Les variétés régionales de la langue française: l’accent marseillais
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FACULTAD DE FILOLOGÍA GRADO EN ESTUDIOS FRANCESES TRABAJO DE FIN DE GRADO CURSO 2017/2018 TÍTULO: Les variétés régionales de la langue française: l’accent marseillais AUTOR/A: Gloria Gallardo Madero Fecha: Vº Bº del Tutor: Firma: Firmado:
Table de matières 1. Introduction ............................................................................................................... 1 2. Norme et variations ................................................................................................... 2 3. Les variétés régionales du français parlé ................................................................... 3 3.1. Le français de référence : La France septentrionale .......................................... 4 3.1.1. Aspects historiques et géographiques : de l’unification linguistique au français de référence.................................................................................................. 4 3.1.2. Description ................................................................................................. 5 3.2. La France méridionale ....................................................................................... 6 3.2.1. Aspects historiques ..................................................................................... 6 3.2.2. Aspects géolinguistiques ............................................................................ 7 3.3. Le français hors de France ................................................................................. 9 3.3.1. La Belgique ................................................................................................ 9 3.3.2. La Suisse ................................................................................................... 11 3.3.3. Le Canada ................................................................................................. 12 3.3.4. L’Afrique et les Départements d’Outre-mer ............................................ 14 4. La variante marseillaise ........................................................................................... 15 4.1. Les clichés de l’accent du Sud ......................................................................... 15 4.2. Aspects lexicaux .............................................................................................. 17 4.3. Aspects morphosyntaxiques ............................................................................ 18 4.4. Aspects phonétiques et phonologiques ............................................................ 19 4.4.1. Les consonnes ........................................................................................... 20 4.4.2. Les voyelles orales (sauf le schwa) .......................................................... 21 4.4.3. Les voyelles nasales.................................................................................. 22 4.4.4. Le schwa ................................................................................................... 23 4.5. Aspects prosodiques ........................................................................................ 25 5. Conclusion ............................................................................................................... 26 6. Bibliographie ........................................................................................................... 27 ANNEXE I. – QUESTIONNAIRE DIRIGÉ À DES LOCUTEURS DE LANGUE MATERNELLE FRANÇAISE ...................................................................................... 31 Declaración de responsabilidad ...................................................................................... 33
1 1. Introduction Ce travail porte sur la diversité des accents du français dans l’espace francophone international, et plus précisément sur le parler de la région marseillaise, qui contraste avec un français dit standard, en passant par les aspects lexicaux, morphosyntaxiques, phonétiques, phonologiques et prosodiques qui caractérisent cette variété. L’étude de la diversité des variantes du français dans le domaine de la phonétique a connu un accroissement relativement récent dans les dernières décades, notamment grâce à des projets comme celui de PFC (Phonologie du Français Contemporain : usages, variétés et structures, Durand et al., 2002). En revanche, la variété marseillaise reste peu décrite, même si certains linguistes lui ont dédié des ouvrages (Brun, 1931 ; Durand, 1988 ; Watbled, 1995 ; Blanchet, 2004 ; Coquillon, 2005 ; Gasquet-Cyrus, 2012 ; pour n’en citer que quelques-uns). Avec ce travail, nous avons voulu contribuer à la recherche et description de cette variété du français, en nous concentrant sur le vaste domaine de la phonétique, la phonologie et la prosodie. Bien évidemment, l’extension de notre travail ne nous permet pas de prétendre décrire cette variété de façon exhaustive, puisque les variations à l’intérieur de cette variété résultent innombrables. Par conséquent, nous ne présenterons ici que les traits les plus généraux que partagent les locuteurs de cette région. Notre travail s’organise en trois parties principales : nous débutons par la délicate notion de norme en tant que modèle du français « correct » face aux variétés et à la notion d’accent. La deuxième partie a pour but de refléter une vision très générale des variétés régionales du français, tant à l’intérieur de la France (le français septentrional et le méridional) comme hors du pays, mentionnant les traits de prononciation généraux de certains communautés francophones à niveau international (la Belgique, la Suisse, le Canada, l’Afrique et les DROMs). La troisième partie se consacre à la description plus en détail de la variante marseillaise dans les différents niveaux linguistiques mais de façon plus approfondie dans le niveau de la prononciation. La méthodologie que nous avons menée à bien a consisté à rechercher des données sur des différentes études qui ont décrit les variantes régionales du français pour essayer de construire un panorama général qui contient des informations contrastées. Nous avons voulu effectuer également un questionnaire (v. Annexe 1), dirigé aux personnes de langue maternelle française, à partir duquel nous avons pu constater quelques
