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Luc Besson: un cinéaste de l’aventure

Peramato Morate, Pablo

Abstract

Grado en Lenguas Modernas y sus Literaturas

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Universidad de Valladolid GRADO EN LENGUAS MODERNAS Y SUS LITERATURAS TRABAJO FIN DE GRADO Luc Besson: un cinéaste de l’aventure Presentado por: Pablo Peramato Morate Tutelado por: Javier Benito Año: 2019 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure TABLE DE MATIÈRES INTRODUCTION ................................................................................ 1 CHAPITRE 1 BIOGRAPHIE ..................................................................................... 3 CHAPITRE 2 ENTRE LA FRANCE ET HOLLYWOOD ............................................ 6 EUROPACORP ..................................................................................... 10 CHAPITRE 3 LA FORME SUR LE FOND ............................................................... 14 CINÉMA DU LOOK ........................................................................... 15 L’IMAGE ............................................................................................ 17 Le cas de Le Grand Bleu ....................................................... 18 LA NARRATION ................................................................................ 21 CHAPITRE 4 FILMOGRAPHIE (1983-1999) ........................................................... 23 Le Dernier Combat ................................................................ 23 Subway ................................................................................... 24 Le Grand Bleu ........................................................................ 25 Nikita....................................................................................... 26 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure « Point of no return » ...................................................... 27 Atlantis ................................................................................... 28 Léon ........................................................................................ 29 Le Cinquième Élément .......................................................... 30 Jeanne d’Arc .......................................................................... 33 CHAPITRE 5 LES SUJETS ..................................................................................... 37 L’apprentissage ..................................................................... 37 Le bonheur impossible ......................................................... 39 L’engagement ........................................................................ 43 L’écologie ............................................................................... 44 L’autorité ................................................................................ 46 La religion .............................................................................. 47 Les « univers » de Luc Besson ............................................ 48 CHAPITRE 6 LE HÉROS CHEZ LUC BESSON ..................................................... 51 Le voyage du héros ............................................................... 52 CONCLUSIONS ................................................................................ 58 BIBLIOGRAPHIE .............................................................................. 60 SITOGRAPHIE .................................................................................. 60 ANNEXES.......................................................................................... 64 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 1 Quand j’avais onze ans j’ai vu un film sur un plongeur qui nageait avec les dauphins sans besoin de respirer. Je n’ai rien compris de la trame, mais les images du film m’ont véritablement fasciné et il a resté dans ma tête. Quelques ans plus tarde j’ai vu l’histoire bouleversante d’un géant qui a adopté une petite fille et qui l’a protégée d’une armée d’ennemis à coup de fusillades. C’est le moment où j’ai connu le nom de Luc Besson. Et à partir de là, avec chaque nouveau film, mon intérêt et mon goût par le cinéma du réalisateur français a augmenté, surtout en ce qui concerne la première étape du cinéaste et ce travail me permet d’approfondir dans la connaissance de la figure de l’un des plus importants réalisateurs de la France. INTRODUCTION Depuis que les frères Lumière ont commencé leur histoire en 1985 avec la première de son film L’arrivée d’un train à la Ciotat, le cinéma est devenu un vrai phénomène de masse, rassemblant dans les salles de projection plusieurs milliers de spectateurs. L’industrie du cinéma française, dès le début, a toujours été l’une des principales dans le monde (la principale de l’Europe sans doute) en ce qui concerne la production des films, pas seulement par le nombre total de films mais aussi par rapport aux innovations (techniques, thématiques, du point de vue du langage visuel…) Le cinéma français est passé par différentes étapes, dès les premières expériences avec la nouvelle technologie qui représente le cinématographe, en passant par les années du cinéma muet, les difficultés d’introduction du cinéma sonore et l’arrivée du réalisme poétique, les problèmes qui a provoqué la II GM, jusqu’à arriver à la Nouvelle Vague (l’une des générations de metteurs en scène les plus importantes). Tout le long de ce parcours, le cinéma français a toujours confronté la concurrence des États-Unis et si le cinéma français a pu bien concurrencer pendant un temps, il a progressivement perdu sa position dans le marché des Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 2 salles de cinéma. Cependant il a resté comme un cinéma de qualité, très apprécié dans le domaine de l’Art et Essai. C’est là qu’il s’établie une sorte de division plus ou moins acceptée (et parfois injuste) : le cinéma de masse, les films à grand budget, amusants, d’aventure, d’action ou fantastiques qui attirent les gens dans les salles se rapportent aux films américains, et le cinéma d’introspection, de réflexion, les films profonds, réservés à un type très concret de spectateurs et de festivals, se rapportent aux films français. À ce moment-là il apparaît une nouvelle génération de réalisateurs remettant en question ce type de raisonnement. Ils pensent que la qualité n’est pas incompatible avec le succès économique, et tout ça en utilisant une esthétique, un langage et une liberté par rapport aux thèmes très proches aux films américains. Une génération dont le plus remarquable est Luc Besson. Pourtant, cette résistance au cinéma américain « avec ses propres armes » ne sera pas bien reçue par une grande partie de la critique qui considérera que ces films (particulièrement ceux de Luc Besson) sont d’une qualité trop mauvaise, qui sont vides, peu profonds et avec des personnages simples, ils ne sont que des spectacles de feux d’artifice et de couleur sans rien à dire ou à apporter. L’objectif de ce travail est de faire un parcours dans la carrière professionnelle de Luc Besson en tenant compte de ses multiples facettes (metteur en scène, scénariste, producteur…) et d’analyser cette appréciation négative de son œuvre répondant à la question : est-ce que ses films et ses personnages sont vraiment dépourvus de contenu ? On analysera les critiques sur sa propre personne en tant que réalisateur « américanisé », la place et l’importance qu’il a dans le cinéma français et mondial en confrontant aussi le décalage ente l’opinion d’une partie de la critique spécialisée et l’énorme succès économique de ses films grâce au support du grand public. Pour atteindre les objectifs j’utiliserai la bibliographie disponible (un peu réduite si l’on tient compte de l’ampleur du personnage), des articles de presse, des interviews et des opinions de journalistes en focalisant le travail sur la Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 3 première partie de la filmographie du réalisateur, de 1983 à 1999, car cette période contient les plus grands succès du réalisateur et les films et les personnages les plus inoubliables qui sont les principaux responsables de la place que le réalisateur occupe dans le monde du cinéma. CHAPITRE 1 BIOGRAPHIE Luc Besson est né à Paris en 1959. Il est le fils de Claude Besson « qui tient le club de musculation Santé et Force »1 et de Danièle Plane. Quand il avait huit ans, ses parents deviennent professeurs de plongée au Club Med, et il les suivra le long de la Méditerranée (la Grèce, l’Italie et l’ancienne Yougoslavie). Il passe une enfance solitaire « ses amis sont exclusivement des animaux, résume un proche du cinéaste »2. Deux ans plus tarde Claude et Danièle se séparent et Luc Besson est revenu à Paris avec sa mère. Il ne s’adapte pas, il vient des côtes méditerranéennes et il se sent enfermé dans la ville. Sa mère déménage à Lésigny, « Luc y passe sa troisième, de 1974 à 1975 »3. Après cette année, sa mère l’a envoyé dans un pensionnat en Coulommiers où Luc passera trois ans pendant lesquels il aura son primer contact avec la réalisation sous la forme de film promotionnel du lycée JulesFerry. Intéressé d’abord à d’autres disciplines comme la photographie ou la plongée, pendant un cours de formation d’enseignant de cette dernière discipline, il subit un accident à 35 mètres de profondeur. Il a sauvé sa vie, mais 1 LE GUILCHER, Geoffrey, L’homme qui voulait être aimé, Flammarion, 2016, p.17 2 Ibid, p.18 3 LE GUILCHER, Geoffrey, op cit., p.19 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 4 il ne pourra pas être professeur de plongée. Après cet incident, un ami de son beau-père tourne un film, et il assiste à ce tournage. C’est à ce moment-là qu’il décide de se consacrer au cinéma, il a dixsept ans. Il quitte le lycée et il retourne à Paris. Il passe ces moments « en errant chaque nuit de canapé d’amis en chambre de bonne […] et dans de confortables fauteuils rouges (ceux des cinémas) »4, c’est sa façon d’apprendre, en regardant tous les films possibles. Après l’armée, il ne trouve pas de nouveaux tournages dans lesquels apprendre le métier du cinéma, c’est pour ça qu’il abandonne Paris et il voyage aux États-Unis. Après quelques mois en Amérique il rentre en France. Aux vingt ans il fonde sa société de production, Les Films du Loup, pour produire ses premiers travaux (des courtmétrages tels que La petite sirène, L’avant-dernier ou des clips musicaux comme Voici !) Il est stagiaire dans de nombreux tournages (Moonraker, Loulou …) jusqu’à l’année 1981 où il parvient à trouver un poste d’assistant réalisateur dans Les bidasses aux grandes manœuvres de Raphaël Delpard et il tourne son court-métrage L’Avant-dernier. L’année 1983 marque le début de la carrière de Luc Besson dans le long métrage. Il tourne Le Dernier Combat, bien reçu par les critiques. Avec ce film il introduit son nom dans le monde du cinéma et en 1985, avec son deuxième film, Subway, un grand succès, il se fait connaître par le grand public. 