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Physique du monde. Tome Troisième.

Marivetz, Étienne-Claude de, (baron de) (1728-1794); Goussier, Louis-Jacques

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CR Er è À T1 nn % UE ps li 4 NÇOHE L À à à EE LE EE É É & RNÉE DE P * 4 fe sr Ce OuwvrAGE fe trouve à Paris, Dipor le jeune, quai des Auguftins. | CELLOT, rue des Grands Auguftins. ù | QUIL AU, rue du Fouarre. Méricor le jeune, quai des Auguftins, N Y oN aîné ; rue due Jardinet, == —- : - BARROI S le ; jeune , quai des Auguftins. Le ESCLAPART, FAIS Norre-DSne. - TERRE RSS ji À F Le NUE Yi D (Et de te sde til si AD VUE 2 10H Lt: 2, ide LION MAR EURE RE AS é à R PS RS cn SE à DÉDIÉE dhircht4D Le Par MLEe BaroN DE MARIVETZ Er par M GOUSSIER. DELTA De Ve NE TL RE TPE TT ONE ere _ 41 Lars. De l'Imprimerie de QurLLaAu, Imprimeur de S. À. gr. le Prince 2 £ ConNTIr, rue du Fouarre. MDCCLX XXII TI. AVEC APPROBATION ET PRIVILÈGE DY ROZ N eria Lucis RSS 5 : Î Des Matieres contenues dans ce V. olume, O BSERVATIONS des Auteurs de cet Ouvrage, page Lettre à M. Bailly, de l’Académie des Sciences , II Avant-propos , j Introdu@ion, 21 Notions préliminaires ; 39 De la nature & des propriétés de la Lumiere A La Lumiere agit pas. par fimple preffion, 7 De la Vifon, 57 Des Senfations, | 59 Des Organes des Sens; 64 Du Toucher, : ve Du Goùt : 70 De l’Odorar, : TE De POwe, 1bid. De R Vue, : 72. Dés corps qui réfléchiffent véritablement la Lumiere, tels que les Miroirs, & des Corps quine la réfléchiflent pas, 74, Comparaifon de la Lumiere avec le Son, 77 Defcription de FŒil, 83 Comment s'opère la Vifion, - : 86 “Hifioire d’un jeune homme À qui Chéfelden abattit la cataraéte , DE - Opinions des Phyficiens fur la Lumiere, 98 . Opinion de Defcartes, ee 99 Objettion contre cette Opinion ; —elle eft infoutenable, : 104 Opimon de Mallebranche, —__ _ 107 Opinion de Rohault, : 1:10 Opinion de Régis, | IE Opinion de Hayes : +1 Sa RSR A SE er SP TS ne et 8 ; O grates Sol aime tibi ! Myfria Lucis - Aggredior , Calique vias , campofque nitentes: Sydera tu Terras, magni tu fœdera Mundi 0 Jure ligas ; tu, quä difcefferis oré, Pallida Jurget Hyemps, 1e cm Ver protinus ibis In campos quofcumque voles : Sol alme, precant Anne, : Des Matieres contenues dans ce Volume. O BSERVATIONS des Auteurs de cet Ouvrage, page 1 Lettre à M. Bailly, de l’Académie des Sciences , II Avant-propos , j Introdu&tion, 21 Notions préliminaires ; 39 De la nature & des propriétés de la Lumiere ; A La Lumiere n’agit pas par fimple prefion, De la Vifion, | 57 Des Senfations, | 59 k Des Organes des Sens; 64 À Du Toucher, 67 Du Goùt. | 70 De l’Odorat, TI De One, Ibid, DE la Vue, re. Dés corps qui réfléchiflent véritablement la Lumiere, tels que les Miroirs, & des Corps quine la réfléchiflent pas, 74. Coômparaifon de la Lumiere avec le Son, Defcription de PŒil, 83 Comment s'opère la Vifion, - | 86 “Hiftoire d’un jeune homme À qui Chéfelden abattit la cataradte, or Opinions des Phyficiens fur la Lumiere, : 98 . Opinion de Defcartes, 99 Objettion contre cette Opinion ; —elle eff infoutenable, 104 Opimon de Mallebranche, 2 - 107 Opinion de Rohault, — | 110 RS | Opinion de Huyghens, NOT RP OPEN MES RSC Va OU TRES AT Ne EE DATES RS 22 SR OA ST PT EU à QUE ME PAU D MT IP EL MR St TU Le PAS ENT IN ET. 3 DU er TE des ep Le - J9 227 ke At ni 7 F no itu) Qu (hist RU D'MEDE I TON 6 AT MP 7 À EU AE EU DOM CL: 12 SNS TT NP APN ENT TE Le : y , ; PARIS SANTE RS VE EME A AT Te Sd à nt : ” | % + EA45 LE Opinion de Newton, Opinion de M. Euler, xpérience importante de M. Béguelin fur les deux fyflêmes, de l’émanation ou de londulation , THEORTE DE LA LUMIERE, De la propagation de la Lumiere, De l'Ombre, Des Pénombres, De linflexion de la Lumiere ; De la longueur de la Projeétion des Ombres, Abus des applications trop fréquentes des Mathématiques à la Phyfique, Explication de linflexion de la LEumiere , De la difufion de la Lumiere, DE LA LUMIERE RÉFLÉCHIE, OU DE LA CATOPTRIQUE, Rien ne fe fait par faut dans la Nature ; —Loi de continuité ; La Lumiere va du point rayonnant au point éclairé par le chemin le plus court , &e dans le temps le plus prompt, Des Miroirs, Des Miroirs ardens, Des Images ou des Foyers par réflexion; De Patton de fphéricité...…… Des Miroirs fphériques convexes, Des Miroirs fphériques concaves, DE LA LUMIERE TRANSMISE, OU DE LA DIOPTRIQUE ; Des loix que fuivent les Corps folides qui pañlent d'un milieu dans un autre, Dénomination des Angles & des Lignes de réfraétion, De la réfraction de la Lumiere & de fes loix, Du Principe de la moindre quantité d'action, Des rayons de Lumiere qui rencontrent un milieu tranfparent dont la furface eft plane , de ceux qui traverfent un nouveau 117 130 132 138 154 156 160 166 167 168 170 176 179 186 187 199 200 - 206 207 215 217 222 225 -228 230 246 mitieu & qui éprouvent une feconde réflexion à une feconde _. furface, 253 TABET Des Rayons de Lumiere qui rencontrent un milieu tranfoarent Liito dont la furface eft convexe, 250 Des. rayons de la Lumiere qui rencontrent un milieu tranfpa- rent, dont la furface eft concave, 2163 Des Ar cntes fortes de Lentiles, 267 Des Images ou Foyers par une feule réfration, 273 Des Verres ardents de Tfchirnaufen , 287 Du Verre ardent, ou de la Loupe qui étoit au Jardin de l’ Infante, 284 Recherches de Mefieurs Briflon & Cadet fur le pouvoir des différentes Liqueurs pour réfraëter les Rayons de laLumiere, 288 Table des denfités & des pouvoirs réfringens des différentes Liqueurs, = 297 Des Microfcopes fimples & des Me ions compofés 292 Du Microfcope fimple, 297 Du Microfcope à trois verres de So rudion Anpoie - 300 Du Microfcope François, ou du — du fieur Delbare, 304 Pourquoi ce Microfcope eft préférable à tous ceux que nous connoiflons , 323 Des Lunettes, ou Télefcopes Dioptriques, 328 Table des dimenfions de différents _ dioptriques êc — de leurs forces amplificatives, | 339 Des Télefcopes catoptriques, | 350 Table des principales dimenfions & des forces amplificatives de plufieurs Télefcopes à la maniere de Grégori, avec un feul oculaire, : 355 Table des principales’ dimenfions & des Les amplificatives de quatre Télefcopes, de la conftruétion de Caffesran, avec un feul oculaire, : 358 Du Télefcope Newtonien, 359 CONSIDÉRATIONS PHILOSOPHIQUES fur les découvertes du -Microfcope & du Télefcope , & fur leurs effets, So. à Ja ne. de l'entendement humain , D — 36 FPE Tel APBRPROBAIION. Pr lu, par ordre de Monfeigneur Je Garde-des-Sceaux, un Manufcrit intitulé Phyfique du Monde, &c. par M. le Baron de Marivetz & par M, Goujfier, Il eft impoflible d’embrafler un plan plus vafte que celui que fe font tracé ces Auteurs. La feule le@ure du Difcours Préliminaire & de la Préface, en annonçant toute fon étendue , prouve combien ces Auteurs font remplis de la matiere qu'ils traitent. L’expoñrion des principes généraux de tout leur Syftème paroît faire efpérer que leur entreprife n’eft pas au-deflus de leurs forces. Le refpeë le plus profond pour la Religion , & pour tout ce qui peut y avoir rapport, regne dans cet Ouvrage, On y remarque aufli infiniment de fagefle, de circonfpection & d’honnêreté dans la partie critique qui a rapport aux Ouvrages des Savans qui ont antérieurement couru la même carriere ; enfin la fimplicié, la précifion & la clarté qui caraétérifent cette nouvelle Phyfique du Monde , ne peuvent que faire defirer l'exécution d'une entreptife fi utile pour le progrès des connoiffances. Ce fiecle a vu naître fur cette matiere des Ouvrages excellens que nous ont procurés des Savans illuftres qui ont ouvert cette carriere ; ils pourront reconnoître eux-mêmes les traits qui diftinguent particuliérement celui des ! Auteurs qui leur fuccedent. A Paris ce 14 Janvier 1783. ROBERT DE VAUGONDF. . Le Privilège fe trouve au commencement du premier Volure. SRI EU ERRATA DU TROISIEME VOLUME. à Avant-propos. | \ Page 10, Dans la note, entreut & nous, Zifez entre les partifans de l'attraction Le & nous. . SR ES 12, ligne 2, tous les produits, /féz tous Les phénomenes. 27, ligne 9, & fuivra, lifx il fuivra, : 55, ligne 26, Godeau, lifez Godart. 66, ligne 6, d'anatomie, lifez de l'anatomie. 70, ligne derniere, en difolution; Zifez en diffolution. 71, ligne premiere, capillaires , lifex capillaires; ibid, ligne 12, d'être affe@tes, lifez à ètre affe@és. 4 ; 8o, lignes 16 & 17, nous traiterons dans ce Volume , lifez nous traiterons Ë dans le Volume fuivant. — — | 86, ligne 17, trouvé, life? tiouvées 87, ligne 3, La inftruite, ifez nous a inftruit. à 16, ligne 4, l'étendue de ces, lifez l'étendue de fes ee | #2, ligne 11, celui, Jfez l'exemple, ee I PTS RS PI — dt dora etre me RE —_ OBSERVATIONS DES AUTEUR De POuvrage intitulé Paysiour Du Monpr; inférées dans le Journal de Paris du 2 Juin 1782. J AMAIsle goût de l'Hifloire Naturelle , celui de la Phylique , & celui de la Chymie, n'ont été plus répandus qu'ils le {ont aujourd'hui. Ces trois Sciences font {œurs ; c’eft de la confidération de la Nature qu'elles . nées. La Nature, ce vafte enfemble qui comprend tous les êtres, toutes leurs Hadibcarione fut le PATI d'un feul mot prononcé par lite des êtres. Tous les Bhétiomenes pañlés, préfens P F > P OU. futurs » leurs retours périodiques , ou l'irré- gularité de ces retours , toutes les altérations., enfin. toutes les ations de La Nature dépendent d'un principe unique ; * elles font régies par une loi fimple, primitive & générale , ou elles ne font foumifes à aucun ordre. - sf aufli impofhble quil exifte dans as Na ture deux cales ur. ; “indépendantes Tune one LI, . | & <= de l’autre , fans action l’une fur l’autre, qu'il et impofñlible qu'il exifte deux Créateurs, deux Or- donnateurs de l'Univers ; une feule caufe phyfi- que le régit, comme une feule Intellisence la produit, Cette vérité eft inconteftable ; elle eft La bâfe de toute faine Philofophie , elle doit nécellai- tement être La bâfe de toute faine Phyfique. Cependant on n'eft point encore remonté à une caufe primitive, générale, unique. Nous fom- mes bien éloignés de cette unité de principe, feul fondement de toutes nos connoilfances phy- fiques , feule bâfe folide qui doive être néceflai- rement commune aux théories des trois Sciences dont nous venons de parler. Semblables aux Provinces d’un même Empire, elles ont, à la. vérité, des loix particulieressfncelt unique- ment à l'expoñtion , au développement, à l'ap- plication de ces loix due fe bornent tous les. efforts. On ne cherche point à déterminer la loi générale qui régit tout l'Empire , qui regle & balance tous les rapports entre fes différentes parties. | ee €nçore deffiné, fes branches ont été obfervées RAD En AP ARTE Te SANT LD GI ANT ARE SEE PONOUE CNRS EEE L’Arbre des eo. Phyfiques n'eft pas mm (3) avec foin, on a raflemblé d’excellens matériaux de la Science de la Nature ; mais on eft forcé d'avouer avec regret quil eft infiniment difficile de réunir ces membres divifés & épars. Les principes varient entre ceux qui cultivent dif- férentes parties de cette Science, ils varient même entre ceux qui fe bornent au même genre de re- cherches. Des théories différentes regnent dans les différens Cabinets, dans les différens Laboratoires : toutes y prennent le ton du defpotifime : anar- chie qui manifefte aflez clairement que la pui fance générale & légitime eft inconnue. Le plan de la Nature n'eft pas encore efquiflé, la chaîne qui renferme & néceflite tous les effets n'eft pas indiquée, : Expofer ce Plan de a Nature : développer cette chaîne éternelle & indéfeétible , qui ren- ferme & néceflite tous les effets , tel eft l’objet de l'Ouvrage intitulé, Phyfique du Monde. Quel- he vafte que Poe notre entreprife , fon fuc- cès dépend uniquement du principe qui doit dirt ger nos pas dans la carriere : fi nous avons faifs le fil dela Nature, nous en parcourrons tout Le dédale fans Cratii des de 1 nous égarer, - a 2 È ORNE MR RS que notre efprit reçoit des ob; ets qui l'affect & quelle à autre confidération, que e ccletsmes (4) Mettre la Phyf ique générale ? à Là portée . des Lecteurs. ; même les moins inftruits ; la prélentes dune maniere très - élémentaire . sc embraflant {on univerfalité : dépouiller d l’obfcurité . CE la fécherefle ; e l'aridité-même qu elle tier nt en- core des tems d'ignorance, très-voilins du nôtre des tems, fur- tout, où.le goût des Belles Le - naiflant à à péine, ne pouvait s'étendre à des con= R noiflances enfouies dans la poufliere de quelqe es : Cabinets : : répandre enfin fur les élémens de cette Science quelques - -unes des fleurs qui doivent nat-. tre fous tous les pas de ceux qui da cultivene, : voilà l'objet de nos defrs. = Puifle cette intention nous faire trouver grâces, puifle- t-elle nous fervir de juftification , où des | çuie au moins , auprès de qu "nos féveres Lecteurs » qui ont condamné notre ae … comine trop fleuri, trop poétique , où. plutôt qui nous. ont che de vouloir trop nous RRPES cher de ce ftyle, f peu convenable , sjoitenrils, > aux hautes Sciences ! — - Nous obéïflons > en. écrivant | limpreffos (on, _ # : Se: veilles de L Nature , {eroi d'élever l'âme, de lagrandir , a exciter l'a [CE en. BI nation , d'échauffer le génie ? La defcription de la Nature eft le champ vafte, fertile, inépuif- ble , où naiflent les eus dont s’embellit [a Lan- gue des Dieux ; eft-il poñible de le parcourir fans defirer d'en cueillir au moins quelques-unes ? eft-il poflible de confiderer la Naturs avec une imagination vive , avec une âme fnfble , fâns quune multitude infinie de tableaux che inftant fous nos yeux ? tout s’anime , tout s'agite, tout fe féconde fous les regards du Phy- ficien: alors il s’écrie, avec Orphée , le premier des Phyfciens & le premier des Poëtes : Amour , Amour, «es le Pere de la eue c'efftoi qui, | Jorti. . Ê œuf que la nuit renfe ermoit dans fes antt- ques ténebres , donnas le mouvement & la vie a zous les êtres e À. Ce fur pour exprimer les Pro diges opérés par ce premier Chantre de la Na ture , que les Hifloriens, animés du feu de fon génie , repréfenterent les Hommes fuyant la fon. bre SE des forêts , , Ê réuniflant en fo= 2 - c ÿ Eos. les Hym ss Orphée. | TT ciété , & quittant Le gland amer, pour jouir des préfens de Cerès & de Bacchus ; les lions & les tigres dépouillant leur fureur aux doux accens de la voix d'Orphée , les forêts defcendant du haut des montagnes , au fon de fa lyre ; les fleuves fufpendant , pour l'écouter, leur courfe rapide; Îles vents même retenant leur haleine. - Tous les Phyficiens des tems antiques furent Poëtes ; Moyfe le fut lui-même : bien loin donc de nous reprocher ce quil peut y avoir de poé- tique dans notre Ouvrage, dont nous avouons Te 2 0 AE AO A IRAN EE A SES que la forme eft peut-être auf nouvelle que le fond, nous regrettons infiniment, malgré l'auf- tere fécherefle que voudroient confacrer quek : S Re » TA: ques Savans modernes qui , glacés par d abftrai= tes fpéculations , nont pas été dédommagés de ce qu'elles leur ont enlevé ; nous regrettons s. dis-je , nous regrettons infiniment de n'avoir pas la chaleur de génie de ces Poëtes antiques , fe fnfbles aux vraies beautés de la Nature, de ne pouvoir la peindre comme eux , de m'avoir pas les crayons de Lucrece, | | | Nous fommes donc très-éloignés de penferque _ quelques agrémens répandus fur, jee dun PTT NT En A lp ul OL 02 d'Al ES CZ) Science qui les renferme tous , foient déplacés dans un Ouvrage qui traite de cette Science. e Nous noublierons jamais qu'ils ne doivent point nuire à la clarté , à la fuite continue & à l'en- chaînement des idées ; qu'ils ne doivent point en interrompre l’ordre nécelbire & les déduétions rigoureufes-: étrangers à l'expoñtion, à per tion des principes ; les defcriptions des phéno- menes les réclament (*). Nous nous écrierons donc , avec le Cardinal de Polignac » lorfqu'il empruntoit à la Poélie des armes pour défendre da Vérité & la Religion : Arentem in campum liceat deducere fontes Cafialios , verts leta in viridaria dumis, Ac totur z72 cafe ee fade Verfuse Que ne pouvons - nous ae ane fur d'arides campagnes la Fontaine de Cafalie ! que ne pou- ‘yons-nous changer en agréables vergers de triftes & d'épineux buiffons , & verfer fur nos Ecrits toutes les Eaux de V'Aganippe ! _— C ) Benoît Stay n'a-t-il pas mis en très-beaux vers En la _ Phyfque de Defcarres; M. l'Abbé Bofchowitz n Le dédié à la Reine un Poëme Latin fur ks . L. = ‘ 3 1) SE Nous nous permettrons de demander avec l'Au* teur de-lHiftoire des Caufes Premieres : « S'il ne feroït pas tems enfin , après tant & de fi longs y». Commentaires , & tant de fois rebattus, fur-tout » après tant de découvertes modernes faites par » l'étude directe de la Nature , de réduire aux » termes qui [ui conviennent une érudition trifte » & laborieute?» RE . Mais oublions & notre flyle , & toutes les Cri- tiques qu'on peut en. faire à tant d'égards.; elles nous afe@teront foiblement , quelque méritées Ÿ qu'elles puiflent être, & nous enparlons pour la -derniere fois. _ Se Ce font des attaques plus intéreflantes que. nous defirons de repouller , ce font des attaques qui portent fur. la théorie phylique, ce font des à objections qui, fans être rendues publiques , mê- me dans aucun de ces Ouvrages Périodiques , champs toujours ouverts aux Combattans Littérai- : res, cireulent dans les Cabinets & dans les Cercles. Il nous eft permis, fans doute, de defirer ; il nous eft permis même de demander que ces Critiques _{oient rendues publiques ; c’eft alors qu'ellèssfe- PR AR AS AA PET SPA ES à NA CAN GO PA à ANR ENR RESVET NE DEV AT PSE DEN PAINANNER PNEUS FPE IE RATER AREA EG AR NS ER) folidité de ces Jugemens , quà l'abri d'un nom célebre on fe permet trop facilement & trop fou- vent de hazarder. | Tel eft le motif qui nous engage a publior ; par la voie du Journal, l'Avant-Propos de notre troifieme Volume , avant que ce Volume paroifle, Si l’on veut nous faire quelques Objections, elles recevront leur Réponfe dans des Additions que nous aurons encore le tems de faire à ce Volume. Nous defrons de décider le fort réfervé à notre Syflême. Les Objeétions nous auroient appris fi nous devions continuer fon expofition, fes déve- loppemens , {es applications , ou s'il falloit l’aban- donner. Si les principes que nous avons expolés jufqu'à -préfent font inattaquables , nous fommes affurés d'en déduire tous les phénomenes de la Na- ture ; fau contraire ils étoient faux, vainement tenterions-nous d'élever un monument folide fur une bâfe fragile & ruineufe. À R\Cf PAONG 2 CNET PER EEE PTE NEO RE SEAT : — a —__—— he E FR À D E M. LE BARON DE MARIVETZ, TM DAILLT., DE LÂCADÉMIE DES SCIENCES, ARAREDESREI Er SDL SURUN PARAGRAPHE du Troifieme Volume de l’Hifloire de l Aftronomie Moderne, Monsieur, L'Historre eft le dépôt des erreurs des Hommes, comme elle eft celui des développemens de la raifon & des progrès de l'intelligence. L'hif= toire d'une Science eft femblable à celle d'un Peu- ple; tous les pas, qu'ont fait dans la carriere de cette Science , ceux qui l'ont cultivée, doivent êtré indiqués ; ; qu ‘ils foient dirigés dans des routes sûres , ou qu'ils: s'écartent du chemin de la vérité . F2 MN AIT Se RAR 5 ° ü RDA EST 2 + ns te D dd hr margle ratée AR CSSS NET Ro RS . MWousécriviezl-Hiftoire.de l'Aftronomiest il importe que leurs traces foient confervées: mais quittons l'allégorie qu'il ne faut jamais prefler. L'Hiflorien d’une Science, s'il eft exact, fidele, impartial , rapporte toutes Les opinions ; il les dif- cute avec la fagacité dont il eft capable. Ce nef point par des généralités vagues , inapplicables à une théorie particuliere, qu'il doit faire preflentir fon opinion fur ‘cette théorie. Ce n'eft point parce qu’il lui trouve quelques rapports avec des opinions détruites’, qu'il doit chercher à infinuer que le mê- me fort eft reférvé au nouveau Syftème. Il ne ae pas de-le mettre en oppofition avec une idée reçue pour le dévouer à la profcription. Cet Hiftorien doit, ou prouver que les objections qui ont fou- | droyé l'opinion détruite , frappent. également fur _ celle qu'on préfente, ou-attaquer cette derniere par des obistions direëtes. He | . Si vous trouvez ces affertions jufles , vous.«ng ferez point étonné que je vous adreñé , Monfieur, quelques-obfervations farce que vous avez dit de FOuvrage intitulé, Phyfique du Monde , dans le troifieme Volume de PHiffoire de l’Aftronomie Mo- dorer, phauss207 ih Bei) die 2 .: SG nes trs 482 ; la noûvelle Phyfique d du Monde ävoit paru en 1786 & 1781, je vous l'avois remife moi- même au mois Re cette dérniere année : eh bien ! Monfeur, je vous protefle que je naurois été ni ché , ni même furpris que vous n'eufliez rien dit de cet Ouvrage. En lifant le vôtre, avec l'intérêt. qu'infpireront toujours vos Ecrits > jé re- marquai que vous aviez évité de nous citér en parlant de la force qui détermine tous les grands mouvemens des corps céleftes felon une direction commune. Cependant nous avions préfenté une caufe bien fimple de cette direction générale, qui, dans vos principes , eff un effet fans caufe. La ro- tation des planetes eft dans le même cas ; nous l'a- vions expliquée, d'après Le même principe, & vous avez également gardé lefilence fur cette explica- ton. Mousavez encore évité de nous citer en par- lant des comètes; fans doute vous avez à cet égard cédé ; par délicatefle , tous vos droits au Pere Pingré , Votre Confrere : les cometes fui appar= tiennent ; il défendra fon domaine. - Je ne mattendois plus à trouver un feul mot far mon. Ouvrage ; _& je ne vous aurois affürément pas demandé Pouiquoi en écrivant l'Hiftoire de . Aftro- PE EE ANERE RRQ 4 , Aa (x) notnie jufqu'en 1782, vous n'aviez rien voulu dire d'une théorie générale, préfentéeen 1780 & 1787; comme je n'ai point demandé aux Auteurs du Jour- nal des Savans pourquoi ils ont projetté de ne point parler de cette théorie. Mais ce que renferme le Paragraphe, dans lequel vous avez placé mon nom, mimpofe k loi d use ce phare be Voici : ‘ » » » » » » » » » » » » » » ». « La derniere con; _. quil ro Bibi de propoler , feroit celle qui auroit pour objet l'attraction-même, {à caufe, & Île méchanifme de £es effets. On a inutilement tenté jufqu’ici de ramener ce méchanifme à celui de l'impulfon ; une infinité de Syftêmes ont été produits, qui ont été bientôt rejettés, à caufe de leur infufi= fance. La multitude des-effetssdel'attraétion eft innombrable : . il faut que le même Syftême les explique tous. . Defcartes , Huyghens , Vari- gnon , Mairan, l'Abbé de Moliere ont adopté, corrigé l’hypothefe des tourbillons. M. de Mai- ran , feul, les avoit abandonnés dans à vieilleffes Il étoit trop bon Philofophe pour refter Carté- fen, lorfque les folutions du problème des trois corps , celles des problèmes de la préceflion des (15) | _»-équinoxes & des marées , avoient fuivi la gravi- » tation dans les plus petits effets, & avoient mon- » tré fon univerfalité ; lorfque furtout les cometes » reconnues-pour des aftres durables , fe mouvant » quelquefois dans un fens contraire à ces tour- » billons , avoient détruit leur influence imaginai- » re, comme jadis elles avoient brifé Les cieux de » verre des Anciens, Les grands noms des partifans » de lhypothefe des tourbillons, leurs efforts inu- » tiles démontrent la faufleté de cette hypothefe, » Les tourbillons doivent être à jamaisoubliés. Les » Géomertres , les Aftronomes & les Philofophes _» fe font prefque tous déterminés à regarder l'at- _» traétion comme une propriété eflentielle à La ma- | » tiere ; ils sy font déterminés pour enchaîner leur » imagination , & pour repofer leur penfée. Sans » doute la Nature agiffante eft fous un voile éter- » nel: mais les premiers effets, fortis de fes mains, » {ont pour nous des caufes primordiales ; c'eft-là » que nous devons borner des efforts qui devien+ » nent inutiles. Nous nous fommes perfuadés que » Lattraction étoit un de ces effets primitifs , pro=. ». duits-par la volonté de l’Etre Suprême & par la _» puiflance dela. Nature, & deftinés à à nous PIC ‘4 (16 ) » fenter les caufes primordiales. Sinousñoustrome » pons, c'eft fans aucun danger : nous. examinons. » dés effets particuliers, nous les ramenons à un. p'effet général: que nous importe que cet effet » génér {oit en lui-même une caufe, ou un effet i » S'il dépend réellement d’une caufe . » nous fommes prêts admettre cette caufe, quand » on nous la préfentera. revétue de toutes {es preu- » ves. Nousavons , dans ce moment , fous les » yéux, une Phyjfique du Monde , de M. le Baron - ». de Marivetz ; l’Auteur y donne. Fe. pour » lacaufe générale Comme M. Daniel Bernouilly; » il fuppofe que cette: impulfon. naît de latmof- » phere {olaire & de fa rotation ; avec cette difié- » rence, que l'illuftre … ne [ui attribuoit. » que le mouvement. de. projection $ au lieu que » M. dé Marivetz attribue à cette caufe ; Ces » modifications locales , la tendance même vers le » Soleil. Tout, dans une pareille hypothefe, dé- » pend de . des conféquences du principe : » avec les phénomenes. Ii ne nous relte. pas aflez » de tems pour en apprécier les preuves ; les Sa » vans les jugeront. Nous voyons feulementsque »- Réve préfente fes idées avec clanés. & fes » objections CSS = » objections avec une politeffe digne d'éloge ». Ainfi, Monfieur, la derniere conje&lure que, {elon vous , él feroit farisfaifant de propofer, feroi celle qui auroit pour objet l’attraëtion même, [a caufe , € le méchanifme de [es effets. Vous admettez donc que l’on peut propofer cette conjecture? eh bien! en ne regardant toute notre théorie que comme une con- jecture , nous en avons au moins donné une, Si cette conjeéture, préféntée, felon vous-même, avec clar= té, eft fans aucune vraifemblance, ilne vous falloit qu'un inflant pour la réjetter. Si, au contraire ae eft revétue de quelque probabilité , elle méritoit, fans doute ; un-examén de‘fa part de celui ie at droit d'en voir propofer une. & « Nous avons été bien] peu clairs, Monfieur, fr Vous avez pu confondre notre impuiton avec F impulfion cartéfienne, nos tourbillons avec ceux préfentés jufqu'à prélènr, avec ceux auxquels vous femblez vouloir qu'on les aflnile ; leur différence n'a pu vous échapper , se auriez - vous ee dû É Fe _Connoître ? D Vous fapportez très- fommairement enfüite FE _toire des efforts faits en faveur du méchanifine de Timpulfon. Vouspolez en affertion que es éforts Tome III, c ntm ts cn alinttd 2 er tan 2 case " " = + LT L2 a : SLR AXE EE SC AG a 7 NL A BÉRD CR CRE eblè. add donsa mere de tn D eg PRE he th SR e 4 | 4 418 Hp HA: 1 1] HR Cas ont té jufqu ici fans fuccès ; il eft done-décidé. ue les nôtres n'ont pas été: . heureux-que ceux des Savans qui nous ont PEÉcedée nous voilà donc. condamnés fans avoit. été entendus ! voilà notre théorie profcrire par. un Juge, compétent fans dou te ; Mais qui AVOUE ; lurmème, quil na pas eu le, tems. d'apprécier 1 nos preuves ! Vous ajoûtez que JL. l effet général, que: VOUS appelez c __” ; dépend réellement d'une caufe méchanique , vous êtes. prét à admettre cette caufe ; quand on vous la préfentera revérue. de joues fes preuves. C'étoit précifément ,, Monfeur , Ce que nous croyions avoir fait , où du. moins avoir. fort avancé, dans le derixieme Volume. de la Phyfque du Monde ) que vous aviez dites vous ; alors-fous les yeux. Vous n'avez. pas eu » ajoûtez-vous., affez d de. cern5. pOur appréeiers ces preu- | yes { ê ah, Monfieur ! . en falloic f peu à un homme tel que vous ! Un Savant qui écrit l'Hiftoire de l'Aftronomie È eroit-il , à labri de cette raifon . pouvoix ke. difpenfes de difeuter une conjecture, quil vient s avouer qu xl froit fatisfaifant de voir propofer}Pelez certe réflexion Monfeur. Mais ce neft point-là que. fe bornent les obfervations se 7 vous faire, à | Ÿ ris, (19) r°. Vous nous faites dire que nous fuppolons , comme Daniel Bernouilly., que certe impulfion naët de l'atmofphere folaire ; &.de fa rotation. Nous p'avons point parlé de l’atmofphere du Soleil. Nous ne croyons point à cette atmofphere, telle qu'on l'a préfentée jufqu’à préfent. Nous avons tout attribué à la rotation de l’aftre, & à fon effet fur la mafle totale du fluide univerfel dans lequel il fe meut. : : 2°. Nous penfons qu'il étoit convenable de dire un mot de la maniere dont nous déduifons de cette action-unique du Soleil, la tendance des planètes vers cet aftre. Cette idée, telle que vous la pré- {entez , s'annonce bien défavorablement. Nous al- lons rétablir fon véritable énoncé. . - Dans un océan d'un fluide élaftique ,; mu circu- Jairement par une force centrale,-& contenu en- tre des parois élaftiques eux - mêmes: ( les confins des domaines des Soleils environnans ) , les mo- lécules élaftiques:, qui frappent ces parois, font repouflées par la réfiftance & par l'élafticité des parois, alors il naît des vibrations en fens contraire, Nous avons tracé, dans nos Planches, & nous avons fait connoître , dans leur Explication ; Les lio gnes récurrentes. qu ‘elles doivent: fuivre. : ç .: Nous nous fommes trompés pêut - être ; mais notre bonne foi, à défaut de tout autre titre, ne nous rendoit - elle pas dignes d'être éclairés für notre erreur Î fje le ,i vous en auroît coûté. à peu ! | . Voilà l'objet: de nos regrets crès-finceres ; la cri- due d'un . tel que vous., toujours jones : toujours ‘honnête, nous eût été. infiniment pré- cieufe ; elle eût répandu la lumiere fur nôs prin- cipes; vos doutes feuls nous les auroient rendu fuf pots s'ils euffent été ‘préfentés après un examen “même ‘léger ; un coup-d'œil de l’Hiftorien de lA£- tronomie. vaut Les longues méditations de beau- eo de Savans. Re — “Enfin , nous penfons comme vous , Monfieur : | TOUL ui de lPaccordidese rss du prin- : cipe avec les phénomenes. Or, notre principe nous paroît évident ; nos corollaires nous paroïiflent s'en déduire évidemment , néceffairèment ; nous pen- “ons que, d'un feul coup-d'œil, un Los inftruit “peut juger de la jufteffe de toutes ñnos déductionse Nous croyons fermement que nos neuf Propoñ - tions fufhfent-pour expliquer toute la Phyfique du Monde ,.tout ce que l'on prétend expliquer Pi - & : ed (21) Pattraétion , tout ce qu'on défefpere d'expliquer par elle; nous croyons enfin que l'édifice des connoïflances phyfiques , en perdant une bâfe métaphyfique, une hypothefe précaire , à laquelle Vous trouvez vous-même tant d'inconvéniens , re- pofera fur une bâfe phyfique ; l'Univers n’obéira qu'à des loix méchaniques ,: dont le grand reflort era connu , & toute la machine n'aura eu befoin que d'une feule impulfion de fon Auteur pour & mouvoir & fe conferver éternellement : elle n'a -point à redouter toutes ces cataftrophes dont on fe plaît fans cefle à la menacer ; elle ne peut être dé- truite , ou confidérablement altérée que par celui qui là créa, fon Soleil ne peut ni confumer, ni _-s'éteindre, elle ne peut ni geler j mibrüler,s Les .Géomerres, les Afronomes € les Philofo- -phes Je font, dites-vous, Monfeur , prefque tous déterminés à regarder lartraäion comme une pro- priété effenrielle à la matiere. Entre des Opinions douteufes , il faut bien fe déterminer à. un choix. La vérité feule entraîne ; elle maitrife les bons ef prits, dès qu'ils l'ont apperçue. —_ = . Ceux, dont vous parlez, fe Jont déterminés , ajoûtez-vous ; à adopter lattraëlion pour énchafner RE TT tr vttereteé fr EtR end lat D nr Eng ee ait a _ F; PES ESPN LOTO De RÉ ne A , ? ra: CE mont RP ENT EE Pre mnR Ce) leur imagination ; pour repofer leurs penfées. Notre imagination ne peut plus s’'égarer , elle n’a plus be- foin de chaînes ; notre penfée na plus d'efforts à faire, elle ne peut plus fe fatiguer. C'eft d'un point de vue fable, fixe, inébranlable que nous contem- plons la Nature. | È Nous n'écrirons poi des Savans qui n'ont pas plié le genou devant l'idole ration : qui n'ont pas repofé leurs pen- Les autorités doivent céder nt ici la lifte très-nombreufe appelée art fées fur ce nuage léger. > {a raïfon. Cela eft Fâcheux, peut-être, pour ceux qui fe font emparés de l'autorité; pour £ confoler, Monfieur , qu'ils regardent derriere eux, “qu'ils confiderent le fort de leurs prédécefleurs ils fubi£ fent la loi générale & invariable. Dans l'empire des Sciences , le fceptre du defpotifme , toujours ufurpé , a toujours pañlé de main en main à titre également illégitime. Ce fort eft refervé aux ligues ufurpatrices , comme aux particuliers ufurpateurs. C'eft fur des exemples G multipliés que s'établit lef £rance de ceux qui entrent dans la carriere avec de nouvelles idées. Telle eft la fource des confola- tions qui foutiennent leur courage au milieu des a + contrariétés qui les attendent, = 6.23 ) E'empire des idées dominantes dans un tems fe détruit, d'autres s'en forment un nouveau » pénible- ment , lentement à la vérité. L'opinion recue com- bat Rene mais on voit fe efforts s'afloiblir progreflivement : on préfage., on calcule l’ époque de fi défaite, on prévoit l'inftant où {à puiflance s'évanouira. Sachûte, amenée par les d évéloppe- mens fucceflifs de Rens: eft fouvent Don moins l'effet d’une: impulfon ,-Que ce. d'une lente dégradation. A défaut de la foudre du | 8 génie qui pouvoit {a terraffer en un inftant , la lime fourde des méditations , les fecoufles réi: Ée. que lui donnent des obfervations fuivies & multipliées, lébranlent ; elle tombe enfin, fans que _ puifle s ne de fa chûte. Alors ce vale édifice couvre de {es débris le terrein qu ilavoit comprimé. Ceux dont ce terrein devient le domaine, font oc- CUpés long-tems encore du foin d'enlever ces décom- Pres qui retardent la conftruétion d'un nouvel édi- fice , tandis que d'autres Architectes méditent déjà. de s'établir fur les ruinesde celui qu ils voient tracer. Le T emple de la Vérité doit-il s élever enfin ? _ cefpéronsle, Monfeur; celui-là feul fera durable ; fes fondemens siompheront des erreurs & du: tes, PE ER Tr a me er renom bre 1 7 + dr MON 2 RS RE a A VF ONE LA ptet re ment ” "Lens ie nes me (24) | Quelle qu'en foit l'époque , tour, jufqu'à cet inf- tant, ne-pañlera cependant pas. Celui qui aurauni la force du génie à tous les dons de Pefprit, celui qui aura embraff£ le valte enfemble des connoiflances de fes contemporains, qui en aura tranfmis à la pofté- tité Le magnifique Syftême, celui-la jouira d'une ré- putation qui furvivra long-tems à celle de fon fiecles Nos derniers neveux, bien plus favans que nous, vous liront avec plaïfir, Monfieur; ils ne vous repro- cheront point les erreurs de votre tems , ils ne les imputeront qu'à la lenteur des progrès de l'efprit humain ; lenteur néceflaire , fans doute , puifque vous n'avez pu hâter davantage la marche de votre fiecle, & ils defireront pour le leur un. génie auf bien préparé par la Nature, J'ôfe me flatter que les légeres plaintes que je me fuis cru permis de vous adrefler, Monfieur, ne vous déplairont pas ; j'efpere, furtout , quelles ne vous feront point douter de la fincérité de Fhom- mage que je rends à vos connoïffances. | J'ai l'honneur d’être , &c. _— : =. | Le Baron DE MARIVETZ . De Vincennes lé Juin 1782 » e 4 22 4 vesséarentetananninn : a LÉ PT LT A De Ex donnant un Ouvrage dont les principes fondamentaux , ceux par lefquels nous nous PORC d'expliquer toutes les Loix de la Na- ture ;-différent effentiellement des principes les plus généralement admis par tous les Savans, nous étions pénétrés d’une inquiétude très-natu- relle. Ce n'étoit qu'en tremblant que nous atten- dions Le fort qu'éprouveroit notre Syflême , l’ac- cueil qu'il recevroit de ces Hommes accoutumés à diftinguer d'un feul coup - d'œil la vérité de lerreur , & dont le génie , aufli aétif que péné- trant , fait appercevoir la derniere au milieu de tous les caracteres de vérité qu ‘elle raflemble au- tour d'elle avec plus d'att que la vériré-même ; parce que celle-ci, fiere de fon eflence & de es - droïts , croit quil lui fufit de fe montrer, & dédaigne tout art. Ce nétoit point la prévention des Savans, dont nous venons de parler , que nous redoû- tions ; Les préventions font l’appanage des efprits - foibles & peu inftruits ; la Science & la Philofo- phie élevent lame autant qu ER dévélopehé les facultés de l'intelligence. … Tome III. | - A - Cu Quel que fût Le pouvoir d'une opinion qui fem bloit avoir acquis tous les droits d’une vérité dé- montrée ; quoique cette opinion fût , pour ainfi dire, ces nous avons ofé l’attaquer, per- fuadés que l'erreur la plus accréditée ,; la plus entourée d'Apôtres & de Protecteurs, ne pou- voit jamais réfilter à la vérité fimple, nue, & dénuée de tout appui. | Nous n'avons pas craint de déplaire aux vrais Savans , & fur - tout à ces illuftres Compagnies, dignes Sanctuaires des Sciences & de la vérité, en ofant leur dire qu'une erreur habitoit encore dans leur fin, & s’y oppoloit au progrès des connoif- fances : nous favons que leur animadverfion na ja- mais pour cu que lerreur, & que, même alors, _ celui qui s’ égare dans le dédale tortueux -des con- noiffances humaines, ne doit pas craindre que ceux . qui en connoiflent les détours, lui faflent un crime de fon de Ce n’eft que pour le conduire par des voies plus sûres qu'ils marchent à fa rencontre: c'eft toujours la bienveuillance & l'amitié qui lui tendent la main. _. - | .