Le gérondif français et le gerundio español, étude contrastive
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1 Table des matières : 1. Introduction……………………………………………………………...... p.2 2. État de la question………………………………………………………… p.3 3. Le gérondif et son origine………………………………………………… p.6 3.1.Le gérondif à partir du latin………………………………………….... p.7 3.2.Le gérondif dans la langue actuelle……….…………………………... p.8 4. Le gérondif et le gerundio : symétries……………………………………. p.10 5. Le gérondif et le gerundio : dissymétries………………………………… p.12 5.1.Le gérondif en espagnol mais pas en français………………………... p.12 5.1.1. Être en train de + infinitif…………………………………….. p.13 5.1.2. À + infinitif…………………………………………………… p.16 5.1.3. D’autres expressions………………………………………….. p.17 5.2.Le gérondif en français mais pas en espagnol………………………... p.17 5.2.1. Al + infinitivo………………………………………………… p.18 5.2.2. Les constructions détachées………………………………….. p.20 6. Conclusion………………………………………………………………... p.23 7. Références bibliographiques……………………………………………... p.24
2 1. Introduction. Le gérondif est une forme verbale qui existe tant en français qu’en espagnol, provenant du latin. C’est un temps particulier qui indique la durée et la simultanéité d’une action qu’il accompagne. Le verbe au gérondif se trouve souvent à côté d’une action principale à laquelle il ajoute une information additionnelle, se plaçant dans une proposition subordonnée. Mais, ce qu’il faut souligner c’est la difficulté qui existe lorsqu’on essaie de traduire le gérondif dans la langue espagnole, ou le gerundio dans la langue française. Ainsi, beaucoup d’apprenants ont du mal à maitriser l’emploi de cette forme dans la langue étrangère à cause des nombreuses dissymétries entre les deux systèmes linguistiques, c’est pour cette raison que cette étude s’intéresse aux difficultés interlinguistiques. Pour traiter le sujet du gérondif français et du gerundio espagnol, on a élaboré une étude contrastive afin de chercher les similitudes et les différences existantes entre ce temps verbal dans les deux langues. Pour ce faire, les explications seront introduites à partir d’un ensemble phrases extraites des travaux contrastifs desquels ce travail s’est appuyé. L’étude est organisée sur deux axes principaux. Le premier aborde l’évolution de la forme verbale dès son origine en latin et les changements qu’elle a subis jusqu’à arriver à la forme que nous connaissons de nos jours. Bien que l’évolution en français et celle en espagnol n’ait pas été la même, il faut souligner la présence de la préposition introductoire en qui caractérise la forme française, mais qui a également accompagné la forme espagnole pendant des siècles, même si elle a disparu. Un autre aspect à traiter dans ce point c’est la ressemblance du gérondif avec le participe présent du français. Le deuxième axe important est celui des symétries et dissymétries entre le gérondif et le gerundio. D’abord, en ce qui concerne les ressemblances entre les deux systèmes linguistiques (ch. 4), il y a trois points communs que les deux langues partagent : 1. Le gérondif se caractérise par l’aspect de durée et de simultanéité, qui exprime par rapport à l’action principale. 2. Le gérondif fonctionne comme adverbe de l’action principale. Dit autrement, il peut fonctionner en tant que complément circonstanciel : de temps, de cause, de condition, de concession et de moyen.
3 3. La phrase acquiert un sens ou un autre dépendant d’où se trouve placé le gérondif dans la proposition : action postérieure, antérieure, cause, conséquence… Néanmoins, il existe aussi des différences entre les deux langues (ch. 5). Pour les analyser, cette étude abordera les cas où le gérondif est possible dans une langue mais pas dans l’autre. Donc, cet axe a été divisé en deux sous-groupes : le gérondif en espagnol mais pas en français et le gérondif en français mais pas en espagnol. Alors, l’objectif concret du travail est de décrire la forme gérondive dans les deux systèmes linguistiques, ainsi que trouver quelles sont les symétries et les dissymétries. Les essais sur ce domaine sont peu nombreux, alors que les difficultés existantes entre les deux langues persistent. Ce fait donne lieu à l’emploi erroné dans l’usage de ces formes verbales. Donc, cette étude peut servir pour dépasser les difficultés que les dissymétries entre le gérondif français et le gerundio espagnol mettent en place : d’un côté, lors de la traduction de l’espagnol au français, et vice-versa, grâce aux solutions traductologiques; et, d’un autre côté, éviter l’interférence de la langue maternelle dans l’apprentissage de cette catégorie verbale pour des apprenants d’ELE ou de FLE, car l’étude permet de suggérer des futures propositions didactiques dans l’enseignement de cette forme verbale, ainsi que de faciliter la tâche à l’élève. 2. État de la question. Chaque étude sur le gérondif traite ce temps verbal de façon différente. Pour arriver au but du travail, il est important de remarquer l’utilité des manuels, ainsi que des articles qui se penchent sur cette catégorie verbale. Beaucoup de ces articles ont été développés à partir des difficultés des apprenants de langue étrangère, c’est-à-dire des apprenants hispanophones qui ont des complications pour employer de manière correcte la forme verbale française, du même que pour les francophones qui étudient l’espagnol comme langue seconde, car ces deux temps verbaux différent dans leurs équivalences. Tout d’abord, pour traiter le gérondif français, cette étude contrastive s’appuie sur des grammaires générales qui consacrent une partie à cette catégorie verbale, et grâce auxquelles il est possible d’approfondir sur son origine dans l’ancienne langue française, de même sur l’évolution de cette forme verbale jusqu’à nos jours. Les manuels ont été
