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Couples, triangles de Molière : Amphitryon, formes de l'amour dans le temps

Bezlaj, Metka,Marinho, Cristina

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204 C o u ples, trian g les d e M o lière: A m p h it r y o n , f o r m e s d e l ` a m o u r d a n s l e t e m p s À Y ves Frontenac M etka Bezlaj U n iv ersité d e Z a g reb C ristin a M a rin h o U n iv ersid a d e d o P o rto Ayant pour but, dans un prem ier m om ent 1 , d e réflé c h ir su r la p o rtée d u co u p le d e valets, Sosie et C léanth is, d an s l` Amphitryon de M olière, une com position qui ne s`éloignerait pas de l`hypotexte plautien, ce projet devrait, ensuite, considérer les deux hum bles serviteurs, absents dans le m odèle latin, dans leurs effets en réseau de significations par rapport au couple m ajeur des nobles jeunes am oureux. Élém ent de farce, le vieux couple, à identifier dans sa typologie de com portem ent à plusieurs niveaux d`analyse, enrichisserait, donc, selon l`aspiration m oliéresque de synthèse non seulem ent de sous genres dram atiques, l`in sp ira tio n ro m a in e d a n s la q u e lle le ca n o n littéra ire cla ssiciste sem b le avoir trop renferm é la création de Jean-Baptiste Poquelin. Si cet Amphitryon n`a apparem m ent pas jusqu`aujourd`hui conquis par lui- 205 C o u ples, trian g les d e M o lièr e: A m p h it r y o n , f o r m e s d e l ` a m o u r d a n s l e t e m p s À Y ves Frontenac M etka Bezlaj U n iv ersité d e Z a g reb C ristin a M a rin h o U n iv ersid a d e d o P o rto Ayant pour but, dans un prem ier m om ent 1 , d e réfléch ir su r la p o rtée d u co u p le d e valets, Sosie et C léanth is, d an s l` Amphitryon de M olière, une com position qui ne s`éloignerait pas de l`hypotexte plautien, ce projet devrait, ensuite, considérer les deux hum bles serviteurs, absents dans le m odèle latin, dans leurs effets en réseau de significations par rapport au couple m ajeur des nobles jeunes am oureux. Élém ent de farce, le vieux couple, à identifier dans sa typologie de com portem ent à plusieurs niveaux d`analyse, enrichisserait, donc, selon l`aspiration m oliéresque de synthèse non seulem ent de sous genres dram atiques, l`in sp ira tio n ro m a in e d a n s la q u e lle le ca n o n littéra ire cla ssiciste sem b le avoir trop renferm é la création de Jean-Baptiste Poquelin. Si cet Amphitryon n`a apparem m ent pas jusqu`aujourd`hui conquis par luiM etka B ezlaj & C ristin a M a rin h o m êm e une place centrale dans l`Œ uvre de M olière, il a été, surtout depuis la fin du X X e siècle, l`objet d`un renouveau d`im portantes études non seulem ent m ytho-critiques2 , au-delà de la privilégiée et diverse approche com parée avec H einrich V on K leist3 , et d`innovation herm éneutique4 à laquelle le renouvellem ent du canon classique devra un jour certainem ent beaucoup. O n affirm e souvent que l` Amphitryon est une pièce tout à fait exceptionnelle dans la création de M olière. D ’un côté, en décidant de tra ite r ce th èm e, le d ra m a tu rg e s’e st to u rn é p o u r la p re m iè re fo is v e rs la co m éd ie a n tiq u e et, p lu s p récisém en t, v ers la co m éd ie d e P la u te. D ’u n autre côté, son adaptation du m odèle rom ain paraît lui être extrêm em ent fidèle, ce qui ne correspondrait pas à l`inclination du dram aturge, qui «jusqu’alors, quand il s’était inspiré de pièce italiennes ou espagnoles», avait procédé «à la m anière des auteurs de la co m m ed ia d ell’a rte , co n servan t la tram e d e l’in trigu e, m ais seu lem en t les m eilleures séquences qu’il com binait librem ent avec des développem ents de son cru ou em pruntés à d`autres sources; cette fois, les m odifications apportées à l` Amphitruo de Plaute restent dans les lim ites d’un sim ple processus d’appropriation.»5 Par conséquent, les changem ents que M olière a introduits dans son Amphitryon , précisém ent parce qu’ils sont peu nom breux, représentent des dim ensions dram atiques d’autant plus intéressantes à approfondir. O r, l’invention d’un personnage com plètem ent nouveau, que les prédécesseurs de M olière n`avaient pas introduit, m ériterait, dans l`ensem ble des différentiels, une réflexion qui dépasserait la condition de détail: Cléanthis, suivante d’Alcm ène et fem m e de Sosie, qui, 206 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière devenant à son tour victim e - m ais sans la conséquence de la noble beauté - d’une divinité, elle-m êm e l`épouse déçue, constituerait, ainsi, un nouvel apport, un évident parallèle avec Alcm ène, suggéré par le com