Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : $bcontenant la géographie, l'histoire, la fable, et les antiquités ...T. XI
Full text
DICTIONNAIRE
D
L'INTELLIGENCE
|
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
ÉRicCS
“LE
LATINS,
:
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES.
TOME
ONZIÈME.
PRET
RENE
ERIOT
EURE
MENACE
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TPE
É
ER
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DICTIONNAIRE
“POUR
FINTELLIGENCE
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
CRECS
Er
LarTiis,
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES,
|
ONE
NAN...
LA
GÉOGRAPHIE,
L'HISTOIRE,
TA
FABLE,
ET
LES
ANTIQUITEÉS.
DÉDIÉ.
Le
—
HONSÉLON
EVE
LE
DUCDECIOLSEUT,
«Par
M.
SABB
AT:
HIER
,
Profe
eur
au
College
de
Chélons-fur-
Marne
,
6
Sécrétaire
perpétuel
de
T
Académie
de
la
même.
Ville.
a
HOME
ONZIÉEME
ne
SRE
RE
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Le
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Se
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LA
LR
1
S,
Chez
se
Libraire
>
rue
de
la
Ce
Diana
M.
DC
CCE
XXII.
Avec
Approbation
&
Privilege
du
Roi,
.
fure
de
diftance
chez
les
Hébreux.
Elle
étoit
de
mille
coudées
Ju-
daïques
;
ce
qui
revenoit
à
qua-
torze
cens
foixante-huit
pieds
Ro-
mains
fix
pouces,
ou
à
deux
ftades
&
demi.
La
loi
ne
permetroit
pas
aux
Juifs
de
faire
plus
de
deux
Chibraths
,
un
jour
de
fabbat.
CHIDNÉENS,
Chidnei,
peuples
qui
habitoient
aux
envi-
rons
du
Pont-Euxin,
felon
Or-
phée
dans
fes.
Argonautes
cites
-
ar
Ortélius,.
CHIDON
!
PAire
de],
Area
Chidon.
(a)
C'eft
le
lieu
où
Aza
fut
fubitement
frappé
de
mort,
pour
avoir
imprudemment
porté
fa
main
à
l'Arche
qui
chanceloit
fur
fon
chariot.
Dans
le
fecond
livre
des
Rois,
cette
aire
eft
nom-
mée
l’aire
de
Nachon.
On
ne
fçait
fi
Nachon
&
Chidon
font
des
noms
dhommes
,
ou
des
noms
de
lieux.
_—
CHIDORE
,
Chidorus
,
(b)
XeiDopos,
ruifleau
de
la
Macédoi-
ne
dans
l'Amphaxitide,
felon
Pro-
lémée
,
qui
l'appelle
Échédore.
Mais,
ondit
Chidore
dans
Héro-
dote.
Celui-ci
dit
que
Xerxès,
parti
d'Acanthe
pour
fe
rendre
à
Thermes,
avec
fes
troupes
de:
terre,
s'éloigna
du
rivage
traver-
fant
la
Péonie
&
la
Chreftonie
au-deflus
du
fléuve
Chidore,
qui
prenant
fa
fource
dans
la
Chref-
tonie
,
coule
au
travers
de
la
-Mygdonie
le
long
du
marais
qui
eft
au-deffns
de
l’Axius.
Il
ajoûte
que
les
Barbares
s'étant
campés
ça)
Reg.
L.
IL,
c.
6.
v.
6.
Paral,
L.
TC.
13.
V..9.
fur
les
bords
du
Chidore,
ce
fleu-
ve
ne
put
fournir
feul
aflez
d'eau
a
tant
de
monde
,
&
tarit.
S'il
n’y
a
point
d'hyperbole
dans
ce
fait,
nous
en
conclurions
que
le
Ghi-
dore
eft
un
torrent
qui
cefle
quel-
quefois
de
couler,
&
qui
refta
à
fec
juftement
dans
ce
tems-là.
M.
de
l'ffle,
dans
fon
Atlas,
met
la
fource
de
ce
fleuve
dans
les
montagnes
de
la
Bifaltie,
où
il
commençoit
à
couler
vers
le
nord-oueft
à
travers
la
Chrefto=
nie;
puis
fe
repliant
vers
le
fud-
oueft,
il
arrofoit,
felon
le
même
Géographe,
Afforus,
Palethre,
Apollonie
,
&
Philérus
dans
la
Mygdonie,
&
fe
jettoir
enfin
dans
lAxus
,
après
avoir
côt6yé
le
marais
que
cet
autre
fleuve
for-
moit
entre
fes
deux
branches,
avant
que
de
fe
jetter
dans
le
golfe
Thermaique,
Les
[nter-
pretes
de
Prolémée
nomment
pré-
fentement
ce
fleuve
Calico.
CHIEN,
Cars,
Kve,
(c)
animal
quadrupede,
le
plus
fa-
milier
de
tous
les
animaux
do-
meftiques.
—
.
I,
Le
Chien
eft
peut-être
de
tous
les
animaux,
celui
qui
a
le
plus
d'inftinét
,
qui
s'attache
le
plus
à
l'homme,
&
qui
fe
prête
avec
la
plus
grande
docilité
à
tout
ce
qu'on
exige
de
lui.
Son
naturel
le
porte
à
chafler
les
animaux
fauvages
;
&
il
y
a
lieu
de
croire
que
h
on
l’avoit
laiffé
dans
les
forêts
,
fans
l'apprivoifer
,
fes
mœurs
ne
feroient
guere
difiéren«
(c)
Plut,
T.
I,
p.
105,
339.
Mém.
de
lPAcad, des
Infcript.
&
Bell.
Lerr.
(b)
Prolem.
E.
ÎT,
c.
13.
Hercd.
L.
|
Tom.
II.
pag.
88,
90.
Tom.
IX,
pag.
VIT,
©,
124
,
127.
31,
&
fui
Han
de
AE
a
AG
EMMA
2
CH
‘tes
decelles
des
loups
&
des
re-
nards,
auxquels
il
reflemble
beau-
coup
à
l'extérieur
,
&
encore
plus
à
l'intérieur.
Mais
en
l’élevant
dans
les
maifons
&
en
en
faifant.
un
animal
domeftique,
on
l'a
mis
à
portée
de
montrer
toutes
{es
bonnes
qualités.
Celles
que
nons
admirons
le
plus,
parce
que
no-
tré
amour
propre
en
eft
le
plus
flatté,
c'eft
la
fidélité
avec
la-
quelle
un
Chien
refle
attaché
à
fon
maitre
;
il
le
fuit
par
tout,
il
le
défend
de
routes
fes
forcés
;
il
le
cherche
opiniâtrément
s’il
la
perdu
de
vue,
&
il
n’abandonne
pas
fes
traces,
qu'il
ne
l'ait
re-
trouvé.
On
en
voit
fouvent
qui.
reltent
fur.
le
tombeau
de
leur
maitre
,
&t
qui
ne
peuvent
pas
vi-
Vre
fans
lui.
Il
ÿ
à
quantité
de
faits
très-furprenans
&
très-ayé-
rés
fur
la
fidélité
des
Chiens.
La
Perfonne
qui
en
eft
l'objet,
ne
Pourroit
fe
défaire
de
la
compa-
guie
de
fon
Chien,
qu’en
le
fai-
fant
mourir
;
il
fçait
la
retrouver
malgré
toutes
les
précautions
quelle
peut
employer.
L’organe
de
l'odorat;
que
les
Chiens
pa-
roiffent
avoir
plus
fn
&
plus
par-
fait
qu'aucun
aûtre
animal
»
les
ferc
merveilleufement
dans
ces
fortes
de
recherches,
&
leur
fait
réconnoître
les
traces
de
leur
mai-
tré
dans
un
chemin
,
pluñeurs
Jours
après
qu'il
y
à
pañlé;
de
même
qu'ils
diftinguent
celles
d'in
cerf,
malgré
la
légereré
&
la
rapidité
de
fa
courfe,
quelque
Part
quil
aille,
à
moins
qu'il
ne
pale
dans
l’eau
;
Où
qu'il
ne
fau-
t€
d’un
rocher
à
l’autre
,
comte
On
prétend
qu'il
arrive
à
quel-
CH
ques-uns
de
le
faire,
pour
rompre
les
Chiens,
L'odorat
du
Chien
eft
un
don
de
la
nature
;
mais
;
Ua
d'au
tres
qualités
qui
femblent
ve-
nir
de
l'éducation,
&
qui
prou-
vent
combien
il
à
d'infliné@t,
mé-
me
pour
des
chofes
qui
paroiflent
être
hors
de
fa
portée;
c’eft
,
par
exemple,
de
connoître
à
la
façon
dont
on
le
regarde,
f
on
eft
irrité
contre
lui,
&
d’obéir
au
fignal
d'un
fimple
coup
d'œil
,
&c.
En-
fin,
linftin@
des
Chiens
eft
f
fûr,
qu'on
leur
confie
la
conduite
&
la
garde
de
plufieurs
autres
animaux,
Îls
les
maïtrifent
comme
fi
cet
empire
leur
étoi:
dû,
&ilsles
défendent
avec
une
ardeur
&
un
courage
qui
leur
font
affronter
les
loups
les
plus
terribles.
L'homme
s’aflocie
les
Chiens
dans
Ja
pour=
faite
des
bêtes
Jes
plus
féroces
;
&
même
il
les
commet
à
Ja
garde
de
fa
propre
perfonne.
es
mêmes
animaux,
qui
mon-
trent
tant
de
courage,
&
qui
em-
ployent
tant
de
rufes
quand
ils
Chaffent,
font
de
la
plus
grande
docilité
pour
leurs
maîtres
>
&
fçavent
faire
mille
gentilleñes
,
lorfque
nous
daignons
les
faire
fervir
à
nos
amufemens.
Tant
&
de
fi
bonnes
qualités
one,
pour
ainfi
dire
,
rendu
les
Chiens
di-
gnes
de
la
compagnie
des
hom-
mes;
ils
vivent
des
reftes
de
nos.
tables
;
ils
partagent
avec
nous
no$
logemens
;
ils
nous
accompa-
gnent
lorfque
nous
en
fortons
;
Enfin
,
ïls
{çavent
plaire
au
point
qu'il
y
a
bien
des
gens
qui
en
por-
tentavec
eux,
&
qui
les
font
cou.
cher
dans
le
même
lit,
A
ij
(SAS
$
Il.
Les
Grecs
&
les
Romains
drefloient
leurs
Chiens
avec
foin.
-
Xénophon
n’a
pas
dédaigné
d'en-
‘trer
dans
quelque
détail
far
la
connoïflance
&
l'éducation
de
ces
animaux.
Les
Grecs
failoient
cas
des
Chiens
Indiens,
Locriens
&
Spartiates.
Les
Romains
regar-
doient
les
Molofles
comme
les
plus
hardis;
les
Pannoniens,
les
Bretons,
les
Gaulois,
les
Acar-
naniens,
&c.
cornme
les
plus
vi-
goureux
;
les
Crérois
,
les
Éto-
liens,
les
Tofcans,
&c.
comme
les
plus
intelligens
;
les
Belges,
les
Sicambres
comme
les
plus
vites.
li
eft
fait
mention
d’un
peuple
d'Éthiopie
,
gouverné
par
un
Chien,
dont
on
étudioit
l'aboie-
ment
&
les
mouvemens
dans
les
affaires
importantes.
Le
Chien
de
Xantippe,
pere
de
Périclès,
fut
un
héros
de
la
race.
Son
maître
s'étant
embarqué
fans
lui
pour
Sa-
Jamine
,
l'animal
fe
précipita
dans
les
eaux,
&fuivit
le
vaiffean
à
la
nage.
LÉ
echemens
que
quelques-
uns
ont
pour
le
Chien,
va
jufqu’à
Ja
folie.
Henri
LEE
aima
les
Chiens
mieux
que
fon
peuple.
»
Je
me
»
fouviendrai
toujours
,
dir
M.
»
de
Sully
,
de
l'attitude
&
de
»
l'attirail
bizarre
où
je
trouvai
»
ce
Prince
un
jonr
dans
fon
ca-
»
binet.
Il
avoit
épée
au
côté,
»
une
cape
fur
les
épaules,
une
»
petite
toque
fur
la
tête,
un
pa-
»
nier
plein
de
petits
Chiens
pen-
»
du
à
fon
coup
par
undarge
ru=
»
ban;
&
il
fe
tenoit
fi
immobi-
»
le,
qu'en
nous
parlantilnere-
»
muanitête,
nipied,
ni
main
CH
|
Les
Mabométans
ont
dans
leuts
bonnes
villes
des
Hôpitaux
pour
ces
animaux;
&
M.
de
Tourne-
forr
aflure
qu'on
leur
laïlle
des
penfions
en
mourant,
&t
quon
baye
des
gens
pour
exécuter
les
intentions
du
teftateur.
M,
Leïb-
nitz
a
fait
meation
d'un
Chien
qui
parloit,
&
l’hiftoire
de
ces
ani-
maux
fourniroic
des
anecdotes
très-honorables
pour
l'efpèce.
Favin
dit
que
par
jugement
de
Louis
XII
&
en
fa
préfence,
un
Chien
combattit
le
meurtrier
de
{on
maître,
&
en
ent
la
viétoire;
que
l’hifloire
en
eft
peinte
au
chà-
teau
de
Moncargis,
&
que
les
Gaulois
fe
fervoient
de
Chiens
à
la
guerre.
Alcibiade
avoit
un
Chien
d’une
taille
extraordinaire
&
d'une
grande
beauté,
qu'il
avoit
acheté
foixante-dix
mines,
&
il
lai
fit
couper
La
queue
qui
étoit
jufte-
ment
ce
qu'il
avoit
de
plus
beau,
Ses
amis
s’étant
mis
à
le
gronder,
&
à
lui
dire
que
tout
le
monde
parloit
de
cette
aétion,
&
le
blä-
moit
extrêmement
d’avoir
pâté
un
fi
beau
Chien.
Woila
ce
que
Je
demande
;
reprit
Alcibiade
en
en
riant
;
je
veux
que
les
Athéniens
s’entretiennent
de
cela,
afin
qu'ils
ne
parlent
pas
d'autre
chofe,
&
qu'ils
ne
difent
pas
pis
de
mot.
Sur
{es
médailles,
le
Chien
eft
le
fymbole
commun
de
la
fidélité,
Il
eft
far
la.
médaille
d'Uiyfle
parce
qu'il
le
fit
reconnoïtre
à
fon
retour
à
Itaque.
On
le
donne
à
Mercure
à
caufe
de
fa
vigilance,
&
de
fon
induftrie
à
découvrir
ce
qu'il
cherche.
Diane
a
fes
lévriers
auprès
d'elle.
Quand
ik
eft
auprès
CH
d'unecoquille,
&
le
mufeau
bar-
bouilié
,
il
marque
la
ville
de
Tyr,
oùle
Chien
d
Hercule
ayant
cro-
qué
le
murex,
en
revint
le
nez
tout
empourpré
,
&
fit
connoiître
cette
belle
couleur.
-
IE
On
immoloit
le
Chien
à
Hécate,
à
Mars
&
à
Mercure.
Il
étoit
en
grande
vénération
en
Égypte,
&
fur
tout
dans
la
pré-
feéture
Cynopolitaine
,
qui
en
ui-
roit
fon
nom.
Anubis
y
étoit
ado-
té
fous
la
forme
d'un
Chien
,
te-
nant
un
fiftre
Égyptien,
où
une
palme
d’une
main,
&
un
caducée
de
l’autre
,
comme
on
le
voit
dans
une
médaille
de
Marc-Aurele
&
de
Fauftine.
On
{çait
qu'Anubis
avoit
un
temple
à
Rome,
&
que
Mundus
corrompit
les
Prêtres
pour
abufer
de
Pauline
femme
de
Saturnin
,
fous
le
nom
d’Anu-
bis.
Les
Prêtres
furent
chaftés,
&
le
temple
fut
rafé,
Les
Mytho-
logues
s'accordent
aflez
à
recon-
noître
Mercure
fous
le
nom
d’'A-
nubis.
Le
relpe&
pour
les
Chiens
paroït
fondé
fur
ce
qu'Ofiris
&
[fis
avoient
un
Chien
employé
à
leur
garde,
D'autres
rapportent
qu'a-
près
que
Typhon
eut
affafliné
Ofiris
,
ce
fat
un
Chien
qui
garda
le
cadavre,
&
qui
conduïfit
Ifis
juiqu'au
lieu
où
le
meurtrier
l’a-
voit
caché
;
&
c'étoit
pour
faire
pafler
à
la
poftérité
la
mémoire
dela
fidélité
de
cet
animal,
qu'aux
cérémonies
célébrées
à
l'honneur
d'Ifs,
les
Chiens
marchoient
à
la
tête,
:
e
-
Si
quelque
Chien
fe
trouvoit
CH
ss
mort
dans
les
maïfons
des
parti-
culiers,
tous
les
domeftiques
fe
fafoient
rafer
,
&
en
marquoient
leur
deuil.
É
Les
Romains
facrifioient
tous
les
ans
un
Chien,
parce
que
cet
animal
n’avoit
pas
fait
fon
devoir,
lorfque
les
Gaulois
s’'approcherent
du
Capitole.
(a)
IV.
Le
Chien,
dans
l'É-
criture,
eft
déclaré
impur
par
la
loi,
&
il
eft
fort
méprifé
parmi
les
Juifs.
[ls
n’ont
rien
de
plus
in-
jurieux
à
dire
que
de
comparer
on
homme
à
on
Chien
mort.
Da-
:
vid,
pour
faire
fentir
à
Saül
que
la
perfécution
injuite
qu'il
fouf-
froit
de
fa
part,
ne
lui
faifoit
à
lui-même
aucun
honneur
,
lui
dit
:
Qui
perfécutez
-vous
,
roi
d'Ifraël
?
Qui
perfécutez-vous
?
Vous
perfécutez
un:
Chien
mort.
Lorfque
David
fit
l'honneur
à
Miphibofeth,
de
lui
donner
{a
ta-
ble
,
Miphibofeth
en
le
remer-
ciant,
lui
dit:
Qui
fuis-je,
moi
votre
ferviteur
,
pour
mérirer
que
vous
jettiey
les
yeux,
fur
un
Chien
mort
comme
moi.
Job
dit
que
dans
fa
difprace
il
étoit
infulté
par
de
jeunes
gens,
aux
peres
defquels
il
n'aurait
pas
daigtié
auparavant
confier
le
foin
des
Chiens
qui
gar-
doientc
fes
troupeaux.
Le
nom
de
Chien
fe
met
quel-
quefois
pour
un
homme
qui
a
perdu
toute
pudeur
;
pour
un
homme
qui
fe
proflitue
par
une
ation
abominable;
car,
c’eft
ainf
que
plufieurs
entendent
la
défenfe
que
fait
Moïfe
en
ces
termes
:
(a)
Deuter,
c.
23.
v.
18,
Reg.
L.I,
126.
v.
11.
Ecclefiaftic.
c.
13,
v.
32.
ad
Ce
24
Va
15.
L,
If,
c,
9.
v.
8.
Job.
c.
30.{
Philipp.
Epift.
c.
3.
v.
2.
Petr.
Epiit,
Ve,
Pfalm,
21,
v,
17,
21,
Prover,
c.
fc,
2.
v,
22,
Apocalyp.
c22,
v.
154
À
iij
6
CH
Vous
n'offrirez
point
dans
la
mai-
fon
du
Seigneur
votre
Dieu
,
la
récompenfe
de
la
proflituée
;
ni
le
prix
du
Chien
,
quelque
vœu
que
VOUS
ayez
fait,
parce
que
l’un
&
l'autre
efl
abominable
devant
le
Seigneur
votre
Dieu.
C'eft
dans
le
même
fens
que
l’on
entend
ce
que
dit
l'Eccléfiafti.
que
:
Quelle
paix
y
a-t-il
entre
l’hyene
€
la
chienne,
c’eft-à-dire,:
entre
l’homme
faint
&
le
méchant
qui
a
l'impudence
du
Chien.
On
lit
dans
l'Apocalypfe
:
Qu'on
laiffe
dehors
les
Chiens,
les
empoifonneurs
,
les
fornica-
teurs
,
les
homicides
€
les
idol4-
tres
,
6:
quiconque
aime
€
fait
le
menfonge.
Saint
Paul
donne
le
nom
de
Chien
aux
faux
Apôtres,
À
caufe
de
leur
impudence
&
de
leur
avidité
pour
le
gain
fordide.
En-
fin
,;
Salomon
&
Saint
Pierre
comparent
les
pécheurs
qui
re-
tombent
toujours
dans
leurs
cri-
mes,
aux
Chiens
qui
retournent
à
Jeur
vomiffement.
David
com-
pare
aufli
fes
ennemis
à
des
Chiens,
qui
ne
cefloient
d’aboyer
contre
lui,
par
léurs
médifances
&
de
le
mordre
par
leurs
perfé-
cutions
&
leurs
mauvais
traite-
mens.
Onne
voit
pas
que
les
Hébreux
fe
ferviflent
de
Chiens
pour
la
chafle.
Le
gibier,
qui
auroit
été
tué
par‘un
Chien,
auroit
été
fouil-
lé,
&
ils
n’auroient
pu
en
faire
ufage.
[Il
n’eft
fait
aucune
mention
de
Chiens
quand
il
eft
parlé
de
chafle
;
ni
aucune
mention
de
chafle
quand
il
eff
parlé
de
Chiens.
Dans
l'Orient
,
on
fe
fer-
DE
CH
voit
plutôt
de
lions
,
où
de
quel=
.
ques
autres
animaux
femblables,
qu’un
cavaliér
portoit
en
croupe
,
ou
devant
lui
à
cheval
;
&
lorf-
qu'il
appercevoit
le
gibier
,
il
Ôtoic
une
efpège
de
bourlet
que
l'animal
avoit
fur
les
yeux
;
&
dès
que
celui-ci
appercevoit
fa
proie
,
il
fe
jettoit
deflus
avec
une
très-grande
apilité.
On
ne
vou-
droit
pas
cependant
nier
que
les
Juifs
ne
fe
ferviflent
de
Chiens
,
pourvu
qu'ils
lès
empéchaflent
de
tuer
Îles
animaux
qu'ils
pourfui-
voient;
car,
le
Chien
ne
fouille
pas,
tant
qu'il
eft
en
vie.
:
CHIENS
DE
CHASSE,
Voyez
Chaffe.
CHIFFRE,
caradtère,
dont
on
fe
fert
pour
défigner
les
nombres.
Les
anciens
peuples
fe
font
fervis
de
différens
Chiffres.
Les
feuls
en
ufage
aujourd'hui
,
du
moins
en
Europe
&
dans
une
grande
partie
de
laterre,
font
les
Chiffres
Ara-
bes
au
nombre
de
dix,
dont
le
zéro
[o]
fait
le
dixième,
Le
zéro
s’éft
appellé
pendant
quelque
tems
du
nom
de
Chiffre,
Cyphra;
en-
forte
que
ce
nom
lui
étoit
parti-
culier.
Aujourd’hui
on
donne
le
nom
de
Chiffre
à
tous
les
carac=
‘|
tères
fervant
à
exprimer
des
nom-
brès
;
&
quelques
Auteurs
refu-
fent
même
le
nom
de
Chiffre
au
zéro,
parce
qu'il
n'exprime
point
de
nombre
,-mais
fert
feulemenc
à
en
changer
la
valeur.
I.
On
doit
regarder
l’inven-
tion
des
Chiffres
comme
une
des
plus
utiles
,
&
qui
font
le
plus
:
d'honneur
à
l’efprit
humain,
Cette
invention
eft
digne
d'être
mife
à
côté
de
celle
des
lettres
de
l'al-
7
ES:
phabet.
Rien
n'eft
plus
admirable
que
d'exprimer
avéc
un
petit
nombre
de
caraétères
toutes
for-
tes
de
nombres
&
toutes
forces
de
mots.
Au
refte,
on
auroit
pu
prendre
plus
ou
moins
de
dix
Chiffres
;
&
ce
n'eft
pas
précifé-
ment
dans
cette
idée
que
confifte
le
mérite
de
l'invention
,
quoique
le
nombre
de
dix
Chiffres
{oit
affez
commode.
Le
mérite
:de
invention
confifte
dans
l'idée
qu'on
a
eue
de
varier
la
valeur:
d’un
Chiffre
en
le
mettant
à
dif-
férentes
places;
&
d'inventer
un
caraétère
zéro
,
qui
fe
trouvant
après
un
Chiffre,
en
augmente
la
valeur
d'une
dizaine.
L'on
fe
fert
des
Chiffres
Ara-
”
bes
en
Arithmétique,
en
Algé-
bre,
en
Frigonométrie
&
en
Al
ttonomie,
Les
Arabes
reconnoif-
fent
qu'ils
ont
reçu
ces
caractères
des
Indiens,
&
ils
les
appellent
-
figures
Indiennes.
On
a
commen-
cé
à
compter
par
ces
figures
du
tems
des
Sarrazins
;
&t
on
croit
que
Planude,
qui
vivoit
fur
la
fin
du
XIIe.
fiecle,
eft
le
premier
des
Chrétiens
qui
{
foit
fervi
de
ces
Chiffres.
Alphonfe
X
,
roi
de
Cañille
s’en
étoit
fervi
avant
lui
pour
conftruire
fes
tables
Aftro-
nomiques.
Les
Chiffres
Arabes
,
comme
nous
l'avons
déjà
dit,
font
au
nombre
de
dix;
ou
bien
ils-for-.
ment
dix
figures.
Les
voici,
0.
7.
2,
3,4.
5.
6.7,
8.9,
Le
zéro
par
lui-même
ne
fgnifñe
rien.
Les
figures
fuivantes
marquent
de
fui-
te
depuis
un
jufqu’à
neuf.
Quand
elles
font
plufieurs
accouplées
en-
femble,
la
première
eft
celle
qui
CH
2
eft
à
droite,
&
en
remontant
de
droite
à
gauche
,
elles
croiflent
toujours
de
dix
;
de
forte
que
la
première
en
ce
fens
ne
marque
que
des
unités
,
la
feconde
des
_
dixaines
,
la
troifième
des
centai-
nes,
la
quatrième
des
milles,
la
feptième
des
millions
,
&
ainfñi
des
autres.
Le
Chiffre
Romain
n’avoit
or-
dinairement
que
cinq
figures
,
que
voici,
L
V.
X.
L.C.
La
premiè-
re
figure
fignifioit
un
;
&
multi
pliée
jufqu'à
quatre,
elle
faifoit
IE,
deux
;
IL,
trois;
IT,
qua-
tre.
La
feconde
valoit
cinq.
Avec.
les
I
;
elle
formoit
les
nombres
juiqu'à
dix;
VI,
fx;
VIE,
fept;
:
VITE,
huit;
VIT,
neuf.
La
troi-
fième
faifoit
dix
;
&
en
y
ajoû-
tant
les
précédentes,
elle
formoit
Jes
nombres
jufqu’a
vingt.
Pour
marquer
vinge,
on
la
doubloit
XX;
pourtrente
on
la
triploit
XXX;
&
pour
quarante
on
la
répétoit
quatre
fois
XXXX.
La
quatrième
figure
L
,
valoir
cin-
quante;
&
en
y
ajoûrant
les
pré-
cédentes
LX,
LXX,
&c.
on
en
formoir
tous
les
sombres
jufqu’a
cent,
qui
s’exprimoit
par
le
C,
qui
eft
la
dernière
figure,
Quand
elle
étoit
double
CC,
elle
figni-
fioit
deux
cens;
triple
CCC,
trois
cens
,
€@c.
pour
marquer
cinq
cens
on
accouploit
FT
&
le
CG
renverfé
en
cette
manière
19;
&
pour
exprimer
mille,
on
ajoûtoit
un
C
avant
l'I
de
cette
forte
C19.
on
l’exprimoit
auffi
par
une
M;
&
par
la
fuite
on
fit
de
19
en
les.
joignant
un
D,
pour
fignifier
cinq
cens.
;
On
trouva
aufh
dans
la
fuite
À
iv
8
CF
des
abréviations
,
qui
confftent
en
ce
que
une
de
ces
figures
mife
avant
une
autre,
figniñe
le
nom-
bre
de
la
feconde
,
moins
celui
de
la
première
;
par
exemple
IV
f-
gnifie
cinq
moinsun,
c’eit-à-dire,
quatre.
[X,
dix
moins
un,
c'eft-
à-dire
,
neuf.
XIIX,
vingt
moins
deux
,
c'efl-à-
dire,
dix-huit.
XIX,
vingt
moins
un,
c'eft-à-
dire
,
dix-neuf,
XL
,
cinquante
moins
dix,
c’eft-a-dire,
quarante,
XC
,
cent
moins
dix,
c'eft-à-dire,
quatre-vingt-dix.
On
prétend
que
ces
abréviations
font
récentes,
&
qu'elles
ne
fe
trouvent
point
fur
les
monumens
bien
antiques.
L'origine
du
Chiffre
Romain
vient
de
ce
qu'on
a
compté
d’a-
bord
par
les
doigts
;
de
forte
que
pour
marquer
les
quatre
premiers
nombres
,
on
s’eft
fervi
de
[,
qui
les
repréfente
;
&
pour
le
cinquiè-
me
,
on
s’eft
fervi
d’un
V
;
re-
préfenté
en
baïflant
les
doigts
du
-
milieu,
&
en
montrant
fimple-
ment
le
pouce
avec
le
petit
doigt
;
&
pour
le
dixième
de
X,
qui
eft
un
double
V,
dont
il
y
en
a
un
renverfé,
@&
mis
au-deflous
de
.
l'autre,
De-là
vient
que
la
pro-
greflion
dans
ces
nombres
eft
tou-
jours
d'un
à
cinq,
puis
de
cinq
à
dix.
Le
cent
fut
marqué
par
fa
capitale
C,
Depuis,
ou
en
cor-
rompant
les
figures,
ou
pour
la
commodité
des
Ecrivains
,
l’on
a
ajoûté
deux
Chiffres
Romains,
le
D,
qui
vant
cinq
cens,
&
PM,
qui
vaut
mille,
parce
qu'elle
a
beaucoup
de
rapport
à
lM
Go-
thique.
Aïnfi,
il
y
a
préfentement
fept
lettres
qui
fervent
à
cette
for-
te
de
nombre,
M.
Huet
eft
perfuadé
que
nos
Chiffres
ordinaires,
ou
Arabes;
ont
été
formés
fur
les
lettres
.
Grecques.
Suivant
fon
fentiment
le
B
a
fervi
à
former
le
2
;
du
y
on
a
formé
le
3
;
du
A,
le
4;
de
Fe.
les;
dur,le6;duZz,le7;
de
l'H,
le
8;
du
8,
le
9.
Dom
Calmet
prétend
que
ce
ne
font
que
les
notes
de
Tiron.
Toute
leur
preuve
eft
la
reflemblance
qu'ils
croyent
appercevoif
,
l’un
entre
ces
Chiffres
&
les
lectres
Grecques
;
&
l’autre
entre
ces
mêmes
Chiffres
&
les
notes
de
Tiron.
Mais
,
une
marque
que
nos
Chiffres
font
de
linvention
des
Orientaux
,
c'eft,
comme
l’a
ob-
fervé
Valle,
qu'on
les
fuppute
de
droite
à
gauche
,
qui
eft
la
manière
de
lire
de
plufeurs.
Orientaux.
Il:
Chiffre
fe
dit
aufli
de
cer-
tains
caraltères
inconnus,
dépui-
{és
&
variés,
dont
on
fe
fert
pour
écrire
des
lettres
qui
contiennent
quelque
fecret
,
&
qui
ne
peuvent
être
entendus
que
par
ceux
qui
font
d'intelligence
,
&
qui
{ont
convenus
enfemble
de
fe
fervir
de
ces
cara@tères.
On
en
a
fait
une
fcience
qu’on
appelle
Poly-
graphie
ou
Stéganographie,
c’eft-
a-dire,
écriture
diverffiée
&
obf-
cute,
laquelle
a
été
inconnue
aux
Anciens.
De
la
Guilletière,
dans
un
livre
intitulé
,
Zacédemone
ancienne
&
nouvelle
,
prétend.que
les
anciens
Lacédémoniens
ont
été
les
inventeurs
de
l’art
d'écrire
en
Chifire,
La
fcytale
qu’ils
in-
venterent
,
fut,
felon
lui,
l'é-
bauche
de
cet
arr
myftérieux.
C'étoient
deux
rouleaux
de
bois
He
be
LEE)
GE
d'une
longueur
&
d’une
épaifleur
égale,
Les
Éphores
en
gardoient
un,
&
l’autre
étoit
pour
le
géné-
ral
d’armée-qui
marchoit
contre
l'ennemi.
Chaque
fois
que
ces
Mapgiftrats
lui
vouloient
envoyer
des
ordres
qui
fuffenc
fecrets,
ils
prenoient
une
bande
de
parche-
min
étroite
&
longue
,
qu'ils
rou-
loient
avec
juftefle
au
tour
de
la
fcytale
qu'ils
s’étoient
réfervée.
Ils
écrivoient
en
cer
état
leur
inten-
tion,
qui
paroïifloit
dans
un
fens
parfait
&
fuivi,
tant
que
la
bande
de
parchemin
étoit
appliquée
fur
le
rouleau.
Mais,
dès
qu'on
la
développoit,
l'écriture
étoit
tron-
quéé
,
&
les
mots
fans
liaïfon.
Leur
général
pouvoit
y
trouver
de
la
fuite
&
du
fens
,
en
ajoûtant
la
bande
fur
la
fcytale,
où
rou-
Jeau
femblable
qu'il
avoir,
&
en
lui
donnant
la
même
afhette,
où
les
Éphores
l’avoient
mife,
Polybe
raconte
qu'Énéas,
fur-
nommé
Taéticus,
ramafla,
il
y
a
environ
deux
mille
ans,
vingt
manières
différentes
qu’il
avoic
in-
ventées
en
partie
,
&
dont
on
s’étoit
fervi
jufqu'alors,
pour
pou-
Voir
écrire
d'une
manière
où
il
n'y
eût
que
celui
qui
en
fçavoit
le
fecret,
qui
y
pût
comprendre
quelque
chofe.
Ainf,
Trithême
n'eft
point
l'inventeur
de
l’art
d'écrire
en
Chiffre,
ni
même
Énéas
Ta@ticus.
Trithême,
&
de-
puis
Jean-Baptifté
Porta,
en
ont
écrit
fort
fcavamment.
Vigenere
&
le
P.
Niceron
en
ont
auf
“échite
CHI-KING
[
Le},
(2)
eft
un
et
livre
de
poëfe
Chinoife.
Ce
livre
étoit
un
des
ouvrages
dont
Con-.
Æucius
faifoir
le
plus
de
cas,
Dans
les
livres
qui
nous
reftent
de
lui
&
de
fes
difciples,
onle
cite
fou-
vent,
&
toujours
avec
de
très-
grands
éloges.
On
donne
ce
nom
de
Chi-king
à
un
recueil
de
«rois
cens
cinquante
odes
ou
cantiques
qui
fe
chantoient
dans
les
facrif-
ces
&
dans
les
afflemblées
publi-
ques
,
foit
à
la
cour
des
Empe-
reurs
,
foit
dans
les
provinces,
Lu-ffé-Colao
ou
premier
miniftre
fous
les
Tchéou
,
avoit
publié
une
ample
compilation
de
ces
cantiques
,
parmi
lefquels
Confu-
cius
en
choifit
trois
cens
cinquan-
te,
quil
crut
les
plus
propres
à
porter
les
hommes
à
la-vertu
&
à
les
inftruire
de
leurs
devoirs.
Ce
recueil
eft
de
quelque
importan-
ce
pour
la
Chronologie,
en
ce
qu'il
nous
a
confervé
la
date
pré-
cife
d’une
écliple
de
Soleil,
que
le
calcul
aftronomique
confirme
pleinement
;
mais,
ce
n’eft
pas
ici
le
lieu
de
parler
d’un
objet
de
cètte
nature.
Ce
livre
fut
enveloppé
dans
l'incendie
général
fous
Chihoanp-
ti:
on
le
crut
totalement
perdu
au
commencement
des
Hane;
&
pour
y
fuppléer,
on
forma
diffé-
rens
recueils
des
cantiques
con-
fervés
dans
les
provinces.
Le
Lou-
chi
ou
recueil
des
cantiques
du
royaume
de
Lou,
a
été
publié
par
Kiéou-Léou-pé,
&
com-
menté
par
Chine-Cong.
Le
re-
cueil
des
cantiques
du
royaume
de
‘Efi
fat
publié
par
Yene-cou-
Ca)
Méra,
de
PAcad,
des
Infcript.
&
Bell,
Lert,
Tom,
XV.
pag:
5385
539
Yo
CH
feng
,.
&
celui
du
royaume
de
Yene
le
fut
par
Hane-yu.
Cependant
,
il
s’étoit
confervé
un
exemplaire
de
l’ancien
Chi-
Eing
,
celui
de
Se-hia
difciple
de
Confucius.
La
tradition
nous
a
tranfmis
les
noms
de
ceux
par
les
mains
defquels
il
avoit
paflé
avant
que
de
tomber
dans
celles
de
Mao-kane
fon
feptième
poflef-
fur,
qui
y
ajoûta
des
notes.
Il
ÿ
avoit
déjà
une
préface
,
qui
étoit
l'ouvrage
de
Se-hia
lui-mé-
me.
Mao-tchang
petit-fils
de
Mao-kane
,
&
célebre
par
fon
talent
pour
la
verfification,
revit
avec
foin
toutes
lesodes,
&
mitun
court
argument
à
la
tête
de
cha-
cune
,
pour
en
indiquer
le
fujet
É’exemplaire
de
Mao
-tchang
fut
préfenté
à
l’empereur
Vou-t
a
onzième
année
de
fon
regne,
Fan
130
avant
l'Ére
Chrétienne.
C'eft
fur
cet
exemplaire
:qu'ont
été
faites
les
copies
du
Chi-king
;
&
c'eft
par
cette
raifon
que
dans
Pédition
authentique
du
Che-fane.
king
,
ïl
porte
le
titre
de
Mao-
chi
,
les
odes
de
Mao
;
ce
Chi-
king
fit
bientôt
oublier
le
Lou-
chi
&
le
Yene-chi.
M.
Fréret
aflure
qu'on
lui
avoit
écrit
de
Pé-king,
qu'un
Miffionaire
avoit
fait
une
tradu@tion
du
Chi-king,
qu'il
comptoit
publier
avec
des
notes
;
&
quil
étoit
aétuellement
occupé
à
la
retoucher
,
ne
vou-
lant
la
laïfler
paroiïtre
que
lorfqu'il
Jui
auroit
donné
toute
la
perfec-
tion
dont
il
fe
croyoit
capable.
CHILEUS
>
Chileus,
Xnevs
s
{z)
Arcadien,
qui,
à
ce
que
l’on
(a)
Plut,
T,
L
p.
114.
CF
prétend
,
aida
Thémiftocle
à
af-
foupir
les
guerres
inteftines
des
Grecs.
:
CHILIARQUE,,
Chiliarchus,
()
nom
d’un
officier
à
la
Cour
de
Perfe.
Chiliarque,
felon
la
force
du
mot
Grec
,
fignifie
un
capitai-
ne
de
mille
hommes
;
c’éroit
le
nom
de
plufieurs
emplois
fort
différens
chez
les
Perfes.
Le
Chi-
liarque,
dans
la
guerre,
éroit
un
emploi
qui
répondoit
à
nos
colo-
nels
felon
Hérodote.
Xénophon,
dans
le
huitième
livre
de
fa
Cy-
ropédie,
donne
ce
nom
à
ceux
qui
cemmandoient
les
troupes
deftinées
à
défendre
les
provin-
ces
;
c’eft
ce
que
nous
appellons
Commandans.
Il
y
avoit
auffi
un
Chiliarque
dans
le
palais,
&
c’eft
de
cer
ofhicier
que
parle
Cornélius
Nepos
dans
la
vie
de
Conon.
Une
de
{es
fonétions
étoit
d'introduire
au-
près
du
Roi
les
perfonnes
,
qu'il
vouloit
bien
admettre
à
fon
au-
dience.
Cornélius
Népos
n’eft
pas
le
feul
qui
le
dife.
Élien
nous
ap-
prend
la
même
chofe
dans
fon
hiftoire
diverfe.
Plutarque
le
dit
auffi
dans
la
vie
de
Thémiftocle,
&
nous
donne
à
entendre
que
ce
Chiliarque
du
palais
étoit
le
ca-
pitaine
des
gardes
,
puifqu’il
nom-
me
Chiliarque,
Artaban,
que
Dio-
dore
de
Sicile
nomme
capitaine
:
des
gardes.
C'étoit
le
prèmier
Of-
cier
de
la
couronne,
il
avoit
la
furintendance
de
toute
la
maifon
du
Roi,
&
il
paroïit
que
fon
auto-
rité
étoit
à
peu
près
telle
qu'a
été
x
(&)
Corn.
Nep.in
Conon,
c,
3.
7
CS
depuis
celle
des
Préfets
du
prétoire
à
Rome,
&
en
France
celle
des
Maires
du
palais,
qui
difpofoient
de
toutes.les
charges
de
la
cour,
êt
avoient
connotflance
de
toutes
les
affaires
de
l'État.
Selon
toutes
les
relations
de
Perfe
,
1l
y
a
enco-
re
dans
le
palais
des
rois
de
Perfe
un
officier
de
grande
confidéra-
tion
,
qui
commande
à
mille
par-
des
du
dedans
du
palais,
&
à
deux
mille
gardes
du
corps
qui
accom-
pagnent
le
Roï
quand
il
fort.
Les
relations
marquent
aufhi
que
la
fonétion
de
ce
grand
oflicier
eft
d'introduire
à
l'audience
du
Roi.
CHILIOMBE,,
CAiliombe
,
(a)
terme,
qui
veut
dire
facrifice
de
mille
bêtes.
Il
y
a
apparence
k
.
qu'on
a
facriñé
rarement
tant
-de-
victimes
à
la
fois.
Un
tel
facri-
fice
fouvent
répété
confomme-
roit
bien
des
animaux.
CHILMINAR
;
ou
,
comme
prononcent
les
Voyageurs,
chel-
minar.
C’eft
le
nom
que
l’on
don-
ne
aux
plus
belles
&
aux
plus
magnifiques
ruines
qui
nous
ref-
tent
de
l’antiquiré
;
ce
font
celles
en
partie
de
ce
fameux
palais
de
Perfépolis
,
auquel
Alexandre
étant
ivre
mit
le
feu
par
complai-
fance
pour
la
courtifanne
Thaïs.
Les
Voÿageurs
&
les
Hiftoriens
ont
donné
des
defcriptions
fort
circonftanciées
des
Chilminar,
entr'autres
,
Gratias
de
Silva,
Fi-
groa
,
Piecro
Della
Valle,
Char-
din
&
le
Brun.
Voici
en
abrégé
ce
que
c’eft
que
les
Chilminar.
On
voit
les
reftes
de
près
de
quatre-vingts
colonnes
dont
les
(a)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern.
de
Montf,
Tom:
IT,
p+
205«
GE
—-
It
fragmens
ont
au
moins
fix
pieds
de
haut;
mais,
il
ny
en
a
que
dix-neuf
qu'on
puifle
dire
entiè-
res,
avec
une
autre
toute
feule
éloignée
des
autres
d'environ
cent
cinquante
pas.
Une
roche-de
mar-
bre
noir
fort
dur
fervoit
de
fonde-
ment
à
cet
édifice.
Quatre-vingt-
quinze
marches
portent
au
pre-
mier
plan
du
palais;
elles
font
taillées
dans
le
roc.
L'entrée
du
palais
a
environ
vingt
pieds
de
large
;
d’un
côté
eft
la
figure
d’un
éléphant
,
&
de
l’autre
celle
d'un
rhinocéros
haut
de
trente
pieds
,
&
tous
deux
d’un
marbre
luifant.
Proche
ces
animaux
il
y
a
deux
colonnes,
&
pas
loin
de-là
la
f-
gure
d’un
Pégafe.
Après
avoit
paflé
cette
entrée,
on
rencontre
quantité
de
fragmens
de
colonnes
de
marbre
blanc,
dont
les
reftes
font
voir
la
magnificence
de
l’ou-
vrage.
Les
moindres
de
ces
co-
lonnes
ont
quinze
coudées
de
baut
,
les
plus
grandes
en
ont
dix-
huit
;
elles
ont
quarante
cannelu-
res
larges
chacune
de
trois
grands
pouces
;
d'où
l’on-peut
juger
de
toute
leur
groffeur
&
des
autres
proportions.
Affez
proche
de
l'en-
trée,
on
voit
une
Enfcription
gra-
vée
fur
un
carreau
de
marbre
noir,
uni
comme
une
glace;
elle
a
environ
douze
lignes
;
les
let-
tres
font
d’une
figure.
éxtraordi-
maire
;
elles
reflemblent
à
des
triangles
où
à
des
pyramides.
£
Ïl.y
a
encore
beaucoup
d’au-
tres
Infcriptions
,
en
caraétères
tout
différens
de
ceux
qui
font
formés
en
triangles
;
quelques-uns
18
CH
€t
pour
l'époque
du
prémier
re-
gnee.
Les
Écrivains
poflérieurs
ont
allongé
la
durée
de
ces
deux
re-
nes;
Hoang-fou-mi
en
266
de
J.
C.
la
fit
de
230
ans;
l'auteur
du
Taï-ping-yu-lané
en
976
Ja
fuppofa
aufli
de
250
ans;
&
Sfe-
ma-couang
en
1086
de
250
ans;
enfin,
le
Fong-kiene,
adopyant
la
chronologie
du
Kine-lu-fiang,
fait
cette
même
durée
de
255$
ans;
ce
qui
feroit
remonter
l’époque
à
Fan
2710
ans
avant
J.
C.,
le
Tong-kKiene
marque
deux
repnes
pendant
102
ans
entre
Hoang-ti
&
Chine-noung.
D’autres
Chro-
nologiftes
en
inferent
un
plus
grand
nombre
entre
Fo-hi
&
Hoang-ti
;
mais,
cela
eft
contrai-
re
à
Cas
&
à
Tfo-kieou-
mins,
&
n'eft
fondé
que
fur
Îes
traditions
fabuleufes
des
Tao-ffé,
En
donnant
aux
deux
reones
de
Fo-hi
&
d'Hoang-ti
184
ans
de
durée,
où
femontéra
comme
on
l'a
dit
à
lan
2639
avant
J,
C.
Javoue,
dir
M.
Fréret,
que
j'a
peine
à
digérer
la
longue
durée
de
ces
deux
regnes
;
aufh
les
deux
anciens
Ecrivains
Chinois
qui
en
ont
parlé
,
n'ont-ils
pas
fémblé
dignes
de
foi
à
Sfé-ma-tfene,
quin'a
fair
aucun
ufage
de
leur
témoignage.
=
Quoique
le
nom
de
ces
deux
Princes
fe
trouve
dans
Confucius
&:
dans
le
commentaire
de
T{o-
ki-eou-ming
furie
Tchune-tféon,
le
filence
que
garde
à
leur
fujet
la
chronique
du
Tfou-chon
,
fait
penfer
que
de
fon
tems
on
igno+
soit
la
durée
de
leur
regne,
Sfé-
gartfene
obierve
même
que
le
Ë
ke
CH
Changechou
où
l’ancienne
compi«
lation
hiftorique
abrégée
par
Con:
fucius,
commeñçoit
à
Lo
êc
pe
contenoit
rien
des
regnes
an-
térieurs.
Aïnfi,
le
parti
le
plus
raifonnable
eft
de
regarder
com-.
me
indéterminée
&
comme
in-.
connue
la
durée
des
tems
anté-
rieurs
à
Hoang-ti
ou
à
lan
2455.
avant
J.
C.
La
conciliarion
de
la
chrono-
logie
Chinoïfe
avec
celle
de
l’'É-.
criture
,
eft
le
point
le
plus
im=.
portant
de
cet
article,
parce
que
les
livres
de
Moïfe,
même
en
faifant
abftraétion
du
refpeët
que.
nous
infpire
pour
eux
la
religion,
font
ce
que
nous
connoïiflons
de
|
plus
authentique
&
de
plus
an-.
cien
;
mais
,
il
faut
prendre
garde
en
examinant
ce
point,
de
con-.
fondre
avec
l'Écriure
les
divers
.
fyAêèmes
,
imaginés
par
les
Crii-
ques
pour
en
déterminer
la
chro-
nolosie.
Ces
fyflêémes,
qui
font.
la
plèpart
oppofés
les
uns
aux
autres,
ne
font
que
des
opinions
patticulières
qu'il
a
toujours
été.
“Jibre
aux
Critiques
d'examiner
&.
de
combattre.
Ainfñ,
M.
Fréret
à
montré
1.9
que
la
vocation
d'Abraham
de-.
voit
être
marquée
au
plus
tard
à.
Pan
2r35
avant
J.C,
&
au
plu
tôt
à
l'an
2765;
2.°
que
l'inter-…
-valle
entre
la
naïflance
de
Phaleg
&
celle
d'Abraham
varioit
dans
les
différens
manuferits
de
l'Écri.
ture
;
3.9
que
le
manufcrit
des.
Mafloréthes,
fur
lequel
a
éré
far.
te
la
Verfion
de
la
Vulsate,
ne
Jui
donnoit
que
526
ans;
enferte
que
la
naïflance
de
Phaleg
,
mare.
quée
par
l'Écriture
comme
l'épo=
:
SL.
_
Mafloréihes
,
prentent
le
parti
PSE
C
H
que
de
la
difperfon
des
penples,
feroit
au
plutôt
de
Jan
2526
avant
J,
C.;-4,9
que
celui
des
Samaritains
donne
541
ans
à
ce
méme
intervalle
;
ce
qui
fait
re-
monter
l'époque
de
la
difperfion
à
l'an2771
;
5.0
enfin
que
le
ma-
Dufcrit
fur
lequel
la
Verfon
des
Septante
avoit
été
faite,
donne,
fuivantles
copies
de
cette
Verfon,
vues
par
Jules
Africain
&
par
Eufebe,
661
ans
à
cet
intervalle;
ce
quiremonte
à
lan
2801,
La
naïffance
de
Phaleg
ou
la
difperfon,
précede
donc
le
com=
Mencement
d'Hoang-ti
de
71
ans
feion
le
manufcrit
des
Mafloréthes,.
de
316
ans
fuivant
le
manufcrit
Samaritain,
&
de
436
ans
fuivant
celui
des
Septante.
De
la
naiïffan-
ce
de
Phaleg
au
Déluge,
les
Mal.
foréthes
comptent
109
ans:
donc
le
Déluge
feroit
de
2725,
feule-
ment;
les
Samaritains
marquent
499
ans,
ce
qui
fait
remonter
le
Déluge
à
l'an
3270
avant
J.
C.
Enfin
tous
les
exemplaires
des
Septante
donnent
629
ans
à
ce
même
intervalle
,
ce
qui
remonte
à
l'an
3520
&
précede
le
com-
mencement
d'Hoang-ti
de
106$
‘ans.
La
varièté
de
ces
différens
ma-
nufcrits,
tous
égalementautorifés,
nous
laide
la
liberté
du
choix
;
&
il
nous
ef
permis
de
préférer
ce-
“Jüi
qui
facilite
davantage
la
conci-
lation
de
1
chronologie
des
hif-
toires
profanes
avec
celle
de
l'É-
criture,
Cette
conciliation
eft
beau
Coup
plus
importante
que
ne
le
Croÿent
ceux
qi,
par
un
refpeét
mal
entendu
pour
le
texte
des
CH
19
de
rejetter
toutes
celles
des
tra-
.
ditions
hifloriques
,
qu'ils
ne
peu
vent
ajuiter
avec
leur
gie,
+.
Les
Critiques
qui
raifonnent
ainf,
oublient
qu'ils
ne
pouvoient
démontrer
aux
efprits
forts
&
aux
infideles
la
certitude
des
traditions
Hébraïques,
qu'en
pofant
pour
premier
principe
de
critique,
qu'il
faut
en
croire
une
nation
fur
fa
propre
hiftoire
,
lorfque
cette
hif-
toire
eft
fuivie
&
liée
dañis
fes.
différentes
parties,
lorfqn’elle
ne
contient
que
des
faits
admis
com
me
véritables
par
tonte
la
nation,
&
lorfque
cette
perfuafon
‘eft
appuyée
fur
des
monumens
d'hbne
certaine
antiquité,
En
rejettant
des
hifloires
profanes
qni
ont
de
femblables
caraltères
|
n'efl-ce
pas
détruire
le
principe
même
far
lequel
on
fe
fonde
?
À
quel
moyen
les
Théoiogiens
auront-ils
recours
pour
détruire
les
objetions
de
Ceux-qui
ne
regardent
pas
la
Bible
comme
un
livre
rev&u
d'une
aus
torité
divine,
&
qui
ait
été
écrit
par
des
hommes
infpirés?
Alé-
gueront-ils,
comme
une
excep-
chronolo-
-tion
en
faveur
des
Juifs,
leur
at
tachement
à
la
religion,
aux
loix
&
aux
coûtumes
anciennes
?
Mais
:
ce
même
attachement
avoit
lier
chez
les
autres
nations
,
&
les
Chinois
le
peuvent
difputer
aux
Le
Juifs,
eux
,
dont
la
monarchie
fubfifte
depuis
4000
ans
avec
la
même
forme
de
gouvernement,
les
mêmes
loix
&
les
mêmes
ufa-
ges
;
eux
qui
ont
toujours
été
une
nation
ftudieufe,
qui
font
le
plus
grand
cas
des
lettres
,.&
qui
con-
-
lervent
jufqu'au
moindre
fragment
Bi
20
CH
de
leurs
anciens
livres
avec
un
foin
qui
va
jufqu'à
la
fuperftition,
&
qui
depuis
2000
ans
fait
une
des
principales
attentions
du
gou-
Vernement
-
La
plûüpart
de
nos
Théologiens,
en
écrivant
fur
ces
matières,
rai-
fonnent
comme
fi
les
adverfaires
‘dont
ils
entreprennent
de
réfuter
les
opinions,
avoient
les
mêmes
opinions
qu'eux
fur
ce
qui
fait
le
fond
de
la
difpute,
&
ils
ne
pen-
fent
Pas
que
les
principes
qu'ils
leur
oppofent
pour
les
obliger
de
recevoir
les
traditions
hiftoriques
des
Juifs,
&
de
rejetter
celles
des
autres
nations
,
ne
font
pas
admis
par”
ceux
qu'ils
combattent.
Une
des
premicres
regles
de
la
eriti-
que
,
eft
de
n'employer
que
des
principes
communs
aux
deux
par-
tis
,
fur
tout
que
ceux
que
nous
attaquons,ne
puiffent
pas
fe
{ervir
contre
nous
des
principes
d'où
nous
partons.
C'eft
par
cette
rai-
fon,
jointe
à
plufieurs
autres,
que
M.
Fréret
s’eft
attaché
à
éclaircir
&
à
difcuter
l’ancienne
chronologie
des
nations
profanes,
Etil
a
reconnu,
par
cette
étude,
qu’en
féparant
les
traditions
véri-=
tablement
hiftoriques,
anciennes,
fuivies
&
liées
les
unes
aux
au-
tres,
&
atteflées
où
même
fondées
fur
des
monumens
reçus
comme
authentiques
,
qu'en
les
féparant,
dis-je,
de
toutes
celles
qui
font
manifeftement
faufles,
fabulenfes
ou
même
nouvelles
,
le
commen-
cement
de
tonces
{es
nations
,
même
celles
dont
on
fait
remonter
le
plus
haut
l'origine,
fe
trou-
vera
toujours
d'un
tems
où
la
vraie
chronologie
de
l'Écriture
L
CH
montre
que
la
terre
étoit
peupléé
depuis
plufeurs
fiecles.
Il
appelle
la
vraie
chronologie
celle
des
Sep-
tante
&
celle
des
Samaritains;
car,
pour
celle
du
manufcrit
des
Mafloréthes
,
qui
donne
lieu
à
des
difficultés
&
à
des
embarras,
dont
les
Commentateurs
n'ont
encore
pu
fe
tirer,
il
avoue
qu'il
n'a
pu
la
regarder
que
comme
une
Chro-
nolopie
tronquée
&
altérée,
com-
me
l'ont
prouvé
Voflius,
le
P.
Pezron
,
le
P.
Tournemine,
&
plufieurs
autres
critiques
Catho-
liques
&
Proteftans.
|
Admettant,
avec
le
manufcrit
des
Septante,
fuivi
par
Eufebe,
1069
ans
entre
le
Déluge
&
le
commencement
duresned
Hoang:
tien
2455
,
ce
regne
fera
pofté-
rieur
de
436
ans
à
la
naïflance
de
Phaleg,
où
l’Écriture
marque
la
difperfion
des
peuples,
&c
la
for-
mation
des
fociétés
politiques
où
des
différens
États
particuliers.
Ce
tems
fera
fufifant
pour
conduire
des
colonies
à
la
Chine,
pour
fai-
re
multiplier
ces
colonies
,
&
pour
qu’elles
aient
commencé
à
fe
policer.
Les
défenfeurs
de
la
chronolo-
gie
du
manufcrit
des
Mafloréthes
font
obligés
de
fuppofer
que
l’in-
tervalle
des
314
ans
écoulés
de-
puis
la
naiffance
de
Phaleo
jufqn'à
la
vocation
d'Abraham,
avoit
été
fefifant
pour
remplir
d'habitans,
la
terre
qui
étoit
alors
partagée
entre
plufeurs
nations
,
qui
for-
moienc
des
États
policés
;
qui
avoient
des
loix
&
des
culres
dif-
férens,
qui
connoiïfloient
plufieurs
arts,
qui
batifloient
des
villes,
en
un
mot
qui
étoient
en
général
à
ad
ee
Hé
CAL
NE
AS
AU
2
EE
de
1100
dure
22
2
CR
CH
peu
près
au
même
état
où
elles
font
aujourd'hui.
Ce
qu'on
eft
-obligé
de
fuppofer
s'être
fait
en
314
ans
,
a
pu
fe
faire
en
436
ans,
que
nous
comptons
entre
-
Phaleg
&
Hoang-ti.
Rien
ne
nous
oblige
de
fuppofer
qu’au
tems
d'Hoang-ti
en
2455,
la
Chine
fût
déjà
au
même
état
où
la
Chaldée
.
&
l'Égypte
fe
trouvoient
,
trois
fiècles
après
en
2155
ou
au
tems
de
la
vocation
d'Abraham.
Ces
deux
païs,
plus
voifins
que
la
Chi-
ne
de
la
terre
de
Sennaar
ou
du
premier
féjour
des
enfans
de
Noë,
devoient
avoir
reçu
leurs
premiers
habitans
beaucoup
plnrôt,
&
ces
colonies
avoient
eu
plus
de
tems
pour
fe
policer.
C'eft
par
cette
raifon
que
l'hiftoire
des
Éeyp-
tiens
&
des
Chaldéens
remonte
plus
haut
que
celle
des
Chinois,
ETAT
Îdée
générale
des
principales
révo-
*
lutions
arrivées
dans
l'Empire
des
Chinois.
La
Chine
fe
poliça
d’abord
dans
{a
partie
feptentrionale
&
au
nord
de
la
rivière
Jaune
ou
du
Hoang-
ho.
Il
eftfñr,
par
le
témoignage
de
Confucins
&
d'un
autre
Écri-
vain
du
même
tems
,
que
ce
pais
‘a
eu
au
moins
fix
Roïs
avant
Yao
;
mais,
on
ne
connoït
guere
que
le
nom
de
ces
Princes,
&
le
peu
que
l’on
fçait
du
détail
de
leur
hifioire
,
eft
abfolument
défiguré
par
les
fables
dont
il
eft
rempli.
C'eft
proprement
au
regne
de
Yao,
que
l’hiftoire
de
la
Chine
commence
à
être
connue
avec
certitude
,
puifque
la
connoïffance
en
étoit
fondée
fur
des
écrits
&
CH
2£
fur
des
monumens
que
les
plus
anciens
&
les
plus
habiles
Écri-
vains
Chinois
fe
font
toujours
ac-
cordés
à
regarder
comme
étant
du
tems
même
de
Yao
&
de
fe
fucceffeurs.
Le
païs
foumis
à
Yao,
à
Chune
&
à
Yu,
qui
regnerent
après
lui,
s'étendoit
au
nord
&
au
fud
du
fleuve
Hoang,
On
voit
encore
dans
le
Chou-king
compilé
par
Confucius
far
les
anciennes
Anna-
les
authentiques,
une
relation
des
travaux
entrepris
&
exécutés,
du
tems
même
de
Yao,
foit
pour
deflécher
les
pais
inondés
par.
les
débordemens
de
ce
fleuve
&
par
ceux
du
Kiang
,
foit
pour
pré.
venir
de
pareils
débordemens
à
l'avenir.
