,
et
que
la
guerre
civile,
son
complice,
n'eût
commencé
autour
d'elle
le
désert
qui
bien-
tôt
l'investit.
Le
poëte
ne
dessinait
point
un
paysa-
ge,
sans
montrer
à
l'horizon
la
ville
maîtresse
du
monde,
dont
ses
héros
champêtres
s'entre-
tiennent
ayec
une
naïve
curiosité,
comme
d’une
lointaine
merveille,
Urbem
quam
dicunt
Romam…
C'était
à
Rome
encore,
à
son
passé,
à
son
pré-
sent,
à
la
puissance
et
à
la
gloire
dont
avait
hérité
l'empire,
qu'abontissaient
les
perspectives
fabu-
leuses
et
historiques,
ouvertes
dans
l’Énéide.
Les
vieilles
vertus
,
l'antique
religion
de
Rome,
que
des
lois,
mal
secondées
par
les
mœurs,
des
solennités
sans
foi,
s’efforçaient
de
ranimer
;
la
réparation
des
longues
misères
dont
l'avait
affligée
l'anarchie
par
un
despotisme
modéré
et
tutélaire;
les
victoires
qui,
effaçant
la
honte
de
récentes
défaites,
recu-
laient
,
assuraient
ses
frontières,
et
semblaient
ga-
vantir
la
perpétuité
de
sa
domination,
voilà
aussi
ce
que
célébrait
Horace
dans
des
odes
magnifiques,
auxquelles
il
ne
manque,
comme
aux
poëmes
de
Virgile,
qu'une
inspiration
plus
indépendante
de
la
politique
du
prince,
plus*
exclusivement
nationale
et
romaine.
Rome
dépouille,
dans
les
autres
ouvrages
d'Ho-
race,
sa
majesté
historique,
et
s'y
montre
avec
la
familiarité
de
ses
habitudes
journalières.
Ce
ne
sont
plus
les
grandes
scènes
du
Capitole
et
du
Forum,
mais
le
train
ordinaire
de
la
vie,
le
menu
détail
des
intérêts
et
des
affaires,
le
pêle-mêle
des
vices
et
des
ridicules
de
la
foule,
les
embarras,
le
tumulte,
la
scène
changeante
de
la
rue,
où
le
poëte,
faute
de
mieux,
aime
à
rêver,
ne
le
pouvant
faire
dans
ses
bois
de
la
Sabine
,
quelque
dérangé
qu'il
y
soit
par
les
fâcheux
que
lui
attire
le
bruit
de
sa
faveur.
Il
nous
permet,
à
nous
lecteurs,
de
nous
y
promener
avec
lui,
et
nous
montre
tout
ce
qui
s’y
passe,
?
Horat,
Epist.,
,
xx,
21-54.
n
D'HORACE.
Voilà
la
grande
ville
qui
s'éveille,
et
les
bouti-
ques
qui
s'ouvrent
,
et
les
chars
qui
commencent
à
rouler.
Passe,
avec
son
convoi
de
bêtes
de
somme
et
d'ouvriers,
l'entrepreneur
de
bâtiments
qui
s’en
va
travailler
à
la
ruine
de
quelque
riche
fatigué
de
l'être;
passent
aussi
les
équipages
de
ce
chasseur,
qui
rapportera
le
soir,
en
grand
appareil,
un
san-
glier
acheté
au
marché;
des
clients
se
rendent
en
toute
hâte
au
lever
de
leur
patron;
des
plaideurs
courent
assiéger
la
porte
de
jurisconsultes
fameux
;
des
troupes
d'enfants,
d'un
pas
plus
calme,
se
di-
rigent
vers
les
écoles,
portant,
sous
le
bras
gauche,
avec
leurs
tablettes,
la
bourse
à
jetons,
qui
sert
à
leurs
études
industrielles.
Cependant
il
y
a
déjà
foule
au
quartier
de
Janus,
où
se
négocie
l'argent
;
aux
tribunaux
où
disputent,
à
grand
renfort
d'avo-
cats,
de
témoins,
de
cautions,
le
prêteur
et
l’em-
prunteur
;
dans
les
marchés
où
se
vendent
à
la
criée
les
meubles
et
les
hardes
des
débiteurs
insolvables.
Un
noble
Romain,
un
homme
du
moins
qui
porte
une
toge
blanche,
fend
la
presse
du
petit
peuple
en
tuniques
brunes.
C’est
un
candidat
aux
honneurs
que
donne
l'élection
:
il
est
accompagné
de
son
es-
clave
nomenclateur
qui
lui
désigne
ceux
dont
le
suffrage
compte,
ceux
dont
il
faut
savoir
le
nom,
.
dont
il
faut
presser
la
main,
à
travers
tous
les
ob-
stacles,
quand
une
file
de
charroïs
et
trois
enterre-
ments,
avec
leurs
noirs
licteurs,
se
disputeraient
le
pavé.
Arrive
l'heure
où
l’on
se
repose
du
travail
de
la
matinée
:
c’est
celle
où
s'arrachent
au
sommeil
les
hommes
de
plaisir
pour
aller
montrer
çà
et
là
leurs
grâces
efféminées
;
d’autres,
plus
mâles,
font
parade,
au
Champ-de-Mars,
de
leur
force
et
de
leur
adresse,
de
grandes
dames,
en
cours
de
visites,
circulent
dans
des
litières,
escortées
d’un
nom-
breux
domestique;
un
parvenu,
hier
esclave,
au-
jourd'hui
grand
personnage,
se
donne
des
airs,
en
marchant,
et
semble
manquer
de
place
pour
son
importance
;
un
poëte
poursuit
de
ses
vers
un
pas-.
sant
résigné
et
distrait,
un
philosophe
expose
à
la
vénération
publique
et
à
la
risée
des
enfants
sa
barbe
stoïcienne,
toute
sa
philosophie;
des
ama-
teurs
de
littérature
lisent
furtivement
aux
étalages
des
libraires
les
ouvrages
nouveaux,
Le
soir
venu,
tandis
que
les
gens
de
bon
ton
se
rendent
,
précédés
de
flambeaux
,
à
quelque
invitation,
sur
les
places,
des
bateleurs,
des
devins,
convoquent
autour
d'eux
un
grossier
public,
auquel
Horace
se
mêle
sans
fa-
çon,
avant
d'aller
manger
ses
légumes,
quand
il
n’est
pas
attendu
chez
Mécène.
Voilà
quelques-uns
des
mille
tableaux
qui
s'offrent
en
chemin
à
notre
promeneur,
et
que
nous
rencontrons
dans
ses
vers,
trouvant
que
c'était
à
Rome
à
peu
près
comme
chez
nous.
D’autres
jours,
jours
fériés,
il
court
où
court
tout
le
monde,
aux
gladiateurs,
aux
pantomimes,
ET
DE
VIRGILE.
à
ce
qui
reste
des
jeux
de
la
scène
bruyamment
in-
terrompus
par
une
multitude
brutale
qui
a
des
_
yeux
et
point
d'oreilles;
qui
ne
veut
plus
de
Varius
ni
de
Fundanius
;
qui
réclame
à
grands
cris,
au
plus
bel
endroit
de
leurs
pièces,
un
ours
ou
des
lut-
teurs;
qui,
si
le
goût
plus
délicat
des
chevaliers
s’a-
vise
de
lui
résister,
est
toute
prête
à
décider
la
ques-
tion
à
coups
de
poing;
spectateurs
vraiment
curieux,
que
le
satirique
regarde
avec
beaucoup
d'attention
et
qui
l’intéressent
plus
que
le
spectacle.
Toute
la
société
romaine
lui
donne
de
même
Ja
comédie,
une
comédie
très-divertissagte
dont
il
ne
manque
pas
de
nous
faire
part;
car,
comme
son
maître,
le
vieux
Lucilius,
il
dit
tout
à
ses
livres,
ses
amis,
ses
confidents,
fidis
sodalibus.
Que
de
personnages
ÿ
jouent
un
rôle,
et
sous
leur
propre
nom,
avec
leurs
traits
véritables,
ces
libertins
fa-
meux,
coureurs
d'illustres
et
périlleuses
aventures,
ou
qui
se
déshonorent
et
se
ruinent
plus
modeste-
ment,
plus
sûrement
en
mauvaise
compagnie;
ces
amateurs
de
bonne
chère,
qui
ont
fait
de
l’art
de
manger
une
théorie,
une
philosophie;
qui
se
croient
les
vrais
disciples,
les
représentants
légitimes
de
la
doctrine
d'Epicure;
ces
donneurs
d'excellents
di-
ners
qu’ils
gàtent
par
leurs
ridicules,
en
s’y
servant!
eux-mêmes;
ces
parasites,
bouffons
complaisants,
qui
font
à
la
table
de
leur
rot
l’histoire
et
l'éloge
des
morceaux,
et
les
suivent
à
d’autres
tables
en
qua-
lité
d'ombres;
ces
dissipateurs
en
lutte
avec
d'im-
menses
fortunes
dont
ils
viennent
à
bout
par
toutes
sortes
de
profusions
,
par
des
constructions
insen-
sées,
par
la
coûteuse
manie
des
raretés,
des
anti-
quités,
quelquefois
par
les
dépenses
qu’entraîne
la
fantaisie
de
devenir
homme
d'état;
ces
cupides,
fu-
turs
avares
,
qui
courent
à
la
fortune
par
toutes
les
voies,
honnêtes
ou
non,
qu’enrichissent
ou
la
ferme
des
revenus
publics,
ou
lintendance
des
grandes
propriétés,
ou
les
profits
de
la
guerre,
ou
les
rapi-
nes
de
l’usure,
ou
la
chasse
aux
héritages
des
céli-
bataires
et
aux
dots
des
veuves,
et
qui,
en
posses-
sion,
à
force
d'intrigues
et
de
bassesses,
de
l’objet
de
leur
convoitise,
se
retirent,
Se
reposent
dans
les
habitudes
d'une
lésine
sordide,
parfumant
leur
tête
avec
l'huile
de
leur
lampe,
et
se
refusant
toutes
cho-
ses
jusqu’à
leur
dernière
tisane
;
ces
poëtes,
car
le
satirique
accorde
naturellement
une
attention
par-
ticulière
à
la
littérature,
ces
poëtes
ivres
dès
le
ma-
tin,
échevelés,
hérissés,
pour
contrefaire
l'inspira-
tion,
laborieux
plagiaires
des
écrits
que
garde
la
bibliothèque
palatine,
assidus
concurrents
aux
cou-
ronnes
qui
s’y
distribuent,
en
commerce
réglé
de
compliments
flatteurs
avec
leurs
confrères
qu'ils
ja-
lousent
et
qu’ils
détestent;
et
le
peuple
des
connais-
seurs
,
des
jugeurs,
le
peuple
grammairien,
avec
ses
bureaux
d'esprit,
ses
cabales,
ses
admirations
1
Molière,
le
Misanthrope,
act.
LE,
se,
y.
XI
de
commande,
ses
dénigrements
convenus,
tous
ses
mouvements
pour
faire
et
défaire
les
réputations
;
bien
d’autres
acteurs
encore
que
j'oublie,
mais
que
nous
retrouverons,
héros
d’anecdotes
piquantes,
qu'Horace
conte
à
merveille,
et-qui
nous
offrent
comme
un
supplément
à
ces
journaux,
à
ces
feuil-
letons
de
Rome
récemment
retrouvés,
rendus
au
jour,
par
une
spirituelle
érudition?.
L'originalité
des
sujets
traités
par
Virgile
et
Ho-
race,
ne
tient-elle,
comme
je
l'ai
dit,
qu’à
ce
qui
les
domine,
à
ce
qui
permet
de
les
rassembler
sous
un
même
point
de
vue,
à
l’expression,
ou
grave,
ou
familière
de
l’histoire
de
Rome,
de
la
vie
romaine
?
Elle
tient
encore
à
ce
qui
s’y
trouve
de
particulier,
de
personnel
aux
deux
poëtes.
Il
y
a
entre
eux,
à
cet
égard,
quelque
différence.
Ils
représentent
les
deux
directions
entre
lesquelles
se
partage
toute
poésie,
soit
que
le
poëte
se
renferme
en
lui-même,
ramène
tout
à
lui-même
;
soit
que,
sortant
de
sa
per-
sonnalité,
se
répandant
au
dehors,
il
expose,
il
ra-
conte,
il
fasse
agir
et
parler,
bien
libre
d’ailleurs,
dans
ses
compositions
didactiques,
épiques,
drama-
tiques,
de
se
montrer,
s’il
lui
plaît,
ou
du
moins
de
se
laisser
apercevoir.
Cette
seconde
manière
est
celle
de
Virgile
qui
s’efface
de
ses
ouvrages,
mais
anime,
passionne
de
sa
sensibilité
les
personnages
qu'il
y
met
en
scène,
que
dis-je?
tous
les
objets
de
la
na-
ture
qui
s'offrent
à
ses
pinceaux,
et
répand
sur
tous
ses
tableaux
la
tristesse
mélancolique
de
son
âme.
L'autre
façon
appartient
à
Horace,
qui
ne
perd
ja-
mais
de
vue
ce
qui
le
touche,
alors
même
qu'il
pa-
rait
s’en
distraire
,
et
qui
eùt
pu
dire
de
sa
poésie
ce
qu'il
a
dit,
d’après
Aristippe,
de
sa
morale
:
.
Mihi
res,
non
me
rebus
subjungere
conor
2.
Horace
chante
ses
amours
et
ses
amitiés,
lesplaï-
sirs,
la
richesse,
les
vertus
de
sa
libre
médiocrité,
le
pouvoir
de
qui
il
la
tient
et
qui
la
protége,
la
phi-
losophie
qui
l’y
attache:
il
étudie
dans
les
mœurs
de
ses
contemporains
ce
qu'il
convient
de
suivre
ou
plus
souvent
d'éviter;
enfin
il
recommande
aux
au-
tres
les
principes
de
conduite
qu'il
s’est
faits,
et
dont
il
se
trouve
bien,
regrettant
seulement
de
ne
leur
pas
être
toujours
fidèle.
Telles
sont,
en
sub-
stance,
ses
odes,
ses
salires,
ses
épilres,
morceaux
fort
divers,
et
pourtant
identiques,
qui
ont
tous
pour
terme
commun
cette
morale
pratique
à
laquelle
l'amenaient
de
concert
la
lecture
des
philosophes,
l'observation
du
monde,
l'expérience
de
ses
pro-
pres
faiblesses
;
car
il
ne
s’épargne
pas
plus
que
les
autres,
il
se
reprend
sans
cesse
pour
se
corriger,
sans
cesse,
comme
l’a
dit
si
bien
d'elle
madame
de
Sévigné,
il
travaille
à
son
âme,
pour
se
rendre
meil-
1
Des
journaux
chez
les
Romains,
par
J.-Y.
Le
Cierc
Hor.,
Epist.,
1,
1,49.
XI]
leur,
et
par
}à
plus
heureux.
Et
ce
travail
de
tous
les
jours
s'exprime,
se
traduit
le
plus
souvent
dans
des
vers
d'allures
diverses,
selon
le
caprice
du
poëte;
des
vers
qui
s’élancent
au
ciel
comme
sur
les
ailes
de
Pindare,
ou
posent
familièrement
leurs
pieds
sur
la
terre.
«…
Ne
crois
pas
qu’au
lit
ou
sous
le
portique,
ma
pensée
reste
oisive
et
me
fasse
faute.
—
Ceci
se-
rait
mieux;
de
cette
sorte,
je
vivrai
plus
sagement,
plus
heureusement
;
je
me
rendrai
plus
cher
à
mes
amis;
cet
homme
n’a
pas
bien
agi;
me
laisserai-je
jamais
aller
à
rien
faire
de
semblable?
—
Voilà
ce
que
je
roule
en
mon
esprit,
Ce
que
je
murmure
en-
tre
mes
dents,
et,
quand
je
suis
de
loisir,
je
m'a-
muse
à
le
mettre
sur
le
papier‘.
»
La
morale
d'Horace
a
encouru
le
blâme
qui
s’at-
tache
au
système
même
sur
lequel
elle
repose,
ce-
Jui
de
l'intérêt
bien
entendu.
Cette
morale
n'oblige
pas,
elle
conseille
;
la
vertu
n’est
pas
son
but,
mais
son
moyen;
et
qu'est-ce
pour
elle
que
la
vertu
?
En
quoi
consiste-t-elle?
Moins
dans
la
recherche
du
bien
que
dans
la
fuite
du
mal,
dans
un
calcul
de
prudence,
à
l’aide
duquel
on
se
fraie,
entre
les
ex-
cès
contraires,
une
route
mitoyenne,
qui
reste
en-
core
bien
large
et
bien
commode;
elle
n’enseigne
pas
le
sacrifice,
mais,
au
contraire,
l'usage
des
D'HORACE
ET
DE
VIRGILE.
morale
dont
Horace
s’est
rendu
l'interprète
;
mais
il
est
juste
d'ajouter,
à
la
décharge
de
notre
poëte,
que
l’autre
morale,
la
pure
morale
du
devoir,
quand
la
religion
n’aide
pas
à
la
porter,
est
un
fardeau
bien
lourd
pour
la
commune
faiblesse,
surtout
chez
les
nations
vieillies
et
dans
ces
temps
de
fatigue
qui
suivent
les
longues
agitations
politiques.
Quand
Brutus
vaincu
se
décourage,
et
la
renonce,
il
faut
savoir
gré
à
un
des
moindres
soldats
échappés
de
sa
défaite
de
se
consacrer
à
détourner
du
vice,
à
ra-
mener
vers
la
vertu,
même
par
des
motifs
intéres-
sés.
Qui
ne
l'en
remercierait
comme
Voltaire?
qui
ne
lui
dirait
s’il
savait
aussi
bien
dire
:
Avec
toi
l'on
apprend
à
souffrir
l'indigence,
A
jouir
sagement
d'une
honnête
opulence,
À
vivre
avec
soi-même,
à
servir
ses
amis,
A
se
moquer
un
peu
de
ses
sots
ennemis
,
A
sortir
d'un
vie
ou
triste,
ou
fortunée,
En
rendant
grâce
aux
dieux
de
nous
l'avoir
donnée
*.
Vous
traitez
d’égoïste
la
morale
d'Horace.
Fort
bien,
si
vous
ne
donnez
à
ce
mot
que
son
sens
phi-
Josophique,
si
vous
n’en
flétrissez
pas
le
caractère
d’un
poëte
qui
n’avait
rien
de
la
sécheresse
de
sa
doctrine,
dont
les
convictions
étaient
si
honnêtes,
si
aimables,
si
heureusement
persuasives.
Après
biens
de
la
vie
;
elle
n'a
rien
à
dire
à
ceux
qui
sont
|
cela
je
conviendrai
volontiers
avec
vous,
pour
ache-
complétement
dépourvus
de
ces
biens;
seulement
|
ver
mon
parallèle,
qu'il
y
à
un
plus
grand
détache-
on
apprend
d'elle
à
se
contenter,
dans
le
partage,
de
la
plus
faible
part.
À
force
de
concentrer
n05
pensées
dans
la
considération
de
notre
bien-être,
elle
risque
fort
de
nous
faire
peut
de
ce
qui
pourrait
le
compromettre,
y
compris
ce
que
réclament
de
notre
dévouement
la
société,
la
patrie,
les
besoins
et
les
maux
de
nos
semblables.
Tout
cela
a
été
dit,
et
fort
bien
dit,
et
avec
quelque
vérité,
contre
la
1Sa£
T;
4v,
108-159.
ment
de
soi-même
,
un
amour
plus
tendre
de
Phu-
manité,
plus de
larmes
sur
ses
souffrances,
chez
celui
qui
s'est
comme
caractérisé
lui-même
par
cet
admirable
vers
:
Sunt
lacrymæ
rerum
et
mentem
mortalia
tangunt
?.
:
Épttre
à
Horace.
1Virg,
4En.,
L
462.
H.
PATIN.
cessosscses
DOCSSSSSScocoSeco0Cc000S09ccO0000600
ODES.
——20m
O
Q
©
ns
LIVRE
PREMIER.
ODE
I.
A
MÉCÈNE,
—
Descendant
des
rois,
toi
dont
l'appui
faitmon
bonheur
et
ma
gloire,
Mécène,
on
voit
des
hom-
mes
qui
mettent
leur
ambition
à
se
couvrir
de
la
poussière
d’un
cirque;
et,
quand
leur
roue
brülante
a
évité
la
borne,
une
fois
la
palme
ob-
tenue,
Jupiter
lui-même
n’est
plus
au-dessus
d'eux.
L'un
est
heureux
si
la
faveur
d’un
peu-
ple
inconstant
s'empresse
de
l'élever
aux
hon-
neurs
suprêmes;
l’autre,
s’il
entasse
dans
ses
greniers
toutes
les
moissons
de
la
Libye.
Tel
se
contente
de
cultiver
le
champ
de
ses
pères;
et
tous
les
trésors
d’Attale
ne
l’arracheraient
pas
à
sa
charrue,
pour
aller,
matelot
tremblant,
traverser
le
plus
humble
détroit
sur
le
meilleur
oi
CARMEN
I.
AD
MÆCENATEM.
Mæcenas,
atavis
edile
regibus
O
et
præsidium
,
et
dulce
decus
meum
!
Sunt
quos
curriculo
pulverem
Olympicum
Gollepisse
juvat;
metaque
fervidis
Evitata
rotis
,
palmaque
nobilis
=
Terrarum
dominos
evehit
ad
Deos
:
Hunc,
si
mobilium
turba
Quiritium
Gertat
tergeminis
{ollere
honoribus
-
um
,
si
proprio
condidit
horreo
Quidquid
de
Libycis
verritur
areis.
Gaudentem
patrios
findere
sareulo
Agros,
Attalicis
conditionibus
Nunquain
dimoyeas
,
ut
trabe
Cypria
nn
navire,
Que
le
vent
d'Afrique
vienne
à
lutter
|
contre.
les
flots,
le
marchand
effrayé
vante
le
|
repos
et
les
champs
voisins
de
sa
petite
ville;
j
mais
bientôt,
mdocile
à
souffrir
le
joug
de
la
pauvreté,
il
radoube
ses
vaisseaux
maltraités
|
par
la
tempête.
Tel
ne
hait
pas
une
coupe
de
vieux
Massique,
et
dérobera
volontiers
aux
af-
|
faires
une
partie
du
jour,
couché
à
l'ombre
|
d’un
vert
feuillage,
ou
à
la
source
paisible
d’une
|
fontaine
sacrée.
À
d’autres
il
faut
les
camps,
le
son
de
la
trompette
mêlé
à
celui
du
clairon,
et
les
combats
détestés
des
mères,
Le
chasseur,
|
oubliant
sa
jeune
épouse,
atiend
sous
un
cie
|
glacé
que
sa
meute
fidèle
ait
senti
la
biche,
ou
que
le
sanglier
se
lance
à
travers
ses
toiles.
Moi,
la
couronne
de
lierre
qui
orne
le
front
des
poëtes
me
rapproche
des
dieux
:
le
frais
!’ombrage
des
bois,
les
danses
légères
des
nym-
Myrtoum
pavidus
nauta
secet
mare.
Luctantem
Ieariis
fluctibus
A
fricum
Mercator
metuens
,
otium
et
oppidi
Laudat
rura
sui
:
mox
reficit
rates
Quassas
,
indocilis
pauperiem
pati.
Est
qui
nec
veteris
pocula
Massici,
Nec
partem
solido
demere
de
die
Spernit,
nunc
viridi
membra
sub
arbuto
Stratus
;
nunc
ad
aquæ
lene
caput
sacræ.
Multos
castra
juvant,
et
lituo
tubæ
Permixtus
sonitus,
bellaque
matribus
Detestata.
Manet
sub
Jove
frigido
Venator,
teneræ
conjugis
immemor,
Seu
visa
est
catulis
cerva
fidelibus,
Seu
rupit
teretes
Marsus
aper
plagas.
Me
doctarum
ederæ
præmia
frontium
Dis
miscent
superis
;
me
gelidum
némus,
4
sit
2
phes
avec
les
Saiyres,
me
séparent
de
la
foule,
pourvu
qu'Euterpe
n’impose
point
silence
à
sa
double
flûte,
et
que
Polymnie
ne
refuse
pas
d'accorder
le
luth
de
Lesbos.
Que
Mécène
me
compte
parmi
les
maîtres
de
la
lyre,
et
ma
tête
ira
toucher
le
ciel.
À
AUGUSTE,
Assez
longtemps
le
père
des
dieux
et
des
hommes
a
fait
tomber
sur
la
terre
et
la
neige
et
la
grêle;
assez
longtemps
sa
main
étince-
Jante
a
foudroyé
les
temples,
et
rempli
Rome
de
terreur.
Les
peuples
ont
tremblé;
ils
ont
craint
le
retour
deces
temps
de
colère
et
de
pro-
diges,
où
Pyrrha
vit
avec
épouvante
Protée
chasser
les
troupeaux
de
Neptune
sur
le
som-
met
des
montagnes,
les
poissons
s'arrêter
dans
les
branches
de
l’orme
où
avait
reposé
le
nid
de
là
colombe,
et
les
daims
tremblants
nager
sur
les
eaux
qui
couvraient
la
terre.
Nous
avons
vu
le
Tibre,
ramenant
avec
fu-
reur
du
rivage
de
la
mer
ses
vagues
limo-
neuses,
venir
renverser
un
tombeau
royal
et
le
Nympharumque
leves
cum
Satyris
chori
Secernunt
populo
;
si
neque
tibias
Euterpe
cohibet,
nec
Polyhymnia
Lesboum
refugit
tendere
barbiton.
Quod
si
me
lyricis
vatibus
inseris,
Sublimi
feriam
sidera
vertice.
CARMEN.
3H.
AD
AUGUSTUM
CÆSAREM.
Jam
satis
terris
nivis
atque
diræ
Grandinis
misit
Pater,
et
rubente
Dextera
sacras
jaculatus
arces
Terruit
urbem
:
Terruit
gentes,
grave
ne
rediret
Sæcalum
Pyrrhæ,
nova
monstra
questæ,
Omne
quum
Proteus
pecus
egit
altos
Visere
montes
;
Piscium
et
summa
genus
hæsit
ulmo,
Nota
quæ
sedes
fuerat
columbis
5
Et-superjecto
payvidæ
natarunt
Æquore
damæ.
Vidimus
flavum
Tiberim
,
retortis
Litore
Etrusco
violenter
undis,
Îre
dejectum
monumenta
Regis,
Templaque
Vestæ
;
Iiæ
dum
se
nimiüm
querenti
2
HORACE.
temple
de
Vesta;
quand,
urop
sensible
aux
larmes
d’une
épouse,
il
osa,
sans
l’aveu
de
Ju-
piter,
lui
promettre
une
vengeance,
et
mena-
cer
Rome
de
ses
flots.
Tu
sauras
que
nous
avons
aiguisé
contre
nous
le
fer
qui
n'aurait
dû
frapper
que
les
Parthes
;
tu
sauras
nos
com-
bats
impies,
jeunesse
si
peu
nombreuse,
grâce
aux
fureurs
de
tes
pères
!
Quel
dieu
le
peuple
appellera-t-il
au
secours
de
l'empire
qui
menace
ruine?
Comment
les
|
vierges
saintes
de
Vesta
pourront-elles
fléchir
la
Déesse,
qui
ferme
l'oreille
à
leurs
prières?
A
qui
Jupiter
donnera-t-il
d’expier
nos
crimes
?
Viens,
il
est
temps,
viens
dans
une
brillante
nuée,
prophétique
Apollon!
Ou
toi,
descends
parmi
nous,
Vénus
au
doux
sourire,
autour
de
qui
voligent
les
Jeux
et
les
Amours!
Ou
toi,
père
des
Romains,
jette
un
regard
sur
ta
race
oubliée
:
tes
jeux
cruels
n'ont-ils
pas
duré
{rOp
longtemps,
dieu
terrible,
qui
n’aimes
que
le
cri
des
batailles,
l'éclat
des
armes,
etle
regard
fa-
rouche
du
Marse
sur
son
ennemi
sanglant
?
Mais
si
c’est
toi,
dieu
ailé,
fils
de
la
divine
Maïa,
qui,
sous
les
traits
d’un
jeune
héros,
daignes
recevoir
ici-bas
le
nom
de
vengeur
de
César,
ah!
démeure
longtemps
sur
la
terre
Jactat
ullorem,
vagus
et
sinistra
.
Labitur
ripa,
Joye
non
probante
;ü-
XOrIus
àMnis,
Audiet
cives
acuisse
ferram
;
Quo
praves
Persæ
melius
perirent
;
Audiet
pugnas
vitio
parentum
Rara
juventus.
Quem
vocet
Divum
populus
ruentis
Imperi
rebus
?
prece
qua
fatigent
Viroines
sanctæ
minus
audientem
Carmina
Vestam
?
Gui
dabit
partes
scelus
expiandi
Jupiter?
Tandem
venias,
precamur,
Nube
candentes
humeros
amictus
Augur
Apollo:
‘Sive
{u
mavis,
Eryeina
ridens,
Quam
Jocus
circumvolat
et
Cupido
;
_Sive
neplectum
genus
et
nepetes
Respicis
auctor,
Heu
!
nimis
lonpo
saliate
ludo,
Quem
juvat
clamor,
galeæque
leves,
Acer
et
Marsi
peditis
cruentumn
Vultus
in
hostem
:
Sive
mutala
juvenem
figura
Ales
in
terris
imitaris,
almæ
Filius
Maiæ
,
patiens
Yoeari
Cæsaris
ultor
:
Serus
in
cœlum
rédeas,
diuque
45
ODES.
pour
le
bonheur
des
Romains,
et,
à
la
vue
de
nos
crimes,
ne
fuis
pas
indigné
dans
les
cieux
!
ci,
plutôt,
jouis
de
glorieux
triomphes
;
ici,
qu'ilte
soit
doux
d’être
appelé
le
Père
etle
Chef
de
la
patrie
;
et
que
le
coursier
du
Mède
ne
foule
pas
impunément
la
terre
où
tu
commandes,
César!
ODE
III.
AU
VAISSEAU
DE
VIRGILE.
Puissent
la
déesse
adorée
en
Chypre,
et
les
frères
d'Hélène,
ces
astres
radieux
,
le
Servir
de
guides
;
puisse
le
roi
des
Vents
les
enchaîner
tous,
et
ne
livrer
tes
voiles
qu'à
celui
de
l'Apu-
lie,
Ô
vaisseau
à
qui
j'ai
confié
Virgile
!
Tu
me
dois
mon
ami
;
dépose-le
sain
et
sauf
au
rivage
de
l'Attique,
et
conserve,
je
t'en
supplie
,
la
plus
chère
moitié
de
moi-même.
Gelui-là
fut
sans
doute
armé
d’un
triple
bron-
ze,
qui
le
premier
osa
livrer
aux
flots
menaçants
une
barque
fragile,
défier
le
choc
impétueux
des
vents
qui
se
heurtent,
et
les
sinistres
Hyades,
et
la
furie
du
Notus,
ce
puissant
domivateur
des
mers,
qu’il
soulève
ou
calme
à
son
gré.
5
celui
qui
vit
d'un
otil
impassibleles
monstres
de
l'abime
,
et
la
mer
gonflée
de
courroux,
et
les
écueils
tristement
fameux
de
l'Épire
?
En
vain
les
dieux,
dans
leur
sagesse,
ont
séparé
les
mondes
par
la
barrière
de
l'Océan
;
des
vaisseaux
sacriléges
osent
la
violer.
L’au-
dace
humaine
aspire
à
tout,
et
se
jette
dans
une
lutte
impie
contre
les
lois
divines.
L’audace
de
Prométhée
ravit
le
feu
du
ciel,
pour
le
donner
aux
nations;
et,
après
ce
larcin
fatal,
l'hor-
rible
Maigreur,
les
Fièvres
brülantes,
une
ar-
mée
de
fléaux
inconnus
s’abattit
sur
la
terre
;
la
Mort,
jusque-là
si
lente
et si
tardive
,
précipita
ses
pas.
Sur
des
ailes
que
la
nature
n’a
point
données
à
l'homme,
Dédale
tente
le
chemin
des
airs
:
le
bras
d’Hercule
à
forcé
l’Achéron.
Rien
ne.
paraît
impossible
aux
mortels
:
leur
dé-
mence
attaque
le
ciel
même;
et
nos
crimes
ne
permettent
pas
à
Jupiter
de
déposer
sa
foudre
ODE
IV.
A
SEXTIUS.
A
Ve
L'hiver
s’adoucit
par
l’agréable
retour
du
Sous
quel
aspect
la
Mort
eût-elle
pu
l’étonner,
|
printemps
et
des
Zéphyrs
;
les
machines
arra-
Lætus
intersis
populo
Quirini
;
Neve
Le
nostris
vitiis
iniquum
Ocior
aura
<
Tollat;
hic
magnos
polius
triumphos
Hic
ames
dici
Pater
atque
Princeps:
Neu
sinas
Medos
equitare
inultos
,
Te
duce,
Cæsar.
CARMEN
I.
AD
NAVIM
VEHENTEM
VIRGILIUM
ATHENAS.
Sic
te
Diva
potens
Cypri,
Sic
fratres
Helenæ
,
lucida
sidera
,
Ventorumque
regat
pater,
_Obstrictis
aliis
præter
lapyga,
Navis,
quæ
tibi
creditum
Debes
Viroilium
,
finibus
Atticis
Reddas
incolumem,
pwecor,
EL
serves
animæ
dimidium
meæ.
[li
robur
et
æs
triplex
Girca
pectus
erat,
qui
fragilem
truci
Gommisit
pelago
ratem
Primus,
nec
timuit
præcipitem
Africum
Decertantem
Aquilonibus,
Nec
tristes
Hyadas
,
nec
rabiem
Noti,
Quo
non
arbiter
Hadriæ
Major,
tollere
seu
ponere
vult
freta.
Quem
mortis
timuit
gradum,
Qui
siceis
oculis
monstra
natantia,
|
|
Qui
vidit
mare
turgidum
,
et
Infames
scopulos
Acroccraunia
?
Nequidquam
Deus
abscidit
Prudens
Oceano
dissociabili
Terras,
si
tamen
impiæ
Non
tangenda
rates
transiliunt-vada.
Audax
omnia
perpeti
Gens
humana
ruit
per
vetitum
nefas.
Audax
Japeti
genus
Ignem
fraude
mala
gentibus
intulit.
Post
ignem
ætheria
domo
Subductum
,
Macies
et
nova
Febrium
Terris
incubuit
cohors
:
Semotique
prius
tarda
necessitas
Leli
corripuit
gradum.
Expertus
vacuum
Dædalus
aera
Pennis
non
homini
datis.
Perrupit
Acheronta
Herculeus
labor.
Nil
mortalibus
arduum
est
:
Cœlum
ipsum
petimus
stultitia
;
neque
Per
nostrum
patimur
scelus
Iracunda
Jovem
ponere
fulimina.
CARMEN
IV.
AD
L.
SEXTIUM,
Selvitur
acris
hiems
prata
vice
veris
et
Favoni,
Trabuntque
siccas
machinæ
carinas;
19
4
“hent
les
navires
au
sable
du
rivage;
le
trou-
peau
quitte
avec
joie
son
étable,
et
le
labou-
reur
son
foyer;
le
givre
ne
blanchit
plus
les
prairies.
À
la
clarté
de
la
lune
qui
se
balance
sur
l'horizon,
Vénus
conduit
le
chœur
des
Nymphes
et
des
Grâces
:
leurs
pieds
lévers
frappen.
la
terre
en
cadence,
tandis
que
l'ar-
dent
Vulcain
embrase
les
noirs
ateliers
des
Cyclopes.
Mélons
à
nos
cheveux
parfumés
le
myrte
vert
et
les
fleurs
que
les
chauds
rayons
du
so-
leil
font
éclore
:
immolons
au
dieu
Faune,
à
Pombre
des
bois
sacrés,
une
jeune
brebis,
ou,
s’Hlaime
mieux,
un
chevreau.
La
Mort
heurte
indifféremment
à
la
chau-
mière
du
pauvre
et
au
palais
des
rois.
Heureux
Sextius,
la
vie
es
courte,
et
ne
nous
permet
pas
un
long
espoir
:
bientôt
pèsera
sur
toi
la
nuit
des
mânes
et
des
royaumes
vides
de
Plu-
ton.
Arrivé
là,
tu
ne
pourras
plus
tirer
au
sort
la
royauté
des
festins,
ni
contempler
avec
amour
le
tendre
Lycidas,
que
nos
jeunes
Romains
dé-
vorent
des
yeux,
et
dont
la
beauté
troublera
bientôt
le
cœur
des
jeunes
filles.
ODE
V.
A
PYRRHA.
Quel
tendre
adolescent,
couvert
de
parfums
Ac
neque
jam
stabulis
gaudet
pecus,
aut
arator
Ipnt;
Nec
prata
canis
albicant
pruinis.
Fam
Gytherea
choros
ducit
Venus,
imminente
Luna
:
Junctæque
Nymphis
Gratiæ
decentes
Alterno
terram
quatiunt
pede,
dum
graves
Gyclopum
Vulcanus
ardens
urit-officinas.
Nunc
decet
aut
viridi
nitidum
caput
impedire
myrto,
Aut
flore,
terræ
quem
ferunt
solutæ.
Nunc
et
in
umbrosis
Fauno
decet
immolare
lucis,
Seu
poscat
agna,
sive
malit
hædo.
Pallida
mors
æquo
pulsat
pede
pauperum
tabernas
,
Regumque
turres.
O
beate
Sexti,
Vitæ
summa
brevis
spem
nos
vetat
inchoare
longam.
Jam
te
premet
nox,
fabulæque
Manes,
Et
domus
exilis
Plutonia
:
quo
simul
mearis
;
Nee
regna
vini
sortiere
talis,
Nec
tenerum
Lycidan
mirabere,
quo
calet
juventus
Nune
omnis,
et
mox
virgines
tepebunt,
CARMEN
V.
AD
PYRRHAM.
Quis
mulla
gracilis
te
puer
in
rosa
Perfusus
liquidis
urget
odoribus
Grato,
Pyrrha
,
sub
antro?
Gui
flavam
relisas
comam
HORACE.
et
de
roses,
te
presse,
à
Pyrrha,
sous
cette
grotte
voluptueuse?
Est-ce
pour
lui
que
tu
re-
lèves
tes
blonds
cheveux,
gracieuse
et
simple
fille
?
Ah
!
que
de
larmes
lui
coûteront
la
foi
tra-
hie
et
son
bonheur
perdu,
quand
il
verra,
tris-
tement
surpris,
les
noïrs
orages
troubler
cette
mer
aujourd
hui
si
calme,
où
il
vogue
crédule
à
tes
paroles
dorées,
heureux
de
l'espoir
que
tu
seras
toujours
fidèle,
toujours
aimante,
et
sans
se
douter
combien
les
vents
sont
trompeurs
!
Malheur
à
ceux
que
ton
éclat
perfide
a
sé-
duits
!
Pour
moi,
échappé
du
naufrage,
j'ai
sus-
pendu
au
temple
de
Neptune
un
tableau
votif
et
mes
vêtements
humides.
ODE
VI.
A
AGRIPPA,
C'est
à
Varius
de
célébrer
ton
âme
intrépide
et
tes
victoires
;
au
cygne
de
la
poésie
épique,
de
chanter
tout
ce
que
nos
armées
et
nos
flottes
ont
fait
de
grand
sous
tes
ordres
:
un
Homère
seul
doit
dire
tes
actions,
et
la
colère
de
l'in-
flexible
Achille,
et
les
courses
lointaines
du
rusé
Ulysse,
et
la
sanglante
maison
de
Pélops;
su-
jets
trop
puissants
pour
mon
faible
génie.
Ma
lyre
a
peur
des
combats
:
la
muse
qui
l'inspire
et
le
respect
me
défendent
de
flétrir,
Simplex
munditiis!
Heu,
quoties
fidem
Mutatosque
Deos
flebit,
et
aspera
Nigris
æquora
ventis
Emirabitur
insolens
,
Qui
nunc
te
fruitur
credulus
aurea
;
Qui
semper
vacuam,
semper
armabilem
Sperat,
nescrus
auræ
Fallacis!
Miseri
quibus
Intentata
nites
!
Me
tabula
sacer
Votiva
paries
indicat
uvida
Suspendisse
potenti
Vestimenta
maris
Deo.
CARMEN
Vi.
AD
AGRIPPAM.
Scriberis
Vario
fortis
et
hostium
Victor,
Mæonit
carminis
aliti,
Quam
rem
cumque
ferox
navibus,
aut
equis,
Miles
te
duce
pesserit.
Nos,
Agrippa,
neque
hæc
dicere,
nec
gravem
Pelidæ
stomachum
cedere
nescii,
Nce
cursus
duplicis
per
mare
Ülixei,
Nec
sæyam
Pelopis
domum
Gonamur,
tenues
grandia
:
dum
pudor,
Imbellisque
Ivræ
Musa
potens
vetat
ODES.
en
y
touchant,
les
lauriers
de
César
et
les
tiens.
Qui
peindra
dignement
Mars
revêtu
d’a-
cier,
Mérion
tout
poudreux
aux
champs
de
-
Troie,
Diomède,
avec
l'appui
de
Pallas,
luttant
contre
les
dieux?
=
Moi,
je
chante
les
festins,
les
combats
où
la
jeune
fille
menace
un
amant
d’un
ongle
peu
re-
doutable;
je
chante,
libre
aujourd'hui,
amou-
reux
demain,
toujours
fidèle
à
mon
humeur
lévère.
ODE
VII.
A
PEANCUS.
D’autres
vanteront
Mitylène,
Rhodes,
Éphèse,
Corinthe,
assise
entre
deux
mers,
‘hèbes,,
i-
lusirée
par
Bacchus,
Delphes
par
Arollon,
ou
ia
vallée
délicieuse
de
Tempé.
H
en
est
dont
l'unique
affaire
est
de
chanter
dans
un
hymne
éternel
la
ville
de
la
chaste
Pallas
et
de
se
parer
Je
front
d'un
olivier
banal
:
d'autres,
en
l'hon-
neur
de
Junon,
célèbrent
Argos
et
ses
cour-
siers,
Mycène
et
ses
richesses.
Pour
moi,
l’aus-
ière
Lacédémone,
les
fertiles
campagnes
de
Larisse,
me
touchent
moins
que
la
grotte
où
PAlbunée
résonne,
les
cascades
de
l’Anio,
le
Fois
sacré
de
Tibur,
et
ses
jardins
arrosés
de
mobiles
ruisseaux.
w:
Laudes
eprepti
Cæsaris
,
et
Luas
Gulpa
deterere
ingeni.
Quis
Martem
tunica
tectum
adamantina
Digne
scripseri(?
aut
pulvere
Froio
Nigram
Mérionen
?
aut
ope
Palladis
Tydiden
Superis
parem
?
Nos
convivia
,
nos
prælia
virginum
Seclis
in
juvenes
unguibus
acrium
Cantamus
vacui,
sive
quid
urimur
Non
præter
solitum
leves,
CARMEN
VIL.
AD
MUNATIUM
PLANCUM.
Laudabunt
alit
claram
Rhodon,
aut
Mitylenen.
Aut
Epheson,
bimarisve
Corinthi
Moœnia,
vel
Baccho
Thebas
,
vel
Apolline
De!'phos
Insignes
;
aut
Thessala
Tempe.
Sunt,
quibus
unum
opus
est,
intactæ
Palladis
arces
Garmine
perpetuo
celebrare,
et
Undique
decerptam
fronti
præponere
olivam.
Plurimus
in
Junonis
honorem
Aptum
dicit
equis
Argos
,
ditesque
Mycenas.
Me
nec
tam
patiens
Lacædemon,
Nec
tam
Larissæ
percussit
campus
opimæ
,
Quam
domus
Albuneæ
resonantis,
&
Le
Notus
n’enfante
pas
d’éternels
orages
;
souvent
il
chasse
les
nuées
dont
le
ciel
est
obs-
Curci
:
de
même,
Ô
Plancus,
si
tu
es
sage,
1!
faut
chasser
la
tristesse
et
oublier
dans
le
vin
les
agitations
de
la
vie
;
que
tu
sois
retenu
sous
la
tente,
au
milieu
des
camps,
ou
sous
les
épais
ombrages
de
Tibur.
Vois
Teucer
:
obligé
de
fuir
son
père
et
Salamine,
il
ceint
d’un
ra-
meau
de
peuplier
ses
tempes
humides
de
vin
:
et
comme
ses
Compagnons
paraissaient
tristes
et
abattus
:
«
La
Fortune
sera
moins
cruelle
que
mon
père,
leur
dit-il;
où
elle
voudra
nous
conduire
nous
irons,
mes
amis
!
Ne
désespérez
de
rien
:
Teucer
est
votre
chef
;
vous
êtes
sous
les
aus-
pices
de
Teucér.
Apollon
l'a
promis,
croyez-
le,
nous
trouverons
sur
une
terre
nouvelle
une
autre
Salamine.
Vous
avez
subi
avec
moi
de
plus
rudes
épreuves
:
buvons,
pour
noyer
le
Chagrin
;
demain
nous
reprendrons
nos
courses
sur
la
vaste
mer.»
ODE
VIH.
A
LYDIE.
Lydie,
au
nom
de
tous
les
dieux,
dis-moi,
je
l’en
conjure,
pourquoi,
par
ton
fatal
amour,
Et
præceps
Anio
,
ac-Tiburni
lucus,
et
uda
Mobilibus
pomaria
rivis.
Albus
ut
obseuro
deterget
nubila
cælo
Sæpe
Notus,
neque
parturit
imbres
Perpetuos
:
sic
tu
sapiens
finire
memento
Tristitiam
vitæque
labores:
Molli
,
Plance,
mero
:
seu
te
fulgentia
signis
Castra
tenent.,
seu
densa
tenebit
Tiburis
umbra
tui.
Teucer
Salamina
patremque
Quum
fugeret,
tamen
uda
Lyæo
Tempora
populea
fertur
vinxisse
corona
,
Sic
tristes
affatus
amicos
:
Quo
nos
cumque
feret
melior
Fortuna
parente,
Ibimus
,
o
socii
comitesque.
Nil
desperandum
Teucro
duce.et
auspice
Teucro
:
Certus
enim
promisit
Apollo.
Ambiguam
tellure
nova
Salamina
futuram.
0
fortes
,
pejoraque
passi
Mecum
sæpe
vii,
nune
vino
pellite
curas
Cras
ingens
iterabimus
æquor.
CARMEN
VII,
AD
LYDIAM.
Lydia
die,
per
omnes
Te
Deos
oro,
Sybarin
eur
properas
amande
6
HORACE.
t’empresser
de
perdre
Sybaris
?
Pourquoi
fuit-
;
toucher
à
ton
vieux
vin.
Abandonne
le
reste
aux
il
aujourd’hui
le
champ
de
Mars
,
dont
ilbravait
|
dieux
:
ils
feront
tomber
les
vents
qui
se
com-
la
poussière
et
le
soleil?
Pourquoine
le
voit-
|
battent
sur
une
mer
orageuse,
et
la
tempête
on
plus,
en
habit
de
guerre,
au
milieu
des
|
cessera
de
tourmenter
les
grands
cyprès
et
les
jeunes
Romains
de
son
âge,
dompter
avec
le
|
vieux
ormes.
mors
un
coursier
gaulois
?
El
craint
les
eaux
du
|
|
fit
chaque
jour
que
le
destin
t’accorde.
Aujour-
Tibre,
et
se
garde
avec
horreur
de
l’huile
des
athlètes,
comme
du
venin
de
la
vipère.
Où
sont
les
armes
pesantes
dont
il
chargeait
son
bras,
le
disque,
le
javelot,
qu'il
était
fier
de
lancer
au
delà
du
but?
Pourquoi
se
tient-il
caché,
comme
autrefois
Achille,
aux
approches
des
tristes
funérailles
de
Troie,
de
peur
que
l’ha-
bit
de
son
sexe
ne
l’entrainât
au
milieu
du
çar-
nage
et
des
bataillons
troyens
?
ODE
IX.
A
UN
AMI.
Vois
comme
une
neige
épaisse
blanchit
la
cime
élevée
du
Soracte;
les
arbres
fatigués
fléchissent
sous
le
poids
desfrimas
;
etles
eaux,
saisies
par
une
âpre
gelée,
ont
suspendu
leur
cours.
un
large
feu
dans
ton
foyer,
et
ne
crains
pas
de
Perdere?
cur
apricum
Oderit
campum
,
patiens
pulveris
atque
solis?
Cur
neque
militaris
Inter
æquales
equitat
;
Gallica
nec
lupatis
Temperat
ora
renis
?
Gur
timet
flavum
Tiberim
tangere?
cur
olivum
Sanguine
viperino
Gautius
vitat
?
neque
jam
livida
gestat
armis
Brachia,
sæpe
disco,
Sæpe
trans
finem
jaculo
nobilis
expelilo?
Quid
latet,
ut
marinæ
Filium
dicunt
Thetidis
sub
lacrimosa
Trojæ
Funera,
ne
virilis
Gultus
in
cædem
et
Lycias
proriperet
calervas?
:
CARMEN
IX.
AD
THALIARCHUM.
Vides
ut
alta
stet
nive
candidum
Soracle,
nec
jam
sustineant
onus
Silvæ
laborantes,
geluque
Flumina
constiterint
acuto.
Dissolve
frigus,
ligna
super
foco
Large
reponens
;
atque
benignius
Deprome
quadrimum
Sabina,
O
Thaliarche,
merum
diota.
Ne
t'inquiète
pas
du
lendemain
;
mets
à
pro-
d’hui
jeune
et
beau
,
tandis
que
la
vieillesse
cha-
grine
est
encore
loin
de
toi,
ne
méprise
ni
les
danses
ni
les
amours
:
aujourd’hui
les
prome-
nades
au
Champ-de-Mars
et
sous
les
portiques,
les
mystérieux
rendez-vous,
le
doux
murmure
des
entretiens
du
soir,
le
rire
charmant
qui
tra-
hit
la
jeune
fille
dans
le
coin
obscur
où
elle
se
cache
,
et
les
gages
d'amour
ravis
à
un
bras
où
à
une
main
doucement
rebelle.
ODE
X.
À
MERCURE.
Dieu
de
l'éloquence,
petit-fils
d'Atlas,
toi
qui
sus
adoucir,
par
le
charme
de
la
parole
et
des
arts,
les
mœurs
farouches
des
premiers
<>
|
hommes
;
je
te
chante,
6
Mercure,
messager
de
Chasse
le
froid,
cher
Thaliarque,
fais-nous
Olympe,
père
de
la
lyre,
dieu
rusé,
dont
rien
n'arrête
les
joyeux
larcins
!
Permitte
Divis
cetera
:
qui
simul
Stravere
ventos
æquore
fervido
Depræliantes,
nec
cupressi,
Nee
veteres
agitantur
orni.
Quid
sit
futurum
cras,
fuge
quærere
.
et
Quem
Fors
dierum
eumque
dabit,
lucro
Adpone
:
nec
dulces
amores
Sperne,
puer,
neque
tu
choreas;
Done
virenti
canities
abest
Morosa.
Nunc
etcampus,
etareæ
,
Lenesque
sub
noctem
susurri
Gomposita
repetantur
hora
:
.
Nunc
et
latentis
proditor
intimo
Gratus
puellæ
risus
ab
angulo,
Pignusque
dereptum
lacertis,
Autdigito
male
pertinaci.
CARMEN
X.
AD
MERCURIUM.
Mercuri,
facunde
nepos
Atlantis,
Qui
feros
cultus
hominum
recentum
Voce
formasti
catus
,
et
decoræ
More
palestræ:
Te
canam
,
magni
Jovis
et
Deorum
Nuntium,
curvæque
Ivræ
parentenr,
6
ODES.
ei
Encore
enfant
,
tu
avais
dérobé
les
génisses
|
à
fui:
cueille
la
fleur
du
jour
et
ne
crois
pas
W’Apollon:
cRends-les-moi!»
disait-il
d’une
voix
|
au
lendemain.
menaçante
;
tout
à
coup
son
carquois
disparaît,
et
le
dieu
ne
put
s'empêcher
de
rire,
Sous
ta
conduite,
l'opulent
Priam
sortit
d’Ilion
avec
ses
trésors
,
et,
trompant
la
vigilance
des
Atrides,
|
ODE
XII.
|
traversa
les
feux
thessaliens
et
le
camp
ennemi
Quel
héros,
quel
demi-dieu
va
célébrer
ta
À
AUGUSTE.
de
Troie.
lyre
ou
ta
flûte
sonore,
6
Clio?
Quel
dieu
dont
Tu
déposes
les
âmes
pieuses
dans
les
de-
|
l'écho
se
plaise
à
répéter
le
nom
sur
les
verts
meures
fortunées,
et
ta
verge
d’or
rassemble
|
S0mmets
de
l’Hélicon
ou
sur
le
Pinde,
on
sur
?
o
TAN
,
.
l’essaim
léger
des
ombres;
ministre
aimé
de
|
lHœ@mus
couvert
de
neige,
et
d'où
l'on
vit
les
A
x
0
PA
4
5
tous
les
dieux,
au
ciel
et
dans
les
enfers.
forêts
descendre
à
la
voix
d’Orphée,
quand
le
|
fils
de
Calliope,
inspiré
par
sa
mère,
suspen-
ODE
XI
|
dait
les
fleuves
impétueux.,
les
vents
rapides,
et
que
la
puissante
harmonie
de
ses
accoras
animait
les
chênes
?