édiographe de Louis X IV. Le choix de m ixité farcesque, responsable par les m ultiples projections com iques du couple de valets qui découlent en grande partie du contraste avec le couple seigneurial, relèverait du procédé «dont les auteurs de farces ont tiré le m eilleur effet com ique», et qui consisterait dans «le retournem ent de la situation, la sym étrie de deux scènes antithétiques séparées par un événem ent»6 . Il s`agirait précisém ent ici de cette sym étrie inversée qu’on identifierait dans les querelles et les réconciliations des deux ordres de couples de M olière. Ce jeu d’oppositions se présenterait juste à l`Acte Prem ier, lorsque Alcm ène et sa suivante, Cléanthis, sont toutes les deux (très différem m ent, pourtant) les victim es d’im posteurs divins qui ont pris l’identité et l’apparence de leurs m aris. D ans la troisièm e scène de cet A cte, au m om ent de la douce cérém onie des adieux entre A lcm ène et Jupiter-A m phitryon, qui couronnerait une nuit passionnée, Cléanthis m a n ifestera fo rte m en t sa ja lo u sie: « Ô C ie l! q u e d ’a im a b le s c a resses D ’un époux ardem m ent chéri! E t q u e m o n tra ître d e m a ri E st si lo in d e to u tes c e s ten d resses!» 7 Par la suite, quand M ercure-Sosie veut s’en aller, Cléanthis se plaint de son départ si froid et si brusque, le tout finissant par une dispute conjugale assez violente et décorée par de nom breuses injures (telles 207 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière devenant à son tour victim e - m ais sans la conséquence de la noble beauté - d’une divinité, elle-m êm e l`épouse déçue, constituerait, ainsi, un nouvel apport, un évident parallèle avec Alcm ène, suggéré par le com édiographe de Louis X IV. Le choix de m ixité farcesque, responsable par les m ultiples projections com iques du couple de valets qui découlent en grande partie du contraste avec le couple seigneurial, relèverait du procédé «dont les auteurs de farces ont tiré le m eilleur effet com ique», et qui consisterait dans «le retournem ent de la situation, la sym étrie de deux scènes antithétiques séparées par un événem ent»6 . Il s`agirait précisém ent ici de cette sym étrie inversée qu’on identifierait dans les querelles et les réconciliations des deux ordres de couples de M olière. Ce jeu d’oppositions se présenterait juste à l`Acte Prem ier, lorsque Alcm ène et sa suivante, Cléanthis, sont toutes les deux (très différem m ent, pourtant) les victim es d’im posteurs divins qui ont pris l’identité et l’apparence de leurs m aris. D ans la troisièm e scène de cet A cte, au m om ent de la douce cérém onie des adieux entre A lcm ène et Jupiter-A m phitryon, qui couronnerait une nuit passionnée, Cléanthis m a n ifestera fo rte m en t sa ja lo u sie: « Ô C ie l! q u e d ’a im a b le s c a resses D ’un époux ardem m ent chéri! E t q u e m o n tra ître d e m a ri E st si lo in d e to u tes c e s ten d resses!» 7 Par la suite, quand M ercure-Sosie veut s’en aller, Cléanthis se plaint de son départ si froid et si brusque, le tout finissant par une dispute conjugale assez violente et décorée par de nom breuses injures (telles M etka B ezlaj & C ristin a M a rin h o que «traître», «perfide», «pendard»8 ). M ercure-Sosie se m oque, ainsi, de son attente am oureuse et de sa fidélité en lui expliquant qu’ils sont trop vieux pour éprouver les ardeurs des jeunes am ants et qu’un am ant lui conviendrait alors certainem ent. Leur débat prend, donc, un ton très com ique et m êm e burlesque, renforcé par la présence de sentences aussi hum oristiques que provocatrices telles que «M oins d’honneur, et plus de repos.» ou «J’aim e m ieux un vice com m ode, qu’une fatigante v ertu .» 9 Les parallélism es entre les deux couples se prolongent dans l`Acte Second où les deux épouses sont successivem ent interrogées par leurs m aris sur les événem ents de la nuit. D ans la deuxièm e scène de cet A cte, A lcm èn e est su rp rise p a r le reto u r im p rév u d u v rai A m p h itryo n qui, après avoir constaté que sa fem m e a connu les délices dans les bras d`un autre hom m e, m êm e si elle pensait que c’était son m ari, éclate de ra g e et l’a c c u se d `in fid é lité. O n p e rç o it, d a n s la scèn e su iv a n te , le m iro ir inversé de la dispute entre Am phitryon et A lcm ène: à la différence d’Am phitryon, qui interroge sa fem m e directem ent, Sosie feint d’avoir trop bu la veille et essaie par ce m oyen d’obtenir le rapport de C léanthis sur sa fidélité. C ependant, C léanthis, com m e A lcm ène, reste fâchée: en lui reprochant son indifférence ainsi que son