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La compréhension de la métaphore dans les images.

Ventalon, Geoffrey

Abstract

La métaphore est une figure de style dans laquelle la signification d’un mot est transférée à un autre mot. Par exemple, l’énoncé « Axel est un renard » est une métaphore pouvant signifier qu’un homme appelé Axel est une personne rusée. La métaphore n’est pas seulement textuelle, elle se présente souvent sous une forme imagée. Par conséquent, l’image d’un homme avec un corps de renard pourra être traduite verbalement par : « cet homme est un renard ». Selon Forceville (2007, 2009), la métaphore picturale se définit en fonction de son type (métaphore contextuelle, métaphore hybride, métaphore de comparaison et métaphore intégrée), de sa structure (métaphore monomodale et multimodale) et de son usage (dans la publicité, dans les campagnes sociales, dans les caricatures politiques ou encore dans l’Art). L’objectif de ce travail est de créer une base de connaissances de métaphores picturales en examinant leur composition (topiques, véhicules). Les cinq études expérimentales réalisées examinent la compréhension de métaphores picturales monomodales de type hybride en se focalisant sur le processus d’attribution de propriétés dans des situations où l’effet de la langue maternelle (française versus espagnole), du contexte, de l’âge et de l’usage de la métaphore est mesuré. Les résultats des trois premières expériences montrent que les participants de langue maternelle française attribuent davantage de propriétés conceptuelles que de propriétés perceptives et parviennent à déterminer l’incongruence d’une propriété tandis que les participants de langue maternelle espagnole attribuent davantage de propriétés perceptives que de propriétés conceptuelles et prennent plus en considération le contexte lors de l’attribution de propriétés. De plus, ils parviennent aussi à détecter l’incongruence d’une propriété vis-à-vis d’une métaphore picturale. Le matériel expérimental ayant été créé par des participants natifs français, ces résultats permettent de mettre en évidence l’effet culturel. Les deux dernières expériences qui portent sur l’influence du domaine : les annonces publicitaires et les caricatures politiques sur la valence positive et négative montrent que les métaphores publicitaires sont jugées plus positivement que les caricatures politiques. La discussion met en évidence les apports et les limites de ce travail qui conduisent à des perspectives de recherche en considérant les travaux contemporains du domaine, l’utilisation d’outils spécifiques (oculomètre) et en élargissant le contexte d’étude de la métaphore à d’autres domaines de la psychologie (Neuropsychologie), d’autres publics (enfants) et des cultures éloignées (coréenne, russe).

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THÈSE DE DOCTORAT EN PSYCHOLOGIE Spécialité : Psychologie Cognitive Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis École doctorale : Cognition, Langage, Interaction EA 4004 – CHArt – Cognitions Humaines et Artificielles Universidad de Sevilla (US) Departamento de Lenguajes y Sistemas Informáticos. Escuela Técnica Superior de Ingeniería Informática Ingeniería Web y Testing Temprano (IWT2) Présentée publiquement le 7 décembre 2017 par VENTALON Geoffrey En vue de l’obtention du titre de Docteur en Psychologie La compréhension de la métaphore dans les images Sous la direction du Pr. Charles TIJUS et du Pr. Maria José ESCALONA CUARESMA Devant le jury composé de : Pr. Charles TIJUS, Université Paris 8, Saint-Denis, Directeur Pr. Maria José ESCALONA CUARESMA, Université de Séville, Séville, Co-directrice Pr. Stéphanie CAILLIES, Université de Reims, Reims, Rapporteure Pr. Pierre-Yves RACCAH, CNRS Orléans, Rapporteur Pr. Francisco José DOMÍNGUEZ MAYO, Université de Séville, Séville, Examinateur Dr. Marianna BOLOGNESI, Université d’Oxford, Oxford, Examinatrice Pr. Farid EL MASSIOUI, Université Paris 8, Saint-Denis, Président 2 Résumé LA COMPRÉHENSION DE LA MÉTAPHORE DANS LES IMAGES La métaphore est une figure de style dans laquelle la signification d’un mot est transférée à un autre mot. Par exemple, l’énoncé « Axel est un renard » est une métaphore pouvant signifier qu’un homme appelé Axel est une personne rusée. La métaphore n’est pas seulement textuelle, elle se présente souvent sous une forme imagée. Par conséquent, l’image d’un homme avec un corps de renard pourra être traduite verbalement par : « cet homme est un renard ». Selon Forceville (2007, 2009), la métaphore picturale se définit en fonction de son type (métaphore contextuelle, métaphore hybride, métaphore de comparaison et métaphore intégrée), de sa structure (métaphore monomodale et multimodale) et de son usage (dans la publicité, dans les campagnes sociales, dans les caricatures politiques ou encore dans l’Art). L’objectif de ce travail est de créer une base de connaissances de métaphores picturales en examinant leur composition (topiques, véhicules). Les cinq études expérimentales réalisées examinent la compréhension de métaphores picturales monomodales de type hybride en se focalisant sur le processus d’attribution de propriétés dans des situations où l’effet de la langue maternelle (française versus espagnole), du contexte, de l’âge et de l’usage de la métaphore est mesuré. Les résultats des trois premières expériences montrent que les participants de langue maternelle française attribuent davantage de propriétés conceptuelles que de propriétés perceptives et parviennent à déterminer l’incongruence d’une propriété tandis que les participants de langue maternelle espagnole attribuent davantage de propriétés perceptives que de propriétés conceptuelles et prennent plus en considération le contexte lors de l’attribution de propriétés. De plus, ils parviennent aussi à détecter l’incongruence d’une propriété vis-à-vis d’une métaphore picturale. Le matériel expérimental ayant été créé par des participants natifs français, ces résultats permettent de mettre en évidence l’effet culturel. Les deux dernières expériences qui portent sur l’influence du domaine : les annonces publicitaires et les caricatures politiques sur la valence positive et négative montrent que les métaphores publicitaires sont jugées plus positivement que les caricatures politiques. La discussion met en évidence les apports et les limites de ce travail qui conduisent à des perspectives de recherche en considérant les travaux contemporains du domaine, l’utilisation d’outils spécifiques (oculomètre) et en élargissant le contexte d’étude de la métaphore à d’autres domaines de la psychologie (Neuropsychologie), d’autres publics (enfants) et des cultures éloignées (coréenne, russe). Mots clés : Métaphore picturale, base de connaissances, sémantique, pragmatique 3 The understanding of pictorial metaphors Abstract THE UNDERSTANDING OF PICTORIAL METAPHORS A metaphor is a figure of speech in which the meaning of one term is transferred to another term. For example, the sentence “Axel is a fox” is a metaphor expressing that a man is smart. However, metaphors can be introduced not only in text, but in pictures as well. For example, the image of a man with the body of a fox can refer to the sentence “this man is a fox.” According to Forceville (2007,2009), a pictorial metaphor can be characterized according to its type (contextual metaphor, hybrid metaphor, simile, and integrated metaphor), its structure (monomodal and multimodal metaphor) and its use (in commercials, social campaigns, political cartoons, or art). The aim of this work is to create a knowledge base of the characteristics of pictorial metaphors (topics, vehicles). Five experimental studies examined the understanding of monomodal pictorial hybrid metaphors by focusing on the property attribution process in several situations concerning the effect of the native language (French versus Spanish), context, age, and use of the metaphor. The results of the first three experiments show that native French speaking participants attribute more conceptual properties than perceptual properties and succeed in determining the incongruence of a property while native Spanish speaking participants attribute more perceptual than conceptual properties and take the context into account when assigning properties. Moreover, they also succeed in detecting the incongruence of a pictorial metaphor’s property. Since the experimental material was created by native French participants, these results make it possible to highlight the cultural effect. The last two experiments concern the influence of the domain. Advertising and political caricatures on positive and negative valence show that advertising metaphors are judged more positively than political cartoons. The discussion section illustrates perspectives of research employed in current studies focused on pictorial metaphor comprehension and the use of specific tools (e.g., the eye tracker). The understanding of pictorial metaphors could be applied to others field of expertise in psychology (e.g., Neuropsychology), other people (e.g., children), and different cultures (e.g., Korean, Russian). Keywords: Pictorial metaphor, knowledge base, semantic, pragmatic 4 Table des matières Résumé ................................................................................................................................................................ 2 Abstract ............................................................................................................................................................... 3 Table des matières .......................................................................................................................................... 4 Introduction ..................................................................................................................................................... 11 PARTIE THÉORIQUE ...................................................................................................................................... 15 Chapitre I. Présentation des concepts clés ........................................................................................... 16 I. Définitions ..................................................................................................................................................... 16 1) La métaphore, une figure de style .................................................................................................. 16 2) Image et métaphore ............................................................................................................................ 17 II. La catégorisation ....................................................................................................................................... 21 1) Introduction ........................................................................................................................................... 21 2) Typologie des propriétés d’objets.................................................................................................. 24 3) Typologie des propriétés d’une image ......................................................................................... 25 Résumé du chapitre ...................................................................................................................................... 25 Chapitre II. Les travaux connexes ............................................................................................................ 27 I. Typologie, structure et genre des métaphores picturales ........................................................... 28 1) Différents types de métaphores picturales ................................................................................ 28 2) Structures des métaphores picturales ......................................................................................... 30 3) L’usage de la métaphore picturale ................................................................................................. 32 II. Théories de la compréhension des métaphores ............................................................................ 35 1) Le traitement de l’information ........................................................................................................ 35 a) La théorie de la pertinence ........................................................................................................... 35 b) La théorie d’inclusion de classes ................................................................................................ 39 2) La compréhension des métaphores picturales ......................................................................... 46 a) Une approche basée sur le transfert de propriétés ............................................................. 46 b) Une approche basée sur les propriétés d’une image et la similarité ............................ 47 c) Une approche basée sur le rôle du contexte ........................................................................... 53 Résumé du chapitre ...................................................................................................................................... 55 Chapitre III. Défis et buts ............................................................................................................................. 59 I. Défis ................................................................................................................................................................. 59 II. Objectifs ........................................................................................................................................................ 60 Résumé du chapitre ...................................................................................................................................... 64 PARTIE EXPÉRIMENTALE ............................................................................................................................ 67 5 Chapitre IV. Expérience 1 : Création de la base de connaissances de métaphores picturales ............................................................................................................................................................... 68 I. Présentation ................................................................................................................................................. 68 II. Méthode ........................................................................................................................................................ 68 1) Participants ............................................................................................................................................ 70 2) Matériel ................................................................................................................................................... 71 3) Procédure ............................................................................................................................................... 71 4) Résultats .................................................................................................................................................. 72 III. Discussion .................................................................................................................................................. 74 Chapitre V. Expérience 2 : Effet d’amorçage dans l’attribution de propriétés des métaphores picturales de type hybrides chez deux pays européens .......................................... 76 I. Présentation ................................................................................................................................................. 76 1) Ce qui a été fait avant .......................................................................................................................... 76 2) Le but de cette expérience ................................................................................................................ 76 II. Méthode ........................................................................................................................................................ 76 1) Participants ............................................................................................................................................ 78 2) Matériel ................................................................................................................................................... 78 3) Procédure ............................................................................................................................................... 79 4) Résultats .................................................................................................................................................. 80 III. Discussion .................................................................................................................................................. 84 Chapitre VI. Expérience 3 : Attribution de propriétés dans la compréhension de métaphores picturales de type hybride de deux pays européens ................................................ 86 I. Présentation ................................................................................................................................................. 86 1) Ce qui a été fait avant .......................................................................................................................... 86 2) Le but de cette expérience ................................................................................................................ 86 II. Méthode ........................................................................................................................................................ 87 1) Participants ............................................................................................................................................ 87 2) Matériel ................................................................................................................................................... 87 3) Procédure ............................................................................................................................................... 87 4) Résultats .................................................................................................................................................. 88 III. Discussion .................................................................................................................................................. 91 Chapitre VII. Expérience 4 : Évaluation des types de propriétés dans la compréhension des métaphores picturales de type hybride ......................................................................................... 93 I. Présentation ................................................................................................................................................. 93 1) Ce qui a été fait avant .......................................................................................................................... 93 2) Le but de l’expérience ......................................................................................................................... 93 II. Méthode ........................................................................................................................................................ 94 6 1) Participants ............................................................................................................................................ 94 2) Matériel.................................................................................................................................................... 94 3) Procédure ............................................................................................................................................... 94 4) Résultats .................................................................................................................................................. 95 III. Discussion .................................................................................................................................................. 97 Chapitre VIII. Expérience 5a : Le traitement de la métaphore en fonction de son usage dans les publicités et les caricatures politiques ................................................................................. 99 I. Présentation ................................................................................................................................................. 99 1) Ce qui a été fait avant .......................................................................................................................... 99 2) Le but de l’expérience ......................................................................................................................... 99 II. Méthode ...................................................................................................................................................... 101 1) Participants .......................................................................................................................................... 101 2) Matériel.................................................................................................................................................. 102 3) Procédure ............................................................................................................................................. 102 4) Résultats ................................................................................................................................................ 104 III. Discussion ................................................................................................................................................ 108 Chapitre IX. Expérience 5b : Évaluation de la métaphore en fonction de son usage dans les publicités et les caricatures politiques ................................................................................................ 110 I. Présentation ............................................................................................................................................... 110 II. Méthode ...................................................................................................................................................... 110 1) Participants .......................................................................................................................................... 110 2) Matériel.................................................................................................................................................. 110 3) Procédure ............................................................................................................................................. 111 4) Résultats ................................................................................................................................................ 111 III. Discussion ................................................................................................................................................ 112 Résumé de la partie expérimentale ...................................................................................................... 113 PARTIE DISCUSSION .................................................................................................................................... 119 Chapitre X. Discussion et conclusion .................................................................................................... 120 I. Nouveaux défis et réflexions ................................................................................................................ 121 III. Perspectives ............................................................................................................................................ 125 III. Conclusion ................................................................................................................................................ 128 References ...................................................................................................................................................... 130 APPENDICES ................................................................................................................................................... 139 Appendice A. Expérience 2 ....................................................................................................................... 140 Appendice B. Expérience 3 ....................................................................................................................... 150 Appendice C. Expérience 4 ........................................................................................................................ 159 7 Appendice D. Expérience 5a ..................................................................................................................... 162 Appendix E. Expérience 5b ....................................................................................................................... 172 Appendice F. Information au sujet des images utilisées dans le cadre de cette thèse ........ 174 Appendice G. Version anglaise de la thèse de doctorat .................................................................. 175 Introduction ................................................................................................................................................... 175 THEORETICAL SECTION ............................................................................................................................. 179 Chapter I. Presentation of key concepts .............................................................................................. 180 I. Definitions................................................................................................................................................... 180 1) The metaphor: a figure of style ..................................................................................................... 180 2) Image and metaphor ......................................................................................................................... 181 II. Categorization process ......................................................................................................................... 184 1) Introduction ......................................................................................................................................... 184 2) Typology of object properties........................................................................................................ 187 3) Typology of properties in images ................................................................................................. 188 Chapter Summary ........................................................................................................................................ 189 Chapter II. Related work ........................................................................................................................... 191 I. Typology, structure, and the use of pictorial metaphors ........................................................... 192 1) Different types of pictorial metaphors ....................................................................................... 192 2) Structures of pictorial metaphors ................................................................................................ 194 3) The use of pictorial metaphors ..................................................................................................... 196 II. Theories of metaphor comprehension ........................................................................................... 199 1) The treatment of the information ................................................................................................ 199 a) Relevance theory ............................................................................................................................ 199 b) Class-Inclusion assertions .......................................................................................................... 203 2) The understanding of pictorial metaphors .............................................................................. 210 a) An approach based on the transfer of property .................................................................. 210 b) An approach based on properties in images and similarity .......................................... 212 c) A context-based approach ........................................................................................................... 220 Chapter Summary ........................................................................................................................................ 222 Chapter III. Challenges and goals ........................................................................................................... 226 I. Challenges ................................................................................................................................................... 226 II. Goals ............................................................................................................................................................ 227 Chapter Summary ........................................................................................................................................ 231 EXPERIMENTAL SECTION .......................................................................................................................... 234 Chapter IV. Experimental study 1: Knowledge base creation ...................................................... 235 I. Presentation ............................................................................................................................................... 235 8 II. Methods ...................................................................................................................................................... 235 1) Participants .......................................................................................................................................... 237 2) Materials................................................................................................................................................ 