… Si telle n'étoit pas ho la die tous les Savans , fitelle neft pas encore, a de quel- - | Ci) ques Hommes qui déshonorent la carriere des hau- tes Sciences , on doit reconnoître au moins que c'eft ainfi que fe conduifent tous ceux qui sy diflinguent aujourd'hui. Pénétrés de la noble fierté que leur infpirent leurs droits , ne craignant ja- mais de les voir attaqués, ni méconnus , ils ac- eueillent ceux qui fe préfentent à la barriere, & frayent une route facile à ceux qui defirent de marcher {ur leurs traces. | C'eft aux encouragemens flatteurs qu'on a dai- gné nous accorder , que nous devons la force qui nous foutient dans notre vafte entreprife: ce font ces encouragemèns qui nous autorifent à élever fur les ruines de l'attraction , du vide & des affinités, un Syflême que nous ofons annoncer comme infiniment plus fimple , plus clair , plus fatisfefant , plus généralement applicable à tous les phénomenes. Les partifans éclairés de l'opinion attribuée à Newton; mais qui, fimple hypothefe dans le génie de ce Grand Homme , a été depuis confidérée comme une puiflance réellement exiflante comme une action phyfque , n'ont point profcrit un . Syflème pour lequel cette hypothefe m'étoit pas À 2 En néceflaire , un Syftème qui remettoit les Loix phy- fiques à méchaniques dans tous leurs droits en leur laifant régir toute la machine du Monde. Nous ne pouvions cependantefpérer que l'appli- cation heureufe que nous.avons faite de nos prin- cipes à la Phyfique Célefte, pût fufire pour les faire adopter par des Savans en poffeflion du droit d'expliquer Les mêmes phénomenes par une hypo- shefe confacrée. Si nous nous croyons quelques avantages dans la généralité & dans la clarté des Explications , nous fommes bien éloignés de pen- fer que ce que nous avons dit jufqu'à préfent fuf- _fif pour fairé abandonner cette hypothele ché- rie, dont on a- uni la deftinée à celle des plus Grands Hommés qui honorent les faftes des Scien- ces, & ‘que l’on a.prétendu rendre immortelle | comme eux a = | Ce ne féra qu'après avoir confidéré le vañle enfemble dé la Nature, après avoir vu tous les phénomenes dépendre évidemment d'une caufe unique & facile à concevoir en elle-même & dans fes effets ; ce: ne fera qu'après avoir faif tous les . rapports de ces phénomenes , toutes leurs relations, que l'efprit, à la fin fecistatt, fe repofera avec une Lo) douce confiance fur la bâfe inébranlable de toutes les vérités phyfiques. Nous ofonsefpérer que nos principes préfenteront cette bâfe. Puiflions-nous n'avoir pas été féduits par l'illufon , auf puiflante que dangereufe , qui prête trop fouvent les couleurs de la vérité aux opinions qu'on embraffe ! Toujours occupés de cette crainte, que tant d'exemples autorifent, une idée confolante & flatteufe vient nous raflurer. Il neft pas un de nos. principes que n'ait adopté, où que nait du moins preflenti quelques-uns de ces Hommes cé- lebres , dont le nom eft confacré à l’immorta- lité dans les Annales des Sciences: Defcartes, Huy- ghens , Bernouilly, Mairan, Maupertuis, Euler, &c. voilà ceux dont Îles pas nous dirigent dans notre route ; les monumens que nous y rencon- trons, & qu lors le génie de ces Grands Hommes, nous indiquent le chemin de la vérité. Après avoir vérifié avec l'attention la plus fcrupuleufe la di- rection de cette route, il nous eft aifé de recon- noître où d'autres Savans commencent à s’en écar- _ter. Bientôt nous les voyons, embarraflés, confulter la bouflole du génie, & prendre fouvent pour elle les indications re d'une 0 fé= (CV) conde en reflources , mais qui ne peut en fournir qui tiennent lieu de la vérité. - Ce neft point à l’imagination qu'il appartient de réunir les anneaux de la chaîne formée par les mains de la Nature, lorfqu'ils ont été féparés par les inductions précipitées d'une faufle théorie. L'obfervation la plus attentive peut feule fuivre cette chaîne continue & indéfe@tible qui renferme l'ordre éternel des futurs (a) ; ce n'eft qu'en déve- loppant lentement cette chaîne , en fuivant tous fes anneaux , en rétabliffant dans leur véritable di- rection ceux quavoient ou forcé, ou brifé, ou Rpsie des efforts inconfidérés , que l’on peut parvenir à manifefter cet ordre éternel &c invaria- ble qui forme le véritable Syftême du Monde, L'attraction eft l'idole facrée dont nous ofons brifer l'autel, & c'eft au pied de cet autel que quelques ÉGaires : , plus enthoufaltes qu'éclairés , voudroient notre Syftème; ceft contre ce rocher, au haut re ils PE evene ; * (a) Nous prions que l’on fe rappelle ici Tone de : notre fecond Volume : Sempirerna & indeclinabilis feries rerum , © catena volvens femer & implicans per &ter nos confequentiæ a ex guius apta Grconnexa eff, EEE ENTER RIRE É 4j à armé de la foudre , qu'ils efperent voir notre vaifleau fe brifer. Ce ne font pas ( nous ofons le dire ) ceux d'entre les Difciples de ce Grand Hom- me qui ont le mieux connu fes principes, qui veillent à la garde de l'autel élevé à l'attraction : ils favent que ce ne fut point fur elle qu’il plaça É trône de la vérité (b) : nous l'avons déjà fufifam- (&) Faut-il répéter encore que dans vingt endroits de fes Ou- ve Newton a mis le plein en affertion, & que le vide n’y eft qu'en HR Newton a calculé lélaficité de lPérher ; il Pa trouvée quatre-cenr-quatre-vingt-dix-milliards de fois plus grande que celle de Vair de latmofphere. Que ce calcul foit jufte ou non, ce n’eft pas ce dont il s’agit: mais un Philofophe ne donne pas le calcul des forces d’une puiffance dont il nie l’exiftence. Ce même calcul enleve encore la foible, ou plutôt, l’abfurde reffource de ceux qui, forcés d'admettre l’éther, ôfent le préfenter comme fans réfiflance. Un fluide. quatre-cent-quatre- -vindt- dix= milliards de fois plus élaftique que l'air , & dont toutes les molécules font en contaft, puifqu'on peut calculer fon élaficité, peut-il jamais être regardé comme incapable d’aucune réfiftance ? Jamais deux propofñitions plus contradictoires n’ont été placées l’une à côté de l’autre ; & l’on Ôfe les imputer à Newton ! De cette queftion du vide ou du plein dépend le fort des co- metes, dont tant d’Aftronomes nous objeétent l’exiftence folide & planétaire , & dont les révolutions en tous fens détruifent, felon eux, nos principes, Les cometes, ces foibles. & derniers auxiliaires. l'attraétion , ne combaïtront pas long-rems contre nous ; mais C'eff à : la _queftion générale qu'il faut s'arrêter. Si le plein exifte , fi tout Pefpace de rempli d'un fluide quatre- cent- RE SRE NT TE PER Et Re Re tes nt SR PES ATESST 0 RER EL - Cu) ment prouvé ; & sil falloit encore un témoigna- ge , nous le demanderions à cette illuftre Société qui forme aujourd'hui un des centres où fe réunif- fent avec le plus de profuñon, & où brillent avec le plus d'éclat toutes les connoiflances humaines. C'eft du fin de la Société Royale, Le vrai Temple de Newton, que fort loracle qui annonce que attraction peut un jour être reconnue pour un effet de l'impulfon du fluide éthéré. C’eft au nom de la Société Royale que s'exprimoit ainfi M. Prin- gle , en parlant à M. Prieftley > En 1773 € C'eft » au nom de la Société Royale que je vous invite , à continuer vos favantes recherches. Le fujet que » vousaveztraité neft vraifemblablement pas épui- - »fé; & quand il le {eroit , il exifte dans LUni- » vérs d'autres fluides fabtils, dont il feroit bien » important de connoître {a nature, Vous favez que » le feu n'eft encore que fort peu connu, même quatre-vingt-dix-millhards de fois plus élaftique que l'air, comme le. prétend Newton, tous les raïfonnemens tirés du planétifme des eometes s'évanouiffent ; lattraétion, privée de fon dernier appui, refte une hypothefe fans bâfe que limpulfon doit rem= placer : limpulfion feule peut être confidérée comme une caufe phyfique & méchanique, = 4 | : » par pie) » par les Chymiftes, & que la Queflion propofée par » Le plus célebre des Philofophes : Si un certain » fluide , qu’il appelle Ether , n'eft pas la caufe de » la gravité, celle des différentes attraütions , celle » de tout mouvement animal & végetal ; que cette » Queftlion , dis-je, eft encore a réfoudre ». Cet aveu fi noble & fi refpeCtable, fait par une Affemblée de Savans aufli célebres, ne doit-il pas arrêter le téméraire enthoufafme de ces demi-Sa- vans, qui croient prononcer le mot de l'énigme du Monde en nommant l'attraction. Faire connoître la nature des différens fluides , & particuliérement celle de l'éther , prouver que l'écher ef? la caufe de la gravité, celle des différen- tes attraitions , celle de jour mouvement animal & végétal : voilà Tobj et que nous nous fommes pro- pofé. C'eft la Société Royale de Lendres qui pa- roît avoir elle-même tracé notre route ; c’eft d'elle que nous paroïflons recevoir le Programme qu'elle propofoit aux Savans en 1773 , & nous fommes aflez heureux pour avoir à nous glorifier des en- Re oo & dires dont cle” nous a honorés, a Nous n'ignorons pas quelques jugemens portés ITZL B = Cx) verbalement contre notre Ouvrage, par des per- fonnes dont les connoiflances donnent infiniment de poids à leur opinion Ce ). Nos principes, dit- on, ne font pas nouveaux. Non fans doute, l'idée de limpulfion, comme caufe de tout mouvement ; celle du plein, comme moyen unique de la pro- pagation de tout mouvement par la contiguité des corps müûs & moteurs: ces idées ne font pas nou- velles, nous les devons à des Philofophes très anciens, qui les devoient à la fimple. & droite raifon, comme Newton devoit peut-être à Epicure, & à ceux qui le fuivirent, lhypothefe des émif- fions folaires. | | La caufe premiere du mouvement, la nature du milieu qui le propage, les loix de cette propage tion , les applications générales de ces Prnoipes ; ont été l'objet des favantes recherches de plufieurs grands Phyfciens Nous nous honorons de fuivre fe > Nous ne ceflerons jamais de … combien nous defirerions que ceux qui, dansles converfations, trouvent fant dobjeétions à à faire contre nos principes > vouluffent bien les publier. Ce moyen eft le feul qui puifle mettre les Savans , & fur-tout le Public, en état de juger entr’eux & nous. Il eft aifé de hafarder un jugement : au milieu d’un Cercle, fouvent peu un on is moins s hard, quand il faut l'écrire. Re ( xj ) leurs traces, nous nous félicicons de Les avoir pour guides ; fans eux notre marche eût été moins aflu- rée , la carriere eût été moins éclairée. Enfin, dit-on encore, l'hypothefe Newtonienne fufit à cout : qu'importe quelle foit une puiflance phyfque ou non? Ainfi donc une vérité reconnue neft pas plus précieufe dans les Sciences exactes qu'une hypothefe incertaine ? Ainf pour bien ex pliquer une machine, il eft égal de connoître fon reflort moteur, ou de le fuppofer ? Nous fommes très - éloignés de le penfer: mais eft-il bien vrai que l’hypothefe métaphyfique de l'attraction rem- place avec un égal avantage la vérité phyfque & méchanique que Le ns Si nous fefons cette queftion à un. Phylicien, à un Chymifte à un Méchanicien, très-sürement ils ne feront pas indifférens fur le choix, Quelques Aftronomes feulement ont pu s'expri- mer ainf; ils ont pu, dans leurs recherches abftrai- tes, employer indifféremment une hypothefe heu reufe, où une puiffance réelle, Nous avons prou- vé,. dans notre premier Volume É Si l'attrac- tion nef. qu'une force d'inftitution , créée. arbitrai- rement pour Rsfire au beloin que l'on a Cru en … B 2 (*) Page lxiÿ & fuiv, (x) avoir : qu'elle n’eft qu'une hypothefe déduite des effets obfervés, & inftituée telle précifément quil convenoit qu'elle fût pour être la caufe de ces effets; qu'il étoit donc impoflible que les confé- quences qu'on en a tirées ne fuflent pas vraies, re- lativement à la fuppoñtion : mais que cette vérité n'étoit pas plus réelle que la fuppoñtion , & qu'elle ne pouvoit procurer à celle-ci aucun degré de réa- lité ; que c'étoit enfin l'hypothefe elle - même que lon avoit érigée en puiflance phyfique. Une com- paraifon frappante, évidemment jufte , mie à la portée de tout le monde, eft venue à l'appui de tout cé qu avoit démontré le raifonnement. Voilà ce que nous difions alors aux Aftronomes attrac- tionnaires , que nous preflerons encore, Mais l’Aftronomie ne renferme pas toutes les connoiffänces humaines. Une hypothefe qui fert de bâfe à la Phyfique du Monde, doit rendre raifon de tous les phénomenes ; ils doivent tous , en der- niere analyfe, fe rapporter à un fait primitif : ce fait doit être établi d’une maniere claire & évi- dente ; la force de Faction primitive doit être phy- | fique & méchanique ; elle doit s'étendre dans toute …. la Nature ; fes effets doivent être calculables dans 7. tous les points de l'efpace , dans tous Les inflans de la durée ; tous les produits doivent être l'expreflion locale & attuelle de cette action. Enfin, pour répondre à l'Aflronome même, que nous avons fuppofé fi indifférent entre lhy- pothefe & la réalité , n'avons-nous pas prouvé que l'attraction ne rendoit pas raïon des plus grands . mouvemens des corps céleftes ? Pourquoi les pla- netes tournent - elles autour du Soleil ? pourquoi tournent-elles toutes dans le même fens? pourquoi tournent - elles dans le même fens que le Soleil ? posrquei tournent-elles dans un plan prefque pa- rallele à fon équateur ? pourquoi tournent - elles fur elles-mêmes ? Voilà des queftions à la {olution dep ne conduit point l'hypothefe, elle ré- duit même à la trifte néceflité de les Poe comme infolubles ; nous avons interrogé notre théorie , & toute obfcurité a difparu. C'eft cette même théorie que nous allons ap- pliquer à la Lumiere, &à tous fes phénomenes, & nous efpérons qu lle nous conduira auf sû- rement dans ces recherches. | Lorfque nous aurons ainfi parcouru. toute. he Phyfque , lorqu' un fait unique nous aura guidés rs) dans ces routes infiniment multiphiées du dédale de la Nature, fi nous ne nous égarons point, fi à chaque pas de notre route nous pouvons véri- fier la direction de notre marche, nous aflurer que nous ne ferons pas fortis un inftant du plan de la Nature , nous croirons avoir fufifamment établi Le regne de la vérité, nous croirons avoir fuMifam- ment détruit l'empire que l'hypothefe avoit ufur- pé, & nous ferons des vœux très-finceres, pour que nos fuccefleurs , par des applications plus heu- reufes plus fublimes , ou plus délicates, serions encore la théorie de : Nature. Nous n'ignorons pas la défaveur que quelques Savans très-célebres cherchent à répandre fur notre ie » en difant « que ce n'eft qu'un Syflême | » mis à la place d’autres Syltèmes; que celui-ci peut | » tre aufh facilement fuivi d'un autre , & que la fa- | » cilité de ces remplacemens dépofe aflez contre les » Syftèmes ; qu'il faut laiffer Dies de leurs » Auteurs s'amufer, ou même s égarer en les en+ » fantant ; mais que [a raifon inftruite les rejette, » après . avoir parcourus comme des Romans ». Cette inculpation fi légitime contre toutes les | hypothefes produites par l'imagination, ne Peut > (xv) nous ofons le dire , être oppofée à l'Ouvrage que nous préfentons : notre théorie n'a rien emprunté de l'imagination ; une feule vérité lui fert de bâfe fondamentale , nous regardons cette vérité com- me inattaquable | & nous prions très-inftamment ceux qui ne la croiroient pas telle, de nous faire part des objections dont ils penfent qu'elle eft fufceptible. Le Soleil tourne fur lui-même au milieu dun ef pace rempli par un fluide élaftique : voilà la feule donnée dont l'incertitude pourroit rendre douteufé la vérité de notre théorie. Nous regardons comme géométriquement démontrés tous les corollaires que nous en tirons , & comme évidemment juftes toutes Les applications que nous en fefons. Qu'on attaque donc cette vérité primitive, ou qu'on at- taque au moins nos corollaires ; qu'on démontre que nous en tirons des conclufions qui ne s'en déduifent pas. Nous ne provoquons perfonne à un combat polémique ; nous demandons des lumieres NA : V4 Æ : e e à tous Les Savans : nous déféndrons nos principes avec les armes que fourniflent les Sciences exac- tes, & avec tous les égards que méritent. ceux qui les pue ; de ds en étendent les progrès ; ou. (vx) nous abandonnerons notre Syftème avec la fran- chife & la fincérité qui doivent toujours caracté- rifer ceux qui aiment la vérité, & qui la cher- chent de bonne foi. | Puifque le mot Syflême eft . cri de guerre de nos Adverfaires, puifque c'eft comme Auteurs d'un Syftême qu'on nous dénonce , fouvent même fans nous avoir [us nous adoptons [a qualification, nous ofons déclarer que c’eft un Syftème que nous pré- fentons : mais l'abus qu'on a fait de ce mot, nous force à en rappeler la véritable définition. Cette définition, nous la recevons de l'Homme qui a employé le plus de génie, le plus de fagacité dans lanalyfe des idées , qui les a claffées avec le plus d'exaétitude , & qui a répandu enfin Le ph de lu- raieres {ur la faine Métaphyfique. « Un Syflêème , dit M. l'Abbé à Condillsés ; » neft autre chofe que la difpofition des. différen- » tes parties d'un Àrt, ou d'une Science, dans un » ordre où elles fe foutiennent toutes mutuelle- » ment, & où les dernieres s'expliquent par les » premieres ; celles qui rendent raifon des autres , » s'appellent Principes , & le Syftême eft d'autant » plus parfait , que les EE font en plus petit » nombre, À ss s Br È Lo ES k k Ë Ë Ë ë Ë î i A AN au a Gt ai at en DA CU ae de ne ae EE & Re LE Û xvij ) » nombre : il eft même à fouhaiter qu'on Les ré- _» duife à un feul. » Quant aux fuppofitions , elles font d’une F » grande reflource pour l'ignorance ! fi commo- » des ! .. . l'imagination les fait avec tant de plai- » fir ! avec fi peu de peine ! . .. c'eft de fon lie » qu'on fait, qu'on gouverne l'Univers ; tout cela » ne coûte qu'un rêve, & un Philofophe têve » facilement (d) »! _ Si nous avons fait une fuppoñtion, f nous avons établi notre théorie fur une feule hypothefe , 1e un de ces rêves de l'imagination , nous confentons à être renvoyés à la clafle très-nombreufe des Rêveurs. | Que l'on nous. pardonne. la confiance avec Îa- -quelle nous ofons nous annoncer ; nous prions nos Lecteurs d'être très-perfuadés qu ÊÉ n'eft fondée * quefurla fécondité que nous avons reconnue dans ñotre principe ; ‘que Cette confiance neft que le fruit tardif des applications mulripliées & réité- rées que nous avons faites de ce principe à tous les Rose de la Natüre, (4) Condillee, Trait des sSfémes éfraiss » Tom. :, < ete Tome TITI. — + Cxvii ) . . Le Traité de la Lumiere que nous préfentons ; prouvera peut-être cette fécondité | & cette cer- titude que nous attribuons à notre principe uni- que. La Lumiere n'eft point un fluide pris ; elle n’eft que le fluide élaftique généralement ré-= pandu dans l'efpace ; l'éclat lumineux n eft qu'une modification de ce fluide: la Lumiere n'eft que le produit & l'effet des vibrations des molécules de ce fluide élaftique ; la théorie des loix des fluides élaftiques doit donc rendre raifon de tous les phé- nomenes lumineux. Le Soleil ne produit point la Lumiere aux dépens de fa propre fabflance ; elle. n'en eft point une émanation , une déperdition : LE eft parfaitement inutile de dan comme on& été réduit à le faire, La la furface de cet aftre foit. criblée , de maniere à tamiler cette matiere, {elon ÜUn arrangement tel que chaque Aifceau foit tou- jours compofé de fept rayons différens en grof- feur, ou pouffés vers tous les points de Fefpace avec des forces différentes. Il ne faut point avoir recours à l'attraétion pour. concevoi € rayon de lumiere {Le BOps ; & sinfléchit derriere. Ga furface. DE -oe plie en pañlane près d'un gs na — Gi. fappofer ur la Lumicre fe + UD UN AA A2 Aa LOU AE ? OA TAN Ç ACLUE Frs TS ARS É 3 . NOEN PNR | SPATUAMYTE N CPS AE UE SOS ETS 3 ASIA TER TS TETE GANT FRENS PE RETIRE UTE ECRITURE EAU in 3 PAREIL ANT NÉS TL TRS Cxix Ÿ réfléchifloit de deffus la furface d'un corps, avant d'avoir touché cette furface , & moins encore que: le vide la réfléchifloit, &c. &c. &c. Tous ces phé-: nomenes 5 ee avec facilité par des loix phyfiques & méchaniques ; il eft tems d'abandon- ner les hypothefes, lorfqu'on peut mettre à leur place des principes clairs , évidens & fuMifans. L'unité de principe fe trouve donc faire la bâfe du Syftême de la Lumiere ; mais ce Syflème n'eft lui-même qu'une partie du Syflême général du Monde , & nous efpérons que le même principe unique qui aura fufi pour cette partie, fuffira pour toutes les autres ; nous les traiterons toutes avec le même foin, & avec la même étendue. Si nous fommes affez heureux pour y réuflir, la Phyfique “du Monde fera donc véritablement réduite en Syflême, en donnant à ce mot {à véritable figni- fication : nous aurons alors rempli toute l'étendue de l'engagement que nous avons contracté en inti- tulant notre Ouvrage Phyfique du Monde ; nous aurons prouvé ce que nous difions dans notre Pré face ; nous aurons exécuté ce que nous annof cions : La Phyfique ne fera véritablement à une Scien- ce exale , que lorfqu° elle n aura qu un principe ; s G 2 / a AN SRE INTRODUCTION. S PLENDEUR célefte qui remplifez lefpace , vous dé- noncez à chacun des Mondes qui le parcourent, l'exiftence des millions de Mondes dont il eft peuplé. Vous révélez à l'Univers la puiflince de fon Auteur. Votre éclat annonce les. Au Ja majefté du | On efprit sé magnifique afpect qui frappe mes resards, leve & s'étend ; il cherche l'Auteur de tant de merveilles. 22 | PH YSL00E. Aftre de feu, qui parcourez rapidement les Gieux, vous qui refplendiflez de la Lumiere la plus vive & la plus pure ; {oic qu'il habite dans votre fein, foit que, miniftre de fa volonté , il vous ait confié l'exécution des Loix qu'il a prefcrices à fon ouvrage , entendez ma. VOX , faites-la re- tentir jufques dans fon Sanétuaire ; que les expreffions de mon hommage & de mon admiration arrivent jufqu'à lui ! Mais où mégare mon imagination qu étonnent tant de pro- diges ? L'Univers eft le Temple de. l'Eternel , il a rennes de fon œuvre l'efpace infini, {à fublime effence en pénetre, en anime tous les points ; tout exifte dans celui qui a tOUE créé; rien ne circonfcrit, rien ne renferme celui pour le- quel il ny a point de limites. Aftre de feu, pourfuivez votre brillante carriere; J'abbaiïtre mes regards fur le globe où me plaça mon Auteur, - Une Lumiere douce & pure , digne emblême de éclat. bienfefant de l'œil du Créateur, + répand autour de moi ; la Terre, en la réfléchiMats fe couvre d'une robe éclatante ; Li vêtement dont. . releve fa beauté à à l'inftant où la puiffänce Hécondante du Soleil fe répand. fur - les germes fans nombre qui enrichiflent fa farface. Lumiere célefte ; que fit naître le premier regard dé l'Eternel , ceft ie que tu répands , que je vais Lire les facrés caracteres qu'a tracé fur la Nature entiere la main de. fon Auteur. ; Je vais ouvrir le Livre fublime de fes œuvres Le fpe&acle le plus magnifique , & le plus : 0 frappe mes regards ; ÿ 1ls parcourent avec une avidité , ue : de mille del. {a furface de l'Empire que l'Erernel a fou- mis à mes loix ; je confidere avec admiration ces Monta= nes que couronnent de ombres, mais magnifiques forêts i = Ë R Le F3 È È DE Moy DE, 22 ce font elles qui produifent pour moi ces chênes, folides matériaux de mon habitation, reffource précieufe contre la rigueur des hivers; c'eft à elles que je dois cette multi- tude d’abres, qui façonnés en mille manieres, prennent toutes les formes qu'exigent mes befoins ; toutes celles mê: me que peuvent inventer les caprices infiniment multipliés de mes fantaifies. Du haut des cimes majeftueufes de ces monts, des flanc de leurs énormes mafles, defcendent en cafcades, ou fe précipitent en torrents, les fources abondantes de cet élément liquide créé pour produire entre toutes les parties des corps, & fur-tout entre celles des végétaux & des animaux, cette flexibilité molle & facile qui at pers met l'action . leurs reflorts, qui feule entretient & confer- ve ces reflorts. Une matiere inflexible, _— la terre aride, a formé leur fubftance; le principe humide, l’eau lubrifie la fur- face hériflée des agcrégats que forment des molécules de figures différentes; ceft par ce principe Res tandis qu'une force extérieure, dont Pefprit humain peut à peine calculer Pénergie, tandis que la preflion de l’éther, celle de l'at- mofphere compriment les mafles dans chacune de leurs parties, ces parties, fans fe défunir, acquiérent la facilité - de oliffer les unes fur Les autres, en à des mouvemens nn ravu variés, fans brifer . liens qui les uniffent. Ces mouvemens variés, ceft Fe fous la modification de lumiere & de dr. qui les excire ; ce font les alterna= tives continuelles de : vibrations connselenes à Be , qui y produifenc l’action de da vie. Je vois ce magnifique Fhénomene, < ce pr duit Pin * = 0e Ta Edo ot 24 PHYSIQUE merveilleux entre tous les actes de l'Auteur de la Nature, fe dévélopper dans toute fa pompe, fe reproduire, fe mul- ciplier avec profufion fur tous les terrins qu'arrofent ces eaux qui defendent de la montagne : des fleurs font le feul ornement des bords du ruïffeau, fi fa courfe rapide fe précipite fur un penchant trop incliné, f le fable, ou le rocher refufent à des plantes plus vigoureufes un aliment, où un appui néceflaire, fi elles ne peuvent y trouver des couches, des fciflures perméables à leurs racines. Sembla- bles au byflus des moules, aux autres différentes attaches que la Nature accorde À tant d'animaux marins, à tant dit feêtes terreftres auxquels il fat prefqu'interdit, comme aux plantes, de parcourir lefpace, & qui furent, comme elles, condamnés à mourir fur Le lieu qui les vit natre, les raci- nes furent à la fois pour les plantes, & des organes nécef- : faires à leur confetvation & des liens néceflaires à leur fta- bilité. : Vers le bas de ce vallon, où la pente adoucie du ruif- feau fuit une implufon moins rapide, où les débris divifés que les vents & Les pluies ont enlevés du haut de fa mon- taghe, s'arrétent & Saccumulent, d'autres plantes plus vigou- reufes, l'ofier, le faule, le peuplier s'élèvent & dévelop- pent leurs rameaux. La prairie cette vaite & verte furface qui s'étend plus bas, leur eft interdite par l'homme; vainement ils céndént à l'envahir, ils ne s'y montrent que fommis à fa = loi : affervis à l’ordre qui leur eft. prefcrit, ils ne font def- : tinés qu'à encadrer ce magnifique tapis dont la vive & agréable verdure enchantée mes re gards. Ici homme _reone fur Ja Nature, elle fe foumer à fà volonté, elle pat à” — a sembelée eo AE LAURE LEE PES PETER ESPRIT INRP ER TAPIE puy M:O-N D É 2 <émbellir fous fes mains. Ces herbes choifies & falutaires, dont les plantes multipliées forment un tiflu fi ferré, fi touffu, font deftinées à fournir aux animaux que Phone s'aflocie dans fes travaux, l'aliment qui leur eft du à tant de titres, qu'ils paient par tant de fatioues, & fouvent au prix même de leur propre fubftance; ce ee Roi révoltant fans doute pour celui qui le reçoit, s'il n'étoit réglé par Ja Nature elle-même. Getre mere commune de tous les êtres n'établit que fur les deftructions {es moyens de réproduc- tions, elle n’appelle à l'exiftence que des individus pafla- gers. Uniquemert occupée de la confervation de l'efpece, elle a dit à tout ce quiexifte de dévorer tout ce qui exifte. Dans les rapides changemens de leurs formes, tous les êtres, doués de vie, ne raviflént leur proie, que pour en fervir bientôt eux-mêmes à d'autres êtres aufhi voraces. C’eft ainfi qu'une même jun de matiere peut pendant des millions de fiecles fuffire à la prodasion d'un nombre infini d'individus différens. | | Depuis la mouffe-alpine qui . Le fommer es moñ= tagnes, jufqu'au chêne qui pouffé fes racines à travers les rochers qu elles renferment dans leur fein; depuis la galle- infecte qui, fans mouvement & fans aucune apparence de vie, pompe la fubftance de nos pêchers & de nos oran- gers, jufqu'à l'homme qui. dévafte les airs, la terre :& les mers pour fournir à fon infatiable avidicé, tout obéit à la _ Nature, nul être ne tranfgrefle fa loi, qui ne peut jamais être tranforeflée. L'agneau timide, qui appelle.en bélant les mammelles sons: de fa mere; le _. féroce, ani Tome # 1 Po A + D: 56 FN DEARPNSÈT OUVE vient les dévorer l’un & l’autre; l'abeille, qui enleve les parfums des fleurs fans les flécrir; & le tigre,- qui détruit les To qui dévore leurs ee tout fuit [a loi tracée par l'ordre éternel. * Quelle autre loi que celle de cette puiflänce générale, de cet ordre immuable, auroit prefcrit au bœuf de laïffer ceindre d'&=foible cordeau fa tête menaçante, d'aller pai- fiblement, & conduit par l’homme, tracer avec des efforts auf fatiguans que continus, de larges & profonds fillons 2 1! oublie *& force quand l'homme vient l'enchaîner, ce n’eft que pour le fervir qu'il fa retrouve; il déchire pétillment & à pas lents la terre aride, afin que l’homme lui confie ces grains dont elle doit dévélopper les germes. En attendant » qu'il foit ratnené fur ces mêmes campagnes pour enlever les moiflons dues afes fatigues, d'autres travaux lui font. deftinés. Voyez cet animal ee qui bondit dans la PRReS il ts parcourt avec a fes Jongs musgiflemens font répe- tés par les échos des montagnes, FA répandent la terreur, fa légéreté égale fa vigueur, il effaie l’üne «en franchiffant Les ruifleaux, 1l déploie l'autre contre les troncs des arbres qu'il renverfe, ou quil ébranle; fier de fon courage & de fes forces, il hérche les combats, &ne peut y provoquer que des animaux de fon efpece; tout le refte fuit devant lui, 1l reone fur les campagnes. CE animal fi fougueux , fi paire, remplacera-t-il done celui. ‘que nous voyions 1 n'ya qu'un infrant s'émouvoir à peine fous Les: ‘coups per- çans de Faiguillon, en obéiffant pefamment & fervilement. à la main & à la voix d'un foible enfant: Oui, fans doute, l'homme faura pénétrer jufqu'à la fource de‘cette: vigueur È FE À e & É ë Ë ER ALI HN CAS it AA nn ee Lt FT A RSR LE TE D Et E È RS ES Ë à pu MonNDEr. Cie, excefhive; le principe impétueux qui anime cet être fi terri- ble, ce feu brûlant qui enflamme & exalte fon fang , qui excite fes nerfs, qui leur donne cette puiffante énergie qui fait regner _—. tout fon être l’ardeur fougueufe dont lé feu bel dans fes regards ; ce principe , éteint bientôt dans fa fource , ne va laïffer après lui qu'u ‘orce lente & fervile : alors un foible lien enchaînera le redoutable tyran des campagnes, fa tête docile fe pliera fous le joug, & fuivra paifiblement les loïix & les pas de l'homme : il ne mupgira plus à la vue des genifles fur lefquelles il regne maintenant ; 1] verra, fans la plus légere émotion, fes ri- vaux , quil provoque & combat aujourd'hui, faccéder à fes droits & à fes plaïfirs : la Nature n'excitera plus en lui des defirs dont l'impérieufe & déchirante voix fe feroit inutilement entendre ; Le fouvenir douloureux d’un bonheur perdu fans retour, ne viendra plus empoifonner les triftes reftes de fon exiftence. O Nature ! j'admire ici ta fage, ton heureufe harmonie : hélas! que ne la fais-tu regner fur tous nos différens defirs > ‘pourquoi s'agirent-ils fi fou- vent, & fi violemment, au milieu d'obfiacles infurmonta- bles? pourquoi. Sr ineils du défaut des moyens ? pour- que leur furvivent-ils » Que ce troupeau , qui couvre [a plaine, anime ce char- mant payfage ! la génie & {on frere fuivent les pas de leur mere. Mais déjà celle-ci abandonne à l'homme ce fue précieux, qui fe filtre encore dans fes tiflus’ : pour nous four- ni l'aliment le plus pur & le plus fain. Ses mammelles gonflées. Apoenr : au Lhae le a de fes prairies ; D 2 28 | PHYSIQUE déjà fa compagne ordonne que Île lait, preffé par les mains de fes filles , fe convertifle en ufages. Tandis après de longs & pénibles travaux , le bœuf ramene la herfe, ou la charrue renverfée ; que Le taureau précede le se oi qui rapporte le fuc pré= cieux extrait dans les oras pâturages, un autre troupeau savance en bélant 5 1] à parcourt les guerèts & les jache- res ; les plantes inutiles qui ee &. épuifoient Une terre. réfervée pour de plus nobles productions , ont fuffi pour fa nourriture 5 il a déjà payé, il paies: ‘éncore par un utile engrais les herbes parafires qu on lu abandonne. Cependant au tribut de fes mammelles , il en joint un autre auff précieux ; ; iLoffre fon _épaiffe toifon au cifeau du La= boureur. Ceft ainfi que. ce dernier. voit. arriver à la fois. {ous fon paifible toit fes alimens &fes. vêtemens. L'homme laborieux fait trouver tous fes befoins dans la fimple Naz. ture 5 l'homme fage fait être heureux des biens qu <le lui. deftine. à - : Que jaime à voir al fdele & vigilant quis route prefcrire : 5 il bite. trop Jente pourrait expofer.à à des dangers ; ; il contient & ramene ceux que la vue d'un piturage: interdit. invite à Duenne dans la campagne à a _à prove s: écarter. : PPT INA TPE RER ARNTRRA TE RE ». * RE +5 nd foin de ce troupeau ! il le conduit , ik le refferre dans la les ee de ceux que leur marche SR RATS EN ESE ENT TM: AL ASSTELE VAE URL PE A 7 NOR AR DT EME ARTE RDIR EUR n % _— _ BE Morn De | 50 il fapporte avec patience les maux qu'une enfance inconfi- dérée lui fait éprouver: mais tandis qu'au milieu de fes amis, modele de douceur & de patience , il fait tout fouf- | frir, fans ofer même fe plaindre, que l'étranger paroïfle, | qu'un ennemi menace, fon courage s'anime à Pinftant. C'eft lui qui veille à la garde de la ferme, il en écarte le voleur |: maloré fes adediiese précautions, afin malgré fes armes, | ee malgré Fobfcurité profonde dans liquelle À cherche vainement à fe cacher pour commettre fon crime ; . il déconcerte les rufes du renard, le plus fin des añimaux ; ; il combat le loup que la faim attire du fond des forêts, & Fours qu'elle fait fortir des cavernes de fa montagne ; il tira déchiré par leurs dents où par leurs criffes méurtrieres , plutôt que de trahir Pefpoir & la confiance de fon maître : . tout dort païfiblement fous fa garde vigilante. En peignant avec des couleurs aufi vives , mais f natu- - 7 | . fi propres au tableau que je trace, F portrait d'un 7 io , Je ne crains pois de dégrader l'homme ; br : 4 4 de la fe dés animaux, © et par un ordre os dé rap- portss par rous les autres, il refte dans cette clafle oùle plaça la Nature. Toutes les Écirées tous les attributs dont il fe _ glorifie, comme être agiflant & fentant , il les partage avec tous les êtres qui agiflent & qui tres ; doué des mêmes | organes, fes premieres affections, fes rapports primitifs & a eflentiels, fes objets, fes motifs déninans , fes befoïns les plus ici. les plus inféparables de lui, es .. pee | fans. font nécefirement les mêmes. | — uê. + renferme éfenciellemen 7 du Un voilà tout ce € q 30 PHYSTOUT être animé , d’un être qui fent fon exiftence ; voilà les qua- tre fources d'où naiflent fes affections , fes _ fes paf- fions, enfin voila tout l'animal. | L'homme cependant, confidéré même fus ce | point de vue général , ne peut être confondu avec aucun autre ani- mal : fes feules facultés phyfiques le placent infiniment au deflus de tous les autres, & fa noble vocation, la voix divine qui l'appelle ‘ ls entre tous les êtres & lui un intervalle dont le Créateur. peut feul mefurer l'étendue ; mais fi La chaine eft rompue par ces fablimes. rapports, sil -s'en forme une nouvelle qui lie plus immédiatement l’hom- me à l'Eternel , cette premiere chaine, l'échelle phyfique des êtres neft point brifée , les rapports de paffibilité., de peines , de jouïffances purement phyfiques , reftent les mê- nes pour Faut ce qui peut & fouffrir & jouir. Ne foyons donc point étonnés que les types de tous nos attributs, de toutes _nos facultés phyfiques , fe préfentent à nos yeux dans d'au= tres efpeces d'animaux, : Tandis que la tendre & vigilante mere.de a CON temple : avec une attendriffante fatisfation dans les nids des oifeaux, dans TOUS. les animaux qui fe reproduifent autour. delle, :. emblèmes. & fes modeles ; tandis que le Héros qui a pour la premiere fois aux horreurs. des. combats l'efpérance de fa race, fe reconnoît dans le lion qui conduit {à jeune famille à travers Les déferts brûlans. “pour y eflayer fon courage ; tandis. que l'époux & lépoufe , couple heu- reux & fidele, fe comparent aux fideles. tourterelles Le que | dans leurs os inconftantes & momentanées le coq & le Moineau n'ont que trop d'imitateurs ; que l'homme af ES ERA ATESONSÉ PEU LE DS appelé DU MonNpDe. 31 à la confidération des merveilles de la Nature, doué d’un génie valte & puiflant , qui peut embrafler & réunir le paffé , le préfent & l'avenir ; que l'homme, qui à travers la fucceflion des effets fait remonter jufqu'aux caufes, qui dans l'eflence des caufes fait reconnoître & prévoir la fuc- ceflion des effets ; qui peut enfin parcourir la Nature entiere , comme fon maître, ou comme fon interprète ; que l'homme fe pénetre de fa fupériorité, quil sen rende digne. Une fcene nouvelle fixe toute mon attention : je vois le propriétaire de ces champs, de ces troupeaux , le maître heureux de ces hommes laborieux , fimples & vertueux. Cet homme, heureux fans doute, puifqu'il lui eft fi aifé de faire regner le bonheur autour de lui ; je le vois, monté fur un fuperbe courfer , traverferle vallon. Sa vitefe eft aufli rapide que celle du cerf léger qui fuit devant lui, & qui va chercher fon falut dans le bois épais. J'admire cet animal -vigoureux, qui prête à l'homme fon fecours ; c’eft par fon aide que celui-ci traverfe lès campagnes avec la ra- pidité des vents, qu'il franchit les haies & les ruifleaux. C’eft grâcestous fes mouvemens : fes mufcles fouples, autant que Ke vigoureux, exprimoient fur tous fes membres des contours A) a LL Là 1 pp 0 dif et ce Pu FSIOUTr arrondis , fiers & gracieux en même-tems ; le feu du cou- rage enflammoït fes regards; fes oreilles dreflées fur fa tète altiere , fes nafeaux larges & agicés , l'écume blanchiffante dont il couvroit fon frein : tout exprimoit la noble ardeur dont il étoit animé... Que dans les triftes liens qui tchainent ceux que je vois, leur contenance & leur marche font différentes ! J'y recherche en vain les beautés que je viens d'admirer dans leur femblable ; je ne puis retrouver ces es fouples & élaftiques qui, foutenant avec autant de grâce que de vi- gueur , tout le paids de fon corps, permettoient aux épau- È de développer avec flexibilité tous leurs mouvemens ; | qui laïfloient à l'encolure toute fa liberté, toute fa no- k bleffe. Ceux qui traînent ces pefantes & rafiques machi- | nes , l'œil morne, la tête baiffée, foulevent péniblement des be loue , roides & . Au-leu de mufcles . & arrondis, je ne vois que des os durement pronon- , que recouvre à peine un cuir fec & dépouillé de fa se Ces triltes & languiffans animaux different autant + de ceux d'entre leurs isbisbles. , que les riches poffefeurs È réfervent | pour leurs ufages perfonnels, & pour leurs plai= frs, que ce miférable villageois qui « conduit lentement ces - animaux décharnés |, compagnons de fes travaux & de fa mifere , differe de l'homme opulent , qui, confommant à la Cour ou à Ja Ville le produit des vaftes campagnes, prive le malheureux qur les cultive des fecours qu ne devroit trOU= ver dans les dépenfes de fon maître, dans. Les bienfaits de gelui dont il produit les richefles, & dont i meurt inconnu, Se: DU MONDE. 