1988, c’est l’année de la sortie de Le Grand Bleu, le premier film de Luc Besson à grand budget : 12 millions d’euros. Le film n’est pas le succès attendu et la critique l’attaque sévèrement. En dépit du résultat de Le Grand Bleu, tout le long des années quatre vingt dix, Luc Besson connaît ses plus grands succès. En 1990, il est sorti Nikita, qui le rapproche de Hollywood grâce à un « remake ». Quatre ans plus tarde Besson tourne Léon, sa lettre de présentation en Amérique, il tourne en anglais, sur le sol américain et avec des stars comme Gary Oldman, avec qui il travaillera trois ans plus tard, en 1997, 4 LE GUILCHER, Geoffrey, op cit., p.24-25 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 5 dans Le Cinquième Élément, le film que le situe finalement parmi les grands réalisateurs. Cependant, cette décade ne finalise pas avec le même succès. Jeanne d’Arc, sorti en 1999, n’est pas un échec absolu, mais il ne parvient pas à répondre aux attentes tant économiques que du point de vue de la critique et marque un avant et un après dans sa relation avec le succès. Au début des années 2000 le réalisateur s’intéresse davantage à la production qu’à la réalisation à travers sa nouvelle société EuropaCorp (une suite de son antérieure société « Leeloo Productions »). Grâce à cette société il atteint des grands succès économiques tels que la série Taken, The Transporter ou les suites de la série Taxi. Tout ce procès dans la production débouche, en 2012, sur la fondation de La Cité du cinéma située dans la banlieue de Paris. Dans une ancienne station électrique. C’est un ensemble de bâtiments et de grands studios. Conçue par Luc Besson, elle est créée à l’image des studios Cinecittà en Italie ou Pinewood en Angleterre, elle abrite aussi une école de cinéma où de nombreux étudiants et professionnels du cinéma se rencontrent. De côté de la réalisation, pendant les 2000, Luc Besson n’aura pas autant de succès. Il faut atteindre six ans pour son nouveau film, Angel-A, une comédie romantique qui est un échec très mal perçu par la critique. À partir de 2005 les films se succèdent. D’abord son immersion dans le cinéma d’animation avec la série de Arthur et les Minimoys (2006, 2009, 2010) adaptés de ses propres livres. Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec (2010), The Lady (2011), l’adaptation au cinéma de la vie de la politicienne birmane Aung San Suu Kyi, Malavita (2013), une comédie noire et Lucy (2014) son premier grand succès comme réalisateur depuis 1997. Valérian et la cité des milles planètes (2017), un « space-opera » adapté des bandes dessinées de Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Évelyne Tranlé, est jusqu’à ce moment le dernier film de Luc Besson qui depuis 2015 habite à Los Angeles avec sa famille. Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 12 la société a été The kiss of the dragon et le suivant Wasabi. Le premier est un film d’action tourné en anglais avec la star chinoise des arts martiaux Jet Li, Bridget Fonda et Tcheky Karyo. Le deuxième est une comédie policière en langue française interprété par Jean Reno et Ryoko Hirosue, une célèbre actrice et chanteuse japonaise. Tournés dans différentes langues, pour le global et pour le national, avec un mélange de stars internationales pour s’introduire dans plusieurs pays et marchés. Ce dynamisme atteint aussi aux types de films produits, chacun d’eux destiné à un public spécifique. Dans le catalogue d’EuropaCorp on trouve des films d’action que l’on identifie automatiquement avec le côté hollywoodien de Luc Besson tels que Lucy, les séries de Taken, Taxi, Transporter…des films pour enfants comme la trilogie d’Arthur, mais aussi on y trouve des films d’Art et Essaie qui attirent un autre type de spectateurs tels que La Turbulence des fluides (2002) de Manon Briand ou Villa Amalia (2007) de Benoît Jacquot. Selon le site-web de l’entreprise, jusqu’à présent, EuropaCorp a produit 110 films, depuis l’année 2000, elle a produit 8 des 20 plus grands succès français au box-office mondial. L’atout le plus important de la société peut être sa conception, oublier l’idée que le cinéma européen doit rester local ou national face à Hollywood qui est mondial, international. Bien que la manière de travailler rapidement et « low cost » offre des avantages considérables, elle présente quelques problèmes, parfois très graves. Pendant le tournage d’une scène de Taxi 2 (une voiture devait sauter au-dessus de deux chars de combat) il y eut un accident. Selon le journal Libération : « La Peugeot survole bien les chars, mais elle n'atterrit pas sur le lit de cartons, qui doit amortir sa chute. Elle achève sa course 15 mètres plus loin et percute de plein fouet le cameraman Alain Dutartre et son assistant, JeanMichel Bar ». Le cameraman mourra quelques heures plus tard et l’assistant subira d’importantes blessures. Après dix ans de procédure judiciaire, EuropaCorp est condamnée pour avoir commis un délite d’homicide involontaire ». D’après la Cour de Justice, le système de travail rapide Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 13 produisait une excessive pression sur le tournage, ce qui à provoqué l’accident. « Un système où “l’emprise du « financier » laissait trop peu de temps aux gens pour préparé leur travail”, dira aux magistrats une employée du tournage lors du procès en cassation en mai 2010 »14. Cette rapidité affecte aussi aux metteurs en scène, par exemple pour le tournage de Transporter on a décidé d’utiliser deux directeurs, l’un pour tourner les scènes aux États-Unis (Corey Yuen) et l’autre pour le reste (Louis Leterrier) afin de gagner du temps. Ce qui nous pousse à nous demander : quelle est la place de la liberté artistique et surtout de l’empreinte du cinéaste dans EuropaCorp ? À ces propos Frédérique Sojcher établie une typologie de directeurs promus par la société : « … soit de réalisateurs confirmés mais dont la carrière est en alors en perte de vitesse (Gerard Krawczyk), soit des réalisateurs qui signent leur premier ou deuxième long métrage. […] Le point commun à tous ces cinéastes, c’est qu’ils se retrouvent en état de dépendance face à Luc Besson. Ils ont plus besoin de lui que lui n’a besoin d’eux »15. Dans les affiches des films on voit le nom ou des références à Luc Besson : « Luc Besson présente » en grosses lettres, plus grosses que celles du directeur. On peut prendre en considération aussi la promotion des films à l’étranger : « Escrita y producida por Luc Besson » ; « Dos mesmos produtores de 13º Distrito, Luc Besson apresenta » ; « From the maker of The Profesional et La Femme Nikita ». C’est clair quel est l’appel de ces films. Il faut tenir compte également que Besson à transféré son besoin de contrôle dans la réalisation à la production. Parfois il contraint le directeur à refaire des scènes, il prend la place du directeur dans le tournage ou il change le montage final du film s’il pense que l’original ne convient pas… Arrivés à ce point, il faut se souvenir du contrôle des majors américaines dont Luc Besson s’est plaint et noter la contradiction entre son expérience personnelle et sa façon d’agir. Donc, en ce qui concerne les réalisateurs chez EuropaCorp on peut dire qu’ils sont tout à 14 LE GUILCHER, Geoffrey, op. cit., p.113 15 SOJCHER, Frédéric, op. cit., p. 71 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 14 fait remplaçables, comme l’opérateur d’une chaîne de montage qui apprend le poste et qui fait la tâche et après il est remplacé par un autre qui fait la tâche de la même façon. C’est une méthode qui permet des avantages économiques mais au prix de la singularité et l’originalité, parce que la vision et le style d’un réalisateur sont sa marque, ce qui le rend différent des autres, ce qui permet à ses films de se démarquer dans l’ensemble du cinéma. CHAPITRE 3 LA FORME SUR LE FOND Au début des années 70, la fraîcheur et la puissance de la Nouvelle Vague sont déjà loin. À cette perte de, disons, identité, on doit ajouter un autre facteur déstabilisateur pour la santé du cinéma français, celui de la concurrence de la télé. « En 1973, année de la mise en service de la troisième chaîne publique, il y a 12.279.000 récepteurs recensés en France. En 1976, il y en aura 14.700.000. Cette même année, 517 films (dont 252 films français) sont diffusés sur les trois chaînes »16. C'est-à-dire, l’époque des salles comme les seules distributrices (au moins comme les principales) de films touche à sa fin. Au début des années 80, les chaînes privées commencent à apparaître. Elles ont profité du vaste répertoire de films français pour faire la concurrence aux salles de cinéma, notamment Canal + qui peut diffuser un 50% de cinéma. Le problème ne s’arrête pas là. Au-delà de la taxe au soutien de 1986 (« une taxe prélevé sur les chiffres d’affaires des chaînes. […] les abonnements et les recettes publicitaires des chaînes privées, la redevance et les recettes privées des chaînes publiques. […] la contribution fiscale des diffuseurs télévisuels 16 JEANCOLAS, Jean-Pierre, Histoire du cinéma Français, NATHAN, 1995, p. 89 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 15 représente au maximum 5% du leur chiffre d’affaires »17), les chaînes se sont rendu compte des avantages de la production des films qui leur permet d’avoir des droit sur ces films et de les passer en prime time. Les télévisions captent l’attention d’un public général, populaire avec des produits spécialement conçus pour le petit écran (les films sortent dans les salles mais ils y passent très peu de temps) et en plus ce public préfère la commodité de sa maison plutôt que d’aller aux salles de cinéma. Donc, le cinéma français connaît une grande crise encore aggravée par la concurrence la plus importante, celle du cinéma américain. CINÉMA DU LOOK À ce moment-là, des nouveaux réalisateurs voient le jour sur le panorama du cinéma français. Ils sont des metteurs en scène avec une esthétique différente, très éloignée d’étapes antérieures, où le plus remarquable est le traitement de l’image, le jeu d’ombre et de lumière, et les couleurs vives et brillantes. Leurs films présentent des personnages jeunes qui ne s’adaptent pas à la société, des marginaux. Les films et les réalisateurs les plus représentatifs de ce nouveau