238 3) Procedure ............................................................................................................................................. 238 4) Results .................................................................................................................................................... 241 III. Discussion ................................................................................................................................................ 244 Chapter V. Experimental study 2: The priming effect on property attribution for pictorial metaphor comprehension ........................................................................................................................ 246 I. Presentation ............................................................................................................................................... 246 1) Reminder of what has been done previously ........................................................................... 246 2) The aim of this experiment ............................................................................................................. 246 II. Methods ...................................................................................................................................................... 247 1) Participants .......................................................................................................................................... 248 2) Materials................................................................................................................................................ 248 3) Procedure ............................................................................................................................................. 249 4) Results .................................................................................................................................................... 250 III. Discussion ................................................................................................................................................ 255 Chapter VI. Experimental study 3: The effect of native language and age on property attribution for pictorial metaphor comprehension ........................................................................ 257 I. Presentation ............................................................................................................................................... 257 1) Reminder of what has been done previously ........................................................................... 257 2) The aim of this experiment ............................................................................................................. 257 II. Methods ...................................................................................................................................................... 258 1) Participants .......................................................................................................................................... 258 2) Materials................................................................................................................................................ 258 3) Procedure ............................................................................................................................................. 258 4) Results .................................................................................................................................................... 259 III. Discussion ................................................................................................................................................ 263 Chapter VII. Experimental study 4: The effect of native language on property attribution for the appreciation of pictorial metaphor ......................................................................................... 265 I. Presentation ............................................................................................................................................... 265 1) Reminder of what has been done previously ........................................................................... 265 2) The aim of the experiment .............................................................................................................. 265 II. Methods ...................................................................................................................................................... 266 1) Participants .......................................................................................................................................... 266 2) Materials................................................................................................................................................ 266 3) Procedure ............................................................................................................................................. 266 9 4) Results .................................................................................................................................................... 267 III. Discussion ................................................................................................................................................ 270 Chapter VIII. Experimental study 5a: The effect of the genre on generating metaphors ... 273 I. Presentation ............................................................................................................................................... 273 1) Reminder of what has been done previously ........................................................................... 273 2) The aim of this experiment ............................................................................................................. 273 II. Methods ...................................................................................................................................................... 275 1) Participants .......................................................................................................................................... 275 2) Materials................................................................................................................................................ 276 3) Procedure ............................................................................................................................................. 276 4) Results .................................................................................................................................................... 278 III. Discussion ................................................................................................................................................ 282 Chapter IX. Experimental study 5b: The effect of the genre on metaphor appreciation .... 283 I. Presentation ............................................................................................................................................... 283 II. Methods ...................................................................................................................................................... 283 1) Participants .......................................................................................................................................... 283 2) Materials................................................................................................................................................ 283 3) Procedure ............................................................................................................................................. 284 4) Results .................................................................................................................................................... 284 III. Discussion ................................................................................................................................................ 285 Experimental Section Summary ............................................................................................................. 286 DISCUSSION SECTION ................................................................................................................................. 292 Chapter X. Discussion and conclusion .................................................................................................. 293 I. Challenges post thesis and afterthought .......................................................................................... 294 III. Perspectives ............................................................................................................................................ 298 III. Conclusion ................................................................................................................................................ 302 List of figures ................................................................................................................................................. 304 List of tables ................................................................................................................................................... 305 16 Chapitre I. Présentation des concepts clés I. Définitions 1) La métaphore, une figure de style La métaphore est une figure de style selon laquelle la signification d’un mot diffère de sa signification littérale (Primi, 2014). Dans une métaphore, ce qui est dit ne correspond pas à ce que sont réellement les choses. Ce phénomène se retrouve dans des métaphores figées telles que les expressions idiomatiques qui n’admettent qu’un seul sens (Marquer, 1994; Caillies & Butcher, 2007, Caillies, 2009, Desai, Conant, Binder, Park & Seidenberg, 2013; Khoshniyat, & Dowlatabadi 2014; Hattouti, Gil & Laval, 2016) par exemple l’expression « il pleut des cordes » pour signifier « la présence d’une pluie orageuse » ou plus généralement de métaphores dans lesquelles la signification d’un terme est utilisée pour qualifier ce qui est désigné par un autre terme, par exemple « Sophie est un glaçon » pour désigner le fait que Sophie est une personne distante. La plupart du temps, la métaphore présente la forme : « T est un V » ou « T » renvoie au topique et « V » renvoie au véhicule. La métaphore précédente : « Sophie est un glaçon » est une métaphore composée du topique « Sophie » et du véhicule « glaçon ». Pour comprendre cette métaphore, Glucksberg et Keysar (1990) suggèrent qu’il faille extraire les propriétés du véhicule et les attribuer au topique. Par exemple, le véhicule « glaçon » appartient à la catégorie des choses froides donc pour comprendre cette métaphore, les individus doivent attribuer au topique « Sophie » des propriétés appartenant à la catégorie des choses froides (Hamilton, 2003). Haley (1995) définit les métaphores comme un signe de similarité avec des éléments qui sont, de base, perçus comme différent. Elles permettent aux gens d’avoir un point de vue particulier sur les évènements (Inkson, 2004). Les topiques et les véhicules des métaphores peuvent faire référence à différents concepts. Lakoff & Johnson (1980) prennent comme exemple la métaphore « Leur relation est une montagne russe », le topique « relation » fait référence au concept « Amour » et le véhicule « montagne russe » fait référence au concept « aventure » générant ainsi la métaphore conceptuelle suivante : « L’Amour est une aventure ». 17 Franquart-Declercq & Gineste (2001) suggèrent au moins quatre types de métaphores supplémentaires : 1) les comparaisons métaphoriques telles que « T est comme un V » comme dans « Carina est comme un bijou ». La comparaison est introduite par le terme « comme », 2) L’énoncé métaphorique sans topique : « Quel bijou ! » si le locuteur est en train de parler d’autre chose que d’un bijou, 3) la métaphore adjectivale comme dans « une idée tordue » et 4) les métaphores organisées autour d’un verbe comme dans « la pauvreté assassine la vertu ». Le texte n’est pas le seul mode de présentation d’une métaphore (Stewart & Heredia, 2002). En effet, la métaphore peut aussi être dépeinte sur une image. Les définitions suivantes introduisent le concept d’image et répondent à la question suivante : « Qu’est-ce qui donne le caractère métaphorique à une image ? » en considérant le modèle de Forceville (1995). 2) Image et métaphore L’une des contributions majeures dans le domaine de la métaphore picturale est celle de Charles Forceville. Forceville (1995) suppose que toutes les métaphores picturales peuvent être traduites verbalement sous la forme « T est un V ». L’auteur a défini les critères permettant de considérer une entité visuelle comme métaphorique. Ces critères sont obtenus en répondant aux cinq questions suivantes : quels sont les deux termes de la métaphore ? Quel est le topique (T) et quel est le véhicule (V) ? Quelles sont les propriétés du véhicule qui peuvent être transférées au topique ? Pour tester son modèle, Forceville (1995) a réalisé une expérience en utilisant trois affiches publicitaires de la société américaine IBM. Dans chacune des trois affiches, le logo de la société IBM était représenté de couleur bleu et blanc. Chacune des trois affiches comprenait en outre un objet de couleur bleu et blanc. Ceci revenait à associer IBM à l’objet en question. Une métaphore pouvait ainsi être créée en associant la marque (topique) à l’objet (véhicule). La première affiche (i.e. affiche A) présentait un phare de couleur bleu et blanc : de sorte que la métaphore « IBM est un phare » puisse être générée. Sur la deuxième affiche (affiche B), un diapason était présenté de couleur bleu et blanc, ainsi la métaphore « IBM est un diapason » pouvait être générée. Enfin, sur la troisième affiche (affiche C), une paire d’avirons était représentée de couleur bleu et blanc, ainsi la métaphore « IBM est une paire d’avirons » pouvait être générée. L'auteur voulait savoir 18 comment les participants interprétaient ces affiches publicitaires et s’ils étaient capables d’identifier des métaphores sans avoir été explicitement informés de la nature métaphorique des affiches. Pour ce faire, les participants étaient invités à suivre successivement les quatre consignes suivantes : 1) décrivez avec vos propres mots les affiches A, B et C ; 2) décrivez vos impressions personnelles et les associations auxquelles ces affiches vous font penser ; 3) selon vous, quel message le publicitaire a-t-il voulu créer ? 4) quelles preuves pouvezvous trouver sur chacune des affiches pour justifier qu'il s'agit effectivement du message que le publicitaire veut communiquer ? Les participants répondaient à chacune des quatre consignes pour les trois affiches. Pour savoir si les participants avaient conscience de la métaphore dans chacune des affiches, Forceville (1995) a porté une attention particulière à leur capacité à faire le rapprochement entre les couleurs du logo IBM et celles d’un autre objet de l’image (la relation picturale). Il relevait si les participants mentionnaient ou non une propriété de l’objet bleu et blanc et s’ils attribuaient cette propriété à IBM (la relation sémantique). Par exemple, les participants pouvaient mentionner le phare qui est de couleur bleu et blanc et mentionner une propriété du phare dans l’affiche A (éclaire) et dire que cette propriété est attribuée à IBM (éclaire), car IBM est de couleur bleu et blanc. Les résultats montrent que 40 des 43 participants ont détecté la présence de métaphores dans les affiches. Autrement dit, 40 participants ont fait le rapprochement entre les couleurs du logo IBM et celles de l’objet de la même couleur, selon l’image (le phare, le diapason ou la paire d’avirons). Forceville (1995) s’est intéressé aux propriétés du véhicule que les participants attribuaient au topique. L’auteur a regroupé les propriétés données pour chaque image dans des catégories qu’il a lui-même créées. Pour la première affiche (IBM est un phare), trois catégories majeures ont pu être établies (i.e. sûreté, robustesse, qualité). Pour la deuxième affiche (IBM est un diapason), sept catégories ont pu être créées grâce aux verbalisations des participants (qualité, harmonie, fiabilité, nécessité, omniprésence, art et orientation). Pour la troisième affiche (IBM est une paire d’avirons), trois autres catégories ont pu être créées (progrès, tranquillité et omniprésence). Ces résultats montrent que la signification de certaines métaphores picturales peut être partagée par les individus (affiche A et affiche C) tandis 19 / 20 change (Glucksberg, McGlone & Manfredi, 1997). En effet, la métaphore « Mon boucher est un chirurgien » n’a pas la même signification que la métaphore « Mon chirurgien est un boucher ». Dans le premier énoncé, les propriétés du « chirurgien » sont attribuées au « boucher ». Une compréhension de cette métaphore pourrait être que « le boucher est un individu méticuleux ». En revanche, dans le deuxième énoncé, les propriétés du « boucher » sont attribuées au « chirurgien ». Une compréhension de cette métaphore pourrait être que « le chirurgien manque de finesse dans ses mouvements ». Sur une image, le topique et le véhicule peuvent être devinés grâce au contexte pictural (Forceville, 1998, p. 111). Par exemple, une image peut illustrer un homme avec un corps de renard pour signifier que « cet homme est un renard » où « homme » est le topique et « renard » est le véhicule. Les personnes peuvent attribuer des propriétés du chameau à l’homme pour comprendre cette image. Si les métaphores picturales étaient réversibles comme le soutient Carroll (1994, 1996), alors en inversant le topique et le véhicule, la signification serait la même. Cela produit deux effets : le premier est que les propriétés attribuées à la métaphore « cet homme est un renard » ne sont pas les mêmes que les propriétés attribuées à la métaphore « ce renard est un homme » (« ruse et perfidie » pour « cet homme est un renard » contre « station debout et prestance » pour « ce renard est un homme »). Le deuxième effet est que « cet homme est un renard » semble usuel tandis que « ce renard est un homme » ne l’est pas comme si s’appliquait un principe de subsidiarité qui détermine que, dans ce cas de figure (un homme est cet animal), le niveau inférieur (le topique) a plus de propriétés que le niveau supérieur (le véhicule). Selon Glucksberg, Newsome et Goldvarg (2001), ce principe d’inclusion sémantique non réversible (un homme est un animal) permettrait de rejeter la signification littérale d’un énoncé et d’accéder directement à la signification métaphorique en éliminant toutes significations non pertinentes et inconcevables pour l’individu (un animal ne peut pas être un homme, mais un homme peut être un animal). Dans la métaphore picturale, ce principe de subsidiarité pourrait aussi expliquer la raison pour laquelle une image représentant un homme avec un corps de renard se traduit par la métaphore verbale « cet homme est un renard » plutôt que « ce renard est un homme ». Pour cette raison, les métaphores picturales ne semblent pas être réversibles (Forceville, 2002). 21 Concernant l’homospatialité, selon la classification de Forceville (2007), il existe d’autres types de métaphores pour lesquels le critère d’homospatialité ne s’applique pas. C’est le cas, par exemple, des comparaisons picturales pour lesquelles le topique et le véhicule sont représentés séparément dans l’image. La classification de Forceville (2007) qui est abordée dans le Chapitre II. Ainsi, l’homospatialité n’est pas un critère nécessaire pour considérer une image comme une métaphore picturale. Dans cette partie, la définition de la métaphore comme une figure de style et sa représentation dans une image ont été explicitées. Le prochain point aborde le processus de catégorisation pour expliquer la compréhension. II. La catégorisation 1) Introduction Pour traiter les informations de l’environnement, les individus sollicitent leur attention. Dans la lignée de Kahnman (1973), Camus (1996) met en avant le fait que l’attention est limitée et que les individus ne sont pas en mesure de traiter la totalité des informations présentes dans l’environnement. C’est pourquoi la catégorisation est nécessaire. Dans la lignée de Eco (1997), Helie et Ashby (2012) et Gaillard et Urdapilleta (2014) considèrent que la catégorisation permet de simplifier autant que possible le monde, car celui-ci est très complexe. Les individus cherchent les similarités et les différences entre les objets (Gaillard & Urdapilleta, 2014, p. 15). Tijus (2001, p. 98) définit la catégorisation comme le fait de créer une catégorie ou bien d’assigner un objet à une catégorie existante. La création d’une catégorie requiert la prise en compte des propriétés d’un objet. Une catégorie regroupe plusieurs objets qui partagent des propriétés communes. En outre, pour assigner un objet à une catégorie existante, la prise en compte des propriétés qu’il partage avec les autres objets de la catégorie est essentielle. Tijus (2001, p. 101), distingue trois types de catégorisations : 1) la catégorisation relative à la connaissance (considérer que les pommes, les poires et les fraises appartiennent à la catégorie des « fruits »), 2) la catégorisation relative au contexte (les vêtements portés par un individu) et 3) la 22 catégorisation relative aux actions dépendant du but à atteindre (en fonction de la situation, les individus activent une catégorie qui leur permet de savoir comment agir). La catégorisation est utile, car elle permet d’inclure une famille d’éléments partageant des propriétés communes sous le même mot (Tijus, 2001). Par exemple, les personnes peuvent utiliser le mot « chaise » pour décrire tous les types de chaises. En outre, la catégorisation permet de transférer les propriétés d’un objet qui ne sont pas observable, par exemple, « si c’est un oiseau, alors il va voler » (Tijus, 2001, p. 99). La catégorisation est un outil puissant permettant de faire des inférences (Tijus & Cordier, 2003). La présente thèse étudie la compréhension des métaphores picturales en utilisant le principe de catégorie attributive. Selon Tijus et Cordier (2003), les catégories sont de différentes natures (naturelle, légale, contextuelle, etc.). Dans chaque catégorie, il y a des exemplaires qui possèdent des propriétés. Le prochain point présente les natures des catégories avant de définir la typologie des propriétés d’objet et les propriétés d’une image. Tijus et Cordier (2003) distinguent sept catégories : 1) la catégorie superordonnée, 2) la catégorie supra-ordonnée, 3) la catégorie naturelle, 4) la catégorie légale, 5) la catégorie contextuelle, 6) la catégorie ad hoc et 7) la catégorie du dictionnaire. La catégorie superordonnée est définie comme étant la catégorie la plus générale du processus de catégorisation. Par exemple, une image peut représenter un homme avec un corps de chameau. Verbalement, cette métaphore correspond à « cet homme est un chameau ». Pour comprendre cette métaphore, les individus doivent prendre en considération le véhicule « chameau » et se demander à quoi le chameau fait référence. Un chameau est un animal. « Animal » est la catégorie superordonnée dans laquelle se trouve l’exemplaire « chameau ». La catégorie supra-ordonnée donne des informations plus précises. Dans le processus de catégorisation, la catégorie supra-ordonnée est activée après la catégorie superordonnée. Dans l’exemple « cet homme est un chameau », le véhicule « chameau » appartient à la catégorie superordonnée « animal ». En outre, un chameau est un camélidé. Le mot « camélidé » est plus précis que le mot « animal », car il fait référence à une famille d’animaux particulière. « Camélidé » est une catégorie supra-ordonnée de la 23 catégorie superordonnée « animal ». Elle est plus spécifique que la catégorie superordonnée. La catégorie supra-ordonnée regroupe les catégories naturelles, légales, contextuelles, ad hoc ainsi que les catégories du dictionnaire (Tijus & Cordier, 2003). Les catégories naturelles sont les catégories qui sont apprises dans la vie quotidienne. Elles sont influencées par la culture et la connaissance générale. Par exemple, la catégorie « école » possède plusieurs exemplaires tels que « collège », « lycée » et « université ». Il s’agit d’une catégorie naturelle, car plusieurs noms d’établissements scolaires y sont regroupés. Afin de montrer l’influence de la culture, considérons une autre catégorie naturelle « les personnages de Noël » qui regroupent les exemplaires « Père Noël » pour les natifs français et « Saint Nicolas » pour les natifs belge. Pendant la période de Noël, l’individu qui apporte les cadeaux aux enfants français est le « Père Noël » tandis qu’en Belgique il s’agit de « Saint Nicolas ». Les catégories légales sont relatives aux textes de loi. La catégorie légale « Droit de vote » possède les exemplaires suivants : « Droit de vote pour les hommes » et « Droit de vote pour les femmes ». Les catégories contextuelles suggèrent que le contexte aide à mieux comprendre un évènement. Par exemple, le mot « avocat » peut faire référence à un fruit, mais aussi à une profession. Le contexte permet de lever l’ambiguïté. Si la personne se trouve dans un contexte de déjeuner, elle saura que le mot « avocat » fait référence au fruit tandis que si le contexte suggère le divorce d’un mari et de sa femme, l’individu saura que le mot « avocat » fait référence à la profession. Les catégories ad hoc suggèrent que, selon la situation, les personnes savent comment agir. Par exemple, si l’alarme incendie retentit dans une salle de classe, les étudiants peuvent activer la catégorie « présence de feu ». De cette manière, ils savent qu’ils doivent se diriger vers l’extérieur, attendre les instructions, etc. Enfin, les catégories du dictionnaire regroupent l’ensemble des catégories présentes dans le dictionnaire comme les « noms », « adjectifs » et les « adverbes ». Toutes les catégories ont des exemplaires et tous les exemplaires ont des propriétés. Poitrenaud, Richard et Tijus (2005) proposent une typologie des propriétés d’objets. Dans les deux prochaines parties, deux typologies sont présentées. D’abord, les propriétés d’objets (Poitrenaud, Richard & Tijus, 2005) qui sont relatives à la perception, 24 au traitement et à la compréhension de l’agencement des éléments sur une image. Puis, étant donné que cette thèse porte sur la compréhension des métaphores dans une image, la typologie des images suggérée par Ojha (2015) est présentée. 2) Typologie des propriétés d’objets Poitrenaud, Richard et Tijus (2005) ont déterminé quatre types de propriétés d’objets : 1) les propriétés de surface, 2) les propriétés structurales, 3) les propriétés fonctionnelles et 4) les propriétés procédurales. Nous illustrons la typologie des propriétés d’objets en examinant les propriétés d’une bouteille d’eau. Les propriétés de surface concernent l’apparence d’un objet. En d’autres mots, il s’agit de ce que l’objet montre comme sa couleur, sa taille (Biederman & Cooper, 1992; Vatavu & Zaiti, 2013) sa forme (Belongie, 2002; Van Weelden, Maes, Schilperoord & Swerts, 2012), sa texture et son poids (Lupo & Barnett-Cowan, 2015). Les individus ont accès à ces propriétés, car elles sont directement observables. Les individus peuvent communiquer, mesurer la couleur, évaluer la taille et le poids d’un objet. La bouteille d’eau est transparente. Il peut s’agir d’une grande bouteille ou d’une petite bouteille. La texture de la bouteille peut être en plastique ou en verre. Les propriétés structurales concernent la structure d’un objet. Chaque partie d’un objet est reliée pour créer un objet unique. La bouteille d’eau possède un récipient qui permet de stocker de l’eau et d’un bouchon permettant de conserver l’eau à l’intérieur du récipient. Les propriétés fonctionnelles sont relatives à l’utilité d’un objet. L’utilité est liée à la structure d’un objet. Une bouteille d’eau permet de conserver du liquide dans un récipient. Les propriétés procédurales sont relatives à l’utilisation d’un objet. Les personnes doivent réaliser des actions spécifiques pour utiliser des objets. Les propriétés procédurales concernent l’interaction entre l’utilisateur et l’objet. Concernant l’utilisation de la bouteille d’eau, les individus doivent saisir le récipient avec leur main, enlever le bouchon de la bouteille avant de diriger le goulot vers leur bouche pour boire le contenu de la bouteille. 25 3) Typologie des propriétés d’une image Ojha (2015) a déterminé deux types de propriétés d’une image : 1) les propriétés perceptives et 2) les propriétés conceptuelles. Nous présentons la typologie de propriétés d’une image suggérée par Ojha (2015) en examinant les propriétés de la métaphore picturale d’un homme avec un corps de chameau. Les propriétés perceptives font référence aux propriétés qui sont directement observables sur une image comme la couleur (marron), la forme (bossu) ou la taille (grand). Les propriétés conceptuelles sont les propriétés qui ne sont pas directement visibles sur une image. Elles sont influencées par la culture et elles requièrent une connaissance générale. Les propriétés conceptuelles de la métaphore picturale représentant un homme avec un corps de chameau peuvent être, par exemple, « désagréable », « boit beaucoup d’eau » ou encore « moyen de transport ». Le caractère désagréable, le fait que l’homme boive beaucoup d’eau et qu’il soit un moyen de transport ne sont pas des propriétés observables sur l’image. L’attribution de ces propriétés est due à la culture et à la connaissance générale. En outre, le choix des propriétés à attribuer peut changer d’un individu à l’autre. Résumé du chapitre Ce chapitre introductif illustre le contexte global de la thèse. Il présente tout d’abord la définition de la métaphore et son application dans une image. Ensuite, la catégorisation, la typologie des propriétés d’objets et la typologie des propriétés d’une image sont présentées dans l’optique d’examiner la compréhension de la métaphore. La métaphore La métaphore est une figure de style dans laquelle la signification d’un terme est transférée à un autre terme. Cette thèse porte sur les métaphores qui ont pour forme : « T est un V » où « T » renvoie au topique et « V » renvoie au véhicule. 