4 produits par des auteurs comme Hervé Béchade et son ouvrage Syntaxe du français moderne et contemporain ; Maurice Grevisse et André Goosse et sa grammaire Le Bon Usage ; et finalement Martin Riegel, Jean-Christophe Pellat et René Rioul avec Grammaire méthodique du français. Ce sont des ouvrages développés à la fin du XXe siècle (1993 et 1994), sauf le dernier qui date de 2004. Toutes ces grammaires dédient une partie aux temps verbaux invariables : elles analysent le gérondif à côté du participe présent, et même de l’adjectif, c’est-à-dire toutes les formes qui finissent avec le morphème -ant. La grande similitude entre ces formes finissant avec le même morphème peut créer de la confusion chez les apprenants de langue étrangère. En ce qui concerne la description du gérondif, toutes coïncident avec l’invariabilité du temps et son aspect adverbial. Cependant, pas tous ces ouvrages traitent la valeur temporelle que ce temps verbal porte sur la proposition qu’il accompagne. Ainsi, pour traiter le gerundio espagnol, cette étude s’est servie de la Nueva gramática de la lengua española, de la RAE et l’Asociación de Academias de la Lengua Española. Elle se base sur la description de la grammaire espagnole générale, mais elle traite le temps du gérondif d’une façon plus profonde, au point de distinguer différents types existants en espagnol, selon sa fonction dans la phrase : gerundio externo o periférico, gerundio absoluto, gerundio ilocutivo o elocutivo, gerundio circunstancial o adjunto, etc. Mais ce manuel se penche aussi sur l’origine du temps dans l’ancienne langue espagnole. Un autre aspect important c’est qu’il aborde la forme gérondive à côté du temps participial, alors ce fait aboutit aux confusions lors de l’apprentissage. Pour les ouvrages contrastifs consultés qui abordent le gérondif français et le gerundio espagnol, Dificultades gramaticales de la traducción al francés, de Guy Rochel et María Nieves Pozas Ortega, cherche à travers la traduction les équivalences morphologiques et syntaxiques entre les deux systèmes linguistiques. De plus, une œuvre qui traite le gerundio espagnol, mais qui est produite en français par des auteurs français est Grammaire d’usage de l’espagnol contemporain de Pierre Gerboin et Christine Leroy. Ce qui le différencie du premier c’est le destinataire auquel il s’adresse, c’est-à-dire cette dernière grammaire est destinée à un public francophone qui s’intéresse au fonctionnement de la langue espagnole, contrairement à celui de Rochel et Pozas, un manuel espagnol pour des hispanophones. Ce que les auteurs ont comme point commun c’est qu’ils continuent à traiter cet aspect du gérondif à côté du temps
5 participial. Ce n’est pas à cause de la similitude de la forme, mais de l’invariabilité de genre et de nombre qui les caractérisent. À part ces grammaires, il y a des articles qui approfondissent sur cette catégorie verbale. Il s’agit d’une grande variété des essais, chacun organisant l’aspect du temps verbal d’une manière différente. Un de ces articles est «El gerundio francés y tres de sus traducciones españolas: el gerundio, en + gerundio y al + infinitivo» de Chrystelle Fortineau. Ce qui cherche cette auteure dans son ouvrage n’est pas à comparer, mais à trouver une équivalence entre les deux systèmes à partir d’une difficulté traductologique. Pour arriver à cet objectif, d’abord, elle propose trois solutions, déjà évoquées dans le titre (le gerundio, « en + gerundio » et « al + infinitivo »), et à partir de quelques phrases françaises elle cherche l’équivalence espagnole. Elle a très bien structuré son travail, mais il faut souligner le traitement qu’elle fait de la forme « en + gerundio » en espagnol, qui, de nos jours, reste totalement archaïque et hors d’usage. Ainsi, « L’explicitation sémantique dans la traduction français-espagnol des constructions détachées de gérondif » de Gemma Andújar Moreno. Dans ce travail, le but est similaire à l’article précédent, mais, cette fois-ci, l’auteure donne les solutions traductologiques à travers des constructions détachées, où le gérondif est renforcé de l’adverbe tout. Elle l’analyse à partir des phrases françaises du journal Le Monde et leur traduction dans la version espagnole du même journal. L’objectif de ce travail est, comme l’annonce l’auteure, « d’analyser dans un premier temps des instructions interprétatives véhiculées par ce type de constructions pour établir des rapports micro et macro-textuels dans un corpus de textes journalistiques » (Andújar Moreno, 2010 : 46). Un autre article est celui de « La représentation du gérondif espagnol en français : une approche contrastive pour éviter les erreurs d’apprentissage en FLE » de Daniela Ventura. Elle prend comme point de départ la difficulté des apprenants à trouver l’équivalence entre les deux systèmes linguistiques par rapport au gérondif. Ce qu’elle cherche c’est l’équivalence du gerundio espagnol à travers les périphrases françaises « être en train de + infinitif », « continuer de + infinitif » ou « rester à + infinitif ». Elle suit la même structure que les autres articles : à partir d’un corpus de phrases espagnoles, elle donne une équivalence, toujours gardant le sens de la proposition originelle, retenant une approche différente aux autres, car c’est un article destiné à l’apprentissage du FLE. Aussi, de la même auteure, « Le gérondif espagnol et son homonyme français : quelles équivalences ? ». Ventura, cette fois-ci, analyse ce temps verbal à travers son aspect duratif et progressif,