mouvement seront Diva (1981) de Jean Jacques Beineix, Subway (1985) de Luc Besson et Mauvais Sang (1986) de Léos Carax. Cependant, ces films, ce style et ces réalisateurs seront décriés et attaqués très durement par la critique et ils seront tous inclus dans une série de concepts, souvent péjoratifs, qui relient leurs œuvres à la publicité, tels que « cinéma du look », « esthétique pub »… Marie-Thérèse Journot dans Le courant de « l’esthétique publicitaire » dans le cinéma français des années 80 rassemble beaucoup de critiques publiées dans des revues et des magazines. C’est un recueil de critiques concernant un corpus de films assez grand, mais la critique sur l’un des films est parfaitement applicable à tous les autres parce 17 https://www.cairn.info/revue-legicom-1999-1-page-91.htm Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 16 que derrière chaque critique sur un film il y a une critique sur l’ensemble du mouvement. Ainsi, on trouve : « On prend le réel et on lui tord le cou […] tout doit être artificiel » ; « On a rarement vu ces aubes jaunes, ces crépuscules, bleus d’orage, si mal employés, […] C’est beau gratuitement » ; « Il est question d’un festival de couleurs et de décors » ; « Une œuvre éblouissante, innervée d’inventions […] une machine sophistiqué qui tourne parfois à vide » ; « Cette hyper stylisation alliée à l’énergie et au sens grotesque […] tirent le film du côté d’une poésie bizarroïde […] qui n’est pas faite pour rassurer les amateurs du bon goût » ; « La musique envahissante, les éclairage au néon bleu, les cadrages alambiqués » ; « Abuse de grands angulaires qui ne servent á rien » ; « Enfant de l’ère du clip et de la pub » ; « Super bande dessinée » ; « On a envie de crier : « clip, clip, clip, hourrah » ; « Une tentative étrange pour conquérir les formes d’aujourd’hui. Il est travaillé par le clip, le neo-polar, la pub » ; « Il (Besson) ne peut pas s’empêcher de filmer un hold-up comme s’il s’agissait d’une publicité pour les bas Dim » ; « Il n’ya pas d’histoire » ; « Il manquait un scénario » ; « Le sujet existe à peine » ; « Pas d’histoire, de scénario, une philosophie niaise ». Et finalement : « Cinéma de la fascination, celui de la galaxie BBC (Beineix-Besson-Carax) associant trois créateurs mégalomanes pour qui l’mage, l’image brute […] prime sur le sens et s’érige en objet de culte »18 En dépit de ces opinions, il y a d’autres qui présentent une vision tout à fait différente, comme celle de Raphaël Bassan, journaliste spécialisé en cinéma, qui a exprimé son avis dans un article recueilli dans The films of Luc Besson (Master of Spectacle). D’après lui, certains critiques ne sont pas capables de (ou ils ne veulent pas) revitaliser leurs discours et ils pensent qu’un « film à message » est supérieur à celui qui est éminemment visuel. Selon Bassan, l’origine de ces critiques, dans nombre de cas, résulte de l’incapacité d’accepter d’autres types de cinéma et parfois cela reflète une certaine intolérance. C’est un nouveau style qui utilise un nouveau langage. C’est pour 18 JEANCOLAS, Jean-Pierre, op. cit., p. 108. Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 17 cela que Bassan considère ces auteurs comme des « neo-baroques » (L’art baroque a entrainé une rupture avec le classicisme et l’équilibre antérieur et il voulait surprendre et exalter les sens à travers l’exubérance et une ornementation excessive). Les critiques se concentrent particulièrement sur le traitement de l’image et sur la narration ou le scénario. L’IMAGE Par rapport à l’image, ils sont critiqués par l’utilisation d’un style très proche à celui de la publicité ou des clips vidéo. L’image est surchargée de couleurs et de luminosité sans raison, les décors intérieurs son de retour, le mouvement frénétique de la caméra, les vêtements frappants et les coiffures flamboyants, selon les critiques tout cela donne au film un aspect artificiel et factice. Cependant, quand on parle d’image au cinéma, on parle d’un langage, d’une façon d’envoyer un message et à ce moment-là, ces deux formats (publicité et clips vidéo) étaient partout et tous les artistes, tout au long de l’histoire, ont utilisé ce qu’il y avait dans leur environnement pour composer leurs œuvres. En plus, ces critiques imposent l’oubli d’autres cas où l’esthétique de la publicité et l’art ont été fusionnés (les affiches publicitaires de ToulouseLautrec) et elles veulent dire aussi qu’on ne profite pas de la forme d’art la plus souple, le cinéma, qui permet l’utilisation de plusieurs langages ou styles et l’interaction entre différentes disciplines : le cinéma et la littérature (dans chacune des adaptations cinématographiques) ; le cinéma et la peinture (A Scanner Darkly (2006) de Richar Linklater, qui a été tourné avec la technique de la rotoscopie qui consiste à dessiner directement sur la pellicule) ; le cinéma et la bande dessinée (Sin City (2005) de Robert Rodriguez qui calque le style de la bande dessinée de Frank Miller en lui donnant au film un aspect de bande dessinée en mouvement) ou même le cinéma et la photographie (La Jetée (1962) de Chris Marker, un court-métrage de science fiction composé de Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 18 photographies qui se succèdent pendant qu’une voix off exprime l’histoire). Donc, les auteurs du « cinéma du look » utilisent le langage de la publicité pour transmettre son message (la revalorisation de l’art, la manque de communication, l’amour impossible, la perte de passion dans la société…). En mettant de côté la question artistique, d’un point de vue pragmatique, la raison d’être de la publicité est de vendre les produits, de la même façon que l’objectif des clips vidéo est de vendre la chanson. Dans cette perspective, une partie de l’industrie du cinéma consiste à vendre des entrées et Diva, Subway et Mauvais Sang ont réalisé plus de cinq millions d’entrées dans une époque où les salles de cinéma perdaient beaucoup de spectateurs. C’est pour cela que la phrase de Rossana Maule : « two popular film types contributed to save France’s film industry in the 1980’s : the heritage film and the cinéma du look »19 peut paraître excessive mais elle exprime parfaitement l’impact de ces films. Dans cette étape il se produit un phénomène au moins curieux. Si dans des époques précédentes la critique a soutenu des films qui n’ont pas attiré le public, pendant les années 80 on assiste au phénomène contraire, les films qui ont été démolis par les critiques ont été très bien reçus par le public, peut-être parce que parfois une image vaut mille mots. Le cas de Le Grand Bleu Après l’innovant et surprenant Le Dernier Combat, et après avoir réussi avec Subway, il y avait une grande attente à propos du prochain film de Luc Besson et il a présenté Le Grand Bleu, son premier film à grand budget. Le film a ouvert le festival de Cannes de 1988 et dès le début il a été attaqué par une critique habituée à des filmes proches au cinéma classé « Art et Essai ». On trouve quelques exceptions comme la revue « Positif » : « Le Grand Bleu est un 19 HAYWARD, Susan ; POWRIE, Phil, op. cit., p. 30 (« Deux types de films populaires ont contribué à sauver l’industrie du cinéma français dans les années 80 : le cinéma de patrimoine et le cinéma du look ») Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 19 bon film spectaculaire […] »20 mais la grande majorité des opinions ont été négatives. Dans le numéro 409 de la revue « Cahiers du cinéma » Fréderic Strauss à écrit un article intitulé « La planète Besson » où on trouve un exemple des critiques qui ont massacré le film : […] Dans Le Grand Bleu il y a un homme poissonet un poisson doué de raison, le dauphin. Quand cet animal, symbole de l’intelligence et du dialogue retrouvé entre les hommes et leur rêve d’une communication d’avant le Verbe, rencontre l’homme –poisson, la fascination chez Besson l’emporte sur l’échange : on voit, mais on ne découvre pas, on regarde mais on n’apprend rien. Besson ne filme jamais les dauphins avec la curiosité de celui qui ferait l’expérience d’un nouveau langage, il a de gros moyens á sa disposition mais il ne cherche pas de nouveaux signes. En se plaçant au dessus de la mêlée du cinéma français, Besson a perdu un sens commun du dialogue (l’envie de partager une rencontre) et si Le Grand Bleu ne souffre pas excessivement de ce lourd échec, c’est qu’il a été voulu et mené á bien avec désir (un désir venu de l’enfance dit Besson). Mais il en va du désir chez Besson comme de l’image de la communication : les dauphins sont filmés quasi phénoménologiquement (sans tentative d’interprétation) et le désir n’appelle de même aucune question, il est comblé dès que son objet (la mer ou le dauphin) est rencontré. C’est le paradoxe de Besson : son cinéma « bigger than life » est aussi celui d’une rétention où la forme (l’image) a du mal à prendre vie et á faire sens. Le point de vue de Besson est unique mais sa vision ne l’est pas, sa place est dans ce singulier décalage entre l’atout personnel et le jeu de la banalité. Ces critiques poursuivront Luc Besson tout le long de sa carrière, un film techniquement parfait, mais vide du point de vue du contenu et à ces critiques on ajoutait celles d’être prétentieux et d’être naïf. Cette dure réponse à un film présenté par sa société de production (Gaumont) comme un vrai événement, affecte profondément au jeune réalisateur qui, quelques ans pus tard, à exprimé ses sentiments face à cet accueil de la presse : « J’ai regardé la 20 Positif, nº329-330, juillet-août 1988. Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 20 presse déchiqueter le film, le massacrer à coup de mots les plus sales […] Je saignais de partout, du visage, du cœur, de l’âme… »21. « L’affaire » Le Grand Bleu représente le premier accrochage du réalisateur avec la presse. À partir de ce moment sa relation avec les critiques changera, « à partir du Grand Bleu, il a décidé de ne plus faire de presse »22. Cependant, le grand public ne partage pas l’avis de la presse, dès la première du film le bouche-à-oreille fonctionne, et les gens affluent dans les salles de cinéma, près de 9,2 millions de spectateurs. Aujourd’hui encore, il reste le quinzième succès national au box office-français. Antoine de Baecque a écrit par Libération le 24 décembre 2001 un article intitulé Le Grand Bleu, un film phénomène où il parle d’une « génération Grand Blue », d’un « public adolescent ayant vu le film cinq ou dix fois, fasciné par une philosophie des profondeurs ». Mais, pourquoi ?, pourquoi est-ce que le publique soutient autant ce film en dépit de ces mauvaises critiques ? Olivier Mongin dans son article Le Grand Bleu ou le trou noir de nos passions donne une réponse : « ce film nous renvoie notre image, l’image d’un temps sans passion […] nous éprouvons d’autant moins nos passions que celles-ci sont secrètes, discrètes […] Le Grand Bleu est un film sur l’éclipse de la passion dans le monde contemporain. […] Le film montre bien qu’aujourd’hui les passions se vivent mal dans le quotidien et que même la relation amoureuse devient banale, ce qui pousse la passion à l’extrême, aux extrémités, à l’exception, mais une exception qui se traduit par la mort volontaire »23. 