32 L’ennemi pourrait apparaitre beaucoup plus grand que le héros pour symboliser l’idée de puissance. Dans cet exemple, il n’est pas nécessaire de lire un long texte pour se rendre compte que l’ennemi est fort puisque sa force est illustrée par la place qu’il prend sur le dessin. Le deuxième type de métaphore multimodale le plus souvent rencontré est celui où le texte est dominant par rapport à l’image. C’est surtout le cas lorsque la métaphore est exprimée verbalement par un personnage. Par exemple, un dessin pourrait représenter un antagoniste qui prononce la phrase suivante : « Je suis la Mort ». Le troisième type de métaphore est la métaphore multimodale complémentaire où le texte et l’image se complètent mutuellement et permettent ainsi de créer une situation métaphorique multimodale. Dans ce cas de figure, on pourrait imaginer une situation dans laquelle le personnage a une cocotte-minute à la place de la tête et qu’une bulle de dialogue présente le texte : « Je suis crevé ». Dans cet exemple, le dessin et le texte sont complémentaires pour comprendre la métaphore multimodale. Outre la compositionnalité externe (monomodale ou multimodale) et interne (présence et relations entre le topique et le véhicule), les métaphores picturales se distinguent aussi par l’usage du message que la métaphore véhicule. Utiliser une métaphore dans une publicité n’a pas le même but qu’utiliser une métaphore dans une caricature politique. Le prochain point porte sur le genre de la métaphore picturale. 1) L’usage de la métaphore picturale Une métaphore peut être utilisée dans le cadre d’une publicité ou d’une caricature politique. Dans le domaine de la publicité, l’objectif est de faire acheter un produit. Les métaphores s’avèrent être un excellent outil pour promouvoir un produit (Urios-Aparisi, 2009, p. 96). Van Mulken, Van Hooft et Nederstigt (2014) ont d’ailleurs indiqué que la compréhension d’une publicité était meilleure lorsque celle-ci illustrait une métaphore. Dans ces publicités, la métaphore peut être monomodale en dépeignant une image seule, ou multimodale quand cette image est accompagnée d’un texte. Les publicités à caractère métaphorique peuvent être centrées sur la prévention (Gardner & Luchtenberg, 2000), par exemple, prévenir les dangers du tabac. Les publicités peuvent aussi être créées afin de convaincre la personne à acheter (Forceville, 1998; Bateman, 2014 p. 137) en utilisant 33 la persuasion pour arriver au but espéré (Koller, 2009; Burgers, Konijin, Steen, & Iepsma, 2015). Alousque (2015) a souligné l’existence de trois facteurs qui mettent en évidence le rôle de l’image dans la publicité : son attractivité, sa haute qualité et ses propriétés particulières. En effet, le message commercial communiqué se doit d’imposer une présence sensuelle et séduisante (Scott, 1996) afin de convaincre le consommateur d’acheter un produit (De La Rosa, 2009). Dans la lignée de Bolen (1984), Gardner et Luchtenberg (2000) rapportent que pour être efficace, une publicité doit être vraisemblable, simple, facile à lire, créer une connotation positive et compréhensible. Pour cela, le publicitaire doit aussi prendre en considération l’utilisation de clichés et de superlatifs pour un meilleur effet. L’utilisation de gros titres est aussi recommandée pour accroître les effets positifs des métaphores picturales sur le consommateur (Bergkvist, Eiderbäck & Palombo, 2012). Enfin, le créateur de l’image doit s’assurer que le contexte est suffisamment explicite et fourni en informations afin d'éviter que des interprétations concurrentes entravent la compréhension du message qu'il souhaite communiquer. Les métaphores picturales génèrent davantage d’interprétations alternatives lorsque le contexte n’apporte pas suffisamment d’informations (McQuarrie & Phillips, 2005). De Carlos (2012) a exploré les effets culturels dans la création des métaphores picturales publicitaires ainsi que les stratégies mises en place dans la création d’une publicité dans quatre langues et cultures différentes (anglaise, espagnole, française et japonaise). L’auteure s’est particulièrement intéressée aux publicités de parfums d’hommes et de femmes ainsi qu’aux publicités de montres pour hommes et de montres pour femmes dans une optique comparative. Elle a pris en considération les caractéristiques visuelles des publicités c’est-à-dire la position des éléments, les couleurs utilisées et leur signification, l'image et les impressions que les consommateurs ressentent lorsqu’ils regardent cette publicité. En outre, un intérêt a été porté aux caractères textuels comme la position du texte (s’il y en avait un), la police d’écriture ainsi que la signification du texte. Les résultats montrent que les effets de la culture sont limités pour les langues anglaises, espagnoles et françaises alors qu'ils sont notables par comparaison avec la langue et la culture japonaise. L’auteure donne pour exemple la couleur rose qui symbolise les samouraïs au Japon et qui a, par conséquent, une connotation très masculine alors qu’elle fait référence à la romance en Angleterre et à la couleur dédiée aux filles en France et en Espagne. 34 Dans le domaine encore peu étudié de la caricature politique, le deuxième usage abordé dans l’étude des métaphores picturales, celles-ci servent à critiquer un aspect de la vie sociale, culturelle ou politique en y ajoutant souvent une dose d’humour (El Refaie, 2009, p. 176). El Refaie (2009, p. 173-192) a réalisé une expérience pour mettre en évidence la façon dont les caricatures politiques sont comprises. L’auteure a interrogé 25 personnes âgées de 16 à 19 ans sur leur compréhension de cinq caricatures à propos des élections présidentielles américaines. Par exemple, elle a présenté l’image d’un bébé ayant la tête d’un homme politique (i.e. George W. Bush). Une boite d’allumettes se trouve au premier plan avec l’inscription « 4 ans de plus » et en arrière-plan il y a des flammes. Les caricatures étaient présentées dans un journal et les participants devaient dire à l’expérimentateur comment ils comprenaient les images en verbalisant à voix haute l’interprétation qu’ils faisaient des différentes caricatures politiques. Les participants pouvaient s’aider, s’ils le souhaitaient, des informations contenues dans le journal. En outre, des questions étaient posées pour guider la réflexion des participants, par exemple : « Pouvez-vous reconnaître des personnages dessinés ? », « Comment décririez-vous leur humeur ? », « Quel message pensez-vous que le dessinateur ait voulu communiquer avec ce dessin ? », « À quoi pensezvous quand vous regardez le dessin ? » Les résultats montrent que la familiarité et un niveau de connaissance générale suffisant jouent des rôles déterminants dans la compréhension des caricatures politiques. Concernant l’image de l’ancien président des États-Unis représenté en tant que bébé, il était nécessaire que les participants se rendent compte qu’il s’agissait d’un personnage en particulier. La reconnaissance de ce personnage a un impact direct sur la compréhension de l’image et peut influencer les inférences sur d’autres éléments présents, par exemple l’inscription « 4 ans de plus » qui fait référence à la durée du mandat d’un président aux États-Unis. El Refaie (2009, p. 191-192) souligne en outre la difficulté à recueillir des données fiables, car les participants n’étaient pas nécessairement habitués à commenter des caricatures politiques. Dans la seconde partie du Chapitre II, nous présentons d’abord deux théories non exclusives de la compréhension des métaphores verbales : 1) la théorie de la pertinence 35 (Sperber & Wilson, 1989) et 2) la théorie d’inclusion de classes (Glucksberg & Keysar, 1990). Dans le cadre de cette thèse, nous étudions la compréhension des métaphores picturales en appliquant les principes de la théorie d’inclusions de classes. En outre, la cinquième expérience présentée dans cette thèse examine les choix des participants sur la sélection d’informations qu’ils jugent pertinentes pour la création de publicités et de caricatures politiques. Le Chapitre II présente ensuite trois approches non exclusives examinant la compréhension des métaphores picturales : 1) une approche basée sur le transfert de propriétés en présentant une étude de Ventalon, Tijus, Escalona Cuaresma et Domínguez Mayo, (2017b), 2) une approche basée sur les propriétés d’une image (Ohja, 2015) et sur la similarité (Indurkhya & Ojha, 2013) et 3) une approche basée sur le contexte (Yus, 2009). I. Théories de la compréhension des métaphores 1) Le traitement de l’information a) La théorie de la pertinence La théorie de la pertinence a été introduite dans le domaine de la linguistique par Sperber et Wilson (1989). Basée sur les recherches de Grice, la théorie de la pertinence présuppose que le locuteur utilise tout ce qu’il pense être pertinent pour exprimer ses idées dans une optique de communication. Quand ils communiquent, les individus doivent prendre en considération le public auquel ils s’adressent (Carvalho, 2002). Considérons l’exemple suivant : « Un professeur dispense un cours de psychologie cognitive à des étudiants en licence de première année à l’université. Il va essayer de parler d’une façon particulière qui permettra aux étudiants de première année de comprendre les concepts que leur professeur souhaite leur faire acquérir. Si ce même professeur dispense un cours de psychologie cognitive à des étudiants en deuxième année de master, il n’emploiera probablement pas le même vocabulaire puisque les étudiants de master 2 sont censés être un public plus expert ». La théorie de la pertinence a pour origine les travaux de Grice. Grice a travaillé sur la signification. Il a fait une distinction entre la signification naturelle et la signification 36 non naturelle. La signification naturelle présuppose que si évènement a lieu alors la conséquence prévue à cet évènement doit arriver aussi auquel cas la situation serait considérée comme étrange. Clark (2013) prend l’exemple de tâches qui font référence à la rougeole, « si les individus ont des tâches, alors ils doivent avoir la rougeole ». D’après Clark (2013), il serait étrange que des gens qui ont des tâches n’aient pas la rougeole. En ce qui concerne la signification non naturelle, elle fait référence à l’intention d’une personne de faire comprendre quelque chose à quelqu’un à l’aide, par exemple, d’un discours, d’une image, d’un symbole, etc. Clark (2013) prend l’exemple d’une icône de bus qui sert à indiquer que le bus est plein. Si le chauffeur allume cette icône, cela signifie qu’il a l’intention d’indiquer que le bus est plein. Cependant, le bus n’est peut-être pas plein et d’autres facteurs sont à prendre en compte (le chauffeur ne prend plus de voyageur, car il est en retard et qu’il n’a pas le temps de s’arrêter pour que d’autres personnes montent dans le bus). Grice est aussi connu pour ses travaux concernant les maximes de conversation. Les gens doivent coopérer entre eux pour être compréhensible. Grice a proposé quatre maximes : 1) la maxime de qualité, 2) la maxime de quantité, 3) la maxime de relation et 4) la maxime de manière. La maxime de qualité consiste à ce que les gens ne disent pas quelque chose qu’ils pensent être faux ou qu’ils ne parlent pas de quelque chose s’ils ne possèdent pas suffisant de preuves à ce sujet. Selon Clark (2013, p. 58), une personne doit répondre « oui » seulement si elle est d’accord. Toujours selon l’auteur, si un individu A demande où se trouve la poste et que son interlocuteur ne connait pas la réponse, l’individu A ne s’attend pas à obtenir des informations de cet interlocuteur. La maxime de quantité suppose qu’il n’est pas nécessaire de donner plus d’informations que ce qui est requis. Clark (2013, p. 57) prend l’exemple suivant : un individu demande à un autre où se trouve la poste. Si la maxime de quantité est respectée, celui qui pose la question s’attend à ce que l’autre réponde quelque chose comme : « Prenez la deuxième sortie après les feux tricolores, près de la mairie » plutôt que « d’abord, levez votre jambe gauche, placez-la devant. Ensuite, levez votre jambe droite et posez-la au sol » ou encore « marchez ». 37 La maxime de relation signifie que les gens doivent parler à propos de quelque chose de pertinent sur le sujet. Par exemple, Clark (2013, p. 58) dit qu’il est incontestable de considérer que : « j’ai une démangeaison vraiment bizarre derrière mon oreille » n’est pas pertinent si la phrase précédente porte sur le fait qu’une personne ai regardé un programme fantastique à télévision la nuit dernière. Enfin, la maxime de manière requiert d’éviter l’obscurité dans l’expression et l’ambigüité. Les individus doivent être brefs et organiser leur idée de façon méthodique. Clark (2013, p. 59) suggère qu’il serait étrange de dire quelque chose comme « des précipitations liquides sont prévues ce soir » plutôt que « il va pleuvoir cette nuit ». Les contributions de Grice ont permis d’élaborer la théorie de la pertinence proposée par Sperber et Wilson (1989). Clark (2013) rapporte que l’ensemble des maximes suggérées par Grice sont les cibles d’incongruence et la théorie de la pertinence trouve son origine les problèmes rencontrés en étudiant la théorie de Grice. Sperber et Wilson (1989) mettent en avant l’interaction entre la personne qui parle (individu A) et la personne qui écoute (individu B). Dans une situation de communication, l’individu A dit quelque chose (proposition exprimée) et l’individu B comprend quelque chose (proposition inférée). Ce que comprend l’individu B et ce que dit l’individu A peut être différent. La théorie de la pertinence considère que ces deux propositions sont indépendantes. Clark (2013, p. 77) indique qu’il y a l’expression linguistique sélectionnée par l’individu A et que ce que comprend l’individu B relève d’un principe pragmatique. La théorie de la pertinence ne prend pas en compte les maximes de conversation, car cellesci y sont directement intégrées. La théorie de la pertinence est une théorie proposée par Sperber et Wilson (1989). Elle repose sur deux principes : 1) le principe cognitif de la pertinence et 2) le principe communicationnel de la pertinence. Le principe cognitif de la pertinence repose sur le fait qu’une information doit posséder un maximum d’effet cognitif pour un minimum d’effort cognitif afin d’être pertinente. L’effet cognitif se mesure par la possibilité d’engendrer de multiples situations à partir d’une situation initiale. Pour illustrer l’effet cognitif, Clark (2013, p. 99-10) prend comme exemple le fait qu’il marche dans la rue et qu’il voit un pigeon. Il considère que cette situation est pertinente dans la mesure où cette situation a une influence sur sa façon 38 de marcher (ralentir, garder à un œil sur le pigeon pour être sûr de ne pas lui marcher dessus ou que le pigeon vole vers lui). Selon Clark (2013), le nombre d’actions qui découlent d’une situation définit la force de l’effet cognitif. Plus le nombre d’actions possibles est élevée, plus l’effet cognitif est fort. Concernant l’effort cognitif, Clark (2013, p. 104-105) plus une situation demande un effort mental important pour être comprise, moins elle est pertinente. L’auteur prend comme exemple une situation dans laquelle un homme pose la question suivante : « Estce qu’il pleut ? » si la réponse donnée est : « Oui, il pleut et il a plu à Aberdeen le 2 juillet 1864 » elle est moins pertinente que la réponse « oui, il pleut », car elle demande plus d’effort cognitif. Selon Clark (2013), à aucun moment la situation ne fait référence au temps qu’il a fait à Aberdeen le 2 juillet 1864, l’information donnée n’est donc pas pertinente. Le deuxième principe est le principe communicationnel. Il repose sur l’interaction entre l’émetteur d’un message et le destinataire. Lorsqu’il parle, l’individu exprime ses croyances dans l’espoir d’être compris par les gens qui l’écoutent. Il va utiliser les mots et les expressions qu’il pense être les plus pertinents pour être le mieux compris. Certains auteurs pensent que si la communication de l’émetteur est comprise par le destinataire, cela devient une communication partagée et c’est la force de cette communication qui détermine la pertinence du dialogue (Huang & Yang, 2015). Toutefois, Keckses (2014) réfute cette idée en mettant en évidence que l’émetteur et le destinataire ont des rôles différents à jouer. Le destinataire doit être en mesure de comprendre le message de l’émetteur en prenant en considération le fait qu’il y a ce que l’émetteur veut dire et ce que le message prononcé implique. L’étude de la théorie de la pertinence adaptée à la métaphore est en somme intéressante puisque, dans la métaphore, la personne utilise un langage figuré au plus loin de ce que sont les choses en réalité, par exemple, dire que Guy est un singe pour signifier qu’il est farceur (Pudelko et al. 1999). L’une des questions qui se pose est donc : « Est-il plus pertinent d’utiliser la métaphore dans certains contextes que de dire les choses telles qu’elles sont au sens littéral ? » (Dire qu’un homme est un renard est-il plus pertinent que de dire qu’il est rusé ?) Certains auteurs pensent que le sens métaphorique est accessible aussi rapidement que le sens littéral, c’est le cas de Gluksberg et de sa théorie d’inclusion de classes. 39 b) La théorie d’inclusion de classes La théorie d’inclusion de classes est une théorie proposée par Glucksberg et Keysar (1990). Ces auteurs suggèrent que les individus comprennent les énoncés métaphoriques en ayant recourt à la catégorisation. Prenons l’exemple suivant : « Carina est un bijou ». Il s’agit d’une métaphore composée d’un véhicule (bijou) qui qualifie un topique (Carina). Pour comprendre cette métaphore, les individus transfèrent une propriété du véhicule au topique. Deux facteurs peuvent être pris en compte pour comprendre une métaphore : 1) la conventionalité et 2) la pertinence de la métaphore. La conventionalité se définit par la force d’association entre le véhicule et sa propriété figurée. La pertinence de la métaphore suppose que la métaphore est appropriée, car la propriété du véhicule à attribuer au topique est pertinente. Par exemple, la métaphore « les danseurs peuvent être des papillons » est plus pertinente que « les joueurs de football sont des papillons », car la propriété des papillons attribuée (gracieux) est plus adéquate pour des danseurs que des joueurs de football (Jones & Estes, 2006). La théorie d’inclusion de classes soutient que plus la métaphore est pertinente, plus elle est compréhensible. Jones et Estes (2006) ont testé la théorie d’inclusion de classes en se focalisant sur la conventionalité et la pertinence d’une métaphore pour la compréhension. Ils ont manipulé la conventionalité en faisant varier les véhicules (nouveaux véhicules et véhicules conventionnels). Les auteurs ont réalisé un prétest au sein duquel des participants devaient attribuer une propriété à cent véhicules. Ensuite, les propriétés attribuées étaient évaluées par d’autres participants qui indiquaient le niveau de conventionalité de chacune d’entre elles. Pour manipuler la pertinence de la métaphore, les auteurs ont fait varier le topique, par exemple « le coq est un réveil » et « le merle est un réveil ». Les participants devaient noter la pertinence des métaphores. Jones et Estes (2006) ont réalisé trois expériences. Dans la première expérience, une métaphore et une comparaison apparaissaient à l’écran. La pertinence de la métaphore et de la comparaison était soit forte soit faible. Les participants devaient indiquer la forme de la phrase la plus censée pour eux. Les résultats ont montré que dans la condition où la pertinence de la phrase était forte, les participants choisissaient la métaphore comme étant plus censée. 40 Dans la deuxième expérience, d’autres participants devaient lire des énoncés métaphoriques et des comparaisons. Les expérimentateurs ont demandé aux participants d’appuyer sur la touche espace lorsqu’ils trouvaient une interprétation. Les résultats indiquent que les temps de réponse sont plus longs pour les comparaisons et les auteurs émettent l’hypothèse que cela est dû à la lecture du mot « comme ». En outre, la compréhension des métaphores est plus rapide lorsque la pertinence est plus forte. Dans la troisième expérience, des phrases ayant une forte pertinence ou une faible pertinence étaient présentées sur un écran pour une durée de deux secondes. Les participants devaient indiquer dans quelle mesure le topique était membre de la catégorie du véhicule. Par exemple, dans quelle mesure le topique « merle » est membre de la catégorie « réveil » ? Les résultats ont montré que les topiques des phrases ayant une forte pertinence étaient plus souvent considérés comme appartenant à la catégorie du véhicule. L’ensemble de ces résultats montre que la pertinence d’une métaphore joue un rôle dans sa compréhension tout comme la théorie d’inclusion de classes le soutient. La théorie d’inclusion de classes a été comparée à l’hypothèse du déséquilibre saillant (Ortony, 1979) et la théorie des métaphores conceptuelles (Lakoff & Johnson, 1980). La théorie du déséquilibre saillant suggérée par Ortony (1979) a eu une grande influence dans le domaine de la compréhension de la métaphore. L’auteur a créé une théorie dans laquelle la compréhension est basée sur un principe d’attribution de propriétés. Suivant l’exemple : « Deux amis essaient de résoudre un problème arithmétique très complexe. L’un d’eux trouve enfin la solution. L’autre dit à son ami qu’il est un vrai renard ». La phrase « tu es un vrai renard » est une métaphore, car un individu ne peut pas être à la fois un renard et un humain. L’hypothèse du déséquilibre saillant suggère que pour comprendre ce que l’ami a voulu dire, la partie métaphorique de la phrase doit être reconnue (renard). Le terme « renard » a plusieurs propriétés qui le définissent telles que « roux », « longues oreilles », « poilu » ou encore « malin » (Pudelko et al. 1999). Selon Glucksberg, McGlone et Manfredi (1997), dans cette théorie, toutes les propriétés du mot sont comparées et la plus saillante d’entre elles sera utilisée pour définir la situation. Par conséquent, si les individus considèrent que la propriété du renard la plus saillante est « roux » alors dans la situation selon laquelle une personne dit à son ami qu’il est un vrai renard, la personne comprendre que son ami est roux. 41 Cette théorie a été testée et réfutée par Glucksberg, McGlone et Manfredi (1997). Les auteurs ont réalisé une expérience portant sur l’attribution de propriétés dans la compréhension de la métaphore. Dans leur étude, Glucksberg, McGlone et Manfredi (1997) ont comparé l’hypothèse du déséquilibre saillant et la théorie d’inclusion de classes. Ils se sont intéressés à la récupération d’informations en s’appuyant sur des énoncés interprétés au sens littéral et au sens figuré. D’abord, ils ont étudié la réversibilité des métaphores si cette réversibilité permettait de comprendre la phrase de la même manière. Ils supposent que : « Si les métaphores fonctionnent comme des assertions d’inclusion de classes, alors elles ne devraient pas juste être asymétriques, mais non réversibles tout comme les assertions d’inclusion de classes littérales ne sont pas réversibles ». Dans le cadre de leur étude, ils ont demandé à quatre-vingts étudiants de remplir huit questionnaires dans lesquels vingt-quatre métaphores et comparaisons étaient présentées (douze énoncés littéraux ont aussi été créés). Les participants devaient remplir une échelle en sept points au sujet de chaque phrase en indiquant si la phrase avait du sens ou non (0 signifiait que la phrase n’avait aucun sens). Les résultats ont montré que lorsque les métaphores et les comparaisons étaient inversées, la signification changeait tandis que les énoncés littéraux étaient réversibles. Après cela, les auteurs ont étudié le caractère informatif du topique et du véhicule. Glucksberg, McGlone et Manfredi (1997) suggèrent que dans une métaphore, le véhicule propose des propriétés potentielles qui peuvent être attribuées au topique et que le topique propose des niveaux de contraintes qui restreignent les propriétés éventuellement transférables du véhicule. Dans leur étude, les auteurs répondent aux deux questions suivantes : 1) quels types de contraintes le topique impose-t-il à l’attribution des propriétés ? et 2) comment les propriétés éventuelles du véhicule à attribuer au topique sont choisies ? Glucksberg, McGlone et Manfredi (1997) ont pris en considération le nombre de dimensions auxquelles une topique pouvait faire référence. Selon les auteurs, le topique « route » possède plusieurs dimensions comme la forme (les virages, les carrefours), la couleur (gris, blanc), ou encore la surface (béton, terre). Ces dimensions sont pertinentes dans certains contextes où le topique « route » est utilisé. En revanche, les auteurs considèrent que la dimension de l’émotion (calme, excité) n’est pas pertinente dans un contexte où le topique « route » est utilisé. Les topiques qui ont peu de dimensions 48 L’influence de l’image sur la compréhension de la métaphore Ojha (2015) a réalisé trois expériences dans le but de montrer l’influence de l’image sur la compréhension des métaphores. Dans la première expérience, des images servaient d’amorces aux métaphores verbales. Par exemple, des images d’un éléphant et d’une chaise étaient présentées avant l’apparition de la métaphore « L’éléphant est une chaise ». Dans la deuxième expérience, les images étaient présentées après l’apparition des métaphores verbales. Enfin, la troisième expérience a porté sur la force de l’association sémantique entre les propriétés du topique et du véhicule et les propriétés de la métaphore. Dans ces trois expériences, les images présentées permettent de générer des métaphores de telle sorte à ce que l’une des images représente le topique et l’autre représente le véhicule. Dans une première expérience, Ojha (2015, p. 98-104) s’est intéressé à l’effet de stimuli visuels (la présentation d’images) sur la compréhension des métaphores. Les métaphores se présentaient sous la forme de phrases à lire. Considérons la phrase « cet homme est un chameau ». L’auteur fait l’hypothèse que si le texte est amorcé avec l’image qui correspond à la représentation que se fait la personne du concept de « homme » et du concept de « chameau », alors le traitement sémantique de la métaphore devrait être plus rapide. Par exemple, si la personne imagine un homme brun et un chameau de couleur brune et que les images présentées avant la métaphore « Cet homme est un chameau » illustrent un homme brun et un chameau de couleur brune, alors il y a une congruence entre la représentation que se fait la personne et les images présentées. C’est cette congruence qui permettrait un traitement sémantique plus rapide, la personne pourra conclure que la métaphore « Cet homme est un chameau » signifie que cet homme est brun. La première expérience comprenait quatre conditions avec ou sans l’image du topique et celle du véhicule : la première condition présentait l’image du topique et celle du véhicule, pendant une durée de 100 ms, avant de montrer la métaphore. La deuxième condition ne montrait que l’image du topique. La troisième condition ne montrait que l’image du véhicule. Enfin, dans la quatrième condition, la métaphore verbale était présentée seule. L’auteur a mesuré le temps de réponse mis pour évaluer le sens de la métaphore et recueilli le jugement de la pertinence de la métaphore. Les résultats montrent que dans 49 les conditions où une image est présentée, les temps de réponse pour évaluer le sens de la métaphore sont plus courts que dans la condition sans amorce visuelle. En revanche, il n’a pas trouvé de différence quant à la pertinence de la métaphore selon la condition. Ojha (2015, p. 105-108) a réalisé une deuxième expérience dans laquelle les images étaient cette fois-ci présentées après la métaphore verbale pour une durée de 100 ms. Les quatre conditions testées dans la première expérience ont été recréées. Les instructions étaient aussi identiques à l’expérience précédente. Les résultats montrent que les temps de réponse sont plus courts pour les conditions dans lesquelles les images sont présentées. En revanche, il n’a pas trouvé de différence significative dans le jugement de la pertinence de la métaphore selon la condition. Ojha (2015, p. 109-113) a réalisé une troisième expérience dont le but était de déterminer la force de l’association sémantique entre les propriétés du topique (et du véhicule) et les propriétés de la métaphore. Par exemple, à quel point les propriétés du topique « éléphant » et du véhicule « chaise » sont associées sémantiquement aux propriétés de la métaphore « L’éléphant est une chaise ». Pour calculer la force d’association sémantique, l’auteur a eu recours à l’analyse sémantique latente (Landauer & Dumais, 1996) qui sert à déterminer la proximité sémantique de différents mots. Les participants devaient d’abord lire vingt métaphores nominales. Ces métaphores étaient amorcées par des images selon les quatre conditions des expériences précédentes. Puis, ils devaient leur attribuer des propriétés perceptives (gris) ou des propriétés conceptuelles (gentil). Ces propriétés sont appelées les « propriétés de la métaphore ». Ensuite, les participants devaient attribuer des propriétés perceptives ou conceptuelles au topique et au véhicule qui apparaissait de manière individuelle dans un second temps. Les propriétés attribuées sont respectivement nommées « propriétés du topique » et « propriétés du véhicule ». Les résultats montrent que dans la condition où le topique et le véhicule sont rendus en termes visuels, il y a une plus forte association sémantique entre les propriétés perceptives attribuées au véhicule et les propriétés attribuées à la métaphore. Au contraire, dans la condition sans image, c’est l’association sémantique entre les propriétés conceptuelles du véhicule et les propriétés de la métaphore qui est plus forte. Concernant 50 la force de l’association sémantique entre les propriétés du topique et les propriétés de la métaphore, les résultats montrent que les propriétés conceptuelles du topique sont davantage associées aux propriétés de la métaphore. Effet de la similarité sur la compréhension des métaphores Indurkhya et Ojha (2013) se sont intéressés à l’effet des similarités perceptives de deux images sur la compréhension des métaphores. Ils ont réalisé trois expériences. La première expérience consistait à interpréter des paires d’images ayant une forte similarité perceptive ou une faible similarité perceptive. Dans la deuxième expérience, les auteurs présentaient l’image d’un topique et les participants devaient choisir parmi plusieurs véhicules celui qu’ils jugeaient le plus pertinent pour compléter la métaphore. Pour la troisième expérience, les auteurs ont repris le protocole expérimental de la première expérience en y ajoutant des paires d’images