scieee AI-readable full text Open interactive document viewer

Le statut de la femme en Espagne et en France dans les années 60 et 70 : histoire d’une libération

Aláez Salvador, Nuria

Abstract

Departamento de Filología Francesa y Alemana

Full text

GRADO EN LENGUAS MODERNAS Y SUS LITERATURAS TRABAJO FIN DE GRADO LE STATUT DE LA FEMME EN ESPAGNE ET EN FRANCE DANS LES ANNÉES 60 ET 70 : HISTOIRE D’UNE LIBÉRATION Presentado por: Nuria Aláez Salvador Tutelado por: Javier Benito de la Fuente Año 2020-2021 RESUMEN: La figura femenina ha sufrido discriminación durante toda la historia del ser humano. Sin embargo, los años sesenta y setenta fueron décadas en las que, las mujeres adquirieron verdaderas libertades. De modo que, a través de ejemplos literarios, periodísticos, sociales, históricos o publicitarios, podremos evidenciar la evolución del estatus femenino, creando una comparativa entre dos países: Francia y España. España vivió la represión franquista, el silencio por parte de la población y el totalitarismo del general Francisco Franco hasta poder situarse en una monarquía parlamentaria en 1975, lo que permitió la evolución de libertad. Francia también se caracterizó por el control político dada la ideología conservadora de la época. Sin embargo, ¿la legislación de un país corresponde a la realidad social? Palabras clave: mujer, evolución, liberación, historia, revolución. RÉSUMÉ: La figure féminine a subi des discriminations tout au long de l'histoire de l'humanité. Cependant, les années soixante et soixante-dix ont été des décennies au cours desquelles les femmes ont acquis de réelles libertés. De sorte que, à travers des exemples littéraires, journalistiques, sociaux, historiques ou publicitaires, nous pourrons mettre en évidence l'évolution du statut féminin, en créant une comparaison entre deux pays : la France et l'Espagne. L’Espagne a vécu la répression franquiste, le silence de la population et le totalitarisme du général Francisco Franco jusqu’à ce qu’elle puisse se placer dans une monarchie parlementaire en 1975 ce qui a permis l’évolution de liberté. La France a également été marquée par le contrôle politique en raison de l’idéologie conservatrice de l’époque. Mais la législation d’un pays correspond-elle à la réalité sociale? Mots-clés : femme, évolution, libération, histoire, révolution. I INDEX 1. Situation politique dans les années 60 et 70 ............................................................ 1 1.1. En Espagne ................................................................................................................ 1 1.2. En France ................................................................................................................... 4 2. L’éducation ........................................................................................................................ 7 2.1. En Espagne ................................................................................................................ 7 2.2. En France ................................................................................................................. 12 3. La sexualité ...................................................................................................................... 15 3.1. En Espagne .............................................................................................................. 15 3.2. En France ................................................................................................................. 18 4. Le mariage ....................................................................................................................... 22 4.1. En Espagne .............................................................................................................. 22 4.2. En France ................................................................................................................. 25 5. La femme travailleuse ................................................................................................... 27 5.1. En Espagne .............................................................................................................. 27 5.2. En France ................................................................................................................. 30 6. Littérature ......................................................................................................................... 33 6.1. Carmen Martín Gaite ............................................................................................. 33 6.1.1. Entre visillos .................................................................................................... 34 6.2. Annie Ernaux ........................................................................................................... 38 6.2.1. Une femme ....................................................................................................... 38 7. Conclusions ..................................................................................................................... 42 8. Bibliographie et sitographie ........................................................................................ 44 1 1. Situation politique dans les années 60 et 70 Tout au long de l’histoire de l’être humain, la femme a été soumise aux désirs, aux ordres et au pouvoir du mari. Après des années de lutte personnelle, sociale et mondiale, la décennie des années 60 et celle des années 70 ont été essentielles pour l'évolution des femmes, pour l'histoire de leur libération. Les femmes étaient considérées comme des objets, de sorte que ces années ont servi à les faire reconnaître comme des individus, des personnes indépendantes, libres et autonomes, avec leur propre pouvoir. Ce furent des années de révolution sexuelle, morale, artistique, scientifique, technologique et culturelle, car les libertés et les droits des femmes n'étaient pas égaux à ceux des hommes. 1.1. En Espagne Le pays espagnol a commencé le XXe siècle sous une république présidée par des gouvernements de gauche après les élections de 1931. Auparavant, le pays était dans une grave crise, et le roi Alfonso XIII a soutenu Primo de Rivera dans son coup d’État qui a mis en place un gouvernement caractérisé par le totalitarisme. Le gouvernement de la république avait pour objectif la séparation de l’Église et de l’État, afin qu’elle ne puisse pas exercer un pouvoir significatif sur des aspects nationaux tels que l’éducation, établissant ainsi la liberté de culte. À cette époque, la population était majoritairement catholique, ce qui a provoqué qu’une partie de la population devienne antirépublicaine. Elle avait également pour objectif l’égalité sociale et la mise en place de lois accordant les droits des employés. Cependant, la crise de 1929 a également touché l’Espagne, le chômage a augmenté et le gouvernement a confisqué des terres illégalement. C’est pour cette raison que la bourgeoisie agraire se souleva et ses fils ont adhéré au camp franquiste plus tard (Brey, 2016). Compte tenu de la crise et de la situation nationale insoutenable, la guerre civile espagnole a commencé le 18 juillet 1936 afin de supprimer la République. Ce soulèvement fut présidé par le général Francisco Franco et Emilio Mola en Afrique. Toutefois, les deux parties ont dû compter sur l’aide d’autres pays, mais ils n’ont pas été directement témoins du conflit. Grâce à l’aide fasciste de l’Italie 2 et de l’Allemagne, le camp de Franco s’impose et il s’établit dans toute l’Espagne. Au contraire, tant les pays qui soutenaient les républicains que ceux qui soutenaient le camp de Franco ont annulé leur accord pour la raison de l’extrême violence. La guerre civile prend fin le 1er avril 1939, avec pour conséquence l’imposition d’une dictature franquiste en vigueur jusqu’à la mort du général en 1975. Selon Roth (2020), « para completar su poder, en abril de 1937, Franco unificó a Falange Española de las JONS y a los Tradicionalistas en un partido único, llamado FET de las JONS, del cual él era el líder supremo ». Le régime franquiste se caractérise principalement par la répression, à tous égards. Comme l’affirme Santos (2003), la société était réprimée puisque la population vivait dans un pays où seule l’idéologie dictatoriale était acceptée, c’était une époque où le silence régnait par peur des représailles. Les principaux piliers de Franco étaient la patrie, l’anticommunisme, la religion catholique et le pouvoir totalitaire du régime. En plus, une politique autarcique a été mise en place, c’est-à-dire, que l’on voulait approvisionner l’ensemble de la population avec les produits propres du pays, ce qui a déclenché une grande crise. En fait, il ne pouvait exister qu’un seul parti politique, le parti que présidait Francisco Franco par élection de son équipe. En outre, les républicains qui ont combattu dans la guerre civile ont été emprisonnés avec des peines sévères. Les membres de leur famille, en particulier les femmes, ont également été punis, soit pour avoir rasé leur famille, soit pour avoir défilé dans le village ou confisqué tous leurs biens (Santos, 2003). Le général Franco acquiert tous les pouvoirs de la nation espagnole. Les premières décennies marquèrent la phase la plus difficile du franquisme car le contrôle que le régime imposait était très élevé et la population vivait dans la peur constante. Pour cette raison, beaucoup