21 LE GUILCHER, Geoffrey, op.cit., p.49 (Tiré du libre L’Histoire du Grand Bleu écrit par Luc Besson) 22 Ibid, p.50 23 MONGIN, Olivier, Janvier (1990), Le Grand Bleu ou le trou noir de nos passions, nº 158, ESPRIT, p. 84-99 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 21 C’est-à-dire, face à l’impossibilité de trouver la passion dans le monde quotidien, la jeunesse française la cherche dans une histoire où les passions sont si grandes qui mènent à la mort. Luc Besson est sorti victorieux du premier grand affrontement (mais pas le dernier) avec la presse. Quelques ans plus tard, le metteur en scène présentera une version longue où il se moquera de la presse en mettant dans l’affiche du film la phrase : « N’y allez pas, ça dure trois heures ! ». LA NARRATION Par rapport à la narration, on a entendu au sujet des films de Luc Besson qu’ils sont des films naïfs avec des scénarios artificiels et un contenu plus approprié par un court-métrage, qu’il y a un manque de direction d’acteurs, et ils présentent des personnages simples et fades (surtout les secondaires). En bref, ils sont des spectacles de feux d’artifice, sans rien à dire. Cette critique a poursuivi Besson depuis son deuxième film (les critiques se sont montrés sceptiques à propos du premier film, ils l’ont également critiqué mais ils ont accordé le bénéficie du doute à un jeune réalisateur qui avait apporté de la fraîcheur au genre de science-fiction en soulignant sa qualité technique, parce qu’en dépit de toutes les attaques, il faut dire que la critique a toujours reconnu la maîtrise technique de Luc Besson « l’un des seuls en France à réaliser avec talent des scènes d’action dans une mise en scène dont l’efficacité visuelle enserre le spectateur »24). Donc, comme un peintre qui maîtrise le dessin mais pas la couleur, Luc Besson maîtrise la forme mais pas le fond. C’est vrai qu’il enveloppe ses films avec une couverture d’excès (de violence, de couleur, de lumière, de fusillades…) et parfois cette couverture empêche d’aller plus loin dans ses scénarios mais Besson exprime des idées simples avec un style frappant. Ces idées sont très fréquentes dans le cinéma 24 SOJCHER, Frédéric, op.cit., p. 8 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 28 constituait les non dits, les désirs laissés en suspens »29. Mais le résultat n’est pas important, le plus important est que Besson à mis un pied en Amérique. ATLANTIS Un écran noir fait place aux rayons du soleil qui traversent l’eau. Une caméra inversée transforme les bulles d’air qui s’élèvent jusqu’à la surface en gouttes de pluie sur l’océan. Dans les fonds marins, des nombreux animaux jouent, s’accouplent, se nourrissent. À travers les tortues marines, les dauphins, les serpents de mer, les requins, les poulpes, les phoques, les pastenagues… Luc Besson nous montre la vie sous-marine qui bouge au rythme de la musique d’Eric Serra comme les instruments d’une orchestra. Atlantis est le film de la liberté absolue, de tous les points de vue. Les « acteurs » bougent dans l’écran sans directives, sans ordres, la caméra se glisse dans les eaux seulement obligée par les mouvements des animaux, Besson n’est pas soumis aux exigences de la cohérence du scénario ou de la construction ou profondeur des personnages. Pour tous ceux qui considèrent qu’il attache plus d’importance à la forme qu’au fond, c’est l’exemple parfait, et le réalisateur n’essaie pas de faire quelque chose d’autre , Besson « a eu envie de s’amuser »30, de se ressasser de l’enfance, de partager tout cela avec le spectateur grâce aux images qui s’écoulent paisiblement grâce à un jeu d’ombre et de lumière profitant de la calme du mer et du rythme relaxante de la music. Situé entre Nikita et Léon, Atlantis représente l’œil du cyclone, un havre de paix après la tempête. 29 GIRALDI, Massimo, op.cit., p.59 30 Ibid., p. 57 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 29 LÉON Léon est un tueur à gages qui habite à New York. Il passe sa vie dans la rutine. Il travaille, il s’entraîne, il rend visite à Tony (son mentor qui lui a tout appris) afin de trouver de nouveaux travaux, il prend soin de sa plante (sa seule amie) et il occupe son temps libre dans les cinémas en jouissant des films de Gene Kelly. Il vit à côté de Mathilda, une fille de douze ans, intelligente et avisée, qui habite avec sa famille déchirée. Le père de Mathilda fait des affaires louches avec un groupe corrompu de la DEA (brigade antistupéfiants) dirigé par un histrionique et déchaîné leader, Norman Steinfield. Pendant l’un de ses affaires le père vole un sachet de drogues et quand le group de la DEA va le récupérer Steinfield devient fou et il commence à tirer sur tout le monde : sur le père, sur la belle-mère quand elle est dans la baignoire, sur la demi-sœur, et sur le petit frère de quatre ans. Quand Mathilde arrive à l’appartement, elle passe à côté en marchant jusqu’à la porte de Léon qui a tout vu par l’œilleton. Elle sonne la cloche en espérant que Léon ouvre la porte. Il doute mais après quelques secondes interminables pour la fille, il la laisse entrer. Un tueur à gages analphabète et solitaire et une fille joyeuse et désormais orpheline se rencontrent à Little Italie. Ils devront apprendre l’un de l’autre afin de surmonter leur nouvelle situation et faire face aux dangers du monde violent et sans pitié qui les entoure. Luc Besson voyage encore une fois aux ÉtatUnis, mais maintenant il n’est plus un stagiaire. Soutenu par un budget de 16 millions de dollars, il y arrive en tant que réalisateur à grand succès. Pour son nouveau film il ne s’écarte pas de son travail précédent mais pour cette occasion « il a décidé de battre les Américains à leur propre jeu, celui de l’action-thriller, un genre hybride dont il avait déjà exploré les possibilités formelles dans Nikita »31. Avec Léon, Luc Besson retourne, d’une certaine manière au héros ancien, celui des années 80. Léon est grand, musclé et presque indestructible 31 CARON, André, 1994, The Professional (Léon, créature filmique), SÉQUENCE, nº 175, p.38 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 30 (Tony lui dit dans le film : « you’re indestructible, bullets slide over you »). Si l’on ajoute à cela que Léon parle très peu, qu’il est toujours habillé en noir et qu’il porte des lunettes de soleil, et surtout que son métier est de tuer des gens, tout ça nous amène à Terminator 2 (James Cameron, 1991). Ce qui éloigne Léon de ces héros est son caractère : « Léon et un gamin qui tue avec la naïveté, la pureté et la ignorance d’un enfant […] Jean Reno démontre ici une capacité à émouvoir […] Il parvient à créer un personnage à la fois tendre, jovial, sérieux, et meurtrier tout en demeurant crédible »32. C’est pour ça que Léon reste dans la mémoire et c’est pour ça que le spectateur lui offre une sorte de pardon parce que, après tout, il est un tueur. LE CINQUIÈME ÉLÉMENT En Egypte, en 1914, deux explorateurs décryptent des hiéroglyphes dans une ancienne pyramide. Les hiéroglyphes cachent une prophétie : tous les 5000 ans, le mal absolu revient sur la terre pour anéantir la vie. Il n’y a qu’une façon de le stopper, quatre pierres qui représentent les quatre éléments situés autour d’un cinquième, ce qui fait marcher l’arme définitive pour vaincre l’ennemi. 300 ans plus tard, le mal absolu apparait sous la forme d’une planète obscure qui avance sans contrôle vers la terre. En ce moment un vaisseau spatial Mondoshawan portant les pierres et le cinquième élément subit une attaque et il est complètement détruit. Dans les décombres du vaisseau on trouve une main. Ça suffit pour cloner. Après le procès, le résultat est une femme, « parfaite » selon les cloneurs. La femme est désorientée mais elle montre une force surhumaine et elle échappe de la salle poursuivie par la police. Elle arrive à l’extérieur du bâtiment, sur le rebord d’un gratte-ciel. 32 CARON, André, op cit., p.38 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 31 Bouleversée par les voitures qui volent partout, le bruit et la pollution d’une New York surpeuplée et assiégée par une voiture de police elle décide de sauter. Elle s’écrase sur le taxi de Korben Dallas, un exsoldat qui survit comme conducteur de taxi mais il est sur le point de perdre son licence. La communication entre eux est impossible mais Dallas est immédiatement attiré par la femme. Korben et Leeloo vont à la recherche de Vito Cornelius, vieil prêtre qui appartient à un ancien culte chargé de protéger le secret de la prophétie et qui doit aider le cinquième élément dans sa mission. Tout les trois se battront contre la police, et contre Zorg (un excentrique magnat au service du Mal) et sa petite armée d’extraterrestres, pour récupérer les pierres et essayer de rejeter l’ennemi qui s’abat sur la Terre. Enchaîner les succès lui a permis de tourner le grand film qu’il avait préparé dès seize ans, comme Luc Besson, lui-même, a déclaré. Un budget de 90 millions de dollars offre de nombreuses possibilités et il s’en est servi. . D’abord, du point de vue esthétique, il a compté sur un groupe de professionnels très célèbres : « Moebius » (Jean Giroud, le célèbre dessinateur) et Jean-Claude Mézièrs (l’un des créateurs de la bande dessinée « Valerian »), et pour le costume, Jean-Paul Gaultier. En ce qui concerne les effets spéciaux, « He chose to work with Digital Domain in California »33 société fondée par James Cameron et chargée des effets spéciaux de Aliens (1986) et Terminator 2 (1991). Pour superviser ces effets il a embouché Mark Stetson qui « à dirigé l’élaboration de maquettes de Blade Runner (Ridley Scott, 1982) »34, influence qu’on trouve dans les immenses bâtiments de la mégalopole de New York à l’image et ressemblance de Los Angeles du film américain. Pour ses détracteurs, le film représente parfaitement l’essence du cinéma du réalisateur français. 33 HAYWARD, Susan ; POWRIE, Phil, op. cit., p. 96 (« Il a choisi de travailler avec Digital Domain en Californie »). 