Stace, Martial, Manilius, Lucilius Junior, Rutilius, Gratius Faliscus, Némésianus et Calpurnius : oeuvres completes
Full text
a
od
2
e
^
2
:
AS
T
e
a
MUN
RRLA
A:
2
n
d
$9
e
e
mu
m
A.
ERE
LER
COLLECTION
DES
AUTEURS
LATINS
AVEC
LA
TRADUCTION
EN
FRANCAIS,
Li
PUBLIÉE
SOUS
LA
DIRECTION
DE
M.
NISARD,
MEMBRE
DE
L'INSTITUT
ET
PROFESSEUR
D'ÉLOQUENCE
LATINE
AU
COLLÉGE
DE
FHANGE.
qu
STACE,
MARTIAT,
LUCILIUS
JUNIOR,
RUTILIUS,
GRATIUS
FALISCUS,
NEMÉSIANUS
ET
CALPURNIUS.
ede
dede
dodo
db 06
do
dodo dide
6
6
6
36
6
6-6
06
0900 2906
09
26 26 ob
b
di di Uo
di
X
6
2006
Q6
d 6
v0
dé
0X0
do
dodo
go
do de
do Q0
dp
de de
dé de
d
SIACE.
m
Ó—À—
LES
SILVES.
LIVRE
PREMIER.
A
STELLA.
-
Pendant
longtemps,
mon
cher
Stella
,
jeune
et
brillant
prosélyte
de
notre
art
chéri,
vous
qui
n'avez
eu
qu'à
ehoisirun
genre
de
poésie
pour
y
briller
au
premier
rang
,
oui,
pendantlongtemps
jai
hésité
au
sujet
de
ces
petites
piéces
que
la
chaleur
de
l'improvisation
fit
éclore
avee
une
rapidité
qui
n'était
pas
pour
moi
sans
plaisir.
De-
vais-je
les
rassembler
pour
le
publie,
aprés
les
avoir
vues
s'échapper
de
mon
sein
l'une
aprés
l'autre?
Fallait-il
ajouter
le
souci
de
cette
nou-
velle
publieation
aux
inquiétudes
que
je
res-
sens
encore
pour
ma
7ébaide
,
quoiqu'elle
soit
déjà
loin
de
moi?
Mais
on
litle
Mowcheron
,
on
ne
déprécie
pas
/a
Batrachomyomachie
;
et
quel
poéte
célébre
n'a
préludé
à
ses
ouvrages
en
lais-
sant
parfois
errer
sa
plume
à
l'abandon?
Et
puis
il
étaittrop
tard
pour
retenir
ces
poésies
fugitives
qui
n'étaient
plus
un
mystére,
pour
vous
du
moins,
à
qui
j'en
avais
fait
l'hommage.
Mais
elles
per-
dront
nécessairement
aux
yeux
du
publie
une
partiede
leurs
droits
à
l'indulgenee,
en
perdant
le.
seul
mérite
qui
les
recommande
,
celui
de
la
rapi-
dité:
car
aucune
ne
m'a
eoüté
plus
de
deux
jours
;
quelques-unes
méme
ont
été
faites
de
verve
dans
PAPINII
STATII
SILVARUM
LIBER
PRIMUS.
AD
STELLAM...
Diu
multumque
dubitavi
,
Stella
juvenis
oplime,
et
in
Studiis
nostris
eminentissime
qua
parte
voluisti,
an
hos
libellos
,
qui
mihi
subito
calore
et
quadam
festinandi
vo-
luptate
fluxerant,
quum
singuli
de
sinu
meo
prodiissent,
congregatos
ipse
dimitterem.
Quid
enim?....
quoque
au.
ctoritate
editionis
onerari
,
quum
adhuc
pro
Thebaide
mea
(quamvis
me
reliquerit)
timeo?
Sed
et
Culicem
legimus,
et
Batrachomyomachiam
etiam
agnoscimus
:
nec
quisquam
est
illustrium
poetarum,
quinon
aliquid
operibus
suis
stilo
remissiore
preeluserit.
Quid?
quod
heec
serum
erat.
conti-
nere,
quum
illa
vos
certe
quorum
honori
daía
sunt,
ha-
beretis.
Sed
apud
ceteros necesse
est
multum
illis
pereat
ex
venia,
quum:amiserint
,
quam
solam
habuerunt,
gra-
STACE:
l'espace
d'une
journée.
J'ai
bien
peur
qu'elles
ne
portentavee
elles
la
preuve
de
ce
que
j'avance.
Toutefois,
pour
la
premiére,
j'invoque
un
témoi-
gnage
auguste
et
sacré
:
Jupiter
avait
droit
à
mes
premiers
chants.
Ces
vers
sur
lastatue
colossale,
pour
lesquels
l'empereur
a
eu
l'extréme
indul-
gence
de
sollieiter
ma
muse,
je
devais
les
livrer
le
lendemain
de
l'inauguration.
Mais,
dira-t-on,
vous
aviez
pu
voir
la
statue
d'avance.
Vous
ré-
pondrez
à
maplace,
mon
cher
Stella;
car
l'épi-
thalame
que
vous
m'aviez
expressément
recom-
mandé
a
été,
vous
le
savez,
l'affaire
de
deux
jours.
Ássurément
e'est
un
tour
de
force,
puis-
que
l'on
compte
dans
la
piéce
deux
cent
soixan-
te-douze
hexamétres.
Peut-étre,
pour
obliger
un
confrére,
mentirez-vous.
Eh
bien!
Manlius
Vopiseus,
eet
homme
d'un
savoir
si
rare,
cet
homme
si
jaloux
de
retenir
les
restes
d'une
lit-
térature
qui
s'en
va
,
se
plaità
répéter,
en
y
met-
tant
une
sorte
de
vanité
personnelle,
que
la
des-
eription
de
sa
maison
de
Tibur
a
été
aussi
pour
moi
l'ouvrage
d'une
journée.
Suivent
des
versa
Rutilius
Vopiscus
en
bonne
sánté,
mais
je
n'en
dis
rien.
Je
passerais
pour
étre
ce
que
je
ne
suis
pas,si
j'allais
chercher
mes
témoins
parmi
les
morts.
Aussi
bien,
je
puis
citer
l'autorité
de
Clau-
dius
Etruscus,
à
qui
je
remis
une
piéce
sur
ses
tiam
celeritatis
:
nullum
enim
ex
illis
biduo
longius
tra-
ctum;
queedam
et
in
singulis
diebus
effusa
:
quamvis
me-
iuo,
ne
verum
istuc
versus
quoque
ipsi
de
se
probent.
Primus
libellus
sacrosanctum
habet
téstem
:
sumendum
enim
erat
a
Jove
principium.
Ceferum
hos
versns,
quos
in
Equum
Maximum
feci,
indulgentissimo
imperatori
,
postero
die
quam
dedicatum
erat
opus,
tradere
jussus
sum.
Potuisti
illud
(dicet
aliquis)
et
ànte
vidisse.
Respon-
debis
illi
tu,
Stella
carissime,
qui
epithalamion
tuum,
quod
mihi
injunxeras
,
scis
biduo
scriptum.
Audacter
me-
hercule
;
sed
tamen
ccrxxm
hexametros
habet.
At
fortassetu
pro
collega
mentieris.
Manlius
certe
Vopiscus
,
vir
erudi-
tissimus
,
et
qui
precipue
vindicat
a
situ
litteras
jàám
peene
fugientes
,
solet
ultro
quoque
nomine
meo
gloriari,
et
vil
lam
Tiburtinam
suam
descripfam
a
nobis
uno
die.
Sequi-
tur
libellus
Rutilio
Gallico
Valenti
dedicatus
:
de
quo
nihil
dico,
ne
videar
defuncti
testis
occasione
mentiri;
nam
Claudii
Hetrusci
testimonium
est,
qui
Balneolum
a
me
1
4
à
|
:
..
STACE.
bains
dans
l'intervalle
d'unsouper.
Les
Kalendes
de
Décembre
terminent
le
recueil.
Cette
piéce
net
la
chose
hors
de
doute,
puisqu'elle
déerit
eetteheureuse
nuitsi
féconde
en
plaisirsinconnus.
SILVE
I.
LA
STATUE
COLOSSALE
DE
DOMITIEN.
Quelle
est
cette
masse,
ce
eolosse
surmonté
d'un
autre
colosse,
qui
s'éléve
embrassant
le
fo-
rum
Ífatin?
Nous
est-il
venu
du
ciel
tout,
achevé,
ee
chef-d'eeuvre?ou
bien
cette
image
est-elle
sor-
tie
des
fournaises
de
Sicile,
laissant
Stérope
et
Jrontés
las
et
abattus?
Est-ce
enfin
Pallas
dont
la
main
divinea
voulu
t'offrir
à
nos
regards
tenant
]es
rénes
de
ton
coursier,
tel.
que
le
Rhin
t'a
vu
magueére
,
et
tel
aussi
que
t'ont
vu
les
roes
esear-
pés
du
Daee
tremblant
devanttoi,
vainqueur
dela
«Germanie?
Maintenant,
que
l'antique
renommée
s'extasie
sur
le
cheval
phrygien
dont
l'antique
renommée
a
traversé
les
áges,
et
pourqui
le
Dindymonet
l'Ida
virent
tomber
l'ombrage
qui
eouronnait
leur
front
saeré.
Celui
que
je
chante
,
Pergame
n'eüt
pu
le
.eontenir
méme
en
ouvrant
ses
remparts.
Il
n'eüt
point
eédéà
la
foule
réunie
des
jeunes
Troyens
et
des
jeunes
vierges
,
non
plus
qu'à
la
main
d'Énée
lui-méme,
ni
à
celle
du
grand
Hector.
D'ailleurs
le
premier,
machine
funeste,
portait
dans
ses
flanes
les
eruels
Argiens.
Celui-ci
est
mieux
an-
-noneépar
le
héros
qui
le
monte.
J'aime
à
contem-
pler
cestraits
oü
respire
par
un
beureux
mélange
je
ne
sais
quoi
de
pacifique
et
de
martial.
Et
l'ar-
&uum
intra
moram
conce
recepit.
In
fine
sunt
Kalendee
De-
cembres
,
quibus
utique
creditur
:
noctem
enim
illam
feli-
'eissimam
habent,
et
voluptatibus
püblicis
inexpertam.
CARMEN
1.
EQUUS
MAXIMUS
DOMITIANI.
Quee
super
imposito
moles
geminata
colosso
S1af
Latium
complexa
forum?
Ccelone
peractum
-
Yluxit
opus?
Siculis
an
conformata
caminis
Effigies,
lassum
Steropem
Brontemque
reliquit
?
An
te
Palladize
talem
,
Germanice
,
nobis
5
-
Effincere
manus
,
qualem
modo
frena
tenentem
Rhenus
et
attoniti
vidit
domus
ardua
Daci?
Nunc
age
,
fama
prior
notum
per
secula
nomen
Dardanii
miretur
equi
,
cui
vertice
sacro
pindymon,
et
cesis
decrevit
frondibus
Ida
:
E
Hunc
neque
divisis
cepissent
Pergama
muris
,
Nec
grege
permixto
pueri
innupteeque
puelle,
1pse
nec
ZEneas
,
nec
magnus
duceret
Hector.
Adde
,
quod
ille
nocens
,
saevosque
amplexus
Achivos
;
Hunc
nüitis
commendat
eques
:
juvat
ora
tueri
15
Mixta
notis
belli
,
placidamque
gerentia
pacem.
tiste
n'a
point
embelli
la.
vérité
;
e'est
bienlà
cette
gráce,
cette
beauté,
eette
majesté.
Fier
de
son
noble
fardeau
,
le
eheval
de
Thrace
ne
porte
pas
plus
haut
sa
téte
ni
son
orgueil
lorsqu'il
ramene
du
carnage
le
dieu
Mars,
qu'il
se
préeipite
tout
fumant
le
long
des
fleuves,
et
qu'il
refoule
les
flots
du
Strymon
par
la
puissance
de
son
souffle.
L'emplacement
répond
à
l'ouvrage.
Devant
lui
s'ouvrele
temple
du
héros,
qui,
fatigué
de
eom-
bats,
fut
redevable
à
son
fils
adoptif
d'avoir
frayé
la
route
de
l'empyréeà
nos
demi-dieux.
Ton
vi-
sage
nous
dit
combien
tes
vietoires
nous
eoütent
moins
delarmes
encore
toi
qui,
lent
àsévir
méme
contre
les
Cattes
et
les
Daees,
assures
à
l'étranger
le
pardon
de
ses
fureurs.
Si
ta
main
avait
déployé
l'étendard
;
Pompée
eüt
marché
moins
en
force
eontre
les
lois,
et
tu
aurais
vu
Caton,
oui;
Caton
lui-méme,
dans
ton
eamp.
Tes
flanes
sont
proté-
gés
iei
parla
demeure
des
Jules,
là
par
le
superbe
palais
du
belliqueux
Paulus.
Derriére
toi,
ton
pere
fait
la
garde
avee
la
Goneorde
,
qui
te
couve
d'un
cil
d'amour.
-.
Pourtoi,
latéte
environnéed'unair
pur
comme
d'une
auréole,
tu
t'éléves
et
brilles
au-
dessus
des
temples
:
tu
as
l'air
d'examiner
au
loin
si
les
nouveaux
palais
surgissent
plus
beaux
pour
in-
sulter
à
l'incendie
,
si
le
feu
troyen
veille
dans
le
sileneedu
sanetuaire,
et
si
Vesta
commenee
à
se
louer
dela
vertu
deses
prétresses.
Ta
main
droite
Tepousse
les
eombats.
La
gauche
soutient
sans
fa-
tigue
une
Minerve
qui,
présentant
la
téte
san-
glante
de
Méduse,
semble
vouloir
aiguillonner
ton
coursier.
Ah!]la
déesse
ne
reposerait
nulle
part
plus
doueement,
non
pas
méme
dans
ta
main,
Nec
veris
majora
putes;
par
forma
decorque,
Par
honor
;
exhaustis
Martem
non
amplior
armis
Bistonius
portat
sonipes,
magnoque
superbit
Pondere;
nec
tardo
raptus
prope
flumina
cursu
20
Fumal,
et
ingenti
propellit
Strymona
flatu.
Par
operi
sedes
:
hine
obvia
limina
pandit
Qui
fessus
bellis,
adscitee
munere
prolis
,
'
Primus
iter
nostris
ostendit
in
ethera
divis.
Discitur
e
vultu
quantum
tu
mitior
armis;
35
Qui
nec
in
externos
facilis
szevire
furores
Das
Cattis
Dacisque
fidem
:
te
signa
ferente
Et
minor
in
leges
iret
gener,
et
Cato
castris.
At
laterum
passus
hinc
Julia
tecta
tuentur
;
Illinc
belligeri
sublimis
regia
Pauli.
.
39
"Terga
pater,
blandoque
videt
Concordia
vultu.
Ipse
autem
puro
celsum
caput
aere
septus
Templa
superfulges
,
e£
prospectare
videris
,
An
nova
contemptis
surgant
pallatia
flammis
Pulchrius;
an
tacita
vigilel
face
Troicus
ignis
,
-
39
Atque
exploratas
jam
laudet
Vesta
ministras.
Dextra
vetat
pugnas
:
levam
Tritonia
virgo
Non
gravat,
ef
secto?
preetendit:colla
Medusc
i.
Ceu
stimulis
aecendat
equum.
Nec
dulcior
usquam
Lecta
dece
sedes;
nec
si,
pater,
ipse
teneres.
40
LIV.
I,
SILVE
I.
3
puissant
Jupiter!
Cette
vaste
poitrine
semble
faite.
pour
agiterles
destins
du
monde,
et
pour
elle
Té-
mése,
épuisant
sesmétaux,
semble
s'étre
donnée
tout
entiére.
Ses
épaules
laissent
retomber
la
chlamyde,
tandis
qu'à
son
cóté
un
glaive
dans
le
fourreau
suffit
à
sa
défense;
maisil
est
long
ce
'glaive,
long
et
menacant
comme
celui
d'Orion
dans
les
nuits
d'hiver,
quand
Orion
épouvante
les
astres.
Le
coursier,
partageant
la
majestueuse
fierté
de:son
maítre,
le
coursier
s'anime,
illéve
la
téte,
il
va
courir;
son
couse
dresse
,
sa
criniere
se
hé-
risse,la
vie
cireule
impétueusement
le
long
de
son
poitrail,
et
ses
flanes
présentent
une
vaste
sur-
face
à
ces
gigantesques
éperons.
Au
lieu
du
ga-
Zzon
et
de
la
terre
nue,
son
pied
d'airain
foule
la
cheveluredu
Rhin
captif.
Arion,
le
coursier
d^
A
-
draste;ne
l'aurait
pas
apereu
sans
peur;
et
le
Cyl-
lare
des
fils
de
Léda
s'effarouche
en
le
voyant
du
temple
voisin.
Celui-ci
n'a
point
changé
de
maitre
:
toujours
guidé
parle
méme
frein
,
il
n'o-
béira
qu'à
un
seul
astre.
Le
sol
résiste
à
peine
à
eet
énorme
poids,
et
la
terre
fatiguée
suecombe
et
gémit.
Ce
n'est
pas
le
fer
ni
l'airain
qui
l'éerase
,
c'est
le
génie
du
héros.
Il
s'appuie
cependant
sur
une
base
éter-
nelle
oü
reposerait
toute
une
montagne,
et
qui
supporterait
pendant
la
durée
des
siecles
les
ge-
noux
d'Atlas,
d'Atlas
qui
porte
le
ciel.
Et
nous
n'avons
point
subi
d'interminables
délais.
La
vue
de
ces
traits
divins
fait
trouver
un
charme
au
rayail
et
les
jeunes
bras
auxquels
nous
devons
ce
chef-d'eeuvre
s'étonnent
de
leur
surcroít
de
vigueur.
La
lourde
machine
erie
sous
leurs
efforts,
Pectora
,
qude
mundi
valeant
evolvere
curas,
Et
quis
se
totis
Temese
dedit
hausta
metallis
,
It
tergo
demissa
chlamys
:
latus
ense
quieto
Securum
;
magnus
quanto
mucrone
minatur
Noctibus
hibernis,
et
sidera
terret
Orion.
49
At
sonipes,
habitus
animosque
imitatus
equestres
,
Acrius
attollit
vultus,
cursumque
minatur
:
Cui
rigidis
stant
colla
jubis
,
vivusque
per
armos
Impetus
;
et
tantis
calcaribus
ilia
late
Suffectura
patent.
Vacuc
pro
cespite
terre
;
50
JErea
captivi
crinem
terit
ungula
Rheni.
Hunc
et
Adrastous
visum
extimuisset
Arion
;
Et
pavet
aspiciens
Ledwus
ab
ede
propinqua
Cyllarus
:
hie
domini
nunquam
mutabit
habenas
Perpetuus
frenis
,
atque
uni
serviet
astro.
$5
Vix
sola
sufficiunt
,
insessaque
pondere
tanto
Subter
anhelat
humus
:
nec
ferro
aut
cere
laborat
3
Sed
genio;
teneat
quamvis
xterna
erepido,
Que
superingesti
portaret
culmina
montis
;
Ceeliferique
attrita
genu
durasset
Atlantis.
60
Nec
longe
traxere
more:
juvat
ipsa
labores
Forma
dei
presens
;
operique
intenta
juventus
Miratur
plus
posse
manus.
Strepit
ardua
pulsu
Machina
continuo
:
septem
per
culmina
montes
et
ce
bruit
qui
roule
de
proche
en
proehe
le
long
des
sept
collines,
ce
bruit
tantde
fois
répété
couvre
les
vagues
rumeurs
de
la
grande
cité,
Le
génie
tutélaire
du
lieu
dont
ce
gouffre
Sacré,
dont
ces
laes
fameux
gardent
une
mémoire
im-
mortelle,
Curius,
au
retentissement
de
l'airain,
aux
coups
redoublés
qui
font
mugir
Je
forum,
léve
son
front
couvert
de
la
sainte
poussiére
des
siécles,
et
sa
téte
si
justement
ombragée
du
ehéne
respecté.
Et
d'abord
ces
dimensions
ceolossales,
les
éelairs
que
lance
le
monstrueux
coursier
l'é-
pouvantent
:
trois
fois
il
plongeen
frissonnant
sa
téte
altiére
au
fond
du
lac.
Bientót
,
joyeux
de
reconnaítre
lefondateur
de
l'empire
:
E
«
Salut,
toi,
le
rejeton
et
le
pére
des
plus
grands
de
nos
dieux
,
toi
dont
j'avais
appris
la
gloire
par
un
écho
lointain!
Heureux
est
mon
lac,
heureux
et
sacré
tout,
ensemble,
aujourd'hui
que
sur
ses
bords
il
est
permis
de
jouir
de
ta
présence
et
de
contempler
ton
astre
aux-rayons
immortels!
Une
seule
fois
mon
génie
et
mon
courage
ont
sauvé
Rome;
et
toi,
tu
viens
à
bout
de
tout,
guerres
du
Capitole,
guerres
du.Rhin,
guerres
civiles;
et
ces
montagnes
si
longtemps
rebelles
ont
fini
par
plier
sous
ta
valeur.
Ah
!
si
mon
sié-
cle
t'avait
vu
naítre,
tu
aurais
bravé
l'abime,
quand
méme
sa
profondeur
eüt
étonné
mon
au-
dace;
mais
Rome
entiére
aurait
retenu
les
rénes
de
ton
eoursier.
»
Loin,
bien
loin
ee
cheval
fameux
qui,
prés
du
temple
de
Vénus
latine,
s'éléve
dans
le
forum
de
César;
ce
cheval
que
tu
eréas,
ó
Lisyppe,
pour
le
conquérant
de
Pella,
et
qui
ensuite
porta
sur
un
buste
doré
la
téte
de
César.
L'ceil
fatigué
me-
It
fragor
,
et
magnae
vincit
vaga
murmura
Roma.
65
Ipse
loci
custos
,
cujus
sacrata
vorago
Famosusque
lacus
nomen
memorabile
servat
,
Innumeros
zris
sonitus
,
et
verbere
crebro
Ut
sensit
mugire
forum,
movet
horrida
sancto
'
Ora
situ,
meritaque
caput
venerabile
quercu.
70
Ac
primum
ingentes
habitus
,
lucemque
coruscam
Expavit
majoris
equi
;
terque
ardua
mersit
Colla
lacu
trepidus
:
letus
mox
preeside
viso
;
«
Salve,
magnorum
proles
genitorque
deorum,
Auditum
longe
numen
mihi!
nunc
mea
felix
,
75
Nunc
veneranda
palus
,
quum
te
prope
nosse,
tuumque
Immortale
jubar
vicina
sede
tueri
Concessum.
Semel
auctor
ego,
inventorque
salutis
Romulee;
tu
bella
Jovis,
tu
praelia
Rheni
,
Tu
civile
nefas,
tu
tardum
in
federa
montem
ABO
Longo
Marte
domas
:
quod
si
te
nostra
tulissent
Secula,
tentasses
,
me
non
audente
,
profundos
Ire
lacus;
sed
Roma
tuas
tenuisset
habenas.
»-
Cedat
equus,
Lati:
qui
contra
templa
Diones,
Cssarei
stat
sede
fori;
[quem
tradere
es
ausus
85
Pelleo,
Lisyppe,
duci
,
mox
Cesaris
ora.
Aurata
cervice
tulit]
vix
lumine
fesso
Explores
quam
longus
in
hunc
despectus
ab
illo.
:
s
4
STA
CE.
sure
avec
peine
la
distance
qui
les
sépare.
Quel
juge
assez
ignorant
pour
ne
pas
dire,
à
la
pre-
miére
vue,
que
les
coursiers
different
autant
que
les
héros?
Cet
ouvrage
ne
redoute
ni
les
hivers
pluvieux,
ni
le
triple
foudre
de
Jupiter,
ni
les
fiers
bataillons
d'Éole
,
ni
l'imperceptible
atteinte
des
années.
Il
vivra
B
que
la
terre
et
les
'jeux,
il
vivral'àge
de
Rome.
Ici,
et
dans
lesi-
lenee
de
la
nuit
,
àl'heure
ou
les
dieux
trouvent
la
terre
plus
digne
de
leur
amour,
ta
famille
se
glis-
santdu
ciel
vers
toi,
te
eouvrira
de
ses
baisers
;
tu
verras
accourir
dans
tes
bras
ton
fils,
ton
frere,
ton
pére,
ta
sour,
et
il
y
aura
place
sur
une
seule
téte
pour
les
earesses
de
tous
ces
astres.
Jouiséternellementde
eet
hommaged'un
grand
peuple
et
d'un
auguste
sénat.
La
toile
d'Àpelle
serait
heureuse
de
reproduire
tes
traits;
et
le
'vieillard
d'Athénes
eüt
voulu
les
exposer
dans
le
temple
renaissant
de.
Jupiter
Eléen.
La
paisible
"Tarente
voudraitaussi
posséderton
image,
comme
aussi
Rhodes
la
belliqueuse
préférerait
à
son
Apollon
ees
yeux
qui
brillent
à
l'égal
des
flam—-
beaux
eélestes.
Ah!
ne
te
lasse
point
d'aimer
la
terre,
ni
d'habiter
vivant
le
temple
que
nous
te
eonsacrons.
Ne
regarde
point
le
ciel
avee
un
oeil
d'envie,
plus
satisfait
de
voir
iei-bas
tes
ne-
veux
offrir
leur
eneens
à
ton
image.
SILVE
Il.
ÉPITHALAME
DE
STELLA
ET
DE
VIO-
LANTILLA.
D'ou
naissent
ees
divins
aceords
dont
les
monts
Quis
rudis
usque
adeo,
qui
non,
ut
viderit
ambos,
Tantum
dicat
equos,
quantum
distare
regentes?
90
Non
hoc
imbriferas
hyemes
opus,
aut
Jovis
ignem
"TTergeminum
,
ZEolii
non
agmina
carceris
horret
,
Annorumve
moras,
stabit
dum
terra
polusque
,
Dum
Romana
dies.
Hue
et
sub
nocte
silenti
,
Cum
superis
terrena
placent,
tua
turba
relicto
95
Labetur
ccelo,
miscebitque
oscula
juxta
:
Ibit
in
amplexus
natus
,
fraterque,
paterque,
Etsoror:
una
locum
cervix
dabit
omnibus
astris.
Utere
perpetuum
populi
magnique
senatus
Munere
:
Apellec:e
cuperent
te
scribere
cerae,
Optassetque
novo
similem
te
ponere
templo
Atticus
Ela
senior
Jovis;
et
tua
mitis
Ora
Taras,
tua
sidereas
imitantia
flammas
Lumina,
contempto
mallet
Rhodos
aspera
Phoebo.
Certus
ames
terras,
et
qua
tibi
templa
dicamus
,
Ipse
colas
:
nec
te
cceli
juvet
aula
;
tuosque
Letus
huie
dono
videas
dare
thura
nepotes.
100
105
M
CARMEN
II.
EPITHALAMION
STELLJE
ET
VIOLANTILLJE.
Unde
saero
Latii
sonuerunt
carmine
montes?
Cui,
Pxan,
nova
plectra
moves,
humeroque
comanti
Jatins
retentissent?
Dieu
du
Pinde,
pour
qui
s'a-
nime
aujourd'hui
ta
lyre,
et
l'ivoire
mélodieux
suspendu
à
ton
épaule
sous
les
tresses
de
ta
ehevelure?
Je
vois
de
loin
les
Muses
déserter
les
eimes
de
l'harmonieux
Hélicon
:
elles
secouent
la
flamme
solennelle
de
l'hyménée
qui
s'agite
sur
neuf
flambeaux
,
et
l'eau
des
sourees
de
Cas-
talie
jaillit
et
murmure
en
cadence.
Parmi
elles
s'avance
l'Élégie
avee
un
air
dégagé
:
son
atti-
tude
est
plus
fiére
que
de
coutume.
Elle
excite
les
déesses,
et
veut
marier
à
leurs
pas
ses
pas
iné-
gaux.
Jalouse
de
paraitre
une
dixiéme
muse,
elle
se
glisse
au
milieu
d'elles,
et
les
neuf
soeurs
S'y
sont
méprises.
La
mere
des
Amours
conduit
elle-méme
par
la
main
la
fiancée,
qui,
les
yeux
baissés,
se
colore
de
la
douee
rougeur
de
la
vertu.
Vénus
prépare
le
lit
nuptial
et
l'autel.
Caehant
avee
soin
la
déesse
sous
l'habillement
d'une
Latine,
et
tempérant
l'é-
-
elat
de
son
visage,
de
son
front
et
de
sa
cheve-
lure,
elle
trouve
un
seeret
plaisir
à
mareher
a
seconde
en
beauté.
Ah!
je
reconnais
ce
grand
jour,
jesais
la
eause
de
eet
appareil.
Que
ta
porte
s'ouvre,
ta
porte,
ó
Stella!
ear
c'est
toi
que
ce
choeur
chante.
C'est
pour
toi
qu'Évan
et
Phébus,
pour
toi
que
le
dieu
du
Tégée
s'envolant
loin
des
ombrages
du
Mé-
nale
,
ont
des
guirlandes
dans
les
mains.
L'Amour
et
les
Gráces
ne
négligent
pas
non
plus
de
se-
mer
les
fleurs
sur
l'épouse
entre
les
bras
de
l'é-
poux,
et
de
eouvrir
d'un
voile
odorant
la
neige
de
sonsein.
Et
quand
pleuventles
roses,
et
quand
les
lis
viennent
à
pleuvoir
mélés
aux
violettes,
Facundum
suspendis
ebur
?
Procul
ecce
canoro
Demigrant
Helicone
dex
,
quatiuntque
novena
Lampade
solemnem
thalamis
coeuntibus
ignem
,
5
Et
de
Pieriis
vocalem
fontibus
undam.
Quas
inter
vultu
petulans
Elegia
propinquat
,
Celsior
assueto
:
divasque
hortatur,
et
ambit
Alternum
factura
pedem
,
decimamque
videri
Se
cupit,
et
medias
fallit
permixta
sorores;
10
Ipsa
manu
nuptam
genitrix
/Eneia
ducit
Lumina
demissam
,
et
dulci
probitate
rubentem
:
Ipsa
toros,
et
sacra
parat
;
cinctuque
Latino
Dissimulata
deam,
crinem
vultumque
genasque
"Temperat
,
atque
nova
gestit
minor
ire
marita.
15
Nosco
diem
causasque
sacri
:
1e
concinit
iste
(
Pande
fores
!
)
te,
Stella,
chorus
:
tibi
Phoebus
et
Evan
Et
de
Meenalia
volucer
Tegeaticus
umbra
Serta
ferunt
:
nec
blandus
Amor,
nec
Gratia
cessat
Amplexum
niveos
optatee
conjugis
artus
20
Floribus
innumeris
et
olenti
spargere
nimbo.
u
modo
fronte
rosas
,
violis
modo
lilia
mixta
Excipis
,
et
doming
niveisa
vultibus
obstas.
Ergo
dies
aderat
Parcarum
conditus
albo
Vellere
,
quo
Stellze
Violantilloeque
professus
25
.
Clamaretur
Hymen.
Cedant
curzeque
metusque
,
Cessent
mendaces
obliqui
carminis
astus
;
LIV
I,
SILVE
II.
5
ton
front
recoit
le
nuage,
penehé
sur
lefront
de
ton
épouse.
Le
voilà
done
ce
jour
que
les
Parques
ont
filé
de
leur
blanehe
laine,
ce
jour
oü
l'hymen
de
Stella
et
de
Violantilla
se
proclame
enfin
tout
haut!
Loin
d'eux
l'inquiétude
et
la
erainte
!
Tréve
aux
allusions
malignesd'un
vers
imposteur
!
Tai-
'sez-vous,
bruits
importuns
!
II
a
subi
des
lois,
il
amordu
lefrein,
cet
Amour
volage.
Les
bruits
pu-
blies
expirent
faute
d'aliments,
et
Rome
a
vu
ces
baisersdontona
tant
parlé.
Toi
cependant,
malgré
tes
droits
acquis
à
cette
nuit
délieieuse,
ton-eceür
étonné
désire
encore
et
palpite
de
crainte,
malgré
la
promesse
d'une
divinité
favorable.
Fais
taire
,
ó
mon
doux
poéte,
fais
taire
ces
vains
soupirs;
elle
est
à
toi!
Tu
peux
sans
mystére
passer
et
re-
passer
un
seuil
qui
ne
t'est
plus
interdit.
Ne
erains
désormais
ni
lois,
ni
gardiens,
ni
sévére
pudeur.
Enivre-toi
de
ces
faveursdésirées
:
tu
la
possédes
;
et
dans
ses
bras
rappelle-toi
tant
de
nuits
cruelles.
Mais
un
tel
bonheur
peut-il
s'aeheter
trop
eher
?
düt
limplacable
Junon
t'imposer
les
travaux
d'Hereule,
et
le
destin
te
mettre
aux
prises
avee
les
monstres
des
enfers,
ou
te
jeter
parmi
les
symplégades
bouillonnantes.
Pour
un
prix
si
doux,
on
eüt
souserit
à
la
loi
d'Olympie,
cette
loi
qui
faisait
pálirles
coureurs
poursuivis
par
le
ehar
frémissant
d'OEnomaüs.
Quand
Stella
serait
le
berger
téméraire
venu
de
l'Ida
phrygien
,
ob-
tiendrait-il
faveur
semblable?
Non,
füt-ileméme
l'amant
préféré
auprés
de
qui
la
jeune
Aurore
ralentissait
son
char.
Mais
à
quelle
cause
mon
poéte
doit-il
ees
plaisirs
inespérés,
cet
hymen?
Tandis
que
la
foule
qui
va
et
vient
sans
cesse
anime
ces
portiques,
et
que
la
porte
s'ébranle
sous
le
faisceau
d'un
lieteur,
charmante
Érato
,
Fama,
tace
:
subiit
leges,
et
frena
momordit
ille
solutus
Amor
:
consumpta
est
fabula
vulgi,
Et
narrata
diu
viderunt
oscula
cives.
30
Tu
tamenattonitus,
quamvis
data
copia
tantze
Noctis,
adhuc
optas,
permissaque
numine
dextro
Vota
paves.
Pone,
o
dulcis,
suspiria,
vates,
Pone
:
tua
est.
Licet
expositum
per
limen
aperto
Ire,
redire,
gradu
:
jam
nusquam
janitor,
aut
lex
,
35
Aut
pudor
:
amplexu
tandem
satiare
petitae
Conjugis,
et
duras
pariter
reminiscere
noctes.
Digna
quidem
merces,
et
si
tibi
Juno
labores
Herculeos
,
Stygiis
et
si
concurrere
monstris
Fata
darent
,
si
Cyaneos
raperere
per
cestus,
40
Hane
propter
justum
Pisca
lege
trementem
Currere,
et
Gznomai
fremitus
audire
sequentis.
Nec
si
Dardania
pastor
temerarius
Ida
Sedisses
,
heec
dona
forent
:
nec
si
alma
per
auras
Te
potius
prensa
veheret
Tithonia
biga.
45
Sed
qua
causa
toros
inopinaque
gaudia
vati
Attulit,
hic
mecum,
dum
fervent
agmine
postes
Atriaque,
et.
multa
pulsantur
limina
virga
,
Hic,
Erato
jucunda,
doce
:
vacat
apta
movere.
viens
ici,
je
t'écoute,
viens
:
un
récit
de
ce
genre
n'est
point
déplaeé
dans
ees
heures
de
loisir,
et
ces
doctes
Pénates
sont
habitués
à
ton
langage.
Aux
lieux
oü
la
Voie
laetée
s'étend
si
blanche
etsi
pure
dans
les
régions
du
ciel,
l'auguste
Vénus,
au
lever
de
l'aurore,
reposait
libre
enfin
des
rudes
étreiptes
de
son
mari,
le
dieu
de
la
Thrace.
Un
tendre
essaim
d'
Amours
assiége
le
lit
nuptial
et
le
chevet
de
la
déesse
:
ils
épient
le
moindre
signe
pour
savoir
quelles
torehes
ils
vont
saisir,
et
quels
sont
les
eceurs
menacés
de
leurs
traits.
Va-t-elle
les
déchainer
sur
la
terre
ou
sur
les
eaux
,
semer
la
discorde
parmiles
dieux,
et
tourmenter
de
nou-
|
veau
le
maitre
du
tonnerre?
Elle
cependant
n'a
encore
ni
volonté
ni
projet
;
elle
flotte
indécise,
et
dans
toute
la
langueur
du
sommeil
elle
presse
ees
coussins
qui
jadis
virent
se
glisser
furtivement
les
filets
de
Lemnos,
pour
étre
témoins
d'une
fai-
blesse
et
surprendre
un
lit
adultére.
Alors
un
jeune
enfant
de
la
troupe
ailée
,
dont
l'ceil
pétille
du
feu
le
plus
vif
et
dont
la
fléche
n'a
jamais
trompé
Ja
main,
éléve
sa
douce
voix
du
milieu
de
ses
fréres
:
les
jeunes
arehers
ont
fait
silence,
«
Tu
sais,
ma
mére,
dit-il,
si
eette
main
fut
pa-
resseuse
à
ton
serviee
:
quelle
qué
soit
la
victime
qui
m'ait
été
désignée
,
mortel
ou
dieu
,
son
cceur
brüle.
Mais
pourtant
si
les
larmes
et
les
mains
suppliantes,
si
les
vosux
et
les
priéres
m'atten-
drissent
quelquefois,
ó
mére
chérie,
ne
me
le
défends
pas;
ear
nous
ne
sommes
point
fils
de-
linflexible
diamant,
nous
qui
composons
ton
cortége.
Il
est
un
jeune
mortel,
illustre
parmi
les
fils
du
Latium,
issu
d'une
raee
patrieienne;
la
noblesse
le
porte
avee
orgueil
dans
son
sein,
et
elle
emprunta
pour
lui
au
eiel,
notre
séjour,
un
nom
garant
de
sa
beauté.
C'est
sur
]ui
que
(
par
Colloquia
,
et
docti.
norunt
audire
Penates.
50
Forte
serenati
qua
stat
plaga
lactea
cali
,
Alma
Venus
thalamo
,
pulsa
modo
nocte,
jacebat.
Amplexu
duro
Getici
resoluta
mariti.
Fulcra,
torosque
dex
tenerum
premit
agmen
Amorum
:
Signa
petunt,
quas
ferre
faces,
quae
pectora
figi
5
Imperet
,
an
terris
scevire
,
an
malit
in
undis,
Àn
miscere
deos,
an
adhuc
vexare
'Tonantem.
Ipsi
animus
nondum
;
nec
cordi
fixa
voluntas
:
Fusa
jacet
stratis,
ubi
quondam
conscia
eulpoe
Lemnia
repserunt
deprenso
vincula
furto.
60
Hic
puer
e
turba
volucrum
,
cui
plurimus
ignis.
Ore,
manuque
levi
nunquam
frustrata
sagilta
,
Agmine
de
medio,
tenera
sic
dulce
profatus
Voce
(pharetrati
pressere
silentia
fratres)
:-
«
Scis
ut,
mater,
ait,
nulla
mihi
dextera
segnis
.
63
Militia;
quemcunque
hominum
divumque
dedisti
,
Uritur
:
at
tandem
lacrimis,
et
supplice
dextra
Et
votis
precibusque
viri
concede
moveri
O
genitrix!
duro
nec
enim
ex
adamante
creati
,
Sed
tua
turba
sumus.
Clarus
de
gente
Latina
'
70,
Est
juvenis,
quem
patriciis
majoribus
orfum
At
6
STACE.
un
jeu
pour
quois,
et
si
méchamment
!
Pauvre
jeune
homme,
il.eut
beau
se:
débattre,
je
le
eriblai
de
mes
flé-
ches.
Et
lui
que
les
méres
de
l'Ausonie
ambi-
tionnaient
pour
gendre
,
je-l'ai
vaineu
,
dompté
,
eontraint
de
porter
les
fers
d'une
beauté
su-
perbe,
et
condamné
aux
tourments
d'une
longue
espéranee.
Pour
elle,
tu
m'ordonnas
del'épargner;
mon
flambeau
jeta
dans
son
eceur
une
légere
étin-
celle,
et
mon
are
l'effleura
d'un
trait
amorti.
Dés
Jors,
qu'il
fut
terrible
l'incendie
que
le
jeune
homme
nourrit
dans
son
áme!
je
suis
là
pour
le
dire,
et
combien
jour
et
nuit
je
le
presse,
je
le
fatigue!
Jamais,
0
ma
mére,
je
n'obsédai
personne
avec
cette
violence,
ni
ne
portai
des
coups
plus
souvent
répétés.
J'ai
vu
comme
l'a-
mour
faisait
courir
Hippoméne
dans
la
lice
me-
naeante;
Hippoméne
était
moins
pále
au
moment
de
toucher
le
but.
J'ai
vu
ce
nageur
d'Abydos
dont
les
bras
défiaient
la
rame;
j'applaudissais
à
ses
efforts,
et
mon
flambeau
éclairait
sa
route.
Moins
vive
était
son
ardeur,
qui
réchauffait
l'onde
insensible.
Toi,
jeune
homme,
tu
as
laissé
bien
loin
ces
amours
des
temps
héroiques.
Moi-méme,
étonné
de
ta
eonstance
dans
ces
agitations,
je
rvaffermis
ton
courage
et
j'essuyai
ta
paupiére
hu-
mide.
Que
de
fois
Apollon
se
plaignit
à
moi
des
tourments
de
son
poéte!
Ah
!
mére
ehérie,
mets
dans
son
lit
sa
bien-aimée!
N'oublie
pas
qu'il
s'agit
d'un
compagnon
d'armes
et
de
notre
fidele
porte-étendard
:
il
pouvait
raconter
les
travaux
belliqueux
de
Mars,
les
grandes
aetions
des
hé-
ros
et
les
plaines
inondées
de
earnage;
mais
il
Nobilitas
gavisa
tulit,
preesagaque
formae
Protinus
e
nostro
posuit
cognomina
czelo.
Honc
egomet
tota
quondam
(tibi
dulce!)
pharetra
1mprobus
,
et
densa
trepidantem
cuspide
fixi.
Lm
Quamvis
Ausoniis
multum
gener
ille
petitus
Matribus
,
edomui
victum
,
dominseque
potentis
Ferre
jugum
,
et
longos
jussi
sperare
per
annos.
Ast
illam
summa
leviter
,
sic
namque
jubebas
,
Lampade,
parcentes
,
et
inerti
strinximus
arcu.
:
80
Ex
illo
quantos
juvenis
premat
anxius
ignes
"Festis
ego
,
attonitus
quantum
me
nocte
dieque
Urgentem
ferat:
haud
ulli
vehementior
nnquam
Incubui,
genitrix,
iterataque
vulnera
fixi.
Vidi
ego
et
immiti
cupidum
decurrere
campo
85
Hippomenem
,
nec
sic
meta
pallebat
in
ima
:
Vidi
et
Abydeni
juvenis
certantia
remis
Brachia
,
laudavique
manus
,
et
scepe
natanti
Proeluxi
:
minor
ille
calor,
quo
sceva
tepebant
JEquora.
Tu
veteres,
juvenis,
transgressus
amores:
—
90
Tpse
ego
te
tantos
stupui
durasse
per
aestus
,
Firmavique
animos
,
blandisque
madentia
plumis
Lumine
detersi.
Quoties
mihi
questus
Apollo
Sic
valem
marere
suum!
Jam,
mater,
amalos
indulge
thalamos
:
noster
comes
ille
piusque
95
Siguifer
armiferos
poterat
memorare
labores
,
toi
bien
doux)
j'épuisai
mon
ear-
|
t'a
consaeré
sa
lyre,
plus
jaloux
de
grossir
la
troupe
paisible
des
poétes,
et
de
joindre
au
lau-
rier
le
myrte
des
amours.
Il
retrace
les
écarts
de
la
jeunesse
sans
oublier
ses
dernieres
blessures.
O
ma
mére,
comme
il
est
dévoué
au
culte
de
Pa-
phos!
e'est
lui
qui
pleura
notre
colombe.
»
TI
dit,
et,
suspendu
au
cou
maternel,
i!
fait
en-
eore
sentir
au
eceur
de
la
déesse
Ia
tiéde
ehaleur
de
sesailes.
Vénus
répond,
et
sa
physionomie
n'an-
nonee
point
un
refus
dédaigneux.
«
Ton
jeune
poéte,
dit-elle,
réclame
une
bien
grande
faveur,
et
telle
que
rarement
j'en
aeeorde
à
mes
sujets
les
plus
chers.
Éblouie
de
tant
de
eharmes
que
rele-
vaient
et
la
gloire
de
ses
aieux
et
l'éelat
de
sa
no-
blesse,,
je
l'ai
recue
dans
mes
bras
à
sa
naissance,
et
mon
sein
l'a
réchauffée
:
et
pour
embellir
son
cou
et
son
visage,
et
pour
verser
l'amomone
à
flots
onetueux
sur
sa
ehevelure,
je
n'ai
rien
né-
gligé,
ó
mon
fils,
et
du
milieu
de
tant
de
soins
sortit
bientót
ma
douce
image.
Vois
d'iei
ce
front
élevé,
si
plein
de
gráees,
et
mesure
ensuite
sa
supériorité
sur
les
matrones
latines.
Ainsi
domine
parmi
les
nymphes
la
fille
de
Latone,
ainsi
je
brille
moi-méme
au-dessus
des
Néréides.
Elle
au-
rait
pu
s'élever
avec
moi
du
sein
azuré
des
mers
ets'asseoir
dignement
sur
mon
char.
Et
si
ensuite
prenant
l'essor
vers
les
demeures
étoilées
,
elle
en
eüt
franchi
les-portes
,
ó
mes
fils,
elle
eüt
trompé
votre
oeil,
l'ail
des
Amours.
Quoiqu'elle
tienne
de
ma
bonté
prodigue
les
dons
de
la
fortune,
ellea
le
cceur
eneore
plus
grand
que
ses
riehesses.
-
Les
foréts
que
le
Sére
dépouille
d'une
main
trop
avare,
l'arbre
de
Clyméne
qui
ne
suffit
plus
à
sa
.
Claraque
facta
virum,
ef
torrentes
sanguine
campos
;
Sic
tibi
plectra
dedit,
mitisque
incedere
vates
Maluit
,
et
nostra
laurum
subtexere
myrto.
Hic
juvenum
lapsus
,
suaque,
haud
extrema,
revolvit
100
Vulnera.
Pro
quanta
est
Paphii
reverentia,
mater,
Numinis!
hic
nostrae
deflevit
fata
columbze.
»
Dixerat;
et
tenera
matris
cervice
pependit
Blandus
,
et
admotis
tepefecit
pectora
pennis.
Illa
refert,
vultu
non
aspernata
rogari
:
«
Grande
quidem
,
rarumque
viris
,
quos
ipsa
probavi
,
Pierius
votum
juvenis
capit:
hanc
ego,
formo
Egregium
mirata
decus
,
cui
gloria
patrum
Et
generis
certabat
honos
,
tellure
cadentem.
Excepi
,
fovique
sinu
;
nec
colla
genasque
Comere,
nec
pingui
crinem
deducere
amomo
Cessavit
mea
,
nate,
manus
:
mihi
dulcis
imago
Prosiluit.
Celsce
procul
aspice
frontis
honores,
Suggestumque
come
;
Latias
metire
quid
ultra.
Emineat
matres
:
quantum
Latonia
nymphas.
'Virgo
premit
,
quantumque
egomet
Nereidas
exsto.
Hec
et
cceruleis
mecum
consurgere
digna
Fluctibus
,
et
nostra
potuit
considere
concha
:
Et
si
flammiferas
potuisset
scandere
sedes
,
Hasque
intrare
domos
,
ipsi
erraretis
,
Amores.
Huic
quamvis
census
dederim
largita
beatos
z
105
[t9
120
LIV.
I,
SILVE
II.
1
parure,
et
les
vertes
Hyades
qui
ne
répandent
plus
;
d'une
déesse,
et
que
Vénus
voit
sans
dédain
au
assez
delarmes,
la
font
murmurer.
Les
tissus
rou-
gis
par
Ja
pourpre
de
Tyr,
les
cristaux
formés
par
les
neiges
séeulaires
deviennent
aussitrop
rares
à
son
gré.
Pour
elle
(et
ce
n'est
point
encore
assez)
j'ai
dit
à
l'Hermus
et
au
Tage
de
rouler
un
sable
.
d'or;
et
Glaueus,
Protée
et
toutes
les
Néréides
ont
ordre
de
lui
ehereher
les
perles
de
l'Inde.
O
Phé-
bus,si
une
seule
fois
tu
lavais
vue
dans
les
ehampsthessaliens,
Daphné
se
proménerait
eneore
en
toute
sécurité,
Si
les
rivages
de
Naxos
l'avaient
offerte
prés
du
lit
de
Thésée,
Bacchus
eüt
à
son
tour
délaissé
Ariane
une
seconde
fois
solitaire
;
j
et
méme
si
les
plaintes
de
Junon
ne-m'avaient
à
la
longue
désarmée,
le
souverain
des
airs
eüt
em-
prunté
pour
elle
les
plumes
du
eygne
ou
le
front
du
taureau,
et
l'on
eüt
vu
Jupiter
tomber
dans
Son
sein
en
gouttes
d'or
et
en
pluie
vivante.
Mais
je
la
donne
à
celui
pour
qui
tu
intereédes
,
ó
mon
fils,
zélé
soutien
de
ma
puissance.
Bien
que
sou-
vent
elle
rejette
le
joug
d'un
second
hymen
avee
une
plainte
mélaneolique,
je
m'apercois
moi-
méme
qu'elle
céde
déjà
et
qu'elle
s'attendrit
en
faveur
de
son
amant.
»
Ayant
ainsi
dit,
elle
se
léve
comme
une
étoile
radieuse,
et,
franchissant
le
seuil
qui
eonduit
à
sa
superbe
couche
,
elle
ap-
pelle
sous
le
joug
les
eygnes
d'Amyclée.
L'Amour
les
attelle
,
s'assied
sur
les
pierreries
du
timon
,
et
conduit
àtravers
les
nuages
sa
mére,
toute
joyeuse
de
la
joie
qu'elle
va
répandre.
Déjà
parait
le
Tibre
et
sa
ville
troyenne
:
un
palais
auguste
laisse
voir
ses
brillants
Pénates,
et
les
eygnes
à
l'envi
saluent
du
battement
de
leurs
ailes
ces
portiques
majestueux.
Demeure
digne
Vincit
opes
animo
:
queritur
jam
Seras
avaros
Augustum
spoliasse
nemus,
Clymeneaque
deesse.
-
Germina
,
nec
virides
satis
illacrimare
sorores
:
Vellera
Sidonio
jam
pauca
rubescere
tabo
,
Raraque
longxvis
nivibus
crystalla:
gelari.
Huic
Hermum
,
fulvoque
Tagum
decurrere
limo
,
(Nec
satis
ad
cultus)
huic
Inda
monilia
Glaucum
,
Proteaque,
atque
omnem
Nereida
quarere
jussi.
Hancsi
Thessalicos
vidisses,
Phoebe,
per
agros
,
Erraret
Daphne
secura
:
in
litore
Naxi
Theseum
juxta
foret
haec
conspecta
cubile
,
Gnosida
desertam
profugus
liquisset
et.
Evan.
Quod
nisi
me
longis
placasset
Juno
querelis
,
Falsus
huic
pennas
et
cornua
sumeret
zethrae
Rector,
in
hanc
vero
cecidisset
Juppiter
auro.
Sed
dabitur
juveni,
cuitu,
mea
summa
potestas
,
Nate,
cupis
:
thalami
quamvis
juga
ferre
secundi
Sepe
neget
moerens
:
ipsam
jam
cedere
sensi
;
Inque
vicem
tepuisse
viro.
»
Sic
fata,
levavit
Sidereos
artus
,
thalamique
egressa
superbum
Limen,
Anse
ad
frena
citavit
olores.
Jungit
Amor,
ketamque
vehens
per
nubila
matrem
Gemmato
temone
sedet.
Jam
Tibridis
arces
Iliacee;
pandit
nitidos
Venus
alma
Penates
,
130
140
sortir
des
demeures
étoilées
!
Là
brillent
les
mar-
bres
d'Afrique
et
de
Phrygie,
etles
roches
ver-
tes
et
dures
de.
Lacédémone,
et
l'onyx
moins
rebelle;
ici
ceux
dont
la
veine
a
tout
l'éelat
des
flots
d'azur,
ailleurs
ceux
dont
la
couleur
fait
pálir
la
pourpre
ébalienne
et
désespére
l'indus-
trieux
Tyrien.
Les
voütes
s'élancent
appuyées
sur
d'innombrables
colonnes,
les
poutres
déploient
avee
profusion
le
métal-éblouissant
du
Dalmate.
D'antiques
foréts
écartent
les
rayons
du
soleil
et
versent
la
fraieheur;
des
sources
vives
arrosent
le
marbre
d'une
eau
transparente.
La
nature
méme
y
oublie
ses
lois;
là
Sirius
est
l'annonce
du
frais
,
làles
hivers
sont
tiédes,
et
la
tempéra-
ture
y
marche
en
sens
inverse
des
saisons
de
l'an-
née.
À
]a
vue
de
ces
merveilles
,
à
l'aspect
de
son
illustre
éléve,
Vénus
frissonne
de
cetressaillement
de
plaisir
qu'elle
éprouva
quand,
sortie
de
l'éceume
des
mers,
elle
visita
Paphos,
Idalie,
etson
templc
du
mont
Érix.
Alors
s'adressant
à
celle
qui
repose
penehée
sur
un
lit
solitaire
:
«
Combien
de
temps
encore
ton
lit
ne
s'ouvrira-t-il
qu'au
sommeil
et
à
de
ehastes
veilles,
ó
toi
qui
m'est
ehére
entre
toutes
les
beautés
de
Laurente?
Quoi!
toujours
méme
serupule,
méme
fidélité!
Ne
subiras-tu
jamais
lejoug
de
l'hymen?
Bientót
viendra
une
saison
moins
riante;
use
de
tes
gráces,
mets
à
profit
ces
dons
fugitifs.
Si
j'ai
fait
passer
en
toi
les
traits,
les
gráces,
la
fierté
de
Vénus
et
Vénus
elle-méme
tout
entiére,
est-ce
pour
te
voir
te
consumer
dans
le
veuvage,
comme
si
je
ne
t'ai-
mais
pas?
C'est
assez,
ah
!
c'est
méme
trop
d'avoie
Claraque
gaudentes
plauserunt
limina
cyeni.
Digna
dez
sedes,
nitidis
nec
sordet
ab
astris.
Hic
Libycus
Phrygiusque
silex,
hic
dura
Laconum
Saxa
virent
:
hic
flexus
onyx,
et
concolor
alto
Vena
mari
rupesque
nitent,
quis
purpura
soepe
CEbalis
ef
Tyrii
moderator
livet
aheni.
Pendent
innumeris
fastigia
nixa
columnis
;
Robora
Dalmatico
lucent.
satiata
metallo.
Excludunt
radios
silvis
decussa
vetustis
Frigora;
perspicui
vivunt
in
marmore
fontes.
à
Nec
servat
Natura
vices:
hic
Sirius
alget,
Bruma
tepet,
versumque
domus
sibi
temperat
annum.
Exsultat
visu,
tectisque
potentis
alumn
Non
secus
alma
Venus,
quam
si
Paphon
eequore
ab
alto
,
Idaliasve
domos
Erycinave
templa
subiret,
160
Tune
ipsam
solo
reclinem
affata
cubili
:
«
Quonam
hie
usque
sopor
vacuique
modestia
lecti
,
O
mihi
Laurentes
inter
dilecta
puellas
?
Quis
morum,
fideique
modus?
Nunquamne
virili
Submittere
jugo?
Veniet
jam
tristior
cetas.
Exerce
formam
,
et
fugientibus
utere
donis.
Non
ideo
tibi
tale
decus,
vultusque
superbos,
Meque
dedi,
viduos
ut
transmittare
per
anuos
,
!
Ceu
non
cara
mihi
:
satis,
o,
nimiumque
,
priores
150
et
Se
Lb
8
STACE.
jusqu'ici
dédaigné
tant
de
soupirs.
Voici
un
époux
qui
donnerait
son
sang
pour
te
plaire.
Tu
es
l'unique
objet
de
son
admiration
et
de
son
amour,
lui
qui
d'ailleurs
ne
manque
ni
de
jeu-
nesse
ni
de
beauté.
Est-il
jeune
homme
ou
jeune
fille
dans
Rome
qui
n'ait
appris
ses
doctes
vers?
Tu
le
verras,
si
le
chef
de
l'Ausonie
lui
continue
ses
bonnes
gráces,
oui,
tulle
verras
avant
l'áge
faire
mareher
les
douze
faiseeaux
devant
lui.
Mais
déjà
méme
il
a
passé
le
seuil
du
temple
de
Cybéle,
et
il
a
le
droit
de
lire
les
oracles
de
la
Sibylle
Eubéenne.
Bientót
le
pere
des
Latins,
dont
une
déesse
peut
à
coup
sür
prévoir
les
in-
tentions,
honorera
sa
jeunesse
de
la
pourpre
et
de
l'ivoire
eurule;
et
ce
qui
est
plus
flatteur
encore,
lui
permettra
de
célébrer
les
Daces
vaineus
et
les
lauriers
fraichement
cueillis.
Courage,
ma
fille,
donne-lui
ta
main
et
réveille
ta
jeunesse
oisive!
Y
a-t-il
des
étres,
y
a-t-il
des
eceurs
au
monde
que
je
n'enchaine
par
la
vertu
de
mon
flambeau?
Les
oiseaux
méme,
les
troupeaux
et
les
hótes
féroees
des
bois
ne
déelinent
pas
mon
empire.