6 en français et en espagnol. Une fois de plus, elle développe un corpus des propositions espagnoles formé par des périphrases, comme « estar + gerundio », ou par des verbes « d’état ». Elle commence sa réflexion à partir d’une série de propositions françaises erronées produites par des hispanophones apprenants de FLE. Le but du travail est de « faciliter la tâche des apprenants hispanophones face à ce problème non négligeable » (Ventura, 2015 : 130). Le dernier article est celui qui s’intitule «Cómo constatar el gerundio español y francés para evitar errores de aprendizaje» de Koffi Yao. Cette étude a été faite à partir d’un exercice de traduction aux élèves d’une université (Alassane Ouattara) de Bouaké. Une fois examinés les résultats obtenus, le travail consiste à décrire la forme du gérondif avec les particularités qui le caractérisent. Donc, les articles qu’on vient de traiter se penchent sur l’aspect contrastif du gérondif en français et en espagnol, afin de rencontrer des équivalences qui aident à la compréhension des symétries et des dissymétries qu’on aborde dans cette étude. Mais, il y a d’autres articles pertinents pour atteindre l’objectif de ce travail comme celui de « La contextualisation du gérondif dans les grammaires du français publiées en Espagne » de Rafael García Guijarro, où l’auteur établi un corpus de grammaires françaises publiées en Espagne. De même, il fait une analyse de celles-ci et envisage quelles ont été les modifications incorporées avec les années. Ce que l’auteur cherche est à « constater dans quelle mesure les contextualisations de cette forme verbale laissent de côté des aspects syntaxiques et sémantiques importants » (García Guijarro, 2016 : 53). Finalement, « En llegando los datos la intuición se matiza. El gerundio preposicional en la historia de la lengua español » de Enrique Pato. Ce travail est complètement différent aux autres, car l’auteur se penche sur la forme gérondive espagnole précédée par la préposition en, caractéristique du français actuel. Une forme qui a disparu et est restée archaïque, sans usage, alors qu’il décide d’examiner son évolution à travers les siècles et sa disparition. 3. Le gérondif et son origine. Le gérondif est une forme verbale caractéristique non seulement par son caractère invariable, mais aussi par la valeur temporelle de simultanéité qu’il exprime par rapport à une autre action. Ce temps verbal apparaît souvent comme une action secondaire, donnant une information additionnelle sur l’action principale à laquelle elle se trouve attachée.
7 3.1. Le gérondif à partir du latin. D’abord, il faudrait se remonter à l’ancienne langue française provenant du latin. Une confusion venait s’établir entre les formes du gérondif et du participe présent à cause de leurs terminaisons identiques en -ant. Morphologiquement, ces deux formes verbales étaient similaires, d’où la confusion. Mais, du point de vue étymologique, elles étaient complètement différentes : le gérondif est issu de l’ablatif du gérondif latin (amando) (Riegel, Pellat et Rioul, 2004 : 339). Dans l’ancienne langue française, le gérondif n’était pas obligatoirement précédé par la préposition en, qui le caractérise de nos jours. Cela posait aussi des problèmes vis-à-vis du participe présent, étant l’absence de la marque de genre et de nombre la seule capable d’éloigner ces deux formes verbales. Alors, pour finir avec ce trouble, l’emploi de la préposition introductoire en dans l’usage du temps verbal s’est généralisé au cours du XVIIIe siècle. Le gérondif n’était pas précédé seulement de cette préposition, mais d’autres comme à, par, sans, de, etc. (Grevisse, 1994 : 1314). « Et ki fiert de colp de baston, il est a 100s [=sous] douaisiens se ce n’est SOUR SEN CORPS DEFFENDANT (texte de 1248, dans Privilèges et chartes de franchises de la Flandre, éd. Espinas, Verlinden et Buntinx, t. I, p. 185). - Ces gens là […] ne prennent de l’eau beniste, en entrant en l’église, qu’EN LEUR CORPS DEFFENDANT (Sattire Ménippée, cit. Huguet, s. v. corps). - Le sens premier était « en se défendant » ; on le trouve encore au XIXe s. : L’homme qui en a tué un autre, fût-ce même À son corps défendant (STENDHAL, Chartr., XI). - Aujourd’hui, la locution ne signifie plus que « malgré soi, à contrecœur » (déjà au XVIe s., voir ci-dessus). De là, la variante à (son) cœur défendant (où cœur paraît pris comme sujet) : Cette étrange partie que voici que nous jouons sur terre (sans le vouloir, sans le savoir, et souvent À CŒUR DÉFENDANT) (GIDE, Journal, t. II, p. 310). - Il était, À SON CŒUR DÉFENDANT, impressionné (GIONO, Hussard sur le toit, Pl., p. 515). » (ibidem). Malgré l’imposition de cette règle, on observe l’absence de la préposition dans quelques expressions figées que la langue française a conservé : agent comptant, chemin faisant, tambour battant, etc. (Béchade, 1993 : 84). Même, on peut observer cet usage chez quelques auteurs, par une simple question de « coquetterie d’archaïsme » (ibidem). De plus, anciennement, on pouvait utiliser aussi le gérondif en tant que nom, alors qu’il était précédé d’un article, déterminant, démonstratif ou même possessif : « En mon SEANT lores [=alors] m’assis » (Rose, 1777 apud Grevisse, 1994 : 1314).