34 GIRALDI, Massimo, op. cit., p.72 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 32 Parmi toutes les critiques que le film a reçu, la principale est celle de la simplicité du scénario. Mais la simplicité d’un scénario n’évite pas la réalisation d’un bon film. George Lucas (Luc Besson se compare à George Lucas) a avoué par rapport à Star Wars : « Je vais faire le film le plus conventionnel qui soit »35. Et, quel est le scénario de Star Wars (George Lucas, 1977) ? Un garçon, possédant un grand pouvoir, guidé par une sorte de prêtre (la « religion » de la Force, le costume) et avec l’aide d’un coquin bon et gentil, doit faire face à une force maligne et incontrôlée afin de sauver une planète et de rétablir l’ordre dans la galaxie. Dans Le Cinquième Élément, Leelo est une jeune femme à grand pouvoir, Cornelius est un prêtre et Korben est un exsoldat avec une vie dissolue mais qui ne hésite pas à les aider à sauver le monde. À ce propos, une explication à cette prétendue simplicité on la trouve dans le genre choisi par Besson pour raconter l’histoire, d’après Massimo Giraldi, la fable. C’est vrai que Le Cinquième Élément ne partage ni le pessimisme ni la crudité de la première expérience dans la science fiction de Luc Besson, et la complexité de tous les autres films non plus. Il manque le dualisme dans ses personnages précédents (moral / amoral) et on n’y trouve pas les « mondes opposés ». Luc Besson s’est débarrassée de tout ça et il a raconté une histoire simple (le combat entre le Bien et le Mal, de manière manichéenne ; il n’y a pas de nuances, il n’y a que ceux qui servent le Bien et de l’autre côté ceux qui servent le Mal et rien entre les deux) avec un message simple (l’amour peut être la solution pour nos problèmes). Et « ce sont de passages que la convention narrative de la fable illustre bien »36. Le succès est énorme, 228 millions de dollars, dont, 63 millions aux États-Unis. Mais le bonheur n’est pas complet. La perception très répandue que le film n’est qu’un spectacle d’action, bon ou mauvais, mais juste un spectacle 35 LE GUILCHER, Geoffrey, op. cit., p.70 (Tiré du libre Le Nouvel Hollywood de Peter Biskind) 36 GIRALDI, Massimo, op. cit., p.71 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 33 d’action n’ayant rien d’important à dire, lui affecte profondément. Interviewé par Gabriel Lerman (DIRGIDO, Mai, 1997) : « quand, il y a six ans, j’avais envie de parler du monde de nos jours, de la futilité de la guerre, de la connaissance humaine, de la prolifération des armes, j’ai réalisé que ce monde pourrait devenir un bon scénario pour raconter toutes ces choses ». Ce décalage entre la perception du public et ses intentions le plonge dans la tristesse : « Ce métier a bu mon sang pendant vingt ans, je me sens faible, plaine de doutes. Pas seulement sur le film, sur tout. […] C’est dingue de voir à quel point le film m’a vidé de mon plaisir. Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour j’aurais l’envie de fuir un plateau ! »37 JEANNE D’ARC L’histoire de la pucelle d’Orléans à travers les yeux de Luc Besson. Quand Jeanne est née en 1412 une grande partie de la France était sous domination anglaise et en plus le conflit entre les Armagnacs et les Bourguignons continuait. La petite Jeanne habite à Domrémy, elle passe sa vie en courant en liberté à la campagne, dans l’église, elle vit heureuse avec sa famille. Le bonheur finit avec l’arrivée des Anglais. Le village est détruite et sa sœur est tuée et violée à ses yeux. Après l’attaque, Jeanne est envoyée à vivre avec ses oncles. Quelques années plus tard, et après avoir beaucoup insisté, elle est reçue par le Dauphin Charles. Il y a méfiance dans la cour, Jeanne est une jeune fille méconnue et elle prétend être guidée par Dieu. Pour prouver qu’elle est qui elle prétend être, la cour lui tend un piège, elle devra trouver le vrai Dauphin parmi tous les hommes de la cour. Elle réussit l’épreuve, grâce à quoi elle obtient le commandement d’une armée. Jeanne part vers Orléans, qui joue un rôle essentiel dans la défense de la France par sa situation géographique, au bord de la Loire. Là, la passion de Jeanne encourage les 37 LE GUILCHER, Geoffrey, op. cit., p.70 (Tiré du libre L’Histoire du Cinquième Élément, écrit par Luc Besson) Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 34 hommes. Les troupes françaises progressent. D’abord, elles prennent d’assaut le camp des Anglais et après le Fort des Tourelles, ce qui représente la levée du siège d’Orléans. De cette façon, Charles VII est sacré rois à Reims. À partir de ce moment le désaccord avec le roi commence. Il préfère les voies diplomatiques tandis qu’elle veut continuer la guerre jusqu’à l’expulsion des Anglais. Le roi refuse d’envoyer des renforts pour la libération de Paris. Elle décide d’aller à Compiègne où elle est faite prisonnière par les Bourguignons et vendue aux Anglais. Elle a été accusée et condamnée pour hérésie, après une mascarade judiciaire. Elle meurt brûlée vive le 30 mai 1431 à Rouen. Luc Besson utilise l’histoire de Jeanne d’Arc pour nous présenter sans complaisance un portrait d’une époque dominée par la méfiance et la peur. Luc Besson lui-même à constaté dans ses recherches en préparant le scénario que « ce siècle avait peur de tout »38. Dans le film, Jeanne a peur de se tromper (elle mette en question sa mission à la vue des cadavres) ; la cour du Dauphin a peur de Jeanne, « l’inconnue » ; les généraux français ont peur de perdre sa place (et sa masculinité) en suivant les ordres d’une fille ; La reine Yolande d’Aragon a peur de la célébrité que la jeune a atteint ; Charles VII a peur que les campagnes de Jeanne compliquent les négociations avec les Anglais, et finalement l’Église a peur d’une jeune fille qui va à la guerre, qui s’habille en garçon et qui parle avec Dieu. Du « jugement » du réalisateur Jeanne n’échappe pas non plus en provoquant intentionnellement le doute sur l’origine de la mission de la Pucelle : divine (elle est la messagère de Dieu) ou mondaine (un sentiment humain comme le désir de vengeance) car Luc Besson nous présente une Jeanne éloignée du mythe, en montrant ce qui l’intéresse, le côté humain du personnage, le côté humain d’une adolescente qui se trouve au centre d’un contexte historique très hostile dans lequel elle se plonge et dans 38 Entretien au journal L’EXPRESS le 28/10/ 2019 par ThIerry Grandillot et Sophie Grassin Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 35 lequel elle doit surmonter les obstacles, le premier, « celui de sa condition féminine »39. On peut dire que Jeanne d’Arc représente le sommet des héros « bessoniens ». Comme une sorte de recueil, Jeanne d’Arc présente toutes les caractéristiques des héros de Luc Besson, mais, pour être à l’hauteur du personnage, dans le grade le plus élevé. La famille de Jeanne est absente (elle est envoyée à vivre avec sa tante et son oncle). Mathilda perd toute sa famille mais ça arrive quand elle n’est pas là, Jeanne est témoin du meurtre de sa sœur et de son viol ultérieur. Tous les héros de Luc Besson sont guidés par une sorte de conseiller (un docteur dans Le Dernier Combat, un ami dans Le Grand Bleu et Léon, un formateur dans Nikita, un prêtre dans Le Cinquième Élément), dans Jeanne d’Arc, Jeanne est guidée par Dieu. Nikita, Léon et Leeloo font face à plusieurs ennemis, Jeanne fait face à une armée. Le jeune de Le Dernier Combat veut survivre, Fred et Jacques veulent réaliser leurs rêves, Nikita doit obéir aux ordres données, Léon doit faire son travail, Jeanne est dans une véritable croisade épique, elle doit réaliser la volonté de Dieu. L’on trouve l’amour dans les histoires de Besson mais il devient impossible ou au moins très difficile, dans Jeanne d’Arc il est impensable, il n’y a que la mission. Et pour finir, la mort est une constante chez Luc Besson, ses personnages sont tués de diverses façons : surréaliste (Fred), poétique (Jacques Mayol), rapide (Léon) mais Jeanne a la mort la plus brutale, brûlée vive. Si le film recueille tous les éléments du cinéma de Luc Besson, il n’est pas non plus épargné par la polémique. Aux polémiques récurrentes de l’excès et la violence et la nationalité du film (le film sur un icône français a été tourné en anglais et il est plein d’acteurs étrangères jouant les rôles principaux), on ajoute la genèse du scénario, d’abord réalisé par Katherine Bigelow qui l’avait déjà écrit à un moment où Luc Besson n’était qu’un producteur associé. Le désaccord a eu lieu par rapport au choix du rôle principal (l’américaine avait 39 GIRALDI, Massimo, op. cit., p.81 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 36 choisi Claire Danse tandis que le français préférait Milla Jovovich). Besson a quitté le projet et Bigelow n’a pas pu faire avancer le film. Donc le réalisateur français a mis en place son propre scénario mais il a été poursuivit en justice par l’américaine qui le considéré comme un plagiat. Finalement le problème s’est arrangé avec un accord secret. Il y a aussi des critiques dans une partie des catholiques qui pensent que la Jeanne de Besson ne représente pas correctement la sainteté de la Pucelle d’Orléans car elle ne montre pas une croyante dévouée mais une jeune apparemment hors d’elle, très proche de la schizophrénie. Le film marque la fin d’une première étape dans la vie cinématographique du réalisateur. On y trouve des petits traits qui montrent ce changement, c’est le premier film où Luc Besson a délégué l’utilisation de la caméra (« Une bataille d'Orléans spectaculaire - pour laquelle Jan Kounen, cinéaste proche de Besson, a, lui aussi, tourné des scènes dans la boue, la sueur et le sang »40). À partir de ce film, il portera ses efforts sur la production (il faudra attendre six ans pour son prochain film). Il semble logique que le film qui ferme la première partie de la vie cinématographique de Luc Besson adapte la vie de l’un des plus grands héros de la France et en plus sous la forme de « femme guerrière ». 