Eh!
quand
les
ondées
éelaircissent
les
nuages,
e'est
qu'alors
l'air
est
aussi
eonvié
de
ma
part
à
s'unir
avec
la
terre.
Ainsi
la
chaine
des
étres
se
renoue
et
le
monde
se
rajeunit.
Oü
en
serait
la
nouvelle
Ilion
et
la
gloire
du
héros
qui
arracha:
ses
dieux
aux
flammes,
si
je
ne
m'étais
unie
avee
un
Phrygien?
Héritier
de
la
Lydie,
le
Tibre
au-
rait-il
vu
revivre
mes
ehers
Jules?
Quelle
main
eüt
jeté
les
fondements
de
cette
Rome
aux
sept
eollines,
capitale
de
l'empire
des
Latins,
si
une
vestale
n'eüt
secrétement
captivé
Mars,
et
si
je
n'avais
laissé
faire
?
»
Despexisse
procos.
At
enim
hic
tibi
sanguine
toto
170
Deditus,
unam
omnes
inter
miratur
amatque
,
Nec
forme
,
nec
stirpis
egens
:
nam
docta
per
urbem
Carmina
qui
juvenes
,
qu:
non
didicere
puellae?
Hunc
et
bis
senos
(sic
indulgentia
pergat
Prosidis
Ausonii)
cernes
attollere
fasces
Ante
diem
:
certe
jam
nunc
Cybeleia
novit
Limina,
et
Euboie:e
carmen
legit
ille
Sibylle.
Jamque
parens
Latius
(cujus
proenoscere
mentem
Fas
mihi)
,
purpureos
habitus
,
juvenique
curule
Jndulgebit
ebur:
Dacas,
quz
gloria
major:
Exuvias
,
laurosque
dabit
celebrare
recentes.
Ergo
age,
junge
toros,
atque
otia
deme
juventee.
Quas
ego
non
mentes
,
quae
non
face
corda
jugavi
?
Alituum
pecudumque
mihi
,
durique
ferarum
Non
renuere
greges.
Ipsum
in
connubia
terrd
J&thera,
quum
pluviis
raresceunt
nubila,
solvo.
Sic
rerum
series,
mundique
revertitur
zetas.
Unde
novum
Troj:
decus
ardentumque
deorum
Raptorem,
Phrygio
si
non
ego
juncta
marito?
Lydius
unde
meos
iterasset
Tibris
Iülos
?
Quis
septemgeminc
posuisset
mcenia
Romae,
Imperii
Latiale
caput
,
nisi
Dardana
furto
Cepisset
Martem
,
nec
me
probibente,
sacerdos?
»
175
185
190
180.
Par
ce
discours
elle
flatte
le
eceur
de
la
jeune
Romaine,
et
lui
souffle
un
secret
désir
de
l'hymen.
Déjà
reviennent
à
son
esprit
tant
de
présents
,
de
larmes,
de
priéres,
et
les
veilles
de
l'amant
qui
soupirait
prés
de
la
porte,
et
les
ehants
du
poéte
redisant
à
Rome
entiere
son
Astéris,
Astérisavant
le
repas,
au
sein
de
la
nuit
Astéris,
Astéris
au
-Jever
de
l'aurore!
Déjà
son
cour
farouche
se
laisse
attendrir
sans
résistance,
et
elle
se
trouve
déjà
trop
cruelle.
Entre
avec
joie
dans
cette
vie
nouvelle,
ó
le
plus
aimable
des
poétes
du
Latium!
aprésun
rude
et
long
voyage,
ton
épreuve
est
terminée,
tu
prends
possession
du
port.
Ainsi
désertant
la
su-
perbe
Pise
,
ce
fleuve
qu'une
longue
flamme
d'a-
mour
entraine
aux
rives
étrangéres
roule
daus
un
canal
souterrain
ses
ondes
toujours
vierges;
mais
enfin
se
montrant
aux
bords
siciliens
il
as-
pire
à
longs
traits
l'onde
amoureuse.
La
Naiade
s'étonne
de
ses
doux
baisers,
et
ne
peut
eroire
que
la
mer
lui
envoie
un
époux.
Quel
jour
pour
celui
que
les
dieux
favorisé-
rent
de
cette
magnifique
faveur!
quel
jour,
ó
Stella!
Quel
impatient
désir
faisait
battre
ta
poi-
trine,
quand
un
sourire
de
ton
amie
vint
confir-
mer
le
don
de
sa
main
!
Alors
tu
erus
errer
dans
l'Olympe,
parmi
les
sphéres
étoilées;
un
élan
moins
vif
saisit
Páris,
quand,
sur
les
sables
d'A-
mycelée,
il
bondit
à
la
vue
d'Hélene
qui
venait
à
son
navire;
et
les
vallons
de
Thessalie
virent
Pé-
Jée
moins
heureux
quand
le
eentaure
,
dressé
sur
ses
pieds
de
coursier,
apereut
de
loin
'Thétis
ap-
prochant
de
la
rive
Émonienne.
Qu'ils
vont
len-
His
mulcet
dictis
,
tacitamque
inspirat
amorem
Connubii
:
redeunt
animo
jam
vota
precesque,
Et
lacrimae;
vigilesque
viri
prope
limina
questus;
AsrERIS
et
vati
totam
cantata
per
urbem
;
Asteris
ante
dapes,
nocte
Asteris,
Asteris
ortu,
Quantum
non
clamatus
Hylas.
Jamque
aspera
ccpit
Flectere
corda
libens
,
et
jam
sibi
dura
videri.
Macte
toris,
Latios
inter
placidissime
vates,
Qui
durum
permensus
iter
cceptosque
labores,
195
200
-
Prendisti
portus
:
tumida
sic
transfuga
Pisae
Amnis,
in
externos
longe
flammatus
amores,
Flumina
demerso
trahit
intemerata
canali
;
Donec
Sicanios
tandem
prolatus
anhelo
Ore
bibat
foutes
:
miratur
dulcia
Nais
Oscula,
nec
credit
pelago
venisse
maritum.
Quis
tibi
tunc
alacri,
ccelestum
munere,
celare
Stella
,
dies!
quanto
salierunt
pectora
voto
Dulcia
quum
domine
dexter
connubia
vultus
Annuit
,
ire
polo
,
nitidosque
errare
per
axes
Visus.
Amyclais
minus
exsultavit
arenis
Pastor,
ad
Idzeas
Helena
veniente
carinas
:
Thessala
nec
talem
viderunt
Pelea
Tempe,
Quum
Thetin
/Emoniis
Chiron
accedere
terris
Erecto
prospexit
equo.
Quam
longa
morantur
205
210
215
ES
tement
les
astres,
et
combien
l'aurore
est
pares:
seuse
au
gré
de
ton
amour!
Mais
de
loin,
sitót
que
les
appréts
de
la
féte
eurent
éveillé
l'attention
d'Evau
et
du
pére
des
poétes,
le
fils
de
Latone
et
celui
de
Sémélé
ap-
pellent
l'un
d'Ortygie,
l'autre
de
Nysa,
leur
ra-
pide
eortége;
et
si
les
montagnes
de
Lycie
et
le
Parnasse
et
les
frais
ombragesde
Thymbra
répon-
dent
à
l'appel
du
premier,
la
voix
du
second
trouve
mille
éehos
dans
le
Pangée,
l'Ismare,
et
les
bords
si
joyeux
de
Naxos.
lls
entrent
alors
sous
les
portiques
ehéris,
apportant
pour
un
rival
en
harmonie
celui-ci
une
lyre
,
celui-là
la
peau
tachetée
d'une
panthére;
l'un
des
thyrses
,
l'autre
des
archets.
L'un
couvre
son
front
de
laurier;
la
couronne
d'
Ariane presse
la
chevelure
de
l'autre.
A
peine
le
jour
commence
à
poindre,
et
déjà
les
augures
ont
tout
préparé
pour
l'union
conjugale.
Déjà
la
pompe
joyeuse
met
en
rumeur
les
deux
maisons;
le
feuillage
verdoyant
tapisse
les
por-
tes,
les
flambeaux
rayonnent
dans
les
rues,
et
la
moitié
de
l'immense
Rome
est
dans
la
joie.
Tous
les
magistrats,
tous
les
faisceaux
affluent
vers
ces
portiques.
De
toutes
parts
là
pourpre
est
frois-
sée
par
l'agitation
du
peuple.
Iei
c'est
un
che-
valier,
là
une
beauté
modeste
qui
s'embarrasse
dans
un
groupe
de
jeunes
gens.
Tous
admirent
ce
couple
fortuné;
mais
celui
surtout
dont
on
envie
le
sort,
c'est
l'époux.
Depuis
longtemps
appuyé
sur
le
seuil,
Hymen
réve
à
un
épitha-
Jame
d'un
genre
nouveau,
propre
à
chatouiller
Je
eceur
d'un
poéte.
Junon
présente
les
liens
sa-
crés,
et
la
Coneorde
réunit
les
deux
flambeaux
étincelants.
Telle
fut
la
journée;
c'est
à
l'époux
Sidera!
quam
segnis
votis
Aurora
maritis!
At
procul
ut
Stellae
thalamos
sensere
parari
Latoüs
vatum
pater,
et
Semeleius
Evan
,
Hic
movet
Ortygia,
movet
hic
rapida
agmina
Nysa.
Huic
Lycii
montes
,
gelidadeque
umbracula
Thymbree,
Et,
Parnase,
sonas;
illi
Pangea
resultant
,
I&toaraque,
et
quondam
genialis
litora
Naxi.
'Tunc
caras
iniere
fores,
comitique
canoro
Hic
chelyn,
hic
flavam
maculoso
nebrida
tergo,
Hic
thyrsos
,
hic
plectra
ferunt
:
hie
enthea
Jauro
'Fempora
;
Minoa
crinem
premit
ille
corona.
Vixdum
emissa
dies
,
et
jam
socialia
proesto
Omina,
jam
festa
fervet
domus
utraque
pompa
:
Fronde
virent
postes
,
effulgent
compita
flammis
,
Et
pars
immense
gaudet
celeberrima
Rom.
Omnis
honos,
cuncti
veniunt
ad
limina
fasces
:
Omnis
plebeio
teritur
preetexta
tumultu.
Hic
eques,
hic
juvenum
coetu
stola
mixta
laborat.
Felices
utrosque
vocant
;
sed
in
agmine
plures
Invidere
viro.
Jamdudum
poste
reclinis
Qucerit
Hymen
thalamis
intactum
dicere
carmen
;
Quo
vatem
mulcere
queat
:
dat
Juno
verenda
.
Vincula,
et
insigni
geminat
Concordia
tceda.
Hic
fuit
ille
dies
:
noctem
canat
ipse
maritus.
320
225
230
235
240
LIV.
I,
SILVE
II.
|
9
de
chanter
la
nuit.
Mais,
autant
qu'il
est
permis
d'en
connaitre,
ainsi
reposa
sur
un
frais
rivage
l'épouse
adorée
de
Mars,
Ilia,
qu'un
sommeil
trompeur
avait
vaineue.
Moins
aimable
était
La-
vinie,
s'efforeant
de
eacher
sa
rougeur
qu'un
re-
gard
de
Turnus
a
fait
naitre,
et
moins
noble
aussi
parut
Claudia
quand
la
marche
du
navire
la
proclama
vierge.
À
vous
maintenant,
compagnons
des
Muses
et
ministres
du
trépied,
d'engager
la
lutte
poéti-
que
sur
tous
les
tons.
Couronnés
du
lierre
,
des
bandelettes.
du
dieu,
allez,
troupe
inspirée,
no-
bles
enfants
de
la
lyre.
Mais
vous
surtout
,
qui
dérobez
un
pied
au
vers
héroique,
chantez
digne-
ment
cet
hymen
fortuné.
Songez
que
Philétas
dans
Cos
enchantée
,
et
le
vieux
Callimaque,
et
Properee
dans
ses
grottes
d'Ombrie,
auraient
brigué
l'honneur
de
célébrer
cette
journée.
A
ce
prix,
Ovide
méme,
à
Tomes
,
n'eüt
plus
été
le
triste
Ovide,
et
Tibulle
eüt
été
riche
auprés
de
son
foyer
pétillant.
Pour
moi;
l'amour
des
vers
n'est
pasl'unique
charme
quim'entreaine,
ó
Stella!
Nos
deux
Muses
sont
sceurs,
elles
cherchent
aux
mémes
autels
Je
méme
délire,
et
elles
puisent
ensemble
aux
doctes
fontaines.
Mais
toi,
jeune
beauté,
ma
chére
Parthénope
te
recut
à
ta
naissance;
notre
sol,
dont
tu
es
l'or-
gueil,a
vu
tes
premiers
pas:
que
la
rive
Eu-
béenne
s'éléve
done
vers
le
ciel
,
que
Sébétos
soit
fiére
de
son
aimable
éléve.
Ne
leur
préfere
ni
les
Naiades
du
Luerin
et
leurs
grottes
sulfureu-
ses,
ni
les
rives
du
Sarne
et
les
loisirs
de
Pompéi.
Hátez-vous,
donnez
au
Latium
de
nobles
soutiens;
qu'ils
soient
à
la
téte
de
la
magistra-
Quantum
nosse
licet,
sic
victa
sopore
doloso
Martia
fluminea
posuit
latus
Ilia
ripa
:
Non
talis
niveos
strinxit
Lavinia
vultus
,
Quum
Turno
spectante
rubet;
non
Claudia
talis
Respexit
populos,
mota
jam
virgo
carina.
Nunc
opus,
Aonidum
comites,
tripodumque
ministri
,
Diversis
certare
modis
:
eat
enthea
vittis
Atque
hederis
redimita
cohors,
ut
pollet
ovanti
Quisque
lyra
;
sed
precipue
qui
nobile
gressu
Extremo
fraudatis
epos,
date
carmina
festis
Digna
toris
:
hunc
ipse,
Coo
plaudente,
Philetas
Callimachusque
senex
,
Umbroque
Propertius
antro
Ambissent
laudare
diem;
nec
tristis
in
ipsis
Naso
Tomis,
divesque
foco
lucente
Tibullus.
Me
certe
non
unus
amor,
simplexque
canendi
Causa
trahit
:
tecum
similes
juncteque
Camaoena,
Stella,
mihi
;
multumque
pares
bacchamur
ad
aras,
Et
sociam
doctis
haurimus
ab
amnibus
undam.
At
te
nascentem
gremio
mea
prima
recepit
Parthenope
,
dulcisque
solo
tu
gloria
nostro
Reptasti
:
nitidum
consurgat
ad
cethera
tellus
Eubois,
et
pulchra
tumeat
Sebetos
alumna
:
Nec
tibi
sulfureis
Lucrinze
Naides
antris,
-
Nec
Pompeiani
placeant
magis
otia
Sami.
245
250
200
265
t0
ture
et
des
camps,
et
se
jouent
avec
les
Muses.
Bienveillante
Cynihie,
préeipite
la
marche
des
mois,
háte
le
terme
heureux!
Mais,
à
Lucine,
je
te
conjure
del'épargner
!
Ettoi
aussi,
jeune
enfant,
épargne
ta
mére!
ne
porte
pas
des
atteintes
trop
rudes
à
ses
flanes
,
ni
aux
contours
arrondis
de
son
sein
délieat.
Et.
quand
la
nature
,
dans
un
mystérieux
asile,
aura
faconné
ton
visage
qu'il
retrace
fidélement
la
beauté
de
ton
pere,
et
plus
fidélement
encore
les
gráces
maternelles!
Pour
toi,
ó
la
plus
belle
des
filles
de
l'Italie,
douce
ré-
compense
d'un
époux
digne
de
toi
,
fais-lui
ché-
rir
ces
noeuds
si
longtemps
désirés!
Puisses-tu
àce
prix
ne
jamais
perdre
un
seul
de
tes
eharmes!
puisse
la
jeunesse
en
sa
fleur
briller
longtemps
sur
tes
traits
ineffacables,
et
ne
se
faner
que
bien
tard
au
souffle
glaeé
des
années!
SILVE
Ill.
LE
TIBUR
DE
MANLIUS
VOPISCUS.
Vous
qui
visitez
le
frais
Tibur
de
l'éloquent
Vopiseus,
et
ees
doubles
Pénates
traversés
par
lAnio;
vous
qui
voyez
ces
deux
rives
amies,
réunies
par
un
librepassage,
et
ces
ehampétresasi-
Jes
qui
se
disputent
leur
possesseur,
ne
redoutez
ni
les
aboiements
furieux
de
Sirius,
ni
les
re-
gards
malfaisants
du
nourrisson
de
la
verte
Né-
mée.
Telle
est
iei
l'influenee
d'un
doux
hiver
et
d'une
fraicheur
victorieuse
des
feux
du
soleil
:
la
saison
qui
brüle
les
champs
de
Pise
épargne
ce
beau
séjour.
Aussi
la
Volupté
en
a-t-elle
tracé
le
plan
d'une
Eia
age,
przeclaros
Latio
properate
nepotes,
Qui
leges
,
qui
castra
legant,
qui
carmina
ludant.
Acceleret
partu
decimum
bona
Cynthia
mensem
:
Sed
parcat
Lucina,
precor!
tuque
ipse
parenti
Parce,
puer;
ne
mollem
uterum
,
ne
stantia
loedas
Pectora;
quumque
tuos
facito
Natura
recessu
Formarit
vultus,
multum
de
patre
decoris
,
Plus
de
matre
feras.
At
tu,
pulcherrima
forma
:
Jtalidum
,
tandem
merito
possessa
marito
,
Vincla
diu
quaesita
fove.
Sic
damna
decoris
Nulla
tibi
;
longo
virides
sic
flore
juventze
Perdurent
vultus,
tardeque
haec
forma
seneseat!
270
275
—
CARMEN
III.
VILLA
TIBURTINA
MANLII
VOPISCI.
Cernere
facundi
Tibur
glaciale
Vopisci
Si
quis,
et
inserto
geminos
Aniene
penates
,
Aut
potuit
sociae
commercia
noscere
ripae
,
Certantesque
sibi
dominum
defendere
villas
;
Hium
nec
calido
latravit
Sirius
astro,
5
Nec
gravis
aspexit
Nemoees
frondentis
alumnus
*
Talis
hiems
tectis,
frangunt
sic
improba
solem
STACE.
Ld
main
délicate;
puis
Vénus
en
a
parfumé
le
faite
avec
l'essence
d'Idalie,
et
l'effleurant
de
sa
che-
velure,
elle
a
laissé
dans
ces
demeures
l'em-
preinte
de
ses
gráces,
et
défendu
à
toute
la
troupe
ailée
de
sortir
de
leur
enceinte.
O
jour
d'ineffacable
mémoire!
Quelle
douce
impression
je
remporte
en
mon
áme!
Com-
bien
de
merveilles!
mes
yeux
en
sont
fatigués.
Que
la
nature
du
sol
est
fertile!
Comme
la
main
de
l'homme
a
embelli
ees
lieux.
fortunés!
Ou
la
nature
se
montra-t-elle
plus
prodigue
de
ses
tré-
sors?
De
hautes
foréts
se
balancent
sur
des
eaux
eourantes;
une
image
trompeuse
reproduit
leur
feuillage,
et
jusqu'à
leur
ombre
fuyant
au
loin
sous
les
flots
;
et
l'Anio
qui
au-dessus
des
bois
et
àleurs
pieds
va
bondissant
contre
les
rochers,
l'Anio
lui-méme,
ó
prodige!
dépose
iei
sa
fureur
avee
son
murmure
et
son
écume,
comme
s'il
crai-
cnait
de
troubler
le
paisible
Vopiscus,
et
les
jours
qu'ilconsaere
aux
neuf
scurs,
et
la
muse
qui
veille
eneore
pendant
que
le
poéte
repose.
Sur
les
deux
rives
on
est
chez
toi,
ó
Vopiscus;
ce
fleuve
eomplaisant
ne
divise
point
ton
domaine.
Les
deux
bords
voient
s'élever
deux
maisons
qui
ne
sont
pas
étrangéres
l'uneà
l'autre,
et
qui
s'apercoivent
à
peine
que
les
flots
les
partagent.
Que
la
renommée
vante
maintenant
le
dé-
troit
de
Sestos,
et
la
mer
traversée
à
la
nage,
et
les
dauphins
devaneés
par
un
amant
audacieux
!
Iei
régne
un
ealme
éternel,
ici
les
tempétes
ont
perdu
leur
empire
et
jamais
les
ondes
n'y
bouil-
lonnent.
L'cil
répond
à
l'oeil
,
là
voix
à
la
voix
,
et
la
main
s'unit
presque
à
la
main
d'une
rive
à
lautre.
Ainsi
le
reflux
de
l'Euripe
bat
les
riva-
Frigora,
Pisceeoque
domus
non
cstuat
auno.
Visa
manu
tenera
tectum
scripsisse
Voluptas
;
Tufic
Venus
Idaliis
unxit
fastigia
succis
,
Permulsitque
comis
,
blandumque
reliquit
honorem
Sedibus,
et
volucres
vetuit
discedere
natos.
O
longum
memoranda
dies!
quae
mente
reporto
Gaudia!
quam
lassos
per
tot
miracula
visus!
Ingenium
quam
mite
solo!
quae
forma
beatis
15
Arie
manus
concessa
locis!
Non
largius
usquam
Iudulsit
natura
sibi.
Nemora
alta
cifatis
—
Incubuere
vadis
;
fallax
responsat
imago
Frondibus,
et
longas
eadem
fugit
unda
per
umbras.
Ipse
Anien
(miranda
fides)
infraque
superque
Saxeus
,
hie
tumidam
rabiem
,
spumosaque
ponit
Murmura,
ceu
placidi
veritus
turbare
Vopisci
Pieriosque
dies,
et
habentes
carmina
somnos.
Littus
utrumque
domi
:
nec
te
mitissimus
amnis
Dividit;
alternas
servant
preetoria
ripas
2»
Non
externa
sibi,
fluviumve
obstare
queruntur.
Sestiacos
nunc
fama
sinus
,
pelagusque
natatum
Jactet,
et
audaci
junctos
delphinas
ephebo
:
Hic
eterna
quies
,
nullis
hic
jura
procellis
,
Nusquam
fervor
aquis.
Datur
hic
transmittere
visus,
Et
voces,
et
poene
manus.
Sic
Chaleida
fluetus
20
30
LIV.
I,
SILVE
Il.
ges
de
Chaleis,
ainsi
par
delà
la
barriere
des
flots
le
Brutium
apercoit
Pélore
sur
les
bords
siciliens.
Par
oü
commencer,
paroü
poursuivre
et
finir
?
Faut-il
admirer
ees
poutres
dorées,
ees
mille
portes
taillées
dans
l'ivoire
de
Mauritanie,
ces
marbres
parsemés
de
veines
brillantes,
ou
ces
Naiades
qui
versentla
fraicheur
danstous
lesasiles
du
repos?
Mes
yeux
et
mon
esprit
se
partagent.
Dirai-je
Ia
vieillesse
vénérable
de
ces
bois
sacrés,
ou
la
salle
qui
voit
couler
le
fleuve,
ou
celle
qui
regarde
la
forét
silencieuse?
Là,
sans
mélange
d'aucun
bruit
importun,
durant
la
nuit
tout
est
-ealme
et
repos,
ou
peut-étre
de
légers
murmures
invitent
encore
la
langueur
au
sommeil.
Voyez
fumer
ces
bains
qui
reposent
sur
des
banes
de
verdure,
voyez
ce
froid
rivage
au-dessous
des
feux
qui
l'éclairent,
et,
tout
prés
des
fourneaux
et-des
tourbillons
de
vapeurs,
le
dieu
qui
eon-
temple
en
souriant
ses
nymphes
haletantes
à
deux
pas
du
fleuve.
J'ai
admiré
le
travail
des
aneieus
artistes,
et
la
vie,
soustoutes
les
formes,
animant
les
métaux.
Comment
rappeler
les
figures
d'or,
d'ivoire,
et
ces
pierres
précieuses
dignes
de
briller
aux
doigts,
et
ces
ouvrages
d'argent
et
d'airain
oü
s'est
joué
le
talent
d'un
Myron,
et
ces
colosses
démesurés
,
superbes
tentatives
de
son
génie?
Errant
de
merveilles
en
merveilles
et
promenant
les
yeux
de
tous
eótés,
j'ignorais
quels
trésors
je
foulais.
Enfin
l'éclat
tombant
de
la
voüte,
et
le
pavé
qui
répéte
la
splendeur
des
cieux,
attirent
mes
re-
gards
sur
le
sol.
Il
étalait
avee
orgueil
mille
Expellunt
fluvii
:
sie
dissociata
profundo
Bruttia
Sicanium
circumspicit
ora
Pelorum.
Quid
primum,
mediumve
canam;
quo
fine
quiescam
?
Auratasne
trabes;,
an
Mauros
undique
postes,
35
An
picturata
lucentia
marmora
vena
Mirer,
an
emissas
per
cuncta
cubilia
nymphas?
Huc
oculis,
huc
mente
trahor.
Venerabile
dicam
Lucorum
senium?
te,
quz
vada
fluminis
infra
Cernis?
an
ad
silvas
qu
respieis
,
aula,
jacentes
?
Qua
tibi
tota
quies
,
offensaque
turbine
nullo
Nox
silet,
et
teneros
invitant
murmura
somnos.
Àn
qu:
graminea
suscepta
erepidine
fumant.
Balnea,
et
impositum
ripis
algentibus
ignem?
Quique
vaporiferis
junctus
fornacibus
amnis
Ridet
anhelantes
vicino
flumine
nymphas?
-
Vidi
artes,
veterumque
manus
,
variisque
metalla
Viva
modis.
Labor
est
auri
memorare
figuras
,
Aut
ehur,
aut
dignas
digitis
contingere
gemmas.
Quicquid
et
argento
primum
vel
in
sre
Myronis
Lusit,
et
enormes
manus
est
experta
colossos.
Dum
vagor
aspectu
,
visusque
per
omnia
duco,
Calcabam
nec
opinus
opes
:
nam
splendor
ab
alto
Defluus,
et
nitidum
referentes
aera
teste
Monstravere
solum
;
varias
ubi
picta
per
artes
Gaudet
humus
superare
novis
asarota
figuris.
40
45
REMISE
TUDUUNE
UM
UME
GRUSDUURND
MM
CDNSIRDMUINTUTUUA
QAI
SP
Urgence
estiilenibtinpeeu
sc
Rue
fe
desvuii
dip
es
psi
spectas
incidisse
queis
used
q
biblia
se
co
11
peintures
diverses,
et
des
mosaiques
oü
respirent
de
nouvelles
figures.
Je
reeculai
saisi
d'effroi.
Admirerai-je
encore
ees
vastes
galeries
et
ces
deux
bátiments
séparés,
mais
eonstruits
sur
le
méme
plan?
et
eet
arbre
qui,
conservé
au
centre
de
l'édifice,
se
fait
jour
à
travers
le
toit
et
les
portiques
pour
s'élaneer
au
grand
air?
arbre
heu-
reux
,
sous
quel
autre
maitre
aurais-tu
bravé
la
cognée?
Et
maintenant,
ó
Vopiscus,
quelque
Ha-
madryade,
quelque
Naiade
agile
et
fugitive
te
remereie
peut-étre
à
ton
insu
d'avoir
épargné
ses
jours.
Parlerai-je,
et
de
ces
deux
tables
élevées
sur
les
deux
rives,
et
de
ces
laes
alimentés
par
des
Sources
qui
s'enfoncent
sous
leurs
eaux
blanchá-
tres,
et
de
toi
,
Ó
Mareia
,
qui
suis
le
cours
oblique
du
fleuve
et
le
franchis
dans
toute
sa
largeur,
portée
sur
un
plomb
audaeieux?
Eh!
pourquoi
le
fleuve
del'Elide
trouverait-il
seul
un
heureux
passage
sous
les
flots
ioniens
jusqu'aux
ports
de
la
Sicile?
Àu
sein
de
ees
grottes
humides
,
le
dieu
del'Ànio,
oubliant
ses
propres
fontaines,
dépouille
dans
le
seeret
des
nuits
son
vétement
d'azur
pour
se
rouler
cà
et
là
sur
la
mousse
légére,
ou
tomber
eomme
un
géant
au
milieu
du
lae,
et
battre
en
nageant
le
cristal
liquide.
Voici
l'om-
brage
favori
du
dieu
de
Tibur;
ici
l'Albula
aime
à
baigner
sa
ehevelure
imprégnée
de
soufre.
Cette
demeure
pourrait
enlever
à
Égériela
Diane
forestiére,
aux
eoteaux
glaeés
du
Taygéte
les
cheeurs
des
Dryades,
et
Pan
lui-méme
aux
foréts
du
Lycée.
Et
sile
dieu
de
Tyrinthe
n'y
procla-
mait
déjà
les
arréts
du.
sort,
les
seeurs
de
Pré-
neste
y
fixeraient
aussi
leur
sanctuaire.
Expavere
gradus.
Quid
nunc
ingentia
mirer,
Aut
quid
partitis
distantia
tecta
trichoris
?
Quid
te,
qu:
mediis
servata
penatibus
,
arbor,
Tecta
per
et
postes
liquidas
emergis
in
auras?
Quo
non
sub
domino
sevas
passura
bipennes?
Et
nunc
ignar:e
forsan
vel
lubrica
Nais
,
Vel
non
abrupítos
tibi
debet
Hamadryas
annos.
Quid
referam
alternas
gemino
super
aggere
mensas
,
Albentesque
lacus,
altosquein
gurgite
fontes?
Teque
per
obliquum
penitus
quce
laberis
amnem,
Mareia,
et
audaci
transcurris
flumina
plumbo
?
Non
solum
Iouiis
sub
fluctibus
Elidis
amnem
Dulcis
ad
ZEtneeos
deducit
semita
portus.
Illis
ipse
antris
Anienus
fonte
relicto,
Nocte
sub
arcana
glaucos
exutus
amictus
,
Hue
illuc
fragili
prosternit
pectora
musco
:
Aut
ingens
in
stagna
cadit,
vitreasque
nafatu
Plaudit
aquas
:
illa
recubat
Tiburnus
in
umbra,
Illic
sulfureos
cupit
Albula
mergere
crines.
Hxc
domus
,
/Egerize
nemoralem
abjungere
Phoeben
,
Et
Dryadum
viduare
choris
algentia
possit
Taygeta
,
et
silvis
arcessere
Pana
Lyoswis.
Quod
ni
templa
darent
alias
Tirynthia
sortes
,
Et
Pronestinae
poterant
migrare
sorores.
Quid
bifera
Alcinoi
laudem
pomaria?
vosque;
65
70
75
80
m
19
STACK.
Vanterai-je
à
présent
les
vergers
d'Alcinoüs;
fertiles
deux
fois
l'année,
et
ces
rameaux
qui
jamais
n'étalent
un
feuillage
inutile?
Loin,
bien
loin
les
champs
de
Télégone
et
de
Turnus,
et
les
palais
du
Luerin,
et
les
rivages
du
sanguinaire
Antiphate,
et
ees
eoteaux
perfides
ou
Circé
fit
répéter
aux
guerriers
d'Ithaque
les
hurlements
des
loups!
loin
ees
tours
superbes
d'Anxur,
et
le
site
consaeré
par
le
héros
de
Phrygie
à
sa
vieille
nourriee,
et
les
rives
inabordables
oü
te
rappel-
leront
les
páles
soleils
et
les
courtes
journées
de
Ja
saison
des
brouillards
!
Iei
ta
sagesse
se
nourrit
de
méditations
profondes,
ici
tu
ensevelis
tes
la-
borieux
loisirs,
et
cette
vertu
si
douce
avec
un
front
austére.
Iei
j'admire
un
éelat
de
bon
goüt
et
des
agréments
sans
faste
que
le
vieillard
de
Gargette
eüt
préférés
à
sa
ehére
Athénes
et
à
ses
jardins
voluptueux.
Eh
!
qui
ne
braverait
àce
prix
les
tempétes
de
la
mer
Egée,
les
Pléiades
neigeu-
ses,
et
l'astre
menacant
d'Olénie?
Si
l'on
peut
sans
folie
confier
son
navire
aux
flots
de
Malée,
aux
écueils
de
Sicile,
pourquoi
nos
yeux
dédaignent-
ils
des
plaisirs
qui
sont
si
prés
de
nous?
Iei
les
Faunes
de
Tibur,
et
Alcide
lui-méme,
et
Catillus
pour
qui
ta
muse
réserva
ses
plus
nobles
accents,
se
Jaissent
bercer
à
tes
aeeords,
soit
que
tu
oses
rivaliser
avec
la
vigueur
de
Pindare,
soit
que
ton
-
luth
s'éléve
au
ton
héroique,
soit
que
tu
charges
tes
pinceaux
des
eouleurs
rembrun:es
de
la
satire,
ou
que
tu
embellisses
l'épitre
des
seules
gráces
de
la
négligence.
Poursuis,
toi
qui
mérites
tous
les
biens
de
Midas
etde
Grésus,
tous
les
trésors
de
la
Perse;
enrichis-toi
des
biens
de
l'àme.
Tes
hu-
mides
eampagnes
méritaient
d'étre
inondées
par
Qui
nunquam
vacui
prodistis
in
zethera
,
rami?
Cedant
Telegoni,
cedant
Laurentia
Turni
Jugera
,
Lucrineeque
domus,
litusque
cruenti
Antiphate
:
cedant
vitrece
juga
perfida
Circes,
85
Dulichiis
ululata
lupis,
arcesque
superbi
Anxuris,
et
sedes
Phrygio
quas
mitis
alumno
Debet
anus
:
cedant,
qua&
te,
jam
solibus
aretis
,
Avia
nimbosa
revocabunt
littora
bruma.
Scilicet
hic
illi
meditantur
pondera
mores
:
90
Hic
premitur
fecunda
quies,
virtusque
serena
Frontegravis,
sanusque
decor,
luxuque
carentes
Delicic
,
quas
ipse
suis
digressus
Athenis
Mallet
deserto
senior
Gargettius
horto.
Hsec
per
et
/Egeas
hiemes
,
Pliadumque
nivosum
93
Sidus,
et
Oleniis
dignum
petiisse
sub
astris.
Si
Male:
credenda
ratis
,
Siculosque
per
cestus
Sit
via,
cur
oculis
sordet
vicina
voluptas?
Hic
tua
Tiburtes
Faunos
chelys
,
et
juvat
ipsum
Alciden
,
dictumque
lyra
majore
Catillum
:
Seu
tibi
Pindaricis
animus
contendere
plectris
,
Sive
chelyn
tollas
heroa
ad
robora
,
sive
Liventem
satiram
nigra
rubigine
turbes
:
Seu
tibi
non
alia
splendescat
epistola
cura.
Digue
Mide
,
Cresique
bonis,
et
Perside
gaza
,
100
105
?
les
flots
jaunissants
de
l'Hermus,
et
le
Tage
leur
devait
son
limon
brillant.
Ah
,
puisses-tu
multi-
plier
tes
doctes
loisirs!
puisses-tu
le
ecur
dé-
gagé
de
tout
nuage,
dépasser
le
terme
atteint
par
la
vieillesse
de
Nestor!
SILVE
IV.
EX-VOTO
POUR
LA
CONSERVATION
DE
RÜTILIUS
GALLICUS.
Il
y
a
des
dieux,
oui
je
le
proclame,
et
Clotho
ne
poursuit
pas
inexorablement
sa
táche.
Astrée
sourit
àla
vertu;
réconciliée
avec
Jupiter,
elle
revient
à
nous,
et
Gallicus
revoit
lejour
qu'il
était
menacé
de
perdre.
Qu'on
demande
à
présent
si
tu
es
l'amour
de
la
terre
et
du
ciel,
vainqueur
des
Germains!
Qui
done
dirait
le
contraire?
La
for-
tune
a
rougi
de
priver
ton
empire
d'un
si
grand
ministre.
ll
est
debout
celui
qui
apréstoi
soutient
le
fardeau
d'une
si
vaste
puissanee
!
Déjà
enve-
loppé
des
réseaux
de
la
vieillesse,
il
brise
ce
tis-
su
fatal,
et
retrouve
encore
pour
d'autres
années
toute
la
verdeur
de
la
jeunesse.
Cohortes
fidé—
les
à
l'étendard
de
la
ville,
et
vous,
lois
au-
gustes,
qui,
violées
par
les
troubles
du
forum,
venez
plus
d'une
fois
vous
réfugier
dans
le
sein
de
Gallieus;
et
vous,
cités
revétues
de
la
toge,
vous
dont
les
supplications
lointaines
implorent
sa
justice,
rivalisez
d'allégresse;
quela
joie
de
nos
sept
eollines
tressaillant
de
concert
impose
silence
à
des
bruitssinistres!
il
vit;
et
receommen-
cant
sa
carriére,
il
vivra
longtemps
celui
dont
les
soins
paternels
assurent
le
repos
de
nos
murs.
;
Macte
bonis
animi!
cujus
stagnantia
rura
Debuit
et
flavis
Hermus
transcurrere
ripis,
Et
limo
splendente
Tagus.
Sic
docta
frequentes
Otia
;
sic
omni
detersus
pectora
nube
Finem
Nestorec
precor
egrediare
senectae
!
110
CARMEN
IV.
SOTERIA
RUTILH
GALLICI.
Eslis
,
io
Superi
,
nec
inexorabile
Clotho
Volvit
opus
:
videt
alma
pios
Astroa
,
Jovique
Conciliata
redit;
dubitataque
sidera
cernit
Gallicus.
Es
coelo
,
dis
es,
Germanice,
cordi
;
Quis
neget?
erubuit
tanto
spoliare
ministro
E
Imperium
Fortuna
tuum.
Stat
proxima
cervix
Ponderis
immensi
,
damnosaque
fila
senectee
Exuit,
atque
alios
melior
revirescit
in
annos.
Ergo
alacres,
quae
signa
colunt
urbana
,
cohortes
,
Inque
sinum
que
szpe
tuum
fora
turbida
questu
10
Confugiunt
,
legesque,
urbesque
ubicunque
togata,
Qu:e
tua
longinquis
implorant
jura
querelis
,
Certent
loetitia;
nosterque
ex
ordine
collis
Confremat
,
et
sileant
pejoris
murmura
fame
:
Quippe
manet
,
longumque
:evo
redeunte
manebit
,
E
LIV.
I,
SILVE
IV.
13
Les
destins
n'attristeront
point
d'un
tel
attentat
l'aurore
du
nouveau
siécle,
et
les
dieux
de
Té-
rente
n'auront
point
souillé
leur
autel
renaissant.
Pour
moi,
je
n'invoquerai
ni
Phébus,
bien
que
sans
lui
ma
lyre
soit
muette,
ni
les
déesses
d'Aonie,
avec
Pallas
leur
dixieme
sceur,
ni
les
deux
indulgents
nourrissons
de
Tégée
et
de
Direé.
Viens
toi-méme,
ó
mon
héros
,
doubler
mes
for-
ces
et
mon
eourage!
N'as-tu
pas
fait
preuve
d'un
génie
divin
quand
tu
donnais
à
latoge
ausonienne
tant
de
grandeur
et
d'éclat,
quand
tu
répandais
sur
les
centumvirs
et
ta
sagesse
et
tes
lumiéres?
Que
Pimplé
trompe
la
lóvre
altérée
du
poets
que
Piréne
se
refuse
à
m'inspirer;.
moi,
j'aime
mieux
boireà
longs
traits
aux
sources
de
ton
gé-
nie,
soit
que
ton
éloquence
marehe
dégagée
d'en-
traves,
soit
qu'elle
se
plie
aux
douces
lois
des
vers
et
s'assujettisse
à
nos
regles.
Si
nous
offrons
à
Céres
les
dons
mémes
de
Cé-
rés
et
à
Baechus
les
vins
qu'il
nous
donne
,
et
si
,
déjà
riche
de
butin
,
Diane
suspend
encore
à
ses
voütes
les
présents
du
chasseur,
et
le
dieu
des
batailles
les
armes
des
vaineus
:
ó
Gallieus,
mal-
gré
ta
sublime
éloquenee
et
les
inépuisables
tré-
sors
de
ta
parole,
ne
dédaigne
pas
non
plus
l'hommage
d'une
lyre
moins
puissante.
La
lune
se
fait
bien
un
eortége
d'étoiles,
et
l'Océan
re-
coit
letribut
des
plus
faibles
ruisseaux.
Quel
doux
salaire
de
ta
vertu
que
cet
amour
in-
quiet
de
touteune
ville
!
Que
de
larmes
j'ai
comp-
tées!
j'ai
vu
pleurer
les
chevaliers
,
les
sénateurs,
et
ee
peuple
méme
qui
ne
sait
guére
pleurer
les
erands!
Moins
vives
étaient
pour
Numa
défail-
|
Quem
penes
intrepidv
mitis
custodia
Romae.
Nec
tantum
induerint
fatis
nova
sceecula
crimen,
Aut
instaurati
peccaverit
ara
Terenti.
Ast
ego
nec
Phoebum
(quanquam
mihi
surda
sine
illo
Plectra)
nee
Aonias
decima
cum
Pallade
divas
,-
20
Aut
mitem
Tegex
,
Dircesve
hortabor
alumnum
;
Ipse
veni,
viresque
novas
animumque
ministra
,
Qui
caneris
:
dextro
nec
enim
sine
numine
tantus
Ausonic
decora
ampla
toga,
centumque
dedisti
Judicium
mentemque
viris.
Licet
enthea
vatis
:25
Excludat
Pimplea
sitim
,
nec
conscia
detur
Pirene,
largos
potior
mihi
gurges
in
haustus
Qui
rapitur
de
fonte
tuo
:
seu
plana
solutis
Quum
struis
orsa
modis
,
seu
quum
tibi
dulcis
in
artem
Frangitur,
et
nostras
curat
facundia
leges.
30
Quare
age,
si
Cereri
sua
dona,
merumque
Lyaeo
Reddimus
,
et
dives
proedc
,
tamen
accipit
omni
Exuvias
Diana
tholo
,
captivaque
tela
Bellipotens
;
nec
tu,
quando
tibi,
Gallice,
majus
Eloquium,
fandique
opibus
sublimis
abundas
,
35
Sperne
coli
tenuiore
lyra.
Vaga
cingitur
astris
Luna,
et
in
oceanum
rivi
cecidere
minores.
Que
tibi
sollicitus
persolvit
premia
morum
Urbis
amor?
quae
tum
patrumque
equitumque
notavi
Lumina,
et
ignare
plebis
lugere
potentes?
40
lant
les
alarmes
du
sénat,
de
l'ordre
équestre
Dus
Pompée,
et
d'une
femme
pour
Brutus.
C'est
qu'aussi
ton
oreille
n'aime
pas
le
bruit
lugubre
des
chaines,
et
qu'avare
de
supplices,
indocile
à
lentrainement
du
pouvoir,
tu
erains
de
faire
sentirla
force
du
glaive,
et
ne
méprises
pas
une
main
qui
supplie,
une
priére
qui
monte
vers
toi.
Rendre
au
forum
ses
droits,
respecter
la
chaise
eurule
et.
eoneilier
la
toge
et
l'épée,
voilà
par
quelle
route
on
péanétre
au
fond
des
ccurs,
c'est
à
ee
prix
que
l'amour
s'unit
au
respect.
Mais
d'ailleurs
la
rigueur
jalouse
du
destin
et
la
marche
soudaine
et
foudroyante
du
péril
aug-
mentérent
la
eonsternation
générale
:
le
mal
al-
lait
si
vite!
Ce
n'est
pas
la
vieillesse
qu'on
en
ae-
euse
(elle
venait
à
peine
de
compléter
son
douziéme
lustre),
c'est
ton
travail
obstiné,
e'est
une
áme
maitresse
impérieuse
du
corps
qu'elle
anime,
ce
sont
tes
veilles
eonsacrées
à
la
süreté
du
prince,
ees
veilles
pour
toi
si
douces!
Toutes
ces
fatigues
firent
eouler
dans
tes
veines
un
som-
meil
insidieux
,
et
la
vie
semblait
engourdie
dans
ton
sein.
Alorsle
dieu
qui,
prés
dela
cime
escarpée
des
Alpes,
marqua
de
son
nom
révéré
les
bois
d'A-
pollon,
jette
un
regard
sur
son
illustre
éléve,
qu'il
avait
hélas!
trop
longtemps
oublié
;
arrétant
aus-
sitót
les
progrés
du
mal
:
«
Viens,
mon
fils,
s'é-
crie-t-il,
viens,
dieu
d'Épidaure,
toi
qui
MuR
nes
les
succés
diffieiles
:
l'occasion
est
belle.
1I
s'agit
de
ressusciter
un
grand
homme;
réunis-
sons
nos
efforts
:
arrétons
les
fuseaux
préts
à
rompre
le
fil
de
sa
vie.
Ne
erains
point
les
éelats
Non
labente
Numa
timuit
sic
curia
felix
,
Pompeio
nec
celsus
eques,
nec
femina
Bruto.
Hoc
illud
;
tristes
invitum
audire
catenas
,
Parcere
verberibus
,
nec
qua
jubet
alta
potestas
Ire,
sed
armatas
multum
sibi
demere
vires
,
—
45
Dignarique
manus
humiles,
et
verba
precantum
;
Reddere
jura
foro,
nec
proturbare
curules
,
Et
ferrum
mulcere
toga.
Sic
itur
in
alta
Pectora,
sic
mixto
reverentia
se
dat
amori.
Ipsa
etiam
cunctos
gravis
iuclementia
fati
50
Terruit,
et
subiti
preeceps
juvenile
pericli
,
Nil
cunctante
malo.
Non
illud
culpa
senectc,
(Quippe
ea
bissenis
vix
dum
orsa
excedere
lustris)
Sed
labor
intendens,
animique
in
membra
vigentis
Imperium,
vigilesque
suo
pro
Csesare
cura,
«685
Dulce
opus.
Hinc
fessos
penitus
subrepsit
in
artus
Insidiosa
quies,
et
pigra
oblivia
vite.
'Tune
deus,
Alpini
qui
juxta
culmina
dorsi
Signat
Apollineo
sanctos
cognomine
lucos;
Respicit,
heu
tanti
pridem
securus
alumni
-60
Perpessusque
moras
:
«
Huc
mecum,
Epidauria
proles
,
Huc,
altis
gaudens
;
datur
aggredienda
facultas
—
Ingentem
recreare
virum
:
teneamus
adorti
Tendentes
jam
fila
colos
:
nec
fulminis
atri
Sit
metus;
has
ultro
laudabit
Juppiter
artes
:
:
65
*
:
STACE.
de
la
foudre
:
Jupiter
applaudira
Je
premier
à
ton
art
vainqueur.
Ce
n'est
pointunetéte
vulgaire,
in-
différente
aux
dieux,
que
je
viens
sauver.
Je
vais
t'en
dire
quelque
ehose
tout
en
nous
acheminant
vers
sa
demeure.
C'est
lui
qui
fait
la
noblesse
de
sa
famille
:
l'éclat
de
son
nom
rejaillit
sur
le
passé;
ses
aieux
ne
sont
point
inconnus,
mais,
éclipsés
par
cette
gloire
récente
,
ils
sont
fiers
de
-
eéderle
pas
à
leur
auguste
descendant.
Son
génie
brilla
d'abord
sous
la
toge,
et
sous
la
toge
aussi
sa
haute
éloquenee.
Bientót
enchaíiné
par
de
no-
bles
serments,
vingt
eamps,
vingt
elimats
divers
du
eouchant
à
l'aurore
virent
ses
travaux
et
ses
serviees.
Et
il
ne
put
se
délasser
dans
les
loisirs
de
la
paix,
ni
quitter
le
glaive
un
seul
instant.
Le
belliqueux
Galate
osa
provoquer
ses
armes;
neuf
moissons
durant,
il
comprima
aussi
la
Pam-
yphylie,lefier
Pannonien,
Jes
Arméniens
aux
traits
perfides,
à
la
fuite
menacante,
et
l'Araxe
enfin
résigné
à
subir
un
pont
romain.
Rappellerai-je
les
faisceaux
remis
deux
fois
en
ses
mains,
et
la
puissante
Asie
deux
fois
gouvernée?
Elle
vou-
drait
le
posséder
une
troisiéme
et
une
quatriéme
fois
:
mais
les
fastes
le
réclament;
le
premier
siége
curule
l'attend
et
lui
promet
plus
d'un
eon-
sulat.
Te
ferai-je
admirer
la
Libye
soumise
ap-
portat
son
tribut,
et
ce
message
triomphal
au
sein
de
la.
paix?
Vanterai-je
ces
trésors
qui
pas-
sbrent
l'attente
de
celui
méme
qui
les
exigeait?
Le
Trasimene,
les
Álpes
et
les
vietimes
de
Can-
nes
applaudissent,
et
l'ombre
sanglante
de
Ré-
eulus
réclamait
hautement
cette
insigne
ven-
geance.
«
Le
temps
manque
pour
rappeler
ici
les
batail-
Nam
neque
plebeiam,
aut
dextro
sine
numine
cretam
Servo
animam
,
atque
adeo,
breviter,
dum
tecta
subimus
,
Expediam.
Genus
ipse
suis
,
praemissaque
retro
Nobilitas
;
nec
origo
latet,
sed
luce
sequente
Vincitur,
et
magno
gaudet
cessisse
nepoti.
70
Prima
toge
virtus
:
illa
quoque
clarus
,
et
ingens
Eloquio:
mox
innumeris
exercita
castris
,
Occiduas
,
primasque
domos
,
et
sole
sub
omni
Promeruit
juratà
manus;
nee
in
otia
pacis
Permissum
laxare
animos,
ferrumque
recingi
:
75
Hunc
Galatia
vigens
ausa
est
incessere
bello
:
Hunc
quoque
perque
novem
timuit
Pamphylia
messes
,
Pannoniusque
ferox
,
arcuque
horrenda
fugaci
Armenia
,
et
patiens
Latii
jam
pontis
Araxes.
Quid
geminos
fasces
,
magnoque
iterata
revolvam
80
Jura
Asic?
velit
illa
quidem
ter
habere
,
quaterque
Hunc
sibi
;
sed
revocant
fasti
majorque
curulis
,
Nec
promissa
semel.
Libyci
quid-mira
tributi
Obsequia,
et
missum
media
de
pace
triumphum
Laudem,
et
opes
quantas
neo
qui
mandaverat
ausus
—
85
Exspectare
fuit?
Gaudet
Trasimenus
et
Alpes
Cannensesque
anims
:
primusque
insigne
tributum
Ipse
palam
lacera
poscebat
Regulus
umbra.
«
Non
vacat
Arctoas
acies,
Rhenumque
rebellem
,
lons
du
Nord
,
la
révolte
du
Rhin,
les
prieres
de
Velléda
captive;
et
naguere
encore,
pour
comble
de
gloire,
la
ville
abandonnée
par
les
Daces
aux
abois,
quand,
appelé
par
un
auguste
choix,
tu
pris
les
rénes,
ó
Gallicus,
sans
étonner
la
fortune.
Voilà,
mon
fils,
si
j'en
parle
dignement,
voilà
celui
que
nous
ravirons
aux
sombres
bords.
C'est
une
faveur
que
réclame
l'illustre
pére
des
Latins;
je
dis
plus,
c'est
une.
dette.
Non,
brillante
jeu-
nesse,
vous
n'aurez
pas
en
vain,
sous
la
pourpre
patrieienne,
récité
naguére
un
hymne
à
ma
louange.
Tout
ce
que
l'antre
bienfaisant
du
cen-
taure
et
la
voütedutemple
de
Pergamerecélenten
fait
desimples,
tout
ee
que
produit
dans
ses
plaines
l'heureux
Épidaure,
sans
compter
le
puissant
die-
tame
que
la
Créte
voit
fleurir
sous
les
ombrages
de
l'Ida,
et
la
salutaire
éeume
vomie
par
le
ser-
pent,
prodigue-le
sans
regret,
Ó
mon
fils!
Apol-
lon
y
joindra
ses
efforts,
avec
tous
les
sues
qu'il
apprit
à
connaitre
aux
champs
parfumés
de
rA-
rabie,
ou
que
berger
il
recueillit
dans
les
prairies
de
l'Àmphryse.
»
Il
avait
à
peine
fini,
qu'ils
trouvent
un
homme
languissamment
étendu
et
luttant
contre
la
mort.
Tous
deux
relévent
leurs
robes
à
la
maniere
de
Péon
,
et
tour
à
tour
maitres
éclairés
et
ministres
dociles,
variant
les
remédes,
ils
dissipent
enfin
ces
symptómes
de
mort
et
tous
ces
nuages
d'un
perfide
somméil.
Gallieus
lui-méme
seconde
les
dieux
,
et
saisit
l'appui
de
ces
mains
divines
qui
défient
toutes
les
maladies.
L'art
du
Thessa-
lien
guérit
Téléphe
moins
vite,
et
les
sues
versés
par
Maehaon
furent
plus
lents
à
fermer
la
bles-
sure
qui
fit
pálir
Atride.
Captivseque
preces
Veledz
,
et
(quae
maxima
nuper
90
Gloria)
depositam
Dacis
pereuntibus
arcem
Pandere
;
quum
fanti
lectus
rectoris
habenas,
Gallice
,
Fortuna
non
admirante
,
subisti.
Hune
igitar
(si
digna
loquor)
rapiamus
iniquo
Nate,
Jovi.
Rogat
hoc
Latis
pater
inclytus
urbis:
95
Et
meruit
;
neque
enim
frustra
mihi
nuper
honora
Carmina
patritio
pueri
sonuistis
in
ostro
:
Si
qua
salutifero
gemini
Chironis
in
antro
Herba,
tholo
quodcunque
tibi
Trojana
recondit
Pergamus,
aut
medicis
felix
Epidaurus
arenis
Educat
;
Ideea
profert
quam
Creta
sub
umbra
Dictamni
florentis
opem
,
quoque
anguis
abundat
Spumatu.
Jungam
ipse
manus,
atque
omne
benignum
Virus
,
odoriferis
Arabum
quod
doctus
in
arvis,
Aut
Amphrysiaeo
pastor
de
gramine
carpsi.
»
105
Dixerat
:
inveniunt
positos
jam
segniter
artus
,
Pugnantemque
animam
;
ritu
se
cingit
uterque
Pseonio,,
monstrantque
simul,
parentque
volentes
;
Donec
letiferas
vario
medicamine
pestes
,
Et
suspecta
mali
ruperunt
nubila
somni.
Adjuvat
ipse
deus
,
morboque
valentius
omni
Occupat
auxilium.
Citius
non
arte
refectus
Telephus
ZEmonia;
nee
quae
metuentis
Atridoe
100.
110
LIV.
I,
Y
a-tHil
dans
ces
flots
de
peuple
et
de
sénateurs
,
y
a-t-il
place
à
mes
veeux
et
à
ma
sollicitude?
N'importe,
lesastres
peuvent
dire,
ettoi
aussi,
pére
des
poétes,
dieu
de
Thymbra,
quelles
étaient
mes
craintes
le
jour,
mes
eraintes
durant
la
nuit.
Enchainé
sur
le
seuil
,
j'étais
là
l'oeil
inquiet,
l'o-
reille
attentive,
épiant
tout.
Ainsi
liée
aux
flanes
d'un
grand
navire,
une
faible
chaloupe,
quand
mugit
la
tempéte,
reeoit
sa
part
de
l'onde
furieuse
et
flotte
au
gré
des
mémes
autans.
Filez
maintenant,
fuseaux
destrois
sceurs,
filez,.
ófilez
les
plus
blanes
de
vos
fils!
Ne
comptons
plus
le
temps
qu'il
a
déjà
véeu
sur
la
terre.
Ce
jour
est
le
jour
de
sa
naissance.
Gallicus,
tu
mérites
d'égaler
tes
années.
aux
siéeles
du
Troyen,
aux
grains
de
poussiére
de
Ia
Sibylle
et
aux
trois
áges
de
Nestor.
Pauvre
comme
je
suis,
le
moyen
de
m'aequitter
envers
les
dieux?
Eh!
le
pourrais-je,
quand
Mévanie
épuiserait
ses
vallées
,
quand
les
prairies
de
Clitumne
mefourniraientleurstaureaux
blanes
comme
la
neige?
mais
souvent
les
dieux,
parmi
ees
offrandes,
ont
vu
avee
plaisir
un
peu
de
sel
et
de
farine
sur
un
humble
gazon.
SILVE
V.
BAINS
DE
CLAUDIUS
ÉTRUSCUS.
Je
ne
fais
point
redire
àl'Hélicon
es
graves
ae-
cents
d'une
lyre
inspirée;
je
n'invoque
pas
les
Mu-
ses,
quefatigua
tant
de
fois
ma
priére.
Ettoi
Phé-
bus;
et
toi
Evan,
je
vous
laisse
à
vos
danses
;
que
Seeva
Machaonio
coierunt
vulnera
succo.
Quis
mihi,
tot
questus
inter
populique
patrumque
,
115
Sit
cur:
,
votique
locus?
'Tamen
ardua
testor
Sidera,
teque,
pater
vatum
Thymbrae,
quis
omni
Luce
mihi,
quis
nocte
timor;
dum
postibus
haerens
Assiduus,
nunc
aure
vigil
,
nunc
lumine,
cuncta
Aucupor;
immense
veluti
connexa
carinae
120
Cymba
minor,
quum
sevit
hyems,
pro
parte,
furentes
Parva
receptat
aquas,
et
eodem
volvitur
Austro.
Nectite
nunc
loetze
candentia
fila,
sorores,
Nectite
:
nemo
modum
transmissi
computet
xvi
,
Hic
vit:e
natalis
erit.
Tu,
Troica
dignus
S«cula,
et
Euboici
transcendere
pulveris
annos,
Nestoreosque
situs.
Qua
nune
tibi
pauper
acerra
Digna
litem?
nec
si
vacuet
Mevania
valles,
Aut
preestent
niveos
Clitumna
novalia
tauros
,
Sufficiam,
sed
scepe
deis
hos
inter
honores
Cespes,
et
exiguo
placuerunt
farra
salino.