8 En espagnol ancien, la forme gérondive était aussi précédée par la préposition en, qui, au XVe siècle, lui donnait la valeur de simultanéité propre de celle-ci. Puis, cela avait changé d’un siècle à autre, lorsqu’au XVIe siècle, cette préposition donnait au verbe qui précédait le sens de « posterioridad inmediata » (Pato, 2014 : 836). Alors, le gerundio précédé de en peut dénoter une action présente, un moment passé (notion de ponctualité) ou un moment futur, tel qu’on peut le voir dans les exemples donnés par Pato (ibidem) dans son travail : a) Salió de su cuarto (en) abriendo la puerta [antériorité]. b) Salió de su cuarto (en) cerrando la puerta [postériorité]. c) Salió de su cuarto (en) golpeando la puerta [simultanéité]. Dans l’espagnol ancien, la forme en + gerundio pouvait être accompagnée de pronoms appelés « clíticos » : en viéndose, en acabándose, en poniéndose… (Pato, 2014 : 838), et qui peuvent être suivis par le, la, me, lo et te en singulier et par les, las, nos et os en pluriel : en sacándosela, en amonestándoselo… (Pato, 2014 : 838). Comme dans le cas du français, le gerundio pouvait être précédé d’autres prépositions comme contra, desde ou hasta (valeur emphatique). Même, on peut constater l’usage de cette forme verbale précédée par de dans quelques cas (espagnol rural méridional) (Pato, 2014 : 840). Cette forme a progressivement disparu tout au long des siècles : au XVIe et au XVIIe siècle était très fréquent l’usage de cette préposition dans les textes, mais, actuellement, elle est restée totalement archaïque et hors d’usage. 3.2. Le gérondif dans la langue actuelle. Aujourd’hui, en ce qui concerne la langue moderne, le gérondif français se distingue du participe présent par l’emploi obligatoire de en, préposition introductoire vide de sens, comme on l’a déjà évoqué. Cependant, ces temps verbaux continuent à être des formes similaires : tous les deux sont invariables et ils terminent par -ant. En plus, ils peuvent être accompagnés par des compléments verbaux et « ils subissent une même contrainte syntaxique : lorsqu’ils sont placés en tête de phrase, leur sujet doit être le même que celui du verbe principal » (Riegel, Pellat et Rioul, 2004 : 141). En ce qui concerne le gerundio espagnol, il est utilisé lorsque le locuteur veut exprimer une action qui se développe par rapport à une autre, où la durée y est présente. Même s’il a des distinctions à niveau morphologique avec le participe présent, il existe
15 « On pourrait penser que c'est la période désignée – en l'occurrence un moment passé - qui est responsable de ce phénomène. Il n'en est rien : en effet, l'imparfait renvoie également à une période du passé, mais est compatible avec en train de » (ibidem). C’est à cause de l’aspect inaccompli de ce temps verbal. Ce que veut montrer Anscombre c’est que la tournure est parfaitement combinable avec cet aspect inaccompli, à l’inverse du passé composé, dont le côté accompli « empêche sa combinaison avec en train de » (ibidem). D’un autre côté, le français est la seule langue parmi les langues romanes qui a abandonné l’usage de formes périphrastiques progressives formées à travers d’un verbe de mouvement ou par un verbe copule suivi du gérondif, ou du participe présent. Cela est dû au présent de l’indicatif, qui permet d’exprimer le processus de réalisation d’une action au moment où la phrase est énoncée, c’est-à-dire qu’elle peut donner une vision de réalisation (effectif), d’extension (duratif), existentielle (en accomplissement) (Schøsler, 2007 : 92 apud Ventura, 2015 : 135). Alors, on pourrait dire que le présent de l’indicatif se correspond avec la périphrase « être en train de + infinitif ». Quant à l’exemple qui introduit cette partie : (1) Estoy pintando, il serait possible de le traduire comme Je suis en train de peindre, ou tout simplement Je peins. Bref, la périphrase espagnole « estar + gerundio » se correspond à celle d’« être en train de + infinitif », lorsqu’il entre en jeu la question de durativité, tenant compte le moment temporel où l’action se déroule (le présent actuel). Malgré la différence des temps verbaux, toutes les deux expriment cette idée de durée, mais aussi celle de la progressivité. Selon l’étude de Ventura (2015: 136), il y a deux cas où les formes peuvent s’employer dans les deux langues comme équivalentes: d’un côté, lorsque l’action principale interrompt une action en cours dans une proposition subordonnée : Yo estaba comiendo, cuando mi madre me llamó, qui pourrait se traduire par J’étais en train de manger, quand ma mère m’a téléphoné; d’un autre côté, lorsque le « pathos » intervient dans une phrase, c’est-à-dire, les moyens utilisés par l’interlocuteur afin d’attirer l’attention du destinataire, alors, à ce moment-là, la périphrase « être en train de + infinitif » permet une certaine expressivité: valeur emphatique, d’insistance : Tais-toi! Je suis en train de réviser les examens ! traduit en espagnol par ¡Cállate ! ¡estoy