refus de faire l`a m o u r a v ec e lle 10, elle s`élo ig n e ra , p a r ce fa it o n n e p eu t p lu s d istin c tif, d éfin itiv em e n t d e la tra g é d ie d e cette m y th iq u em e n t b e lle A lcm èn e e t d e cet honorable guerrier. U n n o u v ea u p a ra llélism e in v ersé en tre les valets et les m a îtres s’en su it dans la sixièm e scène de cet A cte: A lcm ène trouvera la force de pardonner à son m ari, bien qu’elle pardonne réellem ent à son am ant 208 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière Jupiter. Com m e on verra plus tard, son pardon paraît plus une résignation qu’une réconciliation véritable. Au contraire d’A lcm ène, Cléanthis refuse la proposition de se réconcilier avec son m ari. Encore une fois, le débat entre C léanthis et Sosie est plus court que celui de leurs m aîtres et se colore d’expressions populaires et d’injures fa m ilière s11. En effet, la farce concernant l`am our dans la vie quotidienne, - «un inventaire des sujets abordés dans les farces m ontrerait que près d’une centaine traitent de l’am our. Pas de l’am our courtois, ni m êm e de sa parodie, m ais de l’am our dans sa plus risible q u o tid ien n eté, d a n s sa littéra lité la p lu s fla g ra n te .» 12 -, elle l`élit so u v en t au sein de la vie conjugale pour m ettre en valeur, en ce sens, «les disputes conjugales et les friponneries des valets [… ], des thèm es typiques»13 dont la suite apparem m ent antithétique de sa projection noble se structurerait en continuité dans Amphitryon . Il est d `au tan t plus intéressant de noter que, m algré toute attente, cet am our quotidien finit par donner au lecteur une im pression de réalité vécue, tandis que l`a m o u r éle v é e n tre A lcm èn e e t A m p h itry o n s’a v ère , d a n s le ca s d u m a ri surtout, presque artificiel et basé plutôt sur la notion d’honneur que sur d e v ra ies ém o tio n s. Cependant, M olière n’épuisera pas sa source de la farce dans ses thèm es paradigm atiques, il y puisera, en outre, certains types de personnages. O r, les auteurs y m ettaient en scène une catégorie de gens qui leur ressem blait, m ais leur hum anité, issue surtout des classes m oyennes, finirait par se com porter d’une façon stylisée et stéréotypée, c’est-à -d ire , elle n e p o ssé d e ra it p a s d ’in d iv id u a lité b ien d éfin ie e t cara ctérisée. A u ssi, p a r ex em p le, la fem m e, d an s la fa rce, « se révèle-t- 209 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière Jupiter. Com m e on verra plus tard, son pardon paraît plus une résignation qu’une réconciliation véritable. Au contraire d’A lcm ène, Cléanthis refuse la proposition de se réconcilier avec son m ari. Encore une fois, le débat entre C léanthis et Sosie est plus court que celui de leurs m aîtres et se colore d’expressions populaires et d’injures fa m ilière s11. En effet, la farce concernant l`am our dans la vie quotidienne, - «un inventaire des sujets abordés dans les farces m ontrerait que près d’une centaine traitent de l’am our. Pas de l’am our courtois, ni m êm e de sa parodie, m ais de l’am our dans sa plus risible q u o tid ien n eté, d a n s sa littéra lité la p lu s fla g ra n te .» 12 -, elle l`élit so u v en t au sein de la vie conjugale pour m ettre en valeur, en ce sens, «les disputes conjugales et les friponneries des valets [… ], des thèm es typiques»13 dont la suite apparem m ent antithétique de sa projection noble se structurerait en continuité dans Amphitryon . Il est d `au tan t plus intéressant de noter que, m algré toute attente, cet am our quotidien finit par donner au lecteur une im pression de réalité vécue, tandis que l`a m o u r éle v é e n tre A lcm èn e e t A m p h itry o n s’a v ère , d a n s le ca s d u m a ri surtout, presque artificiel et basé plutôt sur la notion d’honneur que sur d e v ra ies ém o tio n s. Cependant, M olière n’épuisera pas sa source de la farce dans ses thèm es paradigm atiques, il y puisera, en outre, certains types de personnages. O r, les auteurs y m ettaient en scène une catégorie de gens qui leur ressem blait, m ais leur hum anité, issue surtout des classes m oyennes, finirait par se com porter d’une façon stylisée et stéréotypée, c’est-à -d ire , elle n e p o ssé d e ra it p a s d ’in d iv id u a lité b ien d éfin ie e t cara ctérisée. A u ssi, p a r ex em p le, la fem m e, d an s la fa rce, « se révèle-tM etka B ezlaj & C ristin a M a rin h o elle, de plus, irritable, im pitoyablem ent dure»14, tandis que «le m ari est la v ictim e .» 