Physique du monde. Tome Troisième.
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Paris,
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le
jeune,
quai
des
Auguftins.
|
CELLOT,
rue
des
Grands
Auguftins.
ù
|
QUIL
AU,
rue
du
Fouarre.
Méricor
le
jeune,
quai
des
Auguftins,
N
Y
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aîné
;
rue
due
Jardinet,
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—-
:
-
BARROI
S
le
;
jeune
,
quai
des
Auguftins.
Le
ESCLAPART,
FAIS
Norre-DSne.
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TERRE
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GOUSSIER.
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ONE
ere
_
41
Lars.
De
l'Imprimerie
de
QurLLaAu,
Imprimeur
de
S.
À.
gr.
le
Prince
2
£
ConNTIr,
rue
du
Fouarre.
MDCCLX
XXII
TI.
AVEC
APPROBATION
ET
PRIVILÈGE
DY
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Lucis
RSS
5
:
Î
Des
Matieres
contenues
dans
ce
V.
olume,
O
BSERVATIONS
des
Auteurs
de
cet
Ouvrage,
page
Lettre
à
M.
Bailly,
de
l’Académie
des
Sciences
,
II
Avant-propos
,
j
Introdu@ion,
21
Notions
préliminaires
;
39
De
la
nature
&
des
propriétés
de
la
Lumiere
A
La
Lumiere
agit
pas.
par
fimple
preffion,
7
De
la
Vifon,
57
Des
Senfations,
|
59
Des
Organes
des
Sens;
64
Du
Toucher,
:
ve
Du
Goùt
:
70
De
l’Odorar,
:
TE
De
POwe,
1bid.
De
R
Vue,
:
72.
Dés
corps
qui
réfléchiffent
véritablement
la
Lumiere,
tels
que
les
Miroirs,
&
des
Corps
quine
la
réfléchiflent
pas,
74,
Comparaifon
de
la
Lumiere
avec
le
Son,
77
Defcription
de
FŒil,
83
Comment
s'opère
la
Vifion,
-
:
86
“Hifioire
d’un
jeune
homme
À
qui
Chéfelden
abattit
la
cataraéte
,
DE
-
Opinions
des
Phyficiens
fur
la
Lumiere,
98
.
Opinion
de
Defcartes,
ee
99
Objettion
contre
cette
Opinion
;
—elle
eft
infoutenable,
:
104
Opimon
de
Mallebranche,
—__
_
107
Opinion
de
Rohault,
:
1:10
Opinion
de
Régis,
|
IE
Opinion
de
Hayes
:
+1
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Sol
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Lucis
-
Aggredior
,
Calique
vias
,
campofque
nitentes:
Sydera
tu
Terras,
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tu
fœdera
Mundi
0
Jure
ligas
;
tu,
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difcefferis
oré,
Pallida
Jurget
Hyemps,
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cm
Ver
protinus
ibis
In
campos
quofcumque
voles
:
Sol
alme,
precant
Anne,
:
Des
Matieres
contenues
dans
ce
Volume.
O
BSERVATIONS
des
Auteurs
de
cet
Ouvrage,
page
1
Lettre
à
M.
Bailly,
de
l’Académie
des
Sciences
,
II
Avant-propos
,
j
Introdu&tion,
21
Notions
préliminaires
;
39
De
la
nature
&
des
propriétés
de
la
Lumiere
;
A
La
Lumiere
n’agit
pas
par
fimple
prefion,
De
la
Vifion,
|
57
Des
Senfations,
|
59
k
Des
Organes
des
Sens;
64
À
Du
Toucher,
67
Du
Goùt.
|
70
De
l’Odorat,
TI
De
One,
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DE
la
Vue,
re.
Dés
corps
qui
réfléchiflent
véritablement
la
Lumiere,
tels
que
les
Miroirs,
&
des
Corps
quine
la
réfléchiflent
pas,
74.
Coômparaifon
de
la
Lumiere
avec
le
Son,
Defcription
de
PŒil,
83
Comment
s'opère
la
Vifion,
-
|
86
“Hiftoire
d’un
jeune
homme
À
qui
Chéfelden
abattit
la
cataradte,
or
Opinions
des
Phyficiens
fur
la
Lumiere,
:
98
.
Opinion
de
Defcartes,
99
Objettion
contre
cette
Opinion
;
—elle
eff
infoutenable,
104
Opimon
de
Mallebranche,
2
-
107
Opinion
de
Rohault,
—
|
110
RS
|
Opinion
de
Huyghens,
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LE
Opinion
de
Newton,
Opinion
de
M.
Euler,
xpérience
importante
de
M.
Béguelin
fur
les
deux
fyflêmes,
de
l’émanation
ou
de
londulation
,
THEORTE
DE
LA
LUMIERE,
De
la
propagation
de
la
Lumiere,
De
l'Ombre,
Des
Pénombres,
De
linflexion
de
la
Lumiere
;
De
la
longueur
de
la
Projeétion
des
Ombres,
Abus
des
applications
trop
fréquentes
des
Mathématiques
à
la
Phyfique,
Explication
de
linflexion
de
la
LEumiere
,
De
la
difufion
de
la
Lumiere,
DE
LA
LUMIERE
RÉFLÉCHIE,
OU
DE
LA
CATOPTRIQUE,
Rien
ne
fe
fait
par
faut
dans
la
Nature
;
—Loi
de
continuité
;
La
Lumiere
va
du
point
rayonnant
au
point
éclairé
par
le
chemin
le
plus
court
,
&e
dans
le
temps
le
plus
prompt,
Des
Miroirs,
Des
Miroirs
ardens,
Des
Images
ou
des
Foyers
par
réflexion;
De
Patton
de
fphéricité...……
Des
Miroirs
fphériques
convexes,
Des
Miroirs
fphériques
concaves,
DE
LA
LUMIERE
TRANSMISE,
OU
DE
LA
DIOPTRIQUE
;
Des
loix
que
fuivent
les
Corps
folides
qui
pañlent
d'un
milieu
dans
un
autre,
Dénomination
des
Angles
&
des
Lignes
de
réfraétion,
De
la
réfraction
de
la
Lumiere
&
de
fes
loix,
Du
Principe
de
la
moindre
quantité
d'action,
Des
rayons
de
Lumiere
qui
rencontrent
un
milieu
tranfparent
dont
la
furface
eft
plane
,
de
ceux
qui
traverfent
un
nouveau
117
130
132
138
154
156
160
166
167
168
170
176
179
186
187
199
200
-
206
207
215
217
222
225
-228
230
246
mitieu
&
qui
éprouvent
une
feconde
réflexion
à
une
feconde
_.
furface,
253
TABET
Des
Rayons
de
Lumiere
qui
rencontrent
un
milieu
tranfoarent
Liito
dont
la
furface
eft
convexe,
250
Des.
rayons
de
la
Lumiere
qui
rencontrent
un
milieu
tranfpa-
rent,
dont
la
furface
eft
concave,
2163
Des
Ar
cntes
fortes
de
Lentiles,
267
Des
Images
ou
Foyers
par
une
feule
réfration,
273
Des
Verres
ardents
de
Tfchirnaufen
,
287
Du
Verre
ardent,
ou
de
la
Loupe
qui
étoit
au
Jardin
de
l’
Infante,
284
Recherches
de
Mefieurs
Briflon
&
Cadet
fur
le
pouvoir
des
différentes
Liqueurs
pour
réfraëter
les
Rayons
de
laLumiere,
288
Table
des
denfités
&
des
pouvoirs
réfringens
des
différentes
Liqueurs,
=
297
Des
Microfcopes
fimples
&
des
Me
ions
compofés
292
Du
Microfcope
fimple,
297
Du
Microfcope
à
trois
verres
de
So
rudion
Anpoie
-
300
Du
Microfcope
François,
ou
du
—
du
fieur
Delbare,
304
Pourquoi
ce
Microfcope
eft
préférable
à
tous
ceux
que
nous
connoiflons
,
323
Des
Lunettes,
ou
Télefcopes
Dioptriques,
328
Table
des
dimenfions
de
différents
_
dioptriques
êc
—
de
leurs
forces
amplificatives,
|
339
Des
Télefcopes
catoptriques,
|
350
Table
des
principales
dimenfions
&
des
forces
amplificatives
de
plufieurs
Télefcopes
à
la
maniere
de
Grégori,
avec
un
feul
oculaire,
:
355
Table
des
principales’
dimenfions
&
des
Les
amplificatives
de
quatre
Télefcopes,
de
la
conftruétion
de
Caffesran,
avec
un
feul
oculaire,
:
358
Du
Télefcope
Newtonien,
359
CONSIDÉRATIONS
PHILOSOPHIQUES
fur
les
découvertes
du
-Microfcope
&
du
Télefcope
,
&
fur
leurs
effets,
So.
à
Ja
ne.
de
l'entendement
humain
,
D
—
36
FPE
Tel
APBRPROBAIION.
Pr
lu,
par
ordre
de
Monfeigneur
Je
Garde-des-Sceaux,
un
Manufcrit
intitulé
Phyfique
du
Monde,
&c.
par
M.
le
Baron
de
Marivetz
&
par
M,
Goujfier,
Il
eft
impoflible
d’embrafler
un
plan
plus
vafte
que
celui
que
fe
font
tracé
ces
Auteurs.
La
feule
le@ure
du
Difcours
Préliminaire
&
de
la
Préface,
en
annonçant
toute
fon
étendue
,
prouve
combien
ces
Auteurs
font
remplis
de
la
matiere
qu'ils
traitent.
L’expoñrion
des
principes
généraux
de
tout
leur
Syftème
paroît
faire
efpérer
que
leur
entreprife
n’eft
pas
au-deflus
de
leurs
forces.
Le
refpeë
le
plus
profond
pour
la
Religion
,
&
pour
tout
ce
qui
peut
y
avoir
rapport,
regne
dans
cet
Ouvrage,
On
y
remarque
aufli
infiniment
de
fagefle,
de
circonfpection
&
d’honnêreté
dans
la
partie
critique
qui
a
rapport
aux
Ouvrages
des
Savans
qui
ont
antérieurement
couru
la
même
carriere
;
enfin
la
fimplicié,
la
précifion
&
la
clarté
qui
caraétérifent
cette
nouvelle
Phyfique
du
Monde
,
ne
peuvent
que
faire
defirer
l'exécution
d'une
entreptife
fi
utile
pour
le
progrès
des
connoiffances.
Ce
fiecle
a
vu
naître
fur
cette
matiere
des
Ouvrages
excellens
que
nous
ont
procurés
des
Savans
illuftres
qui
ont
ouvert
cette
carriere
;
ils
pourront
reconnoître
eux-mêmes
les
traits
qui
diftinguent
particuliérement
celui
des
!
Auteurs
qui
leur
fuccedent.
A
Paris
ce
14
Janvier
1783.
ROBERT
DE
VAUGONDF.
.
Le
Privilège
fe
trouve
au
commencement
du
premier
Volure.
SRI
EU
ERRATA
DU
TROISIEME
VOLUME.
à
Avant-propos.
|
\
Page
10,
Dans
la
note,
entreut
&
nous,
Zifez
entre
les
partifans
de
l'attraction
Le
&
nous.
.
SR
ES
12,
ligne
2,
tous
les
produits,
/féz
tous
Les
phénomenes.
27,
ligne
9,
&
fuivra,
lifx
il
fuivra,
:
55,
ligne
26,
Godeau,
lifez
Godart.
66,
ligne
6,
d'anatomie,
lifez
de
l'anatomie.
70,
ligne
derniere,
en
difolution;
Zifez
en
diffolution.
71,
ligne
premiere,
capillaires
,
lifex
capillaires;
ibid,
ligne
12,
d'être
affe@tes,
lifez
à
ètre
affe@és.
4
;
8o,
lignes
16
&
17,
nous
traiterons
dans
ce
Volume
,
lifez
nous
traiterons
Ë
dans
le
Volume
fuivant.
—
—
|
86,
ligne
17,
trouvé,
life?
tiouvées
87,
ligne
3,
La
inftruite,
ifez
nous
a
inftruit.
à
16,
ligne
4,
l'étendue
de
ces,
lifez
l'étendue
de
fes
ee
|
#2,
ligne
11,
celui,
Jfez
l'exemple,
ee
I
PTS
RS
PI
—
dt
dora
etre
me
RE
—_
OBSERVATIONS
DES
AUTEUR
De
POuvrage
intitulé
Paysiour
Du
Monpr;
inférées
dans
le
Journal
de
Paris
du
2
Juin
1782.
J
AMAIsle
goût
de
l'Hifloire
Naturelle
,
celui
de
la
Phylique
,
&
celui
de
la
Chymie,
n'ont
été
plus
répandus
qu'ils
le
{ont
aujourd'hui.
Ces
trois
Sciences
font
{œurs
;
c’eft
de
la
confidération
de
la
Nature
qu'elles
.
nées.
La
Nature,
ce
vafte
enfemble
qui
comprend
tous
les
êtres,
toutes
leurs
Hadibcarione
fut
le
PATI
d'un
feul
mot
prononcé
par
lite
des
êtres.
Tous
les
Bhétiomenes
pañlés,
préfens
P
F
>
P
OU.
futurs
»
leurs
retours
périodiques
,
ou
l'irré-
gularité
de
ces
retours
,
toutes
les
altérations.,
enfin.
toutes
les
ations
de
La
Nature
dépendent
d'un
principe
unique
;
*
elles
font
régies
par
une
loi
fimple,
primitive
&
générale
,
ou
elles
ne
font
foumifes
à
aucun
ordre.
-
sf
aufli
impofhble
quil
exifte
dans
as
Na
ture
deux
cales
ur.
;
“indépendantes
Tune
one
LI,
.
|
&
<=
de
l’autre
,
fans
action
l’une
fur
l’autre,
qu'il
et
impofñlible
qu'il
exifte
deux
Créateurs,
deux
Or-
donnateurs
de
l'Univers
;
une
feule
caufe
phyfi-
que
le
régit,
comme
une
feule
Intellisence
la
produit,
Cette
vérité
eft
inconteftable
;
elle
eft
La
bâfe
de
toute
faine
Philofophie
,
elle
doit
nécellai-
tement
être
La
bâfe
de
toute
faine
Phyfique.
Cependant
on
n'eft
point
encore
remonté
à
une
caufe
primitive,
générale,
unique.
Nous
fom-
mes
bien
éloignés
de
cette
unité
de
principe,
feul
fondement
de
toutes
nos
connoilfances
phy-
fiques
,
feule
bâfe
folide
qui
doive
être
néceflai-
rement
commune
aux
théories
des
trois
Sciences
dont
nous
venons
de
parler.
Semblables
aux
Provinces
d’un
même
Empire,
elles
ont,
à
la.
vérité,
des
loix
particulieressfncelt
unique-
ment
à
l'expoñtion
,
au
développement,
à
l'ap-
plication
de
ces
loix
due
fe
bornent
tous
les.
efforts.
On
ne
cherche
point
à
déterminer
la
loi
générale
qui
régit
tout
l'Empire
,
qui
regle
&
balance
tous
les
rapports
entre
fes
différentes
parties.
|
ee
€nçore
deffiné,
fes
branches
ont
été
obfervées
RAD
En
AP
ARTE
Te
SANT
LD
GI
ANT
ARE
SEE
PONOUE
CNRS
EEE
L’Arbre
des
eo.
Phyfiques
n'eft
pas
mm
(3)
avec
foin,
on
a
raflemblé
d’excellens
matériaux
de
la
Science
de
la
Nature
;
mais
on
eft
forcé
d'avouer
avec
regret
quil
eft
infiniment
difficile
de
réunir
ces
membres
divifés
&
épars.
Les
principes
varient
entre
ceux
qui
cultivent
dif-
férentes
parties
de
cette
Science,
ils
varient
même
entre
ceux
qui
fe
bornent
au
même
genre
de
re-
cherches.
Des
théories
différentes
regnent
dans
les
différens
Cabinets,
dans
les
différens
Laboratoires
:
toutes
y
prennent
le
ton
du
defpotifime
:
anar-
chie
qui
manifefte
aflez
clairement
que
la
pui
fance
générale
&
légitime
eft
inconnue.
Le
plan
de
la
Nature
n'eft
pas
encore
efquiflé,
la
chaîne
qui
renferme
&
néceflite
tous
les
effets
n'eft
pas
indiquée,
:
Expofer
ce
Plan
de
a
Nature
:
développer
cette
chaîne
éternelle
&
indéfeétible
,
qui
ren-
ferme
&
néceflite
tous
les
effets
,
tel
eft
l’objet
de
l'Ouvrage
intitulé,
Phyfique
du
Monde.
Quel-
he
vafte
que
Poe
notre
entreprife
,
fon
fuc-
cès
dépend
uniquement
du
principe
qui
doit
dirt
ger
nos
pas
dans
la
carriere
:
fi
nous
avons
faifs
le
fil
dela
Nature,
nous
en
parcourrons
tout
Le
dédale
fans
Cratii
des
de
1
nous
égarer,
-
a
2
È
ORNE
MR
RS
que
notre
efprit
reçoit
des
ob;
ets
qui
l'affect
&
quelle
à
autre
confidération,
que
e
ccletsmes
(4)
Mettre
la
Phyf
ique
générale
?
à
Là
portée
.
des
Lecteurs.
;
même
les
moins
inftruits
;
la
prélentes
dune
maniere
très
-
élémentaire
.
sc
embraflant
{on
univerfalité
:
dépouiller
d
l’obfcurité
.
CE
la
fécherefle
;
e
l'aridité-même
qu
elle
tier
nt
en-
core
des
tems
d'ignorance,
très-voilins
du
nôtre
des
tems,
fur-
tout,
où.le
goût
des
Belles
Le
-
naiflant
à
à
péine,
ne
pouvait
s'étendre
à
des
con=
R
noiflances
enfouies
dans
la
poufliere
de
quelqe
es
:
Cabinets
:
:
répandre
enfin
fur
les
élémens
de
cette
Science
quelques
-
-unes
des
fleurs
qui
doivent
nat-.
tre
fous
tous
les
pas
de
ceux
qui
da
cultivene,
:
voilà
l'objet
de
nos
defrs.
=
Puifle
cette
intention
nous
faire
trouver
grâces,
puifle-
t-elle
nous
fervir
de
juftification
,
où
des
|
çuie
au
moins
,
auprès
de
qu
"nos
féveres
Lecteurs
»
qui
ont
condamné
notre
ae
…
comine
trop
fleuri,
trop
poétique
,
où.
plutôt
qui
nous.
ont
che
de
vouloir
trop
nous
RRPES
cher
de
ce
ftyle,
f
peu
convenable
,
sjoitenrils,
>
aux
hautes
Sciences
!
—
-
Nous
obéïflons
>
en.
écrivant
|
limpreffos
(on,
_
#
:
Se:
veilles
de
L
Nature
,
{eroi
d'élever
l'âme,
de
lagrandir
,
a
exciter
l'a
[CE
en.
BI
nation
,
d'échauffer
le
génie
?
La
defcription
de
la
Nature
eft
le
champ
vafte,
fertile,
inépuif-
ble
,
où
naiflent
les
eus
dont
s’embellit
[a
Lan-
gue
des
Dieux
;
eft-il
poñible
de
le
parcourir
fans
defirer
d'en
cueillir
au
moins
quelques-unes
?
eft-il
poflible
de
confiderer
la
Naturs
avec
une
imagination
vive
,
avec
une
âme
fnfble
,
fâns
quune
multitude
infinie
de
tableaux
che
inftant
fous
nos
yeux
?
tout
s’anime
,
tout
s'agite,
tout
fe
féconde
fous
les
regards
du
Phy-
ficien:
alors
il
s’écrie,
avec
Orphée
,
le
premier
des
Phyfciens
&
le
premier
des
Poëtes
:
Amour
,
Amour,
«es
le
Pere
de
la
eue
c'efftoi
qui,
|
Jorti.
.
Ê
œuf
que
la
nuit
renfe
ermoit
dans
fes
antt-
ques
ténebres
,
donnas
le
mouvement
&
la
vie
a
zous
les
êtres
e
À.
Ce
fur
pour
exprimer
les
Pro
diges
opérés
par
ce
premier
Chantre
de
la
Na
ture
,
que
les
Hifloriens,
animés
du
feu
de
fon
génie
,
repréfenterent
les
Hommes
fuyant
la
fon.
bre
SE
des
forêts
,
,
Ê
réuniflant
en
fo=
2
-
c
ÿ
Eos.
les
Hym
ss
Orphée.
|
TT
ciété
,
&
quittant
Le
gland
amer,
pour
jouir
des
préfens
de
Cerès
&
de
Bacchus
;
les
lions
&
les
tigres
dépouillant
leur
fureur
aux
doux
accens
de
la
voix
d'Orphée
,
les
forêts
defcendant
du
haut
des
montagnes
,
au
fon
de
fa
lyre
;
les
fleuves
fufpendant
,
pour
l'écouter,
leur
courfe
rapide;
Îles
vents
même
retenant
leur
haleine.
-
Tous
les
Phyficiens
des
tems
antiques
furent
Poëtes
;
Moyfe
le
fut
lui-même
:
bien
loin
donc
de
nous
reprocher
ce
quil
peut
y
avoir
de
poé-
tique
dans
notre
Ouvrage,
dont
nous
avouons
Te
2
0
AE
AO
A
IRAN
EE
A
SES
que
la
forme
eft
peut-être
auf
nouvelle
que
le
fond,
nous
regrettons
infiniment,
malgré
l'auf-
tere
fécherefle
que
voudroient
confacrer
quek
:
S
Re
»
TA:
ques
Savans
modernes
qui
,
glacés
par
d
abftrai=
tes
fpéculations
,
nont
pas
été
dédommagés
de
ce
qu'elles
leur
ont
enlevé
;
nous
regrettons
s.
dis-je
,
nous
regrettons
infiniment
de
n'avoir
pas
la
chaleur
de
génie
de
ces
Poëtes
antiques
,
fe
fnfbles
aux
vraies
beautés
de
la
Nature,
de
ne
pouvoir
la
peindre
comme
eux
,
de
m'avoir
pas
les
crayons
de
Lucrece,
|
|
|
Nous
fommes
donc
très-éloignés
de
penferque
_
quelques
agrémens
répandus
fur,
jee
dun
PTT
NT
En
A
lp
ul
OL
02
d'Al
ES
CZ)
Science
qui
les
renferme
tous
,
foient
déplacés
dans
un
Ouvrage
qui
traite
de
cette
Science.
e
Nous
noublierons
jamais
qu'ils
ne
doivent
point
nuire
à
la
clarté
,
à
la
fuite
continue
&
à
l'en-
chaînement
des
idées
;
qu'ils
ne
doivent
point
en
interrompre
l’ordre
nécelbire
&
les
déduétions
rigoureufes-:
étrangers
à
l'expoñtion,
à
per
tion
des
principes
;
les
defcriptions
des
phéno-
menes
les
réclament
(*).
Nous
nous
écrierons
donc
,
avec
le
Cardinal
de
Polignac
»
lorfqu'il
empruntoit
à
la
Poélie
des
armes
pour
défendre
da
Vérité
&
la
Religion
:
Arentem
in
campum
liceat
deducere
fontes
Cafialios
,
verts
leta
in
viridaria
dumis,
Ac
totur
z72
cafe
ee
fade
Verfuse
Que
ne
pouvons
-
nous
ae
ane
fur
d'arides
campagnes
la
Fontaine
de
Cafalie
!
que
ne
pou-
‘yons-nous
changer
en
agréables
vergers
de
triftes
&
d'épineux
buiffons
,
&
verfer
fur
nos
Ecrits
toutes
les
Eaux
de
V'Aganippe
!
_—
C
)
Benoît
Stay
n'a-t-il
pas
mis
en
très-beaux
vers
En
la
_
Phyfque
de
Defcarres;
M.
l'Abbé
Bofchowitz
n
Le
dédié
à
la
Reine
un
Poëme
Latin
fur
ks
.
L.
=
‘
3
1)
SE
Nous
nous
permettrons
de
demander
avec
l'Au*
teur
de-lHiftoire
des
Caufes
Premieres
:
«
S'il
ne
feroït
pas
tems
enfin
,
après
tant
&
de
fi
longs
y».
Commentaires
,
&
tant
de
fois
rebattus,
fur-tout
»
après
tant
de
découvertes
modernes
faites
par
»
l'étude
directe
de
la
Nature
,
de
réduire
aux
»
termes
qui
[ui
conviennent
une
érudition
trifte
»
&
laborieute?»
RE
.
Mais
oublions
&
notre
flyle
,
&
toutes
les
Cri-
tiques
qu'on
peut
en.
faire
à
tant
d'égards.;
elles
nous
afe@teront
foiblement
,
quelque
méritées
Ÿ
qu'elles
puiflent
être,
&
nous
enparlons
pour
la
-derniere
fois.
_
Se
Ce
font
des
attaques
plus
intéreflantes
que.
nous
defirons
de
repouller
,
ce
font
des
attaques
qui
portent
fur.
la
théorie
phylique,
ce
font
des
à
objections
qui,
fans
être
rendues
publiques
,
mê-
me
dans
aucun
de
ces
Ouvrages
Périodiques
,
champs
toujours
ouverts
aux
Combattans
Littérai-
:
res,
cireulent
dans
les
Cabinets
&
dans
les
Cercles.
Il
nous
eft
permis,
fans
doute,
de
defirer
;
il
nous
eft
permis
même
de
demander
que
ces
Critiques
_{oient
rendues
publiques
;
c’eft
alors
qu'ellèssfe-
PR
AR
AS
AA
PET
SPA
ES
à
NA
CAN
GO
PA
à
ANR
ENR
RESVET
NE
DEV
AT
PSE
DEN
PAINANNER
PNEUS
FPE
IE
RATER
AREA
EG
AR
NS
ER)
folidité
de
ces
Jugemens
,
quà
l'abri
d'un
nom
célebre
on
fe
permet
trop
facilement
&
trop
fou-
vent
de
hazarder.
|
Tel
eft
le
motif
qui
nous
engage
a
publior
;
par
la
voie
du
Journal,
l'Avant-Propos
de
notre
troifieme
Volume
,
avant
que
ce
Volume
paroifle,
Si
l’on
veut
nous
faire
quelques
Objections,
elles
recevront
leur
Réponfe
dans
des
Additions
que
nous
aurons
encore
le
tems
de
faire
à
ce
Volume.
Nous
defrons
de
décider
le
fort
réfervé
à
notre
Syflême.
Les
Objeétions
nous
auroient
appris
fi
nous
devions
continuer
fon
expofition,
fes
déve-
loppemens
,
{es
applications
,
ou
s'il
falloit
l’aban-
donner.
Si
les
principes
que
nous
avons
expolés
jufqu'à
-préfent
font
inattaquables
,
nous
fommes
affurés
d'en
déduire
tous
les
phénomenes
de
la
Na-
ture
;
fau
contraire
ils
étoient
faux,
vainement
tenterions-nous
d'élever
un
monument
folide
fur
une
bâfe
fragile
&
ruineufe.
À
R\Cf
PAONG
2
CNET
PER
EEE
PTE
NEO
RE
SEAT
:
—
a
—__——
he
E
FR
À
D
E
M.
LE
BARON
DE
MARIVETZ,
TM
DAILLT.,
DE
LÂCADÉMIE
DES
SCIENCES,
ARAREDESREI
Er
SDL
SURUN
PARAGRAPHE
du
Troifieme
Volume
de
l’Hifloire
de
l
Aftronomie
Moderne,
Monsieur,
L'Historre
eft
le
dépôt
des
erreurs
des
Hommes,
comme
elle
eft
celui
des
développemens
de
la
raifon
&
des
progrès
de
l'intelligence.
L'hif=
toire
d'une
Science
eft
femblable
à
celle
d'un
Peu-
ple;
tous
les
pas,
qu'ont
fait
dans
la
carriere
de
cette
Science
,
ceux
qui
l'ont
cultivée,
doivent
êtré
indiqués
;
;
qu
‘ils
foient
dirigés
dans
des
routes
sûres
,
ou
qu'ils:
s'écartent
du
chemin
de
la
vérité
.
F2
MN
AIT
Se
RAR
5
°
ü
RDA
EST
2
+
ns
te
D
dd
hr
margle
ratée
AR
CSSS
NET
Ro
RS
.
MWousécriviezl-Hiftoire.de
l'Aftronomiest
il
importe
que
leurs
traces
foient
confervées:
mais
quittons
l'allégorie
qu'il
ne
faut
jamais
prefler.
L'Hiflorien
d’une
Science,
s'il
eft
exact,
fidele,
impartial
,
rapporte
toutes
Les
opinions
;
il
les
dif-
cute
avec
la
fagacité
dont
il
eft
capable.
Ce
nef
point
par
des
généralités
vagues
,
inapplicables
à
une
théorie
particuliere,
qu'il
doit
faire
preflentir
fon
opinion
fur
‘cette
théorie.
Ce
n'eft
point
parce
qu’il
lui
trouve
quelques
rapports
avec
des
opinions
détruites’,
qu'il
doit
chercher
à
infinuer
que
le
mê-
me
fort
eft
reférvé
au
nouveau
Syftème.
Il
ne
ae
pas
de-le
mettre
en
oppofition
avec
une
idée
reçue
pour
le
dévouer
à
la
profcription.
Cet
Hiftorien
doit,
ou
prouver
que
les
objections
qui
ont
fou-
|
droyé
l'opinion
détruite
,
frappent.
également
fur
_
celle
qu'on
préfente,
ou-attaquer
cette
derniere
par
des
obistions
direëtes.
He
|
.
Si
vous
trouvez
ces
affertions
jufles
,
vous.«ng
ferez
point
étonné
que
je
vous
adreñé
,
Monfieur,
quelques-obfervations
farce
que
vous
avez
dit
de
FOuvrage
intitulé,
Phyfique
du
Monde
,
dans
le
troifieme
Volume
de
PHiffoire
de
l’Aftronomie
Mo-
dorer,
phauss207
ih
Bei)
die
2
.:
SG
nes
trs
482
;
la
noûvelle
Phyfique
d
du
Monde
ävoit
paru
en
1786
&
1781,
je
vous
l'avois
remife
moi-
même
au
mois
Re
cette
dérniere
année
:
eh
bien
!
Monfeur,
je
vous
protefle
que
je
naurois
été
ni
ché
,
ni
même
furpris
que
vous
n'eufliez
rien
dit
de
cet
Ouvrage.
En
lifant
le
vôtre,
avec
l'intérêt.
qu'infpireront
toujours
vos
Ecrits
>
jé
re-
marquai
que
vous
aviez
évité
de
nous
citér
en
parlant
de
la
force
qui
détermine
tous
les
grands
mouvemens
des
corps
céleftes
felon
une
direction
commune.
Cependant
nous
avions
préfenté
une
caufe
bien
fimple
de
cette
direction
générale,
qui,
dans
vos
principes
,
eff
un
effet
fans
caufe.
La
ro-
tation
des
planetes
eft
dans
le
même
cas
;
nous
l'a-
vions
expliquée,
d'après
Le
même
principe,
&
vous
avez
également
gardé
lefilence
fur
cette
explica-
ton.
Mousavez
encore
évité
de
nous
citer
en
par-
lant
des
comètes;
fans
doute
vous
avez
à
cet
égard
cédé
;
par
délicatefle
,
tous
vos
droits
au
Pere
Pingré
,
Votre
Confrere
:
les
cometes
fui
appar=
tiennent
;
il
défendra
fon
domaine.
-
Je
ne
mattendois
plus
à
trouver
un
feul
mot
far
mon.
Ouvrage
;
_&
je
ne
vous
aurois
affürément
pas
demandé
Pouiquoi
en
écrivant
l'Hiftoire
de
.
Aftro-
PE
EE
ANERE
RRQ
4
,
Aa
(x)
notnie
jufqu'en
1782,
vous
n'aviez
rien
voulu
dire
d'une
théorie
générale,
préfentéeen
1780
&
1787;
comme
je
n'ai
point
demandé
aux
Auteurs
du
Jour-
nal
des
Savans
pourquoi
ils
ont
projetté
de
ne
point
parler
de
cette
théorie.
Mais
ce
que
renferme
le
Paragraphe,
dans
lequel
vous
avez
placé
mon
nom,
mimpofe
k
loi
d
use
ce
phare
be
Voici
:
‘
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
».
«
La
derniere
con;
_.
quil
ro
Bibi
de
propoler
,
feroit
celle
qui
auroit
pour
objet
l'attraction-même,
{à
caufe,
&
Île
méchanifme
de
£es
effets.
On
a
inutilement
tenté
jufqu’ici
de
ramener
ce
méchanifme
à
celui
de
l'impulfon
;
une
infinité
de
Syftêmes
ont
été
produits,
qui
ont
été
bientôt
rejettés,
à
caufe
de
leur
infufi=
fance.
La
multitude
des-effetssdel'attraétion
eft
innombrable
:
.
il
faut
que
le
même
Syftême
les
explique
tous.
.
Defcartes
,
Huyghens
,
Vari-
gnon
,
Mairan,
l'Abbé
de
Moliere
ont
adopté,
corrigé
l’hypothefe
des
tourbillons.
M.
de
Mai-
ran
,
feul,
les
avoit
abandonnés
dans
à
vieilleffes
Il
étoit
trop
bon
Philofophe
pour
refter
Carté-
fen,
lorfque
les
folutions
du
problème
des
trois
corps
,
celles
des
problèmes
de
la
préceflion
des
(15)
|
_»-équinoxes
&
des
marées
,
avoient
fuivi
la
gravi-
»
tation
dans
les
plus
petits
effets,
&
avoient
mon-
»
tré
fon
univerfalité
;
lorfque
furtout
les
cometes
»
reconnues-pour
des
aftres
durables
,
fe
mouvant
»
quelquefois
dans
un
fens
contraire
à
ces
tour-
»
billons
,
avoient
détruit
leur
influence
imaginai-
»
re,
comme
jadis
elles
avoient
brifé
Les
cieux
de
»
verre
des
Anciens,
Les
grands
noms
des
partifans
»
de
lhypothefe
des
tourbillons,
leurs
efforts
inu-
»
tiles
démontrent
la
faufleté
de
cette
hypothefe,
»
Les
tourbillons
doivent
être
à
jamaisoubliés.
Les
»
Géomertres
,
les
Aftronomes
&
les
Philofophes
_»
fe
font
prefque
tous
déterminés
à
regarder
l'at-
_»
traétion
comme
une
propriété
eflentielle
à
La
ma-
|
»
tiere
;
ils
sy
font
déterminés
pour
enchaîner
leur
»
imagination
,
&
pour
repofer
leur
penfée.
Sans
»
doute
la
Nature
agiffante
eft
fous
un
voile
éter-
»
nel:
mais
les
premiers
effets,
fortis
de
fes
mains,
»
{ont
pour
nous
des
caufes
primordiales
;
c'eft-là
»
que
nous
devons
borner
des
efforts
qui
devien+
»
nent
inutiles.
Nous
nous
fommes
perfuadés
que
»
Lattraction
étoit
un
de
ces
effets
primitifs
,
pro=.
».
duits-par
la
volonté
de
l’Etre
Suprême
&
par
la
_»
puiflance
dela.
Nature,
&
deftinés
à
à
nous
PIC
‘4
(16
)
»
fenter
les
caufes
primordiales.
Sinousñoustrome
»
pons,
c'eft
fans
aucun
danger
:
nous.
examinons.
»
dés
effets
particuliers,
nous
les
ramenons
à
un.
p'effet
général:
que
nous
importe
que
cet
effet
»
génér
{oit
en
lui-même
une
caufe,
ou
un
effet
i
»
S'il
dépend
réellement
d’une
caufe
.
»
nous
fommes
prêts
admettre
cette
caufe,
quand
»
on
nous
la
préfentera.
revétue
de
toutes
{es
preu-
»
ves.
Nousavons
,
dans
ce
moment
,
fous
les
»
yéux,
une
Phyjfique
du
Monde
,
de
M.
le
Baron
-
».
de
Marivetz
;
l’Auteur
y
donne.
Fe.
pour
»
lacaufe
générale
Comme
M.
Daniel
Bernouilly;
»
il
fuppofe
que
cette:
impulfon.
naît
de
latmof-
»
phere
{olaire
&
de
fa
rotation
;
avec
cette
difié-
»
rence,
que
l'illuftre
…
ne
[ui
attribuoit.
»
que
le
mouvement.
de.
projection
$
au
lieu
que
»
M.
dé
Marivetz
attribue
à
cette
caufe
;
Ces
»
modifications
locales
,
la
tendance
même
vers
le
»
Soleil.
Tout,
dans
une
pareille
hypothefe,
dé-
»
pend
de
.
des
conféquences
du
principe
:
»
avec
les
phénomenes.
Ii
ne
nous
relte.
pas
aflez
»
de
tems
pour
en
apprécier
les
preuves
;
les
Sa
»
vans
les
jugeront.
Nous
voyons
feulementsque
»-
Réve
préfente
fes
idées
avec
clanés.
&
fes
»
objections
CSS
=
»
objections
avec
une
politeffe
digne
d'éloge
».
Ainfi,
Monfieur,
la
derniere
conje&lure
que,
{elon
vous
,
él
feroit
farisfaifant
de
propofer,
feroi
celle
qui
auroit
pour
objet
l’attraëtion
même,
[a
caufe
,
€
le
méchanifme
de
[es
effets.
Vous
admettez
donc
que
l’on
peut
propofer
cette
conjecture?
eh
bien!
en
ne
regardant
toute
notre
théorie
que
comme
une
con-
jecture
,
nous
en
avons
au
moins
donné
une,
Si
cette
conjeéture,
préféntée,
felon
vous-même,
avec
clar=
té,
eft
fans
aucune
vraifemblance,
ilne
vous
falloit
qu'un
inflant
pour
la
réjetter.
Si,
au
contraire
ae
eft
revétue
de
quelque
probabilité
,
elle
méritoit,
fans
doute
;
un-examén
de‘fa
part
de
celui
ie
at
droit
d'en
voir
propofer
une.
&
«
Nous
avons
été
bien]
peu
clairs,
Monfieur,
fr
Vous
avez
pu
confondre
notre
impuiton
avec
F
impulfion
cartéfienne,
nos
tourbillons
avec
ceux
préfentés
jufqu'à
prélènr,
avec
ceux
auxquels
vous
femblez
vouloir
qu'on
les
aflnile
;
leur
différence
n'a
pu
vous
échapper
,
se
auriez
-
vous
ee
dû
É
Fe
_Connoître
?
D
Vous
fapportez
très-
fommairement
enfüite
FE
_toire
des
efforts
faits
en
faveur
du
méchanifine
de
Timpulfon.
Vouspolez
en
affertion
que
es
éforts
Tome
III,
c
ntm
ts
cn
alinttd
2
er
tan
2
case
"
"
=
+
LT
L2
a
:
SLR
AXE
EE
SC
AG
a
7
NL
A
BÉRD
CR
CRE
eblè.
add
donsa
mere
de
tn
D
eg
PRE
he
th
SR
e
4
|
4
418
Hp
HA:
1
1]
HR
Cas
ont
té
jufqu
ici
fans
fuccès
;
il
eft
done-décidé.
ue
les
nôtres
n'ont
pas
été:
.
heureux-que
ceux
des
Savans
qui
nous
ont
PEÉcedée
nous
voilà
donc.
condamnés
fans
avoit.
été
entendus
!
voilà
notre
théorie
profcrire
par.
un
Juge,
compétent
fans
dou
te
;
Mais
qui
AVOUE
;
lurmème,
quil
na
pas
eu
le,
tems.
d'apprécier
1
nos
preuves
!
Vous
ajoûtez
que
JL.
l
effet
général,
que:
VOUS
appelez
c
__”
;
dépend
réellement
d'une
caufe
méchanique
,
vous
êtes.
prét
à
admettre
cette
caufe
;
quand
on
vous
la
préfentera
revérue.
de
joues
fes
preuves.
C'étoit
précifément
,,
Monfeur
,
Ce
que
nous
croyions
avoir
fait
,
où
du.
moins
avoir.
fort
avancé,
dans
le
derixieme
Volume.
de
la
Phyfque
du
Monde
)
que
vous
aviez
dites
vous
;
alors-fous
les
yeux.
Vous
n'avez.
pas
eu
»
ajoûtez-vous.,
affez
d
de.
cern5.
pOur
appréeiers
ces
preu-
|
yes
{
ê
ah,
Monfieur
!
.
en
falloic
f
peu
à
un
homme
tel
que
vous
!
Un
Savant
qui
écrit
l'Hiftoire
de
l'Aftronomie
È
eroit-il
,
à
labri
de
cette
raifon
.
pouvoix
ke.
difpenfes
de
difeuter
une
conjecture,
quil
vient
s
avouer
qu
xl
froit
fatisfaifant
de
voir
propofer}Pelez
certe
réflexion
Monfeur.
Mais
ce
neft
point-là
que.
fe
bornent
les
obfervations
se
7
vous
faire,
à
|
Ÿ
ris,
(19)
r°.
Vous
nous
faites
dire
que
nous
fuppolons
,
comme
Daniel
Bernouilly.,
que
certe
impulfion
naët
de
l'atmofphere
folaire
;
&.de
fa
rotation.
Nous
p'avons
point
parlé
de
l’atmofphere
du
Soleil.
Nous
ne
croyons
point
à
cette
atmofphere,
telle
qu'on
l'a
préfentée
jufqu’à
préfent.
Nous
avons
tout
attribué
à
la
rotation
de
l’aftre,
&
à
fon
effet
fur
la
mafle
totale
du
fluide
univerfel
dans
lequel
il
fe
meut.
:
:
2°.
Nous
penfons
qu'il
étoit
convenable
de
dire
un
mot
de
la
maniere
dont
nous
déduifons
de
cette
action-unique
du
Soleil,
la
tendance
des
planètes
vers
cet
aftre.
Cette
idée,
telle
que
vous
la
pré-
{entez
,
s'annonce
bien
défavorablement.
Nous
al-
lons
rétablir
fon
véritable
énoncé.
.
-
Dans
un
océan
d'un
fluide
élaftique
,;
mu
circu-
Jairement
par
une
force
centrale,-&
contenu
en-
tre
des
parois
élaftiques
eux
-
mêmes:
(
les
confins
des
domaines
des
Soleils
environnans
)
,
les
mo-
lécules
élaftiques:,
qui
frappent
ces
parois,
font
repouflées
par
la
réfiftance
&
par
l'élafticité
des
parois,
alors
il
naît
des
vibrations
en
fens
contraire,
Nous
avons
tracé,
dans
nos
Planches,
&
nous
avons
fait
connoître
,
dans
leur
Explication
;
Les
lio
gnes
récurrentes.
qu
‘elles
doivent:
fuivre.
:
ç
.:
Nous
nous
fommes
trompés
pêut
-
être
;
mais
notre
bonne
foi,
à
défaut
de
tout
autre
titre,
ne
nous
rendoit
-
elle
pas
dignes
d'être
éclairés
für
notre
erreur
Î
fje
le
,i
vous
en
auroît
coûté.
à
peu
!
|
.
Voilà
l'objet:
de
nos
regrets
crès-finceres
;
la
cri-
due
d'un
.
tel
que
vous.,
toujours
jones
:
toujours
‘honnête,
nous
eût
été.
infiniment
pré-
cieufe
;
elle
eût
répandu
la
lumiere
fur
nôs
prin-
cipes;
vos
doutes
feuls
nous
les
auroient
rendu
fuf
pots
s'ils
euffent
été
‘préfentés
après
un
examen
“même
‘léger
;
un
coup-d'œil
de
l’Hiftorien
de
lA£-
tronomie.
vaut
Les
longues
méditations
de
beau-
eo
de
Savans.
Re
—
“Enfin
,
nous
penfons
comme
vous
,
Monfieur
:
|
TOUL
ui
de
lPaccordidese
rss
du
prin-
:
cipe
avec
les
phénomenes.
Or,
notre
principe
nous
paroît
évident
;
nos
corollaires
nous
paroïiflent
s'en
déduire
évidemment
,
néceffairèment
;
nous
pen-
“ons
que,
d'un
feul
coup-d'œil,
un
Los
inftruit
“peut
juger
de
la
jufteffe
de
toutes
ñnos
déductionse
Nous
croyons
fermement
que
nos
neuf
Propoñ
-
tions
fufhfent-pour
expliquer
toute
la
Phyfique
du
Monde
,.tout
ce
que
l'on
prétend
expliquer
Pi
-
&
:
ed
(21)
Pattraétion
,
tout
ce
qu'on
défefpere
d'expliquer
par
elle;
nous
croyons
enfin
que
l'édifice
des
connoïflances
phyfiques
,
en
perdant
une
bâfe
métaphyfique,
une
hypothefe
précaire
,
à
laquelle
Vous
trouvez
vous-même
tant
d'inconvéniens
,
re-
pofera
fur
une
bâfe
phyfique
;
l'Univers
n’obéira
qu'à
des
loix
méchaniques
,:
dont
le
grand
reflort
era
connu
,
&
toute
la
machine
n'aura
eu
befoin
que
d'une
feule
impulfion
de
fon
Auteur
pour
&
mouvoir
&
fe
conferver
éternellement
:
elle
n'a
-point
à
redouter
toutes
ces
cataftrophes
dont
on
fe
plaît
fans
cefle
à
la
menacer
;
elle
ne
peut
être
dé-
truite
,
ou
confidérablement
altérée
que
par
celui
qui
là
créa,
fon
Soleil
ne
peut
ni
confumer,
ni
_-s'éteindre,
elle
ne
peut
ni
geler
j
mibrüler,s
Les
.Géomerres,
les
Afronomes
€
les
Philofo-
-phes
Je
font,
dites-vous,
Monfeur
,
prefque
tous
déterminés
à
regarder
lartraäion
comme
une
pro-
priété
effenrielle
à
la
matiere.
Entre
des
Opinions
douteufes
,
il
faut
bien
fe
déterminer
à.
un
choix.
La
vérité
feule
entraîne
;
elle
maitrife
les
bons
ef
prits,
dès
qu'ils
l'ont
apperçue.
—_
=
.
Ceux,
dont
vous
parlez,
fe
Jont
déterminés
,
ajoûtez-vous
;
à
adopter
lattraëlion
pour
énchafner
RE
TT
tr
vttereteé
fr
EtR
end
lat
D
nr
Eng
ee
ait
a
_
F;
PES
ESPN
LOTO
De
RÉ ne
A
,
?
ra:
CE
mont
RP
ENT
EE
Pre
mnR
Ce)
leur
imagination
;
pour
repofer
leurs
penfées.
Notre
imagination
ne
peut
plus
s’'égarer
,
elle
n’a
plus
be-
foin
de
chaînes
;
notre
penfée
na
plus
d'efforts
à
faire,
elle
ne
peut
plus
fe
fatiguer.
C'eft
d'un
point
de
vue
fable,
fixe,
inébranlable
que
nous
contem-
plons
la
Nature.
|
È
Nous
n'écrirons
poi
des
Savans
qui
n'ont
pas
plié
le
genou
devant
l'idole
ration
:
qui
n'ont
pas
repofé
leurs
pen-
Les
autorités
doivent
céder
nt
ici
la
lifte
très-nombreufe
appelée
art
fées
fur
ce
nuage
léger.
>
{a
raïfon.
Cela
eft
Fâcheux,
peut-être,
pour
ceux
qui
fe
font
emparés
de
l'autorité;
pour
£
confoler,
Monfieur
,
qu'ils
regardent
derriere
eux,
“qu'ils
confiderent
le
fort
de
leurs
prédécefleurs
ils
fubi£
fent
la
loi
générale
&
invariable.
Dans
l'empire
des
Sciences
,
le
fceptre
du
defpotifme
,
toujours
ufurpé
,
a
toujours
pañlé
de
main
en
main
à
titre
également
illégitime.
Ce
fort
eft
refervé
aux
ligues
ufurpatrices
,
comme
aux
particuliers
ufurpateurs.
C'eft
fur
des
exemples
G
multipliés
que
s'établit
lef
£rance
de
ceux
qui
entrent
dans
la
carriere
avec
de
nouvelles
idées.
Telle
eft
la
fource
des
confola-
tions
qui
foutiennent
leur
courage
au
milieu
des
a
+
contrariétés
qui
les
attendent,
=
6.23
)
E'empire
des
idées
dominantes
dans
un
tems
fe
détruit,
d'autres
s'en
forment
un
nouveau
»
pénible-
ment
,
lentement
à
la
vérité.
L'opinion
recue
com-
bat
Rene
mais
on
voit
fe
efforts
s'afloiblir
progreflivement
:
on
préfage.,
on
calcule
l’
époque
de
fi
défaite,
on
prévoit
l'inftant
où
{à
puiflance
s'évanouira.
Sachûte,
amenée
par
les
d
évéloppe-
mens
fucceflifs
de
Rens:
eft
fouvent
Don
moins
l'effet
d’une:
impulfon
,-Que
ce.
d'une
lente
dégradation.
A
défaut
de
la
foudre
du
|
8
génie
qui
pouvoit
{a
terraffer
en
un
inftant
,
la
lime
fourde
des
méditations
,
les
fecoufles
réi:
Ée.
que
lui
donnent
des
obfervations
fuivies
&
multipliées,
lébranlent
;
elle
tombe
enfin,
fans
que
_
puifle
s
ne
de
fa
chûte.
Alors
ce
vale
édifice
couvre
de
{es
débris
le
terrein
qu
ilavoit
comprimé.
Ceux
dont
ce
terrein
devient
le
domaine,
font
oc-
CUpés
long-tems
encore
du
foin
d'enlever
ces
décom-
Pres
qui
retardent
la
conftruétion
d'un
nouvel
édi-
fice
,
tandis
que
d'autres
Architectes
méditent
déjà.
de
s'établir
fur
les
ruinesde
celui
qu
ils
voient
tracer.
Le
T
emple
de
la
Vérité
doit-il
s
élever
enfin
?
_
cefpéronsle,
Monfeur;
celui-là
feul
fera
durable
;
fes
fondemens
siompheront
des
erreurs
&
du:
tes,
PE
ER
Tr
a
me
er
renom
bre
1
7
+
dr
MON
2
RS
RE
a
A
VF
ONE
LA
ptet
re
ment
”
"Lens
ie
nes
me
(24)
|
Quelle
qu'en
foit
l'époque
,
tour,
jufqu'à
cet
inf-
tant,
ne-pañlera
cependant
pas.
Celui
qui
aurauni
la
force
du
génie
à
tous
les
dons
de
Pefprit,
celui
qui
aura
embraff£
le
valte
enfemble
des
connoiflances
de
fes
contemporains,
qui
en
aura
tranfmis
à
la
pofté-
tité
Le
magnifique
Syftême,
celui-la
jouira
d'une
ré-
putation
qui
furvivra
long-tems
à
celle
de
fon
fiecles
Nos
derniers
neveux,
bien
plus
favans
que
nous,
vous
liront
avec
plaïfir,
Monfieur;
ils
ne
vous
repro-
cheront
point
les
erreurs
de
votre
tems
,
ils
ne
les
imputeront
qu'à
la
lenteur
des
progrès
de
l'efprit
humain
;
lenteur
néceflaire
,
fans
doute
,
puifque
vous
n'avez
pu
hâter
davantage
la
marche
de
votre
fiecle,
&
ils
defireront
pour
le
leur
un.
génie
auf
bien
préparé
par
la
Nature,
J'ôfe
me
flatter
que
les
légeres
plaintes
que
je
me
fuis
cru
permis
de
vous
adrefler,
Monfieur,
ne
vous
déplairont
pas
;
j'efpere,
furtout
,
quelles
ne
vous
feront
point
douter
de
la
fincérité
de
Fhom-
mage
que
je
rends
à
vos
connoïffances.
|
J'ai
l'honneur
d’être
,
&c.
_—
:
=.
|
Le
Baron
DE
MARIVETZ
.
De
Vincennes
lé
Juin
1782
»
e
4
22
4
vesséarentetananninn
:
a
LÉ
PT
LT
A
De
Ex
donnant
un
Ouvrage
dont
les
principes
fondamentaux
,
ceux
par
lefquels
nous
nous
PORC
d'expliquer
toutes
les
Loix
de
la
Na-
ture
;-différent
effentiellement
des
principes
les
plus
généralement
admis
par
tous
les
Savans,
nous
étions
pénétrés
d’une
inquiétude
très-natu-
relle.
Ce
n'étoit
qu'en
tremblant
que
nous
atten-
dions
Le
fort
qu'éprouveroit
notre
Syflême
,
l’ac-
cueil
qu'il
recevroit
de
ces
Hommes
accoutumés
à
diftinguer
d'un
feul
coup
-
d'œil
la
vérité
de
lerreur
,
&
dont
le
génie
,
aufli
aétif
que
péné-
trant
,
fait
appercevoir
la
derniere
au
milieu
de
tous
les
caracteres
de
vérité
qu
‘elle
raflemble
au-
tour
d'elle
avec
plus
d'att
que
la
vériré-même
;
parce
que
celle-ci,
fiere
de
fon
eflence
&
de
es
-
droïts
,
croit
quil
lui
fufit
de
fe
montrer,
&
dédaigne
tout
art.
Ce
nétoit
point
la
prévention
des
Savans,
dont
nous
venons
de
parler
,
que
nous
redoû-
tions
;
Les
préventions
font
l’appanage
des
efprits
-
foibles
&
peu
inftruits
;
la
Science
&
la
Philofo-
phie
élevent
lame
autant
qu
ER
dévélopehé
les
facultés
de
l'intelligence.
…
Tome
III.
|
-
A
-
Cu
Quel
que
fût
Le
pouvoir
d'une
opinion
qui
fem
bloit
avoir
acquis
tous
les
droits
d’une
vérité
dé-
montrée
;
quoique
cette
opinion
fût
,
pour
ainfi
dire,
ces
nous
avons
ofé
l’attaquer,
per-
fuadés
que
l'erreur
la
plus
accréditée
,;
la
plus
entourée
d'Apôtres
&
de
Protecteurs,
ne
pou-
voit
jamais
réfilter
à
la
vérité
fimple,
nue,
&
dénuée
de
tout
appui.
|
Nous
n'avons
pas
craint
de
déplaire
aux
vrais
Savans
,
&
fur
-
tout
à
ces
illuftres
Compagnies,
dignes
Sanctuaires
des
Sciences
&
de
la
vérité,
en
ofant
leur
dire
qu'une
erreur
habitoit
encore
dans
leur
fin,
&
s’y
oppoloit
au
progrès
des
connoif-
fances
:
nous
favons
que
leur
animadverfion
na
ja-
mais
pour
cu
que
lerreur,
&
que,
même
alors,
_
celui
qui
s’
égare
dans
le
dédale
tortueux
-des
con-
noiffances
humaines,
ne
doit
pas
craindre
que
ceux
.
qui
en
connoiflent
les
détours,
lui
faflent
un
crime
de
fon
de
Ce
n’eft
que
pour
le
conduire
par
des
voies
plus
sûres
qu'ils
marchent
à
fa
rencontre:
c'eft
toujours
la
bienveuillance
&
l'amitié
qui
lui
tendent
la
main.
_.
-
|
.…
Si
telle
n'étoit
pas
ho
la
die
tous
les
Savans
,
fitelle
neft
pas
encore,
a
de
quel-
-
|
Ci)
ques
Hommes
qui
déshonorent
la
carriere
des
hau-
tes
Sciences
,
on
doit
reconnoître
au
moins
que
c'eft
ainfi
que
fe
conduifent
tous
ceux
qui
sy
diflinguent
aujourd'hui.
Pénétrés
de
la
noble
fierté
que
leur
infpirent
leurs
droits
,
ne
craignant
ja-
mais
de
les
voir
attaqués,
ni
méconnus
,
ils
ac-
eueillent
ceux
qui
fe
préfentent
à
la
barriere,
&
frayent
une
route
facile
à
ceux
qui
defirent
de
marcher
{ur
leurs
traces.
|
C'eft
aux
encouragemens
flatteurs
qu'on
a
dai-
gné
nous
accorder
,
que
nous
devons
la
force
qui
nous
foutient
dans
notre
vafte
entreprife:
ce
font
ces
encouragemèns
qui
nous
autorifent
à
élever
fur
les
ruines
de
l'attraction
,
du
vide
&
des
affinités,
un
Syflême
que
nous
ofons
annoncer
comme
infiniment
plus
fimple
,
plus
clair
,
plus
fatisfefant
,
plus
généralement
applicable
à
tous
les
phénomenes.
Les
partifans
éclairés
de
l'opinion
attribuée
à
Newton;
mais
qui,
fimple
hypothefe
dans
le
génie
de
ce
Grand
Homme
,
a
été
depuis
confidérée
comme
une
puiflance
réellement
exiflante
comme
une
action
phyfque
,
n'ont
point
profcrit
un
.
Syflème
pour
lequel
cette
hypothefe
m'étoit
pas
À
2
En
néceflaire
,
un
Syftème
qui
remettoit
les
Loix
phy-
fiques
à
méchaniques
dans
tous
leurs
droits
en
leur
laifant
régir
toute
la
machine
du
Monde.