Cette
relation
contient
un
détail
géographique
du
cours
de
ces
fleuves
&
de
celui
des
ri-
vières
dont
ils
reçoivent
les
eaux,
de
la
fituation
des
montagnes
&@e
de
la
direétion
des
canaux
creufés
dans
ces
montagnes,
foit
pour
changer
le
cours
de
ces
rivières,
foit
pour
donner
de
l'écoulement
à
leurs
eaux
lors
des
déborde-
mens.
On
y
voit
aufli
une
defcrip.
tion
aflez
exaéte
des
limites
des
neuf
provinces
où
gouvernemens
dans
lefquels
étoit
partagé
l’em-
pire
de
Yao.
Le
chapitre
du
Chou
king,
où
cette
relation
fe
trouve,
a
-
toujours
paflé
pour
être
du
tems
même
de
Yu
conduéteur
de
tous
ces
ouvrages,
c'eit-a-dire,
pour
avoir
été
écrit
vers
l’an
200q
avant
l’Ére
Chrétienne
;
&
le
dé.
tail
qu'il
rapporte
,
eft
circonftan-
cié
de
façon
qu'il
a
été
facile
au
P.
de
Mailla
de
reconnoître
tous
les
lieux
qui
ont
changé
de
nom
il}
2
CH
*
aujourd'hui,
&
d'en
drefler
une
carte
pour
fa
traduétion
dés
Anna-
les
de
l’hiftoire
Chinoife.
Il
affu-
te
que
dans
les
voyages
qu'il
a
faits
dans
ces
mêmes
endroits
;
.€n
travaillant
à
la
carte
générale
€
nous
permet
pas
de
douter
de
la
Chine,
il
s’eft
fouvent
arré-
té
à
admirer
la
hardiefle
&
la
fo-
lidité
de
ces-anciens
ouvrages
qui
fübffient
encore
depuis
près
de
quatre
mille
ans.
Ce
même
cha-
ire
du
Chou-king
contient
auf
un
détail
des
différens
tributs-que
paÿoient
les
neuf
provinces
à
l’empereur
Yao
;
&-ce
détail
ne
que
les
arts
ne
fuflent
dès-lors
portés
à
un
grand
point
de
perfection.
On
voic
parmi
ces
tributs
payés
en
efpèces
,
des
étoffes
de
foie
teintes,
rayées
où
brochées,
dés
“peaux
pañlées,
des
fourrures
de
tout
genre,
des
pierres
dures
tail-
lées,
des
jafpes
,
des
agathes
,
des
marbres
précieux,
Êrc.
-
Les
provinces
fituées
au
midi
du
Kiang
f
c'eft
le
fleuve
qui
cou-
lant
de
l'oueft
à
left,
fépare
a
Chine
en
deux
parties
,
&
va
fe
jetter
dans
la
mer
au-deffous
de
Nane-king
]
reçurent
peu
à
peu
les
loix
&
les
mœurs
Chinoiles
:
&
l'Empire
de
la
Chine
acquit
bientôt
l'étendue
qu'il
a
encore
aujourd'hui.
Chune
,
affocié
à
l'empire
par
Yao,
lui
foccéda:
&
à
fon
exemple,
préférant
Vu
{és
propres
enfans,
il
l’affocia
à
la
fouveraine
puiffance
&
lui
laiffa
auff
l'Empire.
Après
la
mort
de
Vu,
la
cou-
ronne
devint
héréditaire
dans
fa
famille,
Elle
fubffta
pendant
qua-
tre
cens
trente
ans,
fous
dix-fept
=
CC
—
Empereurs,
qui
ne
font
cepen-
dant
que
quatorze
générations,
à
caufe
des
fucceffions
collatérales,
Certe
famille
porte
le
nom
de
Hia.
Les
derniers
Empereurs
de
Hia
ayant
aliéné
les
peuples
par
leur
gouvernement
injufte
&
vio-
lent,
les
provinces
fe
révolterent
&
mirent
fur
le
trône
Tching-
tang
,
roi
tributaire
dé
Chang,
&
defcendu
d'Hoang-ti.
Cette
feconde
Dynañie
porta
d’abord
lé
nom
de
Chang,
&
en-
fuite
celui
de
Îne;
elle
fubfffa.
pendant
plus
de
cinq
cens
ans
fous
trente
Emperevrs
,
qui
ne
font
que
dix-feptgénérations.
Les
mêmes
raifons
qui
avoient
fait
élever
cette
famille
fur
le
trône,
fervirent
à
l'en
faire
defcendre.
Les
provinces
irritées
par
la
ty-
rannié
de
Tchéon
où
Ti-fine
Écar
on
lui
donnerces
deux
noms]
fe
révolterent,
&
mirent
à
leur
tête
Ouene-ouang
,
roi
tributaire
dé
Fchéon,
dans
le
Chene-f,
&
defcendu
d'un
des
prédéceffeurs
de
Yao.
Son
fils
Ou-ouang
ayant
totalement
détruit
le
parti
de
Chang
,
prit
le
titre
d'Empereur,
&x
fonda
une
nouvelle
famille
qui
porta
le
nom
de
Tchéou
,
titre
du
royaume
particulier
des
ancêtres
de
Ou-ovang.
Cette
famille
fub-
fifa
plus
long-tems
que
les
pré-
cédentes
;
&
ayant
commencé
de
repner
vers
l'an
1110
avant
l'Ére
Chrétienne,
elle
ne
ne
ceffa
que
Van
265
avant
la
même
Ére.
La
facilité,
que
Ou-ouang
avoit
eue
d'ériger
des
royaumes
tribu
taires,
ayant
été
imitée
par
fes
fucceffeurs,
ces
royaumes
fe
mul.
tiplierent
tellement,
que
les
Em=
Rd
nt>tr
ve
A
dédié
CH
pereurs
dépouillés
de
leurs
do-
maines,
fe
trouverent
hors
d’état
de
fe
faire
obéir
par
des
vaflaux
qui
étoient
devenus
beaucoup
plus
puiffans
qu'eux.
Ils
conferverent
:
cependant
le
titre
&
quelques-
unes
des
prérogatives
de
la
digni-
té
Impériale,
tant
que
l'égalité
fe
maintint
entre
les
Rois
tributaires;
mais
,
lorfque
les
princes
du
pais
.
de
Tfne
dans
la
partie
occidenta-
le
du
Cheneñ,
eurent
détruit
ou
foumis
la
plus
grande
partie
des
autres
royaumes
,
ils
prirent
le
titre
d'Empereurs,auquel
Tchéou:
kiong,
le
dernier
des
defcendans
-
de
Ou-ouang
;
renonça
volontai-
rementl’an
25e
avant
J.C.
La
nouvelle
D'ynaftie
de
Tfine
he
fubffta
pas
long-tems;
Chi-
hoang=-ti
qui
la
fonda
,
repna
trente-fept
ans.
Îl
éteignit
tous
les
royaumes
tributaires,
&
laifla
un
monument
de
fa
puiffance,
qui
étonne
encore
tous
ceux
qui
le
voyent
;
c’eft
cette
fameufe
muraille
qui
fépare
la
Chine
de
tous
les
peuples
qui
l'entourent.
Mais
,
ce
Prince
*
peut-être
en=
core
plus
connu
à
la
Chine
par
fa
haine
contre
les
lettres
&
contre
tous
les
anciens
livres
d'hiftoire
,
de
morale
&
de
jurifprudence,
qu'il
vint
à
bout
de
fupprimer
Prefque
entièrement;
c’eft
un
évé-
nement
dont
nous
aurons
lieu
de
parler
plus
au
long
dans
la
fuite.
Six
ans
après
fa
mort
fa
Dynaftie
faut
éteinte.
Léon-pang
,
foldat
de
fortune,
qui
s'éroit
mis
à
la
tête
des
ré-
_voltés,
monta
fur
le
trône
lan
206
avant
J.C.
;
&
ayant
pris
le
nom
de
Cao-tfou
,
1l
établit
la
Ci
‘Dynatie
de
Hane,
qui
fubffta
pendant
quatre
cèns
foixante-dix
ans
fous
trois
branches
différentes.
Les
Tfine,
dont
le
nom
s'écrit
&
fe
prononce
différemment
de
celui
des
premiers
Tfine,
faccé-
derent
aux
Hane
en
265
de
I,
C.,
&
occuperent
le
trône
pen-
dant
cent
cinquante
-
cinq
ans
;
mais,
ils
ne
furent
d’abord
mai=
tres
que
d’une
partie
de
l'Empire.
La
Chine
fe
trouvoit
alors
parta-
gée
entre
trois
Sonyerains,
CEUX
de
Tfne,
ceux
de
Ouey
dans
les
provinces
feptentrionales,
&
ceux
de
Ou
an
fud
du
Hoans-ho.
Ces
Ouey
étoient
Tartares
d'origine;
leurs
Rois
prenoient
le
titre
d'Em-
pereurs
;
mais
,
ils
nont
jamais
été
reconnus
pour
tels dans
le
refte
de
l'Empire.
Aux
Tfine
fuc-
céderent
les
Soung
pendant
cin-
quante-neuf
ans,
les:
Tf
pendant
vingt-trois
ans,
les
Léang
pendant
cinquante-cinq
ans
,
les
Tchine
pendant
trente-trois
ans;
&
enfin
les
Soui,
qui
furent
maitres
de
toute
la
Chine
pendant
vingt-neuf
ans;
mais,
après
avoir
déjà
re-
gné
pendant
long-tems
fur
les
provinces
du
Nord
;
ils
avoient
même
pris
d'abord
le
titre
d'Em-
pereurs
,
quoiqu'il
y
eût
dans
“les
provinces
du
Midi-des
Princes
reconnns
pour
tels
par
le
refte
de
là
Chine.
La
Dynaftie
des
Soni
finit
l'an
617
de
J,
C.;
les
Tang
leur
fuccéderent,
&t
repnerent
pendant
deux
cens
quatre-vingt=
neuf
ans,
Après
eux,
cinq
Dy-
naflies
différentes
occuperent
fuc-
ceflivemenr
le
rrône
Impérial
pen.
dant
cinquante-trois
ans,
on
de
puis
Pan
907
de
J.
€.
jufqu’a
lan
B
iv
”
4
CH.
‘960.
Aux
cinq
petites
Dynafties
fuccéderent
les
Soung,
qui
répne-
rent
pendant
trois
cens
dix-neuf
ans;
ils
furent
dépouillés
en
1282
par
les
Tartares
Mopols
où
Mongou,
defcendns
de
Genghif-
can,
qui
prirent
le
nom
de
Yve-
ne.
Après
cent
fix
ans
de
repne,
ces
Mogols
furent
chaflés,
&
une
.
famille
Chinoife
monta
fur
le
tr8-
ne;
cette
Dynaftie
qui
porta
le
nom
de
Taï-ming,
a
duré
pendant
deux
cens
cinquante-fx
ans,
juf-
qu’à
l’année
1644,
dans
laquelle
les
Tartares
Mantchou
f
rendi-
rent
lès
maîtres
de
la
Chine
;
ils
y
repnent
aujourd'hui
fous
le
titre
de
Taï-tfing
qu'ils
ont
donné
à
leur
Dynaflie,.
Ce
font-là
les
vingt-deux
familles
où
Dynafies
qui
ont
fncceflivement
occupé
le
trône
Impérial
de
la
Chine,
&
dont
l’hiftoire
compofe
les
Annales
publiées
en
différens
tems
par
les
foins
d’un
tribunal
établi
exprès,
&t
avec
une
approbation
authen-
tique
de
l'Empereur,
LIT
État
C
Rronologique
des
Hifloriens
publics
&
des
hifloires
publiées
en
différens
tems
à
la
Chine.
Dès
les
premiers
tems
il
y
avoit
à
la
Chine
un
Hiftorien
en
titre.
chargé
du
foin
de
tranfinettre
à
la
poftérité
,
non
feulement
les
évè=
nemeñs
généraux
qui
pouvoient
intérefler
la
nation
entière,
mais
encore
les
actions
particulières,
&
même
les
difcours
des
Princes
,
lorfque
l'Hiflorien
jugeoit
que
l’on
pouvoit
En
retirer
quelque
utilité,
.
Le
Cou-king
,
ou
le
livre
hif.
torique
dont
nous
avons
_Ençore
|
GE
une
partie,
n’eft
autre
chofe
qu'un
extrait
de
cette
ancienne
hiftoire,
fait
où
revu
par
Confucius,
&
qui
contient
principalement
üne
compilation
des
loix,
des
ordon=
nances,
&
même
des
difcours
des
anciens
Émmpereurs,
à
commencer
à
Yao.
Confucius
&
Mengtzé
citent
très-fouvent
ce
recueil,
&
le
citent
comme
on
Ouvrage
an=
cien,
dont
l'autorité
eft
reconnue
de
tout
le
monde.
Le
Chou-king
lui-même
nous
fournit
la
preu-
ve
de
ce
que
nous
avançcons
au
fujet
de
cèt
Hiflorien
impérial
&
:
de
l’exifience
de
ces
Annales,
On
ÿ
voit
qu'à
la
mort
de
Tchine-
Ouang
,
arrivée
l'an
1068
avant
J.
€.
,
l'Hiftorien
impérial
fut
Chargé
de
mettre
par
écrit
&
d'in-
férer
dans
les
archives,
les
der-
niers
difcours
de
ce
Prince
mou
fant
;
on
ÿ
voit
aufh
qu'on
lui
or-
donna
de:
chercher
dans
les
archi-
ves
ce
qui
s'étoit
pratiqué
ancien
nement
aux
funérailles
des
Em-
pereurs
,
&
aux
couronnemens
de
leurs
fuccefleurs
|
afin
d'en
drefler
un
mémorial
qui
fervir
de
regle
dans
loccafion
préfente,
Tching-ouang
étoit
fils
de
Ou-
ouang
fondateur
des
Tchéou
»
on
vouloit
conftater
le
cérémo-
nial
qui
s’obferveroit
dans
la
fuite
fous
la
famille
regnante.
:
-
On
doit
encore
conclure
d'un
difcours
de
Tchéou-cong
,
oncle
de
Fching-ouang,
rapporté
dans
le
Chou-king
5
que
l’on
avoit
alors
une
hifloire
détaillée
de
Ja
Dynaftie
de
Chang
;
car
,
fans
cela
,
il
n'auroit
pu
être
inftruit
de
la
durée
de
différens
régues
des
Princes
de
cette
famille
;
aon
plus
F
à
arte
nn
aUA
DCE
ta
AA
AE
que
de
plufieurs
de
leurs
a@jons
particulières
qu'il
rapporte,
-
Outre
la
grande
collettion
tirée
des
Annales
de
PHiforien
impé-
rial
,
il
y
avoit
encore
des
hiftoi-
res
écrites
par
des
particuliers,
Confucius
cire
avec
éloge
celle
de
Fchéou-gine,
qu'il
appelle
un
ancien
Écrivain
;
&
dans
un
autre
endroit
i]
aflore
qu'il
n’a
pu
en-
core
trouver
d'Hiftorien
capable
de
fufpendre
fon
jugement
dans
les
Chofes
douteufes;
d’où
il
faut
conclure
qu'il
y
avoit
plufieurs
hifloires
écrites
par
différens
Hif--
toriens.
Mengtzé,qui
vivoit
un
peu
plus
d'ün
fecle
après
Confucius,
cite.
une
ancienne
hiftoire
authentique
du
règne
de
Chune
fuccefleur
de
Yao,
&
joint
fon
témoignage
à
celui
du
Chou-king,
pour
com-
baitre
les
traditions
fabulenfes
des
Hifloriens
da
Chune,
A
cette
occafon
il
établit
de
très-bonnes
regles
de
critique
Pour
l'interprétation
du
Chou-
King
où
du
livre
d'hiftoire
du
Chiking
on
du
livre
de
poële,
&
pour
celle
des
autres
anciens
ivres.
:
Les
Empereurs
n'étoient
pas
les
feuls
qui
euffent
des
Hifioriens
Publics
;
les
royaumes
tributaires
avoientaufh
leurs
Annales
ou
leurs
Ki.
Confucius
en
parle
dans
le
Tchong-yong
;
&
Mengizé
,
qui
laflure
en
termes
formels
de
tous
les
foÿaumes
tributaires
,
nous
apprend
quel
étoit
en
particulier
le
titre
des
Annales
publiques
de
ceux
de
Tfine,
de
Tfon,
&
de
Lou.
Un
fait
rapporté
par
T{o-
petit
royaume!
de
Tfi,
au
füjet
de
cemême
C
H
2S.
chi
ou
T{o-
kicou-
ming,
con-
temporain
de
Confucius
,
&
qui
étoit
lui-même
Hiftorien
public
du
royaume
de
Tiou
dans
le
Hou-couang
,
nous
donnera
un
exemple
des
précautions
que
l’on
prenoit
/dès-lors
pour
conferver
ces
Annales
particulières.
Ce
fait
fe
trouve
dans
le
Tfo-tchouene
ou
Commentaire
de
Tfo-chi
{ur
le
Fchune-tféou
de
Confucius.
Voici
le
fait
rapporté
par
T{o-
chi.
La
vingt-
quatrième
année
de
l'empereur
Ling-vang,
vingr-
troïfième
des
Tchéon
{c'eft
l'an
$18
avant
J.
C.
|,
Tchouanse-
cong,
roi
tributaire
de
Tf,
ayant
enlevé
la
femme
de
Tfoui-chou,
général
de
fes
troupes,
ce
Géné-
ral-outré
de
cer
affront
fit
aflafi-
nèr
le
Roi,
&
mit
fur
le
trône
un
autre
Prince
de
la.
mêrne
famille.
Aufli-tôt
le
Tribunal:
d'hiftoire
dreffa
une
relation
détaillée
de
cer
événement,
&
la
mit
dans
Îles
archives,
Voici
quel
eft
l'ufage
établi
dans
ce
Tribunal,
&
c'eft
une
tradition
conftante
à
la
Chi-
ne,
que
cet
ufage
étoit
érabli
dès
les
premies
tems.
Le
Tribunal
d'hiftoire
eft
partagé
en
deux
claf-
{es
;
la
première
eft
chargée
d'écri-
re
ce
qui
fe
pañle
au
dehors
du
palais,
c'eft-3-dire,
cout
ce
qui
concerne
les
affaires
générales
où
du
roÿaume
ou
de
l’Empire;
la
feconde
écrit
tout
ce
qui
{e
pañle,
&
même
tout
ce
qui
de
dit
au
de-
dans
du
palais,
les
a@tions
&
les
difcours
du
Prince,
de
fes
miniftres
&
de
fes
officiers,
du
moins
ceux
dont
ils
jugent
que
la
connoiffan-
ce
doit
palier
à
la
poftérité.
Cha
cun
de
ceux
qui
compofent
la
»6
EH.
dlafle
,
écrit
fur
une
feuille
ou
fur
une
tablette
la
relation
de
ce
qu'il
a
appris
,
1l
la
figne,
&
fans
la
communiquer
aux,
autres
,
il
la
jette
dans
une
efpèce
de
coffre
ou
de
grand
tronc
fermé
&
placé
au
milieu
de
la
faile
où
s’afflemble
le
ŒFribunal.
Ce
coffre
ne
s'ouvre
que
lorfqu'il
s'agit
de
mettre
ces
mémoires
en
ordre
pour
travail-
ler
à
l’hiftoire,
foit
d'un
regne
particuliér
,
foit
même
d’une
Dy-
mnaftie
entière
;
car
;
depuis
les
Hane,
c'eft-à-dire,
depuis
l'an
200:
avant
J.
C.
on
ne
pubhe
Fhiftoire
d'une
Dynaftie
que
lorf-
qu’elle
n’eft
plus
fur
le
trône,
ou
du
moins
lorfque
le
fceptre
ayant
paité
dans
une
autre
branche,
les
Hiftoriens
peuvent
avoir
une
en-
tière
liberté
de
publier
les
véricés
les
moins
favorables
à
ceux
dont
ils
écrivent
l'hifloire,
Mais
,
reve-
nons
au
fait
rapporté
dans
le
F{o-
tchouene.
Dès
que
le
général
Tfowi-chou
ent
té
informé
par
ceux
du
Tri-
bunal
qui
lui
étoient
attachés
,
de
ce
qui
venoit
de
fe
pañler
,
il
det-
ticua
le
Préfident
,
le
fit
mettre
à
mort,
s'empara
des
différens
mé-
moires
dreflés
par
les
membres
du
Tribunal,
&
mit
un
nouveau
Préfident
à
la
place
de
l’ancien.
Le
général
T{oui-chou
avoit
toute
autorité
fous
Kiag-kong.,
qu'il
avoit
fait
roi
de
Th.
À
peine
le
nouveau
préfident
du
Fribunal
futsil
en
place,
qu'il
fit
dreffer
de
nouvelles
relations
pour
rempla-
cer
celles
qui
avoient
été
fuppri-
mées,
&
y
fitajoüter
le
détail
de.
ce
qui
étoit
arrivé
à
fon
préde-
ceffeur,
Tfoui-choa
,
inftruit
de
CH
cette
démarche
,
caffale
Tribu
nai,
&
fit
meitre
à
mort
prefque
tous
ceux
dont
il
étoit
compofés
Auffi-tôt,
dit
le
Tfo-tchouene,
“on
vit
paroitre
de
roures
parts
dans
le
royaume
de
Tfi,
des
écrits
qui
fe
trouvoient
affichés
dans
les
lieux
publics,
&
où
la
conduire
du
général
étoit
dépein-
te
avec
les
couleurs
les
plus
noï-
res
;
ainfi,
il
jugea
qu'il
y
avoit
moins
de
danger
à
rétablir
le
tri=
bunal
,
&
à
lui
laifler
la
liberté
de
tranfmectre
à
la
poftérité
la
*
connoiïflance
de
fa
honte
&
de
la
venpeance
qu'il
en
avoit
tirée
s
que
de
s’expofer
aux
effets
que
pouvoient
produire
ces
écrits
pu
blics
fur
l’efprit
des
peuples.
Les
Annales
authentiques
de
la
Dynaftie
des
Tang
nous
appre-
nent
un
autre
fait,
qui,
quoique
*
d’un tems
poftérieur
&
du
fepriè-
me
fiecle
de
l'Ére
Chrétienne,
nous
fait
connoître
quels
font
les
principes
par
lefquels
fe
conduit
ce
Tribunal.
Taï-tfang,
deuxiè-
meempereur
des
Fans
,
demanda
un
jour
à
Tchou-foui-léang
,
pré-
fident
du
Tribunal,
qu'il
lui
fit
voir
les
mémoires
deftinés
pour
l’hiftoire
de
fon
regne.
»
Seigneur,
»
lui
répondit
le
Préfdent
,
le
»
Tribunal
écrit
le
bien
&t
le
mal
»
avec
une
égale
liberté.
Aucun
»
Empereur
n'a
vu
ce
que
lon
»
difoit
de
fon
gouvernement;
fi
»
onle
lui
montroit,
on
ne
pour-
»
roit
plus
écrire
que
des
éloges.
»
La
liberté
avec
laquelle
le
Tri=
»
bunal
écrit
cout
ce
qui
fe
pañle,
»
eft
un
frein
capable
de
retenir
»
en
plufieurs
occafñons
les
Prin-
»
ces
&
les
Miniitres.
Ceux
d'en-
t
CH
»
treux
qui
ne
font
pas
encore
»
tout
à
fait
corrompus
,
&
aux-
»
\quels
il
refte
quelque
prdeur,
»
redoutent
les:jugemens
que-la
_»
poflérié
portera
de
leur
con-
»
duite.
Eh!
quoi,
dit
lEmpe-
»
feur,
vous
qui
me
devez
ce
»
que
vous
Ctes,
vous
quim
êtes
»
{attaché
,
voudriez-vous
inf-
»
troire
l'avenir
de
mes
fautes,
»
fr
jen
commettois
?
Il
ne
feroit
»
pas
le
maître
de
les
lui
cacher,
»
réprit
un
des
membres
du
Tri-
»
bunal;
ce
feroit
avec
douleur
»
que
nous
les
écririons,
mais
tel
»
elt
Je
devoir
de
notre
emploi;
il
»
nous
oblige
même
d'inftruire
“
la
poftérité
de
la
converfation
»,.que
vous
avez
aujourd'hui
avec
52
nous,
«
,
L'ouvrage
de
Mengtzé
ne
nous
.Pérmet
pas
de
douter
que
l'étude
de
l'ancienne
hiftoiré
ne
fl:
cul-
tvée
de
fon
tems
avec
foin.
»
L'homme
fage,
dir-il
au
qua-
»
trème
chapitre
de
fon
fecond
”
Livre,
ne
fe
contente
pas
de
»
Converfer
avec
ceux
de
fes
con-
»
témporains
qui
pratiquent
la
D
-vertu
;
1]
veut
encore
connoitre
»
les
fages
des
fiecles
pallés
;
il
»
lit
foïgneufement
celles
des
inf-
»_truétions
qu'ils
avoient
données
»
à
leurs
contemporains,
qui
font
»
confervées,
foit
dans
le
Chou-
»
king,
foit
dans
le
Chi
king
;
»
Mais
,
comme
cette
érude
ne
»
lui
donre
qu'une
connoiflance
»
Imparfaite
de
ces
grands
Hom-
-»-
mes,
il
cherche
à
s’inftruire
par
-»
lhftoire
particuhère
de
leurs
»
aétions,
de
la
manière
dontils
V
Ont
pratiqué
eux-mêmes
les
v
vertus
qu'ils
enfeignoient
aux
CH
cor
»
autres;
ilexamineavec
foin
l'hif
»
toire
des
tems
où
Hs
ont
vécu;
»1}
veut
connoître
les
moindres
»
évènémens
de
leur
vie,
&tpar-
»
là
i]
converfe,
pour
ainf
dire,
-
»
avec:
ces
grands
Hommes,
»
comme
s'ils
étoient
Encore
vi-
Vans,
«
La
violente
perfécution
excitée
par
Chi-hoang-ti,
fondateur
des
premiers
Tfine,
contre
les
let-
tres,
fit
périr
la
plus
grande
par-
tie
de
ces
anciennes
hiftoires,
fo
générales
,
foit
particulières
;
&t
-quoique
Ja
perfécution
n’eût
duré
que
quelques
années,
les
effets
en
furent
tels,
que
loriqu’on
voulut
fous
lesHane
fucceffeurs
de
Tfine,
travailler
à
réparer'les
pertes
que
l'on
avoit
faites,
&
raflembler
les
fragmens
des
anciens
livres
hifto-
riques
échappés
à
l'incendie,
on
ne
put
remonter
avec
une
pleine
certitude
au
de
-là
de
l'an
Bar
avant
l'Ëre
Chréuenne
,
c’eft-à-
dire,
an
de-là
du
tems
de
la
fon-
dation
du
royaume
vriburaire
des
Tfine
,
érigé
en
faveur
des
ancé-
tres
de
Chi-hoang-ti,
lequelavoït
fair
Éparener
l’hiftoire
particulière
de
fa
famille,
Le
Tchune-ifiéoa
de
Confucius
,
contenant
une
par-
tie
de
l'hifloire
des
rois
de
Lou,
ne
remontoit
même
Que
juiquà
Pan
722
avant
J.
C.;-aimf,;
Sié-
ma-tfiene,
qui,
par
l'ordre
de
l'empereur.
Vou-ti,
écrivit
vers
l'an
_97-avant
J.
C:-la
première
hiftoire
publiée-depuis
la
-perfe-
cution
aveclefceau
de
l'autorité
publique,
ne-fit
remonter
fa
chro-
nolopie
que
jufqu'à
lan
841.avant
J.
C.,
&
juiqu’au
reone
de
Li=
vang
,
dixième,
Empereur
des
CH
;
encote
enflés
par
le
privilege
de
ceux
qui
viennent
de
loin.
Les
diétionnaires
Chinois
en
comptent
foixante-dix
‘mille
;
l'imagination
eft
effrayée
à
la
vue
de
cette
mul-
titude
de
caraétères.
On
ne
peut
fe
perfuader
que
la
vie
d’un
hom-
me
foit
aflez
longue
pour
appren-
dre
à
les
connoître,
loin
de
croïi-
re
que
la
mémoire
puifle
les
rete-
nir
tous;
la
raïfon
en
eft
fenfble.
On
fe
les
repréfente
comme
indé-
pendans
les
uns
des
autres,
&
comme
aufli
diftingués
entr'eux
que
le
font
les
lettres
de
nos
alphabets
;
mais,
cette
idée
n’eft
point
exadte
,
il
faut
plutôt
les
comparer
aux
mots
de
l'écriture,
en
tant
que
chaque
mot
eft
un
aflemblage
de
plufeurs'lettres
;
car
,
les
cara@tères
Chinois
font
proprement
des
combinatfons
d’un
nombre
borné
d’élémens
fimples,
dans
lefquels
on
peur
les
réfoudre
tous.
Les
caractères
fuivent
l’analo-
-gie
des
idées
qu'ils
expriment;
or,
le
nombre
de
nos
idées
primitives
eft
aflez
borné.
Toutes
nos
autres,
idées,
perceptions,
jugemens
&
fentimens
,
font
compofés
des
pre-
muières
idées
fimples
diverfement
combinées.
Ces
différentes
com-
binaifons
forment
encore
à
tout
moment
de
nouveaux
rapports,
&
par
conféquent
de
nouveaux
affemblages
;.ainfi
,
quoique
le
nombre
des
idées
primordiales
foit
affez
borné,
celui
des
idées
complexes
ou
dérivées
croît
à
proportion
que
nous
avons
acquis
plus
de
connoiffances.
On
peut
obferver
la
même
progrefhon
dans
les
langues.
Un
aflez
petit
nombre
de
termes
primitifs,
que
CH
Jon
appelle
racines,
répondent
:
aux
idées
fimples,
&
forment
un
très-grand
nombre
de
dérivés,
qui
combinés
encore
entr’eux
,
ou
avec
d'autres
racines
,
forment
tous
les
mots
qui
expriment
les
idées
compofées.
Le
nombre
de
ces
mots
eft
prodigieux
dans
les
langues
‘vivantes
;
cependant,
il
n'eft
perfonne
qui
ne
fçache
à
peu
près
tous
les
termes
de
fa
langue
naturelle,
correfpondans
aux
idées
qu'ila
dans
l'efprit,
&
qui
n’ex-
prime
fans
peine
tout
ce
qu'il
fent
,
&
tout
ce
qu'il
penfe
dif-
tinétement.
On
ne
s’en
tient
pas
même
à
une
feule
langue.
Ceux
qui
en
poffledent
plufieurs
;fhe
font
nullement
embarraflés
de
trouver.
la
fignification
des
mots
qui
la
compofent.
Îl
n’y
a
cependant
aucun
lieu
de
douter
que
la
fom-
me
totale
des
termes
de
trois
ou
quatre
langues
différentes
ne
fur-
pafle
celle
de
tous
les
caraëtères
de
la
langue
Chinoife.
Il
ne
faut
donc
pas
croire
que
la
connoif-
fance
en
foit
fi
difficile
à
acquérir;
&t
que
le
même
travail
qui
nous
donne
celle
d’une
langue
parlée,
ne
nous
donnât
pas
celle
de
la
langue
écrite
des
Chinois,
fi
nous.
nous
y
prenions
bien
pour
l’éru-
dier.
Mais
,
quand
il
feroit
nécef-
faire
d'y
employer
un
tems
auf
confidérable
que
le
difent
les
Mif-
fionnaïres
,
dont
lés
relations
fem-
.
blent
être
faites
à
deflein
de
dé-
courager
ceux
qui
auroient
voulu
s'appliquer
à
cette
étude,
feroit-
ce
à
nous
à
le
reprocher
aux
Chi-
nois
?
Nous,
parmi
lefquels
un
très-grand
nombre
de
gens
paf-
fent
leur
vie
entière
à
étudier
la
n
CE
langue
non
de
leurs
citoyens
,
non
celle
qu'ils
font
obligés
de
parler
à
tout
moment
:
Mais
des
lanoues
mortes
,
dontils
n'auront
Jamais
une
connoiflance
parfaite.
On
ne
prétend
pas
les
condam-
net
;
Mais,
on
peut
demander
pour
les
Chinois
la
même
indul]-
gence
dont
nous
avons
befoin
pour
nous.
[y
aplus,
c’eft
que
la
longue
étude
qu'ils
font
obligés
de
faire
de
leurs
cara@ères
;
doit
leur
don.
ner
des
idées
nettes
&
diftinétes
de
toutes
les
chofes
défignées
par
ces
caratères.
Une
langue
véri-
tablement
philofophique
feroit
celle
qui
exprimeroit
toujours
les
idées
fimples
ou
primitives
par
des
termes
radicaux,
&r
les
idées
complexes
par
des
termes
dérivés
Compofés
de
ces
premiers.
€
dernier
point
de
perfedion
{eroit
de
s'exprimer
de
telle
fa-
SON
que
chaque
mot
dérivé
fit
Cofnoître
À
la
Prémière
vue,
non
feulement
ja
Compofition
de
l'idée
Correfpondante
,
maïs
encore
en
quelles
idées
fimples
il
la
faudroit
réfoudre
en
la
décompofant.
Nous
n'avons
point
de
langues
où
l’on
Paroille
avoir
eu
cette
vue
,
fice
n'eft
dans
l'écriture
Chinoife.
Les
idées
fimples
&
Primordiales
,
où
celles
qui
font
Participées
par
un
Brand
nombre
d'êtres
Particuliers,
ÿ
fontexorimées
Par
des
Carate-
res
fimples
&
radicaux
;
&
les
idées
Complexes
où
dérivées
font
repréfentées
Par
des
caradtères
COMPOIÉS
“de
ces
premiers
;
que
POUS
avons
nommés
fimples.
SS
traits
où
fioures
qui
for-
ent
les
caradtères
Chinois
en
ou
du
moins
CH
général
,
font
la
ligne
droite,
Ja
ligne
courbe,
quoique
plus
rare-
ment,
&
le
point
;
“chacun
d'eux
différemment
placé
»
&
répété
plus
où
moins
de
fois
;
Mais
tou=
Jours
fans
faire
aucune
confufion
a
la
vue.
Les
diverfs
combinais
fons
de
ces
trois
fortes
de
traits
.
forment
les
deux
cens
qüatorze
caractères
radicaux’,
ou
élémens
de
l'écriture
Chinoife:
Chacun
de
ces
élémens
répond
à
une
idée
fimple
où
générale
&
plus
com.
mune
;
&
ces
élémens
combinés
les
uns
avec
Jes
autres,
forment
les
foixanre
où
les
quatre-vingt
mille
cara@tères
dont
l'écriture
Chinoiïfe
eft
compofée.
On
les
nomme
à
la
Chine,
clefs
ou
raci-
nes;
&
dans
les
diétionnaires
ils
conflituent
les
deux
cens
quatorze
.
clafles
ou
genres
différens,
fous
lefquels
on
range
les
cara@ères
dont
ils
font
la
Partie
principale,
Ces
caraétères
font
fobdivifés
par
clafles
fuivant
le
nombre
destraits
qu'ils
contiennent;
car,
c'eft
par-
là
qu’on
les
cherche
dans
les
dic=
tionnaires,
&
on
ÿY
Joint
leur
dé=
finition
où
explication
;
Qui
fe
fait
en
décompofant
les
Caraétères
,
&
les
réduifant
à
leurs
élémens.
Ainf,
lorfque
l’on
connoît
bien
la
fienification
des
deux
cens
qua-
torze
clefs
ou
racines,
on
efl
en
état
de
trouver
par
foi-même,
avec
le
fecours
du
diétionnaire
,
la
fignification
des
caractères
Compolés
,
de
même
que
lon
peut
entendre
üne
jan
gue,
dès
que
l’on
poñlede
Ja
f=
gnification
de
tous
les
termes
ra
dicaux.
Pour
rendre
ce
qu'on
vient
de
1j
36
CH
À
encore
plus
intelligible
,
il
.
faudroit
donner
quelques
exem-
ples
de
la
compofition
&
de
la
décompofñtion
de
ces
caractères
;
mais
;
outre
que
cela
ne
pourroit
fe
faire
qu'en
les
mettant
fous
les
yeux
;
11
ne
feroit
pas
pofhble
d'entrer
ici
dans
un
détail
fothi-
fant:
tout
ce
quon
en
pourroit
dire
feroit
trop
fuperficiel.
Nous
nous
contenterons
donc
de
don-
ner
pour
un
plus
grand
éclait-
ciffementl'hiftoire
abrégée
des
caractères
Chinois,
&
quelques
réflexions
fur
la
connoiffance
que
nous
croyons
néceflaire
à
ceux
qui
voudront
pénétrer
dans
le
fyftêéme
de
ces
cara@tères
,.
&
dans
les
raifons
de
leur
compofi-
tion,
c'eft-a-dire,
une
efquifle
de
la
philofophie
Chinoile.
Nous
avons
les
Chinois
n'avoient
pojnt
em:
ployé
les
deux
premiers
genres
de
Pécriture
repréfentative
des
idées
;
qu'ils
n'ont
point
eu
en
Vue
les
images
pour
les
chofes
que
la
peinture
peut
mettre
fous
-
les
yeux,
niles
fymboles
pour
repré.
fenter
par
allégorie
où
par
allu-
fion
les
chofes
qui
ne
le
peuvent
:
être
par
elles-mêmes.
Le
P.
Kir-
cher
eft
d’un
autre
avis
;
mais,
il
paroît
en
cette
occañon
avoir
un.
peu
trop
donné
à
fon
imagination.
On
ne
prétend
cependant
pas
que
l'on
ait
évité
ces
refflemblances
-
entre
les
chofes
&
les
caratières,
lorfqu'elles
fe
font
préfentées
;
mais
,
il
eft
fûr
qu'on
ne
les
a
pas
cherchées,
.&
qu’elles
font
pref-
que
toujours
détruites
par
l’ana-
lyfe
du
caraétère
où
l'on
avoit
Cru
les
appercevoir.
déjà
obfervé
que
CH
Les
pretniers
inventeurs
de
l'é=
criture
Chinoife
fe
font
attachés
à
des
fignes
entièrement
arbitrai-
res,
ou
qui
n'ont
qu'un
rapport
d'inftitution
avec
les
chofes
figni-
fiées
;
en
cela,
ils
ont
fuivi-le
goût
dela
nation
Chinoife, qui
même
avant
Fo-hi,
c’eft-à-dire,
dans
la
plus
profonde
antiquité,
fe
fer-
voit
de
cordelettes
nouées
en
guife
d'écriture.
Le
nombre
des
nœuds
de
chaque
corde
formoit
un
ca-
rattère;
&
l’affemblage
des
cor=
des
tenoit
lieu
d'une
efpèce
de
li-
vre
,
qui
fervoit
à
rappeller,
où
à
fixer
dans
l’efprit
des
hommes
le
fouvenir
des
chofes,
qui
fans
cela
s'en
feroient
effacées.
Les
Péruviens
avoient
une
écri-
ture
femblable
,
lorfque
les
Efpa-
gnols
firent
la
conquête
du
Pérou.
Des
cordes
de
diflérentes
cou-
leurs,
chargées
d’un
nombre
de
nœuds
plus
ou
moins
grands
&
diverfement
combinées
entrelles,
formoient
des
regiftres
qui
conte-
noient
non
feulement
un
état
où
compte
des
revenus.
publics
de
l'empire
du
Pérou,
mais
encore
des
annales
ou
chroniques
de
l'hif-
toire
des
Incas.
Les
diverfes
com-
binaifons
des
couleurs
&
des
nœuds
fervoient
à
rappeller
le
fou-
venir
des
aétions
de
ces
Princes,
de
leurs
exploits,
de
leurs
con:
quêtes,
deleurs
réplemens
,
&c
Tous
les
écrivains
Éfpagnols
par-
lent
de
ce
fait;
&
quoiquils
n€
nous
aient
point
détaillé
Ja
mé-
chanique
de
cette
écriture,
leuts
témoignages
font
fi
conftans
,
fi
uniformes
,
nombreux,
qu'il
n'eft
pas
pofible
de
les
révoquer
en
doute,
CH
Ce
fut
Fo-hi,
fondateur
de
la
monarchie
Chinoïfe
,
celui
qui
avoit
policé
la
nation
,
&
qui
l’a-
voit
tirée
de
la
barbarie
dans
la=
quelle
elle
avoit
été
plongée
juf-
qu'alors,
qui
fubftitua
à
ces
cor-
des
nouées
des
caraëétères
formés
par
la
combinaifon
de
plufeurs
lignes
droites
&
paralléies,
mais
les
unes
entières
&
les
autres
bri-
fées,
pour
repréfenter
ces
nœuds.
Les
Chinois
confervent
encore
des
fragmens
d'un
ouvrage
de
Fo-hi,
écrit
avec
ces
caractères,
Ils
le
nomment
lé-kin,
le
livre
des
mutations
ou
des
produc-
tions,
On
le
regarde
comme
un
monument
précieux
de
la
plus
ancienne
philofophie
;
dont
on
croit
que
ces
caraëtères
expliquent
les
fondemens;
mais,
malgré
les
commentaires
publiés
fur
cet
ou-
Vrage
1100
ans
avant
l'Ére
Chré-
tienne
par
le
roi
Vou-vang
&
le
prince
Tchéou-kon
fon
fils;
mal-
gré
le
nouveau
commentaire
que
Confucius
ajoûta
à
celuide
ces
deux
Princes,
environ
600
ans
après
eux
,
le
livre
des
mutations
eft
encore
inintelligible.
Aïinf,
quoi-
que
le
Ié-kin
&
fes
commentaires
foient
compris
parmi
les
livres
clafliques
,
fur
lefquels.
on
exami-
ne
les
Lettrés,
avant
que
de
leur
conférer
les
grades
,
il
n’eft
guere
regardé
que
comme
une
efpèce
de
grimoire
,
duquel
les
Lettrés
du
plus
bas
étage
fe
fervent
pour
pré-
dire
l'avenir
par
le
moyen
de
cer-
taïnes
combinaifons
cabaliftiques,
aflez
femblables
à
notre
Géo-
Mance,
À
mefure
que
les
peuples
de
la
Chine
fe
policerent
fous
les
{uc-
CH:
37
ceffeurs
de
Fo-hi,
on
fentit
l'in-
fufifance
de
cette
écriture
;
on
travailla
donc
à
la
perfectionner;
on
multiplia
les
caraétères,
&
on
varia
les
figures.
On
montre
à
la
Chine
un
livre
de
pharmacie,
&
un
traité
de
la
manière
de
tâter
le
pouls
,
atribués
aux
médecins
du
roi
Chine-noune,
qui
par
le
fe-
cours
de
fon
Colao
,
on
Miniftre
Tfane-kié,
avoit
donné
une
nou-
velle
forme
à
l'écriture.
Ces
deux
ouvrages
furent
écrits
2800
ans
au
plus
tard
avant
l'Ére
Chrétien-
ne
,
en
fuivant
la
chronologie
Chinoïfe.
On
voit
encore
dans
le
Chou-kin
,
des
fragmens
d’une
hiftoire
des
empereurs
Yao
&
Chune,écrite
fous
leregne
de
Kiou
2200
avant
l'Ére
Chrétienne.
Depuis
ces
premiers
eflais
,
l'écriture
Chinoife
fe
perfeétionna
tous
les
jours
,
&
s'enrichit
de
nouveaux
caractères
que
l’on
in-
ventoit
à
mefure
qu'il
fe
préfen-
toit
de
nouvelles
idées
à
expri--
mer.
Cela
continua
jufqu'au
regne
de
Vou-vang
,
qui
monta
fur
le
trône
vers
l'an
1120
avant
l'Ére
Chrétienne.
Alors,
cette
écriture
fe
trouva
fuivant
les.
Chinois
au
point
de
fa
plus
grande
perfeétion,
Selon
eux,
ces
anciens
caraétères
étoient
tous
fondés
fur
des
raifons
philofophiques
;
ils
exprimoient
la
nature
des
chofes
qu'ils
figni-
fioient
,
ou
du
moins
la
détermi-
‘noient,
en
défignant
les
rapports.
de
ces
mêmes
chofes
avec
d’au-
tres
Mieux
connues.
|
L'empereur
Chi-hoang-tr,
qui
regnoit
vers
l'an
230
avant
l'Ére,
Chrétienne
,
entreprit,
comme
il
a
déjà
été
PRE
»
de
détruxg
iij
38
CH
|
tous
les
livres
qui
ne
traitoient
ni
de
médecine,
ni
d’aftrolopie
&
de
divination.
Comme
le
papier
n'ävoit
pas
encore
été
inventé,
&
que
l’on
écrivoit,
ou
plutôr
_
que
l’on
peignoït
for
des
tablettes
de
bois,
les'livres
étoient
difficiles
à
cacher
;
ainfi
il
s’en
fauva
forr
peu.
La
perfécution
continua
fous
les
facceffeurs
de
Chi-hoang-ti;
&
Pécriture
Chinoife
reçut
alors
on
grand
échec.
Les
livres
de
méde-
cine
&
de
divination
ne
conte-
noïent
qu'un
petit
nombre
de
ca-
raétères
;
onn’ofoit
montret
le
peu
de
livres
que
l'on
avoit
fanvés.
La
plus
grande
partie
des
gens
de
lettres
étroit
périe
fous
le
repne
de
ce
Prince
,
qui
les
avoit
forcés
de
prendre
la
truelle
,
pour
travailler
à
la
conftruétion
de
cette
fameufe
muraille
qu'il
faifoit
bâtir
pour
mettre
la
Chine
à
couvert
de
l'in:
vañon
des
Tartares.
L'Empereur
ne
voulant
que
des
foldats
&
des
maçons,
on
juge
aifément
que
les
lettres
ne
furent
gueres
cultivées
;
ain,
la
tradition
ne
put
confer-
ver
exactement
la
connoiffance
des
caraétères
perdus
,
avec
les
li-
vres
que
l'on
avoit
brûlés,
Cependant,
la
perfécution
cefla
avec
le
regne
de
la
famille.
du
Tyran.
Vene-ti,
qui
monta
fer
le
ttône
177
ans
avant
l'Ére
Chre-
tienne,
êt
$3
ans
après
Chi-hoang-
ti,
s’attacha
à
réparer
les
défor-
dres
introduits
par
ce
Prince,
qui
n'avoit
pas
plus
ménagé
{es
fujers
que
les
fciences.
Vere-ri
fit
re-
chercher
toûs
les
livres
échappés
à
la
perfécution.
L'invention
du
papier
trouvée
fous
fon
regne,
en
facilita
la
multiplication.
Un
CH
vieux
Lettré,
qui
dans
la
folitude
où
il
s’étoit
caché
,
avoit
élevé
fa
fille
pour
les
fciences
,
reftitua
-de
mémoire,
&
par
le
fecours
de
cette
fille
,
une
partie
des
caratèz
res
perdus.
Peu
après
le
repne
de
Vene-ti,
c’eftà
dire,
cent
qua-
rante
ans
avant
l'£re
Chrétienne,
l’empereur
Vou:ti,
prince
fameux
par
fes
expéditions
dans
l'Inde,
s’attacha
d’une
manière
encore
plus
efficace
à
faire
fleurir
les
let-
tres.
[l
fitrecherchertousles
livres
&
tous
les
fragmens
quireftoient,
fit
raffembler
&
mettre
en
ordre
tous
les
ouvrages
de
Confucins,
de
Lao-kioune,
&de
leurs
difei-
ples,
y
fit
joindre
des
commen-
taires,
&
en
fit
répandre
des
co
pies
par
tour
le
royaume.
La
pro-
teétion
que
l'Empereur
accordoit
aux
lettres,
mvitoit
tout
le
monde
à
s'y
appliquer.
Chacun
fe
piqua
de
compofer
&
de
publier
des
ouvrages;
ce
qui
ne
put
fe
faire,
fans
inventer
de
nouveaux
carac-
tères
,
pour
tenir
lieu
de
ceux
qu'on
avoit
perdus.
Mais,
comme
on
voulut
exécuter
tout
d’un
coup
ce
qui
ne
fe
pouvoit
faire
qu'après
une
longue:
étude
des
caraétères
encore
fubfftans,
pour
s’inftruire
du
véritable
fyftême
de
l’ancienne
écriture,
il
s'introduifit
un
grand
nombre
de
caraétères
bizarres,
@&
qui
n’avoient
aucune
analogie
na-
turelle
avec
les
anciens.
L'écriture
Chinoife
eft
une
vé-
titable
langue,
qui
ne
parle
qu’à
la
vue
;
ainfñ,
elle
a
dû
fouffrir
toutes
les
mêmes
altérations
que
les
langues
prononcées.
Dans
lune
&c
dans
l'autre
on
avoit
com-
mencé
par
un
langage
fimple:,
où
EH
lon
ne
connoifloir
que
les
termes
propres,
&
où
ils
fe
prenoient
»
toujours
dans
leur
acception
natu-
relle.
Mais,
peu
à
peu,
fous
pré-
texte
d'élégance,
on
employa
des
termes
&
des
caractères
figurés.
On
les
tranfporta
à
des
fignifica-
tions
éloignées
par
des
mérapho-
res
aflez
naturelles
dans
leur
ori-
gine,
mais
qui
devinrent
bientôt
extrêmement
hardies.
Dans
les
langues
parlées,
cett
raifon
empêche
fouvent
que
l’on
ne
puifle
découvrir
la
racine
com-
.
mune
de
deux
expreflions,
dont
le
fon
efttrès-voifin
,
&
dont
les
fignifications
font
très-éloignées.
Îl
en
eft
de
même
des
caratères
de
l'écriture
Chinoife
,
les
méta-
phores
&
les
figures
ont
dû
y
caufer
une
grande
irrégularité.
Cetre
irrépularité
eft
peut-être
la
plus
grande
caufe
de
la
diffi-
culté
que
lon
éprouve
aujourd’hui
enétudiant
ces
caraétères.
L'an-
cienne
Philofophie
avoit
été
com=
me
abandonnée
depuis
long-tems.
On
s’étoit
rempli
la
tête
de
fa-
bles
;
d'allégories
;
de
myftago-
gies.
La
Poëfie
s’étoit
emparée
de
la
Philo{ophie
;
&
l’on
juge
aifé-
ment
quels
ravages
elle
ÿ
avoit
faits
chez
des
peuples
d’une
ima-
gination
naturellement
enflam-
mée
,
&
qu'une
timidité
excefhve
avoit
entièrement
tourné
vers
la
fuperfition.
Aiïnf
;
l'on
employa
un
grand
nombre
de
caractères
figurés
où
alléporiques,
&
qui,
fans
aucun
rapport
avec
les
chofes
exprimées,
en
avoient
feulement
avec
quelques
contes
populaires
,
&
avec
des
traditions
fabuleufes.
C
H
V.
De
la
Philofophie
des
Chinois.
Les
Chinois
,
qui
fubfiftent
au
39
moins
depuis
plus
de
4000
ans
avec
les
mêmes
loix,
les
mêmes
mœurs,
&
les
mêmes
ufages,
ne
méritent
pas
moins
notre
curiofité
que
les
Grecs,
lès
Latins
&
les
Arabes
commentateurs
d’Arifto-
te,
dont
on
enfeigne
la
Philofo-
phie
dans
nos
écoles
,
ne
fût
ce
que
pour
comparer
leurs
diverfes
opinions.
M.
Fréret
aflure
que
les
Chinois
n’ont
jamais
eu
une
bon-
ne
Métaphyfique,
ni
peut-être
même
un
fyftême
complet
de
Philofophie.
Du
moins
,
leurs
idées,
ajoute-til,
font-elles
dia-
métralement
oppofées
à
ce
que
nos
Philofophes
regardent
comme
des
premiers
principes
&
des
maximes
d'éternelle.
vérité
en
morale
&
en
méraphyfique,
Nous
en
pouvons
juger
par
la
traduc-
tion
Latine
des
livres
de
Confa-
-cius,
&
par
celles
de
deux
difié-
rens
commentaires
Chinois
fur
les
ouvrages
de
ce
Philofophe,
qui
ont
été
publiées
,
l’une
par
le
P.
Couplet,
&
l’autre
par
le
P,
Noël,
tous
deux
Jéfuites.
On
peut
encore
tirer
de
grandes
lumières
des
différens
ouvrages
compofés
par
les
Miffonnaires
,
à
l'occafion
des
difpures
fur
la
nature
du
culte
que
l’on
rend
à
Confucius
&
aux
anciens
morts.
Parmi
ces
ouyra-
ges,
le
plus
inftruétifeft
celui
du
P.
Longobardi,
Jéfuite,
parce
qu'il
contient
un
très-grand
nombre
de
paflages
des
plus
célebres
philofo.
phes
Chinois.
*
Le
commentaire
que
le
roi
G
iv
4e
CH
Ou-vang
avoit
publié
fur
le
Té-kin,
infpira
le
goût
de
la
Phi
Jofophie
aux
Chinois
;
&
peu
après
le
régne
de
ce
Prince,
on
vit
de
grandes
fees
de
Philofo-
phes
fe
former.
Lao-kioune
parut
le
premier.
Ses
ouvrages
fubfftent
encore,
il
y
a
d'aflez
belles
maxi-
mes
de
morale
particulière
;
mais,
on
y
enfeigne
la
matérialité
de
l'ame,
&
par
conféquent
fa
mor-
talité.
Comme
ce
Philofophe
s'é-
toit
fort
appliqué
à
la
médecine,
à
la
chymie
,
&
aux
autres
parties
de
la
Phyfique
,
fes
difciples
que
l’on
nomme
Tiene-tzé,
où
Doc-
teurs
céleftes,
cultivent
fort
ces
connoïflances
,
&
fe
font
rendu
célebres
par
leur
moyen.
Ils
font
même
venus
à
bout
de
perfuader
‘la
poffibilité
de
la
médecine
uni-
verfelle,
&
d’un
remede
qui
rend
les
hommes
immortels.
C'eft-là
cé
fameux
breuvage
d'immortali-
.
té
,
dont
il
eft
fr
fouvent
parlé
dans
les
annales
de
la
Chine,
&
que
les
Empereurs
recherchoient
avec
tant
d'ardeur
&
de
dépenfes.
Lao-kioune
enfeignoit
auff
que
l'univers
étoit
gouverné,
de
même
que
l'empire
de
la
Chine,
par
un
dieu
corporel
qui
habitoit
dans
le
ciel,
&
qu'il
nommoit
Chan-ti,
roi
d'enhaut
;
que
fous
lé
Chan-ti
étoit
un
grand
nombre
d'êtres
in-
telligens
avec
un
pouvoir
moins
étendu,
mais
cependant
indépen=
dant
du
fien.
Ce
Philofophe
cachoit
les
fon-
demens
de
fa
métaphyfique
&
de
fa
phyfique
fous
des
expreflions
figurées
,
qui
fembloient
ne
con.
tenir
que
des
allégories
fur
les
nombres
&t
leurs
propriétés.
Il
CE
ne
paroit
pas
qu'il
fe
foit
jamais
expliqué
bien
clairement
fur
la
Providence
,
ni
fur
la
diftin@tion
du
bien
&
du
malmoral,
c’eft-à-
dire
,
du
jufte
&
de
l'injufte.
Auffi,
peu
de
tems
après
lui,
les
Philofophes
fe
partagerent
en
deux
feêtes
;
la
première
|
nom-
mée
Ianh,
foûtenoit
que
l'amour
propre
&
l'intérêt
perfonnel
de-
voient
être
la
regle
unique
de
nos
actions,
&
que
les
loix
;
lantori-
té,
la
reconnoïffance,
&
tous
les
autres
devoirs
qui
forment
des
engagemens
entre
les
hommes,
n'avoient
de
force
qu’autant
qu'ils
contribuoient
à
nous
rendre
heu-
reux..
La
feconde
fete
étoit
ap-
pellée
Mé;
elle
s’étoit
jettée
dans
l'excès
oppofé,
puifqu'elle
pré-
choit
la
charité
univerfelle
,
ou
l'amour
égal
pour
tous
les
hom-
:
mes
fans
diftinétion
de
liaïfon
ni
d'engagement
d'amitié,
de
parens
té
où
de
dignité;
elle
enfeignoit
aufli
la
deftruétion
totale
de
l'a-
mour
propre
&
de
l'intérêt
per
fonnel.
Confucius
qui
naquit
lan
so
avant
l'Ére
Chrétienne,
prit
un
milieu
entre
ces
deux
extrémicés;
il
précha
à
la
vérité
l'amour
uni-
verfel
,
ou
la
charité
pour
tous
les
hommes,
maïs
un
amourréplé
&
modifié
fur
les
devoirs
établis
par
les
loix
de
la
fociété
où
l’on
fe
trouve.
C'eft-là
le
principal
objet
du
livre
de
ce
Philofophe
;
intitulé
Tchoz-yon
,
le
milieu
rai
fonnäble,
l’accord
de
l'amour
pro-
pre
avec
la
charité
univerfelle.
Il
évita
toujours
avec
foin
de
s’ex=
pliquer
fur
les
matières
de
fpécu-
lation,
fur
la
juftice
ou
l'njuftice
CH
naturelle
,
fur
la
fpiritualité
&
limmorralité
des
ames,
fur
l’exif-
tence
&
Ja
nature
d’un
Dieo
dif-
tinpgué
de
l’univers,
fur
le
deftin
&
la
providence.
Les
ouvrages
de
ce
Philofophe.,
lus
avec
atren-
ton
;
marquent
une
aflcétation
fenüble
de
ne
fe
point
ouvrir
fur
ces
matières
;
&
l’on
a
même
des
paflages
formels,
où
il
refufe
de
répondre
à
ces
queftions
qu'il
traite
de
dangereufes.
La
do@trine
de
Confucius
n’af-
fujettifloit
à
aucun
dogme
fpécu-
latif
;
elle
recommandoit
feule-
ment
la
pratique
de
la
vertu,
c'eft-à-dire,
l’obéiffance
aux
an-
ciénnes
loix
du
pais
,
la
foumif-
fon
&
le
refpeltpourfesfupérieurs,
la
modefie
&
même
l'humilité
avec
fes
égaux
,
&
la
tendrefle
pour
fes
inférieurs
;
c’eft
à
cela
que
fe
rapportent
toutes
lés
exhor:
tations
de
ce
Philofophe.
On
juge
aifément
que
tous
les
honnêtes
.
gens
embrafflerent
fa
feûte.
Le
nombre
en
gtoffit
tous
les
jours;
&
comme
leur
principale
étude
Étoit
la
politique
&
la
fcience
du
BOuvernement
,
ils
remplirent
bientôt
les
premiers
emplois.
Les
livres
de
Confucius
furent
cano-
nifés
>»
Pour
ainfi
dire,
ayant
été
déclarés
authentiques
,
&
-perfon-
ne
ne
pouvant
pofléder
de
charge
qu'iln'en
eût
fair
une
étude
parti-
cuhère,
&
qu'il
n’eûtrendu
COMP-
te
de
cette
étude
dans
un
examen
folemnel,
Les
philofophes
Chinois
ne
Meitent
aucune
diftinction
réelle
entre.les
différentes
fubftances
;
dont
l'afflemblage
compofe
l’uni-
Vers;
ainf
,
à
prendre
ce
mot
de
CH
E
fubflance
à
la
rigueur,
&
au
ee
que
lui
donne
notre
Philofophie,
ils
ne
connoiflent
aucune
fubftan-
ce.
Selon
eux,
tons
les
êtres
par
ticuliers
n'ont
qu’une
même
exif-
tence
,
a
laquelle
ils
participent
tous
également,
&
qui
eft
inca-
pable
d'augmentation
&
de
dimi-
nution
,
c'eft-à-dire
,
infinie
&
inaltérable.
La
force
par
laquelle
chaque
être
exifte,
ne
luieft
point
propre
;
il
n’exifle
point
indépen-
damment
des
autres;
mais,
fon
exiftence
eft
néceflaire,
&c
il
ne
peut
jamais
être
ni
détruit
ni
pro-
duit,
Dans
le
fyflême
Chinois,
tout
eftéternel,
rien
ne
commen-
ce
ni
cefle
d'exifter.
Ce
que
nous
appéllons
génération
&
deftruc-
tion,
ne
font
pour
ces
Philofo=
phes
que
des
changemens
de
mo-
difications
&
de
rapports;
où
plu-
tôt
ce
n’eft
autre
chofe
que
la
maniieftation
&t
le
développement
de
certaines
propriétés
de
l'Être,
qui
fe
découvrent.à
nous,
ou
cef-
fent
de
nous
être
connues.