15 Si l`on prend en considération que le com ique de la farce repose surtout sur le principe du contraste, on ne s`étonnerait pas par le fait que ses personnages devaient être eux-m êm es opposés (p.ex. l’h o m m e et la fem m e, le m aître et le serviteu r). R even o n s, en co re u n e fois, sur le principe, selon lequel «la farce ne crée pas d’individualité propre. Les personnages sont robustes et actifs m ais leurs colères et leurs joies m anquent de véritable hum anité»16 et, par conséquent, de com plexité. N éanm oins, bien que ces types em pruntés à la farce, tels que C léanthis et Sosie, puissent paraître plats au point de représenter une certaine norm e (celle de m ari et de fem m e qui se querellent, ainsi que celle de valets qui s'opposent à leurs m aîtres), ils se revêtent, chez M olière, de beaucoup plus de substance qu`on ne le croirait. Si, dans la stru ctu re d e la farce, le m ari tro m p é veu t red even ir le m aître d e so n épouse ne cherchant qu`à la punir, non parce qu’il l’aim e, m ais parce que sa vanité est blessée, la relation de Cléanthis et Sosie nous laisse cro ire q ue leur am ou r, q u el q u’il soit, n o n seulem ent subsiste, m ais pourrait se rafferm ir. Pourtant, il ne serait pas question ici d`infidélité, car M ercure refuserait Cléanthis, ce refus constituant un des nœ uds fondam entaux de notre objet. Il serait intéressant, en outre, d’analyser le langage em ployé par Cléanthis et Sosie sous une optique farcesque, en opposition, encore une fois, avec le langage soigné de leurs m aîtres, en accord avec leurs origines sociales: «la farce contient de nom breux enchaînem ents d’injures dans le genre de: ‘Traitre, m araud, vilain, infâm e!’»17, les dialogues de Cléanthis et Sosie le confirm ant par des paroles telles que 210 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière « tra ître » et « lâ ch e» , elle o ffrira it d e s je u x d e m o ts rid icu les, c o m m e celui, par exem ple, produit par la répétition du m ot «rien»: «Sosie M on D ieu ! qu'as-tu ? toujours on te voit en courroux, E t su r rien tu te fo rm a lise s. C lé a n th is Q u 'a p p elles-tu su r rien , d is ? S o sie J'a p p elle su r rien C e q u i su r rien s'a p p e lle e n v e rs a in si q u 'e n p ro se; E t rie n , c o m m e tu le sa is b ien , V e u t d ire rien , o u p e u d e ch o se .» 18 Q uant aux injures proférées par C léanthis et la nature presque brutale des débats entre elle et son m ari, tous ces élém ents confirm ent leur appartenance farcesque, car «les personnages de la farce [… ] cachent une violence liée à tout ce qui est élém entaire dans les désirs hum ains.»19 D ’ailleurs, on peut dire qu’il lui appartiendrait de provoquer le rire justem ent en invitant le spectateur à s`y reconnaître dans ses propres instincts, ses propres propres ém otions et sa réalité, ce rire sain et naturel d éclenchant, p ar so n caractère terre à terre, d es débats conjugaux divertissants. Il paraît, toutefois, peu probable que M olière n`ait créé ce nouveau personnage que pour jouer sur le com ique farcesque et les contrastes en tre m a îtres et v a lets. B ien sû r, les p a ra llélism es en tre les d eu x co u p les et ses effets com iques sont nom breux et constituent les parties les plus hum oristiques de la com édie, m ais il sem ble que la création du couple Cléanthis-Sosie acquiert des fonctions dram atiques considérables, au- 211 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière « tra ître » et « lâ ch e» , elle o ffrira it d e s je u x d e m o ts rid icu les, c o m m e celui, par exem ple, produit par la répétition du m ot «rien»: «Sosie M on D ieu ! qu'as-tu ? toujours on te voit en courroux, E t su r rien tu te fo rm a lise s. C lé a n th is Q u 'a p p elles-tu su r rien , d is ? S o sie J'a p p elle su r rien C e q u i su r rien s'a p p e lle e n v e rs a in si q u 'e n p ro se; E t rie n , c o m m e tu le sa is b ien , V e u t d ire rien , o u p e u d e ch o se .» 18 Q uant aux injures proférées par C léanthis et la nature presque brutale des débats entre elle et son m ari, tous ces élém ents confirm ent leur appartenance farcesque, car «les personnages de la farce [… ] cachent une violence liée à tout ce qui est élém entaire dans les désirs hum ains.»19 D ’ailleurs, on peut dire qu’il lui appartiendrait de provoquer le rire justem ent en invitant le spectateur à s`y reconnaître dans ses propres instincts, ses propres propres ém otions et sa réalité, ce rire sain et naturel d éclenchant, p ar so n caractère terre à terre, d es débats conjugaux divertissants. Il paraît, toutefois, peu probable que M olière n`ait créé ce nouveau personnage que pour jouer sur