16 estudiando para los exámenes ! Il est aussi important de remarquer que le présent de l’infinitif garde aussi ce sens, restant le gérondif hors d’usage. En tout cas, le gérondif n’est pas permis en français dans ces contextes, la seule solution étant « être en train de » suivi d’infinitif, ou même le présent de l’indicatif. 5.1.2. À + infinitif. (3) Juan permaneció un rato contemplando la luna entre las nubes. > Juan est resté un moment à contempler la lune entre les nuages. (García Guijarro, 2016 : 57) Bien qu’il existe d’autres formes de traduire le gerundio espagnol, la tournure « à + infinitif » est assez utilisée en français, souvent avec des verbes statiques comme se retrouver, qui est très proche de ce que Ventura (2015 : 141) appelle l’« être locatif » : « lorsque se trouver est suivi d’un autre verbe concomitant, deux possibilités lui échoient en français : (a) à + inf., (b) en train de + inf. ». L’usage du gérondif reste toujours hors question, de la même manière que dans le cas traité auparavant. Si on analyse le verbe rester du point de vue morphologique, il serait considéré comme un verbe statique, puisqu’il n’implique pas de mouvement. Mais, du point de vue de la durée et de la volonté du sujet parlant, le verbe rester pourrait être considéré comme un verbe d’action (ibidem). Halmøy (2003 :142 apud Ventura, 2015 : 142) l’avait déjà affirmé : le verbe rester, par son caractère statique, excluait le syntagme gérondif pour rendre son sens. D’où le besoin d’utiliser la périphrase « à + infinitif ». Alors, pour exprimer l’idée de durée, il serait convenable de recourir à cette forme avec le verbe rester, en tant que verbe d’état. Ainsi, il faut souligner que, dans aucun cas, le verbe rester ou se retrouver ne font pas recourt au gérondif, et non plus à la forme française « en train de + infinitif », étant la seule forme possible la périphrase « à + infinitif » (Ventura, 2015 : 142). De même, Daniela Ventura (ibidem) signale aussi le fait que la construction « rester + à + infinitif » s’utilise plus souvent que celle d’« être + à + infinitif », qui pourrait donner lieu à différentes interprétations : c’est pour cette raison qu’on fait recours à la périphrase « être en train de + infinitif ».
17 Bref, si on essaie de chercher une équivalence de la forme gérondive en espagnol, pour les verbes d’état tels que rester, se trouver ou même demeurer, la forme adéquate serait « à + infinitif » pour exprimer l’idée de durée et de concomitance des actions, le gérondif restant hors des options possibles à utiliser. 5.1.3. D’autres expressions. À part ces deux constructions, les plus utilisées en langue française, il y a d’autres expressions qui peuvent également servir comme équivalentes du gerundio espagnol et qui gardent cet aspect duratif. Yao (2017 : 84) en énumère quelques-unes, qu’il place à côté des constructions déjà évoquées : « continuer de + infinitif » ou « par + infinitif ». (4) El perro sigue ladrando. > Le chien continue d’aboyer. (5) Acabó cediendo. > Il a fini par céder (ibidem). En plus, il y a quelques constructions espagnoles formées à partir des deux éléments : verbe auxiliaire + gerundio, où la forme gérondive est bien présente. Ce fait enrichi le sens de la phrase grâce à sa particularité et à ses multiples traces : ir + gerundio, andar + gerundio, seguir/continuar + gerundio, venir + gerundio, llevar + gerundio, pasar + indication temporelle + gerundio (Yao, 2017 : 79). Dans la langue française, ces constructions sont difficiles à traduire, le gérondif français restant exclu dans tous les cas : Me pasé toda la tarde cocinando. > J’ai passé toute l’après-midi à faire la cuisine (Rochel et Pozas, 2001 : 85). En résumé, il est constaté l’existence d’une énorme variété de formes qui fonctionnent en tant qu’équivalentes du gerundio espagnol. Dans toutes ces expressions, le gérondif français ne s’emploie pas. Ce fait s’explique par le sens duratif et de progression que le gerundio espagnol garde, et que le gérondif français n’est pas capable d’exprimer dans quelques cas. 5.2. Le gérondif en français mais pas en espagnol. Après avoir traité les solutions équivalentes au gerundio espagnol, il faut se focaliser dans le deuxième point contrastif par rapport aux dissymétries entre les deux systèmes linguistiques : les contextes où le gérondif est possible en français, mais qu’en espagnol bien n’est pas possible, bien une autre solution traductologique conviendrait
18 mieux pour garder le sens de la phrase d’origine. Le gérondif français admet quelques valeurs que, dans la langue espagnole doivent s’exprimer par d’autres moyens. Dit autrement, «el gerundio francés es compatible con una gran variedad de situaciones referenciales para las cuales el español tiene que elegir varios signos» (Fortineau, 2006: 813). Alors, l’espagnol possède aussi quelques périphrases qui fonctionnent comme équivalentes du gérondif français, comme par exemple la construction « al + infinitivo », qui est la plus utilisée. On a constaté aussi qu’il y a d’autres solutions traductologiques à partir des constructions détachées : al mismo tiempo que, mientras, aunque… 5.2.1. Al + infinitivo. Cette périphrase espagnole est formée à partir de trois éléments : la préposition a, combiné avec l’article el, et suivi d’un infinitif. Cette construction permet d’annoncer