33 ‘Un char brillant s'avance vers Le pied de ce côteau : fix chevaux vigoureux, émules de celui que nous venons de voir s'élever avec une inconcevable rapidité vers La forêt qui couronne a montagne , femblent difputer de vitefle avec lui. Le char vôle fur fes traces. C’eft-là, c’eft dans fon enceinte que la molle délicatefle, que la pareffe lan- guifflante confervent toute leur inaction au milieu des mou- vemens fes plus rapides , parmi les apparences du plus violent exercice ; c’eft-là que la beauté brave & les inju- res des faifons , & la poufliere que la courfe rapide de cette maillon ambulante éleve autour d'elle. Une matiere aufh tranfparente que l'air, aufli perméable à la lumiere, laifle jouir du magnifique fpedtacle des campagnes ; elle ne ravit rien aux regards ; fans rien laifler à redouter des in- tempéries de l'atmofphere ; une douce chaleur y regne & sy conferve, tandis que la rigueur de l'hyver défole les campagnes 5 on y jouit de la température du printems, lorfque les ardeurs de la canicule brûlent les gazons , & defléchent les ruiffeaux. Hélas ! idée cruelle & déchirante ! cet animal fi magni- fique, fi vigoureux, fi courageux, fi fier, qui nous rend tant d'utiles fervices, pourquoi s’offre-t-il encore à l'homme pour combattre l’homme fon femblable ? cherche-t-il donc à fe venger des fers qu'il a reçus? Avec quelle ardeur il hennit au moment du combat; avec quelle fougueufe valeur il précipite fon Maître au milieu des bataillons hériflés de pointes meurtrieres ; avec quelle fureur ces efcadrons fon- dent lun fur l'autre! La mort, avec la rapidité de Paigle, vôle fur la campagne, fa faulx tranchante frappe ces mal- Tome IL 34 PHYSIQUE heureux, qui ne cherchent leur falut dans la fuite , que parce que leur mort ne peut plus être utile à leur pays : ils ne fuient que pour revoir le Le où la victoire les confo- {era d’une fuite que la honte na point avilie. Hélas ! fque de nobleffe ! que de grandeur ! mais... Délicieufes & paifibles campagnes , c'eft à vous que je reviens ; tout me ramene à vous ; tout ce qui neft pas vous ne fert qu'à vous rendre plus cheres à mon cœur. L'hom- me qui fuit vos tranquilles retraites, s'égare ; il court à une pee certaine , il fuit fon bonheur. Je décrivois vos déli- , je vais vous obferver encore. _ “Mes regards parcourent la plaine , je vois Le chêne ma- jeftueux s'élever dans les airs, fes branches ete s'é- tendent au-tour de lui, chacune d'elles eft femblable à un nouvel arbre, elles fe chargent de rameaux qu ’embellit la verdure de leur feuillage ; fa tête altiere fe projette fur l'azur des Cieux, tandis que fon ombre fe defline fur la Terre, Parmi tous les autres chênes qui bordent la forèc, entre tous ces ormes au fombre feuillage, entre tous ces hêtres dont le verd eft fi agréable & fi vif, mes yeux ne peuvent reconnoître deux formes femblables, chacune fe dévéloppe à fa maniere , nulle d'elles ne . à au cune autre. Îl n'en eft pas de même des arbres qui bordent le ruiffeau ; [à les monotones peupliers , aflervis tous à une reflemblance prefque parfaite , s'élevent en pyramides qui fe répetent avec uniformité ÿ autour d'eux lofier flexible s'étend & s'arrondit en buiffon ; la ronce , foible & rem- : pante, cache fous l herbe fes fleurs pâles & ternes que notre art a fu embellir : c'eft par lui que leurs fre : ornées Du Monppe. 35 des couleurs du lys & de la rofe, décorent aujourd'hui ces murs que n'éclairent jamais les rayons de l’aftre du j Jour, & que Flore fembloit fuir avec horreur. Les habitans des airs fe raffemblent fous les feuillages ; la variété qui regne dans les couleurs dont la Nature les a revétus , eft auffi agréable à mes yeux, que Îa variété de leur voix l’eft à mon oreille. LEs uns, tels que le ramier, au plumage chatoyant ; la ee , dont le vêtement terne fert à relever l'émail lilas de fon collier ; (comme l'idée que nous avons de fa conftance, prête de l'intérèc a fes triftés accents!) l’épervier, dont la vue perçante cherche conti- _nuellement fa proie; ces oifeaux, & quelques autres , ne fe plaifent qu'au haut des arbres , ou fur des branches def- féchées. Mais le geai, dont les ailes font ornées du plus beau bleu ; le lurida, dont l'or le plus éclatant enrichit le plumage ; le pic, que le vermillon, le jaune & le noir élégamment mélangés fur un fond du plus beau verd, dif- tinguent parmi Les plus beaux oïfeaux : ceux-ci, & beau- coup d'autres, ne fe plaifent qu'à fe cacher entre les feuil- les des arbres ; tandis que le chardonnerét , le pinçon, [a méfange , voltigent fur l’églantier & fur l'épine blanche, que le fautillant roitelet folâtre fur les branches les plus baffes des buiflons, & que l'alcyon des marais fair entendre, du milieu des rofeaux , Les accents variés de fa voix cles dieufe. Si je porte mes regards fur la Terre , elle me préfente un tapis qu ‘émaillent mille couleurs; . la fimple vio= lette , Quicache fa fleur entre fes feuilles touffues, jufqu’à la digiale ; qui fe pla élever fa ige majeftueufe. fur les E 2 Mes ete 2 A AU ERE f # ee pt ie 2 AT pe TS à PR Tin png ge + ce con “Érare Das D rer tree NRA AR CHERE D CE LÉ LE CT Sc ST SE 2 4 é SR TES ER A + ANA TORE 36 PHEYSsI 0 UE. terreins fabloneux ; depuis le nard fauvage, qui tapifle fes: rochers humides, jufqu’à la reine des prés, dont la blan- cheur eft Lune ; & jufqu’à la purpurine perficaire , qui fe plaïfent l'une & l’autre dans les marais, partout les plus belles couleurs brillent à mes regards. * Mille infectes embelliffenc & animent ce tableau varié: La nombreufe famille des chenilles bigarrées de mille cou- leurs, rongent, en rempant, les feuilles des plantes, dont bientôt , Lou la forme de papillons brillants & légers, elles ae carefler les fleurs . & fe nourrir de leurs fucs les plus purs. Les différentes efpeces de mouches, parmi lef- quelles, celles quon appele dorées, font les plus remar- quables. Les demoifelles , dont le léger & continu les foutient en planant avec grâce, ou les ee avec ra- pidicé, déploient quatre ailes , dont nos gâfes les plus fines n'imiteront jamais le tiflu délicat. Les couleurs les plus vives, étendues fur un fond argenté, embelliffent cet. infecte Er. ; cependant le fcarabée brille auprès de lui, & fes variétés, infiniment mulripliées , om un des plus beaux tableaux de la Nature. Tout ce Sie je vois enchante mes us. tout Ps mon efprit à jouir des bienfaits de la Lumiere. La clarté du flambeau qui brille fur la Nature, m'avertic que je fuis appelé à pénétrer fes fecrets. L’afpe& de tant de merveilles développe & anime mon intelligence ; elle fent l’énergie de. fa puiflance ; elle prend le in noble eflor ; 5 elle ôfe tenter. de fuivre les différentes modifications , , les différens états, les différens produits des végétaux ; d'obferver les: MŒurS, - les ufages, Les arts des différens animaux. Que < 384 FA es S & ES PERTE AREAS ARE PAIE) NASA PIN ERA Du MonpbEr. 37 devons-nous pas en attendre ? Chacun d'eux reçut en par- tage des moyens propres à fes befoins : l'homme qui les a tous réunis, doit s'inftruire à l'école de ceux qu'inftruifit la Nature. Je ne fais point un Traité d'Hiftoire Naturelle, je mai voulu quefquifler rapidement un tableau très - imparfait des beautés que la Lumiere étale à mes regards. Ce n’eft point à moi, ce nelt à aucun mortel quil eh donné de les peindre ren. Ceft à la Lumiere que nous devons l'idée du beau ; ceft elle qui nous révele cette fublime harmonie des rap- ports dont la connoiffance eft le plus noble & le plus pré- cieux de nos attributs. L'âme ne vit que par la penfée, & c'eft au fens de la vue quelle doit les idées les plus vaites , les plus variées & les plus exactes. C’eft par la vue que nous parcourons la chaîne infinie dont un anneau tient à ces aftres qui femblent placés aux limites de PU- nivers, tandis que le chaînon inférieur s'unit à des êtres ne . mille fois plus petits que le ciron, & qui de- viennent auf intéreflans pour notre efpsit que l'animal le plus coloffal. Oublions, pour un inftant , ce magnifique fpeétacle ; négligeons ces avantages fans nombre que nous devons aux Ans, qui nexifteroient pas fans la Lumiere : le plus grand : de fes bienfaits pour l’homme , ceft fans doute de lui avoir. montré fon femblable. Fe - Je defcends avec frepirerion de cette montagne. da je confidérois les côteaux quembellifoit la pourpre des grappes mêlées aux. pampres vesdojans tandis que la prai- TER TIRE ETES cd ape pan RD TL 2e DEN A EP PEAR D LATÉRAL SL EVE D ina ee PHrESITOUEZ rie, couverte des diamans, des faphirs & des rubis de ls olée : s’émailloit de mille Ruben , & que Ja fleur du chévrefeuil couronnoit les buiffons. Mes regards décou- vrent dans la plaine un objet près duquel tous Les autres perdent leur éclat & leur prix. U n intérêt nouveau s'empare de mon cœur, tout le refte de la Nature difparoît à mes yeux. Ils ne diftinguent plus ni grappes, ni pampres, ni fleurs. Les beautés - mêmes de l'aurore naïffante , ne font plus ue de les fixer. Je re- connoîs l'être pour lequel me créa la Nature, celui qu'elle forma pour mon bonheur. Je reçois une exiftence en voyant la compagne qui doit adoucir les amertumes de ma vie ; j'entends la voix de la Nature, elle me révele ma deftinée. Je bénis [a [oi douce & + qui veille fur fon ouvrage , & qui dépofa dans le fein:des plaifirs Les plus vifs, le principe & le gage de fon éternelle durée. © ELumiere ! ce bienfait vaut mille fois tous tes autres bienfaits. S'il falloit payer le bonheur de voir ce chef d'œuvre de tes mains par le facrifice detaus les autres tre- fors que tu manifeites à mes yeux, life, laiffe regner pour moi les _. as ténébres fur le refte de l'Univers. Je m'arrète. | | -C’eft à toi, mon. efpri, qu'eft ee les moment où j'écris ; que ta rie méthodique & févere me fafle par- donner des inftans d'écarément dans. lefquels m'entraîne quelquefois un fentiment plus puiffant que toi. Hélas! mal- heur à qui ne me le pardonneroit pas ! que toujours les vraies délices que prépara . nous la bonne Nature - caniervent leurs droits far nos âmes j que ce near de Re : pu MonpbEr. 39 vie enivre toujours nos cœurs ! Amour , Grâces, accom- pagnez toujours les Mufes ! Divinités bars. protégez, embelliflez tous les inftans de mon exiftence ! __ Ceft à vous que je reviens , célefte Uranie ! je rentre dans vos laborieux fentiers ; je vais écrire vos fublimes Lecons ; prêtez à ma voix le con majeftueux qui leur convient. NoTions PRÉLIMINAIRES. S 1 des épaifles ténebres qui regnent dans les fombres profondeurs des fouterrains, nous en à la vive clarté du jour le plus pur ,c'eft à la Lumiere que font dûes toutes les impreffions que nous recevons par les yeux. Sufceptible de mille & mille degrés d’intenfités différentes, elle define toujours avec exactitude , elle orne fouvent des plus belles couleurs toutes les formes qu'inventa la Nature. Mais ce ne fut point à defliner, à embellir des formes que fut bor- née la fonction Duifeiite que Jui confia fon Auteur : âme de l'Univers, elle agite, elle anime la matiere ; fans fon action viviñante, une mort éternelle auroit regné fur des mañfes inertes. | _L'exiftence fut late de un : il créa lémariere: mais inactive par elle-même, un éternel repos eût été fon partage. Des mafles nb. auroient en vain habité l'ef- pace infini; tel ne pouvoit être le projet & la fin de celui qui reone dans tous les points de l'elpace, qui vit dans tous les inftans de l'éternité. Il avoit créé les refforts qui de- voient produire, régir & régler v tous les. mouvemens de ces PER TEE D ee um Et re PEACE es ei 40 PRE STQUE. machines immenfes en étendue , & infinies en nombre. Qui venoient d'exifter à fa voix. Dub cette multitude de Mods des, parmi lefquels nous ne confidérons ici que le nôtre, le Soleil fut fon reflort primitif, il fut fon unique moteur ; mais inactif par lui-même , comme toute la matiere, il fallut que la main de fon Auteur lui donnât le mouvement. Il reçut l'ordre de tourner fur lui-même au fein du fluide élaftique dans lequel il étoit plongé. Ce fluide futagité | cout s'émut à la voix de l'Eternel ; elle retentit jufqu’aux limites des Mondes qui nous environnent. La loi du Créateur fut exé- cutée dans tous les points de l'efpace que devoit animer notre Soleil. Tous les reflorts qui remplifloient cet efpace furent agités , tout fut mis en vibration ; la fomme & le produit de toutes' ces vibrations , ce fut cette Lumiere dont nous nous propofons de confidérer les loix & les effets. Tous les corps étoient plongés dans ce fluide élaftique & univerfel ; ils étoient pénétrés par lui, parce qu'il eft la plus fubtile de toutes les fubftances ; tous le contenoient dans leurs pores ; tous le renfermoient plus OU moins étroite ment entre les particules primitives qui formoient leurs mafles : c'eft ainf que l'éponge, plongée dans la riviere, fe pénetre de l’eau. qui l'environne ; c’eft ainf que s'en pé- | netré le bois Le plus dur ; ; c'eft ainfi que tout ce qui fe formé dans l'atmofphere, où dans l'eau, renferme ces deux élé- mens difléminés & i incarcerés entre toutes fes parties. Par- tout, dans toute matiere , Le fluide élaftique fut donc en + avec lui-même, ne Où cet acéan. général fut mis en vibration par le mouvement du Soleil , fon Aion devint commune à tout ce qui exiftoic dans fon fein; | tout EE RE D A ET LA SACS LEA À ALERTE A mi CLP EE la k : L: ë È Du MONDE, Cha tout fut donc agité; ce fut alors que Le mouvement remplir tout l’efpace, qu'il pénétra toute [a matiere. Le mouvement eft la caufe primitive , a@tive & déter- minante de la chaleur ; il eft la caufe efficace & unique de ce phénomene , dont la vie fut l'effet ; il ne put pénetrer la matiere fans l’échauffer ; cet inftant fut l'aurore de la Nature, qui neft elle-même que la fomme des produits que préparoient alors le mouvement & la chaleur. De la nature & des propriétés de la LUMIERE. D E l'inftant, où, dans une nuit obfcure , les premiers rayons de [a Lune nouvelle parviennent à peine à nos yeux, & éclairent foiblement nos pas, jufqu'à l'inftant, où, du haut de la voûte célefte, le Soleil éblouit nos regards, & répand fur notre hémifphere fà plus brillante fpen- deur ; telle eft pour nous la fuite des deorés fenfibles de lintenfité de la Eumiere naturelle 5 telles font les bornes entre lefquelles nous pouvons la confidérer. Gardons-nous cependant de penfer (& certe erreur feroit dangereufe dans la fuire }, que ce foient- [à fes véritables limites. Ne fup-. pofons pas qu'il y ait un feul inftant où il nexifte aucune Lumiere dans notre atmofphere. Ces animaux carnaciers & voraces ‘ou plutôt ces animaux omnivores (a) ; car il doit être permis de fe fervir d'un terme employé par M. de Buffon : les rats qui, dans les ténébres dela nuit, pillent (a) Qui mangent tout, e - . Tome III, | à K | 42 PHYSIQUE ou détruifent tout ce qu'ils rencontrent ; les chats, ces au- tres animaux que la Nature créa pour être les deftructeurs des premiers & nos vengeurs, & qui, malgré leurs défauts, &:-même leurs vices, ont obtenu l'hofpitalité dans nos mai- fons en faveur de la guerre qu'ils font aux rats ; les oifeaux nocturnes, &c. toutes ces efpeces diftinguent facilement les objets , à l'aide d'un degré de Lumiere abfolument infenf- ble pour nous. N'oublions jamais que nos fens ne font que des inftru- nens donc les propriétés très - bornées furent réglées fur nos befoins. Ils n'indiquent pas par eux-mêmes tous lesinodes, ils ne diftinguent pas toutes les propriétés des fübftances à l'attion defquelles chacun d'eux eft fpécialement foumis. La variété infinie qui regne dans la fenfibilité de ces or- ganes parmi les hommes , nous avertit affez de leur in- fufifance, pour faifir toutes les nuances des actions des corps phyfiques. Plufeurs de ces organés font infiniment plus fenfibles, plus mobiles dans différentes efpeces dant maux. Nous n'avons point l’odorat du chien , qui diftingue par ce feul fens la trace des pas de fon maitre fur un fol qu'ont foulé beaucoup d’autres hommes, qui le fuit dans les détours d'une vafte forêt, où qui y pourfuit le chevreuil léger. Nous n'avons pas la vue de Pépervier qui, du haut des airs, découvre l’alouette , cherchant un afyle fous lhet- be touffue, ou entre Les débris du chaume. Nous n'avons pas l’ouie de la taupe, qui du fond des petires cavernes qu’elle fait fe creufer , fous les voûtes folides qu'elle a l'art d'élever , eft avertie du moindre bruit qui fe fait au-deflus de {à retraite obfcure. Nous ignorons quels-font les ani- maux qui ont le soût le plus fin, le plus délicat: fontee $ RENDU LE At OMAN A PAPA NME pu M onNpD…x. 43 les papillons , les abeilles, & ceux qui, comme ces infec- tes, fe nourriflent du fuc des fleurs ? font-ce les poiflons,, qui habitent cet élément où les fucs font le plus délayés? - Quoi qu'ilen foit, il exifte des différences infiniment marquées entre la fenfbilité des mêmes organes dans les différens hommes , & nous en obfervons de plus grandes encore entre les facultés de ces organes dans les diverfes efpeces d'êtres vivans. Nos yeux ne font que des inftru- mens optiques. Nous ne mefurons, nous ne calculons les degrés de la Lumiere que fur l’échelle propre à ces inftru- mens, comme nous ne calculons la chaleur que fur nos thermometres. Si, par des fecours étrangers , nous augmentons le pouvoir de l'œil; alors nous étendons notre échelle. C'eft ainfi, qu'à l'aide du télefcope , nous découvrons fur Îa Terre & dans les Cieux, des objets inacceffiblés à la vue fimple. C'eft ainf que, lorfque nous nous fervons d'une lu- nette de nuit, les ténebres s'éclairciffent, & que nous trou- vons encore dans Patmofphere, qui nous fembloit totale- _menc-obfcure, affez de lumiere pour éclairer les objets qu'il nous étoit impoñible d'appercevoir. C'eft ainfi que le microfcope dévelope fous nos yeux le Monde nouveau des infiniment petits; tandis que dans la profondeur immenfe de lefpace, le télefcope manifefte des millions de globes que, malgré leurs volumes énormes, leur diftance déroboit _àn0s regards. Le télefcope & le microfcope peuvent fe per- fectionner encore ; mais jamais ils n’atteindront aux limites de la Nature. es … L'ufage des lunettes de nuit, qui décele à nos regards F 2 + 44 PAYS TQUE dans l'atmofphere une Lumiere infenfible à nos yeux dé nués de ce fecours, & furtout l'obfervation conftante des animaux pour lefquels il ny a point de nuit, fuffiroient feules pour nous autorifer à affirmer que jamais notre at- mofphere n’eft rotalement privée de Lumiere, quil ny a pas un inftant où la fubftance de la Lumiere n’y exifte dans un état plus où moins lumineux. La théorie confir- mera ce que manifeftent les faits: elle nous induira à penfer que, même dans les plus grandes profondeurs de la Terre au centre de notre globe, la Lumiere éclaire, ou ‘du moins quelle pourroit éclairer des êtres dont l'organe de la vue feroit affez favorablement conformé pour être fenfble à la foible vibration qu'y éprouve encore la fubf- tance de la Eumiere, comme elle éclaire au fond des mers les animaux qui y rampent, > C'eft elle, c'eftcetre fubftance, c'eft ce dde datique diféminé & incarcéré dans tous les Corps ; mais toujours capable d'entrer en vibration, qui, dans les plus profondes ténebres, produit encore . nos yeux. la fenfation de Lu- miere , dorau un choc violent que reçoit cet organe vient. comprimer fubitement ce Auide ; CxCiIter {on us pour. uninftant (2); c'eft lui, c'eft ce même fluide qui, renfermé, -(8) M. de God. Médecin des Hôpitaux de Vervier , en ex- pliquant 1 une Expérience de M. Franklin , nous a donné d’excellens Mémoires see sens ee il a à très-favamment È très= Selon . 4 la rétine jouit en tout tems d’un certain de | pu -M 0 N D €, 4$ dans lès corps, compris entre leurs parties intégrantes , même entre letirs particules conftituantes , s'en dégage avec » mouvement; Le battement des arteres, les Vibrations des nerfs ; » la roration des yeux, l’a@ion des paupieres , font autant de caufes # qui ne ceflent d’ébranler la rétine: c’eft ce mouvement fourd des » fibres de cet organe, qui nous préfente dans la nuit & dans » l’obfcurité la. plus profonde, des ombres pañlageres. & mouvan- » tes, lefquelles femblent fe rouler dans les yeux & pañler au- »# devant, changer de formes , de nuances, & fe diverfifier d’autant » plus, que nous les confidérons plus attentivement, ou que nous » fommes agités par la fievre ou par quelque pafhon . l’âme , ou » que nous remuons les paupieres, ou lorfque nous touflons ou que 5 nous éternuons ». Journal de Phyfique, 1 72 Tome f;, page 509. Nous reviendrons à ces impoftans. Mémoires dans un autte endroit de notre Ouvrage: nous nous arrêterons ici à obferver que ces lueurs fpontanées , infiniment foibles ; mais qui fuffifent pour nous faire difinguer des formes &z des nuances, que ces autres lueurs plus vives ; plus rapides ; qui tiennent même de la vivacité & de la rapidité de l'éclair , & qui font produites en nôus par un choc plus où moins fort fe l’organe de la vue , ne doivent leurs effets, analogues avec ceux de la Eumiere extérieure, qu'à des vibrations excitées dans l'organe de la vue, & particuliérement dans la ré- tine, toujours imbibée du fluide élaflique de la Lumiere, comme aies organe eft roujours imbibé d’un fluide analogue à fes fonc- tions. M. de Godart prouve même cette imbibition de la Lumiere: dans la rétine , par de très judicieufes obfervarions fur les fenfanions lumineufes que nous éprouvons en pañfant d’un lieu bien scie » dans unlieu profondément obfeure à Ces lueurs fpontanées, dont nous venons. de re pobioient être employées à expliquer ces phantômes, que:tant d'efprits foibles. 46 PATES IOoCE plus ou moins d'effort dans certaines circonftances de leurs _décompoftions, & produit ces lueurs phofphoriques, dont nous parlerons plus en détail. - Après avoir confidéré la Lumiere dans les états les plus foibles, Les moins fenfibles pour nous; fi nous élevons nos regards vers le Soleil, c'eft-là que nous la on dans tout fon éclat. Mais cet ce. dont elle jouit à nos yeux, eft bien inférieur à celui du brille cet aftre à des diftances moins éloignées de lui. Cet éclat qui: éblouit nos regards; n'en eft qu'une teinte infiniment affoiblie. : . Nous favons, par l'expérience la plus sûre & fa plus conftante , que tous Les corps radieux, foit par eux-mêmes, comme nos flambeaux; foic par eo. comme les mon- tagnes de neige, les rochers Les balles peintes en blanc, &c. éclairent d'autant plus quêts font plus près de nous. Le calcul le plus exa&t, fait fur ces différences, & d’après l'expérience, eft ici parfairement d'accord avec la théorie, Celle-ci nous apprend, comme nous allons le voir dans un inftanc, que l'intenfité de la Lumiere, ne Séloignant. du point. dre _décroit comme le quarré de la diftance augmente; celt- lie, que le corps qui, à une diftance donnée ; à une voie , par exemple, reçoit cent degrés de croient f ouvent appercevoir ; ; alors une fenfation réelle me à l'imagination un. thême « Site cette derniere faculté, infiñiment adive, amplife , auquel elle ajoûte toutes les idées que rappellent quelques- unes des perceptions que. produit la fenfation réelle: c eft ainfi que l'imagination compofe toutes fes chimeres. Mais ce n’eft pas ici le moment de nous livrer à ces applications; nous Re ne ee AOUS ÿ réviendrons dans la fuite, 5 un + 2 = FS & ie [5 0 ES D U MonNDE. 27 Lumiere ; à 2 toifes n'en recevra que 25 ; à s toifesiln'en recevroit que 4i à 10 toifes enfin, il n'en recevroit qu'un degré, &c, &c. Cette loi des quarrés des diftances régit les plus grands & les plus importans phénomenes de la Nature. Nous avons vu, dans le Volume précédent, que c'eft elle qui regle la marche des planetes, & que leurs viteffes dans leurs orbites décroit comme les quarrés de leurs diftances de l'aftre mo- teur augmentent. C'eft cetre même loi qui détermine l'in- tenfité de la Lumiere. Nous verrons, dans la fuite , quelle préfide à l’expanfion de la chaleur qui fe répand dans un efpace libre autour d'un corps embrafé. Enfin le fon Fob- ferve aufi dans fa propagation: les légeres altérations que les vapeurs, les exhalaifons de l'atmofphere font éprouver à cette loi, ne la rendent jamais méconnoiïffable. Les partifans de l'hyporhefe de l'attraction remarquoient, ainfi se nous , les fon&tions impofantes de cette loi ; mais ils ne s’étoient point élevés jufqu'à fon origine, jufqu'à fa - caufe phyfque, primitive, ‘dérerminante & néceflaire. Gette hypothefe métaphyfique d’une faculté adive, inhérente à toute matiere , & par laquelle Les corps agiffent les uns fur les autres à des diftances immenfes, & à travers des efpa- ces vides, dans lefquels rien ne peut propager_les actions réciproques quon leur fuppofe les uns fur les autres, avoit écarté du eme Se l'attraction toute idée de con- tinuité d'action mécanique. Les Attrationnaires , cette cafe de Savans qui a produit les plus grands Giomes, s’étoit done. éloignée de la confidération de la loi géomé- " la plus —. la plus générale RE plus puifance; j NE ES tee AD E re raie) be à © ut Send PPT TENTE OPErEE il À F] Sn de EE re F RESTÉS ESS RTE RE fe chair @ ER NS SE SR PS 43 PaYsIQUE de celle, enfin, qui détermine & nécellite mécaniquetnent tous les mouvemens de l'Univers. Cette loi, fi facile à re- connoître, {1 importante aconfidérer, & ds les fonctions jouent de f crands rôles dans la Nature, c’eft la piopostion fondamentale de notre théorie. Nous l'avons énoncée ainfi dans notre fecond Volume, page 8, de PExplication des Planches. DANS TOUTE FORCE QUI DÉPLOIE À LA FOIS SON ACTION: DE TOUS CÔTÉS , L'ÉNERGIE DÉCROÎT COMME LE QUARRÉ DE LA DISTANCE AUGMENTE. | L'application de cette vérité fi fimple, fi ee nous guidera feule dans l'explication des phénomenes de la Lu- miere, de la chaleur & du fon; comme feule elle a fufi pour expliquer phyliquement & mécaniquement tous les mouvemens des planetes, même ceux dont on avoit ofé dire qu'ils ne reconnoiffent point de caufes mécaniques; affertion aufli téméraire que révoltante. Les Savans qui fe la font permife, ont fûrement fait alors à leur fyfème 5 plus grand facrifice que puifle offrir la raifon. De cette loi du décroïl Tement des forces centrales en raïfon du quarré des diftances qui augmentent, il s'enfuie, avec évidence, que la Lumiere du Soleil eft moins vive à la furface de la Terre, qu'à aucun autre point pris entre elle & le Soleil. On en déduit que la Lumiere que recait Mercure eft à celle que nous recevons comme 114 eft à 1e. Cette même Lumiere, qui brille fur Mercure, eft à celle qui éclaire Saturne, en ne fuppofant aucune. différence | dans les atmofpheres de ces planetes, comme 1444 efkà 1, On feroit porté à croire, d'après cette proportion, quen fuppofanc k $ É nt RL RATER RETENUE BEN DRE SPC CN PETER SR TTL PEN ENT SENTE NET NN ENTER PEL CETT ANT TES Le La CT DANS RMI F2 PA A AR NÉ ET A LT CERTA AL PR RE ETAT VAE k : E ! ; Ë k $ DT MonNDE 49 fuppofant des habitans fur Saturne , ils devroient étreplon- oés dans des ténebres éternelles. Mais indépendamment de ce que l'organe de leurs yeux pourroit être conftruit plus favorablement, il feroit aïfé de fe raffurer fur leur fort. La Lune nous envoie une Lumiere 300,000 fois plus foible que celle du Soleil, felon Bouguer, & ce calcul peut être admis. Gependant la Lune nous éclaire. Le Soleil, qui procure aux habitans de Saturne une Eumiere quineft que 1444 fois moins vive que la nôtre , peut donc les éclai- rer fuffifamment; enfin cette même Lumiere, réfléchie par cette planete; nous parvient encore, quoique infini- ment affoiblie : on conçoit donc que les habitans de Saturne peuvent être éclairés; & on Le concevra plus aifément en- core, fi on a égard à leurs Lunes, dont quelques-unes doivent être toujours fur lhorifon. Il feroit plus difficile peut-être de concevoir les effets de la chaleur fur Saturne, puifquelle y diminue dans Les mêmes proportions : mais nous renvoyons à ce que nous avons dit dans notre fecond Volume , article Saturne ; & nous‘préfentérons encore dans Ja fuite quelques confidérations fur cette matiere. Nous en avons dit affléz pour donner une idée de la progreflion infinie de l’intenfité de la Lumiere, en allant de la Terre au Soleil, & par conféquent de la désrada- tion de cette intenfité, en venant du Soleil à nous, fans avoir égard au milieu qu'elle traverfe en s'approchant. On conçoit que cette dégradation doit être beaucoup. plus grande encore dans les routes que la Lumiere fuit à travers les corps folides diaphanes, où même dans les flui- des. Les parties folides qu'elle rencontre , & qui la réflé- Tome III, | G $S PH SIOUFE chiffent, ‘privent la furface fur laquelle tombéroit la co= lonne de Lumiere de tous les rayons qui ont été réfléchis par. ces farfaces. C’eft ce que nous obfervons dans le verre, dans Les milieux même plus libres encore, tels que Patmof phere, Ces réflexions de la Lumiere on la parte de Optique que l'on appelle Catoprique, Revenons à la con fidération de ce fluide en lui-même. . Pere de la Nature, ordonnateur des faifons, âme vivi- ane de la matiere, le. Soleil: eft placé au centre de fon. empire; c'eft fans le. parcourir qu'il le régit; moreur éter- nel, fes imprefions fe font fentir jufqu'aux extrémités de fon ne Quel agent intermédiaire reçoit & tranfmer {es loix fans les altérer? C'eft l'éther, c'eft à lui feul queft confié tout le miniftere de l'Univers; feul il eft le grand reflort de la Nature: c'eft par lui feul que: Je. Monarque | Phyfque de notre Monde régit tous les individus qui lha- bitent. Si nulle fabftance ne remplifloit Pefpace qui les fe- parent du Soleil, le néant oppoferoit fes abimes à route action émanée L. Soleil ; nul autre globe ne pousroit en recevoir les impreffions. Un fluide éminemment rare, émi- nemment élaftique, répandu partout, étoit donc me lement néceflaire pour embraffer tous Les êtres , pour les unir tous par un lien commun, pour établir entre eux des rapports conftans, pour que toute force émanée d& centre s'étendit jufqu'aux barrières qui forment une cir= conférence autour de notre Monde. Nous avons vu, dans le Volume précédent, lécher recevoir & propager le mon yerhent ; vsyan le: produire & propager la Lumiere. *SSi. helier n'étoit qu'un fluide éminemment rare , ler & « res LT RNA TS TI I 0 TA NUE CPI 5 Fe Es E $ : : pr MoNDE . SL reçu du Soleil que ce mouvement de circulation qui [e déter- mine à fe mouvoir autour de cet aftre. Sa propriété , comme fluide, eût fuff , fans doute, pour entraîner dans fon cours tous Les corps qui nagent dans fon fein: mais nous n’aurions aucun moyen pour concevoir la production de la Lumiere; c'eft dans fon élafticité feule que réfide la caufe de ce ma- onifique Pro Il décele lui-même fon origine ; toutes fes propriétés révelent à lObfervateur Fe qu'elles ne- xifkent que dans l’élafticité parfaite dont fes molécules font douées. Il fuffit de confidérer la réflexion de la Lumiere, “pour ne pouvoir méconnoître cette élafticite ; il fuit does ferver les loix de cetre réflexion, pour saflurer que l'é- lafticité de cette fubftance et parfaire. C’efttoujours fous un angle femblable à celui d'incidence, que fe réfléchit la Lu- miere; or cette propriété ne peut appartenif qua un fluide formé de molécules élaftiques. Nous avons profcrit, par des raïfons fufifamment décifives, l’hypothefe inadmifible des émanations du Soleil. H chercher dans une autre fubftance la matiere de la Eumiére; & quelle autre fubftance que lécher pourrions-nous fuppofer ? Cette fubf- tance doit être infiniment rare, infiniment élaftique; elle doit être répandue dans tout Pefpace: c'eft elle qui doit pénétrer dans l'organe de la vue, qui doit agiter Les nerfs <laftiques qui forment cet organe ; l’écher feul peut remplir toutes ces fonctions. Nous nous aflurerons de plus en plus de cette vérité, en confidérant tous les phénomenes de ke Lumiere, | _ Etant bien démontré “que la matiere de la Léa et une fubfance, “que cette fubitance rer lit généralement G 2 La Lumiere magit pas par fimple preflion. 52 PHYSIQUE -tout lefpace, u elle eft parfaitement élaftique ; nous fom- mes autorifés à regarder, dans toute la fuite de cet Ou vrage, ces affertions comme inattaquables. A . Si la matiere de la Lumiere remplit tout l'éfpace, nous fommes conftamment plongés dans ce fluide. Il y a donc un contact perpétuel entre nos yeux & les molécules de ce fluide. C'eft une vérité certaine, c'eft un axiome reçu, que. la matiere feule peut agir fur . matiere. dans fondre: natu- rel, qui na aucun rapport avec l'action de l’âme fur le. corps.-La matiere de la Lumiere peut & doit donc agir {ur l'organe de la vue, particuliérement & Fe CON. formé, pour être excité par elle. Si cette fubftance ny produir pas continuellement la fenfation de Lumiere ; 5 fi, lors même qu'elle ÿ produie cette fenfation,, elle opere des : effets infiniment variés , les caufes de ces variétés font dans la nature & dans les modifications du contact: car on ne les cherchera dans aucune variabilité de la fabftance de la Lumiere, ni dans des changemens fubits qe se organe de la vue. - | RE - Pour ceux qui ns avec. has, use Lumiere n'agit fur nos yeux que par une fimple ns femblable sion d'un corps dur & continu, ce que nous reconnoïîtrons bientôt pour inadmifüble , Fe n£ ‘pourrois varier que par la force. de la prefion. Selon nous, aucontraire, l'efferde la Lumiere ne peut varier que fuivant lintenfité des vibrations ; 5 ce qui eft. très-différent | — qe | nous allons le prouver. … —. Si la Lumiere naïfloit de la. : on ae çules parfaitement durs, & conftamment exiftans ‘dans tout D Y - M O N D £. 2 l'efpace, 1°. fa propagation ferôit évidernment inftantanée, comme Defcartes le penfoit,.avectous les Phyficieris de fon tems;. mais ce qui-eft contraire à.ce que démontrent:les obfervarions les plus concluantes; 2°..ces corpufcules ; füp- polés fans élafticité., puifquils feroient parfaitement durs; ne fe réfléchiroient point de defius la furface de nos fübl. tances fublunaires ;. 2°, fi. la Eumiere naïfloit de la fimple preffion dun. flaide. non élaftique, fa propagation ne fe feroit point par des vibrations, mais par des:-ondes :;:& très-lentement, comme. fe propage l'action ne au centre d'un bafin rempli-d'eau. +. Tout force donc à abandonner Lapinios de Fe . sil eft impoflible d'admettre que la Lutmiererne foit que Leffer d'un fimple mouvement de prefhon opéré fur des ni pa faitement durs. Il.eft fufffamment prouvé.-il-eft même gé- néralement admis que la Lumiere agit par vibrations fur les corps ET frappe. Cette vérité reconnue ,:& même la propriété. générale & conftante. de da Lumiere ; celle: d'être réfléchie par toutes les furfaces.,. prouve + fon élafticiré.;s & l'égalité parfaire qui regne toujours entre l'angle d'incidence , celt-à-dire ; entre angle fous lequel les rayons de la Lan rencontrent les furfaces, & l'angle de réflexion, c'eft-à-dire, l'angle: fous lequel ils en HE liffenc, ) après. Les. avoir? nn, prouve: également qué ee des molécules. de lé Eumiere eft parfaire. -Ieft démontré que , fi cette élaftieiré nétoit pas parfaite, Ress ces deux angles ne feroient parfait emeñt femblables.. = He s'exerce donc une action continuelle ‘entre la mé bre _ de la Lumière. -& tous. des autres. isbrps. de la Nature. Tout s4 PHNGIOUE : — notre Monde-eff dans un état général & conftant de vi- brations. Ces vibrations, qui varient dans leurs forces & dan leurs diretiohs ue. font un:effet nécefläire de [a ro- tation du Soleil, du frotrement de fa furface contre les molécules élaftiques du fluide qui eft en contaët avec cette furface, &'ces vibrations font les caufes détérminantes dé toutes les modifications de Îa matiere ; ; c'eft à elles feules qu'il faut rapporter tous les états par 45 elle ee rous les phengmenes deé:la Nature, =. :Sanselles il n’y auroit aucun mouvement, aucune cha2 ee l'air feroit fans agitation, nuls vents ne troubléroient fon éternelle tranquillité, un calme inaltérable, une fta- ghation. morte régneroit dans l'atmofphere; ou plutôt cetre atmofphere , cette seche de vapeurs (car € eft ce que fi: se Je mot arno/phere } | n'auroit jamais exifte 5 ; l'air los même ,fi, comme on ne peu en douter, il n'eft qu’ un mixte, n'exifteroit. pas : ; l'eau n'auroit jamais acquis la fluidité, elle n'auroit jamais rien diflout ; mafle morte & folide, comme le plus dur rocher , elle auroit éternellement enveloppé lé globe. comme: une costs épaile de: cryftal” les ténébres & l'inaétion la plus abfolue , ou plutôt la mort la plus gé* nérale , , voilà tout ce qui auroit exifté, f l'efpace du Monde n'eût pas été. rempli d'un fluide élafique, fi. ce fluide n as voit pas été mis en. mouvement. : Getté mort générale re prendroit ientôr fon empire, fc ce mouvement h'étoit pas entretenu par le g placé au centre du lobe moteur qui fyftème , renouvelle à chaque infhane les a de & fluide , caufes: de toute ation. : =: 2 de est ce: fluide a qui — tous. les: corps ‘pe - F À Fe k à Li Ê Et A NES ES CANAL HV PE a LEP E AE °b üu. M0 ND %. 