Lorf-
que
ces
propriétés
nous
devien=
nent
fenfibles,
nous
difons
qu’elles
font
produites,
qu’elles
commen-
cent.
d’exifter.
Lorfque
nous
ne
pouvons
plus
les
appercevoir.
nous
difons
qu’elles
font
détruites,
Cependant
,
fuivant
la
Philofophie
Chinoife
,
il
ne
leur
arrive
d'autre
changement
dans
ces
occañions
,
que
celui
qui
furvient
à
un
objet,
lorfque
nous
tournons
les
yeux
fur
lui,
&
que
nous
l’envifageons.
Il
fe
produit
à
la
vérité
une
nou-
velle
perfe@tion
dans
notre
efprit;
mais
pour
l’objet,
il
ne
s’y
paile
aucun.
changement
réel
;
feu-
lement
de
non
apperçu
qu'il
42
CH.
étoit,
il
devient
apperçu.
=
Ainf,
parmi
un
nombre
infini
de
propriétés
contenues
égale-
ment
dans
le
fond
de
l'Être
;
tan-
tôt
nous
fommes
affeétés
par
fon
étendue,
par
fa
mobilité,
fa
foli-
dié,
fa
couleur
&
fa
figure;
alors
nous
l’appellons
corps
ou
matière,
TFantôt
nous
y
mertons
une
force
motrice
,
&
c'eft
ce
que
nous
nommons
un
être
vivant
qui
fe
donne
fes
mouvemens.
Tantôt
enfin
nous
croyons
y
apperce-
voir
du
fentiment,
de
la
volonté,
de
la
penfée
&
de
la
perception
;
6
pour
lors
nous
lui
donnons
une
ame
&
un
efprit.
Dans
ce
fyfté-
me,
ces
diverfes
propriétés,
quoi-
que
diftinguées
entr'elles
par
l'idée
que
nous
en
avons
;
&
par
lim-
preflion
qu’elles
nous
caufent,
ne
:
Je
font
nullement
quant
à
la
réalité
de
leur
être
,
puifqu’elles
exiftent
péceflairement
avec
une
infinité
d'autres,
&
qu’elles
‘participent
toutes
également
à
une
feule
&
même
exiftence
infinie
&cinaltéra-
ble.
Fate
Ce
principe
une
fois
nofé,
on
voit
aifément
que
la
Philofophie
Chinoile
n’admet
ni
création
,
ni
providence
,
&
par
conféquent
ne
reconnoît
point
de
Dieu,
c'eft-à-
dire,
d'Être
diftingué
de
l'univers,
qui
ait
produit
ou
créé
le
monde,
&
qui
le
gouverne
ou
le
conferve
en
conféquence
des
loix
qu'il
a
établies.
La
langue
Chinoïfe
n’a
même
point
de
termes
quirépon-
dent
à
cette
idée;
ceux
de
Tiene,
Ciel
,
&
de
Tiene-chu,
roi
du
Ciel,
expriment
les
idées
des
Ma-
térialiftes;
&
ceux
de
Tiene-tze,
dofteurs
céleftes
;
celles
des
Ido-
C
H
lâtres.
Les
premiers
attribuent
les
événemens
à
l'action
du
Ciel,
mais
à
une
action
deftituée
de
connoiffance
&
de
volonté
;
aétion
pareille
à
celle
que
nos
Aftrolo-
ues
donnent
aux
influences
des
aftres.
Le
roi
du
ciel
des
Idolâtres
agir
à
la
vérité
avec
connoïffance,
&
à
la
manière
des
hommes;
mais,
ce
n’eft
qu'une
fubftance
particulière
;
c'eft
comme
l'ame
du
ciel,
&
une
ame
non
diftin-
guée
du
ciel
matériel,
parce
que
fuivant
les
idées
des.
Idolâtres,
la
.
matière
eft
auffi-bien
capable
de
penfée
&
de
fentiment,
comme
de
mouvement,
Mais,
ces
idées
font
profcrites
par
les
meilleurs
Philofophes
Chinois,
qui
rejettent
tout
ce
qui
pourroit
mener
à
Îa
connoiflance
d’un
être
intelligent,
-
diflingué
de
l'univers,
&
qui
té-
moigneñt
un
grand
mépris
pour
cette
opinion.
Tout
étant
néceflaire
dans
ce
fyftème,
on
comprend
qu'à
par-
ler
exaltement
,
1l
n’y
a
plus
de
diftin@ion
entre
le
bien
&
le
mal
moral,
plus
de
vertu
&
devices.
plus
de
liberté,
plus
de
perfec-
tion
ni
d'imperfection.
Si
un
être
particulier
femble
agir
fur
un
au-
tre,
cet
autre
a
non
feulement
la
force
de
lui
réfifter
,
force
qui
ne
peut
être
anéantie,
mais
encore
Ja
force
de
réagir
fur
lui
avec
une
réalité
qui
n’elt
pas
moindre
que
la
fienne.
Îl
faut
cependant
con-
venir
que
ce
fyftême
n’eft
pas
ce-
lui
du
peuple.
Les
hommes
ordi-
naires
font
trop
groflers
à
la
Chr
ne
,
de
même.
qu'ailleurs,
pouf
être
féduits
par
des
erreurs
fi
fub-
tiles
&
fi
déliées.
Leur
imaginas
EF
tion
ne
trouveroit-là
aucune
prife.
Îl
leur
faur
des
obiets
marériels
,
fenfbles
&
palpables
:
&
de
mé-
me
que
les
Indiens
&
les
Japo-
Sois
,.ils
font
plongés
dans
un
paganifme,
fondé
fur
les
fables
les
plus
abfurdes.
Mais
pour
les
Lettrés
,
&
far
tout
pour
ceux
qui
font
profeflon
de
fuiwvre
Confucius
,
&
de
ne
à
57
2
=
SEEN
point
s
écarcer
de
l’ancienne
Phi-\
lofophie,
on
peut
dire
qu'ils
n’ont
point
d'autre
fyftême.
Il
eft
vrai
que
dans
la
pratique
ils
-n’en
fui-
vent
pas
les
conféquences
pour
la
morale.
Les
hommes
font
or-
dinairement
inconféquens
;
leurs
Opinions
ne
reglent
pointieur
con-
due;
&
il
n’eft
pas
plus
étonnant
de
voir
des
Athées
vivre
mora-
lement
bien,
&
fe
foumettre
par
des
motifs
de
fociété
à
des
loix
qu'ils
ne
croyent
point
obligatoi-
1es,
que
de
voir
parmi
les
nations
religieufes
|
des
gens
pleinement
perfuadés
de
l’exiffence
d’un
Dieu
,
&
de
la
vérité
de
leur
reli-
Bon,
violer
à
tout
moment
les
loix
qu'ils
tiennent
non
feulement
pour
obligatoires
|
mais
encore
Pour
divines
,
&
n’obferver
au-
cun
des
préceptes
de
cette
reli-
g'on,
pour
la
défenfe
de
laquelle
ils
fe
croyent
prêts
à
tout
entre-
Predre
,
&
à
tout
fouffrir.
Les
Philofophes
Chinois
ont
même
imaginé
un
moyen
de
con-
Cilier
,au
moins
aux
yeux
du
peu-
ple,
leurs
principes
avecla
prati-
que
de
la
vertu,
Ils
difent
que
par
l'habitude
des
a@ions
vertueufes,
otre
ame,oucetre
partie
de
nous,
qui
penie,
qui
fent,
qui
veut,
otre
Ly
en
un
mot
fe
condenie,
CE
3
fe
purife
,
fe
perfeétionne,
&
es
quiert
de
nouvelles
forces
pour
faire
plus
parfaitement
fes
fonc-
tions
;
de
même
que
dans
les
corps
le
mouvement
&
l'exercice
en-augmentent
les
forces.
Îls
ajoû-
tent
que
le
vice
&
les
pafhons
vives
afloibliflent
au
contraire
l'ame,
ou
la
propriété
de
penfer,
&
en
troublent
les
fonétions
;
que
l'amour
du
jufte
ou
du
bien
mos,
ral,
c’eft-à-dire,
de
ce
qui:
ett
avantageux
à
la
fociéré
,
fait
goûter
à
ceux
qui
en
font
rem-
plis,
la
même
joie
&
la
même
volupté
que
fait
reflentir
l'amour
du
beau
à
ceux
qui
en
obtiennent
la
jouiffance.
Lis
vont
jufqu'à
dire
ue
de
même
qu'il
neft
point
impofhble,
abfolument
parlant,
de
trouver
des
remedes
dont
l'effet
rende
les
hommes
immortels,
de
même
aufli
la
pratique
de
lex-
trême
vertu
peut
rendre
notre
ame
immortelle
,
c’eft-à-dire
,
empêcher
la
deftruétion
de
la
pro-
priété
que
nous
avons
de
penfer
&-de
vouloir.
C'eft
par-là
qu’ils
ajuflent
avec
leur
fyftême,le
culte
des
Ancêtres
,
&
celui
des
grands
Hommes
morts,
comme.
Confn-
cius.
ls
les
nomment
des
faints,
des
immortels
;
ils
leur
adreflent
leurs
prieres,
leur
font
des
vœux,
*
leur
demandent
les
richefles,
les
talens
du
corps,
ou
les
dons
de
l'efprit,
non
qu'ils
fe
perfuadent
avec
le
peuple
d’en
être
exaucés
;
mais
,
ils
regardent
la
plûpart
de
ces
ations
comme
avantageufes
à
la
fociété
,
par
l'imprefhon
qu’elles
font
fur
les
efprits.
Ils
croyent
qu'en
accoûtumant
les
hommes
à
refpecter
les
loix
an=
1
so
CFE
ne
difinguent
point
les
différen-
tes
faifons
,
fe
renferment
dans
des
cabannes
faites
d'herbes
entre
lacées,
où
ils
vivent
de
poiflons,
d'oifeaux
,
des
autres
annuaux
qui
naiflent
dans
leur
pais,
&
de
racines.
Îls
négligent
de
nourtitr
:
des
troupeaux,
&c
ne
s'appliquent
point
à
cultiver
Ja
terre.
Les
plus
riches
d'enr'eux
s'habillent
de
peaux
de
zibelines
&
de
rennes;
les
autres
font
vêtas
de
plumes
d'oifeaux,
Îls
attachent
leurs
morts
aux
branches
des
arbres,
les-laif-
fent
ainfi
dévorer
par
les
bêtes
_féroces
,
ou
tomber
en
pourritu=
re
;
pratique
encore
ufrée
chez
les
Tongoufes,
qui
demeurent
dans
le
même
pais.
Un
autre
Hiflorien
Chinois
nous
fait
connoiître
quelle
eft
la
véritable
demeure
des
Ko-li-han,
en
nous
apprenant
que
leur
pas
eft
le
même
que
celui
des
Kerkis
ou
Kerpis.
1!
fait
mention
des
fleuves
Oby
&
Angara
fous
le
nom
d'Opou
&
de
Gang-ko-la,
Nous
devons
conclure
de-là
que
le
lac
placé
au
nord
des
Ko-li-
han,
eftle
fameux
lac
Pai-kal,
que
ceux
qui
vont
de
Rufäe
ou
de
Sibérie
à
la
Chine,
font
obhi-
gés
de
pailer
fur
les
glaces,
lorf-
qu'ils
y
arrivent
en
hiver,
Les
Chinois
employoient
huit
jours
à
le
traverfer.
On
y
met
moins
de
tems
à
préfent;
«pas
moins
dangereux
,
à
caufe
de
-
limpétuoñté
des
vencs
&
de
l'a-
bondance
des
neiges.
Il
réfulte
de
ce
détail
que
le
païs
des
Ko-li-han
eft
celui
des
Kerkis
|
peuples.
belliqueux
qui
habitent
au
nuliea
des
monta:
fais
,
il
n'en
eft
C-H
gnes
,
&
que
nous
devons
repars
der
comme
les
ancêtres
de
ces
Circafliens
qui
fe
nomment
en-
tr'eux
Kirkez,
&
qui
demeurent
au
nord
de
la
Géorgie,
où
ils
ont
pénétré
dans
la
fuite.
L'ancien
pais
des
Kerkis
eft
fitué
dans
les
provinces
que
nous
appellons
au.
jourd’hni
Sélinginskoy
&
[rkutt-
koy,
entre
l'Oby
&
le
Sélinga.
C'eft
ce
qu'il
étoit
néceffaire
de
déterminer
,
afin
de
parvenir
à
une
exacte
connoiffance
de
la
rou:
te
qui
conduit
dans
le
Ta-han.
En
quittant
le
pas
de
Ko
li-
han
,
on
enwoit
dans
celui
des
Che-
-goei.
Ces
peuples
font
fitués
à
lorient
du
lac
Par-kal
&
du
pais
des
Ker-kis
,
fur
les
rives
fepten-
trionales
du
fleuve
Amour.
Par
la
defcription-aflez
détaillée
que
les
Hiftoriens
Chinois
nous
ont
con-
fervée
de
ce
pais,
on
voit
que
ces
Barbares
s’érendoient
dans
le
nord
de
la
Sibérie,
le
long
de
la
Séna,
1
aux
environs
du
oi
xantième
degré.
Ce
peuple
nombreux
étoit
di-
vifé
en
ang
hordes
principales,
qui
formoïient
comme
aurant
de
nations
différentes.
Les
premiers
appellés
Nan-
-che-poei,
c'eft-à-
dire
,
Che-poei
méridionaux,
étoient
firués
au
nord
des
Tarta-
res
Niutche
&
Khitans
,
aux
en-
virons
du
fleuve
Amour,
dans
un
pais
marécageux,
froid
&
ftérile,
qui
ne
produit
point
de
moutons
;
-où
l’on
trouve
peu
de-chevaux,
mais
un
grand
nombre
de
porcs,
de
bœufs,
&
fur
tout
de
bêtes
féroces
dont
les
habitans
fe
ga-
rantiflent
avec
peine.
Ces
Barba-
res
étoient
vêtus
de
peaux
de
.
CH
cochon,
&
fe
retiroient
au
folfti-
ce
d'été
au
milieu
des
montagnes.
Ïls
avoient
des
chariots
couverts
de
feutre
,
à
la
manière
des
Turcs,
&
ils
les
faifoient
traîner
par
des
bœufs
;
ils
fe
conftruifoient
des
cabannes
avec
du
bois
&
quelques
rofeaux.
Leur
écriture
étoit
de
petits
morceaux
de
bois;
&
la
manière
dont
on
les
difpofoi,
exprimoit
leurs
différentes
idées.
Celui
qui
vouloit
fe
marier
com-
mençoit
par
enlever
la
fille
quil
fe
deftinoir
,
&
envoyoit
enfuire
à
fes
parens
un'préfent
de
bœufs
ou
de
chevaux.
Après
la
mort
du
mari,
les
loix
du
pais
obligeoïent
”
la
femme
de
pañler
le
refte
de
fa
vie
dans
le
veuvage,
&
le
deuil
de
la
famillé
étoit
de
trois
ans,
comme
parmiles
Chinois.
À
lé-
gard
des
morts
,
on
les
abandon-
noit
fur
un
monceau
de
bois.
Les
autres
branches
de
la
même
nation
étoient
les
Che-poei
du
-
nord,
ceux
que
l’on
appelloit
Po-
che-poet,
&
les
grands
Che-soer.
Ils
étoient
habillés
de
peaux
de
poiflon,
ne
s’occupoient
que
de
la
pêche
&
dela
chafle
des
zibelines,
&
pendant.
l'hiver
ils
fe
retiroïent
dans
les
cavernes.
Au
nord
de
ces
derniers,
häbitoit
une
autre
na-
tion,
qui
alloit
faire
des
couties
furla
mer
feptencrionale.
Cet
ainf.
que’
les
Hiftoriens
Chinois
nous
repréfentenr
les
an-
Cieris
habitans
du
norddel'Afe,
à
travers
le
pais
defquels
ceux
qui
vouloient
aller
dansle
Ta-han
ï
étoienr
oblinés
de
pañler,
En
effet,
après
avoir
quitte
le
pais
des
Che-
goer,
&
en
marchant
à
left
pen-
dant
quinze
jours,
on
trouvoit
CH
.
les
Yu-tche,
peuples
qui
tiroient
ee
à
leur
origine
des
Che-goei
;
de-là
en
dix
jours,
vers
le
nord
on
en-
troit
dans
le
Ta-han
,
qui
eft
le
terme
de
la
route
que
nous
exa-
minons.
On
fe
rendoit
encore
dans
le
Ta-han
par
mer,
&
en
/
FN
Lx
partant
de
Jéfo.
D'où
nous
de-
vons
conclure
néceffairement
que
-
le
pais
des
Yu-tche,
qui
fait
par-
tie
de
la
Sibérie,
eft
fitué
vers
la
rivière
Ouda,
qui
fe
décharge
dans
la
mer
de
Kamchatka;
&
que
le
Ta-han,
placé
au
nord
des
Yu-tche,
eft
la
partie
la
plus
orientale
de
la
Sibérie,
&
non
l'ifle
de
Gama
,
qui
eft
entiète-
ment
détachée
du
continent,
plus
au
midi
&
vers
le
Jéfo.
Cette
partie
de
la
Sibérie
nom-
mée
Kamchatka,
eft
le
païs
que
les
Japonois
appellent
Oku-Jéfo
ou
Jéfo
fupérieur.
Ils
le
placent
fur
leurs
cartes
au
nord
de
Jéfo,
‘&
le
repréfentent
deux
fois
grand
coinme
la
Chine,
courant
à
l'eft
beaucoup
plus
loin
que
les
côtes
orientales
du
Japon.
C’eft-là
ce
que
les
Chinois
ont
nommé
Ta-han,
qui
peut
fignifier
grand
comme
la
:
Chine
;
nom
qui
répond
à
l’éten-
due
du
pais
&
à
l’idée
que
les
Japonois
nous
en
donnent.
Mais,
fuivanr
les
defcripuons
plus
dé-
taillées
que
les
Rufles
en
ont
fai-
tes,
ce
pais
eft
une
langue
de
terre
qui
s'étend
du
nord
au
fud,
depuis
le
cap
Suetoi-noff
jufqu’au
nord
de
Jéfo
,
avec
lequel
pla-
fieurs
Écrivains
l’ont
confondu.
Ii
eft
en
partie
féparé
de
la
Si-
bérié
par
un
golfé
de
la
mer
orientale
qui
va
du
fud
au
nord.-
Vers
l'extrémité
Le
;
2
CH
1}
eff
habité
par
des
peuples
très-
féroces,
Ceux
qui
demeurent
au
midi
font
plus
civilfes,&t
tiennent
beaucoup
des
Japonois;
ce
quia
fait
croire
qu'ils
en
étoient
des
co-
lonies.
Il
ef
vraifemblable
que
leur
commerce
avec
les
Japonoïs
&c
les
Chinois,
qui
trafiquent
fur
leurs
côies
,
a
contribué
à
les
ren-
die
plus
fociables
&
plus
doux
que
ceux
du
nord,
chez
lefauels
ces
deux
nations
policées
ne
pé-
hétrolent
que
très-rarement.
La
partie
méridionale
de
Kam-
chaika
où
Fa-han,
à
été
connue
encore
des
Chinois
fous
le
nom
de
Liéou-kueï.
Autrefois
des
Tar-
tares,
qui
demenroient
aux
envi-
rons
du
fleuve
Amour,
s'y
rendi-
rent
après
quinze
jours
de
navipa-
“tion
vers
le
nord.
Les
Hiftoriens
Chinois
rapportent
que
ce
pais
eft-environné
de
mer
de
trois
côtés,
que
les
peuples
habient
le
long
de
la
côte
&r
dans
les
ifles
“voilines,
&
qu'ils
ont
leur
demeu-
re
dans
des
cavernes
profondes
&
couvertes
de
bois,
Hs
font
une
efpèce
de
toile
avec
du
poil
de
chien.
Les
peaux
de
cochon
&
de
rennes
leur
fervent
d'habits
pen-
dant
l'hiver
;
&
celles
de
poiflon
“pendant
l'été.
L'air
do
pais
eff
froid,
à
caufe
des
brouillards
&
dés
neises
qui
y
font
en
abon-
dance.
Les
fleuves
y
gélent,
&
on
y
trouve
plufeurs
lacs
qui
four-
niflent
du
poiflon,
que
les
habi-
tans
falent
pour
le
conferver.
[ls
ne
connoiflent
point
la
divifion
‘des
faïfons.
[ls
aiment
la
danfe,
&t
portent
le
deuil
pendant
trois
ans.
Îs
ônt.de
grands
arcs
&
des
“fleches
armées
d'os
ou
de
pierre.
ES
RES
CRE
\
239
-»
midi,
&
l'autre
au
nord,
font
—
C
H
L'an
de
I.
C.
640,
le
Roi
dé
ce
pais
envoya
fon
fils
à
la
Chine.
Ce
dérail
étoit
néceflaire
pour
‘parvenir
à
nne
connoifflance
exaéte
:
de
la
fituation
du
pais
de
Fou-
fang
,
qui
eft
le
dernier
terme
des
navigations
des
Chinois,
Voici
la
defeription
que
leurs
Hiftoriens
nous
en
ont
Confervée,
Elle
a
été
faite
par
un
Bonze,
qui
vint
à
la
Chine
lan
499
de
JC,
fous
le.
repne
de
la
dynaftie
de
Tcy.
»
Le
royaume
de
Fou-fang
eft
fitué
à
vingt
li
à
lorient
du
païs
»
de
Ta-han.
Il
ef
auf
à
left.
»
de
la
Chine
;
il
produit
une
3
»
grande
quantité d'arbres
nom=
»
més
Fou-fang
,
d'où
le
nom
»
quil
porte,
lui
eff
venu,
Les
»
feuilles
de
Fou-fang
font,
fem-
»
blables
à
celles
que
les
Chinois
»
appellent
tong.
Lorfquelles
»
commencent
à
paroître
,
elles
»
reflemblent
aux
bourgeons
des
»
rofeaux
appellés
bambous,
&
»
les
habitans
du
païs
les
man-
»_
gent.
Son
fruit
a
la
figure
d'une.
»
poire
tirant
fur
le
rouge;
de
…
»
fon
écorce
on
fait
de
la
toile
&.
»
d'autres
étoffes
dont
les
habi-
»
tans
fe
fervent
pour
s'habiller.
»
On
en
fabrique
auffi
du
papier,
»
&t
les
planches
que
lon
en
ti-
»
re,
font
employées:la
conf.
3
33
D.
2
truétion
des
maïfons,
On
n'y
trouve
point
de
villes
murées.
Ces
peuples
ont
une
efpèce
d'écriture
,
&ils
aiment
la
paix.
Deux
prifons
placées,
l'une
au
3
32
deftinées
À
renfermer
les
cri
minels,
avec
cette
différence,
%
que
les
plus
coupables
font
mis
32
dans
la
prifon
du
nord,
&
CF
»
transférés
enfuire
dans
celle
du
»
midi,
s'ils
obtiennent
leur
gra-
»
ce;
autrement
ils
font
condam-
à
nés
à
refter
toute
leur
vie
dans
»
la
première.
Îls
onc
la
liberté
de’
»_s'y
marier;
mais,
leurs
enfans
»
font
faits
efclaves,
Lorfque
les
»
criminels
fe
trouvent
tenir
un
»
des
principaux
rangs
dans
la
»
nation,
/les
autres
chefs
s'affem-
»
blent
au
tour
d'eux,
les
pla-
-»
cent
dans
une
fofle,
&
font
un
»
grand,
feflin
en
leur
préfence
;
»
On
les
juge
enfuite,.
Ceux
qui
»
Ont
mérité
la
mort,
font
enfe-
»
velis
vifs
dans
de
la
cendre,
&
»
leur
poftérité
eff
punie
fuivant
-n
[a
grandeur
du
crime,
»
Le
Rot
porte
le‘utre
de
no-
»
ble
Y-chi.
Les
principaux
dela
*
nation
après
lui
font
les
grands
»
@
les
petits
Touy-lou,
&
les
#
No-ta-cha.
Ce
Prince
eft
pré:
»
cédé
de
tambours
&
de
cornets
».
quand
il
fort.
[l
change
la:cou-
»
leur
de
fes
habits
tous
les
ans.
-»
Les
bœufs
de
ce
païs
portent
»
Un
poids
confidérable
fur
leurs
»
cornes
;
on
les
attelle
à
des
»
chariots”
Les
chevaux
&
les
»
cerfs
{ont
employés
au
même
»-ufage,-
Les
habitans
nourriffent
»
des
biches
comme
à
la
Chine
;
»
8
ils
en
tirent
du
beurre.
On
»
trouve
chez
eux
une
efpèce
de
»
poire
rouge
qui
fe
garde
pen-
»
dant
un
an
fans
fe
corrompre,
»
vue
grande
quantité
deplayeuls,
»
des
pêches,
du
cuivre;
il
n'y
a
»
point
dé
fer,
&
or
&
l'argent
»
n’y
font
point
eflimés.
»
Celüt
qui
veut
fe
marier
,
»
conftruit
une
maifon
ou
caban-
»
ne
près
de
celke
de
la
fille
qu'il
»
a
deffein
d’epouter
;
&
ila
foin
»
de
répandre
tous
les
jours
pen-
»
dant
l'année
nne
certaine
quan-
.»_tité
d'eau
fur
fa
terre
;
il
époufe'
»
enfuîite
la
fille,
fi
elle
veut
Y
»
confentir,
fi
nonilva
chercher
»
fortune
aïlleurs.
Les
cérémo-
»
nies
du
mariage
font,
pour
la
»
plus
grande
partie,
femblables
»
à
celles
qui
fe
prafiquent
à
la
»
Chine.
À
la
mort
dés
parens,
»
ils
jeûnent
plus
ou
moins
de
»
jonts
,
felon
le
deoré
de
con-
-»
fanñouinité,
&
pendant
leurs
»-pneres
ils
éxpofent
l'image
du
»
défunt,
[ls
n’ont
point
d'habits
»
de
deuil,
&
le
Prince
qui
fuc-
»
cède
à
fon
pere,
ne
prend
foin
»_
du
gouvernement
que
trois
ans
»
après
fon
élévation.
»
Anciennement
ces
peuples
»
n'avoient
aucune
connoiïflance
»
de
la
religion
de
Fo;
l'an
458
de
»
J.
C:
fous
la
dynaftie
de
Sum,
»
cinq
Bonzes
de
Samarcande
»
allerent
prêcher
leur
doûrine
»
dans
ce
pais;
alors
les
mœurs
»
changetent.
«
L'Hiftorien
dont
Ma-tuon-lin
a
copié
cette
relation
,
ajome
qu'on
n'avoit
aucune
connoïflance
du
païs
de
Fou-fäng
avant
l'an
458
;
&
M.
de
Guisnes
aflure
qu'il
n'a
vu
que
ces
deux
Écri-
vains
qui
en
parlent
d’une
ma-
nière
étendue;
quelques
Auteurs
de
diétionnaires
qui
en
font
anffi
mention
,
fe
contenrent
de
dire
qu'il
eft
fitué
dans
l’endroit
où
le”
Soleil
fe
leve.
Cette
relarion
nous
apprend
que
le
Fou-fang
eft
éloigné
de”
vingt
mille
li
du
Fa-Han
où
Kaim.
chatka
,
diflance
prefque
auf
D
üj
L
CH
Gaérabte
que
celle
qui
eff
en-
tre
les
côtes
du
Leao-tong
&
le
Kamchatka.
Ainfi
,
en
partant
d'un
des
ports
de
ce
dernier,
comme
de
celui
d'Avatcha,
&
-
faifant
voile
à
lorient
dans
un
efpace
de
vingt
mille
li,
ce
qui
préfente
une
grande
étendue
de
mer,
la
route
fe
termine
fur
les
côtes
les
plus
occidentales
de
l’A-
mérique,
&
vers
l'endroit
où
les
Ruffes
ont
abordé
en
1741.
Les
Hifloriens
Chinois
parlent
encore
d'un
pais
plus
oriental
de
mille
li
que
celui
de
Fou-fang.
Ils
le
nomment
le
royaume
des
femmes.
Mais,
leur
relation
eft
xemplie
de
fables
,
femblables
à
celles
que
nos
premiers
Voya-
geurs
ont
débitées
fur
les
pais
nouvellement
découverts.
»
Les
habitans
de
ce
royaume
»
font
blancs
;
ils
ont
le
corps
»
velu
&
de
longs
cheveux
qui
»_
tombent
jufqu’à
terre.;
À
la
fe-
»
conde
ou
à
la
troifième
lune,
_»
les
femmes
vont
fe
baigner
»
dans
un
fleuve,
&
elles
de-
»
viennent
enceintes.
Elles
enfan-
2
»
tième
lune.
Au
lieu
de
mam-
»
melles
,
elles
ont
derrière
la
»
tête
des
cheveux
blancs
d’où
il
fort
une
liqueur
qui
{ert
à
allaï-
Li
LHC
we
3
,
\»
ter
leurs
enfans.
On
dit
que
»
cent
jours
après
leur
naiflance,
»
ces
enfans
font
en
état
de
mar-
»
cher
,
&
paroïflent
hommes
3
»
femmes
prennent
la
fuite
à
la
».
vue
d'un
étranger,
&
elles
font
»
très-refpectueufes
envers
leurs
»
maris.
Ces
peuples
fe
nourrif-
»
_fent
d'une
plante
qui
a
le
goût
Ca
NS
tent
à
la
fixième
ou
à
la
fep-
faits
à
trois
ou
quatre
ans.
Les
EH
=»
&
l'odeur
du
fel,
&
qui
pour
»
Cette
raifon
porte
le
nom
de
»
plante
que
l’on
appelle
en
Chi-
»
nois,
Sie-hao,
qui
eft
une
efpè-
»
ce
d'abfinthe.
«
-
[left
aifé
d'appercevoir
dans
ce
récit
,
que
les
femmes
de
ce
pars
allaitoient
leurs
enfans
par
deflus
leurs
épaules
,
comme
en
plufieurs
endroits
des
Indes
;
ce
qui
a
donné
lieu
à
la
fable
que
l’on
rapporte.
-
On
trouve
encore
dans
les
mê-
mes
Auteurs
,
que
l'an
507
de
J.
C.
fous
le
regne
de
la
Dynaftie
des
Leam
,
un
vaifleau
Chinois,
qui
faifoit
voile
dans
ces
mers,
fut
porté
par
une
tempête
dans
une
ïfle
inconnue.
Les
femmes
reffembloient
à
celles
de
la
Chi-
ne
;
mais
,
les
hommes
avoient
la
figure
&
la
voix
comme
les
chiens.
Ces
peuples
fe
nourrif-
foient
de
petites
fèves,
avoient
des
habits
faits
d’une
efpèce
de
toile
,
@&
les
murailles
de
leurs
maifons
étoient
conftruites
avec
de
la
terre
élevée
circulairement,
Les
Chinois
ne
purent
entendre
leur
langue.
Il
y
a
lieu
de
croire
que
les
fèves
dont
on
parle,
font
le
maïs;
&
le
chevalier
de
Tonti,
dans
fa
relation
de
la
Louifiane,
rapporte
que
les
Taëncas
,
en
parlant
à
leur
Roi,
ont
coûtume
de
faire
de
grands
hurlemens,
comme
pour
Jui
rendre
plus
de
refpe&t
,
&
fai-
re
connoître
leur
admiration,
Une
pratique
femblable
chez
les
peu-
ples
de
l'ifle
dont
il
s’agit
,
a
pu
faire
dire
aux
Chinois
qu'ilsavoient
la
voix
femblable
à
celle
des
chiens.
Nous
ne
pouvons
douter
à
prés
fent
que
les
Chinois
n’aient
péné-
tré
fort
avant
dans
la
mer
du
Sud,
qu'ils
ne
l’aient
parcourue,
&t
que
par
conféquent
ils
n'aient
eu
affez
de
hardieffe
&
affez
d’habileté
dans
la
navigation
pour
fe
rendre
vers
la
Californie.
L'examen
de
la
rou-
te
qu’ils
tenoient,
&
les
diftances
qu'ils
ont
données
,
prouvent
qu'ils
y
alloient
l’an
458
de
Jefus-
Chrift.
Nous
trouvons
en
effet
quelques
traces
de
ce
commerce
*_
dans
nos
relations,
George
Horne
nous
apprend
qu'à
l'occident
du
païs
des
Épicériniens,
voifins
des
Hurons,
habitoit
un
peuple
,
chez
lequel
on
voyoit
aborder
-des
marchands
étrangers
,
qui
n’a-
voient
pas
de
barbe,
&t
qui
mon-
toient
de
grands
vaiffeaux.
Fran-
çois
Vafquez
de
Coronado
ra-
conte
aufhi
que
l’on
a
tronvé
à
Quivir
des
vaiffleaux
dont
les
poupes
étoient
dorées
;
&
Pierre
Mélendez,
dans
Acofta,
parle
de
débris
de
vaiffleaux
Chinois
vus
fur
les
côtes.
C'eft
encore
un
fait
confiant
,
qu'il
venoit
autrefois
chez
les
Catualcans
des
mar-
chands
étrangers
vêtus
de
foie.
Tous
ces
témoignages
joints
à
ce
que
nous
avons
rapporté,
devien-
nent
comme
autant
de
preuves
que
les
Chinois
trañiquoient
au
nord
de
la
Californie,
vers
le
pais
de
Quivir.
Nous
ferons
obferver
encore,
ce
qui
eft
une
fuite
né-
ceffaire
de
ce
commerce,
que
de
toutes
les
nations
Américaines,
les
plus
policées
font
fituées
vers
la
côte
qui
regarde
la
Chine.
Aux
environs
du
nouveau
Mexique,
ona
trouvé
des
peuples
quiavoient
des
maifons
à
plufieurs
étages,
—
robes
de
coron
&
de
CH
avec
des
falles,
des
2.
des
étuves.
Ils
étoient
vêtus
de
peaux
3
mais,
ce
qui
n’eft
point
ordinaire
aux
Sauvages,
c'eft
qu'ils
avoient
des
fouliers
&
des
bottes
de
cuir.
Chaque
bourgade
avoit
fes
crieurs
publics,
qui
annonçoient
les
or-
dres
du
Roi
,
&
par
tout
on
voyoir
des
idoles
&
des
temples.
Le
Baron
de
la
Montau
parle
auffl
des
Morambecs
qui
habi-
toient
des
villes
murées,
fituées
auprès
d’un
grand
lac
falé,
&
fa-
briquoient
des
étoffes
de
laine,
des
haches
de
cuivre
&
divers
au-
tres
ouvrages.
Quelques
Écrivains
ont
pré-
tendu
que
ces
peuples
policés,
fitués
au
nord,
font
des
reftes
des
Mexicains
qui
prirent
la
fuite
dans
le
tems
que
Fernand
Cortez
pénétra
dans
le
Mexique,
&c-qui,
remontant
au
nord
de
leur
pais,
allerent
fonder
des
royaumes
con-
fidérables
,
entrautres
celui
de
Quivir.
Quoique
cette
conjec-
ture
paroïfle
n'être
pas
deftituée
de
fondement,
nous
lifons
néan-
moins
dans
Acofta,
queles
Mexi-
cains
eux-mêmes
étoient,
long-
tems
avant
l'invañon
des
Efpa-
enols
,
fortis
da
nord
;
ce
qui
por-
te
à
croire
que
les
Chinois,
qui
abordoiïent
dans
cette
partie
fep-
tentrionale
de
l'Amérique,
ont
dû
contribuer
à
les
civilifer.
La
fondation
de
l'Empire
du
Mexi-
que
ne
remonte
pas
au
de-là
de
l'an
820
après
F,
C.
Époque
pof-
térieure
de
plufieurs
fiecles
aux
navigations
des
Chinois
,
dont
la
première
eft
de
458.
Les
peuples:
qui
l’habitoïent
avant
l'an
820,
&£
D
iv
S6
GK
qui-portoïent
le
nom
de
ChHichi-
meques
,
étoient
des
Sauvages
re-
tirés
dans
les
montagnes,
où
ils
vivoient
fans
loix
,
fans
religion
&
fans
Prince
pour
iés
pouver-
ner.
Vers
l’an
820,
les
Navatal-
ques
;
nation
fage
&
policée,
fe
rendirent
au
Mexique,
dont
ils
chaflerent
les
habitans
,
&
y
fon-
_derent
le
puiffant
Empire
que
les
Efpagnols
ont
détruir.
Les
Nava-
talques
n’apporterent
pas.
du
nord
la
coûtume
de
facrifier
des
vitti-
mes
humaines;
ces
facrifices
bar-
baresne
furent
inftitués
qu'après
leur
entrée
dans
le
Mexique,
&
à
l’occafñion
d’un
événement
dont
on
trouve
l’hifloire
dans
Acofta.
Ileft
aifé
maintenant
,
dit
M,
de
Guignes
,
d’appercevoir
de
quelle
manière
l'Amérique
a
été
peuplée,
Il
y
a
beaucoup
d’appa-
rence
que
plufieurs
colonies
ÿy-ont
pallé
par
le
nord
de
l’Afie,
dans
endroit
où
les
deux
continens
font
les
plus
voifins,
&
où
une
grande
ifle
qui
s'étend
de
l'orient
en
occident,
&
qui
femble
les
réunir
,
rend
encore
le
paflage
plus
facile.
Elles-ont
pu
s’y
ren-
dre,
foit
à
la
faveur
des
places
qui,
dans
ces
mers,
durent
quel-
quefois
pendant
deux
ou
trois
ans
,
Comme
on
en
a
vu
des
exemples
de
nos
jours,
foitavec
le
fecours
des
canots
en
ufage
chez
les
Groënlandois
&
autres
barbares
du
nord,
voifins
de
la
-
partie
la
plus
orientale
de
la
Si.
bérie.
On
peut
alléguer
quelques
faits
qui
confirment
la
facilité
du
paf-
fage;
nous
les
tirons
du
P.
Char-
levoix,
qui
rapporte
que
le
P,
GC
H
Grellon
,
après
avoir
travaillé
quelque
tems
dans
les
Miffions
de
“Ja
nouvelle
France,
pafla
à
celles
de
la
Chine,
&
de-là
en
Tarta-
rie,
où
il
rencontra
une
femme
Huronne
qu'il
avoit
connue
en
Canada,
Elle
avoit
été
prife
en
guerre,
&-conduite
d’une
nation
À
.
l'autre
jufqu'en
Tartarie.
Un
au-
tre
Jéfuite
de
retour
dela
Chine,
raconte
aufh
qu’une
femme
Efpas
gnole
de
la
Floride,
qui
avoit
eu
le
même
malheur
,
après
avoir
traverfé
des
répions
très-froides,
s’étoit
enfin
rencontrée
en
Tar-
tarie.
à
Quelques
extraordinaires
que
puiflent
être
ces
relations,
il
n’efl
cependant
pas
impoflible
de
les
concilier
avéc
la
Géographie.
Ces
femmes
parvenues
au
bord
de
la
mer
qui
lavent
les
côtes
occiden-
tales
de
Amérique,
ont
d'abord
“paflé
avec
des
canots
dans
l’ifle
qui
fe
trouve
dans
le
détroit,
d'où.
abordé
au
continent.
elles
ont
d'Afie
;
&
prenant
enfuite
la
route
du
Ta-han,
que
nous
avonsin-
diquée,
elles
fe
font
approchées
de
la
Chine.
M.
de
Guignes,
dans
un
autre
mémoire
,
après
avoir.
examiné
l'origine
des
lettres
Phéniciennes,
Hébraïques,
&c.
effaie
d'établir
que
le
cara@ère
épiftolique,
hié-.
roglyphique
&
fymbolique
des.
Égyptiens
fe
trouve
dans
les
ca-
ractères
des
Chinois,
&
que
Ja
nation
Chinoife
eft
une
colonie
Égyptienne
,
&
celle
de
toutes
les
colonies
de
l'antiquité,
qui
a:
le
mieux
confervé
fon
origine
fes
monumens.
»
Cette
confé-
»
quence
;
ajoûte
M,
de
Gui-
RE
—
SEE
Ter|
5)
y
3
»
3
D)
3)
3)
ELA
»
»
#
3
»
»
»
3)
»
»
5
3
5
3
3
3
»
»
5
5
FH]
»
3
»
3)
3
»
»
d
»
3
3
3
3»
»
9?
CH
‘ges,
me
conduit
à
une
autre,
Les
premiers
Empereurs
de
la
Chine
,
enfuite
les
deux
pre-
mières
Dynafties;
qui
ont
regné
environ
douze
cens
ans
,
ne
de-
viennent
plus
que
des
Dynafties
gyptennes,
dont
la
colonie
a
fait
la
tête
de
fon
hifioire,
Dans
les
cinq
premiers
Empereurs
de
la
Chine,
c'eft-ä-dire,
Ki
faccefleur
de
Yu,
Kans,
Féhong,
Siang
,
je
lis
dans
les
anciens
caraétères
Yadoa,
qui
répond
à
Athoës
fuccefleur
de
Menès
;
Yabia,
qui
répond
à
Diabiès;
Phenphi,
qui
répond
à
Pemphos
;
Aïm
qui
répond
à
Amachus.
On
voit
que
ces
Princes
font
les
premiers
rois
de
Thebes.
En
effet
les
évene-
mens
concourent
à
établir
tou-
tes
ces
vues......
L'ancienne
année
Chinoïfe
eft
Ja
même
que
celle
des
Égyptiens.
La
grande
muraille
eit
ün
ouvrage
que
des
Égyptiens
feuls
ont
pu
concevoir
,
&
qui
eft
compa-
rable
aux
Pyramides,
Les
An-
nales
parlent
d’une
famine
de
plufieurs
années,
c’eft
proba-
blement
la
famine
de
Jofeph.
Les
grands
travaux
faits
pour
arrêter
les
débordemens
,
ont
été
faits
pareillement
en
Égyp-
te.
pour
le
débordement
du
il,
&
ont
été
accompagnés
es
mêmes
circonftances.
Ÿao
Paroït
connoiître
toute
la
Chi-
ne;
tous
fes
fujets
paroïflent
policés.
Quinze
cens
añs
après,
nous
voyons
encore
la
plus
grande
partie
de
la
Chine
bar-
bare
;
c’eft
une
contradiction
manifefie
,
qui
ne
s'explique
|
Cr
57
»
qu'en
regardant
Yaocomme
un
»
Prince
qui
regnoiten
Épypre.
»
Lacolonie
Égyptienne
ne
pa-
»
roit
être
venue
à
la
Chine
que
,
»-vers
lan
1122
avant
J.
C.
»
Alors
on
voit
un
Prince
qui
la
»_
partage
avec
un
prand
nombre
»
de
capitaines
pour
les
récom=
»
penfer.
Ces
capitaines
s'éren-
»
dent
däns
les
provinces
,
raf-
»
femblent
les
peuples
barbares,
»
&
les
policent;
on
apperçoir
à
»
cette
époque
la
formation
d'un
»
Empire.
«
|
VIEE
Chrétiens
établis
à
la
Chine.
Nous
ne
pouvons
douter
qu'a-
yant
l’établifflement
des
Mifions
qui
fubfftent
aujourd'hui
dans
la
Chine
,
il
n'y
en
ait
eu
de
plus
anciennes
,
je
veux
dire
,
fous
Île
regne
des
Mogols,
qui
ont
poilédé
cet
Empire
pendant
environ
qua-
tre-vingt-huit
ans.
Nous
en
trou-
vons
un
témoignage
authentique
dans
les
relations
des
voyages
faits
ou
à
la
Chine
ou
en
Tartarie
par
Plän
Carpin,
Rubruquis,
Marco
Paulo
,
&
les
autres
voyageurs
des
douzième
&
treizième
fiecles.
Au
rapport
de
Haiton,
Écrivain
con-
temporain
,
Mangou-khan
avoit.
reçu
le
baptême
des
mains
d'un:
Évêque
qui
étoit
chancelier
du
roi.
d'Arméme
;
fon
fuccefleur
Cublai-khan
,
qui
étoit
devenu
le
maitre
abfolu
de
toute
la
Chine,
avoit
imité
cet
exemple
;
&
Mar-
co
Paulo,
qui
vivoit
dans
le
mé-
me
tems,
ditavoir
vu
dans
plu-
fieurs
villes
de
la
Chine,
des
Églifes
&
un
grand
nombre
de-
Neftoriens.
Il
eff
vrai
que
;
felon.
58
.
CH
Rubruquis,
ces
Neftoriens
mé-
mes.
étoient
moins
Chrétiens
que
Mahométans
ou
Payens
;
ils
avoient
oublié
le
Syriaque
qui
étoit
leur
langue
naturelle
;
is
époufoient
plufieurs
femmes,
&,
à
l'exemple
des
Mufulmans,
ils
avoient
tranfporté
au
vendredi
la
célébration
du
dimanche.
Ils
fai-
foient
ordonner
prêtres
leurs
en-
fans
au
berceau,
&
dans
certains
tems
de
l’année
,
ils
alloient
offrir
:
‘
de
l’encens
aux
cavales
de
l'Em-
pereur.
Si
les
prêtres
Neftoriens
tiennent
une
conduite
fi
oppofée
à
la
religion,
que
devons-nous
penfer
du
Chriftianifine
des
Kans
-
Mogols?
Nous
devons
cependant
avoir
une
idée
plus
favorable
de
celu:
de
la
Chine
,
où
les
peuples
font
bien
éloignés
de
cette
bar-
barie
que
nous
voyons
regner
parmi
les
Tartares;
mais,
quel
que
puiffe
être
le
Chriftianifme
,
ï
eft
toujours
certain
qu'il
éroit
établi
à
la
Chine
dans
le
douziè-
me
fiecle
;
nous
le
trouvons
en-
core
dans
des
tems
plus
recalés
;
&
versl’an
867,
Mafoudy
nous
apprend
qu'on
rebelle
Chinois
ayant
pris
cette
année
Ja
ville
de
Canfou
,
aujourd'hui
Canton,
il
y
périt
fix
vingt
mille
Mahomé-
tans,
Juifs,
Chrétiens
&
Parfis,
qui
y
demeuroient
pour
leur
né-
goce.
Voilà
le
témoignage
étran-
er
le
plus
ancien
que
nous
ayons
de
l'établiffement
des
Chrétiens
à
la
Chine
;
mais
,
l’an
7625
onen
a
découvert
un
dans
le
pais
même
beaucoup
plus
authentique.
En
creufant
dans
un
village
près
de
la
ville
de
Siganfou
,
ca-
pirale
de
la
province
de
Chenfy
;
CH
on
trouva
une
très-prande
pietré,
au
haut
de
laquelle
étoit
une
croix,
&
enfuite
une
Infcription
quien
occupoitc
toute
l'étendue;
une
par-
*
tie
éroir
en
carattères
Chinois,
&
l'autre
en
caraétères
Syriens
ma-
jufcules,
appellés
communément
Stranghelo,
Le
Mapiftrat
du
heu,
qui
crut
devoir
la
conferver,
la
fit
tranfporter
dans
un
temple
de
Bonzes.
é
L'Infcription
Syriaque
portoit
que
ce
monument
avoit
été
élevé
pendant
que
Anan-yefou
,
pa-
triarche
des
Neftoriens,
étoit
fur
le
fiege
,
l'an
1092
des
Grecs,
de
J.
C.
781
,
par
les
mains
de
Mar-yazed-buzid,
prêtre
&
chor-
évêque
de
Chumdan,
fils
d'u
autre
prêtre
venu
de
Balkh,
ville
du
Tokhareflan.
On
voit
enfuite
les
fignatures
d’un
grand
nombre
de
prêtres
Neftoriens.
Nous
apprenons,
par
l’Inferip-
tion
Chinoife
,
que
le
monument
fervoit
à
conferver
la
mémoire
de
létabliffement
de
la
très-illuftre
loi
du
Ta-tfin,
&
qu'il
avoitété
érigé
par
Kim-teim,
Bonze
d’une
pagode
de
Ta-tfin.
Tout
ce
qui
fuitcontient
les
principaux
dogmes
de
la
religion
Chrétienne;
il
y
el
rapporté
qu'Aloho
,
c’eft-ä-dire,
Dieu,
en
langue
Syrienne,
créa
le
ciel
&
la
terre
,;
&
que
Satan:
ayant
féduit
le
premier
homme,
Dieu
envoya
le
Meffie
pour
déli-
vrer
les
hommes
du
péché
origi-
nel
;
qu'il
naquit
d'une
vierge
dans
le
pais
de
Ta-tfin,
&
que
-
des
Perfans
vinrent
l’adorer,
&c.
Ce
feroit
ici
le
lieu
d'examiner
en
quel
tems
les
Chrétiens
ont
commencé
à
pénétrer.dans
la
Chi-
CH
ne;
c'eft
une
queftion
curieufe,
mais
qu'il
n’eft
pas
aifé
d'éclaircir
parce
que
les
Chinois
n'entrent.
pas
dans
d’aflez
grands
détails
fur
ce
qui
regarde
les
pais
étrangers;
cependant,
après
avoir
confidéré
attentivement
toute
l’hiftoire
de
la
Perfe
,
de
la
Tartarie
&
de
la
Chine,
depuis
le
premier
fiecle,
on
eft
porté
à
croire
que
les
Chrétiens
n’ont
pas
été
long-tems
fans
y
aller.
:
Une
foule
d'Auteurs
,
tant
Grecs
que
Syriens,
paroifflent
ne
pas
douter
que
Saint
Thomas
n'ait
pénétré
dans
l'Inde
pour
y
pré-
cher
la
Religion
Chrétienne,
après
l'avoir
annoncée
aux
Parthes
&
aux
peuples
de
fa
Ba@riane.
On
dit
auf
que
Saint
Barthélemi
y
pénétra.
Joignez
à
ces
témoigna-
ges
authentiques
cetre
ardeur
que
les
premiers
Chrétiens
avoient
de
porter
l'Évangile
chez
les
Infide-
les.
On
ne
peut
fe
perfuader
qu’ils
aient
néplicé
l'Inde
,
fi
connue
alors
&
fi
fréquentée,
en
confé-
quence
du
commerce
qui
étoit
en-
tre
fes
habitans
,
les
Syriens,
les
Perfes
&
les
Arabes.
Or,
dans
ce
même
tems,
les
Chinois
envoient
chercher
dans
l’Inde
les
livres
d'une
religion
qui
fe
trouve
être
celle
de
Fo
,
&
en
l'introduifant
dans
la
Chine,
ils
introduifent
le
culte
des
idoles.
On
pourroit
être
tenté
de
croire
que
cette
ambaf-
fade
>
Envoyée
dans
l'Inde
par
l'empereur
Mim-ti,.
regardoit
le
Chriftianifme,
qui
y
étoit
prêché
par
les
premiers
Chrétiens
;
que.
les
ambaffadeurs
le
firent
connoi-
à
la
Chine,
mais
qu'infenf-
lement,
&
faute
d’un
affez
grand
CH
59.
nombre
de
Miffionnaires,
il
dégé-
néra
en
un
culte
Idolâtre
&
#
trouva
confondu
avec
la
religion
Indienne
,
comme
les
Chmois
le
confondoient
encore
dans
Je
fep-
tième
fiecle
;
ainfi,
ces
peuples
auroïent
eu
connoiflance
du
Chrif-
tianifme
dès
l'an
65
de
Jefns-
Chrift
;
mais,
il
eft
certain
que
vers
l'an
337
les
Chrétiens
étoient
en
grand
nombre
dans
cet
Empi-
re,
puifqu’un
Bonze
du
Ta-tfn,
c'eft-à-dire
,
fuget
de
l'Empire
Romain,
qui
fe
faifoit
nommer
Héou-tfe-kouam-jo
,
à
la
tête
d’un
grand
nombre
de
partifans,
voulut
fe
faire
déclarer
Empereur,
fe
difant
fuccefleur
de
Fo,
c’eft-
à-dire,
de
Jefus-Chriff.
doi
qu'il
en
foit,
dans
le
pre-
mer
fiecle
les
Chinois
étoient
en
relation
avec
les
nations
occiden-
tales
;
leurs
armées
s’étoient
avan-
cées
jufques
vers
la
mer
Cafpien-
ne
;
de
forte
qu'indépendamment
de
la
route
des
Indes,
qui
étoir
cependant
la
plus
facile,
les
Mir
fionnaires
pouvoient
s’y
rendre
pat
la
Tartarie.
À
peine
avoient-ils
quitté
les
frontières
du
païs
des
Parthes,
qu'ils
devoient
fe
trou-
ver
fur
celles
des
Chinois,
dont
la
demination
s’étendoit
jufqu'aux
environs
de
Kafchgar
&
de
la
Ba@riane.
On
ne
peut
donc
s’ima-
giner
que
les
premiers
Chrétiens,
difperfés
dans
la
Perfe
&
dans
les
Indes
,
aient
négligé
de
porter
à
ja
Chine
la
connoïffance
de
l'É-
vangile,
pendant
qu’une
foule
-de
négocians
y
portoient
leurs.
mar-
chandifes.
Dansla
fuite,
quelques
fetes
Chrériennes,
qui
avoient
puié.
66
CH
une
ifle
très-fameufe
des
Toniens,
&
qu'elle
a
une
ville
du
même
nom,
en
quoi
il
parle
jufte
;
l'au-
tre
Chio
de
Carie
eft
imaginaire.
Le
même
Étienne
de
Byzance
met
une
autre
ville
du
nom
de
Chio
dans
l'Eubée,
CHIOMARE,,
Chiomara,
(a)
femme
d’un
haut
rang
,
d'une
rare
beauté,
&
plus
recommandable
encore
par
fa
vertu.
Elle
avoit
époufé
Ortiapon
,
l’un
des
chefs
des
Gaulois
ou
Galates.
Ayant
été
prife
vers
l'an
de
Rome
563
avec
plufieurs
autres
à
la
déroute
du
mont
Olympe
,
elle
étroit
gar-
dée
par
un
Centurion,
aufh
paf-
fionné
pour
l'argent
que
pour
les
femmes,
D'abord
il
tâcha
de
l'en-
gager
à
confentir
à
fes
infames
défirs;
mais,
ne
pouvant
vaincre
fa
réfiftance
&
fa
fermeté
,
il
crut
pouvoir
employer
la
violence
fur
une
femme
que
fon
malheur
avoit
réduite
à
l'efclivage.
Enfuite,
pour
lui
faire
oublier
cet
outrage
,
il
lui
offrit
de
la
renvoyer
en
liberté,
non
cependant
fans
rançon.
Îl
convint
avec
elle
d'une
certaine
fomme
;
&
pour
cacher
ce
com-
plot
aux
autres
Romains,
il
lui
permit
d'envoyer
à
fes
parens
tel
des
prifonniers
qu'elle
voudroit
Choïfir,
&
marqua
près
du
fleuve,
Je
lieu
où
fe
feroit
l'échange
de
la
Dame
&
de
l'or.
Par
hazard
elle
avoit
un
de
fes
efclaves
parmi
les
prifonniers.
Ce
fut
lui
fur
qui
elle
Jetta
les
yeux;
&
aufli-tôt
le
Cen-
*
turion
le
conduifit
hors
des
corps-
de-pardes
à
la
faveur
des
téne-
CH
bres,
Dès
la
nuic
fuivante,
deux
parens
ou
amis
de
la
Princefle
fe
trouverent
au
rendez-vous,
où
le
Centurion
amena
aufli
fa
prifon-
nière..
Quand
ils
lui
eurent
pré-
fenté
le
talent
attique
qu'ils
avoient
apporté,
c'étoit
la
fomme
dont
on
étoit
convenu
,
la
Dame
dit
en
fa
langue
à
ceux
qui
étoient
venus
pour
la
recevoir,
de
tirer
leurs
épées
,
&
de
tuer
le
Centu-
tion
qui
s’amufoit
à
pefer
cet
or.
Alors
cette
femme
,
charmée
d’avoir
lavé
par
fon
courage
l'in-
jure
faite
à
fa
chafleté
,
prit
la
tête
de
cet
officier
qu'elle-:même
avoit
coupée,
&
la
cachant
fous
fa
robe,
elle
alla
retrouver
fon.
mari
Ortiagon
qui
s’en
étoit
re=
tourné
chez
lui
après
la
défaite
des
fiens
au
mont
Olympe.
Avant
que
de
l’embraffer
,
elle
jetta
à
fes
pieds
la
tête
du
Centurion.
Étran-
gement
furpris
d’un
tel
fpeétacle,
il
lui
demanda
de
qui
étoit
cette
tête,
&
ce
qui
l’avoit
portée
à
faire
une
action
fi
peu
ordinaire.
à
fon
fexe.
Le
vifage
couvert
d’une
fubite
rougeur,
&
enflam-
mée
en
même
tems
d'une
fiere
indignation
,
elle
avoua
l’outrage
qu'elle
avoit
recu,
&
la
vengean-
ce
qu'elle
en
avoit
tirée.
Pendant
tout
Jerefte
de
fa
vie,
elle
con-
ferva
toujours
le
même
attache-
ent
pour
la
pureté
de
vie
&
de
mœurs
qui
fait
la
principale
gloire
du
fexe,
&
foûtint
merveilleufe=
ment
lhonneur
d'une
ation
fi
male
&
fi
généreufe.
Plutarque
raconte
ce
fait
dans
:
{a)
Tite
Liv.
L
XXXVIN,
c,
24
Roll.
Hif,
Rom,
Tom,
IV,
pag.
362
&
HET
{
CH
le
traité
des
vertus
&
des
belles
actions
des
Dames,
&
c’eft
lui
qui
nous
a
appris
le
nom
de
celle-ci,
bien
digne
d'être
tranfmis
à
la
poftérité.
CHION
,
Chion,
(2)
l’un
des
principaux
chefs
de
Ja
conjuration
formée
contre
Cléarque
,
tyran
d'Héraclée.
Après
avoir
tué
le
Tyran,
il
fur
lui-même
tué
par
fes
gardes,
les
autres
conjurés
ne
lui-ayant
pas
donné
un
aflez
prompt
fecours
pour
le
fauver.
CHION,
Chion
>
(ë)
nom
d'une
courtifanne,
dont
il
eft
fait
Mention
dans
Juvénal.
-
CHION
,
Chion,
(c)
terme
qui
fe
lit
dans
le
texte
Hébreu
d'Amos.
Le
paflage
ef
cité
dans
les
Ales
des
Apôtres,
où
l’on
Bt
ainfi,
fuivant
la
Vulgate.
Pous
avez
porté
le
tabernacle
de
Mo-
loch
,
&
l'étoile
de
votre
dieu
Remphan,
qui
font
des
figures,
que
VOUS
avez
faites
pour
les
ado-
rer.
Le
texte
Hébreu
d'Amos
dit
:
Vous
avez
porte
les
tentes
de
votre
Roi
&
le
piédeftal
[le
Chion
|
de
vos
figures
,
l’éroile
de
vos
dieux
que
vous
vous
êtes
faits.
Îl
y
a
aflez
d'apparence
que
les
Septante
ont
lu
Repham
ou
Re-
van,
au
lieu
de
Chion
,
ou
Che-
van,
&
qu'ils
ont
pris
le
piédef.
tal
pour
un
dieu,
D’autres
croyent
Voir
ici
trois
faufles
divinités
:
Meloch,
Chion
&
Remphan.
autres
veulent
que
ces
trois
noms
ne
marquent
qu'un
même
dieu,
&
que
ce
dieu
étoit
Satur-
(a)
off.
Le
XVI.
es.
(b)
Juven,
Satyr,
3.
v.
136
(c)
Amos
C5
Ve
a6.
Attu,
Apoit.
Ce
7e
Ve
43:
C
H
67
ne
&
fa
planete.
Saumaïfe
&
Kircher
avancent
que
Kiion
éft
Sa-
turne
,
&
que
{on
étoile
s’appelle
Keiran
chez
les
Perfes
&
les
Ara-
bes
,
&
que
Remphan
où
Rephan
figaifioit
la
même
chofe
chez
les
Égyptiens.
On
ajoûte
que
les
Septante
qui
faifoient
leur
traduc-
tion
en
Égypte,ont
changé
le
terme
de
Chion
en
celui
de
Remphan,
parce
qu'ils
avoient
l’un
&
l’autre
la
même
fignification.
D'autres
veulentencore
qu'Her.
cule
fût
repréfenté
par
Chion
,
parce
que,
difent-ils,
ce
dieu
en
Egyptien
s’appelloit
Chon;
&
ils
ajoûtent
que
c'étoit
le
fymbole
du
Soleil
,
parce
que
foit
que
ce
nom
vienne
de
l’Hébreu
feir
,
col
,
c’eft-à-dire
,
i/
éclaire
tour
$
foit
qu'il
vienne
du
Grec
Hépoc
mé,
C'eft-à-dire
,
/7
gloire
de
Pair,
i
eft
clair
qu’il
marque
Je
Soleil;
car,
d'où
l'air
recoit-il
fa
lumière
,
fi
ce
n'eft
du
Soleil
?