le com ique farcesque et les contrastes en tre m a îtres et v a lets. B ien sû r, les p a ra llélism es en tre les d eu x co u p les et ses effets com iques sont nom breux et constituent les parties les plus hum oristiques de la com édie, m ais il sem ble que la création du couple Cléanthis-Sosie acquiert des fonctions dram atiques considérables, auM etka B ezlaj & C ristin a M a rin h o delà de cette prem ière évidence. Inséparables, il est im possible de considérer les uns sans les autres puisque les deux couples sont, au sein de la pièce, joints de tant et tant de nœ uds qu’ils ne peuvent pas exister en p rofon d eu r isolém ent. Par ailleurs, leur caractérisation , ain si q u e leurs actions, dépendent constam m ent de leur présence réciproque. O n peut dire que le couple m oins jeune constitue, d’une certaine m anière, une leçon et un présage, car il représente ce que le jeune couple n`est p as (en co re et p o u rra n e jam ais être), il sem b le ch an ger d an s le sen s d`un équilibre graduel que le début de la com édie ne sem blait garantir. Bref, leurs liens sont enracinés dans le systèm e au point d’y créer tout un univers inversé, m ais profondém ent com plém entaire, com m e on verra par la suite. D ’abord, revenons sur l`Acte Second et la réconciliation apparente du co u p le d es m a îtres co n trairem en t à la résistan ce a u p ard o n d e la p a rt d es valets. Il im p o rte d e so u lign er q u e la d eu x ièm e scèn e d e cet A cte, lors de la rentrée d`Am phitryon et de l`étonnem ent de son épouse, renferm e peut-être le point le plus violent d` Amphitryon . S `a g issa n t d e la m ontée de rudesse et d`incom préhension - et de quelle com préhension serait-il question, en fait? - du guerrier envers son épouse, le noble m ari persiste dans la quête de la rationalité m inim ale qu`il épuisera, sans hésitation, dans la justification par la folie d `A lcm è n e: « A h ! d e g râ ce, c esso n s, A lc m èn e , je v o u s p rie ; E t p a rlo n s sérieu sem en t.» 20 212 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière «Reprenez vos sens un peu m ieux; E t p en sez à c e q u i v o u s d ites.» 21 Cependant, sa rudesse croît encore jusqu`au point de se m anifester par des injures inoubliables («Perfide!»22), ce d ia lo g u e en tre A lc m è n e et so n m ari révélant, par conséquent, l`absence d’am our: ces am ants ne cherchent pas à traverser leurs m om ents difficiles en se soutenant m utuellem ent, en tém oignant de la com passion réciproque, ils se situent, par contre, clairem ent sur des pôles opposés. D ’une part, Am phitryon s’obstine dans son exigence d’un fondem ent intelligent, bien qu`il soit substantiellem ent im possible, et ses paroles-actes blesseront indélébilem ent celle qu'il aurait à aim er. D 'autre part, Alcm ène devient de plus en plus im patiente dans son obéissance am oureuse face à l`hostilité de son époux qu`elle accueille à peine. D ’ailleurs, «w here Am phitryon is irate at w hat he understands only as an indignity to him , Alcm ène is offended by her husband's lack of tru st, h is in a b ility to see th a t, lo v in g h im , sh e co u ld n o t b e u n fa ith fu l to h im .» 23 A p rès a v o ir ten té en v a in d e se ju stifier, elle p a ra ît p erd re à so n tour la politesse. Par exem ple, quand Am phitryon lui dem ande de lui raconter m inutieusem ent tout ce qui s’est passé, elle prononce la vérité qui sem ble m ettre fin à ce qui resterait de leur am our ou de son illu sio n : « E t ja m a is v o tre a m o u r, e n p a reille o ccu rre n c e , N e m e p a ru t si ten d re, e t si p a ssio n n é .» 24 A lcm è n e d écla rera , d o n c, à so n a m a n t lég itim e la su p ério rité d e l`a m a n t injustifiable, cette distinction constituant, en elle-m êm e, l`évidence de 219 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière co rp s d e so n jeu n e m a ri - afin d `in itier A lcm èn e à la «pure source » 38 que le devoir conjugal com battrait (et qu`elle reconnaîtra peut-être), le subtil indice de son jeu identitaire dont l`im aginaire érotique devrait se nourrir. Cléanthis se verrait com battue par la divinité dans sa vertu m a la d iv e, q u `elle reg rette sa n s p u d eu r, d e fem m e q u e n i le v ra i m a ri, n i le fa u x m a ri v eu len t et M ercu re l`in citera , a in si, à l`in fid élité a u ssi p o u r s`en débarrasser. Am phtryon n`acceptera bien entendu pas l`inconsistance rationnelle des événem ents racontés par son valet, confirm és par Alcm ène, dans le sens de garantir l`intégrité de son m ariage, c`est-à-dire de son am our, tout