ayant une similarité conceptuelle (soit forte, soit faible). Pour la première expérience, les auteurs ont pris en considération 1) les temps de réponse des participants pour évaluer le sens de la métaphore, 2) les propriétés attribuées par les participants et 3) les données oculaires. Indurkhya et Ojha (2013) présupposent que la similarité perceptive entre deux images aide à l’interprétation de la métaphore. Dans un premier temps, les participants devaient donner cinq propriétés à la métaphore. Dans une deuxième étape, les images étaient présentées les unes à la suite des autres et les participants étaient invités à donner cinq propriétés à l’image qu’ils voyaient. Les résultats montrent que les temps de réponse sont plus courts pour les paires fortement similaires. Les auteurs ont créé une liste de toutes les propriétés générées par les paires d’images dans la première étape de l’expérience et de toutes les propriétés des images présentées individuellement dans la deuxième étape de l’expérience. Les propriétés des paires d’images ont ensuite été rangées en quatre catégories. Ils ont repris la catégorisation proposée par Gineste, Indurkhya et Scart (2000) : Propriétés du véhicule, propriétés du topique, propriétés émergentes et propriétés partagées. Par exemple, prenons la métaphore : « Le baiser est un fruit » (Gineste, Indurkhya & Scart, 2000). Les propriétés du topique renvoient aux propriétés faisant référence à « baiser » (lèvres). Les propriétés du véhicule renvoient aux propriétés faisant référence à « fruit » (aliment). Les propriétés émergentes ne font ni référence au topique, ni au véhicule (récompense) 51 tandis que les propriétés partagées renvoient aux propriétés faisant référence à la fois au topique et au véhicule, mais elles demeurent très rares. Indurkhya et Ojha (2013) ont mis en évidence que les propriétés émergentes étaient beaucoup plus attribuées pour les paires d’images fortement similaires (61.78%) que pour les paires d’images faiblement similaires (54.55%). Enfin, les résultats sur les données oculaires montrent que lorsque les paires d’images sont fortement similaires, l’attention des participants était focalisée sur les régions des deux images qui partageaient une similarité perceptive. Indurkhya et Ojha (2013) ont réalisé une deuxième expérience sur le rôle de la similarité perceptive et conceptuelle dans la création de nouvelles métaphores. Les auteurs présentaient l’image d’un topique (l’image d’une pomme) et les participants devaient choisir l’image d’un véhicule parmi quatre présentés, par exemple, l’image de la planète Terre pour créer la métaphore : « La pomme est la Terre ». Il y avait quatre conditions expérimentales : la première condition proposait une similarité à la fois perceptive et conceptuelle entre le topique et l’un des quatre autres éléments de l’image. La deuxième condition proposait une similarité uniquement perceptive. La troisième condition proposait une similarité uniquement conceptuelle. Enfin, la quatrième condition ne proposait aucune similarité entre le topique et les autres éléments présentés dans l’image. Les résultats montrent que les temps de réponse pour choisir le véhicule sont plus courts dans la condition où le topique partage une similarité à la fois perceptive et conceptuelle avec l’un des quatre autres objets de l’image. Les auteurs indiquent aussi que 81% des participants ont leur première fixation sur le véhicule qui partage une similarité perceptive avec le topique. Indurkhya et Ojha (2013) concluent donc que les participants ont une préférence pour les objets qui possèdent une similarité perceptive. Pour la troisième expérience, les auteurs ont repris le protocole de leur première expérience en ajoutant une similarité conceptuelle entre le topique et le véhicule. Cette étude comporte quatre conditions expérimentales créées en fonction des similarités entre le topique et le véhicule (similarité perceptive et conceptuelle, similarité uniquement perceptive, similarité uniquement conceptuelle, aucune similarité). Les résultats montrent que les temps de réponse nécessaires à l’évaluation du sens de la paire d’images 52 étaient plus courts lorsque les paires d’images partageaient une similarité perceptive. Concernant l’attribution de propriétés, les auteurs ont observé une prédominance des propriétés émergentes, notamment dans la condition où les paires d’images partageaient une similarité uniquement perceptive (67.2%). Indurkhya et Ojha (2013) ont conclu que les propriétés perceptives facilitaient l’interprétation des métaphores, car les temps de réponse pour évaluer le sens de la métaphore sont plus courts dans la condition où les paires d’images partageaient une similarité uniquement perceptive. Les propriétés perceptives aideraient, selon eux, à traiter plus facilement et plus rapidement les métaphores. Le modèle de Ojha sur la compréhension des métaphores Ojha (2015, p. 115-119) suggère que la compréhension des métaphores picturales est due à l’interaction entre les propriétés perceptives et les propriétés conceptuelles qui sont stimulées pendant le traitement des métaphores. Pour expliquer son modèle, nous prendrons comme exemple la métaphore « L’éléphant est une chaise ». Selon lui, les propriétés perceptives du topique (éléphant) et du véhicule (chaise) se trouvent dans un espace perceptif. Les propriétés conceptuelles se trouvent dans l’espace conceptuel. Lorsque l’image du topique et l’image du véhicule sont présentées directement dans la métaphore, les propriétés perceptives du topique et du véhicule sont stimulées. La stimulation des propriétés perceptives va permettre d’activer les propriétés conceptuelles plus rapidement. L’accès aux propriétés conceptuelles serait donc facilité par la stimulation préalable des propriétés perceptives. Une fois que les propriétés conceptuelles sont activées, ces dernières vont interagir avec les propriétés perceptives. Cette interaction va permettre à l’individu de traiter la métaphore plus rapidement. Si aucune image n’est présentée, l’individu doit s’appuyer sur ses propres connaissances pour imaginer à quoi ressemblent le topique et le véhicule. Il n’a pas l’aide de l’image pour avoir une représentation concrète de la situation. L’activation des propriétés conceptuelles peut donc être plus longue et le traitement métaphorique prend plus de temps. Les expériences de Ojha (2015, 98-103) ont permis de mettre en évidence le rôle de l’image dans la compréhension des métaphores. Son modèle suggère que les propriétés perceptives directement visibles sur l’image peuvent faciliter la compréhension, car ces propriétés sont directement observables sur l’image. 53 c) Une approche basée sur le rôle du contexte Pour modéliser la compréhension de la métaphore picturale, Yus (2009, p. 153- 161) propose un processus en plusieurs étapes basé sur le rôle du contexte pour la détection d’incongruence et la résolution métaphorique de cette incongruence. Yus (2009) propose quatre étapes : 1) la perception visuelle de l'image avec la production d’inférences qui permettent de définir une situation particulière, 2) la détection de l’incongruence qui indique le caractère métaphorique de l’image, 3) la détermination du topique et du véhicule avec la recherche de propriétés conceptuelles du véhicule pouvant être attribuées au topique et 4) la recherche d'interprétations au plus proche de celles imaginées par le créateur de l'image. Lorsqu’il lit un texte, le lecteur construit sa propre représentation de la situation. Par exemple, dans la phrase « Cet homme est un chameau », le topique « homme » peut correspondre à un individu de sexe masculin, grand, petit, enrobé, mince, brun, blond, etc. Le véhicule « chameau » peut correspondre à un bébé chameau, un animal adulte, un chameau avec des petits yeux ou de grands yeux, etc. Dans une image, la représentation visuelle de la métaphore « Cet homme est un chameau » est directement visible limitant ainsi les propriétés perceptives que la personne pourrait attribuer à la métaphore puisque ces propriétés sont directement dépeintes. Deux cas de figure se présentent : soit la représentation imagée correspond à la représentation mentale que se faisait la personne de la situation, soit la représentation imagée ne correspond pas à ce à quoi il s’attendait, créant une incongruité créée par le contexte. Selon Yus (2009), l'information visuelle serait décodée par un module perceptif dans lequel l'information serait très rapidement transférée et activée dans une entrée soit verbale, soit visuelle de manière automatique. L'auteur suggère en outre que le module perceptif pour le traitement des informations visuelles est un module encapsulé, qui n’est pas acquis ou modulé par l'expérience, mais directement ancré en chacun de nous. Dans la première étape du modèle de Yus (2009), l’individu perçoit l’image et les éléments qui la composent. Pour ce faire, il va s’intéresser aux propriétés de surface d’un objet (Tijus & Cordier, 2003; Poitrenaud, Richard & Tijus, 2005), autrement dit, sa taille, sa couleur ou encore sa forme). L’individu doit aussi prendre en considération la structure de l’objet (les éléments qui composent l’objet), et commencer à produire des inférences au sujet des 54 différents éléments présents sur l’image. Pour guider la production des inférences, le contexte doit être pris en compte. En effet, le contexte permet de définir une situation particulière. Pour expliquer l’effet du contexte, Yus (2009) le relie à la notion d’incongruence. Si une image présente un ordinateur avec, sur l’écran, une montagne, des pistes de ski, des skieurs et l’adresse d’un site de réservation de vacances en montagne alors il n’y a, pour l’instant, rien qui soit incongru. Toutefois, si dans l’image, près de l’écran, est figurée une souris d'ordinateur habillée avec des vêtements de skieur pour produire la métaphore picturale « Ma souris est un skieur », signifiant qu’on réservera très rapidement et facilement des vacances au ski sur ce site Internet, alors il y a une incongruence. Dans le modèle de Yus (2009), la deuxième étape est la détection de l'incongruence. C’est cette détection d’incongruence dans l’image qui indique qu’il s’agit d’une métaphore et qui génère une compréhension de la métaphore. La troisième étape est l’étape durant laquelle l’individu détermine le topique et le véhicule de la métaphore. Puis, il recherche des propriétés conceptuelles du véhicule pouvant être attribuées au topique afin de donner une interprétation métaphorique de l’image. Pour comprendre la métaphore picturale, l’individu doit reconnaître le topique et le véhicule de la situation imagée en s’appuyant sur ce qu’il voit sur l’image ou alors en produisant des inférences. Dans la représentation imagée de la métaphore : « Ma souris est un skieur », l’individu peut déterminer que le topique est « ma souris » et que le véhicule « skieur » peut être déterminé parce que la souris d’ordinateur porte des vêtements de ski. Ensuite, il doit trouver la signification métaphorique la plus pertinente afin que l’interprétation de la métaphore picturale soit optimale. L’étape suivante est celle de la recherche d'interprétations au plus proche de celles imaginées par le créateur de l'image. Ce processus d’interprétation fait appel à des inférences sémantiques et pragmatiques qui fournissent un modèle de situation. Dans la métaphore : « Ma souris est un skieur », la signification la plus pertinente serait qu’il est facile et rapide de réserver ses vacances à la montagne sur Internet, car le topique « souris » renvoie à la possibilité d’effectuer une action avec son ordinateur et le véhicule « skieur » permet d’inférer que les vacances sont à la montagne. Enfin, les éléments contextuels présents sur l’image (l’adresse d’un site Internet) permettent d’affiner la précision de la signification de la métaphore (réserver des vacances à la montagne sur Internet). Ainsi, 55 s’il s’agit de la publicité d’un commerçant qui souhaite mettre en avant la rapidité de réservation sur son site Internet de vacances au ski et que l’interprétation du client potentiel est « je peux réserver des vacances au ski très rapidement sur ce site Internet » alors il y a une adéquation entre le message que le commerçant veut transmettre et l'interprétation faite par le client à propos de l'image. Résumé du chapitre Le Chapitre II se focalise sur les recherches ayant porté sur la compréhension de la métaphore. Il est divisé en deux grandes parties : 1) les caractéristiques des métaphores picturales et 2) les théories de la compréhension de la métaphore. Dans ce chapitre, nous avons déterminé la nature de la métaphore picturale grâce à sa typologie (métaphore contextuelle, métaphore hybride, métaphore de comparaison et métaphore intégrée), sa structure (une métaphore monomodale et multimodale) et son usage (une métaphore utilisée dans une publicité et dans une caricature politique). Ensuite, nous avons présenté plusieurs théories de la compréhension de la métaphore, particulièrement des théories s’appuyant sur l’étude des métaphores verbales (la théorie de la pertinence et la théorie d’inclusion de classe) qui peuvent s’appliquer à l’étude de la compréhension de la métaphore picturale. Enfin, nous avons présenté trois approches non exclusives sur la compréhension des métaphores picturales : 1) une approche basée sur le transfert de propriétés, 2) une approche basée sur les propriétés d’une image et la similarité et 3) une approche basée sur le rôle du contexte. Différents types de métaphores picturales Il existe différents types de métaphores picturales en fonction de la présence du topique et du véhicule dans l’image. Dans une métaphore contextuelle, le topique est directement observable tandis que le contexte suggère le véhicule. Dans la métaphore hybride, le topique et le véhicule sont fusionnés pour créer une entité unique. Dans la métaphore de comparaison, le topique et le véhicule sont perceptibles. Enfin, dans la métaphore intégrée, le véhicule est intégré au topique. Ceci est dû à la forme de l’objet qui ressemble à un autre stimulus (Forceville, 2007) 56 Structure des métaphores picturales Au moins cinq modalités peuvent être utilisées pour créer une métaphore picturale : 1) le texte, 2) l’image, 3) le langage, 4) la musique et 5) le son. Si la métaphore est introduite avec une modalité alors la métaphore est monomodale et si plusieurs modalités composent la métaphore alors la métaphore est multimodale. L’usage des métaphores picturales La compréhension d’une métaphore picturale est aussi influencée par son usage dans une image particulière. En effet, la métaphore utilisée dans une publicité a pour but de persuader le client d’acheter un produit (Forceville, 1998; Bateman, 2010). Une métaphore peut aussi être illustrée avec une caricature politique. Le but d’une caricature politique est de critiquer la société, ainsi, le dessinateur va utiliser des techniques de dessin mettant en scène des personnalités politiques dans des situations embarrassantes (El Refaie, 2009). Théories de la compréhension Le Chapitre II présente plusieurs théories de la compréhension de la métaphore verbale qui peuvent être appliquées à l’étude de la compréhension des métaphores picturales : 1) la théorie de la pertinence et 2) la théorie d’inclusion de classes. Nous avons aussi présenté trois approches non exclusives portant sur la compréhension des métaphores picturales : 1) une approche basée sur le transfert de propriétés, 2) une approche basée sur les propriétés d’une image et la similarité et 3) une approche basée sur le rôle du contexte. La théorie de la pertinence Le locuteur a une intention. Il souhaite communiquer un message. La théorie de la pertinence étudie la façon dont le locuteur procède pour faire passer un message ainsi que la façon dont le public reçoit le message. Cette théorie peut être appliquée aux images, car l’auteur d’une image utilise aussi ce qu’il pense être le plus pertinent pour que le message qu’il souhaite communiquer soit compris le plus facilement possible. Dans la mesure où les métaphores picturales sont très présentes dans les publicités et que ces publicités sont créées dans l’optique de faire acheter un produit au client (Forceville, 1998), l’auteur doit prendre en considération la manière dont son message peut être reçu 57 par le public. Les publicités doivent créer un maximum d’effets cognitifs pour un minimum d’efforts cognitifs. La théorie d’inclusion de classes Glucksberg et Keysar (1990) ont travaillé sur la compréhension des métaphores en utilisant le principe de catégorie attributive. Soit la métaphore suivante : « Mon emploi est une prison », le topique « emploi » appartient à la catégorie des situations désagréables, ceci étant suggéré par l’attribution des propriétés du véhicule « prison » au topique « emploi ». Nous utilisons les principes de la théorie d’inclusion de classes pour nos études expérimentales sur la compréhension des métaphores picturales. La compréhension des métaphores picturales : Une approche basée sur le transfert de propriétés Suivant le modèle de Glucksberg et Keysar (1990) et la distinction entre les propriétés perceptives et conceptuelles suggérée par Ojha (2015), Ventalon, Tijus, Escalona Cuaresma et Domínguez Mayo (2017b) ont réalisé une expérience dans laquelle les participants devaient utiliser l’attribution de propriétés pour faire part de leur compréhension de métaphores picturales hybrides. La partie expérimentale de cette thèse rapporte des études empiriques qui prennent en compte le transfert de propriétés pour étudier la compréhension. La compréhension des métaphores picturales : Influence des images et similarité Ojha (2015) et Indurkhya et Ojha (2013) ont montré le rôle des propriétés perceptives dans les images et la compréhension des métaphores. Leur recherche a aussi montré la difficulté à déterminer la nature métaphorique d’une image. En effet, ils s’appuient sur la forme de la métaphore verbale (« T est un V », par exemple « cet homme est un renard ») et considèrent que modifier le mot représentant le topique (homme) et le mot représentant le véhicule (renard) remplacés par une image du topique (image d’un homme) et l’image du véhicule (image d’un renard) créé une métaphore picturale. Or, en s’appuyant sur la classification des métaphores picturales (Forceville, 2007), les métaphores créées par les auteurs ne peuvent pas être considérées comme des métaphores picturales. 64 Réaliser une expérience qui porte le traitement de la métaphore en fonction de son usage dans des images particulière (publicité et caricature politique) Des participants natifs français ont rédigé des énoncés sur la création de publicités et de caricatures politiques. L’objectif des publicités est de faire acheter un produit. L’objectif des caricatures politiques est de critiquer une personnalité politique. En suivant les travaux de Dunn et Schweitzer (2005) sur le concept de valence (positive et négative), nous avons mené deux expériences qui portent sur le traitement de la métaphore en fonction de son usage dans des images particulières. Cette étude a pour but de déterminer si la valence des énoncés créés par les participants au sujet des publicités et des caricatures politiques est différente. Résumé du chapitre Ce chapitre présente les défis et les objectifs de la thèse. Il y a quatre défis : 1) rendre compte de la compréhension des métaphores picturales 2) déterminer le type de propriétés d’une image préféré par les individus dans la compréhension des métaphores picturales de type hybride 3) montrer le rôle de la langue maternelle sur la compréhension des métaphores picturales et 4) montrer l’influence d’une image particulière (publicité, caricature politique) sur le traitement des métaphores. Il y a quatre objectifs : 1) créer une base de connaissances de métaphores picturales, 2) réaliser une expérience qui montre l’effet d’amorçage dans la compréhension des métaphores picturales, 3) réaliser une expérience qui montre l’effet de la langue maternelle et de l’âge sur la compréhension des métaphores picturales, et 4) réaliser une expérience qui porte sur le traitement de la métaphore en fonction de son usage dans des images particulières (publicité et caricature politique) En s’appuyant sur les contributions de Forceville (1995, 1996, 2007), l’objectif de cette thèse est de créer une base de connaissances de métaphores picturales. Les études expérimentales explorent l’attribution de propriétés pour rendre compte de la compréhension des métaphores picturales. L’effet de la langue maternelle et de l’âge entre des natifs français et des natifs espagnols est aussi testé. Enfin, nous réalisons une 65 expérience sur le traitement d’une métaphore en fonction de son usage dans des images particulières. La première partie de cette thèse était dédiée à la présentation des travaux théoriques et empiriques sur la compréhension des métaphores picturales. La prochaine section concerne les études expérimentales que nous avons conduites. La partie expérimentale est divisée en six chapitres faisant référence à une étude. Le but principal de ce travail de thèse consiste en la création d’une base de connaissances de métaphores picturales. Nous avons rassemblé 116 métaphores monomodales et examiné leur composition (quel est le topique ? Quel est le véhicule ? Quels sont les catégories et les exemplaires à prendre en compte pour comprendre la métaphore ?) La première expérience montre l’intégralité du processus de validation. Elle présente la méthodologie suivie pour valider les métaphores picturales avec les juges experts et les participants. La deuxième expérience teste la compréhension des métaphores picturales de type hybride présentant une personne qui a un corps d’animal. Des participants natifs français et espagnols ont participé. En s’appuyant sur la distinction faite par Ojha (2015) à propos des propriétés perceptives et conceptuelles, le but de la deuxième expérience est de montrer quel type de propriétés les participants de chaque pays préfèrent attribuer. La deuxième expérience utilise des amorces et teste leur influence sur l’attribution de propriétés. L’influence de l’âge et de la langue maternelle a fait l’objet d’une étude. Nous avons utilisé des métaphores monomodales de type hybride illustrant une personne avec un corps d’animal. La troisième expérience évalue la manière dont les individus choisissent les propriétés (perceptives et conceptuelles) qu’ils souhaitent attribuer. Dans cette expérience, nous avons ajouté des propriétés qui ne correspondaient pas à une signification potentielle de l’image (propriétés incongruentes) afin de rendre compte de la capacité des participants à détecter l’incongruence entre une métaphore picturale et une phrase cible. La quatrième expérience examine les capacités d’évaluation de la congruence entre une signification faisant référence à une propriété perceptive, une propriété 66 conceptuelle ou une propriété incongruente, et une métaphore picturale. Les participants étaient invités à évaluer la congruence entre la propriété et la métaphore sur une échelle en cinq points. Une cinquième expérience a été réalisée. Elle porte sur l’usage de la métaphore dans la publicité et les caricatures politiques. Cette expérience est la seule des cinq qui prend en compte un contexte suffisant. En effet, les expériences précédentes sont focalisées sur des images illustrant des métaphores hybrides d’animaux (un homme ou une femme qui a un corps d’animal). La cinquième expérience ajoute des informations contextuelles en spécifiant le type d’image à prendre en compte (publicité et caricature politique). L’expérience 5 se divise en deux parties (expérience 5a et expérience 5b). En résumé, les six expériences réalisées sont organisées comme suit : • Présentation de la création de la base de connaissances (expérience 1) • Effet d’amorçage dans l’attribution de propriétés des métaphores picturales de type hybrides chez deux pays européens (expérience 2) • Attribution de propriétés dans la compréhension de métaphores picturales de type hybride chez deux pays européens (expérience 3) • Évaluation des types de propriétés dans la compréhension des métaphores picturales de type hybride (expérience 4) • L’usage de la métaphore : Un contexte pour le traitement (expériences 5a et 5b) 67 PARTIE EXPÉRIMENTALE 68 / 69 / 70 quarante-cinq participants ont évalué « porte » comme le topique (45/53 = 0.85) et cinquante-trois participants ont évalué « drapeaux » comme étant le véhicule et « voyager » comme étant l’interprétation (53/53 = 1). La construction de la base de connaissances de métaphores picturales est divisée en trois parties : 1) la réunion d’images, 2) la validation par des juges experts et 3) le test par des participants. 1) Participants Afin de pouvoir qualifier ces images comme étant des métaphores picturales, nous avons effectué une validation de ces dernières auprès de juges experts. Ainsi, deux juges ont été conviés à participer à la validation et leur degré d’accord a été mesuré. Afin d’être considéré comme experts, les deux individus devaient répondre à quatre critères : 1) être un psychologue en exercice depuis un minimum de 10 ans ; 2) avoir un parcours universitaire spécialisé dans la psycholinguistique ; 3) avoir une expertise en psychologie cognitive et 4) une connaissance dans le domaine de la catégorisation (recommandée). Des études en psychologie proposent d’acquérir des connaissances dans des domaines aussi variés que la psychologie de l’enfant, le passage à l’adolescence, les relations intergroupes, mais elle offre surtout une base solide dans la branche de la psychologie cognitive en permettant aux étudiants de travailler sur les processus cognitifs fondamentaux comme la perception, le raisonnement, la compréhension ou encore la catégorisation. Un psychologue diplômé ayant au moins dix années de pratique garantissait son statut de juge expert dans la mesure où son parcours académique et professionnel lui a permis d’acquérir une expertise dans le champ de la compréhension de l’humain. En outre, étant donné la nature du présent travail (l’étude de la compréhension des métaphores picturales), il était fondamental que les deux juges soient experts dans le domaine de la linguistique, ce qui permettait donc d’appréhender la question de la compréhension de la métaphore d’un point de vue de spécialiste du langage. En outre, 53 participants ont été invités à tester les 116 métaphores picturales. Au contraire des juges experts, aucun participant n’avait de connaissance préalable dans le domaine de la psychologie cognitive et de la psycholinguistique. 71 2) Matériel Nous avons réuni 116 images. Un MacBook Pro (écran : 285X120) a été utilisé pour montrer les 116 images. 3) Procédure La validation commence avec les juges experts. Ensuite, le test avec les participants a été réalisé. Les deux juges ont été invités à la Cité des Sciences à Paris pour procéder à la validation. Nous leur avons posé quatre questions : 1) À quel point l’image est-elle métaphorique ? 2) À quel point êtes-vous d’accord avec le topique suggéré ? 3) À quel point êtes-vous d’accord avec le véhicule suggéré ? et 4) À quel point êtes-vous d’accord avec l’interprétation suggérée ? À quel point l’image est-elle métaphorique ? 1 signifie l’absence de métaphore dans l’image et 6 signifie que le caractère métaphorique de l’image est très fort. À quel point êtes-vous d’accord avec le topique/le véhicule et l’interprétation suggérés ? Pour chacune de ces trois questions (à quel point êtes-vous d’accord avec le topique suggéré ? À quel point êtes-vous d’accord avec le véhicule suggéré ? À quel point êtes-vous d’accord avec l’interprétation suggérée ?), les juges experts devaient donner leur accord sur une échelle de 1 à 6. 1 signifiait qu’ils n’étaient pas du tout d’accord tandis que 6 signifiait qu’ils étaient parfaitement d’accord. Une fois que la validation par les juges experts était effectuée, les cinquante-trois participants étaient invités à répondre aux questions suivantes : 1) Quelle est le topique de l’image ? 2) Quel est le véhicule de l’image ? 3) Quelle est l’interprétation de l’image ? 4) Quelles catégories est-il nécessaire d’activer pour avoir une bonne compréhension de l’image ? 5) Quels exemplaires des catégories est-il nécessaire de prendre en compte pour avoir une bonne compréhension de l’image ? En résumé, les juges experts devaient valider les images afin qu’il soit possible de les définir comme des métaphores picturales tandis que les participants devaient tester ces images en déterminant leur compréhension. Les concepts de « topique », « véhicule », « catégorie » et « exemplaire » ont été expliqués dans une session d’entrainement. 72 4) Résultats À quel point l’image est-elle métaphorique ? Score attribué Juge expert 1 Juge expert 2 1 0 0 2 1 1 3 3 2 4 8 8 5 9 8 6 95 97 Tableau 1. Score attribué par les deux juges experts pour évaluer la force de la métaphore dans chaque image. Les résultats montrent que les juges experts attribuent davantage le score le plus haut pour les images. En d’autres mots, les images sont grandement métaphoriques. Le degré d’accord entre les juges peut être considéré comme haut, k = 0,84. Topique de l’image Score attribué Juge expert 1 Juge expert 2 1 0 0 2 0 0 3 0 0 4 0 1 5 1 6 6 115 109 Tableau 2. Score attribué par les deux juges à propos du topique suggéré pour chaque image. Les résultats montrent que les juges experts attribuent davantage le score le plus haut. Le degré d’accord entre les juges peut être considéré comme haut, k = 0,99. 