Suivant
l'usage
antique,
chantons
d’abord
Ne
cherche
pas
à
savoir,
malgré
les
dieux,
|
Jupiter,
le
roi
des
dieux
et
des
hommes,
le
quel
terme
ils
ont
fixé
à
mes
jours
et
aux
tiens,
|
maitre
absolu
de
la
terre
et
des
flots,
qui
gou-
i.Cuconoé;
et
ne
le
demande
plus
aux
calculs
|
verne
le
monde
et
le
cours
varié
des
saisons:
des
astrologues.
Qu'il
vaut
bien
mieux
attendre
|
rieh
n’est
au-dessus
de
lui,
rien
ne
lui
res-
el
se
soumettre
au
sort!
Que
Jupiter
ajoute
|
semble,
rien
ne
le
supplée.
Après
lui,
mais
de
encore
à
tes
années,
ou
qu’il
borne
leur
cours
|
loin,
Pallas
occupe
la
première
place.
|
A
LEUCONOË.
à
cet
hiver
orageux
qui
fatigue
les
flots
contre
|
Salut,
intrépide
Bacchus,
et
toi,
chaste
leurs
barrières
de
rochers
;
sois
sage,
filtre
tes
!
Diane,
redoutable
aux
monstres
des
forêts,
vins,
et
mesure
l'espoir
à
la
courte
durée
de
la
|
et
toi,
Phébus,
dieu
terrible,
aux
flèches
inévi-
vie.
Tandis
que
nous
parlons,
le
temps
jaloux
|
tables!
Callidum
,
quidquid
placuit,
jocoso
CARMEN
XH.
Condere
furto.
|
Te,
boves
olim
nisi
reddidisses
AD
AUGUSTUM.
Per
delum
amotas,
RUE
minaci
Quem
virum
aut
heroa
lyra
vel
aeri
Voce
dum
terret,
viduus
pharetra
Tibia
sumes
celebrare
,
Clio
?
Rusit
Apollo.
Quem
Deum
,
cujus
recinet
jocosa
Quin
et
Atridas
,
duce
te,
superbos,
Nomen
imago
,
Ilio
dives
Priamus
relicto,
Aut
in
umbrosis
Heliconis
oris,
Thessalosque
ignes
et
iniqua
Trojæ
Aut
super
Pindo,
gelidove
in
Hæmo,
Gastra
fefellit.
Unde
vocalem
temere
insecutæ
Tu
pias
lœtis
animas
reponis
Orphea
sylvæ
,
Sedibus
,
virgaque
levem
coerces
Arte
malerna
rapidos
morantem
Aurea
{urbam
,
superis
Deorum
Fluminum
lapsus
celeresque
ventos,
Gratus
et
imis.
Blandum
et
auritas
fidibus
canoris
Ducere
quercus
?
CARMEN
XI.
Quid
prius
dicam
solitis
Parents
Laudibus
?
qui
res
hominum
ac
Decrum,
Qui
mare
ac
terras,
variisque
mundum
Temperat
horis
?
AD
EEUCONOEN.
Tu
ne
quæsieris
,
scire
nefas,
quem
mihi,
quem
tibi
Unde
nil-majus
generatur
ipso,
Finem
Di
dederint
,
Leuconoe
;
nec
Babylonios
Nec
viget
quidquam
simile
aut
secundum
:
Tentaris
numeros
:
ut
melius,
quicquid
erit,
pali!
Proximos
illi
tamen
occupait
Seu
plures
hiemes
,
seu
tribuit
Jupiter
ultimam
,
Pallas
honores.
Quæ
nunc
oppositis
debilitat
pumicibus
mare
Prælis
audax,
neque
te
silebo,
Tyrrhenum
,
sapias,
vina
liques,
et
spatio
Lrevi
:
Liber;
et
sævis
inimica
Virgo
Spem
longam
reseces.
Dum
loquimur,
fugerit
invida
Belluis
;
nec
te,
metuende
certa
Æas
Garpe
diem,
quam
minimum
credula
postero.
Phæœbe
sagitta.
n
HOBACE.
Je
veux
chanter
Alcide
et
les
deux
fils
de
Ï
éda
:
à
l'un,
la
gloire
du
ceste;
à
Pautre,
celie
des
coursiers.
Dès
que
leur
blanche
étoile
a
brille
aux
yeux
des
matelots,
l'onde
soulevée
retombe
au
pied
des
rochers,
les
vents
se
tai-
sent,
les
nuées
fuient,
et
la
vague
menaçante
rentre,
à
leur
commandement,
dans
le
sein
des
mers.
Chanteraï-je,
aprèseux,
Romulus,
et
lerègne
paisible
de
Numa,
et
l’orgueil
brisé
de
Tarquin,
et
l'héroïsme
de
Caton
mourant?
Mais
Répulus,
Scaurus,
Paul-Émile,
noble
cœur,
qui
dédaigna
de
vivre
après
la
victoire
d’Annibal,
à
vous
les
chants
de
gloire
et
de
reconnaissance
du
poëte
;
à
vous
aussi,
Fabricius,
Camille,
rude
et
aus-
tère
Curius
,
héros
formés
à
la
dure
école
de
la
pauvreté,
sous
l’humble
1oit
et
dans
le
modeste
héritage
de
vos
pères
!
Elle
croît
de
jour
en
jour,
comme
un
jeune
arbre
par
le
lent
progrès
des
années,
Ja
gloire
ce
Marcellus
:
lastre
des
Jules
brille
entre
tous,
comme
la
lune
porn
les
feux
que
son
éclat
fait
pâlir.
Père:et
conservateur
.
genre
humain,
fils
de
Saturne,
c'est
à
toi
que
les
destins
ont
confié
Dicam
et
Alciden
,
puerosque
Ledæ,
Hunc
equis,
illum
superare
pugnis
Nobilem
:
quorum
simul
alba
nautis
Stella
refulsit,
Defluit
saxis
agitatus
humor
;
Goncidunt
venti,
fugiuntque
nubes
;
Et
minax,
nam
sic
voluere,
ponto
Unda
recumbit.
Romulum
post
hos
prius,
an
quietum
Pompili
regnum
memorem,
an
superbos
Tarquini
fasces,
dubito
,
an
Gatonis
ee
Nobile
letrnr
=
Regulum,
et
Scauros,
animæque
magnæ
Prodigum
Paullum
;
superante
Pœno,
Gratus
insigni
referam
Camena,
Fabriciumque.
Hune,
etincomtis
Gurium
capillis
Utilem
bello
tulit,
et
Camillum
,
Saæva
pauperlas
et
avitus
apto
Gum
lare
fundus.
Grescit
;
oceulto
velut
arbor
ævo,
Fama
Marcelli
:
micat
inter
omnes
Julium
sidus,
velut
inter
ignes
Luna
minores.
Gentis
humanæ
pater
atque
custos
;
:
Orte
Saturno,
tibi
cura
magni
Gesaris
fatis
data,
tu
secundo
Gæsare
reones.
Ille
,
seu
Parthos
Latio
immipenles
?
la
grandeur
de
César
:
que
César
soït
ton
se-
cond
sur
la
terre!
Quand
il
aura
dompté
le
Parthe
qui
ose
menacer
l'Italie,
et
le
Scythe,
et
l’Indien,
voisins
des
lieux
où
naït
l’Aurore,
soumis
à
toi
seul,
que
ses
lois
fassent
le
bon-
heur
du
monde
:
toi,
sur
ton
char
tonnant,
tu
ébranleras
lOlympe,
et
tu
lanceras
contre
l'impie
tes
foudres
vengeurs!
ODE
XIIL.
A
LYDIE.
Ah!
Lydie,
cesse
de
louer
devant
moi
Téle-
phe
au
cou
de
rose,
Télèphe
au
bras
d'ivoire!
Je
sens
alors
la
colère
#rondéer
dans
mon
cœur
;
mon
esprit
se
trouble
;
je
rougis,
je
pälis;
une
larme
furtive
roule
sur
ma
joue
et
trahit
les
feux
secrets
dont
je
suis
lentement
dévoré.
O
douleur!
quand
je
vois
tes
blanches
épaules
honteusement
meurtries
par
lui,
dans
la
colère
de
l'ivresse;
tes
lèvres,
où
sa
dent
à
imprimé
des
mar
‘ques
cruelles
de
son
amour
!
Non,situ
veux
m'écouter,
ne
te
fie
pas
au
bar
bare
dont
-les
baisers
déchirent
cetie
bouche
délicieuse,
où
Vénus
a
répandu
ses
plus
doux
parfums,
Egerit
justo
domitos
triumpho,
Sive
subjectos
Orientis
oræ
Seras
et
Indos,
…
Te
minor
latum
reget
æquus
orbem
:
Tu
gravi
curru
quaties
Olympum
;
Tu
parum
castlis
inimica
mittes
Fulmina
lucis.
7
-
CARMEN
XHL
AD
LYDIAM.
Cum
tu
,
Lydia,
Telephi
Cervicem
roseam
,
cerea
Telephi
Laudas
brachia,
væ
!
meum
Fervens
difficili
bile
tumet
jecur.
Tunc
nec
mens
mihi,
neccolor
Gerta
sede
manet:
humor
et
in
penas
Furtim
labitur,
arguens
Quam
lentis
penitus
macerer
ignibus.
Üror,
seu
tib1
candidos
Turparunt
humeros
immodicæ
mero
Rixæ
;
sive
puèr
furens
Impressit
memorem
dente
labris
nolain,
Non
,
si
me
satis
audias.
-
Speres
perpetuum
,
dulcia
barbare
Lædentem
oscula,
quæ
Venus
Quinta
parle
sui
nectaris
imbuit.
Felices
ter
et
amplius,
47:
ODES.
9
Heureux,
trois
fois
heureux.
ceux
qu'unit
un
lien
indissoluble,
que
de
tristes
querelles
n'ar-
rachent
pas
l'un
à
l'autre,
et
que
la
mort
seule
vient
trop
tôt
séparer
!
ODE
XIV.
A
LA
RÉPUBLIQUE.
O
vaisseau
!
de
nouveaux
orages
vont
te
re-
porter
sur
les
mers.
Ah!
que
fais-tu?
Demeure
fortement
attaché
au
port.
Ne
vois-tu
pas
tes
flancs
dépouillés
de
rames,
ton
mât
demi-brisé
par
le
vent,
tes
antennes
qui
gémissent?
Sans
cordages,
pourras-tu
soutenir
l'effort
redoublé
des
vagues
?
Pas
une
de
tes
voiles
qui
ne
soit
en
lambeaux
;
pas
un
dieu
que
tu
puisses
invoquer
dans
une
nouvelle
détresse!
Jadis
pin
alter,
noble
fils
des
forêts,
ne
vante
pas
une
vaine
origine
et
un
vain
nom:
les
peintures
de
Ja
poupe
ne
rassurent
point
le
pilote
effrayé.
Si
tu
ne
veux
étre.
le
jouet
des
vents,
prends
}
garde!
O
toi,
objet
naguère
de
ma
douleur
in-
quiète,
aujourd’
hui
de
mes
vœux
et
de
mes
soucis
,
évite
les
brillants
récifs
des
Cyclades!
Quos
irrupta
tenet
copula,
nec
malis
Divulsus
querimoniis
Suprema
citius
solvet
amor
die
!
CARMEN
XIV.
AD
REMPUBLICAM.
O
avis,
referent
in
mare
te
novi
Fluctus
?
O
quid
agis
?
fortiter
occupa
Portum.
Nonne
vides,
ut
Nudum
remipio
latus
,
Et
malus
celeri
saucius
Africo
Antennæque
gemant?
ac
sine
funibus
Vix
durare
carinæ
Possint
imperiosius
Æquor
?
Non
tibi
sunt
integra
lintea
,
Non
Di,
quositerum
pressa
voces
malo
;
Quamvis
Pontica
pinus,
Silvæ
filia
nobilis
,
Jactes
et
genus,
et
nomen
inutile.
Nil
pictis
timidus
navila
puppibus
Fidit,
Tu,
nisi
ventis
Debes
ludibrium
,
cave.
Nuper
sollicitum
quæ
mihi
twdium
,
Nunc
desiderium
curaque
non
levis,
Interfusa
nitentes
Vites
æquora
Gycladas,
ODE
XV.
PRÉDICTION
DE
NÉRÉE.
L’hôte
perfide
de
Ménélas,
le
ravisseur
d'Hé-
lène,
la
traînait
avec
lui
de
mers
en
mers,
quand
Nérée
fit
peser
sur
les
vents
un
fatal
re-
pos,
pour
annoncer
les
terribles
secrets
de
l'avenir.
«
Malheur
à
toi!
celle
que
tu
conduis
à
lion,
toute
la
Grèce
en
armes
viendra
la
redeman-
der,‘après
avoir
juré
de
briser
des
nœuds
im-
pies
et
le
sceptre
antique
de
Priam.
Dieux
!
quels
flots
de
sueur
inondent
les
combattants
et
les
coursiers
!
Quel
vent
de
mort
tu
soulèves
contre
fa
race
de
Bardanus!
Déjà
Pallas
ap-
prête
son
casque,
son
égide,
son
char
et
sa
fu-
leur.
»
En
vain,
fier
de
l'appui
de
Vénus
,
(U
par-
fumeras
ta
chevelure,
tu
charmeras
les
femmes
par
tes
chants
voluptueux
et
les
lâches
accords
de
ta
lyre
:
en
vain,
couché
dans
les
bras
d'Hé-
lène,
tu
fuiras
les
T
javelots
,
les
flèches
du
Grétois,
le
bruit
des
batailles,
et
la
pour-
suite
impétueuse
d’Ajax
:
un
jour,
mais
trop
tard,
hélas!
tu
traîneras
dans
la"poussière
et
dans
Je
sang
tes
cheveux
adultères.
»
Ne
vois-tu
pas
derrière
toi
Ulysse,
le
CARMEN
XV.
NEREI
VATICINIUM
DE
EXCIDIO
TROJÆ.
Pastor
quum
fraheret
per
freta
navibus
Idæis
Helenen
perfidus
hospilan
s
Ingrato
celeres
obruit
otio
Ventos,
ut
caneret
fera
Nereus
fata.
«
Mala
ducis
avi
domum,
Quam
multo
repetet
Græcia
milite
Conjurata
tuas
rumpere
nuptias,
Etregnum
Priami
vetus.
Eheu
,
quantus
equis,
quantus
adest
viris
Sudor!
quanta
moves
funera
Dardanæ
Gentil!
Jam
galeam
Pallas
et
æpida
Currusque
et
rabiem
parat.
Nequidquam,
Veneris
præsidio
ferox
,
Pectes
cæsariem
,
grataque
feminis
Imbelli
cithara
carmina
divides
Nequidquam
thalamo
graves
Hastas
,
et
calami
spicula
Gnossii
Vitabis
,
strepitumque,
et
celerem
sequi
Ajacem;
tamen
,
heu!
serus
adulieros
Crines
pulvere
collines.
Non
Laertiaden
,
exitium
tuæ
Gentis;
non
Pylium
Nestora
respicis?
Urgent
impavidi
te
Salaminius
9
WI
10
HORACE.
fléau
de
ta
patrie?
Ne
vois-tu
pas
Nestor
qui
te
presse,
et
l'intrépide
Teucer,
et
Sthénélus,
aussi
brave
qu'habile
à
diriger
un
char?
Tu
connaîtras
aussi
Mérion.
Mais
voici
le
fils
de
Tydée,
plus
terrible
encore
que
son
père,
qui
brüle
de
t’attemdre!
Et
toi,
comme
le
cerf
ou-
blie
le
pâturage
pour
fuir
le
loup
qu'il
aperçoit
au
Join
dans
le
vallon,
tu
fuis
haletant,
éperdu.
Est-ce
là
ce
que
tu
avais
promis
à
ton
Hé-
lène
?
»
La
colère
d'Achille
reculera
le
jour
fatal
à
Mion
et
aux
Troyennes.:
mais
les
temps
sont
marqués
;
encore
quelques
hivers,
et
le
feu
des
Grecs
dévorera
les
palais
de
Pergame,
»
ODE
XVI.
PALINODIE.
O
toi,
d'une
mère
si
belle,
fille
plus
belle
encore
,
je
t'abandonne
mes
coupables
iambes
:
ordonne,
et
qu'ils
.soient
consumés
par
la
flamme,
ou
enseyelis
dans
les
flots.
Non,
Cybèle,
non,
dans
leurs
sanctuaires
,
|
Bacchus
et
Apollon
n’agitent
pas
le
cœur
du
prêtre
mspiré,
comme
la
sombre
colère;
elle
secoue
l'âme,
telle
que
les
coups
redoublés
du
Teucer
;
te
Sthenelus
sciens
Pugnæ,
sive
opus
est
imperitare
equis,
Non
auriga
piger.
Merionen
quoque
Nosces.
Ecce
furit
te
reperire
atrox
Tydides,
melior
patre
:
Quem
tu,
cervus
uti
vallis
in
altera
Visum
parte
lupum
graminis
immemor,
Sublini
fugies
mollis
anhelitu
:
Non
hoc
pollicitus
tuæ.
Iracunda
diem
proferet
Kio
Matronisque
Phrygum
classis
Achillei
:
Post
certas
hiemes
uret
Achaicus
Ignis
Pergameas
domos.
CARMEN
XVI.
PALINODIA.
O
matre
pulera
filia
pulerior,
Quem
criminosis
cunque
voles
modum
Pones
iambis
;
sive
flamma
:
Sive
mari
libet
Hadriano.
Non
Dindymene
,
non
adytis
qualit
Mentem
sacerdotum
incola
Pythius,
Non
Liber
æque,
non
acnta
Sic
geminant
Corybantes
æra
$
Tristes
ut
iræ
:
quas
neque
Norieus
corybante
sur
l’airain
sonore
:
rien
ne
l'inu
mide,
ni
le
fer,
ni
la
flamme,
ni
la
mer
féconde
en
naufrages,
ni
Jupiter
lui-même
avec
les
ter-
ribles
éclats
de
son
tonnerre.
On
dit
que
Pro-
méthée
,
forcé
d'ajouter
au
limon
primitif
une
parcelle
de
chacun
des
animaux
,
mit
dans
notre
sein
l'aveugle
furie
du
lion.
La
colère
préci-
pita
Thyeste
dans
un
abime
de
malheurs:
c'est
par
elle
que
tant
de
villes
superbes
ont
péri,
et
que
le
vainqueur
fit
passer
sur
leurs
murs
le
soc
insolent
de
la
charrue.
Apaise
ton
âme
irritée
:
moi
aussi,
au
temps
heureux
de
la
jeunesse,
je
connus
cette
fièvre,
et
je
fus
entraîné
dans
mon
délire
à
de
san-
glants
iambes.
Aujourd'hui
je
veux
faire
succé-
der
la
paix
à
la
guerre
:
ces
vers
injurieux,
je
les
rétracte;
mais
rends-moi
ton
cœur,
et
re-
deviens
mon
amie,
ODE
XVITF.
A
TYNDARIS.
Souvent
le
léger
Faune
abandonne
le
mont
Lycée
pour
le
riant
séjour
de
Eucrétile;
ïl
vient
défendre
mes
chèvres
des
vents
pluvieux
et
des
ardeurs
de
l'été.
La
compagne
vaga-
e
Deterret
ensis,
nec
mare
naufragum,
Nec
sœvus
ignis,,
nec
tremendo
Jupiter
ipse
ruens
tumuliu.
Fertur
Prometheus
,
addere
principi
Limo
coactus
particulam
undique
Desectam,
et
insani
leonis
…
Vim
stomacho
apposuisse
nostro.
Iræ
Thyesten
exitio
pravi
Stravere,
et
altis
urbibus
ulümæ
Stetere
causæ
,
cur
perirent
Funditus
,
imprimeretque
muris
-
Hostile
aratrum
exercitus
insolens.
Gompesce
mentem
:
me
quoque
pectoris
Tentavit
in
dulei
juventa
Fervor,
et
in
celeres
iambos
Misit
furentem
:
nunc
ego
mitibus
Mutare
quæro
tristia,
dum
mihi
Fias
recantatis
amica
Opprobriis,
animumque
reddas.
CARMEN
XVI.
AD
TYNDARIDEM.
Velox
amϾnum
sæpe
Lucretilem
Mutat
Lycæo
Faunus,
et
igneam
Defendit
æstatem
capellis.
Usque
meis
pluviosque
ventos.
ODES.
ODE.
XXXII.
À
SA
LYRE.
Écoute...
si
jamais,
dans
mes
loisirs,
j'ai
joué
avec
toi
sous
l'ombrage,
fais
entendre,
ô
ma
lyre,
un
chant
romain
qui
vive
plus
d’un
jour
!
Tes
cordes
ont
frémi
d’abord
sous
les
doigts
d’Alcée
;
dans
les
camps,
au
milieu
des
armes,
sur
son
vaisseau
battu
par
la
tempête,
il
chantait
Bacchus
et
les
Muses,
Vénus
et
l’en-
fant
qui
l'accompagnetoujours,
Lycus
aux
yeux
noirs
et
à
la
noire
chevelure.
O
lyre,
gloire
d'Apollon,
toi,
dont
la
douce
harmonie
charme
les
banquets
de
Jupiter
et
les
douleurs
de
homme,
réponds
à
ma
voix
pieuse
qui
t’ap-
pelle!
ODE
XXXHI.
À
TIBULLE.
Ne
sois
pas
si
triste,
Albius,
au
souvenir
des
rigueurs
de
Glycère.
Faut-il
Soupirer
d’éter-
nelles
élégies,
parce
qu'un
plus
jeune
t'a
éclipsé
aux
yeux
de
l'infidèle?
La
charmante
Eycoris
brûle
pour
Cyrus;
Cyrus
l'évite
et
penche
vers
Pholoé
quile
repousse;
on
verra
plutôt
la
che-
CARMEN
XXXII.
AD
LYRAM.
Poscimur
:
si
quid
vacui
sub
umbra
Lusimus
tecum,
quod
et
hune
in
annum
Vivat,
et
plures,
age,
die
latinum
:
Barbite,
cormen,
Lesbio
primum
modulate
civi
—
Qui
ferox
bello,
tamen
inter
arma
,
Sive
jactatam
religarat
udo
Litiore
navim,
-
Liberum
et
Musas,
Veneremque,
et
illi
Semper
hærentem
puerum
canebat,
Et
Lycum
,
nigris
oculis
nigroque
Crine
decorum.,
0
decus
Phœbi,
et
dapibns
supremi
Grata
lestudo
Jovis,
o
laborum
Dulce
lenimen,
mihi
cunque
salve_
Rite
vocanti.
CARMEN
XXXHII.
AD
ALBIUM
TIBULLUM.
AÏbi
,
ne
doleas
plus
nimio,
memor
Immitis
Glyceræ,
neu
miserabiles
Decantes
elegos
,
cur
tibi
junior
Læsa
præniteat
fide.
Insignem
tenui
fronte
Lycorida
Gyri
torret
amor
»
Gyrus
in
asperam
17
vre
unie
au
loup
que
Pholoé
à
cet
indigne
amant.
Vénus,
dans
ses
jeux
cruels,
se
plait
à
retenir
sous
un
joug
d’airain
les
cœurs
et
les
esprits
les
plus
divers.
Ainsi,
quand
on
m’of-
frait
un
amour
digne
de
moi,
je
chérissais
les
chaines
de
l’affranchie
Mvyrtale
,
plus
irritable
que
les
flots
de
l'Adriatique
creusant
les
golfes
de
la
Calabre.
ODE
XXXIY.
PALINODIE,
Égaré
dans
les
voies
d’une
folle
sagesse,
je
népligeais
les
dieux
et
j'évitais
leurs
autels
:
au-
jourd’hui
forcé
de
tourner
ma
voile,
jereprents
la
route
que
j'avais
abandonnée.
Car
j'ai
vu
Ju-
piter,
dont
les
feux
n’étincellent
jamais
qu'à
tra-
vers
les
nuages,
pousser
dans
un
ciel
pur
son
char
aïlé
et
ses
coursiers
tonnants.
La
masse
de
la
terre,
les
fleuves
errants,
le
Styx,
l’horrible
séjour
de
l’odieux
Ténare
,
l’Atlas
qui
borne
le
monde,
én
ont
tressailli.
Les
dieux
élèvent
ce
qui
rampe,
abaissent
ce
qui
s'élève,
changent
l'obscurité
en
gloire
:
voyez
la
Fortune
arracher
avec
un
Cri
terrible
cette
couronne
qu'elle
va
poser
en
se
jouant
sur
une
autre
tête.
Peclinat
Pholoen
;
sed
prius
Appulis
Jungentur
capreæ
lupis,
Quam
turpi
Pholoe
peccet
adultero.
Sic
visum
Veneri
:
cui
placet
impares
Formas
atque
animos
sub
juga
ahenea
Sævo
mittere
cum
joco.
Ipsum
me
melior
quum
peteret
Venus
Grata
detinuit
compede
Myrtale
Libertina,
fretis
acrior
Hadriæ
Curvantis
Galabros
sinus.
?
CARMEN
XXXIV.
Parcus
Deorum
cultor
et
infrequens
,
Jnsanientis
dum
sapientiæ
Gonsultus
erro,
nunc
retrorsum
Vela
dare
,
atque
iterare
cursus
Cogor
relictos
:
namque
Diespiler
Igni
corusco
nubila
dividens
Plerumque,
per
purum
tonantes
Egit
equos
volucremque
CUrrUM,
Quo
bruta
tellus,
et
vaga
flumina,
Quo
Styx,
et
invisi
borrida
Tænari
Sedes,
Atlanteusque
finis
Concutitur.
Valet
ima
summis
Mutare
,
et
insignem
attenuat
Deus
,
Obscura
promens
:
hine
apicem
rapaz
Fortuna
cum
stridere
acuto
Sustulit,
hie
posuisse
gaudet,
56
:
3
48
ODE
XXXV.
A
LA
FORTUNE.
(à)
doc
qui
aimes
et
protéges
Antium,
toi
dont
la
main
peut
élever
sur
le
trône
le
dernier
des
mortels,
ou
changer
en
funérailles
d’or-
gueilleux
triomphes
,
c’est
toi
que
le
pauvre
la-
boureur
assiége
de
ses
vœux
inquiets
;
toi,
sou-
veraine
des
mers,
qu'implore
le
matelot
quiose
défier
l'abîme
;
toi
que
redoutent
et
le
Dace
in-
dompté,
et
le
Scythe
nomade,
et
les
villes
,
et
le$
peuples
,
et
le
fier
habitant
du
Latium,
et
les
mères
des
rois
barbares,
et
les
tyrans
sous
la
pourpre
:
ils
tremblent
que
ton
pied
dédaigneux
ne
fasse
écrouler
l'édifice
de
leur
grandeur,
qu'un
peuple
révolté
ne
coure
aux
armes,
n'appelle
aux
armes
les
citoyens
trop
long-
temps
paisibles
,
et
ne
brise
leur
pouvoir.
Devant
toi
marche
l'inexorable
Nécessité,
dont
les
mains
de
bronze
portent
les
énormes
clous
,
les
coins
de
la
torture,
le
croc
terrible
et
le
Blob
fondu.
L'Espérance
te
suit
;
et,
COu-
verte
d’un
voile
blanc,
la
Fidélité
si
rare
ose
t'accompagner
lorsque,
_dans
ta
colère,
tu
dé-
sertes
sous
des
vêtements
funèbres
le
seuil
des
puissants.
Mais
la
courtisane
parjure
etle
vul-
gare
infidèle
se
retirent,
les
faux
amis
s’écou-
GARMEN
XXXV,
AD
FORTUNAM.
O
Diva,
gratum
queæ
regis
Antium,
Præsens
vel
imo
tollere
de
gradu
Mortale
corpus
,
vel
superbos
Vertere
funeribus
triumphos
:
Te
pauper
ambit
sollicita
prece
Ruris
colonus;
te
dominam
æquoris,
Daue
Bithyna
lacessit
Carpathium
pelagus
carina.
Te
Dacus
asper,
te
profugi
Scythæ.
:
Urbesque
,
gentesque,
et
Latium
ferox,
Repumque
matres
barbarorun,
et
Purpurei
metuunt
{yranni,
Injurioso
ne
pede
proruas
Stantem
columnam
,
neu
populus
frequens
Ad
arma
be
ad
arma
Goncitet
,
imperiumque
frangat.
Te
semper
anteit
sæva
Necessitas,
Clavos
trabales
et
cuneos
manu
Gestans
2hena;
nec
severus
Uncus
abest,
liquidumque
plumbum.
Te
Spes
et
albo
rara
Fides
colit
Velata
panno
:
nec
comitem
abnegat,
Utcunque
mutata
potentes
Veste
domos
inimica
linquis.
At
vulgus
infidum
et
meretrix
retro
HORACE.
lent,
quand
les
tonneaux
sont
vidés
jusqu'à
la
lie,
et
ils
se
gardent
bien
de
partager
le
joug
du
malheur.
César
va
marcher
contre
les
Bretons
,
aux
extrémités
du
monde;
veille
sur
lui,
veille
sur
ce
jeune
essaim
de
guerriers
qui
doit
faire
trembler
Orient
et
la
Mer
Rouge.
Hélas
!
nous
voudrions
cacher
le
sang
de
nos
frères
et
nos
honteuses
blessures!
O
siècle
de
fer!
devant
quel
crime
as-tu
reculé
?
que
n’a
pas
violé
ta
fu-
reur
impie?
De
quel
sacrilége
la
crainte
des
dieux
a-t-elle
détourné
la
main
des
soldats?
Quel
autelont-ils
épargné?
O
Fortune,
retrempe
nos
plaives
émoussés,
mais
qu'ils
se
tournent
contre
les
Parthes
et
les
Arabes.
ODE
XXXVI,
SUR
LE
RETOUR
DE
NUMIDA.
Je
veux
offrir
de
l’encens-et
des
vers,
je
veux
immoler
la
victime
promise
aux
dieux
protec-
teurs
de
Numida.
Il
est
revenu
sain
et
sauf
du
fond
de
l'Hespérie;
le
voilà
qui
prodigue
ses
embrassements
à
ses
amis,
et
surtout
àson
cher
Lamia
:
il
n’oublie
pas
qu'ils
ont
passé
leur
en-
fance
sous
un
même
souverneur,
et
qu'ils
ont
pris
ensemble
la
robe
virile.
Perjura
cedit
:
diffugiunt
cadis
Cum
face
siccatis
amici
Ferre
jugum
pariter
dolosi.
Serves
iturum
Gæsarem
in
ultimos
Orbis
Britannos
,
et
juvenum
recens
Examen
Eois
timendum
Partibus,
Oceanoque
rubro.
Eheu
.
et
sceleris
pudet
:
Fratrumque
!
Quid
nos,
dura,
refugimus
as
?
quid
na
D
Liquimus?
unde
manum
juventus
Metu
Deorum
continuit?
quibus
Pepercit
aris?
O
utinam
nova
Incude
diffinpas
retusumin
Massagetas
Arabasque
ferrumi
CARMEN
XXXVL.
AD
PLOTIOM
NUMIDAM.
Et
ture
et
fidibus
juvat
Piacare
et
vituli
sanguine
debito
Custodes
Numidæ
Deos,
Qui
nunc,
Hesperia
sospes
die
ultma
Cane
multa
sodalibus
.
:
Nulli
plura
tamen,,
dividit-oscula
Quam
dulei
e
-
memoôr
Aclæ
non
alio-rege
puertiæ,
Mutatæque
simul
topæ.
2)
ODES.
19
.
Marquons
ce
jour
parmi
les
jours
heureux
;
qu'on
n'épargne
pas
les
amphores
;
comme
des
Saliens
,
ne
laissons
point
de
repos
à
nos
pieds.
Avec
sa
coupe
de
Thrace,
que
l’intrépide
Dama-
lis
défie
Bassus,
et
que
Bassus
lui
tienne
téte.
Des
roses,
de
l’ache
toujours
verte,
des
lis
éphémères
!
Tous
les
regards
humides
de
vo-
lupté
reposent
sur
Damalis
;
ses
bras
S’entrela-
cent
autour
de
Numida
plus
étroitement
que
le
lierre
amoureux
;
rien
ne
pourrait
l'en
séparer.
ODE
XXX
VII.
À
SES
AMIS,
retombe
dans
une
réalité
pleine
de
ierreurs
;
elle
fuit,
elle
vole
loin
de
Plialie,
et
César
la
presse
sur
Îes
mers
comme
lépervier
une
fai-
ble
colombe,
ou
comme
le
rapide
chasseur
un
lièvre
à
travers
les
neiges dela
Thessalie
:
César
veut
enchainer
ce
monstre
fatal.
Mais,
jalouse
d’une
plus
noble
fin,
elle
voitle
glaive
sans
pâlir;
elle
ne
gagne
point
à
force
de
voiles
un
rivage
inconnu:
le
front
serein
;
elle
ose
visiter
son
palais
en
deuil
;
elle
ose
ma-
nier
d’affreux
reptiles,
et
en
faire
couler
le
noir
poison
dans
ses
veines
;
plus
fière
que
jamais
de
mourir
libre,
reine
détrônée
et
toujours
su-
perbe,
elle
défie
nos
vaisseaux
de
l'emmener
pour
lorgueilleux
triomphe
qui
se
prépare.
ODE
XXXVIII.
À
SON
ESCLAVE,
Esclave,
je
hais
les
apprêts
fastueux
des
Per-
éure
ses
;
les
courorines
enjacées
de
1illeul
me
déplai-
espérances
et
l'enivrement
de
sa
fortune,
avec
sent;
épargné-toi
de
chercher
où
se
trouve
en-
un
infâme
troupeau
d'esclaves
flétris
et
mutil
és,
|
Core
la
rose
tardive,
et
que
ton
zèle
inutile
rêvait
follement
la
chute
du
Capitole
et
les
fu-
_n'ajoute
rien
au
simple
myrte.
Le
myrte
sied
nérailles
delem
ire,
Rêve
détruitavec
sa
flotte!
bien
à
ton
front
quand
tu
remplis
ma
coupe,
Elle
voit
à
peine
un
seul
de
ses
vaisseaux
échap-
|
et
au
mien,
quand
je
bois
sous
l'ombrage
épais
per
aux
flammes;
son
âme,
exallée
par
le
vin,
|
de
ma
treille.
C'est
maintenant
qu'il
faut
boire,
amis
;
maintenant
qu'il
faut
d'un
pied
joyeux
frapper
la
terre,
maintenant
qu'il
faut
couvrir
de
mets
.
Splendides
les
tables
consacrées
aux
dieux.
Na-
guère
on
n'osoil
lirer
le
vieux
Cécube
du
cellier
paternel,
quand
une
reine,
dans
le
délire
de
ses
Cressa
ne
careat
pulcra
dies
nota
:
|
Neu
promtæ
modus
amphoræ,
|
Neu
morem
in
Salium
sit
requies
pedum
:
Neu
multi
Damalis
meri
Bassum
Threicia
vincat
amystide
::
Neu
desint
epulis
rosæ,
Neu
visax
apium
,
neu
breve
lilium.
Onines
in
Damalin
putres
Deponent
oculos:
nee
Damaïis
novo
Divelletur
adultero,
Laseivis
hederis
ambitiosior.
Gæsar,
ab
Italia
solantem
Bemis
adurgens
;
accipiter
velut
Molles
columbas,
aut
leporem
citus
-Venator
in
campis
nivalis
Hæmoniæ
;
daret
ut
catenis
Fatale
MOonstrum
:
quæ
generosius
Perire
quærens
,
nec
muliebriter
Expavit
ensem
,
nec
latentes
Classe
cita
reparavit
oras.
Ausa
et
jacentem
viscre
QUARU
Vultu
sereno
,
fortis
et
asperas
CARMEN
XXXVIE.
Traclare
serpentes
,
ut
atrtum
AD
SODALES.
Gorpore
combiberet
renenum
;
Deliberata
morte
ferocior
;
Sœvis
Liburnis
scilicet
invidens
Privata
deducisuperbo
Nor
bumilismulier
triumpho.
Nunc
est
bibendum
,
nune
pede
libero
Pulsanda
tellus
;
nune
Saliaribus
>
Ornare
pulvinar
Deorum
Tempus
erat
dapibus,
Sodates.
Antehac
nefas
depromere
Cæcubuin
CARMEN
XXXVIH.
Gellis
avitis,
duim
Capitolio
Re
ee
AD
PUERCNM.
Regina
dementes
ruinas,
Funus
et
Tmperio
parabat
:
Persicos
odi
,
puer,
adparatus
;
Gontaminato
cum
grese
turpium
Displicent
nexæ
philyra
Coronæ
;
Morbo
virorum
,
quidlibet
impotens
Sperare,
fortunaque
dulci
Ebria
:
sed
minuit
furorem
Mitte
sectari,
rosa
quo
locorum
Sera
moretur.
Simplici
myrto
nihil
adlabores
Vix
una
sospes
navis
ab
ignibus:
Sedulus
curæ
;
neque
Le
ministrum
Mentemque
Iymphataim
Mareotico
Dedecet
myrtus,
neque
ine
sub
arta
Redegit
in
verostimores
Vite
bibentem.
8
RE
EU
RE
20
HORACE.
SOCHOSO000000000090999088000000060006098889888
LIVRE
DEUXIÈME.
ODE
i.
À
POLLION,
Tu
veux
raconter
les
troubles
civils
que
vit
naître
le
consulat
de
Métellus.,
les
causes,
les
ue
les
vicissitudes
de
la
guerre,
les
Poux.
de.
Ja
Fortune,
les
funestes
amitiés
des
che.
nos
armes
teintes
d’un
sang
qui
n'est
pas
encore
expié
:
périlleux
sujets,
où
tu
mar-
|
ches
sur
des
feux
recouverts
d'une
cendre
trompeuse
|
Que
ta
sombre
Melpomène
se
{aise
un
mo-
ment
sur
nos
théâtres
;
et,
quand
tu
auras
tracé
le
tableau
des
malheurs
publics,
reprends
avec
le
cothurne
athénien
tes
chants
sublimes,
Ô
Pollion
!
noble
appui
de
l'accusé
en
deuil,
oracle
du
sénat,
toi
que
la
Dalmatie
vaincue
a
cou-
ronné
d’un
immortel
laurier.
CARMEN
L..
AD
ASINIOM
POLLIONENT.
=
Motum
ex
Metello
coule
civicum.,
Bellique
causas,
et
vitia
et
modos
Ludumque
Kortané
our.
Principum
amicitias
,
et
arma
Nondum
expiatis
uncta
cruoribus,
Periculosæ
plenum
opus
aleæ,
Tractas,
et
incedis
per
ignes
Suppositos
cineri
doloso:
Paullum
severæ
Musa
tragædiæ
Desit
theatris
:
mox,
ubi
publicas
Res
ordinaris,
grande
munus
Gecropio
repetes
cothurno,
Insigne
mæstis
præsidium
reis,
Et
consulenti
Pollio
curiæ,
Gui
laurus
æternos
honores
Dalmatico
peperit
triumpho.
Déjà
mes
oreilles
frémissent
du
son
mena-
çant
de
la
trompette;
déjà
les
clairons
réson-
nent
;
déjà
l'éclat
des
armes
effraie
le
coursier
qui
veut
fuir,
et
fait
par
le
cavalier.
J'entends
la
voix
de
ces
srands
capitaines,
souillés
d’une
glorieuse
poussière
;
je
vois
tout
l'univers
sou-
mis
,
excepté
l’âme
imflexible
de
Caton.
Junon
et
tous
les
dieux
amis
de
PAfrique,
qui
étaient
sortis
impuissants
de
leur
terre
non
vengée,
y
ont
ramené
les
petits-fils
des
vain-
queurs
pour
les
immoler
aux
mânes
de
J
ugur-
tha,
Quelle
plaine
,
engraissée
du
sang
romain,
n'atieste,
par
ses
tombeaux,
nos
guerres
im-
pies,
et
la
ruine
de
l’Oceident
qui
a
retenti
jusque
chez
les
Mèdes
?
Quel
abîme,
quel
fleuve,
ignorent
nos
lugubres
combats?
Quelle
mer
n’a
pas
été
rougie
de
notre
sang
?
Quelle
terre
ne
s’en
est
pas
abreuvée?
-
Jam
nunc
minaci
murmure
cornuum
Perstringis
aures
:
jam
litui
strepunt
:
Jam
fulgor
armorum
fugaces
Terret
equos
equitumque
vultus.
Audire
magnos
jam
videor
duces
Non
indecoro
pulyere
sordidos
,…
Et
cuncta
terrarum
subacta
Præter
atrocem-animum
Catonis.
Juno
et
Deorum
quisquis
amicior
Afris
inulla
cesseratimpotens
…
Tellure
,
victorum
nepotes
Rettulit
inferias
Jugurthæ.
Quis
non
Latino
sanguine
pinguior
Campus
sepulcris
impia
prælia
Testatur,
auditumque
Medis
Hesperiæ
sonitum
ruinæ?
Qui
gurges,
aut
quæ
flumina
lugubris
Ignara
belli
?
quod
mare
Dauniæ
Non
decoloravere
cædes
?
Quæ
caret
ora
cruore
nostro?
ODES.
21
Mais
où
vas-tu,
Muse
téméraire?
Ne
quitte
pas
les
jeux
pour
les
bymnes
funèbres
du
vieil-
lard
de
Céos;
viens
avec
moi,
sous
une
grotte
voluptueuse,
essayer
de
plus
doux
accords.
ODE
I.
À
SALLUSTE.
Cher
Salluste,
ennemi
des
trésors
enfouis
dans
une
terre
avare,
tu
le
sais,
l'argent
n’a
par
lui-même
aucun
éclat
:
un
sage
emploi
en
fait
tout
le
prix.
L'avenir
saura
que
Proculéius
eut
pour
ses
frères
un
cœur
paternel;
son
nom
vivra
d'âge
en
âge,
et
la
Renommée
le
portera
sur
son
aile
infatisable.
Commande
à
tes
désirs,
et
ton
empire
sera
plus
vaste
que
si
tu
joignois
la
Libye
au
rivage
lointain
de
Gadès,
que
si
les
deux
Carthages
étaient
soumises
à
tes
lois.
Cruel
à
lui-même,
lhydropique
irrite
son
mal
en
le
flattant;
la
soif
le
dévore
tant
qu
il
en
nourrit
le
principe
ES
dans
ses
veines,
et
que
l'humeur
BONNE
son
Corps
languissant
ét
pâle.
.
Phraate
est
remonté
sur
le
trône
de
Cyrus;
mais
la
vertu,
qui
dément
la
foule,
le
retranche
dunombre
des
heureux
:
elle
réforme
lelangage
Sed
ne
,
relictis,
us:
procax
>
Jocis
;
Ceæ
a
Hu
nœnix
?
Mecum
Dionæo
sub
antro
CARMEN
HE.
AD
CRISPUM
SALLUSTIUM.
Nullus
argento
color
estavaris
Abdito
terris,
inimice
lamnæ,
Grispe
Sallueti
>
Disi
temperato
Splendeat
usu.
Vivet
extento
Proculeius
ævo
Notus
in
fratres
animi
paterni
:
Ilum
aget
penna
metuente
solvi
Fama
superstes.
Latius
regnes
ayidum
domando.
Spiritum
,
quam
si
Libyam
remotis
Gadibus
jungas,,
et
uterque
Pœnus
Serviat
uni.
Grescit
indulgens
sibi
dirus
Lydrops,
Nec
sitim
pellit,
nisi
causa
morbi
Fugerit
venis,
et
aquosus
albo
Corpoie
languor.
Redditum
Gyri
solio
Phraaten
Dissidens
plebi
numero
beatorum
Eximit
Virtus,
populumque
falsis
Dedocet
uti
menteur
du
vulgaire;
elle
assure
fe
sceptre,
le
diadème
et la
vraie
gloire
à
celui-là
seul
qui
voit
d’un
ceil
impassible
des
monceaux
d’or.
ODE
NT.
A
DELLIUS,
Souviens-toi
de
conserver
dans
les
revers
une
àme
toujours
égale,
et,
dans
la
prospérité
,
ne
t’enivre
pas
d’un
fol
orgueil,
à
Dellius
!
Tu
dois
mourir,
que
ta
vie
se
soit
écoulée
dans
la
tristesse,
ou
que,
les
jours
de
fête,
couché
à
écart
sur
le
gazon,
tu
aies
trouvé
le
bonheur
au
fond
d’une
coupe
de
vieux
Falerne.
Où
le
pin
élancé
et
le
pâle
peuplier
aiment
à
marier
leur
ombre
hospitalière
;
où
l'onde
fugi-
tive,
pressée
dans
un
lit
sinueux,
s’échappe
avec
un
doux
murmure,
fais
apporter
le
vin,
les
parfums,
les
roses
si
tôt
flétries,
tandis
que
{a
fortune,
ton
âge
et
le
noir
fuseau
des
trois
Sœurs
le
permettent
encore,
-
Il
faudra
quitter
ces
parcs
immenses,
Ce
pa-
laïs
,
Cette
maison
de
campagne
que
baignent
les
eaux
dorées
du
Tibre
;
il
faudra
les
quitter,
et
ces
richesses
accumulées
seront
la
proie
d’un
héritier.
Riche
ou
pauvre,
et
sans
autre
abri
Vocibus
;
regnum
et
diadema
tutum
Deferens
uni
propriamque
laurum,
Quisquis
ingentes
oculo
irretorto
sue
acer
vos.
CARMEN
ire
AD
0.
DELLIUM.
IEquam
memento
rebus
in
arduis
Servare
mentem
,
non
secus
in
bonis
Ab
insolenti
temperatam
Lætitia,
moriture
Delli,
Seu
mæstus
omni
tempore
vixeris,
Seu
te
in
remoto
gramine
per
dies
Festos
reclinatum
bearis
Interiore
nota
Falerni.
Qua
pinusingens
albaque
populus
Umbram
hespitalem
consociare
amant
Ramis,
et
obliquo
laborat
Lympha
fupax
trepidare
rivo,
Huc
vina,
et
unguenta,
et
nimium
brevis
Flores
amænos
ferre
jube
rosæ,
Dum
res
et
ætas
et
Sororum
Fila
trium
patiuntur
atra,
Cedes
coemtis
saltibus
et
domo,
Villaque
,
flavus
quam
Tiberis
lavit;
Cedes
,
et
exstructis
in
altum
:
Divitiis
polietur
hæres.
20
2
que
le
ciel
;
issu
de
l'antique
Inachus,
ou
du
dernier
des
citoyens,
peu
importe
|
victimes
dé-
vouges
à
l'inexorable
Pluton,
la
Mort
nous
chasse
tous
vers
le
même
abîme
:
le
sort
de
tous
est
agité
dans
son
urne;
tôt
ou
tard
il
doit
en
sortir,
et
nous
embarquer
pour
l'éter-
nel
exil.
=
ODE
IV.
À
XANTHIAS.
Ne
rougis
pas
d'aimer
ton
esclave
,
Ô
Xan-
thias!
on
a
vu
la
blanche
Briséis
toucher
le
cœur
de
linflexible
Achille
;
Tecmesse
,
la
cap-
tive
d’Ajax,
séduire
son
maître
par
sa
beauté
;
Atride
,
au
milieu
de
son
triomphe,
brûler
pour
une
vierge
prisonnière,
quand
les
bataillons
barbares
furent
tombés
sous
les
coups
victo-
rieux
d'Achille,
et
que
le
trépas
d’ffector
eut
rendu
plus
facile
aux
Grecs
fatigués
la
ruine
d’Ilion.
Sais-tu
si
la
blonde
Phyllis
n’a
pas
de
nobles
parents
qui
seraient
l'orgueil
de
leur
gendre?
Sans
doute,
elle
pleure
une
naissance
royale
et
la
rigueur
de
ses
dieux.
Non,
celle
que
tu
aimes
n’est
pas
d'un
sang
avili
:
si
fidèle,
si
Divesne
prisco
natus
ab
Inacho,
Nilinterest,
an
pauperet
infima
De
gente
sub
divo
moreris,
Victima
nil
miserantis
Orci.
Omnes
eodem
cogimur
:
omniun
Versatur
urna
serius
ocius
Sors
exitura,
et
nos
in
æternum
Exsilium
impositura
cÿmbæ.
-
CARMEN
1.
AD
XANTHIAM
PHOCEUM.
Ne
sit
ancille
tibi
amor
pudori,
Xanthia
Phoceu
!
Prius
insolentem
Serva
Briseis
niveo
colore
Movit
Achillem
:
Movit
À
jacem
Telamone
natum
Forma
captivæ
dominum
Tecmessæ
:
Arsit
Atrides
medioin
triumpho
Virgine
rap{a,
Barbaræ
postquam
cecidere
turmæ
Thessalo
victore,
et
ademtus
Hector
Tradidit
fessis
leviora
{olli
Pergama
Graïis.
Nescias,
an
te
generum
beat:
Phyllidis
flavæ
decorent
parents
:
Repium
certe
genuset
Penates
Moæret
iniquos.
Crede
non
illam
tib1
de-scelesta
HORACE.
|
désintéressée,
elle
n'a
pu
naître
d’une
mère
|
dont
elle
aurait
à
rougir.
Si
je
loue
ses
bras,
son
visage
et
sa
jambe
|
faite
au
tour,
mon
cœur
n'yest
pour
rien;
ne
va
pas
soupçonner
un
ami
dont
le
Temps
s’est
hâté
de
clore
le
huitième
lustre.
ODE
V.
-
À
UN
AMI.
‘Fa
génisse
n’est
pas
encore
en
état
de
plover
sa
tête
sous
le
joug,
de
partager
les
travaux
d’une
compagne,
et
de
soutenir
le
choc
amou-
reux
du
taureau.
Sa
pensée
ne
dépasse
point
le
vert
pâturage
;
tout
son
bonheur
est
de
sou-
lager
dans
les
eaux
du
fleuve
la
chaleur
qui
laccable,
et
de
jouer
sous
les
saules
humides
avec
les
enfants
du
troupeau.
Ne
cueille
pas
là
grappe
encore
verte;
at-
tends
,
l’automne
va
la
mürir
et
nuancer
le
noir
raisin
de
sa
couleur
de
pourpre.
Bientôt
Lalagée
te
cherchera
d'elle-même,
car
le
Temps
court
malgré
nous
et
lui
apporte
les
années
qu’il
te
ravit
dans
sa
fuite.
Bientôt,
d’un
œil
moins
timide,
elle
provoquera
l'amour,
plus
chérie
que
ne
le
furent
jamais
Chloris
et
la
Plebe
dilectam
;
neque
sic
fidelem.,
Sic
lucro
aversam
,
potuisse
nasci
Matre
pudenda.
Brachia
et
vultum
teretesque
suras
-
Integer
laudo
:
fupe
suspicari,
Gujus
octavumtrepidavit
ætas
=
Chaudere
lustruns.
CARMEN
V.
Nondum
subacta
ferre
jugum
valet
Cervice,
nondum
munia
comparis
=
Æquare,
nectauri
ruentis
In
Venerem
tolerare
pondus;
Girca
virentes
est
animus
tuæ
Campos
juvencæ
,
ounc
fluviis
pravem
Solantis
æstum,
nuncin
udo
Ludere
cum
vitulis
salieto
Prægestientis.
Tolle
cupidinem
Emmitis
uvæ
:
jam
tibi
lividos
Distinguet
Aucturnus
racemos
:
Purpuréo
varius
colore.
Jam
te
sequetur;
currit
enim
ferox
Ætas;
etili,
quos
tibi
démserit,
Adponet
annos
:
jam
proterva
Fronte
petet
Lalage
maritum
Pilecta,
quantum
non
Pholoe
fugax,
47
ODES.
2
coquette
Pholoé;
plus
blanche
que
les
purs
et
|
|
teaux
d’Aulon,
chers
à
Bacchus,
n’oht
rien
à
doux
rayons
de
la
lune
sur
le
miroir
des
eaux
;
|
envier
aux
raisins
de
Falerne.
plus
belle
que
le
beau
Gygès,
dont
la
cheve-
|
Viens
avec
moi;
ces
beaux
lieux
,
ces
beu-
Jure
flottante
et
les
traits
délicats,
au
milieu
|
reuses
collines
nous
appellent
:
à,
un
jour,
tu
d'un
chœur
de
jeunes
filles,
trompent
les
|
arroseras
de
larmes
la
cendre
chaude
encore
yeux
les
plus
clairvoyants.
du
poëte
qui
fut
ton
ami.
ODE
VI.
|
ODE
VIL
IME.
5
À
SEPTIME
A
POMPÉE.