125
130
^
o———
mls
CARMEN
V.
BALNEUM
CLAUDII
ETRUSCI.
Non
Helicoua
gravi
pulsat
chelys
enthea
plectro,
Nec
lassata
voco
toties
mihi
numina
Musas.
Et
te,
Phoebe,
choris,
et
te
dimittimus
Evan
:
SILVE
V.
-
Anno
2
l'éeaille
sonore
reste
assoupie
sous
tes
doigts
,
nourrisson
ailé
du
Tégée!
Mes
chants
appellent
une
autre
réunion.
Si
les
Naiades
souveraines
des
eaux,
si
le
roi
de
la
flamme
étincelante,
fatigué
et
tout
rouge
encoreau
sortir
des
ateliers
de
la
Sicile,
se
rend
à
mon
invitation,
c'est
assez.
Thébes,
dé-
pose
un
instant
tes
armes
saeriléges;
je
veux
me
dérider
à
la
table
d'un
ami.
Esclave,
verse
coup
sur
eoup,
mais
verse-moi
sans
compter.
Éveille
ma
lyre
paresseuse.
Loin
de
moi
peines
et
sou-
eis!
je
vais
ehanter
ees
bains
oü
les
reflets
du
marbre
imitent
le
feu
des
pierreries,
et
ma
Clio,
dans
sa
gaieté
folátre
,
veut
amuser
de
ses
jeux
les
loisirs
du
modeste
Kitrüscas:
Venez,
divinités
des
ondes,
tournez
vers
moi
vos
fronts
transpa-
rents
:
que
le
tendre
lierre
se
marie
à
l'azur
de
vos
eheveux,
et,
sans
aueun
voile,
montrez-vous
telles
qu'au
sortir
de
vos
sourees
profondes,
quand
la
vue
de
vos
appas
tourmente
l'amoureux
satyre.
Ce
n'est
point
vous
que
j'appelle,
vous
dont
les
fautes
ont
terni
la
pureté
des
fontaines.
Loin
d'iei
Salmaeis
et
son
onde
perfide,
et
la
fille
de
Cébréne
dontla
douleur
dessécha
les
flots,
et
la
Naiade
qui
enleva
le
jeune
ami
d'Hereule!
Venez,
vous
qui
habitez
le
Latium
et
les
sept
col-
lines,
Nymphes,
dontle
tribut
grossit
les
eaux
du
Tibre;
vous
aussi
qu'attirela
chute
de
l'Anio
et
Ia
viergeamiedesnageurs,
ou
Mareja
qui
nous
améne
les
neiges
et
les
frimas
des
Marses;
vous
dont
les
eaux
vagabondes
eomprimées
par
des
digues
su-
perbes
coulent
suspendues
sur
des
areades
sans
nombre
:
c'est
votre
éloge
que
j'entreprends.
Cette
Tuque
inimica
ferc
,
volucer
T'egeze,
sonora
"erga
premas
:
alios
poscunt
mea
carmina
coetus.
Naidas
undarum
dominas,
regemque
corusci
Ignis,
adhuc
fessum
,
Siculaque
incude
rubentem
Elicuisse
satis.
Paulum
arma
nocentia
,
Thebae,
Ponite
;
dilecto
volo
lascivire
sodali.
Junge
puer
cyathos,
sed
ne
numerare
labora
,
Cunctantemque
intende
chelyn
:
discede,
laborque,
Curaque,
dum
nitidis
canimus
gemmantia
saxis
Balnea;
dumque
procax
,
myrtis
hederisque
soluta
Fronte,
verecundo
Clio
mea
ludit
Etrusco.
Ite,
dez:
virides,
liquidosque
advertite
vultus
,
Et
vitreum
teneris
crinem
redimite
corymbis,
Veste
nihil
tectze
:
quales
emergitis
altis
Fontibus
,
et
visu
Satyros
torquelis
amantes.
Non
vos
qu:
culpa
decus
infamastis
aquarum
Sollicitare
juvat
:
procul
hinc,
et
fonte
doloso
Salmacis,
et
viduc&
Cebrenidos
arida
luctu
Flumina,
et.
Herculei
preedatrix
cedat
alumni.
Vos
Sun
qua
Latium
,
septenaque
culmina
Nymphie-
Incolitis
,
Tybrimque
novis
attollitis
undis,
Quas
preeceps
Anien,
atque
exceptura
natatus
-
Virgo
juvat,
Marsasque
nives
et
frigora
ducens.
2:20
25
Marcia,
preecelsis
quarum
vaga
molibus
unda
—.—
|.
Crescit,
et
innumero
pendens
transmittitur
arcu,
Vestrum
opus
aggredimur;
vestra
est
quam
carmine
molli
16
STACE.
maison,
doux
objet
de
mes
ehants
,
elle
est
à
vous.
Jamais
grotte
vous
offrit-elle
une
plus
riche
de-
meure
?
Cythérée
conduisit
elle-méme
la
main
de
son
époux
,
l'éclaira
de
ses
conseils,
et,
de
peur
qu'une
flamme
vulgaire
ne
déshonorát
les
four-
neaux,
elle
emprunta
pour
les
allumer
le
flambeau
des
Amours.
On
n'admit
dans
eette
eneeinte
ni
TThase,
ni
Caryste
et
ses
marbres
verts
;
l'onyx
au
loin
déplore
sa
disgráce,
et
l'ophite
se
plaint
dans
l'exil.
Làbrillentseulsle
porphyre
sorti
des
carrie-
res
jaunissantes
de
Numidie
,
la
pierre
qu'au
fond
des
antres
phrygiens
de
Synnade
Atys
lui-méme
tacha
d'un
sang
livide,
et
ces
marbres
plus
blanes
que
la
neige
que
taillent
pour
nous
Tyr
et
Sidon.
L'Eurotas
trouve
à
peine
une
place,
et
ne
forme
qu'une
ligne
étroite
dont
le
vert
tranche
sur
la
Synnade.
Les
portes
aussi
ont
leurs
richesses
,
les
xoütes
leur
éelat.
Au
sommet
brillent
des
vitreaux
couverts
de
dessins
et
de
figures
:
le
feu
Iui-méme
g'étonne
d'embrasser
tant
de
trésors
et
modére
sa
violenee.
Le
jour
abonde
de
toutes
parts.
Les
rayons
du
soleil
descendent
tout
entiers
à
travers
le
faite
,
et
ses
feux
les
plus
vifs
s'embrasent
à
des
feux
plus
ardents.
Là
,
rien
de
vulgaire;
l'airain
du
Témése
n'y
ehoquera
point
le
regard.
Mais
l'ar-
gent
verse
une
onde
heureuse
qui
retombe
dans
l'argent
,
s'attaehe
au
bord
des
vases,
et,
comme
eharmée
d'un
luxe
fait
pour
elle,
refuse
de
quitter
leurs
lévres
polies.
Et
ces
eaux
vives
qui
prés
de
là
proménent
des
flots
d'azur
dans
un
lit
plus
blane
que
la
neige
,
laissant
l'oeil
errer
librement
de
la
surface
au
fond
du
canal,
n'invitent-elles
point
à
s'y
plonger,
à
dépouiller
des
vétements
ineommodes?
Cythérée
eüt
voulu
naitre
au
fond
Pando
domus.
Non
unquam
aliis
habitastis
in
antris
—
30
|
Ditius
:
ipsa
manus
tenuil
Cytherea
mariti,
Monstravitque
artes
:
neu
vilis
flamma
caminos
Ureret
,
ipsa
faces
volucrum
succendit
Amorum.
Non
hue
admissc
Tliasos
,
aut
undosa
Carystos;
Moret
onyx
longe,
queritarque
exclusus
ophites
:
35
Sola
nitet
flavis
Nomadum
decisa
metallis
Purpura,
sola
cavo
Phrygiae
quam
Synnados
antro
Ipse
cruentavit
maculis
liventibus
Attys
:
Quasque
Tyrus
niveas
secat
,
et
Sidonia
rupes.
Vix
locus
Eurote
,
viridis
quum
regula
longo
40
Synnada
distinctu
variat.
Non
limina
cessant,
Effulgent
camere
,
vario
fastigia
vitro
In
species
animosque
nitent.
Stupet
ipse
beatas
Circumplexus
opes,
et
parcius
imperat
iguis.
Multus
ubique
dies
,
radiis
ubi
culmina
totis
4
Perforat,
atque
alio
sol
improbus
uritur
eestu.
Nil
ibi
plebeium
:
nusquam
Temesca
notabis
JEra
;
sed:
argento
felix
propellitur
unda,
Argentoque
cadit,
labrisque
nitentibus
instat
Delicias
mirata
suas,
et
abire
recusat.
50
Extra
autem
niveo
qui
margine
ccerulus
amnis
Vivit,
et
in
summum
fundo
patet
omnis
ab
imo,
Cui
non
jre
lacu
,
pigrosque
exsolvere
amictus
Q
de
cette
onde;
Nareisse,
tu
y
trouverais
un
plus
fidéle
miroir,
et
l'agile'Hécate
voudrait
s'y
bai-
gner,
aux
risques
des
surprises.
Montrerai-je
le
parquet
oà
doit
résonner
la
balle,
alors
qu'un
feu
languissant
encore
circule
dans
l'édifiee,
et
qu'une
légére
vapeur
s'échappe
des
fourneaux
?
Quel
hóte
nouvellement
arrivé
de
Baies(qu'on
me
pardonne
de
comparer
les
petites
ehoses
aux
grandes),
quel
hóte
déprécierait
ees
bains?
Méme
au
sortir
des
bains
de
Néron
,
qui
encore
ne
viendrait
avee
plaisir
suer
aux
bains
d'Etruseus?
Poursuis,
mon
jeune
ami;
conserve
avec
ce
goüt
délieat
ces
nobles
soins.
Puisses-tu
ne
vieillir
qu'avee
ton
ouvrage!
Puisse
la
fortune
te
préparer
dés
ce
jour
un
meilleur
avenir!
.
SILVE
VI.
LES
KALENDES
DE
DÉCEMBRE,
FÉTE
SATURNALE.
Auguste
Phébus,
ettoi,
sévére
Pallas,
allez
pren-
dre
au
loin
vos
loisirs
:
vous
reviendrez
aux
ka-
lendes
de
Janus.
Que
Saturne
affranchi
de
ses
liens,
que
Décembre
la
téte
avinée,
que
les
Jeux
riants
et
les
Saillies
folátres
m'aident
à
chanter
le
jour
que
César
eonsaera
au
plaisir,
et
cette
nuit
ou
regne
l'ivresse.
À
peine
l'auroreannoncait
l'arrivée
du
soleil,
que
déjà
pleuvaienpt
les
gáteaux
friands;
ce
fut
comme
la
rosée
du
jour.
Ensuite
tout
ee
que
les
noyers
du
Pont
et
les
fertiles
collines
de
l'Idumée
nous
en-
voient
de
fruits
rares,
tout
ee
quela
pieuse
Damas
voit
eroitre
dans
ses
vergers,
tout
ce
qui
mürit
Suadeat?
hoc
mallet
nasci
Cytherea
profundo
;
Hic
te
perspicuum
melius
,
Narcisse,
videres;
55
Hic
velox
Hecate
velit
et
deprensa
lavari.
Quid
nunc
strata
solo
referam
tabulata,
crepantes
Auditura
pilas
,
ubi
languidus
ignis
inerrat
JEdibus,
et
tenuem
volvunt
hypocausta
vaporem?
Nec
si
Baianis
veniat
novus
hospes
ab
oris,
60
Talia
despiciat
;
fas
sit
componere
magnis
Parva
,
Neronea
nec
qui
modo
lotus
in
unda
,
Hic
iterum
sudare
neget.
Macte,
oro,
nitenti
Ingenio,
curaque
,
puer
:
tecum
ista
senescant
,
Et
tua
jam
melior
discat
fortuna
renasci.
65
CARMEN
VI.
KALENDJE
DECEMBRES
(SATURNALES).
Et
Phoebus
pater,
et
severa
Pallas,
Et
Mus:
procul
ite
feríatoe
:
Jani
vos
revocabimus
Kalendis.
Saturnus
mihi
compede
exsoluta,
Et
multo
gravidus
mero
December,
Et
ridens
Jocus,
et
Sales
protervi
Adsint
,
dum
refero
diem
beatam
ex
LIV.
I,
dans
les
roseaux
d'Ébosie
roulecà
et
là
en
profu-
sion,
comme
aussi
les
fromages
délicats,
les
pátis-
series,
les
poires
d'Amérie
non
desséchées
par
la
flamme,
les
gáteaux
au
vin
doux,
et
d'énormes
dattes
sous
lesquelles
disparait
la
branche
et
qui
tombent
lourdement.
Non,les
déluges
de
l'Hyade
-orageuse
et
de
l'humide
Pléiade
n'égalent
point
cette
tempéte
qui,
dans
le
théátre
de
Rome,
as-
saillit
le
peuple
d'une
gréle
innocente.
Que
Jupi-
ter
s'en
aillecouvrir
l'univers
de
nuages
et
me-
nace
de
ses
pluies
les
vastes
campagnes
,
pourvu
que
notre
Jupiter
à
nous
verse
une
telle
ondée!
Soudain
brille
partout
à
la
fois
dans
sa
beauté,
danssa
parure,
un
second
peuple,
égal
en
nombre
au
peuple
des
gradins.
Les
uns
portent
des
corbeilles
de
pain,
de
blanches
nappes
et
des
mets
exquis;
d'autres
versent
les
flots
d'un
vin
allangui
par
les
années
:
on
les
prendrait
pour
autant
de
Ganymedes.
Déesse
de
l'abondanee
,
tes
dons
s'étendent
aux
contrées
stériles
et
aux
con-
trées
fécondes
de
l'univers
:
ils
embrassent
aussi
les
nations
qui
portent
Ja
toge,
et,
nourriciére
de
tant
de
peuples,
tu
ne
daignes
Tuve
pas
t'aperce-
voir
des
profusions
de
cette
journée.
Siécles
anti-
ques,
comparez
maintenant
à
nos
jours
les
temps
du
premier
Saturne
et
les
merveilles
de
l'áge
d'or.
Ses
vins
coulaient
alors
à
flots
moins
abondants
,
et
]a
moisson
ne
devaneait
point
le
cours
tardif
des
saisons.
La
méme
table
réunit
toutes
les
elas-
Loti
Caesaris,
ebriamque
noctem.
Vix
Aurora
novos
movebat
ortus,
Jam
bellaria
adorea
pluebant.
Hunc
rorem
veniens
profudit
Eos.
Quicquid
nobile
Ponticis
nucetis
Fecundis
cadit
aut
jugis
Idumes
;
Quod
ramis
pia
germinat
Damascus
,
Et
quod
percoquit
Ebosia
caunis
$
Largis
gratuitum
cadit
rapinis.
Molles
caseoli,
lucünculique,
Et
massis
Amerina
non
perustis
;
Et
mustaceus,
et
latente
palma
Preegrandes
caryotides
cadebant.
Non
tantis
Hyas
inserena
nimbis
Terras
obruit,
aut
soluta
Pleias
,
Quali
per
cuneos
hiems
Latinos
Plebem
grandine
concutit
sedentem:
Ducat
nubila
Juppiter
per
orbem
,
Et
lcetis
pluvias
minetur
agris
,
Dum
nostri
Jovis
hi
ferantur
imbres.
Ecce
autem
caveas
subit
per
omnes;
Insignis
specie,
decora
cultu
Plebes
altera,
non
minor
sedente.
Hi
panaria,
candidasque
mappas
Subvectant
,
epulasque
lautiores
Illi
marcida
vina
largiuntur
:
Ideeos
totidem
putes
ministros:
Orbem,
qua
melior
severiorque
esf;
Et
gentes
alis
insimul
togatas;
STACE;
i0
15
20
25
$5
Qu
sui
MdL
LLL
Lour
Luliis
assist
c1
doge,
catal.
diMels
Lais
cccut
cie
rid
D a
EAD
AL
La
eo
Dou
Dis
A.
——————————————M——ÉÓÉÓÉÉÁÉÉÉ———-
SILVE
VI.
17
ses,
femmes,
enfants,
plébéiens,
chevaliers,
sé:
nateurs.
La
libertéa
détendu
les
liens
du
respect.
Toi-méme
(quel
mortel
eüt
pu
demander,
quel
dieu
eüt
promis
cette
faveur?)
tu
as
pris
plaee
au
méme
festin.
Désormais,
richeou
pauvre,
tout
Romain
songe
avec
orgueil
qu'il
s'est
assis
à
la
table
du
prinee.
Au
milieu
de
ces
cris
de
joie,
de
ce
luxe
inu-
sité,
les
plaisirs
du
speetacle
s'écoulent
presque
inapereus.
Ferme
dans
la
lutte,
un
sexe
inhabile
aux
combats
,
étranger
au
glaive;
déploie
un
ceou-
rage
d'homme.
On
croit
voir
sur
la
rive
barbare
du
Tanais
et
du
Phase
les
bouillantes
eohortes
du
"Phermodon.
Ensuites'avance
d'un
pas
fier
un
bataillon
de
nains
que
la
nature,
achevant
à
la
háte,
a
noués
pour
toujour
s
dans
leur
eourte
épaisseur.
Lesang
coule,
les;épées
se
croisent
:
dieux!
quel
bras
pour
donner
la
mort!
Mars
et]la
Valeur
amie
du
carnage
rient
de
leurs
fureurs,
etles
grues
que
vont
se
disputer
tant
de
mains
avides
admirent
lesfils
des
pygmées
,
plus
braves
que
leurs
aieux.
La
nuit
approche
avee
ses
ombres;
et
la
dis-
tribution
va
commencer.
Quel
tumulte
elle
exeite
!
Là
s'ntroduisent
les
beautés
qu'un
peu
d'or
apprivoise
;
làon
reconnait
tout
ce
qui
fait
l'agré--
ment
de
nos
théátres
par
le
talent
ou.
par
les
eharmes.
Dans
ee
groupe
dansent
les
Lydiennes
bouffies
,
les
cymbales
et
les
castagnettes
de
Gadés.
Et
quum
tot
populos
boite
pascas,
Hune,
Annonà,
diem
superba
nescis.
1]
nunc
secula
compara,
Vetusías
,
Antiqui
Jovis,
aureumque
tempus
:
Non
sic
libera
vina
tunc
fluebant
,
Nec
tardum
seges
occupabat
annum.
Una
vescitur
omnis
ordo
mensa
,
Parvi,
femina,
plebs,
eques,
senatus.
Libertas
reverentiam
remisit
;
Et
tu
quin
etiam
(quis
hoc
rogare
*
Quis
promittere
posset
hoc
deorum?)
Nobiscum
socias
dapes
inisti.
Jam
se
(quisquis
18
est)
inops
,
beatus
Gonvivam
ducis
esse
gloriatur.
Hos
inter
fremitus,
novosque
luxus,
Spectandi
levis
effugit
voluptas.
Stat
sexus
rudis,
insciusque
ferri,
Et
pugnas
capit
improbus
viriles.
Credas
ad
Tanaim
,
ferumque
Phasin
;
Thermodontiacas
calere
turmas.
Hic
audax
subit
ordo
pumilonum
,
Quos
Natura
brevi
statu
peractos
Nodosum
semel
in
globum
ligavit.
Edunt
vulnera,
conser
untque
dextras;
Et
mortem
sibi
(qua
manu!)
minantuf.
Ridet
Mars
pater,
et
cr
uenta
Virtus
:
Casurceque
vagis
grues
rapinis
,
Mirantur
pumilos
ferociores.
-
Jam
noctis
propiofibus
sub
umbris
40
45
50
60
1:
STACE.
retentissent
daus
lautre.
Ailleurs
s'agitent
des
troupes
de
Lydiens.
Plus
loin
la
teurbe
des
jeux
seéniques
,
et
l'humble
marchand
qui
échange
le
soufre
eontre
les
débris
du
verre.
Au
milieu
de
l'asitation
s'abat
d'un
vol
inattendu
un
nuage
immense
d'oiseaux
de
toutes
espéees
,
et
eeux
des
bords
saerés
du
Nil
ou
du
Phasesauvage,
et
ceux
que
le
Numide
doit
au
souffle
pluvieux
de
l'Aus-
.
tor.
Les
mains
ne
peuvent
suffire
au
butin
,
et
la
tunique
déjà
remplie
cherehe
à
grossir
son
tré-
sor.
MiHe
eris
allant
frapper
les
astres
eélébrent
les
Saturnales
du
prinee.
Le
voeu
publie
prononce
'Jedoux
nom
de
maitre
;
mais
c'est
l'unique
plai-
sir
que
défendit
César.
La
nuit
étendait
à
peineson
voile
d'azur,
qu'au
milieu
de
l'aréne
descend
un
eercle
enflammé
qui
rayonne
dans
l'ombre
et
fait
pálirla
couronne
de
Naxos.
Ges
feux
éclairent
le
ciel,
et
préviennent
les
désordres
d'une
nuit
obscure.
À
cette
vue,
le
Repos
et
le
Sommeil,
secouant
leurs
lourdes
ailes,
ont
été
chereber
d'autres
murs.
Qui
pourrait
chanter
les
spectacles,
le
libre
enjouement,
lesfestins
et
leurs
jouissanees
gra-
tuites,
et
la
liqueur
de
Bacchus
eoulant
à
grands
flots?
Je
sens,
pour-moi,
que
je
suceombe.
"Ton
neetar
qui
m'enivre
me
jette
enfin
dans
les
bras
du
Sommeil.
O
comme
cette
journée
ira
loin
à
tra-
vers
les
áges!
Rien
n'en
effacera
le
souvenir
sacré,
tant
que
les
monts
latins
et
le
Tibre
etta
ville
bives
sparsio
quos
agit
tumultus!
Huc
intrant
faciles
emi
puellae
:
Hic
agnoscitur
omne
quod
theatris
Aut
forma
placet,
aut
probatur
arte.
Hoc
plaudunt
grege
Lydic
tumentes,
1o
cymbala,
tinnuleeque
Gades
:
Illic
agmina
confremunt
Syrorum,
Hic
plebs
scenica
,
qudeque
comminutis
Permutat
vitreis
gregale
sulfur.
Inter
quà
,
subito
cadunt
volatu
75
immense
volucrum
per
astra
nubes,
Quas
Nilus
sacer,
horridusque
Phasis
,
Quas
udo
Numidc
legunt
sub
Austro.
Desunt
qui
rapiant;
sinusque
pleni
Gaudent,
dum
nova
luera
comparantur.
80
Tollunt
innumeras
ad
astra
voces,
SATURNALIA
PRINCIPIS
Sonantes
;
Et
dulci
pourvuM
favore
clamant
Hoe
solum
vetuit
licere
Caesar.
Vixdum
ce&rula
nox
subibat
orbem,
85
Descendit
media
nitens
arena
Densas
flammeus
orbis
inter
umbras,
Vincens
Gnosiacc
facem
coronae,
Collucet
polus
ignibus,
nihilque
Obscure
patitur
licere
noeti.
90
Fugit
pigra
Quies;
inersque
Somnus
Hsc
cernens,
alias
adivit
urbes.
Quis
spectacula,
quis
jocos
licentes,
Quis
convivia,
quis
dapes
inemptas,
i:
Largi
flumina
quis.canat
Lysei
?
95
70
chérieserontlà,
et
tant
que
le
Capitole,
rendu
à
l'u-
nivers
par
tes
soins
,
subsistera
inébranlable.
LIVRE
DEUXIÉME.
A
ATEDIUS
MBLIOR.
Cher
Mélior,
vous
dont
les
jugements
littérai
-
res
sont
empreints
de
ce
bon
goüt
et
de
cette
po-
litesse
exquiserépandue
sur
toute
votre
vie,
telle
est
notre
intimité
qui
m'est
si
douce,
et
la
nature
des
opuseules
que
je
vous
adresse,
que
tout
ce
second
livre
pourrait
vous
étre
offert
sans
épitre
et
sans
préambule.
Le
premier
nom
qu'il
pré-
sente
est
celui
de
notre
Glaucias
,
dont
l'enfance,
ornée
des
gráces
que
le
sort
prétele
plus
souvent
à
ses
vietimes,
voyait
mon
amour
s'unirau
vótre
pour
l'embrasser
:
vous
venez
dele
perdre,
et
la
blessure
était
encore
vive,
vous
lesavez,
lorsque
jimprovisai
ee
chant
funébre
avee
une
précipi-
tation
qui
n'a
pu
trouver
d'exeuse
que
dans
votre
désespoir:
aussi
je
ne
m'en
prévaux
point
devant
vous,
qui
étes
dans
le
secret.
Mais
j'en
avertis
fe
publie,
de
peur
qu'on
ne
soumette
à
une
lime
trop
mordante
une
piece
écrite
dans
le
trouble
des
idées
et
faite
pour
la
douleur,
car
les
eonsolations
tardives
sont
presque
toujours
vaines.
La
villa
Surrentina
de
mon
ami
Pollius
eüt
mérité
ensuite
plus
de
soin
de
ma
part,
ne
füt-ce
que
par
res-
Jamjam
deficio,
tuoque
Baccho
In
serum
trahor
ebrius
soporem.
Quos
ibit
procul
hic
dies
per
annos!
Quam
nullo
sacer
exolescet
sevo
!
Dum
montes
Latii,
paterque
Tybris
,
Dum
stabit
tua
Roma,
dumque
terris
Quod
reddis
Capitolium
manebit.
100
PAPINII
STATII
SILVARUM
LIBER
SECUNDUS.
AD
MELIOREM
ATEDIUM.
Et
familiaritas
nostra,
qua
gatideo,
Melior
vir
optime
,
nec
minus
in
judicio
litterarum
,
quam
in
ommi
vit:e
colore
tersissime,
et
ipsa
opusculorum
que
tibi
trado
conditio
sic
posita
est,
ut
totus
hic
alter
liber
meus
etiam
sine
epistola
exspectetur.
Primum
enim
habet
Glauciam
no-
strum
,
cujus
gratissimam
infantiam
,
et
qualem
plerumque
infelices
sortiuntur,
apud
te
complexus
amabam.
Jam
vero
tibi
hujus
amissi
recens
vulnus
(uf
scis)
epicedio
prosecutus
sum
,
adeo
festinanter,
ut
excusandam
habue-
rim
affectibus
tuis
celeritatem.
Nec
nunc
eam
apud
te
jacto,
qui
nosti,
sed
et
ceteris
indico;
ne
quis
asperiore
lima
carmen
examinet,
et
a
confuso
scriptum
,
et
dolenti
datum,
quum
pene
supervacua
sint
tarda
solatia.
Pollii
mei
villa
Surrentina
quà
sequitur,
debuit
a
me
vel
in
honorem
eloquentiwe
ejus
diligentius
dici
:
sed
amicus
LIV.
IL,
SILVE
II.
-
gb
un
Dieu
s'oppose
à
la
rage
des
flots.
Comme
la
mer
est
calme!
Les
flots
fatigués
déposent
iei
leur
fureur,
et
l'Auster
si
violent
n'a
plus
qu'une
moite
haleine.
La
tempéte
a
moins
de
fougue,-
moins
d'audace
:
rien
n'agite
ce
bassin,
paisible
image
des
moeurs
douees
de
son
maitre.
Un
portique
s'étend
de
là
pour
gravir
obliquement
les
hau-
teurs
(portique
immense,
ouvrage
d'un
peuple),
et
sa
longue
avenue
s'éléve
comme
un
trophée
sur
les
rochers
domptés.
Voilà
cette
route
ápre
et
sauvage
oü
le
soleil
dardait
à
travers
un
nuage
de
poussiére;
maintenant
on
s'y
proméne
avec
vo-
lupté.
Ainsi
de
Léchéum,
plein
des
souvenirs
d'Ino,
régne
une
avenue
couverte,
jusqu'à
la
cime
oü
s'éléve
Éphyre,
la
ville
de
Baeehus.
Non
,
le
Parnasse
düt-il
me
prodiguer
tous
ses
fleuves,
et
Pimpla
me
désaltérer
jusqu'à
m'eni-
vrer,
et
quand
un
coup
de
pied
du
cheval
aérien
ferait
jaillir
une
plus
large
fontaine
,
quand
Phé-
monoé
trahirait
le
secret
de
ses
sources
pudiques,
ou
me
livrerait
celles
que
plus
d'une
fois,
sous
les
auspices
d'Apollon,
troubla
l'urne
profonde
de
mon
eher
Pollius
;
non,
je
ne
pourrais
égaler
la
variété
de
mes
aecords
à
la
variété
de
ces
points
de
vue
et
de
ces
beautés
sans
nombre
:
mes
yeux
suffirent
à
peine
pour.
en
mesurer
l'ensemble;
à
peine
mes
pieds
suffirent
pour
en
visiter
les
dé-
tails.
Quelle
foule
d'objets!
Dois-je
admirer
d'a-
bord
le
earactére
du
site
ou
le
génie
du
maitre?
Ce
pavillon
regarde
l'Orient
et
les
premiers
rayons
de
Phébus
rajeuni
;
l'autre,
au.
déelin
de
l'astre,
veut
eneore
le
retenir,
et
s'obstine
à
garder
ses
feux
aprés
l'heure
éeoulée,
quand
le
jour
meurt,
quand
déjàl'ombre
des
montagnes
s'étend
comme
un
voile
sur
le
sein
des
mers,
et
que
les
édifiees
semblent
nager
dans
le
eristal
humide.
Cette
Inde
per
obliquas
erepit
porticus
arces,
30
Urbis
opus;
longoque
domat
saxa
aspera
dorso.
Qua
prius
obscuro
permixti
pulvere
soles
,
Et
feritas
inamoena
viz,
nunc
ire
voluptas
:
Qualis,
si
subeas
Ephyres
Baccheiados
altum
Culmen,
ab
Inoo
fert
semita
tecta
Lechoeo.
35
Non,
mihi
si
cunctos
Helicon
indulgeat
amnes,
Kt
superet
Pimplea
sitim
,
largeque
volantis
Ungula
se
det
equi,
reseretque
arcana
pudicos
Phormonoé
fontes
,
vel
quos
meus,
auspice
Phoebo,
Altius
immersa
turbavit
Pollius
urna;
40
Innumeras
valeam
species
,
cultusque
locorum
Pieriis
3equare
modis.
Vix
ordine
longo
Suffecere
oculi,
vix,
dum
per
singula
ducor,
Suffecere
gradus.
Qux
rerum
turba!
locine
Ingenium
,
an
domini
mirer
prius?
heec
domus
ortus
—
45
Prospicit,
et
Phoebi
tenerum
jubar
;
illa
cadentem
Detinet,
exaetamque
negat
dimittere
lucem,
Quum
jam
fessa
dies
,
et
in
eequora
montis
opaci
Umbra
cadit,
vitreoque
natant
proctoria
ponto.
Hoc
pelagi
clamore
fremunt;
heec
teeta
senoros
50
Tgnorant
fidctus
,
terreque
silentia
malunt.
maison
retentit
des
elameurs
de
l'onde,
cette
autre
ignore
le
fraeas
des
vagues,
et
préfére
le
silenee
de
la
terre.
Ieila
nature
s'est
montrée
favorable;
là,
vain-
eue
par
la
eulture,
elle
a
eédé
pour
se
plier
doci-
lement
à
des
habitudes
nouvelles.
Une
montagne
était
iei
oü
tu
vois
la
plaine;
les
repaires
des
bétes-
sauvages
ont
été
remplacés
par
le
toit
qui
te
cou-
vre,
et
ces
lieux
hérissés
de
hautes
foréts
n'é.
taient
pas
méme
revétus
d'une
couche
de
terre.
-
Le
possesseur
a
triomphé
;
et
tandis
qu'il
dompte
les
rochers
et
les.
faconne,
la
végétation
s'avance
sur
ses
traces
et
lui
sourit.
Maintenant,
regarde
ces
roes
qui
apprennent
à
porter
le
joug
et
se
ereu-
sent
en
maisons,
et
ces
montagnes
qui
reculent
à
la
voix
de
l'homme
:
ah!
que
les
doigts
du
ehantre
de
Méthymne,
et
la
lyre
thébaine,
et
le
glorieux
luth
de
la
Thrace,
s'humilient
devant
tes
miracles.
Et
toi
aussi,
tu
fais
mouvoir
les
ro-
chers,
et
les
altiéres
foréts
suivent
tes
pas.
Dirai-je
les
antiques
figures
en
cire
ou
en
ai-
rain;
ces
toiles
que
le
pinceau
d'Apelle
animait
avee
amour,
et
ces
ouvrages
qui,
antérieurs
au
chef-d'ceuvre
dont
Pise
est
dépositaire
,
ont
reeu
néanmoins
un
admirable
poli
des
mains
de
Phi-
dias?
Faut-il
citer
les
statues,
filles
de
l'art
de
Myron,
les
marbres
qui
respirérent
par
l'ordre
supréme
et
sous
l'astre
de
Polyeléte,
et
ces
bron-
zes
sortis
plus
précieux
que
l'or
des
cendres
de
Corinthe,
et
ces
images
des
héros,
des
poétes
et
des
sages
de
l'antiquité,
nobles
modéles
que
tu
prends
à
eceur
de
suivre,
que
tu
apprécies
dans
toute
la
plénitude
d'une
áme
sans
trouble
,
calme
et
reposée
au
sein
de
la
vertu,
et
toujours
à
soi?
Déroulerai-je
les
sites
pittoresques
et
les
mille
points
de
vue?
Pas
un
qui
n'ait
son
agrément
:
cha-
His
favit
Natura
locis
:
hic
victa,
colenti
Cessit
,
et
ignotos
docilis
mansuevit
in
usus.
Mons
erat
hic,
ubi
plana
vides
:
hzc
lustra
fuerunt,
Quae
nunc
tecta
subis
:
ubi
nunc
nemora
ardua
cernis,
55
Hic
nec
terra
fuit
:
domuit
possessor,
et
illum
Formantem
rupes
,
expugnantemque
secuta
Gaudet
humus.
Nunc
cerne
jugum
discentia
saxa,
Intrantesque
domos
,
jussumque
recedere
montem.
Jam
Methymn:ei
vatis
manus,
et
chelys
una
60
TThebais
,
et
Getici
cedat
tibi
gloria
pleetri.
Et
tu
saxa
moves
,
et
fe
nemora
alta
sequuntur.
Quid
referam
veteres
cerzeque
erisque
figuras?
Si
quid
Apellei
gaudent
animasse
colores
;
Si
quid
adhue
vacua
tamen
admirabile
Pisa
;
65
Phidiacae
rasere
manus
:
quod
ab
arte
Myronis
,
Aut
Polycletzeo
jussum
est
quod
vivere
ccelo;
ZEraque
ab
Isthmiacis
auro
potiora
favillis;
Ora
ducum,
et
vatum,
sapientumque
ora
priorum,
Quos
tibi
cura
sequi,
quos
toto
pectore
sentis.
Expers
turbarum
,
atque
animum
virtute
quiefa
Compositus
,
semperque
tuus.
Quid
mille
revolvam
Culmina,
visendique
vices?
sua
cuique
volupías,
26
cune
des
ebambres
a
son
cóté
de
la
mer,
ehaque
fenétre
donne
sur
une
terre
qu'on
découvre
au
delà
des
flots.
L'une
regarde
Inarimé,
l'autre
commande
aux
roes
de
Prochyta.
Ici
se
montre
l'écuyer
du
grand
Hector
;
Jà,
entourée
d'une
cein-
turede
vagues,
Nésis
respire
une
vapeur
maligne;
plus
loin,
Euplée
sourit
au
navigateur
avec
son
nom
d'heureux
augure,
et
Mégalie
présente
ses
flanes
à
la
mer
qui
les
bat des
deux
eótés;
et
Li-
mon
,
jaloux
de
la
rive
ou
repose
son
maitre,
Li-
mon
se
dépite
en
regardant
de
loin
ta
villa
de
Surrente.
Mais,
de
toutes
les
chambres,
il
en
est
une
qui
domine
plus
loin;
c'est
celle
qui
mon-
tre
en
droite
ligne
Parthénope,
à
l'autre
bord.
Là
brillent
les
marbres
détaehés
des
profondes
carriéres
de
la
Gréce;
celui
que
Syene,
la
ville
orientale,
a
marqué
de
ses
belles
veines
;
celui
que
dans
la
triste
Synnade
les
haches
phrygiennes
ont
tiré
des
ehamps
de
Cybéle
en
deuil,
et
ou
l'on
voit
serpenter
des
lignes
de
pourpre
sur
un
fond
tout
éclatant
de
blaneheur
:
celui
qui
fut
coupé
dans
le
mont
de
Lyeurgue,
dont
laroehe
verdoyante
imite
le
tendre
gazon;
ee
sont
encore
les
marbres
jau-
nissants
des
Nomades
;
e'est
Thasos
,
Chio
et
Ca-
ryste,
qui
rivalise
avec
les
flots.
Toutes
ces
mer-
veilles
sont
tournées
versles
murs
de
la
ville
chal-
cidienne.
Ah!
Pollius,
continue
d'aimer,
continue
de
fréquenter
ces
belles
campagnes
;
et
que
Diear-
ché,
ta
patrie,
n'en
soit
point
jalouse
:
nos
murs
posséderont
à
meilleur
titre
leur
savant
éléve.
Di-
'ai-je
maintenant
les
richesses
de
la
culture
,
et
les
moissons
suspendues
sur
la
plaine
liquide,
et
ees
roches
humectées
du
nectar
de
Baechus?
Plus
Alque
omni
proprium
thalamo
mare
:
transque
jacentem
Nerea
diversis
servit
sua
terra
fenestris.
75
Hxec
videt
Inarimen,
illi
Prochyta
aspera
paret
:
Armiger
hine
magni
patet
Hectoris
:
inde
malignum
Aera
respirat
pelago
circumflua
Nesis
:
Inde
vagis
omen
felix
Euploea
carinis
,
Qu:eque
ferit
curvos
exerta
Megalia
fluctus.
80
Angitur
et
domino
contra
recubante
procul
qui
Surrentina
tuus
spectat
preetoria
Limon.
Ante
tamen
cunctas
procul
eminet
una
diaetas
Qu:e
tibi
Parthenopen
directo
limite
pouti
Ingerit.
Hic
Graiis
penitus
desecta
metallis
85
Saxa
:
quod
Eoz
respergit
vena
Syenes
:
Synnade
quod
moesta
Phrygie
fodere
secures
Per
Cybeles
lugentis
agros
,
ubi
marmore
picto
Candida
purpureo
distinguitur
area
gyro.
Hic
et
Amyclaei
ezesum
de
monte
Lycurgi
90
Quod
viret;
et
molles
imitatur
rupibus
herbas.
Hic
Nomadum
lucent
flaventia
saxa,
Thasosque,
Et
Chios,
ét
gaudens
fluctu
certare
Carystos.
Omnia
Chalcidicas
turres
obversa
salutant.
Macte
animo,
quod
Graia
probas,
quod
Graia
frequentas
95
Arva
,
nec
invideant
quee
te
genuere
Dicarchi
Moenia
:
nos
docto
melius
potiemur
alumno.
Quid
nunc
ruris
opes,
pontoque
novalia
dicam
injecta,
et
madidas
Bacchoeo
nectare
rupes?
:Et
Satyri
cecidere
vadis,
nudamque
per
undas
S'TACE.
d'une
fois,
pendant
l'automne,
quand
le
pere
dela
treille
se
eolore
des
feux
de
la
jeunesse,
gravis-
sant
les
rochers
et
voilée
par
l'ombre
de
la
nuit,
Ja
Néréide
a
essuyé
avee
le
pampre
jauni
ses
hu-
mides
paupiéres,
et
ravi
aux
collines
de
doux
raisins.
Plus
d'une
fois
la
vendangea
vu
l'onde
voisine
jaillir
sur
elle
;
souvent
méme
les
Satyres
sont
tombés
dans
la
mer,
et
les
Pans
des
monta-
gnes
ont
brülé
de
saisir
à
travers
les
flots
Doris
qui
s'était
montrée
sans
voile.
Heureuse
terre!
égale
pour
tes
deux
maitres
les
années
de
leur
bonheur
à
celles
des
vieillards
de
Myedonie
et
de
Pylos.
Ne
ehange
pas
ton
no-
ble
esclavage
;
ne
te
laisse
pas
vainere
en
magni-
ficence
par
le
palais
de
Tirynthe
ou
la
baie
de
Di-
earché.
Puissent
tes
coteaux
obtenir
plus
sou-
vent
les
suffrages
que
les
riants
vignobles
du
Galése
!
Là,
soit
que
Pollius
interroge
les
astres
,
soit
qu'il
médite
les
lecons
du
sage
de
Gargette,
soit.
qu'il
saisisse
notre
!lyre
avec
transport
ou
qu'il
enehaine
des
vers
inégaux,
soit
qu'il
lance
la
me-
naee
armée
de
l'iambe
vengeur,
la
légére
Siréne
écoute
des
chants
plus
doux
que
les
siens
;
elle
ae-
eourt
de
ses
rochers,
et
Pallas
inclinantson
aigrette
suit
la
cadence
de
tes
vers.
Alors
les
aquilons
fürieux
se
ealment
et
la
mer
docile
n'ose
murmu-
rer
:
sortant
de
l'abime
etattirés
par
tes
savants
aceords,
les
dauphins
earessants
passent
et
repas-
sent
auprés
du
rivage.
Vis
long-temps,
ó
Pollius,
plus
opulent
que
Midas,
plus
riche
que
Crésus
avee
son
or;
ta
féli-
eité
s'éléve
au-dessus
des
diadémes
de
Pergame
Spe
per
autumnum,
jam
pubescente
Lyco,
Conscendit
scopulos
,
noctisque
occulta
sub
umhra
Palmite
maturo
rorantia
lumina
tersit
Nereis,
et
dulces
rapuit
de
collibus
uvas.
Sepe
et
vicino
sparsa
est
vindemia
fluctu
;
100
105
Dorida
montani
cupierunt
prendere
Panes.
Sis
felix,
tellus,
dominis
ambobus
in
annos
Mygdonii,
Pyliique
senis
;
nec
nobile
mutes
Servitium;
nec
te
cultu
Tirynthia
vincat
Aula,
Dicarcheique
sinus
:
nec
saepius
istis
Blanda
Therapneei
placeant
vineta
Galesi.
Hic
seu
siderias
exercet
Pollius
artes
,
Seu
volvit
monitus,
quos
dat
Gargettius
auctor,
Seu
nostram
quatit
ille
chelyn
,
seu
dissona
nectit.
-
Carmina,
sive
minax
ultorem
stringit
iambon;
Hinc
levis
e
scopulis
meliora
ad
carmina
Siren
Advolat;
hine
motis
audit
Tritonia
cristis.
'Tunc
rabidi
ponunt
flatus
,
maria
ipsa
vetantur
110
115
.
Obstrepere
:
emergunt
pelago
,
doctamque
trahuntur
Ad
chelyn,
et
blandi
scopulis
delphines
aderrant.
122
Vive,
Mid:
gazis
et
Lydo
ditior
auro
,
TTroiea
et
Euphrateea
super
diademata
felix
:
Quem
non
ambigui
fasces
,
non
mobile
vulgus
Non
leges,
non
castra
tenent
:
qui
pectore
magno
LIV.
IT,
SILVE
III.
:
27
et
de
l'Euphrate.
Ni
les
faiseeaux
douteux
,
ni
le
peuple
mobile,
nile
barreau,
ni
les
camps,
ne
eaptivent
ta
pensée.
Mais
ton.
grand
cceur
sait
dompter
la
crainte
,
trop
haut
placé
pour
que
le
vice
l'atteigne;
et,
affranehi
des
arréts
du
sort,
tu
méprises
la
Fortune,
indignée
de
son
impuissance.
L'heure
suprémene
te
surprendra
point
au
milieu
du
tourbillon
des
affaires,
mais
tout
prét
à
par-
tir
et
plein
de
jours.
Pour
nous,
troupe
vulgaire,
esclaves
des
biens
périssables
et
toujours
préts
à
désirer,
nous
dispersons
notre
vie
d'aventures
en
aventures;
toi,
des
sublimes
hauteurs
de
ton
áme;
tu
repardes
en
pitié
notre
course
errante
et
ES
te
ris
des
joies
humaines.
It
fut
un
temps
oü
,
partagé
entre
fs
sutfiages
de
deux
contrées
,
tu
courais
d'une
ville
à
l'autre
monté
sur
un
ibat
superbe
;
entouré
de
respect
à
Pouzzol,
tute
voyais
adopté
par
ma
patrie,
et
;
inaeuifique
envers
l'une
et
l'autre,
brülant
des
feux
de
la
jeunesse,
tu
mettais
tout
ton
orgueil
dans
les
écarts
de
ta
lyre;
maintenant
le
pres-
tige
est
évanoui
,
la
vérité
brille
à
tes
yeux.
Que
d'autres
abandonnent
encore
leur
naeelle
à
une
mer
eaprieieuse;
la
tienne
à
rencontré
un
asile
sür
et
un
doux
repos;
elle
est
entrée
au
port
sans
aueune
atteinte
:
qu'elle
y
reste,
et
puisque
sa
eourse
est
achevée,
ne
la
rejette
pas
au
milieu
de
nos
tourmentes.
Vivezsans
inquiétude,
vous
qui
avez
associé
pendant
longtemps
les
flammes
d'un
mutuel
amour,
vous
qui
gardezaujourd'hui
les
saintes
lois
d'une
ehaste
amitié;
traversez
les
années
et
les
siécles,
laissant
derriere
vous
Ja
gloire
des
vieux
&ges.
Et
toi,
la
plus
belle
des
matrones
latines,
Spemque
metumque
domas,
vitio
subiimior
omni,
^
125
Exemptus
fatis,
indignantemque
refellens
Fortunam
:
dubium
quem
non
in
turbine
rerum
Deprendet
suprema
dies
;
sed
abire
paratum,
Ac
plenum
vita.
Nos,
vilis
turba,
caducis
Deservire
bonis,
semperque
optare
parati
,
130
Spargimur
in
casus
:
celsa
tu
mentis
ab
arce
Despicis
errantes
,
humanaque
gaudia
rides.
''empus
erat,
quum
te
gemin:e
suffragia
terree
Diriperent,
celsusque
duas
veherere
per
urbes:
inde
Dicarcheis
multum
venerande
colonis
,
Hinc
ascite
meis;
pariterque
his
largus,
et
illis
,
Ac
juvenile
calens,
plectrique
errore
superbus.
At
nunc
discussa
rerum
caligine,
verum
ASpicis
:
illo
alii
rursus
jactentur
in
alto
;
At
tua
securos.
portus,
blandamque
quietem
Intravit
non-quassa
ratis.
Sic
perge;
nec
unquam
Emeritam
in
nostras
puppem
dimitte
procellas.
Vivite
securi,
quorum
de
pectore
mixte
In
longum
coiere
faces,
sanctusque
pudicae
Servat
amicitiae
leges
amor.-Ite:
per
annos
[4€
Smculaque,
et
prisece
titulos
preecedite
famae.
'Tuque,
nurus
inter
longe
puleherrima
,
eujus
Non
frontem
vertere
minz,
sed
candida
semper
135
140
w^
[2331
toi
dont
la
menace
n'altére
point
les
traits,
mais
dont
le
front
respire
une
joie
eandide,
avec
une
volupté
pure
et
sans
mélange,
tu
n'étouffes
pas
la
riehesse
à
l'éeart
sous
uu
misérable
coffre,
et
les
pénibles
soucis
de
l'usure
ne
tourmentent
pointton
áme.
Mais
tu
exposesta
fortune
au
grand
jour,
et
tu
sais
l'art
d'en
jouir
avee
mesure.
Jamais
deux
eceurs
ne
s'unirent
sous
un
Dieu
plus
pro-
pice;
jamais
la
eoneorde
ne
trouva
des
ámes
mieux
assorties.
———
SILVE
TL.
r
'ARBRE
p'
ATÉDIUS
MÉLIOR.
Un
arbre
s'éléve,
qui
ombragele
lactransparent
de
l'aimable
Mélior
et
étend
sur
les
eaux
son
immense
verdure
:
puis
son
trone
noueux
et
eourbé
vers
le
pied
se
redresse,
et,
portant
dans
les
airs
sà
eime
élaneée,
il
semble
naitre
pour
la
se-
conde
fois
du
sein
de
l'onde,
et
tenir
à
son
ber-
eeau
decristal
par
de
mystérieuses
racines.
Invoquerai-je
Apollon
pour
cet
humble
sujet?
Vous,
Naiades,
inspirez-moi
;
et
vous,
Faunes
com-
plaisants,
venez
,ilsuffit,
venez
dieter
mes
vers.
Un
essaim
denymphes
légéres
fuyait
les
poursui-
tes
du
dieu
Pan
:
celui-ei
fait
mine
d'en
vouloir
à
toutes,
mais
il
n'en
veut
qu'à
Pholoé.
Pholoé,
à
travers
les
foréts
et
les
fleuves,
évite
tantót
ses
pieds
velus,
tantót
ses
cornes
menaeantes.
Déjà
ellea
franchi
les
bois
guerriers
de
Janus
,
les
noi-
res
campagnes
de
Cacus
,
et,
dans
sa
fuite
effleu-
rant
les
plaines
Quirinales,
elle
touche
aux
abris
du
Célius.
Là,
vaineue
enfin
par
la
fatigue,
épui-
Gaudia,
et
in
vultu
curarum
ignara
voluptas
:
Non
tibi
sepositas
infelix
strangulat
arca
Divitias,
avidique
animum
dispendia
torquent
Foenoris
:
expositi
census,
et
docta
fruendi
Temperies.
Non
ulla
Deo
meliore
coherent
Pectora,
non
alias
decuit
Concordia
mentes.
1350
CARMEN
Il.
ARBOR
ATEDII
MELIORIS.
Stat,
qua
perspicuas
nitidi
Melioris
opacat
Arboraquas,
complexa
lacus
:
ea
robore'ab
imo
Curvata
,
enodis
redit
inde,
cacumine
recto
Ardua;
ceu
mediis
iterum
nascatur
ab
undis
,
Atque
habitet
vitreum
tacitis
radicibus
amnem.
2
'
Quid
Phosbum
tam
parva
rogem?
vos
dicite
causas
—
-
Naides,
et
faciles
(satis
est)
date-carmina
Fauni.
Nympharum
tenerse
fugiebant
Pana
catervae:
-
llle
quidem
it
,
cunctas
tanquam
velit;
it
tamen
unam.
In
Pholoen
:
silvis
hiec
fluminibusque
sequentis
—
—
19
Nunc
hirtosgrezsus,
nunc
improba
cornua
vitat.
Jamque
et
belligerum
Jani
nemus
,
atraque
Caci
Rura,
Quirinalesque
fuga
suspensa
per
agros
28
sée
par
la
frayeur,
aux
lieux
oü
s
éléve
aujour-
d'hui
la
demeure
hospitaliére
du
bon
Mélior,
elle
rassemble
les
plis
flottants
de
sa
robe,
et
se
repose
sur
le
frais
gazon
de
la
rive.
Pan
la
suit
comme
l'éelair,
il
la
voit
d'avance
entre
ses
bras;
.
déjà
sa
poitrine
haletante
de
désir
s'enfle
et
s'a-
baisse
tour
à
tour
;
déjà
il
menace
sa
proie
,
iLest
sur
elle.
Mais
voiei
Diane
qui
arrive
à
pas
pré-
eipités
:
elle
parcourait
alors
ses
sept
eollines
,
et
suivait
les
traces
d'une
biche
de
l'Aventin.
La
Déesse
à
cette
vue
gémit,
et
se
tournant
vers
ses
fidéles
compagnes
:
«
Quoi
done,
S'éerie-t-elle
,
jen'arréterai
pointles
rapines
de
cette
race
hideuse
et
lascive?
et
je
verrai
chaque
jour
s'éclaicir
le
choeur
saeré
des
vierges
qui
m'entourent?
»
Ce
disant,
elletire
deson
earquois
une
courte
flóche,
et,
sans
courber
l'are
ou
faire
siffler
la
corde
,
on
dit
qu'elle
lanea
le
trait
d'une
seule
main.
Le
trait
va
frapper
la
Naiade,
et
trouble
un
sommeil
funeste.
Elle
se
léve;
ellea
vu
la
Déesse,
la
Déesse
et
l'audacieux;
et
sans
détacher
un
de
ses
vé-
tements,
de
peur
de
découvrir
ses
appas,
elle
s'est
élancée
dans
la
fontaine;
et
danslIa
fontaine
méme,
se
croyant
encore
poursuivie,
elle
a
dis-
paru
caehée
sous
les
roseaux.
Que
fera
le
brigand
aprés
cette
déception
si
brusque?
Il
n'osese
confier
à
ces
eaux
profondes;
son
poil
lui
rappelle
sa
nature
de
boue,
et
il
sait
que
de
sa
vie
il
ne
fut
habile
nageur.
Tout
pro-
voque
ses
malédietions,
et
Diane
si
barbare,
et
l'onde
jalouse,
et le
trait
jaloux.
Il
apereoit
un
jeune
platane,
qui
promet
d'avoir
de
profondes
racines
,
des
bras
sans
nombre
et
un
front
voisin
Corlica
tecta
subit
:
tum
demum
victa
labore,
Fessa
metu,
qua
nunc
placidi
Melioris
aperti
Stant
sine
fraude
lares,
fluidos
collegit
omictus
Arctius,
et
nives
posuit
se
margine
ripae.
Insequitur
velox
pecorum
Deus
,
et
sua
credens
Connubia,
ardenti
jamjam
suspiria
librat
Pectore,
jam
praedae
levis
imminet.
Ecce
citatos
Advertit
Diana
gradus,
dum
per
juga
septem
Errat,
Aventinsque
legit
vestigia
cervze.
Penituit
vidisse
Deam
;
conversaque
fidas
Ad
comites
:
«
Nunquamne
avidis
arcebo
rapinis
Hoc
petulans
,
fjedumque
pecus?
semperne
pudici
Decrescet
mihi
turba
chori?
»
Sic
deinde
locuta
Depromit
pharetra
telum
breve,
quod
neque
flexis
Cornibus,
auf
solito
torquet
Stridore;
sed
una
Emisit
contenta
manu,
levumque
soporem
Naidos
aversa
fertur
tetigisse
sagitta.
Illa
Deam
pariter
surgens
hostemque
protervum
Vidit,
et
in
fontem,
niveos
ne
panderet
artus
Sicut
erat
cum
veste
,
ruit
;
stagnisque
sub
altis
,
Pana
sequi
credens,
ima
latus
implicat
alga.
Quid
faceret
subito
deceptus
przedo?
nec
altis
Credere
corpus
aquis
hirtze
sibi
conscius
audet
Pellis,
et
à
tenero
nandi
rudis;
omnia
questus
,
iimmitem
Brimo,
stagna
invida,
et
invida
tela
:
20
25
30
—
à
STACE,
:
des
cieux.
Le
Dieu
le
dépose
à
l'endroit
méme,
lentoure
d'une
terre
féconde,
le
baigne
de
ces
eaux
précieuses,
et
lui
parle
ainsi
:
«
Vis
longtemps,
ó
mémorable
gage
de
ma
flamme,
arbre
chéri!
et
cette
nymphe
pour
moi
si
dure,
aime-la
toi
du
moins,
penché
vers
son
asile;
mais
couvre
l'onde,
étouffe-la
dans
ton
feuil-
lage;
elle
est
digne
de
tous
maux.
Toutefois
,
je
ten
eonjure,
défends-la
des
feux
brülants
du
so-
leil
et
des
rudes
atteintes
de
la
gréle.
Seulement
n'oublie
pas
d'y
semer
tes
feuilles
pour
en
troubler
la
surfaee.
Alors
je
penserai
longtemps
à
toi,
à
la
maitresse
de
ces
aimables
lieux
;
je
vous
pro-
tégerai
l'unet
l'autre
jusqu'au
sein
d'une
paisible
vieillesse.
E'arbre
d'
Apollon,
celui
de
J
upiter,
le
peuplier
aux
nuances
mobiles,
et
jusqu'au
pin
.dont
la
verdure
est
à
moi,
tous
envieront
tes
ra-
meaux.
»
II
dit
:
l'arbre,
animé
des
feux
qui
dévoraient
le
Dieu,
penche
obliquement
son
trone
vers
la
source
féconde
;il
s'incline,
etson
amoureux
feuil-
lagesemble
épier
quelque
chose
au
fond
de
l'eau.
Méme
il
espére
les
baisers;
mais
l'haleine
des
ondes
le
repousse
et
l'empéche
d'atteindre
la
sur-
face.
Enfin,
par
un
dernier
effort
,
il
s'éléve,
il
se
balance
dans
les
airs,
et,
par
une
surprise
ingé-
nieuse
prolongeant
une
tige
droite
et
unie;
ila
l'air
de
plonger
au
fond
dulae
par
des
racines
nou-
velles.
Déjà
méme
la
Naiade
ne
le
hait
plus
tant;
elle
rappelle
vers
son
lit
humide
ces
rameaux
qu'elle
avait
éeartés.
Voilà
le
présent
que
nous
te
destinons
au
jour
de
ta
naissance
;
présent
modeste
,
mais
qui
vivra
Primavam
visu
plalanum
,
cui
longa
propago
Innumeraeque
manus,
ef
iturus
in
zethera
vertex
,
Deposuit
juxta
,
vivamque
aggessit
arenam
»:
Optatisque
aspergit
aquis,
et
talia
mandat
:
«
Vive
diu,
nostri
pignus
memorabile
voti
;
Arbor;
et
heec
durz
latebrosa
cubilia
nymphae
Tu
saltem
declinis
ama,
et
preme
frondibus
undam.
Illa
quidem
meruit;
sed
ne,
precor,
igne
superno
ZEstuet,
aut
dura
feriatur
grandine
;
tantum
Spargere
tu
laticem,
et
foliis
turbare
memento.
Tunc
ego
teque
diu
recolam;,
dominamque
benignae
Sedis
,
et
illzesa
tutabor
utramque
senecta.