Nous
ne
pouvions
cependantefpérer
que
l'appli-
cation
heureufe
que
nous.avons
faite
de
nos
prin-
cipes
à
la
Phyfique
Célefte,
pût
fufire
pour
les
faire
adopter
par
des
Savans
en
poffeflion
du
droit
d'expliquer
Les
mêmes
phénomenes
par
une
hypo-
shefe
confacrée.
Si
nous
nous
croyons
quelques
avantages
dans
la
généralité
&
dans
la
clarté
des
Explications
,
nous
fommes
bien
éloignés
de
pen-
fer
que
ce
que
nous
avons
dit
jufqu'à
préfent
fuf-
_fif
pour
fairé
abandonner
cette
hypothele
ché-
rie,
dont
on
a-
uni
la
deftinée
à
celle
des
plus
Grands
Hommés
qui
honorent
les
faftes
des
Scien-
ces,
&
‘que
l’on
a.prétendu
rendre
immortelle
|
comme
eux
a
=
|
Ce
ne
féra
qu'après
avoir
confidéré
le
vañle
enfemble
dé
la
Nature,
après
avoir
vu
tous
les
phénomenes
dépendre
évidemment
d'une
caufe
unique
&
facile
à
concevoir
en
elle-même
&
dans
fes
effets
;
ce:
ne
fera
qu'après
avoir
faif
tous
les
.
rapports
de
ces
phénomenes
,
toutes
leurs
relations,
que
l'efprit,
à
la
fin
fecistatt,
fe
repofera
avec
une
Lo)
douce
confiance
fur
la
bâfe
inébranlable
de
toutes
les
vérités
phyfiques.
Nous
ofonsefpérer
que
nos
principes
préfenteront
cette
bâfe.
Puiflions-nous
n'avoir
pas
été
féduits
par
l'illufon
,
auf
puiflante
que
dangereufe
,
qui
prête
trop
fouvent
les
couleurs
de
la
vérité
aux
opinions
qu'on
embraffe
!
Toujours
occupés
de
cette
crainte,
que
tant
d'exemples
autorifent,
une
idée
confolante
&
flatteufe
vient
nous
raflurer.
Il
neft
pas
un
de
nos.
principes
que
n'ait
adopté,
où
que
nait
du
moins
preflenti
quelques-uns
de
ces
Hommes
cé-
lebres
,
dont
le
nom
eft
confacré
à
l’immorta-
lité
dans
les
Annales
des
Sciences:
Defcartes,
Huy-
ghens
,
Bernouilly,
Mairan,
Maupertuis,
Euler,
&c.
voilà
ceux
dont
Îles
pas
nous
dirigent
dans
notre
route
;
les
monumens
que
nous
y
rencon-
trons,
&
qu
lors
le
génie
de
ces
Grands
Hommes,
nous
indiquent
le
chemin
de
la
vérité.
Après
avoir
vérifié
avec
l'attention
la
plus
fcrupuleufe
la
di-
rection
de
cette
route,
il
nous
eft
aifé
de
recon-
noître
où
d'autres
Savans
commencent
à
s’en
écar-
_ter.
Bientôt
nous
les
voyons,
embarraflés,
confulter
la
bouflole
du
génie,
&
prendre
fouvent
pour
elle
les
indications
re
d'une
0
fé=
(CV)
conde
en
reflources
,
mais
qui
ne
peut
en
fournir
qui
tiennent
lieu
de
la
vérité.
-
Ce
neft
point
à
l’imagination
qu'il
appartient
de
réunir
les
anneaux
de
la
chaîne
formée
par
les
mains
de
la
Nature,
lorfqu'ils
ont
été
féparés
par
les
inductions
précipitées
d'une
faufle
théorie.
L'obfervation
la
plus
attentive
peut
feule
fuivre
cette
chaîne
continue
&
indéfe@tible
qui
renferme
l'ordre
éternel
des
futurs
(a)
;
ce
n'eft
qu'en
déve-
loppant
lentement
cette
chaîne
,
en
fuivant
tous
fes
anneaux
,
en
rétabliffant
dans
leur
véritable
di-
rection
ceux
quavoient
ou
forcé,
ou
brifé,
ou
Rpsie
des
efforts
inconfidérés
,
que
l’on
peut
parvenir
à
manifefter
cet
ordre
éternel
&c
invaria-
ble
qui
forme
le
véritable
Syftême
du
Monde,
L'attraction
eft
l'idole
facrée
dont
nous
ofons
brifer
l'autel,
&
c'eft
au
pied
de
cet
autel
que
quelques
ÉGaires
:
,
plus
enthoufaltes
qu'éclairés
,
voudroient
notre
Syftème;
ceft
contre
ce
rocher,
au
haut
re
ils
PE
evene
;
*
(a)
Nous
prions
que
l’on
fe
rappelle
ici
Tone
de
:
notre
fecond
Volume
:
Sempirerna
&
indeclinabilis
feries
rerum
,
©
catena
volvens
femer
&
implicans
per
&ter
nos
confequentiæ
a
ex
guius
apta
Grconnexa
eff,
EEE
ENTER
RIRE
É
4j
à
armé
de
la
foudre
,
qu'ils
efperent
voir
notre
vaifleau
fe
brifer.
Ce
ne
font
pas
(
nous
ofons
le
dire
)
ceux
d'entre
les
Difciples
de
ce
Grand
Hom-
me
qui
ont
le
mieux
connu
fes
principes,
qui
veillent
à
la
garde
de
l'autel
élevé
à
l'attraction
:
ils
favent
que
ce
ne
fut
point
fur
elle
qu’il
plaça
É
trône
de
la
vérité
(b)
:
nous
l'avons
déjà
fufifam-
(&)
Faut-il
répéter
encore
que
dans
vingt
endroits
de
fes
Ou-
ve
Newton
a
mis
le
plein
en
affertion,
&
que
le
vide
n’y
eft
qu'en
HR
Newton
a
calculé
lélaficité
de
lPérher
;
il
Pa
trouvée
quatre-cenr-quatre-vingt-dix-milliards
de
fois
plus
grande
que
celle
de
Vair
de
latmofphere.
Que
ce
calcul
foit
jufte
ou
non,
ce
n’eft
pas
ce
dont
il
s’agit:
mais
un
Philofophe
ne
donne
pas
le
calcul
des
forces
d’une
puiffance
dont
il
nie
l’exiftence.
Ce
même
calcul
enleve
encore
la
foible,
ou
plutôt,
l’abfurde
reffource
de
ceux
qui,
forcés
d'admettre
l’éther,
ôfent
le
préfenter
comme
fans
réfiflance.
Un
fluide.
quatre-cent-quatre-
-vindt-
dix=
milliards
de
fois
plus
élaftique
que
l'air
,
&
dont
toutes
les
molécules
font
en
contaft,
puifqu'on
peut
calculer
fon
élaficité,
peut-il
jamais
être
regardé
comme
incapable
d’aucune
réfiftance
?
Jamais
deux
propofñitions
plus
contradictoires
n’ont
été
placées
l’une
à
côté
de
l’autre
;
&
l’on
Ôfe
les
imputer
à
Newton
!
De
cette
queftion
du
vide
ou
du
plein
dépend
le
fort
des
co-
metes,
dont
tant
d’Aftronomes
nous
objeétent
l’exiftence
folide
&
planétaire
,
&
dont
les
révolutions
en
tous
fens
détruifent,
felon
eux,
nos
principes,
Les
cometes,
ces
foibles.
&
derniers
auxiliaires.
l'attraétion
,
ne
combaïtront
pas
long-rems
contre
nous
;
mais
C'eff
à
:
la
_queftion
générale
qu'il
faut
s'arrêter.
Si
le
plein
exifte
,
fi
tout
Pefpace
de
rempli
d'un
fluide
quatre-
cent-
RE
SRE
NT
TE
PER
Et
Re
Re
tes
nt
SR
PES
ATESST
0
RER
EL
-
Cu)
ment
prouvé
;
&
sil
falloit
encore
un
témoigna-
ge
,
nous
le
demanderions
à
cette
illuftre
Société
qui
forme
aujourd'hui
un
des
centres
où
fe
réunif-
fent
avec
le
plus
de
profuñon,
&
où
brillent
avec
le
plus
d'éclat
toutes
les
connoiflances
humaines.
C'eft
du
fin
de
la
Société
Royale,
Le
vrai
Temple
de
Newton,
que
fort
loracle
qui
annonce
que
attraction
peut
un
jour
être
reconnue
pour
un
effet
de
l'impulfon
du
fluide
éthéré.
C’eft
au
nom
de
la
Société
Royale
que
s'exprimoit
ainfi
M.
Prin-
gle
,
en
parlant
à
M.
Prieftley
>
En
1773
€
C'eft
»
au
nom
de
la
Société
Royale
que
je
vous
invite
,
à
continuer
vos
favantes
recherches.
Le
fujet
que
»
vousaveztraité
neft
vraifemblablement
pas
épui-
-
»fé;
&
quand
il
le
{eroit
,
il
exifte
dans
LUni-
»
vérs
d'autres
fluides
fabtils,
dont
il
feroit
bien
»
important
de
connoître
{a
nature,
Vous
favez
que
»
le
feu
n'eft
encore
que
fort
peu
connu,
même
quatre-vingt-dix-millhards
de
fois
plus
élaftique
que
l'air,
comme
le.
prétend
Newton,
tous
les
raïfonnemens
tirés
du
planétifme
des
eometes
s'évanouiffent
;
lattraétion,
privée
de
fon
dernier
appui,
refte
une
hypothefe
fans
bâfe
que
limpulfon
doit
rem=
placer
:
limpulfion
feule
peut
être
confidérée
comme
une
caufe
phyfique
&
méchanique,
=
4
| :
»
par
pie)
»
par
les
Chymiftes,
&
que
la
Queflion
propofée
par
»
Le
plus
célebre
des
Philofophes
:
Si
un
certain
»
fluide
,
qu’il
appelle
Ether
,
n'eft
pas
la
caufe
de
»
la
gravité,
celle
des
différentes
attraütions
,
celle
»
de
tout
mouvement
animal
&
végetal
;
que
cette
»
Queftlion
,
dis-je,
eft
encore
a
réfoudre
».
Cet
aveu
fi
noble
&
fi
refpeCtable,
fait
par
une
Affemblée
de
Savans
aufli
célebres,
ne
doit-il
pas
arrêter
le
téméraire
enthoufafme
de
ces
demi-Sa-
vans,
qui
croient
prononcer
le
mot
de
l'énigme
du
Monde
en
nommant
l'attraction.
Faire
connoître
la
nature
des
différens
fluides
,
&
particuliérement
celle
de
l'éther
,
prouver
que
l'écher
ef?
la
caufe
de
la
gravité,
celle
des
différen-
tes
attraitions
,
celle
de
jour
mouvement
animal
&
végétal
:
voilà
Tobj
et
que
nous
nous
fommes
pro-
pofé.
C'eft
la
Société
Royale
de
Lendres
qui
pa-
roît
avoir
elle-même
tracé
notre
route
;
c’eft
d'elle
que
nous
paroïflons
recevoir
le
Programme
qu'elle
propofoit
aux
Savans
en
1773
,
&
nous
fommes
aflez
heureux
pour
avoir
à
nous
glorifier
des
en-
Re
oo
&
dires
dont
cle”
nous
a
honorés,
a
Nous
n'ignorons
pas
quelques
jugemens
portés
ITZL
B
=
Cx)
verbalement
contre
notre
Ouvrage,
par
des
per-
fonnes
dont
les
connoiflances
donnent
infiniment
de
poids
à
leur
opinion
Ce
).
Nos
principes,
dit-
on,
ne
font
pas
nouveaux.
Non
fans
doute,
l'idée
de
limpulfion,
comme
caufe
de
tout
mouvement
;
celle
du
plein,
comme
moyen
unique
de
la
pro-
pagation
de
tout
mouvement
par
la
contiguité
des
corps
müûs
&
moteurs:
ces
idées
ne
font
pas
nou-
velles,
nous
les
devons
à
des
Philofophes
très
anciens,
qui
les
devoient
à
la
fimple.
&
droite
raifon,
comme
Newton
devoit
peut-être
à
Epicure,
&
à
ceux
qui
le
fuivirent,
lhypothefe
des
émif-
fions
folaires.
|
|
La
caufe
premiere
du
mouvement,
la
nature
du
milieu
qui
le
propage,
les
loix
de
cette
propage
tion
,
les
applications
générales
de
ces
Prnoipes
;
ont
été
l'objet
des
favantes
recherches
de
plufieurs
grands
Phyfciens
Nous
nous
honorons
de
fuivre
fe
>
Nous
ne
ceflerons
jamais
de
…
combien
nous
defirerions
que
ceux
qui,
dansles
converfations,
trouvent
fant
dobjeétions
à
à
faire
contre
nos
principes
>
vouluffent
bien
les
publier.
Ce
moyen
eft
le
feul
qui
puifle
mettre
les
Savans
,
&
fur-tout
le
Public,
en
état
de
juger
entr’eux
&
nous.
Il
eft
aifé
de
hafarder
un
jugement
:
au
milieu
d’un
Cercle,
fouvent
peu
un
on
is
moins
s
hard,
quand
il
faut
l'écrire.
Re
(
xj
)
leurs
traces,
nous
nous
félicicons
de
Les
avoir
pour
guides
;
fans
eux
notre
marche
eût
été
moins
aflu-
rée
,
la
carriere
eût
été
moins
éclairée.
Enfin,
dit-on
encore,
l'hypothefe
Newtonienne
fufit
à
cout
:
qu'importe
quelle
foit
une
puiflance
phyfque
ou
non?
Ainfi
donc
une
vérité
reconnue
neft
pas
plus
précieufe
dans
les
Sciences
exactes
qu'une
hypothefe
incertaine
?
Ainf
pour
bien
ex
pliquer
une
machine,
il
eft
égal
de
connoître
fon
reflort
moteur,
ou
de
le
fuppofer
?
Nous
fommes
très
-
éloignés
de
le
penfer:
mais
eft-il
bien
vrai
que
l’hypothefe
métaphyfique
de
l'attraction
rem-
place
avec
un
égal
avantage
la
vérité
phyfque
&
méchanique
que
Le
ns
Si
nous
fefons
cette
queftion
à
un.
Phylicien,
à
un
Chymifte
à
un
Méchanicien,
très-sürement
ils
ne
feront
pas
indifférens
fur
le
choix,
Quelques
Aftronomes
feulement
ont
pu
s'expri-
mer
ainf;
ils
ont
pu,
dans
leurs
recherches
abftrai-
tes,
employer
indifféremment
une
hypothefe
heu
reufe,
où
une
puiffance
réelle,
Nous
avons
prou-
vé,.
dans
notre
premier
Volume
É
Si
l'attrac-
tion
nef.
qu'une
force
d'inftitution
,
créée.
arbitrai-
rement
pour
Rsfire
au
beloin
que
l'on
a
Cru
en
…
B
2
(*)
Page
lxiÿ
&
fuiv,
(x)
avoir
:
qu'elle
n’eft
qu'une
hypothefe
déduite
des
effets
obfervés,
&
inftituée
telle
précifément
quil
convenoit
qu'elle
fût
pour
être
la
caufe
de
ces
effets;
qu'il
étoit
donc
impoflible
que
les
confé-
quences
qu'on
en
a
tirées
ne
fuflent
pas
vraies,
re-
lativement
à
la
fuppoñtion
:
mais
que
cette
vérité
n'étoit
pas
plus
réelle
que
la
fuppoñtion
,
&
qu'elle
ne
pouvoit
procurer
à
celle-ci
aucun
degré
de
réa-
lité
;
que
c'étoit
enfin
l'hypothefe
elle
-
même
que
lon
avoit
érigée
en
puiflance
phyfique.
Une
com-
paraifon
frappante,
évidemment
jufte
,
mie
à
la
portée
de
tout
le
monde,
eft
venue
à
l'appui
de
tout
cé
qu
avoit
démontré
le
raifonnement.
Voilà
ce
que
nous
difions
alors
aux
Aftronomes
attrac-
tionnaires
,
que
nous
preflerons
encore,
Mais
l’Aftronomie
ne
renferme
pas
toutes
les
connoiffänces
humaines.
Une
hypothefe
qui
fert
de
bâfe
à
la
Phyfique
du
Monde,
doit
rendre
raifon
de
tous
les
phénomenes
;
ils
doivent
tous
,
en
der-
niere
analyfe,
fe
rapporter
à
un
fait
primitif
:
ce
fait
doit
être
établi
d’une
maniere
claire
&
évi-
dente
;
la
force
de
Faction
primitive
doit
être
phy-
|
fique
&
méchanique
;
elle
doit
s'étendre
dans
toute
….
la
Nature
;
fes
effets
doivent
être
calculables
dans
7.
tous
les
points
de
l'efpace
,
dans
tous
Les
inflans
de
la
durée
;
tous
les
produits
doivent
être
l'expreflion
locale
&
attuelle
de
cette
action.
Enfin,
pour
répondre
à
l'Aflronome
même,
que
nous
avons
fuppofé
fi
indifférent
entre
lhy-
pothefe
&
la
réalité
,
n'avons-nous
pas
prouvé
que
l'attraction
ne
rendoit
pas
raïon
des
plus
grands
.
mouvemens
des
corps
céleftes
?
Pourquoi
les
pla-
netes
tournent
-
elles
autour
du
Soleil
?
pourquoi
tournent-elles
toutes
dans
le
même
fens?
pourquoi
tournent
-
elles
dans
le
même
fens
que
le
Soleil
?
posrquei
tournent-elles
dans
un
plan
prefque
pa-
rallele
à
fon
équateur
?
pourquoi
tournent
-
elles
fur
elles-mêmes
?
Voilà
des
queftions
à
la
{olution
dep
ne
conduit
point
l'hypothefe,
elle
ré-
duit
même
à
la
trifte
néceflité
de
les
Poe
comme
infolubles
;
nous
avons
interrogé
notre
théorie
,
&
toute
obfcurité
a
difparu.
C'eft
cette
même
théorie
que
nous
allons
ap-
pliquer
à
la
Lumiere,
&à
tous
fes
phénomenes,
&
nous
efpérons
qu
lle
nous
conduira
auf
sû-
rement
dans
ces
recherches.
|
Lorfque
nous
aurons
ainfi
parcouru.
toute.
he
Phyfque
,
lorqu'
un
fait
unique
nous
aura
guidés
rs)
dans
ces
routes
infiniment
multiphiées
du
dédale
de
la
Nature,
fi
nous
ne
nous
égarons
point,
fi
à
chaque
pas
de
notre
route
nous
pouvons
véri-
fier
la
direction
de
notre
marche,
nous
aflurer
que
nous
ne
ferons
pas
fortis
un
inftant
du
plan
de
la
Nature
,
nous
croirons
avoir
fufifamment
établi
Le
regne
de
la
vérité,
nous
croirons
avoir
fuMifam-
ment
détruit
l'empire
que
l'hypothefe
avoit
ufur-
pé,
&
nous
ferons
des
vœux
très-finceres,
pour
que
nos
fuccefleurs
,
par
des
applications
plus
heu-
reufes
plus
fublimes
,
ou
plus
délicates,
serions
encore
la
théorie
de
:
Nature.
Nous
n'ignorons
pas
la
défaveur
que
quelques
Savans
très-célebres
cherchent
à
répandre
fur
notre
ie
»
en
difant
«
que
ce
n'eft
qu'un
Syflême
|
»
mis
à
la
place
d’autres
Syltèmes;
que
celui-ci
peut
|
»
tre
aufh
facilement
fuivi
d'un
autre
,
&
que
la
fa-
|
»
cilité
de
ces
remplacemens
dépofe
aflez
contre
les
»
Syftèmes
;
qu'il
faut
laiffer
Dies
de
leurs
»
Auteurs
s'amufer,
ou
même
s
égarer
en
les
en+
»
fantant
;
mais
que
[a
raifon
inftruite
les
rejette,
»
après
.
avoir
parcourus
comme
des
Romans
».
Cette
inculpation
fi
légitime
contre
toutes
les
|
hypothefes
produites
par
l'imagination,
ne
Peut
>
(xv)
nous
ofons
le
dire
,
être
oppofée
à
l'Ouvrage
que
nous
préfentons
:
notre
théorie
n'a
rien
emprunté
de
l'imagination
;
une
feule
vérité
lui
fert
de
bâfe
fondamentale
,
nous
regardons
cette
vérité
com-
me
inattaquable
|
&
nous
prions
très-inftamment
ceux
qui
ne
la
croiroient
pas
telle,
de
nous
faire
part
des
objections
dont
ils
penfent
qu'elle
eft
fufceptible.
Le
Soleil
tourne
fur
lui-même
au
milieu
dun
ef
pace
rempli
par
un
fluide
élaftique
:
voilà
la
feule
donnée
dont
l'incertitude
pourroit
rendre
douteufé
la
vérité
de
notre
théorie.
Nous
regardons
comme
géométriquement
démontrés
tous
les
corollaires
que
nous
en
tirons
,
&
comme
évidemment
juftes
toutes
Les
applications
que
nous
en
fefons.
Qu'on
attaque
donc
cette
vérité
primitive,
ou
qu'on
at-
taque
au
moins
nos
corollaires
;
qu'on
démontre
que
nous
en
tirons
des
conclufions
qui
ne
s'en
déduifent
pas.
Nous
ne
provoquons
perfonne
à
un
combat
polémique
;
nous
demandons
des
lumieres
NA
:
V4
Æ
:
e
e
à
tous
Les
Savans
:
nous
déféndrons
nos
principes
avec
les
armes
que
fourniflent
les
Sciences
exac-
tes,
&
avec
tous
les
égards
que
méritent.
ceux
qui
les
pue
;
de
ds
en
étendent
les
progrès
;
ou.
(vx)
nous
abandonnerons
notre
Syftème
avec
la
fran-
chife
&
la
fincérité
qui
doivent
toujours
caracté-
rifer
ceux
qui
aiment
la
vérité,
&
qui
la
cher-
chent
de
bonne
foi.
|
Puifque
le
mot
Syflême
eft
.
cri
de
guerre
de
nos
Adverfaires,
puifque
c'eft
comme
Auteurs
d'un
Syftême
qu'on
nous
dénonce
,
fouvent
même
fans
nous
avoir
[us
nous
adoptons
[a
qualification,
nous
ofons
déclarer
que
c’eft
un
Syftème
que
nous
pré-
fentons
:
mais
l'abus
qu'on
a
fait
de
ce
mot,
nous
force
à
en
rappeler
la
véritable
définition.
Cette
définition,
nous
la
recevons
de
l'Homme
qui
a
employé
le
plus
de
génie,
le
plus
de
fagacité
dans
lanalyfe
des
idées
,
qui
les
a
claffées
avec
le
plus
d'exaétitude
,
&
qui
a
répandu
enfin
Le
ph
de
lu-
raieres
{ur
la
faine
Métaphyfique.
«
Un
Syflêème
,
dit
M.
l'Abbé
à
Condillsés
;
»
neft
autre
chofe
que
la
difpofition
des.
différen-
»
tes
parties
d'un
Àrt,
ou
d'une
Science,
dans
un
»
ordre
où
elles
fe
foutiennent
toutes
mutuelle-
»
ment,
&
où
les
dernieres
s'expliquent
par
les
»
premieres
;
celles
qui
rendent
raifon
des
autres
,
»
s'appellent
Principes
,
&
le
Syftême
eft
d'autant
»
plus
parfait
,
que
les
EE
font
en
plus
petit
»
nombre,
À
ss
s
Br
È
Lo
ES
k
k
Ë
Ë
Ë
ë
Ë
î
i
A
AN
au
a
Gt
ai
at
en
DA
CU
ae
de
ne
ae
EE
&
Re
LE
Û
xvij
)
»
nombre
:
il
eft
même
à
fouhaiter
qu'on
Les
ré-
_»
duife
à
un
feul.
»
Quant
aux
fuppofitions
,
elles
font
d’une
F
»
grande
reflource
pour
l'ignorance
!
fi
commo-
»
des
!
..
.
l'imagination
les
fait
avec
tant
de
plai-
»
fir
!
avec
fi
peu
de
peine
!
.
..
c'eft
de
fon
lie
»
qu'on
fait,
qu'on
gouverne
l'Univers
;
tout
cela
»
ne
coûte
qu'un
rêve,
&
un
Philofophe
têve
»
facilement
(d)
»!
_
Si
nous
avons
fait
une
fuppoñtion,
f
nous
avons
établi
notre
théorie
fur
une
feule
hypothefe
,
1e
un
de
ces
rêves
de
l'imagination
,
nous
confentons
à
être
renvoyés
à
la
clafle
très-nombreufe
des
Rêveurs.
|
Que
l'on
nous.
pardonne.
la
confiance
avec
Îa-
-quelle
nous
ofons
nous
annoncer
;
nous
prions
nos
Lecteurs
d'être
très-perfuadés
qu
ÊÉ
n'eft
fondée
*
quefurla
fécondité
que
nous
avons
reconnue
dans
ñotre
principe
;
‘que
Cette
confiance
neft
que
le
fruit
tardif
des
applications
mulripliées
&
réité-
rées
que
nous
avons
faites
de
ce
principe
à
tous
les
Rose
de
la
Natüre,
(4)
Condillee,
Trait
des
sSfémes
éfraiss
»
Tom.
:,
<
ete
Tome
TITI.
—
+
Cxvii
)
.
.
Le
Traité
de
la
Lumiere
que
nous
préfentons
;
prouvera
peut-être
cette
fécondité
|
&
cette
cer-
titude
que
nous
attribuons
à
notre
principe
uni-
que.
La
Lumiere
n'eft
point
un
fluide
pris
;
elle
n’eft
que
le
fluide
élaftique
généralement
ré-=
pandu
dans
l'efpace
;
l'éclat
lumineux
n
eft
qu'une
modification
de
ce
fluide:
la
Lumiere
n'eft
que
le
produit
&
l'effet
des
vibrations
des
molécules
de
ce
fluide
élaftique
;
la
théorie
des
loix
des
fluides
élaftiques
doit
donc
rendre
raifon
de
tous
les
phé-
nomenes
lumineux.
Le
Soleil
ne
produit
point
la
Lumiere
aux
dépens
de
fa
propre
fabflance
;
elle.
n'en
eft
point
une
émanation
,
une
déperdition
:
LE
eft
parfaitement
inutile
de
dan
comme
on&
été
réduit
à
le
faire,
La
la
furface
de
cet
aftre
foit.
criblée
,
de
maniere
à
tamiler
cette
matiere,
{elon
ÜUn
arrangement
tel
que
chaque
Aifceau
foit
tou-
jours
compofé
de
fept
rayons
différens
en
grof-
feur,
ou
pouffés
vers
tous
les
points
de
Fefpace
avec
des
forces
différentes.
Il
ne
faut
point
avoir
recours
à
l'attraétion
pour.
concevoi
€
rayon
de
lumiere
{Le
BOps
;
&
sinfléchit
derriere.
Ga
furface.
DE
-oe
plie
en
pañlane
près
d'un
gs
na
—
Gi.
fappofer
ur
la
Lumicre
fe
+
UD
UN
AA
A2
Aa
LOU
AE
?
OA
TAN
Ç
ACLUE
Frs
TS
ARS
É
3
.
NOEN
PNR
|
SPATUAMYTE
N
CPS
AE
UE
SOS
ETS
3
ASIA
TER
TS
TETE
GANT
FRENS
PE
RETIRE
UTE
ECRITURE
EAU
in
3
PAREIL
ANT
NÉS
TL
TRS
Cxix
Ÿ
réfléchifloit
de
deffus
la
furface
d'un
corps,
avant
d'avoir
touché
cette
furface
,
&
moins
encore
que:
le
vide
la
réfléchifloit,
&c. &c.
&c.
Tous
ces
phé-:
nomenes
5
ee
avec
facilité
par
des
loix
phyfiques
&
méchaniques
;
il
eft
tems
d'abandon-
ner
les
hypothefes,
lorfqu'on
peut
mettre
à
leur
place
des
principes
clairs
,
évidens
&
fuMifans.
L'unité
de
principe
fe
trouve
donc
faire
la
bâfe
du
Syftême
de
la
Lumiere
;
mais
ce
Syflème
n'eft
lui-même
qu'une
partie
du
Syflême
général
du
Monde
,
&
nous
efpérons
que
le
même
principe
unique
qui
aura
fufi
pour
cette
partie,
fuffira
pour
toutes
les
autres
;
nous
les
traiterons
toutes
avec
le
même
foin,
&
avec
la
même
étendue.
Si
nous
fommes
affez
heureux
pour
y
réuflir,
la
Phyfique
“du
Monde
fera
donc
véritablement
réduite
en
Syflême,
en
donnant
à
ce
mot
{à
véritable
figni-
fication
:
nous
aurons
alors
rempli
toute
l'étendue
de
l'engagement
que
nous
avons
contracté
en
inti-
tulant
notre
Ouvrage
Phyfique
du
Monde
;
nous
aurons
prouvé
ce
que
nous
difions
dans
notre
Pré
face
;
nous
aurons
exécuté
ce
que
nous
annof
cions
:
La
Phyfique
ne
fera
véritablement
à
une
Scien-
ce
exale
,
que
lorfqu°
elle
n
aura
qu
un
principe
;
s
G
2
/
a
AN
SRE
INTRODUCTION.
S
PLENDEUR
célefte
qui
remplifez
lefpace
,
vous
dé-
noncez
à
chacun
des
Mondes
qui
le
parcourent,
l'exiftence
des
millions
de
Mondes
dont
il
eft
peuplé.
Vous
révélez
à
l'Univers
la
puiflince
de
fon
Auteur.
Votre
éclat
annonce
les.
Au
Ja
majefté
du
|
On
efprit
sé
magnifique
afpect
qui
frappe
mes
resards,
leve
&
s'étend
;
il
cherche
l'Auteur
de
tant
de
merveilles.
22
|
PH
YSL00E.
Aftre
de
feu,
qui
parcourez
rapidement
les
Gieux,
vous
qui
refplendiflez
de
la
Lumiere
la
plus
vive
&
la
plus
pure
;
{oic
qu'il
habite
dans
votre
fein,
foit
que,
miniftre
de
fa
volonté
,
il
vous
ait
confié
l'exécution
des
Loix
qu'il
a
prefcrices
à
fon
ouvrage
,
entendez
ma.
VOX
,
faites-la
re-
tentir
jufques
dans
fon
Sanétuaire
;
que
les
expreffions
de
mon
hommage
&
de
mon
admiration
arrivent
jufqu'à
lui
!
Mais
où
mégare
mon
imagination
qu
étonnent
tant
de
pro-
diges
?
L'Univers
eft
le
Temple
de.
l'Eternel
,
il
a
rennes
de
fon
œuvre
l'efpace
infini,
{à
fublime
effence
en
pénetre,
en
anime
tous
les
points
;
tout
exifte
dans
celui
qui
a
tOUE
créé;
rien
ne
circonfcrit,
rien
ne
renferme
celui
pour
le-
quel
il
ny
a
point
de
limites.
Aftre
de
feu,
pourfuivez
votre
brillante
carriere;
J'abbaiïtre
mes
regards
fur
le
globe
où
me
plaça
mon
Auteur,
-
Une
Lumiere
douce
&
pure
,
digne
emblême
de
éclat.
bienfefant
de
l'œil
du
Créateur,
+
répand
autour
de
moi
;
la
Terre,
en
la
réfléchiMats
fe
couvre
d'une
robe
éclatante
;
Li
vêtement
dont.
.
releve
fa
beauté
à
à
l'inftant
où
la
puiffänce
Hécondante
du
Soleil
fe
répand.
fur
-
les
germes
fans
nombre
qui
enrichiflent
fa
farface.
Lumiere
célefte
;
que
fit
naître
le
premier
regard
dé
l'Eternel
,
ceft
ie
que
tu
répands
,
que
je
vais
Lire
les
facrés
caracteres
qu'a
tracé
fur
la
Nature
entiere
la
main
de.
fon
Auteur.
;
Je
vais
ouvrir
le
Livre
fublime
de
fes
œuvres
Le
fpe&acle
le
plus
magnifique
,
&
le
plus
:
0
frappe
mes
regards
;
ÿ
1ls
parcourent
avec
une
avidité
,
ue
:
de
mille
del.
{a
furface
de
l'Empire
que
l'Erernel
a
fou-
mis
à
mes
loix
;
je
confidere
avec
admiration
ces
Monta=
nes
que
couronnent
de
ombres,
mais
magnifiques
forêts
i
=
Ë
R
Le
F3
È
È
DE
Moy
DE,
22
ce
font
elles
qui
produifent
pour
moi
ces
chênes,
folides
matériaux
de
mon
habitation,
reffource
précieufe
contre
la
rigueur
des
hivers;
c'eft
à
elles
que
je
dois
cette
multi-
tude
d’abres,
qui
façonnés
en
mille
manieres,
prennent
toutes
les
formes
qu'exigent
mes
befoins
;
toutes
celles
mê:
me
que
peuvent
inventer
les
caprices
infiniment
multipliés
de
mes
fantaifies.
Du
haut
des
cimes
majeftueufes
de
ces
monts,
des
flanc
de
leurs
énormes
mafles,
defcendent
en
cafcades,
ou
fe
précipitent
en
torrents,
les
fources
abondantes
de
cet
élément
liquide
créé
pour
produire
entre
toutes
les
parties
des
corps,
&
fur-tout
entre
celles
des
végétaux
&
des
animaux,
cette
flexibilité
molle
&
facile
qui
at
pers
met
l'action
.
leurs
reflorts,
qui
feule
entretient
&
confer-
ve
ces
reflorts.
Une
matiere
inflexible,
_—
la
terre
aride,
a
formé
leur
fubftance;
le
principe
humide,
l’eau
lubrifie
la
fur-
face
hériflée
des
agcrégats
que
forment
des
molécules
de
figures
différentes;
ceft
par
ce
principe
Res
tandis
qu'une
force
extérieure,
dont
Pefprit
humain
peut
à
peine
calculer
Pénergie,
tandis
que
la
preflion
de
l’éther,
celle
de
l'at-
mofphere
compriment
les
mafles
dans
chacune
de
leurs
parties,
ces
parties,
fans
fe
défunir,
acquiérent
la
facilité
-
de
oliffer
les
unes
fur
Les
autres,
en
à
des
mouvemens
nn
ravu
variés,
fans
brifer
.
liens
qui
les
uniffent.
Ces
mouvemens
variés,
ceft
Fe
fous
la
modification
de
lumiere
&
de
dr.
qui
les
excire
;
ce
font
les
alterna=
tives
continuelles
de
:
vibrations
connselenes
à
Be
,
qui
y
produifenc
l’action
de
da
vie.
Je
vois
ce
magnifique
Fhénomene,
<
ce
pr
duit
Pin
*
=
0e
Ta
Edo
ot
24
PHYSIQUE
merveilleux
entre
tous
les
actes
de
l'Auteur
de
la
Nature,
fe
dévélopper
dans
toute
fa
pompe,
fe
reproduire,
fe
mul-
ciplier
avec
profufion
fur
tous
les
terrins
qu'arrofent
ces
eaux
qui
defendent
de
la
montagne
:
des
fleurs
font
le
feul
ornement
des
bords
du
ruïffeau,
fi
fa
courfe
rapide
fe
précipite
fur
un
penchant
trop
incliné,
f
le
fable,
ou
le
rocher
refufent
à
des
plantes
plus
vigoureufes
un
aliment,
où
un
appui
néceflaire,
fi
elles
ne
peuvent
y
trouver
des
couches,
des
fciflures
perméables
à
leurs
racines.
Sembla-
bles
au
byflus
des
moules,
aux
autres
différentes
attaches
que
la
Nature
accorde
À
tant
d'animaux
marins,
à
tant
dit
feêtes
terreftres
auxquels
il
fat
prefqu'interdit,
comme
aux
plantes,
de
parcourir
lefpace,
&
qui
furent,
comme
elles,
condamnés
à
mourir
fur
Le
lieu
qui
les
vit
natre,
les
raci-
nes
furent
à
la
fois
pour
les
plantes,
&
des
organes
nécef-
:
faires
à
leur
confetvation
&
des
liens
néceflaires
à
leur
fta-
bilité.
:
Vers
le
bas
de
ce
vallon,
où
la
pente
adoucie
du
ruif-
feau
fuit
une
implufon
moins
rapide,
où
les
débris
divifés
que
les
vents
&
Les
pluies
ont
enlevés
du
haut
de
fa
mon-
taghe,
s'arrétent
&
Saccumulent,
d'autres
plantes
plus
vigou-
reufes,
l'ofier,
le
faule,
le
peuplier
s'élèvent
&
dévelop-
pent
leurs
rameaux.
La
prairie
cette
vaite
&
verte
furface
qui
s'étend
plus
bas,
leur
eft
interdite
par
l'homme;
vainement
ils
céndént
à
l'envahir,
ils
ne
s'y
montrent
que
fommis
à
fa
=
loi
:
affervis
à
l’ordre
qui
leur
eft.
prefcrit,
ils
ne
font
def-
:
tinés
qu'à
encadrer
ce
magnifique
tapis
dont
la
vive
&
agréable verdure
enchantée
mes
re
gards.
Ici
homme
_reone
fur
Ja
Nature,
elle
fe
foumer
à
fà
volonté,
elle
pat
à”
—
a
sembelée
eo
AE
LAURE
LEE
PES
PETER
ESPRIT
INRP
ER
TAPIE
puy
M:O-N
D
É
2
<émbellir
fous
fes
mains.
Ces
herbes
choifies
&
falutaires,
dont
les
plantes
multipliées
forment
un
tiflu
fi
ferré,
fi
touffu,
font
deftinées
à
fournir
aux
animaux
que
Phone
s'aflocie
dans
fes
travaux,
l'aliment
qui
leur
eft
du
à
tant
de
titres,
qu'ils
paient
par
tant
de
fatioues,
&
fouvent
au
prix
même
de
leur
propre
fubftance;
ce
ee
Roi
révoltant
fans
doute
pour
celui
qui
le
reçoit,
s'il
n'étoit
réglé
par
Ja
Nature
elle-même.
Getre
mere
commune
de
tous
les
êtres
n'établit
que
fur
les
deftructions
{es
moyens
de
réproduc-
tions,
elle
n’appelle
à
l'exiftence
que
des
individus
pafla-
gers.
Uniquemert
occupée
de
la
confervation
de
l'efpece,
elle
a
dit
à
tout
ce
quiexifte
de
dévorer
tout
ce
qui
exifte.
Dans
les
rapides
changemens
de
leurs
formes,
tous
les
êtres,
doués
de
vie,
ne
raviflént
leur
proie,
que
pour
en
fervir
bientôt
eux-mêmes
à
d'autres
êtres
aufhi
voraces.
C’eft
ainfi
qu'une
même
jun
de
matiere
peut
pendant
des
millions
de
fiecles
fuffire
à
la
prodasion
d'un
nombre
infini
d'individus
différens.
|
|
Depuis
la
mouffe-alpine
qui
.
Le
fommer
es
moñ=
tagnes,
jufqu'au
chêne
qui
pouffé
fes
racines
à
travers
les
rochers
qu
elles
renferment
dans
leur
fein;
depuis
la
galle-
infecte
qui,
fans
mouvement
&
fans
aucune
apparence
de
vie,
pompe
la
fubftance
de
nos
pêchers
&
de
nos
oran-
gers,
jufqu'à
l'homme
qui.
dévafte
les
airs,
la
terre
:&
les
mers
pour
fournir
à
fon
infatiable
avidicé,
tout
obéit
à
la
_
Nature,
nul
être
ne
tranfgrefle
fa
loi,
qui
ne
peut
jamais
être
tranforeflée.
L'agneau
timide,
qui
appelle.en
bélant
les
mammelles
sons:
de
fa
mere;
le
_.
féroce,
ani
Tome
#
1
Po
A
+
D:
56
FN
DEARPNSÈT
OUVE
vient
les
dévorer
l’un
&
l’autre;
l'abeille,
qui
enleve
les
parfums
des
fleurs
fans
les
flécrir;
&
le
tigre,-
qui
détruit
les
To
qui
dévore
leurs
ee
tout
fuit
[a
loi
tracée
par
l'ordre
éternel.
*
Quelle
autre
loi
que
celle
de
cette
puiflänce
générale,
de
cet
ordre
immuable,
auroit
prefcrit
au
bœuf
de
laïffer
ceindre
d'&=foible
cordeau
fa
tête
menaçante,
d'aller
pai-
fiblement,
&
conduit
par
l’homme,
tracer
avec
des
efforts
auf
fatiguans
que
continus,
de
larges
&
profonds
fillons
2
1!
oublie
*&
force
quand
l'homme
vient
l'enchaîner,
ce
n’eft
que
pour
le
fervir
qu'il
fa
retrouve;
il
déchire
pétillment
&
à
pas
lents
la
terre
aride,
afin
que
l’homme
lui
confie
ces
grains
dont
elle
doit
dévélopper
les
germes.
En
attendant
»
qu'il
foit
ratnené
fur
ces
mêmes
campagnes
pour
enlever
les
moiflons
dues
afes
fatigues,
d'autres
travaux
lui
font.
deftinés.
Voyez
cet
animal
ee
qui
bondit
dans
la
PRReS
il
ts
parcourt
avec
a
fes
Jongs
musgiflemens
font
répe-
tés
par
les
échos
des
montagnes,
FA
répandent
la
terreur,
fa
légéreté
égale
fa
vigueur,
il
effaie
l’üne
«en
franchiffant
Les
ruifleaux,
1l
déploie
l'autre
contre
les
troncs
des
arbres
qu'il
renverfe,
ou
quil
ébranle;
fier
de
fon
courage
&
de
fes
forces,
il
hérche
les
combats,
&ne
peut
y
provoquer
que
des
animaux
de
fon
efpece;
tout
le
refte
fuit
devant
lui,
1l
reone
fur
les
campagnes.
CE
animal
fi
fougueux
,
fi
paire,
remplacera-t-il
done
celui.
‘que
nous
voyions
1
n'ya
qu'un
infrant
s'émouvoir
à
peine
fous
Les:
‘coups
per-
çans
de
Faiguillon,
en
obéiffant
pefamment
&
fervilement.
à
la
main
&
à
la
voix
d'un
foible
enfant:
Oui,
fans
doute,
l'homme
faura
pénétrer
jufqu'à
la
fource
de‘cette:
vigueur
È
FE
À
e
&
É
ë
Ë
ER
ALI
HN
CAS
it
AA
nn
ee
Lt
FT
A
RSR
LE
TE
D
Et
E
È
RS
ES
Ë
à
pu
MonNDEr.
Cie,
excefhive;
le
principe
impétueux
qui
anime
cet
être
fi
terri-
ble,
ce
feu
brûlant
qui
enflamme
&
exalte
fon
fang
,
qui
excite
fes
nerfs,
qui
leur
donne
cette
puiffante
énergie
qui
fait
regner
_—.
tout
fon
être
l’ardeur
fougueufe
dont
lé
feu
bel
dans
fes
regards
;
ce
principe
,
éteint
bientôt
dans
fa
fource
,
ne
va
laïffer
après
lui
qu'u
‘orce
lente
&
fervile
:
alors
un
foible
lien
enchaînera
le
redoutable
tyran
des
campagnes,
fa
tête
docile
fe
pliera
fous
le
joug,
&
fuivra
paifiblement
les
loïix
&
les
pas
de
l'homme
:
il
ne
mupgira
plus
à
la
vue
des
genifles
fur
lefquelles
il
regne
maintenant
;
1]
verra,
fans
la
plus
légere
émotion,
fes
ri-
vaux
,
quil
provoque
&
combat
aujourd'hui,
faccéder
à
fes
droits
&
à
fes
plaïfirs
:
la
Nature
n'excitera
plus
en
lui
des
defirs
dont
l'impérieufe
&
déchirante
voix
fe
feroit
inutilement
entendre
;
Le
fouvenir
douloureux
d’un
bonheur
perdu
fans
retour,
ne
viendra
plus
empoifonner
les
triftes
reftes
de
fon
exiftence.
O
Nature
!
j'admire
ici
ta
fage,
ton
heureufe
harmonie
:
hélas!
que
ne
la
fais-tu
regner
fur
tous
nos
différens
defirs
>
‘pourquoi
s'agirent-ils
fi
fou-
vent,
&
fi
violemment,
au
milieu
d'obfiacles
infurmonta-
bles?
pourquoi.
Sr
ineils
du
défaut
des
moyens
?
pour-
que
leur
furvivent-ils
»
Que
ce
troupeau
,
qui
couvre
[a
plaine,
anime
ce
char-
mant
payfage
!
la
génie
&
{on
frere
fuivent
les
pas
de
leur
mere.
Mais
déjà
celle-ci
abandonne
à
l'homme
ce
fue
précieux,
qui
fe
filtre
encore
dans
fes
tiflus’
:
pour
nous
four-
ni
l'aliment
le
plus
pur
&
le
plus
fain.
Ses
mammelles
gonflées.
Apoenr
:
au
Lhae
le
a
de
fes
prairies
;
D
2
28
|
PHYSIQUE
déjà
fa
compagne
ordonne
que
Île
lait,
preffé
par
les
mains
de
fes
filles
,
fe
convertifle
en
ufages.
Tandis
après
de
longs
&
pénibles
travaux
,
le
bœuf
ramene
la
herfe,
ou
la
charrue
renverfée
;
que
Le
taureau
précede
le
se
oi
qui
rapporte
le
fuc
pré=
cieux
extrait
dans
les
oras
pâturages,
un
autre
troupeau
savance
en
bélant
5
1]
à
parcourt
les
guerèts
&
les
jache-
res
;
les
plantes
inutiles
qui
ee
&.
épuifoient
Une
terre.
réfervée
pour
de
plus
nobles
productions
,
ont
fuffi
pour
fa
nourriture
5
il
a
déjà
payé,
il
paies:
‘éncore
par
un
utile
engrais
les
herbes
parafires
qu
on
lu
abandonne.
Cependant
au
tribut
de
fes
mammelles
,
il
en
joint
un
autre
auff
précieux
;
;
iLoffre
fon
_épaiffe
toifon
au
cifeau
du
La=
boureur.
Ceft
ainfi
que.
ce
dernier.
voit.
arriver
à
la
fois.
{ous
fon
paifible
toit
fes
alimens
&fes.
vêtemens.
L'homme
laborieux
fait
trouver
tous
fes
befoins
dans
la
fimple
Naz.
ture
5
l'homme
fage
fait
être
heureux
des
biens
qu
<le
lui.
deftine.
à
-
:
Que
jaime
à
voir
al
fdele
&
vigilant
quis
route
prefcrire
:
5
il
bite.
trop
Jente
pourrait
expofer.à
à
des
dangers
;
;
il
contient
&
ramene
ceux
que
la
vue
d'un
piturage:
interdit.
invite
à
Duenne
dans
la
campagne
à
a
_à
prove
s:
écarter.
:
PPT
INA
TPE
RER
ARNTRRA
TE
RE
».
*
RE
+5
nd
foin
de
ce
troupeau
!
il
le
conduit
,
ik
le
refferre
dans
la
les
ee
de
ceux
que
leur
marche
SR
RATS
EN
ESE
ENT
TM:
AL
ASSTELE
VAE
URL
PE
A
7
NOR
AR
DT
EME
ARTE
RDIR
EUR
n
%
_—
_
BE
Morn
De
|
50
il
fapporte
avec
patience
les
maux
qu'une
enfance
inconfi-
dérée
lui
fait
éprouver:
mais
tandis
qu'au
milieu
de
fes
amis,
modele
de
douceur
&
de
patience
,
il
fait
tout
fouf-
|
frir,
fans
ofer
même
fe
plaindre,
que
l'étranger
paroïfle,
|
qu'un
ennemi
menace,
fon
courage
s'anime
à
Pinftant.
C'eft
lui
qui
veille
à
la
garde
de
la
ferme,
il
en
écarte
le
voleur
|:
maloré
fes
adediiese
précautions,
afin
malgré
fes
armes,
|
ee
malgré
Fobfcurité
profonde
dans
liquelle
À
cherche
vainement
à
fe
cacher
pour
commettre
fon
crime
;
.
il
déconcerte
les
rufes
du
renard,
le
plus
fin
des
añimaux
;
;
il
combat
le
loup
que
la
faim
attire
du
fond
des
forêts,
&
Fours
qu'elle
fait
fortir
des
cavernes
de
fa
montagne
;
il
tira
déchiré
par
leurs
dents
où
par
leurs
criffes
méurtrieres
,
plutôt
que
de
trahir
Pefpoir
&
la
confiance
de
fon
maître
:
.
tout
dort
païfiblement
fous
fa
garde
vigilante.
En
peignant
avec
des
couleurs
aufi
vives
,
mais
f
natu-
-
7
|
.
fi
propres
au
tableau
que
je
trace,
F
portrait
d'un
7
io
,
Je
ne
crains
pois
de
dégrader
l'homme
;
br
:
4
4
de
la
fe
dés
animaux,
©
et
par
un
ordre
os
dé
rap-
portss
par
rous
les
autres,
il
refte
dans
cette
clafle
oùle
plaça
la
Nature.
Toutes
les
Écirées
tous
les
attributs
dont
il
fe
_
glorifie,
comme
être
agiflant
&
fentant
,
il
les
partage
avec
tous
les
êtres
qui
agiflent
&
qui
tres
;
doué
des
mêmes
|
organes,
fes
premieres
affections,
fes
rapports
primitifs
&
a
eflentiels,
fes
objets,
fes
motifs
déninans
,
fes
befoïns
les
plus
ici.
les
plus
inféparables
de
lui,
es
..
pee
|
fans.
font
nécefirement
les
mêmes.
|
—
uê.
+
renferme
éfenciellemen
7
du
Un
voilà
tout
ce
€
q
30
PHYSTOUT
être
animé
,
d’un
être
qui
fent
fon
exiftence
;
voilà
les
qua-
tre
fources
d'où
naiflent
fes
affections
,
fes
_
fes
paf-
fions,
enfin
voila
tout
l'animal.
|
L'homme
cependant,
confidéré
même
fus
ce
|
point
de
vue
général
,
ne
peut
être
confondu
avec
aucun
autre
ani-
mal
:
fes
feules
facultés
phyfiques
le
placent
infiniment
au
deflus
de
tous
les
autres,
&
fa
noble
vocation,
la
voix
divine
qui
l'appelle
‘
ls
entre
tous
les
êtres
&
lui
un
intervalle
dont
le
Créateur.
peut
feul
mefurer
l'étendue
;
mais
fi
La
chaine
eft
rompue
par
ces
fablimes.
rapports,
sil
-s'en
forme
une
nouvelle
qui
lie
plus
immédiatement
l’hom-
me
à
l'Eternel
,
cette
premiere
chaine,
l'échelle
phyfique
des
êtres
neft
point
brifée
,
les
rapports
de
paffibilité.,
de
peines
,
de
jouïffances
purement
phyfiques
,
reftent
les
mê-
nes
pour
Faut
ce
qui
peut
&
fouffrir
&
jouir.
Ne
foyons
donc
point
étonnés
que
les
types
de
tous
nos
attributs,
de
toutes
_nos
facultés
phyfiques
,
fe
préfentent
à
nos
yeux
dans
d'au=
tres
efpeces
d'animaux,
:
Tandis
que
la
tendre
&
vigilante
mere.de
a
CON
temple
:
avec
une
attendriffante
fatisfation
dans
les
nids
des
oifeaux,
dans
TOUS.
les
animaux
qui
fe
reproduifent
autour.
delle,
:.
emblèmes.
&
fes
modeles
;
tandis
que
le
Héros
qui
a
pour
la
premiere
fois
aux
horreurs.
des.
combats
l'efpérance
de
fa
race,
fe
reconnoît
dans
le
lion
qui
conduit
{à
jeune
famille
à
travers
Les
déferts
brûlans.
“pour
y
eflayer
fon
courage
;
tandis.
que
l'époux
&
lépoufe
,
couple
heu-
reux
&
fidele,
fe
comparent
aux
fideles.
tourterelles
Le
que
|
dans
leurs
os
inconftantes
&
momentanées
le
coq
&
le
Moineau
n'ont
que
trop
d'imitateurs
;
que
l'homme
af
ES
ERA
ATESONSÉ
PEU
LE
DS
appelé
DU
MonNpDe.
31
à
la
confidération
des
merveilles
de
la
Nature,
doué
d’un
génie
valte
&
puiflant
,
qui
peut
embrafler
&
réunir
le
paffé
,
le
préfent
&
l'avenir
;
que
l'homme,
qui
à
travers
la
fucceflion
des
effets
fait
remonter
jufqu'aux
caufes,
qui
dans
l'eflence
des
caufes
fait
reconnoître
&
prévoir
la
fuc-
ceflion
des
effets
;
qui
peut
enfin
parcourir
la
Nature
entiere
,
comme
fon
maître,
ou
comme
fon
interprète
;
que
l'homme
fe
pénetre
de
fa
fupériorité,
quil
sen
rende
digne.
Une
fcene
nouvelle
fixe
toute
mon
attention
:
je
vois
le
propriétaire
de
ces
champs,
de
ces
troupeaux
,
le
maître
heureux
de
ces
hommes
laborieux
,
fimples
&
vertueux.
Cet
homme,
heureux
fans
doute,
puifqu'il
lui
eft
fi
aifé
de
faire
regner
le
bonheur
autour
de
lui
;
je
le
vois,
monté
fur
un
fuperbe
courfer
,
traverferle
vallon.
Sa
vitefe
eft
aufli
rapide
que
celle
du
cerf
léger
qui
fuit
devant
lui,
&
qui
va
chercher
fon
falut
dans
le
bois
épais.
J'admire
cet
animal
-vigoureux,
qui
prête
à
l'homme
fon
fecours
;
c’eft
par
fon
aide
que
celui-ci
traverfe
lès
campagnes
avec
la
ra-
pidité
des
vents,
qu'il
franchit
les
haies
&
les
ruifleaux.
C’eft
grâcestous
fes
mouvemens
:
fes
mufcles
fouples,
autant
que
Ke
vigoureux,
exprimoient
fur
tous
fes
membres
des
contours
A)
a
LL
Là
1
pp
0
dif
et
ce
Pu
FSIOUTr
arrondis
,
fiers
&
gracieux
en
même-tems
;
le
feu
du
cou-
rage
enflammoït
fes
regards;
fes
oreilles
dreflées
fur
fa
tète
altiere
,
fes
nafeaux
larges
&
agicés
,
l'écume
blanchiffante
dont
il
couvroit
fon
frein
:
tout
exprimoit
la
noble
ardeur
dont
il
étoit
animé...
Que
dans
les
triftes
liens
qui
tchainent
ceux
que
je
vois,
leur
contenance
&
leur
marche
font
différentes
!
J'y
recherche
en
vain
les
beautés
que
je
viens
d'admirer
dans
leur
femblable
;
je
ne
puis
retrouver
ces
es
fouples
&
élaftiques
qui,
foutenant
avec
autant
de
grâce
que
de
vi-
gueur
,
tout
le
paids
de
fon
corps,
permettoient
aux
épau-
È
de
développer
avec
flexibilité
tous
leurs
mouvemens
;
|
qui
laïfloient
à
l'encolure
toute
fa
liberté,
toute
fa
no-
k
bleffe.
Ceux
qui
traînent
ces
pefantes
&
rafiques
machi-
|
nes
,
l'œil
morne,
la
tête
baiffée,
foulevent
péniblement
des
be
loue
,
roides
&
.
Au-leu
de
mufcles
.
&
arrondis,
je
ne
vois
que
des
os
durement
pronon-
,
que
recouvre
à
peine
un
cuir
fec
&
dépouillé
de
fa
se
Ces
triltes
&
languiffans
animaux
different
autant
+
de
ceux
d'entre
leurs
isbisbles.
,
que
les
riches
poffefeurs
È
réfervent
|
pour
leurs
ufages
perfonnels,
&
pour
leurs
plai=
frs,
que
ce
miférable
villageois
qui
«
conduit
lentement
ces
-
animaux
décharnés
|,
compagnons
de
fes
travaux
&
de
fa
mifere
,
differe
de
l'homme
opulent
,
qui,
confommant
à
la
Cour
ou
à
Ja
Ville
le
produit
des
vaftes
campagnes,
prive
le
malheureux
qur
les
cultive
des
fecours
qu
ne
devroit
trOU=
ver
dans
les
dépenfes
de
fon
maître,
dans.
Les
bienfaits
de
gelui
dont
il
produit
les
richefles,
&
dont
i
meurt
inconnu,
Se:
DU
MONDE.
33
‘Un
char
brillant
s'avance
vers
Le
pied
de
ce
côteau
:
fix
chevaux
vigoureux,
émules
de
celui
que
nous
venons
de
voir
s'élever
avec
une
inconcevable
rapidité
vers
La
forêt
qui
couronne
a
montagne
,
femblent
difputer
de
vitefle
avec
lui.