2 perceptions que les gens ont souvent par rapport à l’accent marseillais. Le résultat obtenu de ce travail n’est qu’un début à propos d’un sujet que nous espérons élargir dans de futures recherches. 2. Norme et variations Y a-t-il une seule façon de bien parler le français ? Est-ce que tout le monde possède un accent ? La réponse à ces questions a été un objet d’étude récurrent dans la littérature et elle passe par la controversée notion de norme. Pour le linguiste Coseriu (1976) la langue serait le système constitué par un ensemble de signes et de règles qui régissent les rapports entre les signes. La réalisation spontanée de ces règles est ce qu’il appelle « usage ». Ainsi, la norme désigne un usage dominant qui sert de modèle pour l’utilisation d’une langue. L’instauration d’norme est très souvent liée à la politique d’une nation, dont le but est l’unification linguistique du pays. Coquillon (2005, p. 31) soutient que : Un standard de cette langue, régie par des instances étatiques et stabilisée par l’existence d’une forme écrite, assied et légitime sa prédominance par rapport aux langues nonofficielles. Ces dernières auront ainsi tendance à disparaître progressivement, du fait de l’inégalité de leur statut sociopolitique qui les relègue régulièrement au rang (alors péjoratif) de "dialecte" ou de "patois". À ce point apparaît la notion de glottophobie, un terme créé par Philippe Blanchet dans son livre Discriminations : combattre la glottophobie (2016). Dans une intervention radiophonique sur FranceCulture (2016), il définit ce terme comme « le mépris, le rejet et l’exclusion de personnes fondée sur le fait de considérer incorrecte, inférieure, mauvaise certaines formes linguistiques ». De plus, il ajoute qu’ « il n’y a aucune façon de parler qui soit meilleure qu’une autre, et donc la question qui est cachée dessous est une question de discrimination, de domination et d’exclusion ». Cette glottophobie peut même empêcher des gens à accéder à un emploi. Mais, y a-t-il des personnes sans accents ? Nous avons réalisé un formulaire (voir en annexe 1) dirigé aux personnes de langue maternelle française, dans lequel 115 personnes ont participé et dont le but était de connaître la perception des gens par rapport aux accents. Une des questions était : « est-ce que vous considérez que vous avez un accent ? ». Et la réponse a été très égalée : 50,9% des participants ont répondu « non », face à 49,1% des réponses affirmatives. Philippe Boula-de-Mareüil, opinait
3 dans une interview sur FranceInter (2014) que « tout le monde a un accent si par là on entend une façon particulière de parler une langue », soutenant le fait que chaque réalisation est unique. D’un autre côté, comme disait Alain Rey dans cette même interview, la norme « est une notion indispensable, parce que pour transmettre une langue, il faut la transmettre sous une forme spécifique, et cette forme spécifique c’est la norme ». Toutefois, dans ce contenu enseigné aux apprenants comme le bon usage à respecter et à imiter, y a-t-il un seul modèle de prononciation ou plusieurs variantes sont valides ? Cette question ouvre un débat sur toute cette hétérogénéité des français qui se parlent dans le monde. Nous allons découvrir tout au long de ce travail, que ce français standard considéré comme norme de référence absolue n’est pas du tout la seule forme correcte du français. 3. Les variétés régionales du français parlé Une langue est constituée d’une communauté linguistique hétérogène, elle se forme à partir de tous les individus qui emploient ce système linguistique pour communiquer. Chaque individu tiendra compte de son entourage, sa situation géographique ou du contexte dans lequel il s’exprimera, pour mettre en place une variation de la langue ou une autre. Tout individu appartenant à une communauté linguistique acquiert une compétence à communiquer langagièrement, qui se développera selon ce facteur incontournable qui est la variation. Le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) (2001, p. 95) reprend cette notion : Il n’y a pas, en Europe [et dans la plupart des pays du monde] de communauté linguistique entièrement homogène. Des régions différentes ont leurs particularités linguistiques et culturelles. Elles sont généralement plus marquées chez ceux qui vivent localement et se combinent, en conséquence, avec le niveau social, professionnel et d’éducation. La langue française appartient à tous ceux qui la parlent, tant à ceux qui choisissent de l’apprendre comme à ceux qui l’héritent. Elle se compose de 274 millions de locuteurs repartis sur les 5 continents, avec leur culture, leur histoire, et leur accent. Ainsi, c’est une langue d’une vaste richesse dans tous les facteurs variationnels :
4 diachronique (Saussure, 1968), diatopique et diastratique (Flydal, 1951) et diaphasique (Coseriu, 1966). Dans ce chapitre nous introduirons d’abord le français appelé standard ou de référence, en passant par les facteurs historique et géographiques qui font que l’on ait attribué à une variation la qualification de « modèle », pour ensuite introduire la variation du français qui constitue l’objet de notre étude, qui et le français méridional et plus précisément la variété marseillaise, sans pourtant oublier quelques variantes du français parlé dans certains pays francophones, parmi tant d’autres, qui forment aussi partie de l’énorme diversité que recueille cette belle langue. 3.1. Le français de référence : La France septentrionale 3.1.1. Aspects historiques et géographiques : de l’unification linguistique au français de référence Pour expliquer l’unification des langues en France, nous devons nous remonter à la révolution française. C’est le moment où se met en place une politique linguistique qui consistait à défendre l’unification linguistique, c’est-à-dire que c’était une politique anti langues régionales. L’homme de la République est un homme nouveau qui participe à la politique, un homme pour lequel les langues régionales n’ont pas leur place. Déjà l’article 2 de la constitution française reflète cette association de République et langue française : « La langue de la République est le français ». Initialement les décrets étaient traduits en toutes les langues parlées dans les différentes parties de la France, puisque l’intention était de répandre la révolution. Ceci prend fin avec le rapport Barère (1794), dont le but était de mettre fin aux langues régionales, et le rapport Grégoire (Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser la langue française, 1794), qui effectue la première enquête linguistique en Europe. Le français à prendre comme référence a varié au long des siècles. Pour les premiers grammairiens, le modèle était le français parlé dans la cour de François I, puis avec Estienne (1582), c’est le Parlement qui est pris comme référence, ce qui change avec Louis XIV, où la cour l’emporte à nouveau, et plus tard avec la Révolution, c’est la bourgeoisie parisienne qui établit le modèle de français de la République. Sur le plan géographique donc, c’est le dialecte de Paris et de l’Île de France qui a pris plus de