73 Véhicule de l’image Score attribué Juge expert 1 Juge expert 2 1 0 0 2 0 0 3 0 0 4 0 0 5 2 7 6 114 109 Tableau 3. Score attribué par les deux juges à propos du véhicule suggéré pour chaque image. Les résultats montrent que les juges experts attribuent davantage le score le plus haut. Le degré d’accord entre les juges peut être considéré comme haut, k = 0,95. Interprétation de l’image Score attribué Juge expert 1 Juge expert 2 1 0 0 2 0 0 3 0 1 4 2 7 5 12 12 6 102 96 Tableau 4. Score attribué par les deux juges à propos du topique suggéré pour chaque image. Les résultats montrent que les juges attribuent davantage le score le plus haut. Le degré d’accord entre les juges peut être considéré comme haut, k = 0,85. Concernant la tâche des participants, les résultats montrent une différence significative dans les degrés d’accord concernant les topiques, les véhicules et les interprétations. F(2,52) = 16.37, p < .05, le degré d’accord est plus faible pour les interprétations (figure 8). Ces degrés ont été calculés de la façon suivante : nous avons pris les interprétations les plus souvent données pour chaque image (cette femme est 80 lorsque vous avez fini de regarder une image. Une fois que vous êtes prêt, appuyez sur la touche espace pour commencer ». La présence d’amorce n’était pas mentionnée pour les participants dans NPG. Exemples de passation Pour les deux groupes dans lesquels les participants lisaient des amorces, ils lisaient tout d’abord les instructions (en français ou en espagnol). Ensuite, l’amorce apparaissait sur l’écran de l’ordinateur, plus bas une question était posée : « Comment décririez-vous cet homme ? » L’écran suivant présentait une métaphore picturale (monomodale) de type hybride. Par exemple, la métaphore représentait un homme avec un corps de chameau. Les participants devaient attribuer une propriété (soit perceptive, soit conceptuelle) à l’homme en verbalisant leur réponse qui était enregistrée à l’aide d’un appareil de capture audio. Pour le groupe qui ne lisait pas d’amorces, les instructions étaient les mêmes, mais seule la question : « Comment décririez-vous cet homme ? » apparaissait après la lecture des consignes. Les participants devaient verbaliser leur réponse qui était enregistrée à l’aide d’un matériel de capture audio. 4) Résultats Les degrés d’accord entre les juges experts pour les amorces créées pour faire inférer une propriété perceptive (0.86) ainsi que pour les amorces créées pour faire inférer une propriété conceptuelle (0.77) peuvent être considérés comme haut (figures 9 et 10). 81 Figure 9. Degré d’accord pour les amorces utilisées pour faire inférer une propriété perceptive. Figure 10. Degré d’accord pour les amorces utilisées pour faire inférer une propriété conceptuelle. Les analyses réalisées dans le cadre de cette expérience concernent l’attribution de propriétés et les temps de réponse. Nos attentes étaient que les participants français attribueraient plus de propriétés conceptuelles, car le matériel expérimental a été créé par des natifs français et que la recherche de propriétés conceptuelles et le traitement 82 métaphorique devraient être facilités. Concernant les temps de réponse, nous pensions que les participants français répondraient plus vite, pour les mêmes raisons. Nous nous sommes interrogés sur l’effet de la langue maternelle (française et espagnole) et sur l’effet du groupe expérimental (PPG, CPG, NPG) dans l’attribution de propriétés. Les résultats montrent un effet du groupe expérimental (en prenant en considération la langue maternelle) F(2,114) = 9.39, p < .05 ainsi qu’un effet de la langue maternelle F(2,114) = 116.77, p < .05. Les participants espagnols attribuent plus de propriétés perceptives que les participants français (figure 11). Les natifs français attribuent 154, 207 et 169 propriétés conceptuelles dans PPG, CPG et NPG, respectivement. Les natifs espagnols attribuent 89, 109 et 109 propriétés conceptuelles dans PPG, CPG, et NPG, respectivement. Les natifs français attribuent plus de propriétés conceptuelles que les natifs espagnols (figure 12). Enfin, les résultats ne montrent pas d’effet d’interaction entre les groupes expérimentaux et la langue maternelle sur l’attribution de propriétés. F(2,114) = 3.00, p > ns. Figure 11. Nombre de propriétés perceptives données en fonction de la langue maternelle (française ou espagnole) dans chaque groupe expérimental (PPG : Amorce perceptive, CPG : Amorce conceptuelle, NPG : Pas d’amorce). 83 Figure 12. Nombre de propriétés conceptuelles données en fonction de la langue maternelle (française ou espagnole) dans chaque groupe expérimental (PPG : Amorce perceptive, CPG : Amorce conceptuelle, NPG : Pas d’amorce) En prenant en considération les participants français uniquement, on note un effet du groupe expérimental F(2,57) = 7.66, p < .05. Les participants français attribuent plus de propriétés conceptuelles dans chaque groupe. En revanche, les différences ne sont pas significatives chez les participants espagnols, F(2,57) = 2.99, p > ns. Ces résultats supposent que les natifs français ne considèrent peut-être pas les amorces, car certaines propriétés d’animaux attribuées aux humains sont probablement automatiques (la fierté du coq, la bonne mémoire de l’éléphant). Ces résultats sont intéressants, car ils peuvent justifier de l’influence de la langue maternelle puisque : 1) les natifs français ont créé le matériel expérimental ; 2) Les natifs français attribuent plus de propriétés conceptuelles (qui sont des propriétés nécessitant une connaissance particulière) et 3) les différences d’attribution ne sont pas significatives chez les natifs espagnols, ces derniers attribuent plus de propriétés perceptives (directement visible sur l’image) que les natifs français. À propos des temps de réponse, les résultats ne montrent pas d’effet de la langue maternelle F(2,114) = 2.13, p> .ns, mais le groupe expérimental a une influence F(2,114) = 5.89, p < .05. De plus, il n’y a pas d’effet d’interaction entre la langue maternelle et le groupe expérimental F(2,114) = 2.02, p > ns. (figure 13). 84 Figure 13. Temps de réponse moyen des natifs français et des natifs espagnols pour attribuer des propriétés dans chaque groupe (PPG: Amorce perceptive, CPG: Amorce conceptuelle, NPG: Pas d'amorce). Si l’on s’intéresse aux participants français uniquement, les temps de réponse sont plus rapides dans le groupe CPG, F(2, 59) = 6.86, p < .05 tandis que pour les participants espagnols, l’effet est limité F(2, 59) = 1.40, p > ns. L’ensemble des résultats obtenus sont en faveur d’un effet de la langue maternelle. Le rôle des amorces semble limité pour les natifs français puisqu’ils attribuent majoritairement des propriétés conceptuelles dans chaque groupe tandis que les natifs espagnols considèrent davantage ces phrases de contexte. III. Discussion Le but de cette expérience était d’étudier le rôle des amorces sur la compréhension de métaphores picturales de type hybride. Nous avons testé l’effet de la langue maternelle en demandant à des gens de deux pays européens (France et Espagne) de participer. Les participants devaient attribuer une propriété d’un animal à un homme en fonction de la métaphore picturale qu’ils regardaient. Deux des trois groupes lisaient une amorce textuelle avant de répondre. Nous avions suggéré que le type d’amorce aurait une influence sur l’attribution de propriétés. Si les participants lisaient une amorce censée faire inférer une propriété perceptive, alors ils auraient plus tendance à attribuer ce type 85 de propriétés à la métaphore picturale. Par ailleurs, notre hypothèse stipulait que les natifs français attribueraient plus de propriétés conceptuelles, car des natifs français ont créé le matériel expérimental. Les résultats ont montré un effet de la langue maternelle et du groupe expérimental dans l’attribution de propriétés. Les natifs français attribuent davantage de propriétés conceptuelles que les natifs espagnols. Ces résultats peuvent être expliqués parce que ces propriétés sont acceptées par la culture (un coq est fier, un perroquet parle beaucoup, etc.). Les gens n’ont peut-être pas considéré les amorces, car les propriétés étaient déjà saillantes pour eux. La familiarité doit être prise en compte lorsque l’on étudie la métaphore (Blasko & Connine, 1993) ainsi que la connaissance générale (Deignan, 2008). Les résultats des natifs espagnols montrent qu’il n’y a pas d’effet du groupe expérimental dans l’attribution de propriétés. La différence de temps de réponse n’est pas non plus significative pour les natifs espagnols. Pour de futures recherches, nous pourrions utiliser des métaphores animales qui présenteraient des animaux dont les individus n’ont pas l’habitude d’extraire les propriétés (cheval, hamster, chat) de façon à savoir si les amorces sont davantage prises en considération. Le choix des animaux à prendre en compte pour cette prochaine étude serait évalué dans une phase de prétest. Les temps de réponse ont aussi fait l’objet d’analyse. Nous avions suggéré qu’ils seraient plus rapides pour les natifs français et pour les individus qui liraient les amorces censées faire inférer une propriété conceptuelle. Les résultats ne montrent pas d’effet significatif de la langue maternelle sur les temps de réponse pour attribuer une propriété, mais il y a un effet du groupe expérimental. Les métaphores picturales utilisées étaient des images d’un homme avec un corps d’animal traduisant l’idée : « cet homme est cet animal ». Dans celle-ci, les topiques et les véhicules étaient fusionnés. Forceville (1996, 2007) nomme ce type de métaphore picturale des métaphores hybrides. D’autres études pourraient considérer d’autres types de métaphores picturales comme les métaphores contextuelles ou les métaphores intégrées. Les amorces étaient de courts énoncés littéraux supposés faire inférer une propriété. Néanmoins, aucune amorce métaphorique n’a été utilisée. Ce point pourrait être étudié dans des recherches futures. 86 Chapitre VI. Expérience 3 : Attribution de propriétés dans la compréhension de métaphores picturales de type hybride de deux pays européens I. Présentation 1) Ce qui a été fait avant L’expérience précédente a testé l’effet d’amorçage sur l’attribution de propriétés de métaphore picturale de type hybride. Les participants devaient lire une amorce (selon leur groupe) puis ils devaient attribuer une propriété à un homme qui avait un corps d’animal. Les résultats ont montré que les participants de langue maternelle française attribuaient plus de propriétés conceptuelles que de propriétés perceptives tandis que les propriétés perceptives sont préférées par les Espagnols. Concernant les temps de réponse, les différences ne sont pas significatives en considérant l’influence de la langue maternelle. En revanche, les participants ayant à lire les amorces faisant référence à des propriétés conceptuelles répondent plus rapidement que les participants des deux autres groupes (PPG et NPG). 2) Le but de cette expérience La troisième expérience concerne l’attribution de propriétés dans la compréhension des métaphores picturales de type hybride en prenant en considération deux variables : l’âge (20 – 49 ans) et la langue maternelle (française versus espagnole). Dans l’expérience précédente, les participants étaient amenés à choisir la propriété qu’ils souhaitaient attribuer à la métaphore. Dans cette nouvelle expérience, nous proposions trois types de propriétés : 1) Une propriété perceptive ; 2) Une propriété conceptuelle et 3) Une propriété incongruente avec l’image. Une quatrième possibilité laissait le choix aux participants de décider de la propriété qu’ils jugeaient la plus en rapport avec l’image (et qui n’apparaissait pas dans les choix proposés par les expérimentateurs). En suivant nos résultats de l’expérience précédente, notre hypothèse était que les natifs français attribueraient plus de propriétés conceptuelles que les natifs espagnols. Les natifs espagnols devraient attribuer plus de propriétés perceptives que les natifs français. Considérant l’âge, notre attente était que les individus de 40-49 ans et natifs français 87 devraient attribuer plus de propriétés conceptuelles que les participants qui ont 20-29 ans. II. Méthode 1) Participants Au départ, 320 participants provenant de plusieurs pays (France, Espagne, Canada, Japon, Brésil, Mexique, Belgique, Suisse et Allemagne) ont répondu au questionnaire. Néanmoins, nous avons décidé de garder uniquement les données des natifs français et espagnols qui représentaient à eux seuls 300 participants (150 français et 150 espagnols). Nous avons regroupé les participants par tranche d’âge : 20-29 ans, 30-39 ans, 40-49 ans (50 participants français et 50 participants espagnols par groupe). 2) Matériel Le matériel expérimental consiste en un questionnaire réunissant douze métaphores picturales hybrides d’animaux. Le topique est la tête d’une fille nommée Lili et le véhicule est le corps d’un animal. Les animaux utilisés étaient l’autruche, le caméléon, le chameau, la cigale, le coq, l’éléphant, la gazelle, le loup, l’ours, le perroquet, la sangsue et la souris. Les métaphores utilisées dans le cadre de cette expérience sont recensées dans l’appendice B. En haut de la métaphore picturale, la question suivante était posée : « Comment décririez-vous Lili ? », en dessous de la métaphore picturale se trouvaient les quatre possibilités renvoyant à une propriété perceptive, une propriété conceptuelle, une propriété incongruente et une réponse « autre » laissant libre cours à l’imagination des participants. Le questionnaire a été traduit en langue française, en langue espagnole et en langue anglaise. 3) Procédure Les participants devaient remplir un questionnaire en commençant par donner des informations personnelles (l’anonymat était garanti). Ils devaient particulièrement renseigner leur âge et leur langue maternelle. Les participants devaient remplir un questionnaire en ligne. Ce questionnaire comportait douze questions relatives à douze métaphores picturales (une femme est cet 88 animal). Au-dessus de chaque métaphore picturale, la question suivante était posée : « Comment décririez-vous Lili ? » (Lili est le nom donné à la femme). En dessous de la métaphore, quatre propositions faisaient référence à 1) Une propriété perceptive ; 2) Une propriété conceptuelle ; 3) Une propriété incongruente ; 4) Une réponse « autre propriété » au cas où le participant ne trouvait pas de congruence entre les propriétés proposées et la métaphore. Les participants devaient sélectionner l’une des quatre réponses pour chacune des douze métaphores picturales. Nous imaginions que les participants français choisiraient plus de propriétés conceptuelles tandis que les participants espagnols choisiraient plus de propriétés perceptives. Des analyses ont aussi été effectuées selon l’âge des participants en prenant en considération leur langue maternelle. 4) Résultats Les résultats examinent la nature des propriétés choisies (perceptive, conceptuelle, incongruente ou une autre réponse) pour les douze métaphores picturales de type hybride. Les participants étaient des natifs français et des natifs espagnols âgés de 20 à 49 ans. Les analyses se focalisent sur l’effet de la langue maternelle et de l’âge dans l’attribution de propriétés. Les résultats sont organisés de la sorte : • Effet de la langue maternelle (française vs espagnole) dans l’attribution de propriétés (perceptive, conceptuelle, incongruente, autre). • Effet de l’âge dans l’attribution de propriétés en considérant la langue maternelle (tous les participants de 20-29 ans vs tous les participants de 30-39 ans vs tous les participants de 40-49 ans). • Effet de l’âge dans l’attribution des propriétés des natifs français. • Effet de l’âge dans l’attribution des propriétés des natifs espagnols. • Effet de la classe d’âge dans l’attribution des propriétés en considérant la langue maternelle (les participants de 20-29 ans natifs français vs les participants de 20- 29 ans natifs espagnols) En outre, l’appendice B montre quel animal a reçu le plus de propriétés perceptives, conceptuelles, incongruentes et autres. Plusieurs tableaux ont été créés afin d’illustrer quel type de propriété a été le plus souvent donné pour chaque animal en prenant en considération la langue maternelle et l’âge des participants. De plus, chaque 89 propriété choisie, par les expérimentateurs pour créer le matériel expérimental, est donnée dans l’appendice B. Les tableaux suivants montrent le type de propriété attribué pour chaque métaphore picturale de type hybride. Un tableau compare les attributions des natifs français et les natifs espagnols. Le second tableau compare les attributions de propriétés des natifs français en fonction de leur âge tandis que le troisième tableau compare les attributions de propriétés des natifs espagnols en fonction de leur âge. Taux de propriétés perceptives Taux de propriétés conceptuelles Taux de propriétés incongruentes Taux de « autre réponse » Natifs français 0.33 0.51 0.08 0.08 Natifs espagnols 0.44 0.34 0.08 0.14 Tableau 5. Taux de propriétés perceptives/conceptuelles/incongruentes et réponse « autre » attribuées par l’ensemble des natifs français et des natifs espagnols. Taux de propriétés perceptives Taux de propriétés conceptuelles Taux de propriétés incongruentes Taux de « autre réponse » 20-29 ans 0.39 0.44 0.11 0.05 30-39 ans 0.33 0.47 0.09 0.11 40-49 ans 0.28 0.62 0.04 0.06 Tableau 6. Taux de propriétés perceptives/conceptuelles/incongruentes et réponse « autre » attribuées par les natifs français considérant leur âge. Taux de propriétés perceptives Taux de propriétés conceptuelles Taux de propriétés incongruentes Taux de « autre réponse » 20-29 ans 0.53 0.29 0.05 0.13 30-39 ans 0.39 0.37 0.10 0.14 40-49 ans 0.41 0.35 0.11 0.13 Tableau 7. Taux de propriétés perceptives/conceptuelles/incongruentes et réponse « autre » attribuées par les natifs espagnols considérant leur âge. 96 La significativité de ces résultats était peut-être due à l’évaluation des propriétés incongruentes qui est plus faible que l’évaluation faite pour les propriétés perceptives et conceptuelles. Nous avons donc réalisé des analyses complémentaires afin de vérifier ce point. Les résultats montrent une différence significative chez les participants français F(1,38) = 12.55, p < .05, mais pas chez les participants espagnols, F(1,38) = 0.34, p > ns. Ces résultats illustrent bien la préférence des participants français pour les propriétés conceptuelles. Concernant les participants espagnols, les résultats montrent leur capacité à détecter l’incongruence des propriétés, mais l’attribution des propriétés perceptives et conceptuelles reste plus équilibrée. Le fait que les scores attribués pour les propriétés perceptives soient proches (moyenne de 3.09 pour les natifs français et 3.30 pour les natifs espagnols) peut être expliqué puisque les propriétés perceptives concernent les propriétés directement observables sur l’image et qu’elles peuvent être partagées par tout le monde, quelle que soit la langue maternelle de la personne. Les natifs français et les natifs espagnols peuvent aussi détecter les propriétés incongruentes. Ils ont attribué le score le plus bas à ce type de propriétés (moyenne pour les natifs français de 2.47 et 2.52 pour les natifs espagnols). Néanmoins, les propriétés conceptuelles dépendent de la connaissance générale, de la familiarité et de la culture (Ojha, 2015). C’est pourquoi nous observons la plus grande différence dans les scores attribués aux propriétés conceptuelles par les participants des deux pays (moyenne pour les natifs français de 3.76 et 3.26 pour les natifs espagnols). Étant donné la capacité des natifs français et des natifs espagnols à détecter l’incongruence et de l’impact de cette détection sur les résultats, nous avons réalisé une analyse complémentaire en excluant les scores des propriétés incongruentes. Nous pouvons constater que les différences significatives observées dans les analyses précédentes sont dues aux scores des propriétés incongruentes. Les résultats montrent une différence significative dans l’évaluation des propriétés entre les participants des deux pays F(1,76) = 9.67, p< .05. Il y a aussi un effet d’interaction entre la langue maternelle et la condition F(1, 76) = 12.43, p < .05. Néanmoins, l’effet de la langue maternelle uniquement reste limité F(1,76) = 2.00, p > .ns. 97 III. Discussion Cette expérience porte sur la compréhension des métaphores picturales de type hybride. La quatrième expérience reprend le principe des études précédentes. Dans l’expérience 4, les natifs français et les natifs espagnols devaient évaluer la congruence entre des métaphores picturales de type hybride et trois phrases. Une phrase faisait référence à une propriété perceptive, une phrase faisait référence à une propriété conceptuelle et une phrase présentait une propriété incongruente avec la métaphore. Les participants étaient invités à attribuer un score à chaque phrase sur une échelle en cinq points. 1 signifiait qu’il n’y avait aucune congruence entre la métaphore et la phrase tandis que 5 signifiait qu’il y avait une congruence entre la métaphore et la phrase. Cette expérience a montré le type de propriétés que les natifs de deux pays européens (France et Espagne) jugeaient le plus pertinent. Les études expérimentales précédentes de cette thèse ont montré que les natifs français préféraient les propriétés conceptuelles tandis que les natifs espagnols préféraient les propriétés perceptives. En considérant ces résultats, la quatrième expérience a été réalisée en demandant aux natifs français et espagnols d’évaluer directement les propriétés perceptives, conceptuelles et incongruentes en attribuant un score sur la congruence entre une métaphore picturale et une propriété particulière. Notre hypothèse était que les natifs français attribueraient le score le plus haut aux propriétés conceptuelles tandis que les natifs espagnols attribueraient le score le plus haut aux propriétés perceptives. Les résultats n’ont pas montré d’effet de la langue maternelle sur l’attribution des scores. Il y a un effet de la condition (scores pour les propriétés perceptives, scores pour les propriétés conceptuelles, scores pour les propriétés incongruentes) même dans le cas où les scores des propriétés incongruentes sont exclus. En prenant en considération les participants d’un seul pays à la fois, les résultats ont montré que les natifs français attribuent le plus haut score pour les phrases faisant référence à une propriété conceptuelle, l’hypothèse est donc validée. Les résultats ont aussi montré qu’il existe une différence dans l’attribution des scores réalisée par les natifs espagnols. En effet, ils attribuent des scores plus haut pour les propriétés perceptives. Les moyennes des scores pour les énoncés faisant référence à des propriétés perceptives et 98 conceptuelles sont très proches pour les deux pays et les différences étaient probablement dues à leur capacité à détecter l’incongruence. C’est pourquoi nous avons décidé de réaliser d’autres analyses en excluant les scores pour les énoncés faisant référence à des propriétés incongruentes. Les résultats montrent une différence dans l’évaluation faite par les natifs français, mais la différence n’est pas significative chez les natifs espagnols. Toutes les expériences réalisées jusqu’au Chapitre VIII présentaient des protocoles expérimentaux selon lesquels les participants devaient verbaliser, choisir ou évaluer une phrase qui faisait référence à un type de propriété. Pour de prochaines expériences, les participants pourraient verbaliser, choisir ou évaluer plusieurs énoncés faisant référence aux différents types de propriétés pour constater quel type est préféré. Certains animaux sont reconnus comme étant purement masculins ou purement féminins. En ce sens, nous dirons « un coq », « un ours » tandis que l’on dira « une autruche » et « une gazelle ». D’autres études pourraient explorer plus en détail ce concept en proposant d’interpréter des métaphores picturales particulières (un homme avec un corps de gazelle ou une femme avec un corps d’ours). Les natifs français ont créé le matériel expérimental. C’est une des raisons qui peut expliquer que les natifs français préfèrent les propriétés conceptuelles en comparaison des natifs espagnols qui préfèrent les propriétés perceptives. Les recherches futures pourraient inviter les participants espagnols à créer le matériel expérimental de façon à savoir si les individus espagnols préfèreront à leur tour les propriétés conceptuelles. Enfin, les énoncés faisaient référence à une propriété particulière. Cependant, il ne s’agissait peut-être pas de la première propriété à laquelle les individus pensaient. Par exemple, le fait de considérer qu’une autruche a de grandes jambes n’est peut-être pas la première chose à laquelle les individus pensent lorsqu’ils regardent une métaphore picturale représentant une femme avec un corps d’autruche. D’autres recherches pourraient étudier ce point plus en détail. 99 Chapitre VIII. Expérience 5a : Le traitement de la métaphore en fonction de son usage dans les publicités et les caricatures politiques I. Présentation 1) Ce qui a été fait avant L’expérience précédente invitait les participants à évaluer la congruence entre trois types de propriétés (perceptive, conceptuelle et incongruente) et une métaphore picturale de type hybride d’un animal. Les études expérimentales 2, 3 et 4 sont focalisées sur la compréhension des métaphores picturales de type hybride en utilisant des topiques d’homme et de femme et des véhicules d’animaux (« cet homme est un animal » et « cette femme est un animal »). Comme mentionné dans le Chapitre 2, une métaphore se distingue part son usage dans des images particulières (publicités et caricatures politiques). L’usage de la métaphore dans ces images fait l’objet d’une cinquième étude. 2) Le but de l’expérience La dernière étude porte sur l’utilisation de la métaphore dans différents domaines tels que les publicités ou les caricatures politiques. Bolognesi, Van den Heerik, et Van den Berg (www.vismet.org/VisMet/) ont fait une distinction entre quatre types d’images dans lesquels la métaphore peut être employée. Ces images ont des buts particuliers : • Les publicités : Faire en sorte que les gens achètent un produit • Les campagnes sociales : Prévenir d’un danger • Les caricatures politiques : Critiquer la politique • Les œuvres d’Art (Illustration, photographies et graffiti) : L’interprétation dépend de chacun La dernière expérience s’intéresse à l’utilisation des métaphores dans les publicités et dans les caricatures politiques dans une optique comparative. 100 Les métaphores picturales utilisées dans les premières expériences étaient des métaphores monomodales pour lesquels les textes avaient été supprimés. Les individus peuvent considérer que le genre de la métaphore est corrompu, car le texte joue un rôle majeur dans la compréhension des publicités, des campagnes sociales ou encore des caricatures politiques. De l’expérience 2 à l’expérience 4, nous n’avons utilisé que des métaphores picturales de type hybride représentant une personne avec un corps d’animal. L’interprétation des participants dépend de l’attribution de propriétés et, sans contexte, l’interprétation peut être très limitée (McQuarrie & Phillips, 2005). Dans l’expérience 5, nous souhaitons explorer l’usage de la métaphore dans des images particulières. Les participants devaient rédiger des énoncés en considérant le genre d’une image. Des participants ont été invités à produire des métaphores en prenant en compte qu’il s’agissait de métaphores à utiliser dans le cadre de publicités et de caricatures politiques. Les métaphores étaient des métaphores conventionnelles ayant la forme « T est un V » où « T » renvoie au topique et « V » renvoie au véhicule. Les topiques étaient des voitures (pour les publicités) et des personnalités politiques (pour les caricatures politiques). Les véhicules étaient des noms d’animaux parmi les 24 suivants : l’autruche, le caméléon, le chameau, la cigale, le cochon, le coq, le corbeau, la dinde, l’éléphant, la fourmi, la gazelle, le mouton, l’ours, le perroquet, la pie, le loup, le requin, le renard, le saint-bernard, la sangsue, le serpent, le singe, la souris et le tigre. Les animaux ont été choisis en s’appuyant sur les études de Ventalon et Tijus (2015a) et Ventalon, Tijus, Escalona Cuaresma et Dominguez Mayo (2017a). Dans la mesure où chaque genre d’image est supposé faire agir les individus de manière différente, nos attentes sur la création des énoncés étaient différentes. Le but des publicités est de faire acheter un produit (Forceville, 1998; Bateman, 2014, p. 137). Notre hypothèse est que les énoncés créés pour les publicités devraient être positifs afin de donner envie aux clients d’acheter le produit. Nous avons demandé de créer des publicités pour deux célèbres entreprises. Les énoncés devaient être rédigés pour créer des publicités à l’effigie d’une entreprise française (entreprise A) et d’une entreprise allemande (entreprise B). Le but des caricatures politiques est de critiquer les personnalités politiques (El Refaie, 2009). Notre hypothèse est que les énoncés créés dans le cadre de la création de 101 caricatures politiques devraient être négatifs. Deux personnalités politiques sont critiquées. Dans le cadre de notre étude, nous les nommerons D.T et B.O. Nous nous attendons à ce que la valence (Dunn & Schweitzer, 2005) ne soit pas la même pour les publicités et les caricatures politiques. Les publicités devraient recevoir une valence positive tandis que les caricatures politiques devraient recevoir une valence négative. Comment la valence des énoncés a-t-elle été évaluée ? Nous avons demandé à 50 participants dans le cadre d’un prétest d’évaluer leur ressenti vis-à-vis des vingt-quatre animaux mentionnés précédemment. Par exemple : « Quel est votre ressenti par rapport aux renards ? Aux singes ? Aux serpents ? » Les participants du prétest devaient indiquer s’ils éprouvaient un sentiment positif ou négatif et justifier leur réponse en donnant des propriétés de l’animal. Ensuite, nous avons calculé le taux de valence positive et négative pour chaque animal. En outre, nous avons indiqué la propriété la plus souvent donnée pour chaque animal (appendice D). Par ailleurs, la typologie des métaphores picturales (Forceville, 2007) a permis de faire des études supplémentaires. Les publicités françaises montrent souvent les voitures dans des contextes particuliers (sous la pluie, sous la neige) dans l’optique d’insister sur les capacités de la voiture (« même dans le cas d’une tempête, vous pouvez conduire en toute sécurité »). C’est pourquoi nous proposons l’hypothèse que les métaphores contextuelles seront préférées pour illustrer les publicités de voiture dans le cadre de notre expérience. Concernant les caricatures politiques, lorsque les individus ont l’intention de voter pour un homme ou une femme politique, ils font souvent la comparaison de leur programme politique. C’est pourquoi nous proposons l’hypothèse que les comparaisons seront préférées pour illustrer les caricatures politiques. II. Méthode 1) Participants 12 étudiants en deuxième année de psychologie à l’Université Paris 8 ont été invités à participer parmi huit femmes et quatre hommes (moyenne d’âge : 20.08, ET : 0.90). Les participants n’avaient aucune connaissance préalable dans le domaine du langage figuré. 102 2) Matériel Un document référençant les instructions était donné aux participants. Ils devaient suivre ces instructions. Il s’agit d’un document de six pages dans lequel les participants devaient renseigner des informations personnelles, écrire les énoncés et répondre à plusieurs questions. 