Le
char
vôle
fur
fes
traces.
C’eft-là,
c’eft
dans
fon
enceinte
que
la
molle
délicatefle,
que
la
pareffe
lan-
guifflante
confervent
toute
leur
inaction
au
milieu
des
mou-
vemens
fes
plus
rapides
,
parmi
les
apparences
du
plus
violent
exercice
;
c’eft-là
que
la
beauté
brave
&
les
inju-
res
des
faifons
,
&
la
poufliere
que
la
courfe
rapide
de
cette
maillon
ambulante
éleve
autour
d'elle.
Une
matiere
aufh
tranfparente
que
l'air,
aufli
perméable
à
la
lumiere,
laifle
jouir
du
magnifique
fpedtacle
des
campagnes
;
elle
ne
ravit
rien
aux
regards
;
fans
rien
laifler
à
redouter
des
in-
tempéries
de
l'atmofphere
;
une
douce
chaleur
y
regne
&
sy
conferve,
tandis
que
la
rigueur
de
l'hyver
défole
les
campagnes
5
on
y
jouit
de
la
température
du
printems,
lorfque
les
ardeurs
de
la
canicule
brûlent
les
gazons
,
&
defléchent
les
ruiffeaux.
Hélas
!
idée
cruelle
&
déchirante
!
cet
animal
fi
magni-
fique,
fi
vigoureux,
fi
courageux,
fi
fier,
qui
nous
rend
tant
d'utiles
fervices,
pourquoi
s’offre-t-il
encore
à
l'homme
pour
combattre
l’homme
fon
femblable
?
cherche-t-il
donc
à
fe
venger
des
fers
qu'il
a
reçus?
Avec
quelle
ardeur
il
hennit
au
moment
du
combat;
avec
quelle
fougueufe
valeur
il
précipite
fon
Maître
au
milieu
des
bataillons
hériflés
de
pointes
meurtrieres
;
avec
quelle
fureur
ces
efcadrons
fon-
dent
lun
fur
l'autre!
La
mort,
avec
la
rapidité
de
Paigle,
vôle
fur
la
campagne,
fa
faulx
tranchante
frappe
ces
mal-
Tome
IL
34
PHYSIQUE
heureux,
qui
ne
cherchent
leur
falut
dans
la
fuite
,
que
parce
que
leur
mort
ne
peut
plus
être
utile
à
leur
pays
:
ils
ne
fuient
que
pour
revoir
le
Le
où
la
victoire
les
confo-
{era
d’une
fuite
que
la
honte
na
point
avilie.
Hélas
!
fque
de
nobleffe
!
que
de
grandeur
!
mais...
Délicieufes
&
paifibles
campagnes
,
c'eft
à
vous
que
je
reviens
;
tout
me
ramene
à
vous
;
tout
ce
qui
neft
pas
vous
ne
fert
qu'à
vous
rendre
plus
cheres
à
mon
cœur.
L'hom-
me
qui
fuit
vos
tranquilles
retraites,
s'égare
;
il
court
à
une
pee
certaine
,
il
fuit
fon
bonheur.
Je
décrivois
vos
déli-
,
je
vais
vous
obferver
encore.
_
“Mes
regards
parcourent
la
plaine
,
je
vois
Le
chêne
ma-
jeftueux
s'élever
dans
les
airs,
fes
branches
ete
s'é-
tendent
au-tour
de
lui,
chacune
d'elles
eft
femblable
à
un
nouvel
arbre,
elles
fe
chargent
de
rameaux
qu
’embellit
la
verdure
de
leur
feuillage
;
fa
tête
altiere
fe
projette
fur
l'azur
des
Cieux,
tandis
que
fon
ombre
fe
defline
fur
la
Terre,
Parmi
tous
les
autres
chênes
qui
bordent
la
forèc,
entre
tous
ces
ormes
au
fombre
feuillage,
entre
tous
ces
hêtres
dont
le
verd
eft
fi
agréable
&
fi
vif,
mes
yeux
ne
peuvent
reconnoître
deux
formes
femblables,
chacune
fe
dévéloppe
à
fa
maniere
,
nulle
d'elles
ne
.
à
au
cune
autre.
Îl
n'en
eft
pas
de
même
des
arbres
qui
bordent
le
ruiffeau
;
[à
les
monotones
peupliers
,
aflervis
tous
à
une
reflemblance
prefque
parfaite
,
s'élevent
en
pyramides
qui
fe
répetent
avec
uniformité
ÿ
autour
d'eux
lofier
flexible
s'étend
&
s'arrondit
en
buiffon
;
la
ronce
,
foible
&
rem-
:
pante,
cache
fous
l
herbe
fes
fleurs
pâles
&
ternes
que
notre
art
a
fu
embellir
:
c'eft
par
lui
que
leurs
fre
:
ornées
Du
Monppe.
35
des
couleurs
du
lys
&
de
la
rofe,
décorent
aujourd'hui
ces
murs
que
n'éclairent
jamais
les
rayons
de
l’aftre
du
j
Jour,
&
que
Flore
fembloit
fuir
avec
horreur.
Les
habitans
des
airs
fe
raffemblent
fous
les
feuillages
;
la
variété
qui
regne
dans
les
couleurs
dont
la
Nature
les
a
revétus
,
eft
auffi
agréable
à
mes
yeux,
que
Îa
variété
de
leur
voix
l’eft
à
mon
oreille.
LEs
uns,
tels
que
le
ramier,
au
plumage
chatoyant
;
la
ee
,
dont
le
vêtement
terne
fert
à
relever
l'émail
lilas
de
fon
collier
;
(comme
l'idée
que
nous
avons
de
fa
conftance,
prête
de
l'intérèc
a
fes
triftés
accents!)
l’épervier,
dont
la
vue
perçante
cherche
conti-
_nuellement
fa
proie;
ces
oifeaux,
&
quelques
autres
,
ne
fe
plaifent
qu'au
haut
des
arbres
,
ou
fur
des
branches
def-
féchées.
Mais
le
geai,
dont
les
ailes
font
ornées
du
plus
beau
bleu
;
le
lurida,
dont
l'or
le
plus
éclatant
enrichit
le
plumage
;
le
pic,
que
le
vermillon,
le
jaune
&
le
noir
élégamment
mélangés
fur
un
fond
du
plus
beau
verd,
dif-
tinguent
parmi
Les
plus
beaux
oïfeaux
:
ceux-ci,
&
beau-
coup
d'autres,
ne
fe
plaifent
qu'à
fe
cacher
entre
les
feuil-
les
des
arbres
;
tandis
que
le
chardonnerét
,
le
pinçon,
[a
méfange
,
voltigent
fur
l’églantier
&
fur
l'épine
blanche,
que
le
fautillant
roitelet
folâtre
fur
les
branches
les
plus
baffes
des
buiflons,
&
que
l'alcyon
des
marais
fair
entendre,
du
milieu
des
rofeaux
,
Les
accents
variés
de
fa
voix
cles
dieufe.
Si
je
porte
mes
regards
fur
la
Terre
,
elle
me
préfente
un
tapis
qu
‘émaillent
mille
couleurs;
.
la
fimple
vio=
lette
,
Quicache
fa
fleur
entre
fes
feuilles
touffues,
jufqu’à
la
digiale
;
qui
fe
pla
élever
fa
ige
majeftueufe.
fur
les
E
2
Mes
ete
2
A
AU
ERE
f
#
ee
pt
ie
2
AT
pe
TS
à
PR
Tin
png
ge
+
ce
con
“Érare
Das
D
rer
tree
NRA
AR
CHERE
D
CE
LÉ
LE
CT
Sc
ST
SE
2
4
é
SR
TES
ER
A
+
ANA
TORE
36
PHEYSsI
0
UE.
terreins
fabloneux
;
depuis
le
nard
fauvage,
qui
tapifle
fes:
rochers
humides,
jufqu’à
la
reine
des
prés,
dont
la
blan-
cheur
eft
Lune
;
&
jufqu’à
la
purpurine
perficaire
,
qui
fe
plaïfent
l'une
&
l’autre
dans
les
marais,
partout
les
plus
belles
couleurs
brillent
à
mes
regards.
*
Mille
infectes
embelliffenc
&
animent
ce
tableau
varié:
La
nombreufe
famille
des
chenilles
bigarrées
de
mille
cou-
leurs,
rongent,
en
rempant,
les
feuilles
des
plantes,
dont
bientôt
,
Lou
la
forme
de
papillons
brillants
&
légers,
elles
ae
carefler
les
fleurs
.
&
fe
nourrir
de
leurs
fucs
les
plus
purs.
Les
différentes
efpeces
de
mouches,
parmi
lef-
quelles,
celles
quon
appele
dorées,
font
les
plus
remar-
quables.
Les
demoifelles
,
dont
le
léger
&
continu
les
foutient
en
planant
avec
grâce,
ou
les
ee
avec
ra-
pidicé,
déploient
quatre
ailes
,
dont
nos
gâfes
les
plus
fines
n'imiteront
jamais
le
tiflu
délicat.
Les
couleurs
les
plus
vives,
étendues
fur
un
fond
argenté,
embelliffent
cet.
infecte
Er.
;
cependant
le
fcarabée
brille
auprès
de
lui,
&
fes
variétés,
infiniment
mulripliées
,
om
un
des
plus
beaux
tableaux
de
la
Nature.
Tout
ce
Sie
je
vois
enchante
mes
us.
tout
Ps
mon
efprit
à
jouir
des
bienfaits
de
la
Lumiere.
La
clarté
du
flambeau
qui
brille
fur
la
Nature,
m'avertic
que
je
fuis
appelé
à
pénétrer
fes
fecrets.
L’afpe&
de
tant
de
merveilles
développe
&
anime
mon
intelligence
;
elle
fent
l’énergie
de.
fa
puiflance
;
elle
prend
le
in
noble
eflor
;
5
elle
ôfe
tenter.
de
fuivre
les
différentes
modifications
,
,
les
différens
états,
les
différens
produits
des
végétaux
;
d'obferver
les:
MŒurS,
-
les
ufages,
Les
arts
des
différens
animaux.
Que
<
384
FA
es
S
&
ES
PERTE
AREAS
ARE
PAIE)
NASA
PIN
ERA
Du
MonpbEr.
37
devons-nous
pas
en
attendre
?
Chacun
d'eux
reçut
en
par-
tage
des
moyens
propres
à
fes
befoins
:
l'homme
qui
les
a
tous
réunis,
doit
s'inftruire
à
l'école
de
ceux
qu'inftruifit
la
Nature.
Je
ne
fais
point
un
Traité
d'Hiftoire
Naturelle,
je
mai
voulu
quefquifler
rapidement
un
tableau
très
-
imparfait
des
beautés
que
la
Lumiere
étale
à
mes
regards.
Ce
n’eft
point
à
moi,
ce
nelt
à
aucun
mortel
quil
eh
donné
de
les
peindre
ren.
Ceft
à
la
Lumiere
que
nous
devons
l'idée
du
beau
;
ceft
elle
qui
nous
révele
cette
fublime
harmonie
des
rap-
ports
dont
la
connoiffance
eft
le
plus
noble
&
le
plus
pré-
cieux
de
nos
attributs.
L'âme
ne
vit
que
par
la
penfée,
&
c'eft
au
fens
de
la
vue
quelle
doit
les
idées
les
plus
vaites
,
les
plus
variées
&
les
plus
exactes.
C’eft
par
la
vue
que
nous
parcourons
la
chaîne
infinie
dont
un
anneau
tient
à
ces
aftres
qui
femblent
placés
aux
limites
de
PU-
nivers,
tandis
que
le
chaînon
inférieur
s'unit
à
des
êtres
ne
.
mille
fois
plus
petits
que
le
ciron,
&
qui
de-
viennent
auf
intéreflans
pour
notre
efpsit
que
l'animal
le
plus
coloffal.
Oublions,
pour
un
inftant
,
ce
magnifique
fpeétacle
;
négligeons
ces
avantages
fans
nombre
que
nous
devons
aux
Ans,
qui
nexifteroient
pas
fans
la
Lumiere
:
le
plus
grand
:
de
fes
bienfaits
pour
l’homme
,
ceft
fans
doute
de
lui
avoir.
montré
fon
femblable.
Fe
-
Je
defcends
avec
frepirerion
de
cette
montagne.
da
je
confidérois
les
côteaux
quembellifoit
la
pourpre
des
grappes
mêlées
aux.
pampres
vesdojans
tandis
que
la
prai-
TER
TIRE
ETES
cd
ape
pan
RD
TL
2e
DEN
A
EP
PEAR
D
LATÉRAL
SL
EVE
D
ina
ee
PHrESITOUEZ
rie,
couverte
des
diamans,
des
faphirs
&
des
rubis
de
ls
olée
:
s’émailloit
de
mille
Ruben
,
&
que
Ja
fleur
du
chévrefeuil
couronnoit
les
buiffons.
Mes
regards
décou-
vrent
dans
la
plaine
un
objet
près
duquel
tous
Les
autres
perdent
leur
éclat
&
leur
prix.
U
n
intérêt
nouveau
s'empare
de
mon
cœur,
tout
le
refte
de
la
Nature
difparoît
à
mes
yeux.
Ils
ne
diftinguent
plus
ni
grappes,
ni
pampres,
ni
fleurs.
Les
beautés
-
mêmes
de
l'aurore
naïffante
,
ne
font
plus
ue
de
les
fixer.
Je
re-
connoîs
l'être
pour
lequel
me
créa
la
Nature,
celui
qu'elle
forma
pour
mon
bonheur.
Je
reçois
une
exiftence
en
voyant
la
compagne
qui
doit
adoucir
les
amertumes
de
ma
vie
;
j'entends
la
voix
de
la
Nature,
elle
me
révele
ma
deftinée.
Je
bénis
[a
[oi
douce
&
+
qui
veille
fur
fon
ouvrage
,
&
qui
dépofa
dans
le
fein:des
plaifirs
Les
plus
vifs,
le
principe
&
le
gage
de
fon
éternelle
durée.
©
ELumiere
!
ce
bienfait
vaut
mille
fois
tous
tes
autres
bienfaits.
S'il
falloit
payer
le
bonheur
de
voir
ce
chef
d'œuvre
de
tes
mains
par
le
facrifice
detaus
les
autres
tre-
fors
que
tu
manifeites
à
mes
yeux,
life,
laiffe
regner
pour
moi
les
_.
as
ténébres
fur
le
refte
de
l'Univers.
Je
m'arrète.
|
|
-C’eft
à
toi,
mon.
efpri,
qu'eft
ee
les
moment
où
j'écris
;
que
ta
rie
méthodique
&
févere
me
fafle
par-
donner
des
inftans
d'écarément
dans.
lefquels
m'entraîne
quelquefois
un
fentiment
plus
puiffant
que
toi.
Hélas!
mal-
heur
à
qui
ne
me
le
pardonneroit
pas
!
que
toujours
les
vraies
délices
que
prépara
.
nous
la
bonne
Nature
-
caniervent
leurs
droits
far
nos
âmes
j
que
ce
near
de
Re
:
pu
MonpbEr.
39
vie
enivre
toujours
nos
cœurs
!
Amour
,
Grâces,
accom-
pagnez
toujours
les
Mufes
!
Divinités
bars.
protégez,
embelliflez
tous
les
inftans
de
mon
exiftence
!
__
Ceft
à
vous
que
je
reviens
,
célefte
Uranie
!
je
rentre
dans
vos
laborieux
fentiers
;
je
vais
écrire
vos
fublimes
Lecons
;
prêtez
à
ma
voix
le
con
majeftueux
qui
leur
convient.
NoTions
PRÉLIMINAIRES.
S
1
des
épaifles
ténebres
qui
regnent
dans
les
fombres
profondeurs
des
fouterrains,
nous
en
à
la
vive
clarté
du
jour
le
plus
pur
,c'eft
à
la
Lumiere
que
font
dûes
toutes
les
impreffions
que
nous
recevons
par
les
yeux.
Sufceptible
de
mille
&
mille
degrés
d’intenfités
différentes,
elle
define
toujours
avec
exactitude
,
elle
orne
fouvent
des
plus
belles
couleurs
toutes
les
formes
qu'inventa
la
Nature.
Mais
ce
ne
fut
point
à
defliner,
à
embellir
des
formes
que
fut
bor-
née
la
fonction
Duifeiite
que
Jui
confia
fon
Auteur
:
âme
de
l'Univers,
elle
agite,
elle
anime
la
matiere
;
fans
fon
action
viviñante,
une
mort
éternelle
auroit
regné
fur
des
mañfes
inertes.
|
_L'exiftence
fut
late
de
un
:
il
créa
lémariere:
mais
inactive
par
elle-même,
un
éternel
repos
eût
été
fon
partage.
Des
mafles
nb.
auroient
en
vain
habité
l'ef-
pace
infini;
tel
ne
pouvoit
être
le
projet
&
la
fin
de
celui
qui
reone
dans
tous
les
points
de
l'elpace,
qui
vit
dans
tous
les
inftans
de
l'éternité.
Il
avoit
créé
les
refforts
qui
de-
voient
produire,
régir
&
régler
v
tous
les.
mouvemens
de
ces
PER
TEE
D
ee
um
Et
re
PEACE
es
ei
40
PRE
STQUE.
machines
immenfes
en
étendue
,
&
infinies
en
nombre.
Qui
venoient
d'exifter
à
fa
voix.
Dub
cette
multitude
de
Mods
des,
parmi
lefquels
nous
ne
confidérons
ici
que
le
nôtre,
le
Soleil
fut
fon
reflort
primitif,
il
fut
fon
unique
moteur
;
mais
inactif
par
lui-même
,
comme
toute
la
matiere,
il
fallut
que
la
main
de
fon
Auteur
lui
donnât
le
mouvement.
Il
reçut
l'ordre
de
tourner
fur
lui-même
au
fein
du
fluide
élaftique
dans
lequel
il
étoit
plongé.
Ce
fluide
futagité
|
cout
s'émut
à
la
voix
de
l'Eternel
;
elle
retentit
jufqu’aux
limites
des
Mondes
qui
nous
environnent.
La
loi
du
Créateur
fut
exé-
cutée
dans
tous
les
points
de
l'efpace
que
devoit
animer
notre
Soleil.
Tous
les
reflorts
qui
remplifloient
cet
efpace
furent
agités
,
tout
fut
mis
en
vibration
;
la
fomme
&
le
produit
de
toutes'
ces
vibrations
,
ce
fut
cette
Lumiere
dont
nous
nous
propofons
de
confidérer
les
loix
&
les
effets.
Tous
les
corps
étoient
plongés
dans
ce
fluide
élaftique
&
univerfel
;
ils
étoient
pénétrés
par
lui,
parce
qu'il
eft
la
plus
fubtile
de
toutes
les
fubftances
;
tous
le
contenoient
dans
leurs
pores
;
tous
le
renfermoient
plus
OU
moins
étroite
ment
entre
les
particules
primitives
qui
formoient
leurs
mafles
:
c'eft
ainf
que
l'éponge,
plongée
dans
la
riviere,
fe
pénetre
de
l’eau.
qui
l'environne
;
c’eft
ainf
que
s'en
pé-
|
netré
le
bois
Le
plus
dur
;
;
c'eft
ainfi
que
tout
ce
qui
fe
formé
dans
l'atmofphere,
où
dans
l'eau,
renferme
ces
deux
élé-
mens
difléminés
&
i
incarcerés
entre
toutes
fes
parties.
Par-
tout,
dans
toute
matiere
,
Le
fluide
élaftique
fut
donc
en
+
avec
lui-même,
ne
Où
cet
acéan.
général
fut
mis
en
vibration
par
le
mouvement
du
Soleil
,
fon
Aion
devint
commune
à
tout
ce
qui
exiftoic
dans
fon
fein;
|
tout
EE
RE
D
A
ET
LA
SACS
LEA
À
ALERTE
A
mi
CLP
EE
la
k
:
L:
ë
È
Du
MONDE,
Cha
tout
fut
donc
agité;
ce
fut
alors
que
Le
mouvement
remplir
tout
l’efpace,
qu'il
pénétra
toute
[a
matiere.
Le
mouvement
eft
la
caufe
primitive
,
a@tive
&
déter-
minante
de
la
chaleur
;
il
eft
la
caufe
efficace
&
unique
de
ce
phénomene
,
dont
la
vie
fut
l'effet
;
il
ne
put
pénetrer
la
matiere
fans
l’échauffer
;
cet
inftant
fut
l'aurore
de
la
Nature,
qui
neft
elle-même
que
la
fomme
des
produits
que
préparoient
alors
le
mouvement
&
la
chaleur.
De
la
nature
&
des
propriétés
de
la
LUMIERE.
D
E
l'inftant,
où,
dans
une
nuit
obfcure
,
les
premiers
rayons
de
[a
Lune
nouvelle
parviennent
à
peine
à
nos
yeux,
&
éclairent
foiblement
nos
pas,
jufqu'à
l'inftant,
où,
du
haut
de
la
voûte
célefte,
le
Soleil
éblouit
nos
regards,
&
répand
fur
notre
hémifphere
fà
plus
brillante
fpen-
deur
;
telle
eft
pour
nous
la
fuite
des
deorés
fenfibles
de
lintenfité
de
la
Eumiere
naturelle
5
telles
font
les
bornes
entre
lefquelles
nous
pouvons
la
confidérer.
Gardons-nous
cependant
de
penfer
(&
certe
erreur
feroit
dangereufe
dans
la
fuire
},
que
ce
foient-
[à
fes
véritables
limites.
Ne
fup-.
pofons
pas
qu'il
y
ait
un
feul
inftant
où
il
nexifte
aucune
Lumiere
dans
notre
atmofphere.
Ces
animaux
carnaciers
&
voraces
‘ou
plutôt
ces
animaux
omnivores
(a)
;
car
il
doit
être
permis
de
fe
fervir
d'un
terme
employé
par
M.
de
Buffon
:
les
rats
qui,
dans
les
ténébres
dela
nuit,
pillent
(a)
Qui
mangent
tout,
e
-
.
Tome
III,
|
à
K
|
42
PHYSIQUE
ou
détruifent
tout
ce
qu'ils
rencontrent
;
les
chats,
ces
au-
tres
animaux
que
la
Nature
créa
pour
être
les
deftructeurs
des
premiers
&
nos
vengeurs,
&
qui,
malgré
leurs
défauts,
&:-même
leurs
vices,
ont
obtenu
l'hofpitalité
dans
nos
mai-
fons
en
faveur
de
la
guerre
qu'ils
font
aux
rats
;
les
oifeaux
nocturnes,
&c.
toutes
ces
efpeces
diftinguent
facilement
les
objets
,
à
l'aide
d'un
degré
de
Lumiere
abfolument
infenf-
ble
pour
nous.
N'oublions
jamais
que
nos
fens
ne
font
que
des
inftru-
nens
donc
les
propriétés
très
-
bornées
furent
réglées
fur
nos
befoins.
Ils
n'indiquent
pas
par
eux-mêmes
tous
lesinodes,
ils
ne
diftinguent
pas
toutes
les
propriétés
des
fübftances
à
l'attion
defquelles
chacun
d'eux
eft
fpécialement
foumis.
La
variété
infinie
qui
regne
dans
la
fenfibilité
de
ces
or-
ganes
parmi
les
hommes
,
nous
avertit
affez
de
leur
in-
fufifance,
pour
faifir
toutes
les
nuances
des
actions
des
corps
phyfiques.
Plufeurs
de
ces
organés
font
infiniment
plus
fenfibles,
plus
mobiles
dans
différentes
efpeces
dant
maux.
Nous
n'avons
point
l’odorat
du
chien
,
qui
diftingue
par
ce
feul
fens
la
trace
des
pas
de
fon
maitre
fur
un
fol
qu'ont
foulé
beaucoup
d’autres
hommes,
qui
le
fuit
dans
les
détours
d'une
vafte
forêt,
où
qui
y
pourfuit
le
chevreuil
léger.
Nous
n'avons
pas
la
vue
de
Pépervier
qui,
du
haut
des
airs,
découvre
l’alouette
,
cherchant
un
afyle
fous
lhet-
be
touffue,
ou
entre
Les
débris
du
chaume.
Nous
n'avons
pas
l’ouie
de
la
taupe,
qui
du
fond
des
petires
cavernes
qu’elle
fait
fe
creufer
,
fous
les
voûtes
folides
qu'elle
a
l'art
d'élever
,
eft
avertie
du
moindre
bruit
qui
fe
fait
au-deflus
de
{à
retraite
obfcure.
Nous
ignorons
quels-font
les
ani-
maux
qui
ont
le
soût
le
plus
fin,
le
plus
délicat:
fontee
$
RENDU
LE
At
OMAN
A
PAPA
NME
pu
M
onNpD…x.
43
les
papillons
,
les
abeilles,
&
ceux
qui,
comme
ces
infec-
tes,
fe
nourriflent
du
fuc
des
fleurs
?
font-ce
les
poiflons,,
qui
habitent
cet
élément
où
les
fucs
font
le
plus
délayés?
-
Quoi
qu'ilen
foit,
il
exifte
des
différences
infiniment
marquées
entre
la
fenfbilité
des
mêmes
organes
dans
les
différens
hommes
,
&
nous
en
obfervons
de
plus
grandes
encore
entre
les
facultés
de
ces
organes
dans
les
diverfes
efpeces
d'êtres
vivans.
Nos
yeux
ne
font
que
des
inftru-
mens
optiques.
Nous
ne
mefurons,
nous
ne
calculons
les
degrés
de
la
Lumiere
que
fur
l’échelle
propre
à
ces
inftru-
mens,
comme
nous
ne
calculons
la
chaleur
que
fur
nos
thermometres.
Si,
par
des
fecours
étrangers
,
nous
augmentons
le
pouvoir
de
l'œil;
alors
nous
étendons
notre
échelle.
C'eft
ainfi,
qu'à
l'aide
du
télefcope
,
nous
découvrons
fur
Îa
Terre
&
dans
les
Cieux,
des
objets
inacceffiblés
à
la
vue
fimple.
C'eft
ainf
que,
lorfque
nous
nous
fervons
d'une
lu-
nette
de
nuit,
les
ténebres
s'éclairciffent,
&
que
nous
trou-
vons
encore
dans
Patmofphere,
qui
nous
fembloit
totale-
_menc-obfcure,
affez
de
lumiere
pour
éclairer
les
objets
qu'il
nous
étoit
impoñible
d'appercevoir.
C'eft
ainfi
que
le
microfcope
dévelope
fous
nos
yeux
le
Monde
nouveau
des
infiniment
petits;
tandis
que
dans
la
profondeur
immenfe
de
lefpace,
le
télefcope
manifefte
des
millions
de
globes
que,
malgré
leurs
volumes
énormes,
leur
diftance
déroboit
_àn0s
regards.
Le
télefcope
&
le
microfcope
peuvent
fe
per-
fectionner
encore
;
mais
jamais
ils
n’atteindront
aux
limites
de
la
Nature.
es
…
L'ufage
des
lunettes
de
nuit,
qui
décele
à
nos
regards
F
2
+
44
PAYS
TQUE
dans
l'atmofphere
une
Lumiere
infenfible
à
nos
yeux
dé
nués
de
ce
fecours,
&
furtout
l'obfervation
conftante
des
animaux
pour
lefquels
il
ny
a
point
de
nuit,
fuffiroient
feules
pour
nous
autorifer
à
affirmer
que
jamais
notre
at-
mofphere
n’eft
rotalement
privée
de
Lumiere,
quil
ny
a
pas
un
inftant
où
la
fubftance
de
la
Lumiere
n’y
exifte
dans
un
état
plus
où
moins
lumineux.
La
théorie
confir-
mera
ce
que
manifeftent
les
faits:
elle
nous
induira
à
penfer
que,
même
dans
les
plus
grandes
profondeurs
de
la
Terre
au
centre
de
notre
globe,
la
Lumiere
éclaire,
ou
‘du
moins
quelle
pourroit
éclairer
des
êtres
dont
l'organe
de
la
vue
feroit
affez
favorablement
conformé
pour
être
fenfble
à
la
foible
vibration
qu'y
éprouve
encore
la
fubf-
tance
de
la
Eumiere,
comme
elle
éclaire
au
fond
des
mers
les
animaux
qui
y
rampent,
>
C'eft
elle,
c'eftcetre
fubftance,
c'eft
ce
dde
datique
diféminé
&
incarcéré
dans
tous
les
Corps
;
mais
toujours
capable
d'entrer
en
vibration,
qui,
dans
les
plus
profondes
ténebres,
produit
encore
.
nos
yeux.
la
fenfation
de
Lu-
miere
,
dorau
un
choc
violent
que
reçoit
cet
organe
vient.
comprimer
fubitement
ce
Auide
;
CxCiIter
{on
us
pour.
uninftant
(2);
c'eft
lui,
c'eft
ce
même
fluide
qui,
renfermé,
-(8)
M.
de
God.
Médecin
des
Hôpitaux
de
Vervier
,
en
ex-
pliquant
1
une
Expérience
de
M.
Franklin
,
nous
a
donné
d’excellens
Mémoires
see
sens
ee
il
a
à
très-favamment
È
très=
Selon
.
4
la
rétine
jouit
en
tout
tems
d’un
certain
de
|
pu
-M
0
N
D
€,
4$
dans
lès
corps,
compris
entre
leurs
parties
intégrantes
,
même
entre
letirs
particules
conftituantes
,
s'en
dégage
avec
»
mouvement;
Le
battement
des
arteres,
les
Vibrations
des
nerfs
;
»
la
roration
des
yeux,
l’a@ion
des
paupieres
,
font
autant
de
caufes
#
qui
ne
ceflent
d’ébranler
la
rétine:
c’eft
ce
mouvement
fourd
des
»
fibres
de
cet
organe,
qui
nous
préfente
dans
la
nuit
&
dans
»
l’obfcurité
la.
plus
profonde,
des
ombres
pañlageres.
&
mouvan-
»
tes,
lefquelles
femblent
fe
rouler
dans
les
yeux
&
pañler
au-
»#
devant,
changer
de
formes
,
de
nuances,
&
fe
diverfifier
d’autant
»
plus,
que
nous
les
confidérons
plus
attentivement,
ou
que
nous
»
fommes
agités
par
la
fievre
ou
par
quelque
pafhon
.
l’âme
,
ou
»
que
nous
remuons
les
paupieres,
ou
lorfque
nous
touflons
ou
que
5
nous
éternuons
».
Journal
de
Phyfique,
1
72
Tome
f;,
page
509.
Nous
reviendrons
à
ces
impoftans.
Mémoires
dans
un
autte
endroit
de
notre
Ouvrage:
nous
nous
arrêterons
ici
à
obferver
que
ces
lueurs
fpontanées
,
infiniment
foibles
;
mais
qui
fuffifent
pour
nous
faire
difinguer
des
formes
&z
des
nuances,
que
ces
autres
lueurs
plus
vives
;
plus
rapides
;
qui
tiennent
même
de
la
vivacité
&
de
la
rapidité
de
l'éclair
,
&
qui
font
produites
en
nôus
par
un
choc
plus
où
moins
fort
fe
l’organe
de
la
vue
,
ne
doivent
leurs
effets,
analogues
avec
ceux
de
la
Eumiere
extérieure,
qu'à
des
vibrations
excitées
dans
l'organe
de
la
vue,
&
particuliérement
dans
la
ré-
tine,
toujours
imbibée
du
fluide
élaflique
de
la
Lumiere,
comme
aies
organe
eft
roujours
imbibé
d’un
fluide
analogue
à
fes
fonc-
tions.
M.
de
Godart
prouve
même
cette
imbibition
de
la
Lumiere:
dans
la
rétine
,
par
de
très
judicieufes
obfervarions
fur
les
fenfanions
lumineufes
que
nous
éprouvons
en
pañfant
d’un
lieu
bien
scie
»
dans
unlieu
profondément
obfeure
à
Ces
lueurs
fpontanées,
dont
nous
venons.
de
re
pobioient
être
employées
à
expliquer
ces
phantômes,
que:tant
d'efprits
foibles.
46
PATES
IOoCE
plus
ou
moins
d'effort
dans
certaines
circonftances
de
leurs
_décompoftions,
&
produit
ces
lueurs
phofphoriques,
dont
nous
parlerons
plus
en
détail.
-
Après
avoir
confidéré
la
Lumiere
dans
les
états
les
plus
foibles,
Les
moins
fenfibles
pour
nous;
fi
nous
élevons
nos
regards
vers
le
Soleil,
c'eft-là
que
nous
la
on
dans
tout
fon
éclat.
Mais
cet
ce.
dont
elle
jouit
à
nos
yeux,
eft
bien
inférieur
à
celui
du
brille
cet
aftre
à
des
diftances
moins
éloignées
de
lui.
Cet
éclat
qui:
éblouit
nos
regards;
n'en
eft
qu'une
teinte
infiniment
affoiblie.
:
.
Nous
favons,
par
l'expérience
la
plus
sûre
&
fa
plus
conftante
,
que
tous
Les
corps
radieux,
foit
par
eux-mêmes,
comme
nos
flambeaux;
foic
par
eo.
comme
les
mon-
tagnes
de
neige,
les
rochers
Les
balles
peintes
en
blanc,
&c.
éclairent
d'autant
plus
quêts
font
plus
près
de
nous.
Le
calcul
le
plus
exa&t,
fait
fur
ces
différences,
&
d’après
l'expérience,
eft
ici
parfairement
d'accord
avec
la
théorie,
Celle-ci
nous
apprend,
comme
nous
allons
le
voir
dans
un
inftanc,
que
l'intenfité
de
la
Lumiere,
ne
Séloignant.
du
point.
dre
_décroit
comme
le
quarré
de
la
diftance
augmente;
celt-
lie,
que
le
corps
qui,
à
une
diftance
donnée
;
à
une
voie
,
par
exemple,
reçoit
cent
degrés
de
croient
f
ouvent
appercevoir
;
;
alors
une
fenfation
réelle
me
à
l'imagination
un.
thême
«
Site
cette
derniere
faculté,
infiñiment
adive,
amplife
,
auquel
elle
ajoûte
toutes
les
idées
que
rappellent
quelques-
unes
des
perceptions
que.
produit
la
fenfation
réelle:
c
eft
ainfi
que
l'imagination
compofe
toutes
fes
chimeres.
Mais
ce
n’eft
pas
ici
le
moment
de
nous
livrer
à
ces
applications;
nous
Re
ne
ee
AOUS
ÿ
réviendrons
dans
la
fuite,
5
un
+
2
=
FS
&
ie
[5
0
ES
D
U
MonNDE.
27
Lumiere
;
à
2
toifes
n'en
recevra
que
25
;
à
s
toifesiln'en
recevroit
que
4i
à
10
toifes
enfin,
il
n'en
recevroit
qu'un
degré,
&c,
&c.
Cette
loi
des
quarrés
des
diftances
régit
les
plus
grands
&
les
plus
importans
phénomenes
de
la
Nature.
Nous
avons
vu,
dans
le
Volume
précédent,
que
c'eft
elle
qui
regle
la
marche
des
planetes,
&
que
leurs
viteffes
dans
leurs
orbites
décroit
comme
les
quarrés
de
leurs
diftances
de
l'aftre
mo-
teur
augmentent.
C'eft
cetre
même
loi
qui
détermine
l'in-
tenfité
de
la
Lumiere.
Nous
verrons,
dans
la
fuite
,
quelle
préfide
à
l’expanfion
de
la
chaleur
qui
fe
répand
dans
un
efpace
libre
autour
d'un
corps
embrafé.
Enfin
le
fon
Fob-
ferve
aufi
dans
fa
propagation:
les
légeres
altérations
que
les
vapeurs,
les
exhalaifons
de
l'atmofphere
font
éprouver
à
cette
loi,
ne
la
rendent
jamais
méconnoiïffable.
Les
partifans
de
l'hyporhefe
de
l'attraction
remarquoient,
ainfi
se
nous
,
les
fon&tions
impofantes
de
cette
loi
;
mais
ils
ne
s’étoient
point
élevés
jufqu'à
fon
origine,
jufqu'à
fa
-
caufe
phyfque,
primitive,
‘dérerminante
&
néceflaire.
Gette
hypothefe
métaphyfique
d’une
faculté
adive,
inhérente
à
toute
matiere
,
&
par
laquelle
Les
corps
agiffent
les
uns
fur
les
autres
à
des
diftances
immenfes,
&
à
travers
des
efpa-
ces
vides,
dans
lefquels
rien
ne
peut
propager_les
actions
réciproques
quon
leur
fuppofe
les
uns
fur
les
autres,
avoit
écarté
du
eme
Se
l'attraction
toute
idée
de
con-
tinuité
d'action
mécanique.
Les
Attrationnaires
,
cette
cafe
de
Savans
qui
a
produit
les
plus
grands
Giomes,
s’étoit
done.
éloignée
de
la
confidération
de
la
loi
géomé-
"
la
plus
—.
la
plus
générale
RE
plus
puifance;
j
NE
ES
tee
AD
E
re
raie)
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ut
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TENTE
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il
À
F]
Sn
de
EE
re
F
RESTÉS
ESS
RTE
RE
fe
chair
@
ER
NS
SE
SR
PS
43
PaYsIQUE
de
celle,
enfin,
qui
détermine
&
nécellite
mécaniquetnent
tous
les
mouvemens
de
l'Univers.
Cette
loi,
fi
facile
à
re-
connoître,
{1
importante
aconfidérer,
&
ds
les
fonctions
jouent
de
f
crands
rôles
dans
la
Nature,
c’eft
la
piopostion
fondamentale
de
notre
théorie.
Nous
l'avons
énoncée
ainfi
dans
notre
fecond
Volume,
page
8,
de
PExplication
des
Planches.
DANS
TOUTE
FORCE
QUI
DÉPLOIE
À
LA
FOIS
SON
ACTION:
DE
TOUS
CÔTÉS
,
L'ÉNERGIE
DÉCROÎT
COMME
LE
QUARRÉ
DE
LA
DISTANCE
AUGMENTE.
|
L'application
de
cette
vérité
fi
fimple,
fi
ee
nous
guidera
feule
dans
l'explication
des
phénomenes
de
la
Lu-
miere,
de
la
chaleur
&
du
fon;
comme
feule
elle
a
fufi
pour
expliquer
phyliquement
&
mécaniquement
tous
les
mouvemens
des
planetes,
même
ceux
dont
on
avoit
ofé
dire
qu'ils
ne
reconnoiffent
point
de
caufes
mécaniques;
affertion
aufli
téméraire
que
révoltante.
Les
Savans
qui
fe
la
font
permife,
ont
fûrement
fait
alors
à
leur
fyfème
5
plus
grand
facrifice
que
puifle
offrir
la
raifon.
De
cette
loi
du
décroïl
Tement
des
forces
centrales
en
raïfon
du
quarré
des
diftances
qui
augmentent,
il
s'enfuie,
avec
évidence,
que
la
Lumiere
du
Soleil
eft
moins
vive
à
la
furface
de
la
Terre,
qu'à
aucun
autre
point
pris
entre
elle
&
le
Soleil.
On
en
déduit
que
la
Lumiere
que
recait
Mercure
eft
à
celle
que
nous
recevons
comme
114
eft
à
1e.
Cette
même
Lumiere,
qui
brille
fur
Mercure,
eft
à
celle
qui
éclaire
Saturne,
en
ne
fuppofant
aucune.
différence
|
dans
les
atmofpheres
de
ces
planetes,
comme
1444
efkà
1,
On
feroit
porté
à
croire,
d'après
cette
proportion,
quen
fuppofanc
k
$
É
nt
RL
RATER
RETENUE
BEN
DRE
SPC
CN
PETER
SR
TTL
PEN
ENT
SENTE
NET
NN
ENTER
PEL
CETT
ANT
TES
Le
La
CT
DANS
RMI
F2
PA
A
AR
NÉ
ET
A
LT
CERTA
AL
PR
RE
ETAT
VAE
k
:
E
!
;
Ë
k
$
DT
MonNDE
49
fuppofant
des
habitans
fur
Saturne
,
ils
devroient
étreplon-
oés
dans
des
ténebres
éternelles.
Mais
indépendamment
de
ce
que
l'organe
de
leurs
yeux
pourroit
être
conftruit
plus
favorablement,
il
feroit
aïfé
de
fe
raffurer
fur
leur
fort.
La
Lune
nous
envoie
une
Lumiere
300,000
fois
plus
foible
que
celle
du
Soleil,
felon
Bouguer,
&
ce
calcul
peut
être
admis.
Gependant
la
Lune
nous
éclaire.
Le
Soleil,
qui
procure
aux
habitans
de
Saturne
une
Eumiere
quineft
que
1444
fois
moins
vive
que
la
nôtre
,
peut
donc
les
éclai-
rer
fuffifamment;
enfin
cette
même
Lumiere,
réfléchie
par
cette
planete;
nous
parvient
encore,
quoique
infini-
ment
affoiblie
:
on
conçoit
donc
que
les
habitans
de
Saturne
peuvent
être
éclairés;
&
on
Le
concevra
plus
aifément
en-
core,
fi
on
a
égard
à
leurs
Lunes,
dont
quelques-unes
doivent
être
toujours
fur
lhorifon.
Il
feroit
plus
difficile
peut-être
de
concevoir
les
effets
de
la
chaleur
fur
Saturne,
puifquelle
y
diminue
dans
Les
mêmes
proportions
:
mais
nous
renvoyons
à
ce
que
nous
avons
dit
dans
notre
fecond
Volume
,
article
Saturne
;
&
nous‘préfentérons
encore
dans
Ja
fuite
quelques
confidérations
fur
cette
matiere.
Nous
en
avons
dit
affléz
pour
donner
une
idée
de
la
progreflion
infinie
de
l’intenfité
de
la
Lumiere,
en
allant
de
la
Terre
au
Soleil,
&
par
conféquent
de
la
désrada-
tion
de
cette
intenfité,
en
venant
du
Soleil
à
nous,
fans
avoir
égard
au
milieu
qu'elle
traverfe
en
s'approchant.
On
conçoit
que
cette
dégradation
doit
être
beaucoup.
plus
grande
encore
dans
les
routes
que
la
Lumiere
fuit
à
travers
les
corps
folides
diaphanes,
où
même
dans
les
flui-
des.
Les
parties
folides
qu'elle
rencontre
,
&
qui
la
réflé-
Tome
III,
|
G
$S
PH
SIOUFE
chiffent,
‘privent
la
furface
fur
laquelle
tombéroit
la
co=
lonne
de
Lumiere
de
tous
les
rayons
qui
ont
été
réfléchis
par.
ces
farfaces.
C’eft
ce
que
nous
obfervons
dans
le
verre,
dans
Les
milieux
même
plus
libres
encore,
tels
que
Patmof
phere,
Ces
réflexions
de
la
Lumiere
on
la
parte
de
Optique
que
l'on
appelle
Catoprique,
Revenons
à
la
con
fidération
de
ce
fluide
en
lui-même.
.
Pere
de
la
Nature,
ordonnateur
des
faifons,
âme
vivi-
ane
de
la
matiere,
le.
Soleil:
eft
placé
au
centre
de
fon.
empire;
c'eft
fans
le.
parcourir
qu'il
le
régit;
moreur
éter-
nel,
fes
imprefions
fe
font
fentir
jufqu'aux
extrémités
de
fon
ne
Quel
agent
intermédiaire
reçoit
&
tranfmer
{es
loix
fans
les
altérer?
C'eft
l'éther,
c'eft
à
lui
feul
queft
confié
tout
le
miniftere
de
l'Univers;
feul
il
eft
le
grand
reflort
de
la
Nature:
c'eft
par
lui
feul
que:
Je.
Monarque
|
Phyfque
de
notre
Monde
régit
tous
les
individus
qui
lha-
bitent.
Si
nulle
fabftance
ne
remplifloit
Pefpace
qui
les
fe-
parent
du
Soleil,
le
néant
oppoferoit
fes
abimes
à
route
action
émanée
L.
Soleil
;
nul
autre
globe
ne
pousroit
en
recevoir
les
impreffions.
Un
fluide
éminemment
rare,
émi-
nemment
élaftique,
répandu
partout,
étoit
donc
me
lement
néceflaire
pour
embraffer
tous
Les
êtres
,
pour
les
unir
tous
par
un
lien
commun,
pour
établir
entre
eux
des
rapports
conftans,
pour
que
toute
force
émanée
d&
centre
s'étendit
jufqu'aux
barrières
qui
forment
une
cir=
conférence
autour
de
notre
Monde.
Nous
avons
vu,
dans
le
Volume
précédent,
lécher
recevoir
&
propager
le
mon
yerhent
;
vsyan
le:
produire
&
propager
la
Lumiere.
*SSi.
helier
n'étoit
qu'un
fluide
éminemment
rare
,
ler
&
«
res
LT
RNA
TS
TI
I
0
TA
NUE
CPI
5
Fe
Es
E
$
:
:
pr
MoNDE
.
SL
reçu
du
Soleil
que
ce
mouvement
de
circulation
qui
[e
déter-
mine
à
fe
mouvoir
autour
de
cet
aftre.
Sa
propriété
,
comme
fluide,
eût
fuff
,
fans
doute,
pour
entraîner
dans
fon
cours
tous
Les
corps
qui
nagent
dans
fon
fein:
mais
nous
n’aurions
aucun
moyen
pour
concevoir
la
production
de
la
Lumiere;
c'eft
dans
fon
élafticité
feule
que
réfide
la
caufe
de
ce
ma-
onifique
Pro
Il
décele
lui-même
fon
origine
;
toutes
fes
propriétés
révelent
à
lObfervateur
Fe
qu'elles
ne-
xifkent
que
dans
l’élafticité
parfaite
dont
fes
molécules
font
douées.
Il
fuffit
de
confidérer
la
réflexion
de
la
Lumiere,
“pour
ne
pouvoir
méconnoître
cette
élafticite
;
il
fuit
does
ferver
les
loix
de
cetre
réflexion,
pour
saflurer
que
l'é-
lafticité
de
cette
fubftance
et
parfaire.
C’efttoujours
fous
un
angle
femblable
à
celui
d'incidence,
que
fe
réfléchit
la
Lu-
miere;
or
cette
propriété
ne
peut
appartenif
qua
un
fluide
formé
de
molécules
élaftiques.
Nous
avons
profcrit,
par
des
raïfons
fufifamment
décifives,
l’hypothefe
inadmifible
des
émanations
du
Soleil.
H
chercher
dans
une
autre
fubftance
la
matiere
de
la
Eumiére;
&
quelle
autre
fubftance
que
lécher
pourrions-nous
fuppofer
?
Cette
fubf-
tance
doit
être
infiniment
rare,
infiniment
élaftique;
elle
doit
être
répandue
dans
tout
Pefpace:
c'eft
elle
qui
doit
pénétrer
dans
l'organe
de
la
vue,
qui
doit
agiter
Les
nerfs
<laftiques
qui
forment
cet
organe
;
l’écher
feul
peut
remplir
toutes
ces
fonctions.
Nous
nous
aflurerons
de
plus
en
plus
de
cette
vérité,
en
confidérant
tous
les
phénomenes
de
ke
Lumiere,
|
_
Etant
bien
démontré
“que
la
matiere
de
la
Léa
et
une
fubfance,
“que
cette
fubitance
rer
lit
généralement
G
2
La
Lumiere
magit
pas
par
fimple
preflion.
52
PHYSIQUE
-tout
lefpace,
u
elle
eft
parfaitement
élaftique
;
nous
fom-
mes
autorifés
à
regarder,
dans
toute
la
fuite
de
cet
Ou
vrage,
ces
affertions
comme
inattaquables.
A
.
Si
la
matiere
de
la
Lumiere
remplit
tout
l'éfpace,
nous
fommes
conftamment
plongés
dans
ce
fluide.
Il
y
a
donc
un
contact
perpétuel
entre
nos
yeux
&
les
molécules
de
ce
fluide.
C'eft
une
vérité
certaine,
c'eft
un
axiome
reçu,
que.
la
matiere
feule
peut
agir
fur
.
matiere.
dans
fondre:
natu-
rel,
qui
na
aucun
rapport
avec
l'action
de
l’âme
fur
le.
corps.-La
matiere
de
la
Lumiere
peut
&
doit
donc
agir
{ur
l'organe
de
la
vue,
particuliérement
&
Fe
CON.
formé,
pour
être
excité
par
elle.
Si
cette
fubftance
ny
produir
pas
continuellement
la
fenfation
de
Lumiere
;
5
fi,
lors
même
qu'elle
ÿ
produie
cette
fenfation,,
elle
opere
des
:
effets
infiniment
variés
,
les
caufes
de
ces
variétés
font
dans
la
nature
&
dans
les
modifications
du
contact:
car
on
ne
les
cherchera
dans
aucune
variabilité
de
la
fabftance
de
la
Lumiere,
ni
dans
des
changemens
fubits
qe
se
organe
de
la
vue.
-
|
RE
-
Pour
ceux
qui
ns
avec.
has,
use
Lumiere
n'agit
fur
nos
yeux
que
par
une
fimple
ns
femblable
sion
d'un
corps
dur
&
continu,
ce
que
nous
reconnoïîtrons
bientôt
pour
inadmifüble
,
Fe
n£
‘pourrois
varier
que
par
la
force.
de
la
prefion.
Selon
nous,
aucontraire,
l'efferde
la
Lumiere
ne
peut
varier
que
fuivant
lintenfité
des
vibrations
;
5
ce
qui
eft.
très-différent
|
—
qe
|
nous
allons
le
prouver.
…
—.
Si
la
Lumiere
naïfloit
de
la.
:
on
ae
çules
parfaitement
durs,
&
conftamment
exiftans
‘dans
tout
D
Y
-
M
O
N
D
£.
2
l'efpace,
1°.
fa
propagation
ferôit
évidernment
inftantanée,
comme
Defcartes
le
penfoit,.avectous
les
Phyficieris
de
fon
tems;.
mais
ce
qui-eft
contraire
à.ce
que
démontrent:les
obfervarions
les
plus
concluantes;
2°..ces
corpufcules
;
füp-
polés
fans
élafticité.,
puifquils
feroient
parfaitement
durs;
ne
fe
réfléchiroient
point
de
defius
la
furface
de
nos
fübl.
tances
fublunaires
;.
2°,
fi.
la
Eumiere
naïfloit
de
la
fimple
preffion
dun.
flaide.
non
élaftique,
fa
propagation
ne
fe
feroit
point
par
des
vibrations,
mais
par
des:-ondes
:;:&
très-lentement,
comme.
fe
propage
l'action
ne
au
centre
d'un
bafin
rempli-d'eau.
+.
Tout
force
donc
à
abandonner
Lapinios
de
Fe
.
sil
eft
impoflible
d'admettre
que
la
Lutmiererne
foit
que
Leffer
d'un
fimple
mouvement
de
prefhon
opéré
fur
des
ni
pa
faitement
durs.
Il.eft
fufffamment
prouvé.-il-eft
même
gé-
néralement
admis
que
la
Lumiere
agit
par
vibrations
fur
les
corps
ET
frappe.
Cette
vérité
reconnue
,:&
même
la
propriété.
générale
&
conftante.
de
da
Lumiere
;
celle:
d'être
réfléchie
par
toutes
les
furfaces.,.
prouve
+
fon
élafticiré.;s
&
l'égalité
parfaire
qui
regne
toujours
entre
l'angle
d'incidence
,
celt-à-dire
;
entre
angle
fous
lequel
les
rayons
de
la
Lan
rencontrent
les
furfaces,
&
l'angle
de
réflexion,
c'eft-à-dire,
l'angle:
fous
lequel
ils
en
HE
liffenc,
)
après.
Les.
avoir?
nn,
prouve:
également
qué
ee
des
molécules.
de
lé
Eumiere
eft
parfaire.
-Ieft
démontré
que
,
fi
cette
élaftieiré
nétoit
pas
parfaite,
Ress
ces
deux
angles
ne
feroient
parfait
emeñt
femblables..
=
He
s'exerce
donc
une
action
continuelle
‘entre
la
mé
bre
_
de
la
Lumière.
-&
tous.
des
autres.
isbrps.
de
la
Nature.
Tout
s4
PHNGIOUE
:
—
notre
Monde-eff
dans
un
état
général
&
conftant
de
vi-
brations.
Ces
vibrations,
qui
varient
dans
leurs
forces
&
dan
leurs
diretiohs
ue.
font
un:effet
nécefläire
de
[a
ro-
tation
du
Soleil,
du
frotrement
de
fa
furface
contre
les
molécules
élaftiques
du
fluide
qui
eft
en
contaët
avec
cette
furface,
&'ces
vibrations
font
les
caufes
détérminantes
dé
toutes
les
modifications
de
Îa
matiere
;
;
c'eft
à
elles
feules
qu'il
faut
rapporter
tous
les
états
par
45
elle
ee
rous
les
phengmenes
deé:la
Nature,
=.
:Sanselles
il
n’y
auroit
aucun
mouvement,
aucune
cha2
ee
l'air
feroit
fans
agitation,
nuls
vents
ne
troubléroient
fon
éternelle
tranquillité,
un
calme
inaltérable,
une
fta-
ghation.
morte
régneroit
dans
l'atmofphere;
ou
plutôt
cetre
atmofphere
,
cette
seche
de
vapeurs
(car
€
eft
ce
que
fi:
se
Je
mot
arno/phere
}
|
n'auroit
jamais
exifte
5
;
l'air
los
même
,fi,
comme
on
ne
peu
en
douter,
il
n'eft
qu’
un
mixte,
n'exifteroit.
pas
:
;
l'eau
n'auroit
jamais
acquis
la
fluidité,
elle
n'auroit
jamais
rien
diflout
;
mafle
morte
&
folide,
comme
le
plus
dur
rocher
,
elle
auroit
éternellement
enveloppé
lé
globe.
comme:
une
costs
épaile
de:
cryftal”
les
ténébres
&
l'inaétion
la
plus
abfolue
,
ou
plutôt
la
mort
la
plus
gé*
nérale
,
,
voilà
tout
ce
qui
auroit
exifté,
f
l'efpace
du
Monde
n'eût
pas
été.
rempli
d'un
fluide
élafique,
fi.
ce
fluide
n
as
voit
pas
été
mis
en.
mouvement.
:
Getté
mort
générale
re
prendroit
ientôr
fon
empire,
fc
ce
mouvement
h'étoit
pas
entretenu
par
le
g
placé
au
centre
du
lobe
moteur
qui
fyftème
,
renouvelle
à
chaque
infhane
les
a
de
&
fluide
,
caufes:
de
toute
ation.
:
=:
2
de
est
ce:
fluide
a
qui
—
tous.
les:
corps
‘pe
-
F
À
Fe
k
à
Li
Ê
Et
A
NES
ES
CANAL
HV
PE
a
LEP
E
AE
°b
üu.
M0
ND
%.
55
Jeurs
partiesfolidestant
intérieures
qu'extérieutes
,
car
il
n'eft
|
point
de
corps
qu
1l
ne
pénetre
,
entre
Îles
ne
def-
quels
il
ne
foit
diffleminé
ou
incarcéré.
C'’eft
lui
qui
y
pros
|
duit
le
mouvement,
&
la
chaleur
,quin
"eft
elle-même
que
le
mouvement
intérieur
des
parties
des
corps.
Voilà
comment
la
Eumiere
agit
fur
les
corps.
Voici
com-
|
ment
ils
réagiflent
far
elle.
Ils
la
réfléchiffent
par
la
folidité
|
de
leurs
molécules
impénétrables,
ils
la
réfractent
dans
les
|
routes
tortueufes
que
forme
le
tiffu
de
ces
molécules
dans
|
Pintérieur
de
leurs
mafles,
routes
que
le
fluide
eft
obligé
de
|
fuivre
,
&
qui
détermine
ha
direction
des
lignes
continues
par
|
lefquelles
fe
propagent
les
vibrations.
.
inflexions
multi-
|
pliées
:
alterent
&
détruifent
enfin
l’état
de
{a
Lumiere.
|
La
matiere
de
[a
Lumiere
ceffle
d'éclairer
lorfquelle
ne
fe
|
20
prepare
plus
par
des
faifceaux
formés
d'une
fuffifante
quan-
|
I
j
|
]
|
tité
de
rayons
qui
fe
dirigent
felon
des
lignes
fenfiblement
paralleles
;
alors
l'effet
de
ce
fluide
neft
plus
le
même
fur
l'organe
de
la
vue,
il
devient
trop
f
foible,
ilne
produit
plus
fur
les
parties
.
de
cet
organe
un
afez
crand
nom
bre
de
ces
vibrations
dans
lefquelles
confifte
la
Lumiere,
ou
defquelles
réfulte
la
fenfarion
de
Lumiere.