un évènement «aprehendido en su totalidad, actualizado, concebido como autónomo, y en relación al cual hay que pensar el acontecimiento expresado por el verbo regente». (Fortineau, 2006: 806). La périphrase peut servir dans plusieurs cas comme équivalente du gérondif français, tenant compte de la relation entretenue entre les actions de la phrase (temporelle, causale…). C’est la forme utilisée pour exprimer la simultanéité des actions dans une proposition, mais elle met en relief aussi l’antériorité et la postériorité d’une action secondaire sur une principale à laquelle elle est attachée. La construction « al + infinitivo » peut mettre en place une relation de besoin, ce qui empêche son apparition dans des phrases où la relation entre les actions est fortuite. Alors, ce cas est une exception où l’emploi du gerundio reste comme la seule option. Ce caractère fortuit explique le fait que l’ordre de la phrase peut s’échanger. Dit autrement, une réversibilité est possible, étant elle-même la conséquence de l’absence d’interaction d’un processus sur un autre : (6a) Elle s’écroula par terre, sur la carpette, en criant des choses à peine distinctes. (Simenon, 1978: 27 apud Fortineau, 2006: 810) > Se desplomó en la alfombrilla, gritando palabras apenas inteligibles (Simenon, 1995: 34 apud Fortineau, 2006 : 810) (6b) Elle cria des choses à peine distinctes, en s’écroulant par terre, sur la carpette. > Gritó las palabras apenas inteligibles, desplomándose en la alfombrilla (Fortineau, 2006: 810).
19 Mais ce fait ne serait pas possible dans l’exemple suivant : (7) N’oubliez pas de fermer la porte en partant. > No olvidéis de cerrar la puerta al salir. (Fortineau, 2006 : 811). Il peut s’expliquer par le biais du caractère temporel qu’une action porte sur l’autre. Dans cette phrase il n’y a pas une relation fortuite entre les verbes qui la composent, mais une relation encore plus forte : il s’agit d’une action qui fonctionne comme point de départ temporel (en partant) de l’autre action qu’elle accompagne (fermer la porte). Le gérondif reste ici hors d’usage à cause de son caractère de dépendance à l’action principale, étant incapable d’exprimer cette relation de point de départ temporel (ibidem). Alors, la seule solution traductologique possible est la tournure « al + infinitivo ». Les verbes qui s’emploient dans cette structure sont souvent des verbes de mouvement ou déplacement, surtout ceux qui marquent une phase initiale ou une phase finale. À part ce cas précédant, il y a un autre qui est une variante de celui-ci. L’explication se fera à travers l’exemple suivant : (8) Elle s’est foulé la cheville en tombant. > Ella se torció el tobillo al caer. (Fortineau, 2006 : 812). Il y a une action qui fonctionne comme point de départ de l’autre : en tombant c’est le point de départ de s’est foulée la cheville. À ceci on doit ajouter une autre relation qui se développe parallèlement à la relation temporelle : une relation logique, selon laquelle le verbe qui précède est la cause du verbe suivant (ibidem). Une traduction possible qui montre ce caractère logique serait une proposition subordonnée : Elle s’est foulé la cheville parce qu’elle est tombée. Ou bien, avec la tournure « à cause de » qui renvoie parfaitement à ce sens causal, mais qui oblige le changement du verbe par un substantif : Elle s’est foulé la cheville à cause de sa chute. Bien que le gerundio espagnol soit aussi une solution traductologique possible, de notre point de vue le sens de la phrase serait modifié. Avec la tournure « al + infinitivo » une relation de cause-effet est en train de se mettre en place, c’est-à-dire dans la phrase Ella se torció el tobillo al caer il y a une cause, la chute, et il y a une conséquence, le fait de se fouler la cheville. Cependant, ce sens ne sera pas envisagé à
20 travers la forme gérondive. Dans la phrase Ella se torció el tobillo cayéndose, l’action de tomber serait le moyen par lequel elle s’est foulé la cheville. En plus, à cause de la simultanéité que le gérondif exprime, il ne serait pas possible d’interpréter une relation causale comme celle qu’introduit « al + infinitivo ». Alors, dans la phrase où la solution proposée est le gerundio, les deux actions se développent au même temps : Ella se torció el tobillo a la vez que caía, et pas Ella se torció en tobillo porque se cayó. Finalement, il n’en reste qu’un dernier cas : (9) En sortant du cinéma, elle a glissé sur une peau de banane. > Saliendo / al salir del cine se resbaló con una cáscara de platano. (Fortineau, 2006 : 812) Ici, il existe deux possibilités : d’un côté il y a deux actions qui se développent en simultanéité. Une structure coordonnée pourrait être possible dans la traduction de cette phrase : Salió del cine y se resbaló con una cáscara de plátano; d’un autre côté, avec la tournure « al + infinitivo » existe un lien plus fort, alors qu’il serait possible une traduction par une structure subordonnée : Cuando salió del cine, se resbaló con una cáscara de plátano. (Fortineau, 2006 : 813). Dans la dernière phrase, les deux actions se développent en concomitance, mais le sens temporel entre en jeu, ce que l’adverbe « cuando » permet de voir. Bref, la périphrase espagnole « al + infinitivo » exprime un évènement actualisé. C’est pour cette raison qu’elle est compatible avec l’expression d’un évènement conçu comme le point de référence temporel d’un autre, étant accompagné (ou non) par une nuance causale (ibidem). 