3) Procédure Les participants ont été reçus à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris. L’expérience s’est déroulée au laboratoire LUTIN. Les participants étaient installés sur une chaise confortable dans une pièce isolée. Les expérimentateurs ont donné le document de six pages et les participants devaient le remplir. Sur la première page, les participants devaient indiquer leur ressenti par rapport à vingt-quatre animaux (valence positive ou négative). Par exemple, le chameau peut être considéré comme étant un animal désagréable. La valence est donc plutôt négative. Au contraire, un saint-bernard peut être considéré comme gentil. La valence est plutôt positive. Sur la page suivante, la tâche était présentée aux participants. Cette tâche faisait référence à la création de publicités et de caricatures politiques. Pour les publicités, la consigne était la suivante : « Vous êtes embauché comme agent de publicité, spécialiste dans la rédaction de spot publicitaire. En vue de la sortie imminente de deux nouveaux modèles de voiture, le patron vous confie les publicités de deux marques de voiture, une voiture de marque française et une voiture de marque allemande. Votre mission est de rédiger un argumentaire (minimum 2 lignes, maximum à votre convenance) sur la voiture de marque française d’une part et sur la voiture de marque allemande d’autre part ». Ensuite, les participants devaient répondre à la consigne suivante : « Vous allez devoir écrire un argumentaire qui permet de réaliser une publicité au sujet du nouveau modèle de voiture de marque française. Pour vous aider, veuillez sélectionner l’un des 24 animaux mentionnés précédemment (autruche, caméléon, chameau, cigale, cochon, coq, corbeau, dinde, éléphant, fourmi, gazelle, loup, mouton, ours, perroquet, pie, renard, requin, saint-bernard, sangsue, serpent, singe, souris, tigresse). Vous devez associer la voiture de marque française à l’un de ces animaux et écrire un argumentaire en tenant compte de cette association. Veuillez, si vous le pouvez et si votre texte le permet, utiliser un maximum d’énoncés métaphoriques 103 (comme lors de la version d’essai) ». La même consigne était donnée pour la voiture de la marque allemande. Pour les caricatures politiques, les participants lisaient la consigne suivante : « Vous êtes embauché comme assistant d’un célèbre dessinateur (nous l’appellerons Mike) spécialisé dans le domaine de la politique. Cependant, il y a un problème. Mike est en manque total d’inspiration et on vous demande de lui prêter main-forte. En vue des élections présidentielles qui se préparent, Mike souhaiterait faire un dessin de deux politiques : D.T et B.O. Votre mission est de rédiger un argumentaire (minimum 2 lignes, maximum à votre convenance) sur D.T d’une part et sur B.O d’autre part ». Ensuite, les participants devaient répondre à la consigne suivante : « Vous allez devoir écrire un argumentaire qui permette à Mike de créer un dessin politique au sujet de D.T. Pour vous aider, veuillez sélectionner l’un des 24 animaux mentionnés précédemment (autruche, caméléon, chameau, cigale, cochon, coq, corbeau, dinde, éléphant, fourmi, gazelle, loup, mouton, ours, perroquet, pie, renard, requin, saint-bernard, sangsue, serpent, singe, souris, tigresse). Vous devez associer D.T à l’un de ces animaux et écrire un argumentaire en tenant compte de cette association. Veuillez, si vous le pouvez et si votre texte le permet, utiliser un maximum d’énoncés métaphoriques (comme lors de la version d’essai) ». La même consigne a été donnée pour B.O. Tous les énoncés au sujet des publicités et des caricatures politiques sont présentés dans l’appendice D. La dernière partie de l’expérience consistait à imager à quoi pouvait ressembler la métaphore picturale censée représenter la vente des voitures et l’élection fictive des personnalités politiques. Trois types de métaphores picturales ont été proproposées : • D.T/B.O à côté de l’animal choisi : voter pour D.T/B.O c’est comme voter pour « l’animal choisi » • La tête de la personnalité politique collée sur le corps de l’animal : D.T/B.O est « l’animal choisi ». • Montrer uniquement l’animal choisi : voter D.T/B.O. Pour les publicités, les participants avaient le choix entre : • La voiture à côté de l’animal choisi : acheter cette voiture, c’est comme acheter « l’animal choisi ». 104 • Une partie de la voiture collée au corps de l’animal : cette voiture est « l’animal choisi » • Montrer uniquement l’animal choisi : la nouvelle voiture Ces trois choix font référence à un type de métaphore picturale défini par Forceville (2007), respectivement la métaphore de comparaison, la métaphore hybride et la métaphore contextuelle. 4) Résultats Le taux de valence (positive ou négative) pour chaque animal et le type de métaphore que les participants ont choisi pour chaque condition sont rapportés en appendice D. Les participants devaient choisir un animal pour décrire D.T, B.O, la voiture de marque française et la voiture de marque allemande. Ces résultats sont organisés comme suit : les résultats sur les énoncés concernant les caricatures politiques sont présentés en premier et les résultats sur les énoncés concernant les publicités sont présentés ensuite. Caricatures politiques Nous pouvons regrouper les énoncés dans cinq catégories : 1) métaphores conceptuelles, 2) attribution de propriétés, 3) comparaisons, 4) expressions idiomatiques et 5) autres expressions Métaphores conceptuelles La politique est une aventure : « Il a survolé tous ses adversaires », « il avance seulement avec les gens qui sont d’accord avec lui », « il se déplace de liane en liane », « il doit tout écraser sur son passage », « il ondule entre ses auditeurs de façon majestueuse afin de les attirer près de lui », « il prend possession de la scène marchant à droite puis à gauche », « Il est le loup de la meute, le leader, celui que l’on va suivre aveuglément parce qu’il parait fort et courageux », « Celui qui va se battre pour nous sauver » « Il traverse les bois sombres et dangereux à la recherche de Lumière », « Il veut battre ses ennemis », « Il se bat toujours », « Il fait face aux difficultés », « Il guide et apprend à la population de son pays à se débrouiller en cas de crise ». 105 La politique est un monstre : « Il veut manger le monde à travers ses décisions » « empoisonner la campagne électorale », « Il a su sauter sur ses proies », « Cet homme dévorera ses ennemis », « un cœur froid comme le plomb des missiles », « il laissera des cicatrices et empoisonnera probablement ses victimes », « il sait grogner quand il le faut », « Et il pousse son premier piaillement », « Cet homme qui sera peut-être élu a pour intention de dévorer la population problématique », « Nous nageons dans le sang à cause de lui », « Cet homme dévorera ses ennemis », « il serait le requin, car après avoir dévoré tous ses adversaires il se retrouve en haut de la chaine alimentaire, président », « il grogne sans cesse sur tout et tout le monde ». La politique est un meneur : « il a l’air de s’adresser à un troupeau de moutons », « Après avoir pris sous son plumage une partie du peuple », « il reste l’emblème de ce nouveau pays multiculturel », « câliner ses oursons afin de distribuer de l’amour ». Attribution de propriétés « une image de lui noire, stricte et fermée », « Il est intelligent et rusé », « Il est gentil », « la gorge rouge et les cheveux jaune poussin », « Grand et vigoureux », « Il est brave et téméraire », « il est inutile, dérangeant, handicapant et énervant », « Cet homme est puissant et mignon à la fois » Comparaisons « il est comme un roi », « il est aussi terrifiant que cet animal », « domine le monde immobilisé comme peut le faire le requin dans la mer », « Il a de la prestance tel un ours », « Il peut tendre les bras tel un ours pour exprimer son mécontentement », « aussi sympathique qu’un singe », « malin comme un singe », « Tout comme le perroquet, Il passe son temps à parler dans le vide », « Il est malin comme le renard », « Il a le même rôle pour le monde qu’une sangsue pour le règne animal », « Il est comme une sangsue qui saute discrètement sur la peau pour sucer du sang », « Il va mener son pays à sa perte comme une sangsue vide un être vivant de son sang », « Il protège son pays comme un ours protège ses enfants. », « Il guide et apprend à la population de son pays à se débrouiller en cas de crise, comme un ours élève et apprend la chasse à ses oursons. », « Il est protecteur et rassurant tel un ours ». 112 Nous n’avons pas considéré les résultats « neutre » des caricatures politiques (N.PC) et les résultats « neutre » des publicités (N.A), car ces énoncés ont été créés pour éviter les biais. D.T B.O N.PC, CAR A, CAR B N.A Oui 6 21 2 46 48 45 Non 44 29 48 4 2 5 Tableau 8. Intentions de vote et d’achat en considérant les énoncés au sujet des caricatures politiques et des publicités (D.T: la première personnalité politique, B.O: la deuxième personnalité politique, N.PC: personnalité politique « neutre », CAR A: la voiture française, CAR B: la voiture allemande, N.A: la voiture « neutre »). III. Discussion La cinquième expérience porte sur le genre d’une image et étudie l’usage de la métaphore dans les publicités et les caricatures politiques. Dans l’expérience 5, les participants devaient sélectionner un animal et écrire des énoncés sur des personnalités politiques (en considérant que le thème était la création d’une caricature politique) et sur des voitures (en considérant que le thème était l’achat d’une voiture). Nous avons contrôlé la nature de l’effet (positif ou négatif) en demandant aux participants d’évaluer la valence de vingtquatre animaux et d’en choisir un pour créer leurs énoncés. Nos attentes concernaient le fait que les animaux choisis pour les caricatures politiques aient une valence négative tandis que les animaux choisis pour les publicités devraient avoir une valence positive. Les résultats ont montré que les animaux choisis pour les publicités étaient en majorité des animaux ayant une valence positive (dix animaux ayant une valence positive et deux animaux ayant une valence négative pour la voiture française. Neuf animaux ayant une valence positive et trois animaux ayant une valence négative pour la voiture allemande). Les résultats sont plus équilibrés pour les caricatures politiques (onze animaux ayant une valence positive et un animal ayant une valence négative pour B.O et onze animaux ayant une valence négative pour D.T). Le choix des personnalités politiques peut avoir un effet sur la valence attribuée (dans notre étude, nous avons décidé de les appeler D.T et B.O). Par ailleurs, lorsque les énoncés faisaient référence à une valence positive, ils portaient sur une qualité (malin, gentil) tandis que les énoncés faisant référence à une valence négative portaient sur un défaut (inutile, dangereux). 113 En outre, les résultats ont montré que les métaphores de comparaison sont préférées pour les caricatures politiques (12) contre les métaphores hybrides (7) et contextuelles (5). Concernant les publicités, les métaphores contextuelles sont préférées (10) contre les métaphores de comparaison (9) et les métaphores hybrides (5). La cinquième expérience a montré l’effet du genre dans le traitement de la métaphore. Bolognesi, Van den Heerik et Van den Berg (http://www.vismet.org/VisMet/) ont défini d’autres genres (les campagnes sociales et les œuvres d’Art). D’autres études pourraient porter sur tous ces genres, de la même manière que dans cette cinquième expérience. Résumé de la partie expérimentale La partie expérimentale propose six études : 1) la création de la base de connaissance des métaphores picturales, 2) l’effet d’amorçage dans l’attribution de propriétés pour la compréhension des métaphores picturales, 3) l’effet de la langue maternelle et de l’âge dans l’attribution de propriétés pour la compréhension des métaphores picturales, 4) l’effet de la langue maternelle sur l’attribution de propriétés pour l’évaluation des métaphores picturales, 5) le traitement de la métaphore en fonction de son usage dans les publicités et les caricatures politiques et 6) l’évaluation de la métaphore en fonction de son usage dans les publicités et les caricatures politiques Ces expériences ont mis en évidence la métaphore picturale, en particulier la métaphore animale hybride (un homme ou une femme ayant un corps d’animal pour créer la métaphore : « cette personne est cet animal »). La création de la base de connaissances prend en considération plus qu’un type de métaphore picturale. Nous avons réuni 116 métaphores picturales en considérant la typologie suggérée par Forceville (1996, 2007). La création de la base de connaissance des métaphores picturales Avant de commencer à étudier les métaphores picturales, les images doivent être évaluées comme étant des métaphores picturales. La création de la base de connaissances de 116 métaphores picturales constitue le cœur de cette thèse. Au départ, nous avons réuni 116 images. Certaines images étaient accompagnées de textes. Étant donné que nous nous intéressions aux métaphores monomodale (picturale), nous avons décidé de 114 / 115 L’effet d’amorçage dans l’attribution de propriétés pour la compréhension des métaphores picturales La deuxième expérience porte sur l’effet d’amorçage dans l’attribution de propriétés pour la compréhension des métaphores picturales. 12 métaphores picturales de type hybride représentant un homme avec un corps d’animal ont été récupérées de notre base de connaissances. Pour mettre en évidence la compréhension des métaphores picturales, deux types de propriétés ont été définis : 1) les propriétés perceptives et 2) les propriétés conceptuelles. Dans cette deuxième expérience, nous avons testé la possibilité de manipuler l’attribution de propriétés en présentant des amorces censées guider l’interprétation. Ces amorces permettaient d’inférer une propriété perceptive ou une propriété conceptuelle. 120 participants (60 natifs français et 60 natifs espagnols) ont été répartis dans trois groupes. Le premier groupe lisait des amorces faisant référence à des propriétés perceptives (PPG), le second groupe lisait des amorces faisant référence à des propriétés conceptuelles (CPG) et le troisième groupe ne lisait pas d’amorce, ils voyaient directement la métaphore picturale (NPG). Notre hypothèse était que les participants de PPG attribuent plus de propriétés perceptives que de propriétés conceptuelles tandis que les participants de CPG attribuent plus de propriétés conceptuelles que de propriétés perceptives. De plus, nous avions des attentes concernant un effet de la langue maternelle en imaginant que les natifs français attribueraient plus de propriétés conceptuelles que les natifs espagnols, car des individus natifs français avaient créé le matériel expérimental. L’accès aux propriétés conceptuelles, impacté par la culture, la familiarité et la connaissance générale pourrait être facilité pour les natifs français que pour les natifs espagnols. Les résultats ont montré que les natifs français attribuent plus de propriétés conceptuelles, quel que soit leur groupe. Les natifs espagnols attribuent davantage de propriétés perceptives. Ces résultats peuvent être dus au fait qu’une propriété conceptuelle est associée de manière presque automatique à certains animaux, elle est partagée par la culture (le coq est fier, le caméléon peut s’adapter à son environnement, le perroquet parle beaucoup). Par ailleurs des analyses sur les temps de réponse ont montré qu’ils étaient plus courts pour CPG ce qui renforce 116 l’idée que certaines métaphores animales peuvent être comprises directement en s’appuyant sur une propriété conceptuelle, mais cela reste hypothétique. En revanche, l’effet de la langue maternelle sur les temps de réponse est limité. L’effet de la langue maternelle et de l’âge dans l’attribution de propriétés pour la compréhension des métaphores picturales La troisième expérience porte sur l’attribution de propriétés pour la compréhension des métaphores picturales de type hybride. Contrairement à l’expérience précédente dans laquelle les participants choisissaient eux-mêmes la propriété qu’ils souhaitaient attribuer à la métaphore, nous avons sélectionné les propriétés à choisir pour cette troisième expérience. Pour chaque métaphore picturale, les participants devaient choisir entre 1) une propriété perceptive, 2) une propriété conceptuelle, 3) une propriété incongruente et 4) une option « autre » permettait aux participants la propriété qu’ils souhaitaient et qui n’apparaissait pas parmi les propositions. 12 métaphores picturales de type hybride représentant une femme avec un corps d’animal ont été récupérées de notre base de connaissances. Cette étude examine les différences dans l’attribution de propriétés en considérant la langue maternelle (française versus espagnole) et l’âge des participants. Les résultats montrent que les natifs français attribuent plus de propriétés conceptuelles que de propriétés perceptives et incongruentes. Les natifs espagnols attribuent plus de propriétés perceptives que de propriétés conceptuelles et incongruentes. En outre, les natifs français âgés de 40 à 49 ans attribuent plus de propriétés conceptuelles que les autres natifs français comme notre hypothèse le suggérait. L’effet de la langue maternelle sur l’attribution de propriétés pour l’évaluation des métaphores picturales Après avoir demandé aux participants de choisir leur propre propriété perceptive ou propriété conceptuelle (expérience 2), et de choisir entre l’une des propriétés perceptives, conceptuelles et incongruentes proposées (expérience 3), la quatrième expérience examine l’évaluation de la congruence entre une métaphore picturale de type hybride et des énoncés faisant référence à trois types de propriétés : 1) une propriété perceptive, 2) une propriété conceptuelle et 3) une propriété incongruente. 117 Dans cette expérience, 20 natifs français et 20 natifs espagnols devaient évaluer la congruence entre chacune des trois phrases et une métaphore picturale animale traduisant l’idée : « cette personne est cet animal » sur une échelle en cinq points. 1 signifiait que la congruence était faible tandis que 5 signifiait que la congruence était forte. En prenant en compte les deux pays, les résultats ont montré un effet de la condition pour les natifs français et les natifs espagnols. Les phrases qui faisaient référence à une propriété conceptuelle ont reçu le score le plus haut de la part des natifs français comparativement aux scores attribués par les natifs espagnols. Si l’on s’intéresse uniquement à un pays, les résultats montrent que les natifs français attribuent un score plus élevé pour les propriétés conceptuelles tandis que les natifs espagnols attribuent un score plus élevé pour les propriétés perceptives. Les participants des deux pays parviennent à détecter l’incongruence entre la métaphore picturale et la phrase cible. Néanmoins, les résultats des natifs espagnols sont à prendre avec précaution. La différence significative dans l’attribution des scores chez les natifs espagnols semble être dû à leur capacité à détecter les propriétés incongruentes. En effet, des analyses complémentaires ont montré qu’il n’y avait pas de différence significative dans l’attribution des scores. Le traitement de la métaphore en fonction de son usage dans les publicités et les caricatures politiques La cinquième expérience a été réalisée en prenant en considération le genre d’une image. Bolognesi, Van den Heerik, et Van den Berg (http://www.vismet.org/VisMet/) ont défini cinq genres (les publicités, les campagnes sociales, les caricatures politiques et les œuvres d’Art). L’expérience 5 s’est concentrée sur les publicités et les caricatures politiques. Les publicités sont créées dans l’optique que les gens achètent un produit. Par conséquent, le message doit être positif. Les caricatures politiques critiquent la politique, par conséquent le message doit être négatif. La cinquième expérience poursuit l’investigation des attributions de propriétés en prenant en considération les propriétés relatives aux animaux. Ainsi, les participants devaient indiquer leur ressenti (positif ou négatif) à propos de 24 animaux. Ensuite, ils devaient choisir quatre animaux pour créer des énoncés sur : 1) une caricature politique à propos d’une personnalité politique appelée D.T, 2) une caricature politique à propos 118 d’une personnalité politique appelée B.O, 3) une publicité à propos d’une voiture de marque française et 4) une publicité à propos d’une voiture de marque allemande. Les résultats ont montré que les participants choisissaient davantage des animaux ayant une valence positive pour les publicités tandis qu’ils se tournaient vers des animaux ayant une valence négative pour les caricatures politiques. Par ailleurs, en considérant la typologie des métaphores picturales définie par Forceville (2007), les métaphores de comparaison sont préférées pour les caricatures politiques tandis que les métaphores contextuelles sont préférées pour les publicités. Enfin, les résultats montrent que les énoncés rédigés dans le cadre des caricatures politiques et des publicités s’appuient sur des principes syntaxiques similaires (métaphore conceptuelle, attribution de propriétés, expressions idiomatiques), mais que la pragmatique du langage change. En effet, lorsque la valence de l’animal choisi est positive, les énoncés font référence à des qualités (gentil, malin), mais quand la valence de l’animal choisi est négative, les énoncés font référence à un défaut (une honte, dangereux). L’évaluation de la métaphore en fonction de son usage dans les publicités et les caricatures politiques La deuxième étape de cette expérience (expérience 5b) consistait à soumettre l’ensemble des énoncés à de nouveaux participants afin de savoir s’ils avaient l’intention d’acheter les voitures et de voter pour les personnalités politiques. Les résultats ont montré que les individus avaient plus tendance à acheter la voiture qu’à voter pour les personnalités politiques. 119 PARTIE DISCUSSION 120 Chapitre X. Discussion et conclusion Cette thèse porte sur la compréhension de la métaphore. Une métaphore est une figure de style selon laquelle la signification d’un terme est transférée à un autre terme. Habituellement, une métaphore est introduite sous la forme : « T est un V » où « T » renvoie au topique et « V » renvoie au véhicule, mais il existe plusieurs autres formes (Franquart-Declercq & Gineste, 2001) qui dépassent le cadre de cette thèse. Par exemple, la phrase « Sophie est un glaçon » (voir Hamilton, 2003) est une métaphore composée d’un topique (Sophie) et d’un véhicule (glaçon). Comme mentionné dans le deuxième chapitre, il existe au moins cinq modalités de présentation d’une métaphore : 1) le texte, 2) l’image, 3) le langage, 4) la musique et 5) le son. Lorsqu’une seule modalité est utilisée, les métaphores sont considérées comme des métaphores monomodales. Lorsque deux modalités sont utilisées, les métaphores sont considérées comme des métaphores multimodales. Cette thèse porte sur les métaphores monomodales, en particulier les métaphores picturales. Dans une métaphore picturale, les concepts de topique et de véhicule existent aussi et Forceville (2007) fait une distinction entre quatre types de métaphores picturales selon la présence du topique et du véhicule sur l’image. L’auteur définit les métaphores contextuelles, les métaphores hybrides, les métaphores de comparaisons et les métaphores intégrées (voir Chapitre II). L’objectif principal de cette thèse était de créer une base de connaissances de métaphores monomodales (picturales) en prenant en compte les types définis par Forceville (2007). Cette thèse a étudié la compréhension des métaphores picturales de type hybride. Ces métaphores illustraient un homme ou une femme avec un corps d’animal traduisant l’idée suivante : « cette personne est cet animal ». La compréhension des métaphores picturales de type hybride a été étudiée en portant une attention particulière à plusieurs variables : 1) l’amorçage (expérience 2), 2) l’âge et la langue maternelle (expérience 3), 3) la langue maternelle dans la détection de l’incongruence (expérience 4), et 4) l’usage de la métaphore selon le genre de l’image (expériences 5a et 5b). Ojha (2015) a fait une distinction entre deux types de propriétés d’une image. Il s’agit des propriétés perceptives (couleur, forme, texture) et des propriétés conceptuelles 121 (les propriétés qui sont influencées par la culture, la familiarité et la connaissance générale). Dans le cadre de cette thèse, la compréhension des métaphores picturales a été examinée entre deux pays européens (France et Espagne) dans une optique comparative. Nous avons pris en considération une approche basée sur le transfert de propriétés (Gluckerberg & Keysar, 1990) pour rendre compte de la compréhension des métaphores picturales. L’effet de la langue maternelle a été illustré en demandant à des natifs français de créer le matériel. Les résultats ont montré l’influence de la langue maternelle dans la compréhension entre les natifs français et les natifs espagnols. Les natifs français attribuent davantage de propriétés conceptuelles tandis que les natifs espagnols attribuent davantage de propriétés perceptives. De futures recherches et défis peuvent émerger de ces résultats. La dernière partie de ce travail est organisée en trois points : 1) les nouveaux défis et les réflexions, 2) les perspectives et 3) la conclusion. I. Nouveaux défis et réflexions Comme mentionné dans le chapitre III, l’objectif principal de cette thèse était de créer une base de connaissances de métaphores picturales. La base de connaissances contient 116 métaphores monomodales (picturales). La nature monomodale de toutes ces métaphores peut être une source de critique. Dans nos études, nous avons décidé de créer des métaphores monomodales en supprimant le texte des publicités et autres genres. Le but d’une publicité est de convaincre les clients d’acheter un produit (Forceville, 1998; Bateman, 2010, p. 137), en supprimant le texte, le genre de l’image peut être corrompu. Le genre est un facteur important puisqu’il détermine la façon dont les gens sont susceptibles de réagir face à une métaphore picturale. Bolognesi, Van den Heerik, et Van den Berg (www.vismet.org/VisMet/) ont fait une distinction entre quatre genres, chacun a des buts particuliers : • Les publicités : Faire en sorte que les gens achètent un produit • Les campagnes sociales : Prévenir d’un danger • Les caricatures politiques : Critiquer la politique • Les œuvres d’Art (Illustration, photographies et graffiti) : L’interprétation dépend de chacun 128 un modèle de compréhension des métaphores picturales en faisant un lien entre les métaphores picturales et les métaphores verbales. Cette thèse a présenté les différents travaux de l’auteur. Ces travaux mettent en évidence une difficulté à déterminer la nature d’une métaphore picturale puisque Ojha (2015) copie la forme des métaphores verbales pour créer des métaphores picturales. Par exemple, dans l’énoncé « cette fille est un soleil », Ojha (2015) suggère qu’en remplaçant le topique « fille » par une image de fille et le véhicule « soleil » par une image de soleil, la métaphore devient une métaphore picturale, car le topique et le véhicule sont rendus en termes visuels. Nous proposons d’étudier son modèle lors de prochaines recherches. Et la production ? Cette thèse s’est focalisée sur la compréhension des métaphores picturales. Nous n’avons pas traité de la question de la production des métaphores picturales. Des recherches futures pourraient étudier les techniques mises en place pour créer des métaphores picturales. Par exemple, des participants pourraient dessiner une affiche publicitaire ou une caricature politique en expliquant, par la suite, leur production. III. Conclusion La compréhension des métaphores picturales reste aujourd’hui un récent domaine d’étude. Cette thèse s’est focalisée sur un aspect de la métaphore picturale : la compréhension de métaphores monomodales de type hybride. Le processus de création des métaphores monomodales proposé dans cette thèse peut faire l’objet de critiques. Lorsque les individus regardent une métaphore multimodale, par exemple, une image avec avec du texte, ils comprennent la métaphore d’une certaine manière. En revanche, si l’on supprime le texte (la métaphore devient donc monomodale), des informations manquent et la signification peut changer. Cependant, cette thèse a montré qu’une métaphore pouvait être comprise même si des informations contextuelles (le texte) manquaient. C’est le cas par exemple pour les images de prévention contre les dangers du tabac. Cette thèse a porté sur l’effet de la langue maternelle dans la compréhension en proposant à des participants de langue maternelle différence (française et espagnole) de participer aux études expérimentales. Trois études expérimentales ont examiné 129 l’attribution de propriétés chez les natifs français et les natifs espagnols pour la compréhension des métaphores picturales en étudiant : 1) l’effet d’amorçage, 2) l’effet de l’âge et 3) l’effet de la langue maternelle. Selon Ojha (2015), les propriétés attribuées à une métaphore picturale peuvent être perceptives (directement observables sur l’image) ou conceptuelles (influencées par la culture, la familiarité et la connaissance générale). L’effet de la langue maternelle a été testé en demandant à des natifs français de créer le matériel expérimental. Compte tenu du fait que les propriétés conceptuelles sont influencées par la culture, la familiarité et la connaissance générale, les natifs français devraient attribuer plus de propriétés conceptuelles. Les résultats de nos expériences montrent les natifs français attribuent plus de propriétés conceptuelles que de propriétés perceptives et que les natifs espagnols attribuent plus de propriétés perceptives que de propriétés conceptuelles. La dernière expérience a porté sur l’usage de la métaphore en fonction du genre de l’image (publicité ou caricature politique). Bolognesi (2017, communication personnelle) a mentionné d’autres genres tels que les campagnes sociales et les œuvres d’Art. D’autres études pourraient se consacrer à l’étude de ces deux genres. La compréhension des métaphores picturales est encore un récent domaine de recherche, mais durant les deux dernières décennies, les études ont connu un essor grandissant. Maintenant, le but est de faire avancer la science dans le domaine de la compréhension des métaphores picturales. 