55 Jeurs partiesfolidestant intérieures qu'extérieutes , car il n'eft | point de corps qu 1l ne pénetre , entre Îles ne def- quels il ne foit diffleminé ou incarcéré. C'’eft lui qui y pros | duit le mouvement, & la chaleur ,quin "eft elle-même que le mouvement intérieur des parties des corps. Voilà comment la Eumiere agit fur les corps. Voici com- | ment ils réagiflent far elle. Ils la réfléchiffent par la folidité | de leurs molécules impénétrables, ils la réfractent dans les | routes tortueufes que forme le tiffu de ces molécules dans | Pintérieur de leurs mafles, routes que le fluide eft obligé de | fuivre , & qui détermine ha direction des lignes continues par | lefquelles fe propagent les vibrations. . inflexions multi- | pliées : alterent & détruifent enfin l’état de {a Lumiere. | La matiere de [a Lumiere ceffle d'éclairer lorfquelle ne fe | 20 prepare plus par des faifceaux formés d'une fuffifante quan- | I j | ] | tité de rayons qui fe dirigent felon des lignes fenfiblement paralleles ; alors l'effet de ce fluide neft plus le même fur l'organe de la vue, il devient trop f foible, ilne produit plus fur les parties . de cet organe un afez crand nom bre de ces vibrations dans lefquelles confifte la Lumiere, ou defquelles réfulte la fenfarion de Lumiere. Un mouve- ment confus, dans lequel tous les angles d'incidence va- tient , comme tous les angles de réflexion, n'eft plus propre à a fur la rétine la figure, la Fe d'aucun objet diftinét , déterminé & permanent ; 5 ne. comme Je dit en-. core M. de Godeau, on ne ru rien Te des phan- tomes peuvent + apparoïtre , mais —. des mouve- mens tumultueux & défordonnés, qui laiffent à: Pimagina- tion inquiette fa carriere la plus ie. & qui Fa abandon aux illufions les plus phantaitiques. $6 PARTS I OUT. Nous ne pouvons appercevoir les objets que par des lignes droites cirées d'eux à nous, & par les rayons directs qu'ils nous envoient. Des vibrations confufes & qui fe rap- portent à une multitude infinie de points felon des direc- tions aufli imulripliées que ces points, qui fe dirigent gua- quaverfum dans lefpace infini, n'ont dans aucun de ces : points l'énergie nécefaire pour dire en nous cet effet, que nous appellons fenfation de Lumiere. Cette vérité . prouvée par Les faits, & la théorie qui fait connoître les loix. dont. ils réfulrent ur deviendra que claire. encore par ce que nous allons dire. Nous avons prouvé lexiftence générale & d'un fluide élaftique dans tout l'efpace. Nous avons fait connoî- tre la caufe qui met ce fluide dans un état gontinuel de vibration. On à vu comment de cer étar de vibration ré. fultoit la Lumiere. Il à été démontré que c'elt par des vis brations que la Lumiere agit fur tous les corps j que c ed ces vibrations qu fl Aut rapporter tous les phénamenes du mouvement & de la chaleur, & conféquemment & toutes les modifications dela. N ature ; que la Nature. elle-même ñ eft que. le produit de ces deux caufes, qui ne peuvent en: avoir d'autre que le mouvement du fluide. univerfel dans lequel tout eft plongé, & qui reçoit lui-même fon action du globe moteur. qui, du centre de fon empire, en agite toutes les. parties, 5 Du haut . cette … " ne = Se que, vafte, confidérons LE Ne Nous _embraflons toute la fphere de notre Monde ; les limites qui le circonfcrivent. font es feules bornes qui puiffent nous arrêter ; nous ayons, LIES pu MonpDper. s? à calculer les effets d’une puiffance connue, dont la force né peut être arrêtée que par d'autres puiffances qui l'en vironnent , c'elt-à-dire par Les Soleils des autres Mondes qui nous entourent, & qui peuplent l'Univers. Mais quoique leurs diftances nous foient inconnues, aflez d'effets nous in- diquent dans les efpaces immenfes l'énergie de la force de notre moteur , pour établir une théorie certaine de toutes les actions qu'il nous importe de calculer. Arrêtons-nous un inftant ; confidérons avec admiration le plus magnifique de tous les phénomenes, celui fans le- quel plongés dans une ignorance auffi profonde que les ténebres écernelles qui nous envelopperoient de toutes parts, le Monde ne feroit pour nous qu'un fombre, vafte & dan- gereux cachot dans lequel fe confumeroit notre trifte exif tence. On voit affez que c'eft de la faculté de voir que je veux parler. . Comment s’opere la vifion? comment s'établit ce rapport entre nos yeux & les objets les plus éloignés ? comment l'image de ces monts lointains eft-elle comprife dans l'étroit Circüit de notre œil ? comment ce petit globe , qui n'a pas huit lignes de diametre, renferme:t-il la huitieme partie de la furface d’une fphere concave dont le rayon eft de plu- feurs milliards de lieues : comment fuis-je averti de lexif-: rence de Syrius, de celle de Caftor & de Pollux, & de: Mille autres Soleils placés à des diftances énormes de ces. aftres mêmes dont je ne puis calculer l'éloignement? Ici lef- “ee ES û ° 3e DT ; prit étonné. fe confond, il cherche en vain ce qu'il doit admirer le plus, ou de la fublimité de lintelligence du Créateur, qui fur unir par de tels rapports les êtres qu'il: Tome TTL, De la Vifion Comments’o- pere la Vifion. 58 PRES IOUE. plaça aux extrémités de l'infini, ou de la faculté qu'il dai- gne accorder au genie de l’homme pour $ ‘élever. juiqu a ces hautes & vaftes confidérations. Nous avons reconnu que la Lumiere n'eft que l'effet des vibrations d'un fluide éminemment élaftique qui remplit tout l'efpace , & qui pénetre même tous Les corps. C'eft dans ce fluide que nous exiftons ; c'eft dans ce fluide que font plongés tous les corps ; c'eft dans fon fein qu'eft comprife la Nature entiere; c'eft par lui quelle ’eft agitée, vivifiée, animée : {a Lumiere eft une des modifications de ce fluide, elle eft le produit des vibrations de lécher fur l'organe de Ja vue: - Peut-être l’efprit a-t-il peine à faïifir, au premier appercu,. comment ces vibrations continues fur notre œil, & quine font qu'une multitude de petits chocs fimultanés & con- tinuels, peuvent produire la Lumiere , cette clarté géné- rale qui, dans un beau jour , éclaire Horton le plus te. rempli lhémifphere qu enveloppe la voûte des Cieux’, ge | qui, pendant une belle nuit, lorfque Fabfence du Soleil rend ces vibrations es plus foibles, femble péne- trer la profondeur de l'Univers, & fe Ad entre des millions de Mondes, dont notre - ne peut cuncevoir les diftances refpedtives Pour marcher avec confiance dans cette vafte carriere, où nulle route ne nous paroït encore. avoir éte tracée de maniere à guider sûrement [es pas de celui qui fe. propofe de la parcourir. toute entiere, il eft. infiniment important de ne confondre aucun objet. Éefre. | ne conçoit clairement que ce qu'il à fuffifamment amalyfé. Fixons dc toute notre attention fur le: phénomene im=- portant que nous confidérons, ie DU MONDE s9 Nos idées font le produit immédiat & néceffiire de nos fenfarions ; celles-ci font l'effet des impreflions des COrps ex- rérieurs fur nos différens organes. Il réfulte évidemment de cétte vérité certaine que nos fénfations nous indiquent ’exiftence des objets qui nous Îes procurent ; que ceux - ci nous font connus alors par leurs-effets fur nous. Mais loin d'en pouvoir conclure que nos fenfations foient repréfenta- tives des objets, il faut en conclure au contraire que l'idée que nous nousen fefons, ne nous repréfente dans chaque fen- fation qu'une des propriétés de l’objet. Prenons une cloche “pour exemple. Celui qui eft né fourd, voit une cloche fans fe faire aucune idée de fa propriété fonore ; celui qui eft aveugle né, l'entend fans fe faire aucune idée de fa forme, & celui qui ignore comment fe produit le fon, entend la cloche, fans concevoir comment elle fait naître en lui la _—_. de fon. Il eft fuffifamment prouvé que l'ordre phyfique , {x matiere ne peut être touchée, agitée, modifiée que par la matiere. Le fens de la vue à rapproche donc ici du fens du ta. Il en eft de même de trous les autres fens. Comment une fenfation, & lPidée qui Pope tou- jours & fe confond avec ele. peut-elle naître du fimple “conta de Îa matiere? comment les différens rapports de ce contaét avec les différentes organifations de nos fens, peu- -vént-ils produire en nous cette variété de fenfations d'où naît la multitude infinie de nos idées » Cette queftion nous paroit abfolument infoluble. Si d'un côté elle tient. la Phyfique, parce qu'à fon origine elle dépend de caufes matérielles , de l'autre elle tient au degré le plus élévé de H 2 Des Senfas tiONSs oO Pays tovE la Métaphyfque ontologique, ou de la Métaphyfique de l'être ; dédale obfcur , ou plutôt éternel cahos dans lequél fe font perdus tous ceux qui, pourfuivant de chimériques -idées , ont été s'y précipiter. La faculté de recevoir des fenfations tient à l’efflence des êtres fenfibles. La fimple matiere ne peut que mouvoir, & être mue 5 la fenfation produite en nous par le contact d'une matiere extérieure quelconque , ne peut être confondue avec ce conta& , ni avec aucun des effets phyfiques de ce coûtat. Elle ne peut être aflimilée à un fimple motive ment. Ce net point à la matiere, comme matiere, qu'ap- -partient la faculté de fentir. Une fenfation ne peut exifter que dans une fubftance qui fe fent elle-même ; c'eft dans la propriété de fe fentir que réfide uniquement & exclufive- ment la faculté de recevoir des fenfations , d'acquérir par les fens {a connoiffance de fon exiftence & de celle des ob- jets extérieurs. La faculté de fentir eft la propriété diftinc- tive de lanimal ; elle tient à l’eflence de l'être animé ; c'eff elle qui véritablement & exclufivement conftitue l'animal; elle eft elle-même l'animalité par excellence : tour ce qui fent appartient au regne animal, ce qui ne fent point eft hors de ce regne. Lorfque quelque accident arrivé à l'organe où réfide éminemment la faculté de fentir, où fe réunifflenr & cor \ : : refpondent, où fe terminent enfin toutes les actions phyf- ques des fens, à fufpendu pour un tems plus où moins long l'exercice de cette faculté, comme cela arrive dans quelques ! ; S > , o 1 PA léfions du cerveau, lorfqu il s'eft fair des épanchemens de “ang ou d'humeur fur fa furface , & fur-tout à fa bâle; la : D & MoN D *#, 6x lorfqu'il éprouve, & particuliérement le cervélet, quelque compreflion confidérable, alors on peut dire que l'anima- lité eft fufpendue, qu'elle eft même éteinte , que l'être qui exifte dans cet état n'eft point proprement & actuellement un animal, il neft qu'une machine organifée pour l'anima- lité, L'animal le moins animal, sil . permis de s'exprimer ainf, jouït eflentiellement du don de fe fentir , il a la fen- fation intime de fon exiftence , ce qu'on aspolle la conf- crence de [on être ; cette propriété eft commune à tous. C’eft fur cette faculté inféparable de la vie animale , que repofe tout l'édifice de l'animalité. Cette faculté eft la fource & la caufe déterminante de tous les mouvémens qui confpirent pour protéger l'être animé ; c'eft elle qui veille fur fa con- fervation ; c'eft elle qui le dirige dans toutes fes actions : ce que le mouvement eft à la matiere morte, la fenfbilité left à la matiere animée ; c'eft par elle que s'établit le com- merce admirable qui nous lie par des rapports plus ou moins intimes avec tous les autres corps de la Nature. … Au milieu de tous les dangers que court l’animal , en- tre la multitude des êtres = variés qui Scuplens fon domaine, travers lenombre infini des évenemens qui fe pañlentautour de lui, pour fatisfaire à tousles befoinsauxquels tiennent {on exiftence &fa confervation , les fens font autant de fentinelles qui veillent fur lui s ce font eux qui ou- vrent les portes, ou plutôt, ils font eux - mêmes les voies par lefquelles il peut ee avec les objets exté- rieurss Ceft par eux qu'il connoïît fes befoins , éeft. par eux quil forme des defirs, ceft a eux qu'il. connoït le plaifr, c'eft par eux qu'il cf porté à produire fon fembla- 62 PHYSIQUE ble ; ce fontles fens qui raffemblenrt les matériaux qui fers vent à notre Ame à former tout le fyftème de notre exif- tence morale. On à donné différens noms à cette faculté précieufe que nous venons d’appeller fenfibilité ; mais aucun ne peut nous faire concevoir fa nature, parce qu'elle ne peut être com parée à rien de ce que nous connoiflons. Nos fens prou- vent fon exiftence ; mais ils ne pénetrent pas jufqu'a elle; ils ne s'élevent pas jufqu'à fon principe, ils font abfolu- ment muets fur {a nature ; fon effence ne peut être foumife al pouvoir de notre intelligence, Nous ne chercherons donc point à la définir ; ce fecret eft celui que l'Eternel à placé le plus loin de nous. Nous regardons cette faculté comme une. propriété innée & effentielle que l'Auteur des êtres a primitivement attribuée À l'être animal ; elle eft le caractere immuable par lequel on diftingue ce regne ; c'eft par ce caractere diftinctif qu'il ne peur jamais être confondu avec les deux autres. Les variations infinies des évene- mens, des combinaifons de la Nature, ne pourront jamais ni éteindre cette faculté dans le regne auquel elle fut ac cordée , ni la faire acquérir aux deux autres ; inhérente. aux germes, femblable au type primitif donc ils font tous fortis, d'où fortiront tous ceux qui fe développeront , leur développement peut être ou favorifé , où réprimé par les événemens des caufes naturelles : mais leur effence eft in variable ; ils fe conferveront toujours au milieu des def tructions, Nous expoferons un jour plus méthodiquement notre opinion fur origine, fur Le développement des genes où pv MonNpD+x. 6; des types qui ont exifté primitivement. Nous dirons com- ment les différentes efpeces ont fucceflivement habité tou- tes les contrées, pourquoi elles s’en font fucceflivement re- tirées, pourquoi elles ont été remplacées par d’autres, pourquoiï.elles Les remplaceront à leur tour. Ces recherches fur la modification de la vie , ne peuvent être placées qu'à la fuite de la théorie de la chaleur & du mouvement ; & nous prions inftamment nos Lecteurs, comme nous l'avons déja fait, en préfentant quelques autres vues générales, d'attendre, pour juger nos idées , & pour en tirer les induc- tions, que nous les ayons nous-mêmes développées. . Nous nous bornerons denc à confidérer la faculté de fentir, comme une propriété effentielle & radicale de l'être animé, comme le caractere véritablement diftinétif de la- nimal, comme le véritable principe dans lequel réfide l'a- nimalité; ce qui ne peut nous être difputé, quelqu’opinion qu'on embrafe. — Nous appellerons cette faculté Vérre fenftif, où l’ére pafible , termes effentiellement fynonymes. | - IPeft évident que de la faculté dé fentir notre exiftence réfulte néceflairement la faculté de la fentir d'une maniere différente, lorfqu'elle eft différemment modifiée ; ou de nous fentir dans différens états , lorfque nous recevons dif- férentes imprefions. Nos fenfations étant l'effet combiné des propriétés des corps extérieurs , & des difpofitions méchani- ques de nos organes, ces fenfations, qui déterminent l'état : de notre exiftence, doivent varier comme les caufes qui les produifent 5 de-là les combinaifons innombrables des affec- tions qui naiffent du principe unique de la fenfbilité , où des modifications de l'être paffif, 64 PHSSIOUE Voilà tout ce qu'il nous eft philofophiquement poffible de découvrir dans l’ordre naturel & phyfique de la machine animale. L'ordre furnaturel ouvre une carriere infiniment plus noble, plus fublime ; le flambeau de la Foi éleve Lefprie de Le à des vérités quil neût jamais apper= ques à l’aide de la foible lumiere de fa raïfon. C'eft cette derniere faculté qui feule nous guide dans cet Ouvrage; hi nous ny confidérons même l'homme que fous Fafpe& d'ani- É mal ; c’eft l’homme phyfique, purement phyfique, dont nous parlons : qu'on ne cherche donc point ici, par des déduc- tions captieufes , à établir des oppofitions entre des propofi: tions purement philofophiques, & les vérités éminemment refpe@ables de l'ordre furnaturel. Pourquoi faut-il que celui qui fe livre à la recherche des loix de la Nature, foit forcé d'avoir toujours fous les yeux la crainte de fe voir accufer au tribunal de la Religion par. des hommes inquiets , dont lefprit plus craintif qu'éclairé, femble toujours s’allarmer fur la folidité d'un édifice dont il n'a pas fuffifamment connu la bâfe inébranlable ? La Re- ligion profcrit ces sladiateurs indifcrets , turbulens & cruels ; qui femblent ne s’'armer pour fa défenfe qu'afin d'intimider les Âmes fimples & paiñbles, en leur faïfant redouter des attaques imaginaires. Le defr de répandre le plus léger doute fur.les vérités facrées, féra toujours loin de notre cœur & de notre. efprit. | a |. Des Organes Si, d'après ce que nous venons de dire de Ja fenfbilité a des Sens nous éhechons comment les objets extérieurs agiflent fur hos organes , nous fommes aflürés , comme nous l'avons déjà or dit, & comme il eft évident par mème que ce ne pe Être RM AN C7 A EPL AL CP ES CAS TE a nn ue nine ghénnes ep ma rt Le k x È Du MonNpber, 6 être que par des contaéts & par des impulfions, Si nous vou- Jons enfin étendre nos recherches jufqu'à la diftinion des. parties de la machine animale, propres à nous procurer des fenfations , jufqu’à la découverte de celles dans lefqtel- les réfide la faculté d'excicer la fenfibilité, nous recpnnoif- fons que cette faculté ne réfide que dans les nerfs, qu'ils font feuls ue de l'être. Oe Die du fentiment. : | C’eft donc une vérité certaine & conte le , que és fens oût tous un principe commun, que fa fenfibilité dans tout être animal, n’eft éveillée, avertie, excitée que:par l'action des _. ; que la variété des a que re- çoit l'être pañlif, dépend primitivement, uniquement & ex- clufivement des modifications de la fubftance nerveufe, & que ces modifications réfulrent des différentes formes , des différentes contextures, des différentes difpoftions organi- ques, des différens effets méchaniques de cette fubftance identique. Cette vérité ne nous induit-elle pas < à penfer que, {oit dans les différentes efpeces d'animaux , foi dans cha= qu'individu de la même efpece , les Re ne font pas eflentiellement différentes entrelles : Elles ont toutes une bâfe commune, la faculté de fentir fon. exiftence ; elles font toutes excitées par les ÉOpRÈRSe, par Les actions des objets extérieurs; elles s'éxécutent toutes par un mécha- nifine à à-peu-près femblable ; dans toutes ces machines, les pieces principales , les nerfs, font de la même nature : rap. port magnifique & fublime , qui ramene à l'unité cette va- riété infinie d'aétions, a unit d’un lien commun ous | fyftèmes phyfiques. des & êtres animés, cquié donne enfin-une Tome TITI. > ï 66 | PHESIORE bâfe générale & conftante à l'harmonie de leurs one) Mais laiffons ces confidérations trop vaftes. Nous ne nous propofons pas ici de donner un Traité complet & méthodique des Senfations ; nous ne nous en- foncerons point.dans le dédale de la Métaphyfique 5 nous n’expoferons point les détails d'Anatomie : nous penfons ce- pendant devoir préfenter, de la maniere la plus claire & la plus fimple , mais en même tems la plus fommaire , Les idées métaphyfiques néceffaires pour faciliter lichines des différentes explications que nous donnons ; & nous croyons que ce que nous venons de dire exige que nous efquifions le tableau du méchanifme des fens , que nous en tracions au moins.les principaux traits, ceux par cie on peut embrafler & concevoir fenferble de la machine, reconnoître la propriété générale qui conftitue les organes du fentiment, ce qu'ils ont tous de commun entr'eux, & ce en quoiils différent. La majeure partie de nos. Las ne verfa peut-être pas avec indifférence ce tableau , trop peu connu du plus grand nombre ; il fervira à rendre plus intelligible tout ce que nous dirons de la Lumiere , objet immédiat de l'organe de-fa vue. | On eff certainement convaincu par tout ce qui. Le” que tous les fens fe réduifent, en derniere analyfe, à un feul _fens, & que [a maciere ne pouvant agir fur la matiere qu'en Ja touchant, ce fens unique eft le taë ; les autres n’en font que des variétés . & des modificarions. Confidérons ces variétés. : à Nous avons dit que =. _. 1. le 1. de L fenfbi | lité, que c'eft par eux que Fopérene roures les fenfations : pu MoNDE. C7 énergie des fenfations dont chaque organe eft la voie , dé: pend donc, & de labondance des nerfs qui forment ces organes, & de l'état dans lequel ils sy trouvent , & qui les rend plus ou moins acceflibles à laétion des cp Étratt- céers, plus où moins mobiles à ces actions. Il eft évident, par exemple , que leur plus ou moins d'enveloppement , le plus ou le moins d'empâtement qui les met plus où moins à l'abri des actions extérieures , affoiblit où favorife l'énergie de la fenfation. Il'eft évident qu'un nerf nud eft plus aife- ment, plus vivement agité, toutes chofes égales d’ailleurs, qu'un nerf recouvert de linéamens oi. aux actions extérieures. C'eft à la furface de notre corps, c'eft à la peau que és nerfs f6nc lé plus divifés. La peau n'eft qu'un tiflu de fibres fort rapprochées ; ce tiflu très-ferré laiffle entre les fibres qui le forment une multitude innombrable d'intervalles inf- niment petits; C'eft par ces intervalles que les extrémités très-déliées des nerfs parviennent jufqu'à la furpeau qui les recouvre, & fous Hiquelle” ils s'épañouïffent en forme — petices , que lon appelle papilles nerveufes , corps papillaires. Ces papilles nerveufes, que l'on —_—. auf mammelons , font le véritable organe de la fenfibilité. Ces houpes nerveufes , rangées par lignes, & dans un cer- tain ordre , forment Je filons que lon remarque à la fur- peau, & qui deviennent très-vifbles à l’aide du microfcope, far-tout fi on les obferve au bout des doigts. où ils font plus marqués & plus Fapproches, Toute la furface de notre Corps , toute. notre peau n'étant formée que par l'épanouif- fement des nerfs, ele doit donc à étre en totalité Torgane du “+2 PA KA | | l | uv ntm doéiun ensemesmecaw : | T 1 HU DRE PCA 0 A Le PHYSIQUE fentiment ; mais l'exceffif épanouïffement de ces nerfs , fa fineffe extrême des filets dans lefquels ils fe divifent , le tiflu fibreux & cellulaire qui les entoure, la furpeau qui les re- couvre , diminuent leur fenfbilité, en interpofant entr eux & la line dela peau , une multitude de points incapa” bles de fentir s ordre admirable , comme tout celui qu'on obferve dans la Nature ! Il étoit néceflaire fans doute que route la furface de notre corps fût douée de fenfibilité , afin que l'activité de la vie fûc plus grande , quelle füt plus générale , -& fur -tout pour que lanimal fût averti de tous les dangers qui lentoureroient. Mais obligé d'être perpétuellemenc en commerce avec tous ces Le d'a- gir fur eux ; & par een de les mettre à ponee d agir far lui, f fa fenfbilité eût été très-vive, fa viè n’auroit été qu'un tourment continuel; il nauroit pas exifté un inftant fans reflentir quelque douleur , fans éprouver quelque ‘crainte, ou au moins quelque . 5 le repos auroit | fui devant lui. C’eft ainf que l'épiderme ayant été enlevé, de quelque maniere que ce foit, tout contat, quelquelé- ger qu'il puifle être, & particuliérement tout Éoneent de- vient pole. | : Il étoit donc infiniment important . cet organe du fre timent, qui enveloppe toute la furface de notre corps, ne fût pas très-fenfible ; ; quil ne pût être affeé que par. des | actions un peu. violentes. Le fens, que lon appelle pro- : prement le saë , le toucher, eft. _ plus g groffier de tous; il n'eft point affecté fenfiblement par des agens qui font des imprefions fivives fur l'organe « du. palais, {ur celui du nee fur celui de l'ouie , fur celui de la vue. Ni ces corpufcules à PCR Res “ fs en ac hd x À CR Re Et RIDE LE ag UN qe ALI dt S LCR) C CASE PESTE pans à — pu MonpDEt. 69 qui, diflouts & divifés dans les fluides, affe@tent l'organe du goût , ni ceux qui S échappent des corps odorans, ni les acte du fluide qui produit les fons, ni celles de mo- lécules de la: Eumiere, ne font les bises propres du ta&. Un organe particulier placé feulement dans une partie dé- terminée de la furface de notre corps, fut deftiné pour chacun de ces rapports avec les différens objets, tandis que la fenfbilité appartient a toute la furface du corps ani- mal, qu elle réfide dans roues fes parties; par elle faériviré de la vie anime toute La machine ; aucune de fes pièces ne peut être affectée par des corps extérieurs, fans que lation foit portée vers le point unique où réfide éminemment Fa- nimalité. C'eft de-là que le principe qui la conftitue veille fur fa confervation ; c'eft à ce point, que lon peut compa- _rer at centre de la toile de l'araignée , que la fenfbilité eft avertie de toutes les modifications que les objets extérieurs operent fur quelque partie que ce foit du uiffu général. . Cependant la fenfbilité érant une dans fa nature, étant générale, elle ne peur varier dans Les différentes parties du. corps animal , que par la fufceptibilite, par la mobilité Par -Pé énergie de l'or gane. Tous les agens phyfiques propres à la füfciter dans un point quelconque, font propres aufli à l'agiter dans tout autre point, fi leur mañle ou leur force saccrote, fi. Jeur action acquiert une inrenfité fufifante. Les principes. ‘qui font les LE du goût, & qui nous procurent des fen- fations acides, âcres, &c. ceux qui font naître dans for. gane du nez les dd des odeurs, Pair agité, &: rendu {onore qui agit fur le. cimpan de Loneilles la Lu ébranle la rétines. tous ces agens phyfqu s-exer RS RCE ARR On D Rp a él PHYSIQUE actions fenfibles fur la peau, lorfque leur effet eft fuffi- famment puifflanc, foit par l'étac de rapprochement de leurs parties, foit par des impulfions plus fortes. Dans ce dernier étar où ils deviennent fenfibles par Le ta, & pour l'organe général du toucher, ils feroient doRsiitours de loresé infiniment plus sr. qui fut par ticuliérement deftiné à recevoir, à mefurer leurs effets, & à établir notre com- merce AVEC eux. C'eft en fuivant ces différens degrés de mobilité, de fuf: ceptibilité des organes, que nous admirerons de plus en plus la magnifique économie du corps animé. Nous voyons nos différentes fenfations naïtre des feuls degrés d'énergie de la fibre fenfible. La mefure de ces . eft fous nos yeux; elle eft Rep déterminée par les circonftances organi- ques qui gênent ou facilitent l'action des nerfs, par l'état & par la nature des tiffus imperceptibles qui les recouvrent plus ou moins, ee Nous venons de réconnoître les obftacles _ dans la Peau, CETTE enveloppe commune de TOUT NOTÉE De émoufloient la fenfbilité des nerfs. Dans ? organe du goût, dans le palais, les nerfs font un peu moins déliés, les filets dans lefquels ils fe divifent & fe terminent, font moins fins; : les mailles du tiflu fibreux font moins rides fa furpeau eft moins épaiffe 5 ; elle eft continuellement = par un. fluide doué de la propriété de diffoudre les huiles, Les {els des corps qui entrent . contact avec cette membrane. Ces huiles, ces fels, divifés, atténués, pénétrent à travers le embrane. ils + aiots far le nerfa découvert, ils Sy infinuent à aide du fluide qui les tient en difolerion à e ir ADRIAN TERRE ANNEE EEE RELRELS EPS MESURE TREND D 0 = Mo N D%. FI fuivant les loix des tuyaux capillaires, ils y exercent les actions qui leur font propres d'après la nature de leurs com- pofitions.. On conçoit donc aifément pourquoi le ta eft ici bien plus fenfible que dans l'enveloppe générale , & pour- quoi les fenfations, les affections qui en réfultent font fi différentes. - L'organe de l’odorat eit formé de nerfs plus nombréux, & qui font encore plus à découvert que ceux qui fe réu- niflent fur le palais & fur la langue. Abondammerit abreu- vés par une humeur féreufe, également préfervés par elle dune féchereffe qui détruiroit leur fenfbilité , ils font propres à être agités par des actions plus léseres, d’être affectés par des molécules plus fines , plus déliées que celles qui agiflent fur Je palais, de-là l'effet des odeurs, Ces odeurs appartiennent dans leur eéfflénce, & dans leur origine, au principe inflammable; elles ñe font elles-mêmes que des molécules d'huile plus ou moins re&ifée, plus ou moins effentielle, que diffout dans les corps appellésodorans., le fluide atmofphérique, feul véhicule des odeurs. Æ — Dans l'organe de l'ouïe les furfaces nerveufes qui en tapiflent tous les contours, font difpofées de la maniere la plus favorable aux fonétions du genre de fenfbilité auquel elles font deftinées. L'air eft l'agent des fenfations de l’o- reille, & dans celle-ci on remarque des réfervoirs d'air mé- ee Fe à 7 & Fe nagés avec un art infini, & dont les parois font formées par D des membranes infinimenc élaftiques (c). Les vibrations de (ce) Cet organe eft un des tableaux les plus curieux q FAnatomie à ceux qui ne veulent pas pénéirer fes profondeurs. ETES Er csraesersareenapnrarienter ve sseremesre pasieie tea Se Se NS US à TRE PRE LE EC EE RE TR dd RER SE EST 72 PHYysIQUE l'air extérieur, dans lefquelles confifte le fon, en excitent donc d’analogues dans l'air compris dans les cavités de l'o- reille. Ces vibrarions font multipliées par les parties élafti- ques de cet organe , & elles y acquierent une énergie dont les différens dons, les différentes modifications ont déter- miné Ja théorie es fons. H n’eft donc point éconnant que les vibrations du Auide fonore, qui font fans ation, ou au moins fans effet fenfble fur les-trois organes dont nous venons de parler, qui ne trouvent point dune ces organes de lieu pr éparé pour aug- menter leur ativité, pour recevoir & FÉPErEnes leurs pul- fations , produifent ici des fenfarions fi variées. L'organe de la vue, l'œil, n'eft formé que par Perpa EE. nerf, que . = nerf. optique, dun mot grec qui fignifie vorr. Ce faifceau de nerfs eft, par fon état d'ex- paañon & par fa difpofition, plus expofé qu'aucun autre à l'action des objets extérieurs. Cet organe eft le plus mobile, le plus délicat, le plus fufceptible ; tous Les corps palpables & fenfbles le bleffent. Les corpufcules des faveurs | ceux . des odeurs ne peuvent que loffenfer; ceux de l'air même, TS Sa vue n’a rien de défagréable ni d’inquiétant, comme celle de tant d'autres parties du corps humain ; plufieurs de ces dernieres,jettent leffroi dans l’âme par la facilité avec laquelle elles paroïffent pou- voir fe déranger , &c par les dangers qui fuivroient leur bite légere altération. Nous invitons nos Lecteurs , après avoir Ju ce qu’en di- {ent MM. Briflon & Sigaud de Lafond, dans leurs Didionnaires de Phyfique, & furtout M. le Cat , dans fon excellent Traité des Sens} À aller confidérer cet organe chez Mile Fren —. oo ; 0 demeure à Efrapade en st 9 R $ TAN TERRE RTE SAT RRE TE CNET pu Monwpr#. 72 s'ils arrivent avec une certaine vitefle, imñnim éntinférieuré cependant À celle de la Eumiére, & dix millions de fois ‘moindres, Jagitent douloureufement. Tous ces principes ne peuvent exciter dans l'œil qu'une action confufe; &, sil ‘en réfulte quelque fenfation, ce ne peut. être que die de la douleur. Les molécules de la Lumiere font les feules qui puiflent agir fur dui d'une maniere analogue à fa defti- nation, pourvu, toute fois, qu'elles ne lui parviennent pas avec trop d'abondance, & dans un état trop rapproche. Ces molécules de la Lumiere, dont nous avons déja fait affez connoître la nature, font les fphéricules infiniment élaftiques du fluide éthéré, qui remplit tout lefpace. Confidérons comment il agit a. l'organe de la vue. La Lumiere & fes phénomenes, cils l'objet qui doit nous occuper dans tout ce Volume. Nous ne croyons pas nous en être écartés, en préfentant une théorie très-fom- maire des fenfations. Elle étoit néceflaire pour faciliter l'in- pe -des- effets que nous : obferrons Par. Le lens. de - Nous avons reconnu 1. que , pe sé pe ge Re admife entre nos — nous n'en avons véri- tablement qu'un ; que ce font les organes de la fenfbilité -qui different entreux, mais que là fenfbiliré eft une que Le ract eft le fens unique, » que chacun des organes dont nous avons parlé doit à fa conformation particuliere le propriéré. de produire en nous des fenfations. différentess | mas. que toutes naiffent du contact des corps étrangers, I | onc-bien. tan qe la fenfation de Lumiere Tome 1 À 2 HLO PF EE SEE EETT sr 7 æs A PASS TIQUE ue leffec des vibrations des fphéricules du fluide qu remplit tout Fefpace, & qui pénetre tous les corps. Ce fluide eft toujours interpofé entre nous & tous les objets ; c'eft dans fon vafte abime que tout eft plongé. Les objets extérieurs nous deviennent vifibles, leur exiftence fe décele à nos regards, lorfquils réfléchiflent vers nos yeux les vibrations qu'ils reçoivent du fluide interpofé. Il eft infiniment important de diftinguer ici deux efpeces de corps, fur lefquels ta Lumiere agit différemment, & de confdérer les effets qui réfultent de fon application à ces corps, & de leur réa&tion fur elle. Les uns, ceux qu'on ap- pelle rzrorrs , de quelque nature qu'ils foient, métalliques ou vitreux , pourvu que la tranfparence de ceux-ci foit dé- truite par une matiere opaque étendue fur une de leur fur- face, réfléchiffent véritablement la Lumiere ; dans cette r'é= flexion, l'angle que fait la Lumiere réfléchie avec la furface du miroir, eft toujours égal à l'angle de fon incidence avec la même furface: d'où il réfulte que l’objet dont l'image eft réfléchie par le miroir n’eft vifible que dans la direc- tion de cette Lumiere réfléchie. C'eft ainfi que l'image du Soleil, lorfque fes rayons tombent fur une glace, n'eft vifible que dans la ligne de réflexion de ces rayons, & que le centre de cetre image folaire ne peut être vu que dans une direction unique, dans une ligne qui, s'éten- dant du miroir à l'œil, fait avec la furface un angle égal à celui que fait la ligne tirée du centre du Soleil à la glace. Il en eft de même d'un tableau , ou de tout autreob- jet qui, de quelque lieu quece foit , trace fa repréfentarion A EE A Le no D PACA Disc RAS UN rat CETTE RNURES" pu MonNDE, ra far cetre glace; cette repréfentation ne peut être vue que par des Spectateurs placés dans le lieu vers lequel s’écendent les lignes de réflexion qui font avec la-glace des angles évaux aux angles d'incidence que font les lignes tirées de l'objet au miroir. L'objet eft invifible de tout autre point que de ceux qui font dans les directions indiquées. Le miroir réfléchir donc réellement & véritablement la Lumiere ; cela eft prou- vé de la maniere la plusévidente, puifque l'objet répété par le miroir n’eft vifible que dans une feule ligne , dans une feule direction, dont l'angle avec la glace eft égal à l'angle d'incidence de rayons qui s'étendent de l’objet au point du miroir où fon image eft repréfentée: Mais il n'en eft pas de mème des autres corps qui reçoi- vent aufi [a Lumiere. Prenons pour exemple le tableau dont on vient de parler. Que ce tableau ne reçoive la Lu. miere que par un feul carreau de la croifée 5 fi ce tableau _n'étoit vifible que parce qu'il réfléchiroit la Lumiere , il eft certain que nous ne pourrions l'appercevoir qu'en nous pla- çant vers la partie de l'appartement où feroit dirigée une ligne qui, s étendant du centre du tableau à l'œil, feroit avec la farface du tableau un angle égal à celui que é avec la même furface la ligne tirée du centre de l'ouverture de la croifée au centre du tableau. De tout autre point de l'ap- _ partement ce tableau ne pourroit être pee Il eft de toute évidence que, files objets ne pouvoient être vifibles que par la Lumiere réfléchie, la réflexion fefant toujours un angle égal à celui de Bicdence. un ee éclairé par un un feul faifceau de Lumiere, ne pourroit être vu que p: LÉ pareil faifceau réfléchi vers un lieu unique. Or, le tableau K 2 re >» = 75 PHSSITQUE dont il eft ici queftion, quoiquéclairé par un feut carreau ! « = CEE de la croifée, où même par un trou fuppolé très-petit, eft cependant vifible de tous les points de l'appartement, quel- que vafte qu'il foit. On ne peut donc pas dire que tous Les corps ne font vifibles que par la Lumiere qu'ils réfléchiffent, puifque cette Lumiere réfléchie auroir une direttion unt que qui s'écarteroit de plus en plus de la direction de la Æumiere incidente, dont cependant elle feroit la continua-. tion, & qu'elle feroit avec la furface du tableau un angle égal à celui que feroit la Lumiere incidente. La propriété de réfléchir la Lumiere appartient donc ex clufivement aux feules furfaces du genre des miroirs. Lorf: qu'une glace reçoit par un trou pratiqué au volet, un rayon de Lumiere du Soleil, il eft certain que l'image de cet aftre qui fe peindra dans la glace , & que celle-ci réflé- chira à un des murs, au plafond, où au parquet de Fap- partement, ne fera vifible que dans une feule & unique di rection où il faudroit que Pœil für placé pour qu'il pûc ap- percevoir Le Soleil. Si au contraire vous couvrez fur cette glace la place qu'occupe l'image lumineufe avec une fur face opaque colorée, cette furface opaque fera vifiblede tous les points -poffbles pris dans l'appartement ; chaque ' Spectareur ; en quelq ie nombre quils oient: | pourra ap= percevoir a la fois les couleurs de ce tableau. … - - Les corp voient donc dés ra ons colorés de touscôtés, vers tous: points d'un hémifphere donc:ils fonr le centre. M. Euler a très-bien expliqué ce phénomenc, en regardant cetre Lu eKre €EAVOYEE par les: corps colorés Fe comme produite pag. es NA ROLE ! L ? DRAP TIANEREO ANNEE EEE opaques colorés qui reçoiven t la Lumiere , « he es. Prop enr ss rasaonn AE RICE A EEE Li SE GEAU LE RASE Ë Ë Ë D ü © M:0:N:DCE. ze dé nouveaux rayons qui partent des furfaces de ces is É explication qu'il en donne fe lie très-naturellement à nos principes , & eft abfolument inconciliable avec ceux des at- traionnaires. Les principes de ces derniers font inapplica- blés aù phénomene de la vifibilité des corps opaques dans tout un hémifphere. L’obfervation de ce fait conftant fuffit feule pour détruire l'opinion de ces Phyficiens. Selon le très-favant M. Euler, la nie extérieure qui rencontre la furfacé des corps re , frappe par fes vibra- tions les molécules fenfibles de. ces corps ,-& les met elles- mêmes en vibration. Ces molécules réagiffenr enfuite fur l'éther ambiant, ce qui produit. dans ce fluide élaftique de nouvelles vibrations , de nouvelles ondes qui s'éten- dent en séloignant du corps dans toutes les directions poñibles, dns un hémifphere dont ce corps'eft le centre Commeles molécules de toute la furface de ce corps ne font dans une agitation continuelle , &-que chaque point de cette furface produit dans léchès- un mouvement.de vi- bration qui sétend hémifphériquement autour de fui —. en æéfulte. néceflairement que de quelque côté que nous re- gardions un cofps opaque, nous le voyons également. Il nen eft pas de même, comme nous l’avons déjà dit, d'une image repréfentée par un miroir ; nous ne-voyons cette “image que. dans une direction particuliere ra rhiques & nôus {a voyons dans un lieu différent de celui où. it Lee LL qu elle Fee Eee Re x EE DTA 78 PHYSIQUE fatisfefante, & qui établit d’une maniere infiniment claire commentnous concevons la différence qui exifte entre les mi- roirs & les corps opaques, & les effets qui réfulcent de cette ‘différence. Ces difpofrions phyfiques & locales qui produifent ce qu'on appelle des échos, font au fon ce que les miroirs font à la Lumiere ; Les furfaces qui produifent Pécho réfléchif- {ent les vibrations de l'air, comme les miroirs réfléchif- fent les vibrations de l’écher. Les fons réfléchis ne peuvent être entendus que dans une certaine direction, comme les rayons lumineux, réfléchis par les miroirs, ne peuvent être vus que d’un feul côté. Dans l'écho l'obftacle qui réfléchit Les fons , ne produit point ceux que nous entendons; il en eft de même des miroirs, ce ne font eux que nous voyons. : | Les ue lumineux qui tbriflenc de leur propre lumiere, peuvent être aflimilés aux corps fonores ; dès que ceux-ci font frappés, nous les entendons de quelqu endroit où nous foyons placés dans l'efpace fphérique qui les environne, & auquel ils fervent de centre. Les molécules invifibles da ces corps, mifes en mouvement de vibration par le choc que ces corps ont reçu, frémiflent ; elles communiquent à l'air en- vironnant le même mouvement de vibration, ce mouvement fe phopsge de proche en proche dans toutes Les directions; de même les corps Jumineux : impriment à léther qui les en- vironne , le mouvement de vibration par lequel ils nous de viennent vifibles ;. ce mouvement de vibration de l'éther, propagé jufqu’à nos yeux , y imprime la fenfation de clarté, comme le mouvement de vibration de Pair propagé on no : oreilles, nous Po la es de fon, = ESP PET TOR PRET IT PPT PTT RIT NT VTT TEE PE HSE SAGE RSC SPOS PTT OR TETTTTE TES TERRE OT TENTE SES ÉD PCT? PT ER Te TE UT ALI Lt ie dl cs ma a ni Pt Ed ul ET x ur UNE SELS LES SN PORTER RIRE RP PR RP re Duv MonNpDE. 