40 Entretien au journal L’EXPRESS le 28/10/ 2019 par ThIerry Grandillot et Sophie Grassin Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 37 CHAPITRE 5 LES SUJETS L’apprentissage Le sujet de l’apprentissage ou de la formation dans ses films est d’une importance capitale. Cette question est d’autant plus importante si l’on tient compte de sa propre formation. Il est autodidacte, il a été formé loin des écoles de cinéma et des universités. Il a plongé dans les plateaux depuis ses dix-huit ans et il a appris le métier directement sur les tournages et dans les salles de cinéma. Besson, lui-même, a regretté l’absence de livres, de textes expliquant « la fabrication technique d’un film »41. Quelques ans après il écrira ses propres livres sur le cinéma. De cette façon il montre aussi un propos didactique, un désir de transmettre sa connaissance, d’abord à travers ces livres et après grâce à l’école de la Cité du cinéma où l’on propose une éducation gratuite (entre 18 et 25 ans), éminemment pratique et sans condition de diplôme (dans le site officiel on trouve une phrase de Luc Besson : « J’aimerais créer cette école pour que les jeunes passionnés […] qui n’ont pas trouvé leur chemin par la vie classique, puissent avoir une alternative »). On trouve ce désir de transmission de connaissance aussi dans ses films. Une connaissance, face à l’absence de figures paternelles ou au moins de figures paternelles appropriées, fournie par une sorte de maître, une personne toujours âgée qui comble le vide et guide l’héro tout au long de son chemin : 41 LE GUILCHER, Geoffrey, op. cit., p.25 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 44 de portrait social plus ou moins critique avec la société de l’époque dans Jeanne d’Arc ou dans Subway où Héléna connaît un monde très éloigné de sa vie bourgeoise dans laquelle elle vit. À cette égard Massimo Giraldi affirme que « le cible de Besson est ici la bourgeoisie, l’épine dorsale de la société française postrévolutionnaire, recroquevillée sur elle-même et sur ses acquis, qui ne veut pas s’ouvrir à d’autres horizons, ni élaborer de nouvelles stratégies sociales »46. Donc, on ne peut pas dire que la filmographie de Luc Besson soit excessivement engagée. Il n’y a pas de profondes dénonciations sociales, on n’y trouve pas non plus de sévères critiques au système, mais des approchements, des engagements ébauchés qu’on peut décoder dans les images de ses films. Cependant il y a deux sujets récurrents dans sa filmographie et qu’il montre de manière très claire et avec une position sans ambigüité : l’écologie et l’autorité. L’écologie Luc Besson a passé son enfance en contact avec la nature, sur la côte, en plein air, en se plongeant dans la mer. Il a déclaré dans une interview pour « Il Corriere della Sera » : « J’ai beaucoup souffert quand mes parents ont pris la décision […] de revenir à Paris. Je me rappelle que je demandais toujours à ma mère, en voyant les grilles de fer qui entouraient les arbres : «“Pourquoi mettent-ils les plantes en prison ? ” ». Il était impossible que dans cette filmographie il n’y ait pas une place pour une partie si importante de sa personnalité telle que l’envie de nous montrer dans ses films les aspects les plus déterminants de son caractère. 46 GIRALDI, Massimo, op. cit., p.27 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 45 Plus loin des paysages dépourvus de végétation, complètement désertiques à cause de la guerre nucléaire de Le Dernier Combat, et sans oublier les villes surpeuplées, remplies de voitures et de pollution sonore et lumineuse, inhabitables dans sa partie basse à cause du smog de Le Cinquième Élément, on trouve l’intérêt par la nature surtout dans deux films : Le Grand Bleu et Atlantis, notamment dans le deuxième. Parce que Atlantis est un opéra sous-marin où Luc Besson, dans la recherche du contact avec la nature et le désir d’exprimer son amour pour celle-ci, plonge dans l’océan, et comme les animaux, il se déplace doucement dans les fonds marins en revenant sur Le Grand Bleu. D’après le réalisateur : « Atlantis commence là où finissait Le Grand Bleu »47. C'est-à-dire, à son avis, Atlantis n’est pas un documentaire mais une suite. Et c’est vrai, il manque des informations, des explications et ce caractère didactique qu’on trouve toujours dans les documentaires. Mais ce n’est pas important, d’après Massimo Giraldi « il n’est pas le commandant Cousteau. Il n’aborde pas ce monde immergé avec l’esprit du pionnier, du naturaliste ou du savant »48. Luc Besson nous offre ce monde qu’il a découvert quand il était petit, sous les eaux yougoslaves, grecques… et qu’il n’a pas pu (ou il n’a pas voulu) montrer dans Le Grand Bleu. En fait, ce film montrait la relation des hommes avec la mer, du point de vue des hommes. Ceux-ci envahissaient les eaux en pourchassant leurs rêves de gloire sans s’arrêter à contempler ce monde aquatique (sauf, bien sur, Jaques Mayol, mais il est plus proche des dauphins que des homes). Avec Atlantis, le réalisateur français montre la relation du point de vue sous-marine, il prend sont temps à présenter tout ce qui n’avait pas présenté dans le premier film, c’est pour cela que Atlantis est plus proche du métrage nouveau d’une version longue de Le Grand Bleu que d’une suite. 47 GIRALDI, Massimo, op.cit., p.54 48 Ibid, p.57 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 46 L’autorité Aux yeux de Luc Besson l’autorité est toujours négative. C’est une entité qui s’oppose à la liberté des personnages, un autre ennemi à battre. Face à la vitalité des personnages, l’autorité est montrée indolente (le commissaire de Subway ne supporte ni le métro ni ses habitants, il en a marre aussi de ses compagnons); face à la détermination des héros, l’autorité est pusillanime (le chef du championnat de Le Grand Bleu est incapable d’éviter la plongée mortelle d’Enzo bien qu’un docteur avait averti des dangers) ; elle se place parfois entre le pathétique et l’hypocrisie (le sacre de Charles VII dans Jeanne d’Arc ou les militaires de Le Cinquième Élément). Sauf dans Le Dernier Combat où la caractéristique principale est curieusement l’absence d’autorité dans un monde sauvage et sans loi, la faiblesse des personnages (pas seulement les héros) face à toute forme de pouvoir institutionnel (policier, ecclésiastique, militaire, royal…) est constante. La forme la plus habituelle de l’autorité est celle d’une entité abusive, corrompue et violente sinon brutale auprès de laquelle les personnages n’ont aucune défense : Nikita est maltraitée par la police au tribunal et après ça Bob lui tire dans la jambe pour lui donner une leçon ; Norman Stanfield est un policier corrompu qui tue sans pitié, Jeanne d’Arc est condamnée par l’Église et elle est brûlée vive. Luc Besson aime nous montrer l’impuissance à travers d’un de ses « auto plagiats», c'est-à-dire, des scènes ou des images récurrentes dans ses films tels que l’ouverture en travelling des films (sur les routes de Paris (Subway), sur les eaux de la mer (Le Grand Bleu), sur les pavés des rues (Nikita), sur New York (Léon) et sur les étoiles (Le Cinquième Élément) ou le « baptême de feu » des héros « besonniens » (être attaqué à coup de lanceroquette : Nikita, Léon, Le Cinquième Élément, Lucy). Dans le cas de l’autorité la scène est très simple, le personnage face à face avec un policier, un tribunal ecclésiastique, un gangster… en ce moment la puissance de l’autorité se manifeste à travers un coup de poing qui jette par terre le personnage (le patineur de Subway, Nikita, Lucy) ou en montrant sa supériorité à travers l’intimidation (Mathilda, Jeanne d’Arc). Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 47 La religion Ce n’est pas l’un des sujets le plus détaché des films de Luc Besson. Il a été peu traité et quand il a apparu, il l’a fait de manière métaphorique, symbolique (sauf dans le cas de Jeanne d’Arc). Si l’on fait un parcours dans sa filmographie on trouve la première référence sous la forme du docteur de Le Dernier Combat. Comme on a déjà dit, il dessine sur les murs, d’abord il dessine une femme, et après l’arrivée du jeune homme il dessine aussi un homme répliquant chaque représentation picturale du mythe d’Adam et Eve. Il garde la seule femme sur la Terre et il décide que l’héros sera qui procréera avec la femme et pas l’énorme rôdeur, à vrai dire le docteur lui offre la femme comme Dieu a offert Eve à Adam. En bref, il se comporte comme une sorte de Dieu, il donne la connaissance, il décide sur la procréation, il juge comme bon ou mauvais… et à cette sorte de Dieu, l’héro est soumis. Dans Le Cinquième Élément les références sont partout mais la plus importante est celle du scénario : une « envoyée » par une force divine doit sauver l’humanité du mal absolu même au prix de sa propre vie. Jeanne d’Arc est une petite fille qui passe ses journées dans l’église en se confessant, une vraie dévouée. Et finalement dans Lucy, Luc Besson revient au symbolisme. Lucy devient Dieu, elle remonte le temps en passant par toute l’histoire de l’humanité et elle s’arrête au principe des temps, face à face avec Lucy, la première australopithèque. Ses doigts se touchent (comme dans « La création d’Adam » de Michel-Ange) et ainsi l’évolution humaine commence (dans une scène où clairement Lucy remplace le monolithe de 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968). Sur la base de ses films on ne peut pas affirmer que Besson soit un croyant, en fait, dans un entretien à L’Express il a été questionné à ce propos et il a répondu : « Le problème, c'est l'interprétation des textes. C'est au nom de l'interprétation des textes que, à l'aube de l'an 2000, des nations s'envoient encore des bombes à la figure, quand les textes leur enjoignent de s'aimer les Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 48 uns les autres. Mais, si Dieu existe, il est en moi. S'il existe, il doit me mettre en paix avec moi-même. Alors, Dieu est bon ». Ainsi, Besson attache une grande importance à la religion, à Dieu, comme générateurs de vie, de protection, et de confort pour l’esprit mais il rejette à ceux qui l’utilisent et l’interprètent faussement. Les « univers » de Luc Besson Les films de Luc Besson se développent à travers les contraires, dans le scénario : raison / barbarie ; surface/ profondeur ; mer/ terre ; amitié/ rivalité ; obscurité/ lumière ; amour / métier ; bien / mal ; loyauté / trahison…) mais aussi dans les personnages : Léon est un géant, Mathilda est petite. Il est sérieux, elle est gaie. Il vit tout seul, elle vit avec sa famille. Il a une vie rangée et solitaire, elle a une vie chaotique dans le cadre d’une famille brisée. Il est immature, elle doit grandir trop tôt. Par rapport à ses ennemis, Léon est inculte (de fait, il ne sait pas lire), Stanfield écoute de la musique classique et il parle de Beethoven. Léon est régie par une sorte de code moral (« pas de femmes, pas d’enfants »), tandis que sa Némésis, Stanfield n’a pas de limites (il tue toute la famille de Mathilde, même les enfants). Les contraires arrivent aussi à la comparaison entre les films, par exemple Nikita et Léon : Elle est forcée à travailler en tant que tueuse à gages mais pour Léon c’a été un choix. Dans l’accomplissement de son travaille elle a tendance à l’improvisation, Léon est très méticuleux (« Léon est redoutable parce qu’il ne laisse rien au hasard »49). La Jeanne d’Arc de Besson est une personne qui se situe entre la confiance et le