130 References Alousque, I. N. (2015). Visual wine metaphor and metonymy in ads. Procedia-Social and Behavioral Sciences, 173, 125-131. 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Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans CPG (natifs espagnols). 146 Groupe sans amorce (NPG) Natifs français Animaux Taux de propriétés perceptives Taux de propriétés conceptuelles Autruche 0.40 0.60 Caméléon 0.15 0.85 Chameau 0.05 0.95 Cigale 0.45 0.55 Coq 0.05 0.95 Éléphant 0.40 0.60 Gazelle 0.25 0.75 Loup 0.25 0.75 Ours 0.50 0.50 Perroquet 0.20 0.80 Sangsue 0.25 0.75 Souris 0.60 0.40 Total 3.55 8.45 Tableau 15. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans NPG (natifs français). 147 Natifs espagnols Animaux Taux de propriétés perceptives Taux de propriétés conceptuelles Autruche 0.60 0.40 Caméléon 0.55 0.45 Chameau 0.40 0.60 Cigale 0.85 0.15 Coq 0.30 0.70 Éléphant 0.75 0.25 Gazelle 0.60 0.40 Loup 0.35 0.65 Ours 0.70 0.30 Perroquet 0.40 0.60 Sangsue 0.40 0.60 Souris 0.60 0.40 Total 6.5 5.5 Tableau 16. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans NPG (natifs espagnols). 148 Taux d’attribution des propriétés attendues pour chaque animal et par tous les participants dans PPG et CPG Animaux Natifs français Natifs espagnols Autruche 0.16 0.05 Caméléon 0.07 0.13 Chameau 0.07 0.03 Cigale 0.06 0.11 Coq 0.00 0.05 Éléphant 0.18 0.13 Gazelle 0.07 0.05 Loup 0.06 0.10 Ours 0.09 0.11 Perroquet 0.01 0.04 Sangsue 0.01 0.10 Souris 0.19 0.10 Total 0.97 1 Tableau 17. Taux d’attribution des propriétés attendues par les natifs français et espagnols dans PPG. 149 Animaux Natifs français Natifs espagnols Autruche 0.03 0.02 Caméléon 0.02 0.04 Chameau 0.12 0.16 Cigale 0.12 0.05 Coq 0.10 0.16 Éléphant 0.11 0.07 Gazelle 0.07 0.02 Loup 0.06 0.05 Ours 0.13 0.09 Perroquet 0.14 0.20 Sangsue 0.02 0.00 Souris 0.11 0.13 Total 1.03 0.99 Tableau 18. Taux d’attribution des propriétés attendues par les natifs français et espagnols dans CPG. Les natifs français ont trouvé 67 propriétés perceptives attendues et 114 propriétés conceptuelles attendues. Les natifs espagnols ont trouvé 79 propriétés perceptives attendues et 55 propriétés conceptuelles attendues. 150 Appendice B. Expérience 3 Animaux Propriétés perceptives Autruche Longues jambes Caméléon Rugueux Chameau Bossu Cigale Minuscule Coq Petites jambes Éléphant Massif Gazelle Mince Loup Poilu Ours Doux Perroquet Métisse Sangsue Gluant Souris Petit Tableau 19. Propriétés perceptives pour chaque animal. 151 Animaux Propriétés conceptuelles Autruche Peureuse Caméléon Capacité de s’adapter Chameau Désagréable Cigale Dépensière Coq Fière Éléphant Bonne mémoire Gazelle Belle Loup Cruelle Ours Dangereuse Perroquet Bavarde Sangsue Profiteuse Souris Fouineuse Tableau 20. Propriétés conceptuelles pour chaque animal. 152 Animaux Propriétés incongruentes Autruche Intéressée par des situations surréalistes Caméléon Regarde la TV Chameau Sportive Cigale Cuisine tous les soirs Coq Aime jardiner Éléphant Reçoit un cadeau Gazelle Rêveuse Loup Bonne joueuse de tennis Ours Aime les bois Perroquet Célibataire à Paris Sangsue Seule Souris Travaille beaucoup Tableau 21. Propriétés incongruentes pour chaque animal. 153 Natifs français Participants de 20-29 ans Animaux Propriétés perceptives Propriétés conceptuelles Propriétés incongruentes Autre Autruche 0.28 0.32 0.34 0.06 Caméléon 0.04 0.96 0.00 0.00 Chameau 0.80 0.14 0.02 0.04 Cigale 0.68 0.24 0.08 0.00 Coq 0.06 0.86 0.08 0.00 Éléphant 0.34 0.62 0.02 0.02 Gazelle 0.46 0.36 0.06 0.12 Loup 0.46 0.28 0.16 0.10 Ours 0.40 0.20 0.36 0.04 Perroquet 0.06 0.90 0.02 0.02 Sangsue 0.44 0.24 0.12 0.20 Souris 0.68 0.20 0.08 0.04 Tableau 22. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal (20-29 ans natifs français). 256 considered when studying metaphors (Blasko & Connine, 1993), as should general knowledge (Deignan, 2008). Regarding the results of native Spanish speakers, there was no effect of the experimental group on property attribution. The difference of response time was also not significant for native Spanish speakers. Introducing novel metaphors with uncommon vehicles dealing with an animal (horse, cat, hamster) could be a relevant alternative for noticing if people are better able to consider primes and which properties they attribute. Besides, confronting people on both primes should show a better influence of primes on pictorial metaphor comprehension. A focus has also been made on response time, suggesting that things will move faster for native French speakers and people who read primes that are supposed to infer a conceptual property. The results showed no significant effect of native language in property attribution, but there was an effect of the experimental group in property attribution. This can be explained by the fact that the pictorial metaphors used are conventional metaphors of an animal. It is common to qualify someone with an animal name referring to a property. Most of the time, this property is conceptual (“smart” for a fox, “dirty” for a pig, “talkative” for a parrot, “having a good memory” for an elephant, etc.). These properties are anchored in everyday language, and so their understanding is instantaneous. People have special conceptual properties for some animals, and so they do not think about a perceptual property. The pictorial metaphors used were images of a man with the body of animals, translating the idea “this man is an animal.” In these, both topic and vehicle were fused. Forceville (1996, 2007) called this type of pictorial metaphor a “hybrid”. Further studies could consider other types of metaphors, such as contextual metaphors or similes, to examine whether people can attribute a perceptual or a conceptual property. The primes used were short literal sentences that were supposed to make people infer a property. However, no metaphorical prime was used. This point could be considered for future research. 257 Chapter VI. Experimental study 3: The effect of native language and age on property attribution for pictorial metaphor comprehension I. Presentation 1) Reminder of what has been done previously The previous experiment tested priming’s effect on property attribution for pictorial hybrid metaphors. With or without primes, participants attributed a property of their choice, either perceptual or conceptual. The results showed that native French speakers attributed more conceptual properties than perceptual properties. Native Spanish speakers considered primes more often before attributing a property. 2) The aim of this experiment This third experiment deals with property attribution in pictorial hybrid metaphor comprehension with consideration given to two variables: age and native language. While the previous experiment asked people to choose their property, the current one suggests four answers, referring to (i) a perceptual property; (ii) a conceptual property; (iii) an incongruent property; and (iv) “other,” and participants can give the property of their choice if no suggested property was relevant for them. Following the findings of the previous experiment, our expectations are that native French speakers will attribute more conceptual properties while native Spanish speakers will attribute more perceptual properties. Regarding the influence of age, we hypothesize that people who are 40–49 years of age and native French speakers should attribute more conceptual properties than people ages 20–29. 258 II. Methods 1) Participants To begin, 320 participants replied to the invitation. Respondents included people from France, Spain, Canada, Japan, Brazil, Mexico, Belgium, Switzerland, and Germany. However, there were 150 native French speakers and 150 native Spanish speakers; the 20 others were divided among the aforementioned countries. We choose to keep native French speakers and native Spanish speakers for this experiment. Participants were divided into groups according to their ages. There were 150 native French speakers (50 were 20–29 years old, 50 were 30–39 years old, and 50 were 40–49 years old) and 150 native Spanish speakers (50 were 20–29 years old, 50 were 30–39 years old, and 50 were 40–49 years old). 2) Materials The material used was an online survey reuniting 12 pictorial hybrid metaphors of an animal. The topic was the face of a girl called Lili, and the vehicle was the body of an animal. The animals used included a bear, a camel, a chameleon, a cicada, an elephant, a gazelle, a leech, a mouse, an ostrich, a parrot, a rooster, and a wolf. The pictorial metaphors used in this experiment are illustrated in Appendix B. At the top of the pictorial metaphor, there was the question, “How can you describe Lili?” At the bottom of each of the 12 pictorial metaphors, there were four possible answers referring to a perceptual property, a conceptual property, an incongruent property, and “other.” The survey was translated into two languages: French and Spanish. 3) Procedure Participants began the survey by providing some personal information (the survey was a guarantee of anonymity). They indicated their age range and their native language in particular. 259 The survey introduced the same question twelve times: “How can you describe Lili?” Lili is the name given to the girl depicted on the pictorial metaphors. After the question, participants could see a pictorial hybrid metaphor of Lili with the body of an animal. After the pictorial metaphor, there were four choices of answers provided, as mentioned previously. Participants could choose only one response between the four. When they finished filling out the survey, they pushed a special button to end the survey. It took no more than 50 minutes to complete the experiment, and the survey was all online. No stressful situation could occur due to the experimental process because participants could fill out the survey at home. 4) Results The results examine the nature of the chosen property (perceptual, conceptual, incongruent, or another response) for 12 pictorial hybrid metaphors of the animal. The participants included native French speakers and native Spanish speakers ages 20–49 years old. As such, the analyses deal with the effect of the native language and age on property attribution. The results are organized following these points: • The effect of the native language (French vs Spanish) on property attribution (perceptual, conceptual, incongruent, other). • The effect of age on property attribution considering the native language (every 20–29-year-old participant vs every 30–39-year-old participant vs every 40– 49year-old participant). • The effect of age on property attribution for native French speakers only (20- 29year-old participants vs 30–39-year-old participants vs 40–49-year-old participants). • The effect of age on property attribution for native Spanish speakers only (20– 29- year-old participants vs 30–39-year-old participants vs 40–49-year-old participants). • The effect of age range on property attribution considering the native language (20–29-year-old native French speakers vs 20–29-year-old native Spanish speakers. 30–39-year-old native French speakers vs 30–39-year-old native 260 Spanish speakers. 40–49-year-old native French speakers vs 40–49-year-old native Spanish speakers). Furthermore, Appendix B shows which animals received the most perceptual, conceptual, incongruent, and other properties. Several tables have been created showing the most frequently given property for each animal considering the native language and age range of participants. Each property chosen for each animal is provided in Appendix B as well. The following tables show the type of attributed property for each pictorial hybrid metaphor. One table is dedicated to the attributions made by every native French speaker versus every native Spanish speaker, the second table is dedicated to the attributions made by native French speakers considering their age, and the third table is dedicated to the attributions made by native Spanish speakers considering their age. Rate of perceptual property Rate of conceptual property Rate of incongruent property Rate of “other” property Native French speakers 0.33 0.51 0.08 0.08 Native Spanish speakers 0.44 0.34 0.08 0.14 Table 5. Rates of perceptual, conceptual, incongruent, and “other” properties attributed by every native French speaker and every native Spanish speaker. 261 Rate of perceptual property Rate of conceptual property Rate of incongruent property Rate of “other” property 20–29 years old 0.39 0.44 0.11 0.05 30–39 years old 0.33 0.47 0.09 0.11 40–49 years old 0.28 0.62 0.04 0.06 Table 6. Rates of perceptual, conceptual, incongruent, and “other” properties attributed by native French speakers considering their age range. Rate of perceptual property Rate of conceptual property Rate of incongruent property Rate of “other” property 20–29 years old 0.53 0.29 0.05 0.13 30–39 years old 0.39 0.37 0.10 0.14 40–49 years old 0.41 0.35 0.11 0.13 Table 7. Rates of perceptual, conceptual, incongruent, and “other” properties attributed by native Spanish speakers considering their age range. The effect of native language on property attribution The results showed an effect of native language on property attribution. More precisely, there was an effect of native language on perceptual property attribution F(1,298) = 36.09, p < .05; conceptual property attribution F(1,298) = 95.40, p < .05; and “other” attributions F(1,298) = 17.93, p < .05. In regards to incongruent properties, the results showed no effect of native language F(1,298) = 0.24, p > .ns. Native Spanish speakers chose perceptual properties and “other” responses more often, while native French speakers chose conceptual properties more often (Table 5) 262 The effect of age considering the native language on property attribution (20–29-year-old participants) The results showed an effect on perceptual property attribution F(1,98) = 26.57, p < .05; conceptual property attribution F(1,98) = 50.16, p < .05; incongruent property attribution F(1,98) = 12.26, p < .05; and “other” responses F(1,98) = 16.19, p < .05. The effect of age considering the native language on property attribution (30–39-year-old participants) The results showed an effect on conceptual property attribution F(1,98) = 9.20, p < .05. However, the results showed no effect of age considering the native language on perceptual property attribution F(1,98) = 3.55, p > .ns; incongruent property attribution F(1,98) = 0.29 p > .ns; or “other” responses F(1,98) = 0.81, p > .ns. The effect of age considering the native language on property attribution (40–49-year-old participants) The results showed an effect on perceptual property attribution F(1,98) = 18.22, p < .05; conceptual property attribution F(1,98) = 77.39, p < .05; incongruent property attribution F(1,98) = 20.07, p < .05; and “other” responses F(1,98) = 13.10, p < .05. The effect of age on property attribution (native French speakers only) The results showed an effect on perceptual property attribution F(2,147) = 7.181, p < .05; conceptual property attribution F(2,147) = 20.59, p < .05; incongruent property attribution F(2,147) = 10.60, p < .05; and “other” responses F(2,147) = 4.13, p < .05. The effect of age on property attribution (native Spanish speakers only) The results showed an effect on perceptual property attribution F(2,147) = 12.61, p < .05; conceptual property attribution F(2,147) = 4.97, p < .05; and incongruent property attribution F(2,147) = 8.27, p < .05. However, the results showed no effect of age on “other” responses F(2,147) = 0.20, p > .ns. All of these results showed that native French speakers preferred the attribution of conceptual properties while native Spanish speakers preferred the attribution of perceptual properties. The results also indicated that native French speakers (40–49 263 years old) attributed more conceptual properties than native French speakers ages 20– 29 years and 30–39 years, as suggested by our hypothesis. III. Discussion This experiment tested property attribution in pictorial hybrid metaphor comprehension. Unlike experimental study 2 on priming’s effect, in which people decided themselves which type of property they wanted to use to describe a pictorial metaphor, experimental study 3 invited people to choose one answer among four referring to a perceptual property, a conceptual property, an incongruent property, or a response of “other,” with which they could decide themselves the property they wanted to attribute. Experimental study 3 focused on the effect of native language and was interested in the effect of the participants’ age. We suggested that native French speakers would attribute more conceptual properties than perceptual or incongruent properties. On the other side, we thought that native Spanish speakers would attribute more perceptual properties than conceptual and incongruent properties. In addition, 40–49-year-old native French speakers were expected to attribute more conceptual properties than other native French speakers. The results showed that native French speakers tended to attribute conceptual properties more frequently, whereas native Spanish speakers preferred the attribution of perceptual properties. Furthermore, our hypothesis about the influence of age on property attribution with native French speakers was validated. Compared to experimental study 2, experimental study 3 wanted to show the attributed properties directly to the participants. There are several points which must be considered for further experiments: The survey An online survey was submitted to participants worldwide. Participants were located at home or at work in front of their computer screen without any experimental situation. A number of participants were dismissed because of ambiguous responses (for instance, in the “other” response, some participants wrote, “Who is Lili?”, “Bad Photoshop,” or “I don’t understand what I must do”). 264 Perceptual and conceptual property It was more difficult to find a perceptual property for each animal than a conceptual property, because perceptual properties mostly refer to the body (big, tiny, and long legs). Conceptual properties, by contrast, were easier to find, because they refer to a state of mind or a behavior. However, the understanding of these is more difficult because they possess several possible interpretations Incongruent property: An unbalanced option. If some properties were highly incongruent with the metaphor (the parrot), some others could be less incongruent than we thought (the bear), which could explain why participants sometimes chose the incongruent property instead of the perceptual or the conceptual ones. Analyzing “other” responses A special response of “other” invited participants to provide their own property for each animal if they thought that there was no property provided that could adequately describe the metaphor. The participants’ chosen properties could be either perceptual, conceptual, incongruent, or neutral. The neutral property (Pudelko et al. 1999) is described as a property that illustrates a situation where no physical or behavioral property is considered (e.g., Lili is playing music or Lili is running). When the “other” response referred to a perceptual, conceptual, or incongruent property, this could be counted as a perceptual, conceptual, or incongruent property. However, we preferred to consider each property of “other response” as a unique category of an “other” property, because properties needed to be validated as perceptual and conceptual by expert judges, and we wanted to know if perceptual and conceptual properties are shared by general knowledge. 265 Chapter VII. Experimental study 4: The effect of native language on property attribution for the appreciation of pictorial metaphor I. Presentation 1) Reminder of what has been done previously The previous experiment tested property attribution between perceptual properties, conceptual properties, and incongruent properties among two European countries. The aim was to determine whether native language and age influence property attribution for pictorial hybrid metaphors of animals. Experimental study 3 proposed that participants select one answer among four referring to (i) a perceptual property; (ii) a conceptual property; (iii) an incongruent property; and (iv) a response of “other,” in which case participants chose their own property. The results showed that native French speakers more frequently chose conceptual properties, while native Spanish speakers preferred the attribution of perceptual properties. 2) The aim of the experiment After examining priming’s effect, during which participants attributed their property to pictorial hybrid metaphors and we examined which property was selected most frequently among the three suggested types, experimental study 4 focused on which property was preferred among the three suggested properties. Participants evaluated them on a 5-point scale. In experimental study 4, instead of selecting one property per image, every property (perceptual, conceptual, and incongruent) was submitted to participants, and they evaluated the consistency of each property with a pictorial hybrid metaphor of animals on a 5-point scale. Our expectations were that the score attributed to perceptual properties by native Spanish speakers would be higher than those attributed by native French speakers. In addition, native French speakers were expected 272 Spanish speakers were based primarily on what they could observe. Further research could invite native Spanish speakers to create materials to test this. Finally, sentences referred to a property, but this might not be the property that people think about at first. For example, the fact that the ostrich has long legs may be not the first perceptual property people consider when looking at a pictorial metaphor of an ostrich. That could justify some scores. 273 Chapter VIII. Experimental study 5a: The effect of the genre on generating metaphors I. Presentation 1) Reminder of what has been done previously The previous experiment invited participants to evaluate on a 5-point scale the consistency between three types of properties (perceptual, conceptual, and incongruent) and a pictorial hybrid metaphor of an animal. Experimental studies 2–4 focused on the understanding of pictorial hybrid metaphors of animals using property attribution. However, as mentioned in Chapter II, a pictorial metaphor can be defined by its use (advertising, social campaign, political cartoons, and art), which is why experimental study 5 focuses on the use of pictorial metaphor in various domains, especially in advertising and political cartoons. 2) The aim of this experiment The previous experimental study focused on the use of metaphors in various fields of society, also called “the genre.” A pictorial metaphor can be depicted following several genres. Bolognesi, Van den Heerik, and Van den Berg (www.vismet.org/VisMet/) showed each genre and its expectations for the behavior of the viewer: • Commercials: To make people buy a product • Social campaign: To prevent something • Political cartoons: To criticize politics • Art (illustration, photography, and graffiti): This depends on the viewer’s interpretation Experiment 5 focused on two genres (commercials and political cartoons) in a comparative aim. Due to the high level of subjectivity in interpreting the art genre, this genre is not considered for the experiment. 274 Pictorial metaphors used in the first experiment were monomodal metaphors in which text had been deleted. It could thus be considered that the genre of the image was removed, because in commercials, social campaigns, or political cartoons, text plays a major role in the understanding of the multimodal metaphor. For experiments 2–4, only hybrid metaphors of animals without context were used. The interpretation depended on property attribution, and it could be very limited. In experiment 5, we want to explore another specific factor of pictorial metaphor comprehension: the use depending of the genre of the image. Providing people with the genre of the image should influence their understanding. We assumed that pictorial metaphor comprehension would be influenced by the genre of the image. As mentioned previously, two genres were considered: commercials and political cartoons. Participants were invited to write a few metaphorical sentences concerning the genre of a suggested image. Metaphors were conventional metaphors following the form “T is a V,” in which “T” refers to the topic and “V” refers to the vehicle. The topics included cars (in advertising) and politicians (in political cartoons). The vehicles were animals from the following 24: the ant, the bear, the camel, the chameleon, the cicada, the elephant, the fox, the gazelle, the leech, the magpie, the monkey, the mouse, the ostrich, the parrot, the pig, the raven, the rooster, the saint-bernard, the shark, the sheep, the snake, the tiger, the turkey, and the wolf. Animals were selected based on the studies of Ventalon, Tijus (2015a), Ventalon, Tijus, Escalona Cuaresma, and Dominguez Mayo (2017a). Because each genre was supposed to make people act in a different manner, our expectations about the creation of metaphorical sentences were different. The aim of advertisements is to convince people to buy a product (Forceville, 1998; Bateman, 2014, p. 137). We believe that metaphorical sentences should be more positive to accomplish this. We asked participants to create two advertisements for two famous enterprises. Metaphorical sentences were to be written for a French enterprise (“Enterprise A” in this experiment) and, in a second part, for a German enterprise (“Enterprise B” in this experiment). Otherwise, the aim of political cartoons is to criticize society and politicians (El Refaie, 2009). We believe that metaphorical sentences should be more negative to give a critic of politicians. For this experiment, two politicians were criticized. We called the first one “D.T.” and the second one “B.O.” in this experiment. Our expectations were that the valence (Dunn & Schweitzer, 2005) would not be the same for 275 advertisements and political cartoons. Advertisements should have a more positive valence while political cartoons should have a more negative valence. To evaluate the valence of metaphorical sentences, we asked 50 participants in a pretest to evaluate their feelings concerning the 24 animals mentioned above, for example, “What are your feelings about the fox? The monkey? The snake?” Participants in the pretest indicated if they had a positive or negative feeling. Furthermore, they justified their answer by providing properties referring to the animal. Their answer could be either one word, an expression, or a complete sentence. Then, we calculated the rate of the positive and negative valence of each animal, and we indicated the most frequently given property for each animal (Appendix D) Otherwise, our focus was on the types of pictorial metaphors (Forceville, 2007). French advertisements often show cars in context in order to show the capabilities of the car (e.g., driving without any trouble while the weather is rainy, testing the brake of the car to prevent car crash, etc.). As such, we assumed that contextual metaphors are preferred for advertisements. Conversely, when people intend to vote for a politician, they make a comparison between every political program. That is why, regarding political cartoons, we assumed that comparisons are preferred for illustrating the metaphor. Finally, we believed that it would be interesting to examine how other people react to these metaphorical sentences. Accordingly, we considered all metaphorical sentences regarding commercials, and we wanted to know if people would like to buy the cars and if there was a difference between both. We considered all metaphorical sentences regarding political cartoons, and we wanted to know if people intended to vote for politicians and if there was a difference between both (experiment 5b). II. Methods 1) Participants A total of 12 second-year psychology students at Paris 8 University were invited to participate. This included eight women and four men (mean: 20.08; SD: 0.90). Participants had no prior knowledge in the field of figurative meaning. 276 2) Materials A single document with instructions was provided to participants. They were to follow the instructions on the document. The document had six pages in which participants were asked to fill out personal information, write metaphorical sentences, and answer several questions. 3) Procedure Participants were received at the Cité des Sciences et de l’Industrie in Paris. The experiment took place at the laboratory LUTIN. Participants were seated in a comfortable chair in a quiet room. Instructors provided them with a six-page document for participants to fill out. On the first page, participants were to indicate their feelings about 24 animals (a positive or negative valence). For instance, a camel can be considered “unfriendly,” which is a rather negative valence. By contrast, a saint-bernard can be considered “kind,” which would be a positive valence. Participants were asked to judge 24 animals (the ant, the bear, the camel, the chameleon, the cicada, the elephant, the fox, the gazelle, the leech, the magpie, the monkey, the mouse, the ostrich, the parrot, the pig, the raven, the rooster, the saint-bernard, the shark, the sheep, the snake, the tiger, the turkey, and the wolf). On the next page, the task was introduced. The task dealt with the creation of a commercial and a political cartoon. The order was counterbalanced between participants. Participants read the following context for the creation of an advertisement: “You are hired as an advertising agent specialized in the writing of advertisements. Considering that two models of cars are about to be sold, your boss wants you to write the commercial of two cars: a French car and a German car. Your job is to write some metaphorical sentences on the French car and, after that, on the German car.” Then, the following task was asked: “You should write some metaphorical sentences for creating an advertisement about the new car. Please choose one of the 24 animals taken from the first page to describe the car. 277 You should make an association between the car and one of these animals. Metaphorical sentences must take this association into account.” Participants read the following context for the creation of a political cartoon: “You are hired as the personal assistant of a cartoonist (let’s called him Mike), specialized in the field of politics. However, there is a problem. Mike lacks inspiration and has asked for you to give him a hand. Considering the presidential election that is coming soon, Mike would like to draw two politicians: D.T. and B.O. Your job is to write metaphorical sentences on both.” Then, the following task was asked: “You should write metaphorical sentences that Mike can use to draw a political cartoon about D.T. Please choose one of the 24 animals taken from the first page to describe D.T. You should make an association between him and one of these animals. Metaphorical sentences must consider this association.” The same instruction was given for B.O. Every metaphorical sentence about political cartoons (D.T. and B.O.) and commercials (French car and German car) are provided in Appendix D and translated into English. Metaphorical sentences are written in French, but the Results section details the main findings, and some examples of metaphors used are provided in English. The last part of the experience consisted of creating the pictorial metaphor. Participants selected one choice among the following: • The car is near the chosen animal: Buying the new car is like buying “the chosen animal.” • A part of the car is stuck on the body of the animal: The new car is “the chosen animal.” • Only the chosen animal is shown: The new car For the political cartoon, participants selected one choice among the following: • D.T./B.O. is near the chosen animal: Voting for D.T./B.O. is like voting for “the chosen animal.” • The head of the politician is stuck on the body of the animal: D.T./B.O. is “the chosen animal.” • Only the chosen animal is shown: Vote for D.T./B.O. These three choices each refer to one metaphor type defined by Forceville (2007). The first is a simile, the second is a hybrid metaphor, and the third is a contextual metaphor. 