Un
mouve-
ment
confus,
dans
lequel
tous
les
angles
d'incidence
va-
tient
,
comme
tous
les
angles
de
réflexion,
n'eft
plus
propre
à
a
fur
la
rétine
la
figure,
la
Fe
d'aucun
objet
diftinét
,
déterminé
&
permanent
;
5
ne.
comme
Je
dit
en-.
core
M.
de
Godeau,
on
ne
ru
rien
Te
des
phan-
tomes
peuvent
+
apparoïtre
,
mais
—.
des
mouve-
mens
tumultueux
&
défordonnés,
qui
laiffent
à:
Pimagina-
tion
inquiette
fa
carriere
la
plus
ie.
&
qui
Fa
abandon
aux
illufions
les
plus
phantaitiques.
$6
PARTS
I
OUT.
Nous
ne
pouvons
appercevoir
les
objets
que
par
des
lignes
droites
cirées
d'eux
à
nous,
&
par
les
rayons
directs
qu'ils
nous
envoient.
Des
vibrations
confufes
&
qui
fe
rap-
portent
à
une
multitude
infinie
de
points
felon
des
direc-
tions
aufli
imulripliées
que
ces
points,
qui
fe
dirigent
gua-
quaverfum
dans
lefpace
infini,
n'ont
dans
aucun
de
ces
:
points
l'énergie
nécefaire
pour
dire
en
nous
cet
effet,
que
nous
appellons
fenfation
de
Lumiere.
Cette
vérité
.
prouvée
par
Les
faits,
&
la
théorie
qui
fait
connoître
les
loix.
dont.
ils
réfulrent
ur
deviendra
que
claire.
encore
par
ce
que
nous
allons
dire.
Nous
avons
prouvé
lexiftence
générale
&
d'un
fluide
élaftique
dans
tout
l'efpace.
Nous
avons
fait
connoî-
tre
la
caufe
qui
met
ce
fluide
dans
un
état
gontinuel
de
vibration.
On
à
vu
comment
de
cer
étar
de
vibration
ré.
fultoit
la
Lumiere.
Il
à
été
démontré
que
c'elt
par
des
vis
brations
que
la
Lumiere
agit
fur
tous
les
corps
j
que
c
ed
ces
vibrations
qu
fl
Aut
rapporter
tous
les
phénamenes
du
mouvement
&
de
la
chaleur,
&
conféquemment
&
toutes
les
modifications
dela.
N
ature
;
que
la
Nature.
elle-même
ñ
eft
que.
le
produit
de
ces
deux
caufes,
qui
ne
peuvent
en:
avoir
d'autre
que
le
mouvement
du
fluide.
univerfel
dans
lequel
tout
eft
plongé,
&
qui
reçoit
lui-même
fon
action
du
globe
moteur.
qui,
du
centre
de
fon
empire,
en
agite
toutes
les.
parties,
5
Du
haut
.
cette
…
"
ne
=
Se
que,
vafte,
confidérons
LE
Ne
Nous
_embraflons
toute
la
fphere
de
notre
Monde
;
les
limites
qui
le
circonfcrivent.
font
es
feules
bornes
qui
puiffent
nous
arrêter
;
nous
ayons,
LIES
pu
MonpDper.
s?
à
calculer
les
effets
d’une
puiffance
connue,
dont
la
force
né
peut
être
arrêtée
que
par
d'autres
puiffances
qui
l'en
vironnent
,
c'elt-à-dire
par
Les
Soleils
des
autres
Mondes
qui
nous
entourent,
&
qui
peuplent
l'Univers.
Mais
quoique
leurs
diftances
nous
foient
inconnues,
aflez
d'effets
nous
in-
diquent
dans
les
efpaces
immenfes
l'énergie
de
la
force
de
notre
moteur
,
pour
établir
une
théorie
certaine
de
toutes
les
actions
qu'il
nous
importe
de
calculer.
Arrêtons-nous
un
inftant
;
confidérons
avec
admiration
le
plus
magnifique
de
tous
les
phénomenes,
celui
fans
le-
quel
plongés
dans
une
ignorance
auffi
profonde
que
les
ténebres
écernelles
qui
nous
envelopperoient
de
toutes
parts,
le
Monde
ne
feroit
pour
nous
qu'un
fombre,
vafte
&
dan-
gereux
cachot
dans
lequel
fe
confumeroit
notre
trifte
exif
tence.
On
voit
affez
que
c'eft
de
la
faculté
de
voir
que
je
veux
parler.
.
Comment
s’opere
la
vifion?
comment
s'établit
ce
rapport
entre
nos
yeux
&
les
objets
les
plus
éloignés
?
comment
l'image
de
ces
monts
lointains
eft-elle
comprife
dans
l'étroit
Circüit
de
notre
œil
?
comment
ce
petit
globe
,
qui
n'a
pas
huit
lignes
de
diametre,
renferme:t-il
la
huitieme
partie
de
la
furface
d’une
fphere
concave
dont
le
rayon
eft
de
plu-
feurs
milliards
de
lieues
:
comment
fuis-je
averti
de
lexif-:
rence
de
Syrius,
de
celle
de
Caftor
&
de
Pollux,
&
de:
Mille
autres
Soleils
placés
à
des
diftances
énormes
de
ces.
aftres
mêmes
dont
je
ne
puis
calculer
l'éloignement?
Ici
lef-
“ee
ES
û
°
3e
DT
;
prit
étonné.
fe
confond,
il
cherche
en
vain
ce
qu'il
doit
admirer
le
plus,
ou
de
la
fublimité
de
lintelligence
du
Créateur,
qui
fur
unir
par
de
tels
rapports
les
êtres
qu'il:
Tome
TTL,
De
la
Vifion
Comments’o-
pere
la
Vifion.
58
PRES
IOUE.
plaça
aux
extrémités
de
l'infini,
ou
de
la
faculté
qu'il
dai-
gne
accorder
au
genie
de
l’homme
pour
$
‘élever.
juiqu
a
ces
hautes
&
vaftes
confidérations.
Nous
avons
reconnu
que
la
Lumiere
n'eft
que
l'effet
des
vibrations
d'un
fluide
éminemment
élaftique
qui
remplit
tout
l'efpace
,
&
qui
pénetre
même
tous
Les
corps.
C'eft
dans
ce
fluide
que
nous
exiftons
;
c'eft
dans
ce
fluide
que
font
plongés
tous
les
corps
;
c'eft
dans
fon
fein
qu'eft
comprife
la
Nature
entiere;
c'eft
par
lui
quelle
’eft
agitée,
vivifiée,
animée
:
{a
Lumiere
eft
une
des
modifications
de
ce
fluide,
elle
eft
le
produit
des
vibrations
de
lécher
fur
l'organe
de
Ja
vue:
-
Peut-être
l’efprit
a-t-il
peine
à
faïifir,
au
premier
appercu,.
comment
ces
vibrations
continues
fur
notre
œil,
&
quine
font
qu'une
multitude
de
petits
chocs
fimultanés
&
con-
tinuels,
peuvent
produire
la
Lumiere
,
cette
clarté
géné-
rale
qui,
dans
un
beau
jour
,
éclaire
Horton
le
plus
te.
rempli
lhémifphere
qu
enveloppe
la
voûte
des
Cieux’,
ge
|
qui,
pendant
une
belle
nuit,
lorfque
Fabfence
du
Soleil
rend
ces
vibrations
es
plus
foibles,
femble
péne-
trer
la
profondeur
de
l'Univers,
&
fe
Ad
entre
des
millions
de
Mondes,
dont
notre
-
ne
peut
cuncevoir
les
diftances
refpedtives
Pour
marcher
avec
confiance
dans
cette
vafte
carriere,
où
nulle
route
ne
nous
paroït
encore.
avoir
éte
tracée
de
maniere
à
guider
sûrement
[es
pas
de
celui
qui
fe.
propofe
de
la
parcourir.
toute
entiere,
il
eft.
infiniment
important
de
ne
confondre
aucun
objet.
Éefre.
|
ne
conçoit
clairement
que
ce
qu'il
à
fuffifamment
amalyfé.
Fixons
dc
toute
notre
attention
fur
le:
phénomene
im=-
portant
que
nous
confidérons,
ie
DU
MONDE
s9
Nos
idées
font
le
produit
immédiat
&
néceffiire
de
nos
fenfarions
;
celles-ci
font
l'effet
des
impreflions
des
COrps
ex-
rérieurs
fur
nos
différens
organes.
Il
réfulte
évidemment
de
cétte
vérité
certaine
que
nos
fénfations
nous
indiquent
’exiftence
des
objets
qui
nous
Îes
procurent
;
que
ceux
-
ci
nous
font
connus
alors
par
leurs-effets
fur
nous.
Mais
loin
d'en
pouvoir
conclure
que
nos
fenfations
foient
repréfenta-
tives
des
objets,
il
faut
en
conclure
au
contraire
que
l'idée
que
nous
nousen
fefons,
ne
nous
repréfente
dans
chaque
fen-
fation
qu'une
des
propriétés
de
l’objet.
Prenons
une
cloche
“pour
exemple.
Celui
qui
eft
né
fourd,
voit
une
cloche
fans
fe
faire
aucune
idée
de
fa
propriété
fonore
;
celui
qui
eft
aveugle
né,
l'entend
fans
fe
faire
aucune
idée
de
fa
forme,
&
celui
qui
ignore
comment
fe
produit
le
fon,
entend
la
cloche,
fans
concevoir
comment
elle
fait
naître
en
lui
la
_—_.
de
fon.
Il
eft
fuffifamment
prouvé
que
l'ordre
phyfique
,
{x
matiere
ne
peut
être
touchée,
agitée,
modifiée
que
par
la
matiere.
Le
fens
de
la
vue
à
rapproche
donc
ici
du
fens
du
ta.
Il
en
eft
de
même
de
trous
les
autres
fens.
Comment
une
fenfation,
&
lPidée
qui
Pope
tou-
jours
&
fe
confond
avec
ele.
peut-elle
naître
du
fimple
“conta
de
Îa
matiere?
comment
les
différens
rapports
de
ce
contaét
avec
les
différentes
organifations
de
nos
fens,
peu-
-vént-ils
produire
en
nous
cette
variété
de
fenfations
d'où
naît
la
multitude
infinie
de
nos
idées
»
Cette
queftion
nous
paroit
abfolument
infoluble.
Si
d'un
côté
elle
tient.
la
Phyfique,
parce
qu'à
fon
origine
elle
dépend
de
caufes
matérielles
,
de
l'autre
elle
tient
au
degré
le
plus
élévé
de
H
2
Des
Senfas
tiONSs
oO
Pays
tovE
la
Métaphyfque
ontologique,
ou
de
la
Métaphyfique
de
l'être
;
dédale
obfcur
,
ou
plutôt
éternel
cahos
dans
lequél
fe
font
perdus
tous
ceux
qui,
pourfuivant
de
chimériques
-idées
,
ont
été
s'y
précipiter.
La
faculté
de
recevoir
des
fenfations
tient
à
l’efflence
des
êtres
fenfibles.
La
fimple
matiere
ne
peut
que
mouvoir,
&
être
mue
5
la
fenfation
produite
en
nous
par
le
contact
d'une
matiere
extérieure
quelconque
,
ne
peut
être
confondue
avec
ce
conta&
,
ni
avec
aucun
des
effets
phyfiques
de
ce
coûtat.
Elle
ne
peut
être
aflimilée
à
un
fimple
motive
ment.
Ce
net
point
à
la
matiere,
comme
matiere,
qu'ap-
-partient
la
faculté
de
fentir.
Une
fenfation
ne
peut
exifter
que
dans
une
fubftance
qui
fe
fent
elle-même
;
c'eft
dans
la
propriété
de
fe
fentir
que
réfide
uniquement
&
exclufive-
ment
la
faculté
de
recevoir
des
fenfations
,
d'acquérir
par
les
fens
{a
connoiffance
de
fon
exiftence
&
de
celle
des
ob-
jets
extérieurs.
La
faculté
de
fentir
eft
la
propriété
diftinc-
tive
de
lanimal
;
elle
tient
à
l’eflence
de
l'être
animé
;
c'eff
elle
qui
véritablement
&
exclufivement
conftitue
l'animal;
elle
eft
elle-même
l'animalité
par
excellence
:
tour
ce
qui
fent
appartient
au
regne
animal,
ce
qui
ne
fent
point
eft
hors
de
ce
regne.
Lorfque
quelque
accident
arrivé
à
l'organe
où
réfide
éminemment
la
faculté
de
fentir,
où
fe
réunifflenr
&
cor
\
:
:
refpondent,
où
fe
terminent
enfin
toutes
les
actions
phyf-
ques
des
fens,
à
fufpendu
pour
un
tems
plus
où
moins
long
l'exercice
de
cette
faculté,
comme
cela
arrive
dans
quelques
!
;
S
>
,
o
1
PA
léfions
du
cerveau,
lorfqu
il
s'eft
fair
des
épanchemens
de
“ang
ou
d'humeur
fur
fa
furface
,
&
fur-tout
à
fa
bâle;
la
:
D
&
MoN
D
*#,
6x
lorfqu'il
éprouve,
&
particuliérement
le
cervélet,
quelque
compreflion
confidérable,
alors
on
peut
dire
que
l'anima-
lité
eft
fufpendue,
qu'elle
eft
même
éteinte
,
que
l'être
qui
exifte
dans
cet
état
n'eft
point
proprement
&
actuellement
un
animal,
il
neft
qu'une
machine
organifée
pour
l'anima-
lité,
L'animal
le
moins
animal,
sil
.
permis
de
s'exprimer
ainf,
jouït
eflentiellement
du
don
de
fe
fentir
,
il
a
la
fen-
fation
intime
de
fon
exiftence
,
ce
qu'on
aspolle
la
conf-
crence
de
[on
être
;
cette
propriété
eft
commune
à
tous.
C’eft
fur
cette
faculté
inféparable
de
la
vie
animale
,
que
repofe
tout
l'édifice
de
l'animalité.
Cette
faculté
eft
la
fource
&
la
caufe
déterminante
de
tous
les
mouvémens
qui
confpirent
pour
protéger
l'être
animé
;
c'eft
elle
qui
veille
fur
fa
con-
fervation
;
c'eft
elle
qui
le
dirige
dans
toutes
fes
actions
:
ce
que
le
mouvement
eft
à
la
matiere
morte,
la
fenfbilité
left
à
la
matiere
animée
;
c'eft
par
elle
que
s'établit
le
com-
merce
admirable
qui
nous
lie
par
des
rapports
plus
ou
moins
intimes
avec
tous
les
autres
corps
de
la
Nature.
…
Au
milieu
de
tous
les
dangers
que
court
l’animal
,
en-
tre
la
multitude
des
êtres
=
variés
qui
Scuplens
fon
domaine,
travers
lenombre
infini
des
évenemens
qui
fe
pañlentautour
de
lui,
pour
fatisfaire
à
tousles
befoinsauxquels
tiennent
{on
exiftence
&fa
confervation
,
les
fens
font
autant
de
fentinelles
qui
veillent
fur
lui
s
ce
font
eux
qui
ou-
vrent
les
portes,
ou
plutôt,
ils
font
eux
-
mêmes
les
voies
par
lefquelles
il
peut
ee
avec
les
objets
exté-
rieurss
Ceft
par
eux
qu'il
connoïît
fes
befoins
,
éeft.
par
eux
quil
forme
des
defirs,
ceft
a
eux
qu'il.
connoït
le
plaifr,
c'eft
par
eux
qu'il
cf
porté
à
produire
fon
fembla-
62
PHYSIQUE
ble
;
ce
fontles
fens
qui
raffemblenrt
les
matériaux
qui
fers
vent
à
notre
Ame
à
former
tout
le
fyftème
de
notre
exif-
tence
morale.
On
à
donné
différens
noms
à
cette
faculté
précieufe
que
nous
venons
d’appeller
fenfibilité
;
mais
aucun
ne
peut
nous
faire
concevoir
fa
nature,
parce
qu'elle
ne
peut
être
com
parée
à
rien
de
ce
que
nous
connoiflons.
Nos
fens
prou-
vent
fon
exiftence
;
mais
ils
ne
pénetrent
pas
jufqu'a
elle;
ils
ne
s'élevent
pas
jufqu'à
fon
principe,
ils
font
abfolu-
ment
muets
fur
{a
nature
;
fon
effence
ne
peut
être
foumife
al
pouvoir
de
notre
intelligence,
Nous
ne
chercherons
donc
point
à
la
définir
;
ce
fecret
eft
celui
que
l'Eternel
à
placé
le
plus
loin
de
nous.
Nous
regardons
cette
faculté
comme
une.
propriété
innée
&
effentielle
que
l'Auteur
des
êtres
a
primitivement
attribuée
À
l'être
animal
;
elle
eft
le
caractere
immuable
par
lequel
on
diftingue
ce
regne
;
c'eft
par
ce
caractere
diftinctif
qu'il
ne
peur
jamais
être
confondu
avec
les
deux
autres.
Les
variations
infinies
des
évene-
mens,
des
combinaifons
de
la
Nature,
ne
pourront
jamais
ni
éteindre
cette
faculté
dans
le
regne
auquel
elle
fut
ac
cordée
,
ni
la
faire
acquérir
aux
deux
autres
;
inhérente.
aux
germes,
femblable
au
type
primitif
donc
ils
font
tous
fortis,
d'où
fortiront
tous
ceux
qui
fe
développeront
,
leur
développement
peut
être
ou
favorifé
,
où
réprimé
par
les
événemens
des
caufes
naturelles
:
mais
leur
effence
eft
in
variable
;
ils
fe
conferveront
toujours
au
milieu
des
def
tructions,
Nous
expoferons
un
jour
plus
méthodiquement
notre
opinion
fur
origine,
fur
Le
développement
des
genes
où
pv
MonNpD+x.
6;
des
types
qui
ont
exifté
primitivement.
Nous
dirons
com-
ment
les
différentes
efpeces
ont
fucceflivement
habité
tou-
tes
les
contrées,
pourquoi
elles
s’en
font
fucceflivement
re-
tirées,
pourquoi
elles
ont
été
remplacées
par
d’autres,
pourquoiï.elles
Les
remplaceront
à
leur
tour.
Ces
recherches
fur
la
modification
de
la
vie
,
ne
peuvent
être
placées
qu'à
la
fuite
de
la
théorie
de
la
chaleur
&
du
mouvement
;
&
nous
prions
inftamment
nos
Lecteurs,
comme
nous
l'avons
déja
fait,
en
préfentant
quelques
autres
vues
générales,
d'attendre,
pour
juger
nos
idées
,
&
pour
en
tirer
les
induc-
tions,
que
nous
les
ayons
nous-mêmes
développées.
.
Nous
nous
bornerons
denc
à
confidérer
la
faculté
de
fentir,
comme
une
propriété
effentielle
&
radicale
de
l'être
animé,
comme
le
caractere
véritablement
diftinétif
de
la-
nimal,
comme
le
véritable
principe
dans
lequel
réfide
l'a-
nimalité;
ce
qui
ne
peut
nous
être
difputé,
quelqu’opinion
qu'on
embrafe.
—
Nous
appellerons
cette
faculté
Vérre
fenftif,
où
l’ére
pafible
,
termes
effentiellement
fynonymes.
|
-
IPeft
évident
que
de
la
faculté
dé
fentir
notre
exiftence
réfulte
néceflairement
la
faculté
de
la
fentir
d'une
maniere
différente,
lorfqu'elle
eft
différemment
modifiée
;
ou
de
nous
fentir
dans
différens
états
,
lorfque
nous
recevons
dif-
férentes
imprefions.
Nos
fenfations
étant
l'effet
combiné
des
propriétés
des
corps
extérieurs
,
&
des
difpofitions
méchani-
ques
de
nos
organes,
ces
fenfations,
qui
déterminent
l'état
:
de
notre
exiftence,
doivent
varier
comme
les
caufes
qui
les
produifent
5
de-là
les
combinaifons
innombrables
des
affec-
tions
qui
naiffent
du
principe
unique
de
la
fenfbilité
,
où
des
modifications
de
l'être
paffif,
64
PHSSIOUE
Voilà
tout
ce
qu'il
nous
eft
philofophiquement
poffible
de
découvrir
dans
l’ordre
naturel
&
phyfique
de
la
machine
animale.
L'ordre
furnaturel
ouvre
une
carriere
infiniment
plus
noble,
plus
fublime
;
le
flambeau
de
la
Foi
éleve
Lefprie
de
Le
à
des
vérités
quil
neût
jamais
apper=
ques
à
l’aide
de
la
foible
lumiere
de
fa
raïfon.
C'eft
cette
derniere
faculté
qui
feule
nous
guide
dans
cet
Ouvrage;
hi
nous
ny
confidérons
même
l'homme
que
fous
Fafpe&
d'ani-
É
mal
;
c’eft
l’homme
phyfique,
purement
phyfique,
dont
nous
parlons
:
qu'on
ne
cherche
donc
point
ici,
par
des
déduc-
tions
captieufes
,
à
établir
des
oppofitions
entre
des
propofi:
tions
purement
philofophiques,
&
les
vérités
éminemment
refpe@ables
de
l'ordre
furnaturel.
Pourquoi
faut-il
que
celui
qui
fe
livre
à
la
recherche
des
loix
de
la
Nature,
foit
forcé
d'avoir
toujours
fous
les
yeux
la
crainte
de
fe
voir
accufer
au
tribunal
de
la
Religion
par.
des
hommes
inquiets
,
dont
lefprit
plus
craintif
qu'éclairé,
femble
toujours
s’allarmer
fur
la
folidité
d'un
édifice
dont
il
n'a
pas
fuffifamment
connu
la
bâfe
inébranlable
?
La
Re-
ligion
profcrit
ces
sladiateurs
indifcrets
,
turbulens
&
cruels
;
qui
femblent
ne
s’'armer
pour
fa
défenfe
qu'afin
d'intimider
les
Âmes
fimples
&
paiñbles,
en
leur
faïfant
redouter
des
attaques
imaginaires.
Le
defr
de
répandre
le
plus
léger
doute
fur.les
vérités
facrées,
féra
toujours
loin
de
notre
cœur
&
de
notre.
efprit.
|
a
|.
Des
Organes
Si,
d'après
ce
que
nous
venons
de
dire
de
Ja
fenfbilité
a
des
Sens
nous
éhechons
comment
les
objets
extérieurs
agiflent
fur
hos
organes
,
nous
fommes
aflürés
,
comme
nous
l'avons
déjà
or
dit,
&
comme
il
eft
évident
par
mème
que
ce
ne
pe
Être
RM
AN
C7
A
EPL
AL
CP
ES
CAS
TE
a
nn
ue
nine
ghénnes
ep
ma
rt
Le
k
x
È
Du
MonNpber,
6
être
que
par
des
contaéts
&
par
des
impulfions,
Si
nous
vou-
Jons
enfin
étendre
nos
recherches
jufqu'à
la
diftinion
des.
parties
de
la
machine
animale,
propres
à
nous
procurer
des
fenfations
,
jufqu’à
la
découverte
de
celles
dans
lefqtel-
les
réfide
la
faculté
d'excicer
la
fenfibilité,
nous
recpnnoif-
fons
que
cette
faculté
ne
réfide
que
dans
les
nerfs,
qu'ils
font
feuls
ue
de
l'être.
Oe
Die
du
fentiment.
: |
C’eft
donc
une
vérité
certaine
&
conte
le
,
que
és
fens
oût
tous
un
principe
commun,
que
fa
fenfibilité
dans
tout
être
animal,
n’eft
éveillée,
avertie,
excitée
que:par
l'action
des
_.
;
que
la
variété
des
a
que
re-
çoit
l'être
pañlif,
dépend
primitivement,
uniquement
&
ex-
clufivement
des
modifications
de
la
fubftance
nerveufe,
&
que
ces
modifications
réfulrent
des
différentes
formes
,
des
différentes
contextures,
des
différentes
difpoftions
organi-
ques,
des
différens
effets
méchaniques
de
cette
fubftance
identique.
Cette
vérité
ne
nous
induit-elle
pas
<
à
penfer
que,
{oit
dans
les
différentes
efpeces
d'animaux
,
foi
dans
cha=
qu'individu
de
la
même
efpece
,
les
Re
ne
font
pas
eflentiellement
différentes
entrelles
:
Elles
ont
toutes
une
bâfe
commune,
la
faculté
de
fentir
fon.
exiftence
;
elles
font
toutes
excitées
par
les
ÉOpRÈRSe,
par
Les
actions
des
objets
extérieurs;
elles
s'éxécutent
toutes
par
un
mécha-
nifine
à
à-peu-près
femblable
;
dans
toutes
ces
machines,
les
pieces
principales
,
les
nerfs,
font
de
la
même
nature
:
rap.
port
magnifique
&
fublime
,
qui
ramene
à
l'unité
cette
va-
riété
infinie
d'aétions,
a
unit
d’un
lien
commun
ous
|
fyftèmes
phyfiques.
des
&
êtres
animés,
cquié
donne
enfin-une
Tome
TITI.
>
ï
66
|
PHESIORE
bâfe
générale
&
conftante
à
l'harmonie
de
leurs
one)
Mais
laiffons
ces
confidérations
trop
vaftes.
Nous
ne
nous
propofons
pas
ici
de
donner
un
Traité
complet
&
méthodique
des
Senfations
;
nous
ne
nous
en-
foncerons
point.dans
le
dédale
de
la
Métaphyfique
5
nous
n’expoferons
point
les
détails
d'Anatomie
:
nous
penfons
ce-
pendant
devoir
préfenter,
de
la
maniere
la
plus
claire
&
la
plus
fimple
,
mais
en
même
tems
la
plus
fommaire
,
Les
idées
métaphyfiques
néceffaires
pour
faciliter
lichines
des
différentes
explications
que
nous
donnons
;
&
nous
croyons
que
ce
que
nous
venons
de
dire
exige
que
nous
efquifions
le
tableau
du
méchanifme
des
fens
,
que
nous
en
tracions
au
moins.les
principaux
traits,
ceux
par
cie
on
peut
embrafler
&
concevoir
fenferble
de
la
machine,
reconnoître
la
propriété
générale
qui
conftitue
les
organes
du
fentiment,
ce
qu'ils
ont
tous
de
commun
entr'eux,
&
ce
en
quoiils
différent.
La
majeure
partie
de
nos.
Las
ne
verfa
peut-être
pas
avec
indifférence
ce
tableau
,
trop
peu
connu
du
plus
grand
nombre
;
il
fervira
à
rendre
plus
intelligible
tout
ce
que
nous
dirons
de
la
Lumiere
,
objet
immédiat
de
l'organe
de-fa
vue.
|
On
eff
certainement
convaincu
par
tout
ce
qui.
Le”
que
tous
les
fens
fe
réduifent,
en
derniere
analyfe,
à
un
feul
_fens,
&
que
[a
maciere
ne
pouvant
agir
fur
la
matiere
qu'en
Ja
touchant,
ce
fens
unique
eft
le
taë
;
les
autres
n’en
font
que
des
variétés
.
&
des
modificarions.
Confidérons
ces
variétés.
: à
Nous
avons
dit
que
=.
_.
1.
le
1.
de
L
fenfbi
|
lité,
que
c'eft
par
eux
que
Fopérene
roures
les
fenfations
:
pu
MoNDE.
C7
énergie
des
fenfations
dont
chaque
organe
eft
la
voie
,
dé:
pend
donc,
&
de
labondance
des
nerfs
qui
forment
ces
organes,
&
de
l'état
dans
lequel
ils
sy
trouvent
,
&
qui
les
rend
plus
ou
moins
acceflibles
à
laétion
des
cp
Étratt-
céers,
plus
où
moins
mobiles
à
ces
actions.
Il
eft
évident,
par
exemple
,
que
leur
plus
ou
moins
d'enveloppement
,
le
plus
ou
le
moins
d'empâtement
qui
les
met
plus
où
moins
à
l'abri
des
actions
extérieures
,
affoiblit
où
favorife
l'énergie
de
la
fenfation.
Il'eft
évident
qu'un
nerf
nud
eft
plus
aife-
ment,
plus
vivement
agité,
toutes
chofes
égales
d’ailleurs,
qu'un
nerf
recouvert
de
linéamens
oi.
aux
actions
extérieures.
C'eft
à
la
furface
de
notre
corps,
c'eft
à
la
peau
que
és
nerfs
f6nc
lé
plus
divifés.
La
peau
n'eft
qu'un
tiflu
de
fibres
fort
rapprochées
;
ce
tiflu
très-ferré
laiffle
entre
les
fibres
qui
le
forment
une
multitude
innombrable
d'intervalles
inf-
niment
petits;
C'eft
par
ces
intervalles
que
les
extrémités
très-déliées
des
nerfs
parviennent
jufqu'à
la
furpeau
qui
les
recouvre,
&
fous
Hiquelle”
ils
s'épañouïffent
en
forme
—
petices
,
que
lon
appelle
papilles
nerveufes
,
corps
papillaires.
Ces
papilles
nerveufes,
que
l'on
—_—.
auf
mammelons
,
font
le
véritable
organe
de
la
fenfibilité.
Ces
houpes
nerveufes
,
rangées
par
lignes,
&
dans
un
cer-
tain
ordre
,
forment
Je
filons
que
lon
remarque
à
la
fur-
peau,
&
qui
deviennent
très-vifbles
à
l’aide
du
microfcope,
far-tout
fi
on
les
obferve
au
bout
des
doigts.
où
ils
font
plus
marqués
&
plus
Fapproches,
Toute
la
furface
de
notre
Corps
,
toute.
notre
peau
n'étant
formée
que
par
l'épanouif-
fement
des
nerfs,
ele
doit
donc
à
étre
en
totalité
Torgane
du
“+2
PA
KA
|
|
l
|
uv
ntm
doéiun
ensemesmecaw
:
|
T
1
HU
DRE
PCA
0
A
Le
PHYSIQUE
fentiment
;
mais
l'exceffif
épanouïffement
de
ces
nerfs
,
fa
fineffe
extrême
des
filets
dans
lefquels
ils
fe
divifent
,
le
tiflu
fibreux
&
cellulaire
qui
les
entoure,
la
furpeau
qui
les
re-
couvre
,
diminuent
leur
fenfbilité,
en
interpofant
entr
eux
&
la
line
dela
peau
,
une
multitude
de
points
incapa”
bles
de
fentir
s
ordre
admirable
,
comme
tout
celui
qu'on
obferve
dans
la
Nature
!
Il
étoit
néceflaire
fans
doute
que
route
la
furface
de
notre
corps
fût
douée
de
fenfibilité
,
afin
que
l'activité
de
la
vie
fûc
plus
grande
,
quelle
füt
plus
générale
,
-&
fur
-tout
pour
que
lanimal
fût
averti
de
tous
les
dangers
qui
lentoureroient.
Mais
obligé
d'être
perpétuellemenc
en
commerce
avec
tous
ces
Le
d'a-
gir
fur
eux
;
&
par
een
de
les
mettre
à
ponee
d
agir
far
lui,
f
fa
fenfbilité
eût
été
très-vive,
fa
viè
n’auroit
été
qu'un
tourment
continuel;
il
nauroit
pas
exifté
un
inftant
fans
reflentir
quelque
douleur
,
fans
éprouver
quelque
‘crainte,
ou
au
moins
quelque
.
5
le
repos
auroit
|
fui
devant
lui.
C’eft
ainf
que
l'épiderme
ayant
été
enlevé,
de
quelque
maniere
que
ce
foit,
tout
contat,
quelquelé-
ger
qu'il
puifle
être,
&
particuliérement
tout
Éoneent
de-
vient
pole.
|
:
Il
étoit
donc
infiniment
important
.
cet
organe
du
fre
timent,
qui
enveloppe
toute
la
furface
de
notre
corps,
ne
fût
pas
très-fenfible
;
;
quil
ne
pût
être
affeé
que
par.
des
|
actions
un
peu.
violentes.
Le
fens,
que
lon
appelle
pro-
:
prement
le
saë
,
le
toucher,
eft.
_
plus
g
groffier
de
tous;
il
n'eft
point
affecté
fenfiblement
par
des
agens
qui
font
des
imprefions
fivives
fur
l'organe
«
du.
palais,
{ur
celui
du
nee
fur
celui
de
l'ouie
,
fur
celui
de
la
vue.
Ni
ces
corpufcules
à
PCR
Res
“
fs
en
ac
hd
x
À
CR
Re
Et
RIDE
LE
ag
UN
qe
ALI
dt
S
LCR)
C
CASE
PESTE
pans
à
—
pu
MonpDEt.
69
qui,
diflouts
&
divifés
dans
les
fluides,
affe@tent
l'organe
du
goût
,
ni
ceux
qui
S
échappent
des
corps
odorans,
ni
les
acte
du
fluide
qui
produit
les
fons,
ni
celles
de
mo-
lécules
de
la:
Eumiere,
ne
font
les
bises
propres
du
ta&.
Un
organe
particulier
placé
feulement
dans
une
partie
dé-
terminée
de
la
furface
de
notre
corps,
fut
deftiné
pour
chacun
de
ces
rapports
avec
les
différens
objets,
tandis
que
la
fenfbilité
appartient
a
toute
la
furface
du
corps
ani-
mal,
qu
elle
réfide
dans
roues
fes
parties;
par
elle
faériviré
de
la
vie
anime
toute
La
machine
;
aucune
de
fes
pièces
ne
peut
être
affectée
par
des
corps
extérieurs,
fans
que
lation
foit
portée
vers
le
point
unique
où
réfide
éminemment
Fa-
nimalité.
C'eft
de-là
que
le
principe
qui
la
conftitue
veille
fur
fa
confervation
;
c'eft
à
ce
point,
que
lon
peut
compa-
_rer
at
centre
de
la
toile
de
l'araignée
,
que
la
fenfbilité
eft
avertie
de
toutes
les
modifications
que
les
objets
extérieurs
operent
fur
quelque
partie
que
ce
foit
du
uiffu
général.
.
Cependant
la
fenfbilité
érant
une
dans
fa
nature,
étant
générale,
elle
ne
peur
varier
dans
Les
différentes
parties
du.
corps
animal
,
que
par
la
fufceptibilite,
par
la
mobilité
Par
-Pé
énergie
de
l'or
gane.
Tous
les
agens
phyfiques
propres
à
la
füfciter
dans
un
point
quelconque,
font
propres
aufli
à
l'agiter
dans
tout
autre
point,
fi
leur
mañle
ou
leur
force
saccrote,
fi.
Jeur
action
acquiert
une
inrenfité
fufifante.
Les
principes.
‘qui
font
les
LE
du
goût,
&
qui
nous
procurent
des
fen-
fations
acides,
âcres,
&c.
ceux
qui
font
naître
dans
for.
gane
du
nez
les
dd
des
odeurs,
Pair
agité,
&:
rendu
{onore
qui
agit
fur
le.
cimpan
de
Loneilles
la
Lu
ébranle
la
rétines.
tous
ces
agens
phyfqu
s-exer
RS
RCE
ARR
On
D
Rp
a
él
PHYSIQUE
actions
fenfibles
fur
la
peau,
lorfque
leur
effet
eft
fuffi-
famment
puifflanc,
foit
par
l'étac
de
rapprochement
de
leurs
parties,
foit
par
des
impulfions
plus
fortes.
Dans
ce
dernier
étar
où
ils
deviennent
fenfibles
par
Le
ta,
&
pour
l'organe
général
du
toucher,
ils
feroient
doRsiitours
de
loresé
infiniment
plus
sr.
qui
fut
par
ticuliérement
deftiné
à
recevoir,
à
mefurer
leurs
effets,
&
à
établir
notre
com-
merce
AVEC
eux.
C'eft
en
fuivant
ces
différens
degrés
de
mobilité,
de
fuf:
ceptibilité
des
organes,
que
nous
admirerons
de
plus
en
plus
la
magnifique
économie
du
corps
animé.
Nous
voyons
nos
différentes
fenfations
naïtre
des
feuls
degrés
d'énergie
de
la
fibre
fenfible.
La
mefure
de
ces
.
eft
fous
nos
yeux;
elle
eft
Rep
déterminée
par
les
circonftances
organi-
ques
qui
gênent
ou
facilitent
l'action
des
nerfs,
par
l'état
&
par
la
nature
des
tiffus
imperceptibles
qui
les
recouvrent
plus
ou
moins,
ee
Nous
venons
de
réconnoître
les
obftacles
_
dans
la
Peau,
CETTE
enveloppe
commune
de
TOUT
NOTÉE
De
émoufloient
la
fenfbilité
des
nerfs.
Dans
?
organe
du
goût,
dans
le
palais,
les
nerfs
font
un
peu
moins
déliés,
les
filets
dans
lefquels
ils
fe
divifent
&
fe
terminent,
font
moins
fins;
:
les
mailles
du
tiflu
fibreux
font
moins
rides
fa
furpeau
eft
moins
épaiffe
5
;
elle
eft
continuellement
=
par
un.
fluide
doué
de
la
propriété
de
diffoudre
les
huiles,
Les
{els
des
corps
qui
entrent
.
contact
avec
cette
membrane.
Ces
huiles,
ces
fels,
divifés,
atténués,
pénétrent
à
travers
le
embrane.
ils
+
aiots
far
le
nerfa
découvert,
ils
Sy
infinuent
à
aide
du
fluide
qui
les
tient
en
difolerion
à
e
ir
ADRIAN
TERRE
ANNEE
EEE
RELRELS
EPS
MESURE
TREND
D
0
=
Mo
N
D%.
FI
fuivant
les
loix
des
tuyaux
capillaires,
ils
y
exercent
les
actions
qui
leur
font
propres
d'après
la
nature
de
leurs
com-
pofitions..
On
conçoit
donc
aifément
pourquoi
le
ta
eft
ici
bien
plus
fenfible
que
dans
l'enveloppe
générale
,
&
pour-
quoi
les
fenfations,
les
affections
qui
en
réfultent
font
fi
différentes.
-
L'organe
de
l’odorat
eit
formé
de
nerfs
plus
nombréux,
&
qui
font
encore
plus
à
découvert
que
ceux
qui
fe
réu-
niflent
fur
le
palais
&
fur
la
langue.
Abondammerit
abreu-
vés
par
une
humeur
féreufe,
également
préfervés
par
elle
dune
féchereffe
qui
détruiroit
leur
fenfbilité
,
ils
font
propres
à
être
agités
par
des
actions
plus
léseres,
d’être
affectés
par
des
molécules
plus
fines
,
plus
déliées
que
celles
qui
agiflent
fur
Je
palais,
de-là
l'effet
des
odeurs,
Ces
odeurs
appartiennent
dans
leur
eéfflénce,
&
dans
leur
origine,
au
principe
inflammable;
elles
ñe
font
elles-mêmes
que
des
molécules
d'huile
plus
ou
moins
re&ifée,
plus
ou
moins
effentielle,
que
diffout
dans
les
corps
appellésodorans.,
le
fluide
atmofphérique,
feul
véhicule
des
odeurs.
Æ
—
Dans
l'organe
de
l'ouïe
les
furfaces
nerveufes
qui
en
tapiflent
tous
les
contours,
font
difpofées
de
la
maniere
la
plus
favorable
aux
fonétions
du
genre
de
fenfbilité
auquel
elles
font
deftinées.
L'air
eft
l'agent
des
fenfations
de
l’o-
reille,
&
dans
celle-ci
on
remarque
des
réfervoirs
d'air
mé-
ee
Fe
à
7
&
Fe
nagés
avec
un
art
infini,
&
dont
les
parois
font
formées
par
D
des
membranes
infinimenc
élaftiques
(c).
Les
vibrations
de
(ce)
Cet
organe
eft
un
des
tableaux
les
plus
curieux
q
FAnatomie
à
ceux
qui
ne
veulent
pas
pénéirer
fes
profondeurs.
ETES
Er
csraesersareenapnrarienter
ve
sseremesre
pasieie
tea
Se
Se
NS
US
à
TRE
PRE
LE
EC
EE
RE
TR
dd
RER
SE
EST
72
PHYysIQUE
l'air
extérieur,
dans
lefquelles
confifte
le
fon,
en
excitent
donc
d’analogues
dans
l'air
compris
dans
les
cavités
de
l'o-
reille.
Ces
vibrarions
font
multipliées
par
les
parties
élafti-
ques
de
cet
organe
,
&
elles
y
acquierent
une
énergie
dont
les
différens
dons,
les
différentes
modifications
ont
déter-
miné
Ja
théorie
es
fons.
H
n’eft
donc
point
éconnant
que
les
vibrations
du
Auide
fonore,
qui
font
fans
ation,
ou
au
moins
fans
effet
fenfble
fur
les-trois
organes
dont
nous
venons
de
parler,
qui
ne
trouvent
point
dune
ces
organes
de
lieu
pr
éparé
pour
aug-
menter
leur
ativité,
pour
recevoir
&
FÉPErEnes
leurs
pul-
fations
,
produifent
ici
des
fenfarions
fi
variées.
L'organe
de
la
vue,
l'œil,
n'eft
formé
que
par
Perpa
EE.
nerf,
que
.
=
nerf.
optique,
dun
mot
grec
qui
fignifie
vorr.
Ce
faifceau
de
nerfs
eft,
par
fon
état
d'ex-
paañon
&
par
fa
difpofition,
plus
expofé
qu'aucun
autre
à
l'action
des
objets
extérieurs.
Cet
organe
eft
le
plus
mobile,
le
plus
délicat,
le
plus
fufceptible
;
tous
Les
corps
palpables
&
fenfbles
le
bleffent.
Les
corpufcules
des
faveurs
|
ceux
.
des
odeurs
ne
peuvent
que
loffenfer;
ceux
de
l'air
même,
TS
Sa
vue
n’a
rien
de
défagréable
ni
d’inquiétant,
comme
celle
de
tant
d'autres
parties
du
corps
humain
;
plufieurs
de
ces
dernieres,jettent
leffroi
dans
l’âme
par
la
facilité
avec
laquelle
elles
paroïffent
pou-
voir
fe
déranger
,
&c
par
les
dangers
qui
fuivroient
leur
bite
légere
altération.
Nous
invitons
nos
Lecteurs
,
après
avoir
Ju
ce
qu’en
di-
{ent
MM.
Briflon
&
Sigaud
de
Lafond,
dans
leurs
Didionnaires
de
Phyfique,
&
furtout
M.
le
Cat
,
dans
fon
excellent
Traité
des
Sens}
À
aller
confidérer
cet
organe
chez
Mile
Fren
—.
oo
;
0
demeure
à
Efrapade
en
st
9
R
$
TAN
TERRE
RTE
SAT
RRE
TE
CNET
pu
Monwpr#.
72
s'ils
arrivent
avec
une
certaine
vitefle,
imñnim
éntinférieuré
cependant
À
celle
de
la
Eumiére,
&
dix
millions
de
fois
‘moindres,
Jagitent
douloureufement.
Tous
ces
principes
ne
peuvent
exciter
dans
l'œil
qu'une
action
confufe;
&,
sil
‘en
réfulte
quelque
fenfation,
ce
ne
peut.
être
que
die
de
la
douleur.
Les
molécules
de
la
Lumiere
font
les
feules
qui
puiflent
agir
fur
dui
d'une
maniere
analogue
à
fa
defti-
nation,
pourvu,
toute
fois,
qu'elles
ne
lui
parviennent
pas
avec
trop
d'abondance,
&
dans
un
état
trop
rapproche.
Ces
molécules
de
la
Lumiere,
dont
nous
avons
déja
fait
affez
connoître
la
nature,
font
les
fphéricules
infiniment
élaftiques
du
fluide
éthéré,
qui
remplit
tout
lefpace.
Confidérons
comment
il
agit
a.
l'organe
de
la
vue.
La
Lumiere
&
fes
phénomenes,
cils
l'objet
qui
doit
nous
occuper
dans
tout
ce
Volume.
Nous
ne
croyons
pas
nous
en
être
écartés,
en
préfentant
une
théorie
très-fom-
maire
des
fenfations.
Elle
étoit
néceflaire
pour
faciliter
l'in-
pe
-des-
effets
que
nous
:
obferrons
Par.
Le
lens.
de
-
Nous
avons
reconnu
1.
que
,
pe
sé
pe
ge
Re
admife
entre
nos
—
nous
n'en
avons
véri-
tablement
qu'un
;
que
ce
font
les
organes
de
la
fenfbilité
-qui
different
entreux,
mais
que
là
fenfbiliré
eft
une
que
Le
ract
eft
le
fens
unique,
»
que
chacun
des
organes
dont
nous
avons
parlé
doit
à
fa
conformation
particuliere
le
propriéré.
de
produire
en
nous
des
fenfations.
différentess
|
mas.
que
toutes
naiffent
du
contact
des
corps
étrangers,
I
|
onc-bien.
tan
qe
la
fenfation
de
Lumiere
Tome
1
À
2
HLO
PF
EE
SEE
EETT
sr
7
æs
A
PASS
TIQUE
ue
leffec
des
vibrations
des
fphéricules
du
fluide
qu
remplit
tout
Fefpace,
&
qui
pénetre
tous
les
corps.
Ce
fluide
eft
toujours
interpofé
entre
nous
&
tous
les
objets
;
c'eft
dans
fon
vafte
abime
que
tout
eft
plongé.
Les
objets
extérieurs
nous
deviennent
vifibles,
leur
exiftence
fe
décele
à
nos
regards,
lorfquils
réfléchiflent
vers
nos
yeux
les
vibrations
qu'ils
reçoivent
du
fluide
interpofé.
Il
eft
infiniment
important
de
diftinguer
ici
deux
efpeces
de
corps,
fur
lefquels
ta
Lumiere
agit
différemment,
&
de
confdérer
les
effets
qui
réfultent
de
fon
application
à
ces
corps,
&
de
leur
réa&tion
fur
elle.
Les
uns,
ceux
qu'on
ap-
pelle
rzrorrs
,
de
quelque
nature
qu'ils
foient,
métalliques
ou
vitreux
,
pourvu
que
la
tranfparence
de
ceux-ci
foit
dé-
truite
par
une
matiere
opaque
étendue
fur
une
de
leur
fur-
face,
réfléchiffent
véritablement
la
Lumiere
;
dans
cette
r'é=
flexion,
l'angle
que
fait
la
Lumiere
réfléchie
avec
la
furface
du
miroir,
eft
toujours
égal
à
l'angle
de
fon
incidence
avec
la
même
furface:
d'où
il
réfulte
que
l’objet
dont
l'image
eft
réfléchie
par
le
miroir
n’eft
vifible
que
dans
la
direc-
tion
de
cette
Lumiere
réfléchie.
C'eft
ainfi
que
l'image
du
Soleil,
lorfque
fes
rayons
tombent
fur
une
glace,
n'eft
vifible
que
dans
la
ligne
de
réflexion
de
ces
rayons,
&
que
le
centre
de
cetre
image
folaire
ne
peut
être
vu
que
dans
une
direction
unique,
dans
une
ligne
qui,
s'éten-
dant
du
miroir
à
l'œil,
fait
avec
la
furface
un
angle
égal
à
celui
que
fait
la
ligne
tirée
du
centre
du
Soleil
à
la
glace.
Il
en
eft
de
même
d'un
tableau
,
ou
de
tout
autreob-
jet
qui,
de
quelque
lieu
quece
foit
,
trace
fa
repréfentarion
A
EE
A
Le
no
D
PACA
Disc
RAS
UN
rat
CETTE
RNURES"
pu
MonNDE,
ra
far
cetre
glace;
cette
repréfentation
ne
peut
être
vue
que
par
des
Spectateurs
placés
dans
le
lieu
vers
lequel
s’écendent
les
lignes
de
réflexion
qui
font
avec
la-glace
des
angles
évaux
aux
angles
d'incidence
que
font
les
lignes
tirées
de
l'objet
au
miroir.
L'objet
eft
invifible
de
tout
autre
point
que
de
ceux
qui
font
dans
les
directions
indiquées.
Le
miroir
réfléchir
donc
réellement
&
véritablement
la
Lumiere
;
cela
eft
prou-
vé
de
la
maniere
la
plusévidente,
puifque
l'objet
répété
par
le
miroir
n’eft
vifible
que
dans
une
feule
ligne
,
dans
une
feule
direction,
dont
l'angle
avec
la
glace
eft
égal
à
l'angle
d'incidence
de
rayons
qui
s'étendent
de
l’objet
au
point
du
miroir
où
fon
image
eft
repréfentée:
Mais
il
n'en
eft
pas
de
mème
des
autres
corps
qui
reçoi-
vent
aufi
[a
Lumiere.
Prenons
pour
exemple
le
tableau
dont
on
vient
de
parler.
Que
ce
tableau
ne
reçoive
la
Lu.
miere
que
par
un
feul
carreau
de
la
croifée
5
fi
ce
tableau
_n'étoit
vifible
que
parce
qu'il
réfléchiroit
la
Lumiere
,
il
eft
certain
que
nous
ne
pourrions
l'appercevoir
qu'en
nous
pla-
çant
vers
la
partie
de
l'appartement
où
feroit
dirigée
une
ligne
qui,
s
étendant
du
centre
du
tableau
à
l'œil,
feroit
avec
la
farface
du
tableau
un
angle
égal
à
celui
que
é
avec
la
même
furface
la
ligne
tirée
du
centre
de
l'ouverture
de
la
croifée
au
centre
du
tableau.
De
tout
autre
point
de
l'ap-
_
partement
ce
tableau
ne
pourroit
être
pee
Il
eft
de
toute
évidence
que,
files
objets
ne
pouvoient
être
vifibles
que
par
la
Lumiere
réfléchie,
la
réflexion
fefant
toujours
un
angle
égal
à
celui
de
Bicdence.
un
ee
éclairé
par
un
un
feul
faifceau
de
Lumiere,
ne
pourroit
être
vu
que
p:
LÉ
pareil
faifceau
réfléchi
vers
un
lieu
unique.
Or,
le
tableau
K
2
re
>»
=
75
PHSSITQUE
dont
il
eft
ici
queftion,
quoiquéclairé
par
un
feut
carreau
!
«
=
CEE
de
la
croifée,
où
même
par
un
trou
fuppolé
très-petit,
eft
cependant
vifible
de
tous
les
points
de
l'appartement,
quel-
que
vafte
qu'il
foit.
On
ne
peut
donc
pas
dire
que
tous
Les
corps
ne
font
vifibles
que
par
la
Lumiere
qu'ils
réfléchiffent,
puifque
cette
Lumiere
réfléchie
auroir
une
direttion
unt
que
qui
s'écarteroit
de
plus
en
plus
de
la
direction
de
la
Æumiere
incidente,
dont
cependant
elle
feroit
la
continua-.
tion,
&
qu'elle
feroit
avec
la
furface
du
tableau
un
angle
égal
à
celui
que
feroit
la
Lumiere
incidente.
La
propriété
de
réfléchir
la
Lumiere
appartient
donc
ex
clufivement
aux
feules
furfaces
du
genre
des
miroirs.
Lorf:
qu'une
glace
reçoit
par
un
trou
pratiqué
au
volet,
un
rayon
de
Lumiere
du
Soleil,
il
eft
certain
que
l'image
de
cet
aftre
qui
fe
peindra
dans
la
glace
,
&
que
celle-ci
réflé-
chira
à
un
des
murs,
au
plafond,
où
au
parquet
de
Fap-
partement,
ne
fera
vifible
que
dans
une
feule
&
unique
di
rection
où
il
faudroit
que
Pœil
für
placé
pour
qu'il
pûc
ap-
percevoir
Le
Soleil.
Si
au
contraire
vous
couvrez
fur
cette
glace
la
place
qu'occupe
l'image
lumineufe
avec
une
fur
face
opaque
colorée,
cette
furface
opaque
fera
vifiblede
tous
les
points
-poffbles
pris
dans
l'appartement
;
chaque
'
Spectareur
;
en
quelq
ie
nombre
quils
oient:
|
pourra
ap=
percevoir
a
la
fois
les
couleurs
de
ce
tableau.
…
-
-
Les
corp
voient
donc
dés
ra
ons
colorés
de
touscôtés,
vers
tous:
points
d'un
hémifphere
donc:ils
fonr
le
centre.
M.
Euler
a
très-bien
expliqué
ce
phénomenc,
en
regardant
cetre
Lu
eKre
€EAVOYEE
par
les:
corps
colorés
Fe
comme
produite
pag.
es
NA
ROLE
!
L
?
DRAP
TIANEREO
ANNEE
EEE
opaques
colorés
qui
reçoiven
t
la
Lumiere
,
«
he
es.
Prop
enr
ss
rasaonn
AE
RICE
A
EEE
Li
SE
GEAU
LE
RASE
Ë
Ë
Ë
D
ü
©
M:0:N:DCE.
ze
dé
nouveaux
rayons
qui
partent
des
furfaces
de
ces
is
É
explication
qu'il
en
donne
fe
lie
très-naturellement
à
nos
principes
,
&
eft
abfolument
inconciliable
avec
ceux
des
at-
traionnaires.
Les
principes
de
ces
derniers
font
inapplica-
blés
aù
phénomene
de
la
vifibilité
des
corps
opaques
dans
tout
un
hémifphere.
L’obfervation
de
ce
fait
conftant
fuffit
feule
pour
détruire
l'opinion
de
ces
Phyficiens.
Selon
le
très-favant
M.
Euler,
la
nie
extérieure
qui
rencontre
la
furfacé
des
corps
re
,
frappe
par
fes
vibra-
tions
les
molécules
fenfibles
de.
ces
corps
,-&
les
met
elles-
mêmes
en
vibration.
Ces
molécules
réagiffenr
enfuite
fur
l'éther
ambiant,
ce
qui
produit.
dans
ce
fluide
élaftique
de
nouvelles
vibrations
,
de
nouvelles
ondes
qui
s'éten-
dent
en
séloignant
du
corps
dans
toutes
les
directions
poñibles,
dns
un
hémifphere
dont
ce
corps'eft
le
centre
Commeles
molécules
de
toute
la
furface
de
ce
corps
ne
font
dans
une
agitation
continuelle
,
&-que
chaque
point
de
cette
furface
produit
dans
léchès-
un
mouvement.de
vi-
bration
qui
sétend
hémifphériquement
autour
de
fui
—.
en
æéfulte.
néceflairement
que
de
quelque
côté
que
nous
re-
gardions
un
cofps
opaque,
nous
le
voyons
également.
Il
nen
eft
pas
de
même,
comme
nous
l’avons
déjà
dit,
d'une
image
repréfentée
par
un
miroir
;
nous
ne-voyons
cette
“image
que.
dans
une
direction
particuliere
ra
rhiques
&
nôus
{a
voyons
dans
un
lieu
différent
de
celui
où.
it
Lee
LL
qu
elle
Fee
Eee
Re
x
EE
DTA
78
PHYSIQUE
fatisfefante,
&
qui
établit
d’une
maniere
infiniment
claire
commentnous
concevons
la
différence
qui
exifte
entre
les
mi-
roirs
&
les
corps
opaques,
&
les
effets
qui
réfulcent
de
cette
‘différence.
Ces
difpofrions
phyfiques
&
locales
qui
produifent
ce
qu'on
appelle
des
échos,
font
au
fon
ce
que
les
miroirs
font
à
la
Lumiere
;
Les
furfaces
qui
produifent
Pécho
réfléchif-
{ent
les
vibrations
de
l'air,
comme
les
miroirs
réfléchif-
fent
les
vibrations
de
l’écher.
Les
fons
réfléchis
ne
peuvent
être
entendus
que
dans
une
certaine
direction,
comme
les
rayons
lumineux,
réfléchis
par
les
miroirs,
ne
peuvent
être
vus
que
d’un
feul
côté.
Dans
l'écho
l'obftacle
qui
réfléchit
Les
fons
,
ne
produit
point
ceux
que
nous
entendons;
il
en
eft
de
même
des
miroirs,
ce
ne
font
eux
que
nous
voyons.
:
|
Les
ue
lumineux
qui
tbriflenc
de
leur
propre
lumiere,
peuvent
être
aflimilés
aux
corps
fonores
;
dès
que
ceux-ci
font
frappés,
nous
les
entendons
de
quelqu
endroit
où
nous
foyons
placés
dans
l'efpace
fphérique
qui
les
environne,
&
auquel
ils
fervent
de
centre.
Les
molécules
invifibles
da
ces
corps,
mifes
en
mouvement
de
vibration
par
le
choc
que
ces
corps
ont
reçu,
frémiflent
;
elles
communiquent
à
l'air
en-
vironnant
le
même
mouvement
de
vibration,
ce
mouvement
fe
phopsge
de
proche
en
proche
dans
toutes
Les
directions;
de
même
les
corps
Jumineux
:
impriment
à
léther
qui
les
en-
vironne
,
le
mouvement
de
vibration
par
lequel
ils
nous
de
viennent
vifibles
;.
ce
mouvement
de
vibration
de
l'éther,
propagé
jufqu’à
nos
yeux
,
y
imprime
la
fenfation
de
clarté,
comme
le
mouvement
de
vibration
de
Pair
propagé
on
no
:
oreilles,
nous
Po
la
es
de
fon,
=
ESP
PET
TOR
PRET
IT
PPT
PTT
RIT
NT
VTT
TEE
PE
HSE
SAGE
RSC
SPOS
PTT
OR
TETTTTE
TES
TERRE
OT
TENTE
SES
ÉD
PCT?