5.2.2. Les constructions détachées. Dans ce point, ce qui intéresse c’est d’analyser les constructions détachées, les plus utilisées, où le gérondif français apparaît précédé de l’adverbe tout. Pour ce faire, les exemples faisant partie de ce corpus contrastif sont des phrases trouvées par Andujar Moreno dans le journal Le Monde Diplomatique, et leurs traductions ont été publiés dans la version espagnole du même journal. (10) Des chercheurs militaires […] mettent l’accent sur les armes antipersonnel, tout en développant des armes antirécoltes. > Investigadores militares […] se dedican a las
21 armas antipersonas, al tiempo que desarrollan armas anticosechas. (Andújar Moreno, 2010 : 48). Pour le gérondif français renforcé par l’adverbe tout, il existe quelques constructions détachées en espagnol qui servent comme équivalentes de cette forme. Ces constructions peuvent se placer librement dans la phrase. Souvent, elles sont séparées de l’action principale qu’elles accompagnent par une virgule. La fonction de ces constructions détachées est d’ajouter une nouvelle information à la proposition principale. Le gerundio espagnol peut être aussi utilisé dans ce cas, mais il ne garderait pas le même sens que la phrase originelle, et c’est pour cette raison que le locuteur doit chercher dans ces types de constructions une équivalence afin d’être fidèle à ce que la phrase du texte de départ veut exprimer. En plus, le fait que le gérondif soit précédé par l’adverbe tout renforce son sens. « Tout ne modifie pas le gérondif d’après son sens général adverbial de degré absolu, mais marque dans cet emploi une simultanéité renforcée entre le gérondif et le verbe principal » (Béchade, 1993 : 85). Riegel, Pellat et Rioul (2004 : 342) font appel à la particularité d’opposition qui donne cet adverbe au gérondif. De même, Andújar (2010 : 47) affirme que les grammaires desquelles elle s’est appuyée « considèrent que les constructions détachées de gérondif montrent un comportement semblable à celui des propositions subordonnées circonstancielles ». De même, elle dit que ces constructions « soulignent aussi leur polyvalence pour exprimer différentes valeurs sémantiques : simultanéité temporelle (ou circonstance concomitance), cause, opposition/concession, condition/supposition et moyen/manière » (Grevisse, 1988 : 800 apud Andújar Moreno, 2010 : 47). En outre, cette tournure permet d’exprimer la valeur temporelle : une première action principale suivie d’une pause et d’une construction détachée que, au même temps, introduit une deuxième action, toujours compatibles. Il s’agit de deux faits concomitants. Dans ce cas, les solutions traductologiques peuvent être nombreuses, mais il existe deux grandes tendances :
22 « Une tendance majoritaire où le traducteur explicite la valeur de simultanéité par des unités spécifiques de l’espagnol et, d’un autre côté, une tendance minoritaire consistant à rendre la nuance sémantique du texte de départ moyennant le gérondif » (Andújar Moreno, 2010 : 48). Selon le degré d’explicitation sémantique (du plus haut au plus bas), on pourra utiliser ces expressions détachées : « al tiempo que + variantes », « a la vez que + variantes », d’autres et puis le gérondif comme solution finale. De même, on peut faire aussi recours à l’expression « al mismo tiempo », qui porte un rapport de simultanéité encore plus explicite. Alors, il s’agit de garder le même rapport circonstanciel que le texte de départ. On peut arriver à trouver aussi l’usage de l’expression « mientras ». Avec cette dernière tournure on est en train de mettre en relief l’aspect duratif de l’action exprimé par le verbe auquel elle introduit, soulignant l’opposition des plans temporels (Andújar Moreno, 2010 : 50). Finalement, la tendance traductologique qui semble la plus minoritaire en espagnol c’est le gerundio. À côté de ces propositions qui expriment la valeur temporelle, il y a d’autres exprimant ainsi une valeur logique de concession : (11) Les dirigeants du PDA modèrent leur discours, annonçant qu’ils se coaliseront avec leurs frères ennemis du PPD, tout en restant ouverts à une participation gouvernementale […] > Los dirigentes del PDA moderan el tono de sus manifestaciones, anunciando que se coaligarán con sus hermanos enemigos del PPD, sin dejar de estar abiertos a una participación en el gobierno […]. (Andújar Moreno, 2010 : 52). Pour exprimer la valeur concessive entre deux actions qui s’opposent, on identifie deux tendances de traduction selon le degré d’explicitation sémantique, comme dans le cas antérieur. Andújar (2010 : 52) explique que « la première consiste à renforcer le gérondif espagnol avec un connecteur spécialisé, tandis que la deuxième implique le recours au gérondif sans renforcement ». Alors, les solutions proposées sont : « Aunque + verbe », d’autres et puis gérondif.