5 prestige par rapport aux autres dialectes au cours de l’histoire. C’est comme ça que de nos jours c’est à Paris qu’on parle le français standard. Certains linguistes ont une préférence parmi les notions standard et de référence. Ainsi, Detey et Lyche (2016, p.25) argumentent un choix avec lequel nous sommes d’accord : À l’appellation standard nous préférons donc celle de référence, qui rend justice à la dimension fonctionnelle du système en question : tout en reconnaissant la nécessité et l’importance d’une référence commune, pour une description (objective) permettant l’établissement d’un étalon (prescriptif) utile à l’élaboration de modèles pédagogiques, elle permet de ne pas tomber dans le piège de la représentation sociale (subjective) ignorant la réalité des usages et de leurs valeurs. 3.1.2. Description Dans ce point nous allons décrire très brièvement le système vocalique et consonantique du français de référence à l’aide de ces deux tableaux suivants : Certains phonèmes sont en cours d’affaiblissement vue que certaines oppositions sont en train de disparaitre à des degrés divers selon les régions. Notons la disparition de l’opposition /a - ɑ/ en faveur de /a/, l’affaiblissement de l’opposition /ɛ - œ/ en faveur de /ɛ/ (sauf dans la paire minimale brin / brun, et dans le numéral un [œ]) due au faible Inventaire vocalique du français de référence. (https://goo.gl/M8uqWe) Inventaire consonantique du français de référence (https://goo.gl/M8uqWe)
6 rendement des oppositions, l’affaiblissement de l’opposition /e - ɛ/ en syllabe ouverte et l’antériorisation des voyelles /o, ɔ/ (Les variétés du français parlé dans l’espace francophone, 2010, p. 150). Des études (Martinet, 1945) montrent aussi que l’opposition de la longueur tend à disparaître dans de nombreuses régions du nord de la France. Dans le domaine consonantique, notons l’apparition de la nasale vélaire /ŋ/ au cours du siècle dernier dans les emprunts de l’anglais (p.e. parking). Dans l’ouvrage avant mentionné, Lyche (2010, p. 154) nous signale également « la propension à prononcer certaines consonnes finales sous la pression de la graphie comme dans exact[t], quand[t], coût[t], etc., alors que, parallèlement, les groupes consonantiques finaux continuent à s’affaiblir et à se simplifier ». Ceci n’est qu’un résumé du panorama du français de référence. Il nous faudrait tout un ouvrage pour présenter toutes les nuances et phénomènes linguistiques que présente cette variété. 3.2. La France méridionale 3.2.1. Aspects historiques Quand on parle de la variété méridionale du français, on parle d’un français qui est arrivé à nos jours sous l’influence d’un riche passé linguistique, où les langues et la culture occitane ont joué un rôle essentiel. Le terme de « langues d’oc » est une notion générique qui regroupe l’ensemble de langues régionales parlés dans l’Occitanie, dont le provençal, le languedocien, le nissart, le limousin, l’auvergnat et le gascon (entre autres) font partie. En effet, le parler marseillais comporte des traits qui trouvent une relation directe avec le provençal maritime et le languedocien, qui sont des sous dialectes de l’occitan méridional. Ces deux dialectes aujourd’hui parlés que par une minorité de locuteurs locaux, en faveur du français (Blanchet, 1992), sont les langues qui ont le plus influencé la phonétique, le lexique et même la syntaxe qui caractérisent le français du Midi. Ce sont des langues issues du latin, donc des langues romanes qui partagent leur étymologie. Cependant, comme le remarquait A. Coquillon (2005, p. 44-45), « diverses études (telles que celle de Sauzet, 1988 ; Logue, 1995 ; Sibille, 2002, et bien d’autres encore) semblent s’accorder sur le fait que les parlers méridionaux ont une certaine
7 proximité qui les distinguent d’autres langues avoisinantes (français, italien, espagnol, etc.) ». Au Moyen Âge, l’occitan était une langue véhiculaire, de civilisation, et à la fois, la langue de plusieurs siècles de littérature orale et écrite, la langue des troubadours et de l’amour courtois, un phénomène littéraire qui a laissé des traces même dans d’autres langues hors la France (v. l’allemand). On parle donc de langues avec un riche patrimoine littéraire, et qui constituent une influence fondamentale et pas seulement dans le sud de la France. La culture et les langues occitano-romanes sont des éléments clés dont on doit tenir compte lorsque l’on parle de la variété du français méridional qui est arrivé jusqu´à nos jours. 3.2.2. Aspects géolinguistiques Comme le disait le poète Miguel Zamacoïs « emporter de chez soi les accents familiers, c'est emporter un peu sa terre à ses souliers ». Il parlait de son accent en évoquant affectueusement sa terre d’origine : […] Il nous fait emporter la Provence avec nous, Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages Comme chante la mer au fond des coquillages! Ecoutez! En parlant, je plante le décor Du torride Midi dans les brumes du Nord! Mon accent porte en soi d'adorables mélanges D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges; Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris, Et le petit village où les treilles splendides Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides! Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin, A toutes mes chansons donne un même refrain, Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole Tous les mots que je dis dansent la farandole! Un accent, c’est un ensemble de traits phonétiques qui se donnent une zone géographique concrète, c’est-à-dire, une variante diatopique.