PT
ER
Te
TE
UT
ALI
Lt
ie
dl
cs
ma
a
ni
Pt
Ed
ul
ET
x
ur
UNE
SELS
LES
SN
PORTER
RIRE
RP
PR
RP
re
Duv
MonNpDE.
79
Les
corps
vifibles
&
colorés,
qui
ne
brillent
que
d'une
‘
-
Lumiere
empruntée,
peuvent
encore
être
comparés
aux
corps
fonores;
ces
corps
colorés,
ainfi
que
Îes
corps
fonores,
entrent
en
vibration
par
l'aétion
de
l'éther:;
ils
produifent
alors
eux-mêmes
de
nouvelles
vibrations
par
l'agitation
des
parties
de
leurs
furfaces
;
ces
vibrations
,les
corps
colorés
{es
impri-
ment
lécher,
comme
les
corps
fonores
les
impriment
à
l'air.
On
fait
que
les
corps
fonores
répondent
aux
pulfations
qu'ils
ont
reçues
par
des
fons
qui
différent
&
par
la
force
&
par
le
ton
;
la
force
eft
toujours
proportionnelle
à
la
puiffance,
le
ton
dépend
uniquement
de
la
fréquence
des
vibrations,
&
cetre
fréquence
dépend
elle-même
de
la
grandeur
du
corps
fonore
&
de
fon
degré
d'élafticiré.
Si
une
corde
de
clavecin
fait
100
vibrations
en
une
feconde,
elle
produit
dans
l'or-
gane
de
l'ouïe
la
fenfation
du
fon
ur,
qui
eft
rendu
par
la
touche
du
milieu
du
clavecin;
fi
une
autre
corde
fait
112
vibrations
dans
le
même
tems,
elle
produit
le
fonre,
que
rend
la
touche
contiguë
à
celle
dont
on
vient
de
parler
;
fi
la
-corde
fait
125
vibrations,
elle
formera
le
7
;
fielle
en
rend
433,
ce
fera
Le
fa
;
fi
elle
vibre
150
fois
en
une
feconde
,
Je
fon
quelle
rendra
fera
le
fol
;
166
vibrations
produiront
le
la
;
187
left,
&
200
vibrations
en
une
feconde,
produi-
Tont
un
nouveau
fon
sé
,
à
l’oétave
aiguë
du
premier
zr.
_“Æn
doublant
chacun
de
ces
nombres,
on
aura
ceux
qui
ex=
:
2
priment
les
fons
de
lo&tave
fupérieure,
&
en
dédoublant
les
mêmes
nombres,
on
aura
les
nombres
de.
vibrations
que
‘ont
en
üne
feconde
les
tons
de
l’oûtave
inférieure.
Dédou-
blant
encore
ces
derniers,
on
aura
les
nombres
des
vibrations
que
rendent
Les
fons
de
lo&tave
des
baffes
du
clavecin,
infé-
Trieure
encore
à
celle
dont
on
vient
de
parler.
|
4
à
4
se:
80
Pare
er
OU
€
De
même
les
corps
colorés
nous
paroïflent
de
telle
ou
telle
couleur,
parce
quils
répondent
aux
pulfations
de
la
Lumiere
qui
les
éclaire
,
&
qui
nous
les
rend
vifibles
par
des
vibrations
plus
où
moins
promptes,
qui
impriment
à
l’éther,
dont
ces
corps
font
environnés
,
un
mouvement
femblable
;
ce
mouvement
recu
par
l’organe
de
[x
vue,
y.
>
Ÿ.
imprime
la
fenfation
de
clarté,
modifiée
de
telle
ou
telle
maniere.
La
fréquence
des
vibrations
que
les
corps
éclairés
rendent
à
l’éther
,
dépend
elle-même
de
la
contexture
de
ces
corps,
de
l'état
de
leurs
molécules
infenfbles,
(d)
ainfi
que
les
divers
tons
du
clavecin
dépendent
du
volume
&
du
degré
de
tenfion
des
cordes
qui
rendent
ces
divers
tons.
C'eften
ce
fens
qu'il
eft
vrai
de
dire
que
les
couleurs
ré-
fident
dans
les
corps
,
quoiqu'elles
ne
nous
foient
vifbles
que
lorfque
ces
corps
reçoivent
&
rendent
Les
impulfñons
de
la
Lumicre
qu'ils
ont
reçue.
Nous
traiterons
dans
ce
Volu-
me
de
la
théorie
des
couleurs.
.
Nous
ne
voyons,
nous
ne
pouvons
voir
aucun
corps
que
par
le
feal
&
unique
intermede
de
la
Lumiere
ou
réfléchie
par
les
miroirs,
ou,
ce
qui
eft
infiniment
plus
fréquent,
produite
par
les
vibrations
que
lécher
,
agité
par
Le
Saleih,
excite
à
la
furface
des
corps
opaques.
Un
corps
qui
ne,rér
fléchiroit
point
de
Lumiere,
qui
ne
contiendroit
point
d'ér
ther
éncarceré
entre
fes
parties
(telle
feroit
une
fubftance
(4)
L'élafticité
des
molécules
infenfbles
des
corps
dépend
uni-
quement
de
'éther
incarcéré
entre
elles
;
des
différens
érats
de
ces
incarcérations
,.
que
nous
confidérerons
ailleurs
,
naïffent
les
diffé=
de-là
les
différentes
rens.
degrés
de
l'élaficité
dé
ces
molécules;
8e
couleurs,
SR
da
12
=
parfairement
DU
MONDE
et
parfaitement
tranfparente
);
l'air
le
plus
pur,
paf
exemple,
ne
feroit
point
vifible
pour
nous
,
comme
l'air
ne
l’eft
poinc:
l'œil
ne
voit
donc
que
par
l'intermede
des
ravens
réfléchis,
ou
produits.
Une
feule
obfervation
rend
cette
vérité
évi-
dente.
Nous
voyons
très-bieñ
les
objets
éclairés
,
quoique
nous
les
confidérions
d’un
lieu
très-obfcur
;
nous
ne
recevons
cependant
alors
d'autre
Lumiere
que
celle
quenvoie
leur
furface
;
c'eft
alors
même
que
nous
Les
voyons
Le
plus
diftinc.
tement,
parce
que
nulle
autre
Lumiere
étrangere
ne
trouble
l'effet
des
rayons
qu'ils
nous
envoient
,
que
nulle
autre
image
ne
fe
confond
avec
la
leur,
&
n'altere
en
nous
s
La
fen-
Éié,
qu'ils
produifent.
Chaque
point
infenfble
d’une
furface
Éclanée
réfléchit,
ou
produit
un
rayon
particulier;
de-là
toutes
les
variétés
dés
formes
&
des
couleurs.
Si
la
furface
d’un
corps
eft
tellement
difpofée,
fi
la
contexture
de
fes
parties
eff
telle
que
tous
les
rayons
qui
arrivent
d'elle
à
nos
veux,
foient
produits.
par
des
vibrations
égales,
ce
qui
lppae
que
lécher
incarceré
eft
dans
le
même
état,
dans
le
même
degré
d'incarcéra=
tion
où
de
gène
dans
toute
cette
furface
,
que
toutes
Les
mo-
lécules,
les
particules
infenfibles
de
cette
furface
ont
à-peur-
près
le
même
degré
d'élafticité;
alors
le
corps
nous
pa-
roïtra
d'une
feule
couleur,
parce
que
tous
Les
rayons
lumi-
neux
auront
été
produits
par
des
vibrations
douées
de
Îa
même
énergie
&
ifochrones
entrelles.
Nous
démontrerons
-que
les
variétés
des
couleurs
ne
font
que
le
produit
du
nom-
Dre
des
vibrations
du
rayon
lumineux
dans
un
tems
donné,
de
même
que
Les
variétés
des
fons
n'ont
pour.
caufe
que
le
nu
des
vibrations
que
Pair
reçoit
du
corps
fonore
dans
‘Tome
III,
|
ÆL
82
PHXSIQUE
un
tems
également
donné.
Nous
renvoyons
ces
preuves
à
à
Particle
des
couleurs.
Ce
que
nous
allons
dire
eft
certainement
très-connu
re
la
plus
grande
partie
de
nos
Lecteurs;
mais
(&
nous
ne
pouvons
le
répéter
trop
fouvent,
parce
que
nous
defirons
infiniment
qu'on
ne
le
perde
pas
de
vue
|
c'eft
un
Ouvrage
élémentaire
que
nous
préfentons
;
nous
ne
voulons
fuppofer
|
aucune
connoiffance
antérieure
dans
l'efpric
de
ceux
qui
le
liront.
Cette
obfervation
eft
d'autant
plus
intéreflante
pour
nous,
que
des
connoiffances
antérieures
pourroient
tenir
à
des
principes
différens
des
nôtres;
&
dès-lors
il
pourroit
en
réfulrer
de
l'obfcurité
,
ou
même
des
contradictions
appæ
rentes
:
il
eft
donc
abfolieee
effentiel
que
nous
prefen
tions
le
fuite
méthodique
&
clairement
coordonnée
,
EXaC-
tement
déduite,
la
chaîne
continue
de
toutes
les
de
qui
entrent
dans
la
ee
de
notre
théorie.
Nous
prions
ceux
de
nos
Leéteurs,
dont
l'efprit
étroit
préoccupé
d'idées
précédemment
reçues
,
de
vouloir
bien
confdérer
notre
théorie
dans:
fon
cHmble
D'après
ces
motifs,
que
nous
cfpérons
que
l’on
trouvera
fufhifans,
nous
allons
revenir
fur
nos
pas
;
&
pour
faire
concevoir
toute
la
théorie
de
la
vifion,
nous
allons
décrire
la:
ftruture
de
l'œil
D
po
ment
que
nous
ne
l'avons
fait.
-
+
Miroir
de
l'Univers
&
de
toutes
fes
ii.
où
plutér
femblable
4
une
toile
préparée
des-
mains
de
é,
Nature,
pour
recevoir
&
pour
rendre
de
la
maniere
la
plus
exadte
&
la
plus
completre
toutes
les
formes.
des
corps,
toutes
Les
propriétés,
toutes
les.
alrérations,
toutes
les
modificarions
de
leurs
furfaces,
on
ne
peut
fans
du
confidérer
l'œil
fans
que
lefprit
.
Gi
d'étonnement
&
d'admiration
en
L
SUR
TN
M
ne
I
AS
ER
SRE
Ë
Fa
à
de
bagen
haut.
|
5e
pu
MoNDr.
83
penfant
à
fes
nobles
&
vaftes
fonctions
;
en
reconnoiffant
avec
quelle
exactitude
,
avec
quelle
précifion
,
avec
quelle
perfection
il
Les
remplit
toutes
:
mais
par
un
privilège
attaché
exclufivement
aux
ouvrages
dela
Nature,
l'admiration
s'aug-
mente
à
mefure
qu'on
pénetre
dans
les
détails,
qu'on
examine
les
moyens,
qu'on
développe
le
méchanifme,
qu'on
remonte
au
principe
qui
détermine,
qui
modifie
,
qui
regle
toutes
les
actions
de
l'œil;
c'eft
alors
que
la
majefté,
que
la
fubli-
mité
de
l'acte
de
la
Nature
fe
manifefte
à
notre
intelligence.
_
Nosrecherches
fur
l'organe
dont
nous
nous
occupons,
pré-
fentent
un
magnifique
exemple
de
cette
crande
vérité
5
mais
gardons-nous
de
penfer
que
les
autres
organes
offrent
des
tableaux
moins
admirables
&
moins
impofans:
[a
Nature
eft
la
même
partout,
partout
fon
Auteur
manifefte
avec
€
même
éclat
fa
fublime
intelligence,
partout
elle
fe
révele
aux
efprits
qui
favent
l'obferver.
-
«
L'œil
eft
un
globe
placé
de
chaque
côté
dans
des
cavités
connues
fous
le
nom
d'orbires
,
&
dans
lefquelles
il
peut
fe
mouvoir,
&
il
fe
meut
de
différehs
côtés,
pour
donner
plus
d'écendue
à
fes
fonions.
Ces
mouvemens
sexécutent
par
le
moyen
de
fix
mufcles
placés
dans
la
circonférence
des:
ombites,
&
dont
les
aponévrofes
s'étendent
latéralement
&
poftérieurement
fur
le
globe
de
l'œil.
Ces
mufeles
font
1°.
le
releveur,
qui
vient
du
fond
de
l'orbite,
pour
fe
terminer
à
[4
partie
fupérieure
du
bord
de
la
cornée
opaque
,
dont
la
fonction
eft
de
porter
l'œil
-29,
Pabbaiffeur
produit
un
effet
contraire.
Il
tire
l'œil
de
haut
en
bas.
Ce-mufcle
part
de
la
partie
inférieure
du
L
2
84
APRES
TOUE
fond
de
l'orbite,
&
s'infere
à
la
partie
inférieure
du
bord
de
L
cornée.
3°.
L'adduéleur.
Ce
mufcle
porte
Li
du
côté
du
nez,
II
ne
de
la
partie
interne
&
latérale
du
fond
de
lorbite,
&
s'infere
à
la
partie
interne
&
latérale
du
globe
de
l'œil
4°.
L’abduéleur,
qui
porte
l'œil
en
dehors,
te
qui
prend
fon
origine
au
nd
de
l'orbite,
&
s'infere
partie
laté-
rale
&
externe
du
globe
de
l'œil.
s°.
Le
grand
oblique
;
autrement
dit
Le
grand
srochléateur,
deftiné
à
produire
les
mouvemens
de
rotationde
l'œil.
Cclui-
ci
part
du
fond
de
Forbite,
entre
les
mufcles
adducteur
&
releveur
,
pafle
enfuite
fur
une
efpece
de
poulie
pour
fe
terminer
à
la
partie
latérale
du
bord
de
la
cornée.
6°.
Lie
penroblique,
qui
porte
obliquement
l'œil
en
de-
hors.
Il
prend
fon
origine
au-deflous
du
grand
angle
de
l'œil,
du
côté
du
nez
,
&
vient
s’inferer
obliquement
à
la
cornée
vers
le
petit
angle
du
globe
de
l'œil
auprès
de
l'abduéteur.
Tels
font,
en
peu
de
mots,
les
agens
qui
produifent
Les
mouvemens
variés
qu'on
ES
,
foit
pour
éten-
dre
l'empire
de
la
vifion,
foit
pour
exprimer
diverfes
paf
fions
de
l'âme
,
qui
fe
peignent
manifeftement
dans
l'œil.
Cet
organe
eft
à
Pabri
des
injures
des
corps
extérieurs,
&
par
fa
fituation
dans
l'orbite
,
&
par
deux
prolongemens
de
la
peau
qui
le
recouvrent,
&
auxquels
on
donne
le
nom
de
paupieres.
Ces
deux
paupieres
font
mobiles,
mais
la
fa.
périeure
left
davantage
que.
linférieure.
Les
mouvemens
de
ces
paupieres
sexécutent
à
de
d.
deux
mufcles,
dont
lun
ef
appellé
releveur
propre
élan
B
É
|
ta
DU
MONDE
_:
8;
tre
Porbiculaire
des
paupieres.
Le
premier
prend
fon
origine
à
la
partie
inférieure
de
l’oscoronal
;
&
s'infere
à
l'extrémité
du
tarfe
de
chaque
paupiere.
Sa
fonction
eft
de
relever
la
paupiere
fupérieure
pour
découvrir
&
ouvrir
l'œil,
Le
fe-
cond
fait.
le
tour
des
paupieres,
&
fert
à
fermer
l'œil.
Le
bord
de
chaque
paupiere
eft
garni
d'un
cartilage
qu’on
appelle
sarfe,
&
ce
tarfe
eft
lui
même
garni,
felonteute
fon
étendue
,
de
perits
poils,
auxquels
on
donne
le
nom
de
cils,
dont
l'ufage
eft
d'écarter
du
globe
de
l'œil
tous
les
corps.
étrangers
qui
flottent
dans
l'atmofphere
,
&
dont
lat-
touchement
pourroit
être
incommode
4
lorgane
de
la
vue
&
gêner
l'œil
dans
fes
fonctions.
On
remarque
outre
cela,
dans
Pépaiffleur
de
ces
cartila=
ges
plufeurs
petites
glandes
fébacées,
dont
les
conduits
excréteurs
s'ouvrent
aux
bords
des
paupieres.
Ces
glandes
font
appellées
ciieres
,
ou
glandes
de
Meibonius.
Ce
font
elles
qui
fourniflent
cette
hier
onttueufe
qui
enduit
le
bord
des
paupieres,
&
qui
cpéche
que
leur
battementcon-
tinuel
ne
donne
atteinte
à
la
membrane
délicate
qui
cou-
vre
les
tarfes.
Cette
humeur
Soppofe
auffi
à
la
chûte
des
larmes
fur
les
joues,
&
elle
les
détermine
vers
le
nez.
Elle
forme,
lorfquelle
s
“épaiflie,
une
efpece
de
cire,
connue
fous
le
nom
de
chaffie.
3
On
trouve
au-deffus
du
en
de
l'œil,
du
côté
du
petit
angle,
une
glande
conglomérée
,
qu'on
appelle
lcry=
male
,
dont
les
canaux
extérieurs,
…
traverfé
la
tunique.
extérieure
de
l'œil,
verfent
fur
L
furface
de
ce
globe
Je.
lymphe
lacrymale.
Ce
Iymphe
fe
porte
enfuite
du
côté
du
grand
angle,
pañle
par
deux
ouvertures.
Se
‘on
appelle
CRE
PERS
RER
Lot
CT
DOC
LES
to
LE
NS
RCE
STE
7
86
PHASIOUE
points
lacrymaux
,
pour
fe
rendre
dans
une
efpece
de
pos
‘che,
connue
fous
le
nom
de
/ac
lacrymal.
Elle
eft
fituée
dans
une
petite
cavité
offeufe,
creufée
dans
les
os
du
nez.
Ce
fac
fe
décharge
de
l'humeur
qu'il
reçoit
par
un
conduit
“
s'ouvre
dans
dè
nez
,
&
quon
appelle
corduis
lacrymal.
L'œil
reçoit
fes
.
dés
arteres
carotides
;
fes
veines
fe
déchargent
dans
les
jugulaires.
Ses
nerfs
font
la
feconde,
a
troïfieme
&
la
quatrième
paires,
il
recoit
outre
cela
une
portion
de
la
cinquième
&
de
la
fixieme
paires.
Le
globe
de
l'œil
communique
avec
les
paupieres
par
une
tunique
qu
Hippocrate
&
les
Anciens
appelloient
svrica
adnata
,
quelques-uns
l'ont
décrite
fous
le
nom
nn
:
‘&
les
Modernes
=
nomment
cozjonéhye,
eu
égard
<
à
{on
ufage
».
Cette
Del
ons
eff
tirée
du
Di&ionnaire
de
Phyfiqne
de
M.
Sigaud
de
la
Fond
,
‘&
nous
l'avons
pos
parce
que
nous
l'avons
trouvé
irésciaes
On
connoït
la
fagacite
&
l'exactitude
de
ee
Phyficien.
Nous
parlerons
des
humeurs
de
l'œil
&
de
fes
fon@ions
en
traitant
des
réfractions
que
la
Lumiere
éprouve
en
les
traverfant
;
il
n
‘ef:
ici
ie.
des
parties
folides
de
cet
organe.
|
-
Après
avoir
décrit
le
A
haie
de
;
Après
avoir
fait
connoiître
:
les
pieces
les
plus
importantes
de
cette
ma=
gnifique
machine,
difons
comment
des
PPT
qu
’elle
reçoit
,
&
des
Adiors
qu'elle
exerce,
naît
la
vifion
;
com-
ment
il
en
réfulte
üne
fenfation
;
comment
cette
fenfation
fe
divife
en
plufeurs
perceptions
,
qui
deviennent
pour
notre
âme
autant
de
connoiffances
diftinctes
.
;
&
d'après
lefquelles
:
elle
prononce
fur
lexiftence
&
fur
nature
des
obje
7
SARA
NN
STATE
PENRS
TETE
DIT
TES
PITTR
SE
INT
CPL
PONTS
EL
RE
RTS
AR
REG
SET
Pres
ER
+
pu
MonNDE.
87
extérieurs
:
aflertions
dont
[a
vérité
eff
toujours
cer-
raine,
lorfque
l'habitude
de
fe
fervir
de
cet
organe
,
lorf-
qu'un
long
exercice,
l’a
inftruite
du
véritable
ufage
de
ce
fens,
de
l'étendue
de
ces
moyens,
&
du
concours
des
circonftances
néceflaires
pour
établir
la
certitude
de
fes
témoignages
;
ce
font
ces’
témoignages
qui
deviennent
eux-mêmes
nos
jugemens.
Eprouver
une
fenfation
,
c’eft
reconnoïtre,
ceft
diftinouer
en
foi
un
état,
une
maniere
d'être,
cet
fe
fentir.
Si
l'âme
fe
fentoit
toujours
dans
le
même
état,
fi
elle
n
éprouvoit
aucun
changement
,
aucune
variété
dans
fa
fniere
d'être
&
de’
fe
fentes
fr,
pendant
toute
la
durée
de
la
machine
qu'elle
anime,
=.
n'éprou-
voit
aucune
variation
,
aucune
différence
ds
fes
affec-
tionss
alors,
quelle
que
fût
fa
longue
exiftence,
elle
ne
pourroit
acquérir
l'idée
d'aucun
être
étranger;
elle
n'au-
roit
même
,
à
rigoureufement
parler,
aucune
idée
dif-
tinéte
&
politive
de
fa
propre
exiftence;
elle
mauroit
pas
ce
que
les
Philofophes
appellent
la
confcience.de
Ja
Pro=
pre
exiftence
,
elle
ne
pourroitpas
PRIRENT
le
moi,
réful-
tat
de
cette
confcience;
car
pour
arriver
à
cette
dihios
il
eft
néceflaire
de
fuppofer
dans
l'être
qui
la
re,
quelque
réflexion;
l’idée
diftincte
du
moi
exige
l'idée
au
moins
obf-
cure
de
quelque
chofe
qui
neft
pas
moi.
Or,
l'être
qui
na
qu
une
idée,
ne.
peut
rien:
diffinguer
:
cet
être
ñne
feroit,
comme
la
prouvé
FAbbé
de
Condillac
,
u'un
être
éprous
.
vant
une
fenfation;
toute
fon
lipence
feroic
circonfcrite
pre
cette
fenfation
,
elle
ne
feroit
que
cette
fenfation
st
cet
être
ne
pourroit
die
de
cette
fenfation
rien
se
Ini
Fûc
pre
ni
rien
qui
lui
fût
étranger,
=
Sacs:
1)
|
HAT
RE
er
iron
ei
dénnletn
eds
él
SES
3]
|
À
APS
ETES
RS
ee
et
cr
pere
res
pe
phases
mp
es
retirer
Pete
55
PHYSIO0E
Il
eft
donc
évident
que,
pour
former
un
premier
juges
ment
,
il
faut
au
moins
deux
fenfations
;
maïs
il
eft
également
évident
que
l’âme
ne
peut
éprouver
deux
fenfations
différen-
s,
fans
qu'il
en
réfulte
un
jugement.
Le
contraire
ne
pourroit
être
fuppofé
qu'en
admettant
que,
lorfque
l'âme
éprouveroit
la
feconde
fenfation
,
il
ne
lui
refteroit
aucune
réminifcence
de
la
premiere.
Mais
en
admettant
cette
rémi-
nifcence,
il
eft
évident
que,
l’Âme
trouvant
dela
différence
entre
l'état
qu'elle
éprouve
&
celui
qu'elle
fe
fouvient
d'a-
voir
éprouvé,
juge
de
cette
différence,
c'eft
donc
de
la
fuc-
ceflion
des
fenfations
&
de
la
réminifcerée
que
naïflent
les
LE
jugemens.
Cet
Ouvrage
n'étant
point
confacré
à
des
re-
cherches
métaphyfiques
,
nous
ne
pouvons
nous
permettre
de
fuivre
&
de
préfenter
l'enchaînement
des
idées
qui
{e
_
déduifent
de
ce
que
nous
venons
de
dire
;
nous
ne
prouve-
rons
point
que
de
la
faculté
de
fentir,
&
de
celle
de
confer-
ver
la
réminifcence
des
fenfations,
réfulte
tout
le
fyftême
incelletuel.
Nous
nous
permettrons
bien
moins
encore
de
chercher
à
pénetrer
{a
nature
de
l'être
fentant,
&
comment
s'opérent
en
lui
{a
fenfation
&
la
A
Nous
avons
dit
que
le
témoignage
des
fens,
&
particu=
liérement
celui
du
fens
de
la
vue
,
avoit
befoin
,
pour
être
regardé
comme
certain,
que
l'âme
eût
acquis
l'habitude
de
fe
fervir
de
cet
organe
,
qu'un
long
exercice
l'eût
inftruite
.
de
fon
véritable
ufage,
de
l'étendue
de
fes
moyens,
&
du
concours
des
circonftances
néceffaires
pour
établir
la
certi-
tude
de
fon
témoignage.
Nous
avons
fuffifamment
fait
con:
noître
que
c'eft
de
fa
comparaifon
des
fenfations
se
nait
tout
jugement,
_—
Nous
RARE
RE
pere
PSN
PTT
EST
EQUIPE
SUAFPESE
PERRET
ANS
CRAN
CERENRESRE
SE
ANTOINE
RURAL
ACER
TO
ITR
ATE
SRE
PRES
NET
PRIRENT
POTPE
EE
NEEATTUEE
k
k
|
pu
MoN
Db%#,
|
89
“Nous
allons
prouver
que
l'âme
a
effe&ivement
befoin
d'un
long
exercice,
d'un
long
ufage
de
l'organe
de
la
vue,
pour
prononcer
des
jugemens
juftes
d'après
les
rapports
de
nos
YEUX.
Par
le
cémoignage
de
la
vue
nousacquérons
cinq
connoif-
fances
diftinétes
fur
Les
corps
qui
en
font
l'objet;
c'eft-à-dire,
que,
par
l'ufage
de
cet
organe
,
nous
pouvons
confidérer
les
corps
fous
CE
rapports
nn.
1°.
Sous
le
rapport
de
couleur.
2°.
Sous
celui
de
er
relpedre
entreux
&
avec
nous.
2°.
Sous
celui
de
forme.4°.
Sous
celui
de
grandeur.
s°.
Enfin,
fous
le
rapport
de
diftance
entreux,
ou
de
leur
éloignement
de
nous.
De
ces
cinq
confidérations,
il
en
eft
deux
qui
appartiennent
uniquement
à
la
vue,
ele
élle
fuffit
feule
s
ce
font
les
deux
premieres.
Les
couleurs,
où
plutôt
les
fenfations
par
lefquelles
nous
les
diftinguons,
étant
l'effet
immédiat
des
différentes
énergies
des
rayons
qui
arrivent
de
la
furface
de
ces
corps
à
nos
yeux,
il
eft
évident
que
dans
Pétac
naturel
,
lorfque
l'organe
eft
bien
conftitué
,
nous
n'avons
befoin
es
autre
témoignage
pourjuger
Les
couleurs
;
&
l’on
peut
tenir
pour
certain
que
les
couleurs
font
l’objet
propre
&
immédiat
de
[a
vue.
On
peut
encore
regarder
la
connoiffance
des
fituations
refpe&i-
ves
des
objets
entreux
&
avec
nous,
comme
dépendante
du
feul
rapport
de
la
vue
;
car,
il
eft
évident
quelle
ne
peut
rien
changer
à
ce
rapport,
&
que
la
coordonation
rela-
tive
dans
laquelle
nous
apparoiflent
plufeurs
objets
vus
enfemble
,
dépend
effentiellement
de
leur
coordonation
réelles
Le.
rapport
que
l'organe
nous
fait
de
lus
ftuacions
Tore
ES
.
_
90
BE
0
es,
refpectives,
eft
le
même
pour
toutes,
&
dans
toutes
les
cir-
conftances,
elle
eft
toujours
analogue
à
leur
coordona-
tion
réelle.
Cette
apparence
n'eft
donc
ne
du
nombre
de
celles
fur
lefquelles
nous
fommes
réduits
à
invoquer
d’au-
tres
témoignages
que
celui
de
la
vue;
il
neft
point
né-
ceflaire
ici
d'appeller
un
autre
fens
à
notre
fecours
pos
vérifier
le
rapport
de
nos
yeux.
Il
n'en
eft
pas
de
même
des
formes,
des
orandeurs,
ni
des
diftances.
[ci
le
con-
cours
d'un
autre
fens
eft
abfolument
indifpenfable
;
il
faut
l'habitude
de
comparer
fon
rapport
avec
celui
de
la
vue:
ce
fens
auxiliaire,
c'eft
le
ta&.
Pour
nous
affurer
de
la
néceflité
indifpenfable
de
fon
concours
dans
ces
trois
cons
fidérations
,
celle
des
formes,
celle
des
grandeurs
&
celle
des
faces.
nous
allons
ps
quelques
obfervations
fur
ces
rapports.
|
On
appelle
formes
des
corps,
les
différentes
manieres
dont
leurs
furfaces
font
terminées
,
ce
qui
détermine
les
figures
de
leurs
mafles,
ou
de
leurs
volumes;
c'eft-là
ce
qui
fait
qu'un
corps
eft
rond,
cubique,
cylindrique
,
hexagone,
&c.
les
inégalités
qui
peuvent
fe
rencontrer
fur
la
furface
de
ces
corps,
les
profondeurs,
les
élévations
qui
pee
fe
a
fur
ces
furfaces,
appartiennent
encore
à
la
forme
ou
à
la
figure
des
corps.
Or
la
vue
ne
fuffit
pas
feule
pour
nous
faire
acquérir
la
…
de
ces
formes;
cette
vérité
eft
démontrée,
elle
eft
reçue
de
tous
les
Phy-
ficiens.
C’eft
au
problème
par
Molineux
au
celebre
Loke
)
que
nous
devons
cette.
connoiffance.
Voici.
quel
étoit
ce
problème
:
Si
L'on
donne
la
vue
à
un
aveugle.
de
maëffance,
faura-t-il
par
la
vue
feule
di
ifinguer
un
cube
:
|
à
Ë
PERMET
Ë
Û
Ë
Ë
ù
È
k
Ë
Ë
Ë
Ê
Ë
L
È
ÉS
Ë
Ë
LS
Ë
È
:
£
k
8:
Ë
pu
Monpe.
9€
d'un
globe,
quoiqu'il
les
ait
irès-bien
difhingués
précédemment
par
le
toucher
?
Les
deux
Philofophes
furent
du
même
avis;
ils
foutinrent
tous
deux
la
négative.
Quelque
fatisfefantes
que
fuffent
les
raifons
qu'ils
en
donnoient
,
il
évoit
fans
doute
encore
à
defirer
que
l'expérience
les
confirmär.
Avec
quelque
fagacité
que
nous
confultions
la
Nature,
quelque
confiance
que
la
raifon
nous
autorife
à
prendre
dans
les
conféquences
que
nous
déduifons
des
produits
de
fes
moyens
,
ce
neft
que
lorfque
l'expérience
vient
dépofer
que
nous
avons
vérita-
blement
deviné
fon
fecret
;
ce
n'eft
que
lorique
la
Nature
l'avoue
elle-même
par
des
faits
bien
averés,
que
notre
ef
prit
fe
repofe
avec
fécurité
fur
fes
théories
;
qu'il
les
enre-
giftre,
pour
ainfi
dire,
fur
le
catalogue
des
vérités.
Qu'il
€ft
important
encore
d'être
en
garde
contre
la
précipitation
avec
laquelle
nous
nous
portons
à
croire
ques
fait
dépofe
en
faveur
de
notre
opinion
!
Ce
neft
qu'après
l'avoir
confi-
déré
avec
lattention
ka
plus
réfléchie
;
ce
neft
qu
après
nous
être
dégagés,
s'il
eft
pofiible,
de
tout
efprie
de:
prévention
;
;
après
avoir
fait
,
pour
ainfi
dire,
fubir
à
ce
témoin
,
dont
la
dépofition
doit
La
notre
jugement,
l'examen
le
.
févere
&
le
plus
fcrupuleux,
qu'il
faut
admettre
fon
témoignage,
&
nous
en
prévaloir.
Combien
n'avons
-
nous
pas
fous
les
yeux
d'exemples
qui
nous
avertiflent
des
dangers
de
la
pré-
2 :
LÉ
+
cHpiation
!
combien
de
faits
ont
été
également
employés
pour
étayer
des
théories
dont
les
principes
étoient
cffentiel-
-
lement
différens
!
Fes
ces
faits,
combien
y
en
at-il
eu
de
mal
obfervés
en
CcUx-MÈmMeEs
,
de
de
mal
adaprés
à
à
ces
théories
qu'ils
auroient
détruites,
,atrlieu
de
les
fortifier,
s'ils
M
2
|
|
:
à
É.
e)
V,
Cours
d’Optique,
de
Robert
_—
—
02
Pr
SEoUe
euflent
été
vus
tels
qu'ils
étoient
!
Nous
n'aurons
point
cette
inquiétude
en
préfentant
ceux
qui
juftifient
l'opinion
de
Loke
&
de
Molineux.
Autant
leur
théorie
étoit
bien
fondée
,
autant
les
faits
qui
sSaccordent
avec
elle
font
décififs.
On
à
enfin
abattu
la
catarate
a
plufeurs
aveugles
de
.
fance,
&
nul
d'eux
n’a
pu
juger
par
fes
yeux
des
formes
des
corps;
tous
ont
eu
befoin
du
témoignage
du
toucher,
Les
Ouvrages
des
Phyficiens
,
ceux
des
Chirurgiens
oculif-
tes,
rapportent
plufeurs
dé
ces
obfervations
;
nous
ne
cite=
rons
que
celui
de
l'aveugle
opéré
par
Chefelden(e).
Il
y
avoit
à
Londres
un
jeune
Gentilhomme
,
aveugle
né
;
mais
doué
d’aflez
d'intelligence
pour
que
fon
témoigna-
ge
fur
ce
qu'il
éprouva
en
paflanr
des
ténebres
dans
lefquel-
les
il
avoit
vécu
jufqu'à
l'âge
de
13
ans,
à
la
clarté
du
jour,
mérite
d'être
confidéré
,
&
faffe
la
premiere
époque
de
nos
obfervations
fur
cette
importante
matiere.
:
I!
faut
obferver
d’abord
que
ceux
qui
naifflent
avec
les
yeux
couverts
par
la
cataraëte
,
ne
font
pas
tellement
aveu-
gles
ee
ils
ne
puiflent
le
jour
de
{a
nuit
:
la
plu-
part
même,
lorfque
les
objets
font
éclairés
par
une
grande
Lumiere,
éprouvent
par
l'organe
de
la
vue
de
lobf-
tacle
qui
1e
voile
&
l'obfcurcit,
des
Re
différentes
lorfqu'on
leur
préfente,
à
une
di
convenable,
du
blanc,
du
noir,
du
TOUSE
;
Mais
ils
ne
Lo"
pas
connoïtte
les
variétés
ds
Formes
des
objets
:
ces
variétés
de
formes
font
tout-a-fait
impercepuibles
ne
eux
je
ue
la
ge
RE
SAN
Le
UP
UNE
GE
RPC
SE
fée
A
ie
LR
ER
2
DDC
RSA
TEA
CREER
TEE
TT
ARS
RPENT
PR
RESTES
RS
ER
REPOS
AREPSSNTNNP
TUE
NAME"
La
#1
FILM
Cet
RON
ES
TNT
À
|
f
PEMETTT
ferva
encore,
quelque
terms
après
avoir
été
g
ÿL--MoN\
DE,
93
miere
tombant
obliquement
fur
fhumeur
aqueufe
,
où
fur
la
furface
antérieure
du
cryftallin,
fes
rayons
ne
peuvent
fe
réunir
À
un
même
point,
à
un
même
foyer
fur
la
rétine;
il
leur
eft
donc
aufi
impofñble
de
diftinguer
Les
formes
des
objets,
qu'il
l'eft
à
un
œil
fain
&
bien
conftitue,
de
les
re-
connoître
au
travers
d'un
verre
très-groflier,
dent
la
fubf
tance
eft
crès-impure,
dont
les
furfaces
font
très-inégales
;
parce
qu'alors
ces
parties
hétérogenes,
ces
inégalités
multi-
pliées
des
furfaces
rompent,
réfléchiflent
&
réfractent.
la
Lumierce
fous
tant
d’angles
différens,
que
les
divers
rayons
ne
peuvent
fe
réunir
,
que
leurs
pinceaux
ne
peuvent
tracer
aucune
figure
réguliere
fur
la
rétine.
Fel
étoit
l'écat
du
jeune
homme
dont
nous
parlons
;
il
diftinguoit
un
peu,
en
plein
jour,
les
couleurs
vives
:
mais
nous
allons
voir
combien
les
idées
au'il
sen
étoit
formées
,
différoient
de
celles
que
lui
q
)
;
donna
le
parfait
ufage
de
fes
yeux.
Avant
qu'on
lui
abattit
la
catarae,
peu
affligé
de
fon
état,
defirant
foiblement
aucune
idée
,
il
n’efpéroit
pas,
de
l'opération
qu'on
lui
pro-
pofoit,
d'aflez
grands
avantages
pour
quil
fe
dérerminät
avec
plaifr
à
la
fouffrir.
Il
ne
prévoyoit
pas
qu'il
pût
goûter
dans
des
promenades
libres
&
variées
à
travers
les
campa-
&
;
es
Jet
=
5
.
:
:
=
gnes,
plus
d’agrémens
qu'il
n'en
trouvoit
dans
fon
jardin,
où
il
fe
promenoit,
difoir-il,
très-commodément.
Il
trouvoic,
au
contraire
,
un
efpece
d'avantage
aux
aveugles,
celui
de
pouvoir
aller
également
part-out
Le
jour
&
la
nuit;
ce
n'éroit,
felon
lui,
que
pour
les
gens
qui
jouifloient
de
la
Lumiere
du
jour
que
les
ténebres
de
la
nuic
éroient
affreufes.
1
con-
|
ré
ouéri,
certe
fa-
des.
jouiffances
dont
il
m'avoit
04
PSrsSiour
culté
de
fe
conduire
pendant
la
nuit.
Il
parcouroït
encore,
avec
la
même
facilité,
fa
maifon
pendant
l'obfcurité
la
plus
profonde
?
|
La
premiere
fois
qu'il
jouit
de
la
vue,
il
fut
abfolument
hors
d'état
de
porter
aucun
jugement
fur
Les
diftances
;
if
croyoit
que
tous
les
objets
touchoient
fes
yeux,
comme
tout
ce
qu'il
touchoiït
auparavant
étoit
contigu
à
fa
peau
;
ceux
qui
lui
éroient
le
plus
agréables
,
c’écoient
ceux
dont
les
fur-
faces
étoient
polies,
&
dont
les
formes
étoient
révulieres,
quoiqu'il
ne
pür
fe
former
aucune
idée
de
leur
figure,
ni
concevoir
ce
qui
exiftoit
en
eux
de
propre
à
produire
les
im-
preflions
qui
lui
plaïifoient.
Lorfqu'on
lui
préfentoit
deux
corps
de
formes
différentes,
par
exemple
,
un
cube
&
un
olobe
,
formes
dont
il
avoit
une
connoiffance
trés-claire
par
le
toucher,
&
qu'on
lui
demandoit
quel
étroit
Le
cube
?
quel
étoit
le
globe
?
il
lui
étoit
impoflible
de
les
reconnoître
pat
les
yeux
;
mais
lorfqu'on
les
avoit
défignés
l'un
&
l’autre,
par
leurs
noms,
il
efpéroiït
de
les
reconnoître
une
autre
fois:
cependant
fes
idées
fe
confondoient
dans
fa
tête
au
milieu
de
la
multitude
des
objets
qu'il
cherchoir
à
retenir,
&
pen-
dant
long-tems
il
lui
en
échappoit
beaucoup.
On
en
citeun
exemple
particulier
;
ayant
fouvent
oublié
la
différence
entre
le
chat
&
le
chien,
il
n'ofa
point
faire
de
queftion
fur
cetre
confufion
d'idées
:
il
prit
Le
char
qu'il
connoïfloit
par
le
tou
cher,
illeregarda
fortatrentivement,
&le
renvoyant
enfüite,
il
dit:
Le
chat
ef
ainfifait,
je
le
reconnoîtrai
une
autre
fois.
I!
favoit
bien
:
difoit-il
;
que
A
chambre
-
n'étoit
-
qu'une
partie
de
fa
maifon,
cependant
il
ne
pouvoit
concevoir
qué
tonte
la
maifon
dût
lui
paroïtre
plus
grande;
il
ne
lui
étoit
LÉ
RL
nr
mt
EDR)
TT
MT
NP
SE
=
lt
BE
LC
EE
AR
pu
Mon
np,
9$
pas
poñible
d'imaginer
une
ligne
au-delà
de
ce
qu
il
voyoit;
tous
Les
premiers
objets
qu'il
avoit
vus
,
lui
avoient
paru
ex-
trèmement
grands
;
ce
ne
fut
qu'à
forcé
d'en
voir
de
plus
grands
&
de
plus
petits,
quil
conçut
par
les
yeux
les
appa-
rences
qui
manifeftoient
les
différences
des
grandeurs.
Quoiqu'il
eût,
ainfi
que
nous
l'avons
dit
plus
haut,
la
connoïffance
des
couleurs,
&
qu'il
les
diftinguât
même
affez
bien
lorfque
les
corps
colorés
de
teintes
fortes
étoient
très-
éclairés,
il
ne
les
reconnut
plus
lorfque
fes
yeux
furent
dé-
voiles
;
il
ne
pouvoit
plus
les
nommer;
il
penfoit
même
que
les
couleurs
qu'il
voyoit
n'étoienc
plus
celles
qu'il
avoit
con-
nues
autrefois
fous
les
mêmes
noms.
Le
ronge
lui
parut
[a
plus
belle
de
toutes
les
couleurs,
&
parmi
les
autres,
les
plus
gaies
étoient
pour
lui
les
a
agréables
;
mais
la
pre-
miere
fois
qu'il
vit
Le
noir,
il
en
fut
cffrayé,
il
ne
fe
familia-
rifa
que
difficilement
avec
cette
couleur
;
&
ayant
rencontré
un
nee
—
MOIS
—
fa
guérifon,
il
fut
fai
d’
hor-
reur
à
fon
afped.
…
-
Il
étoit
fort
étonné
o
-
les
cotes
qui
lui
avoient
paru
les
meilleures,
les
plus
utiles,
les
plus
agréables
au
toucher,
ne
fuffent
pas
les
plus
Le
aux
yeux;
&
furtout,
que
les
perfonnes
qu'il
avoit
É
plus
aimées
,
ne
fuffent
pas
ie
plus
belles
;
il
fembloit
accufer
la
Nature
de
n'avoir
pas
réuni
Le
rapport
de
tous
les
fens
pour
embellir
fes
jouiffances
;
il
IgnOroït
encore
que
tout
fon
art
eft-de
les
varier
,
que
c'elt
|
ainfi
qu
elle
Les
multiplie
,
que
lhomme
ft
né
pour
la
Var
rite
.
»
pour
Pinconftance
,
qu
il
n'a
rien
à
redouter.
utan
ss
a
fauété.
|
-
On
avoit
pente
qu'il
reconnoitroit
biensèe:
que
repré-
6
.
PHYSIQUE
fentoient
les
pentes
;
;
cependant
ce
ne
fut
que
deux
mots
après
qu
on
Jui
eût
abattu
la
cataracte,
qu
l
découvrit
qu’elles
repréfentoient
des
corps
folides
:
se
alors
il
les
avoit
regardées
uniquement
comme
des
furfaces
recouvertes
de
différentes
couleurs.
Mais
lorfqu'il
eut
reconnu
que
les
peintures
étoient
des
repréfentations
,
il
fut
crès-furpris
de
ce
qu'elles
n’étoient
pas
fenfibles,
inégales
comme
les
chofes
qu'elles
repréfentoient
;
il
ne
concevoit
pas
que
les
parties
qui,
par
le
mélange
de
l'ombre
&
de
fa
Lumiere,
Jui
paroïfloient
rondes
ou
anguleufes
,
fuflent
cependant
au
toucher
aufli
planes
que
les
autres,
&
il
demanda
quel
étoit
le
vrai
fens,
le
fens
fidele,
fi
c'étoit
celui
du
ta,
ou
celui
de
la
vue
?
Ce
qui
léconnoit
Le
plus
,
Cétoit
qu'on
püt
re*
préfenter
de
fi
grands
objets
dans
de
fi
petits
efpaces.
La
premiere
fois
quil
fit
certe
obfervation,
ce
fut
à
loccafion
du
portrait
de
fon
pere
peint
en
miniature
fur
[a
montre
de
fa
mere
:
l'ayant
reconnu
,
il
ne
pouvait
imaginer
comment
on
avoit
pu
le
renfermer
dans
un
auf
petit
cadre
:
cela
lui
fembleit,
difoit-il
,
auf
impoñible
que
de
faire
entrer
uñ
tonneau
de
quelque
liqueur
dans
une
pinte.
|
L'opération
ayant
été
faite
aux
deux
yeux
dans
des
rem
différens,
lorfqu'’on
lui
rendit
le
fecond
œil,
il
trouva
que,
quoique
les
objets
lui
parüffent
plus
grands
que
dans
l'ordre
naturel,
&
plus
grands
qu'il
ne
les
voyoit
de
l’autre
œil,
ils
n'étoient
cependant
pas
aufli
amplifiés
qu’ils
été
la
premiere
fois
qu'il
les
aveit
vus.
Quelqw
indifférence
que
ce
jeune
ee
eût
paru
avoir
pour
jouir
du
fens
de
[a
vue,
il
fut
enchanté
lorfqw'elle
fui
eut
eté
rendue
:
chaque
nouvel
objet
étoit,
difoitil,
un
nouveau
RESSENTI
RSI
TIRENENENAEDIP
APE
TEEN
TEA"
pu
Morpr,
97,
nouveau
plailir
pour
lui;
&
ce
plaifir
étoic
fi
grand,
quilne
_pouvoit
l'exprimer.
Il
en
conçur
la
plus
vive
reconnoiffance
pour
Chéfelden
;
pendant
quelque
rems
il
ne
pur
le
voir
fans
verfer
des
larmes
de
joie,
il
l'accabloit
de
toutes
les
mar
ques
de
l'affection
la
plus
tendre
;
&fi
ce
Chirurgien
différoit
d'arriver,
dès
que
le
tems
auquel
il
étoic
attendu
s’étoit
écoulé,
Le
jeune
homme
témoignoit
une
véritable
affli&tion.
Plufieurs
autres
exemples
d'aveugles
nés,
ou
qui
ne
fe
reffouvenoient
pas
d'avoir
jamais
vu
,
&
qui
ont
été
opérés
par
Chéfelden
;
d’autres
qui
l'ont
été
par
d’autres
Chi-
rurgiens,
ont
rendu
des
témoignages
qui,
dans
[es
points
cffentiels,
fe
rapportent
à
ceux
de
ce
jeune
homme.
Tou-
jours
il
à
été
démontré
qu'il
falloir
apprendre
à
voir
;
tous
ont
même
éprouvé
que,
n'ayant
jamais
eu
occafion
de
mou-
voir
leurs
yeux,
ils
ne
favoient
comment
s'y
prendre
,
&
qu'au
commencement
ils
ne
pouvoient
les
diriger
à
leur
gré
vets
aucun
objet
particulier
:
ce
n’eft
que
lentement
&
par
degrés
qu'ils
ont
acquis
cette
facilité.
Ce
qu'ont
éprouvé
ces
aveugles
nés,
les
enfans
l'éprouves
roient,
quand
bien-même
leurs
organes
ne
feroient
pas
affec=
ee
D
tés
des
vices
particuliers
à
leur
ace.
Mais
pour
eux
il
exifte
en«
core
d'autres
obftacles
à
la
perfe@ion
de
la
vifion
;
l'état
de
la
cornée,
celui
de
lhumeur
aqueufe
ne
font
point
encore
tels
qu'ils
doivent
être
pour
l'exercice
parfait
de
cet
organe.
M.
de
Buffon
fuppofe
en
outre
à
cet
âge
deux.
caufes
d'erreur,
dont
il
fiut,
{lon
lui,
que
lexercice
&le
tou
cher
les
corrigent
;
il
penfe
que
les
enfans
voient
leso
_jets
doubles,
&
qu'ils
les
voient
renverfés.
Mais
ces
:
Opinions
font
également
rejettées
par
les
Phyfciens.
Nous
Tome
TI,
N
8
PHFSIoOUE
ne
donnerons
point
ici
Les
raifons
fur
lefquelles
ils
fe
fon
dent,
elles
nous
écartefoient
trop
de
notre
objet.
On
les
trouvera
dans
la
fuite
de
ce
Volume,
lorfque
nous
traite
rohs
pit
profondément
de
{a
vifion,
dont
nous
ne
donnons
ici
qu
‘une
idée
fommaire
&
fuccincte.
Nous
expoferons
ail
{curs
la
théorie
de
tous
fes
phénomenes.
Nous
nous
bornerons
donc
à
prévenir
nos
Lecteurs
que
la
vue
feule
,
que
l'œil
n’eft
par
lurmème
j
juge
que
des
cou-
leurs,
qu'il
ne
left
ni
des
formes
,
ni
des
se
ni
dés
diftances
(
f).
Nous
croyons
en
avoir
dit
affez
fur
la
maniere
dont
la
Lu-
miere
fe
manifefte
à
nos
regards.
Parlons
de
fa
nature,
de
fes
phénomenes
&
de
fes
loix.
Maisavantque
d'expofer
ces
princi
pes,
&
notre
théorie
,
mettons
fous
Les
veux
de
nos
Lecteurs
les
Syftèmes
des
Savans
qui
nous
ont
precédes
dans
nos
recher
ches.
Nous
ne
remonterons
pas
plus
haur
que
Defcartes,
Si.
l’on
rencontre
fréquemment
dans
les
Philofophes
des
tems
reculés
quelques
g
crandés
idées,
quelques
vies
füblimes
;f
mème
nous
fommes
forcés
de
regretter
quelquefois
que
leurs
fucceffeurs
fe
foient
trop
écartés
de
leurs
opinions,
L
faut
avouer
aaffi
que
ces
idées
font
roujours
vagues,
quelles
font
toujours
noyées
dans
une
multitude
d'erreurs,
filles
de
ee
è
2
£
:
-
à
RE
>
pe
|
On
ir
fans
doute
avec
intérêt
Phiftoire
d’un
Aveugle
ni
né.
qui
fefoir
des
Leçons
publiques
de:Géométrie;
&c
nous
exhortons
ceux
de
nos
Lecteurs,
qui
ne.
connoïffent
pas
Saonderfon
,
à
lire
l'Ouvrage
de
M.
Diderot,
intitulé
Lesre
Jur
Les
Aveugles
a
Pafage
de
ceux
qui
voient.
L
hiftoire
de
cet
Aveuple
né,
peut
être
mile
au
rang
des
ire
les
plus
intéreflans
fur
Se
humeine,
xl
TES
D
ed
ä
4
D
pe
LE
C2
DAFZ
EMEA
MORT:
EE
TT
EIERT
RETOUR
PET
RE
EME
ER
COTE
5
ms
AT
A
1
A
dut
|
DU.
MONDE.
9%
lignorance,
&
du
défaut
d'obfervations.
On
reconnoïr
l'ef-
fort
du
génie
mais,
n'étant
point
alors
guidé
par
Les
Scien-
ces
exactes
;
étant
dépourvu
des
obfervations,
qui
font
les
feuls
matériaux
dont
il
puiffe
fe
fervir
pour
élever
l'édifice
{olide
de
nos
connoiflances,
il
s'égare
,
1l
fe
perd
dans
la
ré-
gion
des
chimeres,
&
ne
bâtit
que
des
Palais
de
Fées.
Le
défaut
de
connoifflance
des
faits,
le
défaut
d'obferva-
tions
exactes
fut,
dans
ce
que
nous
appelons
l'Antiquité
(&
cette
Antiquité
renferme
tout
ce
qui
nous
à
précédés
de
deux
cens
ans),
l'écueil.contre
lequel
échouérent
les
anciens
Phyficiens,
dignes
d'indulgence,
fans
doute,
puif-
qu'ils
navoïent
que
Le
tort
de
a
ho
Quelle
dd
auront
donc
aujourdui
ceux
dont
l'imagination
neft
arrêtée
ni
par
les
Sciences
exactes
,
ni
par
la
marche
des
obfervations
?
Hélas
!
cette
exc
.
naît
pos
eux
de
leur
.
imagination-même
;
plaisnons
ceux
qu
"entraîne
un
torrent.
Nous
allons
sapalei
les
ns
de
Defcartes
fur
la
Lu-
imiere.
|
qu'exercent
fur
nos
yeux
les
globules
d’un
fluide
quil
ap-
pelle
fon
fecond
élément;
elle
eft
le
produit
de
Peffort
qu'ils
font
pour
s
éloigner
du.
Soleil,
POus
s'écarter
du
centre
de
leur-
ee
Pour
faire
entendre
ce
que
ee.
nomme
:
le
a
élément,
il
eft
néceflaire
de
rappeler
la
notion
des
deux
au-
ttes,
Fe
la
maniere
dont
ce
Savant
fuppofe
que
ces
trois
élémens,
faits
d’une
même
matiere,
Ont
pu
E
les
prapriérés
qui
les
caradtérifent,
qui
lès.
difting
es
Après
avoir
établi
que
la
matiere
ft
une,
quelle
ef
la
N
2
Selon
ce
Sr.
.
une
dt
left
de
la
preffion:
%
Opinion
de
Defcartes,
n
TOO
PET
SrE
ÜU
même
dans
tous
les
corps,
qu'elle
eft
non-feulement
divifi-
ble
en
parties
de
telle
ou
telle
figure,
mais
qu’elle
eft
véri-
tablement
divifée
en
une
multitude
de
parties
;
il
fappofe
que
toute
cette
matiere,
dont
le
Monde
vifible
eft
formé,
a
été
au
commencement
divifée
par
Dieu
en
particules
cu-
biques,
prefqu'égales
entrelles,
&
d’une
grandeur
médio-
font
formés
,
&
la
grandeur
de
celles
qui
rempliffenc
le
valte
efpace
des
Cieux.
=
Au
commencement
des
chofes
,
&
par
l'ordre
de
Dieu,
toutes
ces
particules
furent
mues
fur
leurs
centres.
Chacune
eut
un
mouvement
propre
;
mais
plufieurs
tournerent
en
même-tems,
&
d'un
mouvèment
commun,
autour
de
cer-
tains
points
qui
devinrent
les
centres.
Les
centres
devinrent
:
des
étoiles;
les
étoiles
‘encroûterent,
elles
s'étei
gnirent,
elles
devinrent
des
planetes.
|
Au
premier
moment
du
partage
de
la
matiere
qui
rem-
plifloic
l'elpace
,
il
ne
fut
pas
poffible
que
chaque
portion
fût
de
forme
fphérique,
parce
qu'un
afflemblage
de
globes
qui
fe
touchent
,
laiffent
des
vides
entr'eux
;
ce
qui
les
empêche
de
remplir
l'efpace
qui
eft
effentiellemenc
continu.
Elles
furent
donc
de
formes
angulaires;
propres
à
fe
réunir
de
maniere
à
opérer
le
plein
;
mais
il
étoit
impoñhble
qu'elles
ne
sarrondiffent
pas
par
fucceffion
de
teins,
lorfqu’elles
eurent
divers
mouvemens
circulaires
fur
leurs
propres
centres,
Par
l'effec-de
ces
divers
mouvemens
,tous
les
angles
de
ces
mo-
;
RSS
;
ee
See
=
=
en
lécules
furent
abattus;
c'eft-è
dire,
tout
ce
qui
excedoïit
la
forme
fphérique
fut
détruit.
ES
2Nulle
part
il
ne
peut
exifter
un
efpace
vide,
&
les
mo
cre,
moyenne
entre
la
grandeur
de
celles
dont
les
aftres
ni
at
A
a
CA
DE
SU
A
SSP
À
SA
LE
LE
e
ne
RS
dd
rencontre
des
autres
corps
;
&
pare
elle
devient
sem
or
_
DU
MONDE.
IOZ
lécules
fphériques,
dont
on
vient
de
parler
,
en
auroient
laifé
néceffairement
entrelles
;
il
étoit
donc
néceffaire
de
remplir
ces
intervalles,
quelque
petits
qu'ils
puffent
être,
par
d'autre
matiere
de
forte
&
de
grandeur
convenable
pour
remplir
Les
efpaces
:
c'eft
à
quoi
fervirent
les
débris
des
angles
des
premiers
cubes
de
la
matiere,
féparés
la
premiere
divifion
qui
en
avoit
été
faite,
pa
leur
ôter
la
contiguité.