en explicitant son refus du dédoublem ent m alicieux de Jupiter dont l`illégitim e serait le pur, car son couple constituerait concrètem ent l`évidence hum aine de la fusion de l`am i et de l`am ant (que Jupiter a voulu absolum ent éprouver et voler, détruire fatalem ent) jusqu`au m om ent pervers et beau de l`initiation, la chute. Il adm ettra, cependant, la transcendance «des incid ents qu i passent la n ature» 39 et ne s`em pêchera pas de plonger dans la suggestion sexuelle du partage avec l`am ant des am ants et dans son désespoir extrêm e qui hum ilie violem m ent l`infidèle fidèle épouse prête à rom pre ses vœ ux. La duperie divine contribuerait, par ailleurs, à prolonger le divertissem ent et la com passion envers l`épouse injustem ent blessée pour déclarer le respect inconditionnel de l`am ant q u i rejetterait le sen tim en t p atrim o n ial d es m aris se p erm ettan t, p ar conséquent, tout: Alcm ène la dénoncera afin d`assum er l`unité conjugale qu`elle avait vécu jusqu`à cet attentat 40 que Jupitera ne saura nier, tout en exprim ant poétiquem ent la vérité et toute l`exceptionnelle ardeur de sa flam m e41 (aussi, détail on ne peut plus hum ain - M etka B ezlaj & C ristin a M a rin h o q u `A lcm èn e n e rejettera q u `en ap p a ren ce, en reg rettan t «m on trop de fa ib lesse » 42 - , la souffrance qu`on inflige surtout dans le grand am our). N i la révolution par l`insolence invraisem blable du serviteur qui blesserait sadiquem ent A m phitryon par un nouveau voile érotique d `a d u ltère, n i le tém o ig n a g e fid èle d e so n v ra i serv iteu r, d ém y stifica teu r en lui-m êm e de l` im b ro g lio d iv in o par une narrative non vraim ent vécue par son m aître de la suite de l`action conjugale, ni la coprésence su r scè n e d e Ju p iter fa isa n t p reu v e d e ce tte n o n - a ltérité (en fa v eu r d e la vertu d`Alcm ène) (n`)ont pu éclairer le m ari sur l`abus om nipotent des faits et sur l`innocence de son épouse pure. Son valet, par contre, aurait beau négocier avec M ercure le partage identitaire, habile stratégie qui ne confirm erait que la solidité (de sa faiblesse) psychique de Sosie et la pauvre résistance surhum aine des sim ples hum ains, tandis que le noble guerrier, tout en acceptant l`évidence porté par Posiclès, le tém oin qui rachètera A lcm ène, com plexifiera son expérience de sa double tragédie d `h o n n e u r et d `a m o u r et éta b lira la fin : « A h ! su r le fa it d o n t il s`a g it, L `e rreu r sim p le d ev ie n t u n c rim e v érita b le, E t, sa n s c o n sen tem e n t, l`in n o ce n ce y p érit. D e sem blables erreurs, quelque jour qu`on leur donne, Touchent des endroits délicats; Et la raison bien souvent les pardonne, Q ue l`honneur et l`am our ne les pardonnent pas.»43 L o in d e n e ra iso n n er su r la fa u te d e sa b elle victim e q u `il a u rait b eau pardonner, A m phitryon s`avère, au contraire, finem ent sentim ental dans le respect absolu de l`unité am oureuse, de l`hym née sacré, qui inspirait le guerrier et illum inait sa vie dorénavant plongée dans 220 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière l`obscur sacrifice de l`O lym pe. Infinim ent plus pur que toute source p u re d o n t le v isa g e in tèg re D o m Ju a n n e sa u ra it g a rd er en v érité, il est n o b le p a r n a tu re : so n scru p u le reste cru e llem e n t in ta ct a u p rix d e sa , d e le u r propre vie. 221 C o u p les, T ria n g le s d e M o lière l`obscur sacrifice de l`O lym pe. Infinim ent plus pur que toute source p u re d o n t le v isa g e in tèg re D o m Ju a n n e sa u ra it g a rd er en v érité, il est n o b le p a r n a tu re : so n scru p u le reste cru e llem e n t in ta ct a u p rix d e sa , d e le u r propre vie. M etk a B e z la j & C ristin a M a rin h o 1 | C e p ro je t illu stre la m éth o d e d e tra v a il d év e lo p p é e d a n s la sp h è re d u sé m in a ire d e T h é â tre in titu lé « D u T e x te D ra m a tiq u e à la S cè n e » , a n n é e sco la ire 2 0 1 3 -1 4 , 2 e sém e stre, à la F a c u lté d e s L ettres d e P o rto , d a n s le ca d re d e l`é v a lu a tio n c o n tin u e , q u i c o n siste d a n s l`a rtic u la tio n in d isp e n sa b le d e la rec h e rc h e u n iv e rsita ire a v ec l`e n se ig n e m e n t e n c o u rs a fin d `in itie r d e s je u n es chercheurs des A rts du Spectacle. 