de gens, plus précisément, le peuple républicain, ont dû s’exiler à la recherche d’une vie tranquille. Dans ces conditions économiques, le Plan de Estabilización a été mis en place en 1959, ce qui a entraîné une forte croissance de l’économie. Selon Velarde (2014), ces réformes se sont poursuivies jusqu’au début de la transition en développant significativement l’architecture par l’exode rural, la croissance du tourisme, des centres d’enseignement et de santé. L’Espagne abandonne la politique autarcique et l’isolement mondial, ce qui contribuera à l’évolution de la 3 culture, de la société et de la mentalité. Malgré toutes les tentatives de réformes économiques, l’Espagne est entrée une fois de plus en crise en 1973 après le résultat très négatif de celles-ci, outre le fait que Carrero Blanco a été assassiné et que le groupe terroriste ETA augmentait considérablement en Espagne, le régime franquiste s’est affaibli. En 1969, Juan Carlos (descendant de la dynastie des Bourbons avec des droits dynastiques) est nommé successeur de Franco après la nomination de la monarchie. Le général le désigna comme substitut au cas où il tomberait malade en 1971 (Bernecker, 1996), mais il voulait mourir dictateur. Cependant, il connaissait sa guérison difficile après la détection de sa maladie, il a donc laissé son mandat pour que Juan Carlos prenne le pouvoir. Finalement, le 20 novembre 1975, le dictateur mourut. Carlos Arias Navarro était le président du gouvernement jusqu’alors. Le roi d’Espagne lui suggéra de démissionner (Bernecker, 1996) en raison de ses idées politiques, ce qui fut le cas. En 1976, Adolfo Suárez prit le poste politique par nomination de Juan Carlos de Borbón, mais il est élu président après les élections du 15 juin 1977. L’objectif d’Adolfo Suárez était l’élimination totale des aspects franquistes présents en Espagne. C’est la raison pour laquelle le parti communiste a été à nouveau légalisé en tant que signe de liberté d’expression, tout comme une nouvelle Constitution nécessaire à la nouvelle réalité du pays. Texto donde se puede asentar un Estado de derecho social y democrático, sólido y con valores cuya finalidad es servir a la ciudadanía. Es una Constitución pactada que tiene su origen en la posición de igualdad de los poderes con lo que la asamblea, es decir el pueblo, tiene su importancia y juega un papel de construcción (Ángel, 2020). La Constitution de 1978 a signifié la non-régression au passé franquiste, en établissant une monarchie parlementaire, un état de droit, démocratique et social dans lequel les différents pouvoirs de l’État ont été divisés, les droits fondamentaux proclamés, l’égalité entre les hommes et les femmes, différentes races ou religions. Ainsi que tous les changements idéologiques et moraux qui se sont produits au cours des années 60 et 70, l’adoption de la Constitution de 1978 a démontré l’évolution nationale pour pouvoir poursuivre et combattre les inégalités entre les sexes. 4 1.2. En France La Révolution française de 1789 a été le fil conducteur de la lutte pour l’égalité commune. Cependant, sous le régime de Napoléon, les devoirs et les différences entre les deux sexes furent instaurés dans le Code civil de 1804. Dans ce cas, la femme avait l’obligation de se marier, d’avoir des enfants, de prendre soin de sa de sa famille, être femme au foyer et de faire tout ce que son mari souhaitait. Bien qu’en 1948 l’ONU ait reconnu l’égalité entre les hommes et les femmes à travers la Déclaration universelle des droits de l’homme, la réalité était totalement différente. C’est pourquoi des manifestations ont été émergées, les femmes se sont battues pour obtenir la pleine égalité. La Cinquième République commence avec le gouvernement du général de Gaulle, Charles de Gaulle, après la présentation d’une nouvelle Constitution adoptée le 5 octobre 1958. Toutefois, la gouvernance commence officiellement le 8 janvier 1959. Il a introduit une nouvelle manière d’élire le Président, voté par référendum au suffrage universel direct, avec lequel il a été réélu à proprement parler en 1965 contre François Mitterrand. Cependant, s’ils détenaient la majorité des voix chaque 7 ans, ils ne devraient pas cohabiter au pouvoir avec d’autres partis politiques. Le général s’est vu attribuer tous les pouvoirs pendant six mois pour préparer un projet de Constitution (Guerrero, 1999) et résoudre le problème avec la guerre d’Algérie puisque pendant la Quatrième République, le gouvernement n’a pas été en mesure de le faire. C’était une époque marquée par l’augmentation du pouvoir présidentiel français qui accordait au chef de l’État le droit de grâce. Un idéal a été créé selon les croyances, les idées politiques et les actions du général : un mélange d’aspects conservateurs et modernes. Il a su se présenter au peuple comme un président proche en contact direct avec le peuple français, puisqu’à travers les référendums, ils communiquaient directement sans intermédiaires. En plus, il a nommé comme Premier Ministre Georges Pompidou, une personne très proche du général, en 1962, dont le mandat a duré jusqu’en juillet 1969. 5 Comme l’affirme de Montalais (1969) : « on le voit, le gaullisme se caractérise tout d’abord par la volonté : elle seule force le destin ; le mouvement : il est la règle humaine ; la lucidité : elle commande la réussite ». Quant à sa politique culturelle, la culture était un aspect fondamental du pays dans la Vème République (l’importance de la chanson, de la culture, de la poésie…), l’instrument pour que la France retrouve sa grandeur, on peut transformer le monde avec la culture, la responsable de la domination de tout. Cette idée est construite par Charles de Gaulle. Pour cette raison, il participe à l’ouverture de la Maison de la Culture de Bourges. En outre, pour la propagande de la culture et sa diffusion, la télévision prend une grande importance à la fin des années 50 et dans les années 60. Le général voit la nécessité de contrôler les médias, car ils sont un moyen de communication très puissant. C’est pour cela que la population française a critiqué ces médias à cause de sa censure et sa puissance politique. À la fin des années 60, plusieurs manifestations se déroulent sur une période de cinq à six semaines, principalement en présence de femmes ouvrières et de jeunes étudiantes. Au cours de ces manifestations et grèves, il y a eu tellement de violence que l’activité économique et le pays ont été paralysés. Mai 68 avait pour objectif la destruction du gaullisme, de l’impérialisme et du capitalisme, car le pays avait besoin de se moderniser (Ross, 2005) face à la nouvelle ouverture d’esprit de la population et aux progrès sociaux. Ce fut un mois marqué par les incendies, les vols violents, les manifestations, les violences, les arrestations d’étudiants par la police, la fermeture des universités, les meetings, les barricades, l’occupation d’universités et d’usines à l’origine par le Quartier Latin parisien. Le 17 mai 1968, l’ORTF décide de ne pas se conformer aux règles du gouvernement et de transférer la réalité des grèves et la situation de l’époque aux médias (Suzzoni, 1988). En conséquence, la société se rend compte du contrôle, de la censure et du manque de liberté instaurés par le gouvernement du général de Gaulle et de plus en plus d’employés de différents secteurs se sont ajoutés aux grèves. Enfin, le 28 avril 1969, de Gaulle démissionne de son poste de gouvernement. En conséquence, Alain Poher, le président du Sénat, a pris la 6 présidence (Fernández, 2019) de la France jusqu’à ce que des élections soient à nouveau convoquées. Le second président de la Cinquième République fut Georges Pompidou (ancien Premier Ministre du général de Gaulle, période où il était chargé de négocier et d’organiser des réunions avec les ouvriers (Suzzoni, 1988) qui ont manifesté lors des révoltes de mai 68) après avoir été élu au second tour des élections du 1er juin 1969, de sorte que son mandat commença officiellement le 20 juin de la même année. Son objectif était la modernisation et le progrès du pays français. Passionné par l’automobile, l’art et le développement économique, il a lancé des projets industriels tels que la création du TGV, entretenu des relations avec les États-Unis, et le pays entre dans la Communauté Économique Européenne et il légalise la vente de contraceptifs. Bien que la France ait évolué, Georges Pompidou meurt deux ans avant la fin de son mandat politique, en 1974. Le 19 mai 1974, le second tour des élections de la Cinquième République française nomme le troisième président, Valéry Giscard d’Estaing. Valéry Giscard avait pour objectif la modernisation du pays, à la fois sociale, économique et politique. Au cours de leur mandat, les femmes occupaient de hautes fonctions politiques. Il a voulu élever le rôle des femmes et leur donner les libertés et les droits que les hommes possédaient déjà. En effet, au cours de ses compagnes télévisées ou politiques, il venait avec sa femme et s’adressait même à la population, comme son mari. Malgré cela, il a été très critiqué par la société. Valéry Giscard d’Estaing qui nomme 9 femmes entre 1974 et 1981 : Simone Veil, Françoise Giroud, Hélène Dorlhac, Alice Saunier-Séïté, Annie Lesur et Christiane Scrivener, Nicole Pasquier, Monique Pelletier et Hélène Missoffe. Le pourcentage de femmes passe de 3 % sous la présidence de Georges Pompidou à 9,5 %. Pour la première fois depuis 1947, une femme est ministre : Simone Veil, ministre de la Santé (Bard, 2007). Sous sa présidence, des lois telles que la loi Veil ou la loi Haby, particulièrement importantes pour l’évolution et la libéralisation des femmes, ont été adoptées. 