278 4) Results The rate of valence (positive or negative) for each animal tested in this experiment and the type of metaphor participants selected for each condition are illustrated in Appendix D. Participants chose one animal to describe D.T., B.O., the French car, and the German car. These results are organized as follows: first, results about the political cartoon are provided, and then, results for commercials are detailed. Political cartoons We can regroup the metaphors into five categories: (i) conceptual metaphors; (ii) property attribution; (iii) comparisons; (iv) idiomatic expression; and (v) other expressions Conceptual metaphor Politics is a journey: “He flies over his opponents;” “He walks only with people who agree with him;” “He flies from liana to liana;” “He must crush everything on his way;” “He undulates between people with majesty;” “He takes advantage of the scene, walking on the left, then on the right;” “He is the wolf, the leader, the one we follow blindly because he seems strong and courageous;” He will fight to save us;” “He walks in the dark and dangerous woods searching for light;” “He wants to beat his enemies;” “He always fights;” “He faces difficulties;” and “He guides and teaches people to be autonomous in case of despair.” Politics is a monster: “He wants to eat everybody across his decisions;” “He wants to poison the electoral campaign;” “He jumps on his target;” “The man will devour his enemies;” “He has a cold heart like the lead of missiles;” “He managed to bite the neck of everybody;” “The country will have many scars and people will be poisoned;” “He knows grunting when it is necessary;” “He makes his first squeak;” “He intends to devour people with trouble;” “He’s going to aspirate everybody and make people run away;” “We swim in blood because of him;” “He devours all of his enemies;” “This man would be a shark because, after eating everybody, he is at the top of the food chain;” and “He always grunts at everybody.” 279 Politics is leadership: “He seems to talk to a flock of sheep;” “He takes people under his wings;” “He is the emblem of this new and multicultural country;” and “He can hug and distribute love.” Property attribution “A black, strict, and locked image;” “He is very smart;” “He is sweet and kind;” “The red neck and yellow chick hair;” “Tall and vigorous;” “He is noisy;” “This man is lonely and dangerous;” “He is intelligent and smart;” “He is brave and reckless;” “He is useless, disturbing, and he makes noises;” and “Powerful and handsome.” Comparisons “He is like a king, the king of his country;” “He thinks power is attractive like blood is attractive for the shark;” “This man is as terrifying as this animal;” “The world is under his domination like the shark that can dominate the sea;” “He is charismatic like the bear;” “He can be upset like a bear;” “Gentle like a monkey;” “Smart like a monkey;” “Like the parrot, he spends his time talking for nothing;” “He plays in the mud like the pig;” “He is smart like the fox;” “This man has the same role for people as the leech for animals;” “He is like a leech that jumps directly on the skin to suck blood;” “He’s going to run his country into failure like the leech that sucks blood until the end;” “He protects his country like the bear protects his child;” and “He is protective and reassuring like the bear.” Idiomatic expressions “He drives people crazy” (the participant wrote: “Il en fait voir de toutes les couleurs” (literally: He shows them every color) which means “he drives people crazy”). Other expressions “Beauty of his coldness” (the participant wrote: “La beauté de sa froideur.” This sentence is not easy to understand in French, which is why we put this sentence into the category “other expressions”). D.T. was compared once to a raven, a fox, a turkey, a rooster, a parrot, and a pig. He was considered three times to be a leech and a shark. These 12 attributions were defined as negative by every participant. B.O. was compared once to a snake and an elephant. He was considered twice to be a monkey, a bear, and a fox. Finally, people considered him to be a chameleon three times. These 12 attributions were defined as 280 positive by every participant. However, even if the valence was positive, the metaphorical sentences did not mention a positive valence (Appendix D) Participants were invited to select one type of pictorial metaphor to create a poster for the fictive presidential election. Three types of pictorial metaphors were suggested among hybrids, contextual metaphors, and similes. For a political cartoon, similes were preferred (12) against hybrids (7) and contextual metaphors (5). Our hypothesis was validated. Commercials We can regroup the metaphors into four categories: (i) conceptual metaphor; (ii) property attribution; (iii) comparisons; and (iv) idiomatic expression. Conceptual metaphors Car is a relic: “The sparkling steel of the rims is blinding.” Driving is a journey: “Driving this new car makes you drive your new life;” “This car has a design that makes you gallop like the gazelle;” “This car drives on the black road. It drives and the weather becomes dark;” “This car follows you across the day and it will drive you where you want;” and “You will feel like the leader of the road when you drive it.” Property attribution “This enterprise builds soundless and small cars;” “It builds silent cars, small-size, and family cars;” “They build cars that are increasingly powerful and faster;” “They are soft and silent;” “They have lots of stamina;” “The car is spacious and comfortable;” “It is smart and skilled;” “It is a unique car;” “Comfortable and useful;” “The best in terms of furtiveness, discreetness, and comfort;” “Spacious;” “Robust, it is quite a slow car;” “A useful and faster car;” “Discreet and efficient;” “Fast and graceful;” “Stylish, this car is also fast;” “This car is spacious, comfortable;” “This car can adapt itself for every situation;” “Fast, precise, and reckless;” “This car is strong;” and “Its moves are powerful and the usability is perfect.” Comparisons “It is an important enterprise like the elephant is tall and massive;” “These cars can be compared to a gazelle because of their speed. Moreover, a gazelle is elegant like these cars;” “The new car is as fast as the gazelle that searches for safety from the lion;” “This car is 281 lightweight like the gazelle;” “This car is charismatic like the tigress;” “It purrs like the tigress that hunts its target with speed;” “It is a relaxing car like the dog that belongs to a family since always;” “This car is powerful and robust like the bear in the woods;” “The car is sweet like the wolf;” “Invisible like the chameleon;” and “Just go ahead like a gazelle in the savanna, trying to escape from beasts.” Idiomatic expression “Green with envy.” The French car was compared once to an ant, a bear, an elephant, a fox, and a gazelle. It was considered twice to be a saint bernard and three times to be a chameleon. The French car received 10 positive attributions and 2 negative ones. The German car was compared once to a magpie and a tiger. It was considered three times to be a wolf and five times to be a gazelle. The German car received nine positive attributions and three negative ones. Participants were invited to select one type of pictorial metaphor to create a poster for the fictive advertisements. Three types of pictorial metaphors were suggested among hybrids, contextual metaphors, and similes. For a commercial, contextual metaphors were preferred (10) against similes (9) and hybrids (5). Our hypothesis was validated, even if the difference was very small. Regarding how metaphors were used in all of these writings, we can see that in both genres (commercials and political cartoons), people used conceptual metaphors, property attribution, comparisons, and idiomatic expression (the syntactic). Additionally, we can notice that most of the metaphorical sentences began with a metaphor, such as “T is the chosen animal” where “T” refers to the topic. However, the use of language differed regarding its valence (the pragmatic). Participants used words and expressions that referred to a quality when they chose an animal with a positive valence, especially in writing advertisements, while they used words and expressions that referred to a defect when they chose an animal with a negative valence, especially in writing metaphorical sentences about a politician. There was a difference of appreciation for the two politicians. We believe that personal feeling must be a factor to consider for analyzing how metaphors are generated (i.e., depending on whether or not somebody likes something, the generation will differ). 288 / 289 itself to its environment, the parrot talks a lot, etc.). Beyond this, our analyses on response time showed that responses were faster for the second group, which read only primes referring to a conceptual property. This reinforces the idea that some metaphors are directly linked with a conceptual property rather than a perceptual property. However, the effect of native language was limited. The evaluation of the nature of a property in pictorial hybrid metaphor comprehension The third experimental study focused on pictorial hybrid metaphor comprehension and property attribution. However, instead of asking people to choose their own perceptual or conceptual property, we suggested four choices: (i) a perceptual property; (ii) a conceptual property; (iii) an incongruent property; and (iv) an “other” option, in which participants could choose the property they desired, either perceptual, conceptual, or incongruent. A total of 12 pictorial hybrid metaphors of animals that refer to the sentence “this woman is an animal” were taken from the knowledge base. This study examined differences of property attribution depending on the native language (native French speakers versus native Spanish speakers) and the age of participants. The results showed that native French speakers tended to attribute more conceptual properties than perceptual or incongruent, while native Spanish speakers tended to attribute more perceptual properties than conceptual or incongruent. In addition, native French speakers ages 40–49 attributed more conceptual properties than other native French speakers, as we predicted. The evaluation of the consistency between pictorial hybrid metaphors and sentences referring to three types of properties After asking people to choose their own perceptual or conceptual property (experiment 2) and making them choose between a perceptual, a conceptual, and an incongruent property (experiment 3), the fourth experiment evaluated the consistency between pictorial hybrid metaphors and sentences referring to three types of properties: (i) a perceptual property; (ii) a conceptual property; and (iii) an incongruent property. In this experiment, 20 native French speakers and 20 native Spanish speakers were asked to evaluate the consistency of each of the three sentences depending on a 290 pictorial metaphor of animals referring to the sentence “this man is an animal” on a 5point scale. A score of 1 meant that the consistency was null, while a 5 meant that the consistency was high. Considering both countries for analysis, the results showed an effect of the condition for native French speakers and native Spanish speakers. Sentences referring to conceptual properties received the highest score from native French speakers compared to scores given by native Spanish speakers. Considering one country only, the results showed that native French speakers tended to give the highest score for conceptual properties, while native Spanish speakers tended to give the highest score for perceptual properties. Both countries could determine incongruent properties, because they attributed the lowest score for each incongruent property of the pictorial metaphors. However, the results of native Spanish speakers must be treated with caution. The significance of evaluations between each experimental sentence (perceptual property, conceptual property, and incongruent property) seems to be due to the capability of native Spanish speakers to detect the incongruent property. Actually, the analysis showed that when the evaluation of perceptual properties and conceptual properties was challenged, the difference was not significant. The genre in generating metaphors The fifth experiment focused on the genre of a picture. Bolognesi, Van den Heerik, and Van den Berg (http://www.vismet.org/VisMet/) defined at least four genres (commercials, social campaign, political cartoons, and art). Experiment 5 focused on commercials and political cartoons. Commercials are created to convince people to buy a product. The message must be positive. Political cartoons criticize politics. The message must be negative. Experiment 5 continued the investigation of property attribution from the animal. Hence, participants indicated their feelings (positive or negative) about 24 animals. Then, they chose four animals and wrote the following metaphorical sentences: (i) a script for a political cartoon about a politician named D.T.; (ii) a script for a political cartoon about a politician named B.O.; (iii) a script for a commercial about a French car; and (iv) a script for a commercial about a German car. The results showed that for commercials, participants chose animals with a positive valence, while the valence of the chosen animals for political cartoons depended 291 on the politicians. Considering all types of pictorial metaphors defined by Forceville (2007), similes were preferred for political cartoons, whereas contextual metaphors were preferred for advertisements. Finally, regarding all metaphorical sentences, we can note that in both genres, the syntactic was similar (e.g., conceptual metaphor, property attribution, idiomatic expressions). The difference between both genres was noted in the pragmatism of the language. When the valence of the chosen animal was positive, the metaphorical sentences referred to a quality (e.g., intelligent, smart), whereas when the valence of the chosen animal was negative, metaphorical sentences referred to a defect (e.g., a shame, dangerous). The effect of the genre in evaluating metaphors The second step of this experiment (experiment 5b) was to submit all metaphorical sentences to other participants in order to determine whether they intended to buy a car and vote for a politician as a result. The results showed that people were more likely to buy a car and they did not want to vote for a politician. It also seems that political cartoons referred to a negative valence, while commercials referred to a positive valence. 292 DISCUSSION SECTION 293 T Chapter X. Discussion and conclusion his thesis deals with the study of the understanding of metaphor. A metaphor is a figure of speech in which the meaning of a term is transferred to another term. Usually, a metaphor is introduced as a nominal metaphor with the form “T is a V,” in which “T” refers to the topic (what is being discussed) and “V” refers the vehicle (which qualifies the topic). However, there are several other forms (Franquart-Declercq & Gineste, 2001), although these are beyond the scope of the current work. For an example of the nominal metaphor, the sentence “Sophie is an icicle” (see Hamilton, 2003) is composed of a topic (Sophie) and a vehicle (icicle). As mentioned in Chapter II, there are at least five modalities of presentation for a metaphor: (i) the text; (ii) the image; (iii) speaking; (iv) the music; and (v) the sound. If only one modality is used, metaphors are called monomodal, and if at least two modalities are used, metaphors are called multimodal. The current thesis focuses on monomodal pictorial metaphors, especially metaphors depicted in an image only. Both concepts of topics and vehicles exist in an image, and Forceville (2007) makes a distinction between four types of pictorial metaphors depending on the presence of one or both concepts in a picture. He defined contextual metaphors, hybrids, similes, and integrated metaphors (see Chapter II). The main goal of this thesis was to create a knowledge base of monomodal pictorial metaphors of any types (conceptual, hybrid, integrated, and simile). The second goal was to study the understanding of pictorial hybrid metaphors depicting a man or a woman with the body of animals, referring to the metaphors “this man is an animal” and “this woman is an animal.” The understanding of pictorial hybrid metaphors was studied by property attribution considering several variables for each experiment: (i) priming’s effect (experimental study 2); (ii) the age and the native language (experimental study 3); (iii) the native language and the detection of incongruence (experimental study 4); and (iv) the effect of the genre (experimental study 5a and 5b). Ohja (2015) made a distinction between two types of properties in a picture, which are the perceptual property (color, shape, texture) and the conceptual property (properties influenced by the culture, familiarity, and general knowledge). The third goal of this study was to examine the understanding of pictorial metaphors between two 294 European countries (France and Spain) in order to determine any potential difference of comprehension. The effect of native language was illustrated by asking native French speakers to create materials (primes that infer a perceptual or conceptual property). In regards to the results of both countries, we were able to identify a difference between the performances of native French speakers and native Spanish speakers. Overall, the results showed significant differences between native French speakers and native Spanish speakers in property attribution, as expected. Native French speakers attributed more conceptual properties, while native Spanish speakers preferred the attribution of perceptual properties. Challenges and avenues for future research can be drawn from these results. The final part of the current work is organized following these points: (i) post-thesis challenges and afterthoughts; (ii) avenues for future research; and (iii) conclusion. I. Challenges post thesis and afterthought As mentioned in Chapter III, the primary goal of this thesis was to create a knowledge base of pictorial metaphors. This knowledge base contains 116 monomodal pictorial metaphors. The monomodal nature of every pictorial metaphor can be a challenge, however. In the current study, we decided to create monomodal pictorial metaphors by deleting the text of advertisements (e.g., most used images came from advertising), and this approach can be a challenge. The goal of an advertisement is to convince people to buy a product (Forceville, 1998; Bateman, 2010, p. 137), and by deleting the associated text, the genre of the image can be considered to be corrupted. The genre is an important factor because this determines how people should react when they look at a pictorial metaphor. Moreover, the skills used to create a multimodal metaphor (image and text) differ according to the genre. 295 / 296 / 297 / 304 List of figures Figure 1. Un exemple de métaphore picturale traduisant l’idée : « Cet homme est un chameau ». ....................................... 12/178 Figure 2. Homospatialité dans une métaphore picturale : « The head is a musical instrument. » ......................................... 19/185 Figure 3. Un exemple de métaphore contextuelle : « la glace est un morceau de sucre ». Le topique (la glace) est observable tandis que le contexte suggère le véhicule (le morceau de sucre). ................................................................................ 28/194 Figure 4. Un exemple de métaphore hybride : « cet homme est un coq ». Le topique (la tête de l’homme) et le véhicule (le corps du coq) sont fusionnés pour créer une seule entité. ........................................................................................................................ 29/195 Figure 5. Un exemple de métaphore de comparaison : « L’Europe est comme un vêtement ». Le topique et le véhicule sont visuellement présents sur l’image ....................................................................................................................................................................... 30/196 Figure 6. Le contenu de la base de connaissances. Les métaphores picturales sont définies selon la classification de Forceville (2007). ....................................................................................................................................................................................................... 61/230 Figure 7. Validation de la base de connaissances en étudiant le degré d’accord de juges experts et en testant ces images avec des participants................................................................................................................................................................................................ 61/230 Figure 8. Degré d’accord moyen sur les topiques, les véhicules et les interprétations des 116 métaphores picturales. ........................................................................................................................................................................................................................................... 74/246 Figure 9. Degré d’accord pour les amorces utilisées pour faire inférer une propriété perceptive .......................................... 81/253 Figure 10. Degré d’accord pour les amorces utilisées pour faire inférer une propriété conceptuelle ................................... 81/253 Figure 11. Nombre de propriétés perceptives données en fonction de la langue maternelle (française ou espagnole) dans chaque groupe expérimental (PPG : Amorce perceptive, CPG : Amorce conceptuelle, NPG : Pas d’amorce). ..................... 82/255 Figure 12. Nombre de propriétés conceptuelles données en fonction de la langue maternelle (française ou espagnole) dans chaque groupe expérimental (PPG : Amorce perceptive, CPG : Amorce conceptuelle, NPG : Pas d’amorce) ........... 83/255 Figure 13. Temps de réponse moyen des natifs français et des natifs espagnols pour attribuer des propriétés dans chaque groupe (PPG: Amorce perceptive, CPG: Amorce conceptuelle, NPG: Pas d'amorce). .................................................................... 84/256 Figure 14. Score moyen pour l’évaluation des propriétés par les natifs français et les natifs espagnols ............................. 95/270 305 List of tables Tableau 1. Score attribué par les deux juges experts pour évaluer la force de la métaphore dans chaque image.......... 74/243 Tableau 2. Score attribué par les deux juges à propos du topique suggéré pour chaque image ............................................. 74/244 Tableau 3. Score attribué par les deux juges à propos du véhicule suggéré pour chaque image ............................................ 75/244 Tableau 4. Score attribué par les deux juges à propos du topique suggéré pour chaque image ............................................. 75/245 Tableau 5. Taux de propriétés perceptives/conceptuelles/incongruentes et réponse « autre » attribuées par l’ensemble des natifs français et des natifs espagnols ...................................................................................................................................................... 91/262 Tableau 6. Taux de propriétés perceptives/conceptuelles/incongruentes et réponse « autre » attribuées par les natifs français considérant leur âge ............................................................................................................................................................................... 91/263 Tableau 7. Taux de propriétés perceptives/conceptuelles/incongruentes et réponse « autre » attribuées par les natifs espagnols considérant leur âge ..................................................................................................................................................................................... 89 Tableau 8. Intentions de vote et d’achat en considérant les énoncés au sujet des caricatures politiques et des publicités (D.T: la première personnalité politique, B.O: la deuxième personnalité politique, N.PC: personnalité politique « neutre », CAR A: la voiture française, CAR B: la voiture allemande, N.A: la voiture « neutre »). ............................................................. 114/287 Tableau 9. Amorces permettant d’inférer une propriété perceptive ........................................................................................................... 142 Tableau 10. Amorces permettant d’inférer une propriété conceptuelle .................................................................................................... 141 Tableau 11. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans PPG (natifs français). ..................................................... 142 Tableau 12. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans PPG (natifs espagnols). ................................................. 143 Tableau 13. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans CPG (natifs français). ..................................................... 144 Tableau 14. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans CPG (natifs espagnols). ................................................. 145 Tableau 15. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans NPG (natifs français)...................................................... 146 Tableau 16. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal dans NPG (natifs espagnols). ................................................. 147 Tableau 17. Taux d’attribution des propriétés attendues par les natifs français et espagnols dans PPG. .................................. 148 Tableau 18. Taux d’attribution des propriétés attendues par les natifs français et espagnols dans CPG. .................................. 149 Tableau 19. Propriétés perceptives pour chaque animal. ................................................................................................................................ 150 Tableau 20. Propriétés conceptuelles pour chaque animal. ............................................................................................................................ 151 Tableau 21. Propriétés incongruentes pour chaque animal. .......................................................................................................................... 152 Tableau 22. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal (20-29 ans natifs français). .................................................... 153 Tableau 23. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal (30-39 ans natifs français). .................................................... 154 Tableau 24. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal (40-49 ans natifs français). .................................................... 155 Tableau 25. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal (20-29 ans natifs espagnols). ................................................ 156 Tableau 26. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal (30-39 ans natifs espagnols). ................................................ 157 Tableau 27. Taux d’attribution de propriétés pour chaque animal (40-49 ans natifs espagnols). ................................................ 158 Tableau 28. Score moyen attribué aux propriétés perceptives pour chaque animal (natifs français et natifs espagnols) 159 Tableau 29. Score moyen attribué aux propriétés conceptuelles pour chaque animal (natifs français et natifs espagnols). ...................................................................................................................................................................................................................................................160 Tableau 30. Score moyen attribué aux propriétés incongruentes pour chaque animal (natifs français et natifs espagnols). ...................................................................................................................................................................................................................................................161 Tableau 31. Taux de valence (positive et négative) pour chaque animal et leur justification dans le prétest ......................... 163 Tableau 32. Taux de valence (positive et négative) pour chaque animal dans la phase test ........................................................... 163 Tableau 33. Informations sur la création des caricatures politiques (animaux, valences et métaphores choisis). ................ 164 Tableau 34. Informations sur la création publicités (animaux, valences et métaphores choisis)… ..................... 164