Ces
cubes
,
en
s'arrondiffant
par
le
frottement
mutuel,
laifferent
dans
leurs
intervalles
les
parties
qui
sen
détacherent.
Ces
parties
acquirent
une
telle
vitefle
,
que,
par
la
force
de
leur
mouvement
&
de
leur
choc,
elles
fe
brife-
rent
en
un
nombre
innombrable
de
parties
encore
plus
dé-
liées
,
propres
par
conféquent
à
remplir
tous
les
petits
vides
que
la
matiere
arrondie
faïffoit
entre
les
molécules.
Il
fau
remarquer
que,
dans
l'opinion
de
l’Auteur,
plus
ces
ro-
gnures
furent
petites
,
plus
elles
fe
mürent
avec
facilité,
&
elles
fe
briferent
encore
en
une
poufhere
plus
fubtile
,
parce
que
plus
elles
+
étoient.
petites
|
furface
à
à
proportion
de
leur
mañfe.
Elle
rencontrerent
les
autres
corps
felon
leur
furface;
elles
furent
brifées
felon
leur
malle.
EE
_
-
Voilà
donc
deux
Portes
L
matieres
s
très-diférentes,
que
Ton
peut
nommer
les
deux
prémiers
élémens
de
ce
Monde
vifble.
Le
premier
eft
cetre
pouflere
fubtile
dont
l'agitation
:
des
moindres
molécules
eft
f
forte.
,
qu'elles
fe
brifent
en-
core
en
une
poufliere
indéfiniment
DR
fine
,
plus
fabile,
PTE
d'autant
plus
propre
à
remplir
contes
lés
parties
que
les
autres
matières
sbandonnenr,
tous
€
X
.
plus
elles
avoient
Era
104
PHgrsEOouR
billon
qu'ils
forment
autour
du
Soleil,
que
l'on
peut
dé-
duire
toutes
les
autres
propriétés
de
la
a
On
a
fait
contre
cette
théorie
de
la
Lumiere
des
objec-
tions
très-fondées
;
&
des
obfervations
poftérieures
à
Def.
cartes
ont
fait
connoître
que
ce
Philofophe
s'étoit
trompé,
en
croyant:
que
le
mouvement
de
la
Lumiere
étoit
inftan-
tané.
Une
feule
vérité
de
fait
auroit
fufhi
pour
renverfer
tout
fon
Syfteme.
Il
en
eût
fait
un
autre,
sil
l’avoit
con-
nue,
&
peut-être
nen
eût-il
plus
laïffe
à
re
Il
eft
prou-
vé
aujourd
hui
que
Îa
Lumiere
emploie
environ
fept
à
huit
minutes
à
venir,
ou
à
fe
propager
du
Soleil
à
nous,
qui
en
fommes
are
de
plus
de
trente
millions
de
je
Defcarres
ayant
fuppofé
les
globules
de
don
fecond
élé-
ment
parfaitement
durs,
&
en
contact
immédiat
les
uns
avec
les
autres
,
afin
d
pouvoir
tranfmettre
action
du
corps
lumineux
:
nos
yeux,
il
a
du
conclure
de
cette
parfaite
dureté
,
&
du
contact
immédiat
,
que
cette
action
eft
inftantanée,
Il
compare
limpreffion
de
la
Lumiere
fur
nos
yeux
par
le
moyen
des
files
de
globules
durs,
à
celle
que
|
les
.COrps
étrangers.
font.
fur
{a
main
d
un
par.
1
moyen
de
fon
bâton.
En
effer,
les
mouvemens
=
deux
extrémités
d'un
bâton
que
lon
…
däns
le
fens
de
fa
lons
gueur
,
font
fimultanés,
L'extrémité
que
tient:
Ja
main
ne
fauroit
avancer
dun
pied,
fans
que
l'autre
extrémité
avance.
en
même
teins
de
la
même
quantié
;
ÿ
&
quelque
longueur
qu
ait
le
bâton,
le
communication
du
mouvement.
d'une
extrémité
al
autre
{era
t
toujours
inftantanée.
.
Mais
une
objection
fans
réplique
combat
«
encore
la
théos
fi
&
de
Défcartes,
Si
les
molécules
de
la
Lumiere
étoient
|
des
TASER
TETE
RERNIE
EC
POTERIE
ARRETE
EN
ETPRRRERRE
ERTERERTE
Tr
Ë
Ë
$
Ë
INRP
EN
RRNE
EAN
NENEMENN
ENTER
REUTERS
PATIO
AARENPENTS
RE
FNUENTEEU
cie
saT:-
déiiant
EEE
Se
ee
ue
MONDE
toÿ
des
globules
parfaitement
durs,
comme
il
le
fuppofe,
ils
ne
pésrroient
fe
réfléchir
de
maniere
que
l'angle
de
réflexion
fût
égal
à
l'angle
d’incidence.,
comme
on
f'obferve
,
&
comme
on
lobfervoit
du
cems'
de
Defcartes.
Cette
pro-
priété
de
fe
réfléchir
n'appartient
qu'aux
corps
élaftiques
;
celle
de
faire
l'angle
de
réflexion
parfaitement
égal
à
l'angle
d'incidence
,
n'appartient
qu'aux
corps
qui
font
éminemment
élaftiques.
Un
corps
qui
ferôit
parfaitement
dur
(
&
il
n'en
exifte
point
de
certe
efpece)
perdroit
tour
fon
mouvement
à
la
rencontre
d’une
furface
de
même
efpece
qu'il
viendroit
frapper
perpendiculairement,
S'il
rencontroit
-obliquement
la
furface
,
après
avoir
perdu
tout
fon
mouvement
perpendiculaire
,
il
continueroit
à
{e
mou-
voir
parallelement
à
à
la
furface
qu'il
auroiït
frappée,
Si
au
contraire
le
corps
qui
vient
frapper
ebliquement
la
furface
,
eft
parfaitement
élaftique,
il
reprendra
en
arriere,
par
l’effec:
du
rétabliffement
de
fon
reffort
,
tout
le
mouvement
per-
pendiculaire
qu
il
avoit
avant
le
choc;
il
fera
réfléchi
fous
un
angle
égal
:
à
celui
incidence,
-Onaencore
objetté
que
fi
la
Lumiere
étoit
l'effet
de
La
preffion
dun
fluide
préfent
partout,
il
n'y
auroit
point
d'ombre
,
puifqu'il
eft
démontré
par
Les
loix
de
l’'Hdyrofta-
tique,
que
la
preflion
fur
une
partie
d'un
fluide,
renfermé
dans
un
efpace
dont
il-ne
peut
s'échapper
,
L
diftribue:
uniformément
en
toute
forte
de
fens
dans
ce
fluide.
Celz
pote,
l'action
du
Soleil
diftribuée
dans
toute
la
matiere
lumineufe
qui
remplit
l'Univers,
&
qui
par
conféquent
occupe
Fefpace
oppofé
au
Soleil
l'efpace
où
nous
obfer-
vons
l'ombre
des
corps
ne
feroit.
pas
moins
pre
é
que
du
Tone
III,
0
106
BÆARSTOUE
côté
expofé
au
Soleil
;
il
n’y
auroit
donc
point
d'ombre
:
la
Lumiere
fe
feroit
autant
fentir
dans
l'hémifphere
oppofe
au
Soleil,
que
dans
l'hémifphere
qui
eft
tourné
vers
cét
aftre.
On
ne
nous
reprochera‘sûrement
pas
d'avoir
diminué
la
force
de
cette
objections
nous
croyons
au
contraire
lui
en
avoir
donné,
en
la
préfentant
d'une
maniere
plus
pré-
cife
qu'elle
n'eft
propofée
dans
plufieurs
nouveaux
Ou-
vrages
de
Phyfique
:
cependant,
nous
ofons
dire
qu'elle
n'eft
qu'un
pur
fophifme.
Defcartes
avoit
prouvé
que
les
molécules
de
fon
fecond
élément
ne
pouvoient
avoir,
outre
le
mouvement
de
circulation
autour
du
Soleil
,
&
le
mouvement
de
roration
fur
leurs
propres
centres
,
que
Je
mouvement
dans
le
fens
du
rayon
de
la
fphere
,
pour
s'éloigner
du
centre
,
&
que
c'étoit
par
leur
effort
dans
ce
fens,
qu'ils
produifent
fur
nos
yeux
la
fenfation
de
Eumiere,
Il
doit
donc,
dans
fes
principes,
y
avoir
de
l'ombre,
puif-
que
les
molécules
du
fecond
élément
ne
fént
effort,
n'ont
de
tendance
que
vers
la
circonférence
,
&
que
celt
par
_
cet
effet
de
leur
force
centrifuge
qu'ils
séloignent
du
cen-
tre
,
vers
lequel
les
molécules
du
premier
élément
affluent,
pour
occuper
la
place
que
les
molécules
du
fecond
élément
leur
abandonnent.
RE
_
-
Mais
une
objection
plus
confidérable
contre
la
théorie
de
Defcartes,
peut
fe
tirer
de
la
continuité
préfuppofée
de
la
matiere,
&
de
la
multitude
des
impulfions
particulieres
qu’il
auroit
fallu
que
Dieu
eût
employées
pour
imprimer
à
chaque
molécule
divifée
par
fa
puiflance,
&
deftinée
à
de-
venir
un
globule
du
fecond
élément,
le
mouvement
de
rotation
par
lequel
elle
eft
parvenue
à
cer
érar.
Les
glo-
Ke
|
PIE
ENS
ENIE
RENTE
DEEITENTEE
RONA
RENE
ENTTE
INR
T
ENTER
EITE
RTE
EIRE
ERP
TRIER
Du
Monpe.
_
bules
du
fecond
élément,
dont
le
nombre
eft
inconceva.-
ble,
puifqu'ils
rempliffent
la
vafte
étendue
de
l'Univers,
&
que
leur
peticefle
eft.extrème,
ont
eu
befoin
chacun
d’une
impulfion
particuliere
pour
tourner
fur
leurs
centres,
Ils
n'ont
pu
recevoir
leur
mouvement
de
celui
du
Soleil,
puif-
que,
felon
Defcartes
,
le
Soleil
alors
n'exiftoit
pas,
&
qu'il
eft
compolé
de
la
matiere
fubtile,
ou
premier
élément,
formé
lui
-
même
des
débris
de
la
matiere
qui,
réduite
ainf.
en
globules
durs
,
a
formé
le
fecond
élément.
Cette
grande
multitude
d'opérations
&
d’impulfons
particulieres,
nous
paroït
répugner
également
à
la
notion
que
nous
avons
de
la
toute-puiflance
de
l’Auteur
de
la
Nature,
&
à
celle
que
nous
avons
de
la
fublimité
de
fon
intelligence
:
cette
objection
peut
auf
être
oppofée
aux
petits
tourbillons
du
P.
Malebranche.
Nous
allons
expofer
le
fentiment
de
ce
Philofophe,
fur
la
nature
de
la
Lumiere,
&
für
la
généra-
tion
des
couleurs...
Selon
le
P.
Malebranche,
l'Univers,
-femblable
à
un
grand
&
vafte
ballon
qui
feroit
comprimé
extérieurement
par
une
force
comme
infinie,
eft
rempli
d'une
matiere
fluide
dont
le
mouvement
eft
très-rapide.
Non-feulement
cette
matiere
tourne
avec
beaucoup
de
vitefle
autour
d’un
O
2
Opinion
de
Malebranche,
TOS
PITSIQOUE
de
petits
tourbillons,
qui
n'ont
de
dureté
que
par
la
compref:
fion
de
la
matiere
qui
les
environne.
Ces
petits
courbillons
_recoivent
du
corps
lurnineux,
dont
toutes
les
parties
font
dans
un
mouvement
très-rapide,
des
pulfations
fréquentes,
queler
Malebranche
nomme
vibrations
de
prefion,
&
_
quil
afimile
au
mouvement
d'aller
&
de
venir
d'un
pifton.
Selon
que
ces
vibrations
fonc
plus
ou
moins
vives,
le
corps
éclairant
paroït
plus
où
moins
lumineux
;
&
felon
qu’elles
font
plus
où
moins
promptes,
le
corps
paroïtra
de
telle
ou
telle
couleur.
La
Lumiere
&
les
couleurs
ne
con-
fiftent
donc,
felon
notre
Auteur,
que
dans
les
diverfes
fecouffes
ou
vibrations
de
la
matiere
éthérée,
ou
que
dans
Les
vibrations
de
preflion
plus
on
moins
promptes,
que
la
ma-
tiere
fubtile,
interpofée
entre
l'œil
&
le
corps
lumineux,
tranfmet
fur
la
rétine.
Re
Puifque
tout
eft
plein,
nos
yeux
quoique
fermés,
où
dans
les
ténebres,
font
toujours
également
comprimés.
Mais
cette
compreflion
du
nerf
optique
n’excite
point
la
fenfa-
tion
de
couleur,
parce
qu'elle
eft
habituelle
:
par
la
même
faifon,
nous
ne
fentons
point
le
poids
de
l'air
qui
nous
en
vironne,
quoique
ce
poids
foit
trés-confidérable.
Mais
f
.
l'ocil
eft
tourné
vers
un
flambeau,
les
parties
de
fa
flamme
étant
dans
un
mouvement
continuel,
prefféront
fans
ceñle,
plus
fortement
que
dans
les
ténebres,
&
par
des
fecoufles
de
vibrations
très-prompres,
k
matiere
fubrile
qui
envi-
ronne
la
flamme
de
tous
les
côtés,
&
par
conféquent,
à
caufe
du
plein,
ces
vibrations
prefféront
cette
matiere
fub-
tile
jufqu'au
fond
de
l'œil
;
&
alors
le
nerf
optique
,
plus
comprimé
qu’à
l'ordinaire,
&
fecoué
par
les
vibrations,
Ex
1
NE
LA
k
|
Ê
ê
Bb
R:
Re
Ë
fé
L
È
Fe
Ë
A
RE
AR
À
1
ë
Ÿ
‘
pü
MonNpr.
ro9
ditera
une
fenfation
de
Luniere
ou
de
blancheur
vive
&
éclatante.
Si
un
corps
eft
tel
que
la
matiere
fubtile
qu'ébranle
[e
flambeau
foit
réfléchie
de
ce
corps
vers
l'œil,
&
Y
produife
des
vibrations
également
promptes
,
cé
corps
paroîtra
blanc,
&d'autant
pue
Dane
,
qu'il
y
aura
plus
de
rayons
réfléchis
;
d
paroîïtra
même
lumineux,
fi
ce
corps,
étant
poli,
réfléchit
tous
les
rayons,
ou
du
moins
sil
en
réfléchit
une
très-grande
partie
dans
le
même
ordre
qu'il
les
à
reçus
,
parce
qué
Véclar
vient
de
la
force
des
vibrations,
&
la
couleur
de
leur
promp-
titude.
Selon
que
la
matiere
fubtile
réfléchie
excite
dans
F
œil
des
vibrations
plus
ou
moins
pause
dans
certains
degrés
=
quelAuteurne
croyoit
pasqu'on
pût
déterminer
exaétement,
on
aura
quelques-unes
des
couleurs
fimples
ou
pHitess
comme
le
rouge,
le
jaune,
le
bleu,
&c.
on
aura
même
les
autres
ee
&
même
la
blancheur
qui
eft
la
plus
compofée
de
toutes,
felon
les
divers
mélanges
des
rayons
dont
les
vibrations
auront
diverfes
romptirudes.
Ex
blancheur
eff
la
plus
compofée
de
toutes,
,
parce
qu'elle
_€ft
compofée
de
l'affemblage
des
vibrations
rentes
en
rompbtitude.
que
produit
dans
la
matiere
fubtile
chaque
P
»
Que
P
q
partie
de
la
ee.
Comme
tout
eft
plein,
&
infiniment
comprimé
;
chaque
rayon
conferve,
dans
toute
fa
longueur,
la
même
fréquence
de
vibration
qu'à
la
petite
partie
de
la
flamme
qui
le
produit;
&
a
que
les
parties
de
la
flam-
me
ont
un
mouvement
varié
,
les
rayons
des
couleurs:
ont
néceflairement
des
vibrations
,
&
font
des
réfraétions
cC
iffé=
=
rentes.
Tel
eft.
le
Syftême
dé
P.
Malebranche
\
poñtion
duquel
nous.
avons
le
plus
fouventemploy:
(S
les
pr
O=
ecran
de
l'Auteur.
_<
ne”
a
TIO
PATSEOQUE.
Opinion
de.
M.
Rohault,
autre
partifan
celebre
dé
Defcartes,
com
Rohaulr,
mence
par
limiter
le
fens
des
mots
Zumiere
&
couleur,
quiont
plufeurs
acceptions.
Dans
la
premiere,
ils
fignifient
le
fenti-
ment
que
nous
éprouvons
lorfque
nous
“oaadou
le
Soleil,
&
les
divers
objets
que
l’on
nomme
co/orés.
Dans
la
econde
acception
,
ces
mots
fignifient
la
difpofition
qu'il
y
a
dans
les
objets
extérieurs
,
au
moyen
de
laquelle
ils
peuvent
ex-
citer
en
nous
les
fenfations
de
couleur
&
de
Lumiere.
Mais
comme
les
objets
lumineux,
le
Soleil,
la
flamme,
&
tous
les
objets
vifibles
où
ar
ne
|
pas
immédia=
tement
aux
yeux
,
il
faut
ddne
qu'ils
agiflent
médiatement
fur
ces
organes
par
le
moyen
de
quelques
autres
corps
in-
cerpofés
qui
reçoivent
&
tranfmettent
leur
action.
L'elpace
intermédiaire
rempli
par
ces
Corps,
eff
le
milieu
qui
dansla
troïfieme
acception,
porte
encore
Le
nom
de
Zumiere,
que
quelques
Phyficiens
nomment
Zwmiere
feconde
,
pour
la
diftinguer
de
la
difpoftion
qui
eft
dans
les
corps
lumineux,
qu'ils
ont
appellée
Zumiere
primitive
,
Où
radicale.
«
Nous
»
navons,
dit
Rohault,
aucune
raifon
qui
nousobli
ge
à
dire
»
que-la
Lumiere
des
corps
lumineux
foit
autre
chofe
que
».
le
pouvoir
qu'ils
ont
de
produire
en
nous
le
fentimene
»
fort
clair
&
fort
vif
que
nous
avons
en
leur
préfence
:
ne.
»
fe
pourroit-il
pas
bien
faire
que
ce
pouvoir
sus
ont
»
reflemblât
à
celui
qu'a
une
épingle
de
faire
naître
en
»
nous
de
la
douleur
:
Comme
donc
cette
fenfarion.
que
»
caufe
en
nous
une
épingle,
préfappofe
feulement
de
»
notre
part
une
capacité
de
fentür
,
_&
n’admet
rien
du
»
côté
de
l'épingle
,
que
fa
figure
&
Le
dureté
,
au
moyen
|
».
de
quoi
elle
peut
feulemenc
<
caufer
quelque
divifion
dans
L
Ë
ê
i
È
É
PROPRES
RTE
IS
DRE
A
A
A
A
CE
el
UE
NAS
POSER
ETES
EE
Fes
id
idée
rI4Y,
EC
RTC
LISTER
7
OPEN
ee
PIN
SAR
ER
PART
UE
RU
7
N
Bules
durs
du
fecond
élément,
à
caufe
dé
leu
a
carrée
ip
sd
ei
Ds
MONDE,
TIT
5»
l'endroit
où
on
lapplique
;
de
même
penfons
que
le
fentiment
de
la
Lumiere
dépend
de
ce
que
nous
fommes
»
capables
de
fentir
de
cette
façon
particuliere
,
&
de
ce
»
qu'il
y
a
dans
les
pores
des
corps
tranfparens
une
matiere
ÿ
affez
fubtile
pour
pénetrer
même
le
verre,
&
toutefois
»
affez
puiffante
pour
ébranler
les
petits
filets
qui
font
au
»
fond
de
nos
yeux.
De
plus,
comme
une
épingle
a
be-
»
foin
de
quelqu'agent
qui
la
pouffe
vers
nous
;
de
mêmé
»
penfons
que
cette
matiere
doit
être
poufñée
par
le
corps
Ÿ
»
lumineux,
avant
qu’elle
puifle
faire
aucune
imprefion
»
fur
l'organe
de
[a
vue.
|
»
Aiïnfi
la
Eumiere
primitive
confiftera
dans
un
certain
»
mouvement
des
pares
du
corps
lumineux
qui
les
rend
»
capables
de
poufler
à
la
ronde
la
matiere
fubtile
qui
»
remplit
les
pores
des
corps
tranfparens
;
;
&
l’inclination
à
»
fe
mouvoir,
ou
la
tendance
qu'a
cette
matiere
à
s’éloi-
»
gner
en
ligne
droite
du
centre
du
corps
[lumineux
,
conf-
»
tituera
l'efflence
de
la
Lumiere
feconde
,
où
c
ile
D'où
»
il
éft
aifé
de
conclure
que
la
forme
(
la
propriété
)
du
»
corps
tranfparent
confiftera
dans
la
rectitude
de
fes
»
pores,
où
plutôt
en
ce
qu'ils
Le
traverferont
de
tous
»
côtés
fans
ee
Et
au
contraire
,
un
corps
fera
5
opaque,
parce
qu'il
n'aura
pas
fes
t
pores
Rens
5
où,
Si
»
en
a
quelquesuns,
1.
qui
lnen
fera
pas
entiérement
»
&
de
tous
côtés
pénétré
».
Telle
eft
l'opinion
de
Rohault,
dont
nous
avons
-
-
crit
les
expreflions.
Elle
differe
peu
de
celle
de
Defcarres.
Il
admet
fans
modification
fes
trois
élémens.
ÿ
ma
LR
“
<<
Opinion
de
Régis.
113
PHYSIQUE
Rohault
ne
rejette
pas
,
ne
peuvent
fervir
à
expliquer
le
mouvement
progreflif
&
fucceñif
de
la
Lumiere.
Il
eff
aujourd'hui
bien
prouvé
que
fa
propagation
neft
point
.
inftantanée.
D
»
»
D
»
D)
Régis
a
fuivi
d'affez
près
opinion
de
Rohault.
«
Nous
ne
devons
,
dit-il,
point
faire
dificulté
de
raifonner
de
la
vue
,
comme
de
l’ouïe,
&
de
penfer
que
comme
le.
fentiment
du
fon
dépend
de
ce
que
les
corps
réfonans
froiffent
l'air,
&
que
l'air
froifle
&
ébranle
les
nerfs
de
l'oreille,
ce
qui
excite
dans
le
cérvéau
un
mouvement
inftitué
de
la
Nature,
pour
caufer
dans
Pâme
le
fenti-
ment
du
fon
;
le
fentiment
de
la
Lumiere
dépend
aufli
de
ce
que
nous
fommes
capables
de
{ehtir
de
cette
maniere
particuliere
:
&
dès
quil
y
a
dans
les
pores
de
tous
les
corps
tranfparens
de
la
matiere
du
fecond
élément
qui
pénetre
les
yeux,
&
qui,
étant
pouifée
par
les
corps
qu'on
appelle
lumineux
,
peut
ébranler
les
petits
filets
des
nerfs
optiques,
de
la
maniere
inftituée
par
la
Nature,
pour
.
exciter
dans
l’âme
un
fentiment
de
Lumiere
;
ceft-à
dire,
que
comme
Le
fon
primitif,
ou
radical,
confifte
dans.
la
liaifon
&
dans
le
reMort
des
parties
des
corps.
réfons
nans,
&
Le
fon
dérivé
dans
l'agitation
particuliere
de
Pair
qui
eft
froiffé
par
ces
corps
;
de
même
la
Lumiere
pri
mitive.
&
radicale
confiffe
dans
l'agitation
violente
des
particules
infenfbles
des
corps
lumineux
,
&
la
Eumiere
dérivée
dans
le
mouvement
que
la
mariere
du
fecond
élément
reçoit
de
ces
corps
,
&
qu'elle
communique
44
nerf
optique,
qui
eft
Forgane
de
la
vue
>.
.
L'idée
heureufe
de
Régis,
d'afimiler
fadion
&kes
.
|
…
effets
pu
MonNDE.
i13
effets
des
corps
lumineux
à
ceux
des
corps
fonores
,
à
été
beaucoup
mieux
dévéloppée
par
M.
Huyghens.
Voici
com-
ment
ce
éélebre
Mathématicien
expofe
fon
fentiment
fur
la
nature
de
la
Eumiere
,
&
fur
la
maniere
dont
fe
fait
{a
propagation.
«
On
ne
fauroit
douter
que
la
Lumiere
ne
confifte
dans
Opinion
de
»
le
mouvement
de
certaine
matiere
:
car,
foit
quon
re-
RUE
D.
garde
fa
produdtion,
on
trouve
qu'ici
(fur
la
Ferre)
»
ceft
principalement
le
feu
&
la
flamme
qui
l'engendrent;
»
lefquels
contiennent
fans
doute
des
corps
qui
font
dans
»
un
mouvement
rapide,
puifquils
diflolvenc
&
fondent
_»
plufeurs
corps
des
plus
folides
:
foit
qu'on
regarde
fes
»
effets,
on
voit
que
,
quand
la
Lumiere
eft
ramañiée,
com
»
me
par
des
miroirs
concaves,
elle
a
la
vertu
de
brûler
»
comme
le
feu
,
c'eft-à-dire
,
qu'elle
défunt
les
parties
des
»
corpsi
ce
qui
marque
aflurément
du
mouvement,
au
»
moins
dans
la
vrafe
Philofophie,
dans
laquelle
on
conçoit*
»
que
la
caufe
de
tous
les
effets
naturels.
eft
une
caufe.
»
méchanique
:
ce
qu
il
fut
admettre
comme
une
vérité
»
fondamentale
;
ou
bien,
dit
notre
Auteur,
il
faut
renon-
»
cer
à
toute
efpérance
de
jamais
rien
comprendre
dans
la
|
»
Phyfique.
|
:
|
=
|
»
Er
comme,
fuivant
cetre
Philofophie
,
l'on
tient
pour
certain
que
Léon
de
la
vue
n'eft
excitée
que
par
»
l'impreffion
de
quelque
mouvement
d'une
matiere
qui
»
agit
fur
le
nerf
au
fond
de
nos
yeux
,
c'eft
encore
une.
»
raïfon
de
croire
que
la
Lumiere
confifte
dans
un
mou-
|
»
vement
dela
matiere
quif
fe
trouve
entre
nous
&
»
»
lumineux.
i
ne
Tome
I
T1.
ÿ
À
I14.
PHrSIQUE
»
De
plus,
quand
on
confidere
l'extrême
vitefle
dont
la
»
Lumiere
s'étend
de
toutes
parts,
&
que,
quand
il
en
vient
»
de
différens
endroits
,
même
de
rout
oppolés,
elles
fe
»
traverfent
l'une
l'autre
fans
s'empêcher
;
on
comprend
»
bien
que,
quand
nous
voyons
un
objet
lumineux,
cene
|
|
»
fauroit
être
paï
le
tranfport
d'une
matiere
qui
depuis
cet
à
»
objets'en
vient
jufquà
nous,
ainfi
qu'une
balle,
ou
une
|
»
fleche,
rraverfe
l'air
ÿ
car
affurément
cela
répugne
trop
|
=
»
à
ces
deux
qualités
de
la
Eumiere
,
&
furtout
à
la
der-
|
»
niere.
C'eft
donc
d’une
autre
maniere
quelle
s'étend;
&
|
»
ce
qui
peut
nous
conduire
à
la
comprendre,
c'eft
la
»
connoiffance
que
nous
avons
de
l'extenfon
du
fon
dans
»
l'air.
;
=.
et
..
»
Nousfavons
que
par
le
moyen
de
l'air,
qui
eft
un
»-corpsinvifible
,
impalpable
,
le
fon
s'étend
cout
à
l'entour
».
du
lieu
où
il
a
été
produit,
par
un
mouvement
qui
pe
»
fucceffivement
d'une
partie
de
l'air
à
l'autre,
&
que
lex-
»
tenfon
de
ce
mouvement
fe
fefant
écalement
vire
de
tous
.
»
côtés,
il
fe
doit
former
comme
des
furfaces
fphériques,
__
»
quisélargiflent
toujours,
&
viennent
frapper
notre
oreille.
»
Or,
iln’y
a
point
de
doute
que
la
Lumiere
ne
parvienne
»
aufh
depuis
le
Corps
lumineux
jufquà
nous,
par
quelque
»>
mouvement
imprimé
à
la
matiere
qui
elt
entre
-deuxs
»
puifque
nous
avons
déjà
vu
que
ce
ne.
peut
ètre
par
le
»_tranfport
d'un
corps
qui
paferoit
de
l’un
à
l'autre.
Que
»
fi
avec
cela
la
Lumiere
emploie
du
tems
à
fon
pañage,
»
il
s'enfaivra
que
ce
mouvement
imprimé
à
la
matiere
fera
»
fuccefif,
&
que
par
conféquent
il
s'érend
,ainf
que
celui
»
dufon,
par
des
farfaces
&
des
ondes
fphériques.
Car
js
/
Es
K€
.
sine
boule
femblable
,
on
Heppe
la
premiere.
da
Du
MonpEr,
ITS
»
Jesappelle
ondes,
à
la
reffemblance
de
celles
qui
&
for-
»
ment
dans
l'eau
quand
on
y
jette
une
pierre,
qui
repré-
»
fentent
une
telle
extenfon
fucceflive
en
rond,
quoique
_»
provenant
d'une
autre
caufe,
&
feulement
dans
une
fur-
»
face
plane
».
-
M.
Huyghens
en
s'appuyant
de
l’ingénieufe
démonftra-
tion
de
M.
Roëmer,
conclut
de
la
retardation
des
éclipfes
des
fatellites
de
Jupiter,
que
la
vicefle
de
la
Lumiere
eft
plus
de
fix
-cent
-
mille
fois
plus
grande
que
celle
du
fon,
qui,
felon
lui,
parcourt
cent-quatre-vingts
toifes
par
fe-
conde.
Cette
grande
virefle
eft
pourtant
toute
autre
chofe
que
d'être
momentanée
(inftantanée),
puifquil
y
a
la
même
différence
que
d'une
chofe
finie
à
une
infinie.
Maïs
dans
l’un
ou
l'autre
mouvement,
les
ondes
les
plus
éloignées
du
centre,
fe
forment
avec
autant
de
vitefle
que
les
se
prochaines
,
parce
qu
‘elles
dépendent
&
font
l'effer
du
reflort
de
la
ma-
_tiere
éthérée..
Seulement
les
ondes
,
ou
vibrations
les
plus
éloignées
du
centre,
fonc
plus
petires
&
pl
>
celles
qui
:
avoifnent
le
centre;
mais
elles
ont
la
même
durée:
ee
enfin
par
l'éloignement
elles
ceffent
d’être
fenfibles
,
&
mé-
me
ceflent
entiérement.
M.
Huyghens
fappofe
la
matiere
éthérée
beaucoup
plus
dure
&
plus
élaftique
que
Pair.
Ces
deux
qualités
lui
fervent
à
expliquer
la
plus
grande
difficulté
de
la
Lumiere,
com-
ment
tant
de
rayons
ben.
&
fouvent
en
Op=
-pofés,
fe
croifent
dans
un
=.
point
fans
fe
confondre,
Si.
plufeurs
billes
de
billard
font
pofées
l’une
contre
l'autre
{ur
plufieurs.
lignes
droires
qui
s'entrecroïfent
,
116
PH
SSTOUE
celle-ci
demeurera
immobile,
ainfi
que
toutes
celles
de
fa
rangée
,
excepté
la
derniere
qui
sen
dérachera
avec
une
viceffe
égale
à
celle
de
a
boule
qui
afait
le
choc.
Main-
tenant
fi
on
frappe
à
la
fois
les
deux
premieres
des
deux
rangées
qui
fe
croifent
en
forme
d'X
,
au
milieu
defquelles
il
y
a
une
bille
commune
aux
deux
rangées,
il
arrivera
à
Pinftant
du
choc
des
deux
boules
contre
les
premieres
de
chaque
rangée
que
les
dernieres
fe
déracheront.
Voilà
donc
deux
mouvemens
fimulranés,
qui
d’une
vireffe
extrême
ont.
pañé
d'un
bout
à
l'autre
de
chaque
rangée
;
&par
la
bille
du
milieu
,
fans
qu'aucune
des
billes
ait
changé
de
place,
excepté
la
derniere
de
chaque
file.
Si
on
frappe
à
la
fois,
&
d’égale
force,
avec
deux
boules
contre
les
deux
extrémités
de
la
même
rangée,
toute
la
rangée
demeurera
immobile,
les
deux
boules
fe
réfléchiront
,
&
échangeront
leurs
vitel-
fes.
Voilà
donc
deux
mouvemens
direétement
contraires,
qui
ont
pañfé
dans
le
même
inftant
tout
le
long
de
la
rangée.
Il
faut
donc
que
chacune
des
billes
qui
la
compofe,
les
ait
tranfmis
tous
deux
enfemble.
Ces
billes
font
l'image
des
particules,
où
molécules
élaftiques
de
la
matiere
échérée.
=
|
Elles
fervent,
dans
le
premier
exemple,
à
expliquer
com-
ment
deux
rayons
de
Lumiere
peuvent
fe
croifer
dans
un
.
même
point;
&
dans
le
fecond,
comment
deux
mouvemens
contraires
peuvent
fe
propager
à
Ja
fois
dans
le
même
C'eft
ce
qui
explique,
dit
M.
Huyghens,
une
des
plus
merveilleufes
propriétés
de
la
Lumiere,
qui
eft
que,
quand
ilen
vient
de
divers
côtés,
ou
même
de
côtés
oppolés
,
ces
-Eumieres
font
leur
effer
l'une
à
travers
l'autre
fans
aucun
Le
DÉC
A
NAS
de
nf
ET
RÉ
sed
RS
EN
Este
A
AE
LR
A
LES
SR
EE
EC
-férans,
au-lieu
d'être
comparé
CO
des
corps
fonores.
Cette
opinion
de
ete
de
la
Lumiere
DU
MonNDE.
ET
_empèchement.
De-là
vient
aufli
que
par
une
même
ouver-
ture
plufieurs
Spectateurs
peuvent
voir
tout-à-la-fois
des
objets
différens,
&
que
deux
perfonnes
voient
au
même
inftant
les
…
de
l’autre.
Or,
d'après
ce
que
l’Auteur
a
dir
de
l’action
de
la
Lumiere
=
[a
maniere
dont
il
a
expliqué
comment
fes
ondes
ne
L
détruifent
,ninesinterrom-
pent
point
mutuellement,
ces
effets
font
aifés
à
concevoir.
La
Lumiere
premiere
,
felon
Newton,
confifte
dans
l’é.
miflon
effedtive
des
particules
des
corps
lumineux.
Aïnf
le
Soleil
lance
de
tous
côtés
à
la
fois,
hors
de
fon
fein,
des
parcelles
de
fa
fubitance,
Ces
parcelles
fe
meuvent
avec
une
vitefle
prefqu'infinie
,
telles
qu’elles
parviennent
à
nos
yeux
en
huit
minutes
de
tems.
La
Lumiere
feconde,
c’eft-
a-dire,
l'aétion
par
laquelle
le
corps
lumineux
oi
en
nous
L
fenfation
de
clarté,
confifte
aufli
dans
le
mouve-
ment
des
molécules
ad.
qui,
Adinites
dans
nos
YEUX,
vont
frapper
le
nerf
optique
;
en
force
se
l'action
des
A
corps
lumineux
:
peut
ètr
avoit
celle
de
plufieurs
anciens
Philofophes.
De
même,
dit
Epicure
,
que
l'odeur
confidérée
dans
le
corps
nr
.eft
une
émanation
de
ce
corps,
de
même
la
Lumiere
eft
“une
émanation
du
corps
lumineux.
Ces
deux
efpeces
de
Corps
‘envoient
de
leur
fein,
les
uns
à
nos
yeux
,
les'autres
à
nos
naines,
des
on
capables
de
faire
impreffion
fur
:
ces:
organes,
&
par-là
nous
communiquent
Les
fenfati
ons
_
de
clarté
ve
d'odeur.
Le
mouvement
progreff
&
fuccelif
de.
Opinion
de
Newton,
X18
PHYSTOUE
raté
par
le
retardement
des
éclipfes
des
farellites
de
Jupicer,
&
par
laberration
des
étoiles
fixes
,
a
été
donné
pour
preuve
de
fon
émiflon.
=
Mais
ces
phénomenes
peuvent
également
s'expliquer
dans
le
Syftême
qui
fait
confifter
ln
Lumiere
dans
les
vi-
brations
fréquentes
&
fuccellives
de
l’écher.
C'eft
ainfi
que
le
fon,
qui
a
un
mouvement
prosrelif,
fe
propage
par
des
ondulations
dont
on
a
déterminé
la
viteffe.
Il
parcourt
cent-foixante-treize
toifes
par
feconde,
fans
qu'il
vienne
rien
du
corps
fonore
à
nos
oreilles.
Ainfi
la
propagation
fucceflive
de
la
Eumiere
n'eft
pas
plus
une
preuve
de
|
l'émiflion,
que
ne
le
feroit
le
mouvement
fuccefif
du
fon,
fi
l'on
difoit
que
la
cloche
envoie
à
nos
oreilles
des
molés
cules
de
fa
fubftance.
|
|
7
La
propagation
de
la
Eumiere,
que
Defcartes
croyoit
inffantanée,
a
été
reconnue
fucceflive
par
les
obfervations
du
premier
farellite
de
Jupiter.
Voici
comment
l'Hiftorien
|
-de
l'Académie
des
Sciences
rapporte
cette
découverte
(2):
-
=
«
Comme
les
révolutions
de
ce
facellite,
dont
les
eclipz
»
fes
font
très-
fréquentes,
avoient
été
très-
exactement
»
calculées
par
M.
Cafini
dès
avant
1679,
il
reconnut,
»
ainfi
que
d'autres
Obfervateurs,
qu'en
certain
tems
le
»
facellite
fortoit
de
l'ombre
quelques
minutes
plus
tard,
»
&
dans
d’autres
plutôt
qu'il
nauroit
dû
faire.
On
ne
»
voyoit
aucun
principe
de
ces
variations
en
comparant
»
ces
tems
les
unsaux
autres.
M.
Roëmer
reconnut
que
ke
»
fatellite
fortoit
plus
tard
de
l'ombre,
juftement
quand
Ja
|
(g)
V-Hift
de
l'Acad.
des
Sciences
,
année
1679.
NS
ACT
AT
ER
C4
»
?
Le
»
»
»
»
»
»
]
es
LV
>)
D
D
LA
>
»
D)
D
»
ne)
è
2
D
À
n)]
-»
>)
LA
v
RE
TR
PTT
VE
CID
PA
NES
PO
A
OP
RN
1e
Par
DIS
TA
—
»
bu
Mon
0
#.
HIQ
Terre,
par
fon
mouvement
annuel,
s'éloignoit
de
Jupi-
ter,
&
plutôt
quand
elle
s'en
approchoir.
.
là
M.
Roë-
mer
commença
à
former
cette
conjecture
ingénieufe
,
que
la
Lumiere
pouvoit
employer
quelque
tems
à
fe
re-
pandre.
Cela
fuppofé
,
fi.
le
facellite
fortoit
plus
tard
de
l'ombre
quand
nous
étions
plus
“hoignes
de
fui,
ce
né-
toit
pas
qu
l
en
fortit
effectivement
plus
tard:
mais
fa
Lumiere
étoit
plus
de
rems
à
venir
jufquà
nous
,
parce
que,
pour
ainfi
dire,
nous
avions
fui
devant
de.
Au
contraire
,
quand
nous
allions
à
fa
rencontre
,
le
féjour
du
LL.
dans
l'ombre
nous
devoit
paroïtre
plus
court.
»
Pour
saflurer
de
la
vérité
de
certe
conjecture,
il
cal-
cula
quelle
différence
de
tems
dans
les
émerfions
ou
for-
ties
de
l'ombre
,
devoir
répondre
aux
différens
éloigne-
mens
entre
la
Terre
&
Jupiter.
Il
trouva
que
pour
une
différence
de
l'éloignement
égale
à
la
diftance
de
la
Ferre
au
Soleil,
la
Lumicre
retarderoit
de
11
minutes
;
(
des
obfervations
poftérieures.
Ont
fait
connoître
que
ce
retar-
dement
n'eft
que
d'environ
7
à
8
minutes
}
M
Roëmer
-
ännonça
à
l'Académie
,
au
commencement
de
Septem-
bre
1676,
que,
fifa
nr
étoit
vraie,
une
émerfon
du
premier
farellite,
qui
devoit
arriver
le
16
Novembre
fuivant
,
arriveroit
10
minutes
plus
tard
quelle
ne
devoit
arriver
,
par
le
calcul
des
Tables
;
&
Pévenement
répon-
dit
À
fa
prédiction.
ee
D:
Malgré
ce
fuccès,
comme
la
penfée
étoir
fort
nou
velle,
on
ne
sy
rendir
point
encore.
On
fut
en
garde
contre.
les
charmes
de
la
nouveauté.
Ée-
IEC.
pe
éxaétèment
pour
«
centre
de
Fe
mouvement
le
centre
+
;
120
PhrsSrQoUE
»
de
Jupiter
;
de
plus,
il
eft
conftant
que
fes
révolutions
ont
»
plus
de
vitefle
quand
Jupiter
eft
plus
proche
du
Soleil,
»
&
tout
cela
devoit
produire,
dans
fon
mouvement,
des
»
inégalités:
mais
ces
inégalités
n’euffent
point
été
précifé-
»
ment
réglées
,
comme
celle
dont
il
étoit
queftion:
il
fal-
5»
lut
donc
admettre
le
rerardement
de
la
Lumiere,
fi
vrai-
»
femblable
,
felon
la
Phyfique
,
quand
il
ne
feroit
pas
»
prouvé
par
l'Aftronomie.
Pourquoi,
ajoûte
l’'Hiftorien
de
»
l'Académie,
la
Eumiere
pourroit-elle
traverfer
un
efpace
»
en
un
inftant
plutôt
que
le
fon
?
ou,
pour
parler
encore
»
plus
philofophiquement
;
plutôt
qu'un
bloc
de
marbre
?
»
car
le
mouvement
du
corps
le
plus
fubril
ne
peut
être
que
»
plus
prompt;
mais
il
ne
peut
pas
plus
être
inftantané
que
»
celui
du
corps
le
plus
pefant
&
le
plus
mafif
».
L'autre
phénomence
obfervé,
Paberration
des
étoiles
fixes,
qui
prouve
inconteftablement
que
la
propagation
de
là
Eu-
miere
eft
fuccelive
,
&
que
fon
mouvement
n'eft
poine
inf
tantané
,
ne
prouve
pas
plus
que
le
retard
des
éclipfes
des.
fatellites
de
Jupiter,
que
la
Lumiere
vienne
à
nos
yeux
par
une
véricable
émiffion
des
molécules
du
corps
lumineux,
parce
que
ce
phénomene
s'explique
naturellement
par
compofition
des
deux
mouvemens
de
la
Terre
&
de.
la
Lumiere.
|
| |
——.
La
Lumiere,
femblable
en
cela
à
tous
les
corps,
ne
fe
meut
donc
pas
en
un
inftant.
M”.
Roëmer
&
Newton
ont
mis
hors
de
doute,
par
Le
calcul
des
retardations
des
éclipfes
des
farellites
de
Jupiter,
que
la
Lumiere
du
Soleil
em-
ploie
environ
7
minutes
à
parvenir
à
{a
Terre,
qui,
dans
“ésmoyennes
diftances,
eft
éloignée
du
Soleil
de
32830459
lieues
Dur
LIT
I
IE
PONT
EUR
à
ten
Fit
E
NÉ
FTUNTÉ
SRE
5
CRT
ic
13
ARS
ES
LEE
CE
EE
EE
Du
Mob
Fr,
T2
heues
(n°.
44,
Table
des
planeres,
dans
le
fecond
Volume
}:
Cette
vitefle
elt
environ
neuf
-cent
-
mille
fois
plus
grande
que
celle
d'un
boulet
en
fortant
du
canon.
Quelle
force
prodigieufe
ne
doit
donc
pas
avoir
le
Soleil,
pour
lancer
hors
de
fon
fein
les
molécules
de
la
Lumiere,
&
leur
imprimer
une
aufi
grande
vicefle
,
telle-
ment
quelles
parcourent
plus
de
4000000
lieues
par
mi-
nute?
Voici
ce
que
dit
Newton:
«
Les
corps
qui
font
de
»
»
»
même
genre,
&
qui
ont
les
mêmes
vertus,
ont
la
force
attractive
d'autant
plus
grande,
par
rapport
à
leur
volu-
me,
qu'ils
font
plus
petits.
Nous
voyons
que
cette
force
à
plus
d'énergie
dans
les
petits
aimants
que
dans
les
grands,
eu
égard
à
la
différence
des
poids
;
&
la
raifon
en.eft
que
les
parties
des
petits
aïmants
étant
plus
pro
ches
les
unes
des
autres,
elles
ont
par-là
plus
de
facilité
|
à
unir
intimement
leurs
forces
,
&
à
aoir
Conjointement
;
par
cette
raifon
,
les
rayons
de
Lumiere
étant
les
plus
petits
de
tous
Les
c
orps,
leur
force
attractive
fera
au
plus
haut
degré
eu
égard
à
leur
volume;
&
on
peut
en
effet
conclu-
re
desregles
fuivantes,
combien
cetre
attraction
eft
forte.
»
L'attraction
d'un
rayon
de
Lumiere,
eu
égard
à
fa
quan-
»
»
»
»
tité
de
matiere
,
eft
à
la
gravité
qu'a
un
projedile,
eu
égard
auffi
à
fa
quantité
de
matiere,
en
raifon
compofée
de
la
viceffe
du
rayon
à
celle
du
proiectile,
&
de
la
cour:
bure
de
la
ligne
que
le
projectile
décrit
aufli
de
fon
côté;
Pourvu
cependant
que
l'inclinaifon
du
rayon
fur
la
fur
»
face
réfratante
foit
la
même
que
celle
de
la
direc
tion
du
projedile
fur
l’horifon:.
De
cette
proportion,
1}
fuit
que
l'actraétion
des
rayons
de
Lumiere
eft
plus
qué
Tome
111;
EE
in
sd
ere
mo
eQ
|
F2?
PHy
si
O0
TE
»
1
000
000
006
000
000
de
fois
plus
grande
que
la
gravité
»
des
corps
fur
la
Terre,
eu
égard
à
la
quantité
de
matiere
»
du
rayon
&
des
corps
terreftres,
&
en
fuppofant
que
la
»:Lumiere-vienne
du-Soleil
en
7
minutes-de
tems
».
|
-
Ces
émifions
folaires,
ces
molécules
de
a
fubftance
dé
l'aftre
du
jour
que
le
Soleil
lance
de
tous
côtés
à‘la
fois
hors
de-fon
fein,
font
confécutives-dans
Le
même
rayon,
&
con-
témporaines
dans
des
rayons
différens
;
mais
elles
ne
font
point
homogenes.
Selon
Newton,
la
Lumiere
eff
un
mé-
Lange
de:
rayons
nepnlement
réfrangibles,
qui
different
en:
LE
eux-
par
des
ae
particulieres
1°
1°.
la
réfrançibilités
2°.
la
réflexibilité
;
3°.
la
couleur.
Or,
les
rayons
qui
ontla
même
réfrangibilité
,
ont
auñi
les
deux
autres
propriétés.
Ceft
ce
qui
dérermina
ce
Philofophe
à
diftinguer
la
Lu-
Mière
en
deux
efpeces.
Il
nomma
Zwmieré
homogene:
celle
dont-tous
les
rayons
font
également
réfrangibles
&
dela
même-couleur:
Il
a
donné
le
nom
de
Lumiere
hérérogene
à
cellé
dont
les
:différens
7e
n'ont
ie
la
même
réfrangis
bike
Rss
a.
=
a
-.
Ges-
définitions
.
M.
Novo
cable
Hufeus
propoñtions.
5
1°.
que
les
rayons
de
Eumiere
se
different
en
couleur
,
different
aufli
en.
réfrangibilité
;
2°
que
la
Lumiere
du
Soleil
eft
compofée
de
rayons
réfrangiblés
;
3°.
qu'il
ya
autant-dé
couleurs
fimples
,
qui
ya
de:
denis
de
réfrangibilité
différens
;
4°,
que
la
blan<
cheur-de
a
Eumiete
immédiate
du
Soleil
eft
un
-compolé
de
fept
couleurs.
primitivess
52,
que
les
rayons
ne
fouffrent
aucune
altération-dans
leurs
qualités
par
la-réfrations
6x
que
la
réfraction
ne
peur
décompofer
la
Eumiere
en
cou
Jeurs
qufn'y
auroienc
pas
été
mêlées
antérieurement,
*
»
Mot
St.
PEN
EN
PPT
À
CA
DIT
USA
TER
lon
nr
1
dt
EN
PA)
sis
DT
Monp—r.
123
Nous:
aurons
occafion
de
reprendre
ces
propofñtions,
ainfi
que
celles
ie
nous
avons
ee
à
deflein,
dans
cetté
énumération
,
à
mefure
que
nous
avancerons
dE
l'expofi=
ion
&
dans
l'explication
des
phénomenes
qu'offre
la
Lu=
miere.
Dans
la
fuite,
fi
nous
ne
fommes
pas
toujours
dé
l'avis
de
Filluftre
Newton,
dans
l'explication
de
plufeurs
phénomenes
importans
fur
lefquels
fa
théorie
eft
fondée,
nous
efpérons
que
Îes
raifons
que
nous
expoferons
à
nos
Lecteurs
,
leur
paroïtront
tellement
démonftratives,
qu'ils
ne
qualifieront
point
notre
entreprife
de
témérité.
D’ail-
leurs
,
fi
l'autorité
devoit
être
admife
,
ou
pouvoir
être
de
dctque
poids
dans
les
Sciences,
nous
oppoferions
celle
de
|
M.
Euler
à
celle
PHOTO
ph
Anolois.
L'opinion
de
lilluftre
Newton
fur
l'émifion
de
la
Eu-
miere
a
trouvé
encore,
dans
ces
dernierstems,
un
favant
dé
fenfeur
dans
M.
Seb
Biblothécaire
de
la
_
nn
de
Geneve.
Après
avoir
a
que
l'opinion
contraire
,
qui
éta=
blit
que
a
Lumiere
-eft
Peffet
de
la
préflion.
exercée
fur
un
fluide
élaftiqr
ue,aété
adoptée
par
le
profond
Marhémaucien
M.
Euler,
qui
en
à
formé
un
Syftême
qui
ne
laïffe
rien
à
de-
firer
par
la
clarté
des
idées
&
par
leur
Hiaïfon,
que
cette
hy-
pothefe
phyfique
eft
difcutée
avec
profondeur
,
qu'elle
eft
fuivie
dans
tous
Les
détails,
revétue
de
toutes
les
preuves,
rendue
intéreffante
par
la
netteté,
la
précifion
&l
élésance
qui
régnent
dans
P
explication
des
ones
-
M.
Sec
raffemble
dans
la
feconde
Partie
de
fx
Lettre,
inférée
dans
le
Journal
de
Phyfique
du
mois
de
Septembre
1779,
les
argu
=
mens
contre.
les
Syfèmes
qui
fuppofent
que
la
|
Lu
(effet
d'un
fluide
élaftique
”
&:
en
le
Soleil,
|
|
|
x24
sPaHT
SAT
QUE
Dans
premiere
Partie
de
certe
Lettre
;
M.
Senebier
dit
qu
il
ne
croit
pas
que
la
force
du
Soleil
qui
attire,
foi
Ja
même
que
celle
qui
repoufle;
&
il
ajoûre
que,
«
fi
.
So-
leil
actire
tout
à
lui
en
vertu
de
fa
force
centripete,
il
peut
avoir
auf
une
force
eee
&
fufifante
pour
chañer
au
loin
les
corpufcules
très
-
légers
que
le
feu
forme
à
fa
furface
;
cette
force
peut
être
foiblement
repréfentée
par
celle
des
corps
brûülans
qui
répandenc
au
loin
la
Lunuere.
»
Newton,
ajoute
le
favant
Génevois,
avoit
fuppofé
que
la
Lumiere
étoit
compoée
de
ne.
de
denfités
diffé-
rentes;
cette
idée
n'eft
pointinvraifemblable;
il
ya
même
des
expériences
qui
la
rendent
probable
:
elle
ne
renferme
donc
rien
de
contradiétoire.
En
regardant,
cette
opinion
comme
vraifemblable,
je
n
exclus
pas.
qui
font
auf
vraifem-
blables
qu
elle.
Je
ne
prétends
pas
non
plus
expliquer
com-
ment
les
fept
diférens
rayons
tamifés
par
le
prifme,
&
réunis
pour
former
la
Lumiere
,
font
lancés
du
Soleil
avec
des
vivefles
différentes
:
É
peut
fournir
mille
expli-
cations
de.
ce
phénomenc
s
mais
elles.
feront
toutes
fans
preuves.
jufificatives.
Sans
entrer
dans
ces
détails,
ÿob-
ferve
que
la
différente
réfrangibiliré
des
fept
rayons
paf
fant
d'un
milieu
plus
rare
dans
un
plus
denfe,
indique
qu'ils
n'ont
pas
la
même
virefle.
En
effer,
1.
rayons
rouges.
fuivent
alors
plus
conffamment
LL.
route,
sis
fe
courtois
moins
que
les
rayons
violets,
onpeut
concless
da
prés
Les
loix
de
la
Méchanique
,
que
les
parties
ee
tes
du
rayon
rouge
ont
une
plus
grande
vitefle
,
que
celles
du
rayon
violet;
ce
qui
peut
arriver,
oit
par
une
impulfon
plus
forte
,
COMMHNIqUÉE
aux
IX
part
ties
à
rayon
rou
ge,
fi
ess
D
EAN
aigus:
ne
à
leron
des
tons
graves
que
par
là
particuliere
dornelle
à
à.
ce.
degré
dis
pu
MonNDE.
125
font
égales
à
celles
des
autres
rayons,
foit
par:
une
vireffe.
femblable,
communiquée
à
des
maffes
plus
denfes.
Quoi
qu'il
en
foit,
chaque
rayon
äura
un
degré
de
vitefle
dé-
terminé
par
fon
degré
de
réfrangibilité
;
&
comme-lana-
Jogie
des
effets
mene
à
celle
de
caufes
.
différence
de
réfrangibilite
caractérifant
cellé
des
rayons,
&
la
Mécha-
nique
apprenant
que
la
différente
réfrangibiliré
d'un
corps.
qui
pañte
d’un
milieu
plus
rare
dans
uñ
he
denfe
fous
-le:
même
angle
d'incidence,
eft
l'effet
de
la
différente
vireffe:
avec
ae
il
le
traverfe
.
il
paroït
qu'on
peut:
conclure
_avec
probabilité
,
d'après
ces
ponoee
que
la
différente
virefe
des
différens
rayons
peut
être
la
caufe
de
leur
diffe-
rente.
réfrangibilité,
&
par
“onfésuenr
de
leurs
différentes
couleurs.
AE
re
Et
_»
Siceft
une
Loi
_
à
Noure
d'agir
re
maniere
ana-
logique
dans
des
cas
qui
peuvent
fe
reflemblèrs
le
fyflème
de
la
différente
vireffe
des
yen,
pont
produire
les
diffé
rentes
couleurs
,
“peut.
ètre
:
préférable
à
tout
autre.
Les
tons
ere
e.
vitefle
rofcillations
;
de
même
la
différence
des
couleurs
dépendra
de
la
différence
des
parties
conftituantes
des
_fayons
qui
les.
forment
;
&
comme
les
ondes
fonores
ne
fe
mêlent,
pas,
les
rayons
ne
fe
mêleronc
pas-non-plus
;
la
différente
vitefle
de-chacun.,&-la
prodigieufe
vitelfe
de
tous
,:
fufifent
pour.
fufpendre
Jeurs-affinités
&
leurs.
mélanges.
Cette
analogie
femble
être
aufi
dans
nos
fenfations
ÿ
com=
me
dans
la
Nature
chaque
rayon
[or
mouvement
particuliér-d'impulfon
;
commurniq
pu
ion
,
alors.
126
Par
sFourt
le
nerf
optique
tngne
la
variété
des
couleurs,
conime
le
nerf
acouftique
apprécie
la
diverfité
des
fons
».
Dans
la
feconde
Partie
de
fà1
Lettre,
M.
Senebier
sa
femble
les
argumens
contre
la
Thefe
que
la
Lumiere
eft
l'effet
d’un
fluide
élaftique
comprimé,
ou
agité
par
le
So.
leil
;
&,
après
avoir
rapporté
les
Propofñitions
41
&
42
des
Principes
mathématiques
de
Newton
,
il
dit;
«
El
faut
con-
clure
que,
comme
la
Eumiere
fé
propage
en
lignes
droi-
tes,
puifqu'elle
eft
interceptée
par
les
corps
opaques
placés
entre
le
Soleil
&
l'œil,
elle
ne
furoit
être
produite
par
une
preflion
,
ou
par
un
mouvement
propagé
au
travers
d'un
fluide
pee
que
les
preflions
,
ou
les
mouvemens
commu
niqués
à
travers
un
milieu,
divergent
toujours
dela
lione
droite,
&
fe
ponenr
autour
des.