13 Le principe de l’obligation scolaire n’apparaît que le 28 mars 1882, sous la IIIème République. Elle s’étend de 6 à 13 ans. Il faudra ensuite attendre le 9 août 1936 pour voir l’instauration de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans. Enfin, ce n’est que depuis l’ordonnance du 6 janvier 1959 que l’obligation de scolarité est étendue jusqu’à l’âge de 16 ans (Diebolt, 1999). Dans les années 20, les citoyens français commencent à remarquer que la coéducation contribue à assurer le développement positif des enfants et d’un pays démocratique, c’est-à-dire, qu’il ne s’agit pas d’une position féministe (Raymond, 2006). En même temps, ce sont les familles françaises elles-mêmes qui demandent au ministre de l’Instruction publique de mêler les garçons et les filles aux cours. Cependant, il existait des écoles pour enfants où les filles étaient présentes en raison du manque d’écoles pour les femmes. Grâce au décret de 1924 du ministre Léon Bérard, l’enseignement féminin est assimilé à l’enseignement secondaire masculin : les filles peuvent désormais suivre les mêmes programmes et passer les mêmes examens de fin d’études. Une autre circulaire datée du 10 aout 1926 s’adresse aux recteurs et ne concerne dans un premier temps que les collèges communaux. Seuls les établissements de moins de 150 élèves ont alors le droit d’accueillir des jeunes filles (Pezeu, 2014). Comme en Espagne, les études scientifiques étaient destinées au public masculin, tandis que les études littéraires étaient destinées aux femmes. En revanche, si un garçon voulait approfondir ses études littéraires, il devait fréquenter des lycées des femmes et vice versa (Gleyser, 2021). Grâce à l’évolution des mentalités dans la société française, à l’accès à l’enseignement supérieur et au développement industriel, de nombreuses femmes ont pu entrer dans le monde du travail avec une plus grande qualification, ce qui a entraîné une augmentation du nombre d’étudiantes. Jaoul-Grammare (2011) constate que : « en 1919 est créé le baccalauréat féminin, mais il faudra toutefois attendre 1965 pour que le taux de scolarisation des filles atteigne celui des garçons et 1968 pour que le nombre de bachelières égale le nombre de bacheliers ». Après la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1945, le plan LangevinWallon n’avait pas pour objectif la mise en place d’un nombre équitable de filles et de garçons, mais il visait à mettre en place un programme et un système éducatif égalitaire. Il n’est finalement pas entré en vigueur après avoir été présenté en 1947 par le ministre d’Éducation Nationale vu la division politique. Cependant, sa proposition a servi de modèle pour la création de la nouvelle éducation européenne actuelle (Ferrer, 2008). 14 La réforme Berthoin de 1959 légalise les lycées mixtes nouvellement construits ; c'est le cas aussi en 1963 pour les Collèges d'enseignement secondaire. En 1965, des administrateurs de l'Éducation nationale se penchent sur la coéducation présentée comme une conséquence de l'évolution de la société (Zancarini-Founel & Vigna, 2013). Comme nous avons pu le constater, la présence des filles dans les écoles de garçons remonte à la fin du XIXe siècle, mais le programme éducatif était totalement différent. L’éducation des femmes était destinée à s’occuper du foyer, à apprendre à coudre et à être une bonne mère. En raison des différences entre les sexes à l’époque, il existait des matières de gymnastique pour les filles, en guise d’exemple, la « gymnastique non sportive » et la « danse et autre expression corporelle » (Attali & Ottogalli-Mazzacavallo & Saint-Martin, 2011). Grâce aux changements sociaux des années 60 et 70 comme la révolution de Mai 68, la population s’est modernisée et elle exigeait de nouvelles réalités et de nouvelles réformes où l’égalité des sexes était imposée. Pour cette raison, la loi Haby de 1975 a été promulguée. La mixité est devenue obligatoire dans tous les établissements d’enseignement et à tous les niveaux. Bien que la loi exigeât le respect avant tout des élèves indépendamment du sexe, selon Marie Duru-Bellat, les filles jouaient à des jeux proprement féminins, elles avaient moins de temps pour répondre aux questions des examens et leurs actions étaient sexuées aux yeux des hommes. Le traitement des enseignants envers les élèves était marqué par la différenciation, dans ce cas-ci, ils étaient les personnes dominantes. Pour cette raison, de nombreux programmes pédagogiques demandent de consacrer plus de temps aux filles et de prendre soin du langage machiste présent dans la salle de classe (DuruBellat, 1995). Comme nous pouvons le constater, comme dans le cas de l’Espagne, la France a peu à peu évolué par rapport à la situation des femmes dans l’éducation. Bien qu’il y ait une république en France et que l’Espagne soit en train de mettre fin à la dictature franquiste, les réformes et les similarités éducatives ne semblent pas lointaines dans le temps, car auparavant l’enseignement des filles était basé sur l’aiguille, les tâches ménagères et la maternité. Ce sont les années 60 et 70 qui ont permis à la mentalité sociale d’évoluer vers une éducation égalitaire. 15 3. La sexualité Un autre aspect qu’un pays présente pour connaître sa culture, sa société, ses coutumes, sa vision de la vie et du développement de chaque individu est la sexualité car elle est liée au mariage, à l’éducation, à la jeunesse et aux loisirs. 3.1. En Espagne En Espagne, la dictature franquiste voulait établir l’ordre social et politique. Comme nous l’avons indiqué précédemment, la Section féminine était chargée de l’éducation des femmes, avec l’aide de l’Église et de l’apostolat séculier (Action Catholique Féminine) (López, 1986). Le rôle de la femme était réduit au foyer et à la maternité, c’est-à-dire, à la soumission envers l’homme. Quant à la prostitution, dans le préambule du nº230 du BOE du 25 septembre 1962, en ce qui concerne les dispositions générales du ministère des affaires étrangères, l’Espagne a adhéré à la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution signée à Lake Success, New York, le 21 mars 1950. C’est pourquoi le Code Pénal espagnol a été réformé un an plus tard, conformément aux mesures prises. Toute personne qui contribue au financement ou participe à la construction des bâtiments destinés à l’exploitation sexuelle est punie car elle met en danger la vie personnelle et communautaire et va à l’encontre des valeurs et de la dignité de l’être humain. La loi n’interdit pas la prostitution, mais elle interdit les comportements et les situations qui l’entourent (Valiente, 2004). Des années plus tard, à l’article 5 de la loi 16/1970 du 4 août, sur la dangerosité et la réhabilitation sociale du BOE nº187, les prostituées sont qualifiées de dangereuses pour la société et doivent donc être placées dans des centres de rééducation. En Espagne la prostitution, apparemment, était abolie sur le plan législatif, mais elle n’était pas totalement interdite en réalité. Nous constatons la domination du plaisir masculin face à la liberté sexuelle féminine, car ce type d’activité était destiné aux hommes et nous devrons attendre 1995 pour que des mesures d’évolution et de liberté sexuelle soient réellement prises. En ce qui concerne l’avortement, le 25 décembre 1936, la Deuxième République espagnole a autorisé, en Catalogne, l’avortement aux femmes qui, 16 pour des raisons sanitaires, héréditaires ou morales, doivent ou veulent avorter. Cette pratique pouvait être pratiquée jusqu’à 12 semaines après la grossesse de la mère. Pour ce faire, ils devaient être en possession d’un document contenant des informations médicales car, s’il était établi dans un établissement privé, le professionnel perdait son diplôme et les responsables étaient sévèrement punis (Casado, 2020). En même temps, l’article 416 du chapitre III relatif à l’avortement et sous le titre "infractions contre les personnes" du Code pénal de 1944, l’avortement était puni d’une amende ou d’une arrestation majeure ou mineure s’il était provoqué, non naturel. Ainsi était puni tout membre qui aidait ou facilitait quelque chose ou moyen que ce soit pour sa pratique. Se produjo un aumento significativo de la prostitución, tolerada hasta 1956, fenómeno que se convirtió en una válvula de escape de una sociedad moral y sexualmente opresiva, sometida a los preceptos de la Iglesia. Con aquella característica doble moral que utilizó el franquismo la prostitución se dividió en “legal” y “clandestina”. Había más de mil cien prostíbulos censados en la España del año cuarenta conocidos como “casas de tolerancia” que pagaban sus impuestos y eran inspeccionados (Ortiz, 2006). Les années 60 et 70 ont été une époque d’évolution dans tous les domaines, en l’occurrence ceux de la femme et de l’égalité entre les hommes et les femmes. Cependant, il faut attendre le 5 juillet 1985 pour que la réalité soit conforme à la loi. Le tourisme abortif a augmenté en raison de la pénalisation espagnole : seules les femmes de rang social élevé pouvaient se le permettre, de sorte que le reste de la population humble le pratiquait de manière clandestine et les risques et le danger (Landrove, 1987) qu’elles subissaient étaient remarquables. La contraception a constitué une révolution dans tous les domaines car elle a permis à la population, et en particulier aux femmes, d’obtenir cette liberté sexuelle sous tous ses aspects. De cette façon, les femmes pourraient diviser la pratique du sexe par plaisir ou pour la reproduction humaine. De toute évidence, les méthodes contraceptives, comme l’avortement, étaient pénalisées par le gouvernement franquiste. Après la mort de Franco, le pays était en train de créer un nouveau gouvernement démocratique. El uso de dichos fármacos, que se popularizará, relativamente, en los años sucesivos, en especial a partir de 1964 cuando se autoriza la venta de Anovial 21 en España, venía matizado por un marco legal disuasorio de la anticoncepción y un marco doctrinal católico también problemático (Rodríguez-Ocaña, Ignaciuk & Ortiz-Gómez, 2012). 