Et
Jovis,
et
Phoebi
frondes
,
et
discolor
umbra
40
45
50
Populus,
et
nostra
stupeant
tua
germina
pinus.
»
Sic
ait.
Illa
Dei
veteres
imitata
calores
s
Überibus
stagnis
obliquo
pendula
trunco
Incubat
,
atque
umbris
scrutatur
amantibus
undas.
Sperat
et
amplexus;
sed
aquarum
Spiritus
arcet
,
Nec
patitur
tactus.
Tandem
eluctata
sub
auras
Libratur
fundo
,
rursusque
enode
cacumen
Ingeniosa
levat,
veluti
descendat
in
imog
Stirpe
lacus
alia.
Jam
nec
Phoebeia
Nais
Odit,
et
exclusos
invitat
gurgite
ramos,
Hec
tibi,
parva
quidem,
genitali
luce
paramus
Dona,
sed
ingenti
forsan
victara
sub
zvo
:
-55
60
LIV.
Il,
peut-étre
dans
la
longue
suite
des
áges.
Toi
dont
l'áàme
paisible
est
le
sanetuaire
de
la
dignité
sans
morgue,
de
la
vertu
riante
et
toujours
grave;
toi
chez
qui
le
repos
n'est
pas
de
l'indolence,
le:
pouvoir
de
la
tyrannie,
l'espéranee
un
eriminel
désir,
mais
qui,
gardant
un
juste
milieu,
sais
trou-
ver
plaisir
et
vertu
par
la
mémeroute
;
toi
dont
la
parole
fut
toujours
saerée,
dont
le
ealme
est
inaltérable;
qui,
dans
la
retraite,
vis
comme
au
grand
jour,
et
ordonnes
si
bien
tes
heures,
sa-
chant
mépriser
l'opulence
sans
effort
et
néan-
moins
lui
faire
honneur,
lui
donner
un
nouvel
éclat,
ah!
puisses-tu
longtemps,
jeune
d'esprit
et
de
ccur,
égaler
tes
florissantes
années
à
celles
des
vieillards
de
Troie,
et
dépasser
le
nombre
des
jours
que
tes
parents
emportérent
dans
l'
Ély-
sée!
Cette
gráce
,
ils
l'ont
arraehée
pour
toi
aux
inexorables
scurs,
et
tu
la
devras
encore
aux
priéres
du
magnanime
Blésus,
dont
la
gloire,
ra-
jeunie
par
tes
soins,
grandit
à
jamais
,
sauvée
de
l'oubli
des
sieeles.
———
SILVE
IV.
LE
PERROQUET
D'ATÉDIUS
MÉLIOR.
Perroquet,
roi
desoiseaux,
toi
dont
la
voix
ha-
bile
ravissait
ton
maitre,
adroit
imitateur
de
la
voix
humaine,
quel
malheur
a
sitót
fait
tarir
ton
intarissable
babil,
Óó
perroquet?
Hier,
pauvre
vie-
time
du
sort,
tu
partageais
nos
repas
avant
de
mourir,
et,
commensal
partout
fété,
nous
te
voyions
errer
de
l'un
à
l'autre
pendant
plus
de
la
moitié
de
la
nuit.
Méme
tu
nous
as
rendu
paroles
j
Tu,
cujus
placido
posuere
in
pectore
sedem
64
Rlandus
Honos,
hilarisque
(tamen
cum
pondere)
Virtus
Cui
nec
pigra
quies,
nec
iniqua
potentia,
nec
spes
Improba;
sed
medius
per
honesta,
et
dulcia
limes
:
Incorrupte
fidem
,
nullosque
experte
tumultus
,
Et
secrete
palam
:
qui
digeris
ordine
vitam
;
Idem
auri
facilis
contemptor
et
optimus
idem
70
Comere
divitias
,
opibusque
immittere
lucem.
Hac
longum
florens
animi
morumque
juventa
,
Iliacos
aequare
senes,
et
vincere
persta
Quos
pater
Elysio,
genitrix
quos
detulit
annos.
Hoc
illi
duras
exoravere
sorores
:
75
Hoc
,
qui
te
sub
teste,
situm
fugitura
tacentem
Ardua
magnanimi
revirescit
gloria
Blzesi.
-—À—
CARMEN
IV.
PSITTACUS
MELIORIS.
Psittace,
dux
volucrum
,
domini
facunda
voluptas
,
Humane
solers
imitator,
Psittace
,
lingue,
Quis
tua
tam
subito
proeclusit
murmura
fato?
Hesternas
,
miserande
,
dapes.
moriturus
inisti
Nobiscum;
et
grat?
carpentem
munera
mensa,
5
UT
SUREC
toris
medix
plus
tempore
noctis
SILVE
IV.
|
99
pour
paroles,
gráce
au
travail
de
ta
mémoire.
Et
aujourd'hui
l'éternel
silence
du
Léthé,
voiià
ton
partage,
harmonieux
parleur!
Quelle
gus
ne
vante
plus
la
fable
de
Phaéton;
le
cygu
n'est
pas
le
seul
qui
eélébre
ses
fancrtlles
Mais
qu'elle
était
brillante
ta
demeure!
qu'elle
était
belle
avee
son
écaille,
avee
ses
treillages
d'argent
que
l'ivoire
enchássait,
et
les
portes
qui
rendaient
sous
ton
bec
un
son
brüyaut,
ees
por-
tes
qui
maintenant
gémissent
d'elles-mémes!
Elle
est
veuve,
cette
heureuse
prison,
et
l'étroite
enceinte
regrette
ta
voix
moqueuse.
.
Appelons
en
fouie
les
oiseaux
savants
qui
ont
recu
de
la
nature
le
noble
don
de
la
parole,
et
l'oiseaude
Phébus,
etlesansonnet
docile
qui
grave
tout
dans
sa
mémoire
,
et
vous
,
filles
de
Piérus,
dont
les
monts
d
Aonie
virent
la
défaite
et
la
mé-
tamorphose;
etla
perdrix
qui
redit
en
les
assem-
blant
les
mots
qu'on
lui
répéte,
et
la
sceur
in-
consolable
qui
gémit
dans
les
bois
de
la
"Fhraee;
apportez
tous
le
tribut
de
vos
plaintes
,
et
-retenez
bien
ees
chants
funébres
:
«
II
n'est
plus
ce
perroquet
,
véritable
gloire
du
peuple
des
airs,
ce
souverain
au
vert
plumage
qui
régnait
aux
contrées
de
l'aurore.
Celui
que
n'effaeait
en
beauténi
le
favoride
Junon
avec
sa
queue
de
saphirs,
ni
l'oiseau
des
bords
glaeés
du
Phase
,
ni
ceux
qui,
au
retour
de
l'humide
Aus-
ter,
deviennent
la
proie
du
Maure!
«
Il
n'est
plus
celui
qui
saluait
les
princes,
qui
disait
le
nom
de
César,
et
fut
jadis
l'organe
de
l'amitié
plaintive!
naguére,
agréable,
convive,
il
saisissait
les
mots
donnés
et
les
répétait
avee
une
souplesse
incomparable.
Quand
il
était
prés
Vidimus
:
affatus
eliam
meditataque
verba
Reddideras
;
at
nunc
seterna
silentia
Lethes
Ille
canorus
habes.
Cedat
Phaétontia
vulgi
Fabula
;
nec
soli
celebrant
sua
funera
cycni.
iU
At
tibi
quanta
domus
rutila
testudine
fulgens,
Connexusque
ebori
virgarum
argenteus
ordo,
Argutumque
tuo
stridentia
limina
cornu
!
En
querul&
jam
sponte
fores!
vacat
ille
beatus
Carcer,
et
angusti
nusquam
convicia
tecti.
15
Huc
docte
stipentur
aves
,
quis
nobile
fandi
Jus
Natura
dedit
:
plangat
Phosbeius
ales;
Auditasque
memor
penitus
demittere
voces
Sturnus,
et
Aonio
versa
certamine
pica
;
Quique
Wu
jungens
iterata
vocabula
perdix
;
20
Et
quc
Bistonio
queritur
soror
orba
cubili
;
Ferte
simul
gemitus,
cognataque
ducite
flammis
Funera,
et
hoc
cuncioe
miserandum
addiscite
carmen
:
«
Occidit
aerice
celeberrima
gloria
gentis
Psittacus
,
ille
plage
viridis
regnator
Eoc
;
25
Quem
non
gemmata
volucris
Junonia
cauda
Vinceret,
aspectu
gelidi
non
Phasidis
ales,
Nec
quas
humenti
Numidae
rapuere
sub
Ausíro.
Ille
salutator
regum
,
nomenque
locutus
Csasareum
,
et
quernli
quondam
viee
functus
amici
:
—.30
30
:
STACE.
de
toi,la
eage
ouverte,
tu
n'étais
jamais
seul,
cher
Mélior.
Mais
il
n'est
pas
descendu
sans
gloire
ehez
les
ombres
:
'amomum
d'Assyrie
se
méleà
ses
cendres;
son
léger
plumage
ex
hale
les
parfums
de
l'Arabie
et
ceux
du
safran
de
Sicile
;
et
jamais
le
phénix,
las
d'une
vieillesse
languissante,
n'ex-
pira
plus
magnifiquement
dans
les
flammes
em-
baumées.
»
—
áuဗM—
SILVE
V.
LE
LION
APPRIVOISÉ.
Quete
revient-il
d'avoir
enfin
plié
à
la
douceur
ton
instinct
eolére?
que
te
revient-il
d'avoir
dé-
sappris
le
meurtre
et
l'homicide
,
et
subi
patiem-
ment
le
jous
d'un
maitre
qui
devait
étre
sous
tes
pieds?
Toi
qui
savais
quitter,
puis
regagner
librement
ta
demeure;
toi
dont
la
griffe
aban-
donnait
d'elle-méme
la
proie
déjà
saisie,
et
dont
la
gueule
complaisante
laissait
En
S
sans
morsure
la
main
qui
s'y
plongeait,
ah!que
t'en
re-
vient-il
?
'Tu
meurs,
habile
exterminateur
des
monstres
des
foréts;
tu
meurs,
et
ee
n'est
point
sous
la
foule
des
chasseurs
Massyliens,
traqué
par
eux
et
enlacé
dans
leurs
toiles.
Si
du
moins
t'élan-
cant
d'un
bond
terrible
au
delà
des
épieux
,
tu
t'y
étais
brisé,
ou
si
l'ouverture
d'une
fosse
per-
fide
t'avait
englouti!
mais
non,
tu
meurs,
et
un
fugitif
a
l'honneur
de
ta
dónite.
Ta
cage
devenue
veuve
reste
ouverte;
et
bien
qu
'énfermés
de
toutes
parts
dans
leurs
loges,
ta
eatastrophe
a
jeté
Nunc
conviva
levis
,
monstrataque
reddere
verba
Tam
facilis
:
quo
tu
,
Melior
dilecte,
recluso,
Nunquam
solus
eras
:
at
non
inglorius
umbris
Mittitur
:
Assyrio
cineres
adolentur
amomo
,
Et
tenues
Arabum
respirant
gramina
plume
,
35
Sicaniosque
crocos
:
senio
nec
fessus
iner
tà
Scandit
odoratos
pude
felicior
ignes.
»
CABMEN
Y.
LEO
MANSUETUS
IMP.
Quid
tibi
constrata
mansuescere
profuit
ira
?
Quid
scelus,
humanasque
animo
dediscere
ezedes
,
Imperiumque
pati,
et
domino
parere
minori
?
Quid
,
quod
abire
domo,
rursusque
in
claustra
reverti
Suetus,
et
a
capfa
jam
sponte
recedere
praeda,
5
Insertasque
manus
laxo
dimittere
morsu
?
Occidis,
altarum
vastator
sseve
ferarum,
Non
grege
Massylo
,
curvaque
indagine
clausus;
Non
formidato
supra
venabula
saltu
Incitus
,
aut
caeco
fovece
deceptus
hiatu
,
10
Sed
victus
fugiente
fera;
stat
cardine
aperto
Infelix
cavea,
et
clausis
cireum
undique
portis
,
Hoc
licuisse
nefas
pavidi
timuere
leones.
dans
l'effroi
les
lions
stupéfaits.
Tous
alors
ont
baissé
la
eriniére,
et
la
honte
de
voir
emporter
tes
restes
a
fait
descendre
sur
leurs
yeux
toutes
les
ri-
des
de
leurs
fronts.
Toutefois
cette
humiliation
nouvelle
ne
t'a
pas
éerasé
sous
le
eoup
:
le
cou-
rage
t'est
resté
dans
ta
chute,
et
ta
fierté
mourante
a
fait
effort
pour
revivre;
tu
n'as
pas
à
l'instant
replié
toutes
tes
menaces.
Tel
un
soldat
qui
sent
sa
blessure
profonde
brave
la
mort
et
marche
à
l'ennemi
;
sa
main
se
leve,
et
le
fer
qui
tombe
me-
nace
encore;
tel
ee
lion
au
pas
appesanti,
cette
majesté
deno
soutient
son
regard
ferme,
et
réclame,
la
gueule
béante,
la
vie
et
un
ennemi.
Mais,
"dons
ce
trépas
soudain,
de
grandes
con-
solations
ont
suivi
ta
défaite;
le
peuple
et
le
sé-
nat,
tristes,
semblaient
regretter
la
ehute
d'un
gla-
diateur
fameux
,
et
ils
ont
gémi
sur
l'aréne
funé-
bre.
Et
César
lui-méme,
qui
voitavee
indifférence
les
milliers
d'animaux
que
la
Seythie,
l'Afrique,
les
bords
du
Rhin
et
les
peuples
du
Phare
en-
voient
mourir
ici,
le
grand
César
a
eu
des
pleurs
dans
les
yeux
à
la
mort
d'un
seul
lion.
SILVE
VI.
CONSOLATION
A
FLAVIUS
URSUS,
SUR
LA
PERTE
D'UN
JEUNE
FAVORI.
Barbares,
qui
établissez
des
distinetions
danses
larmes
et
des
degrés
dans
la
douleur
!
Il
est
affreux
pour
un
pere
de
livrer
aux
flammes
sa
naissante
postérité,
ses
fils
(injuste
destinée!)
qui
s'élevaient
Tune
eunctis
cecidere
jubze
,
puduitque
relatum
Aspicere
,
et
torvas
duxere
in
lumina
frontes.
15
At
te
non
primo
fusum
novus
obruit
ictu
Ille
pudor
;
mansere
animi
,
virtusque
cadenti
A
media
jam
morte
redit
:
nec
protinus
omnes
.
Terga
dedere
minae.
Sient
sibi
conscius
alti
Vulneris,
adversum
moriens
it
miles
in
hostem
,
—
20
Attollitque
manum
,
et
ferro
labente
minatur
:
Sic
piger
ille
gradu
,
solitoque
exutus
honore
Firmat
hians
oculos
animumque,
hostemque
requirit.
Magna
tamen
subiti
tecum
solatia
leti
,
Victe,
feres,
quod
te
moesti
populusque
Patresque,
—
25
Ceu
notus
caderes
tristi
gladiator
arena
,
Ingemuere
mori:
magni
quod
Cesaris
ora
Inter
tot
Scythieas,
Libycasque,
et
litore
Rheni,
Et
Pharia
de
gente
feras,
quas
perdere
vile
est
,
Unius
amissi
tetigit
jactura
leonis.
30
CARMEN
VI.
CONSOLATIO
AD
FLAVIUM
URSUM,
DE
AMISSIONE
PUERI
DELICATI.
Swve
nimis
,
laerimis
quisquis
discrimina
ponis,
Lugendique
modos!
Miseram
est
primo
va
parenti
Pignora,
surgentesque
(nefas)
accendere
natos
:
LIV.
II,
SILVE
VI.
aprés
lui;
il
est
cruel
de
pleurer
la
place,
restée
vide,
d'une
épouse
dont
la
mort
laisse
le
lit
nup-
tial
solitaire.
Tristes
sont
aussi
les
lamentations
d'une
sceur
et
les
eémissements
d'un
frére.
Mais
souvent
une
blessure
plus
Iégére
est
aussi
plus
ai-
gué,
plus
sensible,
et
pénétre
plus
avant
que
les
plus
dangereuses
plaies.
C'est
un
esclave
que
tu
pleures
,
Ursus
;
oui,
car
l'aveugle
main
de
la
fortune
méle
ainsi
toutes
choses
,
sans
connaitre
nos
cours
:
mais
un
eselave
sensible
,
aimant
et
fidéle,
qui
n'était
pas
indigne
de
ces
larmes,
et
dont
la
noblesse,
bien
supérieure
à
celle
des
titres,
relevait
du
fond
méme
de
l'áàme.
N'é-
touffe
point
tes
sanglots,
n'en
rougis
point,
láche
la
bride
à
ta
douleur;
et
puisque
les
Dieux
s'en
font
un
cruel
plaisir,
eh
bien!tu
pleuresun
homme
;
(hélas!
j'attise
un
brasier)
tu
pleures
un
homme
tout
dévoué,
qui
ehérissait
son
esclavage,
n'y
trou-
vait
rien
de
rude,
et
s'imposait
spontanément
des
devoirs
impérieux.
Et
qui
blámerait
les
larmes
tombées
sur
un
tel
cercueil?
Entendez
gémir
le
Parthe
sur
un
coursier
mort
dans
les
batailles
;
voyez
les
Molosses
pleurant
leurs
chiens
fideles;
voyez
des
oiseaux
méme
et
le
cerf
de
Virgile
ho-
norés
d'un
bücher.
Et
quand
je
dis
eselave,
l'était-il?
Je
l'ai
vu
,
j'ai
remarqué
l'indépendance
de
son
áme
;
tu
étais
le
seul
maitre
acceptable
à
ses
yeux
:
mais
il
avait
trop
de
fierté
du
reste,
et
son
noble
ecaractére
percait
déjà
sous
les
traits
de
l'enfance.
Quelle
est
la
femme
grecque
ou
méme
la
matrone
latine
qui
n'envierait
un
pareil
fils
?
Qu'on
ne
lui
com-
pare
ni
le
fier
Thésée
ramené
du
labyrinthe
par
le
fil
et
l'ingénieuse
tendresse
de
la
Crétoise,
ni
Durum
et
deserti
,
prerepta
conjuge,
partem
Conclamare
tori
:
mcesta
et
lamenta
sororum,
5
Et
fratrum
gemitus.
Arcte
tamen,
et
procul
intrat
Altius
in
sensus,
majoraque
vulnera
vincit
Plaga
minor.
Famülum
(quoniam
rerum
omnia
caeca
Sic
miscet
Fortuna
manu,
nec
pectora
novit)
Sed
famnlum
gemis
,
Urse,
pium
:
sed
amore,
fideque
i0
Has
meritum
lacrimas
;
cui
major
stemmate
juncto
Nobilitas
ex
mente
fuit.
Ne
comprime
fletus,
.
Ne
pudeat
:
rumpat
frenos
dolor
iste
(Deisque
.
Sitam
dura
placent),
hominem
gemis
(hei
mihi!
subdo
Ipse
faces)
hominem
,
Urse,
tuum,
cui
dulce
volenti
—
15
Servitium
,
cui
triste
nihil
;
qui
sponte,
sibique
Imperiosus
erat.
Quisnam
hoec
in
funera
missos
Onstiget
luctus?
gemit
inter
bella
peremptum
Parthus
equum,
fidosque
canes
flevere
Molossi
5
Et
volucres
habuere
rogum
,
cervusque
Maronis.
Quid
si
nec
famulus?
vidi
ipse
animosque
nofavi
Te
tantum
capientis
herum
:
sed
major
in
ore
Spiritus
,
et
tenero
manifesti
in
sanguine
mores.
Optarent
multum:
Graiz,
euperentque
Latinae
Sic
peperisse
nurus.
Non
talem-Cressa
superbum
Callida
sollicito
revocavit
Thesea
filo
:
Nec
Paris
GEbalios
talis
visurus
amores
—
20
25
aT
le
pátre
del'Ida,
lorsqu'entrainé
par
l'amour
aux
bords
Ébaliens,
il
lancait
à
la
mer
ses
odieux
vaisseaux.
Ma
lyre
n'est
point
menteuse,
et
n'a-
buse
pas
des
priviléges
de
la
poésie.
Je
l'ai
vu,
et
jele
vois
encore,
plus
beau
que
le
fils
de
Pélée
sur
la
rive
oà
Thétis,
eraignant
la
guerre,
le
eaeha
parmi
les
vierges;
plus
inté-
ressant
que
Troile,
lorsque,
fuyant
autour
des
murs
de
l'insensible
Apollon,
Achille
d'un
eoup
de
lance
le
rendit
immobile.
Charmant
visage,
hélas!
et
qui
n'avait
point
son
égal
parmi
l'élite
de
la
jeunesse
et
de
l'áze
mür!
tu
ne
le
cédais
qu'àton
maitre.
Sa
beauté
seule
éelipsait
la
tienne,
comme
la
lune
a
le
pas
dans
le
ciel
sur
les
astres
moins
brillants
,
ou
comme
l'étoile
du
soir
éteint
les
feux
de
la
nuit.
Tu
n'avais
pas
ees
gráces
ef-
féminées
,
ces
gráces
molles
qui,
laissant
dans
les
traitsun
eavaetére
indéeis
,
détruisentl'empreinte
du
sexe.
Jeune,
tu
avais
une
beauté
toute
virile,
rien
d'effronté
dans
ton
regard;
et
dans
tes
yeux
un
feu
doux,
mais
sévére.
Tel
était
Parthénopéus
au
milieu
des
armes
,
quand
il
venait
à
quitter
son
easque.
Ta
ehevelure
était
belle
dans
son
dé-
sordre
et
rien
n'ombrageait
tes
joues,
ou
fleuris-
sait
à
peine
un
premier
duvet.
Telle
la
jeunesse
que
l'Eurotas
éléve
sur
la
rive
chere
à
Léda;
tel
le
héros
qui
,
dans
la
fleur
du
jeune
áge,
prend
la
route
d'Elis,
et
vient
mériter,
pour
ses
pre-
miéres
années,
l'approbation
de
Jupiter.
Avee
une
áme
pudique
et
ingénue,
il
avait
une-
égalité
d'humeur
charmante
et
un
esprit
mür
à
la
fleur
de
l'áge;
il
avait
tout
ee
que
le
poéte
imagine.
Souvent
il
reprenait
son
maitre,
qui
se
-prétait
à
ses
lecons;
il
Tui
prodigait
son
zéle
et
Rusticus
invisas
dejecit
in
dequora
pinus.
Non
fallo,
aut
cantus
assueta
licentia
ducit
:
Vidi,
et
adhuc
video,
qualem
nec
bella
caventem
Litore
virgineo
Thetis
occultavit
Achillem
:
Nec
circum
saevi
fugientem
moenia
Pheebi
Troilon
Z&monice
deprendit
laneea
dextre.
Qualis.
eras,
procul
heu!
cunctis
puerisque
virisque
Pulchrior,
et
tantum
domino
minor!
illius
unus
Ante
decor,
quantum
przecedit
clara
minores
Luna
faces
,
quantumque
alios
premit
Hesperus
ignes.
Non
tibi
femineum
vultu
decus,
oraque
supra
Mollis
honos
(quales
dubice
discrimina
formo
De
sexu
transire
jubent)
;
parvoque
virilis
Gratia,
nec
petulans
acies,
blandique
severo
Tgne
oculi
(qualis
bellis
jam
casside
missa
Parthenop:zeus
erat);
simplexque
horrore
decoro
Crinis,
et
obsessee
nondum,
primoque
micantes
Flore
geno.
Talem
Ledeo
gurgite
pübem
Educat
Eurotas;
teneri
sic
integerzevi
Elin
adit,
prinrosque
Jovi
puer
approbat
annos.
Nam
pudor
ingenuze
mentis,
tranquillaque
morum
Temperies,
teneroque
animus
malurior
àevo,
-
Carmina
quae
donasse
queant?
Saepe
ille
volentem
50
Castigabat
herum
,
studioque
altisque
juvabat
30
35
40
45
$32
lcs
eonseils
d'une
haute
prudence.
Tristeou
joyeux
avec
toi,
il
s'oubliait
lui-méme,
et
sa
physionomie
n'était
qu'un
reflet
de
la
tienne.
Tendre
ami
,
di-
gne
d'effacer
en
gloire
|Émonien
Pylade.et
le
dévouement
du
roi
Céerops!
Mais
donnons
à
son
éloge
les
bornes
preserites
par
la
fortune.
Il
n'y
eut
pas
plus
de
fidélité
dans
l'àme
triste
d'Eumée,
lorsqu'il
espérait
le
tardif
retour
d'Ülysse.
Quel
Dieu
ou
quel
hasard
a
si
bien
dirigé
le
trait
fatal?
Et
le
destin
qui
veut
nuire
a-t-il
done
la
main
si
assurée?
O
Ursus,
combien
tes
richesses
et
ta
belle
fortune
évanouie
t'au-
raient
laissé
plus
de
courage
et
de
force!
Soit
parmi
les
débris
fumants
du
Vésuve,
à
l'aspect
de
l'incendie
vomi
de
toutes
parts
sur
les
riches
plaines
de
Loeres,
soit
à
la
vue
des
flots
inon-
dant
les
bois
de
Pollente,
lors
méme
que
ces
flots
eouvriraient
la
Lueanie
et
que
le
Tibre
im-
pétueux
lancerait
vers
la
droite
ses
grandes
eaux,
tu
garderais
ton
front
calme,
impassible
,
devant
les
Dieux;
düt
a
Créte
nourrieiére
tromper
ton
espoir
et
Cyrene
te
refuser
ses
moissons
;
comme
aussi
tant
de
contrées
d'ou
la
fortune
revient
à
toiles
mains
pleines.
Mais
l'odieuse
Envie,
qui
est
savante
en
douleurs,
connaissait
tes
affec—
tions
les
plus
vitales
et
les
moyens
de
te
frap-
per
au
eceur.
Déjà
hors
du
seuil
de
l'adolescence
et
tout
brillant
de
jeunesse,
il
allait
joindre.
trois
années
encore
à
trois
lustres
d'Elide.
La
triste
Rhamnusie
lui
jette
un
regard
sombre,
et
d'abord
elle
donne
plus
de
rondeur
à
ses
EY
muscles,
à
son
cil
un
éclat
nouveau,
et
à
ses
traits
une
expression
plus
sublime.
Hélas!
cé-
tait
un
présent
de
mort.
En
le
voyant,
la
misé-
Consiliis;
tecum
tristisque,
hilarisque,
nec
unquam
Ille
suus,
vultumque
tuo
sumebat
ab
ore
:
Dignus
et
Zimonium
Pyladen
preecedere
fama,
Cecropiamque
fidem
;
sed
laudum
terminus
esto
,
Quem
fortuna
sinit.
Non
mente
fidelior
cegra
Speravit
tardi
reditus
Eumeus
Ulixi.
Quis
Deus,
aut
quisnam
tam
tristia
vulnera
casus
Eligit?
unde
manus
Fatis
tam
certa
nocendi?
O
quam
divitiis
censuque
exutus
opimo
Fortior,
Urse
,
fores!
si
vel
fumante
ruina
Ructassent
dites
Vesuvina
incendia
Locros
,
Seu
Pollentinos
mersissent
flumina
saltus
:
Seu
Lucanus
ager,
seu
Tybridis
impetus
,
altas
In
dextram
torsisset
aquas,
paterere
serena
Fronte
Deos
:
sive
alma
fidem
,
messesque
negasset
Cretaque,
Cyreneque
,
et
qua
tibi
cumque
beato
Larga
redit
Fortuna
sinu
:
sed
gnara
dolorum
Invidia
infelix
animi
vitalia
vidit,
L:edendique
vias.
Vitie
modo
limine
adultze
Nectere
tendebat
juvenum
pulcherrimus
ille
Cum
tribus
Eleis
unam
trieterida
lustris.
Attendit
torvo
tristis
Rhamnusia
vultu
:
AC
primum
inplevitque
toros,
oculisque
nitorem
Addidit,
et
solito
sublimius
ora
levavit
55
60
70
79
STACE.
rable
s'est
tordue
de
jalousie;
elle
embrasse
sa
vietime
,
l'enveloppe
dans
les
filets
du
trépas,
er
porte
impitoyablement
ses
ongles
de
harpie
su
:
cette
beauté
sacrée.
A
peine,
vers
la
cinquieme
heure,
l'Aurore
attelait
ses
eoursiers
humides
de
rosée;
déjà
tu
voyais,
aimable
Philéte,
l'infernal
rivage
du
cruel
vieillard
et
l'impitoyable
Aché-
ron.
Quels
ne
furent
pas
les
cris
de
ton
maitre!
Non,
ta
mére
au
désespoir
n'eüt
pas
meurtri
ses
bras
avee
plus
de
fureur,
ni
ton
pére
non
plus;
età
coup
sür
ton
frére,
témoin
de
tes
funérailles,
a
rougi
de
voir
sa
douleur
surpassée.
Mais
ton
bücher
ne
fut
pas
celui
d'un
esclave
:
la
flamme
a
épuisé
les
parfums
de
Saba,
les
moissons
de
la
Cilicie,
le
cinname
que
n'avait
point
eonsumé
l'oiseau
du
Phare,
et
les
sues
exprimés
des
plan-
-
tes
dAssyrie,
et
les
pleurs
de
ton
maitre!
C'est
Jà
l'unique
rosée
que
boivent
tes
cendres;
le
bü-
-
eher
s'en
abreuve
avidement,
et
nile
vin
de
Sétia
éteignant
tes
restes
enflammés,
ni
l'onyx
poli
ren-
fermant
tes
os
,
rien
n'a
flatté
ton
ombre
malheu-
reuse
autant
que
ses
soupirs.
C'est
son
amour
que
tu
lui
demandes.
Pourquoi,
mon
cher
Ursus,
ne
pas
faire
face
à
la
douleur?
Pourquoi
nourris-
tu
le
sentiment
deta
perte?
Pourquoi
ton
eceur
aigri
chérit-il
sa
blessure?
Qu'as-tu
fait
de
cette
éloquenee
si
eonnue
des
aecusés
arrachés
à
leur
ruine?
Veux-tu
par
un
deuil
si
eruel
tourmenter
cette
ombre
chérie?
Si
exeellente
que
füt
son
áme
et
si
digne
qu'elle
füt
de
tes
regrets,
tu
as
ac-
quitté
ta
dette
:
lui
cependant
,
admis
parmi
les
ámes
pieuses,
il
goüte
le
repos
de
l'Elysée,
oü
peut-étreil
a
trouvé
d'illustres
parents
;
peut-étre
encore
le
long
du
Léthé,
à
travers
un
doux
si-
(Heu!
misero
letale
favens)
,
sesequé
videndo
Torsit,
et
invitam
Mortem
complexa
,
jacenti
Injeeit
nexus
,
carpsitque
immitis
adunca
Ora
verenda
manu.
Quinta
vix
Phosphorus
hora
Rorantem
sternebat
equum,
jam
litora
duri
Seva,
Philete,
senis,
dirumque
Acheronta
videbas
,
Quo
domini
clamate
sono
!
non
szvius
atros
Nigrasset
planctu
genitrix
tibi
saeva
lacertos
,
Nec
pater
:
ef
certe
qui
vidit
funera
frater
Erubuit
vinci.
Sed
nec
servilis
adempto
Ignis
:
odoriferos
exhausit
flamma
Sab:eos
Et
Cilicum
messes
,
Pharieeque
exempta
volucri
Cinnama,
et
Assyrio
manantes
gramine
Succos
,.
Et
domini
fletus
:
hos
tantum
hausere
favillee;
Hos
bibit
usque
rogus
:
nec
quod
tibi
Setia
canos
Restinxit
cineres
,
gremio
nec
lubricus
ossa
Quod
vallavit
onyx
,
miseris
acceptius
umbris
Quam
gemitus
;
sed
et
ipse
juvat.
Quid
terga
dolori,
Urse,
damus?
quid
damna
foves
;
et
pectore
iniquo
Vulnus
amas?
ubi
nota
reis
facundia
raptis?
Quid
caram
erucias
tam
scvis
luctibus
umbram?
|
Eximius
licét
ille
animi
,
meritusque
dolorem;
Solvisti
;
subit
ille
pios,
carpitque
quietem
Elysiam
,
carosque
illie
fortasse
parentes
80
85
90
95
LIV.
H,
SILVE.
VII.
-
83
lenee,
les
Naiades
de
l'Averne
viennent
folátrer
autour
de
lui
,
pendant
que
Proserpine
lui
jette
un
regard
furtif.
Mets,
je
t'en
supplie,
un
terme
à
tes
douleurs.
Le
destin
te
garde
un
autre
Phi-
léte,
et
c'est
peut-étre
Philéte
qui
te
le
donnera
;
il
mettra
sa
joie
à
former
son
áme
et
ses
manié-
res,
et
lui
donnera
des
lecons
d'amour
pour
son
maitre.
——9e———
SILVE
VIL
LE
JOUR
DE
NAISSANCE
DE
LUCAIN.
Fétez
en
foule
le
jour
consacré
à
Lucain,
vous
tous
qui
sur
les
collines
de
Vénus
Isthmien-
ne,
le
sein
palpitant
sous
l'aiguillon
poétique
,
buvez
l'eau
que
fit
jaillir
le
pied
du
cheval
aé-
rien;
vous-mémes
à
qui
revient
la
gloire
des
chants,toi
qui
dans
l'Areadieinventaslalyre
amie
de
la
voix,
Évan
qui
fais
tourner
les
Ménades
haletantes,
et
toi
Poean,
et
vous
soeurs
du
Pinde,
renouvelez
la
pourpre
de
vos
joyeuses
bandelet-
tes,
ornez
votre
chevelure,
et
qu'un
lierre
plus
frais.enlaee
vos
robes
blanches.
Que
les
doctes
fleuves
eoulentà
pleins
bords!
Vertes
foréts
d'Ao-
nie,
épaississez
votre
verdure;
et
si
le
jour
se
glisse
eneore
à
travers
ce
rideau,
que
l'ombre
des
molles
guirlandes
remplisse
l'intervalle.
Que
cent
autels
exhalent
leurs
parfums
dans
les
bois
de
Thespie,
eent
autels
avee
eent
vietimes
de
celles
que
baigne
Dircé
et
que
nourrit
le
Cithé-
Invenit
:
aut
illi
per
amoena
silentia
Lethes
100
Forsan
Avernales
alludunt
undique
mixtae
Naides
,
obliquoque
notat
Proserpina
vultu.
Pone,
precor,
questus
:
alium
tibi
Fata
Phileton,
Forsan
et
ipse
dabit,
moresque
habitumque
decoris
Monstrabit
gaudens
,
similemque
docebit
amari.
108
CARMEN
VII.
GENETHLIACON
LUCANI.
Lucani
proprium
diem
frequentet
,
Quisquis
collibus
Isthmise
Diones
Docto
pectora
concitatus
cestro
.
Pendentis
bibit
ungulze
liquorem.
Ipsi,
quos
penes
est
honor
canendi,
5
Vocalis
citharee
repertor
Arcas,
Et
tu
Bassaridum
rotator
Evan,
Et
Paean,
et
Hyantiae
sorores,
Leto
purpureas
novate
vittas
:
Crinem
comite,
candidamque
vestem
10
Perfundant
ederw
recentiores.
Docti
largius
evagentur
amnes
,
Et
plus
Aoniz
virete
silvze
:
Et
si
qua
patet,
aut
diem
recepit,
Sertis
mollibus
expleatur
umbra.
15
Centum
Thespiacis
odora
lucis
Stent
altaria,
victimeque
centum
,
STACE.
»
ron!
Nous
ehantons
Lueain;
daignez
nous
sotu-
rire,
cette
féte
est
la
vótre,
Muses
;
soyez
nous
fa-
vorables;
nous
honorons
celui
qui
vous
rendit
un
double
eulte
dans
la
poésie
et
dans
la
prose,
le
chef
saeré
du
choeur
de
nos
poétes.
O
terre
heureuse
et
trop
heureuse,
toi
qui
vois
Hypérion
a
téte
penchée
se
plonger
dans
les
flots,
et
qui
entends
bruire
dans
l'Océan
les
roues
de
son
char
qui
tombe
;
toi
dont
les
pressoirs
onc-
tueux
défient
la
cité
de
Minerve
,
la
fertile
Athé-
nes,
Bétique,
tu
peux
réclamer
Lueain
pour
un
de
tes
enfants
:
c'est
plus
que
d'avoir
donné
Sé-
néque
au
monde
avec
l'aimable
Gallion.
Que
le
Bétis
éléve
ses
ondes
jusqu'aux
astres,
le
Bétis
plus
illustre
que
le
Mélés
de
la
Gréce!
Mantoue,
erains
de
provoquer
le
Bétis.
x
Dés
l'instant
de
sa
naissance,
et
lorsqu'un
doux
murmure
annoneait
les
premiers
eris
de
son
enfance,
Calliope
le
recut
dans
ses
bras
ea-
ressants;
et
pour
la
premiére
fois
quittant
le
deuil
depuis
la
perte
d'Orphée
,
elle
fit
tréve
à
ses
longues
douleurs.
«
O
enfant,
dit-elle,
enfant
consaeré
aux
Muses,
toi
qui
dépasseras
vite
les
poétes
des
vieux
áges
,
ce
ne
sont
ni
les
fleuves
,
ni
les
troupeaux
de
bétes
sauvages,
ni
les
armes
des
Gétes,
que
tu
remueras
au
son
de
ta
lyre;
mais
les
sept
collines,
le
Tibre
de
Mars
et
l'ordre
savant
des
ehevaliers
,
ainsi
que
le
sénat
vétu
de
pourpre.
Que
d'autres
nous
redisent
la
nuit
der-
niére
d'Ilion
,
etles
voyages
d'Ulysse,
et
son
tar-
Quas
Dirce
lavat,
aut
alit
Cithoeron.
Lucanum
canimus
:
favete
linguis
:
Vestra
est
ista
dies;
favete,
Muse,
20
Dum
qui
vos
geininas
tulit
per
artes
e?
Et
vinci:e
pede
vocis
,
et
solutze,
Romani
colitur
chori
sacerdos.
Felix
heu
nimis,
et
beata
tellus,
Qu:
pronos
Hyperionis
meatus
Summis
Oceani
vides
in
undis,
Stridoremque
rota
cadentis
audis
:
Quse
Tritonide
fertiles
Athenas
Unctis,
Bztica
,
provocas
trapetis
!
Lucanum
potes
imputare
terris
;
30
Hoc
plus
quam
Senecam
dedisse
mundo,
Aut
dulcem
generasse
Gallionem.
Attollat
refluos
in
astra
fontes
Graio
nobilior
Melete
Bzetis.
Beetin,
Mantua,
provocare
noli.
35
Natum
protenus,
atque
humum
per
ipsam
Primo
murmure
dulce
vagientem
Blando
Calliope
sinu
recepit.
Tum
primum
posito
remissa
luctu
Longos
Orpheos
exuit
dolores
;'
40
Et
dixit
:
«
Puer
o
dicate
Musis,
Longsvos
cito
transiture
vates,
Non
tu
flumina
,
nec
greges
ferarum
,
Nec
plectro
Geticas
movebis
ornos;
Sed
Septem
juga
,
Martiumque
T
ybrim
,
45
t2 ca
34
STACE.
dif
retour;
qu'ils
suivent
l'orniére
battue
par
les
poétes.
Toi,
eber
au
Latium
et
fidéle
à
la
gloirede
ta
nation,
tu
revétiras
ta
muse
des
máles
insi-
ones
de
la
toge.
Et
d'abord
les
jeux
de
tes
pre-
miéres
années
nous
montreront
Hector,
et
les
ehars
thessaliens,
et
l'or
suppliant
du
vieux
Priam.
Tu
ouvriras
le
séjour
infernal;
tu
met-
tras
sur
la
scene
Néron
qui
t'a
payé
d'ingratitude,
et
mon
cher
Orphée.
Tu
diras
les
flammes
errant
sur
la
ville
de
Rémus,
flammes
sacriléges
d'un
maitre
impic,
et
tes
vers
aimables
ajouteront
à
la
vertu
de
Polla
un
nouveau
lustre
et
un
éclat
nouveau.
«
Bientót
prenant
avec
la
jeunesse
un
plus
su-
blime
essor,
tu
chanteras
d'une
voix
tonnante
les
plaines
de
Philippes
blanches
d'ossements
ro-
mains,
les
guerres
de
Pharsale,
et
le
chef
divin
faisant
briller
la
foudre
au
milieu
des
armes
,
et
lefils
religieux
de
la
liberté,
le
grave
Caton,
et
la
grandeur
populaire
de
Pompée.
Tu
verseras
de
pieuses
larmes
sur
le
crime
de
Canope,
et
tu
.
honoreras
la
vietime
d'un
monument
plus
su*
blime
que
le
phare
sanglant.
«
"Tels
seront
les
chants
de
ta
jeunesse
à
l'entrée
de
la
vie,
avant
l'áge
oü
Virgile
eélébra
son
moucheron.
Tu
laisseras
derriére
toi
la
muse
in-
culte
du
fier
Ennius
et
le
sublime
délire
du
docte
Lueréee,
et
le
poéte
qui
conduit
les
Argonautes
Et
doctos
Equites,
et
eloquente
Cantu
purpureum
trahes
Senatum.
Nocturnas
alii
Phrygum
ruinas,
.Et
tarde
reducis
vias
Ulixi,
Et
puppem
temerariam
Minerva
,
50
'Trita
vatibus
orbita
,
sequantur
:
».
Tu
carus
Latio,
memorque
gentis
Carmen
fortior
exeres
togatum
:
Ac
primum
,
teneris
adhue
in
annis,
Ludes
Hectora
,
T'hessalosque
currus
;
55
Et
supplex
Priami
potentis
aurum.
'Tu
sedes
reserabis
inferorum;
Ingratus
Nero
dulcibus
theatris
Et
noster
tibi
proferetur
Orpheus.
Dices
culminibus
Remi
vagantes
,
zc
00
Infandos
domini
nocentis
ignes.
Tu
castx
titulum
decusque
Poll
—
.
Jucuuda
dabis
Allocutione.
«
Mox,
ecpta
generosior
juventa,
Albos
ossibus
Italis
Philippos
,
65.
Et
Pharsalica
bella
detonabis,
.
Et
fulmen
ducis
inter
arma
Divi
;
Libertate
gravem
pia
Calonem,
Et
gratum
popularitate
Magnum.
'Tu
Pelusiaci
scelus
Canopi
Deflebis
pius
;
et
Pharo
cruenta
Pompeio
dabis
altius
sepulcrum.
«
Haec
primo
juvenis
canes
sub
evo,
Ante
annos
Culicis
Maroniani.
€edet
Musa
rudis
ferocis
Enni
75
Et
docti
furor
arduus
Lucreti
,
à
travers
les
éeueils,
et
celui
qui
nous
fait
assis-
ter
aux
métamorphoses
des
premiers
corps.
J'ose
dire
plus
encore,
l'Enéide
méme
s'inclinera
de-
vant
le
poéte
qui
s'adresse
aux
fils
du
Latium.
Kt
je
ne
bornerai
pas
mes
faveurs
à
la
gloire
des
vers;
je
t'unirai
par
le
flambeau
nuptial
à
une
compagne
distinguée
par
son
savoir
et
belle
de
ses
propres
talents,
telle
que
la
déesse
des
amours
ou
Junon
pourrait
la
donner
de
sa
main.
A
la
beauté
,
la
simplicité,
la
douceur,
elle
joindra
for-
tune,
noblesse,
eráces,
décence;
et.
moi-méme
je
ferai
retentir
à
vos
portes
les
chants
heureux
d'hyménée.
«
O
Parques
trop
eruelles,
Parques
jalouses!
O
éelairs
de
bonheur
toujours
trop
rapides
pour
les
grands
hommes! Sommets
élevés,
pourquoi
faut-
il
que
vous
soyez
plus
exposés
aux
chutes?
Par
quelle
fatalité
barbare
ee
qui
est
grand
n'ar:
rivé-t-il
pas
à
la
vieillesse?
Ainsi
le
fils
du
Ju-
piter
afrieain,
aprés
avoir
foudroyé
l'Orient
et
l'Occident
,
dort
étouffé
à
Babylone
sous
un
étroit
-sépulere;
ainsi,
percé
de
la
main
tremblante
de
Páris,
Achille
glaca
d'effroi
par
sa
mort
le
eceur
maternel;
ainsi,
sur
les
rives
murmurantes
de
l'Hébre,
je
suivais
la
téte
plaintive
de
mon
Or-
phée
:
ainsi
toi-méme,
ó
rage
d'un
tyran
sacri-
lége!
tu
recevras
l'ordre
d'aller
t'ensevelir
sous
le
Léthé.
Et
tandis
que
tu
chantes
les
combats,
Et
qui
per
freta
ducit
Argonautas
;
Et
qui
corpora
prima
transfigurat.
Quin
majus
loquor
;
ipsa
te
Latinis
JEneis
venerabitur
canentem.
86
Nec
solum
dabo
carniinis
nitoreni
;
Sed
tzedis
genialibus
dicabo
Doctam
,
atque
ingenio
suo
decoram
;
Qualem
blanda
Venus
,
daretque
Juno
;
Forma,
simplicitate,
comitate
,
85
Censu
,
sanguine,
gratia,
decore.
Et
vestros
Hymencon
ante
postes
Faustis
cantibus
ipsa
personabo.
«
O
sev
nimium,
gravesque
Parce!
O
nunquam
data
festa
longa
summis
!
90
Cur
plus,
ardua
,
casibus
patetis?
Cur
s&va
vice
magna
non
senescunt?
Sie
natum
Nasamonii
"Tonantis
Post
ortus
obitusque
fulminatos
Angusto
Babylon
premit
sepulero
:
95
Sic
fixum
Paridis
manu
trementi
Peliden
Thetis
horruit
cadentem
:
Sic
ripis
ego
murmurantis
Hebri
Non
mutum
caput
Orpheos
sequebar
:
-
Sic
et
tu
(rabidi
nefas
tyranni!)
Jussus
precipitem
subire
Lethen,
-
Dum
pugnas
canis,
arduaque
voce
Das
solatia
grandibus
sepuleris
;
(O
dirum
scelus!
o
scelus!)
tacebis.
»
Sic
fata
est,
leviterque
decidentes
Abrasit lacrimas
nitente
plectro.
At
tu,
seu
rapidum
poli
per
axem
100
LIV.
et
que
d'une
voix
solennelle
tu
donnes
des
con-
solations
à
d'illustres
ombres,
Ó
crime!
ó
forfait!
on
condamnera
ta
voix
au
silence!
»
Elle
dit,
et
sa
main
légére
essuie
plus
d'une
larme
avee
son
brillant
archet.
Mais
toi
,
l'objet
de
ses
pleurs
,
soit
qu'emporté
par
le
mouvement
rapide
des
cieux
,
t'élevant
sur
le
char
de
la
Renommée
jusqu'oü
s'élévent
les
grandes
ámes,
tu
voies
de
bien
haut
la
terre
et
te
ries
des
sépuleres;
soit
qu'admis
pour
tes
vertus
aux
bords
heureux
de
l'Elysée,
tu
jouis-
ses
de
la
paix
au
fond
de
quelque
bois
solitaire
,
entouré
des
guerriers
de
Pharsalé,
et
suivi
des
Catons
et
des
Pompées
qu'attirent
tes
nobles
aecords;
soit
que
ton
ombre
auguste
et.
sainte,
fiére
d'ignorer
le
Tartare,
écoute
de
loin
les
fouets
vengeurs,
et
contemple
sur
l'autre
rive
Néron
aui
se
fait
pále
à
la
vue
des
torches
de
sa
mére;
viens,
entouré
d'une
auréole
;
et,
à
la
priére
de
Polla,
demande
un
seul
jour
aux
divinités
des
ombres
silencieuses.
Leurs
portes
ne
sont
point
inexorables
pour
l'époux
qui
rejoint
une
épouse.
Elle
n'a
pas
voulu
par
des
danses
inconvenan-
tes
et
par
un
eulte
dérisoire
te
donner
les
traits
d'une
vaine
idole
:
e'est
toi
qu'elle
honore,
toi
qu'elle
vénére
sur
un
autel
dressé
áu
milieu
de
Son
eceur;
et
ce
qui
peut
la
consoler,
ce
n'est
point
ton
portrait
retracé
sur
l'or
imitateur,
et
qui,
brillant
à
son
chevet,
protége
son
paisible
sommeil.
Fuyez,
fuyez,
images
de
mort,
voici
l'ére
d'une
vie
nouvelle!
loin
d'ici
le
deuil
lugubre!
que
ses
joues
s'humectent
désormais
de
douces
Famze
curribus
arduis
levatus
;
Qua
surgunt
anima
potentiores
,
Terras
despicis,,
et
sepulcra
rides
;
Seu
pacis
merito
nemus
reclusae
Felix
Elysiis
tenes
in
oris,
Quo
Pharsalica
turba
congregatur
;
Et
te
nobile
carmen
insonantem
Pompeii
comitantur,
et
Catones
:
Seu
magna
sacer
et
superbus
umbra
:
Nescis
Tarfaron,
et
proeul
nocentum
Audis
verbera
,
pallidumque
visa
Matris
lampade
respicis
Neronem;
Adsis
lucidus
;
et,
vocante
Polla
j
Unum
,
quizeso
,
diem
Deos
silentum
Exores
:
solet
hoc
patere
limen
Ad
nuptas
redeuntibus
maritis.
Hxc
te
non
thiasis
procax
dolosis
Falsi
numinis
induit
figuras
;
Ipsum
sed
colit
,
et
frequentat
ipsum
Imis
altius
insitum
medullis;
Ac
solatia
vana
subministrat
Vultus,
qui
simili
notatus
auro.
Stratis
praenitet,
excubatque
somno
Secure.
Procul
hinc
abite,
mortes
;
110
120
130
larmes,
et
que
sa
douleur,
solenneile
comme
una
féte,
adore
maintenant
ce
que
naguére
elle
à
pleuré.
:
——
áÉ—
LIVRE
TROISIEME.
STACE
A
POLLIUS
FÉLIX,
SON
AMI.
Cher
Pollius,
doux
ami,
bien
digne
à
eoup
sür
du
repos
auquel
vous
avez
voué
un
culte
si
fidele,
je
n'ai
pas
besoin
de
justifier
longue-
ment,
à
vos
yeux
du
moins,
l'essor
téméraire
de
ces
enfants
de
ma
muse,
éclos
pour
la
plupart
chez
vous
et
dans
le
sein
de
l'amitié.
L'audace
dema
plume
vous
effraya
méme
plus
d'une
fois,
lorsqu'entré
dans
la
confidence
de
votre
génie
,
je
pénétraisaufond
du
sanetuaire
des
lettres
,
et
me
laissais
guider
par
vos
conseils
dans
tous
les
mystérieux
détours
du
labyrinthe.
C'est
done
en
toute
sécurité
que
je
vous
envoie
ee
troisiéme
livre
de
mes
Silves.
Le
second,
vous
l'aviez
vu
naitre
;
mais
vous
étes
comme
le
pere
de
celui-ci.
L'Hereule
de
Surrente
ouvre
d'abord
le
reeueil
:
je
venais
de
l'apercevoir
sur
votre
rive,
et
aussitót
je
fis
ces
vers
pour
l'adorer.
La
seconde
piéce
fut
composée
à
l'occasion
du
départ
de
Métius
Céler,
envoyé
par
notre
auguste
empereur
pour
com-
mander
une
légion
en
Syrie
:
ne
pouvant
suivre
un
jeune
homme
si
magnifique
et
pour
moi
si
charmant,
je
l'aecompagnai
iei
de
mes
veux.
Je
devais
bien
aussi
quelque
iribut
de
conso-
lation
à
mon
cher
Claudius
Etruseus,
lui
qui
pleurait
avec
des
larmes
véritables
(et
partant
Hec
vite
genitalis
est
origo
:
Cedat
luctus
atrox
,
genisque
manent
Jam
dulces
lacrima
;
dolorque
festus
Quidquid
fleverat
ante,
nunc
adoret.
LIBER
TERTIUS.
STATIUS
POLLIO
SUO
SAL.
Tibi
certe,
Polli
dulcissime,
et
hac,
cui
tam
fideliter
inheres,.-quiete
dignissime,
non
habeo
probandam
diu
libellorum
istorum
temeritatem,
quum
scias
multos
ex
illis
in
sinu
tuo
subito
natos
,
et
hanc
audaciam
stili
nostri
frequenter
expaveas
,
quoties
in
illius
facundice
tuae
pene-
trale
seductus
,
altius
litteras
intro,
et
in
ompes
a
te
stu-
diorum
sinus
ducor.
Securus
itaque
tertius
hic
Silvarum
nostrarum
liber
ad
te
mittitur.
Habuerat
quidem
et
secun-
dus
testem
;
sed
hic
habet
auctorem.
Nam
primum
limen
ejus
Hercules
Surrentinus
aperit,
quem
in
litore
fuo
consecratum
,
statim
uf
videram,
his
versibus
adoravi.
Sequitur
libellus
,
quo
splendidissimum
et
mihi
jucundis-
simum
juvenem,
Metium
Celerem,
a
sacratissimo
impe-
|
ratore
missum
ad
legionem
Syriacam,
quia
sequi
non
po-
!
teramus,
sie
prosecutus
sum.
Merebatur
et
Claudii
Etresei
"n
Ue
36
-
STACE.
fort
àméres)
un
vieux
pere
mis
au
tombeau.
Ea-
rinus
,
affrancbi
de
notre
Germanicus
,
sait
en-
core
si
j'ai
tardé
à
satisfaire
ses
désirs
au
sujet
des
vers
qui
devaient
accompagner
l'envoi
de
ses
eheveux,
offerts
à
Asclépius
de
Pergame
avee
une
boite
en
diamants
et
un
miroir.
Dans
!a
der-
niere
Silve,
je
eonjure
ma
Claudia
de
se
retirer
à
Naples
avee
son
époux.
C'est
là,
je
l'avoue,
de
la
causerie,
voire
méme
de
la
causerie
sans
prétention;
je
cherche
plutót
à
persuader
ma
femme
qu'à
plaire
au
lecteur.
Vous
accueillerez
surtout
cette
piece
avec
faveur,
sachant
qu'elle
avait
pour
but
mon
repos,
et
vous
spécialement
pour
objet;
ear
je
me
retirais
non
pas
tant
dans
ma
patrie.
que
dans
celle
de
mon
aii.
SILVE
IL.
L'HERCULE
DE
SURRENTE.
Dieu
de
Tyrintbe,
Pollius
renouvelleà
ta
gloire
les
sacrifices
interrompus,
et
il
justifie
bien
une
année
de
silence
:
tu
seras
honoré
dans
un
sanc-.
tuaireplus
magnifique;
Hereulen'habitera
plus
un
rivage
pauvre
ou
désert,
ni
un
toit
digneà
peine
de
matelots
errants
:
mais
il
aura
un
brillant
porti-
que,
et
une
voüte
soutenue
par
le
bronze
et
par
le
métal
grec;
on
dirait
qu'une
fois
encore-
purifié
par
la
flamme
de
l'OEta
,
il
va
monter
glorieuse-
ment
du
bücher
vers
l'Olympe.
:
J'en
erois
à
peine
mon
esprit
et
mes
yeux.
Est-ce
bien
là
ee
gardien
d'unseuil
sans
honneur,
ee
Dieu
négligé
d'un
si
misérable
autel?
D'oü
mei
pietas
aliquod
ex
studiis
nostris
solatium,
quum
lu-
geret
veris
(quod
amarissimum
est)
lacrimis
senem
patrem.
Earinus
preterea,
Germanici
nostri
libertus,
scit
quamdiu
desiderium
ejus
moratus
sim,
quum
petisset,
ut
capillos
suos,
quos
cum
gemmata
pyxide
ét
speculo
ad
Pergame-
num
Asclepium
mittebat
,
versibus
dedicarem.
Summa
est
Ecloga,
qua
mecum
secedere
Neapolim
Claudiam
meam
exhortor.
Hic,
si
verum
dicimus,
sermo
esi;
et
quidem
securus,
uf
cum
uxore,
et
qui
persuadere
malit
quam
placere.
Huic
precipue
libello
favebis,
quuni
scias
habere
destinationem
quietis
mex,
ef
tibi:
maxime
intendere
:
meque
non
tam
in
patriam
quam
ad
te
secedere.
CARMEN
I.
HERCULES
SURRENTINUS
POLLII
FELICIS.
Intermissa
tibi
renovat,
Tirynthie,
sacra
Pollius;
et
causas
designat
desidis
anni
Quod
coleris
majore
tholo
;
nec
litora
pauper
Nuda
tenes,
tectumque
vagis
habitabile
nautis
,
Sed
nitidos
postes
,
Graiisque
effulta
metallis
5
Culmina
;
ceu
tedis
iterum
lustratus
honesti
Ignis,
ab
Gtea
conscenderis
aethera
flamma.
Yix
oculis
,
animoque
fides
:
tune
ille
reclusi
vient
ce
temple
d'hier,
et
cet
eclatinopiné
qui
en-
vironne
l'Hereule
champétre?
Ainsi
les
Divini-
tés
ont
leur
destinée
comme
les
lieux.
Effet
ra-
pide
de
la
piété
!
Naguére
des
sables
stériles,
les
flanes
d'une
montagne
battue
par
les
vagues,
des
rochers
hérissés
d'épines,
voilà
tout
ce
que
l'on
trouvait
dans
ces
lieux
inabordables.
Quelle
révolution
soudaine
a
fendu
ces
rochers
de
dia-
mant
?
est-ee
la
lyre
d'Amphion
,
est-ce
le
luth
de
Phrace
qui
les
a
transportés?
L'année
elle-
méme
s'étonne
de
voir
accompli
dans
l'intervalle
de
douze
mois
l'ouvrage
d'un
siécle.