doute, le courage et la peur, l’orgueil et l’humilité, elle montre la puissance pour diriger une attaque et la faiblesse d’une personne qui charge sur ses épaules l’obligation d’accomplir une mission divine et parfois elle se sent dépassée (pendant l’attaque au fort de Les Tourelles, elle se trouve 49 CARON, André, op. cit., p.38 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 49 complètement entourée par ses hommes qui chargent et elle est emportée sans pouvoir s’en sortir). Parmi tous les opposés que l’on trouve dans ses films, les plus importants sont quotidien / hors du quotidien. Plus qu’un réalisateur ou un scénariste, Luc Besson est un créateur d’univers, des univers parallèles au nôtre. Ses personnages sont marginaux, inadaptés dans notre monde, c’est pour ça qu’ils trouvent sa place dans un autre où ils passent inaperçus, où ils sont acceptés. Les personnages de Le Dernier Combat errent dans un monde futur qui s’oppose au monde passé (quotidien) représenté par les bâtiments en ruines et les usines abandonnées. Dans ces univers le décor (espace) revêt une importance vitale. Selon Mieke Bal, « cuando cabe relacionar diferentes lugares, ordenados en grupos, como oposiciones lógicas y sicológicas, el espacio podrá operar como un importante principio de estructuración. Por ejemplo, alto / bajo relacionado con favorable / desfavorable »50. Si l’on tient compte du titre Subway, on peut lui donner de différents sens. Pour certaines personnes, Subway peut avoir un sens négatif, si l’on pense au métro on pense à la profondeur, à l’obscurité, au labyrinthe de tunnels, à l’inconnu, à la claustrophobie…Mais pour d’autres personnes il peut signifier une couverture, protection, sûreté. Dans le film on trouve cette différence. Pour les personnes appartenant au monde « quotidien », qui utilisent le métro seulement comme un moyen de transport, le métro n’offre que l’aspect négatif : une femme s’est fait voler son sac, Héléna (avant de connaître le charme du métro) doit descendre dans le souterrain pour récupérer des documents volés, la police poursuit les voleurs sans succès…Cependant, pour les habitants du métro, celui-ci est devenu leur foyer, un abri pour tous ceux qui ne trouvent pas une place sur l’Au-dessus. On peut faire la même interprétation par rapport à Le Grand Bleu, car les 50 BAL, Mieke, Teoría de la narrativa, Madrid, CATEDRA, 1998, P.52 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 50 profondeurs de la mer sont un refuge pour Jacques Mayol mais au même temps pour Johana c’est ce qui l’empêche d’être avec l’homme qu’elle aime. Nikita et Léon habitent à Paris et à New York. Ils se promènent dans leurs rues, ils vont au cinéma, aux cafés. Ils vivent dans le monde quotidien parmi les gens ordinaires, mais sa vraie vie se développe dans le monde secret et clandestin des tueurs à gage. Le Cinquième Élément est un cas un peu différent. Dans Le Cinquième Élément, il n’y a pas d’opposé parce que le monde où les héros habitent est notre monde : « Besson’s future-present world is not necessarily a world we might want to live in […] It is fast, potentially dangerous, heavely surveilled, and the lower regions of the city are dirty and smog-ridden. We already live in cities such as this one ».51 C’est notre monde mais à travers un regard ironique: “La creación del futuro en El Quinto Elemento no se hace a partir de la exploración de un nuevo imaginario […] no existe voluntad de crear un nuevo universo ficcional, sólo de diseñar una caricatura del mundo existente”52. 51 HAYWARD, Susan ; POWRIE, Phil, op. cit., p. 98 (« Le monde future-présent de Besson n’est pas nécessairement un monde où on voudrait vivre […] Il est rapide, potentiellement dangereux, hautement surveillé et les parties inférieures de la ville sont sales et pleines de pollution. Nous habitons déjà dans des villes comme ça ») 52 QUINTANA, Ángel, El quinto elemento (Efectos de pirotecnia en la pasarela Gaultier), DIRIGIDO, Nº 257, mayo 1997. Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 51 CHAPITRE 6 LE HÉROS/ HÉROÏNE CHEZ LUC BESSON Si l’on tient compte de la définition d’héros du Nouveau Petit Robert : « 1. Personnage légendaire auquel on prête un courage et des exploits remarquables. 2. Celui qui se distingue par ses exploits ou un courage extraordinaire (dans le domaine des armes). 3. Homme digne de l’estime publique, de la gloire par sa force de caractère, son dévouement total a une cause, une œuvre 4. Personnage principal d’une œuvre »53. Il est évident que les héros de Luc Besson remplissent parfaitement le numéro quatre, même, certains d’entre eux donnent son nom au film (Nikita, Léon, Jeanne d’Arc, Lucy). Le caractère légendaire ou pas dépend des spectateurs, mais le cas de Jeanne d’Arc est indubitable et dans le cinéma d’action, les personnages de Nikita et Léon sont très proche à la légende ou au moins à rester dans la mémoire. Il est indéniable qu’ils ont tous mené des exploits remarquables (survivre à l’expérience d’un holocauste nucléaire, battre des records mondiaux, faire face à une centaine d’ennemis à coups de feu ou d’épée, expulser les Anglais de la France, sauver le monde de la destruction totale). Tous ces exploits ont besoin d’un dévouement absolu, dévouement qui demande parfois les plus grands sacrifices (Nikita renonce à une vie normale et à l’amour avec Marco afin d’accomplir ses misions, Leeloo a failli mourir en essayant de sauver le monde, Jaques Mayol et Léon sacrifient leurs vies pour leurs causes). Les personnages de Luc Besson peuvent être inclus dans presque toutes les définitions du Petit Robert, mais il y manque un élément que 53 ROBERT, Paul, Le Nouveau Petit Robert, Dictionnaires Le RobertSEJER, Paris, 2004 Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 52 les gens ajoutent automatiquement au concept de héros, celui de la moralité, moralité qu’on peut relier à l’estime publique et les héros de Luc Besson sont très difficiles d’estimer. Si l’on tient compte de tous les protagonistes on constate qui ne sont pas, dans bien des cas, « dignes d’estime publique ». Le personnage de Le Dernier Combat survit, et il fait ce qui est nécessaire pour y arriver, il vole quand il le faut, il tue si c’est la meilleure option… sans que l’on puisse l’intégrer dans une échelle morale de bon ou mauvais. Fred, de Subway, ne répond pas à des valeurs supérieures, tout ce qu’il fait, il le fait pour son propre intérêt, dans ce cas, attirer la femme. Jaques Mayol est un personnage complètement écarté du monde qui l’entoure, il est plus proche des dauphins que des gens, à cet égard, Laurent Jullier parle de « misanthropie » : « Jacques suffers from Enzo’s attitude. His best friend struggles to push the diving challenge ever further, when he should accept his defeat […] why does he not let Enzo’s delude himself with the idea hi is the number one? »54 A son avis Jacques tue Enzo parce qu’il veut être le plus fort, sans se soucier de son ami. Et c’est pareil avec la femme, Johana. Jacques préfère nager avec les dauphins à être avec elle. Nikita et Léon, tous les deux, sont des assassins (même Nikita est une assassine avant de son instruction). Le voyage du héros Depuis le début des temps l’être humain a créé des mythes et des légendes qui sont devenus des histoires d’aventures remplies de héros qui devaient faire face à de nombreux dangers et ennemis pour réussir. Joseph Campbell (1904-1987), un anthropologue et écrivain américain qui a consacré sa vie à l’étude de la mythologie et de la religion comparées, a 54 HAYWARD, Susan ; POWRIE, Phil, op. cit., p, 110 (« Jacques souffre à cause de l’attitude d’Enzo. Son meilleur ami amène le défi sous-marin de plus en plus loin, alors qu’il devrait accepter la défaite […] Pourquoi est-ce qu’il ne lui laisse pas se duper lui-même avec l’idée d’être le numéro un ? ») Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 53 trouvé une sorte de schéma commun à toutes ces histoires. Ce schéma se résume en trois concepts ou parties : le départ, l’initiation et le retour, parties dans lesquelles ils se développent dix-sept étapes qui correspondent à des faits ou des événements qui se répètent grâce auxquels le héros apprend des précieuses leçons en lui permettant fonder sa légende. Selon Campbell, ces histoires n’étaient pas seulement un divertissement pour le public. D’après lui, les mythes pouvaient guider l’esprit humain, ils pouvaient nous rendre meilleurs, et donc, leur exemple pouvait améliorer notre monde. Il recueille toutes ses réflexions sur le héros dans son livre Le héros aux milles et un visages. Quelques années plus tard, Christopher Vogler, un scénariste d’Hollywood fasciné par l’ouvre de Campbell, réduira les étapes à douze dans son article de sept pages A practical guide to the hero with a thousand faces qui a trouvé un grand succès dans Hollywood et qui évoluera jusqu’au livre Guide du scénariste, devenue une ouvre très importante entre les scénaristes et les écrivains afin d’établir le parcours du héros dans leurs films. On trouve ces étapes dans les films de Luc Besson, mais il les utilise de façon libre, il y met quelques-unes et il exclut d’autres, il change l’ordre…Ces douze étapes sont : 1) Le monde ordinaire : le héros est présenté dans sa vie en montrant ses habitudes, ses problèmes ou ses besoins, en somme, dans son monde quotidien. On trouve le héros dans un mode, disons « normal », avant de s’introduire dans un monde inconnu, bizarre ou hostile. On a déjà vu l’importance de l’opposition quotidien / hors du quotidien dans les films de Luc Besson mais dans ce cas on y a trouvé une caractéristique qui distingue les héros de Besson du reste. Les héros du réalisateur français sont plus à l’aise dans le « hors quotidien » (un futur sauvage, le mondes des assassins, les profondeurs de la terre (Subway) ou de la mer (Le Grand Bleu), des mondes dans lesquels ils savent survivre et ils trouvent refuge) c'està-dire, pour eux, le monde hostile est le quotidien. Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 60 BIBLIOGRAPHIE - GIRALDI, Massimo, Les Grandes Cinéastes, GREMESE, Rome, 2004 - HAYWARD, Susan ; POWRIE, Phil, Luc Besson, Master of Spectacle, MANCHESTER UNIVERSITY PRESS, Manchester and New York, 2006 - JEANCOLAS, Jean-Pierre, Histoire du cinéma Français, NATHAN, 1995 - LE GUILCHER, Geoffrey, L’homme qui voulait être aimé, Flammarion, 2016 - ROBERT, Paul, Le Nouveau Petit Robert, Dictionnaires Le RobertSEJER, Paris, 2004 - SOJCHER, Frédéric, Un Don Quichotte face à Hollywood, SÉGUIER/ARCHIMBAUD - CAHIERS DU CINÉMA, Nº 409, JUIN 1998 - DIRIGIDO, Nº 257, mayo 1997 SITOGRAPHIE http://cinema.encyclopedie.films.bifi.fr/index.php?pk=54749 (4/3/2019) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=306.html (4/3/2019) https://www.telerama.fr/cinema/films/le-grand-bleu-version-longue,102116.php (4/3/2019) http://www.cin-et-toiles.com/films/fiche-le-grand-bleu.htm (4/3/2019) http://lacaidadeconstantinopla2.blogspot.com/2012/10/la-ciencia-ficcion-francesa-ii-elcine.html (8/3/2019) Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 61 http://www.bibliopolis.org/articulo/cffr1.htm (8/3/2019) https://www.filmaffinity.com/es/film728418.html (8/3/2019) https://www.telerama.fr/cinema/films/leon,30940.php (10/3/2019) http://www.cin-et-toiles.com/films/fiche-leon.htm (10/3/2019) http://libresavoir.org/index.php?title=L%C3%A9on_de_Besson (10/3/2019) http://www.lebleudumiroir.fr/leon-directors-cut/ (10/3/2019) http://fracademic.com/dic.nsf/frwiki/1091169 (10/3/2019) https://www.festival-cannes.com/es/peliculas/le-cinquieme-element (10/3/2019) https://www.telerama.fr/cinema/films/angel-a,245905.php (10/3/2019) http://wikimonde.com/article/Angel-A (10/3/ 2019) https://www.unifrance.org/film/34861/malavita (10/3/2019) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=207801.html (10/3/2019) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=188837.html (10/3/2019) https://www.afca.asso.fr/ressources/repertoire-cinema-animation/774,Arthur-et-les-Minimoys (3/10/2019) http://www.wikiwand.com/fr/Arthur_3_:_La_Guerre_des_deux_mondes (11/3/2019) http://rafcart.free.fr/loup.html (20/3/ 2019) https://esprit.presse.fr/article/olivier-mongin/le-grand-bleu-ou-le-trou-noir-de-nos-passions12099 (24/04/2019) http://www.thedailyfrench.fr/2013/07/16/l-exception-culturelle (7/5/2019) https://clesdelaudiovisuel.fr/Connaitre/Histoire-de-l-audiovisuel/Qu-appelle-t-on-l-exceptionculturelle (7/5/2019) Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 62 https://www.cnc.fr/documents/36995/144781/descriptif+de+l%27agr%C3%A9ment.pdf/c35eaf cc-2f53-2a0d-d8a5-0b128391034b (8/05/ 2019) https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/frequentation-et-films-en-salle/ (12/05/ 2019) https://www.20minutos.es/noticia/2274877/0/george-lucas/hollywood-cine/destrozando/ (19/05/2019) https://www.europapress.es/cultura/cine-00128/noticia-woody-allen-tacha-estudios-hollywoodbanqueros-si-no-criminales-20170518123201.html (19/05/ 2019) http://www.realinstitutoelcano.org/wps/portal/rielcano_es/contenido?WCM_GLOBAL_CONT EXT=/elcano/elcano_es/zonas_es/lengua+y+cultura/ari+94-2004 (23/05/2019) http://los80mundos.blogspot.com/2017/10/el-viaje-del-heroe.html (23/06/2019) https://www.4tempsdumanagement.com/notes/Le-schema-de-Campbell_b9567187.html (25/06/2019) https://wikiagile.cesi.fr/index.php?title=Les_17_%C3%A9tapes_du_Monomythe (25/06/2019) https://rateyourmusic.com/film/le_dernier_combat/ (26/06/2019) https://en.wikipedia.org/wiki/Subway_(film) (26/06/2019) https://ca.wikipedia.org/wiki/El_gran_blau (26/06/2019) https://posteritati.com/poster/9934/la-femme-nikita-1991-french-petite-poster (29/06/2019) https://www.casadellibro.com/pelicula-atlantis-af-dvd-af/8421394548947/5704744 (29/06/2019) https://en.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on:_The_Professional (29/06/2019) https://rateyourmusic.com/film/le_cinquieme_element/ (29/06/2019) https://en.wikipedia.org/wiki/The_Messenger:_The_Story_of_Joan_of_Arc (29/06/2019) https://en.wikipedia.org/wiki/Angel-A (29/06/2019) https://www.notrecinema.com/communaute/pdf/jaq_edit.php3?lefilm=29390 (29/06/2019) Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 63 https://listas.20minutos.es/lista/mejor-pelicula-2013-361868/ (29/06/2019) http://www.superecran.com/#!a-z-film&id=800127824&nom=valerian-et-la-cite-des-milleplanetes (29/06/2019) http://www.dcd.myds.me/l.html (29/06/2019) https://ar.pinterest.com/pin/28710516352189826/ (29/06/2019) https://www.franceloisirs.com/albums/arthur-3-la-guerre-des-deux-mondes-l-integrale-du-film9782357560475.html (29/06/2019) http://www.allocine.fr/film/fichefilm-125317/photos/ (29/06/2019) https://www.noosfere.org/livres/niourf.asp?numlivre=2146598358 (29/06/2019) Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 64 ANNEXES LE DERNIER COMBAT Date de sortie : 6 avril 1983 ; Scénario : Luc Besson, Pierre Jolivet ; Genre : Sciencefiction ; Directeur de la photographie : Carlo Varini ; Musique : Eric Serra ; Montage : Sophie Schmit ; Durée : 89 minutes ; Pays : France; Producteur : Les films du Loup ; Acteurs : Pierre Jolivet, Jean Reno, Jean Bouise, Fritz Wepper Prix spécial du jury au Festival International du cinéma Fantastique d’Avoriaz (1983). Meilleur film au Festival International de cinéma Fantastique de Sitges (1983). Prix spécial de la critique au Festival International du cinéma Fantastique de Bruxelles (1983). Meilleur film au Festival international de Porto (1984). SUBWAY Date de sortie : 10 avril 1985 ; Scénario: Luc Besson, Alain le Henry, Pierre Jolivet, Sophie Schmit, Marc Perrier ; Genre : Policier ; Directeur de la photographie : Carlo Varini ; Musique : Eric Serra ; Montage : Sophie Schmit ; Durée : 98 minutes ; Pays : France; Producteur : Les films du Loup; Acteurs : Christophe Lambert, Isabelle Adjani, Jean Reno, Richard Bohringer, Jean Pierre Bacri 3 prix César (1986) : - Meilleur acteur (Christophe Lambert) - Meilleur son (Luc Perini) - Meilleur décor (Alexander Trauner) Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 65 LE GRAND BLEU Date de sortie : 11 Mai 1988 ; Scénario : Luc Besson, Robert Garland ; Genre : Sport, Drama ; Directeur de la photographie : Carlo Varini ; Musique : Eric Serra ; Montage : Olivier Mauffroy ; Durée : 135 minutes (168 minutes, version longue); Pays : France ; Producteur : Gaumont ; Acteurs : Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette, Paul Shenar, Jean Bouisse, Sergio Castellito 2 prix César : - Meilleur musique (Eric Serra) - Meilleur son (Pierre Biefve, Gérard Lamps, François Groult) NIKITA Date de sortie : 21 Février 1990 ; Scénario : Luc Besson ; Genre : Thriller ; Directeur de la photographie : Thierry Arbogast ; Musique : Eric Serra ; Montage : Olivier Mauffroy ; Durée : 115 minutes; Pays : France / Italie ; Producteur : Gaumont ; Acteurs : Anne Parillaud, Tchécky Karyo, Jeanne Moreau, Jean-Hugues Anglade, Jean Reno César de la Meilleure actrice (Anne Parillaud) Prix David di Donatello meilleure actrice étrangère (Anne Parillaud) Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 66 ATLANTIS Date de sortie : 21 août 1991; Scénario: Luc Besson ; Genre : Documentaire ; Directeur de la photographie : Christian Pétron, Luc Besson ; Musique : Eric Serra ; Montage : Luc Besson ; Durée : 80 minutes; Pays : France; Producteur : Gaumont / Cecchi Group Tiger Cinematografica / Les Films du Loup; Distribution: Gaumont LÉON Date de sortie : 14 Septembre 1994 ; Scénario : Luc Besson ; Genre : Policier, Action; Directeur de la photographie : Thierry Arbogast ; Musique : Eric Serra ; Montage : Sylvie Landra ; Durée : 110 minutes / 135 minutes (version longue) ; Pays : France / États-Unis ; Producteur : Gaumont / Les Films du Dauphin ; Distribution : Gaumont Buena Vista International ; Acteurs : Jean Reno, Natalie Portman, Gary Oldman, Danny Aiello Lion chèque du meilleur film étranger Golden Reel Award du meilleur son (Patrice Grisolet, John Morris) Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 67 LE CINQUIÈME ÉLÉMENT Date de sortie : 7 mais 1997 ; Scénario : Luc Besson / Robert Kamen ; Genre : ScienceFiction; Directeur de la photographie : Thierry Arbogast ; Musique : Eric Serra ; Montage : Sylvie Landra ; Durée : 126 minutes ; Pays : France ; Producteur : Gaumont ; Distribution : Gaumont Buena Vista International / Columbia Pictures ; Acteurs : Bruce Willis, Milla Jovovich, Gary Oldman, Ian Holm, Chris Tucker, Brion James 3 prix César : - Meilleur réalisateur (Luc Besson) - Meilleure photographie (Thierry Arbogast) - Meilleurs décors (Dan Weil) BAFTA Awards des meilleurs effets visuels 1998. (Neil Corbould, Mark Stetson, Nick Allder, Karen E. Goulekas, Nick Dudman). Lumières de la presse étrangère du meilleur réalisateur 1998. (Luc Besson) JEANNE D’ARC Date de sortie : 27 Octobre 1999 ; Scénario : Luc Besson, Andrew Birkin ; Genre : Historique, Biopic ; Directeur de la photographie : Thierry Arbogast ; Musique : Éric Serra ; Montage : Sylvie Landra ; Durée : 160 minutes ; Pays : France / République tchèque ; Producteur : Gaumont / EuropaCorp ; Distribution : Gaumont Buena Vista International ; Acteurs : Milla Jovovich, John Malkovich, Vincent Cassel, Tchéky Karyo, Faye Dunaway, Dustin Hoffman 2 prix César (2000): - Meilleur son (Vincent Tulli, François Groult, Bruno Tarrière ) - Meilleures costumes (Catherine Leterrier) 2 prix Lumières de la presse étrangère (2000) : - Meilleur film - Meilleur réalisateur Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 68 ANGEL-A Date de sortie : 21 Décembre 2005 ; Scénario : Luc Besson ; Genre : Comédie ; Directeur de la photographie : Thierry Arbogast ; Musique : Anja Garbareck ; Montage : Frédérique Thoraval ; Durée : 90 minutes ; Pays : France ; Producteur : EuropaCorp ; Distribution : EuropaCorp / Sony Pictures ; Acteurs : Jamel Debbouze, Rie Rasmussen, Gilbert Melki, Serge Riaboukine, Akim Chir ARTHUR ET LES MINIMOYS Date de sortie : 13 Décembre 2006 ; Scénario : Luc Besson, Céline Garcia ; Genre : Animation, Aventure ; Directeur de la photographie : Thierry Arbogast ; Musique : Éric Serra ; Montage : Karim Benhammouda, Yan Hervé, Vincent Tabaillon ; Durée : 103 minutes ; Pays : France ; Producteur : EuropaCorp / Avalanche Productions ; Distribution : EuropaCorp Distribution ; Acteurs : Freddy Highmore, Mia Farrow, Robert Dauney, Penny Balfour Luc Besson: Un cinéaste de l’aventure 69 ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD Date de sortie : 2 Décembre 2009 ; Scénario : Luc Besson, Céline Garcia ; Genre : Animation, Aventure ; Directeur de la photographie : Thierry Arbogast ; Musique : Éric Serra ; Montage : Julien Rey ; Durée : 107 minutes ; Pays : France ; Producteur : EuropaCorp / Avalanche Productions ; Distribution : EuropaCorp Distribution ; Acteurs : Freddy Highmore, Mia Farrow, Ron Crawford, Robert Stanton, Penny Balfour LES AVENTURES EXTRAORDINAIRES D’ADELE BLANC-SEC Date de sortie : 14 avril 2010 ; Scénario : Luc Besson ; Genre : Aventure ; Directeur de la photographie : Thierry Arbogast ; Musique : Éric Serra ; Montage : Julien Rey ; Durée : 107 minutes ; Pays : France ; Producteur : EuropaCorp ; Distribution : EuropaCorp Distribution ; Acteurs : Louise Bourgoin, Giles Lellouche, Matthieu Amalric, Gérard Chaillou, Philippe Nahon Prix César des meilleurs décors 2011 (Hugues Tissandier)