Lelhces
ge
ils
ren»
contrent.
a
>
—
Se
à
»
Le
mouvement
on.
par
.
proffion
+.
un
de
|
ef
cndulatoire
,
ee
fi
le
fluide
re
5
..
die
es
par
le
corps
comprimant,
cd
petite
jque
celles
ci
en
forme
une
plus
grande
,
+
qui
et
fuivie
par
d
autres
;
jufqu'à
ce
qu'il
y
en
aït
une
qui
arrive
aux
bornes
du
fluide,
où
qui
épuife
la
force
communiquée
par
dx
preffion:°:.…
Ea
prellion
ne
fauroit
produire:
dans-un
fluide
|
&
encore
moins
dans
un
fluide
éminemment
élaftique
un
mouvement
en
lignes
droites,
mais
feufement
en
tous
fens
»
Dos
meie
“Pareil
à
cette
-objetion,
nous
su
—.
que:
le
mouvement:
en
tous.
fens:
du:
centre:
vers.
la
farface
d'une
fphere
concave,
-eft
compofé
d’
äûtanc
de
mouvemens
sedilignes.
que
l'on
peut
concevoir
dé
rayons
dans
k
+
D
U
-M
-O
ND‘.
I27
cité
de
cette
fphere.
Une
onde
qui
s'agrandit,
ne
peut
croître
qu'en
portanc
fes
parties
du
centre
vers
la
circonférence;
or,
le
mouvement
fe
fefant
fur
des
lignes
droites
tirées
du
centre
du
cercle,
lignes
qui
en
fontlesrayons,
ce
mouvement
fe
propage
évidemment.en
lignes
droites,
&
de
tous
côtés,
en
s'éloignant
du
centre.
.
=
:
Li
Le
fecond
argument
que
M.
ne
A
tiré
de
l'élafticité.
«
Le
mouvement,
dit-il,
fe
communique
par
le
moyen
des
corps
dique
:
das
‘un
tems
infiniment
court
;
de
forte
qu'il
en
réfulte
ue
dès
que
le
fluide
émi-
nemment
élaftique
fera
comprimé
,
le
mouvement
fe
com-
muniquera
en
tous
fens',
&
l'ilumination
fera
far
le
champ
complette,
parce
que
le
fluide
doit
tendre
au
niveau
avec
une
fouveraine
vitefle;
ce
qui
rend
Îa
propagation
de
la
Lumiere
inftantanée
,
ë
cÈ
as
contredit
toutes.
les
ob-
fervations.
.
: |
»
Sila
—
étoit
-
par
un
fluide
re
COM
primé,
la
compreflion
originale
étant
toujours
la
même
,
les
objets
devroïient
être
conftamment
éclairés
d'une
:
mier
également
intenfe
,
DRscerane
les
ondes
lumineufes
devront
toujours
être
..
mêmes
partout
&
en
tout
tems:
mais
l'illumination
varie
fuivant
diverfes
circonftances
;
il
faudroit
donc
imaginer,
comme
pour
le
fon,
dés
ondes
plus
OU
MOINS
alors
tous
les
objets
ee
encore
une
illamination
femblablement
variée:
>»
La
preffion
d'un
fluide
élaftique
né
fauroitfe
Bree
en
uñ
poinc.
buse
être
on
al
inftanc
dans
tous
les:
pois
de
fa
maffe
ST
aucun
obflacle
à
à
onde
—
Q
ee
donc.
G
S
&
‘prefion
du
Soleil
fur
un
fluide
éminemment
élaftique
3
PHYSIQUE
produifoit
la
Lumiere
»
c’eft
que
le
jour
ne
finiroit
point
parce
que
la
preifion
du
Soleil
fur
le
fluide
feroit
toujours
conftamment
la
même.
|
:
»
Le
fluide
,
comprimé
par
le
Soleil,
étant
dans
un
état
de
fon:
doit
faire
effort
contre
és
parois
de
la
fphere
qui
le
contient,
&
toujours
tendre
à
s’échapperÿ
où,
S'il
n'eft
pas
contenu
de
cette
maniere,
la
force
gravi-
tinte
,
qui
ne
peut
détruire
fon
fiche:
ne
fauroit
{e
contenir
par
elle-même.
Si
le
fluide
eft
dis
un
état
de
re-
pos
alors
il
ne
fait
plus
d'ondes
,
&
il
n'éclaire
plus;
mais
par-là
même
que
le
Soleil
le
éee
toujours
,
il
s'enfuit
qu'il
doit
toujours
faire
effort
pour
ceder
à
la
pres
fion
qui
agit
fur
lui.
»
Dans
le
ffftème
du
fluide
élaftique,
on
ne
peut
expli-
quer
la
viteffe
acquife
par
Jes
rayons
qui
pañlent
d'un
milieu
plus
rare
dans
un
milieu
plus
denfe.
Dans
le
fyfême
New-
ronien
,
il
€
évident
que
le
rayon
eft
attiré
alors
par le
milieu
;
mais
il
doit
être
retardé
dans
fon
pañage
au
travers
de
ce
milieu;
cependant
il
a
toujours
la
même
viteffe
quand
iken
fort
‘pour
entrer
dans
un
autre
d’
une
denfité
femblable
à
célle
du
premier
milieu
,
où
il
fe
mouvoit
avant
la
réfraction
ÿ
que
lorfquil:
y
étoit
entré
:
d’où
il
réfalte
qu’
1
a
ment
acquis
la
viteffe
qu’
ÿ]
n'a
pas
perdue
;
:
au-lieu
que
dans
le
lyitère
du
fluide
élaftique
,
les
vibrations
de
ce
fluide
doivent
être
néceflairemenc
retardées
dans
le
milieu
le
plus
denfe
>
fes
ondes
doivent.
sy
mouvoir
avec
pius
de
len-
teur
5
&
fi
la
Lumiere
qu'elles
produifent
,
a
la
même
vis
tefle
en
fortant
de
ce
milieu
par
la
feconde
réfraction
,
on
ne
eu
voir
comment
cette
feconde
réfration
remet
les
chofés
pü
MowDbr.
129
chofes
dans
leur
premier
état,
puifque
le
rayon
A
ion
TEE
moins
attiré.
:
»
Outre
cela,
la
réfraction
qui
eft
un
effet
acces
de:
l'attraŒion
,
dans
Le
fyftême
de
l'émifion,
n
’eft
plus
nécefs:
faire
dans
le
fyftème
des
ondes.
S1
l'on
peut
changer
{a
direétion
des
corpufcules
féparés
,
pour
les
réfléchir,
les!
réfracter
,
les
condenfer,
les
écarter
de
léur
route
;
on
ne
peut
pas
dans
ce
fens
concentrer
‘un
fluide,
Le.
réfléchir
,
;
le
réfracter',
fes
parties
font
plus
adhérentes
entrélles
que
des
Éasiees
effentiellément
féparés
nadherent
ent”
eux}
de
forte
que
fi
ces
effets
peuvent
avoir
lieu,
ils
ne
fau
roient
avoir
lieu
auffi
parfaitement.
Un
rayon
Le
Eumiere
qui
traverfe
l'air,
eft
:
apperçur,
il
à
donc
des
particules
ré-
flexibles
&
réhéchies
mais
f
la
Lumicre
eft
l'effet
d’une
preflion
continue
,
cèla
ne
fauroit
fe
pañler
ainf
:
les'ondes
du
fluide
qui
arriveroient
fans
cefle
,
féroient
des
obftacles
invincibles
au
retour
des
autres.
de
|
»
Enfin
;
lon
à
fic
des
expérie
p
tater,
sil
étoir
poñible,
Hell
des
dei
9
fon
de
la
Lumiere,
où
fa
propagation
par
un
Aide
À
élafs
tique,
_étoit
la
mieux
fondée.
Il
femble
que
les
inductions
quon
peut
tirer
de
ces
expériences
,
font
favorables
au
fyftème
de
l'émiffion
;
elles
femblent
même
indiquer
que
la
Lumière
agit
par
impulfon.
M.
Hombèrg
a
fait
ofciller
üh
reflott
au
foyer
d'une
lentille
3"Hartfocker,,
du
Fay
&
M.
de
Mairan
,
Ont
imaginé
différéns
moyens
plus
0
ou
moins
inceftains
,
u
ee
favorables
au
fyftème
de
lén
if
fion.
Les
expériences
de
M.
Mitchel,
faites
avec
ls
bien
fufpendues®,
font
un.
peu
plus
conchdire,
parc
-
Tome
Pro
-k
Opinion
de
A,
Euler.
+30
nr
adon
tk
qu'elles
font
mieux
faites
;
ilen
tire
même
des
conféquen:,
ces
propres
à
cranquilifer
ceux
qui
craignent,
l'extinétion
du.
Soleil:
il-établir
qu'un
rayon
de
Lumiere
qui
tombe
pendant
une
feconde
fur
une
furface
d'un
pied
quarré
,
pefe
fa
1800
millionieme
partie
d'un
grain;
que
la
denficé
de
ce
rayon
eftà
la
furface
du
Soleil,
comme
4s
o0oeftà
1
:
d'oùil
conclut
.
qu'il
fort
de
la
furface
du
Soleil,
dans
l'efpace
d'un
pied
quarré,
&
-pendant
une
feconde
,
la
40000
partie
d'un
grain
:
ce
qui
fair
un
peu
plus.
de
deux
grains
par
jour,
où
é70-livres
en
6000
ans
;
ce
qui
n'auroit
diminué
le
diame-
tre
du.
Soleil
que
de
dix
pieds
dans
le
même
temis.,
en
fup-
pofant
fa
matiere
aufi
denfe
que
celle
de
l'eau
».
_:
Selon.
M.
Euler,
dont
le
fentiment
fur
[a
nature
de:la
Eumiere,
fe
rapproche
beaucoup
de
celui
d'Huyghens,
&
de
celui.
que
nous
avons
adopté
,
Le
Soleil,
les.éroiles,
les
flammes
des
différentes
Lumieres,,
font
toutes
plongées
dans
un
fluide
immenfe
,
très-élaftique,
qui
eft
l'écher.
Toutes
fes
parties
de
chaque
corps
lumineux
font
dans
un
mouve-
ment
de
-trépidation
continue
,
par
lequel
ces
corps
frap=
_pent
fans
cefle.,
&.
par
des
pulfations
réitérées,
innombra-
bles,
dans
un
tems.très-court,
l’éther
qui
les
environne.
Les
molécules
d'éther
qui
touchentimmédiatement
le
corps
lumineux
,
tranfmettent
par
leur
élafticité
|
l'impulfon
qu'elles
ont
reçue,
à
celles
qui
les.
recouvrent
&
les
envi-
ronnent
ÿ
celles-ci
à
d'autres,
toujours
en
s
éloignant
du
centre.
C'eft
ainfi
que.
le.
fon
fe
propage
dans
Pair
autour
d'une
cloche
,
&
forme
des
ondes
fphériques
qui
s’agran-
diffent
de
tous.
côtés.
à
la
fois,
&
saffoibliffent
de
plus
en
plus
à
mefure
qu'elles
séloignent
dn
corps
fonore.
Cette
Pas
SAR
RSS
Li
ronaldo
AN
DO
AE
Ce
0
à
va
M
A
ce
M
se
Duyv
MONDE.
132
analogie
entre
la
Lumiere
&
les
fons
eft
d'autant
plus
jufte;
qu'il
eff
connu
que
les
fens
ne
peuvent
nous
tranfmettre
limpreffion
des
objets
extérieurs
que
de
deux
manieres's
ou
par
l'application
immédiate
de
lobjer
à
l'organe
dut
fens
convenable
,
comme
pour
le
toucher
,
où
par
une
application
médiate
au
moyen
d'an
fluide
interpofé,
cas
pable
de
nous
tranfmettre
limpreflion
des
objets
élois
gnés
pour
nous
en
faire
connoître
l'exiftence.
L'ouie
&
la
vue
fonc
les
deux
fens
par
lefquels
nous
avons
la
conñoifs
fance
des
corps
fonores
&
des
corps
lumineux
;
&
comme
il
eft
inconteftable
que
les
corps
fonores
tranfmettenr
les
fons
à
l'organe
de
l'ouïe
par
les
vibrations
de
fair,
&
qu'il
he
fort
rien
des
corps
fonores
qui
parvienne
à
nos
oreilles,
nous
devons
de
même
conclure
que
la
Lumiere
nous
ef
tranfmife
par
les
vibrations
d'un
fluide
interpofé
entre
le
corps
lumineux
&
l'organe
de
la
vue.
Ce
fluide
eft
l'écher
qui
remplit
tout
l'efpace:
ce
fluide
,
beaucoup
plus
fubtif
que
l'air
;
pénetre
tous
les
corps:
la
modification
que
noûs
nominons
agit
fur
les
corps,
les
échauffe
en
donnant
à
leurs
parties
infenfibles
un
mouvement
de
vibration
dans
lequel.confifte
principalement
la
chaleur.
Les
corps,
À
leur
tour
,
agiffent
les
réfléchiffant
,
ou
les
fur
les
rayons
de
la
Lumiere,
en
FH
es
ie
Felles
font
les
deu
tas
Ds
SE
La
Ra
Oo
AL
II
DÉTECTE
Man
LS
lan
2
dE
EM
ul
rénbrsch
etait
6rilsil
|
|
|
|
|
132
PH
STOQUE
moyens
de
fixer
l'incertitude
à
cet
égard;
&
de
ramener
les
Savans
à
l'une
des
deux
opinions
à
l'exclufon
de
l'autre:
t'eftce:
qu'a
entrepris
M.
Becuelin,
dans
un
Mémoire
in:
feré
sparmi
!
ceux:
dé!
PAradérie
de
Berlin
;
pour
l'année
27725
Mémoire
qui:
a-pour.
objet
de.
die,
par
des
expériences,
comment
fe
fait
la-propagation
de
la
ne
Cette
queftion
une
fois
réfolue,
influera
néceffairement
fur
lé
jügément
que
nous
devons
porter:
fur
leugre
nee
Le
eft
da
nature.de
la
Lumiere?
.
…
|
::Hfemble.,
dit
M.
Béçuelin.
que
ee
on
np
Îes
argua
mens:
et
en
faveur
des
deux
Syftèmes
;
moins
on
foit
en
état
de
fe
décider.5
la
queftion
paroïît
d'autant
plus
pro:
pietianque,
qu
on
l'appr
cofondit
davantage
,
&
l’on
eft
tous
jours
TERTÉ:
embrafer,
le
feniment
ga
On.
examine
le
der-
Rich
ns
dura:
EU
M
indie
sen
cho
me
floue
.
be
jamais
:
un
a
moyen
de
terminer
-une-difcufion.
philofophique
j,
&
quand.en
vou
droit
l'employer
ici,
on
nen
feroit
gueres
plus
avancé,
Newton
d'ün
côté,
&
divers
hommes.
célebres.
qui
fe
font
rangés
de
fon partis
de
l'autre
côté.
Huygheus
&
Euler,
fuivis:
“par
tant
de.
Phyficieus
du
‘premier
ordre.
-tiendroient
æencore:
la:
balance
égale
entre.
Le
HRemere
de
Lémifion
8
&
celui
de.
Londbede
ds
en
a
La
queftion
néanmoins
eft
fée
importante
pout
LE
qu'o
‘On
cherche
de.
movyens-sûrs
dela
réfoudre;
;
elle
tient
eflen-
tiellement
aux
plus
à
importantes.
parties
de
la.
-Phyfque;
-&
c'eft
de
fa
décifion.
que
dépend
la
connoiffance-de
l’arrans
gement
de:
FUnivéers,
entier.
Greft
alors.
que
on-
faura.
Ave
rar
_éertiugde.
fi
les
|
Spas
inrerplanéraires
fonc,
vides,
du
sis
&,
fi
PAIX
EC
AS
NAPPENT
à
RAM
TERRE
RER
PE
PR
PT
CUT
PT
TR
PLATS
8
D
NP
EN
RTE
RE
VU
IN
Ne
Ve
CR
DE
MONDE.
23
font
remplis
par
lécher;
fi
lés
corps
céleftes
‘éprouvent
quelque
réfiftance
dans
leurs
mouvemens,
&
fi,
par
con-
féquenc’,
leurs
révolutions
périodiques
.
en
.
où
retardées,
ou
fielles
s
’achevent-conflamment
dans
un
mème
tems;
fi
—
inégalités
dans
le
mouvement
moyen
de
la
Lune
{ont
l'effet
de
E
réfiftance
de
l'éther,
ou
sil
faut
leur
cher-
cher
une
autre
caufe;
fi
la
pefanteur
eft
inhérente
aux
corps.
où
fi
elle.eft
produite
par
une
impulñon-étrangeres
en
un
mot,
fi
l'attraction
eft
une
premiere
câaufé
dela
Nature,
ou
fi
elle
neft
que
.
séfuirae
dé
us
premiez
res
Joix
méchaniques.
|
*
Il
feroït
bien
étrange
en
foi,
ajoute-
ik,
&
bien
het
pour
le
progrès
des
connoïflances
hinanes
que
deux
Caux
fes
abfolument
différentes
entr'elles,
düflent
produire
exacte:
ment,
&
dans
toutes
les
circonftances,
les
mêmes
effets.
En
ce
cas-là
il
feroit
impofible
de
remonter
des
effets
à
la
connoiflance
de
La
véritable
caufe.
Mais
il
eft
probable
que
ce
cas
n'exifa
|
jamais,
re
toutes
les
fois.
quon
fera
lé
maître
d'ajouter
telles
expériences
su
voudra
aux
fim-
plésobfervations
,
on
pourra-parvenir
à
décider,
entre
deux
hypothefés
qui
paroïroient
également
propres
à
expliquer
3-
les
phénomenes
obfervés
;
quelle
eff
celle
à
laquelle
il
faut
les
rapporter.
Si,
après
cela,
Pindécifion
fubfftoit
encore,
ce’neïferoit
plus
parce
que
les
réfültats
paroïîtroïent
toujours
lesimèmes
;
mais
uniquement
parce
que
nos
fens
ne
feroient
pas
affez:
parfaits.
pour
nous
faire
appercevoir
:
Aou
ité
réelle.
qu
1
+
auroït
entre
a
ei
La
Mtmtttin
le
era
dEURE
SAT
|
1e
DORA
Y
EE
OMR
T
ON
EEE
CORRE
SEEN
EEE
EUR
Lanta
Date
TE
CP
à
31
34
k
El
DES
PISE
AE
DT
Prose
me
Lars
#
CAT
ES
AE
ÉRRÉTSSET
134
Pas
ioce
un
cas
où
l'hypothefe
de
l'émiflion
de
la
Lumiere
devroit
donner
un
phénomene
différent
de
celui
que
donneroi
néceflairement
l'hypochefe
de
la
produétion
de
a
Lumiere
par
les
ondulations
de
l'écher.
.
On
fait,
dit-il,
que,
felon
[a
théorie
de
Newton,
la
réfraction
eft
un
effet
de
l'attraction;
le
milieu
le
plus
denfe
attire
perpendiculairement
le
globule
de
Lumie-
re
avec
une
force
attractive
qui
eft
la
même
pour
tous
tes
les
inclinaifonss
d'où
réfulte
néceffairement
la
loi
cons
nue
&
obfervée,
la
raifon
conftante
entre
les
finus
des
an-
oles
d'incidence
&
de
réfraction.
|
Selon
Newton,
la
Lumiere
accélere
fa
viteffle
dans
le
milieu
plus
denfe
qui
lattire.
Mais
comme
ce
même
milieu
retarde
autant
cette
viefle
à
la
fortie,
la
Lumiere
aurala
même
viteffe
après
l’émerfion
quelle
avoit
avant
l'incidence,
fi
le
milieu
dans
lequel
elle
rentre
après
les
deux
réfrac-
tions,
a
la
même
denfité
que
celui
où
elle
fe
mouvoit
avant
l'incidence.
|
_
M.
Béguelin
paroi
vouloir
prouver
enfuite,
par
des
obfervations
que
nous
ne
pouvons
regarder
comme
bien
fondées
,
qu'il
ne
devroit
pas
en
être
ainfi
dans
le
fyftème
de
l'ondulation:
cependant
voici
comme
il
s'exprime
plus
bas.
Dans
le
fyftème
des
ondulations,
M."
Huyghens
&
Euler
ont
montré
que
la
même
loi
pouvoit
avoir
lieu.
Si
cette
loi,
la
conftance
du
rapport
entre
les
deux
finus,
n'eft
pas,
die
M.
Beguelin,
une
fuite
néceffaire
de
leur
théorie
,
elle
en
eft
au
moins
une
fuite
pofible,
&
même
afez
plaufble.
M.
Euler
a
d'ailleurs
démontré
inconceftablement
que
la
dis
pu
MONDE,
135$
‘verfe
réfrangibilité
des
rayons
s'accorde
très-bien
avec
cette
théorie,
qui
a
de
plus
l'avantage
d’être
analogue
à
celle
de
da
propagation
des
fôns
;
théorie
qui
ramene
les
caufes
mé-
chaniques,
les
feules
auxquelles
lx
raifom
humaine
puiffe
&
doive
donner
un
entier
acquiefcemenrt.
Puifque
dans
les
deux
fyftêèmes
de
l'émifion
&
de
l’ondu-
lation,
la
loi
de
la
conftance
du
rapport
entre
les
deux
finus
Sd
nidiiee
&
de
réfraction
;
s'explique
aufi
heureu-
fement
dans
l'un
que
dans
a
il
fuit
que
cette
loï
de
la
réfraction
n'eft
pas
propre
à
à
décider
entre
les
ne
{vf
tèmes
quel
eft
celui
que
fuit
la
Nature,
D'un
autre
côté,
la
loi
de
la
réflexion
de
la
Eumiere,,
lé-
galité
de
l'angle:
a
a
celui
de
réflexion
,
s’ex
piges
également
bien
dans
les
deux
fyftèmes
;
ainfi
cette
loi
n’eft
‘pas
encore
propre
à.
nous
faire
connoître
quel
eft
le
vrai
{£
tême
de
la
Nature.
Mais
les
échos
confirment
inconteftable-
ment
que
les
fons
fe
propagent
en
tous
fens,
autour
des
corps
fonores,
par
des
ondulations
,
des
vibrarions
orbiculaires
dont
ils
ne
le
centre:
La
bre
répulff
ivE-
que
Newton
em-
ploie
pour
expliquer
la
réflexion,
ne
paroït
Le
naturelle:
felon
lui,
cette
force
réfide
aufhi
dans
le
même
milieu
où
réfide
la
Dee
qui
attire
&
produit
la
réfraétion
;
ce
qui
par
rot
contradictoire:
M.
Béguelin.,
après
avoir
conÉdee
que
la
A
adon
&
la
réflexion
de:
la
Lumiere
s'expliquent
également
dans
les
deux
hypothefes,
celle
de
Pémiffion,
qui
.
l'actradtions
&
dans
celle
des
ondulations
ou
vibrations
qüi
fuppofent
l'éther,
remarqué
qu'il
ny
avoit
que
le
cas
où
le
rayon
incident
feroit
parall
lele
<
à
k
furface
réfringene
£
=
AS
4
Gt
SE
AS
snds
LA
LTÉE
QE
PAR
eut
1e
2
4)
5
tot
SO
ge
EEE
CCC
ER
SE
LE
136
PHYSIQUE
propre
à
décider
la
queftion,
fi
la
Lumiere
fe
propage
par
émiflion
ou
par
ondulations.
«
Nous
avons
vu,
dit-il,
que
»
>
D
la
réfraction
de
la
Lumiere
fuit
la
même
2
dans
les
deux
fyftèmes
quelle
que
foit
l'inclinaifon
du
rayon
in-
cident
:
cela
eft
vrai,
tant
quilyaune
incidence
actuelle;
»
mais
fi
le
rayon
de
Lumiere
râfe
la
furface
du
milieu
ré-
fringent
plus
denfe
,
fi
l'angle
d'incidence
eft
de
90
de-
orés
,
les
phénomenes
ne
doivent
plus
ê
être
les
mêmes,
[a
HS
des
réfultats
des
expériences
doit
être
extré-
mement
fenfible.
En
effet,
dans
le
fyftème
de
Newton
l'attraction
agiffant
également
à
diftances
égales
,
quelle
que
{oic
la
direction
du
rayon
incident,
certe
force
doit
attirer
Le
rayon
râfant,
le
faire
entrer
dans
le
milieu
denfe,
&
lui
donner
une
se
dont
le
finus,
fi
le
paflage
fe
fait
de
l'air
dans
le
verre
,
fera
les
.
tiers
du
finus
cotal,
le
rayon
pénétrant
dans
le
verre
s'infléchira
fous
un
ne
d'environ
41
degrés
48
minutes
5
&
s'il
rencon-
tre
be
une
autre
furface
perpendiculaire
à
21
celle
par
laquelle
il
auroit
pénétré,
il
rentrera
dans
l'air,
fefant
_fon
angle
de
réfraction
de
90
degrés
5
de
forte
que
la
|
nouvelle
diretion
du
rayon
en
un
:
angle
des
oit
avec
la
direction.
initiale.
A
»
Si
la
Lumiere
fe
propage
par
ondulations
.
.
fluide
étheré
,
au-lieu
de
fe
‘propager
par
des
émiffions
faccefives.,
les
_phénomenes
feront
bien
différens.
La
direction
a.
ondulations
ou
vibrations
étant
parallele
à
)
la
furface
du
milieu.
denfe
,
&
hors
de
ce
milieu
,
il
ny
a
point
de
raïfon
pour
qu
‘elle
doive
changer.
L.
rayon
continuera
par
conféquent
à
fe.
PEOpagsee
en
ligne
droite,
»
l
rhin
7
note
ART
sil
oh,
mu:
Mo
N
DEF,
137
_#
il
râfera
la
furface
du
milieu
denfe
fans
{a
pénetrer
».
.
Cette
confidération
a
fuggeré
a
M.
Béguelin
l'idée
de
l’ex-
_périence
faivante
:
il
a
pris
un
cube
.
verre
de
quelques
…
pouces
de
dimenfion,
qu'il
a
fixé
à
lune
des
extrémités
d'une
caïfle
d'environ
15
pouces
de
longueur,
ouverte
par
le
deflus
5
la
largeur
&
la
profondeur
de
la
caïfle
étoienc
évales
au
côté
du
cube
;
à
l'extrémité
de
la
caiffe,
oppo-
._
fée
au
cube,
caïffe
dent
l'intérieur
étroit
noirci
pour
écarter
la
Lumiere
de
il
a
tracé
une
ligne
horifontale
;
cette
ligne
fervoit
à
marquer
exactement
la
hauteur
où
devoit
arriver
la
lame
de
Lumiere
folaire
introduite
par
une
fente
horifontale
dans
la
chambre
obfcure
,
&
dirigée
parallelemenc
à
a
la
face
RIpen
ieure
du
cube
;
ons
ce
cube
Étoient
un-ou
plufieurs
quarrés
de
papier
blanc
pour
pou-
voir
facilement
élever
ce
cube
à
la
hauteur
des
bords
de
la
boîte.
Muni
de
cet
inffrumient,
qu'il
a
préfenté
_
plufieurs
fois
aux
rayons
folaitess
il.
a
db
que
,
lorf
que
la
lame
lumineufe
rombe
avec.
quelqu
He
-obliquité
fur
la
furface
fapérieure
du
cube,
il
Va
réfraction
,
&
que«
cette
réfraction
eft
fenfble,
L'édlat
de
là
portion
du
papier
blane
fous
le
cube,
que
Les
rayons
réfractés
illumi-
hoient,
fe
diftinguoit,
de
une
ligne
bien
tranichante,,
de
partie
ns
de
ce
même
quarré
qui,
fuivant
la
loi
dé
di
-réfration,
dévoit
fe
trouver
dans
l'ombre
;maïs
auflitôt
que
Pobliquité.
d'incidence
!
a
éte
nulle,
coute
la
Lumiéré
LE
PAT
fous
le
cube
à
difparu
;
;
ia
nier
vu
la
lame
de
«
ASS
ue
aller
ie
au
trait
horifoncal
HO
à
à
|
Jongement
+
.
re.
füpérieure
qui
cubes
ika
dome
TT,
|
138
PHYSÈQUE
marqué,
dans
toutes
les
expériences
,
que
[a
réfraction
a
ceflé
un
peu
avant
que
l'obliquité
ait
été
exactement
nulle
;
c'eft-à-dire,
avant
que
la
direction
du
rayon
folaire
ait
râfé
la
farface
du
verre;
car,
quoique
le
trait
horifontal
fût
ciré
à
la
hauteur
précife
du
cube
,
il
a
conftamment
apperçu
que
la
lame
lumineufe
a
commencé
à
frapper
le
bour
de
la
caiffe
un
peu
au-deffous
du
trait
horifontal.
Cette
expérience
prouve
clairement
que
la
réfraétion
n’eft
pas
produite
par
une
force
attraétive
qui
réfideroit
dans
le
verre.
Aïnf
il
faut
que
ce
phénomene
de
fa
Lumiere
ait
une
autre
caufe
que
lattra@tion
;
&
comme
il
ny
a
point
d'autre
caufe
que
les
vibrations,
ou
ondulations
de
l'éther,
qui
puiffe
produire
Les
phénomenes
obfervés
,
il
fuit
nécef
fairement
que
la
Lumiere
ne
fe
propage
point
par
émifon,
mais
qu'il
exifte
un
éther
dont
le
mouvement
ondulatoire
conftitue
la
Lumiere.
C'eft
ce
que
nous
prouverons
dans
la
fuite
,
en
expliquant
la
réfra&tion.
THÉORIE
DE
LA
LUMIERE.
Au
nr
de
confidérer
les
loix,
les
modifications
,
les
effets
de
la
Lumiere,
élevons
encore
un
inftant
nos
regards
vers
Paftre
qui
la
produit.
Remontons
aux
tems
primitifs
où
l'Homme
a
comtemplé,
pour
la
premiere
fois,
ce
globe
brillant.
|
|
.
Sous
quelque
climat
qu'ait
vécu
l'habitant
de
la
Terre,
il
n'a
pu
méconnoître
dans
le
Soleil
le
Roi
de
la
Nature;
mais
limprefion
que
la
puiffance
fouveraine
de
cet
aftrea
ET
OT
Or
re
POS
PT
TE
CO
URTÉ
POUS
O
A
TE
PR
Op
PRES
ee
gd
Pro
N
;
ë
|
$
:
À
À
1
À
"4
ÿ
pu
MoNDE.
r39
faite
fur
l'âme
de
l'Homme,
n'a
pas
dû
être
[a
même
fur
toute
la
furface
du
globe.
Si
la
reconnoiffance
lui
dreffa
des
aurels;
fi,
dans
plufeurs
climats,
on
l'honora
comme
l'ami,
comme
le
bienfaiteur,
comme
le
pere
de
la
Nature,
dans
d'autres
lieux
on
ne
vit
en
lui
qu’un
tyran
redoutable
&
terrible,
dont
la
préfence
annonçoit
&
portoit
partout
la
douleur,
le
ravage
&
la
deftruction,
Le
noir
habitant
des
pays
brûlés
de
la
zône
torride
,
que
l’ardeur
dévorante
du
Soleil
pourfuivoit
partout,
&
contre
laquelle
la
profon-
deur
des
bois
,
les
joncs
&
les
rofeaux
des
marais,
Îles
antres
es
plus
obfcurs
prèroient
à
peine
un
sûr
afyle,
ne
voyoit
dans
cet
aftre
qu’un
être
méchant
&
barbare,
qui
fe
plaifois
à
deflécher
la
Terre
&
fes
productions,
à
brûler
fes
habi-
tans
;
dans
ces
climats
le
Soleil
étoit
Le
boureau
de
la
Na-
ture.
Diodore
de
Sicile
nous
apprend
qu'à
linftant
où
le
Soleil
fe
levoit
,
les
Ethiopiens
s'enfuyoient
dans
leurs
ma-
rais,
&
qu'ils
Le
chargeoïent
d'imprécations,
comme
leur
plus
cruel
ennemi.
La
Lune,
au
contraire,
étoit
pour
eux
une
Divinité
bienfefante
,
qui
venoit
réparer
les
maux
qu'avoient
produits
les
fureurs
du
tyran,
&
Les
Ethiopiens
adoroient
la
Lune.
:
-
Dans
ces
climats
glacés
qui
s'avancent
vers
les
pôles,
Le
Soleil
eft,
au
contraire,
le
feul
ami,
le
feul
Dieu
de
fa
Nature;
tout,
pendant
fa
longue
abfence,
languit
ou
meurt.
Quels
bienfaits
la
Lune
pourroit-elle
répandre
fur
ces
dé-
plorables
contrées
,
dent
elle
ne
peut
qu'éclairer
Les
frimats
&
les
malheurs?
Détournons
nos
yeux
de
ce
crifte
tableau,
fixons-les
fur
ces
climats
heureux
&tempérés,
ou
fous
un
Ciel
pur
&
fans
nuages.
Les
premiers
tres
penfans,
les
$
2
140
|
PHYSIQUE
+
er
a
©
SALE
é
sremiers
Obfervateurs
ont
pu
dans
leurs
douces
rèvertes;
méditer
fur
les
principes
qui
animent
la
Nature,
&'fur
les’
loix
qui
la-gouvernent.
Soyons
nous-mêmes
ces
premiers
Philofophes
;
contemplons
les
premiers
12
marche
majeis
tueufe
du
Pere
de
la
Lumiere,
Lorfqu
après
un
long,
hiver
|
L
revient
enfin
vers
nous.
-
La
Nature
Jançguiffante
&
flétrie
Émiffoic
eñ
rappellant
fn.
bienfaiteur
&
Te
pere.
II
“approche.
elle
trefaille
&
s’anime;
fa
douce
haleine
des
Zéphirs
le
_précede’
&
Fans
nonce
,
elle
prépare
la
naïffance
des
fleurs
qui
doivent
of=
ner
fon:
empire,
elle
pénetre
leurs
tendres
germes.
Get
air
âpre
&
piquant
qui
déchiroit
nos
tiflus,
qui
“enchanoi
ños
membres
engourdis,
qui
portoit
un
foi
mortel
jufqué
dans
nos
véines,
femblable
aujourd’hui
à
un
duvet
tépide
&
léger,
s'étend
autour
de
nous,
&
nous
enveloppe.
Les
habitans
de
l'air,
ces
chantres
nélodieur
à
a
_
la
Nature
accorda
des
organes
fi
flexibles
&
fi
propres
À
charmer.
nos
ennuis
dans
les
retraites
les
plus
folitaires
,
prouvent
déja
des
bienfairs
de
la
faifon
nouvelle
:
j
.
ramagés
ans
noncent
le
tems
des
plailrs
_&
celui
des
aMOUrS.
Les
vapeurs
que
lhiver.
avoit
reflerrées
,
ont
perdu
cette
fo=
dide
&
dure
confiftance.
qui:
couvroit
&
nos
collines
&
mos
vallons;
elles
ont
repris
leur
premiere
:
fluidité,
elles
_pénetrent
déjà
la
farface
dé
la
Terre,
elles
S'infinueront
“bientôt
dans
les.
cifus
relâchés
des
végétaux
5
le
criftal
des
fontaines
à
retrouvé
fa
tranfparence
éd
liquidité
l'onde
argentine
des
ruifleaux
n
“enchaîne
plus
dans
dé
du
|
.res
entraves
les
planes
qui
naiflenc
fur
leurs
bords,
elle
ne
brie
plus
leurs
fibres
délicates
;
elle
les
pénctre,
ke
ide
So
Le
PR
PP
AN
TE
Ne
PA
D
v
M
0:
N:
D.
À
TA4É
Bibe,
&
leur
rend
toute
leur
élafticité
premieres
déjà
l'herbe
tendre
commence
à
paroîrre.
Mes
yeux
fatigués
de
9
©
“m'avoir
erré
fi
longtems
que
fur
“une
farface
d'une
blan-
_éheur
trop
éee
&
trop
uniforme
qui
Couvroit
toutes
fos-
campagnes,
fe
repofent
avec
complaifance
fur
an
nou-
veau
tapis,
un
peu
fombre
encore
;
mais
que
varie
deja
le
pointe
verdoyante
des
herbes,
qu
‘émaillent
la
perce
neige
&
la
Violette.
Les
bourgeons
des
arbres
fe
gonfient,
ils
ten-
dent
à
fe
développer;
déjà
je
les
vois
préparer
&t
ces
cou
leurs
brillantes
dont
leurs
fleurs
vont
fe
revêtir,
&
ces
fucs
délicieux
qu'ils
me
promettent.
Fout
renaît
fe
les
regaf
ds
viviflans
du
Pere
de
la
Nature:
touc,
dans
cet
heureux
mo=
ment,
annonce
l'abondance
&
la
gaieté.
:
Floignons-nous
de
nos
ee
s
,
marcChons
vers
ces
ébteaux
dont
le
Soleil
dore
les
Fe
,
allons
faluer
FAuteur
de
tous
nos
biens,
adreflons
un
hymne
à
celui
qui
ramene
avec
lui
le
bonheur.
Une
paicé
vive
&
douce
s'em-
pare
de
mon
Âme
attendrie
;
tout
s'emeut
;
tour
excité
ma:
fenfbilité
:
Je
vous
falue
êtres
naiffans,
je
vous
flue
au
_6*vous
qui
fembliez
morts
pour.
jamais,
je
bénis
l'inftane
où
VOUS
retrouvez
les
forces
de
la
vie
;
tout
s'igite,
tout.
{
fourrit,
tout
croit
pour
fe
reproduire.
Ah!
br
7
=
5
‘toute
[a
Narure
et
peuplée:
d'êtres
fenf--
tout
eft:
animé
bles,
dont
lexifence
fe
rapproche
d
de
{a
MIÉANE
;
;
tout
doi
entehdreina
voix,
tout
doit:
répondre.
à
mes”
VEUX,
F&
Te:
prèter
“à
mes
defirs.
Comme
renaiflances
;
“êtres
“bienfer
féviens
:
vivre.
en
idée
Pit
ee
ji
Fier.
:
vousi
qu'une
illufon,
je
vous
chéris
&
je
vous
adopte
!
|
;
|
|
Y42
PHE&SIQUE
Ce
fut
ainf,
fans
doure
,
que
parla
le
mortel
heureux
qui
le
premier
fe
profterna
devant
le
Soleil
avec
une
âme
{enfible
&
reconnoiffante
;
tel
fut
,
fans
doute
,
Le
premier
culte,
pur
comme
l'âme
de
celui
qui
loffroit
au
Pere
dela
Nature
,
fans
le
connoître
,
mais
dont
il
croyoit
voir
la
brillante
image
dans
le
Soleil.
C'eft
ainfi,
qu'après
avoir
animé
tous
les
êtres,
l'homme
\
donna
bientôt
à
chacun
d'eux
une
intelligence
divine
,
un
efprit
protecteur
chargé
de
veiller
fur
lui
;
alors
naquirent
les
Nayades
&
les
Rp
les
Driades
&
les
Hamadria-
des.
L'homme
fenfible
,
pénétré
d'admiration
&
de
recon-
noiflance
,
fe
plut
à
remplie
de
Dieux
ou
de
Génies
tout
fon
domaine
;
il
s'entouroit
avec
une
joie
pure
&
délicieufe
des
émanations
d’une
Divimité
générale
&
bienfefante
qu'il
cherchoit,
qu'il
adoroit
dans
tous
fes
bienfaits.
Il
n'avoit
point
encore
appris
à
la
craindre,
il
ne
favoir
que
l'aimers
nul
efprit
faux
&
atrabilaire,
ou
.
&
cruel,
ne
Jui
avoit
fait
redouter
un
tyran
de
l'Auteur
de
fon
être,
Cet
inftant
funefte
arriva,
alors
naquirent
l'Idolâtrie,
le
Paga+
nifme,
la
Se
&
toutes
les
horreurs
qui
marches
rent
à
—
fuite.
—
;
La
Mythologie
ne
fur
a
longtems
qu'une
allégorie
hiftorique
&
phyfique
;
;
les
erreurs
populaires
la
corrompi-
rent
bientôt,
même
dans
fon
pays
natal.
Les
Grecs
qui
la
rapporterent
PEgypte,
quine
l'avoit
pas
vu
naître,
mais
qui
l'avoit
fans
doute
reçue
de
quelqu'autre
natloñ
anté-
-rieure
&
plus
heureufement
placée
far
le
globe
,
la
défi:
gurerent
encore.
Il
étoit
refervé
à
notre
fiecle
de
la
rappek
_
fre
fa
premiers
origine,
de
lai
rendre
toute
F
pus
.
pu
MorDE
…
143
toute
fa
dignité.
Le
favant
Ouvrage
de
M.
Court
de
Gé-
belin,
&
les
ingénieufes
recherches
de
M.
Dupuis
fur
lO-
rigine
des
Conftellations,
&
fur
l'Explication
de
{a
Fable,
jultifient
l'Antiquité
de
l'injure
que
lui
avoient
faite
les
fie»
cles
qui
nous
ont
précédés.
Mais
abandonnons
ces
confidérations
hiftoriques
&
philo-
fophiques
;
rentrons
dans
la
carriere
de
la
PEne
pour
y
obferver
tous
les
phénomenes
qui
appartiennent
à
la
LEu-
miere,
à
ce
fluide
élaftique
qui
remplit
l'efpace,
&
qui,
caufe
unique
de
tout
mouvement,
agite
coute
la
Nature
5
qui,
difféminé
entre
toutes
les
parties
des
corps,
produit
en
eux
tous
les
états
dans
lefquels
nous
les
obfervons.
Après
avoir
reconnu
fa
nature
&
fon
origine
,
voyons
comment
elle
fe
propage.
On
2
fuffifamment
conçu,
par
tout
ce
qui
a
précédé,
que
nous
regardons
la
matiere
propre
de
la
Lumiere
com-
me
une
fubftance
élémentaire
;
que
les
propriétés
que
nous
attribuons
à
cette
fubftance
,
&
que
tous
les
phénomenes
lui
affürenc
inconteftablement
,
font
1°.
de
remplir
tout
lefpace
;
2°,
d'être
éminemment
élaftique
;
3°.
d'être
com-
pofée
de
globules
,
ou
de
iphéricules
parfaitement
rondes,
dont
les
diametres
font
extrêmement
petits,
plus
petirs
que
les
diametres
d'aucune
autre
particule
élémentaire.
Hès-lors
il
eft
évident:
que
ces
or
qui
forment
la
fubftance
de
{a
Lumiere
>
peuvent
pafler
à
travers
tous
les
pores
des
corps
—
sy
loger,
&
y
exercer
leur
élafticité,
lorfque,
par
la
preffion
de
ces
COFpS
,
OÙ
plus
généralement
encore,
par
la
preffion
du
fluide
fimilaire
gas
&
am-
bient,
ee
reffort
eft
excité,
:
edit
rineisonenne
ms
he
iles
ie
tie
TA
PHESNHOUE
Cet
océañ
fans
bornes
d’un
fluide
élaftique
continu
,
&
“qui
pénetre
toutes
Les
fubftances,
étant
admis
(
&
nous
ne
voyons
aucun
fait,
aucun
raifonnement
qui
puiffe
lui
être
oppofé),
on
conçoit
aifément
la
propagation
du
mouvement
dans
tout
lefpace
5
la
contiguiré
des
reflarts
élaftiques
af
fre
f’‘tranfiniflion
dans
tout
l'abime
de
l'infini.
L'efprit
®
faifit
avec
autant
de
facilité
que
d'évidence
ce
principe,
fi
_
étonnant
au
premier
apperçu
,
&
fi
vrai
laide
de-la
ÿe-
flexion,
que
dans
nul
potit
de
l'Univers
un
corps
ne
peut
être:
agité:
fans
que
fon
mouvement,
quelque
foible
4
4k
foir
,nefe
répande
dans
tout
cet
Univers.
-
.
Si:
la.
propagation
du
mouvement
dans
l'efpace
.
s'explique:
d'une.
maniere:
ficlaire
&f
fimple:par
ce
-feul
panenee
Ja
caufe
,
ja
raifon
des
mouvemens.
intérieurs
dé
éhaque-corps
en-parrioulier
fe
manifefte
avec
la
même
*
évidence:
Tousdesk
Corps
étant
pénétrés
par
ce
fluide
difés
miné
entre
toutes
leurs
parties,
on
peut-les.
confidérer
comme
des
CRRCaES
de-boîtes
remplies
d'une:
multitude
in-
nie
de:
reflorts
éminemment
élafti
iques,
tous.en.
contact
:
ehtreux
;
;
&
dès-lors:
en
cGnçoir
qu
aucun
point
de
Ja
furface
de
ces
corps
ne
peut
être
agité
fans
que
quelques-unes
‘des
”
fphéricules:
slapiques
;
Jogées
dans
les.
pores
du
corps;
ne
:
foient:
Lompie
&
fans
qu'elles
ne
communiquent
leur
comprefiion
à
toutes
celles
qui:
rémpliflent
l'intérieur.
des
COrpS,
puifqu?
elles
font
toutes
en
conta&,
Les
vibrations:des.
fphérieules
extérieures
le.
frottement
des
corps
folides.ens
treux
&
qui
contiennent
toujours
entre
leurs
farfaces
le
fluide
élañique
,
enfin
toute
action,
toute
comprefion
qui
agic-fur
€
cés.globules
i
inçarcérés
.
doit
donc
{e
tépañdre
dans.
toute
D
MO
N
DE
14$
la
maîle
des
corps
;
de-là
la
chaleur
&
tous
fes
effets.
Nous
les
expoferons,
&
nous
les
expliquerons
tous,
lorfque
nous
traicerons
de
ce
grand
phénomene,
effet
le
"
général
&
le
plus
important
des
vibrations
du
fluide
général,
dont
réfulte
également
la
fenfation
de
Lumiere.
Tout
étant
préparé,
dès
l’origine
des
chofes,
pour
re-
cevoir
&
tranfimertre
le
mouvement,
la
Lure
&
la
cha-
leur,
la
Nature
attendoit
que
fon
Auteur
lui
donnât
l'im-
pales
&
la
vie.
C'eft
ainfi
(
car
il
eft
toujours
permis
en
Méchanique
de
comparer
les
petites
machines
aux
grandes,
parce
que
leur
principe
eft
le
même),
c'eft
ii
qu'une
pendule
montée
n
attend,
pour
que
chaque
roue
fuive
{a
marche
qui
lui
fut
prefcrite
,
&
pour
qu
‘elle
remplie
La
fonétion
à
laquelle
elle
fut
deftinée,
que
le
choc
que
doit
recevoir
fon
balancier.
C’eft
encore
ainfi
que
le
fœtus
en-
veloppé
dans
fon
germe,
déjà
defliné,
préformé
,
organifé,
attend
,
pour
fe
mouvoir,
que
l'efprit
de
vie
ait
mis
en
action
le
reffort
moteur
qui
doit
agicer
la
machine
organi<
{ée,
déterminer
toutes
fes
actions
,
+
par
elles
toutes
Les
fa-
aies
de
dévéloppement,
de
nutrition
&
de
fécrétion,
qui
conftituent
&
caractérifent
l'animal.
Un
point
imperceptible
s'agite
d'abord
;
c'eft
l'échappement
du
premier
engrenager
Toute
la
machine
s'ébranle
,
les
parties
élaftiques
Éprou-
vent
des
contractions
&
des
ee
;
les
fluides
fon
-
agités
,
ils
circulent
;
Panimal
exifte
il
vit.
+.
4
traînante
&
pefante
lenteur
du
récit
que
nous
venons
|
de
faire
de
ces
merveilles,
ne
peut
pose
cet
ace
fubit
&
$
inffantané
du
Créateur,
cet
acte
unique
de
fa
volonté
par
le-
quel
exifterent
enfemble
&
dans.
un
moment.
sr
,
Tome
11.
|
—_
À
146
Puy
srouEs
touces
les
actions
que
nous
avons
Été
obligés
de
confidérer
comme
fucceflives.
Nous
avons
déjà
dit
quel
étoit
ce
reffort
à
l'action
duquel
fut
foumife
toute
la
marche
de
la
machine
de
notre
Mon:
de.
Placé
au
centre,
il
attendoit
que
la
main
qui
l'avoit
eréé
lui
donnât
l'impulfion.
Dieu
dit,
&
laftre
moteur
tourna
fur
lui-même.
Par
la
loi
de
[a
contiguité
tout
reçut
fe
mouvement,
tout
obéit
à
limpulfion
+
Un
ordre
éternel
avoit
prefcrit
,
déterminé
,
néceflité
tous
les
mou-
vemens
fucceffüifs
;
alors
la
chaîne
de
tous
les
futurs
com
mença
de
tourner
fur
elle-même
pour
fubir
mille
&
mille
révolutions
toujours
différentes,
&
toujours
néceffaires
,
émanées
toujours
d'un
même
principe,
d’une
même
cale,
d'un
feul
ordre
primitif.
.
Si
nous
avons
bien
établi
cette
vérité
que
d
Re
confifte
dans
les
vibrations
d’une
fubftance
élaftique
,
on
conçoit
aifément
qu'a
l'inftant
où
le
Soleil,
en
tournant
fur
lui-même
,
agita
l'océan
élaftique,
toutes
les
fphérioules
qui
:le
compofent
dûrent
entrer
en
vibration,
&
que
par
confé-
_quent
une
fplendeur
générale
dût
baies
dans
tout
l'efpace
La
Lumiere
fut
le
premier
effet
de
la
Nature
animée
par
le
mouvement.
Il
la
répandie
dans
l'efpace
qu'il
rempli
avec
elle;
tout
fur
agité.
De
cette
action
générale
naqui
la
chaleur
,
effet
néceffäire
du
mouvement
;
tout
sagifa,
fuivant
{a
nature.
Alors
l'eau,
&
le
principe
inflammable,
ces
élémens
volatils
_{e
dégagerent
du
fein
du
cahos
que
formoit
la
matiere
norte
,
mélange
confus
de
routes
les
…
fubftances
primitives,
Ces
non
volacils
$
éleverent;
alors
sue.
&
fe
formerent
tous
les
pie
fecondaires,
|
*
ne
=
=
:
À
pue
de
ts
ET
CE
CLS
LAS
che
gt
cn.
débris
ilernts
Mesh
anih
ui
A
ES
ES
PT
ed
nc
tt
CPP
PER
ER
PEINE
PETER
PISE
T
IP
puy
MONDE,
T47
Quoique
nous
ne
nous
propofons
pas
encore
de
parler
de
la
nature
des
élémens,
nous
cr
oyons
,
afin
de
ne
laïffer
en
arriere
aucune
des
idées
néceflaires
à
l'intelligence
de
ce
que
nous
avons
à
dire,
devoir
jetter
un
coup
d'œil
ra-
pide
fur
fa
théorie
des
nes
fur
la
nature
&
les
fonc-
tions
de
l'atmofphere
,
&
fur
le
Phones
fi
important
de
la
chaleur,
afin
d'éviter
toute
équivoque
,
toute
confufion
d'idées
entre
le
feu
&
la
chaleur,
entre
la
flamme
&
la
Lu-
miere.
Plufieurs
Phyficiens
,
Le
plus
grand
nombre
même,
confidere
Le
feu
commé
un
élément,
comme
une
fubftance
particuliere
,
primitive
,
fimple
;
&
cette
fubftance
ils
ils
lui
attribuent
[a
propriété
exclufive
de
produire
+
k
chaleur
dans
les
corps
;
d'autres
ont
pris
la
chaleur
&ile-même
pour
une
fubftance
particuliere
:
tous
a
ttribuent
à
ce
feu
principe
&
élémentaire
qu'ils
fappofent,
tous
les
phénomenes
de
la
cha-
eur
accompagnée
de
Lumiere,
&
tous
ceux
de
la
chaleur
obfcure.
Nc
otre.
théorie
differe
dé
celle
Re
-
ces
Phyfciens.
Nous
ne
connoïffons
d'autre
caufe
primitive
de
h
produétion
des.
phénomenes
de
l'inflammation,
de
la
“combultion,
que
le
prmcipe
inflammable.
On
appellera
ce
principe
,
huile,
foufre,
enfin
comme
on
voudra,
Chaque
Phyficien
pourra
le
revendiquer
fous
le
nom
qù
1l
aï
aura
donné:
pour
nous,
nous
le
nommerons
principe
inflammable
,
&
nous
le
repréfenterons
comme
flhuile,
la
plus
fubtile,
la
plus
pure,
la
plus
effenielle
(4).
Nous
difons
ce
Fe
ir
eft
un
“nes
“à
fil
-
(2)
Ve
Diéionnaire
du
preinier
Vol.
au
mot
Halle
+
2
148
ris
ovr
|
exifte
par
lui,
quil
exifte
dans
toute
la
Nature,
quil
‘abonde
dans
les
trois
regnes,
quoique
quelques
Phy-
ficiens
aient
voulu
l’exclure
du
regne
minéral;
fans
faire
attention
au
gas
inflammable
que
l'on
tire
des
métaux,
à
celui
qui
fe
dégage
dans
les
mines
les
plus
profondes,
à
cette
matiere
ie
qui
abonde
toujours
dans
la
diflolution
des
fels.
On
reconnoït
pour
élémentaires
tous
les
principes
qu'on
ne
peut
pas
décompofer,
tous
ceux
qu'aucune
combinaifon,
vonnue
où
AIDpOCE
ne
peut
produire.
El
nous
paroït
dé-
montré
qu'à
ces
deux
égards,
on
ne
peut
refufer
au
prine
cipe
inflammabie
la
prérogative
d'être
élémentaire
;
ce
prie
cipe
eft
donc,
felon
nous,
un
élément
;
c’eft
à
lui
qu
ap-
partiennent
tous
les
phénomenes
de
lignition,
de
linflam-
mation
;
c'elt
lui
qui
eft
a
ce
qu'on
appelle
-
vulgairement
Z
feu
dans
l’état
lumineux
,
le
Jeu
conf
Idéré
ns
la
flamme,
enfin
dans
tous
les
états
où
la
Lumiere
eft
produite
par
linflammation
,
pat
la
déflagration
des
Corps.
_
Confidérons
cet
élément
din
ee
nature
,
dans
lation.
se
le
rend
viñble,
&
dans
fes
effets.
—
re
Dans
fa
nature
il
eft
une
bRanes
did.
.
rare,
infiniment
fubtile,
infiniment
volatile
3
.
eft
infenf-
ble
au
toucher,
invibble
aux
regards.
TIncarcéré
dans
les
‘corps;
ily
_
dans
un
état
de
repos
éternel,
f
nulle
action
etrangere
ne
venoit
brifer
fa
prifon,
&
lui
ondte
lufage
de
fe
ailes.
Mis
en
liberté,
il
s
échappe
avec
rapidité,
parce
quil
eft
plus
rare,
plus
,
plus
fubtil
que
la
erre
&
Peau
dans
lefquels
il
peut
être
engagé.
Nous
fommes
affez
portés
à
le
regarder
aufli
comme
élaftique
,
quoiqu'aucun
pu.
MoNDE.
E49
phSipmene
ne
paroïffe
démontrer
bien
clairement
fon
élaf-
ticité,
qu
aucun
d'eux
peut-être
ne
l'exige
pour
être
expli-
|
qué
d'une
maniere
fatisfefante,
&cque
ce
qu'il
paroït
quel-
quefois
devoir
à
une
élafticite
réfidente
en
lui,
prie
avec
fuccès
être
rap
pporté
à
l'élafticité
éminente
de
la
matiere
de
la
Lumiere
avec
laquelle
il
eft
toujours
mêlé,
8
même
combiné.
Voilà
tout
ce
que
nous
pouvons
dire
A
fa
nature.
Nous
prions
les
Phyficiens
qui
ne
feront
pas
contens
de
cette
définition,
de
no
nos
idées
en
nous
préfentant
les
leurs.
.
Quant
à
l'action
quile
rend
vifible
&
fenfible;-nous
ne
Dourons
lattribuer
qu'à
la
meme
caufe,
qui,
en
divifant
_
les
corps,
lui
rend
la
liberté
&
lui
permet
de
fuir
&
de
s'échapper
dans
l'efpace.
-
Cerre
caufe
qui
divife
les
Corps,
eft
ce
qu
on
appelle
/z
.
mais
nous
avons
déjà
fuffifamment
indiqué,
nous
|
avons
même
déclaré
que
ce
que
nous
appellons
chaleur.
:
cette
caufe
qui
raréfie
les
corps,
n'eft
rien
autrechofeque
_
l'effet
de
cette
propriété
réfidente
dans
une
fubftance
élafti-
|
que,
qui
pénetre
dans
les
maffes,
qui
agite,
divife,
écarte
leursparties,
&
qui
produit
ainf
la
doi
de
ces
mañles.