M.
Bafnage,
dans
fon
livre
in-
titulé
Antiquités
Judaïques
,
après
avoir
beaucoup
difcouru
fur
Chion
ou
Remphan,
conclut
que
Mo-
loch
étoit
le
Soleil,
&
Chion
ou
Remphan
la
Lune.
CHIONE,
Chione
,
Xibyu»
(4)
fille
de
Dédalion
,
étoit
d'une
ex
cellente
beauté.
Dès
l'âge
de
qua.
torze
ans
,
elle
fut
aimée
de
tout
le
monde,
&
recherchée
de
tous
ceux
dont
la
condition
pouvoit
leur
donner
quelque
efpérance.
Un
jour
,
comme
Apollon
&
Mercu-
re
révenoient
;
l’un
de
Delphes
:
(4)
-Ovid.
Metam.
L.
XI.
c.
9:
Myth,
par
M.
lAbb,
Ban,
Tom.
VIII,
pag.
46,
47:
Méim.
de
l'Acad,
des
Infc,
&
Bell:
Lert.
Tom,
X,
pag.
201.
;
E
ij
68
CH
l'autre
du
mont
Cyllène,
ils
la
virent,
&
tous
deux
en
même
tems
commencerent
à
l'aimer.
Apollon
différa
jufqu’à
la
nuit
pour
fatis-
faire
fa
pafñion
;
mais,
Mercure
ne
put
différer
plus
long-tems;
il
l'endort
&
fe
fatisfait
;
&
dès
qu'il
fut
nuit,
Apollon
déguifé
en
vieil-
le,
vint
à
fon
tour
(e
fatisfaire.
Chione
conçur
de
l’un
&
de
l'au-
tre,
&
neuf
mois
après
,
elle
ac-
coucha
de
deux
fils.
Elle
eut
de
Mercure
un
enfant
ingénieux
qu’on
appella
Autolyeus,
&
qui
montra
par
fon
adrefle
dans
toute
forte
de
larcins,
qu'il
ne
dégéné-
roit
pas
de
fon
pere.
Mais,
elle
eut
du
dieu
du
jour
lexcellent
Philammon,
qui
chantoit
parfai-
tement,
&
jouoit
de
même
de
la
lyre,
&
qui
fit
voir
par
fes
qua-
liés
de
quel fang
il
éroit
forti.
Cependant,
il
ne
fervit
de
rien
à
Chione
d’être
mere
de
deux
en-
fans
fi
renommés,
d'avoir
eu
des
dieux
pour
amans
,
d’être
fille
d'an
pere
illuftre,
&
d’avoir
pour
fon
ayeul
le
plus
puiflant
de
rous
les
dieux.
Au
contraire
tous
ces
avantages
furent
la
caufe
de
fa
perte.
En
étantdevenue
orpueil-
leufe
,
elle
eut
la
hardiefle
de
pré-
férer
fa
beauté
à
la
beauté
de
Diane,
&
même
de
la
méprifer,
Mais,
elle
éprouva
bientôt
que
les
dieux
fonttoujours
puiflans,
&
que
leurs
vengeances
font
toujouts
prêtes.
Diane
offenfée
de
l'orgueil
de
cette
fille,
prit
fon
arc,
&
lui
tira
une
fleche
,
qui
lui
perça
la
langue
qui
avoit
commis
la
fante.
Chione
perdit
de
ce
coup,
pre-.
mièrement.la
parole,
&
enfüuite
voulant
s'efforcer
de
parler,
elle
CF
erdit
la
vie
avec
fon
fang.
L'on
dit
que
Chione
eur
deux
maris,
dont
l’un
étoit
un
véritable
Mercure,
&
l’autre
un
véritable
Apollon
;
qu’elle
eut
un
fils
de
chaque
mari,
que
ces
deux
enfans
tenoientchacun
del’humeurdeleur
pere;
que
le
fils
de
celui
qui
reffém-
bloit
à
Mercure,
fut
un
fourbe
&
un
voleur
;
que
l’autre
fut
un
hon-
nête
homme
qui
aima
les
fciences
&
les
beaux
divertiflemens
,
&
que
ce
font
ces
circonftances
qui
ont
donné
lieu
à
cette
fable.
Car,
de
croire
que
cette
femme
ait
en
même
tems
conçu
de
deux
hom-
mes,
c’eft
une
chofe
qui
n’a
point
lieu
,
&
qui
elt
contre
l’ordre
de
la
nature.
L'on
veut
donc
faire
voir
par
cette
fable
que
les
enfans.
tiennent
ordinairement
de
leurs.
peres
,
&
que
la
nature
qui
garde
inviolablement
cette
loi
en
toutes
fes
opérations
,
que
‘la
chofe
pro-
duite,
reflemble
à
celle
qui
l’a
roduite
,
l'obferye
bien
fouvent
en
l'homme.
Ce
n'eft
pas
,
difent
quelques
uns
,
qu'Autolycus
&
Philammon
foient
nés
ni
de
Mercure
,
ni
d’A-
pollon
;
mais
on
veut
montrer
par-là
qu'ils
font
nés
fous
ces
pla-
netes
;
&
que
fi
l'on
s'arrête
à
l’o-
pinion
de
ceux
qui
donnent
com
me
une
puiflance
fouveraine
aux
influences
des
aftres
,
on
peut
dire
que
les
hommes
font
les
enfans
des
planetes
fous
lefquelles
ils
font
nés,
parce
que
ces
planetes
les
forment
&
les
rendent
ce
qu'ils
font.
Autolycus
fut
donc
un
vo-
leur,
parce
que
cèux
qui
ont
comme
lui
pour
leur
afcendant
Mercure,
placé
dans
un
mauvais
CH
endroit
du
ciel,
font
pour
lordi-
naïre
de
l'humeur
d’Autolyeus
,
&
en
ont
les
qualités.
Nous
dirons
la
même
chofe
de
Philammon;
car
,
ceux
à
la
naïffance
defquels
le
Soleil
préfide,
placé
dans
un
bon
endroit
du
ciel,
ont
de
l'in-
clination
pour
les
chofes
honné-
tes,
&
pour
les
belles
fciences.
Quant
à
la
manière
dont
Chio-
ne
fut
tuée
par
Diane,
cela
n’a
d'autre
fondement
que
fa
mort
prématurée.
Son
pere
,
affigé
de
la
mort
d’une
fille
unique
qu'il
aimoit
tendrement,
fut
changé
en
épervier
;
fittion
tirée
de
ce
qu'apparemment
il
abandonna
le
pais
pour
aller
s'établir
dans
un
lieu
éloigné.
CHIONE,
Chione,
Xitrm,
(a)
fille
de
Borée
&
d'Orithyie,
eut
de
Neptune,
Eumolpe,
qui
fut
un
homme
d’un
grand
courage.
CHIONE
,
Chione,
X:om,
(6)
lune
des
maîtrefles
de
Neptune,
felon
Saint
Clément
d'Alexandrie.
Eft-ce
la
même
qui
précede,
ou
quelque
autre
différente
?
quel-
ques-uns
font
Chione
mere
de
ape,
--CHIONIDEÈS
;
Chionides
,
Xvid
y,
Poëre
d'Athènes,
vi-
voit
fous
la
7oe
Olympiade,
huit
ans
avant
la
bataille
de
Marathon,
&
500
ans
avant
J.
C.
On
le
met
ordinairement
le
premier
entre
les
Poëtes
de
la
commédie
an-
cienne.
CHIONIDES
XYPÉTÉON,
Chionides
Xypeteon
;
Xierldus
Svreræo,
(c)
certain
homme,
(a)
Pauf.
p,
#0.
(ë)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern,
de
Monif,
Tom,
I,
pag,
65,
376
S19e
CH
69
dont
parle
Démofthène
dans
une
de
fes
harangues.
:
:
2
CHIONIS
,
Chionis
,
Xwwc,
(d)
célebre
Athlete
de
Lacédé-
mone
,
qui
avoit
gagné
plufeurs
fois
le
prix
aux
jeux
Olympiques.
Paufanias
,
dans
fes
Meflénia-
ques,
dit
qu'il
remporta
Ja
vic-
toire
pour
la
troifième
fois
fous
l’archontat
de
Miltiade
,
en
la
20e.
Olympiade;
mais,
c’eft
une
mé.
prife.
de
quelque
copifte
,
qui
a
écrit
un
nombre
pourun
autre,
car
Paufanias,
dans
fes
Arcadi-
ques
;
dit
bien
nettement
que.
Mültiade
fut
archonte
à
Athènes
la
deuxième
année
de
la
30e
Olym-
piade
,
en
laquelle
Chionis
fut
vainqueur
au
fiade
pour
la
troi-
fième
fois.
Les
vittoires
de
Chionis
étoient
gravées
fur
une
Colonne,
qui
fe
voyoit
à
Olympie.
Quelques-
uns
,
&
c’étoient
fans
doute
des
Éléens,
s’imaginoient
que
cette
colonne
avoit
été
pofée
par
Chio-
nis
lui-même,
&
non
par
le
peu-
ple
de
Lacédémone.
»
Parler
»
ainfi,
dit
Paufanias,
c'eft
par-
»
ler
en
étourdi;
caf,
l’Infcrip-
»
tion
dit
expreflément
que
l’ufa-
»
ge
de
courir
armé
n'avoit
pas
»
encore
été
introduit.
[l
faudroit
»
donc
que
Chionis
eût
deviné
»
que
les
Éléens
introduiroient
»
un
jour
cet
ufage.
C’eft
fe
trom-
».
per
encore
plus
lourdement
que
»
de
prendre
la
ftatue
qui-eft
»
adoflée
contre
cette
colonne
».
pour
la
ftatue
de
Chionis,
pui
»
que
c’eft
Myron
qui
l'a
faite,
«.
(c)
Démofth.
in
Neær:
p.
86:
:
(d)
Pauf,
pag,
260
,
261,
366,
3670
ii
70
C
H
Myron
Athénien
étoit
de
beau-
coup
antérieur
à
Chionis
;
ain,
il
n'avoit
pu
faire
la
ftatue
de
ce
Chionis
;
voilà
ce
que
l’Auteur
veur
dire,
CHIONIS,
Chionis,
Xrne,
(2)
fameux
ftatuaire
,
qui
avoit
fait
une
Minerve
&
une
Diane,
que
l'on
voyoit
à
Delphes,
-
CHIONITES,
Chionite,
peuples
d’Afie,
voifins
des
Per-
fes,
felon
Ammien
Marcéllin.
Ju-
nius
prétend
qu'il
faut
lire
Cyna-
molges.
Si
ce
pallage
étoit
unique
dans
Ammien
Marcellin
,
un
Grammairien
pourroit
propofer
ce
changement
comme
une
con-
jeéture
;
mais,
cet
Hiforien
parle
en
plufieurs
endroits
de
ces
peu
ples,
&
les
nomme
conftamment
Chjonites.
-
Ï]
dit,
au
livre
dix-feptième,
que
le
roi
de
Perfe
fe
trouvant
aux
fronuères
des
nations
exté-
rieures,
&
ayant
fait
alliance
avec
les
Chionites
&
les
Gélons,
les
plus
braves
guerriers
de
tous,
étoit
près
de
s'en
retourner
dans
“fes
États,
lorfqu’il
reçut
une
lettre
de
Sapor.
Il
dit
ailleurs
:
»
Il
y
#
avoit
en
ce
tems-là
un
Satrape
_»
de
Corduerne,
foumis
à
la
do-
»
mination,
des
Perfes,
nommé
»
Jovinien,
ami
fecret
des
Ro-
»
mains.....
Je
fus
envoyé
vers
»
lui
avec
un
centurion
,
homme
»
de
confiance...
Îl
me
donna
»
unguide
difcrer
&
qui
connoif-
»
foit
tous
les
chemins,
&
me
fit
»
aller
{ur
des
roches
extrême-
>
ment
hautes
&
affez
éloignées
»
de-là
;
d’où
l’on
eût
pu
voir
à
(a)
Pauf.
pe
633:
CH
»
cinquante
milles
de
diftance,
»
tien
ne
bornant
la
vue
que
la
»
foibleffe
des
yeux.
Après
nous
»
être
arrêtés
deux
jours,
en
cet
»
endroit,
le
troilième
venant
à
»
paroitre,
nous
vimes
tout
l’ho-
»
rizon
couvert
dé
troupes
in-
»
nombrablés
;‘
le
roi
de
Perfe
»
marchant
à
la
tête
,
&
diftingué
»
par
des
habits
qui
jettoient
un
»
grand
éclat.
À
fa
gauche
mar-
»
choit
Grumbate,,
roi
des
Chio-
»
nites;
c'étoit
un
homme
entre
»
deux
âges,
dont
la
peau
avoit
»
déjà
des
rides,
mais
dont
l'ame
»
ne
formoit
que
de
grands
pro=
»
jets,
&
qui
s'étoit
rendu
fa-
»
meux
par
un
grand
nombre
»
de
victoires.
À
droite
étoit
le
»
roi
des
Albaniens,
&c.
«
Ce
même
Grumbate,
roi
des
Chio-
nites,
paroïît
encore
au
fiege
d’A-
mide
,
où
1}
combattit
avec
d’au-
tant
plus
d'erdeur,
qu'il
venoit
d'y
perdre
fon
fils
unique
,
dont
Ammien
Marcellin
décrit
les
fu-
nérailles.
Ces
trois
paflages
fufhfent,pour
faire
voir
qu'il
ne
faut
rien
chan-
ger
au
nom
du
peuple
Chioni-
te,
&
en
même
tems
fervent
à
faire
voir
où
il
étoit.
Les
Gélons,
dont
le
Ghilan
a
confervé
lenom,
.
&
l’Albanie
Afiatique
font
des
païs
,
dont
la
fituation
eft
connue.
Le
Satrape
de
la
Cordouene
com-
mandoit
dans
la
province
où
font
les
Curdes,
&
qu’on
appelle
le
Curdiftan.
Ainfr,
il
n'eft
pas
fur-
prenant
qu'il
fe
foit
trouvé
des
roches
telles
qu’en
vit
l'Hiftorien
cité,
entre
ce
pais
&
celui
qu'arra=
CG
H
fent
l’'Araxe
&
le
Cyrus
;
car,
l’armée
des
alliés
du
roi
de
Perfe
s'étoit
afflemblée
vers
ces
quar-
tiers-là
;
les
Gélons
&
lés
Aïba-
niens
habitoient
les
bords
de
la
mer
Cafpienne
,
&
les
Chionites
étoient
leurs
voifins
;
cela
paroît
affez
dans
les
paflages
qu’on
vient
de
lire.
CHIOS
,
Chios
,
autrement
Caro.
Voyez
Chio.
CHIPPUR,
oz
Kirpur,
Chippur
;
ou
Kïippur,
fête
de
Fexpiation
folemneile
parmi
les
Juifs.
Ce
terme
vient
de
cephor,
ou
kipper,
expier.
CHIRAME,
Chiramus
,
(a)
Xéipauos,
excellent
ouvrier
pour
toutes
fortes
d'ouvrages
d’or
,
d’arvent
&
de
cuivre,
étoit
fils
d'un
Tyrien
,
nommé
Ur
,
&
d'une
femme
de
la
Tribu
de
Nephthali,
Ce
fut
de
lai
que
Sa-
Jomon
fe
fervit
pour
travailler
aux
chérubins
&
aux
autres
ornemens
du
Temple.
Outre
les
chérubins,
il
it
deux
colonnes
de
cuivre,
qui
avoient
dix-huit
coudées
de
haut
&
douze
de
tour,
au-deflus
def-
quelles,
étoient
des
corniches
de
fonte
;
en
forme
de
lys
;
&
on
y
voyoit
pendre
en
deux
rangs,
deux
cens
grenades
auffi
de
cuivre.
Chirame
florifloit
vers
l'an
du
monde
3003
,
&
avant
J,
C.
1032.
CHIRAMAXIUM
,
Chira-
Fax%lum,
petite
voiture
dont
la
conftruétion
nous
eft
inconnue.
À
‘
En
juger
fur
l'érymologie
du
mot,
(?
Jofeph.
de
Antiq.
Judaïc.
p,
260
,
|
589
ï
361,
(4)
Rofin,
de
Antia.
Rom,
p.
583.
er.
FA
ce
pouvoit
être
une
de
celles
qu'on
poufloit
avec
la
main,
&
qui
reflembloit
à
nos
brouëttes,
CHIRIDATES,
CHIRIDO-
TES,
CHIRODOTES,
Chiri-
date
;
Chiridotæ
,
Chirodote,
(b)
force
de
vêtement
en
ufage
chez
les
Dalmates.
Il
paroït
que
c’étoit
un
vêtement
d’une
grande
richef.
fe
,
&
par
conféquent
très-pré-
cieux.
CHIRIS,
Chiris,
ville
d'É-
gypte
dans
la
Thébaide
felon
Olympiodore
dans
fes
extraits,
cité
par
Ortélius,
CHIRISOPHUS
,
CArifo-
phus,
Xapicopas,
(c)
célebre
fta-
tuaire.
[l
y
avoit
à
Tégée
une
ftatue
de
fa
façon
,
confacrée
à
Apollon.
On
fçait
que
ce
ftaruaire
étroit
de
Crete;
mais,
on
ignoré
en
queltems
il
vivoit,&
de
quelle
école
il
étoit.
Ce
qui
eft
certain,
c'eft
que
Dédale
fit
un
affez
long
féjour
auprès
de
Minos
à
Gnofle
pour
y
fonder
une
excellente
éco-
le
de
fculpture.
Quoi
qu'il
en
foit,
Chirifophas
étoit
lui-même
en
marbre
à
côté
d’Apollon.
CHIRISOPHUS
,
Cirifo-
phus
;
Xeipioopos
,
(d)
capitaine
Lacédémonien.
Il
fut
mis
à
la
tête
de
huit
cens
hommes
d'infante-
rie,
que
fa
patrie
envoya
au
{e-
cours
de
Cyrus,
fous
la
quatriè-
me
année
de
la
94€
Olympiade,
401
ans
avant
l'£re
Chrétienne,
lorfque
ce
jeune
Prince
s’étois
révolté
contre
fonfrere
Artaxerxe
Mnénon.
(6)
Pau,
p.
$40.
(4)
Diod,
Sicul,
p.
405
1
4Ee
E
iv
7e
C
H
CHIROBALELISTR
A,
Chiro-
Ballifira
,
Kaip
Éamispe
,
(a)
ter-
me,
qui
veut
dire
la
ballfte
à
la
main.
C'eft
Héron
,
fameux
ma-
chinifie.,
qui
donna
cé
nom
à
une
forte
de
ballifte,
dont
voici
la
def
Cription.
Elle
eft
compofée
d’une
plan-
che
ronde
par
un
bout,
échancrée
circulairement
par
l’autre
bout.
Le
bois
de
l'arc
eff
fixé
vers
l’ex-
trémiré
ronde;
fur
une
ligne
cor-
refpondante
au
milieu
du
bois
de
l'arc
&
au
milieu
de
l’échancrure,
ona
fixé
fur
la
planche
une
trin.
gle
de
bois
,
précifément
de
la
Hauteur
du
bois
de
l'arc,
Cette
tringle
eft
cannelée
femi-circutai-
rement
fur
toute
{a
longueur,
Aux
côtés
de
l'échancrure
de
l’un
des
bouts,
on
a
ménagéen
faillie
dans
la
planche
,;
deux
éminences
de
bois
qui
fervent
de
poignée
à
la
ballifte.
I!
paroît
qu’on
élevoit
ou
qu'on
baïloit
la
ballifte
par
ces
poignées;
qu'on
en
appuyoit
le
bout
rond
contre
terre
:
qu'on
plaçoit
le
corps
dans
l'échancrure
de
l'autre
bout
;
qu’on
prenoit
la
corde
de
l'arc
avec
les
mains
;
qu'on
l’amenoit
jufqu’à
l’extrérmi-
té
de
la
tringle
cannelée
qui
la
retenoit;,
qu'on
relevoit
la
ballifte
avec
les
mains.
ou
poignées
de
bois
qui
font
aux
côtés
de
l’échan.
crure;
qu'on
plaçoit
la
fleche
dans
la
cannelure
de
la
cringle
;
qu'avec
la
main,
otautremeñt,
on
faifoit
échapper
la
corde
de
Parc
du
bout
de
la
tringle
cannelée,
&
que
la
flèche
étoit
chaffée
par
ce
moÿen
fans
pouvoir
être
arré-
2
CH
tée
par
le
bois
de
l'arc;
parce
que
la
cannelure
femi-circulaire
de
la
tringle
étoit
précifément-au-deflus
de
ce
bois,
dont
l'épailleur
étoit
apphquee
&
correfpondoir
à
l’é-
païlleur
du
bois
qui
reftoit
à
la
tringle
,
au-deflous
de
la
canne-
lure:
CHIROMANTIE
,
Ciro-
mantiaz,
Vart
de
deviner
la
defti-
née,
le
tempérament
&
les
in-
clinations
d’une
perfonne
,
par
Pinfpetion
des
lignes
qui
paroif-
fent
dans
la
paume
de
Ja
main,
Ce
mot
vient
du
Grec
y4p
;
Manus.,
Main
,
&
de
uarréia,
divinatio,
divination.
|
Quelque
vain
&
quelque
im-
pofteur
que
foit
cet
art
,
un
grand
nombre
d'Auteurs
ne
laifient
pas
d'en
avoir
écrit;
tels
qu’Artémi-
dore,
Flud,
Joannes
de
Indagi-
ne,
&c.
Taifnerus
&
M.
de
la
Chambre
font
les
principaux.
Ce
dernier
prétend
que
par
l'infpeétion
des
linéamens,
que
formenr
les
plis
de
ja
pean
dans
le-plat
de
la
main,
on
peut
re-
connoitre
les
inclinations
des
hom-
mes;
fur
ce
fondement
que
les
parties
de
la
main
ont
rapport
aux
parties
internes
de
l'homme,
le
cœur,
le
foie,
&c.
d'où
dé-.
pendent,
dit-on,
en
beaucoup
de
chofes,
les
inclinations
&
le
carac-
tère
des
hommes.
Cependant,
à
la
fin
de
{on
traité,
il
avoue
que
les
préceptes
de
la
Chiromantie
ne
font
pas
bien
établis;
ni
les
expériences
fur
lefquelles
on
les
fonde
,
bien
vérifiées;
&
qu'il
faudroit
de
nouvelles
obferyations
()
Antig.
expl.
par
D,
Bern.
de
Montf.
Tom,
IV,
p.
136,
CH
faites
avec
jufteffe
&
avec
exa-
tude
;
pour
donner
à
la
Chiro-
mMantie
la
forme
&
la
folidité
qu’une
fcience
doir
avoir.
Delrio
diftingue
deux
fortes
de
Chiromantie,
lung
phyfique
&
l'autre
aftrolopique
,
&
pente
que
la
première
eft
permife
,
parce
qu'elle
fe
borne,
dit-il,
à
connoitre
par
les
lignes
de
la
main
le
tempérament
du
corps
|
&
que
du
tempérament
,
elle
infere
-
par
conjeéture
les
inciinations
de
lame;
en
quoi
il
n’y
a
rien
que
defort
naturel.
Quant-à
la
fecon-
de,
il
la
condamne
comme
vaine,
illicite
,
@&
indigne
du
nom
de
fcience,
par
le
rapport
qu'elle
prétend
mettre
entre
telles
ou
tel-
les
lignes
de
la
main,
&
telles
ou
telles
planetes
,
&
l'influence
de
ces
mêrnés
planetes
fur
les
évé-
.
némens
moraux
@&
le
caractère
des
hommes.
Les
Anciens
étoient
fort
adon-
NES
à
cetre
dernière,
comme
il
Paroit
par
ce
vers
de
Juvenal
:
Manumque
Prebebit
yati
crebrum
popifma
T0ganti,
C’eft
par
elle
que
ces
impof-
teurs
vagabonds
,
connus
fous
le
nom
de
Bokémiens
&
d'Épyp-
tlens
;
amufent
&
dupent
la
po-
pulace.
Se
Delrio
entaffe
plufeurs
raifons,
Pour
Prouver
que
l'État
&
lÉglife
(4)
Diod,
Sicul,
pag.
154,
Suid.
T.
I,
P:
1127.
Pauf,
p.197,
325
»
589.
Ovid,
Metam.
L.
IL
ce.
13,
14,
Virg.
Georg.
L,
Il.
y.
çço.
Quintil.
LI.
€.
8,
Myth.
Pat
M.
lAbb,
Ban.
Tom,
VI.
338.
dr
fuiv,
Tom,
VIE,
Page
3413:
34%,
P:-323
3
:
CH
A
ne
doivent
point
tolérer
ces
di-
feurs
de
bonne
aventure
;
maïs,
la
meilleure
eft
que
ce
font
des
vagabonds,
que
l'oifiveré
entraîne
dans
le
crime
,
&
dont
la
préren-
due
magie
eff
le
moindre
défaut.
Le
même
Auteur
regarde
en-
core
comme
une
efpèce
de
Chi-
romantie
,
celle
où
l’on
confidere
les
taches
blanches
&
noires
qui
fe
trouvent
répandues
fur
les
on-
gles,
&
d’où
l'on
prétend
tirer
des
préfages
de
fanté
où
de
ma-
ladie
;
ce
qu'il
ne
défapprouve
pas
abfolument,
Mais
,
il
traite
cette
pratique
de
fuperfitieufe
,
dès
qu'on
s’en
fert
pour
connoi-
tre
les
événemens
futurs
qui
dé-
pendent
de
la
détermination
de
la
volonté,
CHIRON
,
Chiron
,
Xelpor,
(az)
centaure,
qui
s’eft
rendu
cé-
lebre
dans
la
Grece.
Il
peut
paf
fer
pour
être
de
la
plus
haute
an-
-tiquité
de
ce
pais-là,
paifqu'il
a
précédé
la
conquête
de
la
Poifon
d'or
&
la
guerre
de
Troye.
Sui-
vant
ja
plus
commune
opinion,
il
évoit
fils
de
Saturne
&
de
Phi-
lyre
la
Néréïde,
fille
de
l'Océan;
&
la
Fable
le
fait
naître
moiié
homme
&
moitié
cheval,
parce
que
ce
dieu
,
honteux
d’avoir
été
pris
en
flagrant-délit
avec
fa
mai-
trefle
par
fa
femme
Rhéa
,:s’étoit
caché
fous
la
forme
de
cet
ani-
mal.
Suidas
,
cité
dans
le
premier
livre
de
fes
Theffaliques
par
le
:Mém
de
PAcad.
des
Infcript.
&
Bell,
Lert,
Tom,
II.
pag.
20
;
21.
Tom.
VIT,
pag.
317.
Tom.
IX.
pag.
61,
05,
06.
Tom,
XIV,
p.361.
Tom,
XVII,
p.
46,
gr
faiv.
:
74
CH
fcholiafte
d’A
pollonius
de
Rhodes,
fait
Chiron
fils
d'Ixion
&
frere
de
Pirithoüs.
Le
fcholiafte
d'Homère
le
dit
fils
de
Neptune;
&
Colu-
melle
lui
donne
Amythaon
pour
pere.
Mais,
fa
mémoire
apparem-
ment
l'aura
trompé,
obferve
M.
Fabricius
,
&
lui
aura
fait
prendre
Chiron
pour
Mélampe
dans
ce
vers
de
Virgile,
Phillyrides
Chiron
Amythaoniuf-
que
Melampus
Il
naquit
en
Theflalie,
parmi
les
centaures
,
qui
les
premiers
des
Grecs
eurent
l'adreffe
de
mon-
ter
un
cheval
&
de
le
dompter;
d'où
la
fable
qu'on
a
débitée
fur
leur
figure
monftrueufe,
tire
fon
origine,
Chiron
habitoit
d'abord
une
grotte,
dans
cette
partie
du
mont
Pélion,
appellée
Péléthro-
pion,
comime
qui
diroit
le
pied
,
Ja
bafe
,
l’affiette
,
le
trône
du
Pé-
lion;
mais
,
dans
la
fuite
,
les
La-
pithes
l'en
ayant
chaffé
,
il
fe
re-
tira
vers
le
promontoire
de
Ma-
ÉEEs
Onle
regarde
comme
l’un
des
_
premiers
inventeurs
de
la
Méde-
cine,
de
la
Botanique,
&
fur
tout
dela
Chirurgie
;
ne
fût-ce
que
par
allufon
à
fon
nom
tiré
du
Grec
Xeip,
qui
défigne
la
main
;
&
Chiron
,
comme
fils
de
Saturne,
devroit
prendre
date
en
ce
genre
de
fcience
,
avant
Apollon
&
fon
fils
Efculape.
On
lui
attribue
la
découverte
de
plufeurs
plantes
très-faluraires
pour:
la:
guérifon,
foic
des
plaies
,
foit
des
maladies
,
&
‘auxquelles
on
a
donné
fon
nom.
Telles
font,
entr'autres,
la
Bryone
,
appellée
Chironia,
&
C-H-
deux
efpèces
de
Panacée
,
fur-
nommées
l'une
Chironium
,
lau-
tre
Centabrium,
qui
eft,
dit-on,
notre
grande
centaurée.
il
y
avoit
de
plus,
cerrains
ulcères
malins
appellés
chironiens,
à
ce
qu’on
prétend,
parce
que
pour
en
faire
la
cure,
il
ne
falloit
pas
moins
qu'un
Chiron.
Mais,
peut-être
cette
dénomination
leur
venoit-
elle
principalement
de
ce
caraétère
de
malignité
;
qui
les
rendoic
les
plus
difficiles
à
guérir
,
les
plus
dangereux
,
&
les
pires
de
tous
les
ulcères.
=
On
aflure
qu'il
exerça
le
pre-
mier
la
Médecine
chez
les
Ma-
néfiens
,
d'où
ces
peuples
de
beffalie
avoient
pris
la
coûtume
de
lui
confacrer
tous
les
ans
les
prémices
des
plantes
médicinales
qui
croifloient
chez
eux;
&
du
tems
de
la
guerre
de
Froye,on
ne
mettoit
en
œuvre
d'autre
mé-
decine
que
celle
de
Chiron,
Une
des
plus
merveilleufés
cures
de
ce
Centaure,
fut
celle
qu'il
ft,
à
la
recommandation
de
Pélée,
en
la
perfonne
de
Phénix
,
depuis
gou-
verneur
d'Achille,
&
qu'il
guérit
de
l'avenglement,
que
la
barba-
rie
de
fon
pere
Amyntor
lur
avoit
caufé,
Les
connoiffances
de
Chi-
ron
ne
fe
bornoient
pas
à
la
feule
édecine.
Il
y
joignit
celles
de
la
philofophie,
de
l’aftrologie,
dela
mufique,
de
la
gymnaftique,
de
la
chafle
&
de
l'arc
miitaire.
=>
Héfiode
lui
fait
époufer
Naïs.
D'autres
lui
donnent
pour
femme
Chariclo
,
fille
d'Apollon
fuivant
uelques-uns
,
de
Perfée
ou
de
l'Océan
félon
d'autres.
On
dit
qu’il
en
eut
un
fils
nommé
Garÿfs
CH
tos.
On
eft
peu
d’accord
fur
le
nombre
de
{es
filles,
Le
faux
Dic-
tys
de
Crete
le
fait
pere
de
Thé-
tis,
femme
de
Pélée.
S'il
ne
l’écoit
pas
en
effet,
du
moins
fe
rrouva-
t-il
aux
noces
de
certe
Néréide;
il
fit
fon
préfent
à
l'époux,
com-
me
les
autres
convives
,
qu'il
a
plu
aux
Poëtes
de
traveftir
en
autant
de
divinités,
&
ce
préfent
confiftoit
en
une
lance
de
frène.
Ce
Prince
lui
avoit,
en
quelque
forte,
l'obligation
d'un
mariage
fi
avantageux,
&
le
Centaure
lui
avoit
fupgéré
les
expédiens
les
plus
fürs
pour
y
amener
Thétis,
malgré
fes
difficultés,
&
pour
la
réduire
au
poinc
de
ne
pouvoir
plus
s’en
dédire
;
{ar
quoi
les
Poë.
tes
ont
feint
qu'à
l'exemple
de
Protée,
elle
prenoit
diverfes
for-
mes,
pour
s'échapper
des
mains
de
Pélée.
Apollodore
&
plufieurs
autres
donnent
à
Chiron
pour
fille,
En-
déis
,
à
laquelle
ils
font
époufer
Éaque
ayeul
d'Achille,
&
pere
de
Pélée
&
de
Télamon.
Sur
ce
pied-là,
Chiron
eût
été
le
bi-
fayeul
d'Achille
;
au
lieu
que
dans
Fhypothèfe
de
Didys,
quile
fait
pere
de
Thétis,
il
n’eût
éré
que
layeul
de
ce
héros.
Mais,
il
ne
faut
pas
chercher
beaucoup
de
mufteile
dans
les
généalogies
des
tems
héroïques.
Il
eut
encore-une
autre
fille
nommée
Hippo,
qui
fut
femme
d'Éole
,
auquel
elle
Communiqua
la
phyfique,
l’aftro-
nomie,
&
les
autres
fciences,
dont
fon
pere
faifoit
proteffion.
La
fagefle
de
Chiron
&
fon
grand
{çavoir
en
tout
genre
»
fi-
rent
de
la
grotte
qu'il
habitoit,
CH
75
l'école
la
plus
fameufe
&
la
plus
fréquentée
de
toute
la
Grece,
Prefque
tous
les
héros
de
fon
rems
voulurent
être
fes
difciples
;
&
Xénophon
qui
en
fait
le
dénom-
brement,en
compte
jufqu'à
vingt-
un
;
fçavoir
,
Céphale
,
Elcu-
lape
,
Ménalion,
Neflor,
Am-
phiaraüs
,
Pélée,
Télamon,
Mé-
léagre,
Théfée,
Hippolyte,
Pa-
lamède
,
Ulyfle
,
Ménefthée
,
Diomède
,
Caftor
&
Pollux,
Ma-
chaon
&
Podalire,
Antiloque,
Énée,
Achille.
On
voit
par
ce
catalogue,
que
Chiron
a
fouvent
inftruit
les
peres
&
les
enfans;
&
Xénophon
fait
de
chacun
d'eux,
un
court
éloge,
qui
tourne
à
la
gloire
du
précepteur.
L'Hiftorien
Grec
cependant
ne
les
a
pas
tous
nommés
;
il
a
omis
Hercule,
Bacchus
,
Phénix
,
Cocyte,
Ariftée,
Jafon,
&
fon
fils
Mé-
déus,
Ajax,
Protéfilaüs.
Ce
n’eft
point
ici
le
lieu
de
les
pafler
tous
en
revue;
nous
nous
conteñ-
terons
de
nous
arrêter
fur
quel-
ques-uns
de
ceux
qui
femblent
intéreffer
Chiron
plus
particulie-
rement,
Pélée,chafté
de
la
maifon
de
fon
pere
Éaque,
pour
un
meurtre,
{e
retira
auprès
du
Centaure,
&
puifa
dans
ce
commerce
plufieurs
connoïffances
capables
de
le
côn-
foler
dans
fa
difgrace.
Ge
fut
du
même
maître
,
s'il
en
faut
croire
FEoGtance,
en
cela
d'accord
avec
Xénophon,
qu'Efculape
,
qui
fe
difoit
pourtant
fils
d'Apollon,
ap-
pritla
médecine.
On
prétend
que
Bacchus
fut
le
difciple
bien-aimé
du
Centaure,
&
qu'il
apprit
de
ce
maitre
les
réjouiflances,
les
orgies,
D
d
82
CH
dans
le
nouveau
corps
,
la
théorie
s’y
conferva.
On
en
fut
redéWa-
ble
au
précieux
refte
de
l’ancien
corps
de
la
Chirurgie.
Ces
grands
Hommes,
maloré
leur
humilia-
tion,
malgré
la
douleur
de
fe
voir
confondus
avec
de
vils
artifans,
efpérerent
le
rétabliffement.
de
leur
art.
Ils
conferverent
le
pré-
cieux
dépôt
de
la
doctrine,
&t
fi-
rent
tous
leurs
efforts
pour
le
tranfmettre
fidelement
à
des
fuc-
cefleurs,
qui
pourroient
un
jout
voir
renaître
la
Chirurgie,
leur
zele
n’oublia
rien.Parmi
cette
trou-
pe
d'hommes
avec
quiils
étoienc
confondus
,
ils
trouverent
dans
quelques-uns
des
teintures
des
lettres,
prifes
dans
une
heureufe
éducation
;
dans
d’autres,
des
ta-
lens
marqués
pour
réparer,
dans
un
âge
avancé,
le
malheur
d'une
éducation
négligée
;
&
dans
tous
enfin,
le
zele
le
plus
vif
pour
la
confervation
d'un
art
qui
étoit
de-
venu
le
leur.
Ce
fut
ainfi
que
la
Chirurgie
fe
maintint
dans
la
poffefion
de
la
théorie.
Ce
fut
le
fruit
des
fen-
timens
que
ces
peres
de
l’art,
refte
de
l’ancienne
Chirurgie,
fcurent
infpirer
à
leurs
nouveaux
affociés.
Mais,
certe
poflefhion
n’étoit
pas
une
pofleffion
d'état,
une
poflef-
fion
publique
autorifée
par
laloi,
c’étoit
une
pofleflion
de
fait,
une
poffeffion
furtive,
qui
dès-lors
ne
pouŸoit
pas
long-tems
fe
foûtenir.
La
féparation
de
la
théorie,
d’a-
vec
les
opérations
de
l’art,
étroit
la
fuite
infaillible
de
cet
état,
&
la
Chirurgie
fe
voyoit
par-là
fur
le
penchant
de
fa
ruine.
On
fentit
même
plus
que
le
préfage
de
cet-
:
te
décadence
,
&
l'on
ne
doit
point
en
être
furpris
;
car,
les
ditées
&
les
leétures
publiques
étant
interdites,
on
n’avoit
d’au-
tre
moyen
que
la
tradition
pour
faire
pafler
aux
éleves
les
contoif-
fances
de
la
Chirurgie
;
&
l’art
dut
néceflairement
fe
reffentir
de
l'infufhfance
de
cette
voie,
pour.
tran{mettre
fes
préceptes.
La
perte
de
la
Chirurgie
étoit
donc
aflurée.
Il
ne
falloit
rien
moins
pour
prévenir
ce
malheur,
qu'une
loi
fouveraine
qui
rappel-
lât
cet
art
dans
fon
écat
primitif.
L'établiflement
de
cinq
démonf-
trateurs
royaux
en
1724,
pour
enfeigner
la
théorie
&t
la
pratique
de
l'art,
la
fit
efpérer.
Bientôt
après
,
elle
parut
comme
prochai-
nement
annoncée
en
1731
par
la
-
formation
de
l’académie
royale
de
Chirurgie
dans
le
Corps
de
Saint
.
Côme;
&
ce
fut
enfin
l'impreffion
du
premier
volume
des
mémoires
de
cette
nouvelle
compagnie
,
qui
amena
l'inftant
favorable
où
il
plut
au
Roi
de
prononcer,
Cette
loi
mémorable
non
feulement
pré-
veint
en
France
la
chûte
de
Îa
Chirurgie,
mais
en
aflure
à
ja-
mais
la
confervation
&
les
pro-
grès,
en
fermant
pour
toujours
les
voies
par
lefquelles
on
avoit
penfé
conduire
la
Chirurgie
à
fa
erte,
III.
Suivanc
le
droit
Romain,
où
limpéritie
éroit
réputée
une
faute,
le
chirurgien
éroir
tenu
de
laccident
qu'il
avoit
occañonné
par
fon
impéritie.
Mais,
parmi
nous,
un
chirurgien
n’eft
pas
ref-
ponfable
des
fautes
qu'il
fait
par
ignorance
ou
par
impéririe
;
il
faut
CH
qu'il
y
ait
du
do!
ou
quelqu'autre
circonftance
qui
le
rende
cou
pable.
.CHITON
,
Chiton
,
Xiro,
-
(a)
nom
que
les
Grecs
donnoient
à
leur
habit
le
plus
ordinaire
;
&t
cet
habit
étoit
la
tunique
,
efpèce
de
robe
,
qui
defcendoit
jufqu'aux
genoux,
&
quelquefois
jufqu'aux
talons,
[ls
appelloïent
ces
tuniques
longues
,
Aod'pUG
KIT.
CHITONE,,
Chüone
,
(b)
fur-
nom
de
Diane.
Elle
fut
ainfi
ap-
pellée,
du
culte
qu’on
lui
rendoit
dans
un
petit
bourg
de
l'Attique,
ou
peut-être
du
mot
Grec
xrrœrs
habit,
parce
qu’on
lui
confacroit
les
premiers
habits
des
enfans.
On
la
nommoit
auf
Chitonie.
CHITONÉADE,
Chitoneas,
(c)
efpèce
de
danfe
en
Phon-
neur
de
Diane.
On
y
jouoit
de
la
flûte.
CHITONIE,
Chitoria,
far-
nom
de
Diane,
le
même
que
ce-
lui
de
Chirone,
Voyez
Chitone.
CHITONIES,
Cironia,
(d)
fêtes
que
l’on
célébroit
en
l’hon-
neur
de
Diane
de
Chitone,
village
_de
l’Attique
,
d'où
cette
Diane
fut
appellée
Chitonie.
CHXFTONISQUE
,
Chitonif-
cus
,
Xirovlcyoc,
(ë)
nom
d'une
tunique
de
laine
que
les
Grecs
portoient
fur
la
peau,
&
qui
leur
fervoit
de
chernife.
Les
Romains,
qui
avoient
le
même
vêtement,
l'appelloient.
fzhucula.
(2)
Antiq.
expl,
par
D.
Bern.
de
Montf.
Tom,
III.
pag.
3.
(8)
Antiq,
expl.
par
D,
Bern.
de
Montf,
Tom,
I.
pag.
312.
(c)
Antiq.
expl,
Montf.
Tom,
II],
pag,
211.
(4)
Antig.
expl.
par
D.
Bern.
de
Montf,
T,
IL,
p.
212,
par
D.
Bern.
de
|Montf.
Tom.
de
lAcad,
des
Infcript.
&
Bell,
Ler,
T:1X,
p,
1855
186.
C
H.
83
CHIUS,
Chius,
Ko,
(f)
fils
de
Neptune
&
d’une
nymphe,
_Ileft
parlé
de
Chius
au
commen-
cement
de
l'article
de
Chio.
Voyez
cet
article.
CHIUS
,
Chius,
un
des
jets
des
dés.
Quelques
Auteurs
pen
fent
que
c'étoient
les
trois
trois;
d'autres,
les
trois
unités.
-
CHLAMYDE,
Chlemys,
(g)
forte
d’habit,
qui
fut
fur
tout
en
ufage
chez
les
Grecs
&
chez
les
Romains.
On
le
mettoit
fur
la
tunique
comme
un
furtout
ou
comme
un
manteau.
Voilà
ce
qu'il
ÿ
a
de
certain;
car,
pour
ce
qui
eft
de
fa
forme
,
les
Auteurs
ne
font
pas
plus
d'accord
entr'eux,
que
fur
la
plüpart
des
autres
vé-
temens
des
Anciens.
Quelques-
uns
ont
dit
que
c’étoit
la
même
“chofe
que
la
toge
Romaine;
mais,
ce
fenriment
eft
rejetté
de
la
plà-
part.
D’autres
difent
plus
vraifem-
läblement
que
la
Chlamyde
ne
différoit
point
du
fagum
ou
palu-
damentum
,
fondés
fur
l’étymolo-
gie,
qui
dit
que
la
Chlamyde
eft
ce
qu'on
appelloif
säyoc
;
&
fur
la
définition
de
Nomus
qui
affure
que
le
paludamentum
étoit
ce
que
l’on
appelloit
de
{on
tems,
Chia-
myde.
Chez
les
Grecs
on
fe
{er-
voit
de
cet
habit
en
guerre
&
en
paix,
comme
plufienrs
Auteurs
en
font
foi.
La
Chlamyde
était
toute
ou-
çe)
Antig.
expl.
par
D,-
Bern.
de
Montf,
Tom.
Hi.
pag.
4.
(f)
Pauf.
p:
404
(g)
Antig.
expl,
par
D.
Bern,
de
p.
6
&
fHiv.
Mém.
Fi
84
CH
verte
,
&
s'attachoit
avec
une
.
boucle
fur
l’épaule,
enforte
que
le
côté
où
s’attachoit
la
boucle:
étoit
tout
découvert.
On
mettoit
ordinairement.
la
boucle
fur
lé-
paule
droite,
afin
que
le
bras
droit
demeurât
libre
,
comme
on
l'obferve
fur
les
monumens.
Il
y
avoit
deux
fortes
de
Chla-
mydes
,
la
Macédonienne,
&
la
commune
;
la
Chlamyde
Macé-
donienne
étoic,
felon
queiques-
uns
,
fermée
à
l'extrémité
d'en
bas
;
on
prétend
trouver
la
forme
de
la
Chlamyde
commune
dans
ce
paflage
de
Macrobe
:
Les
An-
ciens
ont
dit
que
toute
La
terre
ha-
bitable
étoit
femblable
à
une
Chla-
myde
étendue.
Mais,
Rubénius
foutient
qu'il
n'y
avoit
aucune
différence
entre
la
Chlamyde
Ma-
cédonienne
&
la
commune.
Il
eft
en
effet
fort
difcile
d'entendre
comment
une
Chlamyde
,
qui
étoit
une
elpèce
de
manteau,
pou-
voit
être
fermée
à
l'extrémité
-d’en
bas.
Le
paffage
d'Ammonius
qu'on
allègue
pour
prouver
qu’elle
étoit
fermée
en
bas,
peut
fort
bien
s'entendre
en
cette
manière
;
que
la
Chlamyde
Macédonienne
étant
fort
large,
les
deux
côtés
fe
réunifloient
par
le
bas,
fans
être
joints
ni
coufus
enfemble
comme
les
deux
côtés
de
nos
manteaux
fe
touchent
fans
être.
attachés
l’un
à
l’autre.
Démétrius,
roide
Macédoine,
dit
Plutarque
,
fit
faire
une
Chla-
myde
de
grand
prix
,
qui
avoit
la
figure
du
monde
,
&
qui
repré-
fentoit
les
aftres;
ce
qui
femble
marquer
une
Chlamyde
étendue
&
qui
n'eft
pas
fermée.
Pline
eft.
-
CH
plus
clair,
lorfqu'il
dit
que
Dino
charès
qui
bâtit
Alexandrie
,
fous
les
ordres
d'Alexandre
le
Grand,
donna
à
cette
ville
la
forme
d’une
Chlamyde
Macédonienne;
qu’elle
avoit
la
rondeur
de
la
Chlamyde
avec
quelques
inégalités
fur
les
bords
,
&
que
fes
deux
angles
s’étendoient
à
droit
&
à
gauche;
ce
qui
marque
évidemment
que
la
Chlämyde
Macédonienne
n'é-
toit
pas
jointe
en
bas
aux
anples
des
deux
côtés.
Cela
prouve
en
même
tems
que
la
Chlamyde
Macédonienne
ne
différoit
point
des
autres,
Chlamydes
,
hors
peut-
être
pour
la
prandeur.
Ïl
faut
convenir
que
ce
nom
de
Macédonienne
,
donné
par
les
Auteurs
à
cette
efpèce
de
Chla-
myde
,
femble
marquer
quelque
différence
;
mais,
on
ne
fçauroit
dire
précifément
en
quoi
elle
dif-
féroit
des
autres
,
non
plus
que
la
Theffalienne,
dont
parle
Héfy-
chius
&
les
autres
Grammairiens,
&.
à
laquelle
Philoftrate
,
dans
fes
Héroïques,
femble
donner
une
for-
me
particulière,
.
La
Chlamyde
étoit
auff
en
ufage
chez
les
Romains
;
nous
trouvons
dans
les
anciens
monu-
mens
plufieurs
Empereurs
&
offi-
ciers
d'armée
avec
cette
forte
de
manteau
qu'on
appelloit
paluda-
mentum.
S'il
étoit
la
même
chofe
que
la
Chlamyde,
commeil
ya
apparence,
&
comme
le
dit
ex-
preflément
Norius
Marcellus,
nous
ne
manquons
pas
de
figu-
tes
de
la
Chlamyde,
D.
Bernard
de
Montfaucon
nous
en
donne
un
nombre
dans
fes
antiquités.
Il
eff
vrailemblable
que
lÉpheñridg
CE
H
.
Étoit
la
même
chofe
que
la
Chla-
myde;
Artémidore
dit
expreflé-
ment
que
ce
qu’on
nommoir
Chla-
myde
,
s'appelloit
aufi
Man-
…
dyas,
Épheftride
&
Birrhus,
Certains
prétendent
qu'il
y
avoit
quatre
ou
cinq
efpèces
de
Chla-
mydes
,
celle
des
enfans
,
celle
des
femmes,
&
celle
des
hom-
_
mes;
&
parmi
les
Chlamydes
des
hommes,
on
difüinpuoit
celle
du
.
peuple
&
celle
de
l'Empereur.
CHLAMYDIA
,
Chlamydia
,
lun
des
noms
,
qu'a
porté
l'ifle
de
Délos.
Foyez
Délos.
CHLANIS,CHLANIDION,
Chlanis
,
Chlanidion.
F.
Chlene.
CHLARHILES
[
la
Nation
des
},
Chlarhilorum
gens.
C'étoit
un
peuple
des
‘Gaules
près
du
Rhône
,
felon
Fefius
Aviénus,
où
plutôt
felon
les
éditions
qu’a
eues
Ortélius
;
car,
celle
d'Ox-
-
ford
porte
Chébilcorum.
CHLENE
,
CAlena,
Xaaïa
,
(a)
efpèce
de
vêtement,
que
les
Romains
appelloient
Lene,
étoit
en
ufage
dès
les
rems
héroiques.
C'éroit
une
efpèce
de
furtout,
qui
:
fervoit
à
garantir
du
froid
&
des
autres
injures
des
faifons.
Îl
y
en
avoit
de
doubles
,
&
d’autres
toutes
fimples
fans
four-
ture
;
on
s’en
fervoit
la
nuit
com-
me
de
couveriure.
On
donna
à
Priam
,
lorfqu'il
coucha
dans
Ja
tente
d'Achille,
des
Chlenes
four-
rées
pour
fe
couvrir
la
nuit.
Saint
énoît
veut
qu'on
en
donne
une
à
chique
religieux
,
fans
doute
pour
cet
ufage:
Srrimenta
autem
leélo-
Tu
fufficiant
Tata,
fagum
>
læ=
(a).
Anriq.
Monaf,
18
HI,
P
8
expl.
par
D.
Bern,
de
CEE
-
5
na
€
capitale.
Dom
Bernard
de
Montfaucon
croit
que
le
religieux
fe
mettoit
dans
le
fagum
on
le
faie,
&
qu'il
fe
couvroit
de
la
Chlene.
On
s’en
fervoit
à
la
guer-
re,
Comme
on
peut
le
voir
dans
l'Odyflée
d'Homère,
Il
n’eft
gue-
‘re
d'habit,
dont
l'ufage
fe
trouve
plus
fréquemment
dans
les
Au=
teurs.
Îl
eft
quarté,
dit
Ammo-
nius;
figure
propre
à
fervir
la
nuit
comme
le
jour.
I
y
avoit
un
autre
habit
à
peu
près
femblable
pour
la
forme,
qu’on
appelloit
Chlanis
on
Chla-
nidion
,
qui
étoit
d’une
étoffe
plus
légere
&
plus
douce,
&
qui
fer-
voit
aux
femmes
aufh-bien
qu'aux
hommes.
On
croit
auffi
que
la
fifyre
éroit
une
efpèce
ou
Chlene
d'une
étofle
plus
groffière,
&
qui
fervoit
auf
le
jour
&
la
nuit,
Le
Chlanidion
fe
nommoit
en:
core
Hyÿmation.
Il
paroït
par
celui
qu'on
voit
à
la
femme
de
Prufas,
préfet
de
l’ifle
de
Cos,
qu'il
ne
defcendoit
pas
jufqu’aux
talons.
Le
Chlanidion
faifoit
auffi
partie
de
l’habillement
des
Babyloniens
;.
mais,
il
ne
defcendoit
pas
f
bas
aux
Babyÿloniens
qu'aux
femmes
Grecques.
…
=
CHLÉNÉAS,
Chleneas
>
(8}
Étolien,
qui
fut
député
vers
les
Lacédémoniens
pour
les
énpaper
à
entrer
dans
un
traité,
que
ceux
de
fa
nation
avoient
fait
avec
les
Romains.
Il
repréfenta
vivement
aux
Lacédémoniens
,
tous
les
maux
dont
les
rois
de
Macédoine
les
avoient
accablés
;
le
deffein
qu'ils
avoient
toujours
eu
,
&
(6)
Roll.
Hit,
Anc,
T.
IV.
Pag:
408
»
F
ii
499
86
CH
qu'ils
avoient
encore
d'opprimer
Ja
liberté
de
la
Grece
,
en
parti
culier
l'impiété
facrilege
dont
avoit
üfé
Philippe
en
pillant
un
temple
dans
la
vilie
de
Fherme
;
la
noire
perfidie
&
la
cruauté
qu’il
avoit
exercées
contre
les
Mefléniens.
Il
ajoûta
quils
n’avoient
rien
à
craindre
de
la
part
des
Achéens,
léfquels,
après
toutes
les
pertes
qu'ils
avoient
faites
dans
la
der-
nière
campagne,
fe
trouveroient
fort
heureux
de
pouvoir
défendre
léur
pais
;
que
pour
Philippe
,
quand
il
verroit
les
Étoliens
les
attaquer
par
terre,
les
Romains
&
Aïttale
par
mer
,.
il
ne
fongetoit
point
à
porter
fes
armes
dans
la
Grece.
Il
conclut,
en
demandant
que
les
Lacédémoniens
perfévé-
raffent
dans
l'alliance
qu'ils
avoient
faite
avéc
l’Étolie,
où
que
du
_
moins
ils
demeuraflent
neutres.
Le
fragment
de
Polybe
;
où
cette
harangue
eft
rapportée,
en
de-
meure
là
,
&
ne
marque
point
uel
en
fut
le
fuccès.
CHLÉVOCHARME,
Chle-
vocharmus
,
Xxsvoyapuoc,
(a)
C'é-
toit
un
homme,
que
Eucien
re-
préfente
fans
chapeau
ni
fouliers,
couvert
d’un
méchant
manteau,
&
qui
parloit
entre
fes
dents.
-CHLIDON
,
CAlidon
,
Xai-
Sy,
(b)
Thébain.
Hippoñthéni-
das,
l'an
de
ceux
qui
s'étoient
joints
à
Pélopidas
pour
délivrer
Thebes
de
la
tyrannie
d’Archias
&
de
Léontidas,
vint
à
s'imapi-
ner
que
c'étoit
une
entreprife
trop
pleine
de
difhcultés
&
d’obftacles
;
(a)
Lucian.
T,
IT.
p.
1005.
(3)
Plüt,
T,
Ie
pe
285.
{e)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern.
de
Li
CG
Ë
À
&
il
réfolut
d'engager
les
conju-
rés
à
différer
du
moins
l'exécution.
I!
leur
dépêcha
pour
ceteffet
Chir-
don
qui
étoit
un
de
fes
amis.
Chli-
don
s’en
va
chez
lui
en
diligence,
\tire
(on
cheval
de
l'écurie,
&
com-
mande
à
{a
femine
de
lui
apporter
la
bride.
Sa
femme,
ne
fçachant:
où
elle
étoit,
&
ne
pouvant
la
trouver
,
dir.
qu’elle
l’a
prêtée
à
un
voifin.
Chlidon
s’emporte
;
on
en
vient
aux
injures
,
&
de-là
aux
malédiétions,
Sa
femme
vomit
contre
lui
les
imprécations
les
plus
affreufes,
&
prie
les
dieux
que
fon
chemin
lui
foit
funefte
à
lui
&
à
ceux
qui
l'ont
envoyé;
de
forte
que
Chlidon
ayant
perdu
par
fon
emportement
la
plus
gran-
de
partie
hu
jour
à
ce
démélé,
&
tirant
même
de
ce
qui
venoit
d'ar-
river
une
forte
de
mauvais
augure,
renonce
à
ce
voyage,
&
va
d'un
autre
côté.
On
dit
qu’il
alla
cher-
cher
Hippothénidas
&
ne
l'ayant
pas
trouvé
,
il
alla
chez
un
des
conjurés
où
il
fe
doutoit
bien
qu’il
le
trouveroit
;
&c
il
y
alla
pour
lui
dire
d'envoyer
un
autre
meflager
à
fa
place.
Ce
fut
cependant
ce
retardement
même
de
Chlidon,
qui
fauva
la
ville
de
Thebes,
par-
ce
que
pendant
ce
tems-là
Pélo-
pidas
&
ceux
de
fa
bande
y
en-
trerent
,
&
exécuterent
leur
def-
fein
contre
les
tyrans.
CHLIDON
,
CAlidon
,
Xe
J'av,
(c)
forte
de
bracelet,
qui
étoit
en
ufage
chez
les
Grecs
&
chez
les
Romains.
CHLOE,
Chloe,
(d)
furnom
Montf.
Tom.
IH].
p.
50
‘
(æ)
Horat,
L,
LI,
Ode,
20,
v,
1%
>
CH
que
l'on
donnoit
à
Cérès.
Horace
parle
de
Chloé,
qu'il
appelle
ar-
rogante.
La
CHLOÉ
,
Chloe,
Xnons
(a)
dame
Chrétienne
de
la
ville
de
Corinthe,
qui
ft
avertir
S.
Paul
des
conteftations
furvenues
entre
les
fideles
au
fujer
des
différens
partis
qu'ils
éponfoient
,
l’un
di-
fant
je
fuis
à
Paul
,
l'autre
je
fuis
à
Apollos,
Vun
je
fuis
à
Pierre,
-&
l’autre
Je
fuis
à
Jefus-Chriff.
L'Apôtre
entreprit
d’éroufter
ces
faétions
,
en
leur
repréfentant
que
Paul,
Apollos
&
Pierre
n'avoient
pas
été
crucifiés
pour
eux,
&
qu'il
n'y
avoit
que
Jefus-Chrift
qui
fût
leur
Sauveur
;
que
Jefus-Chrift
n'étoit
point
divifé
pour
faire
tant
de
partis,
&
exciter
tant
de
tumul-
te;
que
Paul,
Apollos
&
Céphas
ne
préchoient
&
ne
bâtifoient
point
pour
fe
faire
des
fectateurs,
mais
pour
gagner
des
membres
&
des
difciples
à
Jefus-Chrift.
Aurefte,
Chloé
n'écrivit
pas
elle-même
à
Saint
Paul
;
mais,
êlle
fit
écrire
par
quelques-uns
de
fa
maifon,
Saint
Chryfoftôme
con:
jeQure
qu’elle
employa
pour
cela
tienne,
Fortunat
&
Achaique,
qui
étoient
les
premiers
de
l’A-
chaie.
Quelques=uns
ont
pris
Chloé
pour
un
homme;
mais,
C'eft
un
nom
de
femme.
CHLOIES
,
CAloia
,
(b)
fêtes
que
Pon
célébroit
à
Athènes.
On
“immoloit
à
cette
fête
un
bélier
à
Cérès.
Quoique
Paufanias
dife
que
cette
dénomination
a
quelque
chofe
de
myftérieux
,
M.
Potier
la)
AdConnth
En
De
vit
&
fra.
q
()
Antiq.
expl,
par
D.
Bern,
defeg.
L,
XIT.
v:
363:
CH
87
dit,
avec
vraifemblance,
qu’elle
peut
venir
de
Chloe
,
herbe,
nom
qui
convient
à
la
Déefle
des
moif-
fons.
Re
CHLORÉE
,
CAloreus
,
(c)
capitaine
Phrygien
ou
Troyen,
qui
étoit
confacré
à
Cybele.
I
avoit
été
autrefois
prêtre
dans
le
temple
de
cette
Déeffe.
Dans
une
bataille,
où
Camille,
reine
des
Volfques
,
combattoit
contre
les
Troyens
,
Chlorée
s'offrit
par
hazard
aux
yeux
de
cette
Princefle
,
avec
des
armes
éclatantes,
monté
für
un
courfier
écumant
,
dont
la
houfle
étoit
une
peau
garnie
d'or
&t
couverte
d’é-
cailles
de
bronze,
en
forme
de
plume.