14 Simplification des groupes consonantiques en coda 3 de mot (ventre [vɑ:t]) L’opposition [a] et [ɑ] reste très stable. Tendance à la diphtongaison des voyelles longues, comprenant le [ɑ] qui donne [ɑu] (patte [pat] et pâte [pɑut]), les voyelles nasales, dont [ɛ] devient [ẽi] (pointe [pwẽit]), [ɔ] devient [ɔu] (monte [mɔut]) et [œ] devient [œy] (emprunte [ɑpʀœyt]). Outre ces voyelles, il faut ajouter les voyelles qui obtiennent sa longueur par des consonnes allongeantes, ce qui peut provoquer donc la diphtongaison. Pour les nasales, fermeture de [ɛ] en [ẽ], qui maintient l’opposition avec [œ] (brin/brun), contrairement au français standard, où cette opposition est neutralisé. 3.3.4. L’Afrique et les Départements d’Outre-mer Le panorama de la francophonie actuel ne pourrait pas être abordé en sa totalité sans considérer le nombre des francophones qui habitent le continent africain et tous les territoires d’outre-mer. Dans l’espace africain, les locuteurs courants de langue française constituent en effet 54,7% de la population totale de l’Afrique, et les estimations statistiques montrent que ce pourcentage ne fera que croître, indiquant qu’en 2050, 85% de la population francophone totale sera en Afrique (World Population Prospects : The 2008 Revision Population database). Le français a donc une présence dans ces territoires de plus en plus forte. Pourtant le statut du français n’est pas du tout le même dans tous les pays africains et d’outre-mer. Lorsque le français représente une langue officielle ou langue nationale, son usage se limite aux usages formels et politiques. Dans une minorité de régions, le français est devenu la première langue (Abidjan, Côte d’Ivoire), mais dans la plupart des pays, il est la deuxième langue et fonctionne comme langue véhiculaire entre personnes qui ne partagent pas la même langue régionale. Dans tous les cas, le français est de plus en plus présent, surtout chez les jeunes générations étant, dans plusieurs pays, la langue d’enseignement aux écoles. 3 Le mot coda désigne un élément facultatif de la syllabe situé après le noyau syllabique.
15 Avec les DROM (Départements et Régions d’OutreMer), les POM (Pays d’Outre-Mer) et les territoires du continent africain, les régions où la langue française est parlée sont tellement nombreuses qu’il ne nous serait pas possible de faire une description phonétique générale, puisque la prononciation de chaque territoire varie énormément étant donné la grande variété des langues créoles pratiquées dans les différents pays et la disparité par rapport à la situation géographique. 4. La variante marseillaise Dans ce chapitre, nous verrons quelques particularités du parler marseillais, en commençant d’abord par les stéréotypes de cet accent, suivis de la description des traits linguistiques les plus pertinents. Les traits que nous présenterons ci-dessus se trouvent également chez d’autres parler du Sud de la France, étant des idiomes qui partagent le même substrat : l’occitan. 4.1. Les clichés de l’accent du Sud La partie sud de la France, et concrètement la région de Marseille, est très souvent l`objet de nombreux préjugés et critiques, qui concernent notamment son accent et sa façon de parler. Elissa Pustka (2011, p. 117-152) commentait dans son article dans la revue Lengas les raisons pour lesquelles le reste de la France a une vision plus nette du Sud-Est que du Sud-Ouest : Jusqu’à nos jours, les expressions Sud-Est et Sud-Ouest évoquent des associations différentes. Ainsi Lainer 2006 documente-t-elle que les Parisiens ont une vision bien déterminée surtout du Sud-Est : les professeurs l’associent avec la Provence et la lavande, les élèves avec Marseille, le pastis, la bouillabaisse et la pétanque, l’équipe de foot d’Olympique Marseille (O.M.), mais aussi avec des quartiers « chauds ». […] Cette vision plus claire du Sud-Est s’explique entre autres avec sa plus grande présence médiatique. Les clichés sur la Provence sont sujet de nombreuses chansons (p. ex. « Les La France d’Outre-Mer (http://elrinconfle.blogspot.com.es/2015/03/france-doutre-merdrom-com.html)