C'est
que
le
Dieu
a
prété
son
bras
:
ila
érigé
son
propre
tem-
ple;
ees
roches
rebelles,
il
les
a
soulevées
avee
effort,
et
la
montagne
a
reeulé
devant
sa
vaste
poitrine
:
on
eüt
dit
qu'il
était
encore
aux
ordres
deson
impitoyable
marátre.
Ainsi
done,
soit
qu'affranchi
d'un
joug
tyran-
nique,
tu
habites
Argos
ta
patrie,
foulant
aux
pieds
lá
tombe
du
eruel
Eurysthée
;
soit
qu'élevé
par
ta
valeur
au-dessus
des
astres,
tu
siéges
à
cóté
de
ton
illustre
pere,
recevant
le
nectar
de
la
main
d'Hébé,
d'Hébé
plus
gracieuse
que
le
Phrygien
qu'elle
remplaee,
montre-toi
secourable,
et
fais
planer
ton
génie
sur
un
temple
naissant.
Ce
ne
sont
niles
vapeurs
empestées
de
Lerne,.
ni
les
guérets
de
l'indigent
Molorchus
,
ni
la
formida-
ble
forét
de
Némée,
ni
les
antres
de
la
Thrace,
ni
les
autels
ensanglantés
par
le
tyran
de
Pharos
qui
t'appellent,
c'est
une
maison
simple
et
heu-
reuse
fermée
à
la
perfidie
et
au
crime
,
une
mai-
son
tout-à-fait
digne
de
recevoir
les
Dieux
du
ciel.
Quitte
cet
are
menacant,
et
ce
carquois
inépuisa-
Liminis
,
et
parvae
custos
inglorius
arce
?
Unde
hec
aula
récens
,
fulgorque
inopinus
agresti
2107
Alcidc?
sunt
fatà
Deum,
sunt
fata
locorum.
O
velox
pietas!
steriles
hic
nuper
arenas
,
Aspersum
pelago
montis
latus,
hirtaque
dumis
Saxa
,
nec
ulla
pati
faciles
vestigia
terras
Cernere
erat.
Quaenam
subito
fortuna
rigentes
1
Divisit
scopulos?
Tyrione
heec
moenia
plectro,
An
gelica
venere
lyra?
stupet
ipse
labores
Annus,
et
angusto
bisseni
limite
menses
Longwvum
mirantur
opus.
Deus
adfuit
,
arces
Erexitque
suas
,
atque
obluctantia
saxa
20
Summovit
nitens,
et
magno
pectore
montem
Reppulit;
immitem
credas
jussisse
novercam.
Ergo
age;
seu
patrios,
liber
jam
legibus
,
Argos
Incolis
,
et
mersum
tumulis
Eurysthea
caleas
;
Sive
tui
solium
Jovis,
et
virtute
parata
—
25
Astra
tenes
,
baustumque
tibi
suecincta
beati
Nectaris,
excluso
melior
Phryge,
porrigit
Hebe
;
Huc
ades,
et
genium
templis
nascentibus
infer.
Non
te
Lerna
nocens
,
nec
pauperis
arva
Molorchi
,
Nec
formidatus
Nemees
ager,
antrave
poscunt
D.
Thracia,
nec
Pharii
polluta
altaria
regis
;
Sed
felix
,
simplexque
domus,
fraudumque
malarum
Tnscia
,
et
hospitibus
Superis
dignissima
sedes.
SM
LIV.
IHE,
SILVE
I.
ble
de
fléches
meurtriéres,
et
cette
massue
teinte
dusang
demilletyrans,
et
la
dépouille
d'un
ennemi
étendue
sur
tes
épaules;
on
te
dresse
un
coussin
tissu
de
la
plus
fine
étoffe
de
Sidon,
et
un
lit
su-
perbe
soutenu
par
des
figures
d'ivoire.
Viens
done,
mais
avec
douceur
et
mansuétude,
et
non
pointavee
letrouble
de
la
fureur,
ni
la
erainte
de
recevoir
des
ordres
tyranniques;
viens,
tel
que
sur
le
Ménale
te
vit
la
belle
Augé,
lorsqu'elle
Venlaea
de
ses
caresses,
encore
tout
fatigué
du
plaisir
de
la
danse,
et
les
lévres
tout
humides
de
la
joyeuse
liqueur
de
ton
frére;ou
plutót
tel
qu'au
sortir
d'une
nuit
eélébre
par
tes
amoureux
ébats,
tu
parus
devant
Thestius,
étonné
de
se
voir
tant
de
fois
ton
beau-pére.
Ici,
tu
seras
honoré
par
les
luttes
du
gymnaseet
es
coléres
de
jeunes
athlétes
armés
d'un
eeste
inoffensif
;
et
cesluttes
revenant
chaque
année
se
suecéderont
rapidement
l'une
à
l'autre.
Ici
Polliuss'es'
fait
une
féte
de
consaerer
à
ton
saecerdoee
son
petit-fils
tout
jeune
encore
et
tout
semblable
à
toi,
lorsque
tu
étouffais
les
premiers
émissaires
de
ta
marátre,
et
qu'ensuite
tu
t'affligeais
,
eroyant
avoir
brisé
tes.hochets.
Mais,
ó
Calliope,
raconte
l'auguste
et
rapide
élévation
de
ee
temple;
Aleide
t'aecompagnera
de
sa
voix
mále
et
sonore,
et
son
are
tendu
suivra
toutes
les
modulations
de
ta
lyre.
Nous
étions
dans
la
saison
oü
la
voüte
du
ciel
verse
un
torrent
de
feux
sur
la
terre,
et
oü
Sirius,
en
butte
à
tous
les
traits
du
soleil,
pése
lourdement
sur
les
plaines
embrasées.
Dájà
c'était
le
jour
oà
mille
torehes
rayonnantes
illu-
minent
le
lae,
solitaire
témoin
de
la
retraite
d'Hippolyte,
lejouroü
l'encens
fumaitauloin
dans
la
forét
d'Aricie,
dont
les
esclaves
fugitifs
se
dis-
Pone
truces
arcus,
agmenque
immite
phareürze
,
Et
regum
multo
perfusum
sanguine
robur,
35
Instratumque
humeris
dimitte
gerentibus
hostem.
Hic
tibi
Sidonio
celsum
pulvinar
acantho
Texitur,
et
signis
crescit
torus
asper
eburnis.
Pacatus
,
mitisque
veni
;
nec
turbidus
ira,
Nec
famulare
timens;
sed
quem
te
Meenalis
Auge
Confectum
thiasis,
et
multo
fratre
madentem
Detinuit
;
qualemque
vage
post
crimina
noctis
Thestius
obstupuit,
toties
socer
:
hic
tibi
festa
Gymnas
,
et
insontes
juvenum
sine
cxstibus
irze
Annua
veloci
peragunt
certamina
lustro.
Hic
templis
inscriptus
,
avo
gaudente,
sacerdos
Parvus
adhuc
,
similisque
tui
,
quum
prima
noverca
Monstra
manu
premeres
,
alque
exanimata
doleres.
Sed
queenam
subiti
veneranda
exordia
templi
,
Die
age
,
Calliope
:
socius
tibi
grande
sonabit
—
Alcides,
tensoque
modos
imitabitur
arcu.
Tempus
erat,
cceli
quum
torrentissimus
axis
Incumbit
terris
,
ictusque
Hyperione
multo
Acer
anhelantes
incendit
Sirius
agros.
-
Jamque
dies
aderat
,
profugis
quum
regibus
aptum
Fumat
Aricinum
Trivio
uemus,
et
face
multa
A0
4b
I4
[27
37
putent
la
royauté.
Diane
alors
couronnait
les
fa-
;
tigues
de
ses
chiens
fidéles;
elle
essuyait
ses:
fléches
et
laissait
en
repos
les
hótes
des
bois,
pendant
que
toute
l'Italie
venait
eélébrer
sur
de
chastes
foyers
les
ides
Hécatéennes.
Et
moi,
bien
que
j'eusse
alorsun
petit
domaine
au
pied.
des
collines
d'Albe,
avec
une
onde
pure
qui
coulait
pour
moi
par
la
munificence
de
notre
empereur,
choses
suffisantes
pour
ealmer
mon
áme
et
pour
rafraichir
l'air
environnant
,
j^ha-
bitais
à
cette
ópoque
prés
desrochers
fameux
par
le
souvenir
des
Sirénes,
au
sein
de
la
famille
de
l'éloquent
Vopiscus,
qui
voyait
en
moi
plus
qu'un
hóte.
Là,
j'ádmirais
à
loisir
et
ses
moeurs
douces
et
tranquilles,
et
ses
neuves
inspirations,
et
ces
fleurs
du
Parnasse
qu'il
cueille
toujours
frai--
ches.
Un
jour
(c'était
aussi
la
féte
de
Diane),
nous
trouvant
à
l'étroit
dans
nos
demeures
et
ennuyés
de
leur
aspect
monotone,
nous
cótoyions
le
ri—
vage
humide,
abrités
du
soleil
par.un
feuil-
lage
épais.
Tout
à
coup
le
cie]
S'obseureit,
l'éclat
du
plus
beau
soleil
fait
place
aux
sombres
nuages,
et
les
ailes
légéres
du
Zéphyr
sont
toutes
mouil-
lées
des
grosses
pluies
de
l'Auster
;
un
déluge
ac-
court,
semblable
à
celui
dont
la
fille
de
Saturne
inonda
jadisla
Libye,
lorsque
Didon,
se
livrant
au
guerrier
troyen,
arrachait
des
cris
aux
nymphes
témoins
de
la
pudeur
expirante.
Nous
fuyons,
et
les
eselaves.
d'emporter
les
mets
saerés
et.
les
coupes
ornées
de
fleurs;
mais
ils
ne
savent
ou
les
mettre.
Pourtant
d'innombrables
habitations
dominent
ees
belles
plaines,
et
plus
d'un
toit
brillant
couronne
la
montagne;
mais
la
pluie
conseillaitde
gagner
vite
l'abri
le
plus
proche,
et
Conscius
Hippolyti
splendet
lacus
:
ipsa
coronat
Emeritos
Diana
canes
,
et
spicula
tergit
,
Et
tutas
sinit
ire
feras;
omnisque
pudicis
Itala
terra
focis
Hecateias
excolit
idus.
Ast
ego,
Dardanit
quamvis
sub
collibus
Alb:e
Rus
proprium,
magnique
ducis
mihi
munere
currens
Unda
domi,
curas
mulcere
zestusque
levare
Sufficerent;
notas
Sirenum
nomine
rupes,
Facundique
larem
Polli
non
hospes
habebam
;
Assidue
moresque
viri
pacemque
novosque
Pieridum
flores
,
intactaque
carmina
discens.
Forte
diem.
Trivize
dum
litore
ducimus
udo,
Angustasque
fores
assuetaque
tecta
gravati,
—
Frondibus
et
patula
defendimus
arbore
soles
;
Delituit
ccelum,
et
subitis
lux
candida
cessit
:
Nubibus
,
et
tenuis
graviore
Favonius
Austro
Immaduit
;
qualem
Libyse
Saturnia
nimbum
Aitulit,
Hiaco
dum
dives
Elissa
marito
Donaíur,
testesque
ululant
per
devia
Nymphae.
Diffugimus;
festasque
dapes,
redimitaque
vina
Abripiunt
famuli
:
nec
quo
convivia
migrent
;
(Quamvis
innumerzc
gaudentia
rura
superne
Insedere
domus,
et
multo
culmine
dives
-
60
70.
MI
[51]
38
d'ailleurs
nous
avions
foi
au
retour
du
beau
temps.
Non
loin
de
là
était
une
masure
décorée
du
nom
de
temple,
une
humble
demeure
qui
éera-
*
sait
le
grand
Aleide
sous
une
voüte
à
peine
eapa-
ble
d'abriter
quelques pécheurs
ou
quelques
ma-
telots
errants,
C'est
là
qu'on
entasse
péle-méle
et
les
tables,et
leslits
somptueux,
et
la
foule
des
eselaves,
et
la
brillante
compagnie
de
la
belle
Polla.
Enfin
tout
le
monde
n'y
peut
tenir,
et
l'asile
ne
suffit
pas
à
tant
d'hótes.
Le
Dieu
rougit
et
rit
tout
ensemble;
il
entre
alors
dans
l'áme
de
Pollius,
et
l'entourant
de
ses
bras
caressants,
il
parle
en
ces
termes
à
son
ecur
:
«
Est-ce
là
ee
Pollius,
dont
la
main
libérale
a
répandu
ses
riehesses
avee
tant
de
profusion
sur
Pouzzol
sa
patrie,
et
sur
la
jeune
Parthénope
;
ce
Pollius
à
qui
notre
montagne
doit
tant
de
somptueux
édifices
,
tant
d'asiles
verts,
tant
de
statues
de
marbre
et
d'airain,
tant
d'images
en
eire
qu'animent,
ce
semble,
les
couleurs
de
la
vie?
Car
ee
palais
et
ce
domaine,
qu'étaient-ils
avant
ton
heureuse
arrivée?
A
travers
la
roche
nue,
tu
as
fait
pratiquer
un
long
chemin
cou-
vert,
et
là
oü
l'on
ne
trouvait
qu'un
étroit
sen-
tier,
s'éléve,
pour
Pagrément
de
la
route,
une
superbe
galerie
soutenue
par
de
riches
colonnes;
par
tes
soins
aussi
,
une
double
voüte
emprisonne
les
eaux
bouillonnantes
de
la
nymphe
voisine.
Auteur
de
mille
ouvrages,
pour
moi
seul
tu
es
pauvre
et
comme
sans
moyens,
ó
Pollius!
Et
pourtant
je
visite
volontiers
ees
Pénates,
et
j'aime
ce
rivage
dont
tu
rends
les
abords
faciles.
Mais
Mons
nitet)
instantes
sed.
proxima
quaerere
nimbi
80.
Suadebant,
loesique
fides
reditura
sereni.
Slabat
dicta
sacris
tenuis
casa,
nomine
templi
;
Et
magnum
Alciden
humili
lare
parva
premebat
,
Fluctivagos
nautas
,
serutatoresque
profundi
Vix
operire
capax
:
hue
omnis
turba
coimus
;
85.
Huc
epule
,
ditesque
tori,
ceetusque
ministrum
Stipantur,
nitiddeque
cohors
gratissima
Poll.
Non
cepere
fores
,
angustaque
deficit
aedes.
Erubuit,
risitque
Deus
,
dilectaque
Polli
Corda
dus
bBidisque
animum
complectitur
ulnis:
90
«
Tune,
inquit,
largitor
opum,
qui
mente
profusa
Tecta
Dicarchec
pariter,
juvenemque
replesti
Parthenopen?
nostro
qui
tot
fastigia
monti
,
Tot
virides
lucos
,
tot
saxa
imitantia
vultus,
Aaque,
tot
seripto
viventes
lumine
ceras
95
Fixisti?
quid
enim
ista
domus,
quid
terra
;
priusquam
'Te
gauderet
,
erant?
longo
tu
tramite
dudbe
Texisti
scopulos
,
fueratque
ubi
semita
tantum
,
Nunc
ibi
distinctis
stat
porticus
alta
columnis
,
Ne
sorderet
iter
:
curvi
tu
litoris
ora
Clausisti
calidas
gemina
testudine
nymphas.
Vix
opera
enumerem
:
mihi
pauper,
et
indigus
uni
Pollius?
et
tales
hilaris
tamen
intro
Penates,
100
STACE.
tout
auprés
Junonregarde
avee
mépris
ma
chétive
demeure,
et
rit
en
seeret
de
mon
dénüment.
Donne-moi
un
temple
et
des
autels
dignes
de
ta
magnifieenee,
un
temple
auprés
duquel
la
voile
enflée
d'un
vent
favorable
ne
passe
point
sans
S'arréter,
un
temple
que
le
roi
des
airs
et
les
conviés
du
banquet
des
Dieux
visitent
quel-
quefois
,
et
qui
puisse
recevoir
ma
soeur
au
sortir
de
son
habitation
sublime.
Qu'importe
que
cette
montagne
se
roidisse
eontre
nos
coups,
et
que
cette
masse
solide
n'ait
point
été
entamée
de
temps
immémorial?
je
suis
là
pour
t'aider
dans
ce
travail
immense
:
moi-méme
j'ouvrirai
le
sein
de
cette
terre
opiniátre.
Mets-toi
à
l'oeuvre
et
ose
quelque
chose,
sur
la
foi
des
promesses
d'Hereule.
Tu
verrassiles
tours
de
Thébes
ou
les
murs
de
Pergame
se
sont
élevés
plus
vite.
»
Il
dit,
et
quitte
le
eceur
de
Pollius.
En
un
moment,
le
plan
de
l'arehitecte
est
tracé
:
mille
bras
unissent
leurs
efforts;
les
uns
dépouillent
les
foréts
et
polissent
les
bois
,
les
au-
tres
fouillent
le
sol
et
jettent
les
fondements
:
on
dureit
au
feu
l'argile
humide
et
grasse,
qui
doit
garantir
le
temple
des
atteintes
de
l'hiver
et
des
pluies
;
et
l'indomptable
caillou
se
fond
et
coule
dans
la
fournaise.
Mais
l'eeuvre
la
plus
rude
était
de
fendre
les
pierres
et
les
rochers
qui
résistaient
à
l'action
du
fer.
Le
protecteur
du
lieu,
le
grand
-
Aleide
Iui-méme,
à
l'heure
oü
le
ciel
se
voile
des
épais
brouillards
de
la
nuit,
quitte
ses
armes
,
saisit
Ja
haehe
à
deux
tranchants,
et
fouille
d'un
bras
vigoureux
le
sol
informe.
La
riche
Ca-
prée,la
verdoyante
Taurubule,
retentissent
de
Et
litus,
quod
pandis,
amo
:
sed
proxima
sedem
Despicit,
et
tacite
ridet
mea
numina
Juno.
Da
templum,
dignasque
tuis
conatibus
aras,
Quas
puppes
velis
nolint
transire
secundis
:-
Quo
pater
vzetherius
,
mensisque
accita
Deorum
Turba,
et
ab
excelso
veniat
soror
hospita
tecto.
Nec
te,
quod
solidus
contra
riget
umbo
maligni
Montis,
et
immenso
non
unquam
excisus
ab
2evo
Terreat;
ipse
adero,
et
conamina
tanta
juvabo,
Asperaque
invitz
perfringam
viscera
terrae.
Incipe,
et
Herculeis
fidens
hortatibus
aude,
Non
Amphionizx
steterint
velocius
arces
,
1f5
Pergameusve
labor.
»
Dixit,
mentemque
reliquit.
Nec
mora;
conscripta
formantur
imagine
templa
:
Innumerze
coiere
manus:
his
caedere
silvas,
Et
levare
trabes
:
illis
i
immergere
curae
Fundamenta
solo.
Coquitur
pars
uvida
terroe
Protectura
hiemes,
atque
exclusura
pruinas;
Indomitusque
silex
curva
fornace
liquescit.
Preecipuus
sed
enim
labor
est
exscindere
dextra.
Oppositas
rupes,
ef
saxa
negantia
ferro.
Hic
pater
ipse
loci
,
positis
Tirynihius
armis
Insudat,
validaque
solum
deforme
bipenni,
Quum
grave
nocturna
ccelum
subtexitur
umbra
,
105
110.
120
125
LIV.
HH,
SILVE
T.
ses
efforts,
et
l'écho
des
mers
en
répereute
au
loin
le
bruit
dans
les
plaines.
'Tel
n'est
point
le
retentissement
de
l'Etna
quand
Brontés
et
Stérope
frappent
à
coups
re-
doublés
sur
l'enelume
;
moindre
est
le
fraeas
sou-
terrain
des
antres
de
Lemnos
,
lorsque
le
dieu
de
la
flamme
forge
l'éeide
et
prépare
de
máles
pré-
sents
à
la
sévére
Pallas.
La
montagne
déeroit
à
vue
d'ceil,
et
les
ou-
vriers
de
retouravec
les
premiers
rayons
de
l'aube
regardent
l'ouvrage
et
s'étonnent;
à
peine
faut-
il
eneore
les
sueurs
d'une
année,
et
déjà
le
dieu
de
Tyrinthe,
du
haut
de
sa
majestueuse
de-
meure,
dominant
sur
les
flots
et
défiant
le
sanc-
tuaire
de
sa
marátre,
invite
Pallas
à
le
venir
voir
dans
un
temple
digne
de
lui.
Mais
la
pacifique
trompette
a
donné
le
signal
;
déjà
la
poussiére
s'éléve
dans
la
brülante
aréne
eomme
la
fumée
du
sacrifice.
Jupiter
fété
à
Pise,
et
le
dieu
de
Cyrrha,
envieraient
de
tels
honneurs
rendus
au
dieu
de
la
force.
Ici
rien
n'afflige
la
vue.
Loin
de
nous,
jeux
lugubres
de
Corinthe,
jeux
atroces
de
Némée!
Un
enfant
plus
heureux
préside
aux
nótres.
Les
vertes
Néréides,
quittant
à
l'envi
leurs
grottes
profondes,
s'attachent
à
des
rochers
humides,
d'oü,
sans
étre
vues
et
sans
rou-
gir,
elles
regardent
les
combattants
nus
fournis-
sant
leur
earriére.
Le
Gaurus
couvert
de
vignes,
Nésis
eouronnée
de
bois,
Limon
ami
du
calme,
Euplée
favorable
aux
vaisseaux,
Luerin
cher
à
Vénus,
assistent
à
ce
spectacle,
que
toi,
Miséne,
tu
annonces
avee
la
trompette
greeque
du
haut
de
ton
promontoire
phrygien.
Et
la
tendre
Parthé-
nope
applaudit
à
des
fétes
qui
sont
aussi
les
sien-
Ipse
fodit
:
dites
Caprez
,
viridesque
resultant
Taurubule,
et
terris
ingens
redit
oequoris
echo.
Non
tam
grande
sonat
motis
incudibus
/Etna
,
Quum
Brontes
Steropesque
ferit
:
nec
major
ab
antris
Lemniacis
fragor
est,
ubi
flammeus
oegida
ccelat
Muleiber,
et
castis
exornat
Pallada
donis.
Decrescuut
scopuli,
et
rosea
sub
luce
reversi
Artifices
mirantur
opus
:
vix
annus
anhelat
Alter,
et
ingenti
dives
Tirynthius
arce
Despectat
fluctus,
et
junctv
tecta
novercae
Provocat,
et
dignis
invitat
Pallada
templis.
Jam
placidze
dant
signa
tubae;
jam
fortibus
ardeus
Fumat
arena
sacris
:
hos
nec
Piseeus
honores
Juppiter,
aut
Cyrrhie
pater
aspernetur
opaca.
Nil
his
triste
locis
:
cedat
lacrimabilis
Isthmos
;
Cedat
atrox
Nemee
:
litat
hic
felicior
infans.
Ipsce
pumiceis
virides
Nereides
antris
Exsiliunt
ultro,
et
scopulis
uventibus
hoerent
;
Nec
pudet
occulte
nudas
spectare
palcestras.
Spectat
et
Icario
nemorosus
palmite
Gaurus
j
Silvaque
quz
fixam
pelago
Nesida
coronat
;
Et
nlacidus
Limon
,
omenque
Euploa
carinis
,
130
140
398
nes
;
elle
sourit
à
ces
petites
couronnes
,
images
de
celles
dont
elle
honore
le
vainqueur
dans
ses
jeux.
Et
toi
aussi,
invineible
Hereule,
daigne
pren-
dre
part
à
ees
triomphes;
ils
sont
consacrés
à
ta
gloire!
Soit
que
le
disque
daus
tes
mains
aille
fendre
la
nue
,
soit
que
le
trait
rapide
prévienne
le
zéphyr
dans
son
vol,
soit
qu'une
lutte
inno-
cente
te
plaise
davantage,
montre-nous
que
tu
agrées
ces
offrandes;
et
s'il
te
reste
encore
des
pommes
du
jardin
des
Hespérides
,
laisse-les
cou-
ler
dans
le
sein
de
la
vénérable
Polla;
car
eiie
n'est
pas
indigne
d'un
tel
honneur.
Ah!
si
seule-
ment
elle
reprenait
Ja
fraieheur
et
les
gráces
tou-
chantes
de
sa
jeunesse
(pardonne,
ó
Hereule!),
tu
tiendrais
méme
la
quenouille
à
ses
pieds.
Tellessont,
cher
Pollius,
les
libations
que,
dans
ma
poétique
ivresse
j'ai
répandues
sur
ce
temple
renaissant.
Mais
voici
le
Dieu
lui-méme
sur
le
seuil
de
son
temple;
sa
bouche
divine
s'ouvre
,
et
il
prononce
ces
paroles
:
«
Courage,
Pollius
l-eontinue
d'employer
ainsi
tes
richesses
,
imitant
mes
nobles
travaux
,
domp-
tant
les
ápres
rochers,
fertilisant
des
déserts
qui
faisaient
honte
à
la
nature,
transformant
les
re-
paires
des
animaux
en
demeures
brillantes,
et
rendant
à
la
lumiere
des
divinités
humiliées
dans
l'ombre.
Quel
sera
le
prix
de
tant
de
mérites?
Comment
te
payer
de
retour?
J'arréterai
pour
toi
le
fuseau
des
Parques
;
j'allongerai
leur
fil.
Hereule
sait
vainere
la
mort.
Il
éeartera
loin
d'iet
le
deuil
et
les
aecidents
funestes,
et
te
raménera
sans
douleurs
au
printemps
de
tes
jours.
Gráce
à
lui,
tu
pourras
jouir
longtemps
de
tes
petits-fils..
Adsciscis,
Misene,
tubas;
ridetque
benigna
Parthenope
gentile
sacrum,
nudosque
virorum
Certatus,
et
parva
su:
simulacra
coronae.
Quin,
age,
et
ipse
libens
proprii
certaminis
actus
Invicta
dignare
manu
:
seu
nubila
disco
Findere,
seu
volucres
zephyros
preevertere
telo
,
Seu
tibi
dulee
manu
liquidas
nodare
palcstras
:
Indulge
his
saeris
:
et
si
tibi
poma
supersunt:
Hesperidum,
gremio
venerabilis
ingere
Pollze
;
Nam
capit,
et
tantum
non
degener
ambit
honorem.
—
160
|
Quod
si
dulce
decus
viridesque
resumerel
annos
(Da
veniam,
Alcide),
fors
huic
et
pensa
fulisses.
Hoc
ego
nascentes
loetum
baecchatus
ad
aras
Libamenta
tuli.
Nunc
ipsum
in
limine
cerno
Solventem
voces,
et
talia
dicta
ferentem
:
«
Macte
animis
opibusque,
meos
imitate
labores,
Qui
rigidas
rupes
,
infecundaeque
pudenda
165
|
Nature
deserta
domas,
et
vertis
in
usum.
Lustra
habitata
feris
,
foedeque
latentia
profers
Numina.
Quz
tibi
nunc
meritorum
promia
solyam
?
:
Quas
referam
grates?
Parcarum
fila
tenebo,
|
Extendamque
colus
:
duram
scio
vincere
mortem
:
Et
Lucrina
Venus
;
Phrygioque
e
vertice
Graias
:—D50
Avertam
luctus,
et
tristia
damna
vetabo,
40
À
l'un
tu
verras
une
épouse
,
et
à
l'autre
un
mari
digne
d'elle.
Tu
verras
de
cette
double
tige
fleu-
rir
eneore
des
rejetons
nouveaux
,
troupe
cares-
.
sante
,
essaim
folátre,
qui
tour
à
tour
se
glissera
sur
les
épaules
de
l'aieul
,
et
reviendra
autour
de
la
bonne
Polla
se
disputer
à
l'envi
ses
baisers.
Car
la
durée
de
ce
temple
n'aura
point
de
terme
,
tant
que
je
serai
porté
sur
la
voüte
enflammée
du
ciel.
Et
mon
temple
d'Argos
et
de
Némée,
celui
de
Gadés,
à
l'endroit
oü
le
soleil
se
couche,
ne
scront
pas
plus
favorisés
de
ma
présence.
»
Il
dit,
portela
main
sur
la
flamme
qui
s'éléve
de
son
autel;
puis,
agitant
sa
téte
couronnée
du
pále
peuplier,
il
en
jure
le
Styx
et
les
foudres
de
son
pére.
—
áo
SILVE
H.
A
MÉTIUS
CÉLER,
SUR
SON
DÉPART
POUR
LA
SYRIE.
Dieu
qui
veillez
avec
amour
sur
les
hardis
navires
et
qui
ealmez
en
leur
faveur
les
ora-
ges
d'une
mer
périlleuse
,
aplanissez.
doucement
les
flots,
prétez
de
concert
une
oreille
favorable
à
mes
veux,
et
que
l'onde
adoucie
laisse
monter
ma
priere
jusqu'à
vous.
«
O
Neptune,
quel
rare
et
préeieux
dépót
nous
confions
à
tes
abi-
mes,
lejeune
Métius!
Une
fragile
embarcation
va
le
recevoir,
et
transporter
au
delà
des
mers
la
meilleure
DOPHUR
de
mon
áme.
Faites
briller
vos
astres
bienfaisants,
et
n'abandonnez
point
les
deux
extrémités
de
l'antenne,
divins
jumeaux
Teque
nihil
lesum
viridi
renovabo
senecta
;
Concedamque
diu
juvenes
spectare
nepotes
5
Donec
et
hic
sponse
maturus
,
et
illa
marito
:
Rursus
et
ex
illis
soboles
nova
;
grexque
protervus
Nunc
humeris
irreptet
avi,
nunc
agmine
blando
Certatim
placidzé
concurràt
ad
oscula
Poll.
Nam
templis
nunquam
statuetur
terminus
àevi
,
Dum
me
flammigeri
por
tabit
machina
cceli.
Nec
mihi
plus
Nemee,
priscumve
habitabitur
ATgO0S
,
Nec
Tiburna
domus,
solisve
cubilia
Gades.
»
Sie
ait,
et
tangens
surgentem
altaribus
ignem,
Populeaque
movens
albentia
tempora
silva,
Et
Styga,
et
cetherei
juravit
fulmina
patris.
175
180
CARMEN
II.
PROPEMPTICON
METIO
CELERI..
Di,
quibus
audaces
amor
est
servare
carinas,
Sevaque
ventosi
mulcere
pericula
ponti
,
Sternite
molle
fretum,
placidumque
advertite
votis
Concilium
,
et
lenis
non
obstrepat
unda
precanti.
«
Grande
tuo
rarumque
damus,
Neptune,
profundo
5
Depositum
:
juvenis
dubiae
cott
alno
Metiüus
,
atque
animx
partem
super
aequora
nostrae
Majorem
transferre
parat
;
proferte
benigna
185
;
STACE.
d'OkEbalie.
Que
l'azur
du
ciel
et
de
ia
mer
soit
re-
vétu
de
vos
lueurs
fraternelles!
Quant
aux
astres
nébuleux
,
eompliees
du
départ
de
votre
sceur
fuyant
vers
Ilion,
chassez-les
de
gráce
et
fermez-
leur
au
loin
tout
l'horizon.
«
Vous
aussi,
troupe
azurée,
divines
Néréides,
à
qui
le
sort
a
livré
le
second
empire
de
la
nature,
vous
que
je
puis
bien
appeler
les
astres
de
la
mer,
quittez
les
grottes
transparentes
de
Doris
,
et
ANS
de
vos
eheeurs
paisibles
le
golfe
de
Baia,
cótoyant
à
l'envi
ses
rivages
battus
des
flots,
-
CHO
Chor
des
yeux
le
haut
navire
que
brüle
de
monter
Céler,
noble
nourrisson
de
la
belli-
queuse
Ausonie.
Vous
le
distinguerez
bientót.
C'est
lui
qui
vient
d'amener
aux
rives
de
Pouzzol.
la
premiére
charge
de
la
moisson
que
le
Phase
nous
doit
tous
v
ans;
lui
qui
a
le
premier
salué
Caprée,
et
fait
sur
la
i
droite
les
libations
de
vin
maréotiqueen
l'honneur
de
Minervetyrrhénienne.
Formez
toutes
autour
de
ses
flanes
une
volup-
tueuse
ceinture,
et
partagez
entre
vous
les
soins
de
la
manoeuvre
:
à
celles-ci
de
fixer
le
mát
à
l'aide
des
cordages,
à
celles-là
d'attacher
les
voiles
à
la.
-
vergue,
à
vous
de
présenter
aux
Zéphyrs.
leurs
plis
flottants.
Les
unes
disposeront
les
bancs
des
-
rameurs
,
les
autres
sous
les
flots
seconderont
le
mouvement
du
gouvernail,
une
partie
avec
la;
sonde
explorera
les
écueils;
quelques-unesattache-
ront
Ja
naeelle
au
dos
du
navire
et
améneront
l'anere
pesante,
tandis
que
d'autres
tempérant
les
vagues
les
-pousseront
toutes
vers
l'Orient.
Mais
pas
une
des
scurs
à
la
verte
chevelure
ne
doit,
:
rester
inactive.
Sidera,
et
antennze
gemino
considite
cornu,
GEbalii
fratres
:
vobis
pontusque
polusque
10
Luceat
:
Iliacoe
longe
nimbosa
sororis
Astra
fugate,
precor,
totoque
excludite
coelo.
«
Vos
quoque
ceruleum
,
divae
Nereides
,
agmen,
Quis
honor,
et
regni
cessit
fortuna
secundi,
(Dicére
quas
magni
fas
sit
mihi
sidera
ponti)
It
Surgite
de
vitreis
spumosc
Doridos
antri
jS,
Baianosque
sinus,
et
feta
tepentibus
undis
'
Litora
tranquillo
doris
ambite
natatu,
|
Quierentes
ubi
celsa
ratis,
quam
scandere
gaudet
Nobilis
Ausonic
Celer
armipotentis
alumnus.
20.
Nec
quierenda
diu
:
modo
nam
trans
zequora
terris
Prima
Dicarcheis
Pharium
gravis
intulit
annum
:
Prima
salutavit
Capreas
,
et
margine
dextro
Sparsit
Tyrrhenc
Máreotica
vina
Miner
vae.
Hujus
utrumque
latus
molli
przecingite
gyro;
29
Partiteeque
vices,
vos
stuppea
tendite
mali
Vincula,
vos
summis
annectite
suppara
velis,
-
Vos
Zcphyris
aperite
sinus
:
pars
transtra
reponat,
Pars
demittàt
aquis
curvae
moderamina
puppis.
Sint
quibus
exploret
rupes
gravis
arté
molybdis,
30
Quseque
secutüram
relisent
post
terga
phaselon
,
Uncaque
submersce
penitus
retinacula
vellant.
Temperet
hsec
testus
P
pelagusque
inclinet
ad
ortus
:
Officio.
careat
glaucarum
nülla
Sororum.
3á
^en
LIV.
lii,
«
Nagez
en
avant
du
vaisseau
,
Protée
aux
for-
mes
changeantes
,
Triton
à
la
double
nature
,
et
vous,
Glaucus,
privé
par
un
soudain
prodige
de
la
partie
inférieure
du
corps,
et
qui,
chaque
fois
que
vous
approchez
de
votre
patrie,
flattez
en-
eore
d'une
queue
earessante
les
rivages
d'An-
thédon.
«
Je
'invoque
entre
tous
,
ó
Palémon,
ainsi
que
ta
divine
mere!
Si
j'ai
eélébré
avec
amour
Thébes
votre
cher
pays,
et
chanté
sur
un
instrument
di-
ene
delui
l'harmonieux
Amphion,
exaucez
mes
voeux.
:
«
Et
toi
qui,
dans
les
eachots
d'Éole
,
brises
là
rage
des
vents,
toi
à
qui
obéissent
les
nuages
et]es
tempétes
sur
toute
l'étendue
des
mers
,
ó
Neptune,
éerase
de
montagnes
plus
lourdes
en-
eore
l'Eurus,
le
Notus-et
Borée
;
n'ouvre
qu'au
Zéphyr
les
plaines
de
l'air.
Qu'il
souffle
seul
en
poupe,
et
que
seul
il
effleure
sans
cesse
la
surface
des
flots
,
jusqu'à
ce
que,
sans
tourmente,
la
voile
entre
joyeuse
dans
les
ports
de
l'Égypte.
»
On
m'écoute.;
Zéphyr
lui-méme
appelle
le
na-
vire
et
aecuse
la
lenteur
des
matelots.
Mais
quoi!
le
frisson
m'agite,
mon
ccur
défaille;
et
malgré
l'effroi
que
m'inspire
unsinistre
présage,
retenues
un
instantsur
le
bord
de
mes
paupiéres
,
mes
lar-
mes
ont
coulé!
Déjà
le
nautonnier
a
coupé
le
cáble,
et
jeté
à
la
mer
la
planche
étroite
qui
nous
servait
de
pont;
et
dela
poupe
un
eri
prolongé,
le
eri
d'un
bar-
bare
,
rompt
les
embrassements
et
sépare
de
force
lesfidéles
baisers.
II
n'est
plus
temps
pour
la
dou-
leur
des'arréter
sur
une
téte
chérie.
N'importe,
«
Huic
multo
Proteus,
geminoque
huic
corpore
Triton
Proenatet
;
et
subitis
qui
perdidit
inguina
monstris
Glaueus
,
adhuc
quoties
patriis
allabitur
oris
Litoream
blanda
feriens
Anthedona
cauda.
«
Tu
tamen
ante
omnes,
diva
cum
matre
Paloemon,
Annue,
si
vestras
amor
est
mihi
pandere
Thebas,
Nec
cano
degeneri
Phoebeum
Amphiona
plectro.
«
Et
pater,
JEolio
frangit
qui
carcere
ventos,
Cui
varii
flatus,
omnisque
per
zequora
ponti
Spiritus,
atque
hiemes
nimbosaque
nubila
parent
,
Arctius
objecto
Borean,
Eurumque
,
Notumque
Monte
premat:
soli
Zephyro
sit
copia
coeli
,
Solus
agat
puppes
;
summasque
supernatet
undas
Assiduus
pelago;
donec
tua
,
turbine
nullo,
L«ta
Paretoniis
assignet
carbasa
ripis.
»
Audimur
:
vocat
ipse
ratem
,
nautasque
morantes
Tnerepat
:
inde
meum
timido
jam
frigore
pectus
Labitur,
et
nequeo,
quamvis
movet
ominis
horror,
Claudere
suspensos
oculorum
in
margine
fletus.
Jamque
ratem
terris
divisit
fune
soluto
Navita,
et
angustum
dejecit
in
s&quora
pontem
;
Swvus
et
e
puppi
longo
clamore
magister
Dissipat
amplexus,
atque
oscula
fida
revellit,
Nec
longum
cara
licet
in
cervice
morari.
40
45
0
9
————.
SILVE
1I.
4i
je
resteraile
dernier
de
tous,
et
je
ne
descendrai
pas
que
le
vaisseau
ne
quitte
la
terre.
Quel
est
celui
qui
de
cette
mer.
inconnue,
et
fermée
aux
malheureux
mortels,
osa
faire
due
route,
et
détacha
du
sol
les
Uic
enfants
de
la
terre,
pour
les
lancer
à
la
merci
des
vagues
et
promener
leur
espoir
haletant
sur
les
abimes?
Génie
audacieux
,
non
moins
téméraire
que
le
géant
qui
entassa
les
glaces
de
Pélion
sur
Ossa,
et
fit
gémir
l'Olympe
sous
ce
double
fardeau.
C'était
peu
sans
doute
que
d'avoir
traversé
de
paisibles
marais
,
soumis
des
étangs
et
d'étroites
riviéres
au
joug
de
nos
ponts
:
nous
courons
vers
des
précipices;
nous
fuyons
de
tous
cótésla
terre,
notre
douce
patrie,
etnous
allons,
resserrés
dans
une
cloison
fragile,
nous
exposer
à
l'inclémenee
des
airs.
De
là
cette
fureur
des
vents
et
cette
indignation
des
tempétes,
et
Je
ciel
qui
gronde,
et
Jupiter
qui
tonne,
la
main
pleine
de
foudres!
Avant
l'apparition
des
vaisseaux
,
la
mer
dor-
mait
d'un
profond
sommeil;
le
sein
de
Thétis
ne
se
eouvrait
point
d'éeume,
et
les
pluies
d'o-
rage
n'osaient
altérer
le
calme
des
flots.
Mais
à
la
vue
de
nos
poupes
orgueilleuses,
la
mer
se
gonfla
et
l'homme
vitse
dresser
contre
lui
la
tempéte;
alors
menaees
du
cóté
de
la
Pléiade,
menaces
du
cóté
de
l'astre
d'Olénie,
menaces
de
la
part
d'Orion
,
plus
furieux
que
jamais.
Trop
juste
est
ma
plainte;
cependant
le
na-
vire
s'enfüitsur
le
dos
des
vagues
rapides,
il
dé-
croit,
déeroit
encore,
décroit
toujours
et
finit
par
échapper
à
ma
vue,
emportant
sous
un
fréle
abri
les
objets
de
tant
de
sollicitude,
et
par-des-
Attamen
in
terras
e
plebe
novissimus
omni.
Ibo,
nec
egrediar
nisi
jam
cedente
carina.
Quis
rude,
et
abscissum
miseris
animantibus
zequor
Fecit
iter?
seticce
due
pios
telluris
alumnos
Expulit
in
ffuctus
,
pelagoque
immisit
hiantes?
Audax
ingenii
;
nec
euim
temeraria
virtus
Illa
magis,
summ«e
gelidum
quse
Pelion
Ossce
Junxit,
anhelantemque
jugis
bis
pressit
Olympum.
Usque
adeone
parum
lentas
transire
paludes
,
Stagnaque
et
angustos
submittere
pontibus
amnes?
Imus
in
abruptum,
gentilesque
undique
terras
Fugimus
,
exigua
clausi
trabe,
et
aere
nudo.
Inde
furor
ventis
,
indignateque
procella
,
Et
cceli
fremitus,
et
fulmina
plura
Tonanti.
Ante
rates,
pigro
torpebant
eequora
somno;
Nec
spumare
Thetis,
nec
spargere
nubila
fluctus
Audebant
:
visis
tumuerunt
puppibus
unde,
Inque
hominem
surrexit
hiems.
Tunc
nubila
Pleias
,
Oleniumque
pecus;
solito
tunc
pejor
Orion.
Justa
queror
:
fugit
ecee
vagas
ratis
acta
per
undas
Paulatim
minor,
et
longe
servantia
vincit
Lumina,
tot
gracili
ligno
complexa
timores,
Teque
super
reliquos,
te,
nostri
pignus
amoris
Portatura,
Celer.
Quos
nunc
ego
pectore
somnos,
60
80
49
STACE.
sus
tout
le
gage
de
notre
amitié,
mon
cher
Mé-
tius!...
Mon
ecur
maintenant
laissera-t-il
venir
le
sommeil?
quelles
nuits,
quelles
journées
je
vais
passer!
Quelle
nouvelle
rassurera
celui
qui
eraint
tout?
La
mer
de
Lucanie,
cette
bac-
chante
furieuse,
lui
a-t-elle
ouvert
un
facile
pas-
sage?
ÁA-t-il
trouvé
propice
la
farouche
Cha-
rybdeou
la
vierge
qui
ravage
le
détroit
sicilien?
Quel
aecueil
lui
a
fait
l'orageuse
Adria?
Le
ealme
régnait-il
sur
la
mer
de
Carpathie?
Doris
a-t-elle
d'un
souffle
caressant
bereé
son
navire,
elle
autrefois
si
favorable
aux
doux
lareins
du
taureau
d'Agénor?
Mais
j'ai
mérité
ce
qui
me
fait
gémir
:
Métius
volait
aux
eombats,
et
moi,
láehe
compagnon,
je
n'ai
peint
suivisatrace
jusque
dans
le
fond
des
Indes
inconnues,
jusque
dans
le
chaos
des
Cym-
mériens.
Debout
prés
du
belliqueux
étendard
de
mon
prince,
en
te
voyant
tour
à
tour
manier
la
lance,
eontenir
la
fougue
de
ton
coursier,
don-
ner
des
ordres
aux
fils
de
Mars,
je
pourrais,
sinon
partager,
du
moins
admirer
tes
exploits.
Si
jadis
Ie
vieillard
vénéré
du
grand
Achille,
si
Phénix
alla
jusque
sur
la
rive
d'Iion
et
sous
les
murs
de
Pergame,
lui,
faible
et
débile,
et
qui
n'avait
rien
promis
au
fier
Atride,
pourquoi
ai-je
moins
de
courage
avee
une
égale
amitié?
Du
moins
mon
eceur
fidéle
ne
te
quittera
point,
et
je
suivrai
ta
voile
aussi
loin
qu'iront
mes
désirs.
O
vous,
reléguée
autrefois
sous
les
antres
de
Phoronée,
Isis,
maintenant
reine
de
Pharos,
di-
vinité
vers
qui
l'Orient
soupire,
aceueillez
son
entrée
dans
lelae
Maréotis
aux
sons
bruyants
du
sistre.
Fétez
ee
jeune
guerrier
à
qui
le
chef
du
Latium
a
confié
ses
étendards
dans
les
eontrées
Quosve
queam
perferre
dies?
quis
cuncta
paventi
Nuntius,
an
facili
te
przetermiserit
unda
Lucani
rabida
ora
maris
:
num
torva
Charybdis
85
Fluctuet
,
aut
Siculi
populatrix
virgo
profundi
:
Quos
tibi
currenti
proeceps
ferat
Adria
mores
:
Quae
pax
Carpathio
:
quali
te
subvehat
aura
Doris
Agenorei
furtis
blandita
juvenci?
Sed
merui
questus
:
quid
enim,
te
castra
petente,
90
Non
vel
ad
ignotos
ibam
comes
impiger
Indos
Cimmeriumque
Chaos?
starem
prope
bellica
regis
Signa
mei
,
seu
tela
manu
,
seu
frena
teneres,
Armatis
seu
jura
dares;
operumque
tuorum
Etsi
non
socius
,
certe
mirator
adessem.
95
Si
quondam
magno
Phoenix
reverendus
Achilli
Litus
ad
Iliacum
,
Thymbreeaque
Pergama
venit
Imbellis
,
tumidoque
nihi]
juratus
Atridoe,
Cur
nobis
ignavus
amor?
sed
pectore
fido
Nusquam
abero,
longisque
sequar
tua
carbasa
votis.
Isi,
Phoroneis
quondam
stabulata
sub
antris
,
Nunc
regina
Phari,
numenque
Orientis
anheli
,
Excipe
multisono
puppem
Mareotida
sistro
;
Ac
juvenem
egregium
,
Latius
cui
ductor
Eoa
Bigna,
Palestinasque
dedit
frenare
cohortes
,
100
105
de
l'aurore,
celui
dont
l'autorité
maitrise
ses
cohortes
de
la
Palestine.
Vous-méme
d'une
main
propiee
introduisez-le
dans
vos
temples,
dans
vos
ports
saerés
et
dans
vos
villes
;
que,
sous
vos
auspices,
il
apprenne
pourquoi
le
Nil
déborde
en
fécondant
l'Egypte;
pourquoi
ses
ondes
s'arrétent
devant
la
digue
maconnée
par
l'industrieuse
hi-
rondelle;
pourquoi
le
mystére
régne
à
Memphis
;
pourquoi
les
rives
de
Canope
sont
dévouées
à
la
volupté;
pourquoi
le
gardien
du
Léthé
préside
au
sanetuaire
du
Phare,
et
pourquoi
de
vils
animaux
se
voient
égalés
à
la
majesté
des
Dieux.
Qu'il
sache
enfin
comment
l'éternel
Phé-
nix
eompose
l'autel
oü
il
doit
renaitre;
quelles
campagnes
daigue
visiter
le
boeuf
Apis;
dans
quel
endroit
du
Nil
va
se
baigner
ce
dieu
tant
adoré
des
timides
pasteurs.
Guidez
encore
ses
pas
vers
la
grande
ombre
du
héros
de
Macédoine,
prés
du
tombeau
oü
ce
fondateur
d'Alexandrie
brave
les
siéeles,
embau-
mé
dans
le
nectar
de
l'Hybla
;
vers
ee
palais
oü
l'on
eherehe
eneore
la
vipére
dont
le
venin
sub-
til
endormit
doucement
Cléopátre
,
et
déroba
la
fugitive
d'Actium
aux
chaines
de
l"'Ausonie.
Sui-
vez-le
jusque
dans
le
eceur
de
l'Assyrie
et
jus-
que
dans
l'armée
soumise
à
ses
ordres,
et
ne
l'a-
bandonnez,
ó
déesse
,
qu'apres
l'avoir
remis
sous
la
protection
du
Mars
des
Latins.
Il
n'est
point
inconnu
dans
ees
climats;
jeune
eneore
et
dé-
eoré
seulement
du
laticlave,
il
y
brillait
dans
la
poudre
des
eamps;
déjà
par
un
mouvement
sou-
ple
et
rapide
il
devaneait
les
eseadrons,
et
son
javelot,
lancé
d'une
main
süre,
bravait
les
fléches
orientales.
Le
jour
viendra
sans
doute
oü
César,
ayant
Ipsa
manu
placida
per
limina
festa
,
sacrosque
Duc
portus
,
urbesque
tuas
:
te
pr:eside,
noscat
Unde
paludosi
fcecunda
licentia
Nili
:
Cur
vada
desidant,
et
ripa
coerceat
undas
Cecropio
stagnata
luto
:
cur
invida
Memphis
,
Curve
Therapnzi
lasciviat
ora
Canopi
:
Cur
servet
Pharias
Letheus
janitor
aras
:
Vilia
cur
magnos
xquent
animalia
Divos
:
Quee
sibi
preesternat
vivax
altaria
Phoenix
:
Quos
dignetur
agros
,
aut
quo
se
gurgite
Nili
115
Mergat
adoratus
trepidis
pastoribus
Apis.
Duc
et
ad
/Emathios
manes,
ubi
belliger
urbis
Conditor
Hyblao
perfusus
nectare
durat
;
Anguiferamque
domum,
blando
qua
mersa
veneno
Actias
Ausonias
fugit
Cleopatra
catenas.
Usque
et in
Assyrias
sedes,
mandataque
castra
Prosequere,
et
Marti
juvenem
,
Dea
,
trade
Latino.
Nec
novus
hospes
erit
:
puer
hic
sudavit
in
armis
Notus
adhuc
tantum
majoris
munere
clavi
;
Jam
tamen
et
turmas
facili
prevertere
gyro
Fortis,
et
Eoas
jaculo
damnare
sagittas.
Ergo
erit
illa
dies,
qua
te
majora
daturus
-
Cwsar
ab
emerito
jubeat
discedere
bello
?
110
120
LIV.
HI,
SILVE
III.
sur
toi
des
vues
plus
hautes,
te
rappellera
des
champs
de.
bataille
illustrés
par
tes
exploits.
Et
nous,
les
yeux
fixés
de
nouveau
sur
le
méme
ri-
vage,
nous
contempleronsle
vaste
abime
et
nous
demanderons
au
ciel
d'autres
vents.
O
quelle
sera
ce
jour-là
mon
ivresse!
Avec
quel
transport
je
saisirai
ma
lyre,
lorsque,
m'en-
chainantde
tes
fortes
étreintes,
et
m'écrasant
du
poids
de
ta
gloire,
tu
viendras,
nouveau
débar-
qué,
tomber
d'abord
dans
mes
bras
,
que
tu
me
rendras
enfin
ces
entretiens
dont
tu
m'auras
gardé
le
charme,
et
que,
dans
nos
longs
dis-
cours
sur
les
années
écoulées
dans
l'intervalle,
tu
me
parleras
du
cours
rapide
de
l'Euphrate,
des
palais
de
la
Baetriane,
des
coupables
trésors
de
l'antique
Babylone,
du
Zeugma,
oü
nous
trouvámes
la
paix
par
le
chemin
de
la
victoire,
et
des
bosquets
enchanteurs
de
la
florissante
Idumée!
Tu
me
diras
ce
qui
donne
aux
laines
de
Tyr
]eur
précieuse
écarlate,
et
pourquoi
la
pourpre
de
Sidon
vient
deux
fois
se
teindre
au
fouloir;
tu
me
décriras
ces
lieux
oü
d'heureuses
plantes
distillent
le
baume
de
leurs
rameaux
blanes;
et
moi,
je
te
montrerai
quel
monument
j'éléve
aux
Pélages
vaineus,
et
quelle
page
doit
elore
enfin
ma
laborieuse
Thébaide.
SILVE
III.
LES
LARMES
DE
CLAUDIUS
ÉTRUSCUS.
O
toi,
Divinité
puissante,
dont
le
regard
si
agréable
aux
immortels
s'abaisse
rarement
sur
la
terre
profane,
ó
Piété,
reparais
le
front
ceint
de
bandelettes
et
couverte
d'un
voile
blanc
At
nos,
hoc
iterum
stantes
in
litore,
vastos
Cernemus
fluctus,
aliasque
rogabimus
auras.
O
tum
quantus
ego
!
aut
quanta
votiva
movebo
Plectra
lyra!
quum
me
magna
cervice
ligatum
Attolles
humeris,
atque
in
mea
pectora
primum
Incumbes
e
puppe
novus,
servataque
reddes
Colloquia,
inque
vicem
medios
narrabimus
annos
,
Tu,
rapidum
Euphraten
,
et
regia
Bactra,
sacrasque
Antiqui
Babylonis
opes
,
et
Zeugma,
Latinae
Pacis
iter;
qua
dulce
nemus
florentis
Idumes
;
Quo
pretiosa
Tyros
rubeat,
quo
purpura
fuco
Sidoniis
iterata
cadis;
quo
germine
primum
Candida
felices
sudent
opobalsama
virgee
:
Ast
ego
,
devictis
dederim
que
justa
Pelasgis
,
Quieque
laboratas
claudat
mihi
pagina
Thebas.
130
135
140
CARMEN
III.
LACRINUE
CLAUDII
ETRUSCI.
summa
Deum
Pietas
,
cujus
gratissima
calo
Rara
profanatas
inspectant
numina
terras,
Huc
vittata
comam
niveoque
insignis
amictu
2
:
48
comme
la
neige,
et
telle
que
jadis,
avant
d'étre
ehassée
par
le
crime
et
la
perfidie,
tu
te
montrais,
dans
l'áge
d'or,
aux
peuples
enfants.
Sois
témoin
d'un
tendre
et
dernier
hommage;
vois
les
pieu-
ses
larmes
d'Etruseus
en
deuil
,
et
essuie-les,
ces
larmes
qui
l'honorent.
À
la
plainte
sans
fin
qui
s'exhale
de
sa
poi-
trine;
à
la
facon
dont
il
embrasse
le
bücher
fu-
nébre
et
se
précipite
sur
les
tisons
fumants
,
ne
dirait-on
pas
qu'il
gémit
aux
funérailles
de
sa
jeune
épouse,
ou
que
les
traits
de
son
fils
encore
adolescent
vont
devenir
la
proie
des
flammes?
Non,
c'est
la
mort
d'un
pére
qui
fait
couler
ses
pleurs.
Assistez,
Dieux
et
mortels,
à
cette
cé-
rémonie.
Loin
d'ici,
ah!
loin
d'ici
les
méchants
s
et
ceux
dont
l'áme
couve
en
secret
de
noirs
des-
seins,
et
ceux
qui
trouvent
que
la
vieillesse
dun
pére
est
trop
longue
à
s'écouler,
et
celui
que
sa
conscience
aeeuse
de
la
mort
violente
d'une
mére,
et
qui
redoute
l'urne
infernale
du
rigide
Éa-
que!
ce
sont
les
ámes
innocentes
et
pures
que
je
convie.
Le
voyez-vous,
commeil
tient
ses
lévres
doucement
collées
sur
ce
visage
vénérable,
et
comme
il
arrose
de
larmes
ees
cheveux
blanchis,
et
comme
il
aime
ces
restes,
malgré
les
glaces
dela
mort!
Un
fils
trouve
(chose
rare)
que
les
années
de
son
pére
ont
été
trop
rapides,
et
que
les
noires
sceurs
ont
travaillé
trop
vite.
Que
les
mánes
tressaillent
sur
les
bords
du
paisible
Lé-
thé!
Réjouissez-vous
,
demeures
élyséennes,
cou-
vrez
vos
autels
de
guirlandes,
et
qu'une
féte
brillante
éeaie
un
peu
vos
páles
foréts.
Heureuse,
ah!trop
heureuse,
cette
ombre
qui
descend
toute
couverte
des
baisers
d'un
fils!
;
Qualis
adhuc
praesens
nullaque
expulsa
nocentum
Fraude,
rudes
populos
atque
aurea
regna
colebas
,
5
Mitibus
exsequiis
ades;
et
lugentis
Etrusci
Cerne
pios
fletus
,
laudataque
lumina
terge.
Nam
quis
inexpleto
rumpentem
pectora
questu
,
Complexumque
rogos
,
incumbentemque
favillis
Aspiciens
,
non
aut
primaevse
funera
plangi
19
Conjugis
,
aut
nati
modo
pubescentia
credat
Ora
rapi
flammis?
Pater
est,
qui
fletur
:
adeste,
Dique
hominesque,
sacris
:
procul
hinc,
procul
ite,
nocentes
i
Si
cui
corde
nefas
tacitum
,
fessique
senectus
Longa
patris;si
quis
pulsatze
conscius
umbram
15
Matris
,
et
inferna
rigidum
timet
7Eacon
urna
:
Insontes,
castosque
voco.
Tenet
ecce
seniles
Leniter
adplicitos
vultus
,
sanctamque
parentis
Canitiem
spargit
lacrimis
,
animzeque
supremum
Frigus
amat
:
celeres
genitoris
filius
annos,
20-
(Mira
fides)
nigrasque
putat
properasse
sorores.
Exsultent
placidi
Leth:ea
ad
flumina
manes
;
Elysi:e
gaudete
domus;
date
serta
per
aras,
Festaque
pallentes
hilarent
altaria
lucos.