79 Les corps vifibles & colorés, qui ne brillent que d'une ‘ - Lumiere empruntée, peuvent encore être comparés aux corps fonores; ces corps colorés, ainfi que Îes corps fonores, entrent en vibration par l'aétion de l'éther:; ils produifent alors eux-mêmes de nouvelles vibrations par l'agitation des parties de leurs furfaces ; ces vibrations ,les corps colorés {es impri- ment lécher, comme les corps fonores les impriment à l'air. On fait que les corps fonores répondent aux pulfations qu'ils ont reçues par des fons qui différent & par la force & par le ton ; la force eft toujours proportionnelle à la puiffance, le ton dépend uniquement de la fréquence des vibrations, & cetre fréquence dépend elle-même de la grandeur du corps fonore & de fon degré d'élafticiré. Si une corde de clavecin fait 100 vibrations en une feconde, elle produit dans l'or- gane de l'ouïe la fenfation du fon ur, qui eft rendu par la touche du milieu du clavecin; fi une autre corde fait 112 vibrations dans le même tems, elle produit le fonre, que rend la touche contiguë à celle dont on vient de parler ; fi la -corde fait 125 vibrations, elle formera le 7 ; fielle en rend 433, ce fera Le fa ; fi elle vibre 150 fois en une feconde , Je fon quelle rendra fera le fol ; 166 vibrations produiront le la ; 187 left, & 200 vibrations en une feconde, produi- Tont un nouveau fon sé , à l’oétave aiguë du premier zr. _“Æn doublant chacun de ces nombres, on aura ceux qui ex= : 2 priment les fons de lo&tave fupérieure, & en dédoublant les mêmes nombres, on aura les nombres de. vibrations que ‘ont en üne feconde les tons de l’oûtave inférieure. Dédou- blant encore ces derniers, on aura les nombres des vibrations que rendent Les fons de lo&tave des baffes du clavecin, infé- Trieure encore à celle dont on vient de parler. | 4 à 4 se: 80 Pare er OU € De même les corps colorés nous paroïflent de telle ou telle couleur, parce quils répondent aux pulfations de la Lumiere qui les éclaire , & qui nous les rend vifibles par des vibrations plus où moins promptes, qui impriment à l’éther, dont ces corps font environnés , un mouvement femblable ; ce mouvement recu par l’organe de [x vue, y. > Ÿ. imprime la fenfation de clarté, modifiée de telle ou telle maniere. La fréquence des vibrations que les corps éclairés rendent à l’éther , dépend elle-même de la contexture de ces corps, de l'état de leurs molécules infenfbles, (d) ainfi que les divers tons du clavecin dépendent du volume & du degré de tenfion des cordes qui rendent ces divers tons. C'eften ce fens qu'il eft vrai de dire que les couleurs ré- fident dans les corps , quoiqu'elles ne nous foient vifbles que lorfque ces corps reçoivent & rendent Les impulfñons de la Lumicre qu'ils ont reçue. Nous traiterons dans ce Volu- me de la théorie des couleurs. . Nous ne voyons, nous ne pouvons voir aucun corps que par le feal & unique intermede de la Lumiere ou réfléchie par les miroirs, ou, ce qui eft infiniment plus fréquent, produite par les vibrations que lécher , agité par Le Saleih, excite à la furface des corps opaques. Un corps qui ne,rér fléchiroit point de Lumiere, qui ne contiendroit point d'ér ther éncarceré entre fes parties (telle feroit une fubftance (4) L'élafticité des molécules infenfbles des corps dépend uni- quement de 'éther incarcéré entre elles ; des différens érats de ces incarcérations ,. que nous confidérerons ailleurs , naïffent les diffé= de-là les différentes rens. degrés de l'élaficité dé ces molécules; 8e couleurs, SR da 12 = parfairement DU MONDE et parfaitement tranfparente ); l'air le plus pur, paf exemple, ne feroit point vifible pour nous , comme l'air ne l’eft poinc: l'œil ne voit donc que par l'intermede des ravens réfléchis, ou produits. Une feule obfervation rend cette vérité évi- dente. Nous voyons très-bieñ les objets éclairés , quoique nous les confidérions d’un lieu très-obfcur ; nous ne recevons cependant alors d'autre Lumiere que celle quenvoie leur furface ; c'eft alors même que nous Les voyons Le plus diftinc. tement, parce que nulle autre Lumiere étrangere ne trouble l'effet des rayons qu'ils nous envoient , que nulle autre image ne fe confond avec la leur, & n'altere en nous s La fen- Éié, qu'ils produifent. Chaque point infenfble d’une furface Éclanée réfléchit, ou produit un rayon particulier; de-là toutes les variétés dés formes & des couleurs. Si la furface d’un corps eft tellement difpofée, fi la contexture de fes parties eff telle que tous les rayons qui arrivent d'elle à nos veux, foient produits. par des vibrations égales, ce qui lppae que lécher incarceré eft dans le même état, dans le même degré d'incarcéra= tion où de gène dans toute cette furface , que toutes Les mo- lécules, les particules infenfibles de cette furface ont à-peur- près le même degré d'élafticité; alors le corps nous pa- roïtra d'une feule couleur, parce que tous Les rayons lumi- neux auront été produits par des vibrations douées de Îa même énergie & ifochrones entrelles. Nous démontrerons -que les variétés des couleurs ne font que le produit du nom- Dre des vibrations du rayon lumineux dans un tems donné, de même que Les variétés des fons n'ont pour. caufe que le nu des vibrations que Pair reçoit du corps fonore dans ‘Tome III, | ÆL 82 PHXSIQUE un tems également donné. Nous renvoyons ces preuves à à Particle des couleurs. Ce que nous allons dire eft certainement très-connu re la plus grande partie de nos Lecteurs; mais (& nous ne pouvons le répéter trop fouvent, parce que nous defirons infiniment qu'on ne le perde pas de vue | c'eft un Ouvrage élémentaire que nous préfentons ; nous ne voulons fuppofer | aucune connoiffance antérieure dans l'efpric de ceux qui le liront. Cette obfervation eft d'autant plus intéreflante pour nous, que des connoiffances antérieures pourroient tenir à des principes différens des nôtres; & dès-lors il pourroit en réfulrer de l'obfcurité , ou même des contradictions appæ rentes : il eft donc abfolieee effentiel que nous prefen tions le fuite méthodique & clairement coordonnée , EXaC- tement déduite, la chaîne continue de toutes les de qui entrent dans la ee de notre théorie. Nous prions ceux de nos Leéteurs, dont l'efprit étroit préoccupé d'idées précédemment reçues , de vouloir bien confdérer notre théorie dans: fon cHmble D'après ces motifs, que nous cfpérons que l’on trouvera fufhifans, nous allons revenir fur nos pas ; & pour faire concevoir toute la théorie de la vifion, nous allons décrire la: ftruture de l'œil D po ment que nous ne l'avons fait. - + Miroir de l'Univers & de toutes fes ii. où plutér femblable 4 une toile préparée des- mains de é, Nature, pour recevoir & pour rendre de la maniere la plus exadte & la plus completre toutes les formes. des corps, toutes Les propriétés, toutes les. alrérations, toutes les modificarions de leurs furfaces, on ne peut fans du confidérer l'œil fans que lefprit . Gi d'étonnement & d'admiration en L SUR TN M ne I AS ER SRE Ë Fa à de bagen haut. | 5e pu MoNDr. 83 penfant à fes nobles & vaftes fonctions ; en reconnoiffant avec quelle exactitude , avec quelle précifion , avec quelle perfection il Les remplit toutes : mais par un privilège attaché exclufivement aux ouvrages dela Nature, l'admiration s'aug- mente à mefure qu'on pénetre dans les détails, qu'on examine les moyens, qu'on développe le méchanifme, qu'on remonte au principe qui détermine, qui modifie , qui regle toutes les actions de l'œil; c'eft alors que la majefté, que la fubli- mité de l'acte de la Nature fe manifefte à notre intelligence. _ Nosrecherches fur l'organe dont nous nous occupons, pré- fentent un magnifique exemple de cette crande vérité 5 mais gardons-nous de penfer que les autres organes offrent des tableaux moins admirables & moins impofans: [a Nature eft la même partout, partout fon Auteur manifefte avec € même éclat fa fublime intelligence, partout elle fe révele aux efprits qui favent l'obferver. - « L'œil eft un globe placé de chaque côté dans des cavités connues fous le nom d'orbires , & dans lefquelles il peut fe mouvoir, & il fe meut de différehs côtés, pour donner plus d'écendue à fes fonions. Ces mouvemens sexécutent par le moyen de fix mufcles placés dans la circonférence des: ombites, & dont les aponévrofes s'étendent latéralement & poftérieurement fur le globe de l'œil. Ces mufeles font 1°. le releveur, qui vient du fond de l'orbite, pour fe terminer à [4 partie fupérieure du bord de la cornée opaque , dont la fonction eft de porter l'œil -29, Pabbaiffeur produit un effet contraire. Il tire l'œil de haut en bas. Ce-mufcle part de la partie inférieure du L 2 84 APRES TOUE fond de l'orbite, & s'infere à la partie inférieure du bord de L cornée. 3°. L'adduéleur. Ce mufcle porte Li du côté du nez, II ne de la partie interne & latérale du fond de lorbite, & s'infere à la partie interne & latérale du globe de l'œil 4°. L’abduéleur, qui porte l'œil en dehors, te qui prend fon origine au nd de l'orbite, & s'infere partie laté- rale & externe du globe de l'œil. s°. Le grand oblique ; autrement dit Le grand srochléateur, deftiné à produire les mouvemens de rotationde l'œil. Cclui- ci part du fond de Forbite, entre les mufcles adducteur & releveur , pafle enfuite fur une efpece de poulie pour fe terminer à la partie latérale du bord de la cornée. 6°. Lie penroblique, qui porte obliquement l'œil en de- hors. Il prend fon origine au-deflous du grand angle de l'œil, du côté du nez , & vient s’inferer obliquement à la cornée vers le petit angle du globe de l'œil auprès de l'abduéteur. Tels font, en peu de mots, les agens qui produifent Les mouvemens variés qu'on ES , foit pour éten- dre l'empire de la vifion, foit pour exprimer diverfes paf fions de l'âme , qui fe peignent manifeftement dans l'œil. Cet organe eft à Pabri des injures des corps extérieurs, & par fa fituation dans l'orbite , & par deux prolongemens de la peau qui le recouvrent, & auxquels on donne le nom de paupieres. Ces deux paupieres font mobiles, mais la fa. périeure left davantage que. linférieure. Les mouvemens de ces paupieres sexécutent à de d. deux mufcles, dont lun ef appellé releveur propre élan B É | ta DU MONDE _: 8; tre Porbiculaire des paupieres. Le premier prend fon origine à la partie inférieure de l’oscoronal ; & s'infere à l'extrémité du tarfe de chaque paupiere. Sa fonction eft de relever la paupiere fupérieure pour découvrir & ouvrir l'œil, Le fe- cond fait. le tour des paupieres, & fert à fermer l'œil. Le bord de chaque paupiere eft garni d'un cartilage qu’on appelle sarfe, & ce tarfe eft lui même garni, felonteute fon étendue , de perits poils, auxquels on donne le nom de cils, dont l'ufage eft d'écarter du globe de l'œil tous les corps. étrangers qui flottent dans l'atmofphere , & dont lat- touchement pourroit être incommode 4 lorgane de la vue & gêner l'œil dans fes fonctions. On remarque outre cela, dans Pépaiffleur de ces cartila= ges plufeurs petites glandes fébacées, dont les conduits excréteurs s'ouvrent aux bords des paupieres. Ces glandes font appellées ciieres , ou glandes de Meibonius. Ce font elles qui fourniflent cette hier onttueufe qui enduit le bord des paupieres, & qui cpéche que leur battementcon- tinuel ne donne atteinte à la membrane délicate qui cou- vre les tarfes. Cette humeur Soppofe auffi à la chûte des larmes fur les joues, & elle les détermine vers le nez. Elle forme, lorfquelle s “épaiflie, une efpece de cire, connue fous le nom de chaffie. 3 On trouve au-deffus du en de l'œil, du côté du petit angle, une glande conglomérée , qu'on appelle lcry= male , dont les canaux extérieurs, … traverfé la tunique. extérieure de l'œil, verfent fur L furface de ce globe Je. lymphe lacrymale. Ce Iymphe fe porte enfuite du côté du grand angle, pañle par deux ouvertures. Se ‘on appelle CRE PERS RER Lot CT DOC LES to LE NS RCE STE 7 86 PHASIOUE points lacrymaux , pour fe rendre dans une efpece de pos ‘che, connue fous le nom de /ac lacrymal. Elle eft fituée dans une petite cavité offeufe, creufée dans les os du nez. Ce fac fe décharge de l'humeur qu'il reçoit par un conduit “ s'ouvre dans dè nez , & quon appelle corduis lacrymal. L'œil reçoit fes . dés arteres carotides ; fes veines fe déchargent dans les jugulaires. Ses nerfs font la feconde, a troïfieme & la quatrième paires, il recoit outre cela une portion de la cinquième & de la fixieme paires. Le globe de l'œil communique avec les paupieres par une tunique qu Hippocrate & les Anciens appelloient svrica adnata , quelques-uns l'ont décrite fous le nom nn : ‘& les Modernes = nomment cozjonéhye, eu égard < à {on ufage ». Cette Del ons eff tirée du Di&ionnaire de Phyfiqne de M. Sigaud de la Fond , ‘& nous l'avons pos parce que nous l'avons trouvé irésciaes On connoït la fagacite & l'exactitude de ee Phyficien. Nous parlerons des humeurs de l'œil & de fes fon@ions en traitant des réfractions que la Lumiere éprouve en les traverfant ; il n ‘ef: ici ie. des parties folides de cet organe. | - Après avoir décrit le A haie de ; Après avoir fait connoiître : les pieces les plus importantes de cette ma= gnifique machine, difons comment des PPT qu ’elle reçoit , & des Adiors qu'elle exerce, naît la vifion ; com- ment il en réfulte üne fenfation ; comment cette fenfation fe divife en plufeurs perceptions , qui deviennent pour notre âme autant de connoiffances diftinctes . ; & d'après lefquelles : elle prononce fur lexiftence & fur nature des obje 7 SARA NN STATE PENRS TETE DIT TES PITTR SE INT CPL PONTS EL RE RTS AR REG SET Pres ER + pu MonNDE. 87 extérieurs : aflertions dont [a vérité eff toujours cer- raine, lorfque l'habitude de fe fervir de cet organe , lorf- qu'un long exercice, l’a inftruite du véritable ufage de ce fens, de l'étendue de ces moyens, & du concours des circonftances néceflaires pour établir la certitude de fes témoignages ; ce font ces’ témoignages qui deviennent eux-mêmes nos jugemens. Eprouver une fenfation , c’eft reconnoïtre, ceft diftinouer en foi un état, une maniere d'être, cet fe fentir. Si l'âme fe fentoit toujours dans le même état, fi elle n éprouvoit aucun changement , aucune variété dans fa fniere d'être & de’ fe fentes fr, pendant toute la durée de la machine qu'elle anime, =. n'éprou- voit aucune variation , aucune différence ds fes affec- tionss alors, quelle que fût fa longue exiftence, elle ne pourroit acquérir l'idée d'aucun être étranger; elle n'au- roit même , à rigoureufement parler, aucune idée dif- tinéte & politive de fa propre exiftence; elle mauroit pas ce que les Philofophes appellent la confcience.de Ja Pro= pre exiftence , elle ne pourroitpas PRIRENT le moi, réful- tat de cette confcience; car pour arriver à cette dihios il eft néceflaire de fuppofer dans l'être qui la re, quelque réflexion; l’idée diftincte du moi exige l'idée au moins obf- cure de quelque chofe qui neft pas moi. Or, l'être qui na qu une idée, ne. peut rien: diffinguer : cet être ñne feroit, comme la prouvé FAbbé de Condillac , u'un être éprous . vant une fenfation; toute fon lipence feroic circonfcrite pre cette fenfation , elle ne feroit que cette fenfation st cet être ne pourroit die de cette fenfation rien se Ini Fûc pre ni rien qui lui fût étranger, = Sacs: 1) | HAT RE er iron ei dénnletn eds él SES 3] | À APS ETES RS ee et cr pere res pe phases mp es retirer Pete 55 PHYSIO0E Il eft donc évident que, pour former un premier juges ment , il faut au moins deux fenfations ; maïs il eft également évident que l’âme ne peut éprouver deux fenfations différen- s, fans qu'il en réfulte un jugement. Le contraire ne pourroit être fuppofé qu'en admettant que, lorfque l'âme éprouveroit la feconde fenfation , il ne lui refteroit aucune réminifcence de la premiere. Mais en admettant cette rémi- nifcence, il eft évident que, l’Âme trouvant dela différence entre l'état qu'elle éprouve & celui qu'elle fe fouvient d'a- voir éprouvé, juge de cette différence, c'eft donc de la fuc- ceflion des fenfations & de la réminifcerée que naïflent les LE jugemens. Cet Ouvrage n'étant point confacré à des re- cherches métaphyfiques , nous ne pouvons nous permettre de fuivre & de préfenter l'enchaînement des idées qui {e _ déduifent de ce que nous venons de dire ; nous ne prouve- rons point que de la faculté de fentir, & de celle de confer- ver la réminifcence des fenfations, réfulte tout le fyftême incelletuel. Nous nous permettrons bien moins encore de chercher à pénetrer {a nature de l'être fentant, & comment s'opérent en lui {a fenfation & la A Nous avons dit que le témoignage des fens, & particu= liérement celui du fens de la vue , avoit befoin , pour être regardé comme certain, que l'âme eût acquis l'habitude de fe fervir de cet organe , qu'un long exercice l'eût inftruite . de fon véritable ufage, de l'étendue de fes moyens, & du concours des circonftances néceffaires pour établir la certi- tude de fon témoignage. Nous avons fuffifamment fait con: noître que c'eft de fa comparaifon des fenfations se nait tout jugement, _— Nous RARE RE pere PSN PTT EST EQUIPE SUAFPESE PERRET ANS CRAN CERENRESRE SE ANTOINE RURAL ACER TO ITR ATE SRE PRES NET PRIRENT POTPE EE NEEATTUEE k k | pu MoN Db%#, | 89 “Nous allons prouver que l'âme a effe&ivement befoin d'un long exercice, d'un long ufage de l'organe de la vue, pour prononcer des jugemens juftes d'après les rapports de nos YEUX. Par le cémoignage de la vue nousacquérons cinq connoif- fances diftinétes fur Les corps qui en font l'objet; c'eft-à-dire, que, par l'ufage de cet organe , nous pouvons confidérer les corps fous CE rapports nn. 1°. Sous le rapport de couleur. 2°. Sous celui de er relpedre entreux & avec nous. 2°. Sous celui de forme.4°. Sous celui de grandeur. s°. Enfin, fous le rapport de diftance entreux, ou de leur éloignement de nous. De ces cinq confidérations, il en eft deux qui appartiennent uniquement à la vue, ele élle fuffit feule s ce font les deux premieres. Les couleurs, où plutôt les fenfations par lefquelles nous les diftinguons, étant l'effet immédiat des différentes énergies des rayons qui arrivent de la furface de ces corps à nos yeux, il eft évident que dans Pétac naturel , lorfque l'organe eft bien conftitué , nous n'avons befoin es autre témoignage pourjuger Les couleurs ; & l’on peut tenir pour certain que les couleurs font l’objet propre & immédiat de [a vue. On peut encore regarder la connoiffance des fituations refpe&i- ves des objets entreux & avec nous, comme dépendante du feul rapport de la vue ; car, il eft évident quelle ne peut rien changer à ce rapport, & que la coordonation rela- tive dans laquelle nous apparoiflent plufeurs objets vus enfemble , dépend effentiellement de leur coordonation réelles Le. rapport que l'organe nous fait de lus ftuacions Tore ES . _ 90 BE 0 es, refpectives, eft le même pour toutes, & dans toutes les cir- conftances, elle eft toujours analogue à leur coordona- tion réelle. Cette apparence n'eft donc ne du nombre de celles fur lefquelles nous fommes réduits à invoquer d’au- tres témoignages que celui de la vue; il neft point né- ceflaire ici d'appeller un autre fens à notre fecours pos vérifier le rapport de nos yeux. Il n'en eft pas de même des formes, des orandeurs, ni des diftances. [ci le con- cours d'un autre fens eft abfolument indifpenfable ; il faut l'habitude de comparer fon rapport avec celui de la vue: ce fens auxiliaire, c'eft le ta&. Pour nous affurer de la néceflité indifpenfable de fon concours dans ces trois cons fidérations , celle des formes, celle des grandeurs & celle des faces. nous allons ps quelques obfervations fur ces rapports. | On appelle formes des corps, les différentes manieres dont leurs furfaces font terminées , ce qui détermine les figures de leurs mafles, ou de leurs volumes; c'eft-là ce qui fait qu'un corps eft rond, cubique, cylindrique , hexagone, &c. les inégalités qui peuvent fe rencontrer fur la furface de ces corps, les profondeurs, les élévations qui pee fe a fur ces furfaces, appartiennent encore à la forme ou à la figure des corps. Or la vue ne fuffit pas feule pour nous faire acquérir la … de ces formes; cette vérité eft démontrée, elle eft reçue de tous les Phy- ficiens. C’eft au problème par Molineux au celebre Loke ) que nous devons cette. connoiffance. Voici. quel étoit ce problème : Si L'on donne la vue à un aveugle. de maëffance, faura-t-il par la vue feule di ifinguer un cube : | à Ë PERMET Ë Û Ë Ë ù È k Ë Ë Ë Ê Ë L È ÉS Ë Ë LS Ë È : £ k 8: Ë pu Monpe. 9€ d'un globe, quoiqu'il les ait irès-bien difhingués précédemment par le toucher ? Les deux Philofophes furent du même avis; ils foutinrent tous deux la négative. Quelque fatisfefantes que fuffent les raifons qu'ils en donnoient , il évoit fans doute encore à defirer que l'expérience les confirmär. Avec quelque fagacité que nous confultions la Nature, quelque confiance que la raifon nous autorife à prendre dans les conféquences que nous déduifons des produits de fes moyens , ce neft que lorfque l'expérience vient dépofer que nous avons vérita- blement deviné fon fecret ; ce n'eft que lorique la Nature l'avoue elle-même par des faits bien averés, que notre ef prit fe repofe avec fécurité fur fes théories ; qu'il les enre- giftre, pour ainfi dire, fur le catalogue des vérités. Qu'il €ft important encore d'être en garde contre la précipitation avec laquelle nous nous portons à croire ques fait dépofe en faveur de notre opinion ! Ce neft qu'après l'avoir confi- déré avec lattention ka plus réfléchie ; ce neft qu après nous être dégagés, s'il eft pofiible, de tout efprie de: prévention ; ; après avoir fait , pour ainfi dire, fubir à ce témoin , dont la dépofition doit La notre jugement, l'examen le . févere & le plus fcrupuleux, qu'il faut admettre fon témoignage, & nous en prévaloir. Combien n'avons - nous pas fous les yeux d'exemples qui nous avertiflent des dangers de la pré- 2 : LÉ + cHpiation ! combien de faits ont été également employés pour étayer des théories dont les principes étoient cffentiel- - lement différens ! Fes ces faits, combien y en at-il eu de mal obfervés en CcUx-MÈmMeEs , de de mal adaprés à à ces théories qu'ils auroient détruites, ,atrlieu de les fortifier, s'ils M 2 | | : à É. e) V, Cours d’Optique, de Robert _— — 02 Pr SEoUe euflent été vus tels qu'ils étoient ! Nous n'aurons point cette inquiétude en préfentant ceux qui juftifient l'opinion de Loke & de Molineux. Autant leur théorie étoit bien fondée , autant les faits qui sSaccordent avec elle font décififs. On à enfin abattu la catarate a plufeurs aveugles de . fance, & nul d'eux n’a pu juger par fes yeux des formes des corps; tous ont eu befoin du témoignage du toucher, Les Ouvrages des Phyficiens , ceux des Chirurgiens oculif- tes, rapportent plufeurs dé ces obfervations ; nous ne cite= rons que celui de l'aveugle opéré par Chefelden(e). Il y avoit à Londres un jeune Gentilhomme , aveugle né ; mais doué d’aflez d'intelligence pour que fon témoigna- ge fur ce qu'il éprouva en paflanr des ténebres dans lefquel- les il avoit vécu jufqu'à l'âge de 13 ans, à la clarté du jour, mérite d'être confidéré , & faffe la premiere époque de nos obfervations fur cette importante matiere. : I! faut obferver d’abord que ceux qui naifflent avec les yeux couverts par la cataraëte , ne font pas tellement aveu- gles ee ils ne puiflent le jour de {a nuit : la plu- part même, lorfque les objets font éclairés par une grande Lumiere, éprouvent par l'organe de la vue de lobf- tacle qui 1e voile & l'obfcurcit, des Re différentes lorfqu'on leur préfente, à une di convenable, du blanc, du noir, du TOUSE ; Mais ils ne Lo" pas connoïtte les variétés ds Formes des objets : ces variétés de formes font tout-a-fait impercepuibles ne eux je ue la ge RE SAN Le UP UNE GE RPC SE fée A ie LR ER 2 DDC RSA TEA CREER TEE TT ARS RPENT PR RESTES RS ER REPOS AREPSSNTNNP TUE NAME" La #1 FILM Cet RON ES TNT À | f PEMETTT ferva encore, quelque terms après avoir été g ÿL--MoN\ DE, 93 miere tombant obliquement fur fhumeur aqueufe , où fur la furface antérieure du cryftallin, fes rayons ne peuvent fe réunir À un même point, à un même foyer fur la rétine; il leur eft donc aufi impofñble de diftinguer Les formes des objets, qu'il l'eft à un œil fain & bien conftitue, de les re- connoître au travers d'un verre très-groflier, dent la fubf tance eft crès-impure, dont les furfaces font très-inégales ; parce qu'alors ces parties hétérogenes, ces inégalités multi- pliées des furfaces rompent, réfléchiflent & réfractent. la Lumierce fous tant d’angles différens, que les divers rayons ne peuvent fe réunir , que leurs pinceaux ne peuvent tracer aucune figure réguliere fur la rétine. Fel étoit l'écat du jeune homme dont nous parlons ; il diftinguoit un peu, en plein jour, les couleurs vives : mais nous allons voir combien les idées au'il sen étoit formées , différoient de celles que lui q ) ; donna le parfait ufage de fes yeux. Avant qu'on lui abattit la catarae, peu affligé de fon état, defirant foiblement aucune idée , il n’efpéroit pas, de l'opération qu'on lui pro- pofoit, d'aflez grands avantages pour quil fe dérerminät avec plaifr à la fouffrir. Il ne prévoyoit pas qu'il pût goûter dans des promenades libres & variées à travers les campa- & ; es Jet = 5 . : : = gnes, plus d’agrémens qu'il n'en trouvoit dans fon jardin, où il fe promenoit, difoir-il, très-commodément. Il trouvoic, au contraire , un efpece d'avantage aux aveugles, celui de pouvoir aller également part-out Le jour & la nuit; ce n'éroit, felon lui, que pour les gens qui jouifloient de la Lumiere du jour que les ténebres de la nuic éroient affreufes. 1 con- | ré ouéri, certe fa- des. jouiffances dont il m'avoit 04 PSrsSiour culté de fe conduire pendant la nuit. Il parcouroït encore, avec la même facilité, fa maifon pendant l'obfcurité la plus profonde ? | La premiere fois qu'il jouit de la vue, il fut abfolument hors d'état de porter aucun jugement fur Les diftances ; if croyoit que tous les objets touchoient fes yeux, comme tout ce qu'il touchoiït auparavant étoit contigu à fa peau ; ceux qui lui éroient le plus agréables , c’écoient ceux dont les fur- faces étoient polies, & dont les formes étoient révulieres, quoiqu'il ne pür fe former aucune idée de leur figure, ni concevoir ce qui exiftoit en eux de propre à produire les im- preflions qui lui plaïifoient. Lorfqu'on lui préfentoit deux corps de formes différentes, par exemple , un cube & un olobe , formes dont il avoit une connoiffance trés-claire par le toucher, & qu'on lui demandoit quel étroit Le cube ? quel étoit le globe ? il lui étoit impoflible de les reconnoître pat les yeux ; mais lorfqu'on les avoit défignés l'un & l’autre, par leurs noms, il efpéroiït de les reconnoître une autre fois: cependant fes idées fe confondoient dans fa tête au milieu de la multitude des objets qu'il cherchoir à retenir, & pen- dant long-tems il lui en échappoit beaucoup. On en citeun exemple particulier ; ayant fouvent oublié la différence entre le chat & le chien, il n'ofa point faire de queftion fur cetre confufion d'idées : il prit Le char qu'il connoïfloit par le tou cher, illeregarda fortatrentivement, &le renvoyant enfüite, il dit: Le chat ef ainfifait, je le reconnoîtrai une autre fois. I! favoit bien : difoit-il ; que A chambre - n'étoit - qu'une partie de fa maifon, cependant il ne pouvoit concevoir qué tonte la maifon dût lui paroïtre plus grande; il ne lui étoit LÉ RL nr mt EDR) TT MT NP SE = lt BE LC EE AR pu Mon np, 9$ pas poñible d'imaginer une ligne au-delà de ce qu il voyoit; tous Les premiers objets qu'il avoit vus , lui avoient paru ex- trèmement grands ; ce ne fut qu'à forcé d'en voir de plus grands & de plus petits, quil conçut par les yeux les appa- rences qui manifeftoient les différences des grandeurs. Quoiqu'il eût, ainfi que nous l'avons dit plus haut, la connoïffance des couleurs, & qu'il les diftinguât même affez bien lorfque les corps colorés de teintes fortes étoient très- éclairés, il ne les reconnut plus lorfque fes yeux furent dé- voiles ; il ne pouvoit plus les nommer; il penfoit même que les couleurs qu'il voyoit n'étoienc plus celles qu'il avoit con- nues autrefois fous les mêmes noms. Le ronge lui parut [a plus belle de toutes les couleurs, & parmi les autres, les plus gaies étoient pour lui les a agréables ; mais la pre- miere fois qu'il vit Le noir, il en fut cffrayé, il ne fe familia- rifa que difficilement avec cette couleur ; & ayant rencontré un nee — MOIS — fa guérifon, il fut fai d’ hor- reur à fon afped. … - Il étoit fort étonné o - les cotes qui lui avoient paru les meilleures, les plus utiles, les plus agréables au toucher, ne fuffent pas les plus Le aux yeux; & furtout, que les perfonnes qu'il avoit É plus aimées , ne fuffent pas ie plus belles ; il fembloit accufer la Nature de n'avoir pas réuni Le rapport de tous les fens pour embellir fes jouiffances ; il IgnOroït encore que tout fon art eft-de les varier , que c'elt | ainfi qu elle Les multiplie , que lhomme ft né pour la Var rite . » pour Pinconftance , qu il n'a rien à redouter. utan ss a fauété. | - On avoit pente qu'il reconnoitroit biensèe: que repré- 6 . PHYSIQUE fentoient les pentes ; ; cependant ce ne fut que deux mots après qu on Jui eût abattu la cataracte, qu l découvrit qu’elles repréfentoient des corps folides : se alors il les avoit regardées uniquement comme des furfaces recouvertes de différentes couleurs. Mais lorfqu'il eut reconnu que les peintures étoient des repréfentations , il fut crès-furpris de ce qu'elles n’étoient pas fenfibles, inégales comme les chofes qu'elles repréfentoient ; il ne concevoit pas que les parties qui, par le mélange de l'ombre & de fa Lumiere, Jui paroïfloient rondes ou anguleufes , fuflent cependant au toucher aufli planes que les autres, & il demanda quel étoit le vrai fens, le fens fidele, fi c'étoit celui du ta, ou celui de la vue ? Ce qui léconnoit Le plus , Cétoit qu'on püt re* préfenter de fi grands objets dans de fi petits efpaces. La premiere fois quil fit certe obfervation, ce fut à loccafion du portrait de fon pere peint en miniature fur [a montre de fa mere : l'ayant reconnu , il ne pouvait imaginer comment on avoit pu le renfermer dans un auf petit cadre : cela lui fembleit, difoit-il , auf impoñible que de faire entrer uñ tonneau de quelque liqueur dans une pinte. | L'opération ayant été faite aux deux yeux dans des rem différens, lorfqu'’on lui rendit le fecond œil, il trouva que, quoique les objets lui parüffent plus grands que dans l'ordre naturel, & plus grands qu'il ne les voyoit de l’autre œil, ils n'étoient cependant pas aufli amplifiés qu’ils été la premiere fois qu'il les aveit vus. Quelqw indifférence que ce jeune ee eût paru avoir pour jouir du fens de [a vue, il fut enchanté lorfqw'elle fui eut eté rendue : chaque nouvel objet étoit, difoitil, un nouveau RESSENTI RSI TIRENENENAEDIP APE TEEN TEA" pu Morpr, 97, nouveau plailir pour lui; & ce plaifir étoic fi grand, quilne _pouvoit l'exprimer. Il en conçur la plus vive reconnoiffance pour Chéfelden ; pendant quelque rems il ne pur le voir fans verfer des larmes de joie, il l'accabloit de toutes les mar ques de l'affection la plus tendre ; &fi ce Chirurgien différoit d'arriver, dès que le tems auquel il étoic attendu s’étoit écoulé, Le jeune homme témoignoit une véritable affli&tion. Plufieurs autres exemples d'aveugles nés, ou qui ne fe reffouvenoient pas d'avoir jamais vu , & qui ont été opérés par Chéfelden ; d’autres qui l'ont été par d’autres Chi- rurgiens, ont rendu des témoignages qui, dans [es points cffentiels, fe rapportent à ceux de ce jeune homme. Tou- jours il à été démontré qu'il falloir apprendre à voir ; tous ont même éprouvé que, n'ayant jamais eu occafion de mou- voir leurs yeux, ils ne favoient comment s'y prendre , & qu'au commencement ils ne pouvoient les diriger à leur gré vets aucun objet particulier : ce n’eft que lentement & par degrés qu'ils ont acquis cette facilité. Ce qu'ont éprouvé ces aveugles nés, les enfans l'éprouves roient, quand bien-même leurs organes ne feroient pas affec= ee D tés des vices particuliers à leur ace. Mais pour eux il exifte en« core d'autres obftacles à la perfe@ion de la vifion ; l'état de la cornée, celui de lhumeur aqueufe ne font point encore tels qu'ils doivent être pour l'exercice parfait de cet organe. M. de Buffon fuppofe en outre à cet âge deux. caufes d'erreur, dont il fiut, {lon lui, que lexercice &le tou cher les corrigent ; il penfe que les enfans voient leso _jets doubles, & qu'ils les voient renverfés. Mais ces : Opinions font également rejettées par les Phyfciens. Nous Tome TI, N 8 PHFSIoOUE ne donnerons point ici Les raifons fur lefquelles ils fe fon dent, elles nous écartefoient trop de notre objet. On les trouvera dans la fuite de ce Volume, lorfque nous traite rohs pit profondément de {a vifion, dont nous ne donnons ici qu ‘une idée fommaire & fuccincte. Nous expoferons ail {curs la théorie de tous fes phénomenes. Nous nous bornerons donc à prévenir nos Lecteurs que la vue feule , que l'œil n’eft par lurmème j juge que des cou- leurs, qu'il ne left ni des formes , ni des se ni dés diftances ( f). Nous croyons en avoir dit affez fur la maniere dont la Lu- miere fe manifefte à nos regards. Parlons de fa nature, de fes phénomenes & de fes loix. Maisavantque d'expofer ces princi pes, & notre théorie , mettons fous Les veux de nos Lecteurs les Syftèmes des Savans qui nous ont precédes dans nos recher ches. Nous ne remonterons pas plus haur que Defcartes, Si. l’on rencontre fréquemment dans les Philofophes des tems reculés quelques g crandés idées, quelques vies füblimes ;f mème nous fommes forcés de regretter quelquefois que leurs fucceffeurs fe foient trop écartés de leurs opinions, L faut avouer aaffi que ces idées font roujours vagues, quelles font toujours noyées dans une multitude d'erreurs, filles de ee è 2 £ : - à RE > pe | On ir fans doute avec intérêt Phiftoire d’un Aveugle ni né. qui fefoir des Leçons publiques de:Géométrie; &c nous exhortons ceux de nos Lecteurs, qui ne. connoïffent pas Saonderfon , à lire l'Ouvrage de M. Diderot, intitulé Lesre Jur Les Aveugles a Pafage de ceux qui voient. L hiftoire de cet Aveuple né, peut être mile au rang des ire les plus intéreflans fur Se humeine, xl TES D ed ä 4 D pe LE C2 DAFZ EMEA MORT: EE TT EIERT RETOUR PET RE EME ER COTE 5 ms AT A 1 A dut | DU. MONDE. 