16 marchés de Provence » de Gilbert Bécaud, 1957 ; « J’ai gardé l’accent » de Mireille Mathieu, 1967) et sont volontairement repris dans la publicité d’huile d’olive ou de savon de lavande. La ville de Marseille, pour sa part, ainsi que son accent, doivent leur notoriété aux films de Marcel Pagnol des années 1930 et 1940 ainsi qu’aux comiques d’aujourd’hui (p. ex. Patrick Bosso). Un des clichés les plus étendus est que tous les Marseillais possèdent un accent. Dans notre questionnaire, dans la première question: « selon vous, peut-on reconnaître un Marseillais selon sa façon de parler? », la réponse majoritaire a été affirmative avec 97,4%. Ceci nous montre que ce cliché est très étendu. Mais la réalité est bien différente. Plusieurs facteurs peuvent influencer les caractéristiques du parler d’une personne (milieu social, géographique, etc.). Il existe autant de parlers dans une ville que de locuteurs (Alain Rey, 2014) puisque les phénomènes de variation sont pratiquement illimités. De plus, chez les nouvelles générations, ce caractéristique parler est en train d’évoluer (Gasquet-Cyrus, « Langage et Société », avril 2018). Les réponses de la deuxième question « si oui, qu'est-ce qui permet de reconnaître un Marseillais quand il parle? » nous illustrent ce que les gens perçoivent lorsqu’ils écoutent un locuteur marseillais, avec des réponses comme : « son accent chantant », « la manière de prononcer les nasales », etc.; et d’autres qui ne sont pas en rapport avec l’accent : « la gestuelle », « la façon d’exagérer », etc. La troisième question de notre formulaire nous révèle un effet que provoque l’accent marseillais sur les gens : la sympathie. Parmi les choix offerts aux participants, à la question « Quand vous voyez une publicité française qui utilise l’accent “marseillais”, vous êtes plutôt : », c’est la réponse « amusé » qui gagne avec un 66,7% des réponses. À la question de « quel est l’accent que vous trouvez le plus sympathique ? », c’est le marseillais qui se situe en première place (42,9%), suivi du québécois (32,1%). À cause de l’effet que provoque ce parler, il est souvent utilisé dans des publicités, films (voir les films de Marcel Pagnol, p.e. La Gloire de mon père, 1990), téléréalités (Les Marseillais), ou sketchs pour faire rire.
17 En effet, des études et notre questionnaire, montrent que l’accent du Sud provoque généralement un effet de sympathie, mais parallèlement, il peut être aussi un frein dans le monde professionnel, comme le constate Gasquet-Cyrus (2018) dans le numéro d’avril de la revue « Langage et Société » : « Dans une partie de la bourgeoisie marseillaise, mais pas seulement, des gens se disent qu’il faut atténuer son accent pour réussir. […] On ne le perd pas mais on gomme les traits les plus marqués ». D’ailleurs, quelques linguistes (Jean-Michel Géa, Médéric Gasquet Cyrus) considèrent que cet accent est en danger de transformation, à cause, en partie, de la tendance à masquer l’accent surtout dans les jeunes générations (Langage et Société, avril 2018). Maintenant une question se pose : les Marseillais sont plutôt fiers de leur accent et ils ont un désir de le maintenir, ou en revanche, en conséquence de la glottophobie (Blanchet, 2016), ils ont honte et il existe une tendance à s’en débarrasser ? 4.2. Aspects lexicaux Le parler de la région marseillaise est coloré par un grand nombre de régionalismes lexicaux, dont la plupart relève du substrat occitan. Des nombreux ouvrages ont recueilli une liste de mots propres de cette région (Martel & Bouvier 1982, Bouvier 1985, Académie de Marseille 2006 et bien d’autres). Certains mots et expressions provençales sont arrivés jusqu´à nos jours sans changer la forme : an pèbre 4 (il y a longtemps), bou diou ! (bon dieu !), pécaïre (pauvre). D’autres, à cause de son usage étendu, ont été francisés : péguer (coller), s’engatser (s’énerver). Une grande partie de ces régionalismes font partie du lexique des métiers comme la pêche et la chasse : pescadou (pêcheur), agachon (poste de chasse), bartavelle (perdix) ; et bien sûr à la cuisine : tapenade, aïoli, pastis, cachaille. Ce sont parfois des mots qui ne retrouvent pas une traduction dans le français standard puisqu’elles désignent une réalité locale (Coquillon 2005 ; p. 58). Le lexique marseillais se caractérise aussi par un emploi fréquent de jurons et interjections, à tel point que populairement il est considéré qu’ils jouent le rôle de la 4 Les exemples ici présentés ont été tirés de la thèse d’Annelise Coquillon (2005) Caractérisation prosodique du parler de la région marseillaise.