17 En vertu de l’article 416 du chapitre III relatif à l’avortement et sous le titre "infractions contre les personnes" du Code pénal de 1944 susmentionné, quiconque aide ou offre de ne pas procréer est passible d’une amende ou d’une arrestation, c’est-à-dire, qu’il divulgue les différents types de méthodes contraceptives. La Asociación Española de Planificación Familiar (AEPF) a été créée en 1978 par un groupe féministe afin d’établir une connaissance complète de l’utilisation et de la composition des moyens contraceptifs et de la bonne pratique de l’avortement grâce au soutien et aux contacts d’autres pays comme la Grande-Bretagne (Rodríguez-Ocaña, Ignaciuk & Ortiz-Gómez, 2012). Après le progrès social de la transition espagnole, sous le règne de Juan Carlos I, la Ley 45/1978, de 7 de octubre, por la que se modifican los artículos 416 y 343 bis del Código Penal est publiée. À l’article 416, l’expression « … o de evitar la procreación… » est supprimée, de sorte que la contraception est instaurée comme légale, de même que l’article 343 qui introduit une légalité pour sa consommation et son utilisation. 18 3.2. En France En ce qui concerne la prostitution, le pays français, comme l’Espagne, adhère à la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’Exploitation de la Prostitution signée à Lake Success contre les valeurs propres à l’être humain, de la communauté et de la famille car elle met en danger leur santé (Lecame, 2012) avec la Loi nº60-754 du 28 juillet 1960 autorisant la ratification de la convention pour la répression de la traite des êtres humaines et de l’exploitation de la prostitution d’autrui, adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies, le 2 décembre 1949. Le droit français n’impose aucune réglementation à la prostitution, considérée comme une activité privée, mais instaure une double politique pénale et sociale. La police est en charge de la répression de l’organisation et de l’exploitation de la prostitution d’autrui (i.e. le proxénétisme) comme de ses manifestations publiques perturbatrices (racolage) tandis que les travailleurs sociaux ont pour mandat d’assurer la prévention de la prostitution et d’offrir rééducation et réinsertion à ses victimes (Mathieu, 2013). Il s’agissait d’une profession privée, mais elle était conditionnée à ne pas être exercée dans des lieux proches liés à la pratique de la religion, dans des écoles ou des espaces occupés majoritairement par des enfants (Lecame, 2012). La relation entre la révolution de Mai 68 à tous les niveaux et la réforme des lois françaises peut sembler inexistante. Car, d’une part, les femmes peuvent choisir et ce qu’elles font de leur corps et, d’autre part, nous pouvons penser que la culture progresse plus vite que la législation en raison de la duration de la loi. Quant à la pratique de l’avortement, comme en Espagne, elle était interdite et condamnée, dans ce cas, jusqu’à l’approbation de la loi Veil en 1975. Sous le régime de Vichy, l’avortement était condamné par le Tribunal d’État à la peine de mort en tant que châtiment et les coupables étaient guillotinés publiquement (Almonte, 2017). En plus, Harmon (2016) affirme que : « le 31 juillet 1920, la loi « réprimant la provocation à l’avortement et à la propagande anticonceptionnelle » est adoptée. L’avortement est puni de six mois à trois ans de prison et une amende pouvant aller jusqu’à 3000F ». Dans les années 60 les mouvements et luttes féministes prennent une grande importance au niveau national et mondial grâce à Mai 68. Comme l’affirme More (2004), le 24 mai 1961, le premier centre de Planning Familial est créé à Grenoble pour informer de manière adéquate de toute question relative à 19 la sexualité, à la maternité, à l’avortement ou à la vie en couple, bien que des années plus tard, il commence à s’étendre à toute la France. En vue d’une demande de la réforme législative, un manifeste portant le nom de 343 femmes est publié dans Le Nouvel Observatoire en 1971, déclarant ainsi avoir pratiqué l’avortement de manière illégale antérieurement, soit clandestinement sur le territoire français ou lors de voyages organisés dans d’autres pays comme la Hollande ou l’Angleterre afin de pouvoir avorter (Pavar, 2009) avec la méthode Karman qui consiste à aspirer le fœtus de l’utérus sans anesthésie. Face à cette lutte pour la légalisation et la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse et la contraception, le Mouvement de libération des femmes a été créé en 1973. À l’origine, c’était un mouvement non mixte. Mai 68 a signifié l’union de femmes avec des professions, des âges, des origines et des classes différentes pour lutter pour un même objectif et revendiquer l’égalité des genres avec la libération des femmes (ZancariniFournel, 2003). Le nombre de professionnels de la santé, de jeunes, de mères et de couples qui ont été condamnés pour avoir pratiqué cette pratique a été augmenté. Selon Zancarini-Fournel (2003), la même année où le MLAC avait été créée, une femme médecin et anesthésiste du nom d’Annie Ferrey-Martin a été inculpée pour avoir pratiqué l’avortement sur un mineur : elle a ainsi déclaré avoir pratiqué plus de 500 avortements en commun au cours de l’année. Malgré sa pénalisation et sa condamnation, les femmes le pratiquaient, il fallait donc le légaliser et ne pas mettre en danger la vie des femmes puisqu’il était pratiqué illégalement. C’était un problème qui se posait dans le pays et qui nécessitait une régularisation. Cependant, la lutte pour l’interruption volontaire de grossesse (IVG) va de pair avec la contraception comme méthode pour prévenir l’IVG. Après cinq propositions faites par des partis de gauche rejetés, la Loi nº7517 du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse fixe la durée maximale légale de la grossesse, dans un délai de 10 semaines, avec les risques encourus par la femme et le consentement de celle-ci. Si elle est mineure, elle doit avoir le consentement de ses parents ou de son tuteur légal. Malgré cela, les médecins eux-mêmes peuvent refuser de pratiquer l’avortement. Simone Veil, ministre de la Santé en 1974, était chargée de porter le projet à l’Assemblée 20 Nationale. Grâce à elle et à son discours, la loi a été voté malgré la majorité des parlementaires masculins. Elle demandait la dépénalisation, la liberté et la gratuité de ce droit car il était évident que même s’il était illégal, la pratique existait et le nombre de femmes qui mouraient ou étaient en danger dans ce processus était très élevé. Au bout de quatre ans, la loi n°79-1204 du 31 décembre 1979 introduit l’accessibilité des femmes à l’avortement dans les conditions de la loi de 1975 (Marguet, 2014). En raison du peu de réformes apportées à leur dernier amendement, les femmes sont retournées dans la rue pour continuer à lutter pour leurs libertés. Encore une fois, une manifestation de femmes a eu lieu en octobre 1979 (Zancarini-Fournel, 2003). En revanche, la dépénalisation de la contraception s’est produite des années avant celle de l’avortement. Grâce à la loi, la population féminine française a eu accès à l’achat de contraceptifs. Cela a déclenché la liberté sexuelle féminine car pour la première fois, les femmes pouvaient profiter de leur vie sexuelle et pouvaient décider de leur corps. Le problème est que, dès la fin des années 50, des médicaments contenant des composants tels que les œstrogènes (propres à la pilule contraceptive) étaient vendus dans les pharmacies, mais ils n’étaient pas en vente comme méthode de protection contre la grossesse. Chauveau (2006) affirme qu’Enovid a été la première pilule mise en vente sur le marché français en 1961. La Loi nº67-1176du 28 décembre 1967 relative à la régulation des naissances et abrogeant les articles L.648 du code de la santé publique, autorise la vente en pharmacie et la fabrication de contraceptifs. Si l’enfant est mineur, il doit avoir le consentement écrit de l’un des parents ou de son tuteur légal. La propagande de ces méthodes ou de l’avortement sont interdits dans le cas des médecins ou des médecins. Et en aucun cas, l’État ne couvre les frais de sa vente. Cette loi est connue sous le nom de loi Neuwirth puisque Lucien Neuwirth était responsable de sa présentation à l’Assemblée le 1 juillet 1967 (Keller, 2019) avec le soutien de Simone Veil. Ensuite, comme l’explique Roux (2020) : « l’arrêté du 2 avril 1972 fixant les conditions techniques requises des établissements et cabinets m´médicaux pour l’insertion des contraceptifs intrautérins : précise le matériel nécessaire afin de pouvoir obtenir l’autorisation d’insérer des contraceptifs oraux ». 