9% lignorance, & du défaut d'obfervations. On reconnoïr l'ef- fort du génie mais, n'étant point alors guidé par Les Scien- ces exactes ; étant dépourvu des obfervations, qui font les feuls matériaux dont il puiffe fe fervir pour élever l'édifice {olide de nos connoiflances, il s'égare , 1l fe perd dans la ré- gion des chimeres, & ne bâtit que des Palais de Fées. Le défaut de connoifflance des faits, le défaut d'obferva- tions exactes fut, dans ce que nous appelons l'Antiquité (& cette Antiquité renferme tout ce qui nous à précédés de deux cens ans), l'écueil.contre lequel échouérent les anciens Phyficiens, dignes d'indulgence, fans doute, puif- qu'ils navoïent que Le tort de a ho Quelle dd auront donc aujourdui ceux dont l'imagination neft arrêtée ni par les Sciences exactes , ni par la marche des obfervations ? Hélas ! cette exc . naît pos eux de leur . imagination-même ; plaisnons ceux qu "entraîne un torrent. Nous allons sapalei les ns de Defcartes fur la Lu- imiere. | qu'exercent fur nos yeux les globules d’un fluide quil ap- pelle fon fecond élément; elle eft le produit de Peffort qu'ils font pour s éloigner du. Soleil, POus s'écarter du centre de leur- ee Pour faire entendre ce que ee. nomme : le a élément, il eft néceflaire de rappeler la notion des deux au- ttes, Fe la maniere dont ce Savant fuppofe que ces trois élémens, faits d’une même matiere, Ont pu E les prapriérés qui les caradtérifent, qui lès. difting es Après avoir établi que la matiere ft une, quelle ef la N 2 Selon ce Sr. . une dt left de la preffion: % Opinion de Defcartes, n TOO PET SrE ÜU même dans tous les corps, qu'elle eft non-feulement divifi- ble en parties de telle ou telle figure, mais qu’elle eft véri- tablement divifée en une multitude de parties ; il fappofe que toute cette matiere, dont le Monde vifible eft formé, a été au commencement divifée par Dieu en particules cu- biques, prefqu'égales entrelles, & d’une grandeur médio- font formés , & la grandeur de celles qui rempliffenc le valte efpace des Cieux. = Au commencement des chofes , & par l'ordre de Dieu, toutes ces particules furent mues fur leurs centres. Chacune eut un mouvement propre ; mais plufieurs tournerent en même-tems, & d'un mouvèment commun, autour de cer- tains points qui devinrent les centres. Les centres devinrent : des étoiles; les étoiles ‘encroûterent, elles s'étei gnirent, elles devinrent des planetes. | Au premier moment du partage de la matiere qui rem- plifloic l'elpace , il ne fut pas poffible que chaque portion fût de forme fphérique, parce qu'un afflemblage de globes qui fe touchent , laiffent des vides entr'eux ; ce qui les empêche de remplir l'efpace qui eft effentiellemenc continu. Elles furent donc de formes angulaires; propres à fe réunir de maniere à opérer le plein ; mais il étoit impoñhble qu'elles ne sarrondiffent pas par fucceffion de teins, lorfqu’elles eurent divers mouvemens circulaires fur leurs propres centres, Par l'effec-de ces divers mouvemens ,tous les angles de ces mo- ; RSS ; ee See = = en lécules furent abattus; c'eft-è dire, tout ce qui excedoïit la forme fphérique fut détruit. ES 2Nulle part il ne peut exifter un efpace vide, & les mo cre, moyenne entre la grandeur de celles dont les aftres ni at A a CA DE SU A SSP À SA LE LE e ne RS dd rencontre des autres corps ; & pare elle devient sem or _ DU MONDE. IOZ lécules fphériques, dont on vient de parler , en auroient laifé néceffairement entrelles ; il étoit donc néceffaire de remplir ces intervalles, quelque petits qu'ils puffent être, par d'autre matiere de forte & de grandeur convenable pour remplir Les efpaces : c'eft à quoi fervirent les débris des angles des premiers cubes de la matiere, féparés la premiere divifion qui en avoit été faite, pa leur ôter la contiguité. Ces cubes , en s'arrondiffant par le frottement mutuel, laifferent dans leurs intervalles les parties qui sen détacherent. Ces parties acquirent une telle vitefle , que, par la force de leur mouvement & de leur choc, elles fe brife- rent en un nombre innombrable de parties encore plus dé- liées , propres par conféquent à remplir tous les petits vides que la matiere arrondie faïffoit entre les molécules. Il fau remarquer que, dans l'opinion de l’Auteur, plus ces ro- gnures furent petites , plus elles fe mürent avec facilité, & elles fe briferent encore en une poufhere plus fubtile , parce que plus elles + étoient. petites | furface à à proportion de leur mañfe. Elle rencontrerent les autres corps felon leur furface; elles furent brifées felon leur malle. EE _ - Voilà donc deux Portes L matieres s très-diférentes, que Ton peut nommer les deux prémiers élémens de ce Monde vifble. Le premier eft cetre pouflere fubtile dont l'agitation : des moindres molécules eft f forte. , qu'elles fe brifent en- core en une poufliere indéfiniment DR fine , plus fabile, PTE d'autant plus propre à remplir contes lés parties que les autres matières sbandonnenr, tous € X . plus elles avoient Era 104 PHgrsEOouR billon qu'ils forment autour du Soleil, que l'on peut dé- duire toutes les autres propriétés de la a On a fait contre cette théorie de la Lumiere des objec- tions très-fondées ; & des obfervations poftérieures à Def. cartes ont fait connoître que ce Philofophe s'étoit trompé, en croyant: que le mouvement de la Lumiere étoit inftan- tané. Une feule vérité de fait auroit fufhi pour renverfer tout fon Syfteme. Il en eût fait un autre, sil l’avoit con- nue, & peut-être nen eût-il plus laïffe à re Il eft prou- vé aujourd hui que Îa Lumiere emploie environ fept à huit minutes à venir, ou à fe propager du Soleil à nous, qui en fommes are de plus de trente millions de je Defcarres ayant fuppofé les globules de don fecond élé- ment parfaitement durs, & en contact immédiat les uns avec les autres , afin d pouvoir tranfmettre action du corps lumineux : nos yeux, il a du conclure de cette parfaite dureté , & du contact immédiat , que cette action eft inftantanée, Il compare limpreffion de la Lumiere fur nos yeux par le moyen des files de globules durs, à celle que | les .COrps étrangers. font. fur {a main d un par. 1 moyen de fon bâton. En effer, les mouvemens = deux extrémités d'un bâton que lon … däns le fens de fa lons gueur , font fimultanés, L'extrémité que tient: Ja main ne fauroit avancer dun pied, fans que l'autre extrémité avance. en même teins de la même quantié ; ÿ & quelque longueur qu ait le bâton, le communication du mouvement. d'une extrémité al autre {era t toujours inftantanée. . Mais une objection fans réplique combat « encore la théos fi & de Défcartes, Si les molécules de la Lumiere étoient | des TASER TETE RERNIE EC POTERIE ARRETE EN ETPRRRERRE ERTERERTE Tr Ë Ë $ Ë INRP EN RRNE EAN NENEMENN ENTER REUTERS PATIO AARENPENTS RE FNUENTEEU cie saT:- déiiant EEE Se ee ue MONDE toÿ des globules parfaitement durs, comme il le fuppofe, ils ne pésrroient fe réfléchir de maniere que l'angle de réflexion fût égal à l'angle d’incidence., comme on f'obferve , & comme on lobfervoit du cems' de Defcartes. Cette pro- priété de fe réfléchir n'appartient qu'aux corps élaftiques ; celle de faire l'angle de réflexion parfaitement égal à l'angle d'incidence , n'appartient qu'aux corps qui font éminemment élaftiques. Un corps qui ferôit parfaitement dur ( & il n'en exifte point de certe efpece) perdroit tour fon mouvement à la rencontre d’une furface de même efpece qu'il viendroit frapper perpendiculairement, S'il rencontroit -obliquement la furface , après avoir perdu tout fon mouvement perpendiculaire , il continueroit à {e mou- voir parallelement à à la furface qu'il auroiït frappée, Si au contraire le corps qui vient frapper ebliquement la furface , eft parfaitement élaftique, il reprendra en arriere, par l’effec: du rétabliffement de fon reffort , tout le mouvement per- pendiculaire qu il avoit avant le choc; il fera réfléchi fous un angle égal : à celui incidence, -Onaencore objetté que fi la Lumiere étoit l'effet de La preffion dun fluide préfent partout, il n'y auroit point d'ombre , puifqu'il eft démontré par Les loix de l’'Hdyrofta- tique, que la preflion fur une partie d'un fluide, renfermé dans un efpace dont il-ne peut s'échapper , L diftribue: uniformément en toute forte de fens dans ce fluide. Celz pote, l'action du Soleil diftribuée dans toute la matiere lumineufe qui remplit l'Univers, & qui par conféquent occupe Fefpace oppofé au Soleil l'efpace où nous obfer- vons l'ombre des corps ne feroit. pas moins pre é que du Tone III, 0 106 BÆARSTOUE côté expofé au Soleil ; il n’y auroit donc point d'ombre : la Lumiere fe feroit autant fentir dans l'hémifphere oppofe au Soleil, que dans l'hémifphere qui eft tourné vers cét aftre. On ne nous reprochera‘sûrement pas d'avoir diminué la force de cette objections nous croyons au contraire lui en avoir donné, en la préfentant d'une maniere plus pré- cife qu'elle n'eft propofée dans plufieurs nouveaux Ou- vrages de Phyfique : cependant, nous ofons dire qu'elle n'eft qu'un pur fophifme. Defcartes avoit prouvé que les molécules de fon fecond élément ne pouvoient avoir, outre le mouvement de circulation autour du Soleil , & le mouvement de roration fur leurs propres centres , que Je mouvement dans le fens du rayon de la fphere , pour s'éloigner du centre , & que c'étoit par leur effort dans ce fens, qu'ils produifent fur nos yeux la fenfation de Eumiere, Il doit donc, dans fes principes, y avoir de l'ombre, puif- que les molécules du fecond élément ne fént effort, n'ont de tendance que vers la circonférence , & que celt par _ cet effet de leur force centrifuge qu'ils séloignent du cen- tre , vers lequel les molécules du premier élément affluent, pour occuper la place que les molécules du fecond élément leur abandonnent. RE _ - Mais une objection plus confidérable contre la théorie de Defcartes, peut fe tirer de la continuité préfuppofée de la matiere, & de la multitude des impulfions particulieres qu’il auroit fallu que Dieu eût employées pour imprimer à chaque molécule divifée par fa puiflance, & deftinée à de- venir un globule du fecond élément, le mouvement de rotation par lequel elle eft parvenue à cer érar. Les glo- Ke | PIE ENS ENIE RENTE DEEITENTEE RONA RENE ENTTE INR T ENTER EITE RTE EIRE ERP TRIER Du Monpe. _ bules du fecond élément, dont le nombre eft inconceva.- ble, puifqu'ils rempliffent la vafte étendue de l'Univers, & que leur peticefle eft.extrème, ont eu befoin chacun d’une impulfion particuliere pour tourner fur leurs centres, Ils n'ont pu recevoir leur mouvement de celui du Soleil, puif- que, felon Defcartes , le Soleil alors n'exiftoit pas, & qu'il eft compolé de la matiere fubtile, ou premier élément, formé lui - même des débris de la matiere qui, réduite ainf. en globules durs , a formé le fecond élément. Cette grande multitude d'opérations & d’impulfons particulieres, nous paroït répugner également à la notion que nous avons de la toute-puiflance de l’Auteur de la Nature, & à celle que nous avons de la fublimité de fon intelligence : cette objection peut auf être oppofée aux petits tourbillons du P. Malebranche. Nous allons expofer le fentiment de ce Philofophe, fur la nature de la Lumiere, & für la généra- tion des couleurs... Selon le P. Malebranche, l'Univers, -femblable à un grand & vafte ballon qui feroit comprimé extérieurement par une force comme infinie, eft rempli d'une matiere fluide dont le mouvement eft très-rapide. Non-feulement cette matiere tourne avec beaucoup de vitefle autour d’un O 2 Opinion de Malebranche, TOS PITSIQOUE de petits tourbillons, qui n'ont de dureté que par la compref: fion de la matiere qui les environne. Ces petits courbillons _recoivent du corps lurnineux, dont toutes les parties font dans un mouvement très-rapide, des pulfations fréquentes, queler Malebranche nomme vibrations de prefion, & _ quil afimile au mouvement d'aller & de venir d'un pifton. Selon que ces vibrations fonc plus ou moins vives, le corps éclairant paroït plus où moins lumineux ; & felon qu’elles font plus où moins promptes, le corps paroïtra de telle ou telle couleur. La Lumiere & les couleurs ne con- fiftent donc, felon notre Auteur, que dans les diverfes fecouffes ou vibrations de la matiere éthérée, ou que dans Les vibrations de preflion plus on moins promptes, que la ma- tiere fubtile, interpofée entre l'œil & le corps lumineux, tranfmet fur la rétine. Re Puifque tout eft plein, nos yeux quoique fermés, où dans les ténebres, font toujours également comprimés. Mais cette compreflion du nerf optique n’excite point la fenfa- tion de couleur, parce qu'elle eft habituelle : par la même faifon, nous ne fentons point le poids de l'air qui nous en vironne, quoique ce poids foit trés-confidérable. Mais f . l'ocil eft tourné vers un flambeau, les parties de fa flamme étant dans un mouvement continuel, prefféront fans ceñle, plus fortement que dans les ténebres, & par des fecoufles de vibrations très-prompres, k matiere fubrile qui envi- ronne la flamme de tous les côtés, & par conféquent, à caufe du plein, ces vibrations prefféront cette matiere fub- tile jufqu'au fond de l'œil ; & alors le nerf optique , plus comprimé qu’à l'ordinaire, & fecoué par les vibrations, Ex 1 NE LA k | Ê ê Bb R: Re Ë fé L È Fe Ë A RE AR À 1 ë Ÿ ‘ pü MonNpr. ro9 ditera une fenfation de Luniere ou de blancheur vive & éclatante. Si un corps eft tel que la matiere fubtile qu'ébranle [e flambeau foit réfléchie de ce corps vers l'œil, & Y produife des vibrations également promptes , cé corps paroîtra blanc, &d'autant pue Dane , qu'il y aura plus de rayons réfléchis ; d paroîïtra même lumineux, fi ce corps, étant poli, réfléchit tous les rayons, ou du moins sil en réfléchit une très-grande partie dans le même ordre qu'il les à reçus , parce qué Véclar vient de la force des vibrations, & la couleur de leur promp- titude. Selon que la matiere fubtile réfléchie excite dans F œil des vibrations plus ou moins pause dans certains degrés = quelAuteurne croyoit pasqu'on pût déterminer exaétement, on aura quelques-unes des couleurs fimples ou pHitess comme le rouge, le jaune, le bleu, &c. on aura même les autres ee & même la blancheur qui eft la plus compofée de toutes, felon les divers mélanges des rayons dont les vibrations auront diverfes romptirudes. Ex blancheur eff la plus compofée de toutes, , parce qu'elle _€ft compofée de l'affemblage des vibrations rentes en rompbtitude. que produit dans la matiere fubtile chaque P » Que P q partie de la ee. Comme tout eft plein, & infiniment comprimé ; chaque rayon conferve, dans toute fa longueur, la même fréquence de vibration qu'à la petite partie de la flamme qui le produit; & a que les parties de la flam- me ont un mouvement varié , les rayons des couleurs: ont néceflairement des vibrations , & font des réfraétions cC iffé= = rentes. Tel eft. le Syftême dé P. Malebranche \ poñtion duquel nous. avons le plus fouventemploy: (S les pr O= ecran de l'Auteur. _< ne” a TIO PATSEOQUE. Opinion de. M. Rohault, autre partifan celebre dé Defcartes, com Rohaulr, mence par limiter le fens des mots Zumiere & couleur, quiont plufeurs acceptions. Dans la premiere, ils fignifient le fenti- ment que nous éprouvons lorfque nous “oaadou le Soleil, & les divers objets que l’on nomme co/orés. Dans la econde acception , ces mots fignifient la difpofition qu'il y a dans les objets extérieurs , au moyen de laquelle ils peuvent ex- citer en nous les fenfations de couleur & de Lumiere. Mais comme les objets lumineux, le Soleil, la flamme, & tous les objets vifibles où ar ne | pas immédia= tement aux yeux , il faut ddne qu'ils agiflent médiatement fur ces organes par le moyen de quelques autres corps in- cerpofés qui reçoivent & tranfmettent leur action. L'elpace intermédiaire rempli par ces Corps, eff le milieu qui dansla troïfieme acception, porte encore Le nom de Zumiere, que quelques Phyficiens nomment Zwmiere feconde , pour la diftinguer de la difpoftion qui eft dans les corps lumineux, qu'ils ont appellée Zumiere primitive , Où radicale. « Nous » navons, dit Rohault, aucune raifon qui nousobli ge à dire » que-la Lumiere des corps lumineux foit autre chofe que ». le pouvoir qu'ils ont de produire en nous le fentimene » fort clair & fort vif que nous avons en leur préfence : ne. » fe pourroit-il pas bien faire que ce pouvoir sus ont » reflemblât à celui qu'a une épingle de faire naître en » nous de la douleur : Comme donc cette fenfarion. que » caufe en nous une épingle, préfappofe feulement de » notre part une capacité de fentür , _& n’admet rien du » côté de l'épingle , que fa figure & Le dureté , au moyen | ». de quoi elle peut feulemenc < caufer quelque divifion dans L Ë ê i È É PROPRES RTE IS DRE A A A A CE el UE NAS POSER ETES EE Fes id idée rI4Y, EC RTC LISTER 7 OPEN ee PIN SAR ER PART UE RU 7 N Bules durs du fecond élément, à caufe dé leu a carrée ip sd ei Ds MONDE, TIT 5» l'endroit où on lapplique ; de même penfons que le fentiment de la Lumiere dépend de ce que nous fommes » capables de fentir de cette façon particuliere , & de ce » qu'il y a dans les pores des corps tranfparens une matiere ÿ affez fubtile pour pénetrer même le verre, & toutefois » affez puiffante pour ébranler les petits filets qui font au » fond de nos yeux. De plus, comme une épingle a be- » foin de quelqu'agent qui la pouffe vers nous ; de mêmé » penfons que cette matiere doit être poufñée par le corps Ÿ » lumineux, avant qu’elle puifle faire aucune imprefion » fur l'organe de [a vue. | » Aiïnfi la Eumiere primitive confiftera dans un certain » mouvement des pares du corps lumineux qui les rend » capables de poufler à la ronde la matiere fubtile qui » remplit les pores des corps tranfparens ; ; & l’inclination à » fe mouvoir, ou la tendance qu'a cette matiere à s’éloi- » gner en ligne droite du centre du corps [lumineux , conf- » tituera l'efflence de la Lumiere feconde , où c ile D'où » il éft aifé de conclure que la forme ( la propriété ) du » corps tranfparent confiftera dans la rectitude de fes » pores, où plutôt en ce qu'ils Le traverferont de tous » côtés fans ee Et au contraire , un corps fera 5 opaque, parce qu'il n'aura pas fes t pores Rens 5 où, Si » en a quelquesuns, 1. qui lnen fera pas entiérement » & de tous côtés pénétré ». Telle eft l'opinion de Rohault, dont nous avons - - crit les expreflions. Elle differe peu de celle de Defcarres. Il admet fans modification fes trois élémens. ÿ ma LR “ << Opinion de Régis. 113 PHYSIQUE Rohault ne rejette pas , ne peuvent fervir à expliquer le mouvement progreflif & fucceñif de la Lumiere. Il eff aujourd'hui bien prouvé que fa propagation neft point . inftantanée. D » » D » D) Régis a fuivi d'affez près opinion de Rohault. « Nous ne devons , dit-il, point faire dificulté de raifonner de la vue , comme de l’ouïe, & de penfer que comme le. fentiment du fon dépend de ce que les corps réfonans froiffent l'air, & que l'air froifle & ébranle les nerfs de l'oreille, ce qui excite dans le cérvéau un mouvement inftitué de la Nature, pour caufer dans Pâme le fenti- ment du fon ; le fentiment de la Lumiere dépend aufli de ce que nous fommes capables de {ehtir de cette maniere particuliere : & dès quil y a dans les pores de tous les corps tranfparens de la matiere du fecond élément qui pénetre les yeux, & qui, étant pouifée par les corps qu'on appelle lumineux , peut ébranler les petits filets des nerfs optiques, de la maniere inftituée par la Nature, pour . exciter dans l’âme un fentiment de Lumiere ; ceft-à dire, que comme Le fon primitif, ou radical, confifte dans. la liaifon & dans le reMort des parties des corps. réfons nans, & Le fon dérivé dans l'agitation particuliere de Pair qui eft froiffé par ces corps ; de même la Lumiere pri mitive. & radicale confiffe dans l'agitation violente des particules infenfbles des corps lumineux , & la Eumiere dérivée dans le mouvement que la mariere du fecond élément reçoit de ces corps , & qu'elle communique 44 nerf optique, qui eft Forgane de la vue >. . L'idée heureufe de Régis, d'afimiler fadion &kes . | … effets pu MonNDE. i13 effets des corps lumineux à ceux des corps fonores , à été beaucoup mieux dévéloppée par M. Huyghens. Voici com- ment ce éélebre Mathématicien expofe fon fentiment fur la nature de la Eumiere , & fur la maniere dont fe fait {a propagation. « On ne fauroit douter que la Lumiere ne confifte dans Opinion de » le mouvement de certaine matiere : car, foit quon re- RUE D. garde fa produdtion, on trouve qu'ici (fur la Ferre) » ceft principalement le feu & la flamme qui l'engendrent; » lefquels contiennent fans doute des corps qui font dans » un mouvement rapide, puifquils diflolvenc & fondent _» plufeurs corps des plus folides : foit qu'on regarde fes » effets, on voit que , quand la Lumiere eft ramañiée, com » me par des miroirs concaves, elle a la vertu de brûler » comme le feu , c'eft-à-dire , qu'elle défunt les parties des » corpsi ce qui marque aflurément du mouvement, au » moins dans la vrafe Philofophie, dans laquelle on conçoit* » que la caufe de tous les effets naturels. eft une caufe. » méchanique : ce qu il fut admettre comme une vérité » fondamentale ; ou bien, dit notre Auteur, il faut renon- » cer à toute efpérance de jamais rien comprendre dans la | » Phyfique. | : | = | » Er comme, fuivant cetre Philofophie , l'on tient pour certain que Léon de la vue n'eft excitée que par » l'impreffion de quelque mouvement d'une matiere qui » agit fur le nerf au fond de nos yeux , c'eft encore une. » raïfon de croire que la Lumiere confifte dans un mou- | » vement dela matiere quif fe trouve entre nous & » » lumineux. i ne Tome I T1. ÿ À I14. PHrSIQUE » De plus, quand on confidere l'extrême vitefle dont la » Lumiere s'étend de toutes parts, & que, quand il en vient » de différens endroits , même de rout oppolés, elles fe » traverfent l'une l'autre fans s'empêcher ; on comprend » bien que, quand nous voyons un objet lumineux, cene | | » fauroit être paï le tranfport d'une matiere qui depuis cet à » objets'en vient jufquà nous, ainfi qu'une balle, ou une | » fleche, rraverfe l'air ÿ car affurément cela répugne trop | = » à ces deux qualités de la Eumiere , & furtout à la der- | » niere. C'eft donc d’une autre maniere quelle s'étend; & | » ce qui peut nous conduire à la comprendre, c'eft la » connoiffance que nous avons de l'extenfon du fon dans » l'air. ; =. et .. » Nousfavons que par le moyen de l'air, qui eft un »-corpsinvifible , impalpable , le fon s'étend cout à l'entour ». du lieu où il a été produit, par un mouvement qui pe » fucceffivement d'une partie de l'air à l'autre, & que lex- » tenfon de ce mouvement fe fefant écalement vire de tous . » côtés, il fe doit former comme des furfaces fphériques, __ » quisélargiflent toujours, & viennent frapper notre oreille. » Or, iln’y a point de doute que la Lumiere ne parvienne » aufh depuis le Corps lumineux jufquà nous, par quelque »> mouvement imprimé à la matiere qui elt entre -deuxs » puifque nous avons déjà vu que ce ne. peut ètre par le »_tranfport d'un corps qui paferoit de l’un à l'autre. Que » fi avec cela la Lumiere emploie du tems à fon pañage, » il s'enfaivra que ce mouvement imprimé à la matiere fera » fuccefif, & que par conféquent il s'érend ,ainf que celui » dufon, par des farfaces & des ondes fphériques. Car js / Es K€ . sine boule femblable , on Heppe la premiere. da Du MonpEr, ITS » Jesappelle ondes, à la reffemblance de celles qui & for- » ment dans l'eau quand on y jette une pierre, qui repré- » fentent une telle extenfon fucceflive en rond, quoique _» provenant d'une autre caufe, & feulement dans une fur- » face plane ». - M. Huyghens en s'appuyant de l’ingénieufe démonftra- tion de M. Roëmer, conclut de la retardation des éclipfes des fatellites de Jupiter, que la vicefle de la Lumiere eft plus de fix -cent - mille fois plus grande que celle du fon, qui, felon lui, parcourt cent-quatre-vingts toifes par fe- conde. Cette grande virefle eft pourtant toute autre chofe que d'être momentanée (inftantanée), puifquil y a la même différence que d'une chofe finie à une infinie. Maïs dans l’un ou l'autre mouvement, les ondes les plus éloignées du centre, fe forment avec autant de vitefle que les se prochaines , parce qu ‘elles dépendent & font l'effer du reflort de la ma- _tiere éthérée.. Seulement les ondes , ou vibrations les plus éloignées du centre, fonc plus petires & pl > celles qui : avoifnent le centre; mais elles ont la même durée: ee enfin par l'éloignement elles ceffent d’être fenfibles , & mé- me ceflent entiérement. M. Huyghens fappofe la matiere éthérée beaucoup plus dure & plus élaftique que Pair. Ces deux qualités lui fervent à expliquer la plus grande difficulté de la Lumiere, com- ment tant de rayons ben. & fouvent en Op= -pofés, fe croifent dans un =. point fans fe confondre, Si. plufeurs billes de billard font pofées l’une contre l'autre {ur plufieurs. lignes droires qui s'entrecroïfent , 116 PH SSTOUE celle-ci demeurera immobile, ainfi que toutes celles de fa rangée , excepté la derniere qui sen dérachera avec une viceffe égale à celle de a boule qui afait le choc. Main- tenant fi on frappe à la fois les deux premieres des deux rangées qui fe croifent en forme d'X , au milieu defquelles il y a une bille commune aux deux rangées, il arrivera à Pinftant du choc des deux boules contre les premieres de chaque rangée que les dernieres fe déracheront. Voilà donc deux mouvemens fimulranés, qui d’une vireffe extrême ont. pañé d'un bout à l'autre de chaque rangée ; &par la bille du milieu , fans qu'aucune des billes ait changé de place, excepté la derniere de chaque file. Si on frappe à la fois, & d’égale force, avec deux boules contre les deux extrémités de la même rangée, toute la rangée demeurera immobile, les deux boules fe réfléchiront , & échangeront leurs vitel- fes. Voilà donc deux mouvemens direétement contraires, qui ont pañfé dans le même inftant tout le long de la rangée. Il faut donc que chacune des billes qui la compofe, les ait tranfmis tous deux enfemble. Ces billes font l'image des particules, où molécules élaftiques de la matiere échérée. = | Elles fervent, dans le premier exemple, à expliquer com- ment deux rayons de Lumiere peuvent fe croifer dans un . même point; & dans le fecond, comment deux mouvemens contraires peuvent fe propager à Ja fois dans le même C'eft ce qui explique, dit M. Huyghens, une des plus merveilleufes propriétés de la Lumiere, qui eft que, quand ilen vient de divers côtés, ou même de côtés oppolés , ces -Eumieres font leur effer l'une à travers l'autre fans aucun Le DÉC A NAS de nf ET RÉ sed RS EN Este A AE LR A LES SR EE EC -férans, au-lieu d'être comparé CO des corps fonores. Cette opinion de ete de la Lumiere DU MonNDE. ET _empèchement. De-là vient aufli que par une même ouver- ture plufieurs Spectateurs peuvent voir tout-à-la-fois des objets différens, & que deux perfonnes voient au même inftant les … de l’autre. Or, d'après ce que l’Auteur a dir de l’action de la Lumiere = [a maniere dont il a expliqué comment fes ondes ne L détruifent ,ninesinterrom- pent point mutuellement, ces effets font aifés à concevoir. La Lumiere premiere , felon Newton, confifte dans l’é. miflon effedtive des particules des corps lumineux. Aïnf le Soleil lance de tous côtés à la fois, hors de fon fein, des parcelles de fa fubitance, Ces parcelles fe meuvent avec une vitefle prefqu'infinie , telles qu’elles parviennent à nos yeux en huit minutes de tems. La Lumiere feconde, c’eft- a-dire, l'aétion par laquelle le corps lumineux oi en nous L fenfation de clarté, confifte aufli dans le mouve- ment des molécules ad. qui, Adinites dans nos YEUX, vont frapper le nerf optique ; en force se l'action des A corps lumineux : peut ètr avoit celle de plufieurs anciens Philofophes. De même, dit Epicure , que l'odeur confidérée dans le corps nr .eft une émanation de ce corps, de même la Lumiere eft “une émanation du corps lumineux. Ces deux efpeces de Corps ‘envoient de leur fein, les uns à nos yeux , les'autres à nos naines, des on capables de faire impreffion fur : ces: organes, & par-là nous communiquent Les fenfati ons _ de clarté ve d'odeur. Le mouvement progreff & fuccelif de. Opinion de Newton, X18 PHYSTOUE raté par le retardement des éclipfes des farellites de Jupicer, & par laberration des étoiles fixes , a été donné pour preuve de fon émiflon. = Mais ces phénomenes peuvent également s'expliquer dans le Syftême qui fait confifter ln Lumiere dans les vi- brations fréquentes & fuccellives de l’écher. C'eft ainfi que le fon, qui a un mouvement prosrelif, fe propage par des ondulations dont on a déterminé la viteffe. Il parcourt cent-foixante-treize toifes par feconde, fans qu'il vienne rien du corps fonore à nos oreilles. Ainfi la propagation fucceflive de la Eumiere n'eft pas plus une preuve de | l'émiflion, que ne le feroit le mouvement fuccefif du fon, fi l'on difoit que la cloche envoie à nos oreilles des molés cules de fa fubftance. | | 7 La propagation de la Eumiere, que Defcartes croyoit inffantanée, a été reconnue fucceflive par les obfervations du premier farellite de Jupiter. Voici comment l'Hiftorien | -de l'Académie des Sciences rapporte cette découverte (2): - = « Comme les révolutions de ce facellite, dont les eclipz » fes font très- fréquentes, avoient été très- exactement » calculées par M. Cafini dès avant 1679, il reconnut, » ainfi que d'autres Obfervateurs, qu'en certain tems le » facellite fortoit de l'ombre quelques minutes plus tard, » & dans d’autres plutôt qu'il nauroit dû faire. On ne » voyoit aucun principe de ces variations en comparant » ces tems les unsaux autres. M. Roëmer reconnut que ke » fatellite fortoit plus tard de l'ombre, juftement quand Ja | (g) V-Hift de l'Acad. des Sciences , année 1679. NS ACT AT ER C4 » ? Le » » » » » » ] es LV >) D D LA > » D) D » ne) è 2 D À n)] -» >) LA v RE TR PTT VE CID PA NES PO A OP RN 1e Par DIS TA — » bu Mon 0 #. HIQ Terre, par fon mouvement annuel, s'éloignoit de Jupi- ter, & plutôt quand elle s'en approchoir. . là M. Roë- mer commença à former cette conjecture ingénieufe , que la Lumiere pouvoit employer quelque tems à fe re- pandre. Cela fuppofé , fi. le facellite fortoit plus tard de l'ombre quand nous étions plus “hoignes de fui, ce né- toit pas qu l en fortit effectivement plus tard: mais fa Lumiere étoit plus de rems à venir jufquà nous , parce que, pour ainfi dire, nous avions fui devant de. Au contraire , quand nous allions à fa rencontre , le féjour du LL. dans l'ombre nous devoit paroïtre plus court. » Pour saflurer de la vérité de certe conjecture, il cal- cula quelle différence de tems dans les émerfions ou for- ties de l'ombre , devoir répondre aux différens éloigne- mens entre la Terre & Jupiter. Il trouva que pour une différence de l'éloignement égale à la diftance de la Ferre au Soleil, la Lumicre retarderoit de 11 minutes ; ( des obfervations poftérieures. Ont fait connoître que ce retar- dement n'eft que d'environ 7 à 8 minutes } M Roëmer - ännonça à l'Académie , au commencement de Septem- bre 1676, que, fifa nr étoit vraie, une émerfon du premier farellite, qui devoit arriver le 16 Novembre fuivant , arriveroit 10 minutes plus tard quelle ne devoit arriver , par le calcul des Tables ; & Pévenement répon- dit À fa prédiction. ee D: Malgré ce fuccès, comme la penfée étoir fort nou velle, on ne sy rendir point encore. On fut en garde contre. les charmes de la nouveauté. Ée- IEC. pe éxaétèment pour « centre de Fe mouvement le centre + ; 120 PhrsSrQoUE » de Jupiter ; de plus, il eft conftant que fes révolutions ont » plus de vitefle quand Jupiter eft plus proche du Soleil, » & tout cela devoit produire, dans fon mouvement, des » inégalités: mais ces inégalités n’euffent point été précifé- » ment réglées , comme celle dont il étoit queftion: il fal- 5» lut donc admettre le rerardement de la Lumiere, fi vrai- » femblable , felon la Phyfique , quand il ne feroit pas » prouvé par l'Aftronomie. Pourquoi, ajoûte l’'Hiftorien de » l'Académie, la Eumiere pourroit-elle traverfer un efpace » en un inftant plutôt que le fon ? ou, pour parler encore » plus philofophiquement ; plutôt qu'un bloc de marbre ? » car le mouvement du corps le plus fubril ne peut être que » plus prompt; mais il ne peut pas plus être inftantané que » celui du corps le plus pefant & le plus mafif ». L'autre phénomence obfervé, Paberration des étoiles fixes, qui prouve inconteftablement que la propagation de là Eu- miere eft fuccelive , & que fon mouvement n'eft poine inf tantané , ne prouve pas plus que le retard des éclipfes des. fatellites de Jupiter, que la Lumiere vienne à nos yeux par une véricable émiffion des molécules du corps lumineux, parce que ce phénomene s'explique naturellement par compofition des deux mouvemens de la Terre & de. la Lumiere. | | | ——. La Lumiere, femblable en cela à tous les corps, ne fe meut donc pas en un inftant. M”. Roëmer & Newton ont mis hors de doute, par Le calcul des retardations des éclipfes des farellites de Jupiter, que la Lumiere du Soleil em- ploie environ 7 minutes à parvenir à {a Terre, qui, dans “ésmoyennes diftances, eft éloignée du Soleil de 32830459 lieues Dur LIT I IE PONT EUR à ten Fit E NÉ FTUNTÉ SRE 5 CRT ic 13 ARS ES LEE CE EE EE Du Mob Fr, T2 heues (n°. 44, Table des planeres, dans le fecond Volume }: Cette vitefle elt environ neuf -cent - mille fois plus grande que celle d'un boulet en fortant du canon. Quelle force prodigieufe ne doit donc pas avoir le Soleil, pour lancer hors de fon fein les molécules de la Lumiere, & leur imprimer une aufi grande vicefle , telle- ment quelles parcourent plus de 4000000 lieues par mi- nute? Voici ce que dit Newton: « Les corps qui font de » » » même genre, & qui ont les mêmes vertus, ont la force attractive d'autant plus grande, par rapport à leur volu- me, qu'ils font plus petits. Nous voyons que cette force à plus d'énergie dans les petits aimants que dans les grands, eu égard à la différence des poids ; & la raifon en.eft que les parties des petits aïmants étant plus pro ches les unes des autres, elles ont par-là plus de facilité | à unir intimement leurs forces , & à aoir Conjointement ; par cette raifon , les rayons de Lumiere étant les plus petits de tous Les c orps, leur force attractive fera au plus haut degré eu égard à leur volume; & on peut en effet conclu- re desregles fuivantes, combien cetre attraction eft forte. » L'attraction d'un rayon de Lumiere, eu égard à fa quan- » » » » tité de matiere , eft à la gravité qu'a un projedile, eu égard auffi à fa quantité de matiere, en raifon compofée de la viceffe du rayon à celle du proiectile, & de la cour: bure de la ligne que le projectile décrit aufli de fon côté; Pourvu cependant que l'inclinaifon du rayon fur la fur » face réfratante foit la même que celle de la direc tion du projedile fur l’horifon:. De cette proportion, 1} fuit que l'actraétion des rayons de Lumiere eft plus qué Tome 111; EE in sd ere mo eQ | F2? PHy si O0 TE » 1 000 000 006 000 000 de fois plus grande que la gravité » des corps fur la Terre, eu égard à la quantité de matiere » du rayon & des corps terreftres, & en fuppofant que la »:Lumiere-vienne du-Soleil en 7 minutes-de tems ». | - Ces émifions folaires, ces molécules de a fubftance dé l'aftre du jour que le Soleil lance de tous côtés à‘la fois hors de-fon fein, font confécutives-dans Le même rayon, & con- témporaines dans des rayons différens ; mais elles ne font point homogenes. Selon Newton, la Lumiere eff un mé- Lange de: rayons nepnlement réfrangibles, qui different en: LE eux- par des ae particulieres 1° 1°. la réfrançibilités 2°. la réflexibilité ; 3°. la couleur. Or, les rayons qui ontla même réfrangibilité , ont auñi les deux autres propriétés. Ceft ce qui dérermina ce Philofophe à diftinguer la Lu- Mière en deux efpeces. Il nomma Zwmieré homogene: celle dont-tous les rayons font également réfrangibles & dela même-couleur: Il a donné le nom de Lumiere hérérogene à cellé dont les :différens 7e n'ont ie la même réfrangis bike Rss a. = a -. Ges- définitions . M. Novo cable Hufeus propoñtions. 5 1°. que les rayons de Eumiere se different en couleur , different aufli en. réfrangibilité ; 2° que la Lumiere du Soleil eft compofée de rayons réfrangiblés ; 3°. qu'il ya autant-dé couleurs fimples , qui ya de: denis de réfrangibilité différens ; 4°, que la blan< cheur-de a Eumiete immédiate du Soleil eft un -compolé de fept couleurs. primitivess 52, que les rayons ne fouffrent aucune altération-dans leurs qualités par la-réfrations 6x que la réfraction ne peur décompofer la Eumiere en cou Jeurs qufn'y auroienc pas été mêlées antérieurement, * » Mot St. PEN EN PPT À CA DIT USA TER lon nr 1 dt EN PA) sis DT Monp—r. 123 Nous: aurons occafion de reprendre ces propofñtions, ainfi que celles ie nous avons ee à deflein, dans cetté énumération , à mefure que nous avancerons dE l'expofi= ion & dans l'explication des phénomenes qu'offre la Lu= miere. Dans la fuite, fi nous ne fommes pas toujours dé l'avis de Filluftre Newton, dans l'explication de plufeurs phénomenes importans fur lefquels fa théorie eft fondée, nous efpérons que Îes raifons que nous expoferons à nos Lecteurs , leur paroïtront tellement démonftratives, qu'ils ne qualifieront point notre entreprife de témérité. D’ail- leurs , fi l'autorité devoit être admife , ou pouvoir être de dctque poids dans les Sciences, nous oppoferions celle de | M. Euler à celle PHOTO ph Anolois. L'opinion de lilluftre Newton fur l'émifion de la Eu- miere a trouvé encore, dans ces dernierstems, un favant dé fenfeur dans M. Seb Biblothécaire de la _ nn de Geneve. Après avoir a que l'opinion contraire , qui éta= blit que a Lumiere -eft Peffet de la préflion. exercée fur un fluide élaftiqr ue,aété adoptée par le profond Marhémaucien M. Euler, qui en à formé un Syftême qui ne laïffe rien à de- firer par la clarté des idées & par leur Hiaïfon, que cette hy- pothefe phyfique eft difcutée avec profondeur , qu'elle eft fuivie dans tous Les détails, revétue de toutes les preuves, rendue intéreffante par la netteté, la précifion &l élésance qui régnent dans P explication des ones - M. Sec raffemble dans la feconde Partie de fx Lettre, inférée dans le Journal de Phyfique du mois de Septembre 1779, les argu = mens contre. les Syfèmes qui fuppofent que la | Lu (effet d'un fluide élaftique ” &: en le Soleil, | | | x24 sPaHT SAT QUE Dans premiere Partie de certe Lettre ; M. Senebier dit qu il ne croit pas que la force du Soleil qui attire, foi Ja même que celle qui repoufle; & il ajoûre que, « fi . So- leil actire tout à lui en vertu de fa force centripete, il peut avoir auf une force eee & fufifante pour chañer au loin les corpufcules très - légers que le feu forme à fa furface ; cette force peut être foiblement repréfentée par celle des corps brûülans qui répandenc au loin la Lunuere. » Newton, ajoute le favant Génevois, avoit fuppofé que la Lumiere étoit compoée de ne. de denfités diffé- rentes; cette idée n'eft pointinvraifemblable; il ya même des expériences qui la rendent probable : elle ne renferme donc rien de contradiétoire. En regardant, cette opinion comme vraifemblable, je n exclus pas. qui font auf vraifem- blables qu elle. Je ne prétends pas non plus expliquer com- ment les fept diférens rayons tamifés par le prifme, & réunis pour former la Lumiere , font lancés du Soleil avec des vivefles différentes : É peut fournir mille expli- cations de. ce phénomenc s mais elles. feront toutes fans preuves. jufificatives. Sans entrer dans ces détails, ÿob- ferve que la différente réfrangibiliré des fept rayons paf fant d'un milieu plus rare dans un plus denfe, indique qu'ils n'ont pas la même virefle. En effer, 1. rayons rouges. fuivent alors plus conffamment LL. route, sis fe courtois moins que les rayons violets, onpeut concless da prés Les loix de la Méchanique , que les parties ee tes du rayon rouge ont une plus grande vitefle , que celles du rayon violet; ce qui peut arriver, oit par une impulfon plus forte , COMMHNIqUÉE aux IX part ties à rayon rou ge, fi ess D EAN aigus: ne à leron des tons graves que par là particuliere dornelle à à. ce. degré dis pu MonNDE. 125 font égales à celles des autres rayons, foit par: une vireffe. femblable, communiquée à des maffes plus denfes. Quoi qu'il en foit, chaque rayon äura un degré de vitefle dé- terminé par fon degré de réfrangibilité ; & comme-lana- Jogie des effets mene à celle de caufes . différence de réfrangibilite caractérifant cellé des rayons, & la Mécha- nique apprenant que la différente réfrangibiliré d'un corps. qui pañte d’un milieu plus rare dans uñ he denfe fous -le: même angle d'incidence, eft l'effet de la différente vireffe: avec ae il le traverfe . il paroït qu'on peut: conclure _avec probabilité , d'après ces ponoee que la différente virefe des différens rayons peut être la caufe de leur diffe- rente. réfrangibilité, & par “onfésuenr de leurs différentes couleurs. AE re Et _» Siceft une Loi _ à Noure d'agir re maniere ana- logique dans des cas qui peuvent fe reflemblèrs le fyflème de la différente vireffe des yen, pont produire les diffé rentes couleurs , “peut. ètre : préférable à tout autre. Les tons ere e. vitefle rofcillations ; de même la différence des couleurs dépendra de la différence des parties conftituantes des _fayons qui les. forment ; & comme les ondes fonores ne fe mêlent, pas, les rayons ne fe mêleronc pas-non-plus ; la différente vitefle de-chacun.,&-la prodigieufe vitelfe de tous ,: fufifent pour. fufpendre Jeurs-affinités & leurs. mélanges. Cette analogie femble être aufi dans nos fenfations ÿ com= me dans la Nature chaque rayon [or mouvement particuliér-d'impulfon ; commurniq pu ion , alors. 