‘Toi
qui
me
suivrais
aux
colonnes
d'Hercule,
|
chez
le
Cantabre
indocile
au
joug
des
Romains,
|
Sous
les
étendards
de
Brutus,
nous
avons
vu
au
milieu
des
Syrtes
barbares
où
bouillonne
|
Souvent
la
mort
de
bien
près,
cher
Pompée;
sans
cesse
l'onde
africaine,
cher
Septime,
|
mais
enfin
te
voilà
rendu,
citoyen
paisible,
au
fassent
les
dieux
que
F
ibur,
cette
colonie
|
foyer
de
tes
pères
et
au
beau
ciel
de
Fftalie.
d'Argos,
soit
l'asile
de
ma
vieillesse,
le
térmé
|
Que
de
fois,
ô
mon
premier
ami,
nous
avons
de
mes
fatigues,
et
sur
terre,
et
sur
mér,
et
|
trompé
l'ennui
d'un
long
jour,
la
coupe
en
dans
les
camps!
:
main,
les
cheveux
luisantdes
parfums
de
Syrie,
Si
les
Parques
ennemies
m'en
loignent,
et
la
tête
couronnée
de
fleurs
!
Nous
étions
en-
j'irai
sur
les
bords
du
Galèse,
fleuve
aimé
des
|
semble
à
Philippes;
et
je
l'avoue
à
ma
honte,
brebis
à
la
riche
toison;
j'irai
dans
les
cam-
|
Pour
mieux
fuir,
je
laissai
là
mon
bouclier,
pagnes
où
régnait
le
lacédémonien
Phalanthe.
|
quand
la
valeur
fut
écrasée,
etque
nos
braves
Aucun
lieu
|
au
monde
ne
me
sourit
comme
ce
|
eurent
mordu
la
poussière.
À
travers
les
enne-
coin
de
terre,
où
le
miel
ne
le
cède
pas
à
celni
|
Mis,
Mercure
m’enleva
tout
tremblant
dans
un
de
l'Hymette,
où
la
verte
olive
le
dispute
à
épais
nuage
;
el
toi,
ressaisi
par
le
flot
des
celle
de
Vénafre,
où
le
ciel
envoie
de
tièdes
hi-
|
guerres
civiles
,
tu
fus
entrainé
de
nouveau
sur
vers
et
un
long
printemps,
où
les
fertiles
co-
|
Une
Mer
orageuse.
Non
Chloris;
.
sic
.
nitens
s.
Ver
ubi
longum
tepidasque
præbet
Ut
pura
nocturno
renidet
=:
Jupiter
brumas;
et
amicus
Aulon
Fertili
Baccho
cRen
Falernis
-
Invidet
AVIS
Ille
te
mecum
locus
et
beatæ
Æ
Postulant
arces
:
ibi
tu.
calentem
Debita
sparges
lacrima
favillam
Vatis
amici.
Mire
sagaces
falleret-hospites
…
=.
Discrimen
obscürum
solutis
Crinibus
,
ambiguoque
vultu.
CARMEN
VE.
GARMEN
VIH.
AD
SEPTIMIUM.
:
EIUM.
Septimi,
Gades’aditure
mecum,
et
D
ONPLREM
Gantabrum
indoctum
juga
ferre
nostra,
et
Barbaras
Syrtes,
ubi
Maura
semper
Æstuat
unda
:
Fibur
,
Argeo
positum
colono,
Sit
meæ
sedes
utinam
senectæ
!
Sit
modus
lasso
mariset
viarum
Müälitiæque!
Ünde
si
Parcæ
prohibent
iniquæ,
Dulce
pelliiis
ovibus
Galæsi
Flumen
et
repnata
petam
Laconi
Rura
Phalantho.
Ille
terrarum
mihi
præter
omnes
Angulus
ridet,
ubi
non
Hymietto
Mella
decédunt,
viridique
certat
-Bacca
Venafro
;
O
sæpe
mecum
tempus
in
ultimum
Deducte,
Bruto
militiæ
duce,
Quis
te
redonavit
Quirilem
Dis
patriis
taloque
cælo,
Pompei
;
meorum
prime
sodalium
?
Cum
quo
morantem
sæpe
diem
mero
Fregi,
coronatus
nitentes
Malobathro
Syrio
capillos.
Tecum
Philippos
et
celerem
fugam
Senst,
relicta
non
bene
parmula
;
Quum
fracta
Virtus,
ét
minaces
Turpe
solum
tetigere
mento.
Sed
me
per
hostes
Mercurius
celer
Denso
paventem
sustulit
aere
:
=
2
Te
rursus
in
bellum
résorbens
_
mo
te
24
Immole
à
Jupiter
la
victime
que
tu
lui
dois,
et
viens
à
l'ombre
de
mon
laurier
te
reposer
de
tes
longues
campagnes
;
n'épargne
pas
le
Vin
qui
t'est
destiné,
bois
à
pleme
coupe
l'oubli
du
malheur.
Que
ces
larges
coquilles
te
versent
leurs
parfums
;
que
l’on
se
hâte
de
nous
tres-
ser
lache
humide
et
le
myrte;
que
Vénus
dé-
signe
le
roi
du
festin!
Je
veux
fêter
Bacchus
comme
un
Thrace
:
il
est
doux
de
s’oublier
un
moment,
quand
on
retrouve
un
ami,
ODE
VII.
À
BARINE.
Si
une
seule
fois,
Barine,
tu
avais
été
punie
de
tes
parjures
,
si
une
de
tes
dents
était
deve-
nue
noire,
un
de
tes
ongles
difforme,
je
te
croirais.
Mais
à
peine
as-tu
lié
par
un
serment
cette
tête
perfide,
tu
nous
parais
encore
plus
belle,
et
tous
les
jeunes
Romains
n’ont
des
yeux
que
pour
toi.
…
Barine
se
trouve
bien
de
tromper,
en
les
in-
Voquant,
et
les
cendres
de
sa
mère,
et
les
as-
tres
silencieux
de
la
nuit,
et
le
ciel,
et
les
dieux
éxempts
de
la
froide
mort.
Vénus
elle-
même
en
rit,
avec
les
RHRnReS
trop
faciles.
et
|
Unda
fretis
tulit
hu.
Ergo
obligatam
redde
Jovi
dapem,
Longaque
fessum
militia
latus
Depone
sub
lauru
mea,
nec
Parce
cadis
tibi
déstinatis.
Oblivioso
levia
Massico
Giboria
exple
;
funde
capacibus
Unguenta
de
conchis.
Quis
udo
Deproperare
apio
coronas,
Guratve
myrto?
quem
Venus
arbitrum
Dicet
bibendi
?
Non
ego
sanius
Bacchabor
Edonis
:
recepto
Dulce
mihi
furere
est
amico.
CARMEN
VIII.
AD
BARINEN.
Ulla
si
juris
tibi
pejerati
Pœnua
,
Barine,
nocuisset
unquam
;
Dent.
si
nigro
.
vel
uno
Turtes
unpui
;
Crederem.
Sed
tu
simul
obligasti
Perfidum
votis
caput
,
enitescis
Pulehrior
multo,
juvenumque
prodis
Publica
cura.
Expedit
matris
cineres
opertos
Fallere,
et
toto
taciturna
noctis
Signa
cum
cœlo,
gelidaque
Divos
Morte
carentes,
HORACE.
le
cruel
Amour,
qu
ne
cesse
d’aiguiser
ses
fle.
-ches
ardentes
sur
une
pierre
ensanglantée.
C’est
pour
toi
que
toute
la
jeunesse
grandit,
c'est
pour
te
donner
de
nouveaux
esclaves;
et
les
premiers,
en
dépit
de
mille
menaces,
ne
peuvent
fuir
le
palais
de
leur
perfide
souve-
raine.
C’est
toi
que
redoutent
pour
un
fils
et
la
mère
et
le
vieillard
économe.
Malheureuse
la
jeune
fille
nouvellement
mariée
!
elle
tremble
que
ton
souffle
ne
lui
enlève
son
époux.
ODE
IX.
À
VALGIUS,
Les
pluies
ne
désolent
pas
toujours
les
cam-
pagnes;
la
mer
Caspienne
n’est
pas
tourmen-
tée
par
d’éternelles
tempêtes
;
on
ne
voit
pas
toute
l’année
les
champs
d'Arménie
engourdis
sous
la
neige,
les
chênes
du
mont
Gargan
fati-
gués
par
l’aquilon,
et
lormeau
veuf
de
son
feuillage
:
et
toi
,
cher
Valgius,
tu
poursuis
de
tes
chants
plaintifs
lombre
de
Mystès;
tou-
jours,
que
l'étoile
du
soir
se
lève,
ou
qu’elle
fuie
le
char
rapide
du
soleil,
l'objet
de
ton
amour
est
devant
toi.
Maisle
vieux
Nestor
ne
pleura
point
toute
sa
Ridet
hoc,
inquam,
Venus
ipsa;
rident
Simplices
Nymphæ
,
ferus
et
Gupido,
Semper
ardentes
acuens
sagittas
Gote
crnenta,
Adde,
quod
pubes
tibi
crescit
omnis
Servitus
crescit
nova
;
nec
priores
Impiæ
tectum
dominæ
relinquunt
-Sæpe
minati.
Te
suis
matres
mefuunt
juvencis;
Te
senes
parci,
miseræque
nuper
Virgines
nuptæ,
tua
ne
retardet
Aura
maritos.
CARMEN
IX.
AD
VALGIUM.
Non
semper
imbres
nubibus
hispidos
Manant
in
agros
;
aut
mare
Caspium
Vexant
inæquales
procellæ
Usque;
nec
Armenüs
in
oris,
Amice
Valgi,
stat
olacies
iners
Menses
per
omnes
;
aut
Aquilonibus
Querceta
Gargani
laborant,
Et
foliis
viduantur
orni.
Tu
semperurges
flebilibus
modis
Mysten
ademtum
;
nec
tibi
Vespero
Surgente
decedunt
ameres,
Nec
rapidum
fugiente
Solem,
At
non
ter
ævo
functus
amabilem
=
F2
OBES.
vie
aimable
Antiloque;
et
le
jeune
Troïle
ne
coûta
des
larmes
éternelles
ni
à
sa
mère,
ni
à
ses
sœurs.
Mets
un
terme
à
des
regrets
sans
courage;
chantons
plutôt
les
nouveaux
tro-
phées
de
César
:
le
Niphate-indocile
et
le
fleuve
des
Mèdes,
ajoutés
à
nos
conquêtes,
roulent
des
flots
moins
superbes
;
et
le
Gélon
retient
son
coursier
dans
les
bornes
étroites
que
Rome
lui
prescrit.
ODE
x.
A
LICINIUS.
Pour
vivre
heureux
,
Licinius
,
n’affronte
pas
toujours
la
haute
mer,
ou,
dans
la
crainte
de
25
Une
âme
fortement
trempée
espère
dans
le
malheur,
et
craint
dans
la
prospérité
un
char-
gement
de
fortune.
Jupiter
chasse
les
sombres
-
hivers,
Jupiter
les
ramène.
Mal
aujourd'hui,
nous
serons
mieux
demain.
L’arc
d'Apollon
n'est
pas
toujours
tendu,
ct
sa
lyre
réveille
parfois
la
Muse
endormie.
Dans
les
revers,
montre-toi
ferme
et
coura-
:
geux
:
sache
aussi
replier
tes
voiles
enflées
par
un
vent
trop
favorable.
ODE
XI.
A
Q.
HIRPINUS.
Ne
te
mets
pas
en
peine,
Quinctius,
de
péné-
la
tempête,
ne
serre
pas
de
trop
près
les
écueils
|
trer
les
desseins
du
belliqueux
Cantabre
et
du
du
rivage.
Celui
qui
aime
la
médiocrité,
plus
précieuse
que
l'or,
ne
cherche
pas
le
repos
sous
le
misé-
rable
toit
d’une
chaumière,
et,
sobre
en
ses
désirs,
fuit
les
palais
que
l’on
envie.
Le
chêne
altier
est
plus
souvent
battu
par
l'orage;
les
hautes
tours
s’écroutent
avec
plus
de
fracas,
et
c’est
la
cime
des
monts
que
va
frapper
la
foudre.
Ploravit
omnes
Antilochum
senex
Annos;
nec
impubem
parentes
Troïlon,
aut
Phrysiæ
sorores
Flevere
semper.
Desine
mollium
Tandem
querelaru
et
potius
nova
_—
-Gantemus
August
trophæa
Gæsaris,
et
rigidum
Niphaten,
Medumque
flamen
,
gentibus
addilum
Victis,
minores
volvere
vortices
:
Intraque
præscriptum
Gelonos
Exiguis
equitare
campis.
CARMEN
X.
AD
LICINIUM.
Rectius
vives,
Licini,
neque
altum
Semper
urgendo
,
neque,
dum
procellas
Gautus
horrescis,
nimium
premendo
Litus
iniquum.
Auream
quisquis
mediocritatem
Diligit,
tutus
caret
obsoteti
Sordibus
tecti,
caret
invidenda
Sobrius
aula.
Sæpius
ventis
agitatur
ingens
Pinus,
et
celsæ
graviore
casu
Decidunt
turres
;
feriuntque
summos
Fuimina
montes,
Sperat
infestis,
metuit
secundis
|
Scythe,
dont
la
mer
Adriatique
nous
sépare.
|
À
quoi
bon
tant
de
tourmenis
pour
une
vie
qui
|
demande
si
peu?
*
ee
:
|
La
Jeunesse
et
les
Grâces
fuient
loin
de
nous
;
|
les
rides
et
les
cheveux
blancs
chassent
les
Joyeux
Amours
et
le
facile
Sommeil,
Les
fleurs
:
du
printemps
se
fanent,
et
la
lune
ne
brille
pas
|
toujours
du
même
éclat.
Pourquoi
fatiguer
|
éternels
projets
un
esprit
débile
?
Viens
sous
Alteram
sortem
bene
præparatum
Pectus.
Infermes
hiemes
reducit
-
Jupiter,
idem
Submovet.
Non,
si
male
nunc,
et
olim
Sic
erit
:
quondam
cithara
tacentem
-Suscitat
Musam,
neque
semper
arcum
Fendit
Apollo.
Rebus
angustis
animosus
atque
Fortis
adpare
:
sapienter
idem
Contrahes
vento
nimium
secundo
Furgida
vela.
CARMEN
XI.
AD
QUINCTIUM
HIRPINUM.
Quid
bellicosus
Cantaber,
et
Scythes,
Hirpine
Quineli,
cogitet
Hadria
Divisus
abjecto
,
remittas
Quærere;
nec
trepides
in
usum
Poscentis
ævi
pauca.
Fupgit
retro
Levis
Juventas,
et
Decor
;
arida
Pellente
lascivos
Amores
Ganitie
facilemque
Somnum.
Non
semper
idem
floribus
est
honor
Vernis;
neque
uno
Luna
rubens
nitst
Vultu
:
quid
æternis
minorem
Gonsiliis
animum
fatigas®
=
A
:
ce
haut
platane,
ou
à
l'ombre
de
ce
pin;
À,
nonchalamment
couchés
,
et
nos
cheveux
blancs
couronnés
de
roses,
buvons,
tandis
qu'il
en
est
temps
encore
:
Bacchus
dissipé
les
soucis
rongeurs.
ce
Esclave,
fais
rafraichir
le
brûlant
Falerne
dans
le
ruisseau
qui
coule
près
de
nous.
Et
toi,
cours
frapper
à
la
porte
mystérieuse
de
Lyda:
dis-lui
de
se
hâter,
qu’elle
vienne
avec
sa
lyre
d'ivoire
,
les
cheveux
simplement
noués,
à
la
manière
des
filles
de
Sparte.
ODE
XII.
À
MÉCÈNE.
Non,
ma
lyre
voluptueuse
ne
saurait
chanter
les
longues
guerres
de
la
farouche
Numance,
ni
le
terrible
Annibal,
ni
la
mer
de
Sicile
rou-
gie
du
sang
carthaginoïis
;
elle
ne
saurait
chan-
ter
les
Lapithes
sanglants,
ni
l'ivresse
furieuse
d'Hylée,
ni
les
fils
de
la
Terre
domptés
par
Hercule,
race
audacieuse
qui
fit
trembler
le
séjour
étincelant
du
vieux
Saturne.
Mieux
que
moi,
Mécène,
tu
diras
dans
ta
prose
historique
les
combats
de
César,
et
les
rois,
naguère
menaçants,
conduits,
la
tête
bais-
sée
,
dans
les
rues
de
Rome.
Cur
non
sub
alla
vel
platano,,
vel
hac
Pinu
jacentes
sic
temere,
et
rosa
Ganos
odorati
capillos,
Dum
litet,
Assyriaque
nardo
Potamus
uncti
?
Dissipat
Evius
Guras
edaces.
Quis
puer
ocius
Restinguet
ardentis
Falerni
Pocula
prætereunte
Iympha?
Quis
devium
scortum
eliciet
domo
Lyden?
eburna,
dicage,
cum
lyra
Maturetin
comptum
Lacænæ
More
comam
religata
nodum.
CARMEN
XII.
AD
MÆCENATEM.
Nolis
longa
feræ
bella
Numaniiæ,
Nec
durum
Hannibalem,
nec
Siculum
mare
Paœno
purpureum
sanguine,
mollibus
Aptari
citharæ
modis
:
Nec
sævos
Lapithas,
et
nimiumi
mero
Hylœum
,
domitosve
Herculea
manu
Telluris
juvenes,
unde
periculum
Fulgens
contremuit
domus
Saturni
veteris.
Tuque
pedestribus
Dices
historiis
prælia
Gæsaris
,
Mæcenas
,
melius,
ductaque
per
vias
HORACE.
Ma
muse
ne
veut
chanter
que
la
douce
voix
deLicymnie,
ses
yeux
vifs
etbrillants,
son
cœur
fidèle
qui
répond
si
bien
à
ton
amour.
Que
sa
parole
enjouée
a
de
grâces!
Qu'on
aime
à
la
voir,
dans
les
jours
consacrés
à
Diane,
se
mêler
aux
danses,
les
mains
entrelacées
aux
mains
de
ses
riantes
Compagnes!
Voudrais-tu,
pour
tous
les
biens
de
l'opu-
lent
Achémène,
pour
les
richesses
dela
fertile
Phrygie,
pour
tous
les
trésors
des
Arabes,
cé-
der
un
seul
cheveu
de
Licymnie,
quand
elle
abandonne
son
cou
à
tes
brülantes
caresses,
quand
elle
refuse
avec
une
douce
rigueur
le
baiser
qu’elle
aime
mieux
laisser
ravir,
et
qu'une
autre
fois
elle
ravit
la
première
?
ODE
XIIL.
CONTRE
UN
ARBRE
DONT
LA
CHUTE
AVAIT
FAILLI
L'ÉCRASER.
Oui,
c’est
dans
un
jour
néfaste
qu'une
main
sacrilége
La
planté,
arbre
fatal,
pour
le
mal-
heur
de
la
race
future
et
l’opprobre
du
hameau
!
Sans
doute
il
avait
étranglé
son
père,
et
le
sang
d’un
hôte
ésorgé
dans
l'ombre
avait
souillé
son
foyer
;
sans
doute
il
avait
manié
les
poisons
Repum
colla
minantium.
Me
dulces
dominæ
Musa
Licymniæ
Cantus
,
me
voluit
dicere
lucidum
Fulgentes
oculos
,
et
bene
mutuis
Fidum
pectus
amoribus
:
Quam
nec
ferre
pedem
dedecuit
choris.,
Nec
certare
joco,
nec
dare
brachia
Ludentem
nitidis
virginibus
,
sacro
Dianæ
celebris
die.
Num
{u
,
quæ
tenuit
dives
Achæmenes,
Aut
pinguis
Phrygiæ
Mygdonias
opes,
Permutare
velis
crine
Licymniæ,
Plenas
aut
Arabum
domos,
Dum
flagrantia
detorquet
ad
oscula
Cervicem
;
aut
facili
sævitia
nepat,
Quæ
poscente
magis
gaudeat
eript,
Interdum
rapere
occupet
?
CARMEN
XI
IN
ARBOREM.
Ille
et
nefasto
te
posuit
die,
Quicunque
primum
,
et
sacrilega
manu
Produxit
,
arbos
,
in
nepotum
Pérniciem
,
opprobriumque
pagr.
Hlum
et
parentis
crediderim
sui
Fregisse
cervicem
,
et
pencetralia
ü
de
la
Colchide,
et
commis
toutes
les
horreurs
imaginables,
celui
qui
va
placé
dans
mon
champ,
bois
maudit,
pour
tomber
un
jour
sur
la
tête
innocente
de
ton
maitre!
Nul
ne
prévoit
tous
les
dangers
dont
chaque
instant
le
menace.
Le
pilote
africain
redoute
le
Bosphore,
et,
au
delà,
les
piéges
du
destin
lui
sont
cachés.
Nos
soldats
craignent
la
flèche
du
Parthe
et
sa
fuite
rapide
;
le
Parthe
craint
les
fers
et
la
pesante
épée
du
Romain.
Mais,
tou-
jours
imprévue,
la
mort
à
surpris
et
surprendra
les
hommes.
Que
j'ai
été
près
de
voir
les
sombres
royau-
mes
de
Proserpine,
le
tribunal
d'Eaque,
l'asile
réservé
aux
âmes
pieuses,
Sapho
se
plaignant
sur
le
luth
éolien
des
jeunes
filles
de
Lesbos,
ettoi,
Alcée,
aux
sons
plus
mâles
de
ta
lyred’or,
chantant
la
mer
et
ses
périls,
l'exil
et
ses
dou-
leurs,
la
guerre
et
ses
rudes
travaux
!
Les
ombres
vous
écoutent
l’un
et
l’autre
dans
un
reh-
gieux
silence;
mais
au
récitenivrant
des
batailles
ODES.
et
destyrans
expulsés,
les
rangs
se
pressent,
et
lepeuple
dés
mânes
prête
uneoreille
plus
avide.
Qui
s’étonnerait?
Le
monstre
aux
cent
têles,
immobile
et
muet,
baisse
ses
noires
oreilles,
et
-
Sparsisse
nocturno
cruore
Hospitis;
ille
venena
Colcha,
Et
quidquid
usquam
concipiturnefas
Tractavit,
agro
qui
statuit
meo
-Tetriste
lignum,
tecaducum
-
In
domini
caput
immerentis.
Quid
quisque
vitet,
nunquam
homini
salis
Cautum
est
in
horas.
Navita
Bosporum
Pœnus
perhorrescit,
neque
ultra
Gæca
timet
aliunde
fata
;
Miles
sapittas
et
celerem
fugam
Parthi;
catenas
Parthus
et
[talum
Robur
:
sed
improvisa
leti
Vis
rapuit
rapielque
gentes.
Quam
pæne
furvæ
regna
Proserpinæ
,
Etjudicantem
vidimus
Æacum
,
Sedesque
discretas
piorum
,
et
Æoliis
fidibus
querentem.
Sappho
puellis
de
popularibus;
Et
te
sonantem
plenius
aureo,
Alcæe
,
plectro.
dura
avis.
Dura
fugæ
mala
,
dura
belli!
Utrumque
sacro
digna
silentio
Mirantur
Umbræ
dicere;
sed
magis
Pugnas
et
exactos
tyrannos-
Densum
humeris
bibit
aure
vulous.
Quid
mirum
?
ubi
illis
carminibus
stupens
Demittit
atras
bellua
centiceps
Aures,
et
intorti
capillis
PF
les
serpents
enlacés
aux
cheveux
des
Eumé-
nides
tressaillent
de
plaisir.
Prométhée,
Tan-
tale,
cette
douce
harmonie
trompe
vos
dou-
leurs
;
Orion
lui-même
ne
songe
plus
à
pour-
suivre
les
lions
et
les
lvnx
timides.
_
ODE
XIV.
À
POSTUME.
Postume,
cher
Postume,
hélas
!
les
années
s’écoulent,
et
nos
prières
ne
peuvent
retarder
les
rides,
et
la
vieillesse
qui
nous
presse,
et
linflexible
mort
:
non,
quand
tu
offrirais
tous
les
jours
trois
hécatombes
au
dieu
sans
pitié
qui
enchaîne
Titye
et
le
triple
géryon
de
ces
tristes
ondes
que
nous
passerons
tous,
nous
qui
vi-
vons
sur
cette
terre,
rois
ou
pauvres
labou-
reurs
!
En
vain
fuirons-nous
la
sanglante
Bellone
et
les
flots
rugissants
de
l'Adriatique;
en
vain,
pendant
l'automne,
éviterons-nous
le
souffle
empoisonné
du
midi;
il
faut
visiter
un
jour
les
eaux
lentes
ét
paresseuses
du
noir
Cocyte,
et
la
race
infâme
de
Danaüs,
et
Sisyphe
condam-
né
à
d’éternels
travaux.
Adieu
terres,
palus,
Eumenidum
recreantur
angues;
Quin
et
Prometheus
et
Pelopis
parens
Dulci
laborum
deeipitur
sono
:
Nec
eurat
Orion
leones,
Aut
timidos
agitarelyneas.
-
CARMEN
XIV.
AD
POSTUMUM.
|
Eheu!
fugaces,
Postume,
Postume,
-
Labuntur
anni
:
nec
Pietas
moram
Rugis
et
instanti
Senectæ
Adferet
,
imdomitæque
Morti;
Non,
si
trecenis
,
quotquot
eunt
dics,
Amice
,
places
inlacrimabilem
Plutona
tauris,
qui
ter
amplum
Geryonen
Tityonque
tristi
Compescit
unda,
scilicet
omnibus,
-
Quicunque
terræ
munere
vescimur,
Enaviganda,
sive
reges,
:
Sive
inopes
erimus
coloni.
Frustra cruento
Marte
carebimus,
Fraclisque
rauci
fluctibus
Hadriæ
;
Frustra
per
auctumnos
nocentem
Corporibus
metuemus
Austrum
:
Visendus
ater
flumine
Janguido
Cocytus
errans;
et
Danai
genus.
lufame,
damnatusque
longi
Sisyphus
Æolides
laboris.
|
20
D]
adieu
l
épouse
bien-aimée!
De
tous
ces
arbres
que
ta
main
cultive,
odieux
cyprès
suivra
seul
son
maître
d'un
jour.
Un
héritier
plus
sage
boira
le
cécube
que
tu
gardes
sous
cent
clefs,
et
fera
ruisseler
sur
les
dalles
de
marbre
ce
vin
qu’envierait
la
table
des
pontifes.
ODE
XV.
CONTRE
LE
LUXE
DU
SIÈCLE.
Bientôt
nos
immenses
palais
laisseront
à
péine
quelques
arpents
à
la
charrue,
et
de
toutes
paris
on
verra
s'étendre
des
viviers
plus
spacieux
que
le
lac
Lucrin.
Le
platane
solitaire
usurpera
la
place
de
l’ormeau
;
lemyrte,
la
vio-
lette,
tous
les
trésors
de
l’odorat,
parfumeront
ia
plaine
où
l'olivier
enrichissait
l'ancien
posses-
seur,
et
le
feuillage
épais
du
laurier
repoussera
les
traits
brülants
du
soleil.
Il
n’en
était
pas
ainsi
sous
Romulus,
sous
laustère
Caton,
sous
la
discipline
des,
vieux
|
Romains
:
les
citoyens
étaient
pauvres,
et
la
|
république
opulente
;
un
simple
particulier
n’é-
Jevait
pas
de
vastes
et
profonds
portiques
pour
recevoir
la
fraicheur
;
et
,
sans
permettre
à
un
Romain
de
dédaigner
la
chaumière
qu'il
tenait
Linquenda
tellus,
et
domus,
et
placens
Uxor
:
neque
harum
,
quas
colis
,
arborum
Te,
præter
invisas
cupressus,
Ulla
brevem
dommum
sequetur.
Absumet
hæres
Cæcuba
dignior
Servata
centurn
clavibus
:
et
mero
Tinget
pavimentum
superbum
Pontificum
potiore
cœnis.
CARMEN
XV.
Jam
pauca
aratro
jugera
regiæ
Moles
relinquent
:
undique
latius
Extenta
visentur
Lucrino
Stagna
lacu
;
platanusque
cælebs
Evincet
ulmos
:
{um
violaria,
et
Myrtus,
et
omnis
copia
narium,
Spargent
olivetis
odorem
Fertilibus
domino
priori
:
Tum
spissa
ramis
laurea
fervidos
Excludet
ictus.
Non
ita
Romuli
Præscriptum
et
intonsi
Catonis.
Auspiciis,
veterumque
norma,
Privatus
illis
census
erat
brevis
:
Commune
magnum
:
vulla
decempedis
Metata
privatisopacam
Portcus
excipichat
Arcton
:
28
HORACE.
du
sort,
les
lois
réservaient
le
marbre
pour
embellir,
aux
frais
de
l’état,
les
temples
des
dieux
et
Les
monuments
publics.
ODE
XVI.
À
GROSPAUS.
C'est
le
repos
que
demande
aux
dieux
le
ma-
noirs
nuages
ont
caché
la
lune,
et
que
ses
guides
fidèles
ne
brillent
plus
à
ses
yeux.
Le
repos
|
le
repos
!
c’est
le
vœu
de
la
Thrace
bel-
liqueuse
,
le
vœu
du
Mède
au
brillant
carquois;
c'est
un
bien,
Ô
Grosphus
!
que
ni
la
pourpre,
mi
les
diamants,
ni
l'or,
ne
sauraient
payer.
Non,
les
trésors
des
rois,
les
licteurs
consu-
laires
,
n’écartent
point
les
troubles
malheureux
de
l'âme
et
les
soucis
qui
voltigent
autour
des
!
Jambris
dorés.
sa
table
frugale,
briller
la
salière
de
ses
aïeux
;
celui
dont
le
paisible
sommeil
n'estagité
ni
par
la
crainte,
ni
par
un
désir
sordide
!
Pourquoi,
projets
?
Pourquoi
chercher
des
terres
échauf-
|
fées
par
un
autre
soleil?
En
fuyant
sa
pans
Nec
fortuitum
spernere
cespitem
Leges
sinebant,
oppida
publico
Sumtu
jubentes
et
Deorum
Templa
novo
decorare
saxo.
GARMEN
XVI.
“AD
GROSPHUM.
Otium
Divos
rogat
in
patenti
-
Prensus
Ægao,
simul
atra
nubes
Gondidit
lunam
,
neque
certa
fulgent.
Sidera
nautis;
*
Otium
bello
furiosa
Thrace;
Otium
Medi
pharetra
decort,
Grosphe,
non
gemmis
,
neque
purpura
ve-
nale
|
neque
auro.
Non
enim
gazæ
,
neque
consularis
Submovet
lictor
miseros
tumultus
Mentis,
et
Guras
laqueata
cireum
Tecta
volantes.
Vivitur
parvo
bene,
cui
paternum
Splendet
in
mensa
tenui
salinum
;
Nec
leves
somnos
Timor,
aut
Gupido
Sordidus
aufert,
“Quid
brevi
fortes
jaculamur
ævo
Multa?
quid
terras
alio
calentes
Sole
mutamus
?
patriæ
quis
exsui
>
telot
surpris
au
milieu
des
mers,
quand
de.
Heureux
à
peu
de
frais
celui
qui
voit,
sur:
dans
une
vie
si
courte,
lancer
tant
de
pénibles
É
É
À
:
;
Ë
ODES.
se
fuit-on
soi-même
?
Enfant
du
vice,
le
cha-
grin
monte
avec
nous
sur
les
vaisseaux
armés
d’airain
;
il
suit
les
escadrons
dans
la
plaine,
plus
léger
que
le
cerf,
plus
léger
que
l'Eurus
chassant
les
nuages.
Si
le
présent
nous
rit,
ne
songeons
pas
à
l'avenir.
Est-il
sombre?
il
le
faut
doucement
égayer
Point
de
bonheur
sans
mélange
:
une
mort
prématurée
enlève
Achille
couvert
de
gloire
;
Tithon
languit
dans
une
éternelle
vieil-
lesse,
et
peut-être
le
destin
va
m'offrir
ce
qu’il
t'aura
refusé.
Autour
de
toi
mugissent
cent
troupeaux,
cent
sénisses
de
Sicile
;
à
ton
char
hennit
l’ar-
dente
cavale,
et
la
double
pourpre
de
Tyr
brille
sur
tes
vêtements
:
moi,
j'ai
recu
du
sort
des
faveurs
moins
trompeuses
,
un
humble
hé-
ritage,
une
étincelle
de
ce
feu
qui
animait
les
muses
de
la
Grèce,
et
le
don
de
mépriser
les
jaloux.
3
=
ODEXNIT.
>
62
A
OMÉCÈNE
MALADES
à
-
Pourquoi
me
déchirer
l'âme
de
tes
plaintes
?
Non,
tu
ne
mourras
pas
avant
moi
;
les
dieux
29
soutien!
Ah!
si
un
Coup
prématuré
m’enlevait
la
plus
chère
moitié
de
mon
âme,
que
ferais-je
sur
la
terre,
le
cœur
vide,
et
me
survivant
à
demi?
Le
même
jour
nous
emportera
tous
les
deux.
Je
l'ai
juré,
je
le
jure
encore,
dès
que
tu
me
montreras
le
chemin,
nous
irons,
oui,
nous
irons
ensemble
au
but
du
dernier
voyage.
Ni
le
souffle
enflammé
de
la
Chimère,
mi
les
cent
bras
de
Gyas,
rien
ne
pourra
nous
sépa-
rer
:
ainsi
l'ont
voulu
les
Parques
et
la
puis-
sante
Thémis.
Que
je
sois
né
sous
le
signe
de
la
Balance,
ou
du
formidable
Scorpion,
si
fatal
à
notre
première
heure
,
ou
sous
le
Capricorne,
tyran
des
flots
d'Hespérie,
un
merveilleux
accord
unit
nos
deux
étoiles.
L’astre
étincelant
de
Ju-
piter
Va
déjà
sauvé
de
l’influence
maligne
de
Saturne
:
il
suspendit
le
vol
rapide
de
la
mort,
et
un
peuple
immense
fit
retentir
trois
fois
le
théâtre
de
cris
d’allégresse.
Moi,
je
périssais
écrasé
par
un
arbre,
si
Faune,
qui
veille
sur
“les
favoris
de
Mercure,
n’eût
détourné
le
coup
avec
sa
Mam.,
Immole
les
victimes,
élève
le
temple
que
tu
as
promis
aux
dieux
:
un
humble
agneau
sera
m'entendront
,
-Ô
Mécène,
ma
gloire
et
mon
|
mon
offrande.
Se
quoque
fupit
?
Scandilæralas
vitiosa
naves
Gura,
nec
turmas
equitum
relinquit
Ocivr
cervis
,
et
agente
nimbos
Ocior
Euro.
Lætus
in
præsensanimus
quod
ultra
est
Oderit
curare,
et
amara
lento
Temperet
risu.
Nihil
est
ab
omni
Parte
beatum.
Abstulit
clarum
cita
mors
Achillem,
Longa
Filhonum
minuit
senectus
:
Et
mibi
forsan
,
{ibi
quod
negarit,
Porriget
Hora.
Te
greges
centum
Siculæque
circum
Mugiunt
vaccæ
;
tibi
tollit
hinnitum
Apta
quadrigis
equa
;
te
bis
Afro
Maurice
tinctæ
:
Vestiunt
lanæ
:
mihi
parva
rura
,
ct
-
Spiritum
Grair
tenuem
Camenæ
Parca
non
mendax
dedit,
et
malignum
=
rnere
vulgus.…
-
GARMEN
XVII.
AD
MÆCENATEM.
Gur
me
querelis
exanimas
tuis
?
Nec
Dis
amicum
est,
nec
mihi,
{e
prius
Obire,
Mæcenas,
mearum
Grande
decus
columenque
rerum:
Ah!
te
meæ
si
partem
animæ
rapit
Maturior
vis,
quid
moror
altera
?
Nec
carus
æque,
nec
superstes
Integer.
Ille
dies
utramque
Ducet
ruinam.
Non
ego
pertidum
Dixi
sacramentum
:
ibimus
,
ibimus,
Utcunque
præcedes
,
Supremum
Carpere
iter
comites
parati.
Me
nec
Ghimæræ
spiritus
igneæ
,
Nee,
si
resurgat
centimanus
Gyas,
*
Divellet
unquam.
Sic
potenti
Justitiæ
placitumque
Parcis.
Seu
Libra,
seu
me
Scorpius
adspicit
Formidolosus
,
pars
violentior
Natalis
horæ,
seu
tyrannus
Hesperiæ
Capricornus
undæ
;
Utrumque
nostrum
incredibili
modo
Consentit
astrum.
Te
Jovis
impio
Tutela
Saturno
refulgens
Eripuit,
volucrisque
Fati
Tardavit
alas,
quum
populus
frequens
Lætum
theatris
ter
crepuit
sonum
:
Me
truncus
illapsus
cerebro
Sustulerat,
nisi
Faunus
ictum
Dextra
levasset,
Mercurialium
Gustos
virorum.
Reddere
victimas
Ædemque
votivam
memento
:
Nos
humilem
feriemus
agnam,
52
50
HORACE.
ODE
XVI.
Ft
cependant
le
riche
a
sa
place
marquée
chez
Pluton
:
voilà
le
palais
qu’il
est
certain
d’habiter
un
jour
!
Que
prétends-tu
?
Fa
terre
s'ouvre
également
pour
le
fils
des
rois
et
pour
le
pauvre;
et
l'or
de
l'artificieux
Prométhée
n'a
pu
séduire
le
nocher
du
fleuve
infernal.
|
C'est
lui
qui
retient
l'orgueilleux
Tantale
etsa
race
impie;
invoqué
ou
non,
il
connaît
Île
vœu
du
pauvre,
et
il
vient
le
délivrer
de
son
CONTRE
LA
CEUPIDITÉ.
Ni
livoire
ni
l'or
ne
brillent
dans
ma
mai-
son;
les
poutres
de
l'Hymette
n’y
chargent
point
des
colonnes
taillées
au
fond
de
l'Afrique;
je
n’ai
pas,
héritier
inconnu,
envahi
le
palais
|
d’un
nouvel
Attale;
de
nobles
clientes
ne
filent
point
pour
moi
la
pourpre
de
Laconie.
La
Ivre
2
_
-
fardeau.
et
une
veine
féconde,
voilà
mes
biens
:
pauvre,
mais
recherché
du
riche,
je
ne
demande
rien
ODE
XIX.
de
plus
aux
dieux
;
je
ne
fatigue
pas
un
ami
À
ous.
puissant
de
mes
prières,
et
ma
terre
de
Sa-
bine
suffit
à
mon
bonheur,
J'ai
vu
Bacchus,
oui,
races
futures,
je
l'ai
vn
Le
jour
chasse
le
jour,
la
lune
nouvelle
se
|
sur
des
rochers
sauvages
:
il
enseignait
de
hâte
vers
son
déclin
:
et
toi,
à
la
veille
de
mou-
|
nouveaux
chants
,
el
les
Nymphes
l'écoutaien,
rir,
tu
fais
scier
des
marbres;
tu
oublies
la
|
et
les
Satyres
aux
pieds
de
chèvre
dressaient
tombe
,
et
tu
élèves
un
palais
;
à
étroit
sur
le
|
leurs
oreilles.
Evoé!
mon
âme
frémit
encore
de
continent,
tu
forces
la
mer
qui
mugit
près
de
|
terreur;
plein
de
ta
divinité,
mon
sein
palpite
Baies
à
reculer
son
rivase.
Homme
‘avide,
on
|
et
se
trouble
:
grâce,
Evoë!
grâce,
ton
thyrse
te
voit
tous
les
jours
arracher
les
bornes
du
|
pesant
n'épouvante,
Champ
voisin,
et
sauter
par-dessus
les
limites
|
Je
puis
chanter
les
fougues
des
Ménades,
les
de
tes
clients:
chassés
par
toi,
la
femme
et
le
|
fontaines
de
vin,
les
Lies
ruisseaux
de
fait,
mari
emportent
dans
leur
sein
leurs
dieux
pa-
|
et
le
miel
qui
Lombe
du
creux.
des
chênes;
je
ternels
et
leurs
enfants
à
demi
nus,
PFpuis
chanter,
6
Bacchus!
ia
couronne
de
ton
Etuxor,
et
vir,
sordidosque
natos.
Nulla
certior
tamen
Rapacis
Orci
fine
destinata
Aula
divitem
manet
Ierum.
Quid
ultra
tendis?
Æqua
tellus_
Pauperi
recluditur
Repumque
pueris
:
nec
satelles
Orci
Callidum
Promethea.
Revexitauro
captus.
Hie
superbum
Tantalum,
atque
Tantali
Genus
coercet;
hie
levare
functum
Pauperem
laberibus
-
Vocatus
alque
non
vrocatus
audit.
CARMEN
XIX.
IN
BACCHUM.
CARMEN
XVUHI.
|
|
.
*
Bacchum
in
remotis
carmina
rupibus
Non
ebur,
neque
aureum
Mea
renidet
in
domo
lacunar;
Non
trabes
Hymettiæ
Premunt
columnas
ultima
recisas
Africa
;
neque
Attali
Jpnotus
bæres
repiam
occupavi
;
Nec
Laconicas
mihi
Trahunt
honestæ
purpuras
clientæ,
At
fides
et
ingeni
Benigna
vena
est
;
pauperemque
dives
‘
Me
petit.
Nihil
supra
Deos
lacesso
;
nec
potentem
amicum
Largiora
ie
Satis
beatus
unicis
Sabinis.
Truditur
dies
die,
Novæque
perpunt
interire
Lunæ.
Tu
secanda
marmora
Locas
sub
ipsum
funus,
et
sepuleri
Immemor,
struis
domos
;
Marisque
Baïis
obstrepentis
urges
Submoyere
litora,
Parum
locuples
continente
ripa.
Quid
?
quod
usque
proximos
Revellis
agriterminos,
et
ultra
Limites
clientium
*
Salis
avarus;
pellitur
paternos
In
sinu
ferens
Deos
Vidi
docentem
,
{
credite
posteri!
Nymphasque
discentes,
et
aures
Capripedum
Satyrorum
acutas.
Evo
!
receñti
mens
trepidat
metu,
Plenoque
Bacchi
pectore
turbidum
Lætatur.
Evoel
parce,
Liber,
Parce,
gravi
metuende
thyrso!
fas
pervicaces
est
mihi
Thyadas,
Vinique
fontem,
lactis
etuberes
Cantare
rivos
,
atque
truncis
Lapsa
cavis
iterare
mella
:
Fas
et
beatæ
conjugis
additum
415
ODES.
oi
heureuse
épouse
placée
parmi
les
astres,
la
chute
terrible
de
la
maison
de
Penthée,
et
le
châtiment
du
roi
Lycurgue.
Tu
domptes
les
fleuves,
tu
domptes
les
mers
de
l'Asie
:
dieu
du
vin
,
sur
les
monts
solitaires,
tu
bondis
avec
les
bacchantes,
et
tu
enlaces
à
leur
chevelure
les
serpents
dociles
sous
ta
main.
Quand
la
cohorte
impie
des
géants
escaladaïit
le
palais
de
ton
père,
sous
la
forme
d’un
lion,
tu
fis
reculer
Rhétus
devant
tes
griffes
et
ta
gueule
effroyable.
Fu
n'étais
fait,
disait-on,
que
pour
les
danses,
les
jeux
et
le
plaisir
;
on
te
eroyoit
inhabile
aux
combats
:
mais
tu
étais
à
la
fo’s
le
dieu
de
la
paix
et
de
la
guerre.
À
la
vue
des
cornes
d’or
qui
paraient
ton
front,
Cerbère
oublia
sa
fureur;
sa
queue
ca-
ressa
doucement
la
terre
;
et,
à
ton
départ,
sa
triple
gueule
lécha
tes
pieds
et
tes
genoux.
ODE
XX.
A
HÉCRNE
Se
=
D
une
aile
passante
eti
inconnue,
poète,
je
Stellis
honore
bus
Penthei
Disjecta
non
Es
ruina
,
Thracis
et
exitium
Lycurpi.
Tu
flectis
amnes,
tu
mare
barbarun
:
Tu
separatis
uvidus
in
jupis
Nodo
coerces
viperino
Bistonidum
sine
fraude
crines.
Ta,
quum
parentis
repna
per
arduum
Cohors
Gigantum
scanderet
impia
,
Rhætum
retorsisti
,
leonis
Unguibus
Doria
mala
:
Quamquam
,
choreis
aptior
et
jocis
Ludoque
dictus
,
non
sat
idoneus
Pugnæ
ferebaris
;
sed
idem
Pacis
eras
mediusque
belli.
.
Te
vidit
insons
Cerberus
aureo
Gornu
decorum
,
leniter
atterens
Gaudam
;
et
recedentis
trilingui
Ore
pedes
tetigitque
crura.
à
CARMEN
XX.
ee
AD
MACENATEM.
non
tenui
ferar
m'élancerai
dans
les
cieux;
sous
une
forme
nouvelle,
je
vais
quitter
la
terre,
et,
vainqueur
de
l'envie,
planer
au-dessus
du
séjour
des
hommes.
Non,
je
ne
mourrai
pas,
Mécène,
moi,
rejeton
d’une
pauvre
famille,
moi
que
tu
ap-
pelles
ton
ami
;
non,
je
ne
serai
pas
retenu
par
l’onde
infernale
!
Déjà
s’étend
sur
mes
jambes
une
peau
plus
rude;
ma
tête
devient
celle
d’un
brillant
oiseau,
et
un
léser
duvet
couvre
mes
mains
et
mes
épaules.
Bientôt,
plus
rapide
que
le
fils
de
Dédale,
cygne
mélodieux,
je
verrai
les
rivages
mupis-
sanis
du
Bosphore,
les
syrtes
de
Gétulie,
les
plaines
glacées
par
l’Aquilon.
L’habitant
de
la
Golchide,
le
Dace
qui
feint
de
braver
nos
cohortes,
le
Gélon
aux
confins
du
monde,
con-
naîtront
mes
chants:
je
les
apprendrai
à
la
docte
Ibérie
et
au
peuple
qui
boit
les
eaux
“A
Rhône.
Point
de
vaines
funérailles,
de
chants
ue
|
bres,
de
honteux
gémissements!
Retiens
tes
-
plaintes,
et
épargne-moi
les
honneurs
super-
flus
d’un
tombeau.
Penna
biformis
per
liquidum
æthera
Vates
:
neque
in
terris
morabor
Lonpius
:
invidiaque
major
Urbes
relinquam.
Non
epo
pauperum
Sanguis
parentum
,
non
ego,
quem
vocas
Dilecte,
Mæcenas,
obibo,
Nec
Stygia
cohibebor
unda.
Jam
jam
residunt
cruribus
asperæ
Pelles
;
et
album
mutor
in
alitem
Superne
;
nascunturque
leves
Per
digitos
humerosque
plume.
Jam
Dædalco
ocior
Icaro
Visam
gementis
litera
Bospori,,
Syrtesque
Gætulas
canorus
Ales
Hyperboreosque
campos,
Me
Cholchus
,
et
qui
dissimulat
metum
Marsæ
cohortis
Dacus
,
et
ultimi
Noscent
Geloni
:
me
+.
Discet
Iber,
Rhodanique
potor,
Absint
inani
funere
næniæ,
Luctusque
turpes
et
querimoniæ
:
Compesce
clamorem
,
ac
sepuleri
Mitte
superyacuos
honores.
ee
PRET
LD
GT
mnceenmmenet
as
HLORACE.
SOCSCO0S00006900000080009000800666000008660888
LIVRE
TROISIÈME.
ODE
I.
Loin
d'ici,
loin
de
moi
le
profane
vulgaire
!
Et
vous,
faites
silence
:
je
chante
aux
jeunes
Romaines
et
aux
jeunes
Romains
des
vers
que
l'oreille
de
l'homme
n’a
pas
encore
entendus.
froupeaux
soumis,
les
peuples
tremblent
devant
les
rois;
les
rois
eux-mêmes
tremblent
sous
la
main
de
Jupiter,
vainqueur
des
géants,
et
dont
le
sourcil
ébranle
le
monde.
|
Que
l’un
étende
au
loin
ses
plants
d’arbris-
seaux;
que
l’autre,
fier
de
sa
naissance,
des-
cende
au
Champ-de-Mars
briguer
les
honneurs;
que
celui-ci
oppose
à
un
rival
ses
vertus
et
sa
renommée:
celui-là,
le
nombre
de
ses
clients
:
la
Mort
égale
tous
les
hommes
;
elle tire
au
ha-
sard
les
noms
illustres,
les
noms
obscurs,
pêle-mêle
agités
dans
son
urne
immense.
CARMEN
L.
Odi
profanum
vulgus
et
arceo;
Favete
linguis
:
carmina
non
prius
Audita
Musarum
sacerdos
Virginibus
puerisque
canto.
Regum
timendorum
in
proprios
greges,
Reges
in
ipsos
imperium
est
Jovis,
Glari
giganteo
triumpho,
Guncta
supercilio
moventis.
Est,
ut
viro
vir
latius
ordinet
Arbusta
sulcis;
hic
generosior
Descendat
in
Gampum
pelitor
;
Moribus
hic
meliorque
fama
Contendat
;
iili
turba
clientium
Sit
major
:
æqua
lege
Necessitas
Sortitur
insignes
et
imos
;
ï
Omne
capax
movet
urna
nomen,
Destrictus
ensis
cui
super
impia
L'impie
qui
voit
suspendu
sur
sa
tête
un
glaive
nu
ne
peut
savourer
les
mets
exquis
de
la
Sicile
;
le
chant
des
oiseaux
,
les
sos
de
la
lyre
ne
lui
rendront
pas
le
sommeil
,-ce
doux
sommeil
qui
ne
dédaigne
ni
humble
toit
du
laboureur,
ni
la
rive
ombragée,
ni
le
vallon
où
se
jouent
les
zéphyrs.
Au
sage
qui
borne
ses
besoins,
peu
importent
le
courroux
des
flots,
l’orageux
coucher
de
l’Arcture,
ou
le
lever
terrible
du
chevreau;
peu
|
importe
si
la
grêle
a
battu
les
vignes,
si
la
terre
ment
à
ses
promesses
,
si
les
arbres
du
verger
accusent
où
les
pluies,
ou
les
feux
dévorants
de
la
canicule,
ou
les
rigueurs
de
I
hiver,
Les
poissons
sentent
la
merresserrée
par
des
môles
immenses;
là,
chaque
jour,
entrepre-
neurs
et
esclaves
précipitent
dans
l’abîme
d'é-
normes
blocs
sous
les
yeux
d’un
maître
dégoüté
de
la
terre
:
mais
partout
la
crainte
et
les
me-
Gervice
pendet,
non
Siculæ
dapes
Dulcem
elaborabunt
saporem,
Non
avium
citharæque
cantus
Somnum
reducent.
Somnus
agrestium
Lenis
virorum
non
humiles
domos
Fastidit
,
umbrosamve
ripam,
Non
Zephyris
agitata
Tempe.
Desiderantem
quod
satis
est,
neque
Tumultuosum
sollicitat
mare,
Nec
sævus
Arcturi
cadentis
Impetus,
aut
orientis
Hædi
:
Non
verberatæ
grandine
vineæ,
Fundusve
mendax,
arbore
nunc
aquas
Culpante,
nunc
torrentia
agros
Sidera
,
nunc
hiemes
iniquas.
Contracta
pisces
æquora
sentiunt
Jactis
in
altum
molibus
;
huc
frequens
CGæmenta
demittit
redemtor
Cum
famulis,
dominusque
terra
36
ODES.
naces
le
poursuivent,
le
noir
chagrin
vogue
sur
son
navire,
il
monte
en
croupe
avec
lui.
Ah!
si
les
marbres
de
Phrygie,
si
l'éclat
éblouissant
de
la
pourpre
,
si
le
vin
de
Falerne,
si
les
parfums
d’Achémène
ne
peuvent
calmer
nos
douleurs,
pourquoi
voudrais-je
irriter
l’en-
vie,
en
m’élevant
sur
de
hautes
colonnes
un
palais
d’un
goût
plus
nouveau
?
Pourquoi
chan-
gerais-je
ma
vallée
sabine
pour
le
tourment
des
richesses
?
-ODE
IT.
AUX
ROMAINS.
Que
le
jeune
Romain,
endurci
par
une
disci-
pline
sévère,
apprenne
à
supporter
gaiment
les
privations
et
la
fatigue;
que,
la
lance
en
main,
Cavalier
redoutable,
il
presse
le
Mède
mdompté
;
qu'il
vive
au
milieu
des
alarmes
,
€t
sans
autre
abri
que
le
ciel.
À
sa
vue,
du
haut
des
remparts
assiégés
,
que
l'épouse
du
roi
en-
nemi,,
que
sa
fille
à
la
veille
de
l’hymen
tremble
ct
soupire
:
«
Dieux!
dira-t-elle,
puisse
mon
#1
e>
patrie.
La
mort
poursuit
le
fuyard,
et
n'épar-
gne
pas
le
dos
et
les
jarrets
du
lâche.
La
vertu
brille
environnée
d’honneurs
éter
-
nels,
au-dessus
des
mépris
et
des
affronts
:
ce
|
m'est
pas
le
vent
de
la
faveur
populaire
qui
lui
donne
ou
lui
enlève
les
faisceaux.
La
vertu
ou-
vre
le
ciel
aux
hommes
dignes
de
limmortalité
;
elle
leur
fraie
des
routes
mconnues
,
et
son
aile
fuit
avec
dédain
la
fange
où
rampe
le
vulgaire.