21 Finalement, la Loi n°74-1026 du 4 décembre 1974 portant diverses dispositions relatives à la régulation des naissances, supprime l’obligation de l’autorisation parentale pour les mineures qui veulent consommer des produits contraceptifs, instaure la gratuité de ceux-ci et autorise leur distribution dans des centres où s’exerçait la panification familiale. Toutes ces réformes aident les femmes à accéder à la liberté sexuelle. Toutefois, les conditions d’accès étaient très strictes car elles ne pouvaient pas toutes obtenir leur prescription médicale et ils n’étaient pas tous financés par le gouvernement. 22 4. Le mariage Le mariage dans la société jusqu’à la première moitié du XXe siècle a signifié l’union entre les hommes et les femmes établissant ainsi le rôle de la femme. Elle se limitait à s’occuper du mari, du foyer et de leurs enfants, c’est-àdire, à être une bonne femme et à la maternité sous tous ses aspects. Avec le divorce et la séparation, les femmes pourront se libéraliser et commencer à ne plus être soumises par aucun homme. 4.1. En Espagne Au cours de la Seconde République espagnole, une loi autorisant le divorce est entrée en vigueur. Cela provoque la séparation de l’Etat et de l’Eglise car, dans ce cas, l’Eglise n’a aucun pouvoir dans les démarches républicaines et cette loi a représenté un petit progrès dans l’éradication de la société patriarcale (Isanta, 2018). Cependant, avec la nomination du Général Franco comme chef de l’État et dictateur militaire en 1936, toutes les petites libertés promues par les républicains ont disparu après la Guerre Civile espagnole en 1939. Le mariage était fondé sur la religion officielle, le catholicisme, comme toute réforme et toute règle de la dictature puisque l’Église avait un grand pouvoir à l’époque : l’Église et l’État sont à nouveau unis. Le mariage était étroitement lié à la religion : l’union conjugale devait être comme l’union d’une personne avec Dieu : éternelle et inséparable. C’était une époque de répression féminine car elles sont devenues entièrement dépendantes du mari. Le fait de sortir à la rue toutes seules ou avec un homme qui n’appartenait à leur famille était mal vu. Le Code pénal punit sévèrement la femme qui commet l’adultère (la femme mariée qui couche avec un homme qui n’est pas son mari), alors que pour les hommes, il n’est un délit que s’il s’agit d’un mariage (le mari doit avoir une femme dans la maison conjugale ou à l’extérieur) (Ortiz, 2006). En 1941, Franco annula tout mariage non religieux et le divorce autorisé survenu pendant la seconde république. En outre, tout mariage survenu après un divorce républicain a été contesté et pratiquement annulé. Le mariage civil était autorisé pour les catholiques excommuniés ou non baptisés sur le support d’une déclaration juridique. 29 à la demande d’emplois sur le territoire, à l’âge de retraite la population, à la mentalité présente dans la société ou au niveau d’études requis pour un emploi donné et à la méconnaissance des citoyens (Ortega, 1975). Il s’agissait de la transition politique, de dépasser la répression et à sentir la vraie liberté. 30 5.2. En France En France, comme en Espagne, les femmes ont toujours travaillé. Toutefois, les conditions de travail n’étaient pas les mêmes, le patriarcat régnant dans le pays. En général, les femmes étaient chargées des tâches ménagères, même si elles avaient un travail complémentaire et rémunéré, seulement par nécessité économique. Malgré cela, l’homme était le responsable de gagner de l’argent à la maison (Barrère-Maurisson, 1984). En fait, les femmes prenaient les postes de travail des hommes lorsqu’ils partaient à la guerre pendant la Première Guerre mondiale, comme professeures des lycées de garçons, conductrices de tramway ou factrices (Schweitzer, 2002). Cependant, comme en Espagne, les différentes branches du travail destinées aux hommes et aux femmes étaient bien marquées : les soins infirmiers, le secrétariat, l’emploi à domicile, l’éducation des enfants à l’école ou la vente en magasin étaient les principaux emplois des femmes, tandis que les hommes pouvaient exercer n’importe quel emploi. Les points 3 et 5 du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 garantissent les mêmes droits de la femme à l’égard de l’homme, ainsi que le droit et le devoir de travailler sans subir de préjudice pour les deux sexes. Toutefois, selon Claire Duchen, l’accès à l’emploi dépendait également du nombre d’enfants issus d’un mariage, car plus une femme avait d’enfants, moins elle avait de chances d’obtenir un emploi en s’occupant d’eux. La nouveauté est qu’il en est de même pour les femmes bourgeoises et les épouses (Duchen, 2005). En réalité, la différence entre les hommes et les femmes et l’inégalité demeuraient présentes dans le travail. À partir des années 60, après les réformes de l’éducation, la révolution du Mai 68, les changements évolutifs de la société et l’augmentation du nombre de femmes dans les universités, elles commencent à entrer plus fréquemment sur le marché du travail. Selon Schweitzer (2002) : « 6,6 millions de femmes sont actives en 1962, 7,1 en 1968, 8,1 en 1975, avec ensuite une progression au rythme d’un million d’actives supplémentaires tous les dix ans, pour totaliser 12 millions en 1999, pour 14 millions d’hommes ». Après la Loi nº65-570 du 13 juillet 1965, bien qu’elle soit entrée en vigueur un an plus tard, qui donne aux femmes le droit d’ouvrir librement un compte 31 bancaire indépendant à leur mari dans l’article 221. L’article 223 exprime que la femme a le droit de travailler sans le consentement de l’homme. Cela a provoqué le début de l’histoire de la libération des femmes travailleuses. Ils pouvaient désormais avoir leur propre autonomie personnelle et citoyenne, ne pas dépendre de leur époux ni d’aucun homme et réaliser progressivement leurs rêves. Malgré cela, l’inégalité entre les sexes persistait. En outre, l’article 29 de la loi n°66-1044 du 30 décembre 1966 relative à la garantie de l'emploi en cas de maternité prévoit l’impossibilité de licencier une femme enceinte pendant une période de 12 semaines après l’accouchement. En fait, si une entreprise le faisait, elle prenait le risque d’être indemnisée. C’est la première fois que la nature de la femme enceinte est protégée par le gouvernement et l’économie, c’est-à-dire qu’elle pouvait continuer sa vie même si elle était absente pendant cette période pour prendre soin de sa santé. Il faut attendre la loi nº 72-1143 du 22 décembre 1972 relative à l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour constater que le rôle de la femme travailleuse a progressé dans la société. Le premier article déclare l’égalité salariale à travail égal, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Laufer (2003) affirme que : « le principe de l’égalité de traitement a été formulé par la Directive européenne du 9 février 1976 et il est sous-jacent à la loi du 13 juillet 1983, même si le terme n’y figure pas explicitement ». Les années 60 ont été décisives et significatives pour la femme travailleuse en France pour obtenir les droits et libertés qu’elle méritait par rapport à ceux déjà acquis par les hommes. À la fin des années 1950 et au début des années 1960, la culture devient un aspect fondamental de la société française sous la présidence de Charles de Gaulle. Bien que la télévision soit un moyen de communication utilisé pour diffuser la culture, le gouvernement contrôlait ses émissions. Cependant, il faut souligner l’augmentation du nombre de speakerines à la télévision, plus précisément à l’ORTF : des femmes présentatrices d’émissions télévisées. Leur image devait être soignée, c’est-àdire, qu’elles devaient être bien coiffées, bien habillées et ayant une éducation propre à la classe moyenne. Une femme élégante, à l’image du patriarcat et représentant les valeurs familiales de l’époque. La scène ressemblait à un salon de maison, avec un canapé, une table basse et un fauteuil où étaient 32 normalement assises les speakerines. Cela aidait le spectateur à établir un lien familial (Champagne, 1971) puisqu’il s’adressait fréquemment à lui et regarder la télévision en famille a commencé à être un moment où tout le monde pouvait profiter ensemble. Une fois de plus, la société française développe une nouvelle conception de la femme, afin que, des années plus tard, l’égalité entre les hommes et les femmes soit égale dans tous les domaines, en l’occurrence dans le travail. 33 6. Littérature La littérature a toujours été un aspect fondamental dans la culture, la société et l’histoire, car elle peut dans la plupart des cas, représenter la situation de l’époque. Avec la littérature nous pouvons nous téléporter à une certaine année, siècle ou au moment que les lignes précisent. Dans ce travail, à travers deux auteurs : une écrivaine espagnole, Carmén Martin Gaite et une écrivaine française, Annie Ernaux, nous allons analyser la présence de la réalité, en soi, la société dans les années 60 et 70 a bien évolué par rapport au rôle et à la libération de la femme. 