126 Par sFourt le nerf optique tngne la variété des couleurs, conime le nerf acouftique apprécie la diverfité des fons ». Dans la feconde Partie de fà1 Lettre, M. Senebier sa femble les argumens contre la Thefe que la Lumiere eft l'effet d’un fluide élaftique comprimé, ou agité par le So. leil ; &, après avoir rapporté les Propofñitions 41 & 42 des Principes mathématiques de Newton , il dit; « El faut con- clure que, comme la Eumiere fé propage en lignes droi- tes, puifqu'elle eft interceptée par les corps opaques placés entre le Soleil & l'œil, elle ne furoit être produite par une preflion , ou par un mouvement propagé au travers d'un fluide pee que les preflions , ou les mouvemens commu niqués à travers un milieu, divergent toujours dela lione droite, & fe ponenr autour des. Lelhces ge ils ren» contrent. a > — Se à » Le mouvement on. par . proffion +. un de | ef cndulatoire , ee fi le fluide re 5 .. die es par le corps comprimant, cd petite jque celles ci en forme une plus grande , + qui et fuivie par d autres ; jufqu'à ce qu'il y en aït une qui arrive aux bornes du fluide, où qui épuife la force communiquée par dx preffion:°:.… Ea prellion ne fauroit produire: dans-un fluide | & encore moins dans un fluide éminemment élaftique un mouvement en lignes droites, mais feufement en tous fens » Dos meie “Pareil à cette -objetion, nous su —. que: le mouvement: en tous. fens: du: centre: vers. la farface d'une fphere concave, -eft compofé d’ äûtanc de mouvemens sedilignes. que l'on peut concevoir dé rayons dans k + D U -M -O ND‘. I27 cité de cette fphere. Une onde qui s'agrandit, ne peut croître qu'en portanc fes parties du centre vers la circonférence; or, le mouvement fe fefant fur des lignes droites tirées du centre du cercle, lignes qui en fontlesrayons, ce mouvement fe propage évidemment.en lignes droites, & de tous côtés, en s'éloignant du centre. . = : Li Le fecond argument que M. ne A tiré de l'élafticité. « Le mouvement, dit-il, fe communique par le moyen des corps dique : das ‘un tems infiniment court ; de forte qu'il en réfulte ue dès que le fluide émi- nemment élaftique fera comprimé , le mouvement fe com- muniquera en tous fens', & l'ilumination fera far le champ complette, parce que le fluide doit tendre au niveau avec une fouveraine vitefle; ce qui rend Îa propagation de la Lumiere inftantanée , ë cÈ as contredit toutes. les ob- fervations. . : | » Sila — étoit - par un fluide re COM primé, la compreflion originale étant toujours la même , les objets devroïient être conftamment éclairés d'une : mier également intenfe , DRscerane les ondes lumineufes devront toujours être .. mêmes partout & en tout tems: mais l'illumination varie fuivant diverfes circonftances ; il faudroit donc imaginer, comme pour le fon, dés ondes plus OU MOINS alors tous les objets ee encore une illamination femblablement variée: >» La preffion d'un fluide élaftique né fauroitfe Bree en uñ poinc. buse être on al inftanc dans tous les: pois de fa maffe ST aucun obflacle à à onde — Q ee donc. G S & ‘prefion du Soleil fur un fluide éminemment élaftique 3 PHYSIQUE produifoit la Lumiere » c’eft que le jour ne finiroit point parce que la preifion du Soleil fur le fluide feroit toujours conftamment la même. | : » Le fluide , comprimé par le Soleil, étant dans un état de fon: doit faire effort contre és parois de la fphere qui le contient, & toujours tendre à s’échapperÿ où, S'il n'eft pas contenu de cette maniere, la force gravi- tinte , qui ne peut détruire fon fiche: ne fauroit {e contenir par elle-même. Si le fluide eft dis un état de re- pos alors il ne fait plus d'ondes , & il n'éclaire plus; mais par-là même que le Soleil le éee toujours , il s'enfuit qu'il doit toujours faire effort pour ceder à la pres fion qui agit fur lui. » Dans le ffftème du fluide élaftique, on ne peut expli- quer la viteffe acquife par Jes rayons qui pañlent d'un milieu plus rare dans un milieu plus denfe. Dans le fyfême New- ronien , il € évident que le rayon eft attiré alors par le milieu ; mais il doit être retardé dans fon pañage au travers de ce milieu; cependant il a toujours la même viteffe quand iken fort ‘pour entrer dans un autre d’ une denfité femblable à célle du premier milieu , où il fe mouvoit avant la réfraction ÿ que lorfquil: y étoit entré : d’où il réfalte qu’ 1 a ment acquis la viteffe qu’ ÿ] n'a pas perdue ; : au-lieu que dans le lyitère du fluide élaftique , les vibrations de ce fluide doivent être néceflairemenc retardées dans le milieu le plus denfe > fes ondes doivent. sy mouvoir avec pius de len- teur 5 & fi la Lumiere qu'elles produifent , a la même vis tefle en fortant de ce milieu par la feconde réfraction , on ne eu voir comment cette feconde réfration remet les chofés pü MowDbr. 129 chofes dans leur premier état, puifque le rayon A ion TEE moins attiré. : » Outre cela, la réfraction qui eft un effet acces de: l'attraŒion , dans Le fyftême de l'émifion, n ’eft plus nécefs: faire dans le fyftème des ondes. S1 l'on peut changer {a direétion des corpufcules féparés , pour les réfléchir, les! réfracter , les condenfer, les écarter de léur route ; on ne peut pas dans ce fens concentrer ‘un fluide, Le. réfléchir , ; le réfracter', fes parties font plus adhérentes entrélles que des Éasiees effentiellément féparés nadherent ent” eux} de forte que fi ces effets peuvent avoir lieu, ils ne fau roient avoir lieu auffi parfaitement. Un rayon Le Eumiere qui traverfe l'air, eft : apperçur, il à donc des particules ré- flexibles & réhéchies mais f la Lumicre eft l'effet d’une preflion continue , cèla ne fauroit fe pañler ainf : les'ondes du fluide qui arriveroient fans cefle , féroient des obftacles invincibles au retour des autres. de | » Enfin ; lon à fic des expérie p tater, sil étoir poñible, Hell des dei 9 fon de la Lumiere, où fa propagation par un Aide À élafs tique, _étoit la mieux fondée. Il femble que les inductions quon peut tirer de ces expériences , font favorables au fyftème de l'émiffion ; elles femblent même indiquer que la Lumière agit par impulfon. M. Hombèrg a fait ofciller üh reflott au foyer d'une lentille 3"Hartfocker,, du Fay & M. de Mairan , Ont imaginé différéns moyens plus 0 ou moins inceftains , u ee favorables au fyftème de lén if fion. Les expériences de M. Mitchel, faites avec ls bien fufpendues®, font un. peu plus conchdire, parc - Tome Pro -k Opinion de A, Euler. +30 nr adon tk qu'elles font mieux faites ; ilen tire même des conféquen:, ces propres à cranquilifer ceux qui craignent, l'extinétion du. Soleil: il-établir qu'un rayon de Lumiere qui tombe pendant une feconde fur une furface d'un pied quarré , pefe fa 1800 millionieme partie d'un grain; que la denficé de ce rayon eftà la furface du Soleil, comme 4s o0oeftà 1 : d'oùil conclut . qu'il fort de la furface du Soleil, dans l'efpace d'un pied quarré, & -pendant une feconde , la 40000 partie d'un grain : ce qui fair un peu plus. de deux grains par jour, où é70-livres en 6000 ans ; ce qui n'auroit diminué le diame- tre du. Soleil que de dix pieds dans le même temis., en fup- pofant fa matiere aufi denfe que celle de l'eau ». _: Selon. M. Euler, dont le fentiment fur [a nature de:la Eumiere, fe rapproche beaucoup de celui d'Huyghens, & de celui. que nous avons adopté , Le Soleil, les.éroiles, les flammes des différentes Lumieres,, font toutes plongées dans un fluide immenfe , très-élaftique, qui eft l'écher. Toutes fes parties de chaque corps lumineux font dans un mouve- ment de -trépidation continue , par lequel ces corps frap= _pent fans cefle., &. par des pulfations réitérées, innombra- bles, dans un tems.très-court, l’éther qui les environne. Les molécules d'éther qui touchentimmédiatement le corps lumineux , tranfmettent par leur élafticité | l'impulfon qu'elles ont reçue, à celles qui les. recouvrent & les envi- ronnent ÿ celles-ci à d'autres, toujours en s éloignant du centre. C'eft ainfi que. le. fon fe propage dans Pair autour d'une cloche , & forme des ondes fphériques qui s’agran- diffent de tous. côtés. à la fois, & saffoibliffent de plus en plus à mefure qu'elles séloignent dn corps fonore. Cette Pas SAR RSS Li ronaldo AN DO AE Ce 0 à va M A ce M se Duyv MONDE. 132 analogie entre la Lumiere & les fons eft d'autant plus jufte; qu'il eff connu que les fens ne peuvent nous tranfmettre limpreffion des objets extérieurs que de deux manieres's ou par l'application immédiate de lobjer à l'organe dut fens convenable , comme pour le toucher , où par une application médiate au moyen d'an fluide interpofé, cas pable de nous tranfmettre limpreflion des objets élois gnés pour nous en faire connoître l'exiftence. L'ouie & la vue fonc les deux fens par lefquels nous avons la conñoifs fance des corps fonores & des corps lumineux ; & comme il eft inconteftable que les corps fonores tranfmettenr les fons à l'organe de l'ouïe par les vibrations de fair, & qu'il he fort rien des corps fonores qui parvienne à nos oreilles, nous devons de même conclure que la Lumiere nous ef tranfmife par les vibrations d'un fluide interpofé entre le corps lumineux & l'organe de la vue. Ce fluide eft l'écher qui remplit tout l'efpace: ce fluide , beaucoup plus fubtif que l'air ; pénetre tous les corps: la modification que noûs nominons agit fur les corps, les échauffe en donnant à leurs parties infenfibles un mouvement de vibration dans lequel.confifte principalement la chaleur. Les corps, À leur tour , agiffent les réfléchiffant , ou les fur les rayons de la Lumiere, en FH es ie Felles font les deu tas Ds SE La Ra Oo AL II DÉTECTE Man LS lan 2 dE EM ul rénbrsch etait 6rilsil | | | | | 132 PH STOQUE moyens de fixer l'incertitude à cet égard; & de ramener les Savans à l'une des deux opinions à l'exclufon de l'autre: t'eftce: qu'a entrepris M. Becuelin, dans un Mémoire in: feré sparmi ! ceux: dé! PAradérie de Berlin ; pour l'année 27725 Mémoire qui: a-pour. objet de. die, par des expériences, comment fe fait la-propagation de la ne Cette queftion une fois réfolue, influera néceffairement fur lé jügément que nous devons porter: fur leugre nee Le eft da nature.de la Lumiere? . … | ::Hfemble., dit M. Béçuelin. que ee on np Îes argua mens: et en faveur des deux Syftèmes ; moins on foit en état de fe décider.5 la queftion paroïît d'autant plus pro: pietianque, qu on l'appr cofondit davantage , & l’on eft tous jours TERTÉ: embrafer, le feniment ga On. examine le der- Rich ns dura: EU M indie sen cho me floue . be jamais : un a moyen de terminer -une-difcufion. philofophique j, & quand.en vou droit l'employer ici, on nen feroit gueres plus avancé, Newton d'ün côté, & divers hommes. célebres. qui fe font rangés de fon partis de l'autre côté. Huygheus & Euler, fuivis: “par tant de. Phyficieus du ‘premier ordre. -tiendroient æencore: la: balance égale entre. Le HRemere de Lémifion 8 & celui de. Londbede ds en a La queftion néanmoins eft fée importante pout LE qu'o ‘On cherche de. movyens-sûrs dela réfoudre; ; elle tient eflen- tiellement aux plus à importantes. parties de la. -Phyfque; -& c'eft de fa décifion. que dépend la connoiffance-de l’arrans gement de: FUnivéers, entier. Greft alors. que on- faura. Ave rar _éertiugde. fi les | Spas inrerplanéraires fonc, vides, du sis &, fi PAIX EC AS NAPPENT à RAM TERRE RER PE PR PT CUT PT TR PLATS 8 D NP EN RTE RE VU IN Ne Ve CR DE MONDE. 23 font remplis par lécher; fi lés corps céleftes ‘éprouvent quelque réfiftance dans leurs mouvemens, & fi, par con- féquenc’, leurs révolutions périodiques . en . où retardées, ou fielles s ’achevent-conflamment dans un mème tems; fi — inégalités dans le mouvement moyen de la Lune {ont l'effet de E réfiftance de l'éther, ou sil faut leur cher- cher une autre caufe; fi la pefanteur eft inhérente aux corps. où fi elle.eft produite par une impulñon-étrangeres en un mot, fi l'attraction eft une premiere câaufé dela Nature, ou fi elle neft que . séfuirae dé us premiez res Joix méchaniques. | * Il feroït bien étrange en foi, ajoute- ik, & bien het pour le progrès des connoïflances hinanes que deux Caux fes abfolument différentes entr'elles, düflent produire exacte: ment, & dans toutes les circonftances, les mêmes effets. En ce cas-là il feroit impofible de remonter des effets à la connoiflance de La véritable caufe. Mais il eft probable que ce cas n'exifa | jamais, re toutes les fois. quon fera lé maître d'ajouter telles expériences su voudra aux fim- plésobfervations , on pourra-parvenir à décider, entre deux hypothefés qui paroïroient également propres à expliquer 3- les phénomenes obfervés ; quelle eff celle à laquelle il faut les rapporter. Si, après cela, Pindécifion fubfftoit encore, ce’neïferoit plus parce que les réfültats paroïîtroïent toujours lesimèmes ; mais uniquement parce que nos fens ne feroient pas affez: parfaits. pour nous faire appercevoir : Aou ité réelle. qu 1 + auroït entre a ei La Mtmtttin le era dEURE SAT | 1e DORA Y EE OMR T ON EEE CORRE SEEN EEE EUR Lanta Date TE CP à 31 34 k El DES PISE AE DT Prose me Lars # CAT ES AE ÉRRÉTSSET 134 Pas ioce un cas où l'hypothefe de l'émiflion de la Lumiere devroit donner un phénomene différent de celui que donneroi néceflairement l'hypochefe de la produétion de a Lumiere par les ondulations de l'écher. . On fait, dit-il, que, felon [a théorie de Newton, la réfraction eft un effet de l'attraction; le milieu le plus denfe attire perpendiculairement le globule de Lumie- re avec une force attractive qui eft la même pour tous tes les inclinaifonss d'où réfulte néceffairement la loi cons nue & obfervée, la raifon conftante entre les finus des an- oles d'incidence & de réfraction. | Selon Newton, la Lumiere accélere fa viteffle dans le milieu plus denfe qui lattire. Mais comme ce même milieu retarde autant cette viefle à la fortie, la Lumiere aurala même viteffe après l’émerfion quelle avoit avant l'incidence, fi le milieu dans lequel elle rentre après les deux réfrac- tions, a la même denfité que celui où elle fe mouvoit avant l'incidence. | _ M. Béguelin paroi vouloir prouver enfuite, par des obfervations que nous ne pouvons regarder comme bien fondées , qu'il ne devroit pas en être ainfi dans le fyftème de l'ondulation: cependant voici comme il s'exprime plus bas. Dans le fyftème des ondulations, M." Huyghens & Euler ont montré que la même loi pouvoit avoir lieu. Si cette loi, la conftance du rapport entre les deux finus, n'eft pas, die M. Beguelin, une fuite néceffaire de leur théorie , elle en eft au moins une fuite pofible, & même afez plaufble. M. Euler a d'ailleurs démontré inconceftablement que la dis pu MONDE, 135$ ‘verfe réfrangibilité des rayons s'accorde très-bien avec cette théorie, qui a de plus l'avantage d’être analogue à celle de da propagation des fôns ; théorie qui ramene les caufes mé- chaniques, les feules auxquelles lx raifom humaine puiffe & doive donner un entier acquiefcemenrt. Puifque dans les deux fyftêèmes de l'émifion & de l’ondu- lation, la loi de la conftance du rapport entre les deux finus Sd nidiiee & de réfraction ; s'explique aufi heureu- fement dans l'un que dans a il fuit que cette loï de la réfraction n'eft pas propre à à décider entre les ne {vf tèmes quel eft celui que fuit la Nature, D'un autre côté, la loi de la réflexion de la Eumiere,, lé- galité de l'angle: a a celui de réflexion , s’ex piges également bien dans les deux fyftèmes ; ainfi cette loi n’eft ‘pas encore propre à. nous faire connoître quel eft le vrai {£ tême de la Nature. Mais les échos confirment inconteftable- ment que les fons fe propagent en tous fens, autour des corps fonores, par des ondulations , des vibrarions orbiculaires dont ils ne le centre: La bre répulff ivE- que Newton em- ploie pour expliquer la réflexion, ne paroït Le naturelle: felon lui, cette force réfide aufhi dans le même milieu où réfide la Dee qui attire & produit la réfraétion ; ce qui par rot contradictoire: M. Béguelin., après avoir conÉdee que la A adon & la réflexion de: la Lumiere s'expliquent également dans les deux hypothefes, celle de Pémiffion, qui . l'actradtions & dans celle des ondulations ou vibrations qüi fuppofent l'éther, remarqué qu'il ny avoit que le cas où le rayon incident feroit parall lele < à k furface réfringene £ = AS 4 Gt SE AS snds LA LTÉE QE PAR eut 1e 2 4) 5 tot SO ge EEE CCC ER SE LE 136 PHYSIQUE propre à décider la queftion, fi la Lumiere fe propage par émiflion ou par ondulations. « Nous avons vu, dit-il, que » > D la réfraction de la Lumiere fuit la même 2 dans les deux fyftèmes quelle que foit l'inclinaifon du rayon in- cident : cela eft vrai, tant quilyaune incidence actuelle; » mais fi le rayon de Lumiere râfe la furface du milieu ré- fringent plus denfe , fi l'angle d'incidence eft de 90 de- orés , les phénomenes ne doivent plus ê être les mêmes, [a HS des réfultats des expériences doit être extré- mement fenfible. En effet, dans le fyftème de Newton l'attraction agiffant également à diftances égales , quelle que {oic la direction du rayon incident, certe force doit attirer Le rayon râfant, le faire entrer dans le milieu denfe, & lui donner une se dont le finus, fi le paflage fe fait de l'air dans le verre , fera les . tiers du finus cotal, le rayon pénétrant dans le verre s'infléchira fous un ne d'environ 41 degrés 48 minutes 5 & s'il rencon- tre be une autre furface perpendiculaire à 21 celle par laquelle il auroit pénétré, il rentrera dans l'air, fefant _fon angle de réfraction de 90 degrés 5 de forte que la | nouvelle diretion du rayon en un : angle des oit avec la direction. initiale. A » Si la Lumiere fe propage par ondulations . . fluide étheré , au-lieu de fe ‘propager par des émiffions faccefives., les _phénomenes feront bien différens. La direction a. ondulations ou vibrations étant parallele à ) la furface du milieu. denfe , & hors de ce milieu , il ny a point de raïfon pour qu ‘elle doive changer. L. rayon continuera par conféquent à fe. PEOpagsee en ligne droite, » l rhin 7 note ART sil oh, mu: Mo N DEF, 137 _# il râfera la furface du milieu denfe fans {a pénetrer ». . Cette confidération a fuggeré a M. Béguelin l'idée de l’ex- _périence faivante : il a pris un cube . verre de quelques … pouces de dimenfion, qu'il a fixé à lune des extrémités d'une caïfle d'environ 15 pouces de longueur, ouverte par le deflus 5 la largeur & la profondeur de la caïfle étoienc évales au côté du cube ; à l'extrémité de la caiffe, oppo- ._ fée au cube, caïffe dent l'intérieur étroit noirci pour écarter la Lumiere de il a tracé une ligne horifontale ; cette ligne fervoit à marquer exactement la hauteur où devoit arriver la lame de Lumiere folaire introduite par une fente horifontale dans la chambre obfcure , & dirigée parallelemenc à a la face RIpen ieure du cube ; ons ce cube Étoient un-ou plufieurs quarrés de papier blanc pour pou- voir facilement élever ce cube à la hauteur des bords de la boîte. Muni de cet inffrumient, qu'il a préfenté _ plufieurs fois aux rayons folaitess il. a db que , lorf que la lame lumineufe rombe avec. quelqu He -obliquité fur la furface fapérieure du cube, il Va réfraction , & que« cette réfraction eft fenfble, L'édlat de là portion du papier blane fous le cube, que Les rayons réfractés illumi- hoient, fe diftinguoit, de une ligne bien tranichante,, de partie ns de ce même quarré qui, fuivant la loi dé di -réfration, dévoit fe trouver dans l'ombre ;maïs auflitôt que Pobliquité. d'incidence ! a éte nulle, coute la Lumiéré LE PAT fous le cube à difparu ; ; ia nier vu la lame de « ASS ue aller ie au trait horifoncal HO à à | Jongement + . re. füpérieure qui cubes ika dome TT, | 138 PHYSÈQUE marqué, dans toutes les expériences , que [a réfraction a ceflé un peu avant que l'obliquité ait été exactement nulle ; c'eft-à-dire, avant que la direction du rayon folaire ait râfé la farface du verre; car, quoique le trait horifontal fût ciré à la hauteur précife du cube , il a conftamment apperçu que la lame lumineufe a commencé à frapper le bour de la caiffe un peu au-deffous du trait horifontal. Cette expérience prouve clairement que la réfraétion n’eft pas produite par une force attraétive qui réfideroit dans le verre. Aïnf il faut que ce phénomene de fa Lumiere ait une autre caufe que lattra@tion ; & comme il ny a point d'autre caufe que les vibrations, ou ondulations de l'éther, qui puiffe produire Les phénomenes obfervés , il fuit nécef fairement que la Lumiere ne fe propage point par émifon, mais qu'il exifte un éther dont le mouvement ondulatoire conftitue la Lumiere. C'eft ce que nous prouverons dans la fuite , en expliquant la réfra&tion. THÉORIE DE LA LUMIERE. Au nr de confidérer les loix, les modifications , les effets de la Lumiere, élevons encore un inftant nos regards vers Paftre qui la produit. Remontons aux tems primitifs où l'Homme a comtemplé, pour la premiere fois, ce globe brillant. | | . Sous quelque climat qu'ait vécu l'habitant de la Terre, il n'a pu méconnoître dans le Soleil le Roi de la Nature; mais limprefion que la puiffance fouveraine de cet aftrea ET OT Or re POS PT TE CO URTÉ POUS O A TE PR Op PRES ee gd Pro N ; ë | $ : À À 1 À "4 ÿ pu MoNDE. r39 faite fur l'âme de l'Homme, n'a pas dû être [a même fur toute la furface du globe. Si la reconnoiffance lui dreffa des aurels; fi, dans plufeurs climats, on l'honora comme l'ami, comme le bienfaiteur, comme le pere de la Nature, dans d'autres lieux on ne vit en lui qu’un tyran redoutable & terrible, dont la préfence annonçoit & portoit partout la douleur, le ravage & la deftruction, Le noir habitant des pays brûlés de la zône torride , que l’ardeur dévorante du Soleil pourfuivoit partout, & contre laquelle la profon- deur des bois , les joncs & les rofeaux des marais, Îles antres es plus obfcurs prèroient à peine un sûr afyle, ne voyoit dans cet aftre qu’un être méchant & barbare, qui fe plaifois à deflécher la Terre & fes productions, à brûler fes habi- tans ; dans ces climats le Soleil étoit Le boureau de la Na- ture. Diodore de Sicile nous apprend qu'à linftant où le Soleil fe levoit , les Ethiopiens s'enfuyoient dans leurs ma- rais, & qu'ils Le chargeoïent d'imprécations, comme leur plus cruel ennemi. La Lune, au contraire, étoit pour eux une Divinité bienfefante , qui venoit réparer les maux qu'avoient produits les fureurs du tyran, & Les Ethiopiens adoroient la Lune. : - Dans ces climats glacés qui s'avancent vers les pôles, Le Soleil eft, au contraire, le feul ami, le feul Dieu de fa Nature; tout, pendant fa longue abfence, languit ou meurt. Quels bienfaits la Lune pourroit-elle répandre fur ces dé- plorables contrées , dent elle ne peut qu'éclairer Les frimats & les malheurs? Détournons nos yeux de ce crifte tableau, fixons-les fur ces climats heureux &tempérés, ou fous un Ciel pur & fans nuages. Les premiers tres penfans, les $ 2 140 | PHYSIQUE + er a © SALE é sremiers Obfervateurs ont pu dans leurs douces rèvertes; méditer fur les principes qui animent la Nature, &'fur les’ loix qui la-gouvernent. Soyons nous-mêmes ces premiers Philofophes ; contemplons les premiers 12 marche majeis tueufe du Pere de la Lumiere, Lorfqu après un long, hiver | L revient enfin vers nous. - La Nature Jançguiffante & flétrie Émiffoic eñ rappellant fn. bienfaiteur & Te pere. II “approche. elle trefaille & s’anime; fa douce haleine des Zéphirs le _précede’ & Fans nonce , elle prépare la naïffance des fleurs qui doivent of= ner fon: empire, elle pénetre leurs tendres germes. Get air âpre & piquant qui déchiroit nos tiflus, qui “enchanoi ños membres engourdis, qui portoit un foi mortel jufqué dans nos véines, femblable aujourd’hui à un duvet tépide & léger, s'étend autour de nous, & nous enveloppe. Les habitans de l'air, ces chantres nélodieur à a _ la Nature accorda des organes fi flexibles & fi propres À charmer. nos ennuis dans les retraites les plus folitaires , prouvent déja des bienfairs de la faifon nouvelle : j . ramagés ans noncent le tems des plailrs _& celui des aMOUrS. Les vapeurs que lhiver. avoit reflerrées , ont perdu cette fo= dide & dure confiftance. qui: couvroit & nos collines & mos vallons; elles ont repris leur premiere : fluidité, elles _pénetrent déjà la farface dé la Terre, elles S'infinueront “bientôt dans les. cifus relâchés des végétaux 5 le criftal des fontaines à retrouvé fa tranfparence éd liquidité l'onde argentine des ruifleaux n “enchaîne plus dans dé du | .res entraves les planes qui naiflenc fur leurs bords, elle ne brie plus leurs fibres délicates ; elle les pénctre, ke ide So Le PR PP AN TE Ne PA D v M 0: N: D. À TA4É Bibe, & leur rend toute leur élafticité premieres déjà l'herbe tendre commence à paroîrre. Mes yeux fatigués de 9 © “m'avoir erré fi longtems que fur “une farface d'une blan- _éheur trop éee & trop uniforme qui Couvroit toutes fos- campagnes, fe repofent avec complaifance fur an nou- veau tapis, un peu fombre encore ; mais que varie deja le pointe verdoyante des herbes, qu ‘émaillent la perce neige & la Violette. Les bourgeons des arbres fe gonfient, ils ten- dent à fe développer; déjà je les vois préparer &t ces cou leurs brillantes dont leurs fleurs vont fe revêtir, & ces fucs délicieux qu'ils me promettent. Fout renaît fe les regaf ds viviflans du Pere de la Nature: touc, dans cet heureux mo= ment, annonce l'abondance & la gaieté. : Floignons-nous de nos ee s , marcChons vers ces ébteaux dont le Soleil dore les Fe , allons faluer FAuteur de tous nos biens, adreflons un hymne à celui qui ramene avec lui le bonheur. Une paicé vive & douce s'em- pare de mon Âme attendrie ; tout s'emeut ; tour excité ma: fenfbilité : Je vous falue êtres naiffans, je vous flue au _6*vous qui fembliez morts pour. jamais, je bénis l'inftane où VOUS retrouvez les forces de la vie ; tout s'igite, tout. { fourrit, tout croit pour fe reproduire. Ah! br 7 = 5 ‘toute [a Narure et peuplée: d'êtres fenf-- tout eft: animé bles, dont lexifence fe rapproche d de {a MIÉANE ; ; tout doi entehdreina voix, tout doit: répondre. à mes” VEUX, F& Te: prèter “à mes defirs. Comme renaiflances ; “êtres “bienfer féviens : vivre. en idée Pit ee ji Fier. : vousi qu'une illufon, je vous chéris & je vous adopte ! | ; | | Y42 PHE&SIQUE Ce fut ainf, fans doure , que parla le mortel heureux qui le premier fe profterna devant le Soleil avec une âme {enfible & reconnoiffante ; tel fut , fans doute , Le premier culte, pur comme l'âme de celui qui loffroit au Pere dela Nature , fans le connoître , mais dont il croyoit voir la brillante image dans le Soleil. C'eft ainfi, qu'après avoir animé tous les êtres, l'homme \ donna bientôt à chacun d'eux une intelligence divine , un efprit protecteur chargé de veiller fur lui ; alors naquirent les Nayades & les Rp les Driades & les Hamadria- des. L'homme fenfible , pénétré d'admiration & de recon- noiflance , fe plut à remplie de Dieux ou de Génies tout fon domaine ; il s'entouroit avec une joie pure & délicieufe des émanations d’une Divimité générale & bienfefante qu'il cherchoit, qu'il adoroit dans tous fes bienfaits. Il n'avoit point encore appris à la craindre, il ne favoir que l'aimers nul efprit faux & atrabilaire, ou . & cruel, ne Jui avoit fait redouter un tyran de l'Auteur de fon être, Cet inftant funefte arriva, alors naquirent l'Idolâtrie, le Paga+ nifme, la Se & toutes les horreurs qui marches rent à — fuite. — ; La Mythologie ne fur a longtems qu'une allégorie hiftorique & phyfique ; ; les erreurs populaires la corrompi- rent bientôt, même dans fon pays natal. Les Grecs qui la rapporterent PEgypte, quine l'avoit pas vu naître, mais qui l'avoit fans doute reçue de quelqu'autre natloñ anté- -rieure & plus heureufement placée far le globe , la défi: gurerent encore. Il étoit refervé à notre fiecle de la rappek _ fre fa premiers origine, de lai rendre toute F pus . pu MorDE … 143 toute fa dignité. Le favant Ouvrage de M. Court de Gé- belin, & les ingénieufes recherches de M. Dupuis fur lO- rigine des Conftellations, & fur l'Explication de {a Fable, jultifient l'Antiquité de l'injure que lui avoient faite les fie» cles qui nous ont précédés. Mais abandonnons ces confidérations hiftoriques & philo- fophiques ; rentrons dans la carriere de la PEne pour y obferver tous les phénomenes qui appartiennent à la LEu- miere, à ce fluide élaftique qui remplit l'efpace, & qui, caufe unique de tout mouvement, agite coute la Nature 5 qui, difféminé entre toutes les parties des corps, produit en eux tous les états dans lefquels nous les obfervons. Après avoir reconnu fa nature & fon origine , voyons comment elle fe propage. On 2 fuffifamment conçu, par tout ce qui a précédé, que nous regardons la matiere propre de la Lumiere com- me une fubftance élémentaire ; que les propriétés que nous attribuons à cette fubftance , & que tous les phénomenes lui affürenc inconteftablement , font 1°. de remplir tout lefpace ; 2°, d'être éminemment élaftique ; 3°. d'être com- pofée de globules , ou de iphéricules parfaitement rondes, dont les diametres font extrêmement petits, plus petirs que les diametres d'aucune autre particule élémentaire. Hès-lors il eft évident: que ces or qui forment la fubftance de {a Lumiere > peuvent pafler à travers tous les pores des corps — sy loger, & y exercer leur élafticité, lorfque, par la preffion de ces COFpS , OÙ plus généralement encore, par la preffion du fluide fimilaire gas & am- bient, ee reffort eft excité, : edit rineisonenne ms he iles ie tie TA PHESNHOUE Cet océañ fans bornes d’un fluide élaftique continu , & “qui pénetre toutes Les fubftances, étant admis ( & nous ne voyons aucun fait, aucun raifonnement qui puiffe lui être oppofé), on conçoit aifément la propagation du mouvement dans tout lefpace 5 la contiguiré des reflarts élaftiques af fre f’‘tranfiniflion dans tout l'abime de l'infini. L'efprit ® faifit avec autant de facilité que d'évidence ce principe, fi _ étonnant au premier apperçu , & fi vrai laide de-la ÿe- flexion, que dans nul potit de l'Univers un corps ne peut être: agité: fans que fon mouvement, quelque foible 4 4k foir ,nefe répande dans tout cet Univers. - . Si: la. propagation du mouvement dans l'efpace . s'explique: d'une. maniere: ficlaire &f fimple:par ce -feul panenee Ja caufe , ja raifon des mouvemens. intérieurs dé éhaque-corps en-parrioulier fe manifefte avec la même * évidence: Tousdesk Corps étant pénétrés par ce fluide difés miné entre toutes leurs parties, on peut-les. confidérer comme des CRRCaES de-boîtes remplies d'une: multitude in- nie de: reflorts éminemment élafti iques, tous.en. contact : ehtreux ; ; & dès-lors: en cGnçoir qu aucun point de Ja furface de ces corps ne peut être agité fans que quelques-unes ‘des ” fphéricules: slapiques ; Jogées dans les. pores du corps; ne : foient: Lompie & fans qu'elles ne communiquent leur comprefiion à toutes celles qui: rémpliflent l'intérieur. des COrpS, puifqu? elles font toutes en conta&, Les vibrations:des. fphérieules extérieures le. frottement des corps folides.ens treux & qui contiennent toujours entre leurs farfaces le fluide élañique , enfin toute action, toute comprefion qui agic-fur € cés.globules i inçarcérés . doit donc {e tépañdre dans. toute D MO N DE 14$ la maîle des corps ; de-là la chaleur & tous fes effets. Nous les expoferons, & nous les expliquerons tous, lorfque nous traicerons de ce grand phénomene, effet le " général & le plus important des vibrations du fluide général, dont réfulte également la fenfation de Lumiere. Tout étant préparé, dès l’origine des chofes, pour re- cevoir & tranfimertre le mouvement, la Lure & la cha- leur, la Nature attendoit que fon Auteur lui donnât l'im- pales & la vie. C'eft ainfi ( car il eft toujours permis en Méchanique de comparer les petites machines aux grandes, parce que leur principe eft le même), c'eft ii qu'une pendule montée n attend, pour que chaque roue fuive {a marche qui lui fut prefcrite , & pour qu ‘elle remplie La fonétion à laquelle elle fut deftinée, que le choc que doit recevoir fon balancier. C’eft encore ainfi que le fœtus en- veloppé dans fon germe, déjà defliné, préformé , organifé, attend , pour fe mouvoir, que l'efprit de vie ait mis en action le reffort moteur qui doit agicer la machine organi< {ée, déterminer toutes fes actions , + par elles toutes Les fa- aies de dévéloppement, de nutrition & de fécrétion, qui conftituent & caractérifent l'animal. Un point imperceptible s'agite d'abord ; c'eft l'échappement du premier engrenager Toute la machine s'ébranle , les parties élaftiques Éprou- vent des contractions & des ee ; les fluides fon - agités , ils circulent ; Panimal exifte il vit. +. 4 traînante & pefante lenteur du récit que nous venons | de faire de ces merveilles, ne peut pose cet ace fubit & $ inffantané du Créateur, cet acte unique de fa volonté par le- quel exifterent enfemble & dans. un moment. sr , Tome 11. | —_ À 146 Puy srouEs touces les actions que nous avons Été obligés de confidérer comme fucceflives. Nous avons déjà dit quel étoit ce reffort à l'action duquel fut foumife toute la marche de la machine de notre Mon: de. Placé au centre, il attendoit que la main qui l'avoit eréé lui donnât l'impulfion. Dieu dit, & laftre moteur tourna fur lui-même. Par la loi de [a contiguité tout reçut fe mouvement, tout obéit à limpulfion + Un ordre éternel avoit prefcrit , déterminé , néceflité tous les mou- vemens fucceffüifs ; alors la chaîne de tous les futurs com mença de tourner fur elle-même pour fubir mille & mille révolutions toujours différentes, & toujours néceffaires , émanées toujours d'un même principe, d’une même cale, d'un feul ordre primitif. . Si nous avons bien établi cette vérité que d Re confifte dans les vibrations d’une fubftance élaftique , on conçoit aifément qu'a l'inftant où le Soleil, en tournant fur lui-même , agita l'océan élaftique, toutes les fphérioules qui :le compofent dûrent entrer en vibration, & que par confé- _quent une fplendeur générale dût baies dans tout l'efpace La Lumiere fut le premier effet de la Nature animée par le mouvement. Il la répandie dans l'efpace qu'il rempli avec elle; tout fur agité. De cette action générale naqui la chaleur , effet néceffäire du mouvement ; tout sagifa, fuivant {a nature. Alors l'eau, & le principe inflammable, ces élémens volatils _{e dégagerent du fein du cahos que formoit la matiere norte , mélange confus de routes les … fubftances primitives, Ces non volacils $ éleverent; alors sue. & fe formerent tous les pie fecondaires, | * ne = = : À pue de ts ET CE CLS LAS che gt cn. débris ilernts Mesh anih ui A ES ES PT ed nc tt CPP PER ER PEINE PETER PISE T IP puy MONDE, T47 Quoique nous ne nous propofons pas encore de parler de la nature des élémens, nous cr oyons , afin de ne laïffer en arriere aucune des idées néceflaires à l'intelligence de ce que nous avons à dire, devoir jetter un coup d'œil ra- pide fur fa théorie des nes fur la nature & les fonc- tions de l'atmofphere , & fur le Phones fi important de la chaleur, afin d'éviter toute équivoque , toute confufion d'idées entre le feu & la chaleur, entre la flamme & la Lu- miere. Plufieurs Phyficiens , Le plus grand nombre même, confidere Le feu commé un élément, comme une fubftance particuliere , primitive , fimple ; & cette fubftance ils ils lui attribuent [a propriété exclufive de produire + k chaleur dans les corps ; d'autres ont pris la chaleur &ile-même pour une fubftance particuliere : tous a ttribuent à ce feu principe & élémentaire qu'ils fappofent, tous les phénomenes de la cha- eur accompagnée de Lumiere, & tous ceux de la chaleur obfcure. Nc otre. théorie differe dé celle Re - ces Phyfciens. Nous ne connoïffons d'autre caufe primitive de h produétion des. phénomenes de l'inflammation, de la “combultion, que le prmcipe inflammable. On appellera ce principe , huile, foufre, enfin comme on voudra, Chaque Phyficien pourra le revendiquer fous le nom qù 1l aï aura donné: pour nous, nous le nommerons principe inflammable , & nous le repréfenterons comme flhuile, la plus fubtile, la plus pure, la plus effenielle (4). Nous difons ce Fe ir eft un “nes “à fil - (2) Ve Diéionnaire du preinier Vol. au mot Halle + 2 148 ris ovr | exifte par lui, quil exifte dans toute la Nature, quil ‘abonde dans les trois regnes, quoique quelques Phy- ficiens aient voulu l’exclure du regne minéral; fans faire attention au gas inflammable que l'on tire des métaux, à celui qui fe dégage dans les mines les plus profondes, à cette matiere ie qui abonde toujours dans la diflolution des fels. On reconnoït pour élémentaires tous les principes qu'on ne peut pas décompofer, tous ceux qu'aucune combinaifon, vonnue où AIDpOCE ne peut produire. El nous paroït dé- montré qu'à ces deux égards, on ne peut refufer au prine cipe inflammabie la prérogative d'être élémentaire ; ce prie cipe eft donc, felon nous, un élément ; c’eft à lui qu ap- partiennent tous les phénomenes de lignition, de linflam- mation ; c'elt lui qui eft a ce qu'on appelle - vulgairement Z feu dans l’état lumineux , le Jeu conf Idéré ns la flamme, enfin dans tous les états où la Lumiere eft produite par linflammation , pat la déflagration des Corps. _ Confidérons cet élément din ee nature , dans lation. se le rend viñble, & dans fes effets. — re Dans fa nature il eft une bRanes did. . rare, infiniment fubtile, infiniment volatile 3 . eft infenf- ble au toucher, invibble aux regards. TIncarcéré dans les ‘corps; ily _ dans un état de repos éternel, f nulle action etrangere ne venoit brifer fa prifon, & lui ondte lufage de fe ailes. Mis en liberté, il s échappe avec rapidité, parce quil eft plus rare, plus , plus fubtil que la erre & Peau dans lefquels il peut être engagé. Nous fommes affez portés à le regarder aufli comme élaftique , quoiqu'aucun pu. MoNDE. E49 phSipmene ne paroïffe démontrer bien clairement fon élaf- ticité, qu aucun d'eux peut-être ne l'exige pour être expli- | qué d'une maniere fatisfefante, &cque ce qu'il paroït quel- quefois devoir à une élafticite réfidente en lui, prie avec fuccès être rap pporté à l'élafticité éminente de la matiere de la Lumiere avec laquelle il eft toujours mêlé, 8 même combiné. Voilà tout ce que nous pouvons dire A fa nature. Nous prions les Phyficiens qui ne feront pas contens de cette définition, de no nos idées en nous préfentant les leurs. . Quant à l'action quile rend vifible & fenfible;-nous ne Dourons lattribuer qu'à la meme caufe, qui, en divifant _ les corps, lui rend la liberté & lui permet de fuir & de s'échapper dans l'efpace. - Cerre caufe qui divife les Corps, eft ce qu on appelle /z . mais nous avons déjà fuffifamment indiqué, nous | avons même déclaré que ce que nous appellons chaleur. : cette caufe qui raréfie les corps, n'eft rien autrechofeque _ l'effet de cette propriété réfidente dans une fubftance élafti- | que, qui pénetre dans les maffes, qui agite, divife, écarte leursparties, & qui produit ainf la doi de ces mañles. La chaleur nef donc qu'un effet, un état des COIPS , & | non pas une fubftance ; & cet ee. _cer état des corps à | | | Ë | quel agent faut-il le ee à Nons avons Ne | cous les corps coranie pénétrés dans toute leur mañle ‘entre routes leurs parties par un fluide infiniment ie - | H< ef donc tout-à-fait naturel de penfer que ce fluide élafti- | | que, étant misen ation, eft le véritable agent de la raré- | fadtion 5 que cet lui qui agi, -ÉÇArte -divife les parties Le ed a RD RE vin ue 5 CSS SEEEEÉS £ ne F es fe Sr or Ts + or de Yan P Mn LÉ RELIGrS 150 PRÉ rTEUE entre lefquelles il eft compris, & que c'eit ainfi qu'il raréfie fes mafles. Tous les phénomenes qui appartiennent à [a chaleur obfcure feront donc aïfément déduits dé ce feu} principe. Nous les expliquerons tOUS , lorfque nous tra terons de [a chaleur. | Mais comment ce fluide élaftique qui meurt, agite, écarte, divife Les parties des corps lorfque fon élafticité eft mife en action par les vibrations du fluide femblable dans léquef tous les corps font plongés, comme ils en font tous rem plis, peut-il contribuer à rendre vifble Le principe inflam: mable ; dont nous avons parlé ; ÿ Ce füide is brille dans la fn: ? Il ne fera pas difficile de répondre à cette queftion, fi nous nous rappelons la définition quenousen avons donnée, Ce ie que nous avons appellé Ze principe inflammas ble’. , étant infiñiment raré, infiniment fubril, doit fe dégager dés: corps dans lefquels il eft contenu Ati les particules inrégrantes de ces corps fe défuniffent par le mouvement ini térieur que produit la chaleur; ils échappe alors, ilséleve avec rapidité ; la flamme n’eftrien autre: chofe c que 46 torrent dec ce fluide coibiné avec la matiere é de R re G} °@ : Flamme ag 7. 