Il
est
aussi
pour
le
silence
fidèle
un
prix
as-
suré
:
je
ne
veux
pas
coucher
sous
le
même
toit,
ni
monter
sur
le
même
navire,
avec
celui
dont
la
bouche
a
divulgué
les
mystères
de
Cé-
rès.
Jupiter
outragé
frappe
souvent
du
même
Coup
l’innocent
et
le
coupable
:
rarement
la
Peine,
au
pied
boiteux
,
manque
d’atteindre
le
crime
qui
fuit
devant
elle.
|
|
ODE
I.
APOTHÉOSE
DE
ROMULUS.
L'homme
juste
et
ferme
en
ses
desseins
ne
Chancelle
jamais
dans
la
vertu
;
rien
ne
l'ébranle,
royal
époux
ne
pas
défier
ce
lion
terrible,
que
|
ni
les
fureurs
d’un
peuple
qui
lui
commande
le
la
soif
du
sang
entraîne
au
milieu
du
carnage!»
ILest
doux,
il
est
beau
de
mourir
pour
sa
Fastidiosus
:
sed
Timor
et
Minæ
Scandunt
eodem
,
quo
dominus
:
neque
Decedit
ærata
triremi,
et
Post
equitem
sedet
atra
Cura.
Quod
si
dolentem
nec
Phrygius
lapis
,
Nec
purpurarum
sidere
clarior
Delenit
usus,
nec
Falerna
Vitis
,
Achæmeniumye
costum
:
Gur
invidendis
postibus
et
novo
Sublime
ritu
moliar
atrium
?
Gur
valle
permutem
Sabina
Divitias
operosiores
?
CARMEN
I.
Anguslam
,
amici
,
pauperiem
pati
Robustus
acri
militia
puer
Gondiscat
;
et
Parthos
feroces
Vexet
eques
metuendus
hasta
:
Vitamque
sub
divo
et
trepidis
agat
In
rebus.
Illum
ex
mœnibus
hosticis
Matrona
bellantis
tyranni
Prospiciens
,
et
adulta
virgo,
Suspiret
:
eheu
!
ne
rudis
agminum
Sponsus
lacessat
repius
asperum
Tactr
leonem
,
quem
cruenta
Per
medias
rapit
ira
cædes.
.
Dulce
et
decorum
est
pro
patria
mori
:
|
mal,
ni
le
resard
menaçant
du
despote,
ni
|
l’Auster,
roi
turbulent
des
mers
orageuses,
ni
qe
ee
Se,
Mors
et
fugacem
persequitur
virum
,
Nec
parcit
imbellis
juventæ
Poplitibus
timidove
tergo.
Virtus
,
repulsæ
nescia
sordidæ
,
Intaminatis
fulget
honoribus,
Nec
sumit,
aut-ponit
secures
Arbitrio
popularis
auræ.
Virtus,
recludens
immeritis
mori
Gœlum
,
negata
tentat
iter
via
;
Cœtusque
vulgares
et
udam
Spernit
humum
fugiente
penna.
Est
et
fideli
tuta
silentio
Merces
:
vetabo,
qui
Gereris
sacrum
Volgarit
arcanæ,
sub
fsdem
.
Sit
trabibus,
fragilemve
mecum
Solvat
phaselon.
Sæpe
Diespiter
Neplectus
incesto
addidit
integrum
:
Raro
antecedentem
scelestum
Deseruit
pede
Pœna
claudo.
GARMEN
HI.
Justum
ac
tenacem
propositi
virum
3
Non
civium
ardor
prava
jubentium
:
Non
vultus
instantis
tyranni
Mente
quatit
solida
,
neque
Auster
#
Dux
inquieti
turbidus
Hadriæ
,
Nec
fulminantis
magna
Jovis
manus
:
>
:
54
la
main
foudroyante
de
Jupiter
:
que
le
monde
brisé
s'écroule,
ses
ruines
le
frapperont
sans
l'émouvoir.
a
Ainsi
Pollux
et
l'infatigable
Hercule
ont
tou-
ché
le
seuil
des
demeures
étoilées
où
Auguste,
assis
auprès
d'eux
,
mouille
de
nectar
ses
lèvres
divines.
Ainsi,
Bacchus,
les
tigres
ont
irainé
ton
char
et
courbé
sous
le
joug
leur
tête
indo-
cile
:
ainsi
Romulus
a
fui
l’Achéron,
sur
les
coursiers
de
Mars,
grâce
aux
paroles
de
paix
que
Junon
fit
entendre
au
conseil
des
dieux
:
femme
étrangère,
t'ont
réduit
en
cendres.
Du
jour
où
Laomédon
refusa
le
salaire
promis
aux
dieux,
la
chaste
Minerve
et
moi
nous
t’avions
condamné,
avec
ton
peuple
et
ton
roi
perfide.
Un
hôte
mfâme
ne
brille
plus
aux
yeux
d’une
reine
adultère
;
la
maison
parjure
de
Priam
ne
voit
plus
l'effort
obstiné
des
Grecs
se
briser
contre
le
bras
d'Hector
;
et
cette
guerre,
que
prolongeaient
nos
discordes,
est
à
jamais
éteinte.
«Je
dépose
ma
haine:
ce
fils
qu'une
mère
troÿenne
m'avait
rendu
odieux,
je.le
rends
à
Mars.
Que
le
séjour
de
la
lumière
s’ouvre
pour
lui,
jy
Consens
;
qu'il
y
boive
le
nectar
et
vienne
Si
fractus
illabatur
orbis,
Impavidum
ferient
ruinæ.
Hac
arte
Pollux
et
vagus
Hercules
Enisus,
arces
attigit
igneas
:
Quos
inter
Augustus
recumbens
Purpureo
bibit
ore
nectar.
Hac
te
merentem,
Bacche
pater,
tu
Vexere
tigres
;
indocili
jugum
Gollo
trahentes.
Hac
Quirinus
Martis
equis
Acheronta
fupit,
Gratum
eloquuta
consiliantibus
Junone
Divis:«
Iliôn,
Hion
Fatalis
incestusque
judex
Et
mulier
peregrina
vertit
In
pulverem
;
ex
quo
destituit
Deos
Mercede
pacta
Laomedon
,
mibi
Castæque
damnatum
Minervæ
Cum.
populo
et
duce
fraudalento.
Jam
nec
Lacænæ
splendet
adulteræ
Famosus
hospes
;
nec
Priami
domus
Perjura
pugnaces
Achivos
Hectoreis
opibus
refrinpi
:
Nostrisque
ductum
seditionibus
Bellum
resedit.
Protinus
et
graves
Iras
,
et
invisum
nepotem,
Troia
quem
peperit
sacerdos,
Marti
redonabo
:
illum
ego
Incidas
Inire
sedes,
ducere
nectaris
HORACE.
en
paix
sasseoir
parmi
les
dieux.
Pourvu
qu'entre
Hion
et
Rome
gronde
une
mer
im-
mense
;
que
partout
les
Froyens
soient
heureux
et
régnent
dans
leur
exil.
Pourvu
que
les
trou-
peaux
bondissent
sur
la
tombe
de
Priam,
et
que
la
bête
sauvage
y
cache
impunément
ses
petits
;
que
le
Capitole
brille
sur
une
base
iné-
branlable,
et
que
Rome
altière
dicte
ses
lois
aux
Mèdes
vaincus.
Qu’elle
étende
au
loin
son
nom
redouté
,
du
détroit
qui
sépare
l'Europe
et
|
l'Afrique,
aux
champs
que
fécondent
les
eaux.
«
ion
!
Hion
!
un
juge
impur
et
maudit,
une
|
débordées
du
Nil;
plus
grande,
en
méprisant
l'or
enfoui
dans
les
entrailles
de-la
terre
où
il
devrait
rester,
que
si,
d’une
main
avide
et
sa-
|enilége,
elle
l'entassait
pour
de
profanes
besoins.
Que
son
aigle
aille
toucher
les
bornes
du
monde,
et
plane
avec
orgueil
des
climats
que
le
soleil
dévore,
à
ceux
que
l'hiver
attriste
d’é-
ternels
brouillards.
«
Mais
j'impose
aux
fils
belliqueux
de
Romu-
lus
cette
loi
:
que
jamais,
par
audace
ou
par
une
aveugle
piété,
ils
ne
pensent
à
relever
les
murs
de
leur
ancienne
patrie.
Troie,
renaissant
sous
de
lugubres
auspices,
verrait
renaître
tous
ses
malheurs
:
moi-même
j'y
conduirais
|
mes
bataillons
victorieux,
moi,
l'épouse
et
la
Succos
,
et
adscribi
quielis
Ordinibus
patiar
Deorum;
Dum
longus
inter
sæviat
Hion
Romamque
pontus
:
qualibet
exsules
In
parte
repnanto
beat,
Dum
Priami
Paridisque
busto
Insultet
armentum
,
€
catulos
feræ
Gelent
inultæ
?
stet
Capitolium
Fulgens,
trium
phatisque
possit
Roma
ferox
dare
jura
Medis
;
Horrenda
late
nomen
in
ultimas
Extendat
horas
,
qua
medius
liquor
Secernit
Europen
ab
Afro,
Qua
tumidus
rigat
arva
Nilus
;
Âurum
irrepertum
,
et
sic
melius
situm
Quum
lerra
celat,
spernere
fortior
,
Quam
cogere
humanos
In
usus
:
Omne
sacrum
rapiente
dextra.
Quicunque
mundo
terminus
obstitit
:
Hunc
tangat
armis,
Visere
gesliens,
Qua
parte
debacchentur
ignes,
Qua
nebulæ
plüuviqué
rores.
Sed
bellicosis
fata
Quiritibus
Hac
lege
dito
,
ne
nimium
pis
Rebusque
fidèntes,
avitæ
ee.
Tecta
velint
reparare
Trojæ.
Trojæ
renascens
alite
Jugubri
Fortuna
tristi
clade
iterabitur,
?
D
ODES.
sœur
de
Jupiter.
Düt
Apollon
Fenvironner
trois
fois
de
remparts
d’airain,
trois
fois
elle
tombe-
rait
sous
mes
Grecs;
trois
fois
la
veuve
captive
pleurerait
son
époux
et
ses
enfants.
»
Mais
de
tels
sujets
ne
conviennent
pas
à
une
lyre
enjouée
:
Muse
téméraire,
où
vas-tu
?
cesse
de
redire
les
entretiens
des
dieux,
et
d’en
ra-
baisser
la
grandeur
par
la
faiblesse
de
tes
ac-
cents.
ODE
IV.
A
CALLIOPE.
Descends
du
ciel,
reine
des
Muses,
ô
Cal-
liope
!
dis
sur
la
flûte,
ou
sur
la
Iyre
d'Apollon,
un
chant
immortel,
ou,
si
tu
l’aimes
mieux,
donne
l'essor
à
ta
voix
brillante,
L’entendez-
vous
?
suis-je
le
jouet
d’un
heureux
délire?
Oui,
je
l'entends,
je
m'égare
dans
les
bois
sacrés,
sous
l
ombrage
où
se
e
les
fais
ruisseaux
et
le
zéphyr.
Dans
mon
enfance,
un
jour
que
je
m
étais
endormi,
las
de
mes
jeux
,
sur
le
côté
du
Vultur
quise
prolonge
hors
de
la
Pouille,
ma
patrie,
=:
des
colombes
mystérieuses
vinrent
me
couvrir
d’un
vert
feuillage.
À
l'étonnement
de
tous
Ceux
qui
habitent
et
le
nid
escarpé
d’Achéron-
!
Ducente
victrices
catervas
Conjuge
meJovis
et
sorore.
Ter
siresurgat
murus
aheneus
,
Auctore
Phæbo
;
ter
pereat
ie
Excisus
Argivis;
ler-uxor.
re
Gapta
virum
puerosque
si.
»
Non
hæc
jocosæ
conveniunt
Igræ
:
Quo
Musa
tendis?
Desine
pervicax
Referre
sermones
Deorum.,
et
Magna
modis
tenuare
parvis:
CARMEN
IV.
:
AD
_CAELIOPEN.
:
Descende
cœlo,
et
dic.
de
de.
Regina
Lu.
Calliope
melos
:
Seu
voce
nunc
mavis
acufa,
Seu
fidibus
citharaque
Phæœbi.….
Auditis?.…
Insania?..
A
Érrare
ee
Tudor.
;
AM&
æ
Re
Quos
et
aquæ
uno
et
auræ.
Me
fabulosæ,
Vulture
in
Appulo,
Altricis
re.
limen
Apuliæ,
Ludo
fatigatumque
somno
Fronde
nova
puerum
palumbes
Texere
:
.
an
me
|udit
amabilis
iiruni
quod
foret
omnibus,
Quicunque
celsæ
nidum
Acherontiæs
;
+
50
tia,
et
la
forét
de
Bantium,
et
le
fertile
vallon
de
Férente
je
dormais
en
sûreté
au
milieu
des
ours
et
des
vipères,
sans
autre
abri
que
des
branches
de
myrte
et
de
laurier
:
les
dieux
seuls
inspiraient
tant
d'audace
à
un
enfant.
Muses,
vous
veillez
sur
moi
quand
je
gravis
les
sentiers
montueux
du
Sabinum
,
et
quand
m'appelle
le
frais
séjour
de
Préneste,
ou
les
collines
de
Tibur,
ou
le
rivage
de
Baies.
Ami
de
vos
chastes
fontaines
et
de
vds
chœurs
mé-
lodieux
,
j'ai
vu
sain
et
sauf
le
désastre
de
Phi-
lippes
,
la
chute
d'un
arbre
maudit,
et
les
ro-
chers
de
Palinure
battus
par
les
flots.
Avec
vous
,
je
braverai
la
fureur
du
Bosphore,
et
les
sables
brülants
de
la
Syrie
;
je
verraïle
sauvage
Breton,
le
Concanien
qui
boit
avec
délices
le
sang
du
cheval,
le
Gélon
armé
de
son
carquois,
le
fleuve
lointain
de
la
Scythie;
et
tje
ie
verrai
sans
péril.
Quand
César
ramène
de
no$.
1.
ses
-
_gions.
fatiguées
de
vaincre,
et
qu'il
aspire
lui-
même
au
repos,
c'est
vous
qui
charmez
ses
loi-
sirs
dans
vos
paisibles
retraites,
vous
qui
lui
donnez
des
conseils
de
clémence
;
Muses
di-
vines,
et
qui
vous
applaudissez
de
les
avoir
donnés.
Sallusque
Bantinos
,
et
arvum
Pingue
tenent
humilis
Ferenti
:
Ut
tuto
ab
atris
corpore
viperis
Dormirem
et
is
ut
Me
sacra
Non
sine
Dis
animosus
nine.
—
Vester,
Gamenæ,
vestér
in
arduos
Tollor
Si.
a
mihi
frigidum
Præneste,
seu
Tibur
supinum
;
Seu
liqaids
placuere
Baie.
Vestris
amicum
fontibus
et
choris,
Non
me
Philippis
versa
acies
retro,
Devota
non
exstinxit
arbor,
NecSicula
Palinurus
unda.
Utcunque
mecum
vos
eritis
,
Hibens
Insanientem
navita
Bosporum.
è
Tentäbo.;
et
arentes
arenas
-
Eitoris
Assyrii
viator.
Visam
Britannos
hospitibus’
feros,
Et
Iætum
equino
sanguine
É
cine
Visam
pharetratos
Gelonos
Et
Scythicum
inviolatus
amnem.
Vos
Cæsarem
altum,
militia
simul
Fessas
cohortes
abdidit
oppidis
,
Finire
quærentem
nee
Pierio
recreatis
antro
:
Vos
lene
consilium
et
dstie=
æ
dites
Gaudetis
almæ.
Scimusut
i
impios
42
42
jamais
sa
flèche
n'a
manqué
le
cerf
qui
fuit
éperdu
dans
la
plaine,
ni
son
épieu
le
sanglier
caché
sous
d’épais
halliers.
ODE
XIII.
À
LA
FONTAINE
DE
BANDUSIE,
Fontaine
de
Bandusie,
plus
claire
que
le
cristal,
digne
des
libations
d’un
vin
pur,
de-
main
je
t'offre
avec
des
fleurs
un
jeune
che-
vreau
;
son
front
où
l’on
voit
poindre
les
pre-
mières
cornes,
s'apprête
aux
amours
et
aux
combats
;
mais
en.
vain
:
l'animal
pétulant
rou-
gira
tes
eaux
limpides.
Les
feux
de
l’ardente
Canicule
ne
sauraient
t’effleurer;
tu
procures
aux
bœufs
fatigués
du
joug
et
aux
troupeaux
errants
une
délicieuse
fraicheur.
Et
toi
aussi,
Bandusie,
tu
seras
une
fontaine
célèbre;
je
chanterai
le
chêne
vert
pen-
-
ché
sur
la
grotte
d’où
jaillissent
tes
eaux
mur-
Hiurantes.
ODE
XIV.
SUR
LE
RETOUR
D'AUGUSTE,
HORACE,
sa
vie
des
lauriers
cueillis
sur
les
pas
d’'Her.
cule,
César,
revient
parmi
nous,
vainqueur
de
l'Espagne.
Que
celle
dont
le
plus
grand
cles
époux
fait
la
gloire
aille
s'acquitter
envers
les
dieux
;
suivez-la
,
le
front
ceint
de
pieusés
ban-
delettes,
sœur
duhéros,
et
vous,
mères
dont
les
fils
sont
de
retour.
Pour
vous,
qui
pleurez
si
jeunes
un
‘époux
Ou
un
père,
épargnéz-nous
de
sinistres
paroles.
;
”
Ce
jour
est
pour
moi
un
vrai
jour'de
fête:
il
bannit
de
sombres
pensées
:
je
necraindrai
plus
la
guerre
civile
et
le
fer
des
assassins
,
César
n’a
pas
quitté
la
terre.
Va,
jeune
esclave,
chercher
des
parfums,
des
couronnes,
ct
de
ce
vin
qui
a
vu
la
guerre
des
Marses,
s'il
en
est
échappé
une
amphore
aux
bandes
de
Spartacus.
Dis
à
la
chanteuse
Nééra
qu'elle
se
hâte
de
nouer
ses
cheveux
par-
fumés
de
myrte.
Si
son
odieux
portier
veut
te
faire
attendre,
reviens.
Une
tête
qui
blan-
chit
n'aime
plus
le
bruit
et
les
querelles
;
j’au-
rais
été
moins
patient,
dans
la
chaleur
de
l’âge,
sous
le
consulat
de
Plancus.
Romains,
celui
que
l’on
disait
avoir
payé
de
|
Pugientes
agilato
grege
cervos
jaculari,
et
Geler
alto
latitantem
fruticeto
excipere
aprum.
CARMEN
XIII.
AD
FONTEM
BA
NDUSIUM.
0
fons
Bandusiæ
,
splendidior
vitro,
Dulci
digne
mero
,
non
sine
floribus,
Gras
donaberis
hædo,
Gui
frons
turgida
cornibus
:
Primis
et
Venerem
et
prælia
destinat
Frustra
;
nam
gelidos
inficiet
tihi
Rubro
sanguine
riyos
Laseivi
soboles
gregis.
Te
flagrantis
atrox
hora
Caniculæ
Nescit
tangere
:
tu
frigus
amabile
Fessis
vomere
tauris
Præbes
,
et
pecori
vapo.
Fies
nobilium
tu
quoque
fontium
,
Me
dicente
cavis
impositam
ilicem
Saxis,
unde
loquaces
Lymphæ
desiliunt
tuæ.
CARMEN
XIV.
IN
AUGUSTI
EX
HISPANIA
REDITUM.
Hereulis
ritu
,
modo
dictus,
o
Plebs,
Morte
venalem
petiisse
laurum
,
Gæsar
Hispana
repetit
Penates
Victor
ab
ora.
Unico
gaudens
mulier
marito
Prodeat,
justis
operata
Divis,
Etsoror
clara
ducis
,
et
decoræ
Supplice
vitta
Virginum
matres
,
jJuvenumque
nuper
Sospitum.
Vos,
o
pueri,
et
puellæ
Jam
virum
expertæ,
male
ominatis
Parcite
verbis,
Hic
dies
vere
mihi
festus
atras
Eximet
curas
:
ego
nec
tumultum,
Nec
mori
per
vim
metuam
,
tenente
Cæsare
terras.
ee
[,
pete
unguentum,
puer,
et
coronas
Et
cadum
Marsi
memorem
duelli,
Spartacum
si
qua
potuit
vagantem
Fallere
testa.
Dic
et
argutæ
properet
Neæræ
Myrrheum
nodo
cohibere
crinem
;
Si
per
invisum
mora
janitorem
Fiet
,
abito.
Lenit
slbescens
animos
capillus
Litium
et
rixæ
Cupidos
protervæ.
Non
ego
hoc
ferrem
calidus
Juyenta
,
=
Consule
Planco.
28
ODE
XV.
À
CHLORIS.
__
Femme
du
pauvre
Ibycus,
mets
enfin
un
terme
à
tes
débauches
et
à
tes
infàmes
tra-
vaux
;
quandlamortt'appelle,
cesse
de
jouer
au
milieu
des
jeunes
filles,
sombre
nuage
parmi
de
blanches
étoiles.
Ce
qui
sied
à
Pholoéne
te
sied
plus,
Chloris
:
que
ta
fille,
comme
une
bacchante
agitée
par
le
bruit
des
timbales,
force
la
maison
des
jeunes
Romains;
qu'elle
se
joue
autour
de
Nothus
comme
la
biche
amoureuse
;
toi,
vieille
et
ridée,
file
la
laine
de
Lucérie;
laisse
pour
les
fuseaux
,
et
la
lyre
,
et
les
roses,
et
les
joyeux
festins
où
l'on
vide
les
tonneaux
jusqu’à
la
lie.
ODE
XVI.
°A
MÉCÈNE.
1e
Une
tour
d’airain,
des
portes
de
fer,
d'énor-
mes
chiens
veillant
sans
relâche,
semblaient
garantir
Danaé
des
tentatives
nocturnes
de
ses
amants;
mais
Jupiter
et
Vénus
se
rirent
du
gardien
tremblant
de
cette
beauté
captive
:
le
chemin
devait
être
sûr
et
facile
pour
un
dieu
CARMEN
XV.
AD
CHLORIN:
Uxor
pauperis
Ibyei
,
Tandem
nequitiæ
fige
modum
tuæ,
Famosisque
laboribus
:
Maturo
propior
desine
funeri
Inter
ludere
virgines,
Et
stellis
nebulam
spargere
candidis.
Nen,
si
quid
Pholoen
satis
;
Ette
,
Chlori,
decet;
filia
rectius
Expugnat
juyenum
domos,
Pulso
Thyas
uti
concita
tympano.
Hlam
copit
amor
Nothi
Lascivæ
similem
ludere
capreæ
:
Te
lanæ
prope
nobilem
Tonsæ
Euceriam,
non
citharæ
,
decent,
Nec
flos
purpureus
rosæ,
-
Nec
poti
vetulam
fæce
tenus
cadi.
—
GARMEN
XVI.
AD
MÆCENATEM.
Inclusam
Danaen
turris
ahenea,
Robustæque
fores
,
et
vigilum
canum
Tristes
excubiæ
munierant
satis
Nocturnis
ab
adulteris:
Si
on
Acrisium
,
virginis
abditæ
Gustodem
pavidum
+
upiter
et
Venus
ODES.
43
changé
en
or.
L'or
se
ghsse
à
travers
les
gardes,
et,
plus
puissant
que
la
foudre,
il
perce
les
ro-
chers.
Si
la
maison
d’Amphiaraüs
a
péri,
c’est
l'or
qui
la
plongea
dans
l'abime;
avee
For,
&
roi
de
Macédoine
ouvrait
les
portes.des
villes,
et
minait
la
puissance
des
rois
ses
rivaux;
l'or
enchaîne
les
plus
farouches
corsaires.
Mais
avec
la
fortune
croissent
les
souciset
la
soif
d'acquérir.
Mécène,
l'honneur
des
cheva-
liers
,
j'ai
toujours
craint
d'élever
la
tête
et
d’at-
tirer
les
repards.
Plus
on
se
refuse,
plus
les
dieux
nous
accordent.
Transfuge
du
parti
des
riches,
je
passe
joyeux
et
nu
dans
le
camp
de
ceux
qui
ne
désirent
rien
:
plus
libre
et
plus
fier
avec
le
peu
que
je
possède,
que-si
j'entas-
sais
dans
mes
greniers
toutes
les
moissons
de
linfatigable
À
pulien,
pauvre
au
milieu
de
mes
richesses.
Un
ruisseau
limpide,
un
bois
de
quelques
arpents,
des
moissons
fidèles
,
me
font
un
sort
plus
heureux
que
celui
d’un
opulent
proconsul
_de
la
fertile
Afrique.
Ce
n’est-pas
pour
moi
que
les
abeilles
de
la
Calabre
déposent
leur
miel,
que
le
vin
de
Formies
vieillit
dans
l'am-
phore,
que
les
brebis
de
la
Gaule
nourrissent
Risissent
:
foreenim
tutum
iler
et
patens
Converso
in
pretium
Deo.
Aurum
per
mediosire
satellites,
:
Et
perrumpere
amat
saxa
potentius
Ictu
fulmineo
:
concidit
auguris
Argivi
domus,
ob
lucrum
Demersa
exitio
:
diffidit
urbium.
-
Portas
vir
Macedo,
et
subruit
æmulos
Reges
muneribus
:
munera
navium
Sævos
illaqueant
duces.
Crescentem
sequitur
cura
pecuniam,
Majorumque
fames.
Jure
perhorrui
Late
conspicuum
tollere
verlicem,
Mæcenas,
equitum
decus.
Quanto
quisque
sibi
plura
negaverit,
Ab
Dis
plura.feret.
Nileupientium
Nudus
castra
peto,
et
transfuga
divitum
Partes
linquere
gestio,
Contemtæ
dominus
splendidior
rei.
Quam
si,
quidquid
arat
impiger
Appulus,
Occultare
meis
dicerer
horréïs:,
Magnas
inter
opes-inops.
Puræ
rivus
aquæ,
silvaque
Jugerum
Paucorum
,
et
sepetis
certa
fidesmeæ,
Fulgentem
imperio
fertilis
Africæ
Fallit
sorte
beatior.…
:
Quamquam
nec
Galabræ-mella
feruntapes
Nec
Læstrygonia
Bacchus
in
amphora
=
Languescit
mihi,
nec
pinguia
Gallicis
44
leurs
épaisses
ioisons
;
mais
j
‘ignore
les
tour-
ments
de
la
pauvreté,
et
si
je
voulais
davan-
tage,
Mécène,
tu
me
le
donnerais.
En
reserrant
mes
désirs,
je
sais
mieux
éten-
dre
mon
humble
revenu
que
si
je
réunissais
au
royaume
de
Crésus
les
plaines
de
là
Phrygie.
Tout
désirer,
c’est
manquer
de
tout
:
heureux
à
qui,
d’une
main
économe,
les
dieux
ont
ac-
cordé
le
nécessaire
!
ODE
XVIL
A
ÆLIUS
LAMIA.
Noble
rejeton
de
l'antique
Lamus
(car
c'est
de
lui
que
les
premiers
Lamias
ont
üré
leur
nom
,
et
nos
fidèles
annales
font
remonter
votre
race
à
ce
fondateur
de
Formies,
dont
l'empire
s’étendit
sur
les
rives
marécageuses
du
Liris);
Ælius,
demain
un
violent
orage
,
venu
du
cou-
chant,
jonchera
les
bois
de
feuilles
et
le
rivage
d
algues
inutiles,
ou
la
corneille
centenaire
qui
annonce
la
pluie
m’aura
trompé.
Mets
à
couvert
ton
bois
sec,
ilen
est
temps
encore
:
de-
main
tu
offriras
au
dieu
du
foyer
un
vin
pur
et
un
porc
de
deux
mois,
au
milieu
de
tes
ser-
viteurs
libres
pour
un
jour
de
leurs
travaux.
Grescunt
vellera
pascuis
;
Imporluna
tamen
Paupertes
abest
;
Nec,
si
plura
velim,
tu
dare
deneges.
Gontracto
melius
parva
cupidine
Vectigalia
porrigam
,
Quam
si
Mygdoniis
reonum
Alyattei
Gampis
continuem.
Multa
petentibus
Desunt
multa.
Bene
est,
cui
Deus
obtulit
Parca
,
on
satis
est,
manu.
CARMEN
XVIL
AD
ÆLIUM
LAMIAM.
Æli,
vetusto
nobilis
ab
Lamo,
Quando
et
priores
hine
Lamias
ferunt
Denominatos,
et
nepotum
Per
memores
genus-omne
fastos
:
Auctore
ab
illo
ducis
originem,
Qui
Formiarum
mϾnia
dicitur
Princeps
,
et
iunantem
Maricæ
Liloribus
tenuisse
Lirim
,
Late
tyrannus
:
cras
foliis
nemus
Multis
et
alga
litus
inulili
Demissa
tempestas
ab
Euro
Sternet,
aquæ
nisi
fallit
augur
Annosa
cornix.
Dum
potis,
aridum
Gompone
lignum
:
cras
Genium
mero
Gurabis
et
porco
bimestri
,
-
|
HORAC
E.
ODE
XVIII.
À
FAUNE.
Faune,
amant
des
Nymphes
fugitives,
visite
en
dieu
clément
mon
humble
domaine
,
et
que
ton
passage
soit
heureux
pour
tes
jeunes
élèves
de
mes
étables
:
tous
les
ans
je
t'immole
un
chevreau
,
la
coupe
chère
à
Vénuste
verse
des
flots
de
vin,
et
l’encens
fume
sur
ton
autel
an-
tique.
Quand
les
nones
de
décembre
ramènent
ta
fête,
les
troupeaux
se
jouent
sur
l'herbe
touf-
fue
;
tout
le
village
serépand
dans
les
prés,
avec
le
bœuf
oisif;
le
loup
se
mêle
aux
agneaux,
sans
les
effrayer
;
;
les
bois
sèment
leurs
feuil-
les
sur
ton
passage;
et
le
visneron
frappe
d’un
pied
joyeux
cette
terre,
qu
‘il
à
souvent
maudite.
ODE
XIX.
A
TÉLÈPHE.
Tu
nous
parles
du
temps
qui
sépare
Inachus
de
Codrus,
mort
pour
sa
patrie,
et
des
füs
d'Eaque,
et
des
combats
livrés
sous
les
murs
Gum
famulis
operum
solutis.
CARMEN
XVIII.
AD
FAUNUM.
Faune,
Nympbarum
fugientum
amator,
Per
meos
fines
et
aprica
rura
Lenis
incedas
;
abeasque
parvis.
Æquus
alumnis::
Si
tener
pleno
cadit
hædus
anno,
-
Larga
nec
desunt
Veneris
sodali
Vina
crateræ
,
vetus
ara
multo
Fumat
odore.
Ludit
herboso
pecus
omne
campo,
Quum
tibi
Nonæ
redeunt
Decembres
:
Festus
in
pratis
vacat
otioso.
Cum
bove
pagus
:
Inter
audaces
lupus
errat
agnos
:
Spargitagrestes
tibi
silva
frondes
:
Gaudet
invisam
pepulisse
fossor
Ter
pede
terram.
CARMEN
XIX.
AD
TELEPHUM.
Quantura
distet
ab
Inacho
Codrus,
pro
patriauon
timidus
mor,
Narras,
cl
genus
Æaci,
ODES.
sacrés
d’Hion
;
mais
à
quel
prix
aurons-nous
le
vin
de
Chio
?
Qui
fera
chauffer
nos
bains?
A
quelle
heure,
et
chez
qui
trouverons-nous
bonne
table
et
bon
feu?
Tu
n’en
dis
rien,
Télèphe.
Verse
pour
la
lune
nouvelle,
esclave
:
verse
pour
la
nuit;
verse
pour
l'augure
Muréna!
On
peut
remplir
trois
ou
neuf
fois
les
coupes
:
le
poëte,
amant
des
neuf
sœurs,
dans
son
délire
videra
neuf
fois
la
sienne;
mais
les
Grâces
demi-nues
ont
peur
des
querelles,
et
défendent
aller
au-delà
de
trois.
Je
veux
perdre
la
raison.
Où
sont
les
flûtes
de
Bérécynthe?
Que
fait
ce
hauthois
suspendu
près
de
la
lyre
muette?
Jehais
les
mains
pares-
seuses
:
semez
des
roses.
Que
le
bruit
de
nos
folies
éveille
le
jaloux
Lycus,
et
la
jeune
voisine,
simal
unie
à
ce
vieil
époux.
Ta
noire
chevelure,
ô
Télèphe,
tes
yeux
doux
et
brillants
comme
l'étoile
du
sor,
attirent
l'amoureuse
Rhodé;
et
moi
je
languis,
je
brûle
pour
ma
Glycère.
ODE
XX.
#
PYRRHUS:
=
Ne:
vois-tu
pas,
Pvr
us,
le
danger
de
ravir
Et
pugnata
sacro
bella
sub
Ilio
:
Quo
Ghium
pretio
cadum
Mercemur,
quis
aquam
temperet
ignibus,
Quo
præbente
domum
et
quota
Pelignis
carean
frisoribus
,
taces.
Da
Lunæ
propere
novæ,
Da
noctis
mediæ,
da,
puer
,
auguris
Murenæ
:
tribus,
aut
novem
Miscentur
cyathis
pocula
commodis.
Qui
Musas
amat
impares,
Lernos
ter
cyathos
adionitus
petet
Vates,
tres
prohibet
supra
Rixarum
metuens
tangere
Gratia,
Nudis
juncta
sororibus.
Insanire
juvat,
cur
Berecynthiæ
Cessant
flamina
tibiæ
?
Gur
pendet
tacita
fistula
cum
Jyra
?
Parcentes
epo
dexteras
Odi
:
sparge
rosas
:
audiat
invidus
Dementem
strepitum
Lycus,
Et
vicina
seni
non
habilis
Lyco.
Spissa
te
nitidum
coma,
Puro
te
similem
,
Telephe,
Vespero,
Tempestiva
petit
Rhode:
Me
lentus
Glyceræ
torret
amor meæ.
CARMEN
XX.
AD
PYRRHUM.
Non
vides,
quanto
moveas
periclo,
Fa
45
à
ma
lionne
de
Gétulie
ses
petits?
Bientôt,
tu
fuiras
tremblantune
lutte
inégale,
quand,
à
tra-
vers
la
foule
des
chasseurs,
elle
viendra
te
dis-
puter
le
beau
Néarque
:
combat
terrible,
à
qui
de
vous
deux
doit
rester
cette
proie!
Et
pen-
dant
que
tu
prépares
tes
flèches
rapides,
qu’elle
aiguise
ses
dents
redoutables,
on
dit
que
le
juge
du
combat
foule
la
palme
sous
ses
pieds
nus,
et_abandonne
au
souffle
caressant
du
zéphyr
les
cheveux
parfumés
qui
flottent
sur
ses
épau-
les
:
tel
fut
Nirée,
ou
Ganymède
ravi
aux
hu-
mides
vallons
de
l'Ida.
ODE
XXI.
à
SON
AMPHORE.
Amphore
chérie,
née
comme
moi
sous
lecon-
sul
Manlius,
que
tu
portes
dans
ton
sem
la
tris-
tesse
ou
les
jeux,
les
querelles,
lesfolles
amours,
ou
le
facile
sommeil
;
tu
conserves
un
Massique
de
choix,
digne
de
paraître
en
un
si
beau
jour.
Viens,
Conte
l'ordonne,
viens
lui
verser
ta
vieille
liqueur
:
tout
imbu
qu'il
est
des
maximes
de
Socrate,
ne
crois
pas
que
son
austérité
te
Pyrrhe,
Gætulæ
catulos
leænæ
?
Dura
post
paullo
fugies
inaudax
Prælia
raptor
:
Quum
per
obstantes
juvenum
catervas
Ibit
insignem
repetens
Nearchum,
Grande
certamen,
tibi
præda
cedat
Major
,
an
illi.
Interim,
dum
tu
celeres
sagitlas
Promis,
hæc
dentes
acuit
timendos
;
Arbiter
pugnæ
posuisse
nudo
Sub
pede
palmam
Fertur
,
et
leni
recreare
vento
Sparsum
odoratis
bumerum
capillis
;
Qualis
aut
Nireus
fuit,
aut
aquosa
Raeptus
di
Ida.
CARMEN
XXI.
AD
AMPHORAM.
O
nata
mecum
consule
Manlio
,
Seu
tu
querelas
,
sive
geris
jocos
,
Seu
rixam
et
insanos
amores
;
-
Seu
facilem
,
pia
testa,
somnum,
Quocunque
lectum
nomine
Massicum
Servas
,
moveri
digna
bono
die;
Descende,
Corvino
jubente
Prue
languidiora
vina.
Nonille,
quamquam
Socraticis
madet
Smet
Le
negliget
horridus
:
19
46
dédaigne;
on
sat
que
ie
bon
vin
réchauffait
souvent
la
vertu
du
vieux
Caton.
Tu
fais
aux
caractères
les
plus
rigides
une
douce
violence:
tu
dévoilés,
en
te
jouant,
les
soucis
et
les
secrètes
pensées
du
sage;
tu
ré-
veilles
dans
un
cœur
abattu
l'espérance
et
la
force
;
avec
toi,
le
pauvre
lève
la
tête,
et
ne
craint
plus
nila
colère
des
rois
ni
les
épées.
Que
la
riante
Vénus,
les
Grâces
toujours
unies,
et
le
dieu
du
plaisir
te
fassent
durer,
à
lxelarté
des
flambeaux,
jusqu’à
l'heure
où
Phé-
bus
revient
chasser
les
étoiles.
ODE
XXIT.
À
DIANE.
Gardienne
des
bois
et
des
montagnes,
vierge
qui,
trois
fois
invoquée,
exauces
la
jeune
épouse
dans
les
douleurs
de
l’enfantement,
et
la
dérobes
à
la
mort,
triple
déesse,
jeteconsacre
le
pin
qui
domine
mon
toit
champêtre
:
tous
les
ans
je
t'offrirai,
sous
son
feuillage,
un
jeune
sanglier
qui
déjà
cherche
à
frapper
d’un
coup
D
Hque.
ODE
XXIIL.
_
PHIDYLÉ.
Quand
la
lune
renaît,
lève
au
ciel
tes
mains
Narratur
et
prisei
Gatonis
Sæpe
mero
caluisse
virtus.
Tu
lene
tormentum
ingenio
admoves
Pleramque
duro
:
tu
sapientium
Guras
et
arcanum
jocoso
Consilium
retegis
Lyæo
:
Tu
spem
reducis
mentibus
anxiis
Viresque
;
et
addis
cornua
paupert
Post
te
neque
iratos
trementi
Regum
apices,
nequemilitum
arma.
Te
Liber,
et,
silæta
aderit,
Venus,
Sepnesque
nodumsolvere
Gratiæ
,
Vivæque
producent
lucernæ,
Dum
rediens
fugat
astra
Phœbus.
CARMEN
XXII.
AD
DIANAM.
Montium
custos
nemorumque
,
Virpo,
Quæ
laborantes
utero
puellas
Ter
vocata
audis,
adimisque
leto
,
Diva
triformis
:
Immimens
vilæ
tua
pinus
esto,
Quam
per
exaetos
ego
lætus
annos
Verris
obliquum
meditantis
ictum
Sanguine
donem.
CARMEN
XXI.
AD
PHIDYLEN.
Gœlo
supinas
si
tuleris
manus
|
|
REA
LIL
LOU
Le
D
LA
209
SEE
PO
AL
Le
LUI
TE
RG
IP
sets
ENT
ur}
Eee
HORACE.
suppliantes,
bonne
Phidylé,
offre
aux
dieux
Larés
de
l’encens,
une
truie
avide,
et
des
fruits
de
l’année;
et
ta
vigne
féconde
ne
sentira
pas
le
souffle
mortel
de
l'Auster,
ni
tes
moissons
la
nielle
stérile,
nites
jeunes
agneaux
la
lourde
haleine
de
la
saison
des
fruits.
Laisse
la
victime
choisie
qui
paît
sur
lAlgide,
au
dessous
des
neiges,
entre
les
chênes
et
les
yeuses,
où
qui
srandit
dans
les
pâturages
al-
bains,
tendre
de
son
sang
la
hache
des
pontifes.
Tu
n'as
pas
besoin
d’égorger
tant
de
brebis
pour
fléchir
les
humbles
dieux
que
tu
Couronnes
de
romarin
et
de
myrte.
Si
une
main
pure
a
touché
l'autel,
orge
sacré
et
le
sel
pétillant
apaiseront
les
Lares
irrités
mieux
que
là
plus
riche
offrande.
ODE
XXIV.
CONTRE
LES
VICES
DU
SIÈCLE.
Avec
des
richesses
plus
g
Grandes
que
les
tré-
sors
encore
intacts
de
l'Arabie
et
de
l'Inde,
quand
tu
envahirais
de
tes
vastes
constructions
les
mers
de
Tyrrhène
et
d’Apulie,
si
linflexi-
ble
destin
appuie
sur
ton
front
superbe
sa
man
de
fer,
tu
ne
pourras
dégager
ton
âme
de
Nascente
Luna,
rustica
Phidyle
,
Si
ture
placaris
et
horna
Fruge
Lares
,
avidaque
porca;
Nec
pestilentem
sentiet
Africum
Fecunda
vitis,
nec
sterilem
seges
Rubiginem
,
aut
dulces
alumni
:
Pomifero
grave
tempus
anno.
Nam,
quæ
nivali
pascitur
Algido
Devota
quercus
interetilices,
:
Aut
creseit
Albanis
in
herbis,
Victima,
pontificum
secures
Cervice
tinget.
Te
nihil
attinet
Tentare
multa
cæde
bidentium
Parvos
coronantem
marino
Rore
Deos
fragilique
myrto.
Immunis
aram
ci
tetipit
manus,
Non
sumtuosa
blandior
hostia
3
Mollivit
aversos
Penates
Farre
pio
et
sakiente
mica.
CARMEN
XXIV.
Intactis
opulentior
Thesauris
Arabum.et
divitis
Indiæ,
Cæmentis
licet
occupes
Tyrrhenum
omne
luis
et
mare
Apulicum,
Si
figit
adamantinos
Summis
verticibus
dira
Necessitas
Clavos,
non
animum
métu,
=
ODES.
la
crainte,
ni
tes
pieds
des
filets
de
la
mort.
Plus
heureux,
dans
ses
déserts,
le
Scythe
qui
traîne
sur
un
chariot
sa
demeure
errante
!
Plus
heureux
le
Gète
sauvage!
Leurs
champs
sans
limites
produisent
une
libre
et
commune
moisson
:
ils
ne
cultivent
qu’un
an
le
même
sol;
la
tâche
de
l’un
remplie,
un
autre
lui
succède
et
le
fait
jouir
de
ses
travaux.
Là,
l'épouse
nou-
_
velle
est
Couce
à
l'enfant
qui
n’a
plus
sa
mère
;
là,
point
de
femme
richement
dotée
qui
com-
mande
à
un
mari,
etle
menace
de
ses
amants.
La
plus
belle
dot,
c’est
la
vertu
des
parents,
l'horreur
de
Padultère,
un
chaste
respect
de
l'alliance
jurée
:
l'infidélité
est
un
crime,
et
la
mort
en
est
le
prix.
O
toi,
qui
veux
étouffer
nos
guerres
impies
et
nos
fureurs
civiles,
si
tu
désires
qu'on
lise
un
jour
sur
tes
statues
:
Au
père
de
la
patrie!
ose
mettre
un
frein
à
la
licesce
indomptée.
Ta
gloire
est
sûre
dans
F
avenir
;
Car,
hélas!
notre
œil
jaloux
hait
la
vertu
vivante,
et
nos
l'appellent
quand
elle
n’est
plus.
.
À
quoi
bon
ces
plaintes
amères,
si
-
bache
ne
coupe
le
mal
dans
sa
racine?
Que
peuvent
Non
morlis
laqueis
expedies
caput.
Campestres
melius
Scythæ,
Quorum
plaustra
vagas
rite
trahunt
domos,
Vivunt
et
ripidi
Getæ;
Emmetata
quibus
jugera
liberas
Fruges
et
Gererem
ferunt,
Nec
cultura
placet
ne
annua
:
Defunctumque
laboribus
Aquali
recreat
sorte
VICaTIUS.
{lice
matre
carentibus
Privignis
mulier
temperat
IDROCERS
:
Nec
dotata
regit
virum
Conjux,
nec
nitido
fidit
adultero
:
Dos
est
magna
parentium
Virtus,
et
metuens
alterius
viri
Gerto
fœdere
caslitas,
Et
peccare
nefas
,
aut
pretium
emori.
_O
quisquis
volet
impias
Gædes
et
rabiem
tollere
civicam,
Si
quæret
Pater
Urbium
Subseribi
statuis,
RER
audeat
Refrenare
licentiams,
>
Clarus
postgenitis,
quatenus
,
heu
nefas!
Virtutem
incolumem
odimus,
”
Sublatam
ex
oculis
quærimus
invidi.
Quid
tristes
querimoniæ,
Si
non
supplicio
culpa
reciditur
À
2
Quid
leges,
sine
moribus
Le
Vanæ,
proficiunt,
sineque
fervidis
Pars
die
caloribus
ne
rompre
sem
tete
ie
émet
ee
nee
eme
és
-
emmener:
md
47
de
vaines
lois,
sans
les
mœurs;
si
rien
n’arrête
lavidité
du
marchand,
ni
les
feux
de
la
zone
torride,
ni
les
barrières
de
neige
et
de
glace;
si
l’art
du
matelot
triomphe
des
mers
en
furie;
si
la
pauvreté,
devenue
le
plus
grand
des
oppro-
bres,
ordonne
de
tout
faire,
de
tout
souffrir,
et
abandonne
Vâpre
sentier
de
la
vertu?
:
Portons
au
Capitole,
où
nous
appellent
les
cris
et
les
applaudissements
de
la
foule,
ou,
dans
la
mer
voisine,
jetons
ces
perles,
ces
dia-
mants,
cet
or
inutile,
principe
de
tous
nos
maux.
Si
notre
repentir
est
sincère,
il
faut
étouffer
le
germe
de
nos
honteuses
passions,
et,
par
des
goûts
plus
mâles,
retremper
nos
âmes
amollies.
Le
jeune
Romam
chancelle
sur
un
coursier;
la
chasse
lui
fait
peur
;
le
cerceau
des
Grecs
et
les
dés
proscrits
par
la
loi,
voilà
les
jeux
où
il
excelle.
Et
cependant
un
père
sans
foi
trompe
son
associé,
son
hôte,
son
ami,
et
le
dépouille
pour-hâter
la
fortune
de
cet
indigne
héritier
:
chaque
jour
accroit
ses
infâmes
ri-
chesses;
mais,
au
milieu
de
ses
trésors,
je
ne
sais
quel
vide
se
fait
toujours
sentir.
Mundi,
nec
Boreæ
finitimum
latus,
Duratæque
solo
nives
,
Mercatorem
abigunt
?
horrida
callidi
Vincunt
æquora
navitæ
?
Magnum
pauperies
opprobrium
jubet
Quidvis
et
facere
et
patr,
Virtutisque
viam
deserit
arduæ
?
Vel
nos
in
Capitolium
,
Quo
clamor
vocatet
{urba
fsventium,
Vel
nos
in
mare
proximum
Gemmas,
et
lapides,
aurum
et
joutile
j
Summi
materiem
mali,
Mitiamus,
scelerum
si
bene
pœnitet.
Eradeuda
eupidinis
Pravi
sunt
elementa
:
Mentes
asperioribus
Formandæ
studiis.
Neseit
equo
rudis
Iærere
ingenuus
puer,
Venurique
timet
;
ludere
doctior,
Seu
Græco
jubeas
trocho,
Seu
malis
vetita
legibus
alea
:
Quum
perjura
patris
fides
Consortem
socium
fallat
et
hospitem
<
Indignoque
pecuniam
Hæredi
properet.
Scilicet
improbæ
Creseunt-divitiæ
:
tamen
Gurtæ
nescio
quid
semper
abest
rei.
et
teneræ
nimis
6?
s
ODE
XXV.
A
BACCHUS.
Oùm'’entraîne,
Ô
Bacchus,
ton
souffle
divin
?
Dans
quel
bois,
sous
quel
antre
désert
m'em-
porte
l'essor
d’un
esprit
nouveau?
Quels
rochers
entendront
ma
voix
élever
la
gloire
éternelle
de
César
au-dessus
des
astres,
et
l'introduire
au
conseil
de
Jupiter
?
Tout
sera
sublime,
tout
sera
nouveau
dans
mes
chants.
Telle,
au
sommet
des
monts,
la
Bacchante
à
son
réveil,
immobile,
éperdue,
découvre
au
loin
l'Hèbre
glacé,
la
Thrace
couverte
de
neige,
et
le
Rhodope
que
foule
un
pied
barbare.
Oh!
dans
mes
courses
vagabondes,
que
j'aime
la
rive
escarpée
et
le
bois
solitaire
!
Dieu
des
Naïades,
dieu
des
Bac-
chantes,
dontlebras
puissant
déracine
les
hauts
frênes,
rien
de
faible
et
de
vulgaire,
rien
de
mortel
ne
sortira
de
ma
bouche!
C’est
un
doux
péril,
à
Bacchus,
de
suivre
le
dieu
qui
se
cou-
ronne
de
pampres
verts.
ODE
XXVI.
À
VÉNUS.
Je
plaisais
naguère
aux
jeunes
filles;
et
j'ai
CARMEN
XXV.
AD
BACCHUM:
Quo
me,
Bacche,
rapis
tui
Plenum
?
Quæ
nemora,
aut
quos
agor
in
specus,
Yelox
mente
nova
?
Quibus
Antris
egrepii
Cæsaris
audiar
Æternum
meditans
decus
Stellis
inserere
et
consilio
Jovis
?
Dicam
insigne,
recens
,
adhuc
Indictum
ore
alio.
Non
secus
in
jugis
Exsommis
stupet
Evias
,
Hebrum
prospiciens,
et
nive
candidam
Thracen,
ac
pede,barbaro
Lustratam
Rhodopen,
Ut
mihi
devio
Ripas
et
vacuum
nemus
Mirari
libet
!
O
Naïadum
potens,
Baccharamque
valentium
Proceras
manibus
vertere
fraxinos
:
Nil
parvum
aut
humili
modo,
Nil
mortale
loquar.
Dulce
periculum
est,
0
Lenæe
!
sequi
Deum
Cingentem
viridi
tempora
pampino.
CARMEN
XXVI.
AD
VENEREM.
Vixi
puellis
nuper
idoneus,
48
HORACE.
servi,
non
sans
gloire,
sous
les
drapeaux
de
f'a-
mour.
Aujourd'hui
je
consacre
à
Vénus
mes
armes
et
le
luth
qui
a
fini
ses
campagnes;
je
les
suspends
à
sa
gauche,
aux
murs
de
son
temple
:
qu’on
y
attache
aussi
les
flambeaux,
les
leviers,
et
les
haches,
quimenaçaient
les
portes
fermées.
Déesse,
qui
tiens
sous
ton
empire
Pîle
for-
tunée
de
Chypre,
et
Memphis
où
l’on
ne
vit
ja-
mais
les
neiges
de
la
Thrace,
reine
des
amours,
touche
seulement
de
ton
fouet
divin
l'altière
Chloé.
ODE
XX
VII.
À
GALATÉE.
Que
l'impie
ait
pour
présage
le
cri
répété
de
la
frésaie,
une
lice
pleine,
une
louve
rousse
descendant
des
coteaux
de
Lanuvie,
ou
la
fe-
melle
du
renard
avec
ses
petits;
et
qu'un
serpent
interrompe
son
voyage,
en
passant
comme
une
flèche
devant
ses
chevaux
épou-
vantés.
Mais,
si
je
crains
pour
un
ami,
avant
que
l'oiseau
précurseur
del’orageregagne
l'eau
dormante
des
marais,
vigilant
augure,
mes
vœux
appelleront
de
l'Orient
un
corbeau
favo-
rable.
Et
militavi
non
sine
gloria
:
Nune
arma
defunctumque
bello
Barbiton
hic
paries
habebit,
Lævum
marinæ
qui
Veneris
latus
Custodit.
Hic,
hic
ponite
lucida
Funalia
,
et
vectes,
et
arcus
Oppositis
foribus
minaces.
O
quæ
beatam,
Diva,
tenes
Cyprum,
et
Memphin
carentem
Sithonia
nive,
Regina,
sublimi
flagella
Tange
Ghloen
semel
arrogantem.
CARMEN
XXVIT.
AD
GALATEAM.
Impios
parræ
recinentis
omen
Ducat
,
et
prægnans
canis,
aut
ab
agro
Rava
decurrens
lupa
Lanuvino
Fetaque
vulpes;
Rumpat
et
serpens
iter
institutum,
Si
per
obliquum
similis
sagittæ
Terruit
wannos.
Ego
cui
timebo,
Providus
auspex,
Antequam
stantes
repetat
paludes
Imbrium
divina
avis
imminentum,
Oscinem
corvum
prece
suscitabo
Solis
ab
ortu.