23 De même, on trouve dans ce travail d’autres solutions traductologiques. Il s’agit de traduire des verbes affirmatifs par des formulations négatifs en espagnol, précédés de la préposition sin, qui, au même temps, met en relief « l’aspect duratif qui constitue le deuxième plan temporel » (ibidem). Pour conclure, tel que Gemma Andújar (2010 : 53) l’annonce, « les constructions détachées de gérondif, renforcées par l’adverbe tout, se caractérisent par la nature non explicite de leurs valeurs (temporelle et concessive) et par un fonctionnement discursif entre énonciatif et textuel ». Alors, on peut trouver une équivalence au gérondif français à travers ces constructions, qui gardent toujours l’aspect duratif ou concessif du texte de départ. 6. Conclusion. Cette étude a traité la forme verbale du gérondif en plusieurs dimensions. Tout d’abord, elle s’est penchée sur la définition de ce temps verbal qui montre assez de particularités, car c’est un verbe qui manque de temps et d’espace. Mais, une fois que cette forme a été définie, ce travail s’est focalisé sur l’analyse des similitudes et des différences existantes entre la forme gérondive française et la forme du gerundio espagnol. Pour ce qui est les symétries, il y a trois points communs que les deux langues partagent par rapport à ce temps verbal : l’aspect de durée et la simultanéité entre les actions, sa fonction en tant qu’adverbe et le sens qu’il donne selon la place qu’il occupe dans la phrase. Une fois traité les similitudes, l’étude s’est centrée sur les dissymétries existantes entre les systèmes linguistiques, ce qui donne lieu à nombreuses difficultés lors de la traduction, où même lors de l’apprentissage à cause de l’interférence de la langue maternelle. C’est pour cette raison que ce travail consacre une partie à la recherche des solutions équivalentes lorsque le gérondif n’est pas possible dans les deux langues, mais dans une seule. Dans les cas où le gérondif est possible en espagnol mais pas en français, les solutions proposées ont été les périphrases « être en train de + infinitif » et « à + infinitif » qui servent d’équivalentes pour le gerundio. De même, les temps du présent et de l’imparfait de l’indicatif sont très proches à ces périphrases françaises, alors qu’ils peuvent être aussi considérés comme solutions possibles. En plus, il y a d’autres périphrases qui ont été proposées comme « continuer de + infinitif » ou « par + infinitif ». D’un autre côté, dans les cas où le gérondif est possible en français mais pas en espagnol, les solutions traductologiques qui ont été proposées sont la
24 périphrase espagnole « al + infinitivo » et d’autres expressions où le verbe en infinitif est précédé par quelques adverbes (al tiempo que, mientras que, aunque…). En conclusion, cet essai peut servir d’appui pour l’apprentissage de cette forme verbale, et pour des traductions où ce temps verbal pose des problèmes. Il permet aussi la possibilité de créer des nouvelles propositions didactiques futures. 7. Références bibliographiques. ÁNDÚJAR MORENO, Gemma. « L’explicitation sémantique dans la traduction français-espagnol des constructions détachées de gérondif ». En: Synergies Espagne, 2010, nº3, p. 45-55. BÉCHADE, Hervé. Syntaxe du français moderne et contemporain. Paris : Puf fondamental, 1993. FORTINEAU, Chrystelle. «El gerundio francés y tres de sus traducciones españolas: el gerundio, en+ gerundio y al + infinitivo. En: La cultura del otro». Universidad de Sevilla, 2006, p. 803-815. GARCÍA GUIJARRO, Rafael. « La contextualisation du gérondif dans les grammaires du français publiées en Espagne ». En : Synergies Espagne, 2016, nº9, p. 51-66. GERBOIN, Pierre. et LEROY, Christine. Grammaire d’usage de l’espagnol contemporain. Paris : Hachette supérieur, 1994. GREVISSE, Maurice et GOOSSE, André, 1994. Le Bon usage : grammaire française. Paris: Duculot, 1993. PATO, Enrique. «En llegando los datos la intuición se matiza. El gerundio preposicional en la historia de la lengua española». En: RILCE, 2014, vol. 30, nº3, p. 833-860. REAL ACADEMIA ESPAOLA et ASOCIACIN DE ACADEMIAS DE LA LENGUA ESPAOLA. Nueva gramática de la lengua española. Madrid: Espasa Libros, 2009. RIEGEL, Martin, PELLAT, Jean-Christophe. et RIOUL, René. Grammaire méthodique du français. Paris : Presses universitaires de France, 2004. ROCHEL Guy et POZAS ORTEGA María Nieves. Dificultades gramaticales de la traducción al francés. Barcelona : Ariel, 2001. VENTURA, Daniela. « La représentation du gérondif espagnol en français : une approche contrastive pour éviter les erreurs d’apprentissage en FLE ». En: Çedille, Revista de Estudios Franceses, 2014, nº10, p. 345-365.