Felix
,
heu!
nimium
felix
,
plorataque
nato
25
Umbra
venit.
Longe
Furiarum
sibila,
longe
50
toure.
Seulement
daigne
y
fixer
ton
regard,
et
laisse
sur
le
cristal
l'empreinte
de
tes
traits.
»
1i
dit,
et
renferme
aussitót
le
miroir,
emportant
la
douce
image.
Alors
Éarinus
élevant
vers
le
ciel
ses
mains
gracieuses
:
«
Dieu
proteeteur,
dit-il,
dieu
si
pro-
pice
aux
mortels,
si
j'ai
mérité
votre
faveur,
pour
prix
de
mon
offraude,
renouvelez
par
une
longue
jeunesse
les
années
de
César,
et
veuillez
le
con-
server
pour
le
bonheur
du
monde!
Le
ciel,
la
terre
et
les
mers
s'unissent
à
moi
pour
implo-
rer
la
méme
gráce.
Ah!
puisse-t-il
vivre
les
longs
jours
de
Priam
et
de
Nestor,
et
voir
vieillir
avec
lui
le
Capitole
et
ses
propres
Pénates
!
»
Il
dit,
et
contemple
en
extase
les
autels
de
Per-
game,
qui
s'agitent
en
signe
d'assentiment.
SILVE
V.
LE
PORTE
A
CLAUDIA,
SON
ÉPOUSE.
Pourquoi
cette
tristesse
le
jour,
et,
durant
tes
nuits
sans
sommeil,
lessoupirs
que
ton
inquiétude
exhale
à
mes
ceótés?
Je
ne
crains
pas
que
ta
fidé-
lité
ne
s'altére,
ni
que
ton
-eceur
s'ouvre
à
un
étranger.
Aucune
fléche
d'amour
ne
peut
plus
l'atteindre
;
et
Rhamnusie
düt-elle
entendre
ces
paroles
avee
colére,
je
dis
la
vérité.
Non,
quand
ton
époux
enlevé
au
rivage
paternel
se
verrait
promener
de
mers
en
mers,
de
combats
en
combats,
pendant
quatre
lustres
entiers,
toi
tu
sortirais
vietorieuse
de
la
poursuite
de
mille
amants
;
et
sans
défaire
la
trame
ourdie
pendant
le
jour,
mais
ouvertement
et
sans
feinte,
Claudia,
dti:
Cos
,
Pyliosque
situs;
propriosque
Penates
€
i
deat,
et
secum
Tarpeia
senescere
templa!
»
105
CARMEN
Y.
AD
OLAUDIAM
UXOREM.
uy
:
:
&
*
Quid
mihi
msta
die
,
sociis
quid
noctibus
,
uxor,
Ankxia,
pervigili
ducis
suspiria
cura?
Non
metuo
ne
lesa
fides,
aut
pectore
in
isto
Alter
amor
:
nullis
in
te
datur
ire
sagiltis
,
Audiat
infesto
licet
hoec
Rhamnusia
vultu
,
5
Non
datur;
et
si
egomet
patrio
de
littore
raptus
Quatuor
emeritis
per
bella,
per
s&equora
,
lustris
Errarem
,
ut
mille
procos
intaeta
fugares
;
Non
intersectas
commenta
retexere
telas
,
Sed
sine
fraude
palam,
thalamisque
orbata
negasses.
10
Dic
tamen
unde
alia
mihi
fronte,
et
nubila
vultu?
Anne
quod
Euboicos
fessus
remeare
penates
Auguror,
et
patria
senium
componere
terra?
Cur
hoc
triste
tibi?
certe
lascivia
cordi
STACE.
devenue
veuve,
repousserait
les
lois
de
l'hymen.
Dis-moi
pourtant
ee
qui
voile
de
tristesse
ton
front
altéré.
Serait-ce
le
désir
que
j'ai
detrouver
le
repos
dans
mes
Pénates
Euboiques,
etd'abriter
ma
vieillesse
sur
le
sol
de
ma
patrie?
Pourquoi
t'en
altrister?
Les
folies
du
jeune
áge
ne
te
sourient
guére,
et,
insensible
aux
combats
du
cirque
ra-
pide
eomme
aux
elameurs
du
théátre,
tu
n'ai-
mes
que
les
plaisirs
purs,
la
solitude,
l'ombre
et
la
vertu.
Maissur
quelsflots
crois-tu
que
je
veuille
t'entrainer?
Á
prés
tout,
j'irais
fixer
ma
demeure
prés
del'Ourse
glaeée,
ou
en
decà
des
rives
occi-
dentales
de
la
sombre
Tbulé,
ou
bien
vers
la
source
mystérieuse
du
Nilaux
sept
embouchu-
res,
que
tu
encouragerais
mon
départ.
C'est
Vé-
nus
qui
nous
a
unis
à
la
fleur
denos
années;
Vé-
nus
nous
eonservera
sa
faveur
sur
le
déclin
de
la
vie.
Tes
lois,
Claudia,
(car
n'est-ce
pas
toi
qui,
des
la
premiere
blessure
d'amour,
fixas
ma
jeunesse
volage
en
la
domptant
au
joug
de
l'hymen
?)
tes
lois
m'ont
trouvé
docile
et
content,
et
je.
ne
bri-
serai
pas
un
lien
que
je
resserre
de
plus
en
plus
tous
les
jours.
Quand
la
ville
d'Albe
ceignait
mon
front
de
trois
eouronnes
et
que
César
l'environ-
nait
d'un
cercle
d'or,
tu
me
placaisau
milieu
de
ton
ceeur,
tu
couvrais
mes
guirlandes
de
baisers
de
feu;
et
quand
les
prix
capitolins
étaient
refu-
sés
à
ma
lyre,
accablée
de
ma
défaite,
tu
aecu-
sais
de
cruauté
Jupiter
méme.
Ton
oreille
atten-
tivesaisissait
au
passage
les
premiers
accents
de
ma
muse,
et
jusqu'au
moindre
murmure
échappé
de
mes
lévres.
Seul
témoin
de
mes
immenses
la-
beurs,
tu
voyais
eroitre
ma
ZAébaide
avec
lenom-
bre
de
tes
années.
Nulla,
nec
aut
rapidi
mulcent
te
praelia
Circi
,
13
Aut
intrat
sensus
clamosi
turba
theatri
:
|
Sed
probitas,
et
opaca
quies,
et
sordida
nunquam
Gaudia.
Quas
autem
comitem
te
rapto
per
undas
?
Quanquam
,
et
si
gelidas
irem
mansurus
ad
Arctos
,
Vel
super
Hesperic
vada
caligantia
Thules,
20
Aut
septemgemini
caput
haud
penetrabile
Nili
,
Hortarere
vias
:
etenim
tua,
(nempe
benigna
Quam
mihi
sorte
Venus
junctam
florentibus
annis
Servet
et.
in
senium
;)
tua,
(quae
me
vulnere
primo
Intactum
thalamis
,
et
adhuc
juvenile
vagantem
15
Fixisti)
tua
frena
libens
,
docilisque
recepi
;
Et
semel
insertas
non
mutaturus
habenas
Usque
premo.
Ter
me
nitidis
Albana
ferentem
Dona
comis
,
sanctoque
indutum
Osesaris
auro
Visceribus
complexa
tuis;
sertisque
dedisti
30
Oscula
anhela
meis
:
tu,
quum
Capitolia
nostrae
Inficiata
lyre,
scoovum
ingratumque
dolebas
Mecum
victa
Jovem
:
tu
procurrentia
primis
Carmina
nostra
sonis,
motasque
in
murmura
voces
Aure
rapis
vigili
:
longi
tu
sola
laboris
Conscia
,
cumque
tuis
crevit
mea
'Thebais
annis.
Qualem
te
nuper
Stygias
prope
raptus
ad
undas
,
Quum
jam
Lethoos
audirem
comminus
amnes
,
f23
tw
LIV.
III,
SILVE
V.
-
Dans
quel
état
je
te
vis
naguére,
lorsqu'en-
trainé
vers
les
bords
du
Styx
et
entendant
déjà
le
bruit
sourd
du
Léthé,
j'ouvris
sur
toi
des
yeux
presque
fermés
par
la
mort
!
Ah
!
ee
fut
sans
doute
par
pitié
pour
toi
que
Lachésis
a
repris
là
trame
d'une
vie
usée;
et
les
Dieux,
du
sein
de
leur
gran-
deur,
ont
redouté
les
reproches
d'une
femme.
Et
maintenant
tu
balancerais
à
me
suivre
dans
un
si
court
trajet,
sur
le
rivage
oà
mon
cceur
aspire!
Hélas!
que
serait
devenue
cette
fidélité
à
toute
épreuve
qui
t'égalait
aux
héroines
de
Rome
et
de
la
Gréce?
Pénélope,
(car
qui
peut
effrayer
le
véri-
tableamour
?)
Pénélope
eüt
été
volontiers
jusque
sous
les
remparts
d'Hlion,
si
Ulysse
l'eüt
souffert.
Égiale
pleura
,
Mélibée
aussi
pleura
sonabandon,
et
l'exeés
du
désespoir
a
fait
une
Ménade
de
la
triste
Élise.
Claudia
ne
leur
càde
pas
en
fidélité,
et
n'a
pas
moins
de
constanee
pour
payer
un
mari
de
retour.
C'est
ainsi
que
tu
visites
encore
la
cendre
et
les
mánes
du
premier
objet
de
tes
af-
fections
,
et
qu'embrassant
les
restes
de
cet
ami
de
l'harmonie,
quoique
déjà
toute
à
moi,
tu
renou-
velles
du
fond
du
cceur
tes
plaintes
déchirantes.
Méme
tendresse,
mémes
soins
poursa
fille.
Tu
la
chéris
d'un
amour
de
mere,
et
jamais
elle
ne
sort
de
ta
mémoire,
cette
fille
adorée.
Avec
moins
de
tendresse
Aleyone
voltige
autour
de
son
nid
,
et
Philoméle
couve
ses
petits
qu'elle
nourrit
aux
dé-
pens
de
ses
jours.
Et
maintenant
solitaire,
dans
une
couehe
inféconde,
ta
fille
consume
les
loisirs
dela
plus
belle
jeunesse.
Mais
l'hymen
viendra
pour
elle,
l'hymen
avec
tous
ses
flambeaux.
N'en
Aspexi,
tenuique
oculos
jam
morte
cadentes
!
Scilicet
exhausti
Lacbesis
mihi
tempora
fati
Te
tantum
miserata
dedit,
Superique
potentes
Invidiam
timuere
tuam.
Post
ista,
propinquum
Nunc
iter,
optatosque
sinus
comes
ire
moraris?
Heu!
ubi
nota
fides,
totque
explorafa
per
usus,
Qua
veteres
Latias,
Graiasque
Heroidas
tequas?
Isset
ad
Iliàcas
(quid
enim
deterret
amantes
2)
Penelope
gavisa
domos,
si
passus
Ulixes.
Questa
est
;Egiale,
questa
est
Meliboea
relinqui,
Et
quanquam
scvi
fecerunt
Mcenada
planctus.
Nec
minor
his
tu
nosse
fidem,
firmamque
maritis
50
Reddere
:
sie
certe
cineres
,
umbramque
priorem
Quseris
adhuc;
sic
exsequias
amplexa
canori
Conjugis
,
ingentes
iteras
de
pectore
planctus,
Jam
mea
:
nec
pietas
alia.
est
libi,
curaque
natze
:
Sic
ut
mater
amas
,
sic
nunquam
corde
recedit
Nata
tuo;
fixamque
animi
penetralibus
imis
Nocte,
dieque
tenes
:
non
sic
Trachinia
nidos
Alcyone
veros
,
non
sic
Philomela
penates
Circuit
amplectens
,
animamque
in
pignora
transfert.
zt
nune
illa
terit
viduo
quod
sola
cubili
,
Otia
fam
pulchre
terit
infecunda
juventze
:
Sed
venient
plenis
,
venient
connubia,
tzedis.
Sic
certe,
form»que
bonis,
animique
meretur
:
Sive
chelyn
complexa
ferit
;
Seu
voce
paterna
40
[o1
[3211
60
|
51
est-elle
pas
digne
par
sa
beauté,
par
tous
les
dons
du
ccur
et
de
l'esprit?
Soit
qu'elle
tienne
Ie
Iuth
entre
ses
mains,
soit
qu'elle
module
avee
la
voix
de
son
pére
des
sons
répétés
par
les
Muses,
soit
qu'elle
préte
une
nouvelle
zráce
à
mes
vers,
ou
qu'elle
déploiela
blancheur
deses
bras
dans
une
danse
voluptueuse,
toujours
sa
vertu
surpasse
son
esprit,
et
sa
modestie
ses
talents.
N'avez-vous
point
de
honte,
reine
de
Gythére,
et
vous
aussi,
volages
Amours,
de
laisser
lan-
guir
dans
l'oubli
une
si
gracieuse
fleur?
Mais
ce
n'est
pasà
Rome
seulement
que
se
forme
le
nceud
conjugal
et
que
s'allume
le
flambeau
joyeux
;ma
patrie
aussi
est
fertile
en
mariages.
Le
cratere
du
Vésuve,
et
la
tempéte
de
feux
que
roule
la
monta-
gne,
n'ont
pas
épuisé
de
citoyens
nos
villes
ef-
frayées;
elles
sont
encoredebout
avec
leur
popu-
lation
florissante.
Là
s'élévele
temple
báti
sousles
auspices
d'Apollon,
et
le
port,
et
les
rivages
de
Pouzzol,
ouverts
au
monde
entier.
Iei
je
vois
l'opulenterivale
de
la
grande
Rome,
la
ville
peu-
plée
par
Capys
de
Troyens
fugitifs;
je
vois
no-
ire
chére
Parthénope,
riehe
de
ses
enfants
et
non
moins
riche
de
ses
colons;
Parthénope
,
qui
flottant
à
travers
les
mers,
vit
une
colombe
de
Vé-
nus
lui
marquer
sous
les
auspices
d'Apollon
cet
emplacement
délieieux.
C'est
là
que
je
t'appelle,
car
mon
so]
natal
n'est
point
la
Libyeni
la
Thrace
barbare.
Dans
nos
belles
contrées
les
hivers
sont
Uédes,
les
étés
ont
leur
fraleheur
;
la
mer
tran-
quille
en
caresse
les
bords
de
ses
vagues
noneba-
lantes.
Là
régne
une
paix
sans
alarmes
,
une
vie
Discendum
Musis
sonat,
et
mea
carmina
flectit
;
65
Candida
seu
molli
diducit
brachia
motu
:
Ingenium
probitas
,
aríemque
modestia
vincit.
Nonne
leves
pueros,
non
te,
Cytherea,
pudebat
Hoc
cessare
decus?
Nec
tantum
Roma
jugales
Conciliare
toros
,
festasque
accendere
tzedas
Fertilis
;
et
nostra
generi
tellure
dabuntur.
Non
adeo
Vesuvinus
apex
,
et
flammea
diri
Montis
hiems
trepidas
exhausit
civibus
urbes
:
Stant,
populisque
vigent
:
hic
auspice
condita
Phoebo
Tecta
,
Dicarchei
portus,
et
litora
mundi
Hospita
;
et
hic
magna
tractus
imitantia
Romse
Quz
Capys
advectis
implevit
mcenia
Teucris.
Nostra
quoque
haud
propriis
tenuis
,
nec
rara
colonis
Parthenope;
cui
mite
solum
trans
&equora
vectae
Ipse
Dionzea
monstravit
Apollo
columba.
Has
ego
te
sedes
(nam
nec
mihi
barbara
Thrace
Nec
Libye
natale
solum)
transferre
laboro;
Quas
et
mollis
hiems,
et
frigida
temperat
s&esías;
Quas
imbelle
fretum
torpentibus
alluit
undis.
.
Pax
secura
locis,
et
desidis
otia
vitze
:
Et
nunquam
turbata
quies,
somnique
peracti.
Nulla
foro
rabies,
aut
strictz
jurgia
leges
—
Norunt
:
jura
viris
solum,
et
sine
fascibus
,
zequum.
Quid
nunc
magnificas
species,
cultusque
locorum,
|
89
Templaque,
et
innumeris
spatia
interstincfa
columnis;
25;
80
4
$2
de
doux
loisirs,
un
repos
sans
trouble
et
un
som-
meil
plein
;
nulle
part
les
débats
du
forum,
les
eris
diseordants
dela
chieane.
L'équité
fait
le
droit,
sans
le
secours
des
faisceaux.
Parlerai-je
de
la
magnifieenee
du
tableau
et
de
la
beauté
deslieux,
de
cestemples,
de
ces
eolonnes
innombrables
placées
de
distance
en
distance,
de
la
grandeur
du
eirque
et
du
théátre,
de
ces
jeux
quinquennaux
qui
ne
le
cédent
guére
aux
jeux
capitolins?
et
comptes-tu
pour
rien
la
gaieté
qu'inspirent
les
piéees
de
Ménandre,
oü
la
liberté
greeque
se
trouve
tempérée
par
la.
dé-
cenee
romaine?
Les
plaisirs
divers
de
la
vie
ne
manquent
pas
alentour,
soit
qu'il
te
plaise
de
vi-
siter
Baja,
avec
ses
bains
fumants
et
ses
volup-
tueux
rivages,
ou
le
sanetuaire
prophétique
de
la
Sibylle
et
la
hauteur
fameuse
oü
repose
Miséne
;
soit
que
tu
préféres
les
eoteaux
parfumés
du
Gau-
rus
et
la
demeure
des
Téléboiens
,
ou,
rival
de
la
Iune
vagabonde,
un
phare
élevé
guide
par
sa
douce
Iumiére
les
matelots
inquiets.
Là
aussi
tu
verras
les
eollines
de
Surrente
qui
ne
sont
pas
chéres
au
seul
Bacchus,
ces
collines
que
mon
ami
Pollius
embellit
chaque
jour;
tu
visiteras
les
eaux
salu-
taires
d'Énarie
,
et
Statine
renaissant
du
sein
des
flots.
Je
pourrais
te
détailler
les
mille
aspeets
de
ma
patrie;
mais
un
mot
suffit,
chére
épouse,
un
mot
seul
comprend
tout
:
cette
terre
m'a
fait
naitre
pour
toi
,
elle
a
pour
jamais
enchainé
ma
destinée
à
la
tienne.
Ne
mérite-t-elle
pas
bien
qu'on
l'appelle
notre
nourrice
et
notrebonne
mére?
Mais
en
dire
plus
long
serait
te
faire
injure
et
douter
de
ton
-
ecur.
Tu
viendras
done,
chére
épouse,
que
dis-je?
tu
medevanceras.
Éloignée
de
ma
présence,
que
Et
geminam
molem
nudi
tectique
theatri
,
Et
Capitolinis
Quinquennia
proxima
lustris
;
Quid
laudem
risus,
libertatemque
Menandri
,
Quam
Romanus
honos
et
Graia
licentia
miscent
?
Nec
desunt
variw
circum
oblectamina
vitz
:
95
Sive
vaporiferas,
blandissima
litora,
Baias
,
Enthea
fatidicee
seu
visere
tecta
Sibylloe
Dulce
sit,
Iliacoque
jugum
memorabile
remo
;
Seu
tibi
Bacchei
vineta
madentia
Gauri
'Teleboumque
domos
,
trepidis
ubi
duleia
nautis
Lumina
noctivage
tollit
Pharus
semula
lunas;
Caraque
non.soli
juga
Surrentina
Lyeeo,
Quee
meus
ante
alios
habitator
Pollius
auget
;
ZEnaricque
lacus
medicos
,
Statinasque
renatas.
Mille
tibi
nostre
referam
telluris
amores
;
Sed
satis
hoc,
conjux
,
satis
hoc
dixisse
,
creavit
Me
tibi,
me
socium
longos
adstrinxit
in
annos
:
Nonne
hzec
amborum
genitrix
,
altrixque
videri
Digna?
sed
ingratus
qui
plura
adnecto,
tuisque
Moribus
indubito
:
venies,
carissima
conjux
,
Proeveniesque
etiam
:
sine
me
tibi
ductor
aquarum
'Tybris
,
et
armiferi
sordebunt
tecta
Quirini.
100
105
110
STACE.
te
ferait
le
Tibre,
souverain
des
eaux
,
et
Rome,
la
ville
du
belliqueux
Quirinus?
LIVRE
QUATRIEME.
A
MARCELLUS
SON
AMI.
Je
trouve
enfin
,
mon
cher
Marcellus
,
un
livre
que
je
puisse
vous
dédier
en
récompense
de
votre
attachement
à
notre
auguste
empereur;
car
je
ne
erois
pas
avoir
eommencé
un
seul
de
mes
ouvrages
sans
invoquer
ce
nom
sacré.
Sa
louange
occupe
trois
des
piécees
de
ce
livre
:
suit
la
qua-
triéme,
qui
est
toute
en
votre
honneur.
Dans
la
premiére
je
me
prosterne
devant
le
dix-septiéme
consulat
de
notre
Germanicus
;
dans
la
seeonde
je
lui
rends
gráces
de
m'avoir
admis
aux
hon-
neurs
de
sa
table
divine.
La
troisiéme
est
l'ex-
pression
de
mon
enthousiasme
à
l'aspect
de
la
voie
Domitia,
dégagée
des
monceaux
de
sable
qui
l'en-
combraient.
C'est
gráce
à
la
munificence
du
prince
que
vous
recevrez
plus
promptement
la
lettre
queje
vous
éeris
de
Naples.
La
cinquiéme
est
un
poéme
lyrique
adressé
à
Septime
Sévére,
jeune
homme
illustre,
vous
le
savez,
entre
les
plus
illustres
des
chevaliers,
et
qui
fut
aussi
le
eompagnon
de
vos
études;
mais,
en
dépit
des
droits
que
vous
avez
sur
son
ecur,
je
ne
l'aime
pas
moins
vivement.
Je
puis
encore
vous
faire
hommage
de
lHereule
sur
la
table
de
Nonius
Vindex,
petite
piéce
que
ee
bon
citoyen
doit
autant
à
mon
estime
pour
lui
qu'à
son
goüt
épuré.
J'avais
assez
témoigné
Tintérét
que
m'inspirent
le
haut
rang
et
l'éloquence
de
Junius
Brutus,
dans
une
lettre
que
je
lui
écrivis
au
su-
LIBER
QUARTUS.
AD
MARCELLUM.
Inveni
librum,
Marcelle
carissime,
quem
pietati
tuc
dedicarem.
Reor
equidem
aliter
quam
invocato
numine
maximi
Imperatoris
nullum
opusculum
meum
ccepisse.
Sed
hieliber
tres
habet.
Sequitur
quarta,
quae
ad
honorem
tuum
pertinet.
Primo
autem
septimum
decimum
Germa-
nici
nostri
consulatum
adoravi
:
secundo,
gratias
egi
Sa"
cratissimis
ejus
Epulis
honoratus
:
tertio,
Viam
Domitia-
nam
miratus
sum,
qua
gravissimam
arenarum
moram
exemit;
cujus
beneficie
tu
quoque
maturius
epistolam
eam
accipies,
quam
tibi
in
hoe
libro
a
Neapoli
scribo.
Proximum
est
Lyricum
carmen
ad.
Septimium
Severum;
juvenem,
uti
scis,
inter
ornatissimos
secundi
ordinis,
tuum
quidem
etiam
condiscipulum;
sed
mihi
contra
hoc
quo-
que
jus,
arctissime
carum
:
nam
Vindicis
nostri
Hercu-
lem
Epitrapezion,
secundum
honorem
quem
de
me,
et
de
ipsis
studiis
meretur,
imputare
etiam
tibi
possum.
Maximum
Junium
dignitatis
et
eloquentioe
nomine
a
no-
bis
diligi,
satis
eram
testatus
epistola,
quam
ad
illum
de
editione
Thebaidos
mew
publicavi;
sed
nune
quoque
eum
LIV.
IV,
SILVE
I.
jet
de
Ia
publieation
de
ma
TAébaide.
1ci
je
l'in-
vite
à
revenir
au
plus
tót
du
fond
de
la
Dalmatie.
Vient
ensuite
une
églogue
à
mon
eompatriote
Jules
Ménécrate,
ce
jeune
homme
si
magnifique,
et
gendre
de
mon
cher
Pollius.
Je
le
félicite
d'a-
voir
enrichi
Naples
de
nouveaux
enfants.
Quant
au
jeune
sénateur
Plotius
Gryphus
,
je
lui
réserve
un
ouvrage
plus
digne
de
lui
;
mais,
en
attendant,
jaiinséré
dans
ce
volume
les
hendéecasyllabes
qui
nous
ont
égayés
tous
deux
pendant
les
satur-
nales.
Mais
pourquoi
plus
de
silves
dans
ce
qua-
triéme
livre
que
dans
les
précédents?
c'est
pour
montrer
qu'ils
perdent
leur
temps
ceux
qui
blá-
ment,
dit-on,
le
genre
d'ouvrage
que
j'ai
mis
au
jour.
D'abord
le
conseil
vient
mal
à
propos
aprés
la
ehose
faite;
ensuite
plusieurs
de
ces
opuscules
avaient
été
soumis
à
l'approbation
de
César,
ce
qui
est
tout
autrement
hardi
que
de
les
avoir
publiés.
Ne
m'est-il
pas
permis
de
m'amuser
à
mon
gré?
—
Oui,
si
vous
gardez
votre
amusement
pour
vous,
dira-t-on.
—
Cependant
la
paume
attire
des
spectateurs,
et
le
ballon
est
un
délasse-
ment
permis.
Enfin
quelque
chose
de
moi
parait-
il?
aussitót
l'envie
de
me
déclarer
la
guerre.
Dois-je
pour
cela
me
rendre
à
ses
conseils?
En
résumé
(car
c'est
moi
qui
suis
en
jeu),
libre
à
elle
de
se
taire
ou
d'applaudir.
Je
mets
ce
livre
Sous
votre
protection,
mon
cher
Marcellus,
et
votre
jugement
seul
pourra
m'óter
la
plume
des
mains,
ou
me
faire
braver
leur
censure.
reverti
maturius
e
Dalmatia
rogo.
Juncfa
est
Ecloga
ad
municipem
meum
Julium
Menecratem,
splendidum
ju-
venem
,
et
Pollii
mei
generum;
cui
gratulor
quod
Neapo-
lim
nostram
numero
liberorum
honestaverit.
Plotio
Gry-
pho,
majoris
gradus
juveni,
dignius
opusculum
reddam
:
sed
interim
Hendecasyllabos,
quos
Saturnalibus
una
risi-
mus,
huic
volumini
inserui.
Quare
ergo
plura
in
quarto
Silvarum,
quam
in
prioribus?
Ne
se
putent
aliquid
egisse,
qui
reprehenderunt,
ut
audio
,
quod
hoc
stili
genus
edi-
dissem.
Primum,
supervacuum
est
dissuadere
rem
fac-
iam
:
deinde,
multa
ex
illis
jam
Domino
Cesari
dede-
ram
;
et
quanto
hoc
plus
est,
quam
edere?
Exercere
autem
jocos
non
licet?
si
secreto,
inquit.
Sed
et
sphzeromachias
spectamus,
et
pilaris
lusio
admittitur
:
novissime,
quis-
quis
ex
meis
invidus
aliquid
legit,
statim
se
profitetur
adversum
:
itaque
consilio
ejus
accedam?
In
summa,
nempé
ego
sum
qui
traducor
:
faceat,
et
gaudeat.
Hunc
tamen
librum
tu,
Marcelle,
defendes.
Et,
si
videtur,
hac-
tenus
:
sin
minus,
reprehendemur.
$3
SILVE
I.
XVII
CONSULAT
DE
L'EMPEREUR
DOMITIEN,
La
pourpre
éclatante
s'ajoute
pour
la
seiziéme.
fois
aux
fastes
consulaires
de
César;
le
vainqueur
de
la
Germanie
ouvre
une
année
mémorable
et
se
léve
avec
le
soleil
rajeuni,
avee
les
astres
solenuels,
lui-méme
plus
radieux
que
les
astres
et
plus
brillant
que
l'étoile
du
matin.
Quelles
lois
du
Latium
tressaillent
d'allégresse
!
que
le
sénat
se
réjouisse!
que
Rome
,
plus
fiére
que
jamais,
fasse
retentir
les
échos
des
sept
collines,
et
surtout
les
échos
de
la
colline
chérie
d'Évan-
dre.
De
nouveaux
honneurs
sont
entrés
dans
le
palais
impérial,
les
douze
faisceaux
y
reparais-
sent
encore
une
fois,
et
le
sénat
se
félicite
d'avoir
vaincu
par
ses
instantes
priéres
la
modestie
de
Gésar.
Le
puissant
rénovateur
des
siécles,
Janus,
au
double
seuil
de
son
temple,
éléve
la
téte,
et
vous
rend
gráces,
prince
magnanime,
de
l'a-
voir
enchainé
par
le
retour
de
la
paix,
le
forcant
de
mettre
un
terme
à
toute
guerre,
et
de
jurer
obéissanee
aux
lois
du
nouveau
forum.
De
l'un
et
de
l'autre
cóté
il
étend
ses
mains
vers
vous,
et
de
sa
double
bouche
il
vous
adresse
ces
paroles
:
«
Salut,
ó
pére
du
monde,
toi
qui
vas
recom-
mencer
avee
moi
la
série
des
siécles
:
tel
Rome
désire
de
te
contempler
toujours
dans
ee
mois
qui
m'est
consacré.
Ainsi
convient-il
aux
áges
de
renaitre
et
aux
années
de
se
renouveler.
Ne
cesse.
pas
de
réójouir
nos
fastes;
que
la
toge
à
longs
plis
et
la
robe
consulaire
travaillée
des
mains
de
Minerve,
ta
proteetrice,
embrasse
à
jamais
tes
épaules!
Vois-tu
comme
les
temples
brillent
au-
CARMEN
I.
XVII.
CONSULATUS
IMP.
AUG.
GERM.
DOMITIANI.
Lta
bis
octonis accedit
purpura
fastis
€cwesaris,
insignemque
aperit
Germanicus
annum
e
Aíque
oritur
cum
sole
novo,
cum
grandibus
astris
;
Clarius
ipse
nitens,
et
primo
major
Eoo.
Exsultent
leges
Lati:
:
gaudete
,
curules
;
Et
septemgemino
jactantior
szethera
pulset
Roma
jugo;
plusque
ante
alias
Evandrius
arces
Collis
ovet.
Subiere
novi
Palatia
fasces,
Et
requiem
bis
sextus
honos,
precibusque
receptis
Curia
Ccesareum
gaudet
vicisse
pudorem.
Ipse
etiam
immensi
reparator
maximus
avi
Aitollit
vultus
,
et
utroque
a
limine
grates
Janus
agit;
quem
tu,
vicina
Pace
ligatum
,.
Omnia
jussisti
componere
bella
,
novique
:
Tn
leges
jurare
fori.:
levat
ecce
supinas
fh
Hinc
atque
inde
manus,
geminaque
hac
yoce
profatur
z
«
Salve,
magne
parens
mundi
;
qui
scecula
me
|
Instaurare
paras
:
talem
te
cernere
semper
Mense
meo
tua
Roma
cupit;
sic
tempora
nasci,
Sic
annos
infrare
decet
:
da
gaudia
fastis
1
54
STACE.
jourd'hui
d'un
éelat
plus
vif
,
et
comme
la
flamme
sur
nos
autels
s'élance
plus
haute?
L'hiver
méme,
qui
m'est
consacré,
s'adoucit
en
ta
faveur.
Tous
se
félieitent
de
ton
empire,
les
chevaliers
comme
le
peuple
,
le
peuple
comme
les
sénateurs
,
et
ton
consulat
ajoute
à
toutes
les
dignités
un
nou-
veau
lustre.
Qu'avait
de
semblable
Ja
grande
année
précédente,
dis-le,
je
t'en
conjure,
puis-
sante
Rome;
et
toi,
antiquité
reeulée,
consulte
les
fastes,
et
ne
t'arréte
pasà
des
exemples
vul-
gaires,
cherche
une
renommée
que
César
ne
dé-
daigne
pas
de
vainere.
«
'Treize
fois
dans
le
cours
de
sonrégne
Auguste
a
vu
les
faisceaux
portés
devant
lui,
mais
il
ne
les
mérita
que
fort
tard.
Toi,
jeune
encore,
tu
sur-
passes
tes
aneétres.
Dieux!
quels
honneurs
tu
refuses,
quels
honneurs
tu
défends!
Tu
te
lais-
seras
pourtant
fléchir,
et
tu
aecorderas
souvent
un
tel
jour
aux
priéres
du
sénat.
Devant
toi
s'ouvre
un
plus
long
avenir,
et,
mesurant
tes
hon-
neurs
à
sa
félieité,
Rome
te
placera
sur
la
chaise
eurule
trois
et
quatre
fois,
s'il
le
faut.
Avec
moi
tu
poseras
les
bases
d'un
nouveau
siecle,
et
tu
exhumeras
le
vieil
autel
de
Térente.
Tu
rempor-
teras
mille
trophées
;
permets-nous
seulement
de
te
décerner
les
triomphes.
Reste
la
Bactriane,
reste
Dabylone,
qui
n'est
pas
encore
tributaire.
Le
laurier
de
l'Inde
n'est
pas
encore
sur
le
sein
du
dieu
du
Capitole;
les
Arabes,
les
Seres
ne-
demandent
pas
encore
gráce.
L'année
ne
jouit
pas
de
tout
l'honneur
qu'elle
peut
avoir,
et
dix
de
ses
mois
sont
jaloux
de
porter
un
de
tes
noms.
»
Ainsi
parla
Janus,
et
il
fermasur
lui
de
grand
Continua;
hos
humeros
multo
sinus
ambiat
ostro.,.
Et
properata
tuze
manibus
preetexta
Minervae.
Aspicis
uf
templis
alius
nitor,
altior
aris
Ignis,
et
ipsa
mec
tepeant
tibi
sidera
bruma.
Moribus
atque
tuis
gaudent
turmoque
,
tribusque
,
25
Purpureique
Patres
;
lucemque
a
consule
ducit
Omnis
honos.
Quid
tale,
precor,
prior
annus
habebat
?-
Dic
age,
Roma
potens,
et
mecum,
longa
Vetustas,
:
Dinumera
fastos
;
nec
parva
exempla
recense,
Sed
quas
sola
meus
dignetur
vincere
Cwsar.
30
«
"Ter
Latio
deciesque
tulit,
labentibus
annis,
Augustus
fasces;
sed
coepit
sero
mereri
:
'Tu
juvenis
preegressus
avos.
En!
quanta
recusas,
Quanta
vetas!
flectere
tamen
;
precibusque
senatus
Permittes
hane
ssepe
diem
:
manet
insuper
ordo
35
Longior,
et
totidem
felix
tibi
Roma
curules
'Terque
quaterque
dabit
:
mecum
altera
sceeula
condes,
Et
tibi
longeevi
revoeabitur
ara
Terenti.
Mille
trophza
feres;
tantum
permitte
triumphos.
Restat
Bactra
novis,
restat
Babylona
tributis
40
Frenari
:
nondum
in
gremio
Jovis
Indica
laurus,
Nondum
Arabes,
Seresquerogant
;
nondum
omnis
honorem
Annus
habet
,
cupiuntque
decem
tua
nomina
menses.
»
Sic
Janus
,
clausoque
libens
se
poste
recepit.
eceur
les
portes
de
son
temple
;
alors
tous
les
au-
tres
édifices
de
s'ouvrir
à
la
fois
et
de
donner
des
signes
d'allégresse.
Grand
roi,
Jupiter
vous
promet
une
éternelle
jeunesse,
avee
le
nombre
de
ses
années.
SILVE
1l.
ACTION
DE
GRACE
RENDUE
A4
L'EMPEREUR
AUGUSTE
GERMANICUS
DOMITIEN.
Le
banquet
de
la
reine
de
Sidon
a
été
chanté
par
le
poéte
qui
conduisit
le
grand
Énée
dans
les
champs
de
Laurente,
de
méme
que
les
festins
d'Aleinoüs
sont
décrits
dans
le
poóme
impérissa-
ble
qui
nous
montre
Ulysse
à
son
retour
épuisant
la
rage
de
toutes
les
mers.
Et
moi
que
César
vient
de
faire
asseoirà
sa
table
divine,
et
moi
qu'il
a
comblé
de
délices
nouvelles,
quels
accords
suffiraient
à
l'expression
de
mes
veeux
et
à
l'éten-
due
de
ma
gratitude?
Non,
jamais,
quand
Smyrne
et
Mantoue
tresseraient
sur
ma
téte
des
lauriers
adorés
du
poéte,
mon
langage
n'atteindrait
mon
sujet.
ll
mesemble
que
ravi
au
milieu
des
astres
je
prends
plaee
au
banquet
de
Jupiter,
et
que
la
main
du
jeune
Troyen
me
présente
le
nectar
immortel.
Àh!
jusqu'iei
je
n'avais
passé
que
des
années
stériles
:
voiei
pour
moi
le
premier
jour,
voiei
le
seuil
de
la
vie.
Monarque
vainqueur
et
.
pere
du
monde,
est-ce
bien
vous
que
j'apercois
,
vous
l'espoir
des
hommes
,
vous
l'objet
de
la
sol-
lieitude
des
Dieux?
Je
puis
à
vos
cótés,
je
puis
au
milieu
des
coupes
et
des
mets
contempler
votre
face,
et
néanmoins
ne
pas
me
lever!
Je
'Fune
omnes
patuere
fores
,
lcetoque
dederunt
45
-
Signa
polo;
longamque
tibi
,
dux
magne
,
juventam
Annuit,
atque
suos
promisit
Juppiter
annos.
CARMEN
II.
.
EUCHARISTICON
AD
IMP.
AUGUST.
GERMANICUM
DOMITIANUM.
Regia
Sidonie
convivia
laudat
Elisze
Qui
magnum
ZEneam
Laurentibus
intulit
arvis
;
Alcinoique
dapes
mansuro
carmine
monstrat
JEquore
qui
multo
reducem
consumpsit
Ulixen
;
Ast
ego,
cui
saerce
Csesar
nova
gaudia
coenae
5.
Nunc
primum,
dominaque
dedit
consurgere
mensa
,
Qua
celebrem
mea
vota
lyra?
quas
solvere
grates
Sufficiam?
non,
si
pariter
mihi
vertice
l;to
Nectat
adoratas
et
Smyrna
et
Mantua
lauros
,
Digna
loquar.
Mediis
videor
discumbere
in
astris
10.
€um
Jove,
et
Iliaca
porrectum
sumere
dextra.
Immortale
merum.
Steriles
transmisimus
annos
;.
Hc
aevi
mihi
prima
dies,
hcec
limina
vitee.
Tene
ego,
regnator
terrarum
orbisque
subacti
Magne
parens,
te,
spes
hominum,
te,
cara
Deorum,
13
LIV.
IV,
me
trouve
dans
un
palais
auguste,
immense,
soutenu
par
des
colonnes
innombrables,
et
ca-
pable
de
supporter
le
ciel
avee
les
habitants
du
ciel
pendant
le
repos
d'Atlas.
Edifice
dont
s'é-
tonne
la
demeure
voisine
du
maitre
du
tonnerre,
édifice
rival
de
l'Olympe,
et
que
les
Dieux
se
réjouissent
de
vous
voir
habiter,
dans
l'espoir
que
vous
serez
moins
empressé
de
prendre
l'essor
vers
le
eiel.
Monument
superbe,
qui
déploie
impétueusement
ses
eontours
,
impatient
de
toute
limite,
qui
embrasse
un
espace
immense
et
ne
le
céde
qu'à
son
maitre.
Lui
seul
en
remplit
la
vaste
enceinte,
et
la
décore
par
son
génie.
Là
brillent
à
lenvi
les
marbres
des
monts
phrygiens
et
libyens,
les
roches
de
la
féconde
Syene,
de
Chio,
les
pierres
d'azur,
rivales
de
Doris,
et
celles
de
Luna
qui
prétent
un
appui
solide
aux
colonnes;
et
au-dessus
l'éelat
d'une
voüte
superbe
que
l'oeil
ébloui
eonfond
avee
les
lambris
dorés
des
cieux.
Au
premier
signe
de
César,
mille
sénateurs
et
ehevaliers
prennent
placeà
la
fois,
et
Céres
rele-
vant
sa
robe
s'agite
avec
Baechus
pour
satisfaire
tant
de
convives.
Ainsi
le
char
aérien
de
Tripto-
léme
versa
jadis
l'abondance
;
ainsi
le
dieu
de
la
treille
ombragea
de
pampres
touffus
les
flanes
nus
et
stériles
des
collines.
Mais
ni
cet
appareil
,
ni
ces
bois
d'Afrique
supportés
par
des
colonnes
indiennes,
ni
ces
troupes
de
belles
esclaves,
ne
fixérent
mon
attention
;
mon
cil
avide
ne
voyait
que
lui
seul,
avee
son
visage
calme,
et
cette
majesté
sereine
qui
tempérait
les
rayons
de
sa
gloire,
et
cette
modestie
qui
semblait
demander
Cerno
jacens?
Datur
hzec
juxta,
datur
ora
tueri
Vina
inter,
mensasque,
et
non
assurgere
fas
est
?
Tectum
augustum,
ingens,
non
centum
insigne
columnis,
Sed
quantze
Superos
cedlumque,
Atlante
remisso,
Sustentare
queant
:
stupet
hoc
vicina
Tonantis
20
Regia,
teque
pari
lzetantur
sede
locatum
Numina,
ne
magnum
properes
escendere
colum
:
Tanta
patet
moles,
effusceque
impetus
aulce
Liberior
campi
,
multumque
amplexus
aperti
Jitheros
,
et
tantum
domino
minor
:
ille
penates
25
Implet,,
et
ingenti
Genio
juvat.
ZEmulus
illic
Mons
Libys
,
Hiacusque
nitent
,
et
multa
Syene,
Et
Chios,
et
glauca
certantia
Doride
Saxa,
Lunaque
portandis
tantum
suffecta
columnis.
Longa
super
species
:
fessis
vix
culmina
prendas
30
Visibus,
auratique
putes
laquearia
cceli.
Hic
quum
Romuleos
proceres
trabeataque
Ctesar
Agmina
mille
simul
jussit
discumbere
mensis
;
Ipsa
sinus
accincta
Ceres
;
Baechusque
laborant
Sufficere
:
zetherei
felix
sic
orbita
fluxit
35
Triptolemi
;
sic
vitifero
suh
palmite
nudos
Uumbravit
colles
,
et
sobria
rura
Lycus.
Sed
mihi
non
epulas,
Trdisve
innixa
columnis
Robora
Maurorum,
famulasye
ex
ordine
turmas
;
Ipsum,
ipsum
cupido
tantum
Spectare
vacavit
40
Trauquillum
vultus,
et
majestate
serena
SILVE
II.
55
gráce
pour
sa
haute
fortune.
Cependant,
méme
|
à
travers
ee
voile
jaloux
percaient
des
regards
d'une
telle
magnificence,
que
les
Barbares
et
les
nations
les
plus
éloignées
n'auraient
pu
le
mé-
connaitre.
Ainsi,
dans
les
vallons
glaeós
du
Rhodope,
re-
pose
le
dieu
Mars,
aprés
avoir
dételé
ses
cour-
siers
;
ainsi
Pollux
,
au
sortir
dela
lutte,
étend
ses
membres
Juisants
d'huile;
ainsi,
prés
du
Gange,
au
milieu
des
hurlements
des
Indiens,
Évan
se
délasse
;
ainsi
le
grand
Aleide,
aprés
avoir
exé-
euté
les
ordres
de
sa
marátre,
aimait
à
s'endor-
mir
sur
la
peau
du
lion
vaineu.
J'en
dis
trop
peu,
et
mon
admiration
n'égale
point
l'éclat
de
ton
visage,
ó
Germanicus!
Tel
parait
aux
confins
de
l'Océan
et
à
Ja
table
des
Éthiopiens
le
mattre
des
Dieux
,
le
front
ópanoui
par
le
nectar
:
il
commande
aux
Muses
de
chan-
ter
les
vers
réservés
pour
son
oreille,
et
à
Phébus
de
célébrer
la
vietoire
de
Palléne.
Que
les
Dieux
(car
on
dit
qu'ils
exaucent
sou-
vent
les
voeux
des
plus
humbles
mortels)
ajou-
tent
deux
et
trois
fois
à
vos
années
celles
qu'a
comptées
votre
auguste
pére!
Envoyez
dans
les
astres
des
divinités
nouvelles,
élevez
des
temples
et
habitez
des
palais
,
ouvrez
longtemps
les
por-
tes
de
l'année,
saluez
souvent
Janus
avec
de
nou-
veaux
licteurs,
et
couronnez
au
retour
de
chaque
lustre
les
vainqueurs
aux
jeux
quinquennaux.
Ce
jour
oü
vous
avez
daigné
m'admettre
à
votre
table
saerée
me
rappelle
,
aprés
bien
longtemps,
l'époque
fortunée
oü,
sous
les
eollines
d'Albe,
Mulcentem
radios
,
summittentemque
modeste
Fortun:
vexilla
suc
;
tamen
ore
nitebat
Dissimulatus
honos
:
talem
quoque
barbarus
hostis
Posset,
et
ignotze
conspectum
agnoscere
gentes.
45
Non
aliter
gelida
Rhodopes
in
valle
recumbit
Dimissis
Gradivus
equis
:
sic
lubrica
ponit
Membra
Therapnza
resolutus
gymnade
Pollux
:
Sic
jacet
ad
Gangen
,
Indis
ululantibus,
Evan
:
Sic
gravis
Alcides,
post
horrida
jussa
novercae
3
50
Gaudebat
strato
latus
acclinare
leoni.
:
Parva
loquor,
nec
dum
sequo
tuos
,
Germanice
,
vultus
:
.
Talis
ubi
Oceani
finem,
mensasque
revisit
ZEthiopum,
sacros
diffusus
nectare
vultus
Dux
Superum,
secreta
jubet
dare
carmina
Musas
,
85
Et
Pallenzos
Phoebum
laudare
triumphos.
Di
tibi,
namque
animas
sepe
exaudire
minores
Dicuntur,
patrie
bis
terque
exire
senectze
Annuerint
fines!
rata
numina
miseris
astris,
59
Templaque
des,
habilesque
domos
!
Scepe
annua
pandas
Limina;
sepe
novo
Janum
lictoresalutes;
——
Spe
coronatis
iteres
Quinquennia
lustris!
Qua
mihi
felices
epulas
mensceque
dedisti
^
Sacra
tuz,
talis
longo
post
tempore
venit
:
Lux
mihi,
Trojan
qualis
sub
collibus
Albae
x
55
Quum
modo
Germanas
acies,
modo
Daca
sonantem
Prelia,
Palladio
tua
me
manus
induit
auro.
56
pour
prix
de
mes
chants
sur
les
défaites
des
Da-
ees
et
des
Germains,
vous
ceignites
mon
front
du
|
laurier
d'or
de
Pallas.
SILVE
1I.
LA
VOIE
DOMITIENNE.
De
quel
épouvantable
fraeas,
heurtant
le
dur
eaillou,
le
fer
pesant
fait
résonner
les
flanes
de
la
voie
Áppienne
aux
lieux
oü
elle
avoisine
la
mer?
Certes
il
ne
vient
pas,
ce
bruit,
des
pha-
langes
libyennes;
étranger
eruel
et
parjure,
tu
ne
portes
plusle
trouble
dans
les
plaines
de
la
Campanie!
Ce
n'est
pas
Néron
creusant
des
ca-
naux
et
pereant
des
montagnes
pour
y
introduire
l'eau
bourbeuse
des
marais.
C'estle
héros
qui,
aprés
avoir
fermé
le
seuil
du
belliqueux
Janus,
rétablit
la
justiee
et
les
lois
pour
couronnement
de
son
couvre;
celui
qui
rend.
à
la
ehaste
Cérés
des
terrains
stériles
et
longtemps
abandonnés
,
celui
qui
défend
de
mutiler
le
sexe
fort,
et,
censeur
bien-
faisant,
ne
veut
pas
que
des
hommes
aient
à
eraindre
un
supplice,
dans
le.
frivole
intérét
de
leur
beauté;
celui
qui
rend
au
Capitole
le
maitre
du
tonnerre
et
replaee
dans
son
temple
la.statue
de
Ja
Paix
;
celui
qui
destine
aux
Flaviens,
auteurs
de
sa
race
,
un
séjour
éternel,
un
véritable
Olympe;
c'est
lui,
e'est
ee
grand
prinee
qui,
voyant
la
route
encombrée
par
la
vase
et
le
ehemin
de
tra-
verse
envahi
par
les
eaux
,
nous
abrége
de
longs
détours
,
et
raffermit
la
digue
de
sable
au
moyen
CARMEN
III.
VIA
DOMITIANA-
Quis
duri
silicis
gravisque
ferri
Immanis
sonus
cequori
propinquum.
Saxosc
latus
Appie
replevit?
Certe
non
Libycc
sonant
caterva,
Nec
dux
advena,
pejerate
bello
,
51
Campanos
quatis
inquietus
agros
;
Nec
frangit
vada,
montibusque
czesis.
Inducit
Nero
sordidas
paludes.
Sed
qui
limina
bellicosa
Jani
Justis
legibus,
et
foro
coronat
;,
Qui
castze
Cereri
diu
negata
Reddit
jugera,
sobriasque
terras
;.
Qui
fortem
vetat
interire
sexum
,
Et
Censor
prohibet
mares
adultos
Pulchrz
supplicium
timere
forme
;.
Qui
reddit
Capitolio
Tonantem
,
Et
Pacem
propria
domo
reponit
;.
Qui
genti
patrize
futura
semper
Sancit
limina,
Flaviumque
culmen
;.
Hic
,
coeno
bibulo
viam
gravante,
Kt
campis
iter
amne
detinente
,
Longos
eximit
ambitus
,
novoque
Injectusolidat
graves
arenas;
10
20
a
9
STACE.
d'une
eouehe
nouvelle,
jaloux
qu'il
est
de
rap-
procher
des.sept
eollines
la
demeure
de
la
Si-
bylle,
le
golfe
de
Gaurus
et
les
tiédes
rivages
de
Baia.
Là,
naguére
le
voyageur,
sur
un
essieu
tardif
et
ruisselant
d'eau,
restait
ballotté
et
suspendu
comme
un
criminel
en
croix;
là,
une
terre
per-
fide
engravait
lesroues,
et
le
peuple
latin
avait
à
redouter
au
milieu
des
champs
toutes
les
hor-
reurs
du
naufrage;
et
l'on
n'y
avancait
pas,
et
des
orniéres
fangeuses
embarrassaient,
retardaient
la
marche,
tandis
que
la
mule,
harassée
sous
un
fardeau
trop
lourd,
gémissait
et
se
trainait
à
grand'peine.
Aujourd'hui
ee
trajet,
qui
deman-
dait
une
journée
entiére
,
se
fait
en
moins
de
deux
heures;
l'oiseau
n'est
pas
plus
rapide
quand
il
part
à
tire-d'aile,
et
la
fuite
du
vaisseau
sur
les
mers
n'est
pas
plus
prompte.
Ouvrir
de
larges
sillons
,
aplanir
quelques
en-
droits
du
sol,
et
le
fouiller
profondément
pour
en
tirer
Ja
terre,
c'était
là
le
premier
travail.
Il
fallait
ensuite
remplir
les
fossés
d'une
terre
plus
dure,
et
préparer
un
lit
de
ciment
convenable
pour
le
dosincliné
de
la
route,
dont
le
sol
ne
devait
ni
vaciller,
ni
faire
chancelerles
ehars
sur
unlitde
pierres
mal
assurées;
il
s'agissait
enfin
d'assu-
.jettir
l'ouvrage
à
droite
et
à
gauche
par
des
chai-
nes
de
pierres,
et
de
maintenir
encore
ces
chaí-
nes
par
de
fortes
agrafes.
O
que
de
mains
à
la
fois
occupées!
Les
uns
eoupent
le
bois
et
dépouil-
lent
les
montagnes
;
les
autres
taillent
les
roches
et
faconnent
les
poutres.
Ceux-ci
à
leur
tour
lient
Gaudens.Euboice
domum.
Sibylle,
Gauranosque
sinus,
et
destuantes
Septem
montibus
admovere
Baias.
Hic
quondam
piger
axe
vectus
udo
Nutabat
ceruee
pendula
viator,
Sorbebatque
rotas
maligna
tellus
;
Et
plebs
in
mediis
Latina
campis
Horrebat
mala
navigationis
;
Nec
cursus
agiles
,
et
impeditum
Tardabant
iter
orbitze
tacentes
,
Dum
pondus
nimium
querens
sub
alta.
Repit
languida
quadrupes
statera
;
35
At
nune
,
qu:e
solidum
diem
terebat
,.
Horarum
via
facta
vix
duarum
:
Non
tensz
volucrum
per
astra
penne
,.
Nec
velocius
ibitis,
carinae.
30
Hic
primus
labor
inchoare
sulcos.
40
Et
rescindere
limites
,
et
alto
Egestu
penitus
cavare
terras
:
Mox
,
haustas
aliter
replere
fossas
,.
Et
summo
gremium
parare
dorso
,.
4h
Ne
nutent
sola
,
ne
maligna
sedes
,
Et
pressis
dubium
cubile
saxis
:
Tunc
umbonibus
hinc
et
hinc
coactis
,.
Et
crebris
iter
alligare
gomphis.
O
quant:
pariter
manus
laborantt
LIV.
IV,
SILVE
III.
51
les
pierres
et
les
unissent
avec
la
chaux
et
le
tuf
desséché
;
eeux-là
épuisent
l'eau
stagnante
dans
les
fondriéres,
et
font
disparaitre
jusqu'au
moin-
dre
courant.
Ávec
tous
ces
bras
il
serait
facile
de
percer
le
mont
Athos,
et
d'enehainer
par
un
pont
en
pierre
les
flots
mélancoliques
de
la
plaintive
Hellé.
Ce
serait
méme
un
jeu
pour
eux
que
de
couper
l'isthme
de
Corinthe
et
de
réunir
les
deux
mers,
en
dépit
du
promontoire
de
Léchius.
Les
rivages
et
les
foréts
mobiles
en
retentissent,
et
le
bruit
pénétre
en
longs
échos
jusqu'au
sein
des
villes;
ce
bruit
va
s'engouffrer
dans
le
Gaurus,
qui
le
renvoie
en
éclats
aux
vignobles
du
Massi-
que;
il
étonne
la
paisible
Cumes,
les
marais
de
Literne,
et
le
paresseux
Savo.
Cependant
le
Vulturne,
à
la
ehevelure
blonde
et
humide,
embarrassée
de
roseaux
flexibles,
le
Vul-
turne
léve
la
téte,
et,
appuyé
sur
la
grande
arche
du
pont
de
César,
il
prononce
d'une
voix
rauque
ces
paroles
,
qui
se
pressent
hors
de
sa
bouche:
«
Dienfaisant
réparateur
de
mes
campagnes,
j
étais
refoulé
dans
des
vallons
impénétrables,
ne
connaissant
point
de
limites
précises,
lorsque
vous
avez
resserré
mes
ondes
entre
deux
rives.
Et
maintenant
le
voilà
ee
torrent
fougueux
et
mena-
cant
qui
supportait
à
peine
de
fréles
barques
;
déjà
il
subit
le
joug
d'un
pont,
il
se
laisse
traverser
et
fouler
à
plaisir.
Habitué
à
entratner
les
foréts
et
lesterres
dans
mon
cours,
je
commence
à
étre
un
Hi
c:edunt
nemus
,
exsuuntque
montes,
50
Hi
ferro
scopulos
trabesque
levant
;
Tlli
saxa
ligant,
opusque
texunt
Cocto
pulvere
sordidoque
topho
;
Hisiccant
bibulas
manulacunas,
—
Et
longe
fluvios
agunt
minores.
55
H:e
possent
et
Athon
cavare
dextre,
Etmoestum
pelagus
gementis
Helles
Intercludere
ponte
non
natanti
:
His
parvus,
Lechio
nihil
vetante
,
Inous
freta
miscuisset
Istimos.
60
Fervent
litora
,
mobilesque
silvz
;
It
longus
medias
fragor
per
urbes;
Atque
Echo
simul
hinc
et
inde
fractam
Gauro
Massicus
uvifer
remittit.
Miratur
sonitum
quieta
Cyme,
65
Et
Literna
palus,
pigerque
Savo.
At
flavum
caput,
uvidumque
late
Crinem
mollibus
impeditus
ulvis
Vulturnus
levat
ora,
maximoque
Pontis
Czsarei
reclinis
arcu
70
.
Raucis
talia
faucibus
redundat
:
«
Camporum
bone
conditor
meorum
;
Qui
me
vallibus
aviis
refusum
Et
ripas
habitare
nescientem
Recti
legibus
alvei
ligasti
;
75
Et
nunc
ille
ego
turbidus,
minaxque
Vix
passus
dubias
prius
carinas,
Jam.
pontem
fero
,
perviusque
calcor;
?
fleuve.
Mais,
auguste
prince,
je
te
rends
gráces
,
et
ma
servitude
m'est
chére
quand
elle
me
vient
d'un
pareil
maitre,
et
quand
à
jamais
tu
seras
dit
mon
vainqueur
et
l'arbitre
souverain
de
ma
rive.
bés
aujourd'hui
tu
m'entretiens
dans
un
lit
pai-
sible,
tu
ne
souffres
dans
mes
ondes
aucune
souil-
lure,
et
tu
m'épargnes
l'affront
d'arroser
au
loin
un
sol
infertile.
Je
n'irai
point
tout
chargé
delimon
et
de
fange
m'ensevelir
dans
la
mer
de
Toscane,
semblable
au
Bagrada
qui
traine
silencieusement
ses
eaux
dormantes
au
milieu
des
plaines
de
Car-
thage;
mais
à
l'avenir
la
pureté
de
mon
cristal
pourra
défier
les
flots
dela
mer
et
les
eaux
trans-
parentes
du
Liris,
voisin
de
ma
rive.