DER
ES
RP
PRE
PI
ENT
NET
NS
PE
TE
EL
ee
PO
CCS
TERRES
PTT
TE
|
|
È
|
AE
FRERES
ODES.
49
Sois
heureuse,
à
Galatée,
en
quelque
lieu
que
tu
veuilles
l'être;
vis,
sans
m’oublier;
et
que
ni
la
Corneiïile
errante,
ni
le
sinistre
pivert
ne
s'oppose
à
ton
départ.
Vois
cependant
de
quelle
tempête
nous
menace
le
coucher
d’Orion
:
je
connais
les
vagues
noires
de
l'Adriatique,
et
la
sérénité
perfide
du
zéphyr.
Que
les
femmes,
les
enfants
de
nos
ennemis,
éprouvent
seuls
les
sourdes
secousses
de
l’Autan
qui
s'élève,
et
le
mugissement
d’une
mer
ténébreuse
qui
fait
trembler
ses
rivages!
Ainsi
la
blanche
Europe
osa
se
confier
au
taureau
trompeur
;
mais
bientôt,
au
milieu
des
écueils
et
des
monstres
qui
peuplent
labîme,
l'audacieuse
pâlit.
Naguère,
dans
les
prairies,
elle
cherchait
des
fleurs
pour
tresserlacouronne
promise
aux
Nymphes;
et,
à
la
faible
lueur
des
étoiles,
elle
ne
voit
plus
que
le
ciel
et
les
eaux.
À
peine
a-t-elle
touché
la
Crète
aux
cent
villes:
«
OÔ
mon
père!
s’écrie-t-elle,
nom
Chéri
mé-
prisé
par
ta
fille!
Doux
et
pieux
devoirs,
que:
j'ai
trahis
dans
mon
délire!
D’où
viens-je?
Où
suis-je
?
C’est
trop
peu
d’une
mort
pour
une
fille
coupable.
Veillé-je
quand
je
pleure
ma
honte
?
Qu
pure
encore,
suis-je
le
jouet
d’une
vaine
il-
Sis
licet
felix,
ubicunque
mavis,
Et
memor
nostri
,
Galatea,
vivas
:
Teque
nec
lævus
vetetire
picus,
Nec
vaga
cornix.
Sed
vides,
quanto
trepidet
tumultu
Pronus
Orion.
Ego
,
quid
sit
ater,
Hadriæ,
novi
,
sinus,
et
quid
albus
Peccet
Iapyx.
Hostium
uxores
puerique
cæcos.
Sentiant
motus
orientis
Austri,
et
Æquoris
nigri
fremitum
,
et
trementes
Verbere
ripas.
Sie
et
Europe
niveum
doloso
Credidit
taurolatus,
et
scatentem
Belluis
pontum,
mediasque
fraudes
Palluit
audax.
Nuper
in
pratis
studiosa
florum
,
et
Debitæ
Nymphis
opifex
coronæ,
Nocte
sublustri
nihil
astra
præter
Vidit
et
undas.
Quæ
simul
centum
tetigit
potentem
Oppidis
Creten
:
Pater
o,
relietum
Filiæ
nomen,
pietasque,
dixit,
Vieta
furore
!
Unde?
quo
veni?
Levis
una
mors
est
Virginum
culpæ.
Vigilansne
ploro
Turpe
commissum
?
an
vitiis
carentem
Ludit
imago
Vana,
quæ
porta
fugiens
eburna
en
Re
ne
ne
D
lusion,
d’un
songe
échappé
à
ja
porte
d'ivorre?
Valait-il
mieux
iraverser
la
mer
immense,
que
de
cueillir
les
fleurs
nouvelles?
«
Ah!
si
dans
ce
moment
on
livrait
cet
infime
taureau
à
ma
colère
!
Je
trouverais
la
force
de
le
mettre
en
pièces,
de
briser
les
cornes
du
monstre
que
jai
trop
aimé.
Sans
pudeur,
j'a
fui
les
dieux
paternels
;
sans
pudeur,
j'hésite
à
mourir
!
©
dieux,
s’il
en
est
qui
m’ertendent,
que
ne
suis-je
erranteet
nue
au
milieu
des
lions
!
Avant
qu'une
hideuse
maigreur
ait
flétri
mes
joues,
et
desséché
cette
faible
proie
belle
en-
core,
je
veux
être
la
pâture
des
tigres.
«
Misérable
Europe!
ton
père
absent
te
crie
:
que
tardes-tu
à
mourir
?
Cet
arbre,
cette
cein-
ture
qui
heureusement
ne
t’a
pas
quittée,
peur
vent
terminer
ta
vie;
ou
si
la
mort
l'appelle
sur
la
pointe
aiguë
de
ces
écueils,
va,
élance-toi
dans
la
tempête
:
à
moins
que
tu
n’aimes
mieux,
fille
des
roïs,
tourner
les
fuscaux
pour
une
maîtresse
étrangère,
et
servir
de
concubine
à
son
époux
!
»
-Vénuslécoutaitavec
un
perfidesourire,
ayam
près
d'elle
son
fils,
appuyé
sur
son
arc
détendu.
Lorsqu'elle
se
fut
assez
jouée
de
sa
douleur
:
Somnium
ducit?
Meliusne
fluctus
Ire
per
tongos
fuit,
an
recentes
Carpere
flores
?
Si
quis
infamem
mihi
nunc
juvencum
Dedat
iratæ
,
laccrare
ferro,
et
Frangere
enitar
modo
mul{um
amati
Cornua
monstri
!
Impudens
liquipatrios
Penates
:
Impudens
Orcum
moror
!
o
Deorum
Si
quis
hæc
audis,
utinam
inter
errem
Nuda
leones!
Antequam
turpis
macies
decentes
Occupet
malas
teneræque
succus
Defluat
predæ,
speciosa
quære
Pascere
tigres.
Vilis
Europe,
pater
urget
absens,
Quid
mori
cessas
?
Potes
hac
ab
orno
Pendulum
zona
bence
te
sequuta
Lædere
collum.
Sive
te
rupes
et
acuta
leto
Saxa
delectant
,
age,
te
procellæ
Crede
veloci
;
nisi
herile
mavis
Carpere
pensum
,
Regius
sanguis,
dominæque
{radi
Barbaræ
pellex.
Aderat
querenti
Perfidum
ridens
Venus,
et
remisse
Filius
arcu.
Mox,
ubi
lusit
:
Abstineto,
Dixit,
irarum
calidæque
rix®
;
70
FRS
50
«
Europe,
lui
dit-elle,
retiens
ces
cris
et
ces
transports
de
colère,
quand
l’odieux
taureau
te
livrera
ses
cornes,
pour
les
briser.
Tu
ne
sais
pas
être
l'épouse
du
grand
Jupiter?
Apaise
tes
sanglots;
apprends
à
soutenir
ta
haute
fortune
:
une
des
paies
du
monde
tedevra
son
nom.
»
ODE
XX
VIIL
A
LYDÉ.
Que
!
faire
de
mieux,
le
jour
consacré
à
Nep-
tune?
Allons,
Lydé,
tire
le
Cécube
caché
au
fond
du
cellier,
et
force
ta
sagesse
dans
ses
re-
tranchements.
Œu-vois
le
soleil
qui
décline
;
et,
comme
si
les
heures
suspendaient
leur
vol,
tu
crains
d’arracher
à
son
repos
une
vieille
am-
phore
du
consulat
de
Bibulus,
Nous
chanterons
tour
à
tour,
moi,
Neptune
et
les
vertes
chevelures
des
Néréides,
toi,
sur
ta
lyre
d'ivoire,
Latone
et
les
flèches
rapides
de
Diane
:
nos
derniers
chants
seront
pour
la
déesse
qui
règne
à
Gnide,
aux
brillantes
Cycla-
des,
et
qui
vole
à
Paphos
sur
un
char
attelé
de
cygnes.
La
Nuit
nesera
pas
non
plus
oubliée.
Quum
tibi
invisus
laceranda
reddet
Cornua
taurus.
Uxor
invicti
Jovis
esse
nescis
:
Mitte
singultus
:
bene
ferre
magnam
Disce
fortunam
:
tua
sectus
orbis
Nomina
ducet.
CARMEN
XXVHI.
AD
LYDEN.
Festo
quid
potius
die
Neptuni
faciam
?
prome
reconditun
,
Lyde
strenua,
Gæcubum,
Manet
adhibe
vim
sue
Inclinare
meridiem
Sentis
:
ac
veluti
stet
volucris
dies,
Parcis
deripere
horreo
Cessautem
Bibulis
Consulis
amphoram
:
Nos
cantabimus
invicem
Neptunum
,
et
virides
Nereïdum
comas
.
Fu
curva
recines
lyra
Latonam
,
et
celeris
spicula
Cynthiæ
:
Summo
carmine,
quæ
Gnidon
Fulgentesquetenet
Cycladas,
et
Paphon
Junetis
visit
oloribus
:
Dicetur
merita
Nox
quoque
nænia.
pi
NC
CURSEUR
Re
|
HORACE.
ODE
XXIX.
A
MÉCÈNE.
Descendant
des
rois
d'Étrurie,
Mécène,
de-
puis
longtemps
je
te
réserve
une
amphore
de
vieux
vin,
avec
des
roses
et
des
parfums
pour
tes
cheveux.
Viens,
que
rien
ne
te
retienne
:
faut-il
contempler
toujours
l’humide
Tibur,
les
coteaux
d’Esule,
et
les
monts
du
parricide
Télégone?
Quitte
les
ennuis
de
l’opulence,
et
ce
palais
dont
le
faite
s’élève
jusqu’au
nues
;
laisse
admirer
à
d’autres
la
fumée,
le
luxe,
le
fracas
de
l'heureuse
Rome.
Le
changement
amuse
quelquefois
les
riches;
et
sous
l’humble
toit
du
pauvre,
un
repas
frugal,
sans
pourpre
ni
tapis,
déride
leur
frontsoucieux.
Déjà
le
père
d’Andromède
montre
ses
feux
étincelants,
Procyon
fait
sentir
ses
fureurs,
le
Lion
rugit,
et
le
Soleil
à
ramené
les
jours
arides.
Déjà
le
pâtre,
avec
son
troupeau
langwssant,
cherche
fatigué
l'ombre,
les
ruisseaux,
les
buis-
sons
du
sauvage
Sylvain;
et
les
vents
dorment
sur
la
rive
silencieuse.
Toi,
cependant,
tu
médites
les
moyens
d’as-
CARMEN
XXIX.
AD
MÆCENATEM.
Tyrrhena
resum
progenies,
fibi
Non
ante
verso
lene
merum
cado
Cum
flore,
Mæcenas,
rosarum
,
et
Pressa
tuis
balanus
capillis
Jam
dudum
apud
me
est,
Eripe
te
moræ:
Ne
semper
udum
Tibur,
et
Æsulæ
Declive
contempleris
He,
et.
Telegoni
juga
parricide,
ee
Fastidiosam
desere
copiam
,
et
Molem
propinquam
RUE
arduis
:
Omitte
mirari
beatæ
Fumum
et
opes
strepitumque
Rome.
-
Plerumque
gratæ
divitibus
vices,
Mundæque
parvo
sub
lare
pauperum
Cœnæ
,
sine
aulæis
et
ostro,
Sollicitam
explicuere
frontem.
Jam
clarus
occullum
Andromedæ
pater
Oslendit
ignem
;
jam
Procyon
furit,
Etstella
vesani
Leonis,
Sole
dies
referente
siccos.
Jam
pastor
umbras
cum
grege
lanpuido
Rivumque
fessus
quærit,
et
horridi
Dumeta
Silvani
:
caretque
Ripa
vagis
taciturna
ventis.
Tu,
civitatem
quis
deceat
stalus,
Curas
,
Urbi
sollicitus
times
à
26
ODES.
surer
le
bonheur
de
Rome
;
ta
pensée
inquiète
veut
pénétrer
les
projets
des
Sères,
des
Bac-
triens
domptés
par
Cyrus,
et
des
peuples
du
Tanaïs
déchirés
par
la
discorde.
La
prudence
des
dieux
couvre
l'avenir
d’une
nuit
profonde,
et
rit
du
mortel
qui
s’agite
dans
ces
ténèbres,
Songe
à
régler
le
présent
avec
sagesse
:
le
reste
suit
son
Cours
comme
le
fleuve
qui,
tantôt
ren-
fermé
dans
son
lit,
s’écoule
paisiblement
vers
la
mer
de
Toscane,
tantôt,
avec
un
fracas
que
répète
l'écho
des
monts
et
des
forêts
voisines,
roule
les
pierres,
les
arbres
déracinés,
les
trou-
peaux,
les
maisons,
lorsque
les
torrents
ont
ir-
rité
ses
eaux
tranquilles.
Celui-là
seul
est
heureux
et
maître
de
lui-même,
qui
chaque
soir
peut
se
dire
:
j'ai
vécu!
Demain,
que
Jupiter
charge
le
ciel
de
noirs
nuages
où
qu
il
léclaire
d’un
soleil
pur,
le
passé
n’est
plus
à
à
lui;
il
ne
peut
changer
ni
détruire
ce
qu'une
fois
l'heure
fugitive
à
emporté.
La
fortune
se
complaît
dans
le
mal,
et
obs-
tinée
à
ses
jeux
bizarres
,
elle
va
portant
son
incertaine
faveur,
aujourd’
hui
chez
moi,
demain
Chez
un
autre.
Je
l'accueille
à
mon
foyer;
si
elle
déploie
ses
ailes
rapides,
je
lui
rends
ses
dons,
et,
m’enveloppant
de
ma
vertu,
j
épouse
sans
dot
une
honnête
pauvreté.
Que
Quid
Seres
,
et
repnata
Cyro
Bactra
parent
,
Tanaisque
discors.
Prudens
futuri
temporis
exitum
Galiginosa
nocte
premit
Deus;
Rideique
,
si
mortalis
ultra
Fas
Cepide
Quod
adest,
memento
Componere
æquus
:
cætera
fluminis
Ritu
feruntur
,
nunc
medio
alveo
Gum
pace
delabentis
Etruscum
In
mare,
nune
lapides
adesos
;
Stirpesque
raptas,
et
pecus,
el
domos
Volventis
una
,
non
sine
monlium
Glamore
vicinæque
silvæ,
Quum
fera
diluvies
quietos
{rritat
amnes.
Ille
potens
sui,
Lætusque
deget,
cui
licet
in
din
Dixisse,
Vixi
;
cras
vel
atra
Nube
polum
Pater
ogcupalo
,
Velsole
puro
:
non
amen
irritum,
Quodcunque
retro
est,
efficiet
:
;
neque
Diffinget,
infectumque
reddet,
Quod
fugienssemel
hora
oi
Fortuna
sævo
læta
negolio,
et
Ludum
insolentem
ludere
pertinax,
Transmutat
incertos
honores
Nunc
mihi,
nunç
ali
benisna
Laudo
manentem
:
si
celeres
quatit
Pennas
>
rESigno
quæ
dedit,
et
mea
“+
d’autres,
si
fa
tempête
mupit
dans
les
mâts.
descendent
à
à
de
misérables
prières,
et
compo-
sent
avec
les
dieux,
pour
que
leur
richesses
naillent
pas
grossir
celles
de
l’avare
Océan.
Moi,
je
me
confie
à
une
simple
barque,
et
à
travers
les
flots
tumultueux,
Pollux
et
les
vents
me
poussent
au
rivage.
ODE
XXX.
ÉPILOGUE.
J'ai
achevé
un
mouvement
plus
durable
que
le
bronze,
plus
élevé
queles
royales
pyramides
:
rien
ne
saurait
le
détruire,
ni
Ja
pluie
qui
ronge,
ni
le
fougeux
Aquilon,
ni
linnombrable
série
des
années,
ni
la
fuite
des
temps.
Je
ne
mourrai
pas
toutentier,
et
la
meilleure
partie
de
moi-même
évitera
la
Parque.
Ma
gloire
toujours
nouvelle
grandira
dans
l'avenir,
tant
_qu’au
Capitole
monterà
le
pond
avec
la
vierge
silencieuse,
Sur
les
bords
de
l’Auñde
impétueux,
“dans
Fe
arides
(
campagnes
où
Daunus
régna
sur
des
peuples
rustiques,
on
dira
qu
ant
mon
humble
naissance,
le
premier
je
transportai
dans
la
poésie
latine
le
mètre
éolien.
Prends
un
légitime
orgueil,
à
Melpomène,
et
viens
couron-
ner
ma
tête
du
laurier
d’Apollon.
Virtute
me
involvo,
probamque
Pauperiem
sine
dote
quæro.
Non
est
meum,
si
mugiat
Africis
Malus
procellis,
ad
miseras
preces
Decurrere
;
et
votis
pacisei,
Ne
Gypriæ
Tyriæque
merces
Addant
avaro
divitias
mari.
Tunc
me,
biremis
præsidio
scaphæ
Tutum,
per
Æpæos
tumultus
Aura
feret,
geminusque
Pollux.
CARMEN
XXX.
Exepi
monumentum
ære
perennius,
Regalique
situ
pyramidum
altius
;
Quod
non
imber
edax
,
non
Aquilo
impotens
Possit
diruere
,
aut
innumerabilis
Aunorum
series,
et
fuga
temporum.
Non
emnis
moriar;
multaque
pars
mei
Vitabit
Libitinam.
Usque
ego
postera
Creseam
laude
recens
,
dum
Gapitolium
Scandet
cum
tacita
Virgine
pontifex,
Dicar,
qua
violens
obstrepit
Aufidus,
Et
qua
pauper
aquæ
Daunus
pers
Reguavit
populorum
,
ex
humili
potens,
Princeps
Æolium
carmen
ad
Italos
Deduxisse
modos.
Sume
superbiam
Quæsitam
meritis,
et
mibi
Delphica
…
Lauro
cinge
olsue
;
Melpomene
,
comam.
4
16
ë?
HORACE.
CDODOOCOCOOODOSODODOOOOOODODO0O0DD0000000000000980
LIVRE
QUATRIÈME.
ODE
I.
A
VÉNUS.
Après
une
longue
trève,
Ô
Vénus,
tu
me
dé-
clares
de
nouveau
la
guerre!
Grâce,
je
t’en
sup-
plie,
grâce!
Je
ne
suis
plus
ce
que
j'étais
sous
le
règne
de
l’aimable
Cinara;
je
vais
compter
dix
lustres;
n’essaie
plus,
mère
cruelle
des
tendres
amours,
de
courber
sous
ton
joug
au-
trefois
si
doux
un
cœur
devenu
rebelle!
Va
où
appellent
les
vœux
passionnés
de
la
jeunesse
;
transporte,
sur
l'aile
de
tescygnes
éblouissants,
les
plaisirs
et
la
volupté
dans
la
demeure
de
Maxime,
si
tu
cherches
un
cœur
fait
pour
l’a-
mour.
Noble,
beau,
éloquent,
appui
de
l'accusé
en
deuil,
jeune
et
orné
de
milletalents,
Maxime
portera
au
loin
tes
étendards
;et
quand,
malgré
CARMEN
I.
AD
VENEREM.
Intermissa,
Venus,
diu
Rursus
bella
moves.
Parce,
precor
,
precor!
Non
sum,
qualis
eram
bonæ
Sub
regno
Ginaræ.
Desine,
dulcium
Mater
sæva
Cupidinum,
Girea
lustra
decem
flectere
mollibus
Ja
durum
imperis.
Abi,
Quo
blandæ
juvenum
te
revocant
preces.
Tempestivius
in
domum
Paulli,
purpureis
ales
oloribus,
Commissabere
Maximi,
Si
torrere
jecur
quæris
idoneuim.
Namque
et
nobilis,
et
decens,
Et
pro
sollicitis
non
tacitus
reis,
Et
centum
puer
artium,
Late
signa
feret
militiæ
tuæ
:
l'or
et
les
présents
de
ses
rivaux,
il
jouira
de
leur
défaite,
il
t’élèvera
près
du
lac
Albain
une
statue
de
marbre
sous
un
dôme
de
citronnier.
Là,
tu
respireras
des
flots
d’encens;
et,
pour
charmer
tes
oreilles,
la
Iyre,
la
flûte
phrygienne,
le
hautbois
uniront
leurs
sons
mélodieux.
Là,
deux
fois
le
jour,
un
chœur
d’adolescents
et
de
jeunes
vierges
chantera
tes
louanges,
et
de
leurs
pieds
d’albâtre,
ils
frapperont
la
terre
en
ca-
dence.
ee
Pour
moi,
adieu
les
amants,
les
femmes,
le
crédule
espoir
d’un
tendre
retour;
adieu
les
combats
du
vin,
et
les
fleurs
nouvelles
dont
j'aimais
à
couronner
ma
tête.
!
Mais,
hélas!
pourquoi,
Ligurmus,
pourquoi
ces
larmes
fur-
tives
qui
coulent
sur
ma joue?
Pourquoi,
au
milieu
de
mon
discours,
ma
voix
expire-t-elle
dans
le
silence
de
l'embarras?
La
nuit,
dans
Et
quandoque
potentior
Largis
muneribus
riserit
æmuli,
Albanos
prope
te
lacus
Ponet
marmoream
sub
trabe
citrea.
Elie
plurima
naribus
Duces
tura,
lyræque
et
Berecyntiæ
Delectabere
tibiæ
Mixtis
carminibus,
non
sine
fistula
;
Ilic
bis
pueri
die
Numen
cumteneris
virginibus
tuum
Laudantes,
pede
candido
In
morem
Salium
ter
quatient
humum.
-
Me
nec
fæmina
,
nec
puer
Jam,
nec
spes
animi
credula
mutui,
Nec
certare
juvatmero,
Nec
vincire
novis
tempora
floribus.
Sed
eur,
heu!
Ligurine,
cur
Manat
rara
meas
lacrima
per
genas?
Gur
facunda
parum
decoro
Inter
verba
cadit
lingua
silentio
?
36
ODES.
mes
songes,
C
est
toi
quejetiens
embrassé:
toi,
que
je
poursuis
sur
les
gazons
du
Champ-de-
Mars,
cruel,
et
dans
les
eaux
du
Tibre
!
ODE
IL.
A
JULES
ANTOINE.
Vouloir
épaler
Pindare,
c’est,
comme
le
fils
de
Dédale,
s'élever
sur
des
ailes
de
cire,
pour
donner
son
nom
au
cristal
des
mers.
Tel
qu'un
torrent
,
grossi
par
les
orages,
franchit
ses
rives
et
se
précipite
du
haut
des
mon-
tagnes,
ainsi
bouillonne,
ainsi
déborde
à
flots
immenses
et
profonds
le
génie
de
Pindare.
À
lui
la
couronne
d’Apollon,
soit
que,
dans
ses
au-
dacieux
dithyrambes,
il
déroule
un
nouveau
langage,
une
harmonie
désordonnée
:
soit
qu’il
chante
les’
dieux
et
les
“enfants
des
dieux,
ces
héros,
dont
le
bras
vengeur
fit
tomber
les
Centaureset
les
flammes
de
la
terrible
Chimère
;
soit
qu'il
célèbre
l'athlète
où
le
coursier
que
la
|
victoire
a
ramenés
de
l’Élide,
chargés
de
palmes
immortelles,
et
qu'il
leur
élève
un
monument
plus
durable
que
cent
statues
;
soit
qu'il
pleure
Nocturnis
epo
somniis
Jam
captum
tenco,
jam
volucrem
sequor
Te
per
gramina
Marti
Gampi,
te
per
aquas
,
dure,
volubiles.
CARMEN
AD
JULUM
ANTONIUM.
Pindarum
quisquis
studet
æmulari,
Jule
,
ceratis
ope
Dædalea
Mititur
pennis,
vitreo
daturus
Nomina
ponto.
Monte
decurrens
velut
amnis
,
imbres
Que
super
notas
aluere
ripas,
Fervet
,
immensusque
ruit
profundo
Pindarus
ore
:
Laurea
donandus
Apollinari
,
Seu
per
audaces
nova
dithyrambos
Verba
devolvit,
numerisque
fer{ur
Lege
solutis
:
$Seu
Deos
,
regesve
canit
;
Deorum
Sanguinem
,
per
quos
cecidere
justa
Morte
Gentauri,
cecidit
tremendæ
Flamma
Chimæræ
:
Sive
,
quos
Elea
domum
reducit
Palma
cœlestes
|
pugilemve
equumy:
Dicit,
et
centum
potiore
signis
Munere
donat
.
Flebili
sponsæ
juvenemve
raptum
Ba
DTA
À
PC
du
a
ad
ae
LAS
le
jeune
époux
ravi
à
son
épouse
désolée,
et
qu'élevant
jusqu’au
ciel
sa
force,
son
cou-
rage,
ses
vertus
de
l’âge
d'or,
il
le
dérobe
à
la
nuit
infernale.
Un
souffle
visoureux
sou-
tient
le
cygne
de
Dircé,
quand
il
s’élance
dans
le
séjour
des
nuages
;
et
moi,
semblable
à
l'a-
beille,
qui
va
recueuiant
à
force
de
travail
les
sucs
parfumés
du
thym,
le
long
des
bois
et
des
ruisseaux
de
Tibur,
humble
poëte,
je
compose
des
vers
laborieux.
C'est
à
toi,
Jules-Antoine,
de
chanter
César
sur
ta
lyre
puissante,
lorsque,
le
front
cou-
ronné
de
lauriers
,
il
traînera
au
Capitole
les
fa-
rouches
Sicambres
;
César,
le
plus
beau
présent
que
les
dieux
aient
fait
à
la
terre,
et
le
plus
beau
qu'ils
lui
feront
jamais,
quandils
nous
ra-
mèneraient
à
l’âge
d’or.
C’est
à
toi
de
chanter
nos
joursdefête,
Rome
dans
les
jeux,etle
Forum
veuf
de
procès
,
au
retour
si
longtemps
désiré
d’Auguste.
Moi-même
alors,
si
ma
voix
peut
se
faire
entendre,
je
la
joindrai
aux
acclamations
de
là
foule
:
«O
jour
fortuné
!
douce
lumière
!
»
Ë
m'écrirai-}
e,
heureux
deretrouver
César.Et
pen-
dant
la
marche
triomphale
:
«
Victoire!
triom-
phe
!»
répéterons-nous
mille
fois,
avec
Romeen-
Plorat
,
et
vires
animumque
wmoresque
Aureos
educit
in
astra
,
nigroque
[nvidet
Orco.
Multa
DireϾum
levat
aura
cyenum,
Tendit,
Anfoni,
quoties
in
altos
Nubium
tractus
:
ego,
apis
Matinæ
More
modoque,
Grata
carpentis
thyma
per
laborem
Plurimum
,
cirea
nemus
uvidique
Tiburis
ripas,
operosa
parvus
Garmina
fingo.
Goncines
majore
poeta
plectro
Gæsarem
,
quandoque
trahet
feroces
Per
sacrum
clivum
,
merita
decorus
Fronde
,
Sicambros
:
Quo
nihil
mojus
meliusve
terris
Fata
donavere
,
bonique
Divi,
Nec
dabunt,
quamvis
redeant
in
aurum
Tenpora
priscum.
Concines
lætosque
dies
,
et
Urbis
Publicum
Iudum
,
super
impetrato
Fortis
Augusti
reditu
,
forumque
Litibus
orbum.
Tum
meæ
(si
quid
loquar
audiendum
}
Vocis
accedet
bona
pars
:
et,
o
sol
Pulcher
,
o
laudande,
canam,
recepto
Cesare
felix.
Tuque
dum
procedis,
lo
triumphe,
Non
semel
dicemus,
lo
triumpbe,
t
54
tière
;
«Victoire
!
»
Et
nous
offrirons
aux
dieux
propices
des
flots
d’encens.
Dix
taureaux,
dix
génisses,
voilà
l'hommage
que
tu
leur
dois
;
moi,
je
leur
destine
une
jeune
veau,
qui
déjà
séparé
de
sa
mère,
grandit
au
milieu
de
gras
pâturages,
pour
acquitter
mes
Vœux.
Ses
cornes
imitent
les
feux
recourbés
de
la
lune,
à
son
troisième
lever
;son
front
est
marqué
d’une
blanche
étoile,
le
reste
Uu
corps
est
fauve.
ODE
HI.
A
MELPOMYÈNE.
O
Melpomène,
celuique
turegardes
à
sanais-
sance
d’un
œil
favorable
n'ira
point,
vigou-
reux
athlète,
s’illustrer
aux
combats
de
l’Isthme;
de
rapides
coursiers
ne
l'emporteront
pas
dans
la
carrière
olympique,
et
la
victoire
ne
le
mon-
trera
pas
au
Capitole,
le
front
couronné
de
laurier
pour
avoir
terrassé
l'orgueil
menaçant
des
rois
;
mais
inspirés
au
bord
des
ruisseaux
qui
arrosent
Tibur,
et
sous
l'épais
ombrage
des
forêts,
ses
chants
le
rendront
célèbre.
Rome,
la
reme
des
cités,
a
daigné
m'accorder
une
place
dans
Paimable
chœur
des
poëtes;
et
Givitas
omnis,
dabimusque
Divis
Tura
benignis.
Te
decem
tauri,
totidemque
vaccæ;
Me
tener
solvet
vitulus,
relicta
Matre
,
qui
largis
juvenescit
herbis
In
mea
vota,
Fronte
curvatos
imitatus
ignes
Tertium
lunæ
referentis
ortum,
Qua
notam
duxit,
niveus
videri,
Gætera
fulvus.
CARMEN
I.
AD
MELPOMENEM.
Quem
tu,
Melpomene,
semel
Nascentem
placido
lumine
videris,
Hlum
non
labor
Isthmius
Clarabit
pugilem
,
non
equus
impiver
Gurru
ducet
Achaico
Victorem,
neque
res
bellica
Deliis
Ornatum
foliis
ducem,
Quod
repgum
tumidas
contuderit
minas,
Ostendet
Gapitolio
:
Sed
quæ
Tibur
aquæ
fertile
præfluunt,
Êt
spissæ
nemorum
comæ,
Fingent
Æolio
carmine
nobilem.
Romæ
principis
urbium
Pignatur
soboles
inter
amabile:
HORACE.
déjà
l'envie
se
lasse
de
me
déchirer.
O
toi,
qui
modères
le
doux
frémissement
de
ma
lyre,
ô
toi,
qui
donnerais
la
voix
du
cygne
aux
muets
habitants
des
eaux,
muse,
simes
concitoyens
se
disent
en
me
montrant
:
voilà
le
maître
de
la
lyre
latine
!
c'est
à
toi
seule
que
je
le
dois;
c’est
par
toi
que
je
respire
et
que
je
plais,
si
toute-
fois
j'ai
le
don
de
plaire.
ODE
IV.
À
DRUSUS.
Tel
que
l'aigle,
ministre
de
la
foudre,
à
qui
le
roi
des
dieux
accorda
l'empire
sur
le
peuple
er-
rant
des
oiseaux,
pour
avoir
enlevé
le
blond
Ganymède
:
un
jour
sa
jeunesse
et
la
vigueur
de
sa
race
le
poussèrent
hors
du
nid,
ignorant
la
peine
et
le
péril,
et,
dans
un
ciel
pur,
soulevé
par
les
zéphyrs,
il
essaya
tremblant,
ses
premières
ailes:
bientôt,
d’un
vol
impé-
tueux,
il
s’abattit
sur
les
bergeries
épouvan-
tées;
aujourd’hui
l'amour
des
combats
et
la
faim
le
précipitent
sur
le
serpent
qui
se
re-
dresse
contre
lui;
ou,
tel_
un
lionceau,
que
sa
mère
a
repoussé
de
ses
fauves
mamelles
,
ap-
Vatum
ponere
me
choros
;
Et
jam
dente
minus
mordeor
invido.
O,
testudinis
aureæ
Dulcem
quæ
strepitum,
Pieri,
temperas
:
O
,
mutis
quoque
piscibus
Donatura
cyeni,
si
libeat,
sonum!
Totum
muneris
hoc
tui
est,
Quod
monstror
digito
prætereuntium
Romanæ
fidicen
Iyræ
:
Eee
Quod
spiro
et
placeo,
si
places,
tuum
est.
CARMEN
IV.
DRUSI
LAUDES.
Qualem
ministrum
fulminis
alitem,
Gui
rex
Deorum
repnum
inaves
vagas
Permisit,
expertus
fidelem
Jupiter
in
Ganymede
flavo,
Olim
juventas
et
patrius
vigor
Nido
laborum
propulit
inseium
;
Vernique,
jam
nimbis
remotis,
Insolitos
docuere
nisus
Venti
paventem;
mox
in
ovilia
Demisit
hostem
vividus
impetus
;
Nunc
in
reluctantes
dracones
Egit
amor
dapis
atque
pugnæ
Qualemve
lætis
caprea
pascuis
Ententa
,
fulvæ
matris
ab
ubere
44
ODES.
paraît,
au
milieu
des
joies
du
pâturage,
à
la
chèvre
qui
doit
périr
sous
sa
dent
naissante
;
tel
Drusus,
portant
la
guerre
au
pied
des
Alpes
rhétiennes,
apparut
aux
Vindéliciens,
àce
peu-
ple
de
tout
temps
armé
de
la
hache
des
Ama-
zones,
par
une
coutume
dont
je
n'ai
point
re-
cherché
l’origine,
tout
savoir
n’étant
donné
à
personne.
Ces
hordes,
longtemps
et
au
loin
victorieuses,
vaineues
à
leur
tour
par
le
génie
d’un
jeune
héros,
sentirent
ce
que
pouvait
une
grande
âme,
un
grand
caractère
nourri
à
une
divine
école,
ce
que
pouvait
l'amour
paternel
d'Auguste
sur
les
enfants
des
Nérons.
Des
héros
naissent
les
héros;
dansletaureau,
dans
le
coursier,
respire
l'ardeur
de
leurs
pères;
et
l'aigle
belliqueux
n'engendre
pas
la
timide
colombe.
Mais
l'éducation
développe
ces
ger-
mes
féconds
;
une
sage
culture
fortifie
l'âme;
où
elle
manque,
les
vices
déshonorent
le
De
heureux
naturel.
O
Rome!
que
ne
dois-tu
pas
:
aux
Nérons?
|
Témoin
le
fleuve
Métaure
et
Asdrubal
VainCu;.
témoin
ce
beau
jour
où
les
ténèbres
qui
cou-
vraient
le
Latium
se
dissipèrent,
c
où
la
Victoire
nous
sourit
pour
la
première
fois,
depuis
que
le
terrible
Annibal
volait
à
travers
l'Italie,
Jam
lacte
depulsum
leonem,
Dente
novo
peritura
,
vidit
:
Videre
Rbætis
bella
sub
Alpibus
Drusum
gerentem
Vindelici
:
quibus
Mos
unde
deductus
peromne
Tempus
Amazonia
securi
Dextras
obarmet,
quéerere
distuli:
Necscire
fas
est
omnia
:
sed
diu
Eateque
victrices
catervæ,
-
Gonsiliis
juvenis
revictæ,
Sensere
,
quid
mens
rite
,
quid
indoles
Nutrita
faustis
sub
penetralibus
;
Posset,
quid
Angusti
paternus
In
pueros
animus
Nerones.
Fortes
creantur
fortibus
et
bonis
:
Est
in
juvencis,
est
in
equis,
patrum
Virtus
:
neque
imbellem
feroces
Progenerant
‘aquilæ
columbam.
Doctrina
sed
sim
promovet
msitam,
Rectique
cultus
pectora
roborant
.
Utcunque
defecere
mores,
Dedecorant
bene
nata
culpæ.
Quid
debeas
;
o
Roma
,
Neronibus,
Testis
Metaurtm
find,
et
Hasdrubal
Devictus,
et
pulcher
Fbats
Ille
de
Latio
tenebris,
Qui
primus
alma
risit
adorea,
Dirus
per
urbes
Afer
ut
Italas,
Geu
flamma
per
{ædas
,
vel
Eu
5h
comme
l'incendie
dans
une
forêt,
ou
comme
l'Eurus
déchaïîné
sur
les
flots
de
la
Sicile.
Dès-lors
nos
légions
marchèrent
de
succès
en
succès
,
et
les
temples,
dévastés
par
la
fu-
reur
impie
des
Carthaginois
,
virent
relever
leurs
dieux.
Enfin
le
perfide
Annibal
s’écria
:
«
Cerfs
timides,
proie
des
loups
ravisseurs
,
nous
allons
provoquer
ceux
à
qui
notre
plus
beau
triomphe
serait
d'échapper
et
de
nous
soustraire!
Ce
peuple,
sorti
des
cendres
d’Ilion,
et
qui,
longtemps
ballotté
sur
toutes
les
mers,
transporta
dans
l’Ausonie
ses
enfants,
ses
vicil-
lards
et
ses
dieux,
pareil
au
chêne
que
la
hache
impitoyable
a
dépouillé
dans
les
noires
forêts
de
l'Algide,
malgré
ses
pertes,
malgré
ses
bles-
sures,
tire
du
fer
même
une
nouvelle
vigueur.
L'hydre,
multipliant
ses
têtes
abattues,
renais-
sait
moins
terrible
sous
la
massue
d’Hercule,
indigné
de
se
voir
vaincu;
jamais
Thèbes
ni
_Colchos
n’enfantèrent
des
monstres
plus
redou-
neue
nee
innee
ee
ne
dE
SS
RE
NN
RSI
I
RER
EEE
tables.
Plongé
dans
Fabime,
il
reparaît
plus
brillant
;
terrassé
dans
la
lutte,
il
se
relève
cou
vert
de
gloire,
terrasse
son
vainqueur,
et
livre
des
combats
dontles
mères
parlerontlongtemps.
Non,
je
n’enverrai
plus
è
à
Carthage
d’orgueil-
es
nouvelles;
c'en
est
fait,
c’en
est
fait!
Per
Siculas
equitavit
undas.
Post
hocsecundis
usque
laboribus
Romana
pubes
crevit
,
et
impio
Vastata
Pœnorum
tumultu
Fana
Deos
habuere
rectos
:
Dixitque
tandem
perfidus
Hannibal
:
«
Gervi,
luporum
præda
rapacium
,
Sectamur
ultro
,
quos
opimus
Fallere
et
effugere
est
triumphus.
Gens,
quæ,
cremato
fortis
ab
Ilio
Jactata
Tuscis
æquoribus
sacra
,
Natosque
maturosque
patres,
Pertulit
Ausonias
ad
urbes,
Duris
ut
ilex
tonsa
bipennibus
Nigræ
feraci
frondis
in
Aloïido,
Per
damna,
per
cædes,
ipso
Ducit
opes
animumque
ferro.
Non
Hydra
secto
corpore
firmior
Vinci
dolentem
crevit
in
Herculem
;
Monstrumvye
submisere
Golchi
Majus,
Echioniæve
Thebæ.
Merses
profundo,
pulchrior
evenit
:
Luctere
,multa
proruetintegrum
Cum
laude
victorem
,
geretque
Prælia
conjugibus
loquenda.
Carthagini
jam
non
épo
nuntios
Mittam
superbos
:
occidit,
oceidit
Spes
omnis
et
fortuna
nostri
Nominis,
Hasdrubale
interemto.
72
56
tout
mon
espoir
et
ma
fortune
sont
tombés
avee
Asdrubal.
Rien
n’est
impossible
au
bras
des
Nérons
:
Jupiter
les
entoure
de
sa
faveur;
et
leur
prudente
activité
les
dirige
à
travers
les
hasards
de
la
guerre.
»
ODE
V.
À
AUGUSTE.
Toi,
dont
la
naissance
est
un
bienfait
des
dieux,
protecteur
des
enfants
de
Romulus,
ton
absence
a
duré
trop
longtemps;
ce
n'est
point
là
le
prompt
retour
que
tu
promis
à
lau-
guste
assemblée
des
sénateurs
:
reviens,
digne
chef
de
Fempire
,
rends
la
lumière
à
ta
patrie
;
comme
au
printemps,
dès
que
tes
regards
ont
brillé
sur
le
peuple,
les
jours
deviennent
plus
beaux
et
le
soleil
plus
éclatant.
De
même
qu'une
mère
soupire
après
son
fils
que
les
vents
ja-
Joux
retiennent
depuis
une
longue
année
loin
de
la
maison
paternelle,
au-delà
des
mers
de
Carpathos;
demême
qu'elle
ne
cesse
de
l'appeler
par
ses
vœux,
ses
offrandes
et
ses
prières,
sans
pouvoir
détacher
ses
yeux
du
rivage
:
ainsi,
tourmentée
de
regrets
fidèles,
la
patrie
rede-
mande
César.
-
Grâce
à
toi,
le
bœuf
se
promène
en
sureté
dans
ses
prairies;
Cérès
et
l'heureuse
abon-
Nil
Claudiæ
non
perficient
manus
:
Quas
et
benigno
numine
Jupiter
Defendit,
et
curæ
sagaces
Expediunt
per
acuta
bell.
»
CARMEN
V.
AD
AUGUSTUM.
-
Divis
orte
bonis,
optime
Romulæ
Gustos
gentis,
abes
jam
nimium
diu
:
Maturum
reditum
pollicitus
Patrum
Sanete
concilio,
redi.
Lucem
redde
tuæ,
Dux
bone,
patriæ
:
Instar
Veris
enim
vultus
ubi
tuus
Affulsit,
populo
grattor
it
dies,
Et
soles
melius
nitent.
Ut
mater
juvenem,
quem
Notus
invide
Flatu
Garpathii
trans
maris
æquora
Gunctantem
spatio
longius
annuo
Dulci
detinet
a
domo,
Votis
ominibusque
et
precibus
vocat
Gurvo
nec
faciem
litore
demovet
:
Sic
desideriis
icta
fidelibus
Quærit
patria
Cæsarem.
Tutus
bos
etenim
prata
perambulat
;
Nutrit
rura
Geres,
almaque
Faustitas;
Pacatu®D
volitant
per
mare
navitæ
;
HORACE.
dance
fécondent
nos
campagnes
;
les
vaisseaux
volent
en
paix
sur
toutes
les
mers;
la
bonne
foi
s’alarme
d’un
soupçon;
l’adultère
ne
souille
plus
l'honneur
des
familles
;
les
mœurs
et
les
lois
ont
étouffé
de
scandaleux
désordres
;
la
mère
retrouve
avec
orgueil
dans
son
enfant
les
traits
d’un
époux;
là
peine
s'attache
aux
pas
du
crime.
Qui
redouterait
le
Parthe,
oule
Scythe
glacé,
oulés
hordes
sauvages
qu’enfante
la
Germanie,
ou
les
rébellions
du
farouche
Ibérien,
tant
que
César
respire?
Nous
passons
le
jour
sur
nos
co-
teaux,
mariant
la
vigne
aux
arbres
solitaires
;
et,
le
soir
nous
revenons
gaiement
à
nos
coupes.
Alors,
dieu
des
Romains,
nous
ne
t'épargnons
ni
les
prières
ni
les
libations
d’un
vin
pur.
Nos
tables
sont
tes
autels
,
et
ton
nom
se
mêle
àceux
des
Pénates,
comme,
dans
la
Grèce
reconnais-
sante,
les
noms
de
Castor
et
d'Hercule.
Oh!
puisses-tu
donner
à
l'Italie
de
longs
jours
de
fête
!
disons-nous
avant
le
repas
du
matin;
di-
sons-nous
le
soir
,
entre
les
bras
de
Bacchus,
quand
le
soleil
disparaît
sous
l'Océan.
ODE
VI.
À
APOLLON.
C'est
toique
j'invoque,
dieu
puissant,
qui
fis
Culpari
metuit
Fides;
Nallis
polluitur
casta
domus
stupris
;
Mos
et
lex
maculosum
edomuit
nefas;
Laudantur
simili
prole
puerperæ;
:
Culpam
pœna
premit
comes.
Quis
Parthum
paveat
?
quis
gelidum
Scythen
?
Quis,
Germania
quos
horrida
parturit
.
Fetus
,
incolumi
Cæsare
?
quis
feræ
Bellum
curet
[beriæ
?
Gondit
quisque
diem
collibus:in
suis,
Et
vitem
viduas
ducit
ad
arbores
:
Hince
ad
vina
redit
Iætus,,
et
alteris
Te
mensis
adhibet
Deum
:
Te
multa
prece,
te
prosequitur
mero
Defuso
pateris;
et
Laribus
tuum
Miscet
numen,
uti
Græcia
Castoris
Et
magnimemor
Herculis.
Longas
o
utinam
,
Dux
bone,
ferias
Præstes
Hesperiæ
!
dicimus
integro
Sicci
mane
die,
dicimus
uvidi,
Cum
Sol
Oceano
subest.
CARMEN
VI.
AD
APOLLINEM.
Dive,
quem
proles
Niobea
maguæ
LEE
ST
Ds
sentir
ta
colère
aux
enfants
de
lorgueilleuse
Niobé,
à
limpudique
Titye,
au
fier
Achille
près
de
renverser
le
superbe
Ilion
;
Achille,
si
redoutable
pour
d’autres,
trop
fable
pour
toi.
En
vain,
fils
de
la
reine
des
mers,
il
ébran-
lait
de
sa
lance
puissante
les
tours
de
Pergame.
Comme
un
pin
blessé
par
la
hache,
ou
comme
un
cyprès
déraciné
par
les
vents,
il
tomba,
couvrant
au
loin
la
terre,
et
son
front
reposa
sur
la
poussière
troyenne.
Ce
n’est
pas
lu
qu’on
aurait
vu
s’enfermer
dans
les
flancs
du
cheval,
vœu
imposteur
fait
à
Minerve,
pour
sur-
prendre
les
Troyens
au
milieu
de
leurs
fêtes
insensées,
et
la
cour
de
Priam
au
milieu
des
danses.
Mais
:
à
la
clarté
du
jour
,
terrible
aux
vaincus,
Ô
horreur!
il
eut
étouffé
dans
les
_
flammes
des
Grecs
et
les
enfants
au
berceau
et
ceux
que
recélait
encore
le
sein
maternel,
si,
désarmé
par
tes
prières
et
celles
de
l’aimable
Vénus
,
le
père
des
dieux
n’eût
accordé
au
fils
d’Anchise
des
murs
:
sous
de
meilleurs
auspices,
=.
Dieu
de
la
lyre,
qui
inspiras
ke
muses
de
la
Grèce,
toi
qui
baignas
ta
chevelure
dans
les
eaux
du
Xanthe,
brillant
Apollon
,
soutiens
la
gloire
des
muses
latines.
Apollon
m’a
donné
le
Vindicem
linguæ
,
Tityosque
raptor
Sensit,
et
Trojæ
prope
victor
altæ
Phthius
Achilles,
-
Gæteris
major,
tibi
miles
impar
:
Filius
quamquam
Thetidos
marinæ
Dardanas
turres
quateret
tremenda
Cuspide
pugnax.
Ille,
mordaci
velut
icta
ferro
Pious
,
aut
impulsa
cupressus
Euro,
Procidit
late.
posuitque
collum
in
Pulvere
Teucro.
Ille,
non
inclusus
equo
,
Minervæ
Sacra
mentito,
male
feriatos
Troas,
et
Iætam
Priami
choreis
Falleret
aulam
:
-
Sedpalam
captis
gravis,
heu
nefas!
heu
!
Nescios
fari
pueros
Achivis
Ureret
flammis,
etiam
latentes
Matris
in
alvo
:
Ni,
tuis
victus
Venerisque
gratæ
Vocibus
,
Divum
Pater
adnuisset
Rebus
/ÆÆneæ
potiore
ductos
Alite
muros.
Doctor
Argivæ
fidicen
Thaliæ
,
Phæbe,
qui
Xantho
lavis
amne
crines,
Dauniæ
defende
decus
Camenæ
,
Levis
Agyeu.
Spiritum
Phœbus
mihi,
Phœbus
artem
ee
ODES.
ù1
génie;
Apollon
m'a
donné
art
des
vers
et
le
nom
de
poëte.
Vous
que
protége
la
déesse
:
Délos
dont
la
flèche
inévitable
arrête
le
Iynx
et
les
cerfs
dans
leur
fuite,
jeunes
Romaines,
et
vous,
jeunes
Romains,
rejetons
des
plus
nobles
fa-
milles,
observez
le
rhythme
de
Lesbos
qui
ré-
sonne
sous
mes
doigts,
quand,
selon
les
rits
antiques,
vous
chanterez
le
fils
de
Latone,
et
lastre
des
nuits
qui
féconde
les
moissons
et
entraîne
les
mois
fugiuts
dans
sa
course
rapide.
Un
jour
vous
direz
à
vos
époux
:
«
Au
re-
tour
des
fêtes
séculaires,
j'ai
chanté
l'hymne
qui
appelle
la
faveur
des
dieux,
docile
aux
leçons
d’'Horace,
le
prêtre
des
muses.
ODE
VII.
A
MANLIUS
TORQUATUS.
Les
neiges
ont
disparu
;
les
champs
repren-
nent
leur
verdure
et
les
arbres
leur
feuillage
:
la
terre
change
de
face,
et
les
fleuves
débordés
rentrent
paisiblement
dans
leur
lit
:
déjà
les
Nymphes
osent
former
des
danses
avec
les
Grà-
ces
demi-nues.
Songez
à
la
mort,
nous
disent
l’année
qui
s’écoule,
et
les
heures
qui
empor-
Carminis
,
nomenque
dedit
poetæ.
Virginum
primæ
,
puerique
claris
Patribus
orti,
Deliæ
tutela
Deæ
,
fugaces
Lyncas
et
cervos
cohibentis
arcu,
Lesbium
servate
pedem,
meique
Pollicis
ictum;
Rite
Latonæ
puerum
canentes,
Rite
crescentem
face
Noctilucam,
Prosperam
frugum
,
celeremque
pronos
Volvere
menses.
Nupta
jam
dices
:
ego
Dis
amicum,
Sæculo
festas
referente
luces
,
Reddidi
carmen,
docilis
modorum
Vatis
Horati.
CARMEN
VIH.
AD
TORQUATUM.
Diffugere
nives
:
redeunt
jam
gramina
campis,
Arboribusque
comæ
:
Mutat
terra
vices
:
et
decrescentia
ripas
Flumina
prætereunt
:
Gratia
cum
Nymphis
geminisque
Sororibus
audet
Ducere
nuda
choros.
Immortalia
ne
speres,
monet
Annus,
et
almum
Quæ
rapit
Hora
diem.
8
ÿ8
tent
nos
plus
beaux
jours.
Les
zéphyrs
adou-
cissent
les
frimas
;
l'été
chasse
le
printemps,
dès
que
l'automne
chargé
de
fruits
répand
ses
trésors,
et
bientôt
l'hiver
revient
engourdir
la
nature.
Mais,
dans
leur
cours
rapide,
les
mois
ne
cessent
de
réparer
leurs
pertes;
nous,
une
fois
descendus
auprès
du
pieux
Énée
,
du
puis-
sant
Tullus,
nous
ne
sommes
plus
qu’ombre
et
poussière,
Qui
sait
siles
dieux
ajouteront
à
la
somme
de
nos
joursle
jour
de
demain?
Ce
que
tu
auras
:
donné
au
plaisir
échappera
seul
aux
mains
avides
d’un
héritier.
Quand
tu
ne
seras
plus,
et
que
Minos
aura
prononcé
ton
arrêt
suprême,
Ô
Torquatus,
ni
ta
noblesse,
ni
ton
éloquence,
nites
vertus
ne
te
rendront
à
la
vie.
Diane
elle-
même
n’a
pu
délivrer
des
infernales
ténèbres
le
chaste
Hippolyte
;
le
bras
de
Thésée
n’a
pu
rompre
les
fers
de
son
ami
Pirithoüs.
ODE
VIT.
A
CENSORINUS.
Jedonnerais
volontiers
àmes
amisdes
coupes,
des
bronzes
précieux
;
je
leur
donnerais
de
ces
trépieds
qui
furent
chez
les
Grecs
le
prix
du
courage
(et
tu
ne
serais
pas,
Censorinus,
le
plus
Frigora
miteseunt
Zephyris
:
Ver
proterit
Æstas
Interitura,
simul
Pomifer
Auctumus
feuges
effuderit
:
et
mox
Bruma
recurrit
iners.
Damnatamen
celeres
reparant
cœlestia
lunæ
;
Nos,
ubi
decidimus,
Quo
pius
Æneas,
quo
dives
Tullus
et
Ancus,
Pulvis
et
umbra
sumus.
Quis
seit,
an
adjiciant
hodiernæ
crastina
summæ
Tempora
Di
superi?
=
Guncta
manus
avidas
fugient
bæredis,
amico
Quæ
dederis
animo.
Quum
semel
occideris,
et
de
te
splendida
Minos
Feceritarbitria;
Non,
Torquate,
genus,
non
te
facundia
)
non
te
Restituet
pietas
:
Infernis
neque
enimtenebris
Diana
pudicum
Liberat
Hippolytum
;
Nec
Lethæa
valet
Theseus
abrum
pere
caro
Vincula
Pirithoo.
CARMEN
VIH.
AD
CENSORINUM:
Donarem
paleras,
pralaque
commodus
Geusorine
;
meis
æra
sodalibus
;
Donarem
{ripodas,
præmia
fortiumn
HORACGE.
mal
partagé),
si
je
possédais
les
chefs-d'œuvre
de
Parrhasius
et
de
Scopas,
dont
le
génie
Crée,
avec
du
marbre
ou
des
couleurs
,
tantôt
un
homme,
tantôt
un
dieu.