La
chaleur
nef
donc
qu'un
effet,
un
état
des
COIPS
,
&
|
non
pas
une
fubftance
;
&
cet
ee.
_cer
état
des
corps
à
|
|
|
Ë
|
quel
agent
faut-il
le
ee
à
Nons
avons
Ne
|
cous
les
corps
coranie
pénétrés
dans
toute
leur
mañle
‘entre
routes
leurs
parties
par
un
fluide
infiniment
ie
-
|
H<
ef
donc
tout-à-fait
naturel
de
penfer
que
ce
fluide
élafti-
|
|
que,
étant
misen
ation,
eft
le
véritable
agent
de
la
raré-
|
fadtion
5
que
cet
lui
qui
agi,
-ÉÇArte
-divife
les
parties
Le
ed
a
RD
RE
vin
ue
5
CSS
SEEEEÉS
£
ne
F
es
fe
Sr
or
Ts
+
or
de
Yan
P
Mn
LÉ
RELIGrS
150
PRÉ
rTEUE
entre
lefquelles
il
eft
compris,
&
que
c'eit
ainfi
qu'il
raréfie
fes
mafles.
Tous
les
phénomenes
qui
appartiennent
à
[a
chaleur
obfcure
feront
donc
aïfément
déduits
dé
ce
feu}
principe.
Nous
les
expliquerons
tOUS
,
lorfque
nous
tra
terons
de
[a
chaleur.
|
Mais
comment
ce
fluide
élaftique
qui
meurt,
agite,
écarte,
divife
Les
parties
des
corps
lorfque
fon
élafticité
eft
mife
en
action
par
les
vibrations
du
fluide
femblable
dans
léquef
tous
les
corps
font
plongés,
comme
ils
en
font
tous
rem
plis,
peut-il
contribuer
à
rendre
vifble
Le
principe
inflam:
mable
;
dont
nous
avons
parlé
;
ÿ
Ce
füide
is
brille
dans
la
fn:
?
Il
ne
fera
pas
difficile
de
répondre
à
cette
queftion,
fi
nous
nous
rappelons
la
définition
quenousen
avons
donnée,
Ce
ie
que
nous
avons
appellé
Ze
principe
inflammas
ble’.
,
étant
infiñiment
raré,
infiniment
fubril,
doit
fe
dégager
dés:
corps
dans
lefquels
il
eft
contenu
Ati
les
particules
inrégrantes
de
ces
corps
fe
défuniffent
par
le
mouvement
ini
térieur
que
produit
la
chaleur;
ils
échappe
alors,
ilséleve
avec
rapidité
;
la
flamme
n’eftrien
autre:
chofe
c
que
46
torrent
dec
ce
fluide
coibiné
avec
la
matiere
é
de
R
re
G}
°@
:
Flamme
ag
7.
2.
a
.
Royle:
|
.
ps
À
une
fumée
brillante
;
la
fuimée
é’eft
lé
tortent
des
fubflancés
volatiles
qui
fe
dégagent
ducorps
échauffé:
Sice
torrent
contient
de:
Phuile;
dé
Ja
matiere
grafle,
fulfureufe
;
c’eft-à-dire
du:
principe.
inflammable,
c'eft
alors
quil
peut
devenir
cards,
brillant,
Ce.
brillant.
ei
produit
que
par
un
mouvement
plus
rapide
des
parties
.
du
principe
inflammable
;
la
Lumiere
ne
peut
être
produite
que
dans
la
fubftance
|
fumineufe.
Le
mouvement
Fapide
qui
agite
cette
fubfance
par
fins
térmede
du
principe
inflammable,
le
plus
propre
à
agir
fur
elles
Ro
ic
tot
eme
sait
dr
siéé
tits
line
à
à:
AE
pu
M0
N D
%,
xST
En
fe
dégageant
avec
abondance
&
avec
rapidité
des
corps
qui
le
contiennent
,
il
agit
en
tout
fens
à-la-fois
fur..la
fubftance
de
la
Lumiere
5
il
la
frappe,
la:
poufe
de
tou-
tes
parts,
tant
celle
quil
rencontre
dans
l'air,
que
celle
qui
fe
dégage
en
même
tems
que
lui,
&
que
celle
avec
laquelle
il
étoit
combiné
dans
Le
corps
Qui
brûle.
De
cette
multitude
de
chocs
naît
cette
fplendeur
vive
que
produit
le
corps
enflammé.
Plus
ce
corps
contient
du
principe
in-
flammable,
plus
le
Donne
fe
manifefte
avec
éclat
;
plus
ce
corps
contient
ce
même
principe
dans
un
état
libre;
où
plus
approchant
de
fa
liberté,
plus
l'infammation
ef
fubite:
mais,
plus
fa
durée
eft
courte,
tout
le
fluide
inflam-
mable
étant
bientôt
diffipé.
Si,
au
contraire
;
ce
principe
efktrès-enveloppé;
s'il
ne
séchäppe
qu'avec
une
grande
dif
ficulté
,
fon
courant
devient
moins
fenfble.
Ces
degrés,
ces
nuances
s'étendent
depuis
l'inflammation
fubite
de
la
poudre
jufqu'à
cette
lueur
lente
&.
faible
à
ose
fur
a
furface
des
métaux
embrAfés.
-.
…
:
Si
tous
les
phénomenes
detachateur
heure
ocre
être
rapportés
à
la
matiere
de
la
Lumiere,
nous
penfons
que
tous
ceux
de
lignition,
de
linflammation,
de
la
déflagration
,
doi-
Te
e
parce
qu'après
à
eff
le
.
rare,
le
plus
bit
ne
peu
être
communiqué
au
principe
inflammable
que
par
Padion
vive
de
cette
même
fubftance
fur
laquelle
il
réagit
après
avoir
reçu
fon
a&ion:
On
ne
peut
fuppofer
ici
que
jamais
leffet
foit
plus
grand
que.
Ja
caufe
,
parce
qu'une
aétion
primitive
imprimée
en.
développe
mille
autres.
C’eft
ainfi
qu'une
amorce
de
pere
D
mine
_
fait
fauter
une
tour
ou
un
sion
à
nie
nome
tent
Te
Puy
ss
NMOUE
vent
l'être
au
principe
inflammable
que
nous
confidérons
comme
une
huile
éthérée
infiniment
{ubtile,
comme
un
fou-
fre
té
pAr,
&:
dans
lequel
la
modificition
de
la
flamme
ne
peut
être
produite
que
par
un
mouvement
violent
qui
agice
fes
parties
entrelles,
&
qui
produit
ainfi
fa
dé
compofition
,
qui
détruit
ia
union
avec
le
principe
de
la
Lumiere.
C'eft
de
ce
mouvement
rapide
de
décompofition
que
naît
la
Lumiere
appellée
flamme.
Une
fermentation
très-rapide
,
un
frottement
vif
&
continu,
font
deux
moyens
propres
à
produire
ce
phénomene
,
parce
que
l’un
&
laus
tre
agitent
puiflamment
la
fubftance
élaftique
combinée
avec
Le
fluide
inflammable,
Par
la
même
raïfon,
la
flamme
déjà
produite
ef
parfaitement
propre
à
exgiter
ce
phéno-
mene.
Ïl
en
eft
de
même
du
fluide
éle&rique
,
cet
agent
le
plus
puiffanc
des
mouvemens
intérieurs
,
parce
que
pi
tricité
n'eft
elle-même
que
la
matiere
de
n
Lumiere,
modi-
fiée
ainfi
que
nous
le
dirons,
&.
prefque
toujours
unie
an
-
principe
inflammable
,
fi
même
elle
me
Left
pas
toujours,
Cette
union
de
la
matigre
de
la
Lumiere
au
principe
ins
flammable
eft,
felon
nous,
le
ph/opiffique
proprement
<
dits
ceft
le
premier
des.
DAnEpee
fecondaires
;
cetrle:
phlo-
giftique
pur,
Ce
même
principe
fecondaire
uni
à
une
très-
petite
quantité
d'eau,
eft
encore
L
acide
primitif.
De
là
|
toutes
les
analogies
reconnues
entre
l'acide
&
le
feu
-
de
phlogiftique,
le
foufre,
&c
;
car
les
noms
ny
font
rien.
Cerre
éthiologie
peur
fe
rapprocher
de
l'opinion
de
plus
fieurs
Savans
qui
appellent
acide
phofphorique,
l'acide
pris
mitif.
[l
eft
évident
que
notre
acide
doit
avoir
les
pro-
priérés
DR
PAGE
il
eft
formé
par
le
principe
:
inflammable
DS0>
MON
DT
153
inflammable
uni
au
principe
lumineux.
Nous
verrons
un
jour
tous
Les
autres
principes
fecondaires,
tertiaires
,
&c.
haître
des
combinaifons
de
ces
deux
principes
volatils
unis
à
l'eau
;
mais
ils
feroient
incoercibles
,infaififables,
fi
laterrene
leur
fournifloit
une
bâfe
fixe.
Ce
n'eft
donc
que
lorfqu'ils
font
enchaînés
par
ce
pPtnee
fixe
quon
peut
les
confidérer.
Notre
phlogiftique
uni
à
li
terre
devient
ce
que
les
Chy-
miftes
appellent
Ze
feu
fi
ixé
dans
les
corps.
-
Nous
ne
nous
étendrons
pas
davantage
fur
la
tKéôfié
des
élémens.
Nous
n'avons
été
din
À
à
jetter
fur
eux
un
ne
œil
rapide,
que
pour
rendre
incelligi
ble
cé
que.
nous
avons
a
dire
de
la
Lumiere
&
de
fes
DRE
Nousn
'a=
vons
parlé
du
principe
inflammable
,
que
pour
éviter
toute
équivoque
entre
la
Lumiere,
|
phéhomene
fimple
rapporta-
ble
à
lécher
feul,
&
la
flamme
,
phénomene
compliqué
,
dans
Éoebehée
&
le
principe
inflammable
jouent
cha-
Cun
leur
rôle
;
&
nous
n'avons
dit
un
mot
de
l'acide
primi-
dif
que
par
occafñon,
&
pour
indiquer
|
la
caufe
des
rapports
qu'on
lui
trouve
avec
cette
prétendue
matiere
de
feu
ap
pliée
phlogifrique
pe
les
Phyliciens
,
rapports
defquels
eft
née
cette
opinion
vraie:
en
elle-même,
mais
trop
vaguement
expofée
jufqu'à
préfent
,
trop
peu
:
liée
avec
le
fs
flème
gÉ-
néral,
&.
qui
ae
ie
ue
comme
ephoipho-
ie
|
ee
Nous
:
avions
de
eo
ces
a
en
Lo
1777,
;.
1778
&
1779,
dans
différens
Mémoires
inférés
dans
Îe
Journal
de
Phyfique.
Nous
préfenterons,
dans
1e
fui
ces
théories]
LT
_
.
méditations,
ee
on
ce
DE
LA
PROPAGATION
DE
LA
LUMIERE,
ou
de
la
Lumiere
direéte.
1.
A
Lumiere
étant
reconnue
pour
ètre
produite
par
des
files
de
globules
éminemment
élaftiques
&
en
conta®,
il
eft
évident
que
fi
elle
fe
propageoit
par
des
lignes
cales
ment
paralleles,
dans
un
milieu.
libre,
fa
force,
fon:
inten-
fité
,
feroit
toujours
la
même,
à
quelque
diffance
que
ce
fût
des
Corps
lumineux.
Dans
cette
fuppoñtion,
rien
ne
pour.
roit
diminuer
fa
vitefle,
ni
changer
fa
direction,
puifqu
elle
ne
rencontreroit
aucun
obftacle
dans
toute
fa
route.
Mais
il
ef
démontré
que
ce
nest
pas
ainf
que
la
Lumiere
eft
propagée
dans
l'efpace
qui.
environne
un
corps
lumineux:
Plus
on
s'éloigne:
de
ce
corps,
plus.
la
circonférence
quil
éclaire
eft
grande,
plus
elle
excede
fa
circonférence
partis
culiere.
Chaque
point
rayonnant
eft
donc
le
fommer
d'un
cône,
dans
lequel
les
rayons
qui
RATER
de
ce
point
Jumi-
neux,.
divergent
en
sen
éloïgnant,
&
«
divergent.
d'aurant
plus
qu'ils
sen
éloïgnent
davantage.
_
aires
ou
furfaces
des.
différentes
bâfes
de
ce
cône,
fappofé
coupé,
tronqué
à
différentes
diflances
de
fon
fommer
font
entrelles.comme
les
quarrés
des
diftances
au
point
roms
D’
où
il
réfulre
qu:
à
une
diftance.
trois
fois
plus
grande,
l'aire
de.
Ja
bâfe
ct
neuf
fois
plus
grande
;
ÿà
quatre
fois.
plus
de
diftance,
aire
de
la
bâfe
eft
feize
fois
plus
grande
;
:
la
Lumiere
a
.
neuf
fois
moins
d'intenfité
à
une
diffance.
triple,
feize
fois
moins
äune
diftance
quadruple,
&ainf
de
füice
:
de:
maniere
7.
à
ne,
dr
+
oi
ET
GC
Q
Pées
ni
ec)
de
ni
Te
PT
eue
ie
K
\
s
DU
MONDE.
1ÿS
dix
pieds
d'un
corps
lumineux,
la
Lümiere
à
cént
fois
moins
d'intenfité
qu'à
un
pied,
parce
que
la
même
quantité
de
rayons
qui
pafloit
par
la
premiere
bâfe,
fe
trouve
alors
diftribuée
fur
une
furface
cent
fois
plus
grande.
L’intenfité
de
la
Eumiere
décroït
donc
comme
le
quarré
de
la
diftance:
au
corps
lumineux
s'augmente.
La
Lumiere
ne
fe
propage
donc
pas
par
des
lignés
paralleles.
Cette
vérité
de
fait
ré-
fulte
de
ce
que
le
corps
lumineux
occupe
lé
centre
d'un
ef
pace
fpherique
dans
Lequel
il
exerce
1e
aétion
par
dés
li
ghes
divergentes.
Les
rayons
qui
partent
des
différens
points
des
corps
{us
mineux
,
points
que
l’on
peut
régarder
comme
étant
eéux-
mêmes
différèns
corps
lumineux
,S'éntrecroifent,
fe
coupent:
dans
leurs
directions
refpedives.
Ces
rayons
font
divergens
fi
on
ne
confidere
qu'un
feul
des
points
Jumineux
d'où
ils
partent
;
ils
font
convérgens
au
contraire
,
fi
l’on
confidere
ceux
qui
émanent
en:
même
tems
de
différens
points
Jumi-
neux,
C'eft
aïinfi
que
,
dans
uñe
chambre,
une
feule
chan-
delle
difperfe
autour
d'élle,
&
de
tous
côtés
,
des
rayons
divergens
;
5
ft
lon
allame
une
feconde,
une
otiome
chan-
delle
,
les
rayons
de
celles=
ci
convergent
entreux
,
&
avec
ceux
de
la
premiere.
L'angle
dé
convergence,
que
l'on
nomme
auf
angle
vifuel,
fera
d'autant
plus
grand,
que
le
point
de
concours
fera
plus
près
dés
—…
Luüumicres.
Il
faut
donc
diflinguer
deux
fortes
de
cônes
5
1°.
le
cône
de
dif
fon,
»
qui
a
fon
fommet
au
point
nes
2
E
€
viser
quia
fon
fommer
:
à
Fœil
du
Spédtateur,
pour
bâfe
1
orps
uinineux,
Dans
‘ce
cône
différens
points
|
qui
font
vifbles
à
la
fois;
vergent
à
là
V
2
56.
PHYSIQUE
prunelle.
La
confidération
de
ces
deux
cônes
nous
four.
nira,
dans
la
fuice,
l'explication
de
plufieurs
phénémencss
qui
ont.
jufqu'à
bear
embarrafñe
les
Phyfciens.
_C'eft
au
petit
nombre
de
vérités
que
nous
venons
d'ex-
ae:
que
fe
réduiroit
la
théorie
de
la
Lumitere,
confidérée
en
elle-même,
&
dans
l’efpace
qui
environne
le
corps
lu-
mineux:
mais
‘elle
rencontre,
elle
frappe
les
corps;
de-là
un
nombre
infini
de
rapports
nouveaux
;
de
confidérations.
nouvelles.
Ces
corps
reçoivent
l'action
de:
la
Lumiere,
&
lui
oppofent
des
réfiftances
différentes;
les
uns
font
opaques,
les
autres
font
tranfparens
:
les
premiers
s'oppofent
abfolu-
ment
à
fa
propagation,
les
autres
Padmertent
&
la
laïflent
pafñfer
en
paie
feulement,
d'autres
enfin
l'abforbent.
Ces
diverfes
propriétés
des
corps
produifent
un
grand
nombre
de
phénomenes,
de
la
confidération
+
naît
la
théorie
complete
de
la
Lumiere,
C'eft
du
claflement
de
ces
us
nomenes
que
s'eft
formée
notre
Divifion.
|
De
la
Eumiere
confidérée,
quant
à
à
fa-
propagation,
&:
à
fa
rencontre
avec
les
corps
qui
fe
trouvent
fur
fa
route,
naïffent
plufieurs
phénomenes
qui
varient
faivanc
la
nature
de
ces
Corps.
La
premiere
diftinction
,
la
diftinction
la
“plus
importante,
celle
qui
fe
préfente
le
plus
évidemment
à
à
nos
regards
,
ceft
la
tranfparence,
où
Fopacité
de
ces
corps,
LE:
rs
La
Lumiere.
‘pénetre
en.
panel
les
premiers,
ls
la
tranfm
te
tefñt
5
nous
difons
qu
ils
la
pénetrent
en
partie:
cie
fe
fut
pas
penfer
que
toute
celle
qui.
tombe
fur
leur
furface
les
craverle,
il
yena
coujours.
une
grande
partie
de
réfléchie;
ni,leau
la
plus.pure
,
ni
le
“eryllal.
le.
plus
tranfparent
,
He
der
eus
ua
libre
paffage
à
tous
is
Les
rayons
<
de
le
Lumier
nl
sv
BC
MONDE
12
les
frappes
pour
s'en
aflurer,
il
fuffic
de
confidérer
que
fi
{es
objets
placés
,.
relativement
à
la
route
de
la
Lumiere
,
der-
“ricre
ces
corps
cranfparens
,
fonc
éclairés
;
la
furface
de
ces
mêmes
corps
expofée
à
la
Lumiere,
LA
d'un
éclat
qui
prouve
qu
ls
en
réfléchiflent
une
partie.
Ces
corps
tranf-
mettent
La
Lumiere
,
mais
ils
ne
la
tranfmettent
pas
dans
Ja
direction
précife
où
ils
la
reçoivent
5
;
cette
direction
varie
plus
OÙ
Moins
,
füivanc
certaines
a
de
ces
Le
rens
Corps.
Il
faut
donc
oder
dans
les
corps
ee
que
l'on
appelle
auf
diaphanes
,
1
°,
la
quantité
de
Lumiere
qu
xls
tranfmettent
;
2°.
la
de
direction
que
cette
Lumicere
prend
en
les
traverfanr.
De
ces
confidérations
naît
cette
par-
tie
de
l'Optique
que
l'on
nomme
Dioprrique.
_
Siles
rayons
lumineux,
au
lieu
de
rencontrer
des
corps
di.
tombent
fur
ceux
que
nous
nommons
:
tous
les
phénomenes
deviennent
infiniment
différens.
1°.
Les
objets
placés
derriere
ces
corps,
relativement
2
à
l'incidence
de
la
Lumiere,
ne
font
point
éclairés;
de-là
P
ombre
où
Pefpace
obfcur
qui
fe-trouve
derriere
ces
corps.
2°
.
D'au-
tres
rayons
de
Lumiere
fe
dirigent
de
la
furface
de
ces
mêmes
corps
à
nos
VEUX
5
de.
leur
vifibilité
:
car,
des:
corps
parfaitement
tranfparens,
comme
l'air
pur,
par
EXEM=.
_ple,
ne
font
point
vifibles..
Les
corps
que
nôus
avons
confis
dérés’,
tour-à-l'heure,
comme
tranfparens
,
mais
comme
vif
=
bles
ner
leur
éclar,
ne
font
donc
_
ue
tra
10
PRESLOUE
corps
opaques
&
vifibles
par
cette
opacité,
par
les
rayons
lumineux
qui
{e
propagent
de
leur
furface
à
notre
œil,
ny
parvicnnenmt
pas
toujours
avec
les
mêmes
qualités,
avec
les
mêmes
propriétés
;
différens
rayons
tirés
de
différens
points
de
ces
furfacesä
nos
yeux,
y
font
des
impreffions
dif.
férentes
,
d'où
naïflent
différentes
fenfations
;
c'eft
par
la
væ
riècé
de
ces
fenfations
que
nous
acquérons
l'idée
de
kB
variété
des
couleurs.
La
Science
des
phénomenes
qui
S'Opes
rent
par
la
rencontre
de
la
Lumiere
avec
les
Corps
opaques
polis,
forme
fa
Cuioprrique,
>
=
—.
Re
.
Ceft
par
l'examen
des
loix
que
fuit
la
Lumiere
qui
tombe
fur
les
corps
opaques
que
nous
allons
commencer.
-
De
l'Ombre,
-
Les
corps
opaques,
c'eftä-dire,
ceux
dont
la
compof=
tion
,
la
contexture
des
parties
ne
permet
pas
à
la
Lumiere
de
les
traverfer
librement
&
en:
ligne
droite
,
en
s’oppofant
à
fa
propagation,
produifent
une
ombre
qui
eft
toujours
op-
pofée
au
corps
lumineux,
&
qui
occupe
un
certain
efpace:
mais
quelle
eft
la
forme
de
cer
efpace?
quelle.
eft
là
pors
tion
de
fa
furface
du
corps
opaque
qui
recoit
l'action
du
corps
lumineux»
quelle
eft
l'autre
portion
de
la
Tarface
de
ce
corps
qui
eft
privée
de
la
Lumiere»
quels
fonc
les
raps
ports.
qui
s'établiffent
entre
les
formes
des
corps,
leurs
furs
faces
éclairées,
&
[x
forme,
l'étendue
de
l'ombre
qu'ils
projettent:
derriere
eux?
Pour
répondre
à
ces
différentes
queftions,
nous
choifirons
,
pour
corps
opaque
,
une
fphere;
un
globe;
parce
que
elle
eft
prefque
la
forme
du
Soleil,
&
que
les
obfervations
qui
en
réfulte
ront
féront
plus
ap+
plicables
à
la
théorie
générale.
2
*
Selon
que
le
corps
opaque
&
fphérique:eft,
où-égal
au
=,
DU.
M:0
N:D%#%.
159
corps
lumineux,
ou
plus
petit
,
ou
plus
grand
que
ce
corps,
l'efpace
occupé
par
l'ombre,
l'efpace
privé
de
Lu-
miere
a
une
forme
différente.
Dans
le
premier
cas
(Fig.
1,
Planche
VI,
quieft
la
pre-
miere
de
ce
Volume)
S
repréfente
le
Soleil,
T
la
Terre.
L'efpace
aF
6,
occupé
par
l'ombre,
a
la
forme
d'un
cône,
dont
le
fommet
eft
en
F,
au
point
de
concours
des
lignes
AaF&B4£F,
qui
font
tangentes
aux
deux
globes,
&
alors
la
partie
éclairée
de
la
fphere
opaque
T',
eft
plus
grande
que
la
partie
obfcure.
Dans
le
fecond
cas
(
Figure
2),
où
la
fphere
opaque
a
le
même
diametre
que
la
fphere
lumineufe
qui
l'éclaire,
lom-
bre
gene
2
efpace
cylindrique
aF
f
4,
dont
la
longueur
s'étend
à
l'infini.
Dans
ce
fecond
cas,
la
partie
no
de
la
fphere
opaque
eft
exaétement
égale
à
la
partie
obfcure.
Dans
le
troifieme
cas
(
Fioure
3),
où
la
fphere
opaque
eft
plus
grande
que
la
fphere
lumineufe,
l'ombre
va
toujours
en
s'élargiffant,
ens
Se
du
corps.
opaque
;
elle
a
par
conféquent
la
forme
d'un
cône
tronqué
,
dont
la
longueur
eft
re
plus
petite
que
la
partie
qui
eft
privée
ie
la
Lumiere.
L'ombre
que
nous
venons
de
définir
eft
nommée
l'ombre
vraie;
l'ombre
véritable
,
pour
la
diftinguer
de
la
pérombre
,:
qui
accompagne.
toujours
l'ombre
vraie
&
qui
l’environne.
La
pénombre
a
C
D
&
(
dans
toutes
les
Figures)
,
a
L
1
d'un
cône
tronqué
,
dont
la
bâfe
fupérieure
a
b
eft
le
cercle
c
qui
fépare
la
partie
éclairée
du
corps
spique
de
fa
partie
obfcure.
Les
côtés
de
ce
cône
étant
prolon:
és,
{e
.
réuniflent
en
entre
le
corps
lumineux.
&
le
corps
opa-
que
»
[ur
un
point
de
l'axe
Ss
,
qui
pañle
par
les
cen-
à
alement
infinie,
&
la
partie
éclairée
du
globe
opaque
T°
Des
Pénom-
-
bres,
160
PES
LOUE
tres
des
deux
corps
cet
axe
eft
aufli
dans
tous
les
cas
laxe
de
l'ombre
vraie,
dans
laquelle
il
ne
parvient
aucun
roi
de
Lumiere.
La
pénombre,
ou
prefqu'ombre,
cf
l'effet
de
la
grandeur
de
difque
du
Soleil.
Si
cet
aftre
n'étoit
qu’
un
point,
il
ny
auroit
point
de
pénombre,
il
n'y
auroit
qu’une
ombre
pai-
faite.
Mais
comme
le
Soleil
n'eft
pas
un
point
infenfible
;
comme
même
nul
autre
corps
lumineux
ne
peut
être
pris
pour
un
femblable
point,
ilarrive
néceffairement
que
plus
fieurs
endroits
voifins
de
l'ombre
véritable,
reçoivent
de
la
Lumiere,
non
de
la
toralité
de
la
furface
lumineufe,
mais
d'une
partie
plus
Ou
moins
grande
de
cette
furface,
&
tou
jours
d'une
partie:
ue
plus
grande
,
qu'ils
“éloinnen
davantage
des
limites
de
l'ombre
.
en
allant
vers
le
point
da.
le
corps
[lumineux
eft
vifible
tout
entier.
Ces
efpaces
,
moins
obfcurs
que
l'ombre
véritable,
mais
moins
éclairés
que
ceux
qui
reçoivent
la
totalité
de
.
Lumiere
dt
corps
radieux,
font
ce
qu'on
appelle
Pracreies
Es
denfité
de
la
dis
neft
donc
pas
la
même
dans
toute
l'éten»
due
de
fibäfe
Cs
D,
elle
s'éclaircir
de
plus
en
plus
en
sé:
loïgnanc
du
centre
s
(
Fig.
1),
ou
des
limites
de
l'ombre
vraie
F
&
f(
Fioures
a
&.5.):
parce
de
dans
toute
l’éren<
due
Æ
D
,ouF
C.
il
per
une
quantité
plus
confidérable
de
rayonsfolaires
,
à
mefure
que
la
pénombre
approche
«
de
fes
limites
C&D,.
au-delà
defquelles
aucune
partie
du
50e
leil
n'étant
éd
par
l'interpofñtion
du
Corps
opaque,
la
Lumiere
du
Soleil
à
tout
Péclat
dont
elle
eft
fufceprible.
Si,
au
lieu
de
fpheres
6paques
F,
T,T,.
-dans
les
crois
Fig:
gures
pce
fon
fppole
des
sis
d'une
+
:
longueur!
DU
Mots
E
:
r6r-
lonoueur
jndéfinie,
auxquels
les.
cercles
T
TT
ferviroienc
de
De.
l'ombre,
l'efpace
privé
de
Lumiere
,
changera
de
figure.
Dans
le
premier
cas;
l'efpace
eus,
lobe
vraie,
fera
un
prifme
ne
dont
la
bâfe
le
trian-
ale
a
F
b.
Danse
fecond,
Éonbre
fera
un
paralléhpipéde,
oi
la
bâfe
eft
le
parallélogramme
a
FE
f
b.
Dans
Île
troifie-
me,
elle
fera
un
prifme
trapézoïdal,
auquel
le
quadrilatere
a
F
fb
fervira
de
bâfe.
Dans
tous
les
cas,
l'efpace
occupé
par
la
pénombre,
y
compris
l’efpace
que
l'ombre
véritable
occupe,
fera
un
prifme
trapézoïdal
,
auquel
a
C
D
6
fer.
vira
de
bâfe
;
c'eft
ce
prifme
trapézoïdal
qu'on
peut
res.
garder
comme
étant
le
prifme
un
CED,
qu
|
feroit
tronqué
le
long
d'une
de
fes
arêtes
en
«
E
£.
L'intenfite
de
la
pénombre,
à
même
diftance
des
limites
de
l'ombre
véritable
,
à
égale
diftance
des
points
F
&
f,
en
allant
vers
C
&
D.
,
n'eft
pas
la
même
dans
Le
ças
où
un
corps
fphérique
&
un
COrps
Ghnaique
de
même
diame=
tre
,
font
éxpofés
aux
rayons,
à
la
Lumiere
du
Soleil.
.
l'on
propofoit
de
déterminer,
dans
les
deux
cas,
le
in
de
l'intenfité
de
la
Le
au
point
x
de
la
pé-
nombre
(Fi.
2),
fur
le
plan
CD,
qui
reçoit
l'ombre
&
la
pénombre
,
il
Butor
,
par
le
point
x,
mener
la
tangente
x
b
au
Corps
opaque
:
cette
rangente
rencontrera
le
dia
metre
À
B
du
corps
lumineux
à
un
point
Vs
par
ce
point
il:
faut
élever
la
perpendiculaire
z4
elle
divifera
le
difque
du
Soleil
en
deux
fegmens:Bz,1
Au.
L'inrenfité
de
la
Lumiere
dans
la
pénombre
au
point
x,
lorfque
c'eft-
un
COIPS
cylindrique
qui
projette
fon:
be
fur
Le.
jan
verti-
_
cal
CD,
fera
à
lintenfiré
de
Ra
Lumicre,
rotale
d
+
Tome
ITL
=
re
x
“T62
BBESIOUEr
fur
le
mêmeplan,
comme
la
furface
du
fegment
:
B
x,
fe
feul
qui
foit
vifible
du
point
x,
eftala
furface
totale
du
Soleil.
Lorfqu'au
contraire
Ceft
un
corps
ie
qui
projette
fon
ombre
&
fa
pénombre
fur
le
même
plan,
lin-
tenfité
au
même
point
x
fera
plus
grande
;
ce
que
l'on
peut
démontrer
de
cette
maniere
:
fur
le
diametre
A
B,
prolongé
sil
eft
néceflaire,
de
l'autre
côré
de
l'axe,
ee
au
point
x,
il
faut
porter
y
7
égal
au
rayon
de
la
fphere
opa-
que,
&
décrire
fa
circonférence
y
E
ph;
cette
circonfé-
rence
interceptera
une
portion
plus
ou
moins
confidérable
du
difque
folaire,
elle
laïffera
en-dehors
la
lunule
y
2:B
u
Ky,
dont
tous
les
points
font
vifibles
du
point
x
entre
f&
D
:
l'intenfité
de
la
Lumiere
que
ce
point
recevra
fera donc
à
l'intenficé
de
la
Lumiere
totale,
comme
la
furface
de
la
lunule
eftà
la
furface
totale
du
difque
folaire
;
le
point
+
fera
donc
plus
éclairé
dans
Le
cas
où
c’eft
une
fphere
qui
pro-
jette
fon
ombre
fur
le
plan
C
D,
que
lorfque
c'eft
un
cylin-
dre,
puifque
la
funule
eft
plus
grande
que
le
fegment
#Bz;
&
que
les
rayons
lancés
par
tous
les
points
lumineux
que
comprennent
les
deux
rriangles
JtÀ
&yuk,
Jui
HU
s.
_Ileft
vifible
qu'en
appliquant
les
mêmes
Éd
aux
Fipures'
1
&
3,
on
obtiendroit.
pour
un
point
x,
fem
:
blablement
placé
dans
les
pénombres
de
ces
deux
Figures,
des
intenfités.
de
Lumiere
qui
feroient
encore
différentes.
+
Dans
Figure
:
ie
refleroit
Une
partie
plus
confidérable’
du
Soleil
qui
feroit
vifible
dece
pointx
,
que
dans
la
Fio,
2,
Dans
la
Froure
3,
la
lunule
qui
éclaireroit
Le
point
+,
.
à
épale
diftance
de
l'ombre
véritable,
rois
au
contraire.
ER
ps
?
pu
Mo
rD
FE.
163
Rondre:
Poe
l'arc
intérieur
de
la
lunule
appartient
à
un
cercle
plus
grand
que
dans
la
ie
2;
la
Lamiere
de
[a
sénombre-
ft
donc
moindre
à
la
même
diftance
de
-
l'ombre
vérirable
dans
les
crois
cas,
&
cela
dans
l'ordre
de
Jeur
énumération.
5
Dans
tout
ce
que
nous
venons
de
dire,
nous
avons
fup-
pofé
que
les
rayons
de
Eumiere
fe
propagenc
en
lignes
droites
,
inflexibles
;
que
les
rayons
ne
fouffrent
aucune
in-
flexion
ou
déviation
en
paffañt
au
voifinage
des
corps
opa=
ques.
Nous
avons
fuppofé
auf
que
tous
Les
pos
de
la
furface
du
Soleil,
qui
nous
paroît
comme
un
difque,
étoient
également
bee
Nous
verrons
dans
la
fuite
combien
ces
fuppofñitions
|
ou
plutôt
labftration
que
nous
avons
faite
de
plufñeurs
propriétés
de
[a
Lumiere,
dont
nous
ne
pouvions
parler
rout-à-la-fois
,
altere
les
conclufions
précé-
dentes,
Nous
verrons,
lorfque
nous
aurons
expliqué
la
caufe
&
les
effets
de
la
diffufion
&
de
l'inflexion
de
la
Lu:
miere
;
que
les
ombres
des
corps
font
beaucoup
plus
courtes
ë
moins
laroes
que
les
regles
précédentes
ne
les
donnent.
-
Si
un
corps
eft
éclairé
à
la
fois
par
deux
Lumieres,
Les
:
ombres
&
les
pénombres
que
ces
deux
Eumieres
Dccsfie
|
nent
s
‘entrecroiferont
,
de
maniere
qu
ïl
ne
reftera:
d'ombre
vraie
que
le
triangle
a
E
0
(Fig.
4),
feul
efpace
où
U
ne
parvient
aucun
rayon
des
deux
Lumieres
;
cet
efpace
ef
commun
aux
triangles
d'ombre
qui
ont
leurs
fommers
aux
points
F
&
G
dire&ement
oppofés
aux
centres
S
&
L
des
deux
c
corps
lumineux.
Un
cylindre
opaque
pofé
fur
Lt
ble,
&
éclairé
|
par
deux
chandelles
,
offre
ce
p
en
diflingue
facilement
les
deux
A
FP,a4G6,&.
X
2
|
1
:
}
FRERE
<
cri
Pars
QUE
leur
pate
commune
a
Eb,
la
feule
foit
abfolumen
privée
de
Lumiere.
La
Figure
5
reprélente
les
mêmes
bre
entourées
cha-
cune
de
leur
pénombre.
«HI
b
,
-pénombre
qui
environte
lombre
F
produire
par
le
corps
n
L.alK£,pénom-
bre
qui
environne
lombre
G
produite.
par
Pautre
corps
lu-
mineux
S.
Une
troifieme,
une
quatrième
Lumiere
,
&e,
qui
éclaireroient
en
même
tems
le
cylindre
T,
a
roïent
de
nouvelles
combinaifons,
toutes
do
à
diminuer
l'ombre
vraie
du
corps,
&
à
éclaircir
les
ombres
&
les
pénombres
produites
par
routes
les
autres
Lumieres.
Lorfque
dans
une
chambre
obfcure
on
laifle
entrer
la
Lu-
amiere
du
Soleil
par
un
petit
trou
pratiqué.
à
un
des
volets
de
cette
chambre
,
les
rayons
admis
par
certe
ouverture,
vont
peter
fur
a
muraille
oppofée
;
ou
fur
un
papier
blanc
qu'on
leur
préfente
,
une
image
du
Soleil
;
cette
|
image
eft
circulaire
fi
le
carton
eft.
préfenté
perpendiculaire-
ment
aux
rayons
folaires
qui
paffent
par
l'ouverture.
Cetre
image
du
Soleil
varie
en
éclat
&
en.
grandeur
,
felon.
que
ile
-eft
reçue
fur
le
papier
ou
carton
à
une
diftance
.
ou
Moins
grande
de
l'ouverture
c
d\
Fo.
6,
Planche
F
LE,
praciquée
dans
fa
Planche
€
D.
Si
lon
reçoit
cette
image
très-près
de
Touverture
,
elle
a
fenfiblement
au
moins
le
même
éclat
quels
Lumiere.
extérieure
à
Ja
chambre
obfeure.
SiFon
reçoit
cétte
image
en
ef.
ou
EF,
ou
bienen
g4
où
GH,
fa
grandeur
augmente,
&
fon.
éclat
diminue
dans
des
‘proportions.
quil
et:
important
de
connoître,.&.
que
nous-allons
expliquer.
|
.
La
Lumiere
admife
=.
je
chambre
obfeure,
forme”
ui
cdne
ous
4
fommet
à
cette
OUVErUXE,
où
dur
moins
us
<
p
Lee
RE de
à
&
MoN
DT
:
_
ï6s
près
de
cette
ouverture.
Ce
cône
eft
oppofé
par
le
fommet
à
un
autre
CÔne,
qui
a
pour
bâfe
le
difque
du
Soleil,
&
RÔBs
fommet
l'ouverture
c
d,
dont
lé
diametre
peut
être
regardé
comme
un
point
en
compardilo
de
la
diftance
&
de
h.
rate
deur
du
Soleils.
L'angle
au
fommet
de
ces
deux
cônes
eff
:
d'environ
32
minutes,
où,
pie
exactement,
ileft
dans
les
-
différentes
faifons
Éga
a
à
Pangle
fous
lequel
paroïe
le
diametre
À
B
du
Soleil.
On
fair
que
le
diametre
appa-
_
rent
de
cer
aftre
eff
variable,
parce
que
la
terre,
dans
fa
révolution
annuelle
autour
de.
lui,
sen
pprone
&
sen
éloigne
alternativement.
L.
diametresef,
EF:24&G
H
font
entr'eux
comme
leurs
diftances
à
l'ouverture
c
d,
où,
plus
exactement,
com-
_
Me
les
portions
de
l'axe
du
cône
Le
entre
chacun
de
ces
diametres
&
ie
fomimet
du
cône.
Les
aires
des
cercles
*
dont
les
lignes
e
f
GH
font
les
diametres
,
font
comme
les
ue
de
ces
lignes
5
elles
font
donc.
n
comme
les
quar=
rés
des.
+
à
l'ouverture
,
où.
fommet
-du:
cône.
La
quantité
de
Lumiere
qui
re
par
l'ouverture
c
d
eft
une
quantité
conftante
;
elle
eft
toujours
la
même
,
foit
que
l'on
_
réçoive
l'image
du
Soleil
fur
le
carton
placé
en
e
f,
ou
en
G
.
&
à
toutes
les
pofitions
intermédiaires
,
ou
plus
éloi-
_gnées
encore;
mais
à
routes
les
pofñitions
poifibles
dicarton,
cette
quantité
de
Éumiere
fe
trouve
répartie
fur
Paire.
du
|
cercle
qui
eff
l'image
du
Soleil
;
elle
y
eft
donc
plus.
rare
|
qu'auprès
de
ee
cd,
dans
la
raifon
de
laife
de.
VE.
._
cêtte
ouverture.
Or
,
nous.
S
venons
-dé
166.
dilatation
,
la
diffufion
où
raréfa&ion
de
la
Lumiere
fuic
par
conféquent
la
même
proportion
;
fon
intenfité
décroît
donc.
comme
le
quarré
de
la
diftance
à
l'ouverture,
augmente.
Nous
donnerons
le
nom
de
d'ffufion
à
cette
propriété
de
la
Lumiere.
Si
l'on
expofoit
directement
au
Soleil,
&
hors
de
_
La
chambré
obfcure,
la
feuille
de
carcon
fur
laquelle
on
2
reçu
l'image
de
cet
aftre,
image
que
nous
fuppofons
tracée
fur
la
feuille
concentriquement
à
an
cercle
égal
à
l’ouver-
ture
de
la
chambre
obfcure,
il
eft
évident
que
ce
cercle,
&
toute
l'image
du
Soleil,
.
éclairés
avec
toute
la
oise
dont
la
Lumiere
du
Soleil
eft
capable
;
chaque
portion
de
l'image
folaire,
égale
au
petic
cercle
correfpondantà
l’ouver-
cure
,
recevra
direétement
du
Soleil
autant
de
Lumiere
qu'il
en
pañle
par
l'ouverture
dans
la
chambre
obfcure
;
mais
|
dans
celle-ci,
la
feule
Lumiere
qui
pañle
par
l'ouverture,
fe
dilate
pour
remplis
Pimage
entiere
;
fon
intenfité
fera
ad
:
fur
cette
image
,
en
alors
inverfe
de
l'étendue
de
cette
image
à
Éérendiie
de
l'ouverture
par
laquelle
elle
eft
intro-
dois
mais
les
aires
des
cercles
font
entr
elles
comme
les
quarrés
de
leurs
diametres;
l'intenfité
de
la
Lumiere
ex
térieure
fera
donc
À
lintenfité
de
la
Eumiere
de
l'image
;
:
comme
le:
quarré
du
diametre
de
Fimage
eft
au
jee
du
diametre
de
l'ouverture.
:
Fe.
L'intenfité
de
la
Lumiere
del;
image
folaire,
dans
la
chame
bre
obfcure,
diminue
done
us
Le
même
jee
que
eetre
image
augmente,
en
ee
ame
L'amplifieation
de
Mig
par
de
de
.
di
tance
du
carton
ionrern
ea
eft
encore
augmentée
pat
Une
autre
api
de
”
Lumiere
à
laquelle
n
nous
a
cs
\
“
DT
MGNDTE,
…
167
rons
le
nom
d'enflexion.
L'infexion
eft
une
déviation
qu'é-
prouvent
les
rayons
de
la
Lumiere
lorfqu'ils
râfent
les
bords
d'un
corps
opaque.
Par
cette
déviation
les
rayons
folaires
fonc
détournés
de
fa
ligne
droite
vers
le
côté
de
l'ombre
du
corps,
en
forte
qu'une
partie
de
l'efpace
que
devroit
occuper
la
véritable
ombre
eft
éclairée.
L’inflexion
diminue
la
grandeur
de
l'ombre
des
corps
opaques
expofés
au
So-
leil,
&
augmente
dans
la
in
obfcure
le
diametre
de
fee
folaire.
:
Si
l’on
expofe
au
Soleil
un
corps
opaque
quelconque,
un
cylindre,
par
exemple
;
en
fappofant
ce
cylindre
vertical,
&
ne
confidérant
dans
le
folide
de
fon
ombre,
folide
qui
|
eft
un
prifme
triangulaire,
qu'un
plan
horifontal
,
il
eft
na-
turel
de
croire
qu'il
y
aura
fur
ce
plan
horifontal
un
trian-
gle
d'ombre
formé
par
le
diametre
du
cylindre,
&
par
les
deux
rayons
partis
des
deux
extrémités
d
dcr
du
So-
lil,
&
prolongés
jufqu’à
ce
qu'ils
concourent
au
-
delà
du
=.
Ce
triangle,
qui
fera
ifocele
,
aura
fon
angle
au
fommet
de
32
minutes
de
degré,
mefare
du
dance.
appa=
rent
du
Soleil
;
d'où
Jon
conclut,
par
les
regles
de
la
Trigo-
nometrie
,
que
la
Pedendeulaire
tirée
du
fommet
de
ce
triangle
fa
11
bâfe,
fera
de
110
diametres
du
cylindre;
la.
pour
de
cette
perpendiculaire
feroit
la
longüieur
de
lonbe.
fi
linfexion
des
rayons
de
la
Eumiere
vers
cette
popéaiienbire
n'en
diminuoir
la
longueur.
Si
l'on
préfenre
|
donc
derriere
Le
cylindre,
&
ones
lemens
une
fuperficié
…
Elèhche
>
ON
Y
verra
une
ombre
noire,
qui
deviendre
plus
én
plus
étroite.
à
mefure
qu'on
éloighera.
le
carton
du
cylindre,
Maraldi
à
reconnu
par
un
grand
sombre
d'ex=
K
.
T68
Pins
SLOUSE
.
Û
L]
}
& 5
<
je)
n
Ë
périences
,
que
Pombre
véritable
qui,
par
ce
qui
précede,
.
12
:
\
.
L]
9
hi
devroit
s'étendre
à
110
diametres
du
cylindre,
ne
sétend
qu'à
environ
41
diametres
:
cette
diftance
devient
plus
grande
quand
le
Soleil
eft
moins
lumineux,
à
=
Si
Pon
expofe
au
Soleil
un
globe
au
lieu
dun
cylindre,
:
ombre
difparoît
beaucoup
plutôt
;
favoir,
vers
le
15°ou
16°
diametre
:
elle
fe
change
alors
en
une
fauffe
pénombre
entourée
d'un
anneau
noir
circulaire
;
la
faufle
pénombre
difparoît
à
110
diametres,
&
au-delà
de
certe
diftance
l’on
ne
voit
plus
que
fa
pénombre,
Voila
les
principaux
phénomenes
qui
ont
fait
connoitre
que
les
rayons
de
la
Eumiere
éprouvoient
une
inflexion
en
pañant
dans
le
voifinage
des
corps
opaques
;
ils
ne
conti
nuent
donc
point
leur
route
en
ligne
droite,
ilsfe
replien
vers
le
corps
,
de
maniere
qu'ils
entrent
dans
une
partie
de
l'efpace
où
il
ne
devroit
point
y
avoir
de
Lumiere,
fi
les
rayons
fe
propageoïent
en
lignes
droites,
comme
on.
Le
fup:
pofe
ordinairement
dans
la
Théorie
Mathématique
de
l'Op:
tique.
Toute
cette
théorie
qui
eft
exacte,
à
parler
rathé-
matiquement
,
devient
bien
diférenté
fi
l'on
traite
cette.
matiere
phyfiquement,
parce
qu'alors
on
fait
entrer,
en
confidégation
des
caufes,
des
propriétés
dont
le
Marhé-
maticien
avoit
faic
abftration,
pour
fimplifier
l'objet
de
fes
fpéculations,
ee
Ces
abftrations,
beaucoup
trop
fréquentes
dans
l'ap-
plication
des
Mathématiques
à
la
Phyfique;
rendent
les
fecours
très-impartans
de
cette
fcience,
fouvent
fufpeës,
&
même
dangereux
:
les
Mathématiques
-
cette
regle
des
vé=
tirés
incellectuelles,
peuvent
donc,
comme
nous
layons
}
de
=
Du
MonNpber,
169
1
déjà
dit
plus
d'une
fois,
égarer
fouvent
le
Phyficien
qui
ne
les
emploie
pas
avec
affez
de
précaution.
Pour
favoir
fe
bien
fervir
de
la
Géométrie,
il
eft
néceflaire
de
fivoir
dif-
tinguer
les
cas
où
elle
eft
véritablement
applicable.
L'explication
des
effets
de
[a
Nature
dépend
prefque
toujours
du
concoûrs
d'un
fi
grand
nombre
de
caufes
qui
agiffent
à
la
fois
,
quelles
rendent
l'application
de
la
Géo-
_mécrie
très-difficile
,
ou
fi
compliquée,
qu'il
eft
rare
que
les
calculs
s'accordent
avec
les
effets.
Il
eft
donc
nécefaire
,
dans
les
matieres
de
Phyfique
,
&
particuliérement
dans
le
fujet
que
nous
traitons
ici,
de
joindre
l’expérience
à
la
fpé-
cultion
,
foit
pour
confirmer
quelquefois
celle-ci,
foit
pour
voir
jufquoù
elle
s'en
écarte,
afin
de
déterminer,
s'il
ef
polible
,
la
caufe
de
cette
différence.
+
Maraldi,
pour
expliquer
comment
les
rayons
fe
dé-
tournent
vers
l'ombre
,
compare
la
Lumiere
à
un
fluide
qui
rencontre
un
obftacle
dans
fon
cours,
comme,
par
exemple,
l'eau
d'une
riviere
qui
vient
frapper
la
pile
d'un
pont,
&
qui
tourne
en
partie
autour
de
[a
pile,
de
maniere
qu’elle
entre
dans
l'efpace
où
elle
ne
devroit
point
entrer
fi
elle
fuivoic
les
deux
tangentes
de
la
pile.
Selon
Maraldi,
les
rayons
de
{a
Lumiere
tournent
de
la
même
façon
autour
des
COFpS
OPa-
ques
;
d'où
il
fuit
r8.que
ombre
véritable,
ou
l'efpace
en-
tiérement
privé
de
Lumiere
,
s'étend
beaucoup
moins
loin.
que
la
diftance
de
110
diametres
du
Corps
opaque
;
2°.
que
les
corps
fphériques
projettent
leur
ombre:moins
loin
que
les
cerps
cylindriques
de
même
diametre.
Les
ombres
des
premiers
difparoiflent
à
la
diftance
de
15
ou
16
fois
Jeur
diametre
,
au-lieu.
que
l'ombre
des
cylindres
s'érend,
Tome
III,
__:
RER
CEE
R
E
E
De
l'inflexion
de
la
Lumiere.
70
PHESTOUE
comme
nous
l'avons
remarqué,
jufqu'à
environ
41
diamietres,
Pour
bien
entendre
l'explication
que
nous
allons
donner
de
la
caufe
vraiment
efficiente
de
l’inflexion
de
la
Lumiere
au
voifinage
des
corps
opaques,
il
faut
fe
rappeler
quel-
ques
propriétés
des
fluides
élaftiques
,
Lx
maniere
dont
le
mouvement
{e
propage
dans
ces
fluides,
&
ce
qui
arrive
lorfqu'ils
rencontrent
quelques
obftacles.
Nous
avons
établi
ailleurs
que
la
Lumiere
,
qui
eft
l'éther
en
vibration
,
fe
propage
par
des‘ondulations
qui
ont
Le
corps
lumineux
pour
céntre:
Les
molécules
de
chaque
onde
font
pouflées
à
cha-
que
vibration
dans
le
fens
du
rayon
de
la
fphere
que
forme
chaque
onde,
c'eft-à-dire,
de
dedans
en
dehors.
Le
réta-
bliffement
du
reffort
de
ces
molécules
qui
ont
frappé,
&qui
ont
été
comprimées
contre
cellés
qui
forment
l'onde
exté-
rieure,
les
reporte
de
la
circonférence
vers
le
centres
ces
deux
mouvemens
alcernatifs
font
une
vibration,
la
direction
de
ce
mouvement
eft
toujours
dans
le
fens
des
rayons
de
l'efpace
fphérique
qui
environne
le
corps
lumineux,
efpace
qu'il
remplit
de
fa
fplendeur
;
d'où
il
fuit
maniféftement
que
ee
directions
ne
font
point
paralleles.
Suppofons
un
fanal
placé
au
milieu
d’une
vafte
plaine
,
&
qui
éclaire
une
multi
tude
d'hommes
dont
cette
plaine
eft
couverte
;
chaque
indi
vidu
appercevra
le
fanal
par
des
rayons
différens
de
ceux
qui
le
font
appercevoir
aux
autres.
Cependant
fi
l'onne
fait
attention
qu'à
un
petitnombre
de
fpectareurs
placés
les
uns
auprès
des
autres,
&
à
ne
très-grande
diftance
du
famal,
les
rayons
qui
leur
parviennent
pourront
être
regardéscoms
:
me
paralleles
.&
ils
sapprocherént:d'autant
plus
du
parallés
difme
,
que
ces
divers
fpectäteurs
feront
plus
près
les
uns
DU
MONDE.
1YY
des
autres,
&
plus
éloignés
du
fanal.
Les
lignes
de
tranfmif-
fion
d'une
Lumiere
fort
éloignée
qui
éclaire
un
petit
efpa-
ce,
peuvent
donc
,
fans
erreur
fenfible
,
être
regardées
comme
paralleles.
On
peut
donc
regarder
cette
Lumiere
comme
compofée
de
plufieurs
colonnes
de
globules
qui
marcheroient
parallelement
les
uns
aux
autres
à
la
rencon-
tre
de
la
furface
éclairée
contre
laquelle
ils
fe-prefferoienc
&
s'accumuleroient,
:
Siles
différentes
colonnes,
dontils
agit,
ne
rencontroient
aucun
obftacle
,
aucun
corps,
elles
continueroiïent
toutes
à
fe
mouvoir
parallelement,
&
avec
la
même
viteffe
en
lignes
droites
;
leur
parallélifme
eft
l'effet
de
leur
preflion
latérale,
comme
leur
vitefle
eft
l'effet
de
[eur
preflion
fucceflive:
c
ef
ainf
que
dans
le
tems
du
flux,
les
lames
qui
fe
fuccedent.
&
qui
viennent
du
large
à
la
rencontre
directe
d’une
.
ouverte
,
marchent
&
préfencent
un
front
réculier,
aucune:
des
=
dont
on
peut
concevoir
que
la
lame
eft
com-
pofée
,
en
dia
par
la.
penfée
1
fon
front
en
petites
parties,
ne
marche
plus
vite
que
l'autre,
&
leur
latérale
Les
maintient
toutes
en
lignes
os
:
Si
avant
d'arriver
à
la
plage,
ces
lames
d’eau
rencontrent
yne
ifle,
un
rocher
de
quelqu
étendue
,
ou
fi
la
côre
eft
coupée,
de
maniere
à
former
un
golfe,
une
merintérieure
,.
les
phénomenes
du
mouvement
des
lames
ne
feront
he
les
mêmes
dans
toute
l'étendue
de
leur
front
;
toutes
les.
colonnes
qui
venant
du
large
rencontreront
life,
feront.
arièrées.
par
cet
obftacle
;
Fefpace
entre
l'ifle
&
.
plag
“2
|
efpace
dans
lequél
elles
auroient
exercé
leur
preffion
1tere
contre
les
colonnes
voifines,
n'étant
plus
-accefhbl:
pol
192
PH
sSMOURE
elles,
les
colonnes
qui
côtoieront
l'obftacle
n'éprouveront
plus
leur
preflion
latérale,
elles
ne
feront
plus
foutenues
par
un-effort
latéral
antagonifte
&
égal;
elles
fe
répandront
donc-néceffrirement
derriere
cet
obftacle
;
elles
feront
inflé-
chies
vérs
cet
abri,
non
parce
que
l'efpace
abrité
par
Fifle
les
attire
,
mais
en
cédant
néceflairement
à
la
preflion
latérale
de
toutes
Les
colonnes
qui
n'ont
point
rencontré
lobftacle.
Si
la
lame
vient
à
rencontrer
l'ouverture
d'un
colfe,
d'une
mer
intérieure,
l’inflexion
fe
fera
en
fens
con-
traite
dans
cette
mer
intérieure
;
car
les
parties
de
cette
mer
qui
font
dans
l'alignement
des
colonnes
voifines
de
celles
qui
répondent
à
l’onverture,
étant
féparées
d'ellespar
les
caps
qui
rétréciflent
cette
ouverture
,
Re
pourront
fe-
cevoir
le-mouvement
qui
leur
auroit
été
communiqué
,
fi
ces
obftacles
n'exiftoient
pas:
ces
parties
de
la
mer
inté-
ricuré
ne
pourront
donc
oppofer
une
impulfion
latérale,
qu'elles
n'ont
pas
à
limpulfon
latérale
des
colonnes
qui
ont
rencontré
l'ouverture
;
celles-ci
fe
répandront
donc
dans
cette
mer
intérieure
derriere
Les
caps
qui
en
forment
l'en
trée,
en
fuivant
des
lignes
divergentes
qui
auront
-de
cha-
que
côté
pour
centre
Les
caps
dont
on
a
parlé.
Le
front
des
lames
ne
fera
plus
une
ligne
droite,
comme
vers
fa
plage
|
‘libre
qui
reçoit
du
large
la
marée
montante
;il
fera
arqué
plus
ou
moins,
felon
que
le
local
le
déterminera
,
à
caufe
de
la
retardation
qu'éprouvent
les
colonnes
qui
avoifinent
les
caps
,
&
à
caufe
de
la
décompofition
de
leur
mouvement
progrefif
redtiligne
,
qui
eft
l'effet
du
défauc
d'équilibre
avec
l'impulfion
latétale
de
routes
les
colonnes
qui
ont
ren
Mauxélouverturems
«ie
à
[é
C2
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