»
Ainsi
parla
le
fleuve
;
et
dans
ce
moment,
sur
le
dos
immense
de
la
nouvelle
route,
s'élevait
une
couche
de
marbre.
Cette
voie
propice
s'ouvre
heureusement
par
un
are
triomphal
enrichi
des
trophées
du
vainqueur
des
Germains,
et
tout
bril-
lant
des
métaux
de
la
Ligurie;
il
égale
celui
dont
Iris
couronne
les
nuages.
Là
viennent
aboutir
les
différents
chemins
,
et
là
aussi
la
voie
Appienne
se
voit
avec
regret
délaissée.
Alors
plus
rapide,
plus
ardente
est
la
course,
alors
l'attelage
aime
à
s'élancer;
tels
les
rameurs
fatigués
respirent
au
premier
souffle
favorable
qui
vient
enfler
la
voile.
;
«
Vous
done,
vous
qui
sous
lesglaces
de
l'Ourse
demeurez
fideles
au
pére
des
Romains,
nations,
Qui
terras
rapere
,
et
rotare
silvas
Assueram
(pudet)
,
amnis
esse
coopi
;
80
Et
grates
ago,
servitusque
tanti
est,
Quod
sub
te
duce,
te
jubente,
cessi;
Quod
tu
maximus
arbiter,
mezeque
Victor
perpetuus
legere
ripa.
Et
nunc
limite
me
colis
beato,
85
Nec
sordere
sinis,
malumque
late
Deterges
sterilis
soli
pudorem,
Nec
me
pulvereum
gravemque
ocno
Tyrrheni
sinus
obruet
profundi
;
Qualis
Cinyphius
tacente
ripa
90
Poenos
Bagrada
serpit
inter
agros
;
Sed
talis
ferar,
ut
nitente
cursu
Tranquillum
mare
proximumque
possim
Puro
gurgite
provocare
Lirim.
»
Hec
Amnis;
pariterque
se
levabat
95
Ingenti
plaga
marmorata
dorso
:
Hujus
janua,
prospernmque
limen
Arcus,
belligeri
ducis
trophceis
Et
totis
Ligurum
nitens
metallis
,
Quantus
nubila
qui
coronat
imbri.
Illic
flectitur
exitus
viarum;
Illic
Appia
se
dolet
relinqui
:
Tunc
velocior
acriorque
cursus,
Tunc
ipsos
juvat
impetus
jugales.
Ceu
fessis
ubi
remigum
lacertis
Prime,
carbasa
ventilatis,
aurae.
Ergo
omnes,
age,
que
sub
axe
primo
100
58
STACE.
descendez-la
eette
pente.
Venez
des
régions
orien-
tales,
lauriers
jaloux
d'ombrager
César;
hátez-
vous,
rien
ne
vous
arréte.
Maisà
l'extrémité
dela
voienouvelle,
à
'endroit
oü
Apollon
nous
indique
l'ancienne
ville
de
Cu-
mes,
quelle
est
cette
femme,
avee
ses
cheveux
blanes
et
son
bandeau
sacré?
Me
trompez-vous,
mes
yeux?
Est-ce
la
Sibylle
qui
sort
de
son
an-
tre,
le
laurier
de
Chaleis
à
la
main?
Silence,
ó
ma
lyre,
interromps
tes
chants;
une
autorité
plus
salute
va
parler,
il
faut
se
tne
O
comme
elle
agite
sa
téte!
comme
elle
proméne
ses
fureurs
dans
la
nouvelle
voie
!
on
dirait
qu'elle
la
remplit
à
elle
seule.
Enfin
sa
bouche
virginale
laisse
échapper
ces
accents
prophétiques
:
«
Il
viendra,
je
le
disais
bien,
attendez,
ehamps
et
fleuve!
il
viendra
le
favori
du
eiel,
qui
rempla-
eera
vos
hideuses
foréts
et
vos
sables
fangeux
par
une
route
commode
et
des
ponts
superbes.
Ah!
ce
dieu,
le
voici;
Jupiter
l'a
eommis
pour
régir
en
son
nom
l'univers
trop
heureux.
Jamais
plus
digne
mortel
n'en
prit
les
rénes
depuis
le
jour
ou,
sous
ma
conduite,
le
Troyen
avide
de
connaitre
l'a-
venir
pénétra
dans
les
bois
fatidiques
de
l'Averne
pour
revenir
ensuite
à
la
lumiére.
Celui-ei
est
clément
dans
la
paix
,
terrible
dans
les
combats
;
ilest
meilleur
et
plus
puissant
que
la
nature.
Oui,
s'il
régnait
sur
les
sphéres
enflammées,
l'Inde
se-
rait
baignée
de
pluies
abondantes,
la
Libye
au-
rait
ses
fontaines
,
et
l'Hémus
ses
tiedes
zéphyrs.
Romani
colitis
fidem
parentis,
Prono
limite
commeate
gentes
:
Eo
citius
venite
laurus,
Nil
obstat
cupidis
,
nihil
moratur.
Sed
quam
fine
vice
recentis
imo,
Qua-monstrat
veteres
Apollo
Cumas
,
Albam
crinibus,
infulisque
cerno?
Visu
fallimur?
an
sacris
ab
antris
112
Profert
Chaleidicas
Sibylla
laurus?
Cedamus
;
chely,
jam
repone
cantus;
Vates
sanctior
incipit
;
tacendum
est.
En!
et
colla
rotat,
novisque
late
Bacehatur
spatiis
,
viamque
replet.
'Tunc
sic
virgineo
profatur
ore
:
«
Dicebam,
veniet
(manete
campi
Atque
amnis)
veniet
,
favente
coelo
,
Qui
foedum
nemus
et
putres
arenas
Celsis
pontibus
,
et
via
levabit.
125
En!
hie
est
Deus;
hune
jubet
bealis
Pro
se
Juppiter
imperare
terris
:
Quo
non
dignior
has
subit
habenas
Ex
quo,
me
duce,
pra&escios
Averni
JEneas
avide
futura
querens
130
Lucos
et
penetravit
,
et
reliquit.
Hic
paci
bonus,
hic
timendus
armis,
Natura
melior,
potentiorque
:
Hic
si
flammiferos
teneret
axes
,
Largis,
India,
nubibus
maderes,
110
120
«
Salut,
chef
des
hommes
et
proche
parent
des
Dieux,
Ó
divinité
que
j'ai
vue
et
connue
à
l'a-
vanee!
ee
n'est
plus
sur
de
vieux
parchemins
déroulés,
aprés
la
priére
solennelle
de
quinze
prétres,
que
vous
consulterez
mes
oraeles
;
mais
je
vous
parlerai
de
vive
voix,
vous
méritez
bien
cette
faveur.
Écoutez
:
«J'ai
vula
trame
des
ànnées
que
vous
filent
les
blanches
Parques;
une
longue
série
de
siécles
vous
attend;
survivant
à
vos
neveux,
à
vos
ar-
riére-neveux
,
une
perpétuelle
jeunesse
vous
ga-
rantit
la
vieillesse
de
Tithon,
les
années
paisibles
de
Nestor,
et
celles
quej'ai
moi-méme
demandées
au
dieu
de
Délos.
«
Déjà
l'Ourse
glaeée
a
juré
par
votre
nom
:
l'Orient
vous
promet
de
mémorables
triomphes;
vous
irez
sur
les
traces
d'Hereule
et
d'Évan,
par
delà
les
astres
et
le
berceau
enflammé
du
soleil,
par
delà
les
sources
du
Nil
et
les
neiges
de
l'Atlas;
et,
amassant
toutes
les
gloires
sur
votre
téte,
vous
monterez
sur
le
echar
triomphal
qui
viendra
de
lui-méme
au-devant
de
vous.
Et
cette
prospérité
doit
durer
tant
que
brillera
le
feu
troyen,
tant
que
Jupiter
tonnera
du
haut
du
Capitole
renais-
sant
par
vos
soins,
et
tant
que
subsistera
cette
voie
nouvelle,
qui
pendant
votre
regne
sur
la
terredoit
compter
plus
d'années
que
l'antique
voie
Appienne.
Undaret
Libye,
teperet
Emus.
«
Salve,
dux
hominum,
et
parens
Deorum,
Proevisum
mihi,
cognitumque
numen.
Nec
jam
putribus
evoluta
chartis
'Solemni
prece
Quindecim
virorum
Perlustra
mea
dicta;
sed
canentem
Ipsam
cominus,
ut
mereris
,
audi
:
«
Vidi
quam
seriem
morantis
2evi
Pronectant
tibi
candide
sorores
:
-
Magnus
te
manet
ordo
seeeulorum
:
143
Natis
longior
abnepotibusque,
Annos
perpetua
geres
juventa
,
Quos
fertur
placidos
obisse
Nestor
,
Quos
Tithonia
computat
senectus
,
Et
quantos
ego
Delium
poposci.
130
«
Juravit
tibi
jam
nivalis
Arctos
;
Nunc
magnos
Oriens
dabit
triumphos
:
Ibis
qua
vagus
Hercules,
et
Evan
,
Ultra
sidera
,
flammeumque
solem,
Et
Nili
caput,
et
nivesAtlantis;
155
Et
laudum
cumulo
beatus
omni
Scandes
belliger,
obviosque
currus
Donee
Troicus
ignis,
et
renatee
Tarpeius
Pater
intonabit
aulae
;
Hec
donec
via,
te
regente
terras
,
160
Ànnosa
magis
Appia
senescat.
»
140
LIV.
IV,
SILVE
IV.
SILVE
IV.
ÉPITRE
A
VICTORIUS
MARCELLUS.
Va,
cours,
ma
lettre,
et,
sans
délai
traversant
les
eampaenes
euboiques,
poursuis
ta
route
jus-
qu'à
l'endroit
mémeou
s'arrondit
ets'éléve
la
voie
|
Appienne,
tandis
qu'une
ehaussée
solide
presse
a
molle
aréne.
Et
sitót
que
tu
auras
pénétré
dans
la
ville
de
Romulus,
n'oublie
pas
de
gagner
Ja
rive
droite
du
Tibre
aux
flots
dorés,
prés
du
bas-
sin
qui
abrite
les
vaisseaux,
et
non
loin
des
bords
ombragés
par
les
jardins
des
faubourgs.
Là
tu
verras
Marcellus
brillant
de
toutes
les
gráees
du
corps
et
de
toutes
les
qualités
de
l'àÀme;
tu
le
re-
eonnaitras
à
sa
taille
de
héros,
et
tout
d'abord
tu
lui
adresseras
de
ma
part
le
salut
d'usage,
en
retenant
bien
ces
paroles
mesurées
:
«Déjà
le
printemps
pluvieux
a
réjoui
par
sa
fuite
la
terre
et
les
cieux,
désormais
livrés
aux
flammes
de
la
canicule.
Déjà
s'éelaireit
la
noim-
breuse
population
de
la
superbe
Rome.
Chaeun
a
choisi
son
asile,
ou
Préneste
et
ses
bois
saerés,
ou
les
frais
bosquets
de
Diane,
ou
la
sombre
hor-
reur
de
l'Algide,
ou
Jes
ombrages
de
Tuseulum.
Il
en
est
qui
préférent
Tibur,
et
vont
respirer
la
poussiére
humide
des
cascades
de
l'Anio.
«
Et
toi,
Marcellus,
quelle
retraite
délieieuse
te
dérobe
aux
elameurs
de
la
ville?
Par
quet
air
frais
et
pur
trompes-tu
les
soleils
d'été?
Et
l'objet
le
plus
cher
à
ton
eceur,
ton
ami
de
prédilection
qui
-
est
aussi
mon
ami
,
Gallus
enfin,
dont
les
vertus
balaneent
les
talents,
dans
quelle
contrée
du
CARMEN
IV.
AD
VICTORIUM
MARCELLUM
EPISTOLA.
Curre
per
Euboicos
non
segnis,
epistola
,
campos;
Hac
ingressa
vias
,
qua
nobilis
Appia
crescit
In
latus,
et
molles
solidus
premit
agger
arenas.
Atque
ubi
Romuleas
velox
penetraveris
arces
3
Continuo
dextras
flavi
pete
Tybridis
oras,
B
Lydia
qua
penitus
stagnum
navale
coercet
Ripa,
suburbanisque
vadum
preetexitur
hortis.
Illic
egregium
formaque
animisque
videbis
Marcellum
,
et
celso
praesignem
vertice
nosces
:
Cui
primum
solito
vulgi
de
more
salutem
2c
10
Mox
inclusa
modis
hxc
reddere
verba
memento
:
«
Jam
terras
volucremque
polum
fuga
veris
aquosi
Laxat,
et
Icariis
celum
latratibus
urit
;
Ardua
jam
dense
rarescunt
menia
Rome:
Hos
Praeneste
sacrum
;
nemus
hos
glaciale
Dianz,
15
Algidus
auf,
horrens,
aut
Tuscula
protegit
umbra
;
Tiburis
hi
lucos],
Anienaque
frigora
captant.
«
Te
quoque
clamosse
quinam
plaga
mitior
urbi
Subtrahit?
zestivos
quo
deeipis
aere
soles?
Quid,
tuus
ante
omnes,
tua
cura
potissima
Gallus,
-
29
Nec
non
noster
amor,
(dubium
morum
ne
probandus
Ingenii
ne
bonis)
Latiis
cdestivat
in
oris
59
Latium
passe-t-il
la
saison
des
chaleurs?
Regaene-
t-il
déjà
les
murs
de
Luna,
célébre
par
ses
mines,
ou
bien
ses
belles
maisons
de
"Toscane?
S'il
se
trouve
auprés
detoi,
mon
souvenir
n'est
pas
loin
de
vous,
je
l'espére;
il
anime
vos
entretiens,
j'en
suis
sür;
de
la
cireule
un
léger
bruit
qui
vient
frapper
mes
deux
oreilles.
«
Maistoi,
tandis
que
l'horrible
criniére
de
l'as-
tre
de
Cléonée
brüle
tout
impréguée
des
feux
du
soleil,
dérobe
ton
áme
aux
soueis,
ton
corps
aux
travaux
assidus.
Le
Parthe
n'est
pas
toujours
à
montrer
son
carquois
homicide,
ni
son
are
tendu.
L'éeuyer
aux
champs
de
l'Élide,
aprés
avoir
fourni
la
carriere,
baigne
ses
coursiers
dans
l'eau
cáressante
de
l'Alphée.
Ma
muse
aussi
se
fatigue
et
mon
luth
se
reláehe.
Le
repos
pris
à
temps
stümule
et
nourrit
les
forces
,
il
retrempe
le
cou-
rage.
Achille,
qui
vient
de
chanter
Briséis
;
étin-
celle
d'un
feu
nouveau,
et
dépose
la
lyre
pour
s'é-
lancer
contre
Hector.
De
màme
un
peu
de
loisir
enflammera
ton
áme,
et
tu
parcourras
avee
plus
d'élan
le
cercle
ordinaire
de
tes
travaux.
Mainte-
nant
aucun
débat
n'agite
le
forum
;
la
saison
est
morte
pour
les
procés,
le
retcur
des
moissons
a
dispersé
les
clients,
et
dans
le
vestibule
une
foule
d'aecusés,
foule
gómissante,
ne
te
presse
pas
de
sortir;
enfin
la
baguette
impérieuse
des
cent
juges
se
repose,
dans
ce
tribunal
oü
tu
t'est
déjà
rendue
si
célébre
par
la
sublimité
d'une
élo-
quence
qui
n'attend
pas
les
années.
Heureux
mortel!
ni
les
couronnes
de
l'Hélicon,
ni
les
lau-
riers
du
Parnasse
n'ont
d'attraits
pour
toi.
Mais
Anne
metalliferze
repetit
jam
moenia
Luna,
Tyrrhenasque
domos?
Quod
si
tibi
proximus
hieret,
Non
ego
nunc
vestro
procul
a
sermone
recedo:
25
Certum
est;
inde
sonus
geminas
mihi
circuit
aures.
«
Sed
tu,
dum
nimio
possessa
Hyperione
flagrat
Torva
Cleoncei
juba
sideris,
exsue
curis
Pectus
,
et
assiduo
temet
furare
labori.
Et
sontes
operit
pharetras,
arcumque
retendit
30
Parthus;
et
Eleos
auriga,
laboribus
actis,
Alpheo
permulcet
equos
;
et
nostra
fatiscit
Laxaturque
chelys
:
vires
instigat,
alitque
|
Tempestiva
quies;
major
post
otia
virtus.
Talis
cantanta
Briseide
venit
Achilles
35
Acrior,
et
positis
erupit
in
Hectora
plectris.
Te
quoque
flammabit
tacite
repetita
parumper
Desidia,
et
solitos
novus
exsultabis
in
actus.
Certe
jam
Latic
non
miscent
jurgia
leges
,
Et
pacem
piger
annus
habet
;
messesque
reverso
40
Dimisere
forum
:
nec
jam
tibi
turba
reorum
Vestibulo,
querulive
rogant
exire
clientes
:
Cessat
centeni
moderatrix
judicis
hasta,
Qua
tibi
sublimi
jam
nunc
celeberrima
fama
Eminet,
ef
juvenes
facundia
preeteritannos.
—-
45
«
Felix
curarum!
cui
non
Heliconia
cordi
-
Serta,
nec
imbelles
Parnasie
vertice
laurus;
-
Sed
viget
ingenium,
et
magnos
accinctus
in
usus
60
unesprit
vigoureux,
une
áme
forte,
à
l'épreuve
des
événements
,
te
rendent
capable
de
tout.
Quant
à
nous,
c'est
avee
des
chants
que
nous
charmons
une
vie
désoeuvrée
;
nous
poursuivons
un
vain
fantóme
de
gloire.
Mais
voiei
qu'en
cherchant
le
sommeil
Je
long
de
ma
rive
natale,
de
cette
rive
hospita-
liére
qui
abrita
Parthénope,
je
pince
négligem-
ment
les
cordes
chétives
de
mon
luth
:
assis
au
seuil
du
temple
de
Virgile,
Virgile
m'inspire,
et
je
ehante
sur
la
tombe
de
ce
grand.
maitre.
«
Oh!sila
Parquet'acceordait
une
longue
earriére
(et
moi
je
l'en
conjure),
si
le
chef
du
Latium
que
.
tu
places
dans
ton
respect
bien
avantle
maitre
du
tonnerre,
si
ce
prince
auguste
te
continuait
ses
faveurs,
lui
qui
joint
pour
toi
à
l'honneur
des
fais-
eeaux
l'importante
mission
de
restaurer
l'antique
voie
Latine,
peut-étre
irais-tu,
dirigeant
les
co-
hortes
de
l'Ausonie,
garder
les
bordsdu
Rhin
ou
les
brülants
rivages
de
Thulé,
ou
le
eours
du
Danube,
ou
les
portes
si
dangereuses
dela
mer
Caspienne:
ear
tu
n'as
pas
en
partage
l'éloquenee
seule,
tu
as
recu
un
tempérament
de
héros,
et
des
épau-
les
capables
de
soutenir
le
lourd
fardeau
de
la
eui-
rasse.
Quetu
eombattes
à
pied,
ton
panache
flot-
tera
au-dessus
des
bataillons
;
à
cheval,
ton
eour-
sier
soumettra
sa
fougue
à
ton
frein
retentissant.
Pour
nous,
tout
en
chantant
les
actions
des
autres,
nous
descendons
la
pente
de
la
vieillesse.
Toi,
brillant
de
tes
propres
exploits,
tu
fournis
une
ample
matiére
à
nos
chants,
et
à
la
patrie
de
no-
bles
exemples.
Ton
pére
et
méme
encore
ton
bel-
liqueux
aieul
exigent
beaueoup
deta
valeur.
C'est
^
quelque
chose
que
d'étre
né
au
milieu
des
triom-
Fert
animus
quascumque
vices
:
nos
olia
vitae
Solamur
cantu,
ventosaque
gaudia
famae
50
Quiserimus.
En
egomet
somnum
,
ef
geniale
secutus
Litus,
ubi
Ausonio
se
condidit
hospita
portu
Parthenope
,
tenues
ignavo
pollice
chordas
Pulso,
Maroneique
sedens
in
margine
templi
Sumo
animum,
et
magni
tumulis
adcanto
magistri.
—
55
«
At
tu,
si
longi
cursum
dabit
Atropos
evi,
Detque
precor,
Latiique
ducis
si
numina
pergent
;
Quem
tibi
posthabito
studium
est
coluisse
Tonante
,
Quique
tuos
alio
subtexit
munere
fasces,
Et
spatia
antiquce
mandat
renovare
Latins:
,
60
Forsitan
Ausonias
ibis
frenare
cohortes,
Aut
Rheni
populos
,
aut
nigra
litora
Thules,
Aut
Istrum
servare
latus,
metuendaque
porte
Limina
Caspiace
:
nec
enim
tibi
sola
potentis
Eloquii
virtus;
sunt
membra
accommoda
bellis
,
65
Quique
gravem
tardi
subeant
thoraca
lacerti.
Seu
campo
pedes
ire
paras,
est
agmina
supra
Nutaturus
apex
;
seu
frena
sonantia
flectes
,
Serviet
asper
equus.
Nos
facta
aliena
canendo
Vergimur
in
senium
:
propriis
tu
pulcher
in
armis
70
Tpse
canenda
geres
,
patriaeque
exempla
parabis.
Magna
pater,
dignosque
etiamnum
belliger
actus
Poscit
avus
,
praestatque
domi
novisse
triumphos
STACE.
phes.
Courage
done!
à
l'aurore
de
la
vie,
rivalise
avee
ton
pere,
à
la
force
del'áge.
Courage,
Marcel-
lus,
également
heureux
de
la
gloire
de
ton
pére
et
de
la
noblesse
de
ta
mere!
Le
sénat,
qui
t'a
donné
la
pourpre
pour
bereeau
,
se
complait
à
te
pro-
mettre
tous
les
honneurs
curules.
»
Tels
sont,
Mareellus,
les
aecents
que
j'en-
voyais
vers
toi
aux
lieux
oü
le
Vésuve
élance
vers
le
eiel
sa
rage
brisée,
et
roule
en
tourbillons
ses
flammes,
rivales
des
flammes
de
l'Etna.
Étrange
eatastrophe!
La
postérité
le
croira-t-elle,
alors
que
les
moissons
et
la
verdure
reeouvriront
ces
dé-
serts,
eroira-t-elle
bien
fouler
aux
pieds
le
tom-
beau
des
populations
et
des
villes?
eroira-t-elle
que
les
champs
de
ses
aieux
sont
deseendus
tout
entiers
au
fond
de
la
mer
?
Mais
le
gouffre
béant
nous
menaee
encore;
loin
de
vous,
Ó
Tifate,
Ó
Téate,
loin
de
vous,
montagnes
des
Marru-
eins,
les
débordements
de
sa
colere!
Et
maintenantsi
tu
veux
savoir
à
quoi
ma
muse
prélude,
je
te
répondrai
que
ma
7/ébaide,
au
terme
desestravaux,
vient
de
plier
ses
voiles
dans
le
port
désiré.
Sur
les
címes
du
Parnasse
et
dans
les
foréts
de
l'Hélicon,
j'ai
brülé
un
en-
cens
pur
avec
les
entrailles
d'une
génisse
vierge,
et
suspendu
mes
bandelettes
au
laurier
consaeré.
Une
autre
eouronne
a
eeint
mon
front,
veuf
de
la
premiere.
Ilion,
le
grand
Achille,
voilà
désormais
l'objet
de
mes
efforts.
Mais
le
dieu
à
l'are
d'argent
|
m'appelle
ailleurs;
il
me
montre
les
aetions
plus
éclatantes
du
chef
de
l'Ausonie;
je
suis
poussé
là
par
je
ne
sais
quel
entrainement,
et
la
crainte
seule
me
raméne.
Mes
épaules
soutiendront-
elles
Surge
agedum,
juvenemque
puer
deprende
parentem
,
Stemmate
materno
felix
,
virtute
paterna.
75
Jam
te
blanda
sinu
Tyrio
sibi
Curia
felix
Educat,
et
cunctas
gaudet
spondere
curules.
»
Hec
ego
Chaleidicis
ad
te,
Marcelle,
sonabam
Littoribus,
fractas
ubi
Vesvius
erigit
iras,
JEmula
Trinacriis
volvens
incendia
flammis.
80
Mira
fides!
credetne
virum
ventura
propago
,
Quum
segetes
iterum
,
quum
jam
haec
deserta
virebunt
,
Infra
urbes
populosque
premi
,
proavitaque
toto
Rura
abiisse
mari?
nec
dum
letale
minari
:
Cessaft
apex
;
procul
ista
tuis,
Tifata,
Teate,
85
Nec
Marrucinos
agat
heec
insania
montes.
Nunc
si
forte
meis
quc
sint
exordia
Musis
Scire
petis,
jam
Sidonios
emensa
labores
'Thebais
optato
collegit
carbasa
portu;
Parnasique
jugis
,
sylvaque
Heliconide
festis
.90
TThura
dedit
flammis,
ef
virginis
exta
juvene
,
Votifera
que
meas
suspendit
ab
arbore
vittas.
Nunc
vacuos
crines
alio
subit
infula
nexu
:
Troja
quidem
,
magnusque
mihi
tentatur
Achilles
;
Sed
vocat
arcitenens
alio
pater,
armaque
monstrat
95
Ausonii
majora
ducis
:
trahit
impetus
illo
;
Jam
pridem,
retrahitque
timor
:
stabuntne
sub
illa
Mole
humeri?
an
magno
vincetur
pondere
cervix?
LIV.
IV,
eefardeau,
et
mon
génie
n'en
sera-t-il
point
écrasé?
qu'en
dis-tu,
Marcellus,
lesupporterai-je?
Et
ma
nacelle,
qui
n'a
eneore
vu
que
d'humbles
riviéres,
doit-elle
affronter
les
périls
de
la
mer
Ionienne?
Adieu
done!
et
défends
à
ton
eceur
de
laisser
sortir
l'amitié
que
tu
y
eonserves
pour
un
poéte
bien
connu.
Certes,
le
dieu
de
Tyrinthe
et
le
hé-
ros
de
l'amitié
n'avait
point
ton
áme
,
et
tu
aurais
la
palme
sur
le
fidéle
Thésée
et
sur
celui
qui,
trainant
autour
d'llion
les
restes
déchirés
du
fils
de
Priam,
eherehait
à
se
eonsoler
de
la
perte
d'un
ami.
SILVE
V.
ODE
A
SEPTIME
SÉVERE.
Heureux
et
fier
d'un
modeste
domaine
prés
de
lantique
cité
qui
honore
les
pénates
troyens,
je
m'adressé
au
brave,
à
l'éloquent
Sévére
,
et,
sur
un
mode
qui
m'est
peu
familier,
je
le
salue.
Déjà
l'affreux
hiver,
percé
des
traits
d'un
soleil
brülant,
a
disparu
vers
l'Ourse
hyperboréenne.
Déjà
l'Océan
et
la
terre
sourient,
déjà
les
tiedes
zéphyrs
ont
brisé
les
forces
de
l'aquilon.
L'arbre
chevelu
renouvelle
son
feuillage
et
sa
parure
printaniére
;
et
voici
de
nouvelles
plaintes,
des
mélodies
nouvelles,
que
l'oiseau,
pendant
la
|
brume,
a
méditées
en
silence.
Pour
nous,
un
petit
coin
de
terre,
un
foyer
oü
petille
la
flamme
vigilante
,
un
toit
noirci
par
la
Dic
,
Marcelle,
feret?
fluctus
an
sueta
minores
Nosse
ratis,
nondum
Ioniis
credenda
periclis
?
Jamque
vale,
et
penitus
noti
tibi
vatis
amorem
Corda
exire
veta
:
nec
enim
Tirynthius
alme
Pectus
amicitie
;
cedit
tibi
gloria
fidi
Theseos,
et
lacerum
qui
circa
mcenia
Trojoe
Priamidem
,
czeso
solatia
traxit
amico.
100
105
CARMEN
V.
CARMEN
LYRICUM
AD
SEPT.
SEVERUM.
Parvi
beatus
ruris
honoribus,
Qua
prisca
Teucros
Alba
colit
lares
,
Fortem
atque
facundum
Severum
Non
solitis
fidibus
saluto.
Jam
trux
ad
Arctos
Parrhasias
hiems
5
Concessit
altis
obruta
solibus
;
Jam
pontus,
ac
tellus
renident
;
Jam
Zephyris
Aquilo
refractus.
Nunc
cuncta
vernans
frondibus
annuis
Crinitur
arbos
;
nunc
volucrum
novi
HU
Questus
,
inexpertumque
carmen
5
Quod
tacita
statuere
bruma,
-
Nos
parca
tellus
,
pervigil
et
focus
,
Culmenque
multo
lumine
sordidum
Solantur,
exemptusque
testa
15
SILVE
V.
61
fumée,
nous
consolent
du
reste,
ainsi
que
le
jus
de
la
treille
sorti
du
vase
ou
il
vient
de
jeter
son
feu.
Je
n'ai
point
iei
mille
brebis
bélantes,
ni
une
génisse
dont
les
mugissements
appellent
un
doux
adultére;
l'éeho
de
mon
champ
répond
à
ma
voix
seule,
quand
ma
voix
se
fait
entendre.
Mais
aprés
ma
patrie
cette
terre
a
la
premiere
place
dans
mon
eceur.
C'est
là
que
la
belliqueuse
déesse
couronna
mes
vers
parla
main
de
César.
Tendre
ami,
comme
tu
t'efforcais
alors
de
dissi-
per
ma
douce
inquiétude
|
'Tel
Castor
frissonnait
au
plusléger
bruit
venant
de
l'aréne
de
Bébrycie.
Quoi!
c'est
au
fond
des
Syrtes
sauvages
que
Leptis
t'a
vu
naitre?
Bientót
sans
doute
elle
por-
tera
les
moissons
de
l'Inde,
et
ravirale
précieux
einname
à
l'odorante
Sabée.
Qui
ne
eroirait
que
le
doux
Septime
a
essayé
ses
premiers
pas
sur
lescollines
de
Romulus,
et
que,
sevré
du
lait
maternel,
il
atrempé
ses
lévres
dans
la
fontaine
de
Juturne?
Cette
vertu
m'étonne.
À
peine
entré
dans
les
ports
del'Ausonie,
tu
perds
toute
idée
dela
perfidie
africaine,
et,
adopté
parl
Etrurie,
tu
te
plonges
en-
core
enfant
dans
les
ondes
tyrrhéniennes.
Ici,
parmiles
fils
dessénateurs,
tu
grandis
con-
tent
du
modeste
éclat
de
la
pourpre
,
tandis
qu'a-
vee
uneáme
toute
patrieienne
tu
embrasses
d'im-
menses
travaux.
Rien
en
toi
nerappelle
Carthage,
ni
lelangage,
ni
les
maniéres,
ni
l'esprit.
Tu
es
Romain.
Il
est
Qua
modo
ferbuerat
Lycus.
Non
mille
balant
lanigeri
greges
,
Nec
vacca
dulci
mugit
adultero
:
Unique
si
quando
canenti
Mutus
ager
domino
reclamat.
20
Sed
terra
primis
post
patriam
mihi
Dilecta
curis
:
hic
mea
carmina
Regina
bellorum
virago
Ceesareo
decoravit
auro:
Quum
tu
sodalis
dulce
periculum
25
Connisus
omni
pectore
tolleres
;
Ut
Castor
ad
cunctos
tremebat
Bebrycie
strepitus
arenc.
Tene
in
remotis
Syrtibus
avia
Leptis
creavit?
jam
feret
Indicas
30
Messes
,
odoratisque
rara
Cinnama
preripiet
Sabois.
Quis
non
in
omni
vertice
Romuli
Reptasse
dulcem
Septimium
putet?
Quis
fonte
Juturna
,
relictis
35
Überibus,
neget
esse
pastum?
Heec
mira
virtus
:
protenus
Ausonum
Portus
,
dolos:e
nescius
Africe,
Intras,
adoptatusque
Tuscis
Gurgitibus
puer
innatasti.
:
40
Hic
parvus,
inter
pignora
Curize,
Contentus
arcto
lumine
purpure
;
62
done
à
Rome
et
dans
les
légions
de
Rome
des
en-
fants
qui
bonorent
la
Due.
Ta
voix
au
barreau
charme
la
foule,
mais
ton
éloquence
n'est
point
vénale,
et
ton
EG
repose
dans
le
fourreau,
si
l'intérét
de
tes
amis
ne
l'en
fait
sortir.
'Tu
eherehes
avee
amour
le
repos
et
les
champs,
tantót
dans
la
demeure
paternelle
et
sur
le
sol
de
Veies,
tantót
dans
les
bois
touffus
des
Herniques,
ou
bien
parmi
les
vieux
Sabins.
Là,
tu
t'oceuperas
d'ceuvres
sérieuses
,
et
libres
des
entraves
de
la
mesure
:
mais,
en
mémoire
de
nous,
réveille
aussi
parfois
ta
l'yre
ensevelie
dans
ton
humble
retraite.
SILVE.
VI.
LHERCULE
SUR
LA
TABLE
DE
NONIUS
VINDEX.
Un
jour
que,
l'esprit
libre
et
le
eceur
soulagé
d'Apollon,
j'errais
à
l'aventure
dans
les
vastes
en-
elos
du
ehamp
de
Mars,
à
la
clarté
mourante
du
so-
leil
eouchant,
un
souper
de
l'aimable
Vindex
vint
m'enlever
à
ma
réverie.
Ce
sont
de
ces
repas
qui
se
gravent
daus
la
partie
la
plus
intime
de
l'áme
pour
ne
plus
s'effaeer;
car
notre
estomae
n'a
point
épuisé
ses
eapriees
sur
des
mets
venus
à
grands
frais
de
tous
les
elimats,
il
n'a
point
sa-
vouré
ees
vins
qui
rivalisent
de
vieillesse
avee
nos
fastes
consulaires.
Ah
jeles
plains
ceux
qui
attachent
tant
de
prix
Crescis;
sed
immensos
labores
Indole
patricia
secutus.
Non
sermo
Poenus
,
non
habits
tibi
,
Externa
non
mens:
Italus
,
Italus.
Sunt
Urbe
Romanisque
turmis
Qui
Libyam
decorant
alumni.
Est
et
frequenti
vox
habilis
foro,
Xenale
sed
non
eloquium
tibi
,
Ensisque
vagina
quiescit,
Siringere
ni
jubeant
amici.
Sed
rura
cordi
scepius
et
quies,
-
Nunc
in
paternis
sedibus
et
solo
-
Veiente,
nunc
frondosa
supra
4b
50
:
55
Hernica,
nunc
Curibus
vetustis.
—
d
Hic
plura
pones
vocibus
et
modis
Passu
solutis;
sed
memor
interim
Nostri,
verecundo
latentem
Barbiton
ingemina
sub
antro.
60
CARMEN
VI.
HERCULES
EPITRAPEZIOS
NONI
VINDICIS.-
Forte
remittentem
curas,
Phoeboque
levatum
Pectora
,
quum
patulis
tererem
vagus
otia
Septis
jam
moriente
die,
rapuit
me
ccena
benigni
Viudicis
:
haec
imos
animi
perlapsa
recessus
STACE.
à
eonnaitre
la
différenee
qui
existe
entre
un
fai-
san
et
une
grue,
entre
l'oiseau
du
Phase
et
l'oi-
seau
du
Rhodope;
eeux-là
qui
demandent
quelle
espéce
d'oie
est
la
plus
grasse
,
et
pourquoi
le
san-
glier
d'Étrurie
a
plus
de
saveur
que
le
sanglier
d'Ombrie,
et
sur
quelle
herbe
marire
l'huitre
glissante
repose
plus
mollement!
Quant
à
nous,
les
joyeux
propos,
les
épanchements
d'une
ami-
tié
sineére,
et
les
paroles
que
nous
soufflait
le
vent
du
Pinde,
tout
nous
eonseilla,
pour
cette
nuit
d'hi-
ver,
d'écarter
de
nos
yeux
le
doux
sommeil,
jus-
qu'à
l'heure
oü
Castor
montrant
sa
téte,
au
SOR
des
champs
Élysées,
l'Aurore
sourit
de
nous
voir
attablés
au
banquet
de
la
veille.
O
nuit
délieieuse
!
quen'égalas-tu
en
durée
cette
nuit
double
oà
naquit
le
héros
de
Tirynthe!
nuit
à
jamais
mémorable,
et
qu'on
aurait
dü
mar-
quer
avec
le
diamant
d'Érythrée.
C'estalors
que
je
vis
quantité
de
figures
antiques
d'ivoire
et
d'ai-.
rain,
et
des
modéles
en
cire
qui
semblaient
vou-
loir
parler,
tant
l'illusion
était
parfaite.
Quel
con-
naisseur
eut
jamais
le
coup
d'eeil
plus
sür
que
Vindex?
Qui
mieux
que
lui
sut
distinguer
le
style
des
anciens
artistes,
et
restituer
à
son
auteur
un
ehef-d'ceuvre
anonyme?
vous
montrera,
lui,
les
veiles
savantes
de
Myron
et
ses
méditations
écrites
en
bronze;
il
vous
dira
quel
marbre
a
recu
la
vie
par
l'art
de
Praxitéle,
quel
ivoire
à
été
poli
par
la
main
de
Phidias,
quels
bustes
respirent,
gráce
aux
fourneaux
de
Polycléte,
et
quelle
admirable
ligne
accuse
encore,
aprés
des
siécles,
le
pinceau
du
vieil
Apelle;
car
voilà
ses
Inconsumpta
manet
;
neque
enim
ludibria
ventris
5
Hausimus
,
aut
epulas
diverso
e
sole
petitas
,
Vinaque
perpetuis
aevo
certantia
fastis.
Ah
miseri
!
quos
nosse
juvat,
quid
Phasidis
ales
Distet
ab
hiberna
Rhodopes
grue
;
quis
magis
anser
Exfa
ferat;
cur
Thuscus
aper
generosior
Umbro
;
Lubrica
qua
recubent
conchylia
mollius
alga.
Nobis
verus
amor,
medioque
Helicone
petitus
Sermo,
hilaresque
joci
brumalem
absumere
noctem
Suaserunt,
mollemque
oculis
expellere
somnum;
Donec
ab
Elysiis
prospexit
sedibus
alter
Castor,
et
hesternas
risit
Tithonia
mensas.
O
bona
nox
!
junctaque
utinam
TTirynthia
luna!
Nox
,
et
Erythrce:e
Thetidis
signanda
lapillis
,
Et
memoranda
diu,
geniumque
habitura
perennem.
Mille
ihi
tunc
species
drisque
eborisque
vetusti
,
Atque
locuturas
mentito
corpore
ceras
Edidiei:
quis
namque
oculis
certaverit
usquam
Vindicis
,
artifieum
veteres
cognoscere
ductus
,
Et
non
inscriptis
auctorem
reddere
signis
?
Hic
tibi
que
docto
multum
vigilata
Myroni
ZEra
,
laboriferi
vivant
quoe
marmora
coelo
Praxitelis,
quod
ebur
Pisco
pollice
rasum
,
Quod
Polycleteis
jussum
est
spirare
caminis,
Linea
quie
veterem
longe
fateatur
Apellem
,
Monstrabit
:
namque
hec
,
quoties
chelyn
exsuit
ille;
20
25
LIV.
IV,
SILVE
VI.
à3
délassements
lursqu'il
a
déposé
lalyre;
c'est
en-
|
àlajoie.
D'une
mainil
tient
la
coupe
voluptueuse
eore
l'amour
du
beau
qui
l'arrache
à
ses
grot-
tes
d'Aonie.
Cependant
le
génie,
le
proteeteur
de
notre
table
|
frugale
étaitun
Hercule
qui
me
plongea
dans
l'ex-
tase,
et
que
mes
yeux
ne
se
lassérent
pas
de
eon-
templer.
Letravail
en
étaitsi
beau!
il
y
avaittant
de
majesté
contenue
dans
des
bornes
si
étroites
!
Le
dieu
!
m'éeriai-je,
voilà
le
dieu!
Certes
,
il
posa
devant
toi,
ó
Lysippe,
lorsqu'il
t'arriva
de
le
repré-
senter
si
petit
et
de
Ie
faire
concevoir
si
grand.
Encore
que
cechef-d'ceuvre
tienne
dansla
mesure
d'un
pied,
on
s'écrie
naivement
:
Cette
poitrine
étouffa
le
lion
dévastateur
de
Némée
;
Ces
bras
portérent
Ia
massue
fatale
,
et
brisérent
les
rames
des
Argonautes.
Quelle
illusion.
grandiose
dans
si
peu
d'espace
!
Quelle
précision
dans
la
main
!
Quel
sentiment
de
l'art.
ne
fallut-il
pas
à
l'ou-
vrier?
Il
avait
à
faire
un
bijou
pour
une
table,
et
i]
voulait
réveiller
dans
l'esprit
l'idée
d'un
colosse.
Non,les
antres
des
Telchines
n'ont
rien
vu
de
semblable;
etle
robuste
Brontés,
et le
Dieu
qui
polit
les
armes
des
Dieux,
le
forgeron
de
Lemnos,
n'eussent
point
fait
en
jouant
une
telle
figure.
La
physionomie
du
dieu
n'est
ni
farouche,
ni
étrangére
à
la
gaieté
libre
des
festins.
1l
s'offre
à
nous
tel
que
l'admira
le
frugal
Molorchus,
tel
que
le
vit,
dans
les
bois
saerés
d'Aléa,
la
prétresse
de
Tégée
,
tel
enfin
qu'il
était
lorsque,
du
bücher
de
l'OEta,
emporté
vers
les
astres,
il
buvait
joyeu-
sement
le
nectar
à
la
face
de
Junon
encore
toute
courroucée.
L'expression
de
ses
traits
est
si
douce,
qu'il
semble
du
fond
du
eceur
inviter
les
convives
Desidia
est;
hic.
Aoniis
amor
avocat
antris.
Haec
inter,
castze
Genius
tutelaque
mensae
Amphitryoniades,
multo
mea
cepit
amore
Pectora,
nec
longo
satiavit
lumina
visu
:
Tantus
honos
operi
,
finesque
inclusa
per
arctos
35
Majestas!
Deus
ille,
deus;
seseque
videndum
Indulsit,
Lysippe,
tibi,
parvusque
videri
Sentirique
ingens
:
et
quum
mirabilis
intra
Stet
mensura
pedem
,
tamen
exclamare
libebit,
Si
visus
per
membra
feras
;
«
Hoc
pectore
pressus
40
Vastator
Nemees
;
hzc
exitiale
ferebant
Robur,
et
Argoos
frangebant
brachia
remos.
Hoc
spatio
tam
magna
brevi
mendacia
formae!
Quis
modus
in
dextra
,
quanta
experientia
docti
Artificis
curis,
pariter
gestamina
mensx
45
Fingere
;
et
ingentes
animo
versare
colossos
!
Tale
nec
Idiis
quidquam
Telchines
in
antris
,
Nec
solidus
Brontes
,
nec
qui
polit
arma
deorum
Lemnius
,
exigua
potuisset
ludere
massa.
»
Nec
torva
effigies
epulisque
aliena
remissis
;
50
Sed
qualem
parci
domus
admirata
Molorchi;
Aut
Ale:
lucis
vidit
Tegewa
sacerdos
:
Qualis
ab
CEtowis
emissus
in
astra
favillis
Nectar
adhuc
torya
lotus
J
unone
bibebat
:
Sic
mitis
vultus
,
veluti
de
pectore
gaudens
55
de
son
frére
,
l'autre
main
n'a
point
oublié
la
mas-
sue;
il
à
pour
siége
un
dur
rocher,
que
recouvre
en
entier
la
peau
du
lion
de
Némée.
Ce
bel
ouvrage
eut
un
destin
diene
delui.
Le
hé-
ros
de
Pella
en
faisait
la
divinité
révérée
de
ses
festins,
l'emportait
dans
ses
courses
du
couchant
à
l'aurore,
et
le
pressait
tendrement
de
la
méme
main
qui
donnait
ou
enlevait
des"
couronnes
et
renversait
les
cités
puissantes.
C'était
à
lui
qu'il
demandait
toujours
des
inspirations
pour
les
ba-
tailles
du
lendemain;
à
lui
qu'il
racontait
tou-
.joursses
opulents
triomphes,
soitqu'ileütsoustrait
les
Indiens
au
joug
de
Baeehus
et
brisé
de
sa
grande
lance
les
portes
de
Babylone,
ou
bien
en-
core
écrasé
l'empire
de
Pélops
avec
la
liberté
des
Grecs.
Sa
victoire
sur
Thébes
fut,
dit-on,
la
seule
qui
lui
arracha
des
exeuses.
Enfin
quand
la.
for-
tune
interrompit
le
cours
de
ses
exploits,
Alexan-
dre,
qui
sentait
couler
dans
ses
veines
le
fatal
breuvage
et
peser
sur
sa
paupiére
un
nuage
de
mort,
Alexandre
vit
sa
divinité
pálir,
et,
à
la
vue
du
bronze
en
sueur,
il
frissonna
comme
à
son
ban-
quet
supréme.
Bientót
cette
merveille
fut
possédée
par
le
ehef
des
Nasamons,
par
Annibal;
et
l'homme
au
bras
terrible,
à
l'épée
parjure,
offrit
des
libations
au
dieu
dela
force;
mais
Hercule
le
haissait
pour
s'étre
couvert
du
sang
italien,
et
pour
avoir
porté
l'ineendie
jusque
sous
la
ville
de
Romulus;
il
re-
poussait
avee
horreur
ses
offrandes
et
ne
suivait
qu'à
regret
ses
drapeaux
impies,
surtout
lors-
qu'Annibal
lanea
des
flammes
sur
Ja
cité
d'Her-
]
Hortetur
mensas
:
tenet
hxc
marcentia
fratris
Pocula,
at
haec
clavze
meminit
manus
:
aspera
sedes
Sustinet,
occultum
Nemezo
tegmine
saxum.
Digna
operi
fortuna
sacro
:
Pellzeus
habebat
Regnator
lzetis
numen
venerabile
mensis,
60
Et
comitem
Occasus
secum
portabat
et
Ortus
;
Prensabatque
libens
,
modo
qua
diademata
dextra
Abstulerat
dederatque
,
eL
magnas
verterat
urbes.
Semper
ab
hoc
animos
in
crastina
bella
petebat,
Huic
acies
victor
semper
narrabat
opimas
,
65
Sive
catenatos
Bromio
detraxerat
Indos
,
Seu
clausam
magna
Babylona
refregerat
hasta
Seu
Pelopis
terras
libertatemque
Pelasgam
Obruerat
bello;
magnoque
ex
agmine
laudum
Fertur
Thebanos
tantum
excusasse
triumphos.
70
Ille
etiam
,
magnos
fatis
rumpentibus
actus
,
Quum
traheret
lethale
merum,
jam
mortis
opaca
Nube
gravis,
vultus
alios
in
numine
caro
—
JEraque
supremis
tenuit
sudantia
mensis.
Mox
Nasamoniaco
decus
admirabile
regi
:
EE)
Possessum
;
fortique
deo
libavit
honores
Semper
alrox
dextra,
perjuroque
ense
superbus
——
—
Annibal.
Italice
perfusum
sanguine
gentis
,-
Diraque
Romuleis
portantem
incendia
tectis.
Oderat,
et
quum
epulas,
et
quum
Lena
dicaret
80
6i
STACE.
cule,
profana
les
temples
et
les
demeures
de
l'in-
nocente
Sagonte
,
et
alluma
chez
les
populations
de
nobles
fureurs.
Aprésla
mort
du
Carthaginois,
cette
noble
image
ne
tomba
pas
au
pouvoir
d'une
maison
vulgaire,
mais
elle
ornait
les
festins
de
Sylla,
passant
tou-
jours
ainsi
dans
d'illustres
demeures
,
et
n'ayant
qu'à
se
féliciter
de
la
noblesse
de
ses
maitres.
Maintenant,
si
les
Immortels
ont
encore
égard
au
caraetére
et
à
la
eonscienee
des
humains,
vous
le
savez,
dieu
de
Tyrinthe,
ce
n'est
pas
le
royal
appareil
d'une
cour
qui
vous
environne;
mais
pour
cortége
vous
avez
les
vertus
pures
et
sans
tache
d'un
possesseur
qui
joint
à
une
probité
an-
tique
le
don
précieux
d'une
amitié
inaltérable.
Vous
en
savez
quelque
chose
,
vous
qui,
à
la
fleur
de
l'áge,
égalez
déjà
nos
aieux,
illustre
Vestinus
;
c'est
aprés
vous
qu'il
soupire
nuit
et
jour,
ne
res-
pirant,
ee
semble,
que
dans
les
embrassements
de
votre
ombre
adorée.
Ici
done
vous
jouissez
des
douceurs
du
repos
,
óle
plus
vaillant
des
Dieux,
ó
Alcide!
et
vos
yeux
n'y
reheontrent
pas
les
images
de
la
guerre
et
des
combats
sanglants,
mais
une
lyre,
des
bandelettes,
et
le
laurier
ami
des
poétes.
Le
poéte!
Il
vous
rap-
pellera
dans
son
vers
solennel
les
murs
de
Per-
game
et
les
repaires
de
la
"Thrace,
les
neiges
du
Stymphale
et
les
humides
sommets
de
l'Eryman-
the,
tous
ces
lieux
pleins
dela
terreur
de
vos
armes
et
de
l'immensité
de
vos
exploits;
il
ehantera
la
peine
que
vous
fites
subir
au
possesseur
des
trou-
peaux
de
l'Ibérie,
ainsi
qu'au
barbare
ministre
des
Dona
,
deus
castris
morens
comes
isse
nefandis
;
Precipue
quum
sacrilega
face
miscuit
arces
lpsius
,
immeriteeque
domos
ac
templa
Sagunti
Polluit,
et
populis
furias
immisit
honestas.
Nec
post
Sidonii
lethum
ducis
zre
potita
Egregio
plebeia
domus
:
convivia
Syllae
Comebat,
semper
claros
intrare
penates
Assuetum
,
et
felix
dominorum
stemmate
signum.
Nune
quoque
,
si
mores
humanaque
pectora
cura
Nosse
deis
,
non
aula
quidem,
Tirynthie,
nec
te
.
—
90
Regius
ambit
honos;
sed
castà
,
ignaraque
culpae
Mens
domini
,
cui
prisca
fides
,
cceptoeque
perenne
Foedus
amicitiae
:
scit
adhuc
florente
sub
zevo
Par
magnis
Vestinus
avis,
quem
nocte
dieque
Spirat,
et
in
carze
vivit
complexibus
umbrae.
95
Hic
igitur
tibileeta
quies
,
fortissime
divüm,
Alcide;
nec
bella
vides
pugnasque
feroces
,
Sed
chelyn,
et
vittas,
et
amantes
carmina
laurus.
fIic
tibi
solemni
memorabit
carmine
,
quantus
Iliacas
Geticasque
domos
,
quantusque
nivalem
Stymphalon,
quantusque
jugis
Erimanthon
aquosis
'Terrueris;
quem
te
pecoris
possessor
Iberi,
Quem
tulerit
seevae
Mareoticus
arbiter
arc.
-
Hic
penetrata
tibi
spoliataque
limina
Mortis
Concinet,
et
flentes
Libye
,
Scythizeque
puellas.
Nec
te
regnator
Macetüm
,
nec
barbarus
unquam
*
85
100
autels
maréotiques.
Tl
dira
votre
entrée
au
séjour
de
la
mort,
la
mort
elle-méme
dépouillée
de
ses
dépouilles,
et
les
Hespérides
et
les
vierges
de
Scy-
thie
poussant
des
cris
de
désespoir.
Certes,
ni
le
conquérant
macédonien,
ni
le
barbare
Annibal,
niSylla
mémeavee
sa
voix
terrible,
ne
pourraient
trouver
pour
vous
de
tels
accords.
Ettoi,
l'auteur
de
ce
brillant
chef-d'oeuvre,
ó Lysippe,
un
coup
d'eil
approbateur
de
Vindex
te
plairait
mieux
que
tous
les
suffrages.
t
SILVE
VII.
ODE
À
MAXIMUS
JUNIUS.
-
Habituée
à
courir
dans
une
vaste
carriére,
suspends,
Erato,
le
récit
des
actions
héroiques,
et
restreins
ton
essor
dans
un
cercle
plus
étroit.
Et
toi,
souverain
du
choeur
lyrique,
laisse-
moi
toucher
un
nouvel
instrument,
si
ma
muse
la-
tine
a
dignement
chanté
ta
patrie,
ó
Pindare!
J'essaie
pour
Maxime
d'humbles
accords.
1]
me
faut
une
eouronne
cueillie
sur
un
myrte
jusqu'ici
respecté;
ma
soif
n'est
pas
plus
grande,
mais
je
veux
l'étaneher
dans
une
source
plus
pure.
Quand
les
montagnes
des
Dalmates
te
rendront-
elles
au
doux
Latium?
ees
montagnes
du
flane
desquelles
le
mineur,
aprés
avoir
vu
Pluton,
re-
vient
tout
pále,
et
tout
semblable
en
couleur
à
l'or
qu'il
retire.
Me
voiei,
moi,
fils
d'un
sol
plus
voisin
de
Rome,
et
pourtant
je
résiste
aux
molles
séductions
du
]
Annibal,
aut
saevi
posset
vox
horrida
Sylloe
His
celebrare
modis.
Certe
tu
muneris
auctor
Non
aliis
malles
oculis
,
Lysippe
,
probari.
CARMEN
VIL
-—
LYRICUM
AD
MAXIMUM
JUNIUM.
Jamdiu
lato
spatiata
campo,
Fortis
heroos
Erato
labores
Differ,
atque
ingens
opus
in
minores
Contrahe
gyros
;
Tuque,
regnator
Lyrieze
cohortis
,
Da
novi
paulum
mihi
jura
plectri
,
Si
tuas
cantu
Latio
sacravi,
Pindare,
Thebas.
Maximo
carmen
tenuare
tento
Nunc
ab
intonsa
capienda
myrto
10
Serta;
nec
major
sitis
;
et
bibendus
Castior
amnis.
Quando
te
dulci
Latio
remittent
Dalmato
montes?
ubi
dite
viso
Pallidus
fossor
redit,
erutoque
Conoeolor
auro.
Ecce
me
natum
propiore
terra
Non
tamen
portu
retinent
amceno
[521
LIV.
IV,
SILVE
VIII.
golfe
enehanteur
de
Baia,
comme
à
celles
du
ri-
vage
appelé
du
nom
du
fidéle
trompette
d'Hector.
Sans
toi
ma
verve
est
engourdie,
le
dieu
de
Thymbra
me
visite
plusrarement
,
et
mon
Achille
s'arréte
au
début
dela
earriére.
Polie,
repoliesans
cesse,
gráce
à
tes
sages
con-
seils,
ma
T/Aiébaide
aspire
avec
uneconfiance
au-
dacieuse
à
la
gloire
enivrante
du
cygne
de
Man-
toue.
Mais
je
te
pardonne
tes
délais;
tu
viens
de
donner
un
appui
à
ta
maison
solitaire;
ó
jour
de
bonheur!un
second
Maxime
nous
est
né.
-
Stérilité
affreuse
qu'on
ne
peut
trop
éviter!
stérilité
que
l'héritier
perfide
appelle
de
tous
ses
voeux
,
demandant
sans
pudeur
là
mort
prochaine.
de
son
meilleur
ami.
Quand
l'hymen
est
stérile,
la
tombe
n'est
mouillée
d'aucune
larme
:
un.
avide
survivant
est
là
debout,
s'emparant
de
la
maison
comme
d'une
ville
prise,
convoitant
les
dépouilles
de
la
mort,
et
supputant
jusqu'au
prix
du
büeher
fu-
nébre.
.
Quiil
vive
de
longs
jours
ce
noble
rejeton!
que
par
une
route
inconnue,
du
vulgaire
il
s'éléve
jusqu'à
la
gloire
paternelle,
et
balance
méme
les
actions
de
sonaieul!
Tu
entretiendras
son
enfance
de
tes
grands
eoups
d'épée
sur
les
bords
de
l'Oronte
,
lorsque,
sous
les
auspiees
de
Castor,
tu
modérais
l'ardeur
de
nos
escadrons
belliqueux.
Et
son
aieul
lui
dira
comment,
sur
les
traces
^
Desides
Baim,
liticenve
notus
Hectoris
armis.
20
Torpor
est
nostris
sine
te
Cameenis
;
Tardius
sueto
venit
ipse
Thymbrae
Rector,
et
primis
meus
ecce
metis
Heeret
Achilles.
Quippe,
te
fido
monitore
,
nostra
25
Thebais
multa
cruciata
lima
Tentat
audaci
fide
Mantuanz
Gaudia
fam.
Sed
damus
lento
veniam
,
quod
alma
Prole
fundasti
vacuos
penates.
30
O
diem
Itum!
venit
ecce
nobis
Maximus
alter.
Orbitas
omni
fugienda
nisu
,
Quam
premit
votis
inimicus
haeres,
Optimo
poscens
,
pudet
heu!
propinquum
35
Funus
amico.
Orbitas
nullo
tumulata
fletu
:
Stat
domo
capta
cupidus
superstes
Imminens
leti
spoliis
,
et
ipsum
Computat
ignem.
40
Duret
in
longum
generosus
infans
;
Perque
non
multis
iter
expeditum
Crescat
in
mores
patrios
,
avumque
Provocet
actis!
Tu
tuos
parvo
memorabis
enses,
-
:
45
Quos
ad
Eoum
tuleris
Orontem
;
STACE.
65
rapides
de
la
foudre
lancée
par
l'invineible
Cé-
sar,
il
imposa
aux
Sarmates
refoulés
une
loi
bien
dure,
celle
de
vivre
sous
un
seul
climat.