18 virgule et du point (Patrick Bosso dans son sketch « La grammaire » 1997). D’entre ces mots nous pouvons signaler : fada (idiot), té et vé (regarde), zou (c’est bon). La présence de ces régionalismes dans le parler d’un locuteur marseillais varie selon plusieurs facteurs. Annelise Coquillon (2005, p. 58-59) signalait : En Provence, le poids des régionalismes lexicaux est important mais très inégal selon les catégories socioprofessionnelles (certains métiers, notamment ancestraux, utilisent un jargon provençal particulier) et le milieu (rural ou urbain). Ils sont, dans la pratique courante, utilisés avec parcimonie, "colorent" le français, et leur fréquence dépend souvent de la situation de communication : Les provençaux ont tendance à autocontrôler leur utilisation dans des situations formelles ou si leur interlocuteur est étranger à la région. Outre les mots provenant du lexique provençal, un certain nombre d’emprunts sont arrivés au vocabulaire marseillais. Ce sont des mots d’origine italienne (fatche, face), ou l’anglais (estoquefiche, morue salé, désigne aussi maigreur intense), entre autres. 4.3. Aspects morphosyntaxiques De nombreux écrivains ont qualifié le parler marseillais d’ « écorché » (Guy de Maupassant) ou « abominable » (Flora Tristan), vu que la grammaire de cette région s’éloigne de la norme. Mais l’écrivain Robert Bouvier (1985) la défendait en disant : « S’il est vrai que les Marseillais maltraitent allègrement les règles de la grammaire française, il ne faut pas leur en vouloir. En fait, ils ne font que transcrire la syntaxe provençale ». En effet, beaucoup de phénomènes qui caractérisent la syntaxe marseillaise, relèvent directement des structures du provençal. Certaines d’entre elles également communes aux langues romanes comme le catalan, l’espagnol ou l’italien. Des réputés linguistes comme Blanchet (1992) ou Gasquet-Cyrus (2012) ont repris dans leurs ouvrages les traits syntaxiques du parler méridional. Ici, nous n’en citerons que quelques-uns :
19 Utilisation de l’article défini au lieu de l’article indéfini : tu viens boire le café ? 5 (Tu viens boire un café ?). Absence de l’article dans des locutions figées : faire peine (faire de la peine). Ordre des pronoms complément : dis-moi-le (dis-le-moi). Structure parallèle en l’espagnol (dímelo). Emploi de l’article dit « partitif » : mets bien de sucre (mets bien du sucre). Existence de l’adjectif exclamatif qué : qué tristesse de voir ça… (quelle tristesse de voir ça…). Utilisation de l’adverbe « tant » dans le sens de « si ça se trouve » ou « peutêtre » : Tant elle a fait exprès ! (peut-être qu’elle l’a fait exprès) ; où dans le sens de « si » / « aussi » : Marche pas tant droit, tu vas te casser ! Emploi de « comme » à valeur interrogatif à la place de comment : comme tu l’as fait ? (comment tu l’as fait ?). Genre des mots comme une chiffre ou une anchois (féminins en occitan). Un habitant de Marseille (21 ans), se souvenant de la façon de parler de sa grandmère, nous racontait qu’il l’entendait souvent employer l’auxiliaire avoir au passé composé dans des cas où être devrait être utilisé (j’ai tombé) 6 , ce qui pourrait s’expliquer par le fonctionnement de l’auxiliaire aver en occitan, qui diffère du système d’auxiliaires du français. Il faut également signaler que le parler marseillais est une variante riche en expressions imagées, phénomènes d’insistance et pseudo-exagérations ; phénomènes qui, comme nous venons de voir, se voient reflétés dans sa syntaxe et lexique (comme c’est le cas des interjections). 4.4. Aspects phonétiques et phonologiques Nous exposerons dans ce point les traits plus caractéristiques de l’accent de la région Marseillaise. Cet ensemble de phénomènes de prononciations sont le résultat d’études qui ont étés menés à bien par nombreux linguistes intéressés par l’accent méridional (Brun, 1931 ; Carton et al., 1983 ; Durand, 1995 ; Binisti & Gasquet-Cyrus, 2003 ; Blanchet, 2004 ; Coquillon, 2005 ; pour n’en citer que quelques-uns). 5 Les exemples ici présentés ont été tirés de la thèse d’Annelise Coquillon (2005) Caractérisation prosodique du parler de la région marseillaise et du livre Le marseillais pour les nuls (2012) de Médéric Gasquet-Cyrus. 6 Cas isolé d’après le témoignage d’un habitant de Marseille.
20 4.4.1. Les consonnes Le système consonantique du français méridional ne présente pas beaucoup de différences par rapport à celui du français standard. Comme Coquillon cite (2005, p. 75), pour Carton et al. (1983) « dans l’ensemble, et contrairement au parisien, le marseillais articule avec beaucoup de netteté et les consonnes sont stables ». Cependant, il existe quelques variations dans l’inventaire des consonnes de cette variété et nous allons en spécifier quelques-unes. D’abord, il faut noter la simplification des groupes consonantiques internes comme dans exemple [εzɑmplə], ou finaux comme c’est le cas d’infect [ɛmfɛk]. Il faut préciser que ce phénomène est plus fréquent chez les locuteurs plus âgés (Coquillon 2005). Relevons également la palatalisation des occlusives alvéolaires /t/ et /d/ devant /i, j, y, ɥ/ (Binisti & Gasquet-Cyrus, 2003) comme dans motif [mɔtʃif] ou enduit [ɑŋdʃɥi]. Pour la forme de tutoiement « tu as » ou « tu es », dans plusieurs cas nous pouvons entendre dans les énoncés spontanés un [j] qui apparaît, à ce qu’on ajoute la palatalisation du /t/ (tu as [tʃja], tu es [tʃje]). Selon Woehrling et Boula de Mareüil (2006, p. 12-13) : Des expressions typiquement marseillaises, transcrites par exemple ti es fada […] dans des forums sur Internet, ainsi que les sketchs d’humoristes tels que Patrick Bosso suggèrent que ce trait est intégré dans la conscience linguistique des individus, et peut être simulé, imité, caricaturé. Concernant les glissantes 7 , il a une tendance à la réalisation des diérèses, c’est-àdire, une prononciation en deux syllabes distinctes de deux voyelles contigües (camion [kamijɔŋ]). Mentionnons que certains linguistes (Brun, 1931 ; Le Douaron, 1983) ont soutenu que les Français méridionaux ont une tendance à réaliser peu de liaisons, hormis les obligatoires. Cependant, l’étude de Durand et Lyche (2008) montre que, contrairement à la croyance que nous venons de mentionner, les Méridionaux réalisent plus de liaisons facultatives que les non Méridionaux. 7 Le terme « glissante » fait allusion aux sons intermédiaires entre voyelles et consonne. En français, il s’agirait de [j, ɥ, w]. Cette terminologie a été tirée du livre Les variétés du français parlé dans l’espace francophone (2010).