Mais
je
n’en
ai
pas
le
pouvoir
;
et
d'ailleurs
ta
fortune
et
ton
goût
ont
déjà
prévenu
tes
désirs.
Fu
aimes
les
vers
,
je
puis
te
donner
des
vers,
et
te
dire
la
valeur
d'un
tel
présent.
Niles
marbres
chargés
d'inscriptions
pu-
bliques
,
où
revivent
et
respirent
après
leur
mort
les
grands
capitaines
;
nila
fuite
précipitée
d’'Annibal,
et
ses
menaces
rejetées
sur
Car-
thage;
ni
cette
perfide
cité
réduite
en
cendre
;
ne
proclument
avec
plus
d'éclat
que
la
muse
d’Ennius
les
louanges
du
héros
qui
mérita
de
joindre
à
son
nom
celui
de
l'Afrique
domptée.
Oui,
si
les
livres
se
taisent,
la
vertu
perd
sa
ré-
compense.
Que
serait
le
fils
de
Mars
et
d'Ilia,
si
un
silence
jaloux
eût
étouffé
sa
mémoire?
C’est
le
génie,
c’est
la
faveur
et
la
voix
puissante
des
poëtes
qui
dérobent
Eacus
au
fleuve
infernal
ét
qui
le
divinisent
dans
les
iles
fortunées.
Tu
ne
mourras
point
!
disent
les
muses
au
héros:
et
les
muses
lui
ouvrent
le
ciel.
Ainsi
l'infatisable
Hercule
est
assis
selon
ses
désirs,
au
banquet
de
Jupiter;
l’astre
étincelant
des
fils
de
Tyn-
Graiorum
;
neque
tu
pessima
munerum
Ferres,
divite
me
scilicet
artium
:
Quas
aut
Parrhasius
protulit
;
aut
Scopas,
Hic
saxo,
liquidis
ille
coloribus
Sollers-nunc
hominem
ponere,
nune
Deutn.
Sed
non
hæc
mihi
vis
:
nec
tibi
talium
Res
est
aut
animus
deliciarum
egens.
Gaudes
carminibus,
carmina
possumus
Donare
,
et
pretium
dicere
muneris.
Non
incisa
notis
marmora
publicis
,
Per
quæ
spiritus
et
vita
redit
bonie
Post
mortem
ducibus
;
non
celeres
fugæ
Rejectæque
retrorsum
Hannibalis
minæ,
Non
incendia
Carthaginis
impiæ
,
Ejus,
qui
domita
nomen
ab:
Africa
Lucratus
rediit,
clarius
indicant
Laudes,
quam
Calabræ
Pierides
:
neque,
Si
chartæ
sileant,
quod
bene
feceris
;
Mercedem
tuleris.
Quid
foret
[liæ
Mavortisque
puer
,
si
taciturnitas
Obstaret
meritis
invida
Romuli?
Ereptum
Stypis
fluctibus
Æacum
Virtus,
et
favor,
et
lingua
potentium
Vatum
divitibus
consecrat
insulis.
Dignum
laude
virum
Musa
vetat
mori:
Cœlo
Musa
beat.
Sic
Jovis
interest
Optatis
epulis
impiger
Hercules:
Clarum
Tyndaridæ
sidus
ab
infimis
ODES.
dare
sauve
de
l’abîime
les
vaisseaux
battus
par
la
tempête;
et
Bacchus,
couronné
de
pam-
pres
verts,
exauce
les
vœux
des
mortels.
ODE
IX.
A
LOLLIUS.
Ne
crois
pas
qu'ils
périront
jamais
ces
vers
que,
par
un
art
nouveau
;
poëte
né
surles
bords
du
bruyant
Aufide,
je
marie
aux
sons
de
la
lyre.
Sile
chantre
<
Méonie
occupe
le
premier
rang,
il
n’a
fait
oublier
ni
Pindare
ni
Simonide,
ni
la
muse
menaçante
d’Alcée,
ni
le
sublime
Stésichore.
Le
temps
respecta
les
jeux
d’Ana-
créon
;
l’âme
de
Sapho
respire
encore
dans
ses
vers,
et
les
feux
qu’elle
confiait
à
sa
7
pesont
pas
éteints.
Hélène
n’est
pas
la
seule
qui
brûla
d’une
flam-
me
adultère,
séduite
par
une
belle
chevelure,
des
vêtements
tissus
d’or,
un
faste
royal
et
un
brillant
cortége.
Teucer
n’est
pas
le
premier
qui
sut
manier
Parc
des
Crétois
;
[lion
soutint
plus
d’un
siége;
Sthénélus
et
le
grand
Idomé-
née
ne
livrèrent
pas
seuls
des
combats
dignes
d’être
chantés
par
les
muses
;
avant
le
fier
Hec-
Quasses
eripiunt
æquoribus
rates
:
Ornatus
viridi
tempora
pampino
Liber
vota
bonos
ducit
ad
exitus.
CARMEN
IX.
AD
LOELIUM.
:
Ne
forte
credas
interitura,,
quæ
Longe
sonantem
natus
ad
Aufidum
Non
ante
vulgatas
per
artes
Verba
loquor
socianda
chordis.
Non
si
priores
Mæonius
tenet
Sedes
Homerus,
Pindaricæ
latent,
Ceæque,
et
Alcæi
minaces,
Stesichorique
graves
Camenæ
:
Nec,
si
quid
olim
lusit
Anacreon,
Delevit
ætas
;
spiratadhuc
amor,
Vivuntque
commissi
calores
Æoliæ
fidibus
puellæ.
Non
sola
comtos
arsit
adulteri
Crines
,
et
aurum
vestibus
illitum
Mirata,
repalesque
cultus
Et
comites,
Helene
Lacæna
:
Primusve
Teucer
tela
Cydonio
Direxit
arcu
:
non
semel
Ilios
Vexata
:
non
pugnavit
ingens
Idomeneus
Sthenelusve
solus
Dicenda
Musis
prælia
:
non
ferox
Hector,
vel
acer
Deiphobus
graves
Excepit
ictus
pro
pudicis
59
F
tor
et
le
bouillant
Déiphobe,
d’autres
avaient
reçu
le
coup
mortel
pour
la
défense
de
leurs
chastes
épouses
et
de
leurs
enfants
;
une
foule
de
héros
vécurent
avant
Agamemnon;
mais
,
sans
éveiller
ni
regrets
ni
souvenir,
tous
sont
ensevelis
dans
une
nuit
profonde
:
il
leur
à
man-
qué
un
poëte.
Le
génie
inconnu
diffère
peu
de
la
nullité
obscure.
Ton
nom
survivra
dans
mes
chants
Ô
Lollius;
je
ne
souffrirai
pas
que
l'oubli
dé-
vore
impunément
tes
travaux.
Ame
forte
et
éclairée,
à
l'épreuve
de
la
bonne
et
de
la
mau-
vaise
fortune,
vengeur
de
la
fraude,
insensible
à
l'or
qui
attire
tout
àsoi,
tu
exerces
un
con-
sulat,
non
d’une
année,
mais
éternel
comme
la
vertu
,
toi,
dont
l’inflexible
équité
préfère
tou-
jours
l’honnête
à
l’utile,
repousse
avec
mépris
les
dons
du
coupable,
et
sort
victorieuse
de
tous
les
périls
qui
Passiégent.
La
richesse
n’est
pas
le
vrai
bonheur
:
le
nom
d’heureux
appartient
|
à
celui
qui
sait
faire
des
présents
du
ciel
un
noble
usage
et
souffrir
courageusement
[a
pau-
vreté,
à
celui
qui
craint
le
déshonneur
plus
que
la
mort,
et
qui
ne
craindrait
pas
de
mourir
pour
ses
amis
Ou
sa
patrie.
Conjugibus
puerisque
primus.
Vixere
fortes
ante
Aypamemnona
Multi
:
sed
omnes
illacrimabiles
Urgentur
,
ignotique
longa
Nocte,
carent
quia
vate
sacro.
Paullum
sepultæ
distat
inertiæ
Gelata
virtus.
Non
epo
te
meis
Chartis
inornatum
silebo,
Totve
tuos
patiarlabores
-
Impune
,
Lolli,
carpere
lividas
Gbliviones.
Est
animus
tibi
Rerumque
prudens,
et
secundis
Temporibus
dubiisque
rectus
;
Vindex
avaræ
fraudis
,
et
ahstinens
Ducentis
ad
se
cuncta
pecuniæ
;
Consulque
non
unius
anni
;
Sed
quoties
honus
alque
fidus
Judex
honestum
prætulit
utili
,
ct
Rejecit
alto
dona
nocentium
Vuliu
,
et
per-obstantes
catervas
Explicuit
sua
victor
arma.
Non
possidentem
multa
vocaveris
Recte
beatum
:
rectius
occupat
Nomen
beati
,
qui
Deorum
Muneribus
sapienter
uti,
Duramque
callet
pauperiem
pali;
Pejusque
leto
flagitium
timet
;
Non
ille
pro
caris
amicis
Aut
patria
timidus
perire.
pa
60
ODE
X.
À
LIGURINUS.
O
toi,
cruel
encore.
et
fier
des
présents
de
Vénus,
quand
un
duvet
inattendu
viendra
hu-
milier
ton
orgueil,
quand
la
chevelure
qui
flotte
sur
les
épaules
sera
tombée,
quand
ce
teint,
plus
vermeil
que
la
rose,
aura
disparu
sous
une
barbe
épaisse
:
«
Hélas,
diras-tu
en
te
voyant
dans
un
miroir
si
différent
de
toi-même,
que
n'ai-je
autrefois
pensé
comme
aujourd’hui
!
f
où
que
ne
puis-je
aujourd'hui
retrouver
la
!
fraîcheur
de
ma
jeunesse
!
»
ODE
XI.
A
PHYELIS.
Je
conserve
une
amphore
de
vin
d’Albe
qui
touche
à
sa
dixième
année
;
j'ai
dans
mon
jar-
din,
Phyllis,
de
l’ache
pour
tresser
des
couron-
nes,
ctlelierre,
dont
tu
aimes
le
brillant
feuil-
lage
dans
tes
cheveux,
y
croît
en
abondance.
L'éclat
des
coupes
réjouit
ma
demeure:
l'autel,
entouré
de
chastes
verveines,
ne
demande
plus
que
le
sang
d’un
agneau
;
tout
s’agite
et
s’em-
presse;
ÿarçons
et
jeunes
filles
vont
et
viennent
CARMEN
X.
AD
LIGURINUM.
G
crudelis
adhuc,
et
Veneris
muneribus
potens,
Insperata
tuæ
quum
veniet
pluma
superbiæ
Et,
quæ
nunc
humeris
involitant
,
deciderint
comæ
Nunc
et,
qui
color
est
puniceæ
flore
prior
rosæ,
Mutatus
Ligurinum
in
faciem
verterit
hispidam
:
Dices
,
heu?
quoties
te
in
speculo
videris
alterum
,
«
Quæ
mens
esthodie,
cur
eadem
non
puero
fuit?
Vel
cur
his
animis
incolumes
non
redeunt
genæ
?»
CARMEN
XI.
AD
PHYLLIDEM.
Est
mihi
nonum
superantis
annum
Plenus
Aibani
cadus
:
est
in
horto,
Phylli,
nectendis
apium
coronis
:
-
Est
hederæ
vis
Multa,
qua
crines
religata
fulges.
Ridet
argento
domus
:
ara
castis
Vincta
verbenis,
avet
immolato
Spargier
apno.
Guncta
festinat
manus
:
huc
et
illuc
Gursitant
mixtæ
pueris
puellæ
;
Sordidum
flammæ
trepidant
rotantes
Vertice
fumum.
Ut
tamen
noris
;
Quibus
advoceris
HORACE.
en
Courant;
la
flamme
péullante
chasse
vers
le
toit
des
tourbillons
de
noire
fumée.
Sais-tu
à
quelle
fête
je
te
convie
?
il
s’agit
de
célébrer
les
Ides
d'avril
qui
partagentle
mois
consacré
à
Vénus,
fille
de
la
mer
;
jour
solen-
nel
pour
moi,
et
plus
saint
que
le
jour
de
ma
naissance,
puisque
c’est
de
lui
que
Mécène,
mon
cher
Mécène,
compte
les
années
qui
s'accumulent
sur
sa
tête,
Félèphe,
que
tu
désires
,
n’est
pas
né
pour
toi
;
jeune,
voluptueuse
et
riche,
une
autre
s’est
emparée
de
lui,
et
le
retient
dans
un
doux
es-
clavage.
L’exemple
de
Phaéton
foudroyé,
de
Bellérophon
que
Pégase,
impatient
du
frem
d’un
mortel,
rejeta
sur
la
terre,
doit
réprimer
des
espérances
trop
ambitieuses.
Ne
regarde
pas
au-dessus
de
toi;
et,
tremblant
d'élever
.
trop
haut
ton
espoir,
ne
cherche
que
ton
égal,
Viens,
ô
mes
dernières
amours!
car
après
toi
je
ne
brülerai
pour
aucune
autre
;
apprends
des
airs
que
me
répétera
ta
voix
adorée
:
les
chants
adoucissent
les
noirs
chagrins,
ODE
XII.
=
SR
Compagnons
du
printemps,
déjà
les
vents
de
Thrace
aplanissent
les
mers
et
enflent
la
voile
Gaudiis
,
Idus
tibi
sunt
apendæ,
Qui
dies
mensem
Veneris
marinæ
Findit
Aprilem
:
Jure
solemnis
mihi,
sanctiorque
Pæne
natali
proprio,
quod
ex
hac
Luce
Mæcenas
meus
adfluentes
Ordinatannos.
:
Telephum
,
quem
tu
petis,
occupait,
Non
tuæ
sortis
juvenem
,
puella
Dives
et
lasciva,,
tenetque
grata
Compede
vinctum.
Terret
ambustus
Phaeton
avaras
Spes
,
etexemplum
grave
præbet
ales
Pegasus,
terrenum
equitem
gravatus
-
Bellerophontem
;
Semper
ut
te
digna
sequare,
et
ultra.
Quam
licet
sperare
nefas
putando
:
Disparem
vites.
Age
jam
meorum
Finis
amorum,
Non
enim
posthac
alia
calebo
Femina,
condisce
modos
,
amanda
Voce
quos
reddas:
minuenturatræ
Carmine
curæ.
CARMEN
XIL.
AD
VIRGILIUM.
Jam
Veris
conutes,
quæ
mare
temperant,
LE
LIVRE
DES
ÉPODES.
67
que,
ni
le
faisan
d’lonie,
neflatteront
mon
pa-
|
Quand
Médée,
au
milieu
des
Argonautes
,
lais
mieux
que
Polive
cueillie
sur
mes
rameaux
|
eut
remarqué
lé
beau
Jason,
pour
qu'il
pût
les
plus
fertiles,
que
loseille
des
prairies
et
|
Soumettre
au
joug
les
taureaux
indomptés
,
elle
la
mauve
rafraichissante,
que
l'agneau
tué
aux
|
le
frotta
de
ce
suc;
elle
en
imprégna
les
dons
fêtes
du
dieu
Terme,
ou
le
chevreau
arraché
à
|
Vengeurs
qu’elle
offrit
à
sa
rivale,
avant
de
fuir
la
dent
du
loup.
Au
milieu
darepas,
quel
plai-
|
sur
les
ailes
de
son
dragon.
Non,
jamais
les
sir
de
voir
les
brebis
rassasiées
accourir
à
la
|
feux
de
la
Canicule
W'ÉMDTASR
CIE
ainsi
la
bergerie
,
les
bœufs
traîner
d’un
cou
languis-
|
Pouille
altérée;
et
la
robe
du
Centaure
fut
sant
le
soc
renversé,
et
un
essaim
d'esclaves,
|
moins
brülante
sur
les
épaules
d'Hercule.
richesse
de
la
maison
qui
les
vitnaître
,
se
pres-
|
Tu
ris,
Mécène!
ah!
si
un
jour
la
fantaisie
ser
autour
de
là
flamme
brillante
du
foyer!
»
te
prend
de
goûter
un
tel
poison,
que
ta
mai-
Après
ce
beau
discours,
déjà
tout
résolu
de
|
tresse
oppose
sa
main
à
tes
baisers,
et
se
ré-
vivre
en
campagnard,
l'usurier
Alphius
fit
ren-
|
fugie
à
l'extrémité
de
ta
couche!
trer
tous
ses
fonds
le
jour
des
ides
:
il
cher-
che
à
les
replacer
aux
calendes.
ODE
IV.
ODE
HI.
CONTRE
L'AFFRANCHI
MÉNAS.
A
MÉCÈNE,
}
route
l
antipathie
que
la
nature
à
mise
entre
Si
jamais
un
fils
a
de
ses
mains
impies
étran-
|
le
loup
et
l'agneau,
je
l'éprouve
pour
toi,
dont
olé
son
Vieux
père,
qu’
on
le
condamne
à
a
Man-
les
flancs
sont
encore
noirs
des
Coups
d'étriviè-
ger
de
l'ail
plutôt
qu'à
boire
de
la
ciguë
O
|
res,
et
les
jambes
meurtries
par
les
entraves.
moissonneurs
|...
estomacs
de
fer!
Quel
poison
|
En
vain
tu
relèves
la
tête,
fier
de
ton
or
:
la
me
déchire
les
entrailles
?
Le
sang
de
vipère
a-
|
fortune
ne
change
pas
la
naissance.
Vois-tu,
t-il
assaisonné
ce
mets
perfide?
Canidie
la-
|
lorsque
tu
balaïes
la
voie
sacrée
avec
ta
robe
de
t-elle
apprêté?
|
six
aunes,
les
passants
détourner
la
tête
avec
Hiems
ad
hoc
vertat
mare;
Num
viperinus
his
cruor
Non
Afra
avis
descendat
in
ventrem
meum,
Incoctus
herbis
me
fefellit?
an
malas
Non
attagen
Ionicus
Ganidia
tractavit
dapes
?
Jucundior,
quam
lecta
de
pinguissimis
Ut
Argonautas
præter
omnes
candidum
Oliva
ramis
‘arborum
;
Medea
mirata
est
ducem,
Aut
herba
lapathi
prata
amantis
,
et
gravi
Igoota
tauris
illigaturum
juga
Malvæ
salubres
corpori
;
_
Perunxit
hoc
Jasonem
:
Vel
agna
festis
cæsa
Terminalibus,
Hoc
delibuüs
ulla
donis
pellicem,
Vel
hædus
ereptus
lupo.
Serpente
fugit
alite.
Has
inter
epulas,
ut
juvat
pastas
oves
Nec
tantus
unquam
siderum
insedit
vapor
Siticulosæ
Apuliæ
:
Nec
munus
humeris
efficacis
Hereulis
Inarsit
æstuosius.
At,
si
quid
unquam
tale
concupiveris,
Jocose
Mœcenas
,
precor
Manum
puella
savio
opponat
tuo,
Extrema
etin
sponda
cubet.
Videre
properantes
domum
!
Videre
fessos
vomerem
inversum
boves
Gollo
trahentes
languido
;
Positosque
vernas,
ditis
examen
domus,
Gircum
renidentes
Lares
!
»
Hæc
ubi
locutus
fænerator
Alphius,
Jamjam
futurus
rusticus
,
Omnem
redepit
idibus
pecuniam
,
Quærit
calendis
ponere.
CARMEN
IV.
Lupis
et
agnis
quanta
sortito
obtipit,
Tecum
mihi
discordia
est,
Ibericis
peruste
funibus
latus,
Et
crura
dura
compede.
Licet
superbus
ambules
pecunia,
Fortuna
non
mutat
genus.
Videsne
,
Sacram
meliente
(e
viam
Cum
bis
ter
ulnarum
toga,
Ut
ora
vertat
huc
et
huceuntium
ÿ
ee
CARMEN
I.
AD
MÆCENATEM.
Parentis
olim
si
quis
impra
manu
Senile
puttur
fregerit
,
Edat
cicutis
allium
nocentius.
Ô
dura
messorumiilia!
Quid
hoc
veneni
sævit
in
præcordiis
?
ee
——————
—
——
—
68
indignation
?
«
Le
voilà,
disent-ils,
ce
miséra-
ble,
déchiré
par
le
fouet
des
triumvirs,
jus-
qu'à
enrouer
le
crieur;
et
il
laboure
mille
ar-
pents
à
Falerne!
et
ses
chevaux
fatiguent
la
voie
Appienne
!
ct,
noble
chevalier,
au
mépris
de
la
loi
d'Othon,
il
prend
les
premières
pla-
ces
au
théâtre!
Pourquoi
donc
envoyer
tant
de
vaisseaux
de
guerre
contre
des
pirates
et
des
eselaves.,
s’il
est,
lui,
tribun
des
soldats!
»
CONTRE
CANIBIE»
«
Ah!
par
tous
les
dieux
qui
gouvernent
la
terre
et
le
genre
humain,
pourquoi
tous
ces
apprêts?
pourquoi
ces
farouches
regards
que
vous
lancez
sur
moi?
Et
toi,
par
tes
enfants,
si
jamais
Lucine
t’assista
dans
un
enfantement
véritable,
par
ce
vain
ornement
de
pourpre,
par
Jupiter
que
tu
outrages,
pourquoi,
je
te
supplie,
m’envisager
avec
les
yeux
d’une
ma-
râtre,
ou
d’une
bôte
féroce
que
le
chasseur
a
blessée?
»
Ainsise
plaignait
l'enfant
d'une
voix
trem-
Liberrima
indignatio
?
«
Sectus
flagellis
hic
Triumviralibus,
Præconis
ad
fastidium
,
Arat
Falerni
mille
fundi
jugera
,
Et
Appiam
mannis
terit;
Sedilibusque
magnus
in
primis
eques,
Othone
contemio,
sedet.
Quid
adtinet
tot
ora
navium
gravi
Rostrata
duci
pondere
Gontra
latrones
aîque
servilem
manum,
Hoc,
hoc
tribuno
militum
?
»
CARMEN
Y.
IN
CANIDIAM
VENEFICAM.
«
At
,o
Deorum
quidquid
in
cælo
regit
Terras
et
humanum
penus
|
Quid
iste
fert
tumultus?
aut
quid
omnium
Vultus
in
unum
me
(ruces?
Per
hiberos
,
te,
si
vocata
partubus
Lucina
veris
adfuit,
Per
hoc
inane
purpuræ
decus
precor,
Per
improbaturum
hæc
Jovem,
Quid
ut
noverca
me
intueris
;
aut
uti
Pctita
ferro
bellua
?
»
Ut
hæc
tremente
questus
ore
constitit
Insignibus
raptis
puer,
Impube
corpus,
quale
posset
impia
Mollire
Thracum
pectora
;
|
HORACE.
blante;
on
lui
arrache
sa
robe,
on
le
dépouille:
ce
corps
délicateüt
attendrile
cœur
impitoyable
d’un
Thrace.
Canidie,
les
cheveux
épars
et
en-
trelacés
de
vipères,
ordonne
de
bräler
dans
un
feu
magique
le
figuier
sauvage
arraché
sur
les
tombeaux,
le
cyprès
funèbre,
les
plumes
et
les
œufs
de
la
chouette
trempés
dans
le
sang
du
crapaud,
les
herbes
que
produisent
Colchos
et
l’Ibérie
féconde
en
poisons,
et
des
os
ravis
à
la
gueule
d’une
chienne
affamée.
Cependant
Sapana,
larobe
retroussée,
arrose
toutela
maison
deseaux
del’Averne:ses
cheveux
se
dressent
comme
les
dards
du
hérisson
marin,
comme
les
soies
du
sanglier
lancé
par
une
meute
Véia,
que
leremords
n’arrêta
jamais,
creuse
pé-
niblement
la
terreavecunlourdhoyau,
en
gémis:
sant
sous
l'effort
:
c’est
là
qu'enseveli
jusqu’au
menton,
comme
le
nageur
dont
la
tête
apparait
-
au-dessus
de
l’eau,
l'enfant
doit
lentement
mou-
rir,
à
la
vue
des
viandes
deux
ou
trois
fois
renou-
velées
devant
lui,
dans
le
cours
d’une
éternelle
journée;
et
quandses
prunelles,
fixées
sur
les
mets
interdits,
seseront
enfin
éteintes,
sa
moelle
et
son
foie
desséchés
composeront
un
breuvage
d'amour.
Folia
était
présente
:
du
moins
l'oi-
Canidia,
brevibus
implicata
viperis
Crines
et
incomtum
caput,
Jubet
sepuleris
caprificos
erutas,
Jubet
cupressus
funebres
,
Etuncta
turpis
ova
ranæ
sanguine,
Plumamque
nocturnæ
strigis,
Herbasque
,
quas
Iolcos
atque
Iberia
Mitüt,
venenorum
ferax,
Et
ossa
ab
ore
raptajejunæ
camis,
Flammis
aduri
Golchicis.
Atexpedita
Sagana
per
totam
domum
Spargens
Avernales
aquas,
Horreteapillis,
ut
marinus,
asperis,
Echinus.,
aut
currens
aper.
Abacta
nulla
Veia
conscientia
Ligonibus
duris
hamum
Exbauriebat,
ingemens
laboribus,
Quo
posset
infossus
puer.…
Longo
die
bis
terque
mutatæ
dapis
Inemori
spectaculo
:
Quum
promineret
ore
,
quantum
exstant
aqua
Suspensa
mento
corpora
:
Exsucta
uti
medulla,
et
aridum
jecur
Amoris
esset
poculum
:
Interminato
quum
semel
fixæ cibo
Intabuissent
pupule.
Non
defuisse
maseulæ
libidinis
Ariminensem
Foliam,
Et
otiosa
ercdidit
Neapolis,
45
LE
LIVRE
DES
ÉPODES.
sive
Parthénope
et
les
cités
voisines
l'ont
pen-
sé;
Folia
dé
Rimini,
cemonstre
de
débauche,
dont
les
magiques
accents
détachent
du
eïel
la
lune
et
les
étoiles.
Alors,
de
ses
dents
livides
rongeant
ses
on-
gles
difformes,
que
n’osa
point
dire
Canidie?
«
O
fidèles
témoins
de
mes
œuvres,
nuit,
et
toi,
Diane,
quientoures
de
silence
nos
sacrés
mystères,
venez,
venez
maintenant,
tournez
contre
la
demeure
de
mon
ennemi
votre
puis-
sance
et
votre
colère!
À
l'heure
où
les
bôtes
sauvages,
retirées
dans
l’épaisseur
des
forêts,
sont
engourdies
parle
sommeil,
que
tous
les
chiens
de
Subure
aboïent
après
ce
vieux
débau-
ché,
et
qu'il
devienne
la
risée
de
toutela
ville:
je
le
couvre
de
l'essence
la
plus
parfaite
qu’aient
préparée
mes
mains.
Que
vois-je?
les
poisons
de
la
barbare
Médée
ont-ils
perdu
leur
pouvoir?
Nesont-ce
plus
ces
poisons
qui
la
vengèrent
dans
sa
fuite,
quand
elle
vit
son
orgueilleuserivale,
la
fille
de
Créon,
consumée
par
la
robe
dévo-
rante
dont
elle
lui
fit
présent?
Cependant
pas
une
herbe,
pas
une
racine
cachée
dans
les
lieux
les
plus
sauvages,
qui
m'ait
échappé
;
et
il
dort
paisible
sur
le
lit
de
ses
maïtresses:
il
m'oublie!.….
Ah!
ah!
une
magicienne
plus
sa-
Et
omne
vicinum
oppidum
:
Quæ
sidera
excantata
voce
Thessala
Lunamque
cælo
deripit.
Hic
irresectum
sæva
dente
livido
Canidia
rodens
pollicem,
Quid
dixit
?
aut
quid
tacuit
?
«
O
rebus
mois
Non
infideles
arbitræ,
Nox
,
et
Diana,
quæ
silentium
regis,
Arcana
quum
fiunt
sacra,
Nune,
nunc
adeste
:
nune
in
hosliles
domos
Iram
atque
numen
vertite.
Formidolosæ
dum
latent
silvis
feræ,
Dulci
sopore
languidæ,
Senem
,
quod
omnes
rideant,
adul{erum
Latrent
Suburanæ
canes,
Nardo
perunctum
,
quale
non
perfectius
Meæ
laborarint
manus…
Quid
accidit?
cur
dira
barbaræ
minus
Venena
Medeæ
valent
;
Quibus
superbam
fupit
ulta
pellicem
Magni
Creontis
filiam,
Quum
palla,
tabo
munus
imbutum
>
Noyam
Incendio
nuptam
abstulit
?
Atqui
nec
herba,
nec
latensin
asperis
Radix
fefellit
me
locis.
fadormit
unctis
emnium
cubilibus
Oblivione
pellicum.
AB
!
ah
!
solutus
ambulat
veneficw
63
vante
a
rompu
ses
fers!
des
philtres
inconnus.
O
Varus,
que
de
larmes
tu
vas
répandre!
oui,
des
philtres
inconnus
te
forceront
bien
de
re-
venir
à
moi,
et
tous
les
charmes
des
Marses
ne
rappelleront
pas
ta
raison,
Je
préparerai,
je
te
verserai
moi-même
un
breuvage
vainqueur
de
tes
dégoûts.
Oui,
les
cieux
s’abaisseront
au-
dessous
des
mers,
la
terre
s’élévera
au-dessus
des
cieux,
ou
tu
brüleras
pour
moi,
comme
le
bitume
dans
ces
feux
sombres
!
Alors
l'enfant
renonce
à
désarmer
ecs
furies
par
de
touchantes
prières;
et,
dans
l’éparement
du
désespoir,
il
les
charge
d’imprécations
di-
gnes
de
Thyeste
:
«
Vos
poisons,
vos
sortilépes
infâmes
ne
sauraient
changer
l’ordre
des
destins.
Je
vous
maudis;
et
les
malédictions,
nulle
victime
né
les
détourne.
Arrachez-moi
la
vie!
mais,
furie
nocturne,
j'apparaîtrai
devant
vous;
mon
om-
bre
vous
déchirerale
visage
de
ses
ongles,
ce
qui
est
la
vengeance
des
mânes;
je
pêserai
sur
vos
poitrines
haletantes
,
et
la
terreur
vous
ra-
vira
le
sommeil.
De
rue
en
rue,
la
populace
VOuS
poursuivra
à
coups
de
pierres,
et
vous
assommera
sans
pitié,
vieilles
immondes
!
les
loups
et
les
corbeaux
se
disputeront
vos
mem-
Scienlioris
carmine.
Non
usitatis,
Vare,
potionibus
O
mulia
fleturum
caput!
Ad
me
recurres
:
nec
vocata
mens
tua
Marsis
redibit
vocibus.
Majus
parabo,
majus
infundara
tibi
Fastidienti
poculum
:
|
Priusque
cœlum
sidet
inferius
mari,
Tellure
porrecta
super
,
|
Quam
non
amore
sic
meo
flagres,
ut
|
Bitumeu
atris
ignibus.
»
Sub
hæc
puer,
jam
non,
ut
ante,
mollibus
|
Lenire
verbis
impias
;
Sed
dubius,
unde
rumperet
silentium
,
|
Misit
Thyesteas
preccs
:
|
«
Venena,
magnum
fas
nefasque,
non
valent
|
Convertere
humanam
vicem.
|
Diris
agam
vos:
dira
detestatio
Nulla
expiatur
victima.
|
Quin
,
ubi
perire
jussus
exspiravero,
|
Nocturnus
occurram
Furor,
|
Petamque
vultus
umbra
curvis
unguibus
,
|
Quæ
vis
Deorum
est
manium
;
Et
inquietis
adsidens
præcordiis,
|
Pavore
somnos
auferam.
Vos
turba
vicatim
hine
et
hinc
saxis
petens
|
Contundet
obscenas
anus.
f
Post
insepulta
membra
different
lupi,.
99
70
bres
privés
de
sépulture;
et
mes
parents,
dé-
golés
de
me
survivre,
jouiront
de
ce
spectacle:
»
ODE
VI.
CONTRE
CASSIUS
SÉVÈRE.
Pourquoi
tourmenter
des
passants
inoffen-
sifs,
aboyeur,
si
lâche
devant
les
loups?
Tourne
contre
moï,
si
tu
Foses,
tes
vaines
menaces
;
at-
taque
qui
te
peut
mordre.
Comme
le
dogue
d'É-
pire
ou
le
limier
fauve
de
Laconie,
fidèle
appui
du
berger,
la
première
bête
qui
part
devant
moi,
je
la
poursuis,
l'oreille
haute,
au
travers
desneiges.
Toi,
quand
tu
as
épouvanté
la
forêt
de
tes
aboïements
,
tu
flaires
la
pâture
qu'on
te
jette.
Prends
garde!
terrible
aux
méchants,
je
suis
toujours
prêt
à
leur
courir
sus,
comme
le
gendre
dédaigné
du
parjure
Lycambe,
ou
l'im-
placable
ennemi
de
Bupalus.
Grois-tu,
si
quel-
que
chien
hargneux
me
déchire,
que
je
me
contente
de
pleurer
comme
un
enfant?
-ODE
VII.
AUX
ROMAINS.
Où
courez-vous,
impies?
Pourquoi
dans
vos
Et
Esquilinæ
alites
;
Neque
hoc
parentes,
heu
mihi
superstites!
Effugerit
spectaculum.
»
CARMEN
VI.
IN
CASSIUM
SEVERUM.
Quid
immerentes
hospites
vexas,
canis,
Ignavus
adversum
Fupos?
Quin
huc
inanes,
si
potes,
vertis
minas,
Et
me
remorsurum
pelis?
Nam
,
qualis
aut
Molossus,
aut
fulvus
Eacon,
Amica
vis
pastoribus
,
Agar
per
altss
aure
sublata
nives,
Quæcunque
præcedet
fera.
Tu,
quum
timenda
voce
complesti
nemus,
Projectum
odoraris
cibum.
Cave,
cave!
namque
in
malos
asperrimus
Parata
tollo
cornua
;
Qualis
Lyeambæ
spretus
infido
gener,
Aut
acer
hostis
Bupalo.
An
,
si
quis
atro
dente
me
peliverit,
Inultus
ut
flebo
puer?
.
CARMEN
VIT.
AD
POPULUM
ROMANUM-
Quo,
quo
scelesti
ruitis
?
aut
eur
dexteris
HORACE.
mains
ces
armes
à
peine
déposées?
Trop
peu
de
sangromain
a-t-il
coulésur
la
terre
etsurles
flots
?
non
pas,
hélas!
pour
réduire
en
cendres
les
orgueilleux
remparts
d’une
jalouse
Car-
thage,
ou
pour
voir
l'indomptable
Breton
des-
cendre
la
voie
Sacrée
chargé
de
chaînes
;
mais
pour
combler
les
vœux
du
Parthe,
et
lui
mon-
trer
Rome
s’égorgeant
de
ses
propres
mains!
Les
tigres
et
les
loups
sont
moins
féroces;
ils
ne
se
déchirent
pas
entre
eux.
Est-ce
une
fu-
reur
aveugle,
une
invincible
fatalité,
vos
crimes,
qui
vous
entraînent?
Répondez...
Ilssetaisent;
une
affréuse
pâleur
couvre
leur
visage;
lef-
froi
les
rend
stupides.
Oui,
Romains,
c’est
une
destinée
de
fer
qui
vous
pousse!
Le
fratricide
crie
vengeance,
depuis
que
Fin-
nocent
Rémus
arrosa
la
terre
d'un
sang
qui
retombe
sur
sa
postérité.
ODE
VII.
CONTRE
UNE
VILILLE
LIBERTINE.
Tu
medemandes,
ruine
séculaire,
ce
quiamol:
lit
ma
vigueur,
toi
dont
les
dents
sont
noires,
dont
le
front
est
labouré
de
rides
,
et
dontle
hideux
anus
bâille
entre
tes
fesses
décharnées
Aptantur
enses
conditi
?
Parumne
campis
atque
Neptuno
super
Fusum
est
Lalini
sanguinis?
Non
ut
superbas
invidæ
Carthaginis
Romanus
arces
ureret
:
Intactus
aut
Britannus
ut
descenderet
Sacra
catenalus
via
:
Sed
ut,
secundum
vola
Parthorum,
sua
Urbs
hæc
periret
dextera.
Neque
hic
lupis
mos,
nec
fuit
leonibus,
Nusçquam
,
nisi
in
dispar,
feris.
Furorne
cæcus
,
an
rapit
vis
acrior
?
An
culpa
?
responsum
date.
Tacent
;
et
ora
pallor
albus
inficit,
Mentesque
pereulsæ
stupent.
Sic
est;
acerba
fata
Romanos
agunt,
Scelusque
fraternæ
necis
,
Ut
immerentis
fluxit
in
terram
Remi
Sacer
nepotibus
cruor.
CARMEN
VIT.
Rogare
longo
putidam
te
sæculo,
Vires
quid
enervet
meas
?
Quum
sit
Gibi
dens
ater,
et
rugis
vetus:
Frontem
senectus
exaret
;
Hielque
turpis
inter
aridas
nates
LE
LIVRE
DES
ÉPODES.
comme
celui
d’une
vache
qui
a
la
diarrhée
!
Sans
doute
que
ta
poitrine,
ta
gorge
putride
et
semblable
aux
mamelles
d'une
jument,
que
ton
ventre
flasque
et
tes
cuisses
gréles,
plantées
sur
tes
jambes
hydropiques,
devraient
exciter
mes
désirs
!...
Mais
qu'il
te
suffise
d’être
opu-
lente;
qu'on
porte
à
tes
funérailles
les
images
triomphales
de
tes
aïeux
;
qu’il
n'y
ait
pas
une
femme
au
monde
qui
se
pavane
chargée
de
perles
plus
élégantes
que
les
tiennes
!.…
Pour-
quoi
d’ailleurs
étaler
complaisamment
sur
tes
coussins
de
soie
des
livres
de
philosophie?
$e-
rait-Ce
que
le
manque
de
lettres
dans
un
homme
ait
la
vertu
soit
d’exciter,
soit
de
faire
languir
ce
membre
dont
tu
ne
peux
vaincre
les
or-
gueilleux
dégoûts
qu’en
le
sollicitant
avec
ta
langue?
OBE
IX.
-
A
MÉCÈNE.
ee
Mécène,
puisque
César
est
vainqueur,
ce
cé-
cube
réservé
pour
les
jours
de
fête,
quand
pourrons-nous
le
boire
dans
ton
palais,
aux
sons
de
la
lyre
dorienne
mariée
aux
flûtes
de
Phrygie
?
Notre
joie
est
agréable
aux
dieux
;
comme
naguère
quand
le
prétendu
fils
de
Nep-
Podex,
velut
crudæ
bovis.
Sed
incitat
me
pectus,
et
mammæ
putres,
Equina
quales
ubera
;
Venterque
mollis,
et
femur
tumentibus
Exile
suris
additum.
Esto
beata,
funus
atque
imagines
Ducant
triumphales
tuum
;
Nec
sit
marila,
quæ
rotundioribus
Onusta
baccis
ambulet.
Quid?
quod
libelli
Stoici
inter
sericos
Jacere
pulvillos
amant
:
Hlitterati
num
minus
nervi
rigent
,
Minusve
languet
fascinum
?
-Quod
ut
superbo
provoces
ab
inguine
,
Ore
adlaborandum
est
tibi.
CARMEN
IX.
AD
MÆCENATEM.
Quando
repostum
cæcubum
ad
festas
dapes
Viclore
lætus
Gæsare
,
)
Fecum
sub
alta,
sie
Jovi
gratum
,
dome
Beate
Mæcenas,
bibam,
Sonante
mixlum
tibiis
carmen
Iyra,
Hac
Dorium
,
1llis
Barbarum
?
Üt
nuper,
actus
quum
freto
Neptunius
Dux
fugit,
uslis
navibus,
ne
—————
———————————
#1
tune,
chassé
des
mers
de
la
Sicile,
s'enfuit
à
la
lucur
de
ses
vaisseaux
embrasés,
lui,
qui
me
naçait
Rome
des
mêmes
fers
dont
ilavait,
d’une
main
amie,
délivré
de
perfides
esclaves.
Des
Romains
(siècles
futurs,
vous
ne
lecroi-
rez
pas!),
des
Romains
vendus
à
une
femme
ne
rougissent
pas
de
porter
pour
elle
leur
basage
etleurs
armes
!
Ils
peuvent
obéir
à
deseunuques
décrépits
;
et
parmi
nos
aigles,
Ô
infamie!
le
soleil
voit
le
lâche
pavillon
d’une
Égyptienne!
Indignés,deux
mille
Gaulois
tournent
bride,
en
criant
:
Vive
César!
Dés
vaisseaux
ennemis
se
refusent
au
combat,
et
vont
cacher
dans
le
port
leurs
poupes
fugitives.
Pompe
triomphale!
où
sonttes
chars
rayon-
nauts
d'or
et
tes
génisses
consacrées?
Hâte-
toi,
divin
triomphe
!
Moins
grand
fut
le
héros
que
tu
ramenas
vainqueur
du
roi
des
Numides,
moins
grand
fut
l
Africain,
dont
là
gloire
a
élevé
le
tombeau
sur
les
débris
de
Carthage.
Vaincu
sur
la
terre
et
sur
l'onde
,
l'ennemi
à
déposé
la
pourpre,
et
s'est
revêtu
de
deuil.
Trahi
par
les
vents,
il
s'efforce
de
gagner
la
Crète
aux
cent
villes
ou
les
Syrtes
battues
par
les
orages
du
midi,
ou
peut-être
il
s'abandonne
à
la
merci
des
flots.
Apporte-nous,
esclave,
de
plus
larges
coupes,
et
les
vins
de
Chio
et
de
Lesbos
;
verse-
Minatus
Urbi
vinela,
quæ
detraxerat
Servis
amicus
perfidis.
Romanus,
eheu
!
posteri
negabitis,
Emancipatus
feminæ,
Fert
vallum
et
arma
miles,
et
spadonibus
Servire
rugosis
potest!
Interque
signa
turpe
miliaria
Sol
adspicit
conopeum
!
Ad
hunc
frementes
verterunt
bis
mille
eques
Gaïli,
canentes
Cæsarem
;
Hostiliumque
navium
portu
latent
Puppes
sinistrorsum
citæ.
lo
Triumphe
!
tu
moraris
aureos
Currus
,
et
intactas
boves;
lo
Triumphe!
nec
Jugurthino
parer
Bello
reportasti
ducem
;
Neque
Africanum,
cui
super
Garthaginem
Virtus
sepulcrum
condidit.
Terra
marique
victus
hostis,
Punico
Lugubre
mutavit
saguim.
à
Autille
centum
nobilem
Cretam
urbibns,
Ventis
iturus
non
suis
;
Exercitatas
aut
petit
Syrtes
Noto
;
Aut
fertur
incerto
mari.
Capaciores
affer
huc,
puer,
seypLos,
Et
Ghia
vina,
aut
Lesbia,
Vel,
quod
fluentem
nausearn
coerceat
;
42
HORACE.
nous
le
cécube,
qui
ranime
le
cœur
prêt
à
dé-
|
une
joyeuse
pâture
,
et
j’immole
un
bouc
laseif
failli.
Nous
avons
tremblé
pour
César:
|
et
une
brebisaux
lempêtes.
noyons
nos
alarmes
dans
le
vin,
ODE
XI.
ODE
X.
A
PETTIUS.
CONTRE
MOEVIUS.
Pettius,
je
ne
trouve
plus,
comme
autrefois,
L'ancre
est
levée
;
le
vaisseau
part
sous
de
fu-
|
de
charme
à
écrire
des
vers,
depuis
que
l'amour
nestes
auspices,
il
porte
le
sale
Mœvius.
Vents
|
n'a
fait
une
profonde
blessure,
Pamour
qui
s'a-
du
midi,
n'oubliez
pas
desoulever
contre
lui
des
|
charne
après
moi,
etm'enflamme
pour
les
ado-
vagues
furieuses
;
que
le
sombre
Eurus,
sur
|
lescents
et
les
jeunes
filles.
L'hiver
a
trois
fois
les
mers
bouleversées,
disperse
les
débris
de
|
dépouillé
les
forêts
depuis
qu'Inachia
cesse
de
ses
cordages
et
de
ses
rames
;
que
PAquilon
se
|
troubler
ma
raison.
Hélas!
(je
ne
puis
m'en
lève,
tel
qu'au
sommet
des
monts
il
brise
les
|
souvenir
sans
honte),
j'étais
la
fable
de
toute
la
chênes
tremblants
;
que,
dans
l'horreur
des
té-
|
ville.
Je
rougis
encore
de
ces
festins
où
ma
nèbres,
pas
une
étoile
amie
n'apparaisse
au
|
langueur,
mon
silence,
mes
profonds
soupirs,
coucher
du
triste
Orion
;
qu’il
soit
emporté
sur
|
où
tout
trahissait
mon
ardeur.
une
mer
orageuse,
comme
les
Grecs
victorieux,
«
Quoi!
préférer
l'or,
un
gain
sordide,
au
quand
Pallas
détourna
sa
colère
d’Ilion
en
|
cœur
ingénu
du
pauvre
!
m'écriais-je,
en
pleu-
cendres
sur
le
vaisseau
impie
d’Ajax
!
|
rant
dans
ton
sein,
quand
Bacchus
étouffait
la
Oh!
que
de
sueurs
attendent
tes
matelots!
|
honte
et
arrachait
de
mon
âme
échauffée
par
Quelle
livide
pâleur
eouvrira
ton
visage!
Quel-
|
le
vin
les
secrets
de
son
amour.
«
Ah!
si
je
les
lamentations
de
femme,
quels
vœux
à
Ju-
|
pouvais,
dans
la
colère
qui
me
transporte,
si
je
piter
qui
Labhorre,
quand
la
tempête
mugis-
|
pouvais
chasser
loïu
de
moi
ces
plaintes
inutiles,
sante
aura
fracassé
ton
navire!
Que
ton
corps,
|
remède
impuissant
à
ma
blessure!
je
céderais,
étendu
sur
le
rivage,
offre
aux
oiseaux
de
mer
!
sans
rougir
la
victoire
à
d'mdignes
rivaux.
»
Metire
nobis
cæcubum,
Opima
quod
si
præda
curvo
litore
Curam
metumque
Cæsaris
rerum
juvat
Porrecta
mergos
juveris
;
Dulei
Lyæo
solvere,
Libidinosus
immolabitur
caper,
Et
apua
Tempestatibus.
CARMEN
X.
IN
MAÆAVIUA
POETAM.
CARMEN
XL.
Mala
solula
navis
exitalite,
Ferens
olentem
Mævium.
AD
PETIIUM.
Ut
horridis
utrumque
verberes
latus
,.
Petti,
nihil
me,
sicut
anlea
,
juvat
Auster,
memento,
fluctibus.
Scribere
versiculos
amore
percussum
gravi
:
Niger
rudentes
Eurus,
inverso
mari,
Amore,
qui
me
præter
omnes
expelit
Fractosque
remos
differat
;
ee
=
Mollibus
in
pueris,
aut
in
puellis
urere.
Fusurgat
Aquilo,
quantus
altismontibus
Ilic
tertius
December,
ex
quo
destiti
Frangit
trementes
ilices
;
Inachia
furere,
silvis
honorem
deeutit.
Nec
sidus
atra
nocte
amicum
appareat,
Heul
me,
per
urbem,
nam
pudet
tanti
mali,
Qua
tristis
Orion
cadit;
Fabula
quanta
fui
!
conviviorum
et
pœnitet,
Quieliore
nec
feratur
æquore,
In
queis
amantem
et
Janguor
et
silentium
Quam
Graia
victorum
mapus,
Arguit,
et
latere
petitus
imo
spiritus.
Quum
Pallas
usto
verüit
iram
abilio
.
«Gontrane
lucrum
nil
valere
candidum
In
impiam
Ajacis
ratem
|
Paupéris
ingenium?
»
querebar
adplorans
tibi
;
O
quantus
instat
navilis
sudor
tuis,
Simul
calentis
inverecundus
Deus
Tibique
pallor
luteus,
Fervidiore
mero
arcana
promorat
loco.
Et
ia
non
virilis
ejulatio,
«
Quod
si
meis
inæstuat
præcordiis
Preces
et
aversum
ad
Jovem
;
Libera
bilis,
ul
hæc
ingrata
ventis
dividat
Ionius
udo
quum
remugiens
sinus
Fomenta,
vulnus
nil
malum
levantia;
Noto
carinam
ruperit
!
Desinet
imparibus
certare
submolus
pudor.
»
18
LE
LIVRE
DES
ÉPODES.
15
Ainsi,
ferme
un
instant,
je
prenais
devant
toi
dégouttent
la
craie
et
ce
fard
compose
des
une
sage
resolution
:
tu
m'ordonnais
de
rentrer
|
excréments
du
crocodile,
et
que,
dans
ses
dans
ma
demeure;
et
toujours
mes
pas
chance-
|
mouvements
lascifs
comme
ceux
du
porc,
elle
lants
me
ramenaient,
hélas
!
à
cette
porte
enne-
|
rompt
son
lit
et
en
disperse
les
couvertures
!
mie,
dont
leseuil
inexorable
a
brisé
tant
de
fois
Mais
combien
n'est-ce
pas
plus
immonde
mes
membres.
encore,
quand
elle
essaie
de
vaincre
mes
dé-
Maintenant
c’est
Lyciscus
que
j'aime;
Ly-
|
goûts
par
ces
amers
reproches
:
«
Tu
es
moins
ciscus
plus
beau
et
plus
voluptueux
qu'une
|
languissant
avec
Inachie
qu'avec
moi.
Trois
femme.
Ni
les
reproches
de
mes
amis,
ni
les
|
fois
dans
une
nuït
tu
sers
Inachie;
avec
moi,
dédains,
rien
ne
saurait
m'en
détacher
;
rien,
si
|
c’est
toujours
trop
d’une
fois
pour
ta
mollesse!
ce
n’est
un
autre
amour
pour
une
blanche
jeune
|
Malheur
à
Lesbie
à
qui
je
demandais
un
tau-
fille,
ou
pour
un
bel
adolescent
à
la
longue
che-
|
reau,
et
qui
m'a
indiqué
un
amant
impuissant!
velure.
|
N’avais-je
pas
sousla
main
Amyntas
de
Cos,
lui
dont
le
membre
est
mieux
planté
et
plus
in-
|
domptable
qu’un
jeune
arbre
que
ses
racines
|
enchaïnent
à
la
colline?
Pour
qui
avais-je
pré-
-
:
_
|
paré
ces
tissus
deux
fois
teints
dans
là
pourpre.
Que
demandes-tu,
0
femme
digne
d'être
|
de
Tyr,
si
ce
n’est
pour
toi,
si
ce
n’est
pour
accouplée
avec
de
noirs
éléphants
?
Pourquoi
qu'il
wy
cu
pas
un
convive,
parmi
les
hommes
m'envoyer
des
présents,
des
tablettes,
à
moi,
|
Ge
ton
âge,
qui
fût
plus
aimé
de
sa
maitresse
qui
ne
suis
pas
un
gars
vigoureux,
et
dont
l'o-
que
toi?
Malheureuse
moi-même,
moi,
que
tu
dorat
n’est
pas
éteint
?
À
moi
qui
aile
nez
plus
|
fuis
et
que
tu
redoutes
comme
k
brebis
les
fin
pour
ffairer
un
polype,
ou
le
bouc
im-
|
loups,
comme
la
chèvre
les
lions
!
monde
caché
sous
des
aisselles
velues,
que
le
ODE
XH.
CONTRE
UNE
VIEILLE
DÉBAUCHÉE,
ri
een
|
:
a.
|
chien
pour
flairer
la
retraite
d’un
sanglier
?
|
-
ee
ODE
XIII.
Quelle
sueur
et
quels
miasmes
malfaisants
|
s’échappent
de
tous
ses
membres,
quand
après
|
A
SES
AMIS.
avoir
épuisé,
sans
se
rassasier,
un
amour
lan-
guissant,
elle
s'agite
pour
tromper
son
im-
Un
temps
affreux
attriste
le
ciel;
les
nuages
pudicité
mal
satisfaite,
quand,
de
son
visage
!
amoncelés
fondent
en
pluie
et
en
neige;
l'Aqui-
Stercore
fucatus
crocodili
;
jamque
subando
Tenta
cubilia
,
tectaque
rumpit.
Vel
mea
quum
sævis
agitat
fastidia
verbis
:
«
Inachia
langues
minus,
ac
me;
Inachiam
ter
nocte
potes;
he
semper
ad
unum
Mollis
opus
:
pereat
male,
quæ
le,
Ubi
bæc
severus
te
palam
laudaveram
,
Jussus
abire
domum
,
ferebar
incerto
pede
Ad
non
amicos
heu!
mihi
postes,
et
heu!
Limina
dura,
quibus
lumbos
et
infrepi
latus.