2 | V o ir l`o u v ra g e fo n d a m en ta l, d a n s c ette p e rsp e ctiv e , d `A ria n n e F E R R Y , Am phitryon, un m ythe th é â tra l P la u te, R o tro u , M o liè re , D ry d e n , K le ist E ssa i , G re n o b le , E L L U G , U n iv e rsité S ten d h a l, 2 0 1 1 , l`e ssa i d e K y ria k i C H R IS T O D O U L O U , «Le D ouble d`A m phitryon chez R otrou, M olière et G ira u d o u x : L e C h e m in v e rs l`h u m a n isa tio n d `u n d ie u » , in D oubles et dédoublem ents en litté ra tu re , é d d e R É R O U S E G a b riel-A ., U n iv e rsité d e S a in t-E tie n n e , 1 9 9 5 , p a g e s 4 5 -5 8 e t le nouveau regard de D om inique LA FO N , « D ra m a tu rg ie c o m p a rée e t in fo rm a tiq u e : D e s S o sie s à l``A m p h itry o n » , in L ` g e d u T h é â tre e n F ra n c e / T h e A g e o f T h e a te r in F ra n c e , T R O T T D a v id , BO U RSIER N icole éd., introd. d`A nnie U BERSFELD , 1988, pages 73-82. 3 | D ans toute une longue tradition critique (non seulem ent) allem ande sur V on K leist`s A m p h itry o n , e n p a rtic u lie r, n o u s so u lig n e rio n s sa v o c a tio n é g a lem e n t m y th iq u e et l`e ssa i d e H a n s R obert Jauss, «Befragung des M ythos und Behauptung der Identität in der G eschischte des Am phitryon», in A esthetische Enfahrung und literarische H erm eneutik , Frankfurt; Luhrkam p, 1 9 8 2 , p a g e s 5 3 4 -5 8 4 . Ja m e s M . M c G la th e ry a é crit l`in téressa n t essa i in titu lé « K le ist`s v e rsio n o f M o liè re`s A m p h itry o n : O ly m p ia n C u c k o ld ry , a n d U n io M y stic a » , in M o liè re a n d theC om m onw ealthof Letters; Tatrim ony and Posterity , ed. By Johnson, R oger Jr., N eum ann, E d ith a ,..., U P o f M ississip i, 1 9 7 5 , p a g e s 3 2 7 -3 4 4 , sa n s o u b lie r l`é tu d e d e Jea n W ilso n , « H e in rich V o n K le ist`s A m p h itry o n : R o m a n ticism , R a p e a n d C o m ic Irre so lu tio n » , in Papers on Language& L iterature , v o l.3 7 , n º2 . 4 | N ous m ettrions ici en valeur les projections littéraires de l`approche philosophique d`O livier B lo c h , d a n s p lu sie u rs a rtic les c o n ce rn a n t l` Am phitryon de M olière et surtout ses développem ents dans M olière/Philosophie , Paris, A lbin M ichel, 2000, et surtout dans M o liè re: C o m iq u e et C om m unication , P a ris, L e T e m p s d e s C e rise s, 2 0 0 9 . L a rec h e rc h e , à c e su je t e t so u s c ette m êm e optique, quoique irréductible à l`orientation de Bloch, d`A ntony M ckenna, dans M o liè re D ram atu rge L ibertin , Paris, H onoré C ham pion, 2005, s`avèrerait stim ulante. 5 | F O R E S T IE R G eo rg e s, B O U R Q U I C la u d e é d . d e M O L IÈ R E , O euvres com plètes,. G a llim a rd : N R F, Bibliothèque de La Pléiade, 2010, tom e I, p. 1519. 222 6 | L E B È G U E R a y m o n d . " M o lière e t la fa rce ." C a h ie rs d e l'A sso c ia tio n in tern a tio n a le d e s é tu d e s françaises 16.1 (1964): 183-201, page 190. 7 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes , P a ris, S e u il, 1 9 6 2 , Am phitryon , A c te P re m ie r, S c èn e III, p .3 9 4 . 8 | Id e m , ibidem , A m phitryon , A cte P re m ier, S c è n e IV , p a g e 3 9 4 . 9 | Id e m , ib id e m , A m phitryon , A cte P re m ier, S c è n e IV , p a g e s 3 9 4 . 10 | Id em , ib id e m , Am phitryon , A cte Second, Scène I, Scène III, pages 399, 400. 11 | Id em , ib id e m , Am phitryon , A cte Second, Scène VI, pages 402,403. 12 | LER O U X N orm and. "La farce du M oyen Âge.", Études françaises 15.1-2 (1979 ): 87-107, page 89. 13 | D IC K S O N Jesse D . J. L a fa rc e d e M o liè re . T h e sis (M .A .)--M c G ill U n iv e rsity , 1 9 6 5 , p a g e 4 . 14 | L E R O U X N o rm a n d , " L a fa rce d u M o y e n  g e ." , É tu des françaises 15.1-2 (1979): 87-107, page 97. 15 | Ibidem . page 97. 16 | D IC K S O N Jesse D . J., L a fa rce d e M o liè re. T h e sis (M .A .)--M c G ill U n iv ersity , 1 9 6 5 , p a g e 6 . 17 | L E W IC K A H a lin a . " L e la n g a g e e t la n a tu re so c ia le d e la fa rc e." B u lle tin d e l'A sso c ia tio n d 'é tu d e su r l'H u m a n ism e, la R é fo rm e e t la R e n a issa n c e 11.1 (1980): 13-18, page 14. 18 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes, Paris, Seuil, 1962, A m phitryon , A cte Second, scène V II, page 404 19 | CHAFAA Nadia. La farce contem poraine: les D eschiens . A vignon, 2010, page 10. 20 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes, P a ris, S e u il, 1 9 6 2 , A m phitryon , A cte S e c o n d , S c èn e II, p a g e 397. 21 | Id e m , ib id e m , Am phitryon, A cte Second, Scène II, page 398. 22 | Id e m , ibidem , A m phitryon, A cte Second, ScèneI II, page 399. 