2. a . Royle: | . ps À une fumée brillante ; la fuimée é’eft lé tortent des fubflancés volatiles qui fe dégagent ducorps échauffé: Sice torrent contient de: Phuile; dé Ja matiere grafle, fulfureufe ; c’eft-à-dire du: principe. inflammable, c'eft alors quil peut devenir cards, brillant, Ce. brillant. ei produit que par un mouvement plus rapide des parties . du principe inflammable ; la Lumiere ne peut être produite que dans la fubftance | fumineufe. Le mouvement Fapide qui agite cette fubfance par fins térmede du principe inflammable, le plus propre à agir fur elles Ro ic tot eme sait dr siéé tits line à à: AE pu M0 N D %, xST En fe dégageant avec abondance & avec rapidité des corps qui le contiennent , il agit en tout fens à-la-fois fur..la fubftance de la Lumiere 5 il la frappe, la: poufe de tou- tes parts, tant celle quil rencontre dans l'air, que celle qui fe dégage en même tems que lui, & que celle avec laquelle il étoit combiné dans Le corps Qui brûle. De cette multitude de chocs naît cette fplendeur vive que produit le corps enflammé. Plus ce corps contient du principe in- flammable, plus le Donne fe manifefte avec éclat ; plus ce corps contient ce même principe dans un état libre; où plus approchant de fa liberté, plus l'infammation ef fubite: mais, plus fa durée eft courte, tout le fluide inflam- mable étant bientôt diffipé. Si, au contraire ; ce principe efktrès-enveloppé; s'il ne séchäppe qu'avec une grande dif ficulté , fon courant devient moins fenfble. Ces degrés, ces nuances s'étendent depuis l'inflammation fubite de la poudre jufqu'à cette lueur lente &. faible à ose fur a furface des métaux embrAfés. -. … : Si tous les phénomenes detachateur heure ocre être rapportés à la matiere de la Lumiere, nous penfons que tous ceux de lignition, de linflammation, de la déflagration , doi- Te e parce qu'après à eff le . rare, le plus bit ne peu être communiqué au principe inflammable que par Padion vive de cette même fubftance fur laquelle il réagit après avoir reçu fon a&ion: On ne peut fuppofer ici que jamais leffet foit plus grand que. Ja caufe , parce qu'une aétion primitive imprimée en. développe mille autres. C’eft ainfi qu'une amorce de pere D mine _ fait fauter une tour ou un sion à nie nome tent Te Puy ss NMOUE vent l'être au principe inflammable que nous confidérons comme une huile éthérée infiniment {ubtile, comme un fou- fre té pAr, &: dans lequel la modificition de la flamme ne peut être produite que par un mouvement violent qui agice fes parties entrelles, & qui produit ainfi fa dé compofition , qui détruit ia union avec le principe de la Lumiere. C'eft de ce mouvement rapide de décompofition que naît la Lumiere appellée flamme. Une fermentation très-rapide , un frottement vif & continu, font deux moyens propres à produire ce phénomene , parce que l’un & laus tre agitent puiflamment la fubftance élaftique combinée avec Le fluide inflammable, Par la même raïfon, la flamme déjà produite ef parfaitement propre à exgiter ce phéno- mene. Ïl en eft de même du fluide éle&rique , cet agent le plus puiffanc des mouvemens intérieurs , parce que pi tricité n'eft elle-même que la matiere de n Lumiere, modi- fiée ainfi que nous le dirons, &. prefque toujours unie an - principe inflammable , fi même elle me Left pas toujours, Cette union de la matigre de la Lumiere au principe ins flammable eft, felon nous, le ph/opiffique proprement < dits ceft le premier des. DAnEpee fecondaires ; cetrle: phlo- giftique pur, Ce même principe fecondaire uni à une très- petite quantité d'eau, eft encore L acide primitif. De là | toutes les analogies reconnues entre l'acide & le feu - de phlogiftique, le foufre, &c ; car les noms ny font rien. Cerre éthiologie peur fe rapprocher de l'opinion de plus fieurs Savans qui appellent acide phofphorique, l'acide pris mitif. [l eft évident que notre acide doit avoir les pro- priérés DR PAGE il eft formé par le principe : inflammable DS0> MON DT 153 inflammable uni au principe lumineux. Nous verrons un jour tous Les autres principes fecondaires, tertiaires , &c. haître des combinaifons de ces deux principes volatils unis à l'eau ; mais ils feroient incoercibles ,infaififables, fi laterrene leur fournifloit une bâfe fixe. Ce n'eft donc que lorfqu'ils font enchaînés par ce pPtnee fixe quon peut les confidérer. Notre phlogiftique uni à li terre devient ce que les Chy- miftes appellent Ze feu fi ixé dans les corps. - Nous ne nous étendrons pas davantage fur la tKéôfié des élémens. Nous n'avons été din À à jetter fur eux un ne œil rapide, que pour rendre incelligi ble cé que. nous avons a dire de la Lumiere & de fes DRE Nousn 'a= vons parlé du principe inflammable , que pour éviter toute équivoque entre la Lumiere, | phéhomene fimple rapporta- ble à lécher feul, & la flamme , phénomene compliqué , dans Éoebehée & le principe inflammable jouent cha- Cun leur rôle ; & nous n'avons dit un mot de l'acide primi- dif que par occafñon, & pour indiquer | la caufe des rapports qu'on lui trouve avec cette prétendue matiere de feu ap pliée phlogifrique pe les Phyliciens , rapports defquels eft née cette opinion vraie: en elle-même, mais trop vaguement expofée jufqu'à préfent , trop peu : liée avec le fs flème gÉ- néral, &. qui ae ie ue comme ephoipho- ie | ee Nous : avions de eo ces a en Lo 1777, ;. 1778 & 1779, dans différens Mémoires inférés dans Îe Journal de Phyfique. Nous préfenterons, dans 1e fui ces théories] LT _ . méditations, ee on ce DE LA PROPAGATION DE LA LUMIERE, ou de la Lumiere direéte. 1. A Lumiere étant reconnue pour ètre produite par des files de globules éminemment élaftiques & en conta®, il eft évident que fi elle fe propageoit par des lignes cales ment paralleles, dans un milieu. libre, fa force, fon: inten- fité , feroit toujours la même, à quelque diffance que ce fût des Corps lumineux. Dans cette fuppoñtion, rien ne pour. roit diminuer fa vitefle, ni changer fa direction, puifqu elle ne rencontreroit aucun obftacle dans toute fa route. Mais il ef démontré que ce nest pas ainf que la Lumiere eft propagée dans l'efpace qui. environne un corps lumineux: Plus on s'éloigne: de ce corps, plus. la circonférence quil éclaire eft grande, plus elle excede fa circonférence partis culiere. Chaque point rayonnant eft donc le fommer d'un cône, dans lequel les rayons qui RATER de ce point Jumi- neux,. divergent en sen éloïgnant, & « divergent. d'aurant plus qu'ils sen éloïgnent davantage. _ aires ou furfaces des. différentes bâfes de ce cône, fappofé coupé, tronqué à différentes diflances de fon fommer font entrelles.comme les quarrés des diftances au point roms D’ où il réfulre qu: à une diftance. trois fois plus grande, l'aire de. Ja bâfe ct neuf fois plus grande ; ÿà quatre fois. plus de diftance, aire de la bâfe eft feize fois plus grande ; : la Lumiere a . neuf fois moins d'intenfité à une diffance. triple, feize fois moins äune diftance quadruple, &ainf de füice : de: maniere 7. à ne, dr + oi ET GC Q Pées ni ec) de ni Te PT eue ie K \ s DU MONDE. 1ÿS dix pieds d'un corps lumineux, la Lümiere à cént fois moins d'intenfité qu'à un pied, parce que la même quantité de rayons qui pafloit par la premiere bâfe, fe trouve alors diftribuée fur une furface cent fois plus grande. L’intenfité de la Eumiere décroït donc comme le quarré de la diftance: au corps lumineux s'augmente. La Lumiere ne fe propage donc pas par des lignés paralleles. Cette vérité de fait ré- fulte de ce que le corps lumineux occupe lé centre d'un ef pace fpherique dans Lequel il exerce 1e aétion par dés li ghes divergentes. Les rayons qui partent des différens points des corps {us mineux , points que l’on peut régarder comme étant eéux- mêmes différèns corps lumineux ,S'éntrecroifent, fe coupent: dans leurs directions refpedives. Ces rayons font divergens fi on ne confidere qu'un feul des points Jumineux d'où ils partent ; ils font convérgens au contraire , fi l’on confidere ceux qui émanent en: même tems de différens points Jumi- neux, C'eft aïinfi que , dans uñe chambre, une feule chan- delle difperfe autour d'élle, & de tous côtés , des rayons divergens ; 5 ft lon allame une feconde, une otiome chan- delle , les rayons de celles= ci convergent entreux , & avec ceux de la premiere. L'angle dé convergence, que l'on nomme auf angle vifuel, fera d'autant plus grand, que le point de concours fera plus près dés —… Luüumicres. Il faut donc diflinguer deux fortes de cônes 5 1°. le cône de dif fon, » qui a fon fommet au point nes 2 E € viser quia fon fommer : à Fœil du Spédtateur, pour bâfe 1 orps uinineux, Dans ‘ce cône différens points | qui font vifbles à la fois; vergent à là V 2 56. PHYSIQUE prunelle. La confidération de ces deux cônes nous four. nira, dans la fuice, l'explication de plufieurs phénémencss qui ont. jufqu'à bear embarrafñe les Phyfciens. _C'eft au petit nombre de vérités que nous venons d'ex- ae: que fe réduiroit la théorie de la Lumitere, confidérée en elle-même, & dans l’efpace qui environne le corps lu- mineux: mais ‘elle rencontre, elle frappe les corps; de-là un nombre infini de rapports nouveaux ; de confidérations. nouvelles. Ces corps reçoivent l'action de: la Lumiere, & lui oppofent des réfiftances différentes; les uns font opaques, les autres font tranfparens : les premiers s'oppofent abfolu- ment à fa propagation, les autres Padmertent & la laïflent pafñfer en paie feulement, d'autres enfin l'abforbent. Ces diverfes propriétés des corps produifent un grand nombre de phénomenes, de la confidération + naît la théorie complete de la Lumiere, C'eft du claflement de ces us nomenes que s'eft formée notre Divifion. | De la Eumiere confidérée, quant à à fa- propagation, &: à fa rencontre avec les corps qui fe trouvent fur fa route, naïffent plufieurs phénomenes qui varient faivanc la nature de ces Corps. La premiere diftinction , la diftinction la “plus importante, celle qui fe préfente le plus évidemment à à nos regards , ceft la tranfparence, où Fopacité de ces corps, LE: rs La Lumiere. ‘pénetre en. panel les premiers, ls la tranfm te tefñt 5 nous difons qu ils la pénetrent en partie: cie fe fut pas penfer que toute celle qui. tombe fur leur furface les craverle, il yena coujours. une grande partie de réfléchie; ni,leau la plus.pure , ni le “eryllal. le. plus tranfparent , He der eus ua libre paffage à tous is Les rayons < de le Lumier nl sv BC MONDE 12 les frappes pour s'en aflurer, il fuffic de confidérer que fi {es objets placés ,. relativement à la route de la Lumiere , der- “ricre ces corps cranfparens , fonc éclairés ; la furface de ces mêmes corps expofée à la Lumiere, LA d'un éclat qui prouve qu ls en réfléchiflent une partie. Ces corps tranf- mettent La Lumiere , mais ils ne la tranfmettent pas dans Ja direction précife où ils la reçoivent 5 ; cette direction varie plus OÙ Moins , füivanc certaines a de ces Le rens Corps. Il faut donc oder dans les corps ee que l'on appelle auf diaphanes , 1 °, la quantité de Lumiere qu xls tranfmettent ; 2°. la de direction que cette Lumicere prend en les traverfanr. De ces confidérations naît cette par- tie de l'Optique que l'on nomme Dioprrique. _ Siles rayons lumineux, au lieu de rencontrer des corps di. tombent fur ceux que nous nommons : tous les phénomenes deviennent infiniment différens. 1°. Les objets placés derriere ces corps, relativement 2 à l'incidence de la Lumiere, ne font point éclairés; de-là P ombre où Pefpace obfcur qui fe-trouve derriere ces corps. 2° . D'au- tres rayons de Lumiere fe dirigent de la furface de ces mêmes corps à nos VEUX 5 de. leur vifibilité : car, des: corps parfaitement tranfparens, comme l'air pur, par EXEM=. _ple, ne font point vifibles.. Les corps que nôus avons confis dérés’, tour-à-l'heure, comme tranfparens , mais comme vif = bles ner leur éclar, ne font donc _ ue tra 10 PRESLOUE corps opaques & vifibles par cette opacité, par les rayons lumineux qui {e propagent de leur furface à notre œil, ny parvicnnenmt pas toujours avec les mêmes qualités, avec les mêmes propriétés ; différens rayons tirés de différens points de ces furfacesä nos yeux, y font des impreffions dif. férentes , d'où naïflent différentes fenfations ; c'eft par la væ riècé de ces fenfations que nous acquérons l'idée de kB variété des couleurs. La Science des phénomenes qui S'Opes rent par la rencontre de la Lumiere avec les Corps opaques polis, forme fa Cuioprrique, > = —. Re . Ceft par l'examen des loix que fuit la Lumiere qui tombe fur les corps opaques que nous allons commencer. - De l'Ombre, - Les corps opaques, c'eftä-dire, ceux dont la compof= tion , la contexture des parties ne permet pas à la Lumiere de les traverfer librement & en: ligne droite , en s’oppofant à fa propagation, produifent une ombre qui eft toujours op- pofée au corps lumineux, & qui occupe un certain efpace: mais quelle eft la forme de cer efpace? quelle. eft là pors tion de fa furface du corps opaque qui recoit l'action du corps lumineux» quelle eft l'autre portion de la Tarface de ce corps qui eft privée de la Lumiere» quels fonc les raps ports. qui s'établiffent entre les formes des corps, leurs furs faces éclairées, & [x forme, l'étendue de l'ombre qu'ils projettent: derriere eux? Pour répondre à ces différentes queftions, nous choifirons , pour corps opaque , une fphere; un globe; parce que elle eft prefque la forme du Soleil, & que les obfervations qui en réfulte ront féront plus ap+ plicables à la théorie générale. 2 * Selon que le corps opaque & fphérique:eft, où-égal au =, DU. M:0 N:D%#%. 159 corps lumineux, ou plus petit , ou plus grand que ce corps, l'efpace occupé par l'ombre, l'efpace privé de Lu- miere a une forme différente. Dans le premier cas (Fig. 1, Planche VI, quieft la pre- miere de ce Volume) S repréfente le Soleil, T la Terre. L'efpace aF 6, occupé par l'ombre, a la forme d'un cône, dont le fommet eft en F, au point de concours des lignes AaF&B4£F, qui font tangentes aux deux globes, & alors la partie éclairée de la fphere opaque T', eft plus grande que la partie obfcure. Dans le fecond cas ( Figure 2), où la fphere opaque a le même diametre que la fphere lumineufe qui l'éclaire, lom- bre gene 2 efpace cylindrique aF f 4, dont la longueur s'étend à l'infini. Dans ce fecond cas, la partie no de la fphere opaque eft exaétement égale à la partie obfcure. Dans le troifieme cas ( Fioure 3), où la fphere opaque eft plus grande que la fphere lumineufe, l'ombre va toujours en s'élargiffant, ens Se du corps. opaque ; elle a par conféquent la forme d'un cône tronqué , dont la longueur eft re plus petite que la partie qui eft privée ie la Lumiere. L'ombre que nous venons de définir eft nommée l'ombre vraie; l'ombre véritable , pour la diftinguer de la pérombre ,: qui accompagne. toujours l'ombre vraie & qui l’environne. La pénombre a C D & ( dans toutes les Figures) , a L 1 d'un cône tronqué , dont la bâfe fupérieure a b eft le cercle c qui fépare la partie éclairée du corps spique de fa partie obfcure. Les côtés de ce cône étant prolon: és, {e . réuniflent en entre le corps lumineux. & le corps opa- que » [ur un point de l'axe Ss , qui pañle par les cen- à alement infinie, & la partie éclairée du globe opaque T° Des Pénom- - bres, 160 PES LOUE tres des deux corps cet axe eft aufli dans tous les cas laxe de l'ombre vraie, dans laquelle il ne parvient aucun roi de Lumiere. La pénombre, ou prefqu'ombre, cf l'effet de la grandeur de difque du Soleil. Si cet aftre n'étoit qu’ un point, il ny auroit point de pénombre, il n'y auroit qu’une ombre pai- faite. Mais comme le Soleil n'eft pas un point infenfible ; comme même nul autre corps lumineux ne peut être pris pour un femblable point, ilarrive néceffairement que plus fieurs endroits voifins de l'ombre véritable, reçoivent de la Lumiere, non de la toralité de la furface lumineufe, mais d'une partie plus Ou moins grande de cette furface, & tou jours d'une partie: ue plus grande , qu'ils “éloinnen davantage des limites de l'ombre . en allant vers le point da. le corps [lumineux eft vifible tout entier. Ces efpaces , moins obfcurs que l'ombre véritable, mais moins éclairés que ceux qui reçoivent la totalité de . Lumiere dt corps radieux, font ce qu'on appelle Pracreies Es denfité de la dis neft donc pas la même dans toute l'éten» due de fibäfe Cs D, elle s'éclaircir de plus en plus en sé: loïgnanc du centre s ( Fig. 1), ou des limites de l'ombre vraie F & f( Fioures a &.5.): parce de dans toute l’éren< due Æ D ,ouF C. il per une quantité plus confidérable de rayonsfolaires , à mefure que la pénombre approche « de fes limites C&D,. au-delà defquelles aucune partie du 50e leil n'étant éd par l'interpofñtion du Corps opaque, la Lumiere du Soleil à tout Péclat dont elle eft fufceprible. Si, au lieu de fpheres 6paques F, T,T,. -dans les crois Fig: gures pce fon fppole des sis d'une + : longueur! DU Mots E : r6r- lonoueur jndéfinie, auxquels les. cercles T TT ferviroienc de De. l'ombre, l'efpace privé de Lumiere , changera de figure. Dans le premier cas; l'efpace eus, lobe vraie, fera un prifme ne dont la bâfe le trian- ale a F b. Danse fecond, Éonbre fera un paralléhpipéde, oi la bâfe eft le parallélogramme a FE f b. Dans Île troifie- me, elle fera un prifme trapézoïdal, auquel le quadrilatere a F fb fervira de bâfe. Dans tous les cas, l'efpace occupé par la pénombre, y compris l’efpace que l'ombre véritable occupe, fera un prifme trapézoïdal , auquel a C D 6 fer. vira de bâfe ; c'eft ce prifme trapézoïdal qu'on peut res. garder comme étant le prifme un CED, qu | feroit tronqué le long d'une de fes arêtes en « E £. L'intenfite de la pénombre, à même diftance des limites de l'ombre véritable , à égale diftance des points F & f, en allant vers C & D. , n'eft pas la même dans Le ças où un corps fphérique & un COrps Ghnaique de même diame= tre , font éxpofés aux rayons, à la Lumiere du Soleil. . l'on propofoit de déterminer, dans les deux cas, le in de l'intenfité de la Le au point x de la pé- nombre (Fi. 2), fur le plan CD, qui reçoit l'ombre & la pénombre , il Butor , par le point x, mener la tangente x b au Corps opaque : cette rangente rencontrera le dia metre À B du corps lumineux à un point Vs par ce point il: faut élever la perpendiculaire z4 elle divifera le difque du Soleil en deux fegmens:Bz,1 Au. L'inrenfité de la Lumiere dans la pénombre au point x, lorfque c'eft- un COIPS cylindrique qui projette fon: be fur Le. jan verti- _ cal CD, fera à lintenfiré de Ra Lumicre, rotale d + Tome ITL = re x “T62 BBESIOUEr fur le mêmeplan, comme la furface du fegment : B x, fe feul qui foit vifible du point x, eftala furface totale du Soleil. Lorfqu'au contraire Ceft un corps ie qui projette fon ombre & fa pénombre fur le même plan, lin- tenfité au même point x fera plus grande ; ce que l'on peut démontrer de cette maniere : fur le diametre A B, prolongé sil eft néceflaire, de l'autre côré de l'axe, ee au point x, il faut porter y 7 égal au rayon de la fphere opa- que, & décrire fa circonférence y E ph; cette circonfé- rence interceptera une portion plus ou moins confidérable du difque folaire, elle laïffera en-dehors la lunule y 2:B u Ky, dont tous les points font vifibles du point x entre f& D : l'intenfité de la Lumiere que ce point recevra fera donc à l'intenficé de la Lumiere totale, comme la furface de la lunule eftà la furface totale du difque folaire ; le point + fera donc plus éclairé dans Le cas où c’eft une fphere qui pro- jette fon ombre fur le plan C D, que lorfque c'eft un cylin- dre, puifque la funule eft plus grande que le fegment #Bz; & que les rayons lancés par tous les points lumineux que comprennent les deux rriangles JtÀ &yuk, Jui HU s. _Ileft vifible qu'en appliquant les mêmes Éd aux Fipures' 1 & 3, on obtiendroit. pour un point x, fem : blablement placé dans les pénombres de ces deux Figures, des intenfités. de Lumiere qui feroient encore différentes. + Dans Figure : ie refleroit Une partie plus confidérable’ du Soleil qui feroit vifible dece pointx , que dans la Fio, 2, Dans la Froure 3, la lunule qui éclaireroit Le point +, . à épale diftance de l'ombre véritable, rois au contraire. ER ps ? pu Mo rD FE. 163 Rondre: Poe l'arc intérieur de la lunule appartient à un cercle plus grand que dans la ie 2; la Lamiere de [a sénombre- ft donc moindre à la même diftance de - l'ombre vérirable dans les crois cas, & cela dans l'ordre de Jeur énumération. 5 Dans tout ce que nous venons de dire, nous avons fup- pofé que les rayons de Eumiere fe propagenc en lignes droites , inflexibles ; que les rayons ne fouffrent aucune in- flexion ou déviation en paffañt au voifinage des corps opa= ques. Nous avons fuppofé auf que tous Les pos de la furface du Soleil, qui nous paroît comme un difque, étoient également bee Nous verrons dans la fuite combien ces fuppofñitions | ou plutôt labftration que nous avons faite de plufñeurs propriétés de [a Lumiere, dont nous ne pouvions parler rout-à-la-fois , altere les conclufions précé- dentes, Nous verrons, lorfque nous aurons expliqué la caufe & les effets de la diffufion & de l'inflexion de la Lu: miere ; que les ombres des corps font beaucoup plus courtes ë moins laroes que les regles précédentes ne les donnent. - Si un corps eft éclairé à la fois par deux Lumieres, Les : ombres & les pénombres que ces deux Eumieres Dccsfie | nent s ‘entrecroiferont , de maniere qu ïl ne reftera: d'ombre vraie que le triangle a E 0 (Fig. 4), feul efpace où U ne parvient aucun rayon des deux Lumieres ; cet efpace ef commun aux triangles d'ombre qui ont leurs fommers aux points F & G dire&ement oppofés aux centres S & L des deux c corps lumineux. Un cylindre opaque pofé fur Lt ble, & éclairé | par deux chandelles , offre ce p en diflingue facilement les deux A FP,a4G6,&. X 2 | 1 : } FRERE < cri Pars QUE leur pate commune a Eb, la feule foit abfolumen privée de Lumiere. La Figure 5 reprélente les mêmes bre entourées cha- cune de leur pénombre. «HI b , -pénombre qui environte lombre F produire par le corps n L.alK£,pénom- bre qui environne lombre G produite. par Pautre corps lu- mineux S. Une troifieme, une quatrième Lumiere , &e, qui éclaireroient en même tems le cylindre T, a roïent de nouvelles combinaifons, toutes do à diminuer l'ombre vraie du corps, & à éclaircir les ombres & les pénombres produites par routes les autres Lumieres. Lorfque dans une chambre obfcure on laifle entrer la Lu- amiere du Soleil par un petit trou pratiqué. à un des volets de cette chambre , les rayons admis par certe ouverture, vont peter fur a muraille oppofée ; ou fur un papier blanc qu'on leur préfente , une image du Soleil ; cette | image eft circulaire fi le carton eft. préfenté perpendiculaire- ment aux rayons folaires qui paffent par l'ouverture. Cetre image du Soleil varie en éclat & en. grandeur , felon. que ile -eft reçue fur le papier ou carton à une diftance . ou Moins grande de l'ouverture c d\ Fo. 6, Planche F LE, praciquée dans fa Planche € D. Si lon reçoit cette image très-près de Touverture , elle a fenfiblement au moins le même éclat quels Lumiere. extérieure à Ja chambre obfeure. SiFon reçoit cétte image en ef. ou EF, ou bienen g4 où GH, fa grandeur augmente, & fon. éclat diminue dans des ‘proportions. quil et: important de connoître,.&. que nous-allons expliquer. | . La Lumiere admife =. je chambre obfeure, forme” ui cdne ous 4 fommet à cette OUVErUXE, où dur moins us < p Lee RE de à & MoN DT : _ ï6s près de cette ouverture. Ce cône eft oppofé par le fommet à un autre CÔne, qui a pour bâfe le difque du Soleil, & RÔBs fommet l'ouverture c d, dont lé diametre peut être regardé comme un point en compardilo de la diftance & de h. rate deur du Soleils. L'angle au fommet de ces deux cônes eff : d'environ 32 minutes, où, pie exactement, ileft dans les - différentes faifons Éga a à Pangle fous lequel paroïe le diametre À B du Soleil. On fair que le diametre appa- _ rent de cer aftre eff variable, parce que la terre, dans fa révolution annuelle autour de. lui, sen pprone & sen éloigne alternativement. L. diametresef, EF:24&G H font entr'eux comme leurs diftances à l'ouverture c d, où, plus exactement, com- _ Me les portions de l'axe du cône Le entre chacun de ces diametres & ie fomimet du cône. Les aires des cercles * dont les lignes e f GH font les diametres , font comme les ue de ces lignes 5 elles font donc. n comme les quar= rés des. + à l'ouverture , où. fommet -du: cône. La quantité de Lumiere qui re par l'ouverture c d eft une quantité conftante ; elle eft toujours la même , foit que l'on _ réçoive l'image du Soleil fur le carton placé en e f, ou en G . & à toutes les pofitions intermédiaires , ou plus éloi- _gnées encore; mais à routes les pofñitions poifibles dicarton, cette quantité de Éumiere fe trouve répartie fur Paire. du | cercle qui eff l'image du Soleil ; elle y eft donc plus. rare | qu'auprès de ee cd, dans la raifon de laife de. VE. ._ cêtte ouverture. Or , nous. S venons -dé 166. dilatation , la diffufion où raréfa&ion de la Lumiere fuic par conféquent la même proportion ; fon intenfité décroît donc. comme le quarré de la diftance à l'ouverture, augmente. Nous donnerons le nom de d'ffufion à cette propriété de la Lumiere. Si l'on expofoit directement au Soleil, & hors de _ La chambré obfcure, la feuille de carcon fur laquelle on 2 reçu l'image de cet aftre, image que nous fuppofons tracée fur la feuille concentriquement à an cercle égal à l’ouver- ture de la chambre obfcure, il eft évident que ce cercle, & toute l'image du Soleil, . éclairés avec toute la oise dont la Lumiere du Soleil eft capable ; chaque portion de l'image folaire, égale au petic cercle correfpondantà l’ouver- cure , recevra direétement du Soleil autant de Lumiere qu'il en pañle par l'ouverture dans la chambre obfcure ; mais | dans celle-ci, la feule Lumiere qui pañle par l'ouverture, fe dilate pour remplis Pimage entiere ; fon intenfité fera ad : fur cette image , en alors inverfe de l'étendue de cette image à Éérendiie de l'ouverture par laquelle elle eft intro- dois mais les aires des cercles font entr elles comme les quarrés de leurs diametres; l'intenfité de la Lumiere ex térieure fera donc À lintenfité de la Eumiere de l'image ; : comme le: quarré du diametre de Fimage eft au jee du diametre de l'ouverture. : Fe. L'intenfité de la Lumiere del; image folaire, dans la chame bre obfcure, diminue done us Le même jee que eetre image augmente, en ee ame L'amplifieation de Mig par de de . di tance du carton ionrern ea eft encore augmentée pat Une autre api de ” Lumiere à laquelle n nous a cs \ “ DT MGNDTE, … 167 rons le nom d'enflexion. L'infexion eft une déviation qu'é- prouvent les rayons de la Lumiere lorfqu'ils râfent les bords d'un corps opaque. Par cette déviation les rayons folaires fonc détournés de fa ligne droite vers le côté de l'ombre du corps, en forte qu'une partie de l'efpace que devroit occuper la véritable ombre eft éclairée. L’inflexion diminue la grandeur de l'ombre des corps opaques expofés au So- leil, & augmente dans la in obfcure le diametre de fee folaire. : Si l’on expofe au Soleil un corps opaque quelconque, un cylindre, par exemple ; en fappofant ce cylindre vertical, & ne confidérant dans le folide de fon ombre, folide qui | eft un prifme triangulaire, qu'un plan horifontal , il eft na- turel de croire qu'il y aura fur ce plan horifontal un trian- gle d'ombre formé par le diametre du cylindre, & par les deux rayons partis des deux extrémités d dcr du So- lil, & prolongés jufqu’à ce qu'ils concourent au - delà du =. Ce triangle, qui fera ifocele , aura fon angle au fommet de 32 minutes de degré, mefare du dance. appa= rent du Soleil ; d'où Jon conclut, par les regles de la Trigo- nometrie , que la Pedendeulaire tirée du fommet de ce triangle fa 11 bâfe, fera de 110 diametres du cylindre; la. pour de cette perpendiculaire feroit la longüieur de lonbe. fi linfexion des rayons de la Eumiere vers cette popéaiienbire n'en diminuoir la longueur. Si l'on préfenre | donc derriere Le cylindre, & ones lemens une fuperficié … Elèhche > ON Y verra une ombre noire, qui deviendre plus én plus étroite. à mefure qu'on éloighera. le carton du cylindre, Maraldi à reconnu par un grand sombre d'ex= K . T68 Pins SLOUSE . Û L] } & 5 < je) n Ë périences , que Pombre véritable qui, par ce qui précede, . 12 : \ . L] 9 hi devroit s'étendre à 110 diametres du cylindre, ne sétend qu'à environ 41 diametres : cette diftance devient plus grande quand le Soleil eft moins lumineux, à = Si Pon expofe au Soleil un globe au lieu dun cylindre, : ombre difparoît beaucoup plutôt ; favoir, vers le 15°ou 16° diametre : elle fe change alors en une fauffe pénombre entourée d'un anneau noir circulaire ; la faufle pénombre difparoît à 110 diametres, & au-delà de certe diftance l’on ne voit plus que fa pénombre, Voila les principaux phénomenes qui ont fait connoitre que les rayons de la Eumiere éprouvoient une inflexion en pañant dans le voifinage des corps opaques ; ils ne conti nuent donc point leur route en ligne droite, ilsfe replien vers le corps , de maniere qu'ils entrent dans une partie de l'efpace où il ne devroit point y avoir de Lumiere, fi les rayons fe propageoïent en lignes droites, comme on. Le fup: pofe ordinairement dans la Théorie Mathématique de l'Op: tique. Toute cette théorie qui eft exacte, à parler rathé- matiquement , devient bien diférenté fi l'on traite cette. matiere phyfiquement, parce qu'alors on fait entrer, en confidégation des caufes, des propriétés dont le Marhé- maticien avoit faic abftration, pour fimplifier l'objet de fes fpéculations, ee Ces abftrations, beaucoup trop fréquentes dans l'ap- plication des Mathématiques à la Phyfique; rendent les fecours très-impartans de cette fcience, fouvent fufpeës, & même dangereux : les Mathématiques - cette regle des vé= tirés incellectuelles, peuvent donc, comme nous layons } de = Du MonNpber, 169 1 déjà dit plus d'une fois, égarer fouvent le Phyficien qui ne les emploie pas avec affez de précaution. Pour favoir fe bien fervir de la Géométrie, il eft néceflaire de fivoir dif- tinguer les cas où elle eft véritablement applicable. L'explication des effets de [a Nature dépend prefque toujours du concoûrs d'un fi grand nombre de caufes qui agiffent à la fois , quelles rendent l'application de la Géo- _mécrie très-difficile , ou fi compliquée, qu'il eft rare que les calculs s'accordent avec les effets. Il eft donc nécefaire , dans les matieres de Phyfique , & particuliérement dans le fujet que nous traitons ici, de joindre l’expérience à la fpé- cultion , foit pour confirmer quelquefois celle-ci, foit pour voir jufquoù elle s'en écarte, afin de déterminer, s'il ef polible , la caufe de cette différence. + Maraldi, pour expliquer comment les rayons fe dé- tournent vers l'ombre , compare la Lumiere à un fluide qui rencontre un obftacle dans fon cours, comme, par exemple, l'eau d'une riviere qui vient frapper la pile d'un pont, & qui tourne en partie autour de [a pile, de maniere qu’elle entre dans l'efpace où elle ne devroit point entrer fi elle fuivoic les deux tangentes de la pile. Selon Maraldi, les rayons de {a Lumiere tournent de la même façon autour des COFpS OPa- ques ; d'où il fuit r8.que ombre véritable, ou l'efpace en- tiérement privé de Lumiere , s'étend beaucoup moins loin. que la diftance de 110 diametres du Corps opaque ; 2°. que les corps fphériques projettent leur ombre:moins loin que les cerps cylindriques de même diametre. Les ombres des premiers difparoiflent à la diftance de 15 ou 16 fois Jeur diametre , au-lieu. que l'ombre des cylindres s'érend, Tome III, __: RER CEE R E E De l'inflexion de la Lumiere. 70 PHESTOUE comme nous l'avons remarqué, jufqu'à environ 41 diamietres, Pour bien entendre l'explication que nous allons donner de la caufe vraiment efficiente de l’inflexion de la Lumiere au voifinage des corps opaques, il faut fe rappeler quel- ques propriétés des fluides élaftiques , Lx maniere dont le mouvement {e propage dans ces fluides, & ce qui arrive lorfqu'ils rencontrent quelques obftacles. Nous avons établi ailleurs que la Lumiere , qui eft l'éther en vibration , fe propage par des‘ondulations qui ont Le corps lumineux pour céntre: Les molécules de chaque onde font pouflées à cha- que vibration dans le fens du rayon de la fphere que forme chaque onde, c'eft-à-dire, de dedans en dehors. Le réta- bliffement du reffort de ces molécules qui ont frappé, &qui ont été comprimées contre cellés qui forment l'onde exté- rieure, les reporte de la circonférence vers le centres ces deux mouvemens alcernatifs font une vibration, la direction de ce mouvement eft toujours dans le fens des rayons de l'efpace fphérique qui environne le corps lumineux, efpace qu'il remplit de fa fplendeur ; d'où il fuit maniféftement que ee directions ne font point paralleles. Suppofons un fanal placé au milieu d’une vafte plaine , & qui éclaire une multi tude d'hommes dont cette plaine eft couverte ; chaque indi vidu appercevra le fanal par des rayons différens de ceux qui le font appercevoir aux autres. Cependant fi l'onne fait attention qu'à un petitnombre de fpectareurs placés les uns auprès des autres, & à ne très-grande diftance du famal, les rayons qui leur parviennent pourront être regardéscoms : me paralleles .& ils sapprocherént:d'autant plus du parallés difme , que ces divers fpectäteurs feront plus près les uns DU MONDE. 1YY des autres, & plus éloignés du fanal. Les lignes de tranfmif- fion d'une Lumiere fort éloignée qui éclaire un petit efpa- ce, peuvent donc , fans erreur fenfible , être regardées comme paralleles. On peut donc regarder cette Lumiere comme compofée de plufieurs colonnes de globules qui marcheroient parallelement les uns aux autres à la rencon- tre de la furface éclairée contre laquelle ils fe-prefferoienc & s'accumuleroient, : Siles différentes colonnes, dontils agit, ne rencontroient aucun obftacle , aucun corps, elles continueroiïent toutes à fe mouvoir parallelement, & avec la même viteffe en lignes droites ; leur parallélifme eft l'effet de leur preflion latérale, comme leur vitefle eft l'effet de [eur preflion fucceflive: c ef ainf que dans le tems du flux, les lames qui fe fuccedent. & qui viennent du large à la rencontre directe d’une . ouverte , marchent & préfencent un front réculier, aucune: des = dont on peut concevoir que la lame eft com- pofée , en dia par la. penfée 1 fon front en petites parties, ne marche plus vite que l'autre, & leur latérale Les maintient toutes en lignes os : Si avant d'arriver à la plage, ces lames d’eau rencontrent yne ifle, un rocher de quelqu étendue , ou fi la côre eft coupée, de maniere à former un golfe, une merintérieure ,. les phénomenes du mouvement des lames ne feront he les mêmes dans toute l'étendue de leur front ; toutes les. colonnes qui venant du large rencontreront life, feront. arièrées. par cet obftacle ; Fefpace entre l'ifle & . plag “2 | efpace dans lequél elles auroient exercé leur preffion 1tere contre les colonnes voifines, n'étant plus -accefhbl: pol 192 PH sSMOURE elles, les colonnes qui côtoieront l'obftacle n'éprouveront plus leur preflion latérale, elles ne feront plus foutenues par un-effort latéral antagonifte & égal; elles fe répandront donc-néceffrirement derriere cet obftacle ; elles feront inflé- chies vérs cet abri, non parce que l'efpace abrité par Fifle les attire , mais en cédant néceflairement à la preflion latérale de toutes Les colonnes qui n'ont point rencontré lobftacle. Si la lame vient à rencontrer l'ouverture d'un colfe, d'une mer intérieure, l’inflexion fe fera en fens con- traite dans cette mer intérieure ; car les parties de cette mer qui font dans l'alignement des colonnes voifines de celles qui répondent à l’onverture, étant féparées d'ellespar les caps qui rétréciflent cette ouverture , Re pourront fe- cevoir le-mouvement qui leur auroit été communiqué , fi ces obftacles n'exiftoient pas: ces parties de la mer inté- ricuré ne pourront donc oppofer une impulfion latérale, qu'elles n'ont pas à limpulfon latérale des colonnes qui ont rencontré l'ouverture ; celles-ci fe répandront donc dans cette mer intérieure derriere Les caps qui en forment l'en trée, en fuivant des lignes divergentes qui auront -de cha- que côté pour centre Les caps dont on a parlé. Le front des lames ne fera plus une ligne droite, comme vers fa plage | ‘libre qui reçoit du large la marée montante ;il fera arqué plus ou moins, felon que le local le déterminera , à caufe de la retardation qu'éprouvent les colonnes qui avoifinent les caps , & à caufe de la décompofition de leur mouvement progrefif redtiligne , qui eft l'effet du défauc d'équilibre avec l'impulfion latétale de routes les colonnes qui ont ren Mauxélouverturems «ie à [é C2 [Document text truncated for crawler view.]