Nune,
ne
quamlibet
mulierculam
Vincere
mollitia,
amor
Lycisei
me
tenet:
Unde
expedire
non
amicorum
queant
Lesbia,
quærenti
laurum,
monstravit
inertem
;
Libera
consilia,
nec
contumeliæ
praves
;
Quum
mihi
Cous
adesset
Amynlas
,
Sed
alius
ardor
äut
puellæ
candidaæ
:
|
Gujus
in
indomito
constantior
inguine
nervus,
Aut
{eretis
pueri,
longam
renodanlis
comam.
|
Quai
nova
collibus
arbor
inhæret.
|
Muricibus
Tyrüs
iteratæ
vellera
lanæ
|
Gui
properabantur
?
tibi
nempe;
Ne
foret
æquales
inter
conviva,
magis
quem
|
|
|
GARMEN
XI
Quid
übr
vis,
mulier
nigris
dignissina
barris
?
Diligeret
mulier
sua
,
quam
te,
Munera
cur
mihr,
quidve
tabellas
O
ego
non
felix,
quam
tu
fugis,
ut
pavet
acres
Miltis,
nec
firmo
juvent,
neque
naris
obesæ
?
Apna
lupos,
capreæque
leones.
»
Namque
sapacius
unus
odoror,
|
Polypus,
an
gravis
hirsutis
cubet
hireus
in
alis,
Quam
canis
acer,
ubi
lateat
sus.
|
k
CARMEN
XHE.
Qui
sudor
vietis
et
quam
malus
undique
membris
AD
AMICOS:
Crescit
odor
!
quum,
pene
soluto,
Indomitam
properal
rabiem
sedare,
neque
ulli
;
Horrida
tempestas
cœlum
+
etimbres
_
%
Jam
manet
humida
creta,
colorque
:
Nivesque
deducunt
Jovem
;
nune
mare,
nunc
silusæ
74
lon
mupgit
sur
ia
mer
et
dans
les
bois.
Amis,
saisissez
le
moment
au
passage
;
et,
tandis
que
vus
genoux
ne
tremblent
pas
encore,
chassez
de
votre
front
les
ennuis
de
la
vieillesse,
Toi,
fais
couler
ce
vin
sorti
du
pressoir
l’année
de
ma
naissance,
sous
le
consulat
de
Torquatus
;
oublions
le
reste.
Peut-être
les
dieux
nous
ra-
mèneront-ils
les
beaux
jours
;
maintenant,
ne
songeons
qu'à
répandre
sur
nous
les
parfums
de
l’Asie;
et
queles
accords
de
la
lyre
bannis-
sent
de
nos
cœurs
la
noire
inquiétude.
C'était
le
conseil
du
fameux
Centaureàson
héroïque
élève:
«
Invincible
enfant,
disait-il,
né
mortel
de
ladi-
vine
Thétis,
la
terre
de
Dardanus
t’appelle,
cette
terre
qu'arrosentles
eaux
glacées
du
faible
Sca-
mandre,
et
letortueux
Simoïs.
Mais
les
Parques,
sur
leur
trame
immuable,
t'en
ont
coupé
le
retour;
et
ta
mère
aux
cheveux
d'azur
ne
te
ra-
mènera
pas
dans
le
palais
de
ton
père.
Que
du
moins
les
douces
consolations
du
vin
et
de
la
Iyre
éloisnentde
toi
la
sombre
mélancolie.
»
ODE
XV.
À
MÉCÈNE.
Pourquoi
la
molle
indolence
qui
engourdit
ma
pensée?
Pourquoi
cet
oubli
de
mes
pro-
messes,
Comme
si
j'avais
étanché
ma
soif
dans
Threicio
Aquilone
sonant;
rapiamus,
amiici,
Occasionem
de
die
;
dumque
virent
genua,
Et
decet
,
obducta
solvatur
fronte
senectus.
Tu
vina
Torquato
move
Günsule
pressa
meo.
Getera
mitte
loqui
:
Deus
hæe
fortasse
benigna
Reducet
in
sedem
vice.
Nune
et
Achæmenia
Perfundi
nardo
juvat,
et
fide
Gyllenea
Levare
diris
pectora
sollicitudinibus.
Nobilis
ut
grandi
cecinit
Gentaurus
alumno
:
«
Invicte,
mortalis
Dea
nate,
puer,
Thetide,
Te
manet
Assaraci
tellus,
quam
frigida
parvi
Findunt
Scamandri
flumina,
lubricus
et
Simois
:
Unde
tibi
reditum
certo
sublemine
Parcæ
Rupere
;
nec
mater
domum
cærula
te
revehet.
Ilie
omne
malum
vino
cantuque
levato,
Deformis
æprimoniæ
dulcibus
alloquiis.
»
CARMEN
XIV.
AD
MÆCENATEM.
Mollis
inertia
cur
tantam
diffuderit
imis
Oblivionem
sensibus,
Pocula
Lethævs
ut
si
ducentia
somnos
Arente
fauce
traxerim,
Candide
Mæcenas,
oceidis
s@pe
rogando
:
HORACE.
les
eaux
assoupissantes
du
Léthé?
Tu
me
fus
mourir
,
cher
Mécène,
avec
tes
éternelles
ques-
tons
:
c’est
un
dieu,
oui,
C’est
un
dieu
quim’em.,
pêche
de
terminer
les
jambes
que
je
t'ai
pro-
mis.
Ainsi,
dit-on,
brüla
pour
Bathylle
le
vieil-
lard
de
Téos,
Anacréon
qui,
sur
unelyre
mélo-
dieuse,
pleura
bien
souvent
son
amour
en
vers.
un
peu
trop
faciles.
Tu
brûles
aussi,
malheu-
reux!
mais
du
moins,
la
flamme
‘qui
embrasa
Iion
n’était
pas
plus
belle;
et
tu
dois
encore
te
réjouir
de
ton
sort
:
moi,
je
me
consume
pour
une
affranchie,
pour
Phryné,
qui
ne
se
con-
tente
pas
d’un
seul
amant,
ODE
XV.
A
NÉÉRA.
Il
était
nuit,
et
dans
un
ciel
serein
la
lune
Prillait
au
milieu
des
étoiles,
quand,
prête
à
outrager
par
un
parjure
la
majesté
des
dieux,
tu
prononças
le
serment
que
je
dictais,
enlacé
dans
tes
bras
flexibles
plus
étroitement
que
le
chêne
dans
les
rameaux
du
lierre
:
tu
disais
:
«
Tant
que
le
loup
poursuivra
l'agneau
;
qu'O-
rion,
la
terreur
des
matelots,
soulèvera
les
mers
_agitées
parla
tempête,
et
que
lezéphyr
caresse-
ra
la
longue
chevelure
d’Apollon,
je
te
rendrai
amour
pour
amour’,
»
Deus,
Deus
nam
me
vetat
luceptos,
olim
promissum
carmen,
iambos
Ad
umbilicum
adducere.
Non
aliter
Samio
dicunt
arsisse
Bathyllo
Anacreonta
Teium
:
Qui
persæpe
cava
testudine
flevit
amorem,
Non
elaboratum
ad
pedem.
Ureris
ipse
miser;
quod
si
non
pulchrior
Ignis
Accendit
obsessam
[lion
,
Gaude
sorte
{ua
;
me
libertina,
neque
uno
Gontenta
,
Phryne
macerat.
CARMEN
XV.
AD
NEÆRAM.
Nox
erat
,
et
cælo
fulgebat
Luna
sereno,
Inter
minora
sidera,
Quum
lu
magnorumnumen
Jæsura
Decrum,
In
verba
jurabas
mea,
Arctius
,
atque
hedera
procera
adstringiturilex,
Lenüs
adhærens
brachiis
;
Dum
pecori
lupus,
et
nautis
infestus
Orion
Turbaret
hibernum
mare,
Inlonsosque
agitaret
Apollinis
aura
capilios,
Fore
hune
amorem
mutuum.
7
49
LE
LIVRE
DES
EPODES.
O
Nééra,
ma
fermeté
te
coûtera
bien
des
larmes
!
non,
si
j’aile
cœur
d’un
homme,
non,
je
ne
souffrirai
pas
que
tu
prodigues
tes
nuits
à
un
rival
préféré;
dans
ma
colère,
je
chercherai
un
amour
qui
réponde
au
mien
;
et
ne
crois
pas
que
ma
résolution
cède
à
ton
odieuse
beauté,
quelle
que
soit
un
jour
ta
douleur.
Et
toi,
amant
plus
heureux,
fier
aujourd’hui
dema
dissrâce,
quique
tu
sois,
quand
tu
possé-
derais
de
riches
troupeaux
et
de
vastes
do-
maines,
et
que
le
Pactole
roulerait
pour
toi,
quand
tu
aurais
pénétré
les
secrets
de
Pytha-
gore,
quand
tu
serais
plus
beau
que
Nirée,
hélas!
tu
pleureras
aussi
ton
amour
délaissé
pour
un
autre,
et
je
rirai
à
mon
tour.
CDE
XVI.
AUX
ROMAINS.
Les
guerres
civiles
dévorent
une
seconde
gé-
nération,
et
Rome
succombe
sous
ses
propres
|
forces
;
Rome
que
n’ont
pu
détruire
les
Marses
_ses
voisins,
ni
les
Toscans
du
redoutable
Por-
senna,
ni
les
efforts
jaloux
de
Capoue,
ni
le
bouillant
Spartacus,
ni
l
Allobrogeami
duchan-
gement
el
de
la
révolte
;
Rome,
que
n’ont
pu
dompter
les
blonds
enfants
dela
farouche
Ger-
manie,
ni
cet
Annibal
en
horreur
aux
mères;
c’est
nous,
race
impie
et
maudite,
nous
qui
la
O
dolitura
mea
multum
virtute
Neæra
!
Nam
,
si
quid
in
Flacco
viri
est,
Non
feret
assiduas
potiori
te
dare
noctes,
Et
quæret
iretus
parem
;
Nec
semel
offensæ
cedet
constantia
formæ
;
Si
certus
intrarit
dolor.
At
tu,
quicunque
es
felicior,
atque
meo
nunc
Superbus
incedis
malo,
Sis
pecore
et
multa
dives
tellure
licebit,
Tibique
Pactolus
fluat
,
Nec
te
Pythagoræ
fallant
arcana
renati
;
Formaque
ViNcas
Nirea,
Ebeu
!
translatos
alio
mærebis
amores
:
Ast
epc
vicissim
risero,
CARMEN
XVI.
AD
POPULUM
ROMANUM.
Âltera
jam
teritur
bellis
civilibus
œtas,
Suis
et
ipsa
Roma
viribus
ruit.
Quam
neque
finitimi
valuerunt
perdere
Marsi,
Minacis
aut
Elrusca
Porsenæ
manus
:
Æmula
nec
virtus
Capuæ
,
nec
Sparlacus
acer,
Novisque
rebus
infidelis
Aflobrox
;
Nec
fera
eærulea
domuit
Germania
pube,
D
NE
nn
C1
”
É0
détruirons,
et
le
sol
qu’elle
occupe
redevien-
dra
l'asile
des
bêtes
sauvages
!
Un
barbare,
hé-
las
!
foulera
vainqueur
la
poussière
des
vieux
Romains;
son
coursier
frappera
d’un
pied
re-
tentissant
les
débris
de
la
reine
des
cités
:
etses
mains
insolentes,
Ô
sacrilége!
jetteront
aux
vents
la
cendre
de
Romulus.
Tous
peut-être,
ou
du
moins
les
plus
sages
,
vous
cherchez
les
moyens
d'échapper
à
cet
ave-
nir
de
malheurs.
Voici
le
plus
sûr
:
Comme
les
Phocéens
fuyantleur
ville
après
l'avoir
maudite,
et
abandonnant
leurs
terres,
leurs
pénates
,
leurs
temples
,
aux
sangliers
et
aux
loups
dé-
vorants,
allez
où
vous
porteront
vos
pas,
où
vous
appellera
le
souffle
du
Notus
ou
de
Fim-
pétueux
Africain.
Le
voulez-vous?
quelqu'un
a-
t-il
mieux
à
proposer
?
Sous
des
auspices
fa-
vorables,
que
tardons-nous
à
nous
jeter
dans
nos
vaisseaux
?
Mais
prononçons
d’abord
ce
serment
:-
a
—
«
Quand
les
rochers
se
détacheront
du
fond
des
mers
pour
nager
à
leur
surface,
que
le
re-
tournous
soit
permis
!
que
nos
voiles
se
tournent
vers
notre
ancienne
patrie,
quand
le
PÔ
baigne-
ra
le
sommet
du
Matinum
;
quand
les
cimes
de
l'Apennin
se
plongeront
sous
la
mer;
quand
de
monstrueux
amours
uniront
le
tigre
à
la
biche,
et
prostitueront
la
colombe
au
milan
:
quand
les
troupeaux
ne
craindront
plus
les
…
Parentibusque
abominatus
Hannibal,
Impia
perdemus
devoti
sanguinis
ætas;
Ferisque
rursus
occupabitur
solum.
Barbarus
heu
!
cineres
insistet
victor,
et
urbem
Eques
sonante
verberabit
ungula;
Quæque
carent
ventiset
solibus,
ossa
Quirini
<
Nefas
videre
!
dissipabit
insolens.
Forte
,
quid
expediat,
communiter,
aut
melior
pars
,
Malis
carere
quæritis
laboribus;
Nulla
sit
bac
potior
sententia;
Phocæorum
Velut
profupit
exsecrata
civitas,
Agros
atque
Lares
proprios
,
-habitandaque
fana
Apris
reliquit
et
rapacibus
lupis,
Ire,
pedes
quocunque
ferent,
quocunque
per
undas
Notus
vocabit,
aut
protervus
Africus.
Sic
placet?
an
melius
quis
habet
suadere?
secunda
Ratem
occupare
quid
moramur
alite
?
Sed
juremus
in
hæc
:
simul
imis
saxa
renarint
Vadis
levata,
ne
redire
sit
nefas
;
Neu
conversa
domum
pigeat
dare
lintea
,
quando
Padus
Matina
laverit
caeumina
:
In
mare
seu
celsus
procurrerit
Apenninus
;
Novaque
monstra
junxerit
libidine
Mirus
amor,
juvet
ut
tigres
subsidere
cervis
,
Adulteretur
et
columba
miluo;
AIR
RUPRNE
ni
!
16
lions
farouches,
et
que
le
boue,
revètu
d’
écailles,
jouera
dans
l'onde
amère
!
»
Après
toutes
les
imprécations
capables
de
nous
interdire,à
jamais
le
retour,
partons,
ci-
toyens
de
Rome,
partons
tous
ou
du
moins
les
plus
sages
d’entre
nous.
Que
le
reste,
indocile
troupeau,
sans
énergie,
sans
espoir,
s'endor-
me
auprès
de
ses
foyers
maudits.
Nous,
hom-
mes
de
cœur,
laissons
les
regrets
aux
femmes;
volons
par
delà
les
mers
de
l'Italie.
L'’Océan
qui
entoure
le
monde
nous
appelle.
Gagnons,
sagnons
ces
heureux
rivages,
ces
iles
fortunées
où
la
terre
prodigue
sans
culture
tous
les
tré-
sors
de
Cérès,
où
la
vigne
se
couvre
de
fleurs
sans
le
secours
de
la
serpe,
où
jamais
l'olivier
ne
dément
l'espoir
deses
bourgeons,
où
la
figue
se
colore
et
mäürit
sur
l'arbre
paternel,
où
le
miel
coule
du
creux
des
chênes,
où
de
lim-
pides
ruisseaux
bondissent
avec bruit
du
baut
des
montagnes.
Là
les
chèvres
s’of-
frent
d’elles-mêmes
à
la
main
qui
veut
les
traire
;
la
brebis
rapporte
avec
joie
sa
traînante
inamelle;
lours
ne
gronde
pas
le
soir
autour
des
bergeries
,
et
de
hideux
reptiles
ne
soulè-
vent
pas
le
sein
de
la
terre.
Là,
point
de
conta-
gion
qui
désole
les
troupeaux,
point
d’astre
malfaisant
qui
les
consume
de
ses
feux.
Terre
de
bonheur
et
de
merveilles,
où
jamais
les
orages
ne
labourent
le
sol
par
des
torrents
de
Uredula
nec
ravos
timeant
armenta
leones
:
Ametque
salsa
lævis
hireus
æquora.
Hæec,
et
quæ
polerunt
reditus
abscindere
dulces,
Éamus
omnis
exsecrata
civitas,
Aut
pars
indocili
melior
grege;
mollis
et
exspes
Inominata
perprimat
cubilia.
Vos,
quibus
est
virtus,
muliebrem
tollite
luctum
,
Etrusca
præter
et
volate
litora.
Nos
manet
Oceanus
cireumvagus
:
arva
,
heata
Petamus
arva
,
divites
et
insulas,
Reddit
ubi
Gererem
tellus
inarata
quotannis,
Etimputata
floret
usque
vinea
;
Germinat
et
nunquam
fallentis
termes
olivæ
,
Suamque
pulla
ficus
ornat
arborem
;
Mella
cava
manant
exilice,
montibus
altis
Levis
crepante
lympha
desilit
pede.
Hlic
injussæ
veniunt
ad
mulctra
capellæ,
Refertque
tenta
grex
amicus
ubera
;
Nec
vespertinus
cireumgemit
ursus
ovili
;
Nec
intumescit
alta
viperis
humus.
Nulla
nocent
pecori
contapia
;
nullius
astri
Gregein
æstuosa
torret
impotentia.
Pluraque
felices
mirabimur;
ut
neque
largis
Aquosus
Eurus
arva
radat
imbribus
;
Pinguia
nec
siccis
urantur
semina
glebis;
HORACE.
pluie
;
où
d’arides
sillonsne
brülent
pas
les
se-
mences
:
tant
[ce
souverain
des
dieux
a
soin
d'y
tempérer
les
saisons!
Le
vaisseau
des
argonautes
n’approcha
point
de
ces
rivages,
et
l’impudique
Médée
n'y
porta
point
ses
pas;
ni
les
matelots
de
Tyr,
ni
les
compagnons
aventureux
ŒU-
lysse,
n’y
dirigèrent
leurs
voiles.
Fortuné
sc-
jour,
que
Jupiter
a
a
réservé
pour
la
vertu
,
dès
le
moment
où
l’âge
d’airain
vint
souiller
l'âge
d’or
;
c’est
maintenant
le
siècle
de
fer;
mais,
hommes
vertueux,
CFOYeZ-en
Ma
VOIX
prophé-
tique,
vous
pouvez
le
fuir.
ODE
XVII.
VARUS
ET
CANIDIE,
VARUS.
Oui,
je
cède
à
la
puissance
de
ton
art;
etje
ten
conjure
à
genoux,
par
le
royaume
de
Proserpine,
par
la
majesté
redou-
table
de
Diane,
par
ces
livres
mystérieux
qui
peuvent
arracher
les
astres
du
ciel,
Ô
Cani-
die,
épargne-moi
tes
formules
sacrées
et
fais
tourner,
tourner
en
sens
contraire,
le
cercle
magique.
Télèphe
sut
fléchir
le
fils
de
Pélée,
contre
qui,
dans
son
orgueil,
il
avait
rassemblé
les
ba-
taillons
de
la
Mysie,
et
dirigé
ses
fièches
meur-
trières.
Le
cadavre
d’Hector,
ce
cadavre
pro-
Utrumque
rege
temperante
Cælitum.
Non
huc
Argoo
contendit
remige
pinus,
Neque
impudica
Golchis
intulit
pedem
;
Non
huc
Sidonii
torserunt
cornua
nautæ
;
Laboriosa
nec
cohors
Ulixei.
Jupiter
illa
piæ
secrevit
litora
genti,
Ut
inquinavit
ære
tempus
aureum
:
îrea
dehine
ferro
duravit
sœcula,
quorum
Piis
secunda
vate
me
datur fuga.
CARMEN
XVII.
AD
CANIDIAM.
Jam
jam
efficaci
do
manus
scientiæ
Supplex,
et
oro
regna
per
Proserpinæ
Per
et
Dianæ
non
movends
numina,
Per
atque
libros
carminum
valentium
Refixa
cælo
devocare
sidera,
Ganidia
,
parce
vocibus
tandem
sacris
,
Gilumque
retro
solve,
solve
irbinen.
Movit
nepotem
Toléphus
Nereium
,
In
quem
superbus
ordinarat
agmina
Mysorum,
el
in
quem
tela
acula
torserat,
Unxere
matres
Iiæ
addictum
feris
14
}
Le
LE
LIVRE
DES
ÉPODES.
77
mis
aux
chiens
et
aux
vautours,
fut
enseveli
par
les
Troyennes,
quand
Priam,
désertant
ses
remparts,
quandun
roï,
hélas!
eutembrassé
les
genoux
de
limpitoyable
Achille.
Les
ra-
meurs
d'Ulysse,
lescompasnons
de
ses
fatigues,
purent
dépouiller
leurs
peaux
hérissées
de
soies,
et
reprendre,
avec
la
figure
de
homme,
la
parole
et
la
raison
:
Circé
pardonnait.
Tu
ne
m'as
fait
que
trop
sentir
ta
vengeance,
amante
des
matelots
et
des
courtiers
!
Ma
jeu-
nesse
a
passé
comme
une
ombre;
mes
os
sont
recouverts
d’une
peau
livide;
tes
philtres
ont
fait
blanchir
mes
cheveux;
nul
reposnesuspend
mes
douleurs
;
la
nuit
chasse
le
jour
et
le
jour
la
nuit,
sans
que
ma
poitrine
haletante
puisse
soulever
le
poids
qui
loppresse.
Ah!
je
suis
vaineu
;
je
crois
maintenant
ce
que
jai
nié;
our,
les
sortiléges
du
Sabin
torturent
le
cœur,
etles
chants
lugubres
du
Marse
font
éclater
le
crâne:
Que
veux-tu
de
plus?
O
ciel!
6
enfer!
je
brûle
d’un
feu
plus
dévorant
que
celui
qui
consu-
mait
Hercule
couvert
du
sang
venimeux
de
Nessus,
que
la
flamme
qui
rugit
dans
les
four-
naises
de
l’Etna
;
et
les
poisons
de
la
Colchide,
jusqu’à
ce
que
mes
cendres
soient
le
jouet
des
vents,
bouillonnent
sur
tes
foyers
magiques.
Quand
finira
mon
supplice
?
Que
faire
pour
pour
me
racheter
?
Ordonne,
et
tu
seras
fidèle-
Alitibus
,
atque
canibus
homicidam
Hectorem,
Postquam
relictis
mϾnibus
rex
procidit
Heu!
pervicacis
ad
pedes
Achillei.
Setosa
duris
exuere
pellibus
Laboriosi
remiges
Ulixei
.
Volente
Girce
,
membra
;
tune
mens
et
sonus
Relapsus
,
atque
notus
in
vultus
honor.
Dedi
satis
superque
pænarum
tibi,
Amata
nautis
multum
et
institoribus.
Fugit
juventas
,
et
verecundus
color
Reliquit
ossa
pelle
amicta
lurida
;
Luis
capillus
albus
est
odoribus
:
Nullum
a
labore
me
reclinat
otium.
Urget
diem
nox
,
et
dies
noctem,
neque
est
Levare
ten{a
spiritu
præcordia.
Ergo
,
negatum,
vincor,
ut
credam
miser
,
Sabella
pectus
increpare
carmina
;
Gaputque
Marsa
dissilire
nænia.
Quid
amplius
vis
?
©
mare
et
terra!
ardeo
Quantum
neque
atro
delibutus
Hercules
Nessi
cruore
,
nec
Sicana
fervida
Virens
in
Ætna
flamma.
Tu,
donec
cinis
Injuriosis
aridus
ventis
ferar,
Cales
venenis
officina
Colchicis.
Quæ
finis?
aut
quod
me
manet
stipendium
?
Effare
:
jussas
cum
fide
pœnas
luam
;
ment
obéie
;
je
veux
expier
mon
crime.
Faut-
il
une
hécatombe
?
Exiges-tu
de
ma
lyre
men-
teuse
un
hymne
à
ta
louange?
Salut,
6
pu-
dique,
ô
vertueuse
Canidie,
étoile
d’or
quirègne
dans
les
cieux!
Vengeurs
d'Hélène
outragée,
Pollux
et
le
divin
Castor
furent
désarmés
par
la
prière,
et
rendirent
au
poëte
la
vue
dont
ils
l’avaient
pri-
vé.
Imite-les,
Canidie;
tu
le
peux
:
fais
cesser
mon
délire.
Non,
ta
naissance
n’est
pas
infâme,
non,
tu
ne
vas
pas
dans
les
tombeaux,
hideuse
magicienne,
disperser
la
poussière
des
pauvres
;
toi
dont
le
cœur
est
si
bon,
les
mains
si
pures!
Pactuméius
est
bien
ton
fils
;
c’est
bien
ton
sang
que
la
matrone
va
laver,
quand
tu
vélances
du
lit
de
douleur,
lésèreet
forte.
CaniniE.
Inutiles
prières
!
mes
oreilles
sont
fermées pour
toi.
Les
rochers
battus
par
la
tempête
sont
moins
sourds
aux
cris
des
naufra-
gés.
Quoi
!
tu
te
serais
impunément
moqué
des
mystères
de
Cotytto
et
de
l'Amour
libre
!
Nou-
veau
pontife,
juge
souverain
des
rits
magiques,
gardien
des
tombeaux,
tu
aurais
impunément
rempli
la
ville
de
mon
nom!
Et
que
me
servi-
rait
d’avoir
enrichi
les
sorcières
péligniennes,
et
composé
les
poisons
les
plus
subtils?.…..
La
mort
viendra
troplente
à
ton
pré;
tu
traineras
une
vie
misérable
et
odieuse
pour
servir
de
p&
Paratus
expiare
,
seu
poposceris
Centum
juvencos,
sive
mendaci
lyra
Voles
sonari;
tu
pudica
,
{u
proba
Perambulabis
astra
sidus
aureum.
Infamis
Helenæ
Castor
offensus
vice,
Fraterque
magni
Castoris,
victi
prece,
Ademta
vati
reddidere
Iumina.
Et
tu,
potes
nam,
solve
me
dementia,
O
nec
paternis
obsoleta
sordibus,
Nec
in
sepulcris
pauperum
prudens
anus
Novendiales
dissipare
pulveres.
Tibi
hospitale
pectus,
et
puræ
manus
:
Tuusque
venter
Pactumeius
;
et
tuo
Gruore
rubros
obstetrix
pannos
lavit,
Utcunque
fortis
exsilis
puerpera.
CANIDIA.
Quid
obseratis
auribus
fandis
preces?
Non
saxa
nudis
surdiora
navitis
Neptunus
alto
tundit
hibernus
salo.
Inultus
ut
tu
riseris
Gotyttia
Vulgata,
sacrum
liberi
Gupidinis?
Et
Esquilini
Pontifex
venefici
Impune
ut
urbem
nomine
impleris
meo
?
Quid
proderit
ditasse
Pelignas
anus,
Velociusve
miscuisse
toxicum
,
Si
tardiora
fata
te
votis
manent
?
62
HORACE.
78
ture
à
des
souffrances
toujours
nouvelles.
Le
repos,
c’est
le
vœu
du
père
de
Pélops,
du
cou-
pable
Tantale,
que
la
faim
dévore
au
milieu
de
l'abondance:
c’est
le
vœu
de
Prométhée
sous
les
ongles
du
vautour
;
c’est
le
vœu
de
Sisyphe,
quand
il
s'efforce
d’asseoir
son
rocher
sur
la
cime
de
la
montagne
:
mais
l'arrêt
de
Jupiter
s'y
opposé.
Tantôt,
dans
les
accès
d'un
sombre
désespoir,
tu
voudras
te
précipiter
du
haut
d’une
{ngrata
misero
vita
ducenda
est
,
in
hoc,
Novis
ut
usque
suppetas
deloribus.
Optat
quietem
Pelopis
infidus
pater,
Egens
benignæ
Tantalus
semper
dapis
;
Optat
Prometheus
obligatus
aliti;
Optat
supremo
collocare
Sisyphus
In
monte
saxum;
sed
vetant
leges
Jovis.
Voles
modo
altis
desilire
turribus,
Modo
ense
pectus
Norico
recludere;
Frustraque
vinela
gutturi
nectes
lu,
na
D
4,
tour,
ou
enfoncer
un
poignard
dans
le
cœur
;
tantôt,
mais
en
vain,
tu
entoureras
ta
gorge
du
lacet
funeste.
Triomphante
,
je
m'élancerai
de
terre:
et
tu
me
sentiras
bondir
sur
tes
épaules,
Quoi!
je
puis
animer
des
images
de
cire,
conime
tes
regards
indiscrets
te
Font
appris;
je
puis
arracher
la
lune
du
üiel,
réveiller
la
cendre
des
morts,
composer
des
philtres
enivrants
,
et
je
pleurerais
l'impuissance
de
mon
artcontre
toif-
Fastidiosa
tristis
ægrimonia.
Veetabor
humeris
tunc
evo
inimicis
eques,
Meæque
terra
cedet
insolentiæ.
An,
quæ
movere
cereas
imagines
,
Ut
ipse
nosti
euriosus,
et
polo
Deripere
Lunam
vocibus
possim
meis,
Possim
crematos
excitare
Imorluos,
Desiderique
temperare
poculum,
Plorem
artis,
in
te
nil
agentis,
exilum?
DOO0C00000C0C00000000000000C000000C00090€%0
CH
ANT
SÉCULAIRE.
LES
DEUX
CHOEURS.
Phœbus,
et
toi,
Diane,
reime
des
forêts,
ra-
dieux
ornement
du
ciel,
divinités
toujours
ado-
rables
et
toujours
adorées,
exaucez
nos
prières
dans
ces
jours
solennels
où
la
Sibylle
ordonne
que
des
vierges
choisies,
que
de
chastes
enfants
célèbrent
les
dieux
protecteurs
des
sept
col-
lines,
CHOEURS
DES
JEUNES
GARÇONS.
Ame
de
la
nature,
soleil,
dont
le
char
étin-
celant
dispensé
ou
ravit
la
lumière,
astre
tou-
jours
le
même,
toujours
nouveau,
puisses-tu
ne
rien
voir
de
plus
grand
que
Rome!
_
CHOEUR
DES
JEUNES
FILLES.
Toi,
qui
ouvres
le
sein
maternel
à
homme
mûr
pour
la
vie,
douce
Ilithya,
Lucine
ou
Gé-
CHORUS
PUERORUM
ET
VIRGINUM.
Phœbe,
silvarumque
potens
Diana,
Lucidum
cæli
decus
,o
colendi
Semper
et
culti,
date
qu&
precamur
-
Tempore
sacro,
Quo
Sibyllini
monuere
versus,
Virgines
lectas,
puerosque
castos,
Dis
,
quibus
septem
placuere
colles,
Dicere
carmen.
PUERORUM.
Alme
Sol,
curru
nitido
diem
qui
Promis
et
celas,
aliusque
et
idem
Nasceris
;
possis
nihil
urbe
Roma
Visere
majus.
VIRGINUM.
Rite
maturos
aperire
partus
Lenis
[lithyia,
tuere
matres
:
Sive
tu
Lucina
probas
vocari,
|
nitale,
sous
quelques
noms
que
tu
veuilles
être
invoquée,
protése
les
mères,
multiplie
leurs
enfants,
fais
prospérer
les
décrets
du
sénat
sur
le
mariage
,
et
que
la
loi
conjugale
soit
féconde
en
nouveaux
Citoyens.
LES
DEUX
CHOEURS,
Ainsi
le
cercle
de
cent-dix
années
ramènera
ces
Chants
et
ces
fêtes,
que
nos
neveux
célé-
breront
en
foule
pendant
trois
jours
et
trois
nuits
d’allégresse.
Et
vous,
Parques
véridiques,
dont
Pimmuable
destin
n’a
jamais
démenti
les
|
oracles,
ajoutez
à
nos
prospérités
passées
des
prospérités
nouvelles
;
que,
riche
én
moissons
et
en
troupeaux,
la
terre
couronne
le
front
de
Cérès
;
que
des
eaux
salutaires
et
un
air
pur
fé-
condent
tous
les
germes.
Seu
Genitalis
;
Diva,
producas
sobolem
;
Patrumque
Prosperes
decreta
super
jugandis
Feminis,
prolisque
novæ
feraci
.
Lege
marita.
CHORUS.
Gertus
undenos
décies
per
annos
Orbis
ut
cantus
refératque
ludos,
Ter
die
elaro,
totiesque
grata
Nocte
frequentes.
Vosque
,
veraces
cecinisse,
Parcæ,
Quod
semel
dictum
est
stabilisque
rerum
Terminus
servat,
bona
jam
peractis
Junpite
fata.
Fertilis
frugum
pecorisque
Tellus
Spicea
donet
Gererem
corona
.
Nutriant
fetus
et
aquæ
salubres.
Et
Jovis
auræ.
3?
80
CHOEUR
DES
JEUNES
GARÇONS.
Laisse
reposer
tes
flèches,
Ô
Apollon;
écoute
avec
bonté
les
jeunes
Romains
qui
Cimplorent.
CHOEUR
DES
JEUNES
FILLES.
Reine
des
astres,
déesse
au
croissant
de
feu,
écoute
la
voix
des
jeunes
Romaines.
LES
DEUX
CHOEURS.
Si
Rome
est
votre
ouvrage;
si
c'est
par
Vos
ordres
qu’une
partie
des
Troyens,
changeant
de
ville
et
de
foyers,
vint
aborder
aux
rivages
sau-
veurs
de
[a
Toscane,
sous
la
conduite
du
pieux
Enée,
qui,
survivant
à
sa
patrie,
leur
ouvrit
un
passage
à
travers
les
flammes
d’Ilion,
pourleur
assurer
plus
qu'ils
n'avaient
perdus
dieux
puissants,
donnez
à
la
|
jeunesse
un
cœur
docile
et
des
mœurs
pures,
le
repos
à
la
paisible
vieil-
lesse,
au
peuple
de
Romulus
l'empire,
une
race
nombreuse,
et
tous
les
genres
de
gloire.
Que
l'illustre
descendant
de
Vénus
etd’Anchise,
qui
vous
immole
aujourd'hui
des
taureaux
sans
tache,
commande
à
l'univers
,Yainqueur
de
l’en-
nemi
qui
résiste,
clément
pour
les
vaincus.
CHOEUR
DES
JEUNES
GARÇONS.
Déjà,
sur
la
terre.et
sur
l'onde,
de
Mède
re-.
PUERORUM:
Condito
mitis
placidusque
telo
Supplices
audi
pueros
,
Apollo.
VIRGINUM.
Siderum
repina
bicornis
,
audi,
Luna,
puellas.
CHORUS.
Roma
si
vestrum
est
opus,
[liæque
Litus
Etruseum
tenuere
turmæ,
Jussa
pars
mutare
Lares
et
urbem
Sospile
cursu
;
Cui
per
ardentem
sine
fraude
Trojam
Castus
Æneas
patriæ
superstes
Liberum
munivit
iter,
daturus
Plura
relictis
:
Di,
probos
mores
docili
juventæ,
Di,
senectuti
placidæ
quietem,
Romulæ
genti
date
remque
,
prolemque,
Et
decus
omne.
Quique
vos
bobus
veneratur
albis
:
Clarus
Anchisæ
Venerisque
sanguis,
Imperet
,
bellante
prior,
jacentem
Lenis
in
hostem.
Jam
mari
terraque
manus
potentes
Medus
Albanasque
timet
secures.
HORAC£.
doute
son
bras
puissant
et
les
faisceaux
de
Rome;
déjà
le
Scythe
et
l’indien,
naguère
si
superbes,
viennent
demander
ses
ordres.
CHOEUR
DES
JEUNES
FILLES.
La
paix,
la
bonne
foi,
l'honneur,
la
probité
antique,
la
vertu,
si
longtemps
néglisée,
osent
reparaitre
;
et
l’
heureuse
Abondance
est
reve-
nue
avec
sa
Corne
féconde.
CHOEUR
DES
JEUNES
GARÇONS.
Dieu
des
augures,
dieu
à
l'arc
d'argent,
Apollon,
chéri
des
neuf
sœurs
,
et
dont
l’art
salutaire
ranime
les
Corps
épuisés,
situ
re-
gardes
d’un
ϕl
propice
le
mont
Palatin,
pro-
longe
les
destinées
de
Rome
et
del
Italie
dans
un
siècle
nouveau
et
plus
fortuné
encore.
CHOEUR
DES
JEUNES
FILLES.
Toi
qu’on
adore
sur
l'A
ventin
et
sur
l’Algide,
Diane,
exauce
les
prières
des
quinze
pontifes,
et
prête
aux
vœux
des
enfants
une
oreille
amie.
LES
DEUX
CHOEURS.
Jupiter
et
tous
les
dieux
nous
entendent;
c'est
l'espoir
,
c’est
la
douce
assurance
que
nous
emportons
dans
nos
foyers
,
après
avoir
un
les
sue
.
ses
els
de.
Diane.
Jam
Seythæ
responsa
petunt,
superbi
Nuper,
et
Indi.
Jam
Fides,
et
Pax,,
et
Honor,
Pudorque
Priseus,
et
neplecta
redire
Virtus
Audet
:
apparetque
beata
pleno
Copia
cornu.
PUERORUM.
re
et
fulgente
decorus
arcu,
Phœbus
,
acceptusque
noyem
Camenis,
Qui
alta
levat
arte
fessos
Corporis
artus,
Si
Palatinas
videt
æquusarces,
Remque
Romanam
Latiumque
felix
Alterum
in
lustrum
meliusque
semper
Proroget
ævum.
VIRGINUM.
Quæque
Aventinum
tenet
Algidumque
,
Quindecim
Diana
preces
virorum
Curet,
et
votis
puerorum
amicas
Adplicet
aures.
CHORUS.
Hæc
Jovem
sentire
,
Deosque
cunctos,
Spem
bonam
certamque
domum
reporto,
Doctus
et
Phœbi
chorus
et
Dianæ
Dicere
laudes,
82
ee
ER
(QC.
>
SCOSSScceccssoscccoossoss
PODECSSSSOSSCCCSESSS0S
SATIRES.
D
pe
Ge
eme
—
LIVRE
P
SATIRE
PREMIÈRE.
D'où
vient,
Mécène,
que
chacun,
dans
l’état
qu’il
tient
de
son
propre
choix
ou
du
caprice
du
sort,
est
mécontent
de
sa
fortune
et
vante
les
autres
professions?
Bienheureux
les
mar-
chands
!
dit
le
soldat
qui
gémit
sous
le
poids
des
armes,
le
corps
brisé
par
de
longues
fai-
gues.
Et
le.marchand,
ballotté
par
la
tempête
:
Ah!
qu'il
vaut
mieux
étre
soldat!
car
enfin,
on
se
bat;
en
un
clin
d'œil
la
mort
vous
prend,
ou
la
victoire
vous
couronne
!
L’äomme
de
loi
envie
le
laboureur,
quand,
au
premier
chant
du
coq,
le
client
frappeà
sa
porte.
Celui
qu'un
pro-
cès
dans
lequel
il
s'est
porté
caution
arrache
à
seschamps
pour
l’amener
à
Rome
:
Le
bonheur,
s’écrie-t-il,
n’est
que
pour
les
sens
de
ville!
A
compter
les
exemples
du
même
genre,
la
langue
de
Fabius
y
renoncerait!
Sans
autre
préam-
SATIRA
I.
Qui
fit,
Mæcenas,
ut
nemo
,
quam
sibi
sortem
Seu
ratio
dederit
,
seu
fors
objecerit,
illa
Gontentus
vivat
;
laudet
diversa
sequentes
?
«
O
fortunati
mercatores
!
»
gravis
annis
Miles
ait,
multo
jam
fractus
membra
labore,
Gontra
mercator,
navem
jactantibus
Austris
:
€
Militia
est
potior.
Quid
enüm
?
Concurritur
:
horæ
«
Momento,
cita
mors
venit,
aut
victoria
læta.
»
Agricolam
laudat
juris
leoumque
peritus,
Sub
galli
cantum
consultor
ubi
oslia
pulsat.
Ile,
datis
vadibus
qui
rure
extractus
in
urbem
est,
Solos
felices
viventes
clamat
in
urbe.
Getcra
de
genere
hoc,
adeo
sunt
multa,
lequacem
REMIER.
|
bule,
écoute,
6
Mécène,
où
j'en
veux
venir.
Si
quelque
dieu
disait
à
tout
ce
monde
:
Te-
nez,
je
vais
vous
satisfaire
:
tu
étais
soldat,
toi
?
tu
Seras
marchand.
Toi,
jurisconsulte
?
tu
seras
paysan.
Allons,
changez
de
rôle
et
tirez
chacun
de
votre
côté.
—
Hél..….
Nul
ne
bouge?.…….
point
de
nouvelles!
Etpourtantils
ont
leur
bon-
heur
en
main
!
à
quoi
tient-il
que
Jupiter
en
Courroux
et
les
joues
gonflées
ne
leur
déclare
que
désormais
il
sera
moins
facile
à
leurs
vœux?
etil
aurait
raison.
En
outre,
car
je
ne
veux
pas
ressembler
à
ces
rieurs
qui
se
contentent
d’ef-
fleurer
un
sujet,
quoique,
après
tont,
qui
em-
pêche
de
dirèla
vérité
en
riant
?
les
précepteurs
parfois
donnent
bien
des
friandises
à
leurs
marmots
pour
les
engager
à
apprendre
jes
premiers
éléments;
maislaissons
la
plaisante
rie
et
prenons
le
ton
sérieux.
Ce
laboureur,
dont
le
soc
retourne
pénible-
!
Delassare
valent
Fabium.
Nete
morer,
audi
Quo
rem
deducam
:
si
quis
Deus,
«
En
ego,
dicat,
«
Jam
faciam
quod
vultis
;
eris
tu,
qui
modo
miles
:
«
Mercator;
tu,
consultus
modo,
rusticus:
hine
vos,
«
Vos
hine
mutatis
discedite
partibus.….
Eia!
«
Quid
statis?....
»
Nolint.….,
Atqui
licet
esse
beatis.
Quid
causæ
est
;
merito
quin
illis
Juppiter
ambas
Jratus
buccas
inflet,
neque
se
fore
posthac
Tam
facilem
dicat,
votis
ut
præbeat
aurem
?
Praterea
,
ne
sic,
ut
qui
joeularia
,
ridens
Percurram
,
(quamquam
ridentem
dicere
verum
Quid
vetat?
ut
pueris
olim
dant
crustula
blandi
Doctores
,
elementa
velint
ut
discere
prima;)
Sed
tamen
amoto
quæramus
séria
ludo.
Ile,
gravem
duro
terram
qui
vertit
aratro,
28
82
ment
la
glèbe,
ce
cabaretier
fripon,
ce
soldat,
ces
hardis
matelots
qui
sillonnent
les
mers,
vous
diront
qu'ils
supportent
Îa
fatigue
à
telle
fin,
que
sur
leurs
vieux
jours.
ils
puissent
se
retirer
tranquillement,
et
vivre
en
sécurité
après
avoir
amassé
de
quoi.
Ils
imitent
(car
c'est
la
comparaison
obligée),
ils
imitent
la
pe-
tite
fourmi,
grande
travailleuse,
emportant
au
bec
tout
ce
qu'elle
peut
traîner,
pour
en
gros-
sir
le
magasm
qu'elle
bâtit
dans
sa
prévoyance
de
l'avenir.
Mais
quand
le
Verseau
atiriste
lan-
née.qui
recommence,
on
ne
Ja
voit
plus
trotter
nulle
part;
alors
elle
jouit
en
sage
du
fruit
de
son
labeur
;
tandis
que
toi,
rien
ne
peut
sus-
pendre
ton
amour
du
gain
:
ni
les
ardeurs
de
Yété,
ni
l'hiver,
nile
feu,
ni
l’eau,
ni
le
fer.
Point
d’obstacle
qui
varrête
quand
il
s’agit
d'empêcher
la
fortune
d'autrui
de
surpasser
la
tienne.
Tu
vas
d'un
pied
furtif
creuser
la
terre
pour
lui
confier
timidement
un
immense
dépôt
d'argent
et
d'or;
qu'est-ce
qui
ten
revient
?
—
Ah
!
le
trésor
entame
se
réduirait
bien
vite
à
un
misérable
as!
—
mais
sans
cela,
vrai-
ment,
où
est
la
beauté
de
cet
amas
métallique
?
Que
ta
grange
batte
cent.
mille
mesures
de
blé,
ton
estomac
en
sera-t-il
plus
vaste
que
le
mien
?
Et
si,
dans
une
troupe
d’esciaves,
ton
épaule
meurtrie
était
chargée
du
filet
au
pain,
en
recevrais-tu
une
plus
grosse
part
que
ton
camarade
cheminant
à
vide?
Qu'importe,
dis-
Perfidus
hie
caupo,
miles,
mautæque
per
omne
Audaces
mare
qui
currunt,
kac
mente
laborem
Sese
ferre
,
senes
ut
in
ofia
tuta
recedant,
Aiunt,
quum
sibi
sint
congesta
cibaria
;
sicut
Parvula
(nam
exemplo
est}
magni
formica
laboris
Ore
trahit
quodeumque
potest
,
atque
addit
acervo
Quem
struit,
haud
ipnara
ac
non
incauta
futuri.
Quæ,
simul
inversum
contristat
Aquarius
annum
,.
Non
usquam
prorepit
,
et
illis
ulitur
ante
Quæsitis
sapiens;
quum
te
neque
fervidus
æstus
Dimoveat
lucro,
nec
hiems,
ignis,
mare,
ferrum,
Nil
obstet
übi,
dum
ne
sit
te
ditior
alter.
Quid
juvat
immensum
te
argenti
ponduset
auri
Furtim
defossa
timidum
deponere
terra
?
Quod
,
si
comminuas,
vilem
redigatur
ad
assem,
At,
niid
fit,
quid
habet
pulchri
constructus
acervus
?
Miüiia
frumenti
{ua
triverit
area
centum,
Non
tuus
hoc
capiet
venter
plus,
ac
meus
;
utsi
Reticulum
panis
venales
inter
onusto
Forte
vehas
humero,
nibilo
plus
accipias,
quam
Qui
nil
portarit.
Vel
dic
,
quid
referat
intra
Naturæ
fines
viventi,
jugera
cenlum,
an
HORACE.
moi,
à
quise
renferme
dans
les
bornes
ae
la
nature,
de
cultiver
centarpents
ou
d'en
cultiver
mille?
—
Maisilest
agréablede
puiser
à
un
gros
tas.—
Hé,
si
tu
m'en
laisses
prendre
autant
àun
petit,
en
quoi
tes
greniers
immenses
sont-ils
préférables
à
mon
humble
corbeille?
C’est
précisément
comme
si,
ayant
besoin
d’une
cruche
d’eau,
ou
même
d’un
verre,
tu
disais
:
J'aime
mieux
le
puiser
à
un
grand
fleuve
qu’à
cette
petite
fontaine.
Hé
bien
!
voilà
comme
ces
gens
si
charmés
d’une
abondance
excessive,
l’'Aufide
impétueux,
en
déracmant
le
rivage,
les
emporte
au
cours
de
ses
flots!
Mais
celui
qui
n’en
veut
puiser
que
son
nécessaire,
celui-
là
ne
boit
pas
d’eau
trouble,
et
ne
risque
pas
non
plus
de
se
noyer.
Mais
la
plupart
des
hommes,
aveuglés
par
la
convoitise,
se
font
ce
beau
raisonnement
:
On
ne
vaut
que
ce
qu'on
a
;
on
n’a
donc
jamais
as-
sez.
Que
faire
à
cet
insensé
?
le
laisser
être
mi-
sérable
tout
à
sonaise.
Cela
me
rappelle
ce
vieil
Harpagon
d'Athènes
qui
méprisait
les
huées
de
la
populace
:
«
Ils
me
siffient,
disait-il,
maisje
m’applaudis,
moi,
quand
rentré
au
logis
je
contemple
mes
écus
dans
mou
coffre-fort!
»
Tantale
dans
un
lac.
poursuit
Peau
qui
fuit
ses
lèvres
brülantes
;
tu
ris?
change
lenom
:
cette
fable
est
ton
histoire.
Sur
tes
sacs,
à
grand’-
peine
amassés,
tu
t'endors
bouche
béante;
il
te
faut
les
respecter
comme
des
objets
sacrés,
en
jouir
comme
d’une
peinture.
Ignores-tu
donc
[5
Mille
aret?—
At
suave
est,
ex
magno
tollere
acervo.
—
Dum
ex
parvo
nobis
tantumdem
haurirerelinquas,
Cur
tua
plus
laudes
cumeris
granaria
nostris?
Ut,
Gbi
si
sit
opus
liquidi
non
amplius
urna
,
:
Vel
cyatho:,
et
dicas
:
«
Magno
de
flumine
mallem,
Quam
ex
hoc
fonticulo,
tantumdem
sumere.
»
Eo
fit,
Plenior
ut
si
quos
delectet
copia
justo,
Cüm
ripa
simul
avulsos
ferat
Aufidus
acer.
At
qui
tantulreget,
quanto
est
opus
,
is
neque
limo
Turbatam
hauritaquam
,
neque
vitam
amittit
in
undis.
At
bona
pars
hominum:,
dec
pta
cupidine
falso,
Nil
salis
est,
inquit;
quia
tanti,
quantum
babeas,
sis.
Quid
facias
ill?
jubeas
miserum
esse,
libenter
Quatenus
id
facit
:
ut
quidam
memoratur
Athenis
Sordidus
ac
dives
populi
contemnere
voces
Sie
solitus
:
«
Populus
me
sibilat,
at
mihi
plaudo
«
Ipse
domi
,
simul
ac
nummos
contemplor
in
area.
»
Tantalus
a
labris
sitiens
fugientia
caplat
Fiumina..…….
quid
rides
?
mutato
nomine,
de
{e
Fabula
narratur
:
congestis
andique
saccis
Endormis
inhians
,
et
tamquam
parcere
sacris
Cogeris
,
aut
pictis
tamquam
gaudere
tabellis.
12
SATIRES.
la
destinauon
d'un
écu
et
tout
ce
qu’ii
peut
don-
ner?
Achète-moi
un
pain,
des
légumes,
un
setier
de
vin;
en
un
mot
ce
donton
ne
saurait
priver
la
nature
sans
la
faire
souffrir.
Veiller
à
demi
mort
de
frayeur
;
jour
et
nuit
redouter
Îles
larrons
,
lefeu,
des
esclaves
qui
te
pilleront
pour
s'enfuir
après,
est-ce
là
ton
plaisir
?
Ah!
puissé-je
toute
ma
vie
rester
pauyre
de
ces
biens-là!
Ce
n’est
pas
tout
:
la
fièvre
qui
glace
ton
corps
endolori,
ou
n'importe
quel
accident
te
cloue
sur
ton
grabat;
as-tu
quelqu'un
pour
veiller
à
ton
chevet,
préparer
les
médicaments,
parler
au
médecin,
enfin
pour
te
remettre
sur
pied
et
te
rendre
à
tes
enfants
et
à
ta
chère
fa-
mille
?
Non!
ta
femme
ne
souhaite
pas
ta
gué-
rison,
ni
ton
fils.
Voisins,
connaissances,
filles,
as
toujours
mis
l'argent
en
première
ligne,
tu
es
surpris,
n'est-ce
pas,
de
n’obtenir-de
per-
sonne
une
affection
que
‘tu
n’as
jamais
voulu
gagner
?
Hé
bien,
malheureux!
tes
parents
eux-mêmes,
ces
amis
donnés
par
la
nature,
si
tu
veux
les
attacher
à
toi,
les
conserver,
tu
perdras
ta
peine,
comme
celui
qui
voudrait
dresser
au
frein
et
au
manége
du
Champ-de-
Mars
une
bourrique.
Cesse
enfin
d’amasser;
à
mesure
que
ta
for-
tune
augmente,
diminue
un
peu
de
ton
horreur
pour
la
pauvreté;
tu
tiens
le
but,
borne
là
tes
Nescis
quo
valeat
nummus
?
quem
præbeat
usum
?
Panis
ematur,
olus,
vini
sextarius
:
adde,
Queis
humana
sibi
doleat
natura
nepalis:
An
vigilare
melu
exanimem
,
noctésque
diesque
Formidare
malos
fures
,
incendia
,
servos,
Ne
te
compilent
fugientes,
hoc
juvat?
horum
Semper
ego
optarim
pauperrimus
esse
bonorum.
At
si
condoluit
tentatum
frigore
corpus,
Aut
alius
casus
lecto
te
affixit,
habes
qui
Assideat
,
fomenta
paret
,
medicum
roget,
ut
te
Suscitet
ac
reddat
nalis
carisque
propinquis?
Non
uxor
salvum
te
vult,
non
filius,
omnes
Vicini
oderunt,
not,
pueri
atque
puellæ.
Miraris,
quum
tu
argento
post
omnia
ponas,
Si
nemo
præstet,
quem
non
merearis,
amorem
?
At
si
copnatos
nullo
natura
labore.
Quos
tihi
dat
retinere
velis,
servareque
amicos
;
Infelix
operam
perdas
,
ut
si
quis
asellum
In
Campo
doceat
parentem
currere
frænis!
Denique
sit
finis
quærendi
;
quumque
habeas
plus,
Pauperiem
metuas
minus,
et
finire
laborem
Jacipias
,
parto
quod
avebas;
ne
facias,
quod
Ummidius,
qui,
tam
{non
longa
est
fabula)
dives,
83
travaux
,
€{
ne
Va
pas
faire
comme
un
Certain
vicil
Umidius
(le
conte
n’en
est
pas
lung),
riche
à
mesurer
ses
écus
au
boisseau,
avare
au
point
d’être
toujours
vêtu
comme
un
esclave.