21 Pour les mots commençant par un /s/ plus consonne, un « e » épenthétique apparaît (Brun, 1931) comme dans scolaire [ɛskɔlɛʀ] ou spécial [espesjal]. Concernant la prononciation du /R/, il n’existe pas une prononciation homogène de ce phonème dans le Midi, puisque ce phonème a évolué à un rythme différent dans les villes et la campagne. Ce phonème est souvent un marqueur sociolinguistique. Pourtant, comme le signalaient Durand et Coquillon (2010, p. 188) : « En Provence, le /R/ est postérieur depuis plusieurs générations, comme le montrent nos enquêtes à Aix-enProvence et Marseille qui ne relèvent aucun usage apical même chez les locuteurs les plus âgés ». Carton et al. (1983) précisait également que les consonnes dites allongeantes (/v, z, ʒ, R/) en français standard, ne remplissent pas leur fonction en français méridional, sauf pour la consonne allongeante /R/ quand elle n’est pas suivie de /ə/ (pire [pi:ʀ]). 4.4.2. Les voyelles orales (sauf le schwa) Le système phonologique des voyelles orales du français méridional est plus réduit que celui du français standard, étant donné l’absence de certaines oppositions qui font partie du français septentrional. Ce dernier est composé de onze voyelles, sans compter le schwa, à différence de celui du Midi, qui comporte 7 voyelles : Mentionnons d`abord l’absence d’opposition /a - ɑ/, ce dernier ayant disparu du système phonologique du français du Midi. Par exemple, les mots pâte et patte se prononceraient tous les deux [pat]. La durée vocalique ne joue non plus un rôle phonologique, c’est-à-dire que le trait voyelle longue / voyelle brève, n’est pas pertinent. Une des particularités les plus caractéristique du français méridional est la réalisation en distribution complémentaire des voyelles mi-fermées [e, ø, o] et miouvertes [ɛ, ɔ, œ] suivant strictement la « loi de position » (Durand, 1976). Cette loi Système phonologique des voyelles orales du français du Midi
22 soutient l’énoncé suivant : une voyelle moyenne est réalisée fermée en syllabe ouverte 8 mais ouverte en syllabe fermée 9 ou en syllabe ouverte si la syllabe subséquente est un schwa 10 (sot [so], port [pɔ:ʀ], mère [mɛʀə). Dans la France méridionale, cette loi s’applique de manière presque catégorique. Cependant, cette loi ne s’applique pas dans certaines circonstances (Carton, 1974) : Suivant la loi de la Fidélité Morphologique, les mots dérivés maintiennent la réalisation phonétique (préscolaire [pʀeskolɛʀə]), sauf si le mot est déjà lexicalisé, dans ce cas-là, ils sont prononcés selon la loi de position (chauffe-eau [ʃofo]). Forte tendance à l’ouverture de la voyelle en syllabe ouverte devant une syllabe contenant un schwa /ə/ (affolement [afɔləmɑ]). Des fois, chez les Méridionaux (même si cela arrive plus chez les non Méridionaux), la loi d’harmonie vocalique 11 s’applique. La réalisation de tous ces trais de prononciation dépendra bien sûr de la variation sociale. Selon Carton (1974) « chacun doit pouvoir user selon les genres (cours, discussions, etc.) et selon les circonstances, de diverses variétés de langue orale en liaison avec le but poursuivi (techniques, persuasion, etc.) ». 4.4.3. Les voyelles nasales En réponse à la question de notre questionnaire « qu'est-ce qui permet de reconnaître un Marseillais quand il parle? », nous avons obtenu un grand nombre de réponses qui font référence à la prononciation des nasales. En effet, elles constituent un fort stéréotype de l’accent méridional. Ce qui caractérise la prononciation de ces sons c’est qu’elles sont composées de trois périodes : u1ne partie orale, puis une légère nasalisation et terminés par un appendice consonantique nasal bien audible. C’est pour cette raison que les nasales méridionales ont été décrites par quelques linguistes comme plus longues (Séguy 1950). 8 Syllabe ouverte: il n’y a pas de consonne entre la voyelle et la frontière de cette voyelle. 9 Syllabe fermée : il y a une consonne qui entrave la syllabe. 10 Nous traiterons le fonctionnement du schwa en français méridional dans le point suivant. 11 Loi d’harmonie vocalique : tendance à une assimilation à l’aperture de la voyelle suivante, surtout si cette dernière est en syllabe finale accentuée.