6.1. Carmen Martín Gaite Carmen Martín Gaite est née en 1925 à Salamanca et elle est morte le 23 juillet 2000 à Madrid. L’idéologie familiale était proprement libérale, ils étaient contre l’enseignement religieux présent à cette époque, par lesquels leurs parents ont décidé de ne pas l’inscrire à l’école et ainsi recevoir l’éducation littéraire et historique de leur père. Cependant, plus tard, elle a reçu l’éducation destinée aux filles et établie dans l’Espagne de la guerre civile en raison de l’impossibilité de son transfert à Madrid. Carmen était une femme qui a parcouru le monde car elle a reçu une bourse de l’Université de Coimbra (au Portugal) puis du Collège International de Cannes (en France). À cette époque, l’Espagne était en pleine dictature franquiste, alors que le pays français n’était pas aussi oppresseur, et ils connaissaient plus de libertés que les femmes espagnoles pendant le franquisme, tout comme la diversité sociale et culturelle. Pour cette raison, Carmen a toujours été influencée par l’époque dirigée par Francisco Franco et elle a ressenti le besoin de raconter et d’écrire à ce sujet. Escartín (2014) ajoute que : « su narrativa evidencia que opta por un continuo monólogo a través de textos escritos, en una incesante búsqueda de la identidad que ella misma asocia con recuperar la salud ». Dans la plupart de ses œuvres littéraires, c’est le scénario dans lequel se déroule l’action. Grâce à sa production littéraire, elle a obtenu plusieurs prix tels que le prix café Gijón au Prix National de Littérature en 1978 ou le Prix du Prince des Asturies des Lettres en 1988. 34 6.1.1. Entre visillos Le premier roman de Carmen Martín Gaite publié en 1957 a reçu le Prix Nadal la même année. Dans cette œuvre littéraire, le mouvement réaliste est présent puisqu’il représente la réalité de la jeunesse féminine à une époque de répression politique qui va influencer tous les aspects du pays espagnol puisqu’il était régi par la dictature franquiste dans les années 50. Dans le cas de Carmen, contrairement à la caractérisation d’Annie Ernaux par le réalisme, elle affirme dans l’une de ses interviews réalisée par Fernandaz (1979): « yo creo que Entre visillos es mi única contribución al realismo objetivo o social, porque mi libro anterior, El balneario, estaba influido por Kafka y de realismo social tiene bastante poco ». Il faut noter que dans ce roman il y a plusieurs narrateurs : Pablo Kein, Natalia Ruiz à la première personne (dont le récit possède des éléments subjectifs puisqu’ils racontent leurs expériences personnelles dans un journal) et un autre à la troisième personne. Carmen raconte l’histoire d’un groupe de jeunes étudiantes de Salamanque dont les prétentions sont totalement différentes. Dans les années 50, la société était encore représentée par la maternité, les soins au foyer et le mariage, les trois rôles d’une femme. La mentalité conservatrice et catholique prédominait, surtout à Salamanque où elle vivait, une ville marquée par le manque d’opportunités, les coutumes, la tradition et la monotonie. Cependant, de nombreuses jeunes filles voulaient dépasser la répression nationale et la pression sociale pour être libres et indépendantes. Pour elles, à aucun moment la recherche d’un petit ami pour devenir un mari n’a été leurs objectifs. Mais la continuité de leurs études l’a été. C’est le cas de Natalia Ruiz, âgée de six ans, avec son amie Elvira, fille du directeur du centre où elles se rendaient ensemble. L’avantage de Natalia était que sa famille appartenait à une classe sociale élevée, ce qui lui permettait d’étudier car l’après-guerre a provoqué une grave crise. Le langage d’Entre Visillos est caractérisé par des expressions familières propres aux adolescents, à titre d’exemple, « no rica, si por mí bien dejada estás » (page 88), « te vas a la porra » (page 89) ou « que no tía, qué disparate » (page 127). Devant la présence de ces expressions, le lecteur s’immerge dans le contexte de l’action. 35 Le fonctionnement de Natalia est le non-conformisme, opposé à celui de ses amies et de la société. Ce sont des femmes qui sont nées dans un pays où la lutte pour des aspects non inclus dans la dictature était punie, c’est-à-dire où les femmes n’avaient d’autre choix que de se contenter de leur condition sociale et de leur rôle établi dans la société. C’est pourquoi un nouveau débat personnel apparaît en elle : supprimer et refuser la soumission masculine en luttant pour ses études contre le normatif et devenir indépendant. Le roman représente la société patriarcale, la nécessité des consentements parentaux pour la raison qu’ils étaient ceux qui dominent et l’amour a toujours été un pilier fondamental chez les franquistes puisque la femme devait se marier afin de fonder une famille. Julia Ruiz, la sœur de Natalia et Mercedes est tombée amoureuse d’un jeune madrilène, Miguel. Toutefois, son père ne lui donne pas le consentement à l’engagement des deux et Mercedes n’aime pas la relation qu’ils ont puisque Miguel traite mal sa sœur. À la page 72, le langage de Miguel devient agressif face à la conversation qu’il a avec Julia car il dit qu’il ne lui donne que des problèmes, qu’il ne le soutient pas. En fait, Miguel voulait juste qu’elle laisse sa famille, aille avec lui à Madrid et se marie, car il est censé lui donner la vie pour être une bonne épouse et une bonne mère. Le problème est que Julia avait déjà 27 ans, un âge où la plupart des femmes étaient déjà mariées et si elle continuait sans la permission de son père, aucun homme ne l’aimerait à cause de son âge. C’est pourquoi elle décide de partir à Madrid et de commencer sa nouvelle vie. La famille d’Elvira Domínguez et son frère Teo, était totalement opposée puisque la fille a reçu un enseignement de base sans aspects religieux. Elle aime la peinture, mais dans sa chambre elle peut créer librement même si, à cause du contrôle politique et social, elle ne peut pas le faire. Elvira ne cherchait pas de petit ami car, comme Natalia, elle voulait être libre dans le futur. Emilio tomba amoureux d’elle et l’embrassa. Avec cela, il pensait déjà qu’ils seraient fiancés et mariés, mais la situation est accablante pour Elvira et lui dit de ne pas la revoir pendant une longue période (page 101). Dans ce cas, c’est lui la personne faible (page 197), pas la femme comme elle l’était à l’époque. Cependant, elle avait également une relation spéciale avec le professeur d’allemand, Pablo Kein. Cela montre la lutte contre les coutumes, elle ne voulait pas s’attacher à aucune étiquette et ne voulait pas avoir de petit ami. Cependant, devant sa relation avec 36 Paul, elle s’excuse de ce qui s’est passé car elle ne comprend pas pourquoi il l’a fait. Cependant, les danses commencent à être le lieu de rencontre commun des jeunes, hommes et femmes. Dans les années 50, il existait aussi des lieux destinés à un type de public : les femmes allaient à la messe, restaient dans la cuisine et à la maison, tandis que les hommes travaillaient à l’extérieur et leur vie sociale se résumait au bar. Même dans le Casino où les jeunes filles venaient, il existe des zones divisées pour les deux genres. C’est le lieu où les couples se connaissaient, le lieu de socialisation. Un jour, un jeune homme propose de créer des couples de garçon et de fille pour aller ensuite dans une maison boire du chocolat et de l’eau-de-vie. Cependant, elles sont conditionnées par la permission de leurs parents car ils doivent arriver à une certaine heure ou dans le cas de Goyita, aller avec son frère (page 82). Les femmes devaient être timides et éviter tout contact physique, car la population parlait trop et les rumeurs créaient un profit pour les gens. Quand Elvira s’embrasse avec Pablo (page 115), il voit le baiser tout à fait normal, car en grandissant dans un pays étranger où il y avait plus de liberté, il avait l’esprit plus ouvert. Au contraire, elle devient nerveuse car elle ne sait pas s’il le dira à quelqu’un qui est ami avec son petit ami et son frère. C’est pourquoi il a décidé de ne plus la revoir (page 116). La personnalité d’Elvira représente la contradiction entre ses désirs et les normes sociales, car bien qu’il veuille se libérer sexuellement en le communiquant à Paul, il ne le fait pas. Finalement, comme conséquence de la préoccupation de Pablo face aux rumeurs de la société franquiste espagnole, Elvira se contente du rôle établi, le mariage avec Miguel. En revanche, Natalia Ruiz Guilarte a clairement son avenir, continuer à étudier et obtenir un diplôme universitaire. Elle entretient une amitié avec Pablo Klein, qui l’encourage à étudier. Un jour, elle l’a invité à un verre de vin (page 172) dans un café. Cependant, Natalia a osé et a oublié ce que les habitants de la ville diront d’elle, elle était trop fatiguée de la situation sociale et de la peur qui régnaient dans l’Espagne de Franco. Ce roman représente le conformisme d’une société et d’un pays ancrés dans la dictature franquiste, le cas de Julia et le non-conformisme de certaines, très peu de femmes face à leur condition sociale, en l’occurrence avec un pouvoir 37 d’achat élevé. Cependant, elles veulent être indépendantes, ne dépendre d’aucun homme et fuir le système familial patriarcal, même si Elvira n’y parvint pas. Même les nouvelles façons de socialiser les jeunes dans les danses comme points de rencontre. Mais surtout parce que l’enseignement, tant essentiel que facultatifs, c’est-à-dire universitaire, apparaît comme l’instrument de libéralisation des femmes puisqu’elles réussiront à travailler et à être indépendantes accompagné par le désir intérieur du personnage de Natalia, pour poursuivre ses études dans la capitale espagnole, à Madrid. 