Jusqu'à
sa
dernière
heure
il
n'eut
qu'une
crainte,
Celle
de
mourir
de
faim.
Un
jour
son
affranchie
le
coupa
en
deux
d’un
coup
de
hache,
la
brave:
Clytemnesire.
—
Que
me
conseillez
vous
donc?
de
vivre
comme
Ménius
ou
comme
Nomentanus?
—
Mais
quelle
obstination
à
rap-
procher
les
extrêmes!
Quand.
je
te
défends
d’être
avare,
est-ce
pour
faire
de
toiun
ivrogne,
un
ignoble
mauvais
sujet?
H
y
a
de
la
place
entre
Fanaïs
et
le
beau-père
de
Vitellius
!
En
toutes
choses
il
est
certain
tempérament,
il
y
a
des
limites
fixées,
et
le
bien
ne
peut
se
trou-
|
ver
en
decà
ni
au
delà.
sarçons,
tout
le
monde
te
déteste.
Et
toi,
qui
|
J'en
reviens
à
mon
texte.
Quoi!
personne
qui
n'imite
l’avare,
et
ne
vante
la
condition
|
d'autrui
!
qui,
voyant
à
la
chèvre
de
son
voisin
la
mamelle
plus
gonflée,
ne
maigrisse
de
ja
lousie
©
Personne
qui
se
compare
jamais
à
ln
foule
des
plus
pauvres
que
soi!
qui
ne
s’éver-
tue
au
Contraire
à
surpasser
un
tel
et
puis
un
tel!
et
nous
trouvons
toujours
plus
riche
que
nous
sur
notre
chemin.
C’est
le
cocher
dans
la
lice
:
quand
les
pieds
des
chevaux
emportentles
chars
loïn
de
la
barrière,
il
s’allonge
sur
l’atte-
lage
qui
précède
le
sien,
méprisant
celui
qu'il
adépassé
et
qui
se
perd
au
dernier
rang.
Aussi
Ut
metiretur
nummos
,
ita
sordidus
jut
se
Non
unquam
servo
melius
vestiret
;
ad
usque
Supremum
fempus,
ne
se
penuria
viclus
Opprimeret,
metuebat,
At
bune
liberla
securt
Divisit
medium
fortissima
Tyndaridaruth.
—
Quid
miipilur
suades
;
ut
vivam
Mænius,
aut
sie
Ut
Nomentanus
?
—
Pergis
pugnantia
secum
Frontibus
adversis
coimponere
?
non
epo
,
avarum
Quuï
veto:te
fieri.,
vappam
jubeoae
nebulonem.
Est
inter
Tanaim
quiddam
socerumque
Vitelli.
Est
modus
in
rebus
;sant
cerli
deniqué
fines,
Quos
ultra
citraque
nequit
consistere
rectum.
Illuc,
unde
abii,
redeo.
Nemone
ut
avarus
Se
probet,
ac
potius
laudet
diversa
sequentes
?
Quodque
aliena
capella
gerat
distentius
uber,
Tabescat?
neque
se
majori
pauperiorum
Turbæ
comparet?
hunc
atque
hunc
superare
laborett
Sic
festinanti
semper
locupletior
obstat
:
Ut,
quum
carceribus
missos
rapit
ungula
currus
;
Instat
equis
auriga
suos
vincentibus
,
illum
De
Præteritum
temnens
extremos
inter
euntem.
>
Inde
fit,
ut
raro,
qui
se
vixisse
beatum
à
Dicat,
et
exacto
contentus
tempore
I
ÉtE
RE
ÿ4
HORACE.
voit-on
rarement
un
homme
qui
dise
avoir
VECU
heureux,
et
qui,
satisfait
de
l'emploi
desa
vie,
se
retire
comme
un
COnVive
rassasié.
Mais
c’est
assez;
VOUS
me
soupçonneriez
d’avoir
pillé
le
portefeuille
de
Crispin
le
chas-
sieux
;
je
n’ajouterai
pas
un
mot.
SATIRE
I.
Le
corps
enticr
desflüteuses,
les
charlatans,
les
mendiants,
les
comédiennes
,
les
parasites,
Loute
cette
race
est
triste
et
désolée
de’la
mort:
du
chanteur
Tigellius
;
car
il
était
libéral.
Un
autre,
au
contraire,
pour
fuir
le
renom
de
pro-
digue,
ne
donnerait
pas
à
un
ami
nécessiteux
de
_.
résister
aux
tourments
du
froid
et
de
la
faim.
Demandez-lui
pourquoi
il
dissipe
en
sales
sloutonneries
la
brillante
fortune
de
son
père
et
de
son
aïeul,
achetant
d'emprunt
des
mets
de
toute
sorte
:
je
ne
veux
pas,
répond-il,
passer
pour
un
avare,
pour
une
âme
rétrécie.
Les
uns
le
louent,
les
autres
ie
blâment.
Fufdius
craint
la
réputation
de
débauché,
decoureur;
Fufdius,
richeen
biens
fonds
ét
en
numéraire
bien
placé.
Il
commence
par
rete-
nir
sur
le
capital
cinq
pour
cent;
plus
dérangé
est
son
débrieur
,
plus
il
le
pousse.
HE
est
tou-
jours
en
quête
des
débutants
soumis
à
un
père
rigide
ét
qui
ou
de
prendre
larobe
virile.
Puissant
Jupiter
!
va
s’écrier
d’abord
chacun
de
ceux
qui
m'entendent
;
mais
Fufidius
fait
une
ÆGedat,
uli
conviva
satur,
reperire
queamus.
Jam
satis
est:
ne
me
Crispini
serinia
lippi
-Compilasse
putes,
verbum
non
amplius
addam.
“
SATIRA
I.
Ambubajarun
collegta,
“pharmacopole
_.
Mendièi,
mimæ,
balatrones,
hoc
genus
omne
Moœstum
ac
on
est
cantoris
morte
Tigelli.
Quippe
benignus
erat.
Gontra
hic,
ne
pr
odigus
esse
Dicatur,
metuens
,
inopi
dare
Pt
amico
,
Frigus
quo
enrtils
famem
propellere
possit.
Hunc
si
perconteris,
ayi
cur
afque
parents
Præclaram
ingrata
stringat
malus
ingluvie
rem,
Gmnia
conductis
coemens
obsonia
numanis
:
-
Sordidus
atque
animi
quod
parvi
nolit
haberi,
laudatur
ab
his
,culpatur
abillis.
Fufidius
vappæ
famam
a
ac
nebulonis,
Dives
agris,
dives
positis
i
in
fœnore
numipis
;
Quinas
hic
au
mercedes
exsecat,
atque
Quanto
perditior
quisque
est,
tanto
acrius
urpet.
Nomina
sectatur
modo
on
veste
virili
R
espondet
:
Sub
patribus
duris
tironum.
Maxime,
quis
n9B,
dépense
proportionnée
à
ses
bénéfices.
Vous
ne
croiriez
pas
au
contraire
combien
il
est
dur
à
lui-méme!
C’est
au
point
que
ce
père,
que
la
comédie
de
Térence
nous
montre
si
malheu-
reux
de
l'expulsion
de
son
fils,
ne
s'impose
pas
de
plus
rudes
pénitences.
À
présent,
me
demande-t-on
où
j'en
veux
ve-
nir?
le
voici
:
En
se
sarant
d’un
excès,
les
sots
tombent
dans
l'excès
opposé.
Malthinus
marche
sur
le
bord
de
sa
robe;
tel
effronté
la
relève
indécemment
par
dessus
la
ceinture.
Rufillus
exhalele
parfum
de
lambre,
Gorpgomus
sent
lé
bonc.
Jamais
de
juste
mesure!
Il
en
est
qu
ne
voudraient
toucher
de
femmes
que
celles
dont
lestalons
disparaissent
derrière
la
bordure
de
leur
robe;
d’autres
ne
prennent
les
leurs
qu'imprégnées
de
l'odeur
d’un
mauvais
lieu.
Unhomme
connu
en
sortaitun
jour
:
«
Courage,
lui
dit
Caton,
dans
sa
sagesse
divine;
car
sitôt
que
l’âcte
luxure
a
gonflé
leurs
veines,
c’est
là
que
doivent
descendre
les
jeunes
gens,
et
non
pas
abuser
des
femmes
d'autrui.
»
Ce
compliment
ne
serait
pas
de
mon
goût,
ct
AU
SUURÉE
une
one
Tr
RES
de
haut
rang.
RS
—
:
I
est
bon
de
vous:
exposer
ICI,
Ô
VOUS
“qu
ne
souhaitez
que
malheur
à
ces
sälants:
quelle
foule
d’inconvénients
tombentsur
eux
;comment
leur
plais®
est
empoisonné
par
la
peme,
et
comment
ils
ne
l’atteignent
parfois
qu'au
mi-
lieu
d’affreux
périls.
L’un
a
été
forcé
desauter
Juppiter,
exclamat,
simul
atque
audivit
?
At
in
se
Pro
questu
sumium
facit?
Hic
vix
credere
possis,
Quam
sibi
non
sit
amicus,
ifa
ut
paterille,
Terenti
Fabula
quem
miserum
nato
vixisse
fugato
Inducit,
non
se
pejus
cruciaverit
atque
hic.
Si
quis
nune
quærat
:
quo
res
bæc
pertinct?
illuc:
Dum
vitant
stulüi
vitia,
in
contraria
currunt.
Malthinus
tumicis
de
ambulat;
est
qui
Inguen
ad
obcænum
subductis
usque
facetus.
Pastillos
Rufillus
olet
Gorgonius
hircum.
Nil
medium
est.
ns
qui
nolint
tetigisse
nisi
illas,
Quarum
subsuta
talos
tegat
instila
veste;
Contra
alius
nullam
,
nisi
olente
in
fornice
stantem.
Quidam
notus
homo
quum
exiret
fornice,
«
Macte
«
Virtute
esto
,
inquit
sententia
dia
Gatonis
;
«
Nam
simul
ac
venas
inflavit
etra
Hbido,
«
Huc
juvenes
æquum
est
descendere,
non
alienas
«
Permolere
uxores,
»
—
«
Nolim
laudarier,
inquit
,
Sie
me,
»
mirator
cunni
Cupiennius
albi.
Audire
est
operæ
pretium,
procedere
recte
Qui
mœchis
non
vultis,
ut
omni
parte
laborent,
Utque
illis
mulio
ui
dolore
voluptas,
Alque
hæe
rara
cadat
dura
inter
sæpe
periela.
40
SATIRES.
du
haut
de
la
maison;
l'autre,
battu
de
verges,
est
resté
pour
mort
sur
la
place;
celui-ci,
fuyant,
esttomhé
dans
une
bande
de
voleurs
;
celui-là
a
racheté
sa
peau
par
sa
bourse
;
cet
autre
a
été
sali
déshonnêétement
par
des
valets.
On
en
a
vu
même
à
qui
un
rasoir
retranchait
les
causes
de
leurs
chaleurs
!
C’est
bien
fait,
criait
le
public!
Galba
n'était
point
de
cet
avis.
Mais
combien
le
commerce
est
plus
sûr
dans
la
classe
inférieure,
celle
des
affranchies,
pour
qui
Salluste
égale
les
folies
des
adultères.
Bu
moins
s’il
voulait
renfermer
sa
générosité,
sa
munificence
dans
les
limites
que
lui
preserivent
sa
fortune,
la
raison
et
les
convenances,
il
les
paierait
encore
assez
cher,
et
ne
se
causerait
ni
honte
ni
dommage
;
mais
c'est
la
seule
chose
où
il
s'aime,
la
seule
qu'il
prise,
la
seule
qu'il
vante!
«
Jamais
je
ne
touche
une
honnête
femme!
»
Marsæus
disait
comme
lui,
cetancien
amant
d'Origo,
quimanpea
ses
térreset
samai-
|
son
avec
celte
comédienne
:
«
Je
n'ai
Jamais
_
affaire
à
la
femme
d'autrui.
»
Non.
;
Mais
VOUS
avez
affaire
aux
baladines,
aux
coureuses,
qui
ruinent
la
r
éputation
encore
plus
que
la
bourse.
Vous
suffit-il
d'éviter
les
personnes
sans
évi-
ter
aussi
tout
ce
qui
vous
peut
nuire,
n'importe
où
et
comment?
Perdreune
bonne
réputation,
écorner
son
patrimoine,
c’est
toujours-un
mal;
que
ce
soit
avec.une
dame,
une,servante,
une
courtisane,
où
est
la.
différence?
Hie
se
præcipitem
lecto
dedit,,
ille
flagellis
Ad
moriem
cæsus
;
fugiens
hic
decidit
acrem
Prædonum
in
turbam
;
dedit
hic
pro
corpore
nummos;
Hune
perminxerunt
calones;
quin
etiam
illud
Accidit,
ut
cuidam
testes
caudamque
salacem
Demeteret
ferrum.
Jure
omnes
:
Galba
negabat.
Tutior
at
quanto
merx
est
in
classe
secunda!
Libertinarum
dico
,
Sallustius
in
quas
Non
minus
insanit,
quam
qui
mœchatur.
Al
hic
si
Qua
res,
qua
ratio
suaderet
,
quaque
modeste
Munifico
esse
licet,
vellet
bonus
atque
benignus
Esse
;
daret
quantum
satis
esset,
nec
sibi
damno
D
foret
;
verum
hoc
se
amplectitur
uno
;
Hoc
amat,
hoc
Ladit.
«
matronam
nullam
cpo
ae
»
Ut
din
Marsœus,
amator
Originis
ille,
Qui
patrium
mimæ
dont
dan
ones
€
Nil
fuerit
mi,
inquit,
cum
uxoribus
unquam
alienis.
»
Verum
est
cum
mimis,
est
cum
meretricibus
,
unde
Fama
malum
pravius,
quam
res
trahit.
An
tibi
abunde
Personain
satis
cst.
non
illud
,
quidquid
ubique
Officit,
evitare?
Bonam
ee
famam
,
Rem
patri
is
oblimare,
ie
est
An
quid
inter-
85:
Villius,
mari
de
Fausta
et
ae
de
Sylla,
séduit
,
le
pauvre
homme!
par
la
sloriole
uni-
quement,
en
fut
puni
autant
et
plus
que
de
rai-
son
,
Car
le
poing
ni
le
fer
ne
lui
firent
grâce.
I
était
jeté
à
la
porte
tandis
que
Longarenus
était
en
visite
chez
lui!
Or
supposons
qu’à
l'as-
pect
de
ces
mdignités,
certain
membre,
deve-
nant
l'organe
du
bon
sens,
lui
eût
tenu
ce
lan-
gage:
«
Qu'est-ce
à
dire?
dans
les
momentsoù
ma
colère
s'allume,
t’ai-je
demandé
jamais
des
appas
issus
d’un
consul
glorieux
et
envelop-
pés
d’un
habillement
noble?»
Qu'’eût
répondu
Villius
?
«
Mais
elle
est
fille
d’un
grand
per-
sonnage.»
Ah!
qu'ils
sont
lien
différents
et
bier
plus
sages
les
avis
de
la
nature,
toujours
riche
de
son
propre
fonds,
si
seulement
tu
veux
en
faire
un
bon
emploi
et
ne
pas
confondre
ce
quil
faut
fuir
et
ce
qu'il
faut
rechercher!
Crois-tu.
indifférent
que.le
mal
proienne
de
ta
faute
ou
de
celle
des
circonstances?
Hébien,
pour
éviter
des
regrets,
cesse
de
poursuivre
les
belles
dames;
il
y
a
plus
de
peine
à
y
pa-
gner
que
de
plaisir
réel.
Une
belle
dame,
avec
tous
ses
diamants
et
ses
émeraudes,
n'en
a
pas
la
cuisse
plus
polie
ni
la
jambe
nricux
faite
(soit
dit
sans
blesser
vos.goûts,
Cérinthus
!)
;
très-souvent
on
rencontre
mieux
chez
les
cour-
tisanes.
Ajoutez
encore
que
la
marchandise
de
celles-ci.n’est
point
fardée;
elles
étalent
à
tout
venant
ce
qu'elles
ont
à
vendre.
Cequ’elles
son
|
Ont
de
beau;
elles
nele
vantent
point,
et
ne
cher-
Est,
in
malropa,
ancilla
,
Peccesne
togata?
Villius
in
Fausta
“Sullæ
gener,
hoc
miser
uno
Nomine
deceplus,
pœnas
es
usque
superque
Quam
satis
est,
pugnis
cæsus
ferroque
petitus,
Exclusus
fore
,
quum
Longarenus
foret
intus.
Huic
si
mutonis
verbis
mala
tanta
videntis
Diceret
hæe
aniwus
:
«
Quid
vis
Gbi?
numquid
ego
a
te
«
Magno
propnatum
deposco
consule
eunnum,
«
Velatumque
stola,
mea
quum
conferbuit
ira?
»
Quid
responderet?
«
Magno
paire
nala
puella
est.
»
At
SRE
meliora
monet
pugnantiaque
istis
Dives
opis
nalura
suæ,
situ
modo
recle
Dispensare
velis,
ac
a
fugienda
pelendis
Immiscere
!
Tuo
vitio
rerumne
fabores,
Nil
referre
putas?
quare,
ne
pœniteat
te;
Désine
matronas
sectarier,
unde
laboris
:
Plus
haurire
mali
est,
quam
ex
re
decerpere
fruotus,
Nec
magis
huic,
niveos
inter
viridesque
lapillos
,
2
Sitlicet
hoc,
Gerinthe,
tuum,
tencrum
est
femur
;autorass
DS
Rectius
etiam
ee
persæpe
togatæ
est.
5
Adde
Fe
,
quod
mercem
sine
fucis
gestat;
aperte,
5.
Quod
venale
habet,
ostendit;
n
nec,
Si
si
quid
|
honesti
ets
PAPAS
92
mains
suantes
dn
vulgaire
et
d'Hermogène
Tigellius.
Je
n’en
lis
qu'à
mes
amis,
encore
lorsqu'on
m'y
force,
et
non
partout
ni.
devant
tout
le
monde
;
ua
que
vous
avez
une
foule
de
gens
qui
récitent
leurs
ouvrages
en
plein
forum,
ou
même
dans
les
bains.
“La
VOIX
ré-
sonne
si
bien
dansunlieu
voûté
!
C’est
la
récréa-
tion
des
sots,
qui
ne
s'inquiètent
jamais
avant
d'agir,
ni
de
l’'à-propos,
nide
laraison.—Non,
vous
aimez
à
mordre,
c'est
votre
goût,
C'est
votrenature
maligne.
—
Où
prenez-vous
cette
accusation
que
vous
me
lancez
?
De
tous:
ceux
avec
qui
j'ai
vécu,
qui
la
autorisée?
Celui
qui
déchire
son
ami
absent,
ou
le
laisse
attaquer
par
d’autres
sans
le
défendre;
qui
cherche
à
provoquer
les
éclats
de
rire
et
court
après
la
réputation
d'homme
à
kons
mots
;
homme
ca-
pable
d'inventer.
ce
qu'il
n’a
point
vu,
incapable
de
taire
un
secret
confié,
celui-là
est
vraiment
un.
pervers
!
défiez-vous
de
lui,
Romains
!
Parmi
douze
convives
répartis
sur
trois
lits,
on
en
voit
souvent.un
qui
se
délecte
à
faire
pleuvonr
ses
plaisanteries
bonnes
ou
mauvaises
sur
tous
les
autres,
excepté
sur
F
Ampbitryon:;
et
celui-
ci
perd
ie
-mêmeson-privilége
,
lorsque
motre
bomme
a
bien
bu,
et
que
Bacchus
le
véridique:
lui
ouvre
le
cœur,
Hé
bien,
il
vous
parait
un
convive
aimable,
un.bon
vivant
plein
de
fran-
chise,
à
vous
qui
détestez
les
méchants;
et
moi,
pour
avoir.
ri
du
sot
Rufillus
qui
sentle
parfum
et.de
Gorgenius
qui
sent
le
boue,
vous
Queis
manus
insudet
vulgi,
Hermogenisque
Tigelli:
Nec
recito
cuiquam,
nisi
amicis,
idque
coactus,
Non
ubivis,
coramvye
quibuslibet,
In
medio
qui
Scripla
foro
reciient,
sunt
multi;
quique
lavantes:
Suaye
lueus
voci
on
conelusus.
nanes
Hoc
juvat,
haud
illud
quærentes
,
num
sine
sensu
,
Tempore
num
faciant
alieno.
—
Lædere
gaudes
,
Inquis
,
et
hoc
studio
pravus
facis.
—
Unde
petitum
Hoc
in
me
jacis?
est
auctor
quis
denique
eorum,
Vixi
cum
quibus?
Absentem
qui
rodit
amicum
,
Qui
non
defendit,
alio
culpante
;
solutos
Qui
captat
risus
hominum,
famamque
dicacis
;
Fingere
qui
non
visa
potest,
commissa
{acere
Qui
nequit;
hic
niger
est;
hunc
tu,
Romane,
cavelo.
Sæpe
tribus
lectis
videas
cœnare
ets
x
E
quibus
unus
avet
quavis
adspergere
cunctos,
Præler
eum,
qui
prϾbet
aquam;
post,
hunc
quoque
Gondita
dou
verax
aperit
præcordia
Liber;
Hic
tibicomis
et
urbanus
liberque
videtur
Infesto
nigris
;
ego,
si
risi,
quod
ineptus
Pastillos
Rufillus
olet,
Gorgonius
hircum,
Lividus
et
mordax
videor
tibi?
Mentio
si
qua
Ve
Gapitolini
furtis
injecta
Petillf
(poius,
|
|
=
HORACE.
me
trouvez
hargneux,
mauvaise
langue?
Si
dans
le
cours
de
la
conversation,
l'on
vient
à
parler
devant
vous
des
larcins
de
Pétillius
Ca-
pitolinus,
vous
le
défendrez
selon
votre
usage
:
€
Capitolinus
a
été
mon
commensal;
c’est
mon
ami
d'enfance;
il
a
obligé
beaucoup
de
monde
à
maprière
;
je
suis
charmé
qu'on
le
laisse
vivre
tranquille
à
Rome;
mais
j'admire
comment
il
a
pu
setirer
de
cette
méchante
affaire!
»
Voilà
qui
est
distiller
le
plus
noir
venin
;
C'est
du
fiel
tout.
pur!
Jamais
cette
malice
ne
souillera
mes
|
écrits
nimon
cœur;
si
je
puis
prendre
un
en-
gagement
personnel,
c’est
bien
celui-là.
Mais
pour
un
mot
léger,
pour
une
plaisanterie
qui
m'échappera,
il
faut
me
les
passer
avec
indul-
gence.
Mon
excellent
père
m'apprit
à
fuir
les
vices
en
me
les
montrant
personnifiés
dans
des
exemples.
Ainsi
voulait-ilm’exhorter
à
une
vie
économe
et
frugale;
à
me
contenter
de
la
for-
tune
qu'ilm'avait
amassée
:
«ne
vois-tu
pas,
me
disait-il,
le
fils
d’Albius
?
quelle
déplorable
exis-
tence
l'etla
misère
de
Barrus!
grandelecon
pour
ces
dissipateurs
tentés
de
manger
leur
patri
moine
l»:flme
détournait
aussi
du
goût
gnoble
des
courtisänes
:
«
—
ne
ressemble
pas
à
Secta-
nius:!>
des
amours
adulières
lorsque
je
pouvais
jouir
de
plaisirs
pérmis;«—Trébonius
y
a
étéat-
trapé;
sa
réputation
n’est
pas
brillante.
Un
phi-
losophe,-ajoutat-il,
vanalysera
le
bien
et
le
mal;
et
pourquoi
il
faut
chercher
l'un
et
fuir
l'autre;
pour
moi,
ilme
suffit,
si
je
puis
conscr-
Te
coram
fuerit,
defendas,
ut
tuus
est
mos
:
—-
(«
Me
Capitolinus
convictore
usus
amicoque
À
puero
est,
causaque
mea
permulla
ropatus
Fecit;
et
incolumis
lætor
quod
vivit
in
Urbe
:
Sed
tamen
admiror,
quo
pacto
judicium
illud
Fugerit.
»
—
Hic
nigræ
succus
loliginis
;
hæc
est
Ærupo
mera
:
quod
vitium
procul
abfore
ebartis,
…
Âtque
animo
prius,
ut
si
quid
promittere
de
me
Possum
aliud
vere,
promitto.-Liberius
si
Dixero
quid,
si
forte
;
jocosius
;
hoc
mihi
juris
Cum
venia
dabis,
Insuevit
pater
optimus
hoc
me,
Ut
fugerem,
exemplis
vitiorum
quæque
notando.
Quum
me
hortaretur,
parce,
frugaliter,
atque
Viverem
uti
net
eo,
quod
miipse
parasset
:
«
Nonne
vides,
Albf
ut
male
vivat
filius?-utque
Barrus
1
inops
?
?
magnum
documentum,
ne
patriam
rem
Perdere
quis
velit.
»
À
turpi
a
awore
Quum
deterreret:
«
Sectani
dissimilis
sis.
»
Ne
sequerer
mœchas,
concessa
quum
Venere
uti
Possem
:
«
Deprensi
non
bella
est
fama
Trebont,
Aïebat.
Sapiens,
vitatu
quidque
petitu
Sit
melius,
causas
reddet
tibi;
inf
salis
est,
si
Traditum
é
antiquis
morem
servare,
oi,
AIT
SATIRES.
ver
en
toi
les
mœurs
de
nos
pères
et
garantir
de
péril
ton
honneur
et
ta
santé,
pendant
que
tu
as
besoin
d’un
tuteur.
Quand
l'âge
aura
for-
Hfié
ton
corps
et
ton
âme,
tu
nageras
tout
seul
en
pleine
eau.»
Ainsiformait-il
monenfance
par
ses
discours.
S'il
voulait.
me
pousser
dans
une
bonne
voie
:
«
N'hésite
pas,
voilà
ton
guide.
»
C'était
un
des
juges
choisis
par
le
préteur.
Méloigner
d’une
mauvaise
:
«
C’est
honteux,
c'est
mal;
en
RÉEEE
douter
quand
tu
vois
tel
et
tel
flétri
par
la
censure
publique?»
De
même
que
l'enterrement
de
son
voisin
terrifie
le
ma-
late
affamé,
et
loblige
de
s’observer
de
peur
de
prendre.
la
même
route,
ainsi
l'ignominie
des
autres
détourne
souvent
du
vice:une
âme
encore
tendre.
De
là
vient
que
je
suis
exempt
de
tous
vices
dangereux,
mais
non
pas-de
dé-
fauts
excusables
,
lesquels
encore
se
réduiront
sans
doute,
et
largement,
par
l'influence
de
ka
vieillesse,
ou
d’une
amitié
franche,
:ou
de
mes.
propres
réflexions.
Car
lorsque
je.
goûte
le
re-
.
Yombre.
du
portique,
je
ne
fais
t
à
mon.
propre.
tribunal
:
«Voilà
le
bon
chemin;
faisons
ainsi,
ma
conduite
y
ga-
gnera;
cela
me
rendra
plus
agréable
à
mes
-
amis;
ah!
Voici
qui
ne
vaut
rien;
est-ce
que,
sans
m'en
apercevoir,
je
serais
dans
la
même
route
?)
Telles
sont
les
pensées
que
je
roule
sans
des-
serrer
les
lèvres,
et
dès
qu'ilme
vient
un
mo-
ment
de
loisir,
je
n'en.
prends
à
mon
papier.
C'est
Le
un
dec
ces
Lits
EE
dont
j
ie
—
1
Data
pes,
an
Rennes
.
Incolumem
possum
:
simul
ac
duraverit
ætas
Membra
,
animumquetuum
;
nabis
sine
cortice.
»
Sie
me
Formabat
puerum
dictis,
et,
sivejubebat,
Utfacerem
quid:
«
Habes
quo
facias
L06
»
Unum
ex
judicibus
selectis-objiciebat
;
Sive
vetabat:
«
An
hoc
inhonestum
et
inutile
factu,
Necne,
sit,
addubites,
flagret
rumore
malo
quum
Hic
atque
ille?
»
Avidos
vicinum
fanus
ut
ægros
Exanimat,
;
mortisque
metu
sibi
parcere
cogit
;
Sic
teneros
animos
aliena
opprobria
sæpe
Absterrent
vitiis.
Ex
hoc
ego
sanus
ab
illis,
Perniciem
quæcumque
ferunt
;
mediocribus
,
et
queis
Tgnoscas
,
vitiis
Leneor;
buis
etisthine
Largiter
abstulerit
longe
ætas,
liber
amicus
Consilium
proprium
:
neque
enim
quum
lectulusaut
me
Porticus
excepit,
desum
mihi:
«Rectius
hocest,
Hoc
faciens
vivam
melius
;
sic
dulcis
amicis
Oceurran
:
hoc
quidam
non
belle;
numquid
ego
illi
Imprudens
olim
faciam
simile?
»
re
ego
meeum
Gompressis
agito
labris
:
ubi
quid
datur
ott,
Hludo
chartis
:
hoc
est
mediocribus
illis
absentes
95
SE
vous
ne
me
ie
passez,
j'appelle
à
mon
sde
l'armée
des
poëtes,
qui
n’est
certes
pas
petite,
car
nous
sommes
tant!
Alors
comme
des
juifs
convertisseurs
,
nous
saurons
bien
vous
pous-
ser-dans
notre
parti!
CR
EPS
SATIRE
V.
Sorti
de
Rome
ia
prande,
Aricie
m’offrit
une
modeste
hospitalité.
Jefaisais
route
avec
le
rhéteur
Héliodore,
le
plus
savant
de
tous
nos
Grecs.
Del,
nous
gagnons
lemarchéd’'Appius,
fourmilière
de
mariniers
et
de
cabaretiers
fri-
pons.
Notre
paresse
fit
deux
étapes
là
où
de
meilleurs
piétonsn’en
font
souvent
qu’une.
La
voie
Appienne
est
moins
rude
pour
les
mauvais
marcheurs.
L'eau
était
abominable
dans
ce
pays
;
je
mis
mon
estomac
en
pénitence,
et
d'un
œil
impatient
je
repardai
souper
mes
compa-
_gnons.
Déjà
la
nuit
s’apprêtait
à
envelopper
la
terre-de
ses
ombres
et
à
parsemer
le
ciel
d’é-
toiles
;:assaut
de
nos
laquais
Contre
les
mari-
mers
et-des
mariniers
contre
nos
laquais
:
—
Aborde
icr!—
Tu
entasses
l'univers
dans
ta
barque
!
holà,;
assez!
—
Pendant
qu'on
ra-
masse
argent
du
péage,
qu'on
attellela
mule,
une
7
heure
s'écoule;
les
odieux
cou-
sins
et
les
grenouilles
du.
marécage
mettent
en
fuite
le
sommeil.
Ivres
de
piquetie,
le
batelier
et
le
passager
chantent
à
l’envi
leur
maitresse
tant
5
le
.
HU
com-
Ex
bis
unum:
-CuL.
siconcedere
ee.
Multa
Do
veniat
manus,
auxilioque
Sitmihi,
nam
multo
plures
sumus,
ac
veluti
te
Judæi
cogemus
in
hanc
contedere
.
SATIRA
V,
Egressum
magna
me
excepit
Aricia
Roma
Hospitio
modico
;
rhetor
comes
Heliodorus,
Græcorum
longe
dootissimus.
Inde
Forum
Appt,
Differtum
nautis,
cauponibus
atque
malignis.
Hoc
iter
ignavi
divisimus;alius
ac
nos
Præcincetis
unum
:
minus
est
pravis
Appia
tardis.
Hic
ego,
propter
aquam
,
quod
erat
deterrima
,
ventri
Indico
bellum
,
cœnantes
haud
animo
æ&quo
Exspectans
comites.
Jam
nox
inducere
terris
Umbras,,
et
cœlo
diffundere
signä
parabat
:
Tum
puert
paulis,
pueris
tonvicia
nautæ
Ingerere
:
«
Huc
appelle
trecentos
inseris
!
—ohet
Jam
satis
est.
»
Dum
æs
exigitur,
dum
mula
ligatur,
Tota
abit
hora.
Mali
culices,
ranæque
palustres
Avertunt
somnos
:
absentem
ut
cantat
amicam
Multa
prolutus
vappa
nauta
atque
viator
15
54
mence
à
s'endormir,
et
que
l'indolent
batclier,
attachant
à
une
borne
les
rênes
de
sa
mule,
la
laisse
paître
à
l'aise,
et
ronflesur
le
dos.
Déjà
l'aube
blanchissait
quand
nous
nous
apercevons
que
la
barquenebouge
pas;
à
ka
fin,
un
voyageur
à
la
tête
chaude
saute
à
terre,
et
d’une
branche
de
saule
apostroplie
la
tête
et
les
reins
de
la
mule
et
deson
maître.
On
nous
met
à
terre
à
dix
heures
à
grand’peine.
O
nymphe
Féronie,
dans
ta
fontaine
nous
lavons
notre
visage
et
nos
mains
;
puis,
lestés
d’un
déjeuner
nous
gravissons
trois
milles,
et
nous
entrons
dans
Anxur
hissée
sur
des
rochers
éblouis-
sants.
On
y
attendait
Mécène
et
notre
excellent
Coccéius,
tous
deux
chargés
d’une
mission
im-
portante;
ils
savent
si
bien
raccommoder
les
amis
brouiliés!
Là,
il
fallut
frotter
mes
yeux
malades
de
collyre
noir.
Cependant
Mécènear-
riva,
et
Coccéius,
et
en
même
temps
Fontéius
Capiton,
la
perfection
humaine
et
le
meilleur
ami
d'Antoine.
Nous
quittons
sans
regret
Fondi
et
son
pré-
teur
Aufidius
Luscus
en
riant
des
nobles
pré-
rogatives
de
cet
imbécile
de
greffier,
à
savoir
la
robe
prétexte,
le
laticlave
etla
cassolette.
En-
suite
la
fatigue
nous
retint
dans
la
ville
des
Mamurra,
où
nous
eûmes
chez
Muréna
le
logement,
et
la
table
chez
Capiton.
Le
lendemain
fut
un
jour
de
bonheur
:
nous
rencontrâmes
à
Sinuesse,
Plotius,
Varius
et
Certatin
:
tandem
fessus
dormire
viator
Incipit;
ac
missæ
pastum
retinacula
mulæ
Nauta
piger
saxo
religat,,
stertitque
supinus.
Jamque
dies
aderat,
quum
nil
procedere
lintrem
Sentimus
:
donec
cerebrosus
prosilit
unus,
Ac
mulæ
nautæque
caput
lumbosque
saligno
Fuste
dolal:
quarta
vix
demum
exponimur
hora
:
Ora
,
manusque
tua
lavimus,
Feronia,
Iympha.
Millia
tum.
pransi
tria
repimus,
atque
subimus
Impositum
saxis
late
candentibus
Anxur.
Huc
venturus
erat
Mæcenas
optimus,
atque
Cocceius;
missi
magnis
de
rebus
uterque
Legati,
aversos
soliti
componere
amicos,
Hic
oculis
ego
nigra
meis
collyria
lippus
Illinere
:
interea
Mæcenas
advenit,
atque
Cocceius,
Gapitoque
simul
Fonteius
,
ad
unguem
Factus
homo;
Antont,
non
ut
magis
alter,
amicus.
Fundos
Aufidio
Lusco
prætore
libenter
;
Linquimus
,
insani
ridentes
præmia
scribæ,
Prætextam
,
et
latum
clavum
,
prunæque
batillum.
In
Mamurrarum
lassi
deinde.urbe
manemus;
Murena
præbente
domum
,
Gapitone
culinam.
Posfera
lux
oritur
multo
gralissima
:
uamque
DA
ALLER
IQ
EL
ES
CT
ES
HORACE.
Virgile,
les
plus
belles
âmes
que
la
terre
ait
ja-
mais
portées,
el
à
qui
nul
n’est
plus
dévoué
que
moi.
Oh
!
quelles
embrassades
!
quels
transports
de
joie!
Non,
à
moins
de
perdre
sens
et
raison,
je
ne
préférerai
jamais
rien
à
un
aimable
ami.
Près
du
pont
de
Campanie,
une
petite
ferme
nous
donna
le
couvert,
et
les
pourvoyeurs
pu-
blics
le
bois
et
lesel
qu'ils
nous
devaient.
De
là,
nos
mulets
purent
quitter
de
bonne
heure
leur
bât
à
Capoue.
Mécène
va
jouer
une
partie;
Vir-
gileet
moi
nous
allons
dormir,
car
la
paume
est
ésalement
ennemie
des
veux
et
des
estomacs
souffrants.
Nous
fümes
reçus
après
dans
la
très-opu-
lente
ferme
de
Coccéius,
laquelle
vaut
un
peu
mieux
que
les
cabarets
de
Caudium.
Feï,
muse,
raconte-moi
brièvement
les
combats
de
Sar-
mentus
et
de
Messius
Cicérrus
;
dis-moi
la
race
de
ces
dignes
adversaires.
La
famille
de
Mes-
sius
est
illustre
chez
les
Osques
;
la
proprié-
taire
de
Sarmentus
vit
encore.
Sortis
de
ces
nobles
aïeux,
ils
en
vinrent
aux
mains.
Sar-
mentus
commence
:—dJe
prétends
que
tu
aslair
d’un
cheval
sauvage.
—
Nous
rions.—Accepté,
dit
Méssius
en
branlant
latête.—
Oh!
si
la
corne
de
ton
front
n'était
coupée,
que
ferais-tu,
puis-
que,
tout
mutilé,
tu
menaces
encore
!
—(c'est
qu'une
vilaine
cicatrice
poilue
le
défigurait,
pla-
cée
à
gauche
du
front).
Après
maints
quolibets
sur
le
mal
de
Campanie,
sur
sa
figure,
il
le
pri
Plotius
et
Varius
Sinuessæ
,
Virgiliusque
Occurrunt;
animæ
,
quales
neque
candidiores
Terra
tulit
,:nèque
queis
me
sit
devinctior
alter.
O
qui
complexus
let
gaudia
quanta
fuerunt
!
Nil
epo
contulerim
jueundo
sanus
amico.
Proxima
Campano
ponti
quæ
villula
;
tectum
Præbuit,
et
parochi,
quæ
debent,
ligna
salemque.
Hine
muli
Capuæ
clitellas
tempore
ponunt.
Lusum
it
Mæcenas,
dormitam
ego
Virgiliusque
:
Namque
pila
lippis
inimicum
et
ludere
crudis.
Hine
nos
Gocceii
recipit
plenissima
villa,
Quæ
super
est
Caudi
cauponas.…
Nune
mihi
paucis
Sarmenti
scurræ
pugnam
Messique
Gicerri,
Musa
,
velim
memores;
et
quo
patre
natus
uterque
Gontulerit
lites.
Messi
clarumr
genus
Osci;;
Sarmenti
domina
exstat.
Ab
his
majoribus
orti
Ad
pugnam
venere.
Prior
Sarmentus
:
«
Equi
te
Esse
feri
similem
dico.
»
Ridemus;
et
ipse
Messius
:
«
Accipio;
»
caputet
movet..…
«0,
tua
cornu
Ni
foret
exsecto
frons,
inqui
,
quid
faceres,
quum
Sie
mutilus
miniteris?
»
At
illi
fœda
cicatrix
Selosam
lævi
frontem
turpaverat
oris.
Campanum
in
morbum
,
in
faciem
permulta
jocatus;
61
SATIRES.
de
nous
danser
le
cyclope;
il
ne
lui
faudrait
ni
masque
ni
cotkurne
tragique.
Cicerrus
ne
de-
meurait
pas
en
reste!
—
As-tu,
lui
demandait-
il,
donnéla
chaîne
en
ex
voto
aux
dieux
Lares
?
Parce
qu'il
était
greffier,
sa
maîtresse
ne
per-
dait
rien
de
ses
droits;
et
comment
l’idée
de
déserter
avait-elle
jamais
pu
lui
venir,
car
une
livre
de
farine
par
jour,
c'était
bien
assez
pour
une
chétive
marionnette
de
son
espèce
?
La
durée
du
souper
se
prolongea
ainsi
fort
paiement.
De
là
nous
tirons
droit
sur
Bénévent,
où
notre
hôtelier
empressé
faillit
brûler
sa
maison
en
faisant
rôtir
des
squelettes
de
grives;
car
la
cuisine
étant
vieille,
Pincendie
gagna
vite,
et
déjà
ses
langues
de
feu
caressaient
avidement
le
plafond.
Alors
on‘eût
vu
les
convives
affa-
més
et
les
marmitons
tremblants
rivaliser
de
zèle
poursauverles
platsetéteimdreles
flammes.
À
Bénévent,
la
Pouille
commence
à
me
mon-
ter
ses
montagnes
bien
connues,
brülées
par
le
sirocco.
Jamais
nous
ne
fussions
venus
à
bout
de
les
franchir,
si
nous
n’eussions
trouvé
d'a-
bord
du
repos
dans
une
ferme
voisine
de
Tri-
vicum;
du
repos
et
une
fumée
lacrymatoire
,
car
au
foyer
brülaient
des
branches
mouillées
et
garnies
de
leurs
feuilles.
Là,
j’eus
la
bon-
homie
d'attendre
jusqu'à
minuit
une
fillette
menteuse
:
cependant
le
sommeil
me
prend
au
milieu
de
mes
dispositions
érotiques,
et,
grâce
à
un
rêve
peu
chaste,
comme
je
dormais
sur
le
Pastorem
saltaret
uti
Cyclopa,
rogabat
;
Nil
illi
larva
,
aut
tragicis
opus
esse
cothurnis.
Multa
Gicerrus
ad
hæc
:
Donasset
jamne
catenam
Ex
volo
Laribus,
quærebat?
seriba
quod
esset,
Deterius
nihilo
dominæ
jus
esse.
Rogabat
Denique.,
eur
unquam
fugisset
;
cui
satis
una
Farris
libra
foret,
gracih
sic
tamque
pusillo
?
Prorsus
jucunde
cænam
produximus
illam.
Fendimus
hinc
recta
Beneventum,
ubi
sedulus
hospes
Pæne,
macros,
arsit,
dum
turdos
versat
in
igne
:
Nam
vaga
per
veterem
dilapso
flamma
culinam
Vulcano
summum
properabat
lambere
tectum.
Convivas
avides
cænam
servosque
timentes
Tum
rapere,
atque
omnes
restinguere
velle
videres.
Incipit
ex
illo
montes
Appulia
notos
Ostentare,
mihi,
quos
torret
Atabulus,
et
quos
Nunquam
erepsemus,
nisi
nos
vicina
Trivici
Villa
recepisset,
lacrymoso
non
sine
fumo,
Udos
cum
foliis
ramos
urente
camino.
ic
epo
mendacem
stultissimus
usque
puellam
Ad
mediam
noctem
exspeclo
:
somnus
famen
aufert.
fntentum
Veneri
;
tum
immundo
somnia
visu
99.
dos,...
mon
ventre
et
mon
vêtement
de
nuit
en
furent
tout
pâtés.
Une
voiture
nous
traîne
ensuite
l'espace
de
vingt-quatre
milles,
jusqu’à
la
couchée,
qui
fut
dans
une
bourgade
dont
le
nom
ne
va
pas
en
vers;
mais
il
est
très-facile
de
la
dé-
signer
autrement.
La
chose
du
monde
h
plus
commune,
Feau
s'y
vend;
en
revanche
le
pain
y
est
superbe
,
tellement
que
le
VOya-
geur
bien
avisé
en
emporte
une
Charse,
car
ce-
lui
de
Canosa
est
pierreux,
sans
que
l’urne
des
Naïades
y
soit
mieux
fournie,
Cette
ville
futfondée
jadis
par
le
vaillant
Diomède.
Là,
Varius
se
sépara
de
ses
amis,
et
les
larmes
coulèrent
de
part
et
d'autre.
Puis
nous
arri-
vons
à
Rubi,
très-las
d’une
longue
route,
rom-
pue
encore
par
la
pluie.
Le
lendemain,
le
temps
fut
meilleur
et
le
Chemin
plus
mauvais,
jusque
sous
les
murs
de
Barium
baignés
par
la
mer.
Ensuite
Gnatia,
maudite
en
naissant
par
les
nymphes
des
EAUX,
nous
fournit
matière
à
rire
et
à
plaisanter
par
sa
prétention
de
faire
accroire
que,
dans
son
temple,
l'encens
brûle
tout
seul.
Le
juif
Apella
peut
le
croire;
moi,
non;
car
je
tiens
que
les
dieux
vivent
dans
une
paisible
mdifférence,
et
que
si
lamature
produit
parfois
un
phénomène,
|
Ce
ne
sont
pas
eux
dont
la
sollicitude
nous
l'en-
voie
delà-haut.
Voici
Brindes,
le
terme
de
mon
long
voyage
et
de
ma
longue
épiître.
Nocturnam
vestem
maculant
;
Yentremque
supinuin.
Quatuor
hine
rapimur
viginti
et
millia
rhedis
:
Mansuri
oppidulo,
quod
versu
dicero
non
est,
Signis
perfacile
est
:
vænit
vilissima
rerum
Hic
aqua;
sed
panis
longe
pulcherrimus,
ultra
Callidus
ut
soleat
humeris
portare
vialor
;
Nam
Canuss
lapidosus:
aquæ
non
dilior
urpa,
Qui
locus
a
forti
Diomede
est
conditus
olim.
Fleutibus
hic
Varius
discedit
mæstus
amicis.
Inde
Rubos
fessi
pervenimus,
utpote
longum
Carpentes
iter.
et
factum
corruptius
imbri.
Postera
tempes{as
melior;
via
pejor
ad
usque
Bari
mœnia
piscosi
:
dehine
Gnatia,
lymphis
Jratis
exstructa,
dedit
risusque
Jocosque,
Dum
flamma
sine
tura
liquescere
limine
sacro
Persuadere
cupit
:
credat
Judæus
Apella
;
Non
ego
:
namque
deos
didici
securûm
agere
ævum
Nec,
si
quid
miri
faciat
natura,
deos
id
en
Tristes
ex
alto
cœli
demittere
tecto.
Brundusium
longæ
finis
chartæque
viæque.
-
:
194
SATIRE
VI.
Mécène,
si
de
toute
cette
colonie
Iydienne
qui
peupla
l'Étrurie,
personne
n’est
plus
noble
que
vous;
si
vos
aïeux
paternel
et
maternel
ont
jadis
commandé
de
puissantes
armées
,
cepen-
dant
vous
n’en
prenez
pas
occasion
de
mépri-
ser,
suivant
l'usage
général,
les
citoyens
ob-
scurs
comme
moi,
né
d'un
père
affranchi;
car
_il
n'importe,
dites-vous,
de
qui
l'on
est
fils,
pourvu
qu'on
soit
bonnête
homme.
Vous
êtes
persuadé,
et
vous
avez
raison,
qu'avant
le
règne
de
Tullius,
qui
porta
sur
le
trône
une
basse
origme,
une
foule
d‘hommes
sans
généalogie
s'élevèrent
par
leur
vertu
aux
dignités
les
plus
hautes
;
tandis
qu’un
Lévinus,
descendant
de
ce
Valérius
Publicola,
qui
chassa
les
Tarquins
de
Rome,
n’a
jamais
été
estimé
plus
d’un
sou,
aux
enchères
même
de
ce
peuple
que
vous
con-
naissez
,
qui
donne
souvent,
insensé!
les
hon-
neurs
aux
moins
dignes
,
adore
stupidement
a
renommée,
et
s'ébahit
devant
des
titres
ct
des
portraits
de
famille
!
Que
devons
-
nous
done
faire,
nous
si
fort
éloignés
des
préjugés
du
peuple
?
Car,
enfin,
soit,
ce
peuple
donnerait
son
suffrage
à
Lévinus
plutôt
qu'à
Bécius,
homme
nouveau
;
et
le
censeur
Appius
n'exclurait
du
sénat
si
je
n'étais
fils
d’un
père
libre.
Ce
serait
bien
fait,
parce
que
j'aurais
dû
rester
SATIRA
VI.
Non,
quia,
Mæcenas,
Lydorum
quidquiä
Etruscos
Incoluit
fines,
nemo
generosior
est
te;
Nec
quod
avus
tibi
maternus
fuit
atque
paternus
,
Olim
qui
magnis
legionibus
imperitarint
,
Ut
plerique
solent
,
naso
suspendis
adunco
Ignotos
,
ut
me
libertino
patre
natum.
Quum
referre
negas
;
quali
sit
quisque
parente
Natus,
dum
ingenuus;
persuades
hoc
tibi
vere,
Ante
potestatem
Tulli
atque
ignobile
regnum,
Multos
sæpe
viros
nullis
majoribus
ortos,
Et
vixisse
probos,
amplis
et
honoribus
auctos
:
Gontra,
Lævinum,
Valeri
genus,
unde
Superbus
Tarquinius
repno
pulsus
fuit,
unius
assis
Non
umquam
pretio
pluris
Heuisse,
notante
Judice,
quem
nest,
populo;
qui
stultus
honores
Sæpe
dat
indignis,
et
famæ
servit
ineptus;
Qui
stupet
in
titulis
et
imaginibus.
Quid
oportet
Nos
facere
,
a
vulgo
longe
lateque
remotos?
Namque
esto;
populus
Lævino
mallet
honorem
Quam
Decio
mandare
novo
:
Gensorque
moveret
HORACE.
tranquille
dans
ma
sphère;
mais
la
gloire
traîne
péle-méle
enchainés
à
son
char
radieux
nobles
et
roturiers.
Que
La
servi,
Tillius,
après
avoir
quitté
le
laticlave,
de
le
reprendre,
et
de
devenir
tri-
bun?
L'envie,
plus
clémente
au
simple
parti-
culier,
s’est
déchaînée
sur
toi;
car
à
peine
un
fou
s'est-il
empêtré
la
jambe
dans
la
bottine
de
chevreau
noir,
à
peine
a-t-il
fermé
sur
sa
poi-
trine
le
lauclave,
qu'il
entend
à
ses
oreilles
:
Quel
est
celui-ci?
quel
est
son
père
?
Supposez.
un
bomme
pris
de
la
maladie
de
Barrus,
la
rage
d'être
beau
garçon;
qu'il
aille
où
il
vou-
dra
il
fait
naître
aux
jeunes
filles
l'envie
da-
nalyser
minutieusement
sa
personne,
sa
fisure,
sa
jambe,
son
pied,
ses
dents,
ses
cheveux.
De
même,
qu'un
individu
s'engage
à
veiller
au
salut
des
citoyens,
de
Rome,
de
l'Italie,
de
l'empire
et
de
la
religion;
il
oblige
tout
le
monde
à
s'informer
soigneusement,
et
quel
était
son
père,
et
sisa
mère
ne
lui
a
pas
trans-
mis
quelque
vice
originel.
«For,
fils
de
Syrus,
de
Dama,
de
Denys,
tu
oseras
précipiter
de
la
roche
tarpéienne
des
citoyens
romains,
les
livrer
à
Cadmus!
>
—Hé!
mais,
Novius,
mon
collègue,
est
encore
d’un
degré
au-dessous
de
moi
;
il
est,
lui,
ce
qu'était
mon
père.
—
Et
là-dessus
tu
te
crois
un
Messala,
un
Paul-Émile!
Ce
Novius,
si
deux
cents
charrettes
et
trois
pompes
funèbres
se
heurtent
dans
le
forum,
sa
voix
tonnera
par-dessus
les
cornéts
et
les
Li
Appius
,
ingenuo
sinon
essem
patre
nafus
;
Vel
merito,
quoniam
in
propria
non
pelle
quiessem.
—
Sed
fulgente
trahit
constrictos
gloria
curru
Non
minus
ignotos
generosis.—
Quo
tibi,
Tilli,
Sumere
depositum
clavum,
fierique
tribuno?
Invidia
accrevit,
privato
quæ
minor
esse.
Nam
ut
quisque
insanus
nigris
medium
impediit
crus
Pellibus,
et
latum
demisit
pectore
clavum,
Audit
continuo
:
«
Quis
homo
hic,
aut
quo
patre
natus
?»
Ut,
si
qui
æprotet,
quo
morbo
Barrus
,
haberi
Et
cupiat
formosus,
éat
quacumque
,
puellis
Injiciat
curam
quærendi
singula
:
quali
Sit
facie,
sura,
quali
pede,
dente,
capillo
:
Sie,
qui
promillit,
cives,
Urbem
sibi
curæ,
Imperium
fore,
et
Italiam
,
et
delubra
Deorum,
Quo
patre
sit
natus
,
num
ignota
matre
iihoneslus
;
Omnes
mortales
curare
et
quærere
cogit.
—Tune
Syri,
Damæ
,
aut
Dionyst
filius,
audes
Dejicere
e
saxo
cives,
aut
(radere
Cadmo
?
—At
Novius
collega
gradu
post
me
sedet
uno.
;
Namque
estille,
pater
quod
erat
meus.—Hoc
tibi
Pautus
Et
Messala
videris?
at
hic,
si
plaustra
ducenta.
£
Concurrantque
foro {ria
funera
;
magna
sonabil,
45
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