23 Le segment consonantique final peut acquérir différentes formes en fonction du lieu d’articulation de la consonne qui suit (Watbled, 1995), soit appartenant au même mot, soit appartenant au mot contigu. Voici un cadre résumé de ces trois périodes : Selon Durand (1988), les voyelles nasales à proprement parler n’existent pas en français du Midi, mais plutôt des voyelles orales suivies d’un élément nasal et, en effet, ces voyelles ne font pas partie du système phonologique du provençal. Pourtant, Coquillon et Durand (2009) notaient que « la partie oralisée tend à se réduire chez les plus jeunes générations ». Une autre caractéristique à remarquer c’est que, contrairement au français septentrional, l’opposition /ɛ – œ/ est généralement maintenue en français méridional (brin [bʀɛɛŋ] / brun [bʀœœŋ]). Julien Eychenne dans sa thèse doctoral (2006, p. 116) mentionnait que « chez les locuteurs les plus conservateurs, l’équivalent du français standard [ɛ] se réalise [eɴ] (cf. brun [brœɴ] vs brin [breɴ]) ». Dans les diverses enquêtes réalisées aux locuteurs de la ville de Marseille, comme celle d’Annelise Coquillon (2007), les enquêtés ont réalisé le son [œ] pour presque la totalité des mots contenant un ou uns. 4.4.4. Le schwa Le schwa est un signe qui permet souvent aux francophones d’identifier l’origine géographique du locuteur, étant un son généralement attribué au Sud de la France. Un préjugé de l’accent en question consiste à dire que les Méridionaux prononcent systématiquement tous les schwas, contrairement au français standard. En effet Brun (1931) le résumait comme cite Coquillon (2005, p. 71) en disant : « l’e dit muet n’est pas muet ». Mais la réalité est beaucoup plus complexe. Des nombreux linguistes ont Partie orale Correspondant à la voyelle nasale Nasalisation éventuelle (20% environ) Appendice consonantique nasal [m] devant bilabiale (empreinte [ɑɑmprɛɛntə]) [ɱ] devant labiodentale (enfant [ɑɑɱfɑɑŋ]) [n] devant dentale (honte [ɔɔntə]) [ŋ, ɲ, ɴ] devant vélaire ou pause (anguille [ɑɑNgijə])
30 La France en Belgique. Ambassade de France à Bruxelles : Le français de Belgique et les « belgicismes ». URL : https://goo.gl/BQ3kxh (consulté le 10 avril 2018). Le français en partage (blog) : Situation du français en Belgique. URL : https://goo.gl/f2PZZ4 (consulté le 10 avril 2018). Le Parisien. L’accent marseillais va-t-il disparaître ? (27 avril 2018). URL : https://goo.gl/48yabW (consulté le 1 mai 2018). Lexicologos : Langues de Suisse. URL : https://goo.gl/k3Dp36 (consulté le 10 avril 2018). LGIDF. Phonologie du Français. Mathilde Hutin (SFL, Université Paris 8). URL : https://goo.gl/97QCNE (consulté le 11 avril 2018). Organisation Internationale de la Francophonie. URL : https://www.francophonie.org/ (consulté le 4 avril 2018). Ratthapat Charoenwutipong (2016) : Le français de Suisse romande. Sciences de l’Homme et Société. URL : https://goo.gl/2Mo7Bn (consulté le 10 avril 2018). Richard Roux. Dicctionnaire Marseillais. URL : https://goo.gl/kL5aF2 (consulté le 1 mai 2018). Université Laval. La francophonie dans le monde. URL : https://goo.gl/5nuMUt (consulté le 15 avril 2018). Université Paris Diderot, UFR d’Études Interculturelles de Langues Appliquées, Introduction à la linguistique. URL : https://goo.gl/xM8zQ6 (consulté le 14 mai 2018). World Urbanizations Prospects 2018. United Nations. URL : https://esa.un.org/unpd/wup/ (consulté le 15 avril 2018).
31 ANNEXE I. – QUESTIONNAIRE DIRIGÉ À DES LOCUTEURS DE LANGUE MATERNELLE FRANÇAISE Les accents régionaux du français Questionnaire pour collaborer au Travail de Fin de Licence de Gloria Gallardo. Merci de votre participation! 1. Selon vous, peut-on reconnaître un Marseillais selon sa façon de parler? ᴑ Oui ᴑ Non 2. Si oui, qu'est-ce qui permet de reconnaître un Marseillais quand il parle? ……………………………………………………. ……………………………………………………. 3. Quand vous voyez une publicité française qui utilise l’accent “marseillais”, vous êtes plutôt: ᴑ Flatté ᴑ Amusé ᴑ Indifférent ᴑ Gêné ᴑ Furieux 4. Selon vous, quels sont parmi tous les francophones à travers le monde ceux qui s’estiment parler le mieux le français ? ……………………………………………………………… 5. Selon vous, quel est l'endroit où l'on parle mieux le français dans le monde ? …………………………………………………………….. 6. Pour vous, quel est l’accent le moins sympathique ? ᴑ Parisien
32 ᴑ Marseillais ᴑ Belge ᴑ Québécois ᴑ Suisse 7. Et le plus sympathique? ᴑ Parisien ᴑ Marseillais ᴑ Belge ᴑ Québécois ᴑ Suisse 8. Selon vous, les Parisiens ont moins d'accent que les Marseillais? ᴑ Oui ᴑ Non 9. Quelle est votre ville d'origine? (optionnel) ……………………………………………………….. 10. Est-ce que vous considérez que vous avez un accent? ᴑ Oui ᴑ Non
33 Declaración de responsabilidad