Mais
qu'il
apprenne
avant
tout
par
quel
art
merveilleux
,
parcourant
toute
la
vieille
histoire
du
monde,
tu
sus
reproduire
la
briéveté
de
Sal-
luste
avee
l'abondance
de
Tite-Live.
[p
—
SILVE
VIII.
A
JULES
MÉNÉCRATE,
SUR
L'AUGMEN-
TATION
DE
SA
FAMILLE.
Ouvre
les
temples
des
Dieux,
décore-les
de
guirlandes;
que
les
nuages
d'encens
et
les
entrail-
les
palpitantes
des
victimes
remplissent
le
sanc-
tuaire,
Ó
Parthénope!
voiei
la
famille
du
noble
Ménéerate
qui
s'accroit
d'un
troisiéme
rejeton
;
pour
toi
s'éléve
une
pépiniére
d'illustres
citoyeris
;
et
les
fureurs
du
Vésuvesont
oubliées.
Et
que
Naplesen
habits
de
féte
n'embrasse
pas
seule
à
l'écart
les
autels;
ports
voisins,
terre
de
Pouzzol,
séjour
de
paix
et
de
bonheur,
ornez
aussi
les
vótres
de
bandelettes;
et
toi
surtout,
plage
deSurrente
si
chéreau
dieu
de
latreille,
Sur-
rente,
patrie
de
l'aieul
maternel
qu'entoure
un
es-
saim
de
petits-fils
jaloux
de
reproduire
ses
traits.
Que
l'onele,
en
qui
la
Libye
trouve
un
juge
équitable,
seréjouisse,
aussi
bien
quela
bonne
Polla
qui
les
éléve
sur
ses
genoux
et
les
eroit
nés
pour
elle!
Courage,
ó
jeune
homme
à
qui
la
patrie
est
Signa
frenalze
moderatus
alae
Castore
dextro
:
Ille,
ut
invicti
rapidum
secutus
Cesaris
fulmen
,
refugis
amaram
50
Sarmatis
legem
dederit,
sub
uno
Vivere
ccelo.
.
Sed
tuas
artes
puer
ante
discat,
Omne
quis
mundi
senium
remensus
Orsa
Sallusti
brevis
,
et
Timavi
Reddis
alumnum.
—Á—
CARMEN
VIII.
AD
JULIUM
MENECRATEM
OB
PROLEM.
Pande
fores
superum,
vittataque
templa
Sabzeis
Nubibus
et
pecudum
fibris
spirantibus
imple,
Parthenope
:
clari
genus
ecce
Menecratis
auget
Tertia
jam
soboles
:
procerum
tibi
nobile
vulgus
Crescit
,
et
insani
solatur
damna
Vesevi
Nec
solum
festas
secreta
Neapolis
aras
Ambiat
:
et
socii
portus,
dilectaque
mitis
Terra
Dicarchez
,
nec
non
plaga
cara
madenfi
Surrentina
deo
sertis
altaria
cingat
;
2
:
Materni
qua
littus
avi,
quem
turba
nepotum
.
10
Circuit,
et
similes
contendit
reddere
vultus.
Gaudeat
et
Libyca
praesignis
avunculus
hasta;
Quieque
sibi
genitos
putat,
attollitque
benigno
:
5
"4s
66
redevable
de
si
brillantes
lumiéres!
entends-tu
comme
ta
demeure
frémit
d'un
doux
bruit,
eausé
par
les
eris
enfantins
de
ses
jeunes
maitres?
Ah!
loin
de
ees
murs
la
noire
envie!
eceurs
jaloux,
portez
ailleurs
vos
regards.
La
blanche
Atropos
leur
promet.une
longue
vie
pleine
de
vertus
et
d'honneurs,
et
Apollon,
le
dieu
de
notre
patrie,
une
moisson
de
lauriers.
Ainsi
les
priviléges
que
t'avait
aecordés
l'au-
puste
pere
del'Ausonie,
ees
priviléges
attachés
au
bonheur
d'avoir
trois
enfants,
étaient
d'un
favorable
augure
pour
l'avenir.
Lucine
est
aecou-
rue
par
trois
fois,
et
par
trois
fois
elle
a
pénétré
dans
ta
pieuse
demeure.
Puisse-t-elle
cette
maison
garder'sa
fécondité
premiere,
et
n'étre
jamais
dépouillée
de
ces
dons
du
ciel!
Doux
espoir!
en-
tre
deux
fils,
nobles
soutiens
de
ta
famille,
une
vierge
enchante
par
sa
jeunesse
la
jeunesse
d'un
pére
;
et
sila
valeur
est
le
partage
des
pre-
miers,
celle-ci
te
donnera
plus
vite
des
descen-
dants.
Ainsila
blanehe
Héléne,
déjà
digne
de
sa
mere,
essayait
ses
membres
délicats
au
milieu
des
deux
héros
d'Amyclée;
ou
tel
paraitle
firmament,
lorsque,
dans
une
nuit
sereine,
la
June
s'avance
entre
deux
astres
aux
clartés
jumelles.
Mais,
0
modele
des
jeunes
Romains
,
je
te
ferai
de
vifs
reproehes,
et
méme
je
suis
irrité,
au-
tant
qu'un
ami
peut
l'étre.
Etait-ee
done
le
bruit
publie
qui
devait
m'apprendre
une
si
grande
nouvelle?
Quoi
done,
tu
entendais
les
premiers
eris
de
ton
troisiéeme
enfant,
et
il
ne
m'est
pas
venu
en
toute
háte
une
lettre
qui
m'avertit
de
eharger
les
autels
de
parfums,
de
couronner
ma
Polla
sinu.
Macte,
o
juvenis
,
qui
tanta
merenti
Lumina
das
patrice.
Dulci
fremit
ecce
tumultu
Tot
dominis
clamata
domus
:
procul
atra
recedat
Invidia
,
atque
alio
liventia
pectora
flectat.
His
senium,
longzeque
decus
virtutis
,
et
alba
Atropos,
et
patrius
lauros
promittit
Apollo.
Ergo
quod
Ausoni:e
pater
augustissimus
urbis
Jus
tibi
tergeminc
dederat
lzetabile
prolis
,
Omen
erat
:
venit
toties
Lucina,
piumque
Intravit
repetita
larem
:
sic
fertilis,
oro
,
Stet
domus,
et
donis
nunquam
nudata
sacratis.
Macte
,
quod
et
proles
tibi
saepius
aucta
virili
Robore
:
se
juveni
lectam
dat
virgo
parenti
:
[Aptior
his
virtus
,
citius
dabit
illa
nepotes.]
Qualis
maternis
Helene
jam
digna
paleestris
Jnter
Amyclceos
reptabat
candida
fratres
;
Vel
qualis
coeli
facies,
ubi
nocte
serena
Admovere
jubar
medic
duo
sidera
Lunae.
Sed
queror
haud
faciles
,
juvenum
rarissime,
questus,
Trascorque
etiam
,
quantum
irascuntur
amantes.
Tanftane
me
decuit
vulgari
gaudia
fama
15
20
25
30
Noscere?
quumque
tibi
vagiret
tertius
infans,
35
Protinus
ingenti
non
venit
nuntia
cursu
Litera,
quce
festos
cumulare
altaribus
ignes,
1
STACE.
lyre,
de
tirer
de
sa
retraite
un
vieux
tonneau
de
mon
vin
d'Albe,
et
de
marquer
ce
jour
avee
la
eraie?
Aujourd'hui
mes
chants
et
mes
vceux
n'ar-
rivent-ils
pas
un
peu
tard?
A
toila
faute,
à
toi
Ja
honte.
Mais,
tréve
à
mes
plaintes,
je
vois
d'ici
Ja
troupe
enfantine
qui
entoure
son
pere
et
ba-
taille
pour
lui
:
eh!
qui
tiendrait
contre
un
tel
eseadron?
Dieux
de
lapatrie,
vous
que
des
oraeles
solen-
nels
ont,
sur
la
flotte
eubéenne,
conduits
par
delà
les
mers
jusqu'aux
bords
de
l'Ausonie;
toi,
chef
et
proteeteur
de
cette
migration
lointaine
,
Apol-
lon,
toi
que
contemple
et
adore
la
blanche
co-
lombe
encore
posée
sur
ton
épaule
gauche,
l'heu-
reuse
Parthénope;
déesse
d'Éleusis,
ó
Cérés,
pour
qui,
prétres
silencieux,
nous
agitons
dans
nos
|
eourses
haletantes
les
torches
consaerées
;
et
vous,
fils
de
Tyndare,
qui
fütes
jadis
moins
honorés
sur
le
Taygéte,
au
temps
de
l'austére
Lycurgue,
et
sous
les
voütes
ténébreuses
des
foréts
de
'Thé-
rapné,
divins
Pénates,
sauvez
tout
ensemble
le
pere
de
famille
et
les
enfants!
Qu'un
jour,
à
la
patrie
pliant
sous
le
faix
des
années
et
des
épreu-
ves
,
ils
aillent
préter
l'appui
de
leurs
voix
et
de
leurs
talents,
pour
lui
conserver,
sous
un
nom
nouveau,
une
splendeur
toujours
nouvelle.
Mé-
néerate
leur
communiquera
sa
douceur;
leur
aieul
sa
grandeur
et
son
lustre,
et
l'un
et
l'autre
le
goüt
du
beau
et
l'amour
de
la
vertu.
Pour
la
jeune
vierge,
sa
naissance
et
sa
richesse
lui
ouvriront,
dés
la
premiere
flamme
d'amour,
le
palais
et
le
eceur
d'un
patrieien,
tandis
que
les
fréres,
dés
l'adolescence,
iront
frapper
le
seuil
du
Et
redimire
chelyn,
postesque
ornare
juberet
,
Albanoque
cadum
sordentem
promere
fumo
,
Et
creta
signare
diem?
sed
tardus
inersque
Nunc
demum
mea
vota
cano?
tua
culpa
,
tuusque
Hic
pudor
:
ulterius
sed
enim
producere
questus
Non
licet;
en
hilaris
circumstat
turba
tuorum,
Defensatque
patrem
:
quem
non
hoc
agmine
vincas?
Di
patrii,
quos
auguriis
super
:equora
magnis
Littus
ad
Ausonium
devexit
Abantia
classis;
Tu
,
ductor
populi
longe
emigrantis
,
Apollo,
Cujus
adhuc
volucrem
laeva
cervice
sedentem
40
45
.
Respiciens
blande
felix
Eumelis
adorat
;
Tuque,
Acta
Ceres,
cursu
cui
semper
anhelo
50
Votivam
taciti
quassamus
lampada
mystc
;
Et
vos,
Tyndaridz,
quos
non
horrenda
Lycurgi
Taygeta,
umbrosseque
magis
coluere
Therapne;
Hos
cum
plebe
sua
patrii
servate
Penates.
Sint
qui
fessam
«evo
crebrisque
laboribus
urbem
Voce
opibusque
juvent
,
viridique
in
nomine
servent
:
His
placidos
genitor
mores,
largumque
nitorem
Monstret
avus
;
pulchre
studium
virtutis
uterque.
Quippe
et
opes,
et
origo
sinunt,
hanc
,
lampade
prima
Patricias
intrare
fores
;
hos,
pube
sub
ipsa
Si
modo
prona
bonis
invicti
Ccesaris
adsint
55
60
LIV.
IV,
SILVE
IX.
67
palais
de
Romulus,
si
la
vertu
peut
ineliner
en
leur
faveur
la
volonté
toute-puissante
de
l'invin-
cible
César.
SILVE
IX.
PLAISANTERIE
DE
SATURNALES
A
PLO-
TIUS
GRYPHUS.
Tu
as
voulu
rire
sans
doute,
Gryphus,
en
m'envoyant
bouquin
pour
bouquin.
La
plaisante-
rie
serait
bonne,
siton
envoi
était
suivi
d'un
autre
cadeau.
Mais
prolonger
le
badinage
,
ce
n'est
plus
badiner.
Voyons
un
peu,
eomptons
ensemble
:
mon
livre
avee
papier
neuf,
étui
de
pourpre
et
double
bossette,
m'avait
coüté
pour
sa
parure
dix
as,
plus
ma
peine
d'auteur.
Letien,
piqueté
des
vers,
flétri
par
les
outra-
ges
du
temps,
semble
avoir
servi
d'enveloppe
àux
oliviers
de
Libye,
à
l'encens
du
Nil
,
au
poi-
vre
de
l'Égypte,
et
aux
anehois
de
Byzance,
dont
il
a
tout
le
parfum.
Passe
encore
s'il
contenait
les
plaidoyersdont,
jeuneencore,
tu
faisais
retentir
le
triple
forum
et
le
tribunal
des
cent
juges
,
avant
que
Germanieus
t'eüt
confié
l'intendanee
des
blés,
et
la
surveillance
des
hótelleries
placées
sur
les
grandes
routes.
Mais
tu
ne
me
donnes
que
les
réveries
du
vieux
Brutus,
achetées
tout
au
plus
un
as
de
la
monnaie
de
Caius,
à
l'étalage
de
Numina,
Romulei
limen
pulsare
senatus.
L2
CARMEN
IX.
RISUS
SATURNALITIUS
AD
PLOTIUM
GRYPHUM.
Est
$ane
jocus
iste,
quod
libellum
Misisti
mihi
,
Gryphe,
pro
libello.
Urbanum
tamen
hoc
potest
videri,
Si
post
hoc
aliquid
mihi
remittas
;
Nam
si
ludere,
Gryphe,
perseveras,
5
Non
ludis
:
licet,
ecce,
computemus
:
Noster
purpureus
novusque
charta
:
Et
binis
decoratus
umbilicis
,
Preeter
me
,
mihi
constitit
decussis.
Tu
rosum
tineis
situque
putrem,
10
Quales
aut
Libycis
madent
olivis
;
Aut
thus
Niliacum
,
piperve
Servant,
Aut
Byzantiacos
olent
lacertos
;
Nec
saltem
tua
dicta
continentem,
Quee
trino
juvenis
foro
tonabas
5
15
Aut
centum
prope
judices
,
prius
quam
Te
Germanicus
arbitrum
Sequenti
Annonce
dedit
,
omniumque
late
Preefecit
stationibus
viarum
;
Sed
Bruti
senis
oscitationes
,
20
De
capsa
miseri
libellionis
,
Emptum
plus
minus
asse
Caiano,
Donas
:
usque
adeone
defuerunt
Scissis
pilea
suta
de
lacernis?
Vel
mantilia,
luridoeve
mappae?
25
quelque
bouquiniste.
Tu
n'avais
done
ni
bonnet
rapiéceté
des
débris
d'un
manteau,
ni
serviettes
ou
nappes
usées
,
ni
écorce
de
palmier,
ni
corbeille
de
figues
ou
de
prunes
mises
en
marmelade
par
un
coup
de
vent,
ni
méches
de
lampe
sans
huile,
ni
pelures
d'oignons
séches,
ni
méme
quelques
ceufs?
Quoi
!
pas
un
léger
gáteau,
pas
une
pincée
de
farine
grossiére?
Tu
aurais
en
vain
cherché
quelques
coquilles
de
limacons
épars
dans
les
champs
que
le
Cinyphe
arrose.
Quoi
!
nulle
tran-
che
de
lard
,
pasun
maigre
jambon
,
pas
de
saucis-
son
de
Lucanie,
de
boudin
de
Phalérie;
point
de
sel,
de
sauce
vinaigrée,
de
fromage,
de
pain
euit
avec
la
fleur
de
nitre,
et
de
vin
fait
de
raisin
préeoce;
point
de
raisiné
doux
et
gluant?
Que
t'en
eüt-il
eoüté
de
me
donner
de
vieilles
bou-
gies
,
un
couteau,
de
minces
tablettes
,
des
grap-
pes
conservées
dans
de
grands
vases,
des
plats
sortis
des
fabriques
de
Cumes?
ou
bien,
voyons...
une
,
déjà
tu
frissonnes!
oui,
une
pile
de
vaisselle
commune
ou
quelque
verroterie
?
Mais
tu
as
recours
à
la
méme
balance,
et
sans
rien
changer
tu
me
rends
mesure
pour
me-
sure.
Quoi!
si
j'allais
de
bon
matin
et
l'estomac
vide
te
porter
le
salut
,
viendrais-tu
me
le
rendre
chez
moi
pur
et
simple?
ou
si
tu
me
régalais
d'un
bon
repas,
oserais-tu
me
demander
la
pareille
?
Jet'en
veux,
Gryphus,
mais
néanmoins
tu
auras
mon
salut
:
seulement
ne
t'avises
pas,
avee
ton
Charte
,
Thebaiccve,
caricaeve?
Nusquam
turbine
conditus
ruenti
Prunorum
globus
,
atque
coctanorum?
Non
ellychnia
sicca
,
non
replictze
Bulborum
tunica,
nec
ova
tantum?
30
Non
leves
alicc
,
nec
asperum
far?
Nusquam
Cinyphiis
vagata
campis
Curvarum
domus
uda
cochlearum
?
Non
lardum
breve,
debilisve
perna?
Non
Lucanica,
non
graves
Phalisci
,
35
Non
sal,
oxygarumve,
caseusve,
Aut
panes
viridantis
aphronitri
,
Vel
passum
psythiis
suis
recoctum
;
Dulci
defruta
vel
lutosa
coeno?
Quantum
vel
dare
cereos
olentes,
40
Cultellum,
tenuesve
codicillos?
Ollares
,
rogo
,
non
licebat
uvas
5
Cumano
patinas
vel
orbe
tortas
,
Auf
unam
dare
synthesin
(quid
horres
3)
Alborum
calienm,
atque
caccaborum
?
45
Sed
certa
velut
sequus
in
statera,
Nil
mutas
,
sed
idem
mihi
rependis.
Quid?si
quum
bene
mane
semicrudus
Illatam
tibi
dixero
salutem
;
Et
tu
me
vicibus
domi
salutes?
40
Aut
quum
me
dape
juyeris
opima,
Exspectes
similes
et
ipse
ccenas?
Irascor
tibi,
Gryphe
:
sed
valebis;
Tantum
ne
mihi
,
quo
soles
lepore
x
Et
nunc
hendecasyllabos
remittas.
53
68
STACE.
badinage
ordinaire,
de
me
renvoyer
mes
hendé-
easyllabes.
———
LIVRE
CINQUIEME.
|
À
ABASCANTIUS.
On
ne
saurait
entourer
de
trop
de
vénération
et
d'hommages
les
exemples
de
vertu,
puisqu'ils
intéressent
toute
la
société.
Les
pieux
regrets
que
tu
témoignes
à
ta.
Priseille,
cette
tendresse
qui
forme
un
des
traits
de
ton
caractere,
doivent
te
concilier
l'estime
du
public
et
surtout
celle
des
époux.
Chérir
une
épouse
vivante
,
c'est
une
vo-
lupté
pure
;
l'aimer
aprés
sa
mort,
c'est
un
acte
religieux.
Je
n'ai
pourtant
pas
entrepris
cet
ou-
vrage
comme
un
homme
indifférent
ni
méme
simplement
offieieux
,
j'ai
suivi
l'impulsion
de
mon
eceur.
Mon
épouse
était
l'amie
de
Priscille
,
et
eette
amitié
a
redoublé
l'estime
que
j'avais
pour
elle.
Je
serais
done
un
ingrat,
si
je
ne
mélais
à
tes
larmes
le
tribut
de
ma
douleur.
ll
y
a
plus:
je
cherehe
toujours,
dansla
mesure
de
mes
forces,
à
bien
mériter
de
tout
ce
qui
approche
la
divinité
du
prince;
ear
celui
qui
vénére
sincérement
les
Dieux
en
aimeaussi
les
ministres.
Quoique
je
fusse
depuis
longtemps
jaloux
de
nouer
avec
toi
une
amitié
plus
intime,
je
voudrais
néanmoins
ne
pas
avoir
encore
trouvé
l'occasion.......
(Le
reste
manque.)
SILVE
I.
TENDRES
REGRETS
D'ABASCANTIUS
SUR
LA
MORT
DE
PRISCILLE.
Si
ma
main
se
prétait
à
faconner
la
cire
ou
l'i-
voire,
et
pouvait
animer
l'or
d'une
ressemblance
fidele,
j'imaginerais
quelque
douce
eonsolation
LIBER
QUINTUS.
AD
ABASCANTIUM.
Omnibus
affectibus
prosequenda
sunt
bona
exempla,
quum
publice
prosint.
Pietas,
quam
Priscillze
tuc
pree-
stas,
et
morum
tuorum
pars
est,
et
nulli
non
conciliare
te,
praecipue
marito,
potest.
Uxorem
enim
vivam
amare
voluptas
est,
defunctam
religio.
Ego
tamen
huic
operi
non
utunus
e
turba,
nec
tantum
quasi
officiosus
assilui
:
ama-
vit
enim
uxorem
meam
Priscilla,
et
amando
fecit
mihi
il-
lam
probatiorem
:
post
hoc
ingratus
sum,
si
lacrymas
tuas
iranseo.
Preterea
,
latus
omne
divinse
domus
semper
de-
mereri
pro
mea
mediocritate
connitor;
nam
qui
bona
fide
deos
colit,
amat
et
sacerdotes.
Sed
quamvis
propiorem
.
nexum
amicitie
tuce
jampridem
cuperem
,
mallem
tamen
nondum
intervenisse
materiam.
***
(Reliqua
desunt.)
———
CARMEN
I.
ABASCANTH
IN
PRISCILLAM
PIETAS.
Si
manus
aut
similes
docilis
mihi
fingere
ceras,
Aut
ebur,
impressis
aurumve
animare
figuris
;
pourton
mari,
à
Priscille
!
son
tendreamour
mérite
bien
quetes
charmes
,
confiés
au
coloris
d'Apelle,
ourenaissant
sousla
main
de
Phidias,
soient
ren-
dus
à
sa
douleur.
C'est
ainsi
qu'il
s'efforce
de
ravir
ton
ombre
au
bücher,
livrant
à
la
mort
un
com-
bat
sublime,
fatiguant
la
patienee
des
artistes,
et
voulant
adorer
ton
empreinte
sur
tous
les
mé-
taux.
Mais
il
est
périssable
le
monument
travaillé
par
les
mains
les
plus
habiles
!
:
Nous
voulons,
Óó
vertueuse
compagne
d'un
époux
si
accompli,
nous
voulons
t'offrir
un
hommage
immortel
,
un
hommage
toujours
nou-
veau
;
et
nous
le
demandons
à
la
lyre.
Oui
,
qu'A-
pollon
me
soit
propice,
et
que
César,
dont
le
sou-
venir
me
rappelle
aussitót
le
Dieu
des
vers,
daigne
sourire
à
mes
accents,
oh!
alors
tu
ne
saurais
jouir
d'un
plus
digne
sépulere.
Il
est
sans
doute
bien
tardif
le
reméde
que
j'ap-
porte
à
une
si
grande
douleur,
lorsque
déjà
la-
roue
légére
de
Phébus
a
parcouru
deux
fois
le
cerele
de
l'année.
Mais
quand
la
plaie
récente
et
toute
vive
encore
arrachait
à
la
maison
entiére
des
cris
plaintifs,
le
moyen
de
trouver
acces
à
l'oreille
d'un
époux
vceuf
de
sa
compagne?
Pleu-
rer,
déchirer
ses
vétements
,
tourmenter
les
trou-
pes
d'eselaves,
maitriser
les
élans
du
désespoir,
aecuser
d'injustice
les
destins
et
lasser
par
des
plaintes
améres
les
habitants
du
ciel,
voilà
tout
ce
qu'on
pouvait
faire.
C'est
en
vain
qu'à
tes
gé-
missements
Orphée
serait
aecouru,
avec
son
cortége
de
foréts
et
de
fleuves
;
en
vain
les
Muses,
les
ministres
de
Bacchus
et
d'Apollon
se
seraient-
ils
réunis
en
choeur;
ni
les
chants,
ni
la
lyre,
cette
lyre
puissante
qui
eharma
les
páles
divinités
de
l'Érébe
et
sut
endormir
les
serpents
sur
la
téte
des
Euménides
,
rien
n'aurait
calmé
ton
áme
;
Hinc
,
Priscilla,
tuo
solatia
grata
marito
Conciperem
;
namque
egregia
pietate
meretur
Ut
vel
Apelleo
vultus
signata
colore,
5
Phidiaca
vel
nata
manu
,
reddare
dolenti
:
Sic
auferre
rogis
umbram
conatur,
et
ingens
Gertamen
cum
morte
gerit
,
curasque
fatigat
Artificum
,
inque
omni
te
querit
amare
metallo.
Sed
mortalis
honos,
agilis
quem
dextra
laborat.
10
Nos
tibi
,
laudati
juvenis
rarissima
conjux
;
Longa
,
nec
obscurum
finem
latura
,
perenni
'Tentamus
dare
justa
lyra;
modo
dexter
Apollo,
Quique
venit
juncto
mihi
semper
Apolline
Czesar;
Annuat
:
haud
alio
melius
condere
sepulcro.
13
Sera
quidem
tanto
struitur
medicina
dolori
,
Altera
quum
volucris
Phoebi
rofa
torqueat
anpum
:
Sed
quum
plaga
recens,
et
adhuc
in
vulnere
primo
JEgra
domus
questu
,
miseramque
accessus
ad
aurem
Conjugis
orbati
,
tunc
flere
et
scindere
vestes
20
Et
famulos
lassare
greges,
et
vincere
planctus
,
Fataque
,
et
injustos
rabidis
pulsare
querelis
Coelicolas
,
solamen
erat
:
licet
ipse
levandos
Ad
gemitus
sylvis
comitatus
et
amnibus
Orpheus
LIV.
V,
SILVE
II
vietime
d'un
destin
jaloux,
laissant
deux
rejetons
sans
appui;
et
il
ne
lui
a
pas
méme
été
donné
de
dépouiller
vostendres
bras
dela
pourpre
enfantine,
et
de
couvrir
de
la
toge
vos
blanches
épaules.
A
quelles
séductions
n'est
pas
exposée
une
jeunesse
délivrée
detout
frein
par
une
émancipation
préma-
turée!
C'est
un
arbre
dont
la
verte
chevelure
n'a
jamais
senti
la
faux,
et
qui
voit
toutesa
féconditése
perdre
en
feuillage.
Mais
ton
eceur
tendre
ne
con-
naít
eneore,
que
le
eharme
des
Muses,
l'amour
de
la
pudeur,
et
le
joug
d'une
eontinenee
rigoureuse;
de
là
cette
vertu
enjouée,
ce
front
ealme,
cette
éléganee
extérieure
qui
craint
jusqu'à
l'apparence
du
luxe,
et
cette
piété
rare
qui
brille
en
mille
endroits.
Céder
le
pas
à
un
frére,
ton
égal
en
áge,
admirerton
pére
et
pardonnerà
ta
coupable
mére,
telle
est
la
position
que
t'a
faite
la
fortune
domes-
tique.
Malheureuse
mére,
qui
lui
a
donné
l'horrible
courage
de
te
préparer
elle-méme
la
coupe
em-
poisonnée?
à
toi,
dont
la
voix
détournerait
la
morsure
des
serpents,
et
dont
le
regard
fléchirait
tousles
eceurs
de
marátres.
Oui,
je
voudrais
agiter
ses
mánes,
et
par
des
impréeations
légitimes
trou-
bler
le
repos
de
ses
eendres.
Mais
je
te
vois,
Ó
le
meilleur
des
fils!
déjà
tu
eherehes
à
m'apaiser,
et
tu
me
prépares
cette
réponse
:
«
Gráce,
Ó
gráce
pour
sa
cendre!
Je
n'apercois
dans
tout
cela
qu'un
destin
perfide
et
l'effet
de
la
eolére
des
Parques.
Le
erime
en
est
aux
immor-
tels,
qui,
lisant
troptard
dans
le
eceur
des
humains,
néeligent
de
faire
avorter
les
tentatives
de
meur-
ire
et
les
forfaits
tout
prés
d'éclore.
Périsse
à
ja-
Irrepsere
genis,
et
adhuc
decor
integer
cvi.
Nec
genitor
juxta
;
fatis
namque
haustus
iniquis
Occidit
heu!
geminam:
prolem
sine
preeside
linquens.
||
65
Nec
saltem
teneris
ostrum
puerile
lacertis
Exuit,
albentique
humeros
induxit
amictu.
Quemnmnon
corrumpit
pubes
effrena
,
novadeque
Libertas
properata
togoe?
ceu
nescia
falcis
Silva
comas
tollit,
fructumque
exspirat
in
umbras.
—.
20
At
tibi
Pieri:
tenero
sub
pectore
curd,
Et
pudor,
et
docti
legem
sibi
dicere
mores
$
Tunc
hilaris
probitas
,
et
frons
tranquilla
,
nitorque
Luxuric
contine
timens
,
pietasque
per
omnes
Dispensata
modos
;
s&equzevo
cedere
tratri
,
75
Mirarique
patrem
,
miserzeque
ignoscere
matri.
Admonuit
fortuna
domus
:
tibine
illa
nefanda
Pocula,
letalesque
manu
componere
succos
Evaluit,
qui
voce
potes
przevertere
morsus
Serpentum
,
atque
omnes
vultu
placare
novercas?
80
Infestare
libet
Manes
,
meritoque
precatu
Pacem
auferre
rogis
;
sed
te,
puer
optime,
cerno
Flectentem
justis
,
et
talia
dicta
parantem
:
«
Parce,
precor,
cineri
:
fatum
illud,
et
ira
nocentum
Parcarum,
crimenque
dei
mortalia
quisquis
85
Pectora
sero
videt,
nee
primo
in
limine
sistit
Conatus
scelerüm
,
atque
animos
infanda
parantes.
Excidat
illa
dies
zevo
,
nec
postera
eredant
75
mais
ee
jour,
et
puisse
la
postérité
ne
pasy
eroire!
'Taisons-nous
du
moins,
et
laissons
ensevelis
dans
une
nuit
profonde
ees
crimes
de
notre
maison.
Il
a
chátié
la
eoupable
,
celui
qui
veille
sur
les
ae-
tions
des
siens,
qui
raméne
la
piété
sur
la
terre,
et
fait
pálir
le
erime;
e'en
est
assez,
il
y
a
pour
nous
des
larmes
dans
cette
trop
juste
vengeance.
Oh!
que
ne
puis-je
adoucir
la
fureur
des
Euméni-
des,
éloigner
Cerbére
de
son
ombre
craintive,
et
háter
pour
elle
les
bienfaits
du
fleuve
d'oubli!
»
Enfant
généreux!
ainsi
tu
ageraves
le
forfait
de
ta
mére;
fils
tendre,
tu
aspiresencore
à
la
vertu
Ja
plussublime.
Naguére
un
de
tes
condisciples,
victime
de
l'injustiee
et
de
la
ealomnie,
pálissait
aux
elameurs
du
forum
,
et
la
loi
Julia,
soutenue
par
ses
nombreux
organes,
lancait
déjà.la
foudre
vengeresse
de
l'adultére
;
soudain
tu
te
leves,
toi,
nourri
jusqu'alors
dans
l'ombre
et
dans
le
silence
de
l'étude,
étranger
au
forum
et
à
l'appareil
sé-
vére
dela
justice,
etentelevanttu
le
rassures,et,
dé-
fenseur
novice,
tu
affrontes
les
traits
qui
menacent
ton
tremblantami.
Romulus
et
les
Troyens
nos
pà-
res
virent-ils
à
cet
áge
disputer
au
forum
des
lau-
riers
pacifiques?
Une
si
généreuse
tentative,
de
si
nobles
efforts
jetérent
le
sénat
dans
l'étonnement
;
le
prévenului-mémes'alarmait
pour
son
défenseur.
Mais
à
la
vigueur
de
l'áàme
tu
joins
celle
du
corps,
et
tu
as
à
tes
ordres
une
puissante
nature
qui
se-
conde
à
merveille
les
grands
efforts
de
ton
cou-
rage.
Moi-méme
je
te
vis
naguére
sur
les
bords
du
Tibre,
au
milieu
des
sables
qu'échauffe
de
ses
flots
la
mer
Tyrrhénienne.
Penché
sur
ton
eour-
Secula!
nos
certe
taceamus
;
et
obruta
multa
Nocte
tegi
propriae
patiamur
crimina
gentis.
90
Exegit
poenas,
hominum
cui
cura
suorum,
Quo
Pietas
auctore
redit
,
terrasque
revisit
,
Quem
timet
omne
nefas
:
satis
hzc
,
lacrymandaque
nobis
Ultio
:
quin
saevas
utinam
exorare
liceret
Eumenidas,
timidzeque
avertere
Cerberon
umbra,
95
Immemoremque
tuis
citius
dare
Manibus
amnem!
»
Macte
animo,
juvenis!
sic
crescunt
erimina
matris.
Nec
tantum
pietas
,
sed
protenus
ardua
virtus
Affectata
tibi
:
nuper
quum
forte
sodalis
Immeritze
falso
palleret
crimine
fama,
Erigeretque
forum
,
succinctaque
judice
multo
Surgeret
et
castum
libraret
Julia
fulmen
;
Tu,
quamquam
non
ante
forum
legesque
severas
Passus,
sed
tacita
studiorum
occultus
in
umbra,
Defensare
metus
,
adversaque
tela
subisti
Pellere,
inermis
adhuc
et
tiro,
paventis
amici.
Haud
unquam
tales
adspexit
Romulus
annos
Dardaniique
senes
,
medii
bellare
togata
Strage
fori
:
stupuere
Palres
tentamina
tanta
Conatusque
tuos;
pro
te
reus
ipse
timebat.
Par
vigor
et
membris;
promptceque
ad
fortia
vires
Sufficiunt
animo
,
atque
ingentia
jussa
sequuntur.
Ipse
ego
te
nuper
Tiberino
ut
littore
vidi,
Qua
Tyrrhena
vadis
Laurentibus
cestuat
unda
,
100
105
110.
76
sier
superbe,
et
tourmentant
ses
flanes
avec
l'épe-
ron,
tu
menacais
de
l'oeil
et
du
geste.
Quel
fut
mon
étonnement!
et
tu
peux
m'en
eroire,
je
te
pris
pour
le
dieu
Mars.
Tel,
maniant
avec
gráce
un
coursier
gétule
et
balaneant
le
javelot
troyen,
Ascagne
,
chasseur
novice,
pareourait
les
campa-
gnes
ou
dominsit
sa
marátre
,
et
enflammait
pour
Énéele
coeur
de
Iounalbcurcuse
Élise
;ainsile
jeune
"Troile,
resserrant
ses
voltes
rapides,
évitait
le
choc
des
eseadrons
menacants;
ou
tel
Parthénope,
sous
les
hautes
tours
d'Ogyeie
,
faisaittourbillonner
sur
Ja
poussiére
la
troupe
des
jeunes
Arcadiens
,
pen-
dant
que
les
femmes
thébaines
le
regardaient
avec
complaisance.
Courage
donc
,
prends
l'essor,
puisque
la
bonté
de
César
te
soutient,
et
qu'un
frére
plein
d'ardeur
fraie
un
chemin
sürà
tes
espérances.
Allons,
Crispinus,
fais-toi
une
áme
à
l'épreuve
des
camps.
Mars
et
Minerve
t'enseigneront
la
science
des
batailles,
Castor
l'art
de
réduire
un
coursier,
et
Quirinus
eelui
de
lancer
un
pesant
javelot
;
Qui-
rinus
qui
t'a
déjà
permis
de
suspendre
à
ton
cou
délieat
un
de
ees
bouelierstombés
des
nuages,
et
vierges
de
sang
humain.
Mais
oü
iras-tu,
et
dans
quelle
partie
de
ee
monde
soumis
à
César?
Tra-
verseras-tu
àla
nage
les
fleuves
del'Ourse,
ou
bien
les
glaces
brisées
du
Rhill?
Méleras-tu
ta
sueur
aux
sables
brülants
de
la
Libye?
Te
verra-t-on
semer
l'effroi
sur
les
monts
de
la
Pannonie
et
parmi
les
Sauromates
vagabonds?
Visiteras-tu
les
sept
embouchares
de
l'Ister
à
l'endroit
oü
le
fleuve
embrasse
Peucé
de
ses
ondes
amoureuses?
Fouleras-tu
la
cendre
de
Solyme,
à
l'ombre
des
Pendentem
in
cursus
,
vexantemque
ilia
nudo
115
Calce
ferocis
equi,
vultu
dextraque
minacem
;
Si
qua
fides
dictis,
stupui,
Martemque
putavi.
Getulo
sic
pulcher
equo,
Trojanaque
quassans
Tela,
novercales
ibat
venator
in
agros
Ascanius,
miseramque
patri
flagrabat
Elisam.
'Froilus
haud
aliter
gyro
breviore
minantes
Eludebat
equos
:
aut
quem
de
turribus
altis
Arcadas
Ogysgio
versantem
i
in
pulvere
turmas
Spectabant
Tyric
non
torvo
lumine
matres.
Ergo
age,
nam
magni
ducis
indulgentia
pulsat
,
Certaque
dat
votis
hilaris
vestigia
frater,
Surge,
animo
et
fortes
castrorum
concipe
curas.
Monstrabunt
acies
Mavors,
Acteeaque
virgo
;
Flectere
Castor
equos
,
humeris
quatere
arma
Quirinus
,
Qui
tibi
tàm
tenero
permisit
plaudere
collo
130
Nubigenas
clypeos,
intactaque
cxedibus
ora.
Quasnam
igitur
terras,
quem
Cesaris
ibis
in
orbem
?
Arctoosne
amnes
,
et
Rheni
fracta
natabis
Flumina?
An
cestiferis
Libyee
sudabis
in
arvis
?
An
juga
Pannonic&
,
mutatoresque
domorum
Sauromatas
qualies?
An
te
septenus
habebit
Ister,
et
undoso
circumflua
conjuge
Peuce
?
An
Solymum
cinerem
,
palmetaque
capta
subibis
Non
sibi
felices
silvas
ponenlis
Idumes
?
120
125
135
STACE.
palmiers
que
l'Idumée
captive
a
plantés
pour
ses
vainqueurs?
Oh!
si
la
région
conduite
par
la
main
ferme
de
ton
pére
avait
le
bonheur
de
te
posséder,
comme
l'Araxe
fougueux
bondirait
avee
ses
flots!
Quels
transports
éclateraient
dans
les
champs
calédoniens!
L'ancien
habitant
de
ces
contrées
sauvages
te
dirait
:
«
C'est
iei
qu'il
dietait
ses
lois,
et
ce
tertre
l'a
vu
haraunguer
ses
légions.
Apercevez-vous
dans
le
lointain
ees
tours
et
ces
redoutes?
Elles
sont
là,
veillant
par
ses
ordres,
et
ces
murailles
lui
doi-
vent
leur
ceinture
de
fossés.
Lui-méme
a
consa-
eré
ces
trophées
et
ces
faiseeaux
d'armes
aux
dieux
des
combats.
»
C'est
ainsi
que
Pyrrhus,
présde
porter
contre
llion
ses
armes
vietorieuses,
apprenait
de
Phénix
à
connaitre
Achille.
Heureux
Crispinus!
à
l'entrée
d'une
verte
et
confiante
jeunesse,
tu
pourras
suffire
à
tous
les
genres
de
travaux.
Et
si
la
fortune
du
prince
te
protége,
on
te
verra,
le
glaive
au
eóté,
franchir
les
remparts
,
et,
compagnon
infatigable
du
plus
tendre
des
amis,
ressuseiter
le
pieux
Pylade
et
le
fils
de
Méncetius
;
car
votre
union,
votre
amitié
vont
jusque-là
,
et
puissent:
-elles
durer
toujours!
Pour
nous,
la"
vigueur
nous
abandonne;
mais
d'ici
je
t'aiderai
de
mes
vceux
et
de
mes
priéres.
Hélas!
hélas!
si
mes
accents
rassemblent
autour
de
moi
la
foule
empressée
des
sénateurs,
tu
me
manqueras,
eher
Crispinus,
et,
promenant
sa
vue
autour
de
lui,
mon
Achille
regrettera
ton
absence.
Mais
tu
nous
reviendras
plus
grand:
les
oraeles
des
poétes
ne
sont
pas
trompeurs.
Et
ce-
lui
qui
t'ouvre
aujourd'hui,
sous
les
aigles,
une
Quod
si
te
magno
tellus
frenata
parenti
140
Accipiat,
quantum
ferus
exsultabit
Araxes
!
Quanta
Calydonios
attollet
gloria
campos!
Quum
tibi
longaevus
referet
trucis
incola
Lerree
:
«
Hic
suetus
dare
jura
parens
;
hoc
cespite
turmas
Affari:
vigiles
specnulas
castellaque
longe
[45
Prospicis?
Ille
dedit,
cinxitque
haec
moenia
fossa:
Belligeris
hcec
dona
deis,
hzec
tela
dicavit
;
Cernis
adhuc
titulos
:
hunc
ipse,
vocantibus
armis
,
Induit,
hunc
regi
rapuit
thoraca
Britanno.
»
Qualiter
in
Teucros
victricia
bella
paranti
Ignotum
Pyrrho
Phoenix
narrabat
Achillem.
Felix
,
qui
viridi
fidens
coeptaque
juventa
Durabis
quascumque
vices
;
vallumque
subibis
Forsan
et
ense
latus
,
si
numina
principis
adsint,
Cinctus,
et
unanimi
comes
indefessus
amici
;
Quo
Pylades
ex
more
pius
,
quo
Dardana
gessit
Bella
Menoctiades
:
quippe
haec
concordia
vobis,
Hic
amor
est;
duretque
precor!
nos
fortior
eetas
Jam
fugit
;
hinc
votis
animum
precibusque
juvabo.
Hei
mihi
!
sed
coetus
solitos
si
forte
ciebo
,
Et
mea
Romulei
venient
ad
carmina
patres
,
Tu
deeris,
Crispine,
mihi
;
cuneosque
per
omnes
Te
meus
absentem
cireumspectabit
Achilles:
Sed
venies
melior
(
vatam
non
irrita
currunt
150
160
LIV.
V,
SILVE
III.
entrée
dans
son
camp,
il
te
portera
de
degrés
en
degrés
jusqu'aux
superbes
faisceaux
,
et
voudra
te
voir
siéger
sur
la
chaire
eurule,
à
la
place
de
tes
ancétres.
Mais
quel
est
celui
qui
deseend.
des
hauteurs
d'Albe
la
Troyenne,
et
du
sommet
de
ces
collines
d'ou
le
rival
des
Immortels
surveille
les
rem-
parts
de
Rome?
Que
nous
annonce
ce
messager
plus
prompt
que
la
Renommée?
Il
entre
dans
ta
demeure,
ó
Crispinus!
il
la
remplit
de
sa
pré-
sence.
Je
te
disais
bien
:
Les
oracles
des
poétes
ne
sont
pas
trompeurs.
César
t'ouvre
le
seuil
des
honneurs
et
te
confie
les
armes
de
l'Ausonie.
Va,
jeune
guerrier,
efforee—toi
de
répondre
à
de
si
magnifiques
faveurs.
Que
tu
es
heureux!
un
serment
solennel
t'attaehe
à
un
héros,
et
le
vainqueur
de
la
Germanie
te
ceint
de
ta
premiére
épée.
Ton
intrépidité
sera
la
méme
que
si
le
dieu
des
combats
en
personne
t'appelait
sous
les
aigles
et
couvrait
ton
front
du
casque
redoutable.
Pars,
ó
Crispinus!
vole
plein
d'ardeur,
et
ap-
prends
à
mériter
des
gráces
plus
insignes.
SILVE
III.
SUR
LA
MORT
DE
SON
PERE.
Du
bord
des
fontaines
de
I
Élysée,
préte-moi
des
forces
pour
gémir,
et
donne,
ombre
illustre
demon
pére,
donne
l'impulsion
à
mon
triste
luth.
Sans
toi
je
ne
pourrais
ni
ébranler
Ia
grotte
de
Délos,
ni
puiser
aux
fontaines
de
Cyrrha.
Toutes
les
lecons
que
Phébus
m'a
données
sous
les
ombra-
Omina);
quique
aquilas
tibi
nunc,
et
castra
recludit,
165
Idem
omnes
perferre
gradus,
cingique
superbis
Fascibus,
et
patrias
dabit
insedisse
curules.
Sed
quis
ab
excelsis
Trojanz
collibus
Albae,
(Unde
suc
juxta
prospectat
mcenia
Rome
Proximus
ille
deus)
Fama
velocior
intrat
Nuntius,
atque
tuos
implet,
Crispine,
penates?
Dicebam
certe
:
Vatum
non
irrita
currunt
Auguriag
en!
ingens
reserat
tibi
limen
honorum
Caesar,
et
Ausonii
committit
munia
ferri.
Vade,
puer,
tantisque
enixus
suffice
donis
:
Felix,
qui
magno
jam
nunc
sub
preside
juras,
Cuique
sacer
primum
tradit
Germanicus
ensem
!
Non
minus
hoc
fortis
,
quam
si
tibi
panderet
ipse
Bellipotens
aquilas
,
torvaque
induceret
ora
Casside.
Vade
alacer,
majoraque
disce
mereri.
-
170
175
180
t
CARMEN
III.
EPICEDION
IN
PATREM
SUUM.
Ipse
malas
vires,
et
lamentabile
carmen
Elysio
de
fonte
mihi,
pulsumque
sinistra
-
Da,
genitor
perdocte,
lyrze
:
neque
enim
antra
movere
Delia
,
nec
solitam
fas
est
impellere
Cyrrham
——————M———————————M——e
Ic
(Insel
40
dbedbas
piaeliilivalo
71
ges
de
Corycie,
toutes
celles
que
j'ai
recues
d'If-
van,
sous
les
coteaux
d'Ismare,
j'ai
tout
désap-
pris.
Les
guirlandes
du
Parnasse
ont
fui
ma
che-
velure;
entre
les
lierres
s'est
glissé
l'if
au
sinistre
feuillage,
et
j'ai
senti,
ó
douleur!
j'ai
senti
mes
lauriers
tremblants
se
dessécher!
Le
voilà
done
ce
poéte
qui
s'en
allait
racontant
les
actions
des
rois
,
celui
qui
dans
son
altiére
ambition
voulait
égalerla
gloire
des
favoris
de
Mars!
Quelle
divi-
nité
jalouse
a
mis
en
fuite
mon
Apollon,
frappé
de
stérilité
mon
génie,
et
refroidi
par
un
épais
brouillard
mon
imagination
disgraeiée?
Autour
du
poéte
sont
les
Muses
debout
et
dans
la
stupeur,
et
pas
un
son
mélodieux
ne
s'exhale
de
leur
bou-
che
ou
de
leur
lyre.
Calliope
elle-méme,
1a
téte
appuyée
sur
son
luth,
demeure
en
silence,
et
telle
que
tu
la
vis,
ó
fleuve
de
Thrace,
aprés
la
perte
d'Orphée,
lorsque,
n'étant
plus
sous
le
charme
de
la
lyre,
les
bétes
sauvages
retombé-
rent
dans
leur
férocité
et
les
foréts
dans
leur
im-
mobilité
premiere.
Mais
toi,
mon
pére,
soit
qu'é-
chappé
dela
prison
du
eorps,
tu
planes
en
liber-
té
dans
ces
régions
éblouissantes
de
lumiére,
oü
ton
ceil
sonde
les
éléments
de
la
nature,
l'es-
sence
divine,
Ja
souree
de
la
flamme,
la
route
suivie
par
le
soleil,
et
la
cause
qui
tour
à
tour
amoindrit
et
renouvelle
l'orbe
argenté
de
la
lune,
merveilles
que
chante
sous
ton
inspiration
le
docte
Aratus;
soit
que,
dans
les
plaines
verdoyantes
baignées
du
mystérieux
Léthé,
admis
au
conseil
des
héros
et
des
mánes
bienheureux,
tu
te
plaises,
ombre
rivale,
entre
les
vieillards
d'Asera
et
de
Méonie,
chantant
avec
eux
tour
à
tour
et
joi-
Te
sine.
Corycia
quidquid
modo
Phebusin
umbra,
—
5
Quidquid
ab
Ismariis
monstrabat
collibus
Evan
,
Dedidici
:
fugere
meos
Parnasia
crines
Vellera,
funestamque
ederis
irrepere
taxum
Extimui,
trepidamque
,
nefas!
arescere
laurum
,
Ille
ego
,
magnanimum
qui
facta
attollere
regum
Ibam
altum
spirans
,
Martemque
czequare
canendo.
Quis
sterili
mea
corda
situ
,
quis
Apolline
verso
Frigida
damnatze
preeduxit
nubila
menti?
Stant
circum
attonitze
vatem
,
et
nil
dulce
sonantes
Nec
digitis
nec
voce
dez
:
dux
ipsa,
silenti
Fulta
caput
cithara
;
qualis
post
Orphea
raptum
Adstitit,
Hebre,
tibi,
cernens
jam
surda
ferarum
Agmina,
et
immotos
sublato
carmine
lucos.
At
tu,
seu
membris
emissus
in
ardua
tendis,
Fulgentesque
plagas
,
rerumque
elementa
recenses;,
Quis
deus,
unde
ignes,
qui
ducat
semita
Solem,
Qu:
minuat
Phoeben
,
queque
integrare
latentem
Causa
queat,
doctique
modos
extendis
Arati
;
Seu
tu.Lethi
secreto
in
gramine
campi
Consilia
heroum
juxta
Manesque
beatos
,
Maonium
Asereeumque
senem
non
segnior
umbra
Accolis
,
alternumque
sonas,
et
carmina
misces;
-
Da
vocem
magno
,
pater,
ingeniumque
dolori.
Nam
me
ter
relegens
coelum,
terque
ora
retexens
15
20
78
gnant
tes
accords
à
leurs
aecords;
donne,
Ó
mon
pere,
donne
la
voix
du
génie
à
ma
douleur
profonde!
Car
pour
moi
j'ai
vu
l'astre
des
nuits
remonter
trois
fois
dans
le
ciel
et
réparer
trois
fois
son
disque,
sans
me
consolér
de
mon
désespoir
et
de
l'oubli
des
Muses
qui
m'abandonnent;
oui,
de-
puis
le
jour
ou
la
flamme
de
ton
bücher
se
réfléta
sur
mon
visage,
et
ou,
les
yeux
en
pleurs,
je
re-
cueillis
tes
cendres
,
j'ai
pris
en
dégoüt
les
objets
de
mes
études.
C'est
à
peine
si,
pour
t'offrir
ce
tribut,
mon
áme
peut
retrouver
sa
chaleur
premiére
et
seeouer
le
joug
des
soucis
muets
qui
la
rongent.
Encore
aujourd'hui
les
bras
me
tombent
et
je
pleure;
je
pleure,
appuyé
sur
la
tombe
oü
tu
reposes
mollement
dans
la
terre
de
la
patrie,
au
pied
de
ces
monts
latins
oü
jadis,
aprés
la
mort
d'Énóe
,
le
triste
Aseagne
fonda
la
ville
d'Albe,
en
fuyant
les
plaines
engraissées
du
sang
troyen
et
l'empire
de
sa
eruelle
marátre.
C'est
là
que
j'ai
déposé
tes
os
avee
honneur;
et
ces
lieux,
dont
tu
préféres
sans
doute
les
eharmes
aux
douces
haleines
du
safran
de
la
Sicile,
au
précieux
einname
de
l'opulente
Saba
et
aux
odo-
rantes
moissons
de
l'Arabie,
ces
lieux
redisent
mes
vers
plaintifs;
recois-les
avee
mes
sanglots,
mes
offrandes
et
des
larmes
filiales,
telles
qu'en
obtinrent
rarement
les
peres
les
plus
ehéris.
Oh!
si
la
fortune
me
l'eüt
permis
,
j'aurais
honoré
tes
mánes
par
des
autels
à
faire
envie
méme
aux
temples;
et
plus
haut
que
les
roehers
des
Cyclo-
pes,
par-delà
les
Pyramides
et
cette
audacieuse
montagne
de
pierres,
j'aurais
élevé
ton
monu-
ment
aérien,
qu'environnerait
encore
de
son
ombre
saerée
un
bois
immense.
Là
j'eusse
effacé
Luna
videt
residem
,
nullaque
Heliconide
tristes
Solantem
curas,
tuus
ut
mihi
vultibus
ignis
Irrubuit
,
cineremque
oculis
humentibus
hausi.
Vilis
honos
studiis
:
vix
hzec
in
munera
solvo
Primum
animum;
tacitisque
situm
depellere
curis
Nunc
etiam
labente
manu
,
nec
lumine
sicco
Ordior,
acclinis
tumulo
quo
molle
quiescis
Jugera
nostra
tenens
;
ubi
post
/Eneia
fata
Solatus
,
Latiis
ingessit
montibus
Albam
Ascanius
,
Phrygio
dum
pingues
sanguine
campos
Odit,
et
infaustze
regnum
dotale
novercae.
His ego
te
(nam
Sicanii
non
mitius
halat
Aura
croci,
dites
nec
sicubi
rara
Sabzei
Cinnama,
odoratas
nec
Arabs
decerpsit
aristas)
Insertum
eum
laude
locis
,
te
carmine
plango
Pierio
:
sume
hos
gemitus,
et
munera
nati,
Et
lacrymas
,
cari
quas
nunquam
habuere
parentes.
Atque
utinam
fortuna
mihi
dare
Manibus
aras
Par
templis
opus,
aeriamque
educere
molem
Cyclopum
scopulos
ultra
,
atque
audacia
saxa
Pyramidum,
et
magno
tumulum
praetexere
luco
!
Illic
et
Siculi
superassem
dona
sepulcri
,
Et
Nemees
ludum
,
et
Pelopis
solennia
trunci.
30
35
40
45
50
p
E
s
———
ÓÓ
PH—P—
À
!
Á
—
—Ó—————
A
——————'ÁÓÁOmBTÜ
STACE.
l'éclat
des
jeux
donnés
en
Sieile
sur
le
tombeau
d'Anchise,
et
les
combats
de
Némée,
et
la
so-
lennité
brillante
instituée
en
mémoire
de
Pélops.
Là,
sans
doute,
le
disque
d'OEbalie
n'irait
pas
fendre
les
airs,
laneé
d'une
main
vigoureuse
,
et
la
molle
aréne
ne
boirait
pas
la
sueur
des
coursiers,
battant
la
poudre
voltigeante
de
leurs
pas
retentissants;
mais
tu
aurais
les
simples
hommages
du
ehoeur
de
Phébus,
et
couronnerais
du
laurier
des
poétes
l'éloge
le
plus
digne
de
tes
vertus.
Moi-méme
tout
en
pleurs,
pontife
de
la
féte
lugubre,
j'appellerais
ton
retour
par
des
accents
si
plaintifs
,
qu'il
n"y
aurait
ni
loi
barbare,
ni
Cerbére
à
la
triple
gueule,
pour
arréter
mon
Orphée.
Peut-étre
méme,
en
entendant
de
ma
bouche
l'histoire
de
ta
vie,
de
tes
vertus,
la
Piété
ne
m'eüt
pas
mis
fort
au-dessous
d'
Homére
;
peut-
étre
essaierait-elle
de
m'égaler
à
Virgile,
devenu
soudain
jaloux.
Quel
motif
plus
lécitime
aurait-
elle
de
maudire
les
Dieux
,
et
les
Parques
et
leur
fuseau
d'airain,
la
mére
éplorée,
assise
prés
du
bücher
tiéde
eneore
de
son
fils
;
ou
cette
épouse
qui,
regardant
son
jeune
époux
à
travers
la
flamme,
s'efforee
d'échapper
aux
mains
qui
la
retiennent
pour
embrasser
l'objet
de
sa
tendresse?
Combien
j'ai
plus
de
sujet
d'accuser
les
divinités
du
ciel
et
de
l'enfer!
Les
étrangers
eux-mémes
n'ont
pu
voir
d'un
oeil
sec
les
funérailles
de
mon
pére.
Mais
pourquoi
me
plaindrais-je
de
la
nature
et
de
la
piété
filiale?
Elles
n'ont
commis
aucune
injustice
à
notre
égard;
sans
doute,
mais
il
me
semble
à
mói
que
mon
pére
était
sur
le
seuil
de
la
vie,
et
qu'il
m'est
enlevé
à
la
fleur
de
son
áge
pour
subir
la
dure
loi
du
Tartare.
Quoi
done!
Erigone
pleura-t-elle
moins
amérement
leare
Illic
CEbalio
non
finderet
aera
disco
Graiorum
vis
ulla
virum
;
non
arva
rigaret
Sudor
equum
,
aut
putri
sonitum
daret
ungula
campo;
58
Sed
Phobisimplex
chorus
:
hic
frondentia
vatum
Proemia
laudato,
genitor,
tibi
rite
dicarem
:
Ipse
madens
lacrymis,
umbrarum
animeeque
sacerdos
,
Prieciperem
reditum
,
cui
le
nec
Cerberus
omni
Ore
,
nee
Orphez
quirent
avertere
leges;
Meque
habitus
moresque
tuos
et
facta
canentem
Fors
et
magniloquo
non
posthabuisset
Homero,
Tenderet
et
torvo
pietas
aequare
Maroni.
Cur
magisincessat
Superos,
et
aena
Sororum
Stamina
,
quz
tepido
genitrix
super
aggere
nati
Orba
sedet?
vel
quze
primaevi
conjugis
ignem
Adspicit,
obstantesque
manus
,
turbamque
tenentem
Vincit,
in
ardentem,
liceat,
moritura
maritum?
Major
certe
illis
Superos
et
Tartara
pulsem
Invidia
:
externis
etiam
miserabile
visu
Funus
erat.
Sed
nec
modo
se
Natura
dolenti
,
Nec
Pietas
injusta
dedit
:
mihi
limine
primo
Fatorum,
et
viridi,
genitor,
ceu
raptus
ab
zevo,
Tartara
dura
subis;
nec
enim
Marathonia
virgo
Parcius
exstinctum
sevorum
crimine
agrestum
60
65
70
10
[Document text truncated for crawler view.]