38 6.2. Annie Ernaux Annie Duchesne, plus connue sous le nom d’Annie Ernaux, est une écrivaine française née en Normandie, née le 1er septembre 1940 à Lillebonne. C’est une jeune femme qui passa les premières années de sa vie dans les Yvetot, également située en Normandie, où ses parents possédaient un petit magasin d’épicerie et qui apparaît comme scène dans beaucoup de ses œuvres littéraires. De plus, elle souligne son rôle social puisqu’elle a enseigné dans des collèges et instituts français où elle enseignait les lettres. C’est une femme avec des idées politiques de gauche car elles étaient principalement responsables de lutter contre les inégalités sociales qu’elle-même vivait. Selon Mcllvanney (1998) : « le contenu de son écriture est marqué par la situation sociale contemporaine de la France et par le rôle que la femme joue ». Elle est attribuée au mouvement littéraire du réalisme qui consiste à façonner la vie quotidienne de la manière la plus objective possible. Dans ses œuvres, nous pouvons constater la présence d’expériences personnelles et le récit des situations et de la vie quotidienne, tant de ses membres familiaux que de la sienne, c’est-à-dire que prédominent les œuvres autobiographiques. Elle a reçu plusieurs prix pour ses œuvres littéraires, en guise d’exemple, le Prix d’honneur du Roman 1977 ou le Prix Renaudot. 6.2.1. Une femme Annie Ernaux exprime dans Une femme (publié en 1988), ce qui est et ce qui n’est pas son livre : ni une biographie ni un roman. En revanche, elle doute de ce qu’elle est vraiment : quelque chose entre la littérature, l’histoire et la sociologie. Tout ce qu’elle voulait, c’était traduire la réalité objectivement, donc le langage utilisé n’est pas recherché, il est neutre (page 62). Malgré cela, après la relation mère-fille, Annie garde des images dans son esprit affectivement, elle ne peut pas ne pas exprimer ses sentiments d’amour envers elle. Elle utilise les images et les photos comme une façon de représenter la réalité à ce moment-là, objectivement. En effet, à la page 89, elle raconte elle-même la difficulté d’écrire, car pour elle, l’union de la femme démente avec la femme si vivante auparavant est tout à fait compliquée pour son souvenir. Annie Ernaux raconte tout ce que sa mère représente pour elle, la relation qu’elles avaient, elle est « la loi », « la figure dominante » (page 58), mais elle la représente aussi avec honte car elle a du caractère et s’exprime de manière 45 Barrère-Maurisson, M. (1984). Du travail des femmes au partage du travail : Une approche des régulations familiales face aux évolutions du travail : Le cas de la France depuis 1945. Sociologie Du Travail, 26(3), 243-254. Recuperado de : http://www.jstor.org/stable/43149229 Berbell, C. & Rodríguez, Y. (14 de mayo de 2016) El adulterio fue delito en España hasta 1978, castigado con hasta 6 años de cárcel. Confilegal. Recuperado de : https://confilegal.com/20160514-adulterio-fue-delito-espana1978-castigado-con-hasta-6-anos-de-carcel/ Bernecker, W. L. (1996). El papel político del Rey Juan Carlos en la transición. Revista de estudios políticos, (92), p. 113-137. Recuperado de : https://recyt.fecyt.es/index.php/RevEsPol/article/view/45591 Brey, G. (2016, enero-diciembre). Las causas de la guerra civil española de 1936-1939. Cambios y Permanencias, 7, p. 67-84. Recuperado de : https://revistas.uis.edu.co/index.php/revistacyp/article/view/7017/7289 Capel, R. & Pérez, M. (1999). Mujer y educación. Españolas en la Transición : de excluidas a protagonistas (1973-1982), p. 251-268. Carnicer, D. (2016) La educación de la mujer durante el franquismo (tesis de fin de grado). Universidad de Zaragoza, Zaragoza. Casado, L. (2020). El delito del aborto en España. (Trabajo final de grado). Universidad de Jaén, Grado en Derecho. Jaén. Recuperado de : https://hdl.handle.net/10953.1/12358 Champagne, P. (1971). La télévision et son langage : L'influence des conditions sociales de réception sur le message. Revue Française De Sociologie, 12(3), 406-430. Recuperado de : https://doi.org/10.2307/3320237 Chauveau, S. (2016). Les espoirs déçus de la loi Neuwirth. Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 18 | 2003. Recuperado de : http://journals.openedition.org/clio/623 ; DOI : https://doi.org/10.4000/clio.623 Constitución Española. Boletín Oficial del Estado, 29 de diciembre de 1978, núm. 311. 46 De Miguel, J.M. (1995) Cambio social en España. Documentación social, 101, 29-66. Recuperado de : https://caritas-web.s3.amazonaws.com/mainfiles/uploads/1995/11/DS100101-V-INFORME-SOCIOLOGICO-SOBRE-LASITUACION-SOCIAL-EN-ESPA%C3%91A-ocr.pdf De Montalais, J. (1969). Qu'est-ce que le gaullisme ?. Mame. Recuperado de : https://books.google.es/books?hl=es&lr=&id=61znDwAAQBAJ&oi=fnd&pg=PT3 &dq=c%27est+quoi++le+gaullisme&ots=O7afINFonn&sig=b7dnrsmCjeNt0ligUS o7gTINYhw#v=onepage&q=c'est%20quoi%20%20le%20gaullisme&f=false Del Amo, M. (2009) La educación de las mujeres en España: de la “amiga” a la Universidad. Participación educativa: educación, factor de igualdad, nº11, page 12. Recuperado de : https://sede.educacion.gob.es/publiventa/d/14204/19/0 Diebolt, C. Les effectifs scolarisés en France : XIXème et XXème siècles. International Review of Education 45, 195–211 (1999). Recuperado de : https://doi.org/10.1023/A:1003645025174 Dinet, D. (2013) L’éducation des filles de la fin du 18e siècle jusqu’en 1918. Revue des sciences religieuses, 85/4. Recuperado de : http://journals.openedition.org/rsr/1795 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rsr.1795 Duchen, C. (2005). Une femme nouvelle pour une France nouvelle ? Clio. Femmes, Genre, Histoire, 1 | 1995. Recuperado de : http://journals.openedition.org/clio/520 Duru-Bellat, M. (1995). Filles et garçons à l'école, approches sociologiques et psycho-sociales : note de synthèse. 2-La construction scolaire des différences entre les sexes. Revue française de pédagogie, (110), 75-109. Ernaux, A. (1988). Une femme. Gallimard. Escartín, M. (2014). Carmen Martín Gaite: la escritura terapéutica. Revista De Literatura, 76 (152), p. 575–603. Recuperado de : https://doi.org/10.3989/revliteratura.2014.02.022 47 Fernandaz, C., & Gaite, C. (1979). Entrevista con Carmen Martin Gaite. Anales De La Narrativa Española Contemporánea, 4, 165-172. Recuperado de : http://www.jstor.org/stable/27740998 Fernández, C. (1998). La liberalización del régimen franquista: La Ley de 22 de Julio de 1961 sobre derechos Políticos, profesionales y de trabajo de la mujer. Historia Social, (31), 45-65. June 23, 2021, Recuperado de : http://www.jstor.org/stable/40340675 Fernández, M. (2019). Adieu mon general! El referéndum de 1969 y la misión de Charles de Gaulle. Más allá de la última frontera, 1969 (p. 15-34). Omnia Mutantur S. L. Recuperado de : https://www.academia.edu/40539384/M%C3%81S_ALL%C3%81_DE_LA_%C3 %9ALTIMA_FRONTERA_1969 Ferrer, A. T. (2008). Plan Langevin-Wallon. Transatlántica de educación, (5), 6572. Ferrer, J. (2011). DEL MATRIMONIO CANÓNICO COMO MODELO AL MATRIMONIO CIVIL DECONSTRUIDO: LA EVOLUCIÓN DE LA LEGISLACIÓN ESPAÑOLA. Ius et Praxis, 17(2), 391-418. Recuperado de : https://dx.doi.org/10.4067/S0718-00122011000200015 Garrote, E. (12 de noviembre 2019) ¿Qué es una Constitución y para qué sirve? Diario Constitucional.cl. Recuperado de : https://www.diarioconstitucional.cl/articulos/que-es-una-constitucion-y-para-quesirve/ Gleyser, J. (2021). Stéréotypes de genre et programmes cachés d’éducation dans l’enseignement en France. Une revue de littérature sur les inégalités occultées. Revista Educação & Formação, 6(2), 1-19. Recuperado de : https://revistas.uece.br/index.php/redufor/article/view/4625/4063 Guerrero, M. (1999). Sistema y régimen políticos en la Quinta República francesa. Algunas comparaciones con México. Estudios Sociológicos, 17(51), 787-814. Recuperado de : http://www.jstor.org/stable/40420589 48 Harmon, A. (2018). Avortement et autobiographie en France, 1946-2016 (tesis doctoral, Universidad de Illinois en Urbana-Champaign) Recuperado de : http://hdl.handle.net/2142/102403 Herrera, L. (2020) Evolución histórica del matrimonio en España. (Trabajo fin de grado) Facultad de ciencias sociales y jurídicas. Grado en Derecho. Universidad de Jaén. Recuperado de: http://tauja.ujaen.es/bitstream/10953.1/12399/1/TRABAJO_FIN_DE_GRADO.p df Isanta, S. El matrimonio civil durante el franquismo. Trabajo final de grado. Universidad de Lleida. Grado en derecho. Lleida. Recuperado de: https://repositori.udl.cat/bitstream/handle/10459.1/65861/sisantac.pdf?sequenc e=1&isAllowed=y Jaoul-Grammare, M. (2011). L’évolution des inégalités dans l’enseignement supérieur universitaire français. L’influence des réformes institutionnelles et des ruptures économiques. Keller, L. (2019). Une breve histoire de la contraception et du contrôle des naissances. Recuperado de : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs03138011/ Lambert, A. (2009). Des causes aux conséquences du divorce : histoire critique d'un champ d'analyse et principales orientations de recherche en France. Population, 64, 155-182. https://doi.org/10.3917/popu.901.0155 Landrove, G. (1987). La tímida despenalización del aborto en España. Larané, A. (2020). Victor Duruy (1811 - 1894) Les filles ont aussi droit à l'école publique. Herodote.net. Recuperado de : https://www.herodote.net/Les_filles_ont_aussi_droit_a_l_ecole_publiquesynthese-2685-499.php Laufer, J. (2003). Entre égalité et inégalités : les droits des femmes dans la sphère professionnelle. L'Année sociologique, 53, 143-173. https://doi.org/10.3917/anso.031.0143 49 Le Bras, H., & Roussel, L. (1982). Retard ou refus du mariage : L'évolution récente de la première nuptialité en France et sa prévision. Population (French Edition), 37(6), 1009-1044. Recuperado de : https://doi.org/10.2307/1532047 Lecame, J. (2012). Le statut juridique des personnes prostituées en France. Cahiers de la recherche sur les droits fondamentaux, 9 | 2011, Recuperado de : http://journals.openedition.org/crdf/5445 DOI : https://doi.org/10.4000/crdf.5445 Le Gac, J. (2005). L'« étrange défaite » du divorce ? (1940-1946). Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 88, 49-62. https://doi.org/10.3917/ving.088.0049 Ley 45/1978, de 7 de octubre, por la que se modifican los artículos 416 y 343 bis del Código Penal. Boletín Oficial del Estado, 243, sec. I, de 11 de octubre de 1978, 23604. Recuperado de : https://www.boe.es/boe/dias/1978/10/11/pdfs/A23604-23604.pdf Ley 14/1970, de 4 de agosto, General de Educación y Financiamiento de la Reforma Educativa. Boletín Oficial del Estado, 187, de 6 de agosto de 1970, p. 12525-12546. Ley 258/1962, de 16 de febrero de 1962, por el que se aplica a la esfera laboral la Ley 56/1961, de 22 de julio, que equipara a los trabajadores de uno y otro sexo en sus derechos de orden laboral. (1962). Boletín Oficial del Estado, 41, sec. I, 2345-2346. https://www.boe.es/boe/dias/1962/02/16/pdfs/A02345-02346.pdf Loi nº67-1176du 28 décembre 1967 relative à la régulation des naissances et abrogeant les articles L.648 du code de la santé publique. Journal Officiel de la République Française, 302, 29 décembre 1967, 12861-12862. Recuperado de : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000880754 Loi nº75-17 du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse. Journal Officiel de la République Française, 15, 18 janvier 1975, 739-741. Recuperado de : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000700230 Loi nº 72-1143 du 22 décembre 1972 relative à l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. (1972). Journal Officiel de la République Française, 300, du 24 décembre 1972, p. 13411. Recuperado de : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000875404 50 Loi n°66-1044 du 30 décembre 1966 relative à la garantie de l'emploi en cas de maternité. (1966). Journal Officiel de la République Française, 301, du 31 décembre 1966, p. 11753. Recuperado de : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000503964 Loi n°74-1026 du 4 décembre 1974 portant diverses dispositions relatives à la régulation des naissances. (1974). Journal Officiel de la République Française, 284, du 5 décembre 1974, p. 12123. Recuperado de : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000334817 Loi nº65-570, du 13 juillet, portant réforme des régimes matrimoniaux. (1965). Journal Officiel de la République Française, 161, du 14 juillet 1965. Recuperado de : https://www.legifrance.gouv.fr/download/securePrint?token=DK2VithBExNBqLJ op$np Manière, F. (2019). 27 juillet 1884 : La loi Naquet établit le divorce en France. Herodote.net Le média de l’histoire. Recuperado de : https://www.herodote.net/27_juillet_1884-evenement-18840727.php Marguet, L. (2014). Les lois sur l’avortement (1975-2013) : une autonomie procréative en trompe-l’œil ? La Revue des droits de l’homme, 5 | 2014. Recuperado de : http://journals.openedition.org/revdh/731 DOI : https://doi.org/10.4000/revdh.731 Mathieu, L. (2013). Genèse et logiques des politiques de prostitution en France. Actes de la recherche en sciences sociales, 198, 5-20. https://doi.org/10.3917/arss.198.0005 McIlvanney, S. (1998). Annie Ernaux : Un écrivain dans la tradition du réalisme. Revue D'Histoire Littéraire De La France, 98(2), 247-266. Recuperado de : http://www.jstor.org/stable/40533361 More, C. (2004). Sexualité et contraception vues à travers l'action du Mouvement français pour le Planning familial de 1961 à 1967. Le Mouvement Social, 207, 7595. https://doi.org/10.3917/lms.207.0075 51 Navarro, R. (1988). La enseñanza primaria durante el franquismo 1936-1975. [Tesis doctoral, Universidad de Barcelona]. Recuperado de : http://hdl.handle.net/11162/17056 Nicolás, Mº E. & López, B. (1986) Mujer y sociedad en España (1700-1975) La situación de la mujer a través de los movimientos de apostolado seglar. Ortega, V. (1975). La mujer, el trabajo y la política. Revista de Fomento Social, 119-131. Recuperado de : https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:cTIqdd9xaYJ:https://dialnet.unirioja.es/descarga/articulo/2154281.pdf+&cd=1&hl=es&ct =clnk&gl=es Ortiz Gómez, T., Fajardo, A., Gil, E., Ignaciuk, A., Rodríguez Ocaña, E. (2011). Activismo feminista y movimiento asociativo por la planificación familiar en España. XV Congreso de la Sociedad Española de Historia de la Medicina: "Transmisión del conocimiento médico e internacionalización de las prácticas sanitarias: una reflexión histórica". Ciudad Real: SEHM; UCLM, 2011. 141-145. Recuperado de : http://hdl.handle.net/10481/35097 Ortiz, Manuel (2006). MUJER Y DICTADURA FRANQUISTA. Aposta. Revista de Ciencias Sociales, (nº 28), 1-26. Recuperado de : https://www.redalyc.org/articulo.oa?id=495950221001 Pavard, B. (2009). Genre et militantisme dans le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception. Pratique des avortements (1973-1979). Clio. Femmes, Genre, Histoire, (29), 79-96. Recuperado de : https://doi.org/10.4000/clio.9217 Pezeu, G (2014). Des filles chez les garçons, les prémisses de la mixité dans l’enseignement secondaire en France à partir des années 1920. Bérangère Kolly. Sexe et éducation, Transverse, 2014, 978-2-9536670-5-9. ۦhal-01560953ۧ Prioux, F. (2003). L'âge à la première union en France : une évolution en deux temps. Population, 58, 623-644. https://doi.org/10.3917/popu.304.0623 52 Raymond, A. (2006). La coéducation dans l’Éducation nouvelle. Clio, Histoire‚ femmes et sociétés, 18 | 2003. Recuperado de : http://journals.openedition.org/clio/611 Rico Gómez, Mº L. (2020) La Ley General de Educación de 1970 en España: espíritu de futuro y continuidad. LAPLAGE EM REVISTA (SOROCABA), vol.6, n.2, mayo-agosto 2020, p.113, ISSN:2446-6220. Recuperado de :_ https://laplageemrevista.editorialaar.com/index.php/lpg1/article/view/508/465 Rodríguez-Ocaña, E., Ignaciuk, A., & Ortiz-Gómez, T. (2012). Ovulostáticos y anticonceptivos: El conocimiento médico sobre" la pildora" en España durante el franquismo y la transición democrática (1940-1979). Dynamis, 32(2), 467-494. Ross, K. (2005). Mai 68 et ses vies ultérieures. Editions Complexe. Recuperado de : https://books.google.es/books?hl=es&lr=&id=OXjpAWn9O6oC&oi=fnd&pg=PA6 &dq=mai+68+france&ots=zNS7a9BLFq&sig=rymUREgI0Twb0N9irWX6PoyqlQ M#v=onepage&q=mai%2068%20france&f=false Roth, E. (2020). La toma del poder por el general Franco. Recuperado de: https://ific.uv.es/~edros/franco.pdf Rouquet, F. (1996). Le sort des femmes sous le gouvernement de Vichy (19401944). Lien social et Politiques, (36), 61–68. https://doi.org/10.7202/005231ar Roux, A. « Par amour des femmes » ? La pilule contraceptive en France, genèse d’une évidence sociale et m´médicale (1960-2000). [Tesis de doctorado, École des Hautes Études en Sciences Sociales]. Recuperado de : https://tel.archivesouvertes.fr/tel-03246591/ Sánchez, F. (27 Juin 2013). La educación femenina durante el franquismo. EL INCONFORMISTA DIGITAL. Recuperado de : https://www.elinconformistadigital.com/2013/06/27/la-educacion-femeninadurante-el-franquismo-por-francesc-sanchez/ Santos, J. (2003). Política y sociedad durante el régimen de Franco. En Sociedad y política almeriense durante el régimen de Franco. Actas de las Jornadas celebradas en la UNED durante los días 8 al 12 de abril de 2002 (pp. 11-31). 53 Instituto de Estudios Almerienses. Recuperado de : https://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=2240992 Scanlon, G. (1987) La mujer y la instrucción pública: de la ley Moyano a la IIº República. Historia de la educación, (vol.6), 202-204. Schweitzer, S. (2002). Femmes ont toujours travaillé (Les) : Une histoire du travail des femmes aux XIXe et XXe siècles. Odile Jacob. Suzzoni, M. (1988). Chronologie générale. Matériaux pour l'histoire de notre temps, Mai-68 : Les mouvements étudiants en France et dans le monde,n°1113, 1988, p. 284-303. Recuperado de : www.persee.fr/doc/mat_07693206_1988_num_11_1_403876 Valiente, C. (2004). a política de la prostitución: el papel del movimiento de mujeres y los organismos de igualdad en España. Revista Española de Investigaciones Sociológicas (REIS), 105, 103-132. Recuperado de : https://www.ingentaconnect.com/content/cis/reis/2004/00000105/00000001/art0 0004#Refs Velarde, J. (2014). Historia económica desde el plan de estabilización de 1959 al inicio de la transición. Cuadernos de investigación histórica, (31), p. 53-74. Recuperado de : http://www.fuesp.com/pdfs_revistas/cih/31/p%C3%A1ginas%20desdecih-312.pdf Zancarini-Fournel, M. (2003). Histoire(s) du MLAC (1973-1975). Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 18 | 2003, 241-252. Recuperado de : http://journals.openedition.org/clio/624 ; DOI : https://doi.org/10.4000/clio.624 Zancarini-Fournel, M., & Vigna, X. (2013). Clio. Femmes, genre, histoire. Zancarini-Fournel, M. & Thébaud, F. (2003). Clio. Histoire‚ femmes et sociétés 18 | 2003. Recuperado de : http://journals.openedition.org/clio/607