23 | G O S S M A N L io n e l. " M o liè re 's A m p h itry o n ." Publications of the M odern Language A sso c ia tio n o f A m e rica (1963): 201-213, page 210. 24 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes , Paris, Seuil, 1962, A m phitryon , A cte II, S c è n e III, p a g e 3 9 9 25 | M O L IÈ R E , ibidem , A m phitryon, A cte II, S c èn e V I, page 403. 26 | M O L IÈ R E , ibidem , A m phitryon , A cte II, S c è n e V II, p a g e 4 0 3 . 223 6 | L E B È G U E R a y m o n d . " M o lière e t la fa rce ." C a h ie rs d e l'A sso c ia tio n in tern a tio n a le d e s é tu d e s françaises 16.1 (1964): 183-201, page 190. 7 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes , P a ris, S e u il, 1 9 6 2 , Am phitryon , A c te P re m ie r, S c èn e III, p .3 9 4 . 8 | Id e m , ibidem , A m phitryon , A cte P re m ier, S c è n e IV , p a g e 3 9 4 . 9 | Id e m , ib id e m , A m phitryon , A cte P re m ier, S c è n e IV , p a g e s 3 9 4 . 10 | Id em , ib id e m , Am phitryon , A cte Second, Scène I, Scène III, pages 399, 400. 11 | Id em , ib id e m , Am phitryon , A cte Second, Scène VI, pages 402,403. 12 | LER O U X N orm and. "La farce du M oyen Âge.", Études françaises 15.1-2 (1979 ): 87-107, page 89. 13 | D IC K S O N Jesse D . J. L a fa rc e d e M o liè re . T h e sis (M .A .)--M c G ill U n iv e rsity , 1 9 6 5 , p a g e 4 . 14 | L E R O U X N o rm a n d , " L a fa rce d u M o y e n  g e ." , É tu des françaises 15.1-2 (1979): 87-107, page 97. 15 | Ibidem . page 97. 16 | D IC K S O N Jesse D . J., L a fa rce d e M o liè re. T h e sis (M .A .)--M c G ill U n iv ersity , 1 9 6 5 , p a g e 6 . 17 | L E W IC K A H a lin a . " L e la n g a g e e t la n a tu re so c ia le d e la fa rc e." B u lle tin d e l'A sso c ia tio n d 'é tu d e su r l'H u m a n ism e, la R é fo rm e e t la R e n a issa n c e 11.1 (1980): 13-18, page 14. 18 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes, Paris, Seuil, 1962, A m phitryon , A cte Second, scène V II, page 404 19 | CHAFAA Nadia. La farce contem poraine: les D eschiens . A vignon, 2010, page 10. 20 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes, P a ris, S e u il, 1 9 6 2 , A m phitryon , A cte S e c o n d , S c èn e II, p a g e 397. 21 | Id e m , ib id e m , Am phitryon, A cte Second, Scène II, page 398. 22 | Id e m , ibidem , A m phitryon, A cte Second, ScèneI II, page 399. 23 | G O S S M A N L io n e l. " M o liè re 's A m p h itry o n ." Publications of the M odern Language A sso c ia tio n o f A m e rica (1963): 201-213, page 210. 24 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes , Paris, Seuil, 1962, A m phitryon , A cte II, S c è n e III, p a g e 3 9 9 25 | M O L IÈ R E , ibidem , A m phitryon, A cte II, S c èn e V I, page 403. 26 | M O L IÈ R E , ibidem , A m phitryon , A cte II, S c è n e V II, p a g e 4 0 3 . 27 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes , Paris, Seuil, 1962, A m phitryon , A cte T ro ix iè m e , S c èn e X , pages 409, 410. 28 | G O S S M A N L io n e l. " M o liè re 's A m p h itry o n ." Publications of the M odern Language A sso c ia tio n o f A m e rica (1963): 201-213, page 213. 29 | S H E R O L u c iu s R . " A lcm e n a a n d A m p h itry o n in A n c ie n t a n d m o d ern D ra m a ." Transactions a n d P ro c ee d in g s o f th e A m eric a n P h ilo lo g ic a l A sso c ia tio n . A m e ric a n P h ilo lo g ic a l A sso c ia tio n , 1956, page 217. 30 | M O L IÈ R E , oeuvres com plètes, P a ris, S e u il, 1 9 6 2 , A m phitryon , A cte I, S c è n e III, p a g e 3 9 4 . 31 | M O L IÈ R E , ib id e m , A m phitryon , A cte I, S c è n e III, p a g e 3 9 5 . 32 | Id em , ib id e m , A m phitryon, A cte II, S c è n e I, p a g e 3 9 5 . 33 | Id em , ib id e m , A m phitryon, A cte II, S c èn e V II, p a g e 4 0 4 . 34 | Id e m , ib id e m , A m p h itry o n , A c te T ro isiè m e , S c èn e V II, p a g e 4 0 9 . 35 | Ib id e m , ib id e m , A m phitryon, A cte II, S c è n e II, p a g e 3 9 8 . 36 | M O LIÈRE, ib id e m , Am phitryon , A c te I, S c è n e II, p a g e 3 9 1 . 37 | M O LIÈRE, ibidem , A m phitryon, A c te I, S c èn e II, p a g e 3 9 2 . 38 | M O L IÈ R E , ibidem , A m phitryon, A cte I, S c è n e III, p a g e 3 9 4 . 39 | M O LIÈRE, ibidem , A m phitryon, A c te II, S cè n e II, p a g e 3 9 8 . 40 | M O LIÈRE, ib id e m , A m p h itry o n , A c te II, scè n e V I, p a g e 4 0 2 . 41 | M O LIÈRE, ib id e m , A m p h itry o n , A c te II, S cè n e V II, p a g e 4 0 3 . 42 | M O LIÈRE, ib id e m , A m p h itry o n , A c te II, S cè n e V II, p a g e 4 0 3 . 43 | M O LIÈRE, ib id e m , A m p h itry o n , A c te III, S c è n e X , p a g e 4 0 9 .