Ses
habits
étoient
d'une
teinture
étrangère,
couleur
de
pourpre.
Une
agraffe
d'or
re-
troufoit
fon
manteau
militaire
de
lin
jaune,
Son
arc
de
corne
étoit
de
Lycie,
&
fes
fleches
de
Gorty-
ne
;
fes
tuniques
&
fes
brode-
quins,
à
la
manière
des
Barba-
res
,
étoient
brodés.
L'or
éclatoit
fur
le
cafque
de
ce
Prêtre,
fur
fon
carquois
,
&
fur
fon
arc.
Camille,
foit
pour
avoir
la
gloire
de
fuf-
pendre
des
armes
Troyennes
à
la
porte
d'un
temple,
foit
pour
fe
parer
elle-même
de
ces
fuper-
bes
armes
dans
lés
forêts
,
ne
cherchoit
qu’à
combattre
contre
ce
Phrygien
,
dont
la
brillante
dépouille,
excitanc
la
cupidité
de
fon
fexe
,
étoit
l'objet
de
fes
aveu-
oles
défirs,
Tandis
que
fans
pré-
caution
elle
s'avance
pour
Pattein-
dre,
Aruns
lui
lance
fon
dard,
Montf,
Tom.fl.p.
21%
(c)
Virg.
Æneid.
L.
XI.
v.
768,
&
3V
88
EE
dont
ïl
la
blefle
à
mort.
Pour
:
Chlorée
,
il
fut
tué
depuis
par
T'ornus.
à
CHLORIS,
Choris
»
Gp,
(2)
la
plus
jeune
des
filles
d'Am-
phion
&
de
Niobé
>
naquit
à
Orchomène,
où
regnoit
fon
pere.
Nélée
l’époufa
à
caufe
de
fa
par-
faite
beauté,
après
Inj
avoir
fat
une
infinité
de
préfens
très-mma-
nifiques.…
Elle
regna
avec
lui
à
Bylos
»
©
lui
donna
trois
fils,
Neftor,
Chromius
&
le
fer
Pér;=
clymène,
&.
une
fille
nommée
Péro,
qui,
par
fa
beauté
&
par
fa
fagelle
|
fut
la
merveille
de
fon
tems.
Ro
L'on
voyoit
À
Argos
dans
le
temple
de
Latone,
uné
ftatue
de
.
Chloris,
Les
Argiens
prétendoient
quele
premier
nom
de
cette
prin-
ceffe
fat
Mélibée
:
qu'Apollon
&
Diane
immolerent
à
leur
reflen-
timent
tous
les
enfans
d'Amphion,
à
la
réferve
de
cette
jeune
fille,
-&
de
fa
fœur
Amycle,
qui
feules
avoient
bien
voulu
implorer
les
bontés
de
Latone
;
que
Mélibée
effrayée
de
la
colère
de
ces
divi-
nités
n'avoit
pu
s'empêcher
de
marquer
fa
crainte
par
fa
pâleur,
&
que
cette
pAleur
lui
étant
tou-
jours
reftée
depuis,
on
avoit
chan.
-
gé
fon
nom
de
Mélibée
en
celui
de
Chloris.
Si
l’on
en
croit
les
Argiens,
ce
furent
ces
deux
filles
-
qui
firent
bâtir
un
temple
en
lhonneur
de
Latone;
mais,
pour
moi,
dit
Paufanias,
qui
m'atta-
che
à
Homère
plus
fcrupuleufe-
ment
que
les
autres,
je
ne
puis
Eee
croire
qu'il
foit
refté
aucun
des
enfans
de
Niobé
:
le
Poëte
s’en
explique
aflez
nettemenr
:
Pas
un
ne
fe
fauva
de
leur
Jafle
COUFIOUX.
On
peut
juger
par
ce
vers
f
Ho-
mère
n'étoit
pas
perfuadé
que
tou-
te
la
race
d'Amphion
avoit
&ré
détruite,
Le
nom
de
Chloris
en
Grec
fignife
pallidus
;
pâle.
Les
Éléens
difoient
que
Chlo-
ris
fut
la
première
qui
remporta
le
prix
de
la
courfe,
aux
Jeux
qui
*
avoient
été
inflitués
en
lhonneur
de
Junon.
CHLORIS,
Chloris,
K5mc
déefle
des
fleurs
,
la
même
que
Flore
,
qui
fut
mariée
au
vent
Zéphire.
CHLORIS,
Chloris
,
Xaopie,
femme
d'Ampyx,
duquel
elle
euc
Mopfus.
CHLORON,
Chloron,
(b)
terme
qui
fe
lit
fur
un
monument.
M.
le
comte
de
Caylus
Pinterprete
ainfi
:
Collyre,
efpèce
de
diar-
thodon
,
à
colore
viridi.
CHLORUS,
Chlorus,
rivière
de
l’Afie
mineure
dans
la
Cilicie,
felon
Pline.
:
CHNA,
CAna.
Étienne
de
Byzance
dir
:
c'eft
ainf
que
l’on
appelloit
autrefois
la
Phénicie.
aumaife
,
ne
trouvant
aucun
Ancien
qui
lui
ait
donné
ce
nom,
croit
qu'Étienne
de
Byzance
avoit
écrit
:
c’eft
ainf
que
s’appelloit
une
ville
de
Phénicie.
Mais,
le
fçavant
Bocharta
beaucoup
mieux
(2)
Homer.
Odyff.
L.
XI.
v.
280.
IT,
VI.
D.
07
feg.
Pauf.
p.124,
318,
665.
Myth.
par
M,
l'Abb,
Ban,
Tom,
IV.
P:
196;
197.
(8)
Recueil
d’Antig.
par
M,
le
Comt.
de
Cayl.
Tom,
I,
Pe
227.
ARR
SF
EMEA
ENENUT
COPA
ON
TT
sis
6e
dre
Ca
fit
DE
cat
ds
dE
le
dd
ed
ion
nd
re
ronde
ee
ÉzS
NEÉt
À
CH
rencontré,
lorfqu'il
a
dit
que
Chna
eft
ün
diminutif
de
Chanaan
,
&
le
mot
Chna
fe
trouve
dans
Phi-
Jon
de
Biblos
,
interprete
de
San-
choniaton
,
dont
Eufebe
nous
à
confervé
quelques
fragmens,
CHNODOMAIRE,
Céno-
domarius
;
roi
des
Allemands,
Vaiaquit
Décence
,
frere
da
tyran.
Maonence
»
en
bataille
rangée
;,
fous
l'empire
de
Confiance
,
l'an
de
J,
G.
351,
courut
les
Gaules,
les’
ravagea
fans
réfftance
,
&
pilla
plufieurs
villes
fort
riches.
Julien
,
après
une
grande
victoire
qu'il
remporta
fur
lui
près
du
Rhin,
le
£t
prifonnier
en
357,
&
l'envoya
à
l'empereur
Confiance
à
Rome,
Où
il
mourut
de
ma-
ladie,
CHNOURIS
,
o7
Cunou-
MIS,
CAnoubis
,
Chnoumis,
(a).
Kobe,
Xriuuic.
On
remarque
que
cette
Infcriprion
CAroubis
fe
lencontre
aflez
fouvent
fur
les
Abraxas,
&
que
quelquefois
au
lieu
du
Xi
ÿ
a
une
croix
parfaite
ain
fi
T.
Saumaife
croit
que
c’eft
un
des
trente-fix
doyens,
qui;
felon
les
Gnoftiques
,
préfidoient
à
tout
le
Zodiaque.
Ne
pourroit-
On
Pas
dire
que
la
croix
eft
là
Pour
un
À
,
&
quil
faut
lire
Anutte,
Anubis
;
dieu
des
Épyp-
tiens,
qui
fe
trouve
aflez
fréquem.
ent
fur
ces
pietres.
CHOANE,
Choana,
Xoavx,
(ë)
ville
d'Afe
dans
la:
Médie,
felon
Ptolémée.
Quelques
exem-
Plaires
porcenc
Choave.
C'eft
la.
“(z)
Antiq,
Expl.
par
D.
Bern.
de
Montf.
Tom,
11.
_.
367%
(ë)
Prolem,
L,
VI.
Cu:
(c)
Prolem,
L,
VMLe,s,
CH
TN
même
que
Diodore
de
Sicile,
ap-
pelle
Chaone.
:
/
CHOANE
»
Choana
»
Xo
ve
»
(c)
ville
d'Afie
dans
la
Parchie,
{elon
Ptolémée.
CHOANE,
Choana,
Xsavas
(2)
ville
d'Afie
dans
la
Baétriane,
{elon
le
même.
CHOANIENS
,
Choani,
‘(e)
peuples
de
l'Arabie
heur::fe
,
{e-
lon
Pline,
On
lit
dans
ies
Méra-
morphofes
d'Ovide
:
Inflabant
parte
finifira
Chaonius
Molpens
;
dextra
Naba<
theus
Ethemon.
Quelques
Commentateurs
d'O-
vide
lexpliquent
de
la
Chaonie
contrée
d'Épire
;
mais,
comme
l'ont
judicieufement
remarqué
d’autres
Critiques
qui
ont
travaillé
fur
cet
Auteur
;
pourquoi
Ovide
auroit-il
mis
un
Grec
entre
des
Arabes
dans
un
combat
donné
en
Éthiopie
au
fujet
du
mariage
d'Andromede?
Ils
ont.
bien
vu
qu'il
falloit
lire
dans
Ovide
Choa-
nius
,
&
non
pas
Chaonius.
Le
P.
Hardouin
eft
auffi
de
ce
fen-
üment,
On
objeéte
que
les
ma=-
nufcrits
portent
tous
fans
varia-
tion,
Chaonius,
excepté
celui
de
Leyde
où
l’on
lit
Cahonius
;
cette
uniformité
prouve
tout
au.
plus
que
la
faute
eft
ancienne
,
&
qu'elle
a
été
copiée
par
un
grand
nombre
de
gens
,
qui
n’enien-
doient
pas
ce-qu'ils
écrivoient.
CHOASPES.,
Choafpes
,
(4)
Prolem.
L.
VE
©
rr.
(e)
Plin.
T.E.
p.
340,
Ovid,
Meta
L,
V,
c.s,
90
GH
Ko
rue,
(a)
fleuve
d’Afe,
qui
avoit
fa
fource
dans
les
monta-
gnes
de
Médie,
au-deflus
d'Ec-
batane,
ville
fituée
{ur
les
rives
de
ce
fleuve.
Pline
dit
qu'il
fe
jetcoit
dans
le
Pafrigris,
Strabon
,
qui
fait
auf
mention
|
du
Choafpes
;
rapporte
que
felon
Polyclete
,
le
Choafpes,
l'Eulée
&
le
Ture,
c’eft-à-dire,
le
Paf-
tigris,
fe
joignoient
dans
un
même
lac,
&
fe
rendoient
de-là
dans
la
mer;
ce
quil
fauc
entendre
du
/
golfe
Perfique.
Le
même
Au-'
teur,
parlant
de
la
ville
de
Sufe,
dit:
»
Elle
eft
fituée
au
milieu
des
»
terres
au
de-là
du
Choafpes
»
auprès
d’un
pont
;
la
Sufane
»
s'étend
jufqu'à
la
mer
;
&
fa
»
côte
eft
depuis
les
frontières
»
de
celle
de
Perfe
jufqu’à
l’em-
»
bouchure
du
Tigre
,
environ
»
lefpace
de
trois
mille
flades.
»
Le
Choafpes,
qui
traverfe
la
»°
Sufrane,
finit
à
cette
côte,
&
à
»._
fon
origine
chez
les
Uxiens,
«
Cette
dernière
opinion
de
Stra-
Don
n’eft
point
exacte,
fi
la
pof-
tion
que
M.
d’Anville
donne
aux
Uxiens
,
dans
fa
carte
des
Affy-
riens
&
autres
penples
d'Afe,
eft
jufte
;
car
,
il
les
met
dans
les
montagües
près
de
la
Sufiane.
L'eau
du
Choafpes,
au
rapport
de
Quinte-Curfe,
étoit
fort
cé-
lebre
pour
être
exquife
&
déli-
cieufe
à
boire.
Et
Hérodote
par-
Jant
des
préparatifs,
qu’on
avoit
faits
pour
une
expédition
de
Cy-
rs,
dit
que
l'on
portoit
entr'au-
tres
chofes
de
l’eau
du
fleuve.
CH
Choafpes
qui
pafloit
dans
Sufe,
parce
que
le
Roi
ne
buvoit
point
d'autre
eau
que
de
certe
rivière.
Une
quantité
de
chariors
qui
étoient
trainés
par
des
mulets,
portoient
dans
des
vaiffeaux
d’'ar-
gent,
cette
eau
qu'on
avoit
fait
auparavant
bouillir
,
&
fuivoient
ar
tout
le
Roi.
CHOASPES
,
Choafpes
,
(b)
Xodomuc,
fleuve
des
Indes,
qui
nailloit
au
mont
Paropamife,
&
alloit
tomber
dans
le
Cophé.
Quinte-Curfe
fait
mention
de
ce
fleuve.
Selon
cet
Hiftorien,
Ale-
xandre
le
pafla,
dans
fon
expédi-
tion
des
Indes.
L’embouchure
du
Choafpes
dans
le
Cophé
étoit
an-
deffus
de
l’Arachofie.
EHOBA
,
Choba,
Xoba.
(c)
Le
livre
de
Judith,
felon
les
Sep-
tante,
dir
que
les
[fraëlites
ayant
appris
la
mort
d'Holopherne,
&
voyant
que
les
Affyriens
s'en
fuyoient
en
défordre,
les
pour
faivirent
jufqu’à
Choba,
les
paf-
fant
au
fil
de
l'épée.
La
Vulgate
ne
nomme
point
ce
lieu,
&
dit
fimplement,
jufqu’à
l’extrêmité
des
frontières.
Dans
le
verfet
pré-
cédent,
on
lit
qu’Ozias
envoya
à
Béthomañta,
à
Bébai,
à
Cho-
bai,
à
Cholam
&
à
toutes
les
ex-
trêmités
de
la
terre
d'Ifraël
pour
leur
porter
la
nouvelle
de
ce
qui
venoit
d'arriver,
&
les
avertir
de
tomber
tous
enfemble
fur
l’enne-
mi
qui
s'enfuyoit.
_
CHOBAR
,
Chobar,
Xceaps
(4)
fleuve
dont
il
eft
parlé
dans
le
prophete
Ézéchiel.
Ce
prophere
(a)
RUN
TT
b.
333,
-Strab.
p.728.
|c,
10.
Q:
Curt,
L.
V.:c.
24
Herod.
LI.
c,
188.
(#)
Strab,
pag.
697,
Q.
Curt,
L,
VIN,
+
{c)
Judith.
cc.
15.
v.
5,
6.
(d)
Ezcch,
€,
1,
ve
1,
©
feqe
PORT
TO
AY
MONT
POP
CT
MDN.
GT
éroit
fur
le
bord
du
fleuve
Cho-
bar,
lorfqu'il
eur
des
vifions
di-
-vinés.
Voyez
Chabor.
CHOBUS
,
Chobus
,
fleuve
de
la
Colchide.
Arrien,
dans
fa
lettre
a
l'empéreur
Adrien,
contenant
un
Périple
du
Ponr-Euxin,
comp-
te
du
Charies
au
Chobus
90
fta-
des;
de-là
au
fleuve
Singame
210
ftades
tout
au
plus
;
&ilen
met
630
du
Chobus
à
Sébaftopo-,
lis.
Agathias
le
nomme
auffi
Cho-
bus
,
&
Pline
lit
Cobus
fans
afpi-
ration
;
il
dit
qu'ayant
fa
fource
dans
le
Caucafe,
il
traverfe
le
_
pas
des
Suanes.
La
carte
de
la
Colchide,
par
le
pere
Lamberti,
marque
bien
ce
fleuve,
&
on
y
avertit
que
les
babitans
le
nomment
Copi;
mais,
il
y
a
une
erreur
confidérable
;
c’eft
qu'il
met
le
Sigamén
av
Sin-
game
d'Arrien
entre
le
Phafe
&
Je
Chobus,
au
lieu
que
le
Cho-
bus
eft,
felon
Atrien
témoin
ocu-.
lairé,
entre
le
Phafe
&
le
Singa-
me.
De
plus
,
il
fait
tomber
cette
dernière
rivière
dans
le
Phafe,
de
-
forte
qu’elle
ne
va
point
felon
ce
Pere
jufqu’à
la
mer.
Or,
Arrien
dans
fon
Périple
ne
fait
mention
que
des
embouchures
des
rivières
qu'il
vit
en
côtoyant
le
Pont-
Euxin,
&
en
faifant
le
tour
pareau,
felon
que
portoit
la
commifhon,
dont
Adrien
lavoit
chargé.
S'il
entroit
dans
quelque
rivière
»
1}
avoit
foin
d'en
avertir
,
comme
il
fait
en
parlant
du
Chobus.
.
CHOCHOME
,
Chochome
lieu
d'Égypte,
dans
lequel
Véne-
(a)-Ezech,
c.
17.v.
16,
(b)
Juft.
CL.
XXIV.
0,
7.
CF
OT
phes
V
;
roi
des
Thinies,
fir
éle-
ver
des
pyramides,
fuivant
Hés
rodote,
cité
par
Moréri.
CHODCHOD
,
Chodchod,
(a)
nom
d’une
forte
de
marchan-
difes,
que
le
prophete
Ézéchiel
met
parmu
celles
que
l’on
appor=
toit
à
Tyr.
Les
anciens
interpre-
tes
ont
confervé
ce
terme
dans
lears
traduions,
ne
fçachant
ce
qu'il
fignifoit.
Saint
Jérôme
avoue
qu'il
n'en
a
pu
trouver
Îa
fignifi-
cation
;
le:
Chaldéen
l’enrend
des
-
perles
;
d’autres,
de
lonyx,
ou
du
rubis,
ou
de
l’efcarboucie,
où
|
du
cryftal
,
on
du
diamant.
Cha-
cun
devine
comme
il
peut,
CHODION
,
Chodion
;
()
l'un
des:
favoris
d'Afinoë
,
fœur
&
femme
de
Ptolémée,
rot
de
Macédoine.
Il
fat
dépuré
par
cette
Princefle
vers
Ptolémée
,
lorf-
qu'elle
voulut
contraéter
avec
lui
un
mariage,
dont
les
fuites
furent
fi
faneftes,
&
pour
elle
&
pour
les
enfans
,
qu’elle
avoit
déjà
eus
d'un
autre
mari.
CHODORLAHOMOR
,
(c)
Chodorlahomor,
XoS
coop
;
roi
des
Élamites,
au
tems
d'Abraham.
Ce
Prince,
s'étant
joint
au
roi
de
Sénnaar
&
à
deux
autres
Rois,
porta
fes
armes
au
midi
de
lEu-
phrate,
&
obligea
les
petits
rois
de
Syrie
&
du
pais
de
Chanaan
à
loi
payer
tribut.
Ces
Princes,
étant
demeurés
foumis
pendant
douze
ans
,
tenterent
de
fecouer
le
joug
la
treizième
année
;
ce
qui
oblipea
Chodorlahomor
de
venir
avec
fes
alliés
dans
ce
pais.
Les
Chana-
de
Acad.
des
Inferipr,
&
Bell.
Lert,
Tom,
1H,
page
348
Te
V,
pe
33%»
335»
*(c)
Gene£
c,
4
v,
1,
dt
fr.
Mém.i
386
K
08
CH
jamais
de
garder
l'unité
du
lieu
;
‘cette
regle
leur
paroifloit
même
de
nature
à
ne
pouvoir
jamais
être
violée;
&
ils
n'en
faïfoient
point
de
précepte.
La
raïfon
en
eft,
qu'il
vaut
beaucoup
mieux
manquer
à
la
vraïfemblance
dans
les
chofes
où
l'on
a
befoin
de
rai-
-
fonnement
pour
s'en
appercevoir,
que
dans-lés
chofes
qui
frappent
Jesfens,
&
qui
ne
manquent
pas
de
révolter
à
la
première
vue
un
fpelateur
attentif
&
intelligent.
-
L'unité
du
lieu
violée
eût
fuff
feu-
.
le
à
Athènes
pour
faire
fiffier
une
piece.
Un
Poëte
nommé
Carci-
nus
,
au
rapport
d'Ariftote,
fai-
foit
fortir
Amphiaraus
du
tem-
le
fans
qu'on
le
vit;
la
piece
tomba,
les
fpectateurs
ne
pou-
vant
fouffrir
qu'on
leur
vouiût
perfuader
qu'Amphiaraüs
étoit
forti
véritablement,
lorfqu'ils
n’en
-
avoient
rien
vu.
Aujourd’hui
on
ne
nous
pérfüade
pas
feulement
qu'un
homme
foit
forti
d’un
tem-
ple
ou
d'un
palais,
quand
nous
n'en
avons
rien
vu;
on
va
jufqu'a
nous
faire
croire
que
ce
qui
étoit
une
falle
,
il
n’y
a
qu'un
moment,
eft
devenu
tout-à-coup
un
jar-
.
din;
&
l’on
nous
métamorphofe,
fans
fcrupule,
l'appartement
d'une
…
Princefle
en
untemple,
on
en
une
place
publique,
Les
Chœurs
fuifoient
aux
An-
ciens
pour
les
empêcher
de
tom-
ber
dans
ce
défaut;
car,
le
Chœur
ne
fortant
prefque
jamais
duthéatre,
lorfqu'il
s’en
étoit
une
fois
emparé,
1l
eût
été
trop
vifi-
“blement
ridicule
de
fuppofer
que
le
théatre
fût
changé,
lorfque
les
perfonnés
qui
l'occupoient
n’a-
C
H
voient
point
changé
de
place,
Les
-
Chœurs
fervoient
encore
à
mar-
quer
la
durée
de
l’aftion.
La
re-
préfentation
de
leur
tragédie
ne
duroit
guére
plus
de
tems
qu'il
n’en
auroit
fallu
pour
l’action
mé-
me
repréfentée
;
cette
régularité
lui
donnoit
un
air
de
vraifem-
blance
,
qui
faifoit
une
de
fes
plus
grandes
beautés.
Quand
bien
mé-
me
nous
fuivrions
aujourd'huicet-
te
pratique
,
elle
ne
frapperoit
»
prefque
pas.
La
fymphonie
qui
|
remplit
nos
intermedes,
n'ayant
aucun
rapport
à
la
piece,
y
fait.
un
vuide
que
rien
ne
fixe
;
au
lieu
que
les
danfes
&
les
chants
des
Chœurs
,
étoient
une
efpèce
de
mefure
du
tems
qui
s'étoit
écou-
.
lé
entre
un
ate
&
un
aûe.
Outre
cela,
ils
arrêtoient
1e
fpeGtateur
en
continuant
de
l’oc-
cuper,
&
ils
ne
manquoient
pas
de
lier
la
fin
de
l’aéte
ävec
le
cornmencement
de
l’aéte
fuivant;
ce
qui
eft
plus
important
que
l'on
ne
penfe,
puifque
cette
haïfon
contribue
à
faire
fentir
l'unité
de.
Pattion.
Nos
cinq
aftes
ifolés
les
uns
des
autres
,
forment
en
quel=
que
forte
cinq
pieces
différentes,
que
l’on
joue
Îles
unes
après
les
autres.
=
Plufieurs
Scavans
ont
fait
voir
par
un
grand
nombre
de
pañages
…
d’Auteurs
anciens,
que
les
tragé-
—
digs
fe
chantoient
d'un
bout
à
l’au-
tre,
que
Ja
mufiqne
des
Chœurs
n’étoit
pas
la
même.
que
celle
des
fcenes.
Il
eft
vrai
que
tout
cé
qui
reparde
la
mufque
ançciene
;
eft
plem
oe
difficultés,
&
qu'on
ne
fçait
pas
bien
fi
le
chant
des
iragédies
étoit
une
véritable
mu
ÉRIC
RTIR
RER
EN
rer
RL
dc
ed
dé
RD
EE
CH
fique,
telle
que
la
nôtre,
Il
y
à
ap-
parénce
,
cependant,
que
la
mufi-
que
des
fcenes
révenoit
à
ce
que
nous
appellons
dans
les
opéras
le
récitatif,
&
que
la
mufique
des
Chœurs.étoit
ce
que
nous
appel-
Jons
des
airs.
=
—
Quoi
qu’il
en
foit,
ileff
aifé
de
Voir
quelle
variété
les
Chœurs
Produifoient
dans
la
tragédie.
De
quelle
variété,
en
effet,
n'efl
point
fufceptible
une
mufique,
qui
s’ac-
_
commode
à
tant
de
différentes
fi-
tuations,
&
à
tant
de
différens
-
fntimens
répandus
dans
une
bon-
ne
trapédie
?
La
poëfie
des
fcenes,
&
da
poëfie
des
Chœurs
n'éroit
pas
la
même;
l'iambe,
comme
plus
propre
aux
difcours
ordinai-
res
,
étoit
pour
les
fcenes
,
&
l’on
employoit
une
autre
mefure
plus
vive,
plus
cadancée
,
&
plus
harmonieufe
pour
les
Chœurs.
Les
exprefons
n’étoient
pas
non:
-
plus
les
mêmes;
durant
les
actes,
le
Poëte
facrifoit
en
quelque
forte
ne
partiè
de
fon
feu
à
la
vrai-:
femblancé
de
lation,
&
le
mefu-
rOit
de
forte
que
le
dialogue
con-
fervoit
le
naturel
quil
devoit
avoir,
fans
que
le
poëme
perdit.
rien,
ni
de
fa
majefté
ni
de
fon
armonie;
mais
,
dans
les
Chœurs
rien
ne
le
gênant
plus,
il
donnoit
-
un
libre
éflor
à
fa
verve,
&
mon-
toit
qu'il
étoit
véritablement
Poe-
te;
il
employoit
alors
les
penfées
les
plus
brillantes
&
les
plus
rele-
vées
,
les
tours
les
plus
forts
,
les
expreffions
les
plus
hardies
&
les
plus
figurées,
&t
fi
durant
les
ac-
tes
1]
avoit
parlé
le
langage
des
LA
Héros
&
des
Rois
>
On
peut
dire
que
dans
les
Chœurs
il
parloit
ce.
=
CE
lui
des
Dieux,
La
mufque
s’accom-
Mmodoit
fans
doute
à
cette
variété
;
une
efpèce
de
mufique
plus
fmple
regnoit
durant
le
cours
de
Ja
piè-
ce,
une
mufique
plus
compofée
étoit
réfervée
pour
les
Chœars
;
ils
étoient
toujours
accompagnés
de
danfes,
C'ef
ainf
que
la
tra—
gédie
ancienne,
variant
{ans
cefle
les
objets,
&
offrant
continuelle-
ment
de
nouveaux
plaifirs
aux
fpéétareurs
,
fcavoit,
fans
les
fari=
guer,
les
retenir
&
les
occuper.
jufqu'à
ce
qu'elle
les
renvoyât
pleins
des
paflions
qu’elle
fe
pro-
pofoit
d'exciter
en
eux,
2.®
Que
l’on
fe
repréfente
un
moment,
l'eflet
que
devoit
faire
furle
théatre
ce
grand
nombre
d’aéteurs
,
de
différens
fexes
&
de
différens
âges
,
dont
les
Chœunrs
étoiéntcompofés,
leurs
danfes,
leurs
chants,
la
magnificence
de
leurs
habits;
tont
cela
ne
contri=
buoit-1l
pas
merveilleufement
à
relever
l'éclat
du
fpeacle?
On
voit
qu'un
des
meilleurs
moyens
d'aitacher
les
peuples
&
de
les
tenir
comme
enchantés,
a
tou--
Joùrs.été
d'employer
la
mufque,
êc
les
cérémonies
que
les
Anciens
auroient
fans
doute
comprifes
fous
.
le’
nom
général
dé
dantes:
Ce
grand
nombre
de
perfon-
nes
qui
prennent
imérêt
à
l'ac-
tion,
en
releve
encore
limportan-
ce,
&
la
rend,
&
plus
grande
,
&
plus
éclatante;
on
a
beau
vanter
l'intérêt
que
prend
le
peuple
à
une
a@tion;
on
a
beau
faire
un
récit
fidele
de
fes
craintes,
ou
de
fes
emportemens;
on
en
eft
tout
au-
trement
frappé,
lorfqu’on
le
voit
paroïüre
lui
même
repréfentépar
1j
nn
-
CH
:
fes
chefs,
&'
que
l’on
eft
témoin
de
fes
difflérens
mouvemens
,
comme
dans
l'Œdipe
de
Sophocle,
tes
Chœurs,
par
leurs
refpeéts
&
par
leurs
louanges,
relevent
aufh
la
dignité
des
perfonnages,
Jes
rendent
plus
grands
aux
yeux
des
fpetateurs.
Voyez
dans
Eu-
ripide
,
de
quelle
forte
le
Chœur
tannonce
l’arrivée
de
Clyternnef-
vre
&c
d'Iphigénie.
»
Les
grandes
,
Profpérités
ne
font
que
pour
les
.
plus
grands.
Voyez
Iphigénie
n
E
fille
d’Apamemnon
;
voyez
-
la
fille
de
T'yndare,Clytemnef…
»;tre
notre
Reine
;
elles
fortent
“y
d'une
race
illuftre
,
&
leur
»
fortune
répond
à
leur
naiffance.
»
Ce
font
les
Dieux
tout-puif-
#
fans
qui
comblent
de
biens
les
»
foibles
mortels.
Filles
de
Cal-
5
cide
arrétons-nous
ici,
pour
»
nouspréfenter
à
la
reine
à
la
»
fortiede
fon
char;
eflorçons-
-
nous
de
lui
prouver
noire
fin-
»
cere
affection;
qu'elle
foit
reçue
»
dans
nos
bras;
aidons
aufli
à
‘»
defcendre
la
jeune
&
timide
»
Princefle.
«
Un
tel
Chœur
n'eft-1l
pas
en
quelque
forte
une
cour
nombreufe
&
brillante,
que
Clytemneftre
trouve
à
fon
arri-
vée.
Re
La
fin
&
le
but
des
poëmes
dramatiques
,
c'eft
certainement
l'inftruétion
du
peuple
;
il
faut
ul
remporte
toujours
du
fpec-
tacle
quelque
maxime
utile,
dont.
il
ait
été
frappé.
Or,
il
paroït
que
les
Chœurs
étoient
autrefois
def-
tinés
particulièrement
à
cet
ufage,
êt
que
ce
fut
une
des
principales
raifons
qui
les
fit
conferver.
Le
Poëte
n'ofe
hazarder
dans
les
{ce-
CH
nes
un
grand
nombre
de
maximes,
parce
que
rien
ne
feroit
plus
op
pofé
à
la
vérité
du
dialogue;
mais,
rien
ne
l'empêche
de
répandre
dans
les
Chœurs
la
morale
la
plus
fublime
;
&@c
c'eft
aufli
ce
qui
compofoit
prefqne
toujours
les
Chœurs
des
tragédies
anciennes.
3.9
Mais,
le
plus
confidérable
des
effets
des
Chœurs
dans
la
tra-
gédie
ancienne,
c'eft
le
pathéri-
que
qu'ils
y
produifoient,
Cette
tragédie
noble
&
majeftueufe
em-
pruntoit
de
la
moralefes
plus
bel-
les
maximes,
s’autorifoit.de
lare-
ligion,
&
s’embelliffoit
de
fes
plus
auguftes:
cérémonies;
&
dé-
ployant
tout
ce
que
la
poëfie
a
de
charmes
pour
ravir
les
efprits,
&
toucher
les
cœurs,
elle
y
joi-
_gnoit
encore
tout
ce
qui
peut
en=,
chanter
les
fens,
fe
propofant
toujours,
comme
fa
principale
fin,
d’infpirer
l'horreur
du
vice
,
&
de
faire
du
théatre
une
école
de
tou-
tes
les
vertus,
&
dele
rendre
un
des
meilleurs
moyens
qu’eüt
la
fagefle
humaine,
de
ramener
&
d'entretenir
les
peuples
dans
tous
leurs
devoirs.
.
La
tragédie
ainfi
conçue
a
fes
paflons
qui
lui
font
propres.
Foute
fa
perfeétion
confifte
à
les
imprimer
fortement
dans
les
ef-
prits,
&
c'eft
à
quoi
fervoient
beaucoup
les
Chœurs.
Fout
le
monde
connoit
la
force
de
la
mu-
fique
&
de
la
danfe
;
il
feroitinu-
tile
d’en
difcourir
ici.
[n'y
a
per-
fonne
qui
ne
fçache,
par
fa
propre
expérience,
qu'elles
imprefhons
el-
les
font
capables
de
faire.
Ainfi,.
1.9
Les
Chœurs
,
par
la
mofique
&
la
danfe
qui
les
accompagnoient
Ci
toujours,
contribuoient
merveil-
leufement
à
remuer
les
pafhons.
:
Ileft
néceflaire
qu’il
y
ait
des
in-
termedes
;
mais,
il
ne
faut
pas
pour
cela
laifler
réfroidir
le
fpec-
tateur
;
il
faut
au
contraire
foûte-
nir
en
lui,
&
forrifier
les
paflions
qu'on
a
commencé
d'y
exciter.
Rien
ne
produifoit
mieux
cet
effet
que
les
Chœurs,
qui
pat
leurs
danfes
&
par
leurs
chants,
rem-
plifloient
les
efprits
d'idées
conve-
nables
aux
fujets,
&
ne
faifoient
qu'exprimer,
&
donner
par-là
üne
nouvelle
force
aux
fentimens
que
les
difcours
des
perfonnages
venoient
d'exciter
;
2.9.
Les
Chœurs
fervoientencore
à
émou-
voir
les
paflions,
en
offrant
aux
fpettateurs
d’autres
fpettateurs,
pour
ainfi
dire,
fortement
tou-
.
chés.
Ce
n'eft
pas
feulementun
fpedtacle
digne
de
crainte
on
de
pitié,
qui
excite
en
nous
la
-
crainte
où
la
pitié
;ikfufhit
fouvent,
pour
reflentir
ces
deux
pafhons,
de
voir
quelqu'un
qui
en
foit
for-
teinent
touché.
C'eft
ce
que
les
peintres
ont
fort
bien
conçu;
lorf-
qu'un
tableau
eff
fait
pour
émou-
voir,
ils
ne
fe
contentent
pas
de
repréfenter
feulement
lation,
ils
peignent
encore
fur
les
vifages
des
afliftans
les
différentes
pa-
fions
que
leurs
tableaux
doivent
.
faire
naître;
ils
vont
même
jufqu’a
intéreffer
les
chofes
les
plus
infen-
fibles,
Un
bon
Poëte
doit
faire
la
même
chofe
;
&
Iphigénie
fur
le
théatre
,
doit
être
environnée
de
perfonnes
qui
foient
fenfibles
à
{es
malheurs.
Ce
qui
doit
bien
nous
convain-
çre
des
grands
effets
des
Chœurs
CFE
TOT
anciens,
c'eft
le
fuccès
de
nos
opéras.
On
en
peut
encore
juger
par
l'Efther
&
l'Athalie
de
Raci-
ne,
où
le
Chœur
fait
un
fi
bel
effet,
tout
détaché
qu'il
eft
de
la
iece.
|
ÏT.
Les
Chœurs
n'étoient
pas
moins
néceflaires
à
la
vieïlle
comé-
die,
qu'à
la
tragédie.
Auf
en
avoit-elle
toujours,
-
1.9
Ils
fervoient
à
varier
le
fpeîtacle.
La
vieille
comédie
n’é-
toit
point
partagée
répulièrement
en
cinq
actes;
feulement
laétion
étoir
entrecoupée
de
tems
en
tems
par
le
Chœur.
Îl
y
en
avoit
dé
grands
,
compofés
de
plufñeurs
parties,
qui
toutes
avoient
leurs
noms
particuliers
,
&
qui
étoient
faites
fur
le
modele
des
Chœurs
des
tragédies.
Quelquefois
le
Chœur
ne
chanroit
qu'un
ou
deux
couplets.
Les
Chœurs
compofés
de
plufieurs
parties,
étoient
de
vrais
entr'actes;
les
autres
étoient
de
petits
repos
entre
les
fcenes,
&
même
au
milieu
des
récits
,pour
donner
aux
Acteurs
le
tems
de
refpirer
,
&
pour
ne
pasennuyer
les
fpeîtateurs
par
trop
d’umifor-
mité.
2.9
Comme
la
vieille
comédie
étoit
un
fantôme
de
tragédie,
elle
avoit
befoin
d'un
appareil
brillants
il
falloit
que
le
théatre
fût
garni.
Le
nombre
des
A&teurs
du
Chœur
varia
fouvent
dans
lès
tragédies,
il
varia
de
même
dans
les
come-
dies;
mais,
le
Chœur
des
comé-
dies
n'étoit
inférieur
en
rien
à
ce
lui
des
tragédies.
[ls
avoient
l'un
&
l'autre,
&
chants
&
danfes
;
les
habits,
les
décorations
,
les
machines
que
le
Chœur
occafon=
G
ii
162
CH
|
noit
dans
les
comédies,
ornoient
beaucoup
la
fcene,
&
contraf-
toient
quelquefois
par
leur
éclat,
&t
par
leur
macnificence,
d'autre:
fois
par
leur
burlefque,
avec
ja
pompe
des
tragédies.
3.°
Le
Poëte
comique,
tou-
jours
fival
du
Poëte
tragique,
ne
Jai
cede
dans
fes
Chœurs
,
ni
par
Ja
beauté,
ni
par
la
fublimiré
des
penfées,
m1
par
la
force
des
ex-
preffions.
M.
Boivin
a
fort
bien
remarqué
que
la
verffication
d'A-
riftophane,
en
beaucoup
d’en-
droits,
n’eft
point
inférieure
à
cel-
le
des
plus
excellens
tragiques;
que
fes
iambes
&
fes
anapeftes
font
travaillés
avec
tour
le
foin
poffible
,
&
que
les
Chœurs
d'Eu-
ripide
&
de.
Sophocle
ne
font
point
écrits
avec
plus
d’art
que
ceux
du
comique.
-
4,9
C'étoit
dans
l'invention
des
-perfonnages
du
Chœur
que
con-
-fifloit
principalement
la
malienité
du
Poëte
comique;
&
c’étoit
pour
lui
une
fource
abondante
de
ridi-
cule.
Les
nnées
avec
lefquelles
Sôcrate
converfe,
&
parmi
lef-
quelles
il
vit,
font
un
emblême
ingénieux
des
vaines
{péculations
des
Philofophes.
Le
Chœur
de
juges
repréfentés
par
des
guêpes
,
dans
la
comédie
qui
en
porte
le
nom,
eft
feul
une
fatyre
des
ma-
iftrats
d'Athènes.
Les
Acteurs
du
Chœur
aidoient
encore
parleur
jeu,
à
rendre
le
fpettacle,
&
plus
réjouiffant,
a
plus
fatyrique,
ee
-
Dans
la
comédie
des
Oifeaux,
ce
font
des
oïfeaux
qui
forment
le
Chœur
;
ils
étoient
repréfentés
par
des
hommes
prefque
nus,
avec
ER
des
crètes
,
des
becs,
des
griffes
&
_des
plumes
en
grande
quantité,
parce
que
cette
comédie
fut
jouée
en
hiver,
&
que
pour
cette
rai-
“fon
le
poëte
{uppofoit
que
les
oi-
feaux
avoient
beaucoup
de
plu-
mes.
Lés
poftures,
les
grimaces,
&
les
figures
de
ces
oifeaux
pré-
tendus,
faifoient
beaucoup
de
plai-
fir
au
peuple.
On
pouvoit
remar-.
quer
parmi
eux
plufieurs
particu-
liers
d'Athènes
,
reconnoïflables
par
le
mafque.
Ainf,
des
oïfeaux
de
proie
repréfentoient
des
frip=
pons
connns,
des
hiboux,
des
gens
de
mauvaife
humeur,
&c.
Îl
y
a
bien
de
l'apparence
que
pour
grofhr
le
Chœur,
on
ÿ
méloit
des
figures
de
bois
où
d’autres
matières
qui
reflembloient
à
de
vétitables
oifeaux
;
ajoûtés
à
cela
lirnitation
de
leurs
chants
&
de
leurs
fredonnemens.
De
pareils
AGteurs
fi
mordans
&
fi
bouffons
devoient
beaucoup
réjouir
la
mulutude.
Le
Chœur,
comme
l'on
voit,
étoit,
pour
ainfi
dire,
l'ame
&
la
principale
partie
de
la
vieille
comédie;
c’eft
pourquoi,
c'étoit
du
Chœur
qu'elle
prenoit
fouvent
fon
nom.
Aufli
,
dès
qu'on
voulut
réformer
la
vieille
quon
=
comédie
,
on
commença
par
lui
retrancher
le
Chœur
,
&
dès-lors
elle
ne
put
plus
fe
foûtenir,
IL.
Efchyle
diminua
le
nombre
des
Aéteurs,
qui
compofoient
le
Chœur;
mais,
il
y
fut
contraint
parle
Magiftrat,
à
caufe
du
dé-
fordre
qu'avoit
produit
le
Chœur
des
Euménides.
Ce
Chœur
com-
pofé
de
cinquante
perfonnes
,
qui
repréfentoient
des
furies,
fit
une
telle
impreffion
far
les
enfans
&
x
C
H
fur
les
femmes
orofles,
que
plu=
feurs
en
moururent,
&
d’autres
fe
bleflerent,
Il
fut
donc
réglé
qu'à
l'avenir
le
Chœur
ne
Aeroit.
plus
que
de
quinze
perfonnes.
M.
Burette
obferve
que
dès
le
tems
d'Arifiote
,
les
Poëtes
dra-
matiques
s'étoient
mis
dans
l'ufage
commode
de
ne
plus
compofer
de
Chœurs
exprès
pour
leurs
piéces;
mais
de
prendre
çà
&
là
divers
morceaux
de
poëlie,
&
de
les
in-
férer
dans
leurs
entr'attes,
com-
me
autant
d'intermedes,
qui
par
conféquent
n’avoient
pas
plus
de
rapport
&
de
liaifon
avec
la
piece
de
théatre
que
l'on
jouoit
,
qu'a-
vec
touteautre.
Ce
fut
Agathon,
felon
Ariftote,
qui
le
premier
in-
troduifit
ce
mauvais
ufage;
&
lon
pouvoit
accufer
Euripide
d’une
pareille
négligence
dans
quelques-
_
unes
de
fes
tragédies.
Ces
fortes
de
Chœurs
méritoient
fort
la
qualification
de
rapfodies,
&c
de
-poëñes
bigarrées.
Donner
le
Chœur,
c’étoit,
chez
lès
Grecs
,
acheter
la
piece
d'un
Poëte,
&
faire
les
frais
de
la
re-
préfentation.
Celui,
qui
faifoit
cette
dépenfe
,
s’appelloit
à
Athènes
Chorege.
On
confoit
ce
foin
à
l’Archonte,
&
chez
les
Romains
aux
Édiles.…
CHŒURS
ou
DANsEs.
EN
ROND,
Chori
Circulares
;
(a)
Xopoi
éyxbxnot
On
fait
Arion
l'in-
-venteur
de
ces
danfes.
Ainfi,
La-
fus
n'en
fut
point
l’auteur
;
mais,
du
moins
il
les
perfeétionna
beau-
coup,
au
rapport
du
Scholiafte
(ay
Mém.
de
l’Acad.
des
Inferipr.
&
Bell.
Lett,
Tom.
XV.
pag.
225
;
326.
“(b)
Plut,
T.
TL
p.153:
.
CE
103
d'Ariffophane
,
qui
produit
fes
garans.
On
appelloit
ceux
qui
compofoient
la
poëñe
&
la
mufi-
que-pour
ces
«fortes
de
danfes,
“Cycliodidafcales
,
que
lé
même
Scholiafte
explique
Poëtes
Dithy=
rambiques
;
car
,
telles
étoient
la
poëñe
&
la
mufique,
qui
en-
“troient
dans
ces
fortes
de
danfes.
CHOLARGUE,
Cholargus,
(2)
bourg
de
l’Attique
dans
la
tribu
Acamartide.
Plutarque
par-
le
de
ce
bourg
;
il
nous
apprend
ue
Périclès
en
étoit
natif.
CHOLHOZA
,
Cholhoza,
(c)
Xonst
,
fut
pere
de
Sellum,
qui,
au
retour
de
la
Captivité
de
Ba-
bylone
,
bâtit
la
porte
de
la
fon=
_taine.
CHOLLE,
Cholle,
XKoms
(d)
ville
d'Afrique
,
felon
Appien;
mais,
comme
le
remarque
Or-
télius
,
il
faut
lire
Acholla.
Ptolé-
mée
met
dans
la
Palmyrene
une
ville
du
nom
de
Cholle.
CHOLLIDES
,
Chollide
;
-
peuples
de
Grece
dans
lAttiques
fous
la
tribu
Léontide.
Étienne
de
Byzance
l'écrit
par
deux
LE,
où
AA,
&
un
+
fimple.
M.
Spon:
met
le
peuple
Chollides
dans
la
tribu
Écéide
,
&
dit
que
ce
nom
_
{
trouve
aufli
écrit
Cholleides
,
maloré
la
critique
trop
fcrupu-
leufe
de
Meurfius,
qui
n’y
veut
point
la
diphthongne
«..
CHOMER
,
Chomer
,
ou
Ho-
MER
,
forte
de
mefure
Hébraïque.
C'étoit
la
même
quele
Corus,
qui
contenoit
dix
baths,
&
par
con-
féquent
deux
cens
quatre-vingt=
(ce)
Efd.
E,
IT,
c,
3:
Ve
15e
(d)
Prolem.EsV.
c,
15e
Gi
104
CH
=
dix-
fuit
pintes,
une
chopine,
un
demi-feprier,
&
un
peu
plus,
CHONÉNIAS
,
Chonenias
,
Kovsylac
,
(a)
chef
des
Lévites
:
préfidoit
à
la
mufique
du
temple,
du
tems
de
David.
Il
commencoit
le
premier
la
fainte
fymphonie
,
parce
qu'il
étoit
très-fage
&
très-
habile,
dit
l'Écriture,
"CHONÉNIAS,
Chonenias,
Keverlass
(b)
vivoit
du
tems
de
Jofias,
roi
de
Juda.
Lui
&
fes
fre-
.
nes
Sémeias
&
Nathanaël,
comme
auf
Hafabias
,
Jehiel
&
Jozabad,
chef
des
Lévites,
donnerent
aux
autres
Lévites,
pour
célébrer
la
Pâque
,
cinq
mille
menues
bêtes,
&
cinq
cens
bœufs.
CHONIDAS
,
Chonidas
,
(c)
gouverneur
de
Théfée.
Par
fon
application
&
fes
talens
,
il
répon-
dit
fi
bien
aux
intentions
de
l'a-
yeul
de
fon
éleve,
que
les
Athé-
-niens
dans
la
faite
l'honorerent
Comme
un
demi-Dieu,
lui
immo
lant
tous
les
ans
un
bélier,
le
jour
*
qui
précédoit
la
fête
de
Théfée
;
honorant
ainfi,comme
le
remarque
Plutarque,
avec
plus
de
raifon
&
de
juftice,
la
mémoire
de
celui
qui
avoit
formé
leur
héros,
que
Silanins
&
Parrhafus,
qui
n'en
avoient
fait
que
des
ftatues
&
des
portraits,
|
CHORA,
Chora,
X:pa,
nom
dont
les
Grecs
fe
font
fervis
pour
défener
un
lieu.
Ils
don-
noient
à
ce
mot
des
étendues
fort
différentes
;
car,
ils
nommoient
X
5x
où
X
pce,
un
pais
,
une
région,
une
province
,
une
terre
,
(a)
Paral,
L.
I,
c,
x6,
v.
22,
(Ce)
Paral,
LIL
©,
35,
v,
9
Ge
CE
H
un
héritage,
un
champ;
ils
avoient
aufh
le
mot
Chorion
,
Xi,
pour
fignifier
la
même
chofe,
&
l'employoient
auf
pour
fignifer.
une
citadelle,
un
château,
une
forterefle,
fans
parler
des
autres
fignifications
de
ces
mots,
lefquels
n'ont
point
de
rapport
avec
la,
géographie,
C’eft
dans
le
fens
de
Chora
,
pris
pour
une
campagne,
qu'un
paifan
étoit
nommé
dans
cette
langue
;
Chorites,
Xopirnc.
CHORA
,
Chorz
,
(d)
rivière
de
France.
Les
Anciens
ont
fou-
vent
fait
mention
d’une
rivière
@&
d'un
lieu
de
ce
nom.
Adrien
de
.
Valois
eft
le
premier
qui
ait
re=
cherché
quelle
rivière
s’appelloit.
ainfi;
&
il
a
trouvé
que
Chora
eft
la
Cure
qui
a
fa
fource
dans
le
Nivernoïis,
auprès
de
Plachei
paflé
à
Domecy:fur-Cure
,
à
Cu-
re,
&
à
Pierre-Pertus
,
auprès
de,
Vezelay,
à
Arci,
&
fe
perd
dans
:
lIonne,
à
Crevan
dans
l'Auxer-
rois.
Quant
au
lieu
du
nom
de
Cho-:
fa,
Ammien-Marcellin
en
fait
mention
fur
la
route
qui
conduit
d'Autun
à
Auxerre.
On
trouve
Chora
für
cette
même
route
dans
la
vie
de
Saint
Colomban
,
écrite
par
le
moine
Jonas
dans
le
fep-
_tième
fiecle.
M.
d’Anville
dit
que
le
nom
de
ce
lieu
fubffte
encore
dans
l'emplacement
d'une
métai-
rie,
à
l'entrée
du
diocèfe
d'Au-.
xetre,
en
fortant
de
celui
d'Au-
tun.
On
peut
voir
dans
les
éclair-
ciffemens
fur
l’ancienne
Gaule,
-
qui
ont
paru
en
1747,
les
raifons.
(cÿ-Myth.
par
M.
l’Abb,
Ban,
Tom.
:
I.
p.
97°.
ie
(4)
Noric,
de
la
Gaul,
par
M,
d'Anville
ma
li}
ANRT
i
qui
ne
permettent
pas
d'adhérer
à
l'opinion
de
M.
le
Bœuf,
en
con-
fondant
Chora
avec
Crévan
>
qui
-
étoit
diflingué
par
fon
nom
de
=
Grevennum
,
dès
le
tems
de
Charles
Martel,
ce
qui
eft
anté-
fieur
d'un
fecle
à
la
mention
qui
eft
faite
de
Chora
dans
la
tranfla-
tion
des
Saints
George
&
Aurèle.,
Il
eft
intéreflant
de
connoïre
Ja
pofition
de
Chora
Par
rapport
à
Cet
endroit
de
la
Notice
del
Em-
Pire,
Prefedus
Sarmatarum
gen-
.
tillum
à
Choré
Parifios
ufque.
Sanfon,
en
plaçant
Chora
à
Cor-
el,
ne
voyoit
point
que
le
nom:
de
Corboilum,
qui
eft
celui
de
Corbeil,
ne
fçauroit
être
confondu
avec
Chora
par
une
fappoftion
:,
d'analovie.
CHÔRAGES,
Choragia,
(a)
Partie
des
théatres
anciens.
C'en
_Étoit
comme
le
fond
des
couliffes
;
C'eft-là
qu'on
difpofoit
quelque
fois
des
chœurs
de
mufique,@
qu'-
On
gardoit
les
habits
&
les
inftru-
mens
de
la
fcene
;
c’eft
de-là
que
l'on
tiroit
tout
ce
qui
paroïifoit
<ux
yeux
;
d'où
l'on
voit
que
ces
endroits
devoient
être
aflez
fpa-
Cieux,
—
-
CHORAMNÉENS
»
Choram-
71,
Xopauvaior,
(b)
peuples
de
Perfe
|
felon
sd
Re
ne.
ce,
qui
dit
que
c'étoit
des
fauva-
Bes.
Il
cite
Créfias
au
dixivine
li
vre
des
Perfiques
,
où
il
dit
qu'ils
étoient
fi
lépers
à
la
courte,
qu’ils
attéipnotent&
prenoient
les
biches
en
Courant,
C4)
Antiq.
exp,
in
D.
B
ni:
i
Montf,
Tom.
HE
.
24$°
ee
(b)
Diod,
Sicul.
p.64.
-
{c)
Quint.
Curt.
L,
VIE,
€,
4:
Ptolem,
4
|
10S
Ces
Choramnéens
font
fans
doute
les
mêmes
dontil
eft
parlé
dans
Diodore
de
Sicile,
qui
lés
met
au
nombre
de
ceux
qui
furent
foumis
par
Ninus,
roi
des
Afly-
riens.
CHOROMNÉENS,
Chorom-
2@1,
Xipouvaio,,
autrement
Cho=
ramnéens,
Voyez
Choramnéens.
CHORASMIENS
,
Choraf-
mL
,
Kopéouiti,
(c)
peuples
d'A-
fie,
dont
parle
Quinte
-
Curfe.
Cet
Hiforien
paroït
les
mettre
dans
la
Sogdiane.
C’eft
la
poñition
que
leur
donne
Ptolémée
;
car
“al.
nomme
les
Chorafmiens
parmiles
nations
qui
habitoient
dans
la
Sog.
diane.
Cela
convient
avec
le
té-
_moignage
de
Pline,
qui
les
place
aufh
vers
ces
quartiers-là,
=
Les
Chorafmiens
font
appellés
Chorafmes,
Chorafmi,
dans Jut=
tin,
qui
nous
apprend
que
ces
peuples
furent
foumis
par
Ale-
xandre.
Du
tems
de
Darius,
ils
faifoient
partie
de
la
feizième
Sa
trapie
,
qui
payoit
trente
talens
à
ce
Prince.
Hérodote
,
de
qui
nous
tenons
cette
particularité,
dit
ail-
leurs,
que
les
Chorafmiens
al-
loient
au
combat
armés
de
la
mé-
me
manière
que
les
Ba@triens.
Denys
le
Périégete
diftingue
les
Chorafmiens
d'avec
les
habi-
tans
de
la
Sogdiane
;
car,
après
avoir
parlé
des
Meffageres
,
il
ajoûte
:
»
Après
eux
font
les
»
Chorafmiens
vers
le
nord s
&
»
après
ceux-ci
eft
la
Sopdiane,
»
par
le
milieu
de
laquelle
coule.
L.
VI.
c.
:2,
Plin.
T.
IL.
p.
314.
Strab.
-
P.
513:
Athen.
p.
70.
Juft.
E.
XII.
c
6;
Herod,
L,
IIE,
c,
93.
L,
VII,
c,
66,
106
CH
»
l'Oxus,
«
On
doute
que
ces
Chorafmiens
foient
les
mêmés
que
ceux
d'Athénée
;
mais,
ils
ne
different
pas des
Chorafmufines
de
Strabon,
ni
même
à
ce
que
nous
croyons,
des
Choramnéens
d'Étienne
de
Byzance.
Ges
Cho-
rafmiens
,
chaffés
de
leur
patrie,
fe
jetterent
dans
la
Syrie
où
ils
rémporterent
dé
grandes
victoires
far
les
Francs
>
qui.
y
avoient
établi
le
royaume
de
Jérufalem.
Ce
font
les
mêmes
que
M.
l'ab-
bé
de
Vertot
appelle
Corafmiens.
C'étoit,
dit-il,
des
peuples
fortis
récemment
de
la
Perfe
,
&
lus,
à
ce
qu'on
prétend,
des
anciens
Parthes
;
du
moins,
ils
en
habi-
toient
alors.le
païs
appellé
Vraca-
émi
ou
Hyrcanie
Perfienne.
D'autres
les
placent
dans
le
Cou-
varzem),
proche
de
la
Corofane
;
mais,
je
ne
fçais,
ajoûte
M.
de
Vertot,
fi
ces
Corafmiens
n'é-
toient
pas
plutôt
oripinaires
du
royaume
de
Carizme
,
que
Piole-
_mée
appelle
Chorafmia,
d'où
ces.
barbares,
la
plûpart
pâtres,
&t
qui
mavoient
guere
de
demeures
fi-
xes,
pouvoient
être
pañlés
dans
quelques-unes
des
provinces
de
la
Perfe.
Quelque
ee
eftime
que
les
Ouvrages
de
ce
fçavant
abbé
m'ayent
fait
naître
pour
fa
perfonne,
dit
M.
de
la
Martinière,
je
ne
puis
diffimuler
qu'il
y.
a
bien
de
linexa@itude
dans
ce
peu
de
mots.
Outre
qu'il
devoit
dire
Cou-
-
varezm,
ou
plutôt
Khouarezem,
&r
Coraflan
ou
Khoraflan,
ilne
devoit
pas
difinguer
le
pais
de
>
{a)
Athen.
p,
70
_
CH
Couarezm,
de
celui
de
Carizme,
qui
font
(ynonymes,
&
tépon=
dent
à
la
Chorafmie
de
Prolémées
à
quelque
différence
près
des
li-
mites.
Quant
à
ce
qu'il
dit
qu'ils
étoient
ils,
à
ce
qu'on
prétend,
des
anciens
Parthes;
cela
peut
être
vrai,
parce
qu'il
y
avoit
d'au
tres
Chorafmiens
dans
la
Parthie.
Pour
ceux
qui
cauferent
tant
de
:
maux
dans
la
Paleftine,
&
qui
s'étant
brouillés
enfemble,
fe
de-
truifirent
eux
mêmes,
de
forte
que
tout
en
périt»
jufqu'à
leur
nom,
cela
ne
doit
pas
s’enrendre
des
Chorafmiens
en
général
,
mais
de
ce
détachement
de
la
nations
qui
étoit
fous
les
ordres
de
Bathba=
Ççañ:
5
CHORASMIENS,
Choraf-
miL
,
XopArgiot:
(a)
peuples
d'A=
fië
dans
la
Parthie,
vers
Orient,
felon
Athénée.
Arrien,
dans
fon
Hiftoire
des
guerres
d'Alexandre
,
fait
mention
d'un
peuple
qu'il
nomme
Chorafmenes
;
mais,
il.
eft
différent
de
ceux-là,
car
il
le
mêt
au
voifnage
de
la
Colchide
&
des
Amazones.
ee
CHORAULE,
Chauroles
,
(Pb),
nom
que
l’on
donnoit
chez
les
Grecs
&
chez
les
Romains,
à
*
celui
qui
préfidoit
far
les
Chœurs.
Celui,
qu'on
voit
dans
les
anti=
quités
de
D.
Bernard
de
Mont-
faucon,
eft
revêtu
d’une
tunique»
&c
tient
de
chaque
main
une
flûte,
dont
le
peit
bout
eft
appuyé
fur
_
fa
poitrine.
CHORAZIN,
)
Choratite
Voyez
Corozaim.
|,
(b)
Antiq
expl.
par
D.
Bern,
de
|
=}
Montf.
Tom,
IT,
p,
343
+
IE
VE
RER
RS
RE
PR
SE
TE
D
ce
pe
ERREUR
A
TE
Ou
RE
si)
CH
-
CHORÉE,
ue
»
qui,
défis
à
la
poëfie
Grecque
&
Latine,
fi-
gnike
un
pied
on
une
mefure
de
Vers,
compofée
d’une
longue
&
d'une
breve,
comme
2rm2.
On
l'appelle
ordinairement
Trochée.
Voyez
Trochée.
CHORÈGE,
Choragus
;
(a)
forte
de
Magifirat
à
Athènes.
Le.
Peuple
d'Athènes
étoit
partagé
|
En
dix
tribus
,
dont
chacune
avoit
un
Mavifirat,
Chorèce.
C'étoit
à
lui
faire
les
frais
des
repréfentations
tragiques
pour
f
tribu.
A
La
vérité,
la
tribu
.
donnoït
une
fomme
;
mais,
il
en
coûtoit
toujours.
au
Chorège,
qui
ne
pouvoir
gueré
dans
ces
occa-
fions,
fe
difpenfer
de
fe
piquer
de
mapnificence,
Lorfquil
choi-
fiffoit
ung
piece,
on
difoit
qu'il
lui
accordoit
le
Chœur;
c'eft-à-
dire,
qu'il
fournifloit
au
Poëte
des
aéteurs,
des
danfeurs
,
des
habits,
nun
mot,
tout
ce
qui
étoit
né-
ceflaire
pour
faire
jouer
une
pie
ce.
Chaque
Chorège
cherchoit
à
emporter
fur
{es
émules,
&
la
gloire
qui
lui
en
revenoit
,
réjail-
Bfloit
fur
toute
fa
tribu
;
il
étoit
aufli
jaloux
de
cet
honneur
,
que
d'une
vidoire
qu'il
auroit
rempor-
tée
les
armes
à
la
main
fur
les
€nnemis
de
la
république
;
ce
qui
Paroit
bien
par
ce
que
Plutarque
raconte
de
lhémiftocle.
Thécmif-
tocle,
dit-il,
vainquit,
faifant
les
fonétions
de
Chorèse
pour
les
tra-
-gédies,
ces
jeux
étant
alors
dans
leur
plus
grande
célébrité
,
&
fit
drefler
un
monument
de
fa
vic-
À
ee
ee
l'Acad.
des
Infcript,
&
Ve
Lett.
Tom.
XV,
pag.
264.
Tom:
XVHL
p,
70
3;
7le
ee
:
que
l’on
nommoit
Bell,
Lect.
Tom.
XV,
pag,
T,_
XVII,
p.120.
=
Ci
107
toire
avec
cette
Infcription
:
TA.
rnifocle
Phréarien
étoit
C
horège
;
Phrynicus
faifoit
repréfenter
La
piece
:
Adimante
préfidoir,
On
avoit
accordé
au
Chorège
de
la
tribu
vidorienfe,
Je
droit
de
faire
graver
fon
nom
for
le
tré.
pied
que
cette
tribu
fafpendoir
aux
voûtes
du
temple.
Cette
fon@ion
quoique
ruineufe,
étoit
fort
re-
cherchée
,:&
devoir
l'être
dans
un
état
républicain.
Outre
qu'elle
conduifoit
aux
honneurs,
comme
la
dignité
d’Édile
Curale
à
Rome,
elle
donnoit
beaucoup
de
crédit
dans
lefprit
d’un
peuple,
plus
fen-
fible
au
plaifir
qu’on
lui
procuroit,
qu’à
la
orandeur
des
fervices,
&
qui
eflimoit
autant
un
Chorège
prodigue,
qu'un
Général
vido-
rieux.
—.
CHOREIQUE
,
Choreus,
(8)
Xopec,
forte
de
rhythme,
dont
On
trouve
l'explication
dans
Ari
tide
Quintilien.
….
Cet
Auteur
qualifie
le
rhythme
Chorëique
irrationel,
parce
qu'il
commence
par
le
levé.
dit
Mei-
bom
,
pour
finir
par
le
frappé
;
&
il
en
fait
deux
efpèces,
l’iamboï-
de
&
le
trochoïde.
Le
Chorèi-
que-iamboïde
eft
compolfé
d’une
longue
pour
le
levé,
&
de
deux
breves
pour
le
frappé:
Z/
ef
fem
Dlable
au
daëyle
,
quant
ai
rhythme,
dit
Ariftide,
&
4
l’ram-
be,
quant
au
nombre
des
[yllabes-
Surquoi
le
fcavant
Meibom
fait
cette
Judicienfe
remarque.
Ce/z
doit
s'expliquer
en
cette
manière:
Quant
au
tems
des
pieds;
l’iam-
(6)
Mém,
de
l'Acad.
des
Infcript,
8e
321:
2220
114
EF
qu’elle
ne
l'eft
en
effet.
Les
pattes
font
couvertes
pref-
que
ju{qu’aux
ongles
d’un
pluma-
ge
épais
de
couleur
blanche
fale,
avec
de
petites
lignes
noires
&c
ondoyantes
;
il
n'y
a
que
deux
où
trois
écailles
annulaires
dans
cha-
.que
patte
qui
foient
à
nud.
Chaque
aile
a
vingt-quatre
grandes
plumes
;
les
barbes
exté-
rieures
de
la
première
font
termi-
nées
à
la
pointe
par
des
poils
{é-
parés
les
uns
des
autres,
&
dif-
pofés
en
forme
de
dent
de
peigne.
On
voit
fur
les
grandes
plumes
des
aïles
&
de
la
queue,
fix
ou
fept
taches
tranfverfales
qui
font
d’un
blanc.fale
,
&c
teintes
de
roux
ou
de
bran.
Les
petites
plumes
des
ailes,
qui
recouvrent
les
gran-
des,
fur
tout
celles
du
milieu
&
les
plus
longues
des
épaules
qui
couvrent
les
côtes
du
dos,
font
marquées
de
taches
fur
tout
fur
les
barbes
intérieures
de
chaque
plume.
La
queue
a
fix
ponces
de
lon-
gueur
;
elle
eft
compofée
de
douze
plumes
,
celles
du
milieu
font
les
plus
longues
,
-&
les
autres
dimi-
nuent
de
longueur
par
degrés
juf-
qu’à
l’extérieure,
qui
eft
la
plus
courte;
elles
font
toutes
poin-
tunes.
+.
La
plante
des
pieds
eft
calleufe
&
de
couleur
pâle
;
les
ongles
font
longs
&
de
couleur
de
corne.
ou
noirâtre.
Îl
n'y
a
point
de
membrane
entre
les
doipts.
L'ex=
térieur
de
devant
peut
fe
plier
en
-
arrière,
comme
fi
en
effet
c’étoit
lanches
C
H
un
doigt
de
derrière;
ce
qui
a
fait
dire
que
cet
offeau
avoit
deux
doigts
de
derrière.
(a)
IL.
La
Chouette
étoit
con-
facrée
à
Minerve.
On
la
lui
avoit
donnée
comme
un
fymbole
de
‘prudence
,
[a
pénétration
de
cet
cifeau,
dans
lavenir,
ayant
été
reconnue
par
les
Anciens.
Dion
Chryfoflôme
cite
lä-deflus
l'apo-
‘logue
d'Éfope,
pour
faire
enten-
dre
que
c’eft
par-là
quela
Chouet-
te
a
{çu
plaire
à
la
plus
belle
&
à
la
plus
fage
de
toutes
les
déefles.
Ce
font
fes
propres
termes,
qui
font
plus
d'honneur
à
Minerve
que
l'imagination
de
ceux
qui
lui
ont
donné
des
yeux
de
Chouette,
pour
autorifer
le
fymbole,
Sur
les
monnoies
des
Athé-
niens,
on
voit
d'un
côté
la
têre
de
cette
déefle,
&
de
l’autre
une
Chouette.
On
croit
que
cela
peut
avoir
quelque
rapport
aux
Athé-
niens
mêmes.
C'étoit,
dit
Anti-
phone
dans
Athénée,
un
oifean
fort
commun
dans
leur
territoire;
&
après
cela,
il
nv
a
point
d'in-
convénient
à
confentir
qu'il
y
ait
eu
communauté
de
fymboles
entre
la
déeffe
&
la
ville
d'A-
thènes.
Ge
qu'il
y
a
de
certain,
c'eft
que
le
nom
de
Chouettes
avoit
éié
donné
aux
monnoies
de
l'Atrique.
L'efclave
d'un
riche
Lacédémoniena
dit
en
ce
fens-là,
qu'une
multitude
de
Chouertes
michoient
fous
le
toit
de
fon
mai-
tre.
Mais,
pourquoi
les
Chouettes
{ont-elles
pofées
fur
des
vafes
dif-
(a)
Mém,
de
l'Acad.
des
Infeript,
&
Bell,
Lert,
Tom.
I,
pag.
223,
224
Te
Ve
Page
268
T;
XVI,
Pe
104%
:C
H
tingués
par
différentes
lettres
?
les
Athéniens
,
comme
la
plûüpart
des
Antiquaires
l'ont
cru
jufqu'ici
,
auroient-ils
voulu
fignifier
par-[à
qu'ils
ont
inventé
la
fabrique
des
vafes
de
terre
?
c'eft
un
honneur
qu'on
ne
leur
difpute
point.
On
fçait
même
que
de-là
leur
eft
ve-
nu
le
nom
de
Prométhées
;
mais
:
ils
ont
trouvé
des
chofes
plas
im-
Portantes,
dont
ils
ne
fe
font
point
vantés
dans
leurs
monnoies.
-
La
Chouette
fe
voit
aufñ
avec
Minerve
fur
une
médaille
d'Ilium.
Sur
quoi
l’on
propofe
cette
diff-
cuité;
pourquoi
trouve-t-on
avec
la
Minerve
d'Hinm
le
fymbole
de
Celle
d'Athènes
?
M.
l'abbé
de
de
Fontenu
répond,
1.9
que
peut-
être
le
Palladium
de
Troye
n'étoit
qu'une
copie
de
celui
qui
étoit
à
Athènes
depuis
l’arrivée
de
Cé-
COpS,
&
qu'on
croyoit
auffi
être
tombé
du
ciel,
Le
culte
de
Miner-
TE
>
apporté
d'Égypte
dans
la
rece,
pafla
dans
la
Samothrace
;
de-[à
dans
l'Afie
mineure
,
où
Peut-être
Dardanns
lui-même
le
t
Connoître.
2.9
I]
eft
très-pro-
bable
que
les
Hiens
;
que
la
valeur
&
Athéniens
avoient
affranchis
de
la
domination
des
Perfes,
vou-
lurent,
en
reconnoiflance
de
ce
érvice,
faire
graver
fur
leur
mé.
aille,
le
fymbole
de
la
déeffe,
qui
Fri
Je
plus
en
vénération
chez
leurs
bienfaiteurs;
comme
par
un
fémblable
motif
de
reconnoiflan-
Ce,
ils
firent
auf
graver,
fur
une
‘AUtre
médaille
de
leur
Minerve
lade
>
Qui
eft
dans
le
cabinet
du
01,
le
cheval
Pégafe
qui
étoit
Ce)
Horat,
Epod,
Ode
1.
v.
33°
CH
IIS
le
fymbole
que
lui
donnoient
les
Corinthiens.
3,9
Les
Hiens
vou-
lurent
peut-être
exprimer
par
ce
fymbole
qu'ils
avoient
été
aflujet-
tis
par
les
Athériens
,
dans
le
fems
que
ceux-ci
{e
rendirent
maitres
d’une
grande
partie
de
l’Âfie
mineure,
comme
je
rappor-
te
Strabon
d’après
Thucydide
;
&
cette
réflexion
feroit
tomber
la
critique
de
Cafaubon,
qui
accufe
Strabon
de
n'avoir
pas
bien
en-
tendu
le
texte
de
Thucydide.
Pline
a
vanté
la
chair
de
la
Chouette
pour
Ja
paralyfe.
Tous
les
auteurs
de
matières
médicales
Ont-rapporté
cette
vertu
d’après
lui,
&
comme
un
trait
d’érudi-
tion,
Cette
propriété
&
quelques
.
autres
qu'ils
lui
ont
auf
accor-
dée:,-
chacun
für
l'autorité
de
fon
prédéceffleur
,
ne
font
pas
con-
frmées
par
des
obfervations.
L’u-
fage
médicinal
de
cet
oifean
eft
très-rare
parmi
nous,
où
même
abfolument
nul,
CHOUETTE
;
forte
de
danfe
des
Grecs,
dont
nous
ne
fcavons
autre
chofe
,
finon
qu'elle
étoit
dans
le
caratlère
pantomime
&
bouffon..
:
S
CHRÈMES
»
Chremes
,
(a)
fameux
Perfonnage
dans
les
co
médices
de
Térence.
Horace
en
fait
auf
mention,
&
il
le
repré-
fente
comme
un
vieillard
fort
aväres
-
CHRÉMETES
>
Chremetes.
Ariftote,
faifant
une
énumération
des
rivières
,
pour
faire
voir
qu’elles
ont
leurs
fources
dans
des
.
Montagnes,
dit:
»
De
même
en
Hi
116
C
H
w
Afriqueil
y
en
a
comme
l_Æ-
n
gon
&
le
Nife
qui
tombent
»
des
montagnes
d'Ethiopie
;
&
»
d'autres
,
qui
étant
les
plus
»
grandes,
entre
celles
dont
on
»
parle
le
plus,
comme
le
Chré-
»
metes
qui
fe
décharge
dans
la
y»
mer
extérieure
[
l'Océan
|
»
&
»
le
premier
bras
du
Nil,
ont
»
leur
fource
dans
la
montagne
»
nommée
le
mont
d'argent.
ce
Il
n’eft
pas
furprenant
qu'Ariftote
faive
l’ancienne
erreur,
qui
met-
toit
la
fource
du
Nil
aux
monta-
gnes
de
la
Lune,
puifque
de
fça-
vans
géographes,
tels
que
Mef-
feurs
Sanfon
,
l'ont
maintenue
dans
leurs
cartes,
parnn
enrête-
ment
qu'on
ne
fçauroit
louer,
quelque
raifon
que
l'on
ait
de
ne
parler
de
leur
fcience
qu'avec
une
eftime
refpedtueufe.
À
préfent
que
Fon
connoit
les
{fources
du
Ni,
on
fçait,
à:
que
des
lieux
où
il
naît
,
il
ne
fort
aucune
rivière
qui
fe
rende
dans
l'Océan,
Ainfi,
les
fignes
que
donne
Ariftote
pour
reconnoitre
le
Ghrémetes,
ne
conviennent
à
aucune
tivière
du
monde.
Cepen-
dant,
à
les
examiner
fur
le
pied
de
l'ancienne
erreur
,
on
peut
foupconner
qu'il
a
voulu
parler
_de
la
rivière
de
Zaire.
Les
An-
giens
,
avoient
fait
le
tour.
de
l'Afrique
;.
mais,
ils
n'avoient
qu'une
connoiïflance
bien
confufe
de
tonte
fa
partie
méridionale,
qu'ils
ont
peuplée
&
entrecoupée
de
rivières
&
de
montagnes,
CON-
formément
à
leur
imagination.
.
(a)
Xénoph,
p.461:
à
n’en
point
douter
;
CH
|
Héfychius
parle
auf
du
Chréd
metes.
CHRÉMON
,
Céremon
,
(a).
Xpéuor,
l'un
des
trente
tÿranss
que
ceux
de
Sparte
donnerent
aux
Athéniens.
CHRESES
,
oz
CHRESIS,
Chrefes,
Chrefis
;
Kpcuse
C'eft
une
des
parties
de
l’ancienne
Mé-
lopée
,
qui
apprend
au
compofi=
teur
à
mettre
un
tel
arrangement
dans
la
fuite
des
fons,
quil
en
réfulte
une
bonne
modulation
&
une
mélodie
agréable.
Cette
par=
tie
s’applique
à
différentes
fuccef-
fions
des
fons,
appellées
par
les
Anciens,
agope
»
euthia
,
ana
camptofa,
&c.
A
CHRESMOTHETES,
Chref-
mothere
,
(b)
forte
de
miniftres
des
temples.
On
appelloit,
ainfi
ceux
qui
donnoïent
les
forts
à
tirer.
CHRESPHONTE
,
Cr
phontus,
(c)
l'un
des
Héraclides,.
étoit
fils
de
Cléodée
&
peut-Hls
d'Hillus.
Après
que
fes
frères
Jui
fe
furent
rendus
maitres
de
quelques
villes
du
Péloponnèle,
ils
les
partagerent
entr'eux.
My-
cènes
échut
à
Chrefphonte,
qui,
dans
la
faite,
fe
rendit
auf
mai=
tre
de
Mellène,
d'où
il
chaffa
les
defcendans
de
Neftor,
Alcméon
&
Péon,
qui
allerent
fe
réfugier
à
Athènes.
Son
fils
Épitus
lui
fuc-
céda
à
la
conronne
de
Meñlène,
&
donna
le
nom
d'Épitides
aux
Rois
fes
fuccefleurs.
CHRESTIEN
TÉ,
terme
dont.
VS
ne
fe
prononce
point.
On
ap:
(c)
Myth.
par
M.
VAbb,
Ban,
Tome
{e)
Myth.
par
M.
PAbb,
Ban,
Tom.
|
VII.
p,
391,
Gr
fuive
Ep,
49,
F
pelle
aïnfi
les
païs
,
où
la
religion
Chrétienne
eft
la
dominante,
non
feulement
ceux
où
regne
la
reli-
gion
Catholique,
mais
même
ceux
où
l'on
fait
profeflion
du
chriftia-
nifme
altéré
par
le
fchifme
ou
par
l’héréfe.
CHRESTODEME
,
Chreflo-
demus,
auteur
dune
hifloire
de
Thebes
,
fi
l’on
en
croit
Michel
Apoftole.
CHRESTOMATHIES
,
(2
nom
que
les
Grecs
donnoient
à
Certains
ouvrages.
C’étoient
ceux
qu'ils
compoloient
en
ramaflant
cé
que
dans
leurs
lectures,
ils
-avoiènt
marqué
d'un
+,
pour
fignifier
spucè
.
bonum
,
bon.
CHRESTON
,
Chrefion,
(4)
roi
de
Bithynie,
qui
fut
tué
par
Mithridate
le
grand
,
roi
de
pont.
La
mort
de
ce
Prince
ne
lui
fut
pas
imputée
à
crime
,
parce
que
le
Sénat
l’avoit
déclaré
ennemi
du
peuple
Romain,
&
qu'il
étoit
par
conféquent
de
l'intérêt
de
cette
tation,
que
Chrefon
füt
affaffi-
né,
Juftin
nous
inftruit
de
ces
cir-
Conflances
dans
une
harangue
qu'il
met
dans
la
bouche
de
Mi-.
thridate.
CHRESTUS
,
Creflus,
(6)
Xpÿsos,
préfet
du
Prétoire,
fous
:
l'empire
d'Alexandre
Sévère.
Julie
Mamée
;
mere
de
ce
Prince,
lui
donna
le
célebre
Ulipien
pour
collegue
,-ce
qui
fouleva
les
fol-
dats
mécontens
de
ce
nouveau
minifire,
Julie
Mamée
prévint
la
Confiration,
&
fittuer
Chreflus
Flavien,
qui
en
étoient
appa-
(4)
Mém.
de
PAcad,
des
Infcrip,
=
.(&)
Juft.
L.
XXXVIIL,
c.
se
Bell,
Lecr,
Tom,
XX,
Ps
16°
CFE
117
remment
les
auteurs.
Xiphilin
&
Zonare
difent
que
ce
fut
Uipien
même
qui
fit
affafhner
les
deux
-
préfets
,
pour
leur
fuccéder,
lan
de
J.
C.
228.
CHRESTUS
,
Creflus,
xeuses,
prince
de
la
Cherfonnèfe,
&
tributaire
de
l'Empire
,
fous
Dioclérien,
entra,
en
faveur
des
Romains,
dans
les
états
de
Çrif-
con
où
Sauromate
prince
du
Bofphore,
vers
lan
de
J.
C.
294,
pila
le-pais
des
Sarmates,
prit
la
ville
de
Bofphore,
&
fit
plufieurs
prifonnniers
,
entre
lef-
quels
fe
trouverent
les
femmes
de
Crifcon,
que
ces
avantages
obli-
gerent
à
demander
la
paix.
Dio-
clétien
la
luraccorda,
&
en
re-
connoïffance
des
fervices
de
Chref-
tus,
déclara
la
Cherfonnèfe
libre
&
exempte
de
tributs.
-
CHRESTUS,
Creflus
,
Xphsos
,
officier
de
l’empereur
Conftance
dans
fon
armée
des
Gaules,
fut
un
de
ceux
quitrahi=
rent
ce
Prince
en
faveur
du
tyran
Magnence
,
qu'ils
éleverent
à
l'empire
Pan
350
de
J.
C,
Maïs,
il
fat
défait
la
même
année,
&
puni
avec
fes
complices.
*
CHRESTUS,,
Chreflus
,
Xpso,
profefleur
à
Conftanti-
nople,
y
enfeigna
le
Latin
fous
l'empereur
Conftance,
qui
le
fit
fuccéder
à
Évantius
l’an
de
J.
C.
339:
“e
CHRETES
,
Chretes,
lac
de
Libye
,
où
fe
trouvoient
trois
iles
;
felon
le
Périple
de
Han-
hnoOfe
-
(c)
Diod,
Caff.
p,
917.
H
CCS
1}
118
CFE
CHRISTODORE
,
Chrifto-
dorus
;
Xysodwpo:
;
(a)
poëte
Grec,
dont
on
ne
trouve
rien
dans
l’anthologie
imprimée,
&
dont
il
y
a
des
pieces
dans
l’an-
tholosie
manufcrite
de
la
biblio-
theque
du
Roï.
.CHRISTODORE
,
CAriflo-
dorus
,
Xescdurc
,
(b)
autre
_poëte
Grec
qui
vivoit
dans
le
cinquième
fiecle
,
fous
l'empire
d'Analtañe.
[Il
compofa
un
poéme
en
fix
livres,
de
la
conquête
de
Flfaurie
,
par
lemême
Empereur,
avec
quelques
autres
ouvrages
rapportés
par
Suidas.
Il
étoit
fils
de
Panifcus
de
la
ville
de
Coptos
en
Égypte.
CHRITILIUS
,
Chritilius
,
‘(c)
certain
homme,
qui,
au
rap-
port
de
Cicéron,
fut
accufé
par
C.
Rufcius,
&
défendu
par
Si-
_fenna.
CHROCUS.,
Chrocus
,
(d)
roi
des
Allemands,
fut
l’auteur.&
le
chef
d'une
irruption
violente
dans
les
Gaules
,
&
de
mille
cruautés
exercées
parles
barbares
qu'il
commandoit.
Il
fut
vaincu
&
tué
par
un
certain
Mars,
qui
de
fimple
foldat
s'étoitavancé
par
fa
valeur
dans
les
emplois
mili-
taires.
CHROMATIQUE,
Chroma,
(e)
l’un
des
crois
genres
de
la
mu-
fique
ancienne.
Boëce
attribue
à
Timothée
.de
Milet
,
l'invention
du-genre
Chromatique
;
mais,
(4)
Mém.
de
l'Acad.
des
Infcript.
&
Bell,
Lett.
Tom.
II.
p.265.
(6)
Suid.
T.
IT.
p.
11523
1153:
(c)
Cicer.
Brutus
c.
141.
CH
-
Athénée
la
donne
à
Épigonus
Ce
genre
étoit
moins
naturel
&
moins
ancien
que
le
senre
diato-
nique,
Îl
y
avoit
trois
efpeces
de
gen-
re
Chrômatique
;
1.9
le
genre
Chromatique
mol
ou
foible,
dont
les
trois
intervalles
étoientun
tiers.
de
ton,
un
autre
riers
de
ton,
un
con
&
demi,
&untiers
;
2.9
le
genre
Chromatique
fefquialtère,
dont
les
trois
intervalles
étoient
un
dièfe
ou
quart
de
ton
&
de:
mi,
un
dièfe
&c
demi,
fept
dièfes
ou
quarts
de
tons;
3.°
le
genre
Chromatique
fort
ou
tonique,
dont
les
trois
intervalles
étoient
un
demi-ton,
un
autre
demi
ton,
unton
&
demi.
Des
trois
efpèces
de
genre
Chromarique,
le
tonique
étoit
le
plus
aigu.
Ces
réflexions
font.de
M.
Bu-
rette
,
qui,
dans
un
autre
endroit,
explique
le
genre
Chromatique,
;
see
40/
d'une
manièreencoreplus
détaillée,
»
Dans
le
Chromatique
mol
où
»
foiblé,
dit-il,
les
intervalles
»
étoient:
1.°
de
l'hypate
à
la
»
parhypate,
un
tiers
de
ton
ou
»
un
dièfe
Chromatique
;
2.°
de
»
la
parhypate
au
lichanos
,
un
.‘»
aatre
tiers
de-ton
;
3.°
du
li-
»
chanos
à
la
nête,
un
ton
&
»
demi
&
un
tiers,
par
indivis
»
ou
non
divifé.
Dans
le
Chro-
»
matique
fefquialtère,
les
inter-
»
valles
étoient
1.9
de
l'hypate
ce>
Mém.
de
l’Acad.
des
Infcript.
&
Bell,
Lett,
Tom.
VII.
p.
89.
Tom.
X.
P-
255,279.
Tom.
XIII.
p.
175>
1825
186,
271,
272,
T.
XV,
pe
3725
389»
(4)
Crév.
“Hift,
des
Emp.
Tom.
V.|
390,
T.
XVII,
p.
70e
“P»
473°
.
es
e
»
à
la
parhypate,
un
tiers
&
»
demi
de
ton,
ou
un
dièfe
&
»
demi
Chromatique
;
2.9
de
la
»
parhypate
au
lichanos
,
encore
»
un
tiers
&
demi
de
ton
;
3.9
»
du
lichanos
à
la
nête
,
fept
»
dièfes
enharmoniques
ou
quarts
»
deton,
où
unton
&
demi,
&
‘»
un
quart
par
indivis.
Dans
le
»
Chromatique
tonique
où
dur,
»
és
intervalles
étoient
1.°
de
»
l'hypate
à
la
parhypate
,
un
»
demi=ton;
2.°
de
la
parhypate
»
au
lichanos
,
encore
un
demi-
»
ton;
3.°
du
lichanos
à
la
nête,
»
un
ton
&
demi
par
indivis,
»
c'eft-à-dire
,
"2,
fa,
fa
dièfe
»
la.
«
:
On
demande
pourquoi
le
genre
Chromatique
étoit
exclus
de
la
Tragédie.
Plutarque
nous
en
alle-
gue
une
raïfon
générale,
&
qu'il
applique
également
à
tous
les
re-
tranchemens
de
même
nature,
faits
en
différentes
occafñons
;
&
cette
raifon
eft
celle
de
la
décence
de
la
bienféance,
de
la
convenan-
ce
au
propre
caractère
de
la
tra-
gédie.
Il
conffloit,
ce
caraétère,
dans
la
grandeur
.d'ame,
dans
le
courage,
dans
la
magnificence
&
dans
les
autres
qualités
héroïques,
mifes
fur
la
fcene,
ce
qui
s’ap-
pelloit
Yüoc
d'igrranriudr.
Ce
ca-
ratère
devoit
être
foûreru
fur
tout
par
les
chœurs;
&
c'eft
à
quoi
la
poëñe
&
la
mufique
de-
.
voient
concourir
à
l’envi.
Or,
des
trois
genres
de
mufique,
le
diato-
nique
étoit
le
feul
qu’on-pût
em-
ployer
dans
ces
chœurs
avec
fuc-
cès
;
cette
forte
de
modulation
étant
la
plus
propre
à
exprimer
les
fentimens
pleins
de
grandeur
CH
119
&
d'élévation
,
que
la
poëñe
vouloir
infpirer,
Le
genre
Chro-
matique
,
dont
le
caraétère
avoit
quelque
chofe
de
lâche,
de
mol
&
d'efléminé
,
n’y
eût
pas
été
convenable.
On
ne
doit
donc
pas
être
furpris
qu'il
füt
banni
de
la
mufique
des
tragédies.
À
cette
première
caufe
d’exclu-
fion
qu'’afhigne
notre
Auteur,
on
peut
en
joindre
une
feconde,
qui
fans
doute
ne
laïfloit
pas
d'y
en-
trer
pour
beaucoup.
C'étoit
la
difficulté
des
chants
Chromati-
ques
,
moins
naturels
que
les
dia-
toniques
,
à
caufe
des
demi-tons
multipliés,
&
par-là
d’une
exé-
cution
plus
épineufe.
Moins
la
voix
fe
plie
aifément
à
cette
efpè-
ce
d'intonation,
moins
elle
‘eft
capable
d'y
chanter
bien
jufte
;
&
il
eût
été
beaucoup
plus
difii-
cile
de
faire
chanter
d'accord
en-
femble
dans
le
genre
Chromati-
que,
ungrand
nombre
d’aéteurs
muficiens,
que
dans
le
diatoni-
que.
On
y
jouoit
le
Chromati-
que,
&
même
l’enharmonique
avec
autant
de
facilité
que
le
dia
tonique
;
parce
que
ces
inftru-
-
mens,
montés
ou
percés
fur
un
certain
ton,
le
confervoient
plus
invariablement.
>
Le
mot
Chromatique
vienr
du
Grec
ypôua,
qui
fignifie
couleur,
foit
parce
que
les
Grecs
mar-
quoient
ce
genre
par
des
caraëtè=
res
rouges
ou
diverfement
colorés,
foit
parce
que
le
genre
Chroma-
tique
eft
moÿen-entre
les
deux
autres,
comme
Ja
couleur
entre
le
blanc
&
le
noir
;
ou,
felon
d'au.
tres
,
parce
que
le
genre
Chro-
.
matique
varie
&
embellir
le
genre
H
iv
»S
120
CH
diatonique
par
fes
femi-tons,
qui
font
dans
la
mufique
le
même
effet
que
la
variété
des
couleurs
fait
dans
la
peinture.
CHROME
,
terme
de
Belles-
Lettres.
Il
fignifie
couleur,
raifon
fpécieufe
,
prétexte
,
qu’emploie
un
orateur
au
défaut
des
moufs
folides
&c
fondés.
Ce
mot
et
ori-
ginairement
Grec.
X'oux
fignifie
a
la
lettre,
couleur.
CHROMIE
,
Chromie
,
(a)
Xp,
fille
d'Itonus
&
petite-
fille
d'Amphittyon.
Quelques-
uns
prétendent
qu’elle
fut
mariée
à
Endymion.
CHROMIS
,
Chromis
,
(6)
Xpquis,
capitaine,
qui
coiman-
doit
avec
Ennomus
les
Myfens
durant
le
fiege
de
Troye.
CHROMIS,
Chromis,
(c)
Xpouus
,
capitaine
Troyen,
qui
fur
tué
par
la
reine
Camille,
:
CHROMIS
,
CHromis,
(d)
Xpous,
l’un
des
Ceñtaures.
I]
fut
tué
par
Pirithoüs,
l’un
des
prin-
cipaux
d'entre
les
Lapithes,
…
CHROMIS,
Chromis
,
Xo=
ic,
fils
d'Hercule,
fut
foudroyé
par
Jupiter,
parce
qu'il
nourrif-
foit
fes
chevaux
de
chair
humaine.
Un
Satyre
prenoit
aufli
le
nom
de
Chromis,
É
=
CHROMIUS,
Chromius
,
(e)
poules
;
Capitaine
Grec
qui
par-
tit
pour
le
fiege
de
Troye.
CHROMIUS
,
Chromius
(4)
Pauf.
p.
287.
(2)
Homer:
Liad,
L:
IL
v.
365.
(c)
Virg,
Æneïd.
L.
XI,
v.
67s.
(4)
Ovid.
Metam.
L.
XII.
Fabul.
Centaur.
EE
(e)
Homer,
Iliad,
L.
IV.
y.
s96,
2
£
Xpoule
,
(f)
capitaine
Troyen,
C
H
qui
fut
tué
par
Ulyfle.
Il
y
en
eut
unautre
de
même
nom,
qui
fut
tué
par
Teucer
,
fils
de
Téla-
mon,
CHROMIUS,
Chromius,
(2)
Xpoulos
,
fils
de
Nélée
&
de
Chioris,
périt
par
les
mains
d'A
pollon
&
de
Diane.
-CHRONIES
,
Chronia,
Voyez
Cronies.
:
CHRONIUS
,
Chronius
(A)
Kronoc,
tua
le
tyran
Ariftomeli-
das.
Voyez
Ariftomélides.
CHRONOS
,
Chronos.
Voye
Cronos.
CHRONUS
[
Droporr
|.
Voyez
Diodore.
—
CHROUBIS
,
Chroubis
,
(i)
XpouGle,
nom
d'un
des
dieux
par-
ticuliers
ou
fubalternes
des
Épyp-
tiens.
Mais,
peut-être
faudroit-il
lire
Chnonbis
for
le
monument
qui
nous
a
confervé
ce
nom.
Un
graveur
peut
avoir
mis
un
P,
au
lieu
d’un
N.
C’eft
la
remarqueque
fait
M.
le
comte
de
Caÿlus;
mais,
il
ajoûte
que
fi
le
graveur
ne
s’eft
point
trompé
,
on
pourroit
croire
que
ce
nom
défignoit
le
taureau
Apis
;
ou
Mnévis
adoré
en
Égyp:
te.
Chroub
,
dans
la
langue
Hé-
braique
,
dont
l’affinité
avec
l’an-
cien
Égyptien
eft
connue,
figni-
fioit
un
veau
ou
un
taureau.
de
chiel
donne
le
nom
Chroub
à
la-
nimal
qu'il
appelle
ailleurs
Schor,
un
veau,
ou
un
taureau.
IC
ne
doit être
regardé
que
comme
une
FC)
Homer.
Miad,
L.
V.
v.
677.
Le
VII,
v,
295.
|
(g)
Homer.
Odyff,
L.
XI,
v.
285.
(b)
Paul,
p,.
537.
(2)
Recueil
d’Antiq.
par
M.
le
Comte
de
Cayl,
Tom,
V,
pag.
70.
T.
VI
17e
CH
terminaifon
Grecque
ajoûtée
au
nom
Égyptien.
CERUSIENS
,
Chruft
;
peu-
ples
d'Afie,
dont
le
pais
étoit
traverfé
par
le
fleuve
Halys,
felon
Vibins
Séquefter,
où
plutôt
felon
fes
copifies
,
qui
ont
défguré
cet
endroit,
Ortélius,
dont
on
te
fçauroit
trop
louer
la
fagacité
en
mille
endroits
des
Anciens
,;
dont
il
a
très-heureufement
corrige
les
Premières
éditions,
a
été
trompé,
Comme
bien
d’autres,
à
ce
paila-
ge.
L'édition
de
Vibius
Séquefter,
in-fol.
à
Pézazo,
chez
Hierôme
Soncin
,
porte
:
Halys
Lydie
Enifos
tranfit
vel
Chrufos.
Celle
des
Juntes porte:
Falys
Lydie
Chrufos-tranfit,
On
voit
par-là
que
ve]
Chrufos
eft
une
efpèce
de
note
ajoûrée
par
Je
copifte,
qui
ne
fCavoit
fi
le
mot,
qui
fuir
celui
de
Lydie,
devoit
être
lu
Enifos
Où
CArufos,
Il
eft
aifé
de
voir
qu'il
ne
taut
lire
ni
l’un
ni
l'autre;
qu'iln’eft
point
queftion
d'un
peu.
ple
habitué
für
lesbords
de
l'Ha-
lys,
&
qu'enfin
Vibius
Séquefter
dVOitén
vue
le
fameux
oracle:
Crefus
Halyn
penetrans
TRaprnarn
…
Pervertet
opum
vim.
Ainf
>
il
faut
lire
dans
Vibius
Séquefter
Halyn
Lydie
Crofus
tranfit.
Le
fleuve
Halys
terminoit
8
Lydie,
ou
plutôt
l'empire
de
Ydie,
comme
il
paroit
par
la
lettre
de
Darius
à
Alexandre.
Ce-
la
fuffit
pour
lappeller
un
fleuve
de
Lydie.
Crœfus
le
pafla
,
trom-
PE
par
le
fens
équivoque
d’un
ora-
(a)
Myth.
par
M,
l’Abb,
Ban,
Tom.
VE.
p.
go.
£
(8)
Plur,
Le
JT,
Pr
12,
4315
451.
Strab.
p.
604.
&
feg,
CE
I2T
cle,
&
trouva
fa
perte,
au
dieu
des
conquêtes
dont
il
{e
fattoit.
Voilà
ce
que
Vibius
Séqueiter
a
voulu
dire
en
peu
de
mots,
Az-
lyn
Lydie
Crœfus
tranfit,
-
CHRYASUS
,
Chryafus:,
(a)
cinquième
roi
d’Argos.
Ce
fur
l'un
de
ceux
qu’on
appella
Inachides
,
à
caufe
d'[nachus
,
qni
avoit
été
le
premiér
roi
d'Argos,
CHRYSA
,
Chryfa,
Xovcas
(£)
nom
d’un
lieu
de
l’Attique
,
dont
parle
Plutarque
dans
la
vie
de
Théfée.
M.
Dacier
traduit
ce
mot,la
place-dorée,
Ce
fut
près
de
ce
lieu
que
fe
dons
la
bataille
en-
tre
les
Amazones
&
les
Athéniens
commandés
par
Théfée.
CHRYSA
,
Chryfa
,
Xpucæ
,
vile
de
l’Afie
mineure
dans
la
Troade,
Voyez
l'article
-
fuivant.
CHRYSA,
Chryfa,
Xpuras
(c)
autre
ville
de
lÂfie
mineure,
auf
dans
la
Troade,
étoit
fous
la
protection
parriculiere
d’Apollon,
Homere
parle
de
cette
ville.
L//yffe,
dit-il,
9x2
conduifoit
à
Apollon
l’Hécatombe
facrée,
arrive
dans
Le
.
port
de
Chryfa.
Sur
quoi
Madame
-
Dacier
fait
certe
remarque,
»
Ho-
»
mére
eftun
Géographe
fi
exa@,
»
que
non
feulement
il
marque
»
la
diflance
des
lieux
dont
il
»
parle
;
maïs,
il
les
défigne
en-
»,core
de
manière
qu'on
puifle
»
toujours
reconnoître
leur
fitua-
»
tion.
[ci
on
voit
que
cette
Chry-
fa
n’étoit
pas
éloignée
du
port
»
d'où
Ulyffe
étoit
parti,
du
che-
»
min
d’une
journée
entière,
puif-
(c)
Homer.
Iliad:
L.
I.
v.
3,
4305
os
CH
»
qu'Ulyfle
arrive
le
même
jour
d’aflez
bonne
heure
pour
faire
un
grand
facrifice,
qu'ileftlong-
tems
à
table
,
&
qu’on
a
tout
le
loifir
pour
chanter
des
hymnes
à
Apollon
avant
le
coucher
du
foleil.
Ainfi,
Chryfan’efteloi-
gnée
du
port,
que
de
fx
où
fept
cens
ftades,
comme
Strabon
l'a
temarqué,
Or,
on
compte
pour
le
chemin
d’unejournée
,
mille
on
douze
cens
ftades.
Pour
ce
quieft
de
la
fituation,
on
voit
‘qu'à
cette
Chryfail
y
a
un
port,
&
tout
auprès
un
temple
d'A-
pollon.
Cette
remarque
étoit
néceflaire
pour
empêcher
les
leéteurs
curieux
de
la
Géogra-
-phie
,
de
fuivre
l'erreurde
quel-
ques
Anciens
,
qui
ignorant
les
anciennes
Hiftoires
,
ont
cru
qu'Homère
parle
d'un
autre
Chryfa
quiétoit
près
d'Hama-
xite=
car,
celle-ci
n'avoit
ni
port
nitemple
,
&
elle
ne
après
la
guere
de
Froye.
«
CHRYSA
,
Chryfa;
XPUSA
>
{z)
ile
,
lune
de
celles
qui
éroient
auprès
de
l'ile
de
Crete
du
côté
du
Péloponnèle,
felon
Pline.
CHRYSÆ
FANUM,
nom
d'anlieu
de
la
Sicile;
dans
une
campagne
près
du
chemin,
qui
menoit
de
la
ville
d’Afforus
à
celle
dEnna:
ne
CHRYSAME,
Chryfama,
prêtrefle
de
la
Theffahe,qui
ayant
nourri
un
taureau
de
certaines
herbes
vemmeufes
,
lé
fit
conduire
(a)
Plin.
T.
L
p.210:
—
{&)
Plut,
Tom.
I
pag.
317.
Xenoph.
pag.
51.
@
feg.
Roll.
Hifk,
Anc.
Tom.
fut
même
bâtie
que
long-tems.
-
CH
vers
les
ennemis.
Les
principaux
d’entreux,
ayant
mangé
de
la
chair
de
ce
taureau
,
devinrent
in-
fenfés,
&
ce
ftratagême
fit
que
les
Éréthriens
furent
facilement
vaincus
parles
Grecs.
CHRYSANDRIENS
,
CAry-
fandrii,
efpèce
de
peuples
fabu-
leux.
Ces
peuples
faifoienr
partie
des
habitans
du
royaume
de
Nu-
mifmacie
ou
de
la
monnoie;
&
ils
parloient
routes
fortes
de
lan-
ues.
ë
CHRYSANTAS
,
Chryfantas,
Xeurdyras,
(b)
capitaine
de
Cy=
rus,
commandoit
l'aile
droite
dela
cavalerie
à
la
bataille
de
Tym-
brée.
Xénophon
trace
en
peu
de
mots
un
beau
portrait
de
Chryfan-
te.
Ïl
n’étoit,
dit-il
,
ni
grand
de
taille
,
ni
robufte
en
apparence
,
;
maïs
d’une
prudence
confommée,
brave
&
également
propre
à
obëir
&
à
commander.
On
dit
qu'il
fut
extrémement
loué
par
Cyrus,
de
ce
qu'ayant
unjour
fon
ennemien
fa
puiffance,
&
l'épée
déjà
levée
pres
de
le
tuer
,
il
arrêta
le
coup,
&
le
laifla
aller,
fitôt
qu'il
éncendit
fonner
la
retraite.
-
Chryfantas
avoit
êté
pouvers.
neur
de
l’Ionie
&
dela
Lycie,ou,
felon
d’autres,
de
la
Lydie.
CHRYSANTHIS
;
Céryfan-
this,
Xpuartie
:
(c)
apprit
à
Cé-
rès
l’enlevement
de
fa
fille,
au
rapport
de
Paufanias.
-
CHRYSANTINA
,
Chryfan=
I.
pag:
4325
434
çe)
Pauf,,p,
25e
C
H
‘ina,
(a)
nom
de
jeux
folemnels,
qui
fe
célébroient
à
Sardes.
Îl
en
eft
fait
mention
dans
les
ancien-
nes
Infcripttions
XPYCANOIN
À
EN
CAPAECIN.
Ils
font
mar-
qués
fur
les
médailles
de
Sardes,
de
Julia
Domna,
de
Caracalla,
de
Sévère
Alexandre,
de
Tran-
quillinie
&
d'Otacilia.
M.
Vail-
lant
penfe
qu'ils
étoient
ainfñi
nom-
més
d'une
couronne
de
fleur
d’or,
qui
étoit
le
prix
des
vainqueurs
;
‘en
effet,
cette
couronne
eft
re-
préfentée
fur
quelques
médailles.
L'urne
de
ces
jeux
porte
une,
&
quelquefois
deux
branches
de
pal-
mier;
d'où
l’on
peut
inférer
que
le
fpeftacle
étoit
compofé
d’une
où
de
deux
fortes
de
combats.
Au
refle,
nous
voyons
dans
le
droit
Romain,
que
ces
jeux,
comme
“les
Jeux
Olympiques
,
fe
célé-
broïent
tous
les
cinq
ans,
c'eft-à-
dire
,
après
la
quatrième
année
révolue.
Les
monumens
ne
nous
apprennent
point
{ces
jeux
étoient
célébrés
en
lhonneur
des
dieux
Ou
des
empereurs,
ou
fi
c'étoient
des’
jeux
qui
fuffent
particuliers
à
cette
ville.
CHRYSAOR
,
CAryfaor,
(b)
Xovodcp
;
fils
de
Neptune
&
de
Médufe,
Voici
comme
on
raconte
fa
naiflance,
»
Le
dieu
de
la
mer;
»
dit
Héfiode,
fat
fenfible
aux
»
charmes
de
Médufe;
&
fur
le
»
tendre
gazon
d'une
prairie,
au
»
milieu
des
fleurs
que
le
printems
»
fait
éclore
,
il
lui
donna
des
»
marques
de
fon
amour.
Elle
-
(a)
Mém.
!
=
=
C
FH
155
»
périt
enfuite
d’une
manière
fa
»
nefte.
Perfée
lui
coupa
latête,
-»
&
du
fang
quien
fortir
naqui-,
»
rent
le
héros
Chryfaor
&
le
»
cheval
Pégafe.
Chryfaor
tira
»
{on
nom
d'une
épée
d'or
qu'il
»
tenoit
à
la
main
au
moment
de
»
fa
naiflance.
Dans
la
fuite,
il
»
devintamoureux
de
Callirrhoë,
»
fille
de
l'Océan,
&
en
eut
»
Géryon
,
ce
fameux
géant
à
n
trois
têtes.
«
M.
l’abbé
Banier
dit
qu'il
adop-
te
volontiers
l'explication
,
que
M.
Fourmont
donne
de
cette
fa-
ble.
Il
regarde
Chryfaor
comme
un
habile
ouvrier,
qui
travailloit
en_or
&
en
ivoire
;
ce
que
l'épée
d’or
qui
lui
fit
donner
le
nom
de
Chryfaor
;
marque
aflez-;
{on
nom
même
veut
dire
ouvrier
en
métaux,
Phorcys
s'en
fervoit
pour
mettre
en
œuvre
les
dents
d’éléphant
&
les
cornes
de
diffé-
rens
animaux,
que
fes
vaifleaux
lui
portoient.
Oferoit-on
même
hazarder
une
conje@ure
au
fujet
de
l'épée
d’or,
avec
laquelle
Chryfaor
vint
au
monde,
&
dire
que
ce
fut
avec
cette
épée
quil
parut
pour
la
première
fois
à
la
cour
de
Phorcys?
fi
le
même
Poëte
dit
que
Chryfaor
époufa
la
belle
Callirrhoë
,
fille
de
PO-
céan
,
de
laquelle
il-eut
Géryon,
c’eft
que
Phorcys,
pour
fixer
un
fi
bon
ouvrier
dans
fes
États,
lui
procura
un
parti
confidérable;
car
enfin,
il
faut
humanifer
ces
fic-
tions
,
&
croire
qu'on
apifloit
-
de
PAcad.
des
Infcripr.
&yxys.
d
fuiv.
Mém.
de
l'Acad.
des
Bell,
Letr.
Tom,
XVIII.
P.
145-
Infcript.
&
Bell.
Lett,
T,
III.
pag,
60.
()
Pauf.
p.
67.
Myth.
par
M.
l’Abb.ÎT,
VI,
p.
341.
T.
VIE.
p,
45
;
46,
Tom.
Ban,
Tom,
I,
p.
196,
202,
T,
VI.
pag.
|
XVIN,
Pe7»
10e
£
130
CE
H
|
&
que
ce
fut
principalement
furel-
le
qu'il
voulut
venger
la
mort
de
Chryfippe;
mais,
qu'ilnele
put,
parce
qu'elle
fe
fauva
à
Midée,
“ville
du
pais
d'Argos.
D'autres
difent
que
fe
voyant
accufée
par
fon
mari,
elle
fe
tua.
Fhucydide
raconte
qu'Arrée
fe/réfugia
chez
Euryfthée
fon
neveu,
roi
de
My-
cènes.
Ce
Chryfippe
n’eft
point
diffe-
rent
de
celui
que-Clément
d'Ale-
xandrie,
Arnobe
&
.Firmicus
Maternus
ont
aflocié
à
Gany-
méde.
CHRYSIPPE,
Chryfippus,
Xybormec,
(a)
célebre
Philofophe
‘de
la
feéte
Sioïcienne,
naquit
à
Soles
,
ville
de
Cilicie,
ou
à
Tarfe
felon
d’autres.
Il
étoit
fils
d'un
cer-
tain
Apollonius.
D'abord,
ils'etu-
dia
à
bien
conduire
un
chariot,
&
fut
enfuite
difciple
du
philofophe
Clanthe,
fuccefleur
de
Zénon.
fl
avoit
l’efprit
fi
fubul
&
fi
porté
à
Ja
difpute,
qu'en
plufieurs
rencon-
tres,
il
fe
faifoirun
plaifir
de
com-
battre
les
fentimens
de
fon
maitre,
auquel
il:difoit
qu'il
mavoit
be-
foin
que
de
la
connoïflance
des
principes,
parce
qu'il
étoit
affez
capable
de
trouver
des
rafonne-
mens
pour
les
foutenir.
Valère
Maxime/
rapporte
qu'a
l'âge
dé
quatre-Vingts
ans,
1}
achéva
fon
trente-neuvième
trañé
de
Looi-
que.
Il
a
fr
fort
excellé
en
ceue
fcience
,
que
les
payens
difoient
ge)
Plin,
T.
If,
p.
537.
Pauf
p.20,
“y
Athen,
pag.
335+
4Quint.
E.I.c.
1,3.8,10.L.
XII.
c.7.
Lucian,
TH.
pe
641
Strab.
p.610,
671.
Suid,
T.
NH.
p.
1156,
Cicer,
de
Orat,
L.
I,
c.
27,
de
Office.
Le
IT,
ç.
10.
de
finib.
Bon,
&
=
GE.
que
files
Dieux
euffent
pu
fe
fer-:
vir
de
la
logique,
1ls
n’en
auroient:
point
choïf
d'autre
que
celle
de
ce
Philofophe,
Diogène
Laërce
écrit
il
Jaifla
trois
cens
onze
traités
de
dialectique,
Quelques
Auteurs
en
font
monter
le
nombre
jufqu'à
fept
cens
cinq.
On
prétend
que
ce
qui
l’enga-
gea
à
écrire
beaucoup,
ce
furlen-
vie
qu'il
portoit
à
Épicure,
qui
avoit
fait
plus
de
livres
qu'aucun
autre
Philofophe
;
mais
,
il
n'égala
jamaisce
concurrent,
Ses
Ouvra-
ges
étoient
peu
travaillés
;
&
par
une
fuite
néceflaire
peu
corrects
,
pleins
de
répétitions
ennuieufes
,
&
fouvent
même
de
contradic-
tions,
C'étoit
le
défaut
ordinaire
des
Stoiciens,
de
mêler
beaucoup
de
fubrilités
&
de
féchereffe
dans
leurs
difputes
,
foit
de
vive
voix,
foit
par
écrit.
[ls
évitoient,
cé
femble,
avec
autant
de
foin
tout
agrément
dans
le
ftyle,
comme
tout
relâchement
dans
les
mœurs,
Cicéron
ne
les
blâmoit
pas
beau-
conp
de
manqüer
d'un
talent
en-
tièrement
étranger
à
leur
profef-
fion
,
&
qui
n’y
étoit
pas
abfo-
Jlument
néceffaire.
Si
un
Philofo=
phe
,
dit-il,
a
de
l'éloquence,
je
laien
fçais
bon
gré;
si]
n'en
a
point,
je
ne
lui
èn
fais
point
un
crime.
[l
fe
contentoir
qu'ils
fof-
fent
clairs
&
inrellisibles,
&
c’eft
par
où
il
eflimoit
Épicure.
-
Quinulien
cite
fouvent
avec
Mal:
L,
I,
€
29,
Roll.
Hift.
Anc,T.
VI.
p.
446,
447.
Mém,
de
lPAcad,
des
Infcripr,
&
Bell.
Lerr,
Æ.
III,
pag,
25e
Tom.
VIT
p.173.
d
fuiv.
T,
X,
p.
80e
Tom,
XXI,
p,
19.
CH
éloge
un
Ouvrage,
que
Chryfip-
pe
avoit
fait
fur
l'éducation
des
en-
fans.
Ce
Philofophe
s’affocia
pen-
dant
quelque
tems
aux
Académi
ciens
,
foûrenant
à
leur
manièré
le
pour
&
le
contre.
Les
Sroïciens
fe
phignirent
de
ce
que
Chryfppe.
avoit
ramafié
tant
&
de
fi
forts
arpomens
pour
le
fyflême
des
Académiciens,
qu'il
ne
put
enfui-
_te
les
réfuter;
ce
qui
avoit
fourni
des
armes
à
Carnéade
leur
anta-
gonifte,
Sa
doctrine,
far
plufieurs
points,
ne
faifoit
pas
honneur
à
fa
feûe,
&
n'étoit
capable
ique
de
la
dé-
crier,
Il
croyoit
les
Dieux
périffa-
les,
&
fotienoit
qu'ils
péuiroient
en
effet
dans
l'incendie
du
monde,
'permetroit
les
inceftes
les
plus
Crians
&
les
plus
abominables
,
&
admertoir
la
communauté
des
femmes
parmi
les
fages.
[l
avoit
COmpofé
plufienrs
écrirs
remplis
d'obfcénités
,
qui
faifoient
horreur.
Voilà
ce
qu'étoir
le
Philofophe,
qui
pañloit
pour
le
plus
ferme
ap-
ui
du
Portique,
c’efl-à-dire,
de
la
feûte
[a
pins
févère
du
paganifme.
!
doit
paroître
étonnant
après
cela,
que
Sénèque
fafle
de
ce
Philofophe
,
en
le
joignant
à
Zé-
nn,
un
élope
fi
magnifique,
jnf-.
qu'à
dire
de
l’un
&
de
l’agtre
qu'ils
Ont
fait
de
plus
grandes
chofes
par
les
travaux
de
leur
cabinet,
que
Si
avoient
commandé
des
ar-
inées
,
rempli
les
premières
places
d'un
État,
établi
de
fages
loix;
&
qu'illes
confidere
comme
des
Lé-
Bflateurs,
non
d'une
feule
ville,
Mais
du
genre
humain
entier.
«,
Ce
neft
pas
néanmoins
que
Sénèque
adoptât
indiftintement
CH
13E
tout
ce
qu’avoit
écrit
Chyhpee.
On
fçait
que
l'antiquité
avoit
ren-
fermé
tonte
la
doctrine
des
graces
&
des
bienfaits
dans
les
figures
al-
légoriques,
fous
léfquelies.
on
avoit
coûtume
de
les
repréfenter.…
‘Chryfppe,
ayant
entrepris
de
trairér
Cet
endroit
important
de
la
morale,
crut
qu'il
ne
pouvoit
mieux
exécuter
ce
deffein,
qu’en
donnant
l’explication
de
ces
difé=
fentes
figures.
Séneque
qui
tra=
Vailla
depuis
fur
la
même
matière,
blâme
fort
fon
prédéceffeur
de
Sy
être
pris
de
la
forte,
l’accufant
d’a-
voir
traité
fon
fujet
plutôt
en
Poêre
qu'en
Philofophe,
&
pré-
tendant
qu'on
inflruit
tout
autréz
ment
les
hommes
par
des
maxi=
ines
féreufes,
que
par
des
allépo-
ries
agréables.
Quoi
qu'ilen
foit,
nous
avons
au
moins
l'obligation
à
Chryfippe
de
nous
avoir
tranf-
mis
ce
que
les
Anciens
penfoient
fur
les
auributs
des
graces,
&
de
nous
avoir
révélé
les
myftères
Qu'ils
cachoïent
bien
où
mal
fous
ces
attributs,
Nous
difons
bien
où
mal;
car,
on
eft
obligé
de
conve-
nir
que
la
plûpart
de
ces
fens
my£
tiques.
font
ur peu
recherchés.
.
On
dit
que
quelques
-
uns
dés
difciples
de
Chryfppe
le
prierent
de
fe
trouver
à
un
facnifice,
&
qu'y
ayant
bu
du
vin
pur,
il
enfut
tellement
oppreflé,
qu'il
mourut
cinq
jours
après
;
d’autres
aflurent
qu'il
mourut
de
rire,
voyant
un
âne
qui
manoeoit
des
figues
dans
un
baffin
d’argent,&
commandant
qu'on
lui
apportât
à
boire.
Sa.
mort
arriva
fous
la
143.e
Olÿm-
piade,
207
avant
l'Ére
Chrétien-
;
ne,
Ge
Philofophe
<.
igéde7z
hi
122-
ES
ans,
felon
Diopène
Laërce,
&
de
81
felon
Lucien,
On
lui
dreffa
un
‘tombeau
parmi
ceux
des
plus
il-
lufires
Athéniens.
Sa
flatue
fe
voyoit
dans
le
Céramique.
Chryfppe,
au
rapport
de
Cicé-
ron,
a
ditun
bon
mot
entre
beau-
coup
d’autres;
que
comme
dans
la
lice,chacun
doit
faire
de
fon
mieux
pour
emporter
le
prix
,
mais
qu'il
n'elt
pas
permis
de
tendre
la
jam-
be
à
fon
concurrent
,
ni
de
le
re-.
pouffer
de
la
main;
de
même,
dans
lavie,
chacun
a
droit
de
chercher
*
ce
qui
lui
peat
être
utile
;
mais
non
as
de
le
prendre
aux
autres.
CHRYSIiPFE,
Chryfippus
,
Xpbammees
(a)
médecin
Grec,
qui
étoit
de
Cnide,
On
ne
fçait
pas
en
queltemsil
a
vécu.
Il
fuc
auteur
de
la
nouvelle.fecte
des
médecins
Empyriques,
qui
rejet-
terent
la
faignée
&
la
purgation
en
ufage
juiqu'alors,
pour
établir
«
des
remedes
particuliers.
Pline
parle
du
médecin
Chryfppe
,
en
une
infiniré
d'endroits
;
mais,
eft-
ce
précifément
de
celui-ci
où
de
quelqu'autre?
-
CHRYSIPPE
,
Chryfippus,
Xovoinmos,
(b)
difciple
d'Erañf-
trate,
&
médecin
de
Prolémée.
On
parle
de
plufeurs
autres
Chryfppes,
dont
un
avoit
écrit
des
Géorgiques;
ün
autre
natif
de
Tyanes,
évoit
auteur
d'un
livre
de
la
manière
de
faire
le
pain.
-
Athénée
l’a
nommé
habile
difcou-
reur
de
tartes
&
depareaux.
CHRYSIPPE
,
Chryfippus,
Kacommec,
(c)
l'un
des
princi-
ça)
Pin.
T. Ts
p:
190:
&
fegr
*
(tb)
Athen,
p,
647.
€c)
Lucian,
T,
1,
p.
374.
&
eg:
CH
-paux
interlocuteurs
d’un
dialogue
de
Lucien,
C'eft
celui
où
cet
Au-
teur
tourne
en
ridicule
les
diffe-
_
rentes
fettes
de
Philofophes.
CHRYSIPPUS
,
Chryfippus,
nom
d'an
des
Chevaux
du
Cirque.
Voyez
Chevaux
du
Cirque...
CHRYSIS,
Chryfis,
Xsuriss
(d)
Prêtrefle
de
Junon
à
Argos,
Cette
Prétrefle,
ayant
mis
une
lampe
proche
des
ornemens
fa-
_crés,
&
s'étant
endormie,
)fuf
caufe
par
fa
népligence,
de
l'in-
cendie
du
temple
confacré
à
cette
Déeffe,
Elle
fe
fauva
à
Phliunte,
pour
éviter
le
refflentiment
des
Argiens,
qui
créerent
nne
autre
Prétrefle
en
fa
place.
D'autres
ont
cru,
d’après
Arnobe,
quelle
avoit
péri
elle-même
dans
l’'em-
brafement.
Saint
Jérôme,
dans
fon
premier
livre
contre
Jovinien,
a
obfervé
que
cette
prêtrefle
de.
Junon
étoit
vierge.
Marins
Viéto-
rinus,
dans
fes
notes
fur
cet
en
droit-là
,
dit
mal
à
propos
que
ce
Pere
parle
de
Chryféis
qu'Aga=
memnon
enleva,
Chryfs
vivoit
avant
la
guerre
du
Péloponnèfe.
Il
y
avoit
huit
ans
&
demi
que
certe
puerre
étoit
commencée,
quand
Chryfs
prit
la
faite.
CHRYSIS,;
Chryfis,
Xytac,
(e)
l'une
des
courtilannes
de
Dé-
MÉtTINs,
|
=
CHRYSIS,
Chryfis
,
Xpvctes
(f)
famenfe
courtilanne
de
l'ifle
d'Andros,
que
Térence
introduit,
dans
fon
Agdrienne.
Sa
pauvreté
&
la
négligence
de
fes
parensl'a-
(dy
Thucyd:
p.90
342:
>
(Ce)
Plut.
FT.
I.
p.
809.
Cf)
Terent.
T.
I.
p.29,
&
fege
|
CH
voient
contrainte
de
quitter
fon
pais.
Elle
étoit
belle
&
à
la
fleur
de
fa
jennefle,
Au
commence-
ment
,
elleétoit
fage,
&
vivoit
d'une
manière
dure
&
laborieufe,
gagnant
petitement
fa
vie,
à
filer
&
à
faire
de
la
tapiflerie
;
mais,
depuis
qu'il
fe
fat
préfenté
des
amans
qui
lui
promirent
de
‘payer
fes
faveurs
;
comme
l'efprit
eft
naturellement
porté
à
quitter
_
là
peine
pour
le
plaïfir
,
ellé
ne
put
fe
foûtenir
dans
an
pas
fi
gliffant.
Elle
fe
contenta
d'abord
d’un
ou
de
deux
amans;
mais,
dans
la
faite
elle
reçut
chez
elle
tous
ceux
qui
voulurent
y
aller,
Quand
elle
fût
morte
,
fes
amans
prirent
foin
de
fes
funérailles.
CHRYSIS,
Chryfis,
Xpvolcs
(2)
autre
famenfe
courtifanne
,
dont
il
eft
fait
mention
dans
Perfe.
CHR
YSIS
,
Chryfis,
Xpurics
(b)
autre
fameufe
courtifanne
,
fille
de
Déménétus,
au
rapport
de
Lucien.
Elle
étoit
facile,
&
on
en
pouvoit
faire
tout
ce
qu'on
vouloit
,
avec
peu
de
chofes,
Elle
accouroit
au
fon
de
l'argenr,
dit
Lucien,
comme
les
fpettres
s’en-
faient
au
fon
de
l’airain.
Cette
“courtifanne
fut
fort
aimée
d’un
jeune
homme
nommé
Glaucias.
Lucien
,
dans
un
de
fes
dialo-
gues
des
courtifannes,
introduit
une
autre
Chryfs,
qui
s'entretient
avec
Ampélis,
dés
maux
qu'elle
avoit
à
fouffrir
de
la
part
de
Gor-
gias,
fon
amant
;
car,
elle
en
étoit
extrémement
maltraitée.
Et
Lu-
ce)
Perf,
Satyr.
$.
v,
165.
@)
Lucian,
T,
H.p.47s.
à
fe.
T.
Hp:
725.
leg,
(6)
Pauf,
P:
5963
597:
CE
133
cien
Jui
fait
dire
par
Amplis,
que
c'étoit
une
preuve
que
Gorgias
l'aimoit.
CHR
YSIS,
Chryfis,
nom
d'un
chien
de
Chafle.
Voyez
Chiens
dé
Chafle.
CHRYSOGÉNIE,
Chryfoge=
nia
,
Xpucoyererx
;
(c)
fille
d'Flal-
mus
,eut
de
Neptune,
un
fils
qui
fatnommé
Chryfès,
&
qui
monta.
fur
le
trône
d'Orchomène,
après
la
mort
de
Phléoyas,
CHRYSOGONUS,
Chryfo-
gonus
,
Xprcoyuros,
(d)
excellent
joueur
de
flûte,
qui
avoit
rem-
porté
le
prix
aux
jeux
Pythiques.
Selon
Daris
de
Samos,
Chryfo-
gonus
régloit
au
fon
de
la
flûteles
mouvemens
&
la
cadence
des
ra-
meurs,
un
jour
qu'Alcibiade
re-
venoit
à
Athènes
comme
en
triomphe,
avec
un
grand
nombre
de
vaifleaux
,
dont
la
plüpart
avoient
été
pris
fur
les
ennemis.
CHR
YSOGONUS,
{e)[
L.
Corn.
|;
Z.
Corn.
Chryfogonus,
le
plus
riche
des
affranchis
de
-
Sylla.
Un
jour,
celurci
faifant
vendre
à
l’encan
le
bien
d’un
ci-
toyen,
quravoit
été
comme
prof-
crit,
@&
l'ayant
fait
adjuger
à
à
Chryfogonus,
pour
la
fomme
de
deux
mille
drachmes,
Rofcius,
_fils,
&
hériier
du
mort,
en
füt
très-afligé,
&
fit
voir
que
ce
<
bien
valoit
au
moins
deux
cens
cinquante
talens.
Sylla,
qui
fe
voyoit
par
-là
convaincu
d'une,
injuftice
affreufe,
s’emporta
-ex-
ceflivementz;
&
à
la
follicitation
çd)
Plut.
TI.
p.
209-
Ce)
Plut.
T.
I.
pag.
862.
Cicer,
Orats
Rofci.
Ayner,
paf
1
134
CH
&
foggeftion
de
Chryfogonus,
il
\
fit
à
Rofcius
une
affaire
criminel-
le
,
l’accufant
d’avoir
tué
fon
pere:
de
fes
propres
mains.
Voilà,
pour
le
dire
en
paffant
:
une
imjuftice
bien
atroce.
Un
bien,
qui
valoit
deux
cens
cinquante
ta-
lens,
c’eft-à-dire,
deux
cens
cin-
quante
mille
écus,
Sylla
le
fait
adjuger
à
fon
affranchi,
pour
deux
mille
drachmes,
c'eft-à-dire,
pour
mille
livres.
C'’eft
ainf
que
Cicéron
lui-
même
l'écrit
dans
fon
oraifon
pour
Rofcius;
Por
patris
bujufce
Sexti
Rofci,
que
Junt
féxagies,
que
de
I.
Sylla
duobus
millibus
rummim
fefe
dicit
ernifle
L.
Cornelius
Chryfogonus.
Plutarque
a
fort
bien
rendu
ces
deux
fommes,
fexaries
,
cet
deux
cens
ciiquante
mille
écus
:
&
duobus
smillibus
AUMIMÉIM
c'eft
deux
mills
drachmes
;
Cal
nurimus
Chez
les
Latins,
eft
{ou-
vent
la
meme
chofe
que
drachma
chezles
Grecs.Et
c’eft
invtilement
que
Scaliser
a
voula
corriger
ce
paflage
qui
n’eft
nullement
cor-
rompu.
.…
Îl
faut
entendre
Cicéron
lui-
même
parler
de
cet
afranchi.
»
Chryfogonus,
dit:l,
quand
il
»
veut
defcendre
de
fon-château
»
da
mont
Palatin,
a
pour
les
.»_
délaffemens
de
fon
efprit,
une
-»
délicieufe
maïfon
de
campagne
»
aux
portes
de
Rome,
outre
»
plufieurs
héritages
confidérables
-»
&
à
fa
proximité,
De
plus
,
un
»
palais rempli
de
vafes
de
Co-
»
rintbe
&
de
Délos,
entre
lef-
»
quels
eft
cette
famenfe
marmite
#
qu'il
avoit
depuis
peu
achetée
»
ficher,
que
les
paflans
à
qui
|
CH
5
l’on
en
difoit
léprix
,
croyoient
»
que
c'étoit
un
fonds
de
terre
»
qu'on
vendoir.Combien
croyez.
»
vous
qu'il
ait
chez
lui
d’ouvra-
»
ges
de
gravure
en
argent,
de
»_tapiieries
fuperbes,
de
peintu-
»
res,
de
tableaux,
de
ftatues
&
»
de
figures
de
marbre
?
F1
yena,
»
Meñieurs,
autant
qu'après
les
»
pertes
de
plufeurs
1lluftres
fa-
»
mulles,
les
déprédations
&
les
*
»
troubles
en
ont
pu
faire
raflem-
»
bler
dans
une
feule
maifon.
»_
Vous
dirai-je
combien
eft
»
nombreux
{on
domeftique,
Part
»
&t
l'élégance
qui
repnent
dans
»
fa
mañfon?
Laiffons-]à
les
talens
»
fubalternes
des
cuifiniers,
des
»
pâtifiers,
des
porteurs
de
li-
»
tière,
y
a
pour
le
{eul
plaifir
»
du
goût
&
des
oreilles,
tant
»
d'hommes
à
fes
gages,
que
le
»
Concert
des
voix,
des
inftru-
»
mens,
des
flûtes
,
&
le
bruit
»
des
fêtes
célébrées
la
nuit,
font
»
continuellement
retentir
toutes
»
les
maifons
voifines,
Combien
»
penfez-vous,
Meffieurs,
qu'u-
»
ne
telle
vie
fappofe
de
dépen-
»
fes
&
de
profufion
tous
les
»
jours?
Quels
font
ces
feftins
?
»
Les
croirai-je
honnêtes,
dans
»
cette
maïfon?
Si
ce
féjour
doit
»
étreappellé
maïfon
,
plutôt
que
»
le
réduit
de
la
débauche
&
de
-»
l'infamie.
Pour
lui,
Mefieurs,
»
vous
voyez
de
quel
air,
avec
»
fa
chevelure
bien
arrangée
&
»
bien
parfumée
,
il
va
&
vient
»
parle
place
publique,
accom-
»
pagné
d’une
tronpe
de
gens
en
»
longues
robes
;
vous
voyez
»
d'ailleurs
comme
il
méprife
le
»
genre
humain
,-&
ne
connoi
»
perfonne
au-deflus
de
lui,
ni
»
plus
heureux
,
ni
plus
puiflant.«
CHRYSOGONUS,
Chryfo-
gonus
,
Xpuoéyoros
,
(a)
joueur
d'inftrumens.
ll
donnoit
des
leçons
‘aux
jeunes
gens,
moyennant
une
certaine
rétribuuon.
Juvénal
ne
nous
dit
pas
s’il
faifoit
payer
cher,
sou
non,
fes
leçons.
CHRYSOGONUS,
Chryfo-
gonus
,
Xpuedyorc,
(b)
traître,
qui
livra
aux
Scythes
la
ville
de
-Nicomédie.
Le
butin
en
eût
été
_immenfe
,
files
habitans
,
préve-
vant
l'arrivée
des
Barbares
,
ne
fe
fuffent
enfuis
pour
la
plüpart
avec
tout
ce
qu'ils
purent
fauver
de
Jeurs
tréfors.
Les
Scythes
ne
laif-
ferent
pas
d'y
trouver
encore
de
quoi
fatisfaire
abondamment
leur
cupidité.
CHRYSONDION
,
Chryfon-
dion
,
ville
de
Macédoine
dans
la
Darétide,
felon
Polyhe.
CHRYSOPRASE
,
Chryfo-
prafus,
Xourérpæro:
,
(c)
nom
d'une
pierre
précieufe,
qui
fer-
voit
de
dixième
fondement
aux
-murs
de
la
célefte
Jérufalem.
Sa
couleur
eft
verte
,
femblable
à
la
verdeur
d'un
porreau
;
aufh
fon
nom
fignifie-t-1l
un
porreau
d’or.
Le
Grand-
Prêtre,
au
lieu
du
Chryfoprafe,
avoit
une
agathe
dans
fon
rational.
CHRYSOPOLIS
,
Chryfopo-
dis
:
Xpuo
cons
;
(d)
lieu
de
J'Afie
mineure,
fitué
près
de
Chalcé-
doine.
C’étoit
comme
l’arfenal
6c
(a)
Juven,
Saryr.
6.
v.74.
Satyr.
7:
V,
+
427:
.(c)
Apoc,
GC,
21e
Ve
20e
176%
(ë)
Crév.
Hift.
des
Emp.
Tom.
V,
CH
135
le
magafñin
de
cette
ville.
Pierre
Gilles
en
parle
ain,
On
trouve
enfuite
,
dit
Denys
de
By-
zance,
un
port
très-beau
&
très
bon
,
à
caufe
de
fa
grandeur,
&c
du
calme
qui
y
regne.
Au-deflus
de
la
mer
eftune
campagne,
qui.
par
une
douce
pente
defcend
vers
le
rivage.
Onl'appelle
Chryfopo-
lis
,
à
caufe
,
felon
quelques-uns,
que
les
Perfes
y
érant
maitres
;
Y
affembloient
des
monceaux
d’or,
des
tributs
levés
fur
les
villes
;
:
mais,
plufieurs
difent
que
ce
nom
lui
vient
de
Chryfes,
fils
d'Aga-
memnon
&
de
Chryféis;
que
ce
jeune
Prince
fuyant
la
cruauté
d'Æpifthe
&
de
Clyremneltre,
&
voulant
fe
réfugier
dans
la
Tauri-
que
,
auprès
d'Iphigénie
fa
fœur,
qui
y
étoit
prêtrelle
de
Diane,
tomba
malade
à
Chryfopolis,
y
mourut,
&.
y
eut
fafépulture
;
de
{crte
qu'on
donna
fon
nom
à
certe
ville.
On
pourroit
aufli
l’appeller
ainf,
ceit-à-dire,
la
ville
d'or,
à
caufe
de
la
bonté
de
fon
port,
felon
l'ufage
des
Anciens,
qui
comparent
à
l'or
tout
ce
qu'il
y
a
d’excellent.
:
Chryfopolis
étoit
le
lieu
de
com-
merce
des
Chalcédoniens.
C'eft-là
que
Xénophon
dir
que
les
Grecs,
qui
avoient
fervi
fous
Cyrus,
s’ar-
rêterent
fept
jours
pour
vendre
ce
qu'ils
avoient
pris.
Le
même
hif-
torien
dit
dans
fon
hiftoire
de
la
Grece,
que
les
chefs
des
ÂAthé-
niens
ayant
pris
la
route
de
Chry-
(d)
Diod.
Sicul.
p.
365,
413.
Kenophe
p.
392.
@
feg:
Surab.
p.
5637.
Plin.
Te
I.
p.
ao1.
Crév.
Hiit.
des
Emp.
Tom.
V.
pag.
465
T,
VI,
p.303:
Œ
Liv
/
4126
CH
fopolis
de
Chalcédoine,
l’entou-
rerent
de
murailles,
&
en
firent
une.-place,
où
ils
affembloient
_
Pargent
provenant
des
dixmes;
qu'ils
y
établirent
un
impôt
du
dixième
fur
les
vaifleaux
qui
ve-
noient
du
Pont-Euxin,
&
qu’ils
y
laïiflerent
une
flotte
de
trente
voiles
fous
deux
commandans,
pour
la
füreré
du
port,
On
lit
les
mêmes
circonftances
dans
Diodo-
re
de
Sicile,
-
Îl
paroït
que
cette
place
fut
en-
fuite
démenteiés,
puifque
Strabon
ne
la
traite
que
de
village,
De
même
à
préfent
ce
n’eft
plus
une
ville,
mais
un
village
,
dont
les
marfons
font
écartées
l’une
de
l’au-
ire;
ce
qui
fait
qu'il
a
environ
deux
mille
pas
de
circuit,
C’eft
préfentement
le
village
de
Scuta-
ri,
nom
qui
peut
lui
être
venu
de.
Scutarii,
dont
il
y
avoit
de
plu-
“feurs
fortes
dans
les
armées
Ro-
mMaines,
comme
on
peut
le
voir
dans
la
Notice
de
l'Empire,
Ainf
On
a
pu
dire
Scutarii
pour
Scura-
rlorum
Siatio,
afin
d'abréger.
Le
“Port
étoit
autrefois
beaucoup
plus
grand
qu'il
neft
à
préfent;
une
partie
en
a
été
remplie
,
lorfque
la
-ville
de
Chalcédoine
a
été
détrui-
te
;
une
autre
partie
,
pour
em-
pêcher
les
Barbares
de
s’en
fervir.
Et
Pierre
Gilles
dit-que
de
fon
tems
même,
la
fille
du
Sultan
So-
—iman
en
fit
combler
une
partie
pour
fervir
d'emplacement
à
une
moïquée
&
à
un
hôpital,
qu’elle
faifoit
bâtir,
où
tous
les
toits
font
de
plomb,
&
les
édifices
ornés
de
colonnes
de
marbre,
de
portiques,
de
grandes
cours
&
de
fontaines.
.CHRYSOPOLIS
>
Chryfopo-
C
A
lis,
XKovuronc
,
non
donné
quel.
quefois
à
la
ville
de
Béfançon.
Voyez
Béfançcon,
,
CHRYSOPOLIS,
Chryfopo-
Us,
X
vor
ville
épifcopale
d'A:
fe.
Il
en
eff
plufieurs
fois
fait
men...
tion
dans
le
Concile
de
Conftan-
tinople
,
qui
eft
le
cinquième
Con-
cile
général.
Ortélius
dit
qu'on
la
nommoit
aufli
Diofuros,
c'eft-à-.
dire
le
théatre
de
Jupiter
;
c’eft
la
même
que
Chriftopolis,
que
Holf-
ténius
ditavoir
éténommée
Diof-
hiéron.
CHRYSOPOLIS,
Chryfopo-
lis,
Xsucérouc,
ville
épifcopale
dans
je
département
de
la
feconde
Mauritanie,
felon
la
Notice
de
Léon
le
Sage.
Il
ne
faut
pas
con-
clure
de
-
là
qu’elle
fut
en
Afrique;
car,
elle
eft
nommée
après
plu=
fieurs
villes
de
la
Sardaigne,
ou
des
villes
adjacentes
,
comme
Ca.
ralis,
Turris,
Sulchi
;
Phanfania,
&c.
Aubert
le
Mire
,
&
le
P.
Charles
de
Saint
Paul
n’en
font
aucune
mention.
CHRYSOPOLIS
,
Chryfopo=
lis,
Xpueéronus,
où
CHRISTOPO-
LIS
,
Chriffopolis
|,
Xasomocs.
ville
épifcopale
du
Patriarchat
d’Antioche,
fous
Boftra
métropo=
le,
De
ces
deux
noms,
le
premier
eft
dans
letexte
de
la
Notice
de
ce:
Patriarchat
,
&
le
fecond
eften
marge,
La
Notice
de
l'abbé
Milon
met
de
même
dans
ce
qu'il
ap-
pelle
la
grande
Arabie,
fous
la
métropole
Boftra
ou
Bufeleth
—
une
ville
nommée
Chryfopolis.
CHRYSOPOLIS
,
Chryfopo-
15,
Xovrémenc
,
a
même
que
la
ville
d'Amphipoliss
Une
Notice
des
villes
qui
ont
changé
de
nom;
Ch
porte
Amphipolis,
nunc
Chry{o-
polis.
Il
faut
remarquer
que
la
reflem-
blance
des
deux
noms
Céryfopolis
&
Chriflopolis,
elt
caufe
que
dans
des
tems
d'ignorance
,
des
copif-
tés,
ont
pris
fouvent
l’un
pour
l'antre.
CHRYSORHOAS
,
Chryfèr-
:
hons
,
Xpusoac
;
(a)
fleuve
du
Péloponnèfe
|
felon
Panfanias.
Ceux
de
Trœzene,
à
qui
appar-
tenoit
ce
fleuve,
le
nommoient
Chryforhoas,
parce
que
durant
:
une
fécherefle
de
neuf
années
qu'il
ne
tomba
pas
une
goutre
de
pluie,
&
que
toutes
les
autres
fources
ta-
tirent
,
il
fut
le
feul
qui
conferva
toujours
fes
eaux
,
&
qui
coula
à
l'ordinaire,
CHRYSORHOAS
,
Chryfor-
hoas,
Xpucopfas,
(b)
fleuve
de
Syrie,
qui,
felon
Ptolémée
,
cou-
loit
auprès
de
Damas,
&
fes
in-
terprètes
prétendent
que
{on
nom
Moderne
eft
Adeselo.
Ortélius
dit
que
c’eft
Bélon
qui
le
nomme
af.
Le
même
Bélon
dit
que
le
Chryforhoas
eft
partapé
en
tant
erameaux,
que
chaque
maïfon
&
chaque
jardin
de
la
ville
ont
une
fontaine
qui
en
eft
dérivée.
Cela
convient
avec
le
récit
des
Anciens
;
en
effet,
on
lit
dans
Strabon:
»
Le
Chryforhoas,
qui
»
prend
fa
fource
près
de
{a
ville
5
&
du
territoire
de
Damas,
fe
»
confume
prefque
tout
entier
en
»
rüifleaux;
car,
il
arrofe
des
»
lieux
en
quantité,
&
fort
pro=
»
fonds,
«
Pline,
parlant
de
la
(a)
Paul.
p,
145.
()
Prolem,
L,
V,
c,
rs,
Strab,
pag.
CH
137
-
Décapole
,
dit:
»
La
plôparr
y
»
mettent
Damas,
que
le
fleuve
»
Chryforhoas
rend
fertile
par
»
lés
arrofemens
auxquels
il
eft
»
employé.
«
Étienne
de
By-
zance
nomme
Bardine,
un
fleuve
de
Damas,
&
on
croit
que
c’eft
le
même
que
le
Farfar
de
Saint
Jérôme.
;
La
fource
du
Chryforhoas
,
Chryforrhoæ
fontes
,
pour
ufer
des
termes
de
Philippe
de
la
Rue,
eft
afflez
mal
placée
dans
|
Affÿyris
vetus
divifain
Syriam,
&c.
de
ce
Géographe,
d'ailleurs
habile
&
des
plus
exa@ts
fur
la
Syrie
en
général,
car,
il
met
cetie
fource
au
midi
de
la
ville
de
Damas,
&
c'eft
prefque
tout
le
c@Rtraire
,
puifqu’une
bonne
partie
de
fon
cours
eff
dirigée,
&
qu'il
fe
perd
enfin
de
ce
même
côté
du
midi.
Il
eft
parlé
dans
le
cinquième
chapitre
du
quatrième
livre
des
Rois,
des
rivières
de
Damas,
fous
les
noms
d’Abana
&
de
Pharphars
ce
qui
ne
peut
s'entendre
que
des
deux
principales
branches
du
fleuve
nommé
par
les
Grecs
Chryforhoas
;
lequel
a
encore
changé
de
nom
fous
les
Arabes
.
qui
l'ont
appellé
Baradi.
Ainf,
ceux
qui
ont
pris
le
Pharphar
de
l'Écriture
pour
l'Oronte,
fe
font
doublement
trompés.
Ce
fleuve
eft
très-mal
repré-
_fenté
dans
la
Carte
de
la
Terre
Sainte,
par
le
Pere
Bonfrerius;
mais
,
il
left
très-
bien
dans
la
Carte
du
même
pais,
dans
Don
Calmet.
C'eft
aujourd'hui
le
Ba-
755:
Plin,
T,
I,
p.262,
Reg.
L,
IV,
€,
Se
Vs
12.
138
CH
radi
,
felon
M.
de
la
Roque.
-_
CHRYSORHOAS,,
Chryfo-
rhoas,
Xpuocpoac,
(a)
fleuve
qui
fe
déchargeoit
dans
le
Bofphore
de
Thrace.
Denys
de
Byzance,
Géogra-
phe
cité
par
Pierre
Gilles,
fait
la
defcription
d’un
Phare
célebre
fitué
à
l'embouchure
de
ce
fleuve.
Av
fommet
de
la
colline,
dit-il,
au
bas
de
laquelle
coule
le
Chry-
forhoas
|
on
voit
la
tour.
Timée
d'une
hauteur
extraordinaire,
d’où
lon
déconvre
une
grande
plage
de
mer,
&
que
lon
a
bâtie
pour
la
(ûreté
de
ceux
qui
navigeotent,
en
allumant
des
feux
à
{on
fom-
met
pour
les
guider;
ce
qui
étoit
d'autaat
plus
néceflaire
que
l'un
&
Fautre
Bord
de
certe
mer
eft
fans
ports,
&
que
les
ancres
ne
fçau-
roient
prendre
à
fon
fond;
mais,
Jes
Barbares
de
ja
côte
allumoïent
d'autres
feux
anx
endroits
les
plus
élevés
des
bords
de
la
mer
pour
tromper
les
mariniers,
&c
proûrer
de
leur
naufrage,
lorfque
fe
gui-
dant
par
ces
faux
fignaux
,
ils
al-
Joient
fe
brifer
fur
la
côte.
À
pré-
fent,
pourfuit
Pierre
Gilles,
la
tour
eft
à
demi-ruinée,
&
lon
n'y
met
plus
de
fanal.
CHRYSORHOAS,
Chryfo-
-rhoas,
Xuroporc,
ancien
nom
du
Pa&tole,
Voyez
Pattole.
CHRYSORHOAS,
Ckryfo-
rhbous,
Xivropsac
,
fleuve
de
la
Cholchide,
felon
Pline.
-
-
Le
nom
de
Chryforhoas
figni-
fie
que
le
fleuve
auquel
on
le
don-
ne,
a
des
paillettes
d'or,
que
fes
CH
eaux
entraînent
des
montagnes!
9.
où
elles
paflent,
&
quis’arrêtent
ordinairement
dans
le
fable,
où
les
pauvres
vont
l'amafer.
Tels
font
PAtriège,
le
Rhin,
le
Tage,
&
quantité
d’autres
fleuves.
CHRYSORREHOAS,
Chry-
forrhoas
,
Xpusofscac
,
autrement
CHRYSORHOAS.
Voyez
Chryfo-
.
rhoas.
CHRYSOSTOME
,
Chryfof-
tomus
;
Xpuroscuos
,
(b)
terme
qui
veut
dire,
qz2
a
une
bouche
d’or.
C’eft
le
nom
que
l’on
donne
à
S.
Jean
Chryfoftôme,
qui
pré-
choit
avec
tant
de
fuccès
fousl’em-
pire
du
grand
Théodofe
&
d’'Ar-
cadius
fon
fils.
Ce
Saint
éroit
Syrien
de
naïf-.
fance,
&
il
vérifie
ce
que
Saint
Jerôme
a
dit
de
cette
nation,
que
les
Syriens
[e
fervent
volontiers
de
paraboles
&
de
fimilitudes.
Les
comparaifons
font
fort
fréquentes
dans
cet
Orateur.
Il
y
fait
entrer
toutce
qui
fe
pañloit
de
fon
tems
dans
la
cour
des
Empereurs,
chez
les
Confuls,
les
grands-Seigneurs,
&
parmi
le
peuple.
[l
décrit
les
cirques
,
les
théatres,
&
toutes
fortes
de
fpectacles
,
la
forme
&
les
ornemens
des
maiïfons
,
la
ta-
“ble,
les
feftins,
&
cent
autres
chofes
,
fouvent
avec
un
détail
des
plus
finguliers.
…
CHKYSOTHEÉMIS,
Chryfo-
themis,
Xpuoteuis,
(c)
fille
d'A-
gamemnon
&
de
Clyremneltre,
felon
les
Poëtes.
Homere
en
par-
ticulier
en
fait
mention.
CHTHONIA
,
Chibonie,
(d}
(4)
Mém.
de
l’Acad.
des
Infcript.
&
|
Bell,
Lert.
T.
XIII.
p.
474.
*
fuiv.
Bell.
Lecr.
T,
VI,
p.
584,
585.
()
Mém,
de
l’Acad,
des
Infçript.
&
Ce)
Homer.
Iliad;
L,IK,
v,
145$
Cd)
Pauf,
p.
152
CH
Xfrla,
fille
de
Phoronée
,
au
rap-
port
de
Paufanias,
Voyez
Céres
Chrhonia.
.
CHTHONIA,
Chthonia,
(a)
Xloiæ,
fille
de
Colontas
,
fut
élevée
par
la
deefle
Cérès,
Voyez
Cérès
Chthoria.
CHTHONIES,
Chthonia,
(b)
Xe
,
fêres
que
l'on:
célébroic
en
l'honneur
de
Cérèës
Chthonia.
Voyez
Céres
Chthonia.
CHTHONIUS,
Chthonius
,
X'émoc,
(c)
l'an
de
ceux
à
qui
l'on
donna
le
nom
de
Spartes,
&
qui
fe
rendirent
fort
puiflans
fous
le
repne
de
Cadmus.
CHTHONIUS,,
Chibonius
,
Xbiroe
,
(d)
l'un
des
Centaures,
lequel
fut
tué
par
Neftor.
Ce
Cen-
taure
portoit
pour
armes
une
grande
fourche.
'
.
CHTHOMIUS,
CAthonius
,
Xlônes,
(e)
furnom,
que
lon
dit
avoir
été
donné
à
Mercure,
par-
ce
qu'il
alloit
dans
les
enfers,
ou
felon
d’autres,
parce
qu'il
alloit
furterre;
ce
dernier
fens
eft
plus
conforme
à
l’étymologie.
CATHONIUS
,
Chthonius
,
X'noc,
(f)
On
donnoit
auf
ce
nom
à
Jupiter
,
felon
D.
Bernard
de
Montfaucon;
Jupiter
Chtho-
nins
étoitla
même
chofe
que
Ju-
Piter
Terrefire.
CHUN,
Chun,
(g)
ville
de
ça)
Pauf.
pag.
152.
-(b)-Pauf,
pag.
52.
Ce
Pauf,
p.
549.
a
SE
Metam.
L.
XII.c.rr.
e)-Antiq.
expliq.
par
D.
Bern.
de
Montf,
Ed
Sn
Ê
:
Cf)-Antig.
explia.
AD
,d
Fee
Ts
pi
par
Bern,
de
(2)
Päral.
L,
I,
c.
18,
v.
8.
C
H
139
Syrie,
qui
appartenoit
an
roi
Adarézer.
Elle
fut
prife
par
Da-
vid,
qui
en
enleva
une
grande
quantité
d’airain,
D.
Calmet
croit
que
c’eft
la
ville
de
Cunña,
mar-
quée
dans
l'Itinéraire
d'Amonin,
nommée
peut-être
Ganna
dans
Ptoléinée.
CHUS
,
Chus
,
Xe,
(4)
fils
ainé
de
Cham
,
fut
pere
de
Nem-
rod.
[l
avoit
eu
plufieurs
autres
enfans,
tels
que
Saba,
Flévila,
Sabatha
,
Regma
&
Sabatacha.
Nous
ne
connoiflons
dans
l'É-
criture
qu'un
feul
Chus;
mais,
on
y
trouve
plufieurs
pais
qui
por-
tent
ce
nom,
foit
que
le
même
homme
ait
demeuré
en
plufieurs
endroits,
foit
qu'il
y
ait
eu
quel-
qu'autre
Chus,
qui
ne
nous.eft
point
connu.
La
Vulgate,
les
Septante,
&
les
autres
fnterpre-
tes
,
tant
anciens
que
modernes,
traduifentordinairement
Chus
par
l'Éthiopie.
Mais,
il
y
a
plufeurs
paflages
,
ou
certainement
cette
traduétion
ne
peut
avoir
lieu.
Il
faut
donc
examiner
en
particulier
les
diverfes
acceptioñs
du
nom
de
Chus.
-
1.9
Chus
marque
le
païs
qui
etoit
arrofé
par
l’Araxe.
Ceux,
qui,
en
cette
occafion,
ont
traduit
Chus
par
lÉthiopie,
ont
donné
lieu
à
l'opinion
infoûtenable
qui
feg.
Numer,
c.
12.
v.
1.
Reg.
LIV:c.
19.v.
9.
Paral.
L.
II.
©
14:v..9-
JCb.
c.
28,
v.
19,
Ifaï,
C,
17,
V.
11,
C.
18.
v.
1.
Jerem,
c.
13.
v.
23.
Ezech.
c.
29.
V.
10,
Habac,
€,
3,
v.
7.
Sophon.
c.
v,
10.
Jofepn.
de
Antiq.
Judaïc.
p.12.
Plin,
T.
I,
p.
342.
Heroë.
L.I.
cosot
Le
IV,
c.
11
Juf.-L.-1/<
Mém.
de
PAcad,
des
Infcript,
&
Bell.
(y)
Genef,
C,
2.
V,
13:
C.
10,
Ve
6,
ri
Lett,
T,
III,
p.
123.
24.2
GE
trer
dans
la
ville,
les
deflins
le
veulent
&
vous
le
commandent
;
vous
n'y
ferez
pas
plutôt
entré
gu'on
vous
en
donnera
l'empire,
6
vous
y
regnerez
long-tems
en
paix,
Prince
aimé
de
votre
peuple,
É:
redouté
de
vos
ennemis.
M,
Génutius
Cippus,
ayant
oui
ces
paroles,
fe
retira
comme
d'horreur
de
celui
qui
les
pro-
nonçoit,
&
détourna
fes
yeux
de
la
ville.
Non,
non,
dit-il,
Je
ne
veux
point
de
cet
honneur,
6
je
prie
les
Dieux
immortels
,
de
faire
tomber
autre
part
les
me-
maces
de
ce
prèfage.
Je
viverai
plus
Juflement
dans
unsexil
que
fur
un
trône,
&
je
me
banni-
rai
moi-même
avec
plus
d'hon-
neur
&
de
gloire,
que
ft
J'entrois
dans
le
Capitole
avec
un
féep-
tre
a
la
main.
En
même
tems,
il
manda
le
Sénat
&
le
peuple;
mais
,avant
que
de
fe
préfenter
à
l'aflemblée,
il
fe
couvrit
d'une
‘couronne
de
feuilles,
pour
em-
pêcher
qu'on
ne
vit
fes
cornes.
Enfuite
,
il
monta
fur
une
levée
_
deterre,
qu'il
avoit
fait
faire
pour
les
foldats,
&
après
avoir
implo-
ré
les
Dieux,
füivant
l’ancienne
coûtume:
»
Il
y
a
ici
quelqu'un,
»
dit-il,
qui
fera
bien-tôt
votre
»
Roï,f
vous
ne
le
banniflez
de
» la
ville.
Jene
vous
dirai.
point
»
fon
noi
,
je
vous
dirai
feule-
»
ment
les
fignes
qui.
vous
le
fe-
»
ront
reconnoître,
Îl
a
des
cor-
»
nes
fur
lefront,
&
les-devins
vous
menacent
que
s'il
entre
»
une
fois
dans
Rome,
il
feræ
».votre-fouverain,
&
vous
im-
»
pofera
des
loix,
Il
a
été
en
fon
»._
pouvoir
d'entrer
glorieufement
—
ET
»
dans
la
ville;
mais,
j'ai
eu
aflez
»
de
cœurage
pour
l'empêcher
de
»
pafñler
outre,
quoiqu'il
n’y
ait
perfonne
au
monde
qui
me
»
touche
de
fi
près
que
lui,
Em-
»
pêchez
donc,
Ô
peuple
Ro
»
mMain,quil
n'entre
avec
Vous
dans
Rome;
&
fi
vous
le
ju:
»_gez
digne
des
fers,
chargez
fon
»
corps
de
fers
&
de
chaines,
ou
»
délivrez-vous
de
toute
crainte
»
par
le
meurtre
de
ce
tyran.
«
Si
on
a
quelquefois
entendu
filer
le
vent
dans
un
bois
planté
de
pins,
dit
:Ovide,
ou
fi
quel<
quefois
l’on
a
entenda
de
loin
le
bruit
que
font
les
flots
de
la
mer,
On
s'imaginera
celui
qui
s'éleva
des
voix
confufes
d'un
fi
grand
peuple
affemblé.
Tout
le
monde
parloit
enfemble,
tout
le
monde
étoit
étonné,
8
parmi
cet
éton=
nement
&
la
confufion
de
tant
de
voix,
on
n’entendoit
que
celle-ci,
qui
éclatoit
par-deffus
les
autres
:
Qui
eft-ce
?
qui
eff-ce
?
Ils
fere-
gardent
tous
au
front,
ils
cher-
chent
les
cornes
qui
leur
font
peur
;
mais,
pour
les
tirer
de!pei=
ne,
M.
Génutius
Cippus
repre=
nant
la
parole
:
Voilà
,-dit-ilen
fe
montrant,
voilæ
celur
que
vous
cherchez.
En
même
tems,
il
découvrit
latête,
&
fit
voirles
cornes
qu'il
avoit
au
front.
Cha-
cun
baïfle
la
vue
à
l'afpett
de
cé
prodige
;
l'on
en
foupire
de
dot=
leur
,
&
quoique
chacun
atmät
une
tête
précienfe
&
frilluitre,
néanmoins,qui
le
pourroit
croire?
Chacun
en
détourna
les
eux;
&
la
regarda
malgré
foi.
Mais,
on
ne
put
permetere
que
M.
Gént=
tus
Cippus
demeurat
plus
long-
“C1
temé
fans
honneur.
On
lui
remit
for
le
front
la
couronne
de
fon
triomphe
&
de
fa
vidoire;
&
le
Sénat,
le
voyant
réfolu
de
ne
rentrer
jamais
dans
la
ville,
lui
donna
autant
de
terre
qu'il
en
put
renfermer
depuis
Je
ma-
tin
jufqu'au
foir,
avec
le
fillon
d'une
charrue.
Pour
conferver
la
mémoire
de
la
vertu
d’un
fi
grand
bomme,on
fitgraver
fur
la
porte,
par
où
il
étoit
forti
de
la
ville
:
une
tête
cornue
qui
lui
reflem.
bloit.
;
La
fable
femble
avoir
repris
cette
aventure
à
l'Hiftoire
,
com-
me
fi
l'hifloire
l’avoit
aupara-
Vant
prife
à
la
fable.
En
effet,
elle
paroït
bien
plus
fabuleufe
qu'hiflorique
;
&
jamais
hiftoire
ne
reflembla
mieux
à
une
fable
que
celle-ci.
Néanmoins,
quel-
gues-uns
fe
font
efforcés
de
faire
Voir
que
cela
pouvoir
arriver
>
que
cette
même
humeur,
de
la-
quelle
fe
forment
les
cornes
des
animaux
,
peut
auf
fe
rencon-
trer
dans
quelques
hommes.
Ils
Rpportent
;
fur
ce
fujet,
plufieurs
Exemples
;
&
l'on
dit
même
qu'au
iecle
dernier
,
il
fe
trouva
dans
un
bois
,
un
payfan
qui
avoit
une
corne
fur
la
tête.
De
plus,
les
Céraftes
qui
habitoient
l'ile
de
hypre
,
&
qui
avoient
des
cor-
né$
a
la
tête,
pourroient
auf
En
férvir
de
preuve.
lais,
en
regardant
ce
que
la
Pêture
peut
faire
;
il
femble
que
AOUS
ayons
perdu
le
foin
de
con-
idérer
ce
que
peut
produire
la
Vu,
dont
fes
ouvrages
font
auf
merveilleux
que
ceux
de
la
lature,
L'intention
de
cette
fable
CT
243
eflde
nous
montrer
par
l’exem-
ple
de
M.
Génutius
Cippus
,
qui
refufe
le
royaume,
&
qui
fe
bannit
lui-même
plutôt
que
de
fe
rendre
fouverain
,
l'homme
de
bien
n’afeQera
ja-
mais
de
fe
rendre
maître
de
fon
pais,
quelque
favorable
occafion
qui
s’en
{préfente
;
qu'il
choifira
plutôt
l'exil,
&
tous
les
maux
qui
l’accompagnent,
qu’une
do-
“Mination
injufte
;
&
que
fi
fa
pa=
trie
ne
peut
être
heureufe
que
par
fon
malheur,
il
aimera
fon
malheur
qui
rendra
fon païs
heu-
reux.
Ainf,
Élius,
Préteur,
fe
rendit
célebre
par
le
choix
qu'il
fit
lui-même
de
fon.
infortune
,
pouvant
jouir
du
bonheur
que
les
augures
lui
promettoient,
Car,
un
jour
qu’il
étoit
fur
fon
liège
,
&
qu'il
y
rendoit
la
juftice
,un
pivert
.
Vint
fe
repofer
fur
fa
tête
;
&
l’a-
rufpice
ou
le
devin,.
ayant
été
confulté
là-deflus
,
répondit
que
tant
qu'Élius
conferveroit
cét
oi-
feau
,
fa
maifon
feroit
heurenfe
;
_&
la
république
miférable
;
Maïs,
que
fi
on
letuoit,
le
contraire
ne
Manqueroit
pas
d'arriver.
Élius
,
qui
préféroit
la
gloire
de
fon
païs
‘à
la
fienne,
le
tua
auffi-tôt
en
la
préfence
du
Sénat:
Quelque
tems
après,
füivant
la
réponfe
du
de-
vin,
il
perdit
à
la
bataille
de
Cannes
dix-fept
jeunes
hommes
à
de
fa
maïfon,
dont
le
moindre
étoit
capable
de
la
rendre
glo-
rieufe;
&
depuis
la
république
triompha
de
{és
ennemis,
&
{on
Empire
devint
f
prand'
qu'il
s'é-
tendit
par
tout
le
monde.
Ce
font
là
des
exemples
qui
See
fonc-bien
dignes
d’être
imités.;
8”
Q
ij
244
CI
que
l'on
peut
imiter.
Sylla,
Ma-
tius
&
Cinna,
s'en
moquerent
autrefois,
&
les
ambitieux
d'au-
jourd'hui
s'en
moqueront
de
même.
Mais,
ce
n’eft
pas
le
vice
qu'il
faut
confuiter
pour
fçavoir
le
prix
dela
ver.
_
CIRATARINIENS
,
Cirata-
rini
,
(a)
peuples
de
Sicile.
Cicé-
Ton,
qui
nous
en
a
confervé
le
nom,
les
range
au
nombre
de
ceux
que
Verrès
avoit
dépouillés.
Leur
ville
n’étoit
point
confidé-
rable.
—-
CIRCÉ
,
Circe
;.
Kipxns
(b)
fille
du
Soleil
&
de
la
nymphe
Pérfa,
fille
de
l'Océan.
Homère
ajoûte
qu’elle
étoit
fœur
d'Æétès,
roi
de
Colchos,
qui
vivoit
du
terns
des
Argonautes,
Mais,
felon
Diodore
de
Sicile,
elle
étoit
non
fœur,
mais
fille
d’Æérès,
qui
l'avoit
eue
d'Hécate.
Quelques
Auteurs,
qui
regar-
dent
certe
généalogie
comme
une
fable,
ont
dit
que
cette
Princefle
n'a
pañlé
pour
être
la
fille
du
So-
feil,
que
parce
qu’elle
avoir
une
grande
connoïlance
des
plantes
&
de
la
médecine,
dont
Apollon,
ou
plutôt
le
Soleil
,
étoit
le
dieu.
D'autres
croyent
que
cette
fic-
tion
eft
uniquement
fondée
,
felon
Diodore
de
Sicile,
fur
ce
que
fon
:
ou
ins,
bifayeul
s'appelloit
Soleil:
ee
Circé
s’adonna
à
la
connoiïflan-
ce
des
herbes,
où
elle
réufht
fi
bien,
qu'elle
trouva
plufeurs
remedes;
mais,
comme
elle
fe
(2)
Cicer.
in.
Vérr.
L.
V.
ç.
85.
(#)
Diod,
Sicul,
p.
#73.
Ovid.
Métam.
ES
IVSC.-T5
6:
CI
fervit
de
fes
fecrets
pour
fe
veñs
ger
de
fes
ennemis
par
le
poifon
;
elle
pafla
pour
une
magicienne,
On
dit
même
qu'ayant
époufé
le
roi
des
Sarmates
;
ou
des
Scyches,
elle
l'empoifonna
;
ce
quila
ren-
dit
fi
odieufe
à
fes
fujets
;.
qu'elle
fat
obligée
de
fortir
de
fon
royau-
me
pour
fe
reurer
fur
les
côtes
d'Italie,
dans
le
lieu
qui
depuis
porta
le
nom
de
promontoiré
Circéen
,
fur.la
mer
de
Tofcane.
Apollonius
affare
qu’Apollon,
pere
de
cette
Princefle
,
la
retira
des
mains
de
fes
fujets
,
qui
vou=
loiént
la
faire
périr
,
&
la
tranf-
porta
fur
fon
chariot
en
lralie;
ce
qui
vent
dire
qu'elle
échappa
heureufement
,
&
contre
touié
apparence,
à
la
vengeance
des
Seythes,
s'étant
fauvée
fur
quel-
que
vaifleau
à
voiles,
:
Homère
donne
le
nom
d'ille
d'Æéa,
au
lieu
où
Circé
étoit
allée
s’érablir.
Jafon
&
Médée,
après
avoir.
tué
&.
coupé
par
morceaux
le
jeune
Abfyrte,
abor:
derent
dans
cette
ifle,
pour
Y
être
expiés
par
Circé.
Ceue
Prin-
celle,
fœur
,
ou
felon
d’autres,
tante
de
Médée
,
les
reçut
avec
bonté
,
fans
les
connoître.
Ils
sa:
vancerent
l'un
&
l’autre,
les
yen
baiflés
,
&
fans
proférer
une
feulé
parole,
felon
la
coûtume
des
fapplians,
jufqn’au
foyer,
où
Ja{on
ficha
en
terre
l’épée
dont
il
avoit
tué
fon
beau-frere.
Leur
filence
&
leur
fituation
firent
aifément
connoître
à
Circé
qu'ils
étoient
Ban,
T.
VI,
p.
424.
@
fmiv.
Mém:
de
P'Acad,
des
Inferipe,
&
Bell.
Létt.
Toms
d
feg:
Homer:
Odyff.
L.
I.
p.
42,
43.
T.
VI,
p.
251.
T,-XH,
pe
X,
ve
235,
©
Jeg.
Myth,
par
M.
l'Abb,
127
&
fau
T,
XVIIL,
pe
3Qù
|
CT.
fapitifs
&
coupables
de
quelque
homicide
,
&
elle
fe
prépara
à
les
expier.
Elle
fit
d'abord
apporter
un
petit
cochon
de
lait
qui
tectoic
encore,
&
layant
éporgé,
elle
frotta
de
fon
fang
les
mains
de
Jafon
&
de
Médée.
On
fit
en-
fuite
quelques
libations
à
l’hon-
neur
de
Jupiter
expiateur.
Après
quoi
,
ayant
fait
jetter
dehors
les
.
refles
du
facrifice,
elle
brûla
far
l'autel
des
gâteaux
paicris
de
fa-
tine,
de
fe]
&
d’eau,
&
accom-
pagna
ces
actions
de
prieres
pro-
pres
à
fléchir
[a
colère
des
cruel-
|
Re
Dès
que
la
céré-
1onie
fut
achevée,
Circé
fit
af-
feoir
fes
hôtes
fur
des
fieges
ma-
gnifiques
,
pour
les
traiter
fplen-
didement.
El
eft
inutile
de
dire
ici
qu'ayant
reconnu
fa
hiece,
elle
la
chaffa
de
fon
palais,
fans
ofer
pourtant
fui
faire
aucun
mauvais
traitement,
parce
que
Médée
âvoit
imploré
fa
protection
en
état
de
fuppliante,
Maloré
les
autorités
fur
lef-
quelles
ce
récit
eft
appuyé,
M.
l'abbé
Banier
croit
que
Circé
n’a
d'autre
rapport
avec
Médée,
que
l
reflemblance
de
caraétère
;
&
il
fe
fonde
far
le
témoignage
de
Strabon,
qui
remarque
fort
ju-
dicieufement
qu'Homère
-
ayant
Out
parler
de
la
navigation
de
Ja-
.
fon
dans
la
Coichide,
&
dans
le
ville
d'Æéa,
qui
en
étoit
la
ca-
Piale,
&
fçachant
toutes
les
fa-
bles
qu'on
avoir
pübliées
au
fujet
de
Médée
&
de
Circé,
de
leurs
enchantemens
&
de
la
conformi-
té
de
leurs
mœurs
,
a
dit.qu'elles
étoient
parentes
;
&
il
a
éré
fuivi
€n
cela
pat
Onomacrite,
&
par
CR
24;
Apollomus
de
Rhodes.
Que
fi
le
même
Homère
a
tranfporté
le
féjour
de
Circé
au
milieu
de
FO-
céan
,
c'étoit
pour
donner,
plus
de
merveilleux
au
récit
qu'Ulyffe
fai{oit
de
fes
aventures
aux
Phéa-
ciens,
qui
aimoient
les
fidions
,
&t
étoient
trop
ignorans
pour
pouvoir
le
démentir,
°
Comme
Circé
vivoit
à
peu
près
au
tems
de
la
guerre
de
Troye,
on
pourroit
croire
qu'Ulyfle
‘
aborda
dans
Île
lieu
où
elle
habi+
toit,
&
que
véritablement
il
en
devint
amoureux.
C’eft
du
moins
ce
qu'ont
penié
ceux
qui
aflurent
qu'il
en
eut
un
fils
nommé
Télé.
gone.
Les
charmes
de
cette
Prin-
ceffe
lui
ayant
fait
oubher
le
foin
de
fa
gloire,
ainfi
qu'à
fes
com-
pagnons
,
ils
fe
plongerent
dans
les
plaifirs
d’une
cour
voluptueu-
fe;
ce
qui
a
fait
dire
à
Homère
qu’elle
les
avoit
changés
en
pour-
ceaux.
Et
fi
l’on
a
ajoùté
que
Mer-
_
cure
donna
à
ce
Prince
,
une
plante
nommée
moly,
avec
la-
quelle
1l
avoit
évité
les
enchan-
temens
de
Circé,
c’eft
pour
nous
apprendre
qu'étant
enfin
revenu
de
fes
égaremens
,
il
avoit
con-
feillé
à
fes
compagnons
de
fortir
d'un
féjour
fr
dangereux.
Cette
plante,
fi
difcile
à
trouver,
au
rapport
d'Homère,
eft
la
pru-
dence
dont
Ulyfie
fit
ufage
pour
retirer
fes
foldats
du
féjour
de
la
volupté
;
&
l’on
doit
croire
que
tous
les
changemens
qu'Homère,
Ovide
&
tousles
autres
Poëtes,
difent
que
cetce
Princeffe
opéroit,
“étoient
plutôt
les
effets
de
fes
charmes
&
de
fa
beauté
,
que
de
fa
magie,
ne
fade
1}
\
246
CT
aflez
entendre
que
les
breuvages
qu'elle
donnoitopéroient
ces
mer-
.
veilles.
»
Vous
fçavez
,
dit-il,
ce
»
que
l'on
conte
du
chant
des
»
Sirènes,
&
des
breuvages
de
»
Circé.
Si
Ulyfle
eûc
été
auf
»
infenfé,
&
aufh
efclave
de
fes
%
paflions
que
ceux
de
fa
fuite,
-»
&
qu'il
eût
bu
fans
précaution
»
dans
la
coupe
de
cette
magi-
»
Cienne
,
oul'eût
vu
comme
ces
»
animaux,
quinaiment
que
la
»
fange
&
l’ordure,\
trainer
une
»
viehonteufe
fous
l'empire
d’une
»
infâme
proilituée.
«
Pour
foûtenir
la
qualité
de
ma-
gicienne,
qu'on
donnoit
à
Circé,
on
alla
jufqu’à
dire
qu’elle
poffé-
doit
l’art
de
faire
defcendre
les
étoiles
du
ciel,
afin
de
nous
faire
voir
que
la
volupté
abrutit
les
_
ames
les
plus
élevées
;
fi
toute-
fois
on
n'aime
mieux
dire-ayec
Bochart,
[
carles
moralités
font
bien
arbitraires
|,
que
la
fable
des
enchantemens
de
Circé
venoit
du
mot
Phénicien
/4s,
ou
lotim,
qui
veut
dire
enchantemnnt,
d’où
tous
les
Latins
ont
été
appellés
dés
enchanteurs.
Bochart
avoit
lu
dans
les
Anciens
,
que
le
pais
Latin
abondoit
en
plantes
veni-
meufes
,
&
propres
à:faire
des
forts’
&
des
enchanremens,
ainf
qu’on
peut
le
voir
dans
Théo-
phrafte,
dans
Strabon,
dans
le
Scholiafte
d’Apollonius,
&
dans
plufieurs
autres.
Comme
la
Princefle,
dont
nous
parlons
,
excella,
dans
cet
art,
&
furpafla
de
beaucoup
les
autres
habitans
de
ce
pais
,
c’eft
fans
ay
Ptolem,
L,
Icon
-
Er
7
doute
ce
qui
a
fait
dire
qu’ellè
étoit
fille
d’Apollon
,
le
dieu
de
la
médecine
,
à
laquelle
appartient
la
connoïflance
des
plantes.
Au
refte,ce
qu'il
y
a
de
plus
vrai
dans
toute
cette
Hifoire,c’eft
que
Circé,
malgré
fes
enchantemens
&t
fes
mœurs
dépravées
,
ne
laiffa
pas
de
recevoir
les
hon-
neurs
divins
;
@&
du
tems
de
Ci-
céron
,
elle
étoit
encore
adorée
“par
les
habitans
de
la
côte
d'Ita-
lie,
où
elle
avoit
fixé
fon
féjour.
Rermarquons
d’après
un
fça-
vant
Mythologue,
qu'il
y
a
eu
deux
Circés,
qu'on
a
CRRER
dans
la
fuite.
Celle
,
que
Diodor
de
Sicile,
d’après
Héfiode
,
dit
être
petite
fille
du
Soleil,
étoit
plus
ancienne
qu'Ulyfle,
puif-
qu'elle
vivoit
du
tems
des
Argo-
nautes
,
&
qu’elle
étoit
fœur
d'Æérès.
Celle,
chez
qui
Ulyfle
s'arrêta,
&
qui
regnoit
fur
les
côtes
d'Italie
,
vers
le
tems
de
la
guerre
de
Troie,
étoit
fille
dela
première
Circé
,
arrière-petite-
fille
d'Élius,
&
fœur
d'Æértès
IL.
Comme
peu
d'Auteurs
diflin-.
guent
ces
deux
Circés,
&
ces
deux
Æétès,
Rois
de
Colchos,
on
ne
doit
pas
s'étonner
de
trou=.
ver
tant
d'obfcurité
dans
cette
hiftoire.
Bocace,
qui
eft
le
My-
thologue
dont
nous
parlons,
avoit
pour
ui
l'autorité
de
Théodon-
tion,
dont
l'ouvrage
eft
perdu.
Ovide
ajoûte
,
à
tout
ce
qu'on
vient
de
dire
,
que
Circé
,
étant
-
devenue
amoureufe
de
Picus,
roi
d'Italie
,
le
changea
en
pivert.
CIRCÉEN
(a)
[
le
promon-
CI
toire
|,
Circeum
Promontorium,
Xypuaïor
dupors
Ce
promontoire
étoit
fiiué
en
Italie
;
auprès
de
la
ville
de
Circées
,
au
pais
des
Volfques.
:
CIRCÉEN
[le
mont
],
(a)
Mons
Circæus
,
dpos
wpuaïs.
Cette
montagne
d'Italie,
auprès
de
la-
quelle
on
voyoit
la
ville
dé
Cir--
cées
,
s'appelle
préfentement
monte
Circello,
dans
la
campa-
gne
de
Rome.
Elle
eft
fort
haute,
&
paroît
une
ifle,
érant
envi-
ronnée
de
la
mer
de
Tofcane
vers
le
midi,
&
des
Palus
pontines
au
nord.
CIRCÉES,
Circeiï,
(b)
ville
d'Italie,
au
pais
des
Voifques,
fituée
près
du
promontoire
Cir-
céen,
au
pied
d'une
montagne,
qui
fe
nomme
aujourd'hui
monte
Circella.
Tarquin
le
fuperbe
,
roi
de
Rome,
voulant
étendre
les
bornes
de
fon
Royaume
par
des
colonies
,
en
envoya
une
à
Cir-
cées
,
dans
l'efpérance
‘que
cette
place,
feroit
très
utile
à
Rome,
tant
par
terre
que
par
mer.
Dans
la
fuite;
C.
Marius
,
fi
connu
fous
lè
nom
de
Coriolan,
s'étant
re-
tiré
chez
les
Volfques,
aprèsavoir
étéfbanni
de
Rome
,fut
mis,
comme
on
fçait,
à
la
têce
des
armées
que
ces
peuples
vouloient
oppofer
aux
Romains,
Pour
fa
première
expédition,
il
chaîla
de
Circées
tous
ceux
que
la
républi-
que
yavoit
envoyés
en
colonie,
&
remit
cette
ville
en
la
dépen-
dance
des
Volfques.
Pline
dit
que
cette
ville
étoit
(a)
Strab.
p.
232.
Cd
217
autrefois
entourée
de
la
mer
,
&
entièrement
ifolée;
fur
quoi
il
cie
l'autorité
d'Homère.
Le
pere
Hardouin
accufe
Pline
de
n'avoir
pas
bien
entendu
le
poëte
Grec,
êt
prête
à
ce
dernier
une
allégo-
rie
aflez
ingénieufe.
»
L'Me
de
»
Circé
,
dit-il,
c’eft
la
terre
en-
»
tourée
par
tout
de
l'Océan,
n
&
Homère
l'appelle
Aix
,
»
c'eft
la
même
qu'il
nomme
ail-
»
leurs
usiGwos
ax
,;
parce
»
qu'elle
produit
tout
ce
qui
eft
»
néceflaire
à
la
nourriture
des
=»
hommes.
Homère
donne
à
»
Circé
un
frere,
nommé
Æétès,
»
c'eft-à-dire,
terreftre.
Il
feint
»
qu'ils
avoient
l’un
&
l’aurre
le
»
Soleil
pour
pere,
&
pour
mere
*
y
la
nymphe
Perfa,
fille
de
l'O-
»
céan;
ce
frere
de
Circé,
ou
»
de
la
Terre
,
eft
la
vigueur
de
»
laterre,
caufée
par
le
Soleil,
»
&
nourrie
par
les
eaux
de
lO-
»
céan.
«
C'eft
ainfi
que
les
My-
thologues
s’exercent
à
trouver
un
fens
phyfñque
ou
moral
dans
les
fixions
d'Homère
;
quoique
_vraifemblablement
ce
poëte
n'y
ait
jamais
entendu
tant
de
f-
nefle.
:
Théophrafte
,
qui,
felon
le
té-
moignage
de
Pline,
eft
le
premier
étranger
qui
ait
écrit
avec
foin
touchant
les
Romains,
parle
de
cette
ifle
dans
le
livre
de
l’hifloire
des
plantes,
qu'il
a
écrit
fous
Nicodore,
magiftrat
des
Athé-
niens,
c’eft-à.dire
,
l'an
de
Rome
440
,
&
ditque
l'ile
de
Circées
avoit
quatre
vingts
flades
,
c’eft-
Plin.
T.
I.
p.
114
152
>
153.
Prolem.
(b)
Strab.
p.
231,
232.
Tit,
Liv.
L.
I.
|
L,
HIT,
ce
1e
Ce
55e
L,
11,0,
39,
L.
VE
Ce
223
21.
Q
iv
248
-
GC.
-«
.
qe
.
CS
à
dire,
dix
mille
pas
de
grandeur.
Pline
conclut
de-là
que
tout
ce
qu'il
y
a
de
cerre
au
tour
de
cetre
ile
;
outre
les
dix
mille
pas
de
circuit,
dont
on
vient
de
parler,
eff
un
accroiflement
qui
a
été
:
ajoûté
à
l'Italie,
Surles
ruines
de
cette
ville,
eft
préfentement
un
village
potnmé
Santa
Felicira.Ortélius
à
été
trom-
pé,
quand
il
a
cru
que
c'étoit
préfentement
Civita-
Vecchia,
qui
en
eft
à
environ
foïxante-dix
mil-
les.
A
CIRCEIENS
,
Cierceienfes
,
étoient
les
Habitans
de
Circées,
Voyez
Circées.
:
CIRCESIE,
Circefium
,
(a)
Kipeorer
;
-ville
d'Afe.
Eutrope
lappelle
Circeflum,
ce
qui
eft
yne
faute
des
copiftes
;
car,
Pæa-
nius,
fon
tradu@teur
Grec,
dit
fort
bien
Kipkfotor,
avec
un
y
de
trop
à
la
vérité,
Eutrove
,
parlant
de
la
mort
de
l’empereur
Gor-
dien,
dit:
»
Le
foïdat
lui
érigea
»
Un
monument
à
vingt
milles
»
de
Girceflum,
qui
eft
une
for-
»
térefle
apparténante
encore
aux
»
Romains,
au
pied
de
laquelle
»
pafle
l'Euphrate,
«
Le
La
Notice
de
l'Empire
met
Circéfiam
dans
le
département
de
l'Ofrhoëne,
Capitolin
appelle
cette
forterefle
Circeium
Caf-
trum
,
&
dit
qu'elle
étoit
far
les
frontières
de
Perfe,
Il
prétend
que
c'eft
là
que
fut
élevé
Je
monu-
ment,
dont
il
rapporte
même.
S
lnfcription.…
Ammien
-
Marcellin
l'appelle.
Cercufium,
&
dit
que
c'eft
une
(+)
Crév.
Hi,
dés
Emp.
Tom,
V.
p.
284,
T,
VI.
GE
-
place
forte,
très-füre
&
bien
bâtie,
dont
l'Abora
&
l’Euphra-
te
entourent
les
murs,
&
font
une
efpèce
d’ifle.
Il
ajoûreque
l’empe-
reur
Dioclétien
la
trouvant
pe-
tite
&
trop
expofée,
l’entoura
de
murs
&t
de
hautes
tours.
-
Cela
eft
conforme
à
ce
que
dit
Procope,
que
Circéfion
eft
une
fortereffe
dans
la
Méfoporamie,
à
l’endroit
où
le
fleuve
Morras
fe
décharge
dans
l'Euphrate,
Ce
fort
relevoit
des
Romains,
&
avoit
été
conftruit
par
l’empereur
Dio-
clétien.
Mais
;
Juftinien
voyant
:
qu'il
avoit
été
tellement
ruiné
par
l'injure
du
tems
,
qu'il
étoit
aban-
donné
,
le
rebâtit,
&
en
fit
une
ville
fort
grande
&
fort
confidé-
rable.
On
ne
Javoit
pas
enclos
tout-à-fait
des
murailles
du
tems
de
Dioclétien,
mais
feulement
juf-
ques
fur
les
bords
de
l’Euphrate
»
où
l’on
avoit
élevé
deux
tours
aux.
deux
côtés,
dans
la
penfée
que
ce
fleuve
le
défendoit
affez
de
ce
côté-là.
L'Eu
Phrate
ayant
miné,
avec
le
tems
,
le
pied.
de
la
tour,
qui
étoir
du
côté
du
midi,
de
telle
forte
qu’elle
fembloit
près
de:
tomber,
à
moins
qu’on
ne
la
ré-
parât
promptement;
Juftinien
à
qui
Dieu
avoit
réfervé
la
gloire
d’être
le
reflaurateur
de
toutes
les
parties
de
l'Empire,
foûtint
la
tour,
&
continua
la
muraille
le
long
de
l’Euphrate.
Il
en
éleva
une
aûtre
en
dehors,
à
l'endroit.
où
les
deux
fleuves
fe
rencon-
troient,
&
rendit
la
place
impre=
able.
De
plus,
il
y
laifla
une.
forte
garnifon
fous
un
vaillant.
P-
184:
ET
commandant.
Il
répara
encore
le
bain
public,
qui
ne
pouvoit
plus
frvir,
&
l’embellit
de
plofieurs
ofnemens,
Le
cours
du
fleuve
ayant
affoibli
par
la
fuite
des
an-
nées,
l'édifice
qui
avoit
été
bâti
_au-deffus
des
fourneaux,
Juéti-.
mien
le
fit
réparer
de
têlle
forte,
que
l'eau
ne
le
put
plus
endom-
Mager
,
&
1]
conferva
de
la
forte
ledivertiflemenc
du
bain
à
la
gar-
nifon.
no
CIRCONFLEXE
[
Accent
],
Accentus
Circumflexus.
Cet
ac-
cent
indique
une
fyllabe
longue,
En
François
,
l'accent
grave
fe
marque
avec
-un_
petit
chapiteau
fur
la
fyllabe
,
qui
marque
fou-
vent
le
retranchement
de
quelque
lettre,
qui
faifoit
la
fyllabe
lon-
gue
&
ouverte
,
comme
péte
pour
Palle
;
tête
pour
tefle,
nous
fi-
mes
Pour
ous
fufmes.
En
Grec,
autrefois
on
le
mar-
quoit
de
même
que
nous
le
mar-
quons
en
François.
Mais,
depuis:
que
les
copiftés
eurent
changé
la
forme
des:
caraltères,
&
qu'ils
énrent
mis
en
ufage
les
lettres
Courantes
,
ils
changerent
auffi
la
forme
de
laccent
circonflexe
;
&
au
lieu
d'en
former
l'angle
avec
in
,
il
larrondirent
,
&
en
écri-
Vant
vite,
ils
y
ajoûterent
un
fait,
qui
enforma
un
s
renver-
fe
,&
couchée
horizontalement,
©
Quiproduit
cette
figure
©,
au
lieu
de
celle-ci
*.
_CIRCON
LOCUTION,
Ircumlocutio
;
Circuitio,
tour
d'expreffion,
dont
on
fe
fert,
ou
0rfqu'on
n'a
pas
pour
ainf
dire
lous
I
main,
le
terme
propre
à
“primer
direement
&
immédia-
*
CI
249
tement
une
chofe,
où
lotfqu’on
s’abfient
d'employer
lé
terme
propré
par’
refpeét
pour
ceux
à
qui
l’on
parle,
où
pour
quelqu'-
autre
raifon,
Ce
mot
eft
compofé
du
Latin
Circum
loquor,
je
parl
au
tour.
:
:
En
rhétorique
,
la
Circonlocu=
tion
eft
une
figure
qu’on
emploie.
pouréviter
d'exprimer,
en
termes
direëts,
des
chofes
dures,
ou
dé-
fagréables,
ou
peu
convenables,
qu’on
fait
entendre
en
empruntant
d'antres
termes
qui
rendent
la
même
idée,
mais
d’une
manière
adoucie
,
&
en
la
palliant.
Cicéron
;
par
exemple,
ne
pouvant
nier
que
Clodius
n'eût
été
tué par
Milon
,
ou
du
moins
par
fes
ordres,
l'avoue
indirette-
ment
par
cette
Circonlocution
:
Les
domefliques
de
Milon,n
ayant.
pu
fecourir
leur
maître,
qu'on
di=
Joit
avoir
été
tué
par
Clodius,
fi-
rent
en
fon
abfence,
&
fans
[a
participation
ou
fon
confente=
ment,
ce
que
chacun
pourroit
at-
tendre
des
fiens
en
pareille
occa=
Son.
CIRCONSPECTION,
RETENUE
;
CONSIDÉRATION
,
ÉGarps
,
MÉNAGEMENS.
Une
atsention
réfléchie
&
mefu-
rée
fur
la
façon
de
parler,
d'avoir,
_&
de
fe
conduire
dans
le
com-
merce
du
monde
par
rapport
aux
autres,
pour
y
contribuer
à
leur
fatisfaction
plutôt
qu’à
la
fienne,eft
l'idée
générale
que
ces
cinq
mots
repréfentent
d’abord
;
fuivant
laremarque
de
M.
l'abbé
Girard,
Voici
ce
femble
les
différences
.
qu’on
y
peut
mettre.
La
circon/pe(tion_eft.
pruincipa*
a
-
PE
TR
2$0
CT
lement
dans
le
difcours;
la
rete-
nue
eft
dans
Îles
paroles
comme
dans
les
aétions,
&t
a
pour
défaut
oppofé
l’impudence
;
la
confidé-
ration,
les
égards
,
&
les
ména-
gemens
font
pour-les
perfonnes,
avec
cette
différence,
que
lacon-
fidération
&
les
égards
font
plus
pour
Pétat,
la
fituation
&
la
qualité
des
gens
que
l’on
fréquen-
te,
&
que
les
ménagemens
regar-
dent
plus
particulièrement
leurs
inclinations
&
leur
humeur.
La
confidération
femble
encore
indiquer
quelque
chofe
de
plus
fort
que
les
égards
;
elle
marque
mieux
le
cas
qu’on
fait
des
per
fonnes
que
l'on
voit;
l’eftime
qu'on
leur
porte
en
réalité
,
ou
feulement
en
apparence,
ou
un
devoir
qu'on
leur
rend.
Les
égards
tiennent
davantage.
aux
règles
de
la
bienféance
&
de
la
politeffe.
-
Toutes
ces
qualités,
crrconf-
peélion,
retenue,
confidération,
Re
n
ee
égards,
ménagemens
;
font
uni-
quement
les
fruits
de
l'éducation
,
L
#
’
.
&
l’on
peur
les
pofléder
éminem-
ment
fans
être
plus
vertueux.
Mais,
comme
on
ne
cherche
guere
dans
la
fociété
que
l'écorce,
-ona
mis
à
ces
qualités,
bonnes
en
elles-mêmes
,
un
prix
fort
fupérieur
à
leur
valeur.
Les
gens
du
monde,
n’ont
par-deflus
les
autres
hommes
qu'ils
méprifent,
qu'un
peu
de
vernis
qui
les
cou-
vre,
&
quicache
à
la
vue,
leur
médiocrité
,
leurs
défauts,
&t
leurs
vices.
XI,
c,
35.
«
CI
CIRCUMPADANI
CAMPE,
(z)
nom
que
Tite-Live
donne
aux
plaines
qui
s'étendoient
de-
puis
les
bords
du
P6
jufqu’au
pied
des
Alpes.
EE
CIRIADE,
Ciriada
,
lieu
mu-
nicipal
,
ou
bourg
de
l’Attique
dans
la®triba
Hippothoontide,
felon
Étienne
de
Byzance
&
Hé-
fychius.
ss
-CIRIBE
,
Crribus.,
KipË06
5
(b)
certain
perfonnage,
qui
ga=
gnoit
fa
vie
à
faire
du
pain,
&en
faifoit
vivre
toute
fa
famille.
CIRNUS
,
Cirnus,
(c)
roïde
l'ifle
de
Théramène,
fut,
felon
Juftin,
pere
d'Ariftée,
furnommé
Battus
ou
le
Begue,
Ce
Prince,
chagrin
&
même
honteux
que
fon
fils
,
devenu
grand,
ne
fçût
pas
encore
parler,
alla
à
Delphes,
&
ft
des
prieres
à
Apollon
fur
le
fujet
qui
l’'amenoit.
Il
Lui
fut
ré-
pondu
que
Battus
pafft
en
Aîri-
que
,
qu'il
fondât
une
ville,
ë
que
ce
feroit-là
qu'il
recouvreroit
l’ufage
de
la
parole:
Comme
cette
réponfe
paroïfloit
une
efpèce
de
moquerie
[
car
qu'elle
apparence
qu’on
pôt
trouver
affez
de
monde
dans
une
ïfle
aufli
déferte
que
Théramène,
pour
aller
fonder
une
ville
dans
un
pais
aufh
étendu
que
l'Afrique
,
ainfi
que
l’oracle
l'or
donnoit
|
Cirnus
en
négligea
les
avis.
Le
dieu
,
traitant
ce
Roi
fes
fujets
comme
des
rebelles
,
les
_affligea
quelque
tems
après
d'une
pefte
fi
violente
,
qu'ils
furent
contraints
de
lui
obéir
,
quoiqü
ils
faffenc
en
fi
petit
nombre,
qu'un
OMEE
XHI,
©
7
CT
feul
vaïfleau
étoit
plus
que
fuff-
fant
pour
les
porter
tous,
Quand
ils
eurent
abordé
en
Afrique,
ils
donnerent
la
chafle-aux
habitans
du
mont
Cyra
dont
ils
s'empare-
rent,
tant
à
caufe
de
l'agrément
du
lieu
,
que
pour
la
commodité
de
leau
,
qu’une
fontaine
leur
fournifloit
en
abondance.
Ce
fut:
là
que
la
langue
de
Battus,
leur
chef,
commmenca
à
fe
dénouer,
&
que
ce
Prince
fe
mit
à
parler
pour
la
première
fois,
Ce
récit
eft
tiré
de
Juftin,
mot
pour
mot.
D'autres
anciens
Au-
teurs
racontent
la
chofe
diférem-
ment
,
furquoi
on
peut
confulter
l'article
de
Battus.
(CIRQUE,
Circus
;
(a)
grand
bâtiment,
toujours
plus
long
que.
large
,
où
l’on
donnoit
diflérens
fpedtacles.
Un
des
bouts,
le
plus
étroit,
étoit
terminé
en
ligne
droite
;
l’au-
tre
toit
arrondi
en
demi-cercle,
es
deux
côtés
,
qui
paftoient
des
éxtrémités
de
la
face
droite,
&
qu
alloient
rencontrer
les
deux
extrémités
de
la
face
circulaire
,
ttoient
les
plus
longs
;
ils
fervoient
de
bafe
à
des
fieges
ou
gradins
placés
en
amphithéatre
pour
les
fPeftateurs:
La
fice
droite
&
la
plus
étroite
étoir
compofée
de
ouze
portiques
pour
les
chevaux
&
pour
les
chars;
on
les
appelloit
Garcères
;
là
1l
y
avoit
une
ligne
blanche
,
d'où
les
chevaux
com-
Mençoient
leurs
coutfes.
Aux
qua-
(4)
Roll.
Hift,
Rom.
Tom.
EL.
p.
126.
Tom.
II.
Préf,
p.
19.
&
fiv.
T.
VII.
P:
428,
Antiq,
expliq.
par
D.
Bern.
de
CT
2ST
tre
anples
du
Cirque,
fur
le
pour-
tour
des
faces
,
il
y
avoit
ordinai-
rement
quatre
corps
de
bâtimens
quarrés,
dont
le
haut
étoit
chargé
de
trophées;
quelquefois
il
y
en
avoit
trois
autres
dans
le
milieu
de
ce
pourtour,
qu'on
appelloit
meéniäna.
Le
milieu
de
l’efpace
,
renfer-
mé
entre
les
quatre
façades
dont
nous
venons
de
parler,
étoit
oc-
cüpé
par
un
maflif
d'une
maçon-
nerie
très-forte
,
de
douze
pieds
d'épaifleur
,
fur
fix
de
haut;
on
lappelloit
Spirza
circi.
Il
y
avoit
fur
la
Spina
des
autels
,
des
obé-
lifques,
des
pyramides,
des
flatues,
&
des
tours
coniques.
Quelque-
fois
les
tours
coniques
étoient
éle-
vées
aux
deux
extrémités
fur
des
mafhfs
de
pierres
quarrées
,
&
fé-
parées
par
un
petit
intervalle-de
la
Spina;
enforte
qu’elles
parta-
geoient
chacun
des
efpaces
des
extrémités
de
la
Spina
aux
façades
intérieures
du
Cirque
en
deux
parties,
dont
la
plus
grande
de
beaucoup,
éroit
entre
la
façade
&
les
tours.
Au-deflons
des
gradins
en
amphithéatre
,
placés
fur
les
façades
du
Cirque.
on
avoit
creu-
fé
un
large
foilé
rempli
d'eau,
&
deftiné
à
empêcher
les
bêtes
de
s'élancer
fur
les
fpeétateurs
;
ce
foffé
s’appelloit
Euripe.
Les
jeux
,
les
combats,
les
courfes
,
@&c.
fe
faifoient
dans
lefpace
compris
de
tous
côtés,
entre
l’Euripe
&
la
Spina
;
cet
dy
fiv.
Mém.
de
Acad,
des:
Infcript,
&
Bell.
Lett.
Tom.
HI.
p.280;
314»
335.
Tom.
IX.
p.22.
&
fuiv.
T.
XIII.
Montf,
T,
HT,
pe
27s.
de
fiv,
Myth.
|
p.
480.
T.
XVII.
p.
209;
219
;
220.
Le
Pêt
M,
PAbb.
Ban.
Tom,
VIL,
p.
167.1
XXI,
p.
344
ae
.
258
CTI
finon
qu'ils
portoient
des
mitres
au
lieu
detiares,
CISSIENS;,
Cf,
où
Cie,
peuples
du
Pont
Cappadocien.
Les
Ciffiens
habitoient
aux
envi-
rons
da
fleuve
de
Cia,
dont
ils
renoient
le
nom.
CISSIENS
3
Ciffer
9
(a)
mon=
tagnes
de
la
Sarmarcie
en
Afe,
felon
Pline
,
qui
y
met
la
fource
du
fleuve
Imitye.
CISSONIUS
,
Cifonius,
(4)
furnom
de
Mercure.
Dubitatia
Caftula,
Syrienne
de
nation,
avoit
bâti
à
Befançon
,
à
fes
pro-
-_
pres
frais,
un
temple
avec
un
portique
en
l'honneur
de
Mercure
Ciffonius..
C'éioit
apparemment
un
furnom
local
de
ce
Dieu;
car,
rien
n'étoit
plus
commun
que
ces
fortes
de
furnoms..
=
CISSOTOMIES
,
Ciflotomia,
(c)
fêtes
infituées
en
l'honneur
d'Hébé,
déeffe
de
la
jeunefle.
Ce
nom
fe
prenoit
apparemment
de
ce
qu'on
y
coupoit
des
feuilles
de
lierré.
CISSUS,
Ciffus,
Kicroc,
(d)
montagne.
de
Macédoine
,
felon
Lycophron.
lfaac
Tzetzès
dit
qu’elle
fut
enfaite
furnommée
Ænus,
parce
qu'Énée
s’y
arrêta
quelque
tems
après
la
prife
de
Troye..
Ortélius
croit
trompe
en
cela,
comme
en
bien
d’autres
chofes.
L’Abrégéde
Strabon
porte
dans
le
feprième
livre,
vers
la
fin,
qui
(a)
Plin.
T.
I.
p.
307.
(8)
Antiq.
expl,
Montf,
Tom.
IV.
p.
415.
-
(&)
Antiq.
expl.
Montf,
Tom.
Il.
pag,
212.
(d)
Suab.
p.
330.
qu'il
fe
par
D.
Bern,
de}
Montf,
T.
II.
CA
Manque
dans
le
livre
même
de
ce
Géographe
,
qu'Énée
&:
Ciflus
écoient
deux
villes
différentes.
On
y
ajoûte:
»
On
croiroit
qu'Am-
»
phidamas
était
de
cette
Ciflus;
=»
car,
Homère
dit
qu'ilavoit
été
»
élevé
par
fon
ayeul
qui
étoit
».
Crléen,
dans
la
Thrace
qui
»
eft
préfentement
nommée
la
»
Macédoine,
«
:
Héfychius
met
une
montagne
de
ce
nom
en
Macédoine
,
&une
ville
du
même
nom
dans
la
Thra-
ce;
&
Leunclavius
dit
que
c'eft
préfentement
Cis.
Oriélius
croit
que
la
montagne
&
la
ville
étoient
auprès
de
Theffalonique
vers
la
mer.
CISSUS,
Ciffus
,
Kicooc,
(e)
jeune
homme,
qui,
ayant
perdu
la
vie
dans
[a
fureur
d’une
fête
de
Bacchus,
fat
métamorphofé
en
lierre..
C'eft
en
partie
pour
cela
que
l’on
prétend
que
cette
plante
étoit
confacrée
à
Bacchus.
CISSUS
,
Ciflus
,
Kirooçs
(f}.
étoit
un
dévor
à
Sérapis,
On
ra-
conte
que
cet
homme
ayant
été
empoionné
par
fa
femme
avec
des
œufs
de
ferpent
qu'elle
lui
avoit
fait
manger,
ent
recours
à
Sérapis,
qui
Jui
ordonna
d'acheter
une
murene
,
animal
venimeux
»
&
de
mettre
fa
main
dans
le
vale
où
elle
feroit.
11
le
fit;
la
murenc
le
mordir
à
la
main,
&
il
fe
trouva
fübitement
ouéri,
*CISSUS
;
Ciffus
;
Kitros,
(9)
(e)
Myrh.
par
M.
l'Abb.
Ban,
Tom
par
D.
Bern,
defIV.p,
267,
268.
(f)
Antiq.
explig.
par
D,
Berm
de
p:
209.
_()
Plut,
T,
f,
p.
689,
ICT
Fun
des
lieutenans
d'Alexandre
,
fut
des
premiers
à
venir
appren-
dre
à
ce
Prince
la
fuite
&
l'inf-
délité
d'Harpalus,
à
qui
il
avoit
confié
Ja.
garde
des
tréfors
&
des
révenus
de
Babylone.
Il
en
fut
aflez
mal
récompenié
;
car,
Ale-
xandre
le
fit
mettre
en
prifon,
le
traitant
de
menteur
&
de
calom-
niateur.
CISSUSE,,
Ciffu
,
NICOGUTEs
(a)
fontaine
de
Grece,
dans
la
Béotie,
fitnée
entre
la
ville
de
Thèbes
&
celle
d'Haliarte.
»
Les
»
fables,
felon
Plutarque
,
difent
»
que
les
nourrices
de
Bacchus
y
»
laverent
ce
dieu
dès
que
fa
mere
.»
en
fut
délivrée;
&
la
preuve
»
qu'elles
en
donnent,
c'eft
que
»
fes
eaux
font
d'une
belle
cou-
»
leur
de
vin,
très-claires
&
très-
»
bonnes
à
boire.
Non
loin
de-là
»
naïiflent
les
cannes
Crétoifes,
-»
dont
on
fait
les
javelots,
d’où
»
les
Haliartiens
concluent
que
»
Rhadamanthe
a
autrefois
habité
”
dans
Ce
pais-là,
&
ils
montrent
-»
même
fon
tombeau
,
qu'ils
ap=
»
pellent
Alée,
Le
tombeau
d’'Alc-
».
mêne
efttout
auprès;
car,
on
»
prétend
qu’elle
fut
enterrée
en
»
ce
lieu-là,
ayant
époufé
en
fe-
»
condes
noces
Rhadamanthe,
»
après
la
mort
d'Amphitryon.
«
M.
Dacier,
dans
une
remarque
für
la
fontaine
de
Ciffafe,
s’ex-
Prime
àinfi:
»
Je
ne
fçais
fr
on
»
trouve
ailleurs
quelque
mention
.»
d'une
fontaine
aux
environs
»
d'Haliarte
,
Qui
ait
eu
le
nom
de
(a)
Plut.
T,
I.
p.
449:
Paul.
p.
592:
tab,
p.
4rr,
413:
CT
259
»
Ciflufe.
Je
n’en
connois
point,
»
Mais,
Paufanias
parle
de
la
fon.
-n
taine
de
Tilphufa,
qu'il
place
à
»
cinquante
flades
,
c'eft-à-dire,
-»
à
fix
mille
deux
cens
cinquante
»
pas
dé
la
ville.
C'eft
la
même
»
fontaine
que
Strabon
appelle
»_Tilphofa,
fous
le
mont
Tilpho:
:
»
fon,
au
voifinage
d'Haliarte.
»
Etyje
ne
doute
pas
qu'il
ne
faille
»
corriger
ce
paflage
de
Plutar-
»
que,
par
celui
de
Paufanias,
&
»_
par
celui
de
Strabon.
«
.
CISSYBIUM
,
Ciffybium
,
(b}
efpèce
de
coupe,
qui
avoit
des
anfes.
Nous
n'en
fçavons
pas
da-
vañtage
,
Athénée
ne
nous
ayant
confervé
que
le
nom
de
cette
coupe.
CISTOPHORE
,
Ciflophorus,
(c)
du
Grec
xien
,
cifla,
corbeil-
le,
&aépo,
fero,
je
porte.
Le
terme
de
Ciftophore
veut
donc
dire
gui
porte
une
corbeille.
Epoe-
ling
croit,
&
avec
aflez
de
vrai-
femblance
,
que
c’eft
de
certains
paniers,
gravés
fur
le
revers.des
médailles,
que
vient
le
nom
de
Ciftophore,
&
non
pas
de
la
fie
oure
d'homme
ou
de
femme
por-
tant
un
parier
fur
la
tête,
comme
l'ont
cru
Hadrianus
Junius
&
plu=
fieurs
autres.
Car,
ces
fivures
ne
fe
voyent
prefque
jamais
fur les
médailles
;
au
lieu
que
les
autres
y
font
fort
communes.
Lleft
cerrain
que
le
Ciftophore
étoit
fr
ordinai-
re,
que
la
levée
des
tributs
s’ap=
pelloit,
du
moins
en
certains
pars,
la
levée
du
Ciftophore.
Le
Cifto-
e)
Antig.
expl.
pat
D.
Bern.
de
Montf.
Tom,
11.
pag.
183.
Mém.
de
(6)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern,
Acad.
des
Infc,
&
Bell. Lerr,
Tom
X
onté,
Tom,
If,
p.
148.
XI,
P:
2244
KR
ij
260
CI
phore
étoit
donc
une
forte
de
monnoie
ou
de
médaille.
CISFOPHORES
,
Ciflopho-
ri,
(a)
nom
que
l’on
donnoit
à
de
jeunes
filles,
qui
à
la
fêre
des
Orgies
,
fuivoient
les.
chariots
dans
lefquels
étoient
les
tonneaux,
les
cruches,
les
vafes,
&c.
&
qui
portoient
elles
-
mêmes
les
cor-
belles
&
les
caflertes,
où
étoit
enfermé
ce
qu'il
y
avoit
de
plus
myftérienx
dans
cette
fête,
CISUS
;,
Crus
;
Keisiç,
(b)
fils
de
Téménus
,
roi
d'A:sos.
Il
avoit
plufieurs
freres,
&
une
fœur,
nommée
Hyrnétho.
Com-
me
l’ainé
de
tous
,
il
fuééda
à
fon
pere
au
royaume
d'Argos.
Sous
fon
regne
,
les
Argiens,
tou-
jours
jaloux
de
leurs
privileses
&
de
leur
liberté,
reftraignirent
l’au-
torité
royale
à
un
tel
point
,
qu'ils
ne
laiflerent
que
le
nom
de
roi
à
Cifus
&
à
fes
defcendans.
Il
arriva
même
dans
la
fuite
que
Meltas,
fils.de
Lacidas,
&
petit-fils
de
Médon,
fut
condamné
par
le
peu-
ple
à
perdre
le
royaume
&
la
vie.
CITADELLE,
forterefle
que
Pon
bâtit,
ou
pour
la
défen(e
d’u-
ne
ville
contre
l'ennemi
,
ou
mé-
me
pour
contenir
les
citoyens
dans
le
refpett,
&
empêcher
qu'ils
ne
fe
mutinent
contre
le
Souverain.
C’eft
pour
cela
qu’on
a
foin,
en
choififfant
le
terrein,
d’en
trouver
un
qui
commande
la
ville.
Quel-
quefois
les
Citadelles
font
join-
tes
au
corps
de
la
ville,
ayantune
même
enceinte,
quoiqu'elles
en
foient
toujours
féparées
par
divers
(4)
Myth.
par
M,
l’Abb,
Ban,
T.
IV.
Pe
226;
227n
ET-
ouvrages
aufh
ménagés
que
ceux
du
dehors,
parce
que
la
garmion
s’y
retire
lorfqu’elle
ne
peut
plus
défendre
la
ville,
&
elle
ÿ
tient
fouvent
encore
long-tems
après
que
l'ennemi
eft
maitre
de
la
pla-
ce.
Quelquefois,
les
Citadelles
font
fur
une
hauteur.
Cela
dépend
du
terrein
où
la
ville
eft
firuée,
Nous
avons
pris
ce
mot
des
lta-
lens dans
la
langue
defquels
il
fignifie
une
petite
ville,
felon
fon
étymologie,
CITARINES,
Citarm.
On
lit
ce
nom
comme
celui
dun
-
peuple
de
Sicile
dans
la
IIE.e
Ver-
rine
de
Cicéron;
1l
faut
hire
Ce-
rarini,
C’étoient
les
habitans
de
Cétarie.
CITÉ,
Civitas.
Le
mot
Cité
défignoit
anciennement
un
état,
un
peuple
avec
toutes
fes
dépen-
dances,
une
république
particu-
lière.
Ce
nom
ne
convient
plus
guere
atjourd’hni
qu'à
quelques
-
villes
d'Allemagne
ou
des
cantons
:
Suifles,
Quoique
les
Gaulois
ne
fuflent
qu'une
même
nation,
ils
éroient
cependant
divifés
en
plufeurs
peuples,
formant
prefque
autant
d'États
féparés
,
que
Céfar
appel
le
Cités,
Civitates.
Ontre
que
chaque
Cité
avoit
fes
aflemblées
propres,
elle
envoyoit
encore
des
députés
à
des
aflemblées
généra=
les,
où
l’on
difcutoir
les
intérêts
de
plufeurs
cantons.
Mais,
la
Cité,
ou
Métropole,
ou
Capitale,
où
fe
tenoient
les
aflemblées,
s'ap-
.
pelloit
par
excellence
Civiras.
Les
Latins
difoient
Civitas
Æ
duorumy
|
(b)
Pauf,
p:
1185
132
5
136
ET
Civites
Lingonum,
Civitas
Seno-
num;
&
cet
fous
ces
noms
qu'Autun,
Langres,
&
Sens,
font
déffgnés
dans
PItinéraire
d'Antonin.
.
Dans
la
fuite
,
on
n'appella
Cité
que
les
villes
épifcopales.
Voyez
Civitas.
Ce
mot
fe
prend
aujourd'hui
fimplement
pour
une
ville,
même
au
fipuré
;
mais
,
fur
tout
dans
le
fyle
oratoire
&
dans
la
poëñe.
On
dit:
Za
Cité
celele,
nous
n'avons
point
de
Cité
permanente
dans
ce
monde,
une
grande
Cité,
une
Cité
nombreufe
,
Jérufalem
eft
appelée
la
fainte
Cite.
I!
fe"prend
encore
dans
les
gran-
des
villes
anciennes,
pour
la
par-
tiela
plus
ancienne
de
la
ville.
Une
ville
s’eft
peuplée
,
il
s’eft
formé
des
faubourgs
tout
à
l'entour.
Le
nombre
des
habitans
s'étant
fort
multiplié,
ces
fauxbourgs
fe
font
trouvés
environgés
d’une
encein-
te
hors
de
laquelle
il
s’eft
bâti
de
nouveaux
fauxbourgs
;
infenfble-
ment
on
a
laiflé
tomber
comme
inutiles
les
murs
,
qui
féparoient
ces
premiers
fauxbourgs
d'avec
la
ville.
En
ce
cas,
on
appelle
Cicé
l'ancienne
ville,
&
l’augmenta-
tion
qu’elle
à
reçue
autour
d'elle,
prend
la
qualité
de
ville;
&
com-
me
dans
les
villes
anciennes,
l'É-
ghfe
primitive
ou
la
première
bà-
te,
eft
dans
le
plus
ancien
quar-
tier,
dans
quelques-unes
le
lieu
où
ef
cette
éplife
,
eft
la
Cité.
$CITÉ
[
Droit
de],
C'eft
la
qualité
de
citoyen
ou
bourgeois
dune
ville,
&
le
droit
de
partici-
Per
aux
priyileses,
qui
font
coim-
CI
267
muns
à
tous
les
citoyens
de
cetre
ville.
Chez
lès
Romains:,
le
droit
de
Cité,
c'eft-à-dire,
la
qualité
de
citoyen
Romain,
fut
confidérée
comme
un
titre
d'honneur,
&
de-
vint
un
objet
d'émularion
pour
les
peuples
voifñins
qui
tàchoient
de
l’obtenir.
Il
n'y
eut
d’abord
que
ceux
qui
“étoient
réellement
habitans
de
Rome,
qui
jouirent
du
titre
&
des
privileges
de
citoyens
Romains,
Romulus
communiqua
le
droit
de
Cité
aux
peuples
qu'ilavoit
vain-
cus,
&
qu'il
amena
à
Rome
;
fes
faccefleurs
firent
la
même
chofe,,.
juiqu’è
ce
que
la
ville
étant
affez
peuplée,
on
permitaux
peuples
vaincus
de
refter
chacun
dans
leur
ville;
&
cependant,
pour
les
attacher
plus
fortement
aux
Ro-
mains,
on
léur
accorda
le
droit
de
Cité
ou
bourgeoifñie
Romai-
ne,
en
forte
qu'il
y
eut
alors
deux
fortes
de
ciroyens
Romains;
les
uns
qui
étoient
habitans
de
Rome,
&
que
l’on
appelloit
Cr=
ves
ingenui;
les
autres
qui
de-
meuroient
dans
d’autres
villes,
&
que
l'on
appelloit
municipes.
Les
Confuls
&
enfuire
les
Empereurs,
communiquerent
le
droit
de
Ci-
té
à
différentes
villes
&
à
différens
peuples
foumis
à
leur
domination.
La
loi
7
au
code
de
incolis
,
porte
que
le
domicile
de
quelqu”-
un
dans
un
endroit,
ne
lui
attri-
bue
que
la
qualité
d’habitant,
mais
que
celle
de
citoyen
s'ac-
quiert
par
la
naïflance,
par
l'af-
franchiflement,
par
l'adoption,
&
par
l'élévation
à
quelque
poñte
honorable-
262
CT
Les
droits
de
Cité
confiftoient
Chez
les
Romains;1
©.
à
jouir
de
la
liberté;
unefclave
ne
pouvoit
être
citoyen
Romain,
&
le
citoyen
Romain
qui
tomboïit
dans
l’efcla-
vage,perdoit
les
droits
de
Cité,
2.9
Les
citoyens
Romains
n’étoient
point
foumis
à
la
puiflance
des
mapiftrats
en
matière
criminelle
;
ils
arrêtoient
leurs
pourfuites
en
difant
,
Crvis
Romanus
[um
;
ce
qui
tiroit
fon
origine
de
la
loi
des
douze
tables,
qui
avoit
ordonné
qu'on
ne
pourroit
décider
de
la
vie
&
de
Pétat
d’un
citoyen
Ro-
main,
que
dans
les
comices
par
centuries.
3.9
[ls
avoient
le
droit
de
fuffrages
dans
les
affaires
de
la
république.
4.
Ils
‘étoient
les
feuls
qui
euffent
fur
leurs
enfans
la
puiflance
telle
que
les
loix
Ro-
maines
la
donnent.
5.°
Ils
étoient
aufli
les
feuls
qui
putlent
exercer
le
facerdoce
&
la
magifirature
,
&
avoient
plufieurs
autres
privile-
Lee
:
:
Le
droit
de
Cité
fe
perdoit;
1.9
en
fe
faïfant
recevoir
citoyen
d’une
autre
ville;
2.°
en
com-
mettant
quelque
action
indigne
d'un
citoyen
Romain,
pour
la-
quelle
on
Sr
la
grande
dégradation
dppellée
maxima
ca-
pitis
diminutio,
qui
ôtoit
tout
à
la
fois
le
droit
de
Cité,
&
la
liberté.
3.°
La
moyenne
dégradation,
appellée
media
capitis
diminutio,
Otoit
aufh
le
droit
de
Cré;
telle
-éroit
la
peine
de
ceux
qui
étoient
effacés
du
rôle
des
citoyens
Ro-
mains
,
pour
s'être
fair
infcrire
fur
le
rôle
d'une
autre
ville.
Ceux
qui
étoient
exilés
ou
relégués
dans
*
une
ifle,
fouffroient
auf
cette
1
CI
moyenne
dépradation,
8
confe-
quemment
perdoieñt
aufl
le
droit
de
Cité.
Parmi
nous,
il
n'y
a
que
la
naiflance
on-les
lettres
du
Prince
qui
attribuent
les
droits
de
Cité.
On
confond
quelquefois
le
droit
de
Cité
avec
celui
de
bourgeoïlie;
cependant,
le
droit
de
Cité
eft
plus
érendu
que
celui
de
bour-
geoife;
il
comprend
anffi
quelque
fois
lincolat,
&
même
tous
ks
effets
civils.
En
eflet,
celui
qui
eft
banni
d'un
lieu,
ne
perd
pas
feulement
le
droit
de
bourgeoïfie,
1
perd
abfolument
les
droits
de
Cité,
c'eft-à-dire
,
tous
les
privileges
accordés
aux
habitans
du
lieu,
Et
fi
le
banniflement
eft
hors
du
royaume,
il
perd
tous
les
eflets
civils,
On
peut
perdre
les
droits
de
Cité,
fans
perdre
Ja
liberté,
com-
me
il
arrive
à
celui
qui
eft
banni,
mais,
la
perte
de
la
liberté
em-
porte
toujours
la
perte
des
droits
de
Cité.
Z
CITERNE.
Il
y
avoit
plu-
fieurs
citernes
à
la
campagne,
dans
la
Paleftine.
Il
y
en
avoit
auffi
dans
les
villes,
&
dans
les
maifons
particulières.
Comme
la
plûpart
des
villes
étoienc
bâties
fur
des
montagnes,
&
que
les
pluies
ne
tombent
régulièrement
dans
la
Judée
qu’en
deux
faïfons
de
l’année,
au
printems
&
en
au-
tomne
,
on
étoit
obligé
de
con-
ferver
de
l’eau
dans
les
Citernes
à
la
campagne,
pour
abreuver
les
animaux,
@
dans
les
villes,
pour
les
befoins
des
hommes.
On
en
voit
ençore
aujourdhui
dans
CI
la
Paleftine,
de
très-grandes,
dont
les
unes
font
longues
de
cent
cin-
quante
pas,
&
larges
de
foixante,
d'autres
longues
de
cent
vingt-
deux
pas
;
&
larges
de
cinquante-
quatre,
On
en
voir
une
à
Rama,
qui
a
trente-deux
pas
de
long,
&
vingt-huit
de
large.
On
con-
fond
aflez
fouvent
les
puits
&
les
Citernes,
&
même-les
fontaines
&
les
fources
,
dans
le
langage
de
l'Écriture.
:
CITES,
Cite,
peuples,
qui
étoient
venus
trafiquer
à
Troye,
felon
Diftys
de
Crete,
Ortélius
croit
que
ce
font
les
Clites
dont
parle
Tacite,
qui
dit,
-
dans
un
endroit
de
fes
annales,
qu'ils
étoient
dans
-la
Cilicie
;
&
dans
un
autre
,-qu'ils
étoient
dans
la
Cappadoce.
CITHÉRIADES,,
Céhæria-
des,
(a)
furnom
des
Mufes.
Ce
farnom
leur
venoit
du
mont
Ci-
théron,
.
CITHÉRIS
,
Cirheris
,
(b)
af-
franchie
de
P.
Volumnius.
C'étoit
une
femme
de
joie,
&
qui
avoit
l'efprit
bouffon.
Après
avoir
fervi
aux
plaifirs
de
fon
patron,
elle
fe
donna
au
poëte
Cornélius
Gal-
ls
;
qu'elle
quitta
pour
fuivre
Marc-Antoine,
Cicéron
parle
de
cette
femme
débauchée
dans
une
de
fes
lettres.
CITHÉRON
,
Citheron,
(c)
Kipar,
montagne
de
Grece,
dans
la
Béotie,
Elle
fervoit
à
{e-
Parer
cette
province
de
l'Attique,
CT
203
depuis
que
la
ville
d'Éleuthtre
,
s'étoit
foumife
aux
Athéniens;
car,
auparavant,
C’étoit
cette
ville
qui.
féparoit
les
deux
états.
Le
mont
Cithéron
avoit
pris
fon
nom
de
Cithéron,
un
des
pre:
miers
rois
des
Plaréens.
Sous
cette
montagne
,
aux
environs
de
Pla-
tée,
en
prenant
un
pêu
à
droite,
on
appercevoit
les
ruines
d'Hy-
fies
&
d'Erythres,
qui
étoient
au-
trefois
deux
villes
de
la
Béortie.
Strabon
dit
que
le
mont
Cithé-
ron
finifloit
non
loin
de
Thèbes,
&
que
l'Afope
couloit
aux
pieds
de
cette
montagne,
Du
côté
da
couchant,
il
s’abaifloit
péu
à
peu
avec
un-dérour,
au-deffus
de
la
mer
de
Crifla.
fl
commençoit
aux
montagnes
de
l’Attique
&
duter-
rioire
de
Mégare,
auxquelles
il
étoit
contigu
;
de-là
s’étendant
de
côté
&
d'autre
dans
les
campa-
gnes
,
il
venoit
finir
à
Fhèbes,
Le
mot
Cithéron,
felon
Paufa-
nias
,
étoit
confacré
à
Jupiter
Ci-
théronius.
Suivant
Pline,
1!
létoit
aux
Mufes
;
&
Pomponius-
Méla
dit
qu'il
éroit
fameux
par
les
fa-
bles-&
par
les
écrits
des
Poëtes.:
Eneffet,
ils
y
ont
mis
la
fable
d'Aétéon,
les
orgies
de
Bacchus,
Amphionélevant
les
murs
de
The-
bes
au
fon
de
fa
lyre,
le
fPhynx
d'Œdipe,
&c.
-
Plutarque
le
Géographe,
dans
fon
traité
des
fleyves
&t
des
mon-
tagnes
,
obferve
que
le
mont
Ci-
théron
étoit
anparavant
nommé
(a)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern,
dej
Mel,
p.111.
Ptolem.
LT.
c.
15.
Virg,
Montf.
Tom,
I.
pag:
110.
(b)
Cicer.
ad
Amic.
L.
IX,
Epift,
26.
…(c)
Strab.
p,
408,
409.
Paul.
p.72
,
|.
pag.
325
»
449-
Myth.
par
M.
3.
545
Plin,
Tom,
I,
p.197.
POmp.{Ban.
Tom,
III,
p,
364:
Gorgs
L.
Il.
v.
43.
Æneid.
L.IV,
v.
303.
Lit,
Liv.
L.
XXKT.
c,
26,
Plut,
Fc
PAbb4
KR
iv
264
CGT
à
Aférius
,
&
rapporte
à
fon
or-
dinaire
des
origines
fabuleufes
de
ces
noms.
CITHÉRON,
Cithæror
(a)
Kibarody,
Prince
qui
repna
fur
les
Platéens
avant
Afopus.
Junon
fe
fâcha
un
jour
contre
Jüpiter;
on
ne
fçait
pas
pourquoi;
mais
,
on
aflure
que
de
dépit
elle:
fe
retira
en
Eubée,
Jupiter,
n'a-
Yant
pu
verir
à
bout
de
la
fléchir,
vint
trouver
Cithéron.
Ce
Prince,
qui
étoit
l'homme
le
plus
fage
de
fon
tems,
confeilla
à
Jupiter
de
faire
faire
une
ffatue
de
bois
,
de
lhabiller
èn
femme,
de
la
mettre
-
fur
un
chariot
attelé
d’une
paire
de
bœufs,
la
ville,
&
de
répandre
dans
le
public,
que
c'étoit
Platéa
,
lafille-
d'Afopus
qu'il
alloit
époufer,
Son
confeil
fat
fnivi.
Auffi-rôt
la
noue
velle
en
vintà
Junon,
qui
part
dans
le
moment,
fe
rend
À
Platée,
“s'approche
du
chariot,
&
dans
fa
colère
voulant
déchirer
les
habits
de
la
mariée
,tronve
que
c'eftune
ftatue,
Charmée
de
l'aventure
;
elle
pardonna
à
Jupiter
fa
trom-
perie,
&
fe
réconcilia
de
bonne
foi
avec
lui,
-
CITHÉRONIA,
Cithæronia,
Kia
parie
(b)
(urnom
de
Junon,
Cette
Déefle
fut
ainfi
farnommée
du
mont
Githéron.
:
CITHÉRONIDES,
Cirhero
rides
;
Kilaipoidec
,
(c)
furnom
des
Nymphes,
Elles
furent
ainf
furnommées
du
mont
Cithéron,
qui
leur
étoit
confacré.
On
voyoit
(a)
Pauf,
pag.
s46.
Myth.
par
M,
PAbb.
Ban.
Tom.
if,
pag.
393.
=
(BYPIGE-TSE
p:
225
325
(c)
Paul.
p.
548,
Antiq.
expl,
par
que
l'on
traïneroit
par:
C4
|
far
cette
montagne
l’antre
des
Nympbes
Cithéronides.
On
appel.
loit
ce
lieu
Sphragidium,
&
on
af-
furoit
qu’autrefois
ces
Nymphes
avoient
lé
don
de
prophétie,
Du
nom
de
ce
lieu
les
mêmes
Nym-
phes
étoientauffi
appellées
Sphra-
gitides
,
comme
le
dit
Plutarque
dans
fa
vie
d’Ariftide,
CITHÉRONIUS
,
Cithæro=
nus
;
Kibopavise
,
(d)
furnom
donné
à
Jupiter,
parce
qu’on
lui
avoit
confacré
le
mont
Cithé-
ron.
CITIENS,,
Crier,
(e)
peuple
dont
parle
Plutarque
dans
a
vie
d'Alexandre
le
Grand,
Mais,
cet
Auteur
n'en
dit
pas
aflez
pour
marquer
quelle
forte
de
peuple
c’étoit.
»
Alexandre,
dit-ilayoit
»
une
épée
très-lépère
à
la
main,
»
&
d'une
trempe
merveillente,
»
que
le
roi
des
Citiens
lui
avoit:
»
donnée
,
&
qu'il
portoit
dans:
»
les
combats.
«
C'éroient
peut
être
les
habitans
de
quelqu’une
des
villes
de
Citium.
cos
CITIENS
,
Citit,
Kirlei,
peu=
ples
qui
habitoient
la
ville
de
Ci-
tium
en
Chypre,
Joyez
Citium.
CITIENS
,
Cie.
Cicéron
nomme
ainfi
des
gens
venus
de
Phénicie,
&
qui
étoient
Cliens
de
Caton.
Ortélius
doute
s'ils
étoient!
de
Citium
dans
l’ifle
de
Chypre,ou
fi
ce
n’étoient-pas
plutôt
des
Chu-
téens.
CITTUM,
Citium,
Kiner,
ville
;
de
l'ifle
de
Chypre.
(f)
Elle
étoit
fituée
dans
la
partie
méridionale
D.
Berg.
de
Montf.
Tom.
I,
p.
386,
(4)
Pauf.
p.
ç4s.
Ce)
Plut.
T.
I,
p.
684,
;
(f)
Prolem,
L,
V,
c,
r4
Plut,
T.
T4
G:T
de
cette
ifle
,
felon
Ptolémée.
Plu-
tarque
nous
apprend
que
Cimon,
célebre
général
d'Athènes
|
mou-
tut
de
maladie
au
fiege
de
Citinm.
La
même
chofe
eft
rapportée
dans
:
Cornélins
Népos.
Zénon,
qui
étoit
né
dans
cette
ville
,
en
avoit
pris
le
furnom
de
Citius.
Le
P.
Hardouin
cenfure
Cujas
d'avoir
penfé
autrement.
-
Citium
fut
le
fiège
d’un
Évêque,
Comme
on
le
voit
dans
les
Notices
de
Léon
le
Sage
&
d'Hiérocles,
Ce
lieu
s'appelle
préfentement
Chiti,
felon
le
P.
Hardouin
,
&
donne
fon
nom
au
promontoire
voip,
qui
eft
nommé
à
caufe
de
cela
Capodechiri.
CITIUM,
Citium,
Kiruv,
(a)
ville
de
Macédoine,
an
rapport
de
Tie-Live,
Ce
fut-ià,
felon
cet
Hiflorien,
que
Perfée,
roi
de
Macédoine
,
l'an
r71
avant
Jefus-
Chrift,
ordonna
à
fes
officiers
d'affembler
toutes
fes
troupes.
Il
s'y
rendit
lui-même
accompagné
€
tous
les
grands
de
fa
cour
&
de
fes
gardes,
après
avoir
fait
avec
Une
magnificence
royale
,
un
fa-
crifice
de
cent
vidtimes
,
à
Miner-
ve
farnommée
Alcideme.
Il
y
trouva
toutes
les
forces
de
Macé-
doine,
&
les
troupes
auxilaires
dés
étrangers,
campées
devant
la
Ville,
&
les
rangea
en
bataille
dans
la
plaine,
Le
nombre
étoit
en
tout
de
quarante-trois
mille
hommes
,
Ont
environ
la
moitié
formoit
ce
qu'on
appelloit
la
phalance.
Pig
401,
Corn.
Nep.
in
Cimon.
c.
3.
Plin,
T,
IL,
p.
284.
Diod,
Sicul.
p.
705.
Thucyd.
p
72,
73:
(a)
Tit
Liv.
L,
XLIL
c.
re
(5)
Tit,
Liv,
L,
XL,
c.
21,
|
CR.
26,
Le
pere
Eubin,
dans
fes
tables
-
géographiques,
dreffées
pour
l'in-
teligence
des
vies
des
Hommes
illuftres
de
Plutarque
,
dit
que
cette
Citium
étoit
une
colonie
ve-
nue
de
l’autre
Citium
,
dont
il
eft
parlé
dans
l’article
précédenr.
CITIUS
[le
Mont],
(2)
Mons
Cinius,
Îl
en
eft
parlé
dans
Tite-
Live,
au
fujet
de
Perfée,
roi
de
Macédoine,
Ce
Prince,
étant
parti
d'Élymée
,
arriva
le
troifie-
me
jour
au
mont
Citius
,
qu'il
ne
pafla
qu'avec
de
grandes
difiicul-
tés,
à
caufe
des
neiges
dont
il
étoit
couvert,
&
qui
étoient
f
hautes,
qu’à
peine
ui
permirent
elles
de
camper.
Auffi
en
partit-il
bientôt,
non
que
le
chemin
qui
lui
réftoit
à
faire,
fût
plus
commode,
mais
parce
qu'il
n'étoit
pas
poili-
ble
d’y
féjourner.
Ortélius
croit
que
cette
monta-
gne
étoit
quelque
part
vers
l’Étolie.
-CITTUS
Ciuss
Kirroc;
(c)
nom
d’une
montagne
firuée
au-deflus
de
la
Macédoine,
felon
Xénophon.
Il
y
avoit
dans
cette
montagne
beaucoup
de
bêtes
fau-
rves,
tels
que
des
lions,
des
léo-
pards,
des
Iynx,
des
panthères,
des
ours
&
autres.
Ortélius
donte
fi
ce
ne
feroit
point
le
mont
Ci-
tius
de
Tite-Live.
CITTUS
,
Circus
3
Kirrec,
(d)
banquier,
dont
il
eft
parlé
dans
la
harangue
de
Démofthène
contre
Phormion.
>
CIVICA
E
CÉRÉALIS
|
,
(e)
€c)
Xenoph.
P:
995.
:
(4):
Demofth.
in
Phorm.
p.
QA4Te
Ce)
Tacit:in
Agric.
c.
42,
Crév.
Hift
des
Emp.
T.
IV.
p,
70.
266
CI.
Cerealis
Civica
,
Proconful
d’Afe,
fous
l'empire
de
Domitien.
Il
fat
mis
à
mort
dans
{on
propre
gou-
vernement,
par
l'ordre
de
ce
Prince
,
fous
le
faux
prétexte
d'un
deflein
prémédité
de
révolte;
mais
en
eflet,
pour
avoir
accepté
cette
province
,
qui
lui
étoit
échue
par
le
fort.
CIVICA,
Civica,
(a)
oncle
de
l'empereur
Vérus.
Il
accompa-
gna
Lucille,
fille
de
Marc-Aure-
le
,
lorfque
cette
Princefle
alla
joindre
Vérus
en
Afie,
pour
ac-
complir
fon
mariage
avec
cet
Em-
pereur,
qui
faifoit
alors
la
guerre
aux
Parthes.
.
CEVILIS-[
Juzrus
|,
Julius
Civilis
,
#)
jouifloit
d'un
grand
crédit
parmi
les
Bataves,
Ce
fut
ce
qui
le
fauva
vers
l'an
de
Jefus-
Chrift
69.
Ajoûtez
la
crainte
-
qu'eurent
les
Romains
,
d’aliéner
par
fon
fupplice
une
nation
fière
&
uiflante.
CEVILIS
[Craupius
],
(c)
Claudius
Civilis,
fameux
Batave,
difingué
entre
ceux
de
fa
nation,
par
fa
naïflance
qu'il
tiroit
du
fang
royal,
par
fa
bravoure
perfonnel-
le,
par
un
efprit
rufé,
inventif,
&
fécond
en
expédiens.
Son
nom
eft
peu
connu
parmi
nous;
mais,
il
mérite
autant
de
l'être
que
celui
de
bien
des
guerriers
fameux
dans
l'Hiftoire.
Il
n’avoit
pas
fujet
de
fe
louer
des
Romains.
Son
frere
Julius
Paulus,
faufement
accufé
de
trahifon,
avoit
été
mis
à
mort
par
ordre
de
Fontéius
Capito,.
com-
(a)
Crév,
Hit,
des
Emp.
T,
IV,
p.
}
386
,
397...
hoes
(be)
Tacit,
Hifi
EI,
c,
594
CI
mandant
de
la
bafle-Germanie
avant
Vitellius.
Claudius
Givilis
lui
même
fut
chargé
de
chaines
&
envoyé
à
Néron.
Renvoyé
abfous
par
Galba
,
il
courut
une
feconde
fois
rifque
de
la
vie
fous
Vitellins,
dont
l'armée
demandoit
fon
fupplice
avec
inftance.
Le
reffentiment,
qu'il
confer-
voit
de
ces
mauvais
traitemenss
le
porta
à
faifir
l’occafion
de
la
guerre
civile
pour
fe
venger
Mais,
il
étoit
trop
habile
pour
agir
à
découvert,
&
pour
avertif
les
Romains
par
une
révolte
ma=
nifefte,
de
le
regarder
&
de
le
traiter
en
ennemi.
Il
fe
propoloit
Sertorius
&
Annibal
pour
mo?
deles;
&
prétendant
les
repré=
fenter
par
l’adreffe
de
l'intrigue,
de
même
qu'il
portoit
leur
reliem:
blance
fur
le
vifage,
ayant
com»
me
eux
un
œil
de
moins,
il
rélo-
lut
de
travailler
fourdement,,
&
de
çacher
fon
jeu.
[l
fergnit
donc
d’époufer
la
querelle
de
Vefpañen;
&
ilen
avoit
un
pré=
texte
très-fpécieux,
&
tout-àä-fait
propre
à
donner
à
fes
démarches.
un
air
de
fincérité.
Antonius
Pri-
mus
lui
avoit
écrit
d'empêcher
le
départ
des
fecours
mandés
par
Vitellius,
&
d'occuper
les
légions
qui
gardoient
le
Rhin,
par
l'ap-
parence
de
quelque
trouble
en
Germanie.
Hordéonius
Flaccus
;
qui
commandoit
fur
les
lieux
,
lui
donnoit
de
femblables
avis
,
tant
par
inclination
pour
le
parti
de
Vefpafien,
que
par
affeétion
pour
la
république,
qui
éroit
en
dan-
(c)
Tacit.
Hift.
L.
IV.
c.
13.
@:
Je
L,.
V.c,
14.
&
feg.
Crév:
Hift,
des
EMP:
ÊT
NL
p
78,
25e
de
fais
CT:
ger
de
périr,
fi
une
nouvelle
inondation
de
troupes
nombreu-
fes
venoit
encore
fondre
en
Ita-
lie,
&
y
renouveller
la
guerre.
Clhaudius
Civilis
voyant
donc
qu'il
pouvoit
mafquer
fon
projet
de
révolte
fous
une
déférence
ap-
parente
aux
ordres
fécrets
des
gé-
-néraux
Romains,
ne
tarda
pas
à
mettre
la
main
à
l'œuvre;
&
il
trouvoit
les
Bataves
aëtuellement
difpofés
à
fe
foulever
par
une
circonftance
particulière.
Vitellius
avoit
ordonné
des
levées
de
fol-
dats
parmi
eux
;
&
cette
charge,
onéreufe
par
elle-même,
deve-
noit
abfolument
intolérable
par
les
procédés
tyranniques
de
ceux
qui
fifoient
les
enrôlemens.
Avides
&
concuflionaires
,
ils
prenoient
des
vieillards
,
des
hommes
infir-
mes
pour
les
rançonner
,
&
les
contraindre
d'acheter
leur
congé.
Un
motif
encore
plus
infâme
les
éngageoit
à
enlever
de
jeunes
en-
fans
au-deflous
de
l'âge
requis
Pour
porter
les
armes.
Toute
la
nation
fut
indignée,
&
les
émif-
faires,
apoñtés
par
Claudius
Civi-
is,
pour
fouffler
le
feu
de
la
fédi-
ton
,
perfuaderent
fans
peine
aux
Bataves
de
refufer
de
s’enrôler.
Claudius
Civilis
,
lui-même,
fous
Prétexte
d’un
grand
feftin
,
affem-
k
dans
un
bois
facré
les
premiers
dela
nobleffe
,
&
ceux
quela
bra-
voure
&
l'ardeur
fignaloient
par-
Mi
la
multitude
;
&
lorfqu'il
les
Vitéchauffés
par
le
vin
&
la
bonne
chere
,
il
s’ouvrit
à
eux.
I
commença
par
relever
la
gloi-
Ie
ancienne
de
la
nation,
qu'il
leur
repréfenta
enfuite
comme
dégradée
&
flétrie,
par
les
indi-
EE
267
:gnités
&
les
outrages
qu’elle
fouf-
froit,
érant
traitée,
non
plus
en
alliée,
mais
en
efclave,
[l-ajoûta
que
jamais
l’occafon
n'avoir
été
fi
belle
de
la
remettre
en
liberté.
»
Les
Romains,
dit-il,
font
affoi-
»
blis
par
leurs
divifions.
Dans
»
leurs
camps
fur
le
Rhin,
il
ne
»
refte
plus
que
des
vieillards
/&t
»
un
butin
auf
riche
qu’afluré.
»
Ofez
feulement
lever
les
yeux,
»
&
ne
craignez
point
de
vaines
»
ombres
de
légions
fans
réalité,
»
Nous
fommes
puiflans
en
ca-
»
valerie
&
en
infanterie,
Nous
»
pouvons
compter
fur
lapput
»
des
Germains
nos
voilins
&
»
nosfreres.
Les
Romains
eux-
»
mêmes
feront
peu
fâchés
de
Ja
»
guerre
que
nous
fufciterons,
Si
»
le
faccès
en
eft
douteux,
nous
»
nous
en
ferons
un
mérite
au—
»
près
de
Vefpañen.
La
viétoire
»
porte
avec
elle
fon
apologie,
‘©
Ce
difcours
fut
reçu
de
tous
ceux
qui
l’entendirent
avec
de
grands
applaudiflemens,
&
Claudius
Ci-
vilis
leur
fit
prêter
ferment
felon
le-rit
le
plus
augufte
&
le
plus
-redouté
parmi
ces
nations
barba=
res.
Il
follicita
aufli
les
Caninéfa-
tes,
qui
de
même
origine
que
les
Bataves,
&
établis
dans
la
même
ifle,
ne
leur
étoient
point
infé-
rieurs
en
vertu,
&
ne
leur
cé-
-doient
que
pour
Le
nombre.
Ilagit
paredlement
auprès
de
huit
co-
hortes
Bataves,
qui,
renvoyées
par
Vitellius
en
Germanie,
fe
trouvoient
alors
à
Mayence.
Les
Caninéfates
fe
mirent
les
premiers
en
action
;
&
en
atten-
dant
que
Claudius
Civilis
&
les
Bataves
levaflent
le
mafque
,
ils
L
«
|
274
GT
renonçañt
à
la
diffimulation
dont
il'avoit
ufé
jufqu’alors
,
fe
déclara
ouvertement
ennemi
du
nom
Ro-
main.
Les
Gaulois,
dès
long-tems
ébranlés
,
fe
joïignirent
enfin
à
lui.
Alors,
les
négociations
fe
pouf-
ferent
avec
vivacité
entre
Clau-
-
dius
Civiis
&
Julius
Claflicus
né
dans
le
pais
de
Trèves,
On
y
ajoûte
Julius
Tutor
&
Julius
Sa-
binus.
Les
trois
nouveaux
chefs
travaillerent
chacun
de
leur
côté
à
fonder,
par
des
entretiens
fecrets,
tous
ceux
qu'ils
crurent
capables
d'entrer
dans
leurs
vues,
&
de
leur
être
utiles
pour
l'exécution.
Ïls
effayerent
enfuite
de
tromper
&t
de
furprendre
Vocula.
Mais,
leurs
tentatives
n'ayant
point
réuffi,
Julius
Clafficus
fit
tuer
le
Général
par
un
déferteur
Ro-
main
;
@&
les
légions
qu’il
avoit
commandées,
prêterent
ferment
aux
Gaulois.
Reftoit
le
camp
de
Vétéra
,
où
_
les
légions
afhiégées
avoient
fup-
porté
jufques-là
les
plus
affrenfes
extrémités
de
la
difette.
On
leur
dépécha
les
plus
corrompus
&
les
plus
lâches
de
ceux
qui
s’é-
toient
foumis
,
pour
leur
offrir-le
pardon
,
s'ils
s'accommodoient
aux
circonftances
,
@&
leur
décla-
rer
qu'autrement
ils
ne
devoient
s'attendre
qu'à
périr
miférable-
ment
par
le
fer
ou
par
la
faim,
Ces
dignes
députés
allésuerent
pour
dernier
motif
leur
propre
exemple.
Les
afliégés
héfiterent
quelque
tems
entre
le
devoir
&
les
maux
extrêmes
qu'ils
fouf-
froient
,
entre
la
gloire
&
la
hon-
te.
Qui
commence
à
délibérer
en
pareil
cas,
eft
bientôt
rendu.
Ils
+
CT
fe
déterminerent
à
déshonorer
;
par
une
conclufion
honteufe
,
le
courage
&
le
mérite
de
leur
belle
défenfe
,
&
ils
envoyerent
une
députation
à
Claudius
Civilis
pour
lui
demander
la
vie.
On
refufa
de
les
écouter,
jufqu'à
ce
qu'ils
euflent
juré
fdélié
à
l'empire
des
Gaulois,
Après
qu'ils
fe
furent
liés
par
cet
indigne
ferment,
Claudins
Civilis
leur
promit
{a
vie
fauve,
&
la
liberté
de
fortir
en
armes
de
leur
camp
;
mais,
il
s’en
réferva
pour
lui
&
pour
les
fiens
tout
le
butin,
@cil
y
fitfurle
champ
entrer
des
troupes
qui
avoient
ordre
de
retenir
l'argent,
les
valets
&
les
bagapes.
Cette
capitulation
fi
honteufe
fut
encore
mal
obfervée.
Les
Germains
qu’on
leur
avoit
donnés
pour
efcorte
,
les
attaquerent
à
cinq
milles
de
Vétéra.
Quoique
furpris
,
les
Romains
fe
mirent
en
défenfe.
Les
plus
braves
{e
firent
tuer
fur
a
place;
plufeurs,
s'é-
tant
difperfés
par
la
fuite,
furent
pourfuivis
&
maflacrés,
Les
au=
tres
s'en
retonrnerent
au
Camp;
&
porterent
leurs
plaintes
à
Clau-
dius
Civilis,
qui
blâma
les
Ger-
mains
,
&
leur
reprocha
leur
per-
fidie.
S'il
parloit
fincerement
,
ou
-
s'il
ne
cherchoit
qu'à
à.
les
dehors,
c'e
ce
que
facite
ne
décide
point.
Mais,
la
conduite,
que
tint
ce
Batave
à
l'égard
des
malheureux
reftes
des
légions
Romaines
,
rend
fa
foi
plus
que
fufpelte.
Car,
après
avoir
pillé
le
camp
,
il
y
mit
lefeu,
&
tous
ceux